A
T'
JSi^
DICTIONNAIRE
DE L'ANCIENNE LANGUE FRANÇAIS
ET DE TOUS SES DIALECTES
DU IX' AU \T SIÈCLE
ABBEVILLR. — TVP. ET STEK. A. RETAfX,
DICTIONNAIRE
L'ANCIENNE LANGUE FRANÇAIS I*]
ET DE TOUS SES DIALECTES
DU IX' AU XV^ SIÈCLE
COMPOSÉ D'APRÈS LE DÉPOUILLEMENT DE TOUS LES PLUS IMPORTANTS DOCUMENTS
MANUSCRITS OU IMPRIMÉS
QUI SE TROUVENT DANS LES GRANDES BIBLIOTHÈQUES DE LA FRANCE ET DE L'EUROPE
ET DANS LES PRINCIPALES ARCHIVES DÉPARTEMENTALES,
MUNICIPALES, HOSPITALIÈRES OU PRIVÉES
FRÉDÉRIC GODEFROY
/'
PUULIÉ SOUS LES AUSPICKS DU MINISTKBK DE L'INSTHUCTION PUBLIQUE
ET HONORÉ PAR l'iNSTITCT DO CIRAND PRTX r.OBKRT
TOME (QUATRIÈME
FILK - LISTAGE
PARIS
VIEWEG, LIBRAIRE-EDITEUH
6 7, K r K U K K I C H F. I. 1 R U . f, 7
188S
^
AVERTISSEMENT
Avec ce quatrième volume, la moitié du Dictionnaire est dépassée. Mais je puis garantir que les dix volumes promis seront
donnés ; les suppléments formeront largement deux, volumes. Le tome dix sera terminé par le tableau, méthodiquement présenté,
de tous les auteurs et de tous les ouvrages, imprimés ou manuscrits, cités dans le Dictionnaire.
Au point où je suis arrivé, il m'est doux d'exprimer de nouveau ma reconnaissance ;\ tous ceux qui m'ont prêté, sans disconti-
nuation, un concours dévoué, dans cette longue et rude tâche.
Pour les deux derniers volumes publiés, je dois ajouter quelques noms à ceux que j'ai déjà signalés : M. le D'' Bos, dont tout le
monde connaît la valeur philologique, M. Emile Bouchet et M. Charles Cuissard, deux ardents travailleurs d'Orléans: M. P. Ma-
quest, archiviste de Tournai, M. Devillers, archiviste de l'État, à Mons, M. van de Casteele, archiviste de l'État, à Liège, M. Ga-
chard, archiviste général du royaume de Belgique : la Belgique a rivalisé de zèle avec la France. Ailleurs, et bientôt, j'espère, je
dirai tout ce que je dois aux érudits des provinces wallonnes, que j'ai récemment, et pour la troisième fois, parcourues avec tant
de profit, et d'où j'ai rapporté d'inoubliables souvenirs. L'intelligente et sympathique Belgique, en s'intéressant particulièrement
à une œuvre absolument différente de celle-ci, à notre Répertoire unirersel de la langue française écrite et parlée, depuis les origines
jusqu'à nos jours, aura grandement servi le Dictionnaire même de l'ancienne langue : on s'en apercevra à la richesse des emprunts
faits aux dialectes wallons dans nos derniers volumes. C'est ainsi que des entreprises de nature très diverse peuvent se prêter un
imituel secours.
DICTIONNAIRE
DE
L'ANCIENNE LANGUE FRANCALSE
TOUS SESDIALEGTES
DU IX» AU XVe SIÈCLE
FILÉ, S. 111., ce qu'on a filé :
Puis filent (Ips nuées) et qnantoni Ole
Si font voler de leur filé
Granz ajïalliees de fil blanches,
Ausinc con pour coudre leur manches.
(Rose. Richel. 1S73, f 1.ïi«.)
Nus ne puct a Paris mètre en oevre
laine ne fiU taint en noir de chaudière. (E.
BoiL., Liv. des mest.. l" p., l, 29, Les-
pina?se et Bonnardot.)
Non mie que de corde fast (l'échelle),
>'e d'autre fité ne de fnst.
(Chb. de Pizan, Liv, du chemin de long estude,
1607, Pfischel.) Irapr.. file.
Tu paez filer chacun jour lin ou laine.
El franchement vivre de ton filé.
(E. Deschamp.';, Poé.i., Richel. 840, P 10-2'.)
Pic, filé, fil à coudre ou à tisser.
FiLEçoN, s. in., fliet :
Et quant airaper les pooie (les papillons)
n'nn filefon je les lioie.
(Froiss., Poés.. Richel. 8.3", f» 86 r».)
FILEE, s. f., action de filer :
l'Ile (l'iraisne) list nouvele /iiee
Va vers terre jus dévala
Tant que jnsqnes a l'erhe ala.
Si l'a de sa tonnelle enclose
Eotonr a la reonde.
(Watriqcet, h Pis de l'iraigne et du Crapol, 82,
Scheler t
FiLEis, filaiz, s. m., action de filer :
II li respondit que ce estoit cause de
bataille, et non pas de filaiz de laine, et
pour ce li estoit plus granz mestiers que il
s'en conseillas! a homes que a famés.
{Chron. de S Den., ms. Ste-(ien., f» 19''.)
FiLEMENT, S. m., actlon de liler :
Filemenl, filatus. (Gloss. fr.-lat., Richel.
1. 7684.)
Filement. Hi!amiento.(C.0uDlN,éd.l660.)
FiLERj filler, verbe.
— Neutr., couler :
Tant que li sans en va a le terre /ilatil.
(B. de Seb., ssl, 644, Bocca.)
A destre et a senestre monlt gtans conps lenrdnn-
(noit,
Et ausi a la foix si bien batus estoit
Oue par bouche et par nez le clcr sanc loi fîlloil.
(Clt., B. du Guesclin, var. des v. i;;3-174, Char-
riére.)
De sa broche de fer H a .m. cops donnez :
Parmi le haslerel li est li sans filez.
(It.., tJ., îss;.;
— Act., caresser, tordre :
Vous voulez doncques (dist Panurge,
fillanl les moustaches de sa barbe) que
j'espouse la femme forte descripte par So-
lomon? (Rab.,1. III, ch. 30, éd. lbS2.)
FiLERESSE, - crresse, - eresce, - ares.te,
- arresse. filL, s. f., fileuse :
Nule fiUaresses de soie a prans fuiseaus
nepuetne ne doit avoir que .m. aprentices
tant seulement, se ce ne sont si enfant ou
li enfant de son seigneur, et deleau ma-
riaae. (Est. Boic, Liv. des mest., l" p.,
XXXV, 2, Lespinasse et Bonnardot.)
La fiUeresse- (1376, Censier de la Poterie
Matthieu, f» 37 r», Arch. Eure.)
Cécile le fileresse!a chi avoec luy. (Dialog.
fr.-flam., f» 1.3^ Michelant.)
ÎN'a fitarresse eu France qui s.iche fil filer
Qui ne gaignast ainçois ma finance a filer.
(Cbv., B. du Guesclin. 13643, Charrière.)
Filastica, fileur ou fileresse. {Gloss. de
Salins.)
Tisteresces, fileresces. (Stal. d'Ed. 111,
an xxxvil, impr. goth., Bibl. Louvre.)
Peigneresses et fileresses de laine. (1398,
Noyon, ap. La Pons, Gloss. ms., Bibl.
Amiens.)
Fileur, fileresse. (i464, J. Lagadeuc,
Catholicon, éd. Auffret de Quoetqueueran,
Bibl. Quimper.)
Dist l'une des filleresses, nommée Piate
au Long Nez, que.... {Les Evang. des Que-
nouill.jp. 3o, Bibl. elz.)
Il ne lui estoit possible de procéder en
oultre a sa lecture, pour le murmure des
riseez que les filleresses firent lors toutes
ensemble. (Ib., p. 5.5.)
Filerresse de leinne. {Vie. de l' Eau, xmi,
Arch. S.-luf.)
Caquetieres. bavenses, menterresses,
Estre deussiez sonpneases filterresses,
Sans abuser ne Martin ne Colio.
(R. DE CoELEBïE, [toinieaux, Lxxsiii, Bibl. elz.)
En dépit du fuseau îles trois sœurs filleresses.
(G. BOONIN, Sonn., éd. 1586.)
FiLERiE, S. /., veillée :
Fait défenses aux paroissiens dudit
S. Briac, de faire aucune assemblées de
nuit, sous prétexte de filleries, renderies
de poupée, aux femmes qui portent les en-
fants a baptiser en lad. église. {Et. des
par. de la Prov. de Bret., p. 43.)
Il se faisoit des fileries, qu'ils appellent
veillois... ou se trouvoieut de tous les en-
Fil.
FIL
FIL
virons plu!iieur$ jeune? valet? et lianlenu^
illec s'assemblans et jouan? a une infinitt'
de jeux,., les filles d'autre part, leurs qui--
nouilles sur la hanche, Tiloient. (Contes
it'Eutrapel, p. 133, éd. 1383.)
FiLBRON. S. m., ûlenr:
Tous tisserans de draps, teinturiers, fai-
seurs de toiles, foulons, filerons, pigne-
resses, ne pourront prendre pour leur s.v
laire que le tiers pins oultre de ce qu'ils
preuoient avant la mortalité. (Ordonn. du
R. Jean roneern. la pol. du royaume,
30 janv. 1330.)
Fii-ETÉ, fill., part, passé, à la filière :
A nn qoarlitr d'or /illfl/.
(HioxDr. Mert, Tornoiement de l'AnlechrisI, p. 170,
T»r., T»rbé.)
— Brodé :
Draps /ilfift et envoisies.
(II. d'Akdeli, liLais d'Àrisl., Richel. 837. f* 8(1.)
Bessin, ftlter, chasser au filet.
FiLEUL, filluel, s. m., nis :
Venes aranl, fillaes, mes fienx et me; amis.
(Cher, au cygne, 1 108, Reiff.)
Deiax filleul. Un li rois, com vos estes senez.
(Panse, 1I3S, A. P.
El (Mariée annhra la lieilê
K coDçnt le flini de Dé.
(Poème sur la fia du m., Ars. 3645, P 51 V.)
FiLErnE, ^1/., filure, s. f., ce qui est flié ;
XX sols de Walhenri pour certaine ftUeure
prinse en sa maison rapportée par les
maistres delà drapperie. (1398-1401, Arch.
.Meuse B 1044, f" 47 r«.)
Filure et tissure de laine ou de soye.
(R. Est., Pet. Dict. fr-lat.)
Mais ce qne nons faisons
Vieol de la dure Parqne, et joiot a ses filures
Tooroe avec ses pesoos.
(Carrier, Porrie, III, éd. 15G8.)
AacDQ venin ne fait la sa demeure :
L'araire la n'eslend point sa fileure.
(Clicde BivET, le Voyage du Priulmp.f, éd. 1573.)
— Moulure :
Fault garnir la dicte charpenterie d'une
filure tout autour. (14 fév. 1383, Hospice de
Gien, fonds de la maladrerie, série II K,
cote II, El.)
PILEUX, adj., filandrenx :
La nature des boyaulx et leur substance
est ung peu fileuse, ou sont les files esten-
dus en large. (Corbichon, Prnpriet. des
choses, Richel. 22333, f° 73M
FILMOE, voir FlLtAGE.
FILIASTRE, voir FlLLASTRE.
PILIER, filler, s. m., petites pièces de
bols sur lesquelles portent les chevrons,
dans les charpentes :
Lorsqu'une muraille, parois, ou pignon,
est trouvée pour la moitié i-ur le fond de
deux voisins, l'un et l'autre partie pourra
user de la dite muraille commune,... et y
enfoocer ses ordons reliants, sommiers,
/Uiers, plates, ou cartouches, jusqu'à la
moitié et plus, selon l'exigence et pesan-
teur de l'ouvrage. {Coût, de lirusselles,
XXXIV, Nouv. Coût, géu., I, 1269.)
— Kilet :
Pour lou salaire des pesclieurs avec leur
despens et pour le cart de leur fillers.
(1310, Compt. du dnm. de Mahnvl d'Arlois,
Richel. f'i' fr. 8531.)
Si aucun pesche en c.iues ou rivières
bannaux, sans le congé du seigneur ou de
son fermier, il y a amende arbitraire, avec
restitution du poisson, pour chacune fois:
et outre, s'il est trouvé ou prins en présent
meffait, avec ses filiers,.... il y a confisca-
tion de nasselles, filiers, et harnoys, avec
la dyte amende. (CoHf.rfe Nivernoisj'ch. xvi.
Coût, gén., I, 883, éd. 1633.)
1. FILIERE, fill, s. f., lacet :
Tenderont las, rois et filliere!:
Knlre haies, buissons et pieres.
(Froiss., Po(s., Richel. 830, f" -205 r°.)
— Cordeau long d'environ dix toises,
avec lequel on retenait l'oiseau qu'on
devait instruire :
Apres que vous l'aurez ainsi aduit et
façonnéjpar quelqu'espace de temps, deux
fois le jour vous le pourre2lors lascher
a tout la filière qu'on surnomma un tien le
bien. (Fodill.. Faucon., f° 7», ap.Ste-Pal.)
— A filière, loc, ;\ la file, en formant un
filet continu :
Entre les bestes mues fu la bataille fiere.
As poes s'enlr'abalenl et devant cl deriere
Et desrhirenl des onglez en tant mainte manière
Qae le sanc ist des corps contreval a filière.
(l)oon de Slaience, 1615, A. P.)
2. FILIERE, s. f., sorte de maladie des
faucons :
Se vos oisiaus a le filière, prendes le
fuelle de laire terrestre. [U Aviculaire
des oiseaux de proie, ms. Lyon 697.
f°222''.) ■'
3. FILIERE, s. f., grande pièce de bois
posée en travers qui supporte les che-
vrons:
Souliviaux et filières. (1296, Rentes d'Or-
liens, Arch. Loiret, f° 4 r».)
Remonter les chevrons et les filières et
les cheviller. (1328, Compte de Odart de
Latgny, Arch. KK 3«, f» 40 v».)
Cinquante toises de chevrons et de fil-
Itères pour faire des degrez et alee en la
dicte tour. {Compt. de Girarl Goussart
1400-1402, Forteresse, xlvi, Arch, mun
Orléans.)
Pour charpenterie par lui faicte en la
chambre de la porte parisie... et y fut mis
trois chevrons et deux toises de fiUiere.
[Compt. de P. Mareau, 1408-1410, Forteresse
XI, Arch. mun. Orléans.)
^ Pour .vi=. .LVI. toises de boys quarré
cesl assavoir solliveaux, filUeres et trois
poultres. {Compte de J. Martin, 1421-1423,
torteresse. Despence, xiv, Arch. mun.
Orléans.)
Voitures et filUeres et cloyes. (1522.
Lille, ap. La Fons.)
Est tombé de la grange des Ousdes
douze conbles de chevrons et rompu une
filliere. (1332, Compt. de Diane de Poitiers,
p. 109, Chevalier.)
Il est encore usité dans l'Orléanais avec
la même signification.
FILIOLAGE, VOirFlLLOLAdlî.
FILIO-PATRE, S, 111., le uis du Pèfe
éleruel :
Juré en a le cors Filio Pâtre.
(Ogier, ms. Dnrb., bib.de Cos., V, ii-n,f°55'.
FILLACHER, VOir FiLASSIER.
FILLACHERIE, VOÎr FiLASSERIE.
FILLACIER, voir FiLASSIER.
Fii.LADiERE, fil., fell., S. f., sorte de
barque :.
Une felladiere qui auroit esté desroubee.
(6 déc. 1527, Not., Charrier, 95-3, f» 120,
Arch. Gir.)
Echange d'une tfî.lladiere » contre « une
grande bagarre », moyennant 10 f. bord. 1/2
de retour. (1529, ib., f» 166.)
Vente d'une « gabarrc » filadiere neuve au
prix de 16 b. à Nicolas de Bonis, gabarrier
delap"' St Remy. (12 mars 1531, Not.,
Brunet 67-7, Arch. Gir.)
Saint., filadiere, barque de pêcheur.
FiLLAGE, filiage, s. m., qualité de fils :
Si tost qu'ilz vindrent par devant le roy,
ilz se misrent a genoulx, et luy requièrent,
l'ung par raison de filiage, et les autres
trois par raison de lignage qui leur voul-
sist donner ung don. (Perceforest, vol. II,
f« 122°, éd. 1528.)
— Virginité, pucelage :
Quartilla, qui n'avoit point mémoire de
son filiage. (.Mont., Ess., 1. Ill, c. 13,
éd. 1588.)
Estant les deux seconds estais de viduité
et de mariage bien plus pénibles et alfai-
reux, et ayans plus de diflîcuité et de
vertu, que les deux premiers de filiage et
de célibat. (Charr., Sag., I. I, c. 4.)
Et me donnez pour cela
La fleur de voslre filiage,
Voslre tendre enfantillage.
(Vauq., Idill., I, 71, éd. 1612.)
Bean chasseur, je vous cri merci.
Laissez moy vivre en mon filiage.
(ID., ib.. Il, 34.)
Norm., Bolbec, filiage, filiation, descen-
dance.
FILLAITRE, VOir FiLLASTRE.
FILLANDRIER, VOif FlLANDRIER.
FILLANGE, VOir FiLANGE.
PILLARDEAU, VOir FlLARDE.^U.
FILLARRESSE, VOir FiLERESSK.
PILLASSE, S. f., fille :
Une grosse fillasse. (Jour., Err. pop.,
l" p., 111,5, éd. 1587.)
FILLASTRE, filaslre, filiastre, filliastre,
pilaire, fillailre, filaitre, filatre, s. m.,
beau-fils, gendre :
Guenes rcspunt : Rollanz, cisl miens fillaslre ;
N'avez barnn de si grant vasselage.
(Roi., -.13, Mùller.)
Renoies est .Aliaumes li floris.
Vôtres filtaitres que vos aveis norri.
{Girb. de ilelz, p. 480, Stengel.)
Enci trovai ceulz del tout cruslz /î((as<)'t'jî
a cui je avoie toz jors esteit doulz peires,
{Hisl. de Joseph, Uicliel. 2433, f" 33 r\)
Thomas son frère fillatres. (Ch. de 1262,
Bourgm., Arch. Loir-et-Cher.)
Henri le fauconnier et ses jiiUt.-,lres)
FIL
FIL
FIL
3
OS67,Chap. NoyoD, Vatoinpri^, Arcli. Oise,
G 1937.)
Aucunne fois ruuevent li contens en ma-
riage par le haine que !i parrastre et les
marrastres ont envers !or;5/(as(res.(BE\UM.,
Coût, du Beauv., ch. LVii, 7, Beugnot.)
La raison juge que puisque li rois li
donne (à la femme veuve) le baillage dou
fié par dreit, que li fitiastres, puis que il
sera d'aage et saisi dou fié, ja ne li rendra
son douaire. {Ass. de Jér., t. I, p. 628,
Beugnot.)
Il s'en ala en le terre de Kalape ou il
avoil chacies ses fillatres. (Hist. de la terre
sainte, ms. S.-Onier 722, f" W.)
Challe son fillnstre qui puis fu diz Mar
liaus. (Cliron. de S.-Den., ms. Ste-Gen.,
f 100\)
Si come famés suelent faire de lor fi-
lastres. {Hist. de Jules César, Richel. 23082,
f» 5''.)
Aucuns, comme vous savez, ont amé
leurs seurs, leurs frères ; les filles aucunes
foiz le père, et les marraslres les fillastres.
[Troilus, Nouv. fr. du xiv* s., p. 140. J
Si fist occire son (Ulastre
Pour le règne a son Glz attraire.
{Comm. le roi Sonnain fu mort, ras. Avranches
168Î.)
Filiaster, filaitre. (Gtoss. de Salins.)
Filiaster, filiastre. {Gloss. de Douai, Es-
calUer.)
Yceulx Anglois eussent mis ensemble
a rençon ycelui complaignant et son fil-
liastrê. (Arch. JJ 90, pièce 487.)
Des hoirs feu Jehan Guion au lieu de
feu Geuffroy Uyvoy et de Geuffroy Lechar-
pentier, son filiastre. (1470, Etat de cens et
rentes du dom. de Baugenci au titre des
censives au vignoble de Baugenci, ap. Le
Clerc de Doiiy, t. I, f" 266 v% Arch. Loiret.)
Gendre. Au pays Lyonnois on l'appelle
filiastre, et vient de nliastrer. (La Porte,
Epith., éd. lo71.)
Il m'est tombé en mémoire que nos an-
cestres par une honneste licence furent
trop plus curieux es paroUes de consan-
guinité et affinité, que nous autres, qui,
par une superstitieuse ignorance, avons en
cet endroit appauvri nostre vulgaire. Car
ils usèrent du mot de parastre, comme de
marastre, pour descouvrir celui que notre
œere avoit espousé en secondes nopces.
Et semblablement de filiastre, pour nom-
mer le fils de nostre mari, ou femme, qui
estoit issu d'autre mariage. (Pasquier,
Bech., VIII, 60.)
— S. f., belle-fllle, bru :
Avecques aussi Olimpias s'en allèrent
Dardanne fille du roy Erudice et Thessa-
ionice sa fillatre. (Boccace, Nobles mal-
heureux, IV, 12, f» 96 r», éd. ISlo.)
Cléments tencha orains a se fîlUastre.
{Dialog. fr.-fiam., f» 12', Michelant.)
De la /îiofre saint Biaise une cote fourrée
d'escureux. (16 nov. 1394, Inv. du Juif
Joseph, Inv. de moeubles de la mairie de
Dijon, Arch. Cote-d'Or.)
Du temps de Ménage fîlldtre se disait
encore dans le Lyonnais au sens de
gendre.
Saint., filiâtre, beau-flls.
FILLATIERE, VOir FiLATIERE.
FILLATRE, VOlr FiLLASTRE.
i-iLLAUDE, S. f., fillette :
Comme fit aussy sa belle sœur, prenant
exemple a elle, qui ayant esté maryee
fort jeune et en tendre aage, son mary,
n'en faisant cas, comme d'une petite fil-
lande, ne l'aymoit comme il debvoit.
(Bhant.j Dam. gai., l" dise, Buchon.)
Aunis et Poitou, Vienne, fillaude, jeune
fille, petite fille. Vendée , Deux-Sèvres,
feillaude.
FILLE, s. f., bois, forêt ?
Se peut avoir le prevost deux chiens
courans et une douziane de pièces de
fille pour cachier en iceulx quant il lui
plaira. (1410, Aveux du bailliage d'Evreux,
Arch. P 294, reg. 4.)
FILLE DE VIE, S. composé, fillo de
mauvaise vie, courtisane, prostituée :
Nous avons aujourd'huy condamné et
condamnons Jehanete la truande, Mole de
Haire, etc.. filles de vie de leur consente-
ment, a rendre et payer chacun an a tou-
jours mes, dorénavant de .xv. jours en
.XV. jours, a maistre Pierre Robert, exécu-
teur de la haute justice de Monseigneur le
duc d'Orléans, chacune .m. d. parisis pour
certain droit que ledit exécuteur prend
sur lesdites filles de vie et a aocoustumé
de prendre. (1409, Sentence de la prévosté
d'OrUans, ap. Le Clerc de Doiiy, t. I,
f» 261 V», Arch. Loiret.)
Et les dittes espingles donna a une fille
de vie nommée Jehanette, logée au bor-
deau d'Orléans. (1412, Sentence de la pré-
vosté, f" 4, ib.)
FILLELAIGE, VOir FiLLOLAGK.
1. FILLER, voir FiLIER.
2. FILLER, V.?
I.e tiers Ccorilon) estnet nomner et dire
Cis fait qae cners plenre et soapire
Qaant il est bien a droit filles :
C'est çoa que Jhesns nostre sires
Se vot si par amours despire
K'il se mist jas a pies laver.
Ain mi ke cbi a a filler
Et a plaindre ki bien l'en tire.
(Li .xu. Cordon, Richel. 20.3ii, f" \Z i'.)
3. FILLER, voir Filer.
FiLLERET, adj., adoHué aux filles :
Et ne pensez point, disoit il encores,que
ce soient seulement des etSetninez, fillerets,
et timides, qui ont esté les plus adonnez a
l'amour. (G. Bouchet, Serees, xix, Rouen
1635.)
Si j'avois a lever des gens de guerre, je
ne prendrois pas des etfeminez et fillerets.
(iD., î'b.jXXV.)
Filleret. Maidenly, white livered, efienii-
nate. (CoTfiBAVE, éd. 1611.)
FILLERIE, voir FiLERIE.
FiLLETjS. m., diiii. de fils, petit enfant :
Elle avoit ung seul fillel alaitant. {B'ble,
.Maz.532, f" 220».)
J'ay trop granl paonr que la mort
Ne m'ait mon petit /itiet mort.
(R. Descha!»1's, Gella et Amphilrion. p. 4S, St-
Hilaire ; ms. Richel. 840, f» -161''.)
FILLETÉ, voir FlLETR.
FiLLETiER, S. m., fabricant de filets:'
Et qu'a cet effet ils se soient efforcez et
s'efforcent de transporter hors nos pays
grande quantité desdits filets qu'ils font
acheter tant par eux que filletiers, recou-
peurs et autres revendeurs sur le plat pays.
{Placard des Archid. sur le transport des
filets, Bruxelles, ISjuin 1600.)
1. FILLETTE, S. f., fille pubUque,
prostituée :
Au dit Mahicu, pour deux lots de vin
donnez ce jour par messire le maieur aux
fillettes de joie, pour ce, déduit et paie...
.II. s. .VIII. d. (1415-1416, Receples de Bou-
logne-sur-Mer, p. 149, Ed. Dupont.)
Les fillettes communes. (Règlem. du
19 mars 1425-26, Arch. mun. Dijon.)
Sur la requeste baillée par l'abbé de
Bonnevau par laquelle il requiert que l'on
face vider les filletes du bordcau que le
Bourrea a logées près et joignant la maison
dudit abbé.... a esté délibéré que les filletes
seront logées et mises a Chasteau Gaillart
a la fin de rue de Paille. (1459 et 1465,
Arch. mun. Poitiers, Reg., f° 68 v», et 159. >
— Prieuré dépendant d'une abbaye :
Pasquier le Court, religieux de l'abbaye
de la Coulture, près le Mans, demourant
en une fillette ou prioré de laditte abbaye,
appellee la Marcete du Bois près du chastel
laSuze. (1392, Arch. JJ 184, pièce 144.)
2. FILLETTE, filMe, filelte, fueillette,
feulete, feullete, folliete, s. f., tonneau ou
mesure de liquides servant à divers usages
et d'une contenance variable selon les
lieux:
.1. henap de bruere ou il a 1 petit clou
d'argent et .m. petites feuletes d'argent.
(10 mars 1396, Invent, de meubles de la
mairie de Dijon, Arch. Côte-d'Or.)
Pour deux filletes de harenc données
aux Jacobins et aux Cordeliers, a chascun
ordre une fillete pour la paine et travail
qu'ilz ont de faire les services de la dicte
ville. {Compt. de Girart Goussart, 1400-
1402, Commune, xxxill, Arch. mun. Or-
léans.)
Les brasseurs doivent mettre hors de
leurs brasseries leurs fillettes ou hedines
pour estre converties a faire noir pour
conrer cuir. (1414, Lille, ap. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Une fillette de harenc qu'il avoit em-
blé. (1421, Arch. JJ 171, pièce 454.)
Ung pot d'estain de .v. feulletes. (Vente
des biens de Jacques Coeur, Arch. KK 228,
(o 223 V».)
Trois potz de trois follietes. {Ib., f»369r<>.)
Ung pot de .v. fueillettes. (Comptes des
mines de Jacques Coeur, Arch. KK 829,
r 188 V.)
Ung lonniel de chervoise mellee de
crasses ^Ketfes. (1466, Lille, ap. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Fillele lie harengs. (Compte de 1480,
Bibliolh. de l'Ec. des ch., XIV, 322.)
Une grande chaudière de fondue enmu-
ree tenant environ trois filletes. (1501,
Invent, de r Hôtel-Dieu de Beaune, Soc,
d'Archéûl. de Beaune, 1874, p. 158.)
Deux fillettes plaines de salepestre.Deux
fillettes plaines de chausse trappes. (4 sept.
1521, Invent, de l'Artillerie, Arch. mun.
Dijon, H. Off. milit.)
Pour tonneau ou pipe de vin, .vi. d. t. ;
traversin, poinçons, fillettes et autres vais-
seaux. (Avril 1529, Arr. impr., Gibier, 1584.)
* FIL
Apres qup Ci"? morceaux sont secs, on
les pend avec le fil ou ils sont enfilez, en
iinç fiUtte de fort bon vinaifrre, de sorte
iju'ils ne touchent point les douves du
tonneau en quoi que ce soit. (Du Pinet,
Pline, XX, 9. ^d. 1366.)
L'hosiets« prini ooe fnillflle
tl en battit bien son inary.
yCknmcKft ie tsTS, ap. Ono'frio, Glo.ts. df pal.
i* lA/onntit.)
l'oe filMte de vin de l bots. (1583,
Ulle, ap. La Fons , Gloss. tns., Bibl.
Amiens.)
La queue de vin n)e?urp et jaulge de
Dijon contient deux mnids ou poinssons,
le mnid deux fillettes. l& fillette neuf stiers
(Coût, de Bourg., Coul. gén., I. 860. éd.
1633.)
— Sorte de batean :
Le» filfllet et gallioltes
Rsloient conTerles d'estandari.
'MAtTiÂL, n». df Ch. m. Il II, fd. 1493.)
Savary des Braslons, dans son Diction -
naire universel de commerce, publié en
1723, donne feillette, feuillette, on fillette,
avec cette définition : sorte de tonneau
destiné à mettre du vin. Il signifle aussi
une petite mesure des liqueurs.
Morv., filletu , feuillPtte. Lyonn. et
Forez, folietta, foulieta, foulleta, feuil-
lette, mesure des liquides qui parait avoir
été le quart de la pinte du Languedoc, on
l'équivalent de la chopine de Paris. Dans
le Lyonnais une feuillette désigne actuel-
lement un tonneau d'un hectolitre de vin-
3. FILLETTE, fillcte, S. (., chalnplte de
fer rivée et cadenassée terminée par une
sonnette ; ces espèces de chaînes, que
Louis XI fil faire pour certains prison-
niers, s'appelaient ^I/ctlfs du roi :
Daniel se leva de son siège, prit ledit
Bii^non au corps, le constitua prisonnier
en lui baillant un carcan ou fillette de fer
ou pendoit une chaisne fort pesante, et en
cest estât le laissa toute la nuit. (JVofe tirée
des Beg. du Parlem., Ord., xix, 338.)
Pour savoir si led. de Quingé esloit
point blecié en la jambe ou cstoit lad fil- '
leU. (1480, Compt. de l'Hôl. de ville de
Tours, Bibl. de l'Ec. des ch., 3» série IV
391.) '
Symon de Quingé, prisonnier en la
caige de fer, fust defferré par maistre
Laurent qui avoit la clef de la fillete. (Ib.)
FII.LEIX\GE, VOirFiLLOtJkGE.
FILLIASTKE, VOif FlLL.\STBE.
FILLIEH, filler, \ . a., enfanter, accou-
cher :
^ Tant que eie aura fille. (Sydrac, Ars.
Et quant venoient les famés a «Hier,
non avoient aide de famé. (Aimé, Ysl de li
yormant, VIII, 18, Cbampollion.)
— InQn. pris suhsi., accouchement :
t>uaut il sentira que la famé est grose il
ne la doit mie touchier charnelment tant
que elc aura fiUé, et après son filUer de
XL. jours. {Syirac, Ars. 23*0, § II.) '
FILLIEIIE, voir FlLIEllE.
FIL
FILLOELLE, VOir FiLLOI.E.
FiLi.oisEL, S. m., flloselle :
Cinq aulnes et un quartier et demi de
fi/(otse/ vert. {Pièce du i avril 1369, Léop.
Delislc, Mandem. de Charles 1', p. 339.)
Fii-i,OLAGE, - flilage, -eulage, - vêlage,
filolage, fillelaige, filiolage, s. m., condition
d'un parrain à l'épard dn son filleul, qiia-
ité de fillmil :
11 vaat mîeas quej> mnire, se Dieas destiné l'a.
Que jVhic cheli qui de fons me leva;
Il me donna baplesrae el a moy s'nliljpa
D'amonr de fitolagr, et bien lennst le m'a.
{Charles le Chamr, Itic^hel. 24375, f 2S'.)
En cestui mariaai' esloit ou pooit eslre
enipeschemenl de filiolage ou de cogna-
tion espirituel. (Ch. de 1300, Pr. de l'H. de
nourg., H, c.)
Affinité de comperage ou /(Ho/flffe (1474,
Stat. synod., ap. Lalore, Ane. discipl. du
dioe. de Troyes, II, 69.)
— Présent d'nn parrain h son filleul :
Tn filoUage ti dona cl pierpi
Un des marchies de Mes. ce m'est avis.
(Les Loh.. ms. Mnnlp., f 76».)
En filolage li laissa et gnerpi.
(Car. le Lok., 2' chaos., xlii, p. 2l2, P. Paris. 'i
I,i rois en filiolage li dons Monbregis.
l'n caslel moull vaillant, et tons les apendis.
(Ilelias, Richel. 12358, f 7''.)
De filiolage néant ne li promis.
(Guiberl d'.indrenas, Itichel. 24369, f" 137.)
Li cuenz de Triple prist messages, si le?
envoia au prince Beymoat, en Antioche, et
! li manda que il li envoiast son ainzné fiz
Raymont, qui son fiUuel estoit, car il li -vo-
loit doner Triple en filluelage. [Est. de
Eracl. Emp., xxm, 47, Hist. des crois )
I Var., filiolage.
Perros Plaincbampi;, fils bastart Oliviers
I Plainchamps, nous a fait exposer que en
filiolage li furent données pour Dieu plu-
sieurs brebis. (1350, Arch. JJ 24, pièce 78.)
Transporte et délaisse au dit Erart Chan-
teprime son filleul et en fillelaige, pour lui
pour ses hoirs. (1384, Donat., Arch. Loiret,
Cliitellenie de Lorris A 269.)
Un petit tableau d'or que le duc donna
a Mad. de Porhoet sa soeur au filleulage de
sa fille. (1424, Compte de J. Mauléon,
Lobin., II, 923.)
1. FiLLOLE, filloelle, fiolle, fiole, fyole,
s. t., colonne, pilier, tourelle :
Les .iiii. filiales quarees seur colonbes
de trois. {Album de Vill. de Honnec, p. 93,
Lassus.)
Pour cntaillier .v. gargoulles et .v fil- i
loles pour le dite pavole. (1344, Trav. aux '
chai. d'Art., Arch. KK 393, f» 94.)
Les /(/(o(Mqui meuvent des angles (136«
Dclib. du chap. de Troyes, f» 7, Arch. Aube.)
Saingles planquelles a .ix''. pour les
fioles de retraicles d'un pont, a .xvin*. la
pièce. Pierres de deux pieds et demi em-
ployées aux fioles. A Jehan Le liov, tailleur
de gretz, .xviit. 1., pour avoir "tailié les
pierres des deux fioles et tourelles faites
aux deux hcles. (1412, Péronne,ap. La Fons
Art. du Nord, p. 193.1 ' [
Filloclles. (1419, Aaleuciennes an la
Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Audit Michelet pour deux anchappemens ,
dessus lesd. deux fyoles. (1471, Compl. de i
FIL
Neoers, CC 65, f''40 v»,Arch. mun. Nevers.
La dicte establie pentement faicte de
clerevoies, arches, pilliers a fiolles et con-
treboutentz. (1485, Entrée et séjour du roy
Charles VIII a Rouen, Mém. des Ant de
Norm., 2" série. 10» vol.)
Les .nu. fiolles desoubz les cloquis de
S. Berlin. (1498, S.-Omer, ap. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Et au. millieu de la dicte ligne endroit
du pillier ou fiolle entre les dictes voultes
(IbOO, Partition. Barbier de Lescoet. Arch
Finist.)
Filloele. (1S80, Valenciennes, ap. La
Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
2. FiLLOLE, s. f., pampre :
La vigne par après en porte plus aisé-
ment, quand on esmonde les filiales avec
la main, et qu'on la laisse fortifier en son
bois. (Du Pinet, Pline, xvii, 22, éd. 1366.)
Voila donc comme s'engendrent les
bourgeons, les filiales, les roisins... des
vignes. (ID., j'6., xvii, 21.)
FiLLOLER, V. a., garnir d'un filet :
j A Estienne Chartier, qui a payé pour
ung quarteron d'or parti et en fil, pour
fUloler lesdiz chappeaulx; pour ce, 2 sols
p. (Extr. des reg. orig. des comptes de la
ville d Orl., ap. Quicherat, Procès de Jeanne
dArc, Y, 312.)
FiLLOLix, s. m., ornements de filigrane:
Audit Jaquet pour quatre chappons de
haulte gresse présentez audit connestable
par ledit Jaquet... Pour l'appareil desdiz
chappons, fleur et fillolix. {Compte de Ja-
qicet Deloynes, 1424-1426, Forteresse,
Uespense, vil, Archiv. mun. Orléans.)
1. FiLLON, faillon, s. m., petit garçon :
Deu Colas, faillon. (Rab., IV, 6, éd. 1552.)
Les Lorrains, ce dit on, sont pens de bon affaire.
Bon Colas, bons faillons, bons hommes de maris.
(Passerat, Oetw., p. 305, éd. 1606.)
2. FiLLOx, s. f., fillette:
Faces sadinettes,
Plaisans godineltes,
Belles a choisir.
ruions on fillettes.
Blanches, vermeilleltes.
C'est tout mon désir.
(N. DE I.A Cbesnaye, Comdamn. de Bancçiiet,
I p. 3(Kï, .lacob.)
Car elles estoient tontes belles filions.
(Vers sur V Entrée de Ch. VIII à Troyes, Gro«l ,
Ephém., I, 132.)
3. FiLLON, voir Fellon.
1. FiLLOT, S. m., le foie et la râtelle de
porc enveloppés dans la toilette :
Des fillols de porcs. (24 mars 1394, Trans.
Arch. unin. Dijon, Très, des Cbart . E 1
12, c. I.) > > •
Aujourd'hui, à Dijon, on dit encore dans
le même sens fillot, filleu.
2. FILLOT. s. m., petit garçon ;
Mais Charicle se sentit tellement passion-
ner a la naissance de ce fils qu'il estima
n y avoir raison ni apparence que celle qui
avoit porté un si beau pelil fillot, fust plu?
appellee courtisane. (Ctbe Forc.^ui.T, Epil
d Anstenel, p. 80, Liseux)
Bourg., Yonne, et Morvaii, fillot, fillou
FIM
FiLi.OTE, s. f., pptilp fille :
Lu.; ijetitp, filloU: [Ordin. Tancrei, ms.
(le Sulis, !" 58'.)
Il portoit en un bissac petites ftllottes de
l'aape de deux ou trois ans. (Rab., Il, 15
ap. Chambure, Gloss.du Morvan, p. 358 I
Bmir?., Yonne, fillote, filleule.
FibLOTEUR, S. m., celui qui court les
lilles:
Qu'ilz soient renommes fiUotetirs et hau-
teurs de femmes. (Prônes d'nng curé de
Cysoing, ms. Lille 100, xV s.)
FiLLOiiER, voir FiLoin.
FILLOY, S. m.?
.III. livres defilloy. (18 nov. 1392. Vent.
de meubles de la mairie de Dijon, Arcli.
Oôte-d'Or.)
FILLl'EL, voir FILEUL.
FILLUELXGE, VOIT FlLLOLAGE.
FiLoiR, fillouer, s. m., atelier où l'on
fabriquait du fil, de la corde :
(Location pnr la ville) « d'un /îHoMgr près
ladicte tour que souloit tenir Hector Gidoyn,
n'en a ledit recev receu aucuue chose. »
(XV" s., Compte municipal d'Orl. servant de
couverture à un reg, des baptêmes etc. de
la paroisse de Chécy,ponr l'année iloô.)
FILObAGE, voir FlLLOLAGE.
FILON, voir Fellon.
FiLOPE, s. f., frange, efflloqne :
Se vous avez chambre ou estage ou il
ait très grant repaire de mouches, prenez
petis floqueau.x de feuchiere et les liez a
Blets comme filopes et les tendez, et toutes
les mouches s'y logeront au vespfe : puis
destendez les filopes et les gectez hors.
{Ménagier, I, 172, Biblioph. fr.)
1. FiLOT, s. m., filet:
A .Jehan Cordier pour .v. livres de /Ilot a
faire des cordes d'aubelestes, a .n. gros la
livre, pour ce .XVI. s. .viii. d. t. (1418,
Compt. de Nevers, CC 24, 1° 17 v», Arch.
muu. Nevers.)
- Fis. :
Mas en la seneure de lor plaies apparut
entor le col ausi cum uns filoz roiges.
(Amis et Amiles, Nouv. fr. du xiii» s., p. 72.)
Morv., fîlot, filet.
2. FILOT, S. m. ?
Entre le pont de Rabourdin et le filât de
Canteleu. (Charte de 1273, Moreau 198,
f» 21 r», Richcl.)
filotii;h, felotier, s. m., fileur :
Fclotier, filator. (1464, .1. Lagadeuc, Ca-
thoticon, éd. Auffret de Ijuoetqueueran,
Bibl. Quimper.)
FiLTAssE, s. f., race :
Pe mon sranl feu Tcnlj faire mon ilcvoir
A les hrnslpr cnix cl tonl lenr pliasse.
(IS.'îO, la Compl. des quatre éléments, Poés. fr.
lies nv" et XVI' s., XI, 2-22.'»
Pii.unF, voir Fii-eure.
FUI, s. m., rcspiralion, haleine :
FIM
I,i rois l'ot, de doiilor se pa«nie ;
.Noirs devint et vpiz comme basme :
I>e di,'mie loee plaioe
^'ea sentions jlm ne aleine.
(lUancandin, Hichel. 1915-2, f 18!)\)
1. FIMBRE, S. f. ?
Je ne vueil point magnifier les fimbres
ne l'orgueil de nature corrumpue. (J. de
Salisb, Policrat., Richel. 24287, 1° 73=.)
2. FIMBRE, voir FfEMnnE.
FiMBRiE, - brye, fym., fin., s. f., bord,
bordure, frange qu'on mettait au bas d'un
vêtement ;
S'il font eavres qui bones soient,
C'est por ce qne les genz les voient ;
Leur philateres eslargis'^ent
Kt leur flnbries agrantissent.
(Hase, Richel. KIZ, F 98^)
Et lor flmbries agrandissent.
(/*., 11830, Méon.)
Il leur estoit commandé de faire franges
et fimbries au dessoubz de leurs poilles et
vestemens. (Prem. vol. des Exp. des Ep. et
Ev. de Kar., f» 46 r", éd. 1519.)
Une femme par l'espace de douze ans
avoit souffert le flux du sang, laquelle vint
derrière nostre Seigneur Jésus Christ et
toucha les fimbries de son vestement. (Ib.)
Son chef estoit couronné d'une couronne
d'or, et estoit vestue d'un surcot de drap
d'or frisé de rouge, dont les fymbries es-
toient semées de perles fines. (J. Bou-
CKET, la Noble Dame, f" 28 v», éd. 1336.)
Var., les fimbries. (Edition citée par Ste-Pa-
laye, f» 59".)
- Fig. :
Les retformez se trouvèrent en peu de
temps dans cette ville jusques a quinze
cents hommes, avec lesquels ils délibé-
rèrent d'estendre leurs fimbries, première-
ment par un fort a Sainct Georges, puis
après parla prise de l'Abergement. (D'Au-
BiGNÉ, Hist. Univ., l. III, c. cxv, 1» éd.)
L'édition de 1626 porte : leurs bor-
dures.
FiMniîiER, fymbrier, v. a., franger,
border :
Vestue d'une robbe de satin de couleur
aeree, fymbriee par les ouvertures et pour
le bas de fine broderie de trois granz doigts
de large. (J. Bouchet, Trinmphes de la
noble Dame, f» 42 v», éd. 1536.)
Sur ses cheveux pendans sur les es-
paules avoit une guimple de fine toile de
Hollande, fimbrice de riche orfavrerie. (Id.,
ib., édition citée par Sainte-Palaye, f" 6.)
FiME, voir FlEN.
FIMEAGE, voir FmiAGE.
FiiviENT, figment, s. m., matière dont
une chose est formée, argile :
Dnn ne sez tu de qnen pment
Ta es vennz a naissement?
(Den., D. de Nom., Il, 0-219, Michel.)
Le misérable /ijment dont nous sommes
produis et faits, ((i. Chastrll., Chron.
des n. de Bourg., III, 113, Buchon.)
Parquoy nous a esté nécessaire une
aultre recreacion et renovacion en Jesu
Crist, ouquel summes une nouvelle créa-
ture et ung nouveau figment. (J. Bouchet.
la Noble Dame, f» 164 v», éd. 1.^36.)
FIN
5
— La chose formée elle-niftnie ;
Ne faut comprendre a ce figment le
tant renommé ouvrage des tuilleries de
Medon. (l'rint. d'I'Dfr, p. 274, éd. 1588.)
FiMPORT, s. m., requête ou aveu de
proches parents de la partie, qui consen-
taient qu'un tel se chargeât de la poursuite
d'une affaire, et se déclaraient parties,
en cas que celui là ne pût achever la
poursuite.
C'étoit,dit Laurière, Gloss. du Droit fran-
çois, une tonne qui oblif-eoit un deman-
deur à faire venir et joindre au procès
tous ceux qui pouvoienl prétendre droit,
interest, ou portion en la même action
qu'il intentoit: et jusqu'à ce, que le déf-
endeur n'étoit tenu de repondre, ny
défendre.
Fimporl, a forme of law, binding a plain-
tifT to fetch, and make join in suit -with
him, ail such as can prétend any right,
interest, or portion in Ihe thing which he
means to recover. (Cotgrave, éd. 1611.)
FiMPORTER, finporler, s. m., synon. di'
fimport :
Et emprez l'adjournemcnt connu, de-
manda celuy Tournemine ûnporter ou re-
queste des cousins et prochains dudit feu
de Beaumanoir. (1383, //'S(. deBret.,t. IT,
col. 664.)
1. FIN, fain (par abus de la rime), s.
f., terme ; locution, prendre /in, s'arrêter ;
En pied se lèvent li enfant de haut pris,
Jusqu'au palais ne prièrent onqnes pa.
(Garin le loh., 1" chans., xxu, p. 79, P. Paris.)
— Accommodement, composition, ar-
rangement :
Se i'ai mesprins envers le dnc Garin,
La en iert faite et accordance et pn.
(Garin le Loh., ï' chaos., \x, p. 287, P. Paris.
Qne manderes Froment le posteis?
Prendres en vos acordcnce no pn ?
(Les Loh., ras. Montp., f° 88" )
Prendront en il acordance ne pn .?
{II/., f 88''.)
.la en fust faite acordanco et pn.
(li., P 88'.)
De cesie Rncrre fnst acordance et pns.
(Mort de Garin, 2fi.S, da Méril.)
Qnanl Bnrgoignon e Pcilevin
Oirenl parler de la /i'i
Qne volent faire li Fran-eis
Knsemblement od les Dancîs.
(Ben., D. de Sorm., II, .lUii.S, Michel.)
Quant li soen oenl la manace
Qu'antre Pn ni porra trover,
Ne li osèrent pas loor
(,ine il s'i laissast asaillir.
(In., a.. H, 9-233.)
11 n'en a home ne vcisia
Od qu'il ne face paiz e pn,
liaison c leaulé e drril.
(Id., ib.. Il, 12079.)
Paix, fi.ns et escors sont fait entre oulz.
(.Mars 1295, Ck. de Ferri, D. de Lorr.,
Mureau, Arch. Meuse.)
A quoy le roy respondit que volontiers
il se y trouvcroit et partiroit incontinent
qu'il anroit faict une fin touchant les af-
faires de Bretaigne. (Bouchard, Cliron. de
Bret., fM33^ éd. 1532,^
FIN
FIN
FIN
— Manière :
A gnot paÏDe a Sébile cel termine andoré.
Mol» crient de Bandoin qne ne l'ait oblié,
A Helissint a molt loqis et demandé
Se sel an noie /!« comment ce est aie
Qqe lor .11. ameor sont ensi ansarré.
(J. Bno.. Sur.. c.\i\t, Michel.)
— Frontière, limite :
Dedens le? rtiii et le? mettes de la dicte
baronnie. (.V/ni. de dom Sim. Diibosc. ab.
de Jumteg., tin du xiV s., Arch. S.-Inf.)
En ce lenip? la, dii CTand Luther, fils de
Pluton infernal, les disciples et ministres
par nombre infinv descendirent de? hautes
fins des AUenirtfmès. (BELLEFORBSTSjCftron.
et Ann. de France, François I", an 15*1.)
... Ft sa Tois gratii-nise
Partint ani fin-t de terre spacieuse.
(Cl. MiR.. Baladin, éd. 1596.)
D'Ter» Haynant. snr les fins de Cbarapaifme.
E<t arrivé le bon dnc d'Aleoçon.
(ID., Ballad. arrir. if M- i'Alnç. en Baijnaiil,
éd. 1596.)
Strasbourc est une ville assise sur les
/In3 de la Gaule Celtique. {Yoy de if. de
Rohan faict en 1600, p. 6. éd. 1646.1
— Par extension, territoire :
Oien, par ton nom qoi est donblauble.
Ses anemis. ces mali dianble.
En fins de Mets venlies bonteir.
(Palfnoslrf, 3J. ap. E. de Bonteiller. Guerre de
Helx. p. 36t.)
Une pièce de terre qui siet en la fin
d'Arbois. (Mardi av. Pentec. 1470, Arbois,
Arcb. Jura.)
En lad. ville, fins et limites d'icelles.
(Lelt. de Fr. l",3l mai 1S33, Arch. mun.
Thiers.)
Il ne lui estoit loisible, pendant son ma-
gistrat, vider les fins du pays. (PASQ.,ile-
cherch., 1, il.)
En Egypte, aux/!»«des Troglodytes. (G.
BorcHET, Serees, iv, 247, Roybet.)"
Fins, limites de terroir. (Monet.)
— Finance, argent :
Et moolt se (ait lie de grand fin.
(Parlon. ie Biais, 10317. Crapelcl.)
Ne sont pas toot honni li franc ne li villaio :
A<aric« les fait songent Tiser a(u) fain.
(B. de Seb., i, 870, Bocc^.)
Ganfrois seroit bien dignez d'aToir terre et grant fin.
(/»., I, 918.)
Qaant il n'ot pins de fin.
(/*.. XII, lOî.)
Tôt esloit clos de mot marbrin,
Qni bien fn orrei de grant fin.
(Rti. DB Bf.acji;u, li Biaas Drsconnetis, 4207,
Bippean.i
El quant faille li ert fins,
Adont pronmetoit par bcsoinene.
Et aprics estoit en grant soinjine
De (aire tant qne /lu eoisi
De quoi aqniter se pcni^.t.
(J. Dt Co.NDi, Ujriau. de hûriem. el ie largecc.
16«, Scheler.)
— Faire fin, payer :
l'ar messire Tristan al fait fin ,.
(Jeb. des Vttta, Cette d'- Lit'fe.M, I30:;2.
Scheler. Clou, philol.)
— Veines de la pierre :
11 y a certaine? picrricres, desquelles la
pierre a un nombre infini de fins, combien
qu'elles 8c tiennent en une masse, si est
ce qu'en mettant des coins par dessous,
elle se fendra aisément, et se lèvera en
sus. (Pallissy, Bccepte, Cap.)
Dont se commencera un lict a part, el se
trouvera une séparation en ladite roche,
que les pierreurs appellent une fin. (Id.,
«6.)
— Résistance :
Qne contre ses cops n'at halbert ne hyalmes fins.
(Jeh. des Preis, (iesie ie Liège, II, l.ïl, Scheler,
Gloss. philol.)
— Mener forte fin d, traiter rudement :
Il regarda que une fois les deux seurs
jouoient aux tables, avec deux chevaliers,
mais l'aisnee tensa a l'ung des chevaliers,
et luy mena forte fin ; mais sa sœur moins
née, qui aussi avoit perdu, ne faisoit sem-
blant de sa perte, ains faisoit aussi bonne
chiere comme se elle eust tout gaicné.
{Liv. du Chev. de la Tour, f» 8\ ap. Ste-
Pal.)
— De fin, loc, sùremeni, infaillible-
ment :
Et qnanl li amiraais Tu pris.
De fin cnidoit estre ocis.
I (Florimont, Ricliel. 353, fil''.)
; — Par fin, tout à fait :
I Li escaiers, mnsars et faus,
Respont : Sire, pnet che voirs estre?
— Oil par fin, che dist li prestres.
' (Du Presire et iu Cheralier, Montaiglon et Ray-
I nand. Fabliaux, II, 72.)
— En fin, pour toujours, à perpétuité :
Ai delessié en fin et en perpétuel héri-
tage. (Mai 1307, Vente de Rob. Marie, Ste-
Barbe, Arch. Calv.)
— A fin, dans le même sens :
A portées bien et em pez affin et a héri-
tage les diz vint et quatre solz de torneis
iFête de S. Sim. 1282, Ck. du Vie. de Bay.,
Liv. noir, Bibl. Chapit. Bay., f» 108 r°.) "
Fin que il a vendu et otreé et deu tout a
fin delessié. (Août 1284, Ch. du bailli de
Caen, S. Etienne, Arch. Calv.)
11 a vendu et delessi a fin em perpétuel.
(Fête S. Sim. 1284, Chap. de Bay., Arch.
Cilv.)
A vendu et delaissi a fin d'en tout en
I. de
tout. (Janv. 1290, Chap
Arch. Calv.)
Bay., n° 214,
A delaissi a fin as diz hommes honora-
bles. (Mai 1293 Ck. du Vie. de Bay., Chap.
de Bay., Arch. Calv.)
Recognut soi avoir vendu et delessié
a fin en perpétuel héritage. (1307, S. Tau-
rin, Periers, Arch. Eure.)
— A fin de, h titre de, comme:
Que il ne demourge a/fin d'erltage as diz
religieux et lour sucessour. (1309, Ch. du
g. du sceau de Caen, S. Etienne, Arch
Calv.)
Il a pris en fieu et affin d'eritage. (Sam.
apr. nat. S. J.-B. 1324, Ch. du garde du
sceau de Bay., Cordillon, Arch. Calv.)
Avoir prins en fieu a fin de heritaige.
(.Mai 1379, Ch. du garde du sceau de Bay.,
Cordillon, Arch. Calv.)
Avoir baillié en fieu e.la fin de héritage.
(12 mai 1407, Ch. du g. des sceaux d'Auch,
S. Etienne, Arch. Calv.)
— Fin a, adv., jusqu'à :
Fin a Andrianople. (Liv. de la Conq. de
la Moree, p. 15, Buchon.)
— Fin a tant que, jus(iu';i ce que :
Jura Dieu et son benoit nom que jamais
dou siège ne partiroit fin a tant qu'il eust
pris la fortresse de Malevesie. (Liv. de la
Conq. de la Moree, p. 92, Buchon.)
Fin a tant que il alast. (/6.)
Que les. priors puissent paier et tenir la
baillie la ou ils trouveront qui la vueille,
fin a tant qu'il leur soit sattisfait de ce
qu'ils auront despendu. (143b, Est. de S.
J. de Jer., Arch. H. -Car., f» 66».)
Que le lieutenant puisse user des reten-
dons fin a tant que le maistre soit a Roddes.
(Ib., f 89\)
— Pour fin, enfin :
J'ay cognu un cardinal Vitelly, très bon
partisan françois et galant homme ; pour
fin, c'a esté tousjours une brave race.
(Bra'nt., Grands Capit. estrang., 1. I, c.
XXVII, Bihl. elz.)
— Fin marque le but ; îoc, à la fin de,
comme o fin de :
Pour ce est il donques raison que les
biens que pevent et doivent faire ycelles
gens qui honnour d'armes veulent avoir et
acquérir soient un po esclarciz, a la fin de
en avoir cognoissance. (G. de Charny, Lit).
de Cfteuai. ,ms. Brux., f» 112 v».)
Suisse rom., Vaud, Neuchâtel et Fri-
bourg, fin, étendue de terre arable. « La
^n de Peseux . »
Nom de lieu, Enirefins (Inter fines), lieu
situé dans la commune d'Adries, sur l'an-
cienne voie de Limoges à Poitiers.
2. FIN, adj., au sens moral, délicat,
tendre :
Prenez conseil bon et loial et fin.
(Garin le Loh., i° chans., I, P. Paris.)
.\$ feniestres de marbre fa la pacielle fine.
(Chev. au cygne, 15081, ReiEf.)
Ki l'avoit amé de cuer fin.
(MocsK., Chron.. 375, Reitf.)
Je sais li /i:is desirans
Ke ne paet sa joie taire.
(Aboins de Savene, Chans., ms. Berne 3S9,
r 79 r°.)
Mes tant est ses fins cners loiaus.
(Rose, ms. Corsini, (° 88''.)
Cil i'aimme com s'amîe fine
Et elle lui com ami fin.
(Frrgus, p. 273, Michel.)
De termes sont lors rjs moillié,
Sourdans de fin cuer amourens.
(Couci, H17r>, Crapelet.)
— Fin s'employait devant beaucoup de
substantifs pour exprimer une idée de su-
perlatif, pour dire extrême, complet:
Voir est qao molt moral de gent an Ronceiax,
Et anz ou Val Béton ou fu Karles Martlaï,
.\ Cambraisis qaut fu ocis Raous li mai,
I-]n -Aspremont qant fu couqise Durondars,
Ou plain Vinmeu ou Gormonz lit estai
Ancontre Loeys qi fu prox et loiax :
Tôt ce fu fins neans ancontre cez jornax.
(J. BoD., Clians. des Sas., cxcm, Michel.)
Kl bien commence bien deûue,
I C'est yeriles et saiane et fine.
I (Guillaume, H irais Bestiaires ie la devine escrip-
I lure, Richol. 2168, f» 188''.)
FIN
FIN
FIN
Siic, ce Jisl llollans, c'est finr veriles.
(Fieratras, 5511, A. P.)
Il covient a Ane force que tu le me
rendes céans dedans l'eure que je t'ay dit.
(LDCESDEr.AST.irnsten,RicheU01,f<'48v''.)
Si que par /ine paour n'osèrent... {Grand.
Cron. de France, l'Istoirc du gros roys
Loys, XIX, P. Paris.)
H escouviot a fine forco
Qoe li qnfns, sanz frneres étendre,
Veniat la son pais dcfTenilre.
(Gdiart, lloij. lign., 13'3i, W. et D.)
A pol qne de fin duel n'est li ber forsenes.
(Gaufrey, SSfiS, A. P.)
L'istoire nous dit que Geuffroy et ses
gens sengloient par la uier a veilles tendues
et a force de vent qu'ilz avoient a fin sou-
het. (J. d'Arbas, Melus., p. 301, Bibl. elz.)
Et de fine ire et courroux il occist son
frère Anion. (Lie. du Chev. de La Tour,
c. LXI, Bibl. elz.)
Mfin heritape a james. (Mardi apr.
reniiniscere 1391, S. Pol de Léon, Arch.
Finist.)
Devoit a la ville du temps passé et de fin
compte fait... (1404, Compt. de Nevers,
Arch. mun. Nevers, CC 12, f" 5 v.)
Au ^n conmencement de la saison. (CoM-
MYNES, Mém., IV, 1, Soc. de l'H. de Fr.) i
Au long de la rivière, et sur le fin bort.
(ID., î6., 1, 9.)
Sur la fine poincte du jour. (In., ib., i
l,xi.)
Au plus fin matin, je veis que le temps
estoit changé comme s'il vouloit plouver.
{Les Evang. des QiienouiU., p. 92, Bibl. eh.)
Elle a en soy des biens a fin sonhaict.
(Vii.i.0N, Granl Test., Bail, de la grosse Margot,
Jonaust, p. 102.)
[C'est) tont an fin commencement.
I Farce de Pernet qui va a l'escolle, Ane. Th. fr., i
II, 3S5.) j
MaISTRE MlMlN.
Mon ciienr et ra'nraonr je Tons donne.) 1
La Bru.
Et a magisler, de cuenr fin.
{Farce de Mimin, Ane. Th. fr.. Il, 355.)
Je les rens grobis et monssns,
Tont an fin fesie d'nng sollier.
(CoauiLL., Blason des Armes, II, 168, Bibl. elz.)
Et a fine force d'armes l'empereur coni-
batit Belangier... (BoccACE, Noblesmalheu-
reux, Vlir, 7, f° 223 r», éd. 1S15.;
En plainclz pitenx j'ejibe ma science
Quant j'ay fin froit, je prens en patience.
(R. DE COLLERVE, Rondeaux, tix, Bibl. elz.)
Et da fin bont dn long bois qu'elle porte
De grand Tigneui donna contre la porte.
(Cl. Mar., Met. d'Ov., 1. II.)
Tous ces lirans en un petit moment
Choir les ferons an fin fen de l'enfer.
lia Polymachie des Marmitons, Poés. fr. des xv" et
\i\° s., VII, 54.)
Telle ville, qui auparavant leur estoit li-
mitrophe, du costé de Levant, estoit lors
située au fin cœur de leur pays. (Pasq.,
le Pourparler du Prince.)
Je crois qu'il ne se rendra qu'aine force.
(Cholieres, les Apresdinees, viii, f° 79 v,
éd. 1S87.!
Tout ce qu'on dit d'une Lucresse, Cas-
sandre, et autres sont fines menteries.
{Print. d'yver, p. 154, éd. 1S88.)
— Il s'employait adverbialement avec
iiii adjectif ou un participe passé :
Trestout fin plain nng bcnoistier.
(ViLi.oM, Grant Tesl., I.ays, 15:i, Jonaust, p. 113. i
Il est tont fin faict.
(Farce de Jotijel. Ane. Th. fr., I, ai.)
Il est tont fin fol par dessonbz.
(Sollie dn RoiJ des Solz, Ane. Th. fr., II, -229.)
Tont fin nn en belle chemise.
(CoQDiLLAriT, Monol. du Puijs, II, 258, Bibl. elz.)
Versez dn Tin et leur donnez
Du fin meilleur ?
(N. de la Chesnate, Comdamn. de Uanc/uet,
p. 292, Jacob.)
Pour tout fin vray. (Palsgrave, Esclairc,
p. 866, Génin.)
Tenez, nostre ame, plein tanquart du fin
meilleur. (Rab., 1. IV, c. xxil, éd. 1532.)
Je vous sacrifieray un bon et grand
pot de laict tout fin couvert de belles
frayres aux Ides. (1d., 1. IV, nouv. prol.,
éd. 1552.)
Si TOUS voulez en donner uue bonne (baqnenée),
Sçavez comment Marot l'acceptera ?
D'aussi bon cuenr comme la sienne il donne
Au fin premier qui la demandera.
(Cl. Mar., Epigr. au Roy de Nav.)
Monsieur le duc de Guise, pair de la lieu-
tenance de l'Etat et couronne de France,
mettez vous tout le fin premier pour ce
coup. {Sat. Mén., ordre tenu pour les
séances.)
Si je m'en fusse creu, a tout hazard,
j'eusse parlé tout fin seul. (Mont., Ess.
III, 12, p. 187, éd. 159S.)
Je vous demande si vous pourrez avoir
un père Barnabite, car M. Roland est a
compter d'argent. Que s'il ne le peut, bon-
nement renvoyez moi, et je vous pourvoi-
rai bravement, et tout au fin pis, ce sera
d'un pauvre evesque quevous aimezcomme
vous mesme. (Fr. de Sal., Nouv. lelt.inéd.,
h mad. de Chantai, lettre 301, Datta.)
La pauvreté y est démesurée ; et les en-
fans du séminaire tout fin nuds, deschaux
et transis de misère. (Id., Lelt. a Ch. Emm.,
11 déc. 1620.)
Et encore au xvn" s. :
Je me coucbis tout fin nu. (Cyrano de
Bergerac, Pédant joué, V, 10.)
— Dans cette manière de dire il pouvait
s'accorder avec un adjectif féminin :
Et elle estoit si fine belle
Que n'aToit dame ne pucelle
Eus et pais qui l'ataindist.
(Couci, l.Sl, Crapelet.)
Apres la baniere Tcrraeille
Venra une autre despareille
Qui sera tcute fine noire.
(Tragédie de la vengeance de J.-C., ap. Parfaict,
Uist. gén. dit Th. fr.)
— Adverbialement, fin, totit fin, s'em-
ployaient de même devant un adverbe :
Il estoit tout fi» plat dessus.
(Farce d'un gentiùiommc. Ane. Th. fr., I, 262.)
Tont fin plat je te cry mercy.
(Farce de frère Guitlelierl, Ane. Th. fr., I, 317.)
Qui s'en Tiengncnt diligamment
Tout /!n droit au port cy descendre.
(Mysl. du siège dOrt., 480, Guessard.)
.le le feray tout fin mayntenanl. (Palsgr.,
Esclairc, p. 806, Génin.)
Jamais, jamais, au grand fin jamais.
(H.\n., m, 11, éd. 1332.)
Tncore leroit il conscience
De ne la prendre en patience.
Tout au fin moins ponr l'espronver.
(Grevi«, les Esbahis, u, 2, éd. Ia62.)
Et sur tout ce peuple des passions sen-
suelles, la volonté tient son empire, reje-
tant leurs suggestions, repoussant leurs
attaques, empeschant leurs eflects, et au
fin moins, leur refusant fortement son
consentement. (Fr. de Sales, Am. de Dieu,
1. I, c. 3.)
Cette manière d'employer l'adjectif fin
s'est conservée dans beaucoup de pro-
vinces. On dit encore en Lorraine, fin
plein, pour tout à fait plein; en Picardie:
« Il est fin bêle, » — « Toute fine seule. »
— « J'ai fin froid » ; dans la Beauce le
fin mitan, pour le beau milieu; dans le
district de Valenciennes,il est fin sot; dans
le pays wallon et la Suisse romande, il est
fin saoul; dans le Jura. «Elle est /îne belle,»
pour dire qu'une jeune fille est très belle.
On trouve dans le Glossaire du centre de la
France par le comte Jaubert: — « Le /înbout
de mon bâton » — i La fine pointe d'une ai-
guille » — fin bord, loc, tout au bord :
« Le fin bord d'un fossé. » —Fin fait (faîte),
loc, point extrême de l'élévation : « Le
fin fait du clocher. • — « Fine pointe du
jour. »
Bourbonnais, fin, habile, savant. Nor-
mandie, Orne, un hœwlfin, un bœuf pourri
gras.
FiNABLE, adj., sujet à linir:
[N'i a chose qui soit estable,
T'ot trespasse, tôt est finable.
(Rom. des trois Ennem., Ars. ."1201, p. 262'.)
Laquelle (l'âme) est tonsjoars pardurable.
Combien que le corps soit finable.
(J. Lefebvre, Hesp. de la mort, Richel. 994,
f» -'.)
Auquel mort éternelle se transmue eu
mort temporelle non finable. (G. Chas-
TELi.., Chron.duD. Phil., Iulrod.,Buchon.)
Relray ton ruer de ce règne finable.
(Id., Epist. au duc de Bourg., vi, 165.)
— Final, définitif, arrêté, déterminé,
lixé ;
Par composition et compte /irtoh/e. (1314,
Arch. JJ 50, f° 42 r°.)
Ce est la deliberacion et le conseil finable
de la ville de Thoulouse... sur le tait des
monnoies. (1314, Arch. J 459, pièce 23, et
Mus., vit. 54, n» 32.)
Les dessus nommez viez eschevins se-
ront tenuz a rendre, et rendront bon
compte finable de chasque année. (1333,
Arch. adm. de la ville de Iteims, li, 706,
Yarin.)
Si n'en eut nulle finable response. (1376,
Compt. de Valenciennes, n» 42, p. 17, Arch.
muu. Valeucienues.)
(Echo) répète et réplique les sons, les
vois et les paroles, et par especial les rnos
finables. (Evhart de Conty, l'robl. d Arist.,
Hichel. 210, f» 170'».)
Ce fut toute la finable response que li
messagier dou priuce en peurent avoir.
(Froiss., Citron., VII, 58, Luce.)
Finable conclusion faisant. {Traict. de
P. Salem, ms. Genève 163, f" 24 r».)
8
FIN
FIN
FIN
Le jour que tu dois venir pour tenir ton
finable jugement. {La Pass. de J.-C, Maz.
1313, f° 16*.)
Escoute et retien briefve et finable pa-
roUe : Délaisse tout et tu trouveras tout,
renonce a convoitise, et lu aura? repos.
(Intern. Consol., II, xxxii, Bibl. elz.)
Se partirent les coinpaifnions, en pur
leurs pourpointeaulx, soubz bon sauf
conduit, réservé ceulx qui autresfois
avoieut fait serment de la paix finable qui
avoit esté jurée entre les roys de France
et d'.Auf.'leterre. (Monstrklet, Chron., II,
9, Soc. de l'Il. de Fr.)
Mais la droicturiere et finable punition
des damnez et le lover des bieneureux
n'est pas a acquérir lès biens et honneurs
transitoires de ce monde. (Al. Chartier,
l'Espérance, p. 300, éd. i617.)
— Qui conduit à la Qn, à la mort :
Traître riaol, boordenr finable.
(G. Chastill., rOttltré d'amour, ti. 81, Kertyn.)
FfN.xBi.EMEVT, - avlemcnt, adv., d'une
manière déûnitive :
Ai vendu et finablement otreé (Oct. 1278,
Venu de Guill. de S. H., Chap.de Bayeux,
Arch. Calvados.)
— Finalemeat, enfin;
Finablemenl s'accordèrent lesdites par-
lies que... (Pièce de 1361, Felibien, Hisl. de
Paris, m, 4«1'.)
Et furent finavlement tout mort.(FROiss.,
Chron., l, 383, Luce, ms. Amiens.)
Finablemenl pour labonne,vraye et ferme
paix entre iesdictes parties. {Piécede 1412,
Felibien, Hisl. de Paris, 111, 528".)
Et finablemenl firent conclusion île tout
le peuple faire as?ambler.(Voi/. deCharlem.
d Jérus., p. 61, Koschwilz.)
Finûbtement seaol toqs voye ,
Sar les irosaes de majesté.
(Grebix, Mut. de la pass., 18J3,ï, G. Paris.)
Finablemenl, en la court du roy nostre
sire a Tours, personnellement estably....
par le conseil, advis et deliberacion de plu-
sieurs leurs pareus et amys. (28 sept.1489,
Charlrier de Thouars, p. 237.)
En telle manière qu'il ne fust, n'est et
ne sera créature humaine qui n'ait dancé
finablemenl a l'une d'elles (danses), ou a
<leux, on a toutes. (P. .Mich.\clt, Dance
auxaveugl., p. 4, éd. 1748.)
V.iicy le temps si Ion; temps désiré
Oo noi ayeox en raio ont aspiré,
(Jni «nr l'Anglois finablemenl rnmcine
La jaste fhejas) mais trop tardive peine-
(JoACBiM DD Bf.li.at, ChanI Iriumphal mr le voilage
de llùtlogne. Ree. de poésie présenté a Madame
Marguerite, Paris l.-JOfl.)
Ta es veno finablemenl, o Prince .'
Et je tatoy si lone temps attende.
On., Proxphonemalique.)
PiNAGE. - aige, - a\jge,-eige, fign., fen.,
s. m., étondne d'une juridiction ou d'une
paroisse :
Es fignaiges delà Fcrté.(1231, Ch.d'aiïr.,
.Vrch. uiun. La Ferté-s.-Aubc.)
C»ue les bestes alassent et pasturassent
par toz les finagef entièrement des devant
distes villes. (1*46, Louppi, I, 5, Arch.
.Meurtlie.)
Viçpe séant ou finaige de Landriville
.Avnl 1268, PothierPK.'Areh. Aube.)
Quant que il at a Pont eus appandises
et ens fenaiges. (1276, Pont, Fiefs, I, 81,
Arch. Meurlhe.)
Oacqnes mais n'orent tant de biens comme cel an,
>'e n'ont si bian finaiije d'anqnî jasqn'a mil aa.
(Girarl de Ross., fi'iao, Mignard.)
An tous les bans et an tous les fenaiges.
(1304, Cart. de la Gr. Egl. de Metz, Ri-
chel. 1. 11846, f» 123 v».)
Es appendises et ou finaige de la dicte j
ville. (C'A. de 1309, Gendrey, Fr.-Comté.)
Au finaige de Orlenois. (1316, Chap. Ste-
Croix, Arch. Loiret, G ii.)
Au fignage dcDampmnrtin. (1331, Compfe I
de Odart de Laigny, Arch. KK 3", f" 89 v».) j
Ou territoire et ou fenayge d'Amont.
(Sam. ap. purifie. 1357, Ch. des compt. de
En estrainge fineige. (1357, Ecrit, prod.
par les moin. di>. Reigny contre ceux de
Pontigny, Arch. Yoiiue H 1554.)
Sur toutes les terres, maisons que le
1 dit Berthelin avoit et possidoit... en la
i paroisse et ou finage de Villeperrot. (1369,
Arch. K 49, pièce 41.)
Les nations de toute Orient se humiliè-
rent jadis en la famé du tyran Holoferne et
.«e vinrent rendre a luy, ainsi tous les
finages de la autour.(G.CHASTELL.,C/tro».,
Il, 114, Kerv.)
Pour quitter a M. de Savoye les jurisdic-
tious et les finages de cinq places retenues.
(Du ViLLARS, Mém., XI, an 1559, Michaud.)
Les cinq places n'auroieut autre finage
ou territoire que ce que pourroit contenir
l'estendue d'un mille italique es environs
de chacune d'elles. (Id., ib., XI.)
Il doit résister a ceux qui vcullent occu-
per les finages du peuple qui luy est com-
mis de Dieu. (.Mart. du Bellay, Mém., I.
IX, 1» 286 r", éd. 1569.)
Et pource que la ville d'Oscane se voulut
rendre, il fist gaster tout le finage d'icelle
(ViGNiER, Bibl. hisl., II, 398, éd. 1S88.)
— Borne, limite :
Ce lieu., est en manière de dire le finage
de In terre. (Amyot, Œuv. mêl., V, 243,
éd. 1820.)
Les roys voisins ont débat entre eux,
pour les finages et bornes de leurs terres.
(Du IIaillan, Est. des aff. de Fr., f° 132 r°.
éd. 1580.)
Finage se rencontre encore dans des
auteurs du xvii" et du xviii" siècle :
Thibaud même ne put être délivré,
quelaue instance que le roy en 6t, qu'en
la délaissant entièrement (la ville de Tours)
et la Touraine avec ses dépendances et
ses finages. (Mezerat, Abr. de l'Hist. de
Fr., an 1042.)
Thibaud voulut bastir une forteresse
sur les finages des terres du Puiset. (Id.
ift., an 1110.)
Il possède k la côte, de Mongré la meil-
leure du finage, dix arpens de vignes. (Res-
TIP DE LA DRETO.NNE, l'Ecole dCSPérCS, t. I,
p. 262.)
Dans quelques provinces finage se dit
encore de l'étendue d'une coinumno.
Morv., finaige, limite.
piNAiL, s. m,, lin :
Pcccbee lapist au cnmençail.
Mais trop mnstre mal an finail.
(.S. Edward le conf.. 42113, Laard.j
PINAILLE,- o/te, -alhe, s. f., fin, terme :
Une voie est ki semblet l'omme bone,
mais ses finalhes moinent a mort. {Job,
Ler. de Lincy, p. 469.)
I trovera, sans nnle faille.
Si rois Floires a sa finalle
Estoit Vennz
(Pean Gatineah, Vie S. Martin, p. 8. Boiirriissé.)
FINAISON, voir FiNISON.
1. FINAL, finel, adj., perpétuel :
Permutacions héritières et fineles. (2
janv. 1530, Barbier de Lescoet, Arch. Fi-
nist.)
2. FINAL, voir Fknal.
FINAL.HE, voir FlNAILLE.
FINALLE, voir FlNAILLE.
FiNA^iMENT, adv., finalement :
Si en dedans lesdits sept jours et sept
nuicts ledict acheteur ne vient recognois-
tre ou soy opposer a ladite reprinse, le
[ requérant doit estre mis finamment en
l'héritage et maison par luy demandée et
requise. (Co?^«. de iJHe, vir, 2, Nouv. Coût.
I gén., II, 940.)
FINANCE, S. t., fin:
Et cil est fox qui recoramance
Ce qu'il ne pnet mettre a finance.
(GODEFR. DE Paris, Chron., i773, Buchoo.)
Cliers seiiîaears, puis qn'il vous agrée.
Je vous en voys faire finance.
(Jacq. Milet, Dcsiruct. de Trotjr, 701 1, Slen^cl.)
— Dou ;
Le maistre de l'œuvre de la dicte église
leur fera finance de charbon pour chauffer
en la loige. (1382-S3, Compt. de lafabrique,
Arch. Aube G 1559, f» 58 A r».)
— Valeur :
Les sommiers le cardinal d'Amiens ens
esquels il avoit grant finance de vaisselle
d'or et d'argent. (Froiss., Chron.. IX, 157,
Kerv.)
FfNANCHIERE, VOir FINANCIERE.
FINANCIERE, S. f., propriétaire :
Et Dame, qni est financhiere
De tous les biens de mon poarpris.
(A. Chart., l'Hospit. d'am., OEuv., p, 751, éd.
ii;i7.)
Ce povre triste douloureux
Voit s^ financière de joye...
(Id., ib., p. 749.)
FINAVLEMENT, VOir FiNABLEMENT.
FINBRIE, voir FIMBRIR.
FINCHEMENT, S. 111. ?
Item, .II. bottes de finchement pour les
dictes hottes . .vi. deniers. (141,5-1416,
Receptes de Boulogne-sur-Mer, p. 169, Ed.
Dupont.)
FiNcioN, - sion, finction, s. f., inven-
tion :
Ci conmence une amoureuse fincion
atribuee a nostre Segneur Dieu. (Compos.
de la >'. escript., ms. .Monmerqué, t. 1,
f» 43 V».)
FIN
FIN
FIN
Finsion. (/6.,f»ol r».^
Finction. (Ib., f»53vo.)
— Dissimulation :
Sens nnllo finction.
(Jeh. des Pbeis, Geste de Liège. 233G0, Scheler,
Gloss. philol-)
— Lâcheté:
N'i ont fait /ïnc/ioBi-,
Aios se sont defendos com Inpars on lions.
(J. DKS Pbeis, Geste de liège, 26211, Scheler,
Gloss. philol.)
FiNCTiBLE, voir Faintible.
FINCTION, voir FiNCION.
FINE, S. f., fin :
Ja n'y seray a fine.
(Chev. an cygne, 18618, Ueilî.)
Qui dedens .lericop m'en monstra le droit fine.
<Ib.. 31938)
Hai ! com Caiba la roine
Feira grant doel sanz avoir fine.
(Hercule et Phileminis, Richel. 821 , f î'.)
En la fines^ conche le carpenter.
(Proverbes de Frannce, ap. Ler. de Lincy,
Pror.)
— Mort :
CoTOitise la forsenee
E de Inxnre la raalvese,
La deslieee, la pnineise,
Qai pins ert amere qne fine.
(Des S Ennuv! de l'homme, Richel. 19d-2.S,
f» 126 V».)
FINE, adj., banni, exilé :
Senz estre du tout deshers et fineiz du
pais, ilz ne pourroient supporter les prises
de leurs voilures, blez, vins. (1374, Ord.,
VI, 79.)
FiNEE, finnee, s. f., fui :
Loez l'nnt, qnant il vint.jekea la flnee.
(Horn. 2820, Michel.)
La gnerre est entamep
Contre je ne sçay qnel Didier,
Si fanlt ponr faire sa finnee
Qae bientost loi venez ayder.
(Myst. de S. Did., p. 137, Carnandet.)
FiNEGUERRE, "flnisseuse de gnerre,
nom de l'épée de Gérard de Nevers :
Donné li a si grant rolee
Qne très le chief li est conlee
L'cspee de si en la terre :
Por cel cop ot non Fineguerre
L'espee.
(GiRE. DF, MoNTR., la Violette, 1831, Michel.)
FINEIGE, voir FINAGE.
FixEisoN, voir FINISOX.
FiNEL, voir Final.
1. FINEMENT, finn., s. m., fin :
An finement de cesl escrit,
K>a romanz ai Inrné et dit.
Me namerai par rpinembraiince.
(Marie, DU d'Ysofel, conclus., Roq.)
Le cief c'est le conmcncement.
La kene c'est li finemens.
(De Thayaxe, Ars. 3.Ï27, f l.S'.)
Toni cens qni laimment finement
AfBne si an finement.
Com ors reçoit sont affiné.
(G. DE Coi.\a, Mir., ms. Soiss., f° inr'.)
T. IV.
Car pleurs et dolours et gemissemens
ont esté le finement de œa vie. {Psaut.,
Richel. 1761, f» iO\)
Le coraancement,
Et le finement,
No se acordent mie.
(Caton, Richel. 23407, P 200''.)
Del aver qu'il i prisl ne set hom le finement.
(Ilorn, 3476, Michel.)
Acordes vons an finement
Ke faciès la besoinjno ensanle.
(Jacq. d'Am., Art d'.im., ms. Dresde, Kôrt., 1C34.)
Leur paioe durera sans point de fi.ne-
ment. (J. Dupin, ^ferancolies, Ars. 5099,
f» 16 V».)
Les habitans de Tours furent si grande-
ment espoventez, qu'ilz pensoient estre au
finement du monde. (Cl. Haton, Mém.,
II, 973, Bourquelot.)
— Fin de la vie, mort :
Qne il l'ait mort et mis a finement.
(Raoul de Cambrai, 6090, A. T..)
... Jnsqn'a son finnemenl.
(La Dame a ta licorne, Richel. 12362, f I r°.)
Se j'avoie d'enfans en^^enré demy cent
Et cieox les euist mis trestous affinement
S'aroit il pais a my sans nés .1. maniaient.
Por tant qn'il a s luvé my et mon casement.
(Hisl. de Ger. de Btav., Ars. 3144, P 7;» r».)
Piecha qn'estre denst menez affinement.
(Ib., P 137 r°.)
Il en enst Hnon mort et mis a/finement.
(H. Capet, 3699, A. P.)
Qni ne viennent .sinon ponr nous grever
Et exiller nostre gouvernement.
Mettre noz gens et nous a finement.
(Jacq. Muet, De.ilruct. de Troye, 6180, Stengel.)
Et veant son finement approuchier, elle
conanut plainement et confessa que...
(MONSTEELKT, Chrou.. II, 10b, Soc. de l'H.
de Fr.)
— Fin dn monde :
De ci al jor del finement.
(Ben., D. de Horm., II, 6810, Michel.)
L'apostre dit veraiement
Qne nostre sire an finement
Le félon deable ocira.
(GoiLLADME, Ilest. div., 2604, Hippean.)
2. FINEMENT, adv., enfin, finalement :
Se pitié ne l'en prend.
Je sai qn'a estovoir
M'occira finement.
(Blond.de Neelle, Chans., v, p. 11, Tarbé.)
Et li St Espirs ansement.
Et cist troi sont .i. finement.
(MoDSK., C/iroB., 5980, Reitf.)
3. FINEMENT, adv., sincèrement :
Si finement vos ai m'amor douée
Qn'ele n'iert ja a nul jor dessevrec.
(CAans. , dans les /'o?/. /r. av. t'M)ii. t. IV, ap.
Sie-Pal.)
Centre de la Fr. ^t Canada, finiment, en-
tièrement, parfaitement, très bien.
FiNEMUNT, s. m., fin du monde :
Malt se claime chaitif, dolenz,
Od la mer braire ot finemunt.
(Ben., 0. de Norm., Il, 2102, Michel.^
Les portes oevrent a bandon.
Si s'en issent lor gon fanon
Cinc cenz e pins irestut d'un front:
Ci s'apaieille finemunl.
I (Id., ib.. Il, 3363.)
1. FIXER, finyer, verbe.
— Act., finir, terminer :
Et qnant li mangiers pit finez
Athis s'en est premier levez.
(Mhi.i, ma. St Pétersbourg S4, f» 6'.)
C'estoit grant horreur a oyr les lamen-
tacions des navrez quy finoient leurs jours
misérablement entre les piedz des che-
vaulz. ( Wavrin, Anchienn. Cron. d'Englet.,
I, 186, Soc. de l'H. de Fr.)
Le terme on sera finee
Vostre piteuse destinée.
(J.-A. DE Raif, Poèmes, 1. Vil, Lemerre, II. 333.)
— Finer de, finir de :
Or Biantris ne flna de plorer.
(Les Loh., Ars. 3143. f 12'.)
Amadas ne fine rf^errer.
A grant joie, de terre en terre,
Pour son los et son pris conquerie.
(.imaldas et Ydoine, Richel. 375, f° 3179.)
— Rén.,'être sa fin à soi-même :
Comme il appert qu'elle (la sapience)
n'ait fin hors soy, mais se fine soy mesmes.
(Crist. de Pisan, Livre des fais et bonnes
meurs du sage roy Charles V, 3" p., ch. 3.
Michaud.)
— Être terminé, être clos :
En la fin de son compte qui se fina le
darrier jour de juin. {Compt. des annivers.
de S. Pierre, 1385-86, Arch. Aube G 1636,
f 186 r».)
— Nentr.. finir, se terminer :
Et montoit jusques au dessus la couver-
ture, et la finoit en pavillon. (Rab., 1. 1, c.
53, éd. 1542.)
Gnion, escrient, n'en porres escaper.
Hni vos convient de maie mort finer.
(Raimbert, Ogier, 7662. Earrois.)
Mins araast qn'ele fnst finee
Que de rouge or une uavee.
(Flaire el Blfincefior, 1'' vers., 419, dn Méril.;
Et quantvous vouldrez mourir, mourons
emsemble ; si finons virtueusement et
comme vaillans hommes doivent faire.
(Troilus, Nouv. fr. du xiv° s., p. 279.)
— Viser, tendre t
Onques vers li n'oi pensé
Qni finast vilainnement,
Ainz serf et s'ai volonté
Qne servirai loianmeot.
(Gu,L. iiF. BBRNEVu.r,F., Schelcr, Tronr. betg..
p. 101.)
— Finer a, s'accorder avec :
Que se il est sage, dedenz le jor ou de-
denz le termine de la preuve que l'on
vodra faire contre lui, il finera a son aver-
saire; si que il ne fera plus parole en
court. (Ass. de Jér., t. I, p. 56, Beugnot.)
— Act., trouver, se procurer, fournir,
venir à bout de :
Se vous povez, dist il, finer au cardinal
d'avoir les trois barques qu'il a en sa gal-
lee el les deux trompettes, nous prende-
rons, avec ycelles, les barques de vos .v.
gallees. (Wavrin, Anchienn. Cron. d'En-
glet., II, 154, Soc. de l'H. de Fr.)
Elle ne cuidoie mie que on peut trouver
royne ne emperresse qui peut finer autant
d'avoir que les joyaulx qu'elle avoit sur
2
lo
FIN
elle valoient. (J. d'Akhas, Uelus., p. 62,
Bibl. eli.)
S'a l'hoslel j« deioie prandr* .t. Iiennap d'argeol.
Ou ïler vendre a IteiDOs oae boone jameot ;
tacnr en fineroil >uon!ieigD<!ar pins de cent.
(Cl\ ., BiTlrtM du Cufscli», tS8. Cbarrière.)
S'il avoieiit tout ce que li royaumnies
d'Escoce puet finer, il n'aroient mies le
chevauche d'un droit si grant. (Froiss.,
Cliron., 111, 303, Luce, ms. Amiens.)
Laquelle chose vint a la cognoissance du
comte d'Aruiagnac, lequel, comme il luy
sembloit, pouvoit bien fiiirr environ dix-
huit cens combatans, tant honuies d'armes
2ue sens de traict. (Jcr\'. des Vus., Hiat. de
harles Vl. au 1413, -Michaud.)
Cliascun qui porra finer i^heval lui yra
au devant. (5 janvier 1419, Reg. consul, de
Lyon, 1, Ï13. Guigne.)
Leonart Caille et Kerre Bastier, dit Sa-
pigne, escripront aux morchans du Puy
qu ilz finent ausdis embasseurs ce qui leur
fera besoing. (ISfévr. 1419, ib., 1,2*9.)
Apres cette cruelle rançon, quant ils
avoient tout ce que les pouvres gens ou les
riches povoient finer, les faisoient ils aucune
fois mourir de faim ou d'autre cruelle
mort. iJoum. d'un bourg, de Paris, an
1433, Michaud.^
Et de ce advint qu'on ne pot celle jour-
née, ne l'andemain, ne pain, ne vin a Paris
pour son argent finer. (Ib.)
Li s' de Commarcy at route d'environ
II' chevauli de ses gens et autres qu'il a
peu finer avec pouidres et artilleries.
(Août 1444, Arch. mun. Strasbourg, Cor-
resp. polit., AA 186.)
Toute abondance y estoit en tant que
pour argent on en pust finer. (G. Chas-
TKLL., Ckron., III, 374, Kerv.)
Ceuli de la ville chargèrent un grant
cbalan plain de fagoLz, d'os de cheval,
savates et toutes les plus puentes choses
i^ue on sceust finer. {Journ. du Siège, ms.
bainl-Petersbourg, ap. Boucher de Molan-
don, Délivr. d'Orléans, p. 35.)
Si trouva en conseil de prendre alliances
et amitiés de toutes pars et quérir l'aide
et assistance de tons voisins, et ou il en
pouvoi*. finer. (0. de la Malxhe, J/em., I,
2, .Michaud.)
Belle, «e tou» vonlei eslre remariée,
L'og homme tous qnerraj pour estre espoosee.
Le plat bel qu'on pourra fîntr en ma contrée.
(Jacu. NiiET, Detlnel. de Troyf, Î036H, Siengel.)
Si De ftoyex t^imerveillee
Dei %r\ai biens qne poTODS fixer.
Donc TOUS devriex e^lre privée,
(jni dormei jasqnes a djsncr.
(bei. de la bemouelte el de la Bourg., Poés. fr.
dea 1T« et xvi» t., V, Î8.)
— Finer de, dans le même sens :
Si vous uiaudons, commectous, el a
chacun de vous enjoignons eslroictenient
que, ou cas ou vous pourrez finer d'uucuns
maistres ou niaistres particuliers pour te-
lir la dite niounnyc. (1361, Ord., m, 503.)
Il n'en (d'un médecin) peureol/Iner qne
trois jours aprez. (1300, Ai. h. JJ 138,
pièce 192.)
Et ne povoit finer d'aucunes herbes
qu'il congnoisBoit bien pour lui guérir,
(Froiss., Citron., V, 307, Luce.)
De feo je n'eusse pu /i»er.
(ViLU», P<'/. Tetl., iiiix, Jooanat, p. ^0.)
AdoDt 'Volutien demanda a la dame se
pour or ou nrcenl, par achat nu antrcmenl,
FIN
il pourroit jamais finer de celle sainte re-
lique pour l'emporter a Romnie. {De vita
Chrisli, Richei. Ibl, 1» ISo-".)
Et si luy dit outre, qu'il luy fineroU de
ceut notables bourgeois de Paris _ pour
l'accùmpaguer et faire tout ce qu'il luy
plairoil commander. Mirv. des L'rs., Ilist.
de Charles VI, au 1412, -Michaud.)
El dist a la vieille que lui deut finer de
bon vin, que la lamproye ne sera pas
fraudée du droit qu'elle a, puis qu'on la
mengue. (LouisXI, ,Vo«t'., xxxviil, Jacob.)
Puis list nng sonspir vers les cieulx.
Disant que, s'on linoit de toille,
Ou'elle seroit, par ses bons dieus.
[El] qui qu'en groignasi, damoiselle.
(Deb. de ta Demoiselle et de la Bourg., Poés. fr.
des XT* et ivi* s., 'V, 3-2.)
Dame, on ne peut de vous finer
Tors quant il vous plaist.
{Farce des Femmes gui font refondre leurs marijs.
Ane. Th. fr.. I, 67.)
Tontesfois s'estoit son eotenle
De Jouyr d'elle louguement :
Et Iny ^embloit que, loconliaeal
.\pres la première secousse.
Il en pouroit finer souvent
Sans pins mettre main en la bource.
(CoQUii.L«RT, Droilz nouv., 2' part., de Dolo, \,
160, Bibl. elz.)
Joseph, vous eo allez quérir
Ung drap ou uue toitle fine.
De la meilleure dont on fine.
iGREBiH, ilist. de la Pass., 26810, G. Paris.)
El vous laissa Monsieur dormir son sioul.
Qui au resveil n'eust scea finer d'au soûl,
(l.ï.'il. Cl. Màr., Epistre. au Roy, pour avoir esté
Jesrobé, éd. 1596.)
Quand on a affaire des personnes, on
n'en peut ^»M'r;mais quand l'on n'en a que
faire, on ne les rencontre que trop. (TouR-
NEBC, Us Conlens, v, 1, Auc. Th. fr.)
— Aljs., satisfaire ses fantaisies :
On les doit laisser a par elles
Finer, passer leur ver coiiuin.
(Les Drois nouv. establis sur les femmes, Poés. fr.
des xv' et ivi'' s.. Il, l'Sl.)
— Couclure un accord :
Au regarl des reliefs deubs dudit fief
ledit Jehan des Meurs en fina et composa
audit cûuiiuandeur parmy et movennant
ung nniv de blé. (1447, Arch. MM 1094,
pièce 69.)
— Act., dépenser :
Et en ce ont finyé et dépendu grans
sommes de deniers. (Dec. 1435, Arch.
hôpit. génér. Orléans.)
— Finer de, s'acquitter de, payer :
Qne vons doi je, sire ? car le nombrez,
6'en fenerai voleuliers el de n'é.
{Les Loh., Uicbel. lUIGO, r 25'.)
El s'il advenoil que lidis Watiers acen-
sesist sou Viiuuge, ohis a cui il l'acensiroit
fineroit au grel doudit Bouchart des dis
trois cens livres. (1238, Lett. de Thomas et
rie Jeanne de Fiuiulie, Keilleuherg, Mon.
du llatn., 1, 341.)
Vint a< maisjaus. .ni. bues accale
Et de .v. pors retint les chars.
Dont ne le tint chilz pour escars :
Osiez, diit il, finei de tout.
Et chilz fine de tout en tout.
{.Rieh. li liai, ras. Turin, f» U3'.)
Li talemeliers ou li vulles au quel li mes-
tiers est delTendus, doivent requerre au
meslre que il leur reinle leur meslier, et
FIN
li mestre leur doit rendre se il ont fine a
leur partie et a lui de s'amende. (Est.
BoiL., Liv. des mest., i" p., I, 30, Lespi-
nasse et Bonnardot.)
Que les diz religieus puissent a perpé-
tuité retenir les diz acquez senz en finer et
senz estre contrainz a les mettre hors de
leurs mains. (ra28, Lett. de Pli. le B.,
Arch. Ind.-et-Loire.)
Car le rachet de leur ame est trop cher
Pour en finer.
(Beze, Psaum., \u\, éd. 1563.)
— F'mer d, payer rançon à .
Mes se vous voles finei' a moi, fet ele,
toutes voies vous laisserai je aler. Et il dit
que il se raimbera volentiers. {Arlur, ms.
Grenoble 378, f" 61".)
— Fine, part, passé, fini, terminé :
La messe finee. {Citron, de S.-Den.. Ki-
chel. 2813, f» 473"'.)
Nou non, il vaut mieux mourir
Tout d'un coup que de pertr
En laogueor par tant d'années;
Ores je veux de ma main
Me tuer, pour voir soudain
Toutes mes douleurs finees.
(Rcss., Od., Od. retranch., II, ill, Bibl. elz.)
— Mort :
Les eufaus ou héritiers d'une femme
finee héritière d'aucunes maisons on hé-
ritages tenus dudit eschevinage, en eux
portans héritiers, sont tenus de relever,
de droiclurer les dicte? maisons et héri-
tages. {Coût, de la Massée, Coût, gén., II,
925, éd. 1635.)
2. FiNiiH, V. a., rendre plus lin :
Au bon vieux temps, que l'amour par bouquets
Se demenoit, et par joyeux caquets,
La femme estcit trop sotte, ou trop peu fine :
Le temps depuis, qni tout fine el affine.
Lui a moQStré a faire ces acquests.
(Cl. Mar., Rond, rrsponc. par Vict. Brodeau.
éd. 1396.)
— Fine, part, passé, affiné ;
La plus vil chose q'est dedanz
Pu or finez ou pur argauz.
(Hercule et Philemiuis, Itichel. 821, P f*.)
FixEKAL, adj., qui marque les limites;
mot ancien, syn. de finerot, dont nous
n'avons rencontré d'exemples que dans
des textes bourguignons du xyiii" s. :
Réparations au chemin fineral de Sau-
vignv le Bois. (1709-1781, Arch. mun. Aval-
Ion, DD 83.)
Qu'il leur soit permis de percer des chi-
mius finereaux sur la grande route de
Chalon a Autun pour l'utilité des voyageurs
et des commerçants. {Cah. des paroisses c!
comm. du bailliage d'Autun, Autully, .Méui.
de In Soc. o.iueniii', 1874, p. 226. i
Fi.NEROT, adj., qui marque les limites
de séparation :
Les ormes el les arbres qui sont sur les
chemins /îneros. (1371? Coût, de Chdlil-
lon, Lxv, Arch. C.-d'Or, B 989>".)
Le sentier doit avoir un pas el demi de
large, le chemin finerot six pas de large,
le graut chemin dix jias de large. {Ib.,
Lxvi.)
Au duché de Bourgogne, il y a sentier
commun, chemin finerot, et grand che-
min : le sentier contient un pas et deuiy
de large, qui revient a quatre pieds et
FII\'
FIN
FIN
11
deniy : l<i cheniin finerot coiitienl six pas
de liirgc revenant n dix huit pieds : le
grancf chemin contient dix pas de large
revenant a trente pieds. {Coût, de Bourg.,
Coul. gén., I, 860, éd. 163.^.)
Se disait encore dans les rt^gions bour-
guignonnes à la fin du dix-huitième siècle :
Ordonnance des Elus concernant le tra-
vail par corvée sur les chemins finerots.
(1778, Arch. mim. Avalloii, DD 87.)
Que nos chemins finerots, devenus ini-
praticahles par l'abandon qu'on en a fait
depuis des temps très reculés soient refaits
et entretenus d'une largeur convenable.
{Cah. des paroisses et comm. du bailliage
d'Autun, Glux, Mém. de la Soc. éduenne,
1875, p. 285.)
Les chemins finerots seront rétablis et
entretenus aux frais des citoyens qui pos-
séderont lies fonds sur la paroisse. (Cah.
des par. et comm. du bailliage d'Autun,
S.-Léger-sous-Beuvray, Mém. de la Soc.
éduenne, 1876, p. H9.)
FINESSE, S. f., mauvais coup :
tlz soDt bien tost en uas^ destroit
BonlHS pour faire une fiiifssf.
iffBEBAN, ilint. de ta pnss., '20720, 0. Paris.)
FINESTRK, voir FENESTRR.
FiNET, fignet, adj., dimin. de fin, flnot:
Une aulne de veloux plain violet et deux
et un tiers satin fignet noir. (Portefeuille de
J. Cœur.)
Satin fignet eramoisy. (/&.)
I,a taverniere est bien finellr.
Mais je gape de la tromper.
I.M. des Apost., vol. 11, f' 1!)!)°, éd. 1537.)
Un petit scribe, fin, fi.net et bon com-
paignon.(BRANT., Homm. iUustr.,Lo\iys IX,
Buchon.)
Sois pensif, retenu, froid, secret et flnet.
(D'AuBiGNÉ, Trag., I. II, Bibl. elz.)
Ils tenoient pour larron nn qui faict son mesnage.
Pour poltron un /înet qui prend son advantage.
(In., i/i.)
Nom propre, Finet.
FiXEUR, s. m., afBnenr :
Il sçayt aussi bien affiner du métal,
soyt or ou argent, que fineur de ceste
ville. (Palsgrave , Esclairc. , n. bSO ,
Génin.)
— Celui qui fixe, qui mesure :
Metator, oris. fineur, termineur. (Voc.
Iat.-rr.,im7.)
Fixr.iî.vu, s. m., partie du mécanisme
d'une horloge :
La tourte de la grande roue et le fingeau.
fl462, Montreuil, ap. La Fons, Artistes du
lyord, p. 100, note.)
Le fingeau de l'horloge. (1517, Béthnne,
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
FiNiciON, voir FlNISCX.
FixiF., fenie. s. f., fin :
Si (trande honte an vilnin (ist
Pnr son saint, que souvent dist.
On» l'ariva a la /'•»!>
An port de salu et de rie.
fO. pR CoiNCI, Mir., ms. Snîss,, f" 174».)
Des nr mais non» dirons qnes en fo la finif.
Bon exemple i pnist prendre f h'tl qn? en Dieu s'afif.
(De SI Alexis, ti, Ilerz.)
— Intervalle de temps, coi:joncture :
nemenlres qu'en relo fenie
l'rt sorjorniinz en ÎNormendie,
S'ont eu Engleterro forfiee
Kansse moneie e deslciee.
(Ben., n. de Norni., Il, .I1R7:». Midinl.)
FiNiMENT , feniment , s. m., fin du
inonde :
Qnar finimenz non es mnlt Ion.
(Passion, ,iO.';. KoschwiU.)
El i sera de ci an feniment.
(nul., ms. Chàteanronx, f" G3 v", Meyer, Rrc,
p. 2-27.)
Jnsq'a an jor don feniment.
(Herc'Ue et Phiteminis, Riche!. 821, t" 8''.)
Bourgogne, environs de Saulieu, fini-
ment, fin.
FINIR, fenir, verbe.
— Neutr., mourir :
Qnant volt fenir .se s'est ajonelel.
(Ep. de S. Etienne, xi». .Stengel.i
— Act., déterminer :
Ils finissoyent le temps, non pas en
nombre de jours, ains par les nuicts,
(Fauchet, Antiq. Gauloises, I, .1, éd. 1611.)
— Inf. pris subst., mort :
Jamais n'istrai de dnel dnsqn'an jor don fenir.
{De Ht Alexis, 1(177, Ilerz.)
FiNisoN, - eison, - oison, - aison, - ixon,
- icion, - Won, fed., s. f., fin :
Car qni bcle dame a et a tel compaignon
.lu nul jor ne sera sans moult ^rant so^peçon
Que tOJ jors ne Iransist et soit en fmison.
(Gar. de Mongl., Iticliel. 244113, f 3''.)
Qnar li encantement avoit pris fineison.
{Maugis d'Aigrem., ms. Montp. H 247, f'ISO".)
Mes a la fenison
II tua desonz mol mien detrier d'Araeon.
{Prise de Pampel., 1214, Mnssaffia.)
Dont je conclns qu'en delectacîon
Se doit amour et en joye fenir
Secrètement, et tel finieion
INo devroit jamais des cners départir.
(EuST. Descr., Poés.. III, 272, A. T.)
Finaison deplet ou de querelle. (Coiist.
de Bret., f» 114 v».)
— Mort :
Apres ma finixon.
(Entr. en Esp., f" 228 t°, Gantier.)
— Prendre finison, Inc , prendre congé :
Moult furent frranz les noces sus el mestre donjon,
Et qnant le terme vint qu'W pristrenl finoison
Vivien l'anmaçor...
(Maug. dWigr., Richel. 766, T 24 v°.)
— Convention, accord :
En tant que j'entre en la maison.
Que j'entende lor finison.
(Lib. Psalm., i.xxil, p 309, Michel.)
Si le vassal fine a son seigneur dn ra-
chapt qui luy peut devoir, et du payement
luy est donné terme, et dedans iceluy
terme il ne paye, la finaison est nulle.
(Coût, du Perche, Noiiv. Coût, gén., III,
- Définition :
Magistrales finitions,
Argaties, conclusions.
'l.SfiO, la Cuisine papale,
p. 10.,, Ficli.)
Morv., Aunis, Canada Suisse rom , cant.
de Neuchatel, finition, fin, dénouement :
« La finition de l'histoire. •
FiNissEMENT, fenissemctit, s. m., lin :
Il est un Dien, et sans commencerocnl,
Qni tout temps est, fut, sera, et ne fine,
l'H qui jamais n'ara finisscment.
(E. Descii., Poés., Itichel. 840, f" 120^)
C'est de Dien jogemens,
Onant nul ne craint Ini, et n'a bon arroy :
Pour ce du mont vient li fenissemens.
(ID., ib., III, 18fi, A. T.)
— Mort :
iVlerlin !ny commença a racompter les
amours de Jhesucbrist et de Joseph d'Ari-
mathie si comme elles avoient esté a
Dalam, et du perron, et des autres com-
paignons, si comme il s'estoient départis,
et le finissement de Joseph et de tous les
autres. (Le prem. vol. de Merlin, f° 12'.)
Morv., finissement, fin, bout, extrémité,
limite.
FiiNissEOR, /"en., adj., qui borne :
.1. cercle que il appelèrent orizonte qui
valt autant comme fenissierres, quar il
fenist nostre veue del firmament. (Introd.
d'aslron., Richel. 1353, f» 11''.)
piNiTÉ, - eit, s. f., qualité de ce qui est
fini :
S'aferoit ausi bien a essence et grandece
qui ont quantité, finité et éternité. (Evast
et niaq., Richel. 24402, f" 94 r».)
— Quantité :
Et lor contet la granl finiteit de gent
qui est en la terre. (Hist. de Joseph, R\ctie\.
2455, f" 301 r».)
Puis orrez en la lin du livre.
Se Jhesu Criz sauté me livre.
Miracles une ftnité.
Que cil (le sa voisinité
Qni furent creable et prendornme
Proverent a la cort de Romme.
(RoTEB., Vie sainte Klysaliel, II, 159, Juhinal.)
— Affinité, alliance, parenté établie
entre l'nn des conjoints et les parents de
l'autre :
Toz parens et parentes de finiié. (Ass.
de Jer., I, 130, Beugnot.)
Ont aucunes convenances ou alliances
par finité ou aultrement. (1410, Ord., IX,
516.)
FINITEUR, adj., qui borne :
L'horizon donc ou le cercle finiteur
coupe ces cinq cercles ronds que je dirois
maintenant estre au ciel. (M.VTiiIEU DE
Chai.vet, Trnd. de Sencqnc, f" .'Jaa r», éd.
1626.)
Cf. Finisseur.
FiNiTTF, - iff, adj., définitif :
Avant que parlement rendesist sentence
finitive. (Froiss., Chron., XV, 235, Kerv.)
Et la dame qui de moy avoit soing,
nommée sensualité, eut la auprès son fini-
tive repositoireou elle print son bon repos.
(OCT. DE S. Gtct,., Hej. d'honn., f" 30 r-,
éd. 1.526.)
- Explétif:
Explelivus, fi.nitif.
Salins,)
"xpletif. (Gloss. de
I?
vw
— Terme de graininairej qui explique
par une détinition, explicatif :
Finid'/r, finitivus. (1464, J. Lagadedc,
Catholicon, éd. AulTret de Quoetqueueran,
Bibl. Quimper.)
KIMTION, voir Fl.MSON.
FiN'iTivE, S. f., fln :
Il m'est adris que je feray que sas»
De bi^n serTir jasqaes ea finitire.
iFnoiss., Pors.. III. 100,2, Selieler.)
FiNixox, voir FisisoN.
KiNKAGE, S. m., bijou :
Tôt li joiieles.annels./inA'ai^e de medanie
mi mère. {Trad. du Test, conjonct. de
Renaud de 1133, Tailliar, Rec. doctes des
xii* et XIII' s. en long, wall.j
FINNEE, voir FlNEE.
FINXEMEXT, VOir FIXEMENT.
FINOlEOIl,
m.
Colarl, diTers con /inoieres
lestes, tiesmoins me teste grise,
Onant voalei par plusears manières
Faire men chief tel qa'il ravise
Un cbien loqn qni par lloqniaus
Flaatre son poil.
iJeilo d'Estbccx. Ckam., ap. Scbeler, Troue,
ielg., DonT. sér., p. \H.)
Scheler écrit en un seul mot confmoieres
et fait cette note ; Con/inoieres, quid? Je
n'y vois pas plus clair en lisant : Divers
con finoieres.
Fixoisox, voir Finison.
FiNON, S. ui., espèce de poire ;
Le finon. (1360, Tabell. de Rouen, reg. I,
f" 82 et 98; reg. 111, f» 42 v.l
Peut-être, dit il. de Beaurepaire {Et. des
Camp., o4j, est-ce le /in-oinct cité dans le
Traité du vin et du sildre de Julien de
Panlmier.
Pays de Bray, /inoin.
FIM'OUTEIl, voir FlilPOKTEH.
FINSIO.N, voir FlKClON.
FiNTt'RE, voir Faisture.
FiNYER, voir FniER.
FIOLE, voir FlLLOLE.
FiOLETE, - ette, s. f., petite liole, fla-
con :
tnlre ses bras l'aveit cil prise,
La fialelle od tut son beivre.
IMahic, Lai des deus Amam, 17i, Itoq.)
L«nr flolelrt et lor boisles.
(C. DE Coi«ci, de l'Emper., Kichcl. 23111,
f° 270'.)
Si en aportent en [la] lear terre
De lia] Sorie, en flolelei
De Tuire qni ponr ce «iint faitea.
KU Mir. de Sardenai, :(6C, C. ItaynauJ, ItoinaDla
I XI. p. 536.)
Et estoiat par une fiolete d'aiguë le feu
qui estoit hauz levez. (Vie Saint Nicholas
Richel. 988, f' 8*.)
Ciatus, fiolete. {Gloss. de Douai, Escal-
lier.)
FIS
Comtois, Besançon, fioulote.
1. FiOLLE, s. f., corde :
L'aqueloD desquirat comme une vies fiolle.
(Jek. Dts Preis. Gesle de Liège, iO-HH, Scheler,
' (Uoss. philol.)
2. FIOLLE, voir FiLLOI.E.
FiR, voir Fier.
FIIIGE, voir FlERCE.
FiRGEK, voir Fergek.
FiHGEs, voir Ferges.
FiRiGOULE, voir Ferigole.
FiRiR, voir Ferir.
FIRMAMENT, VOir FERMEMENT.
I FiRMAUMENT, adv., fermement :
11 seus est establement et firmaurnent.
(Laur., Somme, rus. Soiss. 208, 1" 36^)
FIRME, voir Fer.me.
FiRMER, voir Fermer.
FIKMIER, S. m. î
Eseorciers, celliers ou firmiers payu-
ront, par an, chacun six deniers de leyde
(1462, Orrf.,xv,o21.)
FiRMiTÉ, voir Fermeté.
FiROLR, voir Fieror.
FiiiTÉ, voir Fierté.
.Fis.\YB, voir Fissaye.
FISCAIGNE, voir FiSSAIGNE.
FisCELLE, voir Fissele.
FISECHIEN, voir FiSICtEN.
FisEL, voir Fdskl.
FisELE, voir Fissele.
FisiciAN, voir Fisiciek.
FisiciEN, phisicien, physicien, lisicyain,
phisiciain, phissicien, fisician, fisechien, fe-
sicien, fusicien, phusicien, fusesiien, fuses-
sien, fussicien, fusencien, fuisicien, fuizi-
cien, fuissisien, fuississien, fuissesin, féru-
sien, farissien, fulsien, s. m., médecin :
h'isieien par Inr escoles
En firent lunges granz paroles.
(Itou, 3* p., 23()7, Andresen.) Var., fiisiciens.
Il sot que ele estoit ençainte et par les
fustciens qui li distrent et par la damoisele
qui dist que ce ert voirs. (Lancelot, ms
iTibourg, f» 13«.) '
Oil voir, beau très doz amis,
Ket llenars, je garroie bien,
Se g'avoie nn fmcien.
{Renan, br. XI, UoO, Marlin.)
Ke sai nnl bon phusicim
>'e nal maistre cirorgicn.
(tienarl, Suppl., p. îO'J, Chabaille.)
t'eticien, tant «oit bon maistres.
(De rVtticorne, Bril. Mus. add. 13G06, f" 109''.)
Et derint bous [uaesiiem.
(Sept Sages, 370, Keller.)
Le fiuesaiien demanda
De son /rere comment li va.
tSiinci de Kamaij,\at. Turio, f ll^)
FIS
Tant fussent bon fuissisien.
(.Rose. Vat. Chr. l.S.SS, f° I3T.1
Malades ert, ce vous di bien,
Et disoieot si fussicien
Qu'il estoit en péril de niorl.
(PuiL. DE liEjii, Jean et Blonde, 1659, Bordier,
p. 235.)
Donc vint il a .i. fusesiien, se li dist qu'il
alast a Roume apries l'arcevesque de Sur,
et si l'enpuisonnast. (Chron. d'Ernoul,
p. 85, Mas-Latrie.) Var., fisicien. fisician,
fusicien.
Et nous dient les fisechiens que sa feivre
ne li puet par longeia durer. (Lelt. de la
Duch. Blanche au roi d'Anglet., Morice,
Hist. de Bret., I, 997.)
Maistre Johain de Hoire mon fisechien
(1271, Cart. du Val St Lambert, Richel. 1.
10176, t» 49''.)
Fisicyains de Salins, (Veille Annonc. 1293,
Goailles, Arch. Jura.)
Li fusencien et li astronomien avoient
deviné que ele aroit filz. {Contin. anon. de
la Chron. deJ. de S. Victor, Rec. des Hist..
XXI, 68S.)
Et je li diz que ce me fesoient li phisi-
cien, qui me disoient que j'avoie une grosse
teste. (JoLW., S. Louis, 23, Wailly,éd.l874.)
Plusour des cyrurf^iens et àe.s phisiciens
de l'ost alerent a li. (Id., ib., 173.)
Celui phissicien qui cognoist la manière
et l'ateraprence de la santei. (Boece de Con-
sol., ms. Berne 363, f° 51 v.)
Monta sur le tillas de la gallee, avec luy
les mires, cyrurgiens et fulsie.ns. (Wavrin,
Anchienn. Cron. d'Engkt., t. II, p. 121,
Soc. de l'H. de Fr.)
Maistre Jehan le fusicien. (1321, Arch.
Meuse B 492, f" 91 r».)
A un fusicien de ma dicte dame. (1365-66,
Compte de la D. d'Anjou, Arch. KK 24i,
f« 8 r».)
Willaume Touse, ferusien me dame le
conlesse de Flandre et d'Arthois, chapelain
de Saint-Amé. (16 sept. 1375, Transact.
Arch. niun. Douai.)
Jaques y fu amené pour conseillier les
fuiziciens. (1398, Grands jours de Troyes,
Arch. Xi' 9183, 1» 18 r».)
Bons fusesiiens et médecins. (Froiss.,
Chron., IV, 241, Luce, ms. Rome.)
Tant en farissiens comme en apoti-
queres. (Compt. de l'H.-D. d'Orl., 1409-10,
exp. comm. dom.. Hop. géu. Orléans.)
Hz ont concluz que l'on face payer aux
fusiciens demourans a Lion qui s'en sont
aies pour la mortalité pour les arrérages
qu'ilz doivent des tailles et de tous autres
communs. (13 juill. 1418, Reg.consul. de
Lyon, I, 124, Guigne.)
Martin le phisiciain. (1431-33, Compte,
Arch. Maine-et-Loire, E 34, f 49.)
Ne pour chose que ses physiciens lui
dissent il ne vouUoit meuger ne prendre
aucune réfection, et jucquës a ce que ses
fusiciens lui dirent que s'il ne mangoit il
estoit mort. (J. Chartier, Chron. de
Charl. VU, c. 287, Bibl. elz.)
Il n'est fisicien nu miro.
Tant saiche les anitres guérir,
Qni a ce myrouer uc so mire,
Et que tous ne faillent mourir.
(La Remembrance de la ilort, Poés. fr. des w"
et xvi» s.. Il, -206.)
De cette nature, disois je, si nous
croyons aux légistes, sont provignees
FIS
FIS
FIS
13
toutes leurs loix, de cette mesme les méde-
cins prindrent naissance, lesquels pour
cette occasion furent anciennement, ce me
semble, en la France appeliez par mot grec
physiciens, de ceste nature, les arts, de
ceste nature, les sciences. (E. Pasquieb,
Pourparler de la Loy.)
Les médecins s'appelloyent physiciens
pour s'estudier a la conservation de la na-
ture. (KAur.HET, de l'Orig. des dignit. et ma-
gist. de France, 1, 14, éd. 1611.)
Lors il me dit fin'il estoit bien marry
d'une chose que 1 on luy avoit ditte, qui
est que vos physiciens (car il usa de ce
mot, voulant dire vos médecins) vous
avoient défendu d'aller a la chasse.
(Sully, CEcon. roy., ch. cxvil, Michaud.)
— Fisiciene, pkisiciene, physiciene, fisi-
riane, fuissesine, s. f., femme médecin ;
Do 1.1 soustil fîsiciane (la Vierge),
De la sage cirurgiane
De Chartres une belle cure.
(J. Lemabchant, Mir. de N. D., ms. Charires,
f» lo-.)
Ne soi phisiciene.
(Chival. e sa dame, ms. Cambridge, Corpns, 5(1,
r eî'', p. Meyer.)
Maogré tous les faissisiens
Et les fuissesines meismes.
(Rose, Vat. Chr. 1858, f» 137^)
Et ont en tel guise la nue de tristece de-
parti et clioisi le ciel et pri cuer de reco-
gnoistre ma fisiciane.{Consol. de Boece, ms.
Montp. Il 43, f° 2».)
Famé est deliîrance des serfs,
llelievement du dûlant monde,
Physiciene des désirs.
La fleur oa tonte grâce habonde.
(Le Cheval, aux Dames.)
Bonrboiinais, fisechien, physicien.
FISICLE, voir FiSIQDE.
FisiCYAiN, voir FiSICIEN.
FisiNiER, s. m., taillandier, ouvrier
en fer :
Ledict jour que fenira le povoir et es-
chevinage desdicts douze esohevins qui
auront esté par le dessusdit temps et es-
pace, iceulx eschevins convocqueront a
son de cloche les dessusdits vingt quatre
conseillers, avec soixante quatre autres
notables, de Testât et condition dessusdict,
choisis es quatre quarts de la ville, par les
fisiniers ou maistres de fer de chascun
quart. (1471, Ord., xvil, 429 ; Arch. JJ 196,
pièce 186.)
FisiQiiE, - ke, phisique, fisicle, fusike,
fuiseque,fuisie (rime), s. t., médecine :
Ases sot de fusike, apris l'ot en s'enfance.
(Roum. d'Ali.r., f 61'', Micnelant.)
Si ai tel cliose qni m'esmaie,
Que fromaches n'est preuz a plaie,
Ne de Ini talent ne me prent,
Car fisicle le me defent.
{Rcnarl, 7313, Méon.;
Vos savez tant de la fuisie.
Bien me gnerriez d'idropisie.
(Ib., 10039.)
De fi fisiquc m'edeOe.
(Gl'IOT. Bible, 2500, Wolfart.)
Apres raengier l'cve demande,
. Q"^!' "■> fuiseque le commande.
(Msimem.d'm pire, conte xxn, 2ll,BibIioph fr.i
— Nature, espèce :
Mais il n'y ot si saige mire
Oni en sceust la vérité dire,
Qnel mal c'est ne de quel nature.
Tant en est la phisique obscure.
{Athis, ms. St Pétersbonrg 81, i" fi' )
— On trouve d'une façon bizarre la
fisiqiie de sa nature, en parlant d'une
femme, pour désigner ses parties natu-
relles :
La suppliante fist icelle femme couchier
envers et lui bouta un de ses dois en la
fisique de sa nature, et lors dist la dite
femme dudit Perrenet qu'elle touchoit ou
elle avoit mal. (1423, Arch. JJ 173, pièce
244.)
FisoLLE, s. f., cadavre 1
Dant preistre, dist Tympolle. gardeis ceste fisolle,
Miez venist qu'ai engliese retornesies vo rolle.
(Jeh. des PiiEis, Geste de Liège, 20266, Schcler,
Gloss. philol.)
Fi-SQUÉ, adj., confisqué :
Pour quoi la dicte rente nous est avenue
comme fisquee et commisse. (1339, Arch.
JJ 72, f° 302 V».)
FissAiGNE, fiscaigne, s. f., sorte de
danse d'un mouvement très vif :
Pensez qu'il n'y avoit ny fiscaigne (que
les chambrières et esclaves mores dansent
les dimanches a Malthe, en pleine place
devant le monde), ny sarabande qui en
approchast. (Bhant., des Dames, ix, 302,
Lalanne.)
Fissaigne, a certaine tumbling tricke.
(COTGR., éd. 1611.)
Se disait encore au commencement du
xvii° siècle :
Dispos pour danser la fissaigne
Autant qu'une chèvre brehaigne.
(1619, le itiroir de corttenlement, Var. hist. et
litt., II, 17.)
Cf. FiSSAYE.
FI.SSAYE, fisaye, s. f., sorte de danse :
La volte, la courante, la fisaye, que les
sorciers ont amenez d'Italie en France,
outre les mouvemens insolens et impu-
diques, ont cela de malheur qu'une infinité
d'homicides et avortements en adviennent.
(G. BoucHET, Screes, iv, Rouen 1635.)
Fissaye, a quicke and violent daunce
much used by the French. (CoTGR., éd.
1611.)
Cf. Fiscaigne.
FissEL, s. m., putois, chat sauvage ;
Une fisseliere a prendre bestes que on
appelle fissiaulx. (1446, Arch. JJ 176, pièce
498.)
FIS.SELE, fisselle, fisele, ficelle, fiscelle,
feisselle, feisele, faiscelle, faicelle, foissele,
foiselle, faisselle, foesselle, fessele, fesele,
fescelle, feiscelle, fasele, - elle, fasselle,
- ielle, s. t., petit panier d'osier, en
particulier corbeille ou paillasson servant
à presser ou h égoutter le lait caillé, le
fromage ; gobelet de bois :
Me valent mie .i. fronraage en fissele.
(fi. de Cambrai, Uichel. 2493, f 18 r"). Var.,
foiselle (A. T., p. 38.)
.Multra, faicelle. (Gloss. de Garl., Scheler,
Lex., p. 67.)
Car .Ml. formages en fasselle
I ot assis sus Niceté.
(HuON Di: Merï, Tornoiement de l'AttleerisI, p. 3.S,
Tarbé.) Var., fe.iielle, ap. Uoq.
Lors dist Drieus : La lourtercle
Doit bien avoir Heluis,
Car bien cante, et \& fisele
Anra IUrsent au grant pis.
(GiLL. DE Beuneville, .Scheler, 7'^(lu^|.Jc/J., p. 109.)
llanas et escueles
lit platians et foisseles.
(L'Ouslitlem. au vilain, IW. Mnntaiglon et Ilay.
naud, Fabl., Il, i:iS.)
Priez por lui, béguines, vielles et jovencellcs,
One par vous sera s'ame portée en deux flsselles.
(L'Evang. as famés, Dinani, Trouv. cambrés,,
p. 172.)
Femmes, priez por Ini, dames et damoiselles.
Et par vous soit s'ame mise entre deux faisselles.
(Id., ib., var. du ms. Ilichel. 1593.)
Par Tons sera portée l'ame entre .ii. foiselles.
(Id., ib., ras. Luzarche, S" 216.)
Ainsi comme il entroit en la sale a Paris,
il fu apareilliez qui le feri d'un formage en
foissele en mi le visage. (Menestr. de Beims,
338, Wailly.) Var., flssiele.
Ce samble .i. fromage em présure
Qui soit do la foissele issus.
(Floriant, 2172, Michel.)
Fiscella, feiscelle. [Gloss. de Couches.}
Fiscella, fessiele. {Gloss. de Douai, Es
cailler.)
Fisciiia, Aiissene a faire fourmage. (fiîoss.
lat.-gall., Richel. 1. 7684.)
Pour .VI. faisselles. (1333, Campt. de
l'hospice de Nevers, l"' reg.jf» 4 v»,Hospice
Nevers.)
Deux faisselles d'argent, blanches, rondes
et plates. (1360, Inv. du duc d'Anjou,
n° 773, Laborde.)
Une faisselle d'argent en un estui de cuir.
(1361, Invent, de la Reine J. de Bouloigne,
Bullet. du biblioph., XVllI, 1052.)
Aussi comme Moyses envelopé enla/"es-
selle. (J. GouLAiN, Ration., Richel. 437,
f= 170 r».)
Sept grans faesselles d'argent blanc.
(1380, Inv. de Ch. V, 1830, Labarte.)
Diogenes n'avoit fors une petite faisselle
ou hanap de fust a quoy il buvoit. (Raoul
DE Presles, Cité de Dieu, I. VIIT, cli. ii,
E.xpos., éd. 1486.)
Douce crayme le matin en foiselle.
(K. Desch., Pocs., Richel. .S4(l, f 232''.)
Un marchand encourt une amende pour
avoir vendu a mesure ou fissielle non en-
signie de l'ensaigne de le ville. (1403, Lille,
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Escuielles et platious, fisselles, louches
et aultres fustailles. (Travers du commenc.
du XV s.. Le Gard, Arch. Somme.)
Ma raere, ayant de moy pitié,
No me voulut péricliter,
Ne dedans la mer me jctter.
Mais une petite fiscelle
.Seulement prinl, dedans la quelle
Me boula comme en nng berceau.
(Yiel Teslam., 232:;3, A. T.) Impr., fistelle.
Dedans une fiscelle de joncs. (Fossetieb,
Cran. Marg., ms. Brux., I, f" 104 r".)
Kourmaige en faisselle.
(MABTiAL, Yig. de Ckarl. VII, !" 2i^ éd. H93.)
Par le nez, par la bouche et par les
oreilles fist saillir la cervelle, ainsi comme
faiot le laict de la ficelle quant on en faict
le fromage. (C. Mansidn, Bible des Pael. de
metam., f» 133 r^ éd. 1493.)
14
FIS
Ji" Iny porleray mon fonrm»;e i
Dfns «sic /WMr/d- lie joD \
. Mtrfterilfi ir là iUrpu/rilr. de la N»li»il« d«
Jmus Chrisl, l.yon, jf»n de Tonrnps, 151';. • i
F«T tuerllft d« jonc a ciillcr des lailage». |
(BiLLEJC, Egl: 1.^ 1
Qoe pleio«» «oienl nos faiseelles i
Pe fonrraage» sers et mon».
(Iloss , H»™».. 11. lî. Bibl. eli) I
Tous 1>^? foir^ je S( ivs bien traire les |
vaches, el faire les pelils frouiasesen leurs j
fahrelln. {Hist. Macear. de Merlin Cocc., i
VII, Bibl. pnnl.l [
Assis, enlrem'slet de jonc nn» faitcfllf.
(Vire.. /■«'. nr l' Tomh. ilr Rdurrl, é-t. lfi1-2.>
Se lit encore dans nn texte provincial •
du XVII* s. :
Ion fromage en la fesselle. (1634, Com- I
manderie de la Foucaudière, 9, Arcb.
Vienne.)
Norm., Orne, foie^Ur, vase percé de Irons
pour égonltpr le fromage, panier de jonc
qni sert an même usage. Poitou./icelle, fes-
selle. dans le même sens. Vienne, arr. de
Civray, Deux-SiHTes, faisselle, fesselle. D.- ,
Sèvres, arr. de Bressnire, el Champ., Aube, j
/■ow«ll« Vienne, Denx-Sèvres.cant. deMaz.,
fraUselle. Perche, freseelle, fracelle. Berry,
feiselle, fachelle, fersielle. Aunis, treuil à
ficelle, pressoir oii les raisins sont main-
tenus dans une claire-voie.
FissELiER, s. m., monle pour former
les fromages :
Un pot, une poellc, deux seau.x ferrez,
quatre pastes. un fisselier el trois cuve-
rons. (137.5, AimonI, Arcb, MM 30, f° 7 v" :
.Mamier, Command., p. 632 )
FissEi.iERK, s. f., piège pour prendre
les putois et les chats sauvages :
Une fisseliere a prendre bestes gue on
appelle Hssiaulx. (1446, Arch. JJ 176,
pièce 498.)
FISSERRON, S. m. •?
On dit que Jebanne Lebel, atteinte de
la lepre,a esleu sa sépulture par fisserrons
et roosehes. (15.5Î. Pèronne, ap. La Fons,
Glo$s. m».. Bibl. Amiens.)
FISSIEI.I.E, voir FiSSELE.
rissoLERE, S. f ., sorte de bateati léger :
Les scisneurs prennent souventesfois
plaisir en luy donnant l.i chasse, princi-
palement cn'tour Vcnise:carils rhoysissenl
nn temps calme, et se metteni sur certains
petits bateaux leçers, deux ou trois dou-
zaines de compaignie, qu'ils nomment /Is-
toleres voguees a cinq nu six hommes
chasciines.'(BEi.ON, JVat. des oi/s.. III, vu.
éd. l!55?i )
Fis'^oN, voir FiçoN.
FisTEi-, S. m., nlcère :
n'one fTinl milady» qni II niingoit le ncis,
ne flilel on de eranehe.
(Jm. fT.'i rr.r.i«, Cfile de Lieue. 4f.ll, Scheler,
ClôU. philol.)
Cf. FESTBP..
FisTissiiRE, voir FESTISSEI'BE.
KisTLE, voir Festre.
FIS
FISTON, s. m., terme de caresse,comme j
petit garçon, petit enfant : 1
Mon doux ami, mon fiston. (Du Fail,
Contes d'Eutrapel. Bibl. elz.)
Quant aux antres moyens, je n'y trouve
aucun nez, pour en faire si prand quan-
qnam que vous en faites, mon fiston de
Demonax. (Cholierks, les Apresdineei,
VI. f» 922 v% l-i\. 1587.)
Un fiston, un jeune badin, vulp. (OuDIN,
Curiosit. franc.)
Argot, fiston, petit flls, terme amical.
Bourg., Yonne, et Is'orm., pays de Caux et
Caen, fislon. jeune fils. Gnernesey, fiton,
polisson, enfant qui fait l'école bnisson-
nière.
FisTONNE.\u, s. m., petit gamin:
Un fistonneau, un jeune badin. (Oudin,
Curiosit. franc.)
FisTULACioN. S. f., art de jouer de la
flûte :
Doctrine (]p fistlilaeion. (Oresmk, PoUtiq.,
y p., f» 107% M. t'iSO.I
FisTUi-ATiF, adj., dp flûte :
Ponrce ilz amenèrent et niisrent musique
fiHulative ou de fistules en disciplines ou
doctrines. (OnESME, Politiq., 2» p., f^ 106%
I éd. 1489 )
1. FISTULE, S. f., flûte, chalumeau :
i Par ces choses maintenant dictes appert
(le quelx instruments l'en doit user. Car
les fistules ne sont pas a amener ou a mettre
en discipline... 11 semble que il entend par
fistules ceulx ou l'on souffle de la bouche
si comme sont de Dageoul, la trompe, la
cornemuse, etc. (Oresme, Politiq., 2" p.,
f» lOoS éd. 1489.)
2. FisTLTM-:, s. f., p.-ê. objet de menue
valeur :
Item .XV. pros viez en arpent comptent,
1 item en quasi fistule, .1. s. (Dec. 1397, /n-
' vent, de meubles de la mairie de Dijon,
I Arch. Côte-d'Or.)
On dit encore aujourd'hui en Bour-
gogne : Il n'y en a pas fistule, il n'y en a
pas fisture, pour dire : Il n'y en a pas un
atome, il n'y a rien du tout.
3. fistuTjE. s. f., fêlure :
Une moyenne couleuvrine estant par
iiventure trop chargée, ou bien ayant
quelque fistule, creva, dont l'un des eclas
rompit la jambe aud. lioiicard. (DuHei.i.ay,
Mem., liv. II, f" 38. éd. J569.)
Fi^TULEii, verbe.
— Act., jouer .sur la flûte :
Nous veons que se l'une des cordes qui
dyapason font se chante par humaine vois
et l'autre en la fleute ou en aucun instru-
ment musical, se s'en cnsicul il bon acort
et une mélodie, car les .il. cordes dessus-
dites, «oient chantées ou fistulees, ont ausi
comme un meisme son ou une meisme
vois. (EvnvRT riE Contv, Prnhl. d'Arist.,
Bichel. 210, f 234''.)
— Nentr., rauser une fistule, un abcès :
Car la presse ponrrîst le^ dens
Kl «i fait Irasce qni ptltilr.
(K. DB<;cHA>irs, Port., Riclicl. 810, f 186'".)
FLA
PisTi'LEiiR, s. m., joueur do finie :
Elle fut coutristee et courrouciee pour la
deshoonestelé de la face des fistuleurs, car
ilz enfloient leurs joues et leurs visaipes
laidement en soufflant en leurs fistules.
(Obesme, Politiq., i' p., f 107>, éd. 1489.)
FIT, voir Fi.
FiTE, ijiterj., fi !
i;t pins entor ces se delile (la mort)
Qui par fierté li Jient /!/c.
(De Morte. Ars. .ISOl. p. îa!*".!
FiTREAL, s. m., chAssp :
En fictre sain l.ambiert qni fui de riche pris
Fui enfermeit li corps sain Materne et assis
Par dedens une fitreal de bois qui fut raassis.
(Jfh. des Preis, Geste de Liège, '20113, Chron.
belg.)
Cf. FlERTRE.
FIUEMENT, voir FlEFFEMENT.
FIUFER, voir FlEFFER.
Fius, cas sujet, voir Feeil.
FivATiER, S. m., tenancier qui doit au
seigneur cavier cens, renie et autres de-
voirs :
Feudataires ou fivatiers. (Variante, dans
le registre du Parlement de Toulouse et
dans Vescorbiac, de Vordonn. de Ch. VUI
de mars 1483, Oïd., xix, 311.) Impr., /îno-
liers.
Les seigneurs caviers qni ont jnrisdic-
tion basse contre leurs fivatiers ne peuvent
exercer aucune jurisdiction contre aucuns
estranpers, sinon seulement entre leurs
dits fivatiers. (Coût, de la Bourt, Nouv.
Coût, peu., IV, 967*'.)
Fixiox, s. f., action de ficher :
Par la fi,xion des cloudz en ses très pré-
cieux piedz et mains. (C. Mansion, Bible
des Poet. de metam., (° 23 v», éd. U93.)
FIXURE, voir FlCHEURE.
FizEL, s. m., instrument de maçon,
l'équerre :
Or sa tost sa ceste trpelle.
Se martel, se plonc, se fizel.
(Mysl. de S. Clemnt. p. Sfi, Ahel.)
FizKLÉ, adj. ?
De gueules aune fesse d'ermine ftzelee a
Il tourteaux d'azur. (Armor. de Fr. de la
fin du XIV» s., Cab. hist., VI, 39.)
FLABANCE, voir Fablance.
KLABAUT, voir Frambaut.
FLABEEUR, VOir FaBI.EOR.
Fi>ABEL, voir Flavel.
FLABELLE, S. f., éventail :
Ainsi, quant il fut descendu, tout ardant
etplain de sueur, eu entrant en sa cham-
bre, il dist que on luy fîst du vent entour
luy avec une flabellé ; c'est comme une
esventovre de verges. (Guill. Tardif, les
Facecies' de Poge, p'. 20G, .Montaiplon.)
FLABELi.ER, V. a., rafraîchir comme
avec un éventail :
L'air, qui continuellement entre ennostre
corps pour pab'^lliv et refriperer le cœur.
(Paré, OE/(r., XXIII. in, Malpaigne.)
FLA
FLA
PLA
\i>
A fin que l'air frais et bon y entre le
matin et le soir, pour purifier la maison
des exhalations et vapeurs qui y sont rete-
nues, et le c.orroiiipi'ut d'avantasje s'il a'esl
csveuté et llubellé. (Id., ib., XXIV, xxi.)
FLAUËK, voir I'ableh.
FLAUESCK, voir FOIULECE.
FLABLER, VOU' FaULEU.
FLABomn, voir Faulikh.
b'LAUKK, adj. ?
Lubro matrone du cru tarlaria flaire,
J'ay juste cause se de tDy je me piaius.
(lîiUl, A.NDKE DE LA Vi(;aE, Cutiipt. et Epit. de. la
llazoche, Poés. le. Jca xv'elxyi' s.. xni,3;J0.)
1. FLAC, S. t., sorte de jeu; peut-être,
dit M. Cil. d'Hericault, le /iu.c dont parle
Rabelais, et qui est encore usité en Picar-
die; sorte de brelan ;
D'aulaut que n'ay aucuns deniers coutens,
S'il ne m'en vient, au cent, au triquelrac,
N'au glic aussi, ny au jeu fie la flac.
Plus uejourray. qui m'est griefve furtuDe.
(.KOC. BE COLLERÏE, Efiist., \>-i, Bill, elz.)
2. FLAC, flacque, flache, flesche, adj., qui
équivaut au mot refait flasque, mou, au
propre et au ligure :
Mes oie est HaJerolf durement alassel
K'il ne peol suslenir sun bon esru listet,
1^ iHult sunt ja /lac li cups de suu braiit aceret.
{Ihni. i:ui, Micliel.j luipr., /lai.
Graut taïaut avoiut de maogier;
Cbaican cheval estoit bien flac.
(GuiLL. DE St André, Libvre du bon Jeliaii, -2 132,
Cbarrière.)
Kùz anemis se moquent de nous etnous
reputeut [las et couars en guise de femmes.
(Bemsuibe, t. Liv., ms. Ste-Geu., 1'° U6''.)
Gens flacUes, faillis, reproches et desho-
nores. (14âi, ûrd., XI, 127.)
— Braiber.bons sont /las;
llh dobtent plus Ligois que le soris les cas.
(Jeu. des I'reis, Cesle de Liège, 26243, Scbeler,
Gtoss. philol.)
Y n'a que des chiens a bergers
l'ous ausy velus c'uoe vache,
Rt sy ont l'oreille ausy flache
Kt ausy mnle c'one trippe.
^Faice d'un Geutilh. et son page, p. 1 i, ap. I.er.
de Lincy et Michel, Farces, moral, el serin.joi/.,
I.)
Nous autres homoies sommes plus flaches
et plus paresseux que Sardauapalus qui
n'estoit instruit en lov divine. (UoccaCe,
Nobles malh., If, 13, 1» 38 r", éd. 15lo.)
Et si y a uiig poiuct queje crains beau-
coup, qu'est que s'ilz voient que en cecy
nous allions jlesches, ilz se retireront eu
beaucoup d'aullres choses de l'espoir qu'ilz
uous ont demoustré. (.lO oct. loo8, Pap.
d'Et. de Granvelle, v, 330, Doc. ined.)
Que ce coc d'inde est flac .'
(D'KsTERMODE, l'Espadon sattiique, sat. I, Bibl.
gaulj
Ceux qui sont /lacs et tardifs en l'acte de
mariage. (J. G. P OccvU. mero. de nat.,
p. 236, éd. io6-:
Juges negligeus et flaches. (1570, Lille,
ap. La Fous, Gloss.ms., Bibl. Amiens.)
Grands veutres, /lacques et mois. (G.
BouCHET, Serees, iv, 169, Iloyhet.)
Oenev., /laque. Lorr., fidche. Fillières,
fialih. Champ., Bourf
Berry, lldclie.
3. l'-LAC, voir Flat.
Yonne, .Morv.
FLACAiE, voir Flassaie.
FLAC.VKGNis, S. f., Miotif i iiijure, à
brocard :
Malle bouche qui riens u'espargne
.Sur cbascun trouve sa ftacargne.
{Rose, 4000, I.antin de LIamerey.)
Le texte de Méoii, v. 3920, porte :
Trueve a cbascune quelque herne.
FLACCONNEU, voir Flaconner.
1. FLACHE, S. f., partie du bois équarri
que la hache ou la scie n'ont point at-
teinte, et qui est restée en dessous du
plan ou de l'arête d'équarrissage :
Lequel fou me doit estre livré et signé
par le verdier de ladicte forest, qui en
aquite deniers pour soucaige et n'en doy
avoir fors que la flache et tout le groz,
sauf les branches. (1408, Ueiiombr. du
balll. de Conslenlin, Arcli. P304,f" 103 r«.)
Alias, cleche.
On lit dans le DicUounaire de Commerce
de Savary des Bruslons :
Flaches. Terme de commerce et d'exploi-
tation de bois. Ce sont les endroits les
plus proches de l'écorce, qu'on nomme
autrement Aubier. Ces flaches doivent
s'ôter en équarrissant les arbres.
Berry, fidche : « Ce soliveau a bien du
fidche. • (Jacbert, Gloss. du Centre de
la France.)
Prévost , dans son Manuel Lexique,
donne l'adjectif flacheux, et dit : Le bois
fiacheux est celui qui, n'élant p:is bien
équarri, est dilBcile à toiser.
2. FLACHE, fiasche, fiaischt, fiaske, fien-
que, flèche, s. f. et m., bouteille, flacons
petit tonneau, vaisseau à mettre du vin ;
servait parfois de mesure :
El dist Ogiûrs : Ce ne pris une /lesgue.
UUiao., Ogier. 11410, Barruis.)
Vaisselez de fust plains de vin. Ici del
pople sont apeleit flaisches. [Dial. StGreg.,
p. 81, Foerster.)
Flèche de pois doit obole... pois que l'en
apele poiaz, qui ne sont flèche. (E. BoiL.,
Liv. des mest., 2" p., il, 83, Lespinasse et
Bonnardot.)
Deux arpens de terre aveq deu.ï quar-
tiers de terre... a la redevance de .vl.
flaches pour annuel cens. {Chart. de 1288,
ap. Duc, Fliches.)
La fiasche de poiz doit .i. s. de conduit.
Li Péages de Sauz le roi, Arch. P 1189.)
Li sas de pois et de warpot .iiii. den.
et la flache une obole. (Consuet. feriar.
Trecem, liicbel. 1. 381i5, [•> 148 r°, ap.
Duc, Fiachia.)
Mais bouteilles d'estain, de bos et de
quir trueve on de toutes mesures, et assi
les nomme on flaskes. (Dial. fr.-flam.,
f°3S .Michelaut.)
Deux flasques d'argent,gaudronnes,moic-
tié dorées et moitié blanches, pesant en-
semble. xlv. m. (iSiO, Invent, de Georges!,
card. d'Amb., ap. Laborde, Emaii.r.)
La aussi nous dist estre un fiasque de
sang greal, chose devine, et a peu de
gens cogneue. (Bab., v, 10, Jacob.)
Ils avoient sur leurs espaules des man-
teaux courts et le fiasque a la ceinture.
(Hist. Maccar. de Merlin Cocc, c. xxiii,
Bibl. gaul.)
— En particulier, poin; à poudre:
Quand le page maling, au flasque de sou mai^ire
.\yaut volé la poudre.
(Bvir, cité par I.a FRA.MBOisnnE, p. lo.)
Le feu priut eu son fiasque. (Pahé,
OEuv., IX, 1" dise, Malgaigiie.)
Le fiasque, qu'on appelloit ainsi, estoit
de mesmes, voire pis. comme de quelque
cuyr boully ou de corne : bref toute chose
chetifve. (Brant., Couronn. fr., VI, 73,
Lalanue.)
3. FLACHE, s. f., lieu plein d'eau et
de boue :
Ains me fauit tenir deux eschaces
Kt mon corps traîner par les flaches
Se je vueil nulle part alcr.
(ihr. N. b., xsii, liOl, A. T.)
4. FLACHE, voir Flac.
FLACHEL, S. 111., espêcB de bâton :
Un baston de cotteret, autrementnommé
flachel. (1458, Arcb. JJ 189, pièce 266.)
FL.vciiESSE, flaquesse, fiuquece, s. f..
mollesse, inertie :
Se uns homs fust en une aiguë et fust
en péril de noier, et il seust noer, et par
sa flachesse il ne se vousist aidier pour soi
délivrer de mort. {Sydrac, Ars. 2320, §
491.)
Si bien liastivemeut ne y pourveisses,
ycest voustre pais est pardu, et ne veoy
autremcut qu'il se puisse sauver, se ne
soit pour flaquece des Frauceoys. {Lelt. du
22 juill. 1406, Reg. de la jur., a Ed. III,
Arcb. mun. Bordeaux.)
Et s'escandalisa ainsy d'elle mesme,
non (]u'elle en fust bien cause propre-
ment, mais son mary, qui par sa debo-
lesse, flaquesse et moilitude se gasta luy
mesme. Bhant , Dam. gai., 1" dise, Bu-
chon.)
FLACHET, flaschel, flasquet,A. m., di-
niin. de flache, petit flacon :
Pour porter .li. /lâchez de viu
Touz pleins au saiut homme devin.
(Dial. de S. Creg., ms. livreui, f» 42''.;
•Si li dist : Beau Qlz, ne huit mie
bu /lachel ijue tu aportoies.
Il Scsi le /laschrl gianl erre.
(«., P 13".)
— Poire à poudre :
Leurs flasquelz ne valoient guieres dcju
plus. (BiiANr., Couronn. fr., VI, 72, La-
lanne.)
FLACHiEit, flacquier, s. ni., mare d'eau,
eau qui ne coule pas :
La mer morte est comme on diroil ung
flacquier emmy les champz, ou ce seroit
eoinme eaue et marie enssamble. {Trésor
des histoires, ms. Valencienues 493.)
FLACHIEUE, voir Fl-ECHIEltE.
FLACHiET, S. m., inarc d'eau :
Jfi
FL\
l'D grant ftachiel plain d'aighe ciornianl.
(Froiss., Chron., X, 83, Kerv.)
H.-Norm., vallée d'Yères, pays de Bray
et pays de Caux, flaquet, petite flaque
d'eaa.
1. FLACHIR, flaquir, flasehir, (laischir,
verbe.
— Act, rendre flasque, mou, aCfaiblir :
Li mareschaux avoit plus grant despit
dou prince, que pour occasion de la si-
niODie de ce que il avoit eu dou conte,
fiachoU la raison de la contesse et souffroit
que li contes parloit ainsi hautement en
sa court, que il n'avoit dou conte. (Liv.
de la Conq. de ta Morée, p. 43S, Buchon.)
— Réfl., s'amollir, s'affaiblir :
Et disoit en oultre que en ceste manière
la force de ceulx en qui puissance estoit
toute leur fiance se flaquiroit en leurs
corps et en leurs corages qui la feroil lan-
guir par aucun pou de délai. (Bersuire, T.
Liv., ms. Ste-r,en., f» 116*.)
— Nentr.jSe flétrir :
Le» roses ne li lis non i flachiesont. les
Hors i sont toi j ors. (Pass. S. ,\fath..K\-
chel. 818, f» 189 v».)
— Flachi, part, passé, flétri :
Sa racine (du polipode) soit cueillie et
nettoyée, puis soit par ung jour sechee au
soleil, et elle se pourra garder par deux
ans en boute, et doit on choisir celle ra-
cine qu'est aucunement verte, car celle qui
est du tout fiaischie n'est pas bonne. (Le
grant Herbier, f^ 84 r», Nyvenl.)
Morv., fldci, v. a., faner, flétrir.
8. FLACHiR, voir Flatir.
FLACHis, - acquis, s. m., mare d'eau :
Et avoient au devant d'culx ung bien
grant ftacquis de cane dormant. (Froiss.,
Chron., Richel. 2644, f» 203 r".)
Un grant flacMs tout plain d'aige et
grans marescages. (Id.. ib., IX, 361, var.,
Kerv.)
FLACISABLE, VOir FLKCHISSABLE.
FUACOi-E, flacolle, voir Facule.
FLACON'CEL, S. m., petit flacon :
Aucuns signeurs avoient petis /taconeiaus
plains de vin. (Froiss., Chron., VI, 119,
Luce.)
FLACONVEit, flacc., V. n., vider des fla-
cons :
Et tous /loeconnerentsibien que le bruyt
vint partout le camp comment le prison-
niprestoit de retour. (Rab., 1. II, ch.27, "'•d.
1M2)
pi-ACONNF-T, /lasc, S. m., petit flacon :
Ln^ peti? I.iblcaiix d'or en façon d'un
flaconnet. (1400, Pièces retat. aurèg.de
Ch. Vf, II. 332. Dourt d'Arcq.)
Ilola! il me rient appi^tit
Du Tiiiler mon /Ituconnrl.
Ponrtanl me faolt bojte unfi petit
De re Tin tont cler et tool net.
(Mfil. de .S. nid., p. 179, Curnanilet.)
1. FL,ACOL'B, voir FLAC.
i. Fi.AcuuE, voir Flasque.
Ff.ArouKAU, s. m., tas, monceau :
FL.\
Tous les jours les murs s'nbattoienl, et
y cheoient devant eux par grands flac-
queattx, auxquels il falloil nipttre résis-
tance, et les remplir de foins, de bois, de
terre. (G. Chastkll., Chron., I, 156, Kerv.)
FLACQUER (se), V. réfl., SB jeter avec
force, se mettre, se flchor :
Flacquons nous la et daubons des mâ-
choires. {Comédie des prov., II, 3, Ane.
Th. fr., IX, 50.)
1. FLACQUIER, voir F(,ACHIER.
2. FLACauiER, VOirFLASSIEH
FLACQUis, voir Flachis.
FLACTiR, voir Flatir.
1. FLAEL, flaiel, flayau, fliel, s. m., arme
oITensive, composée d'une masse de fer
retenue par nn bout de chaîne, par une
bande de cuir ou une hielle, à l'extrémité
d'un bâton :
Son /lad prent et met on place,
A Genfiroy sur le heaume en donne.
(xiv* B., le Livre de Lusignan, Mêlas., .S310,
Micbel.)
Des maces de Damas, de flittu.v
Des piqnes qne les Flamens ont...
(E. Descbamps, Poés., Uichel. 840, f» 350».)
— Fig., aflliction :
Dens me doinst ançois tel ator
El tel /laie! et tele entente
Dont ma car despite se sente.
(Ste nais, Ars. 3S27, f° ItJ.'i
— Sujet d'affliction ;
Regarde, France, et voy - omment besongue
Ton fort payait, le hanlt prince d'Oranfte.
(MoM.vET, Cliaiu. sur ta Journée de Guineyale,
ap. I.er. de Lincy, Ch. hist. fr-, I, 3fl4.) \
2. Pi.AEL, voir Frael.
FLAELE, /?ajreJ/e, s. f., fléau, punition :
Mais Dex plevis ma loianté,
Qne sor mon cors mete flaele
S'onqnes, fors cil qui m'ot pocele,
Out m'amistié encor nul jor.
{Tristan, t. I. p. 4, Michel.)
En flagelle dn vice,
(/-a Compl. de Dignanl, 191, Anal, leod., dans les
Chron. Iielg.)
Dont cesseroient plusieurs punitions et
Pagettes de Dieu. (Seyssel, fa Grand mo-
narchie, II, 14, éd. 1540.)
Fi.AELEMENT, flaielemcnt, - ont, flayel-
lement, s. m., coup de fouet, flagellation :
Il bat les nns dirersement
El donc son flaelemant.
(nom. des trois Ennem., Ars. .';201, p. 260''.)
natures et Jlaelemens. {Heures de la Pass.
J.-C, Richel. 15212, f 152 r».)
Apres tonrmens, labeurs de corps et veines.
.Mille tonSOet», /lagellrmens, et peines.
(Cr.. Mas., Trisi. eers de Beroald, éd. tiiOB.)
— Fig. :
Amis, qn'icisl flaietemfnl
Qui tant nnt duré Innjement,
Fait il, que des ore mais remaienint,
Dont treslote la genz «e plaiinent.
(Des.. D. dr Korm , II, 4«C4, Michel.)
1. FLAGLER, jtaHler, jlaiekr, flageller,
verbe.
FLA
— Act., fouetter, fustiger :
En travail des urnes ne sunt, e od humes
n&serunt Mêlé. {Liv. des Ps., Cambridge,
LXXIl, S, Michel.)
Ki l;i unques murmurel del flael Deu, ke
fait nltre chose ];e acuseir la justice de celui
ki ftaelet {Job, p. 489, Leroux de Lincy.)
Le vendredi laissas ton cors crocefier,
Combalre et flacller et de lance percier.
■ fJ. BoD., Sa.t,, ccLvii, Michel.)
Li diables sur els cnreienl
K paeloenl e si bateient.
(Marik, Purg. de S. Patrice, 1017, Roq.)
Cil qui ad malvais père, raalvaise est s'eritez :
Cil qui ad fieble chief. sovent est flaelez.
(Thom. le mari., 128, Bekker.)
— Fig., châtier, tourmenter, faire souf-
frir :
Quant ma chançon li dira lanonvelc
De la dolour qni pour loi me /Jaele.
(Tnin., Chaiis., ms. Berne 231, t° 8.)
De la douleur, qni ponr lui me flaelle.
(iD., ib., p. 05, Tarbé.)
Çans qu'il pins aime çans flaielle.
(G. deCoinci, Mir., ms. Brnx., f 123''.)
Cest jugement est repelez.
Car sanz nus n'ert pas jugez,
Sanz nns est trop flaeles :
Pur ceo deit trover pilez.
(Lib. Psalm., Oxf., Préf., p. xxix, Michel.)
Mes la mort, qui les bons flaele,
A aporlé félon flael.
fRuTEB., de Monseigneur Anseau de l'isle, Jub., I,
88.)
Apres ce que la divine puisance Vol eus
flaelé et châtié. {Chron. de S.-Den. ,ms. Ste
Geu., f» 254''.) P. Paris, /?aei/é.
Lors flaela Dieus Pharaon et sa maisoun
de moult de flaels. (Bible, Genèse, ch. 12,
V. 17, Richel. 1.)
Et cil sunt flaelez que avant alerent as
overeignes des fil Israël. {Ib., Exode, ch.b,
vers. 14.)
— Neutr., être tourmenté, être agité,
s'agiter :
Ogier l'entent, toi le cuer li flaele;
Ben set c'est feme au cri qi li ot fere.
(ItAiMB., Ogier, 11894, Barrois.)
ses .II. mains qn'il ot sor sa forcele
La vie saut qni el cors li flaele.
(Meschans, 829, Jonckb.. Cuill. d'Or.)
Bien sent la mort qui el cors me flaele.
(Li Covenans Vivien, 1859, ib.)
Voit le li rois ; tonl li coer li flaele.
(Auherii le Bouraoing, p. 30, Tarbé.)
Plus dolente el plus morne que n'est la touriciele
Qui a perdu iion niasie, dont le cuer li flaele.
(neuv. d'Aigrem., Uichel. 766, f 3».)
Cuors de famé est li chandiaus d'ues :
Plus est tornanz ne soit eslnes,
Kt pins haleté el plus flaiele
(lue ne fet boillons en paele.
(Le Blastange des famés, Jnb., Jongleurs el Trou-
vères, p. 75 ; Uichel. 837, f" 2i0.)
.... Li cuer li flaele.
(Jeh. des Pkeis, Gesle de Liège, II, 1778, Sche-
1er, Gloss. pMIol.)
Norm., Bessin, flleler, être agité par le
vent en parlant d'une fenêtre, d'une
porte.
2. FLAEbiiii, voir Flagkler.
FLA
KL A
FLA
Fi.vEi.os, fraielluz, s. m., celui qui
manie le fléau :
Che je paisse comancer et acomplir l'ioslor
ne AUlle, fraielluz Dei, li fans anmansor.
(il*, prit». Mile, ms. Modène)
FLAERYER, VOir FLAIRIER.
FL.VEUTEUU, voir Flauteur.
1. FLAGE, flaige, s. m., champ, place
en général :
De tantes et de tret porpreanent molt grant flage.
(J. BoD., Sax., Lxi, Tar., Michel.) Autre var.,
flaige.
— En particulier, champ de bataille:
Dleat D.inois l'aos l'aulre ea son langaige :
Puions nos ent, si lor laissons \e flaige ;
Car ceste gent est vers nos trop savaîfie.
{Aiiieri, p. S5, Tobler.)
U est trop fol qui petit borne btasme
Quant il le voit entrer en tel bataille,
Qnaot je entrai hui main en cesloi /iage
Sachiez de voir ge le tien a folage.
(Aim. deHarli., Kichel. "24369, f° 80 V.)
— Bouge, cuisine :
Le suppliant et aucuns autres entrèrent
en la maison d'un tavernier et trouvèrent
au flage ou bouge d'icelle ledit Casin.
(1403, Arch. JJ 158, pièce 82.)
2. PLAGE, S. m., gain, butin :
Mais pnisqn'alnsi est vostre melencolje.
Qu'avez pour ce snr celle advantage;
Le uiienU venu trouvera povre flage.
(Perceforesl, vol. VI, 1° 'jr, éd. 15-28.)
^. FLAGE, S. m., sorte de monnaie :
Pour planter pois par .viir. femmes a .v.
flages le jour val .vu. gros. (Compte de 1353,
Lille, ap. La Fous, Gloss. ws. , Bibl. |
Amiens.)
FL.VGEL, - eau, s. m.; flageolet : |
Fistula, flageau. {Gloss. gall.-lat., Richel.
1. 7684.)
FLAGELER, flaelei', V. 11., jouer de la
tlùte :
Flageler, listulor. (Gl. gall.-lat., Richel.
1. 7684.)
— Fig. :
Si savent (les drafions) flaeler de la
langue, que les foie chetives déçoivent, et
les mêlent au desoz par leur //ae(er de
lors langues. {La response del Best, mestre
Rich.de Furnival, li Cocodrille, Hippeau.)
FLAGELEiiR, S. 111., joueur de flûte :
Flageleur, fistulator. {Gloss. gall.-lat.,
Richel. 1. 7684.)
FLAGELLACiON, S. f., aclion de battre
le grain :
Et dévoient remanoir en ledicte granche
lez estrains, esteules anz flagellacton re-
conmencbie. (Cft. de 1282, Clerm., Richel.
4663, f" 108 r".)
FLAGELLE, VOir FLAELE.
PLAGELLE.MENT, VOir FLAELEMENT.
FLAGELLEUR, S. Hi., celul qui tour-
mente, qui opprime :
Ennemis de paix, flagelleurs de peuples.
(J. MoLLNET, Chron., ch. lxvi, Buchon )
— Flagellant :
Toutes les bonnes villes estoient plaines
de celles gens, lesquelles s'appelloieut
flagelteurs et confrères par manière d'a-
liauce. (Jehan Le Bel, Chron., 1, 204, Po-
lain.)
Celle sette de flagelleurs courroit par le
monde. (Id., ib., 1, 205 )
FLAGELLEURE, ftagellure, s. f., coup
de fouet, flagellation :
Comme aigneau a l'ocrision.
Sera mené, sans qu'il murmure
De quelque grande ftagelture
Qu'on luy face.
(Viel Test., 9626, A. T.)
Mais pour verberation ou flagelleure
qu'ilz luy sceussent faire il ne parla plus
bas. (BouRGOiNG, Bat. Jud., vil, 25, éd.
1530.)
FLAGEOL, -jol, - joil, S. ui., flageolet,
petite flûte ;
J'ai souPtes de trop beau tor.
J'ai de bons jlageus a pastor-
(bil d'un Mercier, Crapelel, Pror. et Dicl. po-
pul., p. 151.)
Lors r'oissîez trompes sonner,
Corz, tabourz, flagens et chevretes.
(GuiART, Rotj. ïign., 11920, W. et D.)
Tabourz sonnent, et flagiej: pipent.
(iD., a., 18091.)
Dont il (ist flajolz gracieux.
(Chr. m PisAN, Liv. du Chemin de long estude,
1062, Piiscbel.)
II me fanlt on Dente on flajoil.
(mtiv. N.-S. J.-C.,lab., Mysl., II, 73.)
Romps les flageols, Dieu Pan, par violence.
(Cl.. Mar., Dallad., Caresm.1
Plus ne m'orrez Venus metire en avant,
Ne du flageol sonner chant Bucolique.
(Id., Opusc, à Fr.de Bourè.)
Tay toi petit flajol : o petite muzette
Haussant ta foible vois ne fay de la trompette.
(J.-A. riF. Baif, F.clogties, 1, éd. 1573.)
Qai musette et flageol a ses lèvres usa
Pour le donner plaisir.
(Ross., .\mours. 11, xi.vii, le Voy. de Tours, Bibl.
elz.)
Et les soufllets jetteront leur vent de-
dans certains flajols. (I'alissy, Recepte,
Cap.)
— Fig., menterie, tromperie :
Meschantement endorniye ay esté
Par les /laijeolz dn vent de trahison.
(1513, le Depuciilage de la ville de Tournaij,
Arch. dn ÎSord de la France, nonv. sér , I.
377.)
— Bavarilage :
Comme le saige serpent
Qui an doulz son va s'oreille estoupant
Que prins ne soit, doit dame avoir pensée,
Sans esconler le flajol de tel gent ;
De refuser soil saige et diligent,
Que pas ne soit par tel vent assolée.
(E. Desciiamps, Pops., liichel. 810, f 2c 3.)
FLAGEOLEMENT, - gollement, - jolement,
s. m., action de jouer du flageolet et le
son de cet instrument :
"Vint ung bedonneur ou llagolleur devant
l'uis de la taverne, ou bedonnemeat ou
flagollement duquel gens se assemblèrent.
(1425, Arch. .1.1 173, pièce 239.)
Fist grant bruit et /lajolemeal.
{Pasioralet, ms. Brux., f" 3G v".)
FLAGEOLER, - goler, - joler, - oller,
verbe.
— Neutr., jouer de la flûte, du flageolet :
J'oi Bobin flagnler
Au flagol d'argent.
(A. DE LA Halle, li Cievs de Itobin et de Marion,
p. 375, Coussemaker.)
Tenant en sa main senestre ung flajol
dont il alla pas a pas flajolant. {Met. d'Ov.,
Vat. Chr. 1686, f 26 r».)
Savoir flajoller et du bas voler par des-
soubz la feiille. (xV s., Yalenciennes, ap.
La Fous, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
— Act., chanter sur le flageolet :
Ponr ce que ma dame vonloit
One nos amours fussent chantées
Par les mes et flajolees.
(G. Mach., Poés., Richel. 9221, f° 203'.)
Pasteur qui conduiras en ce lieu Ion troupeau,
Flageollant une eclogue en ton tnyan d'aveioe.
(RoKS., Sonti. pour Hélène, II, viir, Bibl. elz.)
— Neutr., causer, babiller, plaisanter,
dire des sornettes, des fariboles :
A çaus qui musent et /lagnlenl.
(G. DE CoiNci, ilir., ms. Brux., f" 216».)
Voicet aillors flajoleir.
Ne revaigno plus vers mi.
(Rom. et past., Il, 94, 'J, Bartsch.;
Ta as fait le moine voler
Par force de tes grans richesses :
Mais riens n'y vaut le flajoter:
INe te fle point en promesses.
{Dit rimé qui fu fait ponr un pretost de Paris
nommé Hugues Aul/riol, Richel. I. 4641, f 150.;
Et von s a lez cy flajolant
Dont le cner ay forment dolent.
(Chr. de Pisan, Liv. du Chemin de lorni estude,
3931, Piischel.)
Ça, sans plus flageoller.
Mon argeut.
(Pathelin, p. 52, Jacob.)
Et. par Dieu, c'est trop flageollé.
Uli., p. 108.)
Je croy qu'il nous cuide enchanter
Pour nous /lajoller en l'oreille.
(Greban, ilist. de la pass., 23278, G. Paris.)
Mais d'où viens tu de flagoller:'
(Farce de Mimin, Ane. Th. fr.. 11, 313.)
— Act., dire en bavardant :
Paix ! J'escoute
iVe sçay quoy qn'il va flageollant.
(Pathelin, p. 65, Jacob.)
Ne haute point les manidicles escolles
De Faulx semblant : mais en Dien le consoUes
Sans que le cueur soit de faincle taché.
Ou ton esprit sera bas attaché.
Quelque oraison que des lèvres ftajolles.
An cuenr gist tont.
(J. Marot, Docir. des Princesses, xxil. Rond.,
éd. 1532.)
— Tromper, piper :
Mais bien croi qn'.ia derrain créasse
Barat, s'autre conseil n'eusse.
Car si bel m'avoit flajolé
Que tout sus m'avoit affolé.
(Bruïant, Chemin de poireté et de richesse, i la
suite du ilénagicr. II, 27, Biblioph. fr.)
Et le me laissez flageoler.
Car il n'en aura autre chose.
(Pathelin, p. 49, Jacob.)
Flageoler, jouer du flageolet, appartient
2t la langue moderne.
I»
R.\
FLA
FLA
FLAGEOLKHIK, S. (., ACtioIl (lo jOUef tlU
Qageolet :
Pour ce u'abaissez point la poésie a la
ineneslrerip, violerie et flngeolerie. (Ch.
Fontaine, QuiiM Hor., p. 407, Person.)
ti..\OKoi.Bi.ii,-joteur, - goleur,-golleur,
s. ni., joueur de llute, de flageolet :
M luette est sur le perluis de l'auhplit
ainsi comaie est le doit du (lagoleur sur le ,
Irou de la felnlle. (B. DB CoRD., Pratiq.,
IV, 2, éd. U95.)
Vint un;; bedonneurou ^/agodeiir devjint
l'uis de la taverne, ou bedonneuient ou
flasollenient duquel gens se assemblèrent.
(IIS3, .\rcb. JJ 173, pièce 239.)
— Fi^'., flatteur, engeùleur :
A un^ baillarl, vanteur et meuteur
ordinaire, rien u'est si déplaisant que
quand ou le reprend, de laquelle folie
congnoist tout huuiuie snige qui escoutc
les paroUes d'uug tel flajoieur, qu'il nourit
un cocu scabreux et le assouage de ses
mains. (\ef des Fols, f« 39', ap. SlePal.)
Borel, dans son Trésor, donne flaioleux,
conteur de sornettes et de bagatelles.
FuiuEoi.mit, flajoWer, s. m., joueur de
flageolet :
Aux burpeurs rt jlojolliers. (1492. S.
Umer, ap. Lu Fous, Gloss. ms., Bibl.
.\miens.)
FLAGEOT, flajol, flagot, s. m., flageolet,
petite flûte :
Oiie fflJDS Tant a oir qne flajot ne restiel.
(flow». d'Alix., ^ lî», Michelanl.i
Chaseaoi ot muiete,
Wpe, /lajol et frelel.
(«on», el put., Bariscb, II, 30, 4.)
L'aatrier pasloare seoit
l.ODC QQ boisioD ;
Agoiaos i:arJoit, si aroit
fiojot, pipe et bastoa.
iJoctux Dc ISbcces, Cha«s., Scbeler. Trour. belg.,
p 154.)
Et des fittjn et des «ieles
I tant les mélodies bêles.
ibvrmars le Gallois, 77i", Steogel.)
Troupes taotir, sooer labors,
Flajol, fretel font lors labor.
iBkETEi., Tourn. de Chauc, 785, Delmolte.l
Trompeot flaiol, tabors, frelel.
(Id., I*., 1336.1
J'emporte nitc mi
Flagol. mus« et frelel joli
Oo'oa m'a earoTé de CoaloOrwe
l'oor le pastoorel de Berri
Kl la pastoure de Boaloagoe.
(Kaoïs*., Poés., Il, 338, .lu, Scheler.)
FLAGERADE, S. t., cspëce d'arme oITen-
sive ; mot employé dans les régions du
midi comme fta'jeron :
Icellui Uolsera frappa ung grant cop
d'une flagerade sur le cap d'icelliii flUet...
Le suppliant frappa d'une lance. (147C,
Arch. JJ 204, pièce i58.)
FLAGBRON, s. m., sort<; de bâton :
Un baston sans fer, nommé flagerotl, ai-
guisièa bout. (1418, Arcb.JJ l'O.pièce 140.)
FLAoïct;, s. /., action bonli'use. in-
fâme :
Ytn.'iyiner ne puis /Jai/icf
>t> lorraeat dit;ne a recouiptosc
Oo si irant et si Tillain vice.
(Therencf m /ranf., t» 58^ Verard.)
Mais i-omment on peut on sonjîer
Ou'il y :iit flai/icf ou dangier
One je soye mené par franldu
Ku la maison d'une ribautde.
(/«., f loi».)
Honteux suis quant je me vois
Tir mes flagicfs débouté
P*- la paleroetle bonté.
ilh., fiiT».)
PLAGiciELs, jlagUieus, adj., déshono-
rant, infime :
Cliascuus llagitieus estrc quites d'em-
prendre a mal l'aire. (Boecede ConsoL, ms.
Berne 363, f 7 v».)
Ou seront cenix
Qai diront qne pagicieur
Sera l'ouvrage que je lays.
(Therrnce en l'rani;., f" Mi", VcrarJ.)
Je vous demaude se uug hoiumi; de bien
et d'honneur suyvra la maison flagitieuse
et pleine de tourmens pour liayr et haban-
donner les siens. (BouKGOING, Bat. Jud.,
VI, 31, éd. 1530.)
Par les dites longues guerres se sont le-
vez quelques aventuriers, cens vagabons,
oiseux, perduz, meschaus, flagilieiix, aban-
donnas a tous vices. {Edil de Fr. 1" qui
enjoint de courir sus aux aventuriers, etc.,
2o sept. 1523.)
Choses abominables et flagitieuses. (Le
Plessis, Eihiq. d'Arisl., t" 32 v, éd. 1553.)
FLAGIERE, VOir FLECUIEIIK.
i'X.\GOLER, voir Flageoler.
FL.vGOLEUR, voir Flageoleur.
FLAGOLLEMENT, VOir KLAOEÛLEMENT.
FLAGORNER, verbe.
— Neutr., bavarder :
llelas ! sire,
Cbascnn n'a pas si faim de rire.
Comme vous, ne de flagorner.
(Palhehn, p. 53, Jacob.)
— Act., dire à l'oreille :
Apres que Aruaull eust dit ces choses
publiquemeut vint flagorner et mettre es
oreilles du rov que... {Mer des cran., f" 57
r», éd. 1532.) "
C'est tout le même langaige que mon-
dict maistre a flagorné aux oreilles du duc
de Nevers. (Cahloix, Mém., V, 2, éd. 1757.)
FLAGOT, voir Flajot.
FLAGRANCE,-anc/ie, s. 1., bonne odeur,
parfum :
Si s'espaodoit la vnns pagrancke
De clielc tr"S souef oilour.
(.W/r. de S. Eloi, p. -23, Peigné.)
FLAGRANT, adj., qui exhale une bonne
odeur; employé subst. au sens de bonne
odeur, parfum :
Et le Pagratit de sa suave al.-iine
Apovriroyl l'odorante Sabee.
(SCETE, OWie, ci.xxv, éd. 1544.)
FLAHUTELE, VOIT FLAUTELB.
Fi.vin.TEii, voir Flautrh.
FLAIEL, voir Fl.AEL.
FLAIELEMENT, VOlr KlAELIÎ.ME.NT.
FLAIBLER, VOir FLAELER.
FLAiGE, voir Flage.
FLAIHUTEL, VOir FLAUTEL.
FLALME, voir FLAMME.
FLAiN, s. m., flanchet :
Les colez de mouton, le maigre des lars,
la graisse, et les flains.... que ceulx de la
cuisine a qui ils apparliennent porront
avoir a leur prouffit. (Etats des o/lic. du
duc de Bourg., \>. 253, ap. Ste-Pal.)
FLAiNCHiR, voir Flechik.
1. FLAiNE, s. f., espèce de coutil :
Les lins de Cahors emportent le bruit
pour estre fort blancs etcottonnez comme
laine : aussi en fait on de bonnes yZaines a
faire licts. (Du Pinet, Pline, xix, 1, éd.
1566.)
L'invention des flaines et matteras est
venue de France. (lD.,tfc.)
2. FL.viNE, s. f., citerne?
L'une de ces isles, avironnee de la mer,
n'a flaine, ne puich, ne fontaines. (J.
Molixet, Chroii., ch. cccxxviii, Buchou.)
1. FLAIR, S. m., sorte de poisson, le flet:
Plais, quarriax, flairs. (Crap., Prov. et
dict.pop.)
2. FLAIR, flar, s. m., odeur :
Si sainte odeurs et si sainz /lairn
Istde celé herbe.
(G. DE COLNCI, de rEinper., Kicbel. 23111,
f" 2GS''.)
Tosl Ht isnelement la cuisine querez
Dout li llars est issuz.
(Prise de Jer., Richel. 1374, f 86''.)
Pays de Bray, flair, mauvaise odeur.
FLAiRABLE, /ierai/c, adj., QUi cst agréa-
ble k flairer, qui a bonne odeur, parfumé :
Que jouer en ce parc n'ailliez
Qui tant est biaus et bien /lairaliles
O'erbes, de fleurs si delitables.
De violettes et de roses.
{Rose, ms. Corsini, f 134'.)
D'erbes, de Hors tant bien /leratles.
(II/.. 2047C, Mcou.)
Les muremiles //ai; ai/es
Uo'elles portent eu leur narines.
Les pierres pendant aux poitrines.
Et es frootiaux snr lenrs sourcis
Seront convertis en plouroirs.
(E. Desch., Poés., Ilichel. 840, V 53-2-'.)
FLAIRANT, flerant, fleiranl, fleurant,
flarant, flarianl, adj., odorant :
Cascuns ot mit: caiiiel de roses bien flarianl.
(Chev.au cygne, 1261, llfin.)
Kle ost plus blanclie que la noif qui resplent.
Et plus vcrnicille que la rose flerant.
(Prise d'Orenge, 666, Jonck., Guill. d'Or.)
Ele est flciranz comme essientiers.
iltom. du .S. Graal, 37, Micbel.)
La terre se coinuiance a revestir et parer
des nouvelles herbes /Jewiaiis. (Girart de
nossillon, ni? de Beaune, éd. L. de Mon-
tille, p. B9. ,
FLA
FLA
l'I.A
1!)
A l'nmbrp d'nns .irhri> nnUhl''
Qni psloit hel (>l bien /Inirant.
(Jaq. Milf.t, Dfslruct. âr Tn>;ir, Prol. 1i,
Slengel.)
En lien de toi flas H je vins accoler
De mes denr bras la flairanlf ramee,
Qn'anlnor 'ie moi avois mise et semée.
(Cr.. Mak.. Episl. ilaquel. a P. (le Prov , i:,\l.)
Romarins, lavandes, œillelz.
Nobles marpiieriles ftciiranles.
do.. Temple de Cup., éd. 1SS8.)
Marjîncrite.s, lis, et œillelz,
r.issevelonx, roses flairantes.
(h,., ih.)
Des dropueset espiceries bien flairnnles.
(C/iOS. mem. escr. p. F. Bicher, p. 138,
Cayon.)
Boncbe d'anmooe lonle pleine,
Ooi m'engendre de ton h.ileine
Un pré de flenrs a cbaqoe part
On ta flairante odenr s'epart.
(Uoss., Od., Od. retrancb.. Il, -187, lîiliK clz.)
Sur la terre semez les flairantes odenrs.
(Koi.- Betuolacd, Egl. s:tr le tombeau de Macri-
Les bien flairantes aleines.
(Vaiq., Fpitaphe de fi. Belleaii, éd. 1RI2.)
- Dans lin sens défavorable, puant ;
Et derachent cuinme flarant. (Dial. B.
Ambr., m.'. Epinal, Bonnardot, Arch. des
Miss-, 3' sér., I, 278.) Lat., ut fetentem
expuunt.
liens qni ta poisance moslras
Canl Lazaron resuscitas
Ki quatre jors ont esteit mors
Et ja asloit flairanz et ors.
(Vie Ste Jiiliane, ras. Oxf. BodI. Canon, mise.
71, f 80 T".:
Se li cors est si flairans que il ne puist
estre en le glise. (Règle de Citeaux, ms.
Dijon, fMO K)
FLAiREis, flereiz, s. m., flair, bonne
odeur :
De Todor des espisses et del bon flaireis
Denst estre par droit .i. malades caris.
(Roum. d'Alix., 1° SO'', Michelanl.)
Del odor des espèces et del bon flereiz.
(II/., Richel. 2i36i, f» 84 y".) Ms. fleeriz.
Fi.AiREMEXT, fleremeïil, peuremeiit, s.
m., action de flairer, flair; odenr qui
flatte le flair :
Par ce donz fièrement
Tonz colgnorent...
(.Dial. de S. Grég., ms Evreni, f 103'' )
StnellyuR with the nose, fleurement.
(Palsgbave, Esclairc, p. 271, (Jénin.) '
Chiens de bonne nature, de bon flaire-
menl. (N. de Bris, Instilut., f° 118 v«.)
Sapax. Qui lia prand flairemenl. (R. Est.,
T)iclionariolum.)
.\ucuns venins tuent incontinent qu'ils
sont dévores, aucuns par le seul touche-
ment, les autres par le flairement. (Le
Blanc, Trad. de Cardan, f» 54 r», éd
I5S6.)
La propriété du boire est qu'il soit suave,
et dous, et puissant : par la suavité il dé-
lecte le goust, par sa force il délecte le
flairement. (1d., ib., f» 172 r».)
Le flairement de thym est souverain pour
exciter ceu.x qui sont pris du haut mal.
(LiEBAULT, Mais, rust., p. 239, éd. 1597.)
Le flairement corrompu, voire presque
perdu, se remet parle souvent manier et
flairer de la meule, (n. de Sebiî., Th. d'à-
qr.. vin. S, éd. 1605.)
Se disait encore au xvii» siècle :
Les vices de l'odofenient sont abolition
ou diminution du flairemenl. (La Fbam-
nois., Œuv., p. 366, éd. 1631.)
1. FLAiitiER, flerier, flarier, flaeryer,
verbe.
— Neutr., fleurer, exhaler une odeur :
Onanl ge le senti si /ïuinVrOebontondo rose),
fie n'oi talent de repairier.
(Bosc. 1679, Méon.)
Et quant je Toi senlu flerier
Je n'oi talent de reperier.
(Ib., ms. Florence, Rie. 275,»;, f° H"".)
Flaeryer bon et souef. (146i, J. Laga-
»Enr,, Cathol., éd. Auffret de Quoetqueue-
ran, Bibl. Quimper.)
— Dans un sens défavorable, puer
p. :
l'Ios tost porris et flaires pis.
(ROB. OE Bi-ois Poés., Richel. 21301, p. .'lli".)
Et de la llor ki pnt et flaire.
N'a l'ora de la biantei ke faire.
(Ii>., ib..
Li autre les portoient (les cadavres) jus-
ques a tant que il flairoient. {Chron. de S.-
Den., ms. Ste-Geu., f° 156^) P. Paris, fie-
raient.
— Fig., être en bonne ou en mauvaise
odeur :
Vous saveis bin desns se son linage flaire.
(Jeh. des Preis, Geste de Lieijc,\\, 6343, Scheler,
Gloss. phiïol.^
Jaqne le baslart Derl, qui durement li flaire
(Id., ib., II, 7768.)
l'eile chose a Dieu flaire
Quant li pastour aiiz lens secreemeot s'apaire.
(In., !*.. 33532.)
— Act., sentir ;
On dist que mortiers est ades les aux flarans.
(B. de Seb., n, 385, Bocca.)
— Parfumer :
Phebus qni le monde esrlaires,
El qni la terre et les cielz flaires
Onqaes ta puissance ne cesse.
(Froiss.. Pnés., Richel. 8311, f 182 y")
— Inf. pris subst., flair, odenr :
1,'ondeor de ce flerier.
(Dial. de S. Greti., ms. F.nmx, P 103''.)
... donz flarier.
(Ib., r 111=.')
2. FLAIRIER, flarier, (trisyllabique),
v. n., flenrer :
Li basme et le ment[astrel doucement i flarie.
(Destr. de Rome, 331, Groeber.)
FLAiRiR, verl)e.
— Neutr., fleurer:
Monlt pareslbeaus li bois e riches le defcns,
Ftairist.. li baumes, la mytre e li encens.
(Th. de KEJiT, Geste d'Alis., Richel. 24361,
f» 71 r\)
— Act., respirer :
Li convient flairir coses de 'boines
llaireur. (Alebrant, lieg. de santé, Richel.
1 2021, f 32^)
Fi.Ainoii. nnr, - nr. - eur, flcr., fleur.,
flaiir, flciiir, fraor, s. f., odeur, senteur :
Et la meison si raempli
De la précieuse flereur
De l'oignemenl et de l'oudeur.
(Hom. du S.Graal, 250, Michel.)
l.a esloient les herbes qni giclent grant flairor,
(Roum. d'Ali.r., f SS', Mlchelant.)
Si senti une tel odur
Tant donz e si bone flerur
(Maute, Purg. de St Patrice, Richel. 2.'ilil7,
r 11.1'' ; Roq.,T. l.",07.)
Voit (Lancelot) en l'autre un puis dont
la fleior ist molt puant. (Gaut. Map, Lan-
celot du Lac, Richel. 1430, f° 33'.)
Ge la vos ferai si atorner que la fleror
qui en isse mal ne vos fera. (Lancelol,
ms. Fribourg, f 38'.)
Et de lui et de la fleror qui de lui venoit
issoit une maie fleror que tuit cil de leenz
en orent mal au cuer. (Ib., f" 113''.)
Et li braquet on démené grant hn.
Qui \a flairour da porc orent senLn.
{.\ubery le Bourgoing, p. r>3, Tarhé.)
El cors li aTala d'nno sainte puison.
Si tost corae Richars en sentist la flairor.
Il est salis en pies com s'il n'eust dolor.
(Renaud de Monlauban. Richel. 21387, P 2i.)
Plus llairc doucement qnc canele alumcc;
l.a flairour qui en ist no puet estre contée.
(Fierabras, 6068, A. P.)
Et li flairons li entre el cors
Si bonne que mult li plaissoit.
(Gam-Tin, 2101, Hippean.) Impr., flairons.
?Jnle espèce n'i poet valeir
La flanr ki senteit en cel eir
D'arbres, d'erbes e de flur,
l'nc n'oi mes de teu dnçur.
(r.HARDfiY, Josaphat, 197.'t, Koch.)
Diex ne Ost ainz espices ne Hors de bones herbes
Qui ne sente flairor très parmi les fenestres.
(Ane dWvign.. I8SI, A. P.>
Qaant en la canbre entré sont.
Tôt maintenant trové i ont
Une si très donco flairor
Dont ases mius valoit l'odor
K'encens, ne pelre, ne canele.
(Ren. de Beaujeu, li Biaus Desconneus, 16 IS,
Hippean.)
Ausi i aïera joie de odur
On tant délit ert en la flerur...
(Pierue de Pkckam, Rom. de l.umere. Brit. Mus.
llarl. 4300, f» 79''.')
La fnntaine ad la savur
Chaingé Inte e la fleiur.
(Modioenna, 710''.)
lînke par Ireit ne par chahir
En issi raaoveise flanr.
(Y,e de Marie Egijpt., ap. Crosselele, Cliatenn
d'Amour, p. 107.)
Goût, saveur, ne flaircur n'i ot.
(Benari eontrefait, Tarbé, Poèt. de Champ, ont. n
Fr. 1, p. 97.)
11 ne le peussent pas longuement porter
pour la flaireur qui tout ades croissoit.
(Chron de S-Den., ms. Ste-Gen., f» 199''.)
Force que lor alaiue ne lor fraor ne ve-
nissent en les viandes. (Voy. de Mare Pol,
c. Lxxxvi, Roux.)
La fumec et flereur preveroit. (Vie S.
Jasque, ms. Alencon 27, f" 110 r",)
Li pavement de desuz ben est jnnché de llur
Jannes, vndcs e vermeilz. ki rendent grant flanr.
(lion. 271(1, Michel.)
30
FLA
FLA
FLA
Par la force de la fleureur (liii pouliel}.
(Lie. de fisiq., ms. Turin, f» 6 v».)
Si lor grevoil uiout en l'ost la flairors
des mors. (Esiories Rogier, Richel. 201Î5,
f" iSî".) j
Elle (cette pierre) rend une souefve (le-
reur. [chon. et hist. saint, et prof., Ars. ,
3515, f- 51 r».)
La mauvaistié fust tosl descouverle par
la flaireur du corps. (Hist. des Emp., \ts.
5089, Mi r.)
Oa oe saroit miens demeoter
Ao monde pics doiilce /Mirmr.
illut. ie SI Cresp. et SI Crfspin., p. 170. Des-
salles et Cbabaille.)
Apres fault garder l'odeur et le Uair que
on ne quiert ses plaisances en odeurs et
fiaireurs. {Le Chapelet de Virginité, de la
fleur de liz, Frédéric Godefroy.)
Lors print une rose, si uieist par dedans
herbes de telle nature en rendant flaireur
meslee a l'odeur de la rose quêtant comme
l'homme le fleuroit en son dormant, ja-
mais ne s'esveilloit. Perceforest, vol. lY,
ch. 31, éd. loîS.)
Pour la fteureur de la mer. (Les prophe-
eiM de Merlin, f« 30S éd. 1498.)
Janileur et rufOens sentans la flaireur
des bordeauli. (BoccACE, Nobles malh.,
II, lî, f« 36 V», éd. 1313.)
Et la fieareur Tait ancons embasmcr.
(P. Crlicoirc, Uenas propos, illl. éd. ISil.)
Bourg , flairure, odorat :
Le» Ooriole. avloa la verdare
Flalaat mes jeui et ma flairure.
(RUTIF DE L.i Bketo.mic, il- Xicoltts, II, p. Î3,
éd. Liseox.)
FLAIROS, - ous, adj., qui exhale une
odeur :
Tez gens i a k'en lor Tirant
Sont si porri k'il sont pnanl
Corn ne les puet de près sofrir.
Don pnet orgnes a celz venir t
Elporiooi ce (ont orgnillons
Ci chaitii, ci puant flnirous %
fRoB. DE BlmI>, Poés.. Richel. îlaOl, p. SU».)
FL.us, S. m., fagot de menu bois pour
pécher :
Debas fu... contre les peskeurs a fiais ma-
nans a Abbeville de cbe que... li llaitieur
ne pooieut ne dévoient peskier a fiais.
(1Î90, Livre rouge d'Abbev., (' 19 v», ap.
Duc, Flecla.)
FL.\iSAiuiE, voir Kl.\ss.\de.
FL.visAYE, voir Flassaie.
FLAiscHE, voir Flache.
Fi.AiscuiR, voir Flachir.
FLAISSARDE, VOif FLASSADE.
flaissaut, voir Flassart.
FLAisTAE, voir Flesthe.
FLAI.STUia, voir Fl,ESTHIIl.
fi.AiT, voir Flat.
FLAiTiEun, s. m., pôclifur c|ui se sert
du Dais :
Debas fu... contre les peskeurs a fiais
nianans a Abbcville dcche que... li flaitieur
ne poùienl ne dévoient peskier a liais.
(1290, Litre rouge d'Abbev., f» 19 v», ap.
Duc, Flecta.)
FLAiTiuR, voir Flestiiiu.
FbAIVE, voir FOIBLE.
FLAJOiL, voir Flagboi,.
FLAJOL, voir Flageol.
FLA.IOLEMENT, VOir F1.AGEOLEMKNT.
Fi.A.ioLEn, voir Flageoler.
PL.AJOL.EUR, voir Flageoleur.
FLAJOLLIER, VOir FLAGEOLIER.
FLAJOT, voir Flageot.
FLAMAINGE, voir FLAMENGE.
FLAMANCIIE, Vdir FlAMENGE.
FLAMANGE, VOir FLAMENGE.
FLAMBANT, adj., brillant:
Ces mantelcts garnis d'un pied de broderie.
Bourses et espingliers, flambons de pierreries.
Seront pour le butin des soldats triompbaos.
(Remonstr. aux femm. et fill. de la Fr., Var. hist.
et lilt., IV, 363.)
Argot, flambant, éclatant, superbe.
1. Fi.AMBART, S. m., graissc recueillie
à la surface du bouillon :
Souffleurs, .11. et mengeront a court et
prendront le flambart sanz antre chose
prendre fors .VI. menues chandelles, et
prendront le flambarl en tele manière que
li polaifjes n'en vaille pis. (1283, Orden.
de l'ost. le Roy, Arch. JJ 37, f" 2 v».)
— Lumière :
(Philosophes) qui luisent seulement d'un
petit flambart de doctrine. (La Bod., Har-
mon., p. 23, éd. 1378.)
CL Flambet.
2. FLAMBART, S. 111., Sorte de navire
usité sur les côtés de Normandie :
Voyant ainsi toutes ces paleaces et gal-
lions, carraques et carraqnillons,/îaîn6arIs
et flambillons esparls deçà et delà sur
l'océan. (Sat. Menippee, p. 326, Labitte.)
FLAJiBAUT, voir Frambaut.
FLAMBE, voir FLAMBLE.
FLA.MBEL, - eaul, S. ui., càble :
A Anthoine le cordier pour .xi. toyses
de corde et ung flambcaul de .viii. toyses
pour ledit engin. (1402, Compt. de Nevers,
ce 57, f» 16 v, Arch. niun. Nevers.)
FLAMBEOiR, V. H., flamboier :
Les ieu9 des Romains leur avoient
samblé ardoir et flambeoir. (Bersuire, T.
Liv., ms. Ste-r,en., f» 122''.)
FL.vMUET, s. m., graisse recueillie à
la surface du bouillon :
Souffleurs, II, dont li uns sera maignens,
et mangeront a court et prendront le
flambet, en telle manière que li potage n'en
valle pis. (1285, Ord. de l'hostel le roy,
Pièc. rel. à l'Hist. de Fr., XIX, 16.)
Cf. Flambart 1.
Fi.AMBETE, flaub-, S. t., diiniii. de
flambe :
Amastice est pourpris de couleur mellee
de violete et de rose, et jeté une flanbete
de soi. (GniART. Bible, Ap'3c., ms, 8te.
Gen.)
- Fig. :
Souft'rez doncques et pacieniment endu-
rez que le souverain medicin vous frappe
de la flambele de tribulacion. {Traité de
tribulacion, Richel. 1009, i" 15 v»,)
FLAMBETER, V. H., flamber, s'allumer;
Mei je vi .f. grant feu do lassus avaler.
Qui se mist cnti'ens .n. ; mouU le vifîambeler.
(Doon de ilaience, "67G, A. P.)
Morvan bourguignon, flammeter : » Une
fois que c'a flammelé. »
FLAMBEus, adj., enflamiiié :
Latonides flambcus, qui d'un chemin divers
Or la nuit, or lo jour guides par l'univers.
Pères dn teiis aelé, sus, hâtes vos carrières.
(Dn Bartas, la Sepmaine, iv, éd. 1579.)
FLAMBiCE, adj. f., de la couleur de la
flamme, vive, éclatante :
Le tiers pan de ce pavillon estoit de
rouge couleur, formant flambice, et se nom-
inoit obligation de paroles. (G. Chastell.,
Livr. de paix, vu, 347, Kerv.)
FLAMBiLLON, S. m., sorte de navire :
■Voyant ainsi toutes ces galeaces et gal-
lions, carraques et carraquillons, flambarts
et flambillons esparts deçà et delà sur l'o-
céan. (Sat. Menippee, p. 326, Labitte.)
Cf. Flambart 2.
Fh,.KMBi.^,llemble, flambie, flambe, flnnhe ,
famble, s. f., flamme :
L'iglise d'Everens trovom
Qu'a feu, a flamble e a charbon
Ertarse (e) pur lui malBmenl.
(Be.v., D. deNorm., Il, 42083, Michel.)
Astrent lut Berewic a flambe e a tisnn.
(JoBD. F.iNTOSME, Chron., 803, Michel, D. de
Norm., t. III.)
Si s'en vint par le parmi le palais le
petit pas, gelant feu et flanbe. (Lancelol.
ms. Fribourg, 1'» 100".)
Ne inonslra pas la flamhle fors
Dou fen qui li estoit ou cors.
(Florimont, Richel. 79Î, f° 28''.)
De fen les emple et de flemble.
(Rose, ms. Brnx., f° 68».)
La flamble du feu. (Guiart, Bible, Gen ,
II, ms. Ste-Gen.)
Kt li dragons enseraent...
Qui tant gete feu et flambre.
(Vie S. George, Richel. 902, f» 115 r».)
Des verges une flamble issit.
(Bible, Richel. 763, f» 269".)
Et mettriez leur ville a feu et a fambli'
(Troilus, Nouv. fr. du xiv* s., p. 200.)
Et ne tint pas a la plus part des gens
que on ne allast mettre son hostel a feu
et a famble. [Ib., p. 122.)
Et demoura le dit bolwerc tout en feu
i;t en flamble. (Mathieu D'Escoucay, Chron.,
], 311, Soc. de ni. de Fr.)
.... A prosont tu ensonffres
Cruelle géhenne en feu, flambes, et souffres.
(Cl. Mar., Triiles vers de Bcroald, éd. 159G.)
Mesraos la l'errc an plus bas lieu assise
De flambes est (comme le reste) esprise.
(Id., Met. d'Oc, I. II, éd. 1596.)
— Au sens moral, passion :
FLA
FLA
FLA
De paour que d'avantiire la flambe d'en-
vie et de despitbrusle son anie. (Juvenal,
Reigle monseigneur sainct Benoist, f° 94 i°,
éd. 1528)
— Terme d'orfèvrerie, flamme :
Une salliere de cristal de roclie, garnie
d'un couvercle de mesme cristal, enchâssé
d'or esmaillé, au hault duquel y a une
flambe d'or enrichie de quatorze diamans
et quatre rubis ; a l'entour du dit couvercle
V a quatre rubis et au dedans d'iceluy est
iaillé de relief, en iceluv est le sacrifice
d'Abraham, avec neuf diamans et deux
rubis, — prisé .iir. efcus. (1399, Invent, de
Gabrielle d'Eslrees, ap. Laborde, Emaux.)
On verre de cristal fait en cloche, garny
d'or.esmaillé de rouge clair avec de grandes
flambes. [Ib.)
— Lt? lis j tune:
Flambes aussi dedans les draps
Y meltre pourras hardiment.
(Super/luilé des haMz des Dames de Paris, Poés.
fr. des XI' et xvi» s., VIII, -235.)
Morv.,Bessin,Guernesey,/?ian6e, flamme.
Argot, petite flambe, comme petite épée,
couteau à l'usage des coupeurs de bourses ;
soldat de la petite flambe, comme soldat
de la petite épée, coupeur de bourses.
FL.\MBOiEMENT, -o(/ement, s. m., action
de flamboyer :
Encores avecquesce il leur sembloitpar
fois dedans ce flamboyement de couleurs
qu'ilz veissent pucelles et dames et damoi-
selles ou chevaliers, selon ce que les
courages de ceuix qui la regardoient
estoient afîectez. {Perceforest, vol. III,
ch. 34, éd. 1528.)
FLAMBOYEUx, adj., brillant comme la
flamme :
Ayant haulte lorcelle et gros yeux felles
durement et flamboyeulx. (G. Ch.\stell.,
Chron. du D. Pliil., ch. lxxviii, Buchon.)
Semiramis demora vesve en la flam-
boyeuse beaullé de sa jonesce. (Fossetier,
Cron. Marg., ms. Brux., I, f» 72 r».)
FLAMBRE, voir FL.\MBLE.
FLAMECHE, VOir FLAMESCHE.
FLAMEGE, voir FLAMESCHE.
FL AMEIN, S. m. , sorte d'étoffe de Flandre :
Awec ses complices ayent destinuz
aucons marchiauz avec lour marchiandises
et pluissers baies de flamein sus la segnio-
rie de noutron chier sire le dux de Osta-
riche. (1373, Arch. Frib., 1'' Coll. des lois,
n» 69, f" 19.)
FLAMENG.\n,LES, S. Coll., les Fla-
mands :
Il fut moult courcbies, et plus que
d'aultres, que ly faite manière de gens et
villains Flamengailles r.voient desconfit
tant de h^irdis, preux et vaillaus hommes.
[Récits d'un bourgeois de Valeiiciennes,
p. 117, Kervyu.)
FLAMEXGE, - ange, - ainge, ~ anche,
flanm., adj. {., flamande. Ma manière de
Flandre :
Geneviève la Flamenge. {Liv. de la Taille
de 1292, ap. Géraud, Paris sotts Phil. le Bel.)
Se ferirent es nés ilamanches.
'GfliRT, Roy. lign.. IS";-}, W. ctn.i
Pcrronelle la flamainge. {Liv. de la
Taille de 1313, Buchon.)
Pour .X. barres flamenges , couples»
gons et verrous. (1323, Trav. aux chat-
d'Art., Arch. KK3f3, 1" 62.)
— Feneslre flamenge, fenêtre à la façon
de Flandre, fenêtre à jambages et saillie
hors du toit:
Pour faire .m. fenestres flanmenges.
(133.Ï, Compte de Odart de Laigny, Arch.
Kli as f» 295 v.)
Fenestres flamenges. (Ib.)
Le dit torsier est roont comme une tour,
garni de plusieurs souages dorez, crénelez
devers le haut, et la couverture est comme
de tieule, et y a .iiii. fenestres flamenges.
(1360, Invent, du duc d'Anjou, n» 741, La-
iDorde.)
Fenestre flamange. (1403, Arch. JJ 160,
pièce 31.)
Mor\.,flamanche, flamange, s. f., fenêtre
h jambages et saillie hors du toit.
FL.iMENGEL., S. m.. Flamand :
J'ai oi mains Flamengel.
(Pael. fr. av. 1300, I, 1016, Ars ;
FLAMENGERIE, S. f., le pays de
Flandre :
Si se parti le roy Edouart de Farnakes
ou il estoit logié et s'en vint a Monstreul
et la se loga un soir.et l'endemain il vint et
tout son ost logier a la Flamengerie.
(Froiss., Chron., Richel. 2641, f» 41 v.)
1. FLAMER, flammer, verbe.
— Neutr., flamber, brûler, être en-
flammé :
Ce fu el tans c'arbre florissent,
Fnelles, boscage, pré verdissent,
Et cil oisel, en lor latin,
Doceraent caotent au matin.
Et lote riens de ]oie /lame.
(Perceval, nis. Mons, p. 15.', Potvin.)
.\pres si lost com il lenloise (l'arc)
Flame U fers, l'airs et ]i vens.
(Ben.. Traies, Richel. ira, f 91''.)
Dame, liist Hues, si me pnist Dis salver,
Se jou dévoie tos les jors Din pâmer
Dedens infer, ens la carlre cruel.
Si ferai jou toute vo volante.
(Iliton de Bord., 58:i6, A. P.)
Quant il par fu venus as loges et il lez vit
ardoir et flammer. (Froiss., Chron., Il,
360, Luce, ms. Rome, f° 80. i
Le fu qui apele pâmer.
(Pasloralel, ms. Bras., i" 3 t".)
Une antre faict flammer Tardant cercle d'anhaolls,
Et l'autre faict couller l'huile tonte bouillcnte.
(Les Ell'urts cl .issauls faicts et donnez a Lusigtwii,
Poés. fr. des xv« el xyi" s., VI. 3-26.)
Non autrement qu'on voit une ronge comète
Flammer sanglaulement sous une nuit muetle.
(Bons., les Poim., 1. I. Harang., Bibl. eU.)
Ke voit on pas flammer longtemps sur le foler,
Leur forme retenant, le chesne el le noyer ?
(Du Ches.ne, le grand Miroir du monde, p. 167,
éd. 1387.)
On prise encores pins ce pennache de mer
Qn'on voit en pleine nuict si clairement flammer.
(Id., Si.v. liv. du Grand miroir du monde, p. 63,
éd. 1.588.)
De telle hostie autels ne flammenl point.
aE Bla.nc, Georg., f» S9 r°, éJ. 1G08.)
— Act., incendier :
Lui bruslerent et flammerent et mirent
en cendres toutes maisons. (J. Molinet.
CArore., ch. cxcviii, Buchon.)
— Infin. pris subst., action de brûler,
d'être enflammé :
Mais ils plasours aiment jusc'an flamer
Et ja n'auront garison de la flarae.
(Fnoiss., Poés., Richel. 830, F 326 v".»
— Flamant, part, prés., enflammé,
flamboyant :
Dunad lur pluies, grisille, fu flammant en
lur terre. (Liv. des Ps.. Cambridge, civ,
32, Michel.)
E flammanies ad les goes.
(S. Brandon, 1010, Michel.)
Vint uns drapnns flammanz par mer.
(J» , ion.)
Quant il oi la friente d'ens
Orrible e flammanz e feus
Lor sailli lost gole haee.
(Bes., D. de liorm., 11,36218, Michel.)
Un vrai amant par Inyalraent amer.
Car tons est fais de fn ardant
Qui jusc'as nnes va flamant.
(Gaith. de Mes, Ym. du monde, Richel. 20-21.
f» 99'.)
Ele tint nng brandon flamant
En sa main destre,
{Bcse, 3431. Méon.)
... .1. brandon flammant.
(Ib.. ms. Corsini, PU'^.)
La flammante face (du serpent). (Gbe-
viN, les Œuv. de Nicandre, p. 26, éd.
1367.)
J'ay vea au ciel planetles et dragons
Aiant des qneues flammans comme charbons.
(Les J'ay veu.)
— Fig., ardent, brûlant :
Comme estoient lonr cner flamant
E d'aler après Dia haslin.
(RtCLis DE MoLiENS, Uiserure, Richel. 1521-2,
f» 22 r°.)
Com estoient lor cner flammant
Et d'aler après Bien haslieu.
(Id., i*„ Ars. 3U2, f 204''.)
Ore aussi bien qn'adonques fu
Tient amours alumé s in fu
Dont aujourdni li vrai amant
En sont de soie amour flamant.
(Couci, 17, Crapelet.)
Le nom de flammant donné au phéni-
coptère vient de ce mot.
Bourg., Yonne, Ferreuse et .Morv., flam
mer, flamber.
2. FLAMER, voir FUEMEK.
FLAMEROLE, //amm.,s.f., petite flamme,
feu follet :
Sorciers et sorcières, flammerolles, ou
feux follets, et lutins ou démons, ou es-
prits qui cessent leurs mauvaises façons
vers minuit. {Perceforesi, vol. II, f- 13', éd,
1528.)
1. FLAMERON, flamm., s. m., petite
flamme, lumière, flambeau :
Les diz drappiers et autres dolent et
sont tenus de aler entrer en euvre des le
point du jour, des caresmes prenant jus-
ques a la Saint Rémi, et de ouvrer ans
flamerons, et continuer en l'euvre par tout
le jour jusques a la nuit, et de la o- ne""
jusques a caresmes. (1372, nrd., v, 593.)
FI.\
FLA
FLA
Mert»! m<>l«l. iinli»ri' cl .inllrfs met»
r.niTr*. |:i|nn, charho»» et /tûnirrons^
Pour me refaire plai firosse qoe jamais
|>IC. JI*r«OT, CoiHfltinlr df le cloehr if Troyi,
p. 19. ap. Michel, Poi'i. «jo/^ij.)
Ton dard. Amour, lelj /lammerons m'atance,
Qae ii failloit aa désir l'espérance.
Lon je moorroit qnanl pins j'aimerais vivre.
(V,«onx PniLiïn . Ext. nig. de Fr. Pel'trtpir,
p. 4K, éd. 1535.)
Bonrg., Yonne et Perche, flamberon^
flammtron, morceaa de bois à moitié
bnllc. Champ., flammeron. flammèche de
paille que le vent emporte quelquefois
très loin , dans les incendies. A Troyes,
c'est un charbon à demi cuil.
2. Fi.AMERON, adj., brillant comme la
flamme:
l.i paieos l'a saiiii par l'obers flamfro».
(E»lr. n Etp., f» 2.1 r°. Gantier.)
KLVMESCHE, flamec)ie,flammesche, flam-
mesce, flammasse, flammace. /ïammasc/ie,/7a-
tnesque. flammesque, flamoiche, flamiche,
flamege, falmeche, falemesche, falemesque,
falemetche, fameteuche, faumesche, s. f., gé-
néralement petite flamme, tandis que dans
la langue moderne ce mot ne désigne que
la petite parcelle d'une matière combus-
tible qui s'élève en l'air tout enflammée :
Kn .XV. Iia»s o en .\\\. o en .jx.
Vil l'on famées et /lamntassfs issir.
Il.fs Lok., ms. Montp., f 98''-)
Voit an fumées 'l ilamoiehes issir.
(La UorI de Garin, li53, da Mèril.)
Yraiement tost font flamme, mais plus
tost refroident en flammasclie. [Job, p. 514,
Ler. de Lincy.)
La hn'-be en fmauseke el en cendre |
Fd mise. |
(Lt-KAROBtirr, Uir. de K.-D. , ms. Chartres , ■
f ii*.)
\jt /lanetçuei et les tisons.
(Uir. de .S. Eloi, p. 41, Peigné.)
Gardez vos drans do faletnekhes. (The
TreaUse of Walter de Biblesworlh, p. 171,
Wright.)
S. André disoit : Que sui pe fors cendre
pt falmeches et boe et porreture ? (1279,
Laoaest, Somme, ms. (;harlres371, ("39 r".)
Que sui je fors cendre et falemesque, boe
et porreture 1 (Id., ib., ms. Soiss. 210,
f" 76'.)
Et vil le8 falemetches montant aussi
comme funiee de fournaise. (Gdiart, Bible,
Gen., xxxiv, ms. Ste-Gen.)
Les flammesques de fu. {Bib. Iiisl., Maz.
Mï, f' 1.3 V».) Flammesches. (/(».)
Rt détint faumeaeken et ccmlre.
<t)ial. de S. Gri'g., ms. ETreni. f» liS'.)
Mais lions ne povons dompter Tommes
Qui portent flammriehet H llaronies
Kt sont draiions «tserpentelles.
11. Lt Frvm, Halheolus, I. III, -.KO, Tricolel.)
Fnvilla, le, [nmeleuchi>. (Calholicon, Ri-
chel. 1. 17881 )
Les flammetcet de feu en saillirent.
fFnois?., Chron., Itichcl. 2646, f»47^.)
Ari et deslmis mains beans poarprif.
Corne la grant terre de Wasse
Et mise en fen et en fîammOAnf.
'f.krot. drr\ht. de Flore fe, in.Sl, neifl., Monora.
poor lerT. » l'hisl. delà Belg., t. VIII.)
Afln *jne Hiru presf^rrp ilçs flamniorei
D'enfer ton roy..,
(G. CHASTELHiii. la MorI du roij Charles VII.
VI, ir.fi, KerT.)
— Torche, flambeau :
Chireafaire/îomcchesel candeilles. (1395,
Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl.
Amiens.)
Deux coppons de flnmiches employées
pour enfouir sur le rivaipe de la ville ung
[letit enfant que l'on ovait trouvé audit ri-
vaige. (1471, l'b.)
— Banderole :
Lep flameges des cofîanons de l'église.
(1444, La Bassée, ap. La Fons, Gloss. ms.,
Bibl. Amiens.)
FLAMESQUE, VOlr FlAMBSCHE.
Ki.AMEsuRE, voir Flamisseure.
1. FLAJiETE, - ette, flamm., s. f., petite
flamme :
De SCS beaux yeulx saillirent les flam-
metes qui enflammèrent mes yeulx d'amour
ardanle. {Troilus, ^ouv. fr. du xiv" s.,
p. 912.)
Il regarda Sodome et Gomorre, etveit la
flammeUe montant de la terre comme fumée
(le fournaise. (Le Fevre d'Est., Bible,
Gen., XIX, éd. 1334.)
L'ne fournaise ardente jette toujours feu
et flammetles. (Calvin, Insl. chrel., IV,
15.)
2. FLAMETE, flamm., s. f., sorte de lan-
cette :
Instrument trenchant, si comme rasoir
ou flammete. (H. de Mondeville, Richel.
2030, f» 108'.)
Menues incisions a la jlamele. {Jardin de
santé, I, 27, impr. la Minerve.)
La flammelle, qui est instrument pour les
chevaux. (JouB., Gr. cliii:, p. 603, éd. 1598.)
FL.vMETER. ftammeler, y. n., flamber,
s'allumer:
Apercevant ja /îammeter en vous les es-
tinceles de ce beau lustre de nayf entende-
ment. {Aleclor, Ep. dcd., éd. 1560.)
FLAMEUS, -eux, flamm., adj., enflammé,
de flamme :
Ce champs est arrousé d'une rosée flam-
meuse et sulphuree. {Cboie mem. escr. p.
F. nicher, p. 140, Cayon.)
La comète qni luit
An» longs raions fîammai.i.
(Is. Habert, Méléor.)
Comme lorfCTre habile
Fait essay de l'or escnmciiv.
On'il espreuTe et distile
En son foarneaa flammciu:.
(Cbassk^.s., Ps., XXV. éd. Irtl.i.)
I.e soleil flammeui.
l'Gnr.vix. Troade, i.>
Premier qn'antant de fois ce jnmpan de I.nionc,
Tire dn sein des cani s.i (lameiise conrooe.
<IIabdv, Mcetle, acte m.»
- Fig. :
Kmhrazei ce papier d'une œi ladc pammeme.
(F.. Paso., la Pitee.)
I. ri.AMicHE. flamm., S. L, espèce de
gâteau ou de galette qu'on fait cuire en
chauffant le four :
Ves la Itenarl, ou il s en va ;
Kl si enporle une /lamiche ;
Tosjors nons .<erl il de la briche.
(Renan, Suppl., Tar.des v. 2-20!î-"2l3l4, p. ÎH2,
Chabaille.)
Du forment qa'il fera semer
;Me fera anc'ouan ftamiehe.
(Rbteb., de Brichemer. I, ÎOfl, Job J
Pristrent une flamiche tant seulement en
la valeur de cinq deniers tournois. (1382.
Arch. JJ 120, pièce 248.)
11 fist certaines flamiches pour lui. {Beg.
du Chût., II, 256, Biblioph. fr.)
V.arÎPz doscendens d'un lertro
(Joi maton, formage et tartre
M'aportoient ou ftamiehe,
Pomes, poires, blanche miche.
(Chr. de Pis., DU de la Part., Richel. 83fi.
r» 50 v«.)
Les Argippees prennent leur vivre d'un
arbre nommé Ponlique, de la grandeur
d'un figuier, et portant fruit dans une cosse,
gros comme une febve, lequel meur ils
espraignent dans leurs langes^ et en font
sortir jus noir et espais, lequel ils appellent
Aschy. Ils le leichent ou bien le meslent
aveclaict qu'ils boy vent, et du marc font
flammiches qu'ils mangent. (Saliat, Herod.,
IV, éd. 15.36.)
Dans la Picardie on donne le nom de
flamiche à une sorte de galette faite avec
de la pâte de pain. On l'étend avec un
rouleau et on la met au four, tandis que le
bois brûle. On la retire, aussitôt qu'elle a
été fortement échauffée, puis on y met du
beurre dessus. Elle se mange en sortant
du four. Les Picards ont encore donné le
nom de flamiche à une tourte aux poi-
reaux, celle ci diffère de la première en
ce qu'elle est faite avec la pâte de pâtis-
serie. (Roquefort, Noie sur Le Grand
d'Aussy, Vie privée des François, II, 290.)
Jura, flamusse, gâteau de maïs. Morv.,
flaimeusse, galette de sarrasin. Bourg..
flaimeusse, galette composée de farine de
maïs et de seigle délayée dans le lait.
2. FLAMICHE. voir Flamesche.
FLAMiDiAL, s. m., le plein air, la belle
étoile :
Au flimidial ne beoit il point manoir
par une nuit hors de la cité. (Bersuire,
T. Liv., ms. Ste-Gen., f» 99».)
Fi.AMiNE, S. f , glaïeul :
Gladiolum, flamine. (Gloss. lat.-fr., Brit.
Mus. Harl. 978, f» 26».)
Sor cest rain croist la flamine qui al
non selonc le latin ensuivant le soleil.
Car quant le soloiel lieve si s'aœuvre In
flamine, et quant il soslrait si se reclot.
{L'Arbre de la palme, Ars. 3167, f» 54 r».)
fi..\minc:ant, adj., qui parle flamand :
Biens immeubles situes dans la Flandro
flamingante. (Coût, de Bergh S. Winox
Kuhr. XIX, art. vill, Nnuv. Coût, gpu , I^
SSO"».)
FLAMiON, .S. 111., flaiiiinèche :
Qoe Ii fos esticdi. n'i romest flamioii
(Geile des dites de Bourg., SS7, Chron. bol;.
FLA
FLA
l'LA
FLAMIH, llasmir, verbe,
— Neutr., se dessécher :
-Murciduiii facere, faire llamir. {Closs-
lat.~fr. de la [in du xv s., Scheler.)
— Rëfl., se dessécher :
Marceseere, se flamir. {Gloss. lat.-fr. de
la fin du xv s., Scheler.)
— Part, passé, flami, desséché :
.Mareidus, flami. (Gloss. l.-fr. de la fin
du XV» s., Scheler.)
— Eiiflaiiiiiié :
Las I or est sa pance /tamie (du mauvais riche)
Ou il mcloit sa cure loule.
UtECuiis DE MoLiENS, iliserere, Ricliel. iolll,
f ■23;;''.)
... Or est sa pance flasmie.
((d.. ib.. Kichel. \ai\'l, f 2(i r».)
D'orgueil eubrasez et flamis.
IWatriqoet, bil des .m. sièges, 639, Scheler.)
FLAMissABLE, adj., qui SB dessèche :
Pourrissable, flamissable, qui tost et le-
giereaient se llamist ou pourrist. {Gloss.
iat.-fr. de la fin dn xv s., Scheler.)
KLAMISSABLE.MENT, adv., 61» SC dCSSé-
chant ;
-Marcessibiliter, flamissablenient. (Gloss.
lat.-fr. de la fin du xv" 4'., Scheler.)
■'■..AMissEURc:, llainissure, fiamesiire, s.
1'., séijheresse :
Plein de sécheresse et flamissure ou fla-
Irissure, plein de sécheresse et flamisseure
ûu flatrissure. (Gloss. lat.-fr. de la ftn da
xv» s., Scheler.)
— Fig., désignant le l'eu de la concu-
piscence :
De caeslé en liu J'argeul
Diaspré sas meauemeiit,
l'or le peur de le /lamesnre
C'on uomme le fu de luxure.
(Henart le nouvel, 4345, Méou.)
FLAMMACE, VOir FLA.MESCHE.
KLAMMASCHEj VOir FLAMESCHE.
h'i.AM.viASSE, voir Flamescue.
KLAM.ME, ftaime, s. f., graisse que l'on
recueille sur le bouillon :
Nul ne mettera en sa chandelle point de
saing, de burre, de flaime, de cieu de
mesveicher ne de cieu d'Espaigne. (1403,
Stat. des Cliandel., Ûrd., viil, 399.)
Point de saiu ne de burre ue di' flamme.
Ib.,y. 597.)
Cf. FLAMBAIiT et Flambet.
b'LAMMEEK, VOif FLAMOIER.
KLAMMEK, VOIf FLAMER.
PLAMMEROLLE, VOir FLA."*! EKOI.E.
FLAMMEKON, VOir Fl.AMEUO.N.
^■LAMMESCE, voir Flaaiesche.
FLAMMETE, VOir FLA.'tfKTi;.
l'I.AMMETER, Voir FlaMETEK.
FLAMMEUS. VOir Fl.AMEUS.
FLAMMICIIli, voir FLAMICHE.
pi.,AMMiERE, S. m., flambeau '.'
Un fiammiere d'arinn, si.\ soulz. (1347,
Ino. de J. de Prestes, llibl. de l'Ec. des eh.,
XX.XI.X, 107.)
FLAMJIOYER, voir FLAMOIER.
FLAJioiciiE, voir Fla.mescue.
FL.AMOiEU, llammoijcr, jlammeer, v. ii.,
flainboyer :
Voit ces grans houles lîamoier
liu l'air pour sou corps glierroier.
U'astoralel, nis. Brux., P ti r".)
Les feux que nous voyous flammoyer et
reluire. (Le Plessis, Ethni. d'Arist., Ep.,
éd. 1533.)
— Flamoiant, part, prés., flamboyant :
Sauvages regart et flammeans. (Brun.
Lat., Très., [>. 204, Chabaille.)
FLAN, voir FJ-AO.N.
FLANBE, voir FLAJIBLE.
1. FLANCARf, adj., des flancs :
Apres doit lever les deu.\ neuds, qui se
prennent entre le col et les espaules ; il y
en a deux autres qui se prennent aux
flancs, et pour ce on les appelle flancars.
(Du FouiLL., Ven., ch. xliv, éd. 1S8S.)
2. FLANCART, S. III., pans de fer dé-
coupés qui défendaient le dehors de la
cuisse ; armure protégeant les flancs du
cheval de bataille :
Ledit Philibert fournira ung homme de
trait a cheval, habillié d'une brigandine ou
courset fendu aux costes, a la manière d'A-
lemaigne, gorgerin, salade, flancards. (1474,
Déclaration des bailliages d Ostun et de Mon-
cents, Arch. Côle-d'Or, B 11724.)
Et des quatre chevaux, deux du service
pour la guerre, dont l'un auroit le devant
Ue bardes avec le chanfrain et les flancars.
(La vraye Hist. des troubles, f" 139 r",
éd. 1374.)
Les hommes d'armes seront armez.... de
curache complette, salade a baviere, bar-
buce ou armet de gorgent, flancars et
fuites. (La CoLo.yBiEKE, Th. d'honn., II,
p. 426, éd. 1648.)
FLANCEL, voir FLAONCEL.
FLANCHE, flanke, s. f., flanc:
Isorie, la suere le roy, le soleit sovent
visiter e conforter, e si fust tré bêle e gen-
tile damoisele ; e aperçust qu'il fust playé
en la flanke, e ly pria pur amour que yl la
dist coment out uoun e de quele terre fust
e en quele manere fust playé. (FoiUq. Fitz
Warin. Nouv. fr. du xiv» s., p. 102.)
Si on les frappe des mains ou du doy
(les boeufs) sur les flanches qui sont empres
les hanches de derrière, ilz sonnent comme
ung labour. (Khere Nicole, Trad. du
Livre des Prou/fitz champ, de P. des Cres-
cens, 1° 100 v», éd. 1316.)
FL.ANCHEL, S. ni., couverture et orne-
ment des rideaux d'un lit:
Icellui Parmentier dist que le temps es-
toit cler et bel pour aler au trepant quérir
flanchiaux. (1369, Arch. .1.1 100, pièce 405.)
FLANCUERiE, S. f., piècB de la housse
qui couvrait les flancs d'un cheval de
guerre :
Tout badlié audit armeurier pour faire
un bernois de cheval ; c'est assavoir flan-
cherie, piciere, bannière et panuoncel
(1352, Compt. de La Font., Douet d'Arcn'
Comitt. de Tanjent., p. 144.)
FLANCHET, S. m., diminutif de flanc,
partie du corps entre le ventre et la
Cuisse :
Icellui Colart, eu soy virant et tournant,
tu attaint ou flanchet de son ventre d'un
petit coustelet. (1387, Arch. J.I 130
pièce 185.)
— Partie du bœuf en dessous de l'ani-
mal, entre la tranche grasse et la poi-
trine ; encore usité en terme de bou-
cherie :
D'un mouton, le flanchet est ce qui de-
meure du quartier de devant quant l'es-
|)aule en est levée. (Ménagier, II, 87, Bi-
blioph. fr.)
Trente deux longes de veau, un mouton,
deux flanchez et douze livres de gresse.
(1341, Arch. hospit. de Paris, II, 93, Bor-
dier.)
Bourg., Yonne, flanchet, viande prove-
nant du flanc des animaux de boucherie.
FLANCHiERE,s.f., pièce de la housse qui
couvrait les flancs du cheval de guerre:
Unes couvertures, une flanchiere, unes
picieres, et une tunicle de verveil pi-
cieres et flanchieres de sauiit,des armes du
roy... item flanchiere et picieres. (Invent,
d'armeures, ap. Duc, Armalura.)
— Sorte d'armure :
Apres issi li contes d'Erminac, qui avoit
bien huit cens hommes d'armes, de quoy
il y en avoit bien trois cens couvers que
de haubergerie , que de flanchieres...
( Ystore et Chron. de Flandres , I , 389,
Kervyn.)
FLANCHIK, voir FLECHIR.
FLANCOR, S. m., flanc, côté :
Puis ceint l'espee au senestre flaiicor.
(Hottcisv-, p. 34, BourJillou.)
PLANDOLLE, voir FRANDOLE.
FLANDOUEH, VOlf FrANDOIR.
FLANDRESCJUE, S. f., chaussB il la laçuii
de Flandre :
Le harnoys de jambes et de pié sera
fait de chausses de maille ou de flandres-
ques d'escaille. (Habits des gens de guerre,
Kichel. 1997, f" 83 r.)
FLANEL, S. m. ?
Et est le fretel dudit couvelcle d'un
hyaume, a un timbre sur lequel a un fla-
nel plat, qui est de l'un des costez esuiail-
lé u un escu de noz armes, et de l'autre a
un escu des armes de Beauffort. (1360,
Invent, du duc d'Anjou, n» 442, Laborde.)
FLANET, voir Fi.AONNET.
FLANGE, S. f., flan :
Est dehuz au grant prieur une flange
entière a cornes, garnie d'oignons, bien
fecte et honnorablement. (Ikicionale de S.
Ctaude,i'"il v", Arch. Jura.)
Le mardy et le jeudi de toute lakarezme
doit le dict révèrent père la paste pour
iV
FLA
FIA
FLA
faire les flanges. (Cî. de SkytI'HIERs. Man.
adm., ap. Ferroul-Monlpaillard, Hist. de
l'ab. de S. Claude, II,38i.)
Le chantre et le preslre de la prant messe
pregaent iing chacuns une flange entière
a cornes et a oignons, (lo., ib.'i
Faire les (langes. {O/f. elausl. de S. Oyani
I, Génin.)
Une flange entière a cornes, garnie d'oi-
gnous, bien faicte et pondablenient. (Ib.)
FLANGIBLE., VOir FRANGIBLE.
PL.ANGIBR, voir FLBCHIBR.
FLANT.in, voir Fléchir.
KLAXKE, voir Flanche.
FI.ANMEN'GE, VOir FlAMENGE.
Fi.AXNET, voir Flaonket.
FLANMERE, S. f.. Celle qui flâne :
J'en ai biea une, nne esperle fianniere.
Kl D'aillé aacao ea rechercher plus loin.
(.DoDBLET, Poi'i., p. Cl, Joaaasl )
On trouve au coininencement du xvii"
siècle :
De ftnnierei, de macqaerelles.
(Ver« 1609, Let Ballirui des ordures du monde,
Var. hist. et lin., III, iS~.)
FLANQUADE, S. (., attaquB de flanc :
Les troupes ne se suyvoient pas de droit
fil, ains comme en biais, afin de faire voir
a chacune des troupes dedans le chemin
de Fontenay, craicnant que Puypaillard en
feist marciier quelques troupes par ce
costé la, pour leur donner quelque flan-
quade. {La vraye Hist. des troubles, t°i9l r",
éd. 1574.)
FLAxijuE, voir Flasque.
FLAXQUiER, adj., de c6té :
Il n'y a point de portes flanquieres, car
le roc euvironue le comble de l'église de
chacun costé'. (Dcscr. de l'Ethiopie, p. 67,
ap. Léon, Vescr. de l'Afr.,ti^. 1556.)
FLAO.N, //OH, /Ion, s. m., pièce de mé-
tal propre à monnayer, morceau coupé
de la grandeur, de la rondeur et à peu
près de l'épaisseur des espèces ;"i fabri-
quer :
Jehan de Uennes, ouvrier de monnoye,
a esté prins et emprisonnes pour souspe-
çon d'avoir ouvré flaons de monnoye qui
n'estoient pas de bon aloy. (1376, Arcb.
JJ 110, pièce 215.)
Pour cent et cinq marcs de flans blancs
prests a nionnoyer en icelle monnoye.
(1405, Ord., IX, 88.)
Eu la maison duquel a esté trouvé grant
quantité de ladicte faulse monnoye, avec
certains faux fers et autres outilz a mou-
noyer, et plusieurs flons d'icelle fausse
monnoye. (1417, Ord., x, 406.)
FLAONCEL, flancel. s. lu., dimin. de
Oan:
Il y 01 (aolTrci et ooblees,
Goierei, tartei et flaonciaui.
(Fautel, Hichel. H6, f 32''.)
Ftanceaulx de cresme bien succres.
^.liénagier. II, 100, Bibliopb.fr.)
Flanciaux succres. (/t., II, 92.)
PLAONNEL, s. ni.,dimla. de flan :
Tartes, partez, /iaonniau.r. (1337, Reg. du
Chap. de S. J. de Jenis., Arch. iM.M 28,
f- 67 V».)
FLAON-NET, fiannet, flanet. flonnet, s m.,
dimin. de flan :
Uons pains, /tonnes et tartelettes.
(Froiss., Poi's., liichel. 830, f° 86 r"; Scheler, I,
9Î, 181.)
Pastcz et flaonnes. (1397, Bail, Arch. MM
31, f" 245 r-.)
Auxquelz compaignons icelui Grissart
donna la moitié d'un oison et des flonnes.
(1415, Arch. JJ 168, pièce 381.)
Flanet, 1. artocaseus, bret. ilanesenn,
(1464, J. Lagadeuc, Catholicon, éd. Auf-
Iret do Quoetqucucran, Bibl. Quimper.)
Qnanl je liens une larlclelle.
Un ftanet ou on casse ninzeau.
(Farc. de Jeniuot, Ane. Th. fr., I, 291.)
Il hayssoit les femmes el les salades
comme poison, les flannets , les tarte-
lesles. (Des Per., Noiiv., xix, La Mon-
noye.)
Champ., ïroyes, flanet, espèce de pe-
tite tarte.
Nom propre, Flanet.
FLAONMEH, flauiiier, s. m., relui qui
fait des flans :
Wistasces devint flauniers
Et esmeulliers cl baslelicrs.
(Wislasse le Moine, 1817, Michel.) Inipr., /lan-
«iers.
Symou le flaonnier. (1336, Arch. JJ 70,
FLAPiR, flappir, foupir, v. a., friper ;
fig., faner, flétrir, abattre :
Toute la grant triumphe qu'en cest ostel
souioit tant comblement abonder est par
ce cas flappie et teruie. (Louis XI, Nouv.,
II, Jacob.)
Que feroient les désespérez par maleur
abattus se je ne les aydoie et tendoie la
main resuscitant leurs coraiges jierdus et
leurs voloirs flapis. (M. le Franc, l'Estrif
de Fort., f» lu v», impr. Ste-Gen., OE569.)
Je croy que vous m'avez aulresfois ouy
parler des bons tours que me firent les
moynes de Cunaud, quand j'y lus a la my
aoust mener la fleur de ce bourg, et comme
ilz renvoyèrent quinze jours après vos
cousines et ma seur, sentans leur corduan
a pleiue gorge, et le maroquin d'une
lieue et si foupies qu'il les fallut mettre
un mois en mue devant qu'elles eussent
repris leur ply. (Du Fail, Prop. rust.,
p. 134, Bibl, elz.)
Od ne ïoid pins ces ijrands chapprons
Hooges, carrez, fourrez et ronds.
Ces couvrecliiefz d'aune de large,
Noirs et foupii. a double estage.
{Plaisant blason de la leste de liois, Pocs. fr. des
xv" et xvi" 8., XIII, liS.)
On trouve encore au xvii" s. :
En me criant : Vilain, lu foupis tout mon linge.
(ScAiiRoN. Jodelft.)
Centre de la Fr. et Annis, foupir, chif-
fonner, friper. Dauphiné, flapi, flétri.
FLAQUER, v. »., former une flaque :
El Bans se soucier
.Si elle fond (la neige), et flaque an creui de son
(soulier.
Il TOUS passe au travers.
(Gaichkt, Plais, des Champs, p. -iSO. éd. 1604.)
L'un conte comme il seul /laquer dans sa semelle
L'eau du marais, qui faict que la plante luy selle.
iId., ib., p. 271.)
H.-Norm., vallée d'Yères, flaquer. flou-
quer, clapoter.
PLAOUESSE, voir Flachesse.
FLAQUiR, voir Flachir.
FLAR,- voir Flair.
FLARAXT, voir FLAIRANT.
FLARER, voir FLAIRIER.
FLARIANT, VOir FLAIRANT.
FLARiER, voir Flairier.
FLAs, voir Flat.
FLASART, voir FlASSART.
PLASCHET, voir Flachet.
FLAsco, voir Flacubt.
FLASCONNET, VOir FLACONNET.
FL.ASKB, voir Flache.
PLASMiR, voir Flamir.
1. FLASQUE, /ïacoue, flanque, s. ni. et f.,
chacune des deux pièces d'un afl'ût, selon
la déflnition de l'Académie :
Arquebuses garnyes de flasque, calibre
et pouldre, (1535, Prêt d'armes aux habi-
tants, Arch. uiun. Avallou, BB 1.)
Une flasque de kesne de xilll pies de
long. {ru. de 1539, Bétbune, ap. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.) Flacques. (76.)
Que... vous nous fournissez jusques a
quatre cens barquebuz garnis de leurs
flasques et pulverius et cinq cens corselets.
(1557, Lelt. de Henri II aux bourgeois d'A-
miens, ap. A. Thierry, Mon. inéd. du Tiers
Etat, 11, 648.)
Pour faire quatre eniretoises aux /îasçUM
d'un canon, {imi, Dép. de deux jiir., Arch.
Gir.)
Les ennemis meirent le fau aux flanques
et les bruslerent, de sorte que les dites
pièces furent mises sur le ventre. (M. DU
Bellay, Mém., {•> 310, éd. 1582.)
Noz harquebuziers, qui estoient en garde
sur le portail, pourveurent a cecy, tirants
si souvent la' ou ils entendoient le bruit,
qu'ils leur firent abandonner le pont ; et
fut trouvé le matin beaucoup de sang et
quelques flasques des leurs brisées. (B. de
Salignac, le Siège de Melz, p. 548,Michaud.)
Un grand nombre d'ail'uts, flacques et
rouages d'artillerie. (Id., ib., p. 559.)
2. FLASQUE, voir Flachb.
FLASQUET, VOir FlACHET.
FLASSADB, flassardc, flasarde, flaisarde,
flaissarde, flossade, s. f., couverture :
Convenoit le plus de nous faire peneaulx
de vielz pourpoins ou de vielles flossades,
qui avoir les povoit, pour mettre dessus
nos selles et sengler dessous nos sengles.
(J. Le Bel, Chron., I, 71, Polain.)
Leurs chevaux estoient couvers de flas-
sardes en manière de bas. {Ttahis. de
France, p. 142, Chron. belg.)
Pour .VII. flaisardes, .vi. pour le palfer
mer, et une pour le mesagier, conlenant-
FLA
Vh.K
FLA
2S
clia?cnne ftaissarde .11. aunes val. ml. m s. ,
(1436, S.-iinier, ap. La Fons, Gloss. «is.,
Bibl. Amiens.)
Flasarde de bloiicq. (1448, ib.)
Meclre sus le faict, art, labour el exer-
i-ice de drnpperie de layne et de soye, de
ftassade. eschnllons, harracans, chapelle-
ries . (1498, Ord., XXI, 103.)
Aucuns l'appellent vache de mer, (In
raie au bec pointu) les autres pour sa
firandeur flassade, c'est a dire couverture
de lit. (L. JouB., Ilisl. despoiss. de Bond.,
XII, 7, éd. looS.)
FLASSADiEii, S. 111., ouvripr qui fait
les Passades ou couvertures de lit :
Jehan Porquier, flassadier. (1471, Arch.
.IJ 197, f'83 v°.)
FLASSAiE, - aije, - oie, - oije, flaç.,
liais., pauss., floss.,floç., flouss., fless., flocee.
s. f., sorte d'étoffe grossière, couverture
de laine ou coton :
Lodix, flassaie. (Dict du père l.abbe.)
Qui par son fils faisoit donner la jloçoie
a son père qui estoit povres.. (Compos' de
la s. escript., ms. Monmerqué, t. II, f°S4 r».)
Pour 8 flocees dont les fardiaus furent
couvers de sus la toille. (1316, Compt. de
Geoff. de Fleuri, Douët d'Arcq. Compt. de
l'argent., p. 70.)
Une flossoye pour enfardeler la salle.
{Compte de 1339, Arch. nat.)
.II. paires do baschoues et .il. flossaies
pour porter pain de bouche. (Compt. de
l'hôl. des n. de Fr.. p. 253, Douët d'Arcq.)
Le tonlieu des flossaies. {Cart. de Lagny,
Richel. 1. 9902, f° 246 v°.)
Estre veslus de burel ne de flaisaye.
(VOrlorje desapience, Maz. 1134, 1. 1, ch. 10.)
Des flassoies d'Aurillac étaient apportées
à Provins par les marchands auvergnats.
{Enquête de 1388, appartenant à M. le
docteur Max. Michelin, ap. Bourquelot,
FoiJ". de Champ., 1, 240.)
Une coutre et .i. cussin de plume, une
viez coutrepointe, une viez flacaie. (Dec-
1397, Invent, de meuhl. de la' mairie de
Dijon, Arch. Côle-d'Or.)
Qu'il soit couvert d'aucune grosse flossoye
de laine. (Fiiere Nicole, Trad. du. Liv. des
Proulfilz champ, de P. des Crescens, {" gor",
éd. 1316.)
Pour acheter des floussayes pour couvrir
les povres dudit hospital. (1407, Test, enre-
gistrés au Pari, de Paris, Tuetey.)
Ainsis le ticat, ainsii l'essaye,
Ainsi les yeiilx â'una /lossaye
l.y caevre par son piteux plour.
(E. Descb. , Pof's., Richel. 810, P5lo«.)
Touttes avoient le visage de plaie, les
cheveulx noirs comme la queue d'ung che-
val, pour touttes robbes une vieille flaussoie
très grosse d'un lien de drap ou de corde
liée sur l'espaulle, el dessous ung povre
roquet ou chemise pour tous paremens.
{Journ. d'un bourg, de Paris, an 1427,
Michaud.)
Longieul ou flossaie, lodex. (1464, J. LA-
GADEuc, Calhol., éd. AuQi-et de Quoet-
queueran, Bibl. Quimper.)
Quatre colliers a chevaulx garnis de
trebets et de flossoyes. (1486, Inv. demevb.,
Arch. Aube.)
(Povreté) ne est couverte que a moitié
d'une flessoie faicte de tenves palleteaulx.
(Bonc.vcE, Koblcs malh., III, 1, I'' 51 v»,
éd. 1313.)
— Ce mot a été employé an llg., comme
Inudier, pour désigner un lourdaud :
Flassaye, v. 1. Lourdaut, balourd (Le-
nou.x, jJict.com., éd. 1786.)
FLAssAiRE, S. f., soi'lft d'étolïe grossière
et de couverture :
Li cailis rois s'en va fiii;int.
Une pièce d'nnne flas.^airi'
Tronva qni li fu nécessaire,
Oes gênons jnsk'a la bouiiinne.
Non raie jusqu'à la poitrinne,
Fa de la ftanaairc cnnviprî .
(.'. DE CoNDK, Magnif., ras. Casan..v. l.'iO.
Scheler.)
Qu'il n'ot fors la povre flnssaire.
(In., i'/., T. mO.)
Lodix, flassaire, couverture, loudicr.
{Catholicon, ms. Lille 369.)
FLASSAnnE, voir Flassade.
FLASSAUT, flasart, flaissart, s. m.,
couverture de lit ou de cheval :
Ara vieslue mainte viese quirio
El maint flassart traînant par les cors.
(Servenlois du xiu" s., p. 9, éd. 1827.)
Flassars et nates. (1362, Lille, ap. La
Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Pour .II. fidsars a lui accales pour cou-
vrir les kevaus. {Compt. de 1373, Arch.
mun. Valenciennes.)
Pour un double ftassart, dont on couvry
lesdis penniers. {I'i97, Dépenses, etc., Ann.
de la Soc. de l'hist. de Fr., 1864.)
Leurs vestures estoieut de gros bureauls
et gros draps, de tels ou parauls que on
fait les flaissars des chevauls. (Froiss.,
Chron., XV, 290, Kerv.)
En icelle escuyrie y a bien trente
hommes a ceste cause, et chascun selon
son estât, les vallels de corps nettoyent les
chevaux d'estrilles et de flassars. (Ol. de
LA Marche, Eslat de la Maison de Charles
le Hardy, Du second estât, .Michaud.)
FLASSAY, s. ni., sorte do couverture :
Suplex, utilemens d'ostel, ou flassay, ou
facultez. (Gloss. de Salins.i
Cf. Flassart.
FLASsiEU, flacrjuier, v. a., abattre :
Et les Svvicers ont flassiet les bois, af-
fien que lesdites compangnes n'entrassent
mie en leurs paiis. (J. deStavelot, Chron.,
p. 432, Borgnet.)
Dix neuf quesnes, dont l'un a esté flacquié
pour couvrir les costez du pont Noblet,
pour ce que les autres y estans estoieut
pourris. (1497, Compt. faits p. la ville
d'Abbev., Uichel. 12016, p. 110.)
FLASTKE, voir FLESTRE.
FLASTREE, adj. f., déslgnc une sorte
de rage propre aux chiens :
La tierce rage s'appelle ftastree, par ce
que le mal est dedans les boyaux, qui les
fait retirer de telle sorte, qu'ils sont si
plats qu'on les perceroit avec une aiguille.
(Do FooiLLOUx, Rec. pour guarir les chiens,
éd. 1592.)
FLASTRER, flairer, v. a., marquer d'un
fer chaud, flétrir :
Pour ledit cas fut pillorié el mitlré, el
puis flastré au front. (Chron. scand.,
p. 283, éd. 1620.)
Toute incision de membre comme esso-
riller, coupper poing, flastrer nu visnige,
sont exploits de justice. (Coût, de France,
(" 202 V». éd. 1317.)
Flairer au front d'une lettre chaude.
(N'ICOT, Thres.)
On lit dans Furctiére :
Flairer, v. net. Vieux mot qui signifie
marquer d'un fer chaud. Autrefois on mnr-
quoit les criminels d'une lettre au front
avec un fer chaud : ce qu'on appeloil fla-
irer ; et maintenant ou dit qu'un crimi-
nel est condamné a estre flétri d'une fleur
de lys sur le dos, quand on le marque
d'une fleur de lys, qui est le supplice des
coupeurs de bourse. Ou dit encore à pré-
sent, flairer un chien, quant on luy applique
un fer rouge après avoir esté mordu d un
chien enragé, dans l'imagination qu'on a
que cela préserve de la rage.
FLASTRiER, V. a., marquer :
Tousceulx des baillingas sont tenus apor-
ter toutes leurs mesures flastrier aux me-
sures d'Aubigny. (1507, Prév. de Fouilloy,
Coût. loc. du bail). d'Amiens, 1. 300, Uou-
thors.)
FLASTiiiR, voir Fl.vtir.
Fi.AT, fiait, flae, flas, fiant, s. m., coup
violent, soufflet, t.ipo :
Lors li cust donn»; un liât
I, 'antre, s'en U vosisl sofrir.
(Perceval. ms. Monlp. H 219, C 36''.)
D'un tronçon d'une lance lui a donné tel lias
Que .111. dcns li depece.
{Ronm. d'Alix., f 61», Michelant.)
J'ai en pense que je te voiso
Doner de ma patc tel ilnt
Qu'a terre l'almtrai tôt plat.
(Renan. Br. IX, in.S. Martin.)
Tost me porrai doner .i. liait
Pont atolcr estre porroie.
(Vie des Pires, Ars. SGil, f° 15a''.)
En l'escu li donne .i. tel liât
Qu'il li lent en double partie.
(Ricli. li. biaus, 2712, Foerster.)
Lors hauce la paume, si li done tel flaX
qu'il l'abat del roncin a terre. (£a)ice/o{, Ri-
chel. 754, f" 22"^.)
L'un feri sus l'escu, qui estoit de quartier,
Que li et le cheval a fet jus trebucliler.
Si grant liai a donné le col li flst bruisier.
(Dooii de ilaiciice, .SU", .V. P.)
— Fig., chute, décadence :
Mais checuns kl est a eise
Deit penser de sa mal eise ;
i:t quant est en meillur estai
Penser do ruine et de liai.
(S. Edward le conf., 1301, Luard.)
— Bruit d'une chose iiui tombe lourde-
ment, clapotement :
Desi en l'evo va li gloz reoulant ;
Au chcoir eus fait un liât si très grant
Qu'uuB grans chastcaus n'en fcist mio tant.
{.lloniage Guillaume, Uiditl. 7".l, f 'iOl V.)
Si grant fiai prinst qno la lerro a croslee.
(Gaijdon, 9200, A. P.)
Car aa chair dona grant fiai,
La le leissa hunlcui et mal.
(Hlox de Meri, le Tornoiement .Inlicrist, Richel
2M07, P 23.'!''.)
M PLA
Qoar cODtre terr« ^raot fiât dooe.
(r>urm. le Gai.. 16S6, SIeDgcl.i
E, »i je io tTiis e pras.
Si me dirra asciin en CAt :
Dien ! corne cesit dorreil |;raiiDt /tttui
Ed one loDinyoe, s'il eheil de liaul !
(L^ Jonginr d'Ety, MoDUig<OD el Ravnaad, faH.,
II. 454.)
El fouei loDt cheu, si .ix. si .xxxiii.,
Et firent moult graol flùs.
(Ccv.. rf« Cdfjf/i», 1918j, Charrière.)
Le peaot senlanl le coup de la mortpelta
ung cri si 1res horrible que a l'ouyr es-
loil espouvanliible, etclieul morl par terre:
au cheoir qu'il fist prisl si grant flac, que
a l'ouir sembloit ung gros arbre qui fust
abatlu. Gérard de Nevers, II, XIII, éd.
1725.)
— Flac est aussi une onomatopée expri-
mant le glouglou d'une bouteille :
El m» bouteille a fait /lac.
(ilfjsl. S. Clirislope.)
— A un pat, tout a flat, d'un seul coup,
tout à coup :
Les .Ml. en pieté contre terre a un />«.
Si dnremeol, près n'ont les niembres qnas.
(Alesckaiu, 3988, Jonck., Guill. d'Or.)
L'eau enlroit dedans parla passée tout
a flac. (D'AUTON, Chron.. Richel. 5083,
f 149 V».)
— .4 flat, à tas :
Et alloveut tost comme vent, pencent
comme ilz avoyent de costume avoir sur
le camp des Françoys mouton? o flac pour
faire des carbonnades. (D'AuiON, Chron.,
Richel. 50S2, f» 159 r».)
— A flat de, k force de :
Si avoit il (du feu), voire du feu de ver-
tus qui par force de fortune ne pouvoit
estre cslainct, et du feu ensulphuré, que
ses gens, a Pac de vin et d'eau que sur liiy
espandirenl. a toute peine amortirent.
(D^Adto.n, Chron., Richel. 5082, f 133 v.)
Wallon, a pake, en quantité, en abon-
dance ; namurois, d flache. Ouernesey,
filas, coup de vent, le bruit d'un arbre,
d'un pan de muraille qui tombe.
FLATE, s. f., mettre en pâte, tromper :
Ur est Renars en grant baratc,
Qui tantes i.'ens a mit en flale.
Et qui les plos coinle» assote.
(Renan, Suppl.. t. î20, Chabaiile.)
FLATELEH, V. H., battre di's irjains ;
la coroie fiert la boche
Kt l'antre des mains flalele.
(TrlsUtH, I, 3786. Michel.)
i-LATELET, S. m., softe de poisson, le
pet:
Est et passer, quem Belgica nominut
Een heilbul.ort eelbut. G./Ja(«(f(, Germania
Ein heilsgbult. Angli. a hallibut. (Jdn.,
Nomencl.,\>. 64, id. 1S77.1
PLATEMENT, P"!!., S. NI., flatterie,
action de déguiser la vérité :
Chasrun, iqo'en vaot le fletemenl t)
A peur de soi «^nlement.
(CcuitT. Roy. lign.. 18Sd1, W. et D.)
Tant importunèrent ilz le Turc par
humble» flalemem. (Le Mairf.. Leg. des
Vénitiens,, ch. m, éd. Lyon.i
FL.\
Voyla comme de grand a grand la llal-
lerii- est commune connue parniy les palis,
encor que ces propos tiusseiit plustost du
vray que du pallenient, a cause de leurs
rares valeurs. (Bb.\nt., Gr. Cap. fr., M. de
Guise, n-, 200, Liilanne.)
— Action de caresser :
Flattementmw chevaux. {}vH.,Nomencl.,
p. 250, éd. 1577.)
Morv., flailtement. flatleric.
FLATEu, verbe.
— Act.. jeter, précipiter :
Et les flatoil hors du cazel. (.loiNV., S.
Louis. Lxxvii, 'Wailly.)
— Neutr., être renversé :
Qu'a la terre flalrr le fist.
(Koti, 3" p.. 831-2, var. .\i..lreseu. i
Sainte Eglise /Jo/c et chancelle
Se Dicus ne garde sa nacelle.
(Falil. d'Oi'., Ars. 5069, I" 160''.)
Cf. Fl..\Tlll.
Fi.ATEUEAl!, palt., s. m., iliiiiin. de
flatteur :
Aucuns bigotz ou patereaulx. (Kabri,
Rhet., f» 40 r», éd. 1521.)
An monde a inooll de flalereaulx.
(R. OoBis. le Livre des loups ravissons, ch. yii.
éd. IS'ia.)
Janglenrs, joncbeur.*, détracteurs, /latereaul.f
Sont eslevez et bien entrelennz.
An temps qui rouit,
(llnn. DE Coi.Lhim;, liondeoul.v, \\\\, Bibl. elz.l
Sus hanlt Huel, sus /latereou.
(Cu. Fontaine, Resp. à Ch. Huel, dans les Œuv.
de Marol, éd. n31.)
Comme leur voulurent faire accroire
quelques /îa/«reaax de légistes. (Pasquier,
Pourparler du Prince.)
— Adj.:
Ils amadouent d'infinis i^pithetes pate-
reaux. (TABOtJROT, Biyarrures, préface, A
il r», Paris, Jean Richer, 1584.)
FL.ATERESSE, - crrcsse, patt., palresse,
ïém. de flatteur :
Ce sont flateurs et palcresses, qui dient
mal d'autruy a leurs seigneurs, quant ilz
scavent que leurs seigneurs les bayent.
{ilodus, f» 51", ap. Ste-Pal.)
Flaterresse, adulatrix. {Gloss. gall.-lat.,
Richel. 1. 7684, f» 55«.)
Paroles patteresses coustumierement sont
agréables. (G. Chastellain, E-xp. sur Vé-
rité, VI, 397, Kervyn.)
Comme sa voix flaleresse
L'ame du corps to sccDt oster.
(RONS.. Od., Od. rctranch.. Il, 117, liibl. elz.)
Volnplé glisse flaleresse.
Et pique et mr>rd comme un serpent.
(J.-A. iiE Baif, les ilimes, I. I, f" 11 r», éd. 1619.)
D'une palteresse apparence. (Lariv., Es-
col., prol., Ane. Th. fr., VI, 95.)
De queir oreille Dien prend les phrases (lalresses
Desquelles ces pipeurs flecbissoicnt leurs mai.^tresses.
(DAiBicsÉ, Trag., II. Bill, eli.)
La prospérité est coinnio un venin em-
miellé, douce el pnlleresse, mais très dan-
gereuse. fGHARKON, de la Sagesse, ii, 7,
éd. 1782.)
I. FLATEUR, S. m., (latoir. gros marteau
pour battre les n,in.< :
FLA
L'on est uccoustunié eu ladite seigneurie
de Richebourg user de poids, blanches
mesures et aucuns pâleurs, de la marque
d'icelle seigneurie et non d'autres. (Coul,
de Bichebourg, xx, Nouv. Coût, géu., I.
393».)
2. Fi.ATEUR- S. m., ménestrel :
En celluy temps le roy Philippe fit chas-
ser tous gensleurs, puteurs. batlelours,
tout telle manière de gens (|ui ont grant
(sic) dons des granis seipnours. (Jacomin
HnssoN, Chron. de Metz, p. 4, Michelaut.)
FLATiR, pactir, llatrir. flaslrir, pachir,
verbe.
— Act., lancer, jeter, jeter à terre, ren-
verser, avec un rég. de personne ou d'être
animé :
Si Yaront toi saisi
l'U ab.-itu et .-i terre flali.
(Les Loi:., ms. Berne 113, (° 17' ,i
Dedens la chartre les a trustons ftatis.
iCar. le loh.. i' chaos., v, P. Paris. i
I,e baron font en la chartre flalir.
(li., XïX,
p. S7.
I.e moine prent, a terre le flali,
Por un petit que nel crevast parmi.
(/*.. x\u.,i
Se or avoie tout gaslé lor pais
Et puis si fusse en mon cbastel flalis,
Nos douterois vaillant ou Parisis.
(/»., XXVI. 1
l.i quens Fronions de la geste Alori
Vos en eusseni de France fors ftali.
(Girl). de Metz, p. 459, Slengel.»
Sv qu'il est dou ceval a le lierre flastris.
(Chev. aucyntte.lllSS.KeiS.i
l'oz .111. ou feu les ont el ftaliz et gelez.
{Parise, 3053. A. P.)
lu si parfont ens les flatrissent.
{Rose. Val. Oit. Vîl% f° -iT.)
ICI si très en parfont flatissenl.
(Ib.. Val. Chr. 152-2, f» iO».)
Mais en i. jrant fossé flali
Mon cheval, si sera cheu.
Par peu je n'ara trop beu.
(Phii.. de IIbmi, .leaa et Ulonde, 3113, Bordier,
p. 2i4.)
Les petits enfants prenoient par les piez
et les patissoient aus roches. {Ln trad.
franc, de Guill. de Tyr, f» 268.)
Cil Uroon issi hors et assembla ses gens
assez près de son chastel ; mais cil qui le
règne deffendoit le fist assez tost patir eus
parmy les portes, luy et sa gent. (Grand.
Cron. de France, du premier roy Phelippe,
IV, P. Paris.)
Les autres fist patir et noier ou Hum
d'Aigne. {Chron. deS.-Den., ms. Ste-Gen.,
f« 208''.)
Et firent flalir toutes les autres batailles
avec les batailles le roy sur le flum. (JoiNV.,
S. Louis, XLViii, Wailly.)
... Le vent nous anoit palis sus Chypre.
(iD., ib., cxxiv.).
Quant la flambe se rabessoit si flatissoient
les homes elles femes el feu desouz. (Vie
et mir. de plus. s. confess., Maz. b68, f» 25")
Tout droit enniy ces vingnes les avaient flastry
(Chron. des ducs de Bourg., 10068. Chron. belg.;
Lors le roy l'arracha de son siège, si le
Pactit contre terre [Q. Curxe. VI. 13. éd.
1534.
FLA
FLA
FLA
27
— Avec un rég. de chose, lancer, jeter
à terre, renverser :
La veissies ces perrieres Tenir,
Ces mangoonians et geleir et flatir.
(Cirb. de iteU, p. 1 19, Stengel.)
Kromons i est de Lcns li posleis,
no I.ohorainne nus ai ici pirlis
Kl nos chalians contre terre flalis.
(Ib., p. 4:-i8.i
Kl les eschieles font es fosses flatir.
(Les Loh., mi. Monlp., f» Ut''.)
La furent Iref contre terre /lati.
Maint paritloD rompa et dcpirti.
(Car. le Loh., i" chans., xxxiv, P. Parif )
Vit le fen mettre et la flamme flalir.
(/*., î° chans., v, p. 167.)
Par maniaient et par corroî
Flaii a la terre s'espee
(Chev. au lyon, 6-262, HoIIand . '
L'en me devroit falir on vis
l'ne vessie de mouton.
(Rose, 8526, Méon.)
... Flalrir.
(II,., Vat. Chr. 1.522, J° 55''.)
Ses dcns en l'aine li flali.
(Itose, Vat. Clir. 1522, f» 101'.)
... FlasIri.
(là., Vat. OU., f 119''.)
karles i sist .m. ans, li rois de Saint Denis,
I.X. mangonians i fist as mnrs nalir,
.\in8 n'i mesfist dedens Taillant .i. parisi.
(Gui de Bourg., 436. \. P.)
Et Lancelos par si grant force
Sor l'escn ki n'est pas J'escorce
Flalisl sa lance, k'ele brise.
'RoB. DC Blois, Poes., Uichel. 24Ô01, p. dlj^.)
Et prenant sa francisque il la flatU a
terre. (Fauchet, Anliq. Gaul. , II, 16,
^d. 1611.)
— Réil., se jeter, se précipitei' :
La dame es^jratine sa face
Et contre terre se flalisl.
CG. DE CoiNCl, ilir., ms. Brux , f 120''.)
Pierres parmi l'air se palissent.
(liuiART, Roij. lign., 1357, Bnchon.)
La lumee est l?le et la poudre
La ou li liardi se patiisenl
Qu'a gr,inl peine s'entrechoisissent.
(In., ib., 11350, W. et D.)
Le Hum se flali.isoit es caves dedens.
(Joi.w., S. Louis, XLf, Wailly.)
... Et au laisser aler la chuette branlera
des aesles, et quant l'esprevier la verra, il
se venra flalrir cmmv les paus. (Modus,
f» Î23 r", lilaze.)
— Se flatir après, se lancer à la pour-
suite :
Li cers s'enfail, li cien datissent.
Par le bos apr';s se flalitsenl.
(De Guill. d Angleterre, Itichel. 375, f 216 :
Micbel, Cliron. anglo-norm,, III, 143.;
— Xeut., tomber par terre, tomber, être
lenversé, être précipité, se précipiter, se
heurter :
La veissies groses lances croissir,
Et chevaliers contre terre pâlir.
(Les loh., ms. Monlp., f° 68^)
Parmi la porte les firent ens pâlir.
(Ib., f» 88''. I
Jns dou destrier fait le baron flatir.
«iar. le Loh., 2' cbins., \\\\\, P. Paris.)
Tons les bouians li fit del cors saillir,
Et dedans Moeso firent le cors patir.
(Girb. de Melz, p. 453, Stengel. i
Son levier ly (ist sonr le tiesle keir
Sy fort qa'il en a fait la ciervielle boulir,
Par devani, l'aranstant convient cely pa.t!rir.
(Chee. au q/g., 10339, KeilT.)
.xi\. payens a fait a le lierre /!iH/n>.
(Ib., 30865.)
Les lances es escuz palissent
Et li cop douent tels escroiz,
Oue tûtes jusqaes es chamois
Esclicent et rendent et froissent.
(Chrf.st., Cligel, Richel. 1420, f" 50'.)
Les Francs assallent, crans fii li fereis ;
Les grans batailles font ariere pâlir.
(Raemb., Ogier, 7059, Earrois.)
A cesl mot... vont requierre leur anemis
et les fièrent si niortelment qu'il les font
flatir a terre. (Lancelot, ms. Fribourg,
r 132''.)
A forche les fist flatir outre le pont. (S.
Graal, Vat. Chr. 1687, f» 133".)
Dies, con Richars li biaus s'e.sgol
Quant voit qn'cnsarable tunl palissent.
(Rieh. li biaus, 2174, Foerster.,i
L'enperere s'entnrne quant il fot desconfîs.
Sarrasin l'encauchiercnt qui l'orent euTais,
Ens es rues d'.\nger5 nous firent ens fîalir.
(E. de Si Gille, Richel. 23516, T 77=.)
Si sont grevé et estourdi.
Et de teste si estourdi
Qu'a poi n'alcrent jus pâlir.
(}. Bretel, Toiirn. de Ctiamenci, 622, Oelraolle.)
Jus a la terre le fait Aiquin pitchir.
{Rom. d'Aquin, 667, Joiion des Longrais.)
Et fu mesire Raous si cstounes dou cop
k'il flali a la tiere d'un des genous, mes il
sali aukes tos. (Flore et la bielle Jehane,
Nouv. fr. du XIII» s., p. 137.)
Se vous veez las aloes, mouvez vostre
huant et elles venront flalrir au huant.
(Modus, î" 127 r», Blaze.)
Et doit estre meu (le huant) quant on
voit aloe, et quant elle flatril au huant,
soit mené l'aloe qui est entre les deux
roys, et elle venra flalrir a elle. {Ib.)
Mais l'avangarde les recula moult aspre-
ment, et si ferirent eu eul.x si cruellement,
que tous les firent flatir jusqu'aux portes.
{Journ. d'un bourri. de Paris, an U12, Mi-
chaud.)
Il en portera telle colee pour les Romains
obeyr qui le fera flalir aval la terre long-
temps a honte. {Les Propliecies de Merlin,
r 131^ éd. 1498.)
— Flali, part, passé, renversé :
Et cil (le drapean) ne li fait point d';ibie
Fors que crave sa chair flalie.
(Bible de Hugues de Berzi, Brit. Mus. add. 13606,
S' 105''.)
Quant descendre cnida, a terre chiet paslrie.
(fi. de Seb., II, 911, Bocca.)
-Morv., fldti, V. a., affadir, rendre flasque.
Champ., flalir, plaquer.
Selon Du Méril, en Normandie, dans
l'arr. de Mortain, on dit a/flalrer pour
terrasser, renverser.
FLATOiER, V. n., être renversé, succom-
ber :
Tont tort, tonte injure el tout vice
Et toule traysoo seuronde
Et fait flatoier tout le monde.
(Fabl. d'Ov., Ars. 3069, f° 160''.)
Cf. Fl.vtir et Fl.vter.
FLATOIRE, flaltoire, adj , qui flaltp :
Vérité est dos bons amee
Ponr ce qu'elle n'est pas patoire.
(FrOiss., Tret. amoureux, xu, Scheler.i
— S. f., chose qui flatte les sens :
S'ello (la Paix) est vraye, c'est un éter-
nel repos, et s'elle est similitudinaire et
fourrée, c'est une pestilencieuse flatloire.
(Cr. Chastell.\in-, Livre de paix, vu, 378,
Kervyn.)
FLATRE, s. m., flétrissure, marque:
Flatrir ung voleur du flaire et merche de
la ville. (1389, Péronne, ap. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
VLATRER, voir Flastrer.
FL.\TRi, flallri, part, passé, marqué :
Ne ki mesure de nule mesure ki ne soit
droite et loiaus et asses grande a le droite
mesure de le vile, et se c'est coupe k'ele
soit jlatrie. (Bans d'Hênin, Tailliar, Rec.
d'act. des xii» et xill° s. en lang. wall., p.
436.)
Aussi est requis qu'ilz visitent... les me-
sures et picotins des hostelains et s'ilz sont
flalris. {Doeum.relat. d la divis. des fond,
entre les membres de l'échev. d'Amiens,
vers l.ïo8, ap. A. Thierry, Monum. du Tiers
Etal, 11,660.)
Audit seigneur et officiers appartient
corriger toutes personnes ou personne
usant de mesures non /ïat/riesde la marque
de la ville de Lens, ou autres marquées
d'icelle marque non estant de loyalle me-
sure par décadence de londs, adjousiement
d'ablocqs de bois, ou autres choses qui se
feroient en fraudant telles mesures, de
telle amende arbitraire et réparations ho-
norables que par les pers et hommes dudit
bailliage seroit ordonné ainsi que le cas le
requiert. {Coust. de Lens, 3, dans les Cou.it.
gén. du comté d'. Artois, Arras 1679.)
FLAfRiR, voir Flatir.
FLATRISSURE, S. f., mai'qUe pOUT le<:
mesures publiques :
En ladite ville l'on ne poeult vendre
ne acheter grain que ce ne soit a le me-
sure flatrie de ladite ville,., lesquelles me-
sure, marque et flalrissure ?ont en la
ferme dudit eschevinalge. (1507, Prév. de
Beauquesne, Coût. loc. du baill. d'.Amiens.
Il, 333, Boulhors.)
ILAIIMINE, S. f. ?
Si dirai de lor père qui viToit de panmine
Etd'erbes, en .i. bos, et de mainte nchine.
(B. de Seb., xxi, 96, Docca.l
FLAi.'NiER, voir Flaonnier.
FLAUNIERE, S. f., plat, aSSiOttG?
Li chers de flaunieres, de pos de terre,
de godes, doit .vin. d. (1380, Tarif du
livre roiifte de l'éeliev., Arch. législ. de
Reims, l" série, 1, 744, Doc. inéd.)
FLAUR, voir Flairor.
FLAUssoiE, voir Flassate.
FL.AUSTELE, VOir FLAUTELE.
FLAUT, voir Flat.
FLAUTEL, flaitlutel. fliiMel, s. m., cha-
38
FLA
El qaanlj oi Ion failnlfl
SoDdr iTfc 11 lat-or.
(Cou» Mr<tT, Chm , ap. Waclcrnaccl, Alifr.
LieifT, p. 75.)
La nuit, qui ofloit prochaine, rauiriia les
pasteurs el pastourelles des champs, et
tout leur beslail, nienans mélodieux de-
duyl de cornols. flusieaulx, muscs et na-
peolz. (Perceforesl, t. IV, r ISO», éd. VUS.)
Bourg., Saulieu, jluUau, petite fliile.
FLALTELK, flahukllc, flaustelc, fleiilele,
- elle, s. f.. petite flrtte, flageolet :
lloliios d'one flahlele
I reçoit dcas sons trelii.
(r.. i.c Bersevre. Mol. el Patloiir. du \m' s..
Th. fr. au m. àje, p. 37.)
Porloienl (.igoes el violes,
Sillerions el flnlfles.
(Ui.xRi d'A.xueli, Bùlaillf det .vu. ars. Ridicl
837, r 136\)
Fleulelet cl cornes.
(^ii«uti« <•/ Sicolelle, p. is, .Sachier.)
Et il aora ma ccrnoielle
La muselle el la fleliulelle.
(Kroiss., />««., Kichel. 830, r Î77 i°.)
FLAiTELER, V. n., joupr de la flûte :
Mail mal tU pour lui ce jour ne
Qu'cnlre les flos tiI Leandoa
Qoi (lauleloil a la)banlon.
(G. M.\cii., Poés., Richel. 9221, r ai''.)
FLAUTEU, flahuter, fleutcr , flehuter ,
verbe.
— Neutr., jouer de la flûte :
Corneol, flauleni, chalcmelenl, |
-Miinl clianl e maint «on i espelcnl. i
(Beic., l). de Norm.. II, 11(238, Michel.) I
Sor .11. lorneles hanl levées [
Kstoieal .ii. pailes montées
Qui moll cicremcnl flauloinl.
(Duim. le Gai., 3811, Stengel.'l
Car tuil ensemble vont clianlani,
El si ftahami li alquant.
(II:. «639.)
Li nns enlendoil an corner,
El l'anlres an bien flahuler.
Re.v. de BtAiJEi. li Biaus besconneus, 286;>,
llippeau.)
Enlor li onl flehulr
El Tielé.
iLi Tonoit da bamet Uomciineiir Iluon d'Oisii.)
— Act., chauler sur la flûte, au flg. :
lelsamors suot lanlost seurs
Qu'il les /leulent par les rncs :
.>e leur cbaul guieres qoi les sacli?.
(Rote. Richel. 1573, f° fiS'.)
Lorr., Killièrcs, fiuter, siffler.
FL.\L-TELR, - cour, fîahuteur, flaeuleur,
fleuteur, - eeur, flutleur, s. lu., joueur de
nûte:
Et si troit bons lenteurs.
El des /laalnri de Bebaigoe,
Kl des (içoeonrs d'Alemaigne
El flaateours a .]t..dois.
^.\l>l.^ET, Cleom-, Ars. .iUî, f 1«,)
La Teiuiei toos /laeulcars
Et menesiriaus él jugiceurs.
(Roie, mi. Corsini, I» 6^.)
Met trop est malement jauglerrei
Maie Bouche li fleulieres.
(li., 12653, .Mcon.;
Mate boocbe le /leutierret.
'/*., mi. Corsini, 1° 81».)
FLA
Fleuleeurs. IVoc. des mest., ap. Géraud,
Paris sous Phil. le Bel.)
Ptolcmee le fluslciir. (HoniN, Hep.. VI,
2, cd. 1583.)
Fi.,\rTRE, voir Festre.
Fi.wASTRE, adj., jaunâtre :
Les deux drapons de couleur fîavn.ilre.
(P. AnNACLD, le livre des figures aeHicolas
Flamel, p. 64, éd. 1612.)
El les exhalaisons qui montent dans le
nialras sont obscures, noires, blues et fia-
vasircs. (Id., i6., p. 66.)
1. FLWE, adj., jaune, jauni.ssanl. jau-
nâtre, pâle :
Salomon nous déliant sans flave
Que ne regardons an vin flare.
(Ysop. I, fab. LU, Robert.)
Le poil flave. {Le Fevre d'Est., Bible,
Lév., XIII, éd. 1534.)
De couleur flave, ou jaunastre. (Paré,
CEuv., VIII, 9, Malgaigne.)
Bile flave. (G. Uouchet, Serees, i. 11.
Royhet.)
Plusieurs contentieux et babillards es-
quels la bile flave... domine. (Liebault,
Mais, nist., vi, 22, p. S83, éd. 1638.)
Jura, flaves, herbes sèches.
2. FLAVE, voir FOIBLE.
1. FL.WEL, flabel, s. m., éventail :
.III. génies dames le servent n/lavel:
Le roy lor rit elTorcié de revel.
(IlERB. Ledcc, Foulq. de Cand., p. 6G, Tarbé.)
I Approche loy, preu ce flabel
i El fay ainsi ung pelit venl
Dessus cesle vierge souvent.
(Therencr en franc., f 112'', Verard.)
.le la regarday doulceinent
P.ir le iMel secrelleraenl.
(«.. fll-J v«.;
2. FLAVEL, s. m., cliquette de lépreux:
Mel i de bnis un gros nnel.
Si s'apareille nu flavel.
(Trislan, II, v. 513, Michel.)
Lors s'alorna comme mesiel,
Ilenap ol, el potence et llavel.
I Wistasse le Moine, 1309, Michel. )lmpr., flanel.
Un mesel sonna moût forment son fla-
vel. (Vie de S. Louts, c. xii, Rec. des hist.
des Gaules, XX, 102.)
3. FLA VEL, flaviel, s. m., flageolet :
Flaviet el Oabutes i sonnent.
(barman le Gallois, 1.1972, Stengel.)
Pais prent sa mose, el si travaille,
El son flavel de Cornoaille,
El espringne el saulelle el balle
Et fierl du pic parmi la sale.
(Ilose, ap. Capperonnier, Gluss. de fhisl. de SI
Louis, p 351). )
ICn sa bouche est sou Havel
Ile quoy flaltcrie amraoncsle.
(Uodut. r 217'', ap. Ste-I'al.)
I-L.VVELE, voir Fa VELE.
FLE
2. FI.AVELER, Vclir Faveler.
FLAVELEUR, VOÏr FAVELEUR.
FLAVER, v. n., pêcher avec un engin
qu'on appelait flave :
Aberer, flaver, nayser et pécher ansi
comme Ii home et li subjeic don sesnor
de Beaujeu. (Arch. P |388, cote 116.)
FLAVERECE, adj. f. ?
Se aucuns hom amaine cendre flaverece
en ceste vile por vendre. (Bans au.v éche-
vins, QQ, fo ,^ v»,AiTh. niun. Douai.)
FLAVIEL, voir Flavel.
FLAviER, V. a., tromper :
Çoa est gr,ins Hiablie,
S'ele (la bSle appelée Tirant) nos passe lous, et ele
(nos flavie.
(Roum. d'Ali.r., f» lf,=, Michelanl.)
FLAvoTEiT, flavouteit, voir Foibletiî.
FLAXART, voir Faussart au Supplé-
ment.
FLAxiR, V. n., se flétrir :
iVoslre honneur est trop dangereuse chose :
Du doit louches le; il flaxil.
(H. Baude. bel), de la Dame el de l'Escttijer.
Poés. fr. des xy« el xvi» s., IV, 162, var.)
FLAYAU, voir Flael.
FLEAU, voir Fbeel.
1. FLAVELER, V. H., agiter sa cli-
quette ; '
Eil viil après laprès la reine), si flavelr,
A halte vuiz vers li apele....
Suit le (la reine; iresqn'ani en la capele,
Crie e del hanap (lacele.
(Trislan, II, v. 530, .Michel.)
FLEBAGE, voir Foiblage.
FLEBE, voir Foible.
FLEBECE, voir Foiblece.
FLEBEMENT, VOir FOIBLEMENT.
FLEBESCE, VOir FOIBLECE.
FLEBESSE, VOir FOIBLECE.
FLEBiLE, - nie, adj., qui fait pleurer,
qui arrache des larmes :
Car mon chant est lamentable et flebille.
(OcT. DE S. Gel., Sej. d'honn., r 6 v», éd. 1526.)
A voix flebile et lamentable. (Bourdigné
Hyst. d'An}., f" 64 v», éd. 1329.)
Par amoureuses chansons, par sonnets
flebiles. (G. Bouchet, Serees, xix, éd. 1615.)
KLEBIR, voir FOIBLIR.
PLEBLE, voir FOIBLE.
FLEBLESSE, voir FOIBLECE.
FLEc, S. m., tranche de lard et de viande
salée coupée en long :
.1. flec de bacon pour le jour du cras
dimenche. [Tit. dît xiV s., Amiens, ap.La
Fons, Gtoss. ms., Bibl. Amiens.)
Trois /;ecs de lart. (1407, Arch. .MM 32,
1° 3 r».)
Cf. Fliche.
FLECCHiER, voir Fleciiieu.
FLECHE, voir Flache.
FLECHER, flescher, v. a., atteindre,
percer d'une flèche :
Je sec bien, je scé, mon enfant.
Comme lu l'as fléché souvanl.
(J.-A. DE B.\ir, Devis des Dieus, II, éd. 1.S73.)
FLE
PI.E
FLE
i9
Et approchans des villages desTabajares
cotnniencerent a huer, et ce pour éviter
d'estre flcchcz. (Yves d'EVBBUX, Voy. dans
le Brésil. I, 6, Denis.)
Un de leurs principaux se fit porter dans
un canot u la face de nostre armée et te-
nant a la main une trousse de flesches, et
de l'autre son arc dit : Venez.venez au cotu-
bat, nous ne craignons rien, nous sommes
vaillans, j'en fleschrray aujourd'huy un bon
nombre. (Id., ib., 8.)
Ils vont au bois tirer des oyseaux, vont a
la mer flécher les poissons. (Id., ib-, 21. >
— Absolument :
Accompagné de deux cens jeunes hommes
fors et vaillans, habiles a nager et a /ïe-
cAer.(YvES, Voy. dans le Brésil, l,Zo,Uems.)
Les exemples d'Yves d'Evreux mon-
trentque flécher se disait encore au com-
mencement du XVII» siècle.
FLECHEUR, adj. et subst., fléchisseur,
I. d'anat., qui détermine la flexion des
parties, en parlant des muscles :
Le quatrième et cinquième (des os in-
ternes du coude) plient le carpe : et pour-
tant on les a nommes flecheiirs ou plieurs
du carpe. (Paré, OEuv., IV, 28,.Malgaigne.)
Le sixième et septième semblablement
destines a plier les premières, secondes et
tierces jointures des doigts, sont appelés
flecheurs des doigts. (Id.,!6.)
FLECHiBLE, /7e/cftj6(e,adj., qui peutètre
lléchi, flexible, souple :
Voix clere, forte et flechible. (Corbichon,
Propriet. des choses, v, 23, éd. 1483.)
Aranthe mollement llcchible.
(Sœy^, ilieroc, ni, éd. 1362.)
Itecoas des canx! hé! Cieux, demeure la,
Keeons des eanx, flechible a la prière
Que je t'en fay, dy de qnclle manière.
CA. IIarov, .ilcee, V, i.)
Flechible an reponlir.
(In., Achille, I, i.)
Ponrqooy ne pouvez vous a ma doulonv fleichible
Me reporter au lieu oa surprise je fus.
(Id., Raviss. de Plut., III. 2.)
Pourquoy riDjnrieux ne permet que ma plainte
I.ny donne par l'oreille une flechible atteinte;
(Id., du.. III. 11.)
FLECHIE, adj., en forme de flèche ?
Cote ot et mantel bien taillié
Treslout foiiié de valr fléchie.
(Chen. as .11. e.ip., 171, Foersler.)
1. FLECHtER, flecchier, flesc.hier, flekier,
flangier, verbe.
— Act., fléchir, ployer :
Si nos leissons noz pocchiez
Sachiez li jase est tost flecchiez.
v'Ancieb, \ie des. Greg., 1018, P. Meyer.)
Ne plé ne jambe ne flécha.
(G. de Chili, 3674, Reiiï.i
— Réfl., se fléchir, se ployer :
Par devant Salalrie d'un genoul se flescha.
(Cipeiis, Richel. 1637, f 133 ï°.)
Si ayde n'ay da bon Dlen et do celle
Devant lesquelz a denlx genonlx me flèches.
De ma vie je ne donne troys pesches.
Car de vertu j'ay moins qu'une estincelle.
Au pied du mur.
(R. DE CoLLERïE, Rondemi.T, i, Bibl. elz.')
— Fig., se laisser toucher :
La quatriesme chose est d'avoir pitié et
compassion que li juge doit avoir de celui
qu'il doit jugier; car il se doit plus /Zescftier
par quartier et miséricorde que soy enroi-
dir par duretei en justice. (LAURENT,
Somme, ms. Troyes 751, f" 64 r".)
— N'entr., se fléchir, se ployer, plier :
Corinens fu en estint,
Il ne flécha ne lanl ne quant.
{Brjil, ms. Munich, liiil, Vollm.''
Si aura cuer d'achier dur et seré qui
n'aura garde de flechler ne de moUoier.
[Arlur, ms. Grenoble 378, 1° VS>.)
Quant son poinj; dcseent Sûr l'es':')
Contre la pane l'a féru;
L'espee flange outre le conte.
Du poins li cbiet, il a grant honte.
(Parton., Richol. 19132, 1° 136".)
I.,1 doivent le bastnn sans flekier droit tenir.
(Gilles li Muisis, li Estas des prêtas, I, 338,
Kervyn.)
l'ieuseurs sont deceu par cniJcr
Que la mort ponr leur habit flèche.
(Danse macabre des honnes, éd. 1186.)
— Commettre une faute :
Mets li lait bien ses droits entiers;
S'elle Ti avait neà point fleschir
Uadrecier se veuit voulleniiers.
(Guerre de Meti, st. l"f.«, E. de nouteiller.J
— Fléchie, part, passé, fléchi :
i;enons flèches, enclin le chief.
Proia le saint.
(Mir. de S. Elût, p. 92, Peigné.)
Bourg., Yonne, Pevcey, flancher, faiblir,
manquer de force; flg., manquer de fer-
meté, chanceler dans ses résolutions.
2. FLECHiER, flécher, s. m., ouvrier qui
fabriquait des flèches et des arbalètes :
Flechiers. (Voc. des met., ap. Géraud,
Paris sous Phil. le Bel.)
Attillours, ftechers. carpeuters. (16 oct.
132>i , Mêm. adressi' d H. le Despencer,
Delpit, Doc.fr. en Aw/let., p. 37.)
Nom propre, Flechier.
FLECHiERE, flecicre, flequierc, flekiere,
flecquiere, f requière, frecquiere, flachiere, fla-
giere, s.f.,la sagittaire, plante de la famille
des alisraacées :
S'on fait dosons kouque et litière
De rains, de foelle et de flekiere.
(Ckrest., Roi GuilL, T06, Michel.)
Quant poignant vint très parmi \efleciere
CW qui do I.ibe est sire et justiciere.
(Anseis, Itichel. 793, f SO"*.)
Ilichars fait faire une litière
De peus d'ierbo et de flekiere.
(Rickars le biel, ras. Turin, P 139''; Koerstor,
3193.)
ne ftecieres et de genicsle
l'ist une loge auqnes oonieste.
(MousK., Chron., 21(;01, Ileiff.)
Prendes le poli\v(;l et de le flekiere et dou
vies oint. {Remèdes anc, Richel. 2039,
f» 4 r°.)
(Je tieng en fé) la maison a la flachiere.
(1277, Cart. de Meaux; Richel. 1. 18333,
f 81 V.)
Rogier de la Flagiere. (Sept. 1286, Ch.
du bailli de Caen, (ihap. de Bayeux, Arch.
Calvados.)
Kt puis on le fait la litière
Do blanc estrain ou de flechiere.
(Faoïss., Poés., Ilichel. 830, (• 82 v".)
Que les dits fagots l'on ne puist fourrer
de flecquiere ne d'autre chose que de la
mesme laiguo. {Cout. de Ilayn., cv, Nouv
Coût, gén., II, 33.)
.XII. voires de frecquieres pour la halle.
(1.321, Béthune, ap. La Fons, Oloss. ms ,
Bibl. Amiens.)
Voirres do frequieres. (153(>, .l/oft//. de la
halle de Bélhune, La Fons, Art. du Nord.
p. 114.)
Voires de fleqiiieres a pied. {Ib.}
Nom de lieu, Fléchère, hameau du vil-
lage de Goui-lez-Piéton, Hainaut belge. La
Flégére, montagne de la vallée de Cha-
monix.
Nom propre, de la Fléchère.
FLEGHiJiENT, fleschimeiit, s. m., action
de fléchir, de faire fléchir;
Par uu petit fleschiment des choses.
(Oresmr, Trad. des remed. de fort, de Pé-
trarque, Ars. 2671, f» 24 r».)
t'LECHiR, fleschir, flenchir , flanrhir,
jUimjir, flainchir, verbe.
— Act., détourner :
Cum il veist qu'il ne le pooit ftainchir
de son prepos ne removoir, il le tit décol-
ler en l'an da grâce .CGC. {Vie saint Pan-
crace, Richel. 988, Cdl'.)
Ceuls qui flonchissent les ieus. [Bestiaire,
ms. iMontp. H 437, f» 212 1 '.)
— Faire céder, amener:
Kt cil qui en est enrichis
.lamais jour ne sera fléchis
\ ce pour riens qui puist venir
Que douloureux puist devenir.
(Chr. de Pis.\><, Liv. dit chemin de long eslude,
261, Puschel.)
l'our le fléchir a compassion de nostre
misère. {La Iresamjile et vraye !^xpos. de la
reigle M. S. Ben., 1486, f» 74''.)
Pour vous fleschir a m'aimer davantage.
(Jax de Li ÏAiLLE, Episl. a mie deniois., dans les
Poésies, éd. 1372.)
Si la raison, le debvoir naturel et les an-
ciennes lois et constitutions de ce royaume
n'ont peu fléchir vos cœurs a la reconnois-
sance de nostre légitime vocation a cette
couronne. (1390, Lelt. miss, de Henri IV,
t. m, p. 217, Berger de .Xivrey.)
Afin de les régler par nécessité a ce qui
leur est plus honorable et utile, puisque
la raison ny l'exemple de ma conversion,
ma bonté envers tant de princes, seigneurs,
gentilshommes et villes, qui m'ont reco-
gneu et ont aussy comprins ma bonté, ne
les y peuvent fleschir. (1394, ib., t. IV,
p. 266.)
On trouve encore dans Corneille :
Faites qu'a mes désirs je la puisse fléchir.
{Cinna, 901, éd. Hachette.;
— Réfl., se détourner, être détourné;
Kt verras en Prclicraliqno
Qu'il se flechist de la matière
Et des nombres devoit escrire.
(Rose, ras. Corsini, l" 16''.)
Et cil ne se vost ouques flenchir per
prières ne perdons. {Li Amiliez de Ami et
Amile, fionv. fr. du xiii" s., p. 74.)
30
FLE
FLK
FLR
Et cil ne por ce ne por antre chose ne ie
vost /tencftir. (/6.,p. 76.)
Afin que par don? ne pnr pritTC? il ne
se peust /l'Cflir de son propos. (Bkrsdihe,
Tite Lite, m?. Ste-Gen., f» 28 r>.)
Quant le suppliant se sentit frappé dudit
Cousteau il se flanchit en sov retournant.
(1457. Arch. JJ 183, pièce 236.)
— Se tourner, incliner :
Apres ces paroles il aparul que li père
M ftechissoient a miséricorde. iBersitire,
T. liv., nis. Sle-Gen., f" 312=.)
— Nenlr.jSe délonrner :
Je sai que vos esles droituriers juijies et
que vos ne flangissez de droite voie ne
por amor ne por aine. (Li Amiliez de Ami
et Amite, .Nouv. fr. du xili° « , p. 52)
— S'éloigner :
Saint Paul decrade ici tous ceux qui
flccMssent du droit chemin. (Calv., Serm.
s. /«.< Ep. a Tim., p. 283, éd. 1S63.)
— S'incliner :
(Dieu) a qui tuit flainchissent les genz.
(.Ms. Ars. 5201, p. 369".)
— Fléchi, part, passé, courbé ;
Icesie contrera les rons cbapeans flanchis.
fÎB.DE Kejit, r.ale d'.AIi.f., Richel. 24361,
r» fi* T».)
FLECHissABLE, - isable, - avle, ftec,
/le*., fless., flex., flacisable, flenehisaubte,
ad)., qui peut être fléchi, ployé :
La main Judas estoit flechissable a tri-
cherie. {Trad. de Beleth, Michel. 1. 993,
{' 80 r«.)
Tant sont (le> femmes) decevahles et niées
El de pechissalle nature.
(«»«, Val. Clir. I.i22, f 1056: Corsini, r 1(19';
Méoo. 16S44.)
Rt de flekitsorle nature.
(;*.. Val. Oit. 121 î, r> IIS"".!
Ri de paeisablf nature.
U*., Val. r.hr. IR-ÏS, V Ml)'.)
AosI coo les (sacs) on ères soient
Rs mnrs paoJuz qui balan';oient
Ou aaires choses /lenchisauliles
Oui coolT'! cous «oui remuaobles.
(J. ut PaiORAT, Lie. de Vegece, Richel. IfiOi,
r .ï9'.)
Espee de justice hauste,nient /{eJtmab/«.
{Vie de Chaiiemagne, ms. S.-Omer 722.
{• 104'.)
On Teree de fer on jnslise
>on lirciueblr.
(Mtcr. De LA Cbabitc, Riblr. Richel. 4iil,
f* n;t'.)
Si Tive en simple humilité,
Deijonnerei et lltchiuablei.
{Fttbl. d'Of., Ars. 30fi9. t° 1,1'.)
Ne Boie? pas cruials, mes flechissable n
eeparnier ceaus desquels vos avez viclorie
(Secr«Ud'yliMt., Kiclicl. S71, f« 127«.)
Mercarins est p^chitunUe».
Kl moisie» et conTertissaliles.
li. I.» Ftviifc.fo YieUle. I. 111, ,. inss, Coeheri»)
Pins esl taino et escorjihl^
Oiane courant, et plas fleuiftaUf
Ooe n'est ier(te dosiere blanche.
■ r.. .MicH., Port., Richel. fliil, r 202'.)
.Membre /JerfcuaW». (H. pf Mondev Hi-
chel. HKVi, l" 8 v».; ''
Flexibilif. /Ii-.vissable. {Glosa, de Con-
ches.)
To ne es a rien flechisfable.
(Therence en franc., f» 316", Verarl.)
Et les dieux pitoyables
Se se font point pourtant par pitié flechisxable.i.
(Jnn., OF.m: mfsl., P 88 r», éd. 1583.)
FLKCHiss.VBLETÉ, S. /., propriété de
se fléchir, flexibilité, souplesse :
Flechissableté, flexibilitas. IGloss. gall.-
lat., Richel. 1. 7684.)
flechiss.\i:ment, adv., en ployant,
en fléchissant :
Flechisxaiiment, flexibilitcr. {Gloss. gall.-
lat., Uichel. 1. 7t)8i.)
FLECHISSEMENT, S. m., flclion de
plier, de ployer, de courber :
Plexus, flechissemens. (Gloss. de Salins.)
FLECHissuRE, S. f., courbure :
Obliquitns , tortuosité , flechissure. (U.
Est., Dictionariolum, éd. Ibi2.)
Flechissure, obliqnitas, flexura. (In., Pet
Dict. fr.-lat.)
FLEciioN, S. m., diniin. de flèche:
Des canons, des canons estoffes, des
flèches, des fléchons, des arbalètes avec
tours. (1357, Compt. de l'Arlillerie, Arch.
mun. Dijon, H, Aff. milit.)
Fi.ECiERE, voir FLECnrERE.
Fr.ECissABLE, voïr Flechissable.
FLECouiERE, voir Flechikre.
FLECTAMus GEMUA, employé plaisam-
ment pour signifier l'action de courber les
genoux :
N'? cncor pas praniiient, a terre le ma,
Malcm,'nt le demaine /leclamus germa.
(Du Plail Renan li,- Pammarlin, Job. Kmtr.Hec.
Il, 25.)
FLECTE, voir Flette.
FLECTER, V. 0., tordfe, Iresser :
Fteclant les rennes de fueilles pampinecs
Snr celles bestcs rndcs et elTrencos.
(0. DE S. Gel., Encid., Richel. 801, f fii=.)
Bref., Côtes-du-Xord, canton de M.iti-
gnon, fleiler, faire des tresses ; flette, tresse
de paille pour chapeaux.
FLECTiR, s. m., herlie définie ilaiis l'e.x^.
Sïuivant :
Pied de coulomb est une herbe qui est
aultrement nppellee fleclir. Elle a fueilles
rondes entrecoupées et ressemble a pied
(le coulon :elle s espart sur terre. (Legrant
Herbier, f» 88 r», Nyverd.)
Fi-ECTijERE, s. f., sorte dc piègc :
Prendre le videcoq a la flectuere. (Modus,
f 78'',ap. Ste-Pal.)
Cf. Foletouere.
FI,EE, S. f. ?
Pour redrecicr la cloche l'evesque qui
pendoit d'une part, et faire chaETaux pour
la mettre jus et remonter, et pour
resarrer les flees de? autres c oiches du
sros clochier. (1412-13. Compi.de la fabri-
que de S. Pierre
f 43 V».)
Arch. Aube
Fi.EEL, voir Freel.
1560,
Fi.EEn, V. a., battre au fléau :
Icellui Troude print une verge afleer de
meslier et courut au dit Petit pour le ferir.
(1391, Arch. JJ 141, pièce 89.)
F i.KG \HD, flegarl, fregart, fegart,s. m.,
lieu public à découvert, passage commun
qui dessert plusieurs propriétés :
En toutes les voiries, fros, fegars de le
dicte ville. (1441, Cart. de l'univ. des
chapel. de N.-D. d'Amiens, f» 41 v» Bibl.
Aniien.s.)
Le cloistre, voiriez, fregas, fros des rues
dudit cloistre. (Denomfcr. des baill. d'Amiens
et de DouHens, Arch. P 137, f 13 r».)
Par ladite coustume local nul ne pœult
picquer, ne heuer, planter, ne arracher
sur frocz elflegarsde rue en ladite ville de
Molliens sans le consentement et confié
desdits maire et eschevins, sur paine de
.Lx. solz paris, d'amende. (Coust. localles
de la ville de Molliens-Vidame, Mém. do la
Soc. des Antiq. de Picardie, 1, 185.)
Se aucuns pique, fouit, ou houe au fond,
et en la terre ou flegard d'aucun seiçneur
féodal, ou empesche ledit flegard en le
cloant ou appropriant a lui sans le congié
dudit seigneur, il commet amende de 12
sols. (Ancienne Coutume de Boulonnois.)
Un seigneur fonsier n'a jurisdiction ne
seigneurie au dehors de ses bournes cl
limites, en telle manière que s'il y a trots,
flegards et lieux communs, entre un sei-
gneur viscontier et en dessus, et un sei-
gneur fonsier, ledit viscomtier et en dessus
aura entièrement lesdits frots, flegards et
lieux communs. (Coust. d'Artois au baill
de S.-Omer, 2i.)
Flegard, a common place or wav. Pir
(COTGRAVE, éd. 1611.)
On pourrait citer de nombreux exemples
de ce mot dans des textes modernes, tel.»
que les suivants :
Les espaves... contenant vingt neuf jours
neulx cinquante verges, comprins six
journeulx de flagars et voyes. (Pièce de
1608, Beauvillé, Ijoc. inédits sur la Picar-
die, IV, 404.)
Le droict de pouvoir planter sur les che-
mins, flegards. (18 mars 1630, Cart. de
Flines, mlxx, p. 903, Hautcœur.)
Cotgrave le donne cotnme picard;
t mais, dit Corblet, il n'est plus guère
usité qu'à Boulogrie-sur-Mer. «
FLEHUTER, voir FL.4nTER.
FLEIBE, VoirFOIBLE.
FLEiciiiBLE, voir Flechible.
FLEIUANT, voir FLAIRANT.
FLEiiiR, voir Flairor.
iLEiciER, voir Flechier.
FLEKIERE, VOIf FLECHIERE.
Fi.EKissABi.E, voir Flechissable.
FI.EM, VOirFLU.N.
fi,EMBi,E, voir Flamble.
FLE
FMîNCHiK. voir FLECHII!.
FLENCUISAUBLE, Vl)ir FLECHISSABLK.
KLEPIEU, adj. î
Prendre puissons d'apiur ilepier et de
Ueur de crapes. (liemeU. anc. Uicliel.
Î039, f» 8'.)
FLKliUART, voir l'LOQUART.
FLEUCEUR, S. m., déchargeur de voi-
tures qui jouissait d'un droit noriiiiié fié-
cage :
L'office Jehan d'Agencourt de flequeurs
de car et de caretles, qui par avant avoit
esté rais a .xil. esciis et .viii. saux au
viD,et depuis renquieri... par Jacques Ro-
gault..., lui est demeuré comme au plus
offrant et derrain enchérissant, f 1404, Ad-
jtidicat. aux enclières de divefs olfices de la
aille d'Am., ap. A. Thierry, ilon. du Tiers
Elat, II, i4.)
Se disait encore au xyii* s. :
Simon Guérard, lieur et tlaijueuf. (16
déc. 1639, Extrait des traites de la ville
d'Am., ap. A. Thierry, Mon. du Tiers Etal,
III, 112.)
Cf. Flequiek i.
1. FLEQUiEU, S. m., fougère :
Kt avec ce nng voir aporte
De Iteqaier précieux et ^rand.
{Triumphe des Carmes, p. Mi, Leroy et Diaaux.)
Flequier. (1521, Bélhune, ap. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Cf. Flecuiere.
â. FLEQUIER, s. m., déchargeur de
voitures :
De chascune charge de farine pesaut
quatre quinlaulx que les flequiers de la-
dicteville y font peser, di.x deniers. (1462,
Ord., XV, 534.)
Cf. Fleqdeuk.
FLERABLE, Voir FLAIBABLE.
FLERANT, VOir FLAIRANT.
FLEREMENT, VOlf FLAIREUBNT.
FLEREiz, voir Flaireis.
FLBRIER, VOirFLAlRIEH.
FLEnoR, voir Flairoh.
TLEs, flis, S. m., Ilèche :
l^t U au're se painent de maogonuia.'C le\er
Kt tant de fies et lloodres pour FianclieU ^ra-
[veoter.
{l)oon de htaience, 10394, A. P.)
Flis, trait, flèche. (Mo.nkt, Parallèle des
lang. franc, et (af., Amsterdam 1632.)
FLESCHE, voir Flache.
FLEscuER, voir Flécher.
FLESCHIER, VOir FLECHIER.
FLESCHIMENT, VOir FLECHIMENT.
FLESCHIR, voir FLECHIR.
PLESQUE, voir Flache.
FLESSISSABLE, VOir FlEi'.HISSABLE.
FLESSuiE, voir Flassaii;.
FLK
iLESTiR, voir Flestuir.
1. FLKSTRE, s. f, llùte :
Il orCDl moult cors et fretiaus,
Flagos, fleslres et estiviaa^.
(Be.\., Troies, liicliel. 37.'1
1» 83"
-i. FLE.STRE, flaislre, ilaslre, adj., iléui,
flasque :
Ses mamcles li mostra nues,
Fleslres et ïielles et peines.
(Wace, Brut, â"69, Ler. de Liney.)
Ta noaris un cors flaùtre et pers.
(Reclus de Molieks, iUsnerc, Richel- lS"2li,
P 20 r".)
Tu nouris .i. cors flesire el pers.
(ID., ib., Richel. 23H
f" 233" .)
l'rop en gasle la paoce flaislre,
Ud., !*., Ars. 3H-2, f 205''.)
Quant la calours del soleil a un poi de-
mouré, si le poet on veoir flesire et morte
et seque. [SI Graal, n, 505, Hucher.)
Ou'ont TCDtre plat et bource flaslre.
(G. DE CoiNc.i, Itir.. ms. Soissons, f 204'".^
Borse /!es/rf.
(In., li., ras. Brui., I" 19r.)
Ki taot mist en vestir et pestre
Son cors vil et paant et jleitre.
(Thib. de Marly, l'ers sur la mort, xi.vr, Cra-
pelet.)
La tient aa (eulle toute flestre
Li loriers qui verz devroit estre.
(Rose, Kicliel. 1573, f° W. \
... Fnelle toute /ÎUK/re.
(/*., Vat. Clir. 1858, 1° 33''.)
(».
. Faeilie tonto flastre.
Vat. Oit. 1212, f» 46''.)
S'il as gloutons de la Rose baille,
Sachies qu'ele en porra loat eslie
lîlesmie ou pale, ou mole on flestre.
(li., 15621. .■«éou.)
Clers, ne t'es pas por ce resqucus
Qui as parlé de mes cheveus.
Et dis que j'ai la chiere flestre.
(De Renan el de l'iuudoue,',)' , .Méon.)
Le Seigneur qui fait la fleur naistre
La fait seirher et devenir flaislre.
(J. LEfEBïRE, Resp. de la mort, Richel. 994,
Ennur fait l'homme pasle et flesire.
(R. GAr.ci.v, Passe temps d'oysiveté, Poés. fr- des
xv° et .XV» s., VI!, 2"8.)
— Pourri, qui exhale une odeur de pour-
riture :
De flaislre fnui eit fumante (la terre).
(S. Btandan, 1106, Michel.)
— Fig. :
Aucunes gens sont qui sont flestres et
besoingneus de recouvrance et plus dé-
faillant de vertu et haboudant en povreté.
[Bible, Maz. 684, f» 27'.)
En leurs escripts ircp stériles et flastres.
(F. Habekt, i'i/i. s. l'art, poet.)
3. FLESTRE, voir Festre.
FLESTRiR, flaistrir, flaitrir, \. il., se
faner, au propre et au lig. :
'fur funt, mur chiet, rose flaistrist.
(Rua, 3" p., 133, Andresîn.)
Et auront si grant angoisce qu'il en se-
ceront et en fleslriront. (Maurice, Serm.,
Richel. 13314. f» 78 v".)
La corone des saiges ne chariait ne /les-
l'"LE -ii
tirrail. (BOtce de Consol., ms. beine 30."',
!'• 44 V».)
Se li prist le vis a flesirir.
(Fttbl. d'Ov., Ars. 5069, f 16'.;
Tous les chevnliers de Egypte délais-
sèrent l'eslude de la discipline des armes
et flestrisioyenl en oysive luxure et en
paresse. (I 0CCACE, Is'obles malh., V, 6,
1" 115 V», éd. 1513.)
Geste fleur commence a flaitrir. (Hals-
URAVE, Esdairc, p. 651, Génin.)
Cependant que la jeunesse
Nous rcpand de sa richesse,
Tousjours gais nous llorissons ;
Mais soudain uous flétrissons.
Assaillis de la vieillesse.
(Oi.iv. DE .Magsy, OJ., ni, éd. 1539.»
Mais par uioi, mon humble fleurette
Fleurira lou>jours sans flelrtr.
(J. DE LA Taii-lf,, le Bios de la mur;/., dans les
Poésies, éd. 1572.)
Las 1 je sèche et flaistns en ma jeune saison.
^BERIABT, (Euv., p. 537, éd. 1633.)
FLESTUISSABLE, adj., quî peut se flé-
trir :
Voz recevroiz coronne de gloire néant
flestrissable. {Bible, Richel. 899, f 372S et
Maz. 684, .1° 366^)
FL.ESVE, voir FOIBLE.
1. FLET, S. m., limande, poissou de mer
très plat :
Barbues grasses, plaiz leez.
Et bons fles au fennel rostiz.
(Bat. de Quar., RLchel. 19132, f° 92'-".)
li bon flet etli maqoerel.
(li., P 92'.)
De la mer uous vienent... herenc fres et
fiels. {Dialog.fr. -flam., f 5S Michelant.)
2. FLET, s. m., fosséj canal :
11 dient que tous les esseaux et tous les
fiez entre lel'ourc Garet et Varaville doivent
avoir .XIIII. piez de \è.{l>iéce de 129o,Mém.
des Ant. de Normandie, 2* série, X, 371.)
Norm., le Havre, le Tréport, flet, fossé,
canal.
FLETE, voir Flette.
FLETEL, voir FRESTEL.
FLETELET, S. ID., dimin. de flet, es-
pèce de poisson voisin de la plie et de la
limande :
11 semble a voir cju'il y ait deux espèce,
de ce poisson, l'un plus petit nommé fiez,
l'autre plus grand nommé fletelet, encore
qu'il semble que ce soit nom diminutif, en
Angleterre lielhut ou il se trouve souvent.
(L. Jour., l'Jiist. des poiss. de Rond., xi, 9,
éd. 1538.)
1. FLETTE, jlele, flecte, sorte de petit
bateau :
Ai ordené que le bac et le flette que le
roy a au dit port de la garenne seront as
diz religieux. (1311, Aich. JJ 47, 1» 10 r».)
Le bac et la flete. (Ib., 1° 33 v».)
Lesquelz coinpaiguons alerent d'un
commun accort eu une flelte en la rivière
de Seine. (1410, Arch. JJ 163, pièce 124.)
Pour prendre une queue de vin ou
lieux muis pour une queue en une nel
ùu batel , et de la nef ou batel les
mettre en une flette, et de la flette charger
32
FLE
FLE
FLE
lU chariol on clmrrelli>, di^ux #olz pnrifij.
iFéy. ms. negifm.gen. pour la jurid.du
préc. des march )
El aurout chascuQ certainR quanlili" de
fletles, selon ce iiue la rivière sera grande
ou petite, pour faire pont ou passape con-
venable pour passer, rapasser, aller et
venir marcbans, vendeurs, courretiers.
jaugeurs et toutes autres manières de
gens qui iront audit port. (76.)
El avecques ce auront une bonne ftecte
bien équipée qui sera leur propre, et bien
garnie de buil avirons bons et sourfisans.
(1415, Ord., X, 330.)
Que plus granl navire ou flelle en la
rivière n'avoil que cest >, laquelle ne sçau-
roit porter deux hommes trois lieues seu-
rcmenl. (Percetal, f 17', éd. 1530.)
L'ng petit fustereau ou flecte. {Ib., (' 20'.)
Lequel aiant rencontré une flelle atta-
tbee au rivage évada dessus. (Vigenkre,
Comm. de Ces., p. 56, éd. 1576.).
i. FLETTE, voir Ff.stbe.
FLEU, voir Flun.
FLEUGME, voir FLEI'ME.
KI.EL'MAIRE, VOir FLDUAIRE.
Fi^Ei'MASiE, S. f., plileginasie :
Lesqueles (fumosités) se convertissent
i-n humidités cl en fleumasies. (/Vo6/.
d'Arist., Ricbel. 210, l'iO*.)
FLECMATIQUE, - ike, fluiti., adj ., et s.,
flegmatique, abondant en pilnite :
Qui les orroil de coleriqne
l'Iedoicr, on de fleumoiigue.
(GilOT. Bible. 2574, Wolfarl.)
Se ûeume babunde plus en .i. home, il
est apelez fleumatiques. (Brd.n. Lat.,
Très., p. 107, Chabaillc.)
Li fltumalilys frois cl moistes. (.Ale-
BBA.NT. Hichel.2021, f • 8 r°.)
Crisses places, eros mentoos, roages troènes.
De oitare vans esles /Ifiimaliçues.
(Om.icost, la Coquelnehe, I, 189, P.iljl. eU.)
De peur «la'elzoe soient flrumaliques
Oa trop mes;^es oa trop clicqaes
On YODS les s«rl d'espicerje.
(K. DE CoLLERTE, Diol. composé pour jeunes ea-
fêiu. p. 107, Bibl. eU.)
— Qui lient du flegme, de la phlegmasie:
.VI. causez sont de la matire dcl apos-
tume, l'une est de humeur, l'autre sau-
cuine, l'autre flumaWjue. .. (Fraq. d'un
lie. de médecine, ms. Berne A 'Jj, i' 8 r».)
.Maladies fleumaUques. (liegime de sanlé,
l' 79 v«, Robiuel.)
Aposlumes /{«umaUçucj. {JarJ. de santi',
I. 2, impr. la Minerve.)
- Fig. :
Pdar les grias mialx le scismes tlitunaliques
(Bios, ie la guerre du Pape.)
KLEL'.Mb, fieiKjme, flume, flunvne, flieme,
s. m., flegme, flegnion ;
Se flfume babunde plus en .i. booie, il
etl apelez fleunviliques.(BRU.N.LAT., Tre».,
p. 107, Cbabaille )
Fleume tiet comme sdi m sel'!
El ponimon el eo la rerveie.
iC. Ciunr, Hou. Un»; II, iOi(47. W. et D.)
O tout ce cl genre a fictnli-, chancre,
mort mal, fleugme, sniisp ulcère cl leur
semblable. (H. DE Monpevili-e, Ricbel.
2030, f° 81'.)
Fleunia, flieme. (Gloss. de Douai, Escal-
licr.)
Saturne a de membres principaulz de
homme c'est a savoir l'oie dextre el la
rate el la vecie cl le fleugme. (Oresme,
Quadrip., Richcl. 1348. i» 135 v».)
Les quatre humours, c'est a savoir colre,
sang, fleume, nialencolie. (La Manière de
langage, p. 383, P. Mcyer.)
User vons faalt de saccre fin.
l'onr faire eo aller tout ce flume .'
(Tesl. de Palhelin, p., lOlî, Jacob.)
Ce duc Philippe icy... fut eslaint par
nuit, couché, en ses fieumes, mal secouru
cl mal gardé. (G. Ohastell., Chron., V,
229, Kerv.)
Car les fleumes que fais gcclcr par terre
Mondent le corps.
(Gri.ncore, la Coqueluche, I, p isil. Bibl. eU.i
Lors lonl caterre et flume
Te cesseroDt...
(J BoiCBET, Ep fam., 1' p., ixiii, éd. 1345. i
r.elui qui vend a pourcheaulx, noris de
flummes, ou lieu ou on vend ceux noris
de grains, encourt amende de .xxl. (1549.
Dépenses, Ann. de la Soc. de l'hist. de Fr.,
1864.)
1.0 meilleur vin de la maison,
AGu de mettre a val vos flumes.
(JoD., l'Eunuque, 1, 1, Bibl. ch.)
Aunis, flume, glaire, crachai; Norm.,
fleume, pituite, et aussi, à Bayeux, cra-
chat ; Guernesey, flieume, fleume, pituite,
et fig., paresse ; Genève, fleume ; Rouchi'
fleume, flemme; Berry, flême; peuple de
Paris, flume.
1. FLEUR, S. m., odeur:
Une femme occisl son enfant et le mist
sur un rostier pour le vouloir mangier pour
eslanchier sa fain, mais les sergcns qui la
ville gardoient en sentirent le fleur et lui
toUirenl. (J. de Meung, Trad. de l'art de
cheval, de Veg., Ars. 2913, f" 39 r".)
Le serpent qui s'estoil musse dedans sa
caverne, pour le froit temps de la nuit,
yssit hors, et tanlost eut le fleur de la nef
et des gens qui estoient dedans. {Percefo-
resl,\o\. Il, f» 61», éd. 1528.)
2. FLEUR, flour, s. m., indigo :
Sur laquelle beste avoit environ deux
boiceauls de flour ou farine. (I4C0. Arch.
JJ 192, pièce 8.)
Cf. Fleuree.
FLEURANT, VOir FlAIHANT.
FLEUREE, flouree, s. f., indigo :
Il acheleroit de la flouree de voide el du
bresil. (1408, Arch. JJ 1G2, pièce 198''".)
L'ne livre el demie fleuree. (1366, Arch.
mun. Angers, CC 14, .Matières cl estoffes
pour les painctrcs.)
On trouve encore au xvii' s. la forme
florée .
Florée ou indigo moyen, le cent pesant
paiera cinq livres. (Tarif du 18 sept. 1664.)
1. FLEI'REMENT, VOir FLAIRE.MENT.
2. FLEUREMENT, S. /., fleUP :
Sera la dicte petite cisterni' rifflniremcilt
de terre recouverte de deux ])ierres joinc-
lives. (20 juin. 1521, Arch. Gir.. E, Not.,
Contai, .111-1.)
FLEURER, V. a., afflinircr :
Enterres des grands vazes de terre ou de
bois, jusques a la gueules fleurans le plan
de la terre. (0. de Si.rr., Th. d'agr., VI, 7.
éd. 1605.)
FLEURET, voir FLORET.
FLEURETÉ, VOir FLORETÉ.
FLEURETER, VOir FLORETER.
FLEURETEURE, VOif FLORETEURE.
PLEURETiR, fleurlir, v. n., chanter
avec des fioritures :
L'on y oit le chant et rama.ïe mélodieux
des rossignols qui fleureiissent, fredonnent
et décroissent. (Bourgueville, Rech. de la
\ Neustrie, II, 6, éd. 1588.)
Itossigûoîs qui ftenrtissent
Fredonnent dnncement.
(.Chans. de Bourgunille, ap. l.e lier., Gloss. norm.)
FLEURETis, fleurtis, - ys, s. m., ûori-
ture :
Par briseure de notes et soutil fleurelis
s'efforcent de amoUier les petis et foibles
courages. (J. de S.a.lisb., Policrat., Hichel.
24287, f» 20*.)
Par industrie et fleurlys et descliant
Doulceur cheroLant.
(Ch. roy., Ricbel. 153", f° 59 r°.)
EniïaDS de cueur, ne Taictes plus leçons
De fîeurelh, mais note contre note
Sur Uequiem, en doulcelte,^ façons.
(Creti.n-, Chanis roij., V 36 r", éd. ISÎT.I
Pour grin?oter ses cliaotz et ses fleurtis.
(i. Pabmest, Merv. de Dieu, éd. 1536.)
... Haïssant et reprouvant les fleurelis
en la musique. (Amyot, Prop. de table,
111, 1.)
Avec une grande levée de retorique, il
nous a voulu faire acroire non point par
argumens nécessaires, ains par un fleu-
relis de paroUes. (E. Pasq., Pourparler du
Prince dans les licch. de liiFr., 1.1, [""Sr",
Paris, 1560.)
FLEURETTE, VOir FLORETTE.
FLEUREUR, VOir FLAIROR.
FLEURiN, voir Florin.
FLEUUISSEMENT, VOir FL0RISSE.ME.NT.
FLEURITURE, voir FLOBKTKURE.
FLEURON, S. m., fleurette :
Ainsi cnoillant en tout temps les fleurons
Au doux printemps des perces violettes
Au chand esté des roses verraeillettes.
U-A. DE Baif, Ed.. vm, éd. 1.573.)
Ils estoyenl tous deus dans un pré
De mille fleurons diapré.
(J. DE LiNiiENDE*, les Chcnijemens de la Bergère
Iris, éd. 1614.)
Au dix-septième siècle, on disait
fleuron et fleurette par plaisanterie, pour
fleurette simplement, au sens de propos
galant :
Et que voos débilei et fleurons et fleuretles
Pour mienx peindre des maux qu'à plaisir voll^
(vons faite.*.
Cï». r.oR».. /■•Imour -i la mode, i, i.)
FLE
FLI
FLO
33
KLEiinoNNEK, - oner, flor., floiir., v. n.,
fleurir, jeter, pousser des fleurs :
Ja le laurier le prépare conronne;
Ja te blanc lis JeJans ion bers fletironne.
(i. Mabot, Poh., I, -228. éd. 1731.)
M'araye Masnelonne,
Reposons nous snr l'herbe qni fieuronne.
(Cl.. Marot, l'EpisIre de iinguelonnf, éd. 1396-)
Par mon efTecl ton pré rit et flritronne.
(Est. FoRCiDEr,. Opiisc-, Dissens, des -i élém.,
éd. ibSI.)
Si la beaaté se perd. Tais en part de bonne lieare
Tandis qa'en son printemps ta la vois fimronner.
(RONS., OF.uv., éd. 1G23, p. 276.)
Kl comme nons voyons les herbes au matio
Fltaronncr par les prees.
(Chassigs., Ps.. i\x\i\,éi. 1613.)
Un auteur du .xis" siècle a dit de même:
Dans la nuit tiède et clémente
Où tont fieuronne et fermente.
(A. Thf.urif.t, ynit de printemps, dans le Parnasse
contemp., p. 211.)
— Fig. :
Charles le grant dont le hanlt bruit flonronne.
(Le Maire, Plaincte de Désire, dans la Légende
des Yeniliens, f 6 r°, l.yon, in-8'.)
Et rennir dn tout a la conronne
Qni de vertnz, honneur et biens /loronne.
(J. BouciiET, Ep. fam., l" p., I, éd. ISJS.)
Dnqnel le los fieuronne.
(F. IIabert, Xouv. Venus, p. 7, éd. 1547.)
Affermy sur son chef sa royale conronne;
Fay que sous la faveur sans cesse elle fieuronne.
(Bertadt, mnii., p. 5, éd. 1033.)
— Fieuronne, part, passé, fleuri, couvert
de fleurs :
De sable a l'escarboucle fletironnee d'or,
(Les Couslumes des chevaliers de la Table
Ronde.)
Egla rêva en ses prez /leuronnez.
Et maint satire aux buissons se retire.
(Calvi de la Fontaine, Eglogne sur le retour de
Bacchus, l'oés. fr. des xv° et xvi' s., I, 254.)
Phebns a ordonné
Que je sois coronné
Par Flora ma mignonne :
Vien donc, cœar floronnc,
Kt mon chef environne
De la verte couronne.
(Ch. FosTAiNi;, les Ruisseaux de fontaine, p. 152,
éd. 1555.)
FLEURTIU, voir FLEURETIR.
FLEURTis, voir Fleuretis.
FLEUTELE, VOir FLAOTELE.
FLEUTER, voir Fladter.
FLEUTEKELLE, S. !., joucuse de flûte :
Les miens enfans (qoi est une grant honte)
One j'ay nourriz de ma propre mamelle
Me font mainclz maulx, c'est chose trop craelle.
Me demonstrant par grant dérision
Avec le doy sous Jampnee querelle,
VoQlans de moy faire noe fteulerelle.
Las je n'ay d'eulx autre provision !
(J. BouCHP.T, Deplor. de l'Egl. milit., Oposc,
p. 816.)
FLEUTEua, voir Flauteur.
FLEUTis, s. m., cliaiU Imitant le son de
la flûte :
Ni le fleutis des oiaeanx emplamez.
Ni les rnisseaux de marmure animez.
(Guy de Tours. Poés,, I, 2, Blanchemain.)
Fi.EUTiiEMENT, S. m.,action de flétrir:
l'ilorieniput et fleulrement. (Nicot,
Thresor, éd. 1606.)
FLEUz, s. m., sorte de jeu de cartes :
A elle (lu Reine) la somme de cinquante
esciiz d'or au soleil, a elle baillée et délivrée
comptant et en ses mains par ce presant
trésorier, pour jouer au fleuz en son bas-
teau en la rivière de Seine, en venant de
Melun a Paris, en la compaignie de Mon-
seigneur de Latremoille et autres. (.4rch.
KK 83, f» 89 r°.)
FLEVE, voir Foible.
FLEVEMEI^T, VOlr FOIBLEUENT.
FI.EVETEI, voir FOIBLETÉ.
FLEVOUTEI, voir FOIBLETÉ.
FLEXISS.VBLE, VOlr FLECHISSABLE.
FLiCHE, flische. flique, flicque, s. f.,
trancfic de lard et de viande salée de porc
coupée en long ;
Assez i avoit an et el.
Char salée, bacons el fliches.
i,Renart, 1280. Méon.)
Chascuns aporte
Derere lui une grant flicke
Ne sai de seogler ou de biche.
ilb., 22260.)
On appelé penaus en gresse fliches de
bacons sans os. (Est. Boil., Liv. des inest.,
2° p., xm, 10, Lespinasse et Uonnardot.)
Maintenant la dame li done
Plain pot Je vin et une miche.
Et une pièce d'une fliche,
El de pois nne grant potée.
{D'Auberee la vielle maqnerelle, Jab., Nouv. Rec,
I, 207.)
Le tille de bachon, le flique et le can-
deille. (1294, Cart. noir de Corb., Riahel. l.
17758, f 38 r°.)
Item pour une redevance appellee la
fliche... x-solz. (Chambr. des compt. de
Paris, i' 126 v», ap. Duc, Fliches.)
Trois flicques de lart. (1371, Beg. du
Chap. de S. J. de Jerus., Arch. MIW 29,
f» 33 v».)
Petite flische de bacon. {Compt. de Serre,
1377-85, Arcli. muu. Bar.)
De chascun bacon tout entier, l'en doit
.1. d. de une flique. (1396, Coustumier de
Dieppe, Arch. S.-lnf.)
A Pasques ung bon bœuf coustoit deux
cens francs ou plus, ung bon veel douze
francs, \ii fliche de lart huit ou dL^c francs,
ung pourcel seize ou vingt francs. (Journal
d'un bourg, de Paris, an 1420, Michaud.)
Ne les logez point parmy flicques;
Dedens jambons les failli nourrir.
(Farce de frère Guiltcbert, Ane. Th. fr., I. 318.)
L'Académie, qui mêle ce mot a.y ta flèche,
arme de trait, dit seulement : En terme
de charcuterie, flèche de lard, ce que l'on
a levé de l'un des côtés du cochon, depuis
l'épaule jusqu'à la cuisse.
H.-Norm., vallée d'Yères, flique, mor"
ceau de viande, de pain ; rouchi, flèche,
viande.
FLicQtiE, voir Fliche.
FLiEL, voir Flael.
FLIEMItRE, voir FlKMBRE.
1. FLiEME, S. m., lancette de chirurgien :
Par une nuit uns bealz jovenceaz par
vision estiut devant moi, et si misten ma
lengue un ferement de mediciiie, ce est
un flieme, disanz : Ellevos ge ai mis mes
paroles en ta boche, eis fors por preechier.
(Diatog. St Greg., p. 20, Foerster.J Lat.,
phlebotomuni.
Lanceola cum qua veua aperitur, gallice
flieme. (1348, Gloss. lat.-fr., Richel.l. 4120,
f» 124 r«.)
2. FLIEME, voir Fleume.
FLiEMEU, filmer, flamer, v. a., ouvrir
avec la lancette dite flamme :
Maladies des maistres se taisent bien flicmer.
(Gilles li Moisis, li Estas dou monastère SI Mar-
tin, I, 12J, Kerv.)
Maladies périlleuses warist on par ftimer.
(Id.. li Maintiens des monnes, i, 105.)
Survint une apostume ou bosse audit
Geffroy, laquelle il fit fendre et flamer a
un barbier. (1400, Arch. JJ ISo, pièce 433.)
fIjImeh, voir Fliemer.
FLiN, S. m., pierre de foudre :
Flin, pierre de foudre, servant à fourbir
les lames d'epées. Le flin fourbit et polit
les epées. (.Mo.net, Paraît, des lang. franc,
el lat., Amsterdam 1632.)
FLIQUE, voir Fliche.
FLis, voir Fles.
FLISCHE, voir Fliche.
1. FLO, flou, adj., fané, flétri :
Dex! corn forte aventure qui sor cest peule noe.
L'autrier l'aviens nos blanque, or l'avons toute bloe*
Vermelle esloil or soir, liiaus sire, or est si /loe.
(Roum. d'Mir., f" SO''. Michelant.)
— Fig., faible, languissant :
Vostre vertu esleil fere, oro est moult très floie.
(Th. de Ke.nt, Geste d'Mis , Richel. 21361,
f 81 r».)
Uns rainsians l'ot atainte parmi la Jeslre joe
Si angoisseusement que la chars en fu bloe ;
De travail et de paine fu forment feble et floe.
Mais quoi k'uit a souffrir, Dieu el sa mère en loe,
{Berte, 819. Scheler.)
Ilem je donne a Jehan le Loup...
Ponrce qu'il est lingelet flou...
l'ng beau petit eluenuet couchant.
(Villon, Grand Test., c, Joaausl, p. 76.)
2. FLO, s. m., désigne une substanciî
rouge :
A faire poupre prcndes asur et flo, se
melles tout ensemble. (Remèdes anc, Ri-
chel. 2029, f" 6 v°.)
FLOUERGE, VOÎT FRODERGE.
FLOBOTo.ME, S. f., lancette, flammette
pour saigner :
Tenant en sa main une flobotome de
municion ou une branche proul'fitable pour
les yeulx. (Tignonville, Dis mor. des phi-
los., A.is. 2312, f°23 r».)
La langue moderne a le substantif mas-
culin phlébolome.
1. kloc, s. m., flocon, houppe, panache,
chose velue, veloutée, couverte de duvet,
d'un poil fln :
34
FLO
Floes «le nepes. {Deser. du Kil, p. 303,
ap. Léon, Descr. de l'Afr., éd. 1556.)
Puis prend floe et poil de la robbe de? |
deux. (Saliat, Ilerod., m, éà. J556.)
Trempant en huile bouillante un floe de
laine attachée au bout d'une esprouvette.
(Paré, Œuv., XI, 16, Malpaipne.)
Anrichi tout autour de flors de foye ou
de bords de forrures. (Mont., Yoyag.,\>. 29,
éd. 1774.*
— Faire son floe, faire sa pelote :
Je sonbaile, ponr liien faire mm floe,
TroBTer larrons saisir a l'araDtaige.
iSnltails du moadf, Poés. fr. des it* et uti' s.,
I, 3t3.)
î. FLOC, floz, S. ni., mare, amas d'ean :
Duquel hostel avoit unp fumier et ung
floe d'eaue. (1461, Arch. JJ 189. piùce 513.)
" Si Ta adoncques pour se feoir sur le
perron : mais il ne trouva point d'arrest,
si Ta cbeoir les jambe? levées en unj: floz
qui derrière luy estoit. {Perccforest, vol. 11,
f 82', éd. 1528.)
Et est divisée la première partie (de
Bretapne) de montaijmes, et de deux pelitz
focz de mer. (/6., vol. 1, c. i.)
Estendz ta main sus les eaues d'Eg^-pte,
et sus leurs fleuves, et sus les ruisseaux et
marctz, et sus tous les flocs d'eaues. (Le
Fbvre dEst., Bible, Ex., vu, éd. 1534.)
Wallon, flo, mare où l'on abreuve le
bétail. Pic, Verrrand., //ouf.
3. Fi.oc, voir FoLC.
Fi.oc.\RT, voir Floquart.
FLOCCARD, voir Floquart.
FLOCCHER, voir Flochier.
FLOccu, voir Flocu.
FLOCEE, voir Flassaie.
1. KLocEL, floquel, s. m., flocon, tonUe:
Ber. 1i trenrhe par sodc la hondeore
El .1. flocel de la barbe ehenne.
(Lft Lok., ms. Monlp., T I8I'.>
Ne preita Ilaslenc les Franccis.
Flamenci, ne cl» de Vermcn.leis,
Ne rels d'Ancon ne d'.\qniuiue,
Vaillant nn snl flocel de laine,
(IlF.>., ;*. de Sorm., I, Ml, Mii^bel.)
T>e prani flociaus de fen ardant
Sonl lenr testes reOambolant.
(CLfr., .vu. Est. du monde, Richel. V,îG, f H8'.)
Sor ton blanc col en r'ol floeiaus (de cbefeni).
(LEscouffle. Ars. 3319, f» 37 t».)
Petis floqueaux de feucbiere. (Mfnagier,
I, 7, «ibiiopli. fr.)
11 veifl lieux drapons prans et parcreus,
si jectoient et feu et flambe a moult prant
ftoceaulx parmvla pueulc. (Lancelotdu Lac,
1" p., cb. 69, éd. 1488.)
2. FLOCEK, S. m., diniin. de foie, trou-
peau, troupe:
De berbis et de rliions furent prant li flôcel.
(Us Chetift. Ilirhcl. Ii:i58, f" iW.)
Des camens et des bogies forent fait li flocei.
Des bcrbit et des cbierres et de maint riche aignel.
(Conq. de Jerus., .SiO, ilippeao.)
FLOCEi.É, adj., frisé :
Od ont cheToli longs e creoz,
Od nne barbe floeelee
PIni blancbeqne neifs tnrgelee.
'Bis., U. de Korm., Il, 1188, Michel.)
FLO
l'ne autre leste d'un vnnocent qui a les
ebeveux floeelez. (1360, Inrent. du duc
d'Anjou, n» 14, Laborde.)
Fi.ocELET, S. m., flocon, houppe :
S'ol flocflex aval le vis
De fes bians cberens ondoiani.
(G. de Dole, Val. Cbr. ITiS, P 03')
FLOCETE, S. f., dim. de floche :
l.t seconde (llenr) est la violete
Et li tierce nne fîoeete
Pe sousie, car nioot est biele.
(Bou Capiel a vu flo'irs, Richel. 1553, C 504 v° :
Job., Jotigl. et Trour., p. 17.)
FLOCHE, S. f., flocon, cliosc velue,
étoffe velue :
Li curei? ait... .xilll. cliappons et .y. s.
por une floche. (Vers 1300, Collecl. de
Lorr., 971, Metz I, Ricbel.)
Les nues qui reseniblent as floches de
laine. (Ohesme, Qiiadrip., Ricbel. 1348,
f 104 r».)
Villosus, sa, sum, plain de floches ou de
peaulx. {Voc. lat.-fr., 1487.)
Ce mot est encore usité dans le district
de Valencienncs pour désigner une soie
non torse. Haut Bugcy, floqua, neige.
FLOCHET, floquel, flocquct, S. m., di-
min. de floe, flocon, houppe, étoffe velue :
Sa bousse rooge estoil de beaoi floquea
Tons blans semée.
(L. bf. Beaiiv.41', Pas de la Bergiere, 833, Cra-
pelel.)
Floccus, flochet. {Catholicon, liichel. I.
17881.)
Villus, flochet. {Gloss. de Salins.)
L'ne beste plaine de floquetz de poil.
{Jard. de santé, II, 133, iinpr. la Minerve.)
Flocquets de laine.
(J. i>f. Schelasurk, Tyr. et Sid., 2" jonrn., I,
1, Ane. th. fr, VIII, Bibl. eh.)
Flocquet de cheveux. (F. IIOTOIIAN, ta
Gaule Franc., p. 93, éd. 1574.)
Lopin de laine ou flocquet. It. fiocco,
Esp. El flucco. (Jun., Aom«ncJ., ]>. 133.
éd. 1577.)
Le bouleau ne porte point de fruict, il
jette toutes fois de petits floqvels, comme
le coudre. (Du Pinet, Dioscoride, I, 93, éd.
1605.)
— Bourre :
Que nul personne ne melteroit en ou
desuis mesme le drap ne en la leyne
dount le drap serroit fait ascuns flokkes
en ascune maner sur peine de forfaiture
de mesme le drap. {Slat. d'Edouard IV,
an vil, impr. {lotb., Uibl. Louvre.)
11 se rencontre nu xvii" siècle, dans un
texte de province :
Flocquet du poil de la barbe. (A. Le
fiRAND, Saints de Bret., p. 142, éd. 1626.)
liourg., Yonne, Perrigny-lés-Auxerre,
flouquet, bouquet de fleurs, nœud, ro-
sette, pompon de rubans.
Nom propre, Floquel.
FLOciiETÉ, s. f ., hésitation :
Et pensoit Sa Majesté la cause du mal
qu'il y a en... avoir esté par la neglipcnce,
ftochèlc et dissimulation des jupes. (Apolo-
gie de Guill. de Nassau, \>. 216, A. Lacroix.)
FLO
FLOCiiETER, - quetcr, V. n., dim. de
flochier, voler comme un flocon, flotter
an vent :
Floceo, cas, cavi, flocheter comme la
noif qui chiet par flocbiaux et la lainne de
la berbis, {Catholic, Richel. I. 17881.)
Chevenh espars snr le corps voUelanlz,
El par nature en contour floguetantz.
(1536, Vaczelles, Blason des Cheveux.)
FLOCHIER, floccher, floquer, flocquer^
verbe.
— Neutr., tomber, se former en flocons,
comme lorsqu'il neige ; flotter :
Mais pins que neige blanche,
Qni sans vent flaque anx sept coostanx deRomme.
(Vasqlin Philiecl, Km. tulg. de Fr. Pétrarque,
p. 378, éd. 1555.)
Et flocquoit par dedans la descbicquelure
de damas bleu, tant que besoing estoit.
(Rab., Garg., I. I, c. 8, éd. 1542.)
— Flochier est employé d'une manière
assez étrange dans l'ex. sulv., où il paraît
signifier avoir la pureté d'un flocon de
neige :
Siècle glaçant est comme anguille
Et plain de grant malaventnre.
De lechen'e et de luinre;
r,ardez ne l'aprochiei,
Enderaentres que tous flochiez.
Que nnes estes et oouveles,
Chasles et virges el poceles.
Donnez a Dien cners et courages,
Virginitez et pucelages.
(G. DE CoiNXI, Slir., ms, Soiss., P 148',)
— Act., répandre à flocons :
Les unes (saisons) causent la pluye, et
les autres la gelée ; d'autres floquent la
nepp, et V en a qui sèment la gresle. (Du
Pinet, Pline, n, 39, éd. 1566.)
— Battre, en parlant des flots :
Pour rompre ladite porte de l'eaue qui
flocquoit la bresche. (1558, la Prinse de
Calais, Arch. cur., 1'' sér., t. III, p. 242.)
— Flochié, part, passé et adj., qui porte
une houppe, une crête :
Atant lur en l'est nns blans leon dengei,
A inervail furent grant e cresté e flocchez.
(Tb. be Kent, Geste d'Alis., Iticbcl. 24364,
f» 54 T".)
On trouve au xvii' siècle :
Ainsi se trouve vérifiée ceste générale et
merveilleuse prédiction du grand Artus, au
1 large bonnet flocqué. (1616, ta grande
Propriété des bottes sans cheval en tout
temps, Var. hist. et lilt., VI, 39.)
Norm., Dessin, Pic, Champ., Morv.,
floquier, floquer, flotter çà et là.
FLOCHIUL, s. m., marais ?
I Pierre Leieup tient des diz religieux uu
fief a demi lige contenant son manoir
j séant devant le flochiul. (1383, Denombr.
I des baill. d'Amiens, Arch, P 137, f" 85 r°.)
Cf. Floc 2.
FLOçoiE, voir Flassaie.
FLOCONNER, V. a., fabriquer d'uni-
étoffe velue:
J'aibienneuf on dix cotes qu'ai fiiit faire etonvrer.
De teilles et de lin bien mcnnt floconner.
(Geste des ducs de Bourg., 4C4, Cbron. belg)
FLO
FLocoN.NET, S. m., petit flocon :
La grain»
En pelils floeoneit de conton on de laioe.
(Di Chessb, le Miroir du monâf, p. 193,
éd. 1587.)
Ki.ocQU.\RT, voir Floou.\rt.
KLOCOUER, voir Flochier.
KLOCOUET, voir Flochet.
FLOCTER, voir Flotkr 1.
FLocu, floccu, adj., qui porte une
houppe, une crête :
tes serpeni, les Icons e les dragons floccuz
Aprochent del régné, Iroerenl hommes barbnz.
CTa. DE Kest, Gesle dAlis., Richel. 21361,
PIO T».)
FLOENNE, S. f. 1
I viez maie cote saingle et .i. (loenne.
(Compte de 1348, Ch. des compt. de Dole,
Q
— . Arch. Doubs.)
82'
FLOEB, voir Fluer.
FLOERECHE, adj. t., d'Indigo :
Del touneul de chendre floereche, douze
den. ( Wienage de li abbes de Ha^non, Tail-
liar, p. 482.)
Cf. Fleurbe.
FLOERIER, s. in., grand drap :
.II. ftoeriers. (1348, Inv., Arch. Doubs G
82.)
Suisse rom., fleurier, grand drap.
PLOiABLE, voir Fluablb.
FLOIBAGE, voir FOIBLAGE.
FLOIBE, voir FOIBLE.
PLOIBECE, voir FOIBLECE.
FLOIBEUENT, VOir FOIBLEMENT.
FLOIBETEIT, floibetet, voir Foibleté.
FLOIBI.ECE, voir FOIBLECE. !
FLOIBLETEMENT, VOlr FOIBLETEMENT. ]
FLOIBOICE, voir FOIBLECE.
FLOiE, voir Flo.
FLOivE, voir FOIBLE.
FLOIVEMENT, VOir FOIBLEMEST.
PLOIVETEI, voir FOIBLETK.
FLOKENiER, S. Hi., ouvrler qui tra-
vaille les flocons de laine :
Chandelon el flokeniers. (J. de Stavelot,
Chron., p. 326, Borgnet.)
FLOKKET, voir Flochet.
FLOM, voir Flun.
1. FLONj voir Flaon.
2. FLON, voir Flun.
FLONDELLE, S. t., petite froude :
Environ six mille bacinets et .xxilll.
mille archiers sans les canoniers et autres
usans de flondelles et angins dont ils
avoient grand abondance. (Monstrelbt,
FLO
[ Chron., an 1413, vol. I, p. 223\ éd. 1516.)
Cf. Frandole.
FLONDRE, S. t., sorte de poisson res-
' semblant beaucoup à la limande :
Flandres cuites en eve. (Enseign. pour
apareil. viand., Richel. 1. 7131, f° 100^)
Se dit encore en Normandie, Dieppe, le
I Havre, le Tréport.
' FLONG, voir Félon.
FLONius, s. m., nom d'herbe :
Quant ours est deshaities de cop ou de
maladie, il manjue une herbe qui a non
flonius, qui le garist. (Brun. Lat., Très.,
p. 233, Chabaille.)
FLONNET, voir Flaonet.
F£,OQUART, jlocart, flocquart, floecard'
flequarl, s. m., voile flottant qui entoure
la coiffure, d'origine allemande, appellée
hennin et qui s'en échappe ; c'est aussi
nne coiffure :
Etestl'ance dudit gobelet d'une serpent.
Et ou fons d'icelui a un esraail ou il y a
une dame a un floquart. (1360, Invent, du
duc d'Anjou, w 381, Laborde.)
Le roy li donna un très bel flequart tout
papeloté de grosses perles. {TYaison de
Rich. II, p. 110, Williams.)
Un floquart vert garny d'un fremail Du-
quel a quatre perles, quatre rubis et un
dvament. (13 nov. 1413, Compt. du R. René,
p' 200, Lecoy.)
Trois pièces de flocars a atourner James
a la manière d'Alemaingne. (1416, Invent,
du duc de Berry, ap. Lal)orde, Emaux.)
La duchesse, elle neufiesme de femmes,
portoient flocquaris et gros colliers ou
chaisnes d or au coul. (Le Baud., Hist. de
Bret.,c. LU, éd. 1638.)
Si ont empris de les bien recevoir.
De se deffendre el faire bon devoir.
En lear tirant ienrs lleiches empennées
De donli regard d'espoir empoisonnées.
Et en gectant chappelletz et flocquars.
Ainsi qn'on fait a ses jeanes qnocqaars.
Et de lenr faire, ains qae rendre ilz se'venllenl.
Des mant! assez, ainsi comme elles seallent.
(J. Le Maire. Compte l" sur la naissance de dame
Verolle, Poés. fr. des xi' et xvi" s., IV, 233.)
Les filles, depuis qu'elles estoient fian-
cées jusques après un an entier des leurs
nopces, portoyent un ornement de teste,
qu'on nommait a Lyon floccard, lequel
elles laissoyent, estant l'année révolue, et
prenoyent les chapperons dessusdits. {Px-
radin', Hist. de Lyon, p. 272, éd. 1373.)
FLOQUEL, voir Flocel.
FLOQUER, voir Flochier.
FLOQUET, voir Flochet.
FLOQUETER, VOir FLOCHETER.
florablement, flourablement, adv.,
en fleurissant :
Floraliter, flourablement. [Gloss. de Sa-
lins.)
FLORANCE, VOir FLORENCE.
FLORCELE, florciele, fiourcelle, s. f-, pe-
tite fleur:
FLO 35
I Apres ores con l,i pueele
I Qni pln« ert blancs que florcete,
I La bêle Ydone prist mari.
(Brançue des Mir. H.-D., ms. Richel., f U v»,
col. 2.)
I Et saisist le ceval qni blans ert com florciele.
(Enf. God., liichel. 12358, f ii«.)
Et si avoit entour mainte belle floureelle.
(.Brun de la Montagne, 892, A. T.)
FLORE, florey, flouré. adj., garni de
fleurs, terminé en fleur :
N'i a celni qni n'ait escn flore
Et le destrier corant et abrivé.
(Garin le Loh., 2° chans., xxix, V. Paris.)
La covretnre de la sele
Ert d'nn brnn paile de Castele
Tote floree a flors d'orfrois.
(Flore el Blancefl., H8T, Bekker.)
Prent le destrier par la règne dorée.
Maintenant saat en la sele floree.
(Otinel, 1895, A. P.)
D'or a .1. quevrou de gueules a .i.
double trancheour vert florey. (Armor. de
Fr. de la fin du xiv s., Cab. hist., VI, 277.)
— Qni a la barbe blanche, comme flori:
Escorchelande 11 barbet
Et Violei li mal (lorez.
(Renarl, Br. V», t. 121,;, Martin.)
— Couvert de fleurs :
Tiere rouge noire, tiere fiouree. (1418,
Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl.
Amiens.)
FLOREEMENT, florement, adv., en fleu-
rissant :
Floraliter, florement. [Gloss. lat.-fr., Ri-
chel. 1. 7679.)
FLOREMENT, VOir FLOREKMENT.
FLORENCE, flourence , - ance, s. f.,
florin :
Dont il est racrantes a paiier . c . s. t.
l'an a .m. termes, au Noël, a Paskes et a.
le S. Jehan en florences. (1347, Recette de
G. de Panthegnies,XTch. mun. Valenciennes
ce 2, f» 4 r».)
Donnet .ii. florences de .xxvi. s. .vi. d.
(1347, ib., CCS, p. 8.)
En Uorins al escut vies et en florences
vieses. (1332, Recepte de Gandrart d'And'-
gnies, Arch. mun. Valenciennes, CC**
f- 37 r°.)
En florins roiaus et en florences vieses.
(fi?. , Arch. mun. Valenciennes CC 2,
1° 9 v°.)
.11. vieses flourences. (Compt. de 1364-
63, Arch. mun. Valenciennes.)
Icellui viconte de Thouars tendra sa
dite terre et seigneurie de l'ile de Ré d'i-
cellui seigneur roy a foy et hommage lige,
a cause du chastel de la Rochelle, et au
ressort et souveraineté acoutumez, a une
florence ou maille d'or, ou la valeur d'i-
celle. (1404, Arch. JJ 138, pièce 431.)
Florance d'or^due par le commandeur
d'Ansigny au vicomte d'Aunay pour droit
de pacage dans ses forets. Un florin de
florence ou douze tournois d'argent. (1445,
.\nsigny, Aunay, Arch. Vienne.^
FLOREXCEE, S. f., valeuT d'un florin :
Le curé de Saint Eslienne doit paier au
chappitre de Rennes deux florencees et
demie d'or. (1415, Us. de l'Egl. de Rennes,
Arch. Chapitre Rennes.)
36
FLO
FLO
FLO
ri.oRENEK, S. (., espace de terre qni
rapportait un florin de revenu:
Come nous eliiisfions donné a Famay
Bosire ménestrel quant il \iTail vinpt flô-
renefz de terre a ponre cliasciin an a dous
termines. (Charte de 1367, Coll. de Lorr..
IV, 17, Bicliel.)
Trois cent florenees de terre de rente an-
niielle. (1370, Officialilé de Besancon. Arch.
<in prince, Neuobâlel, L ', n» 9.)
FLORENTIN, adj., blanc, gris :
Maint franl risée ont f«lt del grenoD flomlin
Cornent astoit tondat.
(Jeh. ris Pbeis, Cfsif de Liegr, 17386, Scheler,
Closs. pkilol.)
FLORERESSE, S. f., fleuriste:
Floreresses de coifîes. (Vocab. des mé-
tiers, ap. Géraud, Paris scus Phil. le Bel.)
FLonESTAGE, S. f., fleur :
Ja ae tods en croirai, tant aTcz cner volage,
Se Tons nel me jnrej sor cesle flomlagr.
La dame li créante le seremont a faire,
Sor la for li jara qni monlt sonet Ini flaire.
(De la Foie ri de la toge, Jab., Nout. Hec, II,
81.)
d. Fi.ORET, floiirel, s. ni., petite fleur :
Floscnlus, petit fleur, /?oure(. (1464, J.
Lacadevc , Catholicon . éd. Auflret de
Quoetqueueran, Bibl. Quimper.)
2. FLORET, fleuret, àà']., fait de l'étoffe
appelée fleuret :
Six aunes deruban fleuret. (1576, Compl.
du Très, de Aav., Arch. B.-Pjr. B 36.)
Fi.oRETK, S. f., fleuret, sorte de soie
d'une qualité inférieure tirée de la bourre
qui est aux environs du cocon :
Il n'a^oit fias robe de soie,
Ains îToit robe de /Icreles.
{Rose, 88-2, Méon.)
Ft-OBETÉ, - ecté, flouT., fleur., adj.,
fleuré, fleuronné, terminé en fleur, garni
de fleurs :
El toutes ces choses (jeux de tables
et de e5che2,etc.) cstoient /(ctirefees de am-
bre. (Joi.Nv., Hist. de Si Louis, ch. xc,
Wailly 1867.)
Li arcbon sont dessns a esmail tresgelé,
A Soaretei d'asi:r pourlrel et flourelé.
{Doon de ilaience, «lit y, A. P.)
Il D*est bruyère ne peoesle
IS'abricean qne je ne reveste
De mes robes bien florelees.
(DEGi'iiLETiLLt, Troi» Pelerinaiges, V lî", impr.
InstilQt.)
Car colompnes d'argent y mist
D'or et de pierres floureclees.
(Chk. i,i Pis., l'ocs., Kichcl. C04, f* 235 t».)
Sar ton> anltrei liens le hault bois
Kstoit proities et renommes
D'eslre vers, focliis et raïuos,
Plaiiaoi, berbns et floreles
Et plains de grans joliTeles.
(l'ailoralel, ms. Brai., f" 1 t*.)
Car la Leie qai fn teoaos
t'ng chapelet lien fltireir
A 100 aoij l'a présenté.
(/*.. l" r».)
Son cbevol estoil couvert d'un cendal
vermeil, a une firuode croix blanche, /îo-
retee, et sur chacun bout une coquille d or.
(Ol. de la Marcub, ifdm., I, 9, Michaud.)
El fi esloit (hi ccnpp] flourelee desus et
environ d'une belle fleur et plaisante. (C.
Mansion, Bille des Poet. de metam.,(' 148 r»,
éd. 1493.)
Gibecière de velloux roupe fleuretee des-
sus de broderie. (Jnvent. des biens de l'cv.
de Seillis, E. Muller.)
Bourg., "i'onne, fleureté, qui a toute sa
fleur." Comme ces pêches sont flettretées. >
Bourg., Saulien, fleureté, couvert de fleurs,
en parlant d'objets de toilette.
Fleureté est indiqué dans les diction-
naires modernes comme terme de blason.
FLORETER, fleur., flour., v. n., s'épa-
nouir comme une flonr :
J'ai amiete
Simple, coie, brnnete,
Jonete, tendreté, bien faite ;
Bien poi li pontele
La mamelete.
(Citons., ms. Monip. II 196, f° 302 y°.)
— Peindre des fleurs :
Et pai^nent dessns les peanx
Et de moutons cl de veaux
Et a coulourer se docirincnt;
Il porrient, il enluminent.
(J. I.EFECVRE, liesp. de la mort, Iticbel. 1191,
f» 15'.)
— Voltiger de fleur en fleur :
Je me suis mis a fleureter, comme les
mouches a miel. (S. Julien, Mesl. hist.,
p. 303, éd. 1S89.)
— Tâtonner :
Apres en tastonnant vtfleurclant appro-
charent de la matière iecale et des hu-
meurs corrumpues. {Kab., 1. Il, c. 32,
éd. 1542.)
— Conter fleurette, dire des balivernes:
Mais servoiont ces paroiles et servent a
ceulx qui sont en auctorité et en crédit,
sans eu riens l'avoir mérité, et qui ne sont
point propiLCs d'y estre, et n'ont accous-
tunié que de fleureter en l'oreille et parler
de choses de peu de valleur. (CosillYKES,
Mém., Y, 19, Soc. de l'H. de Fr.)
lUais escootez ce morfondn
(Jni nous veult icy /leuTeter.
(Actes des Apoit., vol. I. C 27", éd. Iil37.)
— Floreter sur, effleurer :
Que nous atons seulement fleureté sur \a
doctrine, sans qu'elle ail prius uiic droite
vivacité eu nous. (Calv., Servi, s. leDeul.,
p. 5, éd. 1567.)
— Termede musique, fairedes fioritures*
Aprenez le fa et le mi.
Bien vons monslreray l'escriplnre.
Tant que vous n'arei jamais cure
D'aulrc art sçavoir tors de compter
t^'ne, deux, les temps mesurer
Et fleureter plus que le cours.
(E. Deschamps, l'ois., Richel. 810, fStl''.)
— Floreté, part, passé, terme de musique,
orné de Ooritures :
Car advis est qu'on pleure et qu'on larmie
Ka recordant tetz chantz peu flourelez.
(Le Mimt, Plaincle du Désiré, éd. 1j09.)
Morv., fleureter, aller à fleur de, à la
surface de.
FLORETEuiŒ, fleurcteure, fleuriture,
florilure, flouriture, floir., s. f., fleurs et
verdure, floraison :
Prince du pois qni chantez il'avanlure.
Donnez accord, plain cbampt et fl-yrilure
A l'nmble fleur des vierges espanie.
(H. DE Cboy, fArl derhel., éd. 1493.)
Trop bayrons nons la verde fioriture
Se ta lignre
A si mauvais augure.
(Jeu. Le Maire, de la Valihiâe ri comatesrence de
la roijne Anne de Brrlaiitne, dans l'Epistre du
Roy à Hector de Troje... signature aaiiij.)
Et nng Crestin tout plein de flouriture.
(Id., Su.f la mort dr ses servit.)
Ains quant ce vint que la large vallée
De ce beau monde ent reprins florilure.
Plusieurs mondains d'une et d'autre nature
Parles verds prez jouer ensemble alloyent.
(Id.. le Triuniphe de Ires liaulle et puissante Damr
Verolle, Royne du Pmj d'Amours, Poés. fr. des
XV' et xvi° s., IV, 24t.)
Tous nobles cueurs qui vouldront cueillir
fruit ou florilure dedans ce jardin du noble
Bayard. {Gest. du Chev. Bayard, epistre
prohemiale, éd. 1523.)
Le maistre ouvrier en vraye agriculture
Planta jadis au terrestre verger
Arbres plusieurs de fruict et florilure.
Belles a veoir et doulces a manger.
(Cbetin, Cliantzroij., f° tl T», éd. 1527.)
Quand vous verrez rire les cienx
lit la terre en sa florilure.
(Clem. Mar., Citant de May, éd. 1596.)
Comme ayans consolation de la fleuri-
ture de ladite fleur. (Bourgoeville, Rech.
de la Neustrie, it, 108, éd. 1338.)
— Dessins, ornements consistant en
fleurs, en verdure :
Ne qui aussi doulcetement face fleure-
teure et menu ouvrage. (Christ, de Pis.,
Cité, Ars. 2686, f° 46=.)
FLORETTE, /?OMr., fleur., s. f., grand
blanc, pièce de monnaie frappée sous le
règne de Charles VI, pesant vingt deniers
tournois ou seize deniers parisis, et sur
laquelle des fleurs de lis étaient em-
preintes :
Les pros de France, dits florettes. (18
sept. 1420, Beg. aux Cons2ux, Arch.
Tournai.)
Fut ordonné que les fleurecles, c'est assa-
voir les monnoies du roy qui avoient
cours pour .xvi. d., seroient mises et ra-
baissées a .1111. d. (MoNSTBELET, Chron.,
I, 244, Soc. de l'H. de Fr.)
Fut ordonné, a Paris, que la monnoye
nommée flourettes, qui de seize deniers
avûit esté mise a quatre deniers, seroit
derecliief diminuée. (S.-Remy, Mém., ch.
cxili, Buchon.)
— Terme de danse, nom d'un ancien
pas, aujourd'hui nommé fleuret, qui se
composait d'un demi-coupé et de deux
pas marchés sur la pointe du pied :
Caprioles, tours et destours, fleurettes
drues et menues, pamberottes, bonds et
sauts. (Carloix, Mém. de Viltevielle, iv, 12,
éd. 1757.)
— Sorte de droit de fief, conservé jus-
qu'à la Révolution, qui était particulier à
la seigneurie de la Villebilly, relevant de
Lamballe,en Bretagne. Le mardi dePàques,
les tanneurs, « ceux qui travailloient en
cuir à poil y, de Lamballo devaient accom-
pagner le seigneur de la Villebilly dans
FLO
FLO
FLO
87
'e bois de ce nom : celui-ci cneillait une
fleur, un roseau, ou une feuille appelée le
may, et la montrait par trois fois aux
tanneurs ; on se rendait ensuite à la cha- '
pelle Saint-Sauveur, et là le seigneur de
la Villebilly, assis au pied d'une croix de I
pierre, appelait chaque tanneur et perce- 1
vait une amende de tous ceux qui ne
comparaissaient pas, ou qui ne pouvaient
pas montrer une fleur semblable à celle
qui avait élé cueillie.
Voir sur ce droit l'article publié par
Gaultier du Mottay dans l'Annuaire des
C6les-du-Nord, 1857, p. 34.
Norm., Dessin, flieurete, moisissure qui
se forme sur les baissières du cidre ; pre-
mière couche de crème qui vient sur le
lait.
FLOREURE, S. f. ?
Pour estuys, floreures, courroyes pour
iceulz eftuiz et autres menues choses.
(Sept. 1447, Compi. du R. René, p. 204,
Lecoy.)
FLORi, fluri, adj., en parlant de per-
sonne, à la barbe blanche :
Ja estes vus vieili e fluriz e blancs.
(Ro/, \TA, Muller.)
Vos esles Tiens et chenas et /loris.
(Les l.oh., ms. Berne 1 13, f 22'.)
Kos somes Tiel, chenu et ftori.
(Ib., ms. Montp. H i-iS, f .36\)
— En parlant de chose:
Les cbief» fluriz et les barbes nnt blanches.
(Roi, 3118-, Muller.)
La barbe aveit blanche et florie.
(Ben., t). de Norm., Il, ll'J3ii, Michel.)
— Doux, agréable :
Flori chant faisoit la mésange.
(Jeh. Lescikf.l, Chans-, Bail, el Rond., xxxiii,
Bibl. elz.)
— Flori est le nom du cheval de Gir-
berl de Metz dans le poème des Loherains :
Pois pranl ses armes, sor Flori est montez.
{Fragm. des Loher., ms. de Salis, Bartsch, Zeits-
chrift, 188U, p. 579.)
— Almosne florie ; voir Almosne, t. 1,
p. 227', et au Supplément.
FLORIEMENT, flour., adv,, en fleuris-
sant :
Floralilcr, Jloriemcnt. (Catholicon, Ri-
chel. 1. 17881.)
Floraliter, flouriement. (1464, J. Laga-
DEUC, CalAot., éd. Auflret de Quoetqueue-
ran, Bibl. Quimper.)
FLORiERE, flouriere, s. f., marchande
de fleurs, bouquetière :
Floriere. (Vocab. des métiers, ap. Géraud,
Paris sous Phil. le Bel.)
Lors je diz, madame, or tous place
A moy dire la vérité
De vostre nom, jrant voulenté
En ay. Lors me dist : Je suys clamée
Flouriere a Prouesse Tamee.
{La Jourti. i'Onneur et de Prouesse, Richel. 1997,
P 44 T».)
— Boite à mettre la fleur de farine :
Une flouriere et une panière. (1S71, Mo-
bil, de la halle de Uélhune, La Fons, Art.
du Nord, p. llo.)
Trois petites flourieres. {Pièce de 1571,
ap. Beauvillé, Doc. inédits sur la Picardie,
IV, 326.)
FLORIN, flour., fleur., s. m., petite
fleur:
Et nature envoisie par son soutiï engin
La revest et polist de maint divers florin (la cam-
[pagne).
(Veus dou paon, Richel. l'iSl, f" 6C r°.)
Et nature envoisie, par son sntil latin.
Les revest et repaist (les .près) de maint divers
[floiirin,
(Ib., ms. Rouen, f" 59 r°.)
L'autre ier, par une matinée.
On temps que rose est matin née
Qui s'orgueille a l'issir d'yver.
Apres Je maint florin divers
Sont vestus bois et reconvers.
(WATBiQnET, Pars., li Dis de la fontaine d'amours,
p. toi, Scheler.)
— Fleuret ou filoselle:
Nules mestreses du mestier ne pueent
ne ne doivent ourdir fil aveques soie, ne
flourin aveques soie, pource que l'uevre
est fause et mauvese. (Est. Boil., Liv.
des mest., l" p., xxxvill, 4, Lespinasse et
Bonnardot.)
Que nuls dudit mestier ne face ruben de
flourin de Monpelier, pour ce qu'il n'est
bon ne souffisant. (lu., ib., xxxiv, 9.)
— Sorte de plume :
Pour 24 livres de plume nommée fleurin
qu'il a mises et employées en ladite
couste. (1403, Compt. rel. d Cb. VII, Cab.
hist., 111, 239.)
— Sorte de poisson :
Pour les malicieus an^inz couranz pour
panre toute manière de poissons, grans et
petits, si que lidil augin essorbissoient
tous les petits poissons, /iortns, et autres.
(1317, Ord., 11, 11.)
Morv., fleurin, matière volatile qui s'é-
chappe d'un feu de cheminée ou d'in-
cendie. Wallon, florindc four, semence de
foin. Florin d'or, le pissenlit.
FLORioN, s. m., fleuron :
Ung inanteltout d'or tirpy,semey de croi-
settes etflorions d'or. (1476, Joj/. égl. Bay.,
î" 80 '', Chapitre de Bayeux.)
Aux deux costes de la bille deux grans
florions d'or tiré semey de perles. {Ib.)
FLORiR, flourir, v. a., garnir de fleurs :
Pour .11. pieches d'entaviement flourir
qui faloient a l'entavlement de le salle.
(1313, Trav. auxchdt. des C" d'Art., Arch.
KK 393, f 46.)
FLORISON, voir Floroison.
FLORissABLE, adj., fleurissaut, fleuri :
.1. courtill jolcus, flnrissable.
(Macé de la Charité, Bible, ms. Tours, t° S', et
Richel. 401, [° i'.)
Et nostre Hz est florissablcs,
D'odor, de vertnz odorahles.
(iD., ib., Richel. 401, T lOG''.)
El chief d'un haat monll delitable.
Tous jours bians, tons jours florissable.
(labl. d-(k'.. Ars. 506'.), f 103''.)
Près llorissahles.
Près florissables.
(G. Macii., Poes., Richel.
Ub., r 193'.)
!2i, raoi'.)
Timiniis, florissables, dous, soacl.{Gloss.
de Salins.)
Vernus, délectables, florissables ou de
printemps. {Ib.)
Le cueur esjoyans aura aage florissabld
(Bible, Prov. de Salomon , ch. 17, éd.
1543.)
FLORissAMMENT, adv., d'uue manière
florissante :
Quand il eut (Aristote) très florissam-
ment enseigniet plusieurs ans en Athènes...
(FossETiER, Cron. Marg., ms. Brux. 10512
VIII, IV, 24.)
Fi.ORissANCE, flour., S. f., action de
fleurir, état de ce qui est en fleur, de ce
qui fleurit :
Ne oncqncs puis n'en est la /lorissance
Veue essourdre on prendre espanissance.
(La Compl. de Dignant, Anal, leod., v. 90,
Chron. belg.)
Notez anssy que la puissance
Des empereurs, en cas de guerre,
Avoit encores /lorissance
Par plusieurs climats de la terre.
(Mijsl. de S. Did., p. 4, Carn.andot.)
Que a Romme jadis on trouvoit
Sobriété en florissanee.
(N. DE LA Cdessaïe, Comdamn. de Bancguet,
p. 354, Jacob.)
Rousee, la belle Pucelle, vint pendre au-
tour des branchettes mille perles rondes
et gemmes claires et transparentes qu'elle
tira de son espargne pour enrichir leur
flourissance. (Le JIaire, Illustr., I, 29, éd.
1548.)
Mirez vous aux faictz vertueux.
Princes de jeune /lorissance.
Pour rendre exemple fructueux,
Quand aage vons donr^ croissance.
(iD., Temple d'honn. el de vertu.)
FLORissEMENT,/!!e«>-., S. m., actlou de
fleurir :
Li florissemens. {De Confessione , ms.
Angers 390, f» 83''.)
Joseph après le florissement de sa verge
print Marie, jaeoit qu'il la refnsasl avant
pour ce qu'il estoit vieulx. {Mir. historial,
Maz. 537, f°16v°.)
Par le florissement de sa verge (d'Aa-
ron). (FossETiER, Cron. Marg., ms. Brux.
I, f'^ 149 V".)
Fleurissement d'arbr(^s. {Trium Ling.
dict., éd. 1604.)
FLORKssEURE, flour., S. f., flcur :
Tes nons de lonz les biens est la florisseure.
(G. BE Coi.NCr, .Sa/. JV.-C, ms. Soiss., (" •2:i3''.)
La flourisseure de cbaasteté. (De vita
Chrisli, Richel. 181, f SO''.)
FLORiTiiRE, voir Floreteure.
FLOROISON, florison, s. f.; mod., florai-
son ; estre en floraisons, être au comble du
bonheur :
Quant je vos ting embraciee
Bien estoie en floraisons.
(G. DE SoicNiES, C/mns., Scheler, Troiw. belg.,
nouv. série, p. "iO.)
M
Fl.o
FLO
FLO
Bien estoie en /fnm^i.M.
(MémeelUMsn, ap. Tn^bolieo, r.l,a»s. de Rami de
herriirfs, V.'>
FLORONNER, voir KLEL'ROXNKK.
FLOS, voir Fro.
Ki.oS!>ADE, voir Flassardb.
Fi.oss.viE, voir Fi..vss\iE.
FLOSsevE, voir Ft.Ass.vre.
FLOT, Voir Kno.
FLOTACE,- aije, 3. m., action de dériver
l'ean des rivières dans les prés :
El aura le bailly la garde et gonveme-
raent de l'une des'dites clefz d'iceulx nou-
veaulx veutaille?, pour les clore et ouvrir
pour la nécessité du floUUge desdictz prez.
(1««, Car t. de r Eglise de Terouanne,
p. 296, Duchel et Giry.) i
Il est resté avec ce même sens en Nor-
mandie, vallée d'Yère?.
Morv., flottage, transport par eau des ;
bois flottés; somme flxéc de gré à gré qui i
représentait l'intérêt des marchandises i
li\rées à l'avance. j
FLOTAisoN, s. f., action de dériver |
l'eaa des rivières dans les prés :
Et pourra clore et ouvrir les dictz ven-
tailles pour ouvrer a son dict moulin...
sauf en la saison de flotaison desdictz
prelz. (1446, Cart. de l'Eglise de Terouanne,
p. 296, Ducbel et Uiry.)
Comme flotage, il se dit encore en Nor-
mandie, vallée d'Yères.
Fi.OTANXE. S. f., élnt de ce qui est
agité par les flots ; ûg., état de ce qui est
comme agifé par les Dots :
Il ne Jonra mie au juste omme flo-
tance, en balence ue le lera mie. (Psaut.,
Maz. 238, f« 66 v°.) Lat., Non dabit fluc-
tuationem juslo. {Ps., Liv, 23.)
Fi.oTE, (lotte, s. f., troupe, multitude :
Veei quel /loir ge toi ds cheiiliers.
Hrj Loh., ms. Monip., f* île*.)
r<» les aroie des<-oa6s et veacat,
P. Iss aaiaeas atoie reteaas,
Qoaol aae flotif merrillose lor rrut.
Quatre œil forent les blaos haabcrs Testas.
(ltiiiiB>Rr, Oçier, .S3i, Barrois.)
KallOQ meisme tIc a pie da ceval,
Releaus tuH, ja nos nel remontast,
Qaaat une flolle d'esqaiers s'ailoba.
(lu., i4., 911.)
Bien Teei qae li Siisne sont gnal flole de geot :
Si il dormoient tnit, par le mi>m esciaat,
>'!( auriez ocis d'an moii aaticremeat.
(J. IliiD., Sax., ccxiiii, Michel.)
Mais li cbeval et la fiole des armes lor
alerent par dcsoz les cors. (Artur, Richel.
337, f» 83«.)
Adoncques les six banieres des frere8.se
joiodirent ensamble, et alloient iceulx six
frares en une flotte. (J. o'Arbas, Meltu.,
p. 398, Bibl. elz.)
... Horl ea ont mainte /Iota.
(Ju. DU Prfis, Cetlc de Liège, 6387, Scheler,
Clou, philol.)
Les gens a cheval, que les An^lois
avoient mis au bois dessus dit, saillirent
dehors en flote, et vinrent par derrière sur
la seconde bataille de nos gens. (Juv. DES
llRs., Hist. de Charles Vf, an 1413, Mi-
chaud.)
Qui s'endort an son da rebec
En la flolle, il n'est pas saige.
Car de tons bois, et vert et sec.
Le pins soaTent on f.aict passaige.
(CofiCiLi... Blas. den .Irm ri des Dam., II. m,
Bibl, eli.)
• — Touffe :
Dne flole da poil en a an branc portée,
>lez la char n'a il pas, merchi Dieu, eoleramee,
(Doonde ilaienee, 0916, A. P.)
. — Echeveau de laine :
Le suppliant a pris en l'hostel de Jehan
Veuille quatre flottes de laine. (1416, Arch.
JJ 169, pièce 272.)
— Flot :
Pour les vagues et impétueuses /ZoJ(«s de
la mer. (iferdes Cron.J" 173 v», éd. 1332.)
— Débordement :
Afin d'empecber que Xes flottes et inonda-
tions ne puissent porter dommage. (1572-
1373, Comptes de Jacques Simon, Arch.
mun. Avallon, CC 179.)
— A flole, en radeau :
Tùnniaus vuit qui vienent a flole doi-
vent chascuu obole de rivage. (Est. Boil.,
Liv. des mest., 2' p., iv, 27, Lespinasse et
Bonnardot.)
— Séchoir :
Une pièce de terre ou il y a deux evens
a palis assis l'un au bout de l'autre, assis
en la parroisse Saint Thomas de Saint Lo,
es floles des palis du llesnilcrot. (Acte du
23 ocl. 1476, .Arch. Manche, f"" de l'abbaye
de St-Lô, liasse St-Thomas.)
— Cuve à bière :
Les cuves, flottes et bacquets et autres
vaisseaux d'iceux brasseurs. {Arrêt du
30 mars 1340, Cour des aides de Rouen,
ap. StePal.)
Suisse rom., Vaud, flotte, grande quan-
tité ; Fribourg, une flotte de ûl, un eche-
veau de fll.
FLOTELETE, S. t. f
Andrieus Aubers doit .v. s. a .x. ans
d'une flofelete vers Clermaresch. (1279 ,
Beg. aux bans, Arch. S.-Omer AB xvni,
16, n» 1032.)
1. Fi.oTER, flocler, verbe.
— Act., irriguer un pré en dérivant
l'eau d'une rivière :
Comme les habitans de nostre ville de
Loysons eussent et aient usage de tous
temps et acoustumé de mener et envoler
en pasture leurs bestaulx en certains pas-
turages et marez qui sont situez et assiz
au dessoubz de nostre ville, et aoit la cous-
tume telle que le vachier de ladicte villa
vient chascuu an une fois, c'est assavoir a
mi mars par devers le commandeur, gou-
verneur ou le bailli de nostre dicte ville et
maison eu disant : Aui|uel lez ou partie
est vostre entencion de faire /loct r pour
fauchier et fener eu ceste année ? alin qu'il
puist mener a l'autre lez hestes en pasture,
et on lui fait respouse : Nous ferons floc-
ler lel lez, menez vos bestez eu l'autre...
(1409, Arch. MM 32, f" 27 r".)
— Neutr., couler :
Li vins es narines le flole,
Tn poix, ta boii, ta es estons :
Ton 'entre joue a la pelote.
Et brait : maadil soit il de tons.
(E. Descbamps, Poe's., Riehel. 810. f> i05*.)
II. -Norm., vallée d'Yères, faire flotter un
pré, l'irriguer.
2. Fi.oTEn, voir Froter.
FLOTERESSE, adj. f., sur l.iquelle on
flotte:
Or Dlea n'employa point moins d'art et de sagesse
A séparer les champs de la mer floltresse.
(Do BiRTis. la Semaine, 3" j., p. 70, éd. 1610.)
FLOTERNEL, flolt., S. Ul., pOUrpOÏnt,
casaque :
Le fer lui percha les plattes et sa cotte
de maille et ung floternel emply de soye
retorse. (Froiss., Chron., XI, 291, var.,
Kerv.)
Devant l'autel en la chappelle se desarma
de toutes pièces et se mist en pur son
floternel. (Id., ib., XIII, 179, var.) Var.,
flolternel, éd. Buchon.
Ff^OTINE, S. f. ?
En une flotine de bois, un dener. (1260,
Coût, accord, aux habit, de la Pérouse, ap.
La Thaumassière, Coût, de Berry, p. 99.)
FLOTis, adj., pré flotis, pré sujet aux
inondations :
.III. quartiers de pré flotis. (1383, D«-
nombr. des baill. d'.imieiis, Arch. P 137,
f» 80 r».)
FLOToiER, - oyer, flolt., r. n., agiter
ses flots, être agité :
Une heure senronde et flotoie (la mer).
Antre est Ironble, et antre fois coie.
(Fatl. d'Ov., -Us. 5069, P 23î'.)
— Flotter, voguer :
De manière que le navire flotloyant sur
l'eau les mena peu a peu près de Paso.
(Gentillet, Disc, sur les moyens de bien
gouverner, p. 289, éd. 1377.)
FLOTON, s. m., sorte de radeau :
Nous mismes la sur la rivière de Lesh
les collres, et moi avec d'autres, pour les
conduire a Augsbourg sur un ^oton, qu'ils
nomment : ce sont des pièces de bois
jointes ensamble qui s'estandent quand on
est a port. (JlONT., Yoyag., p. 49, éd. 1774.)
— Petite houppe qui flotte au vent :
Parmi les (pigeons) pattes, s'en treure
des huppes, qui ont une creste a la teste,
assavoir un floton de plumes eslevee en
arrière, ((t. DE Serr., Th. d'agr., V, 9, éd.
1603.)
FLOTTE, voir Flûte.
1. FLOU, voir FoLC.
2. FLOU, voir Flo 1.
FLOUEMENT, adv., misérablement :
Jamais n'iert jors qne il n'en, soit dolant
Ki qae se vie ne querroU ftouemenl
Et a la perte ne fanrra il noient.
(Let Loh.. lUchel. 1631. ap. Victor, llandfelir. der
Cesledet Loh., p. 71.)
Cf. Flo 1.
FLO
FLOUER, V. n., faiblir :
II est bien fore» que l'on flove-
(CntTAiET, Vysl- S. Christ., F i.)
. Cf. Flo 1.
FLoriN, fluin, s. m., vaisseau IfSger :
Voyez cy pre? nostrp nauf deux lutz,
trovs flouïns, cinq ctiirpe?- (Rab., 1. IV,
c. 22, .-«i. 1552.)
La cliarpenlerie de vaisseaux et navires
/entend) n adresser un fluin. (Le Plessis,
Ethiq. d'Arist., !" l r», l-d. 1553.)
Et estant le Redouli^ l'nn de nos flouins, \
a l'endroit de ces navires qui estoient en j
feu, il se jette environ trois cens de noz
hommes, tout d'une volée, pour eux sauver
en iceiui. (lS5o, Bat. nav. des Diepp. et
Flam., Arcli. cur., l" sér., t. III, p. 163.)
Soixante flouins. et vinRt cinq palleres.
(Mabt. du Bei-lay, Mém., 1- X, f" 341 r»,
éd. 1569.)
FboUR, voir Fleur 2.
FLOURABLF.MEXT, VOir FLOUABLEMEKT.
FLOunANT, adj., odoriférant, forme de
fleurant, établi par confusion avec flai-
rant :
Itoses, violctes ne lis,
N'erbes flourans n'anlrcs delis.
(Cbk. df. Pis»n, f-ir. du Chi-min âe long esttidr.
779, Pûschel.)
Cf. Flairant.
flourcelIjF, voir Flobcele.
Fi.ouRÉ, voir Flore.
FLOUREE, voir Fledree.
FLOURENCE, VOir FLORENCE.
FLOURET, voir FlOHET.
FLOURETÉ, VOirFLORETÉ.
FLOURETER, VOir FLORETEK.
FLOURETTE, VOir FlORETTE.
FLOURIESIENT, VOir FLORIEMENT.
FLOURIERE, VOlr FLORIERE.
1. FLOURiN, S. m., sorte de teinture :
Chose lainte de flourin de chaudière, ne
de nule autre fauce tainlure. (E. BoiL.,
Liv. des mest.. 1* p., lxxvi, 5, Lespinasse
et Bonnardot.)
2. FLOURIN, voir Florin.
FLOURiii, voir Florib.
FLOURISSANCE, VOir FL0RISS.4NCE.
FLOURissEURE, voir Florisseuee.
FLOURITURE, voir Floretechk.
FLOURONNER, VOlr FLEURONNER.
FLOUss.vYE, voir Flassaie.
FLOux, adj. 1
Un camabieu d'un chien floux assis en
un annel tout plain. (1380, Jnv. de Ch. V,
ap. Laborde, Emaux.)
FLoxE, s. f., abreuvoir, mare :
Et partant secbont tant de puches, de
FLU
fontaines et (loa:cs, et furent les riviers si
petit que nierveilhe. (.1. DE Stavelot,
Chron., p. 502, Borpnet.)
Cf. Floc 2.
Fi.oz, voir Floc 2.
1. FLi:, s. m., fléau?
Icelluy escuicr se parti de son hostel ap-
parellé d'un flu, acompaignez de trois var-
iez avec lesquels il s'en ala au devant du-
dit bripant. (19 mars 1382, les Godins on
brig. de Nivertt.. Picc. rel. an rèp. de
Ch. VI, t. I, p. 29.)
2. FLU, voir Flun.
FLUABLE, floiahle. adj., qui coule, li-
quide :
Liquidns, fluahle. {Catholicon, Ricliel. 1.
17881.)
Lnbilis, floiahle. {Gloss. de Salins.)
FLUANT, voir Fluent.
FLUC, voir FOLC.
FLUCQ, S. f. ?
Viviers a usase de peschervc avec la
flucq. (1S7S, S.-Omer, ap. La Fons, Gloss.
ms., Bibl. Amiens.)
FLUCTUANT, adj., flottant :
I.'espoir dn monde et recLiim salnlaire.
Ciel immobile n fluctuant navire,
(n. Chastemain, l.nuenge a la Ires qlor. vierfjc,
VIII, 27i), Kertyn.)
Fi.ucTiEMENT, S. 111., .igltalion des
Ilots, employé au fig. dans l'ex. suiv. :
Flucluemens de larmes. (J. Bouchet,
Mém. de La Trém., ch. xxvlll, Petitot.)
FLUCTUER, V. n., C'tre porté, Être agité
par les flots :
Autour de cesle pree fluctuoil ung ruis-
seau d'eau clere. (J. BoucuET, la Noble
Dame, f» 92 v«, éd. 1536.)
— Par extens. :
Et fluctuoil comme d'nne fonlainc
Le très cher sang de celle chair hnmaine.
a. HorcnET, la r<ol/le Dame, P 73 t°, éd. 1536.)
— Etre agité par le vent :
Les banieres des princes avoient coni-
mencié a floter et a fluctuer. (Bersuihe,
T. Liv., ms. Ste-Gen., f" 310'.)
— Fig., errer çà et l.'i avec agitation :
II, memorant loolcs les choses telles,
Pcnijoil sans cesse diverses fins mortelles
En .son conraijje, pnys ça pnys la fluctue.
Et moult désire qne promplenient se lue.
(0. iiK S. Gel., hneid., Hichel. 861, P 109''.)
Fi.UE, S. f., flueur, écoulement:
Impaciens de sa vieillesce
Po voit, et plain est desonrdesse:
Il se conrresse de legier,
Po pupt ne boire, ne mangier ;
n'nne flue sa lionclic sent.
Et 1res fort li flairent li dent.
Œ. Descoamps, Poés., Ricliel. SiO, P :i35'.)
FLUEMENT, S. m., écoulemcnt :
Le fluemenl îles aiguës. (Eslories Rogîer,
Hichel. 20128, f Si»".)
j La cegue refraint et purge toutes autres
I ferveurs et fluemens de humeurs supera-
FLU
3!>
bondanli's. Jnni. de snnic. !, l|:;, iiupr. la
Minerve.)
— Chute :
Contre la clieuste et fluemenl des nhe-
veulx. {Jard. de sanlé. Il, 157, impr. la Mi-
nerve.)
FLUENT. - (int, ndj.. qui coule :
C'est don de Dien, fluani des cienix.
(Jeh. de Meonc, /fs nemonsir. de Kal., 783,
Méon.)
.le vous meneray jusques a la terre
fluente de laid et de miel. {Prem. vol. des
expos, des Ep. et Ev. de Kar.. 1° 95 v» éd.
1519.)
C'est chose mobile que le temps, et qui
npparoist comme en ombre, avec la ma-
tière coulante et fluante tousjoiirs. (Mont.,
Ess., 1. II, c. 12, p. 399, éd. 1.595.)
— Fig., fluide:
En ensnyvant celle fluanl doctrine.
(J. Ti'AuTON, Chron., Iticliel. ,^082. esorde.)
Cnmme de faictz non onys et mirahles,
rtont les fluan.i orateurs rethoriijiies
l^nrichissent leurs chambres et lioiiliqnes.
(ID., il/., Hichel. .S083, exorde >
Vostre cloqncnt parler
Est si fluent.
(J. P.oi!cnET, F.p. fam., 1" p., xviii, éd. 154:;.)
Ce qne ne doy moins loner cl priser
One la fontaine on faicles espiiîser
Vostre fluante et douce poésie.
(Ch. Fontaine, les liuiss. de fontaine, p. 287.
éd. \^i\^.)
• — S. m., cours d'enii :
Rivières et fliiens. (1395. Valencieniies,
ap. La Fons, Gloss. ms., lîibl. Amieus.)
La figure des rivières, fluens. (1518, Bé-
thune, La Fons, Art. du Nord, p. 17.1.)
FLT'ENTE, s. f., écoulement, action de
couler :
(Les) fontaines lesquelles composent et
entretiennent perpétuellement la /ilKcnfe des
niissenux et rivières. (Les Us et Coutumes
delà mer, p. 153, éd. 1671)
Voltaire a employé ce mot pour dési-
gner la course rapide du temps.
l'i.UER, floer, verbe.
— Neutr., couler :
El fissent la rivière d'Escault /ïoer ent^ur
le ville. (Froiss., Chron:, III, 138, Kerv.)
L'eaue qui de [ilain cours devoit des-
chendre cl fluer en ladite ville, alloil fluer
et desc^liendre par dehors la fortresche
d'icellc ])ar ce que lesdils religieux ne re-
tenoient lias les rivières, cauchies ou es-
pondes. (1448, Cart. Ale.ravdre de Corbte,
Hichel. 24144.)
— Act., laisser couler :
Une foutaiue fluente vin blanc et clairet.
(15 sept. 1548, Ueg. des Conclus., Arch.
mun. Angers, BB 29, f" 209.)
FLUET, fluyt, s. m., tlcuve :
Les rives basses et li fines petis.
(Les Loh., Vat. Urb. ^iln, f H''.)
Quant il cez choses ot dit, mânes soi
donal en orison, et li oz del duc ci de-
vant dit par enbel curs jiarvint al fluet
Vulturnum. {Dial. de S. Greg., 1. I, cb. 2,
]i, 11, Foerster.)
«0
FLU
FLU
FLU
— Klux di- vonlre :
Le cerfueil osto le Tomisscnient et le
fluyl du veutre. {Régime de santé, t' 56 V,
Robinet.)
FLUEUR, S. f., écoulement :
Les autre? dicnt que toute ceste flueur
et cours de nier ainsi allant et venant pro-
cède dos destroys de la mer. {Chron. et
hist. saint, et prof., Ars. 3315, f* 58 v<>.)
— Menslrui'S :
Femmes qui jamais n'ont eu leurs
flufurs. (li. BorcuKT, Serees, l, 96,Roybet.)
— Infiltration :
Il n'y a aucune? flueiirs en leurs mines.
(Selon, Singularitez, I, 50, éd. 1554.)
Fix'EVE, s. m., entraînement, égare-
ment :
En joD«c« nie vinl cils flimes ;
l'.ir s'en rieltece ro'enist pris,
l'eaisse esté Iroo dur apris.
(Fkoiss.. Poés., II, 3, 70, Scheler.)
PLUiN, voir Flouix.
FLUiR, ftuyr, V. n., couler :
La quelle (caul joskes a or fluisi planti-
vousenient. {Dial. de S. Greg., liv. Il, ch.
5, p. 67, Foerster.)
La maulve fait fluyr les menstrues des
femmes par sa prande bumectation. (Ré-
gime de santé, (' 52 v», Robinet.)
La praine de moustarde fait fluir les
larmes es yeux. {Ib., 1° 55 r».)
Armoise fait pni/r et provocquelcs fleurs
des femmes. {Jard. de santé, p. 39, impr.
la Minerve.)
PLUissEMEXT, - ant, s. m., action de
couler :
Fluctu?, flot, fluissemens. {Catholicon, Ri-
-hel. 1. 17881.)
Fluctus, flot, (luissemans. (Gloss. de
Salins.)
FLUiTÉ, S. /..abondance :
Se fluité et trop prant babundance de
lanpaipe y est trouvé (dans ce recueil des
cronicques et bistoires du royaulme d'En-
i;leterre)...(\V.\vRis, ylncA. Crbn.d'£îig/eî.,
I, 4, Soc. de ni. du Fr.)
FLUSi, voir FLrN.
FLUMAIRE, - are, fleumaire, s. lu. et
f., fleuve :
Li pumaire cstoient fi roil, si grant, si
parfont et si anious ke, se parles miracles
'le Uiu u'i passoil ou, nus boni n'en peust
venir a cliief. (11. de Val., Contin. de
l'hist. de la conq. de Constant., S63,\\ai\ly.)
Tes flumaires de la miséricorde passent
sur moy. (Psaul. , Richel. 1761, f''59>'.)
Il ne purent pas toutes foiz chevauchier
por le mauvais temps pour la nef et pour
les pluies que il faisoit aucunes fois moult
ifrans; et des praus fleumaires que il trou-
voient, que il ne povoient passer. (Liv. de
Mare Pot, viii, var., l'autbier.) Impr.,
flemnaires.
Il y avoil bonnes paslures et grant flu-
:naifes. (Ib., lxiii.) Iilipr., fluviaires.
Comment qu'il aient leurs palees,
Près de .ce, bien apreslees
Qui llolent dcdeot le pumaire.
{.Hachait, Pri$e d'Alex., 605C, Ma»-Latric.)
Quant li princes fu lopies desot Carai-
tniue en celle belle flumare. (Liv. de la
Conq. delà Moree, p. 221, Buclion.)
La flumaire de la Klade. (76., p. 422.)
FLUMARE, voir FLU.tfAIRK.
FLmiATiQiTE, voir Flkumatioue.
FLUME, voir Fleu.\ie.
FLUMME, voir FLEn.MK.
Fi.uN, flum, fleum, flem, flon, flom,
pu, peu, s. m. et f., fleuve :
Les divisiuns del pum de lui esleecent
la citet de sun Deu. (Liv. des Ps., Cam-
bridgCj XLV, 4, Michel.)
E flum Jorda lavet e Inleet.
(Canl. des Canl-, 18.)
Oui JesDCrist tant honora
Coq /îiin Jordain lou batisa.
(Wace, Conception, Brit. Mus. add. 15G0G,
f» i:*^.)
Pedanz lo /l'im de Paradis.
(Bex., Troie, 133"2, Joly.)
Bastisies fus. Sire, el /l>im Jordant.
(K.MMB., Ogier, 11G39, Barrois.)
Com se ce fnst li fluns an deable.
(ia r.harrelle. Vat. Çhr. 1723, t° 12'.)
La saint aiguë dou fln .Tordain.
(Pnrophr. du ps. Eruclaril, Brit. Mus. add.
15G06, f° 21''.)
E bantizai le el flem Jordan. (Ms. Brit.
Mus. Egerton 613, f» 17 v°.)
Fluns de doçor, fontaine et puis.
(G. deCoi.nci, Mir., ms. Brux., f H'.)
FontnÎDe de douçor, fluns àe miséricorde,
Ne daingne consentir qu'a nul pechîé n'amorde.
(Prière de Théophile, Ricbel. 837. f° 192''.)
F,t firent .i. pont de neis parmi le flun
qui moût est larges et parfonz pour tolir
cens de Damiete le port. (MÉN. DE Rei.MS,
I.ÏO, Wailly.)
Et de cel eslanc rcst li fions
One nous .Tourdain apîelons.
(MorsK., Chron., 10971, Ueiff.)
Trespassoit le pum. (Grand. Cron. de
France, les pestes du roy Loys fils de
Cbarle le Simple, m, P. Paris.)
Tant qu'il vimlrent a passer le pum dou
destreit. ^Cont. de G. de Tyr, ms. Florence
Laur. XXIV.)
Et cbeTauchcDt trois routes lez le flum sur l'araine.
(Les Vœux du Paon, Richel. 3fi8, V 89'.)
Une montaignette qui est avironnee d'un
Pun qui part es deux pars dessoubs le
chaslel et par desot. (Liv. de la Conq. de
la Moree, p. 458, Bucbon.)
Tellement eubairenl roy Piètre celle gent
Que le commun qui vit la teste la présent,
La prindrent el eclerent tosl et apertement
En .1. flom qui la est qui en la mer dessent<
(Cuv., Bertran du Gueschn, 1684S, Cbarrière.)
Impr., flour.
Li cheval l'omperenr
En une flu de ebaude eawe passât, s'est recnleU.
(Jeh. dks Prf.is, Geste de liège, 13431, Scheler,
Gloss. philol.)
Seigneurs, ou temps que je vivoie
Ou fleu Jourdain le baptisé.
(Pass. y. -S., Jub., Slyst.. Il, 293.)
— Les eaux de la mer subissant l'effet
du flux et reflux, flux, marée :
Une moût prosse ville seans sour le pun
de la nier. (Fiioiss., Chron., U, 384, Luce,
ms. Amiens.)
Je sny unf; gués la ou .xil. hommes
passeroient bien de froncq deux fois entre
jour et nuit, car li puns de la mer i est.
(Id., t6., V, H,Kerv.)
Li contes de Honstidonne a ptm de la mer
se desancra. (Id., ib., IV, 422, Kerv.)
llaiuibon siet droitenient sus un bon
port de mer et en va li puns tout autour
par grans fosses. (Id., ib., III, 357.)
— Fluiide venlre, flux de ventre :
Si le prist un pum de ventre dont il mo-
rut. (Grand. Cron. de France, la vie Mgr
Saint Loys, xxill, P. Paris.)
Le Flon, nom d'un ruisseau qui passe à
Lausanne.
FLuni, voir Floui.
FLUSIBLE, voir Fluxible.
FLUSTEL, voir Flautel.
FLUSTEUR, voir Flauteur.
FLUTTiF, adj., qui s'écoule, qui se dis-
sipe promptement :
Puis noler les delis du monde
Ou toutes vanités I^abonde
En fluttive niuabletes.
(Mélam. d'Ov., p. 91, Tarbé.)
FLUVAiRE, S. m., fleuve :
Trescourant puvaire. (Maiz., Songe du
vielpel., I, 9, Ars. 26S2.)
FLuviEL, adj., de fleuve :
Ypotame est uns peissons qui est apelez
cheval puviel, porce que il naist el flun de
Nile. (Bhun. Lat., Très., p. 189, Chabaille.)
FLuviEus, adj., du fleuve, fluvial :
Fluviosus, puvieus. (Catholicon, Richel.
1. 17881.)
La cuminiction puvieuse de Caprelle et
de la mer. (Le Baud., Hist. de Bret., c. I,
éd. 1038.)
FLUXIBLE, pusible, adj., coulant, li-
quide, fluide ;
Le baing rent le corps puxible et plus
aiablea purgacion. (frobi. d'^lrist., Richel.
210, f» 73 v°.)
Le llus des choses pusibles. (H. de Mon-
DEVILle, Richel. 2030, f° 79».)
Les sons qui sont moult puxibles. (Id.,
f 17=.)
Oyseuse met les humeurs en repos, et
dormir les fait puxibles. (B. de Gord.,
Pialiq., III, 16, éd. 1493.)
Sang puxible. (Id., ib., IV, 6.)
Humeur fluxible. (Prem. vol. des expos,
des Ep. el Eo. de Kar., 1" 83 r», éd. 1519.)
La vertus de la camomille est que elle
résolve et conforte les membres puxibles.
(Jard. de santé, p. 85, impr. la Minerve.)
Membres puxibles et débiles. (Ib., I, 206.)
— Fig., changeant :
l'or prendre la gent sarrazine
Qui plus est fluiible et movable.
(Macé de la Chaiuii:, Bible, Kichel. -401, f t9.ï'.)
Que la médecine soit bien puxible, c'est
a dire bien mouvable. (Evrart de ContY,
Probl. d'Ar., Hichel. 210, f 33 r».)
La volunté du monde est aymer choses
puxibles et peu durables. (J. BOCCHET,
Noble Dame, f» 114 v«, éd. 1536.)
FOC
FOE
FOI
41
T'LUxiniMTÉ, S. f., qualité de ce qui
«t fluide, coulant, liquide :
Le vin. ..pour sa liqueur el fluxibililé aide
a porter la viande par les autres membres.
(EvHAHT DE CONTY, Ptobl. d'Ar., Richel.
210, C 6 r».)
La semence de serapion est bonne a la
relaxation de la nature de la femme et a la
fluxibilité du fondement. (Jard. de santé,
1,91, impr. la .Minerve.)
— Fig., qualité de ce qui passe rapide-
ment :
Considérer la fluxibililé de la vie humai-
ne. (Mer des cron., f« 209 r», éd. 1532.)
FLUxiu, V. n., répandre ses eaux:
L'ne fonteine qui estoit souz terre fluxi
si grandement que tonniaux et autres
choses nui ilueques estoient elle porta
dehors a {luise d'un grant fleuve. (Ber-
sutRE, r. fJv., ms. Ste-Gen., f° 221''.)
Une fontaine qui estoit soubz terre /luxit
si grandement. {Sec. décade de Tit. Liv.,
IV, 4, éd. 1330.)
FLUYT, voir Floet.
FOAGE, voir FOUAGE.
FOAGiEit, voir Feagieh.
FOAYLI.E, voir Fouaille.
FOBERT, foub., - iert, adj. et s., celui
qui se laisse facilement duper, jobard :
Qui de le crois ne se reraort
Eq cni Diens por nos soffri mort
Ne joera mie a fo«ber(,
Ains avéra ce qa'il dessert.
(l'ers de le morl. Richel. 37.';, f 338*.)
Vos me gabez, par saint Lorenz;
Trop me tenez bien por foubert.
(OU des Avocas, 166, G. Rajnaad, Romanitt,
t. XII. p. -in.)
Ki a daines il a gaaini;.
Bien Tosdoit estre descovert,
Nons avons troré an foubierl.
Si l'ai en covent a amer,
Mais ains le cnic bien entamer
Le borsee k'il a si hnvee.
iU Lais de Courtois, Richel. 1553, f» 499 t°.)
Sire dus, je ai non Trnberl,
Bien Tons pnis tenir por folerl.
Je sni cil qui ros acoapi.
(D. Latfsne, Trubert, Richel. 2188, r 15 r».)
Fol conseil el foubert.
(Berle, 875, Scheler.l
Nom propre, Foubert.
FOBERTEn, fuberler, v. n., tricher :
Chascans fuherte en cestevile.
(Ao. DE LA Halle, Congié, Conssemaker, p. 275.)
FOBLETÉ, voir FOIBLETÉ.
1. FOC, S. m.?
Les deux autres achetèrent le reste, les
marres, les bêches, les focz, les rasteaux,
les barils. (Hist. Maccar. de Merlin Cocc,
IX, Bibl. gaul.)
2. FOC? Locut., tenir le foc en Veaue. Si
foc n'est pas une mauvaise lecture, cette
locution répond exactement à tenir le bec
dans l'eau :
Le dit chanoine leur conseilla (aux con-
jurés) que, sans longuement tenir le foc
en IVaue, afin que l'embusche ne fusist
descouverte, et que la dite besongne fust
mise a exécution... (Molinkt, Chron., ch.
XXXIV, Buchon.)
3. FOC, voir FoLC.
FOCAL, adj., qui appartient au foyer:
Teair focale résidence.
(Coût, de Uorm. en vers, V 30'', ap. Ste-Pal.)
FOCALE, s. m., sorte de bonnet ou de
capuchon qui couvrait la tête et le col :
Les officiers du parlement de Paris ont
retenu la mode de porter le chapperon sur
l'espaule, et, sortans hors du palais, au
lieu des chapperons, portent une comète
de tafetas que les anciens appelloient
focale. (A. DU Verdier, Div. Lee, p. 545,
éd. 1616.)
FOCE, s. f., la partie supérieure de
l'œsophage :
Abeche le (le faucon) au matin, si qu'il
ait la foce de la gorge pleine, sans plus.
(Modus, f» 80 y, Blaze.)
FOCEABLE, VOir FOSSOIABLE.
FOCELÉ, voir FOSSELÉ.
FOCERIER, voir FOSSERIER.
FOCEUR, voir FOSSOR.
FOCILLIER, voir FOSSILLIER.
FocRE, S. m., sorte de canon :
Trois gros canons de fer appeliez focres
avecques leurs afustz. (Compte, Arch.
mun. Compiegne, B 4.)
FODiNE, S. f., mine :
11 y a fodines de metauls a faire chaul-
drons bons asses. (Fossetier, Cron.
Marg., ms. Brux. 10512, VIII, n, 3.)
Congié demande de veoir les fodines et
minières d'or. (P. SIart., Rec. des Isles,
f» 174 ve.)
Cf. Fouine.
FOEBLEMENT, Voir FOIBI.EMENT.
FOEE, voir FotlEE.
FOEILLART, VOJr FOEII.LART.
FOEILLET, voir FUEILLET.
FOEILLIE, voir FUEILLIE.
FOELLIR, voir FUEILLIR.
FOELf-YE, voir FUEILLIE.
FOEMININEMENT, VOir FEMININEMENT.
FOENE, voir FOIN'E.
FOENTEMENT,
Supplément.
voir Faintement au
FOER, voir FuEn.
1. FOERMANCHE, voir FERMANCE.
2. FOERMANCHE, VOir FORMANCE.
FOESON, voir FOISO.N.
FOESSELLE, VOir FiSSELE.
FOETELR, voir FeTEUR.
FOETURE, S. f., production :
Leselemens et lenr fmture
Il créa.
(Jeh. de Meonu, Itemonsir. de Nal.. ilH, Méon.)
FOEUCQUETE, voir Fecquete.
FOEUILLIR, voir FUEILLIR.
FOEULETTER, VOir FdEILLETER.
FOEULLER, voir FUEILLIER.
FOEULLIE, VOirFtlEILLIE.
FOEULLY, voir FUEILLI.
FOEUR, voir FUER.
FOEURE, voir FtJERRE.
FOGAT, S. m., lanterne à feu pour pê-
cher :
Rames, seurs, fogals, nasses pellees...
desquels engins nous delfendons que l'on
ne pcsche de nuit. (1326, Ord., I, 793.)
FOGNER, voir FONG.NER.
FOI, S. m., terme de vénerie :
Les cerfs sont si malicieux de leur na-
ture qu'ilz viandent sur eulx mesmes
enmv les fois sens aler hors aus champs ne
aux tailles. (Gast. Feb., Maz. 514, f» Sl^)
FOIABLE, voir FIABLE.
FOIABLEMENT, VOir FlABLEMENT.
FOIAL, voir FEAL.
FOIALMENT, VOir FEAL.MENT.
FOiALTÉ, voir Fealté.
FOIAULETET, VOir FEALTÉ.
FOIALTEE, voir FEALTÉ.
FOIAUBLE, voir FIABLE.
FoiAUMENT, voir Fealment.
FoiAVLE, voir Fiable.
FOiBLAGE, feblage, feiblage, flebage, s.
m., faiblesse, en parlantdu poids;des mon-
naies, permission que le roi accordait
aux maîtres des monnaies de pouvoir tenir
le marc d'espèce plus faible d'une certaine
quantité de grains que le poids juste :
Aussi estoient lesdiz deniers foibles di;
pois .111. quars de denier pour marc, qui
se monte xvi s. t. pour marc ou environ.
Lequel flebage ilz n'ont mie escript en leurs
papiers. (13 nov. 1399, liemiss., Douét
d'Arcq, Piéc. rel. ait, règne de Ch. VI, I,
161.)
Enjoignons que lesdits deniers blancs
vous faictes délivrer par les gardes de
nostredicte monnoye, comme on a accous-
tumé de faire, nonobstant ledit feiblage.
(1418, Ord., X, 511.)
Droits de monnoye, boettes, monneages,
brassages, /'o(()ta3es,escharcettes de poids.
(Sully, CEcon. roy., cli. clxxxviii. Mi-
chaud.)
— La monnaie faible elle-même :
Se il estoit trouvé que il tresissent le
foiblage de leur brève il seroient mis hors
du mestier. (1324, Arch. JJ 62, C 140 r» ;
Ord., I, 80S.J
Soupeçonnezet accoutumez de marchans
der de feblage et de monnoye estrangerc.
•6
4S
FOI
FOI
FOI
ileffendues, fausses et contrefaites, etc.
(1356, Ord., III, 149.)
Voyant )e prnnd cours qu'avoient toutes
luonùoies du royaume, ou estrauperes, de
poids, ou leperes, ou bonnes, ou mau-
vaises, plusieurs mauvais hommes en abu-
foient, les uns d'apporter foiblage, les
autres de ronpner et laver pièces d'or.
(Sevssel, Loueng. de Louis XII, p. 18, éd.
1508.)
Foiblage se disait encore an milien dn
xvn* s. :
11 pourra fabriquer les dites espèces en
telle qualité qu'il lui plaira, soit de jour,
soit de nuit, tant au marteau comme bon
lui semblera, sans être tenu au foiblage du
poids ou escliarcetlé d'aloy avec le remède
accoustumé au.v autres monnoies. {Acte du
24 déc. 1666, Fabrique de la monnoie de
la principauté de Sabourg, Arch. Alp.-
-Marit., f" l.erins.)
FOIBLAGE, voir FOIBLECE.
FoiBLANCE, S. t., faiblessc :
La çraiue de basilic donne secours au.'c
foiblances et passions du coeur. (Trad. de
l'Hyst. des plant, de L. Fousch, ch. ccviil,
éd. 1549.)
FOiBLE, foirle, fiehle, foble, fettble,feble,
fetle, fueible.floihe, floive, fleble, flebe, fleibe,
flate, flaive, flere, flei^ve, adj., qui manque
de force, ïefaibte moderne, avec toutes ses
nuances I de significations :
(I (tt >i flfUei qn'il ne poet en avant.
(flo/., 2^-28, Mûller.)
Cant DOS sûmes filb de Deu apeleit, dont
est il droiz ke nos les oevres et les faiz
aprendoDs de nostre père. Aprendons les
en tant ke nostre (loice conscience en puet
comprendre. (Dial. Greg., de Sapientia,
p. 285, Foersler.)
L'epyptiien enfant cuili Amalechite lais-
sent ffoibe et malade en la voie. {Job, Ler.
de Liucy, |>. SIO.)
Aparmeimes devcrret mois et flaves.
(U Epistle Saint Bernard a iîont Deu, uis.
Verdun 7a, f» 4o r».)
Mais nos veons mainz povres cuy om i
n'en alrovereit mies de si flave cuer et si '
tristes. (S. Uern., Serm., dans Orell, AU- \
franz. Gramm-i Lat., Adeo pusillanimes et ,
tristes.
Je ne vis onques un si fevle viellart.
(S. Graal, Vat. Cbr. 1687, f» 94^)
Se li mouove clmingievel en plus fort
ou en plus pete. (1226, Cari. S. Vinc., Ri-
chel. 1. 10023, (' 23.)
Fleliet est.
(H. d'Axd., du Chaneel., mi. Brit. Mus Harl.,
P 90'.)
Si fnlrt qa'aat rostis gattiaos.
<«<«<■, Val. OU. 1212, r fiO'.)
VÏQA pHbes.
(/».. Val. Chr. 1858, T 70*.)
Je seroie aussi {evles c'uns autres homs,
{Bib. hitt., Maz. 532, f» 84'.)
Il res uit deniers de la terre flesve mon-
noie. {Paaige de Hortille, Recette des
prières, feuaiges, Arch. Manche.)
A feuble monnoie. (1307, Arch. S 4259,
pièce 29.)
S'il ovenoil qu'il i east sis forz et sis
feublis an marc. (1310, Ord., i, 478.)
Afamet sont et magre, monlt /'oUf et nionlt mes-
(qnant.
(Baud. df.'ii-li., \\\, 1202, Bocca.)
Poor Dieu pense qoe pen dure
Pu corps li foiftf joinctore.
(Anii Claudiatius, Bichel. 1G34, (° 30 t".)
Imbecillis, foivles. {Gloss. de Louai, Es-
callier.)
Laquelle ( maison )eslûit/repe et ruyneuse.
(1336, Arch. JJ 70, f» 41 v».)
• A Jehan la Late, xx liv., pour bontés,
pour II' LXIX liv. fleve monnoyc que on li
doit a Noël. (1337, Arch. adm. de la tille
de Reims, il, 758, Doc. iuéd.)
Somme toute de la fleble monoie. {Compte
C
de 1341, Ch. des comptes de Dole, -— , ,
'404
Arch. Doubs.)
Dou tans de le foivle monnoie. {Compte
de Gandrart d'Andegnies, 1352-13S3,f°18v'',
Arch. mun. Valencienncs CC 2, 924'''.)
Monnoie flesve ou fort. (13S3, Frais fais
par P. de Chaton pour Vécheo. de Reims,
Arch. adiiiin. de Reims, 111,37, Doc. inéd.)
Fevle monnoie couroit en celi tainps.
(Ascens. 1357, Compt. du receveur d Lens,
Arch. Nord.)
Et (lar ce sont flebles ou inliabilles a bons
faiz d'armes. (Oresme, Yconomiq., f" 3'',
éd. 1489.)
Gardes que rien n'i escbappe ne fiebe ne Tort.
{nalaille des (renie Englois el des trente Bretons,
287, Crapelel.)
Les arbalestriers qui, dans cette cir-
constance accompagnent les collèges et
fiertre de Saint Pierre el la loy, reçoivent
un I. febles en courtoisie ; les archers, xL s.
fcbles. (1418, Dépenses, etc., Ann. de la Soc.
de l'hist. de Fr., 1864.)
En fieble monnoye. (1440, Compl. de B.
Blondel, Arch. Eure.)
Ont lantoist les caers /taivcz.
(jF.n. DES Pbeis, Geste de Liège, 35165, .Scheler,
Gloss. philol.)
A le fort du fueible besoing.
(Quatrains moraux, xxxix, tirés d'an ms. du
xv' s.)
Je TCiiz que la mort le plus fort
Comme le fleibe tend a prendre.
(Danse macabre des hommes, éd. 14Sfi, Baillen.)
Si l'on TOns dit : Faictes nng tel atTaire,
fie respondez : Je ne le sçaurois faire.
Mais si jusle est, mêliez vous en eCTorl
D'y obéir, fussiez vous feuble on fort.
(J. BoicHET, Ep. mor., \\, aux serviteurs et
servantes, f° 29 v', éd. 1545.)
Ceulx qui sont de cler engin et graut
esprit sont dehilles et feubles de corps.
(In., la Noble Dame, f» 10 v», éd. 1536.)
Sur le fleibe commun tombe toute la
perte. (S. 1'o.ni:et, Regr. de la Fr., f« 8'.)
— S. f., monnaie f.tihlf :
VI livres engroignos p' .n. deu. pièce
valant au fuer de la flesve .VII. liv. 10 s.
(Paaige de llorville, Recette des prières,
fenaiges, Arch. Manche.)
Au commencement du xvii* siècle, trois
formes étaient encore en présence, flebe,
feble, faible :
Flebe, aucuns prononcent ainsi, disans
qu'il vient de flebilis, autres prononcent
feble, et ce par metalhese ou transposition
de lettres. Autres prononcent foibte. (NiCOT,
Thresor.)
Wall., flawe ; naninr., /ïat<ic«; rouchi,
flau ; anc. wall., floyve; Berry, feuble,
I feube ; Beauce, fletibe ; se dit en parlant
des personnes d'un tempérament délicat.
FOinLECE, - esse, - cche, foiblace, foi-
blaiche, foiviece, foirlesche, feiblesce, feu-
blesse, fieblece, - esce, - esse, fiesblesse, fe-
bksce, fevlece, - che, feblieste, fuevlleice,
floibece, flebece, - esce, - esse, fleblesse,
floiboice, flabesce, flahlesce, s. t., manque
de force, de pui.^sance ; franc, tnod., fai-
blesse :
La floibece des homes. (Brun. Lat.,
Très-, p. 343, var., Chabaille.) Autre var.,
foiblece.
Force et aide en ma flebece.
(Vie de S. Aleii, "27, Remania, Vlll.)
Foibleche.diich. le biel, ms.Tcrin, f"131r°.)
Ne nus a bien faire ne faut
Fors par ferleche on par défaut.
(Rose, Vat. OU. 1212, P 48'.)
Nostre povretei el nostre flablesce. (Lau-
rent, Somme, frag., Bihl. Verdun, f» 2 V.)
Foiblace. (Id., ib., ms. Chartres 371,
fo 19 V».)
Par perece et par faiblesse. {Serm., Ri- J
chel. 423, f» 79'.) 1
Pour la flebesce de sa maladie. (JoiNV., 1
S. Louis, Lxxix, Wailly.)
A la grant flebesce la ou son cors estoit.
(ID., ib., p. 236, Michel.)
Pour le frailleté et le fevlece du pulle.
(Bib. hist., Maz. 532, f" 49^)
Cens le porta en se maison,
Tost aprez fuevlleice languit.
(AnIi Claudianus, llichel. 1634, f» 47 »°.)
Ouaut de cors rsleil en fieblesce, {Ens.
Saîom., Richel. 25407, f" 173 v»,)
Débilitas, flebesse. {Cathol., Richel. 1.
17881.)
Imbecillitas, foiviece. {Gloss. de Douai,
Escallier.)
Débilitas, flebesce. (Gloss. de Couches.)
De grant fieblesse quasset.
(Dial. de S. lirég., ms. Evreni, f Sb*".)
Fragilité et flotblece de cuer. (Tignonv.,.
Dis mor. des philos., Ars. 2312, f» 92 r».)
La feiblesce de la chaleur nalurele.
(Evrart de Co.ntv, Probl. d'Arist., Ri-
chel. 210, 1" 59 1'».)
A l'eurc de la mort la chaleur naturelc,
pour sa feblesce, se départ des extrémités.
(ID., ib., f- 87 r».)
Foiblaiche décors. (Remed. anc, Richel.
2039, I" 10'.)
Eu grunt foiblcche d'estomac. (Fray.
d'un liv. de médecine, ms. Berne A 95.
f» 5 r».)
Ce qui est derrière culz trait les membres
a floiboice cl u uieigreur. (Oresme, Qua-
drip., Richel. 1348, f» 154 V.)
Pour la flebece do nostre veue. (ID., Liv.
du ciel el du monde, ms. Université,
f» 142 v°.)
Le foivlesche de l'cngien. (Ms. Lille 369.
f» 35.)
Flebesse. (1415, Compt. Hâl.-D. Soiss.,
v° Acy.)
Flebesse. (1464, J. LACADEnc, Calholicov.
éd. Auffrel de Quociqueueran, Bibl. Quiin-
per.)
FOI
roi
FOI
4$
Veu son aagc et fleblfsse. (1469, Monstres
yen. des nobles, Arch. Eure.) Al. febliesse,
lleblesse, fiesblesse.
Flebesse. (fM Iresampleet vraye Expos, de
la reigk M. S. Ben., 1486, f» 119'.)
Debililt^ flebesse — Febleuesse. (I'als-
CEAVB, Esclairc, p. 219, (!énin.)
l'ne fetiblesse le priut. (.1. Bouchet, .4nji.
d-Aquit., f 10 V», éd. 1537.)
Beuiplv lie feitblesse. (Id., Labyr. de fort.,
Maz. 10832, f" 61 v».)
Faiblesse. (.KwiOT , Vies, Bnilus, éd. 1563.)
FOIBLECHE, VOif FOIBLECE.
FOiBLEMEXT, foeblemetU , feiblement,
feblement, fieblement, floiheinent,fleibement,
flebement, floivement, flevemenl, adv.,(l'une
manière faible, légèrement, peu :
Trail l'olifan, fieblement le sunat.
(Roi., 2104, Mâller.)
Jamais n'icrt jors qne il n'en soit dolans
El qu'en sa vie n'en acroit fiuivement.
UesLolt.. Ilichel. 16-22, f" 15G »°.)
rt vet Ters le permis petit
Floibement^ petit et petit.
(GoDKFROVDE Laii^nv, Chev. de ia Charrette,
p. 176, Tarbé.)
Faiblement. (126S, Lett. du vie. de Ch.
d'Anj.,ATch. B.-du-Rh. 363.)
Si con li armez floivement
Qui conbatent legierement.
(J. DE Priobat, Liv. de Yegece, Richel. 1604,
V 15'.)
Le vin douls eschaufe seulement super-
licielment et feiblement. (Ever.^rt de
CONTY, Probl.d'Arist., Richel. 210, fTl v°.)
Car ce ne Tient que de fortune
Oui flevement sa gent fortune,
Et aussi comme ia pluie
Qui tost vient et tost ennuie.
(G. Macu., Poés., Richel. 9221, f° 73'.)
Je respondt molt feblement
Eu riant et longuetlement.
(Id., ib., f 17V.)
Débiliter, flebement. (Gloss. lal.-gall., Ri-
chel. 1. 7692.)
Débiliter, fleibemenl. (Gloss. de Couches.)
Mon compagnon si mon-tra par sem-
blant et parole que il veolt je ne sçay
i(uelz images flebement et obscurément.
(.1. DE Salisb., PoUcrat., Richel. 24287,
f 69''.)
Fieblement. (Oresme, Liv. du ciel et du
monde.)
Foellement.
(De Leasse, Val. Chr. 1519, f 37'.)
FOIBLESSE, voir FOIBLECE.
FOIBLESTÉ, voir FOIBLETÉ.
FOiBLET, foyblet, feblet, fieblet, adj.,un
peu faible :
Tu es fiebletle e tendre chose.
(Adam. p. 21, Luzarche.)
Ses forces estoient encore petites et
foibletles. (Behsuibe, T. Liv., ms. ste-Gen.,
f» 298''.)
Le poreau a les racines menues et dé-
liez et febletes. (Evrart de Conty, Probl.
d'Arist., Richel. 210, f» 251''.)
Nous avons ccst enfant seulct
Qni est encores tout foiblet.
(Tn.Di: Bf.ze. Sacrif. d'Abraham, Lausanne 1550.)
L'homme najr a choses tant belles.
Foiblet, maladif, ta rappelles
Devant qu'il connoisse qu'il vit.
(J.-A. DB BAïf, lesMimes, 1. IV, t» 151 v», éd.
I61'J.)
La langue, encor foiblettc de soymesme.
(Joo., Eug.. prol., Ane. Th. fr.)
Ils le soulafteut et supportent de leurs
foibletles esiiaules. (Qoavst(IA0, l'Inst. des
princes, 1° 5 v», éd. 1579.)
I<]t tenant bon et résistant
Foiblelle vous serez pourtant.
(Vaio-, lil'll-, '. 74, éd. 1612.)
Il ne convient pas qu'on endure
Tel oullrasfl d'un si petit roy
l'^Lùt foijbtet que, comme je croy.
De craiucte et peur se saulvera
Quand vostrecamp arrivera.
(1565, Ilisl. de la vie du glorieulx sainct Martin,
Soc. d'bist. et d'arcliéol. de la Maurienne,
5* vol., p. '215.)
Chacun d'entre nous foiblets est excu-
sable d'estimer sien ce qui est compris
soubz cette mesure. (MoNT., Ess., Ill, 10,
p. 156, éd. 1595.)
Monsieur estoit bien plus foiblet que le
roy. (Brant., Capit. fr., Ch. IX, Bibl.
elz.)
FOIBLETÉ, - ei, foiblestc . foblelc , feibleté,
feblelé, fieblelé, fieblité, floibeté, floibeteit,
foivleti', floivetei, flebetei, flevelei, flevoulé,
flavoteit, flavouteit, s. f., faiblesse :
Voient les mustiers ars e le pueple tué
Par défaite del rei e par sa Aebletc.
(Wace, flOT, 2° p., 11)71, Andresen.)
Pense k'il tiennent a vilté
E qu'en lui quident feblelé.
(.Ben., D. de Norm., II, 5031, Michel.)
Qant le grant foblele' sentirent.
Mengier e boivre an ventre uffrirent.
(Marie, Ysopel. iixv, Roq.)
Et ensi nos gardet il ke il en article de
la temptacion nos moustret l'estage de
nostre floibeteit. (Job, p. 449, Ler. de
Lincy.)
Ensi sunt ui mainte gent de si grant
flavouteit et de si grant perversiteit k'il
lor covient demander ke vuelent il c'um
lor facet et ne mies k'il demandent que
nostre sires voillet k'il facent. (S. Bern.,
Serm., Richel. 24768, f 99 r°.)
Porceu k'ancuens de vos ne soit torbeiz
de flavouteit d'esperit. (Id., ib., f° 117 v».)
Ensi que de la flavouteit de la soffrance
vignet li flavoteiz de la conscience. (Id.,
ib., f 118 r^)
Por dolor ne per fcbleti'.
(Renart, Itr. IX, 1441, Martin.)
Se nos ci vos taisons, ce sera foibletcs.
(Ren. de Montaub., p. SI, lUichelant.)
Cil me vendi a Charle, ceo fu par fiebletez.
(Quatre fils Aymon, ms. Oxf. BodI. Hall. 59,
f° 71 V».)
Car viellesse et flebeleis me destorbeient.
(Hist. de Joseph, Richel. 243S, f°7 v°.)
Et par lur floihlelel les avient mescheance.
(t'oème mor., ras. Oxf. BodI., Canon, mise. 74,
f° 36 »".)
La faibleté de pechier vint en lui de par
le cors. (Brun. Lat., Très., p. 19, Cha-
baille.)
Ainsi ont faibleté por aage. (1d. , ib.,
p. 23.)
La foivletes des homes. (Id., ib., p. 343.)
Var., faiblîtes, fieblité.
Feblelé de cors. {Liv. de jost. d de plel,
l, VII, I 9, Rapetti.)
Totes les foiz que l'en voint le poer de
la feme par le sien poer, et en celé faibleté
gist l'en a li, c'est force. (Ib., xix, 7, % 3.)
Ilh besongne ki W floiveleis des malades
soit sortenuft de plii< deliciouses viandes.
(Trad. du xiii" s. d'une ch. de 1202, Cart.
du Val St Lambert, Richel. 1. 10176, f°16''.)
Tant lor met le dyahles au davant d'es-
soignes et de flevelei ou de vicllesce ou de
jonnesce. (Laurent, Somme, ms. Troyes,
f» 21 r°.)
Pour la grant fiebleté de mon cors. (Ch.
de 1295, Arch., Musée, vit. 50, pièce 298.)
Et au malades et au fleives tcil chose
enjoendre que ne soient trop pressei de
labour, et de tels doit li fleiwuteis estre
considérée de dant abei. (Régie de S. Ben.,
dans \aNécral. deS.Airy, ms. Verdun U.)
Li abbes regart lor floibeteit. (Riule S.
Ben., ms. Angers 390, f» 14 V.)
Que on escart... a la flaibetet de chascun.
(Ib., f 11=.)^
Par Sun eage grant e par sa ftebleté.
■ (Hom, 1752, var., Michel.)
Ce ne vient pas de ta nature mais de lu
foibleté de cens qui te voient. (Cous, de
Boéce, ms. .Montp. H 43, f" 12".)
Il apanrait la foibletei dou mal. {Ib., ms.
Berne 365, f 41 v».)
La puissance des boins et la foibletei des
malvais. (Ib., f» 43 v°.)
Ains estes espies qui venes espier et
veir les febletes de cest règne et de la con-
trée. (Estories Rogier, Kichel. 20125, f» 70''.)
Mais il soient toutes en /'eit/eiê. (OresmE,
OuadWp., Richel. 1349, f» 19=.)
Considéré la febteté et pauvreté du pays.
(1404, Ord., IX, 29.)
Et congnois ma faibleté et mon enfer-
meté. (/»(er?t.Consoi., 11, XX, Bibl. elz.)
Qui demonste leur faiblesté, et jeunesse
amoindrir. (Blas. des coul. en armes,
f» 32r°,éd. 1511.)
FOiBLETEMENT, - etlement, floiblete-
ment, adv., d'une manière qui marque un
peu de faiblesse:
Et s'est levés en son séant
Mont fîoibUiemenl.
(Chev. as .u- esp., 3111, Foerster.)
El quant il revient, il respont
Si comme il pot foihletement,
Si comme cil ki durement
Fu adoles.
(/* , 840.)
Tout foiblellemenl m'embrasse.
(Taiiuu., Poés., 1" p., p- 94, éd. 1574.)
Et qu ind aussi sa main douce
Foibletlement me repousse.
(Id., j*., p. 110.)
vo\iMAK.,flebir, verbe.
— Neutr., éprouver une faiblesse :
Et puet hom contre araor gariri
Non voir, le plus fort fait flebir.
(Florimonl, Riche!. 353, f 24"'.)
— Act., causer une faiblesse à :
Se aucuns fiert un autre et il lui fai-
blisse de ses membres ou de son corps
(1294, Coutume de Dijon, Richel. 1. 9873,
f 35 V.)
4i FOI
— Flebi, part, passé, affaibli :
Mais flftù fol doD sanc qa'il pert.
(Florimoni, Richel. J5101, f 21'.)
Ce verbe est d'un «sage très rare dans
l'ancienne langue, et il parait avoir été
oublié pendant plusieurs siècles. On ne le
trouve ni dans RIcbelet, ni dans Fure-
tière et l'Académie ne l'inscrit qu'à partir
de 1740. Desfontaines le donne comme
nn néologisme. Prévost, le regardant
comme un archaïsme, dit, dans son Ma-
nuel Lexique : « Faiblir, v. n. Vieux mot,
qui s'est remis en usage, pour mollir, se
relâcher. •
FOiBLOiER, fcbleier, febloier, v. n.,
faiblir, s'alTaihlir, au propre et au lig. :
E li dncs alonl fibleianl.
(Wace, Rou, 3' p., 3387, Andresen.)
Li cors li Ta forment et li cners foibloianl.
(Roiim. d'ÀIU., r 31', Michelant.)
Or Ta li tens en fehtoiùnt
Et c'a n.uge> decaans.
'Re<. pe Bïadec, h Biaus DeSeonnns, 1059,
Hippeau.)
— Foibloiê, pari, passé, affaibli :
Desor Tesli .1 . ^ambison faitis,
K'a si fort liomc en Ireslonl le pais
Se il le porle .i arpent et demi
Qn'il ne fnst anques foihloiez, gel toi di.
(Gaijdon, 4915, A. P.)
FoiBi.on, feblor, floibor, s. f., faiblesse :
Qni fort ferae poroit trouver
Le creatonr devroil loer ;
Fort Tapele por les poibors
Oo'il soit et trouTa en ploisors.
(Bls., Troies, Hichel. ST.S, f 93'.)
... Por les feblon.
(Id., ib.. Ars. 3314, T 84''; Joly, 13418.)
FoiD, S. f.,forme de foi, employé comme
synonyme d'otage :
Tuit li prisons qui ont estez pris por
l'ocquoixon de la guerre que nous tenons
d'une part et d'autre, lor foidz et leur hos-
tajpes sonl.doient estrc nous quitte et tuit
ilelivre. (1325, Tr. de Paix, Hist. de Metz,
IV, 20.)
FOiDE, voir Faide.
1. FOIE, voir Fie.
2. FOIE, voir Faclx.
1. FOIEE, voir FIEE.
2. FOIEE, voir FOUEE.
FOiEL, - al, - au, s. m., hètru :
Germain Druot pour uvoir trouvé a un
jiarcque a pourceaux endeseure le hour
couvert, douze foiaux verds abatus, et un
carur, pourqiioy coodamné en dix livres
Mans pour cbacuu foiau. (Coût, d» Lan-
dreeies, .Nouv. Cout. gén., II, 269.)
11 est resté comme noms de lieux : le
Faiel, près d'Andely ; tes Faiatix. La forêt
de Fiel, arrond. de Bar-sur-Seine.
La poésie a Inimortalisé la Dame de
Faiel.
FOIBLMENT, voir Feelme.nt.
FOiEOK, voir Foueoh.
FOI
KoiGNASSE, foingnasse, s. t, sainfoin :
Sainct foin, autremeut dit foin de Bour-
gongne ou foignasse. (Liebaclt, Jlfais.
rijsf., p. 653, éd. 1597.)
Les Picards l'appellent foingnasse. (Id.,
ib.)
Morv., foinasse, fouinaisse, grande herbe
h demi sèche qu'on ramasse dans les bois
et dans les lieux incultes. Flandre, fe-
nache.
FOIGNEE, foignie, s. f., redevance en
foin :
Nuef vingt et dix journaux de terre...
qui ne doivent foignees, dismes. (1372,
Cart. Esdras de Corbie, Richel. 1. 17760,
f 265.)
— Foin :
Du mesnie genre sont les bateaux abois,
moullicrs a sablon, foignies et a charbon.
(Du VEBDlKR,Di». Icc, p. 119, éd. 1616.)
FOIL, voir FUEIL.
FOILIEIt, voir FUEILLIER 1.
I-OII-LART, voir FUEILLAUT.
FoiLi.E, s. f., tonneau :
Quant je sanh de dessoubz la foilli'.
On ne me met pas en nne oUe.
(P. Jamec, Debttl du Vin ri de l'Eaiie, Poés. fr. des
XV' et xvi" s., IV, 106.)
FOILLEIZ, voir FOULEIS.
FoiLLER, v. a., forme de fouiller, au
sens d'extraire :
Pour .XXI. journées el demie de ma-
neuvres mis et emploiez a foiller des cail-
loz es foEscz de la ville. {Compte de Jaquet
iar(;en(ier,1434-1436, Forteresse, Ucspence,
1, Arcb. mun. Orléans.)
FOILLET, voir FUEILLET.
FOII.LEUR, voir FOEILLEUR.
FOILLIE, voir FUEILLIE.
FOILLIEK, voir FUEILLIER.
FOILLIR, voir FUEILLIR.
1. FOILLOLER, voir FUEILLOLER.
2. FOii.i.oLER, failloler, v. a., gaspiller :
Quant povretc l'ot adonlé,
El lot le sien ot foiUolé
En musardie et despendn.
(G. i>E Coi.NCi. ilir., Ilichel. 23111, f" 66», et ms.
Brui., f 8-24.)
Et toat le sien ol faillolé
Ko musardie et despendu...
(Id., ib., Ars. 3527, f» ISi*.)
FOILLOT, voir FUEILLOT.
FOILLOUX, voir FUEILLEUS.
FOILLU, voir FUEILLU.
FoiLLUEL, S. m., mesure déterre :
En .11. menchaudees el en .lui. foilluel.
(1287, Cari, du Mont S.-Mart., Richel. 1.
8478, f" 129=.)
FOIMEN, VdirFOMAIN.
FoiMENTEOR, foym.,aà}., qui ment à sa
foi, parjure :
FOI
Parjures, fans et foymenlierres.
(Rose, ms. Corsini, f" 127'.)
Tesmoios parjurez et bouliers,
Foimrnlet'ur et bordeliers.
Plains de vice et de luiure,
Fans changeeurs, et faux drapiers.
(Fahl., Ilichel. 1593, f» 146=.)
Vilains parjures et foimrnlirrres.
. (FaH. d'Or., Ars. 5069, 1° îî*».)
FOiMENTi, feimenti, adj., qui a manqué
de foi, parjure :
Li ors traîtres, parjures, foimenti.
{Les Loh., ms. Berne 1 13, f 21''.)
Mauvais trailres, parjures, foimentis.
(Ib., ms. Montp., P ei'.)
Parjur e feimenti e faus.
(liEN., P. de Norm., II, 1341, Michel.)
Parjure fnstes,
Frimenlie e parjurée.
(Tristan, II, 238, Michel.)
Trecheor et foimentis.
(Jeh. Bodel, Barlscb, Rom. et past., III, 40, 44 )
S'il est traître u parjurie u feimenti. {Pa-
raph. du Paler, Richel. 1. 1315, f° 127 v».)
FOiMENTiE, foym.,feim., s. f., foi par-
jurée, employé comme foimenti pour dé-
signer celui qui a parjuré sa foi :
Tuz tens est eisi avenu
Que de cens n n'a si mal nun,
Trailur deleié, felun,
Parjur, orrible, feimentie,
Iluntos, vils, pleins de félonie.
Que il seient muslrez as deiz
('um ilesleiaus e faus reneiE.
(Bes., D. de Xorm., I, 2090, Michel.)
Li parjure et li foymenlie. (LAURENT,
Somme, ms. Soiss. 210, l'"39\)
FoiMENTiF, /0(/., adj., qui a manqué à
sa foi, parjure:
Ha! dolante,chetive/b;/menfii>e, comment
as tu ce oser penser de si tost avoir mentie
ta foy au saiucl preudomme ? {Girart de
Rossillon, ms. de Reaune, éd. L. De Mon-
tille, p. 190.)
FOiMENTU, faimentu, adj . , qui a manqué
.'i sa foi, parjure :
Kar cil ki est faimentu
A toi jorz ert perdu.
(Conlin. du llrut de Wace, Micliel, Chron. angto-
norm., 1, r.7.)
1. FoiNE, foinne, foyne, foisne, foene,
fouane,fuyne. s, f., instrument de fer dont
on se sert pour soulever et empiler les
gerbes; instrument de fer à plusieurs four-
chons pour prendre le poisson de rivière :
Ad iugeuia quae sequuntur, videlicet a
bois et a boutoirs, ad communes nassas, a
foine, ad vervilia rotunda, et ad saccum
tantummodo piscari poterunt. (1145, Tabul.
de Corbie, ap. La Fons, Ct(<îpic., p. 121.)
Impr, /'oifre.
Et caoivet et foisne.
(L'Ouslillem. au Vilain, 82, Monlaiglon et Ray-
oand, Fabl., Il, 151.)
Uue foene doisl estre enhantee en une
lance comme la hante d'un glaive. (Modus,
ms ., f« 57, ap. Ste-Pal.)
FOI
... Onanl se icni si assailly.
Dedens l.i rivière est sailly,
Or va aval, mais va amont.
Ce dient cenU qni prescrit soni.
Ils Ireuvent lears forces serrées.
Qui fininct en l'arl sonl nommées ;
L'un s'enfuyt tout droil au radier,
A sa fouyne, pour la garder.
(G.iCE DE LA BicsE, P 115'', ap. Sle-I'al.)
loellui Colart feri ledit Pierre d'une fuyne
ou fourclic a charger gerbes. (1374, Arcli.
JJ 176, pièce 241.)
Bernard ayant appelle Sansonnet, vilain
coucou et donné d'une petite fouane et
gettéala teste. (1389, Arch. JJ 137, ap.
Duc, Fuagiutn.)
Les foynes deflendues aux pesquenrs.
(1437, l'éroune, ap. La Fons, Gloss. ms.,
Bibl. Amiens.)
Un baston nommé foyne, dont on a
accoustumé de tuer poissons en eaue.
(1447, Arch. JJ 176, pièce 510.)
Ou nul ne pœult peschicr a roix, liarnas,
ne a foine ne autre engien. (1507, Prcv. de
MonlreuH, Coût. loc. du baill. d'Amiens,
11, 644, Uouthors.) Plus bas : foinne.
Ardennt's, foine, fourche de fer à trois
denls.servant à charger le foin.H.-Nonn.,
valide d'Yères, foinr, engin de pèche.
Bourb., fouane, baguette.
2. KOIXE, foyne, faine, s. f., peau de
fouine :
La douzaine de foinez .ii. s. (Li coût, des
foires de Troies, li tonneus delà peletcrie,
ms. Troyes 365.)
.II. oppellandes longues a lioninie, l'une
fourrée de chas et l'autre de foyiies.
(24 mars 1393, Inv. de liegnaul Chevalier
tailleur du D. de\Bonrg., Inv. de meubles
de la mairie de Dijon, Arch. Cote-d'Or.)
Je Toys prendre
De menu vair donc et Je faines,
lies çrouppes, et des toutes vaines,
Kt ung beau manteau de rognard.
(Nom. l'atMin, p. US, .laf.oli.)
1 (HNKU, voir Fe-ner.
FoiNET, foynet, s. m., fourche de fer
.servant à prendre le poisson de rivière :
Et d'un convers qui a esié pris chacent
a bernois et a .i. foynet en la grarie dudit
vidame. (20 fév. 1345, Cart. d'Igny,l\\c.he\.
1. 9904, f» 151''.)
Cf. Foine 1.
FoiNETE, - elle, fouin., foynn., s. f., pe-
tite fourche :
Une fouinelle a chargier gerbes de blé.
(1428, Arch. JJ 174, pièce 215.)
Ung nommé Charloteau demourant a
Clavy avoil une foynnetle en sa main.
(1443, Arch. JJ 176, pièce 303.)
On lit dans le Dict. d'Agric. de 1800 ;
KoiNETTE, s. f., fourche de fer à deux
dents, servant à charger le foin.
Berry, fouineite.
FOINGNASSE, VOir FOIGN.\SSE.
l'OI.NGNEAU, S. ni.?
L'n pot a foingneau. (1396, Arch. M.\l 31,
l» 230 V.)
FOINGNIER, voir FeNIEU.
FOI
FoiMEit, voir Fenier.
FoiNNAiiLT, S. m., grenier à foin ; n'a
été rencontré que dans un texte provin-
cial du xvii= s. :
Une partie des foing perdit dans les
prex, et l'auttre partie qui estoient dans
les foinnaull esloit verdoiant de l'erbe que
l'umidité produisoit pardessus. (1663,
Mcm. de Cl. Dusson, ÏMém. de la Soc.
éduenne, 1875, p. 190.)
Bourg, et Morv., foinneau, fenil, grenier
à foin.
FOINNE, voir Foine.
FOIRABLE, voir Ferabi.e.
FoiRArv, voir Forain.
FoiiiANCE, foyr., s. f., chômage :
' Pour la foyrancc du molin de Bercoillins.
(1310, Compl. du dom. deMahaul d'Artois,
Ricbel. 8531.)
1. VOIRE, foyre, s. f., achat :
Vostre nopveu avoit desja fait sa foyre,
et en a seulement pris pour huyt cents
francs. (Loyal Serv., Chron. de Bayard,
c. VII, éd. 1527.)
— Retour, réciprocité :
Bien devons avoir en mémoire
Noz biensretours sanz maie foire.
(Dou Lion ri iloii l'axloriau, ms. Chartres fi-2(l,
fM:U''.)
— Champ de bataille :
i;t por la nuit oscure et noire
Ont il'andeus pars gaerpi la foire.
(Ben., Troies, lUohel. 373, f ll.'i'.)
2. FOIRE, S. f., sorte de canon :
.III. gros canons de fer appeliez foires
avecques leurs afusltz, chambres et 64
bouUetz de pierre. (Compte de 1475, Arch.
mun. Compiègne, CC 26.)
FOiiuÉ, voir Férié.
FoiuiER, voir Ferier.
FoiROLi>E, S. f., plaiii' , la iiiiTcuriale
annuelle :
Herbe qu'on appelle mercuriale ou foi-
rolte. (H. Est., Dictionariolum.)
Mercurialle ou foirolle. — Coloquinte,
mercuriale, mercuriaiis herba. [Trium
ling. dict., 1604.)
La foirolle ou marcorelle. (Comenius,
Janua aurea reserata duarum linguarum,
p. 30, éd. 1669.) Lat., mercuriaiis.
Bourg., Yonne, Argenteuil, Vassy-sous-
Pisy, foirôle, fourôle ; Laiïon, foisaule.
l'oiROT, s. lu., foret :
.1. foirot a percer. (5 fév. 1394, lyiv. de
meubles de la mairie de Dtjon, Arch. Côte-
d'Or.)
FOiRRE, voir Fuerre.
FOIS, s. f., s'employait dans de nom-
breuses locutions ;
— A la fois, parfois ;
Li bastart qui sont ué en mariage, sont
a le fois prové en le manière que noz
deismes dessus, et o le fois en autre ma-
FOI «
niere. (Beaum , (;oh(. de Bcauv., wiii 14
Beugnot.) ' '
Clie avient a la fois a rlieaus qui heient droit.
(Jeb. des Preis, Cesie de Liei/e, II, 1 1109, Scheler,
Gloss. philol.)
— Tel fois csl, parfois :
Ours ne lyons n'est ne heste sanvaipe
Qui, lel fois esl, ne fraigne son vouloir
De faire mal et anui et damaige.
(KusT. EE Peint., Clians., Ilicbel. l.'iOl, f» 83 r".)
Au voir dire et raconter, c'esloit grand'
merveille de ce qu'ils faisoient [les pillards
in campagne] : ils espioient, telle fois es-
loit, et bien souvent, une bonne ville ou
un bon cbastel, une journée ou deux loin,
et puis s'assomhloient vingt ou trente
brigands... (I''roiss., Chron., I, 1,324, Bn-
chon.)
En ce conseil et parlement avoit grant
vois li sires de Parteuay, et volt, tele fois
fu, que on acceptast le journée des fias-
cnns, et y monstroit voie de droit et de
raison asses par deus conditions. (\D.,ib..
VIII, 213, Kerv.)
— Le plus des fois, le plus souvent :
A l'appétit le plus des fois de ceux qui ne
l'ont point desservy. (CoMM.. Mém., V. 18,
Soc. de VU. de Fr.)
— Fois s'employait donc dans beaucoup
de phrases comme le moderne tour :
En son dangîer passer ainsi convient.
Et test ou tard chacun sa fois y vient.
(Alain Ctjart., Del/at des deux fortunes, p. oSO,
<!d. len.)
Elle ne laissa pas de leur bailler toujours
audience, chacun a sa fois, puisqu'ils la
l'oqueroieut. (Louis XI, Nouv., xxxiii, Ja-
cob.)
La carpe demenoit la quene fois u fois.
(I^esper., Nouv., xxxvil, La .Monnoye.)
FoiSELE, voir Fossele.
FOISELLE, voir Fissele.
FOISENEIR, voir FolSOKER.
FoisiL, fouesil, fouissil, fttisil, fusil,
fouzil, s. m., pierre à fusil :
Mais Auberis nel dontoil .i. foi.iil.
(.iulieris li Bori/ir/nons, Vat. Chr. 14il, Moinv.,
p. 220.)
De vénerie i a oustill.
Le quenivet et le fuisill.
Kl li tendres et li galet.
{Parlon., Richel. 19i;;2, f» 143".)
Prenl le fiiisil, si a do l'esclie prise.
Grant feu ont fait del l'eu de la sapine.
(Ueui'es d'Wmslone, Hichcl. l-2:i-i8, f» lOG''.)
Pericudium, fouissis. (1352, Gloss. lal.-
gall., Richel. 1. 4120.)
Fugillus, fouesil. Fugillare, lair(^ feu de
fouesil. {Gloss. lat.-gall., lîichel. 1. 7684.)
— Briiiuet :
Un [letit foisil d'argent doré, cizellé en-
tour. (1380, Inv. de Ch. V, n" 2172, La-
baite.)
Panurge portoit dans une boug(>tte. . un
fouzil garny d'esmorche, d'allumettes, de
pierre a leu, et tout aultre appareil a ce
requis. (Hau., 1. Il, c. 16, éd. 1542.)
— Fig., excitant, stimulant :
La sont frais et presens les bicnraicls, les discours,
ICt les plus cbauds pensers, /««fe de nos amours.
fD'AuDicNÉ, Traij., vu, Ilihl. elï.)
46
FOI
FOI
FOI
— Tnbe à lancer le feu grégeois :
11 lur ilevoit... faire nioslre ovcc .1. fusil.
(1282, Arch.J 973, pièce 2>>i'.)
— Ornement imitant le foisil :
Clnperon a boulette et manteaux de
mesiiies doublez de satin blane. et bordez
de fusilz d'or. (J. Molixet, Citron., ch.
ccxxxv, BuchoD.)
Bcauce, foisil, instrument de fer que les
bouchers portent attaché i leur ceinture
et qui leur sert i aiguiser leurs couteaux.
FOISXE, voir FoixE.
FOISON, /bi/son, /beson, foueson, fouison,
fouson, fotizon, fuison, fiiisiin, fuson, s. f.,
extrême abondance, grande quantité, ri-
chesse, en parlant de choses et de per-
sonnes :
Des bois i eiri la granz fuisunx.
KBnU,mi. Monich, i031, Vollmoller.)
Les Turs orhieot a grandisme fuison.
(ItAIUBCRT, 0}ier, 672, Barrois,)
Qaar o'ot mis leans de chevaliers foison.
(J. BOD., Scx., Tilt, rar., .Michel.)
Des trailors a choisi la fuison.
(Gaijdon, 2893, A. P.)
Et de tôt biens larges faisons.
(l'arlon., 1490, Crapelel.j
Si s'esmerveiUiercut moult qu'il avoit tel
fuson de crefliens.(Hw(. delà lerres.,nis.
S.-Omer 722, f" 31'.)
Car se de Dieo ne vient tes biens et tes faisons
Petit te dois Ger en lainnes n'en toisons.
(J. DE MriNc, Tfsl., ms. Corsini, f IGÎ^.)
Et ne povoieut durer es paveillons pour
la grant fuison de l'eaue. {Citron, anon.
des R. de Fr., liée, des llist., X.\l, 102.)
Par grant foison de chevaliers et autres
sages ésliinz en la dite assise. (1312, Lett.
du baill. de Caux, Juuiieg., Arch. S.-Inf.)
En lu présence de grant foeson debonnes
gens. (1321, Ord., xil, 456.)
Et prirent grant fotizon de meubles.
(1337, CoH. de Lorr., 111, f ' 42, Hichcl.)
Grant fousons de bleif. (/6.,f«4i.)
Le conte Aimery se parlist de Poetiers,
et avec luy grand foison de barons et de
■chevaliers. (J. d'Abras, SIelusine, p. 29,
Bibl. elz.)
En lu présence de grant fouison de
gens de la \ille d'Evreux. (1388, Ord., vil,
205.)
El au contraire s'assemblèrent le comte
de Salisberv, .Messire Jean de Luxembourg
et foison Je gens de guerre avec eux.
(CousLNOT, Citron, de la Pue, c. 4, Yallet.)
En ce tamps avoit ledit duc de Bour-
coigne mandé en Englelerre grant foison
d'archier.«, mais il ne furent mie si tost
prest que fut le dit duo. (MoNSTnEL.,
Ckron., VI, 210, ï;oc. de l'Il. de Fr.)
— .4 foison, abondamment :
Le eor> farni, les bru plains a fuison.
(Raiibekt, Ogier. 9788. Barrois.)
ne boin raancier ont a fuison.
Et Tollilles et veniton.
(Ftoir>' ri ttlanceflor, 1» vers., 1461, da Méril.)
Malt ont despfio^eea sa meson
El luaogier et beivre a fuison
Et in^ot largesce.
(Vie if .S. Thom. de Canl., 169, Michel, /). de
Sorm., t. III. J
Huit jors enpres l'Asension,
Qu'il faisoit cant trop a fuison,
C'on ne pooit déduire aler,
Dormoil Irrake enpres disner
Et Persewis ensemble od li.
(Parlon., 7603, Crapelet.)
Je trais souvent de ceos on li biens est remei.
Et si ont alfoison terres et fiez et raez.
(Ou Jeu de Des. ap. Jnb., Xouv. Rec, II, 229.)
J'ajr des bien de Dien o foueson.
{Slisl. du liel Test., 9027, A. T.)
Sans travail les biens a foison
Sont apporte: en ma maison.
(Jon., Eug., I, i, Ane. Th. fr.)
— A grant foison, très abondamment :
Et puis ala par Engletere .II. ans et de-
mi et i conquist .vir.cites et bours et villes
a grant fuison. (Chron. de Bains, c. xx, L.
Paris.)
Jehan de Paris fist porter au roy d'An-
gleterre en granz platz d'or des viandes
de toutes sortes et vin a grand foyson.
(Rom. de J. de Paris, p. 57, Bibl. clz. )
— De môme avec le plur., a gratis
faisons :
Cidres fut a grans fouesons. (Ledoyen,
Chron., Richel. 11512, f» ll'>.)
— Ressource, résistance, pouvoir de ré-
sister, besoin :
Contre nn François sont ben dix Esclavon;
Se Dei n'en pense ki soffri passion,
Ja crestieo n'aront vers ans finson.
(Radibert, O'iicr, 12699, Barrois.)
L'as frans m'encaucbe, aine ne fa si maas hon :
As cops q'il done n'a nule arme fuison.
(Id., il)., 12138.)
Contre l'achier n'a nnle arme fuison.
(Id., î4., ms. Darh., bib. de Cos., V, u, 17,
f° 113», P. Meyer.)
Tant estoit fors, en escrit le trovon.
Vint chevaliers n'orent a lui fuison
Qne vaille mie se moll petitet non.
(II.., li.)
Qaanque lor toil ne m'a fuison.
Car je l'ai lot contre raison.
(Parlon.. 2633, Crapelet.)
Cononslor sns enloret environ.
Vers noz n'auront dnree ne foiion.
(Gaijdoii, 2298, A. P.)
Je voz donrai tele confession
Que jamais prostrés ne voz aura fuison.
(16.. 1628.)
Car ne puet pas avoir fuison
Uns chevaliers contre .n. mille.
(Cliev. as .11. esp., 1093(5, Foerster.)
Fet li rois : Tôt ce n'a foison.
Je n'en prendroie d'or mil mars
Qu'il n'en fost traînez on ars.
(C. de Dole, Val. Chr. 1725. f 94=.)
U ont la char et la toison;
A vous défaut il la foison.
(GoDEFR. DE Par.. Chron., 730, Bnehou.)
— Avoir foison ters quelqu'un, se main-
tenir à l'égard de quelqu'un sur un pied
d'égalité, lui être comparable :
Ms loz li petit e li graut
S'od lui lassent ensemblement
Mis en balance unaiement.
Plus a'auroienl vers lui foison
N'en semblant, n'en compareison.
N'en charité, n'en patience,
N'en mours, n'en vertuz, n'en science.
(Ancier, Vie de .Saint Greg., 23, P. Meyer.)
Des qae Lambert le point (son cheval) de l'es-
(peron .
La palefroi amble de tel randon
Qne nule beste n'aroit a lai foison.
(.iuber. le bourg., p. 62, Tarbé.)
— Foison, adv., beaucoup, très :
Ha I sire, ce n'est pas raison
Qne moy, qui sais mendre foison.
Si baait seigneur baplizer doye.
(Greban, "tlisl. de la pass., 1034 ij G. Paris.)
Qui a'est rasé, dait, ou stillé,
Ja n'y proaffitera foison.
(C0QDII.1.ART. le Blason des Armes et des Dames.
II, IGo, Bibl. elz.)
La langue moderne a gardé foison, raai>
seulement dans un petit nombre d'em-
plois, et l'Académie l'indique comme fa-
milier.
Morv.. /■o'ïon, fouïon, abondance, grande
quantité.
FOisoNABLE, - ounable, • ounahle, Sid).,
fourni à foison, abondant :
U la qaisiae ki samble foisounaUe.
{Aleschans, ap. Jonck., Guill. d'Or., t. II, p. 310.)
Comença a plouioer une pluiete menue
molt foisonable. lArlur , Richel. 337 ,
f»94\)
Bleis foiaounable. (Ms. Bodl. Digby 86,
f» 40 ro.)
Vous demeures maintenant en marche
et contrée asses foisonnable de pueple.
(Froiss., Chron., XII, 273, Kerv.)
FoisoNEU, foisonner, foissoner, foise-
neir, fuisonner, fuisouner, fusuner, verbe.
— Neutr., être en grande abondance,
pulluler ; produire abondamment :
Et Deas li fessoit foissoner
Toz ses biens, qu'ele ne savoit
Tant doner come el plus avoit.
(liose, Richel. lo73, f 10^)
Foiseneii .
■lli., Vat. Chr. 185S, f» 11''.)
... Fuisouner.
II,., Vat. Cit., 1212. P 10 "I.)
Selon que lu bien me foisonne.
(Decuilleville, Trois Pèlerin. ,C 90S impr. Instit.)
Car c'est celny par qui foisonnera
Ton champ, ta vigne.
(Ci.. Mar., Eijlog.au Roy, éd. 1731.)
— Prospérer :
ISe piiel fusuner parjure.
(S. Edward le Confess., 3249, Luard.)
— Suffire :
El ne lor avait que tendre
Ne qu'envoier ne qne donner,
A ce ne poet foisonner.
(J. Le Marchant, Mir., ms. Chartres, S" 11'.)
Qne tant loing
Porroit aler a cest besoing.
Comme cilz vins fuisonneroit,
(rie S. Rémi, ms. Brui., Anzeiger, IV, 225.)
— Avoir en abondance :
Bref, on ne voit chose qui vive
Qui vive franche de douleur ;
Mais sur tout la race r helive
Des hommes foisonne en malheur.
(Ronsard, Odes, II, xii, à .\mbroise de Laporte, Pa-
risien, Bibl. elz.)
FOI
FOL
FOL
47
Nous voyons des terres oysives, si elles
sont grasses et ferlilles, foisonner en cent
mille sortes d'herbes sauvages et inutiles.
(Mont., Ess., 1. 1, c. 8, éd. 159S.)
— Act., donner en grande quantité, ^
foison :
Se da hanlt ciel laict ta Iny donnes
Et comme poor toy Iny foisonnes.
(DECnii.LEVii.i.E, Trois Pèlerin. ^,1° IGO'jimpr. Inslit.)
C'est celiiy la qni nous donne
La ployé en temps et saison;
C'est luy aussi qai foisonne
Les biens en nostre maison.
{Réjouiis. des Franc, sur la paix, 1395, ap. Lcr.
de Lincy, Ch. hisl. fr., II, ,ï69.>
— Enrichir :
Li tonnians ruiz rempli de vin
De ce qn'ot esté espnisié
Ne fn de rien amennisié,
Car de por Dieu pt foisonne.
(J. Le March., llir., ms. Chartres, f 19\)
Pour /Oisonjîer les prez de grand quantité
d'herbe. (Bellefobest, Secr. de l'Agric,
p. 28, éd. 1577.)
— Foisonant, part, prës., abondant,
riche :
Aucuns d'entre vous, messieurs, dict le
inarescbal, tiennent que la ville d'Ast est
plus riche que Quiers, qu'elle est située en
pais foisotinanl en toutes sortes de biens.
(Du VlLLARS, J/effl.,11, an 1551, Michaud.)
Quant a l'objection qu'on pourroit faire
pour ce regard, a sçavoir que la niesme
pauvreté, desordre et inconveniens queles
Impériaux pourroient apporter au Piedmont,
que le mesme Piedmont pourroit aussi
donner a la duché de Milan, qui est la
plus foisonnante eslape que l'Empereur
ait point en Italie pour y entretenir la
guerre, les mesmes niaus et les mesmes
nécessitez qu'ils auroient ainsi cruellement
apportez a autruy. (Id., ib.)
Par vous ne tienne que promptement ne
^;oient tables dressées, /'oisorinaîi tes de toute
légitime espèce de restauruns. iRab., 1. V,
0. 23, éd. 1564.)
— Foisoné, pari, passé, abondant, nom-
breux :
Et Sarrasins sont tousjors foisonne',
Crant fn li caples environ et en lé.
(Auliery le Bourijoing, p. 27, Tarbé.)
La dilacion foiwnnee
Ploas lasse de tant sejonmer.
(Gkeban, Mist. de la pan., '202i. G. Paris.)
— Peuplé :
La cité de Poitiers est graut et esparse,
l'X n'estoit mie adont foisonnee de gens.
(Froiss., CftrOfi., Richel. 2641, f 139 v».)
Morv., fôionner, fouïonner, abonder.
1. FOISSELE, voir FOSSELE.
2. FOISSELE, voir FiSSELE.
FOISSELETE, VOir FOSSELETE.
FOISSELU, voir FOSSELU.
FOISSEUR, voir FOSSEUR.
FoissiNE, S. f., bâton ferré :
L'un une guisarme, l'autre une lance, et
l'autre une foissine ou bâton ferré. (No-
ouiER, Hisl. Tolos., 3, VI, éd. 1356.)
Foissox, voir Fosson.
t'OISSONEU, voir FOISONER.
FoisTÉ, voir FoiTiÉ.
FoiTABLE, voir Feutable.
. FOITAUBLE, voir FEUTABLE.
FOITIÉ, /'oifd'et, foislé, failié, adj., flgé,
coagulé, caillé :
Plusieurs vomissemens de sang tant
foisié comme aultremeut. {Enquête du
26 sept. 1338, ap. Koq., Suppl)
Son corps fut ouvert, dedens lequel fut
trouve sang foilié. (Wavrin, Anch. Cron.
d'Englet., II, 375, Soc. de l'Hist. de Fr.)
Un malade vomissoit par la bouche clo-
teaux de sang foittiet comme un matou
{Acte du xv° s., Valenciennes, ap. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Lire ici les ex. placés sous la forme
Faitié, t. m, p. 708'.
FOITTIET, voir FoiTIÉ.
FOIVLE, voir FOIBLE.
FOIVLECE, voir FOIBLECE.
FOIVLESCIIE, voir FOIBLECE.
l. FOL, adj. Locutions :
— Main folle, main gauche :
En aient droit chemin sur main foie.
(1408, Gr. Gauth., f» 308, Melle, Arch.
"Vienne.)
— Fol visage, masque ;
.1. fol î)ts»(?eavoit cascnns
Qne ne les coneust aucuns.
(J. DK CoNDF-, doit lilanc Chevalier, ir.il, Scheler.)
Ciex c'on soloit nommer sauvaige
Avoit canchiel .i. fol visaige.
(iD., doi: chevalier a le Manee, 35S.)
— Fol i bee, locution désignant un sot
déçu dans ses projets :
Corsabrins s'en rêva pardevers sa contrée,
Soosprendrc nous cuidoil a cheste matinée;
Mais on le doit clamer par rayson Fous i bee.
(Bast. de Bouillon, 5126, Scheler.)
Por ce a non 11 mont Fol i bee.
(De SI Ale.ris, 278, Romania, VIII, 169.)
Sire, dist la pncelle, nom avez Fox i bee,
Venns estez trop tart, li henre est ja passée.
(B. de Sei., v, «34, Bocca.)
— On trouve fol i vee, par altération de
la locution fol i bee :
i;i si vous doit bien souvenir
Des manix qu'on a veu advenir
A maint prince de renommée,
Pour ce qu'ilz voutoient ollrir
l.enr amour a ceulx qui souffrir
Vonloient en mainte contrée
Leur contraire ; fanlse pensée
Kstoit en cuU ; dont fol y vee
Puis bien ceulx nommer sans mentir
Qne si ont leur amonr donnée
A cenix qn'onques nulle journée
N'orent vouloir de bien servir.
(Ms. Genève 17l)''",nitter, l>oés. des \i\' et xv°s.,
p. 31.)
— Fols s'i fie, qualifie la fortune, le
monde et la santé, auxquels on ne peut se
fier sans folie :
C'est mauves gens qne gloatenie :
Nns n'en devroil avoir envie.
Qnar ccst siècle n'est pas cstable ;
Je di qu'il a non Fols s'i fie .-
Nn« n'i set terme de sa vie,
Prince ne roi, ne conneslabic.
(De Guersay, Iticbel. 837, 1° 238".)
Ainsi est de Fortune, seignor, |el vous aOe,
Ne porquant n'a fortune ne cors, ne cuer, ne fie.
Je li donrai .i. non, bien droit a ccstc fie :
Si le nommera l'en do par moi fols s'i fie.
(MoNiOT, le DU de Forlmie, Juh., Nom. Bec.
1. 198.)
Por ce a non li mont « Fol i bee »
Et santé d'ome " Fol s'i fie, »
El sa joie « Chace folie. » '
(Ce SI Alexis, 278, Romania, VIII, 172.)
2. FOL, S. m., soufflet :
Des/'o/s sofllans li fus en mit
Nus tonoires si haut ne rauit.
(S. Brandon, Ars. 3jlfi, f 1(11''.)
Genst el fn a fols soïïlans.
(;*., t" 10-46.)
Desoz la brese ardant le mist
Et se solla andons les fous,
les marteaux a fait les clos.
(Les Pttss. du roiJhesii, Ars. S201, p. 125''.)
Le fea souflla o les .ii. four.
(li., liicLel. 152G, I" lllj''.)
Et si est boçue
Aoxi comme foii.r et maçue.
(R. DE HoD., Meraugis, ms. Vienne, t" IG''.)
Tu es fous, et tu souflez. (Ruteb., VEr-
berie, Richel. 19152, f» 90''.)
Il oirent la noise des foux soutlaus et
les escroiz des maux de fer. (Vie et mir. de
plus. s. confess., Maz. 568, f° 48''.)
Hic follis, fou de forge. {Gloss. de Glas-
gow, Meyer.)
Folliculus, petit /'oMs a fevre. (Gioss. lat.-
galL, Richel. 1. 13032.)
Soufloit il les foux dudil fevre. (]oiNV.,
S. Louis, p. 423, Cap])eronDier.)
L'autrier me dist .1. ionne fol
Qu'ainsois ferait febvre sans fol
Ilaiche tranchant et aûoee
Que la guerre soit afenee
Se par les folz n'est mise a fin.
(Sermon dupapegay, 36, ap. K. de Bouteiller,
Guerre de Melz, p. 333.)
Pour aménage des fols, et pour les re-
meuer. (1338, Li Cont. des frais p. le nouv.
cloque, XLIV, Arch. muu. Yalencieunes.)
Fox de febvre, follis. (1464, J.LagadeuC,
Catholicon, éd. Autliel de (Juoetqueueran,
Bibl. Quimper.)
— Instrument de niusiquo :
Dont sonnèrent maint cor, maint fol et maint
Ibacin,
Et se sont ordené corn chevalier divin.
(Chev. au cygn., 27299, Ileiff.)
3. FOL, voir Fou.
1. FOLAGE, - aige, foll., foui., adj. et
s., folâtre, insensé, léger, présomptueux ;
(]ar ne sont pas tirans folayes,
Venus de llgniees votaj^es,
Ceulv des llours de lis terriennes.
(Christ, dk Pisan, Liv. du (Chemin de long estuâe,
3G87, Piischel.) '
Mais plusieurs gens tenuz poar sages
La blasment, (dont ils sont folages.)
(Jehak de la FoNTAi.Mi, la Fontaine des amoureux
de science, Genly.)
— Poil folage, poil fullel :
\H FOL
M D aTox b.irbe ae ;TCQoa,
Se petit poil folaçf non.
(Rôsf. ms. Brni., f ',''.)
S* petii p«)9 folâtra non.
(/».. ms. Corsini, P 7''; Méon, 8îl.)
— S. m., folie, action folle, conduite
déréglée :
Or^ill oi e fola^i/-!
(Roi.. 31."), Mfillcr.'
V>>Df parles lie folie, cho est oiilniges.
Li eheralierlil n'est pu de tel folaije.
(Aiol, 1977, A. T.)
Sire clrois eopererei, ne penses tel folage!
m., Sg-ïi."»
Amis, ta as niiilt lier corage
Ou il te Tient de grant folage.
(.rtorinunl, Uichel. lui, P 13*.)
Chier achalerons son folaqf.
{Ib., r 21<,) ,
Or ais la ener de jrant follaige.
(li.. nichel, I.SIOI, r 2"'.)
Et s'eles [les dames] font par mal consotl folage,
.V laikes gens maoTcses le feront,
Cirtait H bon iront en cel volage.
(Coiiov r>t BF.TI1UNB. Chans., .Scheler, Trouv.belg.,
p. i.)
>'ait home ea France, tant soit do haut parage,
S» il li monstre ne orgoil ne folage,
Qae ne li treoche le cliief sor les espanles.
(Enfances Giillaume, liichel. lltS, f 85.)
.'^e mais t'avient iceste rage,
Qne me requières de folage.
Tant te ferai balre a mes sers,
Qae tourneras le rentre envers. I
i.AmaUas et Ydoiae, 738, Richel. 375, t" 316°.)
On le lendroit a granl folaige.
Et empirjer vos porriez.
Se si grant dolor démeniez.
(Dolop., 3381, Bibl. eli.)
Outre le flan par son folage
A celle famé aloit souvent.
(G. DE Coixci, ilir.. ras. Soiss., rSO^)
Le cner que tn as trop volage
Te Gst entrer en tel folage.
(liose. Richel. i:;73, f -2ii''.)
tjui qniert ma mort et mon dommaigo
Ponr ma raaivistié et foulaige.
yU'un llermite qui avait une Sarrazine par l'enhor-
rrment de l'encmi, p. 11, Keller.)
— .4 /btaye, follement :
Les jeunes corbineaux crient a Dieu
quant leurs pères par l'estrangeté de leur
l>lanc plumujje les desconguoissent, et
lussent a foulaige paistre au commaince- ,
meut. iAl. CuAUTiER, l'Espérance, p. 373, '
^J. iei7.) t
i. FOLAGE, voir Foulage. |
FOL AuiER, s. ni., sycomore: '
Sycomores est uns arbres c'on apelle fo-
lugier, car il resamble le mourier en
fueilles et en touti-.s autres coses le àghier.
(Bib. hist., .Maz. 33Î, C 217'.)
Cil arbre est appelé précédemment fol
tlgaier.
FOLAIER, voir FOLIER.
FOLAiN, adj., (jni se c<jnduit follement,
HRiployé plaisamment comme nom de
personne :
le ne serai pas fili Folaiu.
(Hentrl, Soppl., p. 183, Chabaille.)
FOL
FOLANCE, S. f., folie, conduite folle :
Lors connurent piien qn'alé sont a folance.
(Siège de Barba-ilre, Uichel. JlSfiH, V 150 v».)
Cf. FOLIANCE.
FOLASTRE.adj., fmndour, malveillant:
Et peut estre que quelque folastre dira
qu'ores que le roy se eognoisse en liorame,
neantmoms il se mesprit lors. (E. Pasq,,
Lett., XVII, 4, p. 500, éd. 1723.)
Se disait encore en ce sens au xvii' s. :
L'abbé Mondain est honnête homme,
quoi qu'en disent les libelles ; et toi, tu
n'es qu'un folâtre. (G. Xaudé, Mascural,
\K 309.)
FOLA.STRiE, -atrie.foU., s. f ., folàtrerie,
badinerie:
j Ce seront petites follastries entre ma
femme et moy comme advient a touts nou-
veaulx mariez. (Rab,, .III, 44, éd. 1711.)
De follastries joyeuses hors l'offense de
I Dieu, et du roy, prou (c'est le subject et
thème unicque d'iceul.K livres), (lo IV
epist.)
r/une partie est es jeux et follatries,
l'autre en tout ce qui concerne la vie. (Lk
Plessis, Ethiq. d'Arist., (■' 28 r», éd. igS3.)
Combien que la jeunesse des princes soit
ordniairement plus disposée aux folastries
j que dévotions. (E. Pasq., LeU., xiv, 2, éd
1723.)
Laissant toutes ces folastries a part (lo
Poes., à la duch. de Ketz.) ''
Peut estre l'ay je faict sciemment sachant
bien que ce sont petites follastries. (Ty-
BounOT, Bigarrures, f» 257 i^ éd, 1584.)'
FOLATic,- ique, foll., adj., un peu fou,
folâtre :
Pour boire assez aulcuns ressemblent sages
Qui par après deviennent folalia
Pour boire trop.
(J. BouciiET, Opusc, p. Sii.)
l'olle, folliant, follalique.
(.Id., Angoisses d'amour, p, 2G.)
i'0L.vTUEMENT, S. m., folàtrerie :
Comme la venue de une matrone pu-
dique et vénérable cesse ragemeut et fa-
latrcment des chambericres, "dit S. Basile
(N. uii Buis, Institut., {•> 16 r".)
FOI.ATRIE, voir FOLASTRIE.
V01.C, foule, fuie, fouc,fouk, foucq, fuoc,
foc, fuc, fug, fou, floc, flue, flou, frou, s.
111., troupeau:
Cam fuie en aut grand adunat.
(Vie de S. Lég., ms. Clerm,, st. 22.)
Tu nos dunas sicume fug a devurer.
{Liv. des Ps., Cambridge, xliii, U, Michel.)
E tolit si cum oeilles le suen peuple, e
parmenat els ensement cum flue el désert.
(Psalt. monast. Corb., Richel, 1. 768.
f°64v-.;
Es vos corant par la guastine
l'a fuie de Ions a grant ravine.
(Ilrul, tm. .Munich, 2504, Vollm.)
Uespundi David : Pasturel ai esté del
fuie mun père; quant liun u urs al fuie
veneit, e ma beste perueit, erranment le
pursewi, e la preie toli. {Hois, p. 65, Ler.
de I.incy.)
FOL
Nabal tist tundre suu fuie. (Ib., p. 96.,
E ore me vint la nuvele que tes pastures
tundereieut les fûtes. {Ib-, p. 97.)
Com li lus fameillus entre fuo de berbiz.
(Th. de Kent, Gesle d'AHs., Richel. 2i36i,
P 34 r".)
Dois que li palstrez est fernz
Li frous des brebis est voincnz.
(Pass. J.-C, Brit. Mns. add. 1^606, f» 61''.)
Il trouvèrent la diverses fous de brebis
d'une couleur. (De saint Brandainne le
Moine, p. 66, Jubinal.)
j II priseut dou fouc une brebis. (/6., p. 67.)
I Coume fous de brebis. tPsaut., Maz. 288.
! f» 93 vo.)
! Se li fous de berbis est troves en da-
! mage. (1240, Ch. de lien, de Hooucort,
I S. Aubert, Arch. Nord.)
Et a eslut son serf David,
Qu'il a pris don fou des berbis.
[ (Lib. Psalm., lxxvu, p. 315, Michel.)
Que par une berbis languereuse ne soit
tous li fous entechies, (Biule S. Ben., ms.
Angers 390, f» 10 v°.)
L'abes se gart de trobler le fouz des ber-
biz qui li est commandez. (Biule S. Beneit,
Richel. 24960, f 42 r'.)
Si coma il aloient par ccste isle, il
trouvèrent divers floz de brebiz toutes de
blanches coulours. {Vie et mir. déplus, s.
confess., Jlaz. 568, f' 42''.)
Cel grant fuc de berbiz. {Sarmons en
prose, Richel. 19325, f" 167 v».)
Et oi vacheries et grans faux d'oeilles.
{Bible, Richel. 901, f» 1".)
Par un bois trespassai,
Qant l'oi trespassé, si trovai
Apres an moult grant flou de pors
Graoz et petîz et noirs et sors.
(Du povre Clere, 146, ap. Méon, Nouo. liée,
I, 108.)
S'aucuns de cix qui font lor testamens
laissent toutes lor bestes, sans especefîer
autrement : s'il a fouc de brebis, on doit
entendre que se sont eles gu'il a lessies.
Neporquaut, par le mot qui est si gene-
raus, uoz créons qu'el emporteroit toutce
qui est tenu por beste : cevax, vaques et
porchiax ; et autres bestes, se il les avoit.
Mais s'il disnit : « Je laisse men fouc de
bestes, ou ni devroit entendre que les
brebis, car ou ne dit pas fouc de vaques
ne fouc de cevax, mais on dit bien fouc de
porchiaus et fouc de brebis ; et por ce s'il
disoit : € Je laisse men fouc de bestes »,
il seroit entendus des brebis, et s'ildisoit :
« Mes /bus de bestes », et il avoit plusors
fous de brebis et de pourchiax, il seroient
tout euteuùu... Ou doit entendre /'OMC ou
il a tant de pourchiax ou de brebis qu'il
y conviengne une garde ; car ce n'est pas
fous de bestes, qui est sans garde establis
proprement pour eles. (BEAUil., Coût, du
Beauv., xii, 53, Ceugnot.)
Il souhst bien que li focs des bestes soit
nostres, ja soit ce que chascuno beste ne
soit nostre, car l'en demandera tout le foUC
por sieu, ne mie chascuue beste por soi.
{Digestes, ms. Montpellier H 47, l' 8i'.)
Fuoc de bestes, {Ib., i'''86^)
A la guise du thoreau qui se est combat-
tu, a qui sa liercté double quant il a esté
défoulez et gitiez dou fouc des vaches par
les aultres thoreaux. {Cliron. de S.-Den.,
ms. Ste-Genev., f" 251"'.)
Item se uns froux ou uns pars d'oueil-
FOL
FOL
FOL
49
le.-i trespasse par eschapee, et est prix en
autrui melTait, il sera en amende de deux
soulz. (1304, Chart. du Comt. de Nevers,
Areh. JJ 59, pièce 346.)
Item, le foucq d'awes, dont le foucq
vaiilt .XXV. awes. {{Cart. de Corbie, 21,
f ' 333, ap. Duc, Foucagium.)
V.l ses pailles emplis covetoient abeve-
rer les fouks lour piere. {Bible, Exode,
ch. 2, vers. 16, Richel. 1.)
Qu'il ne soit nul ne nule qui laisse aler
ne mettre besles eu autruy dommage sur
les amendes qui cy après s'ensuyent.
C'est assavoir pour ung poultraln deux
solz, pour une vache trois solz, pour une
brebis deux deniers, et ainsi de cbascune
tant que le foucq porte. (Bout., Somme
rur., l" p., f" 133'', éd. 1486.)
Pour avoir foucq ne fault avoir que as-
semblée de dix, on p.ir le nombre de dix
se fait foucq d'assemblée. (Id., ib., 2' p.,
f 48V)
Foucq de brebis. (Ev.des Qiien., p. 139,
Bibl. elz.)
— Fig., troupeau, troupe, multitude,
ina.^se, assemblée :
Oran foies aredre, fran davan.
(Passion, iô, Koschwitz.)
Paien snnt mort a milliers e a fuies.
(Roi., U39, Mûller.)
Si lost cnra saiol Thcraas fa acordez al rei.
De sna fue li soTint qui petiz ert en fei.
(Garmer. Vie df .S. Thom.. Richel. 13513,
f 73 y».)
Lors veissîes venir 1er gens
A fous, a milliers et a cens.
(G. dePalerme, Ar». SSlfl. f» 128 r».)
La vi .1. foite de solcnans
Qni jnoient ans tumberians.
(la Voie de Paradis, liichel. 837, f 8fi.)
>'e devreit pnis enlnr el? repaîrier.
Hom qui ne fasl de anbnn leal raestîer,
Nnnc entendre fors snl a Den freier,
A Inr foc garder e jnsliser.
iHoman des Romans, strophe 111, ap. Roq.)
l'a fo'ic de serpenlians menns.
(B. DE CnxnÉ, Pris- d'Am., 1131, Scheler.)
Et avec li un prant fouc. (Mir. du
monde, nis. La Sarra , Chavannes ,
p. 3o.)
Si coummenchierent ossi a tuer et de-
copper ces mesçanspens sans pilé et sans
merchy, et lez pendoient par fous as
arbres ou il les trouvnient. (Froiss, ,
CAron., V, 322, Luce, ms. Amiens.)
Si les abatoicnt as fous et a mons. (Id.,
»6.,V, 326, Luce, ms. Amiens, f» 110.)
Et pisoient li mors et li navret a fous et
a mons par les camps. (Id., (6., V, 344,
Luce, ms. Amiens.)
Et estoient les plus grans foucz desdiz
archers vers les deux bans de la bataille
en manière de heles , et derrière les
hommes d'armes estoient les paiges, les
chevaulx et tous les meschans gens non
puissans de combattre. (Monstrelet ,
Chron., II, 20, Soc. de TH. de Fr.)
— La foule, la multitude, le peuple :
L'on dit qu'il fant assenz de ceqne li foue pense!
(Oir. de lioss,, 1618, Migaard.)
Norm., Manche, flo, flio, troupeau.
FOLcuiDER, s. m., personnification de
la présomption ;
T. rv.
Veei la comment Abnz me vint
Enhorter de prendre la voye.
Et Folcuider. qni des foiz Tint,
Me monslra qu'aller y devoye,
(Roi Remé. rMuzé en court, OEot., IV. 92,
Qaatrebarbes.^
FOLE, voir Foule.
FOLÉ, voir Foulé.
FOLEABLEMENT, VOir FOLIABLE&IBNT.
FOLEANCE, voir FOLU.Nr.K.
FOLEGE, voir FOLAGE.
FOLEIANCE, voir FOLIANCE.
POLEIER, voir FOLIER.
FOLEis, voir FOULEIS.
FOLEISOX, voir FOLOISON.
FOLENGIER, VOir FORLOIG.\IEll.
FObEME , voir FELONre au Supplé-
ment.
1. FOLER, verbe.
— Xeutr., devenir fou, être fou :
Por son hon doit on foler.
(Rom. et pasi., Rartsch, It, 24, 22.)
Por ço ne me detes coser
Se me vees d'amors foler.
(Par/on., 7131. Crapelel.)
Qui a prestre vos ordena
En sa vie tant ne fola.
(Ren., 20803, Jiioa.)
Gille de Cyn cuide afoler
Celé qui pense de foler.
(Gilles de Chin, 3635, Rciff.)
Par trop vin foie le pins sage.
(De Gitersay. Richel. 837, f 238^)
Il resemble le frénétique qui est si ma-
lade qu'il foie, et qu'il le convient lier,
(Laurent, Somme, ms. Soiss. 210, f 3''.)
Amor fet cels del tôt foler
Qui Tulent sagement amer.
(Chaslmem. d'un père, conte XI, 173, Biblioph.
fr.)
Généralement il folera moult et errera
souvent. (Oresme, Quadrip., Bichel. 1348,
fM72r».)
— Act., tromper :
De çoii qae il les a fnlé.
Et il en ont asses parlé.
Et si ea firent lor gabois.
(Ren.. Sappl., p. 227, Chabaille.)
— Folé, part, passé, fou, rendu fou :
Ici ont une misse de Sarazins trovee.
Bien estoient dons ccnz d'îcele gent folee,
(Chans. de la Crois., V, 13, Romania, V, 39.)
L'en m'a dit et gel croi assez
Que Parlonopens est folez, S:
Por vos a si grant duel eu
Qu'il en a tost son sens perdn.
(Parton., Richel. 19132. f^ 117=; éi. Crapelel,
6365.)
Sire, merchi
De ce k'a vous me sui ichi
Comhatus, dont trop sni foies.
(Cliev. asdeus esp., 5633, Foerster.)
Et a cel lin le ginez
U fa avant descolee
Ma reine li folee,
(rie S. Grég., Richel. 902, f» in"».)
2. FOLER, voir Fouler.
FOLERIE, voir FOULERIE.
i. FOi.BSSE, follasse, s. f., sorte da
blette :
Touchant les arroches, il y en a de sau-
vages. Pythagoras neantmoins en veut bien
a ces folesses, choux nrjoux des jardins,
ayant opinion qu'elles rendent les gens
hydropiques. (Du PiNBT, Pline, xx, 20,
éd. 1S66.) • . .
Quant aux porrees rouges, et autres
blettes, dites follasses ou bonnes dames,
elles n'ont ny goust ny acuité aucune. (Id.,
ib., 22.)
Cf. Follette.
2. FOLESSE, - esce, s. f., folie :
Qniconqnes cuide ne qui die
Que soit folesce et rausardie.
(Rose, Richel. 1539, f 1«. )
Lesquelx compaigaons par jeune folesse
alereut pour icelle fillette avoir. (1444
Arch. JJ 176, pièce 338.) '
FOLESTÉ, voir Foleté.
FOLESUYE, S. f., jeu de la soûle :
Icellui exposant regardoit a jouer a la
folesuye le jour d'une victoire, et lu la pe-
lote jaillie hors de la presse, et pour la-
quelle avoir le dit exposant se baissa.
(1388, Arch. JJ 132, pièce 273.)
1. FOLET, s. m., lutin :
Quant le folet le voit, s'en est en pies levé'.
(ilaugis d'Aigrem., ras. Montp. H 2i7, f 163'.)
Et li folet et les driades.
(Rose, Kicbel. 1373, f» 130^.)
Nom propre. Follet.
2. FOLET, foll-, adj., qualifie iiiic sorte
de soie :
Coustepoiute traciee de soie follete a .1.
feuillage d'espine. (1316, Compt. de Geoff.
de Fleuri,\)o\itil d'.4rcq, Compt. de l'argent.,
p. 49.)
L'en ne pourra donner a un drap blanc
qui sera taint en folet autre liziere que
blanche. (140(5, Stat. des Drap. d'Evreits,
Ord., IX, 171.) îd
1. FOLETAGE, - aige, s. m. ?
A Symon le Royer pour le foletaige du
grant maillet do l'engin du pont de Loyre.
(1394, Compt. de Nevers, CC 2, C U r»,
Arch. mun. Nevers.)
2. FOLETAGE, folL, S. m., droit dû au
seigneur pour la garde de ses bois :
Item vingt sols parisis de folletage rendu
chacun an le lendemain de Noël. (1409,
Aoeu de la Roncière, ap. Le Clerc de Doûy,
t. I, f 244 r», Arch. Loiret.)
Cf. Foletier.
FOLETÉ, - ei, - esté, - elle, foll., follet,
follité, s. f., folio :
Qne ço est grant follet.
(Pu. HE TuAON, Cumpoi, 2616, Mail.)
E si eschaper nos qnidez.
Ce aereit en grant folelez.
(Des., 0. de Norm., Il, 2903, Michel.)
D'à vos conbatre feroie foletes.
(RuMB., Ogier, 47S2, Barrois.)
50
FOL
BaDiloin, dist li rois, ce fa grau folesln
QiDt de Rnne pa<(«r fui car tos totIci.
(J. I!oD., Sas., CTiJii, Michel.)
Ed non Den, sire, or lonie a fnlflf
Ce qn'a toi homes aviei connnandé.
(Mmtri. C. Taris, nomania, IX, ;il8.)
Vos estes joesne, lessiei ici folfin.
(U analrri,- VinV», liichel. Sns, P> ISS"".)
El lot por le roioe et por sa folrlé.
(Car. if Von.il., Richel. 41103, f" S*.)
Et tont por la roine et por sa folelei.
(li., Vat. Chr. i:.17, f
'.)
!• I« enyday Irayr, dont je fis faUrilè,
Cu en cest point m'a roîz qoe Tons m'avez trooTé.
(floon df ilaiencc. 1505, A. P.)
Se je plos les aient, chen seroil folelé.
{Gaufrr:j, 9oï>, A. P.)
... Che seroil folelez
Se j'eïponsoie femme, car je en tronve assei.
(B. it Sel., Ti. :il8, Bocca.)
Cnm W is fols e plains de follilr
Onan tn is creables ch'il loi ait aidé.
(Pa.'is. du Christ, M, Boncherie.)
n se dit encore dans le Berry :
Te voilà encore dans tef folletés! inno-
cent, va ! (0. S.\ND, Clandie, 1, m.)
FOLETEMENT, foleltemenl. atlv., d'nno
manière nn pe« folle :
Mail leori repars...
Pi'esloienl mie folfllemnt espars.
(G. Mach., Poèt., Richel. 9>-21, f 37'.)
FOLETEn, V. n., faire le fon :
Je fais les sajes foleler.
Si fais les fous sentis et sages.
(Fait. d'Or.. .Us. 30G0, f loi''.)
FOL
viengne jusqiies aux ospiiiiles, (juaul il
l'ara en leste, et doit avoir le visage tout
couvert et aura au cb appel deux œuilleres
par ou celluy verra. Et celuy aura deux
petis basions en ses mains, enfourrelez et
couvcrs du drap nicisnics. Et les deux
boutz des deux basions seront couvers de
roupe drap, environ deux paulx, et si aura
celuy deux petites potences, surquoy il
s'appuiera cl sonstondra ; car s'il a trouvé
le -widecoq, il faull qu'il se niclte a ge-
noulz et sur ses potences pour approcher
le vvideeocq : et si doit avoir n son sur-
seint une verge ou il aura ung laz au bout
qui sera de soye de cliev.al, et doit appro-
cher le -nidecocq si bellement et a loisir,
comme il porra, tant que le widecoq l'ait
bien amors, et se doit arrester. Et quant il
verra que le widecoq commencera a errer,
lors le doit il poursuyr. Et se le widecoq
s'arrestc, sans .-tvoir la teste levée, il doit
ferir de ses deux basions l'ung contre
l'autre tout en paix, et le widecoq se y
amuse et affole tellenienl que celuy qui le
poursuit l'approche de si jires que il prent
sa verge, et luy mol tout bellement le laz
qui est au bout de la verge au col ; et ainsi
est prins. Et sachiez que widecos sont les
plus SOS oyseaulx du monde. Auquel oysel
moult de gens de ce monde ressemblent,
qui sont si sos qu'ilz s'amusent aux délices
terriennes et ne leur souvient de Dieux ne
des biens celestiens, et dont le deable qui
les dechace leur met le laz au col et les
tire a soy. Si puis dire qu'ilz sont prins a
la foletouere conme le widecoq. (Modus,
f» 132 r«, Blaze.)
Cf. Flectuere.
1. FOLEUR, voir FOLOR.
2. FOLEua, voir Fouleor.
FOLETlIVn, foU., s
bois:
Pierre Chauvelot et Pierre Veulhnnt, fol-
Ulexirs de Slnlionne. (Compt. de looa-!570,
Arcb. œun. Dun-le-Roi.)
Cf. FOLETIF.R.
FOLETiEii, foU., fotill., foUetrier, s. m.,
sergent garde-bois :
Item et puel avoir folletier pour garder
ses dits bois, lequel folletier puet avoir
son arc, ses flèches et son chien après
soy. (liC6. Aveu de la seigneurie de Ceridrai,
paroisse de Joui-le-polier, ap. Le ( Icrc de
Cofly, t. I, f» 244 1°, Arcb. Loiret.)
Jehan Fournier, fotilletier du bois de
Mosne. (Compt. de ISÎÎ3-1S70, Arch. mun.
Dun-le-Roi.)
Fo/fe/n>r. (Areh.Mos., .NoI.dc M. Sauer )
Foi.KTiEnE, s. f., lien h.inlé par les
follets :
Ou marois que l'en apelle la foleliere.
(1309, Arch. S 27S, pièce 71.)
FOLETOL'EiiE, S. f., nianii^rp de prendre
le ■widecoq exposée dans l'exemple sui-
vant :
Je veulx cy mettre une manière de
prendre widecos mer\'eillable et peu usée;
et est dicte ou livre de Modus la foletouere.
Qui venlt prendre le widecocq a la foie-
touere,\\ faul que celuy qui le venlt prendre
ail ung court ninnlel, de rousse couleur
comme les fueilles dn bois qui sont fenees,
et unes moufflcs de celle couleur et une
chapel de faulre, qui kM si long qu'il
m., serpent garde- folgure, voir Fulgure.
FOI, HARDI, adj. composé, celni qui
pousse la hardiesse jusqu'à la folie ;
Celui que Aristote appelle fort l'en dit
en l'rancois qu'il esl liardi et de celui qui
ex(:ed(! en oser l'en dit qu'il est trop hardi
ou fol hardi. (Oresme, Eth., f» 5i% éd.
1488.)
Les foulz hardis sont au premier de
grande ou preste volenlé avant les perilz,
mais quant ilz sont es perilz et nu l'ail ilz
deffaillent. (1d., ib., f" 3a».)
FOLiAiii.E, fûloiabk, adj., livr(' à la
folie, folâtre :
Et incoDstanz H fcloiables.
(Rose, Richel. 1573. f ' 161''.)
Je me trouve pas ou je me peussc repo-
ser, non neis ou vivre, ains estoie par
touz lieus dechassiez foliables et fuitis. (J.
DK Mel'ng, Ep. d'Abeil. et d'Hel., Richel.
920, f» 54 V».)
Hais ja Jnsques la n'avendronl
Li cuer dnr, li cucr foloiable.
(Fail. d'Oi'., Ar». 5069, f» 57''.)
Fortune foloiable tournoie a pas convoi-
lens et elle ne demeure certaine ne soy
tenant en ung lieu. (Mir. historial, .Maz.
857, !• 42 v°.)
— En parlant de chose, insensé :
Et s'elforce de coulourer les laidures
foloiables par iulerprelalions de philo-
sophes. (JMic. historial, Maz. 587, f" 8 r".)
FOLiAiii.EMKNT, folcablement, adv.,
avec une folle prodigalité :
FOL
Bon fait garder sens, droiture et raison...
Régla tenir, et espargnablement
Vivre dn sien, non folcablement .
(E. DESciiAsri's, Poés., Richel. 840, f» 12'.)
FOLiAi-, S. m., fou :
Si com font ores maint foliaur
Oui demoinent trop grans avians.
(Renan, Richel. 16,30, P lt;3^)
FOLiANCE, - eiance, - tance, - oiance,
- ience, s. f., folie, conduite folle :
S'il veit la bono repenlance
E nos de nostre foleiance.
(Vie du pape Grég., p. 83, Luzarche.)
La première (secte) est de foleiance.
{Trad. de Belelh, Richel. 1. 995, f» 11 r».)
Foleance d'eslat d'orne ou de feuie em-
pêche mariage. {Liv. de jost. et de plet, x,
9, § 4, Rapetti.)
Nous te commendames que tu otasses la
foleance de ceus qui creoient en Jhesucrist
et tu l'as acreue.iVî'te Patr.,ms. Chartres
371, f' 89 r°.)
Or oez qne je vous devis
Don mentel en .lerico pris ;
!,i menteaux doit roîslivemens
Estre entendu?, de folience
Et de fauselé de créance.
(Macé de la Charité, Jtihle, Richel. SOI, f 45",)
Qui pnis devint cl sainte et sage.
Si se retraist de foloiance.
(Fail. d'Oe., Ars. 5069, t° 8<^.)
FOLiANT, folUant, foloiant, part. prés,
et adj., fou, insensé :
A l'exemple dou fil foliant qui... (De
confessione, ms. Angers 390, f" 71".)
Folz folians de folie faull pourvoir.
(Farce de Folle Bobance, Ane. Th. fr., II, 264,)
— En parlant de chose, qui tient de la
folie, déraisonnable :
Et se cose qui n'est eslavle.
Comme folians et mouïavle.
(Rose, Vat. Ott. 1212, l' 47",)
Chose foloians.
(Ib., Vat. Chr. I'j22, f» -10'.)
Je serviray amours, qui que m'en voist blâmant,
Coy que «aige le liengnenl a envre folliant.
{II. Capet. 294, A. P.)
1. FOLIE, S. f., a exprimé l'ardeur dé-
sordonnée dii combat :
Ore coraence le bruit e la folie
De nos Franceis e de la paienie.
(Olinel, 978, A. P.)
2. FOLIE, S. f., fiole, flacon :
Fiala, folie. (Gloss. de Douai, Escallier.)
3. FOLIE, fouille, s. f., morceau de
graisse qui est dans les intestins, près de
la panse :
Le foie de la panse prent,
S'el baille a tel qui n'oblisl mie
Que il n'i lasce la folie.
(La Chace don cerf. p. 23, Pichon.)
Puis oste une coiffe de gresse qui est
appellee foullie, et l'oste avecques l'autre
fresse (lue tu trouveras ez boyaux. (Modus,
> 22 V", IJlaze.)
FOUEMENT, foUycmenl, foloiement, s.
; m., folie, conduite folle :
I Creslienté est lot foloiemenl.
(Li Coron. I.ooijs. 839, ap. Jonfk., Guill. d'Or.)
FOL
FOL
FOL
ol
ijue li fans crestien... aient honte de leur
foloiementvlèe convertisseat. {Comm. s. les
Ps., RiL'lL'l. 963, p. 227'.)
Mors est, et je sni morte osoi,
Je qni ne le vi ne ne soi
Soi plus lempestee aigrement
One ne fu el fohiemenl.
(FM. d'Oi'., Ars. 3069, t» 158*.)
Ponr monslrer leor follijemenl.
(«iil. du siège d'Orl.. 11390, Gaessard.)
FOLiEK, foll, foliier, foloier, foloyer,
foleier, folaier, feloier, verbe.
— Xeutr., être fou, faire des folies, fo-
lâtrer, se tromper :
Folierent de ventre. (Lib. Psalm., Oxf.,
LVii, 3, -Michel.)
Test i porrieï foleier
E plas perdre qne gaagnier.
(Rou, .i° p., UST, Andresen.) Var., foliier. fo-
loier.
Quant qn'aa siècle serf e fold
Faiz je malt poi.
(Ben.. D. de Xorm., II, 12187, Michel.)
Qoe encore se doit joer et foloyer.
(Roum. d'Alix., f 11'', Michelant.;
Le rois Sondaa en apela Gautier :
Sire, dist il, trop vons voi foloier.
(La Délivr. d'Ogier le D., 1 10, Longpérier.)
Monlt me poise qae tn foloies-
(Cbrest., la Charrette, Vat. Chr. 1725, f" 13''.)
Signor, fait il, entendes moi,
Ja n'i folieres, je croi. i
(Eteocle et Polin., Riche!. 375, f 61''.)
foliant alai nn lonc tans, j
Qae jon ne soi qne je fasois.
(Alreper., Uichel. 2168, f» 9^)
On me reprent d'amoar qai me maistrie
Ko foloie mes cners quant le consent.
(J. Li PiiTis, Chans., ap. Maetiner, Altfr. Lieder,
p. 30.)
Ju ai foliiel en ma jovent.
(rie S. Andr., ms. Oxf., Canon, mise. 74,
f 120 T°.)
Oui par soi "velt ouvrer
Sanz conseil demander
lovent foloiera.
(Pfov. au coule de Bret., Richel. 19152, f 115"'.)
Se li avocaz foloie et propose le contraire
a ce que il deusl proposer. (Ordin. Tan- \
crei, ms. de Sulis, f" 74'^.) 1
Se li avocaz foloie en droit il puet rapeler 1
lele error. (Ib., i" 74''.) I
Li paien el li jui foloient par lor mes-
creance. (.Maurice, Serm., Richel. 13314,
fo 19 v.)
Si foloierent a la parBn; car il eslurent
homenoientprofitable au roiaume. {Chron.
de S.-Den., ms. Ste-Gen., f" 99\)
Il a erré en la foi et tant lourdement /b-
loié. (J. DE Salisb., Policrat., Riche!. 24287,
f» 68''.)
Hz sont d'une très belle vie
Et n'ont de foliier envye.
(Eloi Damernal, Deatlerir, f Go^, éd. 1507.)
Qui Tenll avoir grant richesse
II fanlt qu'il ayt en soy prouesse.
Et despendre, sans foliier,
Le bien qa'ii a pea allier.
(Fb. Giraut, le Moyen de soy enrichir, Poés. fr.
des XV» et \vi'= s., X, 89.)
Il advient que plusieurs foUoient par
jeunesse et depuis viennent a bon sens et
bon gouvernement. (Coust. de Bret..
f 38 v.)
Mieux vanlt folier en herbe qu'en gerbe.
(Gabb. Mecrieb, Très, des Sent., ii. 1560.) |
II ne fant jamais folier a demy.
(ID., ib.)
Si nous souffrons folier longuement
Ce cruel Mars...
(Hlc. Salei., Iliade, I. V, éd. 1608.)
Et ainsi vescut toujours (Triboulet) fol-
Jjant jusques a la mort. (Desperibrs, Noiiv.
Becreations, de Triboulet, éd. 1372.)
Adolescentior, foliier. (R. Est., Lat. ling.
Thés.)
Il est permis de folier avec les petits en-
fans. (Charr., Sag., 1. 1, c. 4.)
— Se li-vrer à de folles amours, faire
folie de son corps :
Mais ains que foliasce en li
Revint mes sens, si le guerpi.
(l'arlon., 4169, Orapelet.)
^lais ainz que foloiasse a lui.
(Ib., Richel. 19152, f" 139».)
Tout aussi comme font les folles femmes
qui croient de legier les belles parolles
des jangleurs qui les conseilloient a fo-
loier contre leur honneur et leur estât par
flatteries et folles promesses.(Z,!». du Chev.
de La Tour, c. xl, Bibl. elz.)
Par une faulse houliere qui pour un bien
pou d'argent la fist folaier. (Ib., c. lxii.)
Lequel ameries mie.v... k'elle fust morte,
u k'ellé eust folliiet a .i. seul homme, de
coi elle fust repentant ? {Anlk. picarde,
I p. 18, Boucherie.)
Combien que feu Simon Bradieu fu
j marié en femme, dont il devoit estre con-
tent, neantmoius par ses solicitations de-
ceptives il emmena folier par le pais Ha-
binette,seur de l'exposaut. (1464, Arch. JJ
139, pièce 249.)
Ou des honmes s'accompagnant de
femmes qui foUioyent, se faisoyent appeller
saincts par elles, durant leur transport
d'esprit. (Fauchet, Antiq. gaul., IV, 23,
éd. 1611.)
— Folier de, s'écarter follement de :
De tes mandemenz nient ne foleai. (Liv.
des Ps., Cambridge, csvill, 110, Michel.)
— U se dit aussi d'un cheval qui s'em-
porte d'une course déréglée, et que le ca-
j valier ne peut maîtriser :
I Fuit s'en, mais non pas droite veie;
Kar sis chevaus par tôt foleie,
Primes a raunt e puis a val.
(Bes., d. de Xorm., II, 16394, Michel.)
' — S'égarer dans une course errante :
Par mer folia loogemeut ;
Maint grant péril, maint grant tourment
Et maint travail li eslut traire.
Apres lonc tans vint en Ytaire.
(Wace, Drul, 21, l.er. de Lincy.^i
— Réfl., être fou, faire une folie :
Percheval voit qu'il se foloie
Quant a la pucelle s'aresle.
(Percerai, ms. Berne 113, f 89'.)
Bien est voir que moult se foloie
Qui de l'ame garder se peine.
Son travail y perd et se peine.
(GoDEFROï DE Lacny, la Charrette, ap. Ler. de
Hncy, Prov.)
Tonte me druerie et m'amor vus otroi.
Se jou fail a le votre, malement me foloi .
(Roum. dWlir.. f 70'. Michelaiit.)
Voir, diit Fromons, je me sut foloiex.
Droit l'en ferai voiaot cent chevaliers.
(Joiird. de Blaivies, 8GG, Hoffmann.)
Qui le bien voit et le mal prent
II se foloie a escient.
(Prov. aux Philosophes, ap. Ler. de Lincy, Prov.)
— Act., entraîner à faire une action
folle, déraisonnable, égarer :
Si s'en ala molt tost celé part u il les
quida mieus desvoier.et quant il les ot une
grant pièce desvoié, si sona le cor, et tout
ensi les ala /'oioiant toute jor par la forest.
(Artur, ras. Grenoble 378, f» 22''.)
Je quit bien qu'il li enseijnoient
Que il son pareia foleast ;
Qaar onc por rien qu'il U passast
?ie li leissa folie a dire.
(Pean Gatineab, Vie de S. ilarlin, p. 78. Bour-
rasse.)
Sçavez vous pourquoy il vint céans de-
sarmé ; pour ce qu'il vous cuydoit folloyer
par parolles de faire paix a luy, et que vous
ostissiez vos armes ; et si tost comme vous
eussiez esté desaruié, il vous eust fait
prendre. {Lancelot du Lac, t. II, f» 53'*,
éd. 1333.)
— Traiter comme un fou, traiter de
fou, se moquer de, ridiculiser :
Comme il le lendenge et folie
Pop çou que il ne lor aie.
(Bes., Troies, Richel. 375. f 69'.)
Pou çou qu'il est entes, \'aiioit si foloie
Que par itant le cuide avoir amoloié.
(Roum. dWlix., l' li-^, Michelant.)
Lors dist en sa chanson ;
Aide, Robeçoa !
Tes secors me desloie !
J'entent a sa raison
Ke me tient por bricon
Et del tout me foloie.
(Rom.et past., Barlsch, 11, 14, 35.)
INe feloie cil raie
Qui de toi fait s'amie.
(G. DE Coi.sci, iUr., ms. Soiss., f° 5''.)
II demande Doon, et le va foloiant.
(Doon. 4207. A. P.)
Devant mou oncle a Cardueil moult
durement me folliasles, et en faisant voz
I railleries me dictes le vostre plaisir de
quoy mieuls vous en convint taire. {Per-
ceval, f" 83'', éd. 1330.)
Je suys recteur, grand orateur,
I Remonslrant, sans eslre Dateur,
I Qui folye les mal pensant.
(Le Maisire d'escoUe, p. 3, ap. Ler. de Lincy et
Michel, Farces, Moral, et serin, joy., t. IV.)
— Folié, part, passé, rendu fou :
Comme l'orame folié.
(Roi Rese, r.Muzé en court, fiEuv., iV, 78, Qua-
Irebarbes.)
On dit en français dans tout le Midi :
Le vin fait folier un homme ; Elle folie,
elle fait des actes de folie, d'excentricité.
FOLiKTE, - elle, s. f., petite folie :
... Grant foliete.
Vous oi jehir.
(Bretel, Cliani., à Ferri, ms. Sienne H. X. 3i.,
f> 49''.)
Si an fi une foliette
Ront nuns ne m'aa devroit blasmeir.
(Rom. elpast., Rartsch, I, 43,17.)
Se j'ai fait foliete,
^us n'en ara pis de mi.
(La Châtelaine de S. Cilles. Richel. 837.
r> 115''.)
5t
FOL
J'entnpris la baiMielf,
ToDt« fis I* folitlf-
(GliB. Dt BriotnLLr, Cktm.. Val. Chr. H90,
P llî''; Ad». « ptsi.. BarUch, III. i6, 65;
Trcn. tel}., p. Tl. Schfler.)
Ne a lor folielcz. ( Vus des Uermil., nis
Lyon 773, !• 3 v.)
FOLiELS, - evx, adj., qni se conduit
follement :
Icelle supplianle affoiblie de leste et de-
Tenue par neures aussi comme folietise.
(1375, Arch. JJ 107, pièce 377.)
Les plus salpes deviennent folieux. {Eu-
rial. et Lucr., f» 11 r", éd. 1493.)
— Le féminin s'employait particnlière-
ment en parlant d'une femme qui fait
folie de son corps, d'une débauchée :
Qn'ete seia orgailleose
Et de soD cors trop folifu.se.
{Le Uuire que ScIfKons fi>l. fi"5, .Méon, Xeur.
Rec. 1,385.)
tne femme folievse. (Légende dorée,
Maz. 1333,1° 18''.)
Lequel Besancon estoit de 1res détes-
table vie, et qui ne vivoit que de ce que
jeunes femmes folieuses avoient et gai-
^oient a un cliasiuu aux champs et ail-
leurs. (1380, Arch. JJ 118, pièce 458.)
En teles rues si honnesles ne doivent
demourer femmes folievses. (1387, jlrr.
touch. les femmes de mauv. vie, Félib. ,Hist.
de Paris, W, 338''.)
Et supportoit pnrloulles femnies/olieKses.
[Journ. d'un bourg, de Paris, an 1446,
Michaud.)
FOLIGN.\BLE, VOir FORLIGNABLE.
FOLICMER, voir FORLIGMER.
FOLIIER, voir FOLIER.
FOi.iN, adj., fou :
Je tieag cbelai a fil folin
Kl por toogier entre ea chemiD.
(SrpI Sages, -4238, Keller.)
Oa nne bigne
Se fait on front par yvresce follig»e.
(Cbbist. 01 Pis., l'oés , Richel. 601. l' 47'.)
Noms propres, Folin, Follin.
FOLiNE, s. f., folie :
Et ta foliie coTcrra
Sa booctie.
(LU. Ptalm., CTi. p. 33.'i. Michel.) Lai., ornais
iaiqoilas oppilabit os sudio.
FOLioN, S. m. , feuille de mûrier ,
feuille d'Inde :
Poivre lonc, e folion, c jiuarinpal. (Erw.
p. apareil. viand., Richel. 1. 7131, f 100*.)
La livre de pomes de paradis, de folion,
d'egpis, .1. d. .1. o. {Li Cout. des foires de
Troles, li tonneus d'avoir de pois, nis.
Troyes365.)
Folion, un denier la livre, cardamonc.
{Cart. de Lagny, Richel. I. 9902, f» 240 v«.)
1. FOLioT, S. m., pièce d'horlogerie
destinée à régler la roue mère :
L'oe roe seconde et adjooitee
Qui le retarde et qni le fait mooToir
far ordeoance et par meiore, Toir
Par la terla don foliot aossi
Uni continnelment le moel enti.
(Faors"., Poét., I, .-.9,215, Stheler.) j
FOL
a. FOLIOT, S. m., attrape, piège; peut- ;
être l'apparence de petites plnnies agitées [
comme les feuilles : i
En tendant fil, glnz et roiseanli,
Gnetloie aux lonrbes des oiseaais.
Au folict de trois pinmelles
Poor eogignier les alonelles.
(J. Lefevre, la Vieille. I. I, t. 693, Cocheri».)
Nom propre, Foliot.
FOLIR, voir FUEllLiR.
FOLisox, voir FoLoiso.N".
1. FOLLAGE, voir FOLAGE.
2. FOLLAGE, voir FOULAGE.
FOLLAiN, S. m., cocon OU coque de ver
i soie :
Lesquels trahandiers.... commettoient
plusieurs inconveniens et mauvaistiez au-
dit mestier de traire ladite soie... pour ce
eussiez fait crier.... que nulle personne...
ne baillasl.... follains a traire auzdits tra-
handiers de la dite soie. (1340, Reg. de la
Chambre des comptes, B 2, f" ^2o^)
FOLLAUGE, adj., d'uHe prodigalité folle :
Tuteur des veuves et des orphelins, pain
et récréation des besoingneus, large aux
povres, fols large aux hostels, pour ce es-
pandit tousjours et sema ses richesses. (Gr.
Chron. de Fr., Charlem., VI, 3, P. Paris.)
Le Taillant roi de Behaigne, qui fu si
larges et si foUarges que souventesfois
avint que en sa court royale les tables
estoyent dressées et en la cuisine n'avoient
pas trop grant fumée de viandes. (Maiz-,
Songe du viel pel., III, 57, Ars. 2683.) Ms.,
foUages.
Prodigues et follarges. (Id., ib.) Ms.,
foUages.
Cf. FOLLARGEUEiNT.
FOLLARGEMENT, adv., avcc unc pro-
digalité inseasée :
Que par ta bonne prudence l'argent de
ton demaine et des aides ou procès de la
guerre soit bien emploie, et non foltarge-
menf. (Maiz., Sonje du vielpei, 111, 98,
Ars. 2683.)
Il despent son argent foUargemenl.
(Oresue. Trad. des rem. de fort, de Pelr.,
Ars. 2671, f» S2 r".)
FOLLASSE, voir FOLESSE.
FOLLASTUIE, voir FOLASTRIE.
FOLLATEAU, adj , folàtre :
Petis dyablotz. jeunes et follaleauli.
Approchez test.
(Aci. de> Aposl.. vol. I, T 3'', éd. i:i37.;
FOLLATIQUE, VOir FOLATIC.
FOLLE, voir Foule.
FOLLEiE, S. f., dépense:
Summa foileie fuite per Radulphum cle-
ricum. {1237, Dép. de la cheval, de Roh.,
Cte d'Art., ms. ISaluze.)
FOLLER, voir Fouler.
1. FOLLET, S. m., petit soufflet :
Folle.x, folles. [G loss. de Douai, Escallier.)
2. FOLLET, voir FOLET.
FOL
FOLLETAGE, VOir FOLETAGE.
FOLLETEUR, VOir FOLETEUR.
FOLLETIER, VOir FOLETIER.
FOLLETRIKR, VOÎT FOLETIER.
FOLLETTE, S. f., sortc de blette :
Arrorhes, follette, ab insipido gustu,
bonnes dames. (JuN., Nomencl-, p. 91,
éd. 1577.)
Cf. FOLESSE.
FOLLETTE, VOir FOLETÉ.
FOLLEUR, voir FOLOR.
FOLLIANT, voir FOLIANT.
1. FOLLIER, voir FOLIER.
2. FOLLIER, VOirFUEILLlER.
FOLLIETE, voir FEUILLETE.
FOLLiES, -yes,s. f. pi., gâteaux de Noël:
Premièrement ledict Armet requiert luy
estre desduict la quantité de vingt cinq
bichets froment, qu'il a employée, tant a
faire les gasteaulx de Noël, appelés fotlies,
que l'on baille a chacun habitant de
Coulches le jour de Noël, que pour le
pain qui a esté mangé par ceulx qui ont
faict lesdicts gasteaulx. En oultre sera
desduict audit Armet trois poinsons de vin
despenses, tant pour le via que l'on donne
aux habitans de Coulches le jour de Noël,
qu'est a chacuQ une pinte, que pour la
nourriture de ceulx qui ont faict les gas-
teaulx, appelles /"o/(!/es. {Ib72, Compte rendu
par Lazare Armet des rentes dues au prieuré
de Couches, Xrch. mun. Autun,F. du prieuré
de Couches.)
Item, plus sera desduict audit Armet la
somme de quarante deux solz huict de-
niers, pour seize pintes de sel, et quarante
huict solz pour un" quarteron de saffran,
employés a faire les gasteaulx de Noël
appelles follyes. [Ib.)
On trouve encore au dix-septième siècle :
Des gasteaux et vins que ledit sieur
prieur avoit coustume de distribuer an-
nuellement aux habitans en lUiyaulté dudit
Couches, laquelle distribution estoit ap-
pellee foullie. (25 nov. 1638, Acte de rachat
du droit de folie, Arch. mun. Autun, F. du
collège.)
FOLLIETE, voir FiLLETTB.
FOLLIGNANCE, VOlr FORLIGNANCE.
FOLLIIER, voir FOLIER.
FOLLiLAissE, folUlessc, S. f., partie de
la viande qu'on lève le long des épaules
du ceif :
Puvs lèvera le collier que aucuns ap-
pellent follilesse. C'est une char qui est
demouree entre la hampe et les espaules
et vient tout entour par dessus 1 os du
long de la hamps sur le jargel. {Gost.
Feb., Maz. 514, f» SS^.) Var , follilaisse,.
(Ms. suivi par Ste-Palaye, p. 193.)
FOLLILESSE, VOÎT FOLLILAISSB.
1. FOLLIN, voir Ferlin.
2. FOLLIN, voir FOLl.N.
FOLLIII, voir FUEILLIR.
FOL
FOLLITÉ, voir FOLETÉ.
FOLLOIJR, voir FOULEOB.
FOLLYEMENT, Vûir FOLIEMENT.
FOI.LYES, voir FOILIES.
FOI.OERE, voir FOULOIRE.
FOLOi, - oy, s. III., folie, nction folle^
b.idinage :
Ensi ne aai se fais sens on l'oloi.
fTniBAULT IV, Chans., p. 1. Tarbé.)
De foloi parlez.
(Rom el past-, Barlsch, II, 20.2:;.)
Et corn derves plains de foloij
Leur (ist laisser lonle la loy.
(G. Mach., Poés., Richel. 9-2-21, f 9G'.1
FOLOIABLE, voir FOLIABLE.
FOLOIANCE, voir FOLUNCE.
FOLOIEMENT, voir FOLIEMENT.
FOLOIER, voir FOLIER.
FOLOIRE, voir FOULOIRE.
FOLOis, S. m., folie :
Mais veez merveilles apperles
Du fol qoi Ta après le chien,
Parlout le suit, il l'aime bien
En 80Û fulois.
(Nir. de Noslre Dame, xxxiii, 1510, .\. ï.)
A son folois il faict da sien.
(Farce d'un Gentilh., Ane. Th. fr., 1, 551.)
FOLoisoN, - eison, - un, - ison,- isson,
s. f., folie, conduite folle :
El quant que il vons dit loz est par foleison.
(Simon de Pouille, lUchel. 36S, f 1 i.".».)
Destornez ceste folison.
(Bes., Troies, Richel. 903, f 7l''.)
Li rois a tcrt, si fait grant folison
Qnant nel castoie ou n'en prent vengison.
^RAIaB., Oijier, lllG, Barrois.)
Don ciel perdirent la sainte manlion
Par lour orgoil et par lour folison.
(BEiiTnAND DE Bak-sur-Aude, Girard de Yiane,
p. 2, Tarbé.)
Loiher sacha le branc. n'i fit arcstison.
Et Tost ferir le duc parmi le chief enson,
Quant .1. chevalers saut, qui (ist yrant folison,
Fa Loiher le ferit sor le chief a bandon.
(Quai, fils Aijm., p. 21, Tarbé.)
Quant .1- chevaliers saut qui Bst grand folisson.
(Ren. de Muntaub., p. 17, Michelant.)
Bien est tornez cist rois a folison.
(Gai/don, 9695, A. 1'.)
Se i alez, ce sera folisons.
{«., 975S.)
Par Mahomet, je tieng a folison
Qnant jouenes chiens keurt sus le dur brobon.
(Anaeis. Richel. 793. f" 56».)
I.i clerk par fine foteisun
Ama tant ke il enmaladi.
(t'n Ciiival. e sa dame, ms. Cambr., Corpos .'10,
P 91", P. Meyer.)
S'une femmo t'amoit ce seroit foloison.
(Dit de ilenage, 9, Trébutien.)
FOLOR, [oU., foui., - our, - ur, - eur,
- eor, fel., s. f., folie, imbécillité, sottise,
imprnaence folle, action follp, insensée,
chose vaine et futile :
Pardenez moi ceste fetorir.
(Wace, Conception, Bfit. Mus. aild. tStiOO,
f 50^)
FOL
Anqni veront cil d'Inde et Griu, sans folror,
A nos brans accrins qnî aura le millor.
(Itouin. d'.ilix.. C 57% Michelant.)
Qui que le tiegne a sens je le lieg a folors.
(1. Bon., Sa.T., xxvii, Michel.)
Bêle Ysabians, pucelle bien aprise,
Ama Gerart et il li en tel gnise
C'ainc de folor ne fn par Ini requise.
(AtlDEFROis LI Bastahs, Bartsch, Rnm. el pas!.,
I, 56,1.)
Que je ne doî penser fnlor.
(Ir>., ili., I. ;i6,23.)
Ses maris voit la folor entreprise.
(In., il'., I, 50,67.) P. Paris, folour.
C'est prans folors
F.l desnnnrs.
Dame, le m'avris dite.
(Chans., ms. Berne 3S9, f i v".)
Plos me bâtera raa merc.
Pins me fera penser foiilnr.
(Chans., ms. Monlp. II 196, f° 132 v°.)
Il ne fa mie par foiilor
Délivrez, mes par grant savoir.
(Dolop., 6010, Bibl. elz.)
114 I las, fait il, quel perle ai fait par ma folour!
(Fierahras, .157-1, A. P.)
Qniconqncs cuit ne qui que die
Qu'il est folor el mnsardie...
(Rose, Richel. 1573, f° 1=.)
Que soit fouleur ne mnsardie
De croire que sonses adviongne.
(Ib.. Val. Chr. 1192,7° 1».)
Sadoines l'ot, si ot moult grant paonr
Qne celé emprise ne lornasl a folour.
(Enf. Ooier, 1751, Scheler.)
>'on est, ce disl la bielle, vous parlez de folor.
mst. de Ger. de Blav., Ars. 3U4, f» 195 r°.)
K lessez icesle folur.
(Chaudrt, Set dormons, -130, Koch.)
Dont iert li rois de grant valor
Et de proatce sans folour.
(MousK., C/iron.,2678, UeilT.)
Mas je suis ciz qui Ion vadra
Sa felor, car trop fou Ion trnia.
(Doupechii' d'orgueil laissirr, Brit. Mus. add.
15606, f 112^)
Qnant j'apcrceu l'erreur et la fouleur
De plusieurs gens qui griefcment mesprenoient.
(Jehan Dickeyman, Chans., ap. flinaux, Trouv. de
la Flandre et du Totirn., p. 277.)
Car honte a longue durée
Qui avient par tel folour.
(Couci, 371, Crapelet.)
Romanz. fables et cliansnnz.
Rotruanges ou altres folurs
Fere ne oir a leus jurs (les dimanches)
Knl ne deit, cum funl plusurs.
(GuiLiAOME DE Wadiscton, ap. De la Rue, Essais
hist. sur tes bardes, ni, 227.)
Et ne parlez par vos follors
A ses pardnrables dolors.
'Macé de la Charité, Bible, Richel. 401,
f» 210".)
Si recognul sa follour et se voua en
plusieurs pèlerinages. {Lio. du Chev. de La
Tour, c. XXVI, Bibl. elz.)
L'autre (paour) pour foleur et ignorance.
(Obesme, Eth., Richel. 201, f» 404''.)
Ainsi disons de toute une e^pece de
bestes que elle dilVere de une autre en con-
tumelie... ou en folour, ou en gloutonnie.
(lu., ib., f» 498=.)
Comme l'exposant i>ar sa fouleur et
simplesse... eust emprunte la somme de
cinq francs. (1389, Anii. J.l 136, pièce
275.)
FOM
03
C'est foleur.
(Villon, Codic, Débat du Cnenr et dn Corps,
Jonaost, p. 130.)
.l'estoye bien fol. je suis cerlain,
n'ainsi fnyr la bonne voye,
tenant le chemin incertain
Lequel par foleur pris j'avoye,
(Andr. de la Vic.xE, Moral, de Vaveu(jle el du
boiteux, p. 230, Jacob.)
Folleur seroil que vous delinse
D'abus ne parolles loingtaines.
(Farce de Colin qui loue el despile Dieu, Ane. Th.
fr., I, 237.)
Et sans cela se sont grandes foUeurs
Se mettre en mer pour les gouffres et ratz. ..
(Conlredict!. de Songecreux, f 26 T», éd.' 1530.)
Cnenrs dnrs et pervertis
En tout mal et lonle folleur.
■ (Act. des Aposl., vol. II, !" S-2'', éd. 1537.)
Ne ponvoyt il aullre party choysir
Pour demonstrer sa fouleur de conraige,
Que de blasmer les dames par oultrage î
(Le Giroufflier aulx dames, Poés. fr. des xv° et
xvi' s., XIII, -259.)
FOL.OT,s. 111., esprit follet, lutin :
Ficarius, cuelleur de figues, on dieus
sauvages, /"o/of, fantiau. [Glosn. lat.-gall..
Richel. 1. 13032.)
FOLOY, voir FOLOI.
FOLOYER, voir Folier.
FOLRIER, voir FORRIER.
FOLSON, voir FORCHON.
FOLUR, voir Folor.
FOLUTRE, voir FOUI.EURE.
FoMAiN, foimen, foymen, foyemen, feu-
main, s- m., exécuteur testamentaire :
Item que foyeniens ne puist vendre he-
ritaiges parten'ans aile exécution de testa-
ment de eely qui foyemens les aurat cons-
titué. {Pièce de 13Sa, Hist. de Liège, II,
420.)
.In eslich, faich et nomme mes fom.ainf
et exécuteurs... (1367, Tesl. de Rob. de
A'am., Aroli. mun. Valenciennes.)
Item, que foymens ne puissent vendre
1 birctages partenans al exécution de cheli
qui foymens les aurat cnnstitueis, sens
faire sour chu proclamation de congier
! del justiche de lieu. (J. DE Stavelot ,
Chron.,V- 36, Borgnet.)
■ Li foimens n'i voirent nulle rins espargnier,
' Son testament ot fait, ons nel doit noyer.
(Jeh. des Preis, Geste de Liège, II, 3261,Chron.
belg.)
Feumain ne peut lansager héritages d'en-
fant dont il est fmmain. {Coût, du pays
de Liège, vr, 28, Nouv. Cout. gén., II, .32."i.)
FOMRLI.E, s. f. ?
15 sols ilelivrez a Tbiebaut le cordicr
pour eschiteir 300 libres de fomelle, et en-
core 8 libres a lui pour eschiteir 6 cents de
fomeHe...{m^,^Teh. Meuse n 492, r° es v°.)
I oMi'.N'riR, v. a., exciter:
Tonlcsfois toosjours le fomeut
Sensa,ilité enclinant
A pécher et a mal penser.
(Degdilleville, Trois Pelennaiges, f .'i', impr.
Insill.)
POMICHE, voir FlTMIERK.
FON
FON
FON
FUMEREit, - «ir,fomor., v. a., funnT :
Kt ÂC doit avoir la vigae toute fomeree
iliMlanz ces priuiers .nu. anz. (1245, Cart.
de S. Vinc. de 3Ietz, Richel. 1. i00î3,
r 46 V».)
Ces terres doient fomereir cbesc'an.
(1S63. Car», rfc S. Vinc. de Metz, liicliel.
I. HOij, f 79 r».)
Et faire moucir tant de foiueroit corn il
eu covaareit [lor faire fomereir lai vipoe.
(IS74. Ch. de Joff. de Chaistelz, St Louis,
^ibl>. Ste Marie. Arcb. .Mos.)
Et si au doit cbesc'an fomereir demei
jornal, tant k'il l'ait toute fomoreie (la
terre). (1579, Cart. de S. Vinc. de Metz,
Itichel. 1. 10iJ23, f°102vo.)
FOMEROi, foum, - Oit, s. w., fumier :
iJ'un loe qui truva une gemme sor uu
fomeroi. (Marie, Dit d'Ysopet, I, Roq.)
El si metera (daus la vigne) c. fez de
fomeroit. (1218, Chapitre de la catb. de
MeU, Tiguoiuout, Arch. Mos. G 7S5.;
Et melre (à la vigae) cbesc'an .c. fez de
foumeroit. (1229, "Cart. de S. Sauv. de
Metz, Richel. 1. 10029, f" 46 v».)
Et si matterunt chescun an .V. fes de
fumerait do lor. (C/i. de 1232, Arch. Mos.,
Coll. de S. Sauv.)
.c. fais de foumeroit. (Acensem. d'une
Nigne, fête toutes airmes 1239, Ste Glos-
-■^inde, \ttih.. Mos.)
Juliaz i doit mettre (dans une vigne)
ubesc'an dous cenz faiz de fomeroi. (Mars
1241, Calhéd. de Metz, S. Julien, Arch.
Mos.)
Doit matre (dans une vigne) chesc'an .c.
fes de fomeroit. (Dec. 1243 , Collège de
Metz, .\rcb. Mos.)
.viu. fez de foumeroit. (1246, Cart. de S.
nnc. de Metz. Richel. 1. 10023, f° 52 r».)
Pierexels doit mettre en cez vignes cbai-
kant .cccc. fai.\ de fomeroit tant qu'elles
soient bien fomerees. (1263, Cart. de S.
Vinc. Richel. I. 11023, f» 7 v".)
Eigariieis com li fomerois
.\pert bes kaot U blanche dois
Le coevre Jesas el enlor.
(Kot. Kt Bloîs. Poés., Uichel. -21301, p. SÎ8*.)
Demi .c. de foumeroit. (1300, Cart. S.
Vinc., Richel. 1. 11025, f 8 v».)
Le patois lorrain de Metz et de Fillières
dit encore fomereu pour fumier. Dans le
Iterry, on dit des fumerioux, pour des tas
de fuinier. (G. Sa>d, Meun. d'Angibault, 1,
.154.)
KOMiTE, S. m., ce qui sert à allumer,
atimulant, excitant :
Fu estaint l'aguillon et fomite de ma
forge. (Maiz., Songe du viel pet., 1, 34, Ars.
2882.)
KUMOUEIt, voir FOMEBER.
Ko.NCE, S. f., fonts baptismaux :
Fonce pour baplizer, baptisterium.(1464,
J. Lagadecc, Cathoiicon, éd. Auffret de
Quoetqueueran, llibl. «Juimper.)
FONCEL, fonceau, s. m., ce qui est an
fond de quelque chose :
Va, qoier moi le< coilles d'aa tor,
!,«> coillont a tont le foneel.
{Vieille eteoillte, Ar». 3MI, P U».)
— Vallon, ravin :
L'hyver précèdent y avoil eu de grandes
pluyes, lesquelles avoienl remply d'eaux
les fonceaux et lieux bas et creux ou elles
estoient demourees ' croupies. (.\MYOT,
Diod., XII, 17.)
La ou hante le pivert en quelque fon-
ceau couvert de bois et de raraee. (ID.,
ÛEuv. mél., éd. 1820, t. IV, p. 262.)
Puis embuscba au tenant de la montagne
en des fonceaux un nombre de gens de
cheval. (Skyssel, Appian .Alex., (" 483 r",
éd. 1S60.)
FONCER, voir FOSSER.
FoxcET, fonsel, fonsset, fousset, fosset,
s. m., grand bateau de la Seine et de
l'Oise; il y en a, dit Sainte-Palaye, qui
excèdent en lonsueur les plus grands
vaisseaux de l'Océan, ayant jusqu'à 27
toises entre chef et quille :
Le duc £ist assembler grande quantité
de nefs et de fonces : les autres eutrerent
dedans pour passer la rivière. (J. Le Bel,
Cftrort., II, 37, Polain.)
Rogerin .Michiel, maistre du fausset Saint
Extasse Je Hareûeu portant .XL, tonneaus.
(Cft. de 1369, Richel. 26008, pièce 724.)
Venoit par la rivière 23 fonces chargées
de vivres el autres marchandises. (1430,
Journ. de Paris sous Charles Vil, p. 134,
ap. Ste-Pal.)
11 amena avec lui bien .lvI. batteaux et
onze fonsses tous chargez de biens, de quoy
corps d'homme doit vivre. (76., p. 133.)
.... Le dit fossel
.VUoil sur l'eaue et la rivière.
.\iDsi qae Is veut le verset.
(Martial. Yi}. de Ch. VU. F m r», éd. 1 133.)
El donnèrent audit .Messire .\mbrois et
a ses gens, estans oudit fancet, grant es-
carmouche. (J. Ckautier, Chran. de
Cliarl. VII, c. 131, 13ibl. elz.)
Uippe Tirien fut inventeur des navires de
chaîrgc ou batteaux marchands, qui en
vulgaire flamand sont appelés bulques, et
par Appien et Thucidide bolcades, du genre
desquels sont les baltaus a vin dont les
plus grands, que nous appelions fonsets et
troncs, portent quelipiefois quinze cents
tonneaux. (Du Veruieh, DId. lec, p. 119,
éd. 1618.)
Il était encore très usité au xvii' et au
XYiii" siècle :
C'est sur les foncels qu'on amène à Paris
de Rouen et des villes de Normandie
situées sur cette rivière, les bois, les épi-
ceries, et autres marchandises et denrées
pour la provision de cette capitale. Il y a
aussi les foncels d'Oise qui font avec Paris
le commerce de la Picardie. (Sav.\ry des
UhfSLO.NS, Dict. du commerce.)
FONciiiEiiE, voir Foncière.
FOxcuiGXE, - chine, s. f., Instrument
pour la pèche :
Ing baston emmanché de fer, nommé
fanchigne, de quoy on pesche. (1454, Arch.
JJ 187, pièce 210.) Plus loin, /'oHc/jine.
FONCIERE, - cliiere, s. f., fond, creux :
Les supplians trouvèrent dedeus la ri-
vière nu engin ap[)ellé verzeul pour prcnre
poisson; puis le mussereal en fonchiere
empres ladittc rivière. (1391, Arcli. J.l 141,
pièce 103.)
Pourra faire un banc en /"oîicieres de tout
bois, excepté aubier et mort bois. \Stal.de
Nayan, ms. Beaucousin.)
Guernesey, foncière, le fond de la cu-
lotte.
FONDABLE, adj.,qui peut se fondre :
Des choses fondables, il a l'arein et le
voirre. (Introd. d'astran., Richel. 1353.
f 33».)
Liquo, fondre si comme cire ou autre
chose fondable. {Cathoiicon, Richel. I.
17881.)
FONDAiEUR, voir Fo.ndeor.
FONDALiTÉ, S. f., droit de directe sur
un héritage qui appartient au seigneur
foncier : :
A faute de payer par l'homme les droits
de directe ou fondalilé, n'y a point de
commise. {Coût, de la Marche, Coût, gén..
Il, 309, éd. 1633.)
FONDAMENT, VOir FONDAMMEST.
FONDAMMENT, - anment, - ament, - au-
ment, adv., à fond, profondément, abon-
damment :
Tant fondanmenl sour lui ploaroit.
iilir. de S. Eloi. p. 1-22. Peigné.)
Et si fondanment gemissies
Que le peuple esbaissies.
(7mor y.-D.. Uichel. 90i, f 55*.)
Tous tans plouvoit nuit et jour sans cies-
ser si fondanmenl que... (Jeh. de Toysî,
Hist.de J. Ces., Ars. 3333, f» 216».) Var.,
fondamment. (Settegast, p. 38.)
Pluseurs commeucierent a braire et a
crier trop fondanmenl, en pleurs et en
lermes. (G. de Nangis, Vie de S. Loys, Rec.
des Hist., XX, 323.)
Dont racola Raguel fondanmenl et plou -
ra sour scn col. (Bib. hist., Maz. 532,
f" 140'.)
Plouroient si fondanment ke li uns ne
pooit parler a l'autre. (^ Vies des Saints,ms.
Lyon 697, f» 38'=.)
Il oi que Rollans dist, molt fondanment
plorant. {Chron. des rois de Fr. , ms.
Berne 607,1" 114^)
Mais je ne say quelle chaloar
Qui est coverte de froidnur
M'a sonspris et me tient au cuer
Si fondamment que a nul fuer
.Ne pourroie dire eu quel point
Sui, ne comment elle me point.
(G. M,\cii., Poé.t., Richel. 9221, f° 32'. >
Que je ouiilay le cuer partir
Ly deust en deni, vraiement ;
Tant plouroit des yei fondamment
Ses meSaiz.
Oliracle de Rostre Dame, de Robert le dyable,
p. 5i, Soc. des antiq. de Norm.)
L'escripture cmprimee en leurs cuers
fondamment. (J. Goulain, Ration., Richel.
437, f» 32".)
Si le commença tout incontinent a em-
bracier et a baisîer en plourant si fondam-
ment qu'elle ne pooit un seul mot dire.
• (Gir. de Rouss., Vat. Chr. 967, t» 143'>.
[Gérard] se print a soy repentir très
araerenient et a plourer /bndanment. {Ib.,
f» 160\)
.Sy que da coer fondament ploreut.
(Pasloralei. ms. Brui., f" S5 v".)
FON
FON
FON
Tousjours plouroit si fondamment qu'il
n'y avoil créature ne ciel ue terre qui n'en
(lust prendre pitié. (G. DE Chastell.,
Chron. des D. de Bourg., IV. 301, Kerv.)
Les gens cl serTilonrs plcnroicnl
\ clianlJes larmes /'ondnmmfnl.
(M^niiAi,, Vin. ie Cliarl. YII, 1° 10-2', éd. 1493.)
Luy baisoit les veul-': par très grant pi-
tié en plorant si fondamment que... (Per-
ceforesl, vol. V, ch. 12, éd. 1328.)
Ceulx qui les reganlerent, de la pitié que
des chevalliers eurent, se prindrent fon-
dammenl a pleurer. {Perceval, f° 132'', éd.
1S30.)
La ploroient fondamment les Grégeois.
(C. Mansiox, Bible des Poet. de metam.,
foiSQv», éd. 1493.)
Les assisteu? plouroient fondavimenl.
{Leg. Sle Règne, ISOO, f" 6 v«, Bibliotli. Be-
sançon.)
Tons les ;iresens tendrement sonspiroienl
Très fondammnil, et ensemble ploroicnl.
(CitF.TiN. Cliants rou.. V 28 r», é.l. I-SÎT.)
Cf. FOKDF.EMENT.
KONDANCE, - onsc, S. f . , fondation :
Ne encontre la fondanse et l'estavlisse-
ment devant dis., ne vcurai. (1278, Cart.
de l'évéchê de Laon, f° 60"', Arch. Ai^ne.)
FONDAOUR, voir FONDEOR.
FONDAUKSSK, VOir FOXDEOIÎ.
FOND.VTAiRE, S. 01., tenancier qui te-
nait ou possédait le fonds :
Nuls foiidataires ou foudatiers roturiers
tenans ou possedans (iefs. (1483, Orrf.,xix,
311.)
Cf. FONDATIER.
FO?«DATEUESSE, VOir FONDATRESSE.
FONDATIER, S. m., tenapcicr qui te-
nait ou possédait le fonds :
Que nuls fondatnires ou fondaliers ro-
turiers tenans ou possedans fiefs au-
dessous de 20 livres tournois ne soient 1
tenus d'aller ou envoyer aux armes. (1483, |
Ord. de Charl. VIII sur tes privil. deshab. \
du Languedoc, ()Td.,\ix, 311.)
Lexistenco ancienne de ce mot est at- t
testée par le texte latin suivant du com- ^
menceraent du xiv= siècle :
Tenentiarii seu fundatarii. (1324, Leil.
de Charles le Bel, Arch. JJ 71, pièce 109.)
FONDATION, S. f., fondement :
Je le vous dirai pour mieu.x venir a la
fondation de ma. matière. (Kroiss.j Cftron.,
I, II, 52, Buclion.)
— Revenu :
Comme toutes leurs chevances el fonda-
tions soient sur les revenues de leurs vi-
gnes et autres labourages. (1391, Ord., vu,
448.)
Les dits suppliants n'ont peu recueillir
leurs grains 3t autres fruits, qui est leur
principal et plus grant fondation. (30 avril
1412, Exemption d'un chariot accordée aux
églises de Senlis, Biblioth. de Sentis, mss.
Afforty, t. XX, p. 465, dans les Mémoires de
la Société de l'histoire de Paris, p. 267.)
FONDATHESSF,, fondateresse, s. f., fon-
datrice :
Concernant l'achèvement du testament
de feue madame vostre fondalresse. (1547,
Lelt. des exéc. du test, de Mgrd'Autr., ap.
Baux, Hist. de l'Eglise de Brou, 2» éd.,
p. 492.)
Brnnechil fnt jadis roine de Krance,
Fondatrressf du saint lien de céans.
(Liste ilfs tombea::x qui soûl dans Veglise de Sainl-
Martin d'Autan, Arcli. de l'évèclié d'Anton, F.
de Saint-Martin, et Xoij. lit/, de deux Bénédic-
tins, \'° part-, p. 157.)
ne Flandres fut Marguerite contesse.
Des lieux pieux pieuse fondatresse.
(Vers inscrits sur un arc dt* triomphe élevé' à Lillr
tors de ta jaijeuse entrée en cette rille en ISOI
des archiducs Albert et Isabelle, Bulletin de la
Commission historique du Nord, XII, 161.)
FONDAUMENT, VOir FONDAMMENT.
FOND DE CUVE, S. m., sorte de pardes-
sus que portaient les hommes et les
femmes et qui était habituellement
doublé de fourrure :
Mais au dcssoubz fanlt faire voile
Depuis les reins jusqnes au piet.
Du cul de robe qui leur chiet
Contre val, comme uns fonds de cure
Bien fourré, ou elle s'enonve;
' Kt ain.si ara la niescbinc
Grcsie corps, fïros cul el poitrine.
(EcsT. Desciiamps, Poés. ,Rifbc]. 840, f iOI''.)
1. FONDE,. /'«ndPj S. f., bourse, sac dans
lequel on met son argent :
Il trouvèrent une grande bourse enflée
ausi com se ele fust plaine de deniers, la-
quelle bourse on apele useement fonde.
{Vie de S. Franc. d'Ass., Maz. 1351, f" 31".)
— Bourse, lieu où se réunissaient les
commerçants el où les marchandises
étaient déposées :
Toutes jtes gens dcvent maner de la
fonde en amont, en Acre ; et de la fonde
d'Acre en aval ne deit nus estre. {Ass. de
Jérus., t. II, p. 178, Beugnot.)
En la fonde de Tyr. (rraet. franc, de Guill.
I de Tyr, f» 142 v», ap. Roq.)
I Le bailli de la fonde de cel leuc est
corne rays. {Liv. deJ. d'Ibelin, c. 4, Beu-
gnot.) Var., funde.
11 boutèrent le feu en la fonde la ou toutes
les marcheandises estoient ettouz liavoirs
depoiz. (JOINV., S. Louis, 164, Wailly 1874.)
2. FONDE, s. f., base, foiideiiicnl :
Zacliaries sot de clergie
] lît des sciences la fonde
A son tens.
1 (I.W B C Plantefolie, Bichel. 8.11, f° IS7".)
[ Iluimais porroii oir la fonde
De l'nn des princes terriens.
(De la maie Honte, Bichel. 191.ï'2, f" n:i''.i
Tôt autres! ces .m. cites
Sont principaus en avant totes;
De ce ne doit estre nus dootes.
Ronme doit la première dire,
Quar St Pieres i prist martire.
Et Compostiele est la seconde,
V Si Jako Dst de soi fonde :
Sa cars fu la mise et remese.
(M(]USK., Chron., i;U7, ReilTJ
Quar li traîtres faus et las
Celui l(i mestres ert el fonde
Kl de lui et tout le monde
Oia baisier et envair
Et pour .\\x. deniers trair.
Un., il/., iMri.)
Mnsike est apries la seconde.
Ki de canter est des cl fonde.
(In.. II/.. 'iIlCi
Rome qni deust eslro de noslro foi la fonde.
Simonie, avarice et tous maus y abomlc.
(fa Vie du Monde, si. S, ap. Umi.i
mironer du monde,
Bonté 1res parfondc.
Huby reluysant.
Tu es Dostre fonde.
Car en toy co fonde
No.strc estai plaisant.
(Ad. des Apost., vol. I, f» T, é.l. i;;."»:.)
Le donlx .Icsus qui est noslre deffencc,
Noslre secours, noslre escu, nostre fonde.
(f*., riO'.)
FONnEKMENT, - emciil, fund.. adv., à
fond, jusqu'au fond, profondément, abon-
damment :
Nous sentans fundcment des grans biens
et pourfis que nostre sires li roys et ma
dame la royne d'Engleterre nous ont
fais. (1309, Cart. de Ponlhieu, Richel. 1.
10112, 1° 348 v«.)
Se priiit si fondement a plourer. (Com-
pas, de la s. escript., ms. Aloumerqué,t. II,
f" 132 V".)
Et si fondeement plouroit que... (Christ.
DE Pis., Cité, Ars. 2686, 1» HO».)
Les gens granz et petiz plouroient si pi-
teusement et si fondement, comme s'ilz
veissent porter en terre leurs meilleurs
amis. (Journ. d'un Bourgeois de Paru,
p. 236, Tuetey.)
Et en le plorant si fondement, chascuu
jettoit son œii au murtrier .lehan Poliroi;.
(Cl. Haton, iVcm.,I, 324, Rourquelot.)
Cf. Fondamment.
FONDEFiEis, V. a., penvcrsor de fond
en comble :
Mais il (le bastillon) fut enversé en
bas, abaitu par terre, en terre, en fons
fondefié et porté jus par main robuste.
(J. MoLlNET, Chron., ch. x, Buchon.)
FONDEFi.E, fondeffle, fomlelfe, fundejU,
fondiefle , fondifle , fondreffle, fondouflc ,
fondufle, fendofle, fandofle, s. f., fronde ;
instrument propre i lancer d'énormes
pierres ; « arc de douze ou quinze pieds
de long, d'où partaient des javelots de
cimi ;i six pieds, » comme l'explique
Fauchet {Orig., p. 120) ; sorte de canon ;ï
deux bouches ou jumelles ; selon les ex-
pressions du. Estienne (Precetlence du
langage français) « machine de guerre
servant à faire batterie • ; souvent le pro-
jectile lui-môme :
Et fondiefles as mains et kaillans poar siervir.
(Cher, au cyi/ne, 8690, Reifl.)
El payen leur giolloient fondiflrs et quariaus.
(«., 9048.)
El ly roys des Taffors va se genl amenant
Oui de fondiiflrs vont les pajens destraignan'.
(«., 2(1.^9.», I
Kl jcleol de /ondte/les et de grans c.aillaus bis.
(tes Chelifs, liichel. lî.'iSS, P'.r.)'.)
Dont veissies ribans d'assaillir aalis.
Et jeter ans fondu/les ces grans caillaus massî*.
(Chans. d'Ant., vi. 9X0, P. Paris)
l.ors fu l'assau» leconraenries
Des /ondef/te.s et des caillaus.
(Ilenart le nouiicl, 4001, Méon.)
S6
FON
FON
FON
Eulre l'une compaignie et l'autre coni-
paigDÏe estoit une espnsse aussi que le
fîiet d'uue piere c'uue fondefle pete. {De
saint Brandainm le moine, p. 86. Jubinal.)
Couimcm-i'TLMil a assalir la vile de ja-
veloz et de foudes et fandofles. (Chron. de
S.-Den., ii.s. Sle-Gen., f» lOf.) P. Pans,
fondoufles.
Faisoit aprcudro toutes les manières et
usages de bataille, si con salir, courre,
Doer, pierre gieter a le main et le fondiefle.
{U Ars d'Amour, II, 3S8, Petit.)
Funda, fundefli. (Gloss. de iiMe,Scheler.)
Furent faiz plusieurs fondref/les, bri-
coles et escheles. (Moxstrelkt, Citron.,
I, 29, Soc. de ru. de Fr.)
Ils usoient aussi des espringardes, qui
estoient instruments volans cûninic fon-
delfes ou frondes. (Fahcuet, Orig. des
Cheval., arm. et héros, II, 1, éd. 1611.)
Les fondelfes lascUoientaussi des pierres,
ainsi que les frondes a main. (ID., «6.)
— La corde de la fronde, courroie en
général :
Iteo li >oo Tilaia repronricr,
La fendojlf dont il cbeo^la
Le caTeslre que il t'embla.
(Uir. Je SI Kloi, p. 83. Peigné.)
Entre lei boissons trouveras
Che qne ta caers parfont macbié
D'une fendo/lc entrait lalé.
Pesloie, preo le tine cbose.
(;a.)
FO.VDEFLER, (roudejler, fendesfler,
Terbe.
— Nentr., lancer des pierres avec une
fronde ou avec une machine de guerre,
jouer de la fronde :
Li mescreaut commandèrent a ruer
pierrez et a fondefler et a traire saieles et
quarriaux. (Cont. de G. de 'yi/r.ch. xxviit,
var., Ilist. des crois.) .\utre \u.v.,fronJeller.
Et en cheminant et alant ilz fondefloient
et abatoicnt ainsi connue une teuipeste
maisons d'avocas et de procureurs.
(Froiss., Chron., Richel. 2660, f" US r°.)
— Act., lancer avec une machine de
guerre ;
Et lee eogiens ;iarair et aprester
Et miogooniaus grans perrons fonde/ter.
(Ut Luk., Iticbel. 1988, f» 193 »°.)
— Assaillir à coups de fronde :
A chascooe des flecbes ot x cordes poignas,
Oa fondrffle»! les Tors la dedens par esclas.
(Conq. de Jcrui., 1676, Hippcan.)
— A fondeflant, avec la rapidité du
trait lancé par la fronde :
Si sont en Espuiîne les rivières trop pé-
rilleuses ijui vienuent affendesflant par
pluyes et lavaces .«i abondainincut que...
(Fhoiss., Chron., XI, 423, Kerv.) Lu ver-
sion de Bre.sliiu porte : Dévalant en bas.
FONDEFi.Eun, - de/Peur, fondiblaour,
s. m., soldat armé d'une fronde :
FonJiHao'ir sont cil qal ruent
Par futsiaus pierres dont il tneat.
(J. BE PkioKAT, Lit. de regece, Richel. 160i,
f W.)
Li fonde/leur d'Ysracl li-ur vindrent a
rencontre, si lesocistrent. (Udi.\rt, Bible,
Nomb., XXX, ins. Sli'-lien.)
Lvi fondeffleurs issirent de lu cité contre
ceulx qui tiroient Achior.(FossETlER,Cro».
Marg., ms. Brux. 10510, f" 131 vo.)
1. FoxDEis, - dis, /"îirt., adj., de fonte,
fondu :
Il firent un vccl en Oreb , e aurerent
chose fundice. {Liv. des Ps., Cambridge,
CV, 18, .Michel.)
Dens enfans Je fin or fais en molle fondis.
(.Rom. i'Ali.r., ap. Barlscb. Chrest.. col. 178,
3" éd.)
Le pié estuet refaire de nnef, trop est malmis.
Voire, dist li orfèvres, j'en ferai .i. fondis.
Se Tos or me baillies, icis ert avoec mis.
(Ilclias, Richel. 12558. P 13'>.)
Nus ne doit faire patrenostres de fil,
ains les doit faire fondeisses et tornees a
tour, bones et grosses, seloac ce que les
patrenostres sont praus. (Est. Boil., Liv,
des inest., i" p., xliii, 6, Lespinasse et
Bonnardot.)
Qoar por ce qu'il estoit d'avoir trop covoitis
Li Turc li Osent mflro par la bocho enz ou pis
Et par dedens le cors or boillant et fondis.
(Jacot de Korest, ap. J. de Tuim, Yst. de Jnlius
César, p. ti, note, Settegast.)
Vous avespecié a nostre Seigneur vostre
Dieu, et fait un veel fondeis. (Guiaut,
Bible, Deut., m, ms. Ste-Gen.)
Et ûst une ymage fondisse.
(G. M.ictt., Poés., Richel, 9221, f 19-1''.)
Ils tentèrent Dieu, s'esloingniereut de
luy, et se retirèrent de sa cognoissance,
firent et mirent sus ydoles et veaux fondis,
les esleverent eumy le désert pour sa-
crifier. (G. Chastell., Chron., V, 296,
Kerv.)
Couleuvrines fondisses , flèches. (1496,
Arch. mun. Compiègue, CC 3à.)
— Terme de cuisine :
Et les entremets furent de lus et de bro-
chets fondis. {Hécils d'un Bourg, de Valen-
ciennes, p. 57, Kervyu.)
2. FONDEIS,- dis, funde>js,s. ni., action
de se précipiter, combat, mêlée :
Si jr cast un grand fondis :
Adonc commence le chapplis
Si grant, si fort et si byileni.
Do bonnes baicbes et d'espees.
Car leurs lances eurent gectees.
(G. de !a ISigni-, f" 55'', ap. Ste-Pal.)
— Maison en ruine, masure :
l'undeys , domus ruinose et derute.
(1291, Arch. SI llilaire. Bourg, ap. La-
laniie, Gloss.du pal.poilevi.,^. 136.)
A Jehan Basourdi, pour toute la pierre
que la ville a fuit et fera traire en ses /bn-
deiz a Hoicbecorbou. (1339, Compt. mun.
de Tours, p. 126, Delaville.)
Guillaume de Signy escuier,.,, et plu-
seurs autres s'en alereut es fondeiz quérir
les joviaux dudil Guillaume, qui estoit ou
panturuge desdiz fondeiz. (1380, Arch. JJ
118, pièce 263.)
Fondis, masures. (1454, Dêclar, au prieur
de S. Thibault, Arch. Vienne.)
Fondis ou mazery. (1481, .Nieuil, ras. du
Poitou, ap. Lalanne, Gloss. du pat.poitev.,
; p. 136.)
I Auss; je y vl faconde rethoriqne
Qui volnnliers oioyt dame musique
SI bien chantant que d'ung petit fondiz
Nous pensions estre en ung paradis.
(J. BoiciiET, Ep. fam., I" p., \x\iiii, éd. 15i5.)
Bail a rente d'un fondis, grange ou ma-
sure. (1575, Enq., S. Cyprien, liasse 22,
Arch. Vienne.)
Vendée, Deux-Sèvres, fondis, s. m. pi.,
bâtiments tombés en ruine, masures.
Cf. FoNDom.
FONDEL, frandeljS. m., fronde:
l'ne pierre a enz el fonde! posé.
(Les Loh., Richel. 1582, ap. Vielor, Handsckr.
der Geste des Loh., p. 106.)
Cenix dedens lor gettoient et vive cendre et chaos.
Et a bras estendus grosses pierres poignaus.
Et li plusours a peli et li autre a fondaus.
(Vœur du Paon, ms. Brui. 11191, f 21 V.)
Li plusenrs an palon et li autre ans fondaus.
(/«., Richel. 1554, f 19 r».)
Quand David le vit approucher si print
une de ses pierres et la mist en son fran-
del et la gecta de telle vertu qu'il l'assist
au front de Gollias. (Hist. de l'anc. test,
f" 97°, impr. Maz.)
FONDELFE, VOlr FONDEFLE.
FONDELMENT, adv., abondamment :
Ne fîna onques de plovoir si très fondel-
ment que riens ne se pooil garantir hors
des mesons. (G. de Tyr, xxi, 2i, Hist. des
crois.)
1. FONDEMENT, fund., S. m., action de
fonder, fondation :
Que vos ne meteiz ne ne faceiz mettre
contredit ne empescliement ou fondement
de l'abaie que nous entendons a commen-
cer. (1273, Lett. d'Aeliz C"" de Biais,
Marmout., ArcU. lud.-et-Loire.)
L'abbé et le couvent de Preaus tienent
le fundement de lour abbeie de don Hun-
frei de Vielles. {Cari, de Preau, (" 89 v,
Arch. Eure.)
Laquele (vavassourie) il avoient et pour-
soieut du fondement de lour eglize. (Ch. de
1318, S. Evroult, Arch. Orne.)
Que ledit mouslier est de fondement
royal. (1320, Arch. JJ 60, f» 19 v.)
Pour paier finance du fundement d'une
chapelle par li fundee. (1343, Arch. JJ 76,
f» 173 V.)
Devant l'ostel a certaines places et fon-
deniens de maisons. (1431, Denombr. du
baill. de Constentiu, Arch. P 304, f 200 r».)
— Fonds de terre ;
Nous vendirent. ..la meyeté d'un boyes...
tant le fondement que les coyelletes et les
expleiz lu dite colleyte. (1301, Acq., Fon-
levr., -Mespied, Arch. Maine-et-Loire.)
— Action de s'enfoncer :
Ains estoit ainsi que la tour avoit prins
son fondement quant elle fut faite, et avoit
delaissié le pan du mur. (Wavrin, An-
chienn. Chron. d'Englet., 11, 130, Soc. de
l'H. de Fr.)
— Gonflement :
Fondement, conllacio, onis, ou soufle-
menl. {Gloss. yall.-lal., Richel. 1. 7684,
f» 85 v».)
2. FONDEMENT, Voir FONDEKMBNT.
1. FONDEon, - eeur, - eur, - aour, -
aieur, s. m., soldat armé d'une fronde :
FON
FON
FON
37
Kl esl bien chose anctorisu?
Que li fimdaouT profitié
Ont a loar ost as guerres pleiones.
(J. DE Pbiobat, l.iv. de Vegeer. Uichel. in»i.
Anbaleslierz, fondeeurs. (Cron. Godefi:
de Buill., Vat. Chr. 137, (' 397=.)
Et dressa en assez peu de temps un
chasteau dessus a prant peine et a grant
travail que il leur convint souffrir pour les
archiers et les arbalestriers et les fondeurs
de ceulx dedens qui tiroient et fondoient
seurement. (Grand. Cron. de France.
l'Istoire du gros roys Loys, xi, P. Paris.)
Vespasien eut envoyé sur eulx les
traveurs et les fondaieurs. (Ancienn. des
Juifs, .\tb. 5083, 1» 257'.)
2. FOXDEOR, - eenr, - oor, - or, - our,
- ur,-eur,fonz., fund.,found.,s. m., fon-
dateur :
Son père, pur la sue amor.
De une abbei estoit fundnr.
{Cmtin. du Brut de Ilarc, Michel. Chron. angh-
norm., I. 113.)
Nous célébrerons et ferons sollepnenient
Tostre anniversaire ausi comme d'un de
nos fondours de nostre abie. (12SS-1262,
Coll. de Lorr., 261, n" 126, Richel.)
Le pape Urbain quart, fondeur de la
dicte eelise. (1262, Chart. de la collég. de
St Crb; p. 231, Lalore.)
Quant il dut les murs maçonner
De Thcbes, dont il fu fondicfres.
(Rose. Richel. 1573, f» iG^; éd. Méon,ll)91i.)
.... Fondiere.
Ui.. éd. Lanl. de Dam., 20357.)
Cil qui estoit.. nobles /biiderres d'églises.
(Chron. de S.-Den., ms. Ste-Gen., f» l?"-.)
Que les anceisors du dit Jeheu avoienl
esté fondoors en partie de la meson as diz
religieus. (1293, Lett. du vie. de Pont Au-
demer, S. Evroult, Arch. Orne.)
Duquel leu nos volons cstre fondeor e
patrons. (1297, Test, de Hugues le Brun,
Arcb. i 407, pièce 6.)
Comme eux aient pooté et liberté d'a-
querre par tous les fies de lors fondors et
par toute lor terre, et de ce ont ussé et
esplecté des le temps de leur fondement.
(CA. lat. du XII* s. trad. en fr. au xiii",
<;art. de Preseigné, ms. du Maus.)
pue les personnes des dictes églises
[irient diligemment pour les diz roys
comme pour leurs fondeur s. (Chr on. dei.-
Den., Richel. 2813, 1° 427*.)
Le bos fu donné a nostre dite meson
Dieu a la fondation d'icelle de Mons. S.
Lots nostre glorieux /ondeur. (1317, Arcb.
Seme-et-Oise, A 1434.)
Privilèges que il avoient de la fundaoion
de leur dite maison de glorieus fundeeur
Mons. saint Loys. (1322, Arch. JJ 61,
f ' 33 r°.) Plus bas, fondeeur.
Par tiltre de leurs fondeeurs. (1326, Cart.
de Préaux, f" 174 r°, Arch. Eure.)
Jehan de Sainte Audegonde,/'o)uierres de
le Chartrouse. [Pièce de 1330, Mém. des
Ant. de Morinie, XV, 88.)
Solom le porport de la chartre \oT fun-
dour avaunt dit. (Lell. d'Ed. II, coll.
Brequigny, IV, f» 47 r", Richel.)
... Li fondierres
De sainte Eglise Jhesucris.
{Fatl. d-Or.. Ars. 5069, f tOi'.)
E fu leur primes fundour (des frères
mmeurs). {Chron. d'Anal., ms. Barberini,
Seyn Dominik le fundur des frères pre-
cheours. (Ih., f' 54 v".)
En mesme.s les lieux faitz par les foun-
dours. (1343, Lett. d'Ed. III, Avesbury,
p. 112.)
Prient pour lesditz rovs comme pour
lours foundeours. (24 oct.' 1360, Traité de
Bretigni, Liv. des Bouill., XI, Arch. mun.
Bordeaux.)
Que la volunté raisonnable du testateur
ou fondeur d'aucun benetice est a tenir.
(Orksme, Politiq., f» 118», éd. 1489.)
Delà eglize fut le premier /'onïeor Charle
Maigne. (1389, Cart. apparten. d M. de
Dampierre.)
Ne scez ta que Romme nommée
Fnst de son fondeur Roronlas ?
(E. Deschamps Poés., Richel. SIC, f 530'.)
Les fondeurs de ladicte estude furent
celluy Alcun, Kabanes qui fu disciple de
Bedes, et Clodes, et Jehan l'Escot. (Crist.
dePiz., Charles V, 3* p., th. 13, Michaud.)
Pour la grant et singulière amour et
devocion que nous avons eue et avons
envers noz bien amez les prieur et cou-
vent des religieux Olestins de Nostre
Dame de Paris, et a leur esglise, dont fut
/ondeî/rnostretreschierseigneur et père....
(6 juillet 1403, Arch. S 3743, pièce 40.)
Fondeurs, protecteurs et gardes de
nostre evesché et église de Sainct Brieu.
{Aveu de 1472, Ane. évêch. de Bret., 1, 380.)
Lesdis religieux sont tenuz faire prières
et oraisons pour leurs fondeurs. {Us. et.
coût, des for. de Norm., f 6S^ Arch. S.-
Inf.)
Cadmus, rov et fondeur de Thebes.
(B0CC.4CE, Nobles malh., I, v, f» S v", éd.
1515.)
— Fém., fonderesse, fondaresse, fon-
dresse, fondatrice :
Lekele capelerie devant dite je nomme
comme fondresse et por che k'il apere ke le
première donnisons en soit raoie. {Charte
de 1277, Moreau 201, 1° 118 v», Richel.)
Si voel jou comme fonderesse de le mai-
son ke... (1290, Chartes d'Aire en Artois,
Wailly, Bibl. de l'Ec. des ch., XXXI, 276.)
La a abbesse, et mainte suer
D» Cisteaui. qui est ordre grise.
Et qui lui rendent digne service,
Chascun jour, comme fonderesse
Du lien, dame et deffenderesse.
(E. DE^CB*M1■S, Poés.. Richel. 8i0, f» SSQ*.)
Fondaresse. (xv° s., Lille, ap. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Dido.. première fonderesse et royne de
Carthage. (BocciCE, Nobles malh., V, 16,
f> 130 r°, éd. 1515.)
3. FONDEOR,- deeur,- diour,fun., s. m.,
creuset destiné à la fonte :
.1. d. entre deehié du marc et despens,
et cherbon, et fundeeur, et crusous, (Acte
sans date, reg. de Ph. le hardi, Arch. J
1034, pièce 28.)
Ou pesereit, ou trabuchereit auconne
monnee, quelle que ly monnee soit, por
porter ou billion, ou en la monnee, ou
fondiour, ou fornaisse. (1420, Arch. Frib.,
l" Coll. de lois, n° 293-294, f» 86-87.)
FONDER, funder, verbe.
— Act., jeter, lancer :
Lors veissies pieres fonder
Et assaillir mult aigrement.
{Gaumin, 290i;. Hippeati.l
Autres fondoient pierres, autres treoient
saettes. {Cron. Godefr. de liouill., 'Vat.
Chr. 737, f" 397''.)
— Répandre :
Del revenir meteot lor termes,
.\1 départir fondèrent lerrnes.
(.S. Brandan, Ars. 339n, T 103'.)
— Combler :
De si as murs de Tir voln le mer fonder.
Si qu'il poront de près asalir et gieler.
(Roam. d'Alix.. P \V,^, Michelanl.)
— Neutr., être détruit :
Loingde Jérusalem enlor .XXX. jornee.s,
sont les .V. cites qui fondèrent por le pe-
chié contre nature. (BnuN. Lat., Très.,
p. 155, Chabaille.)
— Fondé, part, passé, bien instruit, sa-
vant :
De letres sases et fonde:,
A .\thenes tenoit escole.
(Ben., Troie, ms. Naples. f» 1^)
Des arts ert bien fondes.
(Boum. d'MLr., 1" S*". Michelant.)
A son hosteil .1. clerc avoit
Que nus bons millor ne savoit.
Mull estoit bien fondez des ars.
{Florimont, Richel. 792, f 9''.)
Henri ont a nnn le pnisoé,
Ki de clergie fu fundé.
{Continuation du Brut de Wace, Michel, Chron ,
anglo-norm., I, 93.)
Moult estoit bons clers et fondez de
haute clergie. (.4re!t)-, Richel. 337, f» 9>.)
Sachiez que de tous biens est si sage et fondée.
{Berle, 2830, Scheler.)
11... fut envoie a Napples a l'estude ou il
fut fondez parfaictement en logique et en
nature. {Contin. anonyme de la Chronique
de Jean de S -Victor, Recueil des historiens
de France, t. XXI, p. 631, note.)
Car avec tout ce qn'il est ainsi fondez.
C'est li mains covoiteai qui soit en c. citez.
C'est tout li plus courtois qui pnist estrc trouvez.
(CoT., B. du Guesclin, 1 ii:i3, Charrière.)
— Pourvu, muni :
Et feussent les douze chanoines fondez
chascun de deux cens livres parisis, lesdiz
chappellains de cent, et les clers de cin-
quante. (MoNSTREL., Chron., I, ccxxxii,
Soc. de l'Hist. de Fr.)
— Fondé de pouvoirs :
Nostre seigneurie roy envola au roy d'A-
lamaigne, qui ja estoit allies et aus autres
d'entour lui ses messages, c'est a savoir li
evesque de Belehem et le priour des frères
precheours de Paris, les quiez orent petite
odience, pour ce qu'il n alerent pas bien
fondez; mes après euls ala monseigneur
Mouche, qui ala si bien fondé et garni.
(1297, Arch. J 654, pièce 16.)
— Fondu :
Car se l'amirans set que nous scions des pers,
Ne nous garroit tous l'ors qui onqnes fust fonde,-
Que cascuns ne fust ja pendus n afoles.
(Fierabras, 1920, A. P."!
La estoit Terragans et .\polins levés.
Et Margos, et Jupins.Pl des autres asses ;
Du plus lin or d'.\rrabe estoit cascuns fondes.
Ub., 3158.1
Fusilis,/'«n(iBS.(G(o.<;.s.(/«DoMai, Escallicr.)
«8
FON
FON
FON
FONDEnKssE, atlj. f., ciù il y a Jes fon-
deurs, en parlant d'une rue :
Le rue fondcresse (i S.-Queiilin). (1295,
Arch. niun. SlQuentiu, I. 1, piùce 18.)
FONDEuiŒ, - dure, s. t., action de
fondre, fonte :
Li sieçe? de? lavoiiersefloiPDl ousi d'une
meisnie? entaillenre i>l d'une fondeure et
d'une prandeur. (Guiabt. Bible, Trois, liv.
des Rois, SIX, nis. Sle-Gen.l
Li siepe des lavoirs estoient d'une
mesme enlaillurc et d'une fondure. {lit., ib..
Mai. 538, t' H»"-.)
Entre ces fondures de plong v avoit uns
merveilleux crand nombre ù'auberjons
contrefeils. (G. ("hastell., Cftroii. des D.
de Bourg.. 111, 100, Huchon.)
Les lavoirs estoient tous d'une mesme
fondure et d'nng grandeur. (Fossktier,
Cron. Marg., ms. Bnix. 10511, V, 1,6.)
On dit que la fondure d'nu canon a esté
faillie, fxv* s., Lille, ap. La Fons. Gloss.
nu., Bibl. Amiens.)
Tbibaclt.
Il nous tandroit doncqnes reToDiIre
D'one matière nioolt allaitée.
JtSXf.ITF.
Rien, rien, mais de belle fonâurf :
Snr Ions les anllres c'psl le père.
(Farrr des femmes. Ane. Th. fr., I, ''. <
FONDIBLAOUR, VOir FONDEFI.EUK.
FONDiBULATEUR, S. m., soldat amié
d'une fronde :
Les Marsions estoient fournis de fondibu-
lateurs et de artilliers. (Orose, vol. II,
f» 108", .^'d. 1491.)
Faire faire grosses et haultes tours de
bovs arssi baultcs que les murailles de la
vilfe pour mettre arcliiers et fondibtilateiirs
qui fzetloient sur ceux de la ville. {Ib.,
S" 113'.)
FOXDIEFI.E, voir FONDEFLE.
roxDiGUE, voir Foxdique.
roNDioLR, voir FOiNheor.
FONDiQUE, fondigue, fonteque, s. m. et
t., magasin, donane, marché:
Et en icellui fondique de Nerbonne
fusmes nous hyuberfiez nous tous pèlerins.
(D'AsGLUBE, Voy. d Jerui., p. 78, A. T.)
Item, y a pluisieurs marchans cristiens
dcdens la ville qui la demeurent, en espe-
cial Veuissiens, Cenevois et Catelans, qui
y ont leurs fonteques. (Ghill. de Lan.nov,
Voy. el ambass., p. 109, Polvio.)
Tous marchands qui y arrivent avec
marchandises, les portent toutes, quand
ils les font descharger, en une fondique
qu'on nomme en plusieurs lieux dfouanne.
(Lemaçon, Trad. de Boccace, 8* jour..
10* nouv., éd. 1737.)
Il dit que de son temps elle (Gien-sur-
Loire) esloit le fondique et magazin des
Chartrains. (Favin, Th. d'honn., 1, 333, an.
Sle-Pal.)
Lesquels au milieu de leur ville ont fon-
digue et place de trafic, ou avec parjure-
mens trompent les uns les autres. (Saliat,
Hérodote, I, éd. 1586.)
Il y a (les bazars et fondiques destinez
pour les inari'liands de drap de soye, de
laine, caniolol? et toiles de collon. (Koi/ao.
dus. de YiUnmont, p. Sfi6, éd. 1598 )
L'homme se plaint de son cerveau de ce
qui lui envoie tant de defluxions, fondique
de toutes les maladies plus dangereuses.
(Charr., Sag., 1. 3, c. 39.)
Et fait qne la Terlii soit Tice détestable
Et le Tice Terln, et la cour nn cstable.
Un retraict des ahos, des dissolutions.
I.e fnmier de lori-noil. de nos mnn5 le fondigue.
L'abisme des thrcsors de la France prodigne.
(.Le Cabinet du roij de Fr., p. .-îOo, éd. 1581.)
FOXDis, voir FOXDEIS.
FONDiTEun, s. m., frondeur :
Les fonditeurs qui geclent des fondes.
(Ftai;e Vegece, I, 20.)
.lelteurs de pierres par la fonde, parti-
culièrement nommes fonditeurs. (GmLL. nu
Choul, Disc, sur la Castrametation, p. 13,
éd. 1581.)
FONDOiER, - eier, - fund., v. n., lancer
des pierres avec une fronde ou une ma-
chine de guerre :
Fait traire a eas e frtndeier
E trenchanz gateloz lancier.
(Be.\., d. de yorm., Il, Sfi6.;, Michel. >
FONDOin, S. m., elTondremenl ;
Est la douairière tenue d'entretenir les
biens et héritages sur lesquels ledit douaire
est affecté de toutes charges, censés, rentes
et réfections nécessaires, sauf de vilain
fondoir. {Cotit. d'Espinal, u, 14, Nouv.
Coût, gén., 11, 1130.)
Une vefve femme qui a son douaire en la
moitié des héritages qu'elle tient en douaire,
de couverture, pel et torche, et non de vi-
lain fondoir, si doncques n'est qu'il appert
que par sa faute le dit fondoir fust venu
es mains de laquelle douairière, les héri-
tiers doivent mettre en bon estât ce qui
dépend de son douaire. (Coût, de S. Mihiel,
Xouv. Coût, gén.. Il, 1047^)
Hz seroieul tenuz de maintenir et entre-
tenir ladite halle tant de couvertures el
aultres ouvraiges y nécessaires, inesmes, si
par vilain fondoirs ou aultrement, en ma-
nière que ce soit elle tomboit, la faire re-
dresser a leurs dépens, (loio, Permiss. par
Touss. Hocedij, év. de Toul.de con.^truire des
haltes, Arch. Vosges, (.liapitre de Toul,
cart. G.)
1. FONDOiRE, S. f., fond, crcux, vallée :
Sept mencauldces de terre ahanables
seans vers les fondoires qui appartiennent
aux grands chartriers deCambray. [Déclar.
des fiefs de l'église de Cambray, ap. Duc,
Fonda.)
2. FONDOIRE, - onere, s. f., fonderie,
fonte :
.\ esté trouvé en la fondoire de la dicte
nionnoie. (Juin 1396, Inrent. de meubl. de
la mairie de Dijon, Arch. Coli'-il'Or.)
Poflr la voicture d'avoir fait nieuer tout
le pion dessus dit au poys pour le peser a
la fondouere, pour le fondre et giler en
table, le ramener a la dicte fondotiere ou
dit poys pour en repeser pour eu savoir le
dechiet. [Conipt. de Girart Goussart. 1400-
1412, Forteresse, i,u, Arch. mun. Orléans.)
Une vieille tour de Dijon s'appelle la
tonr Fondoire. Il y avait aussi la porte
Fondoire. (I37C, Papier des feux de tu ville
de Dijon, Arch. Cùte-d'Or, B 11871.)
3. FONDoïKi;, fondouere, ». (., fronde:
Sa panesliere a son coslé.
On il ans cbans porloit son pain.
Et sa fondouere en sa main.
(Geoff.. .vu. Estaz du monde, Uichel. ISifi
F0ND0I.SON, S. f., action de répandre :
Des lerraes de son cuer fist lele fondoison.
yCnnq. rfc ./(•>!«., 7023, Hippeau.^
— Fonte :
Restant a fondre de la derreuiere fondoi-
son. {Comptes des mines de Jacques Cœur.
Arch. KK 329, f» 41 r».)
FONDOOR, voir FONDEOR.
FONDOUFLE, VOir FONDEFLK.
1. FONDUE, fundre, verbe.
— Act., verser :
Li fondi seur ses plaies vin et huillo
(Compas, de la s. escril., ms. .Monmerqué.
t. T, f» 66 V".)
— Renverser, détruire :
U a destruit Lions, ce m'est avis,
Mascon fondue et abaln Baugi.
(Garin le Loh-, 2° cbans., su, P. Paris.)
Sachiez qne a prant enviz retrai
Ceo que jeo'n trais et que jeo'n sai.
Des abeies, des coven/.
U tant aveit de saintes genz.
Oni si vilment furent traitées,
-Vrses, fundue^ e bruisees.
(Ben., d. de Nonii., I, 11-21, Michel.)
Aluni aseeir lor chasteaus
E prendre e fundre des plus beaus.
(Id., ili.. II, 359j.)
Car li amiraus de Carta;e
.1 tout ars et fondul l'cstage.
(Florimonl. Ilichel. 792, f" 12'.)
Apres se dreça (l'ours) encontre lui et
l'enbraça a ses pâtes devant, por fondre n
terre. (Guill. deTyr, i, 109, P. Paris.)
Riens ne li pooil contrester que il ne
fondist tout a terre. (Ib., 1, 17.)
Et furent les murz de lor cité, les forz,
les palais, les fortresces, les messons, les
esglises et touz les autres edefices fonduz
et trébuchiez ce dessus dessouz. (Cron.
Godef. de Buili, Vat. Chr. 737, f» 394^)
De faire fondre et diruer de laditte
maison co que mestier y sera de fondre.
(1366, Conflrm. des priv. de Nimes,p. Ch.
V, Pr. de m. de Nîmes, II, 293.)
Que péril peust venir a laditte cité, se
icelle maison n'estait fondue. (Ib.)
— Neutr.. s'effondrer, être renversé,
détruit :
C'est grant merveille que no font
Ceste cité de chief en cbief;
El fondra tonte par imia chief.
(G. DE CoiNCI, ilir., ms. Soiss., P 12''.)
Fondre fera ceste cité.
(Id., ib.. f» il'.)
Sodome et Gomorrc fondirent en bisme
pour les péchiez de ceulx qui dedans de-
meurroient. (Modus et Racio, ms., f" 193 r»,
ap. Sle.-Pal.)
Si prendrent le chemin des marrois ou
il avoit vieilles cloyes pourries et quant
elles furent sur les cloyes, les cloyes
fondrent et elles cheyrent en la boue el eu
la fange, (f.iv. du Chev. de la roMr.Richel.
1190, f" 48''.) Ed. liibl. l'Iz., c. 48, fondi-
rent.
FON
FOX
FON
o!)
Ciuq cilez qui fondirent et fiireutfieries.
{Traict. de Salem., cas. Genève I65,f«86r».)
Des tours et murs qui fondrent. (1366,
iJrd., XII, 106.)
Les pilliers sont en adventure Je fondre
et aller a ruynes. (1439, Répar. à la cath.
4e iVoî/o», Arch. Oise, Chapitre de Noyon.)
— Fondu, part, passé, détruit, renversé,
ilélabré :
Valent les granz temples fondai
E les haaz porlaas abataz.
(Bbx., D. de yorm., II, 31i3, Michel.')
I faurra réfère la charpenterie des ber-
aeriez qui sont /bndues et clieustes. (1336,
Arch. S 206, pièce 3a.)
Car elle est gaslee (la maison) el fondue
lonc temps y a. (1372, Comptes de Biais,
.4rch. KK 298-301, f » 4 v°.)
Poitou, Vienne, Deux-Sèvres, et Vendée,
fondre, v. n., s'écrouler.
2. FONDRE, V. a., fonder :
Pour la terre de Vitré qui estoit a Nantes,
ijui fut donnée a fondre les Jacobins de
Nantes. (1294, Reconnaiss-, Morice, Pr.de
VH. deBret., I, 1112.)
.\ntioche fondi Antiocbas li frans.
{Florence de Rome, Richel- nonv. acq. i\9i,
f 1 r°.)
FONDREE, s. f., lie :
Les parfumiers appellent myrobaianum ■
la fondree de leurs compositions (des j
•lattes). (Du PiNBT, Pline, xn, 22, éd.
l.->66.) 1
Les Grecs appellent Magma la fondree
(les compositions odorantes. (Id., ib., xiii, I
2.) I
J'entens par la lye une certaine fondree
(lue les olives rendent. (Id., ib., xv, 3.)
Et après que la fondree el lie sera au
Ions du pot ou vaisseau. (Id., Dioscoride,
I. 42, éd. 1603.)
Les olives sont composées de noyaux
• l'huyle, de chair et de lie, qui est une
fondree araere qu'elles rendent. (LA
(Mrte, EpitK., éd. 1S71.)
— Fig., grossièreté :
Je ne me veux arrester a monstrer la
fondree etb('slise de ce populas.;(DiiPiNET,
Pline, ixix, i, éd. 1366.)
Bourg., St-Martin de la .Mer, fondree,
goutte : t Boire une toute petite /"ondrfe »
Morv., Berry, Vienne, fondree, terrain
humide, marécageux, fondrière.
FONDREFFLE, VOir FONDEFLE.
l'ONORER, frondrer, verbe.
— Act., mettre au fond, enfoncer :
Une de nal sens ne [vit] loiniere ne clarté
?ie plm qne s'on Veust en nn lonnel fondre.
{Ooon, 53iti, A. P.)
— Neutr., s'effondrer :
Li mur de la tour fondroil droit parmi
lieu et tout li kertel volèrent atere.(Àrter,
ms. Grenoble 378, f» 2'. )
Quant Gai. voit fondrer son castel. (Ib.)
Et quant li enfes chai sus la terre, la
terre croUa et frondra, tounerre et signe
granl furent veu par tout le monde. {Hist.
du bon roy Alix., Brit. Mus. Reg. 19 D i,
{' 4".)
Cf. F0.\D11E.
FONDRESSE, VOir FONDEOR.
FON'DRiL, S. m., fond, creux :
.v. verges en fondril de Bray. (1316,
Liv. pelu, f"> 34'', Bibl. Bayeux.)
.m. verges en fondril de la lande. (Ib.)
.III. verges en fondril. (Ib.)
FONDRiM.E, s. f., sédiment que forme
un bouillon, une liqueur :
L'eaue de vostre poulaille, c'est assavoir
la plus clere, sans fondrille ou trouble
aucun. (Ménagier, II, 3, Biblioph. fr.)
— Reste d'impôt :
D'autant que ce qui restoit a recevoir
u'estoit plus que restes et fondrilles incer-
taines dont il ne se sauroit que bien peu
tirer, et encore avec grande longueur de
temps. (Sully, .Vém., t. III, p. 216, ap.
Ste-Pal.)
Fondrille se dit encore au premier sens
dans la H.-Xorm., vallée d'Yères.
Cf. Fondree.
FONDUE, s. f., fonte .
Serpentines de fondue. (xv° s , Lille,
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. .\miens.)
Pour sept autres pierres faites pour le
plus gros canon de fer de fondue. (1432,
Compt. de J. Rabustel, Arch. mun. Dijon,
H, aCf. milit.)
Ung gros veugloire de coivre de fondue.
(7 décembre 1440, Invent. de Hugues Girard,
ib.)
Suisse rora., une fondue au fromage,
tranche de pain sur laquelle on étend du
fromage fondu.
FONDURE, voir FOXDEURE.
FONGE, S. m., champignon :
Aulcuns y mettent ensemb'e des ails
pour oster le venin d'iceulx boletz, fonges
ou champignons. (Platine île honneste vo-
lupté, f» 91 r», éd. 1328.)
FONGEU.x, adj., de la nature du cham-
pignon, spongieux :
Les terres fangeuses, rares et caver-
neuses sont engendrées a l'entour des
eaus chaudes. (Le Blanx, Trad. de Cardan,
f» 71 V», éd. 1336.)
i-oNONART, adj., grogneur, grondeur :
Tien termes rnanlgré les fongnars.
(Le Chaslcaii de labour, 1499.)
Musez icy, mnsars, masez,
l'mtgiiars osez et relTnsez,
Qni desprisez l'honnenr des Dames.
De hlasmes serez accusez.
Si bienlost n'' voos excusez
De vos parlers viîJaios infâmes.
(J. M,\ROT, la Vraij Disant, éd. 1731..J
Grongnars, fongnars, hongnars, je prive,
[.es biens lenr sont mal employez.
(K. DE CoLLERYE, Ballades, iv, Bibl. elz.)
— Fangeux :
... ICn fosseit fongnarl.
(Jeh. des Preis, Geste de Liège, 34521, Scheler,
Gloss. philol.)
FONGNER, fogner, v. n., grogner, gron-
der, se dépiler, faire la mine :
I Par la Croix bien ! se vons fongnc:.
I (A. DE Li VicsE, Farce du ilunger, p. 241, Jacob.)
I de par le diable, dit il eu fongnant ,
voila un tour de finesse qui n'tïsloit poin l'
encor en mon papier. (Des Periers, N^ouv .
Récréations, de l'infant de Paris nouvelle -
ment marié, éd. 1338.)
Et voyant que cest Escossais avoit tous-
jours froid aux piedz et mal a la teste, et
qu'il /■ongnoittousjours : elle devint toute
mélancolique et pensive. (Id., ib.. de l'Es-
cossois et de sa femme, éd. 1338.)
Elle fongnu. au clerc plus d'un jour et
une nuict. (Id., ib., de l'advocat qui par-
loit latin a sa chambrière, éd. 1338.)
Quel plaisir est ce de le voir (le petit en-
fant) parfois depiteux et fasché d'un rien,
fogner pour une espingle ou autre petite
chose ! (.louB., Err. pop., V p., v, 1, éd.
1387.)
Bourg., Yonne, Villiers St Benoît, foin-
gner, geindre. Norni., Orne, fouiner, raur-
j murer. Guernesey, r'fugna. s. m., rebut
! dédaigneux.
FONS, s. f., fontaine :
I Fluos de doncenr, fons de miséricorde.
I (G. DE Coixci, Mir., ms. Brax., f lOT*.)
Item comme nos devanciers aient donné
] et octroie aux habitans de la di'e ville le
fons, le abreuvoir et les escassadours des
I chevaulx et des autres bestes, et les con-
: duiz des eaues venant a la dite fons et
abreuvoir. (1374, Franchises de la ville
d'Aigueperse, Arch. JJ 198, pièce 360.)
Fans el abreuvoir. (Lelt. de Louis XI,
j juin 1402.)
I Qu'elle procedoil du plus profond ruis-
I seau de la fons caballine. (D'Auton,
j Chron., Richel. 5083, f» 102 v».)
i Elles s'en vont ponr refreschir leur tainct
A la clair fons.
(J. BocciiET, Ep. fan., \' p., lui, éd. lo45..l
Saint, et Bourb., fons, font, fontaine.
Noms de lieux, La Fon(-George, La
\ Font-iOTl, le nom populaire de la source
minérale de Saint-Galmier.
■ Noms de personnes, La Fons, Lafont.
FONS AILLE, - ailhe, s. f., fond de ton-
i neau :
j S'il falloil hrusler sercles ou fonsaillie.
(1388, Liv. noir, f" 33, Arch. mun. Montau-
I ban.)
FONSER, foncer, verbe.
— Act., mettre un fond à, garnir d'un
fond :
Un quarteron de planches de tramble
achaté de Guill. lloy pour foncer la dicte
roe. (1389-92, Compt. de Ncvers, CC 1,
f° 2 V», Arch. mun. Nevers.)
.XXV. planches de tramble pour foncer
la roc (lu grant engin. (1394, ib., CC 2,
f'il vo.)
Pour iiii hais a foncer la roe du grant
engin. (1.4U6, ib.. CC 13, f» 16 i».)
Et vuillons qui foncent ou facenl foncer
fausses, chcrgemil. (1407, Droit de citasse
de l'ahb. de liellelay. Mon. de l'év. de Bâle,
V, 217, Trouillut el Vaulrey.)
El lesd. trcdoulx partie emploiez a faire
des huys. foncé lad. cage. (1480, Compt.
Hôt.-de-Ville Tours, Acliapl de boys.)
6()
FON
Ou il couviul uieclre grosses Irainncs de •
boys pour icelle (la tour) hauUer et le
tout foncer d'ayes. (/6., Journ. de cbar-
pentiers.)
Pour acoir foncé les places et traces a
nieclre les pièces de bojs portans les
cyntres. (1310, Aroh. mun. Angers, DD 10.)
— Fonsé, part, passé, qni a un fond :
Chaise fonsee de paille. (1373, Int., Arch.
Indre, E 578.)
L"ng prant charlit qui n'est point foncé,
samy de couete, de traverlil et lodicr.
ÎCompt. du R. René, 1471-1472, p. 239,
Lecoy.)
Garlande de lysses de boys lyees, fon-
cée» et garnves, lo tout de boys. (Dm. des
répar. p. leponl de Hareuil, xvi* s., Chart.
de Tbouars, Arch. M.-et-L.)
11 y a bien peu de terre i|Hi ne soit
foncée par dessous de pierres, ou de mines
de métaux, ou de terre argileuse, voire
bien stuvent foncée de toutes les trois
espèces. (Palissy, Receple, Cap.)
— Attaché par le fond :
Avecques bateaux atachez l'ung a l'autre
bien foncez et ancrez au fons de l'eau.
(D'Auto-, Chron., Richel. 3081, f° 22 v.)
— Ruiné, perdu :
Les feri Diea ou rondement,
Poru sant il loat earondo,
Fleslri, foncif, fade el fonda.
(G. DL CoiMr, J/i'r. , ms. Soiss., f 36'*.)
On trouve an xvt* s. et au commence-
ment du xvu* s. fonser avec le sens d'en-
foncer :
Tous d'un courage lirent tel ell'ort qu'ils
foncèrent les portes de l'église. (1561,
SedU. des Preslres S.-JIedard, Var. List, et
litt., Yl, 190.)
Detja le roy du gros de la bataille
Le choque, presse, ei de pointe et du taille
En le fomant nous ouvre le chemin.
(La .MoitLURE, ItenaUs. if Daphné.)
Morv., foncer, aller au fond, creuser pro-
ondément, mettre un fond à. Norin., Des-
sin, fonser, enfoncer, creuser plus avant;
se jeter sur, s'élancer sur ; mettre bas, en
parlant des lapins.
KO.NSET, voir FO.NCKT.
FOXSiEii, s. m., seigneur du fonds :
Comme il ayent en ladicte ville certaines
masures tenues de nostre dicte maison
2ui anciennement souloyent estre edif-
ees de bonnes maisons qui par les enne-
mis du royaume ont esté arsses et des-
tniictes par plusieurs fois, desquelles les
aucunes avoyent esté pieça baillées a seur-
cens qui pour cause de ladicte destruc-
tion font retournées es mains des fonsiers.
(1370, Rerj. du Chap. de S. J. de Jerus.,
Arch. -M.M 29, f 13 r'.)
FONSSET, voir FONCET.
FONSSELUE, voir Fo.NsunE.
FO.NSSIHE, voir FO.NSUHE.
FONSUUE, fonssure , fonsseure, s. f.,
fond :
Batteau chargé liv duuliles fou? a faire ;
vaisseaux, de barres a fonssure. (1512, I
Mantellier, AfarcA. /r^7., 111,110.) /
FON
Lâfonsure d'un lit. (1516, Yaleuciennes,
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
— Plancher :
A la rive du moulle par ou le roy d'Ar-
ragon dcvoit descendre, le roy tist faire
ung pont de boys entrant en mer environ
.XII. pas large a passer troys hommes de
front, faict a gardes, et ass"ix sur pillotiz,
et sur la fonsseure couvert d'un drap rouge
actaché a pelis clouz pour faire aborder la
gallcre du rov. (D'Auton, Citron., Richel.
5083, f" 123 r".)
1. FONT, funt, s. m. Locutions :
— Mettre au font, loc, faire périr :
Car Fortune m'ajont
Par si fcite maiocrc que se le sire du mont
Mi eu panse, je seray don tôt hui mU ao font.
(Priic de l'amp., 1803, Mussalia.>
— Del font, complètement :
DelfuyiZ despilauz les terrieues choses.
{Dial. St Greg., p. 26, Foerster.) Lat., fun-
ditus.
2. FONT, s. m., fer fondu, non encore
forgé :
Fons a fevre, .n. d. Et se la forge i est
toute, .un. d. (K. BoiL., Liv. des mest.,
2' p., II, 62, Lespinasse et Bonnardot.)
FONT.MLLE, S. f., fOntC :
Fonlaille. (Acte de 1227, Noyon, ap. La
Fons, Gloss. ms., Bihl. Amiens.'^)
FONTAINE, s. t., eau :
Un Tallet vient
Qui un pain d'orge en su main tient,
Et un pîcber en s'aotre main
Moult petit, de fontaine plain.
(Parlon., Richel. 191.">2, f° 141=.)
Vin on fontaine i entrast plein galon.
(Agolani, UT, Bekker.)
— Plaie suppurante :
Se un faucon a une fontaine au pié vous
le garires en ceste manière, (liodus, f'ISO'',
ap. Stc-Pal.)
Es piez ont fontaines et gales.
(Gaces, Rom. des deduiz, Ars. :i:>3-2, T U t».)
— Le quatrième dimanche de carême :
Le mercredy devant la mi quaresme que
on dit au pais (Perthois) le mercredy de-
vant les fontaines. (1426, Arch. JJ 173,
pièce 401.)
Aux fontaines. (Registre des Estais Gé-
néraux et Convocation des Estats sur la
fin du xv siècle, Arch. Meurthe, Très, des
chartes.)
— Faire ses fontaines, se livrer aux di-
vertissements de la mi-carème :
Comme les suppliana feussent alez en
la ville d'Escleres pour euU esbatre et
faire leurs fontaines pour le jour de di-
menche que l'en dit niy caresme. (1393,
Arch. JJ 144, piice411.)
Centre de la Fr., fontaine, abondance,
exubérance : " 11 y a cette année \me fon-
taine de blé. "
FONTAiNETTE, - aiielU, - cneltc, s. f.,
petite fontaine :
Plusieurs /oHtaineKes, et ruisseaux cou-
rans a douce noise. (Lemaire DES BELGES,
m. de Gaule, 1, 215, Stecher.)
FON
Est pareillement ordonné aux sindics
de faire reparer les fontanettes. (29 avril
1375. J. Baux, Jlf^m. hisloriq. de Bourg.,
II, 136.)
C'est toy, belle fonlenette,
Oo ma douce mignontiette,
A miré ses deux beaux yeux.
(RoNs., Odes, V, xii, Bibl. eli.>
Couine l'eau d'une fontainetle
Prisonnière dans sa cuvette
Brunist d'uu obscur argentin.
(R. Dellead, Œuv.poét., le Diamant, éd. 1578.)
Des Portes, on se bagne en ta rivière nette.
Qui sur un beau gravois un dons murmure émeut
Racneillant sa claire eau do mainte fontainetle.
(J.-A. DE Baif, So»n.>
Et voir l'argentine ondelette
D'une mousseuse fontenette.
(VAta-, Idill. 1, S8, éd. 161Î.)
Lieu dit, la Fontinette (Oise).
FONTAINIELE, VOir FONTENELE.
FONTAL, adj., de la fontaine, des fon-
taines :
Lessez les tleurs, o déesses nappées.
Et appeliez les fonlalles nayades.
(D'Alton, Chron., llichel. o082, f» "217 r».)
— Fig., de la source, originel :
Et pource ne povent pas les dons de
grâce tousjours descendre en nous, car
nous sommes ingratz, et ne les atlribuons
pas ne ramenons en leur fontale et pre-
mière naissance dont ilz parlent et viennent
en nous, c'est a Dieu. (Intern. Consol., l,
10, Bibl. elz.)
FONT.\NETTE, VOlr FONTAINETIE.
FONTANiER, adj., de source :
De l'herbe fontaniere.
(Cladde BlNET, /e Vo'jaije du Printemp:, éd. lo73.)
FONTASTRE, S. f. ?
De che il doit .XXXI. s. .vi. d. moitié a
le Toussaint et moitié a le Pasque et .m.
cappons et demi au Nouel. Et est banier
au four que ledit chevalier a en le ville
au xxx" et une fontastre au Nouel. (Charte
de 1362, Grenier 299, pièce 174, Richel.)
FONTE, s. f., rupture, effondrement :
Pour le salut de l'ame des trépasses qui
sont morts a l'occasion de la fonte et ruine
dudit pont. (1499, Arrêt du Part, sur la
chute du pont N.-D., Felib., Hist. de PariSy
III, 372.)
FONTELE, S. f., source :
En nu vergier
Lez uue fontete
Dont laive est bêle et clere.
(Alex, et Arist., Richel. 1915-2, f» 73=.)
FONTENALE, VOir FONTENELE.
FONTENEL, S. lii., source, fontainc :
U commença a faire merveilleuse tour-
meute par les fonleneaulx et croUieres qui
estoienl a l'entour du chastel. (Perceforest,
vol. IV, ch. 14, éd. 1528.)
Nom propre, Fonteneau.
FONTENELE, - anek, - ainele, - elle,
- ainnelle, - iele, - ielle, - enale, s. t., petite
fontaine :
Ens en mi lia del pré ot une fonlainiete.
^Rouiti. d'Alix., f" 5i", Michelant.)
FON
FON
FOR
(U
Li oil forment li plorent com rot de fontenelc.
(J. BoD., Sai., CCLXXTI, Michel.)
l'ins est douce l'aigae novelle
D'ane petite fonlmelle.
(Fiorimont, Richel. TOi, f" iO''.'
Vos eius riaos a poi(e)at fenda
Qni relDiseat comme ane etele
Par Duit eo noe fon'.enele.
(Yen à la tuile de Percnal, as. Montp. H îig,
r» 29C y'.)
Olirier, car desceot les celé fonteniete.
(Fierabras. 993, A. P.)
Cne fonlttinnetle.
(Gaijdon, SUdI, A. P.)
Sonr le riu d'nne fontenielle.
(MOUSK., Chron , 18730, Reill.)
JoDSte une clere fontcnele.
{Rose, Vat. Oit. iHi, f» 76'.)
Empres ooe clere fontenele.
(It , ms. Corsini, f" 67*.)
Je feroie bien ci sordre une fonlrnale.
(Floov., -2031, A. P.)
Si se resl arcsté dessous .i. pin fneilln.
Les une fontenele, et a bea de ru.
(Gaufrey, 3253, A. V.)
FonlincUa, fonteniele. (Gloss. de Douai,
Escallier.)
— Ulcère :
Se aucuns a aucune ulcère ou milieu de
la jambe, soit li faite premièrement cautère
en la fontenele sous le genoul de celé par-
tie. (U. DE MONDEVILLE, Richcl. 2030,
f- 80*.)
— Cautère :
Le chirurgien, par le moyen de ses cau-
Iheres, fonténelles et emplastres, guérit les
playes et blessures qu'on a sur soy. (La-
Riv., le Fid., IV, i, Bibl. elz.)
— Endroit de la tête où aboulisseni la
suture coronale et la suture sagittale :
Par le vertex ou sommet est entendu la
/onfe?ieWe, ou bien ce qui est également au
milieu de la suture sagittale. (Pahe, CEuv.,
III, 1, Malgaigne.)
Nom de lieu ancien, la Fontenelle.
(1442, Cerche des feux du comté d'Auxonne,
Arch. Côte-d'Or B 11321.)
Noms de lieux actuels, Fontenelle
(Nièvre), Fontenaille (Nièvre).
Nom propre, Fontenelle.
FONTENETTE, VOir FO.NTAINETTE.
FONTENIELE, VOir FO.MESELE.
I ONTExiL, S. m., petite fontaine :
Va jor qu'il Teneit de chacier
En choisi une en un gravier,
Denz le missel d'un fonlenil.
On en blanchisseit nn cheinsil.
(Ben., D. de yomi., II, 31-2-2-2, Michel.)
L" ruissel du fonlenil. (Arlur, lîichcl. 337,
II abat l'escu en un fontenil. ILancelot,
DIS. Fribûurg, f« 20''.)
^i a coisi an fonlenil rovent
Plein de Tenin et plein d'iotoscheuient.
(Roi., ms. Chàleauroni, f 6:; v", Meyer, Rec
p. 226.)]
Et la source des fonlenieus.
(ChaïK. N..b., Vat. Chr. 1 i!iO, f» 121) r".)
S'il se soulle en tel fonlenil
Dont la joDchiere est de penil.
(ilélam. dOv., p. 12, Tarbé.)
Puet on aler es mares et es fontenieux
pour prendre les becacbes et les oyseaux
de rivière. {Modtis, f" 137 v, Blaze.)
Kt tantalla par illec qu'il trouva plusieurs
fontenilz <iui sourdoient a l'encontre d'une
terre dont la forest esloit au dessus. (Per-
ceforest, vol. VI, cb. 22, éd. 1328.)
Noms de lieux : Le Fontanil, près de
Grenoble, et en Savoie.
FONTENis, s. m., petite fontaine :
Et trespase les pnis, les plainz et les lariz.
Et tote la contrée, les vans, les fonteniz.
(Floov., 1831, A. P.)
Et si Terons les arbrisseans,
Les fonlenis et les ruisseans.
(Fnoiss.. l'oés., II, 29,981, Scheler.)
Les beaus preanli. fonlenis bel et cler.
(E. Deschami'S, Poés., I, 156, A. T.)
— Fig., source :
Le roy, voyant et considérant le person-
nage a qui "il avoit faveur naturelle, en-
semble les beaux mots qui procedoient, ce
sembloit. du fonlenis du cœur, le prit a
mercy. (G. Chastell., Chron., V, SCO,
Kerv.)
FONTENOis, adj., de source, de fon-
taine :
Puis les plungierent es vessiai fonlenois.
(Herb. Ledcc, FoHlq. de Cand., p. 138, Tarbé.)
FONTENOi, s. m., fontaine, est repré-
senté par les noms de lieux anciens, Fon-
tanés, Fontancis, Fonlaneys (Fontanetum)
(Loire). {Cart. de Savigny, p. 443 et 510) ;
et les noms de lieux actuels, Fontenoy
(Nièvre), Fontenoi (Hainaut belge).
Nom propre, Fontenay.
FONTENOTE, S. f., petite source :
Demi arpent a la fontenote. (1333, Beg'
du Chai), de S. J. de Jérus., .\rcb. JIM 28.
î" 36 r".)
Cf. FO.NÏEXETE.
FONTEQUE, VOir FO.N'DIQUE.
1. FONTis, - iz, S. m., effondrement,
éboulement :
Se le bort du dit fossé par devers les diz
tanneurs auieiiuisoil par pluie ou par
glace ou par fontiz de terre ou tans a ve-
nir. (1287, Cart. de Pantoise, Richel. 1.
o6b7, f 94 v.)
2. FONTIS, - (13, adj., de métal fondu :
En ire l'esmurent en leurs tertres, es
tertres du désert, ou il firent le torel fon-
tiz por aorer. {Psaut., Maz. 238, f» 96 r°.)
Et feras cbandelabre fonliz d'or très net.
iUible, Richel. 899, |o44'.)
Toutesces choses seront fontices d'or très
pur. (Ib.)
FONTOiuE, fonlouere, s. f., fonderie,
fonte :
Et la fontoire de la pièce d'argent xii d.
elles cendrées. (£i Coût, des foires de Troies,
li louueus dÈs toiles, ms. Troyes 365-)
Et de la fontoire comme a Troyes. ICout.
de la foire de Bar sur Aube, ms. Troyes
365.)
Une erre de sablon mené a la fonlouere.
(Compt. de Girart Goussart, 1400-1402,
Forteresse, liv, Arch. mun. Orléans.)
FONTURE, s. f., fonte :
Et avoit trouvez certains leiz de terre a
quoy l'en avoit fait fonture d'argent, si
comme il apparoit par iceulx, et ladite /'on-
tîire jette e parmi la place de la chambre
d'icelli hostel en terre. (Reg. du Chat., II,
403, liiblioph. fr.)
Desquelles cires furent achatees pour
une fonture .m'. .uip>^. .xi. livres. (1449,
Compt. de S. Sauv. de Blois, Richel. 6215,
f" 23 vo.)
Toutcsfois que ung des maistres dudil
mestier fondera, pour cliascune fonture
ou forge que il fera il laira au trésor de-
mie livre d'airain. (1481, Ord., xviii, 680.)
— Eboulement, creux, trou :
Quant voie commune est perdue par
force d'eue ou par fonture, li voisins pru-
cheins doivent fere voie. {Liv. dejost. et de
plet, IV, 22, % 3, Rapetti.)
Somme a .lehan Deneu, manouvrier,
pour reamplir plusseurs fontures (jui es-
toient es dictes allées. (1413-1410, Uecjistre
des receptes et mises de Boulogne-sur-.Mer,
p. 209, Ed. Dupont.)
Trois croustes mises a restoupper une
fonture qui s'est trouvée en bcsongnant
audit [lout. (1498, Compt. faits p. la rille
d'Abbev., Uicliel. 12016, p. 120.)
FONZEOU, voir FONDEOR.
FOQUis, s. m., faquir :
Et faisoient semblant que ce estoit sauz
la Yoleuté dou sodan que il faisoient ce, et
que en ce les avoient rais lor foijuis. (Est.
de Eracl. Emp., xxxill, 17, Hist. des crois.)
1. FOR, s. ra., métier : ?
A Philippe de Peronne serreurier pour
avoir fait de son for et livré audit lieu de
Compiengne .v. grans barreaux garniz de
loquetiers. (1490, Arch. K 272.)
2. FOR, voir FUEX.
3. FOU, voir FoKS.
FOttAUJOunNER, foursadjoumer, v. a.,
assigner :
Quant alcuue personne serai, par devant
le maieur et les esquevins de Liège, ou
par devant altre haulteur et justiobe, la ilh
serat sorceans, foradjourneis par .m. ad-
jours... (J. DE Stavelot, Chron., p. 30,
Borgnet.)
Qu'ilh paient ladit debte en accomplis-
sant les couvent ou marchandiese dont
four sadjour nets seront. (Id., ib.)
1. FORAGE, - aige, s. m., action de per-
cer :
Mise fut en broche et forahje
Quant an cnenr Iny vint le messaige
Du très cruel fer de la lance.
(Deglileville, Trois Pelerinaiges, f OB'", impr.
Instit.)
Venez, il est mis a foraige (^son corps),
Abrochiez et en pertuisage.
(In., ib., f» 1U6=.)
2. FORAGE, - aige, four., forr., s. m-,
taxe payée au seigneur dans quelques
fli
Foli
FOR
FOR
(ii'oviaceâ par les lavernier^ "t autns
iléhitants de vin en détail :
Et s'eut la voerl« ansi.
Et les l'orùurs leur guerpi.
De Tin, de cier»oise et île mies.
(«orsi.. C.hro».. UÎS, Reiff.»
Les luino?, li forages, li Ireffois. {Cari,
blanc de S. Corn, de Comp., f» 114 v«.)
Les forrages avec le four et la menue
ilisme. (Cens, de S. Tliib. de Soiss., Arch.
LL 1022, f 7 r»)
Nous avons forages des vins seur nos
liostises de Couhan. (76., f» 7 r».)
Le forrage des vins. (1339, ArcU. J.1 72,
!■ 408 v°.)
Au rouage pI fourage des vins vendus.
aaoO.Arch. J,l 78, f» U r».)
De la value du toulieu et forages que
laquinet le charron a tenu a ferme. (1364,
Compte de J. dou Four, Arch. KK S'',
'■- 23 V.)
De la value des forages et roages de la
viconté de Vertueil. (/6.)
Droit de tonnelipu et forage des vins.
(17 avr. 1448. Sentence du lieuten. du bailli
d'Am.. ap. A. Tliierrv, Mon. du Tiers Etat,
III, o56.;
l'n droit appell.- le fouraige sur les
nieix et maisons situées en la rue de la
Lue;... pour lequel droit lesdits sieurs
vendeurs ont accoustumc prendre et rete-
nir d'un chascun vendeur vin a bannière
••sdites maisons, pour une cliascune fois
■ (ue l'on met bannière devant ladite mai-
son, un cbauvean de vin qui se vend lors
>-o icelle. (23 mai 1347, Vente de la marc-
r haussée de Besancon, ms.Bibl. Besançon.)
— Vendre du vin par forage, le vendre
l'n détail; ce qu'un disait aussi vendre d
hroelie :
Se aucuns bourgois amaiune viu en
••elle ville par .iiii. roes on par .ii. le
i-barche d'une jument ou d'un asne et il
If vent, il ne doit nulle rente de celi. El se
il ou autres vuet vendre ce vin ou autre
par foraige il donra de .un. roes un ses-
tier et de .li. demi sestier, de le charche
d'une jument ou d'un asne maillie de
vin. (1327, Cart. de Guise, Ricbel. 1.
17777, f» 181 v».)
FORAGiË, fouragié, adj., afTaibli par
J'àge :
Mes sires est désormais et vieus et
h ailles et fouragies, ne il n'a memore ne
^ens. {Les sept. Sag. de Rome. Ars. 33S4,
f 50*.)
I--ORAIN, forein, foren, forin, foirain,
fourain, fouran, adj., du dehors, étrnn-
n'cr :
J* teil iço qu'il Tast et orgoillos et Tai05,
Ea avers secukr», et eu iemblaot foraiitt.
ijiasles ert de sttn cors, et eu esperis saias.
(Garhier, Vi'' de SI Jhom., Richel. 1.3:11.3.
f 5 T".)
Encontre gent foraine. (1214, Paix de
Metz, Arch. mun. .Metz.)
Nulz bons fourans. (1300, Hisl. de Metz,
m, •.'55.J
Quant aux pens forains passant la dite
ville. (1347, Lelt. de PU. de Val., Arch.
inun. Rouen, tir. 380, n" 1.)
Les fjens forins non demouraus en la
dicte ville d'Orliens. {Compt. de Girart
Houssart, 1400-1402, Commune, xv. Arch.
mnn. Orléans.)
.Marchaas foirains. [Slat. des Alt'msr.s,
XV* s., Repr. des stat., p. 7 à 12, Arch.
mun. Ahbeville.)
Les escoliers forains, auditeurs ausdictes
escolles. (13 fèv. is.'Se, Reg. des déiib., Arch.
mun. .Monlauban.)
— En parlant de chose, étranger, ve-
nant des étrangers :
Elle est foible de celle part et ait mes-
tier de /oraiiie aide. {Cons. de Boéce, ms.
Montp. 11 43, f» 12=.)
Ta vouleuté sera tousjours conjoincte
a la mienne sans convoiter ou désirer
quelque cliose estranjje ou foraine et pri-
vée. Untern. Consol., H, xxxxviui, Bibl.
elz.)
Et que possible ne leur estoit sans en-
gaiger joyaux, pour faire nouveaux paye-
ments, ei sans aide foraine ou secours de
leurs allies. (J. Molinet, Chron., ch.
XXIII, Bucbon.)
C'est cellny seul qui a mené la guerre
En lieux forains, laissant paix en sa terre.
(J. Mip.OT. le \mj. de Venise.)
En celluy an ne fut nulle guerre foraine.
(Prem. vol. des grans dec. de Tit. Liv.,
! f» 51', éJ. 1330.) "
La prospérité et les choses bien faictes
es batailles foraines esleverent les mouve-
I mens de la cité. (16., f» 44".)
I — Du dehors, extérieur, écarté :
i Liez li les mains e les piez, si le gettez
as teniebres foraines. (Mauuice, Serm.,
ms. Florence, Laur., Conventi soppressi 99,
! f"61'.)
Es ténèbres forennes. (Id. ,ib., m s. Oxford
Bûdl. Douce 270, 1" 64 r°.)
I En une nie auqes foi aine
Krt sa mesoDS mont aaisiee.
(<;. de Dole, Vat. Chr. 1725, POU''.)
Par mi une foraine rue
Revient a Tuis le prestre arrière-
(KosT. d'.\«iif.ns. </« BOHChier d'Abev., 116, ap.
MontaigloD, FaH., III, -231.)
11 aloient par les rues forainnes pour
desrober la gcnt. (JoiNV., S. Louis, xxvi,
Wailly.)
L'appellante dict qu'elle demeure en la
rue Coquatrix qui est foraine. {Pièce de
1367, Felib., Hist. de Paris, IV, 331».)
Avoit este ordené que a la venue ou en-
trée du dit palais, nul ne s'arrestast devant
la dite porte, mais passast oullre chacun a
cheval, et s'espanaisseut parmi les rues
foraines, afin de y avoir moins de presse.
(Gr. Chron. de Fr., Charl. V, lx, P. Paris.)
Pour aprandre les noms des maisons
fourines. {Comptede Jaquet Deloynes, 1424-
1426, Forteresse, Despense, xxviil, Arch.
mun. Orléans.)
Et sont (les maisons) moult gastees et
moult decheues, especialement es rues
foraines et envers le vieil port. (Guill. de
Lannoy, Voy. el Ambassades, p. 107, Pot-
vin.)
Et pour lors avoit es environs de Paris
tant de loups que c'estoit merveilles, les-
quelz mengeoient les gens, et plussieurs
foiz en vintjucques dedens ladite ville de
Paris, qui estranglerent et mengerent plus-
sieurs personnes, et que on doubtoit fort
a aller de uuyt es rues foraines. (J. Chah-
TlEH, Chron.' de Charl. VU, r. 132, Bibl.
elz.)
— Maison foraine, latrines :
.Mais ne régna pas Aoilrauml/ miil.
Lu duc l'ocist par tr.iisun
A la foraine maisim.
(S. Edwird le co«f., 305, Luard.) I,al., lutrina.
— En parlant de diverses choses physi-
ques et morales, extérieur :
Car vous regardez des foreins ieus les
foraines choses. {Vie etmir. déplus, s. con-
fess., Maz. 568, f" 123''.)
Car chascun scet combien y ayme ,
mais il ne scet conbien il estâmes, se ce
n'est par signes forains. (VOrloge de sa-
pience, Maz. 1134, 1. I, Prol.)
Choses fouraines. (B. de Gord., Pratiq..
II, 10, éd. 1493.)
Apparence foraine. (J. Gerson, l'Aiguil-
Ion d'amour, f» 40 v», éd. 1488.)
Tes sens forains el corporelz. (Id., ib.,
i' 63 r».)
Car peu de chose vault pouvreté fou-
rainne se le cueur n'a suffisance en soy.
(J. Legrant, Livre de bonnes meurs, f 32=,
éd. 1478.)
Vertus ne se vante pas de soy mesmes
et de riens ne se esbahit, ains désire a
ressembler a la vertu d'aullruy et non pas
a l'onneur /"orain et si pense a la charge
de sa conscience. (P. Ferget, Mirouerae
la vie hum., f» 166 r», éd. 1482.)
Imbécile aux affaires foraines. (La Boe-
TIE, (Mcon. d'Arist., Feugère.)
Il faut que ceste partie, qui est la plus
divine, soit si coye,pure et vuide de toutes
passions foraines. (N. Pasq.. Lett., IV, 8,
éd. 1723.)
— S. m., étranger :
Au derrenier, les forains, pour l'oscurté
de la noire nuit et pour la mescheanoe de
l'estroit lieu, ne porent longuement souf-
frir. {Gr. Chron. de Fr., Isl. du gros roy
Loys, II, P. Paris.)
Qui y seront vendues par habilans ou
forains'. (6 mai 1364, Mand. et act. div. de
Charles V, p. 18, L. Delisle.)
Que nul estrange ou forein ne montast
sur les murs de la cité. (OaESUE, Eth., Ri-
chel. 204, f" 463».)
Recette de lu demie censé des bourgeois
et fourains des amoignes appartenant a
la ville. (1463. Compt. de Nevers, CC 59,
f° 10 r", Arch. mun. Nevers.)
Fr.-Comté, foirain, les marchands A"'-
rains. Guernesey, horain.
KORAiNE, - ainne, - ine, forr., s. {.,
bateau, spécialement le bateau destiné à
porter un moulin, en particulier sur la
Loire :
Le bach a moulin .llll. d., la foraine .II.
d. (1296, Rentes d'Orliens, i" 4 r°, Arch.
Loiret.)
Ginc molins, c'est assavoir deus pendu?,
et trois en baz et en forainnes. (1293, Lett.
de Ch. d'Anj., Fontevr., Pont de Ce, Arch.
Maiue-et-Loire.)
Forrainc neufve. (1385, Extr. du reg. de
la Ch. des comptes d'Anj., Mantellier,
March. fréq., III, 203.)
Le bach, la /■orme, .llil.d... (14'38,Péo3«
de Chdleauneuf, ib., lU, 124.)
Un moulin assis en la rivière de Loire
sur un baich et une foraine estant au des-
sous du pont d'Orl. {Ch. du 21 oel. 1439,
HApit. géu. Orléans, luvent., f» 545 v°.)
FOR
A Jehau Cousielier pour ks ay. ■^; «l'un
prant bar d'un nioliii et d'iiDc foraine Ifts-
quelles ODt esté mises ou bateiz de la pille.
(1471, Compt. de Nevers, CC 6S, f° 34 v,
ArcU. uiuû. Nevers.)
Une foraine neuve. (Mai 1S73, Arrêta
luipr. Orl.j (iibier.)
De cbaeun bach ou farine, (xvi* ?.,
becl. des droictz et proffits deubz pour le
péage de Sully, .Maatellier, Mardi, fréq.,
111,119.)
FORAiNEMENT, adv., extérieurement :
Et tant excessivement habonde ou cueur
icelle indicible doulceur que elle redonde
liabondamment en tous les membres et
sens coriiorelz eu tant que entraînement et
forainement et toute mellifluant. (J. Ger-
SON, l'Aiguillon d'amour, f° 37 v», éd. 1488.)
L'amoureuse compassion qu'il avoit de
ceste doloreuse passion estoit en son
cueurtant excessivement habondantqu'elle
fut en son corps forainement redondant.
(ID., ib., f° 60 r».)
FORAiN-ETÉ, foreiuetet, foraneité, s. /.,
i|nalité de ce qni est au dehors :
Forsmenat nues de la foreinelet de
terre. {Psalt. monast. Corb., Richel. 1. 768,
1° 108 V».)
— Droit payi' par les chanoines non
résidents :
Foraneites, cent sous par an.(1402,Arcli.
Aube G 1402, I» 8.)
FORAiNEi'SEMENT, adv., d'une manière
étrangère, par un secours étranger :
Et tous cpulx qui prisonniers avoient ilz
leur demouroient et en povoient faire leur
proufûl, raençonner ou quicter se ilz les
Touloient, dont ilz leur firent très bonne
compaignie et les raençonnerent courtoi-
sement, chascun selon son estât et son
affaire, et encores plus doucement pour ce
que ceste avenue leur estoit /braineusement
venue. (Froiss., Chron., Richel. 2641,
f» 273 V».)
FORAMBLEu (se), V. réfl., se retirer en
.irvière, se soustraire à l'ennemi :
Qae lui home ne saicheot ne voient
Ne qo'il .iperceu se soient
One ta le vuilles forambler
Porce que n'oses essambler.
IJ. DE Prioiîit, l.ir. de Venece, Richel. IfiOl,
f» ol"».)
FORANEITÉ, voir FORAINETÉ.
l'ORARDOiR, V. n., cesser de brûler :
Qnanl tans est des eures canter.
lÀ Inmioaire sont eapris
C'aportaines de nos pais
De par [>in. qoi dasqn'an jor ardent
Ne n'amenuisent ne forardenl.
(S. Iliandan, p. 127. Jnbinal.)
roRASCHE, voir Fekage.
FORBAN, S. m., banni.ssenieiit :
Quant il auront esté forbaniz par lesdiz
justiciers et il s'en seront fois après le
Jorban. (Mars 1306, Compos., Arch. Eure-et-
f.oir, f. du chap., c. X, F, 4.;
Si le terme luy est assigné personnelle-
ment, il sera mis a forban par deulx def-
failles. {Coust. de Brel., [»i7 y.)
Et puis bannira l'en le forban par toute
la duché par jutrement. t1h..("in v".)
FOR
FORBAMit, - hanyr, - bannir, -bannyr,
-bénir, -beniiir, four., fors., v. a., bannir:
Li procureur l'cmperceur n'ont pooir de
forsbani{e)r nuUui a demorer en ille. (Di-
gestes, ms. Jlontp. H 47, f» 13".)
Se li franchi est forbeni. (Lie. de jost. et
deplet, II, IV, I 8, Rapelti.)
Une congrégation de fourbanis de Flan-
dre. (Froiss., Chron., I, 298, Luoe, ms.
Rome, f" 25 V».)
Forbennir, exulo ; forbenni, exul {Gl.
gall.-lat., Richel. 1.7684.)
Hz seront pour remplir les sièges
Dont nostre tourbe «/ fourbanie.
(Greban, ilisl. de la Pass., 065, G. Paris.)
Ceux qu'elle hayoit les forbannissoit de
la cité. (BoURGOiNG, Bat. Jud., I, II, éd.
1S30.)
Il envoya messagiers devers le comte de
"Warv^'icb qui estoit forbanny. (Bouchard,
Chron. de Bret., l" 146", éd. 1532.)
Nicomedes dechassa et /bj-fcannitPrusias
de son royaulme. (Boccace, Nobles malh.,
V, XI, f"" 125 V», éd. 1515.)
Soil d'avec toy tont vice forbanny.
(i. Ma^ot, Doctr. des Princessex^d'esire bon exemple
aux antres. Recueil Jehan Marot de Caen, éd.
1532.)
Mais leur diras : Amis, j'ai des nonvelles
D'un malhetirenx, que Venus la déesse
A forbany de soûlas et liesse.
(Cl. Mar., EpisL, pour le Capitaine P>aisin, an
seigneur de la liocqne, éd. lo'Jfi.)
Tn veulx amour forhannir de ce monde.
{Episire de eomplainele à une qu'a laissé son amij,
dans les Poés. allrib. à Cl. Marol, éd. 1731.)
Est il possible que je vive
Forbany de vostre présence?
(J. A. DF. BAir, le Ilrave, V, 1, éd. 1S73.)
Quant a la royne, appaiser la faudra
Si doucement que sa main se tiendra
De forbannir l'ame seditiense
Outre les eaux de la rive oublieuse.
(JoDELLE, Cleopatre, II, 1, Ane. Tb. fr-, IV, 107.)
Elle l'appelloit maquereau, fouetté,
larron, forbanny. (G. Bouchet, Serees, 1,
107, Roybet.)
Forbannir, to banish, reject. (Cotgr.
éd. 1611.)
Saintonge, fourbanir, chasser.
roRBANissEMENT, fovhann., forbenn.,
- ant-, s. ni., bannissement :
Forbenissemanz qui est fez en généra-
lité ne porte pas acussacion. {Liv. de jost.
et deplet, i, 5, § 1, Rapetti.)
Ont mérité forbanissemenl. (1430, Ch. de
L. d'Amboise, Fonteueau, I, 342, Bibl. Poi-
tiers.)
Eussent desservi mort ou mutilation de
membres ou forbanissemenl de pays. (Ib.,
h 543.)
Forbennissement, l'.xilium. (Gl. gall.-lat,
Richel. 1. 7684.)
FORBARRER, four., V. a., barrer, fermer
avec une barre par derrière :
Si vin jrent es huis et cnidierent issir,
ainsi qu'ils soloient, mais ils les trouvèrent
tous fourbarres. (Yst. et Chron. de Flan-
dres, I, 307, Kervyn.)
—Empêcher, priver, dépouiller, exclure:
Qe le uaz est qe hom ne serra my for-
barré par son fcl drmeyn, le qel est fct
FOR
(iî
tant com il est de pleyn ag.!, de bouc me-
morie, deiiz les katre mers .le Enseltere
(Year books of the reign of Edw. the firsl
years xxx-xxxi, p. 9, Rer. brit. script.) '
Que les seignours n'auters ne soyent raye
forbarrez de lour villeyns pour cause de
lour response en la ley. (Stat. de Bichard
II, an IX. inipr. goth., Bibl. Louvre ; Littl.
Instit., 193, Houard.)
Le seigniour ert forbarré e ramenauni
de sa accion pour sa malice et sa negli-
cence. (Britton, Loix d'Angi, f» 98 r», ap.
Ste-Pal.)
FORBATRK, - battre, four., verbe.
— Act., battre :
Que li vallet forbatent bien les dras .m.
fies de malvais cardon. Quant li dras ert
forbatus.... (1262,Ban.s aux échev.,Où, ass.
s. les drap, de Douay, f» 6 v», Arch. mun.
Douai.}
— Clore, barrer, barricader :
Et la Toie a si fourbotiir
Qu'elle est an chastelain tolue.
Par la n'i pora pins entrer.
Car il a fait Puis reomurer.
(Coiici, 4873, Crapelet.)
Pour chou avoit esté dit et commandé
audit Jehan que ledit coulombier closisl
par dedens jour certain qui mis et assi-
gnes li fu, ou jou,baillis dessusdis, leferoil
clore et fourbatre, lequel chose ledit .lehan
ne fist mie, pour quoy jou, baillius... fis
ledit coulombier clore et fourbatre. (1334.
Cart. de Guise, Richel. 1. 17777, f» 220 r».)
Pour fourbatre les portes du park. (1344,
Trav. aux chat. d'Art., Arch. KK 393, f» 9''.)
Lidit religieus pourront tenir leur dites
portes closes ou les mucer ou fourbatre.
(1346, Arch. .IJ 77, f» U r».)
A Pierre Viollet, pour .iiii. coppons de
frenne de .viii. pies mis a fourbatre le tour
de S. Estene. (1366, Lille, ap. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Fourbatre les huis des maisons des
guets. (1508, Béthune, ib.)
Forbatre les feneslres des portes. (Ac-
quisde 1529, Arch. mun. Laon.)
Ung vcret et deux crampons pour four-
battrexms, huis. (1518, Béthune, ap. L.'i
Fons, Art. du Nord, p. 195.)
— Forbatu, part, passé, barré, barri,
cadc, comblé :
Et le liu fourbatu la u il doit avoir pie-
sente et soloit estre pasture en partie.
(Vers 1292, Cart. de Flines, I, 329, Haut-
coeur.)
Fois et loyallez est fondue.
Voie de vrelé fnnrbutue.
(Soneu de Nitn.iay, ms. Turin, f C8'.)
Il destoupa un pucli qui grand temp;^
avoit esté fonrbatus. (Trahis, de France.
p. 112, Chron. belg.)
FORBAUi.T, voir Ferhault.
FORBENIR, voir FOBBANIR.
FORBENISSEMENT, VOir FORBANISSK-
MENT.
FORBEOK, - eour, - eur, - or, four ,
fur., s. lit., fourbisseur :
Eruginatores, fonrbeurs. (J. de Gabi ,
ms. Bruges 546, Scbeler, Lex., \>. 45.)
Colairs li furbeires. (Noël 1235, S. Sauv.
de Met 7. Areh. Mos )
ai
FOR
ouiconquef veut eslre forbercs a Pari?,
estre le puel franchement. (Est. Boil., Uv.
(Us mest.. l" p., xcvii, !. Lespinasse et
Bonnanlol.)
Nu? forbeur ne pucl ne ne doit ouvrer
de nniz do nulle .'.lioff apartcnant a leur
mestirr. (1d., th.. 3.)
Amulphuf li furberes. 'Cens, de S. Paul,
f» S v», San? dat.\ xill* '.. Arcli. Mo?.)
Lo furbor. (Ib.)
Petro le Furheur. (Pièce de 1278 ronser-
vie à la Tour df Londres, citée dans la
Gazette des Beau.T-Arls. XXll, 12.)
Guiart le forbeour. (1.138, Cart. de S.
Taurin, Arcli. Eure.)
FORDET, fourb., S. m.,fonrberie:
Ponr trois me-,chans. plaios de forhet,
Qnê je Toys mener aa pibel.
(Gbesan.JI/js/. de la Pass., Ars. r,l3l, C 198=.)
Ponr trois mcschans plains de foiirtel.
Que je vois mener an gibet.
(Id., it>.. 237:iT, G. Paris.)
Nom ûc personne, Fourbet.
FORBETEn, V. a., tromper, duper :
Ainsi prist ennemis a feire
Hnmm" •1» sens et de mémoire.
Ponr Diea nostr» perc engignier
ri forbrtrr et concbier.
(Rom. du S.-GraaI. 3609, Michel.)
FORBETEun, /our., S. m., trompeur:
Et molt de forbetevrs, qui virent ceballi
riche et monté. (,Mir. du monde, ms. La
Sarra, Chavannes, p. 35.)
Un prant fouc de fourbeteurs. (Id., ib.,
p. 37.)
FORBEVERIE, «- f-, «xcès de boissou :
ne forbererie
I Tient teoçon e folie.
iK»r«*i\o, Dislui. de D'ioi- Ca/o, ap. Ler. de
I.incT, Pror.)
FORBiR, fourbir, verbe.
— Act., raccommoder, nettoyer, panser :
Ri seroit ce ki une gemme troveroit enz
el fimmier conchié de tiens et de terre, et
si ne la forberoit anzois k'il la metist en
son trésor î (Dial. Greg. lo pape, p. 296,
Foer?ter.)
Et pais ait en mémoire sa fin et son obit,
»ctement lient ion cner qni ainsi le forbil.
(JEn. DE MEr>r... Teil., 1.3C3, Mëon.)
Tels y eut qui burent dou vin que ou
leur apôrln en bouteilles, el rcstraindirent
Iriirs armures qui desroutles estoieut, et
fourbirent leurs plaies et rebendelerent.
(Fboiss., Chron.,\, 291, Kerv.)
Les sangliers pour aiguiser leurs def-
fences, lesYrollenl el /'ourtissent avecleurs
autres dents. (Fr. de Sal.j Vie dev., III,
1. Sacy.)
— Réfl., se nettoyer, se laver :
Etc rose dont te forbit'enl (les femmes;.
(;>•! Mercier, ap. Crapelet. Prot. et dict. pop.,
p. 153.)
— Forbi, part, passé, préparé, dispos :
Cit a la lan^e an deriser forbie.
(0' Charl. el dri Pain, Val. Chr. i:i6(l, f iî'\)
FORBissANT, fourbissant, adj., infirme,
impotent :
As malades cartriers devant Nostre
FOR
Dame qui giseul en l'enfermerie des four-
bissans. (7 "juin 1306, E.xéc. testam., Arch.
mun. Douai.)
I FORBissEMENT, fourbissement, s. m.,
' fourbissure :
Qui luy vault (au fer) une lime et ung
/burfciWmenf pour le tenir net. (Deguillev..
Pèlerin, de la vie hum., Ars. 2323, f" 70 v°.)
FORBissERESSE, subst. , fém. de four-
bisseur :
r.uiolte la forbisseresse. (1385-86. Compt.
de.<! annivers. de S. Pierre, Arch. Aube, G
1656. f 97 r».)
FORBius, S. m., mot douteux que Du-
cange explique par exil :
Trois cent ans .xl. et pins
Avoit mis pore en forbvi^.
Aine qo'il passasl de cesie vie.
(Bon. de laguerrede Troijes. ap. Dnc, Forisbannirr.)
FORBOiLLER, V. li., se démener avec
ardeur :
Li cre>lien comencerent lors a forboiller;
li escuier et li sergent a pié se bouloient
parmi les escheles, por quoi li chevalierne
ponient poindre ne avenir as Turs. (Est.
d'Eracl. Emp., xxxili, 57, Hist. des crois.)
FORBOiRE (se), V. réfl., boire avec
excts :
Tu cslois bon couslumier de te forboire.
(E. P.vSQCiER, l'Alexandre, éd. 1723.)
FORBOTEii, - boiter, - bouler, fors.,
verbe.
— Act., chasser :
I Eslonziet estes de vostre pais et forsbot-
teitde vostre heritaige. (S. Bbrn., Serm.,
Ler. de Lincy, p. 546.)
L'a bien batu et forsboulc.
(Pf.an Gativeai , lii; de S. Martin, p. 18,
Bonrrassé.)
.... Ceuls qni ont les filles belles
Sont chascan jonr en dure double
Qu'aucun chelif ne les forboute,
Espouse, fiance, ou enrnayne,
Ou qu'elle n'ait la pance plaine
Dancnn cheitif coqnart et nix.
(K. PF.scnAïis, Poès., Ilichel. SiO. r 50.'5'=.^
— Neutr., aller au deli des voies où la
bôto a passé :
Leur façon de chasser est par le? menées,
et suivent toujours la bestc qu'ils chassent
a l'endroit des voyes par ou elle passe, ne
forboutent point, c'est a dire ne passent
jamais plus avant que la beste a esté.
(Charles IX, de la Chasse, p. 38, éd. 1625.)
FORBOUTER, Voir FOHBOTER.
FORC, fourc, fourq, fourcq, fourch,
four,s. m., bifurcation d'un arbre, branche
fourchue :
Apandn est a fors come laron.
(Macaire, 10-40, Mnssallîa.)
Avec ce les branches des hestres duques
au mcslre fore pour leurs fours. (1309,
Arch. .U 45, f" 81 r».)
Avons droit de prendre en ladite forest
(de Brotbome) un fourc a choix au terme
de Noël, coustume et bois pour ardoir.
{Cartulaire de Jumiéges, 1, 15.)
Laquelle femme moult courrouciee en le
bout ou foure d'un pommier, dont ils es-
FOR
toient assez près, elle le cuida ferir dudit
coustel en la joue senestre. (Arch. .U 109,
ap. Sle-Pal., éd. Favre.)
Ne doit prendre d'un arbre fors le tiers
fourc qui est fourchié en trois. (1419,
Aveux du bailliage d'Evreux, Arch. P294,
reg. 4.)
Le fourq et la branche. (Coût, des for.
de Norm.^ (° 7 r», Arch. S.-Inf.)
Si ont le chesne tout sec au dessoubz
du premier four appelé Escoquenard.
{Ib., Sur.)
Et pais ponr réparation
An fourc d'an arbre l'a pende.
(GniLL. HAonENT, Fabl., 1° p., i.t, Lormier.)
An fourc d'nn hestre.
(Vaoo. i>e I.A Febsnaïb, Forest., p. 133, Travers.)
— Bifurcation d'un chemin :
La grant Dive au fourc de Garet. {En-
quête d Caen, xm* s., Arch. S.-Inf.)
Lors s'en ala seir a la campaigne ou
fore de .11. voies par ou Judas devoit pas-
ser. {Estories nogier, Richel. 20125, f» 61'.)
En un fourq et croisée de deux che-
mins. (1452, Arch. JJ 181, pièce 170.)
— Confluent de deux ruis.seaux :
Por ce le firent (le pont) e\ fourch de ces
eves. (Chron. d'Ernoul, p, 441, var., Mas-
Latrie.)
Depuis le potis M. de FoUeinville en
amont dusquez au fourcq de l'iaue, qui
s'en va a la Noetville. (1418, Cart. de
Corbie, ap. Ste-Pal., éd. Favre,)
Norni., fouour, fourche, dans le sens
de bifurcation d'un arbre, d'un chemin :
« Le fouour d'un abre, d'un quemin ; »
on dit aussi le fouour d'une culotte, là
où les jambes se partagent, (Le Hérich.,
Gl. norm.) Bessin, fouor.
FORÇABLE, adj., qui peut être forcé
qui peut être obligé, contraint :
Celé est forçable a eschever le mariage
se si mariz devent mesel entretant qu il
fut fiancé. [Liv. dejost. et de plet, x, 8, §. 3,
Rapetti.)
Se herbergent par diverses celles et par
diverses provinces tojors forçable et nule
fois estable. {Règle de S. Ben., ms. Sens,
p. 139^)
Neantmoins les dites forces qu'il avoit,
il rendit la ville qui n'estoit forçable. (M.
DU Bellay, Mém., 91.)
Le mareschal alla luy mesme reco-
gnoistre la place, laquelle il trouva for-
çable par deux endroicts. (Du ViLLARS,
Mém., au 1532, Michaud.)
Sans par eux courir aucun hazard par
l'avantage du lieu non forçable. (Id., ib.,
an 1655.)
Avant fait reconoistre et taster les
gardes qui la estoient les trouvèrent for-
çables. (La Noue, Mém., ch, xxii,)
Saintonge, Poitou, Deux-Sèv! es, Vienne,
arr. de Civray, forçable, qni exige de l.i
force, en parlant d'un ouvrage fatigant.
FORÇABLEMENT, fors., adv,, par u
force, par la violence, violemment :
FOR
FOR
FOR
Car lrai;;nei furent loaz aar
El decollei et puis penJuz
Forsal'l.-menl par granl oallraitc.
<UBai.. DE St André, le Libcre du bon Jehan.
2*1. Charricrej Lobin.. II, 691, /'orfaHcCTcn/.
Princirent forcablement ceste ville. [Proc.
verb. du piU. de l'Egl. du Mans, Arch.
Sartbe, 983.)
Il faut donc enseigner benifjQement et
non forsablemeiU ceux de la religion pré-
tendue reformée, a craiiulre et aimer Dieu.
(N. P.vsQ., Lett., VU, 4, éd. 1723.)
FORÇAGE, - aige, fors., s. m., violence :
Comme a la requeste de nostre procu-
reur eust esté amené prisonnier a Paris
liuillaume .Maingo, chevalier, sires de Sur-
gieres, pour la cause d'un forsage que l'en
disoit que le dit chevalier avoit faist en la
personne Philippe Damelle, laquelleil avoit
prise et ravie par li et par ses complices,
et deflouree a force et contre sa volenté.
(1335, Arch. JJ 69, pièce 118.)
Quieali pillaices,
Qnieals forfaiges,
Et quans petiz avantaiges
Sont vcniiz par voz debaz !
(Al. Chart., Lay a ilons. de Bourg., r.omv.,
p. 611.)
Qoelz pillages.
Et ftirsaiges.
(Id., Lay de paix, p. 541, éd. 16n.)
FORÇAIRE, voir FORSAIRE.
FORÇAT, S. m., sorte de jeu:
Quand est dn passetemps des dames,
l)a forçai plaisant et trictrac.
Et autres jeux, j'en sçay le trac.
(Cbetstophe df. Bordes, Chambrière a louer a tout
faire, Poés.fr. des sv" et xvi" s., 1, 1)9.)
1. FORCE, - che, S. f., autorité :
Nous avons confremé ches présentes
lettres de le forche de no seel. (Juin 1228,
Livre blanc, f° 8 v», Arch. mun. Valen-
ciennes.)
— Ne pas faire force d'une chose, n'en
être pas effrayé, n'en pas faire dilBculté:
Ea alant celé part, li a moult demandé
Li rois de son a'aire, mais moult l'en a celé ;
Ele ne fail /a» force que li ait raconté.
Mai» qo'elc cnst son cors de ce pcrill gelé.
(Berle, 2754, Scheler.)
Mois ceus qui l'ont acoustumes d'oir les
(les canes qui brûlent), n'en font force pour
oe qu'il ont acoustumé d'oir. {Liv. de
Marc Pol, cxiv, Pauthier.)
Mais les chevax quant il ont oy plnseurs
fois, ils ne font pas si grant force. (Id., ib.)
Tuit li autre roy, et li antre pèlerin qui
après li venroient", se teuroient touz apaies
lie faire leur pèlerinage aussi comme le roy
de France auroit fet, ne ne feraient force
de la délivrance de Jérusalem. (Joinv.,
St Louis, cviii, Wailly.)
— A force, par force, par contrainte,
malgré soi :
Du prestre qui ot mère o force. (Ms. Ri-
• bel. 837, f° 229 v.)
— Avoir la force, être attaqué par la
force, en parlant d'une ville :
La première ville qui aura la force re-
cevra des chastiemens exemplaires. (1,')89,
Lett. mm. de Henri IV, t. II, p. 495, Ber-
ger de Xivrev.)
— Etre menacé de la force, être menacé
d'être attaqué de vive force :
Il n'y alloit pas seulement du salut de
la dicte ville d'Esperuay, mais de toutes
les aultres qui estoient menacées de la force.
(1592, Lett. miss, de Henri IV, 1. 111, p. 842,
Berger de Xivrey.)
— Force signifiait encore pays fortifié
et garni de forteresses :
Ne remest an Dac Mataquaz
Mes sol la force de Ouraz.
(F/orimonI, Hichel. 353, f IS*.)
2. FORCE, forsse, forche, forpce, grand
ciseau :
Pieça, qu'on dit, la force pest le pré.
(LesLoh., Ars. 3143, f 6°.)
S'il nos font faire et otriier par forche
cose ke nous ne doions, en non Diu li
forche paist le pré, et on doit molt faire
por issir hors de prison. (H. DE VAL.,
592, Wailly.)
Avis rae fu el somellier
Oue ne sai quel beste veneit
Qui na ros peliçon vcstoit,
Bien fet sanz cisel et sanz force,
Sil me fesoit vestir a force.
(Renart, Br. H, v. 194, Martin.)
Si cum ele le tcnoit forment
Soef en son siron dormant,
Copa ses chevcx o ses forces
Pont il perdi toutes ses forces.
(Rose, 16883, Méon.)
Autressi fu S.nnsses fortin,
One sa famé par son engin.
Tout en dormant, a une force
■Tondi tant qu'il penli sa force.
(LeBlasme desFames.hib., Joiigl.el Trouv., p. 8-2.)
Robe fête n'appareillie.
S'oie n'est ans forces taillie.
(LeDitdes fevres,iah., longl. et Troiiv., p. 13.Ï.)
La kens et le fuisil
A aguisier l'oslil.
Les aiguilles poingnanz
Et les forces tranctianz.
(l'Oiislillemenl au Yillain, 163, Monlaiglon et
Raynand, Fabl., Il, 153.)
D'unes forces qu'ot aprestees
A errant ses trescns ropees.
(Coaci, 7344, Crapelet.)
Ce te mandent les tiens fils que tu es-
lises et prennes lequel que tu voudras de
ces deux choses, ou que tes neveux soient
mis en religion et tondus de ces forces, ou
que ils soient occis de ceste espee. (Chron.
de Saint-Denis, ap. Lahorde, Emau.v.)
Hec forfex, forces de cambre. (Gloss. de
Glasgow, P. Meyer.)
La se sont reculé, mais çbe fu monlt envis.
Car forche paist le pré, el li lens le brebis.
(B. de Sel/., iv, 164, Bocca.)
Que la superfluité soit coupée o les
forches. (H. de Mondeville, Richel. 2030,
f» 59^.)
En la chambre, .ii. pintes, .i. pintat,
.1. aiguière, unes forsses de fer. (23 janv.
1396, Invent, de meubles de la mairie de Di-
jon, Arch. Côte-d'Ur.)
Meule a cousteaux ou a forces. (1438,
Péage de Chdleauneuf, Mantellier, March.
fréq., III, 124.)
Quant un vray cueur aymer s'efforce
Glayve n'y a, cyseau, ne force
I Qui loy sceut faire quelque outrage.
(R. DE COLLERVE, Pors., p. 132, Bibl. elz.)
Je me cognois a faire tan,
Parer cuirs, faire trompettes,
Cornets a tjoucq'iias. des lunettes,
Force[s\, ciseaux et espérons.
(Christ, de Boi;d., Varlel a louera loul faire,
Poés. fr. des xv" et xvi" s., I, SI.)
Lequel après avoir briesvement entendu
le fait, courut vistement chez un mares-
chal quérir des forces de quoi on fait les
crins des chevaux. {La Nouv. Fabrique
des excell. Traits de vérité, il.'SO, Bibl. elz.)
Une forces a retondeur. {Ib., p. 1S9.)
Childebert et Clotaire donnèrent charge
a Archade cy dessus nommé, et que Bou-
chet appelle Comte d'Auvergne, d'aller vers
la royne leur ayeule, avec des forpces et
une espee desgainee. (FauCHET, Antiq.
gaul., 111, 6, éd. 1611.)
— Grande cuillière :
Une forcJie d'argieul a frère soupe. (1302,
Test. duD. Jean, ap. Lobin., 11, 454.)
Norm., Dessin, forjes, cisailles pour
tondre les haies.
La langue moderne a gardé le mot for-
ces, sorte de grands ciseaux pour tondre
les draps, pour couper les étoffes et les
tailler, pour couper les tôles, le laiton, le
fer-blanc.
FORCE ABLE, S. m., agrès d'un navire
qu'il nous est impossible de déterminer :
Bons gOTieniaus i ot et grans,
VoiUes, otages, et grans rans.
Et forceablcs et hobcns.
(Ben., Troies, Uichel. 375, f° 6',)".)
FORCEEH, voir FORÇOIER.
FORCEiLi.E, s. f , fourche, croc :
.1. drapel qui pendoit enlrc .il. forceilles
de fer. (Vie et mir. de plus. s. confess.,
Maz. 568, f 48'».)
FORCEL, - ciel, - chel, four., s. m., es-
tomac, .poitrine, ventre :
Mais maint coslé e maint /orrc/
I ont enfundré c percé
Ainz qu'il aient dcl tut laissié.
(Ben., D. de Norm., Il, 5424, Michel.)
Navres fu d'une lance el pis, sous le fourciel.
(Boum. d'Alix., f ^7^ Michelant.)
L'empcrere en jura le cors Si Daniel
Qu'il ne fnst si dolens el cuer sos le forcel.
(Chev. au cijijne, 1, 6860, llippeau.)
Une plaie li fist par dessous le fourchcl.
(muijis d'Aigrem., ms, Montp. H 2i7, f 16i>.)
Se il eust acon couslel
Si s'en (erist ens ou foreel.
(Alhis, Ars. 3312, f> 13M
Va qnerre les coillcs d'un lor.
Les collions a loi le forcel.
Si les m'aporte cl .i. coslel.
(De la Dame escoUicc, Richel. 19152, f^ 41 v°.)
De son bec me feri assez prez du fourcri.
(Cuv., B. du Guesctin. 20548, var., Charriera.)
Cf. FORCELE.
FOiicEi-E, - elle, - chielle, four., fur.,
furscelle, s. f., l'estomac, la poitrine, la
gorge, quelquefois le ventre :
Sil fierl el piz entre les dons furceles.
(Bol., 1294, Millier.)
Hues le fiert do roil espié trcnchant
Que la forcelle li elToniIra devant.
(Les Loh., ms. Montp., 1° 219''.)
9
FOR
FOU
FOU
Bill ns Raoal, disl Al.iis la bêle.
Je te Dorri del lait de ma roamcle ;
Por quoi nie fais dolor soi m» foreele ?
(Raoul df Cambrai. 1001, AT.)
SoTtnt li muille la fnTefle
Por Teir e l'arçon «le la sclo.
(Bf.\., p. rfc riorm., II. 5lTo. Michel.)
Mrslrc li iinc Sébile plore et liai sa foreeh-.
ij. Bon., Sar.. cnxxvi, Michel.)
Ne place Den qne ja fini ccsle (rnerre,
S'en ait Iranchié le pis sor la forcelle.
Uourâ. âe Blairies, 31'.'. HofTmann.)
Car il le fiert sor la foreele.
Tôt patiné l'abat de la sele.
(Durmarx le Gallois. 5517, Stengel.»
Li baslars en fniant nn tel cop li donna
Jnsqnes en le fc.urcete le fendi et copa.
IBttst. de Buillon, -iioe, Scheler.)
liant front nioien, haale forcelle.
Onqnos ne vi telle fors celle.
(Dirision des r? hiariles, Ifil, ap. Mcon, .\oui'.
Rec. I. 412.)Inipr., foneelle.
Les phificicns me disoient que j'avoie
une presse teste et une froide fourcelle.
(JorNv., St Louis, iir, Wailly.)
Lequel suppliant a aucune? foiz accous-
Inmé de jurer la forcelle Dieu. (1389, Arch.
a 135, pièce 286.)
Print ledit exposant ledit Morillon par la
poictrinc ou forcelle. (1424, Arcb. 3J 172,
pièce 640.)
Fonnent les ont navres es fourcliieltes et es pis.
fCJron. des durs de Bourg., 9ôOG, Chron. belg.)
Oni ses cnfans porta en sa forcelle.
(SiCQ. Millet, Destruci. de Trmje, f» 17^ éd.
1541.)
Noble dame, hanlle atonrnee.
Dame Flourenre l'Escornee,
K lon(:ne eschine et plate fourcelle.
Allant de nnil sur la Tespree.
(CoQLiLL.. Ençuesie, II. 05. IHbl. eli.)
Tout bellement, estes toos fol I
Elle est tendre de la forcelle.
(Farce de ilimin. Ane. Th. fr., II, 35S.)
Mai», (se) dis je, se la despncelle,
Je seroys en bien grant dan;;ier
Delnir rompre venlre et forcrlle.
(Farce de Tout Ucsnage, Auc. Th. fr.. H, .107.)
Kt pois après toot senl a ma plaisance
Cneilly des fleurs a loute ma puissance
Tant qne lool plain en mis a ma fourcellr.
II510, le r.irofl'.ier aul.r dames, l'oés. fr. des
Xï' et XTI* «., XllI, 270.)
Qu'on n'endure fain ne coif : mais qu'on
inangeue quant l'appétit viendra si sobre-
ment que la forcelle de l'estomac n'en soit
enllec. (J. Uouchet, Noble Dame, f» 50 r»,
éd. 1336.)
Gosier, qni natnrellement
Es mon entonnoir très fidelle,
Ne laisic entrer en ma fourcelle
BenTrage, s'il n'est excellent I
(Vatix-âr-Yire de J. Le lloiLi, \xiv. Jacob.)
Voici bon sidre noorean.
Je croy qu'il est fait sans eaa :
Il esl chand a la fourcelle
Et donne jusqu'au cerrean.
<;*., XLlv.)
Estant entré dans l'estomacb, ce poison
fait une grande douleur a l'endroit du
petit tendron que les Picards uonimeut la
fourcelle ; car la dessoubs est la partie la
plu."* sensible de l'estomacb. (fiHEViN, des
Venins, II, 4, ta. 1368.)
Le? clavicules ou forcelles. (Trad. de
Calitn, p. 447. ••d. 1609.)
On trouve encore au xvti« siècle la for-
eele de l'estomac, pour le creux de l'esto-
mac :
Ils se passiTcnl dans 1,t foreele tie l'es-
tomac des rubans. (Tai.i.km., Iliat., cci.xv,
éd. Monlnieri|M(''.)
— Fonrcbcltc :
Fur-ieelles, amas, esbaleliers, pegnaux,
autres basions et armures. (Coul. de la
Ckastellenn. de iVnics.xxxiil, N'ouv. Coût,
gén., I, 385».)
Norm., fourcelle, esloniac. Giiernesey,
fourehelle, poitrine, bréchet.
Nom de lieu, la FoMrcfte/ic (Oise).
FORCELÉ, adj., à fossette :
Et après for celé menton.
Dont naissoit la blanche gorgele
Dnsqa'aus espaules sans foisscte,
Ounie et grosse en avalant.
(A. i)E LA Halle, leu Adan, Ilicliel. 837, C 2S1».)
Nés droit et foreele menton.
(Comte de Poil., «50, Michel.)
FORCELER, fourceler, fourceller, for-
cheler, - eir, fourclieler, forscheleir, v. a.,
cacher, celer en fraude, frauder, détour-
ner secrètement :
Et s'il avenoit cose par aventure que
aucuns emblast ou forchelast le tonlieu au
remonter ou au ravaler, le poenl arrester
le sergant de l'abbé cl le couvent. (1249,
Cart. Esdras de Corbie, l\\che\. 1. 17760,
j ^99^,)
j Que franche vérité doit csire eu l'an de
toutes choses forcelees. (1252, Confirm. des
jmv. de Calais, Arcb. J 1124, pièce 1.)
Forseheleihcs. (/&., pièce 1^''.)
S'il avenift lie aucuns des viles deseu-
rediles se scutist meffail envers l'abbé et
le couvent devautdis, en tel manière k'il
etisl fourceU dettes ou cateus, rendre et
donner por Diu et en aumosne le puet a
l'abbé et au couvent dcseuredis. (1280,
Chartr. de Namur, vente de bois, Chron.
belg.)
Et reco,gnoissons que li diz Mikiel a et
. doit avoir les pourlis tant que sa terre
, dure par dodcns les diz bourucs par rai-
son Je viscontc, si comme .il. d. d'un
j sanc, et s'il estait forclielcz, 60 soulz de
l'amende ou ce que nous jugerions par
' l'esgart de la vile. (1291, Cart. de Ponthieu,
niche!. 1. 10112, f" 19 V».)
Vous n'en fo^trchelercs rien a le parcbon
de vos enfans. (HoisiN,Fra)icft., loisetcout.
de la ville de Lille, éd. Brun-Lavainue.)
Qui forchoile ventes de hyrtage il est en
demande de .LX. libres par devers le si-
gneur. {Coût, de Ponthieu et de Vimeu,
.Marnier, Ane. Coût, de Pic., p. 111.)
Une france vérité doit eslre eu l'an de
toute chose /'ourcel/ffis. (1304, Arcb. JJ 60,
pièce 365.)
Se les socs csfoieHf forcheleiz. {Ch.de
1318, S. Wandrille, Arch. Seinc-lnf.)
Esl assavoir que les pourlis que je ai
• en me terre par dedens lesdis bournes me
doivent demourer, et les relieng ; cb'esl
assavoir me viscomté, si conme quatre
deniers du sanch et se il estoit forcheles,
soixante solz pour l'amende, ou l'es^an
du maieur et des eskevins devant diz.
(1358, Ord., III, 294.)
Si le sang estoit /orccf^ Iroiz jours, il se-
roit cnchu vers nous et envers lesdiz
maieur et escbevins en .LX. sols parisi?
d'amende. (1376, Charte de S' Wulfran
d'Abbeville, ap. Ste-Pal.)
Et avecques tout ce on al.i ordenant
C'on meisl a estai et alasl on monslranl
Aux fenosires, aux hnis ou sur estai séant,
Tout char, pain et poisson et ce c'on va mengent.
El se personne y a qni le voist forcelant,
Kt qui ne monstre tout, sans alcr riens massant,
Qui vaille .vi. deniers derrières ne devant.
Il ara tout perdu.
(Cnv., du Guesclin. 1917, Charrière,)
S'il avenoit que l'on eusl pris et fourceli
nng serf ou aultre beste sauvaige que les
chiens de ujondit seigneur auroieut pris,
donneroit un bœuf blanc a rachet de dix
francs pour la reparacion de la beste /bur-
celée. (Vers 1419, les Bois, forests et garoies
que Mgr le duc de Bourg, a es bailliages de
Dijon, Auxois et la Montagne, Mém. de la
Soc. édueniie. 1880, p 401.)
Ventes forcelees. (Cout.de Sentis, ccxlvi,
Nouv. Coût. gén.. 11,729.)
Afin que le droit de meilleur cattel soit
mieux gardé et non foureelé, l'hoir meu-
' blier du defunct sera tenu de monstrer
les trois meilleurs cattels a peine de con-
fiscation du foureelé. (Chart. de Hainaut,
cxxv, 9, Nouv. Coût, gén.. Il, 141.)
Item si aucun fourceloit lesdits espaves
quel qui soit, et ne l'annoncist eudedens
sept jours et sept nuicts,il sera a l'amende
de soixante sols parisis. {Cousl. de Mor-
tagne (Flandre), ms. appartenant à M. Boc-
quillet, p. 107.)
— Forcelant, part, prés.; en forcelant,
j à la dérobée, sans qu'on s'en aperçoive :
En luy poignant la teste et doderainant de
douce main, on luy couppe les cheveux «i
forcelant cl luy desempare- on le chief. (r,.
Chastell., Chron., IV, 322,Kei'v.)
FORCELEUR, S- Ml., celui qui cache,
qui recèle, receleur :
Qui oublycoit le chevalier qui vous a
, démontré par trois fois le gentil roy d'Es-
I cosse, qui ne recommandast sa prouesse,
il seroil robeur et foreeleur d'autruy
prouesse et d'aulruy liouueur. {Percefo-
rest, I, 151'', éd. 1528.)
ni, adj..
FORCEi.u, fourc, fourch.
fourchu :
Le menton fourchelul, le nés fait droitement.
{Bail, de Bouillon, 2332, Scheler.)
S'a fonrcelu menton.
(B. de Seli.. xxTV, .S-2, Bocca.)
Le nez a bel et droil, et fonrcelu menton.
(V,r«.i: du Paon. ms. Brux. 11191. P 19 r°.)
Salalrie la belle an fourchelu menton.
^Ci;^(Tis, Richcl. 1637, f 130 r».i
1. FORCEMENT, fouTcement, s. m., ac-
tion de forcer :
Au forcement du pas de Suze. (Brant..
Caiiil. /V.,A.de Montmor., Buchon.)
— Action de forcer une femme, viol :
Forcemens de femmes. (1341, Arch. J.l
73, f» 250 V».)
I.e forcement des femmes et des lilles.
(1580, Lelt. miss, de Henri IV, t. I, p. 290,
Berger de Xivrey.)
— Ce qui fait violence ."i :
FOU
FOI?
FOR
«7
C'esl |>liisti)sl une luoastiuosité et for-
cement lie ualiire, qu'une production prof-
fitalile. (LiEBAULT, .Vaw. rust., p. 466, éd.
1597.1
— Kn général, violence, contrainte :
Lu iirace est si gracieuse et saisit si gra-
cieusement nos cœurs pour les attirer,
qu'elle ne gaste rien en la liberté de nostre
volenté ; elle touche puissamment, mais
pourtant si délicatement les ressorts de
nostre esprit, que notre franc arbitre n'en
reçoit aucun forcement. (Fr. de Sal., Am.
debieu,\.n, c 12, éd. 1610.)
— Effort :
Quasi n'ayant plus de soufûe ny d'ha-
leine du fSurcemenl ou il s'estoit mis a
combatro. (La Prinse du Roy d Pavie,
Capliv. de Franc. 1", p. 80.)
2. FoncEMENT, voir Forchement.
3. FOKCEMENT, VOir FORCIEEMENT.
FORCENABLE, VOir FORSENABLE.
FORCENAGE, voir FORSEN'AGE.
FORCENAISON, VOir FORSE.VAISO.N.
FOIICENANT, Volr FOIISEXANT.
FORCENEEMENT, VOir FonSENEEMENT.
FORCENER, voir FORSENER.
FORCENERIE, VOir FORSENERIE.
FORCEXEURE, VOir FORSENEURE.
FORCEXEUX, voir FOUSENEU.K.
FORCENXiERE, S. f., folie :
Et par ce que ce livre est composé pour
la salubre doctrine de sapience et pour
expurger la vanité de forcenniere et foUie.
(Jacques Locueh, Nef des folz du monde,
Prol., éd. 1497.)
C'est peut-être une faute de l'édition j
pour forcennerie.
FORCEOiî, - eeur, - eur, forcheur, s.
m., celui qui prend quelque chose par
force :
Se pluiseurs font force ensambie et li
uns d'eus est trais en cause, s'il rent la
chose de son gré et devant le jugement
tout li autre sont délivré, c'est voirs par
nostre usage tant coume a la chose monte
et non mie de l'amende, car tuit ilsonttenu '
li forceeur. [De Droit et de jusl., Richel.
20048, f° 66''.)
— Brigand :
Je ferrai ccl forcheur.
<J. BoDEL, H Jus de saint Nicholai, Th. fr. aa
m. à., p. 17S.)
— Avec un rég., celui qui force, qui
attaque par la force :
Forccurs de maisons ou brigans. (J.
BouCHET, Serm. de la simulée convers. de
H. deBourb., p. 320, éd. 1594.)
— Celui qui viole :
Forct'urx de famés.
(Eloï Dasersal, Uvre de la deablene. t" 9",
éd. 1507.)
Son traitement esloit un vray tesmoing
D'amitié claire.
Helas ! faut il qu'amitié fie declaire
Pluslost au cueur d'au farceur adultère
Ifu'cn un raary?
tCi.. Mar., Canl. a la Rein, de Nav., 153C, éd.
1731.;
1. FORCER, /orsi;i', verbe.
— Act., forlifler :
Se li dis sire Jehan eu forsanl et amen-
dant ou en retenant le chastel devant dit
faisoit aucun ouvraige. (Sept. 1352, Lett.de
Jeanne de Dar,engag. d J. de Mar/ey, Arch.
Meuse.)
— Réfl., s'efforcer :
Les partisans de l'envie se sont de tout
temps forcez avec leur noir, et de fumée
tirée du fourneau de l'enfer, et par leurs
propos picquens et injurieux, de noircir,
prophaner et flestrir la candeur, excellence
et réputation du sexe féminin. (Deslau-
RiEREs, Imagin. de Bruscambille, en faveur
des dames, f» 30 v», éd. 1613.)
2. FORCER, v. a., peigner la laine?
I toose wolle, or cotton, or suche lyke.
Je force de la laine, and je charpis de la
laine. It is a great craft to tose -wolle wel :
c'est une grande apertise que de bien
forcer la layne, or charpir la layne. (Pals-
GRAVE, Esclairc, p. 76, Génin.)
3. FORCER, voir FORGIER.
FORCERE, voir FORSAIHE.
1. FORCERET, s. 111., petit fort :
Villes, chastelx et forcerelz. (Lett. d'E-
douard III, 1 juin 1357, ms. Richel., coll.
Bréquigny, XLI.)
2. FORCERET, voir FORCERET.
FORCERiE, S. (., effort, luxation :
Saphir vaut contre forceries et contre
luces et eslevcures. {Li Livres des pierres,
Richel. 12786, f^SO^)'
— Violence :
Se Dius m'ahit, et li saint, et toutes les
saintes, que je n'ai quis ne porcacié art,
j barat, ni engieng, ne forcerie n'enquerrai.
(Beadman., Coût, du Beauv., II, 437, Beu
' gnot.)
FORCESCE, S. (., ciseaux : j
Lequel Perrinet raeu et tempté de con-
voitise rongna d'une forcesce quatre desdiz
florins. (1388, Arch. JJ 133, pièce 113.)
FORCESTE, voir FORCETTE.
[ FORCETERiE, S. f ., métier du forcetier:
Mestier de forceterie. {ûrdonn. sur les
j mest.,\n, à la suite du Livre des Mest.,
p. 357, Depping.)
FORCETIER, S. m., fabricant de ciseaux
de jardiniers ou de tondeurs de draps,
fabricant de faux et d'autres gros ouvrages
en fer et en cuivre :
Forcetier. (Livre de la Taille, ap. Géraud,
Paris sous Ptiil. le Bel.)
FORCETTE, forcesle,forsette,s. f., dimi-
nutif de force, petit ciseau :
De tous peignes et forsetle c'on vent en
.Metz. (Partie du Tonneu cédé d l'Hôp. S.
Nie, Hist. de Metz, 111, 176.)
Unes forceltes d'argent, estans eu ung
esluy. (1380, Inv. de Cft. K, 2210,Labarte.)
Le seigneur demanderoit a sa femme
une esguille ou une espiugle ou unes for-
cettes. {Ménagier de Paris, I, 154, Biblioph.
fr.)
Iceiui curé tira une forcellef i-t d'i-
celles feri par le visage le suppliant.
(1394, Arch. JJ 147, pièce 104.)
Unes petites forcesles esmaillez. (1409,
Compte de A. des Essarts, Pièc. relat. ?i
l'Hist. de Fr., XIX, 202.)
Forsetcs, cousteans pragois.
Grosses mouilles a deux dois.
(Greban, Mist. de lapass., 1720, G. Paris.)
La lime, la gente pinsette.
Le ratissoir et la forcette.
(G. Corrozet, les Blasons domesl., Blas. del'Estny
do Chambre, Poés. fr. des xv" et xvi" s., VI.
262.)
Puis les mignons et bons cousteanK,
Les forcetles et les cise.iuls.
(b., ib., Blas. du cabinet, VI, 268.)
FORCETTis, s. m. pi., ciseaux :
Forcettis, vulgarement appeliez sisours.
(Stat. de Richard III, an I, impr. goth.,
Bibl. Louvre.)
FORCEUR, voir FORQOR.
FORCHACiEu, fors., v. a., chasser, ex-
pulser :
Cornent il fu forschaciez du pais.
(Les Loh.. Vat. Urb. 375, P IS^)
Det estre tantost chasses de la compai-
gnie as autres chevalers et de la cité fors-
chacé. (Liv. au Roi, Ass. de Jér., t. I,
p. 623, Beugnot,)
FORCHAGE, four., S. m., branche de
famille :
Si le retrayant revend l'héritage par luy
retrait a personne estrangere, le parent
issu de la souche ou fourchage d'où vient
l'héritage le pourra retraire dedans l'an et
jour de telle venditiuu seconde. {Cout. de
Clermont, xvi, 21, Nouv. Cout. gén., II,
884.)
Quand aucun vend son héritage a aulcune
personne estrangere de souche et forchage
dont luy est tenu ledit héritage... {Cout.
loc. de Thevé, xvil, Nouv. Cout. gén., III,
1031.)
Quand aucun a vendu son héritage, ou
rente foncière a lui appartenant de son
propre, a aucune personne estrange de la
ligne, souche et fourchage, dont lui est
venu ledit héritage ou rente; le parent du
vendeur, issu et descendu de ladite ligne,
souche et fourchage, dont vient ledit héri-
tage ou rente, peut demander et requérir
dans l'an et jour de ladite vente avoir par
retrait iceUii héritage ou rente. (Cout.
d'Orl., lit. xviii, de Retrait lignager, art.
CCCLXIIt, Pothier.)
FORCiiANGEMENT, S. m., Changement,
passage de l'un à l'autre:
Nous sommes a la veille de voir la mu-
tation de l'Estat, ou son detinement, ou
an forchangemeni île main. (N. Pasq., Lett-,
Vi,2, éd. 1723.)
FORCHANGiER, fourcangicr, v. a., chas
ser :
Jamais ne quicr ariere repairier,
S'aray d'Kspajjne le règne a justicier
Dont K. m'avoit fait fourcangicr .
(Anseis, Ars. 3312, f 25°.J
FORCiiARGiER, fourquerquicr , v. a-,
charger plus qu'il n'est permis :
Ung uavieur encourt amendes pouratJO!/'
fourquerquiet se nef. (1402, Béthune, ap .
La Fous, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
68
FOH
FOR
FOR
Fonr.iiAiiorAGE, s. m., droit pour la
réparation des chemins qui ont été en-
dommagés par les voitures :
Le bas justicier a aussi cofrnoissance du
droict de rncliapt, de paperes et reprises
qui se font snr lierilaçes p»r ceux a ce
comniis, et a raisou desquelles l'amende
n'excedo sept solz et demi : des dommages i
faicts es bois cl fruicts, de forcharouage, 1
de fond et de roye, de transports, et
œuvres de loy. puii'r vestures et deves- 1
tnres. (Coût.' du pans de Luxembourg,
Nonv. Coût, peu., II, 3i4''.)
FORCHAT, S. m., bùton fourchu :
Vnp baston, appelle forchat, qui est en
manière d'une forche. (U61, Arcu. JJ 198,
pièce U.) I
On dit encore fourchai, avec le même :
sens, dans le Berry :
Chasser à coups de fourche et de four-
chât. (G. Sand, Claudie, II, xill.)
FORCHAL'CHiER , forschaucier, v. a.,
fouler aux pieds, écraser, accabler :
J'ai forehauchet les cols des orguillous et
des esleveiz. (S. Bern., Serm., Ricbel. '
24768, fo 48 r'.l
Li plus forz forchauchel lo (levé. (lo., ib.,
r- 51 V.) j
Li fors forsehaucet lo (levé. (In., ib.)
Lai., CoDcnlcal fortior minus fortem.
Ansi kc tes sommes soitli repous de tes
lasseies manbri'> et ne uiie li sepullure de
ton forchauchiet cors. (Li Epistle saint Ber-
nard a iSont Deu, uis. Verdun 72, f" 66 v».)
Sil se rleleitet en cea k'il forehauchet
l'abitacle de la charneil conversation. (/6.,
f" 94 r».)
1. FOitcHE, fourclie, s. f., corvée d'un
hon)me qui doit venir avec sa fourche
pour faner le foin quand il en est requis
par son seigneur :
Ceu est la forche dehue a Saumarve
chescuDt ant, le dimenche enpres la me
aost, laquelle se deut recever por la prio-
resse de dit lucc c por la rccever en doit
aver XII d. por son trcbal. (xiv* s.. Terrier
de la Trinité, !" 78, Arcli. Vienne.)
Lesquelles choses sont tenues du priour
lie S. Martin du Foilloux a deux sols six
deniers île rente, demye gelyne et dcniye
forche de biaen. (1439, S. Benoît, S. Martin
ilii Fouillou, Arch. Vienne.)
Porches, coustumes, devoirs, etc. (Gr.
Caulh., r»51, Arch. Vienne.)
— Forche en pié, redevance sur chaque
feu qui se payait à la Saint-Jean :
La rente que on appelle fourche en pif,
deoe au jour saint Ji'han sur cha^cun leu
•le la ville de Braynne. (Ch. de 1376, ap.
Beauvillé, Doc. concern. la Pic, 1. 32.
S. FORCHE, voir Force.
FouciiiiFiERE, fourchefiere, forkefiere,
fourquefiere, fourkefiere, s. f., hiton armé
d'un fer élancé à une extrémité et d'une
fourche h l'autre:
S'apnrlerai mi" fourke (mr.
<A. Dr. 1.1 IIalli, li Gieiii de hoUn ri âr ilarim,
CoDSiemakrr, p. 3'2.)
... Prenl ta forche fiere
Dont dcoit cipan Ire son (icns.
{Renan. :!l.i«, Mcon. )
Très forkes fieres as Tiens. (Ai-tc rfc 1230,
ap. Le Hcr., Gloss. norm.)
Une fourque/iere pour chargier gerbes.
(1374, Arch. M.M 29, f» 114 r°.)
Ferir parmi le corps d'une fourquefiere.
(1382, Arch. JJ 120, pièce 320.)
Qui tenoit un prant basion ferre- appelle
fourchefiere. (1419, Arch. J.I 171, f" 18 r».)
Fiche forke, fourche fiere. (Palsgr., Es-
clairc., p. 254, Gi'uin.)
Hanicroches, volains, lances, fourches
fieres. (Rab., liv. III, prol., éd. 1352.)
La daurade dort de jour d'un sommeil si
profond qu'on la peut prendre d'une for-
chefiere a pointes. (L. Jour., l'ilist. des
poiss. de Bond., v, 2, <id. 1358.)
A présent en tous ces pays la, on ne
parle d'autre chose, 'sinon daller a la
chasse au loup, ce qu'on faicl tous les
jours de dimanches et lestes après avoir
assist