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JSi^
DICTIONNAIRE
DE L'ANCIENNE LANGUE FRANÇAIS
ET DE TOUS SES DIALECTES
DU IX' AU \T SIÈCLE
ABBEVILLR. — TVP. ET STEK. A. RETAfX,
DICTIONNAIRE
L'ANCIENNE LANGUE FRANÇAIS I*]
ET DE TOUS SES DIALECTES
DU IX' AU XV^ SIÈCLE
COMPOSÉ D'APRÈS LE DÉPOUILLEMENT DE TOUS LES PLUS IMPORTANTS DOCUMENTS
MANUSCRITS OU IMPRIMÉS
QUI SE TROUVENT DANS LES GRANDES BIBLIOTHÈQUES DE LA FRANCE ET DE L'EUROPE
ET DANS LES PRINCIPALES ARCHIVES DÉPARTEMENTALES,
MUNICIPALES, HOSPITALIÈRES OU PRIVÉES
FRÉDÉRIC GODEFROY
/'
PUULIÉ SOUS LES AUSPICKS DU MINISTKBK DE L'INSTHUCTION PUBLIQUE
ET HONORÉ PAR l'iNSTITCT DO CIRAND PRTX r.OBKRT
TOME (QUATRIÈME
FILK - LISTAGE
PARIS
VIEWEG, LIBRAIRE-EDITEUH
6 7, K r K U K K I C H F. I. 1 R U . f, 7
188S
^
AVERTISSEMENT
Avec ce quatrième volume, la moitié du Dictionnaire est dépassée. Mais je puis garantir que les dix volumes promis seront
donnés ; les suppléments formeront largement deux, volumes. Le tome dix sera terminé par le tableau, méthodiquement présenté,
de tous les auteurs et de tous les ouvrages, imprimés ou manuscrits, cités dans le Dictionnaire.
Au point où je suis arrivé, il m'est doux d'exprimer de nouveau ma reconnaissance ;\ tous ceux qui m'ont prêté, sans disconti-
nuation, un concours dévoué, dans cette longue et rude tâche.
Pour les deux derniers volumes publiés, je dois ajouter quelques noms à ceux que j'ai déjà signalés : M. le D'' Bos, dont tout le
monde connaît la valeur philologique, M. Emile Bouchet et M. Charles Cuissard, deux ardents travailleurs d'Orléans: M. P. Ma-
quest, archiviste de Tournai, M. Devillers, archiviste de l'État, à Mons, M. van de Casteele, archiviste de l'État, à Liège, M. Ga-
chard, archiviste général du royaume de Belgique : la Belgique a rivalisé de zèle avec la France. Ailleurs, et bientôt, j'espère, je
dirai tout ce que je dois aux érudits des provinces wallonnes, que j'ai récemment, et pour la troisième fois, parcourues avec tant
de profit, et d'où j'ai rapporté d'inoubliables souvenirs. L'intelligente et sympathique Belgique, en s'intéressant particulièrement
à une œuvre absolument différente de celle-ci, à notre Répertoire unirersel de la langue française écrite et parlée, depuis les origines
jusqu'à nos jours, aura grandement servi le Dictionnaire même de l'ancienne langue : on s'en apercevra à la richesse des emprunts
faits aux dialectes wallons dans nos derniers volumes. C'est ainsi que des entreprises de nature très diverse peuvent se prêter un
imituel secours.
DICTIONNAIRE
DE
L'ANCIENNE LANGUE FRANCALSE
TOUS SESDIALEGTES
DU IX» AU XVe SIÈCLE
FILÉ, S. 111., ce qu'on a filé :
Puis filent (Ips nuées) et qnantoni Ole
Si font voler de leur filé
Granz ajïalliees de fil blanches,
Ausinc con pour coudre leur manches.
(Rose. Richel. 1S73, f 1.ïi«.)
Nus ne puct a Paris mètre en oevre
laine ne fiU taint en noir de chaudière. (E.
BoiL., Liv. des mest.. l" p., l, 29, Les-
pina?se et Bonnardot.)
Non mie que de corde fast (l'échelle),
>'e d'autre fité ne de fnst.
(Chb. de Pizan, Liv, du chemin de long estude,
1607, Pfischel.) Irapr.. file.
Tu paez filer chacun jour lin ou laine.
El franchement vivre de ton filé.
(E. Deschamp.';, Poé.i., Richel. 840, P 10-2'.)
Pic, filé, fil à coudre ou à tisser.
FiLEçoN, s. in., fliet :
Et quant airaper les pooie (les papillons)
n'nn filefon je les lioie.
(Froiss., Poés.. Richel. 8.3", f» 86 r».)
FILEE, s. f., action de filer :
l'Ile (l'iraisne) list nouvele /iiee
Va vers terre jus dévala
Tant que jnsqnes a l'erhe ala.
Si l'a de sa tonnelle enclose
Eotonr a la reonde.
(Watriqcet, h Pis de l'iraigne et du Crapol, 82,
Scheler t
FiLEis, filaiz, s. m., action de filer :
II li respondit que ce estoit cause de
bataille, et non pas de filaiz de laine, et
pour ce li estoit plus granz mestiers que il
s'en conseillas! a homes que a famés.
{Chron. de S Den., ms. Ste-(ien., f» 19''.)
FiLEMENT, S. m., actlon de liler :
Filemenl, filatus. (Gloss. fr.-lat., Richel.
1. 7684.)
Filement. Hi!amiento.(C.0uDlN,éd.l660.)
FiLERj filler, verbe.
— Neutr., couler :
Tant que li sans en va a le terre /ilatil.
(B. de Seb., ssl, 644, Bocca.)
A destre et a senestre monlt gtans conps lenrdnn-
(noit,
Et ausi a la foix si bien batus estoit
Oue par bouche et par nez le clcr sanc loi fîlloil.
(Clt., B. du Guesclin, var. des v. i;;3-174, Char-
riére.)
De sa broche de fer H a .m. cops donnez :
Parmi le haslerel li est li sans filez.
(It.., tJ., îss;.;
— Act., caresser, tordre :
Vous voulez doncques (dist Panurge,
fillanl les moustaches de sa barbe) que
j'espouse la femme forte descripte par So-
lomon? (Rab.,1. III, ch. 30, éd. lbS2.)
FiLERESSE, - crresse, - eresce, - ares.te,
- arresse. filL, s. f., fileuse :
Nule fiUaresses de soie a prans fuiseaus
nepuetne ne doit avoir que .m. aprentices
tant seulement, se ce ne sont si enfant ou
li enfant de son seigneur, et deleau ma-
riaae. (Est. Boic, Liv. des mest., l" p.,
XXXV, 2, Lespinasse et Bonnardot.)
La fiUeresse- (1376, Censier de la Poterie
Matthieu, f» 37 r», Arch. Eure.)
Cécile le fileresse!a chi avoec luy. (Dialog.
fr.-flam., f» 1.3^ Michelant.)
ÎN'a fitarresse eu France qui s.iche fil filer
Qui ne gaignast ainçois ma finance a filer.
(Cbv., B. du Guesclin. 13643, Charrière.)
Filastica, fileur ou fileresse. {Gloss. de
Salins.)
Tisteresces, fileresces. (Stal. d'Ed. 111,
an xxxvil, impr. goth., Bibl. Louvre.)
Peigneresses et fileresses de laine. (1398,
Noyon, ap. La Pons, Gloss. ms., Bibl.
Amiens.)
Fileur, fileresse. (i464, J. Lagadeuc,
Catholicon, éd. Auffret de Quoetqueueran,
Bibl. Quimper.)
Dist l'une des filleresses, nommée Piate
au Long Nez, que.... {Les Evang. des Que-
nouill.jp. 3o, Bibl. elz.)
Il ne lui estoit possible de procéder en
oultre a sa lecture, pour le murmure des
riseez que les filleresses firent lors toutes
ensemble. (Ib., p. 5.5.)
Filerresse de leinne. {Vie. de l' Eau, xmi,
Arch. S.-luf.)
Caquetieres. bavenses, menterresses,
Estre deussiez sonpneases filterresses,
Sans abuser ne Martin ne Colio.
(R. DE CoELEBïE, [toinieaux, Lxxsiii, Bibl. elz.)
En dépit du fuseau îles trois sœurs filleresses.
(G. BOONIN, Sonn., éd. 1586.)
FiLERiE, S. /., veillée :
Fait défenses aux paroissiens dudit
S. Briac, de faire aucune assemblées de
nuit, sous prétexte de filleries, renderies
de poupée, aux femmes qui portent les en-
fants a baptiser en lad. église. {Et. des
par. de la Prov. de Bret., p. 43.)
Il se faisoit des fileries, qu'ils appellent
veillois... ou se trouvoieut de tous les en-
Fil.
FIL
FIL
virons plu!iieur$ jeune? valet? et lianlenu^
illec s'assemblans et jouan? a une infinitt'
de jeux,., les filles d'autre part, leurs qui--
nouilles sur la hanche, Tiloient. (Contes
it'Eutrapel, p. 133, éd. 1383.)
FiLBRON. S. m., ûlenr:
Tous tisserans de draps, teinturiers, fai-
seurs de toiles, foulons, filerons, pigne-
resses, ne pourront prendre pour leur s.v
laire que le tiers pins oultre de ce qu'ils
preuoient avant la mortalité. (Ordonn. du
R. Jean roneern. la pol. du royaume,
30 janv. 1330.)
Fii-ETÉ, fill., part, passé, à la filière :
A nn qoarlitr d'or /illfl/.
(HioxDr. Mert, Tornoiement de l'AnlechrisI, p. 170,
T»r., T»rbé.)
— Brodé :
Draps /ilfift et envoisies.
(II. d'Akdeli, liLais d'Àrisl., Richel. 837. f* 8(1.)
Bessin, ftlter, chasser au filet.
FiLEUL, filluel, s. m., nis :
Venes aranl, fillaes, mes fienx et me; amis.
(Cher, au cygne, 1 108, Reiff.)
Deiax filleul. Un li rois, com vos estes senez.
(Panse, 1I3S, A. P.
El (Mariée annhra la lieilê
K coDçnt le flini de Dé.
(Poème sur la fia du m., Ars. 3645, P 51 V.)
FiLErnE, ^1/., filure, s. f., ce qui est flié ;
XX sols de Walhenri pour certaine ftUeure
prinse en sa maison rapportée par les
maistres delà drapperie. (1398-1401, Arch.
.Meuse B 1044, f" 47 r«.)
Filure et tissure de laine ou de soye.
(R. Est., Pet. Dict. fr-lat.)
Mais ce qne nons faisons
Vieol de la dure Parqne, et joiot a ses filures
Tooroe avec ses pesoos.
(Carrier, Porrie, III, éd. 15G8.)
AacDQ venin ne fait la sa demeure :
L'araire la n'eslend point sa fileure.
(Clicde BivET, le Voyage du Priulmp.f, éd. 1573.)
— Moulure :
Fault garnir la dicte charpenterie d'une
filure tout autour. (14 fév. 1383, Hospice de
Gien, fonds de la maladrerie, série II K,
cote II, El.)
PILEUX, adj., filandrenx :
La nature des boyaulx et leur substance
est ung peu fileuse, ou sont les files esten-
dus en large. (Corbichon, Prnpriet. des
choses, Richel. 22333, f° 73M
FILMOE, voir FlLtAGE.
FILIASTRE, voir FlLLASTRE.
PILIER, filler, s. m., petites pièces de
bols sur lesquelles portent les chevrons,
dans les charpentes :
Lorsqu'une muraille, parois, ou pignon,
est trouvée pour la moitié i-ur le fond de
deux voisins, l'un et l'autre partie pourra
user de la dite muraille commune,... et y
enfoocer ses ordons reliants, sommiers,
/Uiers, plates, ou cartouches, jusqu'à la
moitié et plus, selon l'exigence et pesan-
teur de l'ouvrage. {Coût, de lirusselles,
XXXIV, Nouv. Coût, géu., I, 1269.)
— Kilet :
Pour lou salaire des pesclieurs avec leur
despens et pour le cart de leur fillers.
(1310, Compt. du dnm. de Mahnvl d'Arlois,
Richel. f'i' fr. 8531.)
Si aucun pesche en c.iues ou rivières
bannaux, sans le congé du seigneur ou de
son fermier, il y a amende arbitraire, avec
restitution du poisson, pour chacune fois:
et outre, s'il est trouvé ou prins en présent
meffait, avec ses filiers,.... il y a confisca-
tion de nasselles, filiers, et harnoys, avec
la dyte amende. (CoHf.rfe Nivernoisj'ch. xvi.
Coût, gén., I, 883, éd. 1633.)
1. FILIERE, fill, s. f., lacet :
Tenderont las, rois et filliere!:
Knlre haies, buissons et pieres.
(Froiss., Po(s., Richel. 830, f" -205 r°.)
— Cordeau long d'environ dix toises,
avec lequel on retenait l'oiseau qu'on
devait instruire :
Apres que vous l'aurez ainsi aduit et
façonnéjpar quelqu'espace de temps, deux
fois le jour vous le pourre2lors lascher
a tout la filière qu'on surnomma un tien le
bien. (Fodill.. Faucon., f° 7», ap.Ste-Pal.)
— A filière, loc, ;\ la file, en formant un
filet continu :
Entre les bestes mues fu la bataille fiere.
As poes s'enlr'abalenl et devant cl deriere
Et desrhirenl des onglez en tant mainte manière
Qae le sanc ist des corps contreval a filière.
(l)oon de Slaience, 1615, A. P.)
2. FILIERE, s. f., sorte de maladie des
faucons :
Se vos oisiaus a le filière, prendes le
fuelle de laire terrestre. [U Aviculaire
des oiseaux de proie, ms. Lyon 697.
f°222''.) ■'
3. FILIERE, s. f., grande pièce de bois
posée en travers qui supporte les che-
vrons:
Souliviaux et filières. (1296, Rentes d'Or-
liens, Arch. Loiret, f° 4 r».)
Remonter les chevrons et les filières et
les cheviller. (1328, Compte de Odart de
Latgny, Arch. KK 3«, f» 40 v».)
Cinquante toises de chevrons et de fil-
Itères pour faire des degrez et alee en la
dicte tour. {Compt. de Girarl Goussart
1400-1402, Forteresse, xlvi, Arch, mun
Orléans.)
Pour charpenterie par lui faicte en la
chambre de la porte parisie... et y fut mis
trois chevrons et deux toises de fiUiere.
[Compt. de P. Mareau, 1408-1410, Forteresse
XI, Arch. mun. Orléans.)
^ Pour .vi=. .LVI. toises de boys quarré
cesl assavoir solliveaux, filUeres et trois
poultres. {Compte de J. Martin, 1421-1423,
torteresse. Despence, xiv, Arch. mun.
Orléans.)
Voitures et filUeres et cloyes. (1522.
Lille, ap. La Fons.)
Est tombé de la grange des Ousdes
douze conbles de chevrons et rompu une
filliere. (1332, Compt. de Diane de Poitiers,
p. 109, Chevalier.)
Il est encore usité dans l'Orléanais avec
la même signification.
FILIOLAGE, VOirFlLLOLAdlî.
FILIO-PATRE, S, 111., le uis du Pèfe
éleruel :
Juré en a le cors Filio Pâtre.
(Ogier, ms. Dnrb., bib.de Cos., V, ii-n,f°55'.
FILLACHER, VOir FiLASSIER.
FILLACHERIE, VOÎr FiLASSERIE.
FILLACIER, voir FiLASSIER.
Fii.LADiERE, fil., fell., S. f., sorte de
barque :.
Une felladiere qui auroit esté desroubee.
(6 déc. 1527, Not., Charrier, 95-3, f» 120,
Arch. Gir.)
Echange d'une tfî.lladiere » contre « une
grande bagarre », moyennant 10 f. bord. 1/2
de retour. (1529, ib., f» 166.)
Vente d'une « gabarrc » filadiere neuve au
prix de 16 b. à Nicolas de Bonis, gabarrier
delap"' St Remy. (12 mars 1531, Not.,
Brunet 67-7, Arch. Gir.)
Saint., filadiere, barque de pêcheur.
FiLLAGE, filiage, s. m., qualité de fils :
Si tost qu'ilz vindrent par devant le roy,
ilz se misrent a genoulx, et luy requièrent,
l'ung par raison de filiage, et les autres
trois par raison de lignage qui leur voul-
sist donner ung don. (Perceforest, vol. II,
f« 122°, éd. 1528.)
— Virginité, pucelage :
Quartilla, qui n'avoit point mémoire de
son filiage. (.Mont., Ess., 1. Ill, c. 13,
éd. 1588.)
Estant les deux seconds estais de viduité
et de mariage bien plus pénibles et alfai-
reux, et ayans plus de diflîcuité et de
vertu, que les deux premiers de filiage et
de célibat. (Charr., Sag., I. I, c. 4.)
Et me donnez pour cela
La fleur de voslre filiage,
Voslre tendre enfantillage.
(Vauq., Idill., I, 71, éd. 1612.)
Bean chasseur, je vous cri merci.
Laissez moy vivre en mon filiage.
(ID., ib.. Il, 34.)
Norm., Bolbec, filiage, filiation, descen-
dance.
FILLAITRE, VOir FiLLASTRE.
FILLANDRIER, VOif FlLANDRIER.
FILLANGE, VOir FiLANGE.
PILLARDEAU, VOir FlLARDE.^U.
FILLARRESSE, VOir FiLERESSK.
PILLASSE, S. f., fille :
Une grosse fillasse. (Jour., Err. pop.,
l" p., 111,5, éd. 1587.)
FILLASTRE, filaslre, filiastre, filliastre,
pilaire, fillailre, filaitre, filatre, s. m.,
beau-fils, gendre :
Guenes rcspunt : Rollanz, cisl miens fillaslre ;
N'avez barnn de si grant vasselage.
(Roi., -.13, Mùller.)
Renoies est .Aliaumes li floris.
Vôtres filtaitres que vos aveis norri.
{Girb. de ilelz, p. 480, Stengel.)
Enci trovai ceulz del tout cruslz /î((as<)'t'jî
a cui je avoie toz jors esteit doulz peires,
{Hisl. de Joseph, Uicliel. 2433, f" 33 r\)
Thomas son frère fillatres. (Ch. de 1262,
Bourgm., Arch. Loir-et-Cher.)
Henri le fauconnier et ses jiiUt.-,lres)
FIL
FIL
FIL
3
OS67,Chap. NoyoD, Vatoinpri^, Arcli. Oise,
G 1937.)
Aucunne fois ruuevent li contens en ma-
riage par le haine que !i parrastre et les
marrastres ont envers !or;5/(as(res.(BE\UM.,
Coût, du Beauv., ch. LVii, 7, Beugnot.)
La raison juge que puisque li rois li
donne (à la femme veuve) le baillage dou
fié par dreit, que li fitiastres, puis que il
sera d'aage et saisi dou fié, ja ne li rendra
son douaire. {Ass. de Jér., t. I, p. 628,
Beugnot.)
Il s'en ala en le terre de Kalape ou il
avoil chacies ses fillatres. (Hist. de la terre
sainte, ms. S.-Onier 722, f" W.)
Challe son fillnstre qui puis fu diz Mar
liaus. (Cliron. de S.-Den., ms. Ste-Gen.,
f 100\)
Si come famés suelent faire de lor fi-
lastres. {Hist. de Jules César, Richel. 23082,
f» 5''.)
Aucuns, comme vous savez, ont amé
leurs seurs, leurs frères ; les filles aucunes
foiz le père, et les marraslres les fillastres.
[Troilus, Nouv. fr. du xiv* s., p. 140. J
Si fist occire son (Ulastre
Pour le règne a son Glz attraire.
{Comm. le roi Sonnain fu mort, ras. Avranches
168Î.)
Filiaster, filaitre. (Gtoss. de Salins.)
Filiaster, filiastre. {Gloss. de Douai, Es-
calUer.)
Yceulx Anglois eussent mis ensemble
a rençon ycelui complaignant et son fil-
liastrê. (Arch. JJ 90, pièce 487.)
Des hoirs feu Jehan Guion au lieu de
feu Geuffroy Uyvoy et de Geuffroy Lechar-
pentier, son filiastre. (1470, Etat de cens et
rentes du dom. de Baugenci au titre des
censives au vignoble de Baugenci, ap. Le
Clerc de Doiiy, t. I, f" 266 v% Arch. Loiret.)
Gendre. Au pays Lyonnois on l'appelle
filiastre, et vient de nliastrer. (La Porte,
Epith., éd. lo71.)
Il m'est tombé en mémoire que nos an-
cestres par une honneste licence furent
trop plus curieux es paroUes de consan-
guinité et affinité, que nous autres, qui,
par une superstitieuse ignorance, avons en
cet endroit appauvri nostre vulgaire. Car
ils usèrent du mot de parastre, comme de
marastre, pour descouvrir celui que notre
œere avoit espousé en secondes nopces.
Et semblablement de filiastre, pour nom-
mer le fils de nostre mari, ou femme, qui
estoit issu d'autre mariage. (Pasquier,
Bech., VIII, 60.)
— S. f., belle-fllle, bru :
Avecques aussi Olimpias s'en allèrent
Dardanne fille du roy Erudice et Thessa-
ionice sa fillatre. (Boccace, Nobles mal-
heureux, IV, 12, f» 96 r», éd. ISlo.)
Cléments tencha orains a se fîlUastre.
{Dialog. fr.-fiam., f» 12', Michelant.)
De la /îiofre saint Biaise une cote fourrée
d'escureux. (16 nov. 1394, Inv. du Juif
Joseph, Inv. de moeubles de la mairie de
Dijon, Arch. Cote-d'Or.)
Du temps de Ménage fîlldtre se disait
encore dans le Lyonnais au sens de
gendre.
Saint., filiâtre, beau-flls.
FILLATIERE, VOir FiLATIERE.
FILLATRE, VOlr FiLLASTRE.
i-iLLAUDE, S. f., fillette :
Comme fit aussy sa belle sœur, prenant
exemple a elle, qui ayant esté maryee
fort jeune et en tendre aage, son mary,
n'en faisant cas, comme d'une petite fil-
lande, ne l'aymoit comme il debvoit.
(Bhant.j Dam. gai., l" dise, Buchon.)
Aunis et Poitou, Vienne, fillaude, jeune
fille, petite fille. Vendée , Deux-Sèvres,
feillaude.
FILLE, s. f., bois, forêt ?
Se peut avoir le prevost deux chiens
courans et une douziane de pièces de
fille pour cachier en iceulx quant il lui
plaira. (1410, Aveux du bailliage d'Evreux,
Arch. P 294, reg. 4.)
FILLE DE VIE, S. composé, fillo de
mauvaise vie, courtisane, prostituée :
Nous avons aujourd'huy condamné et
condamnons Jehanete la truande, Mole de
Haire, etc.. filles de vie de leur consente-
ment, a rendre et payer chacun an a tou-
jours mes, dorénavant de .xv. jours en
.XV. jours, a maistre Pierre Robert, exécu-
teur de la haute justice de Monseigneur le
duc d'Orléans, chacune .m. d. parisis pour
certain droit que ledit exécuteur prend
sur lesdites filles de vie et a aocoustumé
de prendre. (1409, Sentence de la prévosté
d'OrUans, ap. Le Clerc de Doiiy, t. I,
f» 261 V», Arch. Loiret.)
Et les dittes espingles donna a une fille
de vie nommée Jehanette, logée au bor-
deau d'Orléans. (1412, Sentence de la pré-
vosté, f" 4, ib.)
FILLELAIGE, VOir FiLLOLAGK.
1. FILLER, voir FiLIER.
2. FILLER, V.?
I.e tiers Ccorilon) estnet nomner et dire
Cis fait qae cners plenre et soapire
Qaant il est bien a droit filles :
C'est çoa que Jhesns nostre sires
Se vot si par amours despire
K'il se mist jas a pies laver.
Ain mi ke cbi a a filler
Et a plaindre ki bien l'en tire.
(Li .xu. Cordon, Richel. 20.3ii, f" \Z i'.)
3. FILLER, voir Filer.
FiLLERET, adj., adoHué aux filles :
Et ne pensez point, disoit il encores,que
ce soient seulement des etSetninez, fillerets,
et timides, qui ont esté les plus adonnez a
l'amour. (G. Bouchet, Serees, xix, Rouen
1635.)
Si j'avois a lever des gens de guerre, je
ne prendrois pas des etfeminez et fillerets.
(iD., î'b.jXXV.)
Filleret. Maidenly, white livered, efienii-
nate. (CoTfiBAVE, éd. 1611.)
FILLERIE, voir FiLERIE.
FiLLETjS. m., diiii. de fils, petit enfant :
Elle avoit ung seul fillel alaitant. {B'ble,
.Maz.532, f" 220».)
J'ay trop granl paonr que la mort
Ne m'ait mon petit /itiet mort.
(R. Descha!»1's, Gella et Amphilrion. p. 4S, St-
Hilaire ; ms. Richel. 840, f» -161''.)
FILLETÉ, voir FlLETR.
FiLLETiER, S. m., fabricant de filets:'
Et qu'a cet effet ils se soient efforcez et
s'efforcent de transporter hors nos pays
grande quantité desdits filets qu'ils font
acheter tant par eux que filletiers, recou-
peurs et autres revendeurs sur le plat pays.
{Placard des Archid. sur le transport des
filets, Bruxelles, ISjuin 1600.)
1. FILLETTE, S. f., fille pubUque,
prostituée :
Au dit Mahicu, pour deux lots de vin
donnez ce jour par messire le maieur aux
fillettes de joie, pour ce, déduit et paie...
.II. s. .VIII. d. (1415-1416, Receples de Bou-
logne-sur-Mer, p. 149, Ed. Dupont.)
Les fillettes communes. (Règlem. du
19 mars 1425-26, Arch. mun. Dijon.)
Sur la requeste baillée par l'abbé de
Bonnevau par laquelle il requiert que l'on
face vider les filletes du bordcau que le
Bourrea a logées près et joignant la maison
dudit abbé.... a esté délibéré que les filletes
seront logées et mises a Chasteau Gaillart
a la fin de rue de Paille. (1459 et 1465,
Arch. mun. Poitiers, Reg., f° 68 v», et 159. >
— Prieuré dépendant d'une abbaye :
Pasquier le Court, religieux de l'abbaye
de la Coulture, près le Mans, demourant
en une fillette ou prioré de laditte abbaye,
appellee la Marcete du Bois près du chastel
laSuze. (1392, Arch. JJ 184, pièce 144.)
2. FILLETTE, filMe, filelte, fueillette,
feulete, feullete, folliete, s. f., tonneau ou
mesure de liquides servant à divers usages
et d'une contenance variable selon les
lieux:
.1. henap de bruere ou il a 1 petit clou
d'argent et .m. petites feuletes d'argent.
(10 mars 1396, Invent, de meubles de la
mairie de Dijon, Arch. Côte-d'Or.)
Pour deux filletes de harenc données
aux Jacobins et aux Cordeliers, a chascun
ordre une fillete pour la paine et travail
qu'ilz ont de faire les services de la dicte
ville. {Compt. de Girart Goussart, 1400-
1402, Commune, xxxill, Arch. mun. Or-
léans.)
Les brasseurs doivent mettre hors de
leurs brasseries leurs fillettes ou hedines
pour estre converties a faire noir pour
conrer cuir. (1414, Lille, ap. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Une fillette de harenc qu'il avoit em-
blé. (1421, Arch. JJ 171, pièce 454.)
Ung pot d'estain de .v. feulletes. (Vente
des biens de Jacques Coeur, Arch. KK 228,
(o 223 V».)
Trois potz de trois follietes. {Ib., f»369r<>.)
Ung pot de .v. fueillettes. (Comptes des
mines de Jacques Coeur, Arch. KK 829,
r 188 V.)
Ung lonniel de chervoise mellee de
crasses ^Ketfes. (1466, Lille, ap. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Fillele lie harengs. (Compte de 1480,
Bibliolh. de l'Ec. des ch., XIV, 322.)
Une grande chaudière de fondue enmu-
ree tenant environ trois filletes. (1501,
Invent, de r Hôtel-Dieu de Beaune, Soc,
d'Archéûl. de Beaune, 1874, p. 158.)
Deux fillettes plaines de salepestre.Deux
fillettes plaines de chausse trappes. (4 sept.
1521, Invent, de l'Artillerie, Arch. mun.
Dijon, H. Off. milit.)
Pour tonneau ou pipe de vin, .vi. d. t. ;
traversin, poinçons, fillettes et autres vais-
seaux. (Avril 1529, Arr. impr., Gibier, 1584.)
* FIL
Apres qup Ci"? morceaux sont secs, on
les pend avec le fil ou ils sont enfilez, en
iinç fiUtte de fort bon vinaifrre, de sorte
iju'ils ne touchent point les douves du
tonneau en quoi que ce soit. (Du Pinet,
Pline, XX, 9. ^d. 1366.)
L'hosiets« prini ooe fnillflle
tl en battit bien son inary.
yCknmcKft ie tsTS, ap. Ono'frio, Glo.ts. df pal.
i* lA/onntit.)
l'oe filMte de vin de l bots. (1583,
Ulle, ap. La Fons , Gloss. tns., Bibl.
Amiens.)
La queue de vin n)e?urp et jaulge de
Dijon contient deux mnids ou poinssons,
le mnid deux fillettes. l& fillette neuf stiers
(Coût, de Bourg., Coul. gén., I. 860. éd.
1633.)
— Sorte de batean :
Le» filfllet et gallioltes
Rsloient conTerles d'estandari.
'MAtTiÂL, n». df Ch. m. Il II, fd. 1493.)
Savary des Braslons, dans son Diction -
naire universel de commerce, publié en
1723, donne feillette, feuillette, on fillette,
avec cette définition : sorte de tonneau
destiné à mettre du vin. Il signifle aussi
une petite mesure des liqueurs.
Morv., filletu , feuillPtte. Lyonn. et
Forez, folietta, foulieta, foulleta, feuil-
lette, mesure des liquides qui parait avoir
été le quart de la pinte du Languedoc, on
l'équivalent de la chopine de Paris. Dans
le Lyonnais une feuillette désigne actuel-
lement un tonneau d'un hectolitre de vin-
3. FILLETTE, fillcte, S. (., chalnplte de
fer rivée et cadenassée terminée par une
sonnette ; ces espèces de chaînes, que
Louis XI fil faire pour certains prison-
niers, s'appelaient ^I/ctlfs du roi :
Daniel se leva de son siège, prit ledit
Bii^non au corps, le constitua prisonnier
en lui baillant un carcan ou fillette de fer
ou pendoit une chaisne fort pesante, et en
cest estât le laissa toute la nuit. (JVofe tirée
des Beg. du Parlem., Ord., xix, 338.)
Pour savoir si led. de Quingé esloit
point blecié en la jambe ou cstoit lad fil- '
leU. (1480, Compt. de l'Hôl. de ville de
Tours, Bibl. de l'Ec. des ch., 3» série IV
391.) '
Symon de Quingé, prisonnier en la
caige de fer, fust defferré par maistre
Laurent qui avoit la clef de la fillete. (Ib.)
FII.LEIX\GE, VOirFiLLOtJkGE.
FILLIASTKE, VOif FlLL.\STBE.
FILLIEH, filler, \ . a., enfanter, accou-
cher :
^ Tant que eie aura fille. (Sydrac, Ars.
Et quant venoient les famés a «Hier,
non avoient aide de famé. (Aimé, Ysl de li
yormant, VIII, 18, Cbampollion.)
— InQn. pris suhsi., accouchement :
t>uaut il sentira que la famé est grose il
ne la doit mie touchier charnelment tant
que elc aura fiUé, et après son filUer de
XL. jours. {Syirac, Ars. 23*0, § II.) '
FILLIEIIE, voir FlLIEllE.
FIL
FILLOELLE, VOir FiLLOI.E.
FiLi.oisEL, S. m., flloselle :
Cinq aulnes et un quartier et demi de
fi/(otse/ vert. {Pièce du i avril 1369, Léop.
Delislc, Mandem. de Charles 1', p. 339.)
Fii-i,OLAGE, - flilage, -eulage, - vêlage,
filolage, fillelaige, filiolage, s. m., condition
d'un parrain à l'épard dn son filleul, qiia-
ité de fillmil :
11 vaat mîeas quej> mnire, se Dieas destiné l'a.
Que jVhic cheli qui de fons me leva;
Il me donna baplesrae el a moy s'nliljpa
D'amonr de fitolagr, et bien lennst le m'a.
{Charles le Chamr, Itic^hel. 24375, f 2S'.)
En cestui mariaai' esloit ou pooit eslre
enipeschemenl de filiolage ou de cogna-
tion espirituel. (Ch. de 1300, Pr. de l'H. de
nourg., H, c.)
Affinité de comperage ou /(Ho/flffe (1474,
Stat. synod., ap. Lalore, Ane. discipl. du
dioe. de Troyes, II, 69.)
— Présent d'nn parrain h son filleul :
Tn filoUage ti dona cl pierpi
Un des marchies de Mes. ce m'est avis.
(Les Loh.. ms. Mnnlp., f 76».)
En filolage li laissa et gnerpi.
(Car. le Lok., 2' chaos., xlii, p. 2l2, P. Paris. 'i
I,i rois en filiolage li dons Monbregis.
l'n caslel moull vaillant, et tons les apendis.
(Ilelias, Richel. 12358, f 7''.)
De filiolage néant ne li promis.
(Guiberl d'.indrenas, Itichel. 24369, f" 137.)
Li cuenz de Triple prist messages, si le?
envoia au prince Beymoat, en Antioche, et
! li manda que il li envoiast son ainzné fiz
Raymont, qui son fiUuel estoit, car il li -vo-
loit doner Triple en filluelage. [Est. de
Eracl. Emp., xxm, 47, Hist. des crois )
I Var., filiolage.
Perros Plaincbampi;, fils bastart Oliviers
I Plainchamps, nous a fait exposer que en
filiolage li furent données pour Dieu plu-
sieurs brebis. (1350, Arch. JJ 24, pièce 78.)
Transporte et délaisse au dit Erart Chan-
teprime son filleul et en fillelaige, pour lui
pour ses hoirs. (1384, Donat., Arch. Loiret,
Cliitellenie de Lorris A 269.)
Un petit tableau d'or que le duc donna
a Mad. de Porhoet sa soeur au filleulage de
sa fille. (1424, Compte de J. Mauléon,
Lobin., II, 923.)
1. FiLLOLE, filloelle, fiolle, fiole, fyole,
s. t., colonne, pilier, tourelle :
Les .iiii. filiales quarees seur colonbes
de trois. {Album de Vill. de Honnec, p. 93,
Lassus.)
Pour cntaillier .v. gargoulles et .v fil- i
loles pour le dite pavole. (1344, Trav. aux '
chai. d'Art., Arch. KK 393, f» 94.)
Les /(/(o(Mqui meuvent des angles (136«
Dclib. du chap. de Troyes, f» 7, Arch. Aube.)
Saingles planquelles a .ix''. pour les
fioles de retraicles d'un pont, a .xvin*. la
pièce. Pierres de deux pieds et demi em-
ployées aux fioles. A Jehan Le liov, tailleur
de gretz, .xviit. 1., pour avoir "tailié les
pierres des deux fioles et tourelles faites
aux deux hcles. (1412, Péronne,ap. La Fons
Art. du Nord, p. 193.1 ' [
Filloclles. (1419, Aaleuciennes an la
Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Audit Michelet pour deux anchappemens ,
dessus lesd. deux fyoles. (1471, Compl. de i
FIL
Neoers, CC 65, f''40 v»,Arch. mun. Nevers.
La dicte establie pentement faicte de
clerevoies, arches, pilliers a fiolles et con-
treboutentz. (1485, Entrée et séjour du roy
Charles VIII a Rouen, Mém. des Ant de
Norm., 2" série. 10» vol.)
Les .nu. fiolles desoubz les cloquis de
S. Berlin. (1498, S.-Omer, ap. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Et au. millieu de la dicte ligne endroit
du pillier ou fiolle entre les dictes voultes
(IbOO, Partition. Barbier de Lescoet. Arch
Finist.)
Filloele. (1S80, Valenciennes, ap. La
Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
2. FiLLOLE, s. f., pampre :
La vigne par après en porte plus aisé-
ment, quand on esmonde les filiales avec
la main, et qu'on la laisse fortifier en son
bois. (Du Pinet, Pline, xvii, 22, éd. 1366.)
Voila donc comme s'engendrent les
bourgeons, les filiales, les roisins... des
vignes. (ID., j'6., xvii, 21.)
FiLLOLER, V. a., garnir d'un filet :
j A Estienne Chartier, qui a payé pour
ung quarteron d'or parti et en fil, pour
fUloler lesdiz chappeaulx; pour ce, 2 sols
p. (Extr. des reg. orig. des comptes de la
ville d Orl., ap. Quicherat, Procès de Jeanne
dArc, Y, 312.)
FiLLOLix, s. m., ornements de filigrane:
Audit Jaquet pour quatre chappons de
haulte gresse présentez audit connestable
par ledit Jaquet... Pour l'appareil desdiz
chappons, fleur et fillolix. {Compte de Ja-
qicet Deloynes, 1424-1426, Forteresse,
Uespense, vil, Archiv. mun. Orléans.)
1. FiLLON, faillon, s. m., petit garçon :
Deu Colas, faillon. (Rab., IV, 6, éd. 1552.)
Les Lorrains, ce dit on, sont pens de bon affaire.
Bon Colas, bons faillons, bons hommes de maris.
(Passerat, Oetw., p. 305, éd. 1606.)
2. FiLLOx, s. f., fillette:
Faces sadinettes,
Plaisans godineltes,
Belles a choisir.
ruions on fillettes.
Blanches, vermeilleltes.
C'est tout mon désir.
(N. DE I.A Cbesnaye, Comdamn. de Bancçiiet,
I p. 3(Kï, .lacob.)
Car elles estoient tontes belles filions.
(Vers sur V Entrée de Ch. VIII à Troyes, Gro«l ,
Ephém., I, 132.)
3. FiLLON, voir Fellon.
1. FiLLOT, S. m., le foie et la râtelle de
porc enveloppés dans la toilette :
Des fillols de porcs. (24 mars 1394, Trans.
Arch. unin. Dijon, Très, des Cbart . E 1
12, c. I.) > > •
Aujourd'hui, à Dijon, on dit encore dans
le même sens fillot, filleu.
2. FILLOT. s. m., petit garçon ;
Mais Charicle se sentit tellement passion-
ner a la naissance de ce fils qu'il estima
n y avoir raison ni apparence que celle qui
avoit porté un si beau pelil fillot, fust plu?
appellee courtisane. (Ctbe Forc.^ui.T, Epil
d Anstenel, p. 80, Liseux)
Bourg., Yonne, et Morvaii, fillot, fillou
FIM
FiLi.OTE, s. f., pptilp fille :
Lu.; ijetitp, filloU: [Ordin. Tancrei, ms.
(le Sulis, !" 58'.)
Il portoit en un bissac petites ftllottes de
l'aape de deux ou trois ans. (Rab., Il, 15
ap. Chambure, Gloss.du Morvan, p. 358 I
Bmir?., Yonne, fillote, filleule.
FibLOTEUR, S. m., celui qui court les
lilles:
Qu'ilz soient renommes fiUotetirs et hau-
teurs de femmes. (Prônes d'nng curé de
Cysoing, ms. Lille 100, xV s.)
FiLLOiiER, voir FiLoin.
FILLOY, S. m.?
.III. livres defilloy. (18 nov. 1392. Vent.
de meubles de la mairie de Dijon, Arcli.
Oôte-d'Or.)
FILLl'EL, voir FILEUL.
FILLUELXGE, VOIT FlLLOLAGE.
FiLoiR, fillouer, s. m., atelier où l'on
fabriquait du fil, de la corde :
(Location pnr la ville) « d'un /îHoMgr près
ladicte tour que souloit tenir Hector Gidoyn,
n'en a ledit recev receu aucuue chose. »
(XV" s., Compte municipal d'Orl. servant de
couverture à un reg, des baptêmes etc. de
la paroisse de Chécy,ponr l'année iloô.)
FILObAGE, voir FlLLOLAGE.
FILON, voir Fellon.
FiLOPE, s. f., frange, efflloqne :
Se vous avez chambre ou estage ou il
ait très grant repaire de mouches, prenez
petis floqueau.x de feuchiere et les liez a
Blets comme filopes et les tendez, et toutes
les mouches s'y logeront au vespfe : puis
destendez les filopes et les gectez hors.
{Ménagier, I, 172, Biblioph. fr.)
1. FiLOT, s. m., filet:
A .Jehan Cordier pour .v. livres de /Ilot a
faire des cordes d'aubelestes, a .n. gros la
livre, pour ce .XVI. s. .viii. d. t. (1418,
Compt. de Nevers, CC 24, 1° 17 v», Arch.
muu. Nevers.)
- Fis. :
Mas en la seneure de lor plaies apparut
entor le col ausi cum uns filoz roiges.
(Amis et Amiles, Nouv. fr. du xiii» s., p. 72.)
Morv., fîlot, filet.
2. FILOT, S. m. ?
Entre le pont de Rabourdin et le filât de
Canteleu. (Charte de 1273, Moreau 198,
f» 21 r», Richcl.)
filotii;h, felotier, s. m., fileur :
Fclotier, filator. (1464, .1. Lagadeuc, Ca-
thoticon, éd. Auffret de Ijuoetqueueran,
Bibl. Quimper.)
FiLTAssE, s. f., race :
Pe mon sranl feu Tcnlj faire mon ilcvoir
A les hrnslpr cnix cl tonl lenr pliasse.
(IS.'îO, la Compl. des quatre éléments, Poés. fr.
lies nv" et XVI' s., XI, 2-22.'»
Pii.unF, voir Fii-eure.
FUI, s. m., rcspiralion, haleine :
FIM
I,i rois l'ot, de doiilor se pa«nie ;
.Noirs devint et vpiz comme basme :
I>e di,'mie loee plaioe
^'ea sentions jlm ne aleine.
(lUancandin, Hichel. 1915-2, f 18!)\)
1. FIMBRE, S. f. ?
Je ne vueil point magnifier les fimbres
ne l'orgueil de nature corrumpue. (J. de
Salisb, Policrat., Richel. 24287, 1° 73=.)
2. FIMBRE, voir FfEMnnE.
FiMBRiE, - brye, fym., fin., s. f., bord,
bordure, frange qu'on mettait au bas d'un
vêtement ;
S'il font eavres qui bones soient,
C'est por ce qne les genz les voient ;
Leur philateres eslargis'^ent
Kt leur flnbries agrantissent.
(Hase, Richel. KIZ, F 98^)
Et lor flmbries agrandissent.
(/*., 11830, Méon.)
Il leur estoit commandé de faire franges
et fimbries au dessoubz de leurs poilles et
vestemens. (Prem. vol. des Exp. des Ep. et
Ev. de Kar., f» 46 r", éd. 1519.)
Une femme par l'espace de douze ans
avoit souffert le flux du sang, laquelle vint
derrière nostre Seigneur Jésus Christ et
toucha les fimbries de son vestement. (Ib.)
Son chef estoit couronné d'une couronne
d'or, et estoit vestue d'un surcot de drap
d'or frisé de rouge, dont les fymbries es-
toient semées de perles fines. (J. Bou-
CKET, la Noble Dame, f" 28 v», éd. 1336.)
Var., les fimbries. (Edition citée par Ste-Pa-
laye, f» 59".)
- Fig. :
Les retformez se trouvèrent en peu de
temps dans cette ville jusques a quinze
cents hommes, avec lesquels ils délibé-
rèrent d'estendre leurs fimbries, première-
ment par un fort a Sainct Georges, puis
après parla prise de l'Abergement. (D'Au-
BiGNÉ, Hist. Univ., l. III, c. cxv, 1» éd.)
L'édition de 1626 porte : leurs bor-
dures.
FiMniîiER, fymbrier, v. a., franger,
border :
Vestue d'une robbe de satin de couleur
aeree, fymbriee par les ouvertures et pour
le bas de fine broderie de trois granz doigts
de large. (J. Bouchet, Trinmphes de la
noble Dame, f» 42 v», éd. 1536.)
Sur ses cheveux pendans sur les es-
paules avoit une guimple de fine toile de
Hollande, fimbrice de riche orfavrerie. (Id.,
ib., édition citée par Sainte-Palaye, f" 6.)
FiME, voir FlEN.
FIMEAGE, voir FmiAGE.
FiiviENT, figment, s. m., matière dont
une chose est formée, argile :
Dnn ne sez tu de qnen pment
Ta es vennz a naissement?
(Den., D. de Nom., Il, 0-219, Michel.)
Le misérable /ijment dont nous sommes
produis et faits, ((i. Chastrll., Chron.
des n. de Bourg., III, 113, Buchon.)
Parquoy nous a esté nécessaire une
aultre recreacion et renovacion en Jesu
Crist, ouquel summes une nouvelle créa-
ture et ung nouveau figment. (J. Bouchet.
la Noble Dame, f» 164 v», éd. 1.^36.)
FIN
5
— La chose formée elle-niftnie ;
Ne faut comprendre a ce figment le
tant renommé ouvrage des tuilleries de
Medon. (l'rint. d'I'Dfr, p. 274, éd. 1588.)
FiMPORT, s. m., requête ou aveu de
proches parents de la partie, qui consen-
taient qu'un tel se chargeât de la poursuite
d'une affaire, et se déclaraient parties,
en cas que celui là ne pût achever la
poursuite.
C'étoit,dit Laurière, Gloss. du Droit fran-
çois, une tonne qui oblif-eoit un deman-
deur à faire venir et joindre au procès
tous ceux qui pouvoienl prétendre droit,
interest, ou portion en la même action
qu'il intentoit: et jusqu'à ce, que le déf-
endeur n'étoit tenu de repondre, ny
défendre.
Fimporl, a forme of law, binding a plain-
tifT to fetch, and make join in suit -with
him, ail such as can prétend any right,
interest, or portion in Ihe thing which he
means to recover. (Cotgrave, éd. 1611.)
FiMPORTER, finporler, s. m., synon. di'
fimport :
Et emprez l'adjournemcnt connu, de-
manda celuy Tournemine ûnporter ou re-
queste des cousins et prochains dudit feu
de Beaumanoir. (1383, //'S(. deBret.,t. IT,
col. 664.)
1. FIN, fain (par abus de la rime), s.
f., terme ; locution, prendre /in, s'arrêter ;
En pied se lèvent li enfant de haut pris,
Jusqu'au palais ne prièrent onqnes pa.
(Garin le loh., 1" chans., xxu, p. 79, P. Paris.)
— Accommodement, composition, ar-
rangement :
Se i'ai mesprins envers le dnc Garin,
La en iert faite et accordance et pn.
(Garin le Loh., ï' chaos., \x, p. 287, P. Paris.
Qne manderes Froment le posteis?
Prendres en vos acordcnce no pn ?
(Les Loh., ras. Montp., f° 88" )
Prendront en il acordance ne pn .?
{II/., f 88''.)
.la en fust faite acordanco et pn.
(li., P 88'.)
De cesie Rncrre fnst acordance et pns.
(Mort de Garin, 2fi.S, da Méril.)
Qnanl Bnrgoignon e Pcilevin
Oirenl parler de la /i'i
Qne volent faire li Fran-eis
Knsemblement od les Dancîs.
(Ben., D. de Sorm., II, .lUii.S, Michel.)
Quant li soen oenl la manace
Qu'antre Pn ni porra trover,
Ne li osèrent pas loor
(,ine il s'i laissast asaillir.
(In., a.. H, 9-233.)
11 n'en a home ne vcisia
Od qu'il ne face paiz e pn,
liaison c leaulé e drril.
(Id., ib.. Il, 12079.)
Paix, fi.ns et escors sont fait entre oulz.
(.Mars 1295, Ck. de Ferri, D. de Lorr.,
Mureau, Arch. Meuse.)
A quoy le roy respondit que volontiers
il se y trouvcroit et partiroit incontinent
qu'il anroit faict une fin touchant les af-
faires de Bretaigne. (Bouchard, Cliron. de
Bret., fM33^ éd. 1532,^
FIN
FIN
FIN
— Manière :
A gnot paÏDe a Sébile cel termine andoré.
Mol» crient de Bandoin qne ne l'ait oblié,
A Helissint a molt loqis et demandé
Se sel an noie /!« comment ce est aie
Qqe lor .11. ameor sont ensi ansarré.
(J. Bno.. Sur.. c.\i\t, Michel.)
— Frontière, limite :
Dedens le? rtiii et le? mettes de la dicte
baronnie. (.V/ni. de dom Sim. Diibosc. ab.
de Jumteg., tin du xiV s., Arch. S.-Inf.)
En ce lenip? la, dii CTand Luther, fils de
Pluton infernal, les disciples et ministres
par nombre infinv descendirent de? hautes
fins des AUenirtfmès. (BELLEFORBSTSjCftron.
et Ann. de France, François I", an 15*1.)
... Ft sa Tois gratii-nise
Partint ani fin-t de terre spacieuse.
(Cl. MiR.. Baladin, éd. 1596.)
D'Ter» Haynant. snr les fins de Cbarapaifme.
E<t arrivé le bon dnc d'Aleoçon.
(ID., Ballad. arrir. if M- i'Alnç. en Baijnaiil,
éd. 1596.)
Strasbourc est une ville assise sur les
/In3 de la Gaule Celtique. {Yoy de if. de
Rohan faict en 1600, p. 6. éd. 1646.1
— Par extension, territoire :
Oien, par ton nom qoi est donblauble.
Ses anemis. ces mali dianble.
En fins de Mets venlies bonteir.
(Palfnoslrf, 3J. ap. E. de Bonteiller. Guerre de
Helx. p. 36t.)
Une pièce de terre qui siet en la fin
d'Arbois. (Mardi av. Pentec. 1470, Arbois,
Arcb. Jura.)
En lad. ville, fins et limites d'icelles.
(Lelt. de Fr. l",3l mai 1S33, Arch. mun.
Thiers.)
Il ne lui estoit loisible, pendant son ma-
gistrat, vider les fins du pays. (PASQ.,ile-
cherch., 1, il.)
En Egypte, aux/!»«des Troglodytes. (G.
BorcHET, Serees, iv, 247, Roybet.)"
Fins, limites de terroir. (Monet.)
— Finance, argent :
Et moolt se (ait lie de grand fin.
(Parlon. ie Biais, 10317. Crapelcl.)
Ne sont pas toot honni li franc ne li villaio :
A<aric« les fait songent Tiser a(u) fain.
(B. de Seb., i, 870, Bocc^.)
Ganfrois seroit bien dignez d'aToir terre et grant fin.
(/»., I, 918.)
Qaant il n'ot pins de fin.
(/*.. XII, lOî.)
Tôt esloit clos de mot marbrin,
Qni bien fn orrei de grant fin.
(Rti. DB Bf.acji;u, li Biaas Drsconnetis, 4207,
Bippean.i
El quant faille li ert fins,
Adont pronmetoit par bcsoinene.
Et aprics estoit en grant soinjine
De (aire tant qne /lu eoisi
De quoi aqniter se pcni^.t.
(J. Dt Co.NDi, Ujriau. de hûriem. el ie largecc.
16«, Scheler.)
— Faire fin, payer :
l'ar messire Tristan al fait fin ,.
(Jeb. des Vttta, Cette d'- Lit'fe.M, I30:;2.
Scheler. Clou, philol.)
— Veines de la pierre :
11 y a certaine? picrricres, desquelles la
pierre a un nombre infini de fins, combien
qu'elles 8c tiennent en une masse, si est
ce qu'en mettant des coins par dessous,
elle se fendra aisément, et se lèvera en
sus. (Pallissy, Bccepte, Cap.)
Dont se commencera un lict a part, el se
trouvera une séparation en ladite roche,
que les pierreurs appellent une fin. (Id.,
«6.)
— Résistance :
Qne contre ses cops n'at halbert ne hyalmes fins.
(Jeh. des Preis, (iesie ie Liège, II, l.ïl, Scheler,
Gloss. philol.)
— Mener forte fin d, traiter rudement :
Il regarda que une fois les deux seurs
jouoient aux tables, avec deux chevaliers,
mais l'aisnee tensa a l'ung des chevaliers,
et luy mena forte fin ; mais sa sœur moins
née, qui aussi avoit perdu, ne faisoit sem-
blant de sa perte, ains faisoit aussi bonne
chiere comme se elle eust tout gaicné.
{Liv. du Chev. de la Tour, f» 8\ ap. Ste-
Pal.)
— De fin, loc, sùremeni, infaillible-
ment :
Et qnanl li amiraais Tu pris.
De fin cnidoit estre ocis.
I (Florimont, Ricliel. 353, fil''.)
; — Par fin, tout à fait :
I Li escaiers, mnsars et faus,
Respont : Sire, pnet che voirs estre?
— Oil par fin, che dist li prestres.
' (Du Presire et iu Cheralier, Montaiglon et Ray-
I nand. Fabliaux, II, 72.)
— En fin, pour toujours, à perpétuité :
Ai delessié en fin et en perpétuel héri-
tage. (Mai 1307, Vente de Rob. Marie, Ste-
Barbe, Arch. Calv.)
— A fin, dans le même sens :
A portées bien et em pez affin et a héri-
tage les diz vint et quatre solz de torneis
iFête de S. Sim. 1282, Ck. du Vie. de Bay.,
Liv. noir, Bibl. Chapit. Bay., f» 108 r°.) "
Fin que il a vendu et otreé et deu tout a
fin delessié. (Août 1284, Ch. du bailli de
Caen, S. Etienne, Arch. Calv.)
11 a vendu et delessi a fin em perpétuel.
(Fête S. Sim. 1284, Chap. de Bay., Arch.
Cilv.)
A vendu et delaissi a fin d'en tout en
I. de
tout. (Janv. 1290, Chap
Arch. Calv.)
Bay., n° 214,
A delaissi a fin as diz hommes honora-
bles. (Mai 1293 Ck. du Vie. de Bay., Chap.
de Bay., Arch. Calv.)
Recognut soi avoir vendu et delessié
a fin en perpétuel héritage. (1307, S. Tau-
rin, Periers, Arch. Eure.)
— A fin de, h titre de, comme:
Que il ne demourge a/fin d'erltage as diz
religieux et lour sucessour. (1309, Ch. du
g. du sceau de Caen, S. Etienne, Arch
Calv.)
Il a pris en fieu et affin d'eritage. (Sam.
apr. nat. S. J.-B. 1324, Ch. du garde du
sceau de Bay., Cordillon, Arch. Calv.)
Avoir prins en fieu a fin de heritaige.
(.Mai 1379, Ch. du garde du sceau de Bay.,
Cordillon, Arch. Calv.)
Avoir baillié en fieu e.la fin de héritage.
(12 mai 1407, Ch. du g. des sceaux d'Auch,
S. Etienne, Arch. Calv.)
— Fin a, adv., jusqu'à :
Fin a Andrianople. (Liv. de la Conq. de
la Moree, p. 15, Buchon.)
— Fin a tant que, jus(iu';i ce que :
Jura Dieu et son benoit nom que jamais
dou siège ne partiroit fin a tant qu'il eust
pris la fortresse de Malevesie. (Liv. de la
Conq. de la Moree, p. 92, Buchon.)
Fin a tant que il alast. (/6.)
Que les. priors puissent paier et tenir la
baillie la ou ils trouveront qui la vueille,
fin a tant qu'il leur soit sattisfait de ce
qu'ils auront despendu. (143b, Est. de S.
J. de Jer., Arch. H. -Car., f» 66».)
Que le lieutenant puisse user des reten-
dons fin a tant que le maistre soit a Roddes.
(Ib., f 89\)
— Pour fin, enfin :
J'ay cognu un cardinal Vitelly, très bon
partisan françois et galant homme ; pour
fin, c'a esté tousjours une brave race.
(Bra'nt., Grands Capit. estrang., 1. I, c.
XXVII, Bihl. elz.)
— Fin marque le but ; îoc, à la fin de,
comme o fin de :
Pour ce est il donques raison que les
biens que pevent et doivent faire ycelles
gens qui honnour d'armes veulent avoir et
acquérir soient un po esclarciz, a la fin de
en avoir cognoissance. (G. de Charny, Lit).
de Cfteuai. ,ms. Brux., f» 112 v».)
Suisse rom., Vaud, Neuchâtel et Fri-
bourg, fin, étendue de terre arable. « La
^n de Peseux . »
Nom de lieu, Enirefins (Inter fines), lieu
situé dans la commune d'Adries, sur l'an-
cienne voie de Limoges à Poitiers.
2. FIN, adj., au sens moral, délicat,
tendre :
Prenez conseil bon et loial et fin.
(Garin le Loh., i° chans., I, P. Paris.)
.\$ feniestres de marbre fa la pacielle fine.
(Chev. au cygne, 15081, ReiEf.)
Ki l'avoit amé de cuer fin.
(MocsK., Chron.. 375, Reitf.)
Je sais li /i:is desirans
Ke ne paet sa joie taire.
(Aboins de Savene, Chans., ms. Berne 3S9,
r 79 r°.)
Mes tant est ses fins cners loiaus.
(Rose, ms. Corsini, (° 88''.)
Cil i'aimme com s'amîe fine
Et elle lui com ami fin.
(Frrgus, p. 273, Michel.)
De termes sont lors rjs moillié,
Sourdans de fin cuer amourens.
(Couci, H17r>, Crapelet.)
— Fin s'employait devant beaucoup de
substantifs pour exprimer une idée de su-
perlatif, pour dire extrême, complet:
Voir est qao molt moral de gent an Ronceiax,
Et anz ou Val Béton ou fu Karles Martlaï,
.\ Cambraisis qaut fu ocis Raous li mai,
I-]n -Aspremont qant fu couqise Durondars,
Ou plain Vinmeu ou Gormonz lit estai
Ancontre Loeys qi fu prox et loiax :
Tôt ce fu fins neans ancontre cez jornax.
(J. BoD., Clians. des Sas., cxcm, Michel.)
Kl bien commence bien deûue,
I C'est yeriles et saiane et fine.
I (Guillaume, H irais Bestiaires ie la devine escrip-
I lure, Richol. 2168, f» 188''.)
FIN
FIN
FIN
Siic, ce Jisl llollans, c'est finr veriles.
(Fieratras, 5511, A. P.)
Il covient a Ane force que tu le me
rendes céans dedans l'eure que je t'ay dit.
(LDCESDEr.AST.irnsten,RicheU01,f<'48v''.)
Si que par /ine paour n'osèrent... {Grand.
Cron. de France, l'Istoirc du gros roys
Loys, XIX, P. Paris.)
H escouviot a fine forco
Qoe li qnfns, sanz frneres étendre,
Veniat la son pais dcfTenilre.
(Gdiart, lloij. lign., 13'3i, W. et D.)
A pol qne de fin duel n'est li ber forsenes.
(Gaufrey, SSfiS, A. P.)
L'istoire nous dit que Geuffroy et ses
gens sengloient par la uier a veilles tendues
et a force de vent qu'ilz avoient a fin sou-
het. (J. d'Arbas, Melus., p. 301, Bibl. elz.)
Et de fine ire et courroux il occist son
frère Anion. (Lie. du Chev. de La Tour,
c. LXI, Bibl. elz.)
Mfin heritape a james. (Mardi apr.
reniiniscere 1391, S. Pol de Léon, Arch.
Finist.)
Devoit a la ville du temps passé et de fin
compte fait... (1404, Compt. de Nevers,
Arch. mun. Nevers, CC 12, f" 5 v.)
Au ^n conmencement de la saison. (CoM-
MYNES, Mém., IV, 1, Soc. de l'H. de Fr.) i
Au long de la rivière, et sur le fin bort.
(ID., î6., 1, 9.)
Sur la fine poincte du jour. (In., ib., i
l,xi.)
Au plus fin matin, je veis que le temps
estoit changé comme s'il vouloit plouver.
{Les Evang. des QiienouiU., p. 92, Bibl. eh.)
Elle a en soy des biens a fin sonhaict.
(Vii.i.0N, Granl Test., Bail, de la grosse Margot,
Jonaust, p. 102.)
[C'est) tont an fin commencement.
I Farce de Pernet qui va a l'escolle, Ane. Th. fr., i
II, 3S5.) j
MaISTRE MlMlN.
Mon ciienr et ra'nraonr je Tons donne.) 1
La Bru.
Et a magisler, de cuenr fin.
{Farce de Mimin, Ane. Th. fr.. Il, 355.)
Je les rens grobis et monssns,
Tont an fin fesie d'nng sollier.
(CoauiLL., Blason des Armes, II, 168, Bibl. elz.)
Et a fine force d'armes l'empereur coni-
batit Belangier... (BoccACE, Noblesmalheu-
reux, Vlir, 7, f° 223 r», éd. 1S15.;
En plainclz pitenx j'ejibe ma science
Quant j'ay fin froit, je prens en patience.
(R. DE COLLERVE, Rondeaux, tix, Bibl. elz.)
Et da fin bont dn long bois qu'elle porte
De grand Tigneui donna contre la porte.
(Cl. Mar., Met. d'Ov., 1. II.)
Tous ces lirans en un petit moment
Choir les ferons an fin fen de l'enfer.
lia Polymachie des Marmitons, Poés. fr. des xv" et
\i\° s., VII, 54.)
Telle ville, qui auparavant leur estoit li-
mitrophe, du costé de Levant, estoit lors
située au fin cœur de leur pays. (Pasq.,
le Pourparler du Prince.)
Je crois qu'il ne se rendra qu'aine force.
(Cholieres, les Apresdinees, viii, f° 79 v,
éd. 1S87.!
Tout ce qu'on dit d'une Lucresse, Cas-
sandre, et autres sont fines menteries.
{Print. d'yver, p. 154, éd. 1S88.)
— Il s'employait adverbialement avec
iiii adjectif ou un participe passé :
Trestout fin plain nng bcnoistier.
(ViLi.oM, Grant Tesl., I.ays, 15:i, Jonaust, p. 113. i
Il est tont fin faict.
(Farce de Jotijel. Ane. Th. fr., I, ai.)
Il est tont fin fol par dessonbz.
(Sollie dn RoiJ des Solz, Ane. Th. fr., II, -229.)
Tont fin nn en belle chemise.
(CoQDiLLAriT, Monol. du Puijs, II, 258, Bibl. elz.)
Versez dn Tin et leur donnez
Du fin meilleur ?
(N. de la Chesnate, Comdamn. de Uanc/uet,
p. 292, Jacob.)
Pour tout fin vray. (Palsgrave, Esclairc,
p. 866, Génin.)
Tenez, nostre ame, plein tanquart du fin
meilleur. (Rab., 1. IV, c. xxil, éd. 1532.)
Je vous sacrifieray un bon et grand
pot de laict tout fin couvert de belles
frayres aux Ides. (1d., 1. IV, nouv. prol.,
éd. 1552.)
Si TOUS voulez en donner uue bonne (baqnenée),
Sçavez comment Marot l'acceptera ?
D'aussi bon cuenr comme la sienne il donne
Au fin premier qui la demandera.
(Cl. Mar., Epigr. au Roy de Nav.)
Monsieur le duc de Guise, pair de la lieu-
tenance de l'Etat et couronne de France,
mettez vous tout le fin premier pour ce
coup. {Sat. Mén., ordre tenu pour les
séances.)
Si je m'en fusse creu, a tout hazard,
j'eusse parlé tout fin seul. (Mont., Ess.
III, 12, p. 187, éd. 159S.)
Je vous demande si vous pourrez avoir
un père Barnabite, car M. Roland est a
compter d'argent. Que s'il ne le peut, bon-
nement renvoyez moi, et je vous pourvoi-
rai bravement, et tout au fin pis, ce sera
d'un pauvre evesque quevous aimezcomme
vous mesme. (Fr. de Sal., Nouv. lelt.inéd.,
h mad. de Chantai, lettre 301, Datta.)
La pauvreté y est démesurée ; et les en-
fans du séminaire tout fin nuds, deschaux
et transis de misère. (Id., Lelt. a Ch. Emm.,
11 déc. 1620.)
Et encore au xvn" s. :
Je me coucbis tout fin nu. (Cyrano de
Bergerac, Pédant joué, V, 10.)
— Dans cette manière de dire il pouvait
s'accorder avec un adjectif féminin :
Et elle estoit si fine belle
Que n'aToit dame ne pucelle
Eus et pais qui l'ataindist.
(Couci, l.Sl, Crapelet.)
Apres la baniere Tcrraeille
Venra une autre despareille
Qui sera tcute fine noire.
(Tragédie de la vengeance de J.-C., ap. Parfaict,
Uist. gén. dit Th. fr.)
— Adverbialement, fin, totit fin, s'em-
ployaient de même devant un adverbe :
Il estoit tout fi» plat dessus.
(Farce d'un gentiùiommc. Ane. Th. fr., I, 262.)
Tont fin plat je te cry mercy.
(Farce de frère Guitlelierl, Ane. Th. fr., I, 317.)
Qui s'en Tiengncnt diligamment
Tout /!n droit au port cy descendre.
(Mysl. du siège dOrt., 480, Guessard.)
.le le feray tout fin mayntenanl. (Palsgr.,
Esclairc, p. 806, Génin.)
Jamais, jamais, au grand fin jamais.
(H.\n., m, 11, éd. 1332.)
Tncore leroit il conscience
De ne la prendre en patience.
Tout au fin moins ponr l'espronver.
(Grevi«, les Esbahis, u, 2, éd. Ia62.)
Et sur tout ce peuple des passions sen-
suelles, la volonté tient son empire, reje-
tant leurs suggestions, repoussant leurs
attaques, empeschant leurs eflects, et au
fin moins, leur refusant fortement son
consentement. (Fr. de Sales, Am. de Dieu,
1. I, c. 3.)
Cette manière d'employer l'adjectif fin
s'est conservée dans beaucoup de pro-
vinces. On dit encore en Lorraine, fin
plein, pour tout à fait plein; en Picardie:
« Il est fin bêle, » — « Toute fine seule. »
— « J'ai fin froid » ; dans la Beauce le
fin mitan, pour le beau milieu; dans le
district de Valenciennes,il est fin sot; dans
le pays wallon et la Suisse romande, il est
fin saoul; dans le Jura. «Elle est /îne belle,»
pour dire qu'une jeune fille est très belle.
On trouve dans le Glossaire du centre de la
France par le comte Jaubert: — « Le /înbout
de mon bâton » — i La fine pointe d'une ai-
guille » — fin bord, loc, tout au bord :
« Le fin bord d'un fossé. » —Fin fait (faîte),
loc, point extrême de l'élévation : « Le
fin fait du clocher. • — « Fine pointe du
jour. »
Bourbonnais, fin, habile, savant. Nor-
mandie, Orne, un hœwlfin, un bœuf pourri
gras.
FiNABLE, adj., sujet à linir:
[N'i a chose qui soit estable,
T'ot trespasse, tôt est finable.
(Rom. des trois Ennem., Ars. ."1201, p. 262'.)
Laquelle (l'âme) est tonsjoars pardurable.
Combien que le corps soit finable.
(J. Lefebvre, Hesp. de la mort, Richel. 994,
f» -'.)
Auquel mort éternelle se transmue eu
mort temporelle non finable. (G. Chas-
TELi.., Chron.duD. Phil., Iulrod.,Buchon.)
Relray ton ruer de ce règne finable.
(Id., Epist. au duc de Bourg., vi, 165.)
— Final, définitif, arrêté, déterminé,
lixé ;
Par composition et compte /irtoh/e. (1314,
Arch. JJ 50, f° 42 r°.)
Ce est la deliberacion et le conseil finable
de la ville de Thoulouse... sur le tait des
monnoies. (1314, Arch. J 459, pièce 23, et
Mus., vit. 54, n» 32.)
Les dessus nommez viez eschevins se-
ront tenuz a rendre, et rendront bon
compte finable de chasque année. (1333,
Arch. adm. de la ville de Iteims, li, 706,
Yarin.)
Si n'en eut nulle finable response. (1376,
Compt. de Valenciennes, n» 42, p. 17, Arch.
muu. Valeucienues.)
(Echo) répète et réplique les sons, les
vois et les paroles, et par especial les rnos
finables. (Evhart de Conty, l'robl. d Arist.,
Hichel. 210, f» 170'».)
Ce fut toute la finable response que li
messagier dou priuce en peurent avoir.
(Froiss., Citron., VII, 58, Luce.)
Finable conclusion faisant. {Traict. de
P. Salem, ms. Genève 163, f" 24 r».)
8
FIN
FIN
FIN
Le jour que tu dois venir pour tenir ton
finable jugement. {La Pass. de J.-C, Maz.
1313, f° 16*.)
Escoute et retien briefve et finable pa-
roUe : Délaisse tout et tu trouveras tout,
renonce a convoitise, et lu aura? repos.
(Intern. Consol., II, xxxii, Bibl. elz.)
Se partirent les coinpaifnions, en pur
leurs pourpointeaulx, soubz bon sauf
conduit, réservé ceulx qui autresfois
avoieut fait serment de la paix finable qui
avoit esté jurée entre les roys de France
et d'.Auf.'leterre. (Monstrklet, Chron., II,
9, Soc. de l'Il. de Fr.)
Mais la droicturiere et finable punition
des damnez et le lover des bieneureux
n'est pas a acquérir lès biens et honneurs
transitoires de ce monde. (Al. Chartier,
l'Espérance, p. 300, éd. i617.)
— Qui conduit à la Qn, à la mort :
Traître riaol, boordenr finable.
(G. Chastill., rOttltré d'amour, ti. 81, Kertyn.)
FfN.xBi.EMEVT, - avlemcnt, adv., d'une
manière déûnitive :
Ai vendu et finablement otreé (Oct. 1278,
Venu de Guill. de S. H., Chap.de Bayeux,
Arch. Calvados.)
— Finalemeat, enfin;
Finablemenl s'accordèrent lesdites par-
lies que... (Pièce de 1361, Felibien, Hisl. de
Paris, m, 4«1'.)
Et furent finavlement tout mort.(FROiss.,
Chron., l, 383, Luce, ms. Amiens.)
Finablemenl pour labonne,vraye et ferme
paix entre iesdictes parties. {Piécede 1412,
Felibien, Hisl. de Paris, 111, 528".)
Et finablemenl firent conclusion île tout
le peuple faire as?ambler.(Voi/. deCharlem.
d Jérus., p. 61, Koschwilz.)
Finûbtement seaol toqs voye ,
Sar les irosaes de majesté.
(Grebix, Mut. de la pass., 18J3,ï, G. Paris.)
Finablemenl, en la court du roy nostre
sire a Tours, personnellement estably....
par le conseil, advis et deliberacion de plu-
sieurs leurs pareus et amys. (28 sept.1489,
Charlrier de Thouars, p. 237.)
En telle manière qu'il ne fust, n'est et
ne sera créature humaine qui n'ait dancé
finablemenl a l'une d'elles (danses), ou a
<leux, on a toutes. (P. .Mich.\clt, Dance
auxaveugl., p. 4, éd. 1748.)
V.iicy le temps si Ion; temps désiré
Oo noi ayeox en raio ont aspiré,
(Jni «nr l'Anglois finablemenl rnmcine
La jaste fhejas) mais trop tardive peine-
(JoACBiM DD Bf.li.at, ChanI Iriumphal mr le voilage
de llùtlogne. Ree. de poésie présenté a Madame
Marguerite, Paris l.-JOfl.)
Ta es veno finablemenl, o Prince .'
Et je tatoy si lone temps attende.
On., Proxphonemalique.)
PiNAGE. - aige, - a\jge,-eige, fign., fen.,
s. m., étondne d'une juridiction ou d'une
paroisse :
Es fignaiges delà Fcrté.(1231, Ch.d'aiïr.,
.Vrch. uiun. La Ferté-s.-Aubc.)
C»ue les bestes alassent et pasturassent
par toz les finagef entièrement des devant
distes villes. (1*46, Louppi, I, 5, Arch.
.Meurtlie.)
Viçpe séant ou finaige de Landriville
.Avnl 1268, PothierPK.'Areh. Aube.)
Quant que il at a Pont eus appandises
et ens fenaiges. (1276, Pont, Fiefs, I, 81,
Arch. Meurlhe.)
Oacqnes mais n'orent tant de biens comme cel an,
>'e n'ont si bian finaiije d'anqnî jasqn'a mil aa.
(Girarl de Ross., fi'iao, Mignard.)
An tous les bans et an tous les fenaiges.
(1304, Cart. de la Gr. Egl. de Metz, Ri-
chel. 1. 11846, f» 123 v».)
Es appendises et ou finaige de la dicte j
ville. (C'A. de 1309, Gendrey, Fr.-Comté.)
Au finaige de Orlenois. (1316, Chap. Ste-
Croix, Arch. Loiret, G ii.)
Au fignage dcDampmnrtin. (1331, Compfe I
de Odart de Laigny, Arch. KK 3", f" 89 v».) j
Ou territoire et ou fenayge d'Amont.
(Sam. ap. purifie. 1357, Ch. des compt. de
En estrainge fineige. (1357, Ecrit, prod.
par les moin. di>. Reigny contre ceux de
Pontigny, Arch. Yoiiue H 1554.)
Sur toutes les terres, maisons que le
1 dit Berthelin avoit et possidoit... en la
i paroisse et ou finage de Villeperrot. (1369,
Arch. K 49, pièce 41.)
Les nations de toute Orient se humiliè-
rent jadis en la famé du tyran Holoferne et
.«e vinrent rendre a luy, ainsi tous les
finages de la autour.(G.CHASTELL.,C/tro».,
Il, 114, Kerv.)
Pour quitter a M. de Savoye les jurisdic-
tious et les finages de cinq places retenues.
(Du ViLLARS, Mém., XI, an 1559, Michaud.)
Les cinq places n'auroieut autre finage
ou territoire que ce que pourroit contenir
l'estendue d'un mille italique es environs
de chacune d'elles. (Id., ib., XI.)
Il doit résister a ceux qui vcullent occu-
per les finages du peuple qui luy est com-
mis de Dieu. (.Mart. du Bellay, Mém., I.
IX, 1» 286 r", éd. 1569.)
Et pource que la ville d'Oscane se voulut
rendre, il fist gaster tout le finage d'icelle
(ViGNiER, Bibl. hisl., II, 398, éd. 1S88.)
— Borne, limite :
Ce lieu., est en manière de dire le finage
de In terre. (Amyot, Œuv. mêl., V, 243,
éd. 1820.)
Les roys voisins ont débat entre eux,
pour les finages et bornes de leurs terres.
(Du IIaillan, Est. des aff. de Fr., f° 132 r°.
éd. 1580.)
Finage se rencontre encore dans des
auteurs du xvii" et du xviii" siècle :
Thibaud même ne put être délivré,
quelaue instance que le roy en 6t, qu'en
la délaissant entièrement (la ville de Tours)
et la Touraine avec ses dépendances et
ses finages. (Mezerat, Abr. de l'Hist. de
Fr., an 1042.)
Thibaud voulut bastir une forteresse
sur les finages des terres du Puiset. (Id.
ift., an 1110.)
Il possède k la côte, de Mongré la meil-
leure du finage, dix arpens de vignes. (Res-
TIP DE LA DRETO.NNE, l'Ecole dCSPérCS, t. I,
p. 262.)
Dans quelques provinces finage se dit
encore de l'étendue d'une coinumno.
Morv., finaige, limite.
piNAiL, s. m,, lin :
Pcccbee lapist au cnmençail.
Mais trop mnstre mal an finail.
(.S. Edward le conf.. 42113, Laard.j
PINAILLE,- o/te, -alhe, s. f., fin, terme :
Une voie est ki semblet l'omme bone,
mais ses finalhes moinent a mort. {Job,
Ler. de Lincy, p. 469.)
I trovera, sans nnle faille.
Si rois Floires a sa finalle
Estoit Vennz
(Pean Gatineah, Vie S. Martin, p. 8. Boiirriissé.)
FINAISON, voir FiNISON.
1. FINAL, finel, adj., perpétuel :
Permutacions héritières et fineles. (2
janv. 1530, Barbier de Lescoet, Arch. Fi-
nist.)
2. FINAL, voir Fknal.
FINAL.HE, voir FlNAILLE.
FINALLE, voir FlNAILLE.
FiNA^iMENT, adv., finalement :
Si en dedans lesdits sept jours et sept
nuicts ledict acheteur ne vient recognois-
tre ou soy opposer a ladite reprinse, le
[ requérant doit estre mis finamment en
l'héritage et maison par luy demandée et
requise. (Co?^«. de iJHe, vir, 2, Nouv. Coût.
I gén., II, 940.)
FINANCE, S. t., fin:
Et cil est fox qui recoramance
Ce qu'il ne pnet mettre a finance.
(GODEFR. DE Paris, Chron., i773, Buchoo.)
Cliers seiiîaears, puis qn'il vous agrée.
Je vous en voys faire finance.
(Jacq. Milet, Dcsiruct. de Trotjr, 701 1, Slen^cl.)
— Dou ;
Le maistre de l'œuvre de la dicte église
leur fera finance de charbon pour chauffer
en la loige. (1382-S3, Compt. de lafabrique,
Arch. Aube G 1559, f» 58 A r».)
— Valeur :
Les sommiers le cardinal d'Amiens ens
esquels il avoit grant finance de vaisselle
d'or et d'argent. (Froiss., Chron.. IX, 157,
Kerv.)
FfNANCHIERE, VOir FINANCIERE.
FINANCIERE, S. f., propriétaire :
Et Dame, qni est financhiere
De tous les biens de mon poarpris.
(A. Chart., l'Hospit. d'am., OEuv., p, 751, éd.
ii;i7.)
Ce povre triste douloureux
Voit s^ financière de joye...
(Id., ib., p. 749.)
FINAVLEMENT, VOir FiNABLEMENT.
FINBRIE, voir FIMBRIR.
FINCHEMENT, S. 111. ?
Item, .II. bottes de finchement pour les
dictes hottes . .vi. deniers. (141,5-1416,
Receptes de Boulogne-sur-Mer, p. 169, Ed.
Dupont.)
FiNcioN, - sion, finction, s. f., inven-
tion :
Ci conmence une amoureuse fincion
atribuee a nostre Segneur Dieu. (Compos.
de la >'. escript., ms. .Monmerqué, t. 1,
f» 43 V».)
FIN
FIN
FIN
Finsion. (/6.,f»ol r».^
Finction. (Ib., f»53vo.)
— Dissimulation :
Sens nnllo finction.
(Jeh. des Pbeis, Geste de Liège. 233G0, Scheler,
Gloss. philol-)
— Lâcheté:
N'i ont fait /ïnc/ioBi-,
Aios se sont defendos com Inpars on lions.
(J. DKS Pbeis, Geste de liège, 26211, Scheler,
Gloss. philol.)
FiNCTiBLE, voir Faintible.
FINCTION, voir FiNCION.
FINE, S. f., fin :
Ja n'y seray a fine.
(Chev. an cygne, 18618, Ueilî.)
Qui dedens .lericop m'en monstra le droit fine.
<Ib.. 31938)
Hai ! com Caiba la roine
Feira grant doel sanz avoir fine.
(Hercule et Phileminis, Richel. 821 , f î'.)
En la fines^ conche le carpenter.
(Proverbes de Frannce, ap. Ler. de Lincy,
Pror.)
— Mort :
CoTOitise la forsenee
E de Inxnre la raalvese,
La deslieee, la pnineise,
Qai pins ert amere qne fine.
(Des S Ennuv! de l'homme, Richel. 19d-2.S,
f» 126 V».)
FINE, adj., banni, exilé :
Senz estre du tout deshers et fineiz du
pais, ilz ne pourroient supporter les prises
de leurs voilures, blez, vins. (1374, Ord.,
VI, 79.)
FiNEE, finnee, s. f., fui :
Loez l'nnt, qnant il vint.jekea la flnee.
(Horn. 2820, Michel.)
La gnerre est entamep
Contre je ne sçay qnel Didier,
Si fanlt ponr faire sa finnee
Qae bientost loi venez ayder.
(Myst. de S. Did., p. 137, Carnandet.)
FiNEGUERRE, "flnisseuse de gnerre,
nom de l'épée de Gérard de Nevers :
Donné li a si grant rolee
Qne très le chief li est conlee
L'cspee de si en la terre :
Por cel cop ot non Fineguerre
L'espee.
(GiRE. DF, MoNTR., la Violette, 1831, Michel.)
FINEIGE, voir FINAGE.
FixEisoN, voir FINISOX.
FiNEL, voir Final.
1. FINEMENT, finn., s. m., fin :
An finement de cesl escrit,
K>a romanz ai Inrné et dit.
Me namerai par rpinembraiince.
(Marie, DU d'Ysofel, conclus., Roq.)
Le cief c'est le conmcncement.
La kene c'est li finemens.
(De Thayaxe, Ars. 3.Ï27, f l.S'.)
Toni cens qni laimment finement
AfBne si an finement.
Com ors reçoit sont affiné.
(G. DE Coi.\a, Mir., ms. Soiss., f° inr'.)
T. IV.
Car pleurs et dolours et gemissemens
ont esté le finement de œa vie. {Psaut.,
Richel. 1761, f» iO\)
Le coraancement,
Et le finement,
No se acordent mie.
(Caton, Richel. 23407, P 200''.)
Del aver qu'il i prisl ne set hom le finement.
(Ilorn, 3476, Michel.)
Acordes vons an finement
Ke faciès la besoinjno ensanle.
(Jacq. d'Am., Art d'.im., ms. Dresde, Kôrt., 1C34.)
Leur paioe durera sans point de fi.ne-
ment. (J. Dupin, ^ferancolies, Ars. 5099,
f» 16 V».)
Les habitans de Tours furent si grande-
ment espoventez, qu'ilz pensoient estre au
finement du monde. (Cl. Haton, Mém.,
II, 973, Bourquelot.)
— Fin de la vie, mort :
Qne il l'ait mort et mis a finement.
(Raoul de Cambrai, 6090, A. T..)
... Jnsqn'a son finnemenl.
(La Dame a ta licorne, Richel. 12362, f I r°.)
Se j'avoie d'enfans en^^enré demy cent
Et cieox les euist mis trestous affinement
S'aroit il pais a my sans nés .1. maniaient.
Por tant qn'il a s luvé my et mon casement.
(Hisl. de Ger. de Btav., Ars. 3144, P 7;» r».)
Piecha qn'estre denst menez affinement.
(Ib., P 137 r°.)
Il en enst Hnon mort et mis a/finement.
(H. Capet, 3699, A. P.)
Qni ne viennent .sinon ponr nous grever
Et exiller nostre gouvernement.
Mettre noz gens et nous a finement.
(Jacq. Muet, De.ilruct. de Troye, 6180, Stengel.)
Et veant son finement approuchier, elle
conanut plainement et confessa que...
(MONSTEELKT, Chrou.. II, 10b, Soc. de l'H.
de Fr.)
— Fin dn monde :
De ci al jor del finement.
(Ben., D. de Horm., II, 6810, Michel.)
L'apostre dit veraiement
Qne nostre sire an finement
Le félon deable ocira.
(GoiLLADME, Ilest. div., 2604, Hippean.)
2. FINEMENT, adv., enfin, finalement :
Se pitié ne l'en prend.
Je sai qn'a estovoir
M'occira finement.
(Blond.de Neelle, Chans., v, p. 11, Tarbé.)
Et li St Espirs ansement.
Et cist troi sont .i. finement.
(MoDSK., C/iroB., 5980, Reitf.)
3. FINEMENT, adv., sincèrement :
Si finement vos ai m'amor douée
Qn'ele n'iert ja a nul jor dessevrec.
(CAans. , dans les /'o?/. /r. av. t'M)ii. t. IV, ap.
Sie-Pal.)
Centre de la Fr. ^t Canada, finiment, en-
tièrement, parfaitement, très bien.
FiNEMUNT, s. m., fin du monde :
Malt se claime chaitif, dolenz,
Od la mer braire ot finemunt.
(Ben., 0. de Norm., Il, 2102, Michel.^
Les portes oevrent a bandon.
Si s'en issent lor gon fanon
Cinc cenz e pins irestut d'un front:
Ci s'apaieille finemunl.
I (Id., ib.. Il, 3363.)
1. FIXER, finyer, verbe.
— Act., finir, terminer :
Et qnant li mangiers pit finez
Athis s'en est premier levez.
(Mhi.i, ma. St Pétersbourg S4, f» 6'.)
C'estoit grant horreur a oyr les lamen-
tacions des navrez quy finoient leurs jours
misérablement entre les piedz des che-
vaulz. ( Wavrin, Anchienn. Cron. d'Englet.,
I, 186, Soc. de l'H. de Fr.)
Le terme on sera finee
Vostre piteuse destinée.
(J.-A. DE Raif, Poèmes, 1. Vil, Lemerre, II. 333.)
— Finer de, finir de :
Or Biantris ne flna de plorer.
(Les Loh., Ars. 3143. f 12'.)
Amadas ne fine rf^errer.
A grant joie, de terre en terre,
Pour son los et son pris conquerie.
(.imaldas et Ydoine, Richel. 375, f° 3179.)
— Rén.,'être sa fin à soi-même :
Comme il appert qu'elle (la sapience)
n'ait fin hors soy, mais se fine soy mesmes.
(Crist. de Pisan, Livre des fais et bonnes
meurs du sage roy Charles V, 3" p., ch. 3.
Michaud.)
— Être terminé, être clos :
En la fin de son compte qui se fina le
darrier jour de juin. {Compt. des annivers.
de S. Pierre, 1385-86, Arch. Aube G 1636,
f 186 r».)
— Nentr.. finir, se terminer :
Et montoit jusques au dessus la couver-
ture, et la finoit en pavillon. (Rab., 1. 1, c.
53, éd. 1542.)
Gnion, escrient, n'en porres escaper.
Hni vos convient de maie mort finer.
(Raimbert, Ogier, 7662. Earrois.)
Mins araast qn'ele fnst finee
Que de rouge or une uavee.
(Flaire el Blfincefior, 1'' vers., 419, dn Méril.;
Et quantvous vouldrez mourir, mourons
emsemble ; si finons virtueusement et
comme vaillans hommes doivent faire.
(Troilus, Nouv. fr. du xiv° s., p. 279.)
— Viser, tendre t
Onques vers li n'oi pensé
Qni finast vilainnement,
Ainz serf et s'ai volonté
Qne servirai loianmeot.
(Gu,L. iiF. BBRNEVu.r,F., Schelcr, Tronr. betg..
p. 101.)
— Finer a, s'accorder avec :
Que se il est sage, dedenz le jor ou de-
denz le termine de la preuve que l'on
vodra faire contre lui, il finera a son aver-
saire; si que il ne fera plus parole en
court. (Ass. de Jér., t. I, p. 56, Beugnot.)
— Act., trouver, se procurer, fournir,
venir à bout de :
Se vous povez, dist il, finer au cardinal
d'avoir les trois barques qu'il a en sa gal-
lee el les deux trompettes, nous prende-
rons, avec ycelles, les barques de vos .v.
gallees. (Wavrin, Anchienn. Cron. d'En-
glet., II, 154, Soc. de l'H. de Fr.)
Elle ne cuidoie mie que on peut trouver
royne ne emperresse qui peut finer autant
d'avoir que les joyaulx qu'elle avoit sur
2
lo
FIN
elle valoient. (J. d'Akhas, Uelus., p. 62,
Bibl. eli.)
S'a l'hoslel j« deioie prandr* .t. Iiennap d'argeol.
Ou ïler vendre a IteiDOs oae boone jameot ;
tacnr en fineroil >uon!ieigD<!ar pins de cent.
(Cl\ ., BiTlrtM du Cufscli», tS8. Cbarrière.)
S'il avoieiit tout ce que li royaumnies
d'Escoce puet finer, il n'aroient mies le
chevauche d'un droit si grant. (Froiss.,
Cliron., 111, 303, Luce, ms. Amiens.)
Laquelle chose vint a la cognoissance du
comte d'Aruiagnac, lequel, comme il luy
sembloit, pouvoit bien fiiirr environ dix-
huit cens combatans, tant honuies d'armes
2ue sens de traict. (Jcr\'. des Vus., Hiat. de
harles Vl. au 1413, -Michaud.)
Cliascun qui porra finer i^heval lui yra
au devant. (5 janvier 1419, Reg. consul, de
Lyon, 1, Ï13. Guigne.)
Leonart Caille et Kerre Bastier, dit Sa-
pigne, escripront aux morchans du Puy
qu ilz finent ausdis embasseurs ce qui leur
fera besoing. (ISfévr. 1419, ib., 1,2*9.)
Apres cette cruelle rançon, quant ils
avoient tout ce que les pouvres gens ou les
riches povoient finer, les faisoient ils aucune
fois mourir de faim ou d'autre cruelle
mort. iJoum. d'un bourg, de Paris, an
1433, Michaud.^
Et de ce advint qu'on ne pot celle jour-
née, ne l'andemain, ne pain, ne vin a Paris
pour son argent finer. (Ib.)
Li s' de Commarcy at route d'environ
II' chevauli de ses gens et autres qu'il a
peu finer avec pouidres et artilleries.
(Août 1444, Arch. mun. Strasbourg, Cor-
resp. polit., AA 186.)
Toute abondance y estoit en tant que
pour argent on en pust finer. (G. Chas-
TKLL., Ckron., III, 374, Kerv.)
Ceuli de la ville chargèrent un grant
cbalan plain de fagoLz, d'os de cheval,
savates et toutes les plus puentes choses
i^ue on sceust finer. {Journ. du Siège, ms.
bainl-Petersbourg, ap. Boucher de Molan-
don, Délivr. d'Orléans, p. 35.)
Si trouva en conseil de prendre alliances
et amitiés de toutes pars et quérir l'aide
et assistance de tons voisins, et ou il en
pouvoi*. finer. (0. de la Malxhe, J/em., I,
2, .Michaud.)
Belle, «e tou» vonlei eslre remariée,
L'og homme tous qnerraj pour estre espoosee.
Le plat bel qu'on pourra fîntr en ma contrée.
(Jacu. NiiET, Detlnel. de Troyf, Î036H, Siengel.)
Si De ftoyex t^imerveillee
Dei %r\ai biens qne poTODS fixer.
Donc TOUS devriex e^lre privée,
(jni dormei jasqnes a djsncr.
(bei. de la bemouelte el de la Bourg., Poés. fr.
dea 1T« et xvi» t., V, Î8.)
— Finer de, dans le même sens :
Si vous uiaudons, commectous, el a
chacun de vous enjoignons eslroictenient
que, ou cas ou vous pourrez finer d'uucuns
maistres ou niaistres particuliers pour te-
lir la dite niounnyc. (1361, Ord., m, 503.)
Il n'en (d'un médecin) peureol/Iner qne
trois jours aprez. (1300, Ai. h. JJ 138,
pièce 192.)
Et ne povoit finer d'aucunes herbes
qu'il congnoisBoit bien pour lui guérir,
(Froiss., Citron., V, 307, Luce.)
De feo je n'eusse pu /i»er.
(ViLU», P<'/. Tetl., iiiix, Jooanat, p. ^0.)
AdoDt 'Volutien demanda a la dame se
pour or ou nrcenl, par achat nu antrcmenl,
FIN
il pourroit jamais finer de celle sainte re-
lique pour l'emporter a Romnie. {De vita
Chrisli, Richei. Ibl, 1» ISo-".)
Et si luy dit outre, qu'il luy fineroU de
ceut notables bourgeois de Paris _ pour
l'accùmpaguer et faire tout ce qu'il luy
plairoil commander. Mirv. des L'rs., Ilist.
de Charles VI, au 1412, -Michaud.)
El dist a la vieille que lui deut finer de
bon vin, que la lamproye ne sera pas
fraudée du droit qu'elle a, puis qu'on la
mengue. (LouisXI, ,Vo«t'., xxxviil, Jacob.)
Puis list nng sonspir vers les cieulx.
Disant que, s'on linoit de toille,
Ou'elle seroit, par ses bons dieus.
[El] qui qu'en groignasi, damoiselle.
(Deb. de ta Demoiselle et de la Bourg., Poés. fr.
des XT* et ivi* s., 'V, 3-2.)
Dame, on ne peut de vous finer
Tors quant il vous plaist.
{Farce des Femmes gui font refondre leurs marijs.
Ane. Th. fr.. I, 67.)
Tontesfois s'estoit son eotenle
De Jouyr d'elle louguement :
Et Iny ^embloit que, loconliaeal
.\pres la première secousse.
Il en pouroit finer souvent
Sans pins mettre main en la bource.
(CoQUii.L«RT, Droilz nouv., 2' part., de Dolo, \,
160, Bibl. elz.)
Joseph, vous eo allez quérir
Ung drap ou uue toitle fine.
De la meilleure dont on fine.
iGREBiH, ilist. de la Pass., 26810, G. Paris.)
El vous laissa Monsieur dormir son sioul.
Qui au resveil n'eust scea finer d'au soûl,
(l.ï.'il. Cl. Màr., Epistre. au Roy, pour avoir esté
Jesrobé, éd. 1596.)
Quand on a affaire des personnes, on
n'en peut ^»M'r;mais quand l'on n'en a que
faire, on ne les rencontre que trop. (TouR-
NEBC, Us Conlens, v, 1, Auc. Th. fr.)
— Aljs., satisfaire ses fantaisies :
On les doit laisser a par elles
Finer, passer leur ver coiiuin.
(Les Drois nouv. establis sur les femmes, Poés. fr.
des xv' et ivi'' s.. Il, l'Sl.)
— Couclure un accord :
Au regarl des reliefs deubs dudit fief
ledit Jehan des Meurs en fina et composa
audit cûuiiuandeur parmy et movennant
ung nniv de blé. (1447, Arch. MM 1094,
pièce 69.)
— Act., dépenser :
Et en ce ont finyé et dépendu grans
sommes de deniers. (Dec. 1435, Arch.
hôpit. génér. Orléans.)
— Finer de, s'acquitter de, payer :
Qne vons doi je, sire ? car le nombrez,
6'en fenerai voleuliers el de n'é.
{Les Loh., Uicbel. lUIGO, r 25'.)
El s'il advenoil que lidis Watiers acen-
sesist sou Viiuuge, ohis a cui il l'acensiroit
fineroit au grel doudit Bouchart des dis
trois cens livres. (1238, Lett. de Thomas et
rie Jeanne de Fiuiulie, Keilleuherg, Mon.
du llatn., 1, 341.)
Vint a< maisjaus. .ni. bues accale
Et de .v. pors retint les chars.
Dont ne le tint chilz pour escars :
Osiez, diit il, finei de tout.
Et chilz fine de tout en tout.
{.Rieh. li liai, ras. Turin, f» U3'.)
Li talemeliers ou li vulles au quel li mes-
tiers est delTendus, doivent requerre au
meslre que il leur reinle leur meslier, et
FIN
li mestre leur doit rendre se il ont fine a
leur partie et a lui de s'amende. (Est.
BoiL., Liv. des mest., i" p., I, 30, Lespi-
nasse et Bonnardot.)
Que les diz religieus puissent a perpé-
tuité retenir les diz acquez senz en finer et
senz estre contrainz a les mettre hors de
leurs mains. (ra28, Lett. de Pli. le B.,
Arch. Ind.-et-Loire.)
Car le rachet de leur ame est trop cher
Pour en finer.
(Beze, Psaum., \u\, éd. 1563.)
— F'mer d, payer rançon à .
Mes se vous voles finei' a moi, fet ele,
toutes voies vous laisserai je aler. Et il dit
que il se raimbera volentiers. {Arlur, ms.
Grenoble 378, f" 61".)
— Fine, part, passé, fini, terminé :
La messe finee. {Citron, de S.-Den.. Ki-
chel. 2813, f» 473"'.)
Nou non, il vaut mieux mourir
Tout d'un coup que de pertr
En laogueor par tant d'années;
Ores je veux de ma main
Me tuer, pour voir soudain
Toutes mes douleurs finees.
(Rcss., Od., Od. retranch., II, ill, Bibl. elz.)
— Mort :
Les eufaus ou héritiers d'une femme
finee héritière d'aucunes maisons on hé-
ritages tenus dudit eschevinage, en eux
portans héritiers, sont tenus de relever,
de droiclurer les dicte? maisons et héri-
tages. {Coût, de la Massée, Coût, gén., II,
925, éd. 1635.)
2. FiNiiH, V. a., rendre plus lin :
Au bon vieux temps, que l'amour par bouquets
Se demenoit, et par joyeux caquets,
La femme estcit trop sotte, ou trop peu fine :
Le temps depuis, qni tout fine el affine.
Lui a moQStré a faire ces acquests.
(Cl. Mar., Rond, rrsponc. par Vict. Brodeau.
éd. 1396.)
— Fine, part, passé, affiné ;
La plus vil chose q'est dedanz
Pu or finez ou pur argauz.
(Hercule et Philemiuis, Itichel. 821, P f*.)
FixEKAL, adj., qui marque les limites;
mot ancien, syn. de finerot, dont nous
n'avons rencontré d'exemples que dans
des textes bourguignons du xyiii" s. :
Réparations au chemin fineral de Sau-
vignv le Bois. (1709-1781, Arch. mun. Aval-
Ion, DD 83.)
Qu'il leur soit permis de percer des chi-
mius finereaux sur la grande route de
Chalon a Autun pour l'utilité des voyageurs
et des commerçants. {Cah. des paroisses c!
comm. du bailliage d'Autun, Autully, .Méui.
de In Soc. o.iueniii', 1874, p. 226. i
Fi.NEROT, adj., qui marque les limites
de séparation :
Les ormes el les arbres qui sont sur les
chemins /îneros. (1371? Coût, de Chdlil-
lon, Lxv, Arch. C.-d'Or, B 989>".)
Le sentier doit avoir un pas el demi de
large, le chemin finerot six pas de large,
le graut chemin dix jias de large. {Ib.,
Lxvi.)
Au duché de Bourgogne, il y a sentier
commun, chemin finerot, et grand che-
min : le sentier contient un pas et deuiy
de large, qui revient a quatre pieds et
FII\'
FIN
FIN
11
deniy : l<i cheniin finerot coiitienl six pas
de liirgc revenant n dix huit pieds : le
grancf chemin contient dix pas de large
revenant a trente pieds. {Coût, de Bourg.,
Coul. gén., I, 860, éd. 163.^.)
Se disait encore dans les rt^gions bour-
guignonnes à la fin du dix-huitième siècle :
Ordonnance des Elus concernant le tra-
vail par corvée sur les chemins finerots.
(1778, Arch. mim. Avalloii, DD 87.)
Que nos chemins finerots, devenus ini-
praticahles par l'abandon qu'on en a fait
depuis des temps très reculés soient refaits
et entretenus d'une largeur convenable.
{Cah. des paroisses et comm. du bailliage
d'Autun, Glux, Mém. de la Soc. éduenne,
1875, p. 285.)
Les chemins finerots seront rétablis et
entretenus aux frais des citoyens qui pos-
séderont lies fonds sur la paroisse. (Cah.
des par. et comm. du bailliage d'Autun,
S.-Léger-sous-Beuvray, Mém. de la Soc.
éduenne, 1876, p. H9.)
FINESSE, S. f., mauvais coup :
tlz soDt bien tost en uas^ destroit
BonlHS pour faire une fiiifssf.
iffBEBAN, ilint. de ta pnss., '20720, 0. Paris.)
FINESTRK, voir FENESTRR.
FiNET, fignet, adj., dimin. de fin, flnot:
Une aulne de veloux plain violet et deux
et un tiers satin fignet noir. (Portefeuille de
J. Cœur.)
Satin fignet eramoisy. (/&.)
I,a taverniere est bien finellr.
Mais je gape de la tromper.
I.M. des Apost., vol. 11, f' 1!)!)°, éd. 1537.)
Un petit scribe, fin, fi.net et bon com-
paignon.(BRANT., Homm. iUustr.,Lo\iys IX,
Buchon.)
Sois pensif, retenu, froid, secret et flnet.
(D'AuBiGNÉ, Trag., I. II, Bibl. elz.)
Ils tenoient pour larron nn qui faict son mesnage.
Pour poltron un /înet qui prend son advantage.
(In., i/i.)
Nom propre, Finet.
FiXEUR, s. m., afBnenr :
Il sçayt aussi bien affiner du métal,
soyt or ou argent, que fineur de ceste
ville. (Palsgrave , Esclairc. , n. bSO ,
Génin.)
— Celui qui fixe, qui mesure :
Metator, oris. fineur, termineur. (Voc.
Iat.-rr.,im7.)
Fixr.iî.vu, s. m., partie du mécanisme
d'une horloge :
La tourte de la grande roue et le fingeau.
fl462, Montreuil, ap. La Fons, Artistes du
lyord, p. 100, note.)
Le fingeau de l'horloge. (1517, Béthnne,
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
FiNiciON, voir FlNISCX.
FixiF., fenie. s. f., fin :
Si (trande honte an vilnin (ist
Pnr son saint, que souvent dist.
On» l'ariva a la /'•»!>
An port de salu et de rie.
fO. pR CoiNCI, Mir., ms. Snîss,, f" 174».)
Des nr mais non» dirons qnes en fo la finif.
Bon exemple i pnist prendre f h'tl qn? en Dieu s'afif.
(De SI Alexis, ti, Ilerz.)
— Intervalle de temps, coi:joncture :
nemenlres qu'en relo fenie
l'rt sorjorniinz en ÎNormendie,
S'ont eu Engleterro forfiee
Kansse moneie e deslciee.
(Ben., n. de Norni., Il, .I1R7:». Midinl.)
FiNiMENT , feniment , s. m., fin du
inonde :
Qnar finimenz non es mnlt Ion.
(Passion, ,iO.';. KoschwiU.)
El i sera de ci an feniment.
(nul., ms. Chàteanronx, f" G3 v", Meyer, Rrc,
p. 2-27.)
Jnsq'a an jor don feniment.
(Herc'Ue et Phiteminis, Riche!. 821, t" 8''.)
Bourgogne, environs de Saulieu, fini-
ment, fin.
FINIR, fenir, verbe.
— Neutr., mourir :
Qnant volt fenir .se s'est ajonelel.
(Ep. de S. Etienne, xi». .Stengel.i
— Act., déterminer :
Ils finissoyent le temps, non pas en
nombre de jours, ains par les nuicts,
(Fauchet, Antiq. Gauloises, I, .1, éd. 1611.)
— Inf. pris subst., mort :
Jamais n'istrai de dnel dnsqn'an jor don fenir.
{De Ht Alexis, 1(177, Ilerz.)
FiNisoN, - eison, - oison, - aison, - ixon,
- icion, - Won, fed., s. f., fin :
Car qni bcle dame a et a tel compaignon
.lu nul jor ne sera sans moult ^rant so^peçon
Que tOJ jors ne Iransist et soit en fmison.
(Gar. de Mongl., Iticliel. 244113, f 3''.)
Qnar li encantement avoit pris fineison.
{Maugis d'Aigrem., ms. Montp. H 247, f'ISO".)
Mes a la fenison
II tua desonz mol mien detrier d'Araeon.
{Prise de Pampel., 1214, Mnssaffia.)
Dont je conclns qu'en delectacîon
Se doit amour et en joye fenir
Secrètement, et tel finieion
INo devroit jamais des cners départir.
(EuST. Descr., Poés.. III, 272, A. T.)
Finaison deplet ou de querelle. (Coiist.
de Bret., f» 114 v».)
— Mort :
Apres ma finixon.
(Entr. en Esp., f" 228 t°, Gantier.)
— Prendre finison, Inc , prendre congé :
Moult furent frranz les noces sus el mestre donjon,
Et qnant le terme vint qu'W pristrenl finoison
Vivien l'anmaçor...
(Maug. dWigr., Richel. 766, T 24 v°.)
— Convention, accord :
En tant que j'entre en la maison.
Que j'entende lor finison.
(Lib. Psalm., i.xxil, p 309, Michel.)
Si le vassal fine a son seigneur dn ra-
chapt qui luy peut devoir, et du payement
luy est donné terme, et dedans iceluy
terme il ne paye, la finaison est nulle.
(Coût, du Perche, Noiiv. Coût, gén., III,
- Définition :
Magistrales finitions,
Argaties, conclusions.
'l.SfiO, la Cuisine papale,
p. 10.,, Ficli.)
Morv., Aunis, Canada Suisse rom , cant.
de Neuchatel, finition, fin, dénouement :
« La finition de l'histoire. •
FiNissEMENT, fenissemctit, s. m., lin :
Il est un Dien, et sans commencerocnl,
Qni tout temps est, fut, sera, et ne fine,
l'H qui jamais n'ara finisscment.
(E. Descii., Poés., Itichel. 840, f" 120^)
C'est de Dien jogemens,
Onant nul ne craint Ini, et n'a bon arroy :
Pour ce du mont vient li fenissemens.
(ID., ib., III, 18fi, A. T.)
— Mort :
iVlerlin !ny commença a racompter les
amours de Jhesucbrist et de Joseph d'Ari-
mathie si comme elles avoient esté a
Dalam, et du perron, et des autres com-
paignons, si comme il s'estoient départis,
et le finissement de Joseph et de tous les
autres. (Le prem. vol. de Merlin, f° 12'.)
Morv., finissement, fin, bout, extrémité,
limite.
FiiNissEOR, /"en., adj., qui borne :
.1. cercle que il appelèrent orizonte qui
valt autant comme fenissierres, quar il
fenist nostre veue del firmament. (Introd.
d'aslron., Richel. 1353, f» 11''.)
piNiTÉ, - eit, s. f., qualité de ce qui est
fini :
S'aferoit ausi bien a essence et grandece
qui ont quantité, finité et éternité. (Evast
et niaq., Richel. 24402, f" 94 r».)
— Quantité :
Et lor contet la granl finiteit de gent
qui est en la terre. (Hist. de Joseph, R\ctie\.
2455, f" 301 r».)
Puis orrez en la lin du livre.
Se Jhesu Criz sauté me livre.
Miracles une ftnité.
Que cil (le sa voisinité
Qni furent creable et prendornme
Proverent a la cort de Romme.
(RoTEB., Vie sainte Klysaliel, II, 159, Juhinal.)
— Affinité, alliance, parenté établie
entre l'nn des conjoints et les parents de
l'autre :
Toz parens et parentes de finiié. (Ass.
de Jer., I, 130, Beugnot.)
Ont aucunes convenances ou alliances
par finité ou aultrement. (1410, Ord., IX,
516.)
FINITEUR, adj., qui borne :
L'horizon donc ou le cercle finiteur
coupe ces cinq cercles ronds que je dirois
maintenant estre au ciel. (M.VTiiIEU DE
Chai.vet, Trnd. de Sencqnc, f" .'Jaa r», éd.
1626.)
Cf. Finisseur.
FiNiTTF, - iff, adj., définitif :
Avant que parlement rendesist sentence
finitive. (Froiss., Chron., XV, 235, Kerv.)
Et la dame qui de moy avoit soing,
nommée sensualité, eut la auprès son fini-
tive repositoireou elle print son bon repos.
(OCT. DE S. Gtct,., Hej. d'honn., f" 30 r-,
éd. 1.526.)
- Explétif:
Explelivus, fi.nitif.
Salins,)
"xpletif. (Gloss. de
I?
vw
— Terme de graininairej qui explique
par une détinition, explicatif :
Finid'/r, finitivus. (1464, J. Lagadedc,
Catholicon, éd. AulTret de Quoetqueueran,
Bibl. Quimper.)
KIMTION, voir Fl.MSON.
FiN'iTivE, S. f., fln :
Il m'est adris que je feray que sas»
De bi^n serTir jasqaes ea finitire.
iFnoiss., Pors.. III. 100,2, Selieler.)
FiNixox, voir FisisoN.
KiNKAGE, S. m., bijou :
Tôt li joiieles.annels./inA'ai^e de medanie
mi mère. {Trad. du Test, conjonct. de
Renaud de 1133, Tailliar, Rec. doctes des
xii* et XIII' s. en long, wall.j
FINNEE, voir FlNEE.
FINXEMEXT, VOir FIXEMENT.
FINOlEOIl,
m.
Colarl, diTers con /inoieres
lestes, tiesmoins me teste grise,
Onant voalei par plusears manières
Faire men chief tel qa'il ravise
Un cbien loqn qni par lloqniaus
Flaatre son poil.
iJeilo d'Estbccx. Ckam., ap. Scbeler, Troue,
ielg., DonT. sér., p. \H.)
Scheler écrit en un seul mot confmoieres
et fait cette note ; Con/inoieres, quid? Je
n'y vois pas plus clair en lisant : Divers
con finoieres.
Fixoisox, voir Finison.
FiNON, S. ui., espèce de poire ;
Le finon. (1360, Tabell. de Rouen, reg. I,
f" 82 et 98; reg. 111, f» 42 v.l
Peut-être, dit il. de Beaurepaire {Et. des
Camp., o4j, est-ce le /in-oinct cité dans le
Traité du vin et du sildre de Julien de
Panlmier.
Pays de Bray, /inoin.
FIM'OUTEIl, voir FlilPOKTEH.
FINSIO.N, voir FlKClON.
FiNTt'RE, voir Faisture.
FiNYER, voir FniER.
FIOLE, voir FlLLOLE.
FiOLETE, - ette, s. f., petite liole, fla-
con :
tnlre ses bras l'aveit cil prise,
La fialelle od tut son beivre.
IMahic, Lai des deus Amam, 17i, Itoq.)
L«nr flolelrt et lor boisles.
(C. DE Coi«ci, de l'Emper., Kichcl. 23111,
f° 270'.)
Si en aportent en [la] lear terre
De lia] Sorie, en flolelei
De Tuire qni ponr ce «iint faitea.
KU Mir. de Sardenai, :(6C, C. ItaynauJ, ItoinaDla
I XI. p. 536.)
Et estoiat par une fiolete d'aiguë le feu
qui estoit hauz levez. (Vie Saint Nicholas
Richel. 988, f' 8*.)
Ciatus, fiolete. {Gloss. de Douai, Escal-
lier.)
FIS
Comtois, Besançon, fioulote.
1. FiOLLE, s. f., corde :
L'aqueloD desquirat comme une vies fiolle.
(Jek. Dts Preis. Gesle de Liège, iO-HH, Scheler,
' (Uoss. philol.)
2. FIOLLE, voir FiLLOI.E.
FiR, voir Fier.
FIIIGE, voir FlERCE.
FiRGEK, voir Fergek.
FiHGEs, voir Ferges.
FiRiGOULE, voir Ferigole.
FiRiR, voir Ferir.
FIRMAMENT, VOir FERMEMENT.
I FiRMAUMENT, adv., fermement :
11 seus est establement et firmaurnent.
(Laur., Somme, rus. Soiss. 208, 1" 36^)
FIRME, voir Fer.me.
FiRMER, voir Fermer.
FIKMIER, S. m. î
Eseorciers, celliers ou firmiers payu-
ront, par an, chacun six deniers de leyde
(1462, Orrf.,xv,o21.)
FiRMiTÉ, voir Fermeté.
FiROLR, voir Fieror.
FiiiTÉ, voir Fierté.
.Fis.\YB, voir Fissaye.
FISCAIGNE, voir FiSSAIGNE.
FisCELLE, voir Fissele.
FISECHIEN, voir FiSICtEN.
FisEL, voir Fdskl.
FisELE, voir Fissele.
FisiciAN, voir Fisiciek.
FisiciEN, phisicien, physicien, lisicyain,
phisiciain, phissicien, fisician, fisechien, fe-
sicien, fusicien, phusicien, fusesiien, fuses-
sien, fussicien, fusencien, fuisicien, fuizi-
cien, fuissisien, fuississien, fuissesin, féru-
sien, farissien, fulsien, s. m., médecin :
h'isieien par Inr escoles
En firent lunges granz paroles.
(Itou, 3* p., 23()7, Andresen.) Var., fiisiciens.
Il sot que ele estoit ençainte et par les
fustciens qui li distrent et par la damoisele
qui dist que ce ert voirs. (Lancelot, ms
iTibourg, f» 13«.) '
Oil voir, beau très doz amis,
Ket llenars, je garroie bien,
Se g'avoie nn fmcien.
{Renan, br. XI, UoO, Marlin.)
Ke sai nnl bon phusicim
>'e nal maistre cirorgicn.
(tienarl, Suppl., p. îO'J, Chabaille.)
t'eticien, tant «oit bon maistres.
(De rVtticorne, Bril. Mus. add. 13G06, f" 109''.)
Et derint bous [uaesiiem.
(Sept Sages, 370, Keller.)
Le fiuesaiien demanda
De son /rere comment li va.
tSiinci de Kamaij,\at. Turio, f ll^)
FIS
Tant fussent bon fuissisien.
(.Rose. Vat. Chr. l.S.SS, f° I3T.1
Malades ert, ce vous di bien,
Et disoieot si fussicien
Qu'il estoit en péril de niorl.
(PuiL. DE liEjii, Jean et Blonde, 1659, Bordier,
p. 235.)
Donc vint il a .i. fusesiien, se li dist qu'il
alast a Roume apries l'arcevesque de Sur,
et si l'enpuisonnast. (Chron. d'Ernoul,
p. 85, Mas-Latrie.) Var., fisicien. fisician,
fusicien.
Et nous dient les fisechiens que sa feivre
ne li puet par longeia durer. (Lelt. de la
Duch. Blanche au roi d'Anglet., Morice,
Hist. de Bret., I, 997.)
Maistre Johain de Hoire mon fisechien
(1271, Cart. du Val St Lambert, Richel. 1.
10176, t» 49''.)
Fisicyains de Salins, (Veille Annonc. 1293,
Goailles, Arch. Jura.)
Li fusencien et li astronomien avoient
deviné que ele aroit filz. {Contin. anon. de
la Chron. deJ. de S. Victor, Rec. des Hist..
XXI, 68S.)
Et je li diz que ce me fesoient li phisi-
cien, qui me disoient que j'avoie une grosse
teste. (JoLW., S. Louis, 23, Wailly,éd.l874.)
Plusour des cyrurf^iens et àe.s phisiciens
de l'ost alerent a li. (Id., ib., 173.)
Celui phissicien qui cognoist la manière
et l'ateraprence de la santei. (Boece de Con-
sol., ms. Berne 363, f° 51 v.)
Monta sur le tillas de la gallee, avec luy
les mires, cyrurgiens et fulsie.ns. (Wavrin,
Anchienn. Cron. d'Engkt., t. II, p. 121,
Soc. de l'H. de Fr.)
Maistre Jehan le fusicien. (1321, Arch.
Meuse B 492, f" 91 r».)
A un fusicien de ma dicte dame. (1365-66,
Compte de la D. d'Anjou, Arch. KK 24i,
f« 8 r».)
Willaume Touse, ferusien me dame le
conlesse de Flandre et d'Arthois, chapelain
de Saint-Amé. (16 sept. 1375, Transact.
Arch. niun. Douai.)
Jaques y fu amené pour conseillier les
fuiziciens. (1398, Grands jours de Troyes,
Arch. Xi' 9183, 1» 18 r».)
Bons fusesiiens et médecins. (Froiss.,
Chron., IV, 241, Luce, ms. Rome.)
Tant en farissiens comme en apoti-
queres. (Compt. de l'H.-D. d'Orl., 1409-10,
exp. comm. dom.. Hop. géu. Orléans.)
Hz ont concluz que l'on face payer aux
fusiciens demourans a Lion qui s'en sont
aies pour la mortalité pour les arrérages
qu'ilz doivent des tailles et de tous autres
communs. (13 juill. 1418, Reg.consul. de
Lyon, I, 124, Guigne.)
Martin le phisiciain. (1431-33, Compte,
Arch. Maine-et-Loire, E 34, f 49.)
Ne pour chose que ses physiciens lui
dissent il ne vouUoit meuger ne prendre
aucune réfection, et jucquës a ce que ses
fusiciens lui dirent que s'il ne mangoit il
estoit mort. (J. Chartier, Chron. de
Charl. VU, c. 287, Bibl. elz.)
Il n'est fisicien nu miro.
Tant saiche les anitres guérir,
Qni a ce myrouer uc so mire,
Et que tous ne faillent mourir.
(La Remembrance de la ilort, Poés. fr. des w"
et xvi» s.. Il, -206.)
De cette nature, disois je, si nous
croyons aux légistes, sont provignees
FIS
FIS
FIS
13
toutes leurs loix, de cette mesme les méde-
cins prindrent naissance, lesquels pour
cette occasion furent anciennement, ce me
semble, en la France appeliez par mot grec
physiciens, de ceste nature, les arts, de
ceste nature, les sciences. (E. Pasquieb,
Pourparler de la Loy.)
Les médecins s'appelloyent physiciens
pour s'estudier a la conservation de la na-
ture. (KAur.HET, de l'Orig. des dignit. et ma-
gist. de France, 1, 14, éd. 1611.)
Lors il me dit fin'il estoit bien marry
d'une chose que 1 on luy avoit ditte, qui
est que vos physiciens (car il usa de ce
mot, voulant dire vos médecins) vous
avoient défendu d'aller a la chasse.
(Sully, CEcon. roy., ch. cxvil, Michaud.)
— Fisiciene, pkisiciene, physiciene, fisi-
riane, fuissesine, s. f., femme médecin ;
Do 1.1 soustil fîsiciane (la Vierge),
De la sage cirurgiane
De Chartres une belle cure.
(J. Lemabchant, Mir. de N. D., ms. Charires,
f» lo-.)
Ne soi phisiciene.
(Chival. e sa dame, ms. Cambridge, Corpns, 5(1,
r eî'', p. Meyer.)
Maogré tous les faissisiens
Et les fuissesines meismes.
(Rose, Vat. Chr. 1858, f» 137^)
Et ont en tel guise la nue de tristece de-
parti et clioisi le ciel et pri cuer de reco-
gnoistre ma fisiciane.{Consol. de Boece, ms.
Montp. Il 43, f° 2».)
Famé est deliîrance des serfs,
llelievement du dûlant monde,
Physiciene des désirs.
La fleur oa tonte grâce habonde.
(Le Cheval, aux Dames.)
Bonrboiinais, fisechien, physicien.
FISICLE, voir FiSIQDE.
FisiCYAiN, voir FiSICIEN.
FisiNiER, s. m., taillandier, ouvrier
en fer :
Ledict jour que fenira le povoir et es-
chevinage desdicts douze esohevins qui
auront esté par le dessusdit temps et es-
pace, iceulx eschevins convocqueront a
son de cloche les dessusdits vingt quatre
conseillers, avec soixante quatre autres
notables, de Testât et condition dessusdict,
choisis es quatre quarts de la ville, par les
fisiniers ou maistres de fer de chascun
quart. (1471, Ord., xvil, 429 ; Arch. JJ 196,
pièce 186.)
FisiQiiE, - ke, phisique, fisicle, fusike,
fuiseque,fuisie (rime), s. t., médecine :
Ases sot de fusike, apris l'ot en s'enfance.
(Roum. d'Ali.r., f 61'', Micnelant.)
Si ai tel cliose qni m'esmaie,
Que fromaches n'est preuz a plaie,
Ne de Ini talent ne me prent,
Car fisicle le me defent.
{Rcnarl, 7313, Méon.;
Vos savez tant de la fuisie.
Bien me gnerriez d'idropisie.
(Ib., 10039.)
De fi fisiquc m'edeOe.
(Gl'IOT. Bible, 2500, Wolfart.)
Apres raengier l'cve demande,
. Q"^!' "■> fuiseque le commande.
(Msimem.d'm pire, conte xxn, 2ll,BibIioph fr.i
— Nature, espèce :
Mais il n'y ot si saige mire
Oni en sceust la vérité dire,
Qnel mal c'est ne de quel nature.
Tant en est la phisique obscure.
{Athis, ms. St Pétersbonrg 81, i" fi' )
— On trouve d'une façon bizarre la
fisiqiie de sa nature, en parlant d'une
femme, pour désigner ses parties natu-
relles :
La suppliante fist icelle femme couchier
envers et lui bouta un de ses dois en la
fisique de sa nature, et lors dist la dite
femme dudit Perrenet qu'elle touchoit ou
elle avoit mal. (1423, Arch. JJ 173, pièce
244.)
FisoLLE, s. f., cadavre 1
Dant preistre, dist Tympolle. gardeis ceste fisolle,
Miez venist qu'ai engliese retornesies vo rolle.
(Jeh. des PiiEis, Geste de Liège, 20266, Schcler,
Gloss. philol.)
Fi-SQUÉ, adj., confisqué :
Pour quoi la dicte rente nous est avenue
comme fisquee et commisse. (1339, Arch.
JJ 72, f° 302 V».)
FissAiGNE, fiscaigne, s. f., sorte de
danse d'un mouvement très vif :
Pensez qu'il n'y avoit ny fiscaigne (que
les chambrières et esclaves mores dansent
les dimanches a Malthe, en pleine place
devant le monde), ny sarabande qui en
approchast. (Bhant., des Dames, ix, 302,
Lalanne.)
Fissaigne, a certaine tumbling tricke.
(COTGR., éd. 1611.)
Se disait encore au commencement du
xvii° siècle :
Dispos pour danser la fissaigne
Autant qu'une chèvre brehaigne.
(1619, le itiroir de corttenlement, Var. hist. et
litt., II, 17.)
Cf. FiSSAYE.
FI.SSAYE, fisaye, s. f., sorte de danse :
La volte, la courante, la fisaye, que les
sorciers ont amenez d'Italie en France,
outre les mouvemens insolens et impu-
diques, ont cela de malheur qu'une infinité
d'homicides et avortements en adviennent.
(G. BoucHET, Screes, iv, Rouen 1635.)
Fissaye, a quicke and violent daunce
much used by the French. (CoTGR., éd.
1611.)
Cf. Fiscaigne.
FissEL, s. m., putois, chat sauvage ;
Une fisseliere a prendre bestes que on
appelle fissiaulx. (1446, Arch. JJ 176, pièce
498.)
FIS.SELE, fisselle, fisele, ficelle, fiscelle,
feisselle, feisele, faiscelle, faicelle, foissele,
foiselle, faisselle, foesselle, fessele, fesele,
fescelle, feiscelle, fasele, - elle, fasselle,
- ielle, s. t., petit panier d'osier, en
particulier corbeille ou paillasson servant
à presser ou h égoutter le lait caillé, le
fromage ; gobelet de bois :
Me valent mie .i. fronraage en fissele.
(fi. de Cambrai, Uichel. 2493, f 18 r"). Var.,
foiselle (A. T., p. 38.)
.Multra, faicelle. (Gloss. de Garl., Scheler,
Lex., p. 67.)
Car .Ml. formages en fasselle
I ot assis sus Niceté.
(HuON Di: Merï, Tornoiement de l'AttleerisI, p. 3.S,
Tarbé.) Var., fe.iielle, ap. Uoq.
Lors dist Drieus : La lourtercle
Doit bien avoir Heluis,
Car bien cante, et \& fisele
Anra IUrsent au grant pis.
(GiLL. DE Beuneville, .Scheler, 7'^(lu^|.Jc/J., p. 109.)
llanas et escueles
lit platians et foisseles.
(L'Ouslitlem. au vilain, IW. Mnntaiglon et Ilay.
naud, Fabl., Il, i:iS.)
Priez por lui, béguines, vielles et jovencellcs,
One par vous sera s'ame portée en deux flsselles.
(L'Evang. as famés, Dinani, Trouv. cambrés,,
p. 172.)
Femmes, priez por Ini, dames et damoiselles.
Et par vous soit s'ame mise entre deux faisselles.
(Id., ib., var. du ms. Ilichel. 1593.)
Par Tons sera portée l'ame entre .ii. foiselles.
(Id., ib., ras. Luzarche, S" 216.)
Ainsi comme il entroit en la sale a Paris,
il fu apareilliez qui le feri d'un formage en
foissele en mi le visage. (Menestr. de Beims,
338, Wailly.) Var., flssiele.
Ce samble .i. fromage em présure
Qui soit do la foissele issus.
(Floriant, 2172, Michel.)
Fiscella, feiscelle. [Gloss. de Couches.}
Fiscella, fessiele. {Gloss. de Douai, Es
cailler.)
Fisciiia, Aiissene a faire fourmage. (fiîoss.
lat.-gall., Richel. 1. 7684.)
Pour .VI. faisselles. (1333, Campt. de
l'hospice de Nevers, l"' reg.jf» 4 v»,Hospice
Nevers.)
Deux faisselles d'argent, blanches, rondes
et plates. (1360, Inv. du duc d'Anjou,
n° 773, Laborde.)
Une faisselle d'argent en un estui de cuir.
(1361, Invent, de la Reine J. de Bouloigne,
Bullet. du biblioph., XVllI, 1052.)
Aussi comme Moyses envelopé enla/"es-
selle. (J. GouLAiN, Ration., Richel. 437,
f= 170 r».)
Sept grans faesselles d'argent blanc.
(1380, Inv. de Ch. V, 1830, Labarte.)
Diogenes n'avoit fors une petite faisselle
ou hanap de fust a quoy il buvoit. (Raoul
DE Presles, Cité de Dieu, I. VIIT, cli. ii,
E.xpos., éd. 1486.)
Douce crayme le matin en foiselle.
(K. Desch., Pocs., Richel. .S4(l, f 232''.)
Un marchand encourt une amende pour
avoir vendu a mesure ou fissielle non en-
signie de l'ensaigne de le ville. (1403, Lille,
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Escuielles et platious, fisselles, louches
et aultres fustailles. (Travers du commenc.
du XV s.. Le Gard, Arch. Somme.)
Ma raere, ayant de moy pitié,
No me voulut péricliter,
Ne dedans la mer me jctter.
Mais une petite fiscelle
.Seulement prinl, dedans la quelle
Me boula comme en nng berceau.
(Yiel Teslam., 232:;3, A. T.) Impr., fistelle.
Dedans une fiscelle de joncs. (Fossetieb,
Cran. Marg., ms. Brux., I, f" 104 r".)
Kourmaige en faisselle.
(MABTiAL, Yig. de Ckarl. VII, !" 2i^ éd. H93.)
Par le nez, par la bouche et par les
oreilles fist saillir la cervelle, ainsi comme
faiot le laict de la ficelle quant on en faict
le fromage. (C. Mansidn, Bible des Pael. de
metam., f» 133 r^ éd. 1493.)
14
FIS
Ji" Iny porleray mon fonrm»;e i
Dfns «sic /WMr/d- lie joD \
. Mtrfterilfi ir là iUrpu/rilr. de la N»li»il« d«
Jmus Chrisl, l.yon, jf»n de Tonrnps, 151';. • i
F«T tuerllft d« jonc a ciillcr des lailage». |
(BiLLEJC, Egl: 1.^ 1
Qoe pleio«» «oienl nos faiseelles i
Pe fonrraage» sers et mon».
(Iloss , H»™».. 11. lî. Bibl. eli) I
Tous 1>^? foir^ je S( ivs bien traire les |
vaches, el faire les pelils frouiasesen leurs j
fahrelln. {Hist. Macear. de Merlin Cocc., i
VII, Bibl. pnnl.l [
Assis, enlrem'slet de jonc nn» faitcfllf.
(Vire.. /■«'. nr l' Tomh. ilr Rdurrl, é-t. lfi1-2.>
Se lit encore dans nn texte provincial •
du XVII* s. :
Ion fromage en la fesselle. (1634, Com- I
manderie de la Foucaudière, 9, Arcb.
Vienne.)
Norm., Orne, foie^Ur, vase percé de Irons
pour égonltpr le fromage, panier de jonc
qni sert an même usage. Poitou./icelle, fes-
selle. dans le même sens. Vienne, arr. de
Civray, Deux-SiHTes, faisselle, fesselle. D.- ,
Sèvres, arr. de Bressnire, el Champ., Aube, j
/■ow«ll« Vienne, Denx-Sèvres.cant. deMaz.,
fraUselle. Perche, freseelle, fracelle. Berry,
feiselle, fachelle, fersielle. Aunis, treuil à
ficelle, pressoir oii les raisins sont main-
tenus dans une claire-voie.
FissELiER, s. m., monle pour former
les fromages :
Un pot, une poellc, deux seau.x ferrez,
quatre pastes. un fisselier el trois cuve-
rons. (137.5, AimonI, Arcb, MM 30, f° 7 v" :
.Mamier, Command., p. 632 )
FissEi.iERK, s. f., piège pour prendre
les putois et les chats sauvages :
Une fisseliere a prendre bestes gue on
appelle Hssiaulx. (1446, Arch. JJ 176,
pièce 498.)
FISSERRON, S. m. •?
On dit que Jebanne Lebel, atteinte de
la lepre,a esleu sa sépulture par fisserrons
et roosehes. (15.5Î. Pèronne, ap. La Fons,
Glo$s. m».. Bibl. Amiens.)
FISSIEI.I.E, voir FiSSELE.
rissoLERE, S. f ., sorte de bateati léger :
Les scisneurs prennent souventesfois
plaisir en luy donnant l.i chasse, princi-
palement cn'tour Vcnise:carils rhoysissenl
nn temps calme, et se metteni sur certains
petits bateaux leçers, deux ou trois dou-
zaines de compaignie, qu'ils nomment /Is-
toleres voguees a cinq nu six hommes
chasciines.'(BEi.ON, JVat. des oi/s.. III, vu.
éd. l!55?i )
Fis'^oN, voir FiçoN.
FisTEi-, S. m., nlcère :
n'one fTinl milady» qni II niingoit le ncis,
ne flilel on de eranehe.
(Jm. fT.'i rr.r.i«, Cfile de Lieue. 4f.ll, Scheler,
ClôU. philol.)
Cf. FESTBP..
FisTissiiRE, voir FESTISSEI'BE.
KisTLE, voir Festre.
FIS
FISTON, s. m., terme de caresse,comme j
petit garçon, petit enfant : 1
Mon doux ami, mon fiston. (Du Fail,
Contes d'Eutrapel. Bibl. elz.)
Quant aux antres moyens, je n'y trouve
aucun nez, pour en faire si prand quan-
qnam que vous en faites, mon fiston de
Demonax. (Cholierks, les Apresdineei,
VI. f» 922 v% l-i\. 1587.)
Un fiston, un jeune badin, vulp. (OuDIN,
Curiosit. franc.)
Argot, fiston, petit flls, terme amical.
Bourg., Yonne, et Is'orm., pays de Caux et
Caen, fislon. jeune fils. Gnernesey, fiton,
polisson, enfant qui fait l'école bnisson-
nière.
FisTONNE.\u, s. m., petit gamin:
Un fistonneau, un jeune badin. (Oudin,
Curiosit. franc.)
FisTULACioN. S. f., art de jouer de la
flûte :
Doctrine (]p fistlilaeion. (Oresmk, PoUtiq.,
y p., f» 107% M. t'iSO.I
FisTUi-ATiF, adj., dp flûte :
Ponrce ilz amenèrent et niisrent musique
fiHulative ou de fistules en disciplines ou
doctrines. (OnESME, Politiq., 2» p., f^ 106%
I éd. 1489 )
1. FISTULE, S. f., flûte, chalumeau :
i Par ces choses maintenant dictes appert
(le quelx instruments l'en doit user. Car
les fistules ne sont pas a amener ou a mettre
en discipline... 11 semble que il entend par
fistules ceulx ou l'on souffle de la bouche
si comme sont de Dageoul, la trompe, la
cornemuse, etc. (Oresme, Politiq., 2" p.,
f» lOoS éd. 1489.)
2. FisTLTM-:, s. f., p.-ê. objet de menue
valeur :
Item .XV. pros viez en arpent comptent,
1 item en quasi fistule, .1. s. (Dec. 1397, /n-
' vent, de meubles de la mairie de Dijon,
I Arch. Côte-d'Or.)
On dit encore aujourd'hui en Bour-
gogne : Il n'y en a pas fistule, il n'y en a
pas fisture, pour dire : Il n'y en a pas un
atome, il n'y a rien du tout.
3. fistuTjE. s. f., fêlure :
Une moyenne couleuvrine estant par
iiventure trop chargée, ou bien ayant
quelque fistule, creva, dont l'un des eclas
rompit la jambe aud. lioiicard. (DuHei.i.ay,
Mem., liv. II, f" 38. éd. J569.)
Fi^TULEii, verbe.
— Act., jouer .sur la flûte :
Nous veons que se l'une des cordes qui
dyapason font se chante par humaine vois
et l'autre en la fleute ou en aucun instru-
ment musical, se s'en cnsicul il bon acort
et une mélodie, car les .il. cordes dessus-
dites, «oient chantées ou fistulees, ont ausi
comme un meisme son ou une meisme
vois. (EvnvRT riE Contv, Prnhl. d'Arist.,
Bichel. 210, f 234''.)
— Nentr., rauser une fistule, un abcès :
Car la presse ponrrîst le^ dens
Kl «i fait Irasce qni ptltilr.
(K. DB<;cHA>irs, Port., Riclicl. 810, f 186'".)
FLA
PisTi'LEiiR, s. m., joueur do finie :
Elle fut coutristee et courrouciee pour la
deshoonestelé de la face des fistuleurs, car
ilz enfloient leurs joues et leurs visaipes
laidement en soufflant en leurs fistules.
(Obesme, Politiq., i' p., f 107>, éd. 1489.)
FIT, voir Fi.
FiTE, ijiterj., fi !
i;t pins entor ces se delile (la mort)
Qui par fierté li Jient /!/c.
(De Morte. Ars. .ISOl. p. îa!*".!
FiTREAL, s. m., chAssp :
En fictre sain l.ambiert qni fui de riche pris
Fui enfermeit li corps sain Materne et assis
Par dedens une fitreal de bois qui fut raassis.
(Jfh. des Preis, Geste de Liège, '20113, Chron.
belg.)
Cf. FlERTRE.
FIUEMENT, voir FlEFFEMENT.
FIUFER, voir FlEFFER.
Fius, cas sujet, voir Feeil.
FivATiER, S. m., tenancier qui doit au
seigneur cavier cens, renie et autres de-
voirs :
Feudataires ou fivatiers. (Variante, dans
le registre du Parlement de Toulouse et
dans Vescorbiac, de Vordonn. de Ch. VUI
de mars 1483, Oïd., xix, 311.) Impr., /îno-
liers.
Les seigneurs caviers qni ont jnrisdic-
tion basse contre leurs fivatiers ne peuvent
exercer aucune jurisdiction contre aucuns
estranpers, sinon seulement entre leurs
dits fivatiers. (Coût, de la Bourt, Nouv.
Coût, peu., IV, 967*'.)
Fixiox, s. f., action de ficher :
Par la fi,xion des cloudz en ses très pré-
cieux piedz et mains. (C. Mansion, Bible
des Poet. de metam., (° 23 v», éd. U93.)
FIXURE, voir FlCHEURE.
FizEL, s. m., instrument de maçon,
l'équerre :
Or sa tost sa ceste trpelle.
Se martel, se plonc, se fizel.
(Mysl. de S. Clemnt. p. Sfi, Ahel.)
FizKLÉ, adj. ?
De gueules aune fesse d'ermine ftzelee a
Il tourteaux d'azur. (Armor. de Fr. de la
fin du XIV» s., Cab. hist., VI, 39.)
FLABANCE, voir Fablance.
KLABAUT, voir Frambaut.
FLABEEUR, VOir FaBI.EOR.
Fi>ABEL, voir Flavel.
FLABELLE, S. f., éventail :
Ainsi, quant il fut descendu, tout ardant
etplain de sueur, eu entrant en sa cham-
bre, il dist que on luy fîst du vent entour
luy avec une flabellé ; c'est comme une
esventovre de verges. (Guill. Tardif, les
Facecies' de Poge, p'. 20G, .Montaiplon.)
FLABELi.ER, V. a., rafraîchir comme
avec un éventail :
L'air, qui continuellement entre ennostre
corps pour pab'^lliv et refriperer le cœur.
(Paré, OE/(r., XXIII. in, Malpaigne.)
FLA
FLA
PLA
\i>
A fin que l'air frais et bon y entre le
matin et le soir, pour purifier la maison
des exhalations et vapeurs qui y sont rete-
nues, et le c.orroiiipi'ut d'avantasje s'il a'esl
csveuté et llubellé. (Id., ib., XXIV, xxi.)
FLAUËK, voir I'ableh.
FLAUESCK, voir FOIULECE.
FLABLER, VOU' FaULEU.
FLABomn, voir Faulikh.
b'LAUKK, adj. ?
Lubro matrone du cru tarlaria flaire,
J'ay juste cause se de tDy je me piaius.
(lîiUl, A.NDKE DE LA Vi(;aE, Cutiipt. et Epit. de. la
llazoche, Poés. le. Jca xv'elxyi' s.. xni,3;J0.)
1. FLAC, S. t., sorte de jeu; peut-être,
dit M. Cil. d'Hericault, le /iu.c dont parle
Rabelais, et qui est encore usité en Picar-
die; sorte de brelan ;
D'aulaut que n'ay aucuns deniers coutens,
S'il ne m'en vient, au cent, au triquelrac,
N'au glic aussi, ny au jeu fie la flac.
Plus uejourray. qui m'est griefve furtuDe.
(.KOC. BE COLLERÏE, Efiist., \>-i, Bill, elz.)
2. FLAC, flacque, flache, flesche, adj., qui
équivaut au mot refait flasque, mou, au
propre et au ligure :
Mes oie est HaJerolf durement alassel
K'il ne peol suslenir sun bon esru listet,
1^ iHult sunt ja /lac li cups de suu braiit aceret.
{Ihni. i:ui, Micliel.j luipr., /lai.
Graut taïaut avoiut de maogier;
Cbaican cheval estoit bien flac.
(GuiLL. DE St André, Libvre du bon Jeliaii, -2 132,
Cbarrière.)
Kùz anemis se moquent de nous etnous
reputeut [las et couars en guise de femmes.
(Bemsuibe, t. Liv., ms. Ste-Geu., 1'° U6''.)
Gens flacUes, faillis, reproches et desho-
nores. (14âi, ûrd., XI, 127.)
— Braiber.bons sont /las;
llh dobtent plus Ligois que le soris les cas.
(Jeu. des I'reis, Cesle de Liège, 26243, Scbeler,
Gtoss. philol.)
Y n'a que des chiens a bergers
l'ous ausy velus c'uoe vache,
Rt sy ont l'oreille ausy flache
Kt ausy mnle c'one trippe.
^Faice d'un Geutilh. et son page, p. 1 i, ap. I.er.
de Lincy et Michel, Farces, moral, el serin.joi/.,
I.)
Nous autres homoies sommes plus flaches
et plus paresseux que Sardauapalus qui
n'estoit instruit en lov divine. (UoccaCe,
Nobles malh., If, 13, 1» 38 r", éd. 15lo.)
Et si y a uiig poiuct queje crains beau-
coup, qu'est que s'ilz voient que en cecy
nous allions jlesches, ilz se retireront eu
beaucoup d'aullres choses de l'espoir qu'ilz
uous ont demoustré. (.lO oct. loo8, Pap.
d'Et. de Granvelle, v, 330, Doc. ined.)
Que ce coc d'inde est flac .'
(D'KsTERMODE, l'Espadon sattiique, sat. I, Bibl.
gaulj
Ceux qui sont /lacs et tardifs en l'acte de
mariage. (J. G. P OccvU. mero. de nat.,
p. 236, éd. io6-:
Juges negligeus et flaches. (1570, Lille,
ap. La Fous, Gloss.ms., Bibl. Amiens.)
Grands veutres, /lacques et mois. (G.
BouCHET, Serees, iv, 169, Iloyhet.)
Oenev., /laque. Lorr., fidche. Fillières,
fialih. Champ., Bourf
Berry, lldclie.
3. l'-LAC, voir Flat.
Yonne, .Morv.
FLACAiE, voir Flassaie.
FLAC.VKGNis, S. f., Miotif i iiijure, à
brocard :
Malle bouche qui riens u'espargne
.Sur cbascun trouve sa ftacargne.
{Rose, 4000, I.antin de LIamerey.)
Le texte de Méoii, v. 3920, porte :
Trueve a cbascune quelque herne.
FLACCONNEU, voir Flaconner.
1. FLACHE, S. f., partie du bois équarri
que la hache ou la scie n'ont point at-
teinte, et qui est restée en dessous du
plan ou de l'arête d'équarrissage :
Lequel fou me doit estre livré et signé
par le verdier de ladicte forest, qui en
aquite deniers pour soucaige et n'en doy
avoir fors que la flache et tout le groz,
sauf les branches. (1408, Ueiiombr. du
balll. de Conslenlin, Arcli. P304,f" 103 r«.)
Alias, cleche.
On lit dans le DicUounaire de Commerce
de Savary des Bruslons :
Flaches. Terme de commerce et d'exploi-
tation de bois. Ce sont les endroits les
plus proches de l'écorce, qu'on nomme
autrement Aubier. Ces flaches doivent
s'ôter en équarrissant les arbres.
Berry, fidche : « Ce soliveau a bien du
fidche. • (Jacbert, Gloss. du Centre de
la France.)
Prévost , dans son Manuel Lexique,
donne l'adjectif flacheux, et dit : Le bois
fiacheux est celui qui, n'élant p:is bien
équarri, est dilBcile à toiser.
2. FLACHE, fiasche, fiaischt, fiaske, fien-
que, flèche, s. f. et m., bouteille, flacons
petit tonneau, vaisseau à mettre du vin ;
servait parfois de mesure :
El dist Ogiûrs : Ce ne pris une /lesgue.
UUiao., Ogier. 11410, Barruis.)
Vaisselez de fust plains de vin. Ici del
pople sont apeleit flaisches. [Dial. StGreg.,
p. 81, Foerster.)
Flèche de pois doit obole... pois que l'en
apele poiaz, qui ne sont flèche. (E. BoiL.,
Liv. des mest., 2" p., il, 83, Lespinasse et
Bonnardot.)
Deux arpens de terre aveq deu.ï quar-
tiers de terre... a la redevance de .vl.
flaches pour annuel cens. {Chart. de 1288,
ap. Duc, Fliches.)
La fiasche de poiz doit .i. s. de conduit.
Li Péages de Sauz le roi, Arch. P 1189.)
Li sas de pois et de warpot .iiii. den.
et la flache une obole. (Consuet. feriar.
Trecem, liicbel. 1. 381i5, [•> 148 r°, ap.
Duc, Fiachia.)
Mais bouteilles d'estain, de bos et de
quir trueve on de toutes mesures, et assi
les nomme on flaskes. (Dial. fr.-flam.,
f°3S .Michelaut.)
Deux flasques d'argent,gaudronnes,moic-
tié dorées et moitié blanches, pesant en-
semble. xlv. m. (iSiO, Invent, de Georges!,
card. d'Amb., ap. Laborde, Emaii.r.)
La aussi nous dist estre un fiasque de
sang greal, chose devine, et a peu de
gens cogneue. (Bab., v, 10, Jacob.)
Ils avoient sur leurs espaules des man-
teaux courts et le fiasque a la ceinture.
(Hist. Maccar. de Merlin Cocc, c. xxiii,
Bibl. gaul.)
— En particulier, poin; à poudre:
Quand le page maling, au flasque de sou mai^ire
.\yaut volé la poudre.
(Bvir, cité par I.a FRA.MBOisnnE, p. lo.)
Le feu priut eu son fiasque. (Pahé,
OEuv., IX, 1" dise, Malgaigiie.)
Le fiasque, qu'on appelloit ainsi, estoit
de mesmes, voire pis. comme de quelque
cuyr boully ou de corne : bref toute chose
chetifve. (Brant., Couronn. fr., VI, 73,
Lalanue.)
3. FLACHE, s. f., lieu plein d'eau et
de boue :
Ains me fauit tenir deux eschaces
Kt mon corps traîner par les flaches
Se je vueil nulle part alcr.
(ihr. N. b., xsii, liOl, A. T.)
4. FLACHE, voir Flac.
FLACHEL, S. 111., espêcB de bâton :
Un baston de cotteret, autrementnommé
flachel. (1458, Arcb. JJ 189, pièce 266.)
FL.vciiESSE, flaquesse, fiuquece, s. f..
mollesse, inertie :
Se uns homs fust en une aiguë et fust
en péril de noier, et il seust noer, et par
sa flachesse il ne se vousist aidier pour soi
délivrer de mort. {Sydrac, Ars. 2320, §
491.)
Si bien liastivemeut ne y pourveisses,
ycest voustre pais est pardu, et ne veoy
autremcut qu'il se puisse sauver, se ne
soit pour flaquece des Frauceoys. {Lelt. du
22 juill. 1406, Reg. de la jur., a Ed. III,
Arcb. mun. Bordeaux.)
Et s'escandalisa ainsy d'elle mesme,
non (]u'elle en fust bien cause propre-
ment, mais son mary, qui par sa debo-
lesse, flaquesse et moilitude se gasta luy
mesme. Bhant , Dam. gai., 1" dise, Bu-
chon.)
FLACHET, flaschel, flasquet,A. m., di-
niin. de flache, petit flacon :
Pour porter .li. /lâchez de viu
Touz pleins au saiut homme devin.
(Dial. de S. Creg., ms. livreui, f» 42''.;
•Si li dist : Beau Qlz, ne huit mie
bu /lachel ijue tu aportoies.
Il Scsi le /laschrl gianl erre.
(«., P 13".)
— Poire à poudre :
Leurs flasquelz ne valoient guieres dcju
plus. (BiiANr., Couronn. fr., VI, 72, La-
lanne.)
FLACHiEit, flacquier, s. ni., mare d'eau,
eau qui ne coule pas :
La mer morte est comme on diroil ung
flacquier emmy les champz, ou ce seroit
eoinme eaue et marie enssamble. {Trésor
des histoires, ms. Valencienues 493.)
FLACHIEUE, voir Fl-ECHIEltE.
FLACHiET, S. m., inarc d'eau :
Jfi
FL\
l'D grant ftachiel plain d'aighe ciornianl.
(Froiss., Chron., X, 83, Kerv.)
H.-Norm., vallée d'Yères, pays de Bray
et pays de Caux, flaquet, petite flaque
d'eaa.
1. FLACHIR, flaquir, flasehir, (laischir,
verbe.
— Act, rendre flasque, mou, aCfaiblir :
Li mareschaux avoit plus grant despit
dou prince, que pour occasion de la si-
niODie de ce que il avoit eu dou conte,
fiachoU la raison de la contesse et souffroit
que li contes parloit ainsi hautement en
sa court, que il n'avoit dou conte. (Liv.
de la Conq. de ta Morée, p. 43S, Buchon.)
— Réfl., s'amollir, s'affaiblir :
Et disoit en oultre que en ceste manière
la force de ceulx en qui puissance estoit
toute leur fiance se flaquiroit en leurs
corps et en leurs corages qui la feroil lan-
guir par aucun pou de délai. (Bersuire, T.
Liv., ms. Ste-r,en., f» 116*.)
— Nentr.jSe flétrir :
Le» roses ne li lis non i flachiesont. les
Hors i sont toi j ors. (Pass. S. ,\fath..K\-
chel. 818, f» 189 v».)
— Flachi, part, passé, flétri :
Sa racine (du polipode) soit cueillie et
nettoyée, puis soit par ung jour sechee au
soleil, et elle se pourra garder par deux
ans en boute, et doit on choisir celle ra-
cine qu'est aucunement verte, car celle qui
est du tout fiaischie n'est pas bonne. (Le
grant Herbier, f^ 84 r», Nyvenl.)
Morv., fldci, v. a., faner, flétrir.
8. FLACHiR, voir Flatir.
FLACHis, - acquis, s. m., mare d'eau :
Et avoient au devant d'culx ung bien
grant ftacquis de cane dormant. (Froiss.,
Chron., Richel. 2644, f» 203 r".)
Un grant flacMs tout plain d'aige et
grans marescages. (Id.. ib., IX, 361, var.,
Kerv.)
FLACISABLE, VOir FLKCHISSABLE.
FUACOi-E, flacolle, voir Facule.
FLACON'CEL, S. m., petit flacon :
Aucuns signeurs avoient petis /taconeiaus
plains de vin. (Froiss., Chron., VI, 119,
Luce.)
FLACONVEit, flacc., V. n., vider des fla-
cons :
Et tous /loeconnerentsibien que le bruyt
vint partout le camp comment le prison-
niprestoit de retour. (Rab., 1. II, ch.27, "'•d.
1M2)
pi-ACONNF-T, /lasc, S. m., petit flacon :
Ln^ peti? I.iblcaiix d'or en façon d'un
flaconnet. (1400, Pièces retat. aurèg.de
Ch. Vf, II. 332. Dourt d'Arcq.)
Ilola! il me rient appi^tit
Du Tiiiler mon /Ituconnrl.
Ponrtanl me faolt bojte unfi petit
De re Tin tont cler et tool net.
(Mfil. de .S. nid., p. 179, Curnanilet.)
1. FL,ACOL'B, voir FLAC.
i. Fi.AcuuE, voir Flasque.
Ff.ArouKAU, s. m., tas, monceau :
FL.\
Tous les jours les murs s'nbattoienl, et
y cheoient devant eux par grands flac-
queattx, auxquels il falloil nipttre résis-
tance, et les remplir de foins, de bois, de
terre. (G. Chastkll., Chron., I, 156, Kerv.)
FLACQUER (se), V. réfl., SB jeter avec
force, se mettre, se flchor :
Flacquons nous la et daubons des mâ-
choires. {Comédie des prov., II, 3, Ane.
Th. fr., IX, 50.)
1. FLACQUIER, voir F(,ACHIER.
2. FLACauiER, VOirFLASSIEH
FLACQUis, voir Flachis.
FLACTiR, voir Flatir.
1. FLAEL, flaiel, flayau, fliel, s. m., arme
oITensive, composée d'une masse de fer
retenue par nn bout de chaîne, par une
bande de cuir ou une hielle, à l'extrémité
d'un bâton :
Son /lad prent et met on place,
A Genfiroy sur le heaume en donne.
(xiv* B., le Livre de Lusignan, Mêlas., .S310,
Micbel.)
Des maces de Damas, de flittu.v
Des piqnes qne les Flamens ont...
(E. Descbamps, Poés., Uichel. 840, f» 350».)
— Fig., aflliction :
Dens me doinst ançois tel ator
El tel /laie! et tele entente
Dont ma car despite se sente.
(Ste nais, Ars. 3S27, f° ItJ.'i
— Sujet d'affliction ;
Regarde, France, et voy - omment besongue
Ton fort payait, le hanlt prince d'Oranfte.
(MoM.vET, Cliaiu. sur ta Journée de Guineyale,
ap. I.er. de Lincy, Ch. hist. fr-, I, 3fl4.) \
2. Pi.AEL, voir Frael.
FLAELE, /?ajreJ/e, s. f., fléau, punition :
Mais Dex plevis ma loianté,
Qne sor mon cors mete flaele
S'onqnes, fors cil qui m'ot pocele,
Out m'amistié encor nul jor.
{Tristan, t. I. p. 4, Michel.)
En flagelle dn vice,
(/-a Compl. de Dignanl, 191, Anal, leod., dans les
Chron. Iielg.)
Dont cesseroient plusieurs punitions et
Pagettes de Dieu. (Seyssel, fa Grand mo-
narchie, II, 14, éd. 1540.)
Fi.AELEMENT, flaielemcnt, - ont, flayel-
lement, s. m., coup de fouet, flagellation :
Il bat les nns dirersement
El donc son flaelemant.
(nom. des trois Ennem., Ars. .';201, p. 260''.)
natures et Jlaelemens. {Heures de la Pass.
J.-C, Richel. 15212, f 152 r».)
Apres tonrmens, labeurs de corps et veines.
.Mille tonSOet», /lagellrmens, et peines.
(Cr.. Mas., Trisi. eers de Beroald, éd. tiiOB.)
— Fig. :
Amis, qn'icisl flaietemfnl
Qui tant nnt duré Innjement,
Fait il, que des ore mais remaienint,
Dont treslote la genz «e plaiinent.
(Des.. D. dr Korm , II, 4«C4, Michel.)
1. FLAGLER, jtaHler, jlaiekr, flageller,
verbe.
FLA
— Act., fouetter, fustiger :
En travail des urnes ne sunt, e od humes
n&serunt Mêlé. {Liv. des Ps., Cambridge,
LXXIl, S, Michel.)
Ki l;i unques murmurel del flael Deu, ke
fait nltre chose ];e acuseir la justice de celui
ki ftaelet {Job, p. 489, Leroux de Lincy.)
Le vendredi laissas ton cors crocefier,
Combalre et flacller et de lance percier.
■ fJ. BoD., Sa.t,, ccLvii, Michel.)
Li diables sur els cnreienl
K paeloenl e si bateient.
(Marik, Purg. de S. Patrice, 1017, Roq.)
Cil qui ad malvais père, raalvaise est s'eritez :
Cil qui ad fieble chief. sovent est flaelez.
(Thom. le mari., 128, Bekker.)
— Fig., châtier, tourmenter, faire souf-
frir :
Quant ma chançon li dira lanonvelc
De la dolour qni pour loi me /Jaele.
(Tnin., Chaiis., ms. Berne 231, t° 8.)
De la douleur, qni ponr lui me flaelle.
(iD., ib., p. 05, Tarbé.)
Çans qu'il pins aime çans flaielle.
(G. deCoinci, Mir., ms. Brnx., f 123''.)
Cest jugement est repelez.
Car sanz nus n'ert pas jugez,
Sanz nns est trop flaeles :
Pur ceo deit trover pilez.
(Lib. Psalm., Oxf., Préf., p. xxix, Michel.)
Mes la mort, qui les bons flaele,
A aporlé félon flael.
fRuTEB., de Monseigneur Anseau de l'isle, Jub., I,
88.)
Apres ce que la divine puisance Vol eus
flaelé et châtié. {Chron. de S.-Den. ,ms. Ste
Geu., f» 254''.) P. Paris, /?aei/é.
Lors flaela Dieus Pharaon et sa maisoun
de moult de flaels. (Bible, Genèse, ch. 12,
V. 17, Richel. 1.)
Et cil sunt flaelez que avant alerent as
overeignes des fil Israël. {Ib., Exode, ch.b,
vers. 14.)
— Neutr., être tourmenté, être agité,
s'agiter :
Ogier l'entent, toi le cuer li flaele;
Ben set c'est feme au cri qi li ot fere.
(ItAiMB., Ogier, 11894, Barrois.)
ses .II. mains qn'il ot sor sa forcele
La vie saut qni el cors li flaele.
(Meschans, 829, Jonckb.. Cuill. d'Or.)
Bien sent la mort qui el cors me flaele.
(Li Covenans Vivien, 1859, ib.)
Voit le li rois ; tonl li coer li flaele.
(Auherii le Bouraoing, p. 30, Tarbé.)
Plus dolente el plus morne que n'est la touriciele
Qui a perdu iion niasie, dont le cuer li flaele.
(neuv. d'Aigrem., Uichel. 766, f 3».)
Cuors de famé est li chandiaus d'ues :
Plus est tornanz ne soit eslnes,
Kt pins haleté el plus flaiele
(lue ne fet boillons en paele.
(Le Blastange des famés, Jnb., Jongleurs el Trou-
vères, p. 75 ; Uichel. 837, f" 2i0.)
.... Li cuer li flaele.
(Jeh. des Pkeis, Gesle de Liège, II, 1778, Sche-
1er, Gloss. pMIol.)
Norm., Bessin, flleler, être agité par le
vent en parlant d'une fenêtre, d'une
porte.
2. FLAEbiiii, voir Flagkler.
FLA
KL A
FLA
Fi.vEi.os, fraielluz, s. m., celui qui
manie le fléau :
Che je paisse comancer et acomplir l'ioslor
ne AUlle, fraielluz Dei, li fans anmansor.
(il*, prit». Mile, ms. Modène)
FLAERYER, VOir FLAIRIER.
FL.VEUTEUU, voir Flauteur.
1. FLAGE, flaige, s. m., champ, place
en général :
De tantes et de tret porpreanent molt grant flage.
(J. BoD., Sax., Lxi, Tar., Michel.) Autre var.,
flaige.
— En particulier, champ de bataille:
Dleat D.inois l'aos l'aulre ea son langaige :
Puions nos ent, si lor laissons \e flaige ;
Car ceste gent est vers nos trop savaîfie.
{Aiiieri, p. S5, Tobler.)
U est trop fol qui petit borne btasme
Quant il le voit entrer en tel bataille,
Qnaot je entrai hui main en cesloi /iage
Sachiez de voir ge le tien a folage.
(Aim. deHarli., Kichel. "24369, f° 80 V.)
— Bouge, cuisine :
Le suppliant et aucuns autres entrèrent
en la maison d'un tavernier et trouvèrent
au flage ou bouge d'icelle ledit Casin.
(1403, Arch. JJ 158, pièce 82.)
2. PLAGE, S. m., gain, butin :
Mais pnisqn'alnsi est vostre melencolje.
Qu'avez pour ce snr celle advantage;
Le uiienU venu trouvera povre flage.
(Perceforesl, vol. VI, 1° 'jr, éd. 15-28.)
^. FLAGE, S. m., sorte de monnaie :
Pour planter pois par .viir. femmes a .v.
flages le jour val .vu. gros. (Compte de 1353,
Lille, ap. La Fous, Gloss. ws. , Bibl. |
Amiens.)
FL.VGEL, - eau, s. m.; flageolet : |
Fistula, flageau. {Gloss. gall.-lat., Richel.
1. 7684.)
FLAGELER, flaelei', V. 11., jouer de la
tlùte :
Flageler, listulor. (Gl. gall.-lat., Richel.
1. 7684.)
— Fig. :
Si savent (les drafions) flaeler de la
langue, que les foie chetives déçoivent, et
les mêlent au desoz par leur //ae(er de
lors langues. {La response del Best, mestre
Rich.de Furnival, li Cocodrille, Hippeau.)
FLAGELEiiR, S. 111., joueur de flûte :
Flageleur, fistulator. {Gloss. gall.-lat.,
Richel. 1. 7684.)
FLAGELLACiON, S. f., aclion de battre
le grain :
Et dévoient remanoir en ledicte granche
lez estrains, esteules anz flagellacton re-
conmencbie. (Cft. de 1282, Clerm., Richel.
4663, f" 108 r".)
FLAGELLE, VOir FLAELE.
PLAGELLE.MENT, VOir FLAELEMENT.
FLAGELLEUR, S. Hi., celul qui tour-
mente, qui opprime :
Ennemis de paix, flagelleurs de peuples.
(J. MoLLNET, Chron., ch. lxvi, Buchon )
— Flagellant :
Toutes les bonnes villes estoient plaines
de celles gens, lesquelles s'appelloieut
flagelteurs et confrères par manière d'a-
liauce. (Jehan Le Bel, Chron., 1, 204, Po-
lain.)
Celle sette de flagelleurs courroit par le
monde. (Id., ib., 1, 205 )
FLAGELLEURE, ftagellure, s. f., coup
de fouet, flagellation :
Comme aigneau a l'ocrision.
Sera mené, sans qu'il murmure
De quelque grande ftagelture
Qu'on luy face.
(Viel Test., 9626, A. T.)
Mais pour verberation ou flagelleure
qu'ilz luy sceussent faire il ne parla plus
bas. (BouRGOiNG, Bat. Jud., vil, 25, éd.
1530.)
FLAGEOL, -jol, - joil, S. ui., flageolet,
petite flûte ;
J'ai souPtes de trop beau tor.
J'ai de bons jlageus a pastor-
(bil d'un Mercier, Crapelel, Pror. et Dicl. po-
pul., p. 151.)
Lors r'oissîez trompes sonner,
Corz, tabourz, flagens et chevretes.
(GuiART, Rotj. ïign., 11920, W. et D.)
Tabourz sonnent, et flagiej: pipent.
(iD., a., 18091.)
Dont il (ist flajolz gracieux.
(Chr. m PisAN, Liv. du Chemin de long estude,
1062, Piiscbel.)
II me fanlt on Dente on flajoil.
(mtiv. N.-S. J.-C.,lab., Mysl., II, 73.)
Romps les flageols, Dieu Pan, par violence.
(Cl.. Mar., Dallad., Caresm.1
Plus ne m'orrez Venus metire en avant,
Ne du flageol sonner chant Bucolique.
(Id., Opusc, à Fr.de Bourè.)
Tay toi petit flajol : o petite muzette
Haussant ta foible vois ne fay de la trompette.
(J.-A. riF. Baif, F.clogties, 1, éd. 1573.)
Qai musette et flageol a ses lèvres usa
Pour le donner plaisir.
(Ross., .\mours. 11, xi.vii, le Voy. de Tours, Bibl.
elz.)
Et les soufllets jetteront leur vent de-
dans certains flajols. (I'alissy, Recepte,
Cap.)
— Fig., menterie, tromperie :
Meschantement endorniye ay esté
Par les /laijeolz dn vent de trahison.
(1513, le Depuciilage de la ville de Tournaij,
Arch. dn ÎSord de la France, nonv. sér , I.
377.)
— Bavarilage :
Comme le saige serpent
Qui an doulz son va s'oreille estoupant
Que prins ne soit, doit dame avoir pensée,
Sans esconler le flajol de tel gent ;
De refuser soil saige et diligent,
Que pas ne soit par tel vent assolée.
(E. Desciiamps, Pops., liichel. 810, f 2c 3.)
FLAGEOLEMENT, - gollement, - jolement,
s. m., action de jouer du flageolet et le
son de cet instrument :
"Vint ung bedonneur ou llagolleur devant
l'uis de la taverne, ou bedonnemeat ou
flagollement duquel gens se assemblèrent.
(1425, Arch. .1.1 173, pièce 239.)
Fist grant bruit et /lajolemeal.
{Pasioralet, ms. Brux., f" 3G v".)
FLAGEOLER, - goler, - joler, - oller,
verbe.
— Neutr., jouer de la flûte, du flageolet :
J'oi Bobin flagnler
Au flagol d'argent.
(A. DE LA Halle, li Cievs de Itobin et de Marion,
p. 375, Coussemaker.)
Tenant en sa main senestre ung flajol
dont il alla pas a pas flajolant. {Met. d'Ov.,
Vat. Chr. 1686, f 26 r».)
Savoir flajoller et du bas voler par des-
soubz la feiille. (xV s., Yalenciennes, ap.
La Fous, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
— Act., chanter sur le flageolet :
Ponr ce que ma dame vonloit
One nos amours fussent chantées
Par les mes et flajolees.
(G. Mach., Poés., Richel. 9221, f° 203'.)
Pasteur qui conduiras en ce lieu Ion troupeau,
Flageollant une eclogue en ton tnyan d'aveioe.
(RoKS., Sonti. pour Hélène, II, viir, Bibl. elz.)
— Neutr., causer, babiller, plaisanter,
dire des sornettes, des fariboles :
A çaus qui musent et /lagnlenl.
(G. DE CoiNci, ilir., ms. Brux., f" 216».)
Voicet aillors flajoleir.
Ne revaigno plus vers mi.
(Rom. et past., Il, 94, 'J, Bartsch.;
Ta as fait le moine voler
Par force de tes grans richesses :
Mais riens n'y vaut le flajoter:
INe te fle point en promesses.
{Dit rimé qui fu fait ponr un pretost de Paris
nommé Hugues Aul/riol, Richel. I. 4641, f 150.;
Et von s a lez cy flajolant
Dont le cner ay forment dolent.
(Chr. de Pisan, Liv. du Chemin de lorni estude,
3931, Piischel.)
Ça, sans plus flageoller.
Mon argeut.
(Pathelin, p. 52, Jacob.)
Et. par Dieu, c'est trop flageollé.
Uli., p. 108.)
Je croy qu'il nous cuide enchanter
Pour nous /lajoller en l'oreille.
(Greban, ilist. de la pass., 23278, G. Paris.)
Mais d'où viens tu de flagoller:'
(Farce de Mimin, Ane. Th. fr.. 11, 313.)
— Act., dire en bavardant :
Paix ! J'escoute
iVe sçay quoy qn'il va flageollant.
(Pathelin, p. 65, Jacob.)
Ne haute point les manidicles escolles
De Faulx semblant : mais en Dien le consoUes
Sans que le cueur soit de faincle taché.
Ou ton esprit sera bas attaché.
Quelque oraison que des lèvres ftajolles.
An cuenr gist tont.
(J. Marot, Docir. des Princesses, xxil. Rond.,
éd. 1532.)
— Tromper, piper :
Mais bien croi qn'.ia derrain créasse
Barat, s'autre conseil n'eusse.
Car si bel m'avoit flajolé
Que tout sus m'avoit affolé.
(Bruïant, Chemin de poireté et de richesse, i la
suite du ilénagicr. II, 27, Biblioph. fr.)
Et le me laissez flageoler.
Car il n'en aura autre chose.
(Pathelin, p. 49, Jacob.)
Flageoler, jouer du flageolet, appartient
2t la langue moderne.
I»
R.\
FLA
FLA
FLAGEOLKHIK, S. (., ACtioIl (lo jOUef tlU
Qageolet :
Pour ce u'abaissez point la poésie a la
ineneslrerip, violerie et flngeolerie. (Ch.
Fontaine, QuiiM Hor., p. 407, Person.)
ti..\OKoi.Bi.ii,-joteur, - goleur,-golleur,
s. ni., joueur de llute, de flageolet :
M luette est sur le perluis de l'auhplit
ainsi comaie est le doit du (lagoleur sur le ,
Irou de la felnlle. (B. DB CoRD., Pratiq.,
IV, 2, éd. U95.)
Vint un;; bedonneurou ^/agodeiir devjint
l'uis de la taverne, ou bedonneuient ou
flasollenient duquel gens se assemblèrent.
(IIS3, .\rcb. JJ 173, pièce 239.)
— Fi^'., flatteur, engeùleur :
A un^ baillarl, vanteur et meuteur
ordinaire, rien u'est si déplaisant que
quand ou le reprend, de laquelle folie
congnoist tout huuiuie snige qui escoutc
les paroUes d'uug tel flajoieur, qu'il nourit
un cocu scabreux et le assouage de ses
mains. (\ef des Fols, f« 39', ap. SlePal.)
Borel, dans son Trésor, donne flaioleux,
conteur de sornettes et de bagatelles.
FuiuEoi.mit, flajoWer, s. m., joueur de
flageolet :
Aux burpeurs rt jlojolliers. (1492. S.
Umer, ap. Lu Fous, Gloss. ms., Bibl.
.\miens.)
FLAGEOT, flajol, flagot, s. m., flageolet,
petite flûte :
Oiie fflJDS Tant a oir qne flajot ne restiel.
(flow». d'Alix., ^ lî», Michelanl.i
Chaseaoi ot muiete,
Wpe, /lajol et frelel.
(«on», el put., Bariscb, II, 30, 4.)
L'aatrier pasloare seoit
l.ODC QQ boisioD ;
Agoiaos i:arJoit, si aroit
fiojot, pipe et bastoa.
iJoctux Dc ISbcces, Cha«s., Scbeler. Trour. belg.,
p 154.)
Et des fittjn et des «ieles
I tant les mélodies bêles.
ibvrmars le Gallois, 77i", Steogel.)
Troupes taotir, sooer labors,
Flajol, fretel font lors labor.
iBkETEi., Tourn. de Chauc, 785, Delmolte.l
Trompeot flaiol, tabors, frelel.
(Id., I*., 1336.1
J'emporte nitc mi
Flagol. mus« et frelel joli
Oo'oa m'a earoTé de CoaloOrwe
l'oor le pastoorel de Berri
Kl la pastoure de Boaloagoe.
(Kaoïs*., Poés., Il, 338, .lu, Scheler.)
FLAGERADE, S. t., cspëce d'arme oITen-
sive ; mot employé dans les régions du
midi comme fta'jeron :
Icellui Uolsera frappa ung grant cop
d'une flagerade sur le cap d'icelliii flUet...
Le suppliant frappa d'une lance. (147C,
Arch. JJ 204, pièce i58.)
FLAGBRON, s. m., sort<; de bâton :
Un baston sans fer, nommé flagerotl, ai-
guisièa bout. (1418, Arcb.JJ l'O.pièce 140.)
FLAoïct;, s. /., action bonli'use. in-
fâme :
Ytn.'iyiner ne puis /Jai/icf
>t> lorraeat dit;ne a recouiptosc
Oo si irant et si Tillain vice.
(Therencf m /ranf., t» 58^ Verard.)
Mais i-omment on peut on sonjîer
Ou'il y :iit flai/icf ou dangier
One je soye mené par franldu
Ku la maison d'une ribautde.
(/«., f loi».)
Honteux suis quant je me vois
Tir mes flagicfs débouté
P*- la paleroetle bonté.
ilh., fiiT».)
PLAGiciELs, jlagUieus, adj., déshono-
rant, infime :
Cliascuus llagitieus estrc quites d'em-
prendre a mal l'aire. (Boecede ConsoL, ms.
Berne 363, f 7 v».)
Ou seront cenix
Qai diront qne pagicieur
Sera l'ouvrage que je lays.
(Therrnce en l'rani;., f" Mi", VcrarJ.)
Je vous demaude se uug hoiumi; de bien
et d'honneur suyvra la maison flagitieuse
et pleine de tourmens pour liayr et haban-
donner les siens. (BouKGOING, Bat. Jud.,
VI, 31, éd. 1530.)
Par les dites longues guerres se sont le-
vez quelques aventuriers, cens vagabons,
oiseux, perduz, meschaus, flagilieiix, aban-
donnas a tous vices. {Edil de Fr. 1" qui
enjoint de courir sus aux aventuriers, etc.,
2o sept. 1523.)
Choses abominables et flagitieuses. (Le
Plessis, Eihiq. d'Arisl., t" 32 v, éd. 1553.)
FLAGIERE, VOir FLECUIEIIK.
i'X.\GOLER, voir Flageoler.
FL.vGOLEUR, voir Flageoleur.
FLAGOLLEMENT, VOir KLAOEÛLEMENT.
FLAGORNER, verbe.
— Neutr., bavarder :
llelas ! sire,
Cbascnn n'a pas si faim de rire.
Comme vous, ne de flagorner.
(Palhehn, p. 53, Jacob.)
— Act., dire à l'oreille :
Apres que Aruaull eust dit ces choses
publiquemeut vint flagorner et mettre es
oreilles du rov que... {Mer des cran., f" 57
r», éd. 1532.) "
C'est tout le même langaige que mon-
dict maistre a flagorné aux oreilles du duc
de Nevers. (Cahloix, Mém., V, 2, éd. 1757.)
FLAGOT, voir Flajot.
FLAGRANCE,-anc/ie, s. 1., bonne odeur,
parfum :
Si s'espaodoit la vnns pagrancke
De clielc tr"S souef oilour.
(.W/r. de S. Eloi, p. -23, Peigné.)
FLAGRANT, adj., qui exhale une bonne
odeur; employé subst. au sens de bonne
odeur, parfum :
Et le Pagratit de sa suave al.-iine
Apovriroyl l'odorante Sabee.
(SCETE, OWie, ci.xxv, éd. 1544.)
FLAHUTELE, VOIT FLAUTELB.
Fi.vin.TEii, voir Flautrh.
FLAIEL, voir Fl.AEL.
FLAIELEMENT, VOlr KlAELIÎ.ME.NT.
FLAIBLER, VOir FLAELER.
FLAiGE, voir Flage.
FLAIHUTEL, VOir FLAUTEL.
FLALME, voir FLAMME.
FLAiN, s. m., flanchet :
Les colez de mouton, le maigre des lars,
la graisse, et les flains.... que ceulx de la
cuisine a qui ils apparliennent porront
avoir a leur prouffit. (Etats des o/lic. du
duc de Bourg., \>. 253, ap. Ste-Pal.)
FLAiNCHiR, voir Flechik.
1. FLAiNE, s. f., espèce de coutil :
Les lins de Cahors emportent le bruit
pour estre fort blancs etcottonnez comme
laine : aussi en fait on de bonnes yZaines a
faire licts. (Du Pinet, Pline, xix, 1, éd.
1566.)
L'invention des flaines et matteras est
venue de France. (lD.,tfc.)
2. FL.viNE, s. f., citerne?
L'une de ces isles, avironnee de la mer,
n'a flaine, ne puich, ne fontaines. (J.
Molixet, Chroii., ch. cccxxviii, Buchou.)
1. FLAIR, S. m., sorte de poisson, le flet:
Plais, quarriax, flairs. (Crap., Prov. et
dict.pop.)
2. FLAIR, flar, s. m., odeur :
Si sainte odeurs et si sainz /lairn
Istde celé herbe.
(G. DE COLNCI, de rEinper., Kicbel. 23111,
f" 2GS''.)
Tosl Ht isnelement la cuisine querez
Dout li llars est issuz.
(Prise de Jer., Richel. 1374, f 86''.)
Pays de Bray, flair, mauvaise odeur.
FLAiRABLE, /ierai/c, adj., QUi cst agréa-
ble k flairer, qui a bonne odeur, parfumé :
Que jouer en ce parc n'ailliez
Qui tant est biaus et bien /lairaliles
O'erbes, de fleurs si delitables.
De violettes et de roses.
{Rose, ms. Corsini, f 134'.)
D'erbes, de Hors tant bien /leratles.
(II/.. 2047C, Mcou.)
Les muremiles //ai; ai/es
Uo'elles portent eu leur narines.
Les pierres pendant aux poitrines.
Et es frootiaux snr lenrs sourcis
Seront convertis en plouroirs.
(E. Desch., Poés., Ilichel. 840, V 53-2-'.)
FLAIRANT, flerant, fleiranl, fleurant,
flarant, flarianl, adj., odorant :
Cascuns ot mit: caiiiel de roses bien flarianl.
(Chev.au cygne, 1261, llfin.)
Kle ost plus blanclie que la noif qui resplent.
Et plus vcrnicille que la rose flerant.
(Prise d'Orenge, 666, Jonck., Guill. d'Or.)
Ele est flciranz comme essientiers.
iltom. du .S. Graal, 37, Micbel.)
La terre se coinuiance a revestir et parer
des nouvelles herbes /Jewiaiis. (Girart de
nossillon, ni? de Beaune, éd. L. de Mon-
tille, p. B9. ,
FLA
FLA
l'I.A
1!)
A l'nmbrp d'nns .irhri> nnUhl''
Qni psloit hel (>l bien /Inirant.
(Jaq. Milf.t, Dfslruct. âr Tn>;ir, Prol. 1i,
Slengel.)
En lien de toi flas H je vins accoler
De mes denr bras la flairanlf ramee,
Qn'anlnor 'ie moi avois mise et semée.
(Cr.. Mak.. Episl. ilaquel. a P. (le Prov , i:,\l.)
Romarins, lavandes, œillelz.
Nobles marpiieriles ftciiranles.
do.. Temple de Cup., éd. 1SS8.)
Marjîncrite.s, lis, et œillelz,
r.issevelonx, roses flairantes.
(h,., ih.)
Des dropueset espiceries bien flairnnles.
(C/iOS. mem. escr. p. F. Bicher, p. 138,
Cayon.)
Boncbe d'anmooe lonle pleine,
Ooi m'engendre de ton h.ileine
Un pré de flenrs a cbaqoe part
On ta flairante odenr s'epart.
(Uoss., Od., Od. retrancb.. Il, -187, lîiliK clz.)
Sur la terre semez les flairantes odenrs.
(Koi.- Betuolacd, Egl. s:tr le tombeau de Macri-
Les bien flairantes aleines.
(Vaiq., Fpitaphe de fi. Belleaii, éd. 1RI2.)
- Dans lin sens défavorable, puant ;
Et derachent cuinme flarant. (Dial. B.
Ambr., m.'. Epinal, Bonnardot, Arch. des
Miss-, 3' sér., I, 278.) Lat., ut fetentem
expuunt.
liens qni ta poisance moslras
Canl Lazaron resuscitas
Ki quatre jors ont esteit mors
Et ja asloit flairanz et ors.
(Vie Ste Jiiliane, ras. Oxf. BodI. Canon, mise.
71, f 80 T".:
Se li cors est si flairans que il ne puist
estre en le glise. (Règle de Citeaux, ms.
Dijon, fMO K)
FLAiREis, flereiz, s. m., flair, bonne
odeur :
De Todor des espisses et del bon flaireis
Denst estre par droit .i. malades caris.
(Roum. d'Alix., 1° SO'', Michelanl.)
Del odor des espèces et del bon flereiz.
(II/., Richel. 2i36i, f» 84 y".) Ms. fleeriz.
Fi.AiREMEXT, fleremeïil, peuremeiit, s.
m., action de flairer, flair; odenr qui
flatte le flair :
Par ce donz fièrement
Tonz colgnorent...
(.Dial. de S. Grég., ms Evreni, f 103'' )
StnellyuR with the nose, fleurement.
(Palsgbave, Esclairc, p. 271, (Jénin.) '
Chiens de bonne nature, de bon flaire-
menl. (N. de Bris, Instilut., f° 118 v«.)
Sapax. Qui lia prand flairemenl. (R. Est.,
T)iclionariolum.)
.\ucuns venins tuent incontinent qu'ils
sont dévores, aucuns par le seul touche-
ment, les autres par le flairement. (Le
Blanc, Trad. de Cardan, f» 54 r», éd
I5S6.)
La propriété du boire est qu'il soit suave,
et dous, et puissant : par la suavité il dé-
lecte le goust, par sa force il délecte le
flairement. (1d., ib., f» 172 r».)
Le flairement de thym est souverain pour
exciter ceu.x qui sont pris du haut mal.
(LiEBAULT, Mais, rust., p. 239, éd. 1597.)
Le flairement corrompu, voire presque
perdu, se remet parle souvent manier et
flairer de la meule, (n. de Sebiî., Th. d'à-
qr.. vin. S, éd. 1605.)
Se disait encore au xvii» siècle :
Les vices de l'odofenient sont abolition
ou diminution du flairemenl. (La Fbam-
nois., Œuv., p. 366, éd. 1631.)
1. FLAiitiER, flerier, flarier, flaeryer,
verbe.
— Neutr., fleurer, exhaler une odeur :
Onanl ge le senti si /ïuinVrOebontondo rose),
fie n'oi talent de repairier.
(Bosc. 1679, Méon.)
Et quant je Toi senlu flerier
Je n'oi talent de reperier.
(Ib., ms. Florence, Rie. 275,»;, f° H"".)
Flaeryer bon et souef. (146i, J. Laga-
»Enr,, Cathol., éd. Auffret de Quoetqueue-
ran, Bibl. Quimper.)
— Dans un sens défavorable, puer
p. :
l'Ios tost porris et flaires pis.
(ROB. OE Bi-ois Poés., Richel. 21301, p. .'lli".)
Et de la llor ki pnt et flaire.
N'a l'ora de la biantei ke faire.
(Ii>., ib..
Li autre les portoient (les cadavres) jus-
ques a tant que il flairoient. {Chron. de S.-
Den., ms. Ste-Geu., f° 156^) P. Paris, fie-
raient.
— Fig., être en bonne ou en mauvaise
odeur :
Vous saveis bin desns se son linage flaire.
(Jeh. des Preis, Geste de Lieijc,\\, 6343, Scheler,
Gloss. phiïol.^
Jaqne le baslart Derl, qui durement li flaire
(Id., ib., II, 7768.)
l'eile chose a Dieu flaire
Quant li pastour aiiz lens secreemeot s'apaire.
(In., !*.. 33532.)
— Act., sentir ;
On dist que mortiers est ades les aux flarans.
(B. de Seb., n, 385, Bocca.)
— Parfumer :
Phebus qni le monde esrlaires,
El qni la terre et les cielz flaires
Onqaes ta puissance ne cesse.
(Froiss.. Pnés., Richel. 8311, f 182 y")
— Inf. pris subst., flair, odenr :
1,'ondeor de ce flerier.
(Dial. de S. Greti., ms. F.nmx, P 103''.)
... donz flarier.
(Ib., r 111=.')
2. FLAIRIER, flarier, (trisyllabique),
v. n., flenrer :
Li basme et le ment[astrel doucement i flarie.
(Destr. de Rome, 331, Groeber.)
FLAiRiR, verl)e.
— Neutr., fleurer:
Monlt pareslbeaus li bois e riches le defcns,
Ftairist.. li baumes, la mytre e li encens.
(Th. de KEJiT, Geste d'Alis., Richel. 24361,
f» 71 r\)
— Act., respirer :
Li convient flairir coses de 'boines
llaireur. (Alebrant, lieg. de santé, Richel.
1 2021, f 32^)
Fi.Ainoii. nnr, - nr. - eur, flcr., fleur.,
flaiir, flciiir, fraor, s. f., odeur, senteur :
Et la meison si raempli
De la précieuse flereur
De l'oignemenl et de l'oudeur.
(Hom. du S.Graal, 250, Michel.)
l.a esloient les herbes qni giclent grant flairor,
(Roum. d'Ali.r., f SS', Mlchelant.)
Si senti une tel odur
Tant donz e si bone flerur
(Maute, Purg. de St Patrice, Richel. 2.'ilil7,
r 11.1'' ; Roq.,T. l.",07.)
Voit (Lancelot) en l'autre un puis dont
la fleior ist molt puant. (Gaut. Map, Lan-
celot du Lac, Richel. 1430, f° 33'.)
Ge la vos ferai si atorner que la fleror
qui en isse mal ne vos fera. (Lancelol,
ms. Fribourg, f 38'.)
Et de lui et de la fleror qui de lui venoit
issoit une maie fleror que tuit cil de leenz
en orent mal au cuer. (Ib., f" 113''.)
Et li braquet on démené grant hn.
Qui \a flairour da porc orent senLn.
{.\ubery le Bourgoing, p. r>3, Tarhé.)
El cors li aTala d'nno sainte puison.
Si tost corae Richars en sentist la flairor.
Il est salis en pies com s'il n'eust dolor.
(Renaud de Monlauban. Richel. 21387, P 2i.)
Plus llairc doucement qnc canele alumcc;
l.a flairour qui en ist no puet estre contée.
(Fierabras, 6068, A. P.)
Et li flairons li entre el cors
Si bonne que mult li plaissoit.
(Gam-Tin, 2101, Hippean.) Impr., flairons.
?Jnle espèce n'i poet valeir
La flanr ki senteit en cel eir
D'arbres, d'erbes e de flur,
l'nc n'oi mes de teu dnçur.
(r.HARDfiY, Josaphat, 197.'t, Koch.)
Diex ne Ost ainz espices ne Hors de bones herbes
Qui ne sente flairor très parmi les fenestres.
(Ane dWvign.. I8SI, A. P.>
Qaant en la canbre entré sont.
Tôt maintenant trové i ont
Une si très donco flairor
Dont ases mius valoit l'odor
K'encens, ne pelre, ne canele.
(Ren. de Beaujeu, li Biaus Desconneus, 16 IS,
Hippean.)
Ausi i aïera joie de odur
On tant délit ert en la flerur...
(Pierue de Pkckam, Rom. de l.umere. Brit. Mus.
llarl. 4300, f» 79''.')
La fnntaine ad la savur
Chaingé Inte e la fleiur.
(Modioenna, 710''.)
lînke par Ireit ne par chahir
En issi raaoveise flanr.
(Y,e de Marie Egijpt., ap. Crosselele, Cliatenn
d'Amour, p. 107.)
Goût, saveur, ne flaircur n'i ot.
(Benari eontrefait, Tarbé, Poèt. de Champ, ont. n
Fr. 1, p. 97.)
11 ne le peussent pas longuement porter
pour la flaireur qui tout ades croissoit.
(Chron de S-Den., ms. Ste-Gen., f» 199''.)
Force que lor alaiue ne lor fraor ne ve-
nissent en les viandes. (Voy. de Mare Pol,
c. Lxxxvi, Roux.)
La fumec et flereur preveroit. (Vie S.
Jasque, ms. Alencon 27, f" 110 r",)
Li pavement de desuz ben est jnnché de llur
Jannes, vndcs e vermeilz. ki rendent grant flanr.
(lion. 271(1, Michel.)
30
FLA
FLA
FLA
Par la force de la fleureur (liii pouliel}.
(Lie. de fisiq., ms. Turin, f» 6 v».)
Si lor grevoil uiout en l'ost la flairors
des mors. (Esiories Rogier, Richel. 201Î5,
f" iSî".) j
Elle (cette pierre) rend une souefve (le-
reur. [chon. et hist. saint, et prof., Ars. ,
3515, f- 51 r».)
La mauvaistié fust tosl descouverle par
la flaireur du corps. (Hist. des Emp., \ts.
5089, Mi r.)
Oa oe saroit miens demeoter
Ao monde pics doiilce /Mirmr.
illut. ie SI Cresp. et SI Crfspin., p. 170. Des-
salles et Cbabaille.)
Apres fault garder l'odeur et le Uair que
on ne quiert ses plaisances en odeurs et
fiaireurs. {Le Chapelet de Virginité, de la
fleur de liz, Frédéric Godefroy.)
Lors print une rose, si uieist par dedans
herbes de telle nature en rendant flaireur
meslee a l'odeur de la rose quêtant comme
l'homme le fleuroit en son dormant, ja-
mais ne s'esveilloit. Perceforest, vol. lY,
ch. 31, éd. loîS.)
Pour la fteureur de la mer. (Les prophe-
eiM de Merlin, f« 30S éd. 1498.)
Janileur et rufOens sentans la flaireur
des bordeauli. (BoccACE, Nobles malh.,
II, lî, f« 36 V», éd. 1313.)
Et la fieareur Tait ancons embasmcr.
(P. Crlicoirc, Uenas propos, illl. éd. ISil.)
Bourg , flairure, odorat :
Le» Ooriole. avloa la verdare
Flalaat mes jeui et ma flairure.
(RUTIF DE L.i Bketo.mic, il- Xicoltts, II, p. Î3,
éd. Liseox.)
FLAIROS, - ous, adj., qui exhale une
odeur :
Tez gens i a k'en lor Tirant
Sont si porri k'il sont pnanl
Corn ne les puet de près sofrir.
Don pnet orgnes a celz venir t
Elporiooi ce (ont orgnillons
Ci chaitii, ci puant flnirous %
fRoB. DE BlmI>, Poés.. Richel. îlaOl, p. SU».)
FL.us, S. m., fagot de menu bois pour
pécher :
Debas fu... contre les peskeurs a fiais ma-
nans a Abbeville de cbe que... li llaitieur
ne pooieut ne dévoient peskier a fiais.
(1Î90, Livre rouge d'Abbev., (' 19 v», ap.
Duc, Flecla.)
FL.\iSAiuiE, voir Kl.\ss.\de.
FL.visAYE, voir Flassaie.
FLAiscHE, voir Flache.
Fi.AiscuiR, voir Flachir.
FLAISSARDE, VOif FLASSADE.
flaissaut, voir Flassart.
FLAisTAE, voir Flesthe.
FLAI.STUia, voir Fl,ESTHIIl.
fi.AiT, voir Flat.
FLAiTiEun, s. m., pôclifur c|ui se sert
du Dais :
Debas fu... contre les peskeurs a fiais
nianans a Abbcville dcche que... li flaitieur
ne poùienl ne dévoient peskier a liais.
(1290, Litre rouge d'Abbev., f» 19 v», ap.
Duc, Flecta.)
FLAiTiuR, voir Flestiiiu.
FbAIVE, voir FOIBLE.
FLAJOiL, voir Flagboi,.
FLAJOL, voir Flageol.
FLA.IOLEMENT, VOir F1.AGEOLEMKNT.
Fi.A.ioLEn, voir Flageoler.
PL.AJOL.EUR, voir Flageoleur.
FLAJOLLIER, VOir FLAGEOLIER.
FLAJOT, voir Flageot.
FLAMAINGE, voir FLAMENGE.
FLAMANCIIE, Vdir FlAMENGE.
FLAMANGE, VOir FLAMENGE.
FLAMBANT, adj., brillant:
Ces mantelcts garnis d'un pied de broderie.
Bourses et espingliers, flambons de pierreries.
Seront pour le butin des soldats triompbaos.
(Remonstr. aux femm. et fill. de la Fr., Var. hist.
et lilt., IV, 363.)
Argot, flambant, éclatant, superbe.
1. Fi.AMBART, S. m., graissc recueillie
à la surface du bouillon :
Souffleurs, .11. et mengeront a court et
prendront le flambart sanz antre chose
prendre fors .VI. menues chandelles, et
prendront le flambarl en tele manière que
li polaifjes n'en vaille pis. (1283, Orden.
de l'ost. le Roy, Arch. JJ 37, f" 2 v».)
— Lumière :
(Philosophes) qui luisent seulement d'un
petit flambart de doctrine. (La Bod., Har-
mon., p. 23, éd. 1378.)
CL Flambet.
2. FLAMBART, S. 111., Sorte de navire
usité sur les côtés de Normandie :
Voyant ainsi toutes ces paleaces et gal-
lions, carraques et carraqnillons,/îaîn6arIs
et flambillons esparls deçà et delà sur
l'océan. (Sat. Menippee, p. 326, Labitte.)
FLAJiBAUT, voir Frambaut.
FLAMBE, voir FLAMBLE.
FLA.MBEL, - eaul, S. ui., càble :
A Anthoine le cordier pour .xi. toyses
de corde et ung flambcaul de .viii. toyses
pour ledit engin. (1402, Compt. de Nevers,
ce 57, f» 16 v, Arch. niun. Nevers.)
FLAMBEOiR, V. H., flamboier :
Les ieu9 des Romains leur avoient
samblé ardoir et flambeoir. (Bersuire, T.
Liv., ms. Ste-r,en., f» 122''.)
FL.vMUET, s. m., graisse recueillie à
la surface du bouillon :
Souffleurs, II, dont li uns sera maignens,
et mangeront a court et prendront le
flambet, en telle manière que li potage n'en
valle pis. (1285, Ord. de l'hostel le roy,
Pièc. rel. à l'Hist. de Fr., XIX, 16.)
Cf. Flambart 1.
Fi.AMBETE, flaub-, S. t., diiniii. de
flambe :
Amastice est pourpris de couleur mellee
de violete et de rose, et jeté une flanbete
de soi. (GniART. Bible, Ap'3c., ms, 8te.
Gen.)
- Fig. :
Souft'rez doncques et pacieniment endu-
rez que le souverain medicin vous frappe
de la flambele de tribulacion. {Traité de
tribulacion, Richel. 1009, i" 15 v»,)
FLAMBETER, V. H., flamber, s'allumer;
Mei je vi .f. grant feu do lassus avaler.
Qui se mist cnti'ens .n. ; mouU le vifîambeler.
(Doon de ilaience, "67G, A. P.)
Morvan bourguignon, flammeter : » Une
fois que c'a flammelé. »
FLAMBEus, adj., enflamiiié :
Latonides flambcus, qui d'un chemin divers
Or la nuit, or lo jour guides par l'univers.
Pères dn teiis aelé, sus, hâtes vos carrières.
(Dn Bartas, la Sepmaine, iv, éd. 1579.)
FLAMBiCE, adj. f., de la couleur de la
flamme, vive, éclatante :
Le tiers pan de ce pavillon estoit de
rouge couleur, formant flambice, et se nom-
inoit obligation de paroles. (G. Chastell.,
Livr. de paix, vu, 347, Kerv.)
FLAMBiLLON, S. m., sorte de navire :
■Voyant ainsi toutes ces galeaces et gal-
lions, carraques et carraquillons, flambarts
et flambillons esparts deçà et delà sur l'o-
céan. (Sat. Menippee, p. 326, Labitte.)
Cf. Flambart 2.
Fh,.KMBi.^,llemble, flambie, flambe, flnnhe ,
famble, s. f., flamme :
L'iglise d'Everens trovom
Qu'a feu, a flamble e a charbon
Ertarse (e) pur lui malBmenl.
(Be.v., D. deNorm., Il, 42083, Michel.)
Astrent lut Berewic a flambe e a tisnn.
(JoBD. F.iNTOSME, Chron., 803, Michel, D. de
Norm., t. III.)
Si s'en vint par le parmi le palais le
petit pas, gelant feu et flanbe. (Lancelol.
ms. Fribourg, 1'» 100".)
Ne inonslra pas la flamhle fors
Dou fen qui li estoit ou cors.
(Florimont, Richel. 79Î, f° 28''.)
De fen les emple et de flemble.
(Rose, ms. Brnx., f° 68».)
La flamble du feu. (Guiart, Bible, Gen ,
II, ms. Ste-Gen.)
Kt li dragons enseraent...
Qui tant gete feu et flambre.
(Vie S. George, Richel. 902, f» 115 r».)
Des verges une flamble issit.
(Bible, Richel. 763, f» 269".)
Et mettriez leur ville a feu et a fambli'
(Troilus, Nouv. fr. du xiv* s., p. 200.)
Et ne tint pas a la plus part des gens
que on ne allast mettre son hostel a feu
et a famble. [Ib., p. 122.)
Et demoura le dit bolwerc tout en feu
i;t en flamble. (Mathieu D'Escoucay, Chron.,
], 311, Soc. de ni. de Fr.)
.... A prosont tu ensonffres
Cruelle géhenne en feu, flambes, et souffres.
(Cl. Mar., Triiles vers de Bcroald, éd. 159G.)
Mesraos la l'errc an plus bas lieu assise
De flambes est (comme le reste) esprise.
(Id., Met. d'Oc, I. II, éd. 1596.)
— Au sens moral, passion :
FLA
FLA
FLA
De paour que d'avantiire la flambe d'en-
vie et de despitbrusle son anie. (Juvenal,
Reigle monseigneur sainct Benoist, f° 94 i°,
éd. 1528)
— Terme d'orfèvrerie, flamme :
Une salliere de cristal de roclie, garnie
d'un couvercle de mesme cristal, enchâssé
d'or esmaillé, au hault duquel y a une
flambe d'or enrichie de quatorze diamans
et quatre rubis ; a l'entour du dit couvercle
V a quatre rubis et au dedans d'iceluy est
iaillé de relief, en iceluv est le sacrifice
d'Abraham, avec neuf diamans et deux
rubis, — prisé .iir. efcus. (1399, Invent, de
Gabrielle d'Eslrees, ap. Laborde, Emaux.)
On verre de cristal fait en cloche, garny
d'or.esmaillé de rouge clair avec de grandes
flambes. [Ib.)
— Lt? lis j tune:
Flambes aussi dedans les draps
Y meltre pourras hardiment.
(Super/luilé des haMz des Dames de Paris, Poés.
fr. des XI' et xvi» s., VIII, -235.)
Morv.,Bessin,Guernesey,/?ian6e, flamme.
Argot, petite flambe, comme petite épée,
couteau à l'usage des coupeurs de bourses ;
soldat de la petite flambe, comme soldat
de la petite épée, coupeur de bourses.
FL.\MBOiEMENT, -o(/ement, s. m., action
de flamboyer :
Encores avecquesce il leur sembloitpar
fois dedans ce flamboyement de couleurs
qu'ilz veissent pucelles et dames et damoi-
selles ou chevaliers, selon ce que les
courages de ceuix qui la regardoient
estoient afîectez. {Perceforest, vol. III,
ch. 34, éd. 1528.)
FLAMBOYEUx, adj., brillant comme la
flamme :
Ayant haulte lorcelle et gros yeux felles
durement et flamboyeulx. (G. Ch.\stell.,
Chron. du D. Pliil., ch. lxxviii, Buchon.)
Semiramis demora vesve en la flam-
boyeuse beaullé de sa jonesce. (Fossetier,
Cron. Marg., ms. Brux., I, f» 72 r».)
FLAMBRE, voir FL.\MBLE.
FLAMECHE, VOir FLAMESCHE.
FLAMEGE, voir FLAMESCHE.
FL AMEIN, S. m. , sorte d'étoffe de Flandre :
Awec ses complices ayent destinuz
aucons marchiauz avec lour marchiandises
et pluissers baies de flamein sus la segnio-
rie de noutron chier sire le dux de Osta-
riche. (1373, Arch. Frib., 1'' Coll. des lois,
n» 69, f" 19.)
FLAMENG.\n,LES, S. Coll., les Fla-
mands :
Il fut moult courcbies, et plus que
d'aultres, que ly faite manière de gens et
villains Flamengailles r.voient desconfit
tant de h^irdis, preux et vaillaus hommes.
[Récits d'un bourgeois de Valeiiciennes,
p. 117, Kervyu.)
FLAMEXGE, - ange, - ainge, ~ anche,
flanm., adj. {., flamande. Ma manière de
Flandre :
Geneviève la Flamenge. {Liv. de la Taille
de 1292, ap. Géraud, Paris sotts Phil. le Bel.)
Se ferirent es nés ilamanches.
'GfliRT, Roy. lign.. IS";-}, W. ctn.i
Pcrronelle la flamainge. {Liv. de la
Taille de 1313, Buchon.)
Pour .X. barres flamenges , couples»
gons et verrous. (1323, Trav. aux chat-
d'Art., Arch. KK3f3, 1" 62.)
— Feneslre flamenge, fenêtre à la façon
de Flandre, fenêtre à jambages et saillie
hors du toit:
Pour faire .m. fenestres flanmenges.
(133.Ï, Compte de Odart de Laigny, Arch.
Kli as f» 295 v.)
Fenestres flamenges. (Ib.)
Le dit torsier est roont comme une tour,
garni de plusieurs souages dorez, crénelez
devers le haut, et la couverture est comme
de tieule, et y a .iiii. fenestres flamenges.
(1360, Invent, du duc d'Anjou, n» 741, La-
iDorde.)
Fenestre flamange. (1403, Arch. JJ 160,
pièce 31.)
Mor\.,flamanche, flamange, s. f., fenêtre
h jambages et saillie hors du toit.
FL.iMENGEL., S. m.. Flamand :
J'ai oi mains Flamengel.
(Pael. fr. av. 1300, I, 1016, Ars ;
FLAMENGERIE, S. f., le pays de
Flandre :
Si se parti le roy Edouart de Farnakes
ou il estoit logié et s'en vint a Monstreul
et la se loga un soir.et l'endemain il vint et
tout son ost logier a la Flamengerie.
(Froiss., Chron., Richel. 2641, f» 41 v.)
1. FLAMER, flammer, verbe.
— Neutr., flamber, brûler, être en-
flammé :
Ce fu el tans c'arbre florissent,
Fnelles, boscage, pré verdissent,
Et cil oisel, en lor latin,
Doceraent caotent au matin.
Et lote riens de ]oie /lame.
(Perceval, nis. Mons, p. 15.', Potvin.)
.\pres si lost com il lenloise (l'arc)
Flame U fers, l'airs et ]i vens.
(Ben.. Traies, Richel. ira, f 91''.)
Dame, liist Hues, si me pnist Dis salver,
Se jou dévoie tos les jors Din pâmer
Dedens infer, ens la carlre cruel.
Si ferai jou toute vo volante.
(Iliton de Bord., 58:i6, A. P.)
Quant il par fu venus as loges et il lez vit
ardoir et flammer. (Froiss., Chron., Il,
360, Luce, ms. Rome, f° 80. i
Le fu qui apele pâmer.
(Pasloralel, ms. Bras., i" 3 t".)
Une antre faict flammer Tardant cercle d'anhaolls,
Et l'autre faict couller l'huile tonte bouillcnte.
(Les Ell'urts cl .issauls faicts et donnez a Lusigtwii,
Poés. fr. des xv« el xyi" s., VI. 3-26.)
Non autrement qu'on voit une ronge comète
Flammer sanglaulement sous une nuit muetle.
(Bons., les Poim., 1. I. Harang., Bibl. eU.)
Ke voit on pas flammer longtemps sur le foler,
Leur forme retenant, le chesne el le noyer ?
(Du Ches.ne, le grand Miroir du monde, p. 167,
éd. 1387.)
On prise encores pins ce pennache de mer
Qn'on voit en pleine nuict si clairement flammer.
(Id., Si.v. liv. du Grand miroir du monde, p. 63,
éd. 1.588.)
De telle hostie autels ne flammenl point.
aE Bla.nc, Georg., f» S9 r°, éJ. 1G08.)
— Act., incendier :
Lui bruslerent et flammerent et mirent
en cendres toutes maisons. (J. Molinet.
CArore., ch. cxcviii, Buchon.)
— Infin. pris subst., action de brûler,
d'être enflammé :
Mais ils plasours aiment jusc'an flamer
Et ja n'auront garison de la flarae.
(Fnoiss., Poés., Richel. 830, F 326 v".»
— Flamant, part, prés., enflammé,
flamboyant :
Dunad lur pluies, grisille, fu flammant en
lur terre. (Liv. des Ps.. Cambridge, civ,
32, Michel.)
E flammanies ad les goes.
(S. Brandon, 1010, Michel.)
Vint uns drapnns flammanz par mer.
(J» , ion.)
Quant il oi la friente d'ens
Orrible e flammanz e feus
Lor sailli lost gole haee.
(Bes., D. de liorm., 11,36218, Michel.)
Un vrai amant par Inyalraent amer.
Car tons est fais de fn ardant
Qui jusc'as nnes va flamant.
(Gaith. de Mes, Ym. du monde, Richel. 20-21.
f» 99'.)
Ele tint nng brandon flamant
En sa main destre,
{Bcse, 3431. Méon.)
... .1. brandon flammant.
(Ib.. ms. Corsini, PU'^.)
La flammante face (du serpent). (Gbe-
viN, les Œuv. de Nicandre, p. 26, éd.
1367.)
J'ay vea au ciel planetles et dragons
Aiant des qneues flammans comme charbons.
(Les J'ay veu.)
— Fig., ardent, brûlant :
Comme estoient lonr cner flamant
E d'aler après Dia haslin.
(RtCLis DE MoLiENS, Uiserure, Richel. 1521-2,
f» 22 r°.)
Com estoient lor cner flammant
Et d'aler après Bien haslieu.
(Id., i*„ Ars. 3U2, f 204''.)
Ore aussi bien qn'adonques fu
Tient amours alumé s in fu
Dont aujourdni li vrai amant
En sont de soie amour flamant.
(Couci, 17, Crapelet.)
Le nom de flammant donné au phéni-
coptère vient de ce mot.
Bourg., Yonne, Ferreuse et .Morv., flam
mer, flamber.
2. FLAMER, voir FUEMEK.
FLAMEROLE, //amm.,s.f., petite flamme,
feu follet :
Sorciers et sorcières, flammerolles, ou
feux follets, et lutins ou démons, ou es-
prits qui cessent leurs mauvaises façons
vers minuit. {Perceforesi, vol. II, f- 13', éd,
1528.)
1. FLAMERON, flamm., s. m., petite
flamme, lumière, flambeau :
Les diz drappiers et autres dolent et
sont tenus de aler entrer en euvre des le
point du jour, des caresmes prenant jus-
ques a la Saint Rémi, et de ouvrer ans
flamerons, et continuer en l'euvre par tout
le jour jusques a la nuit, et de la o- ne""
jusques a caresmes. (1372, nrd., v, 593.)
FI.\
FLA
FLA
Mert»! m<>l«l. iinli»ri' cl .inllrfs met»
r.niTr*. |:i|nn, charho»» et /tûnirrons^
Pour me refaire plai firosse qoe jamais
|>IC. JI*r«OT, CoiHfltinlr df le cloehr if Troyi,
p. 19. ap. Michel, Poi'i. «jo/^ij.)
Ton dard. Amour, lelj /lammerons m'atance,
Qae ii failloit aa désir l'espérance.
Lon je moorroit qnanl pins j'aimerais vivre.
(V,«onx PniLiïn . Ext. nig. de Fr. Pel'trtpir,
p. 4K, éd. 1535.)
Bonrg., Yonne et Perche, flamberon^
flammtron, morceaa de bois à moitié
bnllc. Champ., flammeron. flammèche de
paille que le vent emporte quelquefois
très loin , dans les incendies. A Troyes,
c'est un charbon à demi cuil.
2. Fi.AMERON, adj., brillant comme la
flamme:
l.i paieos l'a saiiii par l'obers flamfro».
(E»lr. n Etp., f» 2.1 r°. Gantier.)
KLVMESCHE, flamec)ie,flammesche, flam-
mesce, flammasse, flammace. /ïammasc/ie,/7a-
tnesque. flammesque, flamoiche, flamiche,
flamege, falmeche, falemesche, falemesque,
falemetche, fameteuche, faumesche, s. f., gé-
néralement petite flamme, tandis que dans
la langue moderne ce mot ne désigne que
la petite parcelle d'une matière combus-
tible qui s'élève en l'air tout enflammée :
Kn .XV. Iia»s o en .\\\. o en .jx.
Vil l'on famées et /lamntassfs issir.
Il.fs Lok., ms. Montp., f 98''-)
Voit an fumées 'l ilamoiehes issir.
(La UorI de Garin, li53, da Mèril.)
Yraiement tost font flamme, mais plus
tost refroident en flammasclie. [Job, p. 514,
Ler. de Lincy.)
La hn'-be en fmauseke el en cendre |
Fd mise. |
(Lt-KAROBtirr, Uir. de K.-D. , ms. Chartres , ■
f ii*.)
\jt /lanetçuei et les tisons.
(Uir. de .S. Eloi, p. 41, Peigné.)
Gardez vos drans do faletnekhes. (The
TreaUse of Walter de Biblesworlh, p. 171,
Wright.)
S. André disoit : Que sui pe fors cendre
pt falmeches et boe et porreture ? (1279,
Laoaest, Somme, ms. (;harlres371, ("39 r".)
Que sui je fors cendre et falemesque, boe
et porreture 1 (Id., ib., ms. Soiss. 210,
f" 76'.)
Et vil le8 falemetches montant aussi
comme funiee de fournaise. (Gdiart, Bible,
Gen., xxxiv, ms. Ste-Gen.)
Les flammesques de fu. {Bib. Iiisl., Maz.
Mï, f' 1.3 V».) Flammesches. (/(».)
Rt détint faumeaeken et ccmlre.
<t)ial. de S. Gri'g., ms. ETreni. f» liS'.)
Mais lions ne povons dompter Tommes
Qui portent flammriehet H llaronies
Kt sont draiions «tserpentelles.
11. Lt Frvm, Halheolus, I. III, -.KO, Tricolel.)
Fnvilla, le, [nmeleuchi>. (Calholicon, Ri-
chel. 1. 17881 )
Les flammetcet de feu en saillirent.
fFnois?., Chron., Itichcl. 2646, f»47^.)
Ari et deslmis mains beans poarprif.
Corne la grant terre de Wasse
Et mise en fen et en fîammOAnf.
'f.krot. drr\ht. de Flore fe, in.Sl, neifl., Monora.
poor lerT. » l'hisl. delà Belg., t. VIII.)
Afln *jne Hiru presf^rrp ilçs flamniorei
D'enfer ton roy..,
(G. CHASTELHiii. la MorI du roij Charles VII.
VI, ir.fi, KerT.)
— Torche, flambeau :
Chireafaire/îomcchesel candeilles. (1395,
Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl.
Amiens.)
Deux coppons de flnmiches employées
pour enfouir sur le rivaipe de la ville ung
[letit enfant que l'on ovait trouvé audit ri-
vaige. (1471, l'b.)
— Banderole :
Lep flameges des cofîanons de l'église.
(1444, La Bassée, ap. La Fons, Gloss. ms.,
Bibl. Amiens.)
FLAMESQUE, VOlr FlAMBSCHE.
Ki.AMEsuRE, voir Flamisseure.
1. FLAJiETE, - ette, flamm., s. f., petite
flamme :
De SCS beaux yeulx saillirent les flam-
metes qui enflammèrent mes yeulx d'amour
ardanle. {Troilus, ^ouv. fr. du xiv" s.,
p. 912.)
Il regarda Sodome et Gomorre, etveit la
flammeUe montant de la terre comme fumée
(le fournaise. (Le Fevre d'Est., Bible,
Gen., XIX, éd. 1334.)
L'ne fournaise ardente jette toujours feu
et flammetles. (Calvin, Insl. chrel., IV,
15.)
2. FLAMETE, flamm., s. f., sorte de lan-
cette :
Instrument trenchant, si comme rasoir
ou flammete. (H. de Mondeville, Richel.
2030, f» 108'.)
Menues incisions a la jlamele. {Jardin de
santé, I, 27, impr. la Minerve.)
La flammelle, qui est instrument pour les
chevaux. (JouB., Gr. cliii:, p. 603, éd. 1598.)
FL.vMETER. ftammeler, y. n., flamber,
s'allumer:
Apercevant ja /îammeter en vous les es-
tinceles de ce beau lustre de nayf entende-
ment. {Aleclor, Ep. dcd., éd. 1560.)
FLAMEUS, -eux, flamm., adj., enflammé,
de flamme :
Ce champs est arrousé d'une rosée flam-
meuse et sulphuree. {Cboie mem. escr. p.
F. nicher, p. 140, Cayon.)
La comète qni luit
An» longs raions fîammai.i.
(Is. Habert, Méléor.)
Comme lorfCTre habile
Fait essay de l'or escnmciiv.
On'il espreuTe et distile
En son foarneaa flammciu:.
(Cbassk^.s., Ps., XXV. éd. Irtl.i.)
I.e soleil flammeui.
l'Gnr.vix. Troade, i.>
Premier qn'antant de fois ce jnmpan de I.nionc,
Tire dn sein des cani s.i (lameiise conrooe.
<IIabdv, Mcetle, acte m.»
- Fig. :
Kmhrazei ce papier d'une œi ladc pammeme.
(F.. Paso., la Pitee.)
I. ri.AMicHE. flamm., S. L, espèce de
gâteau ou de galette qu'on fait cuire en
chauffant le four :
Ves la Itenarl, ou il s en va ;
Kl si enporle une /lamiche ;
Tosjors nons .<erl il de la briche.
(Renan, Suppl., Tar.des v. 2-20!î-"2l3l4, p. ÎH2,
Chabaille.)
Du forment qa'il fera semer
;Me fera anc'ouan ftamiehe.
(Rbteb., de Brichemer. I, ÎOfl, Job J
Pristrent une flamiche tant seulement en
la valeur de cinq deniers tournois. (1382.
Arch. JJ 120, pièce 248.)
11 fist certaines flamiches pour lui. {Beg.
du Chût., II, 256, Biblioph. fr.)
V.arÎPz doscendens d'un lertro
(Joi maton, formage et tartre
M'aportoient ou ftamiehe,
Pomes, poires, blanche miche.
(Chr. de Pis., DU de la Part., Richel. 83fi.
r» 50 v«.)
Les Argippees prennent leur vivre d'un
arbre nommé Ponlique, de la grandeur
d'un figuier, et portant fruit dans une cosse,
gros comme une febve, lequel meur ils
espraignent dans leurs langes^ et en font
sortir jus noir et espais, lequel ils appellent
Aschy. Ils le leichent ou bien le meslent
aveclaict qu'ils boy vent, et du marc font
flammiches qu'ils mangent. (Saliat, Herod.,
IV, éd. 15.36.)
Dans la Picardie on donne le nom de
flamiche à une sorte de galette faite avec
de la pâte de pain. On l'étend avec un
rouleau et on la met au four, tandis que le
bois brûle. On la retire, aussitôt qu'elle a
été fortement échauffée, puis on y met du
beurre dessus. Elle se mange en sortant
du four. Les Picards ont encore donné le
nom de flamiche à une tourte aux poi-
reaux, celle ci diffère de la première en
ce qu'elle est faite avec la pâte de pâtis-
serie. (Roquefort, Noie sur Le Grand
d'Aussy, Vie privée des François, II, 290.)
Jura, flamusse, gâteau de maïs. Morv.,
flaimeusse, galette de sarrasin. Bourg..
flaimeusse, galette composée de farine de
maïs et de seigle délayée dans le lait.
2. FLAMICHE. voir Flamesche.
FLAMiDiAL, s. m., le plein air, la belle
étoile :
Au flimidial ne beoit il point manoir
par une nuit hors de la cité. (Bersuire,
T. Liv., ms. Ste-Gen., f» 99».)
Fi.AMiNE, S. f , glaïeul :
Gladiolum, flamine. (Gloss. lat.-fr., Brit.
Mus. Harl. 978, f» 26».)
Sor cest rain croist la flamine qui al
non selonc le latin ensuivant le soleil.
Car quant le soloiel lieve si s'aœuvre In
flamine, et quant il soslrait si se reclot.
{L'Arbre de la palme, Ars. 3167, f» 54 r».)
fi..\minc:ant, adj., qui parle flamand :
Biens immeubles situes dans la Flandro
flamingante. (Coût, de Bergh S. Winox
Kuhr. XIX, art. vill, Nnuv. Coût, gpu , I^
SSO"».)
FLAMiON, .S. 111., flaiiiinèche :
Qoe Ii fos esticdi. n'i romest flamioii
(Geile des dites de Bourg., SS7, Chron. bol;.
FLA
FLA
l'LA
FLAMIH, llasmir, verbe,
— Neutr., se dessécher :
-Murciduiii facere, faire llamir. {Closs-
lat.~fr. de la [in du xv s., Scheler.)
— Rëfl., se dessécher :
Marceseere, se flamir. {Gloss. lat.-fr. de
la fin du xv s., Scheler.)
— Part, passé, flami, desséché :
.Mareidus, flami. (Gloss. l.-fr. de la fin
du XV» s., Scheler.)
— Eiiflaiiiiiié :
Las I or est sa pance /tamie (du mauvais riche)
Ou il mcloit sa cure loule.
UtECuiis DE MoLiENS, iliserere, Ricliel. iolll,
f ■23;;''.)
... Or est sa pance flasmie.
((d.. ib.. Kichel. \ai\'l, f 2(i r».)
D'orgueil eubrasez et flamis.
IWatriqoet, bil des .m. sièges, 639, Scheler.)
FLAMissABLE, adj., qui SB dessèche :
Pourrissable, flamissable, qui tost et le-
giereaient se llamist ou pourrist. {Gloss.
iat.-fr. de la fin dn xv s., Scheler.)
KLAMISSABLE.MENT, adv., 61» SC dCSSé-
chant ;
-Marcessibiliter, flamissablenient. (Gloss.
lat.-fr. de la fin du xv" 4'., Scheler.)
■'■..AMissEURc:, llainissure, fiamesiire, s.
1'., séijheresse :
Plein de sécheresse et flamissure ou fla-
Irissure, plein de sécheresse et flamisseure
ûu flatrissure. (Gloss. lat.-fr. de la ftn da
xv» s., Scheler.)
— Fig., désignant le l'eu de la concu-
piscence :
De caeslé en liu J'argeul
Diaspré sas meauemeiit,
l'or le peur de le /lamesnre
C'on uomme le fu de luxure.
(Henart le nouvel, 4345, Méou.)
FLAMMACE, VOir FLA.MESCHE.
KLAMMASCHEj VOir FLAMESCHE.
h'i.AM.viASSE, voir Flamescue.
KLAM.ME, ftaime, s. f., graisse que l'on
recueille sur le bouillon :
Nul ne mettera en sa chandelle point de
saing, de burre, de flaime, de cieu de
mesveicher ne de cieu d'Espaigne. (1403,
Stat. des Cliandel., Ûrd., viil, 399.)
Point de saiu ne de burre ue di' flamme.
Ib.,y. 597.)
Cf. FLAMBAIiT et Flambet.
b'LAMMEEK, VOif FLAMOIER.
KLAMMEK, VOIf FLAMER.
PLAMMEROLLE, VOir FLA."*! EKOI.E.
FLAMMEKON, VOir Fl.AMEUO.N.
^■LAMMESCE, voir Flaaiesche.
FLAMMETE, VOir FLA.'tfKTi;.
l'I.AMMETER, Voir FlaMETEK.
FLAMMEUS. VOir Fl.AMEUS.
FLAMMICIIli, voir FLAMICHE.
pi.,AMMiERE, S. m., flambeau '.'
Un fiammiere d'arinn, si.\ soulz. (1347,
Ino. de J. de Prestes, llibl. de l'Ec. des eh.,
XX.XI.X, 107.)
FLAMJIOYER, voir FLAMOIER.
FLAJioiciiE, voir Fla.mescue.
FL.AMOiEU, llammoijcr, jlammeer, v. ii.,
flainboyer :
Voit ces grans houles lîamoier
liu l'air pour sou corps glierroier.
U'astoralel, nis. Brux., P ti r".)
Les feux que nous voyous flammoyer et
reluire. (Le Plessis, Ethni. d'Arist., Ep.,
éd. 1533.)
— Flamoiant, part, prés., flamboyant :
Sauvages regart et flammeans. (Brun.
Lat., Très., [>. 204, Chabaille.)
FLAN, voir FJ-AO.N.
FLANBE, voir FLAJIBLE.
1. FLANCARf, adj., des flancs :
Apres doit lever les deu.\ neuds, qui se
prennent entre le col et les espaules ; il y
en a deux autres qui se prennent aux
flancs, et pour ce on les appelle flancars.
(Du FouiLL., Ven., ch. xliv, éd. 1S8S.)
2. FLANCART, S. III., pans de fer dé-
coupés qui défendaient le dehors de la
cuisse ; armure protégeant les flancs du
cheval de bataille :
Ledit Philibert fournira ung homme de
trait a cheval, habillié d'une brigandine ou
courset fendu aux costes, a la manière d'A-
lemaigne, gorgerin, salade, flancards. (1474,
Déclaration des bailliages d Ostun et de Mon-
cents, Arch. Côle-d'Or, B 11724.)
Et des quatre chevaux, deux du service
pour la guerre, dont l'un auroit le devant
Ue bardes avec le chanfrain et les flancars.
(La vraye Hist. des troubles, f" 139 r",
éd. 1374.)
Les hommes d'armes seront armez.... de
curache complette, salade a baviere, bar-
buce ou armet de gorgent, flancars et
fuites. (La CoLo.yBiEKE, Th. d'honn., II,
p. 426, éd. 1648.)
FLANCEL, voir FLAONCEL.
FLANCHE, flanke, s. f., flanc:
Isorie, la suere le roy, le soleit sovent
visiter e conforter, e si fust tré bêle e gen-
tile damoisele ; e aperçust qu'il fust playé
en la flanke, e ly pria pur amour que yl la
dist coment out uoun e de quele terre fust
e en quele manere fust playé. (FoiUq. Fitz
Warin. Nouv. fr. du xiv» s., p. 102.)
Si on les frappe des mains ou du doy
(les boeufs) sur les flanches qui sont empres
les hanches de derrière, ilz sonnent comme
ung labour. (Khere Nicole, Trad. du
Livre des Prou/fitz champ, de P. des Cres-
cens, 1° 100 v», éd. 1316.)
FL.ANCHEL, S. ni., couverture et orne-
ment des rideaux d'un lit:
Icellui Parmentier dist que le temps es-
toit cler et bel pour aler au trepant quérir
flanchiaux. (1369, Arch. .1.1 100, pièce 405.)
FLANCUERiE, S. f., piècB de la housse
qui couvrait les flancs d'un cheval de
guerre :
Tout badlié audit armeurier pour faire
un bernois de cheval ; c'est assavoir flan-
cherie, piciere, bannière et panuoncel
(1352, Compt. de La Font., Douet d'Arcn'
Comitt. de Tanjent., p. 144.)
FLANCHET, S. m., diminutif de flanc,
partie du corps entre le ventre et la
Cuisse :
Icellui Colart, eu soy virant et tournant,
tu attaint ou flanchet de son ventre d'un
petit coustelet. (1387, Arch. J.I 130
pièce 185.)
— Partie du bœuf en dessous de l'ani-
mal, entre la tranche grasse et la poi-
trine ; encore usité en terme de bou-
cherie :
D'un mouton, le flanchet est ce qui de-
meure du quartier de devant quant l'es-
|)aule en est levée. (Ménagier, II, 87, Bi-
blioph. fr.)
Trente deux longes de veau, un mouton,
deux flanchez et douze livres de gresse.
(1341, Arch. hospit. de Paris, II, 93, Bor-
dier.)
Bourg., Yonne, flanchet, viande prove-
nant du flanc des animaux de boucherie.
FLANCHiERE,s.f., pièce de la housse qui
couvrait les flancs du cheval de guerre:
Unes couvertures, une flanchiere, unes
picieres, et une tunicle de verveil pi-
cieres et flanchieres de sauiit,des armes du
roy... item flanchiere et picieres. (Invent,
d'armeures, ap. Duc, Armalura.)
— Sorte d'armure :
Apres issi li contes d'Erminac, qui avoit
bien huit cens hommes d'armes, de quoy
il y en avoit bien trois cens couvers que
de haubergerie , que de flanchieres...
( Ystore et Chron. de Flandres , I , 389,
Kervyn.)
FLANCHIK, voir FLECHIR.
FLANCOR, S. m., flanc, côté :
Puis ceint l'espee au senestre flaiicor.
(Hottcisv-, p. 34, BourJillou.)
PLANDOLLE, voir FRANDOLE.
FLANDOUEH, VOlf FrANDOIR.
FLANDRESCJUE, S. f., chaussB il la laçuii
de Flandre :
Le harnoys de jambes et de pié sera
fait de chausses de maille ou de flandres-
ques d'escaille. (Habits des gens de guerre,
Kichel. 1997, f" 83 r.)
FLANEL, S. m. ?
Et est le fretel dudit couvelcle d'un
hyaume, a un timbre sur lequel a un fla-
nel plat, qui est de l'un des costez esuiail-
lé u un escu de noz armes, et de l'autre a
un escu des armes de Beauffort. (1360,
Invent, du duc d'Anjou, n» 442, Laborde.)
FLANET, voir Fi.AONNET.
FLANGE, S. f., flan :
Est dehuz au grant prieur une flange
entière a cornes, garnie d'oignons, bien
fecte et honnorablement. (Ikicionale de S.
Ctaude,i'"il v", Arch. Jura.)
Le mardy et le jeudi de toute lakarezme
doit le dict révèrent père la paste pour
iV
FLA
FIA
FLA
faire les flanges. (Cî. de SkytI'HIERs. Man.
adm., ap. Ferroul-Monlpaillard, Hist. de
l'ab. de S. Claude, II,38i.)
Le chantre et le preslre de la prant messe
pregaent iing chacuns une flange entière
a cornes et a oignons, (lo., ib.'i
Faire les (langes. {O/f. elausl. de S. Oyani
I, Génin.)
Une flange entière a cornes, garnie d'oi-
gnous, bien faicte et pondablenient. (Ib.)
FLANGIBLE., VOir FRANGIBLE.
PL.ANGIBR, voir FLBCHIBR.
FLANT.in, voir Fléchir.
KLAXKE, voir Flanche.
FI.ANMEN'GE, VOir FlAMENGE.
Fi.AXNET, voir Flaonket.
FLANMERE, S. f.. Celle qui flâne :
J'en ai biea une, nne esperle fianniere.
Kl D'aillé aacao ea rechercher plus loin.
(.DoDBLET, Poi'i., p. Cl, Joaaasl )
On trouve au coininencement du xvii"
siècle :
De ftnnierei, de macqaerelles.
(Ver« 1609, Let Ballirui des ordures du monde,
Var. hist. et lin., III, iS~.)
FLANQUADE, S. (., attaquB de flanc :
Les troupes ne se suyvoient pas de droit
fil, ains comme en biais, afin de faire voir
a chacune des troupes dedans le chemin
de Fontenay, craicnant que Puypaillard en
feist marciier quelques troupes par ce
costé la, pour leur donner quelque flan-
quade. {La vraye Hist. des troubles, t°i9l r",
éd. 1574.)
FLAxijuE, voir Flasque.
FLAXQUiER, adj., de c6té :
Il n'y a point de portes flanquieres, car
le roc euvironue le comble de l'église de
chacun costé'. (Dcscr. de l'Ethiopie, p. 67,
ap. Léon, Vescr. de l'Afr.,ti^. 1556.)
FLAO.N, //OH, /Ion, s. m., pièce de mé-
tal propre à monnayer, morceau coupé
de la grandeur, de la rondeur et à peu
près de l'épaisseur des espèces ;"i fabri-
quer :
Jehan de Uennes, ouvrier de monnoye,
a esté prins et emprisonnes pour souspe-
çon d'avoir ouvré flaons de monnoye qui
n'estoient pas de bon aloy. (1376, Arcb.
JJ 110, pièce 215.)
Pour cent et cinq marcs de flans blancs
prests a nionnoyer en icelle monnoye.
(1405, Ord., IX, 88.)
Eu la maison duquel a esté trouvé grant
quantité de ladicte faulse monnoye, avec
certains faux fers et autres outilz a mou-
noyer, et plusieurs flons d'icelle fausse
monnoye. (1417, Ord., x, 406.)
FLAONCEL, flancel. s. lu., dimin. de
Oan:
Il y 01 (aolTrci et ooblees,
Goierei, tartei et flaonciaui.
(Fautel, Hichel. H6, f 32''.)
Ftanceaulx de cresme bien succres.
^.liénagier. II, 100, Bibliopb.fr.)
Flanciaux succres. (/t., II, 92.)
PLAONNEL, s. ni.,dimla. de flan :
Tartes, partez, /iaonniau.r. (1337, Reg. du
Chap. de S. J. de Jenis., Arch. iM.M 28,
f- 67 V».)
FLAON-NET, fiannet, flanet. flonnet, s m.,
dimin. de flan :
Uons pains, /tonnes et tartelettes.
(Froiss., Poi's., liichel. 830, f° 86 r"; Scheler, I,
9Î, 181.)
Pastcz et flaonnes. (1397, Bail, Arch. MM
31, f" 245 r-.)
Auxquelz compaignons icelui Grissart
donna la moitié d'un oison et des flonnes.
(1415, Arch. JJ 168, pièce 381.)
Flanet, 1. artocaseus, bret. ilanesenn,
(1464, J. Lagadeuc, Catholicon, éd. Auf-
Iret do Quoetqucucran, Bibl. Quimper.)
Qnanl je liens une larlclelle.
Un ftanet ou on casse ninzeau.
(Farc. de Jeniuot, Ane. Th. fr., I, 291.)
Il hayssoit les femmes el les salades
comme poison, les flannets , les tarte-
lesles. (Des Per., Noiiv., xix, La Mon-
noye.)
Champ., ïroyes, flanet, espèce de pe-
tite tarte.
Nom propre, Flanet.
FLAONMEH, flauiiier, s. m., relui qui
fait des flans :
Wistasces devint flauniers
Et esmeulliers cl baslelicrs.
(Wislasse le Moine, 1817, Michel.) Inipr., /lan-
«iers.
Symou le flaonnier. (1336, Arch. JJ 70,
FLAPiR, flappir, foupir, v. a., friper ;
fig., faner, flétrir, abattre :
Toute la grant triumphe qu'en cest ostel
souioit tant comblement abonder est par
ce cas flappie et teruie. (Louis XI, Nouv.,
II, Jacob.)
Que feroient les désespérez par maleur
abattus se je ne les aydoie et tendoie la
main resuscitant leurs coraiges jierdus et
leurs voloirs flapis. (M. le Franc, l'Estrif
de Fort., f» lu v», impr. Ste-Gen., OE569.)
Je croy que vous m'avez aulresfois ouy
parler des bons tours que me firent les
moynes de Cunaud, quand j'y lus a la my
aoust mener la fleur de ce bourg, et comme
ilz renvoyèrent quinze jours après vos
cousines et ma seur, sentans leur corduan
a pleiue gorge, et le maroquin d'une
lieue et si foupies qu'il les fallut mettre
un mois en mue devant qu'elles eussent
repris leur ply. (Du Fail, Prop. rust.,
p. 134, Bibl, elz.)
Od ne ïoid pins ces ijrands chapprons
Hooges, carrez, fourrez et ronds.
Ces couvrecliiefz d'aune de large,
Noirs et foupii. a double estage.
{Plaisant blason de la leste de liois, Pocs. fr. des
xv" et xvi" 8., XIII, liS.)
On trouve encore au xvii" s. :
En me criant : Vilain, lu foupis tout mon linge.
(ScAiiRoN. Jodelft.)
Centre de la Fr. et Annis, foupir, chif-
fonner, friper. Dauphiné, flapi, flétri.
FLAQUER, v. »., former une flaque :
El Bans se soucier
.Si elle fond (la neige), et flaque an creui de son
(soulier.
Il TOUS passe au travers.
(Gaichkt, Plais, des Champs, p. -iSO. éd. 1604.)
L'un conte comme il seul /laquer dans sa semelle
L'eau du marais, qui faict que la plante luy selle.
iId., ib., p. 271.)
H.-Norm., vallée d'Yères, flaquer. flou-
quer, clapoter.
PLAOUESSE, voir Flachesse.
FLAQUiR, voir Flachir.
FLAR,- voir Flair.
FLARAXT, voir FLAIRANT.
FLARER, voir FLAIRIER.
FLARIANT, VOir FLAIRANT.
FLARiER, voir Flairier.
FLAs, voir Flat.
FLASART, voir FlASSART.
PLASCHET, voir Flachet.
FLAsco, voir Flacubt.
FLASCONNET, VOir FLACONNET.
FL.ASKB, voir Flache.
PLASMiR, voir Flamir.
1. FLASQUE, /ïacoue, flanque, s. ni. et f.,
chacune des deux pièces d'un afl'ût, selon
la déflnition de l'Académie :
Arquebuses garnyes de flasque, calibre
et pouldre, (1535, Prêt d'armes aux habi-
tants, Arch. uiun. Avallou, BB 1.)
Une flasque de kesne de xilll pies de
long. {ru. de 1539, Bétbune, ap. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.) Flacques. (76.)
Que... vous nous fournissez jusques a
quatre cens barquebuz garnis de leurs
flasques et pulverius et cinq cens corselets.
(1557, Lelt. de Henri II aux bourgeois d'A-
miens, ap. A. Thierry, Mon. inéd. du Tiers
Etat, 11, 648.)
Pour faire quatre eniretoises aux /îasçUM
d'un canon, {imi, Dép. de deux jiir., Arch.
Gir.)
Les ennemis meirent le fau aux flanques
et les bruslerent, de sorte que les dites
pièces furent mises sur le ventre. (M. DU
Bellay, Mém., {•> 310, éd. 1582.)
Noz harquebuziers, qui estoient en garde
sur le portail, pourveurent a cecy, tirants
si souvent la' ou ils entendoient le bruit,
qu'ils leur firent abandonner le pont ; et
fut trouvé le matin beaucoup de sang et
quelques flasques des leurs brisées. (B. de
Salignac, le Siège de Melz, p. 548,Michaud.)
Un grand nombre d'ail'uts, flacques et
rouages d'artillerie. (Id., ib., p. 559.)
2. FLASQUE, voir Flachb.
FLASQUET, VOir FlACHET.
FLASSADB, flassardc, flasarde, flaisarde,
flaissarde, flossade, s. f., couverture :
Convenoit le plus de nous faire peneaulx
de vielz pourpoins ou de vielles flossades,
qui avoir les povoit, pour mettre dessus
nos selles et sengler dessous nos sengles.
(J. Le Bel, Chron., I, 71, Polain.)
Leurs chevaux estoient couvers de flas-
sardes en manière de bas. {Ttahis. de
France, p. 142, Chron. belg.)
Pour .VII. flaisardes, .vi. pour le palfer
mer, et une pour le mesagier, conlenant-
FLA
Vh.K
FLA
2S
clia?cnne ftaissarde .11. aunes val. ml. m s. ,
(1436, S.-iinier, ap. La Fons, Gloss. «is.,
Bibl. Amiens.)
Flasarde de bloiicq. (1448, ib.)
Meclre sus le faict, art, labour el exer-
i-ice de drnpperie de layne et de soye, de
ftassade. eschnllons, harracans, chapelle-
ries . (1498, Ord., XXI, 103.)
Aucuns l'appellent vache de mer, (In
raie au bec pointu) les autres pour sa
firandeur flassade, c'est a dire couverture
de lit. (L. JouB., Ilisl. despoiss. de Bond.,
XII, 7, éd. looS.)
FLASSADiEii, S. 111., ouvripr qui fait
les Passades ou couvertures de lit :
Jehan Porquier, flassadier. (1471, Arch.
.IJ 197, f'83 v°.)
FLASSAiE, - aije, - oie, - oije, flaç.,
liais., pauss., floss.,floç., flouss., fless., flocee.
s. f., sorte d'étoffe grossière, couverture
de laine ou coton :
Lodix, flassaie. (Dict du père l.abbe.)
Qui par son fils faisoit donner la jloçoie
a son père qui estoit povres.. (Compos' de
la s. escript., ms. Monmerqué, t. II, f°S4 r».)
Pour 8 flocees dont les fardiaus furent
couvers de sus la toille. (1316, Compt. de
Geoff. de Fleuri, Douët d'Arcq. Compt. de
l'argent., p. 70.)
Une flossoye pour enfardeler la salle.
{Compte de 1339, Arch. nat.)
.II. paires do baschoues et .il. flossaies
pour porter pain de bouche. (Compt. de
l'hôl. des n. de Fr.. p. 253, Douët d'Arcq.)
Le tonlieu des flossaies. {Cart. de Lagny,
Richel. 1. 9902, f° 246 v°.)
Estre veslus de burel ne de flaisaye.
(VOrlorje desapience, Maz. 1134, 1. 1, ch. 10.)
Des flassoies d'Aurillac étaient apportées
à Provins par les marchands auvergnats.
{Enquête de 1388, appartenant à M. le
docteur Max. Michelin, ap. Bourquelot,
FoiJ". de Champ., 1, 240.)
Une coutre et .i. cussin de plume, une
viez coutrepointe, une viez flacaie. (Dec-
1397, Invent, de meuhl. de la' mairie de
Dijon, Arch. Côle-d'Or.)
Qu'il soit couvert d'aucune grosse flossoye
de laine. (Fiiere Nicole, Trad. du. Liv. des
Proulfilz champ, de P. des Crescens, {" gor",
éd. 1316.)
Pour acheter des floussayes pour couvrir
les povres dudit hospital. (1407, Test, enre-
gistrés au Pari, de Paris, Tuetey.)
Ainsis le ticat, ainsii l'essaye,
Ainsi les yeiilx â'una /lossaye
l.y caevre par son piteux plour.
(E. Descb. , Pof's., Richel. 810, P5lo«.)
Touttes avoient le visage de plaie, les
cheveulx noirs comme la queue d'ung che-
val, pour touttes robbes une vieille flaussoie
très grosse d'un lien de drap ou de corde
liée sur l'espaulle, el dessous ung povre
roquet ou chemise pour tous paremens.
{Journ. d'un bourg, de Paris, an 1427,
Michaud.)
Longieul ou flossaie, lodex. (1464, J. LA-
GADEuc, Calhol., éd. AuQi-et de Quoet-
queueran, Bibl. Quimper.)
Quatre colliers a chevaulx garnis de
trebets et de flossoyes. (1486, Inv. demevb.,
Arch. Aube.)
(Povreté) ne est couverte que a moitié
d'une flessoie faicte de tenves palleteaulx.
(Bonc.vcE, Koblcs malh., III, 1, I'' 51 v»,
éd. 1313.)
— Ce mot a été employé an llg., comme
Inudier, pour désigner un lourdaud :
Flassaye, v. 1. Lourdaut, balourd (Le-
nou.x, jJict.com., éd. 1786.)
FLAssAiRE, S. f., soi'lft d'étolïe grossière
et de couverture :
Li cailis rois s'en va fiii;int.
Une pièce d'nnne flas.^airi'
Tronva qni li fu nécessaire,
Oes gênons jnsk'a la bouiiinne.
Non raie jusqu'à la poitrinne,
Fa de la ftanaairc cnnviprî .
(.'. DE CoNDK, Magnif., ras. Casan..v. l.'iO.
Scheler.)
Qu'il n'ot fors la povre flnssaire.
(In., i'/., T. mO.)
Lodix, flassaire, couverture, loudicr.
{Catholicon, ms. Lille 369.)
FLASSAnnE, voir Flassade.
FLASSAUT, flasart, flaissart, s. m.,
couverture de lit ou de cheval :
Ara vieslue mainte viese quirio
El maint flassart traînant par les cors.
(Servenlois du xiu" s., p. 9, éd. 1827.)
Flassars et nates. (1362, Lille, ap. La
Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Pour .II. fidsars a lui accales pour cou-
vrir les kevaus. {Compt. de 1373, Arch.
mun. Valenciennes.)
Pour un double ftassart, dont on couvry
lesdis penniers. {I'i97, Dépenses, etc., Ann.
de la Soc. de l'hist. de Fr., 1864.)
Leurs vestures estoieut de gros bureauls
et gros draps, de tels ou parauls que on
fait les flaissars des chevauls. (Froiss.,
Chron., XV, 290, Kerv.)
En icelle escuyrie y a bien trente
hommes a ceste cause, et chascun selon
son estât, les vallels de corps nettoyent les
chevaux d'estrilles et de flassars. (Ol. de
LA Marche, Eslat de la Maison de Charles
le Hardy, Du second estât, .Michaud.)
FLASSAY, s. ni., sorte do couverture :
Suplex, utilemens d'ostel, ou flassay, ou
facultez. (Gloss. de Salins.i
Cf. Flassart.
FLASsiEU, flacrjuier, v. a., abattre :
Et les Svvicers ont flassiet les bois, af-
fien que lesdites compangnes n'entrassent
mie en leurs paiis. (J. deStavelot, Chron.,
p. 432, Borgnet.)
Dix neuf quesnes, dont l'un a esté flacquié
pour couvrir les costez du pont Noblet,
pour ce que les autres y estans estoieut
pourris. (1497, Compt. faits p. la ville
d'Abbev., Uichel. 12016, p. 110.)
FLASTKE, voir FLESTRE.
FLASTREE, adj. f., déslgnc une sorte
de rage propre aux chiens :
La tierce rage s'appelle ftastree, par ce
que le mal est dedans les boyaux, qui les
fait retirer de telle sorte, qu'ils sont si
plats qu'on les perceroit avec une aiguille.
(Do FooiLLOUx, Rec. pour guarir les chiens,
éd. 1592.)
FLASTRER, flairer, v. a., marquer d'un
fer chaud, flétrir :
Pour ledit cas fut pillorié el mitlré, el
puis flastré au front. (Chron. scand.,
p. 283, éd. 1620.)
Toute incision de membre comme esso-
riller, coupper poing, flastrer nu visnige,
sont exploits de justice. (Coût, de France,
(" 202 V». éd. 1317.)
Flairer au front d'une lettre chaude.
(N'ICOT, Thres.)
On lit dans Furctiére :
Flairer, v. net. Vieux mot qui signifie
marquer d'un fer chaud. Autrefois on mnr-
quoit les criminels d'une lettre au front
avec un fer chaud : ce qu'on appeloil fla-
irer ; et maintenant ou dit qu'un crimi-
nel est condamné a estre flétri d'une fleur
de lys sur le dos, quand on le marque
d'une fleur de lys, qui est le supplice des
coupeurs de bourse. Ou dit encore à pré-
sent, flairer un chien, quant on luy applique
un fer rouge après avoir esté mordu d un
chien enragé, dans l'imagination qu'on a
que cela préserve de la rage.
FLASTRiER, V. a., marquer :
Tousceulx des baillingas sont tenus apor-
ter toutes leurs mesures flastrier aux me-
sures d'Aubigny. (1507, Prév. de Fouilloy,
Coût. loc. du bail). d'Amiens, 1. 300, Uou-
thors.)
FLASTiiiR, voir Fl.vtir.
Fi.AT, fiait, flae, flas, fiant, s. m., coup
violent, soufflet, t.ipo :
Lors li cust donn»; un liât
I, 'antre, s'en U vosisl sofrir.
(Perceval. ms. Monlp. H 219, C 36''.)
D'un tronçon d'une lance lui a donné tel lias
Que .111. dcns li depece.
{Ronm. d'Alix., f 61», Michelant.)
J'ai en pense que je te voiso
Doner de ma patc tel ilnt
Qu'a terre l'almtrai tôt plat.
(Renan. Br. IX, in.S. Martin.)
Tost me porrai doner .i. liait
Pont atolcr estre porroie.
(Vie des Pires, Ars. SGil, f° 15a''.)
En l'escu li donne .i. tel liât
Qu'il li lent en double partie.
(Ricli. li. biaus, 2712, Foerster.)
Lors hauce la paume, si li done tel flaX
qu'il l'abat del roncin a terre. (£a)ice/o{, Ri-
chel. 754, f" 22"^.)
L'un feri sus l'escu, qui estoit de quartier,
Que li et le cheval a fet jus trebucliler.
Si grant liai a donné le col li flst bruisier.
(Dooii de ilaiciice, .SU", .V. P.)
— Fig., chute, décadence :
Mais checuns kl est a eise
Deit penser de sa mal eise ;
i:t quant est en meillur estai
Penser do ruine et de liai.
(S. Edward le conf., 1301, Luard.)
— Bruit d'une chose iiui tombe lourde-
ment, clapotement :
Desi en l'evo va li gloz reoulant ;
Au chcoir eus fait un liât si très grant
Qu'uuB grans chastcaus n'en fcist mio tant.
{.lloniage Guillaume, Uiditl. 7".l, f 'iOl V.)
Si grant fiai prinst qno la lerro a croslee.
(Gaijdon, 9200, A. P.)
Car aa chair dona grant fiai,
La le leissa hunlcui et mal.
(Hlox de Meri, le Tornoiement .Inlicrist, Richel
2M07, P 23.'!''.)
M PLA
Qoar cODtre terr« ^raot fiât dooe.
(r>urm. le Gai.. 16S6, SIeDgcl.i
E, »i je io tTiis e pras.
Si me dirra asciin en CAt :
Dien ! corne cesit dorreil |;raiiDt /tttui
Ed one loDinyoe, s'il eheil de liaul !
(L^ Jonginr d'Ety, MoDUig<OD el Ravnaad, faH.,
II. 454.)
El fouei loDt cheu, si .ix. si .xxxiii.,
Et firent moult graol flùs.
(Ccv.. rf« Cdfjf/i», 1918j, Charrière.)
Le peaot senlanl le coup de la mortpelta
ung cri si 1res horrible que a l'ouyr es-
loil espouvanliible, etclieul morl par terre:
au cheoir qu'il fist prisl si grant flac, que
a l'ouir sembloit ung gros arbre qui fust
abatlu. Gérard de Nevers, II, XIII, éd.
1725.)
— Flac est aussi une onomatopée expri-
mant le glouglou d'une bouteille :
El m» bouteille a fait /lac.
(ilfjsl. S. Clirislope.)
— A un pat, tout a flat, d'un seul coup,
tout à coup :
Les .Ml. en pieté contre terre a un />«.
Si dnremeol, près n'ont les niembres qnas.
(Alesckaiu, 3988, Jonck., Guill. d'Or.)
L'eau enlroit dedans parla passée tout
a flac. (D'AUTON, Chron.. Richel. 5083,
f 149 V».)
— .4 flat, à tas :
Et alloveut tost comme vent, pencent
comme ilz avoyent de costume avoir sur
le camp des Françoys mouton? o flac pour
faire des carbonnades. (D'AuiON, Chron.,
Richel. 50S2, f» 159 r».)
— A flat de, k force de :
Si avoit il (du feu), voire du feu de ver-
tus qui par force de fortune ne pouvoit
estre cslainct, et du feu ensulphuré, que
ses gens, a Pac de vin et d'eau que sur liiy
espandirenl. a toute peine amortirent.
(D^Adto.n, Chron., Richel. 5082, f 133 v.)
Wallon, a pake, en quantité, en abon-
dance ; namurois, d flache. Ouernesey,
filas, coup de vent, le bruit d'un arbre,
d'un pan de muraille qui tombe.
FLATE, s. f., mettre en pâte, tromper :
Ur est Renars en grant baratc,
Qui tantes i.'ens a mit en flale.
Et qui les plos coinle» assote.
(Renan, Suppl.. t. î20, Chabaiile.)
FLATELEH, V. H., battre di's irjains ;
la coroie fiert la boche
Kt l'antre des mains flalele.
(TrlsUtH, I, 3786. Michel.)
i-LATELET, S. m., softe de poisson, le
pet:
Est et passer, quem Belgica nominut
Een heilbul.ort eelbut. G./Ja(«(f(, Germania
Ein heilsgbult. Angli. a hallibut. (Jdn.,
Nomencl.,\>. 64, id. 1S77.1
PLATEMENT, P"!!., S. NI., flatterie,
action de déguiser la vérité :
Chasrun, iqo'en vaot le fletemenl t)
A peur de soi «^nlement.
(CcuitT. Roy. lign.. 18Sd1, W. et D.)
Tant importunèrent ilz le Turc par
humble» flalemem. (Le Mairf.. Leg. des
Vénitiens,, ch. m, éd. Lyon.i
FL.\
Voyla comme de grand a grand la llal-
lerii- est commune connue parniy les palis,
encor que ces propos tiusseiit plustost du
vray que du pallenient, a cause de leurs
rares valeurs. (Bb.\nt., Gr. Cap. fr., M. de
Guise, n-, 200, Liilanne.)
— Action de caresser :
Flattementmw chevaux. {}vH.,Nomencl.,
p. 250, éd. 1577.)
Morv., flailtement. flatleric.
FLATEu, verbe.
— Act.. jeter, précipiter :
Et les flatoil hors du cazel. (.loiNV., S.
Louis. Lxxvii, 'Wailly.)
— Neutr., être renversé :
Qu'a la terre flalrr le fist.
(Koti, 3" p.. 831-2, var. .\i..lreseu. i
Sainte Eglise /Jo/c et chancelle
Se Dicus ne garde sa nacelle.
(Falil. d'Oi'., Ars. 5069, I" 160''.)
Cf. Fl..\Tlll.
Fi.ATEUEAl!, palt., s. m., iliiiiin. de
flatteur :
Aucuns bigotz ou patereaulx. (Kabri,
Rhet., f» 40 r», éd. 1521.)
An monde a inooll de flalereaulx.
(R. OoBis. le Livre des loups ravissons, ch. yii.
éd. IS'ia.)
Janglenrs, joncbeur.*, détracteurs, /latereaul.f
Sont eslevez et bien entrelennz.
An temps qui rouit,
(llnn. DE Coi.Lhim;, liondeoul.v, \\\\, Bibl. elz.l
Sus hanlt Huel, sus /latereou.
(Cu. Fontaine, Resp. à Ch. Huel, dans les Œuv.
de Marol, éd. n31.)
Comme leur voulurent faire accroire
quelques /îa/«reaax de légistes. (Pasquier,
Pourparler du Prince.)
— Adj.:
Ils amadouent d'infinis i^pithetes pate-
reaux. (TABOtJROT, Biyarrures, préface, A
il r», Paris, Jean Richer, 1584.)
FL.ATERESSE, - crrcsse, patt., palresse,
ïém. de flatteur :
Ce sont flateurs et palcresses, qui dient
mal d'autruy a leurs seigneurs, quant ilz
scavent que leurs seigneurs les bayent.
{ilodus, f» 51", ap. Ste-Pal.)
Flaterresse, adulatrix. {Gloss. gall.-lat.,
Richel. 1. 7684, f» 55«.)
Paroles patteresses coustumierement sont
agréables. (G. Chastellain, E-xp. sur Vé-
rité, VI, 397, Kervyn.)
Comme sa voix flaleresse
L'ame du corps to sccDt oster.
(RONS.. Od., Od. rctranch.. Il, 117, liibl. elz.)
Volnplé glisse flaleresse.
Et pique et mr>rd comme un serpent.
(J.-A. iiE Baif, les ilimes, I. I, f" 11 r», éd. 1619.)
D'une palteresse apparence. (Lariv., Es-
col., prol., Ane. Th. fr., VI, 95.)
De queir oreille Dien prend les phrases (lalresses
Desquelles ces pipeurs flecbissoicnt leurs mai.^tresses.
(DAiBicsÉ, Trag., II. Bill, eli.)
La prospérité est coinnio un venin em-
miellé, douce el pnlleresse, mais très dan-
gereuse. fGHARKON, de la Sagesse, ii, 7,
éd. 1782.)
I. FLATEUR, S. m., (latoir. gros marteau
pour battre les n,in.< :
FLA
L'on est uccoustunié eu ladite seigneurie
de Richebourg user de poids, blanches
mesures et aucuns pâleurs, de la marque
d'icelle seigneurie et non d'autres. (Coul,
de Bichebourg, xx, Nouv. Coût, géu., I.
393».)
2. Fi.ATEUR- S. m., ménestrel :
En celluy temps le roy Philippe fit chas-
ser tous gensleurs, puteurs. batlelours,
tout telle manière de gens (|ui ont grant
(sic) dons des granis seipnours. (Jacomin
HnssoN, Chron. de Metz, p. 4, Michelaut.)
FLATiR, pactir, llatrir. flaslrir, pachir,
verbe.
— Act., lancer, jeter, jeter à terre, ren-
verser, avec un rég. de personne ou d'être
animé :
Si Yaront toi saisi
l'U ab.-itu et .-i terre flali.
(Les Loi:., ms. Berne 113, (° 17' ,i
Dedens la chartre les a trustons ftatis.
iCar. le loh.. i' chaos., v, P. Paris. i
I,e baron font en la chartre flalir.
(li., XïX,
p. S7.
I.e moine prent, a terre le flali,
Por un petit que nel crevast parmi.
(/*.. x\u.,i
Se or avoie tout gaslé lor pais
Et puis si fusse en mon cbastel flalis,
Nos douterois vaillant ou Parisis.
(/»., XXVI. 1
l.i quens Fronions de la geste Alori
Vos en eusseni de France fors ftali.
(Girl). de Metz, p. 459, Slengel.»
Sv qu'il est dou ceval a le lierre flastris.
(Chev. aucyntte.lllSS.KeiS.i
l'oz .111. ou feu les ont el ftaliz et gelez.
{Parise, 3053. A. P.)
lu si parfont ens les flatrissent.
{Rose. Val. Oit. Vîl% f° -iT.)
ICI si très en parfont flatissenl.
(Ib.. Val. Chr. 152-2, f» iO».)
Mais en i. jrant fossé flali
Mon cheval, si sera cheu.
Par peu je n'ara trop beu.
(Phii.. de IIbmi, .leaa et Ulonde, 3113, Bordier,
p. 2i4.)
Les petits enfants prenoient par les piez
et les patissoient aus roches. {Ln trad.
franc, de Guill. de Tyr, f» 268.)
Cil Uroon issi hors et assembla ses gens
assez près de son chastel ; mais cil qui le
règne deffendoit le fist assez tost patir eus
parmy les portes, luy et sa gent. (Grand.
Cron. de France, du premier roy Phelippe,
IV, P. Paris.)
Les autres fist patir et noier ou Hum
d'Aigne. {Chron. deS.-Den., ms. Ste-Gen.,
f« 208''.)
Et firent flalir toutes les autres batailles
avec les batailles le roy sur le flum. (JoiNV.,
S. Louis, XLViii, Wailly.)
... Le vent nous anoit palis sus Chypre.
(iD., ib., cxxiv.).
Quant la flambe se rabessoit si flatissoient
les homes elles femes el feu desouz. (Vie
et mir. de plus. s. confess., Maz. b68, f» 25")
Tout droit enniy ces vingnes les avaient flastry
(Chron. des ducs de Bourg., 10068. Chron. belg.;
Lors le roy l'arracha de son siège, si le
Pactit contre terre [Q. Curxe. VI. 13. éd.
1534.
FLA
FLA
FLA
27
— Avec un rég. de chose, lancer, jeter
à terre, renverser :
La veissies ces perrieres Tenir,
Ces mangoonians et geleir et flatir.
(Cirb. de iteU, p. 1 19, Stengel.)
Kromons i est de Lcns li posleis,
no I.ohorainne nus ai ici pirlis
Kl nos chalians contre terre flalis.
(Ib., p. 4:-i8.i
Kl les eschieles font es fosses flatir.
(Les Loh., mi. Monlp., f» Ut''.)
La furent Iref contre terre /lati.
Maint paritloD rompa et dcpirti.
(Car. le Loh., i" chans., xxxiv, P. Parif )
Vit le fen mettre et la flamme flalir.
(/*., î° chans., v, p. 167.)
Par maniaient et par corroî
Flaii a la terre s'espee
(Chev. au lyon, 6-262, HoIIand . '
L'en me devroit falir on vis
l'ne vessie de mouton.
(Rose, 8526, Méon.)
... Flalrir.
(II,., Vat. Chr. 1.522, J° 55''.)
Ses dcns en l'aine li flali.
(Itose, Vat. Clir. 1522, f» 101'.)
... FlasIri.
(là., Vat. OU., f 119''.)
karles i sist .m. ans, li rois de Saint Denis,
I.X. mangonians i fist as mnrs nalir,
.\in8 n'i mesfist dedens Taillant .i. parisi.
(Gui de Bourg., 436. \. P.)
Et Lancelos par si grant force
Sor l'escn ki n'est pas J'escorce
Flalisl sa lance, k'ele brise.
'RoB. DC Blois, Poes., Uichel. 24Ô01, p. dlj^.)
Et prenant sa francisque il la flatU a
terre. (Fauchet, Anliq. Gaul. , II, 16,
^d. 1611.)
— Réil., se jeter, se précipitei' :
La dame es^jratine sa face
Et contre terre se flalisl.
CG. DE CoiNCl, ilir., ms. Brux , f 120''.)
Pierres parmi l'air se palissent.
(liuiART, Roij. lign., 1357, Bnchon.)
La lumee est l?le et la poudre
La ou li liardi se patiisenl
Qu'a gr,inl peine s'entrechoisissent.
(In., ib., 11350, W. et D.)
Le Hum se flali.isoit es caves dedens.
(Joi.w., S. Louis, XLf, Wailly.)
... Et au laisser aler la chuette branlera
des aesles, et quant l'esprevier la verra, il
se venra flalrir cmmv les paus. (Modus,
f» Î23 r", lilaze.)
— Se flatir après, se lancer à la pour-
suite :
Li cers s'enfail, li cien datissent.
Par le bos apr';s se flalitsenl.
(De Guill. d Angleterre, Itichel. 375, f 216 :
Micbel, Cliron. anglo-norm,, III, 143.;
— Xeut., tomber par terre, tomber, être
lenversé, être précipité, se précipiter, se
heurter :
La veissies groses lances croissir,
Et chevaliers contre terre pâlir.
(Les loh., ms. Monlp., f° 68^)
Parmi la porte les firent ens pâlir.
(Ib., f» 88''. I
Jns dou destrier fait le baron flatir.
«iar. le Loh., 2' cbins., \\\\\, P. Paris.)
Tons les bouians li fit del cors saillir,
Et dedans Moeso firent le cors patir.
(Girb. de Melz, p. 453, Stengel. i
Son levier ly (ist sonr le tiesle keir
Sy fort qa'il en a fait la ciervielle boulir,
Par devani, l'aranstant convient cely pa.t!rir.
(Chee. au q/g., 10339, KeilT.)
.xi\. payens a fait a le lierre /!iH/n>.
(Ib., 30865.)
Les lances es escuz palissent
Et li cop douent tels escroiz,
Oue tûtes jusqaes es chamois
Esclicent et rendent et froissent.
(Chrf.st., Cligel, Richel. 1420, f" 50'.)
Les Francs assallent, crans fii li fereis ;
Les grans batailles font ariere pâlir.
(Raemb., Ogier, 7059, Earrois.)
A cesl mot... vont requierre leur anemis
et les fièrent si niortelment qu'il les font
flatir a terre. (Lancelot, ms. Fribourg,
r 132''.)
A forche les fist flatir outre le pont. (S.
Graal, Vat. Chr. 1687, f» 133".)
Dies, con Richars li biaus s'e.sgol
Quant voit qn'cnsarable tunl palissent.
(Rieh. li biaus, 2174, Foerster.,i
L'enperere s'entnrne quant il fot desconfîs.
Sarrasin l'encauchiercnt qui l'orent euTais,
Ens es rues d'.\nger5 nous firent ens fîalir.
(E. de Si Gille, Richel. 23516, T 77=.)
Si sont grevé et estourdi.
Et de teste si estourdi
Qu'a poi n'alcrent jus pâlir.
(}. Bretel, Toiirn. de Ctiamenci, 622, Oelraolle.)
Jus a la terre le fait Aiquin pitchir.
{Rom. d'Aquin, 667, Joiion des Longrais.)
Et fu mesire Raous si cstounes dou cop
k'il flali a la tiere d'un des genous, mes il
sali aukes tos. (Flore et la bielle Jehane,
Nouv. fr. du XIII» s., p. 137.)
Se vous veez las aloes, mouvez vostre
huant et elles venront flalrir au huant.
(Modus, î" 127 r», Blaze.)
Et doit estre meu (le huant) quant on
voit aloe, et quant elle flatril au huant,
soit mené l'aloe qui est entre les deux
roys, et elle venra flalrir a elle. {Ib.)
Mais l'avangarde les recula moult aspre-
ment, et si ferirent eu eul.x si cruellement,
que tous les firent flatir jusqu'aux portes.
{Journ. d'un bourri. de Paris, an U12, Mi-
chaud.)
Il en portera telle colee pour les Romains
obeyr qui le fera flalir aval la terre long-
temps a honte. {Les Propliecies de Merlin,
r 131^ éd. 1498.)
— Flali, part, passé, renversé :
Et cil (le drapean) ne li fait point d';ibie
Fors que crave sa chair flalie.
(Bible de Hugues de Berzi, Brit. Mus. add. 13606,
S' 105''.)
Quant descendre cnida, a terre chiet paslrie.
(fi. de Seb., II, 911, Bocca.)
-Morv., fldti, V. a., affadir, rendre flasque.
Champ., flalir, plaquer.
Selon Du Méril, en Normandie, dans
l'arr. de Mortain, on dit a/flalrer pour
terrasser, renverser.
FLATOiER, V. n., être renversé, succom-
ber :
Tont tort, tonte injure el tout vice
Et toule traysoo seuronde
Et fait flatoier tout le monde.
(Fabl. d'Ov., Ars. 3069, f° 160''.)
Cf. Fl.vtir et Fl.vter.
FLATOIRE, flaltoire, adj , qui flaltp :
Vérité est dos bons amee
Ponr ce qu'elle n'est pas patoire.
(FrOiss., Tret. amoureux, xu, Scheler.i
— S. f., chose qui flatte les sens :
S'ello (la Paix) est vraye, c'est un éter-
nel repos, et s'elle est similitudinaire et
fourrée, c'est une pestilencieuse flatloire.
(Cr. Chastell.\in-, Livre de paix, vu, 378,
Kervyn.)
FLATRE, s. m., flétrissure, marque:
Flatrir ung voleur du flaire et merche de
la ville. (1389, Péronne, ap. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
VLATRER, voir Flastrer.
FL.\TRi, flallri, part, passé, marqué :
Ne ki mesure de nule mesure ki ne soit
droite et loiaus et asses grande a le droite
mesure de le vile, et se c'est coupe k'ele
soit jlatrie. (Bans d'Hênin, Tailliar, Rec.
d'act. des xii» et xill° s. en lang. wall., p.
436.)
Aussi est requis qu'ilz visitent... les me-
sures et picotins des hostelains et s'ilz sont
flalris. {Doeum.relat. d la divis. des fond,
entre les membres de l'échev. d'Amiens,
vers l.ïo8, ap. A. Thierry, Monum. du Tiers
Etal, 11,660.)
Audit seigneur et officiers appartient
corriger toutes personnes ou personne
usant de mesures non /ïat/riesde la marque
de la ville de Lens, ou autres marquées
d'icelle marque non estant de loyalle me-
sure par décadence de londs, adjousiement
d'ablocqs de bois, ou autres choses qui se
feroient en fraudant telles mesures, de
telle amende arbitraire et réparations ho-
norables que par les pers et hommes dudit
bailliage seroit ordonné ainsi que le cas le
requiert. {Coust. de Lens, 3, dans les Cou.it.
gén. du comté d'. Artois, Arras 1679.)
FLAfRiR, voir Flatir.
FLATRISSURE, S. f., mai'qUe pOUT le<:
mesures publiques :
En ladite ville l'on ne poeult vendre
ne acheter grain que ce ne soit a le me-
sure flatrie de ladite ville,., lesquelles me-
sure, marque et flalrissure ?ont en la
ferme dudit eschevinalge. (1507, Prév. de
Beauquesne, Coût. loc. du baill. d'.Amiens.
Il, 333, Boulhors.)
ILAIIMINE, S. f. ?
Si dirai de lor père qui viToit de panmine
Etd'erbes, en .i. bos, et de mainte nchine.
(B. de Seb., xxi, 96, Docca.l
FLAi.'NiER, voir Flaonnier.
FLAUNIERE, S. f., plat, aSSiOttG?
Li chers de flaunieres, de pos de terre,
de godes, doit .vin. d. (1380, Tarif du
livre roiifte de l'éeliev., Arch. législ. de
Reims, l" série, 1, 744, Doc. inéd.)
FLAUR, voir Flairor.
FLAUssoiE, voir Flassate.
FL.AUSTELE, VOir FLAUTELE.
FLAUT, voir Flat.
FLAUTEL, flaitlutel. fliiMel, s. m., cha-
38
FLA
El qaanlj oi Ion failnlfl
SoDdr iTfc 11 lat-or.
(Cou» Mr<tT, Chm , ap. Waclcrnaccl, Alifr.
LieifT, p. 75.)
La nuit, qui ofloit prochaine, rauiriia les
pasteurs el pastourelles des champs, et
tout leur beslail, nienans mélodieux de-
duyl de cornols. flusieaulx, muscs et na-
peolz. (Perceforesl, t. IV, r ISO», éd. VUS.)
Bourg., Saulieu, jluUau, petite fliile.
FLALTELK, flahukllc, flaustelc, fleiilele,
- elle, s. f.. petite flrtte, flageolet :
lloliios d'one flahlele
I reçoit dcas sons trelii.
(r.. i.c Bersevre. Mol. el Patloiir. du \m' s..
Th. fr. au m. àje, p. 37.)
Porloienl (.igoes el violes,
Sillerions el flnlfles.
(Ui.xRi d'A.xueli, Bùlaillf det .vu. ars. Ridicl
837, r 136\)
Fleulelet cl cornes.
(^ii«uti« <•/ Sicolelle, p. is, .Sachier.)
Et il aora ma ccrnoielle
La muselle el la fleliulelle.
(Kroiss., />««., Kichel. 830, r Î77 i°.)
FLAiTELER, V. n., joupr de la flûte :
Mail mal tU pour lui ce jour ne
Qu'cnlre les flos tiI Leandoa
Qoi (lauleloil a la)banlon.
(G. M.\cii., Poés., Richel. 9221, r ai''.)
FLAUTEU, flahuter, fleutcr , flehuter ,
verbe.
— Neutr., jouer de la flûte :
Corneol, flauleni, chalcmelenl, |
-Miinl clianl e maint «on i espelcnl. i
(Beic., l). de Norm.. II, 11(238, Michel.) I
Sor .11. lorneles hanl levées [
Kstoieal .ii. pailes montées
Qui moll cicremcnl flauloinl.
(Duim. le Gai., 3811, Stengel.'l
Car tuil ensemble vont clianlani,
El si ftahami li alquant.
(II:. «639.)
Li nns enlendoil an corner,
El l'anlres an bien flahuler.
Re.v. de BtAiJEi. li Biaus besconneus, 286;>,
llippeau.)
Enlor li onl flehulr
El Tielé.
iLi Tonoit da bamet Uomciineiir Iluon d'Oisii.)
— Act., chauler sur la flûte, au flg. :
lelsamors suot lanlost seurs
Qu'il les /leulent par les rncs :
.>e leur cbaul guieres qoi les sacli?.
(Rote. Richel. 1573, f° fiS'.)
Lorr., Killièrcs, fiuter, siffler.
FL.\L-TELR, - cour, fîahuteur, flaeuleur,
fleuteur, - eeur, flutleur, s. lu., joueur de
nûte:
Et si troit bons lenteurs.
El des /laalnri de Bebaigoe,
Kl des (içoeonrs d'Alemaigne
El flaateours a .]t..dois.
^.\l>l.^ET, Cleom-, Ars. .iUî, f 1«,)
La Teiuiei toos /laeulcars
Et menesiriaus él jugiceurs.
(Roie, mi. Corsini, I» 6^.)
Met trop est malement jauglerrei
Maie Bouche li fleulieres.
(li., 12653, .Mcon.;
Mate boocbe le /leutierret.
'/*., mi. Corsini, 1° 81».)
FLA
Fleuleeurs. IVoc. des mest., ap. Géraud,
Paris sous Phil. le Bel.)
Ptolcmee le fluslciir. (HoniN, Hep.. VI,
2, cd. 1583.)
Fi.,\rTRE, voir Festre.
Fi.wASTRE, adj., jaunâtre :
Les deux drapons de couleur fîavn.ilre.
(P. AnNACLD, le livre des figures aeHicolas
Flamel, p. 64, éd. 1612.)
El les exhalaisons qui montent dans le
nialras sont obscures, noires, blues et fia-
vasircs. (Id., i6., p. 66.)
1. FLWE, adj., jaune, jauni.ssanl. jau-
nâtre, pâle :
Salomon nous déliant sans flave
Que ne regardons an vin flare.
(Ysop. I, fab. LU, Robert.)
Le poil flave. {Le Fevre d'Est., Bible,
Lév., XIII, éd. 1534.)
De couleur flave, ou jaunastre. (Paré,
CEuv., VIII, 9, Malgaigne.)
Bile flave. (G. Uouchet, Serees, i. 11.
Royhet.)
Plusieurs contentieux et babillards es-
quels la bile flave... domine. (Liebault,
Mais, nist., vi, 22, p. S83, éd. 1638.)
Jura, flaves, herbes sèches.
2. FLAVE, voir FOIBLE.
1. FL.WEL, flabel, s. m., éventail :
.III. génies dames le servent n/lavel:
Le roy lor rit elTorcié de revel.
(IlERB. Ledcc, Foulq. de Cand., p. 6G, Tarbé.)
I Approche loy, preu ce flabel
i El fay ainsi ung pelit venl
Dessus cesle vierge souvent.
(Therencr en franc., f 112'', Verard.)
.le la regarday doulceinent
P.ir le iMel secrelleraenl.
(«.. fll-J v«.;
2. FLAVEL, s. m., cliquette de lépreux:
Mel i de bnis un gros nnel.
Si s'apareille nu flavel.
(Trislan, II, v. 513, Michel.)
Lors s'alorna comme mesiel,
Ilenap ol, el potence et llavel.
I Wistasse le Moine, 1309, Michel. )lmpr., flanel.
Un mesel sonna moût forment son fla-
vel. (Vie de S. Louts, c. xii, Rec. des hist.
des Gaules, XX, 102.)
3. FLA VEL, flaviel, s. m., flageolet :
Flaviet el Oabutes i sonnent.
(barman le Gallois, 1.1972, Stengel.)
Pais prent sa mose, el si travaille,
El son flavel de Cornoaille,
El espringne el saulelle el balle
Et fierl du pic parmi la sale.
(Ilose, ap. Capperonnier, Gluss. de fhisl. de SI
Louis, p 351). )
ICn sa bouche est sou Havel
Ile quoy flaltcrie amraoncsle.
(Uodut. r 217'', ap. Ste-I'al.)
I-L.VVELE, voir Fa VELE.
FLE
2. FI.AVELER, Vclir Faveler.
FLAVELEUR, VOÏr FAVELEUR.
FLAVER, v. n., pêcher avec un engin
qu'on appelait flave :
Aberer, flaver, nayser et pécher ansi
comme Ii home et li subjeic don sesnor
de Beaujeu. (Arch. P |388, cote 116.)
FLAVERECE, adj. f. ?
Se aucuns hom amaine cendre flaverece
en ceste vile por vendre. (Bans au.v éche-
vins, QQ, fo ,^ v»,AiTh. niun. Douai.)
FLAVIEL, voir Flavel.
FLAviER, V. a., tromper :
Çoa est gr,ins Hiablie,
S'ele (la bSle appelée Tirant) nos passe lous, et ele
(nos flavie.
(Roum. d'Ali.r., f» lf,=, Michelanl.)
FLAvoTEiT, flavouteit, voir Foibletiî.
FLAXART, voir Faussart au Supplé-
ment.
FLAxiR, V. n., se flétrir :
iVoslre honneur est trop dangereuse chose :
Du doit louches le; il flaxil.
(H. Baude. bel), de la Dame el de l'Escttijer.
Poés. fr. des xy« el xvi» s., IV, 162, var.)
FLAYAU, voir Flael.
FLEAU, voir Fbeel.
1. FLAVELER, V. H., agiter sa cli-
quette ; '
Eil viil après laprès la reine), si flavelr,
A halte vuiz vers li apele....
Suit le (la reine; iresqn'ani en la capele,
Crie e del hanap (lacele.
(Trislan, II, v. 530, .Michel.)
FLEBAGE, voir Foiblage.
FLEBE, voir Foible.
FLEBECE, voir Foiblece.
FLEBEMENT, VOir FOIBLEMENT.
FLEBESCE, VOir FOIBLECE.
FLEBESSE, VOir FOIBLECE.
FLEBiLE, - nie, adj., qui fait pleurer,
qui arrache des larmes :
Car mon chant est lamentable et flebille.
(OcT. DE S. Gel., Sej. d'honn., r 6 v», éd. 1526.)
A voix flebile et lamentable. (Bourdigné
Hyst. d'An}., f" 64 v», éd. 1329.)
Par amoureuses chansons, par sonnets
flebiles. (G. Bouchet, Serees, xix, éd. 1615.)
KLEBIR, voir FOIBLIR.
PLEBLE, voir FOIBLE.
FLEBLESSE, voir FOIBLECE.
FLEc, S. m., tranche de lard et de viande
salée coupée en long :
.1. flec de bacon pour le jour du cras
dimenche. [Tit. dît xiV s., Amiens, ap.La
Fons, Gtoss. ms., Bibl. Amiens.)
Trois /;ecs de lart. (1407, Arch. .MM 32,
1° 3 r».)
Cf. Fliche.
FLECCHiER, voir Fleciiieu.
FLECHE, voir Flache.
FLECHER, flescher, v. a., atteindre,
percer d'une flèche :
Je sec bien, je scé, mon enfant.
Comme lu l'as fléché souvanl.
(J.-A. DE B.\ir, Devis des Dieus, II, éd. 1.S73.)
FLE
PI.E
FLE
i9
Et approchans des villages desTabajares
cotnniencerent a huer, et ce pour éviter
d'estre flcchcz. (Yves d'EVBBUX, Voy. dans
le Brésil. I, 6, Denis.)
Un de leurs principaux se fit porter dans
un canot u la face de nostre armée et te-
nant a la main une trousse de flesches, et
de l'autre son arc dit : Venez.venez au cotu-
bat, nous ne craignons rien, nous sommes
vaillans, j'en fleschrray aujourd'huy un bon
nombre. (Id., ib., 8.)
Ils vont au bois tirer des oyseaux, vont a
la mer flécher les poissons. (Id., ib-, 21. >
— Absolument :
Accompagné de deux cens jeunes hommes
fors et vaillans, habiles a nager et a /ïe-
cAer.(YvES, Voy. dans le Brésil, l,Zo,Uems.)
Les exemples d'Yves d'Evreux mon-
trentque flécher se disait encore au com-
mencement du XVII» siècle.
FLECHEUR, adj. et subst., fléchisseur,
I. d'anat., qui détermine la flexion des
parties, en parlant des muscles :
Le quatrième et cinquième (des os in-
ternes du coude) plient le carpe : et pour-
tant on les a nommes flecheiirs ou plieurs
du carpe. (Paré, OEuv., IV, 28,.Malgaigne.)
Le sixième et septième semblablement
destines a plier les premières, secondes et
tierces jointures des doigts, sont appelés
flecheurs des doigts. (Id.,!6.)
FLECHiBLE, /7e/cftj6(e,adj., qui peutètre
lléchi, flexible, souple :
Voix clere, forte et flechible. (Corbichon,
Propriet. des choses, v, 23, éd. 1483.)
Aranthe mollement llcchible.
(Sœy^, ilieroc, ni, éd. 1362.)
Itecoas des canx! hé! Cieux, demeure la,
Keeons des eanx, flechible a la prière
Que je t'en fay, dy de qnclle manière.
CA. IIarov, .ilcee, V, i.)
Flechible an reponlir.
(In., Achille, I, i.)
Ponrqooy ne pouvez vous a ma doulonv fleichible
Me reporter au lieu oa surprise je fus.
(Id., Raviss. de Plut., III. 2.)
Pourquoy riDjnrieux ne permet que ma plainte
I.ny donne par l'oreille une flechible atteinte;
(Id., du.. III. 11.)
FLECHIE, adj., en forme de flèche ?
Cote ot et mantel bien taillié
Treslout foiiié de valr fléchie.
(Chen. as .11. e.ip., 171, Foersler.)
1. FLECHtER, flecchier, flesc.hier, flekier,
flangier, verbe.
— Act., fléchir, ployer :
Si nos leissons noz pocchiez
Sachiez li jase est tost flecchiez.
v'Ancieb, \ie des. Greg., 1018, P. Meyer.)
Ne plé ne jambe ne flécha.
(G. de Chili, 3674, Reiiï.i
— Réfl., se fléchir, se ployer :
Par devant Salalrie d'un genoul se flescha.
(Cipeiis, Richel. 1637, f 133 ï°.)
Si ayde n'ay da bon Dlen et do celle
Devant lesquelz a denlx genonlx me flèches.
De ma vie je ne donne troys pesches.
Car de vertu j'ay moins qu'une estincelle.
Au pied du mur.
(R. DE CoLLERïE, Rondemi.T, i, Bibl. elz.')
— Fig., se laisser toucher :
La quatriesme chose est d'avoir pitié et
compassion que li juge doit avoir de celui
qu'il doit jugier; car il se doit plus /Zescftier
par quartier et miséricorde que soy enroi-
dir par duretei en justice. (LAURENT,
Somme, ms. Troyes 751, f" 64 r".)
— N'entr., se fléchir, se ployer, plier :
Corinens fu en estint,
Il ne flécha ne lanl ne quant.
{Brjil, ms. Munich, liiil, Vollm.''
Si aura cuer d'achier dur et seré qui
n'aura garde de flechler ne de moUoier.
[Arlur, ms. Grenoble 378, 1° VS>.)
Quant son poinj; dcseent Sûr l'es':')
Contre la pane l'a féru;
L'espee flange outre le conte.
Du poins li cbiet, il a grant honte.
(Parton., Richol. 19132, 1° 136".)
I.,1 doivent le bastnn sans flekier droit tenir.
(Gilles li Muisis, li Estas des prêtas, I, 338,
Kervyn.)
l'ieuseurs sont deceu par cniJcr
Que la mort ponr leur habit flèche.
(Danse macabre des honnes, éd. 1186.)
— Commettre une faute :
Mets li lait bien ses droits entiers;
S'elle Ti avait neà point fleschir
Uadrecier se veuit voulleniiers.
(Guerre de Meti, st. l"f.«, E. de nouteiller.J
— Fléchie, part, passé, fléchi :
i;enons flèches, enclin le chief.
Proia le saint.
(Mir. de S. Elût, p. 92, Peigné.)
Bourg., Yonne, Pevcey, flancher, faiblir,
manquer de force; flg., manquer de fer-
meté, chanceler dans ses résolutions.
2. FLECHiER, flécher, s. m., ouvrier qui
fabriquait des flèches et des arbalètes :
Flechiers. (Voc. des met., ap. Géraud,
Paris sous Phil. le Bel.)
Attillours, ftechers. carpeuters. (16 oct.
132>i , Mêm. adressi' d H. le Despencer,
Delpit, Doc.fr. en Aw/let., p. 37.)
Nom propre, Flechier.
FLECHiERE, flecicre, flequierc, flekiere,
flecquiere, f requière, frecquiere, flachiere, fla-
giere, s.f.,la sagittaire, plante de la famille
des alisraacées :
S'on fait dosons kouque et litière
De rains, de foelle et de flekiere.
(Ckrest., Roi GuilL, T06, Michel.)
Quant poignant vint très parmi \efleciere
CW qui do I.ibe est sire et justiciere.
(Anseis, Itichel. 793, f SO"*.)
Ilichars fait faire une litière
De peus d'ierbo et de flekiere.
(Rickars le biel, ras. Turin, P 139''; Koerstor,
3193.)
ne ftecieres et de genicsle
l'ist une loge auqnes oonieste.
(MousK., Chron., 21(;01, Ileiff.)
Prendes le poli\v(;l et de le flekiere et dou
vies oint. {Remèdes anc, Richel. 2039,
f» 4 r°.)
(Je tieng en fé) la maison a la flachiere.
(1277, Cart. de Meaux; Richel. 1. 18333,
f 81 V.)
Rogier de la Flagiere. (Sept. 1286, Ch.
du bailli de Caen, (ihap. de Bayeux, Arch.
Calvados.)
Kt puis on le fait la litière
Do blanc estrain ou de flechiere.
(Faoïss., Poés., Ilichel. 830, (• 82 v".)
Que les dits fagots l'on ne puist fourrer
de flecquiere ne d'autre chose que de la
mesme laiguo. {Cout. de Ilayn., cv, Nouv
Coût, gén., II, 33.)
.XII. voires de frecquieres pour la halle.
(1.321, Béthune, ap. La Fons, Oloss. ms ,
Bibl. Amiens.)
Voirres do frequieres. (153(>, .l/oft//. de la
halle de Bélhune, La Fons, Art. du Nord.
p. 114.)
Voires de fleqiiieres a pied. {Ib.}
Nom de lieu, Fléchère, hameau du vil-
lage de Goui-lez-Piéton, Hainaut belge. La
Flégére, montagne de la vallée de Cha-
monix.
Nom propre, de la Fléchère.
FLEGHiJiENT, fleschimeiit, s. m., action
de fléchir, de faire fléchir;
Par uu petit fleschiment des choses.
(Oresmr, Trad. des remed. de fort, de Pé-
trarque, Ars. 2671, f» 24 r».)
t'LECHiR, fleschir, flenchir , flanrhir,
jUimjir, flainchir, verbe.
— Act., détourner :
Cum il veist qu'il ne le pooit ftainchir
de son prepos ne removoir, il le tit décol-
ler en l'an da grâce .CGC. {Vie saint Pan-
crace, Richel. 988, Cdl'.)
Ceuls qui flonchissent les ieus. [Bestiaire,
ms. iMontp. H 437, f» 212 1 '.)
— Faire céder, amener:
Kt cil qui en est enrichis
.lamais jour ne sera fléchis
\ ce pour riens qui puist venir
Que douloureux puist devenir.
(Chr. de Pis.\><, Liv. dit chemin de long eslude,
261, Puschel.)
l'our le fléchir a compassion de nostre
misère. {La Iresamjile et vraye !^xpos. de la
reigle M. S. Ben., 1486, f» 74''.)
Pour vous fleschir a m'aimer davantage.
(Jax de Li ÏAiLLE, Episl. a mie deniois., dans les
Poésies, éd. 1372.)
Si la raison, le debvoir naturel et les an-
ciennes lois et constitutions de ce royaume
n'ont peu fléchir vos cœurs a la reconnois-
sance de nostre légitime vocation a cette
couronne. (1390, Lelt. miss, de Henri IV,
t. m, p. 217, Berger de .Xivrey.)
Afin de les régler par nécessité a ce qui
leur est plus honorable et utile, puisque
la raison ny l'exemple de ma conversion,
ma bonté envers tant de princes, seigneurs,
gentilshommes et villes, qui m'ont reco-
gneu et ont aussy comprins ma bonté, ne
les y peuvent fleschir. (1394, ib., t. IV,
p. 266.)
On trouve encore dans Corneille :
Faites qu'a mes désirs je la puisse fléchir.
{Cinna, 901, éd. Hachette.;
— Réfl., se détourner, être détourné;
Kt verras en Prclicraliqno
Qu'il se flechist de la matière
Et des nombres devoit escrire.
(Rose, ras. Corsini, l" 16''.)
Et cil ne se vost ouques flenchir per
prières ne perdons. {Li Amiliez de Ami et
Amile, fionv. fr. du xiii" s., p. 74.)
30
FLE
FLK
FLR
Et cil ne por ce ne por antre chose ne ie
vost /tencftir. (/6.,p. 76.)
Afin que par don? ne pnr pritTC? il ne
se peust /l'Cflir de son propos. (Bkrsdihe,
Tite Lite, m?. Ste-Gen., f» 28 r>.)
Quant le suppliant se sentit frappé dudit
Cousteau il se flanchit en sov retournant.
(1457. Arch. JJ 183, pièce 236.)
— Se tourner, incliner :
Apres ces paroles il aparul que li père
M ftechissoient a miséricorde. iBersitire,
T. liv., nis. Sle-Gen., f" 312=.)
— Nenlr.jSe délonrner :
Je sai que vos esles droituriers juijies et
que vos ne flangissez de droite voie ne
por amor ne por aine. (Li Amiliez de Ami
et Amite, .Nouv. fr. du xili° « , p. 52)
— S'éloigner :
Saint Paul decrade ici tous ceux qui
flccMssent du droit chemin. (Calv., Serm.
s. /«.< Ep. a Tim., p. 283, éd. 1S63.)
— S'incliner :
(Dieu) a qui tuit flainchissent les genz.
(.Ms. Ars. 5201, p. 369".)
— Fléchi, part, passé, courbé ;
Icesie contrera les rons cbapeans flanchis.
fÎB.DE Kejit, r.ale d'.AIi.f., Richel. 24361,
r» fi* T».)
FLECHissABLE, - isable, - avle, ftec,
/le*., fless., flex., flacisable, flenehisaubte,
ad)., qui peut être fléchi, ployé :
La main Judas estoit flechissable a tri-
cherie. {Trad. de Beleth, Michel. 1. 993,
{' 80 r«.)
Tant sont (le> femmes) decevahles et niées
El de pechissalle nature.
(«»«, Val. Clir. I.i22, f 1056: Corsini, r 1(19';
Méoo. 16S44.)
Rt de flekitsorle nature.
(;*.. Val. Oit. 121 î, r> IIS"".!
Ri de paeisablf nature.
U*., Val. r.hr. IR-ÏS, V Ml)'.)
AosI coo les (sacs) on ères soient
Rs mnrs paoJuz qui balan';oient
Ou aaires choses /lenchisauliles
Oui coolT'! cous «oui remuaobles.
(J. ut PaiORAT, Lie. de Vegece, Richel. IfiOi,
r .ï9'.)
Espee de justice hauste,nient /{eJtmab/«.
{Vie de Chaiiemagne, ms. S.-Omer 722.
{• 104'.)
On Teree de fer on jnslise
>on lirciueblr.
(Mtcr. De LA Cbabitc, Riblr. Richel. 4iil,
f* n;t'.)
Si Tive en simple humilité,
Deijonnerei et lltchiuablei.
{Fttbl. d'Of., Ars. 30fi9. t° 1,1'.)
Ne Boie? pas cruials, mes flechissable n
eeparnier ceaus desquels vos avez viclorie
(Secr«Ud'yliMt., Kiclicl. S71, f« 127«.)
Mercarins est p^chitunUe».
Kl moisie» et conTertissaliles.
li. I.» Ftviifc.fo YieUle. I. 111, ,. inss, Coeheri»)
Pins esl taino et escorjihl^
Oiane courant, et plas fleuiftaUf
Ooe n'est ier(te dosiere blanche.
■ r.. .MicH., Port., Richel. fliil, r 202'.)
.Membre /JerfcuaW». (H. pf Mondev Hi-
chel. HKVi, l" 8 v».; ''
Flexibilif. /Ii-.vissable. {Glosa, de Con-
ches.)
To ne es a rien flechisfable.
(Therence en franc., f» 316", Verarl.)
Et les dieux pitoyables
Se se font point pourtant par pitié flechisxable.i.
(Jnn., OF.m: mfsl., P 88 r», éd. 1583.)
FLKCHiss.VBLETÉ, S. /., propriété de
se fléchir, flexibilité, souplesse :
Flechissableté, flexibilitas. IGloss. gall.-
lat., Richel. 1. 7684.)
flechiss.\i:ment, adv., en ployant,
en fléchissant :
Flechisxaiiment, flexibilitcr. {Gloss. gall.-
lat., Uichel. 1. 7t)8i.)
FLECHISSEMENT, S. m., flclion de
plier, de ployer, de courber :
Plexus, flechissemens. (Gloss. de Salins.)
FLECHissuRE, S. f., courbure :
Obliquitns , tortuosité , flechissure. (U.
Est., Dictionariolum, éd. Ibi2.)
Flechissure, obliqnitas, flexura. (In., Pet
Dict. fr.-lat.)
FLEciioN, S. m., diniin. de flèche:
Des canons, des canons estoffes, des
flèches, des fléchons, des arbalètes avec
tours. (1357, Compt. de l'Arlillerie, Arch.
mun. Dijon, H, Aff. milit.)
Fi.ECiERE, voir FLECnrERE.
Fr.ECissABLE, voïr Flechissable.
FLECouiERE, voir Flechikre.
FLECTAMus GEMUA, employé plaisam-
ment pour signifier l'action de courber les
genoux :
N'? cncor pas praniiient, a terre le ma,
Malcm,'nt le demaine /leclamus germa.
(Du Plail Renan li,- Pammarlin, Job. Kmtr.Hec.
Il, 25.)
FLECTE, voir Flette.
FLECTER, V. 0., tordfe, Iresser :
Fteclant les rennes de fueilles pampinecs
Snr celles bestcs rndcs et elTrencos.
(0. DE S. Gel., Encid., Richel. 801, f fii=.)
Bref., Côtes-du-Xord, canton de M.iti-
gnon, fleiler, faire des tresses ; flette, tresse
de paille pour chapeaux.
FLECTiR, s. m., herlie définie ilaiis l'e.x^.
Sïuivant :
Pied de coulomb est une herbe qui est
aultrement nppellee fleclir. Elle a fueilles
rondes entrecoupées et ressemble a pied
(le coulon :elle s espart sur terre. (Legrant
Herbier, f» 88 r», Nyverd.)
Fi-ECTijERE, s. f., sorte dc piègc :
Prendre le videcoq a la flectuere. (Modus,
f 78'',ap. Ste-Pal.)
Cf. Foletouere.
FI,EE, S. f. ?
Pour redrecicr la cloche l'evesque qui
pendoit d'une part, et faire chaETaux pour
la mettre jus et remonter, et pour
resarrer les flees de? autres c oiches du
sros clochier. (1412-13. Compi.de la fabri-
que de S. Pierre
f 43 V».)
Arch. Aube
Fi.EEL, voir Freel.
1560,
Fi.EEn, V. a., battre au fléau :
Icellui Troude print une verge afleer de
meslier et courut au dit Petit pour le ferir.
(1391, Arch. JJ 141, pièce 89.)
F i.KG \HD, flegarl, fregart, fegart,s. m.,
lieu public à découvert, passage commun
qui dessert plusieurs propriétés :
En toutes les voiries, fros, fegars de le
dicte ville. (1441, Cart. de l'univ. des
chapel. de N.-D. d'Amiens, f» 41 v» Bibl.
Aniien.s.)
Le cloistre, voiriez, fregas, fros des rues
dudit cloistre. (Denomfcr. des baill. d'Amiens
et de DouHens, Arch. P 137, f 13 r».)
Par ladite coustume local nul ne pœult
picquer, ne heuer, planter, ne arracher
sur frocz elflegarsde rue en ladite ville de
Molliens sans le consentement et confié
desdits maire et eschevins, sur paine de
.Lx. solz paris, d'amende. (Coust. localles
de la ville de Molliens-Vidame, Mém. do la
Soc. des Antiq. de Picardie, 1, 185.)
Se aucuns pique, fouit, ou houe au fond,
et en la terre ou flegard d'aucun seiçneur
féodal, ou empesche ledit flegard en le
cloant ou appropriant a lui sans le congié
dudit seigneur, il commet amende de 12
sols. (Ancienne Coutume de Boulonnois.)
Un seigneur fonsier n'a jurisdiction ne
seigneurie au dehors de ses bournes cl
limites, en telle manière que s'il y a trots,
flegards et lieux communs, entre un sei-
gneur viscontier et en dessus, et un sei-
gneur fonsier, ledit viscomtier et en dessus
aura entièrement lesdits frots, flegards et
lieux communs. (Coust. d'Artois au baill
de S.-Omer, 2i.)
Flegard, a common place or wav. Pir
(COTGRAVE, éd. 1611.)
On pourrait citer de nombreux exemples
de ce mot dans des textes modernes, tel.»
que les suivants :
Les espaves... contenant vingt neuf jours
neulx cinquante verges, comprins six
journeulx de flagars et voyes. (Pièce de
1608, Beauvillé, Ijoc. inédits sur la Picar-
die, IV, 404.)
Le droict de pouvoir planter sur les che-
mins, flegards. (18 mars 1630, Cart. de
Flines, mlxx, p. 903, Hautcœur.)
Cotgrave le donne cotnme picard;
t mais, dit Corblet, il n'est plus guère
usité qu'à Boulogrie-sur-Mer. «
FLEHUTER, voir FL.4nTER.
FLEIBE, VoirFOIBLE.
FLEiciiiBLE, voir Flechible.
FLEIUANT, voir FLAIRANT.
FLEiiiR, voir Flairor.
iLEiciER, voir Flechier.
FLEKIERE, VOIf FLECHIERE.
Fi.EKissABi.E, voir Flechissable.
FI.EM, VOirFLU.N.
fi,EMBi,E, voir Flamble.
FLE
FMîNCHiK. voir FLECHII!.
FLENCUISAUBLE, Vl)ir FLECHISSABLK.
KLEPIEU, adj. î
Prendre puissons d'apiur ilepier et de
Ueur de crapes. (liemeU. anc. Uicliel.
Î039, f» 8'.)
FLKliUART, voir l'LOQUART.
FLEUCEUR, S. m., déchargeur de voi-
tures qui jouissait d'un droit noriiiiié fié-
cage :
L'office Jehan d'Agencourt de flequeurs
de car et de caretles, qui par avant avoit
esté rais a .xil. esciis et .viii. saux au
viD,et depuis renquieri... par Jacques Ro-
gault..., lui est demeuré comme au plus
offrant et derrain enchérissant, f 1404, Ad-
jtidicat. aux enclières de divefs olfices de la
aille d'Am., ap. A. Thierry, ilon. du Tiers
Elat, II, i4.)
Se disait encore au xyii* s. :
Simon Guérard, lieur et tlaijueuf. (16
déc. 1639, Extrait des traites de la ville
d'Am., ap. A. Thierry, Mon. du Tiers Etal,
III, 112.)
Cf. Flequiek i.
1. FLEQUiEU, S. m., fougère :
Kt avec ce nng voir aporte
De Iteqaier précieux et ^rand.
{Triumphe des Carmes, p. Mi, Leroy et Diaaux.)
Flequier. (1521, Bélhune, ap. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Cf. Flecuiere.
â. FLEQUIER, s. m., déchargeur de
voitures :
De chascune charge de farine pesaut
quatre quinlaulx que les flequiers de la-
dicteville y font peser, di.x deniers. (1462,
Ord., XV, 534.)
Cf. Fleqdeuk.
FLERABLE, Voir FLAIBABLE.
FLERANT, VOir FLAIRANT.
FLEREMENT, VOlf FLAIREUBNT.
FLEREiz, voir Flaireis.
FLBRIER, VOirFLAlRIEH.
FLEnoR, voir Flairoh.
TLEs, flis, S. m., Ilèche :
l^t U au're se painent de maogonuia.'C le\er
Kt tant de fies et lloodres pour FianclieU ^ra-
[veoter.
{l)oon de htaience, 10394, A. P.)
Flis, trait, flèche. (Mo.nkt, Parallèle des
lang. franc, et (af., Amsterdam 1632.)
FLESCHE, voir Flache.
FLEscuER, voir Flécher.
FLESCHIER, VOir FLECHIER.
FLESCHIMENT, VOir FLECHIMENT.
FLESCHIR, voir FLECHIR.
PLESQUE, voir Flache.
FLESSISSABLE, VOir FlEi'.HISSABLE.
FLESSuiE, voir Flassaii;.
FLK
iLESTiR, voir Flestuir.
1. FLKSTRE, s. f, llùte :
Il orCDl moult cors et fretiaus,
Flagos, fleslres et estiviaa^.
(Be.\., Troies, liicliel. 37.'1
1» 83"
-i. FLE.STRE, flaislre, ilaslre, adj., iléui,
flasque :
Ses mamcles li mostra nues,
Fleslres et ïielles et peines.
(Wace, Brut, â"69, Ler. de Liney.)
Ta noaris un cors flaùtre et pers.
(Reclus de Molieks, iUsnerc, Richel- lS"2li,
P 20 r".)
Tu nouris .i. cors flesire el pers.
(ID., ib., Richel. 23H
f" 233" .)
l'rop en gasle la paoce flaislre,
Ud., !*., Ars. 3H-2, f 205''.)
Quant la calours del soleil a un poi de-
mouré, si le poet on veoir flesire et morte
et seque. [SI Graal, n, 505, Hucher.)
Ou'ont TCDtre plat et bource flaslre.
(G. DE CoiNc.i, Itir.. ms. Soissons, f 204'".^
Borse /!es/rf.
(In., li., ras. Brui., I" 19r.)
Ki taot mist en vestir et pestre
Son cors vil et paant et jleitre.
(Thib. de Marly, l'ers sur la mort, xi.vr, Cra-
pelet.)
La tient aa (eulle toute flestre
Li loriers qui verz devroit estre.
(Rose, Kicliel. 1573, f° W. \
... Fnelle toute /ÎUK/re.
(/*., Vat. Clir. 1858, 1° 33''.)
(».
. Faeilie tonto flastre.
Vat. Oit. 1212, f» 46''.)
S'il as gloutons de la Rose baille,
Sachies qu'ele en porra loat eslie
lîlesmie ou pale, ou mole on flestre.
(li., 15621. .■«éou.)
Clers, ne t'es pas por ce resqucus
Qui as parlé de mes cheveus.
Et dis que j'ai la chiere flestre.
(De Renan el de l'iuudoue,',)' , .Méon.)
Le Seigneur qui fait la fleur naistre
La fait seirher et devenir flaislre.
(J. LEfEBïRE, Resp. de la mort, Richel. 994,
Ennur fait l'homme pasle et flesire.
(R. GAr.ci.v, Passe temps d'oysiveté, Poés. fr- des
xv° et .XV» s., VI!, 2"8.)
— Pourri, qui exhale une odeur de pour-
riture :
De flaislre fnui eit fumante (la terre).
(S. Btandan, 1106, Michel.)
— Fig. :
Aucunes gens sont qui sont flestres et
besoingneus de recouvrance et plus dé-
faillant de vertu et haboudant en povreté.
[Bible, Maz. 684, f» 27'.)
En leurs escripts ircp stériles et flastres.
(F. Habekt, i'i/i. s. l'art, poet.)
3. FLESTRE, voir Festre.
FLESTRiR, flaistrir, flaitrir, \. il., se
faner, au propre et au lig. :
'fur funt, mur chiet, rose flaistrist.
(Rua, 3" p., 133, Andresîn.)
Et auront si grant angoisce qu'il en se-
ceront et en fleslriront. (Maurice, Serm.,
Richel. 13314. f» 78 v".)
La corone des saiges ne chariait ne /les-
l'"LE -ii
tirrail. (BOtce de Consol., ms. beine 30."',
!'• 44 V».)
Se li prist le vis a flesirir.
(Fttbl. d'Ov., Ars. 5069, f 16'.;
Tous les chevnliers de Egypte délais-
sèrent l'eslude de la discipline des armes
et flestrisioyenl en oysive luxure et en
paresse. (I 0CCACE, Is'obles malh., V, 6,
1" 115 V», éd. 1513.)
Geste fleur commence a flaitrir. (Hals-
URAVE, Esdairc, p. 651, Génin.)
Cependant que la jeunesse
Nous rcpand de sa richesse,
Tousjours gais nous llorissons ;
Mais soudain uous flétrissons.
Assaillis de la vieillesse.
(Oi.iv. DE .Magsy, OJ., ni, éd. 1539.»
Mais par uioi, mon humble fleurette
Fleurira lou>jours sans flelrtr.
(J. DE LA Taii-lf,, le Bios de la mur;/., dans les
Poésies, éd. 1572.)
Las 1 je sèche et flaistns en ma jeune saison.
^BERIABT, (Euv., p. 537, éd. 1633.)
FLESTUISSABLE, adj., quî peut se flé-
trir :
Voz recevroiz coronne de gloire néant
flestrissable. {Bible, Richel. 899, f 372S et
Maz. 684, .1° 366^)
FL.ESVE, voir FOIBLE.
1. FLET, S. m., limande, poissou de mer
très plat :
Barbues grasses, plaiz leez.
Et bons fles au fennel rostiz.
(Bat. de Quar., RLchel. 19132, f° 92'-".)
li bon flet etli maqoerel.
(li., P 92'.)
De la mer uous vienent... herenc fres et
fiels. {Dialog.fr. -flam., f 5S Michelant.)
2. FLET, s. m., fosséj canal :
11 dient que tous les esseaux et tous les
fiez entre lel'ourc Garet et Varaville doivent
avoir .XIIII. piez de \è.{l>iéce de 129o,Mém.
des Ant. de Normandie, 2* série, X, 371.)
Norm., le Havre, le Tréport, flet, fossé,
canal.
FLETE, voir Flette.
FLETEL, voir FRESTEL.
FLETELET, S. ID., dimin. de flet, es-
pèce de poisson voisin de la plie et de la
limande :
11 semble a voir cju'il y ait deux espèce,
de ce poisson, l'un plus petit nommé fiez,
l'autre plus grand nommé fletelet, encore
qu'il semble que ce soit nom diminutif, en
Angleterre lielhut ou il se trouve souvent.
(L. Jour., l'Jiist. des poiss. de Rond., xi, 9,
éd. 1538.)
1. FLETTE, jlele, flecte, sorte de petit
bateau :
Ai ordené que le bac et le flette que le
roy a au dit port de la garenne seront as
diz religieux. (1311, Aich. JJ 47, 1» 10 r».)
Le bac et la flete. (Ib., 1° 33 v».)
Lesquelz coinpaiguons alerent d'un
commun accort eu une flelte en la rivière
de Seine. (1410, Arch. JJ 163, pièce 124.)
Pour prendre une queue de vin ou
lieux muis pour une queue en une nel
ùu batel , et de la nef ou batel les
mettre en une flette, et de la flette charger
32
FLE
FLE
FLE
lU chariol on clmrrelli>, di^ux #olz pnrifij.
iFéy. ms. negifm.gen. pour la jurid.du
préc. des march )
El aurout chascuQ certainR quanlili" de
fletles, selon ce iiue la rivière sera grande
ou petite, pour faire pont ou passape con-
venable pour passer, rapasser, aller et
venir marcbans, vendeurs, courretiers.
jaugeurs et toutes autres manières de
gens qui iront audit port. (76.)
El avecques ce auront une bonne ftecte
bien équipée qui sera leur propre, et bien
garnie de buil avirons bons et sourfisans.
(1415, Ord., X, 330.)
Que plus granl navire ou flelle en la
rivière n'avoil que cest >, laquelle ne sçau-
roit porter deux hommes trois lieues seu-
rcmenl. (Percetal, f 17', éd. 1530.)
L'ng petit fustereau ou flecte. {Ib., (' 20'.)
Lequel aiant rencontré une flelle atta-
tbee au rivage évada dessus. (Vigenkre,
Comm. de Ces., p. 56, éd. 1576.).
i. FLETTE, voir Ff.stbe.
FLEU, voir Flun.
FLEUGME, voir FLEI'ME.
KI.EL'MAIRE, VOir FLDUAIRE.
Fi^Ei'MASiE, S. f., plileginasie :
Lesqueles (fumosités) se convertissent
i-n humidités cl en fleumasies. (/Vo6/.
d'Arist., Ricbel. 210, l'iO*.)
FLECMATIQUE, - ike, fluiti., adj ., et s.,
flegmatique, abondant en pilnite :
Qui les orroil de coleriqne
l'Iedoicr, on de fleumoiigue.
(GilOT. Bible. 2574, Wolfarl.)
Se ûeume babunde plus en .i. home, il
est apelez fleumatiques. (Brd.n. Lat.,
Très., p. 107, Chabaillc.)
Li fltumalilys frois cl moistes. (.Ale-
BBA.NT. Hichel.2021, f • 8 r°.)
Crisses places, eros mentoos, roages troènes.
De oitare vans esles /Ifiimaliçues.
(Om.icost, la Coquelnehe, I, 189, P.iljl. eU.)
De peur «la'elzoe soient flrumaliques
Oa trop mes;^es oa trop clicqaes
On YODS les s«rl d'espicerje.
(K. DE CoLLERTE, Diol. composé pour jeunes ea-
fêiu. p. 107, Bibl. eU.)
— Qui lient du flegme, de la phlegmasie:
.VI. causez sont de la matire dcl apos-
tume, l'une est de humeur, l'autre sau-
cuine, l'autre flumaWjue. .. (Fraq. d'un
lie. de médecine, ms. Berne A 'Jj, i' 8 r».)
.Maladies fleumaUques. (liegime de sanlé,
l' 79 v«, Robiuel.)
Aposlumes /{«umaUçucj. {JarJ. de santi',
I. 2, impr. la Minerve.)
- Fig. :
Pdar les grias mialx le scismes tlitunaliques
(Bios, ie la guerre du Pape.)
KLEL'.Mb, fieiKjme, flume, flunvne, flieme,
s. m., flegme, flegnion ;
Se flfume babunde plus en .i. booie, il
etl apelez fleunviliques.(BRU.N.LAT., Tre».,
p. 107, Cbabaille )
Fleume tiet comme sdi m sel'!
El ponimon el eo la rerveie.
iC. Ciunr, Hou. Un»; II, iOi(47. W. et D.)
O tout ce cl genre a fictnli-, chancre,
mort mal, fleugme, sniisp ulcère cl leur
semblable. (H. DE Monpevili-e, Ricbel.
2030, f° 81'.)
Fleunia, flieme. (Gloss. de Douai, Escal-
licr.)
Saturne a de membres principaulz de
homme c'est a savoir l'oie dextre el la
rate el la vecie cl le fleugme. (Oresme,
Quadrip., Richcl. 1348. i» 135 v».)
Les quatre humours, c'est a savoir colre,
sang, fleume, nialencolie. (La Manière de
langage, p. 383, P. Mcyer.)
User vons faalt de saccre fin.
l'onr faire eo aller tout ce flume .'
(Tesl. de Palhelin, p., lOlî, Jacob.)
Ce duc Philippe icy... fut eslaint par
nuit, couché, en ses fieumes, mal secouru
cl mal gardé. (G. Ohastell., Chron., V,
229, Kerv.)
Car les fleumes que fais gcclcr par terre
Mondent le corps.
(Gri.ncore, la Coqueluche, I, p isil. Bibl. eU.i
Lors lonl caterre et flume
Te cesseroDt...
(J BoiCBET, Ep fam., 1' p., ixiii, éd. 1345. i
r.elui qui vend a pourcheaulx, noris de
flummes, ou lieu ou on vend ceux noris
de grains, encourt amende de .xxl. (1549.
Dépenses, Ann. de la Soc. de l'hist. de Fr.,
1864.)
1.0 meilleur vin de la maison,
AGu de mettre a val vos flumes.
(JoD., l'Eunuque, 1, 1, Bibl. ch.)
Aunis, flume, glaire, crachai; Norm.,
fleume, pituite, et aussi, à Bayeux, cra-
chat ; Guernesey, flieume, fleume, pituite,
et fig., paresse ; Genève, fleume ; Rouchi'
fleume, flemme; Berry, flême; peuple de
Paris, flume.
1. FLEUR, S. m., odeur:
Une femme occisl son enfant et le mist
sur un rostier pour le vouloir mangier pour
eslanchier sa fain, mais les sergcns qui la
ville gardoient en sentirent le fleur et lui
toUirenl. (J. de Meung, Trad. de l'art de
cheval, de Veg., Ars. 2913, f" 39 r".)
Le serpent qui s'estoil musse dedans sa
caverne, pour le froit temps de la nuit,
yssit hors, et tanlost eut le fleur de la nef
et des gens qui estoient dedans. {Percefo-
resl,\o\. Il, f» 61», éd. 1528.)
2. FLEUR, flour, s. m., indigo :
Sur laquelle beste avoit environ deux
boiceauls de flour ou farine. (I4C0. Arch.
JJ 192, pièce 8.)
Cf. Fleuree.
FLEURANT, VOir FlAIHANT.
FLEUREE, flouree, s. f., indigo :
Il acheleroit de la flouree de voide el du
bresil. (1408, Arch. JJ 1G2, pièce 198''".)
L'ne livre el demie fleuree. (1366, Arch.
mun. Angers, CC 14, .Matières cl estoffes
pour les painctrcs.)
On trouve encore au xvii' s. la forme
florée .
Florée ou indigo moyen, le cent pesant
paiera cinq livres. (Tarif du 18 sept. 1664.)
1. FLEI'REMENT, VOir FLAIRE.MENT.
2. FLEUREMENT, S. /., fleUP :
Sera la dicte petite cisterni' rifflniremcilt
de terre recouverte de deux ])ierres joinc-
lives. (20 juin. 1521, Arch. Gir.. E, Not.,
Contai, .111-1.)
FLEURER, V. a., afflinircr :
Enterres des grands vazes de terre ou de
bois, jusques a la gueules fleurans le plan
de la terre. (0. de Si.rr., Th. d'agr., VI, 7.
éd. 1605.)
FLEURET, voir FLORET.
FLEURETÉ, VOir FLORETÉ.
FLEURETER, VOir FLORETER.
FLEURETEURE, VOif FLORETEURE.
PLEURETiR, fleurlir, v. n., chanter
avec des fioritures :
L'on y oit le chant et rama.ïe mélodieux
des rossignols qui fleureiissent, fredonnent
et décroissent. (Bourgueville, Rech. de la
\ Neustrie, II, 6, éd. 1588.)
Itossigûoîs qui ftenrtissent
Fredonnent dnncement.
(.Chans. de Bourgunille, ap. l.e lier., Gloss. norm.)
FLEURETis, fleurtis, - ys, s. m., ûori-
ture :
Par briseure de notes et soutil fleurelis
s'efforcent de amoUier les petis et foibles
courages. (J. de S.a.lisb., Policrat., Hichel.
24287, f» 20*.)
Par industrie et fleurlys et descliant
Doulceur cheroLant.
(Ch. roy., Ricbel. 153", f° 59 r°.)
EniïaDS de cueur, ne Taictes plus leçons
De fîeurelh, mais note contre note
Sur Uequiem, en doulcelte,^ façons.
(Creti.n-, Chanis roij., V 36 r", éd. ISÎT.I
Pour grin?oter ses cliaotz et ses fleurtis.
(i. Pabmest, Merv. de Dieu, éd. 1536.)
... Haïssant et reprouvant les fleurelis
en la musique. (Amyot, Prop. de table,
111, 1.)
Avec une grande levée de retorique, il
nous a voulu faire acroire non point par
argumens nécessaires, ains par un fleu-
relis de paroUes. (E. Pasq., Pourparler du
Prince dans les licch. de liiFr., 1.1, [""Sr",
Paris, 1560.)
FLEURETTE, VOir FLORETTE.
FLEUREUR, VOir FLAIROR.
FLEURiN, voir Florin.
FLEUUISSEMENT, VOir FL0RISSE.ME.NT.
FLEURITURE, voir FLOBKTKURE.
FLEURON, S. m., fleurette :
Ainsi cnoillant en tout temps les fleurons
Au doux printemps des perces violettes
Au chand esté des roses verraeillettes.
U-A. DE Baif, Ed.. vm, éd. 1.573.)
Ils estoyenl tous deus dans un pré
De mille fleurons diapré.
(J. DE LiNiiENDE*, les Chcnijemens de la Bergère
Iris, éd. 1614.)
Au dix-septième siècle, on disait
fleuron et fleurette par plaisanterie, pour
fleurette simplement, au sens de propos
galant :
Et que voos débilei et fleurons et fleuretles
Pour mienx peindre des maux qu'à plaisir voll^
(vons faite.*.
Cï». r.oR».. /■•Imour -i la mode, i, i.)
FLE
FLI
FLO
33
KLEiinoNNEK, - oner, flor., floiir., v. n.,
fleurir, jeter, pousser des fleurs :
Ja le laurier le prépare conronne;
Ja te blanc lis JeJans ion bers fletironne.
(i. Mabot, Poh., I, -228. éd. 1731.)
M'araye Masnelonne,
Reposons nous snr l'herbe qni fieuronne.
(Cl.. Marot, l'EpisIre de iinguelonnf, éd. 1396-)
Par mon efTecl ton pré rit et flritronne.
(Est. FoRCiDEr,. Opiisc-, Dissens, des -i élém.,
éd. ibSI.)
Si la beaaté se perd. Tais en part de bonne lieare
Tandis qa'en son printemps ta la vois fimronner.
(RONS., OF.uv., éd. 1G23, p. 276.)
Kl comme nons voyons les herbes au matio
Fltaronncr par les prees.
(Chassigs., Ps.. i\x\i\,éi. 1613.)
Un auteur du .xis" siècle a dit de même:
Dans la nuit tiède et clémente
Où tont fieuronne et fermente.
(A. Thf.urif.t, ynit de printemps, dans le Parnasse
contemp., p. 211.)
— Fig. :
Charles le grant dont le hanlt bruit flonronne.
(Le Maire, Plaincte de Désire, dans la Légende
des Yeniliens, f 6 r°, l.yon, in-8'.)
Et rennir dn tout a la conronne
Qni de vertnz, honneur et biens /loronne.
(J. BouciiET, Ep. fam., l" p., I, éd. ISJS.)
Dnqnel le los fieuronne.
(F. IIabert, Xouv. Venus, p. 7, éd. 1547.)
Affermy sur son chef sa royale conronne;
Fay que sous la faveur sans cesse elle fieuronne.
(Bertadt, mnii., p. 5, éd. 1033.)
— Fieuronne, part, passé, fleuri, couvert
de fleurs :
De sable a l'escarboucle fletironnee d'or,
(Les Couslumes des chevaliers de la Table
Ronde.)
Egla rêva en ses prez /leuronnez.
Et maint satire aux buissons se retire.
(Calvi de la Fontaine, Eglogne sur le retour de
Bacchus, l'oés. fr. des xv° et xvi' s., I, 254.)
Phebns a ordonné
Que je sois coronné
Par Flora ma mignonne :
Vien donc, cœar floronnc,
Kt mon chef environne
De la verte couronne.
(Ch. FosTAiNi;, les Ruisseaux de fontaine, p. 152,
éd. 1555.)
FLEURTIU, voir FLEURETIR.
FLEURTis, voir Fleuretis.
FLEUTELE, VOir FLAOTELE.
FLEUTER, voir Fladter.
FLEUTEKELLE, S. !., joucuse de flûte :
Les miens enfans (qoi est une grant honte)
One j'ay nourriz de ma propre mamelle
Me font mainclz maulx, c'est chose trop craelle.
Me demonstrant par grant dérision
Avec le doy sous Jampnee querelle,
VoQlans de moy faire noe fteulerelle.
Las je n'ay d'eulx autre provision !
(J. BouCHP.T, Deplor. de l'Egl. milit., Oposc,
p. 816.)
FLEUTEua, voir Flauteur.
FLEUTis, s. m., cliaiU Imitant le son de
la flûte :
Ni le fleutis des oiaeanx emplamez.
Ni les rnisseaux de marmure animez.
(Guy de Tours. Poés,, I, 2, Blanchemain.)
Fi.EUTiiEMENT, S. m.,action de flétrir:
l'ilorieniput et fleulrement. (Nicot,
Thresor, éd. 1606.)
FLEUz, s. m., sorte de jeu de cartes :
A elle (lu Reine) la somme de cinquante
esciiz d'or au soleil, a elle baillée et délivrée
comptant et en ses mains par ce presant
trésorier, pour jouer au fleuz en son bas-
teau en la rivière de Seine, en venant de
Melun a Paris, en la compaignie de Mon-
seigneur de Latremoille et autres. (.4rch.
KK 83, f» 89 r°.)
FLEVE, voir Foible.
FLEVEMEI^T, VOlr FOIBLEUENT.
FI.EVETEI, voir FOIBLETÉ.
FLEVOUTEI, voir FOIBLETÉ.
FLEXISS.VBLE, VOlr FLECHISSABLE.
FLiCHE, flische. flique, flicque, s. f.,
trancfic de lard et de viande salée de porc
coupée en long ;
Assez i avoit an et el.
Char salée, bacons el fliches.
i,Renart, 1280. Méon.)
Chascuns aporte
Derere lui une grant flicke
Ne sai de seogler ou de biche.
ilb., 22260.)
On appelé penaus en gresse fliches de
bacons sans os. (Est. Boil., Liv. des inest.,
2° p., xm, 10, Lespinasse et Uonnardot.)
Maintenant la dame li done
Plain pot Je vin et une miche.
Et une pièce d'une fliche,
El de pois nne grant potée.
{D'Auberee la vielle maqnerelle, Jab., Nouv. Rec,
I, 207.)
Le tille de bachon, le flique et le can-
deille. (1294, Cart. noir de Corb., Riahel. l.
17758, f 38 r°.)
Item pour une redevance appellee la
fliche... x-solz. (Chambr. des compt. de
Paris, i' 126 v», ap. Duc, Fliches.)
Trois flicques de lart. (1371, Beg. du
Chap. de S. J. de Jerus., Arch. MIW 29,
f» 33 v».)
Petite flische de bacon. {Compt. de Serre,
1377-85, Arcli. muu. Bar.)
De chascun bacon tout entier, l'en doit
.1. d. de une flique. (1396, Coustumier de
Dieppe, Arch. S.-lnf.)
A Pasques ung bon bœuf coustoit deux
cens francs ou plus, ung bon veel douze
francs, \ii fliche de lart huit ou dL^c francs,
ung pourcel seize ou vingt francs. (Journal
d'un bourg, de Paris, an 1420, Michaud.)
Ne les logez point parmy flicques;
Dedens jambons les failli nourrir.
(Farce de frère Guiltcbert, Ane. Th. fr., I. 318.)
L'Académie, qui mêle ce mot a.y ta flèche,
arme de trait, dit seulement : En terme
de charcuterie, flèche de lard, ce que l'on
a levé de l'un des côtés du cochon, depuis
l'épaule jusqu'à la cuisse.
H.-Norm., vallée d'Yères, flique, mor"
ceau de viande, de pain ; rouchi, flèche,
viande.
FLicQtiE, voir Fliche.
FLiEL, voir Flael.
FLIEMItRE, voir FlKMBRE.
1. FLiEME, S. m., lancette de chirurgien :
Par une nuit uns bealz jovenceaz par
vision estiut devant moi, et si misten ma
lengue un ferement de mediciiie, ce est
un flieme, disanz : Ellevos ge ai mis mes
paroles en ta boche, eis fors por preechier.
(Diatog. St Greg., p. 20, Foerster.J Lat.,
phlebotomuni.
Lanceola cum qua veua aperitur, gallice
flieme. (1348, Gloss. lat.-fr., Richel.l. 4120,
f» 124 r«.)
2. FLIEME, voir Fleume.
FLiEMEU, filmer, flamer, v. a., ouvrir
avec la lancette dite flamme :
Maladies des maistres se taisent bien flicmer.
(Gilles li Moisis, li Estas dou monastère SI Mar-
tin, I, 12J, Kerv.)
Maladies périlleuses warist on par ftimer.
(Id.. li Maintiens des monnes, i, 105.)
Survint une apostume ou bosse audit
Geffroy, laquelle il fit fendre et flamer a
un barbier. (1400, Arch. JJ ISo, pièce 433.)
fIjImeh, voir Fliemer.
FLiN, S. m., pierre de foudre :
Flin, pierre de foudre, servant à fourbir
les lames d'epées. Le flin fourbit et polit
les epées. (.Mo.net, Paraît, des lang. franc,
el lat., Amsterdam 1632.)
FLIQUE, voir Fliche.
FLis, voir Fles.
FLISCHE, voir Fliche.
1. FLO, flou, adj., fané, flétri :
Dex! corn forte aventure qui sor cest peule noe.
L'autrier l'aviens nos blanque, or l'avons toute bloe*
Vermelle esloil or soir, liiaus sire, or est si /loe.
(Roum. d'Mir., f" SO''. Michelant.)
— Fig., faible, languissant :
Vostre vertu esleil fere, oro est moult très floie.
(Th. de Ke.nt, Geste d'Mis , Richel. 21361,
f 81 r».)
Uns rainsians l'ot atainte parmi la Jeslre joe
Si angoisseusement que la chars en fu bloe ;
De travail et de paine fu forment feble et floe.
Mais quoi k'uit a souffrir, Dieu el sa mère en loe,
{Berte, 819. Scheler.)
Ilem je donne a Jehan le Loup...
Ponrce qu'il est lingelet flou...
l'ng beau petit eluenuet couchant.
(Villon, Grand Test., c, Joaausl, p. 76.)
2. FLO, s. m., désigne une substanciî
rouge :
A faire poupre prcndes asur et flo, se
melles tout ensemble. (Remèdes anc, Ri-
chel. 2029, f" 6 v°.)
FLOUERGE, VOÎT FRODERGE.
FLOBOTo.ME, S. f., lancette, flammette
pour saigner :
Tenant en sa main une flobotome de
municion ou une branche proul'fitable pour
les yeulx. (Tignonville, Dis mor. des phi-
los., A.is. 2312, f°23 r».)
La langue moderne a le substantif mas-
culin phlébolome.
1. kloc, s. m., flocon, houppe, panache,
chose velue, veloutée, couverte de duvet,
d'un poil fln :
34
FLO
Floes «le nepes. {Deser. du Kil, p. 303,
ap. Léon, Descr. de l'Afr., éd. 1556.)
Puis prend floe et poil de la robbe de? |
deux. (Saliat, Ilerod., m, éà. J556.)
Trempant en huile bouillante un floe de
laine attachée au bout d'une esprouvette.
(Paré, Œuv., XI, 16, Malpaipne.)
Anrichi tout autour de flors de foye ou
de bords de forrures. (Mont., Yoyag.,\>. 29,
éd. 1774.*
— Faire son floe, faire sa pelote :
Je sonbaile, ponr liien faire mm floe,
TroBTer larrons saisir a l'araDtaige.
iSnltails du moadf, Poés. fr. des it* et uti' s.,
I, 3t3.)
î. FLOC, floz, S. ni., mare, amas d'ean :
Duquel hostel avoit unp fumier et ung
floe d'eaue. (1461, Arch. JJ 189. piùce 513.)
" Si Ta adoncques pour se feoir sur le
perron : mais il ne trouva point d'arrest,
si Ta cbeoir les jambe? levées en unj: floz
qui derrière luy estoit. {Perccforest, vol. 11,
f 82', éd. 1528.)
Et est divisée la première partie (de
Bretapne) de montaijmes, et de deux pelitz
focz de mer. (/6., vol. 1, c. i.)
Estendz ta main sus les eaues d'Eg^-pte,
et sus leurs fleuves, et sus les ruisseaux et
marctz, et sus tous les flocs d'eaues. (Le
Fbvre dEst., Bible, Ex., vu, éd. 1534.)
Wallon, flo, mare où l'on abreuve le
bétail. Pic, Verrrand., //ouf.
3. Fi.oc, voir FoLC.
Fi.oc.\RT, voir Floquart.
FLOCCARD, voir Floquart.
FLOCCHER, voir Flochier.
FLOccu, voir Flocu.
FLOCEE, voir Flassaie.
1. KLocEL, floquel, s. m., flocon, tonUe:
Ber. 1i trenrhe par sodc la hondeore
El .1. flocel de la barbe ehenne.
(Lft Lok., ms. Monlp., T I8I'.>
Ne preita Ilaslenc les Franccis.
Flamenci, ne cl» de Vermcn.leis,
Ne rels d'Ancon ne d'.\qniuiue,
Vaillant nn snl flocel de laine,
(IlF.>., ;*. de Sorm., I, Ml, Mii^bel.)
T>e prani flociaus de fen ardant
Sonl lenr testes reOambolant.
(CLfr., .vu. Est. du monde, Richel. V,îG, f H8'.)
Sor ton blanc col en r'ol floeiaus (de cbefeni).
(LEscouffle. Ars. 3319, f» 37 t».)
Petis floqueaux de feucbiere. (Mfnagier,
I, 7, «ibiiopli. fr.)
11 veifl lieux drapons prans et parcreus,
si jectoient et feu et flambe a moult prant
ftoceaulx parmvla pueulc. (Lancelotdu Lac,
1" p., cb. 69, éd. 1488.)
2. FLOCEK, S. m., diniin. de foie, trou-
peau, troupe:
De berbis et de rliions furent prant li flôcel.
(Us Chetift. Ilirhcl. Ii:i58, f" iW.)
Des camens et des bogies forent fait li flocei.
Des bcrbit et des cbierres et de maint riche aignel.
(Conq. de Jerus., .SiO, ilippeao.)
FLOCEi.É, adj., frisé :
Od ont cheToli longs e creoz,
Od nne barbe floeelee
PIni blancbeqne neifs tnrgelee.
'Bis., U. de Korm., Il, 1188, Michel.)
FLO
l'ne autre leste d'un vnnocent qui a les
ebeveux floeelez. (1360, Inrent. du duc
d'Anjou, n» 14, Laborde.)
Fi.ocELET, S. m., flocon, houppe :
S'ol flocflex aval le vis
De fes bians cberens ondoiani.
(G. de Dole, Val. Cbr. ITiS, P 03')
FLOCETE, S. f., dim. de floche :
l.t seconde (llenr) est la violete
Et li tierce nne fîoeete
Pe sousie, car nioot est biele.
(Bou Capiel a vu flo'irs, Richel. 1553, C 504 v° :
Job., Jotigl. et Trour., p. 17.)
FLOCHE, S. f., flocon, cliosc velue,
étoffe velue :
Li curei? ait... .xilll. cliappons et .y. s.
por une floche. (Vers 1300, Collecl. de
Lorr., 971, Metz I, Ricbel.)
Les nues qui reseniblent as floches de
laine. (Ohesme, Qiiadrip., Ricbel. 1348,
f 104 r».)
Villosus, sa, sum, plain de floches ou de
peaulx. {Voc. lat.-fr., 1487.)
Ce mot est encore usité dans le district
de Valencienncs pour désigner une soie
non torse. Haut Bugcy, floqua, neige.
FLOCHET, floquel, flocquct, S. m., di-
min. de floe, flocon, houppe, étoffe velue :
Sa bousse rooge estoil de beaoi floquea
Tons blans semée.
(L. bf. Beaiiv.41', Pas de la Bergiere, 833, Cra-
pelel.)
Floccus, flochet. {Catholicon, liichel. I.
17881.)
Villus, flochet. {Gloss. de Salins.)
L'ne beste plaine de floquetz de poil.
{Jard. de santé, II, 133, iinpr. la Minerve.)
Flocquets de laine.
(J. i>f. Schelasurk, Tyr. et Sid., 2" jonrn., I,
1, Ane. th. fr, VIII, Bibl. eh.)
Flocquet de cheveux. (F. IIOTOIIAN, ta
Gaule Franc., p. 93, éd. 1574.)
Lopin de laine ou flocquet. It. fiocco,
Esp. El flucco. (Jun., Aom«ncJ., ]>. 133.
éd. 1577.)
Le bouleau ne porte point de fruict, il
jette toutes fois de petits floqvels, comme
le coudre. (Du Pinet, Dioscoride, I, 93, éd.
1605.)
— Bourre :
Que nul personne ne melteroit en ou
desuis mesme le drap ne en la leyne
dount le drap serroit fait ascuns flokkes
en ascune maner sur peine de forfaiture
de mesme le drap. {Slat. d'Edouard IV,
an vil, impr. {lotb., Uibl. Louvre.)
11 se rencontre nu xvii" siècle, dans un
texte de province :
Flocquet du poil de la barbe. (A. Le
fiRAND, Saints de Bret., p. 142, éd. 1626.)
liourg., Yonne, Perrigny-lés-Auxerre,
flouquet, bouquet de fleurs, nœud, ro-
sette, pompon de rubans.
Nom propre, Floquel.
FLOciiETÉ, s. f ., hésitation :
Et pensoit Sa Majesté la cause du mal
qu'il y a en... avoir esté par la neglipcnce,
ftochèlc et dissimulation des jupes. (Apolo-
gie de Guill. de Nassau, \>. 216, A. Lacroix.)
FLO
FLOCiiETER, - quetcr, V. n., dim. de
flochier, voler comme un flocon, flotter
an vent :
Floceo, cas, cavi, flocheter comme la
noif qui chiet par flocbiaux et la lainne de
la berbis, {Catholic, Richel. I. 17881.)
Chevenh espars snr le corps voUelanlz,
El par nature en contour floguetantz.
(1536, Vaczelles, Blason des Cheveux.)
FLOCHIER, floccher, floquer, flocquer^
verbe.
— Neutr., tomber, se former en flocons,
comme lorsqu'il neige ; flotter :
Mais pins que neige blanche,
Qni sans vent flaque anx sept coostanx deRomme.
(Vasqlin Philiecl, Km. tulg. de Fr. Pétrarque,
p. 378, éd. 1555.)
Et flocquoit par dedans la descbicquelure
de damas bleu, tant que besoing estoit.
(Rab., Garg., I. I, c. 8, éd. 1542.)
— Flochier est employé d'une manière
assez étrange dans l'ex. sulv., où il paraît
signifier avoir la pureté d'un flocon de
neige :
Siècle glaçant est comme anguille
Et plain de grant malaventnre.
De lechen'e et de luinre;
r,ardez ne l'aprochiei,
Enderaentres que tous flochiez.
Que nnes estes et oouveles,
Chasles et virges el poceles.
Donnez a Dien cners et courages,
Virginitez et pucelages.
(G. DE CoiNXI, Slir., ms, Soiss., P 148',)
— Act., répandre à flocons :
Les unes (saisons) causent la pluye, et
les autres la gelée ; d'autres floquent la
nepp, et V en a qui sèment la gresle. (Du
Pinet, Pline, n, 39, éd. 1566.)
— Battre, en parlant des flots :
Pour rompre ladite porte de l'eaue qui
flocquoit la bresche. (1558, la Prinse de
Calais, Arch. cur., 1'' sér., t. III, p. 242.)
— Flochié, part, passé et adj., qui porte
une houppe, une crête :
Atant lur en l'est nns blans leon dengei,
A inervail furent grant e cresté e flocchez.
(Tb. be Kent, Geste d'Alis., Iticbcl. 24364,
f» 54 T".)
On trouve au xvii' siècle :
Ainsi se trouve vérifiée ceste générale et
merveilleuse prédiction du grand Artus, au
1 large bonnet flocqué. (1616, ta grande
Propriété des bottes sans cheval en tout
temps, Var. hist. et lilt., VI, 39.)
Norm., Dessin, Pic, Champ., Morv.,
floquier, floquer, flotter çà et là.
FLOCHIUL, s. m., marais ?
I Pierre Leieup tient des diz religieux uu
fief a demi lige contenant son manoir
j séant devant le flochiul. (1383, Denombr.
I des baill. d'Amiens, Arch, P 137, f" 85 r°.)
Cf. Floc 2.
FLOçoiE, voir Flassaie.
FLOCONNER, V. a., fabriquer d'uni-
étoffe velue:
J'aibienneuf on dix cotes qu'ai fiiit faire etonvrer.
De teilles et de lin bien mcnnt floconner.
(Geste des ducs de Bourg., 4C4, Cbron. belg)
FLO
FLocoN.NET, S. m., petit flocon :
La grain»
En pelils floeoneit de conton on de laioe.
(Di Chessb, le Miroir du monâf, p. 193,
éd. 1587.)
Ki.ocQU.\RT, voir Floou.\rt.
KLOCOUER, voir Flochier.
KLOCOUET, voir Flochet.
FLOCTER, voir Flotkr 1.
FLocu, floccu, adj., qui porte une
houppe, une crête :
tes serpeni, les Icons e les dragons floccuz
Aprochent del régné, Iroerenl hommes barbnz.
CTa. DE Kest, Gesle dAlis., Richel. 21361,
PIO T».)
FLOENNE, S. f. 1
I viez maie cote saingle et .i. (loenne.
(Compte de 1348, Ch. des compt. de Dole,
Q
— . Arch. Doubs.)
82'
FLOEB, voir Fluer.
FLOERECHE, adj. t., d'Indigo :
Del touneul de chendre floereche, douze
den. ( Wienage de li abbes de Ha^non, Tail-
liar, p. 482.)
Cf. Fleurbe.
FLOERIER, s. in., grand drap :
.II. ftoeriers. (1348, Inv., Arch. Doubs G
82.)
Suisse rom., fleurier, grand drap.
PLOiABLE, voir Fluablb.
FLOIBAGE, voir FOIBLAGE.
FLOIBE, voir FOIBLE.
PLOIBECE, voir FOIBLECE.
FLOIBEUENT, VOir FOIBLEMENT.
FLOIBETEIT, floibetet, voir Foibleté.
FLOIBI.ECE, voir FOIBLECE. !
FLOIBLETEMENT, VOlr FOIBLETEMENT. ]
FLOIBOICE, voir FOIBLECE.
FLOiE, voir Flo.
FLOivE, voir FOIBLE.
FLOIVEMENT, VOir FOIBLEMEST.
PLOIVETEI, voir FOIBLETK.
FLOKENiER, S. Hi., ouvrler qui tra-
vaille les flocons de laine :
Chandelon el flokeniers. (J. de Stavelot,
Chron., p. 326, Borgnet.)
FLOKKET, voir Flochet.
FLOM, voir Flun.
1. FLONj voir Flaon.
2. FLON, voir Flun.
FLONDELLE, S. t., petite froude :
Environ six mille bacinets et .xxilll.
mille archiers sans les canoniers et autres
usans de flondelles et angins dont ils
avoient grand abondance. (Monstrelbt,
FLO
[ Chron., an 1413, vol. I, p. 223\ éd. 1516.)
Cf. Frandole.
FLONDRE, S. t., sorte de poisson res-
' semblant beaucoup à la limande :
Flandres cuites en eve. (Enseign. pour
apareil. viand., Richel. 1. 7131, f° 100^)
Se dit encore en Normandie, Dieppe, le
I Havre, le Tréport.
' FLONG, voir Félon.
FLONius, s. m., nom d'herbe :
Quant ours est deshaities de cop ou de
maladie, il manjue une herbe qui a non
flonius, qui le garist. (Brun. Lat., Très.,
p. 233, Chabaille.)
FLONNET, voir Flaonet.
F£,OQUART, jlocart, flocquart, floecard'
flequarl, s. m., voile flottant qui entoure
la coiffure, d'origine allemande, appellée
hennin et qui s'en échappe ; c'est aussi
nne coiffure :
Etestl'ance dudit gobelet d'une serpent.
Et ou fons d'icelui a un esraail ou il y a
une dame a un floquart. (1360, Invent, du
duc d'Anjou, w 381, Laborde.)
Le roy li donna un très bel flequart tout
papeloté de grosses perles. {TYaison de
Rich. II, p. 110, Williams.)
Un floquart vert garny d'un fremail Du-
quel a quatre perles, quatre rubis et un
dvament. (13 nov. 1413, Compt. du R. René,
p' 200, Lecoy.)
Trois pièces de flocars a atourner James
a la manière d'Alemaingne. (1416, Invent,
du duc de Berry, ap. Lal)orde, Emaux.)
La duchesse, elle neufiesme de femmes,
portoient flocquaris et gros colliers ou
chaisnes d or au coul. (Le Baud., Hist. de
Bret.,c. LU, éd. 1638.)
Si ont empris de les bien recevoir.
De se deffendre el faire bon devoir.
En lear tirant ienrs lleiches empennées
De donli regard d'espoir empoisonnées.
Et en gectant chappelletz et flocquars.
Ainsi qn'on fait a ses jeanes qnocqaars.
Et de lenr faire, ains qae rendre ilz se'venllenl.
Des mant! assez, ainsi comme elles seallent.
(J. Le Maire. Compte l" sur la naissance de dame
Verolle, Poés. fr. des xi' et xvi" s., IV, 233.)
Les filles, depuis qu'elles estoient fian-
cées jusques après un an entier des leurs
nopces, portoyent un ornement de teste,
qu'on nommait a Lyon floccard, lequel
elles laissoyent, estant l'année révolue, et
prenoyent les chapperons dessusdits. {Px-
radin', Hist. de Lyon, p. 272, éd. 1373.)
FLOQUEL, voir Flocel.
FLOQUER, voir Flochier.
FLOQUET, voir Flochet.
FLOQUETER, VOir FLOCHETER.
florablement, flourablement, adv.,
en fleurissant :
Floraliter, flourablement. [Gloss. de Sa-
lins.)
FLORANCE, VOir FLORENCE.
FLORCELE, florciele, fiourcelle, s. f-, pe-
tite fleur:
FLO 35
I Apres ores con l,i pueele
I Qni pln« ert blancs que florcete,
I La bêle Ydone prist mari.
(Brançue des Mir. H.-D., ms. Richel., f U v»,
col. 2.)
I Et saisist le ceval qni blans ert com florciele.
(Enf. God., liichel. 12358, f ii«.)
Et si avoit entour mainte belle floureelle.
(.Brun de la Montagne, 892, A. T.)
FLORE, florey, flouré. adj., garni de
fleurs, terminé en fleur :
N'i a celni qni n'ait escn flore
Et le destrier corant et abrivé.
(Garin le Loh., 2° chans., xxix, V. Paris.)
La covretnre de la sele
Ert d'nn brnn paile de Castele
Tote floree a flors d'orfrois.
(Flore el Blancefl., H8T, Bekker.)
Prent le destrier par la règne dorée.
Maintenant saat en la sele floree.
(Otinel, 1895, A. P.)
D'or a .1. quevrou de gueules a .i.
double trancheour vert florey. (Armor. de
Fr. de la fin du xiv s., Cab. hist., VI, 277.)
— Qni a la barbe blanche, comme flori:
Escorchelande 11 barbet
Et Violei li mal (lorez.
(Renarl, Br. V», t. 121,;, Martin.)
— Couvert de fleurs :
Tiere rouge noire, tiere fiouree. (1418,
Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl.
Amiens.)
FLOREEMENT, florement, adv., en fleu-
rissant :
Floraliter, florement. [Gloss. lat.-fr., Ri-
chel. 1. 7679.)
FLOREMENT, VOir FLOREKMENT.
FLORENCE, flourence , - ance, s. f.,
florin :
Dont il est racrantes a paiier . c . s. t.
l'an a .m. termes, au Noël, a Paskes et a.
le S. Jehan en florences. (1347, Recette de
G. de Panthegnies,XTch. mun. Valenciennes
ce 2, f» 4 r».)
Donnet .ii. florences de .xxvi. s. .vi. d.
(1347, ib., CCS, p. 8.)
En Uorins al escut vies et en florences
vieses. (1332, Recepte de Gandrart d'And'-
gnies, Arch. mun. Valenciennes, CC**
f- 37 r°.)
En florins roiaus et en florences vieses.
(fi?. , Arch. mun. Valenciennes CC 2,
1° 9 v°.)
.11. vieses flourences. (Compt. de 1364-
63, Arch. mun. Valenciennes.)
Icellui viconte de Thouars tendra sa
dite terre et seigneurie de l'ile de Ré d'i-
cellui seigneur roy a foy et hommage lige,
a cause du chastel de la Rochelle, et au
ressort et souveraineté acoutumez, a une
florence ou maille d'or, ou la valeur d'i-
celle. (1404, Arch. JJ 138, pièce 431.)
Florance d'or^due par le commandeur
d'Ansigny au vicomte d'Aunay pour droit
de pacage dans ses forets. Un florin de
florence ou douze tournois d'argent. (1445,
.\nsigny, Aunay, Arch. Vienne.^
FLOREXCEE, S. f., valeuT d'un florin :
Le curé de Saint Eslienne doit paier au
chappitre de Rennes deux florencees et
demie d'or. (1415, Us. de l'Egl. de Rennes,
Arch. Chapitre Rennes.)
36
FLO
FLO
FLO
ri.oRENEK, S. (., espace de terre qni
rapportait un florin de revenu:
Come nous eliiisfions donné a Famay
Bosire ménestrel quant il \iTail vinpt flô-
renefz de terre a ponre cliasciin an a dous
termines. (Charte de 1367, Coll. de Lorr..
IV, 17, Bicliel.)
Trois cent florenees de terre de rente an-
niielle. (1370, Officialilé de Besancon. Arch.
<in prince, Neuobâlel, L ', n» 9.)
FLORENTIN, adj., blanc, gris :
Maint franl risée ont f«lt del grenoD flomlin
Cornent astoit tondat.
(Jeh. ris Pbeis, Cfsif de Liegr, 17386, Scheler,
Closs. pkilol.)
FLORERESSE, S. f., fleuriste:
Floreresses de coifîes. (Vocab. des mé-
tiers, ap. Géraud, Paris scus Phil. le Bel.)
FLonESTAGE, S. f., fleur :
Ja ae tods en croirai, tant aTcz cner volage,
Se Tons nel me jnrej sor cesle flomlagr.
La dame li créante le seremont a faire,
Sor la for li jara qni monlt sonet Ini flaire.
(De la Foie ri de la toge, Jab., Nout. Hec, II,
81.)
d. Fi.ORET, floiirel, s. ni., petite fleur :
Floscnlus, petit fleur, /?oure(. (1464, J.
Lacadevc , Catholicon . éd. Auflret de
Quoetqueueran, Bibl. Quimper.)
2. FLORET, fleuret, àà']., fait de l'étoffe
appelée fleuret :
Six aunes deruban fleuret. (1576, Compl.
du Très, de Aav., Arch. B.-Pjr. B 36.)
Fi.oRETK, S. f., fleuret, sorte de soie
d'une qualité inférieure tirée de la bourre
qui est aux environs du cocon :
Il n'a^oit fias robe de soie,
Ains îToit robe de /Icreles.
{Rose, 88-2, Méon.)
Ft-OBETÉ, - ecté, flouT., fleur., adj.,
fleuré, fleuronné, terminé en fleur, garni
de fleurs :
El toutes ces choses (jeux de tables
et de e5che2,etc.) cstoient /(ctirefees de am-
bre. (Joi.Nv., Hist. de Si Louis, ch. xc,
Wailly 1867.)
Li arcbon sont dessns a esmail tresgelé,
A Soaretei d'asi:r pourlrel et flourelé.
{Doon de ilaience, «lit y, A. P.)
Il D*est bruyère ne peoesle
IS'abricean qne je ne reveste
De mes robes bien florelees.
(DEGi'iiLETiLLt, Troi» Pelerinaiges, V lî", impr.
InstilQt.)
Car colompnes d'argent y mist
D'or et de pierres floureclees.
(Chk. i,i Pis., l'ocs., Kichcl. C04, f* 235 t».)
Sar ton> anltrei liens le hault bois
Kstoit proities et renommes
D'eslre vers, focliis et raïuos,
Plaiiaoi, berbns et floreles
Et plains de grans joliTeles.
(l'ailoralel, ms. Brai., f" 1 t*.)
Car la Leie qai fn teoaos
t'ng chapelet lien fltireir
A 100 aoij l'a présenté.
(/*.. l" r».)
Son cbevol estoil couvert d'un cendal
vermeil, a une firuode croix blanche, /îo-
retee, et sur chacun bout une coquille d or.
(Ol. de la Marcub, ifdm., I, 9, Michaud.)
El fi esloit (hi ccnpp] flourelee desus et
environ d'une belle fleur et plaisante. (C.
Mansion, Bille des Poet. de metam.,(' 148 r»,
éd. 1493.)
Gibecière de velloux roupe fleuretee des-
sus de broderie. (Jnvent. des biens de l'cv.
de Seillis, E. Muller.)
Bourg., "i'onne, fleureté, qui a toute sa
fleur." Comme ces pêches sont flettretées. >
Bourg., Saulien, fleureté, couvert de fleurs,
en parlant d'objets de toilette.
Fleureté est indiqué dans les diction-
naires modernes comme terme de blason.
FLORETER, fleur., flour., v. n., s'épa-
nouir comme une flonr :
J'ai amiete
Simple, coie, brnnete,
Jonete, tendreté, bien faite ;
Bien poi li pontele
La mamelete.
(Citons., ms. Monip. II 196, f° 302 y°.)
— Peindre des fleurs :
Et pai^nent dessns les peanx
Et de moutons cl de veaux
Et a coulourer se docirincnt;
Il porrient, il enluminent.
(J. I.EFECVRE, liesp. de la mort, Iticbel. 1191,
f» 15'.)
— Voltiger de fleur en fleur :
Je me suis mis a fleureter, comme les
mouches a miel. (S. Julien, Mesl. hist.,
p. 303, éd. 1S89.)
— Tâtonner :
Apres en tastonnant vtfleurclant appro-
charent de la matière iecale et des hu-
meurs corrumpues. {Kab., 1. Il, c. 32,
éd. 1542.)
— Conter fleurette, dire des balivernes:
Mais servoiont ces paroiles et servent a
ceulx qui sont en auctorité et en crédit,
sans eu riens l'avoir mérité, et qui ne sont
point propiLCs d'y estre, et n'ont accous-
tunié que de fleureter en l'oreille et parler
de choses de peu de valleur. (CosillYKES,
Mém., Y, 19, Soc. de l'H. de Fr.)
lUais escootez ce morfondn
(Jni nous veult icy /leuTeter.
(Actes des Apoit., vol. I. C 27", éd. Iil37.)
— Floreter sur, effleurer :
Que nous atons seulement fleureté sur \a
doctrine, sans qu'elle ail prius uiic droite
vivacité eu nous. (Calv., Servi, s. leDeul.,
p. 5, éd. 1567.)
— Termede musique, fairedes fioritures*
Aprenez le fa et le mi.
Bien vons monslreray l'escriplnre.
Tant que vous n'arei jamais cure
D'aulrc art sçavoir tors de compter
t^'ne, deux, les temps mesurer
Et fleureter plus que le cours.
(E. Deschamps, l'ois., Richel. 810, fStl''.)
— Floreté, part, passé, terme de musique,
orné de Ooritures :
Car advis est qu'on pleure et qu'on larmie
Ka recordant tetz chantz peu flourelez.
(Le Mimt, Plaincle du Désiré, éd. 1j09.)
Morv., fleureter, aller à fleur de, à la
surface de.
FLORETEuiŒ, fleurcteure, fleuriture,
florilure, flouriture, floir., s. f., fleurs et
verdure, floraison :
Prince du pois qni chantez il'avanlure.
Donnez accord, plain cbampt et fl-yrilure
A l'nmble fleur des vierges espanie.
(H. DE Cboy, fArl derhel., éd. 1493.)
Trop bayrons nons la verde fioriture
Se ta lignre
A si mauvais augure.
(Jeu. Le Maire, de la Valihiâe ri comatesrence de
la roijne Anne de Brrlaiitne, dans l'Epistre du
Roy à Hector de Troje... signature aaiiij.)
Et nng Crestin tout plein de flouriture.
(Id., Su.f la mort dr ses servit.)
Ains quant ce vint que la large vallée
De ce beau monde ent reprins florilure.
Plusieurs mondains d'une et d'autre nature
Parles verds prez jouer ensemble alloyent.
(Id.. le Triuniphe de Ires liaulle et puissante Damr
Verolle, Royne du Pmj d'Amours, Poés. fr. des
XV' et xvi° s., IV, 24t.)
Tous nobles cueurs qui vouldront cueillir
fruit ou florilure dedans ce jardin du noble
Bayard. {Gest. du Chev. Bayard, epistre
prohemiale, éd. 1523.)
Le maistre ouvrier en vraye agriculture
Planta jadis au terrestre verger
Arbres plusieurs de fruict et florilure.
Belles a veoir et doulces a manger.
(Cbetin, Cliantzroij., f° tl T», éd. 1527.)
Quand vous verrez rire les cienx
lit la terre en sa florilure.
(Clem. Mar., Citant de May, éd. 1596.)
Comme ayans consolation de la fleuri-
ture de ladite fleur. (Bourgoeville, Rech.
de la Neustrie, it, 108, éd. 1338.)
— Dessins, ornements consistant en
fleurs, en verdure :
Ne qui aussi doulcetement face fleure-
teure et menu ouvrage. (Christ, de Pis.,
Cité, Ars. 2686, f° 46=.)
FLORETTE, /?OMr., fleur., s. f., grand
blanc, pièce de monnaie frappée sous le
règne de Charles VI, pesant vingt deniers
tournois ou seize deniers parisis, et sur
laquelle des fleurs de lis étaient em-
preintes :
Les pros de France, dits florettes. (18
sept. 1420, Beg. aux Cons2ux, Arch.
Tournai.)
Fut ordonné que les fleurecles, c'est assa-
voir les monnoies du roy qui avoient
cours pour .xvi. d., seroient mises et ra-
baissées a .1111. d. (MoNSTBELET, Chron.,
I, 244, Soc. de l'H. de Fr.)
Fut ordonné, a Paris, que la monnoye
nommée flourettes, qui de seize deniers
avûit esté mise a quatre deniers, seroit
derecliief diminuée. (S.-Remy, Mém., ch.
cxili, Buchon.)
— Terme de danse, nom d'un ancien
pas, aujourd'hui nommé fleuret, qui se
composait d'un demi-coupé et de deux
pas marchés sur la pointe du pied :
Caprioles, tours et destours, fleurettes
drues et menues, pamberottes, bonds et
sauts. (Carloix, Mém. de Viltevielle, iv, 12,
éd. 1757.)
— Sorte de droit de fief, conservé jus-
qu'à la Révolution, qui était particulier à
la seigneurie de la Villebilly, relevant de
Lamballe,en Bretagne. Le mardi dePàques,
les tanneurs, « ceux qui travailloient en
cuir à poil y, de Lamballo devaient accom-
pagner le seigneur de la Villebilly dans
FLO
FLO
FLO
87
'e bois de ce nom : celui-ci cneillait une
fleur, un roseau, ou une feuille appelée le
may, et la montrait par trois fois aux
tanneurs ; on se rendait ensuite à la cha- '
pelle Saint-Sauveur, et là le seigneur de
la Villebilly, assis au pied d'une croix de I
pierre, appelait chaque tanneur et perce- 1
vait une amende de tous ceux qui ne
comparaissaient pas, ou qui ne pouvaient
pas montrer une fleur semblable à celle
qui avait élé cueillie.
Voir sur ce droit l'article publié par
Gaultier du Mottay dans l'Annuaire des
C6les-du-Nord, 1857, p. 34.
Norm., Dessin, flieurete, moisissure qui
se forme sur les baissières du cidre ; pre-
mière couche de crème qui vient sur le
lait.
FLOREURE, S. f. ?
Pour estuys, floreures, courroyes pour
iceulz eftuiz et autres menues choses.
(Sept. 1447, Compi. du R. René, p. 204,
Lecoy.)
FLORi, fluri, adj., en parlant de per-
sonne, à la barbe blanche :
Ja estes vus vieili e fluriz e blancs.
(Ro/, \TA, Muller.)
Vos esles Tiens et chenas et /loris.
(Les l.oh., ms. Berne 1 13, f 22'.)
Kos somes Tiel, chenu et ftori.
(Ib., ms. Montp. H i-iS, f .36\)
— En parlant de chose:
Les cbief» fluriz et les barbes nnt blanches.
(Roi, 3118-, Muller.)
La barbe aveit blanche et florie.
(Ben., t). de Norm., Il, ll'J3ii, Michel.)
— Doux, agréable :
Flori chant faisoit la mésange.
(Jeh. Lescikf.l, Chans-, Bail, el Rond., xxxiii,
Bibl. elz.)
— Flori est le nom du cheval de Gir-
berl de Metz dans le poème des Loherains :
Pois pranl ses armes, sor Flori est montez.
{Fragm. des Loher., ms. de Salis, Bartsch, Zeits-
chrift, 188U, p. 579.)
— Almosne florie ; voir Almosne, t. 1,
p. 227', et au Supplément.
FLORIEMENT, flour., adv,, en fleuris-
sant :
Floralilcr, Jloriemcnt. (Catholicon, Ri-
chel. 1. 17881.)
Floraliter, flouriement. (1464, J. Laga-
DEUC, CalAot., éd. Auflret de Quoetqueue-
ran, Bibl. Quimper.)
FLORiERE, flouriere, s. f., marchande
de fleurs, bouquetière :
Floriere. (Vocab. des métiers, ap. Géraud,
Paris sous Phil. le Bel.)
Lors je diz, madame, or tous place
A moy dire la vérité
De vostre nom, jrant voulenté
En ay. Lors me dist : Je suys clamée
Flouriere a Prouesse Tamee.
{La Jourti. i'Onneur et de Prouesse, Richel. 1997,
P 44 T».)
— Boite à mettre la fleur de farine :
Une flouriere et une panière. (1S71, Mo-
bil, de la halle de Uélhune, La Fons, Art.
du Nord, p. llo.)
Trois petites flourieres. {Pièce de 1571,
ap. Beauvillé, Doc. inédits sur la Picardie,
IV, 326.)
FLORIN, flour., fleur., s. m., petite
fleur:
Et nature envoisie par son soutiï engin
La revest et polist de maint divers florin (la cam-
[pagne).
(Veus dou paon, Richel. l'iSl, f" 6C r°.)
Et nature envoisie, par son sntil latin.
Les revest et repaist (les .près) de maint divers
[floiirin,
(Ib., ms. Rouen, f" 59 r°.)
L'autre ier, par une matinée.
On temps que rose est matin née
Qui s'orgueille a l'issir d'yver.
Apres Je maint florin divers
Sont vestus bois et reconvers.
(WATBiQnET, Pars., li Dis de la fontaine d'amours,
p. toi, Scheler.)
— Fleuret ou filoselle:
Nules mestreses du mestier ne pueent
ne ne doivent ourdir fil aveques soie, ne
flourin aveques soie, pource que l'uevre
est fause et mauvese. (Est. Boil., Liv.
des mest., l" p., xxxvill, 4, Lespinasse et
Bonnardot.)
Que nuls dudit mestier ne face ruben de
flourin de Monpelier, pour ce qu'il n'est
bon ne souffisant. (lu., ib., xxxiv, 9.)
— Sorte de plume :
Pour 24 livres de plume nommée fleurin
qu'il a mises et employées en ladite
couste. (1403, Compt. rel. d Cb. VII, Cab.
hist., 111, 239.)
— Sorte de poisson :
Pour les malicieus an^inz couranz pour
panre toute manière de poissons, grans et
petits, si que lidil augin essorbissoient
tous les petits poissons, /iortns, et autres.
(1317, Ord., 11, 11.)
Morv., fleurin, matière volatile qui s'é-
chappe d'un feu de cheminée ou d'in-
cendie. Wallon, florindc four, semence de
foin. Florin d'or, le pissenlit.
FLORioN, s. m., fleuron :
Ung inanteltout d'or tirpy,semey de croi-
settes etflorions d'or. (1476, Joj/. égl. Bay.,
î" 80 '', Chapitre de Bayeux.)
Aux deux costes de la bille deux grans
florions d'or tiré semey de perles. {Ib.)
FLORiR, flourir, v. a., garnir de fleurs :
Pour .11. pieches d'entaviement flourir
qui faloient a l'entavlement de le salle.
(1313, Trav. auxchdt. des C" d'Art., Arch.
KK 393, f 46.)
FLORISON, voir Floroison.
FLORissABLE, adj., fleurissaut, fleuri :
.1. courtill jolcus, flnrissable.
(Macé de la Charité, Bible, ms. Tours, t° S', et
Richel. 401, [° i'.)
Et nostre Hz est florissablcs,
D'odor, de vertnz odorahles.
(iD., ib., Richel. 401, T lOG''.)
El chief d'un haat monll delitable.
Tous jours bians, tons jours florissable.
(labl. d-(k'.. Ars. 506'.), f 103''.)
Près llorissahles.
Près florissables.
(G. Macii., Poes., Richel.
Ub., r 193'.)
!2i, raoi'.)
Timiniis, florissables, dous, soacl.{Gloss.
de Salins.)
Vernus, délectables, florissables ou de
printemps. {Ib.)
Le cueur esjoyans aura aage florissabld
(Bible, Prov. de Salomon , ch. 17, éd.
1543.)
FLORissAMMENT, adv., d'uue manière
florissante :
Quand il eut (Aristote) très florissam-
ment enseigniet plusieurs ans en Athènes...
(FossETiER, Cron. Marg., ms. Brux. 10512
VIII, IV, 24.)
Fi.ORissANCE, flour., S. f., action de
fleurir, état de ce qui est en fleur, de ce
qui fleurit :
Ne oncqncs puis n'en est la /lorissance
Veue essourdre on prendre espanissance.
(La Compl. de Dignant, Anal, leod., v. 90,
Chron. belg.)
Notez anssy que la puissance
Des empereurs, en cas de guerre,
Avoit encores /lorissance
Par plusieurs climats de la terre.
(Mijsl. de S. Did., p. 4, Carn.andot.)
Que a Romme jadis on trouvoit
Sobriété en florissanee.
(N. DE LA Cdessaïe, Comdamn. de Bancguet,
p. 354, Jacob.)
Rousee, la belle Pucelle, vint pendre au-
tour des branchettes mille perles rondes
et gemmes claires et transparentes qu'elle
tira de son espargne pour enrichir leur
flourissance. (Le JIaire, Illustr., I, 29, éd.
1548.)
Mirez vous aux faictz vertueux.
Princes de jeune /lorissance.
Pour rendre exemple fructueux,
Quand aage vons donr^ croissance.
(iD., Temple d'honn. el de vertu.)
FLORissEMENT,/!!e«>-., S. m., actlou de
fleurir :
Li florissemens. {De Confessione , ms.
Angers 390, f» 83''.)
Joseph après le florissement de sa verge
print Marie, jaeoit qu'il la refnsasl avant
pour ce qu'il estoit vieulx. {Mir. historial,
Maz. 537, f°16v°.)
Par le florissement de sa verge (d'Aa-
ron). (FossETiER, Cron. Marg., ms. Brux.
I, f'^ 149 V".)
Fleurissement d'arbr(^s. {Trium Ling.
dict., éd. 1604.)
FLORKssEURE, flour., S. f., flcur :
Tes nons de lonz les biens est la florisseure.
(G. BE Coi.NCr, .Sa/. JV.-C, ms. Soiss., (" •2:i3''.)
La flourisseure de cbaasteté. (De vita
Chrisli, Richel. 181, f SO''.)
FLORiTiiRE, voir Floreteure.
FLOROISON, florison, s. f.; mod., florai-
son ; estre en floraisons, être au comble du
bonheur :
Quant je vos ting embraciee
Bien estoie en floraisons.
(G. DE SoicNiES, C/mns., Scheler, Troiw. belg.,
nouv. série, p. "iO.)
M
Fl.o
FLO
FLO
Bien estoie en /fnm^i.M.
(MémeelUMsn, ap. Tn^bolieo, r.l,a»s. de Rami de
herriirfs, V.'>
FLORONNER, voir KLEL'ROXNKK.
FLOS, voir Fro.
Ki.oS!>ADE, voir Flassardb.
Fi.oss.viE, voir Fi..vss\iE.
FLOSsevE, voir Ft.Ass.vre.
FLOT, Voir Kno.
FLOTACE,- aije, 3. m., action de dériver
l'ean des rivières dans les prés :
El aura le bailly la garde et gonveme-
raent de l'une des'dites clefz d'iceulx nou-
veaulx veutaille?, pour les clore et ouvrir
pour la nécessité du floUUge desdictz prez.
(1««, Car t. de r Eglise de Terouanne,
p. 296, Duchel et Giry.) i
Il est resté avec ce même sens en Nor-
mandie, vallée d'Yère?.
Morv., flottage, transport par eau des ;
bois flottés; somme flxéc de gré à gré qui i
représentait l'intérêt des marchandises i
li\rées à l'avance. j
FLOTAisoN, s. f., action de dériver |
l'eaa des rivières dans les prés :
Et pourra clore et ouvrir les dictz ven-
tailles pour ouvrer a son dict moulin...
sauf en la saison de flotaison desdictz
prelz. (1446, Cart. de l'Eglise de Terouanne,
p. 296, Ducbel et Uiry.)
Comme flotage, il se dit encore en Nor-
mandie, vallée d'Yères.
Fi.OTANXE. S. f., élnt de ce qui est
agité par les flots ; ûg., état de ce qui est
comme agifé par les Dots :
Il ne Jonra mie au juste omme flo-
tance, en balence ue le lera mie. (Psaut.,
Maz. 238, f« 66 v°.) Lat., Non dabit fluc-
tuationem juslo. {Ps., Liv, 23.)
Fi.oTE, (lotte, s. f., troupe, multitude :
Veei quel /loir ge toi ds cheiiliers.
Hrj Loh., ms. Monip., f* île*.)
r<» les aroie des<-oa6s et veacat,
P. Iss aaiaeas atoie reteaas,
Qoaol aae flotif merrillose lor rrut.
Quatre œil forent les blaos haabcrs Testas.
(ltiiiiB>Rr, Oçier, .S3i, Barrois.)
KallOQ meisme tIc a pie da ceval,
Releaus tuH, ja nos nel remontast,
Qaaat une flolle d'esqaiers s'ailoba.
(lu., i4., 911.)
Bien Teei qae li Siisne sont gnal flole de geot :
Si il dormoient tnit, par le mi>m esciaat,
>'!( auriez ocis d'an moii aaticremeat.
(J. IliiD., Sax., ccxiiii, Michel.)
Mais li cbeval et la fiole des armes lor
alerent par dcsoz les cors. (Artur, Richel.
337, f» 83«.)
Adoncques les six banieres des frere8.se
joiodirent ensamble, et alloient iceulx six
frares en une flotte. (J. o'Arbas, Meltu.,
p. 398, Bibl. elz.)
... Horl ea ont mainte /Iota.
(Ju. DU Prfis, Cetlc de Liège, 6387, Scheler,
Clou, philol.)
Les gens a cheval, que les An^lois
avoient mis au bois dessus dit, saillirent
dehors en flote, et vinrent par derrière sur
la seconde bataille de nos gens. (Juv. DES
llRs., Hist. de Charles Vf, an 1413, Mi-
chaud.)
Qui s'endort an son da rebec
En la flolle, il n'est pas saige.
Car de tons bois, et vert et sec.
Le pins soaTent on f.aict passaige.
(CofiCiLi... Blas. den .Irm ri des Dam., II. m,
Bibl, eli.)
• — Touffe :
Dne flole da poil en a an branc portée,
>lez la char n'a il pas, merchi Dieu, eoleramee,
(Doonde ilaienee, 0916, A. P.)
. — Echeveau de laine :
Le suppliant a pris en l'hostel de Jehan
Veuille quatre flottes de laine. (1416, Arch.
JJ 169, pièce 272.)
— Flot :
Pour les vagues et impétueuses /ZoJ(«s de
la mer. (iferdes Cron.J" 173 v», éd. 1332.)
— Débordement :
Afin d'empecber que Xes flottes et inonda-
tions ne puissent porter dommage. (1572-
1373, Comptes de Jacques Simon, Arch.
mun. Avallon, CC 179.)
— A flole, en radeau :
Tùnniaus vuit qui vienent a flole doi-
vent chascuu obole de rivage. (Est. Boil.,
Liv. des mest., 2' p., iv, 27, Lespinasse et
Bonnardot.)
— Séchoir :
Une pièce de terre ou il y a deux evens
a palis assis l'un au bout de l'autre, assis
en la parroisse Saint Thomas de Saint Lo,
es floles des palis du llesnilcrot. (Acte du
23 ocl. 1476, .Arch. Manche, f"" de l'abbaye
de St-Lô, liasse St-Thomas.)
— Cuve à bière :
Les cuves, flottes et bacquets et autres
vaisseaux d'iceux brasseurs. {Arrêt du
30 mars 1340, Cour des aides de Rouen,
ap. StePal.)
Suisse rom., Vaud, flotte, grande quan-
tité ; Fribourg, une flotte de ûl, un eche-
veau de fll.
FLOTELETE, S. t. f
Andrieus Aubers doit .v. s. a .x. ans
d'une flofelete vers Clermaresch. (1279 ,
Beg. aux bans, Arch. S.-Omer AB xvni,
16, n» 1032.)
1. Fi.oTER, flocler, verbe.
— Act., irriguer un pré en dérivant
l'eau d'une rivière :
Comme les habitans de nostre ville de
Loysons eussent et aient usage de tous
temps et acoustumé de mener et envoler
en pasture leurs bestaulx en certains pas-
turages et marez qui sont situez et assiz
au dessoubz de nostre ville, et aoit la cous-
tume telle que le vachier de ladicte villa
vient chascuu an une fois, c'est assavoir a
mi mars par devers le commandeur, gou-
verneur ou le bailli de nostre dicte ville et
maison eu disant : Aui|uel lez ou partie
est vostre entencion de faire /loct«r pour
fauchier et fener eu ceste année ? alin qu'il
puist mener a l'autre lez hestes en pasture,
et on lui fait respouse : Nous ferons floc-
ler lel lez, menez vos bestez eu l'autre...
(1409, Arch. MM 32, f" 27 r".)
— Neutr., couler :
Li vins es narines le flole,
Tn poix, ta boii, ta es estons :
Ton 'entre joue a la pelote.
Et brait : maadil soit il de tons.
(E. Descbamps, Poe's., Riehel. 810. f> i05*.)
II. -Norm., vallée d'Yères, faire flotter un
pré, l'irriguer.
2. Fi.oTEn, voir Froter.
FLOTERESSE, adj. f., sur l.iquelle on
flotte:
Or Dlea n'employa point moins d'art et de sagesse
A séparer les champs de la mer floltresse.
(Do BiRTis. la Semaine, 3" j., p. 70, éd. 1610.)
FLOTERNEL, flolt., S. Ul., pOUrpOÏnt,
casaque :
Le fer lui percha les plattes et sa cotte
de maille et ung floternel emply de soye
retorse. (Froiss., Chron., XI, 291, var.,
Kerv.)
Devant l'autel en la chappelle se desarma
de toutes pièces et se mist en pur son
floternel. (Id., ib., XIII, 179, var.) Var.,
flolternel, éd. Buchon.
Ff^OTINE, S. f. ?
En une flotine de bois, un dener. (1260,
Coût, accord, aux habit, de la Pérouse, ap.
La Thaumassière, Coût, de Berry, p. 99.)
FLOTis, adj., pré flotis, pré sujet aux
inondations :
.III. quartiers de pré flotis. (1383, D«-
nombr. des baill. d'.imieiis, Arch. P 137,
f» 80 r».)
FLOToiER, - oyer, flolt., r. n., agiter
ses flots, être agité :
Une heure senronde et flotoie (la mer).
Antre est Ironble, et antre fois coie.
(Fatl. d'Ov., -Us. 5069, P 23î'.)
— Flotter, voguer :
De manière que le navire flotloyant sur
l'eau les mena peu a peu près de Paso.
(Gentillet, Disc, sur les moyens de bien
gouverner, p. 289, éd. 1377.)
FLOTON, s. m., sorte de radeau :
Nous mismes la sur la rivière de Lesh
les collres, et moi avec d'autres, pour les
conduire a Augsbourg sur un ^oton, qu'ils
nomment : ce sont des pièces de bois
jointes ensamble qui s'estandent quand on
est a port. (JlONT., Yoyag., p. 49, éd. 1774.)
— Petite houppe qui flotte au vent :
Parmi les (pigeons) pattes, s'en treure
des huppes, qui ont une creste a la teste,
assavoir un floton de plumes eslevee en
arrière, ((t. DE Serr., Th. d'agr., V, 9, éd.
1603.)
FLOTTE, voir Flûte.
1. FLOU, voir FoLC.
2. FLOU, voir Flo 1.
FLOUEMENT, adv., misérablement :
Jamais n'iert jors qne il n'en, soit dolant
Ki qae se vie ne querroU ftouemenl
Et a la perte ne fanrra il noient.
(Let Loh.. lUchel. 1631. ap. Victor, llandfelir. der
Cesledet Loh., p. 71.)
Cf. Flo 1.
FLO
FLOUER, V. n., faiblir :
II est bien fore» que l'on flove-
(CntTAiET, Vysl- S. Christ., F i.)
. Cf. Flo 1.
FLoriN, fluin, s. m., vaisseau IfSger :
Voyez cy pre? nostrp nauf deux lutz,
trovs flouïns, cinq ctiirpe?- (Rab., 1. IV,
c. 22, .-«i. 1552.)
La cliarpenlerie de vaisseaux et navires
/entend) n adresser un fluin. (Le Plessis,
Ethiq. d'Arist., !" l r», l-d. 1553.)
Et estant le Redouli^ l'nn de nos flouins, \
a l'endroit de ces navires qui estoient en j
feu, il se jette environ trois cens de noz
hommes, tout d'une volée, pour eux sauver
en iceiui. (lS5o, Bat. nav. des Diepp. et
Flam., Arcli. cur., l" sér., t. III, p. 163.)
Soixante flouins. et vinRt cinq palleres.
(Mabt. du Bei-lay, Mém., 1- X, f" 341 r»,
éd. 1569.)
FboUR, voir Fleur 2.
FLOURABLF.MEXT, VOir FLOUABLEMEKT.
FLOunANT, adj., odoriférant, forme de
fleurant, établi par confusion avec flai-
rant :
Itoses, violctes ne lis,
N'erbes flourans n'anlrcs delis.
(Cbk. df. Pis»n, f-ir. du Chi-min âe long esttidr.
779, Pûschel.)
Cf. Flairant.
flourcelIjF, voir Flobcele.
Fi.ouRÉ, voir Flore.
FLOUREE, voir Fledree.
FLOURENCE, VOir FLORENCE.
FLOURET, voir FlOHET.
FLOURETÉ, VOirFLORETÉ.
FLOURETER, VOir FLORETEK.
FLOURETTE, VOir FlORETTE.
FLOURIESIENT, VOir FLORIEMENT.
FLOURIERE, VOlr FLORIERE.
1. FLOURiN, S. m., sorte de teinture :
Chose lainte de flourin de chaudière, ne
de nule autre fauce tainlure. (E. BoiL.,
Liv. des mest.. 1* p., lxxvi, 5, Lespinasse
et Bonnardot.)
2. FLOURIN, voir Florin.
FLOURiii, voir Florib.
FLOURISSANCE, VOir FL0RISS.4NCE.
FLOURissEURE, voir Florisseuee.
FLOURITURE, voir Floretechk.
FLOURONNER, VOlr FLEURONNER.
FLOUss.vYE, voir Flassaie.
FLOux, adj. 1
Un camabieu d'un chien floux assis en
un annel tout plain. (1380, Jnv. de Ch. V,
ap. Laborde, Emaux.)
FLoxE, s. f., abreuvoir, mare :
Et partant secbont tant de puches, de
FLU
fontaines et (loa:cs, et furent les riviers si
petit que nierveilhe. (.1. DE Stavelot,
Chron., p. 502, Borpnet.)
Cf. Floc 2.
Fi.oz, voir Floc 2.
1. FLi:, s. m., fléau?
Icelluy escuicr se parti de son hostel ap-
parellé d'un flu, acompaignez de trois var-
iez avec lesquels il s'en ala au devant du-
dit bripant. (19 mars 1382, les Godins on
brig. de Nivertt.. Picc. rel. an rèp. de
Ch. VI, t. I, p. 29.)
2. FLU, voir Flun.
FLUABLE, floiahle. adj., qui coule, li-
quide :
Liquidns, fluahle. {Catholicon, Ricliel. 1.
17881.)
Lnbilis, floiahle. {Gloss. de Salins.)
FLUANT, voir Fluent.
FLUC, voir FOLC.
FLUCQ, S. f. ?
Viviers a usase de peschervc avec la
flucq. (1S7S, S.-Omer, ap. La Fons, Gloss.
ms., Bibl. Amiens.)
FLUCTUANT, adj., flottant :
I.'espoir dn monde et recLiim salnlaire.
Ciel immobile n fluctuant navire,
(n. Chastemain, l.nuenge a la Ires qlor. vierfjc,
VIII, 27i), Kertyn.)
Fi.ucTiEMENT, S. 111., .igltalion des
Ilots, employé au fig. dans l'ex. suiv. :
Flucluemens de larmes. (J. Bouchet,
Mém. de La Trém., ch. xxvlll, Petitot.)
FLUCTUER, V. n., C'tre porté, Être agité
par les flots :
Autour de cesle pree fluctuoil ung ruis-
seau d'eau clere. (J. BoucuET, la Noble
Dame, f» 92 v«, éd. 1536.)
— Par extens. :
Et fluctuoil comme d'nne fonlainc
Le très cher sang de celle chair hnmaine.
a. HorcnET, la r<ol/le Dame, P 73 t°, éd. 1536.)
— Etre agité par le vent :
Les banieres des princes avoient coni-
mencié a floter et a fluctuer. (Bersuihe,
T. Liv., ms. Ste-Gen., f" 310'.)
— Fig., errer çà et l.'i avec agitation :
II, memorant loolcs les choses telles,
Pcnijoil sans cesse diverses fins mortelles
En .son conraijje, pnys ça pnys la fluctue.
Et moult désire qne promplenient se lue.
(0. iiK S. Gel., hneid., Hichel. 861, P 109''.)
Fi.UE, S. f., flueur, écoulement:
Impaciens de sa vieillesce
Po voit, et plain est desonrdesse:
Il se conrresse de legier,
Po pupt ne boire, ne mangier ;
n'nne flue sa lionclic sent.
Et 1res fort li flairent li dent.
Œ. Descoamps, Poés., Ricliel. SiO, P :i35'.)
FLUEMENT, S. m., écoulemcnt :
Le fluemenl îles aiguës. (Eslories Rogîer,
Hichel. 20128, f Si»".)
j La cegue refraint et purge toutes autres
I ferveurs et fluemens de humeurs supera-
FLU
3!>
bondanli's. Jnni. de snnic. !, l|:;, iiupr. la
Minerve.)
— Chute :
Contre la clieuste et fluemenl des nhe-
veulx. {Jard. de sanlé. Il, 157, impr. la Mi-
nerve.)
FLUENT. - (int, ndj.. qui coule :
C'est don de Dien, fluani des cienix.
(Jeh. de Meonc, /fs nemonsir. de Kal., 783,
Méon.)
.le vous meneray jusques a la terre
fluente de laid et de miel. {Prem. vol. des
expos, des Ep. et Ev. de Kar.. 1° 95 v» éd.
1519.)
C'est chose mobile que le temps, et qui
npparoist comme en ombre, avec la ma-
tière coulante et fluante tousjoiirs. (Mont.,
Ess., 1. II, c. 12, p. 399, éd. 1.595.)
— Fig., fluide:
En ensnyvant celle fluanl doctrine.
(J. Ti'AuTON, Chron., Iticliel. ,^082. esorde.)
Cnmme de faictz non onys et mirahles,
rtont les fluan.i orateurs rethoriijiies
l^nrichissent leurs chambres et lioiiliqnes.
(ID., il/., Hichel. .S083, exorde >
Vostre cloqncnt parler
Est si fluent.
(J. P.oi!cnET, F.p. fam., 1" p., xviii, éd. 154:;.)
Ce qne ne doy moins loner cl priser
One la fontaine on faicles espiiîser
Vostre fluante et douce poésie.
(Ch. Fontaine, les liuiss. de fontaine, p. 287.
éd. \^i\^.)
• — S. m., cours d'enii :
Rivières et fliiens. (1395. Valencieniies,
ap. La Fons, Gloss. ms., lîibl. Amieus.)
La figure des rivières, fluens. (1518, Bé-
thune, La Fons, Art. du Nord, p. 17.1.)
FLT'ENTE, s. f., écoulement, action de
couler :
(Les) fontaines lesquelles composent et
entretiennent perpétuellement la /ilKcnfe des
niissenux et rivières. (Les Us et Coutumes
delà mer, p. 153, éd. 1671)
Voltaire a employé ce mot pour dési-
gner la course rapide du temps.
l'i.UER, floer, verbe.
— Neutr., couler :
El fissent la rivière d'Escault /ïoer ent^ur
le ville. (Froiss., Chron:, III, 138, Kerv.)
L'eaue qui de [ilain cours devoit des-
chendre cl fluer en ladite ville, alloil fluer
et desc^liendre par dehors la fortresche
d'icellc ])ar ce que lesdils religieux ne re-
tenoient lias les rivières, cauchies ou es-
pondes. (1448, Cart. Ale.ravdre de Corbte,
Hichel. 24144.)
— Act., laisser couler :
Une foutaiue fluente vin blanc et clairet.
(15 sept. 1548, Ueg. des Conclus., Arch.
mun. Angers, BB 29, f" 209.)
FLUET, fluyt, s. m., tlcuve :
Les rives basses et li fines petis.
(Les Loh., Vat. Urb. ^iln, f H''.)
Quant il cez choses ot dit, mânes soi
donal en orison, et li oz del duc ci de-
vant dit par enbel curs jiarvint al fluet
Vulturnum. {Dial. de S. Greg., 1. I, cb. 2,
]i, 11, Foerster.)
«0
FLU
FLU
FLU
— Klux di- vonlre :
Le cerfueil osto le Tomisscnient et le
fluyl du veutre. {Régime de santé, t' 56 V,
Robinet.)
FLUEUR, S. f., écoulement :
Les autre? dicnt que toute ceste flueur
et cours de nier ainsi allant et venant pro-
cède dos destroys de la mer. {Chron. et
hist. saint, et prof., Ars. 3315, f* 58 v<>.)
— Menslrui'S :
Femmes qui jamais n'ont eu leurs
flufurs. (li. BorcuKT, Serees, l, 96,Roybet.)
— Infiltration :
Il n'y a aucune? flueiirs en leurs mines.
(Selon, Singularitez, I, 50, éd. 1554.)
Fix'EVE, s. m., entraînement, égare-
ment :
En joD«c« nie vinl cils flimes ;
l'.ir s'en rieltece ro'enist pris,
l'eaisse esté Iroo dur apris.
(Fkoiss.. Poés., II, 3, 70, Scheler.)
PLUiN, voir Flouix.
FLUiR, ftuyr, V. n., couler :
La quelle (caul joskes a or fluisi planti-
vousenient. {Dial. de S. Greg., liv. Il, ch.
5, p. 67, Foerster.)
La maulve fait fluyr les menstrues des
femmes par sa prande bumectation. (Ré-
gime de santé, (' 52 v», Robinet.)
La praine de moustarde fait fluir les
larmes es yeux. {Ib., 1° 55 r».)
Armoise fait pni/r et provocquelcs fleurs
des femmes. {Jard. de santé, p. 39, impr.
la Minerve.)
PLUissEMEXT, - ant, s. m., action de
couler :
Fluctu?, flot, fluissemens. {Catholicon, Ri-
-hel. 1. 17881.)
Fluctus, flot, (luissemans. (Gloss. de
Salins.)
FLUiTÉ, S. /..abondance :
Se fluité et trop prant babundance de
lanpaipe y est trouvé (dans ce recueil des
cronicques et bistoires du royaulme d'En-
i;leterre)...(\V.\vRis, ylncA. Crbn.d'£îig/eî.,
I, 4, Soc. de ni. du Fr.)
FLUSi, voir FLrN.
FLUMAIRE, - are, fleumaire, s. lu. et
f., fleuve :
Li pumaire cstoient fi roil, si grant, si
parfont et si anious ke, se parles miracles
'le Uiu u'i passoil ou, nus boni n'en peust
venir a cliief. (11. de Val., Contin. de
l'hist. de la conq. de Constant., S63,\\ai\ly.)
Tes flumaires de la miséricorde passent
sur moy. (Psaul. , Richel. 1761, f''59>'.)
Il ne purent pas toutes foiz chevauchier
por le mauvais temps pour la nef et pour
les pluies que il faisoit aucunes fois moult
ifrans; et des praus fleumaires que il trou-
voient, que il ne povoient passer. (Liv. de
Mare Pot, viii, var., l'autbier.) Impr.,
flemnaires.
Il y avoil bonnes paslures et grant flu-
:naifes. (Ib., lxiii.) Iilipr., fluviaires.
Comment qu'il aient leurs palees,
Près de .ce, bien apreslees
Qui llolent dcdeot le pumaire.
{.Hachait, Pri$e d'Alex., 605C, Ma»-Latric.)
Quant li princes fu lopies desot Carai-
tniue en celle belle flumare. (Liv. de la
Conq. delà Moree, p. 221, Buclion.)
La flumaire de la Klade. (76., p. 422.)
FLUMARE, voir FLU.tfAIRK.
FLmiATiQiTE, voir Flkumatioue.
FLUME, voir Fleu.\ie.
FLUMME, voir FLEn.MK.
Fi.uN, flum, fleum, flem, flon, flom,
pu, peu, s. m. et f., fleuve :
Les divisiuns del pum de lui esleecent
la citet de sun Deu. (Liv. des Ps., Cam-
bridgCj XLV, 4, Michel.)
E flum Jorda lavet e Inleet.
(Canl. des Canl-, 18.)
Oui JesDCrist tant honora
Coq /îiin Jordain lou batisa.
(Wace, Conception, Brit. Mus. add. 15G0G,
f» i:*^.)
Pedanz lo /l'im de Paradis.
(Bex., Troie, 133"2, Joly.)
Bastisies fus. Sire, el /l>im Jordant.
(K.MMB., Ogier, 11G39, Barrois.)
Com se ce fnst li fluns an deable.
(ia r.harrelle. Vat. Çhr. 1723, t° 12'.)
La saint aiguë dou fln .Tordain.
(Pnrophr. du ps. Eruclaril, Brit. Mus. add.
15G06, f° 21''.)
E bantizai le el flem Jordan. (Ms. Brit.
Mus. Egerton 613, f» 17 v°.)
Fluns de doçor, fontaine et puis.
(G. deCoi.nci, Mir., ms. Brux., f H'.)
FontnÎDe de douçor, fluns àe miséricorde,
Ne daingne consentir qu'a nul pechîé n'amorde.
(Prière de Théophile, Ricbel. 837. f° 192''.)
F,t firent .i. pont de neis parmi le flun
qui moût est larges et parfonz pour tolir
cens de Damiete le port. (MÉN. DE Rei.MS,
I.ÏO, Wailly.)
Et de cel eslanc rcst li fions
One nous .Tourdain apîelons.
(MorsK., Chron., 10971, Ueiff.)
Trespassoit le pum. (Grand. Cron. de
France, les pestes du roy Loys fils de
Cbarle le Simple, m, P. Paris.)
Tant qu'il vimlrent a passer le pum dou
destreit. ^Cont. de G. de Tyr, ms. Florence
Laur. XXIV.)
Et cbeTauchcDt trois routes lez le flum sur l'araine.
(Les Vœux du Paon, Richel. 3fi8, V 89'.)
Une montaignette qui est avironnee d'un
Pun qui part es deux pars dessoubs le
chaslel et par desot. (Liv. de la Conq. de
la Moree, p. 458, Bucbon.)
Tellement eubairenl roy Piètre celle gent
Que le commun qui vit la teste la présent,
La prindrent el eclerent tosl et apertement
En .1. flom qui la est qui en la mer dessent<
(Cuv., Bertran du Gueschn, 1684S, Cbarrière.)
Impr., flour.
Li cheval l'omperenr
En une flu de ebaude eawe passât, s'est recnleU.
(Jeh. dks Prf.is, Geste de liège, 13431, Scheler,
Gloss. philol.)
Seigneurs, ou temps que je vivoie
Ou fleu Jourdain le baptisé.
(Pass. y. -S., Jub., Slyst.. Il, 293.)
— Les eaux de la mer subissant l'effet
du flux et reflux, flux, marée :
Une moût prosse ville seans sour le pun
de la nier. (Fiioiss., Chron., U, 384, Luce,
ms. Amiens.)
Je sny unf; gués la ou .xil. hommes
passeroient bien de froncq deux fois entre
jour et nuit, car li puns de la mer i est.
(Id., t6., V, H,Kerv.)
Li contes de Honstidonne a ptm de la mer
se desancra. (Id., ib., IV, 422, Kerv.)
llaiuibon siet droitenient sus un bon
port de mer et en va li puns tout autour
par grans fosses. (Id., ib., III, 357.)
— Fluiide venlre, flux de ventre :
Si le prist un pum de ventre dont il mo-
rut. (Grand. Cron. de France, la vie Mgr
Saint Loys, xxill, P. Paris.)
Le Flon, nom d'un ruisseau qui passe à
Lausanne.
FLuni, voir Floui.
FLUSIBLE, voir Fluxible.
FLUSTEL, voir Flautel.
FLUSTEUR, voir Flauteur.
FLUTTiF, adj., qui s'écoule, qui se dis-
sipe promptement :
Puis noler les delis du monde
Ou toutes vanités I^abonde
En fluttive niuabletes.
(Mélam. d'Ov., p. 91, Tarbé.)
FLUVAiRE, S. m., fleuve :
Trescourant puvaire. (Maiz., Songe du
vielpel., I, 9, Ars. 26S2.)
FLuviEL, adj., de fleuve :
Ypotame est uns peissons qui est apelez
cheval puviel, porce que il naist el flun de
Nile. (Bhun. Lat., Très., p. 189, Chabaille.)
FLuviEus, adj., du fleuve, fluvial :
Fluviosus, puvieus. (Catholicon, Richel.
1. 17881.)
La cuminiction puvieuse de Caprelle et
de la mer. (Le Baud., Hist. de Bret., c. I,
éd. 1038.)
FLUXIBLE, pusible, adj., coulant, li-
quide, fluide ;
Le baing rent le corps puxible et plus
aiablea purgacion. (frobi. d'^lrist., Richel.
210, f» 73 v°.)
Le llus des choses pusibles. (H. de Mon-
DEVILle, Richel. 2030, f° 79».)
Les sons qui sont moult puxibles. (Id.,
f 17=.)
Oyseuse met les humeurs en repos, et
dormir les fait puxibles. (B. de Gord.,
Pialiq., III, 16, éd. 1493.)
Sang puxible. (Id., ib., IV, 6.)
Humeur fluxible. (Prem. vol. des expos,
des Ep. el Eo. de Kar., 1" 83 r», éd. 1519.)
La vertus de la camomille est que elle
résolve et conforte les membres puxibles.
(Jard. de santé, p. 85, impr. la Minerve.)
Membres puxibles et débiles. (Ib., I, 206.)
— Fig., changeant :
l'or prendre la gent sarrazine
Qui plus est fluiible et movable.
(Macé de la Chaiuii:, Bible, Kichel. -401, f t9.ï'.)
Que la médecine soit bien puxible, c'est
a dire bien mouvable. (Evrart de ContY,
Probl. d'Ar., Hichel. 210, f 33 r».)
La volunté du monde est aymer choses
puxibles et peu durables. (J. BOCCHET,
Noble Dame, f» 114 v«, éd. 1536.)
FOC
FOE
FOI
41
T'LUxiniMTÉ, S. f., qualité de ce qui
«t fluide, coulant, liquide :
Le vin. ..pour sa liqueur el fluxibililé aide
a porter la viande par les autres membres.
(EvHAHT DE CONTY, Ptobl. d'Ar., Richel.
210, C 6 r».)
La semence de serapion est bonne a la
relaxation de la nature de la femme et a la
fluxibilité du fondement. (Jard. de santé,
1,91, impr. la .Minerve.)
— Fig., qualité de ce qui passe rapide-
ment :
Considérer la fluxibililé de la vie humai-
ne. (Mer des cron., f« 209 r», éd. 1532.)
FLUxiu, V. n., répandre ses eaux:
L'ne fonteine qui estoit souz terre fluxi
si grandement que tonniaux et autres
choses nui ilueques estoient elle porta
dehors a {luise d'un grant fleuve. (Ber-
sutRE, r. fJv., ms. Ste-Gen., f° 221''.)
Une fontaine qui estoit soubz terre /luxit
si grandement. {Sec. décade de Tit. Liv.,
IV, 4, éd. 1330.)
FLUYT, voir Floet.
FOAGE, voir FOUAGE.
FOAGiEit, voir Feagieh.
FOAYLI.E, voir Fouaille.
FOBERT, foub., - iert, adj. et s., celui
qui se laisse facilement duper, jobard :
Qui de le crois ne se reraort
Eq cni Diens por nos soffri mort
Ne joera mie a fo«ber(,
Ains avéra ce qa'il dessert.
(l'ers de le morl. Richel. 37.';, f 338*.)
Vos me gabez, par saint Lorenz;
Trop me tenez bien por foubert.
(OU des Avocas, 166, G. Rajnaad, Romanitt,
t. XII. p. -in.)
Ki a daines il a gaaini;.
Bien Tosdoit estre descovert,
Nons avons troré an foubierl.
Si l'ai en covent a amer,
Mais ains le cnic bien entamer
Le borsee k'il a si hnvee.
iU Lais de Courtois, Richel. 1553, f» 499 t°.)
Sire dus, je ai non Trnberl,
Bien Tons pnis tenir por folerl.
Je sni cil qui ros acoapi.
(D. Latfsne, Trubert, Richel. 2188, r 15 r».)
Fol conseil el foubert.
(Berle, 875, Scheler.l
Nom propre, Foubert.
FOBERTEn, fuberler, v. n., tricher :
Chascans fuherte en cestevile.
(Ao. DE LA Halle, Congié, Conssemaker, p. 275.)
FOBLETÉ, voir FOIBLETÉ.
1. FOC, S. m.?
Les deux autres achetèrent le reste, les
marres, les bêches, les focz, les rasteaux,
les barils. (Hist. Maccar. de Merlin Cocc,
IX, Bibl. gaul.)
2. FOC? Locut., tenir le foc en Veaue. Si
foc n'est pas une mauvaise lecture, cette
locution répond exactement à tenir le bec
dans l'eau :
Le dit chanoine leur conseilla (aux con-
jurés) que, sans longuement tenir le foc
en IVaue, afin que l'embusche ne fusist
descouverte, et que la dite besongne fust
mise a exécution... (Molinkt, Chron., ch.
XXXIV, Buchon.)
3. FOC, voir FoLC.
FOCAL, adj., qui appartient au foyer:
Teair focale résidence.
(Coût, de Uorm. en vers, V 30'', ap. Ste-Pal.)
FOCALE, s. m., sorte de bonnet ou de
capuchon qui couvrait la tête et le col :
Les officiers du parlement de Paris ont
retenu la mode de porter le chapperon sur
l'espaule, et, sortans hors du palais, au
lieu des chapperons, portent une comète
de tafetas que les anciens appelloient
focale. (A. DU Verdier, Div. Lee, p. 545,
éd. 1616.)
FOCE, s. f., la partie supérieure de
l'œsophage :
Abeche le (le faucon) au matin, si qu'il
ait la foce de la gorge pleine, sans plus.
(Modus, f» 80 y, Blaze.)
FOCEABLE, VOir FOSSOIABLE.
FOCELÉ, voir FOSSELÉ.
FOCERIER, voir FOSSERIER.
FOCEUR, voir FOSSOR.
FOCILLIER, voir FOSSILLIER.
FocRE, S. m., sorte de canon :
Trois gros canons de fer appeliez focres
avecques leurs afustz. (Compte, Arch.
mun. Compiegne, B 4.)
FODiNE, S. f., mine :
11 y a fodines de metauls a faire chaul-
drons bons asses. (Fossetier, Cron.
Marg., ms. Brux. 10512, VIII, n, 3.)
Congié demande de veoir les fodines et
minières d'or. (P. SIart., Rec. des Isles,
f» 174 ve.)
Cf. Fouine.
FOEBLEMENT, Voir FOIBI.EMENT.
FOEE, voir FotlEE.
FOEILLART, VOJr FOEII.LART.
FOEILLET, voir FUEILLET.
FOEILLIE, voir FUEILLIE.
FOELLIR, voir FUEILLIR.
FOELf-YE, voir FUEILLIE.
FOEMININEMENT, VOir FEMININEMENT.
FOENE, voir FOIN'E.
FOENTEMENT,
Supplément.
voir Faintement au
FOER, voir FuEn.
1. FOERMANCHE, voir FERMANCE.
2. FOERMANCHE, VOir FORMANCE.
FOESON, voir FOISO.N.
FOESSELLE, VOir FiSSELE.
FOETELR, voir FeTEUR.
FOETURE, S. f., production :
Leselemens et lenr fmture
Il créa.
(Jeh. de Meonu, Itemonsir. de Nal.. ilH, Méon.)
FOEUCQUETE, voir Fecquete.
FOEUILLIR, voir FUEILLIR.
FOEULETTER, VOir FdEILLETER.
FOEULLER, voir FUEILLIER.
FOEULLIE, VOirFtlEILLIE.
FOEULLY, voir FUEILLI.
FOEUR, voir FUER.
FOEURE, voir FtJERRE.
FOGAT, S. m., lanterne à feu pour pê-
cher :
Rames, seurs, fogals, nasses pellees...
desquels engins nous delfendons que l'on
ne pcsche de nuit. (1326, Ord., I, 793.)
FOGNER, voir FONG.NER.
FOI, S. m., terme de vénerie :
Les cerfs sont si malicieux de leur na-
ture qu'ilz viandent sur eulx mesmes
enmv les fois sens aler hors aus champs ne
aux tailles. (Gast. Feb., Maz. 514, f» Sl^)
FOIABLE, voir FIABLE.
FOIABLEMENT, VOir FlABLEMENT.
FOIAL, voir FEAL.
FOIALMENT, VOir FEAL.MENT.
FOiALTÉ, voir Fealté.
FOIAULETET, VOir FEALTÉ.
FOIALTEE, voir FEALTÉ.
FOIAUBLE, voir FIABLE.
FoiAUMENT, voir Fealment.
FoiAVLE, voir Fiable.
FOiBLAGE, feblage, feiblage, flebage, s.
m., faiblesse, en parlantdu poids;des mon-
naies, permission que le roi accordait
aux maîtres des monnaies de pouvoir tenir
le marc d'espèce plus faible d'une certaine
quantité de grains que le poids juste :
Aussi estoient lesdiz deniers foibles di;
pois .111. quars de denier pour marc, qui
se monte xvi s. t. pour marc ou environ.
Lequel flebage ilz n'ont mie escript en leurs
papiers. (13 nov. 1399, liemiss., Douét
d'Arcq, Piéc. rel. ait, règne de Ch. VI, I,
161.)
Enjoignons que lesdits deniers blancs
vous faictes délivrer par les gardes de
nostredicte monnoye, comme on a accous-
tumé de faire, nonobstant ledit feiblage.
(1418, Ord., X, 511.)
Droits de monnoye, boettes, monneages,
brassages, /'o(()ta3es,escharcettes de poids.
(Sully, CEcon. roy., cli. clxxxviii. Mi-
chaud.)
— La monnaie faible elle-même :
Se il estoit trouvé que il tresissent le
foiblage de leur brève il seroient mis hors
du mestier. (1324, Arch. JJ 62, C 140 r» ;
Ord., I, 80S.J
Soupeçonnezet accoutumez de marchans
der de feblage et de monnoye estrangerc.
•6
4S
FOI
FOI
FOI
ileffendues, fausses et contrefaites, etc.
(1356, Ord., III, 149.)
Voyant )e prnnd cours qu'avoient toutes
luonùoies du royaume, ou estrauperes, de
poids, ou leperes, ou bonnes, ou mau-
vaises, plusieurs mauvais hommes en abu-
foient, les uns d'apporter foiblage, les
autres de ronpner et laver pièces d'or.
(Sevssel, Loueng. de Louis XII, p. 18, éd.
1508.)
Foiblage se disait encore an milien dn
xvn* s. :
11 pourra fabriquer les dites espèces en
telle qualité qu'il lui plaira, soit de jour,
soit de nuit, tant au marteau comme bon
lui semblera, sans être tenu au foiblage du
poids ou escliarcetlé d'aloy avec le remède
accoustumé au.v autres monnoies. {Acte du
24 déc. 1666, Fabrique de la monnoie de
la principauté de Sabourg, Arch. Alp.-
-Marit., f" l.erins.)
FOIBLAGE, voir FOIBLECE.
FoiBLANCE, S. t., faiblessc :
La çraiue de basilic donne secours au.'c
foiblances et passions du coeur. (Trad. de
l'Hyst. des plant, de L. Fousch, ch. ccviil,
éd. 1549.)
FOiBLE, foirle, fiehle, foble, fettble,feble,
fetle, fueible.floihe, floive, fleble, flebe, fleibe,
flate, flaive, flere, flei^ve, adj., qui manque
de force, ïefaibte moderne, avec toutes ses
nuances I de significations :
(I (tt >i flfUei qn'il ne poet en avant.
(flo/., 2^-28, Mûller.)
Cant DOS sûmes filb de Deu apeleit, dont
est il droiz ke nos les oevres et les faiz
aprendoDs de nostre père. Aprendons les
en tant ke nostre (loice conscience en puet
comprendre. (Dial. Greg., de Sapientia,
p. 285, Foersler.)
L'epyptiien enfant cuili Amalechite lais-
sent ffoibe et malade en la voie. {Job, Ler.
de Liucy, |>. SIO.)
Aparmeimes devcrret mois et flaves.
(U Epistle Saint Bernard a iîont Deu, uis.
Verdun 7a, f» 4o r».)
Mais nos veons mainz povres cuy om i
n'en alrovereit mies de si flave cuer et si '
tristes. (S. Uern., Serm., dans Orell, AU- \
franz. Gramm-i Lat., Adeo pusillanimes et ,
tristes.
Je ne vis onques un si fevle viellart.
(S. Graal, Vat. Cbr. 1687, f» 94^)
Se li mouove clmingievel en plus fort
ou en plus pete. (1226, Cari. S. Vinc., Ri-
chel. 1. 10023, (' 23.)
Fleliet est.
(H. d'Axd., du Chaneel., mi. Brit. Mus Harl.,
P 90'.)
Si fnlrt qa'aat rostis gattiaos.
<«<«<■, Val. OU. 1212, r fiO'.)
VÏQA pHbes.
(/».. Val. Chr. 1858, T 70*.)
Je seroie aussi {evles c'uns autres homs,
{Bib. hitt., Maz. 532, f» 84'.)
Il res uit deniers de la terre flesve mon-
noie. {Paaige de Hortille, Recette des
prières, feuaiges, Arch. Manche.)
A feuble monnoie. (1307, Arch. S 4259,
pièce 29.)
S'il ovenoil qu'il i east sis forz et sis
feublis an marc. (1310, Ord., i, 478.)
Afamet sont et magre, monlt /'oUf et nionlt mes-
(qnant.
(Baud. df.'ii-li., \\\, 1202, Bocca.)
Poor Dieu pense qoe pen dure
Pu corps li foiftf joinctore.
(Anii Claudiatius, Bichel. 1G34, (° 30 t".)
Imbecillis, foivles. {Gloss. de Louai, Es-
callier.)
Laquelle ( maison )eslûit/repe et ruyneuse.
(1336, Arch. JJ 70, f» 41 v».)
• A Jehan la Late, xx liv., pour bontés,
pour II' LXIX liv. fleve monnoyc que on li
doit a Noël. (1337, Arch. adm. de la tille
de Reims, il, 758, Doc. iuéd.)
Somme toute de la fleble monoie. {Compte
C
de 1341, Ch. des comptes de Dole, -— , ,
'404
Arch. Doubs.)
Dou tans de le foivle monnoie. {Compte
de Gandrart d'Andegnies, 1352-13S3,f°18v'',
Arch. mun. Valencienncs CC 2, 924'''.)
Monnoie flesve ou fort. (13S3, Frais fais
par P. de Chaton pour Vécheo. de Reims,
Arch. adiiiin. de Reims, 111,37, Doc. inéd.)
Fevle monnoie couroit en celi tainps.
(Ascens. 1357, Compt. du receveur d Lens,
Arch. Nord.)
Et (lar ce sont flebles ou inliabilles a bons
faiz d'armes. (Oresme, Yconomiq., f" 3'',
éd. 1489.)
Gardes que rien n'i escbappe ne fiebe ne Tort.
{nalaille des (renie Englois el des trente Bretons,
287, Crapelel.)
Les arbalestriers qui, dans cette cir-
constance accompagnent les collèges et
fiertre de Saint Pierre el la loy, reçoivent
un I. febles en courtoisie ; les archers, xL s.
fcbles. (1418, Dépenses, etc., Ann. de la Soc.
de l'hist. de Fr., 1864.)
En fieble monnoye. (1440, Compl. de B.
Blondel, Arch. Eure.)
Ont lantoist les caers /taivcz.
(jF.n. DES Pbeis, Geste de Liège, 35165, .Scheler,
Gloss. philol.)
A le fort du fueible besoing.
(Quatrains moraux, xxxix, tirés d'an ms. du
xv' s.)
Je TCiiz que la mort le plus fort
Comme le fleibe tend a prendre.
(Danse macabre des hommes, éd. 14Sfi, Baillen.)
Si l'on TOns dit : Faictes nng tel atTaire,
fie respondez : Je ne le sçaurois faire.
Mais si jusle est, mêliez vous en eCTorl
D'y obéir, fussiez vous feuble on fort.
(J. BoicHET, Ep. mor., \\, aux serviteurs et
servantes, f° 29 v', éd. 1545.)
Ceulx qui sont de cler engin et graut
esprit sont dehilles et feubles de corps.
(In., la Noble Dame, f» 10 v», éd. 1536.)
Sur le fleibe commun tombe toute la
perte. (S. 1'o.ni:et, Regr. de la Fr., f« 8'.)
— S. f., monnaie f.tihlf :
VI livres engroignos p' .n. deu. pièce
valant au fuer de la flesve .VII. liv. 10 s.
(Paaige de llorville, Recette des prières,
fenaiges, Arch. Manche.)
Au commencement du xvii* siècle, trois
formes étaient encore en présence, flebe,
feble, faible :
Flebe, aucuns prononcent ainsi, disans
qu'il vient de flebilis, autres prononcent
feble, et ce par metalhese ou transposition
de lettres. Autres prononcent foibte. (NiCOT,
Thresor.)
Wall., flawe ; naninr., /ïat<ic«; rouchi,
flau ; anc. wall., floyve; Berry, feuble,
I feube ; Beauce, fletibe ; se dit en parlant
des personnes d'un tempérament délicat.
FOinLECE, - esse, - cche, foiblace, foi-
blaiche, foiviece, foirlesche, feiblesce, feu-
blesse, fieblece, - esce, - esse, fiesblesse, fe-
bksce, fevlece, - che, feblieste, fuevlleice,
floibece, flebece, - esce, - esse, fleblesse,
floiboice, flabesce, flahlesce, s. t., manque
de force, de pui.^sance ; franc, tnod., fai-
blesse :
La floibece des homes. (Brun. Lat.,
Très-, p. 343, var., Chabaille.) Autre var.,
foiblece.
Force et aide en ma flebece.
(Vie de S. Aleii, "27, Remania, Vlll.)
Foibleche.diich. le biel, ms.Tcrin, f"131r°.)
Ne nus a bien faire ne faut
Fors par ferleche on par défaut.
(Rose, Vat. OU. 1212, P 48'.)
Nostre povretei el nostre flablesce. (Lau-
rent, Somme, frag., Bihl. Verdun, f» 2 V.)
Foiblace. (Id., ib., ms. Chartres 371,
fo 19 V».)
Par perece et par faiblesse. {Serm., Ri- J
chel. 423, f» 79'.) 1
Pour la flebesce de sa maladie. (JoiNV., 1
S. Louis, Lxxix, Wailly.)
A la grant flebesce la ou son cors estoit.
(ID., ib., p. 236, Michel.)
Pour le frailleté et le fevlece du pulle.
(Bib. hist., Maz. 532, f" 49^)
Cens le porta en se maison,
Tost aprez fuevlleice languit.
(AnIi Claudianus, llichel. 1634, f» 47 »°.)
Ouaut de cors rsleil en fieblesce, {Ens.
Saîom., Richel. 25407, f" 173 v»,)
Débilitas, flebesse. {Cathol., Richel. 1.
17881.)
Imbecillitas, foiviece. {Gloss. de Douai,
Escallier.)
Débilitas, flebesce. (Gloss. de Couches.)
De grant fieblesse quasset.
(Dial. de S. lirég., ms. Evreni, f Sb*".)
Fragilité et flotblece de cuer. (Tignonv.,.
Dis mor. des philos., Ars. 2312, f» 92 r».)
La feiblesce de la chaleur nalurele.
(Evrart de Co.ntv, Probl. d'Arist., Ri-
chel. 210, 1" 59 1'».)
A l'eurc de la mort la chaleur naturelc,
pour sa feblesce, se départ des extrémités.
(ID., ib., f- 87 r».)
Foiblaiche décors. (Remed. anc, Richel.
2039, I" 10'.)
Eu grunt foiblcche d'estomac. (Fray.
d'un liv. de médecine, ms. Berne A 95.
f» 5 r».)
Ce qui est derrière culz trait les membres
a floiboice cl u uieigreur. (Oresme, Qua-
drip., Richel. 1348, f» 154 V.)
Pour la flebece do nostre veue. (ID., Liv.
du ciel el du monde, ms. Université,
f» 142 v°.)
Le foivlesche de l'cngien. (Ms. Lille 369.
f» 35.)
Flebesse. (1415, Compt. Hâl.-D. Soiss.,
v° Acy.)
Flebesse. (1464, J. LACADEnc, Calholicov.
éd. Auffrel de Quociqueueran, Bibl. Quiin-
per.)
FOI
roi
FOI
4$
Veu son aagc et fleblfsse. (1469, Monstres
yen. des nobles, Arch. Eure.) Al. febliesse,
lleblesse, fiesblesse.
Flebesse. (fM Iresampleet vraye Expos, de
la reigk M. S. Ben., 1486, f» 119'.)
Debililt^ flebesse — Febleuesse. (I'als-
CEAVB, Esclairc, p. 219, (!énin.)
l'ne fetiblesse le priut. (.1. Bouchet, .4nji.
d-Aquit., f 10 V», éd. 1537.)
Beuiplv lie feitblesse. (Id., Labyr. de fort.,
Maz. 10832, f" 61 v».)
Faiblesse. (.KwiOT , Vies, Bnilus, éd. 1563.)
FOIBLECHE, VOif FOIBLECE.
FOiBLEMEXT, foeblemetU , feiblement,
feblement, fieblement, floiheinent,fleibement,
flebement, floivement, flevemenl, adv.,(l'une
manière faible, légèrement, peu :
Trail l'olifan, fieblement le sunat.
(Roi., 2104, Mâller.)
Jamais n'icrt jors qne il n'en soit dolans
El qu'en sa vie n'en acroit fiuivement.
UesLolt.. Ilichel. 16-22, f" 15G »°.)
rt vet Ters le permis petit
Floibement^ petit et petit.
(GoDKFROVDE Laii^nv, Chev. de ia Charrette,
p. 176, Tarbé.)
Faiblement. (126S, Lett. du vie. de Ch.
d'Anj.,ATch. B.-du-Rh. 363.)
Si con li armez floivement
Qui conbatent legierement.
(J. DE Priobat, Liv. de Yegece, Richel. 1604,
V 15'.)
Le vin douls eschaufe seulement super-
licielment et feiblement. (Ever.^rt de
CONTY, Probl.d'Arist., Richel. 210, fTl v°.)
Car ce ne Tient que de fortune
Oui flevement sa gent fortune,
Et aussi comme ia pluie
Qui tost vient et tost ennuie.
(G. Macu., Poés., Richel. 9221, f° 73'.)
Je respondt molt feblement
Eu riant et longuetlement.
(Id., ib., f 17V.)
Débiliter, flebement. (Gloss. lal.-gall., Ri-
chel. 1. 7692.)
Débiliter, fleibemenl. (Gloss. de Couches.)
Mon compagnon si mon-tra par sem-
blant et parole que il veolt je ne sçay
i(uelz images flebement et obscurément.
(.1. DE Salisb., PoUcrat., Richel. 24287,
f 69''.)
Fieblement. (Oresme, Liv. du ciel et du
monde.)
Foellement.
(De Leasse, Val. Chr. 1519, f 37'.)
FOIBLESSE, voir FOIBLECE.
FOIBLESTÉ, voir FOIBLETÉ.
FOiBLET, foyblet, feblet, fieblet, adj.,un
peu faible :
Tu es fiebletle e tendre chose.
(Adam. p. 21, Luzarche.)
Ses forces estoient encore petites et
foibletles. (Behsuibe, T. Liv., ms. ste-Gen.,
f» 298''.)
Le poreau a les racines menues et dé-
liez et febletes. (Evrart de Conty, Probl.
d'Arist., Richel. 210, f» 251''.)
Nous avons ccst enfant seulct
Qni est encores tout foiblet.
(Tn.Di: Bf.ze. Sacrif. d'Abraham, Lausanne 1550.)
L'homme najr a choses tant belles.
Foiblet, maladif, ta rappelles
Devant qu'il connoisse qu'il vit.
(J.-A. DB BAïf, lesMimes, 1. IV, t» 151 v», éd.
I61'J.)
La langue, encor foiblettc de soymesme.
(Joo., Eug.. prol., Ane. Th. fr.)
Ils le soulafteut et supportent de leurs
foibletles esiiaules. (Qoavst(IA0, l'Inst. des
princes, 1° 5 v», éd. 1579.)
I<]t tenant bon et résistant
Foiblelle vous serez pourtant.
(Vaio-, lil'll-, '. 74, éd. 1612.)
Il ne convient pas qu'on endure
Tel oullrasfl d'un si petit roy
l'^Lùt foijbtet que, comme je croy.
De craiucte et peur se saulvera
Quand vostrecamp arrivera.
(1565, Ilisl. de la vie du glorieulx sainct Martin,
Soc. d'bist. et d'arcliéol. de la Maurienne,
5* vol., p. '215.)
Chacun d'entre nous foiblets est excu-
sable d'estimer sien ce qui est compris
soubz cette mesure. (MoNT., Ess., Ill, 10,
p. 156, éd. 1595.)
Monsieur estoit bien plus foiblet que le
roy. (Brant., Capit. fr., Ch. IX, Bibl.
elz.)
FOIBLETÉ, - ei, foiblestc . foblelc , feibleté,
feblelé, fieblelé, fieblité, floibeté, floibeteit,
foivleti', floivetei, flebetei, flevelei, flevoulé,
flavoteit, flavouteit, s. f., faiblesse :
Voient les mustiers ars e le pueple tué
Par défaite del rei e par sa Aebletc.
(Wace, flOT, 2° p., 11)71, Andresen.)
Pense k'il tiennent a vilté
E qu'en lui quident feblelé.
(.Ben., D. de Norm., II, 5031, Michel.)
Qant le grant foblele' sentirent.
Mengier e boivre an ventre uffrirent.
(Marie, Ysopel. iixv, Roq.)
Et ensi nos gardet il ke il en article de
la temptacion nos moustret l'estage de
nostre floibeteit. (Job, p. 449, Ler. de
Lincy.)
Ensi sunt ui mainte gent de si grant
flavouteit et de si grant perversiteit k'il
lor covient demander ke vuelent il c'um
lor facet et ne mies k'il demandent que
nostre sires voillet k'il facent. (S. Bern.,
Serm., Richel. 24768, f 99 r°.)
Porceu k'ancuens de vos ne soit torbeiz
de flavouteit d'esperit. (Id., ib., f° 117 v».)
Ensi que de la flavouteit de la soffrance
vignet li flavoteiz de la conscience. (Id.,
ib., f 118 r^)
Por dolor ne per fcbleti'.
(Renart, Itr. IX, 1441, Martin.)
Se nos ci vos taisons, ce sera foibletcs.
(Ren. de Montaub., p. SI, lUichelant.)
Cil me vendi a Charle, ceo fu par fiebletez.
(Quatre fils Aymon, ms. Oxf. BodI. Hall. 59,
f° 71 V».)
Car viellesse et flebeleis me destorbeient.
(Hist. de Joseph, Richel. 243S, f°7 v°.)
Et par lur floihlelel les avient mescheance.
(t'oème mor., ras. Oxf. BodI., Canon, mise. 74,
f° 36 »".)
La faibleté de pechier vint en lui de par
le cors. (Brun. Lat., Très., p. 19, Cha-
baille.)
Ainsi ont faibleté por aage. (1d. , ib.,
p. 23.)
La foivletes des homes. (Id., ib., p. 343.)
Var., faiblîtes, fieblité.
Feblelé de cors. {Liv. de jost. d de plel,
l, VII, I 9, Rapetti.)
Totes les foiz que l'en voint le poer de
la feme par le sien poer, et en celé faibleté
gist l'en a li, c'est force. (Ib., xix, 7, % 3.)
Ilh besongne ki W floiveleis des malades
soit sortenuft de plii< deliciouses viandes.
(Trad. du xiii" s. d'une ch. de 1202, Cart.
du Val St Lambert, Richel. 1. 10176, f°16''.)
Tant lor met le dyahles au davant d'es-
soignes et de flevelei ou de vicllesce ou de
jonnesce. (Laurent, Somme, ms. Troyes,
f» 21 r°.)
Pour la grant fiebleté de mon cors. (Ch.
de 1295, Arch., Musée, vit. 50, pièce 298.)
Et au malades et au fleives tcil chose
enjoendre que ne soient trop pressei de
labour, et de tels doit li fleiwuteis estre
considérée de dant abei. (Régie de S. Ben.,
dans \aNécral. deS.Airy, ms. Verdun U.)
Li abbes regart lor floibeteit. (Riule S.
Ben., ms. Angers 390, f» 14 V.)
Que on escart... a la flaibetet de chascun.
(Ib., f 11=.)^
Par Sun eage grant e par sa ftebleté.
■ (Hom, 1752, var., Michel.)
Ce ne vient pas de ta nature mais de lu
foibleté de cens qui te voient. (Cous, de
Boéce, ms. .Montp. H 43, f" 12".)
Il apanrait la foibletei dou mal. {Ib., ms.
Berne 365, f 41 v».)
La puissance des boins et la foibletei des
malvais. (Ib., f» 43 v°.)
Ains estes espies qui venes espier et
veir les febletes de cest règne et de la con-
trée. (Estories Rogier, Kichel. 20125, f» 70''.)
Mais il soient toutes en /'eit/eiê. (OresmE,
OuadWp., Richel. 1349, f» 19=.)
Considéré la febteté et pauvreté du pays.
(1404, Ord., IX, 29.)
Et congnois ma faibleté et mon enfer-
meté. (/»(er?t.Consoi., 11, XX, Bibl. elz.)
Qui demonste leur faiblesté, et jeunesse
amoindrir. (Blas. des coul. en armes,
f» 32r°,éd. 1511.)
FOiBLETEMENT, - etlement, floiblete-
ment, adv., d'une manière qui marque un
peu de faiblesse:
Et s'est levés en son séant
Mont fîoibUiemenl.
(Chev. as .u- esp., 3111, Foerster.)
El quant il revient, il respont
Si comme il pot foihletement,
Si comme cil ki durement
Fu adoles.
(/* , 840.)
Tout foiblellemenl m'embrasse.
(Taiiuu., Poés., 1" p., p- 94, éd. 1574.)
Et qu ind aussi sa main douce
Foibletlement me repousse.
(Id., j*., p. 110.)
vo\iMAK.,flebir, verbe.
— Neutr., éprouver une faiblesse :
Et puet hom contre araor gariri
Non voir, le plus fort fait flebir.
(Florimonl, Riche!. 353, f 24"'.)
— Act., causer une faiblesse à :
Se aucuns fiert un autre et il lui fai-
blisse de ses membres ou de son corps
(1294, Coutume de Dijon, Richel. 1. 9873,
f 35 V.)
4i FOI
— Flebi, part, passé, affaibli :
Mais flftù fol doD sanc qa'il pert.
(Florimoni, Richel. J5101, f 21'.)
Ce verbe est d'un «sage très rare dans
l'ancienne langue, et il parait avoir été
oublié pendant plusieurs siècles. On ne le
trouve ni dans RIcbelet, ni dans Fure-
tière et l'Académie ne l'inscrit qu'à partir
de 1740. Desfontaines le donne comme
nn néologisme. Prévost, le regardant
comme un archaïsme, dit, dans son Ma-
nuel Lexique : « Faiblir, v. n. Vieux mot,
qui s'est remis en usage, pour mollir, se
relâcher. •
FOiBLOiER, fcbleier, febloier, v. n.,
faiblir, s'alTaihlir, au propre et au lig. :
E li dncs alonl fibleianl.
(Wace, Rou, 3' p., 3387, Andresen.)
Li cors li Ta forment et li cners foibloianl.
(Roiim. d'ÀIU., r 31', Michelant.)
Or Ta li tens en fehtoiùnt
Et c'a n.uge> decaans.
'Re<. pe Bïadec, h Biaus DeSeonnns, 1059,
Hippeau.)
— Foibloiê, pari, passé, affaibli :
Desor Tesli .1 . ^ambison faitis,
K'a si fort liomc en Ireslonl le pais
Se il le porle .i arpent et demi
Qn'il ne fnst anques foihloiez, gel toi di.
(Gaijdon, 4915, A. P.)
FoiBi.on, feblor, floibor, s. f., faiblesse :
Qni fort ferae poroit trouver
Le creatonr devroil loer ;
Fort Tapele por les poibors
Oo'il soit et trouTa en ploisors.
(Bls., Troies, Hichel. ST.S, f 93'.)
... Por les feblon.
(Id., ib.. Ars. 3314, T 84''; Joly, 13418.)
FoiD, S. f.,forme de foi, employé comme
synonyme d'otage :
Tuit li prisons qui ont estez pris por
l'ocquoixon de la guerre que nous tenons
d'une part et d'autre, lor foidz et leur hos-
tajpes sonl.doient estrc nous quitte et tuit
ilelivre. (1325, Tr. de Paix, Hist. de Metz,
IV, 20.)
FOiDE, voir Faide.
1. FOIE, voir Fie.
2. FOIE, voir Faclx.
1. FOIEE, voir FIEE.
2. FOIEE, voir FOUEE.
FOiEL, - al, - au, s. m., hètru :
Germain Druot pour uvoir trouvé a un
jiarcque a pourceaux endeseure le hour
couvert, douze foiaux verds abatus, et un
carur, pourqiioy coodamné en dix livres
Mans pour cbacuu foiau. (Coût, d» Lan-
dreeies, .Nouv. Cout. gén., II, 269.)
11 est resté comme noms de lieux : le
Faiel, près d'Andely ; tes Faiatix. La forêt
de Fiel, arrond. de Bar-sur-Seine.
La poésie a Inimortalisé la Dame de
Faiel.
FOIBLMENT, voir Feelme.nt.
FOiEOK, voir Foueoh.
FOI
KoiGNASSE, foingnasse, s. t, sainfoin :
Sainct foin, autremeut dit foin de Bour-
gongne ou foignasse. (Liebaclt, Jlfais.
rijsf., p. 653, éd. 1597.)
Les Picards l'appellent foingnasse. (Id.,
ib.)
Morv., foinasse, fouinaisse, grande herbe
h demi sèche qu'on ramasse dans les bois
et dans les lieux incultes. Flandre, fe-
nache.
FOIGNEE, foignie, s. f., redevance en
foin :
Nuef vingt et dix journaux de terre...
qui ne doivent foignees, dismes. (1372,
Cart. Esdras de Corbie, Richel. 1. 17760,
f 265.)
— Foin :
Du mesnie genre sont les bateaux abois,
moullicrs a sablon, foignies et a charbon.
(Du VEBDlKR,Di». Icc, p. 119, éd. 1616.)
FOIL, voir FUEIL.
FOILIEIt, voir FUEILLIER 1.
I-OII-LART, voir FUEILLAUT.
FoiLi.E, s. f., tonneau :
Quant je sanh de dessoubz la foilli'.
On ne me met pas en nne oUe.
(P. Jamec, Debttl du Vin ri de l'Eaiie, Poés. fr. des
XV' et xvi" s., IV, 106.)
FOILLEIZ, voir FOULEIS.
FoiLLER, v. a., forme de fouiller, au
sens d'extraire :
Pour .XXI. journées el demie de ma-
neuvres mis et emploiez a foiller des cail-
loz es foEscz de la ville. {Compte de Jaquet
iar(;en(ier,1434-1436, Forteresse, Ucspence,
1, Arcb. mun. Orléans.)
FOILLET, voir FUEILLET.
FOII.LEUR, voir FOEILLEUR.
FOILLIE, voir FUEILLIE.
FOILLIEK, voir FUEILLIER.
FOILLIR, voir FUEILLIR.
1. FOILLOLER, voir FUEILLOLER.
2. FOii.i.oLER, failloler, v. a., gaspiller :
Quant povretc l'ot adonlé,
El lot le sien ot foiUolé
En musardie et despendn.
(G. i>E Coi.NCi. ilir., Ilichel. 23111, f" 66», et ms.
Brui., f 8-24.)
Et toat le sien ol faillolé
Ko musardie et despendu...
(Id., ib., Ars. 3527, f» ISi*.)
FOILLOT, voir FUEILLOT.
FOILLOUX, voir FUEILLEUS.
FOILLU, voir FUEILLU.
FoiLLUEL, S. m., mesure déterre :
En .11. menchaudees el en .lui. foilluel.
(1287, Cari, du Mont S.-Mart., Richel. 1.
8478, f" 129=.)
FOIMEN, VdirFOMAIN.
FoiMENTEOR, foym.,aà}., qui ment à sa
foi, parjure :
FOI
Parjures, fans et foymenlierres.
(Rose, ms. Corsini, f" 127'.)
Tesmoios parjurez et bouliers,
Foimrnlet'ur et bordeliers.
Plains de vice et de luiure,
Fans changeeurs, et faux drapiers.
(Fahl., Ilichel. 1593, f» 146=.)
Vilains parjures et foimrnlirrres.
. (FaH. d'Or., Ars. 5069, 1° îî*».)
FOiMENTi, feimenti, adj., qui a manqué
de foi, parjure :
Li ors traîtres, parjures, foimenti.
{Les Loh., ms. Berne 1 13, f 21''.)
Mauvais trailres, parjures, foimentis.
(Ib., ms. Montp., P ei'.)
Parjur e feimenti e faus.
(liEN., P. de Norm., II, 1341, Michel.)
Parjure fnstes,
Frimenlie e parjurée.
(Tristan, II, 238, Michel.)
Trecheor et foimentis.
(Jeh. Bodel, Barlscb, Rom. et past., III, 40, 44 )
S'il est traître u parjurie u feimenti. {Pa-
raph. du Paler, Richel. 1. 1315, f° 127 v».)
FOiMENTiE, foym.,feim., s. f., foi par-
jurée, employé comme foimenti pour dé-
signer celui qui a parjuré sa foi :
Tuz tens est eisi avenu
Que de cens n n'a si mal nun,
Trailur deleié, felun,
Parjur, orrible, feimentie,
Iluntos, vils, pleins de félonie.
Que il seient muslrez as deiz
('um ilesleiaus e faus reneiE.
(Bes., D. de Xorm., I, 2090, Michel.)
Li parjure et li foymenlie. (LAURENT,
Somme, ms. Soiss. 210, l'"39\)
FoiMENTiF, /0(/., adj., qui a manqué à
sa foi, parjure:
Ha! dolante,chetive/b;/menfii>e, comment
as tu ce oser penser de si tost avoir mentie
ta foy au saiucl preudomme ? {Girart de
Rossillon, ms. de Reaune, éd. L. De Mon-
tille, p. 190.)
FOiMENTU, faimentu, adj . , qui a manqué
.'i sa foi, parjure :
Kar cil ki est faimentu
A toi jorz ert perdu.
(Conlin. du llrut de Wace, Micliel, Chron. angto-
norm., 1, r.7.)
1. FoiNE, foinne, foyne, foisne, foene,
fouane,fuyne. s, f., instrument de fer dont
on se sert pour soulever et empiler les
gerbes; instrument de fer à plusieurs four-
chons pour prendre le poisson de rivière :
Ad iugeuia quae sequuntur, videlicet a
bois et a boutoirs, ad communes nassas, a
foine, ad vervilia rotunda, et ad saccum
tantummodo piscari poterunt. (1145, Tabul.
de Corbie, ap. La Fons, Ct(<îpic., p. 121.)
Impr, /'oifre.
Et caoivet et foisne.
(L'Ouslillem. au Vilain, 82, Monlaiglon et Ray-
oand, Fabl., Il, 151.)
Uue foene doisl estre enhantee en une
lance comme la hante d'un glaive. (Modus,
ms ., f« 57, ap. Ste-Pal.)
FOI
... Onanl se icni si assailly.
Dedens l.i rivière est sailly,
Or va aval, mais va amont.
Ce dient cenU qni prescrit soni.
Ils Ireuvent lears forces serrées.
Qui fininct en l'arl sonl nommées ;
L'un s'enfuyt tout droil au radier,
A sa fouyne, pour la garder.
(G.iCE DE LA BicsE, P 115'', ap. Sle-I'al.)
loellui Colart feri ledit Pierre d'une fuyne
ou fourclic a charger gerbes. (1374, Arcli.
JJ 176, pièce 241.)
Bernard ayant appelle Sansonnet, vilain
coucou et donné d'une petite fouane et
gettéala teste. (1389, Arch. JJ 137, ap.
Duc, Fuagiutn.)
Les foynes deflendues aux pesquenrs.
(1437, l'éroune, ap. La Fons, Gloss. ms.,
Bibl. Amiens.)
Un baston nommé foyne, dont on a
accoustumé de tuer poissons en eaue.
(1447, Arch. JJ 176, pièce 510.)
Ou nul ne pœult peschicr a roix, liarnas,
ne a foine ne autre engien. (1507, Prcv. de
MonlreuH, Coût. loc. du baill. d'Amiens,
11, 644, Uouthors.) Plus bas : foinne.
Ardennt's, foine, fourche de fer à trois
denls.servant à charger le foin.H.-Nonn.,
valide d'Yères, foinr, engin de pèche.
Bourb., fouane, baguette.
2. KOIXE, foyne, faine, s. f., peau de
fouine :
La douzaine de foinez .ii. s. (Li coût, des
foires de Troies, li tonneus delà peletcrie,
ms. Troyes 365.)
.II. oppellandes longues a lioninie, l'une
fourrée de chas et l'autre de foyiies.
(24 mars 1393, Inv. de liegnaul Chevalier
tailleur du D. de\Bonrg., Inv. de meubles
de la mairie de Dijon, Arch. Cote-d'Or.)
Je Toys prendre
De menu vair donc et Je faines,
lies çrouppes, et des toutes vaines,
Kt ung beau manteau de rognard.
(Nom. l'atMin, p. US, .laf.oli.)
1 (HNKU, voir Fe-ner.
FoiNET, foynet, s. m., fourche de fer
.servant à prendre le poisson de rivière :
Et d'un convers qui a esié pris chacent
a bernois et a .i. foynet en la grarie dudit
vidame. (20 fév. 1345, Cart. d'Igny,l\\c.he\.
1. 9904, f» 151''.)
Cf. Foine 1.
FoiNETE, - elle, fouin., foynn., s. f., pe-
tite fourche :
Une fouinelle a chargier gerbes de blé.
(1428, Arch. JJ 174, pièce 215.)
Ung nommé Charloteau demourant a
Clavy avoil une foynnetle en sa main.
(1443, Arch. JJ 176, pièce 303.)
On lit dans le Dict. d'Agric. de 1800 ;
KoiNETTE, s. f., fourche de fer à deux
dents, servant à charger le foin.
Berry, fouineite.
FOINGNASSE, VOir FOIGN.\SSE.
l'OI.NGNEAU, S. ni.?
L'n pot a foingneau. (1396, Arch. M.\l 31,
l» 230 V.)
FOINGNIER, voir FeNIEU.
FOI
FoiMEit, voir Fenier.
FoiNNAiiLT, S. m., grenier à foin ; n'a
été rencontré que dans un texte provin-
cial du xvii= s. :
Une partie des foing perdit dans les
prex, et l'auttre partie qui estoient dans
les foinnaull esloit verdoiant de l'erbe que
l'umidité produisoit pardessus. (1663,
Mcm. de Cl. Dusson, ÏMém. de la Soc.
éduenne, 1875, p. 190.)
Bourg, et Morv., foinneau, fenil, grenier
à foin.
FOINNE, voir Foine.
FOIRABLE, voir Ferabi.e.
FoiRArv, voir Forain.
FoiiiANCE, foyr., s. f., chômage :
' Pour la foyrancc du molin de Bercoillins.
(1310, Compl. du dom. deMahaul d'Artois,
Ricbel. 8531.)
1. VOIRE, foyre, s. f., achat :
Vostre nopveu avoit desja fait sa foyre,
et en a seulement pris pour huyt cents
francs. (Loyal Serv., Chron. de Bayard,
c. VII, éd. 1527.)
— Retour, réciprocité :
Bien devons avoir en mémoire
Noz biensretours sanz maie foire.
(Dou Lion ri iloii l'axloriau, ms. Chartres fi-2(l,
fM:U''.)
— Champ de bataille :
i;t por la nuit oscure et noire
Ont il'andeus pars gaerpi la foire.
(Ben., Troies, lUohel. 373, f ll.'i'.)
2. FOIRE, S. f., sorte de canon :
.III. gros canons de fer appeliez foires
avecques leurs afusltz, chambres et 64
bouUetz de pierre. (Compte de 1475, Arch.
mun. Compiègne, CC 26.)
FOiiuÉ, voir Férié.
FoiuiER, voir Ferier.
FoiROLi>E, S. f., plaiii' , la iiiiTcuriale
annuelle :
Herbe qu'on appelle mercuriale ou foi-
rolte. (H. Est., Dictionariolum.)
Mercurialle ou foirolle. — Coloquinte,
mercuriale, mercuriaiis herba. [Trium
ling. dict., 1604.)
La foirolle ou marcorelle. (Comenius,
Janua aurea reserata duarum linguarum,
p. 30, éd. 1669.) Lat., mercuriaiis.
Bourg., Yonne, Argenteuil, Vassy-sous-
Pisy, foirôle, fourôle ; Laiïon, foisaule.
l'oiROT, s. lu., foret :
.1. foirot a percer. (5 fév. 1394, lyiv. de
meubles de la mairie de Dtjon, Arch. Côte-
d'Or.)
FOiRRE, voir Fuerre.
FOIS, s. f., s'employait dans de nom-
breuses locutions ;
— A la fois, parfois ;
Li bastart qui sont ué en mariage, sont
a le fois prové en le manière que noz
deismes dessus, et o le fois en autre ma-
FOI «
niere. (Beaum , (;oh(. de Bcauv., wiii 14
Beugnot.) ' '
Clie avient a la fois a rlieaus qui heient droit.
(Jeb. des Preis, Cesie de Liei/e, II, 1 1109, Scheler,
Gloss. philol.)
— Tel fois csl, parfois :
Ours ne lyons n'est ne heste sanvaipe
Qui, lel fois esl, ne fraigne son vouloir
De faire mal et anui et damaige.
(KusT. EE Peint., Clians., Ilicbel. l.'iOl, f» 83 r".)
Au voir dire et raconter, c'esloit grand'
merveille de ce qu'ils faisoient [les pillards
in campagne] : ils espioient, telle fois es-
loit, et bien souvent, une bonne ville ou
un bon cbastel, une journée ou deux loin,
et puis s'assomhloient vingt ou trente
brigands... (I''roiss., Chron., I, 1,324, Bn-
chon.)
En ce conseil et parlement avoit grant
vois li sires de Parteuay, et volt, tele fois
fu, que on acceptast le journée des fias-
cnns, et y monstroit voie de droit et de
raison asses par deus conditions. (\D.,ib..
VIII, 213, Kerv.)
— Le plus des fois, le plus souvent :
A l'appétit le plus des fois de ceux qui ne
l'ont point desservy. (CoMM.. Mém., V. 18,
Soc. de VU. de Fr.)
— Fois s'employait donc dans beaucoup
de phrases comme le moderne tour :
En son dangîer passer ainsi convient.
Et test ou tard chacun sa fois y vient.
(Alain Ctjart., Del/at des deux fortunes, p. oSO,
<!d. len.)
Elle ne laissa pas de leur bailler toujours
audience, chacun a sa fois, puisqu'ils la
l'oqueroieut. (Louis XI, Nouv., xxxiii, Ja-
cob.)
La carpe demenoit la quene fois u fois.
(I^esper., Nouv., xxxvil, La .Monnoye.)
FoiSELE, voir Fossele.
FOISELLE, voir Fissele.
FOISENEIR, voir FolSOKER.
FoisiL, fouesil, fouissil, fttisil, fusil,
fouzil, s. m., pierre à fusil :
Mais Auberis nel dontoil .i. foi.iil.
(.iulieris li Bori/ir/nons, Vat. Chr. 14il, Moinv.,
p. 220.)
De vénerie i a oustill.
Le quenivet et le fuisill.
Kl li tendres et li galet.
{Parlon., Richel. 19i;;2, f» 143".)
Prenl le fiiisil, si a do l'esclie prise.
Grant feu ont fait del l'eu de la sapine.
(Ueui'es d'Wmslone, Hichcl. l-2:i-i8, f» lOG''.)
Pericudium, fouissis. (1352, Gloss. lal.-
gall., Richel. 1. 4120.)
Fugillus, fouesil. Fugillare, lair(^ feu de
fouesil. {Gloss. lat.-gall., lîichel. 1. 7684.)
— Briiiuet :
Un [letit foisil d'argent doré, cizellé en-
tour. (1380, Inv. de Ch. V, n" 2172, La-
baite.)
Panurge portoit dans une boug(>tte. . un
fouzil garny d'esmorche, d'allumettes, de
pierre a leu, et tout aultre appareil a ce
requis. (Hau., 1. Il, c. 16, éd. 1542.)
— Fig., excitant, stimulant :
La sont frais et presens les bicnraicls, les discours,
ICt les plus cbauds pensers, /««fe de nos amours.
fD'AuDicNÉ, Traij., vu, Ilihl. elï.)
46
FOI
FOI
FOI
— Tnbe à lancer le feu grégeois :
11 lur ilevoit... faire nioslre ovcc .1. fusil.
(1282, Arch.J 973, pièce 2>>i'.)
— Ornement imitant le foisil :
Clnperon a boulette et manteaux de
mesiiies doublez de satin blane. et bordez
de fusilz d'or. (J. Molixet, Citron., ch.
ccxxxv, BuchoD.)
Bcauce, foisil, instrument de fer que les
bouchers portent attaché i leur ceinture
et qui leur sert i aiguiser leurs couteaux.
FOISXE, voir FoixE.
FOISON, /bi/son, /beson, foueson, fouison,
fouson, fotizon, fuison, fiiisiin, fuson, s. f.,
extrême abondance, grande quantité, ri-
chesse, en parlant de choses et de per-
sonnes :
Des bois i eiri la granz fuisunx.
KBnU,mi. Monich, i031, Vollmoller.)
Les Turs orhieot a grandisme fuison.
(ItAIUBCRT, 0}ier, 672, Barrois,)
Qaar o'ot mis leans de chevaliers foison.
(J. BOD., Scx., Tilt, rar., .Michel.)
Des trailors a choisi la fuison.
(Gaijdon, 2893, A. P.)
Et de tôt biens larges faisons.
(l'arlon., 1490, Crapelel.j
Si s'esmerveiUiercut moult qu'il avoit tel
fuson de crefliens.(Hw(. delà lerres.,nis.
S.-Omer 722, f" 31'.)
Car se de Dieo ne vient tes biens et tes faisons
Petit te dois Ger en lainnes n'en toisons.
(J. DE MriNc, Tfsl., ms. Corsini, f IGÎ^.)
Et ne povoieut durer es paveillons pour
la grant fuison de l'eaue. {Citron, anon.
des R. de Fr., liée, des llist., X.\l, 102.)
Par grant foison de chevaliers et autres
sages ésliinz en la dite assise. (1312, Lett.
du baill. de Caux, Juuiieg., Arch. S.-Inf.)
En lu présence de grant foeson debonnes
gens. (1321, Ord., xil, 456.)
Et prirent grant fotizon de meubles.
(1337, CoH. de Lorr., 111, f ' 42, Hichcl.)
Grant fousons de bleif. (/6.,f«4i.)
Le conte Aimery se parlist de Poetiers,
et avec luy grand foison de barons et de
■chevaliers. (J. d'Abras, SIelusine, p. 29,
Bibl. elz.)
En lu présence de grant fouison de
gens de la \ille d'Evreux. (1388, Ord., vil,
205.)
El au contraire s'assemblèrent le comte
de Salisberv, .Messire Jean de Luxembourg
et foison Je gens de guerre avec eux.
(CousLNOT, Citron, de la Pue, c. 4, Yallet.)
En ce tamps avoit ledit duc de Bour-
coigne mandé en Englelerre grant foison
d'archier.«, mais il ne furent mie si tost
prest que fut le dit duo. (MoNSTnEL.,
Ckron., VI, 210, ï;oc. de l'Il. de Fr.)
— .4 foison, abondamment :
Le eor> farni, les bru plains a fuison.
(Raiibekt, Ogier. 9788. Barrois.)
ne boin raancier ont a fuison.
Et Tollilles et veniton.
(Ftoir>' ri ttlanceflor, 1» vers., 1461, da Méril.)
Malt ont despfio^eea sa meson
El luaogier et beivre a fuison
Et in^ot largesce.
(Vie if .S. Thom. de Canl., 169, Michel, /). de
Sorm., t. III. J
Huit jors enpres l'Asension,
Qu'il faisoit cant trop a fuison,
C'on ne pooit déduire aler,
Dormoil Irrake enpres disner
Et Persewis ensemble od li.
(Parlon., 7603, Crapelet.)
Je trais souvent de ceos on li biens est remei.
Et si ont alfoison terres et fiez et raez.
(Ou Jeu de Des. ap. Jnb., Xouv. Rec, II, 229.)
J'ajr des bien de Dien o foueson.
{Slisl. du liel Test., 9027, A. T.)
Sans travail les biens a foison
Sont apporte: en ma maison.
(Jon., Eug., I, i, Ane. Th. fr.)
— A grant foison, très abondamment :
Et puis ala par Engletere .II. ans et de-
mi et i conquist .vir.cites et bours et villes
a grant fuison. (Chron. de Bains, c. xx, L.
Paris.)
Jehan de Paris fist porter au roy d'An-
gleterre en granz platz d'or des viandes
de toutes sortes et vin a grand foyson.
(Rom. de J. de Paris, p. 57, Bibl. clz. )
— De môme avec le plur., a gratis
faisons :
Cidres fut a grans fouesons. (Ledoyen,
Chron., Richel. 11512, f» ll'>.)
— Ressource, résistance, pouvoir de ré-
sister, besoin :
Contre nn François sont ben dix Esclavon;
Se Dei n'en pense ki soffri passion,
Ja crestieo n'aront vers ans finson.
(Radibert, O'iicr, 12699, Barrois.)
L'as frans m'encaucbe, aine ne fa si maas hon :
As cops q'il done n'a nule arme fuison.
(Id., il)., 12138.)
Contre l'achier n'a nnle arme fuison.
(Id., î4., ms. Darh., bib. de Cos., V, u, 17,
f° 113», P. Meyer.)
Tant estoit fors, en escrit le trovon.
Vint chevaliers n'orent a lui fuison
Qne vaille mie se moll petitet non.
(II.., li.)
Qaanque lor toil ne m'a fuison.
Car je l'ai lot contre raison.
(Parlon.. 2633, Crapelet.)
Cononslor sns enloret environ.
Vers noz n'auront dnree ne foiion.
(Gaijdoii, 2298, A. P.)
Je voz donrai tele confession
Que jamais prostrés ne voz aura fuison.
(16.. 1628.)
Car ne puet pas avoir fuison
Uns chevaliers contre .n. mille.
(Cliev. as .11. esp., 1093(5, Foerster.)
Fet li rois : Tôt ce n'a foison.
Je n'en prendroie d'or mil mars
Qu'il n'en fost traînez on ars.
(C. de Dole, Val. Chr. 1725. f 94=.)
U ont la char et la toison;
A vous défaut il la foison.
(GoDEFR. DE Par.. Chron., 730, Bnehou.)
— Avoir foison ters quelqu'un, se main-
tenir à l'égard de quelqu'un sur un pied
d'égalité, lui être comparable :
Ms loz li petit e li graut
S'od lui lassent ensemblement
Mis en balance unaiement.
Plus a'auroienl vers lui foison
N'en semblant, n'en compareison.
N'en charité, n'en patience,
N'en mours, n'en vertuz, n'en science.
(Ancier, Vie de .Saint Greg., 23, P. Meyer.)
Des qae Lambert le point (son cheval) de l'es-
(peron .
La palefroi amble de tel randon
Qne nule beste n'aroit a lai foison.
(.iuber. le bourg., p. 62, Tarbé.)
— Foison, adv., beaucoup, très :
Ha I sire, ce n'est pas raison
Qne moy, qui sais mendre foison.
Si baait seigneur baplizer doye.
(Greban, "tlisl. de la pass., 1034 ij G. Paris.)
Qui a'est rasé, dait, ou stillé,
Ja n'y proaffitera foison.
(C0QDII.1.ART. le Blason des Armes et des Dames.
II, IGo, Bibl. elz.)
La langue moderne a gardé foison, raai>
seulement dans un petit nombre d'em-
plois, et l'Académie l'indique comme fa-
milier.
Morv.. /■o'ïon, fouïon, abondance, grande
quantité.
FOisoNABLE, - ounable, • ounahle, Sid).,
fourni à foison, abondant :
U la qaisiae ki samble foisounaUe.
{Aleschans, ap. Jonck., Guill. d'Or., t. II, p. 310.)
Comença a plouioer une pluiete menue
molt foisonable. lArlur , Richel. 337 ,
f»94\)
Bleis foiaounable. (Ms. Bodl. Digby 86,
f» 40 ro.)
Vous demeures maintenant en marche
et contrée asses foisonnable de pueple.
(Froiss., Chron., XII, 273, Kerv.)
FoisoNEU, foisonner, foissoner, foise-
neir, fuisonner, fuisouner, fusuner, verbe.
— Neutr., être en grande abondance,
pulluler ; produire abondamment :
Et Deas li fessoit foissoner
Toz ses biens, qu'ele ne savoit
Tant doner come el plus avoit.
(liose, Richel. lo73, f 10^)
Foiseneii .
■lli., Vat. Chr. 185S, f» 11''.)
... Fuisouner.
II,., Vat. Cit., 1212. P 10 "I.)
Selon que lu bien me foisonne.
(Decuilleville, Trois Pèlerin. ,C 90S impr. Instit.)
Car c'est celny par qui foisonnera
Ton champ, ta vigne.
(Ci.. Mar., Eijlog.au Roy, éd. 1731.)
— Prospérer :
ISe piiel fusuner parjure.
(S. Edward le Confess., 3249, Luard.)
— Suffire :
El ne lor avait que tendre
Ne qu'envoier ne qne donner,
A ce ne poet foisonner.
(J. Le Marchant, Mir., ms. Chartres, S" 11'.)
Qne tant loing
Porroit aler a cest besoing.
Comme cilz vins fuisonneroit,
(rie S. Rémi, ms. Brui., Anzeiger, IV, 225.)
— Avoir en abondance :
Bref, on ne voit chose qui vive
Qui vive franche de douleur ;
Mais sur tout la race r helive
Des hommes foisonne en malheur.
(Ronsard, Odes, II, xii, à .\mbroise de Laporte, Pa-
risien, Bibl. elz.)
FOI
FOL
FOL
47
Nous voyons des terres oysives, si elles
sont grasses et ferlilles, foisonner en cent
mille sortes d'herbes sauvages et inutiles.
(Mont., Ess., 1. 1, c. 8, éd. 159S.)
— Act., donner en grande quantité, ^
foison :
Se da hanlt ciel laict ta Iny donnes
Et comme poor toy Iny foisonnes.
(DECnii.LEVii.i.E, Trois Pèlerin. ^,1° IGO'jimpr. Inslit.)
C'est celiiy la qni nous donne
La ployé en temps et saison;
C'est luy aussi qai foisonne
Les biens en nostre maison.
{Réjouiis. des Franc, sur la paix, 1395, ap. Lcr.
de Lincy, Ch. hisl. fr., II, ,ï69.>
— Enrichir :
Li tonnians ruiz rempli de vin
De ce qn'ot esté espnisié
Ne fn de rien amennisié,
Car de por Dieu pt foisonne.
(J. Le March., llir., ms. Chartres, f 19\)
Pour /Oisonjîer les prez de grand quantité
d'herbe. (Bellefobest, Secr. de l'Agric,
p. 28, éd. 1577.)
— Foisonant, part, prës., abondant,
riche :
Aucuns d'entre vous, messieurs, dict le
inarescbal, tiennent que la ville d'Ast est
plus riche que Quiers, qu'elle est située en
pais foisotinanl en toutes sortes de biens.
(Du VlLLARS, J/effl.,11, an 1551, Michaud.)
Quant a l'objection qu'on pourroit faire
pour ce regard, a sçavoir que la niesme
pauvreté, desordre et inconveniens queles
Impériaux pourroient apporter au Piedmont,
que le mesme Piedmont pourroit aussi
donner a la duché de Milan, qui est la
plus foisonnante eslape que l'Empereur
ait point en Italie pour y entretenir la
guerre, les mesmes niaus et les mesmes
nécessitez qu'ils auroient ainsi cruellement
apportez a autruy. (Id., ib.)
Par vous ne tienne que promptement ne
^;oient tables dressées, /'oisorinaîi tes de toute
légitime espèce de restauruns. iRab., 1. V,
0. 23, éd. 1564.)
— Foisoné, pari, passé, abondant, nom-
breux :
Et Sarrasins sont tousjors foisonne',
Crant fn li caples environ et en lé.
(Auliery le Bourijoing, p. 27, Tarbé.)
La dilacion foiwnnee
Ploas lasse de tant sejonmer.
(Gkeban, Mist. de la pan., '202i. G. Paris.)
— Peuplé :
La cité de Poitiers est graut et esparse,
l'X n'estoit mie adont foisonnee de gens.
(Froiss., CftrOfi., Richel. 2641, f 139 v».)
Morv., fôionner, fouïonner, abonder.
1. FOISSELE, voir FOSSELE.
2. FOISSELE, voir FiSSELE.
FOISSELETE, VOir FOSSELETE.
FOISSELU, voir FOSSELU.
FOISSEUR, voir FOSSEUR.
FoissiNE, S. f., bâton ferré :
L'un une guisarme, l'autre une lance, et
l'autre une foissine ou bâton ferré. (No-
ouiER, Hisl. Tolos., 3, VI, éd. 1356.)
Foissox, voir Fosson.
t'OISSONEU, voir FOISONER.
FoisTÉ, voir FoiTiÉ.
FoiTABLE, voir Feutable.
. FOITAUBLE, voir FEUTABLE.
FOITIÉ, /'oifd'et, foislé, failié, adj., flgé,
coagulé, caillé :
Plusieurs vomissemens de sang tant
foisié comme aultremeut. {Enquête du
26 sept. 1338, ap. Koq., Suppl)
Son corps fut ouvert, dedens lequel fut
trouve sang foilié. (Wavrin, Anch. Cron.
d'Englet., II, 375, Soc. de l'Hist. de Fr.)
Un malade vomissoit par la bouche clo-
teaux de sang foittiet comme un matou
{Acte du xv° s., Valenciennes, ap. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Lire ici les ex. placés sous la forme
Faitié, t. m, p. 708'.
FOITTIET, voir FoiTIÉ.
FOIVLE, voir FOIBLE.
FOIVLECE, voir FOIBLECE.
FOIVLESCIIE, voir FOIBLECE.
l. FOL, adj. Locutions :
— Main folle, main gauche :
En aient droit chemin sur main foie.
(1408, Gr. Gauth., f» 308, Melle, Arch.
"Vienne.)
— Fol visage, masque ;
.1. fol î)ts»(?eavoit cascnns
Qne ne les coneust aucuns.
(J. DK CoNDF-, doit lilanc Chevalier, ir.il, Scheler.)
Ciex c'on soloit nommer sauvaige
Avoit canchiel .i. fol visaige.
(iD., doi: chevalier a le Manee, 35S.)
— Fol i bee, locution désignant un sot
déçu dans ses projets :
Corsabrins s'en rêva pardevers sa contrée,
Soosprendrc nous cuidoil a cheste matinée;
Mais on le doit clamer par rayson Fous i bee.
(Bast. de Bouillon, 5126, Scheler.)
Por ce a non 11 mont Fol i bee.
(De SI Ale.ris, 278, Romania, VIII, 169.)
Sire, dist la pncelle, nom avez Fox i bee,
Venns estez trop tart, li henre est ja passée.
(B. de Sei., v, «34, Bocca.)
— On trouve fol i vee, par altération de
la locution fol i bee :
i;i si vous doit bien souvenir
Des manix qu'on a veu advenir
A maint prince de renommée,
Pour ce qu'ilz voutoient ollrir
l.enr amour a ceulx qui souffrir
Vonloient en mainte contrée
Leur contraire ; fanlse pensée
Kstoit en cuU ; dont fol y vee
Puis bien ceulx nommer sans mentir
Qne si ont leur amonr donnée
A cenix qn'onques nulle journée
N'orent vouloir de bien servir.
(Ms. Genève 17l)''",nitter, l>oés. des \i\' et xv°s.,
p. 31.)
— Fols s'i fie, qualifie la fortune, le
monde et la santé, auxquels on ne peut se
fier sans folie :
C'est mauves gens qne gloatenie :
Nns n'en devroil avoir envie.
Qnar ccst siècle n'est pas cstable ;
Je di qu'il a non Fols s'i fie .-
Nn« n'i set terme de sa vie,
Prince ne roi, ne conneslabic.
(De Guersay, Iticbel. 837, 1° 238".)
Ainsi est de Fortune, seignor, |el vous aOe,
Ne porquant n'a fortune ne cors, ne cuer, ne fie.
Je li donrai .i. non, bien droit a ccstc fie :
Si le nommera l'en do par moi fols s'i fie.
(MoNiOT, le DU de Forlmie, Juh., Nom. Bec.
1. 198.)
Por ce a non li mont « Fol i bee »
Et santé d'ome " Fol s'i fie, »
El sa joie « Chace folie. » '
(Ce SI Alexis, 278, Romania, VIII, 172.)
2. FOL, S. m., soufflet :
Des/'o/s sofllans li fus en mit
Nus tonoires si haut ne rauit.
(S. Brandon, Ars. 3jlfi, f 1(11''.)
Genst el fn a fols soïïlans.
(;*., t" 10-46.)
Desoz la brese ardant le mist
Et se solla andons les fous,
les marteaux a fait les clos.
(Les Pttss. du roiJhesii, Ars. S201, p. 125''.)
Le fea souflla o les .ii. four.
(li., liicLel. 152G, I" lllj''.)
Et si est boçue
Aoxi comme foii.r et maçue.
(R. DE HoD., Meraugis, ms. Vienne, t" IG''.)
Tu es fous, et tu souflez. (Ruteb., VEr-
berie, Richel. 19152, f» 90''.)
Il oirent la noise des foux soutlaus et
les escroiz des maux de fer. (Vie et mir. de
plus. s. confess., Maz. 568, f° 48''.)
Hic follis, fou de forge. {Gloss. de Glas-
gow, Meyer.)
Folliculus, petit /'oMs a fevre. (Gioss. lat.-
galL, Richel. 1. 13032.)
Soufloit il les foux dudil fevre. (]oiNV.,
S. Louis, p. 423, Cap])eronDier.)
L'autrier me dist .1. ionne fol
Qu'ainsois ferait febvre sans fol
Ilaiche tranchant et aûoee
Que la guerre soit afenee
Se par les folz n'est mise a fin.
(Sermon dupapegay, 36, ap. K. de Bouteiller,
Guerre de Melz, p. 333.)
Pour aménage des fols, et pour les re-
meuer. (1338, Li Cont. des frais p. le nouv.
cloque, XLIV, Arch. muu. Yalencieunes.)
Fox de febvre, follis. (1464, J.LagadeuC,
Catholicon, éd. Autliel de (Juoetqueueran,
Bibl. Quimper.)
— Instrument de niusiquo :
Dont sonnèrent maint cor, maint fol et maint
Ibacin,
Et se sont ordené corn chevalier divin.
(Chev. au cygn., 27299, Ileiff.)
3. FOL, voir Fou.
1. FOLAGE, - aige, foll., foui., adj. et
s., folâtre, insensé, léger, présomptueux ;
(]ar ne sont pas tirans folayes,
Venus de llgniees votaj^es,
Ceulv des llours de lis terriennes.
(Christ, dk Pisan, Liv. du (Chemin de long estuâe,
3G87, Piischel.) '
Mais plusieurs gens tenuz poar sages
La blasment, (dont ils sont folages.)
(Jehak de la FoNTAi.Mi, la Fontaine des amoureux
de science, Genly.)
— Poil folage, poil fullel :
\H FOL
M D aTox b.irbe ae ;TCQoa,
Se petit poil folaçf non.
(Rôsf. ms. Brni., f ',''.)
S* petii p«)9 folâtra non.
(/».. ms. Corsini, P 7''; Méon, 8îl.)
— S. m., folie, action folle, conduite
déréglée :
Or^ill oi e fola^i/-!
(Roi.. 31."), Mfillcr.'
V>>Df parles lie folie, cho est oiilniges.
Li eheralierlil n'est pu de tel folaije.
(Aiol, 1977, A. T.)
Sire clrois eopererei, ne penses tel folage!
m., Sg-ïi."»
Amis, ta as niiilt lier corage
Ou il te Tient de grant folage.
(.rtorinunl, Uichel. lui, P 13*.)
Chier achalerons son folaqf.
{Ib., r 21<,) ,
Or ais la ener de jrant follaige.
(li.. nichel, I.SIOI, r 2"'.)
Et s'eles [les dames] font par mal consotl folage,
.V laikes gens maoTcses le feront,
Cirtait H bon iront en cel volage.
(Coiiov r>t BF.TI1UNB. Chans., .Scheler, Trouv.belg.,
p. i.)
>'ait home ea France, tant soit do haut parage,
S» il li monstre ne orgoil ne folage,
Qae ne li treoche le cliief sor les espanles.
(Enfances Giillaume, liichel. lltS, f 85.)
.'^e mais t'avient iceste rage,
Qne me requières de folage.
Tant te ferai balre a mes sers,
Qae tourneras le rentre envers. I
i.AmaUas et Ydoiae, 738, Richel. 375, t" 316°.)
On le lendroit a granl folaige.
Et empirjer vos porriez.
Se si grant dolor démeniez.
(Dolop., 3381, Bibl. eli.)
Outre le flan par son folage
A celle famé aloit souvent.
(G. DE Coixci, ilir.. ras. Soiss., rSO^)
Le cner que tn as trop volage
Te Gst entrer en tel folage.
(liose. Richel. i:;73, f -2ii''.)
tjui qniert ma mort et mon dommaigo
Ponr ma raaivistié et foulaige.
yU'un llermite qui avait une Sarrazine par l'enhor-
rrment de l'encmi, p. 11, Keller.)
— .4 /btaye, follement :
Les jeunes corbineaux crient a Dieu
quant leurs pères par l'estrangeté de leur
l>lanc plumujje les desconguoissent, et
lussent a foulaige paistre au commaince- ,
meut. iAl. CuAUTiER, l'Espérance, p. 373, '
^J. iei7.) t
i. FOLAGE, voir Foulage. |
FOL AuiER, s. ni., sycomore: '
Sycomores est uns arbres c'on apelle fo-
lugier, car il resamble le mourier en
fueilles et en touti-.s autres coses le àghier.
(Bib. hist., .Maz. 33Î, C 217'.)
Cil arbre est appelé précédemment fol
tlgaier.
FOLAIER, voir FOLIER.
FOLAiN, adj., (jni se c<jnduit follement,
HRiployé plaisamment comme nom de
personne :
le ne serai pas fili Folaiu.
(Hentrl, Soppl., p. 183, Chabaille.)
FOL
FOLANCE, S. f., folie, conduite folle :
Lors connurent piien qn'alé sont a folance.
(Siège de Barba-ilre, Uichel. JlSfiH, V 150 v».)
Cf. FOLIANCE.
FOLASTRE.adj., fmndour, malveillant:
Et peut estre que quelque folastre dira
qu'ores que le roy se eognoisse en liorame,
neantmoms il se mesprit lors. (E. Pasq,,
Lett., XVII, 4, p. 500, éd. 1723.)
Se disait encore en ce sens au xvii' s. :
L'abbé Mondain est honnête homme,
quoi qu'en disent les libelles ; et toi, tu
n'es qu'un folâtre. (G. Xaudé, Mascural,
\K 309.)
FOLA.STRiE, -atrie.foU., s. f ., folàtrerie,
badinerie:
j Ce seront petites follastries entre ma
femme et moy comme advient a touts nou-
veaulx mariez. (Rab,, .III, 44, éd. 1711.)
De follastries joyeuses hors l'offense de
I Dieu, et du roy, prou (c'est le subject et
thème unicque d'iceul.K livres), (lo IV
epist.)
r/une partie est es jeux et follatries,
l'autre en tout ce qui concerne la vie. (Lk
Plessis, Ethiq. d'Arist., (■' 28 r», éd. igS3.)
Combien que la jeunesse des princes soit
ordniairement plus disposée aux folastries
j que dévotions. (E. Pasq., LeU., xiv, 2, éd
1723.)
Laissant toutes ces folastries a part (lo
Poes., à la duch. de Ketz.) ''
Peut estre l'ay je faict sciemment sachant
bien que ce sont petites follastries. (Ty-
BounOT, Bigarrures, f» 257 i^ éd, 1584.)'
FOLATic,- ique, foll., adj., un peu fou,
folâtre :
Pour boire assez aulcuns ressemblent sages
Qui par après deviennent folalia
Pour boire trop.
(J. BouciiET, Opusc, p. Sii.)
l'olle, folliant, follalique.
(.Id., Angoisses d'amour, p, 2G.)
i'0L.vTUEMENT, S. m., folàtrerie :
Comme la venue de une matrone pu-
dique et vénérable cesse ragemeut et fa-
latrcment des chambericres, "dit S. Basile
(N. uii Buis, Institut., {•> 16 r".)
FOI.ATRIE, voir FOLASTRIE.
V01.C, foule, fuie, fouc,fouk, foucq, fuoc,
foc, fuc, fug, fou, floc, flue, flou, frou, s.
111., troupeau:
Cam fuie en aut grand adunat.
(Vie de S. Lég., ms. Clerm,, st. 22.)
Tu nos dunas sicume fug a devurer.
{Liv. des Ps., Cambridge, xliii, U, Michel.)
E tolit si cum oeilles le suen peuple, e
parmenat els ensement cum flue el désert.
(Psalt. monast. Corb., Richel, 1. 768.
f°64v-.;
Es vos corant par la guastine
l'a fuie de Ions a grant ravine.
(Ilrul, tm. .Munich, 2504, Vollm.)
Uespundi David : Pasturel ai esté del
fuie mun père; quant liun u urs al fuie
veneit, e ma beste perueit, erranment le
pursewi, e la preie toli. {Hois, p. 65, Ler.
de I.incy.)
FOL
Nabal tist tundre suu fuie. (Ib., p. 96.,
E ore me vint la nuvele que tes pastures
tundereieut les fûtes. {Ib-, p. 97.)
Com li lus fameillus entre fuo de berbiz.
(Th. de Kent, Gesle d'AHs., Richel. 2i36i,
P 34 r".)
Dois que li palstrez est fernz
Li frous des brebis est voincnz.
(Pass. J.-C, Brit. Mns. add. 1^606, f» 61''.)
Il trouvèrent la diverses fous de brebis
d'une couleur. (De saint Brandainne le
Moine, p. 66, Jubinal.)
j II priseut dou fouc une brebis. (/6., p. 67.)
I Coume fous de brebis. tPsaut., Maz. 288.
! f» 93 vo.)
! Se li fous de berbis est troves en da-
! mage. (1240, Ch. de lien, de Hooucort,
I S. Aubert, Arch. Nord.)
Et a eslut son serf David,
Qu'il a pris don fou des berbis.
[ (Lib. Psalm., lxxvu, p. 315, Michel.)
Que par une berbis languereuse ne soit
tous li fous entechies, (Biule S. Ben., ms.
Angers 390, f» 10 v°.)
L'abes se gart de trobler le fouz des ber-
biz qui li est commandez. (Biule S. Beneit,
Richel. 24960, f 42 r'.)
Si coma il aloient par ccste isle, il
trouvèrent divers floz de brebiz toutes de
blanches coulours. {Vie et mir. déplus, s.
confess., Jlaz. 568, f' 42''.)
Cel grant fuc de berbiz. {Sarmons en
prose, Richel. 19325, f" 167 v».)
Et oi vacheries et grans faux d'oeilles.
{Bible, Richel. 901, f» 1".)
Par un bois trespassai,
Qant l'oi trespassé, si trovai
Apres an moult grant flou de pors
Graoz et petîz et noirs et sors.
(Du povre Clere, 146, ap. Méon, Nouo. liée,
I, 108.)
S'aucuns de cix qui font lor testamens
laissent toutes lor bestes, sans especefîer
autrement : s'il a fouc de brebis, on doit
entendre que se sont eles gu'il a lessies.
Neporquaut, par le mot qui est si gene-
raus, uoz créons qu'el emporteroit toutce
qui est tenu por beste : cevax, vaques et
porchiax ; et autres bestes, se il les avoit.
Mais s'il disnit : « Je laisse men fouc de
bestes, ou ni devroit entendre que les
brebis, car ou ne dit pas fouc de vaques
ne fouc de cevax, mais on dit bien fouc de
porchiaus et fouc de brebis ; et por ce s'il
disoit : € Je laisse men fouc de bestes »,
il seroit entendus des brebis, et s'ildisoit :
« Mes /bus de bestes », et il avoit plusors
fous de brebis et de pourchiax, il seroient
tout euteuùu... Ou doit entendre /'OMC ou
il a tant de pourchiax ou de brebis qu'il
y conviengne une garde ; car ce n'est pas
fous de bestes, qui est sans garde establis
proprement pour eles. (BEAUil., Coût, du
Beauv., xii, 53, Ceugnot.)
Il souhst bien que li focs des bestes soit
nostres, ja soit ce que chascuno beste ne
soit nostre, car l'en demandera tout le foUC
por sieu, ne mie chascuue beste por soi.
{Digestes, ms. Montpellier H 47, l' 8i'.)
Fuoc de bestes, {Ib., i'''86^)
A la guise du thoreau qui se est combat-
tu, a qui sa liercté double quant il a esté
défoulez et gitiez dou fouc des vaches par
les aultres thoreaux. {Cliron. de S.-Den.,
ms. Ste-Genev., f" 251"'.)
Item se uns froux ou uns pars d'oueil-
FOL
FOL
FOL
49
le.-i trespasse par eschapee, et est prix en
autrui melTait, il sera en amende de deux
soulz. (1304, Chart. du Comt. de Nevers,
Areh. JJ 59, pièce 346.)
Item, le foucq d'awes, dont le foucq
vaiilt .XXV. awes. {{Cart. de Corbie, 21,
f ' 333, ap. Duc, Foucagium.)
V.l ses pailles emplis covetoient abeve-
rer les fouks lour piere. {Bible, Exode,
ch. 2, vers. 16, Richel. 1.)
Qu'il ne soit nul ne nule qui laisse aler
ne mettre besles eu autruy dommage sur
les amendes qui cy après s'ensuyent.
C'est assavoir pour ung poultraln deux
solz, pour une vache trois solz, pour une
brebis deux deniers, et ainsi de cbascune
tant que le foucq porte. (Bout., Somme
rur., l" p., f" 133'', éd. 1486.)
Pour avoir foucq ne fault avoir que as-
semblée de dix, on p.ir le nombre de dix
se fait foucq d'assemblée. (Id., ib., 2' p.,
f 48V)
Foucq de brebis. (Ev.des Qiien., p. 139,
Bibl. elz.)
— Fig., troupeau, troupe, multitude,
ina.^se, assemblée :
Oran foies aredre, fran davan.
(Passion, iô, Koschwitz.)
Paien snnt mort a milliers e a fuies.
(Roi., U39, Mûller.)
Si lost cnra saiol Thcraas fa acordez al rei.
De sna fue li soTint qui petiz ert en fei.
(Garmer. Vie df .S. Thom.. Richel. 13513,
f 73 y».)
Lors veissîes venir 1er gens
A fous, a milliers et a cens.
(G. dePalerme, Ar». SSlfl. f» 128 r».)
La vi .1. foite de solcnans
Qni jnoient ans tumberians.
(la Voie de Paradis, liichel. 837, f 8fi.)
>'e devreit pnis enlnr el? repaîrier.
Hom qui ne fasl de anbnn leal raestîer,
Nnnc entendre fors snl a Den freier,
A Inr foc garder e jnsliser.
iHoman des Romans, strophe 111, ap. Roq.)
l'a fo'ic de serpenlians menns.
(B. DE CnxnÉ, Pris- d'Am., 1131, Scheler.)
Et avec li un prant fouc. (Mir. du
monde, nis. La Sarra , Chavannes ,
p. 3o.)
Si coummenchierent ossi a tuer et de-
copper ces mesçanspens sans pilé et sans
merchy, et lez pendoient par fous as
arbres ou il les trouvnient. (Froiss, ,
CAron., V, 322, Luce, ms. Amiens.)
Si les abatoicnt as fous et a mons. (Id.,
»6.,V, 326, Luce, ms. Amiens, f» 110.)
Et pisoient li mors et li navret a fous et
a mons par les camps. (Id., (6., V, 344,
Luce, ms. Amiens.)
Et estoient les plus grans foucz desdiz
archers vers les deux bans de la bataille
en manière de heles , et derrière les
hommes d'armes estoient les paiges, les
chevaulx et tous les meschans gens non
puissans de combattre. (Monstrelet ,
Chron., II, 20, Soc. de TH. de Fr.)
— La foule, la multitude, le peuple :
L'on dit qu'il fant assenz de ceqne li foue pense!
(Oir. de lioss,, 1618, Migaard.)
Norm., Manche, flo, flio, troupeau.
FOLcuiDER, s. m., personnification de
la présomption ;
T. rv.
Veei la comment Abnz me vint
Enhorter de prendre la voye.
Et Folcuider. qni des foiz Tint,
Me monslra qu'aller y devoye,
(Roi Remé. rMuzé en court, OEot., IV. 92,
Qaatrebarbes.^
FOLE, voir Foule.
FOLÉ, voir Foulé.
FOLEABLEMENT, VOir FOLIABLE&IBNT.
FOLEANCE, voir FOLU.Nr.K.
FOLEGE, voir FOLAGE.
FOLEIANCE, voir FOLIANCE.
POLEIER, voir FOLIER.
FOLEis, voir FOULEIS.
FOLEISOX, voir FOLOISON.
FOLENGIER, VOir FORLOIG.\IEll.
FObEME , voir FELONre au Supplé-
ment.
1. FOLER, verbe.
— Xeutr., devenir fou, être fou :
Por son hon doit on foler.
(Rom. et pasi., Rartsch, It, 24, 22.)
Por ço ne me detes coser
Se me vees d'amors foler.
(Par/on., 7131. Crapelel.)
Qui a prestre vos ordena
En sa vie tant ne fola.
(Ren., 20803, Jiioa.)
Gille de Cyn cuide afoler
Celé qui pense de foler.
(Gilles de Chin, 3635, Rciff.)
Par trop vin foie le pins sage.
(De Gitersay. Richel. 837, f 238^)
Il resemble le frénétique qui est si ma-
lade qu'il foie, et qu'il le convient lier,
(Laurent, Somme, ms. Soiss. 210, f 3''.)
Amor fet cels del tôt foler
Qui Tulent sagement amer.
(Chaslmem. d'un père, conte XI, 173, Biblioph.
fr.)
Généralement il folera moult et errera
souvent. (Oresme, Quadrip., Bichel. 1348,
fM72r».)
— Act., tromper :
De çoii qae il les a fnlé.
Et il en ont asses parlé.
Et si ea firent lor gabois.
(Ren.. Sappl., p. 227, Chabaille.)
— Folé, part, passé, fou, rendu fou :
Ici ont une misse de Sarazins trovee.
Bien estoient dons ccnz d'îcele gent folee,
(Chans. de la Crois., V, 13, Romania, V, 39.)
L'en m'a dit et gel croi assez
Que Parlonopens est folez, S:
Por vos a si grant duel eu
Qu'il en a tost son sens perdn.
(Parton., Richel. 19132. f^ 117=; éi. Crapelel,
6365.)
Sire, merchi
De ce k'a vous me sui ichi
Comhatus, dont trop sni foies.
(Cliev. asdeus esp., 5633, Foerster.)
Et a cel lin le ginez
U fa avant descolee
Ma reine li folee,
(rie S. Grég., Richel. 902, f» in"».)
2. FOLER, voir Fouler.
FOLERIE, voir FOULERIE.
i. FOi.BSSE, follasse, s. f., sorte da
blette :
Touchant les arroches, il y en a de sau-
vages. Pythagoras neantmoins en veut bien
a ces folesses, choux nrjoux des jardins,
ayant opinion qu'elles rendent les gens
hydropiques. (Du PiNBT, Pline, xx, 20,
éd. 1S66.) • . .
Quant aux porrees rouges, et autres
blettes, dites follasses ou bonnes dames,
elles n'ont ny goust ny acuité aucune. (Id.,
ib., 22.)
Cf. Follette.
2. FOLESSE, - esce, s. f., folie :
Qniconqnes cuide ne qui die
Que soit folesce et rausardie.
(Rose, Richel. 1539, f 1«. )
Lesquelx compaigaons par jeune folesse
alereut pour icelle fillette avoir. (1444
Arch. JJ 176, pièce 338.) '
FOLESTÉ, voir Foleté.
FOLESUYE, S. f., jeu de la soûle :
Icellui exposant regardoit a jouer a la
folesuye le jour d'une victoire, et lu la pe-
lote jaillie hors de la presse, et pour la-
quelle avoir le dit exposant se baissa.
(1388, Arch. JJ 132, pièce 273.)
1. FOLET, s. m., lutin :
Quant le folet le voit, s'en est en pies levé'.
(ilaugis d'Aigrem., ras. Montp. H 2i7, f 163'.)
Et li folet et les driades.
(Rose, Kicbel. 1373, f» 130^.)
Nom propre. Follet.
2. FOLET, foll-, adj., qualifie iiiic sorte
de soie :
Coustepoiute traciee de soie follete a .1.
feuillage d'espine. (1316, Compt. de Geoff.
de Fleuri,\)o\itil d'.4rcq, Compt. de l'argent.,
p. 49.)
L'en ne pourra donner a un drap blanc
qui sera taint en folet autre liziere que
blanche. (140(5, Stat. des Drap. d'Evreits,
Ord., IX, 171.) îd
1. FOLETAGE, - aige, s. m. ?
A Symon le Royer pour le foletaige du
grant maillet do l'engin du pont de Loyre.
(1394, Compt. de Nevers, CC 2, C U r»,
Arch. mun. Nevers.)
2. FOLETAGE, folL, S. m., droit dû au
seigneur pour la garde de ses bois :
Item vingt sols parisis de folletage rendu
chacun an le lendemain de Noël. (1409,
Aoeu de la Roncière, ap. Le Clerc de Doûy,
t. I, f 244 r», Arch. Loiret.)
Cf. Foletier.
FOLETÉ, - ei, - esté, - elle, foll., follet,
follité, s. f., folio :
Qne ço est grant follet.
(Pu. HE TuAON, Cumpoi, 2616, Mail.)
E si eschaper nos qnidez.
Ce aereit en grant folelez.
(Des., 0. de Norm., Il, 2903, Michel.)
D'à vos conbatre feroie foletes.
(RuMB., Ogier, 47S2, Barrois.)
50
FOL
BaDiloin, dist li rois, ce fa grau folesln
QiDt de Rnne pa<(«r fui car tos totIci.
(J. I!oD., Sas., CTiJii, Michel.)
Ed non Den, sire, or lonie a fnlflf
Ce qn'a toi homes aviei connnandé.
(Mmtri. C. Taris, nomania, IX, ;il8.)
Vos estes joesne, lessiei ici folfin.
(U analrri,- VinV», liichel. Sns, P> ISS"".)
El lot por le roioe et por sa folrlé.
(Car. if Von.il., Richel. 41103, f" S*.)
Et tont por la roine et por sa folelei.
(li., Vat. Chr. i:.17, f
'.)
!• I« enyday Irayr, dont je fis faUrilè,
Cu en cest point m'a roîz qoe Tons m'avez trooTé.
(floon df ilaiencc. 1505, A. P.)
Se je plos les aient, chen seroil folelé.
{Gaufrr:j, 9oï>, A. P.)
... Che seroil folelez
Se j'eïponsoie femme, car je en tronve assei.
(B. it Sel., Ti. :il8, Bocca.)
Cnm W is fols e plains de follilr
Onan tn is creables ch'il loi ait aidé.
(Pa.'is. du Christ, M, Boncherie.)
n se dit encore dans le Berry :
Te voilà encore dans tef folletés! inno-
cent, va ! (0. S.\ND, Clandie, 1, m.)
FOLETEMENT, foleltemenl. atlv., d'nno
manière nn pe« folle :
Mail leori repars...
Pi'esloienl mie folfllemnt espars.
(G. Mach., Poèt., Richel. 9>-21, f 37'.)
FOLETEn, V. n., faire le fon :
Je fais les sajes foleler.
Si fais les fous sentis et sages.
(Fait. d'Or.. .Us. 30G0, f loi''.)
FOL
viengne jusqiies aux ospiiiiles, (juaul il
l'ara en leste, et doit avoir le visage tout
couvert et aura au cb appel deux œuilleres
par ou celluy verra. Et celuy aura deux
petis basions en ses mains, enfourrelez et
couvcrs du drap nicisnics. Et les deux
boutz des deux basions seront couvers de
roupe drap, environ deux paulx, et si aura
celuy deux petites potences, surquoy il
s'appuiera cl sonstondra ; car s'il a trouvé
le -widecoq, il faull qu'il se niclte a ge-
noulz et sur ses potences pour approcher
le vvideeocq : et si doit avoir n son sur-
seint une verge ou il aura ung laz au bout
qui sera de soye de cliev.al, et doit appro-
cher le -nidecocq si bellement et a loisir,
comme il porra, tant que le widecoq l'ait
bien amors, et se doit arrester. Et quant il
verra que le widecoq commencera a errer,
lors le doit il poursuyr. Et se le widecoq
s'arrestc, sans .-tvoir la teste levée, il doit
ferir de ses deux basions l'ung contre
l'autre tout en paix, et le widecoq se y
amuse et affole tellenienl que celuy qui le
poursuit l'approche de si jires que il prent
sa verge, et luy mol tout bellement le laz
qui est au bout de la verge au col ; et ainsi
est prins. Et sachiez que widecos sont les
plus SOS oyseaulx du monde. Auquel oysel
moult de gens de ce monde ressemblent,
qui sont si sos qu'ilz s'amusent aux délices
terriennes et ne leur souvient de Dieux ne
des biens celestiens, et dont le deable qui
les dechace leur met le laz au col et les
tire a soy. Si puis dire qu'ilz sont prins a
la foletouere conme le widecoq. (Modus,
f» 132 r«, Blaze.)
Cf. Flectuere.
1. FOLEUR, voir FOLOR.
2. FOLEua, voir Fouleor.
FOLETlIVn, foU., s
bois:
Pierre Chauvelot et Pierre Veulhnnt, fol-
Ulexirs de Slnlionne. (Compt. de looa-!570,
Arcb. œun. Dun-le-Roi.)
Cf. FOLETIF.R.
FOLETiEii, foU., fotill., foUetrier, s. m.,
sergent garde-bois :
Item et puel avoir folletier pour garder
ses dits bois, lequel folletier puet avoir
son arc, ses flèches et son chien après
soy. (liC6. Aveu de la seigneurie de Ceridrai,
paroisse de Joui-le-polier, ap. Le ( Icrc de
Cofly, t. I, f» 244 1°, Arcb. Loiret.)
Jehan Fournier, fotilletier du bois de
Mosne. (Compt. de ISÎÎ3-1S70, Arch. mun.
Dun-le-Roi.)
Fo/fe/n>r. (Areh.Mos., .NoI.dc M. Sauer )
Foi.KTiEnE, s. f., lien h.inlé par les
follets :
Ou marois que l'en apelle la foleliere.
(1309, Arch. S 27S, pièce 71.)
FOLETOL'EiiE, S. f., nianii^rp de prendre
le ■widecoq exposée dans l'exemple sui-
vant :
Je veulx cy mettre une manière de
prendre widecos mer\'eillable et peu usée;
et est dicte ou livre de Modus la foletouere.
Qui venlt prendre le widecocq a la foie-
touere,\\ faul que celuy qui le venlt prendre
ail ung court ninnlel, de rousse couleur
comme les fueilles dn bois qui sont fenees,
et unes moufflcs de celle couleur et une
chapel de faulre, qui kM si long qu'il
m., serpent garde- folgure, voir Fulgure.
FOI, HARDI, adj. composé, celni qui
pousse la hardiesse jusqu'à la folie ;
Celui que Aristote appelle fort l'en dit
en l'rancois qu'il esl liardi et de celui qui
ex(:ed(! en oser l'en dit qu'il est trop hardi
ou fol hardi. (Oresme, Eth., f» 5i% éd.
1488.)
Les foulz hardis sont au premier de
grande ou preste volenlé avant les perilz,
mais quant ilz sont es perilz et nu l'ail ilz
deffaillent. (1d., ib., f" 3a».)
FOLiAiii.E, fûloiabk, adj., livr(' à la
folie, folâtre :
Et incoDstanz H fcloiables.
(Rose, Richel. 1573. f ' 161''.)
Je me trouve pas ou je me peussc repo-
ser, non neis ou vivre, ains estoie par
touz lieus dechassiez foliables et fuitis. (J.
DK Mel'ng, Ep. d'Abeil. et d'Hel., Richel.
920, f» 54 V».)
Hais ja Jnsques la n'avendronl
Li cuer dnr, li cucr foloiable.
(Fail. d'Oi'., Ar». 5069, f» 57''.)
Fortune foloiable tournoie a pas convoi-
lens et elle ne demeure certaine ne soy
tenant en ung lieu. (Mir. historial, .Maz.
857, !• 42 v°.)
— En parlant de chose, insensé :
Et s'elforce de coulourer les laidures
foloiables par iulerprelalions de philo-
sophes. (JMic. historial, Maz. 587, f" 8 r".)
FOLiAiii.EMKNT, folcablement, adv.,
avec une folle prodigalité :
FOL
Bon fait garder sens, droiture et raison...
Régla tenir, et espargnablement
Vivre dn sien, non folcablement .
(E. DESciiAsri's, Poés., Richel. 840, f» 12'.)
FOLiAi-, S. m., fou :
Si com font ores maint foliaur
Oui demoinent trop grans avians.
(Renan, Richel. 16,30, P lt;3^)
FOLiANCE, - eiance, - tance, - oiance,
- ience, s. f., folie, conduite folle :
S'il veit la bono repenlance
E nos de nostre foleiance.
(Vie du pape Grég., p. 83, Luzarche.)
La première (secte) est de foleiance.
{Trad. de Belelh, Richel. 1. 995, f» 11 r».)
Foleance d'eslat d'orne ou de feuie em-
pêche mariage. {Liv. de jost. et de plet, x,
9, § 4, Rapetti.)
Nous te commendames que tu otasses la
foleance de ceus qui creoient en Jhesucrist
et tu l'as acreue.iVî'te Patr.,ms. Chartres
371, f' 89 r°.)
Or oez qne je vous devis
Don mentel en .lerico pris ;
!,i menteaux doit roîslivemens
Estre entendu?, de folience
Et de fauselé de créance.
(Macé de la Charité, Jtihle, Richel. SOI, f 45",)
Qui pnis devint cl sainte et sage.
Si se retraist de foloiance.
(Fail. d'Oe., Ars. 5069, t° 8<^.)
FOLiANT, folUant, foloiant, part. prés,
et adj., fou, insensé :
A l'exemple dou fil foliant qui... (De
confessione, ms. Angers 390, f" 71".)
Folz folians de folie faull pourvoir.
(Farce de Folle Bobance, Ane. Th. fr., II, 264,)
— En parlant de chose, qui tient de la
folie, déraisonnable :
Et se cose qui n'est eslavle.
Comme folians et mouïavle.
(Rose, Vat. Ott. 1212, l' 47",)
Chose foloians.
(Ib., Vat. Chr. I'j22, f» -10'.)
Je serviray amours, qui que m'en voist blâmant,
Coy que «aige le liengnenl a envre folliant.
{II. Capet. 294, A. P.)
1. FOLIE, S. f., a exprimé l'ardeur dé-
sordonnée dii combat :
Ore coraence le bruit e la folie
De nos Franceis e de la paienie.
(Olinel, 978, A. P.)
2. FOLIE, S. f., fiole, flacon :
Fiala, folie. (Gloss. de Douai, Escallier.)
3. FOLIE, fouille, s. f., morceau de
graisse qui est dans les intestins, près de
la panse :
Le foie de la panse prent,
S'el baille a tel qui n'oblisl mie
Que il n'i lasce la folie.
(La Chace don cerf. p. 23, Pichon.)
Puis oste une coiffe de gresse qui est
appellee foullie, et l'oste avecques l'autre
fresse (lue tu trouveras ez boyaux. (Modus,
> 22 V", IJlaze.)
FOUEMENT, foUycmenl, foloiement, s.
; m., folie, conduite folle :
I Creslienté est lot foloiemenl.
(Li Coron. I.ooijs. 839, ap. Jonfk., Guill. d'Or.)
FOL
FOL
FOL
ol
ijue li fans crestien... aient honte de leur
foloiementvlèe convertisseat. {Comm. s. les
Ps., RiL'lL'l. 963, p. 227'.)
Mors est, et je sni morte osoi,
Je qni ne le vi ne ne soi
Soi plus lempestee aigrement
One ne fu el fohiemenl.
(FM. d'Oi'., Ars. 3069, t» 158*.)
Ponr monslrer leor follijemenl.
(«iil. du siège d'Orl.. 11390, Gaessard.)
FOLiEK, foll, foliier, foloier, foloyer,
foleier, folaier, feloier, verbe.
— Xeutr., être fou, faire des folies, fo-
lâtrer, se tromper :
Folierent de ventre. (Lib. Psalm., Oxf.,
LVii, 3, -Michel.)
Test i porrieï foleier
E plas perdre qne gaagnier.
(Rou, .i° p., UST, Andresen.) Var., foliier. fo-
loier.
Quant qn'aa siècle serf e fold
Faiz je malt poi.
(Ben.. D. de Xorm., II, 12187, Michel.)
Qoe encore se doit joer et foloyer.
(Roum. d'Alix., f 11'', Michelant.;
Le rois Sondaa en apela Gautier :
Sire, dist il, trop vons voi foloier.
(La Délivr. d'Ogier le D., 1 10, Longpérier.)
Monlt me poise qae tn foloies-
(Cbrest., la Charrette, Vat. Chr. 1725, f" 13''.)
Signor, fait il, entendes moi,
Ja n'i folieres, je croi. i
(Eteocle et Polin., Riche!. 375, f 61''.)
foliant alai nn lonc tans, j
Qae jon ne soi qne je fasois.
(Alreper., Uichel. 2168, f» 9^)
On me reprent d'amoar qai me maistrie
Ko foloie mes cners quant le consent.
(J. Li PiiTis, Chans., ap. Maetiner, Altfr. Lieder,
p. 30.)
Ju ai foliiel en ma jovent.
(rie S. Andr., ms. Oxf., Canon, mise. 74,
f 120 T°.)
Oui par soi "velt ouvrer
Sanz conseil demander
lovent foloiera.
(Pfov. au coule de Bret., Richel. 19152, f 115"'.)
Se li avocaz foloie et propose le contraire
a ce que il deusl proposer. (Ordin. Tan- \
crei, ms. de Sulis, f" 74'^.) 1
Se li avocaz foloie en droit il puet rapeler 1
lele error. (Ib., i" 74''.) I
Li paien el li jui foloient par lor mes-
creance. (.Maurice, Serm., Richel. 13314,
fo 19 v.)
Si foloierent a la parBn; car il eslurent
homenoientprofitable au roiaume. {Chron.
de S.-Den., ms. Ste-Gen., f" 99\)
Il a erré en la foi et tant lourdement /b-
loié. (J. DE Salisb., Policrat., Riche!. 24287,
f» 68''.)
Hz sont d'une très belle vie
Et n'ont de foliier envye.
(Eloi Damernal, Deatlerir, f Go^, éd. 1507.)
Qui Tenll avoir grant richesse
II fanlt qu'il ayt en soy prouesse.
Et despendre, sans foliier,
Le bien qa'ii a pea allier.
(Fb. Giraut, le Moyen de soy enrichir, Poés. fr.
des XV» et \vi'= s., X, 89.)
Il advient que plusieurs foUoient par
jeunesse et depuis viennent a bon sens et
bon gouvernement. (Coust. de Bret..
f 38 v.)
Mieux vanlt folier en herbe qu'en gerbe.
(Gabb. Mecrieb, Très, des Sent., ii. 1560.) |
II ne fant jamais folier a demy.
(ID., ib.)
Si nous souffrons folier longuement
Ce cruel Mars...
(Hlc. Salei., Iliade, I. V, éd. 1608.)
Et ainsi vescut toujours (Triboulet) fol-
Jjant jusques a la mort. (Desperibrs, Noiiv.
Becreations, de Triboulet, éd. 1372.)
Adolescentior, foliier. (R. Est., Lat. ling.
Thés.)
Il est permis de folier avec les petits en-
fans. (Charr., Sag., 1. 1, c. 4.)
— Se li-vrer à de folles amours, faire
folie de son corps :
Mais ains que foliasce en li
Revint mes sens, si le guerpi.
(l'arlon., 4169, Orapelet.)
^lais ainz que foloiasse a lui.
(Ib., Richel. 19152, f" 139».)
Tout aussi comme font les folles femmes
qui croient de legier les belles parolles
des jangleurs qui les conseilloient a fo-
loier contre leur honneur et leur estât par
flatteries et folles promesses.(Z,!». du Chev.
de La Tour, c. xl, Bibl. elz.)
Par une faulse houliere qui pour un bien
pou d'argent la fist folaier. (Ib., c. lxii.)
Lequel ameries mie.v... k'elle fust morte,
u k'ellé eust folliiet a .i. seul homme, de
coi elle fust repentant ? {Anlk. picarde,
I p. 18, Boucherie.)
Combien que feu Simon Bradieu fu
j marié en femme, dont il devoit estre con-
tent, neantmoius par ses solicitations de-
ceptives il emmena folier par le pais Ha-
binette,seur de l'exposaut. (1464, Arch. JJ
139, pièce 249.)
Ou des honmes s'accompagnant de
femmes qui foUioyent, se faisoyent appeller
saincts par elles, durant leur transport
d'esprit. (Fauchet, Antiq. gaul., IV, 23,
éd. 1611.)
— Folier de, s'écarter follement de :
De tes mandemenz nient ne foleai. (Liv.
des Ps., Cambridge, csvill, 110, Michel.)
— U se dit aussi d'un cheval qui s'em-
porte d'une course déréglée, et que le ca-
j valier ne peut maîtriser :
I Fuit s'en, mais non pas droite veie;
Kar sis chevaus par tôt foleie,
Primes a raunt e puis a val.
(Bes., d. de Xorm., II, 16394, Michel.)
' — S'égarer dans une course errante :
Par mer folia loogemeut ;
Maint grant péril, maint grant tourment
Et maint travail li eslut traire.
Apres lonc tans vint en Ytaire.
(Wace, Drul, 21, l.er. de Lincy.^i
— Réfl., être fou, faire une folie :
Percheval voit qu'il se foloie
Quant a la pucelle s'aresle.
(Percerai, ms. Berne 113, f 89'.)
Bien est voir que moult se foloie
Qui de l'ame garder se peine.
Son travail y perd et se peine.
(GoDEFROï DE Lacny, la Charrette, ap. Ler. de
Hncy, Prov.)
Tonte me druerie et m'amor vus otroi.
Se jou fail a le votre, malement me foloi .
(Roum. dWlir.. f 70'. Michelaiit.)
Voir, diit Fromons, je me sut foloiex.
Droit l'en ferai voiaot cent chevaliers.
(Joiird. de Blaivies, 8GG, Hoffmann.)
Qui le bien voit et le mal prent
II se foloie a escient.
(Prov. aux Philosophes, ap. Ler. de Lincy, Prov.)
— Act., entraîner à faire une action
folle, déraisonnable, égarer :
Si s'en ala molt tost celé part u il les
quida mieus desvoier.et quant il les ot une
grant pièce desvoié, si sona le cor, et tout
ensi les ala /'oioiant toute jor par la forest.
(Artur, ras. Grenoble 378, f» 22''.)
Je quit bien qu'il li enseijnoient
Que il son pareia foleast ;
Qaar onc por rien qu'il U passast
?ie li leissa folie a dire.
(Pean Gatineab, Vie de S. ilarlin, p. 78. Bour-
rasse.)
Sçavez vous pourquoy il vint céans de-
sarmé ; pour ce qu'il vous cuydoit folloyer
par parolles de faire paix a luy, et que vous
ostissiez vos armes ; et si tost comme vous
eussiez esté desaruié, il vous eust fait
prendre. {Lancelot du Lac, t. II, f» 53'*,
éd. 1333.)
— Traiter comme un fou, traiter de
fou, se moquer de, ridiculiser :
Comme il le lendenge et folie
Pop çou que il ne lor aie.
(Bes., Troies, Richel. 375. f 69'.)
Pou çou qu'il est entes, \'aiioit si foloie
Que par itant le cuide avoir amoloié.
(Roum. dWlix., l' li-^, Michelant.)
Lors dist en sa chanson ;
Aide, Robeçoa !
Tes secors me desloie !
J'entent a sa raison
Ke me tient por bricon
Et del tout me foloie.
(Rom.et past., Barlsch, 11, 14, 35.)
INe feloie cil raie
Qui de toi fait s'amie.
(G. DE Coi.sci, iUr., ms. Soiss., f° 5''.)
II demande Doon, et le va foloiant.
(Doon. 4207. A. P.)
Devant mou oncle a Cardueil moult
durement me folliasles, et en faisant voz
I railleries me dictes le vostre plaisir de
quoy mieuls vous en convint taire. {Per-
ceval, f" 83'', éd. 1330.)
Je suys recteur, grand orateur,
I Remonslrant, sans eslre Dateur,
I Qui folye les mal pensant.
(Le Maisire d'escoUe, p. 3, ap. Ler. de Lincy et
Michel, Farces, Moral, et serin, joy., t. IV.)
— Folié, part, passé, rendu fou :
Comme l'orame folié.
(Roi Rese, r.Muzé en court, fiEuv., iV, 78, Qua-
Irebarbes.)
On dit en français dans tout le Midi :
Le vin fait folier un homme ; Elle folie,
elle fait des actes de folie, d'excentricité.
FOLiKTE, - elle, s. f., petite folie :
... Grant foliete.
Vous oi jehir.
(Bretel, Cliani., à Ferri, ms. Sienne H. X. 3i.,
f> 49''.)
Si an fi une foliette
Ront nuns ne m'aa devroit blasmeir.
(Rom. elpast., Rartsch, I, 43,17.)
Se j'ai fait foliete,
^us n'en ara pis de mi.
(La Châtelaine de S. Cilles. Richel. 837.
r> 115''.)
5t
FOL
J'entnpris la baiMielf,
ToDt« fis I* folitlf-
(GliB. Dt BriotnLLr, Cktm.. Val. Chr. H90,
P llî''; Ad». « ptsi.. BarUch, III. i6, 65;
Trcn. tel}., p. Tl. Schfler.)
Ne a lor folielcz. ( Vus des Uermil., nis
Lyon 773, !• 3 v.)
FOLiELS, - evx, adj., qni se conduit
follement :
Icelle supplianle affoiblie de leste et de-
Tenue par neures aussi comme folietise.
(1375, Arch. JJ 107, pièce 377.)
Les plus salpes deviennent folieux. {Eu-
rial. et Lucr., f» 11 r", éd. 1493.)
— Le féminin s'employait particnlière-
ment en parlant d'une femme qui fait
folie de son corps, d'une débauchée :
Qn'ete seia orgailleose
Et de soD cors trop folifu.se.
{Le Uuire que ScIfKons fi>l. fi"5, .Méon, Xeur.
Rec. 1,385.)
tne femme folievse. (Légende dorée,
Maz. 1333,1° 18''.)
Lequel Besancon estoit de 1res détes-
table vie, et qui ne vivoit que de ce que
jeunes femmes folieuses avoient et gai-
^oient a un cliasiuu aux champs et ail-
leurs. (1380, Arch. JJ 118, pièce 458.)
En teles rues si honnesles ne doivent
demourer femmes folievses. (1387, jlrr.
touch. les femmes de mauv. vie, Félib. ,Hist.
de Paris, W, 338''.)
Et supportoit pnrloulles femnies/olieKses.
[Journ. d'un bourg, de Paris, an 1446,
Michaud.)
FOLIGN.\BLE, VOir FORLIGNABLE.
FOLICMER, voir FORLIGMER.
FOLIIER, voir FOLIER.
FOi.iN, adj., fou :
Je tieag cbelai a fil folin
Kl por toogier entre ea chemiD.
(SrpI Sages, -4238, Keller.)
Oa nne bigne
Se fait on front par yvresce follig»e.
(Cbbist. 01 Pis., l'oés , Richel. 601. l' 47'.)
Noms propres, Folin, Follin.
FOLiNE, s. f., folie :
Et ta foliie coTcrra
Sa booctie.
(LU. Ptalm., CTi. p. 33.'i. Michel.) Lai., ornais
iaiqoilas oppilabit os sudio.
FOLioN, S. m. , feuille de mûrier ,
feuille d'Inde :
Poivre lonc, e folion, c jiuarinpal. (Erw.
p. apareil. viand., Richel. 1. 7131, f 100*.)
La livre de pomes de paradis, de folion,
d'egpis, .1. d. .1. o. {Li Cout. des foires de
Troles, li tonneus d'avoir de pois, nis.
Troyes365.)
Folion, un denier la livre, cardamonc.
{Cart. de Lagny, Richel. I. 9902, f» 240 v«.)
1. FOLioT, S. m., pièce d'horlogerie
destinée à régler la roue mère :
L'oe roe seconde et adjooitee
Qui le retarde et qni le fait mooToir
far ordeoance et par meiore, Toir
Par la terla don foliot aossi
Uni continnelment le moel enti.
(Faors"., Poét., I, .-.9,215, Stheler.) j
FOL
a. FOLIOT, S. m., attrape, piège; peut- ;
être l'apparence de petites plnnies agitées [
comme les feuilles : i
En tendant fil, glnz et roiseanli,
Gnetloie aux lonrbes des oiseaais.
Au folict de trois pinmelles
Poor eogignier les alonelles.
(J. Lefevre, la Vieille. I. I, t. 693, Cocheri».)
Nom propre, Foliot.
FOLIR, voir FUEllLiR.
FOLisox, voir FoLoiso.N".
1. FOLLAGE, voir FOLAGE.
2. FOLLAGE, voir FOULAGE.
FOLLAiN, S. m., cocon OU coque de ver
i soie :
Lesquels trahandiers.... commettoient
plusieurs inconveniens et mauvaistiez au-
dit mestier de traire ladite soie... pour ce
eussiez fait crier.... que nulle personne...
ne baillasl.... follains a traire auzdits tra-
handiers de la dite soie. (1340, Reg. de la
Chambre des comptes, B 2, f" ^2o^)
FOLLAUGE, adj., d'uHe prodigalité folle :
Tuteur des veuves et des orphelins, pain
et récréation des besoingneus, large aux
povres, fols large aux hostels, pour ce es-
pandit tousjours et sema ses richesses. (Gr.
Chron. de Fr., Charlem., VI, 3, P. Paris.)
Le Taillant roi de Behaigne, qui fu si
larges et si foUarges que souventesfois
avint que en sa court royale les tables
estoyent dressées et en la cuisine n'avoient
pas trop grant fumée de viandes. (Maiz-,
Songe du viel pel., III, 57, Ars. 2683.) Ms.,
foUages.
Prodigues et follarges. (Id., ib.) Ms.,
foUages.
Cf. FOLLARGEUEiNT.
FOLLARGEMENT, adv., avcc unc pro-
digalité inseasée :
Que par ta bonne prudence l'argent de
ton demaine et des aides ou procès de la
guerre soit bien emploie, et non foltarge-
menf. (Maiz., Sonje du vielpei, 111, 98,
Ars. 2683.)
Il despent son argent foUargemenl.
(Oresue. Trad. des rem. de fort, de Pelr.,
Ars. 2671, f» S2 r".)
FOLLASSE, voir FOLESSE.
FOLLASTUIE, voir FOLASTRIE.
FOLLATEAU, adj , folàtre :
Petis dyablotz. jeunes et follaleauli.
Approchez test.
(Aci. de> Aposl.. vol. I, T 3'', éd. i:i37.;
FOLLATIQUE, VOir FOLATIC.
FOLLE, voir Foule.
FOLLEiE, S. f., dépense:
Summa foileie fuite per Radulphum cle-
ricum. {1237, Dép. de la cheval, de Roh.,
Cte d'Art., ms. ISaluze.)
FOLLER, voir Fouler.
1. FOLLET, S. m., petit soufflet :
Folle.x, folles. [G loss. de Douai, Escallier.)
2. FOLLET, voir FOLET.
FOL
FOLLETAGE, VOir FOLETAGE.
FOLLETEUR, VOir FOLETEUR.
FOLLETIER, VOir FOLETIER.
FOLLETRIKR, VOÎT FOLETIER.
FOLLETTE, S. f., sortc de blette :
Arrorhes, follette, ab insipido gustu,
bonnes dames. (JuN., Nomencl-, p. 91,
éd. 1577.)
Cf. FOLESSE.
FOLLETTE, VOir FOLETÉ.
FOLLEUR, voir FOLOR.
FOLLIANT, voir FOLIANT.
1. FOLLIER, voir FOLIER.
2. FOLLIER, VOirFUEILLlER.
FOLLIETE, voir FEUILLETE.
FOLLiES, -yes,s. f. pi., gâteaux de Noël:
Premièrement ledict Armet requiert luy
estre desduict la quantité de vingt cinq
bichets froment, qu'il a employée, tant a
faire les gasteaulx de Noël, appelés fotlies,
que l'on baille a chacun habitant de
Coulches le jour de Noël, que pour le
pain qui a esté mangé par ceulx qui ont
faict lesdicts gasteaulx. En oultre sera
desduict audit Armet trois poinsons de vin
despenses, tant pour le via que l'on donne
aux habitans de Coulches le jour de Noël,
qu'est a chacuQ une pinte, que pour la
nourriture de ceulx qui ont faict les gas-
teaulx, appelles /"o/(!/es. {Ib72, Compte rendu
par Lazare Armet des rentes dues au prieuré
de Couches, Xrch. mun. Autun,F. du prieuré
de Couches.)
Item, plus sera desduict audit Armet la
somme de quarante deux solz huict de-
niers, pour seize pintes de sel, et quarante
huict solz pour un" quarteron de saffran,
employés a faire les gasteaulx de Noël
appelles follyes. [Ib.)
On trouve encore au dix-septième siècle :
Des gasteaux et vins que ledit sieur
prieur avoit coustume de distribuer an-
nuellement aux habitans en lUiyaulté dudit
Couches, laquelle distribution estoit ap-
pellee foullie. (25 nov. 1638, Acte de rachat
du droit de folie, Arch. mun. Autun, F. du
collège.)
FOLLIETE, voir FiLLETTB.
FOLLIGNANCE, VOlr FORLIGNANCE.
FOLLIIER, voir FOLIER.
FOLLiLAissE, folUlessc, S. f., partie de
la viande qu'on lève le long des épaules
du ceif :
Puvs lèvera le collier que aucuns ap-
pellent follilesse. C'est une char qui est
demouree entre la hampe et les espaules
et vient tout entour par dessus 1 os du
long de la hamps sur le jargel. {Gost.
Feb., Maz. 514, f» SS^.) Var , follilaisse,.
(Ms. suivi par Ste-Palaye, p. 193.)
FOLLILESSE, VOÎT FOLLILAISSB.
1. FOLLIN, voir Ferlin.
2. FOLLIN, voir FOLl.N.
FOLLIII, voir FUEILLIR.
FOL
FOLLITÉ, voir FOLETÉ.
FOLLOIJR, voir FOULEOB.
FOLLYEMENT, Vûir FOLIEMENT.
FOI.LYES, voir FOILIES.
FOI.OERE, voir FOULOIRE.
FOLOi, - oy, s. III., folie, nction folle^
b.idinage :
Ensi ne aai se fais sens on l'oloi.
fTniBAULT IV, Chans., p. 1. Tarbé.)
De foloi parlez.
(Rom el past-, Barlsch, II, 20.2:;.)
Et corn derves plains de foloij
Leur (ist laisser lonle la loy.
(G. Mach., Poés., Richel. 9-2-21, f 9G'.1
FOLOIABLE, voir FOLIABLE.
FOLOIANCE, voir FOLUNCE.
FOLOIEMENT, voir FOLIEMENT.
FOLOIER, voir FOLIER.
FOLOIRE, voir FOULOIRE.
FOLOis, S. m., folie :
Mais veez merveilles apperles
Du fol qoi Ta après le chien,
Parlout le suit, il l'aime bien
En 80Û fulois.
(Nir. de Noslre Dame, xxxiii, 1510, .\. ï.)
A son folois il faict da sien.
(Farce d'un Gentilh., Ane. Th. fr., 1, 551.)
FOLoisoN, - eison, - un, - ison,- isson,
s. f., folie, conduite folle :
El quant que il vons dit loz est par foleison.
(Simon de Pouille, lUchel. 36S, f 1 i.".».)
Destornez ceste folison.
(Bes., Troies, Richel. 903, f 7l''.)
Li rois a tcrt, si fait grant folison
Qnant nel castoie ou n'en prent vengison.
^RAIaB., Oijier, lllG, Barrois.)
Don ciel perdirent la sainte manlion
Par lour orgoil et par lour folison.
(BEiiTnAND DE Bak-sur-Aude, Girard de Yiane,
p. 2, Tarbé.)
Loiher sacha le branc. n'i fit arcstison.
Et Tost ferir le duc parmi le chief enson,
Quant .1. chevalers saut, qui (ist yrant folison,
Fa Loiher le ferit sor le chief a bandon.
(Quai, fils Aijm., p. 21, Tarbé.)
Quant .1- chevaliers saut qui Bst grand folisson.
(Ren. de Muntaub., p. 17, Michelant.)
Bien est tornez cist rois a folison.
(Gai/don, 9695, A. 1'.)
Se i alez, ce sera folisons.
{«., 975S.)
Par Mahomet, je tieng a folison
Qnant jouenes chiens keurt sus le dur brobon.
(Anaeis. Richel. 793. f" 56».)
I.i clerk par fine foteisun
Ama tant ke il enmaladi.
(t'n Ciiival. e sa dame, ms. Cambr., Corpos .'10,
P 91", P. Meyer.)
S'une femmo t'amoit ce seroit foloison.
(Dit de ilenage, 9, Trébutien.)
FOLOR, [oU., foui., - our, - ur, - eur,
- eor, fel., s. f., folie, imbécillité, sottise,
imprnaence folle, action follp, insensée,
chose vaine et futile :
Pardenez moi ceste fetorir.
(Wace, Conception, Bfit. Mus. aild. tStiOO,
f 50^)
FOL
Anqni veront cil d'Inde et Griu, sans folror,
A nos brans accrins qnî aura le millor.
(Itouin. d'.ilix.. C 57% Michelant.)
Qui que le tiegne a sens je le lieg a folors.
(1. Bon., Sa.T., xxvii, Michel.)
Bêle Ysabians, pucelle bien aprise,
Ama Gerart et il li en tel gnise
C'ainc de folor ne fn par Ini requise.
(AtlDEFROis LI Bastahs, Bartsch, Rnm. el pas!.,
I, 56,1.)
Que je ne doî penser fnlor.
(Ir>., ili., I. ;i6,23.)
Ses maris voit la folor entreprise.
(In., il'., I, 50,67.) P. Paris, folour.
C'est prans folors
F.l desnnnrs.
Dame, le m'avris dite.
(Chans., ms. Berne 3S9, f i v".)
Plos me bâtera raa merc.
Pins me fera penser foiilnr.
(Chans., ms. Monlp. II 196, f° 132 v°.)
Il ne fa mie par foiilor
Délivrez, mes par grant savoir.
(Dolop., 6010, Bibl. elz.)
114 I las, fait il, quel perle ai fait par ma folour!
(Fierahras, .157-1, A. P.)
Qniconqncs cuit ne qui que die
Qu'il est folor el mnsardie...
(Rose, Richel. 1573, f° 1=.)
Que soit fouleur ne mnsardie
De croire que sonses adviongne.
(Ib.. Val. Chr. 1192,7° 1».)
Sadoines l'ot, si ot moult grant paonr
Qne celé emprise ne lornasl a folour.
(Enf. Ooier, 1751, Scheler.)
>'on est, ce disl la bielle, vous parlez de folor.
mst. de Ger. de Blav., Ars. 3U4, f» 195 r°.)
K lessez icesle folur.
(Chaudrt, Set dormons, -130, Koch.)
Dont iert li rois de grant valor
Et de proatce sans folour.
(MousK., C/iron.,2678, UeilT.)
Mas je suis ciz qui Ion vadra
Sa felor, car trop fou Ion trnia.
(Doupechii' d'orgueil laissirr, Brit. Mus. add.
15606, f 112^)
Qnant j'apcrceu l'erreur et la fouleur
De plusieurs gens qui griefcment mesprenoient.
(Jehan Dickeyman, Chans., ap. flinaux, Trouv. de
la Flandre et du Totirn., p. 277.)
Car honte a longue durée
Qui avient par tel folour.
(Couci, 371, Crapelet.)
Romanz. fables et cliansnnz.
Rotruanges ou altres folurs
Fere ne oir a leus jurs (les dimanches)
Knl ne deit, cum funl plusurs.
(GuiLiAOME DE Wadiscton, ap. De la Rue, Essais
hist. sur tes bardes, ni, 227.)
Et ne parlez par vos follors
A ses pardnrables dolors.
'Macé de la Charité, Bible, Richel. 401,
f» 210".)
Si recognul sa follour et se voua en
plusieurs pèlerinages. {Lio. du Chev. de La
Tour, c. XXVI, Bibl. elz.)
L'autre (paour) pour foleur et ignorance.
(Obesme, Eth., Richel. 201, f» 404''.)
Ainsi disons de toute une e^pece de
bestes que elle dilVere de une autre en con-
tumelie... ou en folour, ou en gloutonnie.
(lu., ib., f» 498=.)
Comme l'exposant i>ar sa fouleur et
simplesse... eust emprunte la somme de
cinq francs. (1389, Anii. J.l 136, pièce
275.)
FOM
03
C'est foleur.
(Villon, Codic, Débat du Cnenr et dn Corps,
Jonaost, p. 130.)
.l'estoye bien fol. je suis cerlain,
n'ainsi fnyr la bonne voye,
tenant le chemin incertain
Lequel par foleur pris j'avoye,
(Andr. de la Vic.xE, Moral, de Vaveu(jle el du
boiteux, p. 230, Jacob.)
Folleur seroil que vous delinse
D'abus ne parolles loingtaines.
(Farce de Colin qui loue el despile Dieu, Ane. Th.
fr., I, 237.)
Et sans cela se sont grandes foUeurs
Se mettre en mer pour les gouffres et ratz. ..
(Conlredict!. de Songecreux, f 26 T», éd.' 1530.)
Cnenrs dnrs et pervertis
En tout mal et lonle folleur.
■ (Act. des Aposl., vol. II, !" S-2'', éd. 1537.)
Ne ponvoyt il aullre party choysir
Pour demonstrer sa fouleur de conraige,
Que de blasmer les dames par oultrage î
(Le Giroufflier aulx dames, Poés. fr. des xv° et
xvi' s., XIII, -259.)
FOL.OT,s. 111., esprit follet, lutin :
Ficarius, cuelleur de figues, on dieus
sauvages, /"o/of, fantiau. [Glosn. lat.-gall..
Richel. 1. 13032.)
FOLOY, voir FOLOI.
FOLOYER, voir Folier.
FOLRIER, voir FORRIER.
FOLSON, voir FORCHON.
FOLUR, voir Folor.
FOLUTRE, voir FOUI.EURE.
FoMAiN, foimen, foymen, foyemen, feu-
main, s- m., exécuteur testamentaire :
Item que foyeniens ne puist vendre he-
ritaiges parten'ans aile exécution de testa-
ment de eely qui foyemens les aurat cons-
titué. {Pièce de 13Sa, Hist. de Liège, II,
420.)
.In eslich, faich et nomme mes fom.ainf
et exécuteurs... (1367, Tesl. de Rob. de
A'am., Aroli. mun. Valenciennes.)
Item, que foymens ne puissent vendre
1 birctages partenans al exécution de cheli
qui foymens les aurat cnnstitueis, sens
faire sour chu proclamation de congier
! del justiche de lieu. (J. DE Stavelot ,
Chron.,V- 36, Borgnet.)
■ Li foimens n'i voirent nulle rins espargnier,
' Son testament ot fait, ons nel doit noyer.
(Jeh. des Preis, Geste de Liège, II, 3261,Chron.
belg.)
Feumain ne peut lansager héritages d'en-
fant dont il est fmmain. {Coût, du pays
de Liège, vr, 28, Nouv. Cout. gén., II, .32."i.)
FOMRLI.E, s. f. ?
15 sols ilelivrez a Tbiebaut le cordicr
pour eschiteir 300 libres de fomelle, et en-
core 8 libres a lui pour eschiteir 6 cents de
fomeHe...{m^,^Teh. Meuse n 492, r° es v°.)
I oMi'.N'riR, v. a., exciter:
Tonlcsfois toosjours le fomeut
Sensa,ilité enclinant
A pécher et a mal penser.
(Degdilleville, Trois Pelennaiges, f .'i', impr.
Insill.)
POMICHE, voir FlTMIERK.
FON
FON
FON
FUMEREit, - «ir,fomor., v. a., funnT :
Kt ÂC doit avoir la vigae toute fomeree
iliMlanz ces priuiers .nu. anz. (1245, Cart.
de S. Vinc. de 3Ietz, Richel. 1. i00î3,
r 46 V».)
Ces terres doient fomereir cbesc'an.
(1S63. Car», rfc S. Vinc. de Metz, liicliel.
I. HOij, f 79 r».)
Et faire moucir tant de foiueroit corn il
eu covaareit [lor faire fomereir lai vipoe.
(IS74. Ch. de Joff. de Chaistelz, St Louis,
^ibl>. Ste Marie. Arcb. .Mos.)
Et si au doit cbesc'an fomereir demei
jornal, tant k'il l'ait toute fomoreie (la
terre). (1579, Cart. de S. Vinc. de Metz,
Itichel. 1. 10iJ23, f°102vo.)
FOMEROi, foum, - Oit, s. w., fumier :
iJ'un loe qui truva une gemme sor uu
fomeroi. (Marie, Dit d'Ysopet, I, Roq.)
El si metera (daus la vigne) c. fez de
fomeroit. (1218, Chapitre de la catb. de
MeU, Tiguoiuout, Arch. Mos. G 7S5.;
Et melre (à la vigae) cbesc'an .c. fez de
foumeroit. (1229, "Cart. de S. Sauv. de
Metz, Richel. 1. 10029, f" 46 v».)
Et si matterunt chescun an .V. fes de
fumerait do lor. (C/i. de 1232, Arch. Mos.,
Coll. de S. Sauv.)
.c. fais de foumeroit. (Acensem. d'une
Nigne, fête toutes airmes 1239, Ste Glos-
-■^inde, \ttih.. Mos.)
Juliaz i doit mettre (dans une vigne)
ubesc'an dous cenz faiz de fomeroi. (Mars
1241, Calhéd. de Metz, S. Julien, Arch.
Mos.)
Doit matre (dans une vigne) chesc'an .c.
fes de fomeroit. (Dec. 1243 , Collège de
Metz, .\rcb. Mos.)
.viu. fez de foumeroit. (1246, Cart. de S.
nnc. de Metz. Richel. 1. 10023, f° 52 r».)
Pierexels doit mettre en cez vignes cbai-
kant .cccc. fai.\ de fomeroit tant qu'elles
soient bien fomerees. (1263, Cart. de S.
Vinc. Richel. I. 11023, f» 7 v".)
Eigariieis com li fomerois
.\pert bes kaot U blanche dois
Le coevre Jesas el enlor.
(Kot. Kt Bloîs. Poés., Uichel. -21301, p. SÎ8*.)
Demi .c. de foumeroit. (1300, Cart. S.
Vinc., Richel. 1. 11025, f 8 v».)
Le patois lorrain de Metz et de Fillières
dit encore fomereu pour fumier. Dans le
Iterry, on dit des fumerioux, pour des tas
de fuinier. (G. Sa>d, Meun. d'Angibault, 1,
.154.)
KOMiTE, S. m., ce qui sert à allumer,
atimulant, excitant :
Fu estaint l'aguillon et fomite de ma
forge. (Maiz., Songe du viel pet., 1, 34, Ars.
2882.)
KUMOUEIt, voir FOMEBER.
Ko.NCE, S. f., fonts baptismaux :
Fonce pour baplizer, baptisterium.(1464,
J. Lagadecc, Cathoiicon, éd. Auffret de
Quoetqueueran, llibl. «Juimper.)
FONCEL, fonceau, s. m., ce qui est an
fond de quelque chose :
Va, qoier moi le< coilles d'aa tor,
!,«> coillont a tont le foneel.
{Vieille eteoillte, Ar». 3MI, P U».)
— Vallon, ravin :
L'hyver précèdent y avoil eu de grandes
pluyes, lesquelles avoienl remply d'eaux
les fonceaux et lieux bas et creux ou elles
estoient demourees ' croupies. (.\MYOT,
Diod., XII, 17.)
La ou hante le pivert en quelque fon-
ceau couvert de bois et de raraee. (ID.,
ÛEuv. mél., éd. 1820, t. IV, p. 262.)
Puis embuscba au tenant de la montagne
en des fonceaux un nombre de gens de
cheval. (Skyssel, Appian .Alex., (" 483 r",
éd. 1S60.)
FONCER, voir FOSSER.
FoxcET, fonsel, fonsset, fousset, fosset,
s. m., grand bateau de la Seine et de
l'Oise; il y en a, dit Sainte-Palaye, qui
excèdent en lonsueur les plus grands
vaisseaux de l'Océan, ayant jusqu'à 27
toises entre chef et quille :
Le duc £ist assembler grande quantité
de nefs et de fonces : les autres eutrerent
dedans pour passer la rivière. (J. Le Bel,
Cftrort., II, 37, Polain.)
Rogerin .Michiel, maistre du fausset Saint
Extasse Je Hareûeu portant .XL, tonneaus.
(Cft. de 1369, Richel. 26008, pièce 724.)
Venoit par la rivière 23 fonces chargées
de vivres el autres marchandises. (1430,
Journ. de Paris sous Charles Vil, p. 134,
ap. Ste-Pal.)
11 amena avec lui bien .lvI. batteaux et
onze fonsses tous chargez de biens, de quoy
corps d'homme doit vivre. (76., p. 133.)
.... Le dit fossel
.VUoil sur l'eaue et la rivière.
.\iDsi qae Is veut le verset.
(Martial. Yi}. de Ch. VU. F m r», éd. 1 133.)
El donnèrent audit .Messire .\mbrois et
a ses gens, estans oudit fancet, grant es-
carmouche. (J. Ckautier, Chran. de
Cliarl. VII, c. 131, 13ibl. elz.)
Uippe Tirien fut inventeur des navires de
chaîrgc ou batteaux marchands, qui en
vulgaire flamand sont appelés bulques, et
par Appien et Thucidide bolcades, du genre
desquels sont les baltaus a vin dont les
plus grands, que nous appelions fonsets et
troncs, portent quelipiefois quinze cents
tonneaux. (Du Veruieh, DId. lec, p. 119,
éd. 1618.)
Il était encore très usité au xvii' et au
XYiii" siècle :
C'est sur les foncels qu'on amène à Paris
de Rouen et des villes de Normandie
situées sur cette rivière, les bois, les épi-
ceries, et autres marchandises et denrées
pour la provision de cette capitale. Il y a
aussi les foncels d'Oise qui font avec Paris
le commerce de la Picardie. (Sav.\ry des
UhfSLO.NS, Dict. du commerce.)
FONciiiEiiE, voir Foncière.
FOxcuiGXE, - chine, s. f., Instrument
pour la pèche :
Ing baston emmanché de fer, nommé
fanchigne, de quoy on pesche. (1454, Arch.
JJ 187, pièce 210.) Plus loin, /'oHc/jine.
FONCIERE, - cliiere, s. f., fond, creux :
Les supplians trouvèrent dedeus la ri-
vière nu engin ap[)ellé verzeul pour prcnre
poisson; puis le mussereal en fonchiere
empres ladittc rivière. (1391, Arcli. J.l 141,
pièce 103.)
Pourra faire un banc en /"oîicieres de tout
bois, excepté aubier et mort bois. \Stal.de
Nayan, ms. Beaucousin.)
Guernesey, foncière, le fond de la cu-
lotte.
FONDABLE, adj.,qui peut se fondre :
Des choses fondables, il a l'arein et le
voirre. (Introd. d'astran., Richel. 1353.
f 33».)
Liquo, fondre si comme cire ou autre
chose fondable. {Cathoiicon, Richel. I.
17881.)
FONDAiEUR, voir Fo.ndeor.
FONDALiTÉ, S. f., droit de directe sur
un héritage qui appartient au seigneur
foncier : :
A faute de payer par l'homme les droits
de directe ou fondalilé, n'y a point de
commise. {Coût, de la Marche, Coût, gén..
Il, 309, éd. 1633.)
FONDAMENT, VOir FONDAMMEST.
FONDAMMENT, - anment, - ament, - au-
ment, adv., à fond, profondément, abon-
damment :
Tant fondanmenl sour lui ploaroit.
iilir. de S. Eloi. p. 1-22. Peigné.)
Et si fondanment gemissies
Que le peuple esbaissies.
(7mor y.-D.. Uichel. 90i, f 55*.)
Tous tans plouvoit nuit et jour sans cies-
ser si fondanmenl que... (Jeh. de Toysî,
Hist.de J. Ces., Ars. 3333, f» 216».) Var.,
fondamment. (Settegast, p. 38.)
Pluseurs commeucierent a braire et a
crier trop fondanmenl, en pleurs et en
lermes. (G. de Nangis, Vie de S. Loys, Rec.
des Hist., XX, 323.)
Dont racola Raguel fondanmenl et plou -
ra sour scn col. (Bib. hist., Maz. 532,
f" 140'.)
Plouroient si fondanment ke li uns ne
pooit parler a l'autre. (^ Vies des Saints,ms.
Lyon 697, f» 38'=.)
Il oi que Rollans dist, molt fondanment
plorant. {Chron. des rois de Fr. , ms.
Berne 607,1" 114^)
Mais je ne say quelle chaloar
Qui est coverte de froidnur
M'a sonspris et me tient au cuer
Si fondamment que a nul fuer
.Ne pourroie dire eu quel point
Sui, ne comment elle me point.
(G. M,\cii., Poé.t., Richel. 9221, f° 32'. >
Que je ouiilay le cuer partir
Ly deust en deni, vraiement ;
Tant plouroit des yei fondamment
Ses meSaiz.
Oliracle de Rostre Dame, de Robert le dyable,
p. 5i, Soc. des antiq. de Norm.)
L'escripture cmprimee en leurs cuers
fondamment. (J. Goulain, Ration., Richel.
437, f» 32".)
Si le commença tout incontinent a em-
bracier et a baisîer en plourant si fondam-
ment qu'elle ne pooit un seul mot dire.
• (Gir. de Rouss., Vat. Chr. 967, t» 143'>.
[Gérard] se print a soy repentir très
araerenient et a plourer /bndanment. {Ib.,
f» 160\)
.Sy que da coer fondament ploreut.
(Pasloralei. ms. Brui., f" S5 v".)
FON
FON
FON
Tousjours plouroit si fondamment qu'il
n'y avoil créature ne ciel ue terre qui n'en
(lust prendre pitié. (G. DE Chastell.,
Chron. des D. de Bourg., IV. 301, Kerv.)
Les gens cl serTilonrs plcnroicnl
\ clianlJes larmes /'ondnmmfnl.
(M^niiAi,, Vin. ie Cliarl. YII, 1° 10-2', éd. 1493.)
Luy baisoit les veul-': par très grant pi-
tié en plorant si fondamment que... (Per-
ceforesl, vol. V, ch. 12, éd. 1328.)
Ceulx qui les reganlerent, de la pitié que
des chevalliers eurent, se prindrent fon-
dammenl a pleurer. {Perceval, f° 132'', éd.
1S30.)
La ploroient fondamment les Grégeois.
(C. Mansiox, Bible des Poet. de metam.,
foiSQv», éd. 1493.)
Les assisteu? plouroient fondavimenl.
{Leg. Sle Règne, ISOO, f" 6 v«, Bibliotli. Be-
sançon.)
Tons les ;iresens tendrement sonspiroienl
Très fondammnil, et ensemble ploroicnl.
(CitF.TiN. Cliants rou.. V 28 r», é.l. I-SÎT.)
Cf. FOKDF.EMENT.
KONDANCE, - onsc, S. f . , fondation :
Ne encontre la fondanse et l'estavlisse-
ment devant dis., ne vcurai. (1278, Cart.
de l'évéchê de Laon, f° 60"', Arch. Ai^ne.)
FONDAOUR, voir FONDEOR.
FONDAUKSSK, VOir FOXDEOIÎ.
FOND.VTAiRE, S. 01., tenancier qui te-
nait ou possédait le fonds :
Nuls foiidataires ou foudatiers roturiers
tenans ou possedans (iefs. (1483, Orrf.,xix,
311.)
Cf. FONDATIER.
FO?«DATEUESSE, VOir FONDATRESSE.
FONDATIER, S. m., tenapcicr qui te-
nait ou possédait le fonds :
Que nuls fondatnires ou fondaliers ro-
turiers tenans ou possedans fiefs au-
dessous de 20 livres tournois ne soient 1
tenus d'aller ou envoyer aux armes. (1483, |
Ord. de Charl. VIII sur tes privil. deshab. \
du Languedoc, ()Td.,\ix, 311.)
Lexistenco ancienne de ce mot est at- t
testée par le texte latin suivant du com- ^
menceraent du xiv= siècle :
Tenentiarii seu fundatarii. (1324, Leil.
de Charles le Bel, Arch. JJ 71, pièce 109.)
FONDATION, S. f., fondement :
Je le vous dirai pour mieu.x venir a la
fondation de ma. matière. (Kroiss.j Cftron.,
I, II, 52, Buclion.)
— Revenu :
Comme toutes leurs chevances el fonda-
tions soient sur les revenues de leurs vi-
gnes et autres labourages. (1391, Ord., vu,
448.)
Les dits suppliants n'ont peu recueillir
leurs grains 3t autres fruits, qui est leur
principal et plus grant fondation. (30 avril
1412, Exemption d'un chariot accordée aux
églises de Senlis, Biblioth. de Sentis, mss.
Afforty, t. XX, p. 465, dans les Mémoires de
la Société de l'histoire de Paris, p. 267.)
FONDATHESSF,, fondateresse, s. f., fon-
datrice :
Concernant l'achèvement du testament
de feue madame vostre fondalresse. (1547,
Lelt. des exéc. du test, de Mgrd'Autr., ap.
Baux, Hist. de l'Eglise de Brou, 2» éd.,
p. 492.)
Brnnechil fnt jadis roine de Krance,
Fondatrressf du saint lien de céans.
(Liste ilfs tombea::x qui soûl dans Veglise de Sainl-
Martin d'Autan, Arcli. de l'évèclié d'Anton, F.
de Saint-Martin, et Xoij. lit/, de deux Bénédic-
tins, \'° part-, p. 157.)
ne Flandres fut Marguerite contesse.
Des lieux pieux pieuse fondatresse.
(Vers inscrits sur un arc dt* triomphe élevé' à Lillr
tors de ta jaijeuse entrée en cette rille en ISOI
des archiducs Albert et Isabelle, Bulletin de la
Commission historique du Nord, XII, 161.)
FONDAUMENT, VOir FONDAMMENT.
FOND DE CUVE, S. m., sorte de pardes-
sus que portaient les hommes et les
femmes et qui était habituellement
doublé de fourrure :
Mais au dcssoubz fanlt faire voile
Depuis les reins jusqnes au piet.
Du cul de robe qui leur chiet
Contre val, comme uns fonds de cure
Bien fourré, ou elle s'enonve;
' Kt ain.si ara la niescbinc
Grcsie corps, fïros cul el poitrine.
(EcsT. Desciiamps, Poés. ,Rifbc]. 840, f iOI''.)
1. FONDE,. /'«ndPj S. f., bourse, sac dans
lequel on met son argent :
Il trouvèrent une grande bourse enflée
ausi com se ele fust plaine de deniers, la-
quelle bourse on apele useement fonde.
{Vie de S. Franc. d'Ass., Maz. 1351, f" 31".)
— Bourse, lieu où se réunissaient les
commerçants el où les marchandises
étaient déposées :
Toutes jtes gens dcvent maner de la
fonde en amont, en Acre ; et de la fonde
d'Acre en aval ne deit nus estre. {Ass. de
Jérus., t. II, p. 178, Beugnot.)
En la fonde de Tyr. (rraet. franc, de Guill.
I de Tyr, f» 142 v», ap. Roq.)
I Le bailli de la fonde de cel leuc est
corne rays. {Liv. deJ. d'Ibelin, c. 4, Beu-
gnot.) Var., funde.
11 boutèrent le feu en la fonde la ou toutes
les marcheandises estoient ettouz liavoirs
depoiz. (JOINV., S. Louis, 164, Wailly 1874.)
2. FONDE, s. f., base, foiideiiicnl :
Zacliaries sot de clergie
] lît des sciences la fonde
A son tens.
1 (I.W B C Plantefolie, Bichel. 8.11, f° IS7".)
[ Iluimais porroii oir la fonde
De l'nn des princes terriens.
(De la maie Honte, Bichel. 191.ï'2, f" n:i''.i
Tôt autres! ces .m. cites
Sont principaus en avant totes;
De ce ne doit estre nus dootes.
Ronme doit la première dire,
Quar St Pieres i prist martire.
Et Compostiele est la seconde,
V Si Jako Dst de soi fonde :
Sa cars fu la mise et remese.
(M(]USK., Chron., i;U7, ReilTJ
Quar li traîtres faus et las
Celui l(i mestres ert el fonde
Kl de lui et tout le monde
Oia baisier et envair
Et pour .\\x. deniers trair.
Un., il/., iMri.)
Mnsike est apries la seconde.
Ki de canter est des cl fonde.
(In.. II/.. 'iIlCi
Rome qni deust eslro de noslro foi la fonde.
Simonie, avarice et tous maus y abomlc.
(fa Vie du Monde, si. S, ap. Umi.i
mironer du monde,
Bonté 1res parfondc.
Huby reluysant.
Tu es Dostre fonde.
Car en toy co fonde
No.strc estai plaisant.
(Ad. des Apost., vol. I, f» T, é.l. i;;."»:.)
Le donlx .Icsus qui est noslre deffencc,
Noslre secours, noslre escu, nostre fonde.
(f*., riO'.)
FONnEKMENT, - emciil, fund.. adv., à
fond, jusqu'au fond, profondément, abon-
damment :
Nous sentans fundcment des grans biens
et pourfis que nostre sires li roys et ma
dame la royne d'Engleterre nous ont
fais. (1309, Cart. de Ponlhieu, Richel. 1.
10112, 1° 348 v«.)
Se priiit si fondement a plourer. (Com-
pas, de la s. escript., ms. Aloumerqué,t. II,
f" 132 V".)
Et si fondeement plouroit que... (Christ.
DE Pis., Cité, Ars. 2686, 1» HO».)
Les gens granz et petiz plouroient si pi-
teusement et si fondement, comme s'ilz
veissent porter en terre leurs meilleurs
amis. (Journ. d'un Bourgeois de Paru,
p. 236, Tuetey.)
Et en le plorant si fondement, chascuu
jettoit son œii au murtrier .lehan Poliroi;.
(Cl. Haton, iVcm.,I, 324, Rourquelot.)
Cf. Fondamment.
FONDEFiEis, V. a., penvcrsor de fond
en comble :
Mais il (le bastillon) fut enversé en
bas, abaitu par terre, en terre, en fons
fondefié et porté jus par main robuste.
(J. MoLlNET, Chron., ch. x, Buchon.)
FONDEFi.E, fondeffle, fomlelfe, fundejU,
fondiefle , fondifle , fondreffle, fondouflc ,
fondufle, fendofle, fandofle, s. f., fronde ;
instrument propre i lancer d'énormes
pierres ; « arc de douze ou quinze pieds
de long, d'où partaient des javelots de
cimi ;i six pieds, » comme l'explique
Fauchet {Orig., p. 120) ; sorte de canon ;ï
deux bouches ou jumelles ; selon les ex-
pressions du. Estienne (Precetlence du
langage français) « machine de guerre
servant à faire batterie • ; souvent le pro-
jectile lui-môme :
Et fondiefles as mains et kaillans poar siervir.
(Cher, au cyi/ne, 8690, Reifl.)
El payen leur giolloient fondiflrs et quariaus.
(«., 9048.)
El ly roys des Taffors va se genl amenant
Oui de fondiiflrs vont les pajens destraignan'.
(«., 2(1.^9.», I
Kl jcleol de /ondte/les et de grans c.aillaus bis.
(tes Chelifs, liichel. lî.'iSS, P'.r.)'.)
Dont veissies ribans d'assaillir aalis.
Et jeter ans fondu/les ces grans caillaus massî*.
(Chans. d'Ant., vi. 9X0, P. Paris)
l.ors fu l'assau» leconraenries
Des /ondef/te.s et des caillaus.
(Ilenart le nouiicl, 4001, Méon.)
S6
FON
FON
FON
Eulre l'une compaignie et l'autre coni-
paigDÏe estoit une espnsse aussi que le
fîiet d'uue piere c'uue fondefle pete. {De
saint Brandainm le moine, p. 86. Jubinal.)
Couimcm-i'TLMil a assalir la vile de ja-
veloz et de foudes et fandofles. (Chron. de
S.-Den., ii.s. Sle-Gen., f» lOf.) P. Pans,
fondoufles.
Faisoit aprcudro toutes les manières et
usages de bataille, si con salir, courre,
Doer, pierre gieter a le main et le fondiefle.
{U Ars d'Amour, II, 3S8, Petit.)
Funda, fundefli. (Gloss. de iiMe,Scheler.)
Furent faiz plusieurs fondref/les, bri-
coles et escheles. (Moxstrelkt, Citron.,
I, 29, Soc. de ru. de Fr.)
Ils usoient aussi des espringardes, qui
estoient instruments volans cûninic fon-
delfes ou frondes. (Fahcuet, Orig. des
Cheval., arm. et héros, II, 1, éd. 1611.)
Les fondelfes lascUoientaussi des pierres,
ainsi que les frondes a main. (ID., «6.)
— La corde de la fronde, courroie en
général :
Iteo li >oo Tilaia repronricr,
La fendojlf dont il cbeo^la
Le caTeslre que il t'embla.
(Uir. Je SI Kloi, p. 83. Peigné.)
Entre lei boissons trouveras
Che qne ta caers parfont macbié
D'une fendo/lc entrait lalé.
Pesloie, preo le tine cbose.
(;a.)
FO.VDEFLER, (roudejler, fendesfler,
Terbe.
— Nentr., lancer des pierres avec une
fronde ou avec une machine de guerre,
jouer de la fronde :
Li mescreaut commandèrent a ruer
pierrez et a fondefler et a traire saieles et
quarriaux. (Cont. de G. de 'yi/r.ch. xxviit,
var., Ilist. des crois.) .\utre \u.v.,fronJeller.
Et en cheminant et alant ilz fondefloient
et abatoicnt ainsi connue une teuipeste
maisons d'avocas et de procureurs.
(Froiss., Chron., Richel. 2660, f" US r°.)
— Act., lancer avec une machine de
guerre ;
Et lee eogiens ;iarair et aprester
Et miogooniaus grans perrons fonde/ter.
(Ut Luk., Iticbel. 1988, f» 193 »°.)
— Assaillir à coups de fronde :
A chascooe des flecbes ot x cordes poignas,
Oa fondrffle»! les Tors la dedens par esclas.
(Conq. de Jcrui., 1676, Hippcan.)
— A fondeflant, avec la rapidité du
trait lancé par la fronde :
Si sont en Espuiîne les rivières trop pé-
rilleuses ijui vienuent affendesflant par
pluyes et lavaces .«i abondainincut que...
(Fhoiss., Chron., XI, 423, Kerv.) Lu ver-
sion de Bre.sliiu porte : Dévalant en bas.
FONDEFi.Eun, - de/Peur, fondiblaour,
s. m., soldat armé d'une fronde :
FonJiHao'ir sont cil qal ruent
Par futsiaus pierres dont il tneat.
(J. BE PkioKAT, Lit. de regece, Richel. 160i,
f W.)
Li fonde/leur d'Ysracl li-ur vindrent a
rencontre, si lesocistrent. (Udi.\rt, Bible,
Nomb., XXX, ins. Sli'-lien.)
Lvi fondeffleurs issirent de lu cité contre
ceulx qui tiroient Achior.(FossETlER,Cro».
Marg., ms. Brux. 10510, f" 131 vo.)
1. FoxDEis, - dis, /"îirt., adj., de fonte,
fondu :
Il firent un vccl en Oreb , e aurerent
chose fundice. {Liv. des Ps., Cambridge,
CV, 18, .Michel.)
Dens enfans Je fin or fais en molle fondis.
(.Rom. i'Ali.r., ap. Barlscb. Chrest.. col. 178,
3" éd.)
Le pié estuet refaire de nnef, trop est malmis.
Voire, dist li orfèvres, j'en ferai .i. fondis.
Se Tos or me baillies, icis ert avoec mis.
(Ilclias, Richel. 12558. P 13'>.)
Nus ne doit faire patrenostres de fil,
ains les doit faire fondeisses et tornees a
tour, bones et grosses, seloac ce que les
patrenostres sont praus. (Est. Boil., Liv,
des inest., i" p., xliii, 6, Lespinasse et
Bonnardot.)
Qoar por ce qu'il estoit d'avoir trop covoitis
Li Turc li Osent mflro par la bocho enz ou pis
Et par dedens le cors or boillant et fondis.
(Jacot de Korest, ap. J. de Tuim, Yst. de Jnlius
César, p. ti, note, Settegast.)
Vous avespecié a nostre Seigneur vostre
Dieu, et fait un veel fondeis. (Guiaut,
Bible, Deut., m, ms. Ste-Gen.)
Et ûst une ymage fondisse.
(G. M.ictt., Poés., Richel, 9221, f 19-1''.)
Ils tentèrent Dieu, s'esloingniereut de
luy, et se retirèrent de sa cognoissance,
firent et mirent sus ydoles et veaux fondis,
les esleverent eumy le désert pour sa-
crifier. (G. Chastell., Chron., V, 296,
Kerv.)
Couleuvrines fondisses , flèches. (1496,
Arch. mun. Compiègue, CC 3à.)
— Terme de cuisine :
Et les entremets furent de lus et de bro-
chets fondis. {Hécils d'un Bourg, de Valen-
ciennes, p. 57, Kervyu.)
2. FONDEIS,- dis, funde>js,s. ni., action
de se précipiter, combat, mêlée :
Si jr cast un grand fondis :
Adonc commence le chapplis
Si grant, si fort et si byileni.
Do bonnes baicbes et d'espees.
Car leurs lances eurent gectees.
(G. de !a ISigni-, f" 55'', ap. Ste-Pal.)
— Maison en ruine, masure :
l'undeys , domus ruinose et derute.
(1291, Arch. SI llilaire. Bourg, ap. La-
laniie, Gloss.du pal.poilevi.,^. 136.)
A Jehan Basourdi, pour toute la pierre
que la ville a fuit et fera traire en ses /bn-
deiz a Hoicbecorbou. (1339, Compt. mun.
de Tours, p. 126, Delaville.)
Guillaume de Signy escuier,.,, et plu-
seurs autres s'en alereut es fondeiz quérir
les joviaux dudil Guillaume, qui estoit ou
panturuge desdiz fondeiz. (1380, Arch. JJ
118, pièce 263.)
Fondis, masures. (1454, Dêclar, au prieur
de S. Thibault, Arch. Vienne.)
Fondis ou mazery. (1481, .Nieuil, ras. du
Poitou, ap. Lalanne, Gloss. du pat.poitev.,
; p. 136.)
I Auss; je y vl faconde rethoriqne
Qui volnnliers oioyt dame musique
SI bien chantant que d'ung petit fondiz
Nous pensions estre en ung paradis.
(J. BoiciiET, Ep. fam., I" p., \x\iiii, éd. 15i5.)
Bail a rente d'un fondis, grange ou ma-
sure. (1575, Enq., S. Cyprien, liasse 22,
Arch. Vienne.)
Vendée, Deux-Sèvres, fondis, s. m. pi.,
bâtiments tombés en ruine, masures.
Cf. FoNDom.
FONDEL, frandeljS. m., fronde:
l'ne pierre a enz el fonde! posé.
(Les Loh., Richel. 1582, ap. Vielor, Handsckr.
der Geste des Loh., p. 106.)
Cenix dedens lor gettoient et vive cendre et chaos.
Et a bras estendus grosses pierres poignaus.
Et li plusours a peli et li autre a fondaus.
(Vœur du Paon, ms. Brui. 11191, f 21 V.)
Li plusenrs an palon et li autre ans fondaus.
(/«., Richel. 1554, f 19 r».)
Quand David le vit approucher si print
une de ses pierres et la mist en son fran-
del et la gecta de telle vertu qu'il l'assist
au front de Gollias. (Hist. de l'anc. test,
f" 97°, impr. Maz.)
FONDELFE, VOlr FONDEFLE.
FONDELMENT, adv., abondamment :
Ne fîna onques de plovoir si très fondel-
ment que riens ne se pooil garantir hors
des mesons. (G. de Tyr, xxi, 2i, Hist. des
crois.)
1. FONDEMENT, fund., S. m., action de
fonder, fondation :
Que vos ne meteiz ne ne faceiz mettre
contredit ne empescliement ou fondement
de l'abaie que nous entendons a commen-
cer. (1273, Lett. d'Aeliz C"" de Biais,
Marmout., ArcU. lud.-et-Loire.)
L'abbé et le couvent de Preaus tienent
le fundement de lour abbeie de don Hun-
frei de Vielles. {Cari, de Preau, (" 89 v,
Arch. Eure.)
Laquele (vavassourie) il avoient et pour-
soieut du fondement de lour eglize. (Ch. de
1318, S. Evroult, Arch. Orne.)
Que ledit mouslier est de fondement
royal. (1320, Arch. JJ 60, f» 19 v.)
Pour paier finance du fundement d'une
chapelle par li fundee. (1343, Arch. JJ 76,
f» 173 V.)
Devant l'ostel a certaines places et fon-
deniens de maisons. (1431, Denombr. du
baill. de Constentiu, Arch. P 304, f 200 r».)
— Fonds de terre ;
Nous vendirent. ..la meyeté d'un boyes...
tant le fondement que les coyelletes et les
expleiz lu dite colleyte. (1301, Acq., Fon-
levr., -Mespied, Arch. Maine-et-Loire.)
— Action de s'enfoncer :
Ains estoit ainsi que la tour avoit prins
son fondement quant elle fut faite, et avoit
delaissié le pan du mur. (Wavrin, An-
chienn. Chron. d'Englet., 11, 130, Soc. de
l'H. de Fr.)
— Gonflement :
Fondement, conllacio, onis, ou soufle-
menl. {Gloss. yall.-lal., Richel. 1. 7684,
f» 85 v».)
2. FONDEMENT, Voir FONDEKMBNT.
1. FONDEon, - eeur, - eur, - aour, -
aieur, s. m., soldat armé d'une fronde :
FON
FON
FON
37
Kl esl bien chose anctorisu?
Que li fimdaouT profitié
Ont a loar ost as guerres pleiones.
(J. DE Pbiobat, l.iv. de Vegeer. Uichel. in»i.
Anbaleslierz, fondeeurs. (Cron. Godefi:
de Buill., Vat. Chr. 137, (' 397=.)
Et dressa en assez peu de temps un
chasteau dessus a prant peine et a grant
travail que il leur convint souffrir pour les
archiers et les arbalestriers et les fondeurs
de ceulx dedens qui tiroient et fondoient
seurement. (Grand. Cron. de France.
l'Istoire du gros roys Loys, xi, P. Paris.)
Vespasien eut envoyé sur eulx les
traveurs et les fondaieurs. (Ancienn. des
Juifs, .\tb. 5083, 1» 257'.)
2. FOXDEOR, - eenr, - oor, - or, - our,
- ur,-eur,fonz., fund.,found.,s. m., fon-
dateur :
Son père, pur la sue amor.
De une abbei estoit fundnr.
{Cmtin. du Brut de Ilarc, Michel. Chron. angh-
norm., I. 113.)
Nous célébrerons et ferons sollepnenient
Tostre anniversaire ausi comme d'un de
nos fondours de nostre abie. (12SS-1262,
Coll. de Lorr., 261, n" 126, Richel.)
Le pape Urbain quart, fondeur de la
dicte eelise. (1262, Chart. de la collég. de
St Crb; p. 231, Lalore.)
Quant il dut les murs maçonner
De Thcbes, dont il fu fondicfres.
(Rose. Richel. 1573, f» iG^; éd. Méon,ll)91i.)
.... Fondiere.
Ui.. éd. Lanl. de Dam., 20357.)
Cil qui estoit.. nobles /biiderres d'églises.
(Chron. de S.-Den., ms. Ste-Gen., f» l?"-.)
Que les anceisors du dit Jeheu avoienl
esté fondoors en partie de la meson as diz
religieus. (1293, Lett. du vie. de Pont Au-
demer, S. Evroult, Arch. Orne.)
Duquel leu nos volons cstre fondeor e
patrons. (1297, Test, de Hugues le Brun,
Arcb. i 407, pièce 6.)
Comme eux aient pooté et liberté d'a-
querre par tous les fies de lors fondors et
par toute lor terre, et de ce ont ussé et
esplecté des le temps de leur fondement.
(CA. lat. du XII* s. trad. en fr. au xiii",
<;art. de Preseigné, ms. du Maus.)
pue les personnes des dictes églises
[irient diligemment pour les diz roys
comme pour leurs fondeur s. (Chr on. dei.-
Den., Richel. 2813, 1° 427*.)
Le bos fu donné a nostre dite meson
Dieu a la fondation d'icelle de Mons. S.
Lots nostre glorieux /ondeur. (1317, Arcb.
Seme-et-Oise, A 1434.)
Privilèges que il avoient de la fundaoion
de leur dite maison de glorieus fundeeur
Mons. saint Loys. (1322, Arch. JJ 61,
f ' 33 r°.) Plus bas, fondeeur.
Par tiltre de leurs fondeeurs. (1326, Cart.
de Préaux, f" 174 r°, Arch. Eure.)
Jehan de Sainte Audegonde,/'o)uierres de
le Chartrouse. [Pièce de 1330, Mém. des
Ant. de Morinie, XV, 88.)
Solom le porport de la chartre \oT fun-
dour avaunt dit. (Lell. d'Ed. II, coll.
Brequigny, IV, f» 47 r", Richel.)
... Li fondierres
De sainte Eglise Jhesucris.
{Fatl. d-Or.. Ars. 5069, f tOi'.)
E fu leur primes fundour (des frères
mmeurs). {Chron. d'Anal., ms. Barberini,
Seyn Dominik le fundur des frères pre-
cheours. (Ih., f' 54 v".)
En mesme.s les lieux faitz par les foun-
dours. (1343, Lett. d'Ed. III, Avesbury,
p. 112.)
Prient pour lesditz rovs comme pour
lours foundeours. (24 oct.' 1360, Traité de
Bretigni, Liv. des Bouill., XI, Arch. mun.
Bordeaux.)
Que la volunté raisonnable du testateur
ou fondeur d'aucun benetice est a tenir.
(Orksme, Politiq., f» 118», éd. 1489.)
Delà eglize fut le premier /'onïeor Charle
Maigne. (1389, Cart. apparten. d M. de
Dampierre.)
Ne scez ta que Romme nommée
Fnst de son fondeur Roronlas ?
(E. Deschamps Poés., Richel. SIC, f 530'.)
Les fondeurs de ladicte estude furent
celluy Alcun, Kabanes qui fu disciple de
Bedes, et Clodes, et Jehan l'Escot. (Crist.
dePiz., Charles V, 3* p., th. 13, Michaud.)
Pour la grant et singulière amour et
devocion que nous avons eue et avons
envers noz bien amez les prieur et cou-
vent des religieux Olestins de Nostre
Dame de Paris, et a leur esglise, dont fut
/ondeî/rnostretreschierseigneur et père....
(6 juillet 1403, Arch. S 3743, pièce 40.)
Fondeurs, protecteurs et gardes de
nostre evesché et église de Sainct Brieu.
{Aveu de 1472, Ane. évêch. de Bret., 1, 380.)
Lesdis religieux sont tenuz faire prières
et oraisons pour leurs fondeurs. {Us. et.
coût, des for. de Norm., f 6S^ Arch. S.-
Inf.)
Cadmus, rov et fondeur de Thebes.
(B0CC.4CE, Nobles malh., I, v, f» S v", éd.
1515.)
— Fém., fonderesse, fondaresse, fon-
dresse, fondatrice :
Lekele capelerie devant dite je nomme
comme fondresse et por che k'il apere ke le
première donnisons en soit raoie. {Charte
de 1277, Moreau 201, 1° 118 v», Richel.)
Si voel jou comme fonderesse de le mai-
son ke... (1290, Chartes d'Aire en Artois,
Wailly, Bibl. de l'Ec. des ch., XXXI, 276.)
La a abbesse, et mainte suer
D» Cisteaui. qui est ordre grise.
Et qui lui rendent digne service,
Chascun jour, comme fonderesse
Du lien, dame et deffenderesse.
(E. DE^CB*M1■S, Poés.. Richel. 8i0, f» SSQ*.)
Fondaresse. (xv° s., Lille, ap. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Dido.. première fonderesse et royne de
Carthage. (BocciCE, Nobles malh., V, 16,
f> 130 r°, éd. 1515.)
3. FONDEOR,- deeur,- diour,fun., s. m.,
creuset destiné à la fonte :
.1. d. entre deehié du marc et despens,
et cherbon, et fundeeur, et crusous, (Acte
sans date, reg. de Ph. le hardi, Arch. J
1034, pièce 28.)
Ou pesereit, ou trabuchereit auconne
monnee, quelle que ly monnee soit, por
porter ou billion, ou en la monnee, ou
fondiour, ou fornaisse. (1420, Arch. Frib.,
l" Coll. de lois, n° 293-294, f» 86-87.)
FONDER, funder, verbe.
— Act., jeter, lancer :
Lors veissies pieres fonder
Et assaillir mult aigrement.
{Gaumin, 290i;. Hippeati.l
Autres fondoient pierres, autres treoient
saettes. {Cron. Godefr. de liouill., 'Vat.
Chr. 737, f" 397''.)
— Répandre :
Del revenir meteot lor termes,
.\1 départir fondèrent lerrnes.
(.S. Brandan, Ars. 339n, T 103'.)
— Combler :
De si as murs de Tir voln le mer fonder.
Si qu'il poront de près asalir et gieler.
(Roam. d'Alix.. P \V,^, Michelanl.)
— Neutr., être détruit :
Loingde Jérusalem enlor .XXX. jornee.s,
sont les .V. cites qui fondèrent por le pe-
chié contre nature. (BnuN. Lat., Très.,
p. 155, Chabaille.)
— Fondé, part, passé, bien instruit, sa-
vant :
De letres sases et fonde:,
A .\thenes tenoit escole.
(Ben., Troie, ms. Naples. f» 1^)
Des arts ert bien fondes.
(Boum. d'MLr., 1" S*". Michelant.)
A son hosteil .1. clerc avoit
Que nus bons millor ne savoit.
Mull estoit bien fondez des ars.
{Florimont, Richel. 792, f 9''.)
Henri ont a nnn le pnisoé,
Ki de clergie fu fundé.
{Continuation du Brut de Wace, Michel, Chron ,
anglo-norm., I, 93.)
Moult estoit bons clers et fondez de
haute clergie. (.4re!t)-, Richel. 337, f» 9>.)
Sachiez que de tous biens est si sage et fondée.
{Berle, 2830, Scheler.)
11... fut envoie a Napples a l'estude ou il
fut fondez parfaictement en logique et en
nature. {Contin. anonyme de la Chronique
de Jean de S -Victor, Recueil des historiens
de France, t. XXI, p. 631, note.)
Car avec tout ce qn'il est ainsi fondez.
C'est li mains covoiteai qui soit en c. citez.
C'est tout li plus courtois qui pnist estrc trouvez.
(CoT., B. du Guesclin, 1 ii:i3, Charrière.)
— Pourvu, muni :
Et feussent les douze chanoines fondez
chascun de deux cens livres parisis, lesdiz
chappellains de cent, et les clers de cin-
quante. (MoNSTREL., Chron., I, ccxxxii,
Soc. de l'Hist. de Fr.)
— Fondé de pouvoirs :
Nostre seigneurie roy envola au roy d'A-
lamaigne, qui ja estoit allies et aus autres
d'entour lui ses messages, c'est a savoir li
evesque de Belehem et le priour des frères
precheours de Paris, les quiez orent petite
odience, pour ce qu'il n alerent pas bien
fondez; mes après euls ala monseigneur
Mouche, qui ala si bien fondé et garni.
(1297, Arch. J 654, pièce 16.)
— Fondu :
Car se l'amirans set que nous scions des pers,
Ne nous garroit tous l'ors qui onqnes fust fonde,-
Que cascuns ne fust ja pendus n afoles.
(Fierabras, 1920, A. P."!
La estoit Terragans et .\polins levés.
Et Margos, et Jupins.Pl des autres asses ;
Du plus lin or d'.\rrabe estoit cascuns fondes.
Ub., 3158.1
Fusilis,/'«n(iBS.(G(o.<;.s.(/«DoMai, Escallicr.)
«8
FON
FON
FON
FONDEnKssE, atlj. f., ciù il y a Jes fon-
deurs, en parlant d'une rue :
Le rue fondcresse (i S.-Queiilin). (1295,
Arch. niun. SlQuentiu, I. 1, piùce 18.)
FONDEuiŒ, - dure, s. t., action de
fondre, fonte :
Li sieçe? de? lavoiiersefloiPDl ousi d'une
meisnie? entaillenre i>l d'une fondeure et
d'une prandeur. (Guiabt. Bible, Trois, liv.
des Rois, SIX, nis. Sle-Gen.l
Li siepe des lavoirs estoient d'une
mesme enlaillurc et d'une fondure. {lit., ib..
Mai. 538, t' H»"-.)
Entre ces fondures de plong v avoit uns
merveilleux crand nombre ù'auberjons
contrefeils. (G. ("hastell., Cftroii. des D.
de Bourg.. 111, 100, Huchon.)
Les lavoirs estoient tous d'une mesme
fondure et d'nng grandeur. (Fossktier,
Cron. Marg., ms. Bnix. 10511, V, 1,6.)
On dit que la fondure d'nu canon a esté
faillie, fxv* s., Lille, ap. La Fons. Gloss.
nu., Bibl. Amiens.)
Tbibaclt.
Il nous tandroit doncqnes reToDiIre
D'one matière nioolt allaitée.
JtSXf.ITF.
Rien, rien, mais de belle fonâurf :
Snr Ions les anllres c'psl le père.
(Farrr des femmes. Ane. Th. fr., I, ''. <
FONDIBLAOUR, VOir FONDEFI.EUK.
FONDiBULATEUR, S. m., soldat amié
d'une fronde :
Les Marsions estoient fournis de fondibu-
lateurs et de artilliers. (Orose, vol. II,
f» 108", .^'d. 1491.)
Faire faire grosses et haultes tours de
bovs arssi baultcs que les murailles de la
vilfe pour mettre arcliiers et fondibtilateiirs
qui fzetloient sur ceux de la ville. {Ib.,
S" 113'.)
FOXDIEFI.E, voir FONDEFLE.
roxDiGUE, voir Foxdique.
roNDioLR, voir FOiNheor.
FONDiQUE, fondigue, fonteque, s. m. et
t., magasin, donane, marché:
Et en icellui fondique de Nerbonne
fusmes nous hyuberfiez nous tous pèlerins.
(D'AsGLUBE, Voy. d Jerui., p. 78, A. T.)
Item, y a pluisieurs marchans cristiens
dcdens la ville qui la demeurent, en espe-
cial Veuissiens, Cenevois et Catelans, qui
y ont leurs fonteques. (Ghill. de Lan.nov,
Voy. el ambass., p. 109, Polvio.)
Tous marchands qui y arrivent avec
marchandises, les portent toutes, quand
ils les font descharger, en une fondique
qu'on nomme en plusieurs lieux dfouanne.
(Lemaçon, Trad. de Boccace, 8* jour..
10* nouv., éd. 1737.)
Il dit que de son temps elle (Gien-sur-
Loire) esloit le fondique et magazin des
Chartrains. (Favin, Th. d'honn., 1, 333, an.
Sle-Pal.)
Lesquels au milieu de leur ville ont fon-
digue et place de trafic, ou avec parjure-
mens trompent les uns les autres. (Saliat,
Hérodote, I, éd. 1586.)
Il y a (les bazars et fondiques destinez
pour les inari'liands de drap de soye, de
laine, caniolol? et toiles de collon. (Koi/ao.
dus. de YiUnmont, p. Sfi6, éd. 1598 )
L'homme se plaint de son cerveau de ce
qui lui envoie tant de defluxions, fondique
de toutes les maladies plus dangereuses.
(Charr., Sag., 1. 3, c. 39.)
Et fait qne la Terlii soit Tice détestable
Et le Tice Terln, et la cour nn cstable.
Un retraict des ahos, des dissolutions.
I.e fnmier de lori-noil. de nos mnn5 le fondigue.
L'abisme des thrcsors de la France prodigne.
(.Le Cabinet du roij de Fr., p. .-îOo, éd. 1581.)
FOXDis, voir FOXDEIS.
FONDiTEun, s. m., frondeur :
Les fonditeurs qui geclent des fondes.
(Ftai;e Vegece, I, 20.)
.lelteurs de pierres par la fonde, parti-
culièrement nommes fonditeurs. (GmLL. nu
Choul, Disc, sur la Castrametation, p. 13,
éd. 1581.)
FONDOiER, - eier, - fund., v. n., lancer
des pierres avec une fronde ou une ma-
chine de guerre :
Fait traire a eas e frtndeier
E trenchanz gateloz lancier.
(Be.\., d. de yorm., Il, Sfi6.;, Michel. >
FONDOin, S. m., elTondremenl ;
Est la douairière tenue d'entretenir les
biens et héritages sur lesquels ledit douaire
est affecté de toutes charges, censés, rentes
et réfections nécessaires, sauf de vilain
fondoir. {Cotit. d'Espinal, u, 14, Nouv.
Coût, gén., 11, 1130.)
Une vefve femme qui a son douaire en la
moitié des héritages qu'elle tient en douaire,
de couverture, pel et torche, et non de vi-
lain fondoir, si doncques n'est qu'il appert
que par sa faute le dit fondoir fust venu
es mains de laquelle douairière, les héri-
tiers doivent mettre en bon estât ce qui
dépend de son douaire. (Coût, de S. Mihiel,
Xouv. Coût, gén.. Il, 1047^)
Hz seroieul tenuz de maintenir et entre-
tenir ladite halle tant de couvertures el
aultres ouvraiges y nécessaires, inesmes, si
par vilain fondoirs ou aultrement, en ma-
nière que ce soit elle tomboit, la faire re-
dresser a leurs dépens, (loio, Permiss. par
Touss. Hocedij, év. de Toul.de con.^truire des
haltes, Arch. Vosges, (.liapitre de Toul,
cart. G.)
1. FONDOiRE, S. f., fond, crcux, vallée :
Sept mencauldces de terre ahanables
seans vers les fondoires qui appartiennent
aux grands chartriers deCambray. [Déclar.
des fiefs de l'église de Cambray, ap. Duc,
Fonda.)
2. FONDOIRE, - onere, s. f., fonderie,
fonte :
.\ esté trouvé en la fondoire de la dicte
nionnoie. (Juin 1396, Inrent. de meubl. de
la mairie de Dijon, Arch. Coli'-il'Or.)
Poflr la voicture d'avoir fait nieuer tout
le pion dessus dit au poys pour le peser a
la fondouere, pour le fondre et giler en
table, le ramener a la dicte fondotiere ou
dit poys pour en repeser pour eu savoir le
dechiet. [Conipt. de Girart Goussart. 1400-
1412, Forteresse, i,u, Arch. mun. Orléans.)
Une vieille tour de Dijon s'appelle la
tonr Fondoire. Il y avait aussi la porte
Fondoire. (I37C, Papier des feux de tu ville
de Dijon, Arch. Cùte-d'Or, B 11871.)
3. FONDoïKi;, fondouere, ». (., fronde:
Sa panesliere a son coslé.
On il ans cbans porloit son pain.
Et sa fondouere en sa main.
(Geoff.. .vu. Estaz du monde, Uichel. ISifi
F0ND0I.SON, S. f., action de répandre :
Des lerraes de son cuer fist lele fondoison.
yCnnq. rfc ./(•>!«., 7023, Hippeau.^
— Fonte :
Restant a fondre de la derreuiere fondoi-
son. {Comptes des mines de Jacques Cœur.
Arch. KK 329, f» 41 r».)
FONDOOR, voir FONDEOR.
FONDOUFLE, VOir FONDEFLK.
1. FONDUE, fundre, verbe.
— Act., verser :
Li fondi seur ses plaies vin et huillo
(Compas, de la s. escril., ms. .Monmerqué.
t. T, f» 66 V".)
— Renverser, détruire :
U a destruit Lions, ce m'est avis,
Mascon fondue et abaln Baugi.
(Garin le Loh-, 2° cbans., su, P. Paris.)
Sachiez qne a prant enviz retrai
Ceo que jeo'n trais et que jeo'n sai.
Des abeies, des coven/.
U tant aveit de saintes genz.
Oni si vilment furent traitées,
-Vrses, fundue^ e bruisees.
(Ben., d. de Nonii., I, 11-21, Michel.)
Aluni aseeir lor chasteaus
E prendre e fundre des plus beaus.
(Id., ili.. II, 359j.)
Car li amiraus de Carta;e
.1 tout ars et fondul l'cstage.
(Florimonl. Ilichel. 792, f" 12'.)
Apres se dreça (l'ours) encontre lui et
l'enbraça a ses pâtes devant, por fondre n
terre. (Guill. deTyr, i, 109, P. Paris.)
Riens ne li pooil contrester que il ne
fondist tout a terre. (Ib., 1, 17.)
Et furent les murz de lor cité, les forz,
les palais, les fortresces, les messons, les
esglises et touz les autres edefices fonduz
et trébuchiez ce dessus dessouz. (Cron.
Godef. de Buili, Vat. Chr. 737, f» 394^)
De faire fondre et diruer de laditte
maison co que mestier y sera de fondre.
(1366, Conflrm. des priv. de Nimes,p. Ch.
V, Pr. de m. de Nîmes, II, 293.)
Que péril peust venir a laditte cité, se
icelle maison n'estait fondue. (Ib.)
— Neutr.. s'effondrer, être renversé,
détruit :
C'est grant merveille que no font
Ceste cité de chief en cbief;
El fondra tonte par imia chief.
(G. DE CoiNCI, ilir., ms. Soiss., P 12''.)
Fondre fera ceste cité.
(Id., ib.. f» il'.)
Sodome et Gomorrc fondirent en bisme
pour les péchiez de ceulx qui dedans de-
meurroient. (Modus et Racio, ms., f" 193 r»,
ap. Sle.-Pal.)
Si prendrent le chemin des marrois ou
il avoit vieilles cloyes pourries et quant
elles furent sur les cloyes, les cloyes
fondrent et elles cheyrent en la boue el eu
la fange, (f.iv. du Chev. de la roMr.Richel.
1190, f" 48''.) Ed. liibl. l'Iz., c. 48, fondi-
rent.
FON
FOX
FON
o!)
Ciuq cilez qui fondirent et fiireutfieries.
{Traict. de Salem., cas. Genève I65,f«86r».)
Des tours et murs qui fondrent. (1366,
iJrd., XII, 106.)
Les pilliers sont en adventure Je fondre
et aller a ruynes. (1439, Répar. à la cath.
4e iVoî/o», Arch. Oise, Chapitre de Noyon.)
— Fondu, part, passé, détruit, renversé,
ilélabré :
Valent les granz temples fondai
E les haaz porlaas abataz.
(Bbx., D. de yorm., II, 31i3, Michel.')
I faurra réfère la charpenterie des ber-
aeriez qui sont /bndues et clieustes. (1336,
Arch. S 206, pièce 3a.)
Car elle est gaslee (la maison) el fondue
lonc temps y a. (1372, Comptes de Biais,
.4rch. KK 298-301, f » 4 v°.)
Poitou, Vienne, Deux-Sèvres, et Vendée,
fondre, v. n., s'écrouler.
2. FONDRE, V. a., fonder :
Pour la terre de Vitré qui estoit a Nantes,
ijui fut donnée a fondre les Jacobins de
Nantes. (1294, Reconnaiss-, Morice, Pr.de
VH. deBret., I, 1112.)
.\ntioche fondi Antiocbas li frans.
{Florence de Rome, Richel- nonv. acq. i\9i,
f 1 r°.)
FONDREE, s. f., lie :
Les parfumiers appellent myrobaianum ■
la fondree de leurs compositions (des j
•lattes). (Du PiNBT, Pline, xn, 22, éd.
l.->66.) 1
Les Grecs appellent Magma la fondree
(les compositions odorantes. (Id., ib., xiii, I
2.) I
J'entens par la lye une certaine fondree
(lue les olives rendent. (Id., ib., xv, 3.)
Et après que la fondree el lie sera au
Ions du pot ou vaisseau. (Id., Dioscoride,
I. 42, éd. 1603.)
Les olives sont composées de noyaux
• l'huyle, de chair et de lie, qui est une
fondree araere qu'elles rendent. (LA
(Mrte, EpitK., éd. 1S71.)
— Fig., grossièreté :
Je ne me veux arrester a monstrer la
fondree etb('slise de ce populas.;(DiiPiNET,
Pline, ixix, i, éd. 1366.)
Bourg., St-Martin de la .Mer, fondree,
goutte : t Boire une toute petite /"ondrfe »
Morv., Berry, Vienne, fondree, terrain
humide, marécageux, fondrière.
FONDREFFLE, VOir FONDEFLE.
l'ONORER, frondrer, verbe.
— Act., mettre au fond, enfoncer :
Une de nal sens ne [vit] loiniere ne clarté
?ie plm qne s'on Veust en nn lonnel fondre.
{Ooon, 53iti, A. P.)
— Neutr., s'effondrer :
Li mur de la tour fondroil droit parmi
lieu et tout li kertel volèrent atere.(Àrter,
ms. Grenoble 378, f» 2'. )
Quant Gai. voit fondrer son castel. (Ib.)
Et quant li enfes chai sus la terre, la
terre croUa et frondra, tounerre et signe
granl furent veu par tout le monde. {Hist.
du bon roy Alix., Brit. Mus. Reg. 19 D i,
{' 4".)
Cf. F0.\D11E.
FONDRESSE, VOir FONDEOR.
FON'DRiL, S. m., fond, creux :
.v. verges en fondril de Bray. (1316,
Liv. pelu, f"> 34'', Bibl. Bayeux.)
.m. verges en fondril de la lande. (Ib.)
.III. verges en fondril. (Ib.)
FONDRiM.E, s. f., sédiment que forme
un bouillon, une liqueur :
L'eaue de vostre poulaille, c'est assavoir
la plus clere, sans fondrille ou trouble
aucun. (Ménagier, II, 3, Biblioph. fr.)
— Reste d'impôt :
D'autant que ce qui restoit a recevoir
u'estoit plus que restes et fondrilles incer-
taines dont il ne se sauroit que bien peu
tirer, et encore avec grande longueur de
temps. (Sully, .Vém., t. III, p. 216, ap.
Ste-Pal.)
Fondrille se dit encore au premier sens
dans la H.-Xorm., vallée d'Yères.
Cf. Fondree.
FONDUE, s. f., fonte .
Serpentines de fondue. (xv° s , Lille,
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. .\miens.)
Pour sept autres pierres faites pour le
plus gros canon de fer de fondue. (1432,
Compt. de J. Rabustel, Arch. mun. Dijon,
H, aCf. milit.)
Ung gros veugloire de coivre de fondue.
(7 décembre 1440, Invent. de Hugues Girard,
ib.)
Suisse rora., une fondue au fromage,
tranche de pain sur laquelle on étend du
fromage fondu.
FONDURE, voir FOXDEURE.
FONGE, S. m., champignon :
Aulcuns y mettent ensemb'e des ails
pour oster le venin d'iceulx boletz, fonges
ou champignons. (Platine île honneste vo-
lupté, f» 91 r», éd. 1328.)
FONGEU.x, adj., de la nature du cham-
pignon, spongieux :
Les terres fangeuses, rares et caver-
neuses sont engendrées a l'entour des
eaus chaudes. (Le Blanx, Trad. de Cardan,
f» 71 V», éd. 1336.)
i-oNONART, adj., grogneur, grondeur :
Tien termes rnanlgré les fongnars.
(Le Chaslcaii de labour, 1499.)
Musez icy, mnsars, masez,
l'mtgiiars osez et relTnsez,
Qni desprisez l'honnenr des Dames.
De hlasmes serez accusez.
Si bienlost n'' voos excusez
De vos parlers viîJaios infâmes.
(J. M,\ROT, la Vraij Disant, éd. 1731..J
Grongnars, fongnars, hongnars, je prive,
[.es biens lenr sont mal employez.
(K. DE CoLLERYE, Ballades, iv, Bibl. elz.)
— Fangeux :
... ICn fosseit fongnarl.
(Jeh. des Preis, Geste de Liège, 34521, Scheler,
Gloss. philol.)
FONGNER, fogner, v. n., grogner, gron-
der, se dépiler, faire la mine :
I Par la Croix bien ! se vons fongnc:.
I (A. DE Li VicsE, Farce du ilunger, p. 241, Jacob.)
I de par le diable, dit il eu fongnant ,
voila un tour de finesse qui n'tïsloit poin l'
encor en mon papier. (Des Periers, N^ouv .
Récréations, de l'infant de Paris nouvelle -
ment marié, éd. 1338.)
Et voyant que cest Escossais avoit tous-
jours froid aux piedz et mal a la teste, et
qu'il /■ongnoittousjours : elle devint toute
mélancolique et pensive. (Id., ib.. de l'Es-
cossois et de sa femme, éd. 1338.)
Elle fongnu. au clerc plus d'un jour et
une nuict. (Id., ib., de l'advocat qui par-
loit latin a sa chambrière, éd. 1338.)
Quel plaisir est ce de le voir (le petit en-
fant) parfois depiteux et fasché d'un rien,
fogner pour une espingle ou autre petite
chose ! (.louB., Err. pop., V p., v, 1, éd.
1387.)
Bourg., Yonne, Villiers St Benoît, foin-
gner, geindre. Norni., Orne, fouiner, raur-
j murer. Guernesey, r'fugna. s. m., rebut
! dédaigneux.
FONS, s. f., fontaine :
I Fluos de doncenr, fons de miséricorde.
I (G. DE Coixci, Mir., ms. Brax., f lOT*.)
Item comme nos devanciers aient donné
] et octroie aux habitans de la di'e ville le
fons, le abreuvoir et les escassadours des
I chevaulx et des autres bestes, et les con-
: duiz des eaues venant a la dite fons et
abreuvoir. (1374, Franchises de la ville
d'Aigueperse, Arch. JJ 198, pièce 360.)
Fans el abreuvoir. (Lelt. de Louis XI,
j juin 1402.)
I Qu'elle procedoil du plus profond ruis-
I seau de la fons caballine. (D'Auton,
j Chron., Richel. 5083, f» 102 v».)
i Elles s'en vont ponr refreschir leur tainct
A la clair fons.
(J. BocciiET, Ep. fan., \' p., lui, éd. lo45..l
Saint, et Bourb., fons, font, fontaine.
Noms de lieux, La Fon(-George, La
\ Font-iOTl, le nom populaire de la source
minérale de Saint-Galmier.
■ Noms de personnes, La Fons, Lafont.
FONS AILLE, - ailhe, s. f., fond de ton-
i neau :
j S'il falloil hrusler sercles ou fonsaillie.
(1388, Liv. noir, f" 33, Arch. mun. Montau-
I ban.)
FONSER, foncer, verbe.
— Act., mettre un fond à, garnir d'un
fond :
Un quarteron de planches de tramble
achaté de Guill. lloy pour foncer la dicte
roe. (1389-92, Compt. de Ncvers, CC 1,
f° 2 V», Arch. mun. Nevers.)
.XXV. planches de tramble pour foncer
la roc (lu grant engin. (1394, ib., CC 2,
f'il vo.)
Pour iiii hais a foncer la roe du grant
engin. (1.4U6, ib.. CC 13, f» 16 i».)
Et vuillons qui foncent ou facenl foncer
fausses, chcrgemil. (1407, Droit de citasse
de l'ahb. de liellelay. Mon. de l'év. de Bâle,
V, 217, Trouillut el Vaulrey.)
El lesd. trcdoulx partie emploiez a faire
des huys. foncé lad. cage. (1480, Compt.
Hôt.-de-Ville Tours, Acliapl de boys.)
6()
FON
Ou il couviul uieclre grosses Irainncs de •
boys pour icelle (la tour) hauUer et le
tout foncer d'ayes. (/6., Journ. de cbar-
pentiers.)
Pour acoir foncé les places et traces a
nieclre les pièces de bojs portans les
cyntres. (1310, Aroh. mun. Angers, DD 10.)
— Fonsé, part, passé, qni a un fond :
Chaise fonsee de paille. (1373, Int., Arch.
Indre, E 578.)
L"ng prant charlit qui n'est point foncé,
samy de couete, de traverlil et lodicr.
ÎCompt. du R. René, 1471-1472, p. 239,
Lecoy.)
Garlande de lysses de boys lyees, fon-
cée» et garnves, lo tout de boys. (Dm. des
répar. p. leponl de Hareuil, xvi* s., Chart.
de Tbouars, Arch. M.-et-L.)
11 y a bien peu de terre i|Hi ne soit
foncée par dessous de pierres, ou de mines
de métaux, ou de terre argileuse, voire
bien stuvent foncée de toutes les trois
espèces. (Palissy, Receple, Cap.)
— Attaché par le fond :
Avecques bateaux atachez l'ung a l'autre
bien foncez et ancrez au fons de l'eau.
(D'Auto-, Chron., Richel. 3081, f° 22 v.)
— Ruiné, perdu :
Les feri Diea ou rondement,
Poru sant il loat earondo,
Fleslri, foncif, fade el fonda.
(G. DL CoiMr, J/i'r. , ms. Soiss., f 36'*.)
On trouve an xvt* s. et au commence-
ment du xvu* s. fonser avec le sens d'en-
foncer :
Tous d'un courage lirent tel ell'ort qu'ils
foncèrent les portes de l'église. (1561,
SedU. des Preslres S.-JIedard, Var. List, et
litt., Yl, 190.)
Detja le roy du gros de la bataille
Le choque, presse, ei de pointe et du taille
En le fomant nous ouvre le chemin.
(La .MoitLURE, ItenaUs. if Daphné.)
Morv., foncer, aller au fond, creuser pro-
ondément, mettre un fond à. Norin., Des-
sin, fonser, enfoncer, creuser plus avant;
se jeter sur, s'élancer sur ; mettre bas, en
parlant des lapins.
KO.NSET, voir FO.NCKT.
FOXSiEii, s. m., seigneur du fonds :
Comme il ayent en ladicte ville certaines
masures tenues de nostre dicte maison
2ui anciennement souloyent estre edif-
ees de bonnes maisons qui par les enne-
mis du royaume ont esté arsses et des-
tniictes par plusieurs fois, desquelles les
aucunes avoyent esté pieça baillées a seur-
cens qui pour cause de ladicte destruc-
tion font retournées es mains des fonsiers.
(1370, Rerj. du Chap. de S. J. de Jerus.,
Arch. -M.M 29, f 13 r'.)
FONSSET, voir FONCET.
FONSSELUE, voir Fo.NsunE.
FO.NSSIHE, voir FO.NSUHE.
FONSUUE, fonssure , fonsseure, s. f.,
fond :
Batteau chargé liv duuliles fou? a faire ;
vaisseaux, de barres a fonssure. (1512, I
Mantellier, AfarcA. /r^7., 111,110.) /
FON
Lâfonsure d'un lit. (1516, Yaleuciennes,
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
— Plancher :
A la rive du moulle par ou le roy d'Ar-
ragon dcvoit descendre, le roy tist faire
ung pont de boys entrant en mer environ
.XII. pas large a passer troys hommes de
front, faict a gardes, et ass"ix sur pillotiz,
et sur la fonsseure couvert d'un drap rouge
actaché a pelis clouz pour faire aborder la
gallcre du rov. (D'Auton, Citron., Richel.
5083, f" 123 r".)
1. FONT, funt, s. m. Locutions :
— Mettre au font, loc, faire périr :
Car Fortune m'ajont
Par si fcite maiocrc que se le sire du mont
Mi eu panse, je seray don tôt hui mU ao font.
(Priic de l'amp., 1803, Mussalia.>
— Del font, complètement :
DelfuyiZ despilauz les terrieues choses.
{Dial. St Greg., p. 26, Foerster.) Lat., fun-
ditus.
2. FONT, s. m., fer fondu, non encore
forgé :
Fons a fevre, .n. d. Et se la forge i est
toute, .un. d. (K. BoiL., Liv. des mest.,
2' p., II, 62, Lespinasse et Bonnardot.)
FONT.MLLE, S. f., fOntC :
Fonlaille. (Acte de 1227, Noyon, ap. La
Fons, Gloss. ms., Bihl. Amiens.'^)
FONTAINE, s. t., eau :
Un Tallet vient
Qui un pain d'orge en su main tient,
Et un pîcber en s'aotre main
Moult petit, de fontaine plain.
(Parlon., Richel. 191.">2, f° 141=.)
Vin on fontaine i entrast plein galon.
(Agolani, UT, Bekker.)
— Plaie suppurante :
Se un faucon a une fontaine au pié vous
le garires en ceste manière, (liodus, f'ISO'',
ap. Stc-Pal.)
Es piez ont fontaines et gales.
(Gaces, Rom. des deduiz, Ars. :i:>3-2, T U t».)
— Le quatrième dimanche de carême :
Le mercredy devant la mi quaresme que
on dit au pais (Perthois) le mercredy de-
vant les fontaines. (1426, Arch. JJ 173,
pièce 401.)
Aux fontaines. (Registre des Estais Gé-
néraux et Convocation des Estats sur la
fin du xv siècle, Arch. Meurthe, Très, des
chartes.)
— Faire ses fontaines, se livrer aux di-
vertissements de la mi-carème :
Comme les suppliana feussent alez en
la ville d'Escleres pour euU esbatre et
faire leurs fontaines pour le jour de di-
menche que l'en dit niy caresme. (1393,
Arch. JJ 144, piice411.)
Centre de la Fr., fontaine, abondance,
exubérance : " 11 y a cette année \me fon-
taine de blé. "
FONTAiNETTE, - aiielU, - cneltc, s. f.,
petite fontaine :
Plusieurs /oHtaineKes, et ruisseaux cou-
rans a douce noise. (Lemaire DES BELGES,
m. de Gaule, 1, 215, Stecher.)
FON
Est pareillement ordonné aux sindics
de faire reparer les fontanettes. (29 avril
1375. J. Baux, Jlf^m. hisloriq. de Bourg.,
II, 136.)
C'est toy, belle fonlenette,
Oo ma douce mignontiette,
A miré ses deux beaux yeux.
(RoNs., Odes, V, xii, Bibl. eli.>
Couine l'eau d'une fontainetle
Prisonnière dans sa cuvette
Brunist d'uu obscur argentin.
(R. Dellead, Œuv.poét., le Diamant, éd. 1578.)
Des Portes, on se bagne en ta rivière nette.
Qui sur un beau gravois un dons murmure émeut
Racneillant sa claire eau do mainte fontainetle.
(J.-A. DE Baif, So»n.>
Et voir l'argentine ondelette
D'une mousseuse fontenette.
(VAta-, Idill. 1, S8, éd. 161Î.)
Lieu dit, la Fontinette (Oise).
FONTAINIELE, VOir FONTENELE.
FONTAL, adj., de la fontaine, des fon-
taines :
Lessez les tleurs, o déesses nappées.
Et appeliez les fonlalles nayades.
(D'Alton, Chron., llichel. o082, f» "217 r».)
— Fig., de la source, originel :
Et pource ne povent pas les dons de
grâce tousjours descendre en nous, car
nous sommes ingratz, et ne les atlribuons
pas ne ramenons en leur fontale et pre-
mière naissance dont ilz parlent et viennent
en nous, c'est a Dieu. (Intern. Consol., l,
10, Bibl. elz.)
FONT.\NETTE, VOlr FONTAINETIE.
FONTANiER, adj., de source :
De l'herbe fontaniere.
(Cladde BlNET, /e Vo'jaije du Printemp:, éd. lo73.)
FONTASTRE, S. f. ?
De che il doit .XXXI. s. .vi. d. moitié a
le Toussaint et moitié a le Pasque et .m.
cappons et demi au Nouel. Et est banier
au four que ledit chevalier a en le ville
au xxx" et une fontastre au Nouel. (Charte
de 1362, Grenier 299, pièce 174, Richel.)
FONTE, s. f., rupture, effondrement :
Pour le salut de l'ame des trépasses qui
sont morts a l'occasion de la fonte et ruine
dudit pont. (1499, Arrêt du Part, sur la
chute du pont N.-D., Felib., Hist. de PariSy
III, 372.)
FONTELE, S. f., source :
En nu vergier
Lez uue fontete
Dont laive est bêle et clere.
(Alex, et Arist., Richel. 1915-2, f» 73=.)
FONTENALE, VOir FONTENELE.
FONTENEL, S. lii., source, fontainc :
U commença a faire merveilleuse tour-
meute par les fonleneaulx et croUieres qui
estoienl a l'entour du chastel. (Perceforest,
vol. IV, ch. 14, éd. 1528.)
Nom propre, Fonteneau.
FONTENELE, - anek, - ainele, - elle,
- ainnelle, - iele, - ielle, - enale, s. t., petite
fontaine :
Ens en mi lia del pré ot une fonlainiete.
^Rouiti. d'Alix., f" 5i", Michelant.)
FON
FON
FOR
(U
Li oil forment li plorent com rot de fontenelc.
(J. BoD., Sai., CCLXXTI, Michel.)
l'ins est douce l'aigae novelle
D'ane petite fonlmelle.
(Fiorimont, Richel. TOi, f" iO''.'
Vos eius riaos a poi(e)at fenda
Qni relDiseat comme ane etele
Par Duit eo noe fon'.enele.
(Yen à la tuile de Percnal, as. Montp. H îig,
r» 29C y'.)
Olirier, car desceot les celé fonteniete.
(Fierabras. 993, A. P.)
Cne fonlttinnetle.
(Gaijdon, SUdI, A. P.)
Sonr le riu d'nne fontenielle.
(MOUSK., Chron , 18730, Reill.)
JoDSte une clere fontcnele.
{Rose, Vat. Oit. iHi, f» 76'.)
Empres ooe clere fontenele.
(It , ms. Corsini, f" 67*.)
Je feroie bien ci sordre une fonlrnale.
(Floov., -2031, A. P.)
Si se resl arcsté dessous .i. pin fneilln.
Les une fontenele, et a bea de ru.
(Gaufrey, 3253, A. V.)
FonlincUa, fonteniele. (Gloss. de Douai,
Escallier.)
— Ulcère :
Se aucuns a aucune ulcère ou milieu de
la jambe, soit li faite premièrement cautère
en la fontenele sous le genoul de celé par-
tie. (U. DE MONDEVILLE, Richcl. 2030,
f- 80*.)
— Cautère :
Le chirurgien, par le moyen de ses cau-
Iheres, fonténelles et emplastres, guérit les
playes et blessures qu'on a sur soy. (La-
Riv., le Fid., IV, i, Bibl. elz.)
— Endroit de la tête où aboulisseni la
suture coronale et la suture sagittale :
Par le vertex ou sommet est entendu la
/onfe?ieWe, ou bien ce qui est également au
milieu de la suture sagittale. (Pahe, CEuv.,
III, 1, Malgaigne.)
Nom de lieu ancien, la Fontenelle.
(1442, Cerche des feux du comté d'Auxonne,
Arch. Côte-d'Or B 11321.)
Noms de lieux actuels, Fontenelle
(Nièvre), Fontenaille (Nièvre).
Nom propre, Fontenelle.
FONTENETTE, VOir FO.NTAINETTE.
FONTENIELE, VOir FO.MESELE.
I ONTExiL, S. m., petite fontaine :
Va jor qu'il Teneit de chacier
En choisi une en un gravier,
Denz le missel d'un fonlenil.
On en blanchisseit nn cheinsil.
(Ben., D. de yomi., II, 31-2-2-2, Michel.)
L" ruissel du fonlenil. (Arlur, lîichcl. 337,
II abat l'escu en un fontenil. ILancelot,
DIS. Fribûurg, f« 20''.)
^i a coisi an fonlenil rovent
Plein de Tenin et plein d'iotoscheuient.
(Roi., ms. Chàleauroni, f 6:; v", Meyer, Rec
p. 226.)]
Et la source des fonlenieus.
(ChaïK. N..b., Vat. Chr. 1 i!iO, f» 121) r".)
S'il se soulle en tel fonlenil
Dont la joDchiere est de penil.
(ilélam. dOv., p. 12, Tarbé.)
Puet on aler es mares et es fontenieux
pour prendre les becacbes et les oyseaux
de rivière. {Modtis, f" 137 v, Blaze.)
Kt tantalla par illec qu'il trouva plusieurs
fontenilz <iui sourdoient a l'encontre d'une
terre dont la forest esloit au dessus. (Per-
ceforest, vol. VI, cb. 22, éd. 1328.)
Noms de lieux : Le Fontanil, près de
Grenoble, et en Savoie.
FONTENis, s. m., petite fontaine :
Et trespase les pnis, les plainz et les lariz.
Et tote la contrée, les vans, les fonteniz.
(Floov., 1831, A. P.)
Et si Terons les arbrisseans,
Les fonlenis et les ruisseans.
(Fnoiss.. l'oés., II, 29,981, Scheler.)
Les beaus preanli. fonlenis bel et cler.
(E. Deschami'S, Poés., I, 156, A. T.)
— Fig., source :
Le roy, voyant et considérant le person-
nage a qui "il avoit faveur naturelle, en-
semble les beaux mots qui procedoient, ce
sembloit. du fonlenis du cœur, le prit a
mercy. (G. Chastell., Chron., V, SCO,
Kerv.)
FONTENOis, adj., de source, de fon-
taine :
Puis les plungierent es vessiai fonlenois.
(Herb. Ledcc, FoHlq. de Cand., p. 138, Tarbé.)
FONTENOi, s. m., fontaine, est repré-
senté par les noms de lieux anciens, Fon-
tanés, Fontancis, Fonlaneys (Fontanetum)
(Loire). {Cart. de Savigny, p. 443 et 510) ;
et les noms de lieux actuels, Fontenoy
(Nièvre), Fontenoi (Hainaut belge).
Nom propre, Fontenay.
FONTENOTE, S. f., petite source :
Demi arpent a la fontenote. (1333, Beg'
du Chai), de S. J. de Jérus., .\rcb. JIM 28.
î" 36 r".)
Cf. FO.NÏEXETE.
FONTEQUE, VOir FO.N'DIQUE.
1. FONTis, - iz, S. m., effondrement,
éboulement :
Se le bort du dit fossé par devers les diz
tanneurs auieiiuisoil par pluie ou par
glace ou par fontiz de terre ou tans a ve-
nir. (1287, Cart. de Pantoise, Richel. 1.
o6b7, f 94 v.)
2. FONTIS, - (13, adj., de métal fondu :
En ire l'esmurent en leurs tertres, es
tertres du désert, ou il firent le torel fon-
tiz por aorer. {Psaut., Maz. 238, f» 96 r°.)
Et feras cbandelabre fonliz d'or très net.
iUible, Richel. 899, |o44'.)
Toutesces choses seront fontices d'or très
pur. (Ib.)
FONTOiuE, fonlouere, s. f., fonderie,
fonte :
Et la fontoire de la pièce d'argent xii d.
elles cendrées. (£i Coût, des foires de Troies,
li louueus dÈs toiles, ms. Troyes 365-)
Et de la fontoire comme a Troyes. ICout.
de la foire de Bar sur Aube, ms. Troyes
365.)
Une erre de sablon mené a la fonlouere.
(Compt. de Girart Goussart, 1400-1402,
Forteresse, liv, Arch. mun. Orléans.)
FONTURE, s. f., fonte :
Et avoit trouvez certains leiz de terre a
quoy l'en avoit fait fonture d'argent, si
comme il apparoit par iceulx, et ladite /'on-
tîire jette e parmi la place de la chambre
d'icelli hostel en terre. (Reg. du Chat., II,
403, liiblioph. fr.)
Desquelles cires furent achatees pour
une fonture .m'. .uip>^. .xi. livres. (1449,
Compt. de S. Sauv. de Blois, Richel. 6215,
f" 23 vo.)
Toutcsfois que ung des maistres dudil
mestier fondera, pour cliascune fonture
ou forge que il fera il laira au trésor de-
mie livre d'airain. (1481, Ord., xviii, 680.)
— Eboulement, creux, trou :
Quant voie commune est perdue par
force d'eue ou par fonture, li voisins pru-
cheins doivent fere voie. {Liv. dejost. et de
plet, IV, 22, % 3, Rapetti.)
Somme a .lehan Deneu, manouvrier,
pour reamplir plusseurs fontures (jui es-
toient es dictes allées. (1413-1410, Uecjistre
des receptes et mises de Boulogne-sur-.Mer,
p. 209, Ed. Dupont.)
Trois croustes mises a restoupper une
fonture qui s'est trouvée en bcsongnant
audit [lout. (1498, Compt. faits p. la rille
d'Abbev., Uicliel. 12016, p. 120.)
FONZEOU, voir FONDEOR.
FOQUis, s. m., faquir :
Et faisoient semblant que ce estoit sauz
la Yoleuté dou sodan que il faisoient ce, et
que en ce les avoient rais lor foijuis. (Est.
de Eracl. Emp., xxxill, 17, Hist. des crois.)
1. FOR, s. ra., métier : ?
A Philippe de Peronne serreurier pour
avoir fait de son for et livré audit lieu de
Compiengne .v. grans barreaux garniz de
loquetiers. (1490, Arch. K 272.)
2. FOR, voir FUEX.
3. FOU, voir FoKS.
FOttAUJOunNER, foursadjoumer, v. a.,
assigner :
Quant alcuue personne serai, par devant
le maieur et les esquevins de Liège, ou
par devant altre haulteur et justiobe, la ilh
serat sorceans, foradjourneis par .m. ad-
jours... (J. DE Stavelot, Chron., p. 30,
Borgnet.)
Qu'ilh paient ladit debte en accomplis-
sant les couvent ou marchandiese dont
four sadjour nets seront. (Id., ib.)
1. FORAGE, - aige, s. m., action de per-
cer :
Mise fut en broche et forahje
Quant an cnenr Iny vint le messaige
Du très cruel fer de la lance.
(Deglileville, Trois Pelerinaiges, f OB'", impr.
Instit.)
Venez, il est mis a foraige (^son corps),
Abrochiez et en pertuisage.
(In., ib., f» 1U6=.)
2. FORAGE, - aige, four., forr., s. m-,
taxe payée au seigneur dans quelques
fli
Foli
FOR
FOR
(ii'oviaceâ par les lavernier^ "t autns
iléhitants de vin en détail :
Et s'eut la voerl« ansi.
Et les l'orùurs leur guerpi.
De Tin, de cier»oise et île mies.
(«orsi.. C.hro».. UÎS, Reiff.»
Les luino?, li forages, li Ireffois. {Cari,
blanc de S. Corn, de Comp., f» 114 v«.)
Les forrages avec le four et la menue
ilisme. (Cens, de S. Tliib. de Soiss., Arch.
LL 1022, f 7 r»)
Nous avons forages des vins seur nos
liostises de Couhan. (76., f» 7 r».)
Le forrage des vins. (1339, ArcU. J.1 72,
!■ 408 v°.)
Au rouage pI fourage des vins vendus.
aaoO.Arch. J,l 78, f» U r».)
De la value du toulieu et forages que
laquinet le charron a tenu a ferme. (1364,
Compte de J. dou Four, Arch. KK S'',
'■- 23 V.)
De la value des forages et roages de la
viconté de Vertueil. (/6.)
Droit de tonnelipu et forage des vins.
(17 avr. 1448. Sentence du lieuten. du bailli
d'Am.. ap. A. Tliierrv, Mon. du Tiers Etat,
III, o56.;
l'n droit appell.- le fouraige sur les
nieix et maisons situées en la rue de la
Lue;... pour lequel droit lesdits sieurs
vendeurs ont accoustumc prendre et rete-
nir d'un chascun vendeur vin a bannière
••sdites maisons, pour une cliascune fois
■ (ue l'on met bannière devant ladite mai-
son, un cbauvean de vin qui se vend lors
>-o icelle. (23 mai 1347, Vente de la marc-
r haussée de Besancon, ms.Bibl. Besançon.)
— Vendre du vin par forage, le vendre
l'n détail; ce qu'un disait aussi vendre d
hroelie :
Se aucuns bourgois amaiune viu en
••elle ville par .iiii. roes on par .ii. le
i-barche d'une jument ou d'un asne et il
If vent, il ne doit nulle rente de celi. El se
il ou autres vuet vendre ce vin ou autre
par foraige il donra de .un. roes un ses-
tier et de .li. demi sestier, de le charche
d'une jument ou d'un asne maillie de
vin. (1327, Cart. de Guise, Ricbel. 1.
17777, f» 181 v».)
FORAGiË, fouragié, adj., afTaibli par
J'àge :
Mes sires est désormais et vieus et
h ailles et fouragies, ne il n'a memore ne
^ens. {Les sept. Sag. de Rome. Ars. 33S4,
f 50*.)
I--ORAIN, forein, foren, forin, foirain,
fourain, fouran, adj., du dehors, étrnn-
n'cr :
J* teil iço qu'il Tast et orgoillos et Tai05,
Ea avers secukr», et eu iemblaot foraiitt.
ijiasles ert de sttn cors, et eu esperis saias.
(Garhier, Vi'' de SI Jhom., Richel. 1.3:11.3.
f 5 T".)
Encontre gent foraine. (1214, Paix de
Metz, Arch. mun. .Metz.)
Nulz bons fourans. (1300, Hisl. de Metz,
m, •.'55.J
Quant aux pens forains passant la dite
ville. (1347, Lelt. de PU. de Val., Arch.
inun. Rouen, tir. 380, n" 1.)
Les fjens forins non demouraus en la
dicte ville d'Orliens. {Compt. de Girart
Houssart, 1400-1402, Commune, xv. Arch.
mnn. Orléans.)
.Marchaas foirains. [Slat. des Alt'msr.s,
XV* s., Repr. des stat., p. 7 à 12, Arch.
mun. Ahbeville.)
Les escoliers forains, auditeurs ausdictes
escolles. (13 fèv. is.'Se, Reg. des déiib., Arch.
mun. .Monlauban.)
— En parlant de chose, étranger, ve-
nant des étrangers :
Elle est foible de celle part et ait mes-
tier de /oraiiie aide. {Cons. de Boéce, ms.
Montp. 11 43, f» 12=.)
Ta vouleuté sera tousjours conjoincte
a la mienne sans convoiter ou désirer
quelque cliose estranjje ou foraine et pri-
vée. Untern. Consol., H, xxxxviui, Bibl.
elz.)
Et que possible ne leur estoit sans en-
gaiger joyaux, pour faire nouveaux paye-
ments, ei sans aide foraine ou secours de
leurs allies. (J. Molinet, Chron., ch.
XXIII, Bucbon.)
C'est cellny seul qui a mené la guerre
En lieux forains, laissant paix en sa terre.
(J. Mip.OT. le \mj. de Venise.)
En celluy an ne fut nulle guerre foraine.
(Prem. vol. des grans dec. de Tit. Liv.,
! f» 51', éJ. 1330.) "
La prospérité et les choses bien faictes
es batailles foraines esleverent les mouve-
I mens de la cité. (16., f» 44".)
I — Du dehors, extérieur, écarté :
i Liez li les mains e les piez, si le gettez
as teniebres foraines. (Mauuice, Serm.,
ms. Florence, Laur., Conventi soppressi 99,
! f"61'.)
Es ténèbres forennes. (Id. ,ib., m s. Oxford
Bûdl. Douce 270, 1" 64 r°.)
I En une nie auqes foi aine
Krt sa mesoDS mont aaisiee.
(<;. de Dole, Vat. Chr. 1725, POU''.)
Par mi une foraine rue
Revient a Tuis le prestre arrière-
(KosT. d'.\«iif.ns. </« BOHChier d'Abev., 116, ap.
MontaigloD, FaH., III, -231.)
11 aloient par les rues forainnes pour
desrober la gcnt. (JoiNV., S. Louis, xxvi,
Wailly.)
L'appellante dict qu'elle demeure en la
rue Coquatrix qui est foraine. {Pièce de
1367, Felib., Hist. de Paris, IV, 331».)
Avoit este ordené que a la venue ou en-
trée du dit palais, nul ne s'arrestast devant
la dite porte, mais passast oullre chacun a
cheval, et s'espanaisseut parmi les rues
foraines, afin de y avoir moins de presse.
(Gr. Chron. de Fr., Charl. V, lx, P. Paris.)
Pour aprandre les noms des maisons
fourines. {Comptede Jaquet Deloynes, 1424-
1426, Forteresse, Despense, xxviil, Arch.
mun. Orléans.)
Et sont (les maisons) moult gastees et
moult decheues, especialement es rues
foraines et envers le vieil port. (Guill. de
Lannoy, Voy. el Ambassades, p. 107, Pot-
vin.)
Et pour lors avoit es environs de Paris
tant de loups que c'estoit merveilles, les-
quelz mengeoient les gens, et plussieurs
foiz en vintjucques dedens ladite ville de
Paris, qui estranglerent et mengerent plus-
sieurs personnes, et que on doubtoit fort
a aller de uuyt es rues foraines. (J. Chah-
TlEH, Chron.' de Charl. VU, r. 132, Bibl.
elz.)
— Maison foraine, latrines :
.Mais ne régna pas Aoilrauml/ miil.
Lu duc l'ocist par tr.iisun
A la foraine maisim.
(S. Edwird le co«f., 305, Luard.) I,al., lutrina.
— En parlant de diverses choses physi-
ques et morales, extérieur :
Car vous regardez des foreins ieus les
foraines choses. {Vie etmir. déplus, s. con-
fess., Maz. 568, f" 123''.)
Car chascun scet combien y ayme ,
mais il ne scet conbien il estâmes, se ce
n'est par signes forains. (VOrloge de sa-
pience, Maz. 1134, 1. I, Prol.)
Choses fouraines. (B. de Gord., Pratiq..
II, 10, éd. 1493.)
Apparence foraine. (J. Gerson, l'Aiguil-
Ion d'amour, f» 40 v», éd. 1488.)
Tes sens forains el corporelz. (Id., ib.,
i' 63 r».)
Car peu de chose vault pouvreté fou-
rainne se le cueur n'a suffisance en soy.
(J. Legrant, Livre de bonnes meurs, f 32=,
éd. 1478.)
Vertus ne se vante pas de soy mesmes
et de riens ne se esbahit, ains désire a
ressembler a la vertu d'aullruy et non pas
a l'onneur /"orain et si pense a la charge
de sa conscience. (P. Ferget, Mirouerae
la vie hum., f» 166 r», éd. 1482.)
Imbécile aux affaires foraines. (La Boe-
TIE, (Mcon. d'Arist., Feugère.)
Il faut que ceste partie, qui est la plus
divine, soit si coye,pure et vuide de toutes
passions foraines. (N. Pasq.. Lett., IV, 8,
éd. 1723.)
— S. m., étranger :
Au derrenier, les forains, pour l'oscurté
de la noire nuit et pour la mescheanoe de
l'estroit lieu, ne porent longuement souf-
frir. {Gr. Chron. de Fr., Isl. du gros roy
Loys, II, P. Paris.)
Qui y seront vendues par habilans ou
forains'. (6 mai 1364, Mand. et act. div. de
Charles V, p. 18, L. Delisle.)
Que nul estrange ou forein ne montast
sur les murs de la cité. (OaESUE, Eth., Ri-
chel. 204, f" 463».)
Recette de lu demie censé des bourgeois
et fourains des amoignes appartenant a
la ville. (1463. Compt. de Nevers, CC 59,
f° 10 r", Arch. mun. Nevers.)
Fr.-Comté, foirain, les marchands A"'-
rains. Guernesey, horain.
KORAiNE, - ainne, - ine, forr., s. {.,
bateau, spécialement le bateau destiné à
porter un moulin, en particulier sur la
Loire :
Le bach a moulin .llll. d., la foraine .II.
d. (1296, Rentes d'Orliens, i" 4 r°, Arch.
Loiret.)
Ginc molins, c'est assavoir deus pendu?,
et trois en baz et en forainnes. (1293, Lett.
de Ch. d'Anj., Fontevr., Pont de Ce, Arch.
Maiue-et-Loire.)
Forrainc neufve. (1385, Extr. du reg. de
la Ch. des comptes d'Anj., Mantellier,
March. fréq., III, 203.)
Le bach, la /■orme, .llil.d... (14'38,Péo3«
de Chdleauneuf, ib., lU, 124.)
Un moulin assis en la rivière de Loire
sur un baich et une foraine estant au des-
sous du pont d'Orl. {Ch. du 21 oel. 1439,
HApit. géu. Orléans, luvent., f» 545 v°.)
FOR
A Jehau Cousielier pour ks ay. ■^; «l'un
prant bar d'un nioliii et d'iiDc foraine Ifts-
quelles ODt esté mises ou bateiz de la pille.
(1471, Compt. de Nevers, CC 6S, f° 34 v,
ArcU. uiuû. Nevers.)
Une foraine neuve. (Mai 1S73, Arrêta
luipr. Orl.j (iibier.)
De cbaeun bach ou farine, (xvi* ?.,
becl. des droictz et proffits deubz pour le
péage de Sully, .Maatellier, Mardi, fréq.,
111,119.)
FORAiNEMENT, adv., extérieurement :
Et tant excessivement habonde ou cueur
icelle indicible doulceur que elle redonde
liabondamment en tous les membres et
sens coriiorelz eu tant que entraînement et
forainement et toute mellifluant. (J. Ger-
SON, l'Aiguillon d'amour, f° 37 v», éd. 1488.)
L'amoureuse compassion qu'il avoit de
ceste doloreuse passion estoit en son
cueurtant excessivement habondantqu'elle
fut en son corps forainement redondant.
(ID., ib., f° 60 r».)
FORAiN-ETÉ, foreiuetet, foraneité, s. /.,
i|nalité de ce qni est au dehors :
Forsmenat nues de la foreinelet de
terre. {Psalt. monast. Corb., Richel. 1. 768,
1° 108 V».)
— Droit payi' par les chanoines non
résidents :
Foraneites, cent sous par an.(1402,Arcli.
Aube G 1402, I» 8.)
FORAiNEi'SEMENT, adv., d'une manière
étrangère, par un secours étranger :
Et tous cpulx qui prisonniers avoient ilz
leur demouroient et en povoient faire leur
proufûl, raençonner ou quicter se ilz les
Touloient, dont ilz leur firent très bonne
compaignie et les raençonnerent courtoi-
sement, chascun selon son estât et son
affaire, et encores plus doucement pour ce
que ceste avenue leur estoit /braineusement
venue. (Froiss., Chron., Richel. 2641,
f» 273 V».)
FORAMBLEu (se), V. réfl., se retirer en
.irvière, se soustraire à l'ennemi :
Qae lui home ne saicheot ne voient
Ne qo'il .iperceu se soient
One ta le vuilles forambler
Porce que n'oses essambler.
IJ. DE Prioiîit, l.ir. de Venece, Richel. IfiOl,
f» ol"».)
FORANEITÉ, voir FORAINETÉ.
l'ORARDOiR, V. n., cesser de brûler :
Qnanl tans est des eures canter.
lÀ Inmioaire sont eapris
C'aportaines de nos pais
De par [>in. qoi dasqn'an jor ardent
Ne n'amenuisent ne forardenl.
(S. Iliandan, p. 127. Jnbinal.)
roRASCHE, voir Fekage.
FORBAN, S. m., banni.ssenieiit :
Quant il auront esté forbaniz par lesdiz
justiciers et il s'en seront fois après le
Jorban. (Mars 1306, Compos., Arch. Eure-et-
f.oir, f. du chap., c. X, F, 4.;
Si le terme luy est assigné personnelle-
ment, il sera mis a forban par deulx def-
failles. {Coust. de Brel., [»i7 y.)
Et puis bannira l'en le forban par toute
la duché par jutrement. t1h..("in v".)
FOR
FORBAMit, - hanyr, - bannir, -bannyr,
-bénir, -beniiir, four., fors., v. a., bannir:
Li procureur l'cmperceur n'ont pooir de
forsbani{e)r nuUui a demorer en ille. (Di-
gestes, ms. Jlontp. H 47, f» 13".)
Se li franchi est forbeni. (Lie. de jost. et
deplet, II, IV, I 8, Rapelti.)
Une congrégation de fourbanis de Flan-
dre. (Froiss., Chron., I, 298, Luoe, ms.
Rome, f" 25 V».)
Forbennir, exulo ; forbenni, exul {Gl.
gall.-lat., Richel. 1.7684.)
Hz seront pour remplir les sièges
Dont nostre tourbe «/ fourbanie.
(Greban, ilisl. de la Pass., 065, G. Paris.)
Ceux qu'elle hayoit les forbannissoit de
la cité. (BoURGOiNG, Bat. Jud., I, II, éd.
1S30.)
Il envoya messagiers devers le comte de
"Warv^'icb qui estoit forbanny. (Bouchard,
Chron. de Bret., l" 146", éd. 1532.)
Nicomedes dechassa et /bj-fcannitPrusias
de son royaulme. (Boccace, Nobles malh.,
V, XI, f"" 125 V», éd. 1515.)
Soil d'avec toy tont vice forbanny.
(i. Ma^ot, Doctr. des Princessex^d'esire bon exemple
aux antres. Recueil Jehan Marot de Caen, éd.
1532.)
Mais leur diras : Amis, j'ai des nonvelles
D'un malhetirenx, que Venus la déesse
A forbany de soûlas et liesse.
(Cl. Mar., EpisL, pour le Capitaine P>aisin, an
seigneur de la liocqne, éd. lo'Jfi.)
Tn veulx amour forhannir de ce monde.
{Episire de eomplainele à une qu'a laissé son amij,
dans les Poés. allrib. à Cl. Marol, éd. 1731.)
Est il possible que je vive
Forbany de vostre présence?
(J. A. DF. BAir, le Ilrave, V, 1, éd. 1S73.)
Quant a la royne, appaiser la faudra
Si doucement que sa main se tiendra
De forbannir l'ame seditiense
Outre les eaux de la rive oublieuse.
(JoDELLE, Cleopatre, II, 1, Ane. Tb. fr-, IV, 107.)
Elle l'appelloit maquereau, fouetté,
larron, forbanny. (G. Bouchet, Serees, 1,
107, Roybet.)
Forbannir, to banish, reject. (Cotgr.
éd. 1611.)
Saintonge, fourbanir, chasser.
roRBANissEMENT, fovhann., forbenn.,
- ant-, s. ni., bannissement :
Forbenissemanz qui est fez en généra-
lité ne porte pas acussacion. {Liv. de jost.
et deplet, i, 5, § 1, Rapetti.)
Ont mérité forbanissemenl. (1430, Ch. de
L. d'Amboise, Fonteueau, I, 342, Bibl. Poi-
tiers.)
Eussent desservi mort ou mutilation de
membres ou forbanissemenl de pays. (Ib.,
h 543.)
Forbennissement, l'.xilium. (Gl. gall.-lat,
Richel. 1. 7684.)
FORBARRER, four., V. a., barrer, fermer
avec une barre par derrière :
Si vin jrent es huis et cnidierent issir,
ainsi qu'ils soloient, mais ils les trouvèrent
tous fourbarres. (Yst. et Chron. de Flan-
dres, I, 307, Kervyn.)
—Empêcher, priver, dépouiller, exclure:
Qe le uaz est qe hom ne serra my for-
barré par son fcl drmeyn, le qel est fct
FOR
(iî
tant com il est de pleyn ag.!, de bouc me-
morie, deiiz les katre mers .le Enseltere
(Year books of the reign of Edw. the firsl
years xxx-xxxi, p. 9, Rer. brit. script.) '
Que les seignours n'auters ne soyent raye
forbarrez de lour villeyns pour cause de
lour response en la ley. (Stat. de Bichard
II, an IX. inipr. goth., Bibl. Louvre ; Littl.
Instit., 193, Houard.)
Le seigniour ert forbarré e ramenauni
de sa accion pour sa malice et sa negli-
cence. (Britton, Loix d'Angi, f» 98 r», ap.
Ste-Pal.)
FORBATRK, - battre, four., verbe.
— Act., battre :
Que li vallet forbatent bien les dras .m.
fies de malvais cardon. Quant li dras ert
forbatus.... (1262,Ban.s aux échev.,Où, ass.
s. les drap, de Douay, f» 6 v», Arch. mun.
Douai.}
— Clore, barrer, barricader :
Et la Toie a si fourbotiir
Qu'elle est an chastelain tolue.
Par la n'i pora pins entrer.
Car il a fait Puis reomurer.
(Coiici, 4873, Crapelet.)
Pour chou avoit esté dit et commandé
audit Jehan que ledit coulombier closisl
par dedens jour certain qui mis et assi-
gnes li fu, ou jou,baillis dessusdis, leferoil
clore et fourbatre, lequel chose ledit .lehan
ne fist mie, pour quoy jou, baillius... fis
ledit coulombier clore et fourbatre. (1334.
Cart. de Guise, Richel. 1. 17777, f» 220 r».)
Pour fourbatre les portes du park. (1344,
Trav. aux chat. d'Art., Arch. KK 393, f» 9''.)
Lidit religieus pourront tenir leur dites
portes closes ou les mucer ou fourbatre.
(1346, Arch. .IJ 77, f» U r».)
A Pierre Viollet, pour .iiii. coppons de
frenne de .viii. pies mis a fourbatre le tour
de S. Estene. (1366, Lille, ap. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Fourbatre les huis des maisons des
guets. (1508, Béthune, ib.)
Forbatre les feneslres des portes. (Ac-
quisde 1529, Arch. mun. Laon.)
Ung vcret et deux crampons pour four-
battrexms, huis. (1518, Béthune, ap. L.'i
Fons, Art. du Nord, p. 195.)
— Forbatu, part, passé, barré, barri,
cadc, comblé :
Et le liu fourbatu la u il doit avoir pie-
sente et soloit estre pasture en partie.
(Vers 1292, Cart. de Flines, I, 329, Haut-
coeur.)
Fois et loyallez est fondue.
Voie de vrelé fnnrbutue.
(Soneu de Nitn.iay, ms. Turin, f C8'.)
Il destoupa un pucli qui grand temp;^
avoit esté fonrbatus. (Trahis, de France.
p. 112, Chron. belg.)
FORBAUi.T, voir Ferhault.
FORBENIR, voir FOBBANIR.
FORBENISSEMENT, VOir FORBANISSK-
MENT.
FORBEOK, - eour, - eur, - or, four ,
fur., s. lit., fourbisseur :
Eruginatores, fonrbeurs. (J. de Gabi ,
ms. Bruges 546, Scbeler, Lex., \>. 45.)
Colairs li furbeires. (Noël 1235, S. Sauv.
de Met 7. Areh. Mos )
ai
FOR
ouiconquef veut eslre forbercs a Pari?,
estre le puel franchement. (Est. Boil., Uv.
(Us mest.. l" p., xcvii, !. Lespinasse et
Bonnanlol.)
Nu? forbeur ne pucl ne ne doit ouvrer
de nniz do nulle .'.lioff apartcnant a leur
mestirr. (1d., th.. 3.)
Amulphuf li furberes. 'Cens, de S. Paul,
f» S v», San? dat.\ xill* '.. Arcli. Mo?.)
Lo furbor. (Ib.)
Petro le Furheur. (Pièce de 1278 ronser-
vie à la Tour df Londres, citée dans la
Gazette des Beau.T-Arls. XXll, 12.)
Guiart le forbeour. (1.138, Cart. de S.
Taurin, Arcli. Eure.)
FORDET, fourb., S. m.,fonrberie:
Ponr trois me-,chans. plaios de forhet,
Qnê je Toys mener aa pibel.
(Gbesan.JI/js/. de la Pass., Ars. r,l3l, C 198=.)
Ponr trois mcschans plains de foiirtel.
Que je vois mener an gibet.
(Id., it>.. 237:iT, G. Paris.)
Nom ûc personne, Fourbet.
FORBETEn, V. a., tromper, duper :
Ainsi prist ennemis a feire
Hnmm" •1» sens et de mémoire.
Ponr Diea nostr» perc engignier
ri forbrtrr et concbier.
(Rom. du S.-GraaI. 3609, Michel.)
FORBETEun, /our., S. m., trompeur:
Et molt de forbetevrs, qui virent ceballi
riche et monté. (,Mir. du monde, ms. La
Sarra, Chavannes, p. 35.)
Un prant fouc de fourbeteurs. (Id., ib.,
p. 37.)
FORBEVERIE, «- f-, «xcès de boissou :
ne forbererie
I Tient teoçon e folie.
iK»r«*i\o, Dislui. de D'ioi- Ca/o, ap. Ler. de
I.incT, Pror.)
FORBiR, fourbir, verbe.
— Act., raccommoder, nettoyer, panser :
Ri seroit ce ki une gemme troveroit enz
el fimmier conchié de tiens et de terre, et
si ne la forberoit anzois k'il la metist en
son trésor î (Dial. Greg. lo pape, p. 296,
Foer?ter.)
Et pais ait en mémoire sa fin et son obit,
»ctement lient ion cner qni ainsi le forbil.
(JEn. DE MEr>r... Teil., 1.3C3, Mëon.)
Tels y eut qui burent dou vin que ou
leur apôrln en bouteilles, el rcstraindirent
Iriirs armures qui desroutles estoieut, et
fourbirent leurs plaies et rebendelerent.
(Fboiss., Chron.,\, 291, Kerv.)
Les sangliers pour aiguiser leurs def-
fences, lesYrollenl el /'ourtissent avecleurs
autres dents. (Fr. de Sal.j Vie dev., III,
1. Sacy.)
— Réfl., se nettoyer, se laver :
Etc rose dont te forbit'enl (les femmes;.
(;>•! Mercier, ap. Crapelet. Prot. et dict. pop.,
p. 153.)
— Forbi, part, passé, préparé, dispos :
Cit a la lan^e an deriser forbie.
(0' Charl. el dri Pain, Val. Chr. i:i6(l, f iî'\)
FORBissANT, fourbissant, adj., infirme,
impotent :
As malades cartriers devant Nostre
FOR
Dame qui giseul en l'enfermerie des four-
bissans. (7 "juin 1306, E.xéc. testam., Arch.
mun. Douai.)
I FORBissEMENT, fourbissement, s. m.,
' fourbissure :
Qui luy vault (au fer) une lime et ung
/burfciWmenf pour le tenir net. (Deguillev..
Pèlerin, de la vie hum., Ars. 2323, f" 70 v°.)
FORBissERESSE, subst. , fém. de four-
bisseur :
r.uiolte la forbisseresse. (1385-86. Compt.
de.<! annivers. de S. Pierre, Arch. Aube, G
1656. f 97 r».)
FORBius, S. m., mot douteux que Du-
cange explique par exil :
Trois cent ans .xl. et pins
Avoit mis pore en forbvi^.
Aine qo'il passasl de cesie vie.
(Bon. de laguerrede Troijes. ap. Dnc, Forisbannirr.)
FORBOiLLER, V. li., se démener avec
ardeur :
Li cre>lien comencerent lors a forboiller;
li escuier et li sergent a pié se bouloient
parmi les escheles, por quoi li chevalierne
ponient poindre ne avenir as Turs. (Est.
d'Eracl. Emp., xxxili, 57, Hist. des crois.)
FORBOiRE (se), V. réfl., boire avec
excts :
Tu cslois bon couslumier de te forboire.
(E. P.vSQCiER, l'Alexandre, éd. 1723.)
FORBOTEii, - boiter, - bouler, fors.,
verbe.
— Act., chasser :
I Eslonziet estes de vostre pais et forsbot-
teitde vostre heritaige. (S. Bbrn., Serm.,
Ler. de Lincy, p. 546.)
L'a bien batu et forsboulc.
(Pf.an Gativeai , lii; de S. Martin, p. 18,
Bonrrassé.)
.... Ceuls qni ont les filles belles
Sont chascan jonr en dure double
Qu'aucun chelif ne les forboute,
Espouse, fiance, ou enrnayne,
Ou qu'elle n'ait la pance plaine
Dancnn cheitif coqnart et nix.
(K. PF.scnAïis, Poès., Ilichel. SiO. r 50.'5'=.^
— Neutr., aller au deli des voies où la
bôto a passé :
Leur façon de chasser est par le? menées,
et suivent toujours la bestc qu'ils chassent
a l'endroit des voyes par ou elle passe, ne
forboutent point, c'est a dire ne passent
jamais plus avant que la beste a esté.
(Charles IX, de la Chasse, p. 38, éd. 1625.)
FORBOUTER, Voir FOHBOTER.
FORC, fourc, fourq, fourcq, fourch,
four,s. m., bifurcation d'un arbre, branche
fourchue :
Apandn est a fors come laron.
(Macaire, 10-40, Mnssallîa.)
Avec ce les branches des hestres duques
au mcslre fore pour leurs fours. (1309,
Arch. .U 45, f" 81 r».)
Avons droit de prendre en ladite forest
(de Brotbome) un fourc a choix au terme
de Noël, coustume et bois pour ardoir.
{Cartulaire de Jumiéges, 1, 15.)
Laquelle femme moult courrouciee en le
bout ou foure d'un pommier, dont ils es-
FOR
toient assez près, elle le cuida ferir dudit
coustel en la joue senestre. (Arch. .U 109,
ap. Sle-Pal., éd. Favre.)
Ne doit prendre d'un arbre fors le tiers
fourc qui est fourchié en trois. (1419,
Aveux du bailliage d'Evreux, Arch. P294,
reg. 4.)
Le fourq et la branche. (Coût, des for.
de Norm.^ (° 7 r», Arch. S.-Inf.)
Si ont le chesne tout sec au dessoubz
du premier four appelé Escoquenard.
{Ib., Sur.)
Et pais ponr réparation
An fourc d'an arbre l'a pende.
(GniLL. HAonENT, Fabl., 1° p., i.t, Lormier.)
An fourc d'nn hestre.
(Vaoo. i>e I.A Febsnaïb, Forest., p. 133, Travers.)
— Bifurcation d'un chemin :
La grant Dive au fourc de Garet. {En-
quête d Caen, xm* s., Arch. S.-Inf.)
Lors s'en ala seir a la campaigne ou
fore de .11. voies par ou Judas devoit pas-
ser. {Estories nogier, Richel. 20125, f» 61'.)
En un fourq et croisée de deux che-
mins. (1452, Arch. JJ 181, pièce 170.)
— Confluent de deux ruis.seaux :
Por ce le firent (le pont) e\ fourch de ces
eves. (Chron. d'Ernoul, p, 441, var., Mas-
Latrie.)
Depuis le potis M. de FoUeinville en
amont dusquez au fourcq de l'iaue, qui
s'en va a la Noetville. (1418, Cart. de
Corbie, ap. Ste-Pal., éd. Favre,)
Norni., fouour, fourche, dans le sens
de bifurcation d'un arbre, d'un chemin :
« Le fouour d'un abre, d'un quemin ; »
on dit aussi le fouour d'une culotte, là
où les jambes se partagent, (Le Hérich.,
Gl. norm.) Bessin, fouor.
FORÇABLE, adj., qui peut être forcé
qui peut être obligé, contraint :
Celé est forçable a eschever le mariage
se si mariz devent mesel entretant qu il
fut fiancé. [Liv. dejost. et de plet, x, 8, §. 3,
Rapetti.)
Se herbergent par diverses celles et par
diverses provinces tojors forçable et nule
fois estable. {Règle de S. Ben., ms. Sens,
p. 139^)
Neantmoins les dites forces qu'il avoit,
il rendit la ville qui n'estoit forçable. (M.
DU Bellay, Mém., 91.)
Le mareschal alla luy mesme reco-
gnoistre la place, laquelle il trouva for-
çable par deux endroicts. (Du ViLLARS,
Mém., au 1532, Michaud.)
Sans par eux courir aucun hazard par
l'avantage du lieu non forçable. (Id., ib.,
an 1655.)
Avant fait reconoistre et taster les
gardes qui la estoient les trouvèrent for-
çables. (La Noue, Mém., ch, xxii,)
Saintonge, Poitou, Deux-Sèv! es, Vienne,
arr. de Civray, forçable, qni exige de l.i
force, en parlant d'un ouvrage fatigant.
FORÇABLEMENT, fors., adv,, par u
force, par la violence, violemment :
FOR
FOR
FOR
Car lrai;;nei furent loaz aar
El decollei et puis penJuz
Forsal'l.-menl par granl oallraitc.
<UBai.. DE St André, le Libcre du bon Jehan.
2*1. Charricrej Lobin.. II, 691, /'orfaHcCTcn/.
Princirent forcablement ceste ville. [Proc.
verb. du piU. de l'Egl. du Mans, Arch.
Sartbe, 983.)
Il faut donc enseigner benifjQement et
non forsablemeiU ceux de la religion pré-
tendue reformée, a craiiulre et aimer Dieu.
(N. P.vsQ., Lett., VU, 4, éd. 1723.)
FORÇAGE, - aige, fors., s. m., violence :
Comme a la requeste de nostre procu-
reur eust esté amené prisonnier a Paris
liuillaume .Maingo, chevalier, sires de Sur-
gieres, pour la cause d'un forsage que l'en
disoit que le dit chevalier avoit faist en la
personne Philippe Damelle, laquelleil avoit
prise et ravie par li et par ses complices,
et deflouree a force et contre sa volenté.
(1335, Arch. JJ 69, pièce 118.)
Quieali pillaices,
Qnieals forfaiges,
Et quans petiz avantaiges
Sont vcniiz par voz debaz !
(Al. Chart., Lay a ilons. de Bourg., r.omv.,
p. 611.)
Qoelz pillages.
Et ftirsaiges.
(Id., Lay de paix, p. 541, éd. 16n.)
FORÇAIRE, voir FORSAIRE.
FORÇAT, S. m., sorte de jeu:
Quand est dn passetemps des dames,
l)a forçai plaisant et trictrac.
Et autres jeux, j'en sçay le trac.
(Cbetstophe df. Bordes, Chambrière a louer a tout
faire, Poés.fr. des sv" et xvi" s., 1, 1)9.)
1. FORCE, - che, S. f., autorité :
Nous avons confremé ches présentes
lettres de le forche de no seel. (Juin 1228,
Livre blanc, f° 8 v», Arch. mun. Valen-
ciennes.)
— Ne pas faire force d'une chose, n'en
être pas effrayé, n'en pas faire dilBculté:
Ea alant celé part, li a moult demandé
Li rois de son a'aire, mais moult l'en a celé ;
Ele ne fail /a» force que li ait raconté.
Mai» qo'elc cnst son cors de ce pcrill gelé.
(Berle, 2754, Scheler.)
Mois ceus qui l'ont acoustumes d'oir les
(les canes qui brûlent), n'en font force pour
oe qu'il ont acoustumé d'oir. {Liv. de
Marc Pol, cxiv, Pauthier.)
Mais les chevax quant il ont oy plnseurs
fois, ils ne font pas si grant force. (Id., ib.)
Tuit li autre roy, et li antre pèlerin qui
après li venroient", se teuroient touz apaies
lie faire leur pèlerinage aussi comme le roy
de France auroit fet, ne ne feraient force
de la délivrance de Jérusalem. (Joinv.,
St Louis, cviii, Wailly.)
— A force, par force, par contrainte,
malgré soi :
Du prestre qui ot mère o force. (Ms. Ri-
• bel. 837, f° 229 v.)
— Avoir la force, être attaqué par la
force, en parlant d'une ville :
La première ville qui aura la force re-
cevra des chastiemens exemplaires. (1,')89,
Lett. mm. de Henri IV, t. II, p. 495, Ber-
ger de Xivrev.)
— Etre menacé de la force, être menacé
d'être attaqué de vive force :
Il n'y alloit pas seulement du salut de
la dicte ville d'Esperuay, mais de toutes
les aultres qui estoient menacées de la force.
(1592, Lett. miss, de Henri IV, 1. 111, p. 842,
Berger de Xivrey.)
— Force signifiait encore pays fortifié
et garni de forteresses :
Ne remest an Dac Mataquaz
Mes sol la force de Ouraz.
(F/orimonI, Hichel. 353, f IS*.)
2. FORCE, forsse, forche, forpce, grand
ciseau :
Pieça, qu'on dit, la force pest le pré.
(LesLoh., Ars. 3143, f 6°.)
S'il nos font faire et otriier par forche
cose ke nous ne doions, en non Diu li
forche paist le pré, et on doit molt faire
por issir hors de prison. (H. DE VAL.,
592, Wailly.)
Avis rae fu el somellier
Oue ne sai quel beste veneit
Qui na ros peliçon vcstoit,
Bien fet sanz cisel et sanz force,
Sil me fesoit vestir a force.
(Renart, Br. H, v. 194, Martin.)
Si cum ele le tcnoit forment
Soef en son siron dormant,
Copa ses chevcx o ses forces
Pont il perdi toutes ses forces.
(Rose, 16883, Méon.)
Autressi fu S.nnsses fortin,
One sa famé par son engin.
Tout en dormant, a une force
■Tondi tant qu'il penli sa force.
(LeBlasme desFames.hib., Joiigl.el Trouv., p. 8-2.)
Robe fête n'appareillie.
S'oie n'est ans forces taillie.
(LeDitdes fevres,iah., longl. et Troiiv., p. 13.Ï.)
La kens et le fuisil
A aguisier l'oslil.
Les aiguilles poingnanz
Et les forces tranctianz.
(l'Oiislillemenl au Yillain, 163, Monlaiglon et
Raynand, Fabl., Il, 153.)
D'unes forces qu'ot aprestees
A errant ses trescns ropees.
(Coaci, 7344, Crapelet.)
Ce te mandent les tiens fils que tu es-
lises et prennes lequel que tu voudras de
ces deux choses, ou que tes neveux soient
mis en religion et tondus de ces forces, ou
que ils soient occis de ceste espee. (Chron.
de Saint-Denis, ap. Lahorde, Emau.v.)
Hec forfex, forces de cambre. (Gloss. de
Glasgow, P. Meyer.)
La se sont reculé, mais çbe fu monlt envis.
Car forche paist le pré, el li lens le brebis.
(B. de Sel/., iv, 164, Bocca.)
Que la superfluité soit coupée o les
forches. (H. de Mondeville, Richel. 2030,
f» 59^.)
En la chambre, .ii. pintes, .i. pintat,
.1. aiguière, unes forsses de fer. (23 janv.
1396, Invent, de meubles de la mairie de Di-
jon, Arch. Côte-d'Ur.)
Meule a cousteaux ou a forces. (1438,
Péage de Chdleauneuf, Mantellier, March.
fréq., III, 124.)
Quant un vray cueur aymer s'efforce
Glayve n'y a, cyseau, ne force
I Qui loy sceut faire quelque outrage.
(R. DE COLLERVE, Pors., p. 132, Bibl. elz.)
Je me cognois a faire tan,
Parer cuirs, faire trompettes,
Cornets a tjoucq'iias. des lunettes,
Force[s\, ciseaux et espérons.
(Christ, de Boi;d., Varlel a louera loul faire,
Poés. fr. des xv" et xvi" s., I, SI.)
Lequel après avoir briesvement entendu
le fait, courut vistement chez un mares-
chal quérir des forces de quoi on fait les
crins des chevaux. {La Nouv. Fabrique
des excell. Traits de vérité, il.'SO, Bibl. elz.)
Une forces a retondeur. {Ib., p. 1S9.)
Childebert et Clotaire donnèrent charge
a Archade cy dessus nommé, et que Bou-
chet appelle Comte d'Auvergne, d'aller vers
la royne leur ayeule, avec des forpces et
une espee desgainee. (FauCHET, Antiq.
gaul., 111, 6, éd. 1611.)
— Grande cuillière :
Une forcJie d'argieul a frère soupe. (1302,
Test. duD. Jean, ap. Lobin., 11, 454.)
Norm., Dessin, forjes, cisailles pour
tondre les haies.
La langue moderne a gardé le mot for-
ces, sorte de grands ciseaux pour tondre
les draps, pour couper les étoffes et les
tailler, pour couper les tôles, le laiton, le
fer-blanc.
FORCE ABLE, S. m., agrès d'un navire
qu'il nous est impossible de déterminer :
Bons gOTieniaus i ot et grans,
VoiUes, otages, et grans rans.
Et forceablcs et hobcns.
(Ben., Troies, Uichel. 375, f° 6',)".)
FORCEEH, voir FORÇOIER.
FORCEiLi.E, s. f , fourche, croc :
.1. drapel qui pendoit enlrc .il. forceilles
de fer. (Vie et mir. de plus. s. confess.,
Maz. 568, f 48'».)
FORCEL, - ciel, - chel, four., s. m., es-
tomac, .poitrine, ventre :
Mais maint coslé e maint /orrc/
I ont enfundré c percé
Ainz qu'il aient dcl tut laissié.
(Ben., D. de Norm., Il, 5424, Michel.)
Navres fu d'une lance el pis, sous le fourciel.
(Boum. d'Alix., f ^7^ Michelant.)
L'empcrere en jura le cors Si Daniel
Qu'il ne fnst si dolens el cuer sos le forcel.
(Chev. au cijijne, 1, 6860, llippeau.)
Une plaie li fist par dessous le fourchcl.
(muijis d'Aigrem., ms, Montp. H 2i7, f 16i>.)
Se il eust acon couslel
Si s'en (erist ens ou foreel.
(Alhis, Ars. 3312, f> 13M
Va qnerre les coillcs d'un lor.
Les collions a loi le forcel.
Si les m'aporte cl .i. coslel.
(De la Dame escoUicc, Richel. 19152, f^ 41 v°.)
De son bec me feri assez prez du fourcri.
(Cuv., B. du Guesctin. 20548, var., Charriera.)
Cf. FORCELE.
FOiicEi-E, - elle, - chielle, four., fur.,
furscelle, s. f., l'estomac, la poitrine, la
gorge, quelquefois le ventre :
Sil fierl el piz entre les dons furceles.
(Bol., 1294, Millier.)
Hues le fiert do roil espié trcnchant
Que la forcelle li elToniIra devant.
(Les Loh., ms. Montp., 1° 219''.)
9
FOR
FOU
FOU
Bill ns Raoal, disl Al.iis la bêle.
Je te Dorri del lait de ma roamcle ;
Por quoi nie fais dolor soi m» foreele ?
(Raoul df Cambrai. 1001, AT.)
SoTtnt li muille la fnTefle
Por Teir e l'arçon «le la sclo.
(Bf.\., p. rfc riorm., II. 5lTo. Michel.)
Mrslrc li iinc Sébile plore et liai sa foreeh-.
ij. Bon., Sar.. cnxxvi, Michel.)
Ne place Den qne ja fini ccsle (rnerre,
S'en ait Iranchié le pis sor la forcelle.
Uourâ. âe Blairies, 31'.'. HofTmann.)
Car il le fiert sor la foreele.
Tôt patiné l'abat de la sele.
(Durmarx le Gallois. 5517, Stengel.»
Li baslars en fniant nn tel cop li donna
Jnsqnes en le fc.urcete le fendi et copa.
IBttst. de Buillon, -iioe, Scheler.)
liant front nioien, haale forcelle.
Onqnos ne vi telle fors celle.
(Dirision des r? hiariles, Ifil, ap. Mcon, .\oui'.
Rec. I. 412.)Inipr., foneelle.
Les phificicns me disoient que j'avoie
une presse teste et une froide fourcelle.
(JorNv., St Louis, iir, Wailly.)
Lequel suppliant a aucune? foiz accous-
Inmé de jurer la forcelle Dieu. (1389, Arch.
a 135, pièce 286.)
Print ledit exposant ledit Morillon par la
poictrinc ou forcelle. (1424, Arcb. 3J 172,
pièce 640.)
Fonnent les ont navres es fourcliieltes et es pis.
fCJron. des durs de Bourg., 9ôOG, Chron. belg.)
Oni ses cnfans porta en sa forcelle.
(SiCQ. Millet, Destruci. de Trmje, f» 17^ éd.
1541.)
Noble dame, hanlle atonrnee.
Dame Flourenre l'Escornee,
K lon(:ne eschine et plate fourcelle.
Allant de nnil sur la Tespree.
(CoQLiLL.. Ençuesie, II. 05. IHbl. eli.)
Tout bellement, estes toos fol I
Elle est tendre de la forcelle.
(Farce de ilimin. Ane. Th. fr., II, 35S.)
Mai», (se) dis je, se la despncelle,
Je seroys en bien grant dan;;ier
Delnir rompre venlre et forcrlle.
(Farce de Tout Ucsnage, Auc. Th. fr.. H, .107.)
Kt pois après toot senl a ma plaisance
Cneilly des fleurs a loute ma puissance
Tant qne lool plain en mis a ma fourcellr.
II510, le r.irofl'.ier aul.r dames, l'oés. fr. des
Xï' et XTI* «., XllI, 270.)
Qu'on n'endure fain ne coif : mais qu'on
inangeue quant l'appétit viendra si sobre-
ment que la forcelle de l'estomac n'en soit
enllec. (J. Uouchet, Noble Dame, f» 50 r»,
éd. 1336.)
Gosier, qni natnrellement
Es mon entonnoir très fidelle,
Ne laisic entrer en ma fourcelle
BenTrage, s'il n'est excellent I
(Vatix-âr-Yire de J. Le lloiLi, \xiv. Jacob.)
Voici bon sidre noorean.
Je croy qu'il est fait sans eaa :
Il esl chand a la fourcelle
Et donne jusqu'au cerrean.
<;*., XLlv.)
Estant entré dans l'estomacb, ce poison
fait une grande douleur a l'endroit du
petit tendron que les Picards uonimeut la
fourcelle ; car la dessoubs est la partie la
plu."* sensible de l'estomacb. (fiHEViN, des
Venins, II, 4, ta. 1368.)
Le? clavicules ou forcelles. (Trad. de
Calitn, p. 447. ••d. 1609.)
On trouve encore au xvti« siècle la for-
eele de l'estomac, pour le creux de l'esto-
mac :
Ils se passiTcnl dans 1,t foreele tie l'es-
tomac des rubans. (Tai.i.km., Iliat., cci.xv,
éd. Monlnieri|M(''.)
— Fonrcbcltc :
Fur-ieelles, amas, esbaleliers, pegnaux,
autres basions et armures. (Coul. de la
Ckastellenn. de iVnics.xxxiil, N'ouv. Coût,
gén., I, 385».)
Norm., fourcelle, esloniac. Giiernesey,
fourehelle, poitrine, bréchet.
Nom de lieu, la FoMrcfte/ic (Oise).
FORCELÉ, adj., à fossette :
Et après for celé menton.
Dont naissoit la blanche gorgele
Dnsqa'aus espaules sans foisscte,
Ounie et grosse en avalant.
(A. i)E LA Halle, leu Adan, Ilicliel. 837, C 2S1».)
Nés droit et foreele menton.
(Comte de Poil., «50, Michel.)
FORCELER, fourceler, fourceller, for-
cheler, - eir, fourclieler, forscheleir, v. a.,
cacher, celer en fraude, frauder, détour-
ner secrètement :
Et s'il avenoit cose par aventure que
aucuns emblast ou forchelast le tonlieu au
remonter ou au ravaler, le poenl arrester
le sergant de l'abbé cl le couvent. (1249,
Cart. Esdras de Corbie, l\\che\. 1. 17760,
j ^99^,)
j Que franche vérité doit csire eu l'an de
toutes choses forcelees. (1252, Confirm. des
jmv. de Calais, Arcb. J 1124, pièce 1.)
Forseheleihcs. (/&., pièce 1^''.)
S'il avenift lie aucuns des viles deseu-
rediles se scutist meffail envers l'abbé et
le couvent devautdis, en tel manière k'il
etisl fourceU dettes ou cateus, rendre et
donner por Diu et en aumosne le puet a
l'abbé et au couvent dcseuredis. (1280,
Chartr. de Namur, vente de bois, Chron.
belg.)
Et reco,gnoissons que li diz Mikiel a et
. doit avoir les pourlis tant que sa terre
, dure par dodcns les diz bourucs par rai-
son Je viscontc, si comme .il. d. d'un
j sanc, et s'il estait forclielcz, 60 soulz de
l'amende ou ce que nous jugerions par
' l'esgart de la vile. (1291, Cart. de Ponthieu,
niche!. 1. 10112, f" 19 V».)
Vous n'en fo^trchelercs rien a le parcbon
de vos enfans. (HoisiN,Fra)icft., loisetcout.
de la ville de Lille, éd. Brun-Lavainue.)
Qui forchoile ventes de hyrtage il est en
demande de .LX. libres par devers le si-
gneur. {Coût, de Ponthieu et de Vimeu,
.Marnier, Ane. Coût, de Pic., p. 111.)
Une france vérité doit eslre eu l'an de
toute chose /'ourcel/ffis. (1304, Arcb. JJ 60,
pièce 365.)
Se les socs csfoieHf forcheleiz. {Ch.de
1318, S. Wandrille, Arch. Seinc-lnf.)
Esl assavoir que les pourlis que je ai
• en me terre par dedens lesdis bournes me
doivent demourer, et les relieng ; cb'esl
assavoir me viscomté, si conme quatre
deniers du sanch et se il estoit forcheles,
soixante solz pour l'amende, ou l'es^an
du maieur et des eskevins devant diz.
(1358, Ord., III, 294.)
Si le sang estoit /orccf^ Iroiz jours, il se-
roit cnchu vers nous et envers lesdiz
maieur et escbevins en .LX. sols parisi?
d'amende. (1376, Charte de S' Wulfran
d'Abbeville, ap. Ste-Pal.)
Et avecques tout ce on al.i ordenant
C'on meisl a estai et alasl on monslranl
Aux fenosires, aux hnis ou sur estai séant,
Tout char, pain et poisson et ce c'on va mengent.
El se personne y a qni le voist forcelant,
Kt qui ne monstre tout, sans alcr riens massant,
Qui vaille .vi. deniers derrières ne devant.
Il ara tout perdu.
(Cnv., du Guesclin. 1917, Charrière,)
S'il avenoit que l'on eusl pris et fourceli
nng serf ou aultre beste sauvaige que les
chiens de ujondit seigneur auroieut pris,
donneroit un bœuf blanc a rachet de dix
francs pour la reparacion de la beste /bur-
celée. (Vers 1419, les Bois, forests et garoies
que Mgr le duc de Bourg, a es bailliages de
Dijon, Auxois et la Montagne, Mém. de la
Soc. édueniie. 1880, p 401.)
Ventes forcelees. (Cout.de Sentis, ccxlvi,
Nouv. Coût. gén.. 11,729.)
Afin que le droit de meilleur cattel soit
mieux gardé et non foureelé, l'hoir meu-
' blier du defunct sera tenu de monstrer
les trois meilleurs cattels a peine de con-
fiscation du foureelé. (Chart. de Hainaut,
cxxv, 9, Nouv. Coût, gén.. Il, 141.)
Item si aucun fourceloit lesdits espaves
quel qui soit, et ne l'annoncist eudedens
sept jours et sept nuicts,il sera a l'amende
de soixante sols parisis. {Cousl. de Mor-
tagne (Flandre), ms. appartenant à M. Boc-
quillet, p. 107.)
— Forcelant, part, prés.; en forcelant,
j à la dérobée, sans qu'on s'en aperçoive :
En luy poignant la teste et doderainant de
douce main, on luy couppe les cheveux «i
forcelant cl luy desempare- on le chief. (r,.
Chastell., Chron., IV, 322,Kei'v.)
FORCELEUR, S- Ml., celui qui cache,
qui recèle, receleur :
Qui oublycoit le chevalier qui vous a
, démontré par trois fois le gentil roy d'Es-
I cosse, qui ne recommandast sa prouesse,
il seroil robeur et foreeleur d'autruy
prouesse et d'aulruy liouueur. {Percefo-
rest, I, 151'', éd. 1528.)
ni, adj..
FORCEi.u, fourc, fourch.
fourchu :
Le menton fourchelul, le nés fait droitement.
{Bail, de Bouillon, 2332, Scheler.)
S'a fonrcelu menton.
(B. de Seli.. xxTV, .S-2, Bocca.)
Le nez a bel et droil, et fonrcelu menton.
(V,r«.i: du Paon. ms. Brux. 11191. P 19 r°.)
Salalrie la belle an fourchelu menton.
^Ci;^(Tis, Richcl. 1637, f 130 r».i
1. FORCEMENT, fouTcement, s. m., ac-
tion de forcer :
Au forcement du pas de Suze. (Brant..
Caiiil. /V.,A.de Montmor., Buchon.)
— Action de forcer une femme, viol :
Forcemens de femmes. (1341, Arch. J.l
73, f» 250 V».)
I.e forcement des femmes et des lilles.
(1580, Lelt. miss, de Henri IV, t. I, p. 290,
Berger de Xivrey.)
— Ce qui fait violence ."i :
FOU
FOI?
FOR
«7
C'esl |>liisti)sl une luoastiuosité et for-
cement lie ualiire, qu'une production prof-
fitalile. (LiEBAULT, .Vaw. rust., p. 466, éd.
1597.1
— Kn général, violence, contrainte :
Lu iirace est si gracieuse et saisit si gra-
cieusement nos cœurs pour les attirer,
qu'elle ne gaste rien en la liberté de nostre
volenté ; elle touche puissamment, mais
pourtant si délicatement les ressorts de
nostre esprit, que notre franc arbitre n'en
reçoit aucun forcement. (Fr. de Sal., Am.
debieu,\.n, c 12, éd. 1610.)
— Effort :
Quasi n'ayant plus de soufûe ny d'ha-
leine du fSurcemenl ou il s'estoit mis a
combatro. (La Prinse du Roy d Pavie,
Capliv. de Franc. 1", p. 80.)
2. FoncEMENT, voir Forchement.
3. FOKCEMENT, VOir FORCIEEMENT.
FORCENABLE, VOir FORSENABLE.
FORCENAGE, voir FORSEN'AGE.
FORCENAISON, VOir FORSE.VAISO.N.
FOIICENANT, Volr FOIISEXANT.
FORCENEEMENT, VOir FonSENEEMENT.
FORCENER, voir FORSENER.
FORCENERIE, VOir FORSENERIE.
FORCEXEURE, VOir FORSENEURE.
FORCEXEUX, voir FOUSENEU.K.
FORCENXiERE, S. f., folie :
Et par ce que ce livre est composé pour
la salubre doctrine de sapience et pour
expurger la vanité de forcenniere et foUie.
(Jacques Locueh, Nef des folz du monde,
Prol., éd. 1497.)
C'est peut-être une faute de l'édition j
pour forcennerie.
FORCEOiî, - eeur, - eur, forcheur, s.
m., celui qui prend quelque chose par
force :
Se pluiseurs font force ensambie et li
uns d'eus est trais en cause, s'il rent la
chose de son gré et devant le jugement
tout li autre sont délivré, c'est voirs par
nostre usage tant coume a la chose monte
et non mie de l'amende, car tuit ilsonttenu '
li forceeur. [De Droit et de jusl., Richel.
20048, f° 66''.)
— Brigand :
Je ferrai ccl forcheur.
<J. BoDEL, H Jus de saint Nicholai, Th. fr. aa
m. à., p. 17S.)
— Avec un rég., celui qui force, qui
attaque par la force :
Forccurs de maisons ou brigans. (J.
BouCHET, Serm. de la simulée convers. de
H. deBourb., p. 320, éd. 1594.)
— Celui qui viole :
Forct'urx de famés.
(Eloï Dasersal, Uvre de la deablene. t" 9",
éd. 1507.)
Son traitement esloit un vray tesmoing
D'amitié claire.
Helas ! faut il qu'amitié fie declaire
Pluslost au cueur d'au farceur adultère
Ifu'cn un raary?
tCi.. Mar., Canl. a la Rein, de Nav., 153C, éd.
1731.;
1. FORCER, /orsi;i', verbe.
— Act., forlifler :
Se li dis sire Jehan eu forsanl et amen-
dant ou en retenant le chastel devant dit
faisoit aucun ouvraige. (Sept. 1352, Lett.de
Jeanne de Dar,engag. d J. de Mar/ey, Arch.
Meuse.)
— Réfl., s'efforcer :
Les partisans de l'envie se sont de tout
temps forcez avec leur noir, et de fumée
tirée du fourneau de l'enfer, et par leurs
propos picquens et injurieux, de noircir,
prophaner et flestrir la candeur, excellence
et réputation du sexe féminin. (Deslau-
RiEREs, Imagin. de Bruscambille, en faveur
des dames, f» 30 v», éd. 1613.)
2. FORCER, v. a., peigner la laine?
I toose wolle, or cotton, or suche lyke.
Je force de la laine, and je charpis de la
laine. It is a great craft to tose -wolle wel :
c'est une grande apertise que de bien
forcer la layne, or charpir la layne. (Pals-
GRAVE, Esclairc, p. 76, Génin.)
3. FORCER, voir FORGIER.
FORCERE, voir FORSAIHE.
1. FORCERET, s. 111., petit fort :
Villes, chastelx et forcerelz. (Lett. d'E-
douard III, 1 juin 1357, ms. Richel., coll.
Bréquigny, XLI.)
2. FORCERET, voir FORCERET.
FORCERiE, S. (., effort, luxation :
Saphir vaut contre forceries et contre
luces et eslevcures. {Li Livres des pierres,
Richel. 12786, f^SO^)'
— Violence :
Se Dius m'ahit, et li saint, et toutes les
saintes, que je n'ai quis ne porcacié art,
j barat, ni engieng, ne forcerie n'enquerrai.
(Beadman., Coût, du Beauv., II, 437, Beu
' gnot.)
FORCESCE, S. (., ciseaux : j
Lequel Perrinet raeu et tempté de con-
voitise rongna d'une forcesce quatre desdiz
florins. (1388, Arch. JJ 133, pièce 113.)
FORCESTE, voir FORCETTE.
[ FORCETERiE, S. f ., métier du forcetier:
Mestier de forceterie. {ûrdonn. sur les
j mest.,\n, à la suite du Livre des Mest.,
p. 357, Depping.)
FORCETIER, S. m., fabricant de ciseaux
de jardiniers ou de tondeurs de draps,
fabricant de faux et d'autres gros ouvrages
en fer et en cuivre :
Forcetier. (Livre de la Taille, ap. Géraud,
Paris sous Ptiil. le Bel.)
FORCETTE, forcesle,forsette,s. f., dimi-
nutif de force, petit ciseau :
De tous peignes et forsetle c'on vent en
.Metz. (Partie du Tonneu cédé d l'Hôp. S.
Nie, Hist. de Metz, 111, 176.)
Unes forceltes d'argent, estans eu ung
esluy. (1380, Inv. de Cft. K, 2210,Labarte.)
Le seigneur demanderoit a sa femme
une esguille ou une espiugle ou unes for-
cettes. {Ménagier de Paris, I, 154, Biblioph.
fr.)
Iceiui curé tira une forcellef i-t d'i-
celles feri par le visage le suppliant.
(1394, Arch. JJ 147, pièce 104.)
Unes petites forcesles esmaillez. (1409,
Compte de A. des Essarts, Pièc. relat. ?i
l'Hist. de Fr., XIX, 202.)
Forsetcs, cousteans pragois.
Grosses mouilles a deux dois.
(Greban, Mist. de lapass., 1720, G. Paris.)
La lime, la gente pinsette.
Le ratissoir et la forcette.
(G. Corrozet, les Blasons domesl., Blas. del'Estny
do Chambre, Poés. fr. des xv" et xvi" s., VI.
262.)
Puis les mignons et bons cousteanK,
Les forcetles et les cise.iuls.
(b., ib., Blas. du cabinet, VI, 268.)
FORCETTis, s. m. pi., ciseaux :
Forcettis, vulgarement appeliez sisours.
(Stat. de Richard III, an I, impr. goth.,
Bibl. Louvre.)
FORCEUR, voir FORQOR.
FORCHACiEu, fors., v. a., chasser, ex-
pulser :
Cornent il fu forschaciez du pais.
(Les Loh.. Vat. Urb. 375, P IS^)
Det estre tantost chasses de la compai-
gnie as autres chevalers et de la cité fors-
chacé. (Liv. au Roi, Ass. de Jér., t. I,
p. 623, Beugnot,)
FORCHAGE, four., S. m., branche de
famille :
Si le retrayant revend l'héritage par luy
retrait a personne estrangere, le parent
issu de la souche ou fourchage d'où vient
l'héritage le pourra retraire dedans l'an et
jour de telle venditiuu seconde. {Cout. de
Clermont, xvi, 21, Nouv. Cout. gén., II,
884.)
Quand aucun vend son héritage a aulcune
personne estrangere de souche et forchage
dont luy est tenu ledit héritage... {Cout.
loc. de Thevé, xvil, Nouv. Cout. gén., III,
1031.)
Quand aucun a vendu son héritage, ou
rente foncière a lui appartenant de son
propre, a aucune personne estrange de la
ligne, souche et fourchage, dont lui est
venu ledit héritage ou rente; le parent du
vendeur, issu et descendu de ladite ligne,
souche et fourchage, dont vient ledit héri-
tage ou rente, peut demander et requérir
dans l'an et jour de ladite vente avoir par
retrait iceUii héritage ou rente. (Cout.
d'Orl., lit. xviii, de Retrait lignager, art.
CCCLXIIt, Pothier.)
FORCiiANGEMENT, S. m., Changement,
passage de l'un à l'autre:
Nous sommes a la veille de voir la mu-
tation de l'Estat, ou son detinement, ou
an forchangemeni île main. (N. Pasq., Lett-,
Vi,2, éd. 1723.)
FORCHANGiER, fourcangicr, v. a., chas
ser :
Jamais ne quicr ariere repairier,
S'aray d'Kspajjne le règne a justicier
Dont K. m'avoit fait fourcangicr .
(Anseis, Ars. 3312, f 25°.J
FORCiiARGiER, fourquerquicr , v. a-,
charger plus qu'il n'est permis :
Ung uavieur encourt amendes pouratJO!/'
fourquerquiet se nef. (1402, Béthune, ap .
La Fous, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
68
FOH
FOR
FOR
Fonr.iiAiiorAGE, s. m., droit pour la
réparation des chemins qui ont été en-
dommagés par les voitures :
Le bas justicier a aussi cofrnoissance du
droict de rncliapt, de paperes et reprises
qui se font snr lierilaçes p»r ceux a ce
comniis, et a raisou desquelles l'amende
n'excedo sept solz et demi : des dommages i
faicts es bois cl fruicts, de forcharouage, 1
de fond et de roye, de transports, et
œuvres de loy. puii'r vestures et deves- 1
tnres. (Coût.' du pans de Luxembourg,
Nonv. Coût, peu., II, 3i4''.)
FORCHAT, S. m., bùton fourchu :
Vnp baston, appelle forchat, qui est en
manière d'une forche. (U61, Arcu. JJ 198,
pièce U.) I
On dit encore fourchai, avec le même :
sens, dans le Berry :
Chasser à coups de fourche et de four-
chât. (G. Sand, Claudie, II, xill.)
FORCHAL'CHiER , forschaucier, v. a.,
fouler aux pieds, écraser, accabler :
J'ai forehauchet les cols des orguillous et
des esleveiz. (S. Bern., Serm., Ricbel. '
24768, fo 48 r'.l
Li plus forz forchauchel lo (levé. (lo., ib.,
r- 51 V.) j
Li fors forsehaucet lo (levé. (In., ib.)
Lai., CoDcnlcal fortior minus fortem.
Ansi kc tes sommes soitli repous de tes
lasseies manbri'> et ne uiie li sepullure de
ton forchauchiet cors. (Li Epistle saint Ber-
nard a iSont Deu, uis. Verdun 72, f" 66 v».)
Sil se rleleitet en cea k'il forehauchet
l'abitacle de la charneil conversation. (/6.,
f" 94 r».)
1. FOitcHE, fourclie, s. f., corvée d'un
hon)me qui doit venir avec sa fourche
pour faner le foin quand il en est requis
par son seigneur :
Ceu est la forche dehue a Saumarve
chescuDt ant, le dimenche enpres la me
aost, laquelle se deut recever por la prio-
resse de dit lucc c por la rccever en doit
aver XII d. por son trcbal. (xiv* s.. Terrier
de la Trinité, !" 78, Arcli. Vienne.)
Lesquelles choses sont tenues du priour
lie S. Martin du Foilloux a deux sols six
deniers île rente, demye gelyne et dcniye
forche de biaen. (1439, S. Benoît, S. Martin
ilii Fouillou, Arch. Vienne.)
Porches, coustumes, devoirs, etc. (Gr.
Caulh., r»51, Arch. Vienne.)
— Forche en pié, redevance sur chaque
feu qui se payait à la Saint-Jean :
La rente que on appelle fourche en pif,
deoe au jour saint Ji'han sur cha^cun leu
•le la ville de Braynne. (Ch. de 1376, ap.
Beauvillé, Doc. concern. la Pic, 1. 32.
S. FORCHE, voir Force.
FouciiiiFiERE, fourchefiere, forkefiere,
fourquefiere, fourkefiere, s. f., hiton armé
d'un fer élancé à une extrémité et d'une
fourche h l'autre:
S'apnrlerai mi" fourke (mr.
<A. Dr. 1.1 IIalli, li Gieiii de hoUn ri âr ilarim,
CoDSiemakrr, p. 3'2.)
... Prenl ta forche fiere
Dont dcoit cipan Ire son (icns.
{Renan. :!l.i«, Mcon. )
Très forkes fieres as Tiens. (Ai-tc rfc 1230,
ap. Le Hcr., Gloss. norm.)
Une fourque/iere pour chargier gerbes.
(1374, Arch. M.M 29, f» 114 r°.)
Ferir parmi le corps d'une fourquefiere.
(1382, Arch. JJ 120, pièce 320.)
Qui tenoit un prant basion ferre- appelle
fourchefiere. (1419, Arch. J.I 171, f" 18 r».)
Fiche forke, fourche fiere. (Palsgr., Es-
clairc., p. 254, Gi'uin.)
Hanicroches, volains, lances, fourches
fieres. (Rab., liv. III, prol., éd. 1352.)
La daurade dort de jour d'un sommeil si
profond qu'on la peut prendre d'une for-
chefiere a pointes. (L. Jour., l'ilist. des
poiss. de Bond., v, 2, <id. 1358.)
A présent en tous ces pays la, on ne
parle d'autre chose, 'sinon daller a la
chasse au loup, ce qu'on faicl tous les
jours de dimanches et lestes après avoir
assisté au service divin, les paroissiens
E'asscaablants autour d'un bois assigné
avec une fourchefiere a trois pointes en
triangle, car c'est le baston qu'on a cogoeu
le plus propre pour résister a la rage de
telles bestes, et en ceste façon en ont déjà
dcpesché un grand nombre, (Cl. Prieur,
Dial. de la Lycanthopie, f 32 v, éd. 1596.)
Les paisans, selon leur coutume, espars
Ça et la, font de grandes huées, remplissent
l'air de leurs cris etlroyables, et avec leurs
fourches /îeres Varrestent (le loup) sur cul.
{Hist. Maccar. de Merlin Cocc, c. xx, Bibl.
gaul.)
La joye est grande allors que ThieDOt qui s'ap-
(proche
Lny met (au loup) dedans le col la fourchefiere
[croche
Pour le tenir subjeil.
(Gaccu., Plais, des Champs, p. 139, éd. 1601.)
Fourche-fière, employé par La Fontaine,
Fables, IV, 16, est donné par Littré comme
encore usité.
FORCHEGEiuiEs, fourchcgerbes, s. !.,
fourche à long manche propre à mettre
les gerbes sur un chariot :
Le dit Periet, qui d'aguct apensé atout
une fourche gerbes s'estoit muss''; en un
destour jusques qu'il r.ippassasl, couru
sus au dit suppliant sitosl qu'il l'apperçust
et lui donna trois graus coups do ladicte
fourche, dont il chcy a terre... (Arch.
JJ 103, pièce 504.)
FORCHEis, fourqueiz, fourr.his, s. m.,
branche fourchue :
Sy ay de trois f nirqueiz ung et toi;tes
les branches d'un arbre sans déshonorer
le dit arbre. (1416, llailliage d'Enreux,
Arch. P 29i, rcg. 1.)
— Croisement de routes, carrefour :
Tout le monde en deserl est mis
Et si y a lanl de fuiirehin
De Icle» voyes qui sont la
Que nul par droit chemin n'y va.
Cni.coiLLEïiLLE, Trois Pelerinaines, C l.'lt'.'', irapr.
Inslit.)
FOncnEL, fourchel, s. m., bAlon four-
chu :
Thomas Perrote estant allé en une vigne
et ayant trouvé qu'on lui avoit oslé un
fourchel, dont il avoit lors a faire, il se
transporta par devers Jaquinot,.... et lui
demanda s'il avoit osté le dit fourchel.
(1389, Arch. JJ 138. pièce J60.)
FonciiELAST, S. hi, forçat :
Forchelast. 'Pièce de 1249, Moroiiil, ap.
Coililet, Gloss. pic)
FORCHEI.EIl, voir FORCELER.
FoucnGMENT, - ccmenl, s. m., bifur-
cation :
Por ce -le firent (le pont) el forcement de
ces eves. (Chron. d'Ernoul, p. 441, var.,
Mas-Latrie.)
FoucHERON, fourchcron, fiircheron, s.
m., branche fourchue :
Mais il n'y eusl fourmys ne moncherons
Yraigne on ver entre ses fourcherons (de la vignel.
{Chanl. ro'j., Richel. 1537, l" 19 t".)
Il y a aussi un drageon fourcheron qui
sort quelquefois au milieu entre deus dra-
geons et fourche la. (CoTEREAU, Colum.,
rv, 24, éd. 1533.)
— Dent d'une fourche ;
Tenant en sa main une fourchefiere, en
laquelle n'avoit que un fourcheron, car
l'autre estoit rompu. (1417. Pièces relût,
au règ. de Ch. VI, II, 139, Douët d'Arcq.)
Et est bien requis avoir sur les filets
gens qui entendent a faire la baye pour
liissiere;' et raiseau, mesme a les tendre,
et principalement les rets, que j'ay fait
tendre soiiventefois sur fourche, avec un
margouillct ou billebauquet qui est mis par
dessous le maistre de la rets, et a chascun
des fourcherons des fourches. (Du FouiL-
LOUX, Vénerie, f 88 v", Favre.)
Nom propre ancien, Jehan Furcheron.
(1412, Arch. JJ 166, pièce 272.)
FORCHEUOT, four., adj.,qui forme une
fourche, un carrefour :
Le bois de Fourcherai. (1334, Compt. de
Geoffroii de Blaisy, gruier de liourg., Arch.
Cole-d'Or, 15 1.398.)
FORCiiETii, - chelte, - quele, - guette,
four., s. f., petite fourche :
Furcella. fourqucte. {Gloss. lat.-fr., Hi-
chel. 1. 7079.)
Une fourquclle a ralizer le feu. (1528,
Lille, ap. La Fous, Gloss. ms., Bibl.
Amiens.)
Celuy qui estoit ainsi condamné estoit
despouillé tout nud, et ayant la teste sous-
tenue et i)orlee d'une petite fourchette,
estoit conduit par toute la ville. (A. Le
Pois, Disc. s. les medall. ant., f" 71 v", éd.
1579.)
Une fourquette pour tuer les tauppes
des fontaines, (1595. Lille, ap. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
1. FOKOiiEUR, voir FORCEOn.
2. FonciiEuii, voir Forçor.
I'Orcheure, -ceure, -chauve, -chure,
four., fur., fourchieure, s. f., endroit oii
une chose commence à se fourcher, bi-
furcation, division :
Adont fisent l'ost esmouvoir et vinrent a
Tenis qui a mervelles seoit biel, car il seoil
en une fourceure de .ir. rivières, dont li .i.
bras couroit a diestre, et li autres a se-
uiestre. (Chron. de Hains, c. xiu, L. P.i-
ris.)
Les talons des chameaux se rapportent
entièrement a ceux des bœufs; toutefois la
FOR
FOR
FOU
6!)
fourchure ne paroist guère. (Du Pinet,
Pline, XV, 45, éd. 1566.)
Ou incise ces nrbres depuis la racine
jusques a la fovrckure- (Id., i6., xil, 15.)
On jettera la vi-ine sur la fowchenrc de
l'arbre. (0. de Serr., 7h. d'agi:, III, 4,
éd. 1605.)
En etestant les mûriers, l'on y laissera
de longs chicots, sursaillans de quelque
pied la fourcheure des arbres. (Id., ili., p.
469.)
Dans sa signification générale, ce mot,
omis par les dernières éditions de l'Aca-
démie, mais donné par Littré, peut être
considéré comme appartenant à la langue
moderne.
— Il s"est dit particulièrement des par-
ties du corps oii deux autres parties se
réunissent, telles que l'angle que forment
les deux jambes, la partie de la poitrine
nommée fourchette ou bréchet, etc. :
Si li Irenchat les oilz c la failnre.
Le blanc osberc diint la maille est menne,
Kt Int lo cors trcsqa'en la furcheure.
(liol., 13-28, Miiller.)
La forceure ad asez grant li ber.
(/*., .3157.)
Lnogs les costez, grellcs les flancs,
Mnll oui large la fiircheure.
(Vie de SI Gile, 61, A. T.)
.lariibes lunges e droites, large la fiirclieurr.
{Roii. •!' p.. l.'îl", Andrcsen.)
Mervelles estoit bien taillies,
El ot moult large fourceure.
(Bex., Traies. Richel. .'ÎT.S, P 79^)
Fn qaarré par le pis et grant par la furchurc.
(Tih DE Kknt, GesU d'Alis.. Itichel. 2l3fii,
C 7 r».)
La forcheure ot droite, les pies bien chcralchans.
(Chev. au cygne. II, 168d, Ilippean.)
Lungs braz et grant furchcure.
(Lai d'Havelok, 'U, Michel.)
Grant fourchcare a il dedenz l'aseli'.
(Mm. de Aor»., Uichel. -2436;), f° 7 i v°.)
Se il Tirent Richart a la grant forcheure.
(Quai. Fils Aumon, Richel. 21387. f .ili^ ; éJ.
Micbelant, p. 385.)
— Branche fourchue :
Oui ne sçail le jour la manière d'estou-
pcr, si prenne des fourchietires et menu
buis, et les boute dedans les fosses. (Du
FouiLLOux, Vénerie, f» 78 r», Favre.)
En Normandie fourchure désigne encore
1.1 bifurcation des jacnbes.
FORciiiË, - kié, - quié, four., fur., part,
passé et adj., qui fait la fourche, fourchu :
Et saciez que li piez
Ki en dons est furchiez
Dous poples signefie.
(l'n. DE TiiAUN, Cumpoz, l.it.'i, Mail.)
— Menton forchié :
Menton forchié et gorge blanche.
(Perceval, ms. Monlp. II 2-19, f° ICS"'.)
Li mentons est drois et forkies.
(Alhis, Uichel. 375, P llio''.)
Le manton blanc petit forchié.
(R. DE Blois, Poés., Ars. 5201, f 8=.)
Ayant grande barbe et le menton four-
chié. {De vita Christi, Uichel. 181, f" 8.)
— Queue forchiee :
Li lions ot qnene fourchiee.
(Couci. 155!i, Crapelet.)
— Barbe forchiee :
Grande barbe el forchee. (De vita Christi,
Uichel. 181, f» 3.)
— Baston forchié :
Do ton bastOD. dis je, fourchié
Et do croc qui y est ficbîé
Tu ne dis rien ne tant ne quant.
(DECIII.LEÏILI.E, Trois Peterinaigcs, f (iV, irapr.
Instit.)
— Voie forchiee, cliemin forchié :
Lors troverent une voie forchiee. (Artur,
Uichel. 337, f" 26o''.)
S'ele vient a chemin forchié,
Tost avéra le chief baissié ;
S'ele arreste, si arrcsles ;
La ou ele va si aies.
(Durm. te Gai, 1713, Slengel.)
Renart les convoie
Jnsqne a nne fourkie Toie.
(Renart le nouvel, 2G23, Méon.)
Voye forquie. (1340, Arch. JJ72,f°lo9r».)
Voye fourchee en troys. (1464, i. Laga-
DEUC, CathoL, éri. Auffret de Quoetqueue-
ran, Bibl. Quimper.)
Quant ils sont venus au chemin fourchié
si s'en vont a une part ceux qui le cheva-
lier batoient, cl d'autre part ceux qui la
damoisellenienoieut. (La)!cdot(i!« Lac, 2« p.,
ch. 115, éd. 1.488.)
— Pilier forchié, contrefort d'angle,
faisant la fourche :
Si penseiz car se vos volez bien ovrer de
toz grans pilers forkies vos covient avoir
qui ases aient col. {Album de Vill. de
Honnec, p. 93, Lassus.)
La langue moderne emploie encore
fourché, comme synonyme de fourchu,
dans quelques phrases.
FORCHIEE, fourchee, fourcie, s. f., en-
droit fourchu, croist-ment, carrefour :
La fourchee et la voie qui vel de la ville
Pernest a laCheise. (1302, Acquêt d'un pré,
-Mor., Pr. de Vît. de Bret., i, 1179.)
Et le rua de toute sa force entre les
jambes du dessusdict, en intention
(comme il pouvoit sembler) del'empescher
en sa marche, ou de le sourdre, ou lever
par la fourchee des jambes. (Oi,. de la
Marche, JI/cm.,I, 21, Michaud.)
Bivium,lieu qui meine en deux chemins,
ou il y a deux voyes, une fourchee. (U.
Est., Diclionariolum.)
Bivium, deux chemins, une fourchee,
carrefour de deux voyes ou sentiers.
{Calepini Dict., iiàle 1584.)
Fourchee. Bivium. (Nomencl. or.til.)
— Instrument défini dans l'exemple ci-
dcssons :
l'iiis fans nne petite fente de ton coustel
eu la couille et lu boute en une fourcie ;
c'est une fourchette qui est une verge
fourchee ou on met plusieurs choses qui
yssenl du cerf. {Modus, f 21 r», Blaze.)
— Terme de blason :
Un grant hennap, doré dcdenz, ou fons
duquel a un grant esmail ront garny de
souages grenctez, et est ledit esmail d'azur.
Et en ycohii a un homme et une femme
qui tiennent un escu d'or, a un lyon d'azur
rampant, a .irii. fourchiees. et est la bôr-
deure de guelles semée de tourterelles d'or
(1360, Invent, du duc d'Anjou, n° 553'
Laborde.) '
Morv., forchié, amas de foin qu'on forme
avec la fourche.
1. FOitciiii!:ii, fourchier. fourquier, s.
m., grande fourche :
leellui Jaquemin sailli avant en tenimt
un gros et pesant baston appelé fourchier.
(1388, Arch. JJ 135, pièce 112.)
La femme dudit du Bez tenoit un four-
quier. (1406, Arch. JJ 160, f' 254 v».)
La ou il a convenu lever aulcunes vieilles
pierres de tuf, lesquelles avoient esté
rompues des fourquier.'; des marequiers en
montant et avalant la rivière. (1498,Compt.
faits p. la ville d'Abbev., Uichel. 12016,
p. 144.)
Les pointes des couUres, des louchetz,
des fourehiers et des congnees cstoient
usées. (Le Fevre d'Est., Bible, Sam., 1,
XIII, éd. 1534.)
Mettez ceste farine dans une cuve, et
versez sur ceste farine, assavoir quatre
cacques d'eau ou un muid et demy d'eau
pour quatre septiers de farine : laissez la
une heure entière reboire son eau : puis
demeslezia avecdes /bMrgMzers.(LiEBADi.T,
Mais, rust, p. 680, éd. 1597.)
Morv., forchê, fourche employée pour
enlever le fumier. Val de Saire (Manche),
fourché, entre-deux des jambes.
2. FORCHIER, - hier, - quier, - cier,
four., verte.
— Neutr., se croiser, se diviser :
Et.i. viel cimcticre on fourchent .uu chemin.
(Aijed-Avign.. 2S15, A. P.)
Et firent l'ost mouvoir, et vinrent a
Tenis qui a merveilles seoit bel, car il
seoit ou coing dou flun qui fourche. Et la
court uns braz a destre cl li .mires a se-
nestre. (Mén. de Ueims, 176, Wailly.)
Par quoy leurs cornes (des cerfs) com-
mencent a venir, et viennent sur leurs
testes bosses molles pleines de sang, et
icelles croissent et fourchent. {Modtis,
l" 6 r», Blaze.)
Hz trouvent voyes qui fourchent et son
aussi batues decirevaulx. [Lancelot du Lac,
i" p., ch. 56, éd. 1488.)
— Réfl., dans le même sens :
A une croix sont arrestees
Ou pluseurs chemins se fourchoicnl.
(Alard, la Comles.ie d'Anjou, Richel. 7fi 5, f 11 r°.)
— Xeutr., au fig., à peu près comme
gauchir :
Por qu'en iroic jon fourguant
Que jou n'eu desise la pure.
(Vu vilain n'eu ijouste, Richel. 12171, l" 14 1'.)
3. FORCHIER, voir FORGIER.
FORCiiiERE, s. f., petite fourche :
Il recouru sur son corps A'nne. forchiei'e
de fer qu'il tenoit. (1420, Arch. JJ 171,
f» 137 vo.)
FORCiiiET, fourquiet, s. m., sorte de
fourche :
"Il
FOI5
FOR
FOR
El cil nui porteol l«s fori'inz
Ou II ODl mises lor Jaintiei
tt cil as cors <ie cett raniut.
(C. rfc Dole, Val. Chr. ITJj, f M '
Avoir emblt' plii?icnr? fourquiez el os-
lieii\ a ouvrer aux vignes. (24 av. 1438,
Echevinage d'Amiens, Arth. muu. Auiieus.)
1 loricHiw.oN, four., s. m., syn. de
barbillon :
L>" sisni' lie lu maladie des barbillons,
iiilr'in.'nt «lilz fourcltillons e?l quant
i'i^vseaii a !••? iiiaschoueres enileof. (GuiLL.
Tardif. l'Art de fauc, 1, 106, JullioD.)
i. FoitcHiLLON", /biir»;., s. m , sorto de
fiiurche :
L.'dil Jcban de la Croiz print uui; four-
quiHoH de boys. (1474, Arch. JJ 193, !• 268
FORCHOIER, voir FORÇOIKll.
FORCHON, fourchon, fourçon, foursson,
fourguon, forçon, foison, s. m., diiiiin. de
fourche :
Mais da fo^irchon loal aQ cootraire (dn bûton)
J'ay biea acoastomê de faire.
Car c.'nj qoe je Tueil déprimer
Je les fonle cl (ay bas aler.
(Deguillev., Troi< Pèlerin., f t;"', Inslil.)
.1. viez foursson. (10 mars 1396, Invent,
de meubl. de la mairie de Dijon, Arch.
CMC-. l'Or.)
— En partie, perche, bâton servant à
l'usage des fours :
El leur loist aller copper et abattre au
bois de la Haie le Conte des fotircons
pour servir a niinistrer l'usaige des'dits
f'-iurs. (1292. Coiit. loc. du liaiU. d'Amiens,
I. I, p. 81, Bouthors.)
Fourquon de four. (xv« s., Lille, ap. La
F.ius, Uloss. ms., Bibl. Amiens.)
— E<i parlant de la barbe séparée par
le milieu:
l.i Tiaos li ait s'espee avant tendoe,
Hervis li irauche par sor la houdenre
El .1. l'oison de la barbe r-hanue.
<Les Loh., Itichel. 16-2-i, f 181 v".i
tl qaaot [li uns eslollj aparceaz d'aubier.
Hooqups li faroil l'en les grenoas a oaster
Kt trestoz les forfons de la barbe coper.
(f/oor., 66, A. P.l
— Dans un sens analogue :
les caTiax loieat par forçons.
tGilles de Cliin, 321-2, Iteiff.i
FORCIIOR, voir FORÇOR.
poKCiiOTTE, S. t., petite fourclie:
Pcrreool Morillon, serrurier, ferra quatre
i;ru9scs arqucbuches lir cuivre montées
sur rouhes, quatre autres montées sur
forchotle. (23 juillet 1313, Compt. de l'Ar-
lilltrii-, Anh. mun. Dijon, H, atT. milit.)
roRciii , adj., fort :
El Canlier le ferie, qni proieche oit forehue.
'Jeh. des Pbeis, Geste de l.ieqe, lODi. Scheler.
r.losn. pkilol.)
FORcini,E, adj.. fort, puls'^ant :
Li rois fa lut li premcr...
K'aTaot tnz les antres Buic,
Kî passe, deparl e desrlosl
Des Jiormani le foreil/lr ost.
(//«/. de SI Edouard. »p. Michel, Oirou. angl.-
nom., I, 121.)
I i aulrc, ki crent plus sci.et.
Veisibles, e alemprrz,
Ki par bon cunseil o lur .<cn<
f'oreiihs fnronl en Inr tens.
'>". Eduard Ir COHI., l.i. l.uarJ.'
l'ar le conseil dan Paiilalis,
l'ii forcibte hom del pais.
(Prolhesla}t.i, Itichel. Slèg, f 20'.)
Ne nule chose n'est si grant ne si for-
cible ke lie puisse par surquiderie pe.rir.
(Moratit. des philos., Richel. 23407, f» 123=.)
Il (S. André) fu bel eu sa vie, respoudant
en sagesse et en doctrine, forcible eu
painne. et converti haut en uloire. {Lé-
gende dorée, .Maz. 1333, f" S\)
Et ?ûy appareillent en la meilloiir et plus
fercible m.miere qu'ils saveront et purront.
(1413, De arraiatione. Rvni., 2» éd., IX,
234.)
— Fait par force, par violence :
Soy asscuiblerout eu forcible m.uiere
pur saufté de lour persones. (Slat. de IU-
cbard II, an si, impr. gotli., Bibl. Louvre.)
A toutes les foitz que tiel.x forcibles en-
trées soient fait et pleynte en veiftue de-
vant justice de la peas,,.. que les justices
preignent poair suffisnunt du counté el
voiseut al lieu ou tiel force soit fait. (Ib.,
an XV.)
Soit fait de mesme de ceux qui fount
forcibles entrées en bénéfices ou offices de
seint esglyses. (Slat. de Henri VI, an viii,
impr. goth., Bibl. Louvre.)
FoiTfbfe eulry. (Littl. , Instit., 431,
lloiiard.'i
FOKCiBLEMEXT, fors. , adv. , par la
force, par force, violemment, vigoureuse-
ment, avec force et courage ;
Soniun<1re feseit sa gent
Par lut e forciblement.
(r.onquesl oflreland., 156tl, Michel.'
El celuy le tira forciblement par lachappp,
cl dist: Ou tu me lesseras la chajipe ou tu
me paieras .i. denier. [Légende dorée, Uixz.
1333, f» 185\)
.Mes Josephus se defendoit forciblement
luy et ses gens. (Ib., f" 117''.)
Cil pour l'amour duquel tu as si forcible-
ment despittoy et tes choses te donrapour
ce grant grac3. (Ib., f» 8».)
11 le contredist forciblement. {Ib.,!" 26 r».)
Quant ilz sont es perilz ilz ont vertu en
eidx par quoy ilz les soustiennent puissam-
ment et forciblement. (Obesme, Etii.., f» 53'',
éd. 1486.)
Sousteuir forciblement choses terribles.
(ID., ib.^ Richel. 204, t" 370''.)
Oiianlla nature de Saturne se refroidira
forciblement. (Id., Quadrip., Richel. 1348,
f" 84 ro.)
Ceulx qui sont en ire se esdresceut et
emprennent plus forciblement, plus impé-
tueusement. (ID., Polit., ("iW, éd. 1489.)
El pource que les gens qui ne peuvent
sousteuir les périls forciblement sont serfs
de ceulx qui les invadent et assaillent,
doncques a non vacation est mesiier de
lortilude et de persévérance, (lo., ib.,
r p., f 79".)
Hz doivent eslre fors et meurs pour celui
office faire el tenir salutemeut, et pourpor-
ter les saintuaires forciblement. (J.Gon£.AlN,
Ration., Itichel. 437. 1° 67'.)
Venir ou demurrer ove force et armes
ou arme eu présence du roy au perlement
ou conseill ou ailleurs levé des génies ou
exciter les gentz a lever forciblement en-
countre la peas per lettres, commissions
ou auliis faitz quelcomqz. {Stat. de Ri-
chard II,;\n XI, impr goth., Bibl. Louvre.)
S'ils trovonl ascuns qui teignent tiel lieu
/"orfi6femcnî,soicnt pris et niys au procheyn
gaole. (Ib-, an xv.)
Ceux qui-chivacberent et soy levèrent
/'oiri'ftfementeucountre le roy. (/6.,an xxi.)
Pour le fait de la guerre hanter forcible-
ment. (.1. DE ViGNAï, Enseignent., ms. Brux.
11042, f» SI».)
Pour forciblement résister la malice de
lieux ennemys. (1413, De arraiatione,
Rym., 2" éd., "IX, 234.)
Il estoit impossible... que navire y pouyst
arrester par fortune de mer sans péril
d'estre bouté forciblement par devers la
terre. (Monstrel., Chron., II, 208, Soc. de
l'hist. de Fr.)
Forciblement vous fault résister el
forment. (P.\Lsr,RAVE, Esclairc, p. 842,
Génin.)
FORciEEMENT, - ement, adv., de force,
par force, par la force :
La servitute eu coi il sont forcieeinent .
(Evast et Blaq., Riehel. 24402, f» 7i v».)
Le locciu cffroyanl sonna plus bautement
Que qnaud les Irois amis entrèrent forcement
Pour Proserpine avoir.
(L'Enfer de la merc Cardine, Poés. fr. des XT* et
XVI' s., m, 320.)
Le destin, qne les dicnx ne sçauroienl empescher.
51e vient d'enlre tes bras forcemenl arracher.
(Desport., Div. .Amours, \i, Bibl. ganl.)
l'onciEiR, voir Forçoier.
FORCIEU, voir FORGIER.
l-QRCIEUE, voir FOURSIERE.
FonciEREAiENT, adv., de force, par
force ;
Ne pourra personne pour mise sus de
gens d'armes prendre /'orcierement desdits
laboureurs leurs chariots ou chevaux.
(Charl. de Hain., cxxxil, 7, Nouv. Coût,
gén., II, 147''.)
FOUCIEUX
m. î
Apres soleil levant donne a mengier a
ton faulcon d'ung peu de bonne chair, tant
comme moitié le forcieux d'une cuise de
geline, et bien bonne, et chaulde. {JUodus,
ï" 68», ap. Ste-Pal.)
FORCiLiEU, adj., qui a la forme de
forces ou grands ciseaux :
Les formes utilles pour ordonner une
bataille sont troys, c'est assavoir la forme
pyramidale..., la forme ronde et la forci-
liere, laquelle est ouverte davant et clousc,
derrière a la manière d'uues forses. (H.
DE <!iiANCHi, Trad. du Gouv. des Princes de
Gille Colonne, Ars. S062, f 214 r».)
FoiiciLLiEu, fourceller, v. a., couper,
tondre avec des forces ou de grands
ciseaux :
Se matatenani dessus les testes
Forcillez et tondus vous estes.
(Decuilleville, Trois Pelerinaines, f 8'. impr.
lastil.) Fourcellé, var., ap. Dnc, III, 348', éd.
Didot.
De ceste main je taille et coux, et bien
FOR
!-0l!
K ( 115
souvent je arrache tout, et au forciUier et
tondre je escorclio tout. (In., Pèlerin, delà
vie hum., Ars. 2323, f° 103 r».)
Le roy forcilla les crins de cestuy vallet
pour le recoHgnoistre l'endemain matin.
(L. DP. Premierf., Decam., Richel, 129,
fo 83 r».)
FORCI.OEMENT, S. i]i., l'xcliision. re-
tranchement :
Sisara sone forcloement de joie. (Comm.
s. les PS., Ricbel. 963, p. 209».)
Satisfaction est i;opper les causes des
péchez, et clore l'entrée a leurs udmones-
temens. Le forcloement de péché est
double ; l'un est simple qui est trenché
par l'abstinence de pech6, l'autre est par
force et par contrainte. (^Miroir hislorial,
Maz. oo7, (" lob r».)
FORCLOUE,- c/oire, forsclore, fourclore,
fortclore, v.a., éloigner, écarter, chasser:
Que il forsclodent els chi provct snnt
par argent. {Lib. Psalm., Oxf., lxvii, 33,
Michel.) \ar., forscloenl. Lat., ut excUidant
eos.
liais li rois Crudelz, qui les vitansamblc
auner repoint de l'atre part a tôt grant
planteit de gent c'onques li cristien n'orent
force ne pooir del roi remonter ne rescoure,
ains le forclostrent entre alz moult long de
sa gent. {Jiid. de Joseph, Ricbel. 2455,
f 227 r«.)
Li portier qui la porte serre
Vos forsclora, n'en dolez raie,
Hors de la bêle corapaiRnie
De la joie qni toz jorz dare.
iGiii.i.ai;me, Besl. ilh:. Sfins. Ilippean.i
Tôle eele rôle fiyr.icloieiil.
Tant font, qnc le Gaiois descloieot
D'entre les chevaliers dola.
(Durm. le Gai., :0fi9, Slengel.)
Fourclooil l'ardure de lujnre.
cuir, de S. Eloi. p. 21, Peigné.)
.Moult avoient occiz des Sarrazins quant
un cmbusehemenl qu'il avoient en une
montaigne les forclostrent. {Cont. de G. de
Tyr, nis. Florence liibl. Laur., 10, xxill.)
Nous le. porrons priver, forclore et dé-
bouter de ladicte ferme. (1397, .Arcb. MM
31, fo 246 V».)
La mémoire île la chaleur d'icellui
Miesmes pardurable feu te forcloe et es-
laiugne l'ardeur et flambe de luxure.
(Trakt. de Salem, nis. Cenève 16b,
f° 124 V».)
Tellement que la louange de ce grand
l'xploict viendroit a cstre commune entre
euîx doux, l'un pource qu'il l'auroit cbassi'!
de la terre, et l'austro poun-.e qu'il Yauroil
forclos de la mer. (i\MV0T, Vies de PIvt.,
Lucull., éd. ims.)
— Fermer :
Se la coulpe de inobedieuce n'eust for-
clos par avant la porte de si granl gloire.
(J. DK Salisb., Policrat., Richel. 24287,
f°49'i.)
— Kig.. fixclure, bannir, priver, exeiu]!-
ter :
Eu ostaut lesdils religious de lour pos-
session et en eux /"orcf'fflîU delours rentes
et débiles. (1368, Ch. de Jean de Ray. Arcli.
Doubs, Titres honorif. de l'abb. de St Paul,
pièce 100.)
Euls meisuies estoient fourclos et dé-
bouté par loy. (3 juin 1377, Flines. Arch.
jN'ord, Cod. A, f" 230 v.)
Lesquelx iioiii- ne voulons estre com-
prins en uostre présente umce, mais les en
forcloons du tout. (18 juin 1383, Ch. de
Charl. VI, Arch. mun. Rouen, tir. 3, n«' 2
et 3.)
Réplique Rougemoul et oste la eouslunie
par autre coustume que après le trespas
des pères les enfans estans eu icelle ilz ne
fourcloent point ne onques n'orent rien en
mariage. (1395, Grands jours de Troyes,
Arch. X'» 9180, f- 21 r'.)
Que nostre Seigneur le fourclouoit de
avoir part avenc luy. {De vila Christi, Ri-
chel. 181, f» 110\)
Maintenant veult reigler nostre alTeclion,
en forcloyant et gectant arrière de toutes
noz vertueuses anivies l'intention de vaine
gloire. (Prem. vol. des exp. des Ep. et Ev.
de Kar., f» 31 r% éd. 1519.)
Le maslc en ligne collatérale, soit qu'il
soit l'aisné de la fenielle ou non, succes-
sion de liefs fourclosl la femelle en pareil
degré. (Coust. gen. du (pointé d'Artois, 100,
Arras 1679.)
Mon estât présent m'en forclost. (Mont.,
Ess., I. III, c. 13, p. 224, éd. 1595.)
La mesme raison qui occasionna nos
ance.-tres a forclorre les filles de l'espé-
rance du royaume, fut cause que depuis
on voulut attribuer aux aisnez tout le droit
de la couronne. (Pasq., Rech., il, 17.)
Les Ostrogoths regnans dessus l'Italie,
ne recevoient a la succession du royaume
les femelles, mais aymoient encores mieux
avoir un enfant pour leur roy, qu'une
femme : tellement que le fils forcluoit la
niei'e. (1d., î6., ii, 17.)
Si vous voulez forclorre le ris de la
table, qui doit estre joyeuse, il faut en
oster la parole. (G. lioucHET, Serees, Disc,
de l'aut. sur son Livre, 1, XVII, Boybet.)
La repenlauce qui forclot l'amourde Dieu
est infernale, pareille a celle des damnes.
(Fr. de Sal., Am. de Dieu, 1. H, c 19. éd.
1610.)
Le vœu de donner aujourd'hui l'aumône
est bon, mais le vœu de ne la donner
qu'aujourd'hui serait mauvais, parce qu'il
forclorroil le mieux, qui est de la donner
aujourd'hui et demain, et toujours quand
on pourra. (In., ib.)
— Km pêcher :
Trois mil heaumes les forscloritl
i.lu'il ne s'entreveicnl ne oenl.
" (Br-N.. n. Ile i\'<ir»i., II, .•;H.3, Michel,'
l'.ii- quoy amours li .<:unl forsclonses.
(Clef d'amour, p. 8", Tross.)
l»n bailla si grant paour au povre home
que la parolle luy esloyl forcluse quatre
jours après. (Pai-SGRave, Esclairc. de In
'lançi. franc., p. 429, Génin.)
— Iiiterdiro :
Autre genl n'aroirnt puissance
D'apporcevoir la grant plaisance
Oui ctt en le doulz lien enclose ;
.\ telz (cens esl loulo forclnxe.
(Chr. Dr. l'iSAN, l.iv. du chemin de lonq esliiâe,
9^.1, Piischcl.)
— OniPtlre :
Que lesTreses devant dis que nous fai-
sons et créons, en faisant lez sermens
(ju'ilz ont acoustumeiz de faire en lor
création, ils meltoient dons exceptions,
c'est assavoir, qu'ilz fourcloioient l'article
des sermens. (1393, Hist. de Metz,ï\.m.)
Et nous disienmes qu'ilz n'i-n dobvoieni
riens forclorre, mai.<c les doiveut jmeir
sens nulles exceptions. {Ib.)
— Forclos, part, passé, éloigné, chassé :
Et si compagnon qui hors estoient four-
clos pries que tout morl. (Kuoi.ss., Chron.,
Il, 92, Luce.)
— Fig., exclus, éloigné, privé :
Qu'ilz estoient fourclos de tout secours
venant d'Engleterrc. (Wavbin, Anchienn.
Cron. d'Englel., II, 234, Soc. de l'II. de Fr.)
Que de toute grâce fussent frustrez ou
forclu.r de miséricorde. (D'Auton, Chron.,
Richel "M3, C 88 r^)
Si te snpply, sans te resjripre plus,
Quf de t'amonrje ne soje forcliiz.
(.1. MinoT, Cingiiattle lloiid. sur tout, sort de mat.
joy., u. éd. 1131.)
Parqnoy sçaclians qu'ils pourront estre encioz
De l'ost françoys, et de vivres forcloz.
Laissent leur fort.
(In.. Voit, de Venise, bataille du Roy contre les
Venit., éd. 1731.)
D'un? vert esglantier espineux
Dieu produit une blanfhe rnsp
Qui fut d'espines et de nœuds
.Séparée, exemple et fortclnse.
(P. F/iBni, Ballade, dans VArt de rhétorique,
éd. v.\n.)
"V'In tant divin, loing de toy est forclose
Toute mensonf^e et toute tromperie.
(IIab., 1. V, c. U, Jacob.)
S'il se voyoit de tout poinct forclos et
privé du maniement des affaires, i Amyot,
Vies. Cicero, éd. lb6o.)
Aux mystères de la bonne Déesse toute
apparence masculine en estoit forclose.
(Mont., Ess., 1. 111, c. 5, éd. lS9b.)
Ce mot n'avait plus qu'un reste de vie
au dix-septièmesiècle, et il disparut presque
complètement au dix-huitième :
(Ils) l'auraient voulu forclore de tout
commerce et alliance aux états d(^ l'eiii-
pire. (Richel., Mém., I. 20, au 1629.)
L'ambition des papes les a toujours
porté a se roudre souverains de toute
l'Italie, et en forl-clorre les empereurs.
(ROHAN, Inter. des Princ, p. 80, éd. 1666.)
Qu'on arrive aux portes d'une ville
fermée, ou est, quoi? nous n'avons jdus de
mot pour exprimer cette situation : nous
disions autrefois forclos ; ce mot très
expressif n'est demeuré qu'au barreau.
(Volt., o l'abbêd'Oliv., 20 aoini76l.)
FORCLOSE, four., fors., s. L, clôture
. extérieure, barrière, ce qui barre le che-
min :
Lors y a fait une forclose.
Si qne cil qui bien faire l'ose.
(CiZ/cv de Clan, '.146, lîeilf.'
— A forclose, a la forclose, finalement :
A la forclose li dus I!egnes en vint.
En sa compaigne chevaliers plus de mil.
(Car. le l.oh.. 2" chans., xxw. p. 1T2, I'. i'aris.)
Si ne feront les .xx. noiant
Fors qu'il les iront tanileant.
Tant que nos par ceste valee
Vendron sor eux lot eu emblée.
Ses alcindron a la forsclose.
\Percevnl, ms. Montp. 11 210, P ie,'.)
Quant Fortune qui ne repose
Li vint devant a la forclose,
■■i lerobali en enferté-
(i;illes de Chui, .■,5(W, lieiff.i
72
FOR
FOR
FOR
Plus snot de m' bacheler
Qai loi sant Teoa a forclose.
Wirm. le Cal., 7101. Mengel.)
Rois Kirahoes oe se tint mie mas,
.4 II forclose ert as nos gens mens,
l'.ir pour ce faite ol esté csleas.
(fn/. Ofier, 5617, Scheler.)
l'ne ronlc >int de la a larroo ;
Amisse « la fourclose vaii envirCD,
lît sa laDce pe<;oia m lilazou.
lHlo.1 D'Oisr, Tarn, des Dames, Dinaus, Troiw.
etmirés-, p. 134.)
Barai i viol a la forclose.
(Or Êlêimel CI df Uaral, Kichel. lUIoi, P J3^)
KOKCLUSION, - zion, - osion, four.,
s. f., exclusion, retrancbement, suppres-
sion:
Nonobi^lant qne'.cunqncs arrestz, sen-
tences, dcclaralious de conliscation et
four{re)closion <ic trêves faites par cy de-
vant. {Traiclé de paix eut. Louis XI et le
dMd'Austr., 1482.)
Autrement forcluzion des apresaut.(1497,
Arcli. Cliarcnte, D 50.)
Car estant le naturel de? ambitieux de
vouloir gouveruer seul et aveiq fofclusion
d'aultres'. (Apol. deGuiU.de Xassau, p. 168,
A. Lacroix.)
Laisserons nous doncques ainsi con-
damner Platon absent par forclusion, a
faute de défense ? (Amyot, Prop. de table.
VII, éd. «819.)
FORÇOIËK, - çoyer, - soier, - çoiier, -
ssoier, - choier. - cieir, - ceer, four.,
verbe.
— Act., vaincre par la violence:
Ett .Vssur ala fuerroicr.
Oui tant caida la forfoier
Qu'il en east la sei^nourie.
(foi/. d'Ot., Ars. 5il6y, f i.»
— Attaquer :
Kt Toisent c^scun jor
Forçoier Tosl, si k'eo frcor
Sûieut et lejùr el le nuit.
{l'.liev. ai .11. csp., 959;t, Koersler.)
— Forcer, contraindre :
Li mestre ne le puet forceer d'acliater le
uicstier. (E. Dojl.. Liv. des mest., 2° p.,
XXX, 19, Lespinasse el Bonnardot.)
Tout li deablc d'enfer ne pouroient volentù
d'ome forçoier a fere un pechié. (Lauiient,
Somme, Kîchel. 22932, l' 33''.)
— Terme de chasse, forcer un animal :
Il ne portèrent roit ne laz,
.\incoi8 priitrent a fjrçoier
■M. cers.
(C. de Dole, Yat. Chr. n»S, f 10'.)
— Absol., dans le môme sens :
En mal pays ou l'on ne puet forsoier,
ne bien chevuuchier. (Chasse de Gast. Plieb.,
318., p. 30i, ap. SlL-l'al.)
— Neotr., user de force, lutter:
N'a pas l'aTûir ne la despense
On'il peusl vers nons forfoiier
Ne di:iix mois de l'an gnerroier.
(Des., Troiei, Ilichel. aTj, f» 7.1''.;
Tn ne puei vers moi forçoier.
(Rose, Kichel. 1.Î73, f 16''. et Val. f.hr. Ijîi,
f* 13'.) Fcrekoicr. (Val. Ou. lilî, (• Ij'.) For-
soier. (Val. Cbr. 185N, f 18» ; Mcon, t. l'JOi.)
Je ne puis a lui forçoier.
Il me porroil ja peçoier
La teste que ja ncl verroie.
(Reuari, Br. I\, v. 1563, Martin.)
Dame, dist li preudom, s'il est ensi
coumc vous dites, soufrir le vous cou-
vient ; car contre vo segiieur ne contre ses
barons vous u'aves pooir de fourçoiier.
(Li Contes dou Hoi Flore el de la Bielle Je-
hane, .Nouv. fr. du xiii" s., p. 121.)
.Moult volantiers le délivres! de la prison
si elle eu eust le poieir, mais elle estoit
uue dame soûle, si ne poroit pas forcieir
encoulre sa baronuie toute. (Hist. de Jo-
seph, Kichel. 24.'5o, f- 83 r".)
.Ne porent contre eniz forçoier
LI Sodomois, qui le pis orent.
(faW. d'Ov., Ars. ,Ï0G9, f •i''.)
.'^i veulent vers lui (Dieu) forssoier.
(II)., p. 35, Tarbé.)
Jlaiz finablenienl lanl l'ass-iilli
Amours, qu'en la mer sailli,
Ooot brieriiienl le convint ooier.
Car a loi ne peut forsoier.
(G. M.icii., Poês., Richel. 92Î1, P 51''.)
Si se prislrcnl a csmaycr.
Car povoir n'uni de forçoier
CoQlre Olopberues et son ost.
(Cbr. de Pis., l'oès., liichul. COI, 1° -227 v».;;
Et toutesfûis eu occireut uos gens plus
de viû>;t mille, mais au dernier plus ne
peureut forçoyer. (Le Livre des faicts du
mareschal dé Boucicaut, i" p., ch. 23, Bu-
chon.)
Si se continua tant celle Ruerre que il fut
descoufit en plusieurs batailles, et ses gens
morts et pris, et ses forteresses, villes et
citez prises et destruites, et ruées par
terre, tant que a la parfin ne peut plus
forçoyer contre luy. (Ib., i'" p., ch. 37.)
El que petite quantité de bonne gent
puisse forçoyer aulcunes fois contre grant
lùison, appert par ces vaillantes gens ioy,
]iaice que il s'en ensuivit. (Ib., 2' l).,
ch. 20.)
Ja ly faulx amans vers l'amie
Forchoie, car il la lient seule.
{Posloralel, ras. Brux., C i;i r".)
l'oiicoLLii, S. (., sorte de fourchette :
Une forchette de boys appelée uue for-
colte. (Chevauch. de lasne faicte a Liion,
p. 24, éd. 1366.}
FOKcoMMANOEit, fow., V. a.. Con-
traindre :
Dehors la cité... est le lieu ou les Juifs
voulurent fourcommander par force nostre
Seigneur. (Ghill. de Lannoy, Yoy. et am-
bassades, p. 89, Potvin.)
roitcoMM.vNT, -comand,four., fourque-
iiiaiit, s. m., commaiideinent fait au pos-
sesseur d'un héritage do l'abandonner :
Souventefois ilh convient cheau.\ qui ont
fait demyner et fourjugier les masures de
leur contrepainl, tant mettre de frais aux
deuiyneniens,resazines et. un. /'ounyMemans
a faire, que li amende que ilh ont par le
defaulte de paiement ne puet stolîeir les
frais dcseurdis. (J. de Stavelot, Chron.,
p. 55, Borgnet.)
Arestes, commans, fourcommans et ad-
jours. (ID., ib., p. 204.)
Si les héritiers des hypothèques alïectez
ausdiles rentes ou redevances, refusoient
d'en quitter la possession, après les dites
saisines prises et décrétées, celuy ou
ceux eu estuus saisis les en devront de
j bouter par forcommands. de tiers jours a
autres, selon l'ancien stiie, et en cas de
refus ultérieur, après iceux forcommants,
ils s'en pourrouladdresser a nous, comme
souverains, par request, pour y estre
pourveu. (tout, de Cliimay, Nouv. Coût,
gén.. Il, 274.)
Aus dits mayeur, et echevins compete et
appartient.... la judioature et cognoissance
de toutes actions réelles, concernans fonds,
héritages, et pour tels repulez, situez et
ressortissant audit cheflieu : a sçavoir
de matières de successions, de fôurco-
mands et revindicalious, pour parvenir a
la propriété de quelques bienS. (Ib., Il,
271.)
FOucoMANDiiUR, S. 111., usurpateur, qui
dépouille le légitime possesseur :
Item que tous ardeurs et forcom,andeurs
de terres ou d'autres biens.... soient tan-
lost de leur fait en la cache du seigneur.
(1333, Hist. de Liège, 11, 422.)
FORcoMPTE, s. Di., mécompte :
En ce que l'on prétend ledit monastère
estre dedans les faulces brayes dudict
chasteau, il a grand fourcompte, puisque
les murailles que l'on prétend estre faulces
brayes sont les anciennes murailles de la
ville. (1331, Pap. d'Et. de Granvelle, III,
471, Doc. inéd.)
N'y a eu du costé de Sadictc Majesté
aucun fourcompte. (Plaint, et dot. de Ch. V
contre H. II aux Et. d'Artois, 17 jauv. iggi,
Arch. mun. Béthune.)
FORCOMPTER, VOir FORCONTER.
FORÇON, voir FORCHON.
FORCONCEILLIER.VOirFORCONSElLUER.
FORÇ.OWERIE, VOir FORSENERIE.
FORCONSEiLLiER, - soUUer, - situer,
- ceiller, four., fors., verbe.
— Act.j donner de mauvais conseils à :
Croi les barons que tu vois chi,
Fai ce que il te loeronl,
Ja ne te f niirconsilleront .
(Eteocle </ Polm., Ilichel. 375, f 17".)
.Ne savez Iraison grignor
Que forconsilUe.r son signor.
(UoB. DE Blois. />!>«.. Ilichel. 21301, 1» 176 r».)
Forconsillier ne vous voel mie.
(Ren. le nom., 7462, Méon.)
Et pour ce que nous voudriens que
chascun sçut comeut l'on vous forscon-
seilte, le vous esclercirons. (Ass. de Jér.,
t. 11, p. 417, Beugnot.)
Dame, je vueil que vos me donez seurté
que vos ne marierez vostre fille sanz mon
consoil, ne sanz le consoil au lignage son
père: car ele est fille de mon home lige,
et por ce, ne viau je pas qu'ele soit fors-
consoilliee. (Etabl. de S. Louis, I, lxvii,
p. 99, Viollet.)
Les seigneurs... percevoient bien qu'on
avoit monseigneur de llaynau fourcon-
seilliet. (liécils d'un, bourg, de Valenciennes,
p. 78, Kervyu.)
Car se bon ne sont, sovent poront li
seigneur estre fourconseilliet. (Li Ars d'A-
mour, 1, 290, Petit.)
Forconseiller, c'est mal conseiller, parce
que celui qui conseille ce qui est hors de
raison, conseille mal. (H. Est., Prec. du
lang. franc., p. 159, Feugère.)
FOR
— Faire Jes reproches à ;
Et le forconceilloient de ce que si soub-
duinement ot sans amour il s'estoit party
de liand. (Knoiss., Chron., Richel. 2644,
f 84 r».)
Les. doiens des menus mestiers qui de-
vers luy se tenovenl le honnissoyenl et le
fourconseilto'ieni de ce que soudainement
et sans dillection et amour il s'estoit party
de r.and. (Id., ib., Richel. 2660, f° 88 v».)
— Déconseiller :
En la convention des roys Louys le
Bepue, et Louys fils de Loys roy de fier-
manie, faite l'an VCCCLXXVIII ou LXXIX,
indiction xil, il pst dit au cinquiesme ar-
ticle : Que personne de nous ne souhait-
tera, ou forconseUkra (qui signifie descon-
seillera) la perte de la vie, royaume,
subjecte, ou chose appartenant a la pros-
peritt', honneur, ou royaume de son pair.
(Facchet, de l Orig. des dignit. el magist.
de France, 11, i, éd. 1611.)
— Forconseillié, part, passé, qui a reçu
de mauvais conseils :
A présent il est fourconseilles et ensonnié
contre nous. (Froiss., Chron., Richel.
2660, f» 42 T».)
FORCONTicii, - compter, four., verbe.
— Act., mal compter, se tromper, frau-
der dans le compte de :
Se les rois ne voel fourconler,
xxiu puis a cest conter.
(MoDSK., Citron., 14761, Reiff.)
Lors dit monseigneur Phelippe de Da-
moes au roy, que, on avait forçante aus
Sarraziu? une balance de dix mil livres.
(JoiNV., Ilist. de SI Louis, p. 117, Michel.)
Et sar le baciaet li est li cops alez ;
Dont il fii tellement a celle henre estonnez
Qn'll a les esclialons a cheoir forcmttez.
(Ct:v., Berlran du Guesclin, 3633, Cliarrièrc.)
LîvroisoDs n'ont, ne logis qu'en débat :
Pour Jeux chevaux, on chascan les forconle.'
(E. Desch., Poé$., Uichel. 84», f'"262.)
— Compter pour rien ;
est sa suer, si l'a fourcontc.
(MousK., Chron., 2H301, Reiff.)
— Excepter :
Sens rien a forconleir.
<Jeh. des Pbeis, Geste de Liège, ii, S92, Scheler,
Closs. philol.)
— Réfl., faire mal son compte :
Et, comme nous l'avons fait dire audit
ambassadeur, se du cousté dudit s'' roy
l'ou veult abuser de nostredite déclaration,
ce nous sera bailler occasion de non plus
nous fourcompter. (153S, Pap. d'Et. de
Gra)i«eZ/e, 11, 436, Doc. inéd.)
Si les braveries que fait "Villebon sont
seulement pour nous faire rompre, ils se
(orcomplenl, car l'on ne rompera sinon
autant qu'il .-iera besoin pour luy résister
a la force. (1331, î6., III, 377.)
— Neutr., dans le môme sens :
Drois dist que, par droit eritage.
Doit gentius hon avoir cuer sage
Kthair villoanic el lionle,
Kt s'il aquet mauvais us ige
Et suit compagnie volage,
Drois dist que nature /oiircon/e.
(li. 0!. CoNDE, /( Vers de droit, 337, Scheler.)
Or soient aviset. car il convient conter
A Dieu, la nuls ne poel conleres fourconter. j
(Cilles li Moisis, ti Estas des prêtas, i, 387,
Kery.)
FOR
— Forçante, part, passé, qui a mal fait
son compte, qui a éprouvé un mécompte :
Quant aux propoz tenus par le connes-
tahle sur ce de ladllp Ii«lie, il est assez
coustuniier de parler a la volée, et aussi
s'en trouve t il souvent fourcompté. (1849,
Pap. d'Et. de Grnnvelle, III, 364, Doc.
ined.)
Et s'est Ireuvé le pauvre ambassadeur
forcompté. (IS.SI, tfc., m, 867.)
Ronchi, fourcompter, compter mal, soit
en plus, soit en moins.
FORCONTEUR, s. m.,celui qui fraude
dans un compte :
Les Sarrazins estoient les plus forcon-
teurs qui feussent au monde. (JoiNV., ,
S. Louis, Lxxvi, va p., Wailly.)
1. FORÇOR, forchor, s. f. , force, énergie : i
César a forfor le conqnisl. i
(Wace, Brut, 1H02, Ler. de Lincy.) |
.... Tant dotent la forchor i
Cuion le traître, lo félon boiseor.
! (Chev. nu cjune. Il, 1827, llippeau.) !
2. FORÇOR, - zor, - çur, - cour, - ceur, '
I -cftor,- cAewr, ad j., plus fort, plus grand,
plus puis.sant, plus riche :
Brennes qui fu aies en France
De sa tere ot honte et pesance.
Et de sa raoillier ranlt forfor
Qu'il perdi par tel deshonor.
(Wace, Brut, 2681. l.'^r. de Lin.-,y.)
Androgens, le grignor.
Vers qni il ot forçor araor.
Ud., iS., 3883.)
Mais li Breton forçor force orent.
(In., il).. 5876.)
Bien fust dignes d'avoir l'onor
Que li rois avoit, ou forfor .'
(In., tJ., 6769.)
Tes Dex est de forçor puiçance.
(Id., ib., 8120.)
Entre les Romains s'embatirenl
l.a ou la forçor presse virent.
(Id., ib., 12993.)
S'en vait a forçor esploii.
Cil que voit vellicr en la sale.
(Be\., Troie, Richel. 'l-i70.)
Toi connstrai a seignor.
Lui a paraillc e a forzor.
(Adam, p. ;■>, Luzarche.)
D'itant com as plus or et d'argent es farceur.
Tant ert granz li gaainz de nostre long labur.
(Th. de Kent, Geste d'Alis., Richol. 2436*,
f» 32 r°.)
Et se j'en fovcenr cose sai raoustrer droit.
Si que creantenl tout voslre François
Et que die li siècles que n'est mes drois,
Vostre merchi, bians sire, rende les moi.
(.Mnl, 3335, A. T.)
Ja marne vos qoerrai
Ne forchrur deslorbier.
(J. BoDEL, Bartsch, liom. et pasl., lll, 39, 36.)
Bels sire, dnt Hantols, a cel forçor vivier
Sos le bois fis aler un mien faucon ranier.
Olelia'!, Richel. 12358, {' 13».)
Avint one mprveille, ja forchor ne verres.
(F.pis. des Chélifs, p. 217, Hippeau.)
Vimer costîie le chasleleit forchor.
(Aubery le Bourgoinii, p. 56, Tarbé.)
Roy Tiebant esperonne par la presse forçour.
(Berb. Leduc, Foalq. de Cand., p. 97, var.,
Tarbé.)
FOR 7;{
En la presse /■orfor '<int lor home vendant.
(Patlon., Richel. 19132, f I7i=.)
De cni il a sa terre, sa riooise forchor.
(DeSt Me.ris, 129, Herz.) Var., fonors.
[ El lit n ele atcnt son forcheur desirier.
I (»., 188.)
I Et se ele fu en paine de l'entrer, encor
I fu ele en farceur de l'iscir. (Aucassin etNi-
Colette, p. 20, Sucliicr.)
S. Jasques qni fu entre les autres de/'or-
cor di!.'net(';. (Vie Charlem., ms. Berne 4t,
f" 10».)
Si aurez tel mari dunt li reis ert forptr.
(Ilorn., 1221, Michel.)
Si ert par lur deiluit li servise forçor.
(Ib., 5188.)
FORCORRE, - courre, four., verbe.
— Neutr., dépasser les bornes en cou-
rant :
Che n'est mie costume d'ensement Itehonder !
Vous ares fourcourui, si l'estuet amender.
(B. de Seli., xix, 488, Bocca.)
Si avient que .[. de ceulx de dedanz si
jouste a un de ceulx de dehors, et pour ce
qu'il forcoroient, cil de dehors giette sa
lance, et la lance au pietter fiert du bout
derrière en terre. (G. DE Ch.\rny, Liv. de
Cheval., ms. Brux., f» 42 r».)
Et qui forcorra maugré luy ainsy comme
les chevaulx transportent les gens telle
foiz vient on ne perdra seulement que la
lance. {Habita des gens de guerre, Richel.
1997, f» 90 v».)
— Au sens inoral, s'égarer, sf four-
voyer, faire fausse route :
Car puisque le Filz Dieu parut
En char et si bel fait parurent,
Parjur furent cilz qui mescrarent.
Car raison adonc forcourut.
Forcourre est muer droite voie.
(Jeu. de Meu.sg. Très.. 3(11, Méon.)
— Act., courir sus à :
Helas I je doubte tant qne l'eure ne soit meure,
Que li mors viegne lo.it et trestoul nos fourkeure.
(Cilles li Muisis, li Maintiens des nonnains, i,
222, Kerv.)
— Farcoru, part, passé, qui a dépassé
les bornes :
Et li vache u li cevaus farcorule s'on le
truve en forfait, .vi. den. Au fouc de herbis
forcurut eu bos u eu damage li'autrui,
.XII. den. (1240, Ch. de lien, de Ilaoucort,
S. Aubert, Arcb. Nord.)
FOUÇOUNER, voir FOItSENEIt.
FORCOURS, foureaurs, s. m., attaque
indue, contraire aux règles :
Car de faurcours mal deuement fait il
consieuvy sur le heaulme messire Bou-
chicault. (Fitoiss., C'/jron., XIV, 142, Kerv.)
FORCofjRSE, four., S. f., attaquc indue,
contraire aux règles :
Un autre compasQon de guerre conten-
doit a venir a la fourcaurse de ceste fille
par l'aide d'un chevalier du pays. (Ch.».s-
TBLLAIN, Chron., III, 434, Kervyn.)
FORCRi, forcry,fourcry,furcrij,s. m., cri
d'alarme, tocsin annonçant un incendie :
Burgenses ad arma ferenda ydonei dé-
lient sequi affourcry majorem vel sescal-
10
74
FOR
FOR
FOR
lum vfl fisallerium. (3 mai 1368. Plakt
gén. de Lausanne, Aroh. Lnufanno, A n''26';
iîém. et doc. de la Suisse rom.. Vil, 211.)
Tenenlur seqiii icionec ariiiati et suffi-
cienter majorom soscalluui psulterium Lau-
sanne ad forcry. (Ib., p. 331.)
Quant on fonne \efurcry, iiiii que celuy
est que a furcry ne court, soit a boys, es
champs ou ilod.nn? la ville, doit estre
nmeudable. (Vers I3i6, Rôle de Ste Vrsanne,
Jlon. de l'êv. de Bâie, V, 341, Trouillat et
Vautrey.) Impr., furery.
Quant on sonne le furcry, ou se ainsi
fust que le feu emprist. (Ib.)
Dans un traité entre Louis de Savoie et
le vicaire général de révêchéde Lausanne,
dn 19 février 13.13, Arch. Laus., u» 1383,
on tronve: Si sit por forcresio sive forcri
per nnam diein, et si sit pro cavalcatis
per dnos dies ante.
FouciiiER, v. a., crier plus fort que
quelqu'un :
Qu'il crie aussi hault au'il vouldra, je
le veulx forcrier or oultrecrier. (Pals-
GB.WE, Esclairc, p, 650, Génin.)
Foucu'iDANCE , S. f., outrecuidance,
arrogance :
La tierce branche d'orguel est arro-
gance que on appelé forcuidance : qnant
bornes ciiide plus de li que droit. (Mr.
du monde, tus. La Sarra, Chavannes,
p. 60.)
Forcuidance y pouvoit avoir assez. (G.
Chastei.lain, Chron., V, 178, Kervyu.)
FORDiXE, fourd., fûurdrine,fourdraine,
fourderaine, s. f., fruit de l'épine sauvage,
dn prunier des haies :
Si ot Doirs iens comme foraine.
(Pennal. ms. Berne 113. P 0.';8.>
La facbe li devint noire comme fordine.
(Chee. au rygne, I, 6782, Hippeau.)
I^ tierce Haradol qui fn noirs qne fourdiiie.
(Ib., 13087, Reiff.)
Kant ta loes ceste frarine,
Cni jo ne pris nne fordine.
'Canl. rf.'j tant , ms. dn Mans 17:!, f" .16 r°.)
Ensemeot qne depntecspine
Voit 00 coellir pnte fordine.
(liTj df le mort, Richel. .37.;, f" 310». )
E Diens com je conoois nne bone gonrdioe
Qni U vaoroit donner nne seule fordine.
iChnt., dans les Pofl. fr. av. 1S00, IV, 1333,
Ars.)
En nno espessc mont très grant.
Plaine de ronses et d'espines
Cargies de noires fourdines.
(Cher, as .u. etp., ESî, Foersler.)
Cherises, crekes et fourdines. {Dial. fr.-
flam., f" 6', Michelant.)
Frui, fourdrine. (Gloss. de Salins.)
Fourderaine. (Roq., Sî/ppl.)
Fourdrines: f. sloes. Pic. aiso, wilde, or
mountaine, pluinmes. (COTGIUVE.)
Picard, fordraine, fourdroine.
FORiiiMER, fourdinier, - drinier, s.
m., prunier sauvage :
Proiinier, pcskier et fourdinier. {Dialog.
fr.-flam., f" S', Michelant.)
L'n fourdrinier, c'est une espinc noire
qui porte les fourdripi-s ou pronelles.
(NicOT, Thresor.)
Nom propre, Fourdrignier.
FORDOTER, V. a., redouter :
Je fordotai durement
D'elles Ion melleir.
(flom. etpast., Bartscb, 11, 53.23.)
FORDOUBLE, S. m.,pièce de monnaie,
double fort :
Le raichet se doit faire en fordoubles.
(1443, nist. de Metz, V,421.)
FORDOVEX, S. m., doyen honoraire 1
Pierre Guitard, fordoyen maindre et cha-
noine de l'église cathédrale, y donna, ap-
pert par sa cedule, dix livres. {Chron. de
Méd., II, 207, Chassaing.)
1. FORE, S. m., sorte de jeu, le toton :
A pille, nade, jocquc, fore. (Rad., Gar-
gantua, cb. XXII, f» S7, éil. 1542, et Panta-
gruel, ch. XI, éd. 1542.)
2. FORE, voir FUEBUE.
FORECE, s. f., soi'ie démesure de terre:
.V. boniers et .xix. verges petites moins
c'om dist /'oreces. (Trad. du xin° s. d'une
charte de 1265, Cart. du Val St Lambert,
Richel. 1. 10176, f" 61''.) Lat., quinque
bonnaria decem et novem virgatis parvis
minus quam forcées dicuntur.
FOREE, s. f., forêt :
An nne grant forée entri.
(Wace, Conception, Brit. Mns. .idd. 15600,
(° 4r )
FOHEIX, VOirFORAI\.
FOREIXETET, VOir FORAINETÉ.
FORE.IUGEMENT, VOir FORJUGE.MENT.
1 . FOREK, S. f ., forêt :
Notelles ont ol de Lancelio,
A .1111. vans on forel csloit mis.
(Girb. de ifrtj, 450. Slengel.)
Parmi ces ch.ins demoinent [ïr.int) bondie
Com charpentier font en forel fnilie.
(Les Loh., ms. Montp., 1" igi"".)
Li bois que l'on apelle la /(jrf/ de Menes-
licr.'!. (1281, Saint Vivant, pièce 8, Arch.
Doubs.)
Pour faire lour volontey en nostre forel
de Chau.v corne elles soloient avoir. (Juin
1289, Fraisans, Ch. des compt. de Dole,
cart. 44, paq. 43, Arch. Doubs.)
Trois haies que nos avions en la ditte
forel. (Jb.)
Puisse chacier ou Caire chacier en la
dite forel. {Ib.)
2. FOREL, S. ni., cure-dent :
Un forel d'argent de dentz. (1313, lu-
rent, de Pierre Garcston, ap. Lahordo,
Emaux.)
FORELLE, s. f., fourrcau :
Icelluy aura deux petits bastous en ces
mains, en forelles, et couvers du drap
mesmes, et les deux bouts des deux bâ-
tons seront couvers de rouge drap envi-
ron plain pousse. {Modus, f" 88\ ap. Ste-
Pal.)
FORELORE, frcloirc, s. f., parole inu-
tile, peine perdue :
Pisl Renart : Toi est forelores,
Qne tn es certes trop mosart.
(nenart, 58 iO, Méon.)
Je me snis obligée
Poarcinq testons ama maistrcsse,
Oni mecanse an cncnr grand destresse,
Pen.'ianl paigncr mon mariajre
(lommo loy. Oollre, mis en gaige
Ma bonne robe et mon corsel.
Et dês chemises encor sept.
Pour A\\ anllres, sonbî trois ilevises,
L'nne pour ravoir mes chemises.
L'autre ponr gaigner nng amy.
I.a tierce ponr chanter fa my,
Cehean mois de may, en l'ombrage,
BonlTaot en l'amonreux onvrage.
Mais sçais tn qooy ? Tonte freloire.
(Apolog. lies f.hanlierieres, Poés. fr. des xv' et
xvi' s.. Il, 27a.)
— On trouve aux xv« et xvi" s. les
formes frelore, freloire, farlorum, brelare,
employées comme adj., au sens de perdu:
(Foy que doy, Brelare Bigod),
Assez dévoie crealnre.
(Villon, Grant Test., cil, lonaust, p. 101.)
Nostre fait seroit loat fielore.
S'il vons tronvoit levé.
(Pathelin, p. fia, Jacob.)
Tout est frelore,
La tintelore.
Tout est frelore, bigot.
(Cl.. Jasneqdin, Chans. sur la dcf. des Suisses,
éd. 1550.)
Jamais Françoys bien ne sanra
Jnrer bi God, ni brelare.
(R. G.icciN, Passetemps d'oijsivelr, Poés. fr. des
\\' et xvi" s., VII, 271.)
Tout est frelore, bigoth. (Rab., 1. I, c.
18.)
Quand a l'argent, nul farlorum ; et
saincte Dame, d'où lou tireriant is ? {Con-
férence d'Antitus, Panurge et Guéridon :
A''ariét. hist. et litt., VIII, 295.)
lia ! compagnon, quelle parole !
Et on sont vos cliarlots ?
Ma foy. tout y esl frelore,
Mesmes tous nos gens sont morts.
(Chans. de deu.v eompagnons reisires, 1587.)
Argot, fourloure, malade.
1. FOREMENT, S. m., ruine, destruction,
empireraent :
Et sera regardé le forement on empirc-
ment déclarante ou se le meilleur bois ou
le pire est couppé ou exploictié ou a
coupper ou a exploictier, et de ce sera
faicte compétente eslimation. {Ord. sur la
mutation de la monnoye, Rcgist. du Par-
lent, 1317-1340, ms. Bibl. Louvre, n. 1253\
f» 156 r-.)
Et pour ce que depuis ce nous ayans esté
avertis de la grant foule et forement qui
est au dit lieu de Chaumontois ayons
appointié que dorénavant et jusques a ce
que par nous en soit autrement ordonné,
ne sera aucun bois pris au dit lieu. (14
mai 1444, Lett. de Ch. duc d'Orl., ap. Le
Clerc de Doiiy, t. I, f» 246 v% Arch. Loiret.)
2. KORF.MENT, S. 111., étau :
Pluieeurs, qui ue se composoient a sa
voullunté, estoienl martirisiez etbatus, les
pôles boutez en foremens fais en grosses
pièces de bos ou arhes croissans,et estrains
de quievilles. {Chron. des Pays-Bas, de
France, etc., Rec. des Chr. de Fland., III,
279.)
1. FOREN, voir Ferain.
2. FOREX, voir FORAT.V.
FOR
FOH
FOH
75
FOREPHENDKE, VOif FORPRENDRE.
. 1. FOREn, V. a , percer :
Les mains et les piei oi cloues
et de la lance fai forez.
■ (Vision SI Paul, Richel. 195-25. f" 14'».)
Et icelui fist Ebroin forer les euz.
(Chroii. des rois de Fr., m?. Berne 607,
f^ 62'.)
i. FORER, voir FORRER.
i-onEscxpi, foreseapy, s. ni., droit d'un
seigneur sur les choses trouvées dans ses
domaines, droit des lods et ventes :
Desquelx hostelz prinst luaistre Pierre
Baver la possessioQ et saisine, sanz ce
qu'il paiast forescapi et sans obtenir cau-
sisme ne licence du souverain. (1389, Arcb.
JJ 146, pièce 223.)
Ung forescapy qui nous estoit escheu
montant cent cscus d'or. (1456, Arch. ,1J
187, pièce 5.)
FORESCIR, voir FORISSIR.
FORESSYR, voir FOHISSIR.
FOREST, foret, s. m., sorte d'arbre :
Acelle de foresl. (1562, Lille, ap. La 1
Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Une table de bois de foret. (1387, ib.)
FORESTAGE, -eta'je, - aige, forr.,four.,
foui., s. m., droit que le forestier ou ins-
pecteur des bois d'un seigneur lui payait
chaque année à titre de redevance ; j
Item les campars des terres et des liens 1
et des garbes du foreslage de la ville. (1308,
Cfiarl. de Ph. le Bel, Richel. 1. 9785,
f 79 V».)
Ne ou Jehans ait warde ne forelage.
(1308, Cart. de S. Vinc. de Metz, Richel. 1.
10083, f 130 V».)
Pour nulle warde ne pour nulles forre-
lages. (Ib.)
Derechef les champar? des terres et des
lins, el les jarbes des forestages de la ville
prisiees x lib. par. (1309, Arch. JJ 41,
f 69 V".)
Du forelaige du dit lieu. (Compt. de l'hôt.-
1). d'Orl., 1392-1400, f° l r°, Hôp. gén.
Orl.)
Des forestaiges que doivent les manans
et habitans des villes a qui les usaiges ont
estez délivres c'est assavoir des usai-
giers de Chateauneuf, qui doivent chacun
an XIII deniers parisis pour l'usage qu'ils
ont en la forest de Vitri. (1401, Compte du
dom. d'Orl., ap. Le Clerc de Douy, t. I,
t" 246 V», Arch. Loiret.)
Chascune persone tenant feu et lieu
doit pour le foreslage de leur bestes es
bois (ludit seigneur deux pains de rente.
(1413, Avetix du bailliage d'Evreux, Arch.
1' 294, reg. 4.)
Pour le forretaige de la poultrerie et
charpenterie de la maison ou sont les mo-
lins a chevaulx Ix sols tourn. (1420,
Compt. de Nevers, CC 26, f" 10 v", Arch.
mun, Nevers.)
Pour le forestaige dudit boys x s. t. (Ib.)
Toutes jurisdictions hautes et moyennes
el basses, forestages, péages, pasturages et
autres droits. (1462, Ord., xv, 484.)
A Estienne Petit pour le foulestaige du
bois pris es bois de la Boutaille. (1473,
Compt. de Nevers, CC 67, f 21 r", Arch.
mun. Nevers.)
Droit de foreslage. (1342-1336, Arch.
mun. Albi, BU 23.)
FORESTAiN, S. ui., forain, étranger :
Si se meust par entr'eulx une grande
meslee entre ceulx de la ville el les fores-
tain». (CouRCY, Hist. de Grèce, Ars. 3689,
f» 47'!.)
FORESTAL, voir FORESTEL.
FORESTE, S. f., forêt :
Il est entré en la foreste.
{Vie de S. Gile.iiol. A. T.)
La foreste périlleuse. (Arlur, Richel. 337,
f» 96».)
Qu'il est de la foreste issos.
(0//im«, ms. Gif., Bodl. Halton 100. 1° 12''.)
FORESTEL, - al, S- lu., dlmin. de forêt :
Pour .XIX. m. et demi cent de fagos fais
u foreslel. (1294, Trav. p. les chat, des C.
d'.irt., Arch. KK 393, f» 12.)
Pour abatre bos au forestel. {Ib., f" 32.)
Une karete qui a carié mairiens dafores-
tel au chaslel. (1306, ib., f»26.)
Qe nul fuster, ne autre, face forestal de
merim qe appenl a fusterie, venaunl vers
la cité, en bois ne en autre leu. [Lib.
Cuslum., I, 81, 2 Edw.lI,Rer. brit. script.)
La forest et foreslel de Hesdin. (xv» s.,
Lille, ap. La Fons, G/OSS.MS., Bibl. Amiens.)
Noms de lieux, Foreslel (Picardie), Fores-
teau, hameau du village do Moustier, Hai-
naut belge.
FORESTELLE, S. f., diuiin. dc foreste,
petit bois :
La Foreslelle de Blaley. (13S4, Compl. de
Geoffroy de Blaisy, gruier de Bourg., Arch.
Côte-d'Or, B 1393)
FORESTEii, V. n., intenter un procès
pour délit forestier :
Quant il voudroil faire charroier aucuns
boàis pour ses ediflices autrement que par
son dit charretier demeurant avec lui, il le
peut faire par ainsi que l'un de ses reli-
gieux soit a ce présent et qu'il avoue les
ditz charretiers : aultremenl ou les pour-
roil prandre et foresler sur eulx a toutes
conséquences, selon l'usenient de la forest.
(1467, Usem. de la for. de Brecelien, Cart.
de Redon, Eclaire, CCCLXXIV, A. de Cour-
son.)
FOHESTERIE, feraslcrie, s. f., forêt,
bois où il était défendu de chasser :
La feraslerie de Chaux. (Mardi apr. N.-D.
mi août 1294, Quilt. de la. Cli. des compt. de
Dole, Aich. Doubs.)
Juhcl d'Avaugour, chevalier, est homme
lige du duc d'Aujou, a cause d'une fores-
terie faiee sise en la forest de Maienne.
(Registre de Louis, duc d'Anjou, f 99, ap.
Ste-Pal., éd. Favre.)
De la perriere de la foresterie acensee a
Jehenot. (1319, Recette du comlé de Blois,
Arch. KK 296, f 3 t'.)
Il conguut et advoua a tenir eu lieu a
une seule foy et hommage du roy une
france foresterie appelée la foresterie du
bois Tillart. (1386, Denombr. du baill. de
Rouen, Arch. P 307, f» 20 v».)
L'ostel de la foresterie de Fontevrauti
(1399, Fontevr., anc. lit., 541, Arch.Maine.
ef-Loirc.)
— Office de forestier :
Des forestiers qui mectent leurs basions
de foresterie en gaige pour leurs despansea
il leur est deffance de non plus le faire.
(1467, Usem. de la for. de Brecelien, Cart.
de Redon, Eclaire, cccxc, A. deCourson.)
— Nom d'un recueil de poésies sylves-
tres publiées par Jehan Vauquelin de la
Fresnaye, en 1333 :
Et ce sont la les trois liens desquels j'ai
taché le plus a décorer ces foresteries.
(Vauq. de la Fresnaye, Foresteries, préf.,
p. 5, travers.)
En quoy il Et bien paroistre (J. de la
Fresnaye) une manifeste rétractation de ce
qu'il avoit soutenu dans la préface de ses
Foresteries, imprimées a Poitiers l'an 1333,
puis que c'est là qu'il dit en termes exprès,
qu'il n'y a point de poète délicat qui ne
juge qu'il a bien eu plus de raison d'ap-
peler ses Poèmes bocagers Foresteries
qu'Eglogues, ou Idylles, du nom Grec.
Pour môy. Je m'en rapporte au sentiment
des sçavans et aux véritables connois-
seurs des beautez de nostre langue. Et
pourtant, s'il m'estoit permis de dire ici ce
qu'il m'en semble, je condamnerois fran-
chement sa première erreur, el approu-
verois sa juste retractation. Je veux dire
que j'aime beaucoup mieux Eglogue, ou
Idyle, tous grecs qu'ils soient, que Fores-
teries, qui est un mot estranger et barbare
en nostre langue. (G. Colletet, du Poème
bucolique, éd. 1658.)
1. FORESTIER, S. 111. , forêt :
S'en ert aie o le destrier.
Aval el bois an forestier.
{Tristan. I, 1796, Michel.)
2. FORESTIER, S. m., étranger :
Liedricque alors (asl forestier
De cesto isle et Flandres la contrée
Par conlé pais en honneur augmentée.
{Citron, me., ms. deTonrnay, ap. Ileiff., Chron.
de ilousk., I, 41.)
Quant un home de ceste contrée voit qe
un forestier li veigne a sa maison por
erberjer, tantost se oisse hors et comande
a sa feine qe au forestier soit fait toute sa
volunté. {Voy. de Marc Pol, c.cxvii.Roux.)
Et aime moult les marcheans el les
forestiers. (Ib., clxxiii, Pauthicr.)
— Brigands, gens qui habitent les forêts :
Il a bien cbastié les forestiers el bannis,
(Rab., Epist., XIII.)
— Fém., forestière, étrangère :
Et H dient com lor anceslre avoienl dit
que por le plaisir qu'il fusoient as fores-
tières du lor faines el de lor cosses, qe lor
ydres l'aveicnt a granl bien. {Voy. de Marc
Pol, c. Lix, Roux.)
FORESTIERE, S. f., licu dans le voisi-
nage d'une forêt :
Terram des Forestières. (1202, Cart. d»
Monliéramey, p. 204, Lalore.)
Nom de lieu, la Forestière (Nièvre)
FORET, voir Forest.
FORETAGE, VOir FORESTAGE.
FOREUI-, S. m. ?
76
FOR
FOR
FOR
-.1. foreul. .1. mortier, peslol cl pilete,
(1364. «eg. du Chap. de S. J. de Jerus..
Arcb. >I.M 28, (° !39 v».)
FOUFAÇON, - chon, s. /., fabrication
contraire aux règlements :
Quiconques des peodouers ou des pen-
dauf draps ou des choses appenducs aura
fait forfacbon, se de ce clameur vient au
maire, justice sera faicte. (Trad. d'une lell.
de Phil. Atig. de H8â, Ord., xix, 588.)
1. FOKFAJKE, -/Ire, /ors., /bur., verbe.
— Act., enfreindre, transgresser, violer :
El mor a tort, ren non forsfei.
il'assion, â',>0, Koscbwili.)
Et qui pis est, en faisant mesmes ledit
appointement il pourcliassoitsecrettement
le contraire d iceliiy, et en soy le rompoitj
et forfaisoit. (Lellre de Cli. duc d'Orl. a
Charles V[, 14 juill. 14H, dans Juv. des
Urs., Hist. de Charles VI, an 1411, Mi-
chaud.)
Sans la loy chrestienne forfaire,
(Cl. Mae., Coll. d'Erasme, VirgO (ji'.aOYâp.o;,
éd. 1731.)
— Sonmissionner :
Les bourgois de Roen avaient forfet
une franchise qui estoit en la ville, et il luy
donnèrent trente mil livres, et eusi orent
leur franchise. {Gr. Chron. de Fr., Phel. le
bel, Lxxv, P. Paris.)
— Faire perdre :
Kecerfr l'erilé celestrc
Ke vus for firent li aoceslrc.
(rie de S. Gile, -lil, A. T.)
— Forfaire corps et avoir, les abandon-
ner comme expiation d'an crime:
Une femme de Sens (\\ù avait forfait cors
et avoir luy donna huit cens livres et ainsi
fu assoute.'(Gr. Chron. de Fr.,Plul. le bel,
LXXV, P. Paris.)
— Réfl. , commettre iiti ni , uni'
faute :
Forfete me mi dnremeot.
(Pn Ckiral. e sa dame, nis. Cambr. , Corpns oO,
r 94^ P. Meyer.)
11 j'avoit ung empereur qui ordonna que
si une femme se forfaisoit par indécent
adultère, qu'elle seroit a jamais en prison.
Le cas advint que lu femme d'ung cheva-
lier se forfist cependant que son seigneur
estoit allé en pellerinage. (Violier des Ilist.
rom., c. LXXXIV, Bibl. elz.)
• — Etre faux, inexact :
Se mine ou niinot se forfeit, c'est a savoir
se ele gete hors ou eus, parquoi cle ne
soit s'uffisans ue loial a mesurer, il n'en
est a nule amende li mesureur, se il ne l'a
fait par sa tricherie. (Est. Boil., Lio. des
meit., l''p.,lv,8, Lcspiuasse et Uounardot.)
— Etre perdu pour cause de forfaiture :
S'il advient que ce soit une charrette
ferrée qui se fourface, le harnois des che-
vaulx et les heures sont et appartiennent
pur tiers audit advenant. (1.395, Denombr.
du bailt. de Rouen, Arch. P 307, f" 72 r».)
— Ncutr., faire du mal, du tort :
Forfaire rient de (Or sos anemios.
(Car. le Loh., i' cbans., xxst, p. 14S, P. Paris.)
Sarraiio lu aiulcnl, la pnte gent ilerTee,
Mais onqaps D'i /ourfireni Taillant nne denrée.
{Fieralrat, 3IHI, A. P.)
AiDE riens n'i forftx.
(GiiiOT, Chann., VI, -20, Wolfarl.)
Et entrèrent en Poitou et fourfisent sour
le roi. {Chron. de Rains, c. xxv, L. Paris.)
Chi sont ot moi ne lor forfacef. vas.
(/.a Vassion, ms. Venise, Romv., p. 26.)
— ForfaisanI, part, prés., malfaisant,
malfaiteur :
Les culpcf lies forfaisanz. (Job, p. 516,
Ler. de Linoy.)
Mais cners félons et forfaisans.
Qui conslumier sont de forfaire.
(nu de Charilc, ms. Turin L V 32, f''2lH.)
Car trop esloient forfaisans
Gascoins.
(GoDEFROv PE Paris, Chron., 21S7, Bnchon.)
— Forfait, part, passé, qui a forfait à
ses engagements ;
Ne fa forfez ne oUrageus.
(Be.\., Troie, ;ill3, Joly.)
Si m'an rant corpable et forfel.
Chrest., Cher, au lijon, 0""3, llolland.)
I.i clerc forfet serruot as evesqnes livré.
(Garhier, Vie de S. Thomas., Richel. 13513,
f» 21 T».)
— Mis hors de cours :
EL voulons que toutes monuoies def-
fendues, s'eles ne sont parties, que eles
soient perdues et forfaites par tous lieus
ou eles porront estre trouvées. (1294,
Ord. de Ph. le Bel, Pv. de l'H. de Nim.,
I, 137.)
— Mérité pour une transgression :
Prometons a rendre chascuiis pour le
tout a le dite église trois cens mars d'ar-
gent en non de paine fourfaite. (1273,
Cart. de St Quentin, Richel. I. 11070,
f 17 T°.) ■
— Abandonné comme amende :
Pour une grant pièce de boys forfaite et
acquise a mousgr d'Orlieu». (Compt. dcGi-
rart Goussart , 1400-1402, Fortilication,
XLVI, Arch. muu. Orléans.)
— Malfaisant :
Forfaite malice. (J. de .Meung, Ep. d'A-
beil. et d'Hel., Richel. 920, 1» 85 r».)
— Dont on est débarrassé ?
Co disl Turpins : Icisl nus ert forsfaiz.
(Itol., 1393, Mûller.)
2. FOUFAïKii, V, a., accomplir :
Li baron respondirent que eu le terre
de Surie ne voloient il mie aler : car il n'i
porroient riens forfaire. (HOB. de Cl.\rv,
Chron., Riant.)
FORFAisAXCE, - csunce, s. r., action
contraire au droit :
De forfesancc se tenisl.
(G. DE Mes, Ym. du monde, ms. .S.-Brieuc, f" ^^.)
FoiiFAisEOii, - seur, four., s. m.,
transjresseur :
A cui li fourfaiserres seroit juslic.ables.
(1293, Arch. K 36, pièce 23.)
Quiconques descuevre ou desmembre ou
cmpirt hyretage qui seurcens doit, li
maires et li juré s'il en sont requis d'au-
cun des seurccnsiers de cel hyretaçe de-
dcns l'an et le jour que tels lourfais ara
esté fais, devcront contraindre ce fourfai-
seur qu'il aœent cel hyretage et le mette
en autel point coni il estoit. (1320, Cop. des
Chart. des R. de Franche, p. 33, Arch. nnin.
S.-Queutin.)
i-oiiFAiTEUR, - faicteur, - feteur,s.m.,
transgresseur, violateur, malfaiteur :
En négligent punir les forfaiteurs dessus
diz, et en leur donnant auctorité et def-
fense. (1312, Arch. JJ 48, f' 107 v°.)
Devant ses ennemis forfaiteurs. (G.
Chastell., Cftro». des D. de Bourg., II, 16,
Bucliou.)
Les notaires et greffiers desdites ga-
belles tiendront les actes et procès tou-
chant les forfaicteurs dudit sel. (1498,
Ord, XXI, 134.)
L'nng cherche escns ou ducas.
Car ung larron volnnliers emble ;
L'anlre, qui est sn[slpcctda cas.
Se musse et tient |;'il l'escart;
L'anlre cerche les forfaicteurs.
{La Pileuse désolai, du mmasl. des Cord. de
Maulx, l'oés. fr. des xv» et xvi* s., I, 145.)
Et davantage ayant forfait contre les
saincts mystères, et en estant appelé en
justice, il en fus! absouls, a la charge de
donner a cognoistre et déclarer les for-
faicteurs. (A.MYOT, Œuv. mél., xxi, 13.)
Or j'en fay d'un témoin, et sans feinte j'en jnre
Que si le forfetcur de celte sépulture
Vous ne représentez soudain devant mes yeux
.le vous feray touts pendre
(J.-A. DE Baif, Antigone, il. 2, éd. 1573.)
La peine qui boylant darriere
Suit le mal fait, ne laisse guiere
Le forfaiteur quile eschaper.
fiD., Poèmes, 1. vu, Lemerre, H, 331.)
Le forfaiteur fort on estime.
(Id., tes Mimes, I. Il, f .'ii r». éd. llittl.)
Car les bourreaux font la juslica
Pes forfaiteurs.
(ID., !*.,!. Il, r» 105 V».)
iMescliaiis forfaicteurs. (G. Hûuchet, Se-
recs, III, 146, Roybet.)
— Forfaileresse, s. f., celle qui trans-
gresse, qui viole :
Mais quand elles seroyent encore plus que princesses
.Ny elle ny sa sœur les deux forfaiteresses
Ne se sauveront pas d'i>ne mort exécrable.
(J.-A. DE Baif, Anligone, m, l,éJ. 1373.)
i-'ouf.\it:-.us, adj., dissolu, débauché,
déréglé, infâme :
l''lagissiosus, /"or/aitcus. [Gloss. deDouai,
Escallier.)
foufaiture, - faiclure, - fêlure, fors.,
four., s. f., amende qui punit un délit :
Ki tort eslevera u fans jugement fra,....
seit eu la forfaiture le rei de XL solz.
[Lois de Guill.', 41, Chevallet.)
Se il avient forfaiture ou eschoete a la
dite conlesse pour cas de crime ou par
autre cas qui apartiegne a la dite con-
lesse. (1291, Ratif. de la Cesse de Blois,
Arch. Loiret, Ste-Croix, Nouan sur Loire,
A4.)
Aussi vous enfourmez de touz les dons
faiz depuis ledit temps des forfaictures
escheues de ladite recepte. (1357, Ord.,
m, 163.)
A mestre Raoul de Poi qui avoit une
maison a Tilly que messire Enguerran
voult avoir, il luy hst donner une forfe-
ture de quatre mil livres et un chastel en
FOR
FOR
FOR
77
Brelaigoe qui bien viiloit quatre mil livres.
(Gr. Chron. de Fr., Phel. le bel, lxxv, P.
Paris.)
— Infraction au règlement :
Et pooit ledit mestre Fouques establir
eu chascun uiestier un homme pour gar-
der ledit mestier, pour raporter les forfai-
tures audit mestre. (E. Boa., Liv. des
mest., 1» p., XLVII, 8, Lespinasse et Bon-
nardot.)
— Excès :
Son corps fut ouvert, dedens lequel fut
trouvé sang foilié ; ce qu'on disoit qu'il
avoit acquis par fourfailure d'avoir trop
joué a la paulme. (Wavrin, Anchienn.
Chron. d'Anglet., II, 375, Soc. de l'H. de
Fr.)
FORF.\MiLLiER, V. 3., énaanciper :
Sitost comme il seront forfamilié de
leurs pères et il venrout a tenir mariage.
(1322, Arch. JJ 61, pièce 228.)
FORFESANCE, VoIF FORFAISANCE.
FORFETABLE, adj., mal faitj défec-
tneox :
(Ouvrages) defeclifs ou forfetables. (Stal.
d'Edouard IV, an vu, impr. gotli., Bibl.
Louvre.)
FORFETEUR, YOir FORFAITEUII.
FORFETURE, VOIF FORFAITUnE.
FORFEYANCE, VOir FORFDIANCE.
FORFFAi'i.T, adj.et's., syn. de forfaut,
fiiurbe, hâbleur :
Seigncnrs, estotipez vos oreilles,
Ce forffitull dit fines merTCilles.
(Mari. S. Eslirnne, Jab., ilyst., l, 19.)
FORFOiRE, S. t., droit sur les foires :
• Pour raison de certains proufGs que pré-
tend l'arcevesquc de Reims et ses officiers
])rendre et avoir sur les estaulx portatis et
autres, fichiez en terre, mis et dreciez par
chascun an en la foire en la Cousture a
Reins, et dehors, et autres drois de for-
foire. (1428, Transact., etc., Arch. législ.
de Reims, 2' p., vol. I, p. 947, Doc. inéd.)
L'en en paiera quelque chose audict ar-
i.evesque pour droit de forfoire. (Ib.)
FORFUiANCE, - fuance, fors., four., for-
fuyance,forfeyance,s. i., droit payé par un
serf pour obtenir de son seigneur la per-
mission de pas.serdansun autre domaine;
droit que le seigneur avait sur la succes-
sion des biens acquis hors de sa seigneurie
par ceux qui, y étant nés, étaient allés
s'établir ailleurs :
3 francs 4 gros de Richeret Thissaule de
Gisainecourt... pour la vendue de certains
héritages aciuis a Mgr pour cause de
fourfuance. (1383, Arch. Meuse B 493,
i' 1 v».)
.VII. frans de Jehan fils le bon home
d'IUou et de Jennclte, sa femme, pour
l'cschoite de Demeugin lils le doieu, el
■lennette, sa femme, aquise a monsr pour
cause de fourfuiance par parance donnée
le XXX' jour de septembre l'an llll»" cl
quatre. (1384, ib., f» 19 v«.)
Ont esté manumis, quictez et allranchiz,
et chuscan d'eux, avec tous cculx et celles
qui d'ores en avant se viendront asseoir
pour dcmourcr auilicl lieu de Matùlles, de
toutes tailles volentaires et autres, de
toutes lesdictes mainmortes, forsfuyances
et foruiariage, en quoy iceulx liabitans
d'ancienneté esloient tenus ausdicts sœur
et dame. (1474, Lett. de L. XI port con-
firm. de l'affranchissem. des serfs de Ma-
rolles, Ord., xviii. 79.)
Sont aussi francs do toutes servitudes
de main morte, poursuite, fourfuyance,
fdrmariage. (Conl. d'Espinal, Nouv. Coût,
gén., II, 1127-'.)
N'estre assujettis a forfeyance, tailles,
jects, cottisations. ...(Cou(. de Corse. Nouv.
Coût, gén., Il, 1075''.)
FORFuiANT, forsfuyant, s. m., celui
qui était assujetti au droit de forfuiance :
Lesdits supplians qui estoient subgects
et taillables a voulenté, de condicion de
mainmorte, de forsfuyans et d'autres con-
dicions serves, ont esté par nos chers et
bien amez Symon de Monstreul, escuyer,
et Isabelle Dorges, damoiselle, sa femme,
sieur et dame dudit lieu de Maroilles, ma-
numis, quictez et nfTranchiz. (1474, Lett.
de Louis XI port, confirm. de l'affranchissem.
des serfs de Marolles, Ord.. xviii, 79.)
FORÇAGE,- a'tge, s. m., gage qui, n'ayant
pas élé retiré par l'emprunteur, devient
la propriété du prêteur {Glossaire de Beau-
manoir) :
Le temps du forças (sic) et du raquil,
en Normandie, est la huitaine au dedans
de laquelle l'obligé peut forgager et retirer
son gage et meubles vendus a l'enquant
pour le prix. (Lauriere, 'iloss. du droit
fr.)
FORGAGiÉ, forsg., fourtoagié, part,
passé, acquis en tonte propriété à un
prêteur sur gages :
Que par soiifrele de iiiCQ^ier
Li covint son filz cniragier
.\ .1. nsiirier sanz pitié...
Par si que forsi/a/iir seroil
Li cnfes se reens n'esloit
A .1. terme qu'il li ot fet.
(Vie (tes Pères, llichel. -23111, 1° 60^J
Sauf chou que li proisme de chelui qui
l'iretages aroil estet y puent revenir par
proismetet dedans les .XL. jours apries les
,11. ans et les .ii. jours qu'il seroit fourwa-
gies, pour autant qu'il seroit fourwagies.
(ItoisiN, ms. Lille 266, p. 42.)
FORGE, S. f ,, action de forger ; action
de ferrer les chevaux ; résultat de cette
action ; fabrication en général :
Je ne vi onqnes flenr en branctic.
Ma dame, qui fasl auci blanche
Com est vostre bêle vergeté.
Mont fu a nelc forge fêle.
{Vers à la suite de Percerai, ras. Monlp. H "249,
f 296 ï».)
Que la. forge des dez soit deffendue et
devee par tout nostre royaume. (1236,
Ord., I, 79.)
Nous volons que la forge des des soit
ahalue par tout nostre royaume. (Grand.
Cron. de France, la Vie Mgr Saint Loys,
LXXII, P. Paris.)
Fons a fevre, .ii. d. Et se la forge i est
toute, .1111. d. (F,. BoiL., Lie. des mest.,
2' p., II, 6Î, Lespinasse et Bounurdot.)
Et chandelle et forge. (1286, El. de
l'host.du R. Ph. III, Mari., Thés.. I, 1203)
Forge, rcstor et chandelle, (/b., 1204.)
Cent solz pour robbc, forge, rcstor de
deux chevaux. {Ib., 1206.)
Pour le fevre pour .m. semaines pour
forge de martiaus. (1294, Trav. p. les châi
des c. d'Art., Arch. KK 393, f> 2 r».)
.XV. jours yicinr forge nxif chevaus.(l328
Compte de Odart de Laigny, Arch. KK 3»
f- 16 V.)
En disimes, en maletottes, en soussides
et en forges de monnoies.fFROlss., Chron..
V, 72, Luce.)
— Idée, invention :
Elles ont trouvé cosie nouvelle l'orgn
D'eniz lier pour monstrer lenr froilron el leur
Igorge.
(J. DE Mebng, Test., Vat. Chr. SCI, f° 23".)
Chîers signenr, chier ami, oiex, convient, pa-
[ roule :
Non8 sûmes en bon point, vces lay nostre forge.
(Girarl de Ross., 37ii, Mignanl.)
— Manière :
Florettes... apparoienl de tontes parz...
Cent mille par cent mille forges.
(Fnoiss., Poés., 11,38, lîiiC, .Scheler.)
FORCEMENT, S, m., forgcage :
A nostre sire seul appartient la cognois-
sance du forgement des faulscs monnoyes.
{Droiz royau.T, etc., Ars. 3354, f° 110 r^.)
Forgement et monnoyage de In mon-
noye du roy. (1457, Ord., xiv, 460.)
— Fig. :
Quant aux prisonniers ou autres accusez
de crime ausquelz fauldra faire proce.-- cri-
minel, ledit procès se fera le plus diligem-
ment et secrètement que faire se pourra,
en manière que aucun n'en soit adverti,
pour éviter les subornations et forge-
jnens qui se pourroient faire en telles ma-
tières. (1498, Ord., xxi, 198.)
F0Ri3E0R, - POÎO-, - CMC, S. Ml., CelUi
qui forge :
1 ot toi bruit et tel marteleiz coni se luit
li foryeor du monde fussent en la pièce
de terre. {Artur, Richel. 337, f» 29'.)
Et fu si près li chaples si grant aus es-
pees... que il estoit avis que ce feust une
graut merveille de forgeours. (S. Graal,
ms. Tours 915, I" Si"".)
Forgeors d'armes. (Bible, Richel. 899,
f 131 r°.)
Forgeors de nicnçouges. (Ib-, f" 222=.)
FouGEOTTE, S. f., petllc forgc, repré-
senté par un nom de lieu, le bois de la
Forgeolle (Nivernais).
FORGERBT, forceret,s. m., colTre, cas-
sette :
Un forceret couvert de soye o menues
pièces de reliques. (1302, Test, du D. Jean,
ap. Lobin., II, 455.)
Lequel argent il nous offrit u bailler,
tant en or ou argent, blanques luaalles et
noires, lequel estoit en ung forgeret. (1340,
Cart. de Corbie 21, f 331 v, ap. Duc, For-
gerium,.)
En un autre forgeret que la suppliant
trouva ouvert, prist une verge d'or ou an-
nel du pris de .xx. sols parisis. (1397,
Arch. .U 152, |iiéce 81.)
FÔRGERiE, S. f., art de forger :
78
FOR
FOR
FOR
Lart de forçierie. (H. dk i'iK.vnchi, Trad.
du Gouv. des Princes de Gille Colonne, Ai-s.
5062, f 129 V».)
— Manœuvre :
Pour oster et esquiever d'orez eu avant
toutes mauieres de forgeries qui du lez
des 1 schevins ou de ceux qui vaulront
estre i-ii oitiche porroient naistre et sour-
venir. (1379, Ordoiin., Liv. rouge, f» 66v">,
Arch. uniu. Abbcville.)
FiToient culx quatre ensemble informa-
tion des forgeries, buveries et aullres ma-
nières iniieues que l'eu a teuu et lient
jouruellemcul puis certain temps en ça,
sur le renouvelemeut de la loy et des of-
Bces de la dite ville qui se doit faire le
jour monsieur saint Bretemieu prochain
venant. (CA. de 1460, Abbeville, ap. A.
Thierry, Mon. du tiers o(uf, IV, 272.)
■ L'usage n'a gardé le mot forgerie qu'a-
vec l'acception d'industrie des forges.
FORCES, voir Kbuges au Supplément.
FoiiGESiR, V. a., tromper par adul-
tère :
Trop sanl le» dones perJaes
El par les dames corrompoes
Qui gisent avocc lor garçons.
fùù forijiu-nl lor barons.
(Btancttnd.. i:i, Michclaol.)
— Forgcu, part, passé, qui s'est reposé
trop longtemps:
Chiens qui sont île séjour et qui sout
forgeu ne pevent fournir louj:!ue chasse.
{Chasse de Gast. Plieb., p. 144, ap. Ste-
Pal.)
— Placé au dehors :
Le dit marrylier doy apourler de l'eaue
tous les dimeuches pour benoytre, tan en
la pverrc forgeust que aussi en la cha-
pelle' des trépasses. (G. DE Seytcrieks,
Man. adm., ap. Ferroul-.Mont2a1ll.1rd .
Hist. de l'ab. de S. Claude, II, 307.)
FouGETEMENT, [orsjclement, s. m., ac^
tien de jeter dehors, de faire sortir, rejet :
Egressio, forsjetement. {Gloss. de Douai,
Escallier.)
KOUGETER, [orgiUer, forsgiter, furietler,
V. a., faire sortir, chasser, rejeter :
Vigue de Epipte portas tu, forsgetas les
senz, e si piaulas li. (Liv. des Ps. Cam-
bridge, LXXIX, 8, Michel.)
Trop fus uielre cruyere, quand tu cest
avorlemcnt voulus faire porce ke nuls ne
fust ki puist rezoivre celui cui lu avoies
forgitiet. (S. BEisSAiiD, Serm. ap. Orell,
AU.-Franz.gramm.) Lat., Dum non csset
-qui e.tcipere posset excussura.
Et le» fomgilrr
De lor foie loi sarraiine.
(Pus Gati>f.ao, Vie de S. Slarli». p. Il, Bonr-
raité.)
Si Vrinl pri« et mis en lico
Et puis balu et fongilc
De lor terre et de lor cilé.
(i[... li., p. n.)
— Délivrer :
.Si li pleotl.
Une pncele tisilcr,
Qui sa fille iert, et fortniter
De renferraelé qn'ele a»oil.
(Pm.n Catiseac, tiV de S. ilarlin, p. :il, Boar-
rissé.)
— Forgeté, part, passé, qui fait saillie :
11 estoit danffereux mettre les yeux for-
jettes au bout d'un col long. {Trad. de Ga-
lien, p. 483, éd. 1609.)
FORGETTE, S. f ., petite forge, représenté
par un nom de lieu, la Forgette (Niver-
nais).
FORGETURB, forjetture, s. f., saillie d'a-
lignement, surjet :
FOHGEUL, forgeu, s. m.?
Ununi forgeul. (Pièce de 1346, Arch. P
1388'.)
Ung forgeu pendent et ung bassin a
laver mains Je laton. (ISOl, Invent, de
f Hôtel-Dieu de lieaune. Soc. d'Archéol. de
Heauue, 1874, p. 180.) Impr., forgen.
FORGEURE, forgure, s. f., aclionde for-
ger :
Grandes [lierres plates de mesme cstolVe
que le pavé, longues de neuf pieds, et
larges d'un pied di.\ pouces de saillie en
dehors et en dedans pour la forgeture.
(Vray et par f. Amour, f» 220'', ap. Ste-Pal.)
D'nvantii^'ft ceste jointe a ses eminences
et forjettnres egalles aux cavités dans les-
quelles elles entrent. {Trad. de Galien, p.
130, éd. 1609.)
Ses forjetlures (de l'épine dorsale) qui
sont aiguës comme espines. (Amb. Paré,
I ÛBut)., XVI, 12, éd. 1633.)
FOIIGEL", voir FOIIGECL.
Les ferreiires
Dont Tevre fout les furgeures.
(Ms. Richel. 83", ap. Sle-Pal.)
l'our la forgeure des marteaulx des
maccons... (1480, Arch. mun. Tours, fer-
ronnerie.)
Pour troys forgeures de marteaux. (76.)
Les forgeures a rebatre les manteaulx.
(Pièce de 1516, Arch. de l'art français, VII,
353.)
La forgure de fers a charrue. (Cl. Haton,
lfem.,I, 113, Bourquelot.)
1. FOKGIEU, -jier, -cier, - cer,- chier,
fouirg., fourc, fours., fourch., s. m.,
coffre, écrin, cassette, coffre-fort, reli-
quaire:
Forgier, escrin, cofrc portaut a cheval
ne doivent point de rivage se il u'i a aucune
chose dedenz. (EsT. BoiL., Lio. des mest.
et marchand., 2" p., iv, 23, Lespinasse et
Bounardot.) Var. ,forcier.
Korcier, escriu.colfre portant a cheval ne
doivent point de rivage se il n'a aucune
chose dedens, et se il y a aucune chose
dedeus chascun forcier, escrin ou cofre
doit de rivage. (Du Liage rivage de Sainne,
Hichel. 20048, fMUJ.)
In abditorio, forcer. (Niccic, ms. Bruges,
Scheler, iea;., p. 87.)
Elicnor la belle, ou grande est li biautez,
A pris .1. biaii forgier, qnibien esloil freinez,
Tantost le defTrema, elle en portoit les des
Pni» en Irait une ymage. telle com vous orrez,
Klle estoit de fin or, ce disi l'anctoritez,
C'estoît un cruceOs f?n une crois entez.
(U. Je Seb., I, 771, Bocca.)
D'encoste le forgier au digne sanc Jbesns.
(/»., XVII, 213.)
Quant il vit le forgier, cbelle part s'adrecha;
Li forgiert la fremes, mais il le delfrema.
(;*., -HZ.)
.IX. foreiers, ou premier desqueux
eBtoient deux copes d'argent. (1302, Test,
du D.Jean, ap. I.obin., II, 434.)
Un .un'l d'or ou e un ruby que ma
femme me devisa qe ad tout plein de
coups, et est en un petit forcer, en un grant
huscbe, au bout de la basse garderobe.
(1319, Test, du comte de Hereford, ap. La-
borde. Emaux.)
Deux forceis en la salle et .11. en la
petite chambre. It. .11. foreiers en balet.
item un forcer en la despense.' Item en la
garde robe un forcier. Item un forcier a la
porte de l'église. (1329, Invent, de mad.
Ysab. de Mirande, Arch. Vienne.)
Et puis le mist (l'enfant^ dedens ung
forcier fermé de clef. (Met. d'Ov., Vat.
Chr. 1086, f» 43 v«.)
Et vous autres joyaus mettes en vo for-
gier. [Dialog. fr.-llam., f" 3», Michelant.)
Felisce la tingneuse cmbla a son maistre
un fourgier ou il avoit moût de boins
joyaus, orfrois et rubaus. (/&., f" 14'.)
Icellui Jehan avoit prins deux forgiers,
la ou il avoit grant quantité de monnoye
d'or et d'argent, lettres obligatoires et
plusieurs autres biens moebles. (1359,
Arch. JJ 90, pièce 603.)
Et bien dist, se sa mère nez nn y met denier.
Son coffre brizera, si prendra son furgier.
(Cuv., B. du Gueschn, var. des v. -2d1-'26U,
Charrière.)
A son forgier s'en vint ; cent ilorins en osla.
fiD., il/., var. des v. 1613-1517.;
Tantost priureut la ville et tuèrent çrant
quantité de gens, et oiicqaes ne luy hrenl
mal, fors qu'ils le misdrent plusieurs fois
en huches, eu foreiers et en fers. (Mir. de
Mad. Ste Kallierine, p. 46, Bourassé.)
Ung forcier. (1373, Jurid. de la sale d''
S. Ben., !<• 8 r», Arch. Loiret.)
Un grant forcer bien ferré et bien fermant
de bonne claveure. (1381, Trinité, Arch.
Vienne.)
Un forcier ou un escrin ou la suppliante
cuidast qu'il eusl argent. (1392, Arch. JJ
143, pièce 193.)
Laquelle suppliante print la clef d'un
forcier ou culVre dudit chanoine. (1387,
Arch. JJ 132, pièce 19.)
Le suppliaul prist en une huche ou for-
gier, qu'il trouva et ouvri, \iiit neuf pièces
d'or. (1399, Arch. JJ 154, pièce 263.)
A chascun escrin ne forgier,
(Le DU de chascun, ms. Genève nO""", Hitler,
Poés. des xiv" et x\' siècles, p. ii.)
Dedeus icelle huche le suppliant trouva
un forchier qu'il defferma. (1413, Arch. JJ
109, pièce 82.)
Que nul frère doye porter coffre oultre
mer ue foreiers longs sur sommiers. (1433,
Est. de S. J. de Jéi-r, f" 34% Arch. H.-Gar.)
Puis ala a son forchier et en Irayt cent
flourius qu'il lui donna aussi. (Hist. de B.
du Guescl-, p. 34, Menard.)
Fortune a le forcier cassé
Ou j'csparsuoye ma richesse.
(A. Chaut.. Pods., la belle Dame sans mercy,
p. .'i03, éd. 1617.)
Sa meilleure liusche ou forgier. (1307,
Préo. de Fouilloy, Coût. loc. du baill.
d'Amiens, 1, 293, Uouthors.)
Le petit forcier ont sont lous grans
seaulx de la ville. (12 août 1322, Reg.cons.
de Limoges, 1, 22, Uuben.)
FOR
vaw
FOR
2. forgieh, friger, v.a., inventer :
Je, Jehan le Fevre qui ne sçay forqier,
nez en Ressons sur le Mas, vers Com-
pienpnp, procureur en parlement du roy
nostrc sire, confiant en l'aide du Saint Es-
perit, nie suis entremis de translater et ri-
mer en franeois cest livre du poète saipe
qui est intitule : Ovide de Vetula. (J. Le-
FEVRE, la Vieille, p. 3, Cocheris.)
— Aposter, préparer, styler :
Et la furent (ikiseuis forgiez et ordenez
a ce qui crièrent louz a une voiz : Navarre,
Navarre. IChron. de S.-Den., Ricliel. 2813,
f 415'.)
Aussi est advenu et souvenlesfois ad-
vient que plusieurs crimes capitalv, deliz
et autres cas criniinelz, ne pevent estre
altains, par ce que en nostredit cliastelet,
tant pour la nnillitude des prisonniers et
criminculs qui y sont n'a pas assez pri-
sons secretles ou l'on puist meltre sepa-
reement et diviseement les uns des autres,
ou qu'ilz ne soient frigez par les autres
criminelz des autres estans paravant eul.K
esdictes prisons. (1398. Ord., vm, 309.)
Secousse dit :
Frigez, ou p. e. forgez. On pourrait
soupçonner que c'est un terme d'ar?ot,
c.-à-d. de la langue en jarpon que parlent
entr'eux les mendians, les vapabons, les
voleurs, etc. Il paraît que frigez ou forgez,
signifie instruire de ce qu'il faut dire ou
taire, emboucher.
Nostrc bonne mère avait, le jour de de-
vant, au partir de sa fille, forgic le méde-
cin, qui estoit bien adverty de la response
qu'il devoit faire. (LoDIs XI, jVomj)., XX,
Jacob.)
FonGiET, forchiet, forjet, s. m., coffre,
•écrin :
En rele licre de PrOTencc
Fn li rois par .i. diemence ;
Les mes'Teans en ot kacies
Kt des auqaans et baplisies,
Ponr les forjes qn'il i trouva
.vni. jors cl plus i sejorna.
(MoiSK., CAro»., .3931, UeiCT.) Impr., /nrics.
D'un forchiet qui cousta .xiv. deniers, il
en prist .ii. deniers d'outrafre. (Plainte au
B. de Fr., vers 1268, Arch. prov. de Gand,
Rupelm., W 118.)
Un forgiet painture d'ymages eslevees
et dedens arpenté ; unp aullre forgiet poin-
ture a escussons. (1367, Heg. aux Test.,
Arch. mun. Douai.)
Ung forgiet cl un-; coffret. {Test, chirog.
du iT juin 1415, Arch. mun. de Douai.)
Nom propre ancien : Stephanum dictam
Forget. (1315, Cart. de Montiéramey,p. 385,
Lalore.)
rouGisoN, s. f., action de forger :
Chances de ("er, de lionc forgison,
li ont la'îees es janbes environ.
(Iloncisi., p. 188, Bonrdillon.)
rORGITlEK, voir FOBGETEB.
FOHGoiR, voir FoiuoiB.
FORGLRE, voir FORGEURE.
FORGURER, VOir FORJUBER.
PORIER, voir FORRIER.
FORiERE, forr., four., ferr., s. t., lisière
d'un bois, d'un champ; quelquefois bord
d'un bois oii les bestiaux paissaient:
Sire, soiei en la foricrr,
'.bascnns de nos se traie ariere.
(Renan, B-IO", Mdon.'i
Le pasturaige et l'usaifje de fayne et de
plans et de ferriere en ban de Serain.
(Trad. du xiil» s. d'une ch. de 1202, Cart.
du Val StLambert, Richel. 1. 10176, C 16^.)
Serreement se vont ta /Wrtcrc don bois.
(Yeus dou paon, Hichel. IM.'il, f° l\S y°.)
Serreement s'en vont la forriere d'un bois.
(/»., Ricbel. ,368, f 100^)
Et si y a que fosses que forieres outre
les sommes de .m. arroiapcs devant diz
.111. quartiers et .LV. verges. (Lett. de 1323.
Arch. JJ 61, P 100 r'.)
Encontre blés, encontre mars, en fera
ferriere: fl T'i ne le fera, il sera a .v°. s.
(Ordonn. de la ville de Beims, Arch. admin.
de Reiras. III, 492, Doc. inéd.)
Le forriere d'un bois. (Fnoiss., Chron.,
V, 401, Kerv.)
3 deniers 3 angevines pour une fouriere
de prev séant on ban de Bouconville.
ri4I5-16, Arch. Meuse C 1532, f° 1 v».)
Norin., Orne, Calv., val léed'Yf'res,/"orie>"e; !
Guernesey, ^oîfanerc, sillon de travers au
bout ou en dehors d'un champ. Env. de
Rennes, forièrc, sentier. Rouchi, forièrc,
bande da terre h l'extrémité d'un champ
qui n'a pu se labourer avec le reste de ce ,
champ. Mener une vache à forière, c'est
la faire paître sur la lisière des champs
cultivés. (HÉCART.)
Mener al forriere, en Picardie et dans
toute la Haute-Normandie, c'est conduire
chez le jusc ou garde-chanipètre des j
bestiaux trouvés pâturant dans une terre
ensemencée : ces bestiaux ne sont rendus
au propriétaire qu'après avoir payé l'a-
mende à laquelle on l'a condamné.
Nom propre, Forière.
FORiM-ON, s. m., cap :
Vers l'Est il y a un autre promontoire
comme dépendant du grand, que les chris-
liens qui y sont passé, ont nommé le Cap i
des Aiguilles, n cause de plusieurs pointtes, '
espuillons et forillons, quil semble faire I
entrant dans la mer. (Tuf.vet, Cosmogr.,
m, 15, éd. 1358.) !
FORiN, voir Forain.
FOUINE, voir Foraine.
FORiNSEQUE, adj., cxprimc l'idée de
surnaturel :
En sapience forinscque, c'est a dire en
sapience qui est par d[esjus home. (Chron.
de S.-Den., ms. Ste-Gen., f» 291''.)
lORisoN, s. f., endroit percé, trou :
Kt se ne luec ma main eus en la forison
Qoe Longis lisl del anslc qui erl ai-ue en som !
Eus el destre costé quant mors erl li sains bom.
(Hersan, /(ii/c. Riche!. 1441. f 50 r".)
FORissiR, foressyr, forescir, furissir,
forussir, foruscir, v. a., franchir:
Ils forissoient patrouilles. (Rab. , 111, i
prol., éd. 1552.) j
— Forissu, part, passé, sorti, émigré,
banni : I
RcpalIf.Ms lot les furissu.'i de nostrc ville.
"rr''' ''"'''''^"''S. 1" Coll. de lois.
Sont rapalleiz tôt furissuz, exceptei fu-
rissuz qui sont furs por oniicide. (1411
i6., n''201,f°57 V».) ' '
Ne logeront aucuns personnages estran-
gers passans par pays,incongneus et sans
advcu, foressjjs, bannyz et chassez d'icel-
Iny royaulnie. (Ord. de Fr. J" sur le faiet
de lajust., f» 101 r».)
Aussi ensi il esté bien forisstl dn dei-
ficque manoir de raison, si aultrement se
feust centriste ou altéré. (1d., ib.. c 2
éd. 1552.)
Pour la restitution des forussis et exilez
(Fr. deRabut., Mém., xi, éd. 1574.)
Les Chalcidiens forussis.
(RoNS., Uijmn., I, ,'>, lîibl. eh.)
Il évente, (l'amonr de Venns) subtil, «n hransie
fde ses celles
Ses cheveux crespelus. admire ses beaux yeux.
Non pas comme son fil?, sainte race des Dieux,
Jlais comme un estransor forissu de sa terre
0"i la voulust forcer d'une plus douce guerre.
Ravi de ses beantez.
(II. BF.U.EiU, Œiiv.por'l., rOnyce, éd. 157S.)
L'Italie nous a vomie une racaille infinie
de, foruscis que cette fenme a favorises et
enrichis des trésors de la France. (Le
Tocsain contre les massacreurs, p. 105,
éd. 1,579.)
— On trouve an xvi" s. les formes ita-
lianisées forescide, foruscide :
Restitution et pardon des forescides de
Naples. (1S30, Papiers d'El. de Granvelle,
I, 476, Doc. inéd.)
Et ne defaudront les pralicques ou
cousté de dennes et Monepo entre aultres,
et des forescides de Florence, I.uques et
Sennes. (1536, ib., II, 447.)
Ou .je suis vrayement forissu d'intelli-
gence et de sens lôcical. (Iï.ab., I. III, prol.,
éd. 1552.)
Remettant iceux sujects, quant a ce
plainement, et cessans tous empescbemens
et contredits, aux droits qu'ils avoyent au
temps de l'ouverture de ladite guerre; et
s'entend le contenu en ce présent article,
en tons lieux et endroicts de la siibjection
desdits seigneurs rois très chrestien et
catholique; sauf quant aux foruscides de
Naples, Sicile et duché de Milan, lesquels
ne seront conprins en ce présent traicté,
ny jouiront du bénéfice d'iceluy. (Traicté
dé paix de Caleau-Cambrcsis, ap. De Vil-
lars, Mêm., XII, .Michaud.)
POR.iET, voir Forgiet.
FOR.iETTER, vnir Forgeter.
FORJETTURE, VOir FORGETURE.
FOR.IOER, - goer, four., (se), v. réfl., se
réjouir outre mesure, s'abandonner aune
fausse joie :
Mors crie au fol no se fonrgoc
Des vieus delis eu coi il noe;
A een const de lui mesovient.
(Vers de le mort, Ricbel. '.Mï,, f 336'.)
Mors crie a cians qui se fourgoent
Des pecbies morleus u il noent.
Dont li plus donc sont plus coisant,
(luanl pins s'i frotent plus s'enboenl.
'II'., f" 337«.)
80
FOH
FOR
FOR
l n j»i» bel -Jl jolii"
Oefint IM «l chelii.
P»r son oDltrecuiJiii'e :
Car il se fmrjo'.toi ■.
l'orcB qn» il lyoi
i lire lo li l'inje. |
(\Hop. II. f.ib. III. Itoberl.)
El <]n:inl B-inJoins Toi. darement »'en fourgoe, ,
Kn IrrriT» li fait 1« loupe, et pois le moo. I
(B. dfSei.. 11. S.'C; neiff."i
FoRJom, - joiir. - goir, four., verbe.
— Réfl.. se réjouir outre mesure, abuser
des jouissances, s'abandonner à une
fausse joie :
Dont se doit bien tenir por sot
Oai de tel avoir te fonrijnl
nont nuloi ne loist amonter.
KVers de le mon. Uichel. 375, f" 33;i'.i
IJnar tel a la fois se forgol
(Joe antre en fet sa nioqnerîiî.
aïOïS à Sym. d.Mies, Vat. Chr. loâi. t' nO".)
— Xentr., dans le même sens :
Bien doit on aviser et biens et maus, par
quoi on puist plu? lenierement les maus
porter, car li dar pourvent mains blechent,
et des biens nient fourjoiir, car sans co-
rape de suge, bonnes fortunes honeste-
mènl fort est a poiter. (Li Ars d'Amour, I,
286, Petit.)
FORJOLSTER. - jouter, four., fors.,
verbe.
— Xcl., vaincre dans un tournoi, rem-
porter le priK de :
DeTsnt ians Toienl le vassal
Qai le tornov a fnrujiiailé.
Coiltei de Cliin., triSH, Keiiï.)
Kt qne ly creslyenso par son bardement
l.a fieste fmrjoiislee sy honnonrablemcnl.
iCodefro!/ de Boiiill., 15315. IteilT.)
Qui fourjonila la Geste? ne le m'aies celant.
(/«., 15090.)
I.a feste fnrjoutla. l'onnonren yint a loi.
(Cit., B. du Cueselin, 529, Charricre.)
Kt i furent srant fuisson de Hainnuiers ;
pt par »>sp(;cial me.-sires Jehansde llainnau
et incssires Ciiiillnnuies de.liillcrs i furent,
et li sires d'Engliien'qui fourjousta lez
ioustes. (Fhoiss., Chron., 1,287, Luce, ms.
Rome.)
Pou scevenl feste ou emprise de jouster
que a leur povoir n'y soient, et se bien leur
en chicl, queli" pliis'souvent les /■oivoKsfenf
ou sont eu débat d'avoir le pli.";. {('•. DE
Chah.ny, Lie. de C/»cca/., ms. Bnix. 11121.
f83v».)
— L'emporter sur :
Parquoy il» se peussent vanter ailleurs
qu'iU eussent forjousté la chevalerie de
Brctaisne. (Pemforest, vol. VI, cU. 46,
.'•d. 1328.)
— N'eulr., remporter la victoire :
El fourjousta de cheulx de dedens mes-
sire Franque de Halle, et de cheulx de
dehor.- U- conte de Mons en Allemaipne.
(Froiss., Chron., 111, 239, Luce.
De Locembourr y fu Jehan forjotistati.y
nu reali de hors, et de dedens Ilelie.
<Kcst. Dïsr.H*»!^. Por^.. m, 3i9, A. ï.'
FunJi'GEMUNT, -giement, four., fore.,
s. Mî., jugement qui condamne au bannis-
sem*'nt, ban :
Ne rentrer n'i doit, sor forjugement,
devant ion termine qui mis i est. (1230,
HUt.de Metz. Ul.iOO.)
Le requereor peut dire qu'il estoit en-
gendré et ni .Tvant que celui jugement fu
fait, de quoi l'on dit que son ancestre fu
forjugié, et il est hcir don conquereor don
fié et de part lui le requiert; et avant que
ce avenist que l'on dist don forjugiemeiit
de son ancestre, esloil il heir. iUv. dePhil.
de A'ap., Ass.de Jér., l.I. p. 498,lieiignot.)
Prejudicium, forjugemens. (Gloss. de
Douai, Escallier.)
Oc la chesfc et fourjugement de hiy et
dou Saint Empire. (1399, Hint. de Metz,
IV. 499.)
— Conliscalion :
Pour adjudication et forejugemeut, qua-
torze sols, pour arrest ou il y a eschevins
et exécution, pour chacun sept sols. (Coîif.
de Nyelles, Nouv. Coût, gén., I, 397".)
Iiupr., foreinyement.
FOR.MJCiEii, fors., fow., verbe.
— Act., bannir :
Quicuuques se laira farjugier en eeste
pais por auques ou por pou, sei aiuin en
doient faire ceu Ice d'ouiicide. (1214, Paix
de Metz, Arch. mun. Me,tz.)
Cist sont forjugié por la pais. (1241,
.\icli. Melz, olim coll. Kmiuery.)
Qu'il soit forjugieis. (1234, Hist. de Metz,
III, 210.)
Qui debveroit amende et il ue payera
dedans quarante jours, la justice nieo-
troil la main a luy jusques a tant qu'ilz
eussent leurs grey. ou elle forjugeroit
hors des bornes. (1320, Cli. d'alfran'cli. de
Fresnes, Cabinet de M. do Labry.)
Dont le forjuga del reaunie. {Chron.
d'Angl., ms. Barberini, f" 30 v.)
.1111. ou .V. qui estoieiit dndit fait s'en
soiil louys, lesquel.^ ont estez fourjiigiez.
(1430, Hist. de Metz, V, 207.)
— Priver, dépouiller :
Or m'a forjugié d'amonrs.
(C.iLiTIEii d'Argies, Clians., Ilichel. 841.)
Et quant César vous avéra mis au de-
sous pour moi vengier, vous seres puis
fourjugies de toute hoiinour. (Jehan de
Tui.M, Hystore de Julius César, p. 74, Sette-
gast.)
El le veullent san canse de s'onneur fourjugier.
(II. Capel, lOil, A. P.)
— Enlever judiciairement :
.Nous demandâmes toutes les terres
forjugieis par cliele raison ke l'église de
.-aiiil Berlin ne puet avoir el tenement de
scales amende nule fors de deus sols...
tous les caslcaus forjugies doivent de-
moreir a nous et a nos oirs.... Et se che
fiist cose ke il i eust aucunes terres forju-
ijiees, ou ke il couveuust forengier (lis.
forjitgier), dont l'église devant nommée
eust iiiestier de no aide, nous les devons
faire jugier a le devaut dite glise. (1266,
jrransaet,,Tailliar,/?ci;. d'act.des xii* et xili"
s. enlang. watt., p. 277.) Impr., /'oniig/cis,
foringies, foringiees.
Bien li doit esire sa terre forjugié.
(Enf. Oijier. 3278, Scheler.)
Vi'z le cy, dame ; mes au mains
Yrons noai devant le vray juge
Vostre fliz ; s'il le nous forsjuge
Nous le vous laisserons a tant.
(Miraclei de Noire Dame. I, 1, I2:.8, G. Pari».)
— Condamner :
i: foijtige Paire le rous.
.\mendes i. se saves mieus.
lEIeoele el Polin.. Iticliel. 375, f 59'.)
Comcnl a ardoir le jujicrent
I.i baron ki le forjunierenl.
(Dolopalhos. 4812, Bibl. el^.i
Ce .lit Nobles : Vos aves tort
Qui lifnart volez forsjuger.
(Remrl. D'. I, v. 228, Martin.)
Oîiiiues nKiis (ils de roi a mort
>'e fit si furju'jies a torl.
(Sept sages, 41 (U, Relier.)
Et de lui meismes tiesmoignoit ou
qu'il estoit de mauvaise créance, par coi il
fu fourjugies en la court de Rome. (Hist.
des ducs de Norm. et des rois d'Anglet.,
p. 122, Michel.)
— Débouter :
Et furent forjugié Jehans et Baudouins
pour ce que leur pères avoit prise leur
mère et espousee mauvaisement. (MÉN.
DE Reims, 399, Wailly.)
— Condamner à litrt :
Ne nul no soif ja fotirjiigiei.
iNe do sou droit amenuisies.
(Yie de SIe .^arguer., RicUel. 1555, p. 115.
Joly.)
Li maires et li eschevin en seroient
tenu a moi en seissante soulz d'amende
et a rendre lou douiage a celui qui il ou-
roit forjugié, et \\forjugiez rauroit la que-
relle. (1266, Cliart. d'affranch. de Monlier,
Arch. mun.Montiers-sur-Saulx.)
Les forjugies et les dampnes a tort.
[Vies des saints, ms. Lyon 697, f" 92'.)
Et si ne le discute point ou fourjuge.
(De vita Ckristi, Richel. 181, f 32 r».)
— Forjugié, part, passé, banni, con-
damné :
Et fourjugiel et recreo.
(MousK., Chron., 5359, Reiff.i
Toutes les gens de la ley de Rome et
tous forjugies et tous parjures. (Ass. de
Jer., t. I, p. 501, Beugnot.;
Coment Kaii-line antreprist a estre sires
de Rome par l'ayde de forjugies. (Ms.
Berne 98, f" 29''.)
Et ne doit estre rechus en le monoie
nus bastars, ne forjugies, ne siers. (1298,
Cart. de Nam., Régi, et stat. des mon-
nayeurs à Namur, Borgnet et Bormans.)
Impr., foringies.
Rappeler eu la citei de Verdun toutes
manières de fourjugies. (12 janv. 1313,
Richel., Collect. de ion'., vol. 982, pièce 7.)
1. l'Oii.iuit, foiirgur, s. m., parjure :
Les homicides et fourgurs. (6 nov.
1391, J.elt. de Tliieri, sire de Sainzelles,
bailli de Uainaut, Arch. Mons.)
2. Kou.uns, fourjur, s. m., déclaration
en justice et par serment qu'on refusera
tout secours à un criminel de sa parenté
ou do son amitié :
Se aucun liiuiige sont callengiet pour
deûaulte de fourjur. (1378, Cartulaire
Caria Maria, f" S2, Arcli. de l'Etat à Mons.)
Gillart le Grand fist adjourner a Mous
: Colard de Midelay pour faire fourjur selon
l'usage du pais. (1393, Arch. JJ 144, pièce
258.)
FOR
FOR
FOH
Ce np seroit paf raison que 1p forban ou
forjtir piiiportast prpif!neur effect en puni-
cion que l'attainte propre du faict. {Covst.
de Norm., f» 56 v», i^d. 1483.)
FORJi'REMENT,/bHr., s. m. .déclaration
serment qn'on refusera tout secours îi un
criminel de sa parenté ou de son amitié :
Autrement iroit s'il avoit batu ou féru
ne navré puis le forjuremenl aucun de
cix asquix il reqnist a estre hors de le
cuerre. (Bbauman., 'Cout. du Beauv., cli.
MX, 19, Beupnot.)
Pour cliest forjuremenl faire. (128S,
CMrt. de Valmont, î" 12 v», Arch. Seine-
luf.)
S'aueuns homs s'enfuit avec homechide
ou pour celé occoison se deslourne et ist
dou pays pour chou qu'il l'homechide ne
voelt fourjurer. dedens l'an puet revenir
et faire le fonrjnremeni. (Trad. du \n' s.
de la Charte pénale de Mons, Arch. de l'Etat
à Mons.)
FOR.JLIRF.IÎ, fors., four., fiier., forgurer,
V. a., renoncer par serment S, jurer d'a-
bandonner, en parlant d'un pays, d'un
métier, et par extension renoncer à, re-
nier, abandonner, quitter :
Forjurerle pays, dit M. Floquet, Hht. de
l'échiquier de Norm., p. 182, c'était s'en
bannir soi-même : et il y fallait des so-
lennités. La main sur le livre des Evan-
giles, le réfugié jurait qu'il allait sortir
de la Normandie ; que jamais il n'y re-
viendrait ; quil ne ferait mal an pays ni
aux habitants, soit de lui-même, soit par
d'autres ; qu'il ne coucherait jamais plus
d'une nuit dans le même lieu, à moins
qu'une maladie três-?rave ne l'y contrai-
gnit.
Tôt li fiirsjiirra le pais,
On'a nul jor mais de son aajze
Me daim ne part ne erilasre.
(Ben , D.deKorm.. Il, 3 in;;:i. Michel.)
Il a vostre corl forjuree.
(Perceval, ras. Monip. Il 210. f° n7''.)
Laissiez en nianclieflnr aler,
Kt si li faites forjjtrer
A t02 jnrs mais vostre contrée.
(FI. et HIancefl., 2' vers., 571, dn Méril.)
Seix livres paieroit et un an forjurroit
la banlue. (1214, Paix de Melz, Arch.
mun. Melz.)
Et li avoit dit que se il voloit l'ostel le
roi Artu forsjurer, et que il ne parleroit
a chevalier qui en fust n'a dame n'a da-
nioisele, ele l'en lairoit aler, et il l'avoit
refusé, et il dist qu'il ne le forsjuroit en
nule fin. {Artur, m?. Grenoble 378, f" 74''.)
Fait m'a li dns mes sire ma terre forjurer,
Que jamais a ma vie n'i porrai criler.
U'arise, 7-27, A. P.)
Mais je vos ferai certes ma terre forgurer.
(III., 701.)
S'orendroit ne forgure ma terre et toi mon fier,
Kotreci et .vu. anz, mar i métrai le pie.
IFloovanl, 13H, A. P.)
Sa feme wida le roion
Et le fourjura a lousjoors.
(JIOUSK., Chron., 151-29, Reiff.)
Ke jou Robers, avoes d'Arras, par saire-
uient oi forjuré toutes les tailles, les rues,
les demandes, et toutes les corvées de
Kailli de Forbais. (Cft. d'oct. 124S, Cb. des
coinpt. de Lille, 854, Arch. Nord.)
T. IV.
S'il ne se puel paier, il forjura la vile,
jusque il se puisse paier. (Liv. de josl. et
deplet, III, 6, § 2, Rapetti.)
Et s'il ne pleisoit a l'aprentiz a aler au
mestier, il li convendroit forjurer le nies-
tier. (Est. Boil., Liv. des mest., l" p.,
XIX, S, Lespinasse et Bonnardot.)
Por laquele chose nos bailliz devant dit
jirisuies lou dit larron en nostre main
comme souverains, et li fit li diz prevoz
lou pais a fuerjurer par lou cousoil dp
bones penz. (1271, Cft. du bailli d'Auxois,
Carlul. de Fontenay, 1° 82 r», Arcb. Côtc-
d'Or.)
Et si doit cesser un an de son mestier
devant ke il puisse venir a la hanse, et si
doit fourjurer a tous jours son mestier se
besoipne ou povretes ne li fait faire. {Li
ordenance de tenir la hanse c'on apiele la
hanse de Londres et entre ceux de Bruges,
Arch. du nord de la France, t. I, p. 183.)
Se il veut tenir a l'eRlise il forjurera le
pays par devant les chevaliers et autres
gens creables qui en puissent porter tes-
moing, se mestier en est, en ceste forme :
Ce oyent tous ceulx qui cy sont que tu
d'icy en avant n'entreras en Normendie,
ne feras mal ne pourchasseras a faire n
nul de ladicte terre par loy ne par autre
pour ce forhannissenionl. {Coust. de
Norm., P 63 v, éd. U83.)
— .lurer d'abandonner un homme, de
lui refuser lout secours :
Fors trois gouttez sans plus, quant Charlez par
(yrour
Le fery de son pant qne le virent pln.^onr.
Quant Charlez ftmrjnra par force et par yrour
Ficrabras d'Alixan'lre par force et par vifrouV.
(De .lehan iTAIenson, Ars. 314.S, C 116 V.l
Tuit sei ami \o forjurroienl. (1214, Pa/x
de Melz, Arch. mun Metz.)
Clii fovrjures vous chelui qu'il n'ara
confort ne aiiuwe, consel ne i'orche, de
vous ne de gens que vous puissies des-
lourner. (RoisiN, nis. Lille 266, p. 79 )
Lor trois femes bâtirent
De basions et les formenerent.
Et enpres çoa les forjurerent
Et encacierent.
(firti. le Nottv., iSfiî, Méon.)
Il convint que les prochains du lignage
d'icellui Guillaume demourans au pays
forjurasseitt selon la loy et coulusme dudit
pays, qu'ilz ne aideroient ne consille-
roient.... ledit Guillaume. (1393, Arch. JJ
144, pièce 294.)
L'official de l'evesque d'Angiers com-
manda au suppliant apparileur qu'il citast
icellui Blanchart par devant lui, pour for-
jurer et séparer de sa compagnie icelle
concubine. (1411, Arch. JJ 166, pièce 38.)
A item s'il advient que aulcuns des villes
devant dictes soit occis, les amis et ceulx
du sang du tueur seront as? euré des amis
et des cousins du tué jusques au quaran-
tiesme jour a compter du temps de l'occi-
sion,ct se en dedens le quarantiesme jour
aulcun navrast celui ou tuast il seroit tenu
pour mourdreur. Et aussy se après le qua-
rantiesme jour ilz vouloient le tuer, forju-
rer et le forjurast, ils seront asseuré et
porront issir de le faide. {Trad. de 1489 de
la cout. de l'abbaye de Maroilles, Bulletin
de la Comm. hist. du dép. du Nord, IV,
340.)
— Abjurer :
Au patriarche d'AntiocheHairaeri vinrent
et forjurerent l'enseignement Mahon que il
avoient longuement tenu. (G. de "Tyr,
XXII, 8, Hist. des crois.)
I rORKEFIERE, VOif FORCHEFIEHE.
I FORKIÉ, voir FORCHIÉ.
FORLiGNAni.K, four., fors., fol., adj.,
qui forligne, qui dégénère :
tu sainz pères, quele chose t'a donques
despieu en moi? as me tu donc prové
forlignable? {Vie S. Lorant, Richel. 818,
f° 276 r°.)
Li rois le fis ocire corne mauvais et
forslignable. {Chron. de S.-Den., ms. Ste-
Gen., f» 13=.)
Pour ce que il esloient mauvais fil et
forlignable. {Ib., f» 91\) P. Paris, fourli-
gnables.
Degener, a, folignable. {Gloss. de Con-
ches.)
Ne il n'est mie de peuple vil ne homme
fourlignable. IL. de Prf.mierfait, de Casu
rir., Richel. 132, prol.)
Vous tenez vostre ame comme un hoste
forlignable et hayneux. (Oresme, Trnd,
des Rem. de fort, de Petr.. Ars. 2671,
f''46 v°.)
FORLIGNANCE, foli, S. f.. action de
forligner :
JOYE. Mon lignage est noble d'ancien-
neté. Raison. C'est une vautance digne de
mocquerie que de soy glorifier de ce qui
est a autrui. Les mérites des ancestes font
congnoistre les follignances de ceulx de
qui ilz descendent. (Oresme, Trad. des
rem. de fort, de Petr., Ars. 2671, 1° 27 r».)
FORLiGNEMENT, -Ont, S m., actiou de
forligner :
Des admirables exploits de guerre du
frand roi Clovis ; forlignement de sa pos-
térité. (Pasq., Rech., V, i.)
Le plus souvent ce forlignement ne vien-
dra pas tant de la génération et du sang,
qu'il fait de la nourriture. (G. Boochet, Se-
rees, xxni, t. IV, p. 28, Roybet.)
Forlignemant, degeneremnnt. (Monet,
Parallèle des langues, Rouen 1632.)
FORLiGNiER, - Hugnier, fors., four.,
fol., verbe.
— Neutr., dégénérer de la vertu de ses
ancêtres ;
11 ne foligne mie s'il est si bons cheva-
liers, quar ses pères fu un des plus preu-
domes del monde. (Lancelot, ms. Fribourg,
f» 78>.)
Qnar il forligne de nature,
Cant mal fait de la Peu ligure.
{Poème allég.,^n\.. Mus. add. l.lBilfi. C -.'.)
Le filz doit resembler son bon père, au-
trement il foligneret. (1279, Lacrent
Somme, ms. Chartres 371, 1° o4 r°.)
Ce est damage
Que tn es de gentil lignage,
La semence forligne en lei.
Va le TCie, fui devant mei.
{CJiasIoiem. d'un père, conte ni. 4', Biblinph. fr.)
Degenerare, foligner. {Gloss.de Couches.)
S'il faisait autrement, il forlignerait de
l'ancienne vertu de ses ancestres. (LaRIV.,
le Laq., m, 3, Ane. Th. fr.)
— Réfl., dégénérer :
Qu'elle ne se forlignast jamais de la
droite sente de vertu. (Th. d Avignon, Or.
fun. de L. de Lor r.)
— Act., dégénérer de, faire honte à :
11
Ht
vm
FOR
FOR
Calaia rostre «itc a'arrz p»s forlins'''
Qai son parrin mortri en nn mortier
{1rs Loh.. ms. Montp. Il î 13. T 18'.)
G»lain rosira aiTC .no arrz fnrsligni/.
(;».. ms. nijon, t" 3M
Garlain rostre .liio ne rolei forlinmir
Qui son parrain mnrdril en nn mostier,
A son siiioor li|!i> conp.i le diiof
Et son cousin fit en on sac noier.
(Car. If Lok., i' chans., Il, P. P.iris.)
Monlt par est conrlois l'emperere,
Ki ne fourUngnr p.i« son père.
(f.ACT. d'Abris. Eracl., ms. Tnrio. S"'*.)
— FortignanI, p.irt. prés., déiténéré :
Ce sont ci'iix (les grands du monde) qni
sont Ip? plus forlignans et les plus bastars
PD bien faire. (G". Ch.\stell.\is, Adv. au
duc Charles, vu, 321, Kervyn.)
Ne permettras que les juments soient
saillies des estalons que de deux ans en
deux ans pour en tenir race non bastarde
ne forlignant. {Mais, rusiigue, i, 28, p. 123,
éd. 1658.)
— Forlignié, part, passé, dégénéré ;
l.e ta dame sa^e e preisee,
Qni de rien n'en est firslignee.
(Bes., b. d( Norm., II. 27l(i3. Michel.)
.\ntoisne Fourligniet. (RolsiN, ms. Lille
266, p. 19.)
Dieu la donna (celle baulte prospérité),
par le mérite des bons pères, et il l'a
toUue aux enfaiis forlignez pour leurs dé-
mérites. (Al. Cn.^KT., l'Espérance, p. 313,
éd. 1617.)
FORLIXGNIEH, VOir FORI.IGMER.
FUKi.oiGNE, fortongne, forlongue, forl-
longe, forlonge, s. f., éloigneinent :
S'il avenoit chose que les chiens lais-
sassent du tout qu'ilz ne voulsissent aler
après, ou ne peussent, ou par le grant
ensuit, ou pour la forllonge, ou pour leur
mauvaislié, le veneur ne le doit pas lais-
sier ainsi. {Chasse de Gaston Pliebus,
p. 227, ap. Ste-Pal.)
l.e Pclaud (lièvre) ne veut souffrir la
première bourrade faisant des equippees
a dessein de gagner l'advantage de for-
luHgue. (L)ËSP.\RHuN, Disc, dédiasse, p. 59.)
— De forloigne, de loin :
Uf furlonijnr s'en est venu
Ko l'eane deranl noos entrer.
(Ut. de la chute, p. 16, Pichon.)
Chassans de forlonge. (Du Fodilloux.
Ven., c. V, éd. 1585.)
FonLOiGNiE, - oingnie, - oiignie, s. f.,
éloignernent :
i'.t se, par aocnoe manière,
De fortoingnie chasser li faut,
Poor ce ne doit avoir deiïaut
On Tencor, ne soy esbair.
(IIahd., Trrs. de ten., p. iC, l'ichoo.)
Car Ici chiens cbacoot teleroent
De fvrlongnie et soubi le vent...
(Gicu, /loi», dei Deduii, Chasst du cerf, ms.
Condé.i
FoiiLoiGNiEii, - longner, four., fors.,
foulengner, folengier, verbe.
— Act., laisser en arrière :
>os TolenI elisi fnntoignier.
(Bn., D. de Norm., Il, 19809, Michel.)
— Neuir., s'écarler de ses pnr.iges ;
Ou preut dains a force de moins de
cbiens qu'on ne faict nn cerf pour cinq
causes : la première est qu'ilz ne fuient
pas longuement comme un cerf, la se-
conde pource qu'ilz chacent de plus près.
et qu'ilz ne fotilengne pas tant comme le
cerf... {.Vodus, f» 2S v, ninze.) 11 folenge.
(Ms. cite par Ste-Pal, f» 20.)
— RéO., dans le même sens:
Ils (les chiens gris) connoissent le deffaul
qu'ils ont du sentiment, et si une beste se
forlongne devant eux, ils ne la sçauroient
plus chasser. (Chaules ix, Chasse roi/nle.
p. 35, Chevrcul.)
.... iem'estoyr fourlongné
Dn labeur on j'csloye n'a paere embcsoené.
(Vadq. de la Fresnave, Art poel., p. 81, Genly.)
FOIU.OIXGNIE, voir FORLOIGNIK.
FORLONGNE, VOif FOilLOIGNE.
FORLONGNE, S. ni., forlonge :
Si chasseront de forlongne
Les chifîDS-
(Gaces, Ttom. des Dcdiiiz, Chasse du cerf, ms.
Condé.)
FORLONGNER, VOÎr FOBLOIGNIER.
FORLONGNIE, VOir FORLOIGNIE.
FORLONGUE, VOÎr FORLOIGNE.
FORMABLE, adj., quï peut être formé :
C'est donc chose certaine que la subs-
tance des fleurs est de matière subtille et
moiste meslee avec subtille terresterilé qui
de sa nature est plus forinable en fleur par
figure que en grosseur de fruit. (Frère
Nicole, Trad. du Livre des ProufjUz champ,
de P. des Croscens, f° 10 v", éd. 1316.)
FORMABLEMENT, adv., formellement :
Hz furent avec lui doublement, materia-
blement et formablement. {Mir. kistorial,
Maz. 537, f" 23 v»,)
FORMAoïE, s. f., fromage :
El Flohart a la yenlaille seisie.
As denz li a de. l'anberc esrac-hie,
Ausi Iranglol C'im ce fost formogie.
(Aleschan.s, ms. B-, rar. des v. fi-2!)l-(io01, ap.
Jonck., Guill. d'Or., t. II, p. -291.)
FORMAiLE'i', voir Fermaillet.
FORMALLER, V. a., rédiger en forme :
Les deposicions des lesmoins eussions
fait escripre, formaller et courre. (1374,
Arcb. JJ 107, pièce 303.)
FORMANCE, - anse, - anche, four., foer-
manche, s. f., formation, forme ;
Avons de no liemun assent facli no
tituument, et derains vouletet en chW foer-
manche. {Trad. du lest, conjoinct. de Re-
naud de 1133, Tailliar.)
Por ceu apartint li formanse de toutes
créatures a la persoune del père. {Uist. de
Joseph, Hicbel. 245"), f» 77 r«.) Var., four-
mance. {SI Graal, II, 316, Iluclicr.)
— Engagement formel :
La pais Caudine ne fust pas faite par
aliances, mes par promesses, parsponsion
et pièges ou formances. (Bersuire, T.
Liv., ms. Ste-Gen., f" 141''.)
Centre de la France, Pic, Canada, for-
mance, forme. Poitou, Niort, formance,
forme, apparence: n'avoir plus formance
d'une chose ; il n'a pas formance de chré-
tien. Aunis, Saintonge et Poitou, Vienne,
arr. de Civray, Deux-Sèvres, petites
grappes qui sortent des bourgeons de la
vigne au moment où les feuilles com-
mencent à s'épanouir : • La vigne thielte
année a beaucoup de formances. »
FORMANTEE, VOir FRO.MENTEE.
FORMANTIN, VOir FROMENTIN.
FORMARiAGE, - uige, fow., fcur., fuer.,
s. m., mariage contracté entre deux, per-
sonnes appartenant à deux seigneuries dif-
férentes, ou entre une personne soumise
à la seigneurie et une personne franche ;
droit payé au seigneur pour les mariages
de celte nature :
Mais es dictes villes de 'Vertus et de la
Folie ne pourront demourer li diz religieus
ne avoir mortemains ne fuermariages.
(1342, Arcb. J.) 74, f 3 r».)
A 11 libvres 5 sols ou IS fraus don Lou-
val de Cbauvoucourl pour son fourma-
riaige a la fille la cordelière (1380-82, Arcb.
Meuse B 1041, f" 19.)
7 frans de Jehan Mouret de Cousance
pour les héritages de Estevenin Paignevat
et de Husson son fils aquis a Mgr pour
cause de fourfuance et de fourmariage.
(1383-83, Arcb. Meuse B 493, 1'" 5 v°.)
Les babitans d'icelle ville estoient de
serve condicion, comme taillables a volenté
de morte main et de formariage et autre-
ment. (1398, Arcb. K 34, pièce 45.)
Cet ancien terme de droit s'est très
longtemps conservé :
Les lieux, où l'on a accoustumé de
prendre feurmariage, le seigneur de la
main moite prend pour le feurmariage de
sa iemme mainmorlable les héritages
qu'elle a sous luy, et au lieu de sa main
morte, ou autant vallant, qu'elle emporte
en mariage, au choix de ladite femme.
(Cousl. génér. de Bourg., 1665, p. 418.)
FORMARiER, verbe.
— Réa., contracter un formariage :
Car cil qui .se formarienl, il convient
qu'il finent a le volenté de lor signeurs.
(Beau.man., Cout. de Beauv., xlv, 30, Beu-
gnot.)
Est encore accordé entre lesdites parties
que le malles nez et a naistre dudit Cheve-
lise demouranz es dis lieus et villes amen-
deront audit mestre Raouls ou , a sa feme
leur formariage do .V. s. d'amende toutes
l'oiz qu'il se formarieront. (1317, Arcb. JJ
50, f" 84 V».)
Si tel homme de corps prent de faict,
sans le congé de sondit seigneur, femme
d'autre condition que celle dont il est, il
chet pour ledit formariage en amende en-
vers sondit seigneur, pour le contemne-
ment, qui est de 60 sols et un denier. Et
ou il a demandé le congé à sondit sei-
gneur, posé ores qu'il ne l'ait obtenu, et
depuis il se formarie, il n'est tenu desdits
60 s., car il n'y auroit contemnement.
{Cout. de Vilry k Franc, cxliv, Nouv.
Cout. gén., 111,327.)
— Neulr., dans le même sens :
Et se il avenoit qu'il se transportast
FOR
hors d'icelle commune, ou qu'il forma-
riast, a nous appartendroit le formariage
et la main morte d'icellui. (1343, Arch. JJ
75, f» 21 V».)
— Formarié, part, passé, qui a contracté
un formariage :
Li eslize avérait des mortemains et des
lonnaries les dous parties. (1237, Cart. de
Ste Gloss. de Melz, Rlchel. 1. 10024,
ft-ei V».)
De Oudinaut le toixerant de Mauviuoz,
formarié eu Jaqiiaiile fille Jehan du Mar- i
chays. (1332, Contpt. de Odart de La'ujny, i
.\rch. KK3», 1° 198 r°.)
FORMATEUR, S. 111., cclui qui forme :
Qu'il estoit formateur des euvres mer- ;
veilleuses que nous voyons. {La Mer des
hystoires, t. 1, f» 4oS éd. 1488.)
Tous les formateurs des ydoles ne sont
riens. (Le Fevre d'Est., Bible, Esaie, xliv,
éd. 1534.)
Ouvrier et formateur. (Maum.. Euv. de S.
Just., f" 33 V'', éd. 1394.)
— Fém., formatrice:
Vertu formatrice. (.louB., Bit. pop.,
1" p., II, 4, éd. 1827.)
FORMATiF, adj., qui forme ;
El tel esperil Trajemcnl
Est de l'enfaat generatif
Et de SCS membres formatif.
ilza. DE Meung, la Rcsp. de l'Alchimiste nîiat.,
751, Méon.)
La semence a en soy vertu formatire de
plante. (Frebe Nicole, Trad. du Livre des
Prouffitz champ, de P. des Crescens, (" 12
V», éd. 1516.)
Le souleil a vertu formative des choses
inferiores. {La Mer des hystoir., t. I, f" bS*,
éd. 1488.)
1. FORME, fourme, s. f., chaire, chaise,
et plus généralement banc divisé en
stalles avec appui, dossier et dais ; stallo
d'église :
S'en trairont Mahomet de la formr on est mis.
(Chtttis. cfAntioche, V, 80n, P. Paris.)
Lus sires feri un de ses garchons si
durement d'une forme en la teste qu'il li
creva l'ueil. {Digestes, ms. Montp. H 47,
f 238''.)
Apries le sanctus de le première messe
en quaresme doit li couvens estre enclines
sour les fourmes. {Régie de Citeaux, ms.
Dijon, f» 17 r°.)
.11. treteaus et .II. formes. {Invent. lat.
de N.-i). des Barres, Ste-Croix, Arch.
Loiret.)
Lequel je trouvé pareillement armé et
aussi tous ses chevaliers d'entour lui, seans
sur formes. (Joinv., ap. Laborde, Emaux.)
Item, en la chambre d'en bas .ii. tables
et .II. formes. (1329, Invent., Ste-Croix,
Arch. Vienne.)
Item, .IX. siepes sus forme. {Ib.)
En la chambre basse une table et deux
formes. (1329, Invent, de mad. Ysab. de
Mirande, Arch. Vienne.)
Pour six fourmes, trois de douze pieds
et trois de sept pieds de long. (1363,
Comptes des tdtimens royaux, Arch. Nat.,
ap. Laborde, Emaux.)
FOR
Pour quarante six tables fournies de tré-
teaux et quarante six fourmes. (Ib.)
Ceux de seconde forme. (Stat. de Mon-
lierneuf, p. 13, Arch. Vienne.)
Belles cliaieres et beau.: bans.
Tables, tretianix, fourmes, escraos.
(E. Deschamps, Miroiter de muriage. p. 210, Cra-
pelet.)
Une bonne fourme et une mauvaise.
{Va Partage mobil. en 1412, p. 23, St Ger-
main.)
Jehan Durand, charpentier,pour.iii!. jour-
nées d'avoir boschié d'ays qui estoient
d'un vieil chalan la loge des gardes de la
porte Saint Arigle et auxi avoir fait une
table et une forme pour servir les sardes
(l'ilpc a leur mansier. (1412, Comptes de
Nevers,CC 18, i" 38 v'',Arch.mun,Nevers,)
A Colas le sieur, pour une grosse hays
renforcée dont a esté fait une forme pour
les portiers de la porte de la poissonnerie,
prisié .II, sols .i. denier tourn. (1431, ib.,
ce 32, i' 30 V».)
Une scabelle et une forme, sept solz six
deniers. (Vente des biens de Jacques Cœur,
Arch. KK 328, f° 487 r".)
Sur plusieurs premières formes estoient
assis. (1388, Est. de la prev. de Par., m?.
Bibl. Chambre des députés, 530, E.)
— Grande fenêtre :
Forme. (Villahd de Honnecourt, Al-
bum, La s sus.)
Pour les verrières de la fourme de la cha-
pelle Madame. (1333, Compte de Odart de
Laigny, Arch. KK 3», f" 293 r°.)
Une fourme de maçonnerie sur deux
mayneaulx. (1398, Compte de la chapelle des
Celestins, ap. Laborde, Emaux.)
Pour faire les formes de maçonnerie de
la chappelle. (1490, Arch. K 272.)
Bret., Côtes-du-Nord, frome, froume.
banc pour travailler le lin.
2. FORME, fourme, s. f., portrait :
Je ai la forme ma seror avisé
Dedenz cest drap qui est a or onvrez.
{Les Loh., Ars. .314.''., f 13^)
On voit le drap sel prist a esRardcr
Et voit la forme le bon roi qaeronné.
(W.)
— Terme de chasse, filet qui renferme
un oisean empaillé ou apprivoisé destiné
;\ attirer d'autres volatiles :
Et doit on mettre en fourme ung coalon
qui soit ramier, et tous le? autres si vien-
dront asseoir en fourme dedens les deux
roys. {Modus, f» 120 r», Blaze.)
L'oyselleur fait venir les oiseaux de ri-
vière dedens la forme par certains autres
oiseaux afTecties qui sont attaches en la
forme. (Quinze joyes de mar., x, Bibl. elz.)
.aucuns oiseaux ruses, qui ont veu et ouy
parler de la fourme et 1 ont bien retenu,
et ne l'ont pas mis en nonchalloir, mais
s'en tirent arrière comme du feu. (Ib.)
FORMEDOx, s. 111., bref forma dona-
tionis :
Mes est mis a son action que est appel
formedon en le discender. (Litti,., Instit.,
593, llouard.)
Action de formedon. (Ib., 596.)
Briefe de formedon. (Ib., 597.)
FOR
8.3
FORMEE, S. f., lettres scellées du sceau
public ou royal, pour mettre une sen-
tence à exécution :
Item que nul ouvrier ou monnoier ne
tienne concubine, et s'il la tient que l'eu
lui face formée, et se après qu il auroit
formé, il renchoit, qu'il paie pourchascune
fois qu'il fourniroit ou rencheroit, un
marc d'argent et soit tenu pour infâme.
(1334, Reg. de la Chambre des comptes 123!
f" 98 v°, ap. Duc, Formatae.)
FORMEEMENT, formcment, fourm.,AA\.,
d'une manière apparente :
Speciose, formement. (Gloss. Int. fr., lii-
chel. 1. 7679, f» 248 r».)
— Formellement, expressément :
Une cedule en laquelle estoient les pa-
roles que il devoit dire escriptes formée-
ment. (Gr. Chron. de Fr., les fais du bon
roy Jehan, c. cxxx, P. Paris.)
Et ne est pas le ciel chaut formeement.
mes seulement en vertu, ausi comme le
vin ne semble pas chaut a touchier et si a
vertu de eschaufer, mes ce n'est pas tout
semblable, car il a ou vin chaleur formee-
ment. (Oresme, Liv. du ciel et du monde,
ms. Univ., f 140 r".)
Lesdis demandeurs ne les avoient point
fourmeement desclaires (les attemptas).
(1399, Cart. Esdr. de Corbie, Richel. 1.
17760, f» 80 r».)
Qui obéissent et doublent formeement.
(Maiz., Songe du viel pel., I, 64, Ars.
2682.)
Il est temps d'escrire/'ottnneflmenfaucune
proposition de grant substance. (Id., ib.,
111, 32, Ars. 2683.)
En trangressant et alant formeement
contre les edis. (1416, Lett. du Cte de Pan-
thieu, coll. Demarsy, à Beauvais.)
Justice legalle formeement est toute
vertu, se ce n'est ainsi comme le tout de
ses parties. {Le Songe du Vergier, c. 51,)
Mais par ce que dit est formeement, il a
fait le contraire. (.Monstrelet, Chron., I,
71, Soc. de ru. de Fr.)
Si aucun a double d'autre il peut faire
adjourner formeement a luy venir donner
seurté devant le seigneur duquel il est
subjcct en haulte justice celuy de qui l'on
veult avoir seurté. (Coustumier de Poictou,
11, ch. 29, éd. 1499.)
Pour arguer et impugner formeement la
bulle appostolicque. (Chron. de Praillon,
ms. Epinal 30, t. II.)
1. FORMEL, fourmel, s. m., diiii. de
forme, siège :
A .1. fourmel desons .i. arc voltis
Troverent Tulles n il estoit assis.
(Les Loh., Itichel. 1988, f" 202 r°.)
2. FORMEL, adj., p.-è. qui a d'amples
formes :
Conme ostoirs fors u conme faucon for-
mel. (L'Aviculaire des oiseaux de proie; ms.
Lyon 697, f» 221».)
FORMELE, fourm., s. f., forme, mo-
dèle :
des du ciel, d'amor formel r .'
senr toutes et bone et belc !
(llECi.cs DE MoLiEtis, Wstrere, Richel. 2311 1,
r 2:;3=.)
des del ciel, i'3.maz-ts fonrmelc !
(ID., ib.. Hichd. 1521-2, f» 71 r».)
84
FOK
FOR
FOR
FOHMELEH, four., V. 3., construirc :
Eslaier de charpenterie (le pilier) et
fourmeler de machonnerie les arches d'en
bas f! de haiill. (Fi^v. 1459, Répar. d la
catli. de Soy., Aroli. (lise. ehap. de Noyon )
FOR.MELIEK, S. 111., f,ibricant do formes,
de sièges :
Li maisons es formeliers selonc Cliani-
peaux. (1294, Foire de Dijon, Richel. I.
9873, f» 20 !■".)
Cf. Forme et Formel.
1. FORMEMENT, fourm., S. 111., aclioii
de former, formation :
Perce que il conoist son foi-mement (de
l'homme), porce que il scet qu'il le forma
de foible nature. (Psaul.,iMaz. 258, f" 122 v».)
Fourmement, plasmacio. (Gl. gall.-lat.,
Richel. 1. 7684.)
Au fourmement de la dicte vitre sera
tenu de faire Dieu le Père et des anges
portant le mistairc de la Passion. (17 av.
1516, Marché pour la victre Sainct Sicholas
de Craon, Arcli. Serrant.)
2. FORME.MENT, VOif FORMEEMENT.
FOHMENEii, - maner, fors., four., verbe.
— Act., enlever, retirer :
Tu forsmerras mei de cest laz que il
repuostrent a mei. (Lib. Psalm., Oxf., xxx,
5, Michel.) Lut., educes me.
Jeo sui tis Damnes Deus, Ici forsmenei
tei de la terre de Eftipte. [Liv. des Ps.,
Cambridge, lxxx, 9, Michel.)
Se on lour ostoit a force, je ou mi hoir
et nostre sergens seriens tenu a faire
rendre le vin ou le geins qui lour seroit
rescouz, et je ou mi hoir en averiens
l'amende dou melTaisant, et doa forsmener ,
el dou rescourre. {l30i,LeU. del. de Joinv.,
Ecurey, Arch. Meuse.)
— Détourner :
Par coi percce oe faiotlse
.Ne mi porroieat fnrmcner
>'e destonroer
De mon service.
(J. Erars, ap. .Maelzner, .Ulfr. Lieâcr, p. 57.)
— Egarer :
Ne ie fourmaint convoitise. (Brun.L.^t.,
Très., p. 443, var., Chabaille.)
— Produire, envoyer :
Forsmenanz faiu a junicnz, e herbe a
^ervages d'unie:; ; que tu forsmetnes pain
de la terre. {Lib. Psalm. ,0\f., cill.lo et 16,
.Michel.) Var., formeines. Lat., producens
l'œnuui; ut educas paaem.
Forsmanat signes et merveilles. (Psalm.,
Brit. Mus. Ar. 230, f" 135 r".) Lai., niisil
signa et prodigia.
— Etendre, développer :
E forsmenat mei en ampletet : sait me
lisl, kar il volt mei. (Lib. Psalm., O.xf .
XVII, 22, Michel.)
— Tourmenter, inquiéter, fatiguer :
La dirent li enrant tout prit et atrapé :
SaTari» ea tint I un, «y la tant fourmnc
Que la Itaiae en quey.
{Chct.au cijgnc, SI2, KciB.)
Detir» d'amori la gent fourmainnc.
(Sortes de tiatsai/, m», rnrin, f 83''.)
Et fu la nef dou prince tellement four-
menée de grans harriaus de fier aguissies
que li Espagnol lauçoient contre les as-
sielles, que elle fu petruissee en trois ou
quatre lieus. (Froiss., Cliron., IV, 325,
Luce, ms. Rome.)
— Réfl., se fatiguer, se tourmenter,
s'inquiéter :
La tlamd respont simplement :
lestes TOUS blechics durement i
Gardes, trop ne vous fourmeaes.
Ce poise moy s'estes blenes.
(Couci, 1933, Crapelet.)
.Si que chias est inonlt fans qui pour nient se
[fourmaine.
Œ. de Scb., xïi, 06(',, Bocca.)
Ponr noient elle se fourmninne.
Je li lo qu'elle s'en apaise.
(Froiss., l'oéa., Richel. 830, f 3;ii r°.)
Il se fourmaine et dechoipt soy meismes.
(De vita ChrisU, Richel. 181, f 47».)
— Formené, part, passé, emmené :
Se li commandemans l'abbei et le con-
vent d'Escurey trovoient aucun de nos
hommes d'Onne menant ou portant geins
a presser a autres pressours ou ramenant
ou raportant vin pressei a autre pressour
que aus lour, il porroient penre le geins
ou le vin forsmenei cum le lour propre et
sans encoison. (1302, Lettre de J. de Joinv.,
Ecurey, Arch. Meuse.)
— Maltraité, fatigué, surmené :
Quant la gent iSicolas qui après vint armée
Vit celé de devant en tel point fonneiiee.
Que toute est en fniant devers aus retornee.
ihOHtn. d'Alix., f 8', Miclielant.)
Tant sont formené et ataint
K'il sont a la terre cheu.
(GiB. DE MoNiR., Violellc, -2001, Michel.)
Cil qui faisoit le malade dist qu'il u'avoit
eure de mangier, mais pour Dieu on le
laissast reposer, car il estoit trop fourme-
nés et lonc taus avoit désiré a morir eu
l'ospital avoec les maladesde laiens. (Cftroil.
de Rains, c. xv, L. Paris.)
Des .II. cascnns si se lassa,
Et fu de cors si fourmcnes
Que li sans par bouche et par nos
Laur keart.
(J. DF. CoNDÉ, dou blanc Cheval., ms. Turin,
f» i;;".)
Quant le cheval senti qu'il estoit /ormenez,
Dessouz le chevalier a si fort regibé
Que li chevaliers est a la terre versez.
(Cuï., Beriran du GuescHn, 2819, Cbarricre.)
FouMENEuit, four., S. ui., trompeur :
Fauls decepveur elfourmeneur depoeu-
ple. {De vita ChrisU, Richel. 181, t" 148».)
1. FOKMEXT, formant, fortmen, fument,
froment, fomanl, adv., fortement, beau-
coup:
Jésus forlmen donc recridet.
(Passion, 319, Koscbwilz.)
Peiset lur en forment.
(Alexis, st. 5'','^Stengel.)
Scient conturbé forment tuil mi enemi.
(Liv. des Ps., Cambridge, vi, 10, Michel.)
Le primier jnrn posât
.\ Sun os; o ruvat
Pur sue amur guarder
i: fiirmnil célébrer.
(l'a. DE ÏH.inn, ùtmpoi, 139, .Mail.)
Forment laburereit.
(ID., ib., l.'ill.)
Dune agreva Deus sa main sur cels de
.\zote e (1(^ la funtree, e forment les descun-
list. (Bois, p. 18, Ler. de Liucy.)
Forment se laidangerent ambedui li baron.
(J. BoD., Sax-, r.xxwE, Michel.)
Li reis s'en cnreç:i furmenl.
OIarie, Lai de Lanval, 323, Roq.)
Forment s'est irieî.
(Itrui, ms. Munich, USi, Vollm.)
Forment end ont grant desturbier.
(/*., IKU )
Estes vous de celle contrée
Qui si froment est désertée.
(Florimonl, Kichel. 192, f 18°.)
Anflui se plaingnoient forment.
(Ib.. F 32».)
Formant s'an merevoilent luit.
(Dou pechié d'orgueil laissier, Brit. Mus. aildil.
15606, f 111=.)
De Labem se complaint et fomant l'an pesa.
(.Bible. Uichel. 763, f 230''.)
De ce pechié forment me doubte.
(.\'a/i>. Hostre Seiijn.. Jub., ilust., Il, 10.)
Sy ne me pourroie tenir
De forment plaindre et gémir
De la paine que nous sentons.
(Ib., Il, -23.»
Brief, je fuz lors esbahy et surpris.
Voire et forment remply li'une grant crainte.
^OcTAV. DE .St Gelais, Séjour d'honneur, éd. 1526.)
Dont au riche forment despleust.
(La Vie et l'hist. du maulii. ricke. Ane. Th. (r.,
in, 270.)
Norm., Manche, frument, vigoureuse-
ment. H. -Maine, forment, li peu près,
presque.
2. FOUMEXT, voir Froment 1.
FORMENTAGE, VOir FROMENTAGE.
FORMENTEL, VOiT FrCMENTEL.
FORMENTER, VOir FrOMENTER.
FORMENTINE, VOir FROMBNTINE.
FORME!\iTIX, cas SUJ., VOir FnOMENTKL.
FORMEOR, - eur, four,, fur., s. m.,
créateur :
Du haut ciel deliteus descendit li formierc.
(lUiuuN, Bible, ms. Orléans 371 '''•, f» IM
Del haut ciel de la sus descend! li formerre.
(ID., ib.. Uichel. 2i387, I" .•il'^.)
Mes Jesu le glorins, de lûtes riens furmeire,
Turnad au rei d'Ëscoce le vent mult a cuutraire.
(Juhd. Fantosme, Citron., 1263, ap. Michel, D.
de .\.,nii., t. m.)
l'ucele en qui prise forme a
l.i furmerres qui tôt forma.
(l'nrre à .V.-/)., Richel. 23111, f» 328\)
Deus qui de nos touz est formerres.
(Paraph. du Pater, Richel. 7(;3, f» 277''.)
Tu, syre Deu, formerres toz puissant.
{Droit de la cort li rois d'Alain., ms. Berne
A 37, r» 19».)
Plastes, formeur. {Gloss. de Salins.)
Fourmeur, plasmator. [Gl. gall.-tat-,
Richel. 1. 7684.)
FORMER, /'ottrmer, verbe.
— Act., métamorphoser:
FOR
l'n labonrcar fut lors si lonvoytcus;
D'amasser blez, orges el autres graios
Qu'il dcsroboii Je jour en jour les ceali
De ses volsias, familiers el prochains,
Tanl i|a'en estoieat tousjours ses Kieuiers plains.
Dont Jnppiter, des larcins informé
Qu'il coramelloit en ses leirestres plains,
En on fonriuy ce rustique a formé.
(GiiLL. IIaudekt, Fabt., 1" partie, xc, Lormier.)
— iNeutr., se niétamorphoser :
S'est rbymage ycciine apielee
Et croist et forme cascun jour
En car, çoa seveut li plusiour.
(MoosK. , Chron., lO'JS"
Reill.)
— Formé, part, passé ;6on/"o)'m(', publi-
cation faite dans les rormes :
Fist semoure eu leu de ban fourmey.
(S. Martin d'Iiiv. 1395, Jugem., coll. Salis,
paq. I, liasse 11.)
PORiiERET, from., s. m., arc collé
coatre le mur et nommé quelquefois per-
lant, parce qu'il supporte les moellons
des voûtes :
Tout au pourtour de la chappelle a for-
merez qui reçoivent les. tremuyes des
vûultes. (1490, Compte du monastère des
Célestiiis de Chartres, Arch. IC 272.)
Et assit uug [romeret sur le viez mur de
l'anchieune halle. (1499, Uéthune, ap. La
Fons, Art. du Nord, p. 199.)
On lit dans un glossaire du xviii» siècle,
le Manuel lexique de Prévost : Formerels,
s. m. Terme d'Architecture. Les forme-
rets, ou fermerets sont les arcs qui for-
ment les côtés des voûtes.
FORMBSSE, voir Fermessb.
FORMETE, - mette, four , s. f., petite
chaise, siège bas, escabeau :
Une formete a trois quepeus
Aïoit la bajasse aporlee.
(Do Uaigiiieii, n, ap. Méon, .Vo«i/. Rec, I, 170.)
Une formele a seoir jtour jouer des
orgues. (1359, Journ. desdép. du R. Jean,
Douet d'Arcq, Compt. de l'argent., p. 236.)
Icellui Raouiin embrassa ledit Simonnet,
et le Ketta a terre entre une formete et un
lit. (1383, Arch. JJ 124, pièce 118.)
Une petite viez fourmelte close. (1389,
Invent.de Rich. Picque, p. 23, Uiblioi)b. de
Reims.)
Lue formete et plusseurs bans. (4 nov.
1444, Inform. par Hug. Beloerne, f° 15 i°,
Ch. des compt. de Dijon B 11881, Arch.
C.-d'Or.)
Et illecques soit un petit autel suz lequel
soit l'image Nostre Dame, et devaut l'autel
une fourmete pour soy mettre a oroisou.
(Le Mir. il"" Ste-Genev., Jub., Miist., I,
— Grande fenêtre .
Tailler les formettez des basses verrières.
(1492-3, Arch. Aube, reg. 3, G 3oi.}
— Filet qui renferme un oiseau empaillé
ou apprivoisé destiné à attirer d'autres
volatiles :
Luy estant ou graut ban du chastel et
hors la fermeté, avec trois ou quatre ses
compaingnons religieux qui la s'esbatoient
les oiseleurs estans vers Vrilli.etdoubtans
que lui et ses compaingnons ne leur bnil-
KOR
lassent empcpchement.vindrent au devant
d'eulx, el leur prièrent qu'ilz ne li'iir bail-
lassent d'empeschemeut a leur fourmetle,
disans qu'ilz avoieut congié du chastelain
et du mayeur de cbassier. (1431, Enqueste
afulure, Arch. législ. de Keims, t. I,
p. 493, Doc. iuéd.)
Cf. Forme.
FORMETE, voir FERMETÉ.
FORMETRE, fovs., V. a., chasser, mettre
dehors :
De donce France vos etiissfiii forsmis.
{Les Loh., ms. Berne H3. f° '20°.)
Vous me voliez honnir.
Et lie ma terre fursmrtre. et Jesaisir.
(Car. le Loh., 2° chans., xxxv, p- Wl, P. Paris.)
ûant ele ol sa teste forsmisc
Parpeosa soi q'en nale guise
Me dcit ou paiis arrester.
(M,\niE, DU d'Ysopet, ix\x>, Itoq.)
Mais cachies est de Franche et del resne formisse.
{.Mol, Uichel. îfiolS, !" IS.'Î''.)
OJ les suens est formis hors de l'enbuschement.
(Uorn, \-\~i, Michel.)
— Exprimer :
Li jurz del jurn forsmet parole, e la nuit
a la nuit demustret science. {Liv. des Ps.,
Cambridge, xvill, 2, .Michel.)
Formist li miens cuers bone parole, (ii6.
Psalm., Oxf., XLiv, Michel.)
Forsmelrunt \es meies lèvres loenge. (76.,
cxviii, 171.) Lat., eructabunt.
Forsmele7-unt les moies leveres chant.
(/&., Brit. Mus. Ar. 230, f 128 v».)
Formis, part, passé, chassé, dé-
pouillé :
Formis de sa pocession. (22 mars 1394,
Livre des Bouillons, lxxxiii, p. 204, Bor-
deaux 1867.)
— Excepté :
Forsmis la vile deBoloigne. (C/i. del261.
Comtes d'Art., 283, Arch. Pas-de-Calais.)
FOUMEURE, S. f., forme :
La formeure de ta letre
Ta fellonesse Oïre mostre.
(Mir. N.-D., Richel. 818. !" 18=.)
Doulz Diei, qui a ta formeure
Me feis par ymaginee faiturc.
{Resiirr. Nostre Seigneur, Jub., Mijsl., 11, 3:i2.)
FORMBUS, adj., beau :
Car comment que elles ayent esté noires
par mondaineté, si sont elles de form(o-
s)euse biauté, si comme dit est es canti-
ques : Nigrasum,sed formosa. (J.Goui.Ai:*,
Ration., Richel. 437, f 62^)
Farineuse ymasc, o gente vingeronne,
Qne Salomon invita a couronne
Par tant de hanlt bel parler angeliquc, ;
Vci dcsceos.
(G. C.HASTELLAIN, Louciige fl 1(1 1res (/lor. Vierge, ]
viM, -27-1, Kervyn.)
roRiii, formy, furmi, fromi, frémi,
fremy, s. m., fourmi :
Li fiirmiz.
(Gerv. Best-, Brit. Mns,, add. 282(iO, f» 9.S'',
P. Meyer.)
Don furmi.
(iD.. ib.)
FOR 85
Li frémis
(Vsop. I. fab. XXXVI, (tr la Mouche el du Fremi,
Robert.)
Le fremi li a dit.
iVsopel II, fab. xxviu, Robert.)
Formis est petite chose mais il est de
grant porveance. (Brun. Lat., Très.,
p. 245, Cliabaille.)
J'ai repost .i. raui d'avaino
Dedens le rnl d'un fremi.
(Jeh. Bodel, Fttirasies, Dinanx, Trouv. artés.,
p. 2S1 )
Et unes bestes don pais
Les garde c'on appelle formis,
Kt son forment tout comme chien.
(Gautier de Mes, îmaqc du monde, nis. Montp. M
«7, f» 103 V".)
.... Un (Pf de fremi.
(Rose, 1.1,S72, M4on.)
La fable don fromi. (Dou fromi et du
gresillon, ms. Chartres 620, f' 136''.)
Frolles jusqu'à tierce dormi,
El lors qnant il se desdormi,
Endeseetes s'estormi
Com se l'enssent point formi.
(Li nom. des Franceiz, ap. Job., J^ouv. Rec,
II, 6.)
Le fromi elles mouches amiel.(OBESME,
Elh., Richel. 204, f 473'.)
Elle se mesie bien des oyes « sulTeratos »
ou d'ordonner un tas de singes et de
frémis. (J. Gbrson, Serm. sur le ret. des
Grecs, p. 28, Galitzin.)
Il me disoit qn'il n'a dormy
Depuis quatre ou cinq jours on ça.
Et qu'il n'a si gros qu'un fremi/
Le cneur ne les boyaulx.
(A. DE LA Vir.NE. Farce du Muiujer, p. 2.ÏG, Jacob.)
Le formy. Les opérations du formy.
(Jard. de sdnté, II, 63, impr. la Minerve.)
Bien que dans l'ancienne langue formi
soit généralement un substantif masculin,
on le trouve cependant dans Marie de
France comme substantif féminin :
Disl la fromii : Or chante a raei.
(Marie, DU d'Ysopal, II, 124, Hoq.)
Fourmi a encore été employé comme
substantif masculin au xvii" s., spéciale-
ment par Vaugelas, par La Fontaine et par
ChiOlet.
Suisse rom., Neucliàtol, fourmi, s. m. :
€ tu as un gros fourmi dans tes cheveux. »
l'ORMiBLE, adj., formidable :
l.i quinz (signe) sera li plus jormibles,
Dcsor loz anlres plus orribles.
(Des .XV. Signes, Richel. 19152, f» 2;i^)
FCRjncAiRE, /■()!«•., adj., de fourmi :
Quand les fourmis sont trop eu aucunes
contrées de l'Inde Occidentale, illec la
beste est engendrée qu'ils appellent l'ours
formicaire, qui de sa langue ravit et mengc
les fourmis.. Cet ours fourmicaire n'a
autre exercice. (Le Br,ANC,J'rart.rfeCardo«.,
f» 224 V», éd. 1336.)
FORMiCAL, adj., i|ui donne un fourmil
lement :
Tel mouvement est vermiculeux ou for-
mical. (B. dk Gohd., Pratiq., IV, xi,
éd. 1495.)
FOR.MicALEON,- /eî(H, S. m , insccte très
FOR
FOR
FOR
voraw qni sp nourrit principalpment de
fonrmis :
Tncor Ml nne besle.
ki de rormi est maislre :
Formiealeau fst,
Iceo lis DDOS est (sic);
De forroii est Ioqd :
Pnr ceo a>1 si ii nno.
(P. DE Taies. Bfst., 633, Wright, Popalar
Irfatiif 0» scientes, p. 93.)
FORMiDAXT, adj., formidable :
Ton esprit endormy et assommé de vigi-
lante falication et de formidant ennuy.
{Triumph^ de Pelrarq., f 93 r», éd. 1531.1
FOBMin.\Tiox, s. f., terreur :
Furent les citOYens rois en si prant
formidation qu'ilz ne savoient que faire.
BouRGOiSG, Bat. Jud., rr, 13, éd. 1330.)
Envoyé ton bon ange devant nous avec
la crainte et formidation de la prandeur
de ton bras. (Le Fkvre d'Est., Bible, -Mn-
chab.,il, 15. éd. 1534.)
... El sa presnoption
Le feit tomber par formidtlion.
(S. BorcHET, F.p. fam , \c, éd. l.Sib.)
FORMiDER, V. a., redouter :
Et est chose vaine de les /brmider.(BouR-
GODJG, Bat. Jud., I, 32, éd. 1330.)
Et se dcliberoit plainement icelluy
Alexandre de jamais formider ou craindre
son père. iId., i6., i, 43.)
FORMIE, s. t., forme ancienne et régu-
lière du mot fourmi :
Hec formica, formie. (Gloss. de Glasgow,
P. Meyer.)
— Maladie des chiens et des oiseaux de
proie :
L'n mal nommé la formie souvent
advient aux aureilles des chiens, et en
esté, a cause des mouches qui les y
piquent, et du grattement qu'ils y font
avecques les pieds, leur fait.... grande
peine. (De FouiLl.., Yen., f» 123% ap. Ste
Pal.)
Cf. FûBMIERE.
FORMIEMENT, foiir., S. ni., fourinille-
mcnt :
Il soulTre une douleur poignante et stu-
peur ou fourmiement aux lombes, hanches
et cuisses. (Paré, OEuc, XV, xxxvi, Mal-
gaigne.)
1. FORMiER, fourni., s. m., celui ipii
forme, qui (ait une forme :
Et li formirrs qui fisl la (orme
Oa cil lODiers fn eoformei.
(G. DE Coisci. Doul. ie la mon, Uichel. -23111,
f i95', et ms. Soiss., f" loO=.)
Lorent le Fourmier. (1319, Becette du
Clé de Blois, Arch. KK 296, f« 12 v.)
— Ba.i fermiers, ecclésiastiques qui
siègent au chœur dans les basses stalles:
on les .ippplail aussi ecclésiastiques de la
basse forine :
Bas formiers. (Compt. de Nevers.)
2. FouMiER, fourmier, s. m., fauteuil :
Un formier et un dossier a demi ciel de
drap d'or et de vcluyau vert. (1361, Invent,
de la Beine de Bouloigne, Bullet. du Bi-
hlioph., XVIll, 10S4.)
Deux formiers que l'en met ou milieu
du cuer ans tens doubles, (xv' s,, Inv. de
S. Victor de Paris, Richel. nouv. acq. fr.
3245, fM14',)
— Housse placée sur le siège appelé
formier :
Un fourmier royé jaune. (1347, Inv. de
J. de Prestes, Bibl. de l'Ec. des ch., XXXIX,
106.)
Et les marchepies, banquiers et four-
miers qui ilecques sont sur les fourmes,
despoudres et escoues. {Ménag. de Paris,
II, 61, Biblioph. fr.)
3. FORMIER, S m., fourmilière :
Lequel se rua sus ce formier de pillars.
(Paradin, Hist. de Lyon. p. 284, éd. 1573.)
4. FORMIER, - yer, - iier, - oier,
fourm., furm., ferm., from., frem., verbe.
— Neutr., s'agiter, être agité :
De la paor comence a formier.
(Raimbert, Oijier, 9i'6S. Barrois.)
Li rois s'eabroDce, formeat fa esmaies ;
Li sans del cors li prist a formoier.
(ID., a., lOOTJ.)
Li sans li boni tos et formie.
(Perceval, ms. Beroe 113. f" 89".)
Qaant je voi ceste tiere tons li cors me formie.
(Roum. d'.ilix., P 15», .MiclielaDl.)
Par la foresl fremient li chevrel et li dain.
(J. BoD., Sar., xfivi, Michel.)
Veei TOS onlre ,Rane ces tentes fremoier.
Ces aosaigaes de soie vaater et oadoier,
(iD., ib., Cïii.) Var., formoier.
Do totcs parz de soi vit les rans fremier ;
Ces heames d'or, escoi veissiez ondoier.
Et ces larges ansaigoes font au vaut desploier.
(Id., ib., cxLix.)
Loes en comencha Inte la curt a furmier.
(Garnier, Vie de S. Thom., liichel. 13313,
f° 83 r".)
Et quant ly dus l'oy tons li sans li fourmic.
\ 'Cher, au cygne. 2TG5, Reiff.l
Qai dont teist vileins tenir
Et formier par le boscage.
{Renarl, br. I, v. 633, Martin.)
Et sordoit une fontaine desoz dont la
gravele fremioit, et l'aiguë si clere que
toutes les pierres poissiez au fonz conter
autresinc bien corne defors. {Artur, Itichel.
337, f» 210*.)
Quant il furent en chele mer, et il
eurent tendu leur voiles et leur bauieres
mises haut as castiaus des nés et leurs en-
seingnes, si sanla bien qee le mers for-
miasl toute. (Robert de Clary, p. 12,
Riant.)
Hnes l'entent, tos li sans li formie,
Car il voit bien qu'il v.iit a felonnie.
I linon de Bord , 9199, A. P.)
Com fait ces rens aciaroier.
Ces gens fuir et fermoier !
(Atlm, Iticbel. 375, f 15.S'*.)
Tous li sans de sor li commence a formoier.
(Quai, fils Aijm., p. 109. Tarbé.)
As brans forbis font les rens fremier.
{Gaydon, 5.'i23, A. P.)
.... La grant cberalerie
Dont lole la terre fromie.
(Parinn.. Richel. 191,'iî, P IGS"".)
Tonte l'oreille li fourmie,
Cados le refiert les l'oie.
[(Wiilasae le Moine, 20B7, Uichel.)
Lors Teissies ces rens widier,
Jens fourmiier de mainte p.irt.
(Sarrazin, Rom. de Ham, ap. Michel, Hiit. des
ducs de Norm , p. 280.)
Tel ire a et tel doel, tôt le sanc li formie.
(Beur. d'Miirem., Richel. 76G, f f^)
Fregns voit l'iaue fourmoier
Et aler arrière et avant.
(Freftus,p. 131, Michel.»
Grans crii i ot as enseignes bessier,
Les hardizjoingnent, les rens font formoier.
(Olinel. 1696, A. P.)
Quant l'entendi duï Bueves, de maltalent rougio,
Il n'i a nn tout senl de paonr ne fremie.
(Biieirs de Comm-, 633, Scheler.)
Li roine saut sus, si prent a fourmiier,
Caida que ce fnst beste qui l:i Tousist mengier.
(Berle, 'H3, Scheler.)
Cil chevalier faissoit sovent et menu les
Sarracin fermoier. (Chron. d'Ernoul, p.
237, Mas-Latrie.)
Piétons et genz d'armes destachent ;
Leur gent parmi le champ fremie.
(G. GoiiRT, Roij. lign., 10870, W. et D.)
Grant peuple voient fourmoier
Et ces cuisines fnmoier.
Et leur semble moult grant ost.
{Melusinc, 1067, Michel.)
C'est ce de quoy je suis doubtans
Et dont tout le cnenr me fremye.
(Greban, .Wis(. de la Pass., 1238, G. Paris.)
— Act., piquer :
Je vous vens l'heibe de l'ortie
Qui me picque, point et fremie.
Qui me fremie, picque et point.
I Les Dili el ven'.es d'amours, Poés. fr. des xv° et
xvi° s., V, 219.)
— Formiant, part, prés., qui s'agite,
agité :
Ne por antres merveilles grani
Dont la forest est formianz.
(Parton.. Richel. 19152, P («Sf.)
Formians.
(Ib., ;;U, Crapelel.)
Car tant i vint illnc de la gant mescreant
PIds de .c. mile sont a bons ohevans coranz.
Que tote en vai la terre et li bois fremianl.
(Floovanl, 1996, A. PJ
Qaant Ciperis l'entent d'ayr Ta fourmianl.
(Ciperis, Richel. 1637, f 91 v°.)
Trestous li sans
Fremissans,
Fourmi ans
M'esloil.
(Froiss., Poés., Richel. 830, f 263 r».1
— Brillant, étincelant :
Et Tit les escus formoians.
Et les haubiers clers el Inisans.
(Percerai, 1311, Potvin.) Var., fremians.
Si vit les haubers frcmianz
El les lances forz et trenchanz.
(Ib., ms. Montp. H 219, f° !''.>
Une fleur trovenl en sa boche
Si fremianl et si florie
Com se lors droit fost espenoie.
(G. DE Coisci, ilir., ms. Braï., f 37''.)
Ou livre n'ot nule escriplure
Don premier chief dusqu'en la fin
Fors de vermellon et d'or fin.
La letro csloit si fremians.
Si bien tornce et si rians,
Qa'il senbloit que Deus l'enst faite.
(ID., ib., ms. Brux. ln717, f 60 v .)
FnM
■OR
Fdli
S'entre es près plains J'erbe et de flors,
Formîans de maintes coloars.
(Cher, as ai. esp., 2703, Foerster.'l
Si crin sanloient reluisant
n'or, roil et crespe et fremianl.
(A. BE LA IUllf., h Jus .\dan, Coussemaker,
p. 300.)
Si criof; sambloient relnisant
D'or, crespe el roit et fmirmianl.
(Id., ib-, ms. Vat.)
Chief bien seantz
Ondes et fremiam.
Plains frons relnisans.
(\f,.. Chans; ms. Montp. H l'.Ml, r 280 V.)
Et si vair oel fremianl.
(In., i*., r 326 Y-.)
Son nés bien fait a devis,
SI Tair oel formiant,
Laron d'embler cuer d'amant...
M'ont navré-
(CAanj., ap. .Scheler, Trouv. brah., p. xxv.)
Mes je soi cler saillant en voire,
Fins, fres, froit, sadc, fremianl,
Sasfres, savonreos et friant.
(LaDespuloiwn duvin el de l'iaue, .lab., .Yoi;». Bec.
I, 297.)
Vairs iex ot fendus, fremians.
(Watriqdet, li ilir. as dames, 7:t.ï, Scheler. i
Bon vin digne pour chanter messe,
Net, fort et franc.
Fin, fres, fervant et fremianl.
(La Palenoslre Saint Julien.)
— Fremiê, part, passé, agité :
Noise penssiez oir en la cité fremie.
'Jonn. Fantosme, Chron., 1350, Michel, D. de
Horm., t. III.)
FORMiEUE, from., fromm., s. f., four-
milière :
D'nn grislet conte la manière
Qui trova une formiere.
(Marie, Fabl., Hichel. 2JG8, f 170^)
D'nn gresillon dist la meniere
Qni dasqa'one fromieie
El tans d'yver esteit alez.
(Id., Fait., XIX, Roq.)
Dormi longtemps ont en lenr frommiere
Sanz eulx mouvoir li fronmi remuant.
(E. nesoHAMi's, Pr),'s.,I, 287, A. T.)
— Sorte de pustule :
Advient.... ce mal a faute d'affiner, et
appointer le bec a l'oiseau car il croist
tant d'une part et d'autre, qu'enfin il est
force qu'il se rompe, et puis s'y engendre
une formiere qui les fait esclatter et de-
clioir. (Du FooiLF,., Faucon., t" 22'', ap.
Ste-Pal.)
H.-Norm., vallée d'Yères, pays de Bray,
fromière, fourmilière.
Cf. FonMiE.
FouMiGi'E, formique, s. f., fourmi :
Ung verme ou une formigue. (B. de
GoRD., Pratiq., Il, 29, éd. 1495.)
— Sorte de pustule :
Formique miliaire c'u.-t une pustule pe-
tite qui a la teste aj^ue, ou ce sont plu-
sieurs pustules et semble que elles che-
minent, car il semble qu'elles se muent,
aucunesfois elles ulcèrent, aucunesfois
non. (B. DE GoRD., Pratig., I. 18, éd.
1493.)
Cf. FORMILLK.
FORMiLLE, S. f., sorte de pustule :
L'encens oint avec poix et vinaigre au
commencement <les herpès et formules, j
qui ressemblent a bourjons il les oste.
(Dn PiNET, Dioscoride, I, 70, éd. 1603.)
Crues et appliquées avec nitre et farine,
elles (les figues) ostent les formules, les
verrues. (ID., ib., I, Id."!.)
Cf. Formigue.
FORMiLLER, V. H., s'agiter .
Vray est qu'estans estendus par terre a
cause des nerfs et du sang qui se retirent,
on les voit un peu formuler et trembler.
(Jean de Lery, Voy. au BresU, II, 47, Gaf-
farel.)
Cf. FORMIER 4.
FORMiLLEUx, adj., en forme de pus-
tule :
Et s'en sert on aux ulcères formilleuses,
pourries et de diflicile curation. (Dn Pi-
NET, Dioscoride, I, 114, éd. 1603.)
FORMiLLON, S. m.. Sorte d'araignée :
Le troisième (genre d'araignées) est le
formillon, semblable a la formy. (Grevin,
des Venins, 1, 2.3, éd. 1508.)
Cf. FORMION.
FORMiN, S. m., fourmi :
C'est l'arbre ou formin s'ombroient.
(Fabl. d'Ov.. Ars. 3069, f° lOu'.)
Comme les formins failez vons.
(Lefbaiic, Champ, des Dam., Ars. 3121, 1" 119".)
FORMiNiERE, S. f., fourmilière ;
Les formins font une manière
Qu'ilz veullent estre ensamlile tous
Au dessoubz de leur forminiere.
Ainsi l'un boute l'aultre arrière.
L'on va devant, l'anltre derrière.
(Lefbanc, Champ, des Dam., Ars. 3121, f= ^19^)
FORMION, fourni., frem., s. m., petite
fourmi :
Formica, fourmion. {Gloss. rom.-lal. du
xv" s., Scheler.)
Ceuls qai longtemps ont a court demeuré.
Qui sont ponrven, compère an fremion.
(E. Deschamps, Poés., I, 312, A. T.)
A coups plus drus que freinions arri-
vèrent au sepulchre de Jacques, et des-
fouyrent sa charongne puante, et l'enterrè-
rent en un jnrdiu. (.Moliket, Chron., ch.
Lxi, Buohon.)
Un escorpion
(^ombattoit un fremion
A cheval sur une chievrc.
(Coq à l'asne. De Sancerre et de la Charité,
1577.)
Les formions qui gastent le bois de la
vigne. (LiEBAULT, Mais, rust., p. 704, éd.
1397.)
Lorr., Fillières, froumion. Pic, fremion,
froumion. Ilainaut, fromion. Guernesey,
fouarmion.
FouMiQUE, voir Formigue.
FORMiSE, s. f., fourmi :
Les formises sont ungfoiblegenre,lequel
appareille en la moisson viande pour soy.
(Le Fevre d'E.5t., Bible, Prov. de Salom.,
XXX, éd. 1334.)
FORMI.SETE, - elle, foii)--.. s. f.. petite
fourmi :
Or 88 pourvoit la formisete.
(Reclus de ftoiif.vf, Miserere, Ars. :)|.i2, l"'2I.l°.)
— fonrmisete.
(Id., ib., Richel. I,'i212, f 65 v".)
Des formiseUes et des mousces. (Fosse-
tier, Cron. Margarit., ms. Brux., I,
f 23 vo.)
PORMISON, voir FORMOISON.
FORMissE, S. f., fourmilière ?
Quant il s'embatoit en une formisse.
(Girart de Rossillon, ms. de Beaune, éd.
L. de Montille, p. 113.)
FORMOIER, voir FORMIER.
FORMOIR, fourmoir, s. m., burin :
Fourmoirs a tailler pierres. (1407, Lille,
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Cœlum. Formoir, ou burin. {Trium ling.
dicl., 1604.)
FORMOISON, - eison, - ison, s. f., forme,
taille, stature :
Larges pis et espaules ; s'ot large formison.
(Roum. d'.Mi.i:, f» 23'', Michefant.)
E large piz e gros de bêle formeison.
(Th. de Kent, Geste d' Mis., Richel. 21304,
f» 12 V.)
C'a ses figures, formoisons,
Singnlers, pUirers, .m. resons.
(Bataille des .vu, ars, Richel. 837, f 137''.)
FORMONSTRANCE, S. f., manifestation
extérieure :
Car bonours ne font pas rauencez.
Mais il font signes, formonslraneez,
Qnelx monrs en eux devant avoieut
Quant en petit estât estoient.
(Rose, Val. Chr. 1S.S,S, f» .'iS',)
FORMONTANT, fw., S. U). ?
Dou quemyn, dou furmontant, des ha-
ranz. (1294, Péarje de Dijon, Hichel. 1. 9873,
f" 21 v°.)
FORMORDRE, v. .'i., attaquer illégale-
ment :
.. .. Tôt ades al fort
Venoit ilh al desus, quant ons Vavoil formorl.
(Jeh. des Preii;. Geste de Liège, 255 17, .Scheler,
Gloss. philol.)
1. FORMORT, former, s. m. et f., droit
d'un seigneur sur les biens des bâtards et
des non-bourgeois morts dans sa seigneu-
rie :
Aultre recepte faitte des reliefs et es-
queancbes en ccste présente année : de
Hanotin le Corrier, fil et hoir de Thumas
le Corrier défunt, a esté oan receu pour le
cause de le formorl de son dit père.... i.
sols. 14I.S-l4t6, (liegislre des receltes de
Boulogne-sur-Mer, p. 24, Ed. Dupont.)
— Somme d'argent ou meuble qu'une
personne veuve laisse à ses enfants du
premier lit, en se remariant, pour qu'ils
en jouissent après son décès :
La dite damoiselle Nicole renonça a
toutes escbanees et formorlures qui ja li
estoient ou povoient estre escheues du
formor de sa mère. (1317, Contr. de mar.,
Arch. J 1030, pièce 20.)
Cf. FORMORTUIIE.
88
FOR
FOR
FOR
2. FOKMORT, lourmort, adj., échu par
héritage :
En cel point mous JofTrois li cueus
d'Anjo. et Henris ses lius s'en ala au roi
de France Loovs ; si li fist houiage de sa
lierre, qui fourmorte li estoit de par son
père. {Hisl. des ducs de Norm. et des rois
d'Anglet., p. 73, Michel.)
— Orphelin :
Les dits niayeurs et eschevins sont sou-
verainement advouez des eufans mineurs
et en bas aage estant fourmorts de pero
ou mère. (Coul. de TournrUem, xviii,
Nouv. Coul. gén., I, 434'.)
FOKM«ll«TUOIHE, - Oie, foUf., S. 111 ,
héritage?
Chil qu'il aroit plainemenl lele esqueau-
cUe et tel forniorture que li pères et le
mère li aroicut quite, et partiroit a l'es-
queanche au fourmortuoire du pcre ou de
le mère. {Li Usages de le cité d'Amiens, de
coi on plaide devant le Maieur, ap. A.
Thierry, Mon. du Tiers Etat, I, 144.)
Xule eskeanche ne uni fonnortuore.ilh.)
Cf. FOBMORTUBE.
FOUMOIITUORE, VOir FORMORTDOIRE.
FORMORTCRi;, founnorlurc, formolure,
fourmolure, fourmeture, s. f., droit qu'a-
vait un seigneur sur les biens des bâtards
et des non-bourgeois morts dans sa sei-
gneurie ; somme d'argent ou meuble
qu'une personne veuve laisse à ses enfants
du premier lit, en se remariant, pour qu'ils
en jouissen t après son décès; héritage à la
mort d'un parent, autre que le père et la
mère :
Li witelee est a .m. s. de founnorture.
(1247, Ch. d'Onnaing, Ch. des compt. de
Lille, 914, Arch. Nord.)
Jebans Soutars et Crestiiens duHouleron
clamaissent le'munoir, les trois journeusde
pré devant dis comme leur yretaige de
l'escanpe Bandin Pietran de c»i fourmeture
il leur estoit cskou de droit. (1271, Cart.
noir de Corb., liiehel. 1. 17758, f° 201 v°.)
Ke nus ne acacbc fourmorlure d'aulrui
ne venge fourmorlure ne presche deniers
sus. (1280, Reg. aux bans, Arch. S.-Omer
AB XVllI, 16. a" 432.)
Si u li quLUs.... founnorture de bastart
ki muerl sans hoir di; se car et de se
femme espousec; et fourmorlure del es-
traiter. {Revenus du comté de Hainaut,
p. 1265, ap. Ste-Pal.)
La dite damoiselle Nicole renonça., a
toutes cschances et formortures qui ja li
i-stoienl ou povoieut estn- escheues du
formor de sa mère. (1317, C'onir. deinar.,
Arch. J 1030, pièce 20.)
Comme uns debas et contens aient esté
entre Philippe de Anpoele d'une part, et
ses quatre sereurs d'autre, pour cause de
la formort'ire de la damoiselle Clialerine
leur sereur. (1332, Cari, de Flandre, II,
p. 589, ap. Sle-Pal.)
Lettre par chirographe de le moitiet
d'une iDuison que Piere Kaille a pris a cens !
au conte de Itloys, liquclle maisons siet a
Guise et eschey a mons. de Bioys de le
fourmorlure Renier de Busignies. jadis qui
trespassa sans hoir avoir de sa cnar.(1339,
Carlul. de Guise, Richel. 1. 17777,f''217v».)
Ne sont tenus les bourgeois ou manans
du dit Binch qui se remarient donner
portion de leurs meubles, ny faire formor-
ture mobiliaire aux enfans de leur précè-
dent mariage, un, ou plusieurs. {Cout. de
Binch, Nouv. Cout. gt^u., U, 209».)
Quand ij y a enfans de divers licts el
mariages, et que les enfans du second
mariage ou autre subséquent, a raison
que contre iceux entravestissement de
sang ny par lettres n'a lieu, comme dit
est, viennent a demander a leur père ou
mère survivant leur partage des biens,
meubles et catlionls pour la formolure de
leur père ou mère premier terminé : en
ce cas pour faire ledit partage, l'on doit
faire desdits meubles et catheuls lors
trouves, autant de monts et parçons d'é-
gale valeur, qu'il y a d'enfans de divers
licts. {Coust. de L'alleu, xi, Nouv. Cout.
gén., I, 372''.)
Si lesdits enfans attendent a demander
leurdit partage de leur formolure de leurdll
père ou mère dernier terminé, ils ne per-
dent pourtant et n'est iceluy confus par le
trespas dudit dernier terminé, jaçoit que
d'iceluy lesdits enfans se portent héritiers.
(76., XII, ib.)
Si lesdits enfans attendent a demander
et avoir leur dit partage de ladite fourme-
ture de leursdits père ou mère premier
terminé, jusques aprez le trespas de leur
père ou mère dernier terminez, ils ne per-
dent pourtant icelle. {Ib-, XXIX, ib.,
p. 375'.)
FORMOSITÉ, S. f., beauté de formes :
Graciense formosilr.
(N. DK L.4 Chesnate, CoiiidaKii. de Bancquel,
p. 343, Jacob.)
Le bouct plaisant et précise formosilé
de l'armée estoit au costé vers Coulongnc.
(J. MoLiNET, Ckron., ch. ix, Buchon.)
Assez as tu de formosilé et bonne taille
de corps et de membres. (Le Maire des
Belges, III. de Gaule, u, 155, Stecber.)
FonMOTUitE, voir For.mobture.
FORMOURU, - ut, adj., orphelin :
Et si est accordei ke enfans de bourgois
puis k'il aura .xv. ans et soit formourutàe
peire ou de meire k'il viegne jurer le bor-
gosie. (1281, Reg. aux bans, Arch. S.-Omer
AB XVIII. 16, n° 514.)
Cf. FORMOHT 2.
PORMOvoiR, - mouroir, fors., four.,
verbe.
— Héfl., se soulever :
Quand le duc Jehan cust esté bien dix
jours logé devant Mondidier, et qu'il con-
tendoit a passer outre vers Paris, lors ses
Flatnans se commenidierent a eit.T four-
mouvoir pour retourner en leur pais, et
tant qu'il ne fut point en la puissance au {
duc Jean de les retenir. (Mém . de P. de
Fenin, an 1410, éd. Dupont, p. 19.)
Assez tost après, le commun de Paris se
fourmeut et firent grant assemblée de
menus gens, et allèrent a toutes les pri-
sons, et tuèrent tous les prisonniers qui
avoientesté prins a la prinse deParis. {Ib.,
an 1418.)
Mcsseigneurs, ne vous fourmouvez de
riens ; car ce que nous faisons vous tour-
nera a grant profit et utilité, et la beso-
giinnce en sera bonne. (Molinet, Chron.,
cil. Lxiil Buchon.) Impr., fourmonnez.
Aossi .!(■ sonl Hz bien formas
Encontre moy pour me deHaire.
(Grbbas, Miat. de la pass., 3268(1, G. Paris.)
— Formeu, part, passé, déplacé :
Se il y a charpenterie forsmeue de son
droit lieu, nous li devons faire remettre a
son droit lieu. (Arrh. JJ 56, f'>68v".)
— Sojiilevé, excité :
Sire, dist le chevalier du clinstfl a !\Ior-
gal, a homme fourmeu en yre, ne a
honme eschaufîé par beaulté de pucelle ne
se faict pas bon prendre. {Perceforest,
vol. V,ch. 20, éd. 1528.)
— Courroucé :
Car mes cors vent savoir se je soi licceus
On se j'ai folemenl point esté formeiia.
(nriin de la Manl.. Ricliel. 21"0, f 28 r".)
FORMUER, V. n., s'émnuvoir, s'ccliauf-
fer :
Le sang luy encommence a formuer par
grant fierté du pied jusques au chef.
{Perceforest, vol. V, cb.20, éd. 1528.)
FORMULiER, S. PI., l'omiulaire :
Mais, pour dire la vérité, l'ennemi est a
cela seulement emu par espérance de
nous, par vaines, obscures et ambiguës
paroles, mettre en dispute et dissension, et
consequemment en division, et par ainsi
finalement contraindre a quelque reconci-
liation, qui est son unique dessein ; a quoi
il a, des le commencement de cette négo-
ciation, taché, sans avoir jamais pensé
quitter de bonne foi ses prétentions sur
ces pays, comme on est, par tant de bons
avis, de tous costes averti que justement
nous devoit donner arrière pensée, et
émouvoir de n'écouter a quelques autres
formuliers, assuré qu'on ne refuseroit le
formulier, si on vouloit sincèrement ac-
corder la substance, de sorte que tant plus
qu'on le tire en dispute, tant plus nous
nous en devons assurer. {Négoc. du Prés.
Jeannin, p. 453, Michaud.)
FORNAGE, - aige, four., s. m., four,
fournaise :
Eslenceles ardans en saillent
Aussi comme del fer qni fnme
Que li fevre bat sor l'enplume
Onant il l'atrait de le fornage.
(CiiBBST., V.ligel, Richel. U.'JI), f" 201)''.)
— Ce qui cuit an four :
Piiet li maires voir le pain et les four-
naigesei puet commander asfourniers qu'il
eniamechent leurs fournaiges pour voir
dedans s'ils sont de loyal waagnaige.
(1355, Ord., v, 510 )
— Action de cuire au four :
Que le /'oj'JiOffe desdicts fours fust exercé
tant seulement depuis cinq heures du ma-
tin jusques a sept heures après midy.
(1479, Supplique au Comte de Bresse, Cnr[.
de Bourg, p. 514, Brossard.)
— Droit dû au seigneur dn four banal
ou au fournier pour le pain qu'on y cui-
sait :
Li forniers doit panre son fornage cru.
(1231, Charte de Morr.-sur-Seilte, Arch.
Meurthe.)
Nous sommes tenus a rendre a ledite
église le moilii'' des chens, cb'est a savoir
de quascune masure .vi. den., et le moitié
FOR
FOR
•OU
89
lies liirbape? et des fûumages. (1263, Arcli.
K 38, pièce 11.)
La moitié de tous les fournages du four.
(Ib.)
Li bonlengiers In pain fera
El li forniers l'enfornen
Tortel anra et son fornage.
(DU dfs lioulangiers, ap. Jub., Jniii/I. <■! Troue.,
p. 110.)
Item pour la coustume dou pain vendu
a Gaillefontaineset les fournaiges d'ilecques
trente cinc livres. (1309, Arch. JJ 45,
r 87 v°.)
Pour les fournages du four de Conte-
uisse, le four soustenu, .xv. 1. {Chart. de
Ph. le Bel, Richel. 1. 9785, t" 101 v.)
Des fournages qui li bourjois doicnt a la
S. Rémi. {Recepie de la rivière d'Andrie,
vers 1320, Arch. C.-d'Or, B 486.)
Nous avérons fours et moulin bannaulx
es dictes villes, esquelz ly bourgeois moul-
ront aux vingt, et cuyront au vingt et
quatre. Et qui n'y venrait, il payera cinq
solz d'amende pour chacune fois. Et sera
restably le monier de sa moulture et le
fournier de son fournaige, s'il est prouvé
souffizaumcnt. (1320, Ch. d'affranch. de
FYesnes, etc., Verdun, Cabinet de M. de La-
bry.)
Item la moitié des travers et admendes
de Blangy, et la moitié des fournages et
tours de Blangy. (1383, Arch. P 137,
I» 83 r».)
Item mon four de Neung, auquel four j'ai
droit de bannie sur touts les manans et
liabitans de la dite ville, et ay fornaige
sur le pain que l'en cuist audit four, c'est
assavoir de dix huit pains ung pour le
droit dudit fornaige. (1404, Aveu de Cha-
leauvieux, ap . Le Clerc de Dofiy, t. I,
f" 248 r°, Arch. Loiret.)
Jennot Merlin,secretaire de Monseigneur,
ait puis peu de temps ença possédé et joy
d'ung pain [de] fournaige ou four de
Monseigneur par don et ottroy de Mons.
(1439, Coll. de Lorr., XIII, S8, Richel.)
Noms des habitants payant le fournaige.
(1486, Terrier du roi, Arch. mun. Avallon,
11,1.)
FORNAis, fornaz, forneys, s. m., four-
naise :
.III. enfanz ot hom ardre mis
Kd un fornaz trestot envis.
(Wace, Vita S. il. Virg., p. 1)0, Lnzarclie.)
Forneys. {Apoc, ms. Ars. 5214.)
?ncr 11' fnn de l'a-
— Fig., pour
iiiour :
Or est mes R\z pris don fornai.i,
Li feas d'amor l'afine forl.
(Florimoni, liichel. 13:6, T -29'.)
FORNATURER, V. H., dégénérer de sa
nature :
Fils de preadome et de (el père
S'il avient k'a l'oir bien n'apere
Dire pnet on qu'il fornaliire.
(B. iiE CoNDÊ, li Mantiaus i'onnimr, Ars. 3112,
f° 30S'>.)
FORNAZ, voir FORNAIS.
FORNEIER, voir FOnNlER.
FORNEi,, fournet, s. m., four :
Ku une cheminée ont le fa alnmé ',
1.» s'asienl Françoi» a i. /tourne/ privé.
iFierahras, •IM, A. P.)
.\ssis se sont au Irenicrel
l.ni et saint Pieres an forncl.
(De SI Pirre cl du Jongleur, 177, Montai^lon el
llaynand, Fait., V. 71.)
Porront cuire les demourans en icelle
maison, ou dit fournel, blan pain. {Pièce
de 1371, ap. Colliette, Mm. de Vermand.,}],
888.)
— Voûte, arcade :
Chanbres voUices a forniaus.
(Beh.. Troie. Richel. 903, T 6fi'.)
Chambres voltices et fomax.
(II)., ib., 3121, Joly.)
Hz ont esté d'acors que l'on requière
mons. le bailli qu'il face derrochier le for-
ne Jet poteries qui sont faictes sur les murs
de la ville. (K" mars 1417, lieg. consul, de
Lyon,l, 106, Guigue.)
Nom propre, Fournel.
FORXELAGE, foumellage, s. m.,, service
du four banal :
Et luy doivent... une journée en augs,
et une journée a foumellage. (1394. De-
nomhr. du baill. de Con'stentin , Arch.
P 304, f 13 V».)
FORNELET, fournielet, s. m., petit four-
neau:
Un fournielet et le caudiere assis en la-
dite maison. {Chirographe du 12 .sept. 1404,
Arch. mun. Douai.)
FORNELEUR, fourncleur, s. m., celui
qui a le service du four :
Ledit seigneur avoit priveement ses for-
neleurs avec qui il ordena en secré que
celi de sa mesniee, cest damoisel, sanz
noinmer le par son nom, que il envoieroit
a eulz de par li l'endemain a matin, que
se il li vouloient jamais faire service que
sanz nulles paroles et sans nulle dilacion
tous le preissent et meissenl tantost eu la
fornaise ardent. (J.de Vignay, Enseignem.,
ms. Brux. 11042, f° 37''.)
Lesquelz fourneleurs... furent accordans
a ce faire. (In., ib., ms. Brux. 9467,
f 22 V. )
FORNEMENT, - imeiit, four., fur., s. m.,
action de fournir :
Por son forniment des vestimentes et
calcamentes. (Begledel fcojïpif., Richel. 1978,
f* 14 r».)
— Provision :
Sallirent a la roche de la cité, laquelle
non se pot tenir, quar non avoient forne-
ment de victuaille. (Aimé, Ksi. de li Norm..
III, 26, Champolliou.)
Nul fornement de chose do niongier non
i avoit. (ID., i6.,VI, 28.)
Comment peut .i. fornement d'armeures
estre mal en .i. ostel f quar entre les autres
choses armeures sont meuble. (J. de Vi-
GNAY, Enseignem., ms. Brux. 11042, f<i26''.)
Fournement d'armeures. (Id., ib., ms.
Unix. 9467, f» 16 r°.)
— Nourriture :
Et si dolent amener la partie les signors
a Mez sen nule costauge,areiz .m. s. ke li
signor dolent et lo furnement a boviers.
(Cens, de S.Paul, S" 9 v», sans dnte.xni' s.,
Arch. Mos.)
— Garniture, doublure :
Nus selicrs ne pin'l coudri- hazane avec
vache ne avec veel pour nul fournement.
(Est., Boil. Liv. des mesl., l'' p., lxxviii,
0, Lespinasse et Bounardot )
FORNER AT, /oMr., S. III., celui qui cuit
au four :
Martinus le Fourneral. (Vend. apr. Pu-
rif. 1374, Dênombrem., Arcb. Côte-d'Or,
B 10525.)
FORNERESSE, fow., S. f., boulangère :
Maroie le fourneresse, c'on dist le niaise
dame. (1332, Cart. de la Grande-Aumône,
{' 232 v°, Arch. des hosp. civils de .Mons.)
FORNERON, foumerou, - iron, s. m.,
garçon boulanger :
Se les fourniers ou fournirons... empi-
roient ou afoloient le pain,.... les disfour-
niers ou fournirons seront tenuz de
l'amender. (1374, Arch. J,l 198, pièce 360.)
Se les fourniers ou fournerons empi-
roienl le pain d'aucun desdiz habitans, les
dis fourniers ou /'oto'KerojîS seront tenus
de l'amender. (1462, Ord., xv, 515.)
Le /i)!<rneron doibt couper le boys; mon-
dit seigneur de Mesvre le doibt faire char-
royer en la halle dudit Mesvre, et quand
le fourneron a couppé lesdits bois, que
mondit seigneur l'a fait charroyer en
laditte halle, ledit fourneron le doibt traî-
ner d'illec et jusques dans la maison du-
dit four. (1483, Protocole de J. d'Aigue-
morle, Xrch. mun. Autuu.)
Pour cuyre ledit pain a deux aydes, l'un
appelle le fournier qui est le fermier des
religieux, lesquels sont tenus de faire et
entretenir le fouyer et le pavé dudit four
tant seullement ; et l'autre est appelle le
fourneron, lequel est fermier et ayde de
mondit seigneur de Mesvre. (Ib.)
Nom propre, Forneron.
FORNET, fournet, s. m., fourneau :
Et ne la pourra l'en (la monnoie) fondre
ne mettre en fournes, se nostredit garde
n'est présent. (1313, Ord., 1,523.)
Despecerent tout entièrement le fournet
de sa maison. (4 nov. 1444, Inform. par
Hug. Belverne, t" 10, Ch. des compt. de
Dijon B 11881, Arch. Côte-d'Or.)
Nom propre, Fornet.
FOUNETURE, - neslure, - niture, four.,
s. f., mesure pour les grains :
Deux fournitures de seigle, mesure de
Parthenay, vendues .xxxvi. livres tour-
nois, montani. ladite seigle mesure de
Vayles .xxvi. sextiers .nil. boisseaux.
(1494, BeçM de Jeanne de Couhé, Ste-Croix,
Arch. Vienne.)
Item 10 I. 13 s. 4 d., pour la vendition
d'une fourniture de seigle vieille. (Ste-
Croix, S. Romain, ib.)
Receue de Pierre Sornyes... pour vente
et livraison de 65 septicrs de blé froment,
mesure de Poitiers... a raison de 82 liv.,
chascune fourniture revenant les troys a
la somme de sept vingtz sezc livres, ot
pour les deux septiers qui restent desdits
65 la somme de 104 s., qui est la somme
totalle de 161 l.,4s. (1368, Compte de re-
cettes et dép. de la comm. de S. Georges,
p. 147, Arch. Vienne.)
— Bonne mesure :
En chascune maise de ii^
sor, doit
12
90
FOR
avoir uu millier <>t vingt harenf. pour
fournesture. (1326. Ord., xi, 511.)
Oa millier de harenc doit avoir dix cens
et vint harencs pour fournesture. (76.)
— Largeur :
Une pièce de .m. toises de lonc et de
demi pit- de fourneture. (1.328, Compte de
Odart de Laigni, Arch. KK 3*. f° 77 v°.)
De .m. toifes de lonc. et d'un espan
de fourneture. {Ib. i
Chascune colonbe aiant un prant espain
de fournesture. (134S, Arch. K 44, pièce 6.)
Une seulle de trois toises de lonc, d'un
pié et deux doiz de fourneture, trente trois |
soliveaux d'un apan et demi de fourne- \
ture. iCompt. de Girart Goussart. 1400-
1402, Fortification, ii,ArcIi.niun. Orléans.)
Mectre une courbe par dehors d'une
toise de lonp et demi pie de fourneture.
{Ib)
— Forme, .ipparence :
Son brac simblnil Imnce de sap ;
Son cors ot laide forncture :
Ne TCitea tel crcalnre
Ne ne fa snas le firmaroeat.
(Renart, Soppl., var. do t. 22:.31. Chabaille.)
FORNEYER, VOir FORiNIER.
FORNEYS, vnirFORNAIS.
FORNiAGE, four., S. m., droit snr le paiu
cnit an four :
Comme debas fust entre nous de l'une
partie et nos hommes d'Allues de l'autre
partie d'endroit leur fourniagc a lour ma-
nière dou fourniser... (1263, Acte sur les
dev. du foumier d'Allues, Tailliar, p. 234.)
Sont tenu a maure as molins de leurs
seignours pour meuture taussee, et a four-
nier a ses fours pour fourniage taussé.
ri279, Cart. de Ponthieu, Richcl. 1. 10112,
r» 81 r».]
Revenues d'erbases, reccandises, four-
niajfM,banees. (1326, Arch. .IJ64, f" 211 r».)
Cf. Formage.
FoRNiCAJRE, adj., (ornicateur :
Il l'a fait estre fomicaire. {Les quai.
Evangil., Richel. 12381, (' 233 v.)
Toute feme fomicaire, ce est qui est as-
siduel a faire fornication a pluisors, est si
comme ordure qui est defoulee el chemin
de tous cels qui trospassent. (Bi6J«, Richel.
901, f« 29^.)
Vilains glouz, fornicaires, avoltrcs. (Vie
et mir. de plus. s. confess., -Maz. 568,
1" 224'-.)
.Saiat l'ol soU qoi ditqae toul loiarieux,
Fornicatre el Don monde...
(Jeh. 6ï MtiM., Test., UéOD, p. 101, var. du ms.
Val. Chr. liilî .)
Hz l'appellent l'advoultire, voluptueuse,
fomicaire, e-ilise uiali^nante. (Brochart,
.^dms des quatre motifz pour faire le
passage d'ouUre-mer, (" 32 r».)
FORNicAREssE, adj. et s. f., fornica-
trlce :
Fornicaresse, fornicatrix. {Gl. gall.-la'..,
Richel. I. 7684.)
FORNicASTE, adj. f., fornicatricf :
ChâKODe rame est fornicatle :
Se celer «'en puel. n'esl pa< rhaSie.
tl.'Imaqe du Monde, ap. Koquef. >
FOR
FORNICATERESSE , ,ldj. f., fomica-
trice :
Toute femme qui est fnrnicateresse sera
conculquee de tons pn?sans, comme la
fiente en la vove. F.f.f. d'F.taplks. Bible,
Eccles., ch. 9, "éd. l.^iSO.l
Une femme fornicateresse et lubricque.
(J. BonCHET, Tri'implies de la noble Dame,
{' 18 V», éd. 1.336.)
FORNICATION, - cion, four., s. f., pris
dans nn sens favorable pour désigner
l'acte conjugal :
l'no nnist jnst le raere par deles sen baron.
Si canl avoir s'amoar en fournieacioii.
{Charles le Chauve, liichel. 2137-2, r 31
— Complot :
Synagnogne pnis eslre fîgnree :
My sers en moy font fornicacion;
Pour moy occir, contcndent a l'espee.
(E. Deschamps, OF.m:, II, 76, A. T.)
FORNiCEOR, S. m., fomicateur :
S'il est orgnilus u avuiltre u fornir.ere.
{Paraph. du PaUr, Richel. 1. 1315, f» 127
V.)
FORNiciER, S. m., fomicateur :
Li forniciers ou li nient nez ou li aver
ne n'at part el règne Jesu Crist. (Maurice,
Serm., ms. Oxford, Douce 270, f° U r».)
Ne seez pas forniciers. (76.)
Cf. FORNICAIRE.
FORNici^ETEiT, S. f., incoiuniodité, in-
disposition :
Et nule autre feme on ne poet mettre ne
recevoir, home ne feme, por maladie ne
por fornicleteit ke il ait. (1274, Fondation
de Vhospilal Ste Marguerite, Arch. mun.
Douai. 1
FORNicQUEUR, S. m., fomicateur :
Ne soys fomiequeicr n'adultère. (Fosse-
TIER, Cron. Marg., ms. Brux., I, f" 126 v».)
1. FORXiEMENT, S. m., fofnication, im-
pureté :
Les orz espiriz ki tote natteit ont dewer-
pit el ki el forniement des vices se de-
leitent solement. (S. Bern., Serm.. liichel.
24768, r» 123 v".)
Si ai toi l'apareillement
Dunl feme fait forntrment.
(Du Mercier, Crapelel, l'rov. et dicl. popuL,
p. 153.)
2. FORNIEMENT, four., adv., entil^re-
nient :
Ovec les deniers tornois rendant cescun
an anuelment as termes acoustumez, en-
tiereuieat, forniement e sanz dechié e sauz
nul uuienuistnieiit. (1292, Ch. du vie. de
Valognes, Cart. S. Sauv., p. 131, Arch.
Manche.)
Franchement, quitement, paisiblement,
I entièrement, fourniement, sanz dechié et
sanz amenuisement. (Mcrc. av. annonc.
1303, Ch. du garde des sceaux de Valognes,
S.-Sauv., La Bouneville, Arch. Manche.)
G^irantir et délivrer enteriguement et
forniement. (1307, Ck. du garde du sceau
de la vie. de Valognes, Cart. S.-Sauv.-le-
Vic., p. 145, Arch. Alanchc.)
Pour paier la rente en la manière des-
sus dite fourniement. (Sam. apr. épiph,
1321, Ch. du garde du sceau de Valognes.
S. -Sauv., l'K-sville, .\rch. .Mauche.i
FOR
3. FORNIEMENT, foumiemenl, s. ni.,
ternie d'architecture, arc de voûte qni
retombe snr les intimes piliers :
Lesquelz pillicrs touraulx nesountpoiul
contreboutes de leurs bendes et fotir-
niemens devers leur crovsié. (23 janv.
1440, napp. deSim. Le .Voir., Arch. Seine-
Inf.)
oyer, - iger, four..
1. FORNiER, - oier.
verbe.
— Act., nier, dénier, contester refuser :
On pour leur hyerelage qoant on leor fonrniga.
(Cher, au cijgne. -iSf.o, RcilT.)
Molt le foinie :
Mais, quoi qn'ele en die, maagré l'ensai.
(Chans., Vat. Chr. UOO, P *1.)
Se aucuns estoit arestez par le dit Mikiel
ou par sen soflisaut serjant par raison
de visconte et il fornoiast l'arrest, il l'a-
menderoit par no jugement. (1291, Cart.
de Ponthieu, Richel. 1. 10112, f» 170 r».)
Lonc chou qu'il li fournoie, dites que
faire leur doi. — Dont diront eschevin
Lonc chou qu'il fournoie, adjournes l'une
partie et l'autre. (RoisiN, ms. Lille 266,
p. 20.)
Fornoyer. (Rue, xiV s., dans le Gloss.
picard de Corblet.)
— Neutr., refuser de comparaître :
Se li bourgois ou non boursois est se-
mons et fournoie, et il en est atains, il doit
.II. sols de le nianche au prevost pour le
roy. (1290, Etat des revenus de la prévôté
d'Amiens, ap. A. Thierry, Mon. du Tiers
Etat, I, 283.)
2. FORNIER, fur., four., s. m., celui qni
tient un four banal, boulanger, pâtissier :
Pnis que somcs ansamble, s'or esloie l. bergler
On gaile de chaslel ou rlbaul on former.
Si vos covienl a moi, ce m'est vis. lornoier.
On vos coTieat la place isnelemcnt voidier,
Qne toz voslre lignages i aura reprovier.
(J. Bon., Sax., cclxxxi, Michel. 1
Ansolilus Forneirs. (1153, Cart. de Mon-
tiéramey, p. 67, Lalore.)
Petrus Fumiers. (1193, ib., p. 138.)
11 doivent mettre de commun assenle-
ment former. (1225, Cart. de Ponthieu,
Richel. I. 10112, f» 67 r".)
Si li forniers pert le pain par sa corpe.
(1231, Ch. de Moro.-s.-Seille, Arch.
Meurthe.)
Robert l'Escot, fournier. (Livre de la
Taille de Paris en 1313, Buchon.)
Ung autre ly reprochoit son linaige, et
l'appella fourniez. Et il respondy : Lequel
vaultil niieulz ou que noblesce commence
en moy , ou qu'elle define en toy ? {Le
Liv.des Esches, ms. Chartres 411, f" 78 v».)
Ans fourniers el musniers de l'abbaye.
(1330, Compte de Nicol. Bracque, Arch. KK
7, f° 68 r».)
Quand les fourniers avoient cuit, il con-
venoil garder leurs maisons a force de
gens ; autrement le menu peuple , qui
mouroit de faim, eust efforcé les lieux.
(Frtoiss., Chron., II, 11, 148, Buchon.)
Car on pailo souvent de cnire.
Mais le fournier n'y venlt entendre.
(Coailii-i-*"^. Droili nour-, 1° p., de Jnre nnlii-
rali, I, 41. Bibl. elz)
Fevres et /brmVrs boivent volunliers.
(xv' s., Vrac, ijallic, ap. Ler. de Lincy, Pror.)
FOR
FOH
FOR
lin ne doibst espargoer blé dn mnsnier,
Vio dn cnré, ny moins pain tie fournifr .
iCabr. Meurier, Très, dts Sent.. Anvers iniin.)
Libarius, /bnrnier de gasteaux. (Tr/Hm
ling. dict., 1604.)
— Féminin :
Auasy prendra de voz filles, pour l'iiire
ses oiufiuemens et ses cuysineries, et pour
ses fournieres. (Le I'evre d'Kst., Bible,
I, Sam., 13, VIII, éd. 1334.) Lat., panilioas.
L'.icadémie donne aux mots fournier,
l'oumière, la définition suivante : celui,
celle qui tient un four public ot qui y fait
cuire le pain.
Noms propres, Fornier, Fournier.
3. FORNIER, four., s. PI., four :
Dn fuerre prent nno bracio
Et si l'a el fournier jelé.
(Rfn .. iOH, Mcon.)
Cuisines, fourniers , buanderies. (De-
LOBME, Archit., ix, 13, éd. 1568.)
4. FORMER,- yer,-ihier, - oier, - eier, -
oyer, - eyer, - ayer, - eer, four., v. a.,
cuire au four :
Boulengers puet avoir four pour cuire a
vendre, el tout cil ki ne forniront en lor
propres osteus sont tenus de cuire as fours
de capitle. (1247, Ch. d'Onnaing, Cli. des
compt. de Lille, 914, Arch. Nord.)
Et doit le pain fournyer par conte, et
rendre tout fournyé et conreé par conte.
(1263, Acte sur les dev. du fournier d'Aï-
lues, Tailliar, p. 25S.)
Ne nul autres u'i pooit fornihier pain
pour vendre. {Ch. de 1263, coll. Moreau,
vol. 187, f° 16 r«, Richel.)
Pains qui ne soil fournies au four de le
ville de Fontaines. (1279, Cart. de Pon-
thieu, Richel. I. 10112, f" 81 r°.)
Elfornieaw four l'abbé cuite de fornago
tant solement. (1292, Liv. desjur.fî" 70 r",
Arcli. Seine-Inf.)
Li formeus esloit menrcz.
Bien penst esirf moisonez.
Bains, yanez et formiez.
Tant par loisir cuis et mengiez.
i^aliv. N. S., Reinsch, die Pseiido-Evangelien,
p. 64.)
Lidit borgois sont tenus moudre a nos-
Ires molins, et forneyer en nostres fors.
(1304, Franck, de Clairvaux, Lx.)
Que chacun de Paris, ou a Paris demou-
rant, puisse pain faire et fournier en sa
maison. (1305, Ord., i, 427.)
Les gens qui liemeurent es dites viles de
Pormor et de Corceles qui fournient,
doivent chascun au un pain a Noël, et
ceus qui ne fournient doivent deus deniers
parisis. (1311, Arch. JJ 47, f" IS v.)
Touz ceulx qui ou dit for de Corcelles
hont acustumey et deyvent forneier.
(1373, Ck. d'hab. de Neuclidlet, Arch. du
prince, NeuchàU-l, Y'", n" 10.)
Forniare, fournier. (Gloss. de Couches.)
Il est assavoir que tous les boulengiers
de la ville de Dieppe qui fournient pain a
revendre, doivent chascun an a monsei-
gneur dix soulz. (1396, Coust. de Dieppe,
Arch. S.-Inf.)
Et s'il estoit aussi que aucun boulenger
eust poié son terme, et il fourniast après
le terme .vill. jours ou .xv., ou mains ou
plus, non obstant que il ne foicrniast
jusquez a l'autre terme ensuivant, sy seroit
Il tenu a paier icclhii terme. (Ib.)
Auquel fourmes hommes sont tenuz de
fournoyer. (1399, Denombr. du baill. de
Constentin, Arch. P 304, C 57 r«.)
Le procureur proposa que contre les
ordonnances du mestier, il (.lean Aniiot)
awoitcuit et fournoyé grant pain. (1401,
Sentence de la prévosté d'Orléans, ap. Le
Clerc de Doiiy, 1. 1, t" 250 v», Arch. Loiret.)
Bonlenger, fournier el buer,
Bluter, laver, essanger.
(Farce du Cnvier, Ane. Th. fr.. I. M7.)
La contrainte do/oHmoî/cra-aucun four,
dépend des droits de basse jurisdiction :
mais aucun ne peut contraindre ses sujets
roturiers de fournoyer a son four, si les-
dits sujets ne sont hommes roturiers
d'homme. (1514, Coût, de Poil., art. 46.)
ilues vous fournie encore? — Ilave you
bakenyourbreedyet'?(P.\LSGRAVE,Esctoîrc.
de la lang. franc, p. 442, Génin.)
Ainsi les alquemisles, après qu'ilz ont
bien fournayé, charbonné, lutté, soufflé,
distillé, calciné, congelé, fixé, liquéfié,
vitrefié, putréfié : il ne fault que casser un
alembic pour le mettre au compte de la
bonne femme. (Des Per., Nouvelles Récréa-
tions, Comparaison des Alqueniistes a la
bonne femme qui portoit une potée de lait
au marché, éd. 1587.)
Led. fermier est tenu a ses frais four-
noyer lesd. pains et pastes. (1580, Reconn,
des droits seign. de Clairvaux, Arch. .lura.
Prost, p. 70.)
— Fig. :
A la lecture desquelz il devint aussi
saige qu'oncques puis ne fourncasmes
nous. (Rab., 1. I, c. 14, éd. 1542.)
— Fornié, part, passé, séché au four :
Fagoz séchiez et fournoiez ou four.
(Compt. de 1437, Arch. mun. Autun.)
Saint., fourneyer, enfourner. Guernesey,
fournier, fournair, cuire an four.
FORNiERE, four., S. f., four :
Artopta, fourniere ou on cuit et rostit le
pain. {Calepini Dict., Bâle 1584.)
Saint., fourniere, fournil.
FORNIHIER, voir FORNIER.
FORNiLLE, four., S. f., ramiUss et
branchages provenant de la coupe des
taillis et gaulis, et propres à chauffer les
fours :
De witel paiera on une maile pour le
/'orn!(/e.(1247,C/t. d'0(momy,Gli.descompl.
de Lille, 914, Arch. Nord.)
Certes monlt m'agreo
ForniUe en fagot.
(/.« Devise mis lecheors, 12, Méon, .Souv. Rcc., I,
.301.)
Or faut le four a l'enfourner,
l*t le fourgon pour fourgonner.
Or faut fouruillc,
Or faut cerpe, or faut faucille.
(/)« Choses qui failleni enmrnage, ap. .lub,,
,Vnw. Rec, II, 107.)
VA doit prendre li fourniers a celui qui
quist, d'un witel un denier pour le four-
nillc, et s'il voet, il puet aporter sefeuwille
nu four. (126b, Cft. des compt. de Lille, ap.
Duc., Fornilia.)
Item le four de Chambay, liquel a chas-
cun an cent charretées de fournilles prises
en la forest de (ionffer. (1307, Arch. J.l
144, pièce 87.) ''
Fesoit couper les buissons pour fere
fournille et fagos et en bailla au tesmoin
pour aporter au four. (1312, Arch. S 296,
pièce 6.)
Les fourniers prendront fournille pour
uoz fours en la forestz de Woyvre. (1320,
Ch. d'affranch. de Fresnes, Cabinet de .M.
Ollier de Lahry.)
Item, pour le four, par dessus la /burnii/fi
qu'il y convient trouver, cinquante sols.
(l'ièce de 1326, .\Iém. <lcs Ant. de Norman-
die, XXI, 102.)
FORNiLLOx, /'oîo'îï., S. 111., foumicr :
Kn ce lens qn'il fi-^t granl froidure
S'en vint a lui (à la fourrai) par aventure
Toz afamez .i. gresillon.
De fain a soufert grant tonnent,
Si demande do son froment :
Grant tens a ne sui fornillon.
Li fromi 11 a responda :
Bien rae rescmblos fol tondu,
Porquoi n'en as lu porchacié?,.
O'able, ms. Chartres -261. I" t:i6 r».
Nom projire, Richard Fournillun. (12;>2,
Reg. ceuilloir du Temple, Arch. MM 128,
f» 5 v°.)
FORNIMEXT, VOir FORNEMENT,
FORNin, /"ournir, furnir, verbi'.
— Act., exécuter, accomplir :
Girars se lieve si tost aom li jors vint,
Qae molt se poinne del riiesage furnir.
(Gir/i. tic .IWî, p. .'JOI, Stengol.)
Se tu ne pues te parole furnir,
.le le ferai de maie mort niorir.
Uluoa de Bordeaux, 1023, A. P.)
De traison furnir scet toute le raislere.
(B. de Sel)., iv, .S;l,S, Bocca.)
■]f. furnirai voslra message a mon pooir.
(Fnoiss., Chron., 111,40, Luce.)
Si manda mousigneur Gautier de Jlauni,
en qui il avoit grant fiance, et pluiseurs
aultres chevaliers et escuiers, pour mieulz
furnir son fait. (Id., ib., IV, 73.)
— Neutr., s'acquitter :
Apres ce que il orent dit et fourni de
leur message. (Grand. Cron. de France, la
Vie Mgr. Saint Loys, xlv, P. Paris.)
— Forni, part, passé, robuste, fort,
grand, considérable :
Les enfans garde et bien les f.iit norir
Tant qae il forent parerou cl furni.
(Les Loh., ms. Berne 1 13, f 3=.)
Molt volenliers le damoisel ferist,
Mais trop le vil gros el grant et furnis.
(li., Ars. 3113. f 12'.)
i:t si sranl fu la route et li enchas fornis.
(li., lîichel. 1161, ap. Vietor, llandschr. der
Geste des Loh., p. 80.)
Gros ont les bras et les membres fornis.
iGar. le Loh., 2' chans., xxw, p, LHi, P. Paris.
Orans fu l'estors, mervîllons e furnis,
E li vassal coragious el hardis.
(Baimukrt, ngier, 2806, Barrois.)
Un bordon ol, grant et forni et lonc.
(Prise d'Orengc, 818, ap. Jonck., Gtiill. d'Or.)
Entra .t. cers moult grans et [moull] furnis.
(Auliiron, 186, Graf.)
FOR
FOK
FOR
niilerres ex serpeas et ftnas aici'.s farni^.
(.4ii./, t!3, A. T.)
A bataille garnie ne ajonstee.
Ilb., ,H0;>.1
Kt s'il ;in »nel dor grant et fnrr.i.
(II:. ^ISl.)
l.i lions ki bians estoit et gens,
Grans et ftirnis.
u:hfT. as .11. esp., 113G8, Foersler.>
J'ipreoilerai labear ; je suis grans et /rirnjs.
(B. if Seh., viii. 55, Bocca.)
Tels .\\\. Jamoisians grans et fors et (unis.
(Ib.. XIX, 28.)
Su? un bas cheval bien foxirm seoil.
(Joixv., SI Louis, ch. SLvm, Wailly, ^li.
1867.)
Paisqae poar mo} vods plaist aiasi
Mener ceste gnerre fourme.
(Jaq. Milbt, Desirucl. de Troye, 9li3, Stengel.i
Centre de la Fr. et Canada, fournir, v.
n., indique la continuation d'une action :
l'eau ne fournit plus, l'eau cesse de couler.
FORNISER, fourniser, v. n., forme va-
riée de fournier, cuire au four :
Comme debas fust entre nous de l'une
partie et nos hommes d'AUues de l'autre
partie d'endroit leur fourniage a leur ma-
nière dou fourniser... que li fourniers ne
fesist çou k'il deust. (1263, Acte sur les
dev. du fournier d'.4H«es, Tnilliar, p. 254.)
FORNisoN, furnison,s. {., approvision-
nement ;
Les queulz sont venus par pluseurs fois
en ceste ville pour vendre certainne grant
quantité de biefs que l'en leur avoit cùarîio
a avoir pour la fornison de ladite ville. (5
déc. 1421, Reg. consul, de Lyon, l, 342.
Guigne.)
— Occasion :
Trouvèrent furnisons a toutes emprises,
et y furent tous accomplis. (G. Chastel-
LAIN, les hauts Faits du duc de Bourg.,
VU, 217, Kerv.)
FORNissANCB, fur., S. f., approvision-
nement :
Et seulement ce qui avenir lui pooit de
vrai demaine et de seigneurieux droit, il
le contourna en la furnissance de sa mai-
son. (G.CuASTELi,.,C/iroii. desD.de Bourg.,
III, 141, Bucbon.)
FORNissEMENT, /OU)-., fur., S. m., ac-
tion de fournir, fourniture, approvision-
nement :
.Jusque a plain paicmeni, furnissemenl
et acompUssement des choses dessus
dictes. (1456, Cart. de St Quentin, Richel.
I. 11070, f» 8 vo.)
Lettres royaulx contenant /"ournùsemenC
de complaincte. (1483, Compt. de Nevers,
ce 71, f' 28 v», Arcli. mun. Nevers.)
Qu'ilz ayent leur affouaige au mort bois
pour le fournissement de leur hostel. (1487,
r.elt.de René II, D.de Lorr., Arch. Meurlhe,
Très, de.- eliart. de Lorr., reg. des lett.
pat., vol. B 3, f 162.) I
Traflicque de marchandise, et fournisse- i
nient de la plus part des finances, pour le
iiustenemeat de la guerre. {Apologie de
'.ailt. de Nassau, p. 262, A. Lacroix.)
iorn()i\\i;e, s. f., roiiiciiienl : |
Siri' Dieas, ilelTeot de mesiais.
De fornoiance et de mesdis,
Mes rais, mes paroles, mesdis
{Le Paternoslrf en franc., Ars. 31 12, f i^l*.)
1. FORNOiER, - oyer, v. a., engloutir
sous les eaux :
Celle terre ueent cultivee'cslfaite comme
11 cortilz de delis et les citez désertes et
destruites et fornoiees sont garnies.
(GniART, BJftte, Ezech., xxxvi, 3o, ms. Ste-
Gen.) Lat., suffossac.
Car en abysme elles noyent
Ainsi que leurs chants les fonunjeiil.
(J. BooCHET, les llegnards travers., f 110'', éd.
1522.)
2. FORNOIER, voir FORNIER.
FORNOYER, VOir FORNIERr.
FORNOZ, fournoz, s. m., droit prélevé
sur chaque four :
Certainne redevance appellee fornoz qui
est une taille qu'il dient avoir acoustumee
de pranre et lever sur chascun four selon
le regart de certains tallemelliers qu'il es-
lisent a ce chaseun an. (1365, Cart. de
St Etienne de Troyes, Richel. 1. 17098,
f» 87».)
Aucune redevance de fournoz ne autre
.<ervitute. (Ib., f» 87''.)
FORois, adj. 1
A tôt .xs. V. Saisne qi ne sont pas forois
S'an lorna li païens, qi ert proî et cortois.
(J. BoDEL, Sa.v., r.i.xvii, Michel.)
FORosTAGiERj - Iwstagicr, fors, four.,
\erbe.
— Act., laisser un otage à la di.scrétion
de quelqu'un en ne remplissant pas les
conditions qui avaient été stipalées :
Ainchois qu'il s'asseist Pagcabert commanda
Que tont noble et non noble qui en son ost est la.
Soient tous avec lui pour saToir c'en fera
Dez .L. prisons c'on lui foiirhoslaga.
(Ciperis, Richel. 1637, f 77 v».)
VA Tu aveqaes li sa Ires maie monllier,
Chele qui li feisoit O^iet forsoslagier,
(Gaufrey. 10630, A. P.)
— Neutr., rester comme otage à la dis-
crétion de quelqu'un par suite de l'inexé-
cution des conditions stipulées :
Gaufrols mes pores ne m'ot mie mult chier
Qui envers vos me fait foroslagier.
(U.viMDERT, Ogier, 121, Barrois.)
Quant envers vos m'a fait foroslagier.
'lD.,i*., ms. Durbam, Bibl. de Cos., V. ir, 17,
f° 55'', P. Mejer, Rapport.)
Kn IDugletiere et Hanemarce,
Ki monlt estoit lonlainne marce,
.•^i en ot le Danois Ogier,
Pour Gaafrois son père ostagier,
V. dlut rendre et treu et ban
Oe .1111. deniers cascun an,
Hais Gaufrois i laisa Ogier,
Del lont en toat fourostagier,
(MoDSK., Ckron., 16.12. BeilT.^
— Foroslagié, part, passé, laissé à la dis-
crétion de quelqu'un à qui l'on avait été
remis comme otage, sous la stipulation de
conditions qui n'ont pas été remplies :
Il vous latsa en France /'oros/ffyiVChsrlon.
(Henaiidde Monlanban. Ilichel. 21387. f 22 v».)
Ileciibe. qui Hst grant joie de lui l.i
monstre a ses serours, et dist .• Esgardes.
cou est Elkanus li forostagies qui si gen-
lementen est passes outre. < Kassidor., ms.
Turin, f" 108 v°.)
Cf. FOROSTELER et FOROSTK.
POROSTÉ, forsoslé, pari, passé, laissé ii
la discrétion de quelqu'un à qui l'on avait
été remis comme otage sous la stipula-
tion do conditions qui n'ont pas été rem-
plies:
Ea sou palais est li rois retornes,
Ogier demande son prison furoslé.
II!m>ibekt. Ogier, 1011. Barrois.)
Ogier, dist Kalles, to.<: m'estes forosié.
(ID , ib., 104.)
Or poes croire que petit m'a amé
Gaafrois mes pères, cai tôt confonde Dé.
Qui envers vos m'a laissié forosié.
(Id., ib., 112.)
Ogier, dist il, vos estes forsosir ;
Malvaisement m'en a Gaofroi mené,
Li vostre pères qui Diei pnisl craveiit-T,
Qui m'a mes homes boni et vergondé !
Or vos ferai tous les membres cauper.
(lu., (*., ms. Dnrham. Bibl. de Cos., V, il, 17,
f 55'", P. Meyer.)
K. demande son novel fnrosié,
Li caslelains li corut amener.
(Id., ib.) Ms. forestc.
Cf. FOROSTAGIER et FOROSTELEli.
FOROSTELER, V. a., laisscr un otage
à la discrétion de quelqu'un en ne rem-
plissant pas les conditions qui avaient été
stipulées :
Hulmais orres don Danois d'Outremer,
Du flel Gaufroi qui tant fait a loer.
Comment ses pères Varoit fornstelé.
Envers le roi de Paris la cité.
(Oqier. ms. Dnrham, Bibl. de Cos.. V, ii, 17.
f» 55'', P. Meyer.)
Cf. FOROSTAGIER et FOKOSTÉ.
FOROT, S. m., furet :
Pour ce qu'il a esté prouvé contre lui
qu'il avoit chacié a foroz et oiseaul es ga-
rennes. (14U-1412, Contrôle des emolu-
mens de la guerre deus a ilonseign. le D.
de Bourg, es bailliages de Dijon, Atixois et
la Montaigne, .^vch. Cote-d'Or.)
Pour avoir chacié a foroz eu forest Vi-
sain. (Ib.)
FORPAisANT, adj., étranger :
Et tel autre y a, qui estant couliué en
quelque meschante isle déserte, est deve-
nu, comme dit Solon, Sicinitain ou Phele-
gaudrien forpaisant au lieu d'Athénien.
(AxtYOT, ÙEuv. mor., Instruct. pour ceuh
qui manient alf. d'eslat, LV, éd. 1574.)
FoRPAi.siER, - aysier, fors., verbe.
— Act., bannir :
El se il en est forspaisiez |ior la force de
jostice. {Liv. de justice, IV, 8, §. 1 Rapetti.)
— Ninitr., s'e.vpatrier, ijuittorson pay-,
s'éloigner de ses parages ;
Et l'ome ne viaut plus tenir celui In ,
porce que il se sent gre^-ié dou scrvise, ou
porce que il viaut forpaysier, et servir
autre seignor, fors du reiaume de Jérusa-
lem. (.4ss. de 1er., 1, 400, Beuauot.)
FOR
FOR
FOU
93
l'rincc, on ne penll la nier loiil cpuiscr ;
Mais tontesrois qui veull /orpayscr
l'onr la voyr d'honnenr amplifier,
Vlin qu'a temps on viengne au raviser,
Siilfise a l'œil sa portée viser :
NqI ne 80 doibt en fortune fyi'r.
(G. Cin^TELi.., Ilallad., I, t. viii, p. :i(lO, Kerv.)
Eutie ses aucieus vocables, il trouvera
aussi forpayser pour errer hors son pays ;
d'où vient qu'en vénerie on use encore de
ce mot, quand on parle d'une beste qui
s'eslongne du lieu de son repaire et se jette
aux campagnes. (H. Est., Prec. dti lang.
franc., p. 158, Feugère.)
D'une suite poudrense
Il l'arpaise et fuit par la campaigne herbeuse.
(CACCaF.T, Plaisirs des champs, éd. 1601.)
— Réfl., dans le même sons :
Il est mal aisé de se forpaiser en cela.
.Mais quant aux noms et a la suite de ces
rois, il pst assez aisé de s'y mesconter.
(A. DE RivAUDEAU, OEuv. poét., p. 49,
éd. 1839.)
— Forpaisié, part, passé, qui vit à l'é-
tranger:
l'orce que il esteit forspaisé. (Liv. de
J. d'Ibelin, c. xl, Beugnot.)
Et si li forpaisies revenoit et reqieroit
son droit dedens l'an qu'il ert revenus, il
puet revenir a sa teneure et retenir, par
les arierages del chens paiant. {Li usages
de le cité d'Amiens de coi on plaide devant
te maieur, ap. A. Thierry, Mon. incd. du
Tiers Etat, I, 131.)
Toz cels qui sont forspaisié. (P. de Fon-
T.AINE, Conseil, ch. 17, var., Marnier.)
Tenure de hiretage de forpaisé ne li
grieve. {Ass. de Jer., ch. xxxviil, ap. Mar-
nier, Conseil de P. de Fontaines, p. 162.)
L'oume seroit forpaisé toute sa vie. (76.,
ch. CCLXXIII.)
Un cerf chasié et forpaisié des bois et fo-
retz et trouvé en plaiu pais. (1402, Arch.
.1.1 156, pièce 434.)
KORp.xisTRE (se), V, réll., aller pailro
hors de son lien :
ouaud (le cerf) sort des forests,et se for-
paist pour beaucoup de raisons ; principa-
lement en avril, et en may, quand il a la
teste molle, et en sang; parce que si les
chiens le chassent, il n'ose fuir par les
forests, de peur de heurter et blesser sa
teste aux branches. (Fouill., Ven., f" 45»
ap. Ste-Pal.)
FoiivARTiii, forspartir, v. n., mourir:
Se li reis pert issi sun heir,
Dune en poet nn doel aveir,
■Ve mie pnr sel, mes par sa gent,
Ki se domerrant malement
l'uanl il en ert de ci parti,
l,i raeins pu.<;sanl rrl fnrsiani.
(CiiARDRï, l'clil l'tel, 113 i, KocU.)
lORPASSER, fourpasser, verbe.
— Neutr., aller au delà:
Et si n'estoit nul qui osast acoupper,
forpasser ne chevauchier devant les ba-
aieres, excepté les mareschaux. (Fhoiss ,
Chron., Richel. 2641, f° 13 v".)
Aberro, forpasser, forvoier, s'esloingner.
(li. Est., Thés. lat. ling.)
— Act., dépasser, surpasser: I
. Il avait fotirpasset le commandement son
signeur le roy. (Fiioiss.. Chron., U, 106 '
Luce.)
Car chacuus s'eflorchoit de fourpasse,
son compaignon. (Id., ib., VI, 295, Kerv.
— Sortir de :
S'il avient par aucune aventure que un
chevalier home lige ocit un borgeis ou fait
ocirre, et le chevalier s'enfuyt et forpasse
le reaume. {Ass. de Jér., I, 619, Beugnot.)
FORPCE, voir Force.
FonPEUs, voir Frrpeus.
FORPORTEH, V. a., porter hors, mettre
dehors, exporter, transporter :
Efferre, forporter. {Gloss. de Douai, l".s-
callier.)
FORPRENDRE, fors., v. a., exccpter :
Terres, tenementz, feez et offices eu Es-
coce, queux ils dévoient avoir de héritage
ou de droit, forsprises ceaux qe serronl
forspris par commune assenl. (1333, Conc.
inl. reg. Angl. et Sent., Avesb., p. 23.)
— Forpris, part, passé, excepté :
E l'un ne serra janies en lieu no en couu-
saill ou l'autre perdra terre ne nule autre
chose ; sauve la esglise de Rome, qe est
forsprise par ambedeux les reis ; e le duc
de Brabaunt, e ses heirs en Brabauut, qe
est forspris par uostre seignour le roi d'En-
gleterre. {Lib. Custum., I, 168, 31, Edw. I,
impr. goth., Bibl. Louvre.)
Forspris taunl qe nous ne voloms niye
qe... (15 janv. 1311, Mandent. d'Ed. Il sur
la vente des vins de Gasc, Delpit, Doc. fr.
en Aiiglet., p. 43.)
Accorde est establio que monstreson dos
leyns soit fait a l'estaple chescun jour de
la semaigne forspris la dymenge et les so-
lempnes festes del an. {Stàl. d'Edouard III,
anxxviu, impr. goth., Bibl. Louvre.)
Qe toutzFranceys voidentleroyalmed'En-
gleterre, forprisies prisoners. (3 juill. 1339,
Proclam., Delpit, Doc. fr. en Anglet.)
Forpris les offices. (4 sept. 1391, Livre
des Bouillons, xcvi,p. 294, Bordeaux 1867.)
Foreprise les garranties que comuion-
cerent per disseisin. (Litil., Inslit., 697,
Houard.)
FORyuiÉ, voir Fouchié.
1. FORRAGE, - aige,for., fourr., four.,
s. m., action de fourrager, maraude, pil-
lerie :
Knvoia en forrage forrer sns le Gadroiz.
(Vœux du Paon, Richel. 368, i" 89''.)
Que nyous dois nostres ne domageit, ne
pregnve,ne forreit, soit per buttiu, forrage,
pilliage. (1410, Arch. Fribourg, 1" Coll.de
lois, n» 173, fo 44.)
Tôt quant de biens, debuttin, pilliage et
forrage qui porreit estre pris ou eanguvé.
{Ib.)
l'ar ainsi s'en retournèrent en paix sans
loucher son pays en fourrage ne pillage.
{Les Passages d'oultremer, i" 33 v», éd.
1492.)
tout le hutin qn'ilz ont eu au foarrair/e.
(Li:i Souhait du monde, l>oés. fr. des w" et
xvi° s., I, 313.)
— Bagage, attirail :
Pour ce que ledit Malgiron demeure au-
dit Daulphinal et y a rapporté ledit forrage.
(23 sept. 1419, lieg. consul, de Lyon, I, 190,
fluigue.)
2. FOItKACE, voir FOllAGE.
FORRAGEMENT, fowag., fourroy.,6. m.
maraude, pillage :
Qui a donné Jacob en fourragement et
Israël aux pillars? {Bible, Isaie, ch. 42 éd
1336.)
Toutesfoiz noz gens en ensuyvant ce que
dict l'apostre, prenoient ceste pillerie et
forragement en gré pour l'honneur de Dieu.
(C. de Seyssel, Hist. eccles., vi, 23, éd
1367.)
Que s'en ensuyroit il après sinon un
fourragement et ruine de toute la Germa-
nie. (Langue, Disc, p. 388, éd. 1587.)
Envoyant es environs d'ioelles (pro-
vinces) quatre ou cinq mille chevax faire
le degast et fouragement des vivres. (Sui.-
F,Y, OEcon. roy., ch. cxix, Michaud.)
1. FORRAGiER. V. a., renverscp, arra-
cher, ravager :
Ci avons oit lo cèdre del paradys estre
dehorteit, mais nient forragiel. {Dial. SI
Greg., p. 124, Foerster.) Lat., concussam
audivimus, sed non evulsam.
2. FORRAGIER, fouragiev ,-aiger, s. m.,
fourrageur, maraudeur, pillard :
Forragiers viennent quatre vingtz et puis cent
Et lo povre honime despourvea d'apiiy sent
Grande angoisse...
(.(. JlEScni.NOT, Lmielles des princes, P 39 r "
éd. ti93 )
Mil hommes de guerre, tous gens de
bonne estoffe, sans les houspouUiers,
fouraigers et aultres gens de petit estât.
(Mathieu d'Escouchy, Chron., I, 36, Soc.
de l'H. de Fr.)
Si trouva ses fouragiers et ses autres
gens qui l'avoient précédé en fourrage.
(Le Baud, Hist. de Bret., ch. xxv, éd. 1638.)
FORRAINE, voir FORAINE.
FORRE, voir FUERRE.
FORREL, fourrel, feurrel, s. m., four-
rage, paille :
Nuls poissonniers de mer ne peut mettre
raye eu pannier sur aulro poisson ne
amener poisson salé, ne merlant salé, que
le feurrel qui est dessus les penniers ne
soit ostez es halles, avant que le poisson
soit vendu. (1320, Ord., ii, 379.)
De convertir tous les fourraux qui crois-
tront esdites terres en fions. (1386, Arch.
.MM 31, fo U r".)
FORREOR, forrour, foiireur, s. m., four-
rageur :
Les correors garde Ysorez li :îris
iCt li forrour coreut par le pais.
(Les Loh., ms. Montp. il 213, f" 2i'.)
Envoiiereiit lors fourcurs cbevaucier,
l'ourer et ardoir en Escoche. (Froiss.,
Chron., I, 339, Luce, ms. Amiens.)
1. FORREu, forer, fourrer, fourer,fur-
rer, verbe.
— Act., piller, ravager, enlever i)ar la
force :
Ks un message qui le roi a conté
Que paien ont tôt le pais forré.
UUIMBERT, ngier, 107 il», Barrois.)
Do foiircr le pays rascuns d'yaus se pena.
(CA«. nu Cligne, 71123, lîoilT.)
94
F()R
L'endeuiaiu forèrent il toiilp le viande
de le citf el luenereul el casiiel. (CAron.
(i'Emoul, p. 286, Maf-Latrie.)
La plaie qne vons Gsl h niale peas Caldee
C Tïl de Josapha$, quant de />/ foiirei:
(l>iu du Paon, ms. Broi. 11191, f» .M T'.)
Pour alliT courir il fourrer le pais.
(Aymeri de Beaulande, Hichcl. 1497,
f«3»3r'.)
Leur coureur ne Irouvoienl mes riens
que fourer. (Froiss., Chron.,\, IS, Luce.)
S'en ala fourer le pais tout a l'envirGii
de Soissons. (Tranis. de France, p. UO,
Cliron. belp.)
El toi quant que il ensi avreit pris,
forrei ou robei eis nostres. (1410, Arcli.
Fribourg, 1" Coll. de lois, u» 173. f' 44.)
Cinq mil bonimcs qui allèrent fourrer le
pays et essillier. (CAron. de Flandre, cli.
83, ap. Duc, Gloss. de Villeh.)
Si commencèrent archers et corapaignons
a piller et fourrer les maisons, pour buti-
ner et pour paiçncr. (Ol. de la Marche,
Mém., 1, 23, Michaud.)
Us partirent de Beauveais pour aller
quérir leurs aventures, et fourrer le pays ;
après se départirent et allèrent fourrer le
pays sur l'eau de la Some. (Mo.nstrelet,
Chron., an 1431, ap. Duc, Gloss. de Villeh.)
— Absolument :
fourer Tont ly baron tout Ir plas fonrfissant.
(Cher, au cygne, iTOSl, Keiff.)
Ki entre par nuit en autrui gardingn'cn
autrui courtil pour fourer. (Bans d'Hénin,
Tailliar. p. 410.)
Si avoient pou de viande que marehics
nés pooit sevré, ne il ne pooient aler /brer,
que tant avoit des Griex par le pais. (Vil-
leh., 351, Wailly.)
Por la destrece de la viande ala forrer
Il cuens Loeys le jor de la Pasquc florie.
(Id., 3o2.) p. Paris : fourrer.
Il ne pooient nul marchic avoir, ne forer,
se pou non. (Id., 39o.)
Tierris de Los et Guillaumes del Perchol
alerent /br«r un jour. (Id., 482.)
Envoiierent lors foureurs cbevaucier,
fourer et ardoir en Escochc. (Froiss.,
Chron., I, 339, Luce, ms. Amiens.)
Qoaot il aloii fourer ponr avoir garnison
I.e5 bonnes gens preooit el meloil a rençoD.
(Gesie des ducs de Bourg., 5IUI, Chron. belg.)
Les Bourguignons hayoienl moult les
bourgeois de Paris, et ils'venoient fourrer
jusques aux fauxbourgs de Paris. (Journ.
d'un Bourg, de Paris, an 1417, Michaud.)
En icelluy temps allerfMil les Bourgui-
gnons devant Cûrbeil,et fourrèrent le pays
lout entour. (Ib.)
Quand les .Mareschaux furent venus de
forer, si s'en allèrent aiser. {Chron. de
Flandre, ch. 67, ap. Duc, Gloss. de Villeh.)
— Nentr., se jeter, tomber sur :
Si advint que, en recullanl, ledit Audricu
Trolo et ceulz de sa routle furent les pre-
miers quy fourrèrent sur culz. (Wavrin,
Anchienn. Chron. d'Enalet., II, 19S, Soc. de
IhiM. df Fr.)
— Ri^n., dans le même sens ;
Qui, sulitillemenl el de bien grand avis
se fourrèrent ^m lesFlamcngs qui de riens
ne se doubtoient. (.1. .Molinet, Chron.,
ch. cxc, Bucbon.)
FOR
— Infln. pris subst., .iclioii ili' fourr;i-
tier, pillage :
Pieres de Douay, et Ansiaus de Chaeu et
Rcniers de Tril ierent devant Pliinepople,
ensi conme vous avez oi, pour les fourriers
garder; et endementres k'il entendoient
au furrer, comme chil ki bien besoigno
eu avoient, a tant es vous venir soiir aus
Blas et Commains. (II. de Val., 318,
Wailly.)
2. i-ORiiEU, V. .1., le moderne fourrer,
employé pour signilier garnir de faux
cheveux :
Si se preat garde
Que famé est trop foie musarde
Qici force sou chiof el se farde
Por plere an monde.
(I)et Comeles, Jnb., Jongleurs e! ï'/ouiàrs, p. 87.)
FouiiEiuii, fourrerie, fourricrie, feu-
rerie, fourrie, fourie, s. f., office de four-
rier :
Et seront ces .vi. chambres hebergies
par les fouriers le roy, et n'auront nul
autre fourier pour eux, et leur sera livré
p.ir devers la fourrerie ce qui leur appar-
tiendra. (1321, Ord. de Voslel le roy, l'ièc.
rel. à l'hist. de Fr., XIX, 70.)
Pour l'osteiage des geus de la fourrerie,
.un. livres. (lZi8,Arch. adm. de la ville de
Reims, II, 487, Doc. iuéd.)
Est le plus de temps occupé ou fait de
son office de fourrerie en nostre hostel.
(4 fév. 1403, Urd. de Ph. le Hardi, Arch.
Côte-d'Or, B 10420.)
Les valets de la fourrerie servent les
femmes de chambre, et vivent de leur des-
serte. (J. Aande.nesse, Somm. des voyages
faits par Charles V de ce nom, ms. du
XVI" s.)
Si estoit son avant garde devant, a tout
.1111^ hommes d'armes, et son estendart
lie fourrie, a tout lx hommes d'armes.
{Chron. anonym. du règne de Charles VI,
ap. MoxsTHEL., Chron., VI, 240, Soc de
l'Hist. de Fr.)
Le duc a un fourrier, et si ce ne fut pour
tenir ordre en mon escrit, j'eusse mis Tes-
tât de la fourie tenant a sa chambre, car
la fourie est de la chambre. (Ol. de la
Marque, Eslal de la maison de Charles le
Hardy, Du second eslat, Michaud.)
Pour considération des bons services
(lue Guillaume Lefort,parcy devant aydant
lie fourrierie de uostre Ires chiere et très
amee belle lille, la roynne de Castille.
{Corresp. de l'emp. Maximilien I" el de
Slarg. d'Autr., t. II, p. 238, Doc iuéd.)
— Lieu oit l'on serre les fourrages, gre-
nier, niagasin:
Les dessus dizhabitans sont et serouttenus
a lousjours de amener ou faire amener el
conduire chascuu au, eu uoslrc feurerie a
I Paris ou ailleurs, huit chartees de feure
bonnes et souftisaus. (1384, Ord., vu, 93.)
I-ORRETAGE, VOir FOUESÏAGE.
roRREuiŒ, foureure, s. f., provision:
Asses as pain cl vin el autre foureure.
Brebis, vaces, bues...
(Houm. d'Alu., (" 28", MIchelaiil.t
— Postiche, faux cheveux :
l'aiiie n'est pas do pecliié monde.
Qui a sa crinc noire ou blonde
KOR
Selonc nature.
Qui i met s'enlente el sa cnri>
A ajouster .i. fmreure
.\u lonc des Ireces.
{Des Corne/M, Jnb., .Jongleurs cl Trouvi'res, p. S7.I
— Mélange d'uni' autre laine :
Nul marchant vendant laine ne soit si
hardy de fourrer sa laine, que la foureure
ne soit aussi bonne come la toison. (J406,
Slat. des Drap. d'Evreux, Ord., ix, 172.)
TOHHiEiitforier, fourrier, fourier, furier,
folrier, feurrier, s. m., fourrageur :
Parmi la terre rorrurent li forrier.
U.cs l.oli., ms. Montp.. f 100''.)
Kt li forrier corent par le pais.
(Car. le Loh., i° chans., v, p. 16o, P. Paris.)
En es le pas desconfi fassent
Et lor prisons perdu enssent.
Se ne fusl Cnitar de Poitiers
Qui le jor gardoil les foriers.
(Wacf., Brut., 12t'iOS, Ler. Je l.incy.)
Verra» les murs et fondre et pechoier,
El ta contrée destrairont li forrier ;
[S'i laisseront qne vaille un sol denier ;
Ardront tes viles et feront lot vider,
Et tes vilains feront estroit loier.
(n.iiMDERT, ngier, 11,H2, Barrois.)
IJ fnrier courent por les villes rober.
(Raoul de Cambrai. 7712, A. T.)
Voslre fourier sont mort, vostre gent est biersee.
(Cher, au cijgne, 132.Ï3, Reiff.)
Pernente deslruient la terre vers la mer
Chevalier e serjant e li autre furier.
(Jorh. Fantosme. Chron., 360, Michel, D. de
Korm., t. III.)
Li /briei'cerchierent la contrée. (Villeh.,
138, Wailly.)
Paor ai qne cil n'aillent cnvoir nos folriers.
(Les Chelifs, Uichei. 12558, l" 103 \"..l
Plus d'une grande lieue sont li fourrier couru,
Et prennent la vitaille qui par la terre fu.
(R. de Nanluctl, ap. Duc, Gloss. de Villeh.)
Chascun jor corroient li forrier (Jlaudas
parmi sa terre. ILancelot, Richel. 734,
i" iK)
Les fourriers qui aloient devant acueil-
lirent la proie. {Chron. de S. Den., ms. Ste-
Gen., f» 329''.)
— Fig., avant-coureur:
Le More veull mes pensées divertir.
Disant- Amy, c'est le temps de partir.
Il n'est pas seur d'arrester long espace.
Car le fourrier des astres a prins place.
(Est. Forcadeo, la l'orcsl d'Odonne, éd. 1551.)
— Celui qui avait soin du fourrage :
Ses qaeui, ses lionlilliers apresle.
Ses fouriers el ses pancliers.
(III. cl Jehan, 5177, Michel.)
— Marchand de fourrage :
De chascun /ettcrie»' qui vendent feurre
delez Saint Innocent. (Voirye de Paris,
Arch. Y 3, (■> 4 r".)
— Officier chargé de pourvoir au loge-
ment des troupes el .ï la répartition des
subsistances ; signification conservée :
Les autres princes et barons allèrent lo-
gier en leurs quartiers ordonnes par les
foriers. (G. Chastell., Chron. des D. de
Bourg., II, 38, Buchon.)
Chacun s'en alla loger ainsi que par les
fourriers estoit ordonné, pour prendre la
KO H
FOR
FOR
96
i-efei-lion du ilisner. (.1. Ohartieh, Chron.
de Charles VU, c. 252, Bibl. eh.)
Il print rosohilion de partir de Ciirina-
gnoles, 011 il estoit, pour les aller desloger
sans fourrier. (Du Villars, Mém., VU,
an l.'ioO, Micliaud.)
1. FORRiEKB, fourrière, fouriere, s. f.,
paille :
Elles et SI feme so sient les a les,
De joste 1.1 fouriere sor .i. tapi corcfs].
(Mol, 10171, A. T.)
— Magasin h fourrage :
Hors mises les forrieres qui sont aus es-
cuiers et aus bouos gens. (E. BoiL., Liv.
des mest., 1' p., xcix, 1, Lespinasse et Hon-
nardot.)
Les .11. sommeliers qui menront ces .ii.
sommiers auront bouche a court et une.
couste en la fourrière et une bothe dn
feiirre. (1316, Orden. de l'ost. le roy, Arch.
.1.1 37, I» 39 v.)
2. FOHHiEni;, voir Foriere.
FORRonF.H, fourretiber, v. a, dérober:
.lailis faire emprentire soloie
Les biens fais ponr çon qu'enorloie
A mes biens f.iisaiis le bonté.
Or m'a lî mors çon fourreubr-
(Jeh. de le Motk, li Regret GuilL, 1091, Sclieler.)
Ar'.rnt, fourober, fouiller.
l. FOUS, fliors, fhores, forst, foers, fitci s,
for, fiter, feiir, adv., hors, dehor.'^ :
Pelrus d'alo /'or* s'en aled.
(Passion, 197, Koschwilz.)
r.ir la feaestre avoit mis /'ors soo chief.
(Les l.oh., Vat. Urb. 37.5, f" l.ï^)
Desqne vos islcres ça fors.
(Mahie, lai de GraelenI, 2.-13, Itoq.)
En alte tor se siet bêle Ysabel,
Son bias chief blon niist fuers par un crenel.
(liele Ysabel, P. Paris, Homancero, p. 70.)
I.a dolor qni an cners le touche,
Ne geler fuer parmi la bouche.
(J. Bretel, Tourn. de Cliamumci, '2107, Del-
motte.)
Pour quoy il nous convenist aler fuers
pour cause de ladite guerre. (1334, Ord.,
IV, 29S.)
L'amour sera seulement par volenté et
par concorde, et ceste est bonne amitié en
quoi homme seroit fuer. (Oresme, Qua-
drip., Richel. 1348, f 204 v».)
Car en vain cil labuure et paine
Qui jeune, se il ne met paine
n'osler les vices de son cueur,
i'I lool mer el jectcr feur.
(1. Boiii;nET. les Hetinars IraversanI, f '.\R v°,
é.i. ma.)
— I<'i^'., ne forx ne ens. ni le deliurs ni
le dedans :
Parloit le plus -de ses paroles p.ir para-
boles, et no ilixoit ne fuer ne ans de son
inteutiûu. iKxlr. de la Chron. du Doyen de
Saint-Thibaud de Metz, ap. J. Quicherat,
Procès de Jeanne d'Arc, V, 322.)
— Prépos., hors, au dehors de ;
Des homes des viles et fhorsVûe. (1118,
Çft. de Renaud, C" de Bar, Wailly, Elém.
depaléogr., t. 1, p. 1.^9.)
Sicuni fu la chemise NostreDameaportee
fors Chartres la u veit la bataille semblée.
(Ben., 0. de Norm., t. I, p. 260, .Michtl.)
— Fors de, hors de, an propre et au lig. :
Si escit foers de la civitate. (Fragm. de
Valenciennes, v°, 1. 8, Kosohwitz.)
for? de la vile ledemcnt le gilcrent.
(Ep. de S. Esl., VMI'', Stensel.)
Fors fn, (i'anbes n'i esta pins.
(Ben., D. de Norm., II, 70'25, Michel.)
Forst de la ville. [Coût, de Charrou.v, 24,
Fonteneau, Bibl. Poitiers.)
Li rois Ricars tenoit en sa main .i. tron-
clion d'une lance, et meut auBarrois, elle
quiila porter fors des archons. (Chron. de
Rains, c. 7, L. Paris.)
U sont au siècle .xil. manieras déjeune?
et .m. pointures, .IIIF". manières de con-
tenances, .srv. manières de plais, .xxx'V.
manières de maladies el .x'Vll. manières
de fors do sens. (La Riote du monde, ms.
Berue 113, f" 201*'.)
Qui estoit une demende fuer de raison.
(.1. AuBRiON, Journ., an 1473, Larchey.)
Et estoient les seigles desja tons fuers de
la fleur. (Id., ib., an 1498.)
— Fors s'employait souvent au fig.,
pour dire si ce n'est, excepté :
Fors seul piles s'en li prendroit oslage.
(Gau>ifeb, Clians., Val. Chr. Uno, f .^O''.)
Mais de ce c'onqnes mais for hui
N'en parla, li vient a merveille.
(ne rOnlire de fanel, Uichel. 191;-i-2, f ST".)
Il nel fei-jeit sans plus for^ pour li esprouver.
(Gaiifreij, .SRfiB, A. V.)
Quelle chose est qui plus t'euipesche et
te moleste, fors ta folle affection non mor-
tifiée? (Intern. Cons., Bibl. elz.)
Le paillart n'a anltre mémoire
Fors a gonrmander et a boyre.
(Serm. joij. de bien boijrr. Ane. Th. fr., II, IS.)
— Fors que, si ce n'est que, à moins i
que; si ce n'est, excepté :
Fhores toe s'avenoie kue je morissesens
heirz. (1118, Ch. de Renaud, C" de Bar,
Wailly, Elêm. depaléogr., t. I, p. 189.)
Mon seignor ont delranchic et ocii;,
Et tos les autres quicrentavoc li,
Forsqne moi seul que li Lohercns prist.
(ilfor( de Garin, '2fi20. du Méril .)
N'y ot turc ne paycn qui ne s'en voist fuiaol.
Fors (jue cil qui estoient a le lierre gisant.
(€hev. aucijijne. 13210, ReifT.)
Et ne prendent séjour ne ne sont reposé
For ques don mains qu'il porent.
(Ib., 19798.)
Cist mondes n'est fors que une mer.
(Gerv., Best., Brit. Mns. add. 28260, C IW )
Amer
N'est fors sol /.i^ doçor estre.
(fi. r.E Vi.MER, Clians., Uichel. ISl, f° 102")
Amour veint tut fors que quer de follon.
iProv. de Fraunce, ayi. Ler. de Lincy, Proi^.)
Il ne feront riens, forque sont a leur bon.
[Geste des ducs de Itouri/., 7001, Chron. belg.)
.le congnois loul, /'or« que moy mesœe.
(Villon, Bail, des Menus propos, p. l.'il, Jouaust.)
Je ne boy fors que du meilleur.
(Serm. jotj. de bien boyre, Ane. Th. fi'.. Il, 9.)
Non certes, non : rien je n'y gaigneroye
Fors qu'ia mes pleurs plaisir lui donneroye.
(Cl.. Mab., Eleij., 20.)
Chacun est sage après le coup, fors que
moy, qui suis tousjours fol, tousjours mal-
content. (Lariv., les Esprits, IV,3, Ane. Th.
fr.)
Pierre Abelard, grand personnage, fors
qu'il tenoit quelques propositions erronées
(Pasq , Rech., III, XXIX.)
On trouve encore au xvii° sitVle :
II n'a ny maille ny denier.
For? i7«'un baslon île vord pommier
Dont il me bat les costez.
(IfiiO, Corn, de Chans., III, 1, Ane. Th. fr.. I\
1113.)
— Fors que von, si ce n'est :
Et si vous pri au definer,
i'ame, que me vacilliez mander,
l'ar Icllres ou il n'ait nul non,
Vnslre voVnIc sanz Icnçon;
Ne le clerc qui les esrrira
Ne sache ja que no sera,
Fors qu'en ceste manière »o« .■
■le vous raanl qu'en tele seson,
A tele euro et a tel jop,
Vieigniez en tel leu sanz sejor.
(DU de la Base, ap. lab.. Jongleurs el Tronvhes
p. 117.)
— Fors tant com, excepté :
Sachiez qno onques mes m'i vi,
Forlanl com go l'ai veu ici.
(Pass. n. N., ms. S.-Brieuc, S" 5|J.)
— On trouvenu wi'siècleforset excepté,
employé comme /"or.ç seul, au sens d'ex-
cepté :
Foc? toutefois et e.xcepté Bussi le Clerc,
qui se tint clos et couvert dedans sa Bas-
tille. (Pasq., Lett., xvh, 2, Feugère.)
Un poète célèbre du xvu" siècle a em-
ployé de même fors excepté :
Le mal d'autrny no mo tourmente en rien,
Fors e.iceplc ce qui louche au compère.
(La Font., Cont., le Fai.seur d'Oreilles et le Rac-
coramodenrde Moules.)
Franche-Comté, foû, dehors; nord delà
France, foque, fauque, si ce n'est.
2. FORS, adv., peut-être :
Fors no seroit .lonas en tel guise trovies.
(l'rise de Pamp., 2191, Mussafia.)
Ond fors li respondi
Aucun iFeiis tiel oiilraze che cescan d'eus raori.
(Ik. 2722,)
Ains prendra tici parli
Che fors nous plaira mont.
(/*,. 2732.)
FOUSAHLEJIENT, Voir FOIUjABlEMENT
FOH.sA(iE, voir Forçage.
FORSAIN, voir FORSE.NS.
FOK.S.VINEUUH, forsscneure, s. f., cica-
trice :
La plaie y est qui bien y pert,
Vez la vous ci tout en appert.
Lors so leva la vesteure
Pour inonslrer la forsseneure.
(Fabl. d'Ov., Ars. ,';0(i9, f° 182'.)
FORSAiNNiEH, /"oMrsanner, v. n., perdre
du sang :
V,a tant de lieus navrèrent ton destrier
Que il le firent leloment forsainnier
Que desouz lui chei mors sor l'crbicr.
(Enf. Ogier, 6436, Scheler; Ars. 3142, f 109''.)
Et sa plaie comencha u foursanner et ii
feus i feri, et en poi d'eure en fu tous pou-
ris li costes et li bras. {Chron. de Rains,
c. x, L. Paris.)
pf°,
FOR
FOR
FOR
FORSAIKE, -çaire.-cere. fours., fourss.,
s. m., forçat :
Que fp Ireuve aucuugs fourssaires, si's
subjeclz, détenuz a cause de ladicte guerre
es dictes gallercs. (1533, Papiers d'Et. de
Granvelle, II, 59, Doc. incd.)
Que le baron de Saint Blancard et autres
capitaines desdites pulleres s Vxcu soient
de rendre les subjectz de vostredile ma-
jesté, sans recouvrer aultres foursaires
qu'ilz dient estre es galères. (1534, ib.,
11, 256.)
Grant nombre de forsaires ou tireurs de
avirons. (E. de L.\igi"e, Comm. de J. Ces.,
f 121 v-, éd. 1539.)
Je pensai bien qne celai mesme estoit,
Qoi tant de maoi an monde contnettoil :
Je connus bien qoe c'esloit le fursaire
.Vaqnel j'aTois si prandement affaire.
(Gilles n'.Vcmr.sï, le Tulriir i'amnur. éJ. tSl".)
Je ne vous veux point tenir comme es-
claves ou forsaires. (Calv., Serm. s. le Den-
ier., p. 826\ éd. 1367.)
Ken mo; (si ta as quelque bonté)
.Mon cœur, qae tu m'as emmené,
Dont tu ne Tais non plus de conte
Que d'un prisonnier encbaisné.
On d'un Talet, on d'un forcere
Qui est esclare d'nn corsaire.
\Rovs., .Kmo\iri, II. xxiv. Chanson, Bibl. eli.)
Amour, si j'estois en galère.
Pins d'heur j'anrois estant forcrrf.
Que de voir a chaque moment
En rooy naislre un nouveau tourment.
<H. Bellead, (4,'iir. foéi., A l'amour, l. II. (° ''l r°,
éd. 1518.)
Ainsi les pauvres forfaires
Bnrermei sur Ie« gallaires
D'amour, n'ont autres estoiles
Ne guide a régler leurs voiles.
(Mti.ix tJE St Geuts, SophonisU, III, 21(1, liihl.
eli.)
Le raplir est pins aise, et le panvre forçairi-
Rncor en ses mal beurs et l'un et l'antre espère.
(Madame Liprailt, iUseres de h Femme marir, ,
Var. hisl. et liu.. III, .331.)
Ilois, qne le vice noir asservit sons ses loix.
ICsclaves de péché, forçaires, non pas taIs.
(D'AiîBiGSÉ, Trag., I. II. BiM. elz.)
Lors ce forçaire va respliquer. (G. Bor-
CHET, Serees, xiv, t. III, p. 89, Roybet.)
FORSAi.Ei», V. n., marcher mal :
Mes ses chevani forma Iremlilant.
(.Maiiie, Latival, iC', Hoq.)
i-ORSALiE, S. f., saut, gambade :
.Merveilles moi comment s'est tant tenue
Qo'ele m'a fait aucune forsalie.
On en jardin, ou en place, ou en rue.
(La Cdievae lit. llF.ins, Chans., Tarbé, /« Clian-
foim. de llhompagne aui m* el xiii* .?., p. 6IJ.)
l'ORSANEU, voir FORSENEIl.
l'ORSANNER, VOif FOBSKNRK.
FORSAHiER, - arr'ter, v. a., laisser der-
rière soi, quitter :
Cil sont cil don Deus dist Abram
Qu'il ettolent a rcperier,
Nés volt pas du tôt forsarier
De la terre qu'il lot premist.
Qu'a droit terme les i remist.
(RvFuT, Hibir, Richcl. lii.'iT, f 2i r° >
Jacob qui de toi mans s'escnre
Veit en «a terre repairier.
Ce pait cnide forsarrier.
I|D., ib.. ft,') t'.)
lORSDANlIl, Vnir FOHBANIU.
FORSBOTTER, VOir FOnBOTKR.
FOnSBOUTF.R, Vûil' FOIIBOTEB.
FORSCIIACIEU, voir FonCHAr.IER.
FORSCHAIICIF.U, VOir FOHr.HAUr.HIRC
FOUSr.HEI.ER, voir FORCEI.EIl.
KORSCI.ORE, voir FORCLOBF.
FORsci.osE, voir Konr.Losi .
FOHSCONSOll.I.lEU, Voir FOIlCO SEII. •
LIER.
FORSE, adv., peul-èti'e :
Et se l'appelit sensual
Te detralct et encline a mal
Dont forse tn soyes deceuz.
(GiiEBAN, J/i's/. de la pass., 1117, C. l'aris.'»
Neantraoius, par don especial.
Le roy le peust permettre vivre,
OU forse vient, qoi le délivre,
I.e prince de celle cité.
(II.., ib.. 2:iG3.>
I.e mandement est gênerai,
Si fanlt que nous y comparons.
ICt forse ([Me nous y arons
l'u récépissé mal appoint.
(ID., ib.. 31C,i.-)
Kn ces termes, la dame se leva ;
Forse elle fut appelles a danser :
Le bon amant d'autre rosté s'en va,
Gralant sa teste : il a bien a penser.
(II. Baude, Debal de la Dame el de l'Escuijer, Poi-i-
fr. des xv° et \vi° s., IV, 1711.)
(îf. Fous 2.
FORSEN, voir FORSF.NS.
FORSENAUt.E, fouT., - cenable , - se-
navle, ■ sonnable, adj., qui fait perdre le
sens et la raison, fou, furieux, emporté :
C'est (l'amour) reson toute for.wnable.
C'est forcenerie resnable.
(Rose, Richel. 15":), P -'n».)
C'hest raisons tonte foursenavie.
(Ib.. Vat. Oit. 1212, f».33''.)
Emplissant de viandes les cas forseiia-
blés. [Bible, -Maz. 684, f» 352''.)
La sentence fut forsonnable.
Plaine d'onltrage, de cruaulté.
(^Glill. df. .St Anhué, Libvre du bon .lehaii, 2.'12,
f] barrière.)
... Forccnable,
(II)., t*., Lobin., Il, 6'.U.i
Tais loy, lionne forsonnable.
(Mijst. de SIe narbe, Ars. Slilfi, p. Clifi.)
FORSENABLEMENT,/'orss., adv., comme
lin iiisensé :
La malice de cest venin ne morra pas
rationablement, mais forssenablement et
liirieiisement. (H. DE Mondeville, Ri-
chcl. 2030, f" 88''.)
FORSENAGE, - cetioge, - ennaye, - aige,
s, m,, folie, fureur, furie :
Et Dieus, pourquoi fui ge si ose
Que tel forsenage osai dire ?
(CrniEST., F.rec el En., Richel. 1120, f 11''.)
Derles grant forsenaii/e fis.
Quant ge par les cheveus la pris.
lOiide ,1e Arle, Richel. I91d2, r".ti.'.)
limant I ire et devant la râpe
Don félon plain de forcenage.
(Mack de la Chakité, Bible, Richel. 101.
!° ISS'.')
Vin de deul, d'engoisse et de rage.
Don corroi et don forcenage.
(ID., ib.. f° 212''.)
Ponr en la grant Bretaigne aller venger l'oustragc
Du tyrant- Vortig. reraply de forcennage.
(Le Baifi, le Breriaire des Brelons.)
Mais temps leur fut contraire, qui par son for-
[cennage
Partie des neffs submerge, l'antre an gré da vent
(nage.
(1*.)
Apres avoir des vens souffert le forcennaii/e.
(Ib.)
PORSENAISON, forcetiaisoii, s. f., folie,
fureur :
J'en peur que dans vostre cervelle
L'inclination naturelle
Ne IJst une forcenaison.
Qui vous menast bien discordante.
Chacun par voye différente.
Tons deux dehors de la raison.
(J.-A. de Baif, lesilimes.\. I, f» 36 V, éd. IfilS.l
FORSENANT, forcenarit, adj., insensé :
De pestilence en teniebres alant, del
mors del forsenant en midi. {Liv. des Ps.,
Cambridge, xc, 6, Michel.)
— Qui s'abandonne à toute son ardeur:
r.biens de hault nez, forcenants. beaux chasseurs.
Ne ci'aignans point la foule des piqueurs.
(P,\SSF.RAT, IMm-, p. 4, éd. IBOfi.)
FORSENEEMENT, - cexieement, - cene-
ment, - enneiement, four., adv., avec folie,
avec fureur :
S'il avoient la conixauce de Deu il ne
correceroient jai si forsenneiement lo si-
gner de glore. (S. Bern., Serm., Richel.
24788, fo 10 v°.)
Et lors comenche sa devise
Ensi com fourseneement.
(Sones de Nansaij, ms. Tarin, (" 63'.)
Les deables vendront noirs et espouven-
lahles et espouventerontl'ame moult /"our-
seneement. (Le Miroir de l'aine, Maz. 809,
r° 201'».)
Furialiter, forcenement. {Gloss. lat.-fr.,
Itichel. 1. 7679.)
Il a voulu fourseneement batailler. (An-
cienn. des Juifs, Ars. 5083, f» 13'=.)
Pourquoy te demaines tu souvent si
fourseneement ? {De vita Chrisli, Richel.
181, f» 111».)
Si ouyt dire Gassander que elle force-
neement tuoit les nobles de Macédoine.
(BoccACE , Nobles malheureux, IV, 12,
f» 96 r», éd. 1516.)
FORSENESiKNT, P. m., acte de for-
cené :
Les esragez forsenemenz
Qu'il flst a tûtes hones goni.
(Res., /)■ de Norm.. I, 703, Michel.)
FORSENER, foursetiev, fourchener, for-
soner, forsonner. fursener, forsaner, - mi-
ner, foursener, forcener, forçouner, verhe.
— Neutr., se mettre, être hors du sens,
perdre la raison : être furieux; se dé-
ployer furieusement, terriblement :
FOR
FOR
VOW
97
Ouiiil lie la Iniete, par poi qn'il ne forsamie.
(ft. dr Camhrai, "360. A. T.)
De Joël el dire forsona.
(Wacï. Coneeplion, Bril. Mds. add. l.=;6tlli,
f» .•;:.'■.)
De mallalcDt fnrsrne et art:
(Bnl. ms. MuDich, I.ÎST, Vollm.)
Et frémissent et (orsenne\nC\ encontre
moi. [Dial. B. Ambr.. uis. Epmul, Bonnar-
dol, Aich. des ifiss., 3° sér., 1, 276.)
Quant li jaianz voit qu'il a perdue s'es-
pee si est tant dolenz que pou qu'il ne
forsane. {Artur. Ricbel. 337, f° 6T\)
Par un poi qu'il ue forsanne. {Lancelot.
Hichel. 734, f" 4^)
Bien puis, fet il, vis forcener.
(Rose, 3746, Méon.)
A poi qu'il ne four
(Ansfis, Kichel. 793, f 17'.) I
Si granl despit en ot por pou ne foursana.
(Gar. de Hong!., Vit. Clir. 1517, 1° 15''.)
Clarel l'enlenl, vif quide forsener.
(Olinel, 100->, A. P.)
Le grant Turcq s'enfuy villainement,
foursenant et maugréant ses dieux de
cesle mesadventure. (Wavbin, Anchienn.
Croît. d'Anglet., II, 27, Soc. de l'H. de Fr.)
De peaux il (Bacchus) les enlourna.
Il orna
De pampre leur folle teste.
Kt, trépignant an milieu.
Ce fol dieu
h'ursenott après sa feste. '
(Koss., Od., lu, i, Bibl. elï.)
Par tout forsene faux plaisir. |
iJ.-A. nu Baif, Pofracj, 1. VIII, Lemerre, 11,
S!l!t.)
.Ainsi la flamme allomee.
Oue les vents ont animée,
Forcenanl eruellemenl.
Kn mile poioctes s'eslance.
I iCH. DC Beli.,<ï. la Complainte du désespéré,
l.cmerre, II, S.)
Aussi ne falloit il qu'un corps si plein de vice
Eust après sou trespas autre funèbre office.
Que le sao-jcl le (eu, et tout ce qne d*enfer
Apporte avecqnes soy la licence du fer.
Que je sens maintenant forcener dans mon ame.
(In., les Fur. erntre les infracl. de Foy, I, 3*20.)
Qui me tient qui.' je ne le tne,
l'nte î m'as tu fait tel onlrage ?
Me fais lu forcener de rage ?
(JoD., Eugène, ui, 3, Ane. Th. fr.)
Il forcené de se voir si lâchement, trom-
pa. (J. DE SCHEL., Tyr et Sid. Arp.)
Suivant un parly et désirant son advan-
lage, ils forcennent, s'il en vient au re-
liours. (CiiAKKON, Sag., il, 2.)
Il boull, il forcené, il faict rage.
^Optuc. labariq , les linses âescouv. sur les Chattf
trières de ce temps, Bibl. Gaul.)
— Terme de chasse, /brsenec si(r,fouail-
ler avec excès :
Quant les chiens souvent sont en une
requeste, et il y a jeunes chiens qui se
transportent moult, par leur roideur et
par leur jeunesse, et courent tous jours
devant eulx sans rien asentir; quant on
fourchene sur ses saiges chiens, ils ne
veullent revenir ne retraire, et aucunes
lois querent sus a moutons et a bestes.
{Modus, f» 22'', ap. SIe-Pal.)
— H(ifl., dans le même sens que le
Tuit .«.'i forssainneiil et angi>i8seul
(Rose, ras. Corsini, f IS.'i*.)
Si se foreonnenl et courroosent.
' (/*., Vat. Chr. 1858, f* 129''.)
11 se forsanna tellement que il morut
non point longuement après. (Girart de
Rossillon. ms. de Beaune, éd. L. de Mon-
lille, p. 378.)
Ailes et rendes tout tantost, ou aultre-
ment l'yre de Dieu tout puissant w/'cirçen-
mra en vous griefvemeut. (La Légende
dorée en françoys.)
— Forsenê, part, passé, jeté hors du
sens, furietix, enragé :
La Tint curant cnm femme forsenede.
(Mexis. st. 85'^, Stengel.)
Par Deu ! ço disl l'esculle, cist lioem est forseiie:-.
(Voy. de Ckarlem., 'jSi, Koschwitz.)
A pou que n'est de son san forcenez.
(Les Loh., Ars. 3143. f 23'.)
Iree et forsenee.
(Bes., D. de Norm.. II, 2926, Michel.)
Adonques ot tel doel a pou n'est forsannez.
(Flooimtt, 80, A. P.)
Certes j'en suis touz forsunnez.
{Geu des Trois Roys, lab., ilyst., 11, 118.)
S'en coururent comme forceriez par la
ville. {Amyot, Vies, Alex. le Grand, éd.
1565.)
La langue moderne a le verbe forcener,
tombé en désuétude, quoiqu'il ait été em-
ployé par de grands écrivains du xvii"
siècle.
KOR.SENERiB, - ceuerie, - çonnerie, four. ,
fur., s. f., état, acte, sentiment de for-
cené :
En ta fursenerie ne me cbastier. (Liv.
des Ps., Cambridge, xxxvil, 1, Michel.)
Et li segons si est envie,
Li tiers ire on forsenerie.
(Poème alleg . Brit. Mus. add. 1.S606, f° 6''.)
Por SH très grant forsenerie
Sera sa geat toute bonie.
(Uolop: 427. liibl. elz.)
C'est (l'amour) reson toute forsenable.
C'est forcenerie resnable.
(Rose. Uicbel. 1573, f» 37».)
Li rois respondi maintenant, qui bien
perçut leur forsenerie. (Mén. de Reims,
392,' Wuilly.)
La seconde branche de desleauté qui
naist d'orgueil est foursenerie. (Laurent,
Somme, Hichel. 22932, 1° 4».)
Et Unablement grant forsenerie de ainsi
1 eslever les povres âmes. (J. de SaLISB.,
[ Policral., Richel. 24287, ^60''.)
El sachies de vray que mieulx sambloit
estre eu fourcenerie que aullre chose. (J.
d'Arras, Melns., p. 344, Bibl. elz.)
Tencicr et courecier a p. us grant c'en ne
soit est foursenerie. (Li Ars d'Amour, ],
471, Petit.)
ICn tout plain de lieus l'ont blecié
Juifz par leur forcenerie.
(l'assuin Koslre Seigneur, Jul>.. Niist-, II, 29X.)
Ce lu moul grant forfonneric.
(ilyst. de la ven. de l'Anlechr., ms. Besançon,
— Assemlilée de forcenés :
Pour avoir dolour et ba<kie
En la 1res grant foursenerie
D'inGer. qui n'est mie sonffrable.
(II. DE HouoENC. Songe dr l'aradi', 1151, Scheler,
Troiiv. Iielg., nouv. si'r., p. 210.)
Ce mot tombé en désuétude a été em-
ployé par Régnier (Sat., xv), par Scarron
(Virgile travesti, liv. VII), par Charles de
Sévigné (IX, 338, Hachette).
roKsENELRE, - ceneure, s. f., folie,
ureur, violence :
El dist après ma grant venjance ma
grant decepline, après ma forseneure mon
apaiement. {Queste du S. Graal, Richel.
12382, f» 20 r'^.)
Je estoie malades por la forceneure du
mes plaies. (Chron. de T^urpin, Richel.
S714, ^41% Auracher.)
FORSENEUX, forceneux, adj., forcené :
Rabiosus, enrageux, forceneux. (Gloss.
de Salins.)
El fuyoit Albamas son mary qui la pour-
suivoit forceneux et enragé. (Bocr.ACE,
Nobles malheureux, I, vi, f" 6 v», éd. Iblo.l
Durant le forceneux débat, cestuy Hie-
ronimus fut cruellement occis de ses
propres citoiens. (ID., ib., V, 9, f» 121 v».)
FORSENNEIEMENT, VOir FORSENKR-
MENT.
FORSENS, - en, four., foras., foursenl,
forsain, s. m., folie :
Mais folie fost et forsens.
(Chbest., Cligel. Ricbel. 1420, (° 51'.)
Que me prent forsenz ou rage.
(Homaii de Thebes, Richel. 60, f» 12''.)
Le nom d'Vdoine ot Amadas
Et de s'.nmie, isnel le pas
Estcomraeas tout son forsens.
(Amaldas et Ydome, Kichel. 375, V 3Î2'.<
Moût en ot le sanc esparti
De forsen et de cruianté.
(Vie Sic Mary., ms. Chartres 620, P 46 .)
Diex, ne me chastie en t'ire,
■Ne me constreiog en forsen. Sire.
(Lib. I'salm.,\\. p. 265, Michel.)
Diens, ne me chastiies en tire,
Ne me conlraing en foursen. Sire.
(Ib., ms. Berne 697, f «9 r°.)
Et li lions tel orgoil mainne.
Si grant forsen et si grant rage
Que ses piez la terre arrache.
(ilule sans frain, lierne 354, t° 32''
T. 680, Haut!, liée, I, 22.)
Tu fer. outrage et grant forsens
Kl mult peu de ton avantage.
(B. DE CoNDE, M de yatlillece, iab., Nuuv. Rec,
11, 57.)
Tn fais folie et grant foursens
Et moût peu de ton avantage.
(lu., ib., V. 122, p. 180, Scheler.l
N'i anras mal par mei, ço's Ireit forsen e rage
illorn, 322, Michel.;
11 dient a conseil, cist est plains de foursent.
iVeus dou paon, Richel. 1554, f 71 r".!
Estes si pris et si vaincu,
Plain d'yïresce et de foursens
Qa'en vous n'a mesure ne sens.
(Fabl. d'Oi., Ars. 5069, (• 35-.J
El forssen et la manvesté
De Satlian et la cruauté.
.M.riE DE i.A CnvniTÉ, Rible. Hichel. 401, I' Sfl".'
13
Méon,
0><
FOR
Quant li arme est enivrée, qnanl toz li i
cors et toi li seni de forsain sont luit |
trait (iedenz et fichié ea nostron Sei?nur. |
(Li Complaignemant de Varme, Richel. 423,
Pour jastli-e et Teogeance prendre
Fisl la mort issir de sa caige
Pbinne de foursen el Je raige.
(G. Macb*clt, le Juge», du roi de Nar.. p. "l.
Tari».)
Haro ! quel forsett. qnella râpe !
(Gbebas. Misl. de la Pas!., GiS, G. Paris.)
FORSENVoiiEi», S. 111., éiuissaire :
Euiissarius, forsenvoiiers. (Gloss. de
Douai. Escallier.)
FOKSKR, voir Forcer.
FORSETE, voir FORCETTE.
FonsFAiRE, voir Forfairk.
FORSF.VITURE, VOir FORF.ilTURE.
FORSFIY.VXCE, VOir FORFCUSCE.
FonsFL-v.WT, voir Forpciant.
FORSG.VGIER, VOir FORGAGIKR.
FORSGETER, voir FORGKTF.R.
FORSGITER, VOir FORGF.TER.
FORSiF.R, voir FOSSIEH.
FORSIS, S. m. ?
CoDlre cesle manière de bataille en font 1
les ennemis une autre qu'ils appellent /'or-
tis, et la mettent ils très bous chevaliers
qui se partent un pou et reculent icelui
berçueil et l'encloent d'une part et d'autre.
(J. DE .Mecng, Trad. de l'art de cheval, de
Veg , Ars. 2915, (' 57 v».)
FORSJETESIE?<T, VOÏr FORGETEMENT.
FORSJOIÎSTER, voir FORJOnSTER.
FORSJUGIER, voir FORJDGIER.
FORSJL'RER, VOir FORJdBER.
FORSLIGNABLE, VOir FOIiLIGHABLE.
FORSLIGNIER, VOir FORLIGNIER.
FORSLOIGMER, VOir FORLOIGNIEH.
FORSMANER, VOir FORUENER.
FORSMENEIt, VOir FORMENKH.
FORSMETRE, VOif FORMETRK.
PORSMOVOIR, voir FOHMOVOIR.
KORSOIER, voir FOBÇOIEB.
FORSONER, voir FOHSENER.
FORS0NN.\DLE, VOir FORSENABLE.
FORSOST ACIER, VOir FOROSTAGIEB.
PORSosTÉ, voir FonosTÉ.
FORSPAISIER, voir FORPAISIER.
FOR.SPAItTIR, voir FORPARTIH.
FORSPHENDRB, VOir FORPRENDRB.
FORSRACHiEH, V. a.. Cracher dehors,
expulser en crachant :
Excreare, forsrachier. (Gloss. de Douai,
Escallier.)
FOR
FORSSE, voir Force.
FORSSENER, VOÎT FORSENER.
FORSSENEURE, VOir FORSAINEURE.
FORSSOIER, voir FORÇOIER.
FORssouFFLER, V. a., souflUer hors,
rendre par le souffle, exhaler, expirer :
Exalare, forssoufUer. {Gloss. de Douai,
Escallier.)
FORST, voir Fors.
FORSTALEMENT, S. m., empêchement :
Il semble que il y a ad un autre cause
de difseiseia de touts les trois services
avant dits, c'est a sçavoir si le signior
soit, en alant a la terre, tenus de lui pur
distreiner por le rent arere, et le tenant,
ceo oyant, luy encounter, et luy forlala la
voy, avesq force et armes, ou luy menace
en tiel forme que il ne osast venir a sa
terre pur distreiner, por son rent arere,
par doubt de mort, ou mutilation de ses
members; ceo est un disseisin, por ceo
que le seignior est disturbé de le meatie,
por quei il doit vener a son rent ; et is-
sint est si, por tiel forstalement, ou ma-
nace, ou ne osast vener demaunderle rent
arere. (Tenur.de Liltl., f 53% ap. Ste-Pal.) i
FORSTALLER, - aler,forl.,\. a.., acheter i
des denrées en chemin avant leur arrivée
au marché : |
Que nul marchaunt Englois n'engrosse
ne forslalle vynes en Gascoigne ne les
preifine per voie d'eschate de nul de Gas-
coigne ne d'autre pur paier en Engleterre
pur plus grande somme que vyns ne sonl
communément vendus en Gascoigne per
j cause d'apreste en parel du meare ou per
nul autre colour. {Stat. d'Edouard 111,
an XXVII, impr. goth., Bibl. Louvre.)
I Que les gentz de grande lernemuth en-
controieut les pescheours mesnantz harank
a la dit ville en temps du faire et achètent
et forstallent le harank avant que ils
veignent a la ville. (Ib., an xxxi.)
— Empêcher, faire obstacle à :
Et luy forslala la voy ovesque force et
armes. (Littl., InsM., 237, Ilouard.)
El luy forlala la voy. (lo., Tenur., f°S3*,
ap. Ste-Pal.)
— Forstallé, part, passé, acheté en che-
min:
Auxint est accordé et establié que les
forslallers des vyns et autres vytayles et
des toutes autres vitailles, merches et raer-
chandies qui veignent a les bones villes
d'Engleterre per terre ou per ewe en da-
mage nostre seignour le roy et de son
people, si de ceo soit atteint a la suite le
roy ou de partie devant maire, baillifz ou
justices a ceo assignées ou aillours en la
court le roy, et s'il soit atteint a la suite
le roy per endilemenlou en autre manere,
soient les choses forslatles forfaitz au roy
si l'achatour ent dit fait gré al vendour et
s'il n'eil fait gré 'le tout mes per arres en-
courge l'achatour laforfailure de tant come
les biens forslatles forfaitz amountent so-
lonas le value que il les avéra achalé, s'il
eil ae qiioy et s'il n'eit de quoy adonques
eit la prisone de deux ans el pluis a la vo-
lonté le roy sans estre lessé au mainpris
ou délivrent en auter manere, cl s'il soit
atteint a la suite de partie eit la jiartie l'un
moilié des tielx choses forslnlles ou le
FOR
pris del doiin le rnv et le roy l'auter moi-
tié. (Stat. d'Edouard 111, an xxv, impr.
goth., Bibl. Louvre.)
FORSTALLiE, S. f., tout empêchement
causé à tel droit que ce soit :
Issint toutes foiiz que nul marchant
n'autre ne voise par terre ne par eau d'en-
countrer tielx niefs charges des marchan-
dises de les forstaller ou les arrerer par
voie de forstalUe sur peyne continue en le
dit tierce articles des dites ordinances.
[Stat. d'Edouard 111, an xxvill, impr.
goth., Bibl. Louvre.)
FORSTALLOUR, S. m., marchand qui
achète les denrées en chemin avant leur
arrivée au marché :
Sur peine qe appent a forstallours. (Lib.
Cuslum., 1, 81,2, Edw. II, Rer. brit. script.)
Item est ordiné et establi que l'eslatut
fait en temps le roy E. aiel l'an de son
reigne .xxv. des forstallours des vyns, vi-
tailles, m erces et marchandises quelconques
qui veignent a les bonnes villes deins le
royalme per terre ou per ewe soit tenus
el fermement gardes. {Stat. de Richard II,
an II, impr. goth., Bibl. Louvre.)
Forstallours acressent les foers de yi-
I taille vendable, par lour traverses que ilz
fount hors des marches. (Britt., Loix
d'Anglet., f" 77% ap. Ste-Pal.)
FORSTOLLIR, VOir FORTOLIR.
FORSTRAIRE, VOlr FORTRAIRE.
FORSTRERE, VOir FORTRAlRE.
FOUSVEER, voir FORVOIER.
FORSVEisÉ, adj., éloigné :
Il sunt del cunle forsveisé
K de la veruresIuingDé.
{Tristan. 11. 879, Michel.)
1. FORT, adj., difficile, pénible:
Ha dame, con /"orte novele chi a! {Arltir,
ms. Grenoble 378, 1° S».)
Ciertes, dist li Empereres, forte chose
esldeçou croire. {L'Empereur Constant,
Nouv. fr. duxin' s., p. 8.)
Li plas fors ert li commeochiers.
(S\RR*ziN, Roman de Ilam, Michel, Hisl. des ducs
deNorm., p. -223.)
Nostres sires li dit : Je suis Jhesu Criz
cui lu guerroies ; fors choses est a toi
guerroier anconlre moi. (La Convers. Sainl
Paul, Richel. 988, f" 48».)
h'ori sp.ra se lu fais escrii.
Quant cnqiie n'as.
iilir. de S. .lean Chrys., 711, Wahlnnd )
Brief ilz sonl Ires fors a servir,
A peine on les peull assouvir.
(I.e Chasleau de Mour, éd. 1 199.)
Le Temps est trop fort .i passer.
(t'arce de Marchandise, Ane. Th. fr.
m, •2!1.'!.)
Fort a ferrer a toasjour» fer qui loche.
(/*., p. 25<!.)
— Fortifié :
En lotes nos maisons fors ft lloibes,
(1268, Ch. des compt. de Dole, ^— , Arch
Doubs.)
Plusieurs chastiaux, fors maison? ei
autres forteresces estanz ou dit royannie
FOR
ont ept(S ppriins par dfllTan( (te ^»ar(lp. (1358,
Ord., iir, 224.)
On dit encoro de même : château forV
— Au fort, loc, enfin, au fait :
Vrainraenl. dame, je feray
Treslonl an niieiii que je poray.
Or soil, au fort noos le verrons,
As armes tous congnoislerons.
(CiiHCi, 711. Crapelot.)
rtont il advint que att fort son seigneur
scenst fa manière. {Liv. du Chev. de La
Tour, c. 6, tîibl. elz.)
Sy leur va dire : Mes dames et damoi-
selles, puis qu'il vous plaistque je meure,
sans remède ne mercy avoir, je vous pry
a toutes qu'il vous plaise a moy donner
un don. Et au fort elles lui accordèrent.
(/6., c.xxiv.)
Au fort ne m'en chanlt qni m'en blasme.
(Compl. d'Amours, ms. Genève 1 "9'"% liilter,
Poés. des \[\' et xv'^ s., p. fi"2.)
Si leur dict que voireraent tant avoient
meffaict que plus ne pouvoient, et plus luy
pesoit de ce que le roy avoient injurié,
que de luy ne de ses gens ; mais que au
fort tout leur seroit pardonné. {Liv. des
faicts du maresch. de Boucic, 3° p., ch. 8,
Bucbon.)
Au fort qnelqu'an s'en récompense,
Qni est remply snr les chnnliers.
(ViT.i.oN. (jranâ Tesl., xxv, .louaust, p. 211.)
Par elle menrs, les membres sains;
Au fort, je menrs amant niarlir.
Du nombre des amonrenx saints !
(In., Pel. TcsI.. vi, .lonansl, p. 0.)
11 fut, Oit fort, contraint de saillir par la
porte de devant. (Locis XI, A'OM»., i, Ja-
cob.)
Au fort, elle s'appaisa, quant elle vist
qu'aultre chose estre n'en povoit. (Id., ib.,
XXII.)
Par ma foy, vous en seriez bien esbahy,
pource qu'il se fait tant vostre amy : mais
au fort )e suy bien aise dont il a resveillé
le cliat qui dort. {Quinze joyes de mariage,
vir, Bibl. elz.)
Aufforl Tostre vonloir se face.
/.RERAN, Misl. de la Pass., 28350, G. Paris.)
Au fort n'en parlons plas mesbuy.
(CoQCir.î.., Mmot. du Pwj.i, II, 2f;0, Bibl. elz.)
Au fort tont Iny accorderay :
Je n'y voy point (de) meillenre voye.
(h'arce de l'Obstination des Femmes, Ane. Tli. fi'.,
I, 29.)
n'en dire pins me tays au fort.
{Le DehttI de deux Dem., Poés. fr. des \i' et
xvi« s., V, 2!IS.)
Encore, an fort.
Je TOUS Tueil pronver qa'avez tort.
(I*., p. 206.)
Au fort, laissons tons ces debas.
(Serm. joy. de bien lioi/re. Ane. Th. fr., Il, 17.)
Hz font bien lon^ne demeurée.
Le soupper est ja préparé,
J'ensseja mon hoslel paré.
Et si ne sçay si viendront point.
Au l'on, je m'en voys mettre a point
La nappe tandis qu'ilz viendront.
{.Farce de Guillerme, Ane. Th. fr., I, .33(1.)
Car do faire un homme soigneux, au
fort cela estimois je impossible d'estre en-
seigné. (La Boet., Mesnag., Feugère.)
Ou sont convaincus par la sueur (ceux
qui mettent du fard) ou décelez par les
larmes, ou au fort le bain et l'estuve en
font la raison de les dcscouvrir au vray.
(ID., ib.)
FOR
Au fort, je ne croy pas qn'un bon tirenr de laine
Puisse avoir, au sibet, postnre plus vilain"
Qne moy.
(,ScnEi.A.\'nRE, Tyr et Sid., 1» jonrn., v, 1,
Ane. Th. fr )
— Au fort, suivi d'nn part, prés., tout
au moins en.':
Je pensois me sauver de toz en quelque sorte
Au fort m'csloiRnant d'elle.
(I,A BoET., Sonn., xxi, Feugère.)
— Venir au fort, arriver à la fln :
Par le S!inï bien, quand je m'advise,
Je ne vonldrois pas estre mort ;
Car je sçay bien, s'il rient au fort.
Que je seray homme uolable.
Ou senesclnl, ou connestable.
Ou gouverneur d'nng grant pays.
(Farce d'un Mary jal.. Ane. Th. fr., I, 128.)
Mais lousjnnrs, quant ce rieut au fort.
Ne veullent plaider ne acroire.
{Dell, de la Dame et de ta Bourg., Poés. fr. des
\\' et xvi° s., V, 8.)
2. FORT, s. m., capital, par opposition
aux intérôls :
En leur imposant (aux Lombards) qu'il
avoient, contre les ordonnances royaux
qui mectoieut paine de corps et de biens,
preste cent livres oultre quinze par an
pour usure, et aussi , en prestant, il
avoient fait des usures fort... ordena
l'en que tous ceux qui leur dévoient
feussent quictes pour le pur fort, et
que il en feussent creus par leur saire-
ment. Et fu trouvé que les debtes que l'en
leur debvoit, et quija estoient venues a
cognoissance, montoient oultre deux mil-
lions quatre cens livres, desquels le pur
fort ne niontoit pas oultre douze cens mil
livres. {Grand. Cron. de France, l'Istoire
du roy Plielippe de Valois, xr,iii, P. Paris.)
3. FoiiT, voir FuEii.
fortadijEment, adv.. avec violence :
Tcellui Thibaut bouta et abati lortable'
ment a terre ledit Girardin. (1364, Arch.
.1.1 96, pièce 93.)
FORTAiLLEU, v. a., tailler trop abon-
damment :
Senz iceulz prez, eaues no hos fortailler
ne desroiier fors que a droite taille et roye.
(1386, ArcL. M.M 31, t° 13 v.)
FORTAiLi.EREssE, adj. f . , qui taille
mal :
Et une borgne cousturiere
Forlaillcresse parmentiere.
(DEcnii.i.KTli.LE, Trois Pclerinaiges, f° li.i'', impr.
Inslit.)
FORTCLORE, VOir FORCLORE.
FORTECE, - esse, s. f., force, courage :
Li Sire, la meie fortece e li miens escuz.
{Liv. des Ps., Cambridge, xxvil, 7, Michel.)
Tu ies, Deus, la meie fortece. {Lib.
Psalm., Oxf., XLii, 2, Michel.)
Fortece est le niileu entre paor et bar-
dément. (Brun. Lat., Très., p. 272, Chn-
baille.)
Atemprance et fortece. (lu., ib.)
Fortesse de couraige. {L'Ord. de cheval,
ms. Ars., f» 27 r".)
— En fortece, naturellement fortifié :
FOR
99
Per manière que la moitié de celle cité
du Cayre est en fortesse. (1420, Trad. du
Traité d'Emmanuel Piloli, sur le passage de
la terre- sainte, f» 8 r».)
FORTEFIESMENT, VOir FORTIFIEMENT
FORTEl.ESCE, Voir FORTERECE.
FORTEMi's, S. m., contretemps ;
Vertu fait la vie meilleure.
Vertu c'en est l'encre plus senro
Que nul forlemps ne forcera.
(Baif, Mimes, I, 22, Blanchemaio.)
FORTERECE, forteresse, - esce, forlrece,
forlelesce, s. f., force, puissance :
Cil se traient en Leaguece
U plus aveit grant fortelesce.
(Bf.n., D. de Korm., Il, 5.il3, Michel.)
Ke cant on conoist le grant ateiremenl
de ses menbres, de la forlrece des men-
bres puisl l'om devant conoistre la victore
Ici après vient. (St Greg., Job, p. 300,
Foerster.)
Castrum ventris est la /"orfercce de la char.
(J. DE Aluet, Serm., Richel. 1. d4f;61,
f» 196 v°.)
U cuidoient que nus ne peust jusques a
•iaus venir porla forterecedes liens. {Chron.
de S.-Den., ms. Ste-Geu., 1° 3''.)
Ils cuidoient que nuls ne se peust jusques
a euls venir pour la /'orlei'esce des lieux.
{Ib., I, 2, P. Paris.)
Compte nous entièrement l'ordre, le
nombre et la forteresse de l'armée. (Rab.,
1. II, c. 26.)
FORTESSE, voir Fortece.
FORTFUISER, V. H., faire du bruit,
causer, parler à l'oreille :
Je vous ouy tanlost le cry
De petites souris, pipis
Fortfuisaiis a mon oreille
Parmy cetoing; c'estoit merveille.
(CoQOiLL., Monolofi. de Coguill., II, 226, Bibl. elz. 'i
FORTiiu, S. m., intestins du cerf qu'on
donnait aux chiens en criant de manière
à le.s habituer à accourir à la chasse, lors-
qu'on poussait ce inOme cri dit forlhu :
CclUiy qui tenoit le fortliu
Se print très fort a forlhuer.
(Lin. de la chasse, p. 2.S, Pichon.)
FORTiADLEMENT , adv., vlgoureuse
ment :
Il combati si forliablement que il les en-
chaça tresluz. {Cliron. d'Angl., ms. Bar-
berini, f» 8 r».)
FORTIEFFIEMENT, VOir FOHTIFIEMENT.
PORTIERE, S. f., forteresse :
Envoiet li avoit, li bons roys couronnes
.M'", sodoiers hardis et redoubles
Pour garder lels] fortieres.
(II. de Sel/., xvn, 917, Itoc.ca.)
FoRTiF, adj., vigoureux :
Se li autre ont voé estrango œuvre et fortivc
C'est drois, leur volentez en estoit volentive.
(Rest. dou paon, Uichel. liJa-i, f° l;il v°.)
FORTiFiABLE, adj., qui pput ir.'ivaiUer
aux fortifications :
Les sieurs sindics ont exposé qu'il est a
tous notoire; que cculx de Lyon se sont
100
KOR
FOR
FOR
révoltez et ont quille la Ligue, qu'ils oui
mi? dans leur villfi un grand nombre de
"cns inconneuz et que par ainsv est cran-
oement a craindre de recepvoir d'eulx
quelque attaque et que nous soions sur-
prins; pour a quoy obvier est requis de
ranforcerla parde, fortifier la ville, et a ces
fins appeller tous les foreiiis fortifiables
pour salisfTaire a ce que leur sera com-
mandé par cenlx qui a ce seront commis
et auront pouvoir. (Pièce du 12 fév. lo94,
ap. J. Baux, Mém. historiq. de Bourg, II,
277.1
FORTIFICATION, S. f., ausniienlation
de forces :
Selon la fortification et accroissement
duquel (corps) est augmenté l'asaige de
raison. (La tresampie et vraye Expos, de la
reigle il. S. Beu., 1486, f" 85'.)
La fortification et roboration des join-
tures débiles. (P.^nn. OEuv., XXI, xni,
Mal'.'aigne.)
FORTIFIANT, fortiffianl, s. ni., ouvrier
qui travaille aux fortirications :
Que l'on envoyé journellement sept
hommes des bourgcoys et habitants appa-
rents de la ville pour fere ouvrer les for-
liffians et pyonniers a la forlificalion d'i-
celle. (1343. Délib. du conseil de Bourg, ap."
J. Baux, Mém. hist. sur la ville de Bmirg,
1, 119.)
Foumyssent annuellement six cents flo-
rins pour la forliffication et terrassements,
avec les forlifians, membres d'ycelle ville.
(1544. ib., 1, 146.)
Les sieufs sindics ont remonstré que
.Mgr le gouverneur les a mandé quérir, et
estantz vers luy,a dict qu'il se double que
nous soyons a' la guerre et qu'il y fault
pourvoir, et en premier lieu a la réparation
des murailles de peur d'une surprinse et
qu'il a envie de faire venir les fortiffiantz.
i24 janv. iti9l, Assemblée du conseil général,
ib., 11,2:15.)
FORTiFiEMENT , - ifftement, - imenl,
fortef., forteff., (orlieff., forlefiesment,
fourt., s. Ml., action de fortifier, fortifica-
tion :
Regardans évidemment l'acroissement et
fourtiffiement du lieu. (1346, Arch. M 73,
f o8 V».)
Le forlifjiement et amendement de la
dicte Ville. (Ib., {°70 r°.)
Pour le forlifimenl et remparemenl de
nostre ville etchasteau. (1372, Traité ent.
te Duc et le Boid'Angl., ap. Lobin., 11. 589.)
A le fortefiesmenl de ledite ville. (1418,
Lille, .ip. I,.i Fons, Gloss. ms., Bibl.
Amiens.)
Fortiffiement et fremetlé de la ville.
(1446, Béllmne, i6.)
Soit prins un espace de terre environ
lequel soit faiz les fossez et les fortifiemens
eslevez. (II. de Granchi, Trad. du Gouv.
des Princes de Gilte Colonne, Ars. 5062,
f 210 y.)
Par les barrières faictes es entrées de
leur fortiffiemenl a pié et a cheval, en plain
jour. (J. Ch.irtier, Chron. de Charl. VII,
c. 27, Bibl. elz.)
Et se forliffiereut de chariostz, pieuz
plantes debout, et d'autres forliffiemens.
:lD., ib., c. 77.)
C'esloil une grant merveille de veoir le
castellet et les fortifiemens qu'avoyent les
Françoys contre leurs cnnemys. (1507, la
Cong'ueste de Gennes. Archives cur. de
l'histoire de France, 1* sér , t. II, p. 24.)
— Par ext., action de fortiUrr, de .sou-
tenir, d'appuyer :
Les François venoienl main n main
combatre a pié et a cheval en fortiffiemenl
des Angloiz.(.I. Chartier, Chron. deCharl
Vn, c 54, Bibl. elz.)
— Au sens moral :
Le secont baptesme fu donné en forlifie-
menta ouvrer bonnes vertuz. (.1. (ÎOULAIN,
Ration., Richcl. 437, l'° 3-ï(i v".)
Que c'estnit un fortifiemcnt de petit
espoir. (G. Chastell., Cfcron. des D. de
Bourg., II, 32, Buchon )
— Confirmation :
En fort'.fiement de totes les choses des-
sud. (1308, Franck, de llsle-sur-le-Doubs,
Cnrt. deNeufchâlel, appartenant au marquis
deDurfort-Civrac.)
En tesmoignaige et ou fortieffiement de
toutes les choses dessusdiles. (1308,
Franck, de Blâmant, Arch. mun. Montbé-
iiard.)
FORTIME, voir FORTISME.
FORTIN, adj., le fort, épithètc de
Sa m son :
Qui est qui contre amor est sages?
Ce ne fa pas fortins Saosons,
Davis li rois, ne Salemnns.
(Ben., Trnies. nicliel. 37.H, f" in:!'' )
Aine tant ne rcdolerent Jnis Sansoii fnriin
Comme on fait en France le Ane. et son linslin.
tChei'. «Il C'jD'te, II. i281, Ilippean.)
Je vous diray un autre exemple sus le
fait d'une faii'lee femme qui eiist nom
Dalida, qui fnt femme Sanison fortin. {Liv.
du Chev. de La Tour, c. i.xx, Bibl. elz.)
Ou milieu de l'un des flacons a Sanson
fortin qui est doré et tient un lyon parmi
le col a l'une des mains, et de l'autre tient
une macue pour le ferir. (1360, Invent, du
duc d'Anjou, W 323, Lahorde.)
FORTIUER, v.a., enlever :
Vos povres amis
Qa'en eoffer sont mis
Forment vous désirent,
Plaindent et souspii'ent
Qa'aiosi sont snbmis
A leurs ennemis
Qui les vous fortirriU.
(Cukran, Misl. di- In pan., i:j231, G. Paris.)
FORTis, S. m., sorte de redevance :
Les mêmes cens, fortis seigneuriaux et
tresfonciers. qui se compétent et payent
en marcs, livres, sols, deniers, oboles,
coupe, fortis, se réduiront, et payeront a
la valleur de l'ancien patart de Brabant.
[Ord. du pays de Liège. Coût, eén., TI,
974, éd. 1635.)
FORTISME,- ime, adj., très fort:
tu, fille del fortisme. (Liv. des Ps..
Cambridge, XLIV, 12, .Michel.)
r.'ic la terre est fortisme. do mnrs e de fosies.
(Pm« de Pampr/., 2189, Jlussaina )
Acomijlisseur de tous ces mauls et for-
time en iceulx. (Oresme, Quadrip., Uicbel.
1348, f'' 167 v».)
FORTissiMn, adj., furinc savante de
fortisme, très courageux :
De cesie fortissime gent en ;irnips fn
conte Ouillerme. (Aimé, Vst. de li Norm.
I, 3, Champollion.)
— Très violent :
Ire fortissime. (Aimé, Yst. de li Norm.,
II, 16, Champollion.)
FORTiTREOtiR. S. m., chasseur dont 1h
fonction était d'empêcher le cerf de forti-
trer :
Toutes voyes on les puet bien tenir de
deux en deux, pour fournir plus de leisses
au tillre, et doit mettre deu.x ou trois che-
vaucheurs, que l'en doit appeller forti-
treours, au commencement de l'entrée du
liltre, au bout des premières laisses, afin
que, si un cerf venoit et vouloit forlitrer
hors de la on les lévriers seront, que ceulx
qui seront a cheval les puissent crier, et
bouter dedanz les lévriers. {Chasse de
Gast.Pheb.. p. 215, ap. Ste-Pal.)
FORTLONGE, VOlr FOP.LOIGNE.
FORTMENT, VOlr FORMENT.
FORTOLiR, fors., four., V. a., enlever:
Et de leurs dens leur proie ostoil
Qu'au povre aroinl fourlolu.
(.Vers de Joli, Ars. Sliï, f° <6T.)
>'e n'y aurai/ cheval forxfotln on embles.
(ficî/or du Paon, ms. Rouen, f 91 v».)
FORTRAiEMENT, fourtreement, s. m.,
confiscation :
.Lx. sestieres de wayn et .XL. de tra-
moix qui bien valoient .XL. I. de Messins
que li prevos de lai chancie enmenet en
fourtreement. (Charte de 1337, Coll. de
Lorr., m. 41, Richel.)
Cil dou pont a Moussons tiennent en
fourtreement .i. santis desouz Vendieres,
liqueilz est les signors et les prodomes de
Vendieres de anciennetei. {Ib.}
FORTRAiEOR, - cur, four., S. m., celui
qui enlève, voleur :
Mais s'il est covoitous et crueulz et for-
traieires d'autruy biens. (Cons. de Boece,
ms. Montp. H 43, f 18^)
En punissant les fourtraieurs, receleurs
et deceveurs des debtes dessus dictes.
(1318, Arch. JJ 56, f 107 r».)
FORTRAiRE, - trere, fors., four., fuer,
verbe.
— Act., tirer dehors, soustraire, enle-
ver, retirer, détourner ;
Glaive forstraistrent li felun. (Liv. rfes
Ps., Cambridge, XXXVI, 14, Michel.)
Et si a forsiraite s'espeie.
(Bru/, ras. Mnnicli, G9;i, Vollm.i
Que Lancelot nos n forslret,
[Ve ne savons qu'il eu a fet.
(La Chnrretle, Vat. Chr. 172.-;, f"21».i
Maintenant conraenco forxirerr
Deux corooes de sou trésor.
(Chrest., Erec et En., Richel. 3"S, P 28'= )
La mare an grant challoinel
.4 li uns fonlrete.
(Rom. et pa.1t., Bartsp.li, II, .SO, lî.)
So il avient ijue un aver ou une beste
soil a aucun home enblee ou tolue pur
force, ou fortraite, ou par aucune autre
manière, par toute la terre dou reiaumc.
(Ass. de Jér., ^, II, p. 161, Beuguot.)
FOR
FOR
FOR
Nus ue puel ue ni' 'loil fortraire aiitnii
apraati; ne autrui ?prf;fint, par lui ne par
autre, devant qu'il ait feit et acompli son
service. (Est. ItoiL., Lie. des mest., l" p.,
XVI, 6, Lespinasse et Bonnardot.)
Nul maistre dudit mestier ne porra
fouriraire le varlet ou serviteur d'un
autre niaitre, tant que son terme durera.
[Statuts des fotirbissetu:'' d'Amtens, ap. A.
Thierry, Uon. inéd. du, Tiers Etat, II, 393.)
Li usuriers, li avoutre, oil qui fortraient
la famé lor voisin. (Serm., Richel. 423,
r* 72''.)
Qe nul fortreie autre emprentiz ne autre
serjzeaunt dedenz son terni. {fAb- Cnstutn.,
t, 78, 45, Hen. lll, Rer. hrit. script.)
De vendre, d'estrangier, de forstraire
ou de mettre fors de leur main les devant
dis .V. arpenz. (1277, Abb. S. Vinc. dn
Senlis, Font, les corps nuds, Arch. Oise )
Si tos com il Vot forstraite don bain?,
(il Contes dou roi Flore et de la belle Je-
hane, Noiiv. fr. du XIII" s., p. 106.)
Quant si anemi li orent ensi forstraites
les sranz compagnies que il avoit amenées.
{Chron. deS.-Den., ms. Ste-Gen., f» 177''.)
Onques en toute sa vie troubler ne cou-
rouscier ne le voult (son père) .., ne boi-
sier ne fortraire le royaume par mauvais
engin. {Gr. Chron. de F>\, Dou premier
roy Phelippe, xv, P. Paris.)
Salve moi, Dens, et si m'aie.
Si rae fortrai de felonnie.
{Vie Stfi ilarg.^ ms. Troyes. >
Kl dist : SeiîîDeurs, je jure par les sains qnt
Isont ri
F,t par irestftuz les autres de qaoy Dien est servi
Qoe cest mauves olonton qui ci est m'« Iray
Ktforiraitf la dame a qni je soi mari.
(/,<• DU rfr.t Aneles. iab.. Hûiir. Rrc, I, 12.»
Qai femme farxlrayoif.
(Cirarl de Ross., 20S."., Mijinard.)
Pour lour bien meubles et heritaiges
qu'on lour fortraixoit. (1323, Hist. de Metz,
IV, 1.)
Par sa subtilité la fortrahit a son dit
père et la despucella. {Met. d'Oo., Vat.
Chr. 1686, f'> 27 v.)
En fortreant et portant hors de nostre-
dit royaume tout le billon que il peuvent
trouver. (1353, Ord., n,S49.)
Et penser et regarder se aultre lui for-
trait l'amour que il doit avoir. {Liv. du
Chev. de La Tour, c. xvil, Bibl. elz.)
C'est a ilire que homme ne povoit ny ne
devoit fourtraire l'amour l'un de l'autre,
puisque Dieus et l'esglise les avoit unv^
et conjoins ensemble. (76., c. xxxiv.)
Afiu qoe il'euU on pnist fnrsfrnire
I.a convoitise qui les art.
(Chb. de Pi*an. Liv. du chemin de long cstude,
i868, Pùschel.)
Tn es Pierre ly apostat
Qui forlraii ceulz qne nous amon.
Qui noslre aray, maistre Syraon.
As fait mourir de maise mort.
(Uarlijie de S. Pierre et de S. t'aiil. Job.. Vi/v/.,
I, 80.>
Et la peine et la tourment de ceul.x qui
périssent te foiirtraie de ta coulpe.
(Traict. de Salem,iDi. Genève leo.f» laôr".)
Reste qne nng ciladin d'oppinion contraire,
Tasclioil par tons moyens lenr voulenlé fortraire.
(J. Mardi, Voij. de Venise, la Prinse du Cliaslcau
de Pesquiere, f° 8tj v", éd. 153-2.J
— Uén., se retiror :
Vous ave?, tort de luy eslre coolraire,
.\ii poovre Client qoi .«'est vonln forlrairr
Ile liberté, se mettant en voi laz
Poar eslre ,«erf.
(J. Marot, Cinqante liond. xtir tmt. sort, de mat.
joy., vu, éd. 1531.)
— S'abstenir :
Non seulement se fortrairent de hiy
faire aide, mais ly furent aigres ennemis.
(Le Baud, Hist. de Bret., eh. xxvi, éd.
i638.)
— Neiitr., se retirer :
Qu'il /"oMtrcoîi de la créance \)ii\. (Chron.
de Fr., ms. Berne 590, f 4».)
Et revindrent tuit si homme a son acort,
et tuit li prince qui de lui estaient forstret.
{Chron. des rois de Fr., m s. Berne 607.
f" 3S'. 1
— S'avancer ;
LoTsfu a rencontre forstret ;
Ne de clianler n'i ot poi fet.
(CnREST., Erec et En., Uictiel. 3"3. f -J.S'.)
— Forlrait, part, passé, enlevé :
Et les chouses occupées et fuertraites
malvaisement au droit et a la propriété
de ladite maison rapeler foyablement par
tout nostre pooir. (1281, Saint Vivant,
cote 8, Arch. Doubs.)
F'ORTR\iT,fourtrait,s. m.,riise, finesse,
tromperie :
Par renardie et par fourlrail
Se sont a grant liantere trait.
{lien, te nom., p. .io9, Méon.)
l/enfant at baptisiet l'evesque sans fortrait.
(.Ieh. nEs Prkis, Geste de Licye, 23871, Chron.
belg.)
FORTiiAiTREssK, adj. f., tolU W fait
traîtresse :
Trestontes sont forlrnitrrssr'i
El deeevans et felenesses.
(Amald. et Ydoine, lîichel. 37.S, f 3i7 .)
FORTR.viTiîRE, fortrpAitrc, s. f., ruse,
tromperie :
Diva ! fol rihans, qaar le lais.
Si te va pendre a nn gibet ;
Ta ne sez rien fors qne d'abet.
Do mespoins, et de fortreture.
Mes de ce n'ont prendomme cure.
Um Contrejengle, Itichel. 837, f il.V.)
Cf. I''0BTR.AIT.
FOIITUECE, voir FOnTERECE.
FORTRETUHi:, Voir KOBTIIAITURE.
FORTOXABLK, adj., malheureux : [
L'uissier de la dite royne, sachant et
consentant de devant dit forfait, en ce jour
a Pontoise au commun gibet des larrons
fu pendu; lequiel cas forlunable les barons
et le roy d<î France et ensenient ses lils
courrouça moult et troubla. (Gr. Chron.
de Fr., Phelippe le Bel, lxx, P. Paris.)
Quand au regard de .lehannc, femme de !
Philippe conte de Poictiers, qu'on disoit |
aussi eslre coulpable elle fut emprisonnée ,
au chastel de Dourdan, et après deue in- j
quisition faicte, et qu'elle ne fut point
trouvée chargee.elle fut rendue a son mary.
duquel cas forlunable le roy et lesdits 1
enfans furent moult troublez et scandalisez.
(N. f',iLt,Es. .inn., t. I, f'>31fivo, éd. 1492.)
FORTUNABi.EMK\T, adv., par le faillie
la fortune :
Tout ce qui vient ainsi fortunablement
tout est fait selon la volunté do Xostre
Seigneur. (Eximines, livre des s. .\nnes
f 37 r», éd. 1476.) '
1. FORTiTNAi,, - el, adj., iiroduit par le
hasard, fortuit :
Requerans que comme ledit cas soil
fortimel, el non de fait appensé... (1387,
Arch. J.1 131, pièce 84.)
Delillal demande grâce pour ce cas for-
tunel avenu en esbatement. (1389, Arch.
.1.1 138, pièce 131.)
C'est diligence
Qni fait rebouler indigente.
Et maint aulro cas fortunel.
(E. Deschamps, Pocs., Uichel. 8in, r" S30\)
Comment l'on pourra discerner entre
vrai ami, et ami fortunel. (Id., ib., !' 487".)
Biens fortunelz. (Courcy, Hist. de Grèce,
Ars. 3689, f» 29'=.)
Evénements fortuniaux. (fi. Chastei.l..
Cliron. des D. de Bourg., III, 83, Bnchon.;
Cas fortnnaulx. (L'Outré d'amour, ms.
Ste-Gen., f" S r°.)
— Qui amène la tempête :
Ledit port est fort découvert pour les
vens fortunaux de noord ost. (Ghill. de
Lannoy, Voy. et ambass., p. 132, Potvin.)
2. FORTUNAL, s. m., malheur, et en
particulier tempête, tourmente :
Puys luy demanda quelle cause luy sem-
bloit estre de cestuy esponvantal/'orhinal
(R.\B., 1. TV, c. 23, éd. 1332.)
Echineis poisson tant Imbecillc arreste
contre touts les vens el retient en plein
fortunal les plus fortes navires qui soient
sus mer. (Id., !'()., c. 62.)
A ce qu'il ne m'y advienne comme aux
paresseux et negligens mariniers, lesquels,
n l'heure de la plus forte tourmente et
plus dangereux fortunal, sont contraints
de s'embarasser et empescher a recouldre
et rapiécer les vieilles voylcs. (Guill. du
BELL.\Y,Proi. des Ogdoades, A vu, >», dans
les Mcm. de M. du Bellay, éd. 1.573-)
FOiiTUNK, s. f., malheur, accident :
Au tens d'iver, quant les tempesles el
les orribles fortunes suelent sordre parmi
la mer. (Brun. Lat., Très., p. 20.'>, Cha-
baille.)
A cause de la fortune et stérilité cjue
courut y a pour cesto année. (9 sept. 14S0.
Arch. Yonne, S. Julien, L. iv.)
Pour le fait des guerres et autres for-
lunes (Ib.)
Terres qui communs ans en temps de
paiz soulloient estre bailleez a dix septiors
de blé de ferme par an.... qui pour le
temps de présent pour la fortune de la
guerre ne sont baillez que pour ung
boessel de blé. (1433, Aveux du bailliage
d'Evreux, Arch. P 294, reg. 4.)
— De fortune, par hasard :
Un cheval tomba de fortune dans l'eau.
(G. BoiîCHET, Serees, ll, 232, lioybet.)
Bretagne, C.-du-N., fortune, malheur.
• 11 pourrait nous arriver fortune. ..
FOUTUNEEMENT, neiiiciil, adv., d'a-
venture, peut-être :
102
FOR
Quant la prosperilt de lo duc venoil
croissant de degré en degré a ce que for-
lun«rmra(saillist a la haute dignité. (Aimé^
Tst. de li Norm., vi, I, Chanipollion.)
De lesquels gages plusours des ditz ca- |
pilaines ont abusez et pris sur eux deba- |
tier sur leur souldeonrs d'ascuns plus et i
d'ascuns nieyns nssinl que tielx sur queux |
ils ount abatcz nount esté de poair de con- I
tinuer lour service ne ceo pcrfourmer
rome de droit et reason ils deussent avoir |
fait et forlunement veillent avoir fait s'ils I
eussent esté pleinement paiez... (Stal. de I
Henri VJ, an xvili, impr. gotli., Bibl. j
Louvre.) i
— Henrensemenl ; [
Si s'en est l'ost retournes a Ronio, la |
chose faite mal forttweement. (Bersuire,
r. Liv., nis. Ste-Gen., f 36\)
Et fut la besonsne en Iroys lieux forlu-
neemenl faicte. {Cliron. el hht. s. et prof.,
Ars. 5079, f 110*.)
Comme Jehan eust tousjours vescu 1res '
forluneement. (Bourg., liât. Jud., 1, 6, éd. i
1530.)
Fortuneetmnt. (R. Est., Pet. Dict. (r.-
lat.)
— Malheureusement :
Aussy, que son seigneur Layus le roy
fortuneement avoit en bataille perdu.
(ConBCY, Hist. de Grèce, Ars. 3689, f° SS»-.!
FORTUNEL, Voif FORTUNAL.
FORTUNEMENT, VOir FORTUNEEMENT.
FonTUNEOR, S. iii.. Ordonnateur :
Li sages fortunieres des choses vit que
les unes choses dévoient par lui estre
criées et les autres eissir des autres. {In-
trod. d.istron., Richel. 1333, f" 7^.)
FORTUNEH, V. a., favoriser :
Ensi estait il fortunes de ses besoignes.
'Froiss., Chron., 11,448, Kerv.)
Ta Tcrla (long qae Pallas acompaigne
ta fortunant de soa parfait sçavoir.
(Tablr., l'ors., i' p., p. 90, éd. lail.)
Fortunare, conduire a bonne fin, donner
bonne issue, bien forluner, faire prospé-
rer. (R. Est., Dictionariolum, éd. 1342. )
Dien baatain !
Ta m'at bien tost mieax fortunée
Que je ne me diiois mal née !
(JoD., Eug.. ï, ;;, Adc. Th. fr., t. IV.)
Aide aa si beau dessciD, fortune lear prouesse.
(Desi'Obt., Cartels el ilasqaar. det cher, fldell.,
Bibl. gaai.)
S'il advenoit que Dieu nous forlunast
tant que de ne me douuer lignée. (Har. de
H. lll aux Est. de Biais, 1588.)
— Rendre malheureux :
Quand par lo; tel deil me fortune
Que jantes ne me partira.
(Grebax, i/isf. de tapota., 21150, G. Paris.)
— fortuné, part, passé, infortuné:
Si y eut um^ journée trop fortunée coulre
lui, car il perdi grantfuisson de bonne ba-
cbeleric. (Froiss., Chron., IV, 324, Kerv.)
Lasse de Ion heure uee,
Fortttner,
Rt mal menée,
Esgaree,
Triste, lolente, esplourec.
il. nis.iuMfs, /V/(i . Il, :iîl \.T.)
FOR
ne tons amans suis le pins fortutiez
^t qui moins ay en d'amonrease vie.
(In., ih.. III. 26S.>
Helas, qnel onUraf:e !
Je ne suis p<is sage,
Mais bien fortuné.
Homme plain de raRC,
Ton Tillain courage
Est bien mal mené !
{itist. du n'el lest., H8i, \. 1 .)
Mais ne sçaToient les paonvres forluna
L'exlremité ou estoienl destinez.
(Ilisl. de la mort d'A. Boullene, ms., f» 17 r".)
— Aventuré :
Prince, trop est chevanco fortunée.
Quant elle vient comme désordonnée
Et a brief temps retourne a son usage.
(ErsT. Df.sch., Poés., II, .SI, A. T.)
Michel d'Amboisp se nomme « l'esclave
fortuné', c'est-à-dire le jouet de la for-
tune.
FORTUNEUs, adj., chanceux, avcnlu-
reux :
Ledit capitlaine et tous cenlx de sa gal-
lee estoienl tristes et maris pour le cardi-
nal et leurs autres gens, desquelz ilz
n'oioient pas nouvelles; mais ilz ne sça-
voient mye de leur adventure fortuneuse,
quy fu tele que je diray. (Wavrin, An-
chienn. Cran. d'Ènglet., II, 113, Soc. de
l'H de Fr.)
Sente qui est si périlleuse.
Si forvoiaul, si fortuneuse
Comme est celle de convoitise.
(J. -Bruyant, Cliem. de Povreté. à la suite du ilé-
nagier, t. II, p. 21. Biblioph. fr.)
Fortune a fortuneux empire
Qui endort gens el les esveille.
De bien en niieuli, de mal en pire
Tourne souvent quant on sommeille.
(MiCHABLT, Danee au.r Aveugl., p. 99, éd. 1"48.^
Qui se vont tousjours lamentant
Des tours fortuneu.v variables.
(ID., ib.)
— Riche, heureux :
Pour la gent garder d'estre oyseux, car
moult de gens le sont tant comme ilz sont
plus fortuneux. {Le Liv. dez esches, ms.
Cliartres411, f» 68 v«.)
— Malheureux :
Les bien advises et conseillies, selon leur
ymagination, justement glosoient les pé-
rils, et pesoient les forttmeuses adventures
qui povoient advenir. (Froiss., Chron..
XIII, 103, Kerv.)
Batailles fortuneuses. (Id., ib., 11, 2.)
Une incidence très fortuneuse. (Id., ib..
XI, 238.)
— Qui amène l'orage :
Mais lors se montra une tempeste et
ung vent/'ortenet/s... (Wavrin, Anchienn.
Cron. d'Englet., ii, 199, Soc. de l'H. de
Fr.)
FORTUNEiîsEMENT, adv., par accident:
Fortuneusement icelle femme fu atteinte
du baston par la teste. (1408, Arch. JJ
103, pièce 43.)
— Par bonheur :
Et les rançonuerent courtoisement, ccs-
cun selonch son estât el son afaire, el
encore? plus doucement, pour tant que
cestc avenue leur cstoit fortuneusement
FOR
venue et par biau fait d'arnips . (Froiss.,
Chron., VI, 227, Luce.)
FORTUNiTÉ, s. f.. malhenr :
Si s'avisa que il se ralieroit a Nabidez...
et qu'il li bailleroit la cité d'Arges par tele
convenance que quant il auroit vaincuz les
Romains il la li institueroit, et que se for-
iun«(^ r.en avenoit elle li demorast. (Ber-
suire, T. Liv., ms. Ste-Gen., f" 338''.)
FORusciR, voir Forissir.
FORusER, V. n., comniettrp un abus :
Que ons ai forfait et foruseil alcunnc-
ment en alcunne partie des vogenient de
torches. (J. de Stavelot, Chron., p. 202,
Rorgnet.)
FORussiR, voir Forissir.
FORVEER, voir FORVOIER.
FORVoi, forvoy, fourmi, s. m., four-
voiement :
Qui venu encerchier verilei
Sens tout forroij de faucetei.
(Boece de Consol., ms. Berne 3G5, f 37 y'.)
C'est bon que vous venes o moi.
Si seres hors de tout fourvoi.
(Froiss.. Peés., Richel. S.fO, f 30 r".)
Cascuu de nons va tant et marce
Que nous venons, sans nul fourvoi,
Droiteraent on le temple voi.
(In., ii.. ("30''.)
FORVoiABLE, adj., oîi l'oD s'égare faci-
lement :
Un sentier ronsenx el destroit.
Plein de silence et de durlé,
Et de fonoiaUe obscurlé.
(Met. d'Oi'., p. tu;, Tarbé.)
FORVoiABLETÉ, - aubMé, s. f., lieu où
l'on s'égare facilement :
Les occultez des bois et les forvoiauble-
tez des deserz. (.Ms. Ars. 5201, p. 330''.)
FORVOIAUBLETÉ, VOir FOBVOIABLETÉ.
FORVOIER, - oyer, - ter, - eer, four.,
fors., verbe.
— Act., dissimuler, taire :
El s'il vous plaisl entendre a mi,
Le voir n'en puis pins fourvoier.
(Sarrazin. Itom. de Ham, Michel, Hist. des dues de
Norm., p. 216.)
— Neutr., se fourvoyer, se détourner,
reculer :
Cum jeo aparseusse plusnrs
De la voie de mors forvoier,
Avis pur voir m'estoit
E grant bien seroit
De voir cunsillier.
(EvERARn, llistiq. de Dijon. Cato,.)
Non pourquant bons serjan/. i a
,\ arbalesles et a lances
Qui moult ont bonnes espérances
De Flamens faire forvoier.
(GcrART, noy. lign., 175:10, W. et D.)
Par le delîaut d'aucun pechié les enfans
errent et forvoient de justice qui est la
voie de vie. (J. de Salisb., Policral.,
Uichel. 24287, f» 56^)
Fourvier, to go oui of Ihe way.(DD GuEZ,
,4» Introd. for to lerne to speke french
treicly, à la suite de I'alsghave, p. 946.)
Pour a'avoir jamais forcoyc
Du vray sentier de la droilure.
(.I.-A. m Baif, Poèmes. I VIII, I.emerre. II, .39:i-)
FOS
FOS
FOS
t03
Mon liTre, n'oubly pas a dire
A qoironqae te Tiendra lire
Que n'ai/ fonoi/é de la foy-
(In.. i«., 1. IX, Lemerre, t. II, p. 160.)
— Au sens moral, sans régime, s'écar-
ter du bon chemin, de la raison :
PUisurs engendrad.mais oreest baraigne
par mescreance, dum ele forsvead. (Rois,
p. 5, Ler. de Liucy.)
Mes ooslre propre voloaté Jcmcine
Savent ailurs nous ameine
Et nus fet sovent forvear
Par fet, par dit, par foui penser.
(Pierre de Peckaï, liom. de lumere, Brit. Mus.
Ilarl. 4390, P S"".)
Par Mahomm'^t! fet il. chil a cner d'aversier,
Du il est enivré, qui le fet forroier.
(Doon de Maience, 0748, A. P.)
— Forvoianl, part. prés, et s. m.,
homme égaré :
Brntus partit de Grèce et les siens,
El fut singlanl par mer vingt trois jonrs,
Pnis rencontia bien Irois cens fonoijens,
Trestous Troyens allans sercher secours.
(Le Bauii, Geneal. d'Anne de Bret.)
FORvciDER, V. n., terme de faucon-
nerie, manquer l'occasion :
De quel cris on use, et quels mots.
De quel égard et patience
Pour faire tourner a propos
D'un oiseau la teste ou l'on pense
Qu'il ait mieux sur sa proye l'œiî
De crainte que l'on ne forvuide
Comme on croise, coin me l'on vuide.
Contentant et l'œil et le vneil.
IJOD., Oeuv.mesl., P -280 r", éd. 1583.)
Le fanlconnier soudain sur le ventre jette.
Attend que le faulcon sur les airs remonté
Soit en sa volerie, a fin qu'il ne fonuide.
AiDÇois, quand il est temps, et qu'il croise, et
[qu'il vuide ..
(Du Cbeske, Six. lie. du grand miroir du monde,
p. 97, éd. 1588.)
FORZOR, voir FORÇOR.
FOSNiEii, voir Faunier.
POSS\EH, voir FOSSOIEB.
Foss.\GE,- aige. s. m., fossoyage :
Nous parlerons des champs et de leurs
labourafies et en ce sont a considérer
la viande, le fossage et le labourer, le
semase et l'enter. (Frère Nicole, Trad.
du Livre des Prou/fiiz champ, de P. des
Crescens, f» 14 r", éd. 1316.)
— Salaire pour le fossoyage :
Lequel salaire devra estre priiis et levé
sur les héritages et terres voisines qui
seront tenus de payer le fossage. {Coul.de
Haynault, Coul. gén.,t. I, p. 812, éd. 1635.)
— Action de mettre ie bois dans un
fossé pour le réduire en charbon :
Il a droit de prenilre sur les fossaigespar
toute ladite forest quuut les charbuuuieis
traient, c'est assavoir sur chascune fosse
.1111. deniers. (1434, Denombr. de la vie.
de Couches, Arcb. P 308, I» 23 r».)
Fos.sAiLLF,R, V. n., creuser :
César., fist fossailler et venir l'eau tout
alentour de la place ; mais depuis Nero
hst combler lesdis fossez. (Dv PraET, Pline,
vitl, 7, éd. 1566.)
.Mais pour les bien asencer. il faut bien
fossailler profond, (Id., ib., xix, 8, éd.
1603.)
Il apporta en la tour des instrumens a
fossailler, et cava tant qu'enfin il parvint
an pertnis. (Hist. pit. du prince Erastus,
(' 98 r», éd. 1S87.)
FOSSEAL, voir FOSSEL.
FOSSEËU, voir FOSSOIEH.
FOSSEEUR, voir FOSSOIEUR.
FOSSEL, fosseal, foucel, s. m., fossé :
Quaul Gantiers fu issuî fors du fossel.
(tiaijdon. 9420, A. P.)
Li fosseaus ki desoivre la terre del hos-
pital de lor court de Beaulin. (1270, Cart.
de Marquette, Richel. I. 10967, f 57 v.)
Les 2 fosseaus ke on apielee montées ki
issent don cours de la deule. (Ib.)
Les hostelz ont tout despiciez
Pour les foucels. que que nul die.
(Guerre de ilelz, st. 181', E. de Bouteiller.)
Pour faire fossiaux au devant des blés.
C1362, Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl.
Amien.s.)
Demi quartier de courtil sur le fossel te-
nant aux Rocbaz. (1387-88, Compt. des an-
nivers. de S. Pierre, Arcb. Aube G 16o6,
!• 220 V".)
Hz ont esté d'acors de faire faire, entre
la porte de Saint Just et celle des Forces,
uag fossel profont a ung pont de boys des-
sus. (3 avr. 1418, Heg. consul, de Lyon, I,
111, Guigue.)
La dove du fosseal nove du chastel.
(23 janv. 1438, Ord. du cap. gén. de Bresse,
Compt. de lâchât, de ChiUillon en Uomb.)
FossELE, foissele, foisele, s. f., fosse :
La mors l'aja fet ton chapel.
Tu es sor l'eur de ta fossele.
iltKCLOS UE MoLIE.vs, Miserere, .\rs. :U60, r"54 r".)
— Fossette :
Entour avoil blanques maissailes,
Faisant au ris .n. foiseles.
(A. iiE L,i Hali.e, Jus Adan, Vat. Ghr. 149U,
f" 13-2''.)
... .\ voit blanches maisselles
Eaisans au rire .ii. foi^iaeles.
(iD., ib.. llicbel. 2.jo06, f" Il r'\)
FossELER, V. u., faite des fossés :
Que nul ne fossele sur chemin royal, ne
publique, ne sur regect, sur l'amende de
.Lx. solz. (Bout., Som. rur., 1° p., f" 1.34%
éd. i486.)
— Fossele, part, passé, entouré, coupé
de fossés :
Une grosse compaiguie de Gaudois se
trouva retraite d'aventure en un preail
assez grand et spatieux ; celuy preail es-
toit clos de la rivière de l'Escaud en tour-
noyant, et par devant avoit une grosse
baye d'espines, fosselee, et moult fort a
passer. {Mém. d'Ol. delà Marche, 1, p. 402,
ap. Ste-Pal.)
— A fossette :
Et après foucelé menton,
(A. nE i.A Halle, Jus Adan, Vat. Chr. 1490,
f° 13-2''.)
— Percé de trous :
Les bras avoil moult Ions et les pie/, fueelez.
'fierahras, 4753, A. I'.)
FossELETE, - elle, foiss., s. f., petite
fosse :
Et se faisions fosse/elles,
La ou nous bonrlions au.t nois.
(Erois.s., t'Esp. amour., 238, Scheler.)
Pour sa terre a la Foisselele. {Cens, de
S. Thib. de Soiss., Arcb. LL 1022, f» 12 r».)
Estens ta grâce et ta miséricorde
jusques a moy ; que tel oingnement me
vaille tant que je puisse faire ma fosseletle
de ma propre main, ou ma cbarongne
puisse reposer après ma mort. {Percefo-
rest, vol. VI, f» 118% éd. 1328.)
— Fossette :
Et quand le ris se levé entre vos trois pommelles.
Lors, d'aise tout ravi, dans les trois fosselelles
J'eaterre pour un temps nies plus après soucis.
(.'^CHEl.ANDRF., Somi., le Teint.)
. Centre de la Fr., fousselelte, trou carré
formé dans le sol par l'enlèvement d'une
motte de gazon, laquelle est disposée en-
suite en une sorte de piège à prendre les
merles et antres petits oiseaux.
FossELEus, fouceleiis, adj., qui a une
fossette :
l'ouceleus menton, crcspes crains.
Vis coulouré, ne trop hactains.
(.Divisions des soixante et douie biautes, 150, ap.
Méon, Noua. Rec, I, il2.) liDfT.,/'ouceleus,
FossELU, foisselu, adj., creux, creusé :
Aisseles foisselues.
'Divisions des soixanl. et douze Hautes, 149, ap.
Méon, iVoid'. Rec, 1, 41-2.)
— Qui a une fossette :
Fosselu menton,
Fosselues joues
Et fosselues les joinies
Des mains,
(ia Louenge et beauté des Dames, Pcés. fr. 'les xv'
et xvi° s., VII, itou.)
A la gorge douillelte, au menton fosselu.
(Jacq. Tahlreau, Poe»., p. 79, éd. 1574.)
.... Ce menton fosselu.
Poli, grasselct, pommelu.
(Resu Belleau, Uerger., t. I, f .">0 r", éd. 1578.)
Son menton rondement fosselu.
(ItONs., Amours, I, 48. Bibl. elz.)
FosSEMENT, fuuss., S. ui., fossé, en-
droit creusé :
Ainsi conme les bois se lievent a tout
le droit foussement. (1315, Arcb. JJ 52,
f» 80 r°.)
FossER, fausser, fouser, v. a., creuser :
Uoches sont moult agues, et li fossvu tondis.
Car li ors croist desous, et argens, et vernis.
(0. de Seb., \ui, C2. Bocca.)
A façon de cavernes fossees eu terre.
(.(. .MoLi.NET, Chron., ch. ix, Bucbon.)
Une planche fousee. (17 mars 1394, Stat.
des serrur., Liv. noir, f» 40, Arcb. mun.
Montaubau.)
— Labourer, en parlant d'une vigne :
Laquelle vigne j'ai fossee, vinee et gou-
vernée. (1469, Arcb. J.1 197, pièce 88.)
Lajeuue vigne sera labourée de ceste
sorte d'œuvre appellee bouer ou fousser a
chevalier, très profitable aux nouvelles
vignes. (0. DE Serr,, Th. d'agr., III, 4,
éd. 1605.)
104
FOS
FOS
FOS
Taillée que soil la vigue, les sariiieus eu
feront diligemiueut lies eu faissenux, pe-
tits ou grands, selon l'usîige des lieux,
aussi tosl transportes deliors la vigne, a
couvert, et la conserves pour le cliaiin'age :
alin d'eu labourer le fonds incontinent
après. Telle première œuvre uppellee faus-
ser se doune jiar hommes robusles, avec
besclies et liouyuux, eu iiroruuduut tant
qu'on peut, pour mettre la terre en bon
guerest, et tout d'une main eu sortirtoutes
importunites de jiierreset racines, (lo., ib.)
— Neutr., creuser un fossé :
Fiscnt fosser el liayer leurs nrciers au-
tour d Vdus, iiour eslre plus fort. (Fnotss.,
Chron.', V, 420, Kerv.)
Uressnn, feussero, bêcher. Wallon, fossi.
VOS^UREB, voir FOSSOKEE.
i.-ussKaiB, s. (., fossé :
Pour /osseiie fuite entre aucuns des dis
hiretages. (1347. Compl. de Valenciennes,
u» 3, p. 15, Arcli. muu. Valenciennes.)
Un censier doit faire a ses frais tous re-
levaiges de freltes et fosseries de .l. pies
et en dcsoubz. (1445, Valenciennes, ap. La
FoDS, GlOiS. VIS., Bibl. Amiens.)
FOSisEUiKit, focerier,s. m., laboureur:
Li fo<:eriers qui cultive les terres a sou
foceur, et ne uiie a buez, me doit un resal
d'avoiue ou d'apeste chascuu au. (1269,
Cbarmes, 8, Aich. MeurtUe.)
1. FossET, fouceit, s. m., fossé :
Fosset. (AoiU lâoO, abb. de Châtill.,
lart. 63, Arcb. Meuse.)
Cisl rut doit corre per lou uiiof fouceit.
(1275, Coll. de Lorr., 980, liicbel.)
Ils faisoient leurs préparatoires pour
laster les fossets et eutrer au cliasteau.
(J. MoLi>-KT, Chron., ch. clxi, Buchou.)
Planches, fossels el appujelles. {Cousl.
de Toui^ay, ms. appartenant à M. Boc-
quillet, p. 11.)
Aocbiens fossels, hornebois et ahous
sont réputés pour bornes el assens entre
héritages circonvoisius. (fft., p. 38.)
Item fief contre terre cottieic attire a
soy les fossels, et fief contre fief dépar-
tent iceulx fossels moitié par moitié.
{Cousl. de iSorlagne (Flandre), ms. appar-
tenant à M. Bùcquillet, p. 118.)
Nom propre, Fousset.
2. FOSSBT, voir FO.NCBÏ.
FOS8ËTË, - elle, s. l., petite fosse :
En hautes FossdiM... En hasées Fosse les...
{Liv. velu, f» 12 v», Bibl. Bayeu.v.)
— Ulcère :
Chancre, fosselles, véroles, cliaudu pisse.
(Du Fail, Prop. rusl., p. 48, Bibl. clz./
lossKTKL, fuselel, s. m., petit fossé ;
Pour faire foseliaux un devant des blés.
(I36i, Lille, up. La Fous, Glosi.vis., iiibU
Amiens.)
Pour l'acqueste faite d'un fosseUl qui es-
toit de l'héritage de la ville, deux cap-
pons. (Teslamenl en chiroyraphe, du 2
mars 143^, Arch. muu. Uuuui.)
Fussicuii, fousseur , foisseur, s. m.,
celui qui bâche la terre, celui qui fail des
fossés, terrassier, fossoyeur :
Mâchons, car(>eutiers et /'os«curs.(KuQiss.,
Chron., V, 322, Luce, ras. Amieus.)
Fossoyeur, fousseur. (.Yomenc/. oclil. ,
éd. 1619".)
— En particulier celui qui bêchait la
terre avec ses bras el n'avait point d'altc-
lage pour labourer :
Et ly fosseurs sans bœufs et saus che-
vaux 12 deniers. (Ch. de Vauchier de
Vienne, Coll. Droz, t. XXVll, (' 109.)
Ung sage foisseur ou ung sage areiir.
(Uresme, Eth., f» 119% éd. 148S.)
FossEunE, fousseure, fossure, s. f., ac-
tion de creuser :
Deux cens de planches de siaige pour
employer a la fousseure des seintres de la
derreniere vote de la tour.(1433, Compt. de
Nevers,CC31, f" 26 r», Arch. nuiii. Nevers.)
— Creux :
Le nombril dont la foiiiturc
Marquait encor la couppure
Uu vieil amoureux lieu
Qui joiuguoit rhomme aucien.
(Baik, les Amours, I" iil v». éJ. iUlt.)
FossEUx, fausseux, adj., creu.v, ca-
verneux :
Cavernosus ul cavernatus, fausseux.
(Gloss. de Salins.)
Cavernosus, caverneux ou fosseux. (1464,
.1. Lagadeuc, Ca(/io(., éd. Auflret de Quoet-
queueran, Bibl. Quimper.)
Nom de lieu, Fosseux, Picardie.
FossicLE, s. m., monnaie de compte
de la valeur d'un denier de Flandre, de
vingt-quatre pour un patar ou cinq
liards :
Payé a Monseigneur de Saint Aubin
pour quatre auwes achatees en le rue, se
cousta cascune trois gros et quatre fos-
sicles pour rente, cy, 13 s. 4 d. (1360,
Compte de ihospitaldes Wez, Arch. muu.
Douai.)
1. FossiEu, s. 111., celui qui creuse
avec la houe, fossoyeur, terrassier :
Les fossiers font tôt luaioleuaut veair,
Fosses tout faire eavirou Icjardiu.
(Les Lah., ms. Berne 113, f» 13'.)
Le fossier si avoit mis
b!a Sun braeni
Ceut &l deux soulz.
(ilarlitt llaparl, ap. Jub., Xouv. liée. II, "205.)
Mâchons et fossiers pour faire .i. essiau
pour mettre 1 iaue jus des fosses. (1306.
Trav. aux chdl. des C. d'Art., Arch. KK
393, f' 28.)
La voie par ou les fossiers vont a la fon-
teine. (.Merc. apr. couv. S. Paul 132S, Ch.
du Garde du sceau de Cotent., S. Sauv.,
Crosville, Arch. Mauche.)
La femme Uuerri, le fossier des Corde-
liers. (13i2, Arch. adm. de la ville de
Iteims, II, 519, Doc. iuéd.)
Au fossier de ^ostre Dame aux .Non-
nains pour avoirsonné les cloches d'icelle
église et faite la fosse. (1428, Despense
pour les funer. de J. Freppier, ap. La-
lore, Obituaires du dioc. de lYoyes, p.
140.)
2. FOSSIER, S. m., propriétaire d'une
usine daus laquelle on traitait le minerai
do fer ; il jouissait de droits d'usage fort
étendu dans plusieurs forêts :
.l'ai aussi eu ma dite harouuie droict de
grosses forges, al'fineries,bocambres, fonte
et fourneau a faire fer pour user en icelluv
mes dicts boys en charbon pour l'usaige
el entretenement de mes dites grosses
forges, affineryes, fonte et fourneau de
présent édifiez et faisant fer, sans empes-
chemenl d'aulcune personne, en quoy fai-
sant je puis et doy jouir et avoir, comme
premier baron fossier en Normandie, des
droictz, libériez, l'ranchises, privilleges et
prééminences, telz que ont accoustumé
jouir et user de tout temps et d'ancienneté
les auUres fossiers du dit pays de Norman-
die au nomlii-o de quatro seulement. (1604,
Lett. de Charlotte des Vrsins, Arch. Seine-
Intérieure.)
3. FOSSIER, forsier, faussier, adj., pa-
raît signifier vinl:iteurde sépultures :
Larron fossier, fait >'oslre Dame,
En paradis n'enterroil ame.
Oui vo roat|i-e eu vcrroit croire.
(De iinnaeho in llumine periclitato, 3011, Micbel,
0. de Norm., l. III.)
Pondus doit estre come larron fossier.
iCimmn. I.ooijs, Richel. "7i, r* 28.)
Ne voz pandisl comme laîron forsier,
(Gir. de Viane, Richel. LUS, f tS*.)
Il eu aura molt aspre goeredoa
De paudre as forches com[me] forsier lairon.
(;*.. p. 136, Tarbé.)
Li .V. sont raordriseor et Tob%or fossier,
(Epis, des Chelifs, p. '259, Hippean.)
El quant mon biau neveu livrastes
A. lele ribaude fossiere.
(G. DE CoiNCi, Mir., ras. Brux., f° t-20', Méon,
mm. Hec, II, 53.1
Ce ne sont pas larron, ne garçon, ne fossier,
AÎDZ sunl molt preu as armes et vaillant cheva-
llier.
(Qiiat. Fils .iijDion, Richel. 24387, f 38'.)
En haut seras pendus a une arbre ramee.
Comme leres faussier.
(/*., p. 18, Tarbé. I
t't haut seras peudus a une arbre ramee
r.orame leres fossiers qae l'on prent en enflée,
{/ira. de Munlaub , p l:i, Michelanl. i
Encor servi d'autre meslier.
Car .1 larron fossier sivoie
Qui de vair, de pris H de soie
Me vestoit k'il aloil enb'ant.
(GiRB hs^otiTK., la Violel le. lim, Michel.)
4. FOSSIER, S. m., houe :
Si prist un fossier et haua tant k'il trouva
liois crois.. {Vies des saints, ms. Lyon 697,
I' 51".)
FOssiLLAUE, - liage, s. m., action de
creuser, fossé :
Se trouvèrent devant une place nommée
Luine, merveilleusement fortiffiee de bol-
verls, trenchies el fossiliages. (J. Molinetj
Chron., ch. ccxi, Bucliou.)
.XL', emploies en fossiliages. (1505, S.'
Orner, ap. La Fons, Gloss. ms., Biblj
Amiens.)
Fossillage. (1386, Compte de S. Berlin^
Béthune, ib.)
FOSSILLEUH, S. 111., celui qui creuse,]
fossoyeur, mineur :
[Mise faite] a Gilles le Blanc, fossilleur^
auquel le ville estoit tenue, comme par lel
compte précèdent poeut apparoir en le]
snmmn de im. livres. (1115-1416. fieceptc»]
de liouluyii,- sur-Mer. p. IS.'), éd. IJupoul.)j
FOS
FOS
FOS
105
1. FossiLLiEii, focillier, v. a., creuser :
Lesquels avaient uiiné et focillié si nvnnl
soubs le chasteaii, qu'ils povoient oyr
leurs consaulx et devises. (J. Molinf.t,
Cliron., ch. ccii, Buchon.)
— Fossittê, part, passé, conpé île fossés :
Tout le pais est tout fossHlé, a l'avantaoe
des gens de plé, et au desavantage de
ceulx de cheval. (Ol. de l.\ Marche, Mém.,
I, 25, iMichaud.)
2. FOssiLLiER, S. 111., fossoyeuf :
Les ^ossilliers. (1323, S.-Omer, ap. La
Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
FossiLLON, s. m., fossoyeur:
Lors le fossé se faict et produict tout en
hnste, par œuvre de fossillons. (Flave Vegece,
111,8.)
FOSSiNE, fascine, s. f., instrument de fer
à plusieurs fourchons pour prendre le
poisson de rivière et les grenouilles :
Ou prent aussi pros poissons en fosses
en eaue clere, a fossines ; et est fossine ung
instrument de fer qui a plusieurs afiuil-
lons. (Frère Nicole, Trad. du Livre des
Prou^lz champ, de P. des Crescens,
f<>125 vo, éd. 1316.)
On prent les raynos aquatiques avec le
morceau ou avec l'arquet et fuscine. (Pto-
line de honnesle volupté, f° 93 v», éd. 1328.)
FossioN, s. f., action de creuser, de
fendre :
Et dont atoclions nos par sapience et
consiewons nostre mortification, se nos
laissons les veables choses; si nos repu-
nons es nient veables, se nos par lafossion
del cuer lo querons, si ke li cuers gettet en
sus de soi tôt ce ke il penset de terriene
chose. {Job, p. 467, Ler. de Lincy.)
Fossoi, s. m., fossé :
Le fossoi deu molin. (1282, Cart. de S.
Wandr., f» 138 v», Arch. S.-Inf.)
Fossoi.\BJLE, foceable, adj., qui peut
être fossoyé :
En luec certain et foceable. (.Mai 1230,
Charte de Geoffroi de Rochefort, Richel.
1. 9231, G. Musset.)
FossoiEMENT, - oyemeiit, s. m., fossé :
A toutes ses compaignies qu'il avoit eu
la cité d'Araence vint en grant silence et
tout coyement jusques aux bastides et
fossoyemens de ses ennemys qu'ilz avoient
l'ait pour la seurté de leur siège. (rranstet.
de la prem. guerre pun. etc, à la suite du
Prem. vol. des grans dec. de TH. Liv.,
f» 176'', éd. 1330.)
FossoiER, - oyer, fessoyer, fosseer, fos-
saer, foussaier, verbe.
— Act., entourer de fossés :
Se ledit lieu estoil fortifié, fosseé et
emparé. (1379, Arch. JJ U6, pièce 63.)
Fisent fossoier et haiier leurs arciers
autour d'yaus, pour estre plus fort.
(Kroiss., Chron., V, 29, Luce.)
— Couper par des fossés :
Les boys sont piesses
E les chemiDS fossaes.
iConq. of Irel., p. 7r., Michel.)
— Réfl., s'entourer de fossés :
F.slans proches d'ennemis, les jannis-
saires portent et plantent les pallis, se fes-
soyenl a la façon romaine ; les croissans
rompus se rallient derrière le fort pour
dernier refuge ; ils reprennent vigueur et
retournent a la charge. (G.vsp DE Tavax-
NES, Mém., p. 93, .Michaud.)
— Neutr., creuser un fossé :
Trois journées a commencer de /'oiMsaie;'
a l'environ du boulevart des ardilliers.
(1474, Compt. de Nevers, CC 68, f» 13 v»,
Arch. mun. Nevers.)
— Fossoié, part, passé, entouré de
fossés :
Quant le dit Tallehot fut approuchié du
dit champ, fut esraerveillié quant il vit les
François fossor/es de si parfonds fossez.
iAl. Chartier', Hi.1t. de Charl. VII, p. 232,
éd. 1617.)
Hanlle tonr de désespérance...
Fosso'jee de pnis parfons.
(Greban, Misl. de la pass., 2I0SC. G. Paris. ^
FossoiEUR, - eeur, s. m., houe :
Et prennent fosseeiirs et pelles, et font
les fossez larges de neuf piez. (J. de
Weung, Trad. de l'art de cheval, de Veg.,
Ars. 2913, f» 46 v».)
Chasteaux et terres sont assis par long-
temps a engins, a fossoieurs, a instrumehs
de subtilité. (J. DE Vignay, Enseignem.,
ms. Brux. 11042, f 33 r°.)
Fosseeurs et autres instrumens a fos-
soier. (1361, Cart. Esdr.de Corbie, Richel.
1. 17760, f° 47 vo.)
FOSSOiR, fossouer, foussouer, fessoir,
fessoer, fessouer, fessouir, faissoir, s. m.,
sorte de houe pour labourer les vignes :
Or fai faire piens et fossoirs,
l'A redrece tes aloirs.
(Itom. de Thebea, Richel. KO, f V.)
Il prist .1. fessoer et commença a foir la
terre. (Vita Pair., ms. Chartres 371,
f» 89 V».)
Une hoe, .i. fessouir, une besche. (1328,
Compte de Odart de Laigny, Arch. KK 3",
f. 24 V».)
Il prist un petit fossouer et feri un cop
legierement souz le pié de l'aingnuel, et
tantost une grant fontaine en sailli. [Lé-
gende dorée, Maz. 1333, f" 300i'.)
Le Souldain chevaulche et vient alla
bouche du fossé qu'est bouché de terre,
et la il descent du chevau, et, avecques
ung fessoir d'or, jiar trois fois il frappe sur
cette terre qu'est alla bouche de celluy
fossé ; et puis il monta a cheval, dont il y
a infinités personnes avecques assez fes-
soirs, et despeschent ycelluy terrein de la
bouche du fossé. (1420, Trad. du Traité
d'Emmanuel Piloli, sur le passage de la
terre sainte, f" 19 v.)
Six picques, six fessouers. {Comptes des
mines de Jacques Cœur , Arcb . KK 329,
f» 29 To.)
Foussouer, de quoy on houe les vingnes.
(1464, .1. LAGADE0C, Cathol., éd. Auffret de
Quoetqueueran, Bibl. Quimper.)
Icelle femme frappa le suppliant sur la
teste d'un sarceau ou faissoir. (1467, Arch.
JJ 63, pièce 209.)
Les lances et armes seront rauees en fe-
soers. (P. Fergei, Mirouer de la vie hu-
maine, f" 99 V", éd. 148i.)
On lit dans In Dict. d'agr. de 1809:
Fessoir, nom d'une espèce de houe avec
laquelle on enlève les gazons, dans le dé-
partement du Cantal, lorsqu'on veut éco-
buer les terres. Cet instrument est lourd
et peu expéditif.
Beauce, fessoi. Suis.se rom., Gcnôvc,
foussoir. Neuchâtel, fossoir.
FossoiRE, s. f., houe:
Ades portoient les fnn^nires,
Boskes, levlaos, pis et sarchians.
(:)/;>. de S. Eloi, p. 'M, Pei},'né.)
Cf. Fossoir.
Tossos, fous son, folsson, s. m., houe :
Lequel Caylar avecques ung foisson qu'il
tenoit en sa main, besoignoit au dit pré.
(1469, Arch. JJ 193, pièce 226.)
Il prit son petit fousson, et en ferit legie-
rement soubz le pié de l'aignel. {Légende
dorée, de St Clément, éd. 1476.)
Fosson s'est conservé dans quelques
provinces :
Pendant le travail de la charrue, deux ou
trois femmes, quelque fois des enfants
placés sur le sillon, à des distances égales,
brisent les mottes de terre, et coupent les
racines des plantes vivaces avec cette es-
pèce de pioche légère qu'on appelle fns-
son. {Stat. de l'Ain, 1808, p. 478.)
FOssoR, - our, - eur, foc, fouss., fess.,
s. m., houe, pioche :
Li foceriers qui cultivent les terres a fo-
ceur et ne mie a buez. (1269, Ch. de
Charmes, Arch. Meurthe, Très, des Chart.
de I^orr., lay. Charmes-sur-Mos., a" 38.)
Li lins prent une hone, li antres .i. fessor,
Li DDsrcret fossez, ['autre bat toute jor.
{Des Tabourenrs, ap. Jub., Jongl. el Trouv-,
p. 167.)
Qui li aportast un fessour et une snrpc.
{Vies des Hermites, ras. Lyon 698, f» 8 r".)
Pnis prist un fossor por foir
La on le mort vont entoir.
(Chasloiemcnt d'un père à son /ils. Conte I, 1)7,
Biblioph. fr.)
Ligo, fesseur. {Gloss. lal.-fr. du xiii* s.,
Richel. 1. 8426, f° 107 r°.)
Et si ont ferremanz, c'est a savoir coi'
gnie, doleoire, fossor, aloigne, faucille;
(3« p. des Coût, des Chartr., ms. Dijon-
f 19 r».)
A espees, a apoinçons, a liasclies de
noise, a besches, a 'fessours et autres
armes. (24 mai 1307, Proc.-vcrb. d'une^ in-
vasion par les religieuses de /Y.-W. dans l'en-
clos des Dominicains, Arch. Aube, original,
Lalore. Doc. s. l'abb. de N.-D.-aux-ISon-
nains.)
.1. fessour, .l. pie. (1348, Ch. des compl.
de Dole, —, Arch. Doubs.)
Ont pris es boys .1. jument, .II. des-
traux, .1. fessour. (1334, Lelt. de Jean de
Châlon, Perrcciot, t. Il, p. 429.)
Et aveuc ce eussent effondré et prin:<
fousseurs et autres instruments a lous-
soier. (1360, Lelt. de Charles, régent du
royaume, ap. A. Thierry, Mon. inéd. du
tiers état, 111, 327.)
Et eussent prins fousseurs et autres ins-
trumens a foussoier. (1361, Cart. Esdr- de
Corb., Richel. 1. 17760, f" 23 r».)
14
lOfi FOS
I. fossour. (Juin 1S89, /nr. de la mairie
de Dijon, Arch. CiMe-dOr.)
Uae coincTiie et .m. fesmtrs. («398,
Invent, de meubl. de la mairie de Dijon,
Arch. Côte-dOr.)
Uno liaone ?eu fossour pro fnciendo
mortcrium. (i419, Compt. de la fabrique de \
l'Eglise de Lyon, Arra. David, vol. 5, n*4, |
f- 52 V, Arch. Hhonc.) ]
En feranl d'nn fosseur dedcn? la terre il |
desciieuvre un pot plein d'or. (M. LE
Franc, l'Estrif de Fort., f» 33 r', impr.
Ste-Gen.)
Doubs, Haute-Saône, Jura, Lyon., Suisse
romande (Vaud et Valais), fossou, fosseu,
ffçou, fsou, fezou. houe, et en particulier
houe de vigneron.
FOSSOREE, fe?.soree, fessouree, s. f., ce
qu'on peut retourner de terre au fossoir
en un jour :
La vi"no de Choncherov nui contient
XL. fessmtrees. et la vifitie "de ''Espine qui
contient .iiii". fessourees. {CharU de 1288,
DupuT, ccxxvi, 109, Richel.J
80 /essorées de vignes. (1333. Informa-
tion par J. de Paroi, Richel. 24040.)
Hu"onel Dodin tiennent la moitié par
indivis d'une fessoree de vigne. (1412, Arch.
JJ 146, pièce 272.)
Ce mot était encore usité dans quelques
provinces au xvn« s. :
En Bupev on apelle les ouvrées de
vigne des 'fosserées. (Collet, Statuts de
Bresse, 2' p., p. "79^, éd. 1698.)
FossoRER, - ourer, - urer, fouss.. fous.,
fess.. V. a., labourer avec une houe :
Pour fouserer la plantée. (1286, Quilt.
de la Chamb. des compt. de Dole, Arch.
Doubs.)
Pour fouserer les vignes monseignour.
(ft.)
Pour fousserer dou premier cop. (76.)
Li curlilliers fessore le cortil. il semé les
herbes et les saclc. (3' p. des Coût, des
Chartr., m?. Dijon, f» 11 r».)
Pour fossorer toutes ces vignes première
fois. (1313, Compt. du dom. de Mahaut
d'Artois, Richel. 8331.)
Pour fossorer ycellcs vignes seconde
fois. {Ib.j ,
Pour /ojsorer ycelles vignes tierce fois.
(/6)
Pour les journées di- 647 ouvriers de
hras qui ont fessoré le dit doux la pre-
mière foiz. (1390-1392, Inv. de la Côte-d Or,
B 4786.1
A chascung homme faisant la courvee
en la vigne de mond. s' a Baulme, pour
la foussurer deux Tois, et vendanger,
commit est accoustumé. (1550, Man. ad
min. de Baume-les-Moines , Arch. Jura,
Prost, p. 79.)
Cela fait, il n'est plu? question ny de
foupper cliappons, ny de fossourer, ny de
labourer ceste vigne. (Du PiNET, Pline,
XVII, 23, éd. 1566.)
Ayant esganl que les vignes de Ihospital
ne sont encore? fossurees. (28 mai 1604,
Délibèr. du conseil de Bourg, ap. J. "«uj
Mém. histor. de la rille de Bourg, t. IIl,
p. 276..
FOT
Bas-Valais, Vionna/, fnséra, fossoyerun
champ. Bourg., fensourer, fessorer, pio-
cher. Bresse, fosserer :
Avri, mai é fan fossM.
{U Sainl-Vincenl, Phil. Le Doc, Charte, brfssanes.
iugrysiennfs el domiislfs, fi. lit)
FOSSORIÉ, /■o«ssoH>-ié, S. m., celui qui
1 possède une fossorce ou mesure de terre !
I qu'un homme peut en un jour remuer j
avec une hnue appelée /'ossoir;
i Li foussouriez et cilz qui ha héritage ,
audit leu ou maison doit doze deniers.
il338, Franck, de Chastel-Neuf, Terrier de
M. de Baulîrcmont.)
FOSisomER, fouss., s. m., celui qui
possède une fossorée ou mesure de terre
qu'un homme peut en un jour remuer
avec une houe appelée fossoir :
Li foussoriers et ciliiqui ha héritage au-
dit leu ou maison doit doze deniers.
(1338, Franck, de Chastel-Neuf, Terrier de
M. de Bauffremont.)
FOSSOTE, S. f. ?
Qu'il avoit emblez a ung mercier deux
costeaulx, une fossote, et environ demie
aine de toille. (1389, Compte de G. Bat.,
Lamarque 4486, f" 13 r% Richel.) ^
Nom de lieu, la Carrière des Fossottes; \
voir Hi'st. rfe Saint-Dié, p. 32.
FOSSOUL, fessoul, s. ni., forme dialec-
tale pour fossour, fessour :
Une doloire de treul et .1. fessoul. (Août
1396, Invent, de meubles de Dijon, Arcu.
Cole-d'Or.)
Cf. FOSSOR.
FOSSOURER, voir Fossorer.
FOSSOYAGE, S. m., actiou de creuser
une fosse :
Recevoir les proBts et emolumens par
leur clers et fossoyeurs, des fossoyages et
enterrages de tous les corps qui sont en-
terres audit cimetière. (23 déc. 1371, Sent.
duprév. de Paris, Arch. S 28, pièce 6.)
FossoYEURE, S. f., action de creuser :
Ce qui a premièrement esté escript par
Hérodote, touchant les Perses de ce mont
Athos, et que Xerxes le feit entailler par
I le pied au destroict en ce peu d inter-
; valle de terre pour faire passer ses na-
I vires, me semble estre totalement faulx :
toutesfois je ne l'ose bonnement asseurer.
Si est ce que quand je passay par la, ] y
prins garde tout expressément : car me
partant de la ville de Ilierissos, pour
veoir si je verrove quelque vestige d en-
tailleures et fossoyeures,'}e n'y en ay point
trouvé. (Belon, Singularitez, 1, 3S, éd.
1354.)
FOSSURER, voir Fossorer.
FOSTEL, voir Fecstbl et Fustel.
FOSTIER, S. m. ?
Une des boteilhons ou fostier de lieu.
(J. DE Stavelot, Chron., p. 30, Borgnet.)
FOTEAU, fousteau, faulsteau, faytauU,
s. m., hêtre :
Fousleaux. (Gloss. de Marot, éd. 1731.)
FOT
Les chesnes, les fousteaux. (Rons., Cy
elop. i4mottr., Bibl. elz.)
Ils en dansoient de joye a l'entour d'un
chesue ou d'un fousteau, nu son de quel-
que chanson rustique. (Amyot , OEnv.
mor., V, 10, éd. 1819.)
Un marreau de boys faytauU. (1376,
Trinité, Smarvc , ch. 6, art. 2, Arcb.
Vienne.)'
; Faux, foteau. (JtJN., A'omenc;., p. 110.
éd. 1577.)
I Les ormes, fresnes, fousteaux, érables.
\ (0. DE Serres, Th. d'agr., p. lS3,éd.l60o.)
■ Ce mot, sous diverses orthographes,
I était encore très usité au xvii' siècle :
I Pas à pas on se rend prps d'une anlre barrière
I En façon, en conlenr semblable à la première.
Où de chaqoe côle la verdure an nivean
Fait d'excellens tapis de charme et de faitlean.
(P. CoRNEiiLE, Pocs. dh>., Presbjt. d'Hénonville.)
Faulsteau. (1671, .Maîtrise de la Fère,
.\rch. Aisne, B.)
Fouteau, conservé par l'Académie, est
surtout employé par les paysans de
l'Ouest, Maine, Haut-Maine, Poitou, qui
prononcent foutiau. Bourc., Yonne, fou^
tiau, fouquiau.
! FOT EN CUL, fout., S. m., sodomite :
' Wistasces dis» n'est pas hérites,
Ne foui en cul ne sodomiles.
(Wistasse te Moine, 1269, Michel.)
FOTEOR, - eeur, fout., s. m., futulor,
débauché :
Ja me ditqn'ilesl .i. foulere.
{Du Foleor, Richel. 19132, f 48'.)
.le snis fouteres a loier.
(/*., f» iS"".)
Explicit du fouteor. {Ib., f° 49=.)
Ge sai le (label dn denier.
Et dn fouteor a loier.
(Des detii Bordeors ribauz, 289, Montaigîon,
Fahl.. I, 11.)
Pins m'ont raenli li fouteeur.
(Rose. ras. Corsini, t° 9Î*.)
Si m'en Jesmetz aux hoirs Michanlt,
Qni fnt nommé le bon fonlerre.
(Villon. Granl Test., l\xxi, Jonanst, p. 6a.)
FOTERiE, foui., S. f., saleté, gravelure :
Parler de fouterie. (Fabri, Bliet., i" 39 v»,
éd. 1321.)
FOTERI.E, foterne, s. f., l'aristolochr
ronde : 1
MaUim terrae, c'est l'aristologie ronde : |
et Aristolochie en grec signifie très bonne \
a l'accouchement. Le François dit sarra-
zine, et foterle ou folerne. (Jocb., Interpr.
1 des dict. pharmac, éd. 1598.)
FOTERNE, voir FOTERLE.
FOTiER, foutier, s. m., fututor, dé-
bauché :
Girart le Foutier. (Oct. 1258, S. Paul
de Verd., Arch. Meuse.)
FOTRE. fotitre, verbe.
— Act., ciiresser aiuoureusemeat uue
feuiiijo :
FOU
FOU
FOU
107
.IX. f'^ii i fottti ta meschine.
(Wb t>reslre (t d'Aliton, Riehel. i9ir.-2, f° 51».)
De celle qui (u foutue sur la fosse de
son mari. (Ms. Riehel. 2173, f° 9Sr».)
Do niaignien qui foti la dame. (Fabl,
ms. Berne 334, f» 113".)
— Absolument :
De la damoisele qui n'oit parler de
fotre qui n'aust mal au cuer. {Fabl., ms.
Berne 334, f° 38'.)
i. Fov, fong, fo, feu, fau,faug,faucq,
feuch, fol, foui, frau, s. nj., hêtre :
liosoDs on fau est li pors aresles,
La bnl de l'iaTe et si s'est resposes.
(Car. le Loh., 3' chans., iv, P. Paris.)
Li pors le preot sanz demorer
As deoz parmi la pian del col :
Si l'a si hnrté a nn /■<;/
Qae les deas enis li Gst voler
Kt toz les boians Iraiaer.
(Ren., 22402, Méon.)
Ormes i ot branchnz et gros.
Kl avccqnes charmes et fos.
(Rose; Kichel. 1573, f" 1-2'' ; Méon, 1305.)
Chesnes et fos.
Ob., ms. Corsini, f 10''.)
Berte fa ens oa bois, assise sonz na fo.
(Berle, 822, Scheler.)
Gerars li biaas sans nnl arest
Descent desons .i. feu molt hant.
(Girb.de MoNTii., Ywiriie, loin, Michel.)
l'eriers et fols. (li8S,Franch.de Poligny,
Arch. mun. Poliguy.)
A dens mains a aerse et prise
Une grant machne de fau
Qne troïa pendant a .i. clan.
(Du Presire c'on porif, 974, ap. Montaiulon et
Raynaud, Fabl., iv, 34.)
Mez li enfes s'assist sons .i. fou verdoiant.
(DooH de ilaience, 1762, A. P.)
Le pommier, le perler, le foug. (Cart.
orig. de Neuchdtel- Comté appartenant au
marquis de Durforl-Civrac, f" 36 r".)
Fagus, fraus. {Gloss. de Douai, Escal-
lier.)
A fueilles de fou et a feyne. (1360, In-
vent, du duc d'Anjou, n" 422, Laborde.)
Au chesne et au fol. (1372, Ord-, v,
514.)
Une pille de gobelets de fou ou il en a
.X. en un estuy de fust. (1380, Inventaire
de Charles V, ap. Laborde, Emaus.)
Une ais de foJtl. (1392, lun<li av. l'an
nouf. Vente de meubles de la mairie de
Dijon, Arch. Côte-d'Or.)
Une table de fout. (Sept. 1393, ib.)
Une ai.s de changne et une autre de
foui. (Dec. 1397, ib.)
Les pointes de branchetes de fol. (Mo-
dus, f» 80v», ap. Ste-Pal.)
Hz le firent pendre a ung feuch. {Girart
de Bossillon, ms. de Beaune, 6d. L. de
.Montille, p. 381.)
Fagus, /'ow. {Gloss. rom.-lat. du w" s.,
Scheler.)
Pour le boys de fol pri en la petite
faye. (1406, Compt. delSevers,CC 13,f° 13 r-,
Arch. mun. Nevers.)
Et il dessoubz vn^ fou se coucha. [Per-
ceval, i' 63'', éd. 1330.)
Quesnes et faugs. (Fossktiek , Cron.
ilarg., ms. Brux. 10511, V, 3, 3.)
Vai.ssenu de bois de faugz. (Id., ib.,
ms. Bru.x. 10312, X, 11, 7.)
Le bois de chesne et de fou. (1484,
Aveux du bailliage d' Evreux, Xrch.P^ 1294.)
Carbon de faucg. (1302, Lille, np. La
Fous, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Faug. (1310, Compiègne, ib.)
Ung arbre appelé fati, dont le fruict
s'appelle faine. fR. Est., Thés., Fagus.)
— Dans quelques cas, on semble di.s-
lingiier le fau du hêtre :
Habpt .1. fagum et .i. hestrum ad natale
domini. (1210, Cart. de S. Georg., (•' 42.)
La dame des Haiez, a cause de son fieu
et ostel, a en la foraist delà Londe chacun
an un fotl et un hettre au terme de Nouel.
{Coût, des for., La Londe.)
Fau était encore employé en plein
XVII" s. :
Le chemin est bordé de faux des deu.x
costés, plantés h égale distance. (Flechier,
les grands Jours, p. 33, Hachette.)
Bret., Cnti's-du-Nord, feu. Guernesey,
fauc. Pic, fay. Env. de Valenciennes,
feiau, foiau. Wall., faw. Lorr., Flllières,
fô. ilOTv.,fau. Genève, feu .
Noms de lieux : Fai, Sle-Honorine-du
Fai, Fat-le-Moncel, la Croix des Faux
(Norm.), les Essarls-le-Fa?', le bois des
Faux, la Mare-aux-Faws (Eure), St-Chris-
tophe-du-Faocg (Euv. de Coutances),
Beaufou (Calvados) , Clairfay , Etelfay
(Pic), Ferfays, Rougefays (Pas-de-Calais),
Fayt, le Fayt, Clerfayt, Faumont (Nord).
Foug , Fac, le Fay (Menrthe) , Fays
(Vosges), Fays (Yi<nne), le Fay, le Fey
(N'iêvre).
Nom de personne, Fau.
2. FOU, voir FOLC.
pouACiER, s. m. ; fouaciere,i f., celui,
celle qui fait ou vend des fouaces :
Jehanne la fouaciere, pour toiles, pour
draps et robes linges et pour touailles pour
la chambre, vP" I., xili^ (1307, Compte de
Mie. de Bourdene, Pièc. rel. à l'Hist. de Fr.,
XIX, 38.)
Guillemin, fouacier. (1331, Compte de
Odarl de Laigny, Arch. KK 3% f» 94 v».)
Jehan le fouacier. {Cens, de S. Thib. de
Soiss., Arch. LL 1022, f» 7 r».)
Poit., Bretagne, Nantes, fouacier. A
Nantes, il a le sens général de pâtissier.
1. FouAGE, feuagc, -aige, s. m., action
de fouir :
Plusieurs pionniers ouvrèrent de leur
mestier de pionnaige et de fouaige. (1438,
Arch. JJ 184, pièce 230.)
— Mise du cuir dans la fosse au tan :
Octroyons que les quatre maistres or-
donnez sur ledit mestier de tannerie eu
nostre dicte ville aient doresenavant et
[)erpeluelment la visitacion, cognoissance
et interpretacion du fouage des cuirs tan-
nez, et la punicion aussi, se metfait y
trouvent. (1370, Beglem. pour le mest. dés
tann. de ia ville de Troyes, Ord., v, 313 )
Fut dit et ordenné par arrest yceulx
I tanneurs esire tenuz des lors en avant de
vendre leurs cuirs bien et iirolitablement
fouez ; lequel feuage en (mot effacé) pro-
fitableœent, puet cheoir en grant obscurté
et doubtc ou préjudice dudit mestier. {Ib.)
2. FOUAGE, - aige, foage, fuage, feuage,
feugage, foulgage, fogatge, s. m., bois de
chauffage :
Avoir sou usuaire en la forest por ma-
rien et por feuaige. (1262, Siersberg, 49,
Arch. Meurthe.)
— Droit qui était exigé pour chaque feu
sur les biens roturiers et qui avait reçu
des applications diverses, comme les
exemples le montreront :
Le fouage ou monnéage, qui se levait
dès le xir s., dit M. Léopold Delisle, con-
sistait en une imposition de 12 deniers
par feu payés tous les trois ans. {Classe
agric, p. 93.)
Por lou fuage du dit molin. (1274,
Theuley, Arch. H. -Saône, H 814.)
Un pain a Noël, feugages de ses pors se,
il les a. (1311, Charte'de Ph. le Bel, Riehel.
I. 9783, (" 123 r», et Arch. JJ 46, f» 98 r».)
Li foages toutes foiz que il escherra.
(1313, Arch. JJ 49, f» 22 v».)
Se il a pors il paiera pasnaige et foul-
gage, si conme il est accoustumé en ladicte
forest. (1344, Arch. JJ 73, i" 76 r».)
A nostre peuple et sujetz avons quitté et
remis, quittons, remettons et donnons, se
mestier est, de nostre certaine science,
plaine puissance et grâce especial, par ces
présentes, tout ce en quoy ils peuvent estre
tenus par manières quelconques et a nos
bonnes villes et plat pays a cause des
fouages a eux imposez de tout le temps
passé pour le faict de nostre guerre, et,
en amplifiant nostre dicte grâce ; iceux
fouages avons abbatus et abbatons des
maintenant, et nous plaist, voulons et or-
donnons, par ces mêmes lettres, que il.s
n'ayent plus cours en nostre royaume.
{Ordonnance de Charles V poi;r l'abolisse-
ment des fouages. Bulletin du Comité de la
langue et de Ihist. de la France, t. II, [i.
236.)
Pour avoir finance, leva fouages et plu-
seurs autres subsides. {Gr. Chvon. de Fr.,
Charles V, ch. c, P. Paris.)
Pour les grans oppressions qu'ils ont,
au chascuu jour, a soustenir, tant de
guerres comme des grans cherges des
fouages. (29 oct. 1373, Dêcl. d'impôt, ap.
Servais, Ann. histor. du Barrais, I, p. 87.)
Je ay court et usage, justice haulte,
moyenne et basse avec le fouage des
hommes demouraus et reseans en icelles.
(13S8, Venombr. du baill. de Caux, Arch.
P 303, f" 7 v°.)
Certains fouaiges ordenez et imposez
pour le fait des dites vuides. (1390, Comptes
de l'évacuation anglaise, Arch. KK 322,
f» 9 r°.)
Aucun no vel subside, imposition, /bgaJg'i;.
(22 mars 1394, Livre des Bouillons, LXXXHl,
p. 263, Bordeaux 1867.)
Si conseilla ensi au dit prinche que ce
seroit bon que uns fouages fust élevés en
la ducé d'Acquittainne. (Fnoiss., Chron.,
VII, 257, Kerv.)
Le roy tcndoit a prendre et lever feuages
sur tout le pays, ce qui oncques n'avoit
108
KOU
.■Mé VII, ne ?ou(Tert. {C Ciiastkt.l.. Cliron.,
IV, 415, Ken.)
Voulscisl, pour satisfaire a ses mises, i
lever un foaige en Acquitaine. (Lk Baud, ]
Hist. de Bret., c xl, éd. 1638.)
Les trois mille Daulphinois levez par
fouage esloieiit arrivez a Briançon. (Du
VILLARS, ilém., VIII, an 1557, Michaud.)
rn célèbre auteur du xix" siècle a dit,
en parlant de ce droit :
On ne se doute puère de l'importance du
fouage dans notre histoire ; cependant, il
fut à la révolution de France ce que fut le
timbre à la révolution des Etats-Unis. Le
fouage (census pro singulis focis exactus)
était un cens, ou une' espèce de taille,
exiaé par chaque feu sur les biens rotu-
riers. Avec le fouage graduellement aug-
menté, se payaient les dettes de la pro-
vince. (Chateaubriand, Mém. d'Outre-
tombe.)
FOUAGER,adj., sujet an droit de fouage:
Que pendant que Sa Majesté diligenteroil
son secours, elle comniandast au capitaine
beauvais, qui avoit fait une description de
quatre mil hommes /"owagers sur les bour-
gades du Daulphiné, qu'il eust a les dili-
gemment amener. (Du Villars, Mém.,
Vin, an lo57, Michaud.)
FOUAGEun, s. m-, officier chargé de
lever le fouage :
Qni fait Boos li esbahis ?
Scrgen* de l'iraposicion.
Qai fait Eb«r li hais ?
Generanlt en conclasion.
Qai fo Phares ? l'élection...
El Arphaial fol fouaqeur :
Qai fat liayam f eiecnlcnr :
Et Jacob ? le clerc dn papier :
Qni fa Malelh f tcfnrmalenr.
(E. Descuajip.s Po/s., Richel. 810, 1» 310».)
1. FOUAIL, S. m., part qu'on fait aux
chiens après la chasse du sanglier ; en
langue moderne, fouaille :
L'aprentis demande conme on fait le
fouail aux chiens. Modus respond : Pour
faire le fouail aux chiens, on prent tout ce
qui yst du sanglier, conme le cuer, le
foye,"le poulmon et toutes les entrailles ; et
sont mises au feu et sont bien cuittes ; la
pance est bien vuidee et gettee au feu, et
la boelle bien battue d'un bon Icnier, et
remise au feu. Et puis est ostee et rebattue
tant de fois qu'elle est bien vuidee et
cuitte, et la pance aussi. Et quant tout est
cuit, on prent du pain selon ce qu'il y a
de chiens, et en sont faictes tottees, qui
sont mouillez au sang ; puis sont gettees
sur les brezes, et quant elles sont bieu
rôties, si sont dépecées par pièces. El
aussi est decoppee la char et les autres
choses qui ont esté cuittes au feu. E'
quant tout est cuit et decoppé et essuyé,
on met tout ensemble sur un mantel, ou
autre chose qui est forlevee en eures. Et
ung vallet qui a ses manches rebrassees
meslc le fouail, pain et char tout ensemble,
et quant tout est meslé, et il est estendu
en une belle place, on fait mcngier les
chiens, et que le fouail ne soit mie trop
chaud. {Sfodus, f» 37 v«, Blaze.)
El devez savoir que fouail doit on ap-
peller de sanglier ainsi que on doit ap-
pelier cuiree de cerf pour ce que il se fait
sur le feu, et cuiree sur le cuir. (Gast.
Feb.,ytiii. 314, f" 60''.)
Tout le sang du sanglier soit gardé de-
FOU
liens aucun vaissel pour faire le fouail aux '
chiens. (/6., f- 61''.)
Apres doit faire le fouail cl le droit aux
chiens comme j'ai dit du foye et de la râ-
telle, tout quanque est dedens le sanglier
doit eslre mis ou fouail sur le feu pour
faire le droit aux chiens. (Jb., f" 61'^.)
2. FOUAIL, /"HaiJ, s. m., bois do chauf-
fage:
Focale, s. fuail. (.1. de Garl., ms.
Bruges 546. Scheler, Ux., p. 66) Var.. i
fouieus. (Ms. Lille.) !
Cf. Fouaille. 1
1. FOUAILLE, foaylle, fouialle, fuaille,
fowalhe, fuwailte, feuwelle, feuwaelle, s. f.
et m., menu bois de chauffage, bourrée,
fagot, tout c* qni sert à chauffer :
D'estre fuaille a la furneise.
(Chardrï, Sel dormans, 332, Koch.)
A Gobin de Courcelles, pour refaire les |
fondemens et faire tous les murs de ladite
maison, et pour le couvrir de fouaille.
{Comptes de 1362-63, ap. Warm, Arch. adm.
de la ville de Reims, 111, 49.)
Prendre espines et fouailles pour chauf-
fer (1373, Reg. du Chap. de S. J. de Jerus.,
.\rch. .MM 29, f" 91 v».)
Amener chascun an toute la bouche et
fouialle en ladicte maison. (1376, Arch.
im 30, f" 3b y.)
Et averont auxint suffisantz fuwaille pur
lour oeps en le possessions de le dit
priorye. {Acte du 18 avr. 1397, coll. Breq.,
IV, Richel.)
Quattre mailles pour leur feutcaelle,
pour ellez chauffer. {Testam., IS oct. 1420,
Reg. aux test, de liouvignes, 1420-56, Arch.
muD. Bouvignes.)
Bois ou autre fouaille. (xV s., 'Valen-
ciennes, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl.
Amiens.)
Sire, la fouaille esloit sèche.
(Ifir. yolre-Dame, IV, p. 2lfi, A. T.)
Braibechons abalenl si com che soit fowalhe.
(Jeh. db^ l'REis, Geste de Liège, 32T26, Scheler,
r.loss. philo!.)
Il n'est q'ung fol qui veult vendre ses
chesnes pour en faire du fuaille avant qu'il
les escorche. (Palsgr.we, EsclaiVc, p. 444,
Génin.)
— Bûcher, torche :
La glose dist que ponr donner
A l'ymage l'esperil de vie
Ot (Promelheus) du char du gonleil ravie
l'ne luisant foaylle enllamee,
Dont il ot l'ymaso animée.
(ilrlam. d'Ih., p. 10, Tarbé.)
Ne a (îens Incr, ne a faire fouailles
Pour bouler feu.
fCiiii. DE Pis., Poi's.. Richel. GOi, f 55''.)
Norm., Dessin, fouale, feuilles, branches
sèches qu'on ramasse pour mettre au feu.
Bref., C.-du-N., cant. de Matignon, fouaille,
bois épineux, bourrée pour le four.
2. FOUAILLE, s. f., sorte de pèlerine ou
de cravate en laino :
Lciea en juing, fruit en selcmbrc.
Robes, fouailles en décembre.
(AxciBB, Vie de Sainl Greg., 1635, P. Mejer )
1. FOUiULLEK, V. a., sounictlre à l'ac-
tion du feu :
FOU
Et soil pris par les deux boutz le dit
baston cl le sanglier levé et porté sur le
feu et illuec soit bieu fouaille et brûlé.
(Gast. Feb., Maz. 314, f» 60''.)
2. FOUAILLER, V. a., fouillcr en tous
sens :
Les dessusdiz Daulphinois fouaitlerenl
toute la -ville, prindrent et ravirent tous
ceulx qui tenoient le parti du duc de Bour-
gonineavecques leurs biens. (Monstrelet,
Chron., T, 194, Soc. de l'H. de Fr.)
FOUANE, voir FOINE.
FOUAîJT, S. m., taupe ;
Le fouant qni en terre oscare
Voit cler, et ailleurs ne voit gonle.
(Vers de le mort, Richel. 37ï, f» 3,■îfi^)
Car Nuirons li foitans foni
Si c'nnc grant tour abati.
I (Renan le nouvel, 3589, Méon.)
Talpa, fonans. {Gloss. de Douai, Escal-
I lier.)
Et on trouve bestes ki ens es cink sens
ont excellence devant les gens, si com li
lins en veoir, li araigne ou taster, li taupe
ou fouans en oir. {Li Ars d'Amour, II,
306, Petit.)
Il eut au naistre sur le nez une petite
tache Tellue ainsi comme se ce fut la peau
d'une talpe ou d'ung fouant. (J. d'Arras.
Melus., p. 117, Bibl. elz.)
Fouant, a muske cat, or as fouine.
(COTGR., éd. 1611.)
Pic, fouan, taupe. Uouchi, fouan : 11
est noir comme un fouan; il est cras
comme un fouan. Wall., foyan, fouant,
foyon,tm<pe. ilom, fouan, Lorr.,Lnnéville,
fouyant, Metz, fouyan. Le Tholy, feuyan.
Saint-Amé,/jan. Suisse rom., fouon.
Nom propre, Fouan.
FOUARCHE, s. m. ?
Somme toute de terres et eritages de
fouarche. (xv» s., Compt. de Noyon, ap.La
Fons, Cilé pic., p. 203.)
FOUARK, voir Fderre.
FOUARON, s. m., fouace :
I^es fouarons que les compaignons ont
acoustumé demander aux nopces. (1412,
Arch. JJ 167, pièce ô.)
FOUAURE, voir FUERRE.
FOUAssE, s. f., droit levé sur lo bois de
chauffage apporté dans les villes :
Seront tenus payer les dicts défendeurs
et leurs successeurs et séquelle aux dicts
religieux, a chascune feste de Noël, pour
chascun d'eux tenant feu et lieu en la
dicte terre, une geline, ensemble les
droicts de boutaige et de fouasse. {Coût,
de Berry, p. 214, La Thaumassière.)
Fouasse est peut-être une faute pour
fouage.
FOUBERT, voir FOBERT.
FOUBIERT, voir FOBERT.
Fouc, voir FOLC.
FouGE, s. f., fucus, varech ;
l'OU
FOU
FOU
109
!li> la imcf Je mer ont le» cnlors muées
Qae onqiies ne vit gent ainssi desfijînrees.
(Aije d'Aeign-, 1987, A. V.)
ForcEiT, voir Fosset.
i'oi:cKi., voir Fossel.
FOUCELÉ, voir FOSSELÉ.
FOIICELEUS, voir FOSSELEUS.
FoucHAiLLE, S. f., troupe, troupeau :
Tantoft con les pens le roi Alixiindre
virent le? olifanz a très granz fouchaHles,
il lireut les porz faire merveilleuse rujerie.
{Hist. univ., ms. Venise, f' 163''.)
FOUCHEROY, VOir FOUGEROI.
FOi'CHiER, V. n., creuser :
L'autre manière est quant ilz sont a foii-
chie[r] c'est quant ilz (les sangliers) font
granz fosses. {Gast. Feb., Maz. 514, f° 49=.)
Bourg., Yonne, Ferreuse, fouger, fouil-
ler la terre ; Maine, fouger, en parlant du
cochon qui fouille la terre avec son grouin ;
par extens., fouger àans son assiette.
Foucm, voir Fulsir.
FOUCQ, voir FoLC.
FoucyiiER, voir Fouquer.
FOUCQUET, voir FOUQUET.
FOUCRÉ, adj., malpropre, gâté :
Qai avolent les dens foncrees.
(Clef d'amour, p. 87. Tross.)
KoiiDUAb, S. m., foudre :
Yver, tonerre? et fondraus.
{Parlon., Ricliel. 1 9i;i2, f» 164''.)
FOUDREiER, V. H., tonner :
Si fist (.Merlin) une chapcle desus, et
un petit perron i mist et un bacin, et i
fist un conjurement que ja nus chevaliers
erranz n'i verseroit de l'aive desus au ba-
cin qu'il nn foudreiast etespartist. {Artur,
Richel. 337, f» 182=.)
FOUURER, fouldrer, vcrljc
— Neutr., tonner ;
Fulgurare, foudrer. {Gloss. lal.-gall., Ui-
diel. 7692.)
— Act., frapper de la foudre, foudroyer:
Et y oit plusieurs ban, autour de Metz,
cngralles et foudres. (J. Aubrion, Journ.,
an 1469, Larcbey.)
Et jaçoit ce que les clievaulx fussent
espoventez, toutes fois les chevaliers ne le
furent pas, car quelque part que ilz se ba-
toienl ilz fotildroicnt tout. (Prem. vol. des
grans dec. de TU. Liv., f» 72', éd. Io30.)
1,'epy gros de noircenr pnante
Voudré d'orageuse vapeur.
(Tahdr., Pon., 2° p., p. 111, éd. lo74.)
Beauce, Perche, foudre, adj., s'entend du
blé couché : à terre par le vent et la pluie
« Plainte du receveurde ladimed'Ymeray
contre André Roche qui ne lui a livré
que du blé foudre. » (1730, bailliage d'Y-
lueray.)
FouDRoiE.MMENT, adv.. d'UHC façon
effrayante, comme la foudre :
ll.ic-onles .-omme ilz ont, par un hrave courage.
Méprisé des canons la icrapesie et l'orage.
Qui, pour avoir sur eux foudroiemmfnt tonnes
>e se sont pour cela nullement estonnes. |
(Siège du château de Lnsigiian, Poés. fr. des xv°
et xvi" s., VI, 333.)
FOUDUoiKiiR, - oyeur,four., s. m., ce-
lui qui frappe de la foudre : 1
Il fourdroioit les fourdroieurs. (Fleur
des hist., Maz. 530, f» 18.3''.)
Moy Polyfeme qni ne crain ne redoute
Ce foudroirnr que craint la terre toute
Qu'on dit lirandir le tonnerre en ses mains.
(J.-A. HE BAir, Ecloçiues, viii, éd. 1573.)
... . Ore entonnans le los
Dn juste foudroyeiir.
(Dd Bartas, Uranie, éd. l.>70.)
Le Pcre fondroyenr.
(J. DE ViTEi,, Prem. exerc. poèt.. Disc, d'un
songe, éd. l.'iSS.)
- Adj. ?
Lever, vostre bras foudrngcur.
(Gar.v., Porc-ic, im.)
Kt quoi ! lui dis je, mon cœur.
Comment ! belle, avez vons peur
D'un choq de légères nnes,
Kt de ces flammes menues ?
Mais, vous même, sauvez moi
T)e ces beau yeux que je veoy.
Beaux yeux foudroijJurs, qui dardent
Mille vifs éclairs qui m'ardent.
(G. nnitANT, Trad. de Bonnef., éd. lofJ i.)
FOLiDROiEus, - oieux, - oyeus, - ieus,
fould., fourd., adj., qui foudroie, qui ra-
vage, qui détruit :
Adont se leva sus la mer uug très cruel
et fouldrieux temps. (L. de Premierf., De-
cam., Richel. 129, f» 143 v».)
Ces picques sont basions moult conve-
nables pour mettre une picque entre deux
archiers contre le fouldroieux effort des
chevaulz. (Wavrin, Anch. Cron. d'Englet.,
m, 74, Soc. de l'U. de Fr.)
Cy gist l'orrible cspee fouldroieuse.
Robuste bras, destre victorieuse.
(G. Chastellain, la Compl. d'Hector, vr, 172,
Kervyn.)
noble Hector, ta dexlre fonrdroyciise
Gist morte...
(FossETlER, Cron. Ilarg., ras. Brnx., I, f"243 r"."!
Craignant le furieux et fuurdroyeux bras
de l'exercite Dariien. (1d., ib., ms. Brux.,
II, f» lo3 y.)
Quandt les Romains eurent conduit jus-
ques au murs de Vege, et illec dreschiet
aulcuns instrumens fouldroyeus pour a
ycelle uuiure... (iD., il)., ms. Brux. 10311,
VII, 5, 8.)
povDnoiKvsv\m'ST,-oyeuseinent. fould.,
fourd., adv., à la manière de la foudre :
Il entra tant fourdroyeusement entre les
firieus qu'il percha de long, de lets, de
lors et de travers les batailles. (FosSE-
TiER, Cron. Marg., ms. Brux., I, f- 223 v".)
Adoncq entrèrent fourdroyeusement au
couflicl. (Id., ib., f" 228 v^)
Ils entrèrent es régions romaines four-
droyeusement tout dissipant. (Id., ib., tas.
Brux., II, f' 86 v».)
1. FOUEE, foee, foiee, foiivee, s. f., fou,
bûcher :
N'i remest pas entor une joruce
De coi Doonz n'ait fait faire fouee.
(Les I.oh., Hichel. ll!-22, f° 26G r°.)
Le boys apporté en abondance telle que
requise estoit, on dresse la fouee. (L.\
Landk, Hist. de Diclis, f» 81 v», éd. 1536.)
On commande apporter grand charge de
boys du mont Ida pour brûler le corps,
et fut la fouee Saicla ou celuy de Patrocle
premièrement avoit esté brûlé. (ID., ib.,
f» 104 r».)
— Charge de bois, fagots, bourrée :
Et me doivent une fois en l'an sans
plus mener mes fouees a Amiens. {Cart.
de Picquigny, Arch. O 19628, f» 67 r».)
Deux basions de courte fouee ainsi
comme seroient deux basions do costercs.
(1379, Arch. JJ 116, pièce 141.)
Chargée d'une fouee de bois qu'elle avoit
prinse et chargiee eu la coppe du bois
dudit suppliant. (1422, Pièces relat. au
règne de Ch. VJ, 11, 249, Douét d'Aroq.)
— Quelquefois paquet d'échalas :
Que nulz ne nulles n'enporcet fouvees
de paixelz ne de sairmens. (1333, Hist.
de Metz, IV, 161.)
— Provision de bois :
Icelluy prendeur aura chacun an pour
sa fouee ung journal de bos, prins au bos
des fossez. (1512, Cari. Habacucde Corbie,
(" 142, ap. Duc, Foagitom.)
— Droit sur la vente des différentes es-
pèces de bois de construction et de chauf-
fage:
In consueludine, quae dicitur foee, .XL.
sol. (Registre de la Prévôté d'Amiens, Arch.
JJ 34'"', {- 91'".)
Qui vent le caretee a un cheval [ou] a
plusieurs, oarkié de mairien et de tout bos,
doit un denier de la fouee. (Charte de Phi-
lippe d'Alsace, ap. A. Thierry, Mon. du
Tiers Etat, I, 78.)
Les diz cschevins, bourgois et commu-
nauté d'ancienneté estoient franc et exempt
de non paier les diz tonlieux et fouees.
(Ch. de 1348, Arch. Lille, cart. C, 10.)
Item se coeuille et paye en la dite ville
et cité d'Amiens ung droit que on appelle
fouee sur bos, mairien, fagot, noctz, estau-
lons et autres choses faictes de fust qui
sont ameuees a Amiens, lequel droit est
et appartient au roy, a l'evesque et au vi-
dame d'Aïuiens, autant a l'un comme a
l'autre. (1390, Compte de l'êvôch. d'Amiens,
Arch. Somme.)
— Corvée exigée de chaque feu; faire
fouees d'autrui, acquitter les charges d'un
autre :
Viciuitiulinariup, qui fait fiiieez d'auU'ui.
(Gloss. lat.-gall; Richel. I. 13032.)
Pic, foée, brassée de branches mortes
ramassées dans les bois, et par extension,
le feu clair qu'on fait avec du menu bois.
Norm., Maine, fouée, flambée, feu clair:
. Allumer une fouée; faire une bonne
fouée. » Bret.,Côtcs-du-Nord,canton de Ma-
tignon, /'oufo, petit fagoi : « Vm fnuée de
charbon, ce qu'on peut faire d(î charbon
dans une fournée. » Aube, Marne, fouée,
poignée de menu bois,fagot.Poit., Vienne,
Chalclleraull, Beauce, Tourrainc, fouée,
110
FOU
FOU
FOU
paie que l'on fait cuire sur le foyer du
four au moment où on le chauffe, et que
l'on mange avec ou sans beurre.
2. FOUEE, fuee, feuce, fuye, s. f., droit du
seigneur d'exiger un certain nombre de
journées pour travailler à ses vignes, et,
par extension, l'étendue de vignes qu'un
homme peut labourer en un jour avec la
taone:
La vigne séant près de la fuee que fust
jadis feu Haimeri Pinet. (Vend. apr. S. Lu-
rent 1322, Cart. de Cormery, Bourassé.)
Troiz planées de vignes contenans la
feiiele] a siz hommes... Un clos de vigne
contenant la /bliee a siz hommes. .. La viçne
du pré ChiQé contenant la fuee a huit
hommes. (1338, Reg. des lell. de franch.,
Arch. K 1511, !" 8 v°.) On lit plus bas:
Contenant le labour de siz hommes a
fouir.
Item deux deniers de cens que les hoirs
du Brio luy doivent Item la fouee a
quatre hommes de vignes assis au clos des
carreaux (1353, Aveu de Quareaux, ap.
Le Clerc de Doûy, t. I, f» 249 r», Arch.
Loiret.)
In habergenient, une petite tasse de
bois La /ou«e a douze hommes devipnes,
que gastez, que gajinables, assis aii dit
lieu,.... item unujournau de pré. (J6.)
Son habergenient des Quareaux Item
une noue Item la fouee a cinq hommes
de vigne, assis ou dit lieu Item vingt
et sept muis de terre, etc. (Ib.)
Item s'ensuit le Ci'- que maistre Mahelin
Gaillart tient de nioy en fié.... c"est assa-
voir la métairie.... Item la ^fuye a trois
hommes de vignes. (1404, Aveu de Châ-
teauvieux, ib., t. I, f» 239 v».)
FouEiLLiEit, V. n., agiter la queue :
Si a dit aa lion : Je te rois cbasloier !
Et ii lions l'aient, qoi prist a foiieillier,
Vne chiere Ii fisl sans lai conirairier.
(B. de Seb., xïii, 179, Bocca.)
FOUEL, S. m., curée qu'on fait à la
chasse au sanglier :
Comme Pierre de Crequi chevalier eust
pris a chiens un sangler,.... et l'eust fait
apporter a Crequi en la taverne,.... pour
faire le droit qui appartenoit a faire aux
chiens en tel cas ... et depuis eust faille
fouel dudit sangler, et fait corner et huer et
lessié allé les diz chiens pour venir au
fouel pour avoir leurs droiz. (1380, Arch.
J.1 118, pièce 27.)
Cf. FOUAIL.
FOiTEOH, foieor, fouieor, - eur, fouyeur,
s. m., celui qui creuse, en particulier
celui qui creuse la terre autour de la
vigne:
Va laboariorres.
Un goagncres, on fouerres.
'6. DE CoiJici, Mir., ms. Soiss., f 172''.)
.1. gâigneur, .:. foierris.
(Id., i*., ras. Brax., f» lea'.)
En non >lc fourur
Vont lear pren faiiant.
(Lorngf .V. ft., Uichel. ST.'i V 313'.)
Il n'afliertpas a evesques- qu'il soit /bueres
en vigne. (Fragm. de la Chron. de Reims,
Histor. des Gaules, XXII, 30G.)
Ouvriers manda de tous costes,
HaTenrs, carpenliers el maçons,
Hottiers, fotienrs et hoskellons.
(Jeb. de le Mote, lifiirel tiuill., MU, Scheler.)
La bannière des foueurs coule .xxx'.
.II''. (1345, Lille, ap. La Fons, Gloss. ms.,
Bibl. Amiens.)
Les foueurs (des vignes) seize deniers
par jour. (1330, Ord., ii, 357.)
Deux foueurs en ses vignes chacun au
et deux venangeurs en ses vignes de cor-
vées chacun an sur les hostes dessus
nommes. (13S3, Aveu de Diziers, ap. Le
Clerc de Doûy, t. I, f" 249 r", Arch.
Loiret.)
Foiiijfurs, et arenrs et semenrs.
(DEr.rii.LEviLi.F., Trois Pelerinaiges, C t3l'',inipr.
Instit.)
Voir c'est d'nn meschant la vie,
Qni esloit .i. foueur de chans.
(Vi> ilons. S. Fiacre, Jnb., Mi/sl-, I. 35Î.)
A Baudarl Lenoir, foueur pour avoir en-
comuienchié a fouir et faire une grande
fosse a enfouir gens trespasses en cer-
taine place ad ce "ordonnée. (31 août 1400,
Compt. de Tournai, Arch. Tournai.)
1. FOUER, fouiier, feuer, foyer, fuyer, v.
a., creuser :
Lesdites visnes ... taillier, passeller ,
fuyer et biner.'(1373, Arch. MM 30, f 14v».)
Quelle pitié, quelle douleur et maie
aventure a un si haut roy que de faire ses
instrumcns et movens de mauvaises gens,
et dont luy, a toute intention et contende-
ment non louables, niesme chey en la
fosse de confusion avecques eux qui Vont
foyé I (G. Chastell., Chron.,\, 126,Kerv.) j
— Absol., dans le même sens :
Item, y a coustume que quiconque pic-
que, feue, hcue esdits maretz, il conmet
amende de .lx. sols parisis. (CousU gar-
dées et observées en le comté de Corbie.
Mém. de la Soc.des Antiq. de Picardie, 11,
p. 281.)
Item quiconques ahanera ou foucra plus
pries et au mains de ung piet de cascune
bonne qui sera apparans par dehors terre,
il sera a v s. blans. (1447, Loi accordée au
village de Douchi, Arch. du royaume belge,
Ms. et cartul. u° 93. Cartul. de l'abbaye de
St Pierre de Gand.)
— Act-, mettre le cuir dans la fosse au
tan :
A esté adjosté sur le fait dudit mestier,
lesdis cuirs estre bien et profilablement
foues, quand il seront mis en vente.
(1370, Reglem.pour le mest. des tann. de la
ville de Troyes, Ord., v, 313.)
— Fouler :
Et trouve on l'or es fosses que les bestes
ont fouiees aii.v piez. (Corbichon, Propriet.
des choses, xv, lOS, éd. 1483.)
2. FOUER, fouyer, verbe.
— Act., chauffer :
.XX. bonniers de petit bois pour fouer
le maison et le four. (1313, Somme-et-
Leuze.ap. Mannier, Commanderies, p. 7S3.)
— Payer le louage de :
Les homes sont tenus de fouyer lor fies
un besant par cent. {Assises de Jcrus.,p.
I 182, ap. Sle-PaL)
1 - Neutr., chasser les oiseaux h la lan-
terne :
Les supplians oyrent sonner uue sou-
nette a fouyer qui cliassoient au fouyer les
perdrix. (1474, Arch. JJ 195, pièce 1218.)
FOUEsiL, voir FOISIL.
FOUESON, voir Foison.
FOUET, s. m., feu :
Tenaill'es et soafflet
A fere son fouel.
{L'Eslillem. au vil., Hicliel. 837, f" I-2IIM
FOUETELEE, VOir FOCTKLAIE.
FOUG, voir Fou.
1. FouGER, V. a., exprime l'idée de su-
borner :
Lesquelz religieux telement fougerent et
deceurent icelle jeune femme qu'elle con-
versoit et se maintenoit avec euls. (1433,
Arch. JJ182, pièce 43.)
C'est peut-être le môme que fouchier.
2. FOUGER, s. m., sorte de droit de pèche :
La coustume du fouger, et comment on
le doit cueillir. Premièrement de chascun
maisire de nef qui va en pesquerie de
harenc, de maquereaulx et poissons.... iv.
s. aux IV. termes accoustumez a Dieppe.
(1396, Coût, de Dieppe, f> 14 v" Arch.
S.-lnf.)
FouGERET, S. 111., endroit où il pousse
beaucoup de fougère, est représenté par
le nom de lieu 8aint-Leger-dii-Foi(g«)'eJ,
dans le diocèse de Nevers.
FoiGEiioi, - oy, fougerey, fougerai,
- ay, feugueray, s. m., endroit où pousse
la fougère :
Mais il y a ang feugueratj
Qui est l'oree d'nne yallée.
(Citais, norm. du seii. sièc, vi, Jacob.)
Se rencontre comme nom de lieu :
Li autre pièce siel es Fougerois. (1264.
Uichel. Moreau CLXXXVli, f» 240.)
La terre dau Faugerey. {Cens du comte
de Poil., Arch. J 192, pièce 64.)
In loco dicto ou Fougeroy. (Lundi apr.
Nativ. S. J.-B. 1336, Arch. Montjeu.)
Saint Ligier de Foucheroy. (1376-1377,
Compte de Huguenin Duemme , receplc
d'argent des exploits de justice fais par J.
Valee, Arch. Côte-d'Or.)
Autres noms de lieux : Fougeroy (1474),
aujourd'hui Fougerette , commune de
Saint-Berain-sous-San vignes, canton de
Montcenis, arrondissement d'Autun. Le
Fougeray (Nièvre).
Nom propre, du Fougerais, qui montre
qu'à côté de fougeroi il y avait un mot
fougerois.
FOUGEROTTE, S. f., lieu couvert de
fougère :
Le champ desoubz la Fougerotte. (Cari,
orig. de Neuchdtel-Comté, appartenant au
marquis de Durl'ort-Civrac, f» 2 v".)
FOUIALLE, voir FOUAILLE.
FOUICH, S. m. 1
Ch'est li cuelloitc du fouich. • 1282, Reg.
FOU
aux bans, Arch. S.-Ompr AB xviii. 16,
n»378.)
FOUIE, aij. f., qualifiant condre, pour
dire de bois, d'? fagot :
Cendre fouie. (1296, Rentes d'Orliens,
{' 13 r% Arch. Loiret.)
1. FouiER, - yer, s. m., récliaud :
Aultrc receple faitte pour le fait du fouier
que la ville a fait faire ceste présente
année, de le Saint Miquiel jusques a Pas-
qucs, comme il est acoustumé. (Registre
des recettes de Boulogne- sur-Mer, 1115-
1416, p. 28, Ed. Dupont.)
Les fouyers des clercqz. (Tit. de IS39,
Béthune. ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl.
Amiens.)
On leur servoit en hyver la viande sur
les fouyers qui se portovent sur la table.
(Mo.VT., Ess., 1. I, c. 49; p. 190, éd. 1593.)
— Feu :
Si ont copé espine, s'en firent .1. fmiier.
(•Gaul. d'Aup., p. n, Michel.)
2. FOUIER, voir FOUER.
1. FOUiERE, - yere, fouire. s. t., ré-
chand :
Pour juster les fouyeres la ou on mesure
le? carbons des malades. (1369, Lille, ap.
La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Chauffer ung drappelet a une fouyere.
(XV* s., Cart. de Flines, p. 916, Hautcœur.)
Pour l'accat d'une fouyere a manière de
chariot de fer pour servir en halle a mettre
feu ou temps des «ellees et des grans
froidures. (1472, ms. Lille, f» 112 r".)
Vm fouyere servant a mettre carbon en
yver pour cauffer l'église. (1486, La Bassée,
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Une fouyere d'arrain servant a chauffer
les clerqs. (1308, ms. Lille, f» 112 r».)
Hiram feist des chauldrons et des
fouyeres et des bassins. (Le Fevre d'Est.,
fljftie, Rois, III, 7, éd. 1534.)
Et estoit au devant de luy mise une
fouyere plaine de charbons ardans. (Id.,
ift.,Jér., XXXVI.)
Une grande fouyere. (1587, Béthune, ap.
La Fons, Gloss. ms., Bibl. .\niiens.)
Une fouire, XXVII». (1600, La Bassée, 16.) '.
2. FOuiEUE, s. f., fourrure?
Kois. Uni hons rhevaliers seoit ier en caiere
Kt ot or et aT(ç**nt f*t rice sarpilliere
Kt se gisoit sor cote et a rice fouiere,
Qni por le mort, bians sire, gira en sa liliere.
<Roum. d'Alix., f» S3''. Michelant.)
FouiLMs, S. m., action de fnnlller :
... An lac vont les ponrceaiilx
Qni l'ont paslé a lont par lenr fonillix,
Kt plnsienrs gens le poisent a vaisseaiilx.
(K. Df.schamps, Poé»., Richel. 840, P iOÎ^.I
FouiLLOY, S. ni., lieu planté de hêtres;
se trouve comme nom de lieu dans une
charte de 1307. (Cout. loc. dit baill. d'A-
miens, Prév. de Fouilloy, t. 1, p. 279,
Bonthors.)
POuiN,/'oMj/n,s. m., le mâle de la fouine:
Mais comment se coulent doucement les
fouins quand ils veulent attrapper quelque
oyseau ; ou bien pourroit on trouver em-
buscade mieux couverte que quand ils
FOU
espient une souris î (Du PiNET, Pline, x,
73, éd. 1566.)
Quant aux rates rousses, elles ne tou-
cheront jamais aux bleds qui auront esté
saupoudrez en graine de cendres de fouins
ou belettes. (Id., ib., xvili, 17.)
Un petit fouin ou une jeune belette. (ID.,
ib., XXIX, 4.)
Ceux qui ont enseigné a desmembrer et
tailler en pièces un oison privé, un pigeon
familier comme font les belettes, les chats
et le? fouyns. fAMYOT, OEuv.mesl. dePlut.,
p. 530, éd. 1584.)
Aunis, Morv., fouin.
FOUINE, fouyne, fouwlenne, s. f., action
de creuser, fouille :
En pluisieurs pioneries et fouynes. (xv*
s., Cart. de Flines, p. 928, Hautcœur.)
L'Empereur conclud et arresta du tout
et ordonna de ainsy faire ledit chasteau
au lieu et comme il est dit ci-dessus,., et
fut commencié a taire les fouwiennes pour
y faire les fondemens. (Tj-oMiii. de Gand,
'[>. 110, Chron. belg.)
Les fouynes de la fondation de la mu-
raille. (1340, Béthune, ap. La Fons, Gloss.
ms., Bibl. Amiens.)
— Fossé :
Une rivière et fouyne allant a la Bassée.
(1.339, Béthune, ap. La Fons, Gloss. ms.,
Bibl. Amiens.)
Se disait encore au commencement du
.XVII' s. :
Pierre Camp, ingénieur de Sa Alajesté
Catholique, ayant faict Visitation des
fouynes perchiees pour poser les fonde-
meiis de la tour ou cloché qu'on entend
ériger. (Réglem. de police pour la ville d'Es-
taires, copie de 1622, Soc. des Antiq. de
la Morinie, 1863, 43* et 46» liv.)
Cf. FODINE.
FouiNEAU, S. m., petit du fouin :
Les petis fouineaux. (Du Pinet, Pline,
XXIX, 4, éd. 1.366.)
FOUINETTE, Voir FOINETE.
FOUIR, fuir, V. a., déterrer :
Ubede, Ilaience et Brnloise,
n on furl bon arRent a toise.
(MoiiSK., Cftron., 12016, Reitf.)
FOUIRE, voir Fouiere.
FOUIS, s. f., port, lieu de refuge :
11 a moult de fluns et grans qui ont
bonnes fouis et grans et parfondes. {Liv.
de Marc Pol, clxxvi, Pauthier.)
Se il avenisl que aucune nef venist en
leur fouis, et sourdist la (Ib., CLXXVI.)
FOuisoN, voir Foison.
FOUISSEUR, S. m., celui qui creuse :
Un sage fouisseur. (Oresme, Eth.. p.
177, éd. 1488.)
Fouissii,, voir Foisil.
FouissuRE, s. f., action de fouir, de
creuser :
I Circunfossura, fouissure, ou fouissement
I a l'entour. {Calepim Dict., Bfdc 1584.)
FOUK, voir Folc.
FOU
Hl
FOUL, voir Fou.
F0U1..AGE, - aige, - ege, fol., foll., s. m.,
droit de mouture dû au seigneur d'nn
moulin :
Hervé de Léon.... et les seins empres
lui, receyvent et aient perpetuament tote
lamouste et tout le folege de tote la terre....
promettons que nous, ne les noz, nez
puissons rens avoir ne reclamer en la de-
vant dite mouste, ne au devant dit folage.
(1284, Morice, Preuv. de Vlîist. de Bref.,
1, 1070.)
Totes les montes et le follage des terres
demaines dessus dites et totes les autres
redevances et justices. (1296, ib., I, 1119.)
Sans ce que la dite dame, ne nul autre,
qui ayet cause de lé, puisse rien prendre
ne avoir de moulte ne de foulage du gentil
fé audit mons Hervé. (1327, î6., 1, 1347.)
FOULAIGE, voir FOLAGE.
FOULDRER, VOlT FOUDRER.
FOULDRiERE, S. f., licu qui porte les
traces de la chute de la foudre :
A nne foiildriere.
En la vallée de Golgotas.
{Farce d'un Pardonneur, Ane. Th. fr., II, .ï9.)
FOULDRiEUx, voir Foudroieus.
FOULDROiEus, voir Foudroieus.
FOULE, foulle, foie, folle, s. f., piélinc-
ment ;
Li heirbe noirchit
De la fntle aiiz chevals, et del s.inc ilh rosit.
(Jeu. iiES Preis, C.estc de liège. \W:<\. ap.
Scheler, Gloss. pkilol.)
— Presse :
Li prestes iert en maie foie.
(Dame qui conchia le presire, ms. Berne 35i,
f 88''.)
i — Temps où l'on fonle la vendange :
La sepmainc Saint Martin d'byver
Estoit le temps si très divers.
Et de meurisson sy très estrange
Que c'estoil la foulle de vendenge.
(Chron. de la noble cite' de Metz, Pr. île l'Il. de
Lorr., Il, ci.v.)
— Moulin ;X fouler les draps :
Une foule et un batour assis dessoz la
dicte maison sux la rivière. (Vend, apr
Chandeleur 1304, Fonteny, Ch. des compt
de Dole, cart. 44, paq. 44, Arch. Doubs.)
— Oppression, violence, mal :
Les Anslois, en deschirant la hautesse
de leur trône et inferans maintes dures
pollutions a la splendeur d'icclui par
armes, ont comprimé leur puissance et
renversé par foulle leur gloire. (G. ChaS-
TELL., Chron., I, 8, Kerv.)
A la très grande foule, charge et oppres-
sion de noz subgetz et babitans de nostre
royaulme. (1475, Ordonn. de Louis XI, ap.
Ler. de Lincy, Ch. hist.'Jr., l, 377.)
Et furent les champions... saisiz de leurs
basions, et estoient encores entiers, sans
avoir fait grant foule l'ung a l'aultre.
(Oliv. de la Marche, des Gaigesde bataille,
p. 21, Prost.)
Foui.Eis, - leys, - Hz, fol., foullis,
foilieiz,». m. foule, cohue, mêlée :
il2
rou
POU
FOU
i:n 1,1 cancie fo (trans li foMt.
'Us Loh., ms. Berne 113, f» 21*. )
Dm abitai fa grnni li foillfit.
(li., Vat. Urb. 375, (■> 1^.)
Aa chief don pont fa prans li foiileis ;
Garins enclianre et ses nies Anberis.
{Car. If Loh., i' chans., x\i, P Paris.)
Eissi dora cil folriz
ne ri qn'enz es porlans rontiz.
(Rrji.. /). deNorm., Il, ISfiSS, Michel.)
?l*i ont mais oi si fait martire
Ne si eslran;e folfiz
N'OD tant east des espasmiz.
an., ib.. 18SC3.)
Ains mes par tant de pent ne fa teos foiileis.
Ne isi fraos mescies, ne iteas capleis.
(lioum. d'Alix., r» 21', Michelant.)
Sor ,\ymer fo granz li fouïeis.
tAlesekans, 518H, var., ap. Jonck., Guill. d'Or.)
Hoiaas de Nantes com chevaliers hardis
Sert embains on pins grant foulas.
•Adeiiet, Enfaae. Ogirr. Ars. 3142, V 101''.)
Si prant estoit lu presse et ii foUiz qu'il
n'avoit mie loisir. (Arlur, Ricliel. 337,
l•14^)
A de Flamens tel fouleit.
(GctiRT, Itoij. lign., ICOIG, \V. et n.)
Car la sont li prea amassez
En brait d'armes, en foulas
De chevans qn'aios nul ne Tels.
(W.iTBiecET. li bis du preu chevalier, 128,
SL-heler )
Ce pr.int foulis et abalis qui se faisoient
lie lances, d'espees et de piiisarmes. (Gi-
rarl de RossUlon, rus. de Beaune, éd. L.
«le .Montille, p. 312.)
— Etat de ce qui ost /oiilé :
Et regardèrent entour eulx et ne virent
nulz des chevaliers qui se estoient com-
batus a culx fors que le sanp qui d'eulx
estoit yssH, et le foulHz de l'herbe. (Per-
ceforest, vol. I, c. 41, t'-d. 1328.)
Foulis, ou roulement de quelque chose
avec les pieds. Foulis, ou quelque chose
foulé au.x pieds, comme du blé sur le
champ. (DuEZ, DM. fr.-all.-lal., Amster-
dam 1664.)
FOULEMENT, foull, S. ID., JlCtioil de
fouler, d'opprimer ;
Car faire monstre de gens sans ce que
leur navire soit prest pour passer, n'est
que pastement de voslre argent, foulle-
ment de vostre pais, de par dessa. (23 janv.
143G, Lettre sur la détresse des sujets fran-
çais de ta couronne d'Angleterre, écrite au
roi Henri VI, ap. Th. Basin, Uist. des
règnes de Ch. Vil et de Louis M, IV, 284.)
El par ainsy, le peuple de ce royauliue,
sans telz foulemens et oppressions," jiourra
demeurer eu longue paix et seur repos.
(.MoNSTRELET, Cliron., II, 63, Soc. de l'II.
de Fr.)
Feulement, roulement de quelque chose
avec les pieds. Foulement de raisins ; fou-
lemenl de cheval. Foulement de quelque
membre du corps. Foulement et oppres-
sion de peuple. (Dup.z, llicl. fr.-all.-lat.,
Amsterdam 1664.)
FOUI.ENET, s. m., foulerie:
Tout cil ki nul fais les foulenes et les
taiolures eour les forlcreces de le vile...kc
il les aient fait oster deJens le festc saint
Jehan. (1245, Bans aux Mievins, QQ, f» 14
v», Arch. Douai.)
Cf. FOULERET.
FOULEXCNIEn, TOir FORt.OinNIKR.
1. FoiTLEOu, -pour, -eur,- our, foll.,
adj. et s. m., qui .sort à fouler les draps :
Moulin fouleoiir. (1390, Denombr. du
haut, de Constsntin, Arch. P 304, f» 24 v°.)
Troiz moulins, deux a blez et un foulour
a dtapz. {Ib.,!" 34 v.)
Deux moulins foulmtrs a draps. (1413,
Denombr. du baill. de Caux, Arch. P 313,
f» 99 vo.)
— Machine qui sert à fouler les draps :
Puent faire au molin un bator ou .i. fol-
lour. (1274, Theuley, Arch. H. -Saône,
H 814.)
2. FoiiLEOu, - eur, fol., s. m., celni qui
foule le raisin :
Item dit aussi qu'il est en saisine d'avoir
toutes les esnes de la vendange de onze
arpents de vignes que le roynostre sire so-
loit avoir séant ou clos le roy entre Bois-
commun et St Loup, sitost que le foleur
estoit hors et que la dite vendange estoit
folee. (1393, Faits et articles du concierge
du chastel de Boiscommun, ap. Le Clerc ile
Uofiy, Arcli. Loiret.)
— Fig., celui qui foule, qui opprime :
Le duc de Bourgoigue les queroit a fou-
ler et les fouloit fréquemment, qui encore
estoit son fouleur ; pourquoi ne pooit il
quérir la foule aussi de son fouleur juste-
ment et a honneur sauf, qui fouloit tous
les jours ses amis et ses serviteurs en tout
ce qu'il pooit avoir d'affaire. (G. Chastell..
Chron. des D. de Bourg., III, 123, Buchon.)
foi;leu, foler, foHer, verbe.
— Act., estropier, mutiler:
Qui folleroit homme. (1230, Ilist. de
Metz, III, 199.)
— Maltraiter:
Folé vus ont et batn etiaidi.
(Les Loh., ms. Montp., f» 60".)
Par tont en alai la novelle (de sa faute)
Tant que pcre et mère lou sorent,
Kt li parent grant duel en orent.
Moult l'orent vil, moult la folerenl.
(Vie des Pères, Ars. 3641, f" 4"-)
Onques n'ama gins ne depors.
Tors seul tornoier et joster,
Cevaliers laidir et foler.
(l'arlon., 7G28, Crapelel.)
Par après ce ta dois veer
Qui leiz vous se vendra seer
Que il ne foule ne ne grieve
Celle pour qui ton cuer s'csiievc.
(Clé d'amour, p. 19, Tross.)
.c. diable ont il tant de gent pris
Uni si me foleni ma terre et mon pais.
(Les Loh., ms. Montp., 1° KT*.)
— Au sens moral, outrager :
Pour y estre gardée l'auctorilé et hon-
neur du roy, qui y a esté gran(lenient/o(/<^.
(Proc.-verb. des séanc. du cons. de reg. de
Charles VIII, p. 233, Beruier.)
— Absolument, se livrera des violences,
à des ravages :
Car li Fr.ioçois pristrent a révéler,
I.i uns sor l'antre gnerroieret fuler.
U'.oron. Looys, 2044, Jonck., Guill. d'Or.)
— Foulé, part, passé, fatigm' :
Ce voyans les dits seigneurs quo la dicte
Pucelle estoit fort folee, la menèrent en la
ville pour soy refreschir. (Chron., du siège
d'Orl., Vat. Clir. 891, ap. ,1. Quicherat,
Procès de Jeanne d'Arc, V, 293.)
FOULEREis, - eiz, adj,, qui sert à fouler
les draps :
Medietatem unius molendiui ad folan-
dum pannos, gallice foulereiz. (1307, Liv.
Rouge de la Chambre des comptes, l'»S09«,)
JMoulin foulereiz. (1317, Cart. du Chap.
d'Evr., II, 363, Arch. Eure.)
FouLEUESSE, - oreche, adj. f. î
Tere ronge et fouloreche. (1281, Beg. aux
bans, Arch. S.-Omer AB xvill, 16, n" 470.)
FOULERET, - licret, foull., adj.. qui sert
à fouler les draps :
Les moulins foulerez. (1298, Ordonn.,
Dupuy cxxxiv, 43, Riuhel.)
Deuz moulins fouleres. (1318, Privil. des
drapiers de Gray, Ane. Chambre des
comptes, G 73, Arch. Doubs.)
Assenés sus les molins fouleres. (1319,
Becette du C" de Blois, Arch. Klv 296,
f» 9 r».)
Molins foulleres. {Ib., î" 13 r°.}
Moulin foulieres. (1326, Arch. JJ 64,
f» 248 r".)
Moulin fouleres. (Ib.)
Des moulins foulerez. (4 mars 1362, Chap.
de Chartres, c. xxx, A, 8, Arch. Eure-et-
Loir.)
FOULEniE, foull., fol., s. f., licu OÙ il
y avait un moulin fouleur :
La foulerie de Saint Ayoul. (1300, Cart.
de CailL, ms. Provins, f» 86*.)
Plusieurs fouleries sont indiquées dans
le Censier des Cordelières de Provins,
1314 et 1313.
Des cens nouvelement aquis sus les
murs de le foulerie. (1319, Becelte de la
Clé de Blois, Arch. KK 296, 1° 1 v.)
Une foulerie appartenant ans diz reli-
gieux. (1340, Arch. JJ 73, f»233 v».)
Un clos assis en la paroisse de Sainct
Sauveour le viconte eu la Foullerie. (Mardi
av, S. André 1333, Ch. du garde du sceau
de la vie. de Valognes, abbaie S.-Sauv.,
par. S.-Sauv., Arch. Manche.)
Folerie d'Orléans. (1409, Bec. de J. de
liaizranz, Arch. Loiret.)
— Métier du foulon :
Mestier àe foulerie etdrapperie de draps.
(1466,S(at. des Drap, de Bourges, Ord., xvi,
347.)
— Lieu où l'on foule le raisin :
Aussi tost cjue le raisin est porté en la
foulerie et mis en cuve, le fouler très bien
aux pieds. (Belle-For., Secr. de l'agric,
p. 84, éd. 1577.)
Près vostre cuisine continuerez vos
pressoirs et fouleries. (Likd.ault, Mais,
rust., 1. I, c. V, éd. 1397.)
— Action de fouler, d'écraser :
Batterie, foullerie, ou secouemeut. (N.
DE liRIS, //lS((t!({., f» 77 r».)
Les f^laçiius toniboient de toute violence
et im|ietuositi'', en aorte qu'ils froissoieut
FOU
FOU
FOU
n3
les loictiires des bnstiuients, chose mui
donua et retripliqua telle frayeur aux dits
niovnes de voir une fouierie si repentme
{Ch'os. mem. escr. par Richer, p. 35, Cayon.)
FOLXESTAIGE, VOir FoRF.STAGE.
1. FOVLEun, s. f., vive douleur, pro-
fond chagrin :
An coenr senli mortelle donlenr,
La mort me faict irreffc fonleur.
{Actes desapost.. vol. I, f° liS'', éd. 1.H3'.)
2. FOii.EUR, voir Koi.on.
FOULEURE, - ure, - uire, foluyre, s. f.,
droit sur le battage du blé :
Je puis modre es diz molins sanz mutuire
et batre a batour des diz molins sanz paier
fouluire. (Nov. 1284, Ch. des compt. de
Uole, — , Arch. Doubs.)
— Lieu où l'on bat le blé :
Ou dit bois ainçois que passé eussient
lou leu c'on dit en la Foluyre. (21 avril
1290, Trêve, Arch. mun. Besançon.)
— Ce qui est foulé aux pieds :
Scabeau des pieds des hommes, foulure
des Anglois, et le torchepied des Sacque-
mans. (G. Chasiellain, Adv. du Duc
Charles, vu, 325, var., Kerv.)
— La trace des pas, la place que les
pieds ont foulée :
Kt sçavoit
Sans avoir ven le cerf qnelle teste il avoit,
En voyant seolemcnl ses erres et fouleures.
(Rfi\s., les Vers i'Eurym. et Callirée, Stances,
Bibl. elz.)
En patois picard, on dit folure pour
blessure, comme affolvre.
FOULEYS, voir FtJEILLIS.
POULG.VGE, voir FOUAGE.
FOULiER, s. m., pressoir :
Et par lele manière que, qant je yourré
vendanger, je ne puis fere foulier ne
mètre fouleur on la couve, tant que l'auré
fet savoir n leur message, (1265, Arch. S
3175, pièce 46.)
FOUMERET, voir FOUI.ERBT.
Foiii.is, voir FocLEis.
pouLisoN, voir FotJLOisoN.
1. FOlibi-vuT, s. m., celui qui foule
qui opprime :
Mais se bonne paix vient en règne,
Ainsi tjae brief non» espérons,
Justice qni gnieres ne règne
Ira rhercher en la garenne
Les fotillars et les Inpperons.
(Poés. allrib. à Cl ilarol, Didier présenté i
M'"' de Hassan an rel. de France, V. :tSI, éd.)
nsi.)
2. FOlILI.,AHT, voir FUEILI.AHT.
FOiJM^E, voir Foule.
FOULLETIER, voir FOLKTIER.
POUi.LiE, voir Folie.
pot'i.Mz, voir Fouleis.
KOULLOUEHE, Voir FOULOIRK.
T. VI.
FOibOiR, V. a., mot douteux qu'on
rencontre au sens d'empêcher :
Ils auront regard, correction... surlcisdils
pauvres escoliers. Sans toutesfois fnutoir
la correction du niaislre du collège. (Pièce
de 1494, Felibien, Hist. de Paris, Y, 7 1^.)
Foiii,oin\i,-oitere,-oere,fol., fouU.,s. f.,
cuve où l'on foule le raisin :
Une cuve et une foloere que il avoient
ou dit pressoer. (Ch. de 1292, l'Epau, Arch.
Sarlhe.)
La foloire {Gloss. héb.-fr., M\e.)
.vil. cuves, .1111. foulloueres en bon estât.
(1397, Arch. MM 31, f> 242 v».)
Pressouer,cusves, /'ou/oHeres. (3Juin 149(5,
Vente de Chenonceau, ap. Chevalier, Piéc.
hist.)
Mis six sercles sur les deu.x foulloueres.
(1547, Compt. de Diane de Poitiers, p. 26,
Chevalier.)
Choisi qu'on aura la vendange pour le
viu blanc, ou la reposera dans la. cuvette
ou fouloire, pour 14 aussitost estre foulée
au pied, et le mousl en provenant porté
dans les tonneaux. (0. de Serres, Th.
d'Agr.,Ul, 8, cd. 1603.)
Trois cuves, une foulloire, et deux fu-
tnilles. (Pièce de 1597, ap. beauvillé. Doc.
inédits sur la Picardie, W, 376.)
FOiiLOisoN, foulison, s. f., action de
presser, de fouler, d'écraser :
Traient espessemenl et font grant hnison,
Li Tnrc et li Persanl fisenl grant foulison.
(les Chelifs. Itichel. 12;i58, !" 110^)
Foulaison a été repris au xix' s. :
J'y trouvais bien du dérangement et de
la /'ôttJaison ; c'était comme si une cin-
quantaine de personnes vivantes y avaient
passé. (G. Sand, Mess, de Dois Doré, II, v)
FOULOi.EU, voir Fueilloleh.
FOULON, S. m., cauchemar, mauvaise
intention :
Résistant au mauvais foulon, courage et
assaux. (1474, Arch. JJ 204, pièce 90.)
Ce qji un foulon on coquemare on nomme
Surprend les yeux au milien de Icnr somme.
(Passf.bat, El/igie d'Am.)
FOULOR, voir FOLon.
FOULORECHE, VOir FOULKRESSE.
FOULT, voir Faut.
FOULUIRE, voir FOULEURB.
FOLÎMEROIT, VOlr FCMEROI.
FOUNABLE, Voir Faonahle.
FouNCEL, voir Faoncel.
FOUNDOUR, voir Fondeor.
FouNEMENT, voir Faonement.
FoiNiQUE, s. f., phénix :
F,n telle amitié vous estes la fimniqiie.
(Trotërei., les Corric, I. 3, Ane. Th. fr., VIII,
as.)
FOUPE, S. f., sorte de menu poisson :
Tnielz, /■o«p«, chardon, sonnace. (1432,
Pnncarl' de péage, ap. Mantellier, March.
fréij., 111,220.1
i-otipiit, voir Flaplr.
FoiiyuE, s. f., troupeau :
liharogneuse paslure aux fouques vagabondes.
(IIahdï, t>ii , IV, lu.)
Cf. FoLC.
FOUQUEL, S. 111., troupi', troupeau :
Si s'asambloient par places, par mous e(
par fouquiaux. (Fnoiss., Chron., I, 389,
Luce, ms. Amiens.)
Chil de l'oost se conmencierent a deslo-
gier, et a eiils départir par /OMçiaMS. (II).,
ib., 11, 274, Luce, ms. Rome.)
1. FOUQUEii, V. a., frapper violemment:
Fouquer, to finger. (Cotgr., éd. 1611.)
2. FOUQUER, foucquer, v. a., disperser
un troupeau :
Foucq signifie delict dommage, et ce
qu'on ait interest, dont vient le verbe
foucquer et effoucquer. (Note de l'éd. 1611
de la Somme rur. de Bou'.eiller, p. 506.)
1. FOUQUET, foucquet, s. m., sorte de
jeu dont Le Duchat donne la description
suivante : « Voici comment j'ai vu prati-
quer le jeu de fouquel à des païsans. Us
préiienl une poignée de filasse qu'ils
tordent en long, et qu'ils se fourrent par
un bout dans l'une des narines, mettant
le feu au bout d'en bas de la filasse. Le feu
monte. Eux cependant disent toujours
fouquel, fouquet, et souflenl en même
tenis par la narine qui est libre, en sorte
que ce double vent empêche que le feu,
qui gagne le haut de la filasse, ne leur
brule ni la bouche ni le nez. »
La jouoyt, au flux,... au j'en suis, a fouc-
quet. (Kab., Gargantua, cii. 22, éd. 1542.)
Et seront en figure trigoue equilaterale
ou grand temple de Paris, ou au mylieu du
pervis posées ces trois pierres mortes en
office de extaindreavecques le nez, comme
au jeu du foiiquel, les chandelles, torches,
cierges, bougies, et flambeaux allumez.
(ID.,1. iV, éd. 1532.)
2. FOUQUET, S. m. î
Quant on les veiilt mètre hors,
C'est pis qne la pitié fouquel
Des pitenx regretz qn'ilz font lors,
(ta Hesolulton d'Amours, Poils, fr. des w' et
xvi=s., XII, 3111.)
1. FOUR, voir Forc.
2. FOUR, voir Failx.
3. FOUR, voir FuEB.
4. FOUR, voir FUERRE.'
1. POURAGR, voir FoHRAGE.
2. FOURAGE, S. m., métier de fourreur :
Nulz de ceste ville ou do dehors ne pour-
ront fourrer ne lever ledit mestier de fou-
rage, soit en cambre ou ailleurs, que pre-
mieremeut ilz ne aient passé maistre.
(1489, Stat. des vayriers fourreurs, Reg.
des stiit., p. 340, Arch. mun. Abbeville.)
3. FoURAGB, voir Forage.
FOIJRAGE.MENT, VOlr FûBHAGEMRNT.
FOUKAUIÉ, voir FUHAGIÉ.
15
Hh
FOU
FOI
FOU
FOUI» VIN, voir Forain.
FOURAb, s. Ml., mesure contenant le
sixième da bichet, en la prévôté de Bou-
conville :
Les rentes de Saizerey appellees les fou-
raulz se paient chascun an au jour de la
sainct Remy, et en ycelles rentes les 6
fouraulz doieni faire ung bichet. (1409,
Arch. Meuse B 1323, f 34.)
On heust bien recullies la firalle en des
fosses cf dites viiines a foiiral et a bicbat.
(J. .\uBRiox, Journ., an 1476, Larchey.)
FOURAN, voir FORAI.N.
FOURBAXIK, voir FORBAXIR.
FOUIIBARRER, VOir FORBARRER.
FOURBATRE. VOir FORBATRE.
FOL'RBET, voir FORBKT.
FOUKBEl'Il, voir FORBEOR.
FOURBI, S. m., pris an Bg., dans
l'exemple suivant :
Il p«r'1 qni meconle au fourbi.
(J.-A. DE Baif. les ilimes, I. Il, P U v°, éd.
If.l9.)
FOl-RBIR, voir FORBIR.
FOLIiniSSANT, voir FOHBISSANT.
KOI RBISSEMEXT, Voir FORBISSEMKST.
KoLiiBo.NDiR, V. a., sauter dessus;
tig., écraser :
On nons a si bien fourtondis
Qne n'avons plus pile ne croix,
Liu de camp, meable. ne thaadis.
(L'Atf ilaria des Espagn., Poés. fr. des w" et
Vïi* s-, IX, lOiî.)
FouRBOT, S. m., tumulte :
Et qui fourbot u assanlee feroit, il seroit
a sissante sauls a nous et a cbiunch sauls
a le draperie essancliier. (Charte du comte
Guillaume I de Hainaul. du 2fi juin 1310,
pour la draperie de 3lons, Arehives com-
munales de .Mons.)
FOURBOuiLLi, - loitlly, S. Hi., bouilli :
FourbouUy. It. Carne cotta nel suo
brodo. (Ju.N., Somencl, p. 69, «^d. 1377.)
POURBOLiLLiii, - boulir,bouillyr, v. a.,
faire bouillir:
Ledit bouriel le décapita et mist en .iill.
pièces, lesqucles il fourbouli par le conj-
mandemeni a lui fait. (Chron. des Pays-
Bas, de France, etc., Rec. des chr. de
Fland., III, 324.)
Le .Marianne condempné a lx a. de ban
enfraint pour avoir trouvé en sa maison
ung lièvre fourbouly et lardé non diane
d'entrer en corps de personne. (1480, Lille,
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Ronchi, fourboutir, blanchir des lé-
gnmes, des herbages.
FOURDOULIR, voir FonRBori.iiR.
FOURC, voir FoRc.
rOfRCAXGIER, voir FORCHANGIKR.
FOURCE, voir FOURSE.
FOI.'RCEL, voir FOBCEI..
Fornr.F.i.F,, voir Forcei.k.
1. POCHCELER, voir FOBCELKH.
2. FOURCELER, VOir FORCILLIER.
FOURCELET, VOir FORCELKT.
ForRCF,i.r, voir Forcelu.
FOLRCEMENT, VOir FORCE.MENT.
FOURCENERIE, VOir FORSENERIE.
FOL'RCER, voir FOURSER.
FOURCEURE, VOir FORCHEURE.
FOURCH, voir FORC.
FOURCHAGE, VOir FORCHAGE.
FOURCHE, voir FORCHB.
POURCHEE, voir FORCHIEK.
FOURCHEFIERE, VOir FORCUEFIERE.
FOURCHEGERBES, VOir FORCHEGERBES.
1. FOURCHEL, voir FORCEL.
i. FOURCHEL, voir FORCHEL.
FOUKCHELER, VOir FORCELER.
FOURCUELU, voir FuRCELU.
FOURCHENER, VOir FORSENER.
FOURCHERON, VOir FORCHERON.
FOURCHEROT, VOir FORCHEROT.
FOURCHETTE, VOir FORCHETE.
FOURCHEURE, VOir FORCHEURE.
FOURCHEVAUCHIER , - cier , V. a. ,
rendre fourbu :
Lambert Bontry fait .idjourner .lehan
Croyer, pour sept salus d'or, a ce que par
son fait un cheval que le dit Lambert
bailla a louage au dit Croyer, lequel a le
dit cheval fourchecaucié, par lui faire por-
ter a deux, et tellement 1 a travaillé que le
dit cheval est tout esrené et ne s'en poet
aidier. (18 sept. 1434, Reg. aux Actes et
sentences, f" SO, Arch. raun. Douai.)
FOURCHIË, voir FORCHIÉ.
FOURCHIELLE, VOlf FORCELE.
FouRCHiER, voir FORCaiER.
FOURCHIEURE, VOlr FORCHEORE.
FOURCHILLON, VOir FORCHILLON.
FOURCHIXE, voir Froncine.
FOl.RCHIS, voir FORCHEIS.
FOURCHON, voir FORCHON.
FOURCIE, voir FORCHIEE.
FOURCIBL, voir Force r,.
FOURCIER, voir FOURSIEH
FOURCIERE, voir FOCRSIERE.
FOURCLORE, VOir FORCLOBE.
FOIîRCLOSE, voir FORCLOSB.
FOURÇOIIEU. voir FOHÇÛIEH.
FOURCOMM VNDEU,VOirF0RC0MMA.\nER.I
POUIICO.MM.VNT, voir FORCOMMANT.
Foi'iicoMPTE, voir FonCOMPTE.
FOURCOMPTF.Il, VOir FORCONTER.
FOURÇON, voir FORCHO.\.
FOIRCONTER, VOir FORCONTER.
FOUIICORRE, voir FORCORRE.
FOfRCOCRS, voir FORCOnRS.
FOURCOURSE, voir FORCOURSE. .
FOURCRY, voir FORCRI.
FOURDBRAINE, VOir FORDINE.
FOURDiAN, adj., forme dialectale de
foudroyant :
Kt Tîeng veoir le fourdian oraige
Chea sur moy.
(ta Compl. de Dignani, Anal, leod., v. ^i, Chron.
belg.)
FOURDINE, voir FORDIXE.
FOURDINIER, voir FORDINIER.
FOURDRINE, Voir FORDINE.
FOURDRINIER, VOir FORDINlER.
FOURDROIEUH, Voir FOODROIEDR.
FOIÎRDROYEUS, VOÏr FOUDROIEUS.
FOURDROYEUSEMENT, VOir FOUDBOlF.f-
SE.VE.NT.
FouRE, voir Fderre.
FOURÉ, voir Férié.
j FouRENTENDU, adj., inintelligent :
Ce TOUS pen trop pou ponrfiter.
Pois que vo gorge piauchelue
Pert par dame fourentendue.
(.Ieh. d'Estruen, Chans., Soheler, Trottu. heig,,
nouT. sér., p. 124.) Ms., fonrestendve.
I FOURER, voir FOBRER.
I FOURET, S. m., fourneau :
Pour refaire le fouret de la cuysiue.
(1384, Arch. MM 31, I» 4 v».)
FOUREUR, voir FORREOR.
FOUREURE, voir FORREUHE.
FOURFAIRE, voir FORFAIRR.
FOURFAISEOR, Volr FORFAISEOR.
FOURF.viTURE, voir Forfaiture.
FOURFESTE, S. f., toiture en saillie :
Et sur lesdis montans fourfeste de .xiill.
pies de long. (1442. Dec. de carpenierie,
Arch. mun. Béihune.)
Feste et fourfeste. (/6.)
FOCRFiiiANCE, - fuyauce, - fuance, voir
FORFCIANCE.
FOURGAGNER, VOir FOURGAIGNER.
FouRGAiGNEMENT, S. m., saisie on
confiscation d'un bien :
Le créditeur rentier ne peut procéder '
a la rlislraclion ib' son liypothequi' |';i-
FOU
FOU
FOU
tlS
Èi'ule Pt decrel jiidiciain^, mais bien par
éviction el fourgaignement d'icelle. {Coût.
de Lessines, xil, 1, Noiiv. Coût, géu.,
II, 218.)
FOL'RGAiGXEK, - gagner, v. a., saisir,
faire vrtndre, en parlant des biens d'un
débiteur insolvable:
Et si l'oblipé ou possesseur dudil héri-
tage après ladite signification faite, estoit
défaillant et dilayant de payer et satisfaire
l'espace de quinze jours, en ce cas le ren-
tier ou son procureur sera par ledit
mayeur a l'ordonnance des eschevins re-
mis audit héritage, pour en jouir de la en
avant comme du sien, aux charges anté-
rieures a sa<lite rente : sauf qu'en dedans
l'an le propriétaire ou possesseur dudit hé-
ritage le pourra recouvrer, en payant au-
dit fourgaignant tous arrierages et des-
pens. (Coût, de Vnlenciennes, vu, 44,Nouv.
Coût, géu., II, '^0.)
Pour fourgaigner quelque héritage par
faute de rente non payée, sera requis que
le haut command soit fait en dedans un
an de la .■saisine prinse. (Cout. de Namur,
XVI, ib., 11, 304.)
Et pour autant que sommes avertis que
plusieurs créditeurs trop durs et rigoureux
contre leurs pauvres débiteurs, ont sans
attendre nostre présente constitution, usé,
et usent, de toutes rigueurs d'exécution,
arrests de personnes, évictions d'héritages,
criées et subbastations, nonobstant et
sans avoir regard aux très grandes pertes
d'iceux débiteurs, desquels ils ont fottrga-
jne'les biens, maisons, terres et héritages.
(31 oct. 1587, Edit de Philippe U, sur la
modération des rentes, III.)
1. FOUKGIER, voir FORGIER.
2. FOlTIKilEll, voir FURGIEH.
ForuGOER, voir Forjoer.
FOIRGOIR, voir FORJOIR.
FOIIRGUR, voir FORJUR.
FOURH.vsTER, verbe.
— Réfl., se bâter à l'excès :
Si prissent le chemin pour venir celle
part, et li Franchois apries, tous rengies
et tout ordonné pour combattre, et ne
faisoient mies trop grant compte d'iaux
fourhaster. (Froiss., Cliron., Y, 3o8, Luce,
ms. .\mlens.)
— Nout., dans le môme sens :
nui l'endemain peuist veoir tentes
abatre, gens fourliaster. (Ffioiss., Cliron.,
II, 82, Luce.)
Et chevaucierent de premiers tout le
pas saus fourhaster. (Id., ib., V, 424, Luce,
ras. Amiens, f 122.)
FOUUH0ST.\GIER, Voir l'OlioSTAOIER.
FOURIE, voir FORRKHUÎ.
l'OIJUIEH, voir FORRIER.
KOL'RIEKE, voir FORIERE.
FOUR.IOUSTER, voir FûRJOUSTEB.
FOURJOYER, voir Forjoer.
t^OURJUGEMENT, VOir FORJUGE.yENT.
FOURJUGIER, voir FOBJUGIEU.
FOL'HJUR, voir FOBJUR
FOURJUREMIÎNT, Voir FOHJUBEMENT.
FOURJURER, voir FORJURER.
FOURKE FIEUE, VOir FORCHE FIERE.
1. FOIRKIÉ, voir FORCHIÉ.
2. FOURKIÉ, S. m., empêchement :
EnsanblealoiCDt et vivoienl.
Et cil ki (tarder les dévoient
De tout lor donnoient congic.
Ne lor faisoient nul fourlié.
Ne do boire ne de mangier.
l'"ors d'ia.x ensanble coiichicr.
(Marie, I.ai de i'Espinr, 3.S, Itoq.)
FOURt.,ACHURE, S. f. ?
Se les dites pièces d'cnuvre que feront
iceulx tnaistres sont corrompues parfaulses
cordes, faux las, par fourlirures et pour
fourlachures, iceulx maistres et les ouvriers
qui les feront seront tenus paier .x. solz
d'amende. (1492, Statuts des haulelisseurs
d'Amiens, ap. a. Thierrv, Jlfo«. inéd. du
Tiers Etat,U, i^6.)
FOURLAVER, V. a., lavcr à l'excès :
Se un foulon fourlave un drap, il le doit
amender de .v. s. a la ville. (1410, Stat. de
la drap, de Chauny, Arch. mun. Chauny.)
FOIIRLIGNABLE, VOir FORI.IGNABLE.
FOIIRLINGNIER, VOir FORLIGNIEU.
FOURLONGiER, V. a., éloigner, écarter,
retarder :
Nous avons ordonné que li maires,
presens eskievins, prende le sarment du
demandant, que celli demande il ara faitte
a boine et juste cause, et pareillement a
celui qui l'ara congneult, que a juste cause
l'ara fait ou du moins que fait ne l'a mie
pour ses loyaulx creditteurs fourlongier.
li" mars 1417, Charte de la duchesse Jacque-
line de Bavière, Archives communales de
Mons.)
FOURLOUCHIER, V. a., regarder de tra-
vers :
S'il voient qn'on les Toellonnllement fourlomhier
Au mengier et an boire moult tosl en vont grou-
[chier.
(G. 1,1 Mursis, li Estas des Scctders, II, 02, Kerv.)
FOLRMACHE, S. f. ?
Un charpentier livre une noefve montée
a vin contenant de largheche parmy le
croix .X. pies .vm. pans, avoec ce .xxil.
pies de bourdon et les .XVIII. pies furnis
de fourmaches. (1430, Lille, ap. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
FOURMANGE, VOir FORMANCE.
I FOURMANTAL,, VOir FROMENTEL.
I FOURMARIAGE, voir FORM.\RIAGE.
FoiiuME, voir Forme.
î FOURMEESIENT, VOir FORMEEME.NT.
FOURMEL, voir Formel.
FOURMELE, YOir FORMELE.
FOURMELER, VOir FORMELEH.
FOURMEMENT, VOir Folt.MEMENr.
FOURMENER, VOir FORMENER.
l-OURMENEUR, voir FORJIENEUli.
FOURAIENTEE, Voir FhOMENTËE.
FOUR.MENTEU, VOir FrOMENTRR.
FOURMENTERESCIIE, VOir FKOMENTE-
RESSE.
FOURMENTERIE, VOir FRO.ME.NTERIE.
FOdRMENTEUS, VOIT FrOMENTEUS.
POURMENTIERE, VOir FROMENÏIERE.
POURMENTINE, VOir FrOMENTINE.
FOURMENTOISON, VOir FrOMENTOISON.
FOURMER, voir FORMER.
FOURMESAisiÉ,-e(, adj., mal à son aise :
Et si ne savoient en quel lieu ne a cui
demander leur chemin, dont il estoient
tout fourmesnisiet. (Froiss., Cliron., 1,
58, Luce.)
FOURMETE, VOir FORMETB.
FOURMETURE, VOir FOHMORTCRE.
FOURMEtTR, VOir FORMEOR.
FOURÎ\IICAIRE, voir FORMIOAIRE.
FOURMIEMENT, VOir FoRMIEMENT.
FOURMIER, voir FORMIER.
FOIIRMIIER, voir FORMIRR.
FouRMiR, V. n., trembler, être ébranlé:
Brail cl requane et mnit, que Inul pu fimrmisl
[l'eirp.
(noon de Maience, 1519, A. P.l
Cf. FORMIER.
FOIIRMISETE, Voir FORMISETE.
FrtURVIOIER, voir FORMIER,
FOURJIOIR, voir FORMOIR.
FOURMOiRiB, - oi/rie, S. f., meneau d'une
fenêtre :
.VIII. aissielles dont on a fait un plan-
quier pour trachier le fourmoirie d'une
tour. (1400, Lille, ap. La Fons, Gloss. ms.,
Bibl. Amiens.)
Pour le fourmoirie de le grande veraire
de le nef de ceste église. {Compt. de 1325-
1523, Arch. Nord.)
Pour avoir blanchie a la brousse cinq
/barmoî/nes (faites par un maçon) de ver-
rières, .XL. s. (1563, Douai, lip. La Fons,
Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Se disait encore an commencement du
XVI i' s. :
A Jehan llanieq, marchant de piere, pour
une fourmoirie assise le xxvj* juillet 1619.
A luy encore, pour la livrance d'une autre
fourmoirie assise au mois d'aoust 1620.
{Compte de la fabrique de l'Eglise collégiale
de Sainte- Waudra, à Mons, pour 1620, Arch ,
Mons.)
FOURMONT, S. m., sorte d'outil :
Lesquelx deux couples de fer le sup-
pliant a un hostil dit fourmonl il leva ou
arracha. (1404, Arch. ,1.1 138, pièce 361.)
FOURMORT, voir FORMORT.
FOURMORTUOIRE, Voir FORMORTUOIRE
Hfi
FOU
R)U
FOU
■ '(n'iDioitTiitE, voir Formorturk.
FouKMorv<iiis, voir Formovoir.
FoiinNAGi:, voir Fornage.
FOi'RNE, s. f.. cuisson ,111 four; fig.,
|iroi1iiclinn :
Kl le «onvieannc en la closlare
Qn'en vain n'as fait la prodoclnr'',
La fofimr des humaines faces.
iG. Tu isTBi 1 UN, la Uori du ine Philippe, m,
i", Kerv.)
FoiRNEEii, voir Kornieh.
FOIIRNEL., voir FORNEI,.
FOlIRNELEf R, voir FORNEI.EUK.
FOURNEI.LAGE, VOir FORNELAGl:.
FOl'RNEMEXT, VOir FORNEMENT.
FOl.RNERAT, VOir FORNERAT.
FOIIRNERESSE, VOIT FORNERESSE.
I-OI'RNERON, voir FORNERON
KOIKNESTURE, VOir KORNETURE.
FOURNET, voir FORNET.
FOIRNETURE, voir FORNETDBE.
ForilMAGE, voir FOUXIAGE.
FouRNicACiON, voir Fornication.
FOURNIEI-ET, VOir FORNELET.
FOrltNIEMENT, VOir FORNIEMENT.
FOURNIER, voir FORNIER.
FOURNIERE, VOif FORNIERE.
poijRNiGER, voir Former.
FOIRNII.LE, voir FORNILLE.
FoiiRMij.oN, fournitlun, voir Kohnil-
I.ON.
FOI RNIIl, voir FoRNlR.
FOURNIIION, voir FORNKRON.
FOURNl.SER, voir FOBNISER.
foi;rxiss\ble , adj-, riui doit être
fourni :
Le roy manda au inarescliai qu'il avoit
faicl party avec le marchand Obreth, pour
fournir, des le quinziesme, cinquante
mille livres, fournissables des le vingl-
cinquie.-iiiie. (Du Villars, Mém., Xll, an
1560, Michaud.)
FOURNISSEMENT, VOir FORNISSKMENT.
FOURNiTiox, S. t., fourniture :
Sur le Iiavre fui trouvé du charbon de
terre bien pour dix ou douze mil livres:
qui cstoit la fournition de l'yver pour tous
les aultrcs forts. (Lett. miss, de Nie. Nico-
lai, géographe du roi, d Mgr Du Duis, 1519.)
FOIHMTrRE, voir FORNETURE.
FOi'RNOT, s. m,, petit four :
Rompuz ung fournol. (4 nov. 1444, /n-
(orm. par llug. Belverne, (' 15 r", Ch. des
c.oropt. de Dijon, B 11881, Arch. C.-d'Or.)
IdIRNilYKR. \iiir FoR.MER.
FOURNOZ. voir FORNOZ.
FoLRoiR, v. a., ne pas écouter, ne pas
tenir compte de :
Et se uns fourooil leur semouse li es-
clievin qui apries seroient, doivent le four-
fet jugier a le seraonse dou bailliu ou dou
prevost. selouc le record des jures. (RoisiN,
nis. Lille 266, p. 69.)
S'il estoit nus qui chou trespassast et
chou fouroist. (Jb., p. 70.)
FOUROSTAGIER, VOIT FOROSTAGIEH.
FOURPASSER, VOif FORPASSER.
FOURQ, voir FORC.
FOURQFILLE, Voir FOUUQUEFILI.E.
FOURQUEFIERE, VOir FORCHEFIERE.
FOURouEFiLLE, fourqfille, i. f., forme
altérée de fourchefiere, grande fourche de
fer :
Un baston ferré, nommé fourqiiefille.
(1410, Arch. JJ 164, pièce 239.)
Louches et fourqfi.lles pour arrachier les
herbes et ronches des fosses. {Compte de
1442, Béthuue, ap. La Fons, Gloss. ms.,
Bibl. Amiens.)
Un baston que on appelle foiirquefille.
(1463, Arch. .IJ 199, f» 153 r».)
Se dit encore dans la Haute-Norm , val-
lée d'Yères.
FOURQUEIZ, voir FORCHEIS.
FOURQUEMANT, Voir FORCOMMANT. .
FOUROUERQUIER, VOir FORCHAROIER.
FOURQUETE, VOir KORCHETE.
FOUROUIER, voir FORCHIER.
POURQUIET, voir FORCHIET.
FOIRQUILI^ON, voir FOHCHILLO.N,
FOURQUON, voir FOROHON.
FOURRAGEMENT, VOlf FORRAGEMENT.
FOURRAGIER, VOlr F0RRA6IER.
1. FOURRAL, adj., qui sert de fourrage:
Certains avenages nommez feurres que
ledit prince prenoit ou fié et seigneurie de
nostre dite église en la parroisse de Saint
Lambert de la Poterie, montaus huit
mines d'avoines fourraux ou environ,
desquelles il y a de présent troys mines
en cadit non paiahles, ainsi que l'on dit,
pource que les maisons et choses qui les
dévoient par la fortune de la guerre ou
autrement sont tournées enruyne. (17 mai
1453, Compt. du roi René, p. 63, Leeoy.)
2. FOURRAI,, voir FoUUAL.
FOURRASSE, adj. ?
Anssi jo n'anroys pas bon temps .
J'anroys les mains fourrasscz.
{Farce de Giiillerme, Ane. Th. fr,, I, 331.)
FOURRE, voir FUERRE.
FOURREAU, S. ni., habillement étroit
des soldats :
Cinquante soldatz qui tous avoient le
bonnet rouge ou de vellours, ferré d'or,
avec la chaisne au col faisant deux tours.
avec le fourreau, et l'escarpe de vellours.
(BnANT., Couronn. fr., vi, 106, Lalaune.)
FOURRECLOsiox, voir Forclusion.
FOUlîlîEL, voir FORREL.
FOURREHER, furr., s. m., fabricant de
gaines et de fourreaux :
Quiconques vuet estre gainiers, furre-
liers ne houvrier de cuir bouli. (E. BoiL.,
Liv. des mest; 1« p., lxv, 1, Lespinasse et
Bonnardot.)
Rolant le fourrelier. (lo., ib., p. 136.)
Le fabricant de fourreaux s'appelle en-
core fourrelier dans le .lura.
l'OURKKU. voir FOKREU.
FOURRERIE, VOir FORRfiRIE.
FOURREST, S. 10., (ourreau :
Il recouvra une lance et remist son espee
en son fourrest. {Le chevalereux Cte d'Ar-
tois, p. 15, Barrois.)
FOURREUBER, VOir FORROBEU.
FOURREURIER, 3. m., fabricant de
fourrures :
Ariette, fille d'un surnommé Faiiberl»
pelletier ou fourreurier. (Bourgiteville»
Rech. de la Neustrie, I, 13, éd. 1588.)
FOUKRiE, voir Forrerie.
FOURRIER, voir FORRIER.
FOURRIERE, VOir FORRIERE.
l'ouRRiERiE, voir Forrerie.
FOUUUON, s. m., fourrageur, goujat :
Pires que dyables et fourrons. (1537,
Cart., Arch. comm. Albi, 5° vol.)
POURSAD.IOURNER, VOir FORADJOUR-
NEH.
pouRs.vGE, s. m., frai :
Que nul ne pesche depuis la saiuct Jehan
Baptiste jusques alaPasque a harnas que
on appelle muche, qui est pescherie de
roches, sur l'amende de Ix. solz et le har-
nas perdre. Et ne doit estre tendu en
temps de foursage a cent piez près du
fûursin. (Bout., Somme i-ur., l» p., f" 134»,
éd. 1486.)
FOURSAIRE, voir FonSAIRE.
FOURSANER, Voir FORSENER.
FOURSANNER, VOir FORSAINNIEH.
FouusE, fource, s. m., (rai :
On soloil mener fcns comme paiscon leur foiirses
Et sauvement menoient li mercheant lor tonrses
(Cr. LI Muisis, li Estas des sectilers, ii, 71, Kerv.)
Qu'aucuns ne prennent secqueteaux du
fource de l'année. (Cftart. de llain-, Gxxxiv,
6, Nouv. Coût, gén., II, l."0.)
FouRSEC, - sek, s. m., sécheresse :
Se il avenoit que lidit fosses keisl en
/'oursefc pour defaute d'iaue ou s'enterast:
par coulis ou par ravois pour quoy en peust
venir n piet ou a queval par ledit lieu a el 1
forteresche de le ville... (1313, Arch. JJ gs, i
f- 21 v».)
FOU
For
FOU
117
FOL'RSECiiiÉ, - qtiié. - kic,- dé, adj.,
sec, desséché, ciuloiiimagé par la séche-
resse :
Ki la malff voie lient,
Celui samble qui se retiont
Au pel Je la soi( foursecifl
Pour i;ou k'il cricot que il ne cliiet
r^QS eu la voie qui est orde.
(Rado. de Cond., li Contes don pel, 37", Scheler.)
Comme un homrae mort et une main
artetike foursechie. {Li Ars d'Am., II, 328,
Petit.)
Hous mors et mains foursekie sunt, li
bons une caroipne et li mains uns sanlans
de mains. (76.)
Car par la faulto et effusion de son sang,
dont tant avoit parti de son précieux
corps, dedens estoit il tout foursechie et
tout ayré. {De vita Christi, Richel. 181,
• 140".)
Les seaulx de cuir estoient foursequies.
(1420, Lille, ap. La Pons, Gloss. ms., Bibl.
.\miens.)
FouasEK, voir FouRSEn.
FOIBSEN, voir FORSENS.
POUHSEN.WLE, voir FORSENABI.B.
FOUUSENEEMENT, VOM' FOHSENEEMENT.
FoimsENEij, voir Forseneh.
FOURSENEniE, VOir FonSENElilE.
FOURSENS, voir FORSENS.
FOURSENT, voir FORSENS.
FOURSEQuiÉ, voir Foursechie.
FOiiRSEK, foursser, fourcer, v, n.,
frayer, en parlant des carpes ;
Ces lettres furent faites et kierkies l'an
ke les wesples et li tahon se conbatirent
îour le mont de Liban nouante et un el
mois que les raines foursent. {Ren. le
Nom., p. 306, Méon.)
Carpes fourssans. (146b, Péronne, ap.
La Fons, Uloss. ms-, Bibl. Amiens.)
Fourser. Conme font les carpes en un
étang. Parère. Ex Plin. (Nicot, Thresor.)
Quand les poissons fourcent. (Note de
l'éd. 1611 de la Somme rur. de BoiileilUer.
p. 307.)
Dans la Haute-Norm., vallée d'Yères,
on emploie le subst. féni. foursée pour si"
signifler portée d'un animal et particu-
lièrement de la truie.
FOinisiER, - cier, s. m., réservoir rem-
pli de carpes ;
i;ar trois mères en ctl fowcier aroil,
Qui do peupler mon estanc gouvernoil,
Par leur raoien, qui maint bien m'ot rendu :
Mais ce fourcier est devenu trop froit.
Dont mon estanc est de tout point perdu.
IK. ÛESciuacs, Poés., Richel. 810, l" i:i7" : (II,
189, A. T.)
FOUHsiF.RE, foitrssiere, foiuxiere, for-
ciere, frossiere, froissiere, s. t , réservoir
rempli de carpes :
Pour regeter le fourssiere de .xv. pies de
lez tout entour. (1326, Bevenus des terres
de l'Art., Arch. KK 394, f» 44.)
.Jiir. d. pour le foursiere des près du 1
manoir. (1328, ib., r> ol.) i
Ji! Ti j.idis que j'oy un sr.int vivier,
Ivmpres lequel avoit une foursiere
Oui me faisoit mon estanc poisonnier.
(K. DBsr.iiAMPS, /'»/•<., Richel. 810, f" l.n» ; III,
189, A. T.)
Item une forciere et niaroys a mettre
poisson appelle le petit Uouzelleux. Item
une autre petite forciere et marois assise
près la dite meitaerye. (1521, Aveu de
Bascordes, paroisse de Pruniers, chastell.
de liomorenlin, np. Le Clerc de Doily, t. I,
f° 269 r", Arcb. Loiret.)
2b sols paie comptant, n .lehan le Paul-
mey, ostelier, demeurant a Sanze, pour les
despens de luy, le clerc juré Jehan Menoy,
Thiebault Hasson et Didier le Rebelle,
tarillons demeurans a Bouconville pour
avoir esté visiter ung lieu ou boix de
Wevre appelle la Nauwe La Chivre pour
faire une frossierle} pour forair ez estaiug
de Bouconville. (1327, Arcli. Meuse, B
1B77, f» 65 r°.)
Ce jourd'huy 16 janvier 1583, entérine-
ment des .11. lettres de transaction passées
par Claude de Lafferlé, escuyer, capitaine,
prevost, recepveur et gruyer de Boucon-
ville avec les habitants d'AusainviUe pour
terminer les procès meuz entre eulx et le
procureur gênerai du Barrois pour la nou-
velle froissiere érigée au dedans des bois
de la royne (1S85, Arch. Meuse, B 267,
f» 239 r°.;
Près, vignes, estangs, fosses, fourcieres,
terres, bois, paturaiges. {xvr= s , Bail des
dîmes d'Acy et Vincy, S. Faron, Arch. S.-
et-Marne, H 174.)
— Carpe femelle :
Et lui iist présenter quatre grans Uix,
deus foursieres, des oistres. {Lett. de
Louis Xll, Brux., t. II, p. 40.)
Pour avoir allé a [lames mener sept
cents demy de semenche et chincq four-
sieres pour rapoissonner le grant vivier.
(1534, S.-Omer, ap. La Fons, Gloss. ms.,
Bibl. Amiens.)
FOURsiN, s. m., les œufs de certains
poissons et de certains insectes :
Car tout aussi c'on voit venir
Le honnine, contre raison,
Du tans vilain contre saison.
Tout ce het que Uns naturaus
Fet venir, n'est pas ses paratis,
liais son fonrsin aime et auionln,
Kt tout ce deslruit et desmonlo
Ki puetpouriiter et valoir.
(I>e le Honnine, Richol. 25,ïU(;, P -no i'.)
Qui est trouvé peschant a cent piez, près
de foursin, chet en amende de .lx. solz
(Bout., Soi», rur., 2» p., f» 64% éd. i486.)
Les ungs (les carpeaulx) devant elle
aloyent saillant, les aulcuns de costé, les
aultres tournoyent le ventre desure, les
aultres ouvroyent la bouche pour avoir
air. Dont il sembloit a la dame que la carpe
prcnoit plaisir a avoir son fonrsin. (Hist.
de Gili0)i de Trasirjnyes, p. 4, Wolf.)
Arr. de Béthune, foursain, les œufs du
brochet. Ce mot sert aussi à désigner la
femelle de ce poisson. H -Norni., vallée
d'Yères, fourciner, mettre b.^s, parliculiè-
inenten parlant de la truii^
FOIJRSSON, voir FOBCIIO.N.
FOURTIFFIEMENT, VOir FORTIFIEMENT.
FOURTiRURE,s. f , acliou de trop tirer;
Se lesdites pièces d'oeuvre que feront
iceulx maistres sont corrompues par faul-
ses cordes, faux las, par fourtirures et
pour fourlachures, iceulx maistres et les
ouvriers qui les feront seront tenus paier
.X. solz d'amende. (1492, Stal. des haute-
tisseurs d'Amiens, ap. A. Thieny, ,Uo7i.
inéd. (la Tiers Etat, 11, 4o6.)
FOIIIITOLIR, voir FORTOLIR.
FouiiToufiN'OYER, v. a., vainci'c dans
un tournoi :
Or il perra comment ceulx de Grèce se
monstreront en ce tournoy, et chascun de
nous soit sur sa garde et que nous aydons
l'ung l'aultre aflin que les aultres ne se
puissent pas vanter et mocquer de nous.
Je ne vouldroye pas pourtant que le roy
Alexandre ne sa gentillesse fussent four-
tournoyez, jacoit ce qu'ilz soyent preux.
(Perceforest, vol. 1, <■,. 30, éd. 1528.)
FOURTRAIEUa, VOir F0RÏU.\li:0K.
FOURTRAIRE, VOIf FORTUAIRE.
FOURTRAIT, VOlr FORTRAIT.
FOURTREEMENT, VOÎT FOUTRAIBMENT.
FOURTROuvER, V. a., trouvcr à l'iin-
proviste, surprendre ;
Si conclurent de la poursievir et atl'ai-
blir en tant qu'ilz fourrageroient les villa-
ges, se ainsi on les pouvoit fourtrouver,
et se ce non, ilz les combateroient en
quelque estai qu'ilz fussent ratains.
(MONSTRELET, ChfOU., 11, 204, Soc. (Il'
l'Il. de Fr.)
FOURViER, voir FOIIVOIER.
FouiiviRER, V. n., se tourner:
Encores estoit le déduit plus grant a
veoir, car la ou l'eaue clere sourdoit par
entre deus terres, elle venoit de tel ran-
don en la forest qu'elle faisoit de la gra-
velle dont la moindre estoit rubis saphir
ou esmeraude ou autre pierre de vertu ou
(le diverses couleurs , entreheurter et
fourvirer les unes contre les autres tant
fort que l'on en oyoit le son mélodieux.
{Perceforest, vol. IV, ch. 48, éd. 1528.)
POURVOI, voir Foiivoi.
FOURVOIEU, voir FORVOIER.
POUIIWACIER, voir FORGAGIEK.
FOUS, cas sujet, voir Folc.
FOUSER, voir FOSSEU.
FOUSERER, voir FOSSUREH.
FOUSSAIER, voir FOSSOIKU.
FOUSSEMENT, VOir FOSSEMENT.
FOUSSEll, voir FOSSER.
FOU.SSERER, Voif FOSSOHEK.
FOUS.SET, voir FONCET.
1. FOUSSEUR, voir Fossou.
2. FOUSSEUR, voir Fosseur.
FOUSSEURE, voir FOSSEURE.
FOUSSON, voir Fosson.
FOUSSORIER, voir FOSSORIER.
FoussouER, voir Fossoih.
ns
FOU
Koiissontiiï, voir Fossobik.
Foi'ssoYE, s. f., syn. .le futaie :
S»os rnayner oa »voir a memoTro
Ooiî le* teneurs faisoienl lenr consistoire
Ed fort boiison, lanJes, haalle fo'issoyi--
(f.mxcoRF.. la Chassr du enf des Cfrft, I, 159,
Bibl. eli.)
FOissiRER, voir FOSSORKR.
Frti'STEAi', voir Poteau.
Foi'TELAiE, fouetelee, s. f., lieu planté
de fouteaux ou de hêtres; est représenté
par le nom de lieu, la Fouetelee. (1238,
Unblemont. Arch. S. 4^96, snppl. n° 1S3.1
KOl'T EN CUL, voir FOT EN CUL.
ForTEOR, voir Foteor.
FOIITERIE, voir FOTEBIE.
lorTiER, voir Fotier.
KHTiNEH, v. a., battre :
Le marpont, qnand sois retourné,
Ksloil mnchc en qiielqne lien. i
>e te sçatoii je ! Vertn Dien ! |
il Ton» fi«-" bien fouliné.
(Farce de Frère GuUleberl, Ane. Tb. fr., I,
3M.)
Pays de Canx. fouUner, s'aninser à des
niaiseries, être méticuleux, tatillon.
rovTO\R., foulouer, s. m., sorte de ma-
chine de guerre :
Ouant aux basions et instruments de
guerre, pour l'offence et deffense des
hommes et des villes, nos gens ont usé de
tous ceux des Grecs et Romains : car le
livre de Vegece de l'art de la çuerre fut
mis en françois par Jean de Meuug. et
dédié a Philippes le Bel environ l'an
.MCCC. soit qu'ils fussent plutees (ce sont
inanlelets ou taudis) pour les aproches,
dont vient le mot de taudir pour se cou-
vrir ; de moutons pour abattre les mu-
railles, appeliez du temps de Charles le
Simple Carcamousses (ce dit Abon par-
lant du siège que les Normans mirent de-
vant Paris, ainsi qu'il dit : Arietes Carca-
moussas vulgo uominatos Bellier? vulgai-
rement appeliez Carcamousses.) et au-
jourd'huv foulouers, car les gens d'arme?
de tout temps, n'ont pas eu grand honte
de nommer les choses salles par leurs
noms) pour l'aller et le venir que l'on fait
en lee csbranlant affin de heurter plus
fort. Truves qui csloit aussi espèce de
/outower, pour ce que tout ainsi que l'ef-
fort du bi'lier eldu foulouer gist au lieurler,
aussi celuy du porc consiste au groin,
ainsi est celuv «lu foulouer,ea la teste fer-
rée de cesle grande poultre ou Deche de
bois, laquelle esbranlee avant et arrière
pour donner plus grand coup, desjoinl
les pierres des murailles battues. (FaU-
CHET, Orig. des cheval-, arm., et hér., II.
1, éd. ton.)
Le lendemain, les ennemis présentèrent
devant la tour trois belliers (aue les gens
de guerre qui n'ont point de honte et ne
font cas des paroles, appellent foutoirs).
(ID., Anliq. gaul., r vol., v, 18, éd. 1611 )
FOUTRE, voir FûTRE.
Foi'Tu, adj., exprime l'idée de parjure
dans l'exemple suivant :
11 disl de Xlaugiron d'Estisac qu'il es-
loil nn fanh, mouvais, traître et fuilif et
FOY
foutu chevalier. (1416, Arcli. JJ 169, pièce
448.) I
FOU^'EE, voir Fooee.
FOUWiENXE, voir FoniNE.
1. FOUYER, voir FoUIER.
2 FOUYER, voir FOUER.
FOUYERE, voir FOUIERE.
FOUY'EUR, voir FOUEOR.
F0V7.IV, voir FoisiL.
1. FOuzoN, s. ni., petit feu :
Encor vit li fouzons, oste la pnilhe.
(Dial. St Greg., p. 208, Foerster.) Ignicu-
lus.
2. FOi'zoN, voir Foison.
FOVETINE, S. f. ''
j Pour avoir fait le pont leveiz de Loyre
tout neuf avec la croistoiere et la foveline
dudit pont. (1389-1392, Compt, de Nevers,
ce 1, f» 60 v», Arch. mun. Nevers.)
I FOWALHE, voir FOUAILLE.
FOY, voir Faulx au Supplément.
FOYABLE, voir FlABLE.
FOY'ABLEMENT, VOir FHBLEMENÏ.
FOYALL, voir Féal.
FOYAMIENT, VOir FEALMENT.
FOYALTET, VOir FEALTÉ.
FOYANSIER, VOir FlANCIER.
FOYAULTÉ, voir FEALTÉ.
FOYAUTEI, voir FEALTÉ. ;
FOY-Avi.E, voir Fiable.
rOYAVLEMENT, VOif FlABLEMKNT.
FOYBLBT, voir FOIBLET.
FOVEMEN, voir FOMAIN. I
FOYEN'ER, voir FENER.
1. FOYER, voir FIER.
2. FOYER, voir FOUER.
FOYES, S. m. pi., vestiges, traces, pistes
des bêtes fauves, et particulièrement du
cerf :
Aussi luy vueil aprendre qu'il appelle le
pié dung cerf les foyes et d'ung sanglier
les trasses. (Gast. Feh., Maz. 514, f" 46».)
Les piez des cerfs doit il appeller ou
foyes ou piez. (In., ib., f" 48».)
FOYMEN, voir FOMAIN.
FOY'NE, voir FOINE.
FOYNEAu, s. m., terme de mépris équi-
valant à peu près au mot goujat :
Icellui Marin dist au suppliant et autres
pastours plusieurs injures, cl entre autres
choses les appela foyneaulx. (1472, Arch.
JJ 195, pièce 703.)
FOYNER, voir Fe.ner.
roY.NET, voir FoixEi.
FRA
1. FOYNNER, voir Fener,
2. FOY.VNER, voir Fenieh.
FOYNNETTE, VOir FOINKTE.
FOYON, S. m., sorte d'herbe :
Foyon doit estre scié ou faulché nn
temps chault ou serain. Foyon est de granl
proffit, car les bestes labourans et les
vaches et brebis en vivent au long de l'an.
(Frkre Nicole, Trad. du Livre des Prouf-
fitz champ, de P. des Crescens, f" 131 v»,
éd. 1S16.)
FOYRANCE, voir FOIRANCE.
FOYRE, voir Foire.
FOYSON, voir FOISON.
FRABAUT, voir Frambaut.
FRACASSEMENT, S. m.,action de briser
avec éclat, état de ce qui est brisé :
Le son de sa ruine et des frac.assemens
Que font de toutes parts tant de hauts bastimens.
(Grevis, Troade, i.)
Lors tu verras comme Mangeguerre se
rue par les bouteilles et gobelets, et comme
il se fait un grand fracassement des vais-
seaux pleins de bon vin. (Hist. maccar- de
Merlin Cocc., xiv, Bibl. gaul.)
(La flotte) du roy d'Espagne, sortye de
Ferroles le xix octobre sous la conduicte
de Lantade, n'a pas eu meilleure fortune,
car elle a esté seulement combattue des
1 Mores tant qu'elle a esté contraincte de
' relascher en Espagne, avec grande perte
et fracassement. (l.o97, Lettres miss, de
Henri IV, t. IV, p. 880, Berger de Xivrey.)
Fracassement de feuilles et de branches.
(Jean de Lery, Yoy. au Brésil, i, 16o,
Gatfarel.)
' FRACCioN, voir fraction.
FRACE, S. f., résidu :
Es fraces des olives, c'est a dire es
restes des olives après que l'huyle en a
esté tiré. (Evon., Trésor, c. xii, éd. 1555.)
I FRACOCALLE, S. f., sorte d'épice :
Balaustie, fracocalle, noix de Cyprès.
(ÂBNOUL de Ville Novb, Trésor des Pari-
vres, f» 139 r», éd. 1381.)
FBACT, voir Fbaindre.
FUACTE, voir Fraite.
FRACTEUR, voir Fraiteur.
FRACTION, fraccinn, s. f., action île
briser :
Les /'raclions et romptures de colfres.
{Reg. du Chat., Il, 116, Biblioph. fr.)
Et d'ilecques, eulx transportez par fois
itératives es hostelx de nous et en lceul^
fait et commis par aucuns desdiz particu-
liers certaines fractions et excès, prises
manuelles de plusieurs de nos gens et
officiers. (1413, Ord.,s., 163.)
— Rupture, infraction :
Geste droiture (du couronnement au roy
de France) vouloil tousjours avoir fran-
chement et sans nulle fraccion. (trr.
Chron. de Fr., Loys le gros, i, P. 1 ans.)
Pour fraction de la pai.x. (Froiss.,
Chron., \, 434, Kerv.)
FRA
FRA
FRA
119
Vray Pien pnissant. souverain roy îles roys.
De qni je Toeil garder les saincles loir.
Sans fraclion. et le comman.iement.
{net Tnlam., ISSfl", A. T.)
Par la controvenlion et fraction (iudit
traité de Peronne. (Lelt. du due de Bourg,
au grand maistrede France, dans le Cabi-
net de ioitif XI, c. V, é<\. 1061.)
Quant le roy, estant a llcsdin, entendit
la mode de faire de ceux d'Arras, la frac-
tion de son appoincteraent, et comment le
seittaeur d'Arsy, aultres nobles et la com-
munauté faisoient sijîne de tenir pied
contre lui, il se partit de Hesdin, et amena
son armée pour les subjuauer. (I. MOLI-
SKT, Chron., ch. xl, Buchoh.)
Et fit fraction des trêves prinses entre
eux. (Id., ib-, cil. XLV.)
— Bruit d'une chose qui semble se
casser, frottement violent :
Par le bruit ou fraclion des harnois, ou
autrement furent oyz et apperceuz. {Le
Jouvencel, f'Sav», ap. Ste-Pal.)
FuADET, s. m., fer d'une petite flèche,
(er qu'on mettait dans une arbalète à
jallet; raillon :
Le fradetlui est demeuré dans la cuisse.
(Phrase citée dans le Dict. étum. de Ménage,
M. 1730.)
De là vient, dit Ménage, que la maison
de Fradet, maison de Berri, porte d'or, i
trois raillons ou fers de d.ird, de sable,
deux et un :
Et en ceste manière eschapa Bernard de
Sainct Soubdain, lequel s'en alla a Venoze
au capitaine I,oys d'Ars, messire Jehan
Chappiron et quelques autres qui estoyeni
aux Frades. (.1. d'Auton, Chron., Richcl.
S082, f" 149 r».)
pRADous, - eus, adj., pauvre, misé-
rable, souffreteux :
Dcsatornes fii et fraduiis.
Bien sambloit home mf-ndios.
(\V*CF, Bnil, inil, Ler. de I.inry.)
Anlre les fradcus fu fradcun.
Corne mandis et bcsoiiiiDeos.
(Id., ib., var. do ms. Can^é 73. )
Cf. Fbabin et Fraireus.
FaAEi-, voir Fbeei..
PR-VELETÉ, voir FRAILETK.
PRAER, voir Fraier.
FRAERESCHE, VOir FRERESP.HE.
PR.AERIE, voir FRERIE.
I. PRAGE, adj., fragili' :
Cesti corps frage et mortel. (BEnsuiiiE,
T. Liv., ms. SIe-Gen., f»283\)
Je ne Iny peaz donner autre snlTrage
Si n'est qne icy en ce bas monde et fragi^
Tonsjonrs la plains et «ans fin la regreole.
'D'AiiTON, citron., lUcliel. :i08-2, f» 2-2» r°.)
•2. FRAGE, S. m., syn. de subside, pro-
bablement pour suffrage :
Taillies, subside, frages. (1398, Anh. P
1384.)
PRAGiÉ, part, passé, brisé :
llanibal est ja quassez et fragiez. (Bkr-
sDIRJi, T. Liv., ms. Ste-Gen., f» 288''. I
a. Fn.Kr.K I.
PRAGii-EMENT, - Ulement, adv., faible-
ment :
Etqnant j'enz conftnn& sa simplesae,
Respondant si frntiillemeni.
Je prins fn nioy grant hardiesse.
(Mijsl. de la Pasf., ms. Troyes, f 17 v°.)
FRAGLANXE, VOir FRAGRANCE.
FRAGNEE, VOir FRESNÏ.E.
FRAGNEMENT, VOir KnAlGNEMENT.
FRAGNiEu.v, - ioux, adj., OÙ il y a
beaucoup de frênes ; est représenté par
le nom de lieu le Puy Fragniotix, dans la
Charente, environs de Brigueil et de
Montrollet.
PRAGON, voir Fregon.
FRAGRANCE, fragl., s. f., odeur, par-
fum :
De soatnme de fraglance.
{De.v.gmâ. B. M-, ms. Reims VA . f 136°.)
M'es tn pas la flenr eslevee
Fn plain champ, cela hien je sçay.
Dont i.i frai^rancc tant pronnee
Chasse i'offfnce dépravée
Et la sonltenr de mors prouvée ?
{Moral, de flalurf et Loij de rigueur, 16, ap. Ler.
de l.incy et Michel, Farces, moral, et sefm.
joy., III.) Irapr., /rui^rOT/c.
Doulx et plaisant pour la verdeur du
lieu, la venuslé et beaulté des fleurs, la
fragrance des odeurs, le decours des fon-
taines. {La Mer des hysloir., t. I, f» 18',
éd. 1488.)
Souveraine fragrance (c'est suave, ague
et chaude odeur) est requise en toute
quinte essence. (EvON., Trésor, c. xviii,
éd. 1555.)
A été employé par un célèbre écrivain
du xix' s. :
Les Floridiennes broyaient... des larmes
de liqnidambar et des racines de libanis
qui imitaient la fragrance de l'anpelique,
(lu cédrat et delà vanille. (Chateadbriand,
Mém., t. II, p. 291.)
FRAGRANT, adj ., odoraut, parfumé :
Odeur fragrante n'est autre que bonne
odeurague quand elle e.st modérée. (EvON-,
Trésor, c. xviii, éd. 1553.)
FRAI, fray, s. m., action de briser :
Par attrition et fray d'une pierre con-
tenue ausdits reins. (PahÉ, OEuv., .\V,
i.ll, Nfalgaigne.)
FUAICHELET, VOIT FRESCHEI.ET.
FRAICHEUR, VOir FRESCnElH.
PRAICHIN, voir Freschin.
FRAiCTE, voir Fraite.
FRAIEL, voir Freel,
FRAIELLUZ, VOir FLAELOS.
PRAIEMENT, fraHemcnt, fraijement, s.
m., bris, frottement, froissement:
Con\r!iC\.\o,fraHemenl.{Gloss.deConches.)
Nous poons oir le cri des combatans et
le fraiemenl des armes. (Bersuihe, T. Liv.,
ms. Ste-Gen., f» 233'.)
Par le frayement de deux cailloux et
force de coups, on faict sortir le feu.
(N. DB Bris, Institut., f» 48 r».)
Plusieurs errent aussi en l'usage trop
fréquent et assidu de setons, en ce que,
ne s'aecommodans pas a la raison, les re-
nouvellent toujours, et les font frayer
aux parois des playes, par lequel /^ra2/«menJ
causent douleur ausdites playes. (Paré,
OEuv., IX, VI, .Malgaigne.)
Se disait encore au commencement du
xvii° siècle :
On cognoist l'os estre rompu par le ju-
gement des sens ; car en maniant le lieu
fracturé, on trouve les parties de l'os sé-
parées, on entend un bruit qui vient du
frayement des os qui touchent les uns
contre les autres. (La Frambois., CUStt».,
p. 783, éd. 1631.)
1. FRAIER, voir FROIER.
2. FR.AïKR, frayer, freier, fracr, frayer,
verbe.
— Act., faire les frais, la dépense de,
dépenser :
Soume que nous avons freie outre nos
richesses. (1260, Arch. mun. S.-Quentin,
liasse 68, I.)
Les frais et despens... k'il aront fais et
fraiies pour l'okison de... (18 janv. 1290,
Arch. Nord, Chamb. des compt., 3214.)
Somme de vins fraiez et despendus,
.xiii. tonniaus. (1346, liercnus des terres de
l'Artois, Arch. KK 394, f» 36.)
Iceulx supplians frayèrent et despen-
dirent la somme de sept cens et trente six
escus. (1339, Arch. K 47, pièce 38.)
Ou il a moult fraie et despendu du sien.
(1360, Charte du roi Jean, Coll. de Champ.,
1, 216, Richel.)
Pour les bons et agréables services que
nostre bien amé Renier le Coutelier nous
a faiz au dit pays de Normandie sur le
fait de la prinse et recouvrement du chas-
tel et ville do Saint Sauveur le Viconte, en
continuant un nn entier et plus, ou il a
grandement fraé et despendu du sien
propre. {Pièce du 2 sept. 1H73, Léop. De-
lisle, Mand. de Ch. V, p. 604.)
Et tant firent de chascune part qu'ilz
furent d'accord parray ce que les Sarrazins
leur donncroient tout ce qu'ilz avoient
froyé par le vovage. (J. d'Arras, Melus.,
p. 326, Bibl. elz.)
.lehiin de Mandres, comme prevost et
reccpveur, a fraie et fine pour Jaquet de
Reins, secrétaire et procureur de mondit
seigneur vingt solz. (1413-16 , Arch.
Meuse B 1332, 1» 30 r».)
-auquel voyage nous sera nécessité
moult grandement frayer et despendre.
(26 juin. 1438, Cédtile du due d'Orl., ap.
Champollion, Ducs d'Orléans.)
A la poursuyte duquel despendirent et
froyarent grand somme de deniers. (ISH,
Reg. cons. de Limoges, I, 37, Uuben.)
Les messagers retournèrent devers le
prince et luy dirent leur message et la res-
ponce que on leur avoit faictc, dont le
prince fut moult melencolié : car il avoit
frayé tout son or et son argent avecques
sa vesselle, et vendu toutes ses bagues et
jovaulx pour conduyre ceste guerre. (BOU-
CHARD, Chron. de Bret., !" 113', éd. 1332.)
Pour avoir frayé des tables pour le
boire qu'il a frayé a ceulx qui faisoyent le
120
Fn\
FHA
FRA
jiiiecl. Pour avoir frayé paiD, vin et chan-
delle. (1362, l)ép. deux jur.,- Arch. Gir.)
Sans V frayer un cscu du sien. (Mart.
DU Bellay, ilêm., 1. IV, f i04 v°, éd. 1569.)
— Neut., dépenser, fournir aux frais :
Fanlfraier cliascuu an pour cire et oille.
(1384, Arch. adm. de la ville de Reims, 111,
601, Doc. inéd.)
Il n'acoit riens fait fors que frayé et
despendu grandement. (Froiss., Chron.,
Uichel. 2641, f" 72 v«.)
Les sableter de lenrs imposti el tailles
On'on prend snr enli ponr fraier aui batailles.
(J. BoccHET, Ep. mor.. Il, 1, éd. l.'ilo.)
FRAiERiE, voir Frerie.
Fu.\iEUx, voir Freeds.
FRAïuNACHE, S. (.,lieu planté de frênes :
Vingt quartiers de pré appelle la Frai-
gnaehe. {1339, X)#nom6r.,Fonteneau, 1, 118,
Bibl. Poitiers.)
FRAIGNANT, fregnant, freinaunl, adj.,
qui se brise :
rtoa beril tofods a conter
La seneOance Ireslonle ;
Sa scmblance est d'iane a la goûte.
Trop est ennieox et fregnans,
n'enlailller fijnrcs et nans
De reoniie laille appartient.
Il brnle la raain qui le lient.
(Le Lapidaire, ap. Capperonnier, G/oss. ic l'IIisl.
ie S. Louis, i" Ennieus.)
— Qui enfreint :
Pur ceo qe est freinaunte chose et nia-
veise. {Lit. Custutn., I, 78, 45, Hen. III,
Rer. brit. script.)
FRAIGNE, S. f. ?
C'est nne 1res maulvaise fraigne
ne mettre Iroys escns en voye.
KMoralUi des Enfans de maiiilenaHI , \ar. Th. fr.,
III, 54.)
KRAIGNEE, VOir FRESNEE.
FRAiGNBis, - eiz, S. m., vacaiiiie :
Onens fo après le fraigneiz.
Des espees le fereit
.Sor les hcanmes bnrnii d'acier.
(Br.s., /'. de Korm., II, 33i48, Micbel.)
Poitou, Vienne, arr. de Civray, Vendée,
Deux-Sèvres, freignis, blé étendu dans
l'aire et que l'on se dispose à lompru
avec le fléau.
FRAiGNEMENT, fragn., s. 111 , action
de briser :
E dist qu'il deperdreit els, si Moyses li
suens esliz n'estoust en fragnemenl en l'es-
fiuardement de lui. {Lib. Psalm., Oxf., cv,
22, Michel.) Stetisset in confractione in
conspcctu ejus.
E dist (ju'il deperdreit els si Moyses
li suens esliz n'esteust en fraignement en
l'esguardeaieut de lui. (Var. du nis. Ri-
chel. 1. 768, f» 86 r».)
FRAiGNEn, fregner, v. a., briser :
Et bonne amor par tout regnasl,
Ooe nuovestié ne la fregnaal.
(Rose. .M>>5, Méon.)
FRAiGNoN, voir Fbesnon.
KitAiiEMi:Ni', voir Fmaikmi.nt.
I FRAUER. voir Fr.\ier.
FRAI LEVENT, /Vai((fmen/, adv., de ma-
nière à être facileiiient brisé, faiblement,
comme une chose fragile, légèrement :
Teles y a de ces nez qui sont si con-
fermees que clcs trespassenl par isnel
cors la parfundeice de ceste ténébreuse
mer, et teles y a gui sont frailemenl
jointes si que elês périssent assez près de
rive. (Vies et mari, des teneur, virges,
I Mnz. 863, f» 323'.)
Les barbes de laquelle (fleur) fraille-
ment s'envolent au vent. (Grevin, des
Venins, I, 5, éd. 1S68.)
FRAiLETÉ, frailleté, fraelelé, freilelé,
I freillelé, frelleté, freillité, fredlelé, fraisleté,
fresleté, • ei, • eil, .s. f., fragilité :
! Et warist et defendet uostre fraileteit.
I (S. Bern., Serm., Richel. 24768, f» 19 r°.)
1 Mais cornent poroit ceu sentir nostre
fraiteteiz de Deu k'il de son amor fust
ensi porpris cum li cspous est de l'amor
j IVspouse? (ID., ib., t" 91 v».)
Dnnt que qe pecclie par freileW
Pecche encanlre sa posté.
(PiF.KRE iii; Peckam, Uom. de Lnmerc, Biit. Mus.
Ilarl. 4390, P 20».)
Mut ama Deus sa créature
Quant snz si povre cnvertare
Cum est nostre fredleté
Benia ouvrir sa deité.
(Ue Satii. hoiu. dial., I.ib. Psalra., p. 368,
Michel.)
Tant nos deceivent noz granz freillelcz
Que de sei snl est li home encombrez.
(Rom. des romans, Richel. 1952o, f° U" v".)
Tant nus deceivent nos gran» freslrlez.
(;*., Richel. 2.Ï101, f" US r».)
ijuaut li lions pense dont il vient et en-
lent et congnoit la vieuté, la frailleté de
sa naissance. (1279, Laurent, Somme, nis.
Soissons 208, f- 70''.)
Et conoist la povreté el la vilité et la
freillité de sa nessance. (In., ib., ms.
Chartres 371, f" .37 r°.)
Puis qu'il connut la frelleté de nostre
povre nature. (Vie etmir. de phis. s. con-
fess., Maz. 568, f" 129''.)
Car nous connoissons si bien la frel-
leté de la vie terrianne que nous avons
prant paour qu'ele ne nous face faire au-
cune chose contre le commandement
Nostre Seigneur. {Ib., f''139".)
La chetiveté et In fresleté de ta nature.
(Ib., fois?*.)
Li femielc estoit offierte pour le frailleté
et le feulece du pulle. {Bih. hist., Maz.
532, f» 49'>.)
Peine, traveil, tout ccry vous advient
Par fiaeleli'
D'avoir en moy prius voslre humanité.
(Grebak, ilisl. de la pass., 2.S1S2, 0. Paris.)
Fragilitas, fraisleté. (1434, J. Laoadeuc,
Catholicon, éd. Aulfret de Quoelqueueranl,
Bibl. Quiniper.)
FRAILLEMENT, \Oir FRAILICMENT.
FRAiLLER, frcsUr, vcrbc.
— Act., briser :
I Le suif (des bêtes à cornes) est amassé,
el fraillé estant refroidy. (Du Pinbt,
Pline, XI, 37, éd 1660.)
Si ton brandon, si ton arc, les sagettes
Sont sans elTait, et si ta les regettes
Sans assaillir celny que s^ays, et voys
Fresler ton arc. despriser ta pnissance.
(Belleforfst, Fahli' dr Narcisse et Eolio.)
L.T, mailles, avant bras.
Plastrons et corselets, devant mon coutelas
Sont [restes comme verre.
. (I)c P.AFiTAS, .Mit, ï, éJ. 1580.)
— Rén., se briser:
Lavraye preuve du bon safran est quant
il cressine en l'appesant avec la main,
comme s'il se vouloit rompre et frailler.
(Du PiNET, Pline, XXI, 6, éd. 1506.)
— Ncutr., se briser :
Le sucre candit est une espèce de miel,
qui s'amasse en certains roseaux, qui est
blanc comme gomme, et fraille a la dent.
(DuPiNET, P/tne, XII, 8, éd. 1566.)
FRAILLETÉ, VOir FfiAILETÉ.
FRAiLLON, S. m., menues branches î
Et qui trouvast aucunes feuilles vertes,
elles feussent jonchées par l'oslel, el la
cheminée estoit houssee, comme en esté,
de fraillon ou de aucune chose vcrle,
(Liv. du Chev. de La Tour, c. cxxii, Bibl.
elz. ; ms. Richel. 1190, f» 108».)
FRAIMBAUT, VOir FR.^MB.^UT.
1. FRAiN, voir Frarin.
2. FRAIN, voir Frein.
FRAINCHART, VOir FRANCHART.
FRAINCHIER, VOÎT FRANCHIER.
FRAINCHIR. voir FRA^•CHIB.
FRAiNDRE, froyndrc, freindre, verbe.
— Act., rompre, briser, renverser, dé-
truire :
Murs ne citet n'i est remes a fraindre.
(Roland, .'>, Miiller.)
Freint le seel, getet en ad la cire.
(Ib., m\.)
Veonz en est a la cit de Valterne
I.i caens Rollanz, il Vad e prise e fraile.
(III., 662.)
I.nr dons espiei eni el cors li mt fritil.
(II/., 1384.1
Fiert CarlemaRue snr l'helme d'acier brun,
Desur la leste li ad frail e fendnt.
(Ib., 3603.)
Si a plus vout mener l'ovraigoe,
Dreiz est Dens le destrnie c frainne.
lÎBN., D. de Norm., Il, 2415.i, Michel.)
Parmi la porte entrent li bou destrier,
l.es arrons frais : n'i a qe peçoier.
m. de Cambrai, 353:i, A. 'l'.!
Nt.' veez vos que cist fer sont
lloit a ploicr, el fort a fraindre!
(I.a Charrette, Vat. Chr. l"2.'i, f i\'.)
Poyst l'omne fraynt enfirmitaj
Toyl li sen otiositas.
(Alb- w. BKSANtON, Alex., s, Meycr, /(«.,
p. 282.)
Targcs e escuz freindre.
(JoBii. Fant., Citron., 1213, Michel, I) deNorm.,
Si que sa hante framt et brise.
{Florimonl, Ilicbel. 792, f" 26''.)
FRA
FRA
FRA
121
Amont ou plus gros i". l'esciit
Qae tout H a frall et fendul.
(M., f 2i;'.)
Aleraaigne oui deslrule el loi les cliasliai fiais.
(J. BoD., Sflj-., XV, Michel.)
As pouvres comme lour rcnliers
Fraiadrai mon pain li'ore en avant.
(Ueclis de MoLlF.ss, ilmereri-, Itichcl. l.".-21-2.
f 16 r».)
Li borjois de la ville i sont venus coranl
Kt boulèrent a» huis, ses frnnyent raainteuanl,
Rt gardent | ar Irestol, ses trouvèrent dormant.
(Aije dWvign.. 2:i3i, A. I>.)
Quant les lances sorti frailes, traient les lirans
Id'acier.
(G. de Bourg., 568, A. I'.)
Délivres le ecpulchre qu'il ont frail et malmis.
U'.ham. d'.Ulioche, i, v. 231, P. l'aris.)
Cairuns a sa lance a lui Irailc,
Il n'i ot celé qui fiisl frailc.
(Ren. de Bf.auj., li Biaus Deicimiinis, 3003, llip-
peau.)
Uaiiie Diniix /"reiredra les cadres da nioat
Liban. (Psaut., iMaz. 2.38, f" 33 v».)
Il depecliieront et frainslrenl les portes
de réalise. (Le Vie Carlemaine , Ricliel.
2168, f» 138''.)
Occis furent les Sarrasins, et la nave
qui fu fraicle et perciee perist et effondra
en la mer. (Gr. Chron de Fr., Phelip.
Au2., II, 5, P. Paris.)
Je demoliray et fraindray voz autelz.
(CouRCï, Hist. de Grèce, Ars. 3689, f° 78^)
— Kmpiéler sur :
Nous n'avons droit de fraindre les leres
ne les viles le doien. (126i, Chap. Noj'on,
Thiecourt, Arcli. Oise, G 1910.)
— Au sens moral :
Fraindre devem nostrae volunla?..
(Passion, 503, Koschwilz.)
Biau pechié penat faire se sa loi vansist fraindre.
(«aiiel, p. 28, G. Paris.)
Ici me donez tel conseil
Cum 1*^8 a;,'uaiz ab.ilo e frnine
One ra'en;;i).'ne Iluun le Maiffue.
(Be»., I>. de Korm., Il, 180-29, Michel.)
Dcnioisele, fait ele, fraignies voslre corage,
Trop avfs hui menée grant dolor et grant rage.
(AcDipri. u Bisi., Bartsch, Boni, elpasi.. 1,
!i7.;ie )
Cuidiez vos qu'il frainijnent la pcs î
ilieiiarl, 18o8, Méon.)
Donlce parole fraini graint iro.
(.Quatrains moraii.r, x\, tiiii d'un nis. d i xv° s.)
Sur quoy le roy, qui estoit sage, pru-
dent, discret et pitoyables, ayant compas-
sion du pauvre peuple, et de ce qui s'en
pourroit ensuivre, freingnit son courage
et cessa sa dite entreprise. (M. de CoiJSSY,
Chron., ch. cxxi, Bucliou.)
~ Avec un rég. de personne, briser la
résistance de, soumettre A ses voloiitës :
Bien cuide avoir borse trovec
Frainic la dame el endovee.
Mes, s'il savoil bien son roraige :
Plus la fuiroit que venz n'oraige.
(r.. DE CniNSI. de l'Emperrr. qui garda sa c/;».?/.
o-lj, ap. Méon, Nouv. Bec, 11, 10.)
— Neutr., se briser :
Toi son oscii li foni fraindre et pariir
CRaihb., Ogier, "i9-2, Barrois.;
T. IV.
Quant dcsqu'al cerne l'uoJc alout,
Ko es le pas s'en retornout ;
Ou autresi iluec freigncit
Cum a rochiers e fremisseit.
(G. DE S. P.viii, M. S. Michel, 3621. Michel.)
Vn arbre tuert et fraitil do trop sovent ploier.
(De la Foie et Je la Sage, ap. Jnb., Noiw. Bec.,
Il, 80.)
Et pnis a la lettre trouvée,
Leoe l'a et csgardee ;
Puis en ses pluis la reploia.
Le seci ne fraint ne brisa.
(Coiici, 7083, CrapelPt.)
Kt l'espee fu bonne, qui ne frainst ne piia.
(Dooa de Maience, 8760, A. P.)
Et ne fais qu'une poinle pour toy garder
d'une basse laquelle te demourra destre-
bort, qui ne paroist point, elle est dece-
vable puisque la mer sera belle, plusieurs
fois la tuer fraindera dessus. (P. de Gah-
ciE, legrayitRouttier de mer, f" 32 v.)
— Craquer :
L'en oioit ses os eutreburter ensemble et
Ireindre et froier l'un a l'autre. {Mir.
.S. Ludovici, p. 397.)
— Fig., faiblir, céder, fléchir, être
vaincu :
l.e destrecce dcl mal li fait fraindre et aflire,
Le car taioilre et noircir, le sancel les os frire.
(Boum.d'Ali.r., C U», Michelanl.)
Aseir viront lor citez.
Une par eus n'en fu osz sevrez,
Fundre e ardeir veiaut lur oilz.
Si qu'a itant vint lur orguilz
Qu'il ne se porent mais aidier :
Fraindre les covint e sopleier
E crier merci doleros.
(Bem., /*. de Konn., H, 1020, Mirliel.)
Par la doceur sotfrir ne daigne
Ma cbasleé bruisl ci nefiaigne.
(G. BE Coi.vci, de l'Emprr. qui garda sa chastcc,
Richel. 231H, f 260.)
— Se retenir :
Ors ne lion n'est ne besle sauvage
Qui lel foiz est ne fraingne en son corage
De fere mal et ennui cl damage,
Mes ma dame fet ades son povoir
De moi (lacune) el de fore doloir.
(RsTACE'i 1,1 PAINTRES, Chaus., Iticlicl. 815,
f 132 V».)
Malgré le manuscrit on pourrait suppo-
ser : ne fraingne son corage.
— Frail, part, p.issé, brisé, rompu :
'tant hantes froides.
(.Oirl/erl, frag., Arch. Aube.)
De bien fait ra'uo rendu col frail.
(Ben., I). de Norm., Il, 13152, Michel.)
Madien voit fret son escu.
{Flaire el Blance/lor, 2" vers.. Mil, du Mijril.)
Burgli assaillirent cil forfet ;
Bien lost en fut le mcur tut fret.
(G. Oaimar, CAron., ap. F. Michel, Chr. aniji.-u.,
I, 20.)
Mult covient avoir dore escorce
Que n'a le cuer frail et fendu.
(hiess. (iauimn, 2922, Hippeau.)
.viu. jors tous plains remest ensi
Qu'el pais n'ot noise ne cri,
Hauber( veslu ne escu frail.
(.Gilles de Cltin, 3837, ReilT.)
Se aucun aura fait clainour dou sanc
cruellement espandu ou de membre frait.
(1304, Franck, de Clairvaux, ix, Arch.
Glairvaux.)
I Th. Corneille a encore employé le verbe
freindre avec le sens de rompre.
Dans le pal. poitevin, notamm. dans la
Vienne, dans les Deux-Sèvres, arr. de
Uressuire et de Parlhenay, freindre, c'est
épurer le blé dans l'aire. D'après M. l'abbé
Rousseau, c'est le battre pour la première
fois ; d'après M. Rondier, c'est retourner
le blé déjà battu. (Beauohet-Filleau.)
Fii.viNE, voir Fhes.në.
FUAiNiN, voir Fresnin.
FRAiNPiEiiuE, S. f., sorte de plante ;
Itein, pour garir les pies de faulcon,
millefieul, saxifrage ou frainpierre. (xv" s..
Traité de faulconnerie, p. 77, Martin-Dair-
vault.)
1. FRAINT, s. m., synon. de frainte :
Quant les Sarrazins vouloienl entrer en
l'ost, il attendoient tant que les frains des
chevaus et des batailles estoient iiassees,
(JoLW., St Louis, xxxviil, Wailly, éd.
1874.)
L'édition de 1881 porte fraintes.
2. FRAINT, s. m., branche brisée, comme
fraillon :
Il luy bailla ung des frains de dessus le
pin, el la chasse tant par la foiest qu'il
prent le cheval. (/,dnce(o( du Lac, 1, f°70%
éd. 1533.)
FRAiNTANT, frintaiit, adj., (lui fait du
bruit, troublant :
Li saint honnie ne cessent de morlifiier
soi mimes par l'espeie de la sainte parole,
en sus del engresserie des temporeiz dé-
siers, eu sus de le noise des songes ki
prout ne tinent, en sus de le crior des
frintanz desturbances, et si soi rc])uncnt
par dedenz, devant la face Deu. (Lit. de
Job, Ler. de Lincy, p. 468.)
FRAINTE, freinte, frinte, frienle, s. f.,
action de briser :
Grant fu la frainle que li marchis fesoit
Des arbres granz que li marchis brisoit.
(Mon. GuilL, Richel. 368, f» 267'.)
Pour freinte de torses. {Compt. de 1372,
Arch. mun. Valencicnncs.)
— Bruit causé par une chose brisée ;
Li femme Loth, quant elle oi le frainle
des cites, si se regarda deriere li. {Chron,
d'Ernoul, p. 74, Mas-Latrie.)
Li feme Loth quant ele oi le frienle de
ces chites, si regarda deriere li. (Ilist. de
la terre s., ms. S. -Orner 722, f* 19'.)
— Brèche :
Taudis que il aloit, une nuit, dormir en
un solier de maison, ils errachierent l'en-
tablement qui estoit devant son lit. Lui
qui pas ne le savoil, se leva par nuit por
laire sa necescité : il chai parmi la frainle
si raidemeut, que il eut un bras hrisié.
{Grand. Cron. de France, p. 34.)
— Bruit étourdissant, tumulte, va-
carme, en parlant de personnes, d'ani-
maux, do choses ;
■Entent \a. fnenle ie» cevals au marchier.
OlAiMBERT, Ogier de Dan., R28S, Barrois.)
16
122
FRA
FRA
FRA
Grant fa la aoise e grant l'effrei,
Qoe des loniien, qne del cliarrei,
One de la frimtf des chevans.
(Bej(., D. Ile Xorm., II, laGSl, Michel.)
Quaot il oi la friente d'eus,
Orrible e ûauiiiiaQi e feus
Lor sailli loslgole baee.
(iD., i*.. Il, 36ilS.)
La noise et le friente et le cri
Ke li bons chevaus deinenot
Par SDQ seigDur que perdu ot.
(M.tRiB, Lai de Gruekul, 'ii, Hoq.)
La pensé ne soi ellievet mie nz sovraiues
choses se ele est en cez basses ensoujjie
continueilnient es frintes des songes, (Liv.
de Job, Ler. de Lincy, p. 473.)
Si aniuist tote la frinte de la uialvaisc
suggestion. (Ib., p. 434.) Impr., fruité.
Sa mule sur quoi elle feoit fronrlie des
narilles et moitrne grant freinte, (farceval
le Gai, I, 17S, Potvin.)
E)t li ceTaus Amaari li dervé
A moalt graot friente vers le Huoa meué.
(lltton de Bord., 1803, A. 1' )
Et de la friente de chevai
Et de la noise des vassaz
Est li brnis et li tons si grans
Qne trestos en fremist li chans.
(burmars le Gallois, "-iG". Stengel.)
Pons et chancies font Irambler,
Tant i out grant fratnte de gent.
(Hdok de Mbrï, Tom. de l' jittlechri.\l , p. -24,
Tarbj.)
Sot une frime Ici leva
De gent ki li est vis k'il Tjenent.
(Cher, as deus esp., SU, Foerster.)
Galeot vait vers lui de si grant alleure
et de fi graut frainle con il pu et dou c)ie-
val traire. {Gir. le Court, Vat. Chr. ISOl,
f» 48''.)
Dirent le friente et le noise de cels qui
s'en aloient. {Cliron. d'Ernoul, p. 419,
Mas-Latrie.) Var., frainle.
Parce que li quien s'engressent de bnier,
ou qu'il en oient le frinte. (Beaum., Coût.
du Beauv., c. xxxix, 4«, Beugnot.)
Multitude de son de eves qui fu si tro-
blee, ce est, molt, pueple sonant et feisaut
grant freinte. \Le Comment, en rom. sur
leSaulier, l-" 137.) '
Avoient graut paor de la frainle de leur
chevaus. [Citron, de S.-Ven., ms. Sle-Gen.,
f» 216''.) P. Va.i><, freinte.
Li bian destrier qai d'armes sonnent
Ça et la, acanl et arrière
Mainent graot fratnte et grant poudrieie.
(CciAKi, lloi/. lign-, 2(IJ'J-2, \V. et D.)
Je voeil tournoiier si en pais
Qn'il n'en soit ni frinte ne plais.
il. DE CojoÉ, dou blanc Cheval., ms. Tarin, f -21''.)
Les gardes de le porte et li gette dou
chastiel, qui tout ce veoient, commen-
cierent a faire friente, et a corner, et a es-
mouvoir chiau.'* de le ville. (Fboiss.,
Chron., 111, 114, Luce.)
Adonc eut en l'ost graut friente. (Id., ib.,
V, 362, Luce, ms. Amiens, f 114.)
Li François sentirent la frainle des che-
vaul.x. (Id., ib., VI, 131, var., Luce.)
Oyrent la freinte de lu venue de Piètre et
de ses chevaux. (B. du Guesclin, p. 370,
Ménard.) ' f >
Et avoient tousjours l'oreille a l'escout,
pour entendre s'ils orroient ni bruit ni
friente de chevaux. (G. Chastkm.ain,
Chron., l, 234, Kcrvyn.)
Les voix de \ceuls leurs sambloient
frinte de mer résonant de loing. (FossK-
TiKH, Cron, Marg., ms. Bru.x. 10312, IX,
m, 4.)
Lors que perchevcz les corbeanlz en
grant nombre eulz assembler en lieu non
accoustumé, criaus haultement et menans
iirant friente. {Evang. des Quen., p. 144,
Bibl. elz.)
Je rcncontroie mon chat qui me venoil
au devant, et si oioye après lui friente
comme de ours ou de vache alant et ve-
nant de loing après moy. {Ib., p. 133.)
— Infraction ;
Et comment porroie drecier
Mon Tiaire envers leaalé.
Se j'avoie la feauté,
Oae ai fait a bone ainor, enfrainte?
Mes ja, se Dieu plcst, a tel frainle
Ke sorvendroDt cil enquerrant
ISe U très félon mesdisant
Qae par enj^ien ne par nule oevre
Qu'il sachent fere lor descuevre
La chose qne je doi celer.
(La Complainte douteuse, Ricbel. 837, !" \:'>l'.)
— Fig., faire frainte de, faire bruil de :
Remeoez lui seurement,
>e vuilliei de ceu faire freinte.
Et n'aiez ne doute ne creinle.
{Dial. de S. Greg., ms. Evreni, f 65^)
Dans le pat. du Nord, friente se dit en-
core pour bruit, tumulte.
FRAiNTER, frinter, frinteir, frienter, v.
n., résonner, faire du bruit, retentir, faire
fracas :
Dunkes comenzat de grande voiz a frin-
teir et od grant forsens a crieir : Tuit
vivent ici, ge souz en ceste maison ne puis
pas vivre. (Dial. Greg. lo pap., p. 38,
Foerster.) Lat., voce magna perstrepere.
Mânes frinlet el corage la turbe des
penses. {Job, p. 439, Ler. de Lincy.) Impr,,
fruilet.
Strepere, frienter. {Gloss. de Douai, Es-
callier.)
FRAiNTiR, frentir, frendir, v. n., grin-
cer :
Hontes, laidnres et afiz
En frémissant des Jenz li lirenl.
{Vie des Pères, liichel. 23111, f 7-2''.)
Il frendisseni comme sanglier.
(J. LEfEBTRE, Resp. de la mort, Ilichel. 994,
f IS»".)
FRAiNTURE, freintwe, s. f., fracture :
Outre s'en passe (la lance) sanz freinture.
(fanon., Kichel. I9i;i2, f» ISo^)
— Fig., infraction :
Frainture des lois. (Lio, t/e jnoraj., Ki-
chel. 25247, 1° 97 r».)
FRAioN, voir Froion.
FHAIPAILLK, Voir FlUPAlLLE.
FRAIRAGE, VOlr FRERAGE.
FRAiRË, voir Frasé.
FRAIRER, frerer, v. n., se gonfler :
Des aussi tost que le corps cesse de
croislre et commence a redonder en sang,
le sein devient fourny et plein, les mam-
melles poussent avant l'I frairent. (.louB.,
Err. pop., l" p., v, 3, M. 1687.)
Les tettes commencent a s'enfler, et
(suivant le mot grec) frerer,qu'ûn appelle
eu Languedoc verlillier. (In., «6., v, 3.)
FRAiRESCiiE, voir Freresche.
FiiAïuEsciiEOH, voir Frerescheûu.
KRAiREUR, voir Frereur.
FRAiREUs, adj., synon. de frarin:
De Warouz et de Ville, Hosemont li joieas.
De Berses, Warfesee, Kemexhe li fraireus.
(Jeb. DES Pheis, Geste de Liège, II, UIO, Chrnn.
belg.)
FRAiRiE, voir Frerie.
FRAiRiN, voir Frarin.
FRAIS, voir Froais.
PRAiscHE, s. f., menues branches ?
lleques assemblèrent espiues et fraische,
et firent un grant fue. {Est. de Eracl.
Emp., xxni, 36, Hist. des crois.)
FRAISCUELET, VOir FrESCHELET.
FRAiscHET, voir Freschet.
PRAisciER, voir Froissier.
FRAisiN, voir Fraissin.
FRAISLETÉ, VOir FRAILETÉ.
FRAisNEL, voir Fresnel.
FRAiSNiN, voir Fresnin.
FRAiSNis, voir Fresnis.
FRAissEAU, s. m., variété de frêne :
Les bourgeons tendres le recréent eu
esté, et luy baille on volontiers au soir
un fraisseau a brotter, (Liebault, Maison
rust., 1, 23, p. 92, éd. 1638.)
FRAISSIN, /raisin, adj., synon. de fres-
nin, de frêne :
A sa grosse lance fraissine
Avoit .1. f;ontaDoa pendant.
O'vain, Richel. 1 ;33, f" 33 v».)
Il portot en sa main sua bordun fraisin.
(Ilorn, 41)78, Michel.)
FRAiT, fray, s. mi., grand bruit, tapage,
au propre et au flg. ;
Et Jehaos Crespins livre argent
Et Jehans leur a enconvent
Qu'il livrera de raubenaillc.
Car mont ert dolans s'on le taille,
Chis fera du frait par tout fin.
(A. DE LA Halle, li Jus Adan, Richel. 255Gi;,
P -i-i r°.)
— Bruit que font les chevaux en mar-
chant :
Quant la dame ouyt le fray du chevau
du roy Elinas qui veuoit grant erre, elle
dist a son varlet : Arrestons nous et atten-
dons ce chevalier. (J. d'Arbas, JUelus.,
p. 18, Bibl. elz.)
Il y avoit grant peuple et grans frayz do
chevaulx. (Froiss., Chron., Richel. 2644,
f» 243 v».)
FRAiTE, fraitte, fraicle, frette, frêle,
freste, fracte, s. f., ouverture, brèche :
Par la /'raite du nuef jarilin.
t Tristan, I, 4280, Michel .,1
FRA
Une pièce don mur cheo
Ot el vergier novelemeol,
Par celé frrie isaelement
Passe onlre...
CiinESTiEN, la Charrrlle, Val. Clir. 1725, V 20^.)
Montez vons en par cele frêle
Oui est en cele roche fêle.
(Pereeial, ras. Monlp. H 219, f» 20'.)
Font enlnr ens an si boen mnr
Kl lant e^pes el si senr
One il n'i a perinis ne fraile
Oqô li lerres, qui toz jorz gaile,
Qai monlt volentiers si enlrasl,
>'e pnet Irover par on il pasl.
(Gi'iLLACKE, Besl. die., 3707, Ilippeaii.)
Se ïons a la frêle aies
Qai onlre cliesie forest siel.
(Itich. li l'iaus, 882, Foersler.'i
Ne sonent mol qnant embalu
Se (001 sor ians en nne fraile
U il faisoient l'eschargaile
A IV. c. Tars loz armez.
(Gilles de Chili, 2370, Reiff.)
Jasc'an verpier renn en sont
Kl sont entré par nne fraite
Qne cil de l'osi i orenl faite.
(Guill. de Palerne, 4B92. A. T.)
Il nrrachierent IVntableinent qui estoit
devant son lit. Cil qui pas ce ne savoit sî
leva par nuit por aler a necessiti^; il chai
parmi la fraile. (Chron. de S.-Den., ms.
Ste-Gen., f» 14>.)
S'en issirent une nuit repostement par
fraites et par fausses ouvertures. (/&.,
f 144".)
Nos n'a si sa tor close que tn ne Iraises frêle.
(Regres de la mort S. Loys, ap. Jomv., Vie de
SI Loijf, p. 320, Michel.)
Aucun Sarrazin estoient abscons après
la voie en une fracle, et subitement lui
corurent sus. (Chron. de liob. de Viscart,
II, 10, ChampoUion.)
Anfractus, fracture, voye, pallice frêle.
(Gloss. rom.-lat. du xv» s., scheler.)
— Fig., passago dilTicile :
Ile las ! s'il «avoit par qnel fraile
Passer convient amc a mort traite.
dVr» de le morl. Uichel. 373, f 337".)
— Levée de terre servant de limite à
un champ :
Ki n'ara ses /"caifes relevée.'! dedens l'en-
trée de may la u on les doit relever, il est
a..n. s. (1247, Charte d'Onnaing, Ch. des
corapt. de Lille, 914, Arch. Nord.)
Ke cele daine Maphe et si oir purent
leur biestes mener tiestes levées parmi les
escluses et d'une part et d'nulre, sans da-
mage faire, et si doivent avoir dame Maghe
et si oir toutes les saus ki sunt deriers
leur mes 1res leur fraite, si lonc ke leur
mes dure. (1272, Cart. de Marquette, Ri-
chel. 1. 10967, f" 41 r».)
II disoit que le fraite qui est entre leur
bois du petit Pinchonlieu et sen bois des
Alues devoit estre ouverte et desclose.
(1286, Cart. de Beavprê, Richel. 1. 9973,
r» 46".)
Que nuls sans congé de ladicte seigneu-
rie,., ne fasse fraile, ne empire le v\-ares-
kaix. (Charles du chef-lieu de Mons, ch. 50,
a. 15.)
De ce sont monlt lor gcnt desconforté
Qne a plains chans ne sonmes ostelé
On il n'enst ne fraile ne fossé.
(.Enf. Ogier, 2418, Scheler.)
FRA
Disoit le procureur des dits religieux
qu'ils sont en saisine de relever par eulx
ou par leurs gens, toutefîois que le cas s'y
est offert, et il leur a pieu, les frestes e"t
fosses de leur terre de Monchy du lieu ou
lieux ou veue a esté fête, et de prendre
prael ou dit lieu ou veue a esté fête pour
reffaire lesdiltes fosses ou fraittes. (1325,
Carlul. de Corbie, 21, ap. Duc, Fracha.)
l'our fraites refaire au devant des blés.
(1328, Revenus des terres de l'Art., Arch.
KK 394, (-• 53 r°.)
Rabbaltre plusieurs frettes relevées adfin
que le caroy y peust passer. (1411, Lille,
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)
Entre le nioustior et le frette Dlares-
quiel. (24 fév. 1446, Flines, Arch. Nord,
Cod. A, f" 15 r°.)
— Bruit d'une chose qui .se brise, bruit
en général, tapage :
Us ouyrent une grant fraicle de che-
vaulx. (Lancelol du Lac, t. I, f» 139^, éd.
1S33.)
— Fig., difficulté, hésitation :
Pnnc respnnt li nns d'ens ke ren ne s'en deshde
Et le konseil le rei et angoisse et recelé :
Sire, ke volez fcreî Ne fereiz si gnnl frêle
Ke vns angez a knrt, el poin l'c^pee trete ;
Kar James ne serreit la mellee ilelTeiie.
^GAKNrER, Vie de S. Tliom.. Richel. 13513,
f» 27 r».)
— Terme de chasse, brisée pendante :
Tôt ades qnant vons chacercz,
Fraites et bri.^ees lairez,
Ansi com je vons ai apris.
{La Ckace dou serf, Richel. 1593, f° ISS"".)
Dans la Flandre française, aux environs
de Valenciennes, on se sert encore du mot
fraite avec le sens de terre relevée pour
empêcher l'entrée dun champ. On défait
la fraite pour enlever la récolte, on La ré-
tablit ensuite. (Hécart, Dicl. rouchi franc.)
Morv., frâte, branchage d'un arbre. Poi-
tou, frette, petite branche.
Nom de lieu, La Fraite (Seine-et-Oisc).
Dans la Suisse romande (canton de Vaud)
le mol frète s'emploie encore dans le sens
de col de montagne : la frète do Sailles,
entr<: le Grand Muveran et le Petit Muve-
ran.
Cf. Fbaintk.
FnAiTÉ, voir Fkrté.
FUAiTEUK, fracteur, s. m., celui qui
brise, qui rompt :
Propbanateur de temples, briseur d'ima-
ges, fracteur d'autelz. (Haton, Mèin., Il,
550, an 1569, Bourquelot.)
— Fig., celui qui rompt, qui enfraint,
infractenr :
Gens fracleurs d'assourement et de
sauvegarde de nosfre dit seigneur. (Lett.
de Jean, 9 déc. 1357.)
Rompeurs et fraiteurs de paix. (1418,
Rym., 2«éd., IX, 572.)
Ils te diront acteur de leur malheur,
fracteur de leur paix et oysiveté. (Fcsse-
TiER, Cron. Marg., ms. Brux. 10511, VI,
IV, 20.)
FRA
123
l'ère des peuples releveur des misé-
rables et fracteur des orgueilleux (Le
BAtJD, Hist. de Bret., ch. xii, éd. 1638.)
Lef([uels nous tenons et desclarons pour
ennemys .le l'Estat, fracteurs des edits et
loix conservatrices d'iceluv. (15 avril 1580
Lett. viiss. de Henri IV, 1. 1, p. 294, Bercer
de Xivrey.)] "
Aujourdhuy facteur, demain fracteur
(COTGB.)
FRAiTiEN, fraitin, fratin, frastin, s. m.,
bris, fracture :
Se aucun laye personne, quel qu'il fuist,
enlroit par violence en aucune des englises
de Liège et brisa?t et rompist la dite
englise, se ce n'estoit pour son corps a gar-
der ou par comune besongne nécessaire
del ville de Liège, et on s'en plendist et
prové fuist en vérité, on en iroit avant
comme de fraitin. (1287, Hist. de Liège, II,
403.)
Quiconeques tolrat menbre ou affolerai
aultruy, ferat frailien, ou venrat a main
garnie. (24 fév. 1394, le nouveau Jet, Arch.
Liège.)
Quiconque ferat fratin, briserai egliese
de forche. (1424, Hist. de Liège, II, 4W.)
Quiquionques ferait fraitien, briseroit
englieze de forche,.. qu'il soit attains de
son honneur. (J. de Stavelot, Chron .
p. 198, Borgnet.)
— Tapage :
En ce touol et en ce grant frastin.
(Froiss., Chron., VI, 441, Kerv.) impr .
frustin.
Qnant li dns de Braibant entendit le fraslin.
(Jun. DES Preis, Gesle de Liège, u, 0812, Scheler,
Gloss. philol.)
FRAiTiER, V. a., mettre en dépense, en
frais :
Tcellui prestre faisoit citer ses parois-
siens, pour les plus frailier et dommager.
(1459, Arch. J.I 185, pièce 69.)
Cf. Fraier.
FRAiTiL, fretil, s. m., terre en friche :
Item ung fretil au Seurreaul contenant
environ la semeure de deux boisseaux.
(1480, Chartrier de Bussières, ap. Ste-Pal.)
Comtois, fretil.
FRAITIN, voir Fraitien.
1. FR.viTis, fraitijs, fratis, frelis, frestiz,
s. m., terre en friche, terre qui n'est pas
cultivée :
Pour plusseurs horitaiges demores fretis
et a laborer. (1382, Compte de Bichier de
Lovencourt, ap. Servais, Ann. histor. du
Barrois, II, 59.)
Item a la Noe Blanche environ trois
journels en frcstiz. Item a la Varrenne des
liiez environs trois journels en frestiz.
(1387, Inv. de Jaucourt, î' IC, ap. Ste-
Pal.)
Et est le haut chemin, qui est entre la
crouee de la bergerie d'une part, et les
terres et fraitys du .lonohery d'autre part.
(1497, Ms. de Commercy, p. 206, ap. Ste-
Pal.)
Terres en friches, versaines, soumarts
ou fratis. (Coût de Gorze, xvi, U, Nouv.
Coût, gén., II, 1095.)
1»
FRA
Lorr., frailh : - Torros en frailis, en
friche et sans maitre. • (Baltus, Suppl.
au Yoeab. ausiras.)
i. FRAiTis, adj. 1
Li cbapiliaiis qui esloit assis scur celle
bordoure esloit frottis et de .v. coulées de
haut nîriAnT, Bible, Trois, liv. des Rois,
XII, lUf. Sle-ijen.)
3. FRAiTis, (raitiz. fratis, s. m., pâtis-
serie :
Une ïranl tnhle a frailiz. (21 mars 139S,
Inc. de Hegnaut Cheealier, tailleur du /).
de Bourg., luv. do meubles de la mairie
de Dijon, Arch. Côtc-dOr.)
Une table a fratis. (4 nov. 1444, Inform.
par Bug. Belrerne, f» J3 v°, Ch. des compl.
de Dijon, B 1188!, Arcb. CAte-d'Or.)
PHAiTON, voir Ferton an Supplément, i
FRAITUR, voir Refretor.
FRAiTL'RE, frelure, s. I., brisement, j
fracture, chose brisée :
Sane et guéris et resoude les fretures de
li, de ce que tu l'as si debotee et debrisiec
(Comment, s. les Ps., Richcl. 9G3, p. 45^)
— Onverture, brèche :
Met sa bouche endroit la fraiture,
Si parole ea ilel mesure.
(Piramus tl Thislié, 331, ap. Méon, Fabl., IV,
337.)
Si clostrent et bordèrent icele fraiture
dou mur qui estoit cbeue. {Est. de Eracl.
Emp., xxiil, 36, Hist. des crois.)
— Fig., infraction :
Li fraiz !a dnlz, la patne est dnre.
Mal fa mangier, noslre iert la fraiture.
(Adam, p. -13, Lazarcbe.)
— Fig., saisie, confiscation :
Se il font sanc, li sans est l'evesque de
son home et la fraiture de la terre est mon
seijinor Jehan. (1290, Pet. cart. év. Laon,
n* 71, Arcb. Aisne.)
Celluy mesmes tient reritaige de mon
frère ; car le roy luy en donna la fraiture
a ung lilz qu'il a. (J. d'AhraS, Melus.,
p. 83, Bibl. elz.)
FRAiTUREux, adj., indigent :
Toujours en repos recevent, et non frai-
(ureux demandant, et riens ne te fnult
recuevres, et rien n'as perdu, rien ne te
faut, et as joye du gain?. {Chasse de Gast.
Phe6.,p.398, ap. Sle-l'al.)
FRAL.\TF,R, frallater, v. a. .'.transvaser:
Pour faire cela parfaitement bien, le
moien est de frallater ou changer les vins
au huictiesme ou disiesme jour, prins a
leur origine, les remuans deleurs premiers
tonneaux en autres bien nets et laves.
(0. DE Serres, Th. d'Agr., p. 213, éd. 1605.)
Le fralater ou transvaser n'est indiffé-
remment nécessaire en toutes sortes de
vins. (ID., ib., p. 218.)
Le moderne frelater a conservé le sens
premier de transvaser, en terme de pêche.
FUALLATF.Il, voir FRALATER.
FRAMDAiL, fambml, s. ni., syn. de
frambaut :
FRA
Si envois a sa seroi
Une corroie et i- fermai I,
SI ol oïocc en .i. fambail
.ccc Ib. de col argent
Ponr paier la menne nenl.
(fl. Ile Dole, Val. Chr. 172;;, f» 18".)
FRAMBAUT, fremb., franb., fraimb.,
frab., flanb., flab., famb., fab., s. m.,
coffre, malle, caisse, sacoche, bonrse :
Je n'ai frabaiit ne cofre n les puisse bonter (mes
[armes).
(.iiol, nichel. 25S1(!, f 108»; A. T., v. lï-il.)
Veissiei destroosser somiers.
El fraimbaus noviaus et entiers
Par terre sor chapes esconrre.
(G. de Dole, Val. Chr. 1725. 1° 8λ.^
1,'aToir Iroverent en cnir et en flanbaus.
(.inseis, Richel. 793, f GT".)
Qnant la mort voient a leor yens,
nesear la fiertre qni miens mieus
Ruent cl Ruerlcs el frambau.t,
El ploranl dienl a cris hanz :
Tant senlemenl sauve nos cors,
Haute royne, cl tons nos ors
Et notre argent, tout sanz devise
Sois tiens por parfaire l'église.
(G. DE Col.^cl, ilir., ms. Soiss., f" 161'^.')
Li marcheans, par man savoir,
A la fiertre viennent tonl haut ;
Si reprent chascun son frembaut,
Encor dislrenl il a envis :
Deus vous sant. Dame, grand mercis.
A tout lear bourse s'en alerent,
Onques denier ne l'en donnèrent.
(lD.,t>., f° IGl''.!
Tant de borses, tant de fraimhani.
(II.., Dout. de la mort, Uichel. 23111, f° 300''.)
Tant de borses, tant de franbaaz.
(In., ib , ras. Brnx., f 215''.)
Ki lors veist chances chaucer.
Et traire hanbcrs des fambaiia,
Li pins conars devint pins bans.
{VEsco«Ule, Ars. 3319, P 9 ï".)
.Vins fait les escrins deffremer,
Crans fabaiis en a Tail jeter,
A .11. fors vilains les carcha
El an temple les envoya ;
Quant li mestrcs venir les voit
Les fahaus volenliers rechoit
Et si les a on ostoiié.
(Sortes de Tittnsaij, ms. Turin, t" .'iO'^.)
Sur chacun flabaut de plonp, .iili. s.
(1471, Dc'd'beV. de VEchevin. relat. au.v oc-
trois de la ville d'.Uniens, ap. A. Thierry,
Mon. inéd. du Tiers Etat, II, 343.)
FRAMBEER, VOlr FEMBREER.
FRAMnoi, voir Frmbboi.
FUAMBOii, voir Fremor.
FiiAMBUAiEu, voir Fembreeu.
FRAMEILLE, VOir FERMAILI.E.
FRAMENTF,, S. f., fragment :
Ensi recouront il alnr lies Ins framenles.
(S. Bern., Serm., Richel 21768, f» 82 V.)
FRAMEURE, VOir FERMECUE.
FRAMOiR, voir Fermoir.
FRAMURE, voir Fer.meure.
1. FRANC, adj., nobli; :
Cio controrerent baron franc.
(S. heger, 52, Kos.hwilz. i
FRA
Asses enmainent de ces cailis lies,
Pelis enfans el les frances moilliers.
(Baimeert, Ogier, 402, Barroi».)
La franche l'a soffert en pes.
(Parlon., Uichel. 19152, f 128'.)
Et sachics lot sans faille qu'il ot Gnion raoll
[chier,
Qn'il l'avoit engendré de sa fronce moillier.
(Gai de Bourg., 3091, A. P.)
Car ades vit en espérance
D'avoir merci ma dame france.
(Couci, 589, Crapelet.)
— Libre :
Jo l'en feri'ie fritnc.
(Ale.ri!. st. 46'', Stengel.)
Entre les morz francs. {Liv. des Ps.,
Cambridge, Lxxxvii, S, Michel.) Lat., liber.
— Libérateur :
Jupiter le franc. (La Boet., Mesnag. de
Xenoph., Feugère.)
— Francs des cinq offices des feux, corps
organisé à Valenciennes au xiv» s. pour
combattre les incendies, et composé de
cinq compagnies :
Il résulte d'un document trouvé h. Mons
aux Archives de l'Etat, dans le Ms. de
Coquiau xtit, dit M. H. CafBau.K {Bulletin
de la Commiss. hist. du Nord, XI, 133).
que la première de ces compagnies était
pourvue de cuves et de seaux de bois, la
seconde de lies, piques munies d'an
énorme crochet, la troisième d'échelles,
la quatrième à'équipars, tandis qu'à la
cinquième et dernière appartenait la
manœuvre des seaux de cuir. D'après Co-
quiau la première compagnie devait avoir
30 fines ou cuves el 13 seaux de bois.
Ces ustensiles cerclés de bois ou de fer
étaient sous la garde du chef. Dans cer-
tains cas pressants, on parait s'être aussi
servi de poterie de terre. Les lies de la se-
conde compagnie étaient au nombre de
8, ils se déposaient dans la halle au
blé. La troisième avait 34 échelles gardées
dans la même halle ; elle comprenait 48
j compagnons. La section des eçii/pars parait
avoir compris 22 maîtres et 44 compa-
gnons. Quant aux seaux de cuir, il y en
avait 240 au service de 24 compagnons.
2. FRANC, s. m., écurie :
Pour un pourcel que le suppliant avoit
emblé par nuit... eu un franco, ponrceaulx
(1390, Arch. JJ 140, pièce 19.)
FRANÇAL, adj., français :
Bien i ferez a la guise frunçal.
(lioncisv., p. 19, Bourdillon.)
FRAxcART, voir Franchaut.
FRANC AUBIER, S. iii., sorto do ralsius
blancs d'une chair extrêmement ferme :
Et leurs donnèrent un cens de quecas,
et troys panerees de francs aubiers. (Rab.,
Gargantua, ch. x.w, éd. 1342.)
FRANCBAisiER, S. iH., haiscr accorthj
volontairement :
Frnncbalsier, f. m., kyssc that n wo-
FRA
FRA
FRA
125
man syveth of lier sekyng. (Palsgrave,
Esclairr., p. 236, dénin.)
FRANCCANTON, S. 111., terme de blason:
De gueules a 2 planètes d'or, au franc-
canton il'.irpent a une planète de sable.
{Les Couslumes des chevaliers de la Table
lionrie. .Mi^m. de la Soc, arcb. d'Eure-et-
Loir, 1873.)
FKANCB, employé plaisamment dans le
sens de pays des gens francs, libres :
Douce France n'apiaat l'en plus eosi,
Ançois ait non le pais aus .sougiez.
(Chans. sur les Eslabl. de S. Louis, Ler. deLincy,
a. lùM-, I, -218.1
FUANCEMENT, VOÏr FR.\NCHEMENT.
FHANCESTii, fraiikestu, francelur, s. m.,
sorte de pomme qui se conserve long-
temps, moderne francalu :
Pommier de courpendu, frankestu, dr
malinpre, de paradis. {Lieb.\ult, Mais.
rusl., p. 429, éd. 1597.)
Francestu. (Id., ib., éd. 1389, f 232.)
Pomme de francelur. Malum orbicula-
tum. {Nomencl. octil.)
FRANCETUR, VOIT FRANCESTU.
FRANC GAUTIER, frauc gonlier, s. m.,
habitant des forêts, sorte de Robin des
bois, et, par extension, viveur, bon vi-
vant :
De loas estais le plus entier,
rt qui me revient a merveilles.
C'est la vie lîe franc gnulier,
Qni vil enlre ses pastonrelles :
Au chant 'les oyseaaixsonbs Ips fneiUes,
Ayaus pain bis et gros fromage,
Glic de jambon et de boleilles.
Tels gens ont bon temps el font rage.
f Dialogue du Mondain, ap. Roqaef. )
Item, a Maislre Andry CoarauU,
Les Contredils Franc-Gonlier mande.
(Villon. Grand Test., cxxxli, .louaust, p. i)i.)
Du temps de Villon, lecteurs, fut faite
UDe petite œuvre, intitulée, Les dicts de
Franc-Gontier : la ou la vie pastouralle
est estimée. Et pour y contredire, fut faite
une autre œuvre intitulée Les contre-
dicts de Franc-Gonlier : dont le subgect
est prins sur un tyrant : et auquel œuvre
la vie de quelque grand seigneur, d'ice-
luy temps, est taxée. Mais Villon, plus sa-
gement, et sans parler des grands sei-
gneurs, feit d'autres contredits de Franc-
Gond'er; parlant seulement d'un chanoyne:
comme verrez ci après. {Xote de Cl. Marot
surle passage de Villon cité plus haut.)
Les francs gantiers et Jacques bons homs
du voysinage voyants ceste heureuse ren-
contre de Couiliatris, feurent bien eston-
nez. (RAB.,(e Quart Jiprfi,prologue,éd.lo52.)
FRANC GONTIEU, VOir FlUNC GAUTIER.
FRANCUAIRT, VOir FrANCHART.
FRANCHART, - curt, - kart, - ckart,
- equart, - chairt, frain., s. m., mesure de
capacité pour les grains valant le tiers
d'une coupe ; le franchart a servi de me-
sure jusqu'à la Révolution à Verdun :
Ces quatre reises de froment... li devons
livreir ou cloistre Nostre Dame a Verdun,
a nos voitures et au francharl dou grenier.
fl240, Moreau 158, f° lb9 v, Richel.)
L'nze francharts de froment et un fran-
chars de pois qu'il avoit sor prei et sor
champ. (1231, Moreau 172, f» 233 v», Ri-
chel.)
Deux franchars d'avoinne a la mesure
de Verdun. {Ib., 173, 1° 93 v».)
Dix franchars de froment. (Mars 1232,
Lett. du Doyen de Verdun, Bibl. Verdun,
160 provis.)
Trante franchars de froument. (1261,
Longuyot, I, l,Arch. Meurthe.)
Un rei.v de froment de rente a paier a
tous jors a Verdun ou grenier et au fran-
chart de la devant dite esglize. (Vend. apr.
Pâq. 1270, égl. de la Mad." Chatillon, Arch.
iMeuse.)
Un franchairl de froment, (.luill. 1280,
S. .Mihiel, Arch. Meuse.)
.1. franchart de fourment. (1292, Mémor.
de Jeanne d'Avesne, Arcb. Nord.)
.m. frankars. {Ib.)
Francarl de formeut. (26 juin 1293,
Fliues, Arch. Nord.)
.XII. resaulx, .xii. franchars avoine a la
mesure de Clermont délivres a Jehan clerc
de la cusine madame, qui dolent valoir a la
mesure de Belmont .xix. resaulx, .ii. fran-
chars... (1321, Arch. Meuse B 492, f» 139 v°.)
Siet rasieres et chuinc francars que
froment que soile. (1323, Arch. JJ 61,
f° 102 r».)
Chine raisiers et .1. franckart d'avoyne.
(1326, Arch. JJ 64, f" 193 r».)
Item donne et lègue laditte testateresse
a chascun des quatre eouvans des quatre
ordres mandians, quatre frainchars de
froment pour une foy. (1469, Test, de Ca-
ther. de Barbas, ap. Duc, Francarium.)
L'ng francquart. (fie», de l'abb. de Flines
au XVI* s., llautcd'ur, Cart. de FUn., t,
484.)
FRANCHE, S. f. ?
Avoient faict.... degasts ez vignes, et
maisons, dedans les franches jusques au
roly des murs par dehors et par dedans,
si comme les dicts reformateurs leur im-
posoient. {Enquête de 1338, ap. La Thau-
massière, Coût, de lierry, p. 430.)
FRANCHE BoouE, terme d'injttre d'un
Anglais à un Français, comme chien de
Français :
Franche dogue, dist nn Anglois,
Vous ne faites qne boire vin.
Si faisons bien, dist li François,
Mais vous buvez le lieneqnin.
Roux estes com pel de maslin.
(E. Desciiamps, Pocs., Richel. 8i0, f° iW^.)
FRANCHEE, S. f., valeuT d'uH ffanc :
Lequel Colin dist a icellui prestre qu'il
auroit deux franchees et plus, pour un
franc ou deux escus. (1412, Arch. JJ 167,
pièce 62.)
Le suppliant acheta... seize escus dorez
et environ huit franchees de monnoyc
blanche. (1413, Arch. JJ 167, pièce 240.)
FUANCHEMENT, - cement, adv., noble-
ment, vaillamment :
Il se tinrent si francement que onques
ne se partirent des arçons. (FROlss.jCAroîi.,
VI, 107, Luce.)
FRANCHEQuiN, terme de mépris équiva-
lant à chien de Français :
Escflutez, Franchequin,
.Alei boire a Paris la chopine de vin
Et la souppe humer et rostir le boudin.
(Cdv., du Guesclin, 2-20119, Charrière.)
FRANCiiETÉ, S. f., franchise :
Seinte église laissiez loles ses frnnchelez.
(Gabn., Vie de S. Thom., Richel. 13513,
f» 52 r°.)
— Bon plaisir, puissance :
Sire, font il, voslre plaisir ferez,
Touz nous melons en vostre franchetez.
{ilon. Renuarl, Richel. 308, f ÎBC".)
FRANCHiBLEMENT, adv., librement :
Il meintenist et gardast franchiblement
les hommes dessus diz en leur possession
de la franchise dessus dite. (1323, Conârm.
de sent. p. les relig. de Fécamp, Arch. JJ
61, f° 226 r°.)
1. FRANCHiER, adj., frauc, libre :
Quant il voient cuisine a prendome franchier
Maintenant l'ont reubee li cuivert paulonier.
{De Yaspasien, Richel. 15o3, f" 388 v».)
2. FRANCHIER, fralnckier, v. a., affran-
chir :
Lors les bailla il a .i. prevost qui pour
leur biaulez les covoita moult et lor pro-
mist qu'il les fraincheroit se eles façoient
sa volunlé. {Vie sainte Anaslaise, Richel.
988, f° 23'.)
FRANCHiLECHE, S. f., franchise :
Et lenoient a fié et a homage de nostre
seignor le roy de France dessus dit, ex-
cepté ceux qui ont a plain pois, soit en
cens, en rentes, en costumes, en com-
plans, en ferrages, en franchileches, en
bornages, en ventes, en dénies. {Pièce de
1294, ap. EsTiBNNOT de la Serre, Anliq.
du Poitou, ms., III, 969.)
FRANCHiMENT, S. m., terre franche :
Et d'un chep aus terres aus Johenez de
Taire et au franc himent de Saint Germain.
(1393, Fontevr., les Grobeleres, Arch.
Maine-et-Loire.)
FRANCHiN, voir Froncin.
FR.VNCHiR, - cir, - quir, - kir, frainchir,
verbe.
— Act., avec un rég. dir. de personne,
affranchir, délivrer :
Et si Tons francirai, aias que l'ans soit passé.
(Cher, au cygne, I, t"3, Hippeau.)
Dens sulTri mort en croiz pur s'iglise franchir.
(Garsier, Vie de s. Thom., Richel. 13ul3,
f» 46 T».)
Le jor franchi li rois .c. sers.
{Tristan, I, -2972, Michel.)
De Rome vint por dédier,
Franchir et privilégier
La franche église S. Maart.
(G. DE Coisci, Doul. de lamorl, Richel. 23111,
r 294'.)
Franquissons totes les femes ki i man-
ront en habit de beghines de talles et de
totes exactions. (CA. de 124.ï,Ch. des compt.
de Lille, 833, Arch. Nord.)
L'on puisse en ces jours frainchir sers
et mettre hors de baill . {Ordin. Tancrei,
vas. de Salis, f» 44».)
Il sont franchi qui de naturel servage
sont amené a franchise. (G. de Lengr.,
Instil. de Just., ms. S.-Omer, f" 2''.)
126
FKA
lfagt'5 n'efl mie que rame iranchissc j
home. Mais li home franchist la famé, j
(Elabl. de S. Louis, 1, cxxxiv, p. 253,
Viollel.)
Que n 1U5 eus et leurs heirs presenz et
a v^nir de leur propres cors franchissien cl
dclivresien de tout servante et de toute 1
mein morte, et restahlisien a franchise.
(!260, Affranch. des habit. d'Hiers, Arch.
S.-ct-0.,A lOOo.)
Franchisson, quiton et dclivron de tout
servage. (/6.)
Et si dois le rivière devant dite frankir
de winaige, de tous poiuges et de toutes
autres prises. (1271, Traité, Tailliar, p.
317.)
Vous qui estes home de cors dou chapitre
et de l'iglise de Chartres, lequel le chapitre
de Chaflres vielt franchir a cleir et a
corone avoir. (1280, Cart. de l'egtise de
Chartres, Richel. 1, 10099, f- 31 r'.)
Les franchi du tribut que la ville lui don-
noil tous les ans. (Grand. Cron. de France,
I, 9, P. Paris.)
Et sainz Andricz lava leurs plaies par
.111 jours et les senai et les frainchi. {Vie
saint Andreiis, Richel. 983, f' 18''.)
Ea luy franchissant de la rente que il lor
devoit. (Lundi av. S.-Georg. 1331, Abh. S.-
Sauv., Arch. .Minche.)
Francissons et mauumettons. (1342, Beg.
des lett. de franch., Arch. K 1311, f» 3 r».)
Celuy qui est ainsv franchi est appelé
libertus. (Orksme, Politiq.J" 13», éd. 1489.)
— Avec un rég. dir. de chose, donner
en franche possession :
Qaer sciai Aalbert franchi li oui
Tresloiil sou feu oa que le sont.
(Cou. BE SAi>T-PAtR, ilonl Sailli -Uichel, 331,
Michel.)
Cuui nobla dama Hysabeus, dama de
Beljue, ait franchi a tnei a ma via ma
mayson de Leut 1 1276, Ch. de J- BillOU,
ricàire de Lent, Arch. P 1391, cote S72.)
Je franchis et abone ou chapitre Saint
Avi d'Orliens relevoisons que je avoie a
plesir sus une meson. (1283, Pr. de N.-D.
des Champs de Paris, Arch. Loiret.)
El pour tant li franchisons la foy et la
ligence. (1314, Arch. JJ 52, f» 4 v».)
Ledit vicomte de sa grâce li franchist les
ventes de la somme desdils deniers.
(1323, Morice, Pr. de VU. de Bret., 1,1339.)
— S'acquitter de :
Por franchir son masage. (Jurés de S.
Ouen, f 248 v», Arch. S.-Inf.)
Sommes tenus a aquitier et franquir les
choses desus dites. (1321, Cart. de S. Val-
mont, f» 234 v°, Arch. S.-Inf.)
— Rén., s'exempter :
Ne s'en pourroienl/ranchir ne exempter.
(Chron. de S.-ben., Richel. 2813, f" 397''.)
A Berlhaut Mignon pour ung veaige par
lui fait pour aler a l'aris en la compaignie
de Jehan de Prarches, procureur de la dicte
ville, a rencontre de plusieurs qui sedient
estudieus, et contre les bedaulx, libraires
el autres qui se vouloicnt /rancAir de poicr
leur (lorciou des tailles. {Compt. de J.
Chiefdail, 1412-1414, Commune, xxil, Arch.
mun. Orléans.)
Certains praticiens qui se dicnl cslu-
diens et aussi plusieurs bourgoys, mar-
chans, procureurs qui se veulent franchir
de lu dicte taille par ce qu'ilz se dient
FRA
cslre cscoliers. (Compt. de J. Martin, 1414-
1416. Commune, Despeucc, vi, Arch.
mun. Orléans.)
... Pour le bien el utilité de la chose
publicque d'iceluy l'on impose aulcunes
taillées sur les bonnes villes el sur les
denrées et marclianlises y vendues ; plu-
sieurs des domourans et babitans en
icelles villes se veuUent exempter et fran-
chir de riens en pover... (Cousl. de liret,
f" 178 V".)
— Franchissant, part, prés , qui a(Ti-nn-
chit, libérateur :
Qui dOQt dist clic scliui drnil
Pagnist la m.iuvaisc personne
Un bien on lui ailjou>te et donne.
C'est peine qui scion justice
Est un franchiiiant bénéfice.
(Boece de Con'olacion, Ars. 2G70, f 33 r».)
— Franchi, pari, passé, cxnmpt de
toute redevance :
Tout cil qui sont demorans el forbourc
de Paris... sunl tenu a forain el s'aquiteut
en lotes choses come forain... se il ne sont
franchi par estre baubanier lou roy. (E.
BoiL., Liv. des mest., 2' p., vi, U, Lespi-
nasse el Bonnardol.)
Fn.\NCHiSE, - cise, s. f., noblesse de
caractère, preuve de noblesse, générosité :
Mult fisl Ascanis granl franchise
Ki bien doit estrc en avant mise.
(Brul, ms. Munich, 317, Vollm.)
Rali.'s vos enl, si feres grant franchise,
Morte m'avrles s'od vos estoie prise.
(AoDEFROis LI Bastars, Bartsch, Rom. elpasi., l,
56, 26.)
Dame, por Dieu, fait Gerars, snns faintise,
Aiez de moi merci, par vo franchise.
(Id., Bêle Isabeaus, Ler. de Lincy, Rec. de ch.
hisl.,t. I, p. 9".)
Me doinst qu'el m'aint si com j'aiiu li,
Et qu'a moi pere se francise.
(Partonop.. 1870, Crapelet.')
Bien sambloit plaine de franchise.
(Couci, 138, Crapelel.)
Elle respondi adonc tout en plorant :
Hai I merci, sire chevalier, por franchise de
voz. (Gir. le Court., Val. Cbr. 1501,
f 11=.)
•le vos pri por Dieu el por franchise. (Ib.,
f» 63'.)
Franchise esl vertu large de bien fere.
Cesle vertu, ce dit Seneque, est en doner
el guerredonner. [Mor. des phil., ms.
Chartres 620, f 3».)
Ele dona a Deu honor, elo fit franchise a
son pais. (Vie sainte Agate, Hichel. 988,
f» 56''.)
Dont quant si grant franchise virent
Les EspaignoU, tons s: rendirent
A lui par bonne entencion.
(Cbr. DE Pis., Liv. du chemin de long esliide,
H9â, Pûschel.)
FRANcmsEMENT, "voir Franchisse-
ment.
Fn.\NciiisKu (se;, v.réfl., s'affranchir :
Pour ce se sont les nobles l'ranzois par
leurs gruns prouesses franc/iisez et exemples
des Iribuz et servitudes des empereurs de
lîomme. (Quinze joyes de mariage, prol.,
Bibl. elz.)
m VNCiiisnvR, voir Franriiissf.or.
FRA
FR.VNCHissABLK, ailj., dout OU peut
se libérer ;
Soixante dix sols monnoye rente,
equipollans a quatre liv. , quatre sols
tournois, franchissable pour soixante dix
livres nionnoie une fois payé. (Test.
d'Yves de la Douexiére, dans Ane. évêchés
de Bret., 1,51.)
FRANCHISSEMENT, franchisement , s.
m., affranchissement d'une personne :
Ulpians dit : Franchissement sont del
droit as cenz. Franchissememenz est dons
de franchise, quar tant comme aucuns est
en servage il esl souzmis a la main et a la
poesté d'aulrui, mes quant il est franchiz
il esl délivrez d'aulrui poésie. (Digestes de
Just., Richel. 20118, f» 3".)
II ne loist pas a cbascun qui velt fran-
chir ses serz que il lez franchisse, car cil
qui franchist ses serz pour grever a ses
créanciers et pour lolir leur deble ne fet
riens. Car la loiz empescbe tel franchisse-
ment. (De Droit et de Justice, Richel. 20048,
f» 46''.)
Se aucuns n'est donc uaturelmenl franc,
ce ne lui uuist pas que sa mère fu serve,
et puis fu franchie, quar il a sovent esté
establi que li franchissement a la mère ne
nuit point a la naturel franchise au fil. (G.
DE Lengr., Instit. de Just., ms. S.-Omer,
1<>2=, et Richel. 1064, f" 3'.)
— Exemption d'un droit onéreux :
Ledit francliisement et toutes les antres
choses contenues es lettres dessus trans-
criptes aions fermes et aggreables. (1335,
Arcb. JJ 69, f" 129 r«.)
Pour lequel franchisement ledit preneur
ou ses hoirs ont sur ce licence de acquerre
en la dicte viconlé es fiez dudit seigneur
a la fin dessus dite. (1345, Arch. JJ 75,
f» 178 V».)
Icellui Potier offry au suppliant les
deniers dudit franchissement. (1476, Arch.
JJ 193, pièce 1672.)
El ly tenons plusieurs franchises, ad-
mortissemenlz, ausmones... el franchisse-
mentz, foires, places de raoullius. (Pièce de
1S54, Mém. des Anl. de Normandie, XXI,
153.)
FRANCHissEon, - isscur, s. m., celui
qui donne la franchise, qui affranchit :
Il fu establi que se li enfant au franchi-
seur n'estoient deserité par non, il fussent
mis devant les estranges hoirs es biens a
ceus qui esloient ainsi franchi. (G. DE
Lent.r., Instit. de Just., ms. S.-Omer,
f» 32''.)
Cil qui a esté serz esl franchiz a celle
mesme franchise que li franchissierrez
avoit fors tant que il n'est pas naturel-
ment franz. {De Droit et de /tfsfi'ce, Richel.
20048, f"46''.)
]À franchissieres ne puet fere franc naif
son franchi. (Digesles, ms. Monlp. H 47.
f»6".)
Ses franchissires la pooit apeler en ser-
vitude. (Ib., f» 47=.)
FRANCiiois, voir François.
FRANGHOUR, Voir FRANCOR.
FRANCiaiR, voir FRANCOR.
FRANciNE, voir Froncine.
i-RANcin, voir Franchir.
FRA
FRA
FRA
127
FRANCISE, voir FRANCHISE.
FiiANCisiEN, adj., français :
Tel amour ne retiens ;
C'est ce qui a tout honour mis au Las,
Et amorti les francs cners francUieus.
(E. Dbsciiami's. Poés., Richel. 840, f 73''.)
FKANCKABRUB, S. f., syiioii. de fvan-
ehart :
Le meusnier ne pourra prendre pli-s de
livre et demie de farine, de chasqiie mesure
dite franckaerde, et non pas d'avuntaoe.
{Coût. d'Ypre, Nouv. Coût, gén., I, 845\)
FIIANCKAUT, VOlf FHANCHART.
FR.\xçoiER, V. n., parler français :
Franciio, sas, sare. françoier, c'est soy
avoir eu parler a manière' de François.
{Catholicon, Uichel.l. 17881.)
Franciscare, françoier; c'est soy avoir
en parier en manière de François. {Glùss.
lat.-gall, Richel. 1. 13032.)
FRANÇOIS, franchois, adj., franc,
noble :
.... Le linagc franchois
Qni tant fat honorables.
(Ibb. des Prbis, Gesle de Liège, 37-278, Scheler,
Gloss. phihi.)
— Locut., compagnie française, union
d'nn sexe avec l'antre :
Au mienix que je puis je m'apreste.
Désirant compaignie franchoise.
(Uonolog. Joij, de la Chamberiere, Poés. fr. des
it' et XVI» s.. Il, -ils.)
Compaignie franchoise, wenches.fCoiGn.,
éd. 1611.)
FRANcou, - cour, - CMC, - chour,-ckur,
adj., des Francs :
En la gesle Francur.
(Roi., 1443, Mûller.)
Quant il entent qne il anra secors.
Et ot oomer le lignage francor.
De loi vengier devint moult angoissons.
(Ci Covenans Vivien, 1633, Jonck., Guitl. d'Or.)
Monjoie ! escrie, c'est l'enseigne francor.
(/J,n36.)
Sébile li escrie a la langue francor :
Vassal, bien estes dignes d'avoir nobile amor.
(J. Bon., Sax., cixiv, Michel.)
Saisne, Lntif assamblent a la geste francor,
Armé d'aaberc et d'eanme et d'escn de color.
(Id., ib., ci-jixitvi.)
N'il oe cremi les reis, l'engleis ne le franchur.
(Gaw., Vie de S. Thom., Richel. 13313, f» eSv".)
Vos fastes fils de sa seror.
De le hante geste francor.
Et del linage as Troiens.
(Parton., 9269, Crapelet.)
Il est nés et estrait de la gesle franchonr.
iHaugis d'Aigrem., ms. Montp. H 247, f 133''.)
En la terre francour.
(Ades., Enfanc. Og., Ars. 3142, f 108'.)
De cni il a sa terre, sa ricoise francor.
(De SI Alexis, 129, var., Herz.)
On trouve comme qualificatif de nom
propre :
Biirberi lo Francor. (1114 ot 11S4, Cart.
ae Montier- la- Celle, p. 286, et p. 16,Lalore,)
FRANCOUR, voir Fra.ncob.
FRAXCQUART, VOif FhANCHART.
FRAXcyuitSME, s. m., hérilage qui
n'est point fief, mais dont le détenteur
est franc de certains droits :
Plusieurs tenans d'icelle seigneurie, qui
tiennent /■j-aneguiesmes, n'en doiventaucuu
droit, sinon pour droit seigneurial cinq
sols d'entrée, et cinq sols d'issue quand
vente s'en fait. (Cout.loc. d'Herly, ll,Nouv.
Coût, gén., (, 68».)
Francquiesmes sont héritages francs,
qui sont differens des fiefs. {Ib., Coût,
gén., I, 703, éd. 163S.)
Sous les dits francquiesmes, tout homme
qui est résident, couchant et levant, il ue
doit nul afforage, gambage, herbage,
moutonnage, ny autre chose. (Ib.)
FRANCUR, voir Francor.
FRANDE, S. t., peau de mouton aux
poils frisés :
Quant ce \it Rebeque la sage
Frande lit a son usage
Et par Jacob la lit porter.
(J. Lp.febtre, Resp. de la mort, Richel. 994,
f 20\)
Cf. Frandé.
FRANDÉ, adj., frisé :
Les UDgs si ont les cbeveulx blonds,
Pignez et fraudez a merveilles.
(CoeoiLLART, p. 173, ap. Ste-Pal.)
Cf. Frande.
FRANDEILLEUR, - CeUV, S. IH., ffOn-
deur :
Les arbalestriers, les archierz, les lan-
ceeurz et les frandeilleeurz et les gens a
1 pié comanda qu'il se meissent tuit sur les
monlaingnez. (Cont. de G. de Tyr, ch.
XXVII, Hist. des crois.)
FRANDEILLIER, - illier, ■ oiUier,\eThe.
— Act., lancer avec une fronde :
Commandèrent a ruer pierres et a fran-
dillier. (ConUn. de G. de Tyr, c. xxviir,
Hist. des crois.) Impr., fraudillier.
— Réfl., se balancer :
Cil se frandoille et se detorne.
(P.enarl, 1398S, Méon.)
FRANDEL, voir FONDEL.
FRANDOILLE, VOir FfiANDOLE.
FRANDOILLIER, VOir FRANDEILLIER.
FRANDOiR, -ouer, fland., s. m., fronde :
Les coups de pierres rondes envoyés et
gectees de la fonde ou frandouer sont plus
griefz et dommageables que toutes ma-
nières de dardz. [Flave Vegece, I, 16.)
Fustebales et flandouers. (Ib., IV, 44.)
FRANDOLE, - oille, frendole, flandolle,
s. f., fronde :
Pour metrc dcdens lenr navie
Ars turcois, angins et briquoles.
Chas, pannons, banieres, frandoles
Et qn'nqn'il faut pour assaillir.
(C. JhcH., Prise d'Alex., Richel. 9221, f" 218'.)
Chaz, pannons, baniere, frendoles.
(Id.. ib.. 1803, Mas Latrie.)
Funda, frandoille a gittier pierre. (Gfoss.
deSalins.)
Lesdicts Lyegois ne cessoienl de nous
batre de leur artillerie, flescbes, dars, ar-
balestres et de grosses pierres qu'ilz gec-
toient contre nous a /?aî)rfo;;(?s.(1468, Le.lt.
de Jean de Mazilles, dans les Mém. de Ph.
de Commyues, III, 247, Soc. de l'H. de
Fr.)
FRANDOUER, VOlr FRANDOIH.
FRANDRE, voir Fraindre.
FRAXEL, voir FRESNEL.
FRAXELAYE, VOlr FRENELAIE.
FRANGiÉ, adj , saupoudré :
Jaunir de saEfren ou getter dessus du
saffren par files, l'un ça, l'autre la; ce que
les queux dient frangié de saffran. IMéna-
gier, II, 148, Biblioph. fr.)
FRAXGiBiLiTÉ, S. f., qualité de ce qui
est frangible :
Pource en est la paste ainsi confite quant
on la cuit en l'j-aue pins frangible, car
ceste frangibilite vient de desiccation.
(Evrart de Conty, Probl. d'Arist.,Riahe).
210, f» 269'.)
L'agaric est de facile frangibilite. [Jard.
de santé, I, 8, impr. la Minerve.)
FRANGIBLE, flangiblc, adj., susceptible
d'être brisé, cassant :
Toutes les pierres sont frangibles.
(Jeb. de Meunc, Remonstr. de Nat., 117, Jléon.)
Pource n'est il mie (le soleil) si frangible
ne si isnelement niouvable. (Evrart de
CONTT, Probl. d'Arist., Richel. 210,1» 168'i.)
Flangtble. (Nef de santé.)
Non pas toutesfois qu'il soit a entendre
qu'il brisast son corps, car il n'est pas par
frangible manière en ce sainct sacrement,
mais il brisa les espèces du pain... {Sec.
vol. des Exp. des Ep. et Ev. de Kar.,
V 3U r°, éd. 1519.)
Pierres frangibles ou fragiles. (Delorme,
Archit., l, 14, éd. Ib68.)
Par la ciccité de l'air les os deviennent
plus fragiles et frangibles. (Paré, (JEuv.,
XIII, m, Malgaigne.)
FRANGOMATE, - oumaîe, adj., affranchi :
Ceaus qui s'avouent frangoumales ou
esclas franchis. {Ass. de Jér., t. Il, p. 375,
Beugnot.)
Ceaus qui s'avouent pour frangomates,
ou esclas fransis. {Ib., p. 213, ap. Ste-Pal.)
FRA.NGOUMATE, VOir FRANGOMATE.
FR.\NGULE, S. f., sorte de sorcière :
Plusieurs exécrables et mauldits hommes
et femmes lesquels ont délaissé leur sau-
veur derrière, et se sont convertis après
Sathan, séduits par illusion des diables :
lesquels en commun langage sont nomees
sorcières, frangules, slraganes ou vau-
doyses. (MoNSTRiiLET, ap. Ste-Pal., éd.
Favre.)
FRANIER, voir FhENIER.
FRANiN, voir Fresnin.
FRANKART, VOir FRANCHART.
PnANKESTU, voir Francestu.
FRANKIR, voir FRANCHIR.
riiANMouRE, S. f., sorte de boisson :
1»
FRA
Se on vendûil a .m. fuers, des deus
graiodres fuers le lierch, hors franmoure,
cirise et tel manières de bevraipes. ^1301,
Denombr.dtGuill. de Maçon, Bibl. Amiens.)
PRANXEL, voir Fhesnel.
KR.VNOi, voir Fresnui.
FRANQCET, s. Ml., soldai d'une compa-
gnie franche :
... Qu'elle (Jeanne d'Arc) avoit faict
mourir un franquet, dicl qne c'estoit un
Tolleur : que pour tel recopneu, il fut defaict
par sentence du bailly de Senlis. (E. Pas-
QCIBR, Buherches de' la France, liv. VI,
ch. V.)
FRAN'OiiiRi voir Fr.^nchir.
FRAOR, voir Flairor.
i. FRAP, S. m., coup :
Cist pre5tr«s est resnscilPi :
Com m'a ore doné bon frap f
(Fi»/. i'Etlormi. Montsi(rlon, Fail. I, 21 l.'
2. FRAP, S. m., grande mnltitnde :
Frap de gens. (Lois de Guill.)
Ce mot est ainsi expliqué dans un Dic-
tionnaire français-anglais, pour servir
d'intelligence aux lois de Guillaume le
Conquérant :
Frap de gens, • too preat a retinne of
people, » une trop prande quantité de
monde. (Diclionary of ihe norman or old
french language, coUecled from siich Acts
of parliament, parliament Rolls, etc., etc.,
to whicli are added the law? of William
the Conqueror; bv Rob. Kelliam, London,
1779, iu-8«, p. 110.)
Cf. Frapaille.
1. FR.VPAIL, s. m., verge:
E tint nn frapail ea sa main.
lAocAR, Uir. if y. D., Bril. Mns.. Egerton 612.
2. FRAPAii,, frapp., s. m., bouches
inutiles, valets, goujats :
Et scroienl chassez dehors tout le de-
mourant du frappail. (Uist. de Charles VII,
p. 407, ap. Sle-l'al.)
Cf. Frapaille.
FRAPAILLE, frapp., - olhc, - aile, frai-
paille, s. f., bouches inutiles, valets, gou-
jats qui ne se battaient point, gens de rien:
Li iiarçoD e l'autre frapaille
Qoi meslier n'orenl en Ijalaille.
( W»CE. /Ion. 3' p., -96.), Andresen.) Var . frapallr.
Tôt le harnais et le frapaille
Qoi mestier n'avoil de bataille,
A fait joste an mont arester
Por homes armes rosambler.
(Id., Bru/, li7H, Ler. de Lincy.)
Oo'en Aroaise a miUaise fraipaille.
(H. de Oimh-ai. Ilirhel. il93, f i", y» : A T ,
I. 1061.)
Li gent Herbert ne sont mie frapûille.
(»., fier"; A. T., t. 1071.)
Car de la rile'la frapaitU
l« «Tent, fjnel part que il aille,
Li pantonier, les gens menues.
{Amald. el Yd., Richel. 375, f 320'.)
Si ne soiomes pas tenu
En l'estor ne en la bataille
y» por garçon ne por frapaille,
(Gain, de Paterne, 1978, A. T.)
FRA
Il eosl mort Hervieu, corps a corps en bataille.
Se ne fussent li .c. de malvcise frapaille.
(Gui deyant.,il06, A. P.)
Es TOUS Charlon poignant par la bataille,
Ne sambloit pas estre rois de frapaille.
(En/. Ogier. 5101, Scheler.)
Cil n'est pas garnis de frapaille.
Cil soustenra bien sa bataille.
(Alart, du des Sages, Ars 3112, !" 16G>.)
Se il sont plus de nous, il soûl frapaille
et chetive gent. (C0115. de la Morée, p. 134,
Buchou.)
— Est pris en bonne part dans l'ex.
suiv. :
Bonne chevalerie et hardie frnpalhe.
Ubh. des Preis, Geste de Liège, 3.'i711, Scheler,
Gloss. pliilol.)
FRAPAi>LE, - allie, voir Frapaille.
FRAPANCE, s. t., action de frapper :
Percussio, onis, frapance. (Gloss. lat.-
fr., Richel. 1. 7679.)
FRAPART, frapp., s. et adj., celui qui
frappe, fouetteur, bourreau :
Lierres, par la Tierge hononree,
Vo guenle sera eslraoglee,
Ja vous livrerai au frapart.
(E. Deschamps, Poà., Richel. 810, f 20B\)
Apres on reclost les courtines.
On accole frère frappart ;
lui baisant ils joignent tétines.
Le grant di;ible y puist avoir part.
(CoOL'li.iAIlT, ilottol. des l>erruq.,U. 2.8-2. BiM.
eu.)
Cy n'entrez pas, hypocrites, bigolz,...
Gueux raitoullez, frapars escorniflez.
(ItAB., Gargantua, ch. 51, éd. 151-2.)
11 tient je ne sçav quov du hère frappart.
(ID., 1. IV, ch. IS.'éd. 15S2.)
Prions Dieu, qu'au frère frappart
Il donne quelque chambre a part.
(Cl. Marot, Epitaphe de Frère Jean i'Evesque,
éd. 1S9G.)
Le train que mènent ordinairement les
bons frères frappars. (H. Estien., Tr. prep.
a l'Apol. p. Herod., c. 20, éd. 1566.)
Il vint l'autre jour un caffard
Pour prescher en nostre paroisse.
Et je iui dis : Frère frappart.
Qui TOUS a fait ici venir?
(Mellin nE S. Gelais, Poes., p. 219, éd. 1719.)
En Lorraine, le jour de la Saint Nicolas,
dit Sainle-Palaye, des gens déguisés
viennent deux à deux porterdes bonbons
aux enfants et s'informer s'ils sont sages ;
l'un a le coslunie d'évêque comme St Ni-
colas, l'autre a celui d'un moine, et porte
une verge à la main : c'est le frère frap-
part.
Argot, frère frappart, marteau.
1. PRAPE, s. f., ruse, finesse, adresse;
savoir de frape, être rusé :
Trop teuMiei certes de frape
Se ne nos lesissiez la chape.
(Itenart, 5515, Méon.)
Or jnf/r/i il asez de frape
S'il de ceste prison cschape.
(/*.. Br. VII, 131, Martin.)
Cil respont, qui moult sol de frape.
Et qoi de grant péril escbnpe...
(Renart, SuppL, p. 119, ChabaiUe.)
FR.\
Feme se met en vente, gart soi bien qui Tachait :
Kenio set moult d'engiag, de barat et de frape.
(.Chastie ilusarl , Richel. 19132, ("107.)
— Piège :
Bien vous métrai fors de la trape.
Et il reniandronl en h frape.
(De Constant du Hamel, ms. Berne 331, C 88' ;
Montaiglon et Raynaud, l'a'jl., IV, 179.)
— Etre en maie frape, être tombé dans
un piège, être dans une situation critique:
Or est Renirt en mate frape,
Maufez l'ont mis en celle trape.
(Reiiarl, Br. IV, 173, Martin.)
— Se jeter de la frape, sortir du piège,
de la mauvaise situation où l'on est:
Quar geler se vclt de ta frape.
(Du Presire et de la dame, Richel. 19152,
|o 63''.)
— Se mettre d la frape, fuir, se mettre en
route :
Et tantost se mist a ta frape.
(Renan, 3981, Méon.)
Cf. Frapier.
2. FRAPE, voir Frepe.
FRAPEis, frapis, frapp., s. m., action
de frapper, son rendu par une arme qni
frappe :
Frapeis de basions. (Prov., ap.Crapelet,
Prov. et dict. pop.)
Mieus aim d'espees le frapis
De masçues et de tisons.
(J. Bretel, Toura. de Ctiaurenci, 2710, Dclinotte.)
Si se renouvella la bataille, et les boutis
de lances, et les frappis de haches sur ces
bacinets durs el fors. (Froiss., Cftron..
liv. III, p. 337, éd. lSo9.)
FRAPEL, S. m , coup :
Ferir maint frapel.
(Brut, f» 56'', ap. Sle-Pal.)
FRAPELENT,/'rap(;//eH(, s. m., p.-ê. syii.
de monnaie, pris dans un sens général ;
p.-ê. aussi instrument pour frapper, pris
dans un sens grivois pour désigner le
membre viril :
Mahieu, sachies que mains me dolroie
Se g'estoie sans avoir frapettent
E' ma dame avoit son paiement :
N'est pas honte s'on sa famé chastoie.
iMahieux DE Gand, ./™.!-/'ar/(3, Dinaai, Trouv.ile
ta Flandre, p. 300.)
Sans avoir frapetent.
(ID., il>., VuH. av. 13110, II, 7Cfi, Ars.) j
FRAPEL.LENT, VOir FRAPELENT. I
FRAPEMENT, frapp., S. 01., action de|
frapper : !
Planctus, grand dueil, frappement copU^-
1.1 poitrine ou autre lieu. [Calepini Dict..
Mie 1584.)
FRAPER, frapper, verbe. .
— Réfl., se jeter, se lancer, se prëclpl-i
ter violemment, avec un sujet de per-j
sonne ou d'être animé : j
Un bon destrier fort et courant.
Sus lequel l'enfant se frapa.
(C. GoiABT, Rog. lign., 10550, W. et D.)
FRA
FRA
FRA
129
l.c dit Guillemiu de Laistre, sanz dire
qu'il estoit, li snilly au devant et se (râpa
a 11 pour li faire peur. (1344, Arch. JJ 72,
(» 358 v»J
S'enfuyreut autant qu'ilz pcurent, par
grans tropeaulx, conme moutons quant le
(eu sefrape nu milieu. (Wavrin, Anchienn.
Cran. d'Englet., II, IH, Soc. de 111.
-le !■>.)
Et se partirent, elle et ses gens, et s'en
vinrent par derrière bouter et fraper ens
es logeis des François. (Fhoiss., Chron.,
II, 361, Luce, nis. Rome, f» 80.)
Partout la ou il venoit, il faisoit lesrencs
si esclarcir que les Françoys le fuyoient,
comme feroient berbis ou moutons unp
lyon famileux, qui se frapperoit entr'eulx
pour prandre sa proye. (Girart de Rossil-
ion, nis. de Beaune, éd. L. de Montille,
p. 319.)
Les vaillans chevaliers et eseuyers qui
estoient a cheval se frappèrent dedans si
vaillamment que iceux Gantois ne durèrent
point. (G. Ckastell., Chron., II, 303,
Kerv.)
— Se jeter, avec un sujet do chose :
La rivière de Sayne qui descent en Nor-
mandie, ou plusieurs bonnes rivières se
frappent. {Déb. des hér. d'arm., 130, A. T.)
La rivière du liosne ou se frappe la ri-
vière de Saune. (Ib.)
— Se répandre violemment :
En l'ost du roy s'esioil frappée une ma-
ladie de flux de ventre. (J. Lefevre, Hisl.
de Charles VI, p. 67, Le Laboureur.)
— Act., frapper un coup de lance, l'assé-
ner :
Je amasse mieulx que je n'eusse frappé
coup de lance d'icy a ung an que je eusse
occiz ung roy de ma main. {Lancelot du
Lac,3' p., ch. 13, éd. 1488.)
— Enfoncer en frappant :
Et luy frappa ung cousteau tout au tra-
vers du corps. (N. Gilles, Ann., (" 53 r",
éd. 1492.)
Affin qu'ilz tinssent plus fermement chas-
cun estoc fut frappé trois piedz en terre.
(Gagcin, Comm. rfeCes.,f° 181 r», éd. 1S39.)
— Fraper alliance, contracter alliance,
par latinisme :
Les Penois oyans que Iliero et les Ro-
mains o»o(ejî( frapel alliance ensamble, ar-
bitrèrent que plus grandi exercite leur es-
toit nécessaire. (Fossetikr, Cron. Marg.,
ms. Brux. 10bl2, X, ii.)
— Nentr., se précipiter :
Evous les Engles venant frapant en celle
host. (Froiss., Chron., 111, 69, Luce.)
— Fuir:
Mis se sont a fraper.
(B. df Sel/., XIV, 518, Bocc.-i.t
... Par les preis frappans.
(Jeh. des Preis, Gesie de Liège, 328, Schelcr,
GloM. philol.)
Toi frapponi reculent....
(Id., !i., 3533.")
— l^avoir que fraper aux dents, n'avoir
"■•en à mettre sous la dent :
Qni Tendent tout n'ont que frapper aux dens.
te» tredieli de Smgecreui, (■ 78 v», éd. 1530.'>
— Fraper d, atteindre :
I Prince qui des ses jeunes ans avoit ap-
pris de dissimuler les injures particulières
qui lui estoient faites, mais non celles qu'il
estimoit /rapper a l'Estat, lesquelles U por-
toit impatiemment. (E. Pasq., Lelt, XIV, 2.)
— Viser à, mettre en avant, proposer;
Les uns frappent a l'aliénation perpé-
tuelle du domaine au denier trente, fors
des duchés et comtes, médecine plus forte
que la maladie ; les autres aune recherche
générale des financiers et partisans. (E.
Pasq,, Lelt., XIII, 3.)
— Infin. pris subst., action de frapper:
Mais ainchois que mais voie le solail esconser.
Leur fera telle aieuwe Richiars au bien fraper
{.Hugues Cttpet, 2336, A. P.)
Helas, Monsieur! que deviendray je?
car c'est mon mary qui est a la porte ; je
l'enten bien a son frapper. (Lariv., Nuicls,
IX, IV, Bihl. elz.)
— Frappant, part, prés., a frapant, lo-
cut. adv., à la course, rapidement :
Droitement sus le point de celle descoii-
fiture, evous venir a frapant monsigneur
bues de Ghastillon et sa baniere. (Froiss.,
CAron., VllI, 332, Kerv.)
FRAPERIE, frapp., s. f., nclion de frap-
per, coups, bataille :
Toute la faulte venoit d'eulx, qui avoieut
commencé la frapperie. (Rab., 1. IV, c. 15,
éd. 1S52.)
FRAPEUKE, - lire, frapp., s. f., coup :
De frappure et blesseurc. (Jard. de santé,
I, 29, impr. la Minerve.)
Les enfleures de percussure ou frap-
peure. (Ib., 180.)
La grosse toile luy sert (à la ceervell)
aussi de couverture... non pas tant de cou-
verture, que de bastillon et défense mise au
devant, pour la remparer contre les hurles
et frappeures du lest. {Trad. de Galien,
p. 505, éd. 1609.)
FRAPiCHE, frapp., s. f., son rendu pai-
une arme qui frappe :
Quant les waites oirent le frappiche des
gens d'armes, ilh cornont leurs cors, et
cheaux délie fortereche commenchont a
crier aux armes. (J. DE Stavelot, Cftron.,
p. 363, Borgnet.)
— Mener frapiche,se battre, ferrailler:
Kl Henry d'Argenleal .«i grant frapiche maive.
(Jeh. des Preis, Gesle de Liège, II, 3S08, Chron.
belg.)
Cf. Frapeis.
FRAPiER, frapp., s. ni., course tumul-
tueuse, agitation, bruit :
Vers la qnlsiae s'en vienent (Rainouart et le
[portier) le frapier.
(Aleschan.-:. 3621, A. P.)
Kt lors viengnent a grant frapier
Treslnil li autre charretier.
(Renan, 420.3, Méoii.)
Mes d'oisillons y a si grant frappier
Que jour et nuit
La valee retantit de leur hruit.
(G. Mach., Po^s., Richcl. 9221, f» 40'.)
— Se mettre au frapier, se mettre en
route, prendre sa course, s'enfuir :
Renart (|ui moult sot de tresluc.
Et qui avoit grant fain eue,
.Se met baaillant au frapier.
(Renarl. 210:1. Méon.)
Tost vos meistos au frapier
Hui main qant veistes ma mort.
(/*., 2176.)
Ataul es vos a ccz paroles
.Sire Lanfroi le forestier.
Et Renarl se raisl au frapier.
(li., Br. I, 621, Martin.)
Aler laissent le carbonnier.
Si se remelenl au frapier.
(Hom. de Wistasse le Moine, 113S, Michel.)
Quant Basins ol mangié si se met au frapier.
(Jeh. de Ijinson, Richel. 249,'>, f° 16 r».)
Le matinet vous mètres au frapier.
(Aubery le Bourgoing, p. 71), Tarlié.)
L'os est csmute, mis se sunt al frapier.
(Anseis, Richel. 793, f° 70^)
Et la roine Berle s'est lost mise au frapier.
(BcTle. 9S4, .Scheler.)
P,armi la porte se prist a chevauchier,
Le destrier broche, si se mist au frapier.
(Olinel, 1973, A. P.)
Vers Abilanl la ville s'est il mis au frapier.
(B. de Sel/., y, 889, Bocca.)
— Mettre au frapier, mettre en fuite :
Et Aymon de Dordonne les melra frapier.
(Quatre fils Aymon, ms. Montp. H 247, £" 178''.)
Il ont regardé de l'autre part ke moult
bien se leuoient Galois as Bretons, et ke
se ne fust li blans chevaliers, il les mezis-
cent del tout au frapier. {Sept sag.de Rome,
Ars. 3354, f» 158\)
Nom propre, Frapiê.
FRAPiLLiER, - Hhïer, verbe.
— Act., fréquentatif de frapper :
Et quant Doolia ol cheli qui les hucha,
Du baslon que il tint si bel le frapiUa
Que es degrés aval tout envers le rua.
(Ooan de ilaience, 3490, A. P.)
— Neutr., se fâcher, s'indigner :
... Dont tout li pueple mult fort en frapilhal.
(Jeh. des Preis, Gesle de Liège, II, aO'il,
Scheler, Gloss. philol.)
J. FRAPiN, S. m., multitude, populace :
Si flst Godolie, le fiz Aica, le fiz Sapha,
maistre sur tant de frapin cume en la terre
remest. {Bois, p. 436, Ler. de Lincy.)
Li fols reis l'en creid e de sun mesfait
ne s'en repentid, e tist pruveires a ses
ydles servir de trestuz les plus bas del
pople et del frapin. {Ib., p. 290.)
CL Frapaille.
2. FRAPIN, s. m., bruit, tumulte :
Si l' volez escoter sanz noise o sanz frapin.
(Hom, 2935, Michel.)
FRAPis, voir Frapeis.
FRAPON, s. m., coup :
El ele lesse aler le poing de tel randon,
Devant, parmi le nés, li donne tel frapon.
Que il en oui senglanl le vis et le menton.
(boon de Maience, 167, A. P.)
Si flert son oncle Flexipon,
El pis li donne tel frapon
Que présent li a fet de mnrt.
(Fttl/l. d'Ov.. Ars. 5069, f 112'.)
17
130
V\\\
PR.\P0NNEUn, S. 111., celui qni frappe : '
Fraponneur. {CmpAel.Proc.etdicl.pop.) 1
FKAi'PML, voir FnAPAlL.
FRAPPAHT, voir FRAPAHT.
FRAPPEMENT, VOir FR.APEMBXT. ,
FRAPPER, voir FlIAPEH.
FRAPPERiE, voir Fbapekie.
KRAPPEURE, voir FaAFEDRK. |
I
KRAPPICHE, voir FRAI'ICUK.
PRAPPIER, voir FRAI'IEK.
FRAPPis, voir Fhapeis.
PRAPPURE, voir Fkapeorb.
FRARACUE, voir Freresche.
FRARECHAU, VOÎr FRERESCHEL.
FRARElilEK, VOIT FRKBESCHIER.
FRAREL, voir FREREL.
FRARELEMENT, VOif FRERKLEMENT.
FRARESCE, voir Freresche.
FRARESCUE, VOlf FKEBESCUB.
FRARESCUEL, VOÎF FhERESCUEL.
FRARESCHIER, Voif FREHESCHIER.
FRARESCHOR, VOlf FBERESCHEOR.
FRAREUR, voir Frereur.
FRAREUSEMENT, VOir FBKHEnSEMENT.
FRARELSETÈ, VOif FRBRKOSETÉ.
FR.VREUX, voir FRERE0S.
FKARiE, voir Frerib.
FRARiN, frairin, - im, [rerin, (raiiK
farin, farrin, adj., pauvre, misérable,
ineudiant, malheureux :
Il De saol luie ne ribaut ue /ru/ m.
{tiri* leLoh., i' cUans., nx, p. 67, P. Pans.)
Si enforce li cris
La uo ineDJoienl la povre geol frarin.
(Morl de Carin. p. 225, du Meril.)
A[s) malade» e 4'-\ frarini.
Ihon, 3* p., 130, Andresen.) Var., famm.
A taot Bi le» luMiage» qi ne sunl pas frarhr
(i. Bou , S«x.. H31V1II, p. Pans.)
Les jaslisej le roi firent laogoo Iraine ;
Taie l'arccveschiei remest issi frarii.f,
Aiûi que cil doi oussenl des maneirs la seislne,
.>e reraeiul buts, ue vache, ne cbapuns, ne geliu''.
Cbeials, pors, no bcrbii, ne de blé pleine mine
(GABMfB, \iede S. Thom., Hichel. 13313,
f 75 T'.)
S» Xonnani «el creuieienl, Ënglei» ne Angevin,
E Brelan, <: Waleis, Escot, Peilevia,
Moll aoreienl losl fait lui le régné frariit :
Mail qacl «cuihlanl qu'il face, il prendra bonjie
(fin.
(In., i»., App., ». 181, llippean.)
Aiuiqne «ucori lur vienge, luit en serrant /rariii.
(Jo»D. Fastojhe. Ckron., 585, Michel, D. de
Sorm., t. m.)
Menée l'ont sens nul se,or
La lasie daii.e, la frorine
Toi débitant sor la marine.
(G. n Col^Cl, de VEmperrr. i/ui fard, sa cha»t..
Wii, .'ip. Méun, .Vdiii'. ft».. Il, ."15.)
FR.\
Mais Damedius, lii ama Saint Martin
Por le mantiel k'il dona au frarin.
(SI Meiis, 908, xili' s., G. P.iris )
Plus que soixante damoisel.
Bien alignié et gent el bel,
Qui n'oreul pas parens frarins.
(Par/on., 10813, Crapclel.)
Porquanl n'est poïre ne frarine;
Pille est de roi et de roine.
(/*., 6209.)
Et fu dejouste lai Brandolne son cousin,
Quar pour le duc Beuvon se clainie moult frarin.
lilaugis â'.Ugrem.. ms. Montp. H 247, f" 171'.) i
La cors me sembla pas frarine.
Mil chevaliers i ot et plus.
(Diirmars te Gallois, 95«, Slengel.)
Estrauiies suis et pèlerins,
El, comme mes pères, frairins.
{Lib. Psalm., xxxvm, p. 287, Miihel.)
Moult se clamoit souvent frarine.
(Ren. ue Beaujeb, U Biaus Desconneus, 3867.
Hippeau.) j
luit sont riche et usessé,
N'i a povre ae frarin.
(Chans., Richel. Mouchel 8, f^ lH.) j
Li povre ki sont en nostre terre, soient !
estranghe, soient frarin, nous les souste-
nons de nos aumousnes pour l'amour de
Dieu, llelt. du prestre Jehan, dans les
(Xuvr. de Rutebeuf, 11, 455, .liib.)
Jco ai uifiut houiiie veu
Qui tauut aveit acreu
Qui après en iert frarins.
{Les Proverbes del vilain, Ler. de Liiicy, l'rov..,
II, i65.)
La repairoil une meschine,
Qui n'ieit pas samblans a frarine.
Miguote iert et de grant affaire.
I (Mi-lam. d-Ov., p. 36, Tarbé.)
— Par extension, en parlant des per-
sonnes, et de certaines choses morales,
vil, lâche, abject, faible :
Cognols lou tu, lou malvais, lou frairim f
(De Charl. el des Pairs, Vat. Chr. 1360, f 28 .)
Venge ton père, filz a putain frarin.
(Ilort de Garin, p. 228, du Méril.)
U ne sont mie ne garçon ne frarin.
{Us Loh., ms. Montp., f° SI'.)
Si me manda qn'alasse a lui.
Ne me dist rien, mais je dis lui
Anor faire trop frarine.
(Tristan, 1, 381, Michel.)
Envers toi autres fu frarine.
(La Oiarrelte, Vat. Chr. 1725, f» 21=.)
Kl caitif et frarin m'a, oiant moi, clamé.
(Houm. d'Atii-, f -17", MicLelaul.)
Asses s'oi clamer et aver el frarin.
(Ib.)
Li chevaliers le cbisue n'ot pas le cuer frarin.
(Chev. au cijgne, 1, 4235, Hippeau.)
A cel tens estoit amours vive,
Qui or est morte et chaitivc.
De joie fu dame et royuc
Qui ore est avère et frarine.
(Ftorim., Richel. 1376, f" l'.)
El Garselius sea nies n'est pas frairis.
(Auberi, p. 16, Tobler.)
Auberi ot le cuer lasche et frarin.
(Ib., Hichel. 21368, 1» 62=.)
Quant Karles l'antandi n'ot pas le cuer frarin.
(Garin de ilongl., Vat. Chr. 1517, f 5''.)
Vaslet, trop me semblez /'rarin,
N'ad hume ore en ceste vie
Ki or seit apelé Decie.
(Cbabouï. Set dormant, Hil, Koch.)
FRA
r.iel nt cenu, face frarine.
(Josaphal el Bart., ms. Cassin, f" 7''.)
Ampues veul je, dist Zarlle, oir vetre latin.
Car le vetre consil James fu frain.
(Prise de Pampel., 1459, Mussafia.)
Ne piert pas qu'il seit de lignage frarin.
(nom, lOBl, Michel.)
Lors s'escria 11 quens, qui n'ot pas cuer frarm.
(Doon de Maience, 9665, A. P.)
Pour ochirc Gaufroi, ie Irailour frarin.
(B. de Seb., vu, 217, Bocca.)
Mais sachies, se le tiengz, tenez moi a frarin
S'il n'i laisse la teste.
(Vœux du Paon, ms. Brnx. 1U91, f° 131 v».)
Puis se engenoiUe, si soi clame lapins,
Uebat son pic e soi apelle frains.
(La Passion, ms. Venise, Roniv., p. 26.)
— Avec un nom de chose, pauvre, ohé-
tit, maigre, misérable, et, en général^
mauvais, pénible, dur : ]
El cors li met la lance al fer frarin. I
(Les Loh.. ms. Berne 113, f» 6».) ,
1 Maintes choses sunt nécessaires en^i
I muntaignes de Montjeu, lai ou U froidure;!
est ades, ke si nécessaires ne sunt miti
nomeimant an ces contreies a ceos ki an;
; semant la frarine soffeisansce et la voluni
triene povreleit salve[nt] tôt per tôt la sain
1 teit de l'ordeue de cliertrose. (Li EpisUeS]
Bernart a Mont Deu, ms. Verdun 7»
f" 13 V».)
La eo[it]e ne fu pas frarine,
Ne li linsuez viez ne troeit.
(Uolop., 10714, Bibl.elz.)
Lors en manja tant Brichemers
1 Que il fu gros et bien enfle;..
Puis vint gésir lez Ysengrin
i Qu'il n'avoit pas veutre frarin.
; (Renan, 1995S, iUou.l
Li oisel qui se sunt teu
Tant cam il ont le froit eu.
Et le tens divers et frarin,
Sunt en mai por le tens serin
Si lié... _ ,
(.Rose, 66, Méon.) Var., farin. (RicheL 1365.)
I.i doi sunt a Paris, en le prison frarine.
Kl ves en chi le tiers qui deles vous s'aclme.
(B. de Seb., xvui, 108, Bocca.)
Un estour frarin.
(/»., 1X11,91.)
— Frivole, léger, de peu de poids, iiié
diocre :
Car nas escris n'est tant frarins.
Ni de fables as Sarasins,
Dont on ne puisse exemple traire
Del mal laissier et del bien faire.
(Parion., 103, Crapelel.)
Oies bons vers qui ne smqI pas frenn.
(Hebbert le Doc, h'ouque de Candie, Richel. 77»
f 169'.)
selon Du Méril, on dit encore en Nor
mandie frarin, pour dolent, chétif.
FRAROiRS, voir Frabois. i
FRAROis, fraroirs, s. m., succession
bien resté indivis :
Il est de coustunie quiconques fait edi
lices eu autruy heritaise les pert sans !■;
congé de celuy ou de celle a qui e_9t me,
ritaige s'il n'y a cause comme dit es,
comme ung frère et une sœur ou celuy qu
tient ung fraroirs ou partie si sea aultre
frerescheurs luy laisseroient tenir, il ne»
teuu a rien leur en rendre de levées ae c<
FRA
PRA
FRA
131
qu'il aura levé par avant le plet meu.
{Coust. de Bret., f» 86 v».)
Ung frarois. (Même texte cité d'après
VAnc. Coût, de Bret., f° lUt», par Ste-Pa-
laye.)
PRARUR, voir FREREUn.
FRASCHER, V. a., encombrer :
Le chariot hoquelerie
Est tirii an travers des champs
Par miliers de muUets fraschann
L'eslroit chemin de vérité.
(1360. la Cuisine papale, p. 19, Fick.)
1. FRASÉ, frazé, frassc, fresé, frezé,
freeé, fressé, frosc, frasié, frrgict, frairé,
adj., galonné, plissa, on fornin de fraise ?
I,i mcssagiers est venus dnsqn'au tré,
Trova Froment sor un tapis frecr.
(Les Loh., ms. Montp., f°187".)
Brandist l'espee an confenon fresé.
(Ib., f" 254''.)
Kl dos li vestent la bro;;ne a or fresee.
(Raeubert, Ogier, 2fi88, Barrnis.)
Un frain a or li ont el cief posé
Et bien covert d'nn paile a or (retc.
(lo.. (S., lOfiSS.)
Un paTOillon tendnz estoit
De dras de soie a or fraiycz,
(Peneval. ms. Montp. II 2i0, f 220".!
L& pensies veir mainte aiicube levco
Et mainte riche tente d'or et d'argent freser.
Uiol, S32.3, A. T.)
Estoient enficiet
Pignonciel et cendal et eon fanon fregiet
Dnsqn'a .un. de çaus ki l'orent aprocict.
(nmm. d'Alix., f .30'', Michelanl.)
La peuisies veoir mainte ensepie fresee.
(/*., f» 8=.)
De .II. pales freses la cambre est portendne.
(/>., f» 59=.)
U qnens Iluesli Maines tint la lance fresee.
(Conq. de Jeriis.. 7081, Ilippean.)
Chatcnns baisse la lance a renseigne fresee.
illi., .3800.1
Chances avoit vermoilles d'un pale d'or fressé.
(Fierabras, V.it Chr. 161B, f" 29 t".)
.1. riche paile galatien frezi'.
<lb.. C 7.H'\)
En cors li mist l'enseinRne a or frazee.
(r.audoit. 8160, A P.)
El cors li met le confanon fresé.
(Anseis. Richel. 793, t" 06''.)
Sour les lapis de soie (loretez et frasiez.
(Vetis doit paon, Itirliel. lîi.'Ji, f» 93 r".)
Tante rente porpointe, tante enseigne fresee.
(Florence de Rome, Richel. nonv. acq. 4192,
f» 8 v«.)
Bouton d'argent /'rasêf. (Test, du 'î7juin
I41S, Arch. raun. Douai.)
Louches a boutons frassez et dorez.
(1443, Valenciennes, ap. La Fons, Gloss.
m»., Bibl. Amiens.)
O'orfa el de pierrie; et maint pierles frases,
llabis et diamans furent autour entes.
<Getle des ducs de Bourg., 38,33, Chron. J)el^.)
Et de vaiselement, de maint bennap /yosi^.
(Ib., 10463.)
Dy le raoy, ma gorge frasée.
Et tu me feras Ires grant joye.
(Actes des apost., vol. I, f" 3"», éd. i;j37.)
Une gorge blanche el frayée.
(COQUILLART, Notiv. DroUz, 1" part., de Pre-
sumptionibus, I, 98, lîibl. eh.)
Vons demandez les gorgias frairez,
r.loz H serrez.
Pour cacher la poitrine.
D'or et do soye dessus billebarrez.
(Reform. des dames de Paris, ap. Michel, Pors.
goth.)
Venite nuno, frcsches, frasées, récentes.
(Deb. des Dam. de Par., Poés. fr. des xv" et
XTi' s., Xll, 42.)
2. FRASÉ, adj., humecté :
Demi muy de chaux frasée. (Compte de
Gilet Baudry, 1416-1418, Despence, lui.
Arch. num. Orléans.)
Dans l'Orléanais on appelle /rasî de la
braise en poussière.
FRASKEUii, fraseur, s. m., p.-ft. fabri-
cant de franges :
Fraseeurs.{Vocab.desMétiers, ap.Grraiid,
Paris sous Phil. le Bel.)
Nicolas le Fraseur. (1378, Compte des
annivers. de S. Pierre, Arch. Aube G 1656.
f" 92 V».)
FRASELii, - zellé, adj., dimin. de frasé :
Et puis nne baniere de fin or frazellé.
(Ciperis, Richel 1G37, f 92 r».)
FRASER, - zer, frasser, frayser, freser.
V. a., écosser, peler :
Pour avoir frazé une mine de fèves.
(1443. Compt. du Temple, Arch. MM 133,
f» 92 v°.)
Item, n celle qui pille l'orge, pour avoir
frassé six boicenux de fèves, .m. s. .vi. d.
(1485, Compte de J. Dupuy, f 46, Ste-
Croix, Poitiers, Arch. Vienne.)
— Frasé, part, passé, écossé, pelé :
Moult les ont comparées
Les verdes fèves qui ne forent frasées.
(Aleschans, 7162, Jonck., Gui II. d'Or.)
Ne prisserent deus pois frassez.
(G. DE CoiNCI, Mir., ms. Brux., f 70".)
Sainz Esperiz la sainte famé
A si esprise et embrasée
.\e prise une fève frasée
Tote richece terriene.
(lo., de l'Iimperer. qui gard. sa chasi., 2891.
ap. Méon. Nnur. Hec.. II, 92.)
Qui donc vcist ces oingnonees,
l'ois a l'nile et fèves pilees.
Fèves frasées et hlans pois.
(Itat. de Karesm. et de Charnaqr. 117, :i|i. Méim,
Falil., IV, 93.)
Se tonte la lignie d'Adam estoit dampnen,
Dieu n'i perdroit en soy une fève frasée.
(Jf.h. DE Mf.l'nc, Tesl.,%13, Mémi.)
Une escule de fèves fresees. { Terrier de la
Trinité, xiv» s., Arch. Vienne.)
Prenez feives frasées, si les cuisiez bieu.
(H. DE MoiNDEViLLE, Richel. 2030, {'Si*.)
B. Nous sommes legiers.
M. Comme biches.
B. Rebondis.
H. Comme belles miches*
n. Et fraysez...
M. Comme beaux ongnons.
(Dialogue de Mallepaye el de Baillevenl, dans les
Poés. attrilmées à Villon, Jou.aust, p. 212.)
Fèves frasées pour le potage. (1435,
Arch. 8 5118.)
Et ne suis je pas maleureux.
Qui cuidoiecstre si rusé.
D'avoir esté si refusé.
Moy, qui suis gorgias, mignon, ^
Franc, fraiz, frasé comme nngonguon!
(Cooou.L., Monol. du Puys, II, 2S3, Bibl. elz.)
Une escuelloe de febvez frazees crues
(1300, Ste-Croix,Arch. Vienne.)
De sorte qu'un boisseau de telles fcbves
hroiees et netloiees (qu'on dit frasées) est
aussi plein que de celles qui sont entières,
encores que l'escorce en soit dehors. (Co-
TEREAU, Cotum., Il, 12, éd. 1555.)
— Débarrassé comme d'une enveloppe :
L'amo quant don cors iert frasée.
(Reci,. de Mouens, Miserere, sir. 227''. Van
Hamel.)
FRASETE, frazette, freseir, frecette.
s. f., gland, bouton en forme de fraise;
Solers a fresetes ou a laz. (15 janvier
1339, S. Renigne, Moniales de Larrey,Arch.
Côte-d'Or.)
Une bourse faiote a l'esguille, semée dr
perles a cinq [recettes d'or. (1400, Pièces
niât, au règ. de Ch. VI, t. II, p. 339,Dou«i
d'Arcq.)
Une frazette d'argent doret. (1443, Va-
lenciennes, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl.
Amiens.)
Des cuillers coppees a frazcttes. (Dép.
p. la châsse de la calh. de Noyon, fin du
XV" s., La Fons, .4rt. du Nord, p. 48.)
Cullierscoppees afrazetles. (1504, Noyon,
ap. La l'^ons, Gloss. ms., lîibl. Amiens.)
FRASEtiRE, frazewe, frassure, s. f.,
machine ou moulin à broyer :
Un rochier, une fraseure et quatre petis
chenois debrisies. (Av. 1290, Invent., .Mu-
reau, Arch. Meuse.)
Micatorium, esmiocre, frazcure. (Gloss.
lat.-gall., Richel. I. 4120.)
Frassiires, arestieres, v,-ineaux et aultres
ouvraiges appartenans au niestier de thuil-
lier. (Stat. des fabric. de luilles, xv« s., ap.
A. Thierry, Mon. du Tiers Etat, III, 585.)
FRAsiÉ, voir Frasé.
FKASlElt, S. m.?
Sur les tapis de soie a fleurs el .i frasiers
A fait traire ses armes.
(Reslor du Paon, ms. Itouen, f" 83 r°.l
FRAsn.i..Ê, adj., ridé :
Le vénérable et glorieux confesseur
monsieur sainct Chouard, lequel porte,
pour mémoire et souvenir, le nez rongneux,
la teste crossue, vermoulue, tortue, la peau
(lu dos martelée, chauderoiiiicc, frasillee
en eourcailletqui se tire, en audouille trop
sallee qui se fend et disperse sur la grille.
[Ix Triumphe de dame Verolle, Poés. fr
des XV» et xvi' ?., lY, 279.)
FRASNEi, voir Fresnoi.
FRASNEi.,, voir Fresnel.
FRASNiN, voir Fbesnin.
FRASNoi, voir Fresnoi.
FRAsoiR, frassoir, s. m., machine îi
broyer ;
Frassoirs d'estain. (1534, Lille, ap. La
Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) Alias,
frasoir.
Cf. Fraseure.
133
FHA
FRA
FRA
FHAiisft, Noir KiiASi:.
FRAssF.n, voir Fbasbh.
KRAssoin, voir Fhasoiii.
FRASSURE, voir FBASEnnK.
FRASTix, voir Fraitikn.
FRATERiE, S. f., lion infect :
Di|niil«> (t pnissancei donne (Fortanr)
Me ne prenl garde a quel personne ;
C«r ses grâces si les despent
Qu'en despendant toutes espent,
El les gette en lien de poutio
Par pnleaai et par fralerie.
Ne ne prise tont nno bille.
(fioif, C8Î3, Lantin de Damercy.>
Le nis. Corsini, f 4,'>s donne fangeries.
— Syn. d'ennui :
F.t maintes fois par eslontio
Fist home anni et fralerie
Au prendonie et au saint provolre.
(O'm) Vil. ti ne doul. etnmen., Ars. 3527.
r 146*.)
FRATERXALiTft, S. f., Confrérie :
El pour niotlre fi liault ot fi sollenip-
nelle œuvre en règle et en forme, il est
besoin de déclarer aucunes choses de la
fondacion de ceste noble confrairie et fra-
temalité. (Oliv. de la Marche, Form. des
gaiget de bataille, p. 99, l'rofl.)
1. FRATERNE, adj., fraternel :
Leur fralerne concorde. (Bebsuibe, T.
Lie, ms. Ste-Gen., f» 425''.)
Discordes fraUrnes. (In., ib.)
A raecroifsement de la bonne amitié et
Iraleme dileclion d'entr'eulx deux. (Juin
1502, Dépêche de Bacquier, Lett. de Rois,
etc., t. Il, p.Slj.)
î. FRATERNE, S. f., fratemitd :
Si que les hcrmilcs les anioienl, (les bôles)
Et disoient qu'entr'enix SToit
Telle fralerne, c'on ne devnit
Faire a elles nulle moleste.
Se se n'estoit nuisabte hesle.
La fralerne estoit droilement,
Qui du créateur seulement
Furent cils et celle créé.
(MrtoBi. d'Or., p. lin, T.irbi;.)
— Correction que reçoivent de leurs
supérieurs les frères on moines qui ont
commis quelque faute :
Qui meritoit nne bonne fralerne.
tGtRtssE, Reelierek. des recherch., cpit. .au lec-
teur, p. II, *d. Mîi.)
FRATIN, voir Fbaitien.
FRATis, voir Fbaitis.
FRATREMF.xEUR, S. m., ffèrs mincur:
Que cil las, cil fralremenrur
Qni par ces loics TOnl tremblant.
(G. PC Coma, Hir., du. Sois)., P 29' ; MéoD,
Fabl.. I, 316.)
FR.VTRKi:sE, S. f., communauté entre
frères :
Quand aucuns parchouniers viennent a
faire parlaigc d'aucuns manoirs, celuy,
ou ceux nynnt part sur le derrière, et non
front aux rues, peuvent avoir voye et pas-
sage sur le manoir et hcritaige de celuy
ayant front aux rues, tels que de qua-
torze pieds de Inrpp, par escbanse d'iieri-
taige, si avaut que soit jardinage, et au
regard des terres alaboeur, celuy ayant sa
part sur le derrière peut avoir voyo et pas-
sage, au moins de dommaige que se pol-
dra, que l'on appelle voye de fralreuse.
(Coût, de Bichebourg Saint Vaasl, Nouv.
Coût. gi''n., I, 4,';2».)
FRATRiN, adj., fraternel :
Le suppliant, esnieu de couraige fratrin,
incontinent saillit en la rue... pour cuider
secourir son beau frère. (1463, Arcb. J.I
199, pièce 201.)
FRATuisEE, - zee, adj. f. qualiflant
nne sorle de rime indiquée dans l'exemple
snivant :
La rime fratrisee est nommée celle en
laquelle les vers fraternisent de telle ma-
nière que le dernier mot du carme précè-
dent est repelé entier au commencement
du mètre suivant, soit en équivoque, ou
autrement. De ceste a usé Marot en l'Epi-
sraœme dressant à Charon.
Metz Toile au vent, single vers nons, Charon ;
Car on t'attend : et quand seras en tonte,
Tant et plus boy bonum vinum charum.
Qu'aurons pour Tray. Donqucs, sans lonfiuo nt-
I tente,
Tente tes pieds a si décente sente.
Sans te fâcher : mais en sois content, tant
Ou'en ce faisant, nous le soyons autant.
Ch. Fontaixk, Art. poet., liv. II, cbap.
dern., éd. 1573.)
Ce nombre (anadiplose) est affecté par
les poètes en la ryme qu'ilz appellent
fratrizee et annexée. (Fouquelin, Bhel.,
f .?1 vo.)
1. FRAii, voir Fbo.
2. FRAU, voir Fou.
FRAUDATEUR, S. m., trompcur :
Aulcunes fois cil qui est cause de la
mort est plus coupable que l'occiant comme
cil qui deeoipt son pleine qui justement
est puni pour son fraudateur. (Fossetieb,
Cron. Marg., ms. Brux., I, f» 128 v».)
1. FRAi'DEMENT, frauldement'-, s. m.,
fraude:
Et les pécheurs feront simulations en
frauldement et désolations. {Bible, Daniel,
XI, éd. lo43.)
2. FRACDEMENT , frauldement, adv.,
frauduleusement :
Il lut cbargé a tort et frauldement. (Q.
Cnrse, \ïii, 16, éd. 1534.)
FRAUDE RIE, S. f., fraude :
Or sers amonrs en chantant lycment
Et jttsques en fin sans nulle frauderie.
(Perceforesl , vol. VI, ch. 4;i, éd. 1S28.)
FRAUDEULSEMENT, VOif FrADDECSE-
MENT.
FRAUDEf.sEMF.XT, -dculsement, -douse-
ment, adv., Iranduleusement, par trom-
perie :
Fraudousement. {Advocacie N.-D., ms.
Evrcux, f° 134°.)
En repost et fraudeusement. (1318, Arcb.
.U 50, f" 107 r«.)
Moult de requestes ont souvent esté
faites... a nous, qui passées ont esté frau-
deusement souz l'ombre d'aucune coleur de
raison. (1320, Arcb. K 40, pièce 23.)
Mais, qni larrecinieusemeot
A tel/, engins fraudeusement
Deslruit les roulons débonnaires.
Qui sont habitans es auluaires
Kt bien scevent Venus hanter.
(J. Le Fevre, la Vieille, I. I, v. 7G3, Cocheris.)
Esquelz bureaux et petites pièces lesdiz
grans dras fraudousement estoient enve-
lopez. tl388, Ord.,yn, 217.)
S'il est trouvé que il ou celui de savante
ait mal usé fraudeulsement. (1388, Ord..
VII, 775.)
Aucuns fraudeusement pourroient faire
draps. {Ord. de la drap, de Louviers, Cari,
de Pli. d'Alenç., p. 857, Arcb. S.-Inf.)
FRAUDEUX, adj., frauduleux, trom-
peur:
Par marcbié et contrant fraudeux et
mauvais. (1344, Arcb. JJ 74, 1° 18 v°.)
Par le? fraudeux centraux qu'il faisoient.
(1347, Arcb. JJ 76, f» 21 r».)
Fraudeux centraux. (1350, Ord., ii,
419.;
Par mençonges fauses et fraudeuses.
(J. DE ViGNAV, Enseignem., ms. Brux.
11042, f" 39>.)
Faulceté fraudeuse. (Coubcv, Bist. de
Grèce, Ars, 3689, 1" 189''.)
Hz usoient de tricherie, d'usures et de
merchez fraudeux. (Oresme, Polit, f" 175«,
éd. 1489.)
I.'homrae fraudeti.t erant tourment trop allye,
(J, Meschinot, Limettes des princes, f° 38 r", I
éd. 1.i93.) j
Marcbié fraudeux. (Coust. de Nom.. I
f»49v», éd. 1483.) .
Vente fraudeuse. (Cousl. de Bret., '.
C 118 r».) !
En contract d'eschange et donaison, ny
pour rctraict de premesse, n'appartiennent :
ventes, sinon que l'escbange fust /rattdetise. :
{Coût, de Bretagne, tit. ii, Coût. gén.,t. II, i
p. 759, éd. 16.35'.) 1
FRAUDiEUx, adj., frauduleux; |
Chanaan a en sa main la balanche frau- |
dieuse. (Le Fevre d'Est, Bible, Osée, xii, i
éd. 1534.)
Divers poidz est abomination envers '
Dieu ; la balanche fraudieuse n'est point i
bonne. (1d., ib., Proverbes, ch. XX, éd.
1530.) !
FRAUDOUSEMENT ,
MENT.
voir Fraudeuse-
FRAUDULATEUR, adj. Cl S. m., trom- j
peur, fraudeur : ■
Fraiidulateurs pillent maisons, hosteU. I
(Grinoore, les folles Entreprises, p. 35, Bibl, eli.) j
Oysif, inert, frauiulateur.
(Therence en franc.., f
f.,
\Yl^, Vcrard.)
fraude, trom
FRAUDULACION,
peric :
Car en teles élections
A trop de fraudulacions.
Ou par malice, ou par promesse,
(E. Deschamps, Pop»., Richel. 810, f" ISQ"".)
Ainsi ces lonps qui so sont allez mettre
.Sonbz faintz habiz, faisant .samblant de paistro
Parmy brebis, font fraiidnlttcion.
(Grirgobe, les folles Entreprises, f. G9, Bibl. el«.)
I
FRA
FRA
FRE
133
FBAI!Dl'I.AMMENT, VOIP FRAUDn.FM-
MEiST.
FRAiTDUi-ANT, voir Fraudulent.
FRAiTDUi.EMMENT, - lammefit, - lan-
ment, - lentement, ndj., fraudnlensemenl,
d'une manière trompense, secrète :
Alnnz fraudulanmcnt. (Bible, Mnz. 683,
!' 123'.)
Pour ce. que il avoil fravdvlentemevt
juré. (La Mer des liystoir., t. II, f° 125^
éd. 1488.)
Lesquelles dcMix choses Pompée luyvou-
loit fraudulemment snyipUnler el tolir.fBoc-
CACE, Nobles malheureux, VI, 9, f° 152 v,
éd. 1515)
Anron usurpa le Pontificat, et s'en saisit
fraudulamment. (Léon, Descr. del'Afr., I,
J26, éd. 1556.)
Il n'y a animal qui exécute plus frauilu-
lentement l'envie qu'il a sur l'homme que
cestuy cy (le Stellion). (Du Pinet, Diosco-
ride, VI, 4, éd. 1605.)
FRAiiDULENCE, S. !., mauvaise qualité:
Les causes de ces ulcères sont mauvais
humeurs cholerics, acres et niordicatifs,qui
a cause de leur aduslion acquerent quelque
fraudulence. (Joubf.rt, Gr. Chir. , p. 326,
éd. 1598.)
FRAUDixENT, - lUTil, frauld. , adj.,
frauduleux, mensonger, trompeur :
Une fausse déception fraudulante sou-
vente foiz estaint celle qui samble estrc.
(J. DE Salisb., Policrat., Richel. 24287,
f 87'.)
Il a proposé et demandé questions dif-
âciles, subtiles et captieuses pour la
prendre et condemner par ses paroles,
mettre a confusion et frmidvlenle dicep-
tion. {L'opinion de mesure P. Lliermite,
etc., ap. Quicherat, Procès de Jeanne d'Are,
V, 217.)
Les amazones prindrent les armes de
leurs maris et se vengèrent vaillamment
de la douloureuse et fraudtilente occision
d'iceulx. {La Mer des hystoir., t. I, f» T?"*,
éd. 1488.)
Mieulx vallent les navrures de son amy
que les baisiers fraudulentz de l'ennemy.
(Lep. d'EtAPLES, Bible, Prov., ch. 27, éd.
1S30.)
Par fraudulante riisP.
(G. 1)11 Brvs, rOreille du Princf, f iO r".
ii. 1S82.)
Fraudulentus, fraudulent. (H. Estienne,
Gramni. gall., p. 101.)
P-ir chascDn an nn Taultour fraudulent
Att propre jour de sa nativité
Faisoit Ij.inqnet planier et opulont.
(Gl'iLi.. Hal'dent, Apol., 1° !>., ci.xxvrii, I.ormier.)
— Déguisé, caché :
Ulcères /"rauW«;ente. {Jard. de santé, 1,
145, impr. la Minerve.)
FRAUDULENTEMENT, VOir FrAUDULEM-
.MENT.
FRAUDULEUR, S. m., fnnideur, trom-
peur:
Le frauduleur avise et gaitte son point
de longue main. (Christ, de Pis., Policie,
Ars. 2681, § lu.)
FRAULDEMENT, VOlP FRAUDEMENT.
FRAIII-DULENT, VOir FRAUDULENT.
FRAUx, S. m., fraude :
Sanz fraux ne bairet. (1360, Ch. des
compt. de Dole , Arch. Doubs.)
319
FRA VAILLE, voir Frevaille.
FRAVAILLIER, VOIT FREVAILLIER.
FRAVALL, voir FREFEL.
FRAV ALLIE, VOir FREVELIE.
FRAVALOUSEMANT, VOir FREVELOUSE-
MENT.
FRAVELLIE, Voir Frevelie.
FRAxiNE, S. m., frêne :
L'amandier, fraxine et snmbuce. (Jardin
de santé, I, 25, impr. la Minerve.)
1. FRAY, voir Frait.
2. FRAY, voir Frai.
1. FRAYABLE, adj., cassant :
Les pierres du dit lieu sont aigres^ rudes
ou mal plaisantes, semblablement le fer
qui se fait es forges du dit pays est fort
aigre, rude et frayable. (Palissy, Œuv.,
p. 361, France.)
— Qui peut être frayé :
.Suy donc (mon cher soucy) ce chemin non fraijalile
Que par cens que le ciel, libéral, veut bénir.
(Du Bartas, Vranie, éd. 1380.)
2. FRAYABLE, adj., qui occasionne des
frais :
Si les bestes, ou autres biens meubles
du debteur, sur lesquels a la poursuite du
créancier arrest est fait, ou qui sont prins
et levez par peine servie, sont biens
frayables et périssables, ils se doivent
vendre par justice publiquement. {Cout.
de Cambray, xxv, 43, Nouv. Cout. gén.,
11,299.)
Le fol appel par voye de revision....
estoit fort frayable. {Charte du comte de
Hainaut, Nouv. Cout. géu., II, 88''.)
FRAY-ANT, adj., frayé :
Le firent mettre hors, par une barge, sur
le sablon, et l'endicterent ainsi ; tu t'en
iras les couvertes voyes, tout le pays (tu
congnois bien les forces et les adreces et
les chemins frayans) tant que tu viendras
a Chaslucet. (Froiss., Chron., 1. III, p. 312,
éd. 1S59.)
1. FR.\YAU, S. m. î
.xil. paires de frayaulx dont on a fet
nattes mises es siegi>sdeseschevins. (1371,
Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl.
Amiens.)
2. FRAYAU, voir Freel.
FRAYE, S. f. ?
Item pour deux honnies qui amassarent
et mesurarent l'avayne de la fraye et por-
tarent chieux messieurs qui avoient esté
presens au festaige le jour Ste Ragonde
.11. s. .VI. d. (1456, Compte, Ste Iladeg.,
Arch. Vienne.)
FRAYEE, voir FROIEE.
FRAYEMENT, VOir FRAIEMENT.
FRAYER, voir Fraier.
FRAY-EURE, VOÏT FROIURE.
FRAYONER, V. n., froncer le sourcil :
Ce n'est qu'une folle contenance que do
fraygner tousjours. (Palsgrave, Esclairc,
p. 559, Génin.)
FUAYiviER, voir Fresnier.
FRAY"ON, S. m., semble synon. d'issue,
extrémités et entrailles de quelques ani-
maux :
Jehans Cappé a fait demande a M. Brau-
lart de .v. s. p., de tele manière et pour
tel pris comme il couroit environ Noël,
pour frayons et yssues de pourciaux a lui,
doudit Jehan, ou de son commandement,
vendus, bailliez et délivrez. (1335, Plaids
de la mairie de la Couture, Arch. admin.
de Reims, III, 68, Doc. inéd.)
FRAYRIE, voir FRERIE.
FRAYSER, voir FRASER.
FRAZÊ, voir Frasé.
FRAZELÉ, voir Fraselé.
FRAZER, voir Fraser.
FRAZETTE, VOiP FRASETE.
FRAZEURE, voir Fraseore.
FREANT, part, prés., voir Ferir au
Supplément.
FREASCE, s. m., sorted'impôt, dedroit:
tout le droit des freasces liroit au
molin de la parrie. (1301, Liv. rovg. de la
Chambre des compt. de Paris, f" 139 v», ap.
Duc., Freagium.)
FREAu, voir Freel.
FREBOR, voir Fremor.
FRECÉ, voir Frasé.
FRECENGE, VOir FRESSANGE.
FRECENGEE, VOir FRESSANGEE,
FRECETTE, VOlr FRASETE.
FRECHET, voir Freschet.
FRECHiER, V. H. , Semble être une
forme de flechier au sens de s'arrêter :
Charles fist sou seerment... qu'il ne fre-
cheroit d'aler après les Sarradins d'ice
a adono qu'il les trouveroit.(7!e Charlem.,
ms. Berne 41, î" 13''.)
FRECUISSANT, VOir FRESCHIS.SANT.
FRECINEUS, adj., malade du farcin :
Frecineus est dedans le ventre.
( G. Machadi,t, le Dit du cheval, p. 80, Tarbé.i
FRECONDE, voir Fregonde.
FRECOPIN, S. m.?
Vostre merci, dist Galopins,
.Te fot saver hnns frecojiinx.
Si fnt saver bon Icclieri
nont je .'îui moult a Cort chéri.
(ISenart, 12219, Méon.)
FRECQUIERE, VOir FLECHIERE.
FRECTÉ, voir Frété.
n*
FRE
FUEDEi.i.r.. s. f.. mot d.mtiMix expri-
mant l'idée de brait, vacarme :
El me bailli telle frfdrlU
L'aotre joar eoconlre ma teste. ,
nrcf de inj jnnet (emmn, 46. ap. Picot et
Nyrop, .\oirr. Bec if farces, p. 9'.'.)
FREDLETÉ, VOir FRAILETK.
FREDin, VOirFROIDIR.
FREDOiER, voir FnoinoiF.n. j
FREDOit, voir Froidor. I
FREE, s. m., terre en friche :
Frte de Vcrmandois freede Flandres.
(Cartut. 21 de Corbie, péapes de Bapaume,
ap. Sie-Pal.) j
i-REEL, frael, fraiel, fleel, fléau, freau,
rnijan. fayau, s. m., cabas, panier de jonc
-er\,int de mesure :
Douf cenz freeU de figes, (flots, p. 93,
Ler. de Lincy.) Lai., ducentas massas
■ aricarum.
I,c montant d'un fraiel engrcnier,
.XVIII. den. (XII* s.. Doc. inédits sur la |
Pieardie, IV, 8, Beauvillé.)
Fraiaus de figbes, .i. den. (12Co, Chambre
le? comptes de Lille, Arch. Nord.)
Frael de fiches, (xm's., Tarif de tonlieu,
Arch. du chap. de S.-Omer, Il r. i899.
n-i69.)
ijuatre tuerlis pcrlies et quatre fleaus de
hàndele de cire. (1344, Livre des fiez de
^ -Den., Arch. nal.)
.11. fraaux de fighes. (1346, lievenus des
Icrres de l'Art., Arch. KK 394, 1° 64.)
.11. fraiaus. (Ib.)
IJ'un frael de pardc, dessous cent livres^
Ironie sols parisis, et dessus cent livres,
< iiiquantc un sols parisis. (1351, Lett. du
/loi Jean l", droits levés à Amiens, Ord..
II, 440.)
Du frecl de figues et de raisins. (1396,
Coût, de Dieppe, ï' 30 v°, Arch. S.-lnf.)
Fighes et roisins: du grand freau, .1. d. :
du cophin, ob. (17 aoftt 1512, Ord. touchant
le tonlieu de S.-Bertin et S.-Omer, Arch.
mun. S.-Ouier.)
Pour chacun cent de figues, raisins, si
temps eetoil que les figues et les raisins
se peussent acquitter par fléaux, lors s'ac-
quitteront de cent fleaur. {{oi"/ , Arrêt, ap.
Mantellier, Uarch. fréq., III, 271.)
Nœuf fayautx de figues dades. (1338, S.-
Omer, ap. La Fons, Gtoss. ms., Bibl.
Amiens.) Ailleurs frayaulx.
Pour l'cslofre des freaulx de la grande
nappe du grand autel de S. Amé, .lx. s.
(15i2, Uouai, ib.)
Ina frayau de rozin. (1596, S.-Omer,
ib.) Alias, fléau.
D'après le texte lalin suivant on doit
supposer la forme flael :
Uc flaello ficum et raccmorum unum
ilcnarium. (1285, Niort, Arch. Vienne.)
FREER, voirFnoiER.
FRBEi'R, voir FnOIEUR.
FREEUS, fraieux, adj., effrayant, épou-
vantable :
Combien que a nous soit chose moull
freeute de recevoir la -mort. (Cot;acy, Hist.
de Grèce, Ar.«. 3689, l' 187'.)
FRE
Tout sP 11 iri-'l d'nne fraieiise nnit.
(J. DoiBi.ET, Poés., p. 68, Jouausl.)
FREFEiL., voir Frefel.
FRBFEL, frefeil, ferfel, fravall, s. m.,
trouble, tumulte, agitation :
Monlt fa Giglains en grant ferfrl:
Onqacs la nuit n'a pris .somel.
(ItEX. DE Bf.ai'Jf.i!, H Bi'au.s Dcsconneus, \Vi">.
Hippcau.)
Car en si ft^vA frefel me trais nne heure
Si tos qu'amniirs Tardant désir m'ahenn^
Qui la beauté de Tons me représente
Qne je ne scay comment je me mainliensne.
(Froiss., Poés., Richel. 830, f° 63 t°: Srhelor. 1,
71,723.)
En ce frefel et en celle rihote
Fai maint souspir, maint plaint et mainte note.
(Id., ib., fCa -1°; Scheler, I, TT.S.S-.)
Cils pensers me met main et soir
En lel frefeil an dire voir
Que je ne coirnois blanc a noir.
(ID., il,., i" 113 r»; Scbeler, 1, 1«,l!in:i.)
Moull au jour d'hui
Comment tant dure en tel esseil,
En tel soussi, en tel frefeil.
(lo., ib.. I, 118,2091.)
Kn ce soDssi, en ce frefeil.
Mon coer, mi penser et mi oeil
Sont prest de faire mou voloir.
(lo., ib., II, 37.t.'21.)
Il est en tel frrfeil
Que pour tout son désir
.Ne quiert que son pareil.
(In.. !*., 111, 17-2,->-2.>
. Les frans cners et met en frefeil.
(ID., ib., m. LSI. -21.)
Il venront tantost a nous pour nous
combatre; il en sont en grant frefel et
grant volenté. (Id., Cliron., VI, 120,Luce.)
En ce frefel, assaut et rihote, il furent
jusques a le nuit que !i François, qui
esloient tout lasset et travilliet d'assalliret
de combatre, se relraisent et sonnèrent
leurs trompetes de retrait. (Id., ib., VII,
174, Luce.)
De tottes clammes queles que elle soent,
soit de depde, do fravall. (1398, Arch.
Fribourg, 1" Coll. des (o(s,n» 121, f» 31 v».)
Suisse roni., Frihourg, fravo.il. vol de
bois.
FHEGART, VOir FLKGARD.
FUGGEL, s. m., huche :
Si elle est femme de grant estât, elle
pœult prendre sa huche ou fregel, sa
chainture, ses ngneaulx... (1507, Prcv. de
Fouilloy, Coût. loc. du bail!. d'Amiens, I,
308, Boulthors.)
I FREGiEiL, s. m., syn. de fregel ?
Pot, fregieil. (1415, Compt. H.-D. Soiss.,
\ v Acy.)
FREGiET, voir Fbasé.
i FREGNANT, VOir FRAIGNANT.
I
{ FREGNER, VOlT FRAIGNER.
' FREGON, - un, fresg., frag., s. m., pe-
tit houx :
I Beguns certes ne sunt pas douz,
Ainz sunt poingnant plus de fregun.
G.) DE CoiNCi. ilir., ms. Soiss., f" 30.)
Frisgonem, fresgun, eue bole. (Vocabu-
lary of Ihe names of plants, -p. 140, Wriglit.)
FRE
Il y croissoil hous et fregms,
Uos espineus plains d'aguillons.
(Decdii.uevillb, Pèlerin, du gen. hum., ap Duc,
Froncina.)
Pour balais et fragons .xit. den. (1379,
Arch. hospiU de Paris, II, 126, Bordier.)
Aussi pevent prandre fresgon et genest
ot branches de houx. (1467, Usem. de la
forêt de Drecelien, Cart. de Redon, Eclaire.,
CCCLXXVHI, A. de Courson.)
Norm.; fracon,fraijon, fragon, labruse,
le ruseus sive myrrhtis sylvestris, arbris-
seau dont les feuilles extrêmement ai-
guës ont la forme exacte d'un fer de
lance. Sa racine est comme celle du gra-
menet haute en goût. Les chapeliers s'en
servent pour arroser leur laine. (Roq.,
Suppl.) Suisse rom., fragon, houx.
FREGONDE, -conde, adj. f., fréquente,
nombreuse, bien rem plie :
De la marche freconde le roi Ynn.
(.iiol, 208G, A. T.)
Fromons et Hâtes es destriers li'Arragonne
.\ Soibaut TÎenent a la barbe fregonde.
(neuves d'HmsIone, Ricbel. t2ri48, f" 85''.)
Eniiementiers que la dame li conte
Entre li rois en la cambre fregonde.
(Ib., f» ns».^
Plaist vous oir bonne canchon fregonde.
(Ib., ap. Stengel, ililtkeilungen ans der Tiirintr
Vnirersilaelsbibliothek, p. 32.)
FREGONDER, - undcr, verbe.
— Neutr., être en grand nombre :
Si li depreient que la citet ne fondel,
iSe ne périssent la gent qui cnz fregoudent.
(Chans. d'Aleris, texte xi" s., str. 60=, G. Paris.)
Var., fregunie.
— Act., fréquenter :
En un sentier entra qui tos ert fregondes.
(Epis, des Chélifi, p. 2S6, Hippeau.)
FREGUN, voir Fregon.
FREGUNDER, VOir FREGONDRR.
FREiDOUR, voir Froidor.
1. FREiER, voir Froie:\.
2. FREIER, voir Fraier.
FREiGNAL, adj., qui se brise, cassant :
Sa somblance (du beril) est d'iaue a la goutc.
Trop est anoieas et freignmis
D'entaillier figures egaus.
(Lapidaire, p. 27';. Pannier.)
Cf. Fraignant.
FREILETÉ, voir FRAILETÉ.
FREILLETÉ, VOir FRAILETÉ.
FREILLITÉ, voir FRAILETÉ.
FREIN, frain, s. m., direction, autorité:
Car ces dois singnories...
Si furent puis conjointes pertenant a une fraw.
(Jeh. des Preis, Geste de Liège, 6053, Scheler,
Gloss. philol.)
FREINAUNT, voir FRAIGNANT.
FREINDRE, voir FRAINDRE.
FREiNGETE,/'ren5(e(e,s. f., petite frange:
Ou cuer sont U frcingeles d'or.
(Paraphrase du Pi.Eruct., Bril. Mus. add. 15606,
f 31V)
Les frengetes d'or qui i peudeut... {Trad.
de Beleth, Uichel. 1. f» 995, 68 r».)
FnF
FRR
FRR
i:to
FREINTE, voir Krainte.
PREINTURE, voir FllAINTURE.
FRBiOLEiT, voir Freolé. j
FREiRj v. n., avoir de la frayeur :
Tant corn d'olifan cler e h.iiil
I sonerent al venir, I
En cens dcdenï n'ont que freir.
(Bbn., D. ieNorm., U, ISOn. Miclu-I,
FRBis, voir Fres.
FREiSEi>, voir Fkesei..
PREiT, voir Fruit.
FREITE, VoirFfiAlTE.
FREiTis, freyliz, s. m. '
Per 4 freiiis mis au preuier trablier de
la chambre. (1382-3, Compt. de P. Serrer,
prév. de Montbris$07i, Réparât, du donjon, i
Arch. Loire.)
Pour un feroil, deux freyliz, crosses et
clouz. (26 avr. 1417, Reg. consul, de Lyon,
1,43, Guigue.)
PREITON, voir Ferïox.
FRELAL'LT, VOir FRELAUT.
FRELAUT, frelauU, frelol, s. m., joyeux
compagnon :
Vinetteux, Potageouart, Frelault. (Kab.,
IV, 40, éd. 1552.)
Deni boas frelols chantant plus haut qu'Aleiiians
Pretenilaas d'aller au Mans
Vendre la Nymphe au beau chel'.
(1577, Coq a l'asne. De Sancerre et de la clianti',
Ler. de Liucy, Ck. Itisl., II, 331.)
Auprès du bal estoyent quelques bon-
netiers, compagnons de Cingar, Brunel,
Ganbe, Sguerze, Schiamiae, et Lanfranc,
lesquels, estans bons frelaux, avoient ac-
coustumé de se railler des personnes avec
leurs belles parolles. (Hist. Maccar. de
Merlin Cocc, vu, Bibl. gaul.)
Et puis, Gaster, mon frelaut, a elle esté
bien aise de sçavoir de mes nouvelles ?
(Fh. d'Amboise', les NeapoL, I, 3, Auc. Tli.
fr., VII.)
Peut eslre que trop je dejueure,
Sans aller voir mes deux (relots.
(Godard, lea Uesguis., V, 2, Ano. Th. fr., VII.)
Ces bons frelots de pages. (G. BocCHET,
Serees, III, 236, Roybet.)
Frelol, frelaul, a good fellow. (Cotgr..
éd. 1611.)
FRELEMPiEu, S. m., mauvais sujet :
Tu es un beau frelempier, c'est bien a
toy que j'en voudrois rendre compte ! (A.
DE MoNTLUc, Comédie des Proverbes, I,
17, Ane. Th. fr., IX, 32.)
Argot, frelampier, ferlampier,bimya. H.
Norm., vallée li'Mèrtis,, frelempier, vaurien,
ivrogne.
FREHN, voir Feri.in.
FRBLLEE, freslee, s. f., frimas :
En .1. d'ans a plus de mellee
Qu'eu .1. jver n'a de frcllee.
(G. DK CoiNci, .S. Leocade. Richel. 191S2,
f 33».)
Kn un d'aus a plus de nieslee
Qu'en un ivcr n'a de (restée
(Id., i«., ms. Brui., f" 3i'-.)
FREi.LESSE, S. f., fragilité :
Fragilitas, fraisleté ou frellesse. (1464, .1.
Lagadeuc, Cathol., éd. Auffret de Quoel-
queueran, Bibl. Quimper.)
Cf. Fkaileté.
FRELL.ETÉ, VOir FfiAILETÉ.
FRELi.ON, S. m., myrte sauvage :
Kuscum, Ruscus. Dii uuirte sauvagr.
Du frellon. (R. Est., Dictionariolum.)
FREL.OIRE, voir FORELOHE.
FRELON, voir Fellon.
FRELOQUE, S. m., Ornement en forme
de houpe :
Le suppliant avoit roignié ou coppé cer-
tains freloques et draps de diverses cou-
leurs qui estoient aux robes de Loys de
Bertain chevalier. (1399, Arch. JJ 154,
pièce 751.)
On trouve au xviii" s. ferloque, avec le
sens de guenille, chiffon :
I tas de ferloques pilées. (1744, Bailliage
de Voulpe, Arch. Aisne, B 3426.)
II s'emploie encore avec le même sens
dans le Vermandois, dans la Champagne,
dans le Poitou. A Poitiers les marchands
de peaux de lapin crient ferlique ferlo-
que.
FRELoyiiETiER , ferloqueltcr , s. m.,
chiffonnier ; n'a été rencontré que dans
un texte provincial du xviii" s. :
Les ferloquetiers. (1744 , Bailliage de
Voulpe, Arch. Aisne, B 3426.)
Ferloqueltcr se dit ennin' dans le Lao-
nais.
Cf. Freloque.
pRELOQiiiÉ, - que, adj., orné de fre-
loques :
Un chapperon de bruu vert et une co-
quille freloquie. (1421, Arcli. J.l 171, pièce
613.)
Berger qui a son beau juppeau.
Sa bootc au tare, sa pennetiere
Freloquee, son beau chappeau
De festu et son gris manteau.
(Vicl Testant., vur., II, 33, A. T.)
Un acoustrement , decouppé , eutre-
taillé, freloqué. (Sibil., Parad. conlr.
l'Amour, éd. 1881.)
Norm., pays de Bray, ferloque, usé.
FRELORE, voir FORELORE.
FREL.0R1ER, S. m., vaurlCQ :
Nous, grand maistre, officiers et frères
de la joveuse union de la Grappe dans les
Gaules Celtique, Aquitanique et Belgique,
tenant chapitre en notre grand couvent de
la ville d'Arles, a nostre cher et bien
aymé frère de bon cœur grand frelorier,
salut et joie. (Dipl. de frère de la joyeuse
union de la Grappe, Arch. mun. Ghâlnu-
s. -Saône.)
Cf. FORELORE.
PRELOT, voir Frelaut.
FRELi'CQUK, frelusque, furreliqne, s.
f., petite monnaie noire :
Lequel Robert changeur a airheté el
prins monnoie appellee poitevines ou
furreliques. (1375, Arch. JJ 107, pièce 66.)
Le duc de Bourgoigne a fait courir ou
pays de BouUenois... aucunes monnoies
noires de son coing de petite valeur que
aucuns appeloient /retecgMM. (1489, Arch.
JJ 189, pièce 3S8.)
Pour ung virelan de noire monnoie
uommee au pays (Pouthieu) frelusques.
(1454, Arch. JJ 184, pièce 478.)
H. -Norm., vallée d'Yères, frelusque, ba-
gatelle, rien.
FRELU.SQUE, VOif FRELUCQUK.
FREMAIL, voir FERMAII,.
PREMAILLE, \ Oir FeRMAII.I.E.
FREJIAILLET, VOir 1''EHMAH,[.ET.
FREMAILLIBR, VOir FEH.MAII.I.IEK.
FRBMAL, voir Fermail.
FREMALET, VOir FerJUILLET.
FREMALLE, VOir FERMAILI.E.
FREMANTj VOir FER.MANT.
l'REMAii, voir FEK.MAlr,.
FREMAIIL, V(dr FEItiUAIL.
FREMBAUT, Vulr FrAMUAUT.
FREMEILLIEU, VOlr FRE.MILLIEK.
FREMEILLOX, Voir FRE.VIlLf.OiV.
FREIIELIN, S. m. ?
De l'autre part est arives
Desous .1. castel sarrasin.
Si ert clauies .i. (remeiin.
(Fregu.1, p. li", Michel.)
FREMELLON, VOir FrEMILLON.
FREMENEUR, S. composé, frt're mj.
neur :
Li dis des Jacopins et des fremeneurs.
(Jeh. de Condé, Poés., H, 249, bcheler.)
FREMER, voir Fermer.
FREMERIE, VOir FERMERIE 1.
FREMESORE, S. f. ?
.VI. kies de corde pour mettre as freme-
sores de le halle pour sakier amont et
.aval, (xiv* s., Lille, ap. La Fous, Gloss.
ms., Bibl. Amieus.)
FREMETÉ, voir FER.METÉ.
PREMETEUS, frumcteus, adj., craiiilif,
modeste, humble :
... Douche et /«mf(«Me.
(Jefi. des Preis, Geste de Liège, 3659, Scheler,
(Uoss. philol.)
... A chire frjimeleuse.
(ID., ib., -iS'jy.)
FREMETOis, S. 111., apparence f
Uuc présent de roisius de niult beal (remelois.
(Jea. DES Preis, Geste de Liège, II. 4171, Schelei.
Gloss. philol.)
KREMETURE, voir FEH-METUHI;.
1. FRE.MEUR, voir FHE.UOH.
2. l'KEMEUK, voir FEK.\1EUR.
nfi
FRR
FRBMEUHE, VOir FKRMECHK.
FHEMI, voir FORMI.
FRSMiEn, voir Fobsiikr.
FREMILLET, VOif FERMAILLET.
FREMiLLETE, S. t., petite rouiiiii :
Or se porToil la frrmitlflf.
iKtcLCS DE MoLiEHS, MuiTere, Richel. 23111.
f» «30''.)
FREMiLLEVs, adj., arJcnt, impétueux:
EiueaiJas d'Archade fu gentis et yassaus,
El Porrus Dcrs et fors, et fremilleus et cans.
(Rator du Paon, ras. Rouen, P 95 r'.)
FREMiLUER, - meilUer, v. n., s'agiter :
Bnetes renleot, de joie (remeilla.
(G. tHiaulott, Richel. 23316, P 73 r°.)
Qne Hercbembant fera tout le sanc fremitlier,
L» coaleor Iresuiuer et pâlir et caogier.
(t)oon de Uaience, 4291, A. P.)
De U paour qu'il ot commcnche a fremillier.
(Ib.. 5808.)
Garins fo jus aval et Do ens a chelier,
Rt oieol la Termine entoor eos fremillier.
(Gaufrey, 1639, A. P.)
FREMiLLON, fremeillon, fremellon, adj.,
brillant on bruissant :
L'escn li perce el l'auherc fremillon.
(Les Loh; lus. Montp., f 8-1"^.)
Maint faassart acéré, maint baubiert fremellon.
tCiev. au ei/gite, -2 3320, Reill.)
Chascans mêle an son dos son bauberc fremillon.
(J. BoD.. Sax., LX»i, Michel.)
Li brani est avalei sor l'auberc frc.nillon.
(Id., ib., CCLT.)
Nei ne pot empirier le hanbert fremillon.
(Utufit d'.tigrem., ms. Montp. H 247, f^ 162'.)
Lors forent endossé li haubert fremillon.
(Ib., f 176'-.)
Haaberc fremeillon.
(Gaydon. 5321, A. P.)
S'ann chascun testa sou haubert fremillon.
(Gui de Bourg., 3325.)
Et la fort coife dou haubert fr uillo».
(Cir. de Viane, Richel. 1 118, f 23''.)
De quoi seront perchié maint haubert fremillon.
(Gaufrey, 77, A. P.)
FREMION, voir FORMION.
FREMisoN, S. (., frémissement :
Lesquelles, aveques horreur de figure,
me donnèrent fremison eu leur survenue.
(0. CuASTBLL., Ver. mal prise, p. 513, Bu-
cllOD.)
Kt puis loist il celer la fremison,
La dure peur, la fraeor, les murmures.
Qu'en ce cas a le rovame frison. |
(lo., Epil au Due de Bourgogne, VI, 161, Kerrjn.)
FREMisoii, S. f., bruit, vacarme :
La noise et lu (remitors fu tost seue de
l'un chief de l'osl Irosqu'a l'autre. (Eilo-
riet Rogier, Ricbel. 20125, f' 204'.)
PREMIASABLE, adj., qui f.iit frémir,
effrayant :
Empres mon département leu frémis-
table vendront a vous et n'espargneronl
niie au fouc. (Bible, .Maz 684, f» 358'.)
Fremibuodus, (ms. freniedundus) da,
dora, fremistables. (Cathollcon, Riehel. I.
1788t, r 2»'.)
FRE
Parmi un creux ou fo.-si' fremixsable. (il.
Chastkll., Vérité mal prise, vi, 328, Keiv.)
Freuiibunilus, fi amissables. (lièi, •'• La-
GADRUC, Calliolicon, éd. Auffret de Quoet
queuerau, Bibl. Quimper.)
FRKMIZ FIIEMONZ, S. COmp., ràlllUl :
Li uns est li Freinii Fremoin,
Blans U Hermines li secooz.
(Renan, Suppl., v. 333, Chabaillc, p. Il)
FREMMER, VOir FERMER.
FREM.METÉ, VOir FERMETÉ.
FREMOIEU, voir FORMIER.
FUEMOR, - our, - ur, - eur, frimov,
frenor, frebor, frambor, s. m. et f., bruit,
vacarme :
Vers le palais oircut grant frcmur.
(Roi., 2093, Mùller.)
An grant cremor, an grant fremor.
(Pass. J. C, Brit. Mus. add. 15606, f" 76''.)
De .XII. Hues loing pooit l'en oir la fre-
mor et la noise. (Vie Charlem., ms. Berne
41, f" li.)
Por tiel frambor se mist avant,
Samble montaigne dernmpant.
Ses oilî semblent charbon apris.
(Hercule et Phileminis, Richel. 821, f» 6'\'i
Tiel fa 11 noisse et li tambor.
Le cris tant grant et le frebor
Q'il fasoient de la grant joie
Qant virent Hector de Troye...
(Ib., f 12''.)
Es landes de Bordiaus s'aunarent les olz
adonc et couroient tote la terre en lone et
en le ; .ii. jornees de .XII. lieues loing
pooit en oir la frimor et la noise. (Hist.
Carol, Ars. 5201, p. 200^)
Le soleil sera fait obscur
Et viendra la nuit ténébreuse
Trois heures, dont en grant fremeur
La mort Dieu plaindront toutes choses.
(Champibu, Prophelies des SiHlIes, dans la Nef
des dames vertueuses, éd. 1503.)
— Frémissement :
Icil serpent sunt les paours
Et li esmais et li fremours
Qui vient apries le desirier
De racoler et dou baisier.
(B. DB CoNDE, li Pris, d'amour, 1211, SclieliT.)
FREMUR, voir FKE.MOH.
FRE.MURE, voir FERMËDI'.E.
FRENAisi