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Full text of "Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du 9e au 15e siècle"

A 



T' 



JSi^ 



DICTIONNAIRE 

DE L'ANCIENNE LANGUE FRANÇAIS 



ET DE TOUS SES DIALECTES 

DU IX' AU \T SIÈCLE 






ABBEVILLR. — TVP. ET STEK. A. RETAfX, 






DICTIONNAIRE 



L'ANCIENNE LANGUE FRANÇAIS I*] 

ET DE TOUS SES DIALECTES 
DU IX' AU XV^ SIÈCLE 

COMPOSÉ D'APRÈS LE DÉPOUILLEMENT DE TOUS LES PLUS IMPORTANTS DOCUMENTS 

MANUSCRITS OU IMPRIMÉS 

QUI SE TROUVENT DANS LES GRANDES BIBLIOTHÈQUES DE LA FRANCE ET DE L'EUROPE 

ET DANS LES PRINCIPALES ARCHIVES DÉPARTEMENTALES, 

MUNICIPALES, HOSPITALIÈRES OU PRIVÉES 



FRÉDÉRIC GODEFROY 

/' 

PUULIÉ SOUS LES AUSPICKS DU MINISTKBK DE L'INSTHUCTION PUBLIQUE 

ET HONORÉ PAR l'iNSTITCT DO CIRAND PRTX r.OBKRT 

TOME (QUATRIÈME 
FILK - LISTAGE 





PARIS 



VIEWEG, LIBRAIRE-EDITEUH 

6 7, K r K U K K I C H F. I. 1 R U . f, 7 

188S 









^ 



AVERTISSEMENT 



Avec ce quatrième volume, la moitié du Dictionnaire est dépassée. Mais je puis garantir que les dix volumes promis seront 
donnés ; les suppléments formeront largement deux, volumes. Le tome dix sera terminé par le tableau, méthodiquement présenté, 
de tous les auteurs et de tous les ouvrages, imprimés ou manuscrits, cités dans le Dictionnaire. 

Au point où je suis arrivé, il m'est doux d'exprimer de nouveau ma reconnaissance ;\ tous ceux qui m'ont prêté, sans disconti- 
nuation, un concours dévoué, dans cette longue et rude tâche. 

Pour les deux derniers volumes publiés, je dois ajouter quelques noms à ceux que j'ai déjà signalés : M. le D'' Bos, dont tout le 
monde connaît la valeur philologique, M. Emile Bouchet et M. Charles Cuissard, deux ardents travailleurs d'Orléans: M. P. Ma- 
quest, archiviste de Tournai, M. Devillers, archiviste de l'État, à Mons, M. van de Casteele, archiviste de l'État, à Liège, M. Ga- 
chard, archiviste général du royaume de Belgique : la Belgique a rivalisé de zèle avec la France. Ailleurs, et bientôt, j'espère, je 
dirai tout ce que je dois aux érudits des provinces wallonnes, que j'ai récemment, et pour la troisième fois, parcourues avec tant 
de profit, et d'où j'ai rapporté d'inoubliables souvenirs. L'intelligente et sympathique Belgique, en s'intéressant particulièrement 
à une œuvre absolument différente de celle-ci, à notre Répertoire unirersel de la langue française écrite et parlée, depuis les origines 
jusqu'à nos jours, aura grandement servi le Dictionnaire même de l'ancienne langue : on s'en apercevra à la richesse des emprunts 
faits aux dialectes wallons dans nos derniers volumes. C'est ainsi que des entreprises de nature très diverse peuvent se prêter un 
imituel secours. 



DICTIONNAIRE 

DE 

L'ANCIENNE LANGUE FRANCALSE 



TOUS SESDIALEGTES 

DU IX» AU XVe SIÈCLE 



FILÉ, S. 111., ce qu'on a filé : 

Puis filent (Ips nuées) et qnantoni Ole 
Si font voler de leur filé 
Granz ajïalliees de fil blanches, 
Ausinc con pour coudre leur manches. 

(Rose. Richel. 1S73, f 1.ïi«.) 
Nus ne puct a Paris mètre en oevre 
laine ne fiU taint en noir de chaudière. (E. 
BoiL., Liv. des mest.. l" p., l, 29, Les- 
pina?se et Bonnardot.) 

Non mie que de corde fast (l'échelle), 
>'e d'autre fité ne de fnst. 
(Chb. de Pizan, Liv, du chemin de long estude, 
1607, Pfischel.) Irapr.. file. 

Tu paez filer chacun jour lin ou laine. 
El franchement vivre de ton filé. 
(E. Deschamp.';, Poé.i., Richel. 840, P 10-2'.) 

Pic, filé, fil à coudre ou à tisser. 

FiLEçoN, s. in., fliet : 

Et quant airaper les pooie (les papillons) 
n'nn filefon je les lioie. 

(Froiss., Poés.. Richel. 8.3", f» 86 r».) 

FILEE, s. f., action de filer : 

l'Ile (l'iraisne) list nouvele /iiee 
Va vers terre jus dévala 
Tant que jnsqnes a l'erhe ala. 
Si l'a de sa tonnelle enclose 
Eotonr a la reonde. 
(Watriqcet, h Pis de l'iraigne et du Crapol, 82, 
Scheler t 

FiLEis, filaiz, s. m., action de filer : 
II li respondit que ce estoit cause de 
bataille, et non pas de filaiz de laine, et 
pour ce li estoit plus granz mestiers que il 
s'en conseillas! a homes que a famés. 
{Chron. de S Den., ms. Ste-(ien., f» 19''.) 



FiLEMENT, S. m., actlon de liler : 
Filemenl, filatus. (Gloss. fr.-lat., Richel. 

1. 7684.) 

Filement. Hi!amiento.(C.0uDlN,éd.l660.) 
FiLERj filler, verbe. 

— Neutr., couler : 

Tant que li sans en va a le terre /ilatil. 

(B. de Seb., ssl, 644, Bocca.) 

A destre et a senestre monlt gtans conps lenrdnn- 
(noit, 
Et ausi a la foix si bien batus estoit 
Oue par bouche et par nez le clcr sanc loi fîlloil. 
(Clt., B. du Guesclin, var. des v. i;;3-174, Char- 

riére.) 
De sa broche de fer H a .m. cops donnez : 
Parmi le haslerel li est li sans filez. 

(It.., tJ., îss;.; 

— Act., caresser, tordre : 

Vous voulez doncques (dist Panurge, 
fillanl les moustaches de sa barbe) que 
j'espouse la femme forte descripte par So- 
lomon? (Rab.,1. III, ch. 30, éd. lbS2.) 

FiLERESSE, - crresse, - eresce, - ares.te, 
- arresse. filL, s. f., fileuse : 

Nule fiUaresses de soie a prans fuiseaus 
nepuetne ne doit avoir que .m. aprentices 
tant seulement, se ce ne sont si enfant ou 
li enfant de son seigneur, et deleau ma- 
riaae. (Est. Boic, Liv. des mest., l" p., 
XXXV, 2, Lespinasse et Bonnardot.) 

La fiUeresse- (1376, Censier de la Poterie 
Matthieu, f» 37 r», Arch. Eure.) 

Cécile le fileresse!a chi avoec luy. (Dialog. 
fr.-flam., f» 1.3^ Michelant.) 



ÎN'a fitarresse eu France qui s.iche fil filer 
Qui ne gaignast ainçois ma finance a filer. 

(Cbv., B. du Guesclin. 13643, Charrière.) 
Filastica, fileur ou fileresse. {Gloss. de 
Salins.) 

Tisteresces, fileresces. (Stal. d'Ed. 111, 
an xxxvil, impr. goth., Bibl. Louvre.) 

Peigneresses et fileresses de laine. (1398, 
Noyon, ap. La Pons, Gloss. ms., Bibl. 
Amiens.) 

Fileur, fileresse. (i464, J. Lagadeuc, 
Catholicon, éd. Auffret de Quoetqueueran, 
Bibl. Quimper.) 

Dist l'une des filleresses, nommée Piate 
au Long Nez, que.... {Les Evang. des Que- 
nouill.jp. 3o, Bibl. elz.) 

Il ne lui estoit possible de procéder en 
oultre a sa lecture, pour le murmure des 
riseez que les filleresses firent lors toutes 
ensemble. (Ib., p. 5.5.) 

Filerresse de leinne. {Vie. de l' Eau, xmi, 
Arch. S.-luf.) 

Caquetieres. bavenses, menterresses, 

Estre deussiez sonpneases filterresses, 

Sans abuser ne Martin ne Colio. 

(R. DE CoELEBïE, [toinieaux, Lxxsiii, Bibl. elz.) 

En dépit du fuseau îles trois sœurs filleresses. 

(G. BOONIN, Sonn., éd. 1586.) 

FiLERiE, S. /., veillée : 

Fait défenses aux paroissiens dudit 
S. Briac, de faire aucune assemblées de 
nuit, sous prétexte de filleries, renderies 
de poupée, aux femmes qui portent les en- 
fants a baptiser en lad. église. {Et. des 
par. de la Prov. de Bret., p. 43.) 

Il se faisoit des fileries, qu'ils appellent 
veillois... ou se trouvoieut de tous les en- 



Fil. 



FIL 



FIL 



virons plu!iieur$ jeune? valet? et lianlenu^ 
illec s'assemblans et jouan? a une infinitt' 
de jeux,., les filles d'autre part, leurs qui-- 
nouilles sur la hanche, Tiloient. (Contes 
it'Eutrapel, p. 133, éd. 1383.) 

FiLBRON. S. m., ûlenr: 

Tous tisserans de draps, teinturiers, fai- 
seurs de toiles, foulons, filerons, pigne- 
resses, ne pourront prendre pour leur s.v 
laire que le tiers pins oultre de ce qu'ils 
preuoient avant la mortalité. (Ordonn. du 
R. Jean roneern. la pol. du royaume, 
30 janv. 1330.) 

Fii-ETÉ, fill., part, passé, à la filière : 

A nn qoarlitr d'or /illfl/. 
(HioxDr. Mert, Tornoiement de l'AnlechrisI, p. 170, 
T»r., T»rbé.) 

— Brodé : 

Draps /ilfift et envoisies. 
(II. d'Akdeli, liLais d'Àrisl., Richel. 837. f* 8(1.) 

Bessin, ftlter, chasser au filet. 

FiLEUL, filluel, s. m., nis : 
Venes aranl, fillaes, mes fienx et me; amis. 

(Cher, au cygne, 1 108, Reiff.) 
Deiax filleul. Un li rois, com vos estes senez. 
(Panse, 1I3S, A. P. 
El (Mariée annhra la lieilê 
K coDçnt le flini de Dé. 
(Poème sur la fia du m., Ars. 3645, P 51 V.) 

FiLErnE, ^1/., filure, s. f., ce qui est flié ; 

XX sols de Walhenri pour certaine ftUeure 
prinse en sa maison rapportée par les 
maistres delà drapperie. (1398-1401, Arch. 
.Meuse B 1044, f" 47 r«.) 

Filure et tissure de laine ou de soye. 
(R. Est., Pet. Dict. fr-lat.) 

Mais ce qne nons faisons 
Vieol de la dure Parqne, et joiot a ses filures 
Tooroe avec ses pesoos. 

(Carrier, Porrie, III, éd. 15G8.) 

AacDQ venin ne fait la sa demeure : 
L'araire la n'eslend point sa fileure. 
(Clicde BivET, le Voyage du Priulmp.f, éd. 1573.) 

— Moulure : 

Fault garnir la dicte charpenterie d'une 
filure tout autour. (14 fév. 1383, Hospice de 
Gien, fonds de la maladrerie, série II K, 
cote II, El.) 

PILEUX, adj., filandrenx : 

La nature des boyaulx et leur substance 
est ung peu fileuse, ou sont les files esten- 
dus en large. (Corbichon, Prnpriet. des 
choses, Richel. 22333, f° 73M 

FILMOE, voir FlLtAGE. 
FILIASTRE, voir FlLLASTRE. 

PILIER, filler, s. m., petites pièces de 
bols sur lesquelles portent les chevrons, 
dans les charpentes : 

Lorsqu'une muraille, parois, ou pignon, 
est trouvée pour la moitié i-ur le fond de 
deux voisins, l'un et l'autre partie pourra 
user de la dite muraille commune,... et y 
enfoocer ses ordons reliants, sommiers, 
/Uiers, plates, ou cartouches, jusqu'à la 
moitié et plus, selon l'exigence et pesan- 
teur de l'ouvrage. {Coût, de lirusselles, 
XXXIV, Nouv. Coût, géu., I, 1269.) 

— Kilet : 



Pour lou salaire des pesclieurs avec leur 
despens et pour le cart de leur fillers. 
(1310, Compt. du dnm. de Mahnvl d'Arlois, 
Richel. f'i' fr. 8531.) 

Si aucun pesche en c.iues ou rivières 
bannaux, sans le congé du seigneur ou de 
son fermier, il y a amende arbitraire, avec 
restitution du poisson, pour chacune fois: 
et outre, s'il est trouvé ou prins en présent 
meffait, avec ses filiers,.... il y a confisca- 
tion de nasselles, filiers, et harnoys, avec 
la dyte amende. (CoHf.rfe Nivernoisj'ch. xvi. 
Coût, gén., I, 883, éd. 1633.) 

1. FILIERE, fill, s. f., lacet : 

Tenderont las, rois et filliere!: 
Knlre haies, buissons et pieres. 
(Froiss., Po(s., Richel. 830, f" -205 r°.) 

— Cordeau long d'environ dix toises, 
avec lequel on retenait l'oiseau qu'on 
devait instruire : 

Apres que vous l'aurez ainsi aduit et 
façonnéjpar quelqu'espace de temps, deux 

fois le jour vous le pourre2lors lascher 

a tout la filière qu'on surnomma un tien le 
bien. (Fodill.. Faucon., f° 7», ap.Ste-Pal.) 

— A filière, loc, ;\ la file, en formant un 
filet continu : 

Entre les bestes mues fu la bataille fiere. 

As poes s'enlr'abalenl et devant cl deriere 

Et desrhirenl des onglez en tant mainte manière 

Qae le sanc ist des corps contreval a filière. 

(l)oon de Slaience, 1615, A. P.) 

2. FILIERE, s. f., sorte de maladie des 
faucons : 

Se vos oisiaus a le filière, prendes le 
fuelle de laire terrestre. [U Aviculaire 
des oiseaux de proie, ms. Lyon 697. 
f°222''.) ■' 

3. FILIERE, s. f., grande pièce de bois 
posée en travers qui supporte les che- 
vrons: 

Souliviaux et filières. (1296, Rentes d'Or- 
liens, Arch. Loiret, f° 4 r».) 

Remonter les chevrons et les filières et 
les cheviller. (1328, Compte de Odart de 
Latgny, Arch. KK 3«, f» 40 v».) 

Cinquante toises de chevrons et de fil- 
Itères pour faire des degrez et alee en la 
dicte tour. {Compt. de Girarl Goussart 
1400-1402, Forteresse, xlvi, Arch, mun 
Orléans.) 

Pour charpenterie par lui faicte en la 
chambre de la porte parisie... et y fut mis 
trois chevrons et deux toises de fiUiere. 
[Compt. de P. Mareau, 1408-1410, Forteresse 
XI, Arch. mun. Orléans.) 

^ Pour .vi=. .LVI. toises de boys quarré 
cesl assavoir solliveaux, filUeres et trois 
poultres. {Compte de J. Martin, 1421-1423, 
torteresse. Despence, xiv, Arch. mun. 
Orléans.) 

Voitures et filUeres et cloyes. (1522. 
Lille, ap. La Fons.) 

Est tombé de la grange des Ousdes 
douze conbles de chevrons et rompu une 
filliere. (1332, Compt. de Diane de Poitiers, 
p. 109, Chevalier.) 

Il est encore usité dans l'Orléanais avec 
la même signification. 

FILIOLAGE, VOirFlLLOLAdlî. 

FILIO-PATRE, S, 111., le uis du Pèfe 
éleruel : 



Juré en a le cors Filio Pâtre. 
(Ogier, ms. Dnrb., bib.de Cos., V, ii-n,f°55'. 

FILLACHER, VOir FiLASSIER. 

FILLACHERIE, VOÎr FiLASSERIE. 

FILLACIER, voir FiLASSIER. 

Fii.LADiERE, fil., fell., S. f., sorte de 
barque :. 

Une felladiere qui auroit esté desroubee. 
(6 déc. 1527, Not., Charrier, 95-3, f» 120, 
Arch. Gir.) 

Echange d'une tfî.lladiere » contre « une 
grande bagarre », moyennant 10 f. bord. 1/2 
de retour. (1529, ib., f» 166.) 

Vente d'une « gabarrc » filadiere neuve au 
prix de 16 b. à Nicolas de Bonis, gabarrier 
delap"' St Remy. (12 mars 1531, Not., 
Brunet 67-7, Arch. Gir.) 

Saint., filadiere, barque de pêcheur. 

FiLLAGE, filiage, s. m., qualité de fils : 
Si tost qu'ilz vindrent par devant le roy, 
ilz se misrent a genoulx, et luy requièrent, 
l'ung par raison de filiage, et les autres 
trois par raison de lignage qui leur voul- 
sist donner ung don. (Perceforest, vol. II, 
f« 122°, éd. 1528.) 

— Virginité, pucelage : 

Quartilla, qui n'avoit point mémoire de 
son filiage. (.Mont., Ess., 1. Ill, c. 13, 
éd. 1588.) 

Estant les deux seconds estais de viduité 
et de mariage bien plus pénibles et alfai- 
reux, et ayans plus de diflîcuité et de 
vertu, que les deux premiers de filiage et 
de célibat. (Charr., Sag., I. I, c. 4.) 

Et me donnez pour cela 
La fleur de voslre filiage, 
Voslre tendre enfantillage. 

(Vauq., Idill., I, 71, éd. 1612.) 

Bean chasseur, je vous cri merci. 
Laissez moy vivre en mon filiage. 

(ID., ib.. Il, 34.) 

Norm., Bolbec, filiage, filiation, descen- 
dance. 

FILLAITRE, VOir FiLLASTRE. 

FILLANDRIER, VOif FlLANDRIER. 

FILLANGE, VOir FiLANGE. 

PILLARDEAU, VOir FlLARDE.^U. 

FILLARRESSE, VOir FiLERESSK. 

PILLASSE, S. f., fille : 
Une grosse fillasse. (Jour., Err. pop., 
l" p., 111,5, éd. 1587.) 

FILLASTRE, filaslre, filiastre, filliastre, 
pilaire, fillailre, filaitre, filatre, s. m., 
beau-fils, gendre : 

Guenes rcspunt : Rollanz, cisl miens fillaslre ; 
N'avez barnn de si grant vasselage. 

(Roi., -.13, Mùller.) 

Renoies est .Aliaumes li floris. 
Vôtres filtaitres que vos aveis norri. 

{Girb. de ilelz, p. 480, Stengel.) 
Enci trovai ceulz del tout cruslz /î((as<)'t'jî 
a cui je avoie toz jors esteit doulz peires, 
{Hisl. de Joseph, Uicliel. 2433, f" 33 r\) 

Thomas son frère fillatres. (Ch. de 1262, 
Bourgm., Arch. Loir-et-Cher.) 
Henri le fauconnier et ses jiiUt.-,lres) 



FIL 



FIL 



FIL 



3 



OS67,Chap. NoyoD, Vatoinpri^, Arcli. Oise, 
G 1937.) 

Aucunne fois ruuevent li contens en ma- 
riage par le haine que !i parrastre et les 
marrastres ont envers !or;5/(as(res.(BE\UM., 
Coût, du Beauv., ch. LVii, 7, Beugnot.) 

La raison juge que puisque li rois li 
donne (à la femme veuve) le baillage dou 
fié par dreit, que li fitiastres, puis que il 
sera d'aage et saisi dou fié, ja ne li rendra 
son douaire. {Ass. de Jér., t. I, p. 628, 
Beugnot.) 

Il s'en ala en le terre de Kalape ou il 
avoil chacies ses fillatres. (Hist. de la terre 
sainte, ms. S.-Onier 722, f" W.) 

Challe son fillnstre qui puis fu diz Mar 
liaus. (Cliron. de S.-Den., ms. Ste-Gen., 
f 100\) 

Si come famés suelent faire de lor fi- 
lastres. {Hist. de Jules César, Richel. 23082, 
f» 5''.) 

Aucuns, comme vous savez, ont amé 
leurs seurs, leurs frères ; les filles aucunes 
foiz le père, et les marraslres les fillastres. 
[Troilus, Nouv. fr. du xiv* s., p. 140. J 

Si fist occire son (Ulastre 

Pour le règne a son Glz attraire. 
{Comm. le roi Sonnain fu mort, ras. Avranches 
168Î.) 
Filiaster, filaitre. (Gtoss. de Salins.) 

Filiaster, filiastre. {Gloss. de Douai, Es- 
calUer.) 

Yceulx Anglois eussent mis ensemble 
a rençon ycelui complaignant et son fil- 
liastrê. (Arch. JJ 90, pièce 487.) 

Des hoirs feu Jehan Guion au lieu de 
feu Geuffroy Uyvoy et de Geuffroy Lechar- 
pentier, son filiastre. (1470, Etat de cens et 
rentes du dom. de Baugenci au titre des 
censives au vignoble de Baugenci, ap. Le 
Clerc de Doiiy, t. I, f" 266 v% Arch. Loiret.) 

Gendre. Au pays Lyonnois on l'appelle 
filiastre, et vient de nliastrer. (La Porte, 
Epith., éd. lo71.) 

Il m'est tombé en mémoire que nos an- 
cestres par une honneste licence furent 
trop plus curieux es paroUes de consan- 
guinité et affinité, que nous autres, qui, 
par une superstitieuse ignorance, avons en 
cet endroit appauvri nostre vulgaire. Car 
ils usèrent du mot de parastre, comme de 
marastre, pour descouvrir celui que notre 
œere avoit espousé en secondes nopces. 
Et semblablement de filiastre, pour nom- 
mer le fils de nostre mari, ou femme, qui 
estoit issu d'autre mariage. (Pasquier, 
Bech., VIII, 60.) 

— S. f., belle-fllle, bru : 

Avecques aussi Olimpias s'en allèrent 
Dardanne fille du roy Erudice et Thessa- 
ionice sa fillatre. (Boccace, Nobles mal- 
heureux, IV, 12, f» 96 r», éd. ISlo.) 

Cléments tencha orains a se fîlUastre. 
{Dialog. fr.-fiam., f» 12', Michelant.) 

De la /îiofre saint Biaise une cote fourrée 
d'escureux. (16 nov. 1394, Inv. du Juif 
Joseph, Inv. de moeubles de la mairie de 
Dijon, Arch. Cote-d'Or.) 

Du temps de Ménage fîlldtre se disait 
encore dans le Lyonnais au sens de 
gendre. 

Saint., filiâtre, beau-flls. 

FILLATIERE, VOir FiLATIERE. 
FILLATRE, VOlr FiLLASTRE. 



i-iLLAUDE, S. f., fillette : 

Comme fit aussy sa belle sœur, prenant 
exemple a elle, qui ayant esté maryee 
fort jeune et en tendre aage, son mary, 
n'en faisant cas, comme d'une petite fil- 
lande, ne l'aymoit comme il debvoit. 
(Bhant.j Dam. gai., l" dise, Buchon.) 

Aunis et Poitou, Vienne, fillaude, jeune 
fille, petite fille. Vendée , Deux-Sèvres, 
feillaude. 

FILLE, s. f., bois, forêt ? 

Se peut avoir le prevost deux chiens 
courans et une douziane de pièces de 
fille pour cachier en iceulx quant il lui 
plaira. (1410, Aveux du bailliage d'Evreux, 
Arch. P 294, reg. 4.) 

FILLE DE VIE, S. composé, fillo de 
mauvaise vie, courtisane, prostituée : 

Nous avons aujourd'huy condamné et 
condamnons Jehanete la truande, Mole de 
Haire, etc.. filles de vie de leur consente- 
ment, a rendre et payer chacun an a tou- 
jours mes, dorénavant de .xv. jours en 
.XV. jours, a maistre Pierre Robert, exécu- 
teur de la haute justice de Monseigneur le 
duc d'Orléans, chacune .m. d. parisis pour 
certain droit que ledit exécuteur prend 
sur lesdites filles de vie et a aocoustumé 
de prendre. (1409, Sentence de la prévosté 
d'OrUans, ap. Le Clerc de Doiiy, t. I, 
f» 261 V», Arch. Loiret.) 

Et les dittes espingles donna a une fille 
de vie nommée Jehanette, logée au bor- 
deau d'Orléans. (1412, Sentence de la pré- 
vosté, f" 4, ib.) 

FILLELAIGE, VOir FiLLOLAGK. 

1. FILLER, voir FiLIER. 

2. FILLER, V.? 

I.e tiers Ccorilon) estnet nomner et dire 

Cis fait qae cners plenre et soapire 

Qaant il est bien a droit filles : 

C'est çoa que Jhesns nostre sires 

Se vot si par amours despire 

K'il se mist jas a pies laver. 

Ain mi ke cbi a a filler 

Et a plaindre ki bien l'en tire. 

(Li .xu. Cordon, Richel. 20.3ii, f" \Z i'.) 

3. FILLER, voir Filer. 

FiLLERET, adj., adoHué aux filles : 
Et ne pensez point, disoit il encores,que 
ce soient seulement des etSetninez, fillerets, 
et timides, qui ont esté les plus adonnez a 
l'amour. (G. Bouchet, Serees, xix, Rouen 
1635.) 

Si j'avois a lever des gens de guerre, je 
ne prendrois pas des etfeminez et fillerets. 

(iD., î'b.jXXV.) 

Filleret. Maidenly, white livered, efienii- 
nate. (CoTfiBAVE, éd. 1611.) 

FILLERIE, voir FiLERIE. 

FiLLETjS. m., diiii. de fils, petit enfant : 
Elle avoit ung seul fillel alaitant. {B'ble, 
.Maz.532, f" 220».) 

J'ay trop granl paonr que la mort 
Ne m'ait mon petit /itiet mort. 
(R. Descha!»1's, Gella et Amphilrion. p. 4S, St- 
Hilaire ; ms. Richel. 840, f» -161''.) 

FILLETÉ, voir FlLETR. 

FiLLETiER, S. m., fabricant de filets:' 

Et qu'a cet effet ils se soient efforcez et 

s'efforcent de transporter hors nos pays 



grande quantité desdits filets qu'ils font 
acheter tant par eux que filletiers, recou- 
peurs et autres revendeurs sur le plat pays. 
{Placard des Archid. sur le transport des 
filets, Bruxelles, ISjuin 1600.) 

1. FILLETTE, S. f., fille pubUque, 
prostituée : 

Au dit Mahicu, pour deux lots de vin 
donnez ce jour par messire le maieur aux 
fillettes de joie, pour ce, déduit et paie... 
.II. s. .VIII. d. (1415-1416, Receples de Bou- 
logne-sur-Mer, p. 149, Ed. Dupont.) 

Les fillettes communes. (Règlem. du 
19 mars 1425-26, Arch. mun. Dijon.) 

Sur la requeste baillée par l'abbé de 
Bonnevau par laquelle il requiert que l'on 
face vider les filletes du bordcau que le 
Bourrea a logées près et joignant la maison 
dudit abbé.... a esté délibéré que les filletes 
seront logées et mises a Chasteau Gaillart 
a la fin de rue de Paille. (1459 et 1465, 
Arch. mun. Poitiers, Reg., f° 68 v», et 159. > 

— Prieuré dépendant d'une abbaye : 
Pasquier le Court, religieux de l'abbaye 
de la Coulture, près le Mans, demourant 
en une fillette ou prioré de laditte abbaye, 
appellee la Marcete du Bois près du chastel 
laSuze. (1392, Arch. JJ 184, pièce 144.) 

2. FILLETTE, filMe, filelte, fueillette, 
feulete, feullete, folliete, s. f., tonneau ou 
mesure de liquides servant à divers usages 
et d'une contenance variable selon les 
lieux: 

.1. henap de bruere ou il a 1 petit clou 
d'argent et .m. petites feuletes d'argent. 
(10 mars 1396, Invent, de meubles de la 
mairie de Dijon, Arch. Côte-d'Or.) 

Pour deux filletes de harenc données 
aux Jacobins et aux Cordeliers, a chascun 
ordre une fillete pour la paine et travail 
qu'ilz ont de faire les services de la dicte 
ville. {Compt. de Girart Goussart, 1400- 
1402, Commune, xxxill, Arch. mun. Or- 
léans.) 

Les brasseurs doivent mettre hors de 
leurs brasseries leurs fillettes ou hedines 
pour estre converties a faire noir pour 
conrer cuir. (1414, Lille, ap. La Fons, 
Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Une fillette de harenc qu'il avoit em- 
blé. (1421, Arch. JJ 171, pièce 454.) 

Ung pot d'estain de .v. feulletes. (Vente 
des biens de Jacques Coeur, Arch. KK 228, 
(o 223 V».) 

Trois potz de trois follietes. {Ib., f»369r<>.) 

Ung pot de .v. fueillettes. (Comptes des 

mines de Jacques Coeur, Arch. KK 829, 

r 188 V.) 

Ung lonniel de chervoise mellee de 
crasses ^Ketfes. (1466, Lille, ap. La Fons, 
Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Fillele lie harengs. (Compte de 1480, 
Bibliolh. de l'Ec. des ch., XIV, 322.) 

Une grande chaudière de fondue enmu- 
ree tenant environ trois filletes. (1501, 
Invent, de r Hôtel-Dieu de Beaune, Soc, 
d'Archéûl. de Beaune, 1874, p. 158.) 

Deux fillettes plaines de salepestre.Deux 
fillettes plaines de chausse trappes. (4 sept. 
1521, Invent, de l'Artillerie, Arch. mun. 
Dijon, H. Off. milit.) 

Pour tonneau ou pipe de vin, .vi. d. t. ; 
traversin, poinçons, fillettes et autres vais- 
seaux. (Avril 1529, Arr. impr., Gibier, 1584.) 



* FIL 

Apres qup Ci"? morceaux sont secs, on 
les pend avec le fil ou ils sont enfilez, en 
iinç fiUtte de fort bon vinaifrre, de sorte 
iju'ils ne touchent point les douves du 
tonneau en quoi que ce soit. (Du Pinet, 
Pline, XX, 9. ^d. 1366.) 

L'hosiets« prini ooe fnillflle 
tl en battit bien son inary. 
yCknmcKft ie tsTS, ap. Ono'frio, Glo.ts. df pal. 

i* lA/onntit.) 

l'oe filMte de vin de l bots. (1583, 
Ulle, ap. La Fons , Gloss. tns., Bibl. 
Amiens.) 

La queue de vin n)e?urp et jaulge de 
Dijon contient deux mnids ou poinssons, 
le mnid deux fillettes. l& fillette neuf stiers 
(Coût, de Bourg., Coul. gén., I. 860. éd. 
1633.) 

— Sorte de batean : 
Le» filfllet et gallioltes 
Rsloient conTerles d'estandari. 
'MAtTiÂL, n». df Ch. m. Il II, fd. 1493.) 

Savary des Braslons, dans son Diction - 
naire universel de commerce, publié en 
1723, donne feillette, feuillette, on fillette, 
avec cette définition : sorte de tonneau 
destiné à mettre du vin. Il signifle aussi 
une petite mesure des liqueurs. 

Morv., filletu , feuillPtte. Lyonn. et 
Forez, folietta, foulieta, foulleta, feuil- 
lette, mesure des liquides qui parait avoir 
été le quart de la pinte du Languedoc, on 
l'équivalent de la chopine de Paris. Dans 
le Lyonnais une feuillette désigne actuel- 
lement un tonneau d'un hectolitre de vin- 

3. FILLETTE, fillcte, S. (., chalnplte de 
fer rivée et cadenassée terminée par une 
sonnette ; ces espèces de chaînes, que 
Louis XI fil faire pour certains prison- 
niers, s'appelaient ^I/ctlfs du roi : 

Daniel se leva de son siège, prit ledit 
Bii^non au corps, le constitua prisonnier 
en lui baillant un carcan ou fillette de fer 
ou pendoit une chaisne fort pesante, et en 
cest estât le laissa toute la nuit. (JVofe tirée 
des Beg. du Parlem., Ord., xix, 338.) 

Pour savoir si led. de Quingé esloit 
point blecié en la jambe ou cstoit lad fil- ' 
leU. (1480, Compt. de l'Hôl. de ville de 
Tours, Bibl. de l'Ec. des ch., 3» série IV 
391.) ' 

Symon de Quingé, prisonnier en la 
caige de fer, fust defferré par maistre 
Laurent qui avoit la clef de la fillete. (Ib.) 

FII.LEIX\GE, VOirFiLLOtJkGE. 
FILLIASTKE, VOif FlLL.\STBE. 

FILLIEH, filler, \ . a., enfanter, accou- 
cher : 
^ Tant que eie aura fille. (Sydrac, Ars. 

Et quant venoient les famés a «Hier, 
non avoient aide de famé. (Aimé, Ysl de li 
yormant, VIII, 18, Cbampollion.) 

— InQn. pris suhsi., accouchement : 
t>uaut il sentira que la famé est grose il 
ne la doit mie touchier charnelment tant 
que elc aura fiUé, et après son filUer de 
XL. jours. {Syirac, Ars. 23*0, § II.) ' 

FILLIEIIE, voir FlLIEllE. 



FIL 

FILLOELLE, VOir FiLLOI.E. 



FiLi.oisEL, S. m., flloselle : 

Cinq aulnes et un quartier et demi de 
fi/(otse/ vert. {Pièce du i avril 1369, Léop. 
Delislc, Mandem. de Charles 1', p. 339.) 

Fii-i,OLAGE, - flilage, -eulage, - vêlage, 
filolage, fillelaige, filiolage, s. m., condition 
d'un parrain à l'épard dn son filleul, qiia- 
ité de fillmil : 

11 vaat mîeas quej> mnire, se Dieas destiné l'a. 
Que jVhic cheli qui de fons me leva; 
Il me donna baplesrae el a moy s'nliljpa 
D'amonr de fitolagr, et bien lennst le m'a. 
{Charles le Chamr, Itic^hel. 24375, f 2S'.) 
En cestui mariaai' esloit ou pooit eslre 
enipeschemenl de filiolage ou de cogna- 
tion espirituel. (Ch. de 1300, Pr. de l'H. de 
nourg., H, c.) 

Affinité de comperage ou /(Ho/flffe (1474, 
Stat. synod., ap. Lalore, Ane. discipl. du 
dioe. de Troyes, II, 69.) 

— Présent d'nn parrain h son filleul : 

Tn filoUage ti dona cl pierpi 

Un des marchies de Mes. ce m'est avis. 

(Les Loh.. ms. Mnnlp., f 76».) 
En filolage li laissa et gnerpi. 
(Car. le Lok., 2' chaos., xlii, p. 2l2, P. Paris. 'i 
I,i rois en filiolage li dons Monbregis. 
l'n caslel moull vaillant, et tons les apendis. 

(Ilelias, Richel. 12358, f 7''.) 
De filiolage néant ne li promis. 
(Guiberl d'.indrenas, Itichel. 24369, f" 137.) 

Li cuenz de Triple prist messages, si le? 
envoia au prince Beymoat, en Antioche, et 
! li manda que il li envoiast son ainzné fiz 
Raymont, qui son fiUuel estoit, car il li -vo- 
loit doner Triple en filluelage. [Est. de 
Eracl. Emp., xxm, 47, Hist. des crois ) 
I Var., filiolage. 

Perros Plaincbampi;, fils bastart Oliviers 
I Plainchamps, nous a fait exposer que en 
filiolage li furent données pour Dieu plu- 
sieurs brebis. (1350, Arch. JJ 24, pièce 78.) 
Transporte et délaisse au dit Erart Chan- 
teprime son filleul et en fillelaige, pour lui 
pour ses hoirs. (1384, Donat., Arch. Loiret, 
Cliitellenie de Lorris A 269.) 

Un petit tableau d'or que le duc donna 
a Mad. de Porhoet sa soeur au filleulage de 
sa fille. (1424, Compte de J. Mauléon, 
Lobin., II, 923.) 

1. FiLLOLE, filloelle, fiolle, fiole, fyole, 
s. t., colonne, pilier, tourelle : 

Les .iiii. filiales quarees seur colonbes 
de trois. {Album de Vill. de Honnec, p. 93, 
Lassus.) 

Pour cntaillier .v. gargoulles et .v fil- i 
loles pour le dite pavole. (1344, Trav. aux ' 
chai. d'Art., Arch. KK 393, f» 94.) 

Les /(/(o(Mqui meuvent des angles (136« 
Dclib. du chap. de Troyes, f» 7, Arch. Aube.) 

Saingles planquelles a .ix''. pour les 
fioles de retraicles d'un pont, a .xvin*. la 
pièce. Pierres de deux pieds et demi em- 
ployées aux fioles. A Jehan Le liov, tailleur 
de gretz, .xviit. 1., pour avoir "tailié les 
pierres des deux fioles et tourelles faites 
aux deux hcles. (1412, Péronne,ap. La Fons 
Art. du Nord, p. 193.1 ' [ 

Filloclles. (1419, Aaleuciennes an la 
Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Audit Michelet pour deux anchappemens , 
dessus lesd. deux fyoles. (1471, Compl. de i 



FIL 

Neoers, CC 65, f''40 v»,Arch. mun. Nevers. 
La dicte establie pentement faicte de 
clerevoies, arches, pilliers a fiolles et con- 
treboutentz. (1485, Entrée et séjour du roy 
Charles VIII a Rouen, Mém. des Ant de 
Norm., 2" série. 10» vol.) 

Les .nu. fiolles desoubz les cloquis de 
S. Berlin. (1498, S.-Omer, ap. La Fons, 
Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Et au. millieu de la dicte ligne endroit 
du pillier ou fiolle entre les dictes voultes 
(IbOO, Partition. Barbier de Lescoet. Arch 
Finist.) 

Filloele. (1S80, Valenciennes, ap. La 
Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

2. FiLLOLE, s. f., pampre : 

La vigne par après en porte plus aisé- 
ment, quand on esmonde les filiales avec 
la main, et qu'on la laisse fortifier en son 
bois. (Du Pinet, Pline, xvii, 22, éd. 1366.) 

Voila donc comme s'engendrent les 
bourgeons, les filiales, les roisins... des 
vignes. (ID., j'6., xvii, 21.) 

FiLLOLER, V. a., garnir d'un filet : 
j A Estienne Chartier, qui a payé pour 
ung quarteron d'or parti et en fil, pour 
fUloler lesdiz chappeaulx; pour ce, 2 sols 
p. (Extr. des reg. orig. des comptes de la 
ville d Orl., ap. Quicherat, Procès de Jeanne 
dArc, Y, 312.) 

FiLLOLix, s. m., ornements de filigrane: 
Audit Jaquet pour quatre chappons de 
haulte gresse présentez audit connestable 
par ledit Jaquet... Pour l'appareil desdiz 
chappons, fleur et fillolix. {Compte de Ja- 
qicet Deloynes, 1424-1426, Forteresse, 
Uespense, vil, Archiv. mun. Orléans.) 

1. FiLLON, faillon, s. m., petit garçon : 
Deu Colas, faillon. (Rab., IV, 6, éd. 1552.) 

Les Lorrains, ce dit on, sont pens de bon affaire. 
Bon Colas, bons faillons, bons hommes de maris. 
(Passerat, Oetw., p. 305, éd. 1606.) 

2. FiLLOx, s. f., fillette: 
Faces sadinettes, 
Plaisans godineltes, 
Belles a choisir. 
ruions on fillettes. 
Blanches, vermeilleltes. 
C'est tout mon désir. 

(N. DE I.A Cbesnaye, Comdamn. de Bancçiiet, 
I p. 3(Kï, .lacob.) 

Car elles estoient tontes belles filions. 
(Vers sur V Entrée de Ch. VIII à Troyes, Gro«l , 
Ephém., I, 132.) 

3. FiLLON, voir Fellon. 

1. FiLLOT, S. m., le foie et la râtelle de 
porc enveloppés dans la toilette : 

Des fillols de porcs. (24 mars 1394, Trans. 
Arch. unin. Dijon, Très, des Cbart . E 1 
12, c. I.) > > • 

Aujourd'hui, à Dijon, on dit encore dans 
le même sens fillot, filleu. 

2. FILLOT. s. m., petit garçon ; 

Mais Charicle se sentit tellement passion- 
ner a la naissance de ce fils qu'il estima 
n y avoir raison ni apparence que celle qui 
avoit porté un si beau pelil fillot, fust plu? 
appellee courtisane. (Ctbe Forc.^ui.T, Epil 
d Anstenel, p. 80, Liseux) 



Bourg., Yonne, et Morvaii, fillot, fillou 



FIM 

FiLi.OTE, s. f., pptilp fille : 

Lu.; ijetitp, filloU: [Ordin. Tancrei, ms. 
(le Sulis, !" 58'.) 

Il portoit en un bissac petites ftllottes de 
l'aape de deux ou trois ans. (Rab., Il, 15 
ap. Chambure, Gloss.du Morvan, p. 358 I 

Bmir?., Yonne, fillote, filleule. 

FibLOTEUR, S. m., celui qui court les 
lilles: 

Qu'ilz soient renommes fiUotetirs et hau- 
teurs de femmes. (Prônes d'nng curé de 
Cysoing, ms. Lille 100, xV s.) 

FiLLOiiER, voir FiLoin. 

FILLOY, S. m.? 

.III. livres defilloy. (18 nov. 1392. Vent. 
de meubles de la mairie de Dijon, Arcli. 
Oôte-d'Or.) 

FILLl'EL, voir FILEUL. 
FILLUELXGE, VOIT FlLLOLAGE. 

FiLoiR, fillouer, s. m., atelier où l'on 
fabriquait du fil, de la corde : 

(Location pnr la ville) « d'un /îHoMgr près 
ladicte tour que souloit tenir Hector Gidoyn, 
n'en a ledit recev receu aucuue chose. » 
(XV" s., Compte municipal d'Orl. servant de 
couverture à un reg, des baptêmes etc. de 
la paroisse de Chécy,ponr l'année iloô.) 

FILObAGE, voir FlLLOLAGE. 

FILON, voir Fellon. 

FiLOPE, s. f., frange, efflloqne : 

Se vous avez chambre ou estage ou il 
ait très grant repaire de mouches, prenez 
petis floqueau.x de feuchiere et les liez a 
Blets comme filopes et les tendez, et toutes 
les mouches s'y logeront au vespfe : puis 
destendez les filopes et les gectez hors. 
{Ménagier, I, 172, Biblioph. fr.) 

1. FiLOT, s. m., filet: 

A .Jehan Cordier pour .v. livres de /Ilot a 
faire des cordes d'aubelestes, a .n. gros la 
livre, pour ce .XVI. s. .viii. d. t. (1418, 
Compt. de Nevers, CC 24, 1° 17 v», Arch. 
muu. Nevers.) 

- Fis. : 

Mas en la seneure de lor plaies apparut 
entor le col ausi cum uns filoz roiges. 
(Amis et Amiles, Nouv. fr. du xiii» s., p. 72.) 

Morv., fîlot, filet. 

2. FILOT, S. m. ? 

Entre le pont de Rabourdin et le filât de 
Canteleu. (Charte de 1273, Moreau 198, 
f» 21 r», Richcl.) 

filotii;h, felotier, s. m., fileur : 
Fclotier, filator. (1464, .1. Lagadeuc, Ca- 

thoticon, éd. Auffret de Ijuoetqueueran, 

Bibl. Quimper.) 

FiLTAssE, s. f., race : 

Pe mon sranl feu Tcnlj faire mon ilcvoir 
A les hrnslpr cnix cl tonl lenr pliasse. 
(IS.'îO, la Compl. des quatre éléments, Poés. fr. 
lies nv" et XVI' s., XI, 2-22.'» 

Pii.unF, voir Fii-eure. 
FUI, s. m., rcspiralion, haleine : 



FIM 

I,i rois l'ot, de doiilor se pa«nie ; 
.Noirs devint et vpiz comme basme : 
I>e di,'mie loee plaioe 
^'ea sentions jlm ne aleine. 

(lUancandin, Hichel. 1915-2, f 18!)\) 

1. FIMBRE, S. f. ? 

Je ne vueil point magnifier les fimbres 
ne l'orgueil de nature corrumpue. (J. de 
Salisb, Policrat., Richel. 24287, 1° 73=.) 

2. FIMBRE, voir FfEMnnE. 

FiMBRiE, - brye, fym., fin., s. f., bord, 
bordure, frange qu'on mettait au bas d'un 
vêtement ; 

S'il font eavres qui bones soient, 
C'est por ce qne les genz les voient ; 
Leur philateres eslargis'^ent 
Kt leur flnbries agrantissent. 

(Hase, Richel. KIZ, F 98^) 

Et lor flmbries agrandissent. 

(/*., 11830, Méon.) 

Il leur estoit commandé de faire franges 
et fimbries au dessoubz de leurs poilles et 
vestemens. (Prem. vol. des Exp. des Ep. et 
Ev. de Kar., f» 46 r", éd. 1519.) 

Une femme par l'espace de douze ans 
avoit souffert le flux du sang, laquelle vint 
derrière nostre Seigneur Jésus Christ et 
toucha les fimbries de son vestement. (Ib.) 

Son chef estoit couronné d'une couronne 
d'or, et estoit vestue d'un surcot de drap 
d'or frisé de rouge, dont les fymbries es- 
toient semées de perles fines. (J. Bou- 
CKET, la Noble Dame, f" 28 v», éd. 1336.) 
Var., les fimbries. (Edition citée par Ste-Pa- 
laye, f» 59".) 

- Fig. : 

Les retformez se trouvèrent en peu de 
temps dans cette ville jusques a quinze 
cents hommes, avec lesquels ils délibé- 
rèrent d'estendre leurs fimbries, première- 
ment par un fort a Sainct Georges, puis 
après parla prise de l'Abergement. (D'Au- 
BiGNÉ, Hist. Univ., l. III, c. cxv, 1» éd.) 

L'édition de 1626 porte : leurs bor- 
dures. 

FiMniîiER, fymbrier, v. a., franger, 
border : 

Vestue d'une robbe de satin de couleur 
aeree, fymbriee par les ouvertures et pour 
le bas de fine broderie de trois granz doigts 
de large. (J. Bouchet, Trinmphes de la 
noble Dame, f» 42 v», éd. 1536.) 

Sur ses cheveux pendans sur les es- 
paules avoit une guimple de fine toile de 
Hollande, fimbrice de riche orfavrerie. (Id., 
ib., édition citée par Sainte-Palaye, f" 6.) 

FiME, voir FlEN. 

FIMEAGE, voir FmiAGE. 

FiiviENT, figment, s. m., matière dont 
une chose est formée, argile : 
Dnn ne sez tu de qnen pment 
Ta es vennz a naissement? 
(Den., D. de Nom., Il, 0-219, Michel.) 
Le misérable /ijment dont nous sommes 
produis et faits, ((i. Chastrll., Chron. 
des n. de Bourg., III, 113, Buchon.) 

Parquoy nous a esté nécessaire une 
aultre recreacion et renovacion en Jesu 
Crist, ouquel summes une nouvelle créa- 
ture et ung nouveau figment. (J. Bouchet. 
la Noble Dame, f» 164 v», éd. 1.^36.) 



FIN 



5 



— La chose formée elle-niftnie ; 

Ne faut comprendre a ce figment le 
tant renommé ouvrage des tuilleries de 
Medon. (l'rint. d'I'Dfr, p. 274, éd. 1588.) 

FiMPORT, s. m., requête ou aveu de 
proches parents de la partie, qui consen- 
taient qu'un tel se chargeât de la poursuite 
d'une affaire, et se déclaraient parties, 
en cas que celui là ne pût achever la 
poursuite. 

C'étoit,dit Laurière, Gloss. du Droit fran- 
çois, une tonne qui oblif-eoit un deman- 
deur à faire venir et joindre au procès 
tous ceux qui pouvoienl prétendre droit, 
interest, ou portion en la même action 
qu'il intentoit: et jusqu'à ce, que le déf- 
endeur n'étoit tenu de repondre, ny 
défendre. 

Fimporl, a forme of law, binding a plain- 
tifT to fetch, and make join in suit -with 
him, ail such as can prétend any right, 
interest, or portion in Ihe thing which he 
means to recover. (Cotgrave, éd. 1611.) 

FiMPORTER, finporler, s. m., synon. di' 

fimport : 

Et emprez l'adjournemcnt connu, de- 
manda celuy Tournemine ûnporter ou re- 
queste des cousins et prochains dudit feu 
de Beaumanoir. (1383, //'S(. deBret.,t. IT, 
col. 664.) 

1. FIN, fain (par abus de la rime), s. 

f., terme ; locution, prendre /in, s'arrêter ; 
En pied se lèvent li enfant de haut pris, 
Jusqu'au palais ne prièrent onqnes pa. 

(Garin le loh., 1" chans., xxu, p. 79, P. Paris.) 

— Accommodement, composition, ar- 
rangement : 

Se i'ai mesprins envers le dnc Garin, 
La en iert faite et accordance et pn. 
(Garin le Loh., ï' chaos., \x, p. 287, P. Paris. 
Qne manderes Froment le posteis? 
Prendres en vos acordcnce no pn ? 

(Les Loh., ras. Montp., f° 88" ) 
Prendront en il acordance ne pn .? 

{II/., f 88''.) 

.la en fust faite acordanco et pn. 

(li., P 88'.) 

De cesie Rncrre fnst acordance et pns. 

(Mort de Garin, 2fi.S, da Méril.) 

Qnanl Bnrgoignon e Pcilevin 
Oirenl parler de la /i'i 
Qne volent faire li Fran-eis 
Knsemblement od les Dancîs. 

(Ben., D. de Sorm., II, .lUii.S, Michel.) 
Quant li soen oenl la manace 
Qu'antre Pn ni porra trover, 
Ne li osèrent pas loor 
(,ine il s'i laissast asaillir. 

(In., a.. H, 9-233.) 

11 n'en a home ne vcisia 
Od qu'il ne face paiz e pn, 
liaison c leaulé e drril. 

(Id., ib.. Il, 12079.) 

Paix, fi.ns et escors sont fait entre oulz. 
(.Mars 1295, Ck. de Ferri, D. de Lorr., 
Mureau, Arch. Meuse.) 

A quoy le roy respondit que volontiers 
il se y trouvcroit et partiroit incontinent 
qu'il anroit faict une fin touchant les af- 
faires de Bretaigne. (Bouchard, Cliron. de 
Bret., fM33^ éd. 1532,^ 



FIN 



FIN 



FIN 



— Manière : 

A gnot paÏDe a Sébile cel termine andoré. 
Mol» crient de Bandoin qne ne l'ait oblié, 
A Helissint a molt loqis et demandé 
Se sel an noie /!« comment ce est aie 
Qqe lor .11. ameor sont ensi ansarré. 

(J. Bno.. Sur.. c.\i\t, Michel.) 

— Frontière, limite : 

Dedens le? rtiii et le? mettes de la dicte 
baronnie. (.V/ni. de dom Sim. Diibosc. ab. 
de Jumteg., tin du xiV s., Arch. S.-Inf.) 

En ce lenip? la, dii CTand Luther, fils de 
Pluton infernal, les disciples et ministres 
par nombre infinv descendirent de? hautes 
fins des AUenirtfmès. (BELLEFORBSTSjCftron. 
et Ann. de France, François I", an 15*1.) 

... Ft sa Tois gratii-nise 

Partint ani fin-t de terre spacieuse. 

(Cl. MiR.. Baladin, éd. 1596.) 
D'Ter» Haynant. snr les fins de Cbarapaifme. 
E<t arrivé le bon dnc d'Aleoçon. 
(ID., Ballad. arrir. if M- i'Alnç. en Baijnaiil, 
éd. 1596.) 

Strasbourc est une ville assise sur les 
/In3 de la Gaule Celtique. {Yoy de if. de 
Rohan faict en 1600, p. 6. éd. 1646.1 

— Par extension, territoire : 
Oien, par ton nom qoi est donblauble. 
Ses anemis. ces mali dianble. 

En fins de Mets venlies bonteir. 
(Palfnoslrf, 3J. ap. E. de Bonteiller. Guerre de 

Helx. p. 36t.) 

Une pièce de terre qui siet en la fin 
d'Arbois. (Mardi av. Pentec. 1470, Arbois, 
Arcb. Jura.) 

En lad. ville, fins et limites d'icelles. 
(Lelt. de Fr. l",3l mai 1S33, Arch. mun. 
Thiers.) 

Il ne lui estoit loisible, pendant son ma- 
gistrat, vider les fins du pays. (PASQ.,ile- 
cherch., 1, il.) 

En Egypte, aux/!»«des Troglodytes. (G. 
BorcHET, Serees, iv, 247, Roybet.)" 

Fins, limites de terroir. (Monet.) 

— Finance, argent : 

Et moolt se (ait lie de grand fin. 

(Parlon. ie Biais, 10317. Crapelcl.) 

Ne sont pas toot honni li franc ne li villaio : 
A<aric« les fait songent Tiser a(u) fain. 

(B. de Seb., i, 870, Bocc^.) 

Ganfrois seroit bien dignez d'aToir terre et grant fin. 
(/»., I, 918.) 
Qaant il n'ot pins de fin. 

(/*.. XII, lOî.) 
Tôt esloit clos de mot marbrin, 
Qni bien fn orrei de grant fin. 
(Rti. DB Bf.acji;u, li Biaas Drsconnetis, 4207, 
Bippean.i 

El quant faille li ert fins, 
Adont pronmetoit par bcsoinene. 
Et aprics estoit en grant soinjine 
De (aire tant qne /lu eoisi 
De quoi aqniter se pcni^.t. 
(J. Dt Co.NDi, Ujriau. de hûriem. el ie largecc. 
16«, Scheler.) 

— Faire fin, payer : 

l'ar messire Tristan al fait fin ,. 
(Jeb. des Vttta, Cette d'- Lit'fe.M, I30:;2. 
Scheler. Clou, philol.) 

— Veines de la pierre : 

11 y a certaine? picrricres, desquelles la 
pierre a un nombre infini de fins, combien 
qu'elles 8c tiennent en une masse, si est 



ce qu'en mettant des coins par dessous, 
elle se fendra aisément, et se lèvera en 
sus. (Pallissy, Bccepte, Cap.) 

Dont se commencera un lict a part, el se 
trouvera une séparation en ladite roche, 
que les pierreurs appellent une fin. (Id., 
«6.) 

— Résistance : 

Qne contre ses cops n'at halbert ne hyalmes fins. 
(Jeh. des Preis, (iesie ie Liège, II, l.ïl, Scheler, 
Gloss. philol.) 

— Mener forte fin d, traiter rudement : 
Il regarda que une fois les deux seurs 

jouoient aux tables, avec deux chevaliers, 
mais l'aisnee tensa a l'ung des chevaliers, 
et luy mena forte fin ; mais sa sœur moins 
née, qui aussi avoit perdu, ne faisoit sem- 
blant de sa perte, ains faisoit aussi bonne 
chiere comme se elle eust tout gaicné. 
{Liv. du Chev. de la Tour, f» 8\ ap. Ste- 
Pal.) 

— De fin, loc, sùremeni, infaillible- 
ment : 

Et qnanl li amiraais Tu pris. 
De fin cnidoit estre ocis. 
I (Florimont, Ricliel. 353, fil''.) 

; — Par fin, tout à fait : 

I Li escaiers, mnsars et faus, 

Respont : Sire, pnet che voirs estre? 
— Oil par fin, che dist li prestres. 

' (Du Presire et iu Cheralier, Montaiglon et Ray- 

I nand. Fabliaux, II, 72.) 

— En fin, pour toujours, à perpétuité : 
Ai delessié en fin et en perpétuel héri- 
tage. (Mai 1307, Vente de Rob. Marie, Ste- 
Barbe, Arch. Calv.) 

— A fin, dans le même sens : 

A portées bien et em pez affin et a héri- 
tage les diz vint et quatre solz de torneis 
iFête de S. Sim. 1282, Ck. du Vie. de Bay., 
Liv. noir, Bibl. Chapit. Bay., f» 108 r°.) " 

Fin que il a vendu et otreé et deu tout a 
fin delessié. (Août 1284, Ch. du bailli de 
Caen, S. Etienne, Arch. Calv.) 

11 a vendu et delessi a fin em perpétuel. 
(Fête S. Sim. 1284, Chap. de Bay., Arch. 
Cilv.) 

A vendu et delaissi a fin d'en tout en 
I. de 



tout. (Janv. 1290, Chap 
Arch. Calv.) 



Bay., n° 214, 



A delaissi a fin as diz hommes honora- 
bles. (Mai 1293 Ck. du Vie. de Bay., Chap. 
de Bay., Arch. Calv.) 

Recognut soi avoir vendu et delessié 
a fin en perpétuel héritage. (1307, S. Tau- 
rin, Periers, Arch. Eure.) 

— A fin de, h titre de, comme: 

Que il ne demourge a/fin d'erltage as diz 
religieux et lour sucessour. (1309, Ch. du 
g. du sceau de Caen, S. Etienne, Arch 
Calv.) 

Il a pris en fieu et affin d'eritage. (Sam. 
apr. nat. S. J.-B. 1324, Ch. du garde du 
sceau de Bay., Cordillon, Arch. Calv.) 

Avoir prins en fieu a fin de heritaige. 
(.Mai 1379, Ch. du garde du sceau de Bay., 
Cordillon, Arch. Calv.) 

Avoir baillié en fieu e.la fin de héritage. 
(12 mai 1407, Ch. du g. des sceaux d'Auch, 
S. Etienne, Arch. Calv.) 

— Fin a, adv., jusqu'à : 



Fin a Andrianople. (Liv. de la Conq. de 
la Moree, p. 15, Buchon.) 

— Fin a tant que, jus(iu';i ce que : 
Jura Dieu et son benoit nom que jamais 

dou siège ne partiroit fin a tant qu'il eust 
pris la fortresse de Malevesie. (Liv. de la 
Conq. de la Moree, p. 92, Buchon.) 

Fin a tant que il alast. (/6.) 

Que les. priors puissent paier et tenir la 
baillie la ou ils trouveront qui la vueille, 
fin a tant qu'il leur soit sattisfait de ce 
qu'ils auront despendu. (143b, Est. de S. 
J. de Jer., Arch. H. -Car., f» 66».) 

Que le lieutenant puisse user des reten- 
dons fin a tant que le maistre soit a Roddes. 
(Ib., f 89\) 

— Pour fin, enfin : 

J'ay cognu un cardinal Vitelly, très bon 
partisan françois et galant homme ; pour 
fin, c'a esté tousjours une brave race. 
(Bra'nt., Grands Capit. estrang., 1. I, c. 
XXVII, Bihl. elz.) 

— Fin marque le but ; îoc, à la fin de, 
comme o fin de : 

Pour ce est il donques raison que les 
biens que pevent et doivent faire ycelles 
gens qui honnour d'armes veulent avoir et 
acquérir soient un po esclarciz, a la fin de 
en avoir cognoissance. (G. de Charny, Lit). 
de Cfteuai. ,ms. Brux., f» 112 v».) 

Suisse rom., Vaud, Neuchâtel et Fri- 
bourg, fin, étendue de terre arable. « La 
^n de Peseux . » 

Nom de lieu, Enirefins (Inter fines), lieu 
situé dans la commune d'Adries, sur l'an- 
cienne voie de Limoges à Poitiers. 

2. FIN, adj., au sens moral, délicat, 
tendre : 

Prenez conseil bon et loial et fin. 
(Garin le Loh., i° chans., I, P. Paris.) 
.\$ feniestres de marbre fa la pacielle fine. 

(Chev. au cygne, 15081, ReiEf.) 

Ki l'avoit amé de cuer fin. 

(MocsK., Chron.. 375, Reitf.) 
Je sais li /i:is desirans 
Ke ne paet sa joie taire. 
(Aboins de Savene, Chans., ms. Berne 3S9, 
r 79 r°.) 

Mes tant est ses fins cners loiaus. 

(Rose, ms. Corsini, (° 88''.) 

Cil i'aimme com s'amîe fine 
Et elle lui com ami fin. 

(Frrgus, p. 273, Michel.) 
De termes sont lors rjs moillié, 
Sourdans de fin cuer amourens. 

(Couci, H17r>, Crapelet.) 

— Fin s'employait devant beaucoup de 
substantifs pour exprimer une idée de su- 
perlatif, pour dire extrême, complet: 

Voir est qao molt moral de gent an Ronceiax, 
Et anz ou Val Béton ou fu Karles Martlaï, 
.\ Cambraisis qaut fu ocis Raous li mai, 
I-]n -Aspremont qant fu couqise Durondars, 
Ou plain Vinmeu ou Gormonz lit estai 
Ancontre Loeys qi fu prox et loiax : 
Tôt ce fu fins neans ancontre cez jornax. 

(J. BoD., Clians. des Sas., cxcm, Michel.) 

Kl bien commence bien deûue, 
I C'est yeriles et saiane et fine. 

I (Guillaume, H irais Bestiaires ie la devine escrip- 
I lure, Richol. 2168, f» 188''.) 



FIN 



FIN 



FIN 



Siic, ce Jisl llollans, c'est finr veriles. 

(Fieratras, 5511, A. P.) 
Il covient a Ane force que tu le me 
rendes céans dedans l'eure que je t'ay dit. 
(LDCESDEr.AST.irnsten,RicheU01,f<'48v''.) 
Si que par /ine paour n'osèrent... {Grand. 
Cron. de France, l'Istoirc du gros roys 
Loys, XIX, P. Paris.) 

H escouviot a fine forco 
Qoe li qnfns, sanz frneres étendre, 
Veniat la son pais dcfTenilre. 
(Gdiart, lloij. lign., 13'3i, W. et D.) 

A pol qne de fin duel n'est li ber forsenes. 

(Gaufrey, SSfiS, A. P.) 

L'istoire nous dit que Geuffroy et ses 

gens sengloient par la uier a veilles tendues 

et a force de vent qu'ilz avoient a fin sou- 

het. (J. d'Arbas, Melus., p. 301, Bibl. elz.) 

Et de fine ire et courroux il occist son 
frère Anion. (Lie. du Chev. de La Tour, 
c. LXI, Bibl. elz.) 

Mfin heritape a james. (Mardi apr. 
reniiniscere 1391, S. Pol de Léon, Arch. 
Finist.) 

Devoit a la ville du temps passé et de fin 
compte fait... (1404, Compt. de Nevers, 
Arch. mun. Nevers, CC 12, f" 5 v.) 

Au ^n conmencement de la saison. (CoM- 
MYNES, Mém., IV, 1, Soc. de l'H. de Fr.) i 

Au long de la rivière, et sur le fin bort. 
(ID., î6., 1, 9.) 

Sur la fine poincte du jour. (In., ib., i 
l,xi.) 

Au plus fin matin, je veis que le temps 
estoit changé comme s'il vouloit plouver. 
{Les Evang. des QiienouiU., p. 92, Bibl. eh.) 

Elle a en soy des biens a fin sonhaict. 
(Vii.i.0N, Granl Test., Bail, de la grosse Margot, 

Jonaust, p. 102.) 

[C'est) tont an fin commencement. 
I Farce de Pernet qui va a l'escolle, Ane. Th. fr., i 

II, 3S5.) j 

MaISTRE MlMlN. 

Mon ciienr et ra'nraonr je Tons donne.) 1 

La Bru. 
Et a magisler, de cuenr fin. 
{Farce de Mimin, Ane. Th. fr.. Il, 355.) 
Je les rens grobis et monssns, 
Tont an fin fesie d'nng sollier. 
(CoauiLL., Blason des Armes, II, 168, Bibl. elz.) 

Et a fine force d'armes l'empereur coni- 
batit Belangier... (BoccACE, Noblesmalheu- 
reux, Vlir, 7, f° 223 r», éd. 1S15.; 
En plainclz pitenx j'ejibe ma science 
Quant j'ay fin froit, je prens en patience. 
(R. DE COLLERVE, Rondeaux, tix, Bibl. elz.) 
Et da fin bont dn long bois qu'elle porte 
De grand Tigneui donna contre la porte. 

(Cl. Mar., Met. d'Ov., 1. II.) 
Tous ces lirans en un petit moment 
Choir les ferons an fin fen de l'enfer. 
lia Polymachie des Marmitons, Poés. fr. des xv" et 
\i\° s., VII, 54.) 

Telle ville, qui auparavant leur estoit li- 
mitrophe, du costé de Levant, estoit lors 
située au fin cœur de leur pays. (Pasq., 
le Pourparler du Prince.) 

Je crois qu'il ne se rendra qu'aine force. 
(Cholieres, les Apresdinees, viii, f° 79 v, 
éd. 1S87.! 

Tout ce qu'on dit d'une Lucresse, Cas- 
sandre, et autres sont fines menteries. 
{Print. d'yver, p. 154, éd. 1S88.) 

— Il s'employait adverbialement avec 
iiii adjectif ou un participe passé : 



Trestout fin plain nng bcnoistier. 
(ViLi.oM, Grant Tesl., I.ays, 15:i, Jonaust, p. 113. i 
Il est tont fin faict. 

(Farce de Jotijel. Ane. Th. fr., I, ai.) 

Il est tont fin fol par dessonbz. 
(Sollie dn RoiJ des Solz, Ane. Th. fr., II, -229.) 

Tont fin nn en belle chemise. 
(CoQDiLLAriT, Monol. du Puijs, II, 258, Bibl. elz.) 
Versez dn Tin et leur donnez 
Du fin meilleur ? 
(N. de la Chesnate, Comdamn. de Uanc/uet, 
p. 292, Jacob.) 

Pour tout fin vray. (Palsgrave, Esclairc, 
p. 866, Génin.) 

Tenez, nostre ame, plein tanquart du fin 
meilleur. (Rab., 1. IV, c. xxil, éd. 1532.) 

Je vous sacrifieray un bon et grand 
pot de laict tout fin couvert de belles 
frayres aux Ides. (1d., 1. IV, nouv. prol., 
éd. 1552.) 

Si TOUS voulez en donner uue bonne (baqnenée), 
Sçavez comment Marot l'acceptera ? 
D'aussi bon cuenr comme la sienne il donne 
Au fin premier qui la demandera. 

(Cl. Mar., Epigr. au Roy de Nav.) 

Monsieur le duc de Guise, pair de la lieu- 
tenance de l'Etat et couronne de France, 
mettez vous tout le fin premier pour ce 
coup. {Sat. Mén., ordre tenu pour les 
séances.) 

Si je m'en fusse creu, a tout hazard, 
j'eusse parlé tout fin seul. (Mont., Ess. 
III, 12, p. 187, éd. 159S.) 

Je vous demande si vous pourrez avoir 
un père Barnabite, car M. Roland est a 
compter d'argent. Que s'il ne le peut, bon- 
nement renvoyez moi, et je vous pourvoi- 
rai bravement, et tout au fin pis, ce sera 
d'un pauvre evesque quevous aimezcomme 
vous mesme. (Fr. de Sal., Nouv. lelt.inéd., 
h mad. de Chantai, lettre 301, Datta.) 

La pauvreté y est démesurée ; et les en- 
fans du séminaire tout fin nuds, deschaux 
et transis de misère. (Id., Lelt. a Ch. Emm., 
11 déc. 1620.) 

Et encore au xvn" s. : 
Je me coucbis tout fin nu. (Cyrano de 
Bergerac, Pédant joué, V, 10.) 

— Dans cette manière de dire il pouvait 
s'accorder avec un adjectif féminin : 

Et elle estoit si fine belle 
Que n'aToit dame ne pucelle 
Eus et pais qui l'ataindist. 

(Couci, l.Sl, Crapelet.) 
Apres la baniere Tcrraeille 
Venra une autre despareille 
Qui sera tcute fine noire. 
(Tragédie de la vengeance de J.-C., ap. Parfaict, 
Uist. gén. dit Th. fr.) 

— Adverbialement, fin, totit fin, s'em- 
ployaient de même devant un adverbe : 

Il estoit tout fi» plat dessus. 
(Farce d'un gentiùiommc. Ane. Th. fr., I, 262.) 

Tont fin plat je te cry mercy. 
(Farce de frère Guitlelierl, Ane. Th. fr., I, 317.) 
Qui s'en Tiengncnt diligamment 
Tout /!n droit au port cy descendre. 
(Mysl. du siège dOrt., 480, Guessard.) 
.le le feray tout fin mayntenanl. (Palsgr., 
Esclairc, p. 806, Génin.) 

Jamais, jamais, au grand fin jamais. 
(H.\n., m, 11, éd. 1332.) 



Tncore leroit il conscience 
De ne la prendre en patience. 
Tout au fin moins ponr l'espronver. 

(Grevi«, les Esbahis, u, 2, éd. Ia62.) 

Et sur tout ce peuple des passions sen- 
suelles, la volonté tient son empire, reje- 
tant leurs suggestions, repoussant leurs 
attaques, empeschant leurs eflects, et au 
fin moins, leur refusant fortement son 
consentement. (Fr. de Sales, Am. de Dieu, 
1. I, c. 3.) 

Cette manière d'employer l'adjectif fin 
s'est conservée dans beaucoup de pro- 
vinces. On dit encore en Lorraine, fin 
plein, pour tout à fait plein; en Picardie: 
« Il est fin bêle, » — « Toute fine seule. » 
— « J'ai fin froid » ; dans la Beauce le 
fin mitan, pour le beau milieu; dans le 
district de Valenciennes,il est fin sot; dans 
le pays wallon et la Suisse romande, il est 
fin saoul; dans le Jura. «Elle est /îne belle,» 
pour dire qu'une jeune fille est très belle. 
On trouve dans le Glossaire du centre de la 
France par le comte Jaubert: — « Le /înbout 
de mon bâton » — i La fine pointe d'une ai- 
guille » — fin bord, loc, tout au bord : 
« Le fin bord d'un fossé. » —Fin fait (faîte), 
loc, point extrême de l'élévation : « Le 
fin fait du clocher. • — « Fine pointe du 
jour. » 

Bourbonnais, fin, habile, savant. Nor- 
mandie, Orne, un hœwlfin, un bœuf pourri 
gras. 

FiNABLE, adj., sujet à linir: 

[N'i a chose qui soit estable, 
T'ot trespasse, tôt est finable. 
(Rom. des trois Ennem., Ars. ."1201, p. 262'.) 
Laquelle (l'âme) est tonsjoars pardurable. 
Combien que le corps soit finable. 
(J. Lefebvre, Hesp. de la mort, Richel. 994, 
f» -'.) 

Auquel mort éternelle se transmue eu 
mort temporelle non finable. (G. Chas- 
TELi.., Chron.duD. Phil., Iulrod.,Buchon.) 
Relray ton ruer de ce règne finable. 
(Id., Epist. au duc de Bourg., vi, 165.) 

— Final, définitif, arrêté, déterminé, 
lixé ; 

Par composition et compte /irtoh/e. (1314, 
Arch. JJ 50, f° 42 r°.) 

Ce est la deliberacion et le conseil finable 
de la ville de Thoulouse... sur le tait des 
monnoies. (1314, Arch. J 459, pièce 23, et 
Mus., vit. 54, n» 32.) 

Les dessus nommez viez eschevins se- 
ront tenuz a rendre, et rendront bon 
compte finable de chasque année. (1333, 
Arch. adm. de la ville de Iteims, li, 706, 
Yarin.) 

Si n'en eut nulle finable response. (1376, 
Compt. de Valenciennes, n» 42, p. 17, Arch. 
muu. Valeucienues.) 

(Echo) répète et réplique les sons, les 
vois et les paroles, et par especial les rnos 
finables. (Evhart de Conty, l'robl. d Arist., 
Hichel. 210, f» 170'».) 

Ce fut toute la finable response que li 
messagier dou priuce en peurent avoir. 
(Froiss., Citron., VII, 58, Luce.) 

Finable conclusion faisant. {Traict. de 
P. Salem, ms. Genève 163, f" 24 r».) 



8 



FIN 



FIN 



FIN 



Le jour que tu dois venir pour tenir ton 
finable jugement. {La Pass. de J.-C, Maz. 
1313, f° 16*.) 

Escoute et retien briefve et finable pa- 
roUe : Délaisse tout et tu trouveras tout, 
renonce a convoitise, et lu aura? repos. 
(Intern. Consol., II, xxxii, Bibl. elz.) 

Se partirent les coinpaifnions, en pur 
leurs pourpointeaulx, soubz bon sauf 
conduit, réservé ceulx qui autresfois 
avoieut fait serment de la paix finable qui 
avoit esté jurée entre les roys de France 
et d'.Auf.'leterre. (Monstrklet, Chron., II, 
9, Soc. de l'Il. de Fr.) 

Mais la droicturiere et finable punition 
des damnez et le lover des bieneureux 
n'est pas a acquérir lès biens et honneurs 
transitoires de ce monde. (Al. Chartier, 
l'Espérance, p. 300, éd. i617.) 

— Qui conduit à la Qn, à la mort : 
Traître riaol, boordenr finable. 

(G. Chastill., rOttltré d'amour, ti. 81, Kertyn.) 

FfN.xBi.EMEVT, - avlemcnt, adv., d'une 
manière déûnitive : 

Ai vendu et finablement otreé (Oct. 1278, 
Venu de Guill. de S. H., Chap.de Bayeux, 
Arch. Calvados.) 

— Finalemeat, enfin; 

Finablemenl s'accordèrent lesdites par- 
lies que... (Pièce de 1361, Felibien, Hisl. de 
Paris, m, 4«1'.) 

Et furent finavlement tout mort.(FROiss., 
Chron., l, 383, Luce, ms. Amiens.) 

Finablemenl pour labonne,vraye et ferme 
paix entre iesdictes parties. {Piécede 1412, 
Felibien, Hisl. de Paris, 111, 528".) 

Et finablemenl firent conclusion île tout 
le peuple faire as?ambler.(Voi/. deCharlem. 
d Jérus., p. 61, Koschwilz.) 

Finûbtement seaol toqs voye , 

Sar les irosaes de majesté. 
(Grebix, Mut. de la pass., 18J3,ï, G. Paris.) 

Finablemenl, en la court du roy nostre 
sire a Tours, personnellement estably.... 
par le conseil, advis et deliberacion de plu- 
sieurs leurs pareus et amys. (28 sept.1489, 
Charlrier de Thouars, p. 237.) 

En telle manière qu'il ne fust, n'est et 
ne sera créature humaine qui n'ait dancé 
finablemenl a l'une d'elles (danses), ou a 
<leux, on a toutes. (P. .Mich.\clt, Dance 
auxaveugl., p. 4, éd. 1748.) 

V.iicy le temps si Ion; temps désiré 
Oo noi ayeox en raio ont aspiré, 
(Jni «nr l'Anglois finablemenl rnmcine 
La jaste fhejas) mais trop tardive peine- 
(JoACBiM DD Bf.li.at, ChanI Iriumphal mr le voilage 
de llùtlogne. Ree. de poésie présenté a Madame 
Marguerite, Paris l.-JOfl.) 

Ta es veno finablemenl, o Prince .' 
Et je tatoy si lone temps attende. 

On., Proxphonemalique.) 

PiNAGE. - aige, - a\jge,-eige, fign., fen., 
s. m., étondne d'une juridiction ou d'une 
paroisse : 

Es fignaiges delà Fcrté.(1231, Ch.d'aiïr., 
.Vrch. uiun. La Ferté-s.-Aubc.) 

C»ue les bestes alassent et pasturassent 
par toz les finagef entièrement des devant 
distes villes. (1*46, Louppi, I, 5, Arch. 
.Meurtlie.) 

Viçpe séant ou finaige de Landriville 
.Avnl 1268, PothierPK.'Areh. Aube.) 



Quant que il at a Pont eus appandises 
et ens fenaiges. (1276, Pont, Fiefs, I, 81, 
Arch. Meurlhe.) 

Oacqnes mais n'orent tant de biens comme cel an, 
>'e n'ont si bian finaiije d'anqnî jasqn'a mil aa. 
(Girarl de Ross., fi'iao, Mignard.) 

An tous les bans et an tous les fenaiges. 
(1304, Cart. de la Gr. Egl. de Metz, Ri- 
chel. 1. 11846, f» 123 v».) 

Es appendises et ou finaige de la dicte j 
ville. (C'A. de 1309, Gendrey, Fr.-Comté.) 

Au finaige de Orlenois. (1316, Chap. Ste- 
Croix, Arch. Loiret, G ii.) 

Au fignage dcDampmnrtin. (1331, Compfe I 
de Odart de Laigny, Arch. KK 3", f" 89 v».) j 

Ou territoire et ou fenayge d'Amont. 
(Sam. ap. purifie. 1357, Ch. des compt. de 



En estrainge fineige. (1357, Ecrit, prod. 
par les moin. di>. Reigny contre ceux de 
Pontigny, Arch. Yoiiue H 1554.) 

Sur toutes les terres, maisons que le 

1 dit Berthelin avoit et possidoit... en la 
i paroisse et ou finage de Villeperrot. (1369, 
Arch. K 49, pièce 41.) 

Les nations de toute Orient se humiliè- 
rent jadis en la famé du tyran Holoferne et 
.«e vinrent rendre a luy, ainsi tous les 
finages de la autour.(G.CHASTELL.,C/tro»., 
Il, 114, Kerv.) 

Pour quitter a M. de Savoye les jurisdic- 
tious et les finages de cinq places retenues. 
(Du ViLLARS, Mém., XI, an 1559, Michaud.) 

Les cinq places n'auroieut autre finage 
ou territoire que ce que pourroit contenir 
l'estendue d'un mille italique es environs 
de chacune d'elles. (Id., ib., XI.) 

Il doit résister a ceux qui vcullent occu- 
per les finages du peuple qui luy est com- 
mis de Dieu. (.Mart. du Bellay, Mém., I. 
IX, 1» 286 r", éd. 1569.) 

Et pource que la ville d'Oscane se voulut 
rendre, il fist gaster tout le finage d'icelle 
(ViGNiER, Bibl. hisl., II, 398, éd. 1S88.) 

— Borne, limite : 

Ce lieu., est en manière de dire le finage 
de In terre. (Amyot, Œuv. mêl., V, 243, 
éd. 1820.) 

Les roys voisins ont débat entre eux, 
pour les finages et bornes de leurs terres. 
(Du IIaillan, Est. des aff. de Fr., f° 132 r°. 
éd. 1580.) 

Finage se rencontre encore dans des 
auteurs du xvii" et du xviii" siècle : 

Thibaud même ne put être délivré, 
quelaue instance que le roy en 6t, qu'en 
la délaissant entièrement (la ville de Tours) 
et la Touraine avec ses dépendances et 
ses finages. (Mezerat, Abr. de l'Hist. de 
Fr., an 1042.) 

Thibaud voulut bastir une forteresse 
sur les finages des terres du Puiset. (Id. 
ift., an 1110.) 

Il possède k la côte, de Mongré la meil- 
leure du finage, dix arpens de vignes. (Res- 

TIP DE LA DRETO.NNE, l'Ecole dCSPérCS, t. I, 

p. 262.) 

Dans quelques provinces finage se dit 
encore de l'étendue d'une coinumno. 
Morv., finaige, limite. 

piNAiL, s. m,, lin : 



Pcccbee lapist au cnmençail. 
Mais trop mnstre mal an finail. 

(.S. Edward le conf.. 42113, Laard.j 

PINAILLE,- o/te, -alhe, s. f., fin, terme : 
Une voie est ki semblet l'omme bone, 

mais ses finalhes moinent a mort. {Job, 

Ler. de Lincy, p. 469.) 

I trovera, sans nnle faille. 
Si rois Floires a sa finalle 
Estoit Vennz 
(Pean Gatineah, Vie S. Martin, p. 8. Boiirriissé.) 

FINAISON, voir FiNISON. 

1. FINAL, finel, adj., perpétuel : 
Permutacions héritières et fineles. (2 

janv. 1530, Barbier de Lescoet, Arch. Fi- 

nist.) 



2. FINAL, voir Fknal. 

FINAL.HE, voir FlNAILLE. 
FINALLE, voir FlNAILLE. 

FiNA^iMENT, adv., finalement : 

Si en dedans lesdits sept jours et sept 

nuicts ledict acheteur ne vient recognois- 

tre ou soy opposer a ladite reprinse, le 

[ requérant doit estre mis finamment en 

l'héritage et maison par luy demandée et 

requise. (Co?^«. de iJHe, vir, 2, Nouv. Coût. 

I gén., II, 940.) 

FINANCE, S. t., fin: 

Et cil est fox qui recoramance 
Ce qu'il ne pnet mettre a finance. 
(GODEFR. DE Paris, Chron., i773, Buchoo.) 

Cliers seiiîaears, puis qn'il vous agrée. 
Je vous en voys faire finance. 
(Jacq. Milet, Dcsiruct. de Trotjr, 701 1, Slen^cl.) 

— Dou ; 

Le maistre de l'œuvre de la dicte église 
leur fera finance de charbon pour chauffer 
en la loige. (1382-S3, Compt. de lafabrique, 
Arch. Aube G 1559, f» 58 A r».) 

— Valeur : 

Les sommiers le cardinal d'Amiens ens 
esquels il avoit grant finance de vaisselle 
d'or et d'argent. (Froiss., Chron.. IX, 157, 
Kerv.) 

FfNANCHIERE, VOir FINANCIERE. 

FINANCIERE, S. f., propriétaire : 

Et Dame, qni est financhiere 
De tous les biens de mon poarpris. 
(A. Chart., l'Hospit. d'am., OEuv., p, 751, éd. 

ii;i7.) 

Ce povre triste douloureux 
Voit s^ financière de joye... 
(Id., ib., p. 749.) 

FINAVLEMENT, VOir FiNABLEMENT. 
FINBRIE, voir FIMBRIR. 
FINCHEMENT, S. 111. ? 

Item, .II. bottes de finchement pour les 
dictes hottes . .vi. deniers. (141,5-1416, 
Receptes de Boulogne-sur-Mer, p. 169, Ed. 
Dupont.) 

FiNcioN, - sion, finction, s. f., inven- 
tion : 

Ci conmence une amoureuse fincion 
atribuee a nostre Segneur Dieu. (Compos. 
de la >'. escript., ms. .Monmerqué, t. 1, 
f» 43 V».) 



FIN 



FIN 



FIN 



Finsion. (/6.,f»ol r».^ 
Finction. (Ib., f»53vo.) 

— Dissimulation : 
Sens nnllo finction. 

(Jeh. des Pbeis, Geste de Liège. 233G0, Scheler, 
Gloss. philol-) 

— Lâcheté: 

N'i ont fait /ïnc/ioBi-, 

Aios se sont defendos com Inpars on lions. 
(J. DKS Pbeis, Geste de liège, 26211, Scheler, 
Gloss. philol.) 

FiNCTiBLE, voir Faintible. 

FINCTION, voir FiNCION. 

FINE, S. f., fin : 
Ja n'y seray a fine. 

(Chev. an cygne, 18618, Ueilî.) 

Qui dedens .lericop m'en monstra le droit fine. 
<Ib.. 31938) 
Hai ! com Caiba la roine 
Feira grant doel sanz avoir fine. 
(Hercule et Phileminis, Richel. 821 , f î'.) 
En la fines^ conche le carpenter. 
(Proverbes de Frannce, ap. Ler. de Lincy, 
Pror.) 

— Mort : 

CoTOitise la forsenee 
E de Inxnre la raalvese, 
La deslieee, la pnineise, 
Qai pins ert amere qne fine. 
(Des S Ennuv! de l'homme, Richel. 19d-2.S, 
f» 126 V».) 

FINE, adj., banni, exilé : 

Senz estre du tout deshers et fineiz du 
pais, ilz ne pourroient supporter les prises 
de leurs voilures, blez, vins. (1374, Ord., 
VI, 79.) 

FiNEE, finnee, s. f., fui : 

Loez l'nnt, qnant il vint.jekea la flnee. 
(Horn. 2820, Michel.) 

La gnerre est entamep 
Contre je ne sçay qnel Didier, 
Si fanlt ponr faire sa finnee 
Qae bientost loi venez ayder. 

(Myst. de S. Did., p. 137, Carnandet.) 

FiNEGUERRE, "flnisseuse de gnerre, 
nom de l'épée de Gérard de Nevers : 

Donné li a si grant rolee 
Qne très le chief li est conlee 
L'cspee de si en la terre : 
Por cel cop ot non Fineguerre 
L'espee. 
(GiRE. DF, MoNTR., la Violette, 1831, Michel.) 

FINEIGE, voir FINAGE. 

FixEisoN, voir FINISOX. 

FiNEL, voir Final. 

1. FINEMENT, finn., s. m., fin : 

An finement de cesl escrit, 
K>a romanz ai Inrné et dit. 
Me namerai par rpinembraiince. 

(Marie, DU d'Ysofel, conclus., Roq.) 
Le cief c'est le conmcncement. 
La kene c'est li finemens. 

(De Thayaxe, Ars. 3.Ï27, f l.S'.) 

Toni cens qni laimment finement 
AfBne si an finement. 
Com ors reçoit sont affiné. 
(G. DE Coi.\a, Mir., ms. Soiss., f° inr'.) 
T. IV. 



Car pleurs et dolours et gemissemens 
ont esté le finement de œa vie. {Psaut., 
Richel. 1761, f» iO\) 

Le coraancement, 

Et le finement, 

No se acordent mie. 

(Caton, Richel. 23407, P 200''.) 

Del aver qu'il i prisl ne set hom le finement. 
(Ilorn, 3476, Michel.) 

Acordes vons an finement 
Ke faciès la besoinjno ensanle. 
(Jacq. d'Am., Art d'.im., ms. Dresde, Kôrt., 1C34.) 

Leur paioe durera sans point de fi.ne- 
ment. (J. Dupin, ^ferancolies, Ars. 5099, 
f» 16 V».) 

Les habitans de Tours furent si grande- 
ment espoventez, qu'ilz pensoient estre au 
finement du monde. (Cl. Haton, Mém., 
II, 973, Bourquelot.) 

— Fin de la vie, mort : 

Qne il l'ait mort et mis a finement. 

(Raoul de Cambrai, 6090, A. T..) 
... Jnsqn'a son finnemenl. 
(La Dame a ta licorne, Richel. 12362, f I r°.) 

Se j'avoie d'enfans en^^enré demy cent 
Et cieox les euist mis trestous affinement 
S'aroit il pais a my sans nés .1. maniaient. 
Por tant qn'il a s luvé my et mon casement. 
(Hisl. de Ger. de Btav., Ars. 3144, P 7;» r».) 

Piecha qn'estre denst menez affinement. 

(Ib., P 137 r°.) 

Il en enst Hnon mort et mis a/finement. 

(H. Capet, 3699, A. P.) 

Qni ne viennent .sinon ponr nous grever 
Et exiller nostre gouvernement. 
Mettre noz gens et nous a finement. 

(Jacq. Muet, De.ilruct. de Troye, 6180, Stengel.) 
Et veant son finement approuchier, elle 

conanut plainement et confessa que... 

(MONSTEELKT, Chrou.. II, 10b, Soc. de l'H. 

de Fr.) 

— Fin dn monde : 

De ci al jor del finement. 
(Ben., D. de Horm., II, 6810, Michel.) 

L'apostre dit veraiement 
Qne nostre sire an finement 
Le félon deable ocira. 
(GoiLLADME, Ilest. div., 2604, Hippean.) 

2. FINEMENT, adv., enfin, finalement : 

Se pitié ne l'en prend. 
Je sai qn'a estovoir 
M'occira finement. 
(Blond.de Neelle, Chans., v, p. 11, Tarbé.) 
Et li St Espirs ansement. 
Et cist troi sont .i. finement. 

(MoDSK., C/iroB., 5980, Reitf.) 

3. FINEMENT, adv., sincèrement : 

Si finement vos ai m'amor douée 
Qn'ele n'iert ja a nul jor dessevrec. 
(CAans. , dans les /'o?/. /r. av. t'M)ii. t. IV, ap. 
Sie-Pal.) 

Centre de la Fr. ^t Canada, finiment, en- 
tièrement, parfaitement, très bien. 

FiNEMUNT, s. m., fin du monde : 

Malt se claime chaitif, dolenz, 
Od la mer braire ot finemunt. 

(Ben., 0. de Norm., Il, 2102, Michel.^ 
Les portes oevrent a bandon. 
Si s'en issent lor gon fanon 
Cinc cenz e pins irestut d'un front: 
Ci s'apaieille finemunl. 
I (Id., ib.. Il, 3363.) 



1. FIXER, finyer, verbe. 

— Act., finir, terminer : 

Et qnant li mangiers pit finez 
Athis s'en est premier levez. 

(Mhi.i, ma. St Pétersbourg S4, f» 6'.) 
C'estoit grant horreur a oyr les lamen- 
tacions des navrez quy finoient leurs jours 
misérablement entre les piedz des che- 
vaulz. ( Wavrin, Anchienn. Cron. d'Englet., 
I, 186, Soc. de l'H. de Fr.) 

Le terme on sera finee 
Vostre piteuse destinée. 
(J.-A. DE Raif, Poèmes, 1. Vil, Lemerre, II. 333.) 

— Finer de, finir de : 

Or Biantris ne flna de plorer. 

(Les Loh., Ars. 3143. f 12'.) 

Amadas ne fine rf^errer. 
A grant joie, de terre en terre, 
Pour son los et son pris conquerie. 
(.imaldas et Ydoine, Richel. 375, f° 3179.) 

— Rén.,'être sa fin à soi-même : 

Comme il appert qu'elle (la sapience) 
n'ait fin hors soy, mais se fine soy mesmes. 
(Crist. de Pisan, Livre des fais et bonnes 
meurs du sage roy Charles V, 3" p., ch. 3. 
Michaud.) 

— Être terminé, être clos : 

En la fin de son compte qui se fina le 
darrier jour de juin. {Compt. des annivers. 
de S. Pierre, 1385-86, Arch. Aube G 1636, 
f 186 r».) 

— Nentr.. finir, se terminer : 

Et montoit jusques au dessus la couver- 
ture, et la finoit en pavillon. (Rab., 1. 1, c. 
53, éd. 1542.) 



Gnion, escrient, n'en porres escaper. 
Hni vos convient de maie mort finer. 

(Raimbert, Ogier, 7662. Earrois.) 

Mins araast qn'ele fnst finee 

Que de rouge or une uavee. 
(Flaire el Blfincefior, 1'' vers., 419, dn Méril.; 

Et quantvous vouldrez mourir, mourons 
emsemble ; si finons virtueusement et 
comme vaillans hommes doivent faire. 
(Troilus, Nouv. fr. du xiv° s., p. 279.) 

— Viser, tendre t 

Onques vers li n'oi pensé 
Qni finast vilainnement, 
Ainz serf et s'ai volonté 
Qne servirai loianmeot. 
(Gu,L. iiF. BBRNEVu.r,F., Schelcr, Tronr. betg.. 
p. 101.) 

— Finer a, s'accorder avec : 

Que se il est sage, dedenz le jor ou de- 
denz le termine de la preuve que l'on 
vodra faire contre lui, il finera a son aver- 
saire; si que il ne fera plus parole en 
court. (Ass. de Jér., t. I, p. 56, Beugnot.) 

— Act., trouver, se procurer, fournir, 
venir à bout de : 

Se vous povez, dist il, finer au cardinal 
d'avoir les trois barques qu'il a en sa gal- 
lee el les deux trompettes, nous prende- 
rons, avec ycelles, les barques de vos .v. 
gallees. (Wavrin, Anchienn. Cron. d'En- 
glet., II, 154, Soc. de l'H. de Fr.) 

Elle ne cuidoie mie que on peut trouver 
royne ne emperresse qui peut finer autant 
d'avoir que les joyaulx qu'elle avoit sur 
2 



lo 



FIN 



elle valoient. (J. d'Akhas, Uelus., p. 62, 
Bibl. eli.) 

S'a l'hoslel j« deioie prandr* .t. Iiennap d'argeol. 
Ou ïler vendre a IteiDOs oae boone jameot ; 
tacnr en fineroil >uon!ieigD<!ar pins de cent. 

(Cl\ ., BiTlrtM du Cufscli», tS8. Cbarrière.) 

S'il avoieiit tout ce que li royaumnies 
d'Escoce puet finer, il n'aroient mies le 
chevauche d'un droit si grant. (Froiss., 
Cliron., 111, 303, Luce, ms. Amiens.) 

Laquelle chose vint a la cognoissance du 
comte d'Aruiagnac, lequel, comme il luy 
sembloit, pouvoit bien fiiirr environ dix- 
huit cens combatans, tant honuies d'armes 
2ue sens de traict. (Jcr\'. des Vus., Hiat. de 
harles Vl. au 1413, -Michaud.) 

Cliascun qui porra finer i^heval lui yra 
au devant. (5 janvier 1419, Reg. consul, de 
Lyon, 1, Ï13. Guigne.) 

Leonart Caille et Kerre Bastier, dit Sa- 
pigne, escripront aux morchans du Puy 
qu ilz finent ausdis embasseurs ce qui leur 
fera besoing. (ISfévr. 1419, ib., 1,2*9.) 

Apres cette cruelle rançon, quant ils 
avoient tout ce que les pouvres gens ou les 
riches povoient finer, les faisoient ils aucune 
fois mourir de faim ou d'autre cruelle 
mort. iJoum. d'un bourg, de Paris, an 
1433, Michaud.^ 

Et de ce advint qu'on ne pot celle jour- 
née, ne l'andemain, ne pain, ne vin a Paris 
pour son argent finer. (Ib.) 

Li s' de Commarcy at route d'environ 
II' chevauli de ses gens et autres qu'il a 
peu finer avec pouidres et artilleries. 
(Août 1444, Arch. mun. Strasbourg, Cor- 
resp. polit., AA 186.) 

Toute abondance y estoit en tant que 
pour argent on en pust finer. (G. Chas- 
TKLL., Ckron., III, 374, Kerv.) 

Ceuli de la ville chargèrent un grant 
cbalan plain de fagoLz, d'os de cheval, 
savates et toutes les plus puentes choses 
i^ue on sceust finer. {Journ. du Siège, ms. 
bainl-Petersbourg, ap. Boucher de Molan- 
don, Délivr. d'Orléans, p. 35.) 

Si trouva en conseil de prendre alliances 
et amitiés de toutes pars et quérir l'aide 
et assistance de tons voisins, et ou il en 
pouvoi*. finer. (0. de la Malxhe, J/em., I, 
2, .Michaud.) 

Belle, «e tou» vonlei eslre remariée, 
L'og homme tous qnerraj pour estre espoosee. 
Le plat bel qu'on pourra fîntr en ma contrée. 
(Jacu. NiiET, Detlnel. de Troyf, Î036H, Siengel.) 

Si De ftoyex t^imerveillee 

Dei %r\ai biens qne poTODS fixer. 

Donc TOUS devriex e^lre privée, 

(jni dormei jasqnes a djsncr. 
(bei. de la bemouelte el de la Bourg., Poés. fr. 
dea 1T« et xvi» t., V, Î8.) 

— Finer de, dans le même sens : 
Si vous uiaudons, commectous, el a 
chacun de vous enjoignons eslroictenient 
que, ou cas ou vous pourrez finer d'uucuns 
maistres ou niaistres particuliers pour te- 
lir la dite niounnyc. (1361, Ord., m, 503.) 
Il n'en (d'un médecin) peureol/Iner qne 
trois jours aprez. (1300, Ai. h. JJ 138, 
pièce 192.) 

Et ne povoit finer d'aucunes herbes 
qu'il congnoisBoit bien pour lui guérir, 
(Froiss., Citron., V, 307, Luce.) 
De feo je n'eusse pu /i»er. 
(ViLU», P<'/. Tetl., iiiix, Jooanat, p. ^0.) 
AdoDt 'Volutien demanda a la dame se 
pour or ou nrcenl, par achat nu antrcmenl, 



FIN 

il pourroit jamais finer de celle sainte re- 
lique pour l'emporter a Romnie. {De vita 
Chrisli, Richei. Ibl, 1» ISo-".) 

Et si luy dit outre, qu'il luy fineroU de 
ceut notables bourgeois de Paris _ pour 
l'accùmpaguer et faire tout ce qu'il luy 
plairoil commander. Mirv. des L'rs., Ilist. 
de Charles VI, au 1412, -Michaud.) 

El dist a la vieille que lui deut finer de 
bon vin, que la lamproye ne sera pas 
fraudée du droit qu'elle a, puis qu'on la 
mengue. (LouisXI, ,Vo«t'., xxxviil, Jacob.) 

Puis list nng sonspir vers les cieulx. 

Disant que, s'on linoit de toille, 

Ou'elle seroit, par ses bons dieus. 

[El] qui qu'en groignasi, damoiselle. 
(Deb. de ta Demoiselle et de la Bourg., Poés. fr. 
des XT* et ivi* s., 'V, 3-2.) 

Dame, on ne peut de vous finer 

Tors quant il vous plaist. 
{Farce des Femmes gui font refondre leurs marijs. 
Ane. Th. fr.. I, 67.) 

Tontesfois s'estoit son eotenle 

De Jouyr d'elle louguement : 

Et Iny ^embloit que, loconliaeal 

.\pres la première secousse. 

Il en pouroit finer souvent 

Sans pins mettre main en la bource. 
(CoQUii.L«RT, Droilz nouv., 2' part., de Dolo, \, 
160, Bibl. elz.) 

Joseph, vous eo allez quérir 

Ung drap ou uue toitle fine. 

De la meilleure dont on fine. 
iGREBiH, ilist. de la Pass., 26810, G. Paris.) 
El vous laissa Monsieur dormir son sioul. 
Qui au resveil n'eust scea finer d'au soûl, 
(l.ï.'il. Cl. Màr., Epistre. au Roy, pour avoir esté 
Jesrobé, éd. 1596.) 

Quand on a affaire des personnes, on 
n'en peut ^»M'r;mais quand l'on n'en a que 
faire, on ne les rencontre que trop. (TouR- 
NEBC, Us Conlens, v, 1, Auc. Th. fr.) 

— Aljs., satisfaire ses fantaisies : 

On les doit laisser a par elles 
Finer, passer leur ver coiiuin. 
(Les Drois nouv. establis sur les femmes, Poés. fr. 
des xv' et ivi'' s.. Il, l'Sl.) 

— Couclure un accord : 

Au regarl des reliefs deubs dudit fief 
ledit Jehan des Meurs en fina et composa 
audit cûuiiuandeur parmy et movennant 
ung nniv de blé. (1447, Arch. MM 1094, 
pièce 69.) 

— Act., dépenser : 

Et en ce ont finyé et dépendu grans 
sommes de deniers. (Dec. 1435, Arch. 
hôpit. génér. Orléans.) 

— Finer de, s'acquitter de, payer : 
Qne vons doi je, sire ? car le nombrez, 
6'en fenerai voleuliers el de n'é. 

{Les Loh., Uicbel. lUIGO, r 25'.) 
El s'il advenoil que lidis Watiers acen- 
sesist sou Viiuuge, ohis a cui il l'acensiroit 
fineroit au grel doudit Bouchart des dis 
trois cens livres. (1238, Lett. de Thomas et 
rie Jeanne de Fiuiulie, Keilleuherg, Mon. 
du llatn., 1, 341.) 

Vint a< maisjaus. .ni. bues accale 
Et de .v. pors retint les chars. 
Dont ne le tint chilz pour escars : 
Osiez, diit il, finei de tout. 
Et chilz fine de tout en tout. 

{.Rieh. li liai, ras. Turin, f» U3'.) 
Li talemeliers ou li vulles au quel li mes- 
tiers est delTendus, doivent requerre au 
meslre que il leur reinle leur meslier, et 



FIN 

li mestre leur doit rendre se il ont fine a 
leur partie et a lui de s'amende. (Est. 
BoiL., Liv. des mest., i" p., I, 30, Lespi- 
nasse et Bonnardot.) 

Que les diz religieus puissent a perpé- 
tuité retenir les diz acquez senz en finer et 
senz estre contrainz a les mettre hors de 
leurs mains. (ra28, Lett. de Pli. le B., 
Arch. Ind.-et-Loire.) 

Car le rachet de leur ame est trop cher 
Pour en finer. 

(Beze, Psaum., \u\, éd. 1563.) 

— F'mer d, payer rançon à . 

Mes se vous voles finei' a moi, fet ele, 
toutes voies vous laisserai je aler. Et il dit 
que il se raimbera volentiers. {Arlur, ms. 
Grenoble 378, f" 61".) 

— Fine, part, passé, fini, terminé : 

La messe finee. {Citron, de S.-Den.. Ki- 
chel. 2813, f» 473"'.) 

Nou non, il vaut mieux mourir 

Tout d'un coup que de pertr 

En laogueor par tant d'années; 

Ores je veux de ma main 

Me tuer, pour voir soudain 

Toutes mes douleurs finees. 
(Rcss., Od., Od. retranch., II, ill, Bibl. elz.) 

— Mort : 

Les eufaus ou héritiers d'une femme 
finee héritière d'aucunes maisons on hé- 
ritages tenus dudit eschevinage, en eux 
portans héritiers, sont tenus de relever, 
de droiclurer les dicte? maisons et héri- 
tages. {Coût, de la Massée, Coût, gén., II, 
925, éd. 1635.) 

2. FiNiiH, V. a., rendre plus lin : 

Au bon vieux temps, que l'amour par bouquets 
Se demenoit, et par joyeux caquets, 
La femme estcit trop sotte, ou trop peu fine : 
Le temps depuis, qni tout fine el affine. 
Lui a moQStré a faire ces acquests. 
(Cl. Mar., Rond, rrsponc. par Vict. Brodeau. 
éd. 1396.) 

— Fine, part, passé, affiné ; 

La plus vil chose q'est dedanz 
Pu or finez ou pur argauz. 
(Hercule et Philemiuis, Itichel. 821, P f*.) 

FixEKAL, adj., qui marque les limites; 
mot ancien, syn. de finerot, dont nous 
n'avons rencontré d'exemples que dans 
des textes bourguignons du xyiii" s. : 

Réparations au chemin fineral de Sau- 
vignv le Bois. (1709-1781, Arch. mun. Aval- 
Ion, DD 83.) 

Qu'il leur soit permis de percer des chi- 
mius finereaux sur la grande route de 
Chalon a Autun pour l'utilité des voyageurs 
et des commerçants. {Cah. des paroisses c! 
comm. du bailliage d'Autun, Autully, .Méui. 
de In Soc. o.iueniii', 1874, p. 226. i 

Fi.NEROT, adj., qui marque les limites 
de séparation : 

Les ormes el les arbres qui sont sur les 
chemins /îneros. (1371? Coût, de Chdlil- 
lon, Lxv, Arch. C.-d'Or, B 989>".) 

Le sentier doit avoir un pas el demi de 
large, le chemin finerot six pas de large, 
le graut chemin dix jias de large. {Ib., 
Lxvi.) 

Au duché de Bourgogne, il y a sentier 
commun, chemin finerot, et grand che- 
min : le sentier contient un pas et deuiy 
de large, qui revient a quatre pieds et 



FII\' 



FIN 



FIN 



11 



deniy : l<i cheniin finerot coiitienl six pas 
de liirgc revenant n dix huit pieds : le 
grancf chemin contient dix pas de large 
revenant a trente pieds. {Coût, de Bourg., 
Coul. gén., I, 860, éd. 163.^.) 

Se disait encore dans les rt^gions bour- 
guignonnes à la fin du dix-huitième siècle : 

Ordonnance des Elus concernant le tra- 
vail par corvée sur les chemins finerots. 
(1778, Arch. mim. Avalloii, DD 87.) 

Que nos chemins finerots, devenus ini- 
praticahles par l'abandon qu'on en a fait 
depuis des temps très reculés soient refaits 
et entretenus d'une largeur convenable. 
{Cah. des paroisses et comm. du bailliage 
d'Autun, Glux, Mém. de la Soc. éduenne, 
1875, p. 285.) 

Les chemins finerots seront rétablis et 
entretenus aux frais des citoyens qui pos- 
séderont lies fonds sur la paroisse. (Cah. 
des par. et comm. du bailliage d'Autun, 
S.-Léger-sous-Beuvray, Mém. de la Soc. 
éduenne, 1876, p. H9.) 

FINESSE, S. f., mauvais coup : 
tlz soDt bien tost en uas^ destroit 
BonlHS pour faire une fiiifssf. 
iffBEBAN, ilint. de ta pnss., '20720, 0. Paris.) 

FINESTRK, voir FENESTRR. 

FiNET, fignet, adj., dimin. de fin, flnot: 
Une aulne de veloux plain violet et deux 
et un tiers satin fignet noir. (Portefeuille de 
J. Cœur.) 
Satin fignet eramoisy. (/&.) 
I,a taverniere est bien finellr. 
Mais je gape de la tromper. 
I.M. des Apost., vol. 11, f' 1!)!)°, éd. 1537.) 

Un petit scribe, fin, fi.net et bon com- 
paignon.(BRANT., Homm. iUustr.,Lo\iys IX, 
Buchon.) 
Sois pensif, retenu, froid, secret et flnet. 

(D'AuBiGNÉ, Trag., I. II, Bibl. elz.) 
Ils tenoient pour larron nn qui faict son mesnage. 
Pour poltron un /înet qui prend son advantage. 
(In., i/i.) 

Nom propre, Finet. 

FiXEUR, s. m., afBnenr : 

Il sçayt aussi bien affiner du métal, 
soyt or ou argent, que fineur de ceste 
ville. (Palsgrave , Esclairc. , n. bSO , 
Génin.) 

— Celui qui fixe, qui mesure : 
Metator, oris. fineur, termineur. (Voc. 
Iat.-rr.,im7.) 

Fixr.iî.vu, s. m., partie du mécanisme 
d'une horloge : 

La tourte de la grande roue et le fingeau. 
fl462, Montreuil, ap. La Fons, Artistes du 
lyord, p. 100, note.) 

Le fingeau de l'horloge. (1517, Béthnne, 
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

FiNiciON, voir FlNISCX. 

FixiF., fenie. s. f., fin : 

Si (trande honte an vilnin (ist 

Pnr son saint, que souvent dist. 

On» l'ariva a la /'•»!> 

An port de salu et de rie. 

fO. pR CoiNCI, Mir., ms. Snîss,, f" 174».) 

Des nr mais non» dirons qnes en fo la finif. 
Bon exemple i pnist prendre f h'tl qn? en Dieu s'afif. 
(De SI Alexis, ti, Ilerz.) 



— Intervalle de temps, coi:joncture : 
nemenlres qu'en relo fenie 
l'rt sorjorniinz en ÎNormendie, 
S'ont eu Engleterro forfiee 
Kansse moneie e deslciee. 
(Ben., n. de Norni., Il, .I1R7:». Midinl.) 

FiNiMENT , feniment , s. m., fin du 
inonde : 

Qnar finimenz non es mnlt Ion. 

(Passion, ,iO.';. KoschwiU.) 
El i sera de ci an feniment. 
(nul., ms. Chàteanronx, f" G3 v", Meyer, Rrc, 
p. 2-27.) 

Jnsq'a an jor don feniment. 
(Herc'Ue et Phiteminis, Riche!. 821, t" 8''.) 

Bourgogne, environs de Saulieu, fini- 
ment, fin. 

FINIR, fenir, verbe. 

— Neutr., mourir : 

Qnant volt fenir .se s'est ajonelel. 

(Ep. de S. Etienne, xi». .Stengel.i 

— Act., déterminer : 

Ils finissoyent le temps, non pas en 
nombre de jours, ains par les nuicts, 
(Fauchet, Antiq. Gauloises, I, .1, éd. 1611.) 

— Inf. pris subst., mort : 

Jamais n'istrai de dnel dnsqn'an jor don fenir. 
{De Ht Alexis, 1(177, Ilerz.) 

FiNisoN, - eison, - oison, - aison, - ixon, 
- icion, - Won, fed., s. f., fin : 

Car qni bcle dame a et a tel compaignon 
.lu nul jor ne sera sans moult ^rant so^peçon 
Que tOJ jors ne Iransist et soit en fmison. 

(Gar. de Mongl., Iticliel. 244113, f 3''.) 
Qnar li encantement avoit pris fineison. 
{Maugis d'Aigrem., ms. Montp. H 247, f'ISO".) 
Mes a la fenison 
II tua desonz mol mien detrier d'Araeon. 
{Prise de Pampel., 1214, Mnssaffia.) 

Dont je conclns qu'en delectacîon 
Se doit amour et en joye fenir 
Secrètement, et tel finieion 
INo devroit jamais des cners départir. 
(EuST. Descr., Poés.. III, 272, A. T.) 
Finaison deplet ou de querelle. (Coiist. 
de Bret., f» 114 v».) 

— Mort : 

Apres ma finixon. 

(Entr. en Esp., f" 228 t°, Gantier.) 

— Prendre finison, Inc , prendre congé : 
Moult furent frranz les noces sus el mestre donjon, 
Et qnant le terme vint qu'W pristrenl finoison 
Vivien l'anmaçor... 

(Maug. dWigr., Richel. 766, T 24 v°.) 

— Convention, accord : 

En tant que j'entre en la maison. 
Que j'entende lor finison. 

(Lib. Psalm., i.xxil, p 309, Michel.) 
Si le vassal fine a son seigneur dn ra- 
chapt qui luy peut devoir, et du payement 
luy est donné terme, et dedans iceluy 
terme il ne paye, la finaison est nulle. 
(Coût, du Perche, Noiiv. Coût, gén., III, 



- Définition : 

Magistrales finitions, 
Argaties, conclusions. 
'l.SfiO, la Cuisine papale, 



p. 10.,, Ficli.) 



Morv., Aunis, Canada Suisse rom , cant. 
de Neuchatel, finition, fin, dénouement : 
« La finition de l'histoire. • 

FiNissEMENT, fenissemctit, s. m., lin : 
Il est un Dien, et sans commencerocnl, 
Qni tout temps est, fut, sera, et ne fine, 
l'H qui jamais n'ara finisscment. 

(E. Descii., Poés., Itichel. 840, f" 120^) 

C'est de Dien jogemens, 

Onant nul ne craint Ini, et n'a bon arroy : 
Pour ce du mont vient li fenissemens. 

(ID., ib., III, 18fi, A. T.) 

— Mort : 

iVlerlin !ny commença a racompter les 
amours de Jhesucbrist et de Joseph d'Ari- 
mathie si comme elles avoient esté a 
Dalam, et du perron, et des autres com- 
paignons, si comme il s'estoient départis, 
et le finissement de Joseph et de tous les 
autres. (Le prem. vol. de Merlin, f° 12'.) 

Morv., finissement, fin, bout, extrémité, 
limite. 

FiiNissEOR, /"en., adj., qui borne : 
.1. cercle que il appelèrent orizonte qui 
valt autant comme fenissierres, quar il 
fenist nostre veue del firmament. (Introd. 
d'aslron., Richel. 1353, f» 11''.) 

piNiTÉ, - eit, s. f., qualité de ce qui est 
fini : 

S'aferoit ausi bien a essence et grandece 
qui ont quantité, finité et éternité. (Evast 
et niaq., Richel. 24402, f" 94 r».) 

— Quantité : 

Et lor contet la granl finiteit de gent 
qui est en la terre. (Hist. de Joseph, R\ctie\. 
2455, f" 301 r».) 

Puis orrez en la lin du livre. 

Se Jhesu Criz sauté me livre. 

Miracles une ftnité. 

Que cil (le sa voisinité 

Qni furent creable et prendornme 

Proverent a la cort de Romme. 
(RoTEB., Vie sainte Klysaliel, II, 159, Juhinal.) 

— Affinité, alliance, parenté établie 
entre l'nn des conjoints et les parents de 
l'autre : 

Toz parens et parentes de finiié. (Ass. 
de Jer., I, 130, Beugnot.) 

Ont aucunes convenances ou alliances 
par finité ou aultrement. (1410, Ord., IX, 
516.) 

FINITEUR, adj., qui borne : 

L'horizon donc ou le cercle finiteur 
coupe ces cinq cercles ronds que je dirois 
maintenant estre au ciel. (M.VTiiIEU DE 
Chai.vet, Trnd. de Sencqnc, f" .'Jaa r», éd. 
1626.) 

Cf. Finisseur. 

FiNiTTF, - iff, adj., définitif : 
Avant que parlement rendesist sentence 
finitive. (Froiss., Chron., XV, 235, Kerv.) 

Et la dame qui de moy avoit soing, 
nommée sensualité, eut la auprès son fini- 
tive repositoireou elle print son bon repos. 
(OCT. DE S. Gtct,., Hej. d'honn., f" 30 r-, 
éd. 1.526.) 



- Explétif: 
Explelivus, fi.nitif. 
Salins,) 



"xpletif. (Gloss. de 



I? 



vw 



— Terme de graininairej qui explique 
par une détinition, explicatif : 

Finid'/r, finitivus. (1464, J. Lagadedc, 
Catholicon, éd. AulTret de Quoetqueueran, 
Bibl. Quimper.) 

KIMTION, voir Fl.MSON. 

FiN'iTivE, S. f., fln : 

Il m'est adris que je feray que sas» 
De bi^n serTir jasqaes ea finitire. 

iFnoiss., Pors.. III. 100,2, Selieler.) 

FiNixox, voir FisisoN. 

KiNKAGE, S. m., bijou : 

Tôt li joiieles.annels./inA'ai^e de medanie 
mi mère. {Trad. du Test, conjonct. de 
Renaud de 1133, Tailliar, Rec. doctes des 
xii* et XIII' s. en long, wall.j 

FINNEE, voir FlNEE. 
FINXEMEXT, VOir FIXEMENT. 



FINOlEOIl, 



m. 



Colarl, diTers con /inoieres 
lestes, tiesmoins me teste grise, 
Onant voalei par plusears manières 
Faire men chief tel qa'il ravise 
Un cbien loqn qni par lloqniaus 
Flaatre son poil. 
iJeilo d'Estbccx. Ckam., ap. Scbeler, Troue, 
ielg., DonT. sér., p. \H.) 

Scheler écrit en un seul mot confmoieres 
et fait cette note ; Con/inoieres, quid? Je 
n'y vois pas plus clair en lisant : Divers 
con finoieres. 

Fixoisox, voir Finison. 

FiNON, S. ui., espèce de poire ; 

Le finon. (1360, Tabell. de Rouen, reg. I, 
f" 82 et 98; reg. 111, f» 42 v.l 

Peut-être, dit il. de Beaurepaire {Et. des 
Camp., o4j, est-ce le /in-oinct cité dans le 
Traité du vin et du sildre de Julien de 
Panlmier. 

Pays de Bray, /inoin. 

FIM'OUTEIl, voir FlilPOKTEH. 
FINSIO.N, voir FlKClON. 

FiNTt'RE, voir Faisture. 
FiNYER, voir FniER. 

FIOLE, voir FlLLOLE. 

FiOLETE, - ette, s. f., petite liole, fla- 
con : 

tnlre ses bras l'aveit cil prise, 
La fialelle od tut son beivre. 
IMahic, Lai des deus Amam, 17i, Itoq.) 
L«nr flolelrt et lor boisles. 
(C. DE Coi«ci, de l'Emper., Kichcl. 23111, 
f° 270'.) 

Si en aportent en [la] lear terre 
De lia] Sorie, en flolelei 
De Tuire qni ponr ce «iint faitea. 
KU Mir. de Sardenai, :(6C, C. ItaynauJ, ItoinaDla 
I XI. p. 536.) 

Et estoiat par une fiolete d'aiguë le feu 
qui estoit hauz levez. (Vie Saint Nicholas 
Richel. 988, f' 8*.) 

Ciatus, fiolete. {Gloss. de Douai, Escal- 
lier.) 



FIS 

Comtois, Besançon, fioulote. 

1. FiOLLE, s. f., corde : 
L'aqueloD desquirat comme une vies fiolle. 

(Jek. Dts Preis. Gesle de Liège, iO-HH, Scheler, 
' (Uoss. philol.) 

2. FIOLLE, voir FiLLOI.E. 

FiR, voir Fier. 

FIIIGE, voir FlERCE. 

FiRGEK, voir Fergek. 
FiHGEs, voir Ferges. 
FiRiGOULE, voir Ferigole. 
FiRiR, voir Ferir. 

FIRMAMENT, VOir FERMEMENT. 

I FiRMAUMENT, adv., fermement : 

11 seus est establement et firmaurnent. 
(Laur., Somme, rus. Soiss. 208, 1" 36^) 

FIRME, voir Fer.me. 

FiRMER, voir Fermer. 

FIKMIER, S. m. î 

Eseorciers, celliers ou firmiers payu- 
ront, par an, chacun six deniers de leyde 
(1462, Orrf.,xv,o21.) 

FiRMiTÉ, voir Fermeté. 

FiROLR, voir Fieror. 

FiiiTÉ, voir Fierté. 

.Fis.\YB, voir Fissaye. 

FISCAIGNE, voir FiSSAIGNE. 

FisCELLE, voir Fissele. 

FISECHIEN, voir FiSICtEN. 

FisEL, voir Fdskl. 
FisELE, voir Fissele. 
FisiciAN, voir Fisiciek. 

FisiciEN, phisicien, physicien, lisicyain, 
phisiciain, phissicien, fisician, fisechien, fe- 
sicien, fusicien, phusicien, fusesiien, fuses- 
sien, fussicien, fusencien, fuisicien, fuizi- 
cien, fuissisien, fuississien, fuissesin, féru- 
sien, farissien, fulsien, s. m., médecin : 
h'isieien par Inr escoles 
En firent lunges granz paroles. 
(Itou, 3* p., 23()7, Andresen.) Var., fiisiciens. 

Il sot que ele estoit ençainte et par les 
fustciens qui li distrent et par la damoisele 
qui dist que ce ert voirs. (Lancelot, ms 
iTibourg, f» 13«.) ' 

Oil voir, beau très doz amis, 
Ket llenars, je garroie bien, 
Se g'avoie nn fmcien. 

{Renan, br. XI, UoO, Marlin.) 
Ke sai nnl bon phusicim 
>'e nal maistre cirorgicn. 

(tienarl, Suppl., p. îO'J, Chabaille.) 
t'eticien, tant «oit bon maistres. 
(De rVtticorne, Bril. Mus. add. 13G06, f" 109''.) 
Et derint bous [uaesiiem. 

(Sept Sages, 370, Keller.) 
Le fiuesaiien demanda 
De son /rere comment li va. 

tSiinci de Kamaij,\at. Turio, f ll^) 



FIS 

Tant fussent bon fuissisien. 

(.Rose. Vat. Chr. l.S.SS, f° I3T.1 
Malades ert, ce vous di bien, 
Et disoieot si fussicien 
Qu'il estoit en péril de niorl. 
(PuiL. DE liEjii, Jean et Blonde, 1659, Bordier, 
p. 235.) 

Donc vint il a .i. fusesiien, se li dist qu'il 
alast a Roume apries l'arcevesque de Sur, 
et si l'enpuisonnast. (Chron. d'Ernoul, 
p. 85, Mas-Latrie.) Var., fisicien. fisician, 
fusicien. 

Et nous dient les fisechiens que sa feivre 
ne li puet par longeia durer. (Lelt. de la 
Duch. Blanche au roi d'Anglet., Morice, 
Hist. de Bret., I, 997.) 

Maistre Johain de Hoire mon fisechien 
(1271, Cart. du Val St Lambert, Richel. 1. 
10176, t» 49''.) 

Fisicyains de Salins, (Veille Annonc. 1293, 
Goailles, Arch. Jura.) 

Li fusencien et li astronomien avoient 
deviné que ele aroit filz. {Contin. anon. de 
la Chron. deJ. de S. Victor, Rec. des Hist.. 
XXI, 68S.) 

Et je li diz que ce me fesoient li phisi- 
cien, qui me disoient que j'avoie une grosse 
teste. (JoLW., S. Louis, 23, Wailly,éd.l874.) 

Plusour des cyrurf^iens et àe.s phisiciens 
de l'ost alerent a li. (Id., ib., 173.) 

Celui phissicien qui cognoist la manière 
et l'ateraprence de la santei. (Boece de Con- 
sol., ms. Berne 363, f° 51 v.) 

Monta sur le tillas de la gallee, avec luy 
les mires, cyrurgiens et fulsie.ns. (Wavrin, 
Anchienn. Cron. d'Engkt., t. II, p. 121, 
Soc. de l'H. de Fr.) 

Maistre Jehan le fusicien. (1321, Arch. 
Meuse B 492, f" 91 r».) 

A un fusicien de ma dicte dame. (1365-66, 
Compte de la D. d'Anjou, Arch. KK 24i, 
f« 8 r».) 

Willaume Touse, ferusien me dame le 
conlesse de Flandre et d'Arthois, chapelain 
de Saint-Amé. (16 sept. 1375, Transact. 
Arch. niun. Douai.) 

Jaques y fu amené pour conseillier les 
fuiziciens. (1398, Grands jours de Troyes, 
Arch. Xi' 9183, 1» 18 r».) 

Bons fusesiiens et médecins. (Froiss., 
Chron., IV, 241, Luce, ms. Rome.) 

Tant en farissiens comme en apoti- 
queres. (Compt. de l'H.-D. d'Orl., 1409-10, 
exp. comm. dom.. Hop. géu. Orléans.) 

Hz ont concluz que l'on face payer aux 
fusiciens demourans a Lion qui s'en sont 
aies pour la mortalité pour les arrérages 
qu'ilz doivent des tailles et de tous autres 
communs. (13 juill. 1418, Reg.consul. de 
Lyon, I, 124, Guigne.) 

Martin le phisiciain. (1431-33, Compte, 
Arch. Maine-et-Loire, E 34, f 49.) 

Ne pour chose que ses physiciens lui 
dissent il ne vouUoit meuger ne prendre 
aucune réfection, et jucquës a ce que ses 
fusiciens lui dirent que s'il ne mangoit il 
estoit mort. (J. Chartier, Chron. de 
Charl. VU, c. 287, Bibl. elz.) 

Il n'est fisicien nu miro. 
Tant saiche les anitres guérir, 
Qni a ce myrouer uc so mire, 
Et que tous ne faillent mourir. 
(La Remembrance de la ilort, Poés. fr. des w" 
et xvi» s.. Il, -206.) 

De cette nature, disois je, si nous 
croyons aux légistes, sont provignees 



FIS 



FIS 



FIS 



13 



toutes leurs loix, de cette mesme les méde- 
cins prindrent naissance, lesquels pour 
cette occasion furent anciennement, ce me 
semble, en la France appeliez par mot grec 
physiciens, de ceste nature, les arts, de 
ceste nature, les sciences. (E. Pasquieb, 
Pourparler de la Loy.) 

Les médecins s'appelloyent physiciens 
pour s'estudier a la conservation de la na- 
ture. (KAur.HET, de l'Orig. des dignit. et ma- 
gist. de France, 1, 14, éd. 1611.) 

Lors il me dit fin'il estoit bien marry 
d'une chose que 1 on luy avoit ditte, qui 
est que vos physiciens (car il usa de ce 
mot, voulant dire vos médecins) vous 
avoient défendu d'aller a la chasse. 
(Sully, CEcon. roy., ch. cxvil, Michaud.) 

— Fisiciene, pkisiciene, physiciene, fisi- 
riane, fuissesine, s. f., femme médecin ; 
Do 1.1 soustil fîsiciane (la Vierge), 
De la sage cirurgiane 
De Chartres une belle cure. 
(J. Lemabchant, Mir. de N. D., ms. Charires, 
f» lo-.) 

Ne soi phisiciene. 
(Chival. e sa dame, ms. Cambridge, Corpns, 5(1, 
r eî'', p. Meyer.) 

Maogré tous les faissisiens 
Et les fuissesines meismes. 

(Rose, Vat. Chr. 1858, f» 137^) 
Et ont en tel guise la nue de tristece de- 
parti et clioisi le ciel et pri cuer de reco- 
gnoistre ma fisiciane.{Consol. de Boece, ms. 
Montp. Il 43, f° 2».) 

Famé est deliîrance des serfs, 
llelievement du dûlant monde, 
Physiciene des désirs. 
La fleur oa tonte grâce habonde. 

(Le Cheval, aux Dames.) 

Bonrboiinais, fisechien, physicien. 

FISICLE, voir FiSIQDE. 
FisiCYAiN, voir FiSICIEN. 

FisiNiER, s. m., taillandier, ouvrier 
en fer : 

Ledict jour que fenira le povoir et es- 
chevinage desdicts douze esohevins qui 
auront esté par le dessusdit temps et es- 
pace, iceulx eschevins convocqueront a 
son de cloche les dessusdits vingt quatre 
conseillers, avec soixante quatre autres 
notables, de Testât et condition dessusdict, 
choisis es quatre quarts de la ville, par les 
fisiniers ou maistres de fer de chascun 
quart. (1471, Ord., xvil, 429 ; Arch. JJ 196, 
pièce 186.) 

FisiQiiE, - ke, phisique, fisicle, fusike, 
fuiseque,fuisie (rime), s. t., médecine : 
Ases sot de fusike, apris l'ot en s'enfance. 

(Roum. d'Ali.r., f 61'', Micnelant.) 
Si ai tel cliose qni m'esmaie, 
Que fromaches n'est preuz a plaie, 
Ne de Ini talent ne me prent, 
Car fisicle le me defent. 

{Rcnarl, 7313, Méon.; 
Vos savez tant de la fuisie. 
Bien me gnerriez d'idropisie. 

(Ib., 10039.) 
De fi fisiquc m'edeOe. 

(Gl'IOT. Bible, 2500, Wolfart.) 
Apres raengier l'cve demande, 
. Q"^!' "■> fuiseque le commande. 
(Msimem.d'm pire, conte xxn, 2ll,BibIioph fr.i 



— Nature, espèce : 



Mais il n'y ot si saige mire 
Oni en sceust la vérité dire, 
Qnel mal c'est ne de quel nature. 
Tant en est la phisique obscure. 

{Athis, ms. St Pétersbonrg 81, i" fi' ) 

— On trouve d'une façon bizarre la 
fisiqiie de sa nature, en parlant d'une 
femme, pour désigner ses parties natu- 
relles : 

La suppliante fist icelle femme couchier 
envers et lui bouta un de ses dois en la 
fisique de sa nature, et lors dist la dite 
femme dudit Perrenet qu'elle touchoit ou 
elle avoit mal. (1423, Arch. JJ 173, pièce 
244.) 

FisoLLE, s. f., cadavre 1 
Dant preistre, dist Tympolle. gardeis ceste fisolle, 
Miez venist qu'ai engliese retornesies vo rolle. 
(Jeh. des PiiEis, Geste de Liège, 20266, Schcler, 

Gloss. philol.) 

Fi-SQUÉ, adj., confisqué : 

Pour quoi la dicte rente nous est avenue 
comme fisquee et commisse. (1339, Arch. 
JJ 72, f° 302 V».) 

FissAiGNE, fiscaigne, s. f., sorte de 
danse d'un mouvement très vif : 

Pensez qu'il n'y avoit ny fiscaigne (que 
les chambrières et esclaves mores dansent 
les dimanches a Malthe, en pleine place 
devant le monde), ny sarabande qui en 
approchast. (Bhant., des Dames, ix, 302, 
Lalanne.) 

Fissaigne, a certaine tumbling tricke. 
(COTGR., éd. 1611.) 

Se disait encore au commencement du 
xvii° siècle : 

Dispos pour danser la fissaigne 
Autant qu'une chèvre brehaigne. 
(1619, le itiroir de corttenlement, Var. hist. et 
litt., II, 17.) 

Cf. FiSSAYE. 

FI.SSAYE, fisaye, s. f., sorte de danse : 

La volte, la courante, la fisaye, que les 
sorciers ont amenez d'Italie en France, 
outre les mouvemens insolens et impu- 
diques, ont cela de malheur qu'une infinité 
d'homicides et avortements en adviennent. 
(G. BoucHET, Screes, iv, Rouen 1635.) 

Fissaye, a quicke and violent daunce 
much used by the French. (CoTGR., éd. 
1611.) 

Cf. Fiscaigne. 

FissEL, s. m., putois, chat sauvage ; 

Une fisseliere a prendre bestes que on 
appelle fissiaulx. (1446, Arch. JJ 176, pièce 
498.) 

FIS.SELE, fisselle, fisele, ficelle, fiscelle, 
feisselle, feisele, faiscelle, faicelle, foissele, 
foiselle, faisselle, foesselle, fessele, fesele, 
fescelle, feiscelle, fasele, - elle, fasselle, 
- ielle, s. t., petit panier d'osier, en 
particulier corbeille ou paillasson servant 
à presser ou h égoutter le lait caillé, le 
fromage ; gobelet de bois : 

Me valent mie .i. fronraage en fissele. 
(fi. de Cambrai, Uichel. 2493, f 18 r"). Var., 

foiselle (A. T., p. 38.) 

.Multra, faicelle. (Gloss. de Garl., Scheler, 
Lex., p. 67.) 



Car .Ml. formages en fasselle 
I ot assis sus Niceté. 
(HuON Di: Merï, Tornoiement de l'AttleerisI, p. 3.S, 
Tarbé.) Var., fe.iielle, ap. Uoq. 
Lors dist Drieus : La lourtercle 
Doit bien avoir Heluis, 
Car bien cante, et \& fisele 
Anra IUrsent au grant pis. 
(GiLL. DE Beuneville, .Scheler, 7'^(lu^|.Jc/J., p. 109.) 
llanas et escueles 
lit platians et foisseles. 
(L'Ouslitlem. au vilain, IW. Mnntaiglon et Ilay. 

naud, Fabl., Il, i:iS.) 
Priez por lui, béguines, vielles et jovencellcs, 
One par vous sera s'ame portée en deux flsselles. 
(L'Evang. as famés, Dinani, Trouv. cambrés,, 

p. 172.) 
Femmes, priez por Ini, dames et damoiselles. 
Et par vous soit s'ame mise entre deux faisselles. 

(Id., ib., var. du ms. Ilichel. 1593.) 
Par Tons sera portée l'ame entre .ii. foiselles. 
(Id., ib., ras. Luzarche, S" 216.) 
Ainsi comme il entroit en la sale a Paris, 
il fu apareilliez qui le feri d'un formage en 
foissele en mi le visage. (Menestr. de Beims, 
338, Wailly.) Var., flssiele. 

Ce samble .i. fromage em présure 
Qui soit do la foissele issus. 

(Floriant, 2172, Michel.) 

Fiscella, feiscelle. [Gloss. de Couches.} 

Fiscella, fessiele. {Gloss. de Douai, Es 
cailler.) 

Fisciiia, Aiissene a faire fourmage. (fiîoss. 
lat.-gall., Richel. 1. 7684.) 

Pour .VI. faisselles. (1333, Campt. de 
l'hospice de Nevers, l"' reg.jf» 4 v»,Hospice 
Nevers.) 

Deux faisselles d'argent, blanches, rondes 
et plates. (1360, Inv. du duc d'Anjou, 
n° 773, Laborde.) 

Une faisselle d'argent en un estui de cuir. 
(1361, Invent, de la Reine J. de Bouloigne, 
Bullet. du biblioph., XVllI, 1052.) 

Aussi comme Moyses envelopé enla/"es- 
selle. (J. GouLAiN, Ration., Richel. 437, 
f= 170 r».) 

Sept grans faesselles d'argent blanc. 
(1380, Inv. de Ch. V, 1830, Labarte.) 

Diogenes n'avoit fors une petite faisselle 
ou hanap de fust a quoy il buvoit. (Raoul 
DE Presles, Cité de Dieu, I. VIIT, cli. ii, 
E.xpos., éd. 1486.) 

Douce crayme le matin en foiselle. 

(K. Desch., Pocs., Richel. .S4(l, f 232''.) 

Un marchand encourt une amende pour 
avoir vendu a mesure ou fissielle non en- 
signie de l'ensaigne de le ville. (1403, Lille, 
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Escuielles et platious, fisselles, louches 
et aultres fustailles. (Travers du commenc. 
du XV s.. Le Gard, Arch. Somme.) 

Ma raere, ayant de moy pitié, 
No me voulut péricliter, 
Ne dedans la mer me jctter. 
Mais une petite fiscelle 
.Seulement prinl, dedans la quelle 
Me boula comme en nng berceau. 
(Yiel Teslam., 232:;3, A. T.) Impr., fistelle. 

Dedans une fiscelle de joncs. (Fossetieb, 
Cran. Marg., ms. Brux., I, f" 104 r".) 

Kourmaige en faisselle. 
(MABTiAL, Yig. de Ckarl. VII, !" 2i^ éd. H93.) 

Par le nez, par la bouche et par les 
oreilles fist saillir la cervelle, ainsi comme 
faiot le laict de la ficelle quant on en faict 
le fromage. (C. Mansidn, Bible des Pael. de 
metam., f» 133 r^ éd. 1493.) 



14 



FIS 



Ji" Iny porleray mon fonrm»;e i 

Dfns «sic /WMr/d- lie joD \ 
. Mtrfterilfi ir là iUrpu/rilr. de la N»li»il« d« 

Jmus Chrisl, l.yon, jf»n de Tonrnps, 151';. • i 

F«T tuerllft d« jonc a ciillcr des lailage». | 

(BiLLEJC, Egl: 1.^ 1 

Qoe pleio«» «oienl nos faiseelles i 
Pe fonrraage» sers et mon». 

(Iloss , H»™».. 11. lî. Bibl. eli) I 

Tous 1>^? foir^ je S( ivs bien traire les | 

vaches, el faire les pelils frouiasesen leurs j 

fahrelln. {Hist. Macear. de Merlin Cocc., i 

VII, Bibl. pnnl.l [ 

Assis, enlrem'slet de jonc nn» faitcfllf. 
(Vire.. /■«'. nr l' Tomh. ilr Rdurrl, é-t. lfi1-2.> 

Se lit encore dans nn texte provincial • 
du XVII* s. : 

Ion fromage en la fesselle. (1634, Com- I 
manderie de la Foucaudière, 9, Arcb. 
Vienne.) 

Norm., Orne, foie^Ur, vase percé de Irons 
pour égonltpr le fromage, panier de jonc 
qni sert an même usage. Poitou./icelle, fes- 
selle. dans le même sens. Vienne, arr. de 
Civray, Deux-SiHTes, faisselle, fesselle. D.- , 
Sèvres, arr. de Bressnire, el Champ., Aube, j 
/■ow«ll« Vienne, Denx-Sèvres.cant. deMaz., 
fraUselle. Perche, freseelle, fracelle. Berry, 
feiselle, fachelle, fersielle. Aunis, treuil à 
ficelle, pressoir oii les raisins sont main- 
tenus dans une claire-voie. 

FissELiER, s. m., monle pour former 
les fromages : 

Un pot, une poellc, deux seau.x ferrez, 
quatre pastes. un fisselier el trois cuve- 
rons. (137.5, AimonI, Arcb, MM 30, f° 7 v" : 
.Mamier, Command., p. 632 ) 

FissEi.iERK, s. f., piège pour prendre 
les putois et les chats sauvages : 

Une fisseliere a prendre bestes gue on 
appelle Hssiaulx. (1446, Arch. JJ 176, 
pièce 498.) 

FISSERRON, S. m. •? 

On dit que Jebanne Lebel, atteinte de 
la lepre,a esleu sa sépulture par fisserrons 
et roosehes. (15.5Î. Pèronne, ap. La Fons, 
Glo$s. m».. Bibl. Amiens.) 

FISSIEI.I.E, voir FiSSELE. 

rissoLERE, S. f ., sorte de bateati léger : 
Les scisneurs prennent souventesfois 
plaisir en luy donnant l.i chasse, princi- 
palement cn'tour Vcnise:carils rhoysissenl 
nn temps calme, et se metteni sur certains 
petits bateaux leçers, deux ou trois dou- 
zaines de compaignie, qu'ils nomment /Is- 
toleres voguees a cinq nu six hommes 
chasciines.'(BEi.ON, JVat. des oi/s.. III, vu. 
éd. l!55?i ) 

Fis'^oN, voir FiçoN. 

FisTEi-, S. m., nlcère : 

n'one fTinl milady» qni II niingoit le ncis, 
ne flilel on de eranehe. 

(Jm. fT.'i rr.r.i«, Cfile de Lieue. 4f.ll, Scheler, 
ClôU. philol.) 

Cf. FESTBP.. 

FisTissiiRE, voir FESTISSEI'BE. 

KisTLE, voir Festre. 



FIS 

FISTON, s. m., terme de caresse,comme j 
petit garçon, petit enfant : 1 

Mon doux ami, mon fiston. (Du Fail, 
Contes d'Eutrapel. Bibl. elz.) 

Quant aux antres moyens, je n'y trouve 
aucun nez, pour en faire si prand quan- 
qnam que vous en faites, mon fiston de 
Demonax. (Cholierks, les Apresdineei, 
VI. f» 922 v% l-i\. 1587.) 

Un fiston, un jeune badin, vulp. (OuDIN, 
Curiosit. franc.) 

Argot, fiston, petit flls, terme amical. 
Bourg., Yonne, et Is'orm., pays de Caux et 
Caen, fislon. jeune fils. Gnernesey, fiton, 
polisson, enfant qui fait l'école bnisson- 
nière. 
FisTONNE.\u, s. m., petit gamin: 
Un fistonneau, un jeune badin. (Oudin, 
Curiosit. franc.) 

FisTULACioN. S. f., art de jouer de la 
flûte : 

Doctrine (]p fistlilaeion. (Oresmk, PoUtiq., 
y p., f» 107% M. t'iSO.I 

FisTUi-ATiF, adj., dp flûte : 

Ponrce ilz amenèrent et niisrent musique 
fiHulative ou de fistules en disciplines ou 
doctrines. (OnESME, Politiq., 2» p., f^ 106% 
I éd. 1489 ) 

1. FISTULE, S. f., flûte, chalumeau : 

i Par ces choses maintenant dictes appert 
(le quelx instruments l'en doit user. Car 
les fistules ne sont pas a amener ou a mettre 
en discipline... 11 semble que il entend par 
fistules ceulx ou l'on souffle de la bouche 
si comme sont de Dageoul, la trompe, la 
cornemuse, etc. (Oresme, Politiq., 2" p., 
f» lOoS éd. 1489.) 

2. FisTLTM-:, s. f., p.-ê. objet de menue 
valeur : 

Item .XV. pros viez en arpent comptent, 
1 item en quasi fistule, .1. s. (Dec. 1397, /n- 
' vent, de meubles de la mairie de Dijon, 
I Arch. Côte-d'Or.) 

On dit encore aujourd'hui en Bour- 
gogne : Il n'y en a pas fistule, il n'y en a 
pas fisture, pour dire : Il n'y en a pas un 
atome, il n'y a rien du tout. 

3. fistuTjE. s. f., fêlure : 

Une moyenne couleuvrine estant par 
iiventure trop chargée, ou bien ayant 
quelque fistule, creva, dont l'un des eclas 
rompit la jambe aud. lioiicard. (DuHei.i.ay, 
Mem., liv. II, f" 38. éd. J569.) 

Fi^TULEii, verbe. 

— Act., jouer .sur la flûte : 

Nous veons que se l'une des cordes qui 
dyapason font se chante par humaine vois 
et l'autre en la fleute ou en aucun instru- 
ment musical, se s'en cnsicul il bon acort 
et une mélodie, car les .il. cordes dessus- 
dites, «oient chantées ou fistulees, ont ausi 
comme un meisme son ou une meisme 
vois. (EvnvRT riE Contv, Prnhl. d'Arist., 
Bichel. 210, f 234''.) 

— Nentr., rauser une fistule, un abcès : 

Car la presse ponrrîst le^ dens 
Kl «i fait Irasce qni ptltilr. 
(K. DB<;cHA>irs, Port., Riclicl. 810, f 186'".) 



FLA 

PisTi'LEiiR, s. m., joueur do finie : 
Elle fut coutristee et courrouciee pour la 
deshoonestelé de la face des fistuleurs, car 
ilz enfloient leurs joues et leurs visaipes 
laidement en soufflant en leurs fistules. 
(Obesme, Politiq., i' p., f 107>, éd. 1489.) 

FIT, voir Fi. 

FiTE, ijiterj., fi ! 

i;t pins entor ces se delile (la mort) 
Qui par fierté li Jient /!/c. 

(De Morte. Ars. .ISOl. p. îa!*".! 

FiTREAL, s. m., chAssp : 

En fictre sain l.ambiert qni fui de riche pris 
Fui enfermeit li corps sain Materne et assis 
Par dedens une fitreal de bois qui fut raassis. 
(Jfh. des Preis, Geste de Liège, '20113, Chron. 

belg.) 

Cf. FlERTRE. 

FIUEMENT, voir FlEFFEMENT. 

FIUFER, voir FlEFFER. 

Fius, cas sujet, voir Feeil. 

FivATiER, S. m., tenancier qui doit au 
seigneur cavier cens, renie et autres de- 
voirs : 

Feudataires ou fivatiers. (Variante, dans 
le registre du Parlement de Toulouse et 
dans Vescorbiac, de Vordonn. de Ch. VUI 
de mars 1483, Oïd., xix, 311.) Impr., /îno- 
liers. 

Les seigneurs caviers qni ont jnrisdic- 
tion basse contre leurs fivatiers ne peuvent 
exercer aucune jurisdiction contre aucuns 
estranpers, sinon seulement entre leurs 
dits fivatiers. (Coût, de la Bourt, Nouv. 
Coût, peu., IV, 967*'.) 

Fixiox, s. f., action de ficher : 
Par la fi,xion des cloudz en ses très pré- 
cieux piedz et mains. (C. Mansion, Bible 
des Poet. de metam., (° 23 v», éd. U93.) 

FIXURE, voir FlCHEURE. 

FizEL, s. m., instrument de maçon, 
l'équerre : 

Or sa tost sa ceste trpelle. 
Se martel, se plonc, se fizel. 

(Mysl. de S. Clemnt. p. Sfi, Ahel.) 

FizKLÉ, adj. ? 

De gueules aune fesse d'ermine ftzelee a 
Il tourteaux d'azur. (Armor. de Fr. de la 
fin du XIV» s., Cab. hist., VI, 39.) 

FLABANCE, voir Fablance. 

KLABAUT, voir Frambaut. 

FLABEEUR, VOir FaBI.EOR. 

Fi>ABEL, voir Flavel. 

FLABELLE, S. f., éventail : 

Ainsi, quant il fut descendu, tout ardant 
etplain de sueur, eu entrant en sa cham- 
bre, il dist que on luy fîst du vent entour 
luy avec une flabellé ; c'est comme une 
esventovre de verges. (Guill. Tardif, les 
Facecies' de Poge, p'. 20G, .Montaiplon.) 

FLABELi.ER, V. a., rafraîchir comme 
avec un éventail : 

L'air, qui continuellement entre ennostre 
corps pour pab'^lliv et refriperer le cœur. 
(Paré, OE/(r., XXIII. in, Malpaigne.) 



FLA 



FLA 



PLA 



\i> 



A fin que l'air frais et bon y entre le 
matin et le soir, pour purifier la maison 
des exhalations et vapeurs qui y sont rete- 
nues, et le c.orroiiipi'ut d'avantasje s'il a'esl 
csveuté et llubellé. (Id., ib., XXIV, xxi.) 

FLAUËK, voir I'ableh. 

FLAUESCK, voir FOIULECE. 
FLABLER, VOU' FaULEU. 

FLABomn, voir Faulikh. 

b'LAUKK, adj. ? 

Lubro matrone du cru tarlaria flaire, 
J'ay juste cause se de tDy je me piaius. 
(lîiUl, A.NDKE DE LA Vi(;aE, Cutiipt. et Epit. de. la 

llazoche, Poés. le. Jca xv'elxyi' s.. xni,3;J0.) 

1. FLAC, S. t., sorte de jeu; peut-être, 
dit M. Cil. d'Hericault, le /iu.c dont parle 
Rabelais, et qui est encore usité en Picar- 
die; sorte de brelan ; 

D'aulaut que n'ay aucuns deniers coutens, 
S'il ne m'en vient, au cent, au triquelrac, 
N'au glic aussi, ny au jeu fie la flac. 
Plus uejourray. qui m'est griefve furtuDe. 

(.KOC. BE COLLERÏE, Efiist., \>-i, Bill, elz.) 

2. FLAC, flacque, flache, flesche, adj., qui 
équivaut au mot refait flasque, mou, au 
propre et au ligure : 

Mes oie est HaJerolf durement alassel 
K'il ne peol suslenir sun bon esru listet, 
1^ iHult sunt ja /lac li cups de suu braiit aceret. 
{Ihni. i:ui, Micliel.j luipr., /lai. 

Graut taïaut avoiut de maogier; 
Cbaican cheval estoit bien flac. 
(GuiLL. DE St André, Libvre du bon Jeliaii, -2 132, 
Cbarrière.) 

Kùz anemis se moquent de nous etnous 
reputeut [las et couars en guise de femmes. 
(Bemsuibe, t. Liv., ms. Ste-Geu., 1'° U6''.) 
Gens flacUes, faillis, reproches et desho- 
nores. (14âi, ûrd., XI, 127.) 

— Braiber.bons sont /las; 
llh dobtent plus Ligois que le soris les cas. 
(Jeu. des I'reis, Cesle de Liège, 26243, Scbeler, 
Gtoss. philol.) 

Y n'a que des chiens a bergers 
l'ous ausy velus c'uoe vache, 
Rt sy ont l'oreille ausy flache 
Kt ausy mnle c'one trippe. 
^Faice d'un Geutilh. et son page, p. 1 i, ap. I.er. 
de Lincy et Michel, Farces, moral, el serin.joi/., 
I.) 

Nous autres homoies sommes plus flaches 
et plus paresseux que Sardauapalus qui 
n'estoit instruit en lov divine. (UoccaCe, 
Nobles malh., If, 13, 1» 38 r", éd. 15lo.) 

Et si y a uiig poiuct queje crains beau- 
coup, qu'est que s'ilz voient que en cecy 
nous allions jlesches, ilz se retireront eu 
beaucoup d'aullres choses de l'espoir qu'ilz 
uous ont demoustré. (.lO oct. loo8, Pap. 
d'Et. de Granvelle, v, 330, Doc. ined.) 

Que ce coc d'inde est flac .' 
(D'KsTERMODE, l'Espadon sattiique, sat. I, Bibl. 
gaulj 

Ceux qui sont /lacs et tardifs en l'acte de 
mariage. (J. G. P OccvU. mero. de nat., 
p. 236, éd. io6-: 

Juges negligeus et flaches. (1570, Lille, 
ap. La Fous, Gloss.ms., Bibl. Amiens.) 

Grands veutres, /lacques et mois. (G. 
BouCHET, Serees, iv, 169, Iloyhet.) 

Oenev., /laque. Lorr., fidche. Fillières, 



fialih. Champ., Bourf 
Berry, lldclie. 

3. l'-LAC, voir Flat. 



Yonne, .Morv. 



FLACAiE, voir Flassaie. 

FLAC.VKGNis, S. f., Miotif i iiijure, à 
brocard : 

Malle bouche qui riens u'espargne 
.Sur cbascun trouve sa ftacargne. 

{Rose, 4000, I.antin de LIamerey.) 

Le texte de Méoii, v. 3920, porte : 
Trueve a cbascune quelque herne. 

FLACCONNEU, voir Flaconner. 

1. FLACHE, S. f., partie du bois équarri 
que la hache ou la scie n'ont point at- 
teinte, et qui est restée en dessous du 
plan ou de l'arête d'équarrissage : 

Lequel fou me doit estre livré et signé 
par le verdier de ladicte forest, qui en 
aquite deniers pour soucaige et n'en doy 
avoir fors que la flache et tout le groz, 
sauf les branches. (1408, Ueiiombr. du 
balll. de Conslenlin, Arcli. P304,f" 103 r«.) 
Alias, cleche. 

On lit dans le DicUounaire de Commerce 
de Savary des Bruslons : 

Flaches. Terme de commerce et d'exploi- 
tation de bois. Ce sont les endroits les 
plus proches de l'écorce, qu'on nomme 
autrement Aubier. Ces flaches doivent 
s'ôter en équarrissant les arbres. 

Berry, fidche : « Ce soliveau a bien du 
fidche. • (Jacbert, Gloss. du Centre de 
la France.) 

Prévost , dans son Manuel Lexique, 
donne l'adjectif flacheux, et dit : Le bois 
fiacheux est celui qui, n'élant p:is bien 
équarri, est dilBcile à toiser. 

2. FLACHE, fiasche, fiaischt, fiaske, fien- 
que, flèche, s. f. et m., bouteille, flacons 
petit tonneau, vaisseau à mettre du vin ; 
servait parfois de mesure : 

El dist Ogiûrs : Ce ne pris une /lesgue. 

UUiao., Ogier. 11410, Barruis.) 

Vaisselez de fust plains de vin. Ici del 
pople sont apeleit flaisches. [Dial. StGreg., 
p. 81, Foerster.) 

Flèche de pois doit obole... pois que l'en 
apele poiaz, qui ne sont flèche. (E. BoiL., 
Liv. des mest., 2" p., il, 83, Lespinasse et 
Bonnardot.) 

Deux arpens de terre aveq deu.ï quar- 
tiers de terre... a la redevance de .vl. 
flaches pour annuel cens. {Chart. de 1288, 
ap. Duc, Fliches.) 

La fiasche de poiz doit .i. s. de conduit. 
Li Péages de Sauz le roi, Arch. P 1189.) 

Li sas de pois et de warpot .iiii. den. 
et la flache une obole. (Consuet. feriar. 
Trecem, liicbel. 1. 381i5, [•> 148 r°, ap. 
Duc, Fiachia.) 

Mais bouteilles d'estain, de bos et de 
quir trueve on de toutes mesures, et assi 
les nomme on flaskes. (Dial. fr.-flam., 
f°3S .Michelaut.) 

Deux flasques d'argent,gaudronnes,moic- 
tié dorées et moitié blanches, pesant en- 
semble. xlv. m. (iSiO, Invent, de Georges!, 
card. d'Amb., ap. Laborde, Emaii.r.) 



La aussi nous dist estre un fiasque de 
sang greal, chose devine, et a peu de 
gens cogneue. (Bab., v, 10, Jacob.) 

Ils avoient sur leurs espaules des man- 
teaux courts et le fiasque a la ceinture. 
(Hist. Maccar. de Merlin Cocc, c. xxiii, 
Bibl. gaul.) 

— En particulier, poin; à poudre: 

Quand le page maling, au flasque de sou mai^ire 
.\yaut volé la poudre. 

(Bvir, cité par I.a FRA.MBOisnnE, p. lo.) 

Le feu priut eu son fiasque. (Pahé, 
OEuv., IX, 1" dise, Malgaigiie.) 

Le fiasque, qu'on appelloit ainsi, estoit 
de mesmes, voire pis. comme de quelque 
cuyr boully ou de corne : bref toute chose 
chetifve. (Brant., Couronn. fr., VI, 73, 
Lalanue.) 

3. FLACHE, s. f., lieu plein d'eau et 
de boue : 

Ains me fauit tenir deux eschaces 
Kt mon corps traîner par les flaches 
Se je vueil nulle part alcr. 

(ihr. N. b., xsii, liOl, A. T.) 

4. FLACHE, voir Flac. 
FLACHEL, S. 111., espêcB de bâton : 

Un baston de cotteret, autrementnommé 
flachel. (1458, Arcb. JJ 189, pièce 266.) 

FL.vciiESSE, flaquesse, fiuquece, s. f.. 
mollesse, inertie : 

Se uns homs fust en une aiguë et fust 
en péril de noier, et il seust noer, et par 
sa flachesse il ne se vousist aidier pour soi 
délivrer de mort. {Sydrac, Ars. 2320, § 
491.) 

Si bien liastivemeut ne y pourveisses, 
ycest voustre pais est pardu, et ne veoy 
autremcut qu'il se puisse sauver, se ne 
soit pour flaquece des Frauceoys. {Lelt. du 
22 juill. 1406, Reg. de la jur., a Ed. III, 
Arcb. mun. Bordeaux.) 

Et s'escandalisa ainsy d'elle mesme, 
non (]u'elle en fust bien cause propre- 
ment, mais son mary, qui par sa debo- 
lesse, flaquesse et moilitude se gasta luy 
mesme. Bhant , Dam. gai., 1" dise, Bu- 
chon.) 

FLACHET, flaschel, flasquet,A. m., di- 
niin. de flache, petit flacon : 

Pour porter .li. /lâchez de viu 
Touz pleins au saiut homme devin. 
(Dial. de S. Creg., ms. livreui, f» 42''.; 
•Si li dist : Beau Qlz, ne huit mie 
bu /lachel ijue tu aportoies. 

Il Scsi le /laschrl gianl erre. 

(«., P 13".) 

— Poire à poudre : 

Leurs flasquelz ne valoient guieres dcju 
plus. (BiiANr., Couronn. fr., VI, 72, La- 
lanne.) 

FLACHiEit, flacquier, s. ni., mare d'eau, 
eau qui ne coule pas : 

La mer morte est comme on diroil ung 
flacquier emmy les champz, ou ce seroit 
eoinme eaue et marie enssamble. {Trésor 
des histoires, ms. Valencienues 493.) 

FLACHIEUE, voir Fl-ECHIEltE. 

FLACHiET, S. m., inarc d'eau : 



Jfi 



FL\ 



l'D grant ftachiel plain d'aighe ciornianl. 
(Froiss., Chron., X, 83, Kerv.) 

H.-Norm., vallée d'Yères, pays de Bray 
et pays de Caux, flaquet, petite flaque 
d'eaa. 

1. FLACHIR, flaquir, flasehir, (laischir, 
verbe. 

— Act, rendre flasque, mou, aCfaiblir : 
Li mareschaux avoit plus grant despit 

dou prince, que pour occasion de la si- 
niODie de ce que il avoit eu dou conte, 
fiachoU la raison de la contesse et souffroit 
que li contes parloit ainsi hautement en 
sa court, que il n'avoit dou conte. (Liv. 
de la Conq. de ta Morée, p. 43S, Buchon.) 

— Réfl., s'amollir, s'affaiblir : 

Et disoit en oultre que en ceste manière 
la force de ceulx en qui puissance estoit 
toute leur fiance se flaquiroit en leurs 
corps et en leurs corages qui la feroil lan- 
guir par aucun pou de délai. (Bersuire, T. 
Liv., ms. Ste-r,en., f» 116*.) 

— Nentr.jSe flétrir : 

Le» roses ne li lis non i flachiesont. les 
Hors i sont toi j ors. (Pass. S. ,\fath..K\- 
chel. 818, f» 189 v».) 

— Flachi, part, passé, flétri : 

Sa racine (du polipode) soit cueillie et 
nettoyée, puis soit par ung jour sechee au 
soleil, et elle se pourra garder par deux 
ans en boute, et doit on choisir celle ra- 
cine qu'est aucunement verte, car celle qui 
est du tout fiaischie n'est pas bonne. (Le 
grant Herbier, f^ 84 r», Nyvenl.) 

Morv., fldci, v. a., faner, flétrir. 

8. FLACHiR, voir Flatir. 

FLACHis, - acquis, s. m., mare d'eau : 
Et avoient au devant d'culx ung bien 

grant ftacquis de cane dormant. (Froiss., 

Chron., Richel. 2644, f» 203 r".) 
Un grant flacMs tout plain d'aige et 

grans marescages. (Id.. ib., IX, 361, var., 

Kerv.) 

FLACISABLE, VOir FLKCHISSABLE. 

FUACOi-E, flacolle, voir Facule. 

FLACON'CEL, S. m., petit flacon : 
Aucuns signeurs avoient petis /taconeiaus 

plains de vin. (Froiss., Chron., VI, 119, 

Luce.) 

FLACONVEit, flacc., V. n., vider des fla- 
cons : 

Et tous /loeconnerentsibien que le bruyt 
vint partout le camp comment le prison- 
niprestoit de retour. (Rab., 1. II, ch.27, "'•d. 
1M2) 

pi-ACONNF-T, /lasc, S. m., petit flacon : 
Ln^ peti? I.iblcaiix d'or en façon d'un 
flaconnet. (1400, Pièces retat. aurèg.de 
Ch. Vf, II. 332. Dourt d'Arcq.) 
Ilola! il me rient appi^tit 
Du Tiiiler mon /Ituconnrl. 
Ponrtanl me faolt bojte unfi petit 
De re Tin tont cler et tool net. 
(Mfil. de .S. nid., p. 179, Curnanilet.) 

1. FL,ACOL'B, voir FLAC. 

i. Fi.AcuuE, voir Flasque. 
Ff.ArouKAU, s. m., tas, monceau : 



FL.\ 

Tous les jours les murs s'nbattoienl, et 
y cheoient devant eux par grands flac- 
queattx, auxquels il falloil nipttre résis- 
tance, et les remplir de foins, de bois, de 
terre. (G. Chastkll., Chron., I, 156, Kerv.) 

FLACQUER (se), V. réfl., SB jeter avec 
force, se mettre, se flchor : 

Flacquons nous la et daubons des mâ- 
choires. {Comédie des prov., II, 3, Ane. 
Th. fr., IX, 50.) 

1. FLACQUIER, voir F(,ACHIER. 

2. FLACauiER, VOirFLASSIEH 

FLACQUis, voir Flachis. 
FLACTiR, voir Flatir. 

1. FLAEL, flaiel, flayau, fliel, s. m., arme 
oITensive, composée d'une masse de fer 
retenue par nn bout de chaîne, par une 
bande de cuir ou une hielle, à l'extrémité 
d'un bâton : 

Son /lad prent et met on place, 

A Genfiroy sur le heaume en donne. 

(xiv* B., le Livre de Lusignan, Mêlas., .S310, 
Micbel.) 

Des maces de Damas, de flittu.v 
Des piqnes qne les Flamens ont... 

(E. Descbamps, Poés., Uichel. 840, f» 350».) 

— Fig., aflliction : 

Dens me doinst ançois tel ator 
El tel /laie! et tele entente 
Dont ma car despite se sente. 

(Ste nais, Ars. 3S27, f° ItJ.'i 

— Sujet d'affliction ; 

Regarde, France, et voy - omment besongue 
Ton fort payait, le hanlt prince d'Oranfte. 
(MoM.vET, Cliaiu. sur ta Journée de Guineyale, 
ap. I.er. de Lincy, Ch. hist. fr-, I, 3fl4.) \ 

2. Pi.AEL, voir Frael. 

FLAELE, /?ajreJ/e, s. f., fléau, punition : 
Mais Dex plevis ma loianté, 
Qne sor mon cors mete flaele 
S'onqnes, fors cil qui m'ot pocele, 
Out m'amistié encor nul jor. 

{Tristan, t. I. p. 4, Michel.) 
En flagelle dn vice, 
(/-a Compl. de Dignanl, 191, Anal, leod., dans les 
Chron. Iielg.) 

Dont cesseroient plusieurs punitions et 
Pagettes de Dieu. (Seyssel, fa Grand mo- 
narchie, II, 14, éd. 1540.) 

Fi.AELEMENT, flaielemcnt, - ont, flayel- 
lement, s. m., coup de fouet, flagellation : 
Il bat les nns dirersement 
El donc son flaelemant. 
(nom. des trois Ennem., Ars. .';201, p. 260''.) 

natures et Jlaelemens. {Heures de la Pass. 
J.-C, Richel. 15212, f 152 r».) 
Apres tonrmens, labeurs de corps et veines. 
.Mille tonSOet», /lagellrmens, et peines. 
(Cr.. Mas., Trisi. eers de Beroald, éd. tiiOB.) 

— Fig. : 

Amis, qn'icisl flaietemfnl 
Qui tant nnt duré Innjement, 
Fait il, que des ore mais remaienint, 
Dont treslote la genz «e plaiinent. 
(Des.. D. dr Korm , II, 4«C4, Michel.) 

1. FLAGLER, jtaHler, jlaiekr, flageller, 
verbe. 



FLA 

— Act., fouetter, fustiger : 

En travail des urnes ne sunt, e od humes 
n&serunt Mêlé. {Liv. des Ps., Cambridge, 
LXXIl, S, Michel.) 

Ki l;i unques murmurel del flael Deu, ke 
fait nltre chose ];e acuseir la justice de celui 
ki ftaelet {Job, p. 489, Leroux de Lincy.) 

Le vendredi laissas ton cors crocefier, 
Combalre et flacller et de lance percier. 
■ fJ. BoD., Sa.t,, ccLvii, Michel.) 

Li diables sur els cnreienl 

K paeloenl e si bateient. 

(Marik, Purg. de S. Patrice, 1017, Roq.) 
Cil qui ad malvais père, raalvaise est s'eritez : 
Cil qui ad fieble chief. sovent est flaelez. 

(Thom. le mari., 128, Bekker.) 

— Fig., châtier, tourmenter, faire souf- 
frir : 

Quant ma chançon li dira lanonvelc 
De la dolour qni pour loi me /Jaele. 
(Tnin., Chaiis., ms. Berne 231, t° 8.) 

De la douleur, qni ponr lui me flaelle. 

(iD., ib., p. 05, Tarbé.) 
Çans qu'il pins aime çans flaielle. 
(G. deCoinci, Mir., ms. Brnx., f 123''.) 
Cest jugement est repelez. 
Car sanz nus n'ert pas jugez, 
Sanz nns est trop flaeles : 
Pur ceo deit trover pilez. 
(Lib. Psalm., Oxf., Préf., p. xxix, Michel.) 
Mes la mort, qui les bons flaele, 
A aporlé félon flael. 
fRuTEB., de Monseigneur Anseau de l'isle, Jub., I, 
88.) 

Apres ce que la divine puisance Vol eus 
flaelé et châtié. {Chron. de S.-Den. ,ms. Ste 
Geu., f» 254''.) P. Paris, /?aei/é. 

Lors flaela Dieus Pharaon et sa maisoun 
de moult de flaels. (Bible, Genèse, ch. 12, 
V. 17, Richel. 1.) 

Et cil sunt flaelez que avant alerent as 
overeignes des fil Israël. {Ib., Exode, ch.b, 
vers. 14.) 

— Neutr., être tourmenté, être agité, 
s'agiter : 

Ogier l'entent, toi le cuer li flaele; 
Ben set c'est feme au cri qi li ot fere. 

(ItAiMB., Ogier, 11894, Barrois.) 

ses .II. mains qn'il ot sor sa forcele 
La vie saut qni el cors li flaele. 

(Meschans, 829, Jonckb.. Cuill. d'Or.) 
Bien sent la mort qui el cors me flaele. 

(Li Covenans Vivien, 1859, ib.) 
Voit le li rois ; tonl li coer li flaele. 

(Auherii le Bouraoing, p. 30, Tarbé.) 

Plus dolente el plus morne que n'est la touriciele 
Qui a perdu iion niasie, dont le cuer li flaele. 
(neuv. d'Aigrem., Uichel. 766, f 3».) 

Cuors de famé est li chandiaus d'ues : 
Plus est tornanz ne soit eslnes, 
Kt pins haleté el plus flaiele 
(lue ne fet boillons en paele. 
(Le Blastange des famés, Jnb., Jongleurs el Trou- 
vères, p. 75 ; Uichel. 837, f" 2i0.) 
.... Li cuer li flaele. 
(Jeh. des Pkeis, Gesle de Liège, II, 1778, Sche- 
1er, Gloss. pMIol.) 

Norm., Bessin, flleler, être agité par le 
vent en parlant d'une fenêtre, d'une 
porte. 

2. FLAEbiiii, voir Flagkler. 



FLA 



KL A 



FLA 



Fi.vEi.os, fraielluz, s. m., celui qui 
manie le fléau : 

Che je paisse comancer et acomplir l'ioslor 
ne AUlle, fraielluz Dei, li fans anmansor. 

(il*, prit». Mile, ms. Modène) 

FLAERYER, VOir FLAIRIER. 

FL.VEUTEUU, voir Flauteur. 

1. FLAGE, flaige, s. m., champ, place 
en général : 

De tantes et de tret porpreanent molt grant flage. 
(J. BoD., Sax., Lxi, Tar., Michel.) Autre var., 
flaige. 

— En particulier, champ de bataille: 

Dleat D.inois l'aos l'aulre ea son langaige : 
Puions nos ent, si lor laissons \e flaige ; 
Car ceste gent est vers nos trop savaîfie. 

{Aiiieri, p. S5, Tobler.) 

U est trop fol qui petit borne btasme 
Quant il le voit entrer en tel bataille, 
Qnaot je entrai hui main en cesloi /iage 
Sachiez de voir ge le tien a folage. 
(Aim. deHarli., Kichel. "24369, f° 80 V.) 

— Bouge, cuisine : 

Le suppliant et aucuns autres entrèrent 
en la maison d'un tavernier et trouvèrent 
au flage ou bouge d'icelle ledit Casin. 
(1403, Arch. JJ 158, pièce 82.) 

2. PLAGE, S. m., gain, butin : 

Mais pnisqn'alnsi est vostre melencolje. 
Qu'avez pour ce snr celle advantage; 
Le uiienU venu trouvera povre flage. 
(Perceforesl, vol. VI, 1° 'jr, éd. 15-28.) 

^. FLAGE, S. m., sorte de monnaie : 

Pour planter pois par .viir. femmes a .v. 

flages le jour val .vu. gros. (Compte de 1353, 

Lille, ap. La Fous, Gloss. ws. , Bibl. | 

Amiens.) 

FL.VGEL, - eau, s. m.; flageolet : | 

Fistula, flageau. {Gloss. gall.-lat., Richel. 
1. 7684.) 

FLAGELER, flaelei', V. 11., jouer de la 
tlùte : 

Flageler, listulor. (Gl. gall.-lat., Richel. 
1. 7684.) 

— Fig. : 

Si savent (les drafions) flaeler de la 
langue, que les foie chetives déçoivent, et 
les mêlent au desoz par leur //ae(er de 
lors langues. {La response del Best, mestre 
Rich.de Furnival, li Cocodrille, Hippeau.) 

FLAGELEiiR, S. 111., joueur de flûte : 
Flageleur, fistulator. {Gloss. gall.-lat., 
Richel. 1. 7684.) 

FLAGELLACiON, S. f., aclion de battre 
le grain : 

Et dévoient remanoir en ledicte granche 
lez estrains, esteules anz flagellacton re- 
conmencbie. (Cft. de 1282, Clerm., Richel. 
4663, f" 108 r".) 

FLAGELLE, VOir FLAELE. 
PLAGELLE.MENT, VOir FLAELEMENT. 

FLAGELLEUR, S. Hi., celul qui tour- 
mente, qui opprime : 

Ennemis de paix, flagelleurs de peuples. 
(J. MoLLNET, Chron., ch. lxvi, Buchon ) 



— Flagellant : 

Toutes les bonnes villes estoient plaines 
de celles gens, lesquelles s'appelloieut 
flagelteurs et confrères par manière d'a- 
liauce. (Jehan Le Bel, Chron., 1, 204, Po- 
lain.) 

Celle sette de flagelleurs courroit par le 
monde. (Id., ib., 1, 205 ) 

FLAGELLEURE, ftagellure, s. f., coup 
de fouet, flagellation : 

Comme aigneau a l'ocrision. 
Sera mené, sans qu'il murmure 
De quelque grande ftagelture 
Qu'on luy face. 

(Viel Test., 9626, A. T.) 
Mais pour verberation ou flagelleure 
qu'ilz luy sceussent faire il ne parla plus 
bas. (BouRGOiNG, Bat. Jud., vil, 25, éd. 
1530.) 

FLAGEOL, -jol, - joil, S. ui., flageolet, 
petite flûte ; 

J'ai souPtes de trop beau tor. 
J'ai de bons jlageus a pastor- 
(bil d'un Mercier, Crapelel, Pror. et Dicl. po- 
pul., p. 151.) 

Lors r'oissîez trompes sonner, 
Corz, tabourz, flagens et chevretes. 
(GuiART, Rotj. ïign., 11920, W. et D.) 

Tabourz sonnent, et flagiej: pipent. 

(iD., a., 18091.) 

Dont il (ist flajolz gracieux. 
(Chr. m PisAN, Liv. du Chemin de long estude, 
1062, Piiscbel.) 
II me fanlt on Dente on flajoil. 
(mtiv. N.-S. J.-C.,lab., Mysl., II, 73.) 
Romps les flageols, Dieu Pan, par violence. 

(Cl.. Mar., Dallad., Caresm.1 
Plus ne m'orrez Venus metire en avant, 
Ne du flageol sonner chant Bucolique. 

(Id., Opusc, à Fr.de Bourè.) 
Tay toi petit flajol : o petite muzette 
Haussant ta foible vois ne fay de la trompette. 
(J.-A. riF. Baif, F.clogties, 1, éd. 1573.) 

Qai musette et flageol a ses lèvres usa 
Pour le donner plaisir. 
(Ross., .\mours. 11, xi.vii, le Voy. de Tours, Bibl. 
elz.) 

Et les soufllets jetteront leur vent de- 
dans certains flajols. (I'alissy, Recepte, 
Cap.) 

— Fig., menterie, tromperie : 

Meschantement endorniye ay esté 
Par les /laijeolz dn vent de trahison. 
(1513, le Depuciilage de la ville de Tournaij, 

Arch. dn ÎSord de la France, nonv. sér , I. 

377.) 

— Bavarilage : 

Comme le saige serpent 

Qui an doulz son va s'oreille estoupant 
Que prins ne soit, doit dame avoir pensée, 
Sans esconler le flajol de tel gent ; 
De refuser soil saige et diligent, 
Que pas ne soit par tel vent assolée. 
(E. Desciiamps, Pops., liichel. 810, f 2c 3.) 

FLAGEOLEMENT, - gollement, - jolement, 
s. m., action de jouer du flageolet et le 
son de cet instrument : 

"Vint ung bedonneur ou llagolleur devant 
l'uis de la taverne, ou bedonnemeat ou 
flagollement duquel gens se assemblèrent. 
(1425, Arch. .1.1 173, pièce 239.) 

Fist grant bruit et /lajolemeal. 

{Pasioralet, ms. Brux., f" 3G v".) 



FLAGEOLER, - goler, - joler, - oller, 
verbe. 

— Neutr., jouer de la flûte, du flageolet : 

J'oi Bobin flagnler 
Au flagol d'argent. 
(A. DE LA Halle, li Cievs de Itobin et de Marion, 
p. 375, Coussemaker.) 

Tenant en sa main senestre ung flajol 
dont il alla pas a pas flajolant. {Met. d'Ov., 
Vat. Chr. 1686, f 26 r».) 

Savoir flajoller et du bas voler par des- 
soubz la feiille. (xV s., Yalenciennes, ap. 
La Fous, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

— Act., chanter sur le flageolet : 

Ponr ce que ma dame vonloit 

One nos amours fussent chantées 

Par les mes et flajolees. 

(G. Mach., Poés., Richel. 9221, f° 203'.) 
Pasteur qui conduiras en ce lieu Ion troupeau, 
Flageollant une eclogue en ton tnyan d'aveioe. 
(RoKS., Sonti. pour Hélène, II, viir, Bibl. elz.) 

— Neutr., causer, babiller, plaisanter, 
dire des sornettes, des fariboles : 

A çaus qui musent et /lagnlenl. 

(G. DE CoiNci, ilir., ms. Brux., f" 216».) 

Voicet aillors flajoleir. 
Ne revaigno plus vers mi. 

(Rom. et past., Il, 94, 'J, Bartsch.; 

Ta as fait le moine voler 

Par force de tes grans richesses : 

Mais riens n'y vaut le flajoter: 

INe te fle point en promesses. 
{Dit rimé qui fu fait ponr un pretost de Paris 
nommé Hugues Aul/riol, Richel. I. 4641, f 150.; 

Et von s a lez cy flajolant 

Dont le cner ay forment dolent. 
(Chr. de Pisan, Liv. du Chemin de lorni estude, 
3931, Piischel.) 

Ça, sans plus flageoller. 
Mon argeut. 

(Pathelin, p. 52, Jacob.) 
Et. par Dieu, c'est trop flageollé. 

Uli., p. 108.) 

Je croy qu'il nous cuide enchanter 
Pour nous /lajoller en l'oreille. 
(Greban, ilist. de la pass., 23278, G. Paris.) 
Mais d'où viens tu de flagoller:' 
(Farce de Mimin, Ane. Th. fr.. 11, 313.) 

— Act., dire en bavardant : 

Paix ! J'escoute 
iVe sçay quoy qn'il va flageollant. 

(Pathelin, p. 65, Jacob.) 
Ne haute point les manidicles escolles 
De Faulx semblant : mais en Dien le consoUes 
Sans que le cueur soit de faincle taché. 
Ou ton esprit sera bas attaché. 
Quelque oraison que des lèvres ftajolles. 

An cuenr gist tont. 
(J. Marot, Docir. des Princesses, xxil. Rond., 
éd. 1532.) 

— Tromper, piper : 

Mais bien croi qn'.ia derrain créasse 
Barat, s'autre conseil n'eusse. 
Car si bel m'avoit flajolé 
Que tout sus m'avoit affolé. 
(Bruïant, Chemin de poireté et de richesse, i la 
suite du ilénagicr. II, 27, Biblioph. fr.) 

Et le me laissez flageoler. 
Car il n'en aura autre chose. 

(Pathelin, p. 49, Jacob.) 

Flageoler, jouer du flageolet, appartient 
2t la langue moderne. 



I» 



R.\ 



FLA 



FLA 



FLAGEOLKHIK, S. (., ACtioIl (lo jOUef tlU 

Qageolet : 

Pour ce u'abaissez point la poésie a la 
ineneslrerip, violerie et flngeolerie. (Ch. 
Fontaine, QuiiM Hor., p. 407, Person.) 

ti..\OKoi.Bi.ii,-joteur, - goleur,-golleur, 
s. ni., joueur de llute, de flageolet : 

M luette est sur le perluis de l'auhplit 
ainsi comaie est le doit du (lagoleur sur le , 
Irou de la felnlle. (B. DB CoRD., Pratiq., 
IV, 2, éd. U95.) 

Vint un;; bedonneurou ^/agodeiir devjint 
l'uis de la taverne, ou bedonneuient ou 
flasollenient duquel gens se assemblèrent. 
(IIS3, .\rcb. JJ 173, pièce 239.) 

— Fi^'., flatteur, engeùleur : 

A un^ baillarl, vanteur et meuteur 
ordinaire, rien u'est si déplaisant que 
quand ou le reprend, de laquelle folie 
congnoist tout huuiuie snige qui escoutc 
les paroUes d'uug tel flajoieur, qu'il nourit 
un cocu scabreux et le assouage de ses 
mains. (\ef des Fols, f« 39', ap. SlePal.) 

Borel, dans son Trésor, donne flaioleux, 
conteur de sornettes et de bagatelles. 

FuiuEoi.mit, flajoWer, s. m., joueur de 
flageolet : 

Aux burpeurs rt jlojolliers. (1492. S. 
Umer, ap. Lu Fous, Gloss. ms., Bibl. 
.\miens.) 

FLAGEOT, flajol, flagot, s. m., flageolet, 
petite flûte : 

Oiie fflJDS Tant a oir qne flajot ne restiel. 
(flow». d'Alix., ^ lî», Michelanl.i 

Chaseaoi ot muiete, 
Wpe, /lajol et frelel. 

(«on», el put., Bariscb, II, 30, 4.) 

L'aatrier pasloare seoit 
l.ODC QQ boisioD ; 
Agoiaos i:arJoit, si aroit 
fiojot, pipe et bastoa. 
iJoctux Dc ISbcces, Cha«s., Scbeler. Trour. belg., 
p 154.) 

Et des fittjn et des «ieles 
I tant les mélodies bêles. 

ibvrmars le Gallois, 77i", Steogel.) 

Troupes taotir, sooer labors, 
Flajol, fretel font lors labor. 
iBkETEi., Tourn. de Chauc, 785, Delmolte.l 
Trompeot flaiol, tabors, frelel. 

(Id., I*., 1336.1 
J'emporte nitc mi 
Flagol. mus« et frelel joli 
Oo'oa m'a earoTé de CoaloOrwe 
l'oor le pastoorel de Berri 
Kl la pastoure de Boaloagoe. 

(Kaoïs*., Poés., Il, 338, .lu, Scheler.) 

FLAGERADE, S. t., cspëce d'arme oITen- 
sive ; mot employé dans les régions du 
midi comme fta'jeron : 

Icellui Uolsera frappa ung grant cop 
d'une flagerade sur le cap d'icelliii flUet... 
Le suppliant frappa d'une lance. (147C, 
Arch. JJ 204, pièce i58.) 

FLAGBRON, s. m., sort<; de bâton : 

Un baston sans fer, nommé flagerotl, ai- 
guisièa bout. (1418, Arcb.JJ l'O.pièce 140.) 

FLAoïct;, s. /., action bonli'use. in- 
fâme : 



Ytn.'iyiner ne puis /Jai/icf 

>t> lorraeat dit;ne a recouiptosc 

Oo si irant et si Tillain vice. 

(Therencf m /ranf., t» 58^ Verard.) 

Mais i-omment on peut on sonjîer 
Ou'il y :iit flai/icf ou dangier 
One je soye mené par franldu 
Ku la maison d'une ribautde. 

(/«., f loi».) 

Honteux suis quant je me vois 
Tir mes flagicfs débouté 
P*- la paleroetle bonté. 

ilh., fiiT».) 

PLAGiciELs, jlagUieus, adj., déshono- 
rant, infime : 

Cliascuus llagitieus estrc quites d'em- 
prendre a mal l'aire. (Boecede ConsoL, ms. 
Berne 363, f 7 v».) 

Ou seront cenix 
Qai diront qne pagicieur 
Sera l'ouvrage que je lays. 

(Therrnce en l'rani;., f" Mi", VcrarJ.) 

Je vous demaude se uug hoiumi; de bien 
et d'honneur suyvra la maison flagitieuse 
et pleine de tourmens pour liayr et haban- 
donner les siens. (BouKGOING, Bat. Jud., 
VI, 31, éd. 1530.) 

Par les dites longues guerres se sont le- 
vez quelques aventuriers, cens vagabons, 
oiseux, perduz, meschaus, flagilieiix, aban- 
donnas a tous vices. {Edil de Fr. 1" qui 
enjoint de courir sus aux aventuriers, etc., 
2o sept. 1523.) 

Choses abominables et flagitieuses. (Le 
Plessis, Eihiq. d'Arisl., t" 32 v, éd. 1553.) 

FLAGIERE, VOir FLECUIEIIK. 

i'X.\GOLER, voir Flageoler. 
FL.vGOLEUR, voir Flageoleur. 

FLAGOLLEMENT, VOir KLAOEÛLEMENT. 

FLAGORNER, verbe. 

— Neutr., bavarder : 

llelas ! sire, 
Cbascnn n'a pas si faim de rire. 
Comme vous, ne de flagorner. 

(Palhehn, p. 53, Jacob.) 

— Act., dire à l'oreille : 

Apres que Aruaull eust dit ces choses 
publiquemeut vint flagorner et mettre es 
oreilles du rov que... {Mer des cran., f" 57 
r», éd. 1532.) " 

C'est tout le même langaige que mon- 
dict maistre a flagorné aux oreilles du duc 
de Nevers. (Cahloix, Mém., V, 2, éd. 1757.) 

FLAGOT, voir Flajot. 

FLAGRANCE,-anc/ie, s. 1., bonne odeur, 
parfum : 

Si s'espaodoit la vnns pagrancke 
De clielc tr"S souef oilour. 

(.W/r. de S. Eloi, p. -23, Peigné.) 

FLAGRANT, adj., qui exhale une bonne 
odeur; employé subst. au sens de bonne 
odeur, parfum : 

Et le Pagratit de sa suave al.-iine 
Apovriroyl l'odorante Sabee. 

(SCETE, OWie, ci.xxv, éd. 1544.) 

FLAHUTELE, VOIT FLAUTELB. 

Fi.vin.TEii, voir Flautrh. 



FLAIEL, voir Fl.AEL. 
FLAIELEMENT, VOlr KlAELIÎ.ME.NT. 
FLAIBLER, VOir FLAELER. 

FLAiGE, voir Flage. 

FLAIHUTEL, VOir FLAUTEL. 
FLALME, voir FLAMME. 

FLAiN, s. m., flanchet : 

Les colez de mouton, le maigre des lars, 
la graisse, et les flains.... que ceulx de la 
cuisine a qui ils apparliennent porront 
avoir a leur prouffit. (Etats des o/lic. du 
duc de Bourg., \>. 253, ap. Ste-Pal.) 

FLAiNCHiR, voir Flechik. 

1. FLAiNE, s. f., espèce de coutil : 

Les lins de Cahors emportent le bruit 
pour estre fort blancs etcottonnez comme 
laine : aussi en fait on de bonnes yZaines a 
faire licts. (Du Pinet, Pline, xix, 1, éd. 
1566.) 

L'invention des flaines et matteras est 
venue de France. (lD.,tfc.) 

2. FL.viNE, s. f., citerne? 

L'une de ces isles, avironnee de la mer, 
n'a flaine, ne puich, ne fontaines. (J. 
Molixet, Chroii., ch. cccxxviii, Buchou.) 

1. FLAIR, S. m., sorte de poisson, le flet: 
Plais, quarriax, flairs. (Crap., Prov. et 

dict.pop.) 

2. FLAIR, flar, s. m., odeur : 
Si sainte odeurs et si sainz /lairn 
Istde celé herbe. 

(G. DE COLNCI, de rEinper., Kicbel. 23111, 
f" 2GS''.) 

Tosl Ht isnelement la cuisine querez 
Dout li llars est issuz. 

(Prise de Jer., Richel. 1374, f 86''.) 

Pays de Bray, flair, mauvaise odeur. 

FLAiRABLE, /ierai/c, adj., QUi cst agréa- 
ble k flairer, qui a bonne odeur, parfumé : 

Que jouer en ce parc n'ailliez 
Qui tant est biaus et bien /lairaliles 
O'erbes, de fleurs si delitables. 
De violettes et de roses. 

{Rose, ms. Corsini, f 134'.) 

D'erbes, de Hors tant bien /leratles. 

(II/.. 2047C, Mcou.) 

Les muremiles //ai; ai/es 

Uo'elles portent eu leur narines. 

Les pierres pendant aux poitrines. 

Et es frootiaux snr lenrs sourcis 

Seront convertis en plouroirs. 

(E. Desch., Poés., Ilichel. 840, V 53-2-'.) 

FLAIRANT, flerant, fleiranl, fleurant, 
flarant, flarianl, adj., odorant : 

Cascuns ot mit: caiiiel de roses bien flarianl. 

(Chev.au cygne, 1261, llfin.) 

Kle ost plus blanclie que la noif qui resplent. 
Et plus vcrnicille que la rose flerant. 

(Prise d'Orenge, 666, Jonck., Guill. d'Or.) 
Ele est flciranz comme essientiers. 

iltom. du .S. Graal, 37, Micbel.) 
La terre se coinuiance a revestir et parer 
des nouvelles herbes /Jewiaiis. (Girart de 
nossillon, ni? de Beaune, éd. L. de Mon- 
tille, p. B9. , 



FLA 



FLA 



l'I.A 



1!) 



A l'nmbrp d'nns .irhri> nnUhl'' 
Qni psloit hel (>l bien /Inirant. 
(Jaq. Milf.t, Dfslruct. âr Tn>;ir, Prol. 1i, 

Slengel.) 
En lien de toi flas H je vins accoler 
De mes denr bras la flairanlf ramee, 
Qn'anlnor 'ie moi avois mise et semée. 
(Cr.. Mak.. Episl. ilaquel. a P. (le Prov , i:,\l.) 

Romarins, lavandes, œillelz. 
Nobles marpiieriles ftciiranles. 

do.. Temple de Cup., éd. 1SS8.) 
Marjîncrite.s, lis, et œillelz, 
r.issevelonx, roses flairantes. 

(h,., ih.) 
Des dropueset espiceries bien flairnnles. 
(C/iOS. mem. escr. p. F. Bicher, p. 138, 
Cayon.) 

Boncbe d'anmooe lonle pleine, 

Ooi m'engendre de ton h.ileine 

Un pré de flenrs a cbaqoe part 

On ta flairante odenr s'epart. 
(Uoss., Od., Od. retrancb.. Il, -187, lîiliK clz.) 

Sur la terre semez les flairantes odenrs. 
(Koi.- Betuolacd, Egl. s:tr le tombeau de Macri- 

Les bien flairantes aleines. 
(Vaiq., Fpitaphe de fi. Belleaii, éd. 1RI2.) 

- Dans lin sens défavorable, puant ; 

Et derachent cuinme flarant. (Dial. B. 
Ambr., m.'. Epinal, Bonnardot, Arch. des 
Miss-, 3' sér., I, 278.) Lat., ut fetentem 
expuunt. 

liens qni ta poisance moslras 
Canl Lazaron resuscitas 
Ki quatre jors ont esteit mors 
Et ja asloit flairanz et ors. 
(Vie Ste Jiiliane, ras. Oxf. BodI. Canon, mise. 
71, f 80 T".: 

Se li cors est si flairans que il ne puist 
estre en le glise. (Règle de Citeaux, ms. 
Dijon, fMO K) 

FLAiREis, flereiz, s. m., flair, bonne 
odeur : 

De Todor des espisses et del bon flaireis 
Denst estre par droit .i. malades caris. 

(Roum. d'Alix., 1° SO'', Michelanl.) 
Del odor des espèces et del bon flereiz. 
(II/., Richel. 2i36i, f» 84 y".) Ms. fleeriz. 

Fi.AiREMEXT, fleremeïil, peuremeiit, s. 
m., action de flairer, flair; odenr qui 
flatte le flair : 

Par ce donz fièrement 
Tonz colgnorent... 
(.Dial. de S. Grég., ms Evreni, f 103'' ) 
StnellyuR with the nose, fleurement. 
(Palsgbave, Esclairc, p. 271, (Jénin.) ' 

Chiens de bonne nature, de bon flaire- 
menl. (N. de Bris, Instilut., f° 118 v«.) 

Sapax. Qui lia prand flairemenl. (R. Est., 
T)iclionariolum.) 

.\ucuns venins tuent incontinent qu'ils 
sont dévores, aucuns par le seul touche- 
ment, les autres par le flairement. (Le 
Blanc, Trad. de Cardan, f» 54 r», éd 
I5S6.) 

La propriété du boire est qu'il soit suave, 
et dous, et puissant : par la suavité il dé- 
lecte le goust, par sa force il délecte le 
flairement. (1d., ib., f» 172 r».) 

Le flairement de thym est souverain pour 
exciter ceu.x qui sont pris du haut mal. 
(LiEBAULT, Mais, rust., p. 239, éd. 1597.) 

Le flairement corrompu, voire presque 
perdu, se remet parle souvent manier et 



flairer de la meule, (n. de Sebiî., Th. d'à- 
qr.. vin. S, éd. 1605.) 

Se disait encore au xvii» siècle : 

Les vices de l'odofenient sont abolition 

ou diminution du flairemenl. (La Fbam- 

nois., Œuv., p. 366, éd. 1631.) 

1. FLAiitiER, flerier, flarier, flaeryer, 
verbe. 

— Neutr., fleurer, exhaler une odeur : 
Onanl ge le senti si /ïuinVrOebontondo rose), 
fie n'oi talent de repairier. 

(Bosc. 1679, Méon.) 

Et quant je Toi senlu flerier 
Je n'oi talent de reperier. 
(Ib., ms. Florence, Rie. 275,»;, f° H"".) 

Flaeryer bon et souef. (146i, J. Laga- 
»Enr,, Cathol., éd. Auffret de Quoetqueue- 
ran, Bibl. Quimper.) 



— Dans un sens défavorable, puer 

p. : 



l'Ios tost porris et flaires pis. 
(ROB. OE Bi-ois Poés., Richel. 21301, p. .'lli".) 



Et de la llor ki pnt et flaire. 
N'a l'ora de la biantei ke faire. 
(Ii>., ib.. 



Li autre les portoient (les cadavres) jus- 
ques a tant que il flairoient. {Chron. de S.- 
Den., ms. Ste-Geu., f° 156^) P. Paris, fie- 
raient. 

— Fig., être en bonne ou en mauvaise 
odeur : 

Vous saveis bin desns se son linage flaire. 

(Jeh. des Preis, Geste de Lieijc,\\, 6343, Scheler, 

Gloss. phiïol.^ 
Jaqne le baslart Derl, qui durement li flaire 
(Id., ib., II, 7768.) 

l'eile chose a Dieu flaire 

Quant li pastour aiiz lens secreemeot s'apaire. 
(In., !*.. 33532.) 

— Act., sentir ; 

On dist que mortiers est ades les aux flarans. 
(B. de Seb., n, 385, Bocca.) 

— Parfumer : 

Phebus qni le monde esrlaires, 
El qni la terre et les cielz flaires 
Onqaes ta puissance ne cesse. 
(Froiss.. Pnés., Richel. 8311, f 182 y") 

— Inf. pris subst., flair, odenr : 

1,'ondeor de ce flerier. 
(Dial. de S. Greti., ms. F.nmx, P 103''.) 
... donz flarier. 

(Ib., r 111=.') 

2. FLAIRIER, flarier, (trisyllabique), 
v. n., flenrer : 

Li basme et le ment[astrel doucement i flarie. 
(Destr. de Rome, 331, Groeber.) 

FLAiRiR, verl)e. 

— Neutr., fleurer: 

Monlt pareslbeaus li bois e riches le defcns, 
Ftairist.. li baumes, la mytre e li encens. 
(Th. de KEJiT, Geste d'Alis., Richel. 24361, 
f» 71 r\) 

— Act., respirer : 

Li convient flairir coses de 'boines 
llaireur. (Alebrant, lieg. de santé, Richel. 
1 2021, f 32^) 



Fi.Ainoii. nnr, - nr. - eur, flcr., fleur., 
flaiir, flciiir, fraor, s. f., odeur, senteur : 
Et la meison si raempli 
De la précieuse flereur 
De l'oignemenl et de l'oudeur. 

(Hom. du S.Graal, 250, Michel.) 

l.a esloient les herbes qni giclent grant flairor, 

(Roum. d'Ali.r., f SS', Mlchelant.) 

Si senti une tel odur 
Tant donz e si bone flerur 
(Maute, Purg. de St Patrice, Richel. 2.'ilil7, 

r 11.1'' ; Roq.,T. l.",07.) 

Voit (Lancelot) en l'autre un puis dont 
la fleior ist molt puant. (Gaut. Map, Lan- 
celot du Lac, Richel. 1430, f° 33'.) 

Ge la vos ferai si atorner que la fleror 
qui en isse mal ne vos fera. (Lancelol, 
ms. Fribourg, f 38'.) 

Et de lui et de la fleror qui de lui venoit 
issoit une maie fleror que tuit cil de leenz 
en orent mal au cuer. (Ib., f" 113''.) 

Et li braquet on démené grant hn. 
Qui \a flairour da porc orent senLn. 

{.\ubery le Bourgoing, p. r>3, Tarhé.) 

El cors li aTala d'nno sainte puison. 
Si tost corae Richars en sentist la flairor. 
Il est salis en pies com s'il n'eust dolor. 
(Renaud de Monlauban. Richel. 21387, P 2i.) 

Plus llairc doucement qnc canele alumcc; 
l.a flairour qui en ist no puet estre contée. 

(Fierabras, 6068, A. P.) 

Et li flairons li entre el cors 
Si bonne que mult li plaissoit. 
(Gam-Tin, 2101, Hippean.) Impr., flairons. 

?Jnle espèce n'i poet valeir 
La flanr ki senteit en cel eir 
D'arbres, d'erbes e de flur, 
l'nc n'oi mes de teu dnçur. 

(r.HARDfiY, Josaphat, 197.'t, Koch.) 

Diex ne Ost ainz espices ne Hors de bones herbes 
Qui ne sente flairor très parmi les fenestres. 

(Ane dWvign.. I8SI, A. P.> 

Qaant en la canbre entré sont. 

Tôt maintenant trové i ont 

Une si très donco flairor 

Dont ases mius valoit l'odor 

K'encens, ne pelre, ne canele. 
(Ren. de Beaujeu, li Biaus Desconneus, 16 IS, 
Hippean.) 

Ausi i aïera joie de odur 

On tant délit ert en la flerur... 
(Pierue de Pkckam, Rom. de l.umere. Brit. Mus. 
llarl. 4300, f» 79''.') 

La fnntaine ad la savur 
Chaingé Inte e la fleiur. 

(Modioenna, 710''.) 

lînke par Ireit ne par chahir 
En issi raaoveise flanr. 
(Y,e de Marie Egijpt., ap. Crosselele, Cliatenn 
d'Amour, p. 107.) 

Goût, saveur, ne flaircur n'i ot. 
(Benari eontrefait, Tarbé, Poèt. de Champ, ont. n 
Fr. 1, p. 97.) 

11 ne le peussent pas longuement porter 
pour la flaireur qui tout ades croissoit. 
(Chron de S-Den., ms. Ste-Gen., f» 199''.) 

Force que lor alaiue ne lor fraor ne ve- 
nissent en les viandes. (Voy. de Mare Pol, 
c. Lxxxvi, Roux.) 

La fumec et flereur preveroit. (Vie S. 
Jasque, ms. Alencon 27, f" 110 r",) 

Li pavement de desuz ben est jnnché de llur 
Jannes, vndcs e vermeilz. ki rendent grant flanr. 
(lion. 271(1, Michel.) 



30 



FLA 



FLA 



FLA 



Par la force de la fleureur (liii pouliel}. 
(Lie. de fisiq., ms. Turin, f» 6 v».) 

Si lor grevoil uiout en l'ost la flairors 
des mors. (Esiories Rogier, Richel. 201Î5, 
f" iSî".) j 

Elle (cette pierre) rend une souefve (le- 
reur. [chon. et hist. saint, et prof., Ars. , 
3515, f- 51 r».) 

La mauvaistié fust tosl descouverle par 
la flaireur du corps. (Hist. des Emp., \ts. 
5089, Mi r.) 

Oa oe saroit miens demeoter 
Ao monde pics doiilce /Mirmr. 
illut. ie SI Cresp. et SI Crfspin., p. 170. Des- 
salles et Cbabaille.) 

Apres fault garder l'odeur et le Uair que 
on ne quiert ses plaisances en odeurs et 
fiaireurs. {Le Chapelet de Virginité, de la 
fleur de liz, Frédéric Godefroy.) 

Lors print une rose, si uieist par dedans 
herbes de telle nature en rendant flaireur 
meslee a l'odeur de la rose quêtant comme 
l'homme le fleuroit en son dormant, ja- 
mais ne s'esveilloit. Perceforest, vol. lY, 
ch. 31, éd. loîS.) 

Pour la fteureur de la mer. (Les prophe- 
eiM de Merlin, f« 30S éd. 1498.) 

Janileur et rufOens sentans la flaireur 
des bordeauli. (BoccACE, Nobles malh., 
II, lî, f« 36 V», éd. 1313.) 

Et la fieareur Tait ancons embasmcr. 
(P. Crlicoirc, Uenas propos, illl. éd. ISil.) 

Bourg , flairure, odorat : 

Le» Ooriole. avloa la verdare 

Flalaat mes jeui et ma flairure. 
(RUTIF DE L.i Bketo.mic, il- Xicoltts, II, p. Î3, 
éd. Liseox.) 

FLAIROS, - ous, adj., qui exhale une 
odeur : 

Tez gens i a k'en lor Tirant 
Sont si porri k'il sont pnanl 
Corn ne les puet de près sofrir. 
Don pnet orgnes a celz venir t 
Elporiooi ce (ont orgnillons 
Ci chaitii, ci puant flnirous % 
fRoB. DE BlmI>, Poés.. Richel. îlaOl, p. SU».) 

FL.us, S. m., fagot de menu bois pour 
pécher : 

Debas fu... contre les peskeurs a fiais ma- 
nans a Abbeville de cbe que... li llaitieur 
ne pooieut ne dévoient peskier a fiais. 
(1Î90, Livre rouge d'Abbev., (' 19 v», ap. 
Duc, Flecla.) 

FL.\iSAiuiE, voir Kl.\ss.\de. 

FL.visAYE, voir Flassaie. 

FLAiscHE, voir Flache. 

Fi.AiscuiR, voir Flachir. 

FLAISSARDE, VOif FLASSADE. 

flaissaut, voir Flassart. 
FLAisTAE, voir Flesthe. 

FLAI.STUia, voir Fl,ESTHIIl. 

fi.AiT, voir Flat. 

FLAiTiEun, s. m., pôclifur c|ui se sert 
du Dais : 

Debas fu... contre les peskeurs a fiais 
nianans a Abbcville dcche que... li flaitieur 
ne poùienl ne dévoient peskier a liais. 
(1290, Litre rouge d'Abbev., f» 19 v», ap. 
Duc, Flecta.) 



FLAiTiuR, voir Flestiiiu. 

FbAIVE, voir FOIBLE. 

FLAJOiL, voir Flagboi,. 
FLAJOL, voir Flageol. 

FLA.IOLEMENT, VOir F1.AGEOLEMKNT. 

Fi.A.ioLEn, voir Flageoler. 
PL.AJOL.EUR, voir Flageoleur. 

FLAJOLLIER, VOir FLAGEOLIER. 

FLAJOT, voir Flageot. 

FLAMAINGE, voir FLAMENGE. 
FLAMANCIIE, Vdir FlAMENGE. 
FLAMANGE, VOir FLAMENGE. 

FLAMBANT, adj., brillant: 

Ces mantelcts garnis d'un pied de broderie. 
Bourses et espingliers, flambons de pierreries. 
Seront pour le butin des soldats triompbaos. 
(Remonstr. aux femm. et fill. de la Fr., Var. hist. 
et lilt., IV, 363.) 

Argot, flambant, éclatant, superbe. 

1. Fi.AMBART, S. m., graissc recueillie 
à la surface du bouillon : 

Souffleurs, .11. et mengeront a court et 
prendront le flambart sanz antre chose 
prendre fors .VI. menues chandelles, et 
prendront le flambarl en tele manière que 
li polaifjes n'en vaille pis. (1283, Orden. 
de l'ost. le Roy, Arch. JJ 37, f" 2 v».) 

— Lumière : 

(Philosophes) qui luisent seulement d'un 
petit flambart de doctrine. (La Bod., Har- 
mon., p. 23, éd. 1378.) 

CL Flambet. 

2. FLAMBART, S. 111., Sorte de navire 
usité sur les côtés de Normandie : 

Voyant ainsi toutes ces paleaces et gal- 
lions, carraques et carraqnillons,/îaîn6arIs 
et flambillons esparls deçà et delà sur 
l'océan. (Sat. Menippee, p. 326, Labitte.) 

FLAJiBAUT, voir Frambaut. 

FLAMBE, voir FLAMBLE. 

FLA.MBEL, - eaul, S. ui., càble : 
A Anthoine le cordier pour .xi. toyses 
de corde et ung flambcaul de .viii. toyses 
pour ledit engin. (1402, Compt. de Nevers, 
ce 57, f» 16 v, Arch. niun. Nevers.) 

FLAMBEOiR, V. H., flamboier : 

Les ieu9 des Romains leur avoient 

samblé ardoir et flambeoir. (Bersuire, T. 

Liv., ms. Ste-r,en., f» 122''.) 

FL.vMUET, s. m., graisse recueillie à 
la surface du bouillon : 

Souffleurs, II, dont li uns sera maignens, 
et mangeront a court et prendront le 
flambet, en telle manière que li potage n'en 
valle pis. (1285, Ord. de l'hostel le roy, 
Pièc. rel. à l'Hist. de Fr., XIX, 16.) 

Cf. Flambart 1. 

Fi.AMBETE, flaub-, S. t., diiniii. de 
flambe : 

Amastice est pourpris de couleur mellee 
de violete et de rose, et jeté une flanbete 



de soi. (GniART. Bible, Ap'3c., ms, 8te. 
Gen.) 

- Fig. : 

Souft'rez doncques et pacieniment endu- 
rez que le souverain medicin vous frappe 
de la flambele de tribulacion. {Traité de 
tribulacion, Richel. 1009, i" 15 v»,) 

FLAMBETER, V. H., flamber, s'allumer; 

Mei je vi .f. grant feu do lassus avaler. 
Qui se mist cnti'ens .n. ; mouU le vifîambeler. 
(Doon de ilaience, "67G, A. P.) 

Morvan bourguignon, flammeter : » Une 
fois que c'a flammelé. » 

FLAMBEus, adj., enflamiiié : 

Latonides flambcus, qui d'un chemin divers 
Or la nuit, or lo jour guides par l'univers. 
Pères dn teiis aelé, sus, hâtes vos carrières. 
(Dn Bartas, la Sepmaine, iv, éd. 1579.) 

FLAMBiCE, adj. f., de la couleur de la 
flamme, vive, éclatante : 

Le tiers pan de ce pavillon estoit de 
rouge couleur, formant flambice, et se nom- 
inoit obligation de paroles. (G. Chastell., 
Livr. de paix, vu, 347, Kerv.) 

FLAMBiLLON, S. m., sorte de navire : 

■Voyant ainsi toutes ces galeaces et gal- 
lions, carraques et carraquillons, flambarts 
et flambillons esparts deçà et delà sur l'o- 
céan. (Sat. Menippee, p. 326, Labitte.) 

Cf. Flambart 2. 

Fh,.KMBi.^,llemble, flambie, flambe, flnnhe , 
famble, s. f., flamme : 

L'iglise d'Everens trovom 
Qu'a feu, a flamble e a charbon 
Ertarse (e) pur lui malBmenl. 
(Be.v., D. deNorm., Il, 42083, Michel.) 
Astrent lut Berewic a flambe e a tisnn. 
(JoBD. F.iNTOSME, Chron., 803, Michel, D. de 
Norm., t. III.) 

Si s'en vint par le parmi le palais le 
petit pas, gelant feu et flanbe. (Lancelol. 
ms. Fribourg, 1'» 100".) 

Ne inonslra pas la flamhle fors 
Dou fen qui li estoit ou cors. 

(Florimont, Richel. 79Î, f° 28''.) 
De fen les emple et de flemble. 

(Rose, ms. Brnx., f° 68».) 

La flamble du feu. (Guiart, Bible, Gen , 
II, ms. Ste-Gen.) 

Kt li dragons enseraent... 
Qui tant gete feu et flambre. 
(Vie S. George, Richel. 902, f» 115 r».) 

Des verges une flamble issit. 

(Bible, Richel. 763, f» 269".) 

Et mettriez leur ville a feu et a fambli' 
(Troilus, Nouv. fr. du xiv* s., p. 200.) 

Et ne tint pas a la plus part des gens 
que on ne allast mettre son hostel a feu 
et a famble. [Ib., p. 122.) 

Et demoura le dit bolwerc tout en feu 
i;t en flamble. (Mathieu D'Escoucay, Chron., 
], 311, Soc. de ni. de Fr.) 

.... A prosont tu ensonffres 
Cruelle géhenne en feu, flambes, et souffres. 
(Cl. Mar., Triiles vers de Bcroald, éd. 159G.) 
Mesraos la l'errc an plus bas lieu assise 
De flambes est (comme le reste) esprise. 

(Id., Met. d'Oc, I. II, éd. 1596.) 

— Au sens moral, passion : 



FLA 



FLA 



FLA 



De paour que d'avantiire la flambe d'en- 
vie et de despitbrusle son anie. (Juvenal, 
Reigle monseigneur sainct Benoist, f° 94 i°, 
éd. 1528) 

— Terme d'orfèvrerie, flamme : 

Une salliere de cristal de roclie, garnie 
d'un couvercle de mesme cristal, enchâssé 
d'or esmaillé, au hault duquel y a une 
flambe d'or enrichie de quatorze diamans 
et quatre rubis ; a l'entour du dit couvercle 
V a quatre rubis et au dedans d'iceluy est 
iaillé de relief, en iceluv est le sacrifice 
d'Abraham, avec neuf diamans et deux 
rubis, — prisé .iir. efcus. (1399, Invent, de 
Gabrielle d'Eslrees, ap. Laborde, Emaux.) 

On verre de cristal fait en cloche, garny 
d'or.esmaillé de rouge clair avec de grandes 
flambes. [Ib.) 

— Lt? lis j tune: 

Flambes aussi dedans les draps 
Y meltre pourras hardiment. 
(Super/luilé des haMz des Dames de Paris, Poés. 
fr. des XI' et xvi» s., VIII, -235.) 
Morv.,Bessin,Guernesey,/?ian6e, flamme. 
Argot, petite flambe, comme petite épée, 
couteau à l'usage des coupeurs de bourses ; 
soldat de la petite flambe, comme soldat 
de la petite épée, coupeur de bourses. 

FL.\MBOiEMENT, -o(/ement, s. m., action 
de flamboyer : 

Encores avecquesce il leur sembloitpar 
fois dedans ce flamboyement de couleurs 
qu'ilz veissent pucelles et dames et damoi- 
selles ou chevaliers, selon ce que les 
courages de ceuix qui la regardoient 
estoient afîectez. {Perceforest, vol. III, 
ch. 34, éd. 1528.) 

FLAMBOYEUx, adj., brillant comme la 
flamme : 

Ayant haulte lorcelle et gros yeux felles 
durement et flamboyeulx. (G. Ch.\stell., 
Chron. du D. Pliil., ch. lxxviii, Buchon.) 

Semiramis demora vesve en la flam- 
boyeuse beaullé de sa jonesce. (Fossetier, 
Cron. Marg., ms. Brux., I, f» 72 r».) 

FLAMBRE, voir FL.\MBLE. 
FLAMECHE, VOir FLAMESCHE. 
FLAMEGE, voir FLAMESCHE. 

FL AMEIN, S. m. , sorte d'étoffe de Flandre : 

Awec ses complices ayent destinuz 
aucons marchiauz avec lour marchiandises 
et pluissers baies de flamein sus la segnio- 
rie de noutron chier sire le dux de Osta- 
riche. (1373, Arch. Frib., 1'' Coll. des lois, 
n» 69, f" 19.) 

FLAMENG.\n,LES, S. Coll., les Fla- 
mands : 

Il fut moult courcbies, et plus que 
d'aultres, que ly faite manière de gens et 
villains Flamengailles r.voient desconfit 
tant de h^irdis, preux et vaillaus hommes. 
[Récits d'un bourgeois de Valeiiciennes, 
p. 117, Kervyu.) 

FLAMEXGE, - ange, - ainge, ~ anche, 
flanm., adj. {., flamande. Ma manière de 
Flandre : 

Geneviève la Flamenge. {Liv. de la Taille 
de 1292, ap. Géraud, Paris sotts Phil. le Bel.) 

Se ferirent es nés ilamanches. 

'GfliRT, Roy. lign.. IS";-}, W. ctn.i 



Pcrronelle la flamainge. {Liv. de la 
Taille de 1313, Buchon.) 

Pour .X. barres flamenges , couples» 
gons et verrous. (1323, Trav. aux chat- 
d'Art., Arch. KK3f3, 1" 62.) 

— Feneslre flamenge, fenêtre à la façon 
de Flandre, fenêtre à jambages et saillie 
hors du toit: 

Pour faire .m. fenestres flanmenges. 
(133.Ï, Compte de Odart de Laigny, Arch. 
Kli as f» 295 v.) 

Fenestres flamenges. (Ib.) 

Le dit torsier est roont comme une tour, 
garni de plusieurs souages dorez, crénelez 
devers le haut, et la couverture est comme 
de tieule, et y a .iiii. fenestres flamenges. 
(1360, Invent, du duc d'Anjou, n» 741, La- 
iDorde.) 

Fenestre flamange. (1403, Arch. JJ 160, 
pièce 31.) 

Mor\.,flamanche, flamange, s. f., fenêtre 
h jambages et saillie hors du toit. 

FL.iMENGEL., S. m.. Flamand : 

J'ai oi mains Flamengel. 

(Pael. fr. av. 1300, I, 1016, Ars ; 

FLAMENGERIE, S. f., le pays de 
Flandre : 

Si se parti le roy Edouart de Farnakes 
ou il estoit logié et s'en vint a Monstreul 
et la se loga un soir.et l'endemain il vint et 
tout son ost logier a la Flamengerie. 
(Froiss., Chron., Richel. 2641, f» 41 v.) 

1. FLAMER, flammer, verbe. 

— Neutr., flamber, brûler, être en- 
flammé : 

Ce fu el tans c'arbre florissent, 
Fnelles, boscage, pré verdissent, 
Et cil oisel, en lor latin, 
Doceraent caotent au matin. 
Et lote riens de ]oie /lame. 

(Perceval, nis. Mons, p. 15.', Potvin.) 
.\pres si lost com il lenloise (l'arc) 
Flame U fers, l'airs et ]i vens. 

(Ben.. Traies, Richel. ira, f 91''.) 
Dame, liist Hues, si me pnist Dis salver, 
Se jou dévoie tos les jors Din pâmer 
Dedens infer, ens la carlre cruel. 
Si ferai jou toute vo volante. 

(Iliton de Bord., 58:i6, A. P.) 
Quant il par fu venus as loges et il lez vit 
ardoir et flammer. (Froiss., Chron., Il, 
360, Luce, ms. Rome, f° 80. i 

Le fu qui apele pâmer. 

(Pasloralel, ms. Bras., i" 3 t".) 

Une antre faict flammer Tardant cercle d'anhaolls, 
Et l'autre faict couller l'huile tonte bouillcnte. 
(Les Ell'urts cl .issauls faicts et donnez a Lusigtwii, 
Poés. fr. des xv« el xyi" s., VI. 3-26.) 

Non autrement qu'on voit une ronge comète 
Flammer sanglaulement sous une nuit muetle. 

(Bons., les Poim., 1. I. Harang., Bibl. eU.) 
Ke voit on pas flammer longtemps sur le foler, 
Leur forme retenant, le chesne el le noyer ? 
(Du Ches.ne, le grand Miroir du monde, p. 167, 

éd. 1387.) 
On prise encores pins ce pennache de mer 
Qn'on voit en pleine nuict si clairement flammer. 
(Id., Si.v. liv. du Grand miroir du monde, p. 63, 

éd. 1.588.) 

De telle hostie autels ne flammenl point. 
aE Bla.nc, Georg., f» S9 r°, éJ. 1G08.) 

— Act., incendier : 



Lui bruslerent et flammerent et mirent 
en cendres toutes maisons. (J. Molinet. 
CArore., ch. cxcviii, Buchon.) 

— Infin. pris subst., action de brûler, 
d'être enflammé : 

Mais ils plasours aiment jusc'an flamer 
Et ja n'auront garison de la flarae. 
(Fnoiss., Poés., Richel. 830, F 326 v".» 

— Flamant, part, prés., enflammé, 
flamboyant : 

Dunad lur pluies, grisille, fu flammant en 
lur terre. (Liv. des Ps.. Cambridge, civ, 
32, Michel.) 

E flammanies ad les goes. 

(S. Brandon, 1010, Michel.) 

Vint uns drapnns flammanz par mer. 

(J» , ion.) 

Quant il oi la friente d'ens 
Orrible e flammanz e feus 
Lor sailli lost gole haee. 
(Bes., D. de liorm., 11,36218, Michel.) 
Un vrai amant par Inyalraent amer. 
Car tons est fais de fn ardant 
Qui jusc'as nnes va flamant. 
(Gaith. de Mes, Ym. du monde, Richel. 20-21. 
f» 99'.) 

Ele tint nng brandon flamant 
En sa main destre, 

{Bcse, 3431. Méon.) 

... .1. brandon flammant. 

(Ib.. ms. Corsini, PU'^.) 
La flammante face (du serpent). (Gbe- 
viN, les Œuv. de Nicandre, p. 26, éd. 
1367.) 

J'ay vea au ciel planetles et dragons 
Aiant des qneues flammans comme charbons. 
(Les J'ay veu.) 

— Fig., ardent, brûlant : 

Comme estoient lonr cner flamant 
E d'aler après Dia haslin. 
(RtCLis DE MoLiENS, Uiserure, Richel. 1521-2, 
f» 22 r°.) 

Com estoient lor cner flammant 
Et d'aler après Bien haslieu. 

(Id., i*„ Ars. 3U2, f 204''.) 

Ore aussi bien qn'adonques fu 
Tient amours alumé s in fu 
Dont aujourdni li vrai amant 
En sont de soie amour flamant. 

(Couci, 17, Crapelet.) 

Le nom de flammant donné au phéni- 
coptère vient de ce mot. 

Bourg., Yonne, Ferreuse et .Morv., flam 
mer, flamber. 

2. FLAMER, voir FUEMEK. 

FLAMEROLE, //amm.,s.f., petite flamme, 
feu follet : 

Sorciers et sorcières, flammerolles, ou 
feux follets, et lutins ou démons, ou es- 
prits qui cessent leurs mauvaises façons 
vers minuit. {Perceforesi, vol. II, f- 13', éd, 
1528.) 

1. FLAMERON, flamm., s. m., petite 
flamme, lumière, flambeau : 

Les diz drappiers et autres dolent et 
sont tenus de aler entrer en euvre des le 
point du jour, des caresmes prenant jus- 
ques a la Saint Rémi, et de ouvrer ans 
flamerons, et continuer en l'euvre par tout 
le jour jusques a la nuit, et de la o- ne"" 
jusques a caresmes. (1372, nrd., v, 593.) 



FI.\ 



FLA 



FLA 



Mert»! m<>l«l. iinli»ri' cl .inllrfs met» 
r.niTr*. |:i|nn, charho»» et /tûnirrons^ 
Pour me refaire plai firosse qoe jamais 

|>IC. JI*r«OT, CoiHfltinlr df le cloehr if Troyi, 
p. 19. ap. Michel, Poi'i. «jo/^ij.) 

Ton dard. Amour, lelj /lammerons m'atance, 

Qae ii failloit aa désir l'espérance. 

Lon je moorroit qnanl pins j'aimerais vivre. 

(V,«onx PniLiïn . Ext. nig. de Fr. Pel'trtpir, 
p. 4K, éd. 1535.) 

Bonrg., Yonne et Perche, flamberon^ 
flammtron, morceaa de bois à moitié 
bnllc. Champ., flammeron. flammèche de 
paille que le vent emporte quelquefois 
très loin , dans les incendies. A Troyes, 
c'est un charbon à demi cuil. 

2. Fi.AMERON, adj., brillant comme la 
flamme: 

l.i paieos l'a saiiii par l'obers flamfro». 
(E»lr. n Etp., f» 2.1 r°. Gantier.) 

KLVMESCHE, flamec)ie,flammesche, flam- 
mesce, flammasse, flammace. /ïammasc/ie,/7a- 
tnesque. flammesque, flamoiche, flamiche, 
flamege, falmeche, falemesche, falemesque, 
falemetche, fameteuche, faumesche, s. f., gé- 
néralement petite flamme, tandis que dans 
la langue moderne ce mot ne désigne que 
la petite parcelle d'une matière combus- 
tible qui s'élève en l'air tout enflammée : 

Kn .XV. Iia»s o en .\\\. o en .jx. 
Vil l'on famées et /lamntassfs issir. 

Il.fs Lok., ms. Montp., f 98''-) 
Voit an fumées 'l ilamoiehes issir. 

(La UorI de Garin, li53, da Mèril.) 
Yraiement tost font flamme, mais plus 
tost refroident en flammasclie. [Job, p. 514, 
Ler. de Lincy.) 

La hn'-be en fmauseke el en cendre | 

Fd mise. | 

(Lt-KAROBtirr, Uir. de K.-D. , ms. Chartres , ■ 
f ii*.) 

\jt /lanetçuei et les tisons. 

(Uir. de .S. Eloi, p. 41, Peigné.) 
Gardez vos drans do faletnekhes. (The 
TreaUse of Walter de Biblesworlh, p. 171, 
Wright.) 

S. André disoit : Que sui pe fors cendre 
pt falmeches et boe et porreture ? (1279, 
Laoaest, Somme, ms. (;harlres371, ("39 r".) 
Que sui je fors cendre et falemesque, boe 
et porreture 1 (Id., ib., ms. Soiss. 210, 
f" 76'.) 

Et vil le8 falemetches montant aussi 
comme funiee de fournaise. (Gdiart, Bible, 
Gen., xxxiv, ms. Ste-Gen.) 

Les flammesques de fu. {Bib. Iiisl., Maz. 
Mï, f' 1.3 V».) Flammesches. (/(».) 

Rt détint faumeaeken et ccmlre. 

<t)ial. de S. Gri'g., ms. ETreni. f» liS'.) 

Mais lions ne povons dompter Tommes 
Qui portent flammriehet H llaronies 
Kt sont draiions «tserpentelles. 
11. Lt Frvm, Halheolus, I. III, -.KO, Tricolel.) 

Fnvilla, le, [nmeleuchi>. (Calholicon, Ri- 
chel. 1. 17881 ) 

Les flammetcet de feu en saillirent. 
fFnois?., Chron., Itichcl. 2646, f»47^.) 

Ari et deslmis mains beans poarprif. 
Corne la grant terre de Wasse 
Et mise en fen et en fîammOAnf. 
'f.krot. drr\ht. de Flore fe, in.Sl, neifl., Monora. 
poor lerT. » l'hisl. delà Belg., t. VIII.) 



Afln *jne Hiru presf^rrp ilçs flamniorei 
D'enfer ton roy.., 
(G. CHASTELHiii. la MorI du roij Charles VII. 
VI, ir.fi, KerT.) 

— Torche, flambeau : 
Chireafaire/îomcchesel candeilles. (1395, 

Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. 
Amiens.) 

Deux coppons de flnmiches employées 
pour enfouir sur le rivaipe de la ville ung 
[letit enfant que l'on ovait trouvé audit ri- 
vaige. (1471, l'b.) 

— Banderole : 

Lep flameges des cofîanons de l'église. 
(1444, La Bassée, ap. La Fons, Gloss. ms., 
Bibl. Amiens.) 

FLAMESQUE, VOlr FlAMBSCHE. 

Ki.AMEsuRE, voir Flamisseure. 

1. FLAJiETE, - ette, flamm., s. f., petite 
flamme : 

De SCS beaux yeulx saillirent les flam- 
metes qui enflammèrent mes yeulx d'amour 
ardanle. {Troilus, ^ouv. fr. du xiv" s., 
p. 912.) 

Il regarda Sodome et Gomorre, etveit la 
flammeUe montant de la terre comme fumée 
(le fournaise. (Le Fevre d'Est., Bible, 
Gen., XIX, éd. 1334.) 

L'ne fournaise ardente jette toujours feu 
et flammetles. (Calvin, Insl. chrel., IV, 
15.) 

2. FLAMETE, flamm., s. f., sorte de lan- 
cette : 

Instrument trenchant, si comme rasoir 
ou flammete. (H. de Mondeville, Richel. 
2030, f» 108'.) 

Menues incisions a la jlamele. {Jardin de 
santé, I, 27, impr. la Minerve.) 

La flammelle, qui est instrument pour les 
chevaux. (JouB., Gr. cliii:, p. 603, éd. 1598.) 



FL.vMETER. ftammeler, y. n., flamber, 
s'allumer: 

Apercevant ja /îammeter en vous les es- 
tinceles de ce beau lustre de nayf entende- 
ment. {Aleclor, Ep. dcd., éd. 1560.) 

FLAMEUS, -eux, flamm., adj., enflammé, 
de flamme : 

Ce champs est arrousé d'une rosée flam- 
meuse et sulphuree. {Cboie mem. escr. p. 
F. nicher, p. 140, Cayon.) 

La comète qni luit 
An» longs raions fîammai.i. 

(Is. Habert, Méléor.) 

Comme lorfCTre habile 

Fait essay de l'or escnmciiv. 
On'il espreuTe et distile 
En son foarneaa flammciu:. 

(Cbassk^.s., Ps., XXV. éd. Irtl.i.) 
I.e soleil flammeui. 

l'Gnr.vix. Troade, i.> 
Premier qn'antant de fois ce jnmpan de I.nionc, 
Tire dn sein des cani s.i (lameiise conrooe. 

<IIabdv, Mcetle, acte m.» 

- Fig. : 
Kmhrazei ce papier d'une œi ladc pammeme. 

(F.. Paso., la Pitee.) 

I. ri.AMicHE. flamm., S. L, espèce de 



gâteau ou de galette qu'on fait cuire en 
chauffant le four : 

Ves la Itenarl, ou il s en va ; 
Kl si enporle une /lamiche ; 
Tosjors nons .<erl il de la briche. 
(Renan, Suppl., Tar.des v. 2-20!î-"2l3l4, p. ÎH2, 
Chabaille.) 

Du forment qa'il fera semer 
;Me fera anc'ouan ftamiehe. 

(Rbteb., de Brichemer. I, ÎOfl, Job J 
Pristrent une flamiche tant seulement en 
la valeur de cinq deniers tournois. (1382. 
Arch. JJ 120, pièce 248.) 

11 fist certaines flamiches pour lui. {Beg. 
du Chût., II, 256, Biblioph. fr.) 

V.arÎPz doscendens d'un lertro 
(Joi maton, formage et tartre 
M'aportoient ou ftamiehe, 
Pomes, poires, blanche miche. 
(Chr. de Pis., DU de la Part., Richel. 83fi. 

r» 50 v«.) 

Les Argippees prennent leur vivre d'un 
arbre nommé Ponlique, de la grandeur 
d'un figuier, et portant fruit dans une cosse, 
gros comme une febve, lequel meur ils 
espraignent dans leurs langes^ et en font 
sortir jus noir et espais, lequel ils appellent 
Aschy. Ils le leichent ou bien le meslent 
aveclaict qu'ils boy vent, et du marc font 
flammiches qu'ils mangent. (Saliat, Herod., 
IV, éd. 15.36.) 

Dans la Picardie on donne le nom de 
flamiche à une sorte de galette faite avec 
de la pâte de pain. On l'étend avec un 
rouleau et on la met au four, tandis que le 
bois brûle. On la retire, aussitôt qu'elle a 
été fortement échauffée, puis on y met du 
beurre dessus. Elle se mange en sortant 
du four. Les Picards ont encore donné le 
nom de flamiche à une tourte aux poi- 
reaux, celle ci diffère de la première en 
ce qu'elle est faite avec la pâte de pâtis- 
serie. (Roquefort, Noie sur Le Grand 
d'Aussy, Vie privée des François, II, 290.) 

Jura, flamusse, gâteau de maïs. Morv., 
flaimeusse, galette de sarrasin. Bourg.. 
flaimeusse, galette composée de farine de 
maïs et de seigle délayée dans le lait. 

2. FLAMICHE. voir Flamesche. 



FLAMiDiAL, s. m., le plein air, la belle 
étoile : 

Au flimidial ne beoit il point manoir 
par une nuit hors de la cité. (Bersuire, 
T. Liv., ms. Ste-Gen., f» 99».) 

Fi.AMiNE, S. f , glaïeul : 

Gladiolum, flamine. (Gloss. lat.-fr., Brit. 
Mus. Harl. 978, f» 26».) 

Sor cest rain croist la flamine qui al 
non selonc le latin ensuivant le soleil. 
Car quant le soloiel lieve si s'aœuvre In 
flamine, et quant il soslrait si se reclot. 
{L'Arbre de la palme, Ars. 3167, f» 54 r».) 

fi..\minc:ant, adj., qui parle flamand : 

Biens immeubles situes dans la Flandro 

flamingante. (Coût, de Bergh S. Winox 

Kuhr. XIX, art. vill, Nnuv. Coût, gpu , I^ 

SSO"».) 

FLAMiON, .S. 111., flaiiiinèche : 
Qoe Ii fos esticdi. n'i romest flamioii 
(Geile des dites de Bourg., SS7, Chron. bol;. 



FLA 



FLA 



l'LA 



FLAMIH, llasmir, verbe, 

— Neutr., se dessécher : 

-Murciduiii facere, faire llamir. {Closs- 
lat.~fr. de la [in du xv s., Scheler.) 

— Rëfl., se dessécher : 

Marceseere, se flamir. {Gloss. lat.-fr. de 
la fin du xv s., Scheler.) 

— Part, passé, flami, desséché : 
.Mareidus, flami. (Gloss. l.-fr. de la fin 

du XV» s., Scheler.) 

— Eiiflaiiiiiié : 

Las I or est sa pance /tamie (du mauvais riche) 

Ou il mcloit sa cure loule. 

UtECuiis DE MoLiENS, iliserere, Ricliel. iolll, 

f ■23;;''.) 

... Or est sa pance flasmie. 

((d.. ib.. Kichel. \ai\'l, f 2(i r».) 
D'orgueil eubrasez et flamis. 
IWatriqoet, bil des .m. sièges, 639, Scheler.) 

FLAMissABLE, adj., qui SB dessèche : 

Pourrissable, flamissable, qui tost et le- 
giereaient se llamist ou pourrist. {Gloss. 
iat.-fr. de la fin dn xv s., Scheler.) 

KLAMISSABLE.MENT, adv., 61» SC dCSSé- 

chant ; 

-Marcessibiliter, flamissablenient. (Gloss. 
lat.-fr. de la fin du xv" 4'., Scheler.) 

■'■..AMissEURc:, llainissure, fiamesiire, s. 
1'., séijheresse : 

Plein de sécheresse et flamissure ou fla- 
Irissure, plein de sécheresse et flamisseure 
ûu flatrissure. (Gloss. lat.-fr. de la ftn da 
xv» s., Scheler.) 

— Fig., désignant le l'eu de la concu- 
piscence : 

De caeslé en liu J'argeul 
Diaspré sas meauemeiit, 
l'or le peur de le /lamesnre 
C'on uomme le fu de luxure. 

(Henart le nouvel, 4345, Méou.) 

FLAMMACE, VOir FLA.MESCHE. 
KLAMMASCHEj VOir FLAMESCHE. 

h'i.AM.viASSE, voir Flamescue. 

KLAM.ME, ftaime, s. f., graisse que l'on 
recueille sur le bouillon : 

Nul ne mettera en sa chandelle point de 
saing, de burre, de flaime, de cieu de 
mesveicher ne de cieu d'Espaigne. (1403, 
Stat. des Cliandel., Ûrd., viil, 399.) 

Point de saiu ne de burre ue di' flamme. 
Ib.,y. 597.) 

Cf. FLAMBAIiT et Flambet. 
b'LAMMEEK, VOif FLAMOIER. 
KLAMMEK, VOIf FLAMER. 
PLAMMEROLLE, VOir FLA."*! EKOI.E. 
FLAMMEKON, VOir Fl.AMEUO.N. 

^■LAMMESCE, voir Flaaiesche. 

FLAMMETE, VOir FLA.'tfKTi;. 
l'I.AMMETER, Voir FlaMETEK. 
FLAMMEUS. VOir Fl.AMEUS. 
FLAMMICIIli, voir FLAMICHE. 



pi.,AMMiERE, S. m., flambeau '.' 

Un fiammiere d'arinn, si.\ soulz. (1347, 

Ino. de J. de Prestes, llibl. de l'Ec. des eh., 

XX.XI.X, 107.) 

FLAMJIOYER, voir FLAMOIER. 

FLAJioiciiE, voir Fla.mescue. 

FL.AMOiEU, llammoijcr, jlammeer, v. ii., 
flainboyer : 

Voit ces grans houles lîamoier 
liu l'air pour sou corps glierroier. 

U'astoralel, nis. Brux., P ti r".) 
Les feux que nous voyous flammoyer et 
reluire. (Le Plessis, Ethni. d'Arist., Ep., 
éd. 1533.) 

— Flamoiant, part, prés., flamboyant : 
Sauvages regart et flammeans. (Brun. 
Lat., Très., [>. 204, Chabaille.) 

FLAN, voir FJ-AO.N. 
FLANBE, voir FLAJIBLE. 

1. FLANCARf, adj., des flancs : 

Apres doit lever les deu.\ neuds, qui se 
prennent entre le col et les espaules ; il y 
en a deux autres qui se prennent aux 
flancs, et pour ce on les appelle flancars. 
(Du FouiLL., Ven., ch. xliv, éd. 1S8S.) 

2. FLANCART, S. III., pans de fer dé- 
coupés qui défendaient le dehors de la 
cuisse ; armure protégeant les flancs du 
cheval de bataille : 

Ledit Philibert fournira ung homme de 
trait a cheval, habillié d'une brigandine ou 
courset fendu aux costes, a la manière d'A- 
lemaigne, gorgerin, salade, flancards. (1474, 
Déclaration des bailliages d Ostun et de Mon- 
cents, Arch. Côle-d'Or, B 11724.) 

Et des quatre chevaux, deux du service 
pour la guerre, dont l'un auroit le devant 
Ue bardes avec le chanfrain et les flancars. 
(La vraye Hist. des troubles, f" 139 r", 
éd. 1374.) 

Les hommes d'armes seront armez.... de 
curache complette, salade a baviere, bar- 
buce ou armet de gorgent, flancars et 
fuites. (La CoLo.yBiEKE, Th. d'honn., II, 
p. 426, éd. 1648.) 

FLANCEL, voir FLAONCEL. 

FLANCHE, flanke, s. f., flanc: 
Isorie, la suere le roy, le soleit sovent 
visiter e conforter, e si fust tré bêle e gen- 
tile damoisele ; e aperçust qu'il fust playé 
en la flanke, e ly pria pur amour que yl la 
dist coment out uoun e de quele terre fust 
e en quele manere fust playé. (FoiUq. Fitz 
Warin. Nouv. fr. du xiv» s., p. 102.) 

Si on les frappe des mains ou du doy 
(les boeufs) sur les flanches qui sont empres 
les hanches de derrière, ilz sonnent comme 
ung labour. (Khere Nicole, Trad. du 
Livre des Prou/fitz champ, de P. des Cres- 
cens, 1° 100 v», éd. 1316.) 

FL.ANCHEL, S. ni., couverture et orne- 
ment des rideaux d'un lit: 

Icellui Parmentier dist que le temps es- 
toit cler et bel pour aler au trepant quérir 
flanchiaux. (1369, Arch. .1.1 100, pièce 405.) 

FLANCUERiE, S. f., piècB de la housse 
qui couvrait les flancs d'un cheval de 
guerre : 



Tout badlié audit armeurier pour faire 
un bernois de cheval ; c'est assavoir flan- 
cherie, piciere, bannière et panuoncel 
(1352, Compt. de La Font., Douet d'Arcn' 
Comitt. de Tanjent., p. 144.) 

FLANCHET, S. m., diminutif de flanc, 
partie du corps entre le ventre et la 
Cuisse : 

Icellui Colart, eu soy virant et tournant, 
tu attaint ou flanchet de son ventre d'un 
petit coustelet. (1387, Arch. J.I 130 
pièce 185.) 

— Partie du bœuf en dessous de l'ani- 
mal, entre la tranche grasse et la poi- 
trine ; encore usité en terme de bou- 
cherie : 

D'un mouton, le flanchet est ce qui de- 
meure du quartier de devant quant l'es- 
|)aule en est levée. (Ménagier, II, 87, Bi- 
blioph. fr.) 

Trente deux longes de veau, un mouton, 
deux flanchez et douze livres de gresse. 
(1341, Arch. hospit. de Paris, II, 93, Bor- 

dier.) 

Bourg., Yonne, flanchet, viande prove- 
nant du flanc des animaux de boucherie. 

FLANCHiERE,s.f., pièce de la housse qui 
couvrait les flancs du cheval de guerre: 

Unes couvertures, une flanchiere, unes 

picieres, et une tunicle de verveil pi- 

cieres et flanchieres de sauiit,des armes du 
roy... item flanchiere et picieres. (Invent, 
d'armeures, ap. Duc, Armalura.) 

— Sorte d'armure : 

Apres issi li contes d'Erminac, qui avoit 
bien huit cens hommes d'armes, de quoy 
il y en avoit bien trois cens couvers que 
de haubergerie , que de flanchieres... 
( Ystore et Chron. de Flandres , I , 389, 
Kervyn.) 

FLANCHIK, voir FLECHIR. 

FLANCOR, S. m., flanc, côté : 

Puis ceint l'espee au senestre flaiicor. 

(Hottcisv-, p. 34, BourJillou.) 

PLANDOLLE, voir FRANDOLE. 

FLANDOUEH, VOlf FrANDOIR. 

FLANDRESCJUE, S. f., chaussB il la laçuii 
de Flandre : 

Le harnoys de jambes et de pié sera 
fait de chausses de maille ou de flandres- 
ques d'escaille. (Habits des gens de guerre, 
Kichel. 1997, f" 83 r.) 

FLANEL, S. m. ? 

Et est le fretel dudit couvelcle d'un 
hyaume, a un timbre sur lequel a un fla- 
nel plat, qui est de l'un des costez esuiail- 
lé u un escu de noz armes, et de l'autre a 
un escu des armes de Beauffort. (1360, 
Invent, du duc d'Anjou, n» 442, Laborde.) 

FLANET, voir Fi.AONNET. 

FLANGE, S. f., flan : 

Est dehuz au grant prieur une flange 
entière a cornes, garnie d'oignons, bien 
fecte et honnorablement. (Ikicionale de S. 
Ctaude,i'"il v", Arch. Jura.) 

Le mardy et le jeudi de toute lakarezme 
doit le dict révèrent père la paste pour 



iV 



FLA 



FIA 



FLA 



faire les flanges. (Cî. de SkytI'HIERs. Man. 
adm., ap. Ferroul-Monlpaillard, Hist. de 
l'ab. de S. Claude, II,38i.) 

Le chantre et le preslre de la prant messe 
pregaent iing chacuns une flange entière 
a cornes et a oignons, (lo., ib.'i 

Faire les (langes. {O/f. elausl. de S. Oyani 
I, Génin.) 

Une flange entière a cornes, garnie d'oi- 
gnous, bien faicte et pondablenient. (Ib.) 

FLANGIBLE., VOir FRANGIBLE. 
PL.ANGIBR, voir FLBCHIBR. 

FLANT.in, voir Fléchir. 
KLAXKE, voir Flanche. 

FI.ANMEN'GE, VOir FlAMENGE. 

Fi.AXNET, voir Flaonket. 

FLANMERE, S. f.. Celle qui flâne : 
J'en ai biea une, nne esperle fianniere. 
Kl D'aillé aacao ea rechercher plus loin. 
(.DoDBLET, Poi'i., p. Cl, Joaaasl ) 

On trouve au coininencement du xvii" 
siècle : 

De ftnnierei, de macqaerelles. 
(Ver« 1609, Let Ballirui des ordures du monde, 
Var. hist. et lin., III, iS~.) 

FLANQUADE, S. (., attaquB de flanc : 
Les troupes ne se suyvoient pas de droit 
fil, ains comme en biais, afin de faire voir 
a chacune des troupes dedans le chemin 
de Fontenay, craicnant que Puypaillard en 
feist marciier quelques troupes par ce 
costé la, pour leur donner quelque flan- 
quade. {La vraye Hist. des troubles, t°i9l r", 
éd. 1574.) 

FLAxijuE, voir Flasque. 

FLAXQUiER, adj., de c6té : 

Il n'y a point de portes flanquieres, car 
le roc euvironue le comble de l'église de 
chacun costé'. (Dcscr. de l'Ethiopie, p. 67, 
ap. Léon, Vescr. de l'Afr.,ti^. 1556.) 

FLAO.N, //OH, /Ion, s. m., pièce de mé- 
tal propre à monnayer, morceau coupé 
de la grandeur, de la rondeur et à peu 
près de l'épaisseur des espèces ;"i fabri- 
quer : 

Jehan de Uennes, ouvrier de monnoye, 
a esté prins et emprisonnes pour souspe- 
çon d'avoir ouvré flaons de monnoye qui 
n'estoient pas de bon aloy. (1376, Arcb. 
JJ 110, pièce 215.) 

Pour cent et cinq marcs de flans blancs 
prests a nionnoyer en icelle monnoye. 
(1405, Ord., IX, 88.) 

Eu la maison duquel a esté trouvé grant 
quantité de ladicte faulse monnoye, avec 
certains faux fers et autres outilz a mou- 
noyer, et plusieurs flons d'icelle fausse 
monnoye. (1417, Ord., x, 406.) 

FLAONCEL, flancel. s. lu., dimin. de 
Oan: 

Il y 01 (aolTrci et ooblees, 
Goierei, tartei et flaonciaui. 

(Fautel, Hichel. H6, f 32''.) 
Ftanceaulx de cresme bien succres. 
^.liénagier. II, 100, Bibliopb.fr.) 

Flanciaux succres. (/t., II, 92.) 

PLAONNEL, s. ni.,dimla. de flan : 
Tartes, partez, /iaonniau.r. (1337, Reg. du 



Chap. de S. J. de Jenis., Arch. iM.M 28, 
f- 67 V».) 

FLAON-NET, fiannet, flanet. flonnet, s m., 
dimin. de flan : 

Uons pains, /tonnes et tartelettes. 
(Froiss., Poi's., liichel. 830, f° 86 r"; Scheler, I, 

9Î, 181.) 

Pastcz et flaonnes. (1397, Bail, Arch. MM 
31, f" 245 r-.) 

Auxquelz compaignons icelui Grissart 
donna la moitié d'un oison et des flonnes. 
(1415, Arch. JJ 168, pièce 381.) 

Flanet, 1. artocaseus, bret. ilanesenn, 
(1464, J. Lagadeuc, Catholicon, éd. Auf- 
Iret do Quoetqucucran, Bibl. Quimper.) 

Qnanl je liens une larlclelle. 

Un ftanet ou on casse ninzeau. 

(Farc. de Jeniuot, Ane. Th. fr., I, 291.) 
Il hayssoit les femmes el les salades 
comme poison, les flannets , les tarte- 
lesles. (Des Per., Noiiv., xix, La Mon- 
noye.) 

Champ., ïroyes, flanet, espèce de pe- 
tite tarte. 
Nom propre, Flanet. 

FLAONMEH, flauiiier, s. m., relui qui 
fait des flans : 

Wistasces devint flauniers 
Et esmeulliers cl baslelicrs. 
(Wislasse le Moine, 1817, Michel.) Inipr., /lan- 
«iers. 

Symou le flaonnier. (1336, Arch. JJ 70, 

FLAPiR, flappir, foupir, v. a., friper ; 
fig., faner, flétrir, abattre : 

Toute la grant triumphe qu'en cest ostel 
souioit tant comblement abonder est par 
ce cas flappie et teruie. (Louis XI, Nouv., 
II, Jacob.) 

Que feroient les désespérez par maleur 
abattus se je ne les aydoie et tendoie la 
main resuscitant leurs coraiges jierdus et 
leurs voloirs flapis. (M. le Franc, l'Estrif 
de Fort., f» lu v», impr. Ste-Gen., OE569.) 

Je croy que vous m'avez aulresfois ouy 
parler des bons tours que me firent les 
moynes de Cunaud, quand j'y lus a la my 
aoust mener la fleur de ce bourg, et comme 
ilz renvoyèrent quinze jours après vos 
cousines et ma seur, sentans leur corduan 
a pleiue gorge, et le maroquin d'une 
lieue et si foupies qu'il les fallut mettre 
un mois en mue devant qu'elles eussent 
repris leur ply. (Du Fail, Prop. rust., 
p. 134, Bibl, elz.) 

Od ne ïoid pins ces ijrands chapprons 
Hooges, carrez, fourrez et ronds. 
Ces couvrecliiefz d'aune de large, 
Noirs et foupii. a double estage. 
{Plaisant blason de la leste de liois, Pocs. fr. des 
xv" et xvi" 8., XIII, liS.) 

On trouve encore au xvii" s. : 

En me criant : Vilain, lu foupis tout mon linge. 
(ScAiiRoN. Jodelft.) 
Centre de la Fr. et Annis, foupir, chif- 
fonner, friper. Dauphiné, flapi, flétri. 

FLAQUER, v. »., former une flaque : 

El Bans se soucier 
.Si elle fond (la neige), et flaque an creui de son 
(soulier. 
Il TOUS passe au travers. 
(Gaichkt, Plais, des Champs, p. -iSO. éd. 1604.) 



L'un conte comme il seul /laquer dans sa semelle 
L'eau du marais, qui faict que la plante luy selle. 
iId., ib., p. 271.) 

H.-Norm., vallée d'Yères, flaquer. flou- 
quer, clapoter. 

PLAOUESSE, voir Flachesse. 

FLAQUiR, voir Flachir. 

FLAR,- voir Flair. 

FLARAXT, voir FLAIRANT. 
FLARER, voir FLAIRIER. 
FLARIANT, VOir FLAIRANT. 

FLARiER, voir Flairier. 
FLAs, voir Flat. 

FLASART, voir FlASSART. 

PLASCHET, voir Flachet. 
FLAsco, voir Flacubt. 

FLASCONNET, VOir FLACONNET. 

FL.ASKB, voir Flache. 
PLASMiR, voir Flamir. 

1. FLASQUE, /ïacoue, flanque, s. ni. et f., 
chacune des deux pièces d'un afl'ût, selon 
la déflnition de l'Académie : 

Arquebuses garnyes de flasque, calibre 
et pouldre, (1535, Prêt d'armes aux habi- 
tants, Arch. uiun. Avallou, BB 1.) 

Une flasque de kesne de xilll pies de 
long. {ru. de 1539, Bétbune, ap. La Fons, 
Gloss. ms., Bibl. Amiens.) Flacques. (76.) 

Que... vous nous fournissez jusques a 
quatre cens barquebuz garnis de leurs 
flasques et pulverius et cinq cens corselets. 
(1557, Lelt. de Henri II aux bourgeois d'A- 
miens, ap. A. Thierry, Mon. inéd. du Tiers 
Etat, 11, 648.) 

Pour faire quatre eniretoises aux /îasçUM 
d'un canon, {imi, Dép. de deux jiir., Arch. 
Gir.) 

Les ennemis meirent le fau aux flanques 
et les bruslerent, de sorte que les dites 
pièces furent mises sur le ventre. (M. DU 
Bellay, Mém., {•> 310, éd. 1582.) 

Noz harquebuziers, qui estoient en garde 
sur le portail, pourveurent a cecy, tirants 
si souvent la' ou ils entendoient le bruit, 
qu'ils leur firent abandonner le pont ; et 
fut trouvé le matin beaucoup de sang et 
quelques flasques des leurs brisées. (B. de 
Salignac, le Siège de Melz, p. 548,Michaud.) 

Un grand nombre d'ail'uts, flacques et 
rouages d'artillerie. (Id., ib., p. 559.) 

2. FLASQUE, voir Flachb. 

FLASQUET, VOir FlACHET. 

FLASSADB, flassardc, flasarde, flaisarde, 
flaissarde, flossade, s. f., couverture : 

Convenoit le plus de nous faire peneaulx 
de vielz pourpoins ou de vielles flossades, 
qui avoir les povoit, pour mettre dessus 
nos selles et sengler dessous nos sengles. 
(J. Le Bel, Chron., I, 71, Polain.) 

Leurs chevaux estoient couvers de flas- 
sardes en manière de bas. {Ttahis. de 
France, p. 142, Chron. belg.) 

Pour .VII. flaisardes, .vi. pour le palfer 
mer, et une pour le mesagier, conlenant- 



FLA 



Vh.K 



FLA 



2S 



clia?cnne ftaissarde .11. aunes val. ml. m s. , 
(1436, S.-iinier, ap. La Fons, Gloss. «is., 
Bibl. Amiens.) 
Flasarde de bloiicq. (1448, ib.) 
Meclre sus le faict, art, labour el exer- 
i-ice de drnpperie de layne et de soye, de 
ftassade. eschnllons, harracans, chapelle- 
ries . (1498, Ord., XXI, 103.) 

Aucuns l'appellent vache de mer, (In 
raie au bec pointu) les autres pour sa 
firandeur flassade, c'est a dire couverture 
de lit. (L. JouB., Ilisl. despoiss. de Bond., 
XII, 7, éd. looS.) 

FLASSADiEii, S. 111., ouvripr qui fait 
les Passades ou couvertures de lit : 

Jehan Porquier, flassadier. (1471, Arch. 
.IJ 197, f'83 v°.) 

FLASSAiE, - aije, - oie, - oije, flaç., 
liais., pauss., floss.,floç., flouss., fless., flocee. 
s. f., sorte d'étoffe grossière, couverture 
de laine ou coton : 

Lodix, flassaie. (Dict du père l.abbe.) 

Qui par son fils faisoit donner la jloçoie 
a son père qui estoit povres.. (Compos' de 
la s. escript., ms. Monmerqué, t. II, f°S4 r».) 

Pour 8 flocees dont les fardiaus furent 
couvers de sus la toille. (1316, Compt. de 
Geoff. de Fleuri, Douët d'Arcq. Compt. de 
l'argent., p. 70.) 

Une flossoye pour enfardeler la salle. 
{Compte de 1339, Arch. nat.) 

.II. paires do baschoues et .il. flossaies 
pour porter pain de bouche. (Compt. de 
l'hôl. des n. de Fr.. p. 253, Douët d'Arcq.) 

Le tonlieu des flossaies. {Cart. de Lagny, 
Richel. 1. 9902, f° 246 v°.) 

Estre veslus de burel ne de flaisaye. 
(VOrlorje desapience, Maz. 1134, 1. 1, ch. 10.) 

Des flassoies d'Aurillac étaient apportées 
à Provins par les marchands auvergnats. 
{Enquête de 1388, appartenant à M. le 
docteur Max. Michelin, ap. Bourquelot, 
FoiJ". de Champ., 1, 240.) 

Une coutre et .i. cussin de plume, une 
viez coutrepointe, une viez flacaie. (Dec- 
1397, Invent, de meuhl. de la' mairie de 
Dijon, Arch. Côle-d'Or.) 

Qu'il soit couvert d'aucune grosse flossoye 
de laine. (Fiiere Nicole, Trad. du. Liv. des 
Proulfilz champ, de P. des Crescens, {" gor", 
éd. 1316.) 

Pour acheter des floussayes pour couvrir 
les povres dudit hospital. (1407, Test, enre- 
gistrés au Pari, de Paris, Tuetey.) 

Ainsis le ticat, ainsii l'essaye, 

Ainsi les yeiilx â'una /lossaye 

l.y caevre par son piteux plour. 

(E. Descb. , Pof's., Richel. 810, P5lo«.) 
Touttes avoient le visage de plaie, les 
cheveulx noirs comme la queue d'ung che- 
val, pour touttes robbes une vieille flaussoie 
très grosse d'un lien de drap ou de corde 
liée sur l'espaulle, el dessous ung povre 
roquet ou chemise pour tous paremens. 
{Journ. d'un bourg, de Paris, an 1427, 
Michaud.) 

Longieul ou flossaie, lodex. (1464, J. LA- 
GADEuc, Calhol., éd. AuQi-et de Quoet- 
queueran, Bibl. Quimper.) 

Quatre colliers a chevaulx garnis de 
trebets et de flossoyes. (1486, Inv. demevb., 
Arch. Aube.) 

(Povreté) ne est couverte que a moitié 
d'une flessoie faicte de tenves palleteaulx. 



(Bonc.vcE, Koblcs malh., III, 1, I'' 51 v», 
éd. 1313.) 

— Ce mot a été employé an llg., comme 
Inudier, pour désigner un lourdaud : 

Flassaye, v. 1. Lourdaut, balourd (Le- 
nou.x, jJict.com., éd. 1786.) 

FLAssAiRE, S. f., soi'lft d'étolïe grossière 
et de couverture : 

Li cailis rois s'en va fiii;int. 
Une pièce d'nnne flas.^airi' 
Tronva qni li fu nécessaire, 
Oes gênons jnsk'a la bouiiinne. 
Non raie jusqu'à la poitrinne, 
Fa de la ftanaairc cnnviprî . 
(.'. DE CoNDK, Magnif., ras. Casan..v. l.'iO. 
Scheler.) 

Qu'il n'ot fors la povre flnssaire. 

(In., i'/., T. mO.) 

Lodix, flassaire, couverture, loudicr. 
{Catholicon, ms. Lille 369.) 

FLASSAnnE, voir Flassade. 

FLASSAUT, flasart, flaissart, s. m., 
couverture de lit ou de cheval : 
Ara vieslue mainte viese quirio 
El maint flassart traînant par les cors. 
(Servenlois du xiu" s., p. 9, éd. 1827.) 
Flassars et nates. (1362, Lille, ap. La 
Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Pour .II. fidsars a lui accales pour cou- 
vrir les kevaus. {Compt. de 1373, Arch. 
mun. Valenciennes.) 

Pour un double ftassart, dont on couvry 
lesdis penniers. {I'i97, Dépenses, etc., Ann. 
de la Soc. de l'hist. de Fr., 1864.) 

Leurs vestures estoieut de gros bureauls 
et gros draps, de tels ou parauls que on 
fait les flaissars des chevauls. (Froiss., 
Chron., XV, 290, Kerv.) 

En icelle escuyrie y a bien trente 
hommes a ceste cause, et chascun selon 
son estât, les vallels de corps nettoyent les 
chevaux d'estrilles et de flassars. (Ol. de 
LA Marche, Eslat de la Maison de Charles 
le Hardy, Du second estât, .Michaud.) 

FLASSAY, s. ni., sorte do couverture : 
Suplex, utilemens d'ostel, ou flassay, ou 
facultez. (Gloss. de Salins.i 

Cf. Flassart. 

FLASsiEU, flacrjuier, v. a., abattre : 

Et les Svvicers ont flassiet les bois, af- 
fien que lesdites compangnes n'entrassent 
mie en leurs paiis. (J. deStavelot, Chron., 
p. 432, Borgnet.) 

Dix neuf quesnes, dont l'un a esté flacquié 
pour couvrir les costez du pont Noblet, 
pour ce que les autres y estans estoieut 
pourris. (1497, Compt. faits p. la ville 
d'Abbev., Uichel. 12016, p. 110.) 

FLASTKE, voir FLESTRE. 

FLASTREE, adj. f., déslgnc une sorte 
de rage propre aux chiens : 

La tierce rage s'appelle ftastree, par ce 
que le mal est dedans les boyaux, qui les 
fait retirer de telle sorte, qu'ils sont si 
plats qu'on les perceroit avec une aiguille. 
(Do FooiLLOUx, Rec. pour guarir les chiens, 
éd. 1592.) 

FLASTRER, flairer, v. a., marquer d'un 
fer chaud, flétrir : 



Pour ledit cas fut pillorié el mitlré, el 
puis flastré au front. (Chron. scand., 
p. 283, éd. 1620.) 

Toute incision de membre comme esso- 
riller, coupper poing, flastrer nu visnige, 
sont exploits de justice. (Coût, de France, 
(" 202 V». éd. 1317.) 

Flairer au front d'une lettre chaude. 
(N'ICOT, Thres.) 

On lit dans Furctiére : 

Flairer, v. net. Vieux mot qui signifie 
marquer d'un fer chaud. Autrefois on mnr- 
quoit les criminels d'une lettre au front 
avec un fer chaud : ce qu'on appeloil fla- 
irer ; et maintenant ou dit qu'un crimi- 
nel est condamné a estre flétri d'une fleur 
de lys sur le dos, quand on le marque 
d'une fleur de lys, qui est le supplice des 
coupeurs de bourse. Ou dit encore à pré- 
sent, flairer un chien, quant on luy applique 
un fer rouge après avoir esté mordu d un 
chien enragé, dans l'imagination qu'on a 
que cela préserve de la rage. 

FLASTRiER, V. a., marquer : 
Tousceulx des baillingas sont tenus apor- 
ter toutes leurs mesures flastrier aux me- 
sures d'Aubigny. (1507, Prév. de Fouilloy, 
Coût. loc. du bail). d'Amiens, 1. 300, Uou- 
thors.) 

FLASTiiiR, voir Fl.vtir. 

Fi.AT, fiait, flae, flas, fiant, s. m., coup 
violent, soufflet, t.ipo : 

Lors li cust donn»; un liât 
I, 'antre, s'en U vosisl sofrir. 

(Perceval. ms. Monlp. H 219, C 36''.) 
D'un tronçon d'une lance lui a donné tel lias 
Que .111. dcns li depece. 

{Ronm. d'Alix., f 61», Michelant.) 

J'ai en pense que je te voiso 
Doner de ma patc tel ilnt 
Qu'a terre l'almtrai tôt plat. 

(Renan. Br. IX, in.S. Martin.) 

Tost me porrai doner .i. liait 
Pont atolcr estre porroie. 

(Vie des Pires, Ars. SGil, f° 15a''.) 
En l'escu li donne .i. tel liât 
Qu'il li lent en double partie. 

(Ricli. li. biaus, 2712, Foerster.) 
Lors hauce la paume, si li done tel flaX 
qu'il l'abat del roncin a terre. (£a)ice/o{, Ri- 
chel. 754, f" 22"^.) 

L'un feri sus l'escu, qui estoit de quartier, 
Que li et le cheval a fet jus trebucliler. 
Si grant liai a donné le col li flst bruisier. 

(Dooii de ilaiciice, .SU", .V. P.) 

— Fig., chute, décadence : 
Mais checuns kl est a eise 
Deit penser de sa mal eise ; 
i:t quant est en meillur estai 
Penser do ruine et de liai. 

(S. Edward le conf., 1301, Luard.) 

— Bruit d'une chose iiui tombe lourde- 
ment, clapotement : 

Desi en l'evo va li gloz reoulant ; 

Au chcoir eus fait un liât si très grant 

Qu'uuB grans chastcaus n'en fcist mio tant. 
{.lloniage Guillaume, Uiditl. 7".l, f 'iOl V.) 

Si grant fiai prinst qno la lerro a croslee. 
(Gaijdon, 9200, A. P.) 

Car aa chair dona grant fiai, 

La le leissa hunlcui et mal. 
(Hlox de Meri, le Tornoiement .Inlicrist, Richel 
2M07, P 23.'!''.) 



M PLA 

Qoar cODtre terr« ^raot fiât dooe. 

(r>urm. le Gai.. 16S6, SIeDgcl.i 

E, »i je io tTiis e pras. 
Si me dirra asciin en CAt : 
Dien ! corne cesit dorreil |;raiiDt /tttui 
Ed one loDinyoe, s'il eheil de liaul ! 
(L^ Jonginr d'Ety, MoDUig<OD el Ravnaad, faH., 
II. 454.) 

El fouei loDt cheu, si .ix. si .xxxiii., 
Et firent moult graol flùs. 

(Ccv.. rf« Cdfjf/i», 1918j, Charrière.) 
Le peaot senlanl le coup de la mortpelta 
ung cri si 1res horrible que a l'ouyr es- 
loil espouvanliible, etclieul morl par terre: 
au cheoir qu'il fist prisl si grant flac, que 
a l'ouir sembloit ung gros arbre qui fust 
abatlu. Gérard de Nevers, II, XIII, éd. 
1725.) 

— Flac est aussi une onomatopée expri- 
mant le glouglou d'une bouteille : 

El m» bouteille a fait /lac. 

(ilfjsl. S. Clirislope.) 

— A un pat, tout a flat, d'un seul coup, 
tout à coup : 

Les .Ml. en pieté contre terre a un />«. 
Si dnremeol, près n'ont les niembres qnas. 
(Alesckaiu, 3988, Jonck., Guill. d'Or.) 
L'eau enlroit dedans parla passée tout 
a flac. (D'AUTON, Chron.. Richel. 5083, 
f 149 V».) 

— .4 flat, à tas : 

Et alloveut tost comme vent, pencent 
comme ilz avoyent de costume avoir sur 
le camp des Françoys mouton? o flac pour 
faire des carbonnades. (D'AuiON, Chron., 
Richel. 50S2, f» 159 r».) 

— A flat de, k force de : 

Si avoit il (du feu), voire du feu de ver- 
tus qui par force de fortune ne pouvoit 
estre cslainct, et du feu ensulphuré, que 
ses gens, a Pac de vin et d'eau que sur liiy 
espandirenl. a toute peine amortirent. 
(D^Adto.n, Chron., Richel. 5082, f 133 v.) 

Wallon, a pake, en quantité, en abon- 
dance ; namurois, d flache. Ouernesey, 
filas, coup de vent, le bruit d'un arbre, 
d'un pan de muraille qui tombe. 

FLATE, s. f., mettre en pâte, tromper : 
Ur est Renars en grant baratc, 
Qui tantes i.'ens a mit en flale. 
Et qui les plos coinle» assote. 

(Renan, Suppl.. t. î20, Chabaiile.) 

FLATELEH, V. H., battre di's irjains ; 

la coroie fiert la boche 

Kt l'antre des mains flalele. 

(TrlsUtH, I, 3786. Michel.) 

i-LATELET, S. m., softe de poisson, le 
pet: 

Est et passer, quem Belgica nominut 
Een heilbul.ort eelbut. G./Ja(«(f(, Germania 
Ein heilsgbult. Angli. a hallibut. (Jdn., 
Nomencl.,\>. 64, id. 1S77.1 

PLATEMENT, P"!!., S. NI., flatterie, 
action de déguiser la vérité : 

Chasrun, iqo'en vaot le fletemenl t) 
A peur de soi «^nlement. 

(CcuitT. Roy. lign.. 18Sd1, W. et D.) 
Tant importunèrent ilz le Turc par 
humble» flalemem. (Le Mairf.. Leg. des 
Vénitiens,, ch. m, éd. Lyon.i 



FL.\ 

Voyla comme de grand a grand la llal- 
lerii- est commune connue parniy les palis, 
encor que ces propos tiusseiit plustost du 
vray que du pallenient, a cause de leurs 
rares valeurs. (Bb.\nt., Gr. Cap. fr., M. de 
Guise, n-, 200, Liilanne.) 

— Action de caresser : 
Flattementmw chevaux. {}vH.,Nomencl., 

p. 250, éd. 1577.) 
Morv., flailtement. flatleric. 

FLATEu, verbe. 

— Act.. jeter, précipiter : 

Et les flatoil hors du cazel. (.loiNV., S. 
Louis. Lxxvii, 'Wailly.) 

— Neutr., être renversé : 

Qu'a la terre flalrr le fist. 

(Koti, 3" p.. 831-2, var. .\i..lreseu. i 
Sainte Eglise /Jo/c et chancelle 
Se Dicus ne garde sa nacelle. 

(Falil. d'Oi'., Ars. 5069, I" 160''.) 
Cf. Fl..\Tlll. 

Fi.ATEUEAl!, palt., s. m., iliiiiin. de 
flatteur : 

Aucuns bigotz ou patereaulx. (Kabri, 
Rhet., f» 40 r», éd. 1521.) 

An monde a inooll de flalereaulx. 
(R. OoBis. le Livre des loups ravissons, ch. yii. 

éd. IS'ia.) 
Janglenrs, joncbeur.*, détracteurs, /latereaul.f 
Sont eslevez et bien entrelennz. 
An temps qui rouit, 
(llnn. DE Coi.Lhim;, liondeoul.v, \\\\, Bibl. elz.l 

Sus hanlt Huel, sus /latereou. 
(Cu. Fontaine, Resp. à Ch. Huel, dans les Œuv. 

de Marol, éd. n31.) 

Comme leur voulurent faire accroire 
quelques /îa/«reaax de légistes. (Pasquier, 
Pourparler du Prince.) 

— Adj.: 

Ils amadouent d'infinis i^pithetes pate- 
reaux. (TABOtJROT, Biyarrures, préface, A 
il r», Paris, Jean Richer, 1584.) 

FL.ATERESSE, - crrcsse, patt., palresse, 
ïém. de flatteur : 

Ce sont flateurs et palcresses, qui dient 
mal d'autruy a leurs seigneurs, quant ilz 
scavent que leurs seigneurs les bayent. 
{ilodus, f» 51", ap. Ste-Pal.) 

Flaterresse, adulatrix. {Gloss. gall.-lat., 
Richel. 1. 7684, f» 55«.) 

Paroles patteresses coustumierement sont 
agréables. (G. Chastellain, E-xp. sur Vé- 
rité, VI, 397, Kervyn.) 
Comme sa voix flaleresse 
L'ame du corps to sccDt oster. 
(RONS.. Od., Od. rctranch.. Il, 117, liibl. elz.) 

Volnplé glisse flaleresse. 
Et pique et mr>rd comme un serpent. 
(J.-A. iiE Baif, les ilimes, I. I, f" 11 r», éd. 1619.) 

D'une palteresse apparence. (Lariv., Es- 
col., prol., Ane. Th. fr., VI, 95.) 
De queir oreille Dien prend les phrases (lalresses 
Desquelles ces pipeurs flecbissoicnt leurs mai.^tresses. 
(DAiBicsÉ, Trag., II. Bill, eli.) 

La prospérité est coinnio un venin em- 
miellé, douce el pnlleresse, mais très dan- 
gereuse. fGHARKON, de la Sagesse, ii, 7, 
éd. 1782.) 

I. FLATEUR, S. m., (latoir. gros marteau 
pour battre les n,in.< : 



FLA 

L'on est uccoustunié eu ladite seigneurie 
de Richebourg user de poids, blanches 
mesures et aucuns pâleurs, de la marque 
d'icelle seigneurie et non d'autres. (Coul, 
de Bichebourg, xx, Nouv. Coût, géu., I. 
393».) 

2. Fi.ATEUR- S. m., ménestrel : 
En celluy temps le roy Philippe fit chas- 
ser tous gensleurs, puteurs. batlelours, 
tout telle manière de gens (|ui ont grant 
(sic) dons des granis seipnours. (Jacomin 
HnssoN, Chron. de Metz, p. 4, Michelaut.) 

FLATiR, pactir, llatrir. flaslrir, pachir, 
verbe. 

— Act., lancer, jeter, jeter à terre, ren- 
verser, avec un rég. de personne ou d'être 
animé : 

Si Yaront toi saisi 
l'U ab.-itu et .-i terre flali. 

(Les Loi:., ms. Berne 113, (° 17' ,i 

Dedens la chartre les a trustons ftatis. 
iCar. le loh.. i' chaos., v, P. Paris. i 



I,e baron font en la chartre flalir. 
(li., XïX, 



p. S7. 



I.e moine prent, a terre le flali, 
Por un petit que nel crevast parmi. 

(/*.. x\u.,i 

Se or avoie tout gaslé lor pais 

Et puis si fusse en mon cbastel flalis, 

Nos douterois vaillant ou Parisis. 

(/»., XXVI. 1 

l.i quens Fronions de la geste Alori 
Vos en eusseni de France fors ftali. 

(Girl). de Metz, p. 459, Slengel.» 

Sv qu'il est dou ceval a le lierre flastris. 

(Chev. aucyntte.lllSS.KeiS.i 

l'oz .111. ou feu les ont el ftaliz et gelez. 
{Parise, 3053. A. P.) 

lu si parfont ens les flatrissent. 

{Rose. Val. Oit. Vîl% f° -iT.) 

ICI si très en parfont flatissenl. 

(Ib.. Val. Chr. 152-2, f» iO».) 

Mais en i. jrant fossé flali 
Mon cheval, si sera cheu. 
Par peu je n'ara trop beu. 
(Phii.. de IIbmi, .leaa et Ulonde, 3113, Bordier, 
p. 2i4.) 

Les petits enfants prenoient par les piez 
et les patissoient aus roches. {Ln trad. 
franc, de Guill. de Tyr, f» 268.) 

Cil Uroon issi hors et assembla ses gens 
assez près de son chastel ; mais cil qui le 
règne deffendoit le fist assez tost patir eus 
parmy les portes, luy et sa gent. (Grand. 
Cron. de France, du premier roy Phelippe, 
IV, P. Paris.) 

Les autres fist patir et noier ou Hum 
d'Aigne. {Chron. deS.-Den., ms. Ste-Gen., 
f« 208''.) 

Et firent flalir toutes les autres batailles 
avec les batailles le roy sur le flum. (JoiNV., 
S. Louis, XLViii, Wailly.) 

... Le vent nous anoit palis sus Chypre. 
(iD., ib., cxxiv.). 

Quant la flambe se rabessoit si flatissoient 
les homes elles femes el feu desouz. (Vie 
et mir. de plus. s. confess., Maz. b68, f» 25") 

Tout droit enniy ces vingnes les avaient flastry 
(Chron. des ducs de Bourg., 10068. Chron. belg.; 

Lors le roy l'arracha de son siège, si le 
Pactit contre terre [Q. Curxe. VI. 13. éd. 
1534. 



FLA 



FLA 



FLA 



27 



— Avec un rég. de chose, lancer, jeter 
à terre, renverser : 

La veissies ces perrieres Tenir, 
Ces mangoonians et geleir et flatir. 

(Cirb. de iteU, p. 1 19, Stengel.) 

Kromons i est de Lcns li posleis, 
no I.ohorainne nus ai ici pirlis 
Kl nos chalians contre terre flalis. 

(Ib., p. 4:-i8.i 
Kl les eschieles font es fosses flatir. 

(Les Loh., mi. Monlp., f» Ut''.) 

La furent Iref contre terre /lati. 
Maint paritloD rompa et dcpirti. 
(Car. le Loh., i" chans., xxxiv, P. Parif ) 
Vit le fen mettre et la flamme flalir. 

(/*., î° chans., v, p. 167.) 

Par maniaient et par corroî 
Flaii a la terre s'espee 

(Chev. au lyon, 6-262, HoIIand . ' 
L'en me devroit falir on vis 
l'ne vessie de mouton. 

(Rose, 8526, Méon.) 
... Flalrir. 

(II,., Vat. Chr. 1.522, J° 55''.) 
Ses dcns en l'aine li flali. 

(Itose, Vat. Clir. 1522, f» 101'.) 
... FlasIri. 

(là., Vat. OU., f 119''.) 
karles i sist .m. ans, li rois de Saint Denis, 
I.X. mangonians i fist as mnrs nalir, 
.\in8 n'i mesfist dedens Taillant .i. parisi. 

(Gui de Bourg., 436. \. P.) 

Et Lancelos par si grant force 
Sor l'escn ki n'est pas J'escorce 
Flalisl sa lance, k'ele brise. 
'RoB. DC Blois, Poes., Uichel. 24Ô01, p. dlj^.) 

Et prenant sa francisque il la flatU a 
terre. (Fauchet, Anliq. Gaul. , II, 16, 
^d. 1611.) 

— Réil., se jeter, se précipitei' : 

La dame es^jratine sa face 

Et contre terre se flalisl. 

CG. DE CoiNCl, ilir., ms. Brux , f 120''.) 

Pierres parmi l'air se palissent. 

(liuiART, Roij. lign., 1357, Bnchon.) 

La lumee est l?le et la poudre 

La ou li liardi se patiisenl 

Qu'a gr,inl peine s'entrechoisissent. 

(In., ib., 11350, W. et D.) 

Le Hum se flali.isoit es caves dedens. 
(Joi.w., S. Louis, XLf, Wailly.) 

... Et au laisser aler la chuette branlera 
des aesles, et quant l'esprevier la verra, il 
se venra flalrir cmmv les paus. (Modus, 
f» Î23 r", lilaze.) 

— Se flatir après, se lancer à la pour- 
suite : 

Li cers s'enfail, li cien datissent. 
Par le bos apr';s se flalitsenl. 
(De Guill. d Angleterre, Itichel. 375, f 216 : 
Micbel, Cliron. anglo-norm,, III, 143.; 

— Xeut., tomber par terre, tomber, être 
lenversé, être précipité, se précipiter, se 
heurter : 

La veissies groses lances croissir, 
Et chevaliers contre terre pâlir. 

(Les loh., ms. Monlp., f° 68^) 
Parmi la porte les firent ens pâlir. 

(Ib., f» 88''. I 
Jns dou destrier fait le baron flatir. 
«iar. le Loh., 2' cbins., \\\\\, P. Paris.) 



Tons les bouians li fit del cors saillir, 
Et dedans Moeso firent le cors patir. 

(Girb. de Melz, p. 453, Stengel. i 

Son levier ly (ist sonr le tiesle keir 

Sy fort qa'il en a fait la ciervielle boulir, 

Par devani, l'aranstant convient cely pa.t!rir. 

(Chee. au q/g., 10339, KeilT.) 
.xi\. payens a fait a le lierre /!iH/n>. 

(Ib., 30865.) 

Les lances es escuz palissent 
Et li cop douent tels escroiz, 
Oue tûtes jusqaes es chamois 
Esclicent et rendent et froissent. 
(Chrf.st., Cligel, Richel. 1420, f" 50'.) 
Les Francs assallent, crans fii li fereis ; 
Les grans batailles font ariere pâlir. 

(Raemb., Ogier, 7059, Earrois.) 
A cesl mot... vont requierre leur anemis 
et les fièrent si niortelment qu'il les font 
flatir a terre. (Lancelot, ms. Fribourg, 
r 132''.) 

A forche les fist flatir outre le pont. (S. 
Graal, Vat. Chr. 1687, f» 133".) 
Dies, con Richars li biaus s'e.sgol 
Quant voit qn'cnsarable tunl palissent. 

(Rieh. li biaus, 2174, Foerster.,i 

L'enperere s'entnrne quant il fot desconfîs. 
Sarrasin l'encauchiercnt qui l'orent euTais, 
Ens es rues d'.\nger5 nous firent ens fîalir. 

(E. de Si Gille, Richel. 23516, T 77=.) 

Si sont grevé et estourdi. 
Et de teste si estourdi 
Qu'a poi n'alcrent jus pâlir. 
(}. Bretel, Toiirn. de Ctiamenci, 622, Oelraolle.) 

Jus a la terre le fait Aiquin pitchir. 
{Rom. d'Aquin, 667, Joiion des Longrais.) 

Et fu mesire Raous si cstounes dou cop 
k'il flali a la tiere d'un des genous, mes il 
sali aukes tos. (Flore et la bielle Jehane, 
Nouv. fr. du XIII» s., p. 137.) 

Se vous veez las aloes, mouvez vostre 
huant et elles venront flalrir au huant. 
(Modus, î" 127 r», Blaze.) 

Et doit estre meu (le huant) quant on 
voit aloe, et quant elle flatril au huant, 
soit mené l'aloe qui est entre les deux 
roys, et elle venra flalrir a elle. {Ib.) 

Mais l'avangarde les recula moult aspre- 
ment, et si ferirent eu eul.x si cruellement, 
que tous les firent flatir jusqu'aux portes. 
{Journ. d'un bourri. de Paris, an U12, Mi- 
chaud.) 

Il en portera telle colee pour les Romains 
obeyr qui le fera flalir aval la terre long- 
temps a honte. {Les Propliecies de Merlin, 
r 131^ éd. 1498.) 

— Flali, part, passé, renversé : 

Et cil (le drapean) ne li fait point d';ibie 
Fors que crave sa chair flalie. 
(Bible de Hugues de Berzi, Brit. Mus. add. 13606, 
S' 105''.) 

Quant descendre cnida, a terre chiet paslrie. 
(fi. de Seb., II, 911, Bocca.) 

-Morv., fldti, V. a., affadir, rendre flasque. 
Champ., flalir, plaquer. 

Selon Du Méril, en Normandie, dans 
l'arr. de Mortain, on dit a/flalrer pour 
terrasser, renverser. 

FLATOiER, V. n., être renversé, succom- 
ber : 

Tont tort, tonte injure el tout vice 
Et toule traysoo seuronde 
Et fait flatoier tout le monde. 

(Fabl. d'Ov., Ars. 3069, f° 160''.) 



Cf. Fl.vtir et Fl.vter. 

FLATOIRE, flaltoire, adj , qui flaltp : 

Vérité est dos bons amee 

Ponr ce qu'elle n'est pas patoire. 

(FrOiss., Tret. amoureux, xu, Scheler.i 

— S. f., chose qui flatte les sens : 
S'ello (la Paix) est vraye, c'est un éter- 
nel repos, et s'elle est similitudinaire et 
fourrée, c'est une pestilencieuse flatloire. 
(Cr. Chastell.\in-, Livre de paix, vu, 378, 
Kervyn.) 

FLATRE, s. m., flétrissure, marque: 
Flatrir ung voleur du flaire et merche de 

la ville. (1389, Péronne, ap. La Fons, 

Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

VLATRER, voir Flastrer. 

FL.\TRi, flallri, part, passé, marqué : 
Ne ki mesure de nule mesure ki ne soit 
droite et loiaus et asses grande a le droite 
mesure de le vile, et se c'est coupe k'ele 
soit jlatrie. (Bans d'Hênin, Tailliar, Rec. 
d'act. des xii» et xill° s. en lang. wall., p. 
436.) 

Aussi est requis qu'ilz visitent... les me- 
sures et picotins des hostelains et s'ilz sont 
flalris. {Doeum.relat. d la divis. des fond, 
entre les membres de l'échev. d'Amiens, 
vers l.ïo8, ap. A. Thierry, Monum. du Tiers 
Etal, 11,660.) 

Audit seigneur et officiers appartient 
corriger toutes personnes ou personne 
usant de mesures non /ïat/riesde la marque 
de la ville de Lens, ou autres marquées 
d'icelle marque non estant de loyalle me- 
sure par décadence de londs, adjousiement 
d'ablocqs de bois, ou autres choses qui se 
feroient en fraudant telles mesures, de 
telle amende arbitraire et réparations ho- 
norables que par les pers et hommes dudit 
bailliage seroit ordonné ainsi que le cas le 
requiert. {Coust. de Lens, 3, dans les Cou.it. 
gén. du comté d'. Artois, Arras 1679.) 

FLAfRiR, voir Flatir. 

FLATRISSURE, S. f., mai'qUe pOUT le<: 

mesures publiques : 

En ladite ville l'on ne poeult vendre 
ne acheter grain que ce ne soit a le me- 
sure flatrie de ladite ville,., lesquelles me- 
sure, marque et flalrissure ?ont en la 
ferme dudit eschevinalge. (1507, Prév. de 
Beauquesne, Coût. loc. du baill. d'.Amiens. 
Il, 333, Boulhors.) 

ILAIIMINE, S. f. ? 
Si dirai de lor père qui viToit de panmine 
Etd'erbes, en .i. bos, et de mainte nchine. 
(B. de Seb., xxi, 96, Docca.l 

FLAi.'NiER, voir Flaonnier. 

FLAUNIERE, S. f., plat, aSSiOttG? 

Li chers de flaunieres, de pos de terre, 
de godes, doit .vin. d. (1380, Tarif du 
livre roiifte de l'éeliev., Arch. législ. de 
Reims, l" série, 1, 744, Doc. inéd.) 

FLAUR, voir Flairor. 

FLAUssoiE, voir Flassate. 

FL.AUSTELE, VOir FLAUTELE. 

FLAUT, voir Flat. 

FLAUTEL, flaitlutel. fliiMel, s. m., cha- 



38 



FLA 



El qaanlj oi Ion failnlfl 
SoDdr iTfc 11 lat-or. 
(Cou» Mr<tT, Chm , ap. Waclcrnaccl, Alifr. 
LieifT, p. 75.) 

La nuit, qui ofloit prochaine, rauiriia les 
pasteurs el pastourelles des champs, et 
tout leur beslail, nienans mélodieux de- 
duyl de cornols. flusieaulx, muscs et na- 
peolz. (Perceforesl, t. IV, r ISO», éd. VUS.) 

Bourg., Saulieu, jluUau, petite fliile. 

FLALTELK, flahukllc, flaustelc, fleiilele, 

- elle, s. f.. petite flrtte, flageolet : 

lloliios d'one flahlele 
I reçoit dcas sons trelii. 
(r.. i.c Bersevre. Mol. el Patloiir. du \m' s.. 
Th. fr. au m. àje, p. 37.) 
Porloienl (.igoes el violes, 
Sillerions el flnlfles. 
(Ui.xRi d'A.xueli, Bùlaillf det .vu. ars. Ridicl 
837, r 136\) 

Fleulelet cl cornes. 

(^ii«uti« <•/ Sicolelle, p. is, .Sachier.) 
Et il aora ma ccrnoielle 
La muselle el la fleliulelle. 
(Kroiss., />««., Kichel. 830, r Î77 i°.) 

FLAiTELER, V. n., joupr de la flûte : 

Mail mal tU pour lui ce jour ne 

Qu'cnlre les flos tiI Leandoa 

Qoi (lauleloil a la)banlon. 

(G. M.\cii., Poés., Richel. 9221, r ai''.) 

FLAUTEU, flahuter, fleutcr , flehuter , 
verbe. 
— Neutr., jouer de la flûte : 

Corneol, flauleni, chalcmelenl, | 

-Miinl clianl e maint «on i espelcnl. i 

(Beic., l). de Norm.. II, 11(238, Michel.) I 
Sor .11. lorneles hanl levées [ 

Kstoieal .ii. pailes montées 
Qui moll cicremcnl flauloinl. 

(Duim. le Gai., 3811, Stengel.'l 
Car tuil ensemble vont clianlani, 
El si ftahami li alquant. 

(II:. «639.) 
Li nns enlendoil an corner, 
El l'anlres an bien flahuler. 
Re.v. de BtAiJEi. li Biaus besconneus, 286;>, 
llippeau.) 

Enlor li onl flehulr 
El Tielé. 
iLi Tonoit da bamet Uomciineiir Iluon d'Oisii.) 

— Act., chauler sur la flûte, au flg. : 
lelsamors suot lanlost seurs 
Qu'il les /leulent par les rncs : 
.>e leur cbaul guieres qoi les sacli?. 

(Rote. Richel. 1573, f° fiS'.) 
Lorr., Killièrcs, fiuter, siffler. 

FL.\L-TELR, - cour, fîahuteur, flaeuleur, 
fleuteur, - eeur, flutleur, s. lu., joueur de 
nûte: 

Et si troit bons lenteurs. 
El des /laalnri de Bebaigoe, 
Kl des (içoeonrs d'Alemaigne 
El flaateours a .]t..dois. 

^.\l>l.^ET, Cleom-, Ars. .iUî, f 1«,) 

La Teiuiei toos /laeulcars 
Et menesiriaus él jugiceurs. 

(Roie, mi. Corsini, I» 6^.) 
Met trop est malement jauglerrei 
Maie Bouche li fleulieres. 

(li., 12653, .Mcon.; 
Mate boocbe le /leutierret. 

'/*., mi. Corsini, 1° 81».) 



FLA 

Fleuleeurs. IVoc. des mest., ap. Géraud, 
Paris sous Phil. le Bel.) 

Ptolcmee le fluslciir. (HoniN, Hep.. VI, 
2, cd. 1583.) 

Fi.,\rTRE, voir Festre. 

Fi.wASTRE, adj., jaunâtre : 

Les deux drapons de couleur fîavn.ilre. 

(P. AnNACLD, le livre des figures aeHicolas 

Flamel, p. 64, éd. 1612.) 
El les exhalaisons qui montent dans le 

nialras sont obscures, noires, blues et fia- 

vasircs. (Id., i6., p. 66.) 

1. FLWE, adj., jaune, jauni.ssanl. jau- 
nâtre, pâle : 

Salomon nous déliant sans flave 
Que ne regardons an vin flare. 

(Ysop. I, fab. LU, Robert.) 

Le poil flave. {Le Fevre d'Est., Bible, 
Lév., XIII, éd. 1534.) 

De couleur flave, ou jaunastre. (Paré, 
CEuv., VIII, 9, Malgaigne.) 

Bile flave. (G. Uouchet, Serees, i. 11. 
Royhet.) 

Plusieurs contentieux et babillards es- 
quels la bile flave... domine. (Liebault, 
Mais, nist., vi, 22, p. S83, éd. 1638.) 

Jura, flaves, herbes sèches. 

2. FLAVE, voir FOIBLE. 
1. FL.WEL, flabel, s. m., éventail : 

.III. génies dames le servent n/lavel: 
Le roy lor rit elTorcié de revel. 
(IlERB. Ledcc, Foulq. de Cand., p. 6G, Tarbé.) 
I Approche loy, preu ce flabel 

i El fay ainsi ung pelit venl 

Dessus cesle vierge souvent. 

(Therencr en franc., f 112'', Verard.) 
.le la regarday doulceinent 
P.ir le iMel secrelleraenl. 

(«.. fll-J v«.; 

2. FLAVEL, s. m., cliquette de lépreux: 

Mel i de bnis un gros nnel. 
Si s'apareille nu flavel. 

(Trislan, II, v. 513, Michel.) 
Lors s'alorna comme mesiel, 
Ilenap ol, el potence et llavel. 
I Wistasse le Moine, 1309, Michel. )lmpr., flanel. 

Un mesel sonna moût forment son fla- 
vel. (Vie de S. Louts, c. xii, Rec. des hist. 
des Gaules, XX, 102.) 

3. FLA VEL, flaviel, s. m., flageolet : 
Flaviet el Oabutes i sonnent. 

(barman le Gallois, 1.1972, Stengel.) 
Pais prent sa mose, el si travaille, 
El son flavel de Cornoaille, 
El espringne el saulelle el balle 
Et fierl du pic parmi la sale. 
(Ilose, ap. Capperonnier, Gluss. de fhisl. de SI 
Louis, p 351). ) 

ICn sa bouche est sou Havel 
Ile quoy flaltcrie amraoncsle. 

(Uodut. r 217'', ap. Ste-I'al.) 

I-L.VVELE, voir Fa VELE. 



FLE 

2. FI.AVELER, Vclir Faveler. 
FLAVELEUR, VOÏr FAVELEUR. 

FLAVER, v. n., pêcher avec un engin 
qu'on appelait flave : 

Aberer, flaver, nayser et pécher ansi 
comme Ii home et li subjeic don sesnor 
de Beaujeu. (Arch. P |388, cote 116.) 

FLAVERECE, adj. f. ? 

Se aucuns hom amaine cendre flaverece 
en ceste vile por vendre. (Bans au.v éche- 
vins, QQ, fo ,^ v»,AiTh. niun. Douai.) 

FLAVIEL, voir Flavel. 

FLAviER, V. a., tromper : 

Çoa est gr,ins Hiablie, 
S'ele (la bSle appelée Tirant) nos passe lous, et ele 
(nos flavie. 
(Roum. d'Ali.r., f» lf,=, Michelanl.) 

FLAvoTEiT, flavouteit, voir Foibletiî. 

FLAXART, voir Faussart au Supplé- 
ment. 

FLAxiR, V. n., se flétrir : 

iVoslre honneur est trop dangereuse chose : 
Du doit louches le; il flaxil. 
(H. Baude. bel), de la Dame el de l'Escttijer. 
Poés. fr. des xy« el xvi» s., IV, 162, var.) 

FLAYAU, voir Flael. 

FLEAU, voir Fbeel. 



1. FLAVELER, V. H., agiter sa cli- 
quette ; ' 

Eil viil après laprès la reine), si flavelr, 
A halte vuiz vers li apele.... 
Suit le (la reine; iresqn'ani en la capele, 
Crie e del hanap (lacele. 

(Trislan, II, v. 530, .Michel.) 



FLEBAGE, voir Foiblage. 
FLEBE, voir Foible. 
FLEBECE, voir Foiblece. 

FLEBEMENT, VOir FOIBLEMENT. 
FLEBESCE, VOir FOIBLECE. 
FLEBESSE, VOir FOIBLECE. 

FLEBiLE, - nie, adj., qui fait pleurer, 
qui arrache des larmes : 
Car mon chant est lamentable et flebille. 
(OcT. DE S. Gel., Sej. d'honn., r 6 v», éd. 1526.) 

A voix flebile et lamentable. (Bourdigné 
Hyst. d'An}., f" 64 v», éd. 1329.) 

Par amoureuses chansons, par sonnets 
flebiles. (G. Bouchet, Serees, xix, éd. 1615.) 

KLEBIR, voir FOIBLIR. 
PLEBLE, voir FOIBLE. 
FLEBLESSE, voir FOIBLECE. 

FLEc, S. m., tranche de lard et de viande 
salée coupée en long : 

.1. flec de bacon pour le jour du cras 
dimenche. [Tit. dît xiV s., Amiens, ap.La 
Fons, Gtoss. ms., Bibl. Amiens.) 

Trois /;ecs de lart. (1407, Arch. .MM 32, 
1° 3 r».) 

Cf. Fliche. 

FLECCHiER, voir Fleciiieu. 

FLECHE, voir Flache. 

FLECHER, flescher, v. a., atteindre, 
percer d'une flèche : 

Je sec bien, je scé, mon enfant. 

Comme lu l'as fléché souvanl. 
(J.-A. DE B.\ir, Devis des Dieus, II, éd. 1.S73.) 



FLE 



PI.E 



FLE 



i9 



Et approchans des villages desTabajares 
cotnniencerent a huer, et ce pour éviter 
d'estre flcchcz. (Yves d'EVBBUX, Voy. dans 
le Brésil. I, 6, Denis.) 

Un de leurs principaux se fit porter dans 
un canot u la face de nostre armée et te- 
nant a la main une trousse de flesches, et 
de l'autre son arc dit : Venez.venez au cotu- 
bat, nous ne craignons rien, nous sommes 
vaillans, j'en fleschrray aujourd'huy un bon 
nombre. (Id., ib., 8.) 

Ils vont au bois tirer des oyseaux, vont a 
la mer flécher les poissons. (Id., ib-, 21. > 

— Absolument : 

Accompagné de deux cens jeunes hommes 
fors et vaillans, habiles a nager et a /ïe- 
cAer.(YvES, Voy. dans le Brésil, l,Zo,Uems.) 

Les exemples d'Yves d'Evreux mon- 
trentque flécher se disait encore au com- 
mencement du XVII» siècle. 

FLECHEUR, adj. et subst., fléchisseur, 
I. d'anat., qui détermine la flexion des 
parties, en parlant des muscles : 

Le quatrième et cinquième (des os in- 
ternes du coude) plient le carpe : et pour- 
tant on les a nommes flecheiirs ou plieurs 
du carpe. (Paré, OEuv., IV, 28,.Malgaigne.) 

Le sixième et septième semblablement 
destines a plier les premières, secondes et 
tierces jointures des doigts, sont appelés 
flecheurs des doigts. (Id.,!6.) 

FLECHiBLE, /7e/cftj6(e,adj., qui peutètre 
lléchi, flexible, souple : 

Voix clere, forte et flechible. (Corbichon, 
Propriet. des choses, v, 23, éd. 1483.) 

Aranthe mollement llcchible. 

(Sœy^, ilieroc, ni, éd. 1362.) 

Itecoas des canx! hé! Cieux, demeure la, 
Keeons des eanx, flechible a la prière 
Que je t'en fay, dy de qnclle manière. 

CA. IIarov, .ilcee, V, i.) 
Flechible an reponlir. 

(In., Achille, I, i.) 

Ponrqooy ne pouvez vous a ma doulonv fleichible 
Me reporter au lieu oa surprise je fus. 

(Id., Raviss. de Plut., III. 2.) 
Pourquoy riDjnrieux ne permet que ma plainte 
I.ny donne par l'oreille une flechible atteinte; 
(Id., du.. III. 11.) 

FLECHIE, adj., en forme de flèche ? 
Cote ot et mantel bien taillié 
Treslout foiiié de valr fléchie. 

(Chen. as .11. e.ip., 171, Foersler.) 

1. FLECHtER, flecchier, flesc.hier, flekier, 
flangier, verbe. 

— Act., fléchir, ployer : 

Si nos leissons noz pocchiez 
Sachiez li jase est tost flecchiez. 
v'Ancieb, \ie des. Greg., 1018, P. Meyer.) 
Ne plé ne jambe ne flécha. 

(G. de Chili, 3674, Reiiï.i 

— Réfl., se fléchir, se ployer : 
Par devant Salalrie d'un genoul se flescha. 

(Cipeiis, Richel. 1637, f 133 ï°.) 
Si ayde n'ay da bon Dlen et do celle 
Devant lesquelz a denlx genonlx me flèches. 
De ma vie je ne donne troys pesches. 
Car de vertu j'ay moins qu'une estincelle. 
Au pied du mur. 

(R. DE CoLLERïE, Rondemi.T, i, Bibl. elz.') 



— Fig., se laisser toucher : 

La quatriesme chose est d'avoir pitié et 
compassion que li juge doit avoir de celui 
qu'il doit jugier; car il se doit plus /Zescftier 
par quartier et miséricorde que soy enroi- 
dir par duretei en justice. (LAURENT, 
Somme, ms. Troyes 751, f" 64 r".) 

— N'entr., se fléchir, se ployer, plier : 
Corinens fu en estint, 

Il ne flécha ne lanl ne quant. 

{Brjil, ms. Munich, liiil, Vollm.'' 

Si aura cuer d'achier dur et seré qui 
n'aura garde de flechler ne de moUoier. 
[Arlur, ms. Grenoble 378, 1° VS>.) 
Quant son poinj; dcseent Sûr l'es':') 
Contre la pane l'a féru; 
L'espee flange outre le conte. 
Du poins li cbiet, il a grant honte. 

(Parton., Richol. 19132, 1° 136".) 
I.,1 doivent le bastnn sans flekier droit tenir. 
(Gilles li Muisis, li Estas des prêtas, I, 338, 
Kervyn.) 

l'ieuseurs sont deceu par cniJcr 
Que la mort ponr leur habit flèche. 

(Danse macabre des honnes, éd. 1186.) 

— Commettre une faute : 

Mets li lait bien ses droits entiers; 
S'elle Ti avait neà point fleschir 
Uadrecier se veuit voulleniiers. 
(Guerre de Meti, st. l"f.«, E. de nouteiller.J 

— Fléchie, part, passé, fléchi : 
i;enons flèches, enclin le chief. 
Proia le saint. 

(Mir. de S. Elût, p. 92, Peigné.) 

Bourg., Yonne, Pevcey, flancher, faiblir, 
manquer de force; flg., manquer de fer- 
meté, chanceler dans ses résolutions. 

2. FLECHiER, flécher, s. m., ouvrier qui 
fabriquait des flèches et des arbalètes : 

Flechiers. (Voc. des met., ap. Géraud, 
Paris sous Phil. le Bel.) 

Attillours, ftechers. carpeuters. (16 oct. 
132>i , Mêm. adressi' d H. le Despencer, 
Delpit, Doc.fr. en Aw/let., p. 37.) 

Nom propre, Flechier. 

FLECHiERE, flecicre, flequierc, flekiere, 
flecquiere, f requière, frecquiere, flachiere, fla- 
giere, s.f.,la sagittaire, plante de la famille 
des alisraacées : 

S'on fait dosons kouque et litière 
De rains, de foelle et de flekiere. 

(Ckrest., Roi GuilL, T06, Michel.) 

Quant poignant vint très parmi \efleciere 
CW qui do I.ibe est sire et justiciere. 

(Anseis, Itichel. 793, f SO"*.) 

Ilichars fait faire une litière 
De peus d'ierbo et de flekiere. 
(Rickars le biel, ras. Turin, P 139''; Koerstor, 
3193.) 

ne ftecieres et de genicsle 
l'ist une loge auqnes oonieste. 

(MousK., Chron., 21(;01, Ileiff.) 
Prendes le poli\v(;l et de le flekiere et dou 
vies oint. {Remèdes anc, Richel. 2039, 
f» 4 r°.) 

(Je tieng en fé) la maison a la flachiere. 
(1277, Cart. de Meaux; Richel. 1. 18333, 
f 81 V.) 

Rogier de la Flagiere. (Sept. 1286, Ch. 
du bailli de Caen, (ihap. de Bayeux, Arch. 
Calvados.) 



Kt puis on le fait la litière 
Do blanc estrain ou de flechiere. 
(Faoïss., Poés., Ilichel. 830, (• 82 v".) 
Que les dits fagots l'on ne puist fourrer 
de flecquiere ne d'autre chose que de la 
mesme laiguo. {Cout. de Ilayn., cv, Nouv 
Coût, gén., II, 33.) 

.XII. voires de frecquieres pour la halle. 
(1.321, Béthune, ap. La Fons, Oloss. ms , 
Bibl. Amiens.) 

Voirres do frequieres. (153(>, .l/oft//. de la 
halle de Bélhune, La Fons, Art. du Nord. 
p. 114.) 

Voires de fleqiiieres a pied. {Ib.} 

Nom de lieu, Fléchère, hameau du vil- 
lage de Goui-lez-Piéton, Hainaut belge. La 
Flégére, montagne de la vallée de Cha- 
monix. 

Nom propre, de la Fléchère. 

FLEGHiJiENT, fleschimeiit, s. m., action 
de fléchir, de faire fléchir; 

Par uu petit fleschiment des choses. 
(Oresmr, Trad. des remed. de fort, de Pé- 
trarque, Ars. 2671, f» 24 r».) 

t'LECHiR, fleschir, flenchir , flanrhir, 
jUimjir, flainchir, verbe. 

— Act., détourner : 

Cum il veist qu'il ne le pooit ftainchir 
de son prepos ne removoir, il le tit décol- 
ler en l'an da grâce .CGC. {Vie saint Pan- 
crace, Richel. 988, Cdl'.) 

Ceuls qui flonchissent les ieus. [Bestiaire, 
ms. iMontp. H 437, f» 212 1 '.) 

— Faire céder, amener: 

Kt cil qui en est enrichis 
.lamais jour ne sera fléchis 
\ ce pour riens qui puist venir 
Que douloureux puist devenir. 
(Chr. de Pis.\><, Liv. dit chemin de long eslude, 
261, Puschel.) 

l'our le fléchir a compassion de nostre 
misère. {La Iresamjile et vraye !^xpos. de la 
reigle M. S. Ben., 1486, f» 74''.) 

Pour vous fleschir a m'aimer davantage. 
(Jax de Li ÏAiLLE, Episl. a mie deniois., dans les 
Poésies, éd. 1372.) 

Si la raison, le debvoir naturel et les an- 
ciennes lois et constitutions de ce royaume 
n'ont peu fléchir vos cœurs a la reconnois- 
sance de nostre légitime vocation a cette 
couronne. (1390, Lelt. miss, de Henri IV, 
t. m, p. 217, Berger de .Xivrey.) 

Afin de les régler par nécessité a ce qui 
leur est plus honorable et utile, puisque 
la raison ny l'exemple de ma conversion, 
ma bonté envers tant de princes, seigneurs, 
gentilshommes et villes, qui m'ont reco- 
gneu et ont aussy comprins ma bonté, ne 
les y peuvent fleschir. (1394, ib., t. IV, 
p. 266.) 

On trouve encore dans Corneille : 

Faites qu'a mes désirs je la puisse fléchir. 

{Cinna, 901, éd. Hachette.; 

— Réfl., se détourner, être détourné; 
Kt verras en Prclicraliqno 

Qu'il se flechist de la matière 
Et des nombres devoit escrire. 

(Rose, ras. Corsini, l" 16''.) 

Et cil ne se vost ouques flenchir per 
prières ne perdons. {Li Amiliez de Ami et 
Amile, fionv. fr. du xiii" s., p. 74.) 



30 



FLE 



FLK 



FLR 



Et cil ne por ce ne por antre chose ne ie 
vost /tencftir. (/6.,p. 76.) 

Afin que par don? ne pnr pritTC? il ne 
se peust /l'Cflir de son propos. (Bkrsdihe, 
Tite Lite, m?. Ste-Gen., f» 28 r>.) 

Quant le suppliant se sentit frappé dudit 
Cousteau il se flanchit en sov retournant. 
(1457. Arch. JJ 183, pièce 236.) 

— Se tourner, incliner : 

Apres ces paroles il aparul que li père 
M ftechissoient a miséricorde. iBersitire, 
T. liv., nis. Sle-Gen., f" 312=.) 

— Nenlr.jSe délonrner : 

Je sai que vos esles droituriers juijies et 
que vos ne flangissez de droite voie ne 
por amor ne por aine. (Li Amiliez de Ami 
et Amite, .Nouv. fr. du xili° « , p. 52) 

— S'éloigner : 

Saint Paul decrade ici tous ceux qui 
flccMssent du droit chemin. (Calv., Serm. 
s. /«.< Ep. a Tim., p. 283, éd. 1S63.) 

— S'incliner : 

(Dieu) a qui tuit flainchissent les genz. 
(.Ms. Ars. 5201, p. 369".) 

— Fléchi, part, passé, courbé ; 
Icesie contrera les rons cbapeans flanchis. 
fÎB.DE Kejit, r.ale d'.AIi.f., Richel. 24361, 

r» fi* T».) 

FLECHissABLE, - isable, - avle, ftec, 
/le*., fless., flex., flacisable, flenehisaubte, 
ad)., qui peut être fléchi, ployé : 

La main Judas estoit flechissable a tri- 
cherie. {Trad. de Beleth, Michel. 1. 993, 
{' 80 r«.) 

Tant sont (le> femmes) decevahles et niées 
El de pechissalle nature. 
(«»«, Val. Clir. I.i22, f 1056: Corsini, r 1(19'; 

Méoo. 16S44.) 

Rt de flekitsorle nature. 

(;*.. Val. Oit. 121 î, r> IIS"".! 

Ri de paeisablf nature. 

U*., Val. r.hr. IR-ÏS, V Ml)'.) 

AosI coo les (sacs) on ères soient 
Rs mnrs paoJuz qui balan';oient 
Ou aaires choses /lenchisauliles 
Oui coolT'! cous «oui remuaobles. 
(J. ut PaiORAT, Lie. de Vegece, Richel. IfiOi, 
r .ï9'.) 

Espee de justice hauste,nient /{eJtmab/«. 
{Vie de Chaiiemagne, ms. S.-Omer 722. 
{• 104'.) 

On Teree de fer on jnslise 
>on lirciueblr. 
(Mtcr. De LA Cbabitc, Riblr. Richel. 4iil, 

f* n;t'.) 

Si Tive en simple humilité, 
Deijonnerei et lltchiuablei. 

{Fttbl. d'Of., Ars. 30fi9. t° 1,1'.) 

Ne Boie? pas cruials, mes flechissable n 
eeparnier ceaus desquels vos avez viclorie 
(Secr«Ud'yliMt., Kiclicl. S71, f« 127«.) 

Mercarins est p^chitunUe». 

Kl moisie» et conTertissaliles. 
li. I.» Ftviifc.fo YieUle. I. 111, ,. inss, Coeheri») 

Pins esl taino et escorjihl^ 

Oiane courant, et plas fleuiftaUf 

Ooe n'est ier(te dosiere blanche. 
■ r.. .MicH., Port., Richel. fliil, r 202'.) 

.Membre /JerfcuaW». (H. pf Mondev Hi- 
chel. HKVi, l" 8 v».; '' 



Flexibilif. /Ii-.vissable. {Glosa, de Con- 
ches.) 

To ne es a rien flechisfable. 
(Therence en franc., f» 316", Verarl.) 

Et les dieux pitoyables 

Se se font point pourtant par pitié flechisxable.i. 
(Jnn., OF.m: mfsl., P 88 r», éd. 1583.) 

FLKCHiss.VBLETÉ, S. /., propriété de 
se fléchir, flexibilité, souplesse : 

Flechissableté, flexibilitas. IGloss. gall.- 
lat., Richel. 1. 7684.) 

flechiss.\i:ment, adv., en ployant, 
en fléchissant : 

Flechisxaiiment, flexibilitcr. {Gloss. gall.- 
lat., Uichel. 1. 7t)8i.) 

FLECHISSEMENT, S. m., flclion de 
plier, de ployer, de courber : 
Plexus, flechissemens. (Gloss. de Salins.) 

FLECHissuRE, S. f., courbure : 
Obliquitns , tortuosité , flechissure. (U. 
Est., Dictionariolum, éd. Ibi2.) 

Flechissure, obliqnitas, flexura. (In., Pet 
Dict. fr.-lat.) 

FLEciioN, S. m., diniin. de flèche: 
Des canons, des canons estoffes, des 
flèches, des fléchons, des arbalètes avec 
tours. (1357, Compt. de l'Arlillerie, Arch. 
mun. Dijon, H, Aff. milit.) 

Fi.ECiERE, voir FLECnrERE. 

Fr.ECissABLE, voïr Flechissable. 

FLECouiERE, voir Flechikre. 

FLECTAMus GEMUA, employé plaisam- 
ment pour signifier l'action de courber les 
genoux : 

N'? cncor pas praniiient, a terre le ma, 
Malcm,'nt le demaine /leclamus germa. 
(Du Plail Renan li,- Pammarlin, Job. Kmtr.Hec. 
Il, 25.) 

FLECTE, voir Flette. 

FLECTER, V. 0., tordfe, Iresser : 
Fteclant les rennes de fueilles pampinecs 
Snr celles bestcs rndcs et elTrencos. 
(0. DE S. Gel., Encid., Richel. 801, f fii=.) 

Bref., Côtes-du-Xord, canton de M.iti- 
gnon, fleiler, faire des tresses ; flette, tresse 
de paille pour chapeaux. 

FLECTiR, s. m., herlie définie ilaiis l'e.x^. 
Sïuivant : 

Pied de coulomb est une herbe qui est 
aultrement nppellee fleclir. Elle a fueilles 
rondes entrecoupées et ressemble a pied 
(le coulon :elle s espart sur terre. (Legrant 
Herbier, f» 88 r», Nyverd.) 

Fi-ECTijERE, s. f., sorte dc piègc : 
Prendre le videcoq a la flectuere. (Modus, 
f 78'',ap. Ste-Pal.) 

Cf. Foletouere. 

FI,EE, S. f. ? 

Pour redrecicr la cloche l'evesque qui 
pendoit d'une part, et faire chaETaux pour 
la mettre jus et remonter, et pour 
resarrer les flees de? autres c oiches du 
sros clochier. (1412-13. Compi.de la fabri- 



que de S. Pierre 
f 43 V».) 



Arch. Aube 
Fi.EEL, voir Freel. 



1560, 



Fi.EEn, V. a., battre au fléau : 

Icellui Troude print une verge afleer de 

meslier et courut au dit Petit pour le ferir. 

(1391, Arch. JJ 141, pièce 89.) 

F i.KG \HD, flegarl, fregart, fegart,s. m., 
lieu public à découvert, passage commun 
qui dessert plusieurs propriétés : 

En toutes les voiries, fros, fegars de le 
dicte ville. (1441, Cart. de l'univ. des 
chapel. de N.-D. d'Amiens, f» 41 v» Bibl. 
Aniien.s.) 

Le cloistre, voiriez, fregas, fros des rues 
dudit cloistre. (Denomfcr. des baill. d'Amiens 
et de DouHens, Arch. P 137, f 13 r».) 

Par ladite coustume local nul ne pœult 
picquer, ne heuer, planter, ne arracher 
sur frocz elflegarsde rue en ladite ville de 
Molliens sans le consentement et confié 
desdits maire et eschevins, sur paine de 
.Lx. solz paris, d'amende. (Coust. localles 
de la ville de Molliens-Vidame, Mém. do la 
Soc. des Antiq. de Picardie, 1, 185.) 

Se aucuns pique, fouit, ou houe au fond, 
et en la terre ou flegard d'aucun seiçneur 
féodal, ou empesche ledit flegard en le 
cloant ou appropriant a lui sans le congié 
dudit seigneur, il commet amende de 12 
sols. (Ancienne Coutume de Boulonnois.) 

Un seigneur fonsier n'a jurisdiction ne 
seigneurie au dehors de ses bournes cl 
limites, en telle manière que s'il y a trots, 
flegards et lieux communs, entre un sei- 
gneur viscontier et en dessus, et un sei- 
gneur fonsier, ledit viscomtier et en dessus 
aura entièrement lesdits frots, flegards et 
lieux communs. (Coust. d'Artois au baill 
de S.-Omer, 2i.) 

Flegard, a common place or wav. Pir 
(COTGRAVE, éd. 1611.) 

On pourrait citer de nombreux exemples 
de ce mot dans des textes modernes, tel.» 
que les suivants : 

Les espaves... contenant vingt neuf jours 
neulx cinquante verges, comprins six 
journeulx de flagars et voyes. (Pièce de 
1608, Beauvillé, Ijoc. inédits sur la Picar- 
die, IV, 404.) 

Le droict de pouvoir planter sur les che- 
mins, flegards. (18 mars 1630, Cart. de 
Flines, mlxx, p. 903, Hautcœur.) 

Cotgrave le donne cotnme picard; 
t mais, dit Corblet, il n'est plus guère 
usité qu'à Boulogrie-sur-Mer. « 

FLEHUTER, voir FL.4nTER. 
FLEIBE, VoirFOIBLE. 

FLEiciiiBLE, voir Flechible. 

FLEIUANT, voir FLAIRANT. 

FLEiiiR, voir Flairor. 
iLEiciER, voir Flechier. 

FLEKIERE, VOIf FLECHIERE. 

Fi.EKissABi.E, voir Flechissable. 

FI.EM, VOirFLU.N. 

fi,EMBi,E, voir Flamble. 



FLE 

FMîNCHiK. voir FLECHII!. 

FLENCUISAUBLE, Vl)ir FLECHISSABLK. 

KLEPIEU, adj. î 

Prendre puissons d'apiur ilepier et de 
Ueur de crapes. (liemeU. anc. Uicliel. 
Î039, f» 8'.) 

FLKliUART, voir l'LOQUART. 

FLEUCEUR, S. m., déchargeur de voi- 
tures qui jouissait d'un droit noriiiiié fié- 
cage : 

L'office Jehan d'Agencourt de flequeurs 
de car et de caretles, qui par avant avoit 
esté rais a .xil. esciis et .viii. saux au 
viD,et depuis renquieri... par Jacques Ro- 
gault..., lui est demeuré comme au plus 
offrant et derrain enchérissant, f 1404, Ad- 
jtidicat. aux enclières de divefs olfices de la 
aille d'Am., ap. A. Thierry, ilon. du Tiers 
Elat, II, i4.) 

Se disait encore au xyii* s. : 

Simon Guérard, lieur et tlaijueuf. (16 
déc. 1639, Extrait des traites de la ville 
d'Am., ap. A. Thierry, Mon. du Tiers Etal, 
III, 112.) 

Cf. Flequiek i. 

1. FLEQUiEU, S. m., fougère : 
Kt avec ce nng voir aporte 
De Iteqaier précieux et ^rand. 
{Triumphe des Carmes, p. Mi, Leroy et Diaaux.) 

Flequier. (1521, Bélhune, ap. La Fons, 
Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 
Cf. Flecuiere. 

â. FLEQUIER, s. m., déchargeur de 
voitures : 

De chascune charge de farine pesaut 
quatre quinlaulx que les flequiers de la- 
dicteville y font peser, di.x deniers. (1462, 
Ord., XV, 534.) 

Cf. Fleqdeuk. 

FLERABLE, Voir FLAIBABLE. 
FLERANT, VOir FLAIRANT. 
FLEREMENT, VOlf FLAIREUBNT. 

FLEREiz, voir Flaireis. 

FLBRIER, VOirFLAlRIEH. 

FLEnoR, voir Flairoh. 

TLEs, flis, S. m., Ilèche : 

l^t U au're se painent de maogonuia.'C le\er 
Kt tant de fies et lloodres pour FianclieU ^ra- 
[veoter. 
{l)oon de htaience, 10394, A. P.) 

Flis, trait, flèche. (Mo.nkt, Parallèle des 
lang. franc, et (af., Amsterdam 1632.) 

FLESCHE, voir Flache. 

FLEscuER, voir Flécher. 

FLESCHIER, VOir FLECHIER. 
FLESCHIMENT, VOir FLECHIMENT. 
FLESCHIR, voir FLECHIR. 

PLESQUE, voir Flache. 

FLESSISSABLE, VOir FlEi'.HISSABLE. 

FLESSuiE, voir Flassaii;. 



FLK 

iLESTiR, voir Flestuir. 
1. FLKSTRE, s. f, llùte : 

Il orCDl moult cors et fretiaus, 
Flagos, fleslres et estiviaa^. 
(Be.\., Troies, liicliel. 37.'1 



1» 83" 



-i. FLE.STRE, flaislre, ilaslre, adj., iléui, 
flasque : 

Ses mamcles li mostra nues, 
Fleslres et ïielles et peines. 

(Wace, Brut, â"69, Ler. de Liney.) 
Ta noaris un cors flaùtre et pers. 
(Reclus de Molieks, iUsnerc, Richel- lS"2li, 
P 20 r".) 



Tu nouris .i. cors flesire el pers. 
(ID., ib., Richel. 23H 



f" 233" .) 



l'rop en gasle la paoce flaislre, 

Ud., !*., Ars. 3H-2, f 205''.) 
Quant la calours del soleil a un poi de- 
mouré, si le poet on veoir flesire et morte 
et seque. [SI Graal, n, 505, Hucher.) 

Ou'ont TCDtre plat et bource flaslre. 
(G. DE CoiNc.i, Itir.. ms. Soissons, f 204'".^ 

Borse /!es/rf. 

(In., li., ras. Brui., I" 19r.) 

Ki taot mist en vestir et pestre 
Son cors vil et paant et jleitre. 
(Thib. de Marly, l'ers sur la mort, xi.vr, Cra- 
pelet.) 

La tient aa (eulle toute flestre 
Li loriers qui verz devroit estre. 

(Rose, Kicliel. 1573, f° W. \ 

... Fnelle toute /ÎUK/re. 
(/*., Vat. Clir. 1858, 1° 33''.) 



(». 



. Faeilie tonto flastre. 
Vat. Oit. 1212, f» 46''.) 



S'il as gloutons de la Rose baille, 
Sachies qu'ele en porra loat eslie 
lîlesmie ou pale, ou mole on flestre. 

(li., 15621. .■«éou.) 
Clers, ne t'es pas por ce resqucus 
Qui as parlé de mes cheveus. 
Et dis que j'ai la chiere flestre. 

(De Renan el de l'iuudoue,',)' , .Méon.) 

Le Seigneur qui fait la fleur naistre 
La fait seirher et devenir flaislre. 
(J. LEfEBïRE, Resp. de la mort, Richel. 994, 

Ennur fait l'homme pasle et flesire. 
(R. GAr.ci.v, Passe temps d'oysiveté, Poés. fr- des 
xv° et .XV» s., VI!, 2"8.) 

— Pourri, qui exhale une odeur de pour- 
riture : 

De flaislre fnui eit fumante (la terre). 

(S. Btandan, 1106, Michel.) 

— Fig. : 

Aucunes gens sont qui sont flestres et 
besoingneus de recouvrance et plus dé- 
faillant de vertu et haboudant en povreté. 
[Bible, Maz. 684, f» 27'.) 

En leurs escripts ircp stériles et flastres. 
(F. Habekt, i'i/i. s. l'art, poet.) 

3. FLESTRE, voir Festre. 

FLESTRiR, flaistrir, flaitrir, \. il., se 
faner, au propre et au lig. : 

'fur funt, mur chiet, rose flaistrist. 

(Rua, 3" p., 133, Andresîn.) 
Et auront si grant angoisce qu'il en se- 
ceront et en fleslriront. (Maurice, Serm., 
Richel. 13314. f» 78 v".) 

La corone des saiges ne chariait ne /les- 



l'"LE -ii 

tirrail. (BOtce de Consol., ms. beine 30."', 
!'• 44 V».) 

Se li prist le vis a flesirir. 

(Fttbl. d'Ov., Ars. 5069, f 16'.; 
Tous les chevnliers de Egypte délais- 
sèrent l'eslude de la discipline des armes 
et flestrisioyenl en oysive luxure et en 
paresse. (I 0CCACE, Is'obles malh., V, 6, 
1" 115 V», éd. 1513.) 

Geste fleur commence a flaitrir. (Hals- 
URAVE, Esdairc, p. 651, Génin.) 
Cependant que la jeunesse 
Nous rcpand de sa richesse, 
Tousjours gais nous llorissons ; 
Mais soudain uous flétrissons. 
Assaillis de la vieillesse. 

(Oi.iv. DE .Magsy, OJ., ni, éd. 1539.» 
Mais par uioi, mon humble fleurette 
Fleurira lou>jours sans flelrtr. 
(J. DE LA Taii-lf,, le Bios de la mur;/., dans les 

Poésies, éd. 1572.) 
Las 1 je sèche et flaistns en ma jeune saison. 
^BERIABT, (Euv., p. 537, éd. 1633.) 

FLESTUISSABLE, adj., quî peut se flé- 
trir : 

Voz recevroiz coronne de gloire néant 
flestrissable. {Bible, Richel. 899, f 372S et 
Maz. 684, .1° 366^) 

FL.ESVE, voir FOIBLE. 

1. FLET, S. m., limande, poissou de mer 
très plat : 

Barbues grasses, plaiz leez. 
Et bons fles au fennel rostiz. 
(Bat. de Quar., RLchel. 19132, f° 92'-".) 

li bon flet etli maqoerel. 

(li., P 92'.) 

De la mer uous vienent... herenc fres et 
fiels. {Dialog.fr. -flam., f 5S Michelant.) 

2. FLET, s. m., fosséj canal : 

11 dient que tous les esseaux et tous les 
fiez entre lel'ourc Garet et Varaville doivent 
avoir .XIIII. piez de \è.{l>iéce de 129o,Mém. 
des Ant. de Normandie, 2* série, X, 371.) 

Norm., le Havre, le Tréport, flet, fossé, 
canal. 

FLETE, voir Flette. 

FLETEL, voir FRESTEL. 

FLETELET, S. ID., dimin. de flet, es- 
pèce de poisson voisin de la plie et de la 
limande : 

11 semble a voir cju'il y ait deux espèce, 
de ce poisson, l'un plus petit nommé fiez, 
l'autre plus grand nommé fletelet, encore 
qu'il semble que ce soit nom diminutif, en 
Angleterre lielhut ou il se trouve souvent. 
(L. Jour., l'Jiist. des poiss. de Rond., xi, 9, 
éd. 1538.) 

1. FLETTE, jlele, flecte, sorte de petit 
bateau : 

Ai ordené que le bac et le flette que le 
roy a au dit port de la garenne seront as 
diz religieux. (1311, Aich. JJ 47, 1» 10 r».) 

Le bac et la flete. (Ib., 1° 33 v».) 

Lesquelz coinpaiguons alerent d'un 
commun accort eu une flelte en la rivière 
de Seine. (1410, Arch. JJ 163, pièce 124.) 

Pour prendre une queue de vin ou 
lieux muis pour une queue en une nel 
ùu batel , et de la nef ou batel les 
mettre en une flette, et de la flette charger 



32 



FLE 



FLE 



FLE 



lU chariol on clmrrelli>, di^ux #olz pnrifij. 
iFéy. ms. negifm.gen. pour la jurid.du 
préc. des march ) 

El aurout chascuQ certainR quanlili" de 
fletles, selon ce iiue la rivière sera grande 
ou petite, pour faire pont ou passape con- 
venable pour passer, rapasser, aller et 
venir marcbans, vendeurs, courretiers. 
jaugeurs et toutes autres manières de 
gens qui iront audit port. (76.) 

El avecques ce auront une bonne ftecte 
bien équipée qui sera leur propre, et bien 
garnie de buil avirons bons et sourfisans. 
(1415, Ord., X, 330.) 

Que plus granl navire ou flelle en la 
rivière n'avoil que cest >, laquelle ne sçau- 
roit porter deux hommes trois lieues seu- 
rcmenl. (Percetal, f 17', éd. 1530.) 
L'ng petit fustereau ou flecte. {Ib., (' 20'.) 
Lequel aiant rencontré une flelle atta- 
tbee au rivage évada dessus. (Vigenkre, 
Comm. de Ces., p. 56, éd. 1576.). 

i. FLETTE, voir Ff.stbe. 
FLEU, voir Flun. 

FLEUGME, voir FLEI'ME. 
KI.EL'MAIRE, VOir FLDUAIRE. 

Fi^Ei'MASiE, S. f., plileginasie : 
Lesqueles (fumosités) se convertissent 

i-n humidités cl en fleumasies. (/Vo6/. 

d'Arist., Ricbel. 210, l'iO*.) 

FLECMATIQUE, - ike, fluiti., adj ., et s., 
flegmatique, abondant en pilnite : 

Qui les orroil de coleriqne 
l'Iedoicr, on de fleumoiigue. 

(GilOT. Bible. 2574, Wolfarl.) 
Se ûeume babunde plus en .i. home, il 
est apelez fleumatiques. (Brd.n. Lat., 
Très., p. 107, Chabaillc.) 

Li fltumalilys frois cl moistes. (.Ale- 
BBA.NT. Hichel.2021, f • 8 r°.) 

Crisses places, eros mentoos, roages troènes. 
De oitare vans esles /Ifiimaliçues. 
(Om.icost, la Coquelnehe, I, 189, P.iljl. eU.) 

De peur «la'elzoe soient flrumaliques 
Oa trop mes;^es oa trop clicqaes 
On YODS les s«rl d'espicerje. 
(K. DE CoLLERTE, Diol. composé pour jeunes ea- 
fêiu. p. 107, Bibl. eU.) 

— Qui lient du flegme, de la phlegmasie: 

.VI. causez sont de la matire dcl apos- 
tume, l'une est de humeur, l'autre sau- 
cuine, l'autre flumaWjue. .. (Fraq. d'un 
lie. de médecine, ms. Berne A 'Jj, i' 8 r».) 

.Maladies fleumaUques. (liegime de sanlé, 
l' 79 v«, Robiuel.) 

Aposlumes /{«umaUçucj. {JarJ. de santi', 
I. 2, impr. la Minerve.) 

- Fig. : 

Pdar les grias mialx le scismes tlitunaliques 
(Bios, ie la guerre du Pape.) 

KLEL'.Mb, fieiKjme, flume, flunvne, flieme, 
s. m., flegme, flegnion ; 

Se flfume babunde plus en .i. booie, il 
etl apelez fleunviliques.(BRU.N.LAT., Tre»., 
p. 107, Cbabaille ) 

Fleume tiet comme sdi m sel'! 
El ponimon el eo la rerveie. 
iC. Ciunr, Hou. Un»; II, iOi(47. W. et D.) 
O tout ce cl genre a fictnli-, chancre, 



mort mal, fleugme, sniisp ulcère cl leur 
semblable. (H. DE Monpevili-e, Ricbel. 
2030, f° 81'.) 

Fleunia, flieme. (Gloss. de Douai, Escal- 
licr.) 

Saturne a de membres principaulz de 
homme c'est a savoir l'oie dextre el la 
rate el la vecie cl le fleugme. (Oresme, 
Quadrip., Richcl. 1348. i» 135 v».) 

Les quatre humours, c'est a savoir colre, 
sang, fleume, nialencolie. (La Manière de 
langage, p. 383, P. Mcyer.) 

User vons faalt de saccre fin. 

l'onr faire eo aller tout ce flume .' 

(Tesl. de Palhelin, p., lOlî, Jacob.) 
Ce duc Philippe icy... fut eslaint par 
nuit, couché, en ses fieumes, mal secouru 
cl mal gardé. (G. Ohastell., Chron., V, 
229, Kerv.) 

Car les fleumes que fais gcclcr par terre 

Mondent le corps. 
(Gri.ncore, la Coqueluche, I, p isil. Bibl. eU.i 

Lors lonl caterre et flume 

Te cesseroDt... 
(J BoiCBET, Ep fam., 1' p., ixiii, éd. 1345. i 

r.elui qui vend a pourcheaulx, noris de 
flummes, ou lieu ou on vend ceux noris 
de grains, encourt amende de .xxl. (1549. 
Dépenses, Ann. de la Soc. de l'hist. de Fr., 
1864.) 

1.0 meilleur vin de la maison, 
AGu de mettre a val vos flumes. 

(JoD., l'Eunuque, 1, 1, Bibl. ch.) 

Aunis, flume, glaire, crachai; Norm., 
fleume, pituite, et aussi, à Bayeux, cra- 
chat ; Guernesey, flieume, fleume, pituite, 
et fig., paresse ; Genève, fleume ; Rouchi' 
fleume, flemme; Berry, flême; peuple de 
Paris, flume. 

1. FLEUR, S. m., odeur: 

Une femme occisl son enfant et le mist 
sur un rostier pour le vouloir mangier pour 
eslanchier sa fain, mais les sergcns qui la 
ville gardoient en sentirent le fleur et lui 
toUirenl. (J. de Meung, Trad. de l'art de 
cheval, de Veg., Ars. 2913, f" 39 r".) 

Le serpent qui s'estoil musse dedans sa 
caverne, pour le froit temps de la nuit, 
yssit hors, et tanlost eut le fleur de la nef 
et des gens qui estoient dedans. {Percefo- 
resl,\o\. Il, f» 61», éd. 1528.) 

2. FLEUR, flour, s. m., indigo : 

Sur laquelle beste avoit environ deux 
boiceauls de flour ou farine. (I4C0. Arch. 
JJ 192, pièce 8.) 

Cf. Fleuree. 

FLEURANT, VOir FlAIHANT. 

FLEUREE, flouree, s. f., indigo : 

Il acheleroit de la flouree de voide el du 

bresil. (1408, Arch. JJ 1G2, pièce 198''".) 
L'ne livre el demie fleuree. (1366, Arch. 

mun. Angers, CC 14, .Matières cl estoffes 

pour les painctrcs.) 

On trouve encore au xvii' s. la forme 
florée . 

Florée ou indigo moyen, le cent pesant 
paiera cinq livres. (Tarif du 18 sept. 1664.) 

1. FLEI'REMENT, VOir FLAIRE.MENT. 

2. FLEUREMENT, S. /., fleUP : 

Sera la dicte petite cisterni' rifflniremcilt 



de terre recouverte de deux ])ierres joinc- 
lives. (20 juin. 1521, Arch. Gir.. E, Not., 
Contai, .111-1.) 

FLEURER, V. a., afflinircr : 

Enterres des grands vazes de terre ou de 
bois, jusques a la gueules fleurans le plan 
de la terre. (0. de Si.rr., Th. d'agr., VI, 7. 
éd. 1605.) 

FLEURET, voir FLORET. 
FLEURETÉ, VOir FLORETÉ. 
FLEURETER, VOir FLORETER. 
FLEURETEURE, VOif FLORETEURE. 

PLEURETiR, fleurlir, v. n., chanter 
avec des fioritures : 

L'on y oit le chant et rama.ïe mélodieux 
des rossignols qui fleureiissent, fredonnent 
et décroissent. (Bourgueville, Rech. de la 
\ Neustrie, II, 6, éd. 1588.) 

Itossigûoîs qui ftenrtissent 
Fredonnent dnncement. 
(.Chans. de Bourgunille, ap. l.e lier., Gloss. norm.) 

FLEURETis, fleurtis, - ys, s. m., ûori- 
ture : 

Par briseure de notes et soutil fleurelis 
s'efforcent de amoUier les petis et foibles 
courages. (J. de S.a.lisb., Policrat., Hichel. 
24287, f» 20*.) 

Par industrie et fleurlys et descliant 
Doulceur cheroLant. 

(Ch. roy., Ricbel. 153", f° 59 r°.) 

EniïaDS de cueur, ne Taictes plus leçons 
De fîeurelh, mais note contre note 
Sur Uequiem, en doulcelte,^ façons. 
(Creti.n-, Chanis roij., V 36 r", éd. ISÎT.I 

Pour grin?oter ses cliaotz et ses fleurtis. 
(i. Pabmest, Merv. de Dieu, éd. 1536.) 

... Haïssant et reprouvant les fleurelis 
en la musique. (Amyot, Prop. de table, 
111, 1.) 

Avec une grande levée de retorique, il 
nous a voulu faire acroire non point par 
argumens nécessaires, ains par un fleu- 
relis de paroUes. (E. Pasq., Pourparler du 
Prince dans les licch. de liiFr., 1.1, [""Sr", 
Paris, 1560.) 

FLEURETTE, VOir FLORETTE. 
FLEUREUR, VOir FLAIROR. 

FLEURiN, voir Florin. 

FLEUUISSEMENT, VOir FL0RISSE.ME.NT. 
FLEURITURE, voir FLOBKTKURE. 

FLEURON, S. m., fleurette : 

Ainsi cnoillant en tout temps les fleurons 
Au doux printemps des perces violettes 
Au chand esté des roses verraeillettes. 
U-A. DE Baif, Ed.. vm, éd. 1.573.) 

Ils estoyenl tous deus dans un pré 
De mille fleurons diapré. 
(J. DE LiNiiENDE*, les Chcnijemens de la Bergère 
Iris, éd. 1614.) 

Au dix-septième siècle, on disait 
fleuron et fleurette par plaisanterie, pour 
fleurette simplement, au sens de propos 
galant : 

Et que voos débilei et fleurons et fleuretles 
Pour mienx peindre des maux qu'à plaisir voll^ 
(vons faite.*. 
Cï». r.oR».. /■•Imour -i la mode, i, i.) 



FLE 



FLI 



FLO 



33 



KLEiinoNNEK, - oner, flor., floiir., v. n., 
fleurir, jeter, pousser des fleurs : 
Ja le laurier le prépare conronne; 
Ja te blanc lis JeJans ion bers fletironne. 
(i. Mabot, Poh., I, -228. éd. 1731.) 

M'araye Masnelonne, 

Reposons nous snr l'herbe qni fieuronne. 
(Cl.. Marot, l'EpisIre de iinguelonnf, éd. 1396-) 

Par mon efTecl ton pré rit et flritronne. 
(Est. FoRCiDEr,. Opiisc-, Dissens, des -i élém., 

éd. ibSI.) 
Si la beaaté se perd. Tais en part de bonne lieare 
Tandis qa'en son printemps ta la vois fimronner. 
(RONS., OF.uv., éd. 1G23, p. 276.) 

Kl comme nons voyons les herbes au matio 
Fltaronncr par les prees. 

(Chassigs., Ps.. i\x\i\,éi. 1613.) 

Un auteur du .xis" siècle a dit de même: 

Dans la nuit tiède et clémente 
Où tont fieuronne et fermente. 
(A. Thf.urif.t, ynit de printemps, dans le Parnasse 
contemp., p. 211.) 

— Fig. : 

Charles le grant dont le hanlt bruit flonronne. 
(Le Maire, Plaincte de Désire, dans la Légende 

des Yeniliens, f 6 r°, l.yon, in-8'.) 
Et rennir dn tout a la conronne 
Qni de vertnz, honneur et biens /loronne. 
(J. BouciiET, Ep. fam., l" p., I, éd. ISJS.) 

Dnqnel le los fieuronne. 
(F. IIabert, Xouv. Venus, p. 7, éd. 1547.) 
Affermy sur son chef sa royale conronne; 
Fay que sous la faveur sans cesse elle fieuronne. 
(Bertadt, mnii., p. 5, éd. 1033.) 

— Fieuronne, part, passé, fleuri, couvert 
de fleurs : 

De sable a l'escarboucle fletironnee d'or, 
(Les Couslumes des chevaliers de la Table 
Ronde.) 

Egla rêva en ses prez /leuronnez. 

Et maint satire aux buissons se retire. 
(Calvi de la Fontaine, Eglogne sur le retour de 
Bacchus, l'oés. fr. des xv° et xvi' s., I, 254.) 

Phebns a ordonné 

Que je sois coronné 

Par Flora ma mignonne : 

Vien donc, cœar floronnc, 

Kt mon chef environne 

De la verte couronne. 
(Ch. FosTAiNi;, les Ruisseaux de fontaine, p. 152, 
éd. 1555.) 

FLEURTIU, voir FLEURETIR. 

FLEURTis, voir Fleuretis. 

FLEUTELE, VOir FLAOTELE. 

FLEUTER, voir Fladter. 
FLEUTEKELLE, S. !., joucuse de flûte : 

Les miens enfans (qoi est une grant honte) 
One j'ay nourriz de ma propre mamelle 
Me font mainclz maulx, c'est chose trop craelle. 
Me demonstrant par grant dérision 
Avec le doy sous Jampnee querelle, 
VoQlans de moy faire noe fteulerelle. 
Las je n'ay d'eulx autre provision ! 
(J. BouCHP.T, Deplor. de l'Egl. milit., Oposc, 
p. 816.) 

FLEUTEua, voir Flauteur. 

FLEUTis, s. m., cliaiU Imitant le son de 
la flûte : 

Ni le fleutis des oiaeanx emplamez. 
Ni les rnisseaux de marmure animez. 
(Guy de Tours. Poés,, I, 2, Blanchemain.) 



Fi.EUTiiEMENT, S. m.,action de flétrir: 

l'ilorieniput et fleulrement. (Nicot, 
Thresor, éd. 1606.) 

FLEUz, s. m., sorte de jeu de cartes : 

A elle (lu Reine) la somme de cinquante 
esciiz d'or au soleil, a elle baillée et délivrée 
comptant et en ses mains par ce presant 
trésorier, pour jouer au fleuz en son bas- 
teau en la rivière de Seine, en venant de 
Melun a Paris, en la compaignie de Mon- 
seigneur de Latremoille et autres. (.4rch. 
KK 83, f» 89 r°.) 

FLEVE, voir Foible. 

FLEVEMEI^T, VOlr FOIBLEUENT. 
FI.EVETEI, voir FOIBLETÉ. 
FLEVOUTEI, voir FOIBLETÉ. 
FLEXISS.VBLE, VOlr FLECHISSABLE. 

FLiCHE, flische. flique, flicque, s. f., 
trancfic de lard et de viande salée de porc 
coupée en long ; 

Assez i avoit an et el. 
Char salée, bacons el fliches. 

i,Renart, 1280. Méon.) 
Chascuns aporte 
Derere lui une grant flicke 
Ne sai de seogler ou de biche. 

ilb., 22260.) 
On appelé penaus en gresse fliches de 
bacons sans os. (Est. Boil., Liv. des inest., 
2° p., xm, 10, Lespinasse et Uonnardot.) 

Maintenant la dame li done 
Plain pot Je vin et une miche. 
Et une pièce d'une fliche, 
El de pois nne grant potée. 
{D'Auberee la vielle maqnerelle, Jab., Nouv. Rec, 

I, 207.) 

Le tille de bachon, le flique et le can- 
deille. (1294, Cart. noir de Corb., Riahel. l. 
17758, f 38 r°.) 

Item pour une redevance appellee la 
fliche... x-solz. (Chambr. des compt. de 
Paris, i' 126 v», ap. Duc, Fliches.) 

Trois flicques de lart. (1371, Beg. du 
Chap. de S. J. de Jerus., Arch. MIW 29, 
f» 33 v».) 

Petite flische de bacon. {Compt. de Serre, 
1377-85, Arcli. muu. Bar.) 

De chascun bacon tout entier, l'en doit 
.1. d. de une flique. (1396, Coustumier de 
Dieppe, Arch. S.-lnf.) 

A Pasques ung bon bœuf coustoit deux 
cens francs ou plus, ung bon veel douze 
francs, \ii fliche de lart huit ou dL^c francs, 
ung pourcel seize ou vingt francs. (Journal 
d'un bourg, de Paris, an 1420, Michaud.) 

Ne les logez point parmy flicques; 
Dedens jambons les failli nourrir. 
(Farce de frère Guiltcbert, Ane. Th. fr., I. 318.) 

L'Académie, qui mêle ce mot a.y ta flèche, 
arme de trait, dit seulement : En terme 
de charcuterie, flèche de lard, ce que l'on 
a levé de l'un des côtés du cochon, depuis 
l'épaule jusqu'à la cuisse. 

H.-Norm., vallée d'Yères, flique, mor" 
ceau de viande, de pain ; rouchi, flèche, 
viande. 

FLicQtiE, voir Fliche. 

FLiEL, voir Flael. 



FLIEMItRE, voir FlKMBRE. 

1. FLiEME, S. m., lancette de chirurgien : 
Par une nuit uns bealz jovenceaz par 

vision estiut devant moi, et si misten ma 
lengue un ferement de mediciiie, ce est 
un flieme, disanz : Ellevos ge ai mis mes 
paroles en ta boche, eis fors por preechier. 
(Diatog. St Greg., p. 20, Foerster.J Lat., 
phlebotomuni. 

Lanceola cum qua veua aperitur, gallice 
flieme. (1348, Gloss. lat.-fr., Richel.l. 4120, 
f» 124 r«.) 

2. FLIEME, voir Fleume. 

FLiEMEU, filmer, flamer, v. a., ouvrir 
avec la lancette dite flamme : 
Maladies des maistres se taisent bien flicmer. 
(Gilles li Moisis, li Estas dou monastère SI Mar- 
tin, I, 12J, Kerv.) 

Maladies périlleuses warist on par ftimer. 

(Id.. li Maintiens des monnes, i, 105.) 
Survint une apostume ou bosse audit 
Geffroy, laquelle il fit fendre et flamer a 
un barbier. (1400, Arch. JJ ISo, pièce 433.) 

fIjImeh, voir Fliemer. 

FLiN, S. m., pierre de foudre : 

Flin, pierre de foudre, servant à fourbir 
les lames d'epées. Le flin fourbit et polit 
les epées. (.Mo.net, Paraît, des lang. franc, 
el lat., Amsterdam 1632.) 

FLIQUE, voir Fliche. 

FLis, voir Fles. 

FLISCHE, voir Fliche. 

1. FLO, flou, adj., fané, flétri : 

Dex! corn forte aventure qui sor cest peule noe. 
L'autrier l'aviens nos blanque, or l'avons toute bloe* 
Vermelle esloil or soir, liiaus sire, or est si /loe. 
(Roum. d'Mir., f" SO''. Michelant.) 

— Fig., faible, languissant : 

Vostre vertu esleil fere, oro est moult très floie. 
(Th. de Ke.nt, Geste d'Mis , Richel. 21361, 

f 81 r».) 
Uns rainsians l'ot atainte parmi la Jeslre joe 
Si angoisseusement que la chars en fu bloe ; 
De travail et de paine fu forment feble et floe. 
Mais quoi k'uit a souffrir, Dieu el sa mère en loe, 
{Berte, 819. Scheler.) 

Ilem je donne a Jehan le Loup... 

Ponrce qu'il est lingelet flou... 

l'ng beau petit eluenuet couchant. 

(Villon, Grand Test., c, Joaausl, p. 76.) 

2. FLO, s. m., désigne une substanciî 
rouge : 

A faire poupre prcndes asur et flo, se 
melles tout ensemble. (Remèdes anc, Ri- 
chel. 2029, f" 6 v°.) 

FLOUERGE, VOÎT FRODERGE. 

FLOBOTo.ME, S. f., lancette, flammette 
pour saigner : 

Tenant en sa main une flobotome de 
municion ou une branche proul'fitable pour 
les yeulx. (Tignonville, Dis mor. des phi- 
los., A.is. 2312, f°23 r».) 

La langue moderne a le substantif mas- 
culin phlébolome. 

1. kloc, s. m., flocon, houppe, panache, 
chose velue, veloutée, couverte de duvet, 
d'un poil fln : 



34 



FLO 



Floes «le nepes. {Deser. du Kil, p. 303, 
ap. Léon, Descr. de l'Afr., éd. 1556.) 

Puis prend floe et poil de la robbe de? | 
deux. (Saliat, Ilerod., m, éà. J556.) 

Trempant en huile bouillante un floe de 
laine attachée au bout d'une esprouvette. 
(Paré, Œuv., XI, 16, Malpaipne.) 

Anrichi tout autour de flors de foye ou 
de bords de forrures. (Mont., Yoyag.,\>. 29, 
éd. 1774.* 

— Faire son floe, faire sa pelote : 

Je sonbaile, ponr liien faire mm floe, 

TroBTer larrons saisir a l'araDtaige. 

iSnltails du moadf, Poés. fr. des it* et uti' s., 

I, 3t3.) 

î. FLOC, floz, S. ni., mare, amas d'ean : 

Duquel hostel avoit unp fumier et ung 
floe d'eaue. (1461, Arch. JJ 189. piùce 513.) 
" Si Ta adoncques pour se feoir sur le 
perron : mais il ne trouva point d'arrest, 
si Ta cbeoir les jambe? levées en unj: floz 
qui derrière luy estoit. {Perccforest, vol. 11, 
f 82', éd. 1528.) 

Et est divisée la première partie (de 
Bretapne) de montaijmes, et de deux pelitz 
focz de mer. (/6., vol. 1, c. i.) 

Estendz ta main sus les eaues d'Eg^-pte, 
et sus leurs fleuves, et sus les ruisseaux et 
marctz, et sus tous les flocs d'eaues. (Le 
Fbvre dEst., Bible, Ex., vu, éd. 1534.) 

Wallon, flo, mare où l'on abreuve le 
bétail. Pic, Verrrand., //ouf. 

3. Fi.oc, voir FoLC. 

Fi.oc.\RT, voir Floquart. 

FLOCCARD, voir Floquart. 

FLOCCHER, voir Flochier. 

FLOccu, voir Flocu. 

FLOCEE, voir Flassaie. 

1. KLocEL, floquel, s. m., flocon, tonUe: 

Ber. 1i trenrhe par sodc la hondeore 
El .1. flocel de la barbe ehenne. 

(Lft Lok., ms. Monlp., T I8I'.> 
Ne preita Ilaslenc les Franccis. 
Flamenci, ne cl» de Vermcn.leis, 
Ne rels d'Ancon ne d'.\qniuiue, 
Vaillant nn snl flocel de laine, 

(IlF.>., ;*. de Sorm., I, Ml, Mii^bel.) 
T>e prani flociaus de fen ardant 
Sonl lenr testes reOambolant. 
(CLfr., .vu. Est. du monde, Richel. V,îG, f H8'.) 
Sor ton blanc col en r'ol floeiaus (de cbefeni). 
(LEscouffle. Ars. 3319, f» 37 t».) 
Petis floqueaux de feucbiere. (Mfnagier, 
I, 7, «ibiiopli. fr.) 

11 veifl lieux drapons prans et parcreus, 
si jectoient et feu et flambe a moult prant 
ftoceaulx parmvla pueulc. (Lancelotdu Lac, 
1" p., cb. 69, éd. 1488.) 

2. FLOCEK, S. m., diniin. de foie, trou- 
peau, troupe: 

De berbis et de rliions furent prant li flôcel. 

(Us Chetift. Ilirhcl. Ii:i58, f" iW.) 
Des camens et des bogies forent fait li flocei. 
Des bcrbit et des cbierres et de maint riche aignel. 
(Conq. de Jerus., .SiO, ilippeao.) 

FLOCEi.É, adj., frisé : 
Od ont cheToli longs e creoz, 
Od nne barbe floeelee 
PIni blancbeqne neifs tnrgelee. 
'Bis., U. de Korm., Il, 1188, Michel.) 



FLO 

l'ne autre leste d'un vnnocent qui a les 
ebeveux floeelez. (1360, Inrent. du duc 
d'Anjou, n» 14, Laborde.) 

Fi.ocELET, S. m., flocon, houppe : 

S'ol flocflex aval le vis 

De fes bians cberens ondoiani. 

(G. de Dole, Val. Cbr. ITiS, P 03') 

FLOCETE, S. f., dim. de floche : 

l.t seconde (llenr) est la violete 
Et li tierce nne fîoeete 
Pe sousie, car nioot est biele. 
(Bou Capiel a vu flo'irs, Richel. 1553, C 504 v° : 
Job., Jotigl. et Trour., p. 17.) 

FLOCHE, S. f., flocon, cliosc velue, 
étoffe velue : 

Li curei? ait... .xilll. cliappons et .y. s. 
por une floche. (Vers 1300, Collecl. de 
Lorr., 971, Metz I, Ricbel.) 

Les nues qui reseniblent as floches de 
laine. (Ohesme, Qiiadrip., Ricbel. 1348, 
f 104 r».) 

Villosus, sa, sum, plain de floches ou de 
peaulx. {Voc. lat.-fr., 1487.) 

Ce mot est encore usité dans le district 
de Valencienncs pour désigner une soie 
non torse. Haut Bugcy, floqua, neige. 

FLOCHET, floquel, flocquct, S. m., di- 
min. de floe, flocon, houppe, étoffe velue : 

Sa bousse rooge estoil de beaoi floquea 
Tons blans semée. 
(L. bf. Beaiiv.41', Pas de la Bergiere, 833, Cra- 
pelel.) 

Floccus, flochet. {Catholicon, liichel. I. 
17881.) 
Villus, flochet. {Gloss. de Salins.) 
L'ne beste plaine de floquetz de poil. 
{Jard. de santé, II, 133, iinpr. la Minerve.) 

Flocquets de laine. 
(J. i>f. Schelasurk, Tyr. et Sid., 2" jonrn., I, 

1, Ane. th. fr, VIII, Bibl. eh.) 

Flocquet de cheveux. (F. IIOTOIIAN, ta 
Gaule Franc., p. 93, éd. 1574.) 

Lopin de laine ou flocquet. It. fiocco, 
Esp. El flucco. (Jun., Aom«ncJ., ]>. 133. 
éd. 1577.) 

Le bouleau ne porte point de fruict, il 
jette toutes fois de petits floqvels, comme 
le coudre. (Du Pinet, Dioscoride, I, 93, éd. 
1605.) 

— Bourre : 

Que nul personne ne melteroit en ou 
desuis mesme le drap ne en la leyne 
dount le drap serroit fait ascuns flokkes 
en ascune maner sur peine de forfaiture 
de mesme le drap. {Slat. d'Edouard IV, 
an vil, impr. {lotb., Uibl. Louvre.) 

11 se rencontre nu xvii" siècle, dans un 
texte de province : 

Flocquet du poil de la barbe. (A. Le 
fiRAND, Saints de Bret., p. 142, éd. 1626.) 

liourg., Yonne, Perrigny-lés-Auxerre, 
flouquet, bouquet de fleurs, nœud, ro- 
sette, pompon de rubans. 

Nom propre, Floquel. 

FLOciiETÉ, s. f ., hésitation : 
Et pensoit Sa Majesté la cause du mal 
qu'il y a en... avoir esté par la neglipcnce, 
ftochèlc et dissimulation des jupes. (Apolo- 
gie de Guill. de Nassau, \>. 216, A. Lacroix.) 



FLO 

FLOCiiETER, - quetcr, V. n., dim. de 
flochier, voler comme un flocon, flotter 
an vent : 

Floceo, cas, cavi, flocheter comme la 
noif qui chiet par flocbiaux et la lainne de 
la berbis, {Catholic, Richel. I. 17881.) 

Chevenh espars snr le corps voUelanlz, 
El par nature en contour floguetantz. 

(1536, Vaczelles, Blason des Cheveux.) 

FLOCHIER, floccher, floquer, flocquer^ 
verbe. 

— Neutr., tomber, se former en flocons, 
comme lorsqu'il neige ; flotter : 

Mais pins que neige blanche, 

Qni sans vent flaque anx sept coostanx deRomme. 
(Vasqlin Philiecl, Km. tulg. de Fr. Pétrarque, 

p. 378, éd. 1555.) 

Et flocquoit par dedans la descbicquelure 
de damas bleu, tant que besoing estoit. 
(Rab., Garg., I. I, c. 8, éd. 1542.) 

— Flochier est employé d'une manière 
assez étrange dans l'ex. sulv., où il paraît 
signifier avoir la pureté d'un flocon de 
neige : 

Siècle glaçant est comme anguille 

Et plain de grant malaventnre. 

De lechen'e et de luinre; 

r,ardez ne l'aprochiei, 

Enderaentres que tous flochiez. 

Que nnes estes et oouveles, 

Chasles et virges el poceles. 

Donnez a Dien cners et courages, 

Virginitez et pucelages. 

(G. DE CoiNXI, Slir., ms, Soiss., P 148',) 

— Act., répandre à flocons : 

Les unes (saisons) causent la pluye, et 
les autres la gelée ; d'autres floquent la 
nepp, et V en a qui sèment la gresle. (Du 
Pinet, Pline, n, 39, éd. 1566.) 

— Battre, en parlant des flots : 

Pour rompre ladite porte de l'eaue qui 
flocquoit la bresche. (1558, la Prinse de 
Calais, Arch. cur., 1'' sér., t. III, p. 242.) 

— Flochié, part, passé et adj., qui porte 
une houppe, une crête : 

Atant lur en l'est nns blans leon dengei, 
A inervail furent grant e cresté e flocchez. 
(Tb. be Kent, Geste d'Alis., Iticbcl. 24364, 
f» 54 T".) 

On trouve au xvii' siècle : 

Ainsi se trouve vérifiée ceste générale et 

merveilleuse prédiction du grand Artus, au 

1 large bonnet flocqué. (1616, ta grande 

Propriété des bottes sans cheval en tout 

temps, Var. hist. et lilt., VI, 39.) 

Norm., Dessin, Pic, Champ., Morv., 
floquier, floquer, flotter çà et là. 

FLOCHIUL, s. m., marais ? 

I Pierre Leieup tient des diz religieux uu 

fief a demi lige contenant son manoir 

j séant devant le flochiul. (1383, Denombr. 

I des baill. d'Amiens, Arch, P 137, f" 85 r°.) 

Cf. Floc 2. 

FLOçoiE, voir Flassaie. 
FLOCONNER, V. a., fabriquer d'uni- 
étoffe velue: 

J'aibienneuf on dix cotes qu'ai fiiit faire etonvrer. 
De teilles et de lin bien mcnnt floconner. 
(Geste des ducs de Bourg., 4C4, Cbron. belg) 



FLO 

FLocoN.NET, S. m., petit flocon : 

La grain» 

En pelils floeoneit de conton on de laioe. 
(Di Chessb, le Miroir du monâf, p. 193, 
éd. 1587.) 

Ki.ocQU.\RT, voir Floou.\rt. 

KLOCOUER, voir Flochier. 

KLOCOUET, voir Flochet. 

FLOCTER, voir Flotkr 1. 

FLocu, floccu, adj., qui porte une 
houppe, une crête : 
tes serpeni, les Icons e les dragons floccuz 
Aprochent del régné, Iroerenl hommes barbnz. 
CTa. DE Kest, Gesle dAlis., Richel. 21361, 

PIO T».) 

FLOENNE, S. f. 1 

I viez maie cote saingle et .i. (loenne. 
(Compte de 1348, Ch. des compt. de Dole, 

Q 

— . Arch. Doubs.) 
82' 

FLOEB, voir Fluer. 

FLOERECHE, adj. t., d'Indigo : 

Del touneul de chendre floereche, douze 
den. ( Wienage de li abbes de Ha^non, Tail- 
liar, p. 482.) 

Cf. Fleurbe. 

FLOERIER, s. in., grand drap : 

.II. ftoeriers. (1348, Inv., Arch. Doubs G 
82.) 

Suisse rom., fleurier, grand drap. 

PLOiABLE, voir Fluablb. 

FLOIBAGE, voir FOIBLAGE. 
FLOIBE, voir FOIBLE. 
PLOIBECE, voir FOIBLECE. 
FLOIBEUENT, VOir FOIBLEMENT. 

FLOIBETEIT, floibetet, voir Foibleté. 

FLOIBI.ECE, voir FOIBLECE. ! 

FLOIBLETEMENT, VOlr FOIBLETEMENT. ] 
FLOIBOICE, voir FOIBLECE. 

FLOiE, voir Flo. 
FLOivE, voir FOIBLE. 
FLOIVEMENT, VOir FOIBLEMEST. 
PLOIVETEI, voir FOIBLETK. 

FLOKENiER, S. Hi., ouvrler qui tra- 
vaille les flocons de laine : 

Chandelon el flokeniers. (J. de Stavelot, 
Chron., p. 326, Borgnet.) 

FLOKKET, voir Flochet. 

FLOM, voir Flun. 

1. FLONj voir Flaon. 

2. FLON, voir Flun. 

FLONDELLE, S. t., petite froude : 

Environ six mille bacinets et .xxilll. 

mille archiers sans les canoniers et autres 

usans de flondelles et angins dont ils 

avoient grand abondance. (Monstrelbt, 



FLO 

[ Chron., an 1413, vol. I, p. 223\ éd. 1516.) 

Cf. Frandole. 

FLONDRE, S. t., sorte de poisson res- 
' semblant beaucoup à la limande : 

Flandres cuites en eve. (Enseign. pour 
apareil. viand., Richel. 1. 7131, f° 100^) 

Se dit encore en Normandie, Dieppe, le 
I Havre, le Tréport. 

' FLONG, voir Félon. 

FLONius, s. m., nom d'herbe : 
Quant ours est deshaities de cop ou de 
maladie, il manjue une herbe qui a non 
flonius, qui le garist. (Brun. Lat., Très., 
p. 233, Chabaille.) 

FLONNET, voir Flaonet. 

F£,OQUART, jlocart, flocquart, floecard' 
flequarl, s. m., voile flottant qui entoure 
la coiffure, d'origine allemande, appellée 
hennin et qui s'en échappe ; c'est aussi 
nne coiffure : 

Etestl'ance dudit gobelet d'une serpent. 
Et ou fons d'icelui a un esraail ou il y a 
une dame a un floquart. (1360, Invent, du 
duc d'Anjou, w 381, Laborde.) 

Le roy li donna un très bel flequart tout 
papeloté de grosses perles. {TYaison de 
Rich. II, p. 110, Williams.) 

Un floquart vert garny d'un fremail Du- 
quel a quatre perles, quatre rubis et un 
dvament. (13 nov. 1413, Compt. du R. René, 
p' 200, Lecoy.) 

Trois pièces de flocars a atourner James 
a la manière d'Alemaingne. (1416, Invent, 
du duc de Berry, ap. Lal)orde, Emaux.) 

La duchesse, elle neufiesme de femmes, 
portoient flocquaris et gros colliers ou 
chaisnes d or au coul. (Le Baud., Hist. de 
Bret.,c. LU, éd. 1638.) 

Si ont empris de les bien recevoir. 
De se deffendre el faire bon devoir. 
En lear tirant ienrs lleiches empennées 
De donli regard d'espoir empoisonnées. 
Et en gectant chappelletz et flocquars. 
Ainsi qn'on fait a ses jeanes qnocqaars. 
Et de lenr faire, ains qae rendre ilz se'venllenl. 
Des mant! assez, ainsi comme elles seallent. 
(J. Le Maire. Compte l" sur la naissance de dame 
Verolle, Poés. fr. des xi' et xvi" s., IV, 233.) 

Les filles, depuis qu'elles estoient fian- 
cées jusques après un an entier des leurs 
nopces, portoyent un ornement de teste, 
qu'on nommait a Lyon floccard, lequel 
elles laissoyent, estant l'année révolue, et 
prenoyent les chapperons dessusdits. {Px- 
radin', Hist. de Lyon, p. 272, éd. 1373.) 

FLOQUEL, voir Flocel. 

FLOQUER, voir Flochier. 

FLOQUET, voir Flochet. 

FLOQUETER, VOir FLOCHETER. 

florablement, flourablement, adv., 
en fleurissant : 

Floraliter, flourablement. [Gloss. de Sa- 
lins.) 

FLORANCE, VOir FLORENCE. 

FLORCELE, florciele, fiourcelle, s. f-, pe- 
tite fleur: 



FLO 35 



I Apres ores con l,i pueele 

I Qni pln« ert blancs que florcete, 

I La bêle Ydone prist mari. 

(Brançue des Mir. H.-D., ms. Richel., f U v», 
col. 2.) 

I Et saisist le ceval qni blans ert com florciele. 
(Enf. God., liichel. 12358, f ii«.) 
Et si avoit entour mainte belle floureelle. 

(.Brun de la Montagne, 892, A. T.) 

FLORE, florey, flouré. adj., garni de 
fleurs, terminé en fleur : 

N'i a celni qni n'ait escn flore 
Et le destrier corant et abrivé. 
(Garin le Loh., 2° chans., xxix, V. Paris.) 
La covretnre de la sele 
Ert d'nn brnn paile de Castele 
Tote floree a flors d'orfrois. 

(Flore el Blancefl., H8T, Bekker.) 

Prent le destrier par la règne dorée. 
Maintenant saat en la sele floree. 

(Otinel, 1895, A. P.) 
D'or a .1. quevrou de gueules a .i. 
double trancheour vert florey. (Armor. de 
Fr. de la fin du xiv s., Cab. hist., VI, 277.) 

— Qni a la barbe blanche, comme flori: 
Escorchelande 11 barbet 

Et Violei li mal (lorez. 

(Renarl, Br. V», t. 121,;, Martin.) 

— Couvert de fleurs : 

Tiere rouge noire, tiere fiouree. (1418, 
Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. 
Amiens.) 

FLOREEMENT, florement, adv., en fleu- 
rissant : 

Floraliter, florement. [Gloss. lat.-fr., Ri- 
chel. 1. 7679.) 

FLOREMENT, VOir FLOREKMENT. 

FLORENCE, flourence , - ance, s. f., 
florin : 

Dont il est racrantes a paiier . c . s. t. 
l'an a .m. termes, au Noël, a Paskes et a. 
le S. Jehan en florences. (1347, Recette de 
G. de Panthegnies,XTch. mun. Valenciennes 
ce 2, f» 4 r».) 

Donnet .ii. florences de .xxvi. s. .vi. d. 
(1347, ib., CCS, p. 8.) 

En Uorins al escut vies et en florences 
vieses. (1332, Recepte de Gandrart d'And'- 
gnies, Arch. mun. Valenciennes, CC** 
f- 37 r°.) 

En florins roiaus et en florences vieses. 
(fi?. , Arch. mun. Valenciennes CC 2, 
1° 9 v°.) 

.11. vieses flourences. (Compt. de 1364- 
63, Arch. mun. Valenciennes.) 

Icellui viconte de Thouars tendra sa 
dite terre et seigneurie de l'ile de Ré d'i- 
cellui seigneur roy a foy et hommage lige, 
a cause du chastel de la Rochelle, et au 
ressort et souveraineté acoutumez, a une 
florence ou maille d'or, ou la valeur d'i- 
celle. (1404, Arch. JJ 138, pièce 431.) 

Florance d'or^due par le commandeur 
d'Ansigny au vicomte d'Aunay pour droit 
de pacage dans ses forets. Un florin de 
florence ou douze tournois d'argent. (1445, 
.\nsigny, Aunay, Arch. Vienne.^ 

FLOREXCEE, S. f., valeuT d'un florin : 

Le curé de Saint Eslienne doit paier au 

chappitre de Rennes deux florencees et 

demie d'or. (1415, Us. de l'Egl. de Rennes, 

Arch. Chapitre Rennes.) 



36 



FLO 



FLO 



FLO 



ri.oRENEK, S. (., espace de terre qni 
rapportait un florin de revenu: 

Come nous eliiisfions donné a Famay 
Bosire ménestrel quant il \iTail vinpt flô- 
renefz de terre a ponre cliasciin an a dous 
termines. (Charte de 1367, Coll. de Lorr.. 
IV, 17, Bicliel.) 

Trois cent florenees de terre de rente an- 
niielle. (1370, Officialilé de Besancon. Arch. 
<in prince, Neuobâlel, L ', n» 9.) 

FLORENTIN, adj., blanc, gris : 

Maint franl risée ont f«lt del grenoD flomlin 
Cornent astoit tondat. 

(Jeh. ris Pbeis, Cfsif de Liegr, 17386, Scheler, 
Closs. pkilol.) 

FLORERESSE, S. f., fleuriste: 
Floreresses de coifîes. (Vocab. des mé- 
tiers, ap. Géraud, Paris scus Phil. le Bel.) 

FLonESTAGE, S. f., fleur : 

Ja ae tods en croirai, tant aTcz cner volage, 
Se Tons nel me jnrej sor cesle flomlagr. 
La dame li créante le seremont a faire, 
Sor la for li jara qni monlt sonet Ini flaire. 
(De la Foie ri de la toge, Jab., Nout. Hec, II, 
81.) 

d. Fi.ORET, floiirel, s. ni., petite fleur : 
Floscnlus, petit fleur, /?oure(. (1464, J. 
Lacadevc , Catholicon . éd. Auflret de 
Quoetqueueran, Bibl. Quimper.) 

2. FLORET, fleuret, àà']., fait de l'étoffe 
appelée fleuret : 

Six aunes deruban fleuret. (1576, Compl. 
du Très, de Aav., Arch. B.-Pjr. B 36.) 

Fi.oRETK, S. f., fleuret, sorte de soie 
d'une qualité inférieure tirée de la bourre 
qui est aux environs du cocon : 

Il n'a^oit fias robe de soie, 
Ains îToit robe de /Icreles. 

{Rose, 88-2, Méon.) 

Ft-OBETÉ, - ecté, flouT., fleur., adj., 
fleuré, fleuronné, terminé en fleur, garni 
de fleurs : 

El toutes ces choses (jeux de tables 

et de e5che2,etc.) cstoient /(ctirefees de am- 
bre. (Joi.Nv., Hist. de Si Louis, ch. xc, 
Wailly 1867.) 

Li arcbon sont dessns a esmail tresgelé, 
A Soaretei d'asi:r pourlrel et flourelé. 

{Doon de ilaience, «lit y, A. P.) 
Il D*est bruyère ne peoesle 
IS'abricean qne je ne reveste 
De mes robes bien florelees. 
(DEGi'iiLETiLLt, Troi» Pelerinaiges, V lî", impr. 
InstilQt.) 

Car colompnes d'argent y mist 
D'or et de pierres floureclees. 
(Chk. i,i Pis., l'ocs., Kichcl. C04, f* 235 t».) 

Sar ton> anltrei liens le hault bois 
Kstoit proities et renommes 
D'eslre vers, focliis et raïuos, 
Plaiiaoi, berbns et floreles 
Et plains de grans joliTeles. 

(l'ailoralel, ms. Brai., f" 1 t*.) 
Car la Leie qai fn teoaos 
t'ng chapelet lien fltireir 
A 100 aoij l'a présenté. 

(/*.. l" r».) 

Son cbevol estoil couvert d'un cendal 

vermeil, a une firuode croix blanche, /îo- 

retee, et sur chacun bout une coquille d or. 

(Ol. de la Marcub, ifdm., I, 9, Michaud.) 



El fi esloit (hi ccnpp] flourelee desus et 
environ d'une belle fleur et plaisante. (C. 
Mansion, Bille des Poet. de metam.,(' 148 r», 
éd. 1493.) 

Gibecière de velloux roupe fleuretee des- 
sus de broderie. (Jnvent. des biens de l'cv. 
de Seillis, E. Muller.) 

Bourg., "i'onne, fleureté, qui a toute sa 
fleur." Comme ces pêches sont flettretées. > 
Bourg., Saulien, fleureté, couvert de fleurs, 
en parlant d'objets de toilette. 

Fleureté est indiqué dans les diction- 
naires modernes comme terme de blason. 

FLORETER, fleur., flour., v. n., s'épa- 
nouir comme une flonr : 
J'ai amiete 

Simple, coie, brnnete, 
Jonete, tendreté, bien faite ; 
Bien poi li pontele 
La mamelete. 
(Citons., ms. Monip. II 196, f° 302 y°.) 

— Peindre des fleurs : 

Et pai^nent dessns les peanx 
Et de moutons cl de veaux 
Et a coulourer se docirincnt; 
Il porrient, il enluminent. 
(J. I.EFECVRE, liesp. de la mort, Iticbel. 1191, 
f» 15'.) 

— Voltiger de fleur en fleur : 

Je me suis mis a fleureter, comme les 
mouches a miel. (S. Julien, Mesl. hist., 
p. 303, éd. 1S89.) 

— Tâtonner : 

Apres en tastonnant vtfleurclant appro- 
charent de la matière iecale et des hu- 
meurs corrumpues. {Kab., 1. Il, c. 32, 
éd. 1542.) 

— Conter fleurette, dire des balivernes: 
Mais servoiont ces paroiles et servent a 

ceulx qui sont en auctorité et en crédit, 
sans eu riens l'avoir mérité, et qui ne sont 
point propiLCs d'y estre, et n'ont accous- 
tunié que de fleureter en l'oreille et parler 
de choses de peu de valleur. (CosillYKES, 
Mém., Y, 19, Soc. de l'H. de Fr.) 

lUais escootez ce morfondn 
(Jni nous veult icy /leuTeter. 
(Actes des Apoit., vol. I. C 27", éd. Iil37.) 

— Floreter sur, effleurer : 

Que nous atons seulement fleureté sur \a 
doctrine, sans qu'elle ail prius uiic droite 
vivacité eu nous. (Calv., Servi, s. leDeul., 
p. 5, éd. 1567.) 

— Termede musique, fairedes fioritures* 

Aprenez le fa et le mi. 
Bien vons monslreray l'escriplnre. 
Tant que vous n'arei jamais cure 
D'aulrc art sçavoir tors de compter 
t^'ne, deux, les temps mesurer 
Et fleureter plus que le cours. 
(E. Deschamps, l'ois., Richel. 810, fStl''.) 

— Floreté, part, passé, terme de musique, 
orné de Ooritures : 

Car advis est qu'on pleure et qu'on larmie 
Ka recordant tetz chantz peu flourelez. 

(Le Mimt, Plaincle du Désiré, éd. 1j09.) 
Morv., fleureter, aller à fleur de, à la 
surface de. 

FLORETEuiŒ, fleurcteure, fleuriture, 
florilure, flouriture, floir., s. f., fleurs et 
verdure, floraison : 



Prince du pois qni chantez il'avanlure. 
Donnez accord, plain cbampt et fl-yrilure 
A l'nmble fleur des vierges espanie. 

(H. DE Cboy, fArl derhel., éd. 1493.) 
Trop bayrons nons la verde fioriture 

Se ta lignre 
A si mauvais augure. 
(Jeu. Le Maire, de la Valihiâe ri comatesrence de 
la roijne Anne de Brrlaiitne, dans l'Epistre du 
Roy à Hector de Troje... signature aaiiij.) 
Et nng Crestin tout plein de flouriture. 

(Id., Su.f la mort dr ses servit.) 
Ains quant ce vint que la large vallée 
De ce beau monde ent reprins florilure. 
Plusieurs mondains d'une et d'autre nature 
Parles verds prez jouer ensemble alloyent. 
(Id.. le Triuniphe de Ires liaulle et puissante Damr 
Verolle, Royne du Pmj d'Amours, Poés. fr. des 
XV' et xvi° s., IV, 24t.) 

Tous nobles cueurs qui vouldront cueillir 
fruit ou florilure dedans ce jardin du noble 
Bayard. {Gest. du Chev. Bayard, epistre 
prohemiale, éd. 1523.) 

Le maistre ouvrier en vraye agriculture 
Planta jadis au terrestre verger 
Arbres plusieurs de fruict et florilure. 
Belles a veoir et doulces a manger. 

(Cbetin, Cliantzroij., f° tl T», éd. 1527.) 
Quand vous verrez rire les cienx 
lit la terre en sa florilure. 
(Clem. Mar., Citant de May, éd. 1596.) 
Comme ayans consolation de la fleuri- 
ture de ladite fleur. (Bourgoeville, Rech. 
de la Neustrie, it, 108, éd. 1338.) 

— Dessins, ornements consistant en 
fleurs, en verdure : 

Ne qui aussi doulcetement face fleure- 
teure et menu ouvrage. (Christ, de Pis., 
Cité, Ars. 2686, f° 46=.) 

FLORETTE, /?OMr., fleur., s. f., grand 
blanc, pièce de monnaie frappée sous le 
règne de Charles VI, pesant vingt deniers 
tournois ou seize deniers parisis, et sur 
laquelle des fleurs de lis étaient em- 
preintes : 

Les pros de France, dits florettes. (18 
sept. 1420, Beg. aux Cons2ux, Arch. 
Tournai.) 

Fut ordonné que les fleurecles, c'est assa- 
voir les monnoies du roy qui avoient 
cours pour .xvi. d., seroient mises et ra- 
baissées a .1111. d. (MoNSTBELET, Chron., 
I, 244, Soc. de l'H. de Fr.) 

Fut ordonné, a Paris, que la monnoye 
nommée flourettes, qui de seize deniers 
avûit esté mise a quatre deniers, seroit 
derecliief diminuée. (S.-Remy, Mém., ch. 
cxili, Buchon.) 

— Terme de danse, nom d'un ancien 
pas, aujourd'hui nommé fleuret, qui se 
composait d'un demi-coupé et de deux 
pas marchés sur la pointe du pied : 

Caprioles, tours et destours, fleurettes 
drues et menues, pamberottes, bonds et 
sauts. (Carloix, Mém. de Viltevielle, iv, 12, 
éd. 1757.) 

— Sorte de droit de fief, conservé jus- 
qu'à la Révolution, qui était particulier à 
la seigneurie de la Villebilly, relevant de 
Lamballe,en Bretagne. Le mardi dePàques, 
les tanneurs, « ceux qui travailloient en 
cuir à poil y, de Lamballo devaient accom- 
pagner le seigneur de la Villebilly dans 



FLO 



FLO 



FLO 



87 



'e bois de ce nom : celui-ci cneillait une 
fleur, un roseau, ou une feuille appelée le 
may, et la montrait par trois fois aux 
tanneurs ; on se rendait ensuite à la cha- ' 
pelle Saint-Sauveur, et là le seigneur de 
la Villebilly, assis au pied d'une croix de I 
pierre, appelait chaque tanneur et perce- 1 
vait une amende de tous ceux qui ne 
comparaissaient pas, ou qui ne pouvaient 
pas montrer une fleur semblable à celle 
qui avait élé cueillie. 

Voir sur ce droit l'article publié par 
Gaultier du Mottay dans l'Annuaire des 
C6les-du-Nord, 1857, p. 34. 

Norm., Dessin, flieurete, moisissure qui 
se forme sur les baissières du cidre ; pre- 
mière couche de crème qui vient sur le 
lait. 

FLOREURE, S. f. ? 

Pour estuys, floreures, courroyes pour 
iceulz eftuiz et autres menues choses. 
(Sept. 1447, Compi. du R. René, p. 204, 
Lecoy.) 

FLORi, fluri, adj., en parlant de per- 
sonne, à la barbe blanche : 

Ja estes vus vieili e fluriz e blancs. 

(Ro/, \TA, Muller.) 
Vos esles Tiens et chenas et /loris. 

(Les l.oh., ms. Berne 1 13, f 22'.) 
Kos somes Tiel, chenu et ftori. 

(Ib., ms. Montp. H i-iS, f .36\) 

— En parlant de chose: 

Les cbief» fluriz et les barbes nnt blanches. 

(Roi, 3118-, Muller.) 
La barbe aveit blanche et florie. 
(Ben., t). de Norm., Il, ll'J3ii, Michel.) 

— Doux, agréable : 

Flori chant faisoit la mésange. 
(Jeh. Lescikf.l, Chans-, Bail, el Rond., xxxiii, 
Bibl. elz.) 

— Flori est le nom du cheval de Gir- 
berl de Metz dans le poème des Loherains : 

Pois pranl ses armes, sor Flori est montez. 
{Fragm. des Loher., ms. de Salis, Bartsch, Zeits- 
chrift, 188U, p. 579.) 

— Almosne florie ; voir Almosne, t. 1, 
p. 227', et au Supplément. 

FLORIEMENT, flour., adv,, en fleuris- 
sant : 

Floralilcr, Jloriemcnt. (Catholicon, Ri- 
chel. 1. 17881.) 

Floraliter, flouriement. (1464, J. Laga- 
DEUC, CalAot., éd. Auflret de Quoetqueue- 
ran, Bibl. Quimper.) 

FLORiERE, flouriere, s. f., marchande 
de fleurs, bouquetière : 

Floriere. (Vocab. des métiers, ap. Géraud, 
Paris sous Phil. le Bel.) 

Lors je diz, madame, or tous place 
A moy dire la vérité 
De vostre nom, jrant voulenté 
En ay. Lors me dist : Je suys clamée 
Flouriere a Prouesse Tamee. 
{La Jourti. i'Onneur et de Prouesse, Richel. 1997, 
P 44 T».) 

— Boite à mettre la fleur de farine : 



Une flouriere et une panière. (1S71, Mo- 
bil, de la halle de Uélhune, La Fons, Art. 
du Nord, p. llo.) 

Trois petites flourieres. {Pièce de 1571, 
ap. Beauvillé, Doc. inédits sur la Picardie, 
IV, 326.) 

FLORIN, flour., fleur., s. m., petite 
fleur: 

Et nature envoisie par son soutiï engin 
La revest et polist de maint divers florin (la cam- 
[pagne). 
(Veus dou paon, Richel. l'iSl, f" 6C r°.) 
Et nature envoisie, par son sntil latin. 
Les revest et repaist (les .près) de maint divers 
[floiirin, 
(Ib., ms. Rouen, f" 59 r°.) 

L'autre ier, par une matinée. 
On temps que rose est matin née 
Qui s'orgueille a l'issir d'yver. 
Apres Je maint florin divers 
Sont vestus bois et reconvers. 
(WATBiQnET, Pars., li Dis de la fontaine d'amours, 
p. toi, Scheler.) 

— Fleuret ou filoselle: 

Nules mestreses du mestier ne pueent 
ne ne doivent ourdir fil aveques soie, ne 
flourin aveques soie, pource que l'uevre 
est fause et mauvese. (Est. Boil., Liv. 
des mest., l" p., xxxvill, 4, Lespinasse et 
Bonnardot.) 

Que nuls dudit mestier ne face ruben de 
flourin de Monpelier, pour ce qu'il n'est 
bon ne souffisant. (lu., ib., xxxiv, 9.) 

— Sorte de plume : 

Pour 24 livres de plume nommée fleurin 
qu'il a mises et employées en ladite 
couste. (1403, Compt. rel. d Cb. VII, Cab. 
hist., 111, 239.) 

— Sorte de poisson : 

Pour les malicieus an^inz couranz pour 
panre toute manière de poissons, grans et 
petits, si que lidil augin essorbissoient 
tous les petits poissons, /iortns, et autres. 
(1317, Ord., 11, 11.) 

Morv., fleurin, matière volatile qui s'é- 
chappe d'un feu de cheminée ou d'in- 
cendie. Wallon, florindc four, semence de 
foin. Florin d'or, le pissenlit. 

FLORioN, s. m., fleuron : 

Ung inanteltout d'or tirpy,semey de croi- 
settes etflorions d'or. (1476, Joj/. égl. Bay., 
î" 80 '', Chapitre de Bayeux.) 

Aux deux costes de la bille deux grans 
florions d'or tiré semey de perles. {Ib.) 

FLORiR, flourir, v. a., garnir de fleurs : 

Pour .11. pieches d'entaviement flourir 
qui faloient a l'entavlement de le salle. 
(1313, Trav. auxchdt. des C" d'Art., Arch. 
KK 393, f 46.) 

FLORISON, voir Floroison. 

FLORissABLE, adj., fleurissaut, fleuri : 

.1. courtill jolcus, flnrissable. 
(Macé de la Charité, Bible, ms. Tours, t° S', et 
Richel. 401, [° i'.) 

Et nostre Hz est florissablcs, 
D'odor, de vertnz odorahles. 

(iD., ib., Richel. 401, T lOG''.) 

El chief d'un haat monll delitable. 
Tous jours bians, tons jours florissable. 

(labl. d-(k'.. Ars. 506'.), f 103''.) 



Près llorissahles. 

Près florissables. 
(G. Macii., Poes., Richel. 



Ub., r 193'.) 



!2i, raoi'.) 

Timiniis, florissables, dous, soacl.{Gloss. 
de Salins.) 

Vernus, délectables, florissables ou de 
printemps. {Ib.) 

Le cueur esjoyans aura aage florissabld 
(Bible, Prov. de Salomon , ch. 17, éd. 
1543.) 

FLORissAMMENT, adv., d'uue manière 
florissante : 

Quand il eut (Aristote) très florissam- 
ment enseigniet plusieurs ans en Athènes... 
(FossETiER, Cron. Marg., ms. Brux. 10512 
VIII, IV, 24.) 

Fi.ORissANCE, flour., S. f., action de 
fleurir, état de ce qui est en fleur, de ce 
qui fleurit : 

Ne oncqncs puis n'en est la /lorissance 
Veue essourdre on prendre espanissance. 
(La Compl. de Dignant, Anal, leod., v. 90, 
Chron. belg.) 

Notez anssy que la puissance 
Des empereurs, en cas de guerre, 
Avoit encores /lorissance 
Par plusieurs climats de la terre. 

(Mijsl. de S. Did., p. 4, Carn.andot.) 

Que a Romme jadis on trouvoit 
Sobriété en florissanee. 
(N. DE LA Cdessaïe, Comdamn. de Bancguet, 

p. 354, Jacob.) 

Rousee, la belle Pucelle, vint pendre au- 
tour des branchettes mille perles rondes 
et gemmes claires et transparentes qu'elle 
tira de son espargne pour enrichir leur 
flourissance. (Le JIaire, Illustr., I, 29, éd. 
1548.) 

Mirez vous aux faictz vertueux. 
Princes de jeune /lorissance. 
Pour rendre exemple fructueux, 
Quand aage vons donr^ croissance. 

(iD., Temple d'honn. el de vertu.) 

FLORissEMENT,/!!e«>-., S. m., actlou de 
fleurir : 

Li florissemens. {De Confessione , ms. 
Angers 390, f» 83''.) 

Joseph après le florissement de sa verge 
print Marie, jaeoit qu'il la refnsasl avant 
pour ce qu'il estoit vieulx. {Mir. historial, 
Maz. 537, f°16v°.) 

Par le florissement de sa verge (d'Aa- 
ron). (FossETiER, Cron. Marg., ms. Brux. 
I, f'^ 149 V".) 

Fleurissement d'arbr(^s. {Trium Ling. 
dict., éd. 1604.) 

FLORKssEURE, flour., S. f., flcur : 

Tes nons de lonz les biens est la florisseure. 
(G. BE Coi.NCr, .Sa/. JV.-C, ms. Soiss., (" •2:i3''.) 

La flourisseure de cbaasteté. (De vita 
Chrisli, Richel. 181, f SO''.) 

FLORiTiiRE, voir Floreteure. 

FLOROISON, florison, s. f.; mod., florai- 
son ; estre en floraisons, être au comble du 
bonheur : 

Quant je vos ting embraciee 
Bien estoie en floraisons. 
(G. DE SoicNiES, C/mns., Scheler, Troiw. belg., 
nouv. série, p. "iO.) 



M 



Fl.o 



FLO 



FLO 



Bien estoie en /fnm^i.M. 
(MémeelUMsn, ap. Tn^bolieo, r.l,a»s. de Rami de 
herriirfs, V.'> 

FLORONNER, voir KLEL'ROXNKK. 

FLOS, voir Fro. 

Ki.oS!>ADE, voir Flassardb. 

Fi.oss.viE, voir Fi..vss\iE. 

FLOSsevE, voir Ft.Ass.vre. 

FLOT, Voir Kno. 

FLOTACE,- aije, 3. m., action de dériver 
l'ean des rivières dans les prés : 

El aura le bailly la garde et gonveme- 
raent de l'une des'dites clefz d'iceulx nou- 
veaulx veutaille?, pour les clore et ouvrir 
pour la nécessité du floUUge desdictz prez. 
(1««, Car t. de r Eglise de Terouanne, 
p. 296, Duchel et Giry.) i 

Il est resté avec ce même sens en Nor- 
mandie, vallée d'Yère?. 

Morv., flottage, transport par eau des ; 

bois flottés; somme flxéc de gré à gré qui i 

représentait l'intérêt des marchandises i 

li\rées à l'avance. j 

FLOTAisoN, s. f., action de dériver | 
l'eaa des rivières dans les prés : 

Et pourra clore et ouvrir les dictz ven- 
tailles pour ouvrer a son dict moulin... 
sauf en la saison de flotaison desdictz 
prelz. (1446, Cart. de l'Eglise de Terouanne, 
p. 296, Ducbel et Uiry.) 

Comme flotage, il se dit encore en Nor- 
mandie, vallée d'Yères. 

Fi.OTANXE. S. f., élnt de ce qui est 
agité par les flots ; ûg., état de ce qui est 
comme agifé par les Dots : 

Il ne Jonra mie au juste omme flo- 
tance, en balence ue le lera mie. (Psaut., 
Maz. 238, f« 66 v°.) Lat., Non dabit fluc- 
tuationem juslo. {Ps., Liv, 23.) 

Fi.oTE, (lotte, s. f., troupe, multitude : 

Veei quel /loir ge toi ds cheiiliers. 

Hrj Loh., ms. Monip., f* île*.) 
r<» les aroie des<-oa6s et veacat, 
P. Iss aaiaeas atoie reteaas, 
Qoaol aae flotif merrillose lor rrut. 
Quatre œil forent les blaos haabcrs Testas. 

(ltiiiiB>Rr, Oçier, .S3i, Barrois.) 
KallOQ meisme tIc a pie da ceval, 
Releaus tuH, ja nos nel remontast, 
Qaaat une flolle d'esqaiers s'ailoba. 

(lu., i4., 911.) 
Bien Teei qae li Siisne sont gnal flole de geot : 
Si il dormoient tnit, par le mi>m esciaat, 
>'!( auriez ocis d'an moii aaticremeat. 

(J. IliiD., Sax., ccxiiii, Michel.) 
Mais li cbeval et la fiole des armes lor 
alerent par dcsoz les cors. (Artur, Richel. 
337, f» 83«.) 

Adoncques les six banieres des frere8.se 
joiodirent ensamble, et alloient iceulx six 
frares en une flotte. (J. o'Arbas, Meltu., 
p. 398, Bibl. elz.) 

... Horl ea ont mainte /Iota. 
(Ju. DU Prfis, Cetlc de Liège, 6387, Scheler, 

Clou, philol.) 

Les gens a cheval, que les An^lois 
avoient mis au bois dessus dit, saillirent 



dehors en flote, et vinrent par derrière sur 
la seconde bataille de nos gens. (Juv. DES 
llRs., Hist. de Charles Vf, an 1413, Mi- 
chaud.) 

Qui s'endort an son da rebec 
En la flolle, il n'est pas saige. 
Car de tons bois, et vert et sec. 
Le pins soaTent on f.aict passaige. 
(CofiCiLi... Blas. den .Irm ri des Dam., II. m, 
Bibl, eli.) 

• — Touffe : 

Dne flole da poil en a an branc portée, 
>lez la char n'a il pas, merchi Dieu, eoleramee, 
(Doonde ilaienee, 0916, A. P.) 

. — Echeveau de laine : 

Le suppliant a pris en l'hostel de Jehan 
Veuille quatre flottes de laine. (1416, Arch. 
JJ 169, pièce 272.) 

— Flot : 

Pour les vagues et impétueuses /ZoJ(«s de 
la mer. (iferdes Cron.J" 173 v», éd. 1332.) 

— Débordement : 

Afin d'empecber que Xes flottes et inonda- 
tions ne puissent porter dommage. (1572- 
1373, Comptes de Jacques Simon, Arch. 
mun. Avallon, CC 179.) 

— A flole, en radeau : 

Tùnniaus vuit qui vienent a flole doi- 
vent chascuu obole de rivage. (Est. Boil., 
Liv. des mest., 2' p., iv, 27, Lespinasse et 
Bonnardot.) 

— Séchoir : 

Une pièce de terre ou il y a deux evens 
a palis assis l'un au bout de l'autre, assis 
en la parroisse Saint Thomas de Saint Lo, 
es floles des palis du llesnilcrot. (Acte du 
23 ocl. 1476, .Arch. Manche, f"" de l'abbaye 
de St-Lô, liasse St-Thomas.) 

— Cuve à bière : 

Les cuves, flottes et bacquets et autres 
vaisseaux d'iceux brasseurs. {Arrêt du 
30 mars 1340, Cour des aides de Rouen, 
ap. StePal.) 

Suisse rom., Vaud, flotte, grande quan- 
tité ; Fribourg, une flotte de ûl, un eche- 
veau de fll. 

FLOTELETE, S. t. f 

Andrieus Aubers doit .v. s. a .x. ans 
d'une flofelete vers Clermaresch. (1279 , 
Beg. aux bans, Arch. S.-Omer AB xvni, 
16, n» 1032.) 

1. Fi.oTER, flocler, verbe. 

— Act., irriguer un pré en dérivant 

l'eau d'une rivière : 

Comme les habitans de nostre ville de 
Loysons eussent et aient usage de tous 
temps et acoustumé de mener et envoler 
en pasture leurs bestaulx en certains pas- 
turages et marez qui sont situez et assiz 
au dessoubz de nostre ville, et aoit la cous- 
tume telle que le vachier de ladicte villa 
vient chascuu an une fois, c'est assavoir a 
mi mars par devers le commandeur, gou- 
verneur ou le bailli de nostre dicte ville et 
maison eu disant : Aui|uel lez ou partie 
est vostre entencion de faire /loct«r pour 
fauchier et fener eu ceste année ? alin qu'il 
puist mener a l'autre lez hestes en pasture, 
et on lui fait respouse : Nous ferons floc- 
ler lel lez, menez vos bestez eu l'autre... 
(1409, Arch. MM 32, f" 27 r".) 



— Neutr., couler : 

Li vins es narines le flole, 
Tn poix, ta boii, ta es estons : 
Ton 'entre joue a la pelote. 
Et brait : maadil soit il de tons. 
(E. Descbamps, Poe's., Riehel. 810. f> i05*.) 

II. -Norm., vallée d'Yères, faire flotter un 
pré, l'irriguer. 

2. Fi.oTEn, voir Froter. 

FLOTERESSE, adj. f., sur l.iquelle on 
flotte: 

Or Dlea n'employa point moins d'art et de sagesse 

A séparer les champs de la mer floltresse. 

(Do BiRTis. la Semaine, 3" j., p. 70, éd. 1610.) 

FLOTERNEL, flolt., S. Ul., pOUrpOÏnt, 

casaque : 

Le fer lui percha les plattes et sa cotte 
de maille et ung floternel emply de soye 
retorse. (Froiss., Chron., XI, 291, var., 
Kerv.) 

Devant l'autel en la chappelle se desarma 
de toutes pièces et se mist en pur son 
floternel. (Id., ib., XIII, 179, var.) Var., 
flolternel, éd. Buchon. 

Ff^OTINE, S. f. ? 

En une flotine de bois, un dener. (1260, 
Coût, accord, aux habit, de la Pérouse, ap. 
La Thaumassière, Coût, de Berry, p. 99.) 

FLOTis, adj., pré flotis, pré sujet aux 
inondations : 

.III. quartiers de pré flotis. (1383, D«- 
nombr. des baill. d'.imieiis, Arch. P 137, 
f» 80 r».) 

FLOToiER, - oyer, flolt., r. n., agiter 

ses flots, être agité : 

Une heure senronde et flotoie (la mer). 
Antre est Ironble, et antre fois coie. 

(Fatl. d'Ov., -Us. 5069, P 23î'.) 

— Flotter, voguer : 

De manière que le navire flotloyant sur 
l'eau les mena peu a peu près de Paso. 
(Gentillet, Disc, sur les moyens de bien 
gouverner, p. 289, éd. 1377.) 

FLOTON, s. m., sorte de radeau : 
Nous mismes la sur la rivière de Lesh 
les collres, et moi avec d'autres, pour les 
conduire a Augsbourg sur un ^oton, qu'ils 
nomment : ce sont des pièces de bois 
jointes ensamble qui s'estandent quand on 
est a port. (JlONT., Yoyag., p. 49, éd. 1774.) 

— Petite houppe qui flotte au vent : 

Parmi les (pigeons) pattes, s'en treure 
des huppes, qui ont une creste a la teste, 
assavoir un floton de plumes eslevee en 
arrière, ((t. DE Serr., Th. d'agr., V, 9, éd. 
1603.) 

FLOTTE, voir Flûte. 

1. FLOU, voir FoLC. 

2. FLOU, voir Flo 1. 
FLOUEMENT, adv., misérablement : 

Jamais n'iert jors qne il n'en, soit dolant 
Ki qae se vie ne querroU ftouemenl 
Et a la perte ne fanrra il noient. 
(Let Loh.. lUchel. 1631. ap. Victor, llandfelir. der 
Cesledet Loh., p. 71.) 

Cf. Flo 1. 



FLO 

FLOUER, V. n., faiblir : 

II est bien fore» que l'on flove- 

(CntTAiET, Vysl- S. Christ., F i.) 

. Cf. Flo 1. 

FLoriN, fluin, s. m., vaisseau IfSger : 

Voyez cy pre? nostrp nauf deux lutz, 
trovs flouïns, cinq ctiirpe?- (Rab., 1. IV, 
c. 22, .-«i. 1552.) 

La cliarpenlerie de vaisseaux et navires 
/entend) n adresser un fluin. (Le Plessis, 
Ethiq. d'Arist., !" l r», l-d. 1553.) 

Et estant le Redouli^ l'nn de nos flouins, \ 
a l'endroit de ces navires qui estoient en j 
feu, il se jette environ trois cens de noz 
hommes, tout d'une volée, pour eux sauver 
en iceiui. (lS5o, Bat. nav. des Diepp. et 
Flam., Arcli. cur., l" sér., t. III, p. 163.) 

Soixante flouins. et vinRt cinq palleres. 
(Mabt. du Bei-lay, Mém., 1- X, f" 341 r», 
éd. 1569.) 

FboUR, voir Fleur 2. 

FLOURABLF.MEXT, VOir FLOUABLEMEKT. 

FLOunANT, adj., odoriférant, forme de 
fleurant, établi par confusion avec flai- 
rant : 

Itoses, violctes ne lis, 
N'erbes flourans n'anlrcs delis. 
(Cbk. df. Pis»n, f-ir. du Chi-min âe long esttidr. 
779, Pûschel.) 

Cf. Flairant. 

flourcelIjF, voir Flobcele. 
Fi.ouRÉ, voir Flore. 
FLOUREE, voir Fledree. 

FLOURENCE, VOir FLORENCE. 
FLOURET, voir FlOHET. 
FLOURETÉ, VOirFLORETÉ. 
FLOURETER, VOir FLORETEK. 
FLOURETTE, VOir FlORETTE. 
FLOURIESIENT, VOir FLORIEMENT. 
FLOURIERE, VOlr FLORIERE. 

1. FLOURiN, S. m., sorte de teinture : 
Chose lainte de flourin de chaudière, ne 

de nule autre fauce tainlure. (E. BoiL., 
Liv. des mest.. 1* p., lxxvi, 5, Lespinasse 
et Bonnardot.) 

2. FLOURIN, voir Florin. 
FLOURiii, voir Florib. 

FLOURISSANCE, VOir FL0RISS.4NCE. 

FLOURissEURE, voir Florisseuee. 
FLOURITURE, voir Floretechk. 

FLOURONNER, VOlr FLEURONNER. 

FLOUss.vYE, voir Flassaie. 

FLOux, adj. 1 

Un camabieu d'un chien floux assis en 
un annel tout plain. (1380, Jnv. de Ch. V, 
ap. Laborde, Emaux.) 

FLoxE, s. f., abreuvoir, mare : 

Et partant secbont tant de puches, de 



FLU 

fontaines et (loa:cs, et furent les riviers si 
petit que nierveilhe. (.1. DE Stavelot, 
Chron., p. 502, Borpnet.) 

Cf. Floc 2. 

Fi.oz, voir Floc 2. 

1. FLi:, s. m., fléau? 

Icelluy escuicr se parti de son hostel ap- 
parellé d'un flu, acompaignez de trois var- 
iez avec lesquels il s'en ala au devant du- 
dit bripant. (19 mars 1382, les Godins on 
brig. de Nivertt.. Picc. rel. an rèp. de 
Ch. VI, t. I, p. 29.) 

2. FLU, voir Flun. 

FLUABLE, floiahle. adj., qui coule, li- 
quide : 

Liquidns, fluahle. {Catholicon, Ricliel. 1. 
17881.) 

Lnbilis, floiahle. {Gloss. de Salins.) 

FLUANT, voir Fluent. 
FLUC, voir FOLC. 

FLUCQ, S. f. ? 

Viviers a usase de peschervc avec la 
flucq. (1S7S, S.-Omer, ap. La Fons, Gloss. 
ms., Bibl. Amiens.) 

FLUCTUANT, adj., flottant : 

I.'espoir dn monde et recLiim salnlaire. 
Ciel immobile n fluctuant navire, 
(n. Chastemain, l.nuenge a la Ires qlor. vierfjc, 
VIII, 27i), Kertyn.) 

Fi.ucTiEMENT, S. 111., .igltalion des 
Ilots, employé au fig. dans l'ex. suiv. : 

Flucluemens de larmes. (J. Bouchet, 
Mém. de La Trém., ch. xxvlll, Petitot.) 

FLUCTUER, V. n., C'tre porté, Être agité 
par les flots : 

Autour de cesle pree fluctuoil ung ruis- 
seau d'eau clere. (J. BoucuET, la Noble 
Dame, f» 92 v«, éd. 1536.) 

— Par extens. : 

Et fluctuoil comme d'nne fonlainc 
Le très cher sang de celle chair hnmaine. 
a. HorcnET, la r<ol/le Dame, P 73 t°, éd. 1536.) 

— Etre agité par le vent : 

Les banieres des princes avoient coni- 
mencié a floter et a fluctuer. (Bersuihe, 
T. Liv., ms. Ste-Gen., f" 310'.) 

— Fig., errer çà et l.'i avec agitation : 

II, memorant loolcs les choses telles, 
Pcnijoil sans cesse diverses fins mortelles 
En .son conraijje, pnys ça pnys la fluctue. 
Et moult désire qne promplenient se lue. 
(0. iiK S. Gel., hneid., Hichel. 861, P 109''.) 

Fi.UE, S. f., flueur, écoulement: 
Impaciens de sa vieillesce 
Po voit, et plain est desonrdesse: 
Il se conrresse de legier, 
Po pupt ne boire, ne mangier ; 
n'nne flue sa lionclic sent. 
Et 1res fort li flairent li dent. 
Œ. Descoamps, Poés., Ricliel. SiO, P :i35'.) 

FLUEMENT, S. m., écoulemcnt : 
Le fluemenl îles aiguës. (Eslories Rogîer, 
Hichel. 20128, f Si»".) 
j La cegue refraint et purge toutes autres 
I ferveurs et fluemens de humeurs supera- 



FLU 



3!> 



bondanli's. Jnni. de snnic. !, l|:;, iiupr. la 
Minerve.) 

— Chute : 

Contre la clieuste et fluemenl des nhe- 
veulx. {Jard. de sanlé. Il, 157, impr. la Mi- 
nerve.) 

FLUENT. - (int, ndj.. qui coule : 
C'est don de Dien, fluani des cienix. 
(Jeh. de Meonc, /fs nemonsir. de Kal., 783, 

Méon.) 

.le vous meneray jusques a la terre 
fluente de laid et de miel. {Prem. vol. des 
expos, des Ep. et Ev. de Kar.. 1° 95 v» éd. 
1519.) 

C'est chose mobile que le temps, et qui 
npparoist comme en ombre, avec la ma- 
tière coulante et fluante tousjoiirs. (Mont., 
Ess., 1. II, c. 12, p. 399, éd. 1.595.) 

— Fig., fluide: 

En ensnyvant celle fluanl doctrine. 
(J. Ti'AuTON, Chron., Iticliel. ,^082. esorde.) 
Cnmme de faictz non onys et mirahles, 
rtont les fluan.i orateurs rethoriijiies 
l^nrichissent leurs chambres et lioiiliqnes. 
(ID., il/., Hichel. .S083, exorde > 

Vostre cloqncnt parler 

Est si fluent. 
(J. P.oi!cnET, F.p. fam., 1" p., xviii, éd. 154:;.) 

Ce qne ne doy moins loner cl priser 

One la fontaine on faicles espiiîser 

Vostre fluante et douce poésie. 
(Ch. Fontaine, les liuiss. de fontaine, p. 287. 
éd. \^i\^.) 

• — S. m., cours d'enii : 

Rivières et fliiens. (1395. Valencieniies, 
ap. La Fons, Gloss. ms., lîibl. Amieus.) 

La figure des rivières, fluens. (1518, Bé- 
thune, La Fons, Art. du Nord, p. 17.1.) 

FLT'ENTE, s. f., écoulement, action de 
couler : 

(Les) fontaines lesquelles composent et 
entretiennent perpétuellement la /ilKcnfe des 
niissenux et rivières. (Les Us et Coutumes 
delà mer, p. 153, éd. 1671) 

Voltaire a employé ce mot pour dési- 
gner la course rapide du temps. 

l'i.UER, floer, verbe. 

— Neutr., couler : 

El fissent la rivière d'Escault /ïoer ent^ur 
le ville. (Froiss., Chron:, III, 138, Kerv.) 

L'eaue qui de [ilain cours devoit des- 
chendre cl fluer en ladite ville, alloil fluer 
et desc^liendre par dehors la fortresche 
d'icellc ])ar ce que lesdils religieux ne re- 
tenoient lias les rivières, cauchies ou es- 
pondes. (1448, Cart. Ale.ravdre de Corbte, 
Hichel. 24144.) 

— Act., laisser couler : 

Une foutaiue fluente vin blanc et clairet. 
(15 sept. 1548, Ueg. des Conclus., Arch. 
mun. Angers, BB 29, f" 209.) 

FLUET, fluyt, s. m., tlcuve : 
Les rives basses et li fines petis. 

(Les Loh., Vat. Urb. ^iln, f H''.) 
Quant il cez choses ot dit, mânes soi 
donal en orison, et li oz del duc ci de- 
vant dit par enbel curs jiarvint al fluet 
Vulturnum. {Dial. de S. Greg., 1. I, cb. 2, 
]i, 11, Foerster.) 



«0 



FLU 



FLU 



FLU 



— Klux di- vonlre : 

Le cerfueil osto le Tomisscnient et le 
fluyl du veutre. {Régime de santé, t' 56 V, 
Robinet.) 

FLUEUR, S. f., écoulement : 

Les autre? dicnt que toute ceste flueur 
et cours de nier ainsi allant et venant pro- 
cède dos destroys de la mer. {Chron. et 
hist. saint, et prof., Ars. 3315, f* 58 v<>.) 

— Menslrui'S : 

Femmes qui jamais n'ont eu leurs 
flufurs. (li. BorcuKT, Serees, l, 96,Roybet.) 

— Infiltration : 

Il n'y a aucune? flueiirs en leurs mines. 
(Selon, Singularitez, I, 50, éd. 1554.) 

Fix'EVE, s. m., entraînement, égare- 
ment : 

En joD«c« nie vinl cils flimes ; 
l'.ir s'en rieltece ro'enist pris, 
l'eaisse esté Iroo dur apris. 

(Fkoiss.. Poés., II, 3, 70, Scheler.) 

PLUiN, voir Flouix. 

FLUiR, ftuyr, V. n., couler : 

La quelle (caul joskes a or fluisi planti- 
vousenient. {Dial. de S. Greg., liv. Il, ch. 
5, p. 67, Foerster.) 

La maulve fait fluyr les menstrues des 
femmes par sa prande bumectation. (Ré- 
gime de santé, (' 52 v», Robinet.) 

La praine de moustarde fait fluir les 
larmes es yeux. {Ib., 1° 55 r».) 

Armoise fait pni/r et provocquelcs fleurs 
des femmes. {Jard. de santé, p. 39, impr. 
la Minerve.) 

PLUissEMEXT, - ant, s. m., action de 
couler : 

Fluctu?, flot, fluissemens. {Catholicon, Ri- 
-hel. 1. 17881.) 

Fluctus, flot, (luissemans. (Gloss. de 
Salins.) 

FLUiTÉ, S. /..abondance : 

Se fluité et trop prant babundance de 
lanpaipe y est trouvé (dans ce recueil des 
cronicques et bistoires du royaulme d'En- 
i;leterre)...(\V.\vRis, ylncA. Crbn.d'£îig/eî., 
I, 4, Soc. de ni. du Fr.) 

FLUSi, voir FLrN. 

FLUMAIRE, - are, fleumaire, s. lu. et 
f., fleuve : 

Li pumaire cstoient fi roil, si grant, si 
parfont et si anious ke, se parles miracles 
'le Uiu u'i passoil ou, nus boni n'en peust 
venir a cliief. (11. de Val., Contin. de 
l'hist. de la conq. de Constant., S63,\\ai\ly.) 

Tes flumaires de la miséricorde passent 
sur moy. (Psaul. , Richel. 1761, f''59>'.) 

Il ne purent pas toutes foiz chevauchier 
por le mauvais temps pour la nef et pour 
les pluies que il faisoit aucunes fois moult 
ifrans; et des praus fleumaires que il trou- 
voient, que il ne povoient passer. (Liv. de 
Mare Pot, viii, var., l'autbier.) Impr., 
flemnaires. 

Il y avoil bonnes paslures et grant flu- 
:naifes. (Ib., lxiii.) Iilipr., fluviaires. 
Comment qu'il aient leurs palees, 
Près de .ce, bien apreslees 
Qui llolent dcdeot le pumaire. 
{.Hachait, Pri$e d'Alex., 605C, Ma»-Latric.) 



Quant li princes fu lopies desot Carai- 
tniue en celle belle flumare. (Liv. de la 
Conq. delà Moree, p. 221, Buclion.) 

La flumaire de la Klade. (76., p. 422.) 

FLUMARE, voir FLU.tfAIRK. 

FLmiATiQiTE, voir Flkumatioue. 
FLUME, voir Fleu.\ie. 

FLUMME, voir FLEn.MK. 

Fi.uN, flum, fleum, flem, flon, flom, 
pu, peu, s. m. et f., fleuve : 

Les divisiuns del pum de lui esleecent 
la citet de sun Deu. (Liv. des Ps., Cam- 
bridgCj XLV, 4, Michel.) 

E flum Jorda lavet e Inleet. 

(Canl. des Canl-, 18.) 

Oui JesDCrist tant honora 
Coq /îiin Jordain lou batisa. 
(Wace, Conception, Brit. Mus. add. 15G0G, 
f» i:*^.) 

Pedanz lo /l'im de Paradis. 

(Bex., Troie, 133"2, Joly.) 
Bastisies fus. Sire, el /l>im Jordant. 

(K.MMB., Ogier, 11G39, Barrois.) 
Com se ce fnst li fluns an deable. 

(ia r.harrelle. Vat. Çhr. 1723, t° 12'.) 
La saint aiguë dou fln .Tordain. 
(Pnrophr. du ps. Eruclaril, Brit. Mus. add. 
15G06, f° 21''.) 

E bantizai le el flem Jordan. (Ms. Brit. 
Mus. Egerton 613, f» 17 v°.) 

Fluns de doçor, fontaine et puis. 
(G. deCoi.nci, Mir., ms. Brux., f H'.) 
FontnÎDe de douçor, fluns àe miséricorde, 
Ne daingne consentir qu'a nul pechîé n'amorde. 
(Prière de Théophile, Ricbel. 837. f° 192''.) 
F,t firent .i. pont de neis parmi le flun 
qui moût est larges et parfonz pour tolir 
cens de Damiete le port. (MÉN. DE Rei.MS, 
I.ÏO, Wailly.) 

Et de cel eslanc rcst li fions 
One nous .Tourdain apîelons. 

(MorsK., Chron., 10971, Ueiff.) 
Trespassoit le pum. (Grand. Cron. de 
France, les pestes du roy Loys fils de 
Cbarle le Simple, m, P. Paris.) 

Tant qu'il vimlrent a passer le pum dou 
destreit. ^Cont. de G. de Tyr, ms. Florence 
Laur. XXIV.) 

Et cbeTauchcDt trois routes lez le flum sur l'araine. 
(Les Vœux du Paon, Richel. 3fi8, V 89'.) 
Une montaignette qui est avironnee d'un 
Pun qui part es deux pars dessoubs le 
chaslel et par desot. (Liv. de la Conq. de 
la Moree, p. 458, Bucbon.) 

Tellement eubairenl roy Piètre celle gent 
Que le commun qui vit la teste la présent, 
La prindrent el eclerent tosl et apertement 
En .1. flom qui la est qui en la mer dessent< 
(Cuv., Bertran du Gueschn, 1684S, Cbarrière.) 
Impr., flour. 

Li cheval l'omperenr 

En une flu de ebaude eawe passât, s'est recnleU. 
(Jeh. dks Prf.is, Geste de liège, 13431, Scheler, 
Gloss. philol.) 

Seigneurs, ou temps que je vivoie 
Ou fleu Jourdain le baptisé. 

(Pass. y. -S., Jub., Slyst.. Il, 293.) 

— Les eaux de la mer subissant l'effet 
du flux et reflux, flux, marée : 

Une moût prosse ville seans sour le pun 
de la nier. (Fiioiss., Chron., U, 384, Luce, 
ms. Amiens.) 



Je sny unf; gués la ou .xil. hommes 
passeroient bien de froncq deux fois entre 
jour et nuit, car li puns de la mer i est. 
(Id., t6., V, H,Kerv.) 

Li contes de Honstidonne a ptm de la mer 
se desancra. (Id., ib., IV, 422, Kerv.) 

llaiuibon siet droitenient sus un bon 
port de mer et en va li puns tout autour 
par grans fosses. (Id., ib., III, 357.) 

— Fluiide venlre, flux de ventre : 

Si le prist un pum de ventre dont il mo- 
rut. (Grand. Cron. de France, la vie Mgr 
Saint Loys, xxill, P. Paris.) 

Le Flon, nom d'un ruisseau qui passe à 
Lausanne. 
FLuni, voir Floui. 
FLUSIBLE, voir Fluxible. 
FLUSTEL, voir Flautel. 
FLUSTEUR, voir Flauteur. 

FLUTTiF, adj., qui s'écoule, qui se dis- 
sipe promptement : 

Puis noler les delis du monde 
Ou toutes vanités I^abonde 
En fluttive niuabletes. 

(Mélam. d'Ov., p. 91, Tarbé.) 

FLUVAiRE, S. m., fleuve : 
Trescourant puvaire. (Maiz., Songe du 
vielpel., I, 9, Ars. 26S2.) 

FLuviEL, adj., de fleuve : 

Ypotame est uns peissons qui est apelez 
cheval puviel, porce que il naist el flun de 
Nile. (Bhun. Lat., Très., p. 189, Chabaille.) 

FLuviEus, adj., du fleuve, fluvial : 
Fluviosus, puvieus. (Catholicon, Richel. 

1. 17881.) 
La cuminiction puvieuse de Caprelle et 

de la mer. (Le Baud., Hist. de Bret., c. I, 

éd. 1038.) 

FLUXIBLE, pusible, adj., coulant, li- 
quide, fluide ; 

Le baing rent le corps puxible et plus 
aiablea purgacion. (frobi. d'^lrist., Richel. 
210, f» 73 v°.) 

Le llus des choses pusibles. (H. de Mon- 
DEVILle, Richel. 2030, f° 79».) 

Les sons qui sont moult puxibles. (Id., 
f 17=.) 

Oyseuse met les humeurs en repos, et 
dormir les fait puxibles. (B. de Gord., 
Pialiq., III, 16, éd. 1493.) 

Sang puxible. (Id., ib., IV, 6.) 

Humeur fluxible. (Prem. vol. des expos, 
des Ep. el Eo. de Kar., 1" 83 r», éd. 1519.) 

La vertus de la camomille est que elle 
résolve et conforte les membres puxibles. 
(Jard. de santé, p. 85, impr. la Minerve.) 

Membres puxibles et débiles. (Ib., I, 206.) 

— Fig., changeant : 

l'or prendre la gent sarrazine 
Qui plus est fluiible et movable. 
(Macé de la Chaiuii:, Bible, Kichel. -401, f t9.ï'.) 
Que la médecine soit bien puxible, c'est 
a dire bien mouvable. (Evrart de ContY, 
Probl. d'Ar., Hichel. 210, f 33 r».) 

La volunté du monde est aymer choses 
puxibles et peu durables. (J. BOCCHET, 
Noble Dame, f» 114 v«, éd. 1536.) 



FOC 



FOE 



FOI 



41 



T'LUxiniMTÉ, S. f., qualité de ce qui 
«t fluide, coulant, liquide : 

Le vin. ..pour sa liqueur el fluxibililé aide 
a porter la viande par les autres membres. 
(EvHAHT DE CONTY, Ptobl. d'Ar., Richel. 
210, C 6 r».) 

La semence de serapion est bonne a la 
relaxation de la nature de la femme et a la 
fluxibilité du fondement. (Jard. de santé, 
1,91, impr. la .Minerve.) 

— Fig., qualité de ce qui passe rapide- 
ment : 

Considérer la fluxibililé de la vie humai- 
ne. (Mer des cron., f« 209 r», éd. 1532.) 

FLUxiu, V. n., répandre ses eaux: 

L'ne fonteine qui estoit souz terre fluxi 
si grandement que tonniaux et autres 
choses nui ilueques estoient elle porta 
dehors a {luise d'un grant fleuve. (Ber- 
sutRE, r. fJv., ms. Ste-Gen., f° 221''.) 

Une fontaine qui estoit soubz terre /luxit 
si grandement. {Sec. décade de Tit. Liv., 
IV, 4, éd. 1330.) 

FLUYT, voir Floet. 

FOAGE, voir FOUAGE. 

FOAGiEit, voir Feagieh. 

FOAYLI.E, voir Fouaille. 

FOBERT, foub., - iert, adj. et s., celui 
qui se laisse facilement duper, jobard : 

Qui de le crois ne se reraort 

Eq cni Diens por nos soffri mort 

Ne joera mie a fo«ber(, 

Ains avéra ce qa'il dessert. 

(l'ers de le morl. Richel. 37.';, f 338*.) 

Vos me gabez, par saint Lorenz; 

Trop me tenez bien por foubert. 
(OU des Avocas, 166, G. Rajnaad, Romanitt, 
t. XII. p. -in.) 

Ki a daines il a gaaini;. 

Bien Tosdoit estre descovert, 

Nons avons troré an foubierl. 

Si l'ai en covent a amer, 

Mais ains le cnic bien entamer 

Le borsee k'il a si hnvee. 
iU Lais de Courtois, Richel. 1553, f» 499 t°.) 

Sire dus, je ai non Trnberl, 
Bien Tons pnis tenir por folerl. 
Je sni cil qui ros acoapi. 
(D. Latfsne, Trubert, Richel. 2188, r 15 r».) 
Fol conseil el foubert. 

(Berle, 875, Scheler.l 

Nom propre, Foubert. 

FOBERTEn, fuberler, v. n., tricher : 

Chascans fuherte en cestevile. 
(Ao. DE LA Halle, Congié, Conssemaker, p. 275.) 

FOBLETÉ, voir FOIBLETÉ. 

1. FOC, S. m.? 

Les deux autres achetèrent le reste, les 
marres, les bêches, les focz, les rasteaux, 
les barils. (Hist. Maccar. de Merlin Cocc, 
IX, Bibl. gaul.) 

2. FOC? Locut., tenir le foc en Veaue. Si 
foc n'est pas une mauvaise lecture, cette 
locution répond exactement à tenir le bec 
dans l'eau : 

Le dit chanoine leur conseilla (aux con- 
jurés) que, sans longuement tenir le foc 
en IVaue, afin que l'embusche ne fusist 



descouverte, et que la dite besongne fust 
mise a exécution... (Molinkt, Chron., ch. 
XXXIV, Buchon.) 

3. FOC, voir FoLC. 

FOCAL, adj., qui appartient au foyer: 

Teair focale résidence. 
(Coût, de Uorm. en vers, V 30'', ap. Ste-Pal.) 

FOCALE, s. m., sorte de bonnet ou de 
capuchon qui couvrait la tête et le col : 

Les officiers du parlement de Paris ont 
retenu la mode de porter le chapperon sur 
l'espaule, et, sortans hors du palais, au 
lieu des chapperons, portent une comète 
de tafetas que les anciens appelloient 
focale. (A. DU Verdier, Div. Lee, p. 545, 
éd. 1616.) 

FOCE, s. f., la partie supérieure de 
l'œsophage : 

Abeche le (le faucon) au matin, si qu'il 
ait la foce de la gorge pleine, sans plus. 
(Modus, f» 80 y, Blaze.) 

FOCEABLE, VOir FOSSOIABLE. 
FOCELÉ, voir FOSSELÉ. 
FOCERIER, voir FOSSERIER. 

FOCEUR, voir FOSSOR. 

FOCILLIER, voir FOSSILLIER. 

FocRE, S. m., sorte de canon : 

Trois gros canons de fer appeliez focres 
avecques leurs afustz. (Compte, Arch. 
mun. Compiegne, B 4.) 

FODiNE, S. f., mine : 

11 y a fodines de metauls a faire chaul- 
drons bons asses. (Fossetier, Cron. 
Marg., ms. Brux. 10512, VIII, n, 3.) 

Congié demande de veoir les fodines et 
minières d'or. (P. SIart., Rec. des Isles, 
f» 174 ve.) 

Cf. Fouine. 

FOEBLEMENT, Voir FOIBI.EMENT. 
FOEE, voir FotlEE. 
FOEILLART, VOJr FOEII.LART. 
FOEILLET, voir FUEILLET. 
FOEILLIE, voir FUEILLIE. 
FOELLIR, voir FUEILLIR. 
FOELf-YE, voir FUEILLIE. 
FOEMININEMENT, VOir FEMININEMENT. 

FOENE, voir FOIN'E. 



FOENTEMENT, 

Supplément. 



voir Faintement au 



FOER, voir FuEn. 

1. FOERMANCHE, voir FERMANCE. 

2. FOERMANCHE, VOir FORMANCE. 
FOESON, voir FOISO.N. 

FOESSELLE, VOir FiSSELE. 
FOETELR, voir FeTEUR. 

FOETURE, S. f., production : 



Leselemens et lenr fmture 
Il créa. 
(Jeh. de Meonu, Itemonsir. de Nal.. ilH, Méon.) 

FOEUCQUETE, voir Fecquete. 

FOEUILLIR, voir FUEILLIR. 
FOEULETTER, VOir FdEILLETER. 
FOEULLER, voir FUEILLIER. 
FOEULLIE, VOirFtlEILLIE. 
FOEULLY, voir FUEILLI. 
FOEUR, voir FUER. 
FOEURE, voir FtJERRE. 

FOGAT, S. m., lanterne à feu pour pê- 
cher : 

Rames, seurs, fogals, nasses pellees... 
desquels engins nous delfendons que l'on 
ne pcsche de nuit. (1326, Ord., I, 793.) 

FOGNER, voir FONG.NER. 

FOI, S. m., terme de vénerie : 
Les cerfs sont si malicieux de leur na- 
ture qu'ilz viandent sur eulx mesmes 
enmv les fois sens aler hors aus champs ne 
aux tailles. (Gast. Feb., Maz. 514, f» Sl^) 

FOIABLE, voir FIABLE. 
FOIABLEMENT, VOir FlABLEMENT. 
FOIAL, voir FEAL. 
FOIALMENT, VOir FEAL.MENT. 

FOiALTÉ, voir Fealté. 

FOIAULETET, VOir FEALTÉ. 
FOIALTEE, voir FEALTÉ. 
FOIAUBLE, voir FIABLE. 

FoiAUMENT, voir Fealment. 

FoiAVLE, voir Fiable. 

FOiBLAGE, feblage, feiblage, flebage, s. 
m., faiblesse, en parlantdu poids;des mon- 
naies, permission que le roi accordait 
aux maîtres des monnaies de pouvoir tenir 
le marc d'espèce plus faible d'une certaine 
quantité de grains que le poids juste : 

Aussi estoient lesdiz deniers foibles di; 
pois .111. quars de denier pour marc, qui 
se monte xvi s. t. pour marc ou environ. 
Lequel flebage ilz n'ont mie escript en leurs 
papiers. (13 nov. 1399, liemiss., Douét 
d'Arcq, Piéc. rel. ait, règne de Ch. VI, I, 
161.) 

Enjoignons que lesdits deniers blancs 
vous faictes délivrer par les gardes de 
nostredicte monnoye, comme on a accous- 
tumé de faire, nonobstant ledit feiblage. 
(1418, Ord., X, 511.) 

Droits de monnoye, boettes, monneages, 
brassages, /'o(()ta3es,escharcettes de poids. 
(Sully, CEcon. roy., cli. clxxxviii. Mi- 
chaud.) 

— La monnaie faible elle-même : 

Se il estoit trouvé que il tresissent le 

foiblage de leur brève il seroient mis hors 

du mestier. (1324, Arch. JJ 62, C 140 r» ; 

Ord., I, 80S.J 
Soupeçonnezet accoutumez de marchans 

der de feblage et de monnoye estrangerc. 
•6 



4S 



FOI 



FOI 



FOI 



ileffendues, fausses et contrefaites, etc. 
(1356, Ord., III, 149.) 

Voyant )e prnnd cours qu'avoient toutes 
luonùoies du royaume, ou estrauperes, de 
poids, ou leperes, ou bonnes, ou mau- 
vaises, plusieurs mauvais hommes en abu- 
foient, les uns d'apporter foiblage, les 
autres de ronpner et laver pièces d'or. 
(Sevssel, Loueng. de Louis XII, p. 18, éd. 
1508.) 

Foiblage se disait encore an milien dn 
xvn* s. : 

11 pourra fabriquer les dites espèces en 
telle qualité qu'il lui plaira, soit de jour, 
soit de nuit, tant au marteau comme bon 
lui semblera, sans être tenu au foiblage du 
poids ou escliarcetlé d'aloy avec le remède 
accoustumé au.v autres monnoies. {Acte du 
24 déc. 1666, Fabrique de la monnoie de 
la principauté de Sabourg, Arch. Alp.- 
-Marit., f" l.erins.) 

FOIBLAGE, voir FOIBLECE. 

FoiBLANCE, S. t., faiblessc : 

La çraiue de basilic donne secours au.'c 
foiblances et passions du coeur. (Trad. de 
l'Hyst. des plant, de L. Fousch, ch. ccviil, 
éd. 1549.) 

FOiBLE, foirle, fiehle, foble, fettble,feble, 
fetle, fueible.floihe, floive, fleble, flebe, fleibe, 
flate, flaive, flere, flei^ve, adj., qui manque 
de force, ïefaibte moderne, avec toutes ses 
nuances I de significations : 

(I (tt >i flfUei qn'il ne poet en avant. 

(flo/., 2^-28, Mûller.) 

Cant DOS sûmes filb de Deu apeleit, dont 
est il droiz ke nos les oevres et les faiz 
aprendoDs de nostre père. Aprendons les 
en tant ke nostre (loice conscience en puet 
comprendre. (Dial. Greg., de Sapientia, 
p. 285, Foersler.) 

L'epyptiien enfant cuili Amalechite lais- 
sent ffoibe et malade en la voie. {Job, Ler. 
de Liucy, |>. SIO.) 

Aparmeimes devcrret mois et flaves. 
(U Epistle Saint Bernard a iîont Deu, uis. 
Verdun 7a, f» 4o r».) 

Mais nos veons mainz povres cuy om i 

n'en alrovereit mies de si flave cuer et si ' 

tristes. (S. Uern., Serm., dans Orell, AU- \ 

franz. Gramm-i Lat., Adeo pusillanimes et , 
tristes. 

Je ne vis onques un si fevle viellart. 
(S. Graal, Vat. Cbr. 1687, f» 94^) 

Se li mouove clmingievel en plus fort 
ou en plus pete. (1226, Cari. S. Vinc., Ri- 
chel. 1. 10023, (' 23.) 

Fleliet est. 
(H. d'Axd., du Chaneel., mi. Brit. Mus Harl., 
P 90'.) 

Si fnlrt qa'aat rostis gattiaos. 

<«<«<■, Val. OU. 1212, r fiO'.) 
VÏQA pHbes. 
(/».. Val. Chr. 1858, T 70*.) 
Je seroie aussi {evles c'uns autres homs, 
{Bib. hitt., Maz. 532, f» 84'.) 

Il res uit deniers de la terre flesve mon- 
noie. {Paaige de Hortille, Recette des 
prières, feuaiges, Arch. Manche.) 

A feuble monnoie. (1307, Arch. S 4259, 
pièce 29.) 

S'il ovenoil qu'il i east sis forz et sis 
feublis an marc. (1310, Ord., i, 478.) 



Afamet sont et magre, monlt /'oUf et nionlt mes- 
(qnant. 
(Baud. df.'ii-li., \\\, 1202, Bocca.) 

Poor Dieu pense qoe pen dure 
Pu corps li foiftf joinctore. 
(Anii Claudiatius, Bichel. 1G34, (° 30 t".) 
Imbecillis, foivles. {Gloss. de Louai, Es- 
callier.) 

Laquelle ( maison )eslûit/repe et ruyneuse. 
(1336, Arch. JJ 70, f» 41 v».) 
• A Jehan la Late, xx liv., pour bontés, 
pour II' LXIX liv. fleve monnoyc que on li 
doit a Noël. (1337, Arch. adm. de la tille 
de Reims, il, 758, Doc. iuéd.) 

Somme toute de la fleble monoie. {Compte 
C 
de 1341, Ch. des comptes de Dole, -— , , 

'404 
Arch. Doubs.) 

Dou tans de le foivle monnoie. {Compte 
de Gandrart d'Andegnies, 1352-13S3,f°18v'', 
Arch. mun. Valencienncs CC 2, 924'''.) 

Monnoie flesve ou fort. (13S3, Frais fais 
par P. de Chaton pour Vécheo. de Reims, 
Arch. adiiiin. de Reims, 111,37, Doc. inéd.) 

Fevle monnoie couroit en celi tainps. 
(Ascens. 1357, Compt. du receveur d Lens, 
Arch. Nord.) 

Et (lar ce sont flebles ou inliabilles a bons 
faiz d'armes. (Oresme, Yconomiq., f" 3'', 
éd. 1489.) 

Gardes que rien n'i escbappe ne fiebe ne Tort. 
{nalaille des (renie Englois el des trente Bretons, 

287, Crapelel.) 

Les arbalestriers qui, dans cette cir- 
constance accompagnent les collèges et 
fiertre de Saint Pierre el la loy, reçoivent 
un I. febles en courtoisie ; les archers, xL s. 
fcbles. (1418, Dépenses, etc., Ann. de la Soc. 
de l'hist. de Fr., 1864.) 

En fieble monnoye. (1440, Compl. de B. 
Blondel, Arch. Eure.) 

Ont lantoist les caers /taivcz. 
(jF.n. DES Pbeis, Geste de Liège, 35165, .Scheler, 
Gloss. philol.) 

A le fort du fueible besoing. 
(Quatrains moraux, xxxix, tirés d'an ms. du 
xv' s.) 

Je TCiiz que la mort le plus fort 
Comme le fleibe tend a prendre. 
(Danse macabre des hommes, éd. 14Sfi, Baillen.) 
Si l'on TOns dit : Faictes nng tel atTaire, 
fie respondez : Je ne le sçaurois faire. 
Mais si jusle est, mêliez vous en eCTorl 
D'y obéir, fussiez vous feuble on fort. 
(J. BoicHET, Ep. mor., \\, aux serviteurs et 

servantes, f° 29 v', éd. 1545.) 

Ceulx qui sont de cler engin et graut 
esprit sont dehilles et feubles de corps. 
(In., la Noble Dame, f» 10 v», éd. 1536.) 

Sur le fleibe commun tombe toute la 
perte. (S. 1'o.ni:et, Regr. de la Fr., f« 8'.) 

— S. f., monnaie f.tihlf : 

VI livres engroignos p' .n. deu. pièce 
valant au fuer de la flesve .VII. liv. 10 s. 
(Paaige de llorville, Recette des prières, 
fenaiges, Arch. Manche.) 

Au commencement du xvii* siècle, trois 
formes étaient encore en présence, flebe, 
feble, faible : 

Flebe, aucuns prononcent ainsi, disans 
qu'il vient de flebilis, autres prononcent 
feble, et ce par metalhese ou transposition 
de lettres. Autres prononcent foibte. (NiCOT, 
Thresor.) 



Wall., flawe ; naninr., /ïat<ic«; rouchi, 

flau ; anc. wall., floyve; Berry, feuble, 

I feube ; Beauce, fletibe ; se dit en parlant 

des personnes d'un tempérament délicat. 

FOinLECE, - esse, - cche, foiblace, foi- 
blaiche, foiviece, foirlesche, feiblesce, feu- 
blesse, fieblece, - esce, - esse, fiesblesse, fe- 
bksce, fevlece, - che, feblieste, fuevlleice, 
floibece, flebece, - esce, - esse, fleblesse, 
floiboice, flabesce, flahlesce, s. t., manque 
de force, de pui.^sance ; franc, tnod., fai- 
blesse : 

La floibece des homes. (Brun. Lat., 
Très-, p. 343, var., Chabaille.) Autre var., 
foiblece. 

Force et aide en ma flebece. 
(Vie de S. Aleii, "27, Remania, Vlll.) 

Foibleche.diich. le biel, ms.Tcrin, f"131r°.) 
Ne nus a bien faire ne faut 
Fors par ferleche on par défaut. 

(Rose, Vat. OU. 1212, P 48'.) 

Nostre povretei el nostre flablesce. (Lau- 
rent, Somme, frag., Bihl. Verdun, f» 2 V.) 

Foiblace. (Id., ib., ms. Chartres 371, 
fo 19 V».) 

Par perece et par faiblesse. {Serm., Ri- J 
chel. 423, f» 79'.) 1 

Pour la flebesce de sa maladie. (JoiNV., 1 
S. Louis, Lxxix, Wailly.) 

A la grant flebesce la ou son cors estoit. 
(ID., ib., p. 236, Michel.) 

Pour le frailleté et le fevlece du pulle. 
(Bib. hist., Maz. 532, f" 49^) 
Cens le porta en se maison, 
Tost aprez fuevlleice languit. 
(AnIi Claudianus, llichel. 1634, f» 47 »°.) 

Ouaut de cors rsleil en fieblesce, {Ens. 
Saîom., Richel. 25407, f" 173 v»,) 

Débilitas, flebesse. {Cathol., Richel. 1. 
17881.) 

Imbecillitas, foiviece. {Gloss. de Douai, 
Escallier.) 
Débilitas, flebesce. (Gloss. de Couches.) 

De grant fieblesse quasset. 

(Dial. de S. lirég., ms. Evreni, f Sb*".) 

Fragilité et flotblece de cuer. (Tignonv.,. 
Dis mor. des philos., Ars. 2312, f» 92 r».) 

La feiblesce de la chaleur nalurele. 
(Evrart de Co.ntv, Probl. d'Arist., Ri- 
chel. 210, 1" 59 1'».) 

A l'eurc de la mort la chaleur naturelc, 
pour sa feblesce, se départ des extrémités. 
(ID., ib., f- 87 r».) 

Foiblaiche décors. (Remed. anc, Richel. 
2039, I" 10'.) 

Eu grunt foiblcche d'estomac. (Fray. 
d'un liv. de médecine, ms. Berne A 95. 
f» 5 r».) 

Ce qui est derrière culz trait les membres 
a floiboice cl u uieigreur. (Oresme, Qua- 
drip., Richel. 1348, f» 154 V.) 

Pour la flebece do nostre veue. (ID., Liv. 
du ciel el du monde, ms. Université, 
f» 142 v°.) 

Le foivlesche de l'cngien. (Ms. Lille 369. 
f» 35.) 

Flebesse. (1415, Compt. Hâl.-D. Soiss., 
v° Acy.) 

Flebesse. (1464, J. LACADEnc, Calholicov. 
éd. Auffrel de Quociqueueran, Bibl. Quiin- 
per.) 



FOI 



roi 



FOI 



4$ 



Veu son aagc et fleblfsse. (1469, Monstres 
yen. des nobles, Arch. Eure.) Al. febliesse, 
lleblesse, fiesblesse. 

Flebesse. (fM Iresampleet vraye Expos, de 
la reigk M. S. Ben., 1486, f» 119'.) 

Debililt^ flebesse — Febleuesse. (I'als- 
CEAVB, Esclairc, p. 219, (!énin.) 

l'ne fetiblesse le priut. (.1. Bouchet, .4nji. 
d-Aquit., f 10 V», éd. 1537.) 

Beuiplv lie feitblesse. (Id., Labyr. de fort., 
Maz. 10832, f" 61 v».) 

Faiblesse. (.KwiOT , Vies, Bnilus, éd. 1563.) 

FOIBLECHE, VOif FOIBLECE. 

FOiBLEMEXT, foeblemetU , feiblement, 
feblement, fieblement, floiheinent,fleibement, 
flebement, floivement, flevemenl, adv.,(l'une 
manière faible, légèrement, peu : 

Trail l'olifan, fieblement le sunat. 

(Roi., 2104, Mâller.) 
Jamais n'icrt jors qne il n'en soit dolans 
El qu'en sa vie n'en acroit fiuivement. 

UesLolt.. Ilichel. 16-22, f" 15G »°.) 
rt vet Ters le permis petit 
Floibement^ petit et petit. 
(GoDKFROVDE Laii^nv, Chev. de ia Charrette, 
p. 176, Tarbé.) 

Faiblement. (126S, Lett. du vie. de Ch. 
d'Anj.,ATch. B.-du-Rh. 363.) 

Si con li armez floivement 
Qui conbatent legierement. 
(J. DE Priobat, Liv. de Yegece, Richel. 1604, 
V 15'.) 

Le vin douls eschaufe seulement super- 
licielment et feiblement. (Ever.^rt de 
CONTY, Probl.d'Arist., Richel. 210, fTl v°.) 
Car ce ne Tient que de fortune 
Oui flevement sa gent fortune, 
Et aussi comme ia pluie 
Qui tost vient et tost ennuie. 
(G. Macu., Poés., Richel. 9221, f° 73'.) 
Je respondt molt feblement 
Eu riant et longuetlement. 

(Id., ib., f 17V.) 
Débiliter, flebement. (Gloss. lal.-gall., Ri- 
chel. 1. 7692.) 
Débiliter, fleibemenl. (Gloss. de Couches.) 
Mon compagnon si mon-tra par sem- 
blant et parole que il veolt je ne sçay 
i(uelz images flebement et obscurément. 
(.1. DE Salisb., PoUcrat., Richel. 24287, 
f 69''.) 

Fieblement. (Oresme, Liv. du ciel et du 
monde.) 

Foellement. 
(De Leasse, Val. Chr. 1519, f 37'.) 

FOIBLESSE, voir FOIBLECE. 

FOIBLESTÉ, voir FOIBLETÉ. 

FOiBLET, foyblet, feblet, fieblet, adj.,un 
peu faible : 

Tu es fiebletle e tendre chose. 

(Adam. p. 21, Luzarche.) 
Ses forces estoient encore petites et 
foibletles. (Behsuibe, T. Liv., ms. ste-Gen., 

f» 298''.) 

Le poreau a les racines menues et dé- 
liez et febletes. (Evrart de Conty, Probl. 
d'Arist., Richel. 210, f» 251''.) 

Nous avons ccst enfant seulct 

Qni est encores tout foiblet. 
(Tn.Di: Bf.ze. Sacrif. d'Abraham, Lausanne 1550.) 



L'homme najr a choses tant belles. 
Foiblet, maladif, ta rappelles 
Devant qu'il connoisse qu'il vit. 
(J.-A. DB BAïf, lesMimes, 1. IV, t» 151 v», éd. 
I61'J.) 
La langue, encor foiblettc de soymesme. 
(Joo., Eug.. prol., Ane. Th. fr.) 
Ils le soulafteut et supportent de leurs 
foibletles esiiaules. (Qoavst(IA0, l'Inst. des 
princes, 1° 5 v», éd. 1579.) 
I<]t tenant bon et résistant 
Foiblelle vous serez pourtant. 

(Vaio-, lil'll-, '. 74, éd. 1612.) 
Il ne convient pas qu'on endure 
Tel oullrasfl d'un si petit roy 
l'^Lùt foijbtet que, comme je croy. 
De craiucte et peur se saulvera 
Quand vostrecamp arrivera. 
(1565, Ilisl. de la vie du glorieulx sainct Martin, 
Soc. d'bist. et d'arcliéol. de la Maurienne, 
5* vol., p. '215.) 

Chacun d'entre nous foiblets est excu- 
sable d'estimer sien ce qui est compris 
soubz cette mesure. (MoNT., Ess., Ill, 10, 
p. 156, éd. 1595.) 

Monsieur estoit bien plus foiblet que le 
roy. (Brant., Capit. fr., Ch. IX, Bibl. 
elz.) 

FOIBLETÉ, - ei, foiblestc . foblelc , feibleté, 
feblelé, fieblelé, fieblité, floibeté, floibeteit, 
foivleti', floivetei, flebetei, flevelei, flevoulé, 
flavoteit, flavouteit, s. f., faiblesse : 
Voient les mustiers ars e le pueple tué 
Par défaite del rei e par sa Aebletc. 

(Wace, flOT, 2° p., 11)71, Andresen.) 
Pense k'il tiennent a vilté 
E qu'en lui quident feblelé. 
(.Ben., D. de Norm., II, 5031, Michel.) 

Qant le grant foblele' sentirent. 
Mengier e boivre an ventre uffrirent. 

(Marie, Ysopel. iixv, Roq.) 
Et ensi nos gardet il ke il en article de 
la temptacion nos moustret l'estage de 
nostre floibeteit. (Job, p. 449, Ler. de 
Lincy.) 

Ensi sunt ui mainte gent de si grant 
flavouteit et de si grant perversiteit k'il 
lor covient demander ke vuelent il c'um 
lor facet et ne mies k'il demandent que 
nostre sires voillet k'il facent. (S. Bern., 
Serm., Richel. 24768, f 99 r°.) 

Porceu k'ancuens de vos ne soit torbeiz 

de flavouteit d'esperit. (Id., ib., f° 117 v».) 

Ensi que de la flavouteit de la soffrance 

vignet li flavoteiz de la conscience. (Id., 

ib., f 118 r^) 

Por dolor ne per fcbleti'. 

(Renart, Itr. IX, 1441, Martin.) 
Se nos ci vos taisons, ce sera foibletcs. 
(Ren. de Montaub., p. SI, lUichelant.) 

Cil me vendi a Charle, ceo fu par fiebletez. 
(Quatre fils Aymon, ms. Oxf. BodI. Hall. 59, 
f° 71 V».) 

Car viellesse et flebeleis me destorbeient. 
(Hist. de Joseph, Richel. 243S, f°7 v°.) 

Et par lur floihlelel les avient mescheance. 
(t'oème mor., ras. Oxf. BodI., Canon, mise. 74, 

f° 36 »".) 

La faibleté de pechier vint en lui de par 
le cors. (Brun. Lat., Très., p. 19, Cha- 
baille.) 

Ainsi ont faibleté por aage. (1d. , ib., 
p. 23.) 

La foivletes des homes. (Id., ib., p. 343.) 
Var., faiblîtes, fieblité. 



Feblelé de cors. {Liv. de jost. d de plel, 
l, VII, I 9, Rapetti.) 

Totes les foiz que l'en voint le poer de 
la feme par le sien poer, et en celé faibleté 
gist l'en a li, c'est force. (Ib., xix, 7, % 3.) 

Ilh besongne ki W floiveleis des malades 
soit sortenuft de plii< deliciouses viandes. 
(Trad. du xiii" s. d'une ch. de 1202, Cart. 
du Val St Lambert, Richel. 1. 10176, f°16''.) 

Tant lor met le dyahles au davant d'es- 
soignes et de flevelei ou de vicllesce ou de 
jonnesce. (Laurent, Somme, ms. Troyes, 
f» 21 r°.) 

Pour la grant fiebleté de mon cors. (Ch. 
de 1295, Arch., Musée, vit. 50, pièce 298.) 

Et au malades et au fleives tcil chose 
enjoendre que ne soient trop pressei de 
labour, et de tels doit li fleiwuteis estre 
considérée de dant abei. (Régie de S. Ben., 
dans \aNécral. deS.Airy, ms. Verdun U.) 

Li abbes regart lor floibeteit. (Riule S. 
Ben., ms. Angers 390, f» 14 V.) 

Que on escart... a la flaibetet de chascun. 
(Ib., f 11=.)^ 

Par Sun eage grant e par sa ftebleté. 

■ (Hom, 1752, var., Michel.) 
Ce ne vient pas de ta nature mais de lu 
foibleté de cens qui te voient. (Cous, de 
Boéce, ms. .Montp. H 43, f" 12".) 

Il apanrait la foibletei dou mal. {Ib., ms. 
Berne 365, f 41 v».) 

La puissance des boins et la foibletei des 
malvais. (Ib., f» 43 v°.) 

Ains estes espies qui venes espier et 
veir les febletes de cest règne et de la con- 
trée. (Estories Rogier, Kichel. 20125, f» 70''.) 

Mais il soient toutes en /'eit/eiê. (OresmE, 
OuadWp., Richel. 1349, f» 19=.) 

Considéré la febteté et pauvreté du pays. 
(1404, Ord., IX, 29.) 

Et congnois ma faibleté et mon enfer- 
meté. (/»(er?t.Consoi., 11, XX, Bibl. elz.) 

Qui demonste leur faiblesté, et jeunesse 
amoindrir. (Blas. des coul. en armes, 
f» 32r°,éd. 1511.) 

FOiBLETEMENT, - etlement, floiblete- 
ment, adv., d'une manière qui marque un 
peu de faiblesse: 

Et s'est levés en son séant 
Mont fîoibUiemenl. 

(Chev. as .u- esp., 3111, Foerster.) 

El quant il revient, il respont 
Si comme il pot foihletement, 
Si comme cil ki durement 
Fu adoles. 

(/* , 840.) 

Tout foiblellemenl m'embrasse. 

(Taiiuu., Poés., 1" p., p- 94, éd. 1574.) 

Et qu ind aussi sa main douce 
Foibletlement me repousse. 

(Id., j*., p. 110.) 

vo\iMAK.,flebir, verbe. 

— Neutr., éprouver une faiblesse : 

Et puet hom contre araor gariri 
Non voir, le plus fort fait flebir. 

(Florimonl, Riche!. 353, f 24"'.) 

— Act., causer une faiblesse à : 

Se aucuns fiert un autre et il lui fai- 
blisse de ses membres ou de son corps 
(1294, Coutume de Dijon, Richel. 1. 9873, 
f 35 V.) 



4i FOI 

— Flebi, part, passé, affaibli : 

Mais flftù fol doD sanc qa'il pert. 

(Florimoni, Richel. J5101, f 21'.) 

Ce verbe est d'un «sage très rare dans 
l'ancienne langue, et il parait avoir été 
oublié pendant plusieurs siècles. On ne le 
trouve ni dans RIcbelet, ni dans Fure- 
tière et l'Académie ne l'inscrit qu'à partir 
de 1740. Desfontaines le donne comme 
nn néologisme. Prévost, le regardant 
comme un archaïsme, dit, dans son Ma- 
nuel Lexique : « Faiblir, v. n. Vieux mot, 
qui s'est remis en usage, pour mollir, se 
relâcher. • 

FOiBLOiER, fcbleier, febloier, v. n., 
faiblir, s'alTaihlir, au propre et au lig. : 
E li dncs alonl fibleianl. 

(Wace, Rou, 3' p., 3387, Andresen.) 
Li cors li Ta forment et li cners foibloianl. 
(Roiim. d'ÀIU., r 31', Michelant.) 

Or Ta li tens en fehtoiùnt 
Et c'a n.uge> decaans. 
'Re<. pe Bïadec, h Biaus DeSeonnns, 1059, 
Hippeau.) 
— Foibloiê, pari, passé, affaibli : 

Desor Tesli .1 . ^ambison faitis, 
K'a si fort liomc en Ireslonl le pais 
Se il le porle .i arpent et demi 
Qn'il ne fnst anques foihloiez, gel toi di. 
(Gaijdon, 4915, A. P.) 

FoiBi.on, feblor, floibor, s. f., faiblesse : 

Qni fort ferae poroit trouver 

Le creatonr devroil loer ; 

Fort Tapele por les poibors 

Oo'il soit et trouTa en ploisors. 

(Bls., Troies, Hichel. ST.S, f 93'.) 

... Por les feblon. 
(Id., ib.. Ars. 3314, T 84''; Joly, 13418.) 

FoiD, S. f.,forme de foi, employé comme 
synonyme d'otage : 

Tuit li prisons qui ont estez pris por 
l'ocquoixon de la guerre que nous tenons 
d'une part et d'autre, lor foidz et leur hos- 
tajpes sonl.doient estrc nous quitte et tuit 
ilelivre. (1325, Tr. de Paix, Hist. de Metz, 
IV, 20.) 

FOiDE, voir Faide. 

1. FOIE, voir Fie. 

2. FOIE, voir Faclx. 

1. FOIEE, voir FIEE. 

2. FOIEE, voir FOUEE. 

FOiEL, - al, - au, s. m., hètru : 

Germain Druot pour uvoir trouvé a un 
jiarcque a pourceaux endeseure le hour 
couvert, douze foiaux verds abatus, et un 
carur, pourqiioy coodamné en dix livres 
Mans pour cbacuu foiau. (Coût, d» Lan- 
dreeies, .Nouv. Cout. gén., II, 269.) 

11 est resté comme noms de lieux : le 
Faiel, près d'Andely ; tes Faiatix. La forêt 
de Fiel, arrond. de Bar-sur-Seine. 

La poésie a Inimortalisé la Dame de 
Faiel. 

FOIBLMENT, voir Feelme.nt. 

FOiEOK, voir Foueoh. 



FOI 

KoiGNASSE, foingnasse, s. t, sainfoin : 

Sainct foin, autremeut dit foin de Bour- 
gongne ou foignasse. (Liebaclt, Jlfais. 
rijsf., p. 653, éd. 1597.) 

Les Picards l'appellent foingnasse. (Id., 
ib.) 

Morv., foinasse, fouinaisse, grande herbe 
h demi sèche qu'on ramasse dans les bois 
et dans les lieux incultes. Flandre, fe- 
nache. 

FOIGNEE, foignie, s. f., redevance en 
foin : 

Nuef vingt et dix journaux de terre... 
qui ne doivent foignees, dismes. (1372, 
Cart. Esdras de Corbie, Richel. 1. 17760, 
f 265.) 

— Foin : 

Du mesnie genre sont les bateaux abois, 
moullicrs a sablon, foignies et a charbon. 
(Du VEBDlKR,Di». Icc, p. 119, éd. 1616.) 

FOIL, voir FUEIL. 

FOILIEIt, voir FUEILLIER 1. 

I-OII-LART, voir FUEILLAUT. 

FoiLi.E, s. f., tonneau : 

Quant je sanh de dessoubz la foilli'. 
On ne me met pas en nne oUe. 
(P. Jamec, Debttl du Vin ri de l'Eaiie, Poés. fr. des 
XV' et xvi" s., IV, 106.) 

FOILLEIZ, voir FOULEIS. 

FoiLLER, v. a., forme de fouiller, au 
sens d'extraire : 

Pour .XXI. journées el demie de ma- 
neuvres mis et emploiez a foiller des cail- 
loz es foEscz de la ville. {Compte de Jaquet 
iar(;en(ier,1434-1436, Forteresse, Ucspence, 
1, Arcb. mun. Orléans.) 

FOILLET, voir FUEILLET. 
FOII.LEUR, voir FOEILLEUR. 
FOILLIE, voir FUEILLIE. 
FOILLIEK, voir FUEILLIER. 
FOILLIR, voir FUEILLIR. 

1. FOILLOLER, voir FUEILLOLER. 

2. FOii.i.oLER, failloler, v. a., gaspiller : 

Quant povretc l'ot adonlé, 
El lot le sien ot foiUolé 
En musardie et despendn. 
(G. i>E Coi.NCi. ilir., Ilichel. 23111, f" 66», et ms. 
Brui., f 8-24.) 

Et toat le sien ol faillolé 
Ko musardie et despendu... 

(Id., ib., Ars. 3527, f» ISi*.) 

FOILLOT, voir FUEILLOT. 

FOILLOUX, voir FUEILLEUS. 

FOILLU, voir FUEILLU. 

FoiLLUEL, S. m., mesure déterre : 
En .11. menchaudees el en .lui. foilluel. 

(1287, Cari, du Mont S.-Mart., Richel. 1. 

8478, f" 129=.) 

FOIMEN, VdirFOMAIN. 

FoiMENTEOR, foym.,aà}., qui ment à sa 
foi, parjure : 



FOI 

Parjures, fans et foymenlierres. 

(Rose, ms. Corsini, f" 127'.) 
Tesmoios parjurez et bouliers, 
Foimrnlet'ur et bordeliers. 
Plains de vice et de luiure, 
Fans changeeurs, et faux drapiers. 

(Fahl., Ilichel. 1593, f» 146=.) 

Vilains parjures et foimrnlirrres. 

. (FaH. d'Or., Ars. 5069, 1° îî*».) 



FOiMENTi, feimenti, adj., qui a manqué 
de foi, parjure : 

Li ors traîtres, parjures, foimenti. 

{Les Loh., ms. Berne 1 13, f 21''.) 

Mauvais trailres, parjures, foimentis. 

(Ib., ms. Montp., P ei'.) 
Parjur e feimenti e faus. 

(liEN., P. de Norm., II, 1341, Michel.) 
Parjure fnstes, 
Frimenlie e parjurée. 

(Tristan, II, 238, Michel.) 

Trecheor et foimentis. 
(Jeh. Bodel, Barlscb, Rom. et past., III, 40, 44 ) 
S'il est traître u parjurie u feimenti. {Pa- 
raph. du Paler, Richel. 1. 1315, f° 127 v».) 

FOiMENTiE, foym.,feim., s. f., foi par- 
jurée, employé comme foimenti pour dé- 
signer celui qui a parjuré sa foi : 

Tuz tens est eisi avenu 

Que de cens n n'a si mal nun, 

Trailur deleié, felun, 

Parjur, orrible, feimentie, 

Iluntos, vils, pleins de félonie. 

Que il seient muslrez as deiz 

('um ilesleiaus e faus reneiE. 

(Bes., D. de Xorm., I, 2090, Michel.) 

Li parjure et li foymenlie. (LAURENT, 
Somme, ms. Soiss. 210, l'"39\) 

FoiMENTiF, /0(/., adj., qui a manqué à 
sa foi, parjure: 

Ha! dolante,chetive/b;/menfii>e, comment 
as tu ce oser penser de si tost avoir mentie 
ta foy au saiucl preudomme ? {Girart de 
Rossillon, ms. de Reaune, éd. L. De Mon- 
tille, p. 190.) 

FOiMENTU, faimentu, adj . , qui a manqué 
.'i sa foi, parjure : 

Kar cil ki est faimentu 
A toi jorz ert perdu. 
(Conlin. du llrut de Wace, Micliel, Chron. angto- 
norm., 1, r.7.) 

1. FoiNE, foinne, foyne, foisne, foene, 
fouane,fuyne. s, f., instrument de fer dont 
on se sert pour soulever et empiler les 
gerbes; instrument de fer à plusieurs four- 
chons pour prendre le poisson de rivière : 

Ad iugeuia quae sequuntur, videlicet a 
bois et a boutoirs, ad communes nassas, a 
foine, ad vervilia rotunda, et ad saccum 
tantummodo piscari poterunt. (1145, Tabul. 
de Corbie, ap. La Fons, Ct(<îpic., p. 121.) 
Impr, /'oifre. 

Et caoivet et foisne. 
(L'Ouslillem. au Vilain, 82, Monlaiglon et Ray- 

oand, Fabl., Il, 151.) 

Uue foene doisl estre enhantee en une 
lance comme la hante d'un glaive. (Modus, 
ms ., f« 57, ap. Ste-Pal.) 



FOI 

... Onanl se icni si assailly. 

Dedens l.i rivière est sailly, 

Or va aval, mais va amont. 

Ce dient cenU qni prescrit soni. 

Ils Ireuvent lears forces serrées. 

Qui fininct en l'arl sonl nommées ; 

L'un s'enfuyt tout droil au radier, 

A sa fouyne, pour la garder. 

(G.iCE DE LA BicsE, P 115'', ap. Sle-I'al.) 
loellui Colart feri ledit Pierre d'une fuyne 
ou fourclic a charger gerbes. (1374, Arcli. 
JJ 176, pièce 241.) 

Bernard ayant appelle Sansonnet, vilain 
coucou et donné d'une petite fouane et 
gettéala teste. (1389, Arch. JJ 137, ap. 
Duc, Fuagiutn.) 

Les foynes deflendues aux pesquenrs. 
(1437, l'éroune, ap. La Fons, Gloss. ms., 
Bibl. Amiens.) 

Un baston nommé foyne, dont on a 
accoustumé de tuer poissons en eaue. 
(1447, Arch. JJ 176, pièce 510.) 

Ou nul ne pœult peschicr a roix, liarnas, 
ne a foine ne autre engien. (1507, Prcv. de 
MonlreuH, Coût. loc. du baill. d'Amiens, 
11, 644, Uouthors.) Plus bas : foinne. 

Ardennt's, foine, fourche de fer à trois 
denls.servant à charger le foin.H.-Nonn., 
valide d'Yères, foinr, engin de pèche. 
Bourb., fouane, baguette. 

2. KOIXE, foyne, faine, s. f., peau de 
fouine : 

La douzaine de foinez .ii. s. (Li coût, des 
foires de Troies, li tonneus delà peletcrie, 
ms. Troyes 365.) 

.II. oppellandes longues a lioninie, l'une 
fourrée de chas et l'autre de foyiies. 
(24 mars 1393, Inv. de liegnaul Chevalier 
tailleur du D. de\Bonrg., Inv. de meubles 
de la mairie de Dijon, Arch. Cote-d'Or.) 

Je Toys prendre 
De menu vair donc et Je faines, 
lies çrouppes, et des toutes vaines, 
Kt ung beau manteau de rognard. 

(Nom. l'atMin, p. US, .laf.oli.) 

1 (HNKU, voir Fe-ner. 

FoiNET, foynet, s. m., fourche de fer 
.servant à prendre le poisson de rivière : 

Et d'un convers qui a esié pris chacent 
a bernois et a .i. foynet en la grarie dudit 
vidame. (20 fév. 1345, Cart. d'Igny,l\\c.he\. 
1. 9904, f» 151''.) 

Cf. Foine 1. 

FoiNETE, - elle, fouin., foynn., s. f., pe- 
tite fourche : 

Une fouinelle a chargier gerbes de blé. 
(1428, Arch. JJ 174, pièce 215.) 

Ung nommé Charloteau demourant a 
Clavy avoil une foynnetle en sa main. 
(1443, Arch. JJ 176, pièce 303.) 

On lit dans le Dict. d'Agric. de 1800 ; 

KoiNETTE, s. f., fourche de fer à deux 
dents, servant à charger le foin. 
Berry, fouineite. 

FOINGNASSE, VOir FOIGN.\SSE. 
l'OI.NGNEAU, S. ni.? 

L'n pot a foingneau. (1396, Arch. M.\l 31, 
l» 230 V.) 

FOINGNIER, voir FeNIEU. 



FOI 



FoiMEit, voir Fenier. 

FoiNNAiiLT, S. m., grenier à foin ; n'a 
été rencontré que dans un texte provin- 
cial du xvii= s. : 

Une partie des foing perdit dans les 
prex, et l'auttre partie qui estoient dans 
les foinnaull esloit verdoiant de l'erbe que 
l'umidité produisoit pardessus. (1663, 
Mcm. de Cl. Dusson, ÏMém. de la Soc. 
éduenne, 1875, p. 190.) 

Bourg, et Morv., foinneau, fenil, grenier 
à foin. 

FOINNE, voir Foine. 

FOIRABLE, voir Ferabi.e. 

FoiRArv, voir Forain. 

FoiiiANCE, foyr., s. f., chômage : 
' Pour la foyrancc du molin de Bercoillins. 
(1310, Compl. du dom. deMahaul d'Artois, 
Ricbel. 8531.) 

1. VOIRE, foyre, s. f., achat : 

Vostre nopveu avoit desja fait sa foyre, 
et en a seulement pris pour huyt cents 
francs. (Loyal Serv., Chron. de Bayard, 
c. VII, éd. 1527.) 

— Retour, réciprocité : 
Bien devons avoir en mémoire 
Noz biensretours sanz maie foire. 

(Dou Lion ri iloii l'axloriau, ms. Chartres fi-2(l, 
fM:U''.) 

— Champ de bataille : 

i;t por la nuit oscure et noire 
Ont il'andeus pars gaerpi la foire. 

(Ben., Troies, lUohel. 373, f ll.'i'.) 

2. FOIRE, S. f., sorte de canon : 

.III. gros canons de fer appeliez foires 
avecques leurs afusltz, chambres et 64 
bouUetz de pierre. (Compte de 1475, Arch. 
mun. Compiègne, CC 26.) 

FOiiuÉ, voir Férié. 

FoiuiER, voir Ferier. 

FoiROLi>E, S. f., plaiii' , la iiiiTcuriale 
annuelle : 

Herbe qu'on appelle mercuriale ou foi- 
rolte. (H. Est., Dictionariolum.) 

Mercurialle ou foirolle. — Coloquinte, 
mercuriale, mercuriaiis herba. [Trium 
ling. dict., 1604.) 

La foirolle ou marcorelle. (Comenius, 
Janua aurea reserata duarum linguarum, 
p. 30, éd. 1669.) Lat., mercuriaiis. 

Bourg., Yonne, Argenteuil, Vassy-sous- 
Pisy, foirôle, fourôle ; Laiïon, foisaule. 

l'oiROT, s. lu., foret : 

.1. foirot a percer. (5 fév. 1394, lyiv. de 
meubles de la mairie de Dtjon, Arch. Côte- 
d'Or.) 

FOiRRE, voir Fuerre. 

FOIS, s. f., s'employait dans de nom- 
breuses locutions ; 

— A la fois, parfois ; 

Li bastart qui sont ué en mariage, sont 
a le fois prové en le manière que noz 
deismes dessus, et o le fois en autre ma- 



FOI « 

niere. (Beaum , (;oh(. de Bcauv., wiii 14 
Beugnot.) ' ' 

Clie avient a la fois a rlieaus qui heient droit. 
(Jeb. des Preis, Cesie de Liei/e, II, 1 1109, Scheler, 

Gloss. philol.) 

— Tel fois csl, parfois : 

Ours ne lyons n'est ne heste sanvaipe 
Qui, lel fois esl, ne fraigne son vouloir 
De faire mal et anui et damaige. 
(KusT. EE Peint., Clians., Ilicbel. l.'iOl, f» 83 r".) 
Au voir dire et raconter, c'esloit grand' 
merveille de ce qu'ils faisoient [les pillards 
in campagne] : ils espioient, telle fois es- 
loit, et bien souvent, une bonne ville ou 
un bon cbastel, une journée ou deux loin, 
et puis s'assomhloient vingt ou trente 
brigands... (I''roiss., Chron., I, 1,324, Bn- 
chon.) 

En ce conseil et parlement avoit grant 
vois li sires de Parteuay, et volt, tele fois 
fu, que on acceptast le journée des fias- 
cnns, et y monstroit voie de droit et de 
raison asses par deus conditions. (\D.,ib.. 
VIII, 213, Kerv.) 

— Le plus des fois, le plus souvent : 

A l'appétit le plus des fois de ceux qui ne 
l'ont point desservy. (CoMM.. Mém., V. 18, 
Soc. de VU. de Fr.) 

— Fois s'employait donc dans beaucoup 
de phrases comme le moderne tour : 

En son dangîer passer ainsi convient. 
Et test ou tard chacun sa fois y vient. 
(Alain Ctjart., Del/at des deux fortunes, p. oSO, 
<!d. len.) 

Elle ne laissa pas de leur bailler toujours 
audience, chacun a sa fois, puisqu'ils la 
l'oqueroieut. (Louis XI, Nouv., xxxiii, Ja- 
cob.) 

La carpe demenoit la quene fois u fois. 
(I^esper., Nouv., xxxvil, La .Monnoye.) 

FoiSELE, voir Fossele. 
FOISELLE, voir Fissele. 

FOISENEIR, voir FolSOKER. 

FoisiL, fouesil, fouissil, fttisil, fusil, 
fouzil, s. m., pierre à fusil : 

Mais Auberis nel dontoil .i. foi.iil. 
(.iulieris li Bori/ir/nons, Vat. Chr. 14il, Moinv., 

p. 220.) 

De vénerie i a oustill. 
Le quenivet et le fuisill. 
Kl li tendres et li galet. 

{Parlon., Richel. 19i;;2, f» 143".) 

Prenl le fiiisil, si a do l'esclie prise. 
Grant feu ont fait del l'eu de la sapine. 
(Ueui'es d'Wmslone, Hichcl. l-2:i-i8, f» lOG''.) 
Pericudium, fouissis. (1352, Gloss. lal.- 
gall., Richel. 1. 4120.) 

Fugillus, fouesil. Fugillare, lair(^ feu de 
fouesil. {Gloss. lat.-gall., lîichel. 1. 7684.) 

— Briiiuet : 

Un [letit foisil d'argent doré, cizellé en- 
tour. (1380, Inv. de Ch. V, n" 2172, La- 
baite.) 

Panurge portoit dans une boug(>tte. . un 
fouzil garny d'esmorche, d'allumettes, de 
pierre a leu, et tout aultre appareil a ce 
requis. (Hau., 1. Il, c. 16, éd. 1542.) 

— Fig., excitant, stimulant : 

La sont frais et presens les bicnraicls, les discours, 
ICt les plus cbauds pensers, /««fe de nos amours. 
fD'AuDicNÉ, Traij., vu, Ilihl. elï.) 



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FOI 



FOI 



FOI 



— Tnbe à lancer le feu grégeois : 

11 lur ilevoit... faire nioslre ovcc .1. fusil. 
(1282, Arch.J 973, pièce 2>>i'.) 

— Ornement imitant le foisil : 
Clnperon a boulette et manteaux de 

mesiiies doublez de satin blane. et bordez 
de fusilz d'or. (J. Molixet, Citron., ch. 
ccxxxv, BuchoD.) 

Bcauce, foisil, instrument de fer que les 
bouchers portent attaché i leur ceinture 
et qui leur sert i aiguiser leurs couteaux. 

FOISXE, voir FoixE. 

FOISON, /bi/son, /beson, foueson, fouison, 
fouson, fotizon, fuison, fiiisiin, fuson, s. f., 
extrême abondance, grande quantité, ri- 
chesse, en parlant de choses et de per- 
sonnes : 

Des bois i eiri la granz fuisunx. 

KBnU,mi. Monich, i031, Vollmoller.) 

Les Turs orhieot a grandisme fuison. 

(ItAIUBCRT, 0}ier, 672, Barrois,) 
Qaar o'ot mis leans de chevaliers foison. 

(J. BOD., Scx., Tilt, rar., .Michel.) 
Des trailors a choisi la fuison. 

(Gaijdon, 2893, A. P.) 
Et de tôt biens larges faisons. 

(l'arlon., 1490, Crapelel.j 

Si s'esmerveiUiercut moult qu'il avoit tel 
fuson de crefliens.(Hw(. delà lerres.,nis. 
S.-Omer 722, f" 31'.) 

Car se de Dieo ne vient tes biens et tes faisons 
Petit te dois Ger en lainnes n'en toisons. 

(J. DE MriNc, Tfsl., ms. Corsini, f IGÎ^.) 

Et ne povoieut durer es paveillons pour 
la grant fuison de l'eaue. {Citron, anon. 
des R. de Fr., liée, des llist., X.\l, 102.) 

Par grant foison de chevaliers et autres 
sages ésliinz en la dite assise. (1312, Lett. 
du baill. de Caux, Juuiieg., Arch. S.-Inf.) 

En lu présence de grant foeson debonnes 
gens. (1321, Ord., xil, 456.) 

Et prirent grant fotizon de meubles. 
(1337, CoH. de Lorr., 111, f ' 42, Hichcl.) 

Grant fousons de bleif. (/6.,f«4i.) 

Le conte Aimery se parlist de Poetiers, 
et avec luy grand foison de barons et de 
■chevaliers. (J. d'Abras, SIelusine, p. 29, 
Bibl. elz.) 

En lu présence de grant fouison de 
gens de la \ille d'Evreux. (1388, Ord., vil, 
205.) 

El au contraire s'assemblèrent le comte 
de Salisberv, .Messire Jean de Luxembourg 
et foison Je gens de guerre avec eux. 
(CousLNOT, Citron, de la Pue, c. 4, Yallet.) 

En ce tamps avoit ledit duc de Bour- 
coigne mandé en Englelerre grant foison 
d'archier.«, mais il ne furent mie si tost 
prest que fut le dit duo. (MoNSTnEL., 
Ckron., VI, 210, ï;oc. de l'Il. de Fr.) 

— .4 foison, abondamment : 

Le eor> farni, les bru plains a fuison. 

(Raiibekt, Ogier. 9788. Barrois.) 

ne boin raancier ont a fuison. 

Et Tollilles et veniton. 
(Ftoir>' ri ttlanceflor, 1» vers., 1461, da Méril.) 
Malt ont despfio^eea sa meson 
El luaogier et beivre a fuison 
Et in^ot largesce. 

(Vie if .S. Thom. de Canl., 169, Michel, /). de 
Sorm., t. III. J 



Huit jors enpres l'Asension, 
Qu'il faisoit cant trop a fuison, 
C'on ne pooit déduire aler, 
Dormoil Irrake enpres disner 
Et Persewis ensemble od li. 

(Parlon., 7603, Crapelet.) 

Je trais souvent de ceos on li biens est remei. 
Et si ont alfoison terres et fiez et raez. 
(Ou Jeu de Des. ap. Jnb., Xouv. Rec, II, 229.) 

J'ajr des bien de Dien o foueson. 

{Slisl. du liel Test., 9027, A. T.) 

Sans travail les biens a foison 
Sont apporte: en ma maison. 

(Jon., Eug., I, i, Ane. Th. fr.) 

— A grant foison, très abondamment : 
Et puis ala par Engletere .II. ans et de- 
mi et i conquist .vir.cites et bours et villes 
a grant fuison. (Chron. de Bains, c. xx, L. 
Paris.) 

Jehan de Paris fist porter au roy d'An- 
gleterre en granz platz d'or des viandes 
de toutes sortes et vin a grand foyson. 
(Rom. de J. de Paris, p. 57, Bibl. clz. ) 

— De môme avec le plur., a gratis 
faisons : 

Cidres fut a grans fouesons. (Ledoyen, 
Chron., Richel. 11512, f» ll'>.) 

— Ressource, résistance, pouvoir de ré- 
sister, besoin : 

Contre nn François sont ben dix Esclavon; 
Se Dei n'en pense ki soffri passion, 
Ja crestieo n'aront vers ans finson. 

(Radibert, O'iicr, 12699, Barrois.) 
L'as frans m'encaucbe, aine ne fa si maas hon : 
As cops q'il done n'a nule arme fuison. 

(Id., il)., 12138.) 
Contre l'achier n'a nnle arme fuison. 
(Id., î4., ms. Darh., bib. de Cos., V, u, 17, 
f° 113», P. Meyer.) 

Tant estoit fors, en escrit le trovon. 
Vint chevaliers n'orent a lui fuison 
Qne vaille mie se moll petitet non. 

(II.., li.) 

Qaanque lor toil ne m'a fuison. 
Car je l'ai lot contre raison. 

(Parlon.. 2633, Crapelet.) 
Cononslor sns enloret environ. 
Vers noz n'auront dnree ne foiion. 

(Gaijdoii, 2298, A. P.) 
Je voz donrai tele confession 
Que jamais prostrés ne voz aura fuison. 

(16.. 1628.) 
Car ne puet pas avoir fuison 
Uns chevaliers contre .n. mille. 

(Cliev. as .11. esp., 1093(5, Foerster.) 
Fet li rois : Tôt ce n'a foison. 
Je n'en prendroie d'or mil mars 
Qu'il n'en fost traînez on ars. 

(C. de Dole, Val. Chr. 1725. f 94=.) 
U ont la char et la toison; 
A vous défaut il la foison. 
(GoDEFR. DE Par.. Chron., 730, Bnehou.) 

— Avoir foison ters quelqu'un, se main- 
tenir à l'égard de quelqu'un sur un pied 
d'égalité, lui être comparable : 

Ms loz li petit e li graut 
S'od lui lassent ensemblement 
Mis en balance unaiement. 
Plus a'auroienl vers lui foison 
N'en semblant, n'en compareison. 
N'en charité, n'en patience, 
N'en mours, n'en vertuz, n'en science. 
(Ancier, Vie de .Saint Greg., 23, P. Meyer.) 



Des qae Lambert le point (son cheval) de l'es- 
(peron . 
La palefroi amble de tel randon 
Qne nule beste n'aroit a lai foison. 

(.iuber. le bourg., p. 62, Tarbé.) 

— Foison, adv., beaucoup, très : 
Ha I sire, ce n'est pas raison 

Qne moy, qui sais mendre foison. 
Si baait seigneur baplizer doye. 
(Greban, "tlisl. de la pass., 1034 ij G. Paris.) 

Qui a'est rasé, dait, ou stillé, 
Ja n'y proaffitera foison. 
(C0QDII.1.ART. le Blason des Armes et des Dames. 
II, IGo, Bibl. elz.) 

La langue moderne a gardé foison, raai> 
seulement dans un petit nombre d'em- 
plois, et l'Académie l'indique comme fa- 
milier. 

Morv.. /■o'ïon, fouïon, abondance, grande 
quantité. 

FOisoNABLE, - ounable, • ounahle, Sid)., 
fourni à foison, abondant : 

U la qaisiae ki samble foisounaUe. 
{Aleschans, ap. Jonck., Guill. d'Or., t. II, p. 310.) 

Comença a plouioer une pluiete menue 
molt foisonable. lArlur , Richel. 337 , 
f»94\) 

Bleis foiaounable. (Ms. Bodl. Digby 86, 
f» 40 ro.) 

Vous demeures maintenant en marche 
et contrée asses foisonnable de pueple. 
(Froiss., Chron., XII, 273, Kerv.) 

FoisoNEU, foisonner, foissoner, foise- 
neir, fuisonner, fuisouner, fusuner, verbe. 

— Neutr., être en grande abondance, 
pulluler ; produire abondamment : 

Et Deas li fessoit foissoner 
Toz ses biens, qu'ele ne savoit 
Tant doner come el plus avoit. 

(liose, Richel. lo73, f 10^) 

Foiseneii . 
■lli., Vat. Chr. 185S, f» 11''.) 

... Fuisouner. 
II,., Vat. Cit., 1212. P 10 "I.) 
Selon que lu bien me foisonne. 
(Decuilleville, Trois Pèlerin. ,C 90S impr. Instit.) 

Car c'est celny par qui foisonnera 
Ton champ, ta vigne. 

(Ci.. Mar., Eijlog.au Roy, éd. 1731.) 

— Prospérer : 

ISe piiel fusuner parjure. 

(S. Edward le Confess., 3249, Luard.) 

— Suffire : 

El ne lor avait que tendre 
Ne qu'envoier ne qne donner, 
A ce ne poet foisonner. 
(J. Le Marchant, Mir., ms. Chartres, S" 11'.) 

Qne tant loing 
Porroit aler a cest besoing. 
Comme cilz vins fuisonneroit, 
(rie S. Rémi, ms. Brui., Anzeiger, IV, 225.) 

— Avoir en abondance : 
Bref, on ne voit chose qui vive 
Qui vive franche de douleur ; 
Mais sur tout la race r helive 
Des hommes foisonne en malheur. 

(Ronsard, Odes, II, xii, à .\mbroise de Laporte, Pa- 
risien, Bibl. elz.) 



FOI 



FOL 



FOL 



47 



Nous voyons des terres oysives, si elles 
sont grasses et ferlilles, foisonner en cent 
mille sortes d'herbes sauvages et inutiles. 
(Mont., Ess., 1. 1, c. 8, éd. 159S.) 

— Act., donner en grande quantité, ^ 
foison : 

Se da hanlt ciel laict ta Iny donnes 

Et comme poor toy Iny foisonnes. 
(DECnii.LEVii.i.E, Trois Pèlerin. ^,1° IGO'jimpr. Inslit.) 

C'est celiiy la qni nous donne 

La ployé en temps et saison; 

C'est luy aussi qai foisonne 

Les biens en nostre maison. 
{Réjouiis. des Franc, sur la paix, 1395, ap. Lcr. 
de Lincy, Ch. hisl. fr., II, ,ï69.> 

— Enrichir : 

Li tonnians ruiz rempli de vin 
De ce qn'ot esté espnisié 
Ne fn de rien amennisié, 
Car de por Dieu pt foisonne. 
(J. Le March., llir., ms. Chartres, f 19\) 
Pour /Oisonjîer les prez de grand quantité 
d'herbe. (Bellefobest, Secr. de l'Agric, 
p. 28, éd. 1577.) 

— Foisonant, part, prës., abondant, 
riche : 

Aucuns d'entre vous, messieurs, dict le 
inarescbal, tiennent que la ville d'Ast est 
plus riche que Quiers, qu'elle est située en 
pais foisotinanl en toutes sortes de biens. 
(Du VlLLARS, J/effl.,11, an 1551, Michaud.) 

Quant a l'objection qu'on pourroit faire 
pour ce regard, a sçavoir que la niesme 
pauvreté, desordre et inconveniens queles 
Impériaux pourroient apporter au Piedmont, 
que le mesme Piedmont pourroit aussi 
donner a la duché de Milan, qui est la 
plus foisonnante eslape que l'Empereur 
ait point en Italie pour y entretenir la 
guerre, les mesmes niaus et les mesmes 
nécessitez qu'ils auroient ainsi cruellement 
apportez a autruy. (Id., ib.) 

Par vous ne tienne que promptement ne 
^;oient tables dressées, /'oisorinaîi tes de toute 
légitime espèce de restauruns. iRab., 1. V, 
0. 23, éd. 1564.) 

— Foisoné, pari, passé, abondant, nom- 
breux : 

Et Sarrasins sont tousjors foisonne', 
Crant fn li caples environ et en lé. 

(Auliery le Bourijoing, p. 27, Tarbé.) 
La dilacion foiwnnee 
Ploas lasse de tant sejonmer. 
(Gkeban, Mist. de la pan., '202i. G. Paris.) 

— Peuplé : 

La cité de Poitiers est graut et esparse, 
l'X n'estoit mie adont foisonnee de gens. 
(Froiss., CftrOfi., Richel. 2641, f 139 v».) 

Morv., fôionner, fouïonner, abonder. 

1. FOISSELE, voir FOSSELE. 

2. FOISSELE, voir FiSSELE. 
FOISSELETE, VOir FOSSELETE. 
FOISSELU, voir FOSSELU. 
FOISSEUR, voir FOSSEUR. 

FoissiNE, S. f., bâton ferré : 

L'un une guisarme, l'autre une lance, et 
l'autre une foissine ou bâton ferré. (No- 
ouiER, Hisl. Tolos., 3, VI, éd. 1356.) 

Foissox, voir Fosson. 



t'OISSONEU, voir FOISONER. 

FoisTÉ, voir FoiTiÉ. 
FoiTABLE, voir Feutable. 

. FOITAUBLE, voir FEUTABLE. 

FOITIÉ, /'oifd'et, foislé, failié, adj., flgé, 
coagulé, caillé : 

Plusieurs vomissemens de sang tant 
foisié comme aultremeut. {Enquête du 
26 sept. 1338, ap. Koq., Suppl) 

Son corps fut ouvert, dedens lequel fut 
trouve sang foilié. (Wavrin, Anch. Cron. 
d'Englet., II, 375, Soc. de l'Hist. de Fr.) 

Un malade vomissoit par la bouche clo- 
teaux de sang foittiet comme un matou 
{Acte du xv° s., Valenciennes, ap. La Fons, 
Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Lire ici les ex. placés sous la forme 
Faitié, t. m, p. 708'. 

FOITTIET, voir FoiTIÉ. 

FOIVLE, voir FOIBLE. 

FOIVLECE, voir FOIBLECE. 

FOIVLESCIIE, voir FOIBLECE. 

l. FOL, adj. Locutions : 

— Main folle, main gauche : 

En aient droit chemin sur main foie. 
(1408, Gr. Gauth., f» 308, Melle, Arch. 
"Vienne.) 

— Fol visage, masque ; 
.1. fol î)ts»(?eavoit cascnns 
Qne ne les coneust aucuns. 

(J. DK CoNDF-, doit lilanc Chevalier, ir.il, Scheler.) 
Ciex c'on soloit nommer sauvaige 
Avoit canchiel .i. fol visaige. 

(iD., doi: chevalier a le Manee, 35S.) 

— Fol i bee, locution désignant un sot 
déçu dans ses projets : 

Corsabrins s'en rêva pardevers sa contrée, 
Soosprendrc nous cuidoil a cheste matinée; 
Mais on le doit clamer par rayson Fous i bee. 
(Bast. de Bouillon, 5126, Scheler.) 

Por ce a non 11 mont Fol i bee. 

(De SI Ale.ris, 278, Romania, VIII, 169.) 
Sire, dist la pncelle, nom avez Fox i bee, 
Venns estez trop tart, li henre est ja passée. 

(B. de Sei., v, «34, Bocca.) 

— On trouve fol i vee, par altération de 
la locution fol i bee : 

i;i si vous doit bien souvenir 
Des manix qu'on a veu advenir 
A maint prince de renommée, 
Pour ce qu'ilz voutoient ollrir 
l.enr amour a ceulx qui souffrir 
Vonloient en mainte contrée 
Leur contraire ; fanlse pensée 
Kstoit en cuU ; dont fol y vee 
Puis bien ceulx nommer sans mentir 
Qne si ont leur amonr donnée 
A cenix qn'onques nulle journée 
N'orent vouloir de bien servir. 
(Ms. Genève 17l)''",nitter, l>oés. des \i\' et xv°s., 
p. 31.) 

— Fols s'i fie, qualifie la fortune, le 
monde et la santé, auxquels on ne peut se 
fier sans folie : 

C'est mauves gens qne gloatenie : 
Nns n'en devroil avoir envie. 



Qnar ccst siècle n'est pas cstable ; 

Je di qu'il a non Fols s'i fie .- 

Nn« n'i set terme de sa vie, 

Prince ne roi, ne conneslabic. 

(De Guersay, Iticbel. 837, 1° 238".) 
Ainsi est de Fortune, seignor, |el vous aOe, 
Ne porquant n'a fortune ne cors, ne cuer, ne fie. 
Je li donrai .i. non, bien droit a ccstc fie : 
Si le nommera l'en do par moi fols s'i fie. 
(MoNiOT, le DU de Forlmie, Juh., Nom. Bec. 

1. 198.) 

Por ce a non li mont « Fol i bee » 

Et santé d'ome " Fol s'i fie, » 

El sa joie « Chace folie. » ' 

(Ce SI Alexis, 278, Romania, VIII, 172.) 

2. FOL, S. m., soufflet : 

Des/'o/s sofllans li fus en mit 
Nus tonoires si haut ne rauit. 

(S. Brandon, Ars. 3jlfi, f 1(11''.) 
Genst el fn a fols soïïlans. 

(;*., t" 10-46.) 
Desoz la brese ardant le mist 
Et se solla andons les fous, 
les marteaux a fait les clos. 
(Les Pttss. du roiJhesii, Ars. S201, p. 125''.) 
Le fea souflla o les .ii. four. 

(li., liicLel. 152G, I" lllj''.) 
Et si est boçue 
Aoxi comme foii.r et maçue. 
(R. DE HoD., Meraugis, ms. Vienne, t" IG''.) 

Tu es fous, et tu souflez. (Ruteb., VEr- 
berie, Richel. 19152, f» 90''.) 

Il oirent la noise des foux soutlaus et 
les escroiz des maux de fer. (Vie et mir. de 
plus. s. confess., Maz. 568, f° 48''.) 

Hic follis, fou de forge. {Gloss. de Glas- 
gow, Meyer.) 

Folliculus, petit /'oMs a fevre. (Gioss. lat.- 
galL, Richel. 1. 13032.) 

Soufloit il les foux dudil fevre. (]oiNV., 
S. Louis, p. 423, Cap])eronDier.) 

L'autrier me dist .1. ionne fol 
Qu'ainsois ferait febvre sans fol 
Ilaiche tranchant et aûoee 
Que la guerre soit afenee 
Se par les folz n'est mise a fin. 
(Sermon dupapegay, 36, ap. K. de Bouteiller, 
Guerre de Melz, p. 333.) 

Pour aménage des fols, et pour les re- 
meuer. (1338, Li Cont. des frais p. le nouv. 
cloque, XLIV, Arch. muu. Yalencieunes.) 

Fox de febvre, follis. (1464, J.LagadeuC, 
Catholicon, éd. Autliel de (Juoetqueueran, 
Bibl. Quimper.) 

— Instrument de niusiquo : 

Dont sonnèrent maint cor, maint fol et maint 
Ibacin, 
Et se sont ordené corn chevalier divin. 

(Chev. au cygn., 27299, Ileiff.) 

3. FOL, voir Fou. 

1. FOLAGE, - aige, foll., foui., adj. et 
s., folâtre, insensé, léger, présomptueux ; 

(]ar ne sont pas tirans folayes, 
Venus de llgniees votaj^es, 
Ceulv des llours de lis terriennes. 
(Christ, dk Pisan, Liv. du (Chemin de long estuâe, 
3G87, Piischel.) ' 

Mais plusieurs gens tenuz poar sages 
La blasment, (dont ils sont folages.) 
(Jehak de la FoNTAi.Mi, la Fontaine des amoureux 
de science, Genly.) 

— Poil folage, poil fullel : 



\H FOL 



M D aTox b.irbe ae ;TCQoa, 
Se petit poil folaçf non. 

(Rôsf. ms. Brni., f ',''.) 
S* petii p«)9 folâtra non. 

(/».. ms. Corsini, P 7''; Méon, 8îl.) 

— S. m., folie, action folle, conduite 
déréglée : 

Or^ill oi e fola^i/-! 

(Roi.. 31."), Mfillcr.' 
V>>Df parles lie folie, cho est oiilniges. 
Li eheralierlil n'est pu de tel folaije. 

(Aiol, 1977, A. T.) 

Sire clrois eopererei, ne penses tel folage! 

m., Sg-ïi."» 
Amis, ta as niiilt lier corage 
Ou il te Tient de grant folage. 

(.rtorinunl, Uichel. lui, P 13*.) 
Chier achalerons son folaqf. 

{Ib., r 21<,) , 

Or ais la ener de jrant follaige. 

(li.. nichel, I.SIOI, r 2"'.) 
Et s'eles [les dames] font par mal consotl folage, 
.V laikes gens maoTcses le feront, 
Cirtait H bon iront en cel volage. 
(Coiiov r>t BF.TI1UNB. Chans., .Scheler, Trouv.belg., 
p. i.) 

>'ait home ea France, tant soit do haut parage, 
S» il li monstre ne orgoil ne folage, 
Qae ne li treoche le cliief sor les espanles. 
(Enfances Giillaume, liichel. lltS, f 85.) 

.'^e mais t'avient iceste rage, 

Qne me requières de folage. 

Tant te ferai balre a mes sers, 

Qae tourneras le rentre envers. I 

i.AmaUas et Ydoiae, 738, Richel. 375, t" 316°.) 

On le lendroit a granl folaige. 
Et empirjer vos porriez. 
Se si grant dolor démeniez. 

(Dolop., 3381, Bibl. eli.) 

Outre le flan par son folage 
A celle famé aloit souvent. 

(G. DE Coixci, ilir.. ras. Soiss., rSO^) 
Le cner que tn as trop volage 
Te Gst entrer en tel folage. 

(liose. Richel. i:;73, f -2ii''.) 
tjui qniert ma mort et mon dommaigo 
Ponr ma raaivistié et foulaige. 
yU'un llermite qui avait une Sarrazine par l'enhor- 
rrment de l'encmi, p. 11, Keller.) 

— .4 /btaye, follement : 

Les jeunes corbineaux crient a Dieu 
quant leurs pères par l'estrangeté de leur 
l>lanc plumujje les desconguoissent, et 
lussent a foulaige paistre au commaince- , 
meut. iAl. CuAUTiER, l'Espérance, p. 373, ' 
^J. iei7.) t 

i. FOLAGE, voir Foulage. | 

FOL AuiER, s. ni., sycomore: ' 

Sycomores est uns arbres c'on apelle fo- 
lugier, car il resamble le mourier en 
fueilles et en touti-.s autres coses le àghier. 
(Bib. hist., .Maz. 33Î, C 217'.) 

Cil arbre est appelé précédemment fol 
tlgaier. 

FOLAIER, voir FOLIER. 

FOLAiN, adj., (jni se c<jnduit follement, 
HRiployé plaisamment comme nom de 
personne : 

le ne serai pas fili Folaiu. 

(Hentrl, Soppl., p. 183, Chabaille.) 



FOL 
FOLANCE, S. f., folie, conduite folle : 

Lors connurent piien qn'alé sont a folance. 
(Siège de Barba-ilre, Uichel. JlSfiH, V 150 v».) 

Cf. FOLIANCE. 

FOLASTRE.adj., fmndour, malveillant: 

Et peut estre que quelque folastre dira 
qu'ores que le roy se eognoisse en liorame, 
neantmoms il se mesprit lors. (E. Pasq,, 
Lett., XVII, 4, p. 500, éd. 1723.) 

Se disait encore en ce sens au xvii' s. : 

L'abbé Mondain est honnête homme, 

quoi qu'en disent les libelles ; et toi, tu 

n'es qu'un folâtre. (G. Xaudé, Mascural, 

\K 309.) 

FOLA.STRiE, -atrie.foU., s. f ., folàtrerie, 
badinerie: 
j Ce seront petites follastries entre ma 
femme et moy comme advient a touts nou- 
veaulx mariez. (Rab,, .III, 44, éd. 1711.) 
De follastries joyeuses hors l'offense de 
I Dieu, et du roy, prou (c'est le subject et 
thème unicque d'iceul.K livres), (lo IV 
epist.) 

r/une partie est es jeux et follatries, 
l'autre en tout ce qui concerne la vie. (Lk 
Plessis, Ethiq. d'Arist., (■' 28 r», éd. igS3.) 

Combien que la jeunesse des princes soit 
ordniairement plus disposée aux folastries 
j que dévotions. (E. Pasq., LeU., xiv, 2, éd 
1723.) 

Laissant toutes ces folastries a part (lo 
Poes., à la duch. de Ketz.) '' 

Peut estre l'ay je faict sciemment sachant 
bien que ce sont petites follastries. (Ty- 
BounOT, Bigarrures, f» 257 i^ éd, 1584.)' 

FOLATic,- ique, foll., adj., un peu fou, 
folâtre : 

Pour boire assez aulcuns ressemblent sages 
Qui par après deviennent folalia 
Pour boire trop. 

(J. BouciiET, Opusc, p. Sii.) 
l'olle, folliant, follalique. 

(.Id., Angoisses d'amour, p, 2G.) 

i'0L.vTUEMENT, S. m., folàtrerie : 
Comme la venue de une matrone pu- 
dique et vénérable cesse ragemeut et fa- 
latrcment des chambericres, "dit S. Basile 
(N. uii Buis, Institut., {•> 16 r".) 

FOI.ATRIE, voir FOLASTRIE. 

V01.C, foule, fuie, fouc,fouk, foucq, fuoc, 
foc, fuc, fug, fou, floc, flue, flou, frou, s. 
111., troupeau: 

Cam fuie en aut grand adunat. 

(Vie de S. Lég., ms. Clerm,, st. 22.) 
Tu nos dunas sicume fug a devurer. 
{Liv. des Ps., Cambridge, xliii, U, Michel.) 
E tolit si cum oeilles le suen peuple, e 
parmenat els ensement cum flue el désert. 
(Psalt. monast. Corb., Richel, 1. 768. 
f°64v-.; 

Es vos corant par la guastine 
l'a fuie de Ions a grant ravine. 

(Ilrul, tm. .Munich, 2504, Vollm.) 
Uespundi David : Pasturel ai esté del 
fuie mun père; quant liun u urs al fuie 
veneit, e ma beste perueit, erranment le 
pursewi, e la preie toli. {Hois, p. 65, Ler. 
de I.incy.) 



FOL 

Nabal tist tundre suu fuie. (Ib., p. 96., 
E ore me vint la nuvele que tes pastures 
tundereieut les fûtes. {Ib-, p. 97.) 

Com li lus fameillus entre fuo de berbiz. 
(Th. de Kent, Gesle d'AHs., Richel. 2i36i, 
P 34 r".) 

Dois que li palstrez est fernz 

Li frous des brebis est voincnz. 
(Pass. J.-C, Brit. Mns. add. 1^606, f» 61''.) 

Il trouvèrent la diverses fous de brebis 
d'une couleur. (De saint Brandainne le 
Moine, p. 66, Jubinal.) 

j II priseut dou fouc une brebis. (/6., p. 67.) 

I Coume fous de brebis. tPsaut., Maz. 288. 
! f» 93 vo.) 

! Se li fous de berbis est troves en da- 
! mage. (1240, Ch. de lien, de Hooucort, 
I S. Aubert, Arch. Nord.) 

Et a eslut son serf David, 
Qu'il a pris don fou des berbis. 
[ (Lib. Psalm., lxxvu, p. 315, Michel.) 

Que par une berbis languereuse ne soit 
tous li fous entechies, (Biule S. Ben., ms. 
Angers 390, f» 10 v°.) 

L'abes se gart de trobler le fouz des ber- 
biz qui li est commandez. (Biule S. Beneit, 
Richel. 24960, f 42 r'.) 

Si coma il aloient par ccste isle, il 
trouvèrent divers floz de brebiz toutes de 
blanches coulours. {Vie et mir. déplus, s. 
confess., Jlaz. 568, f' 42''.) 

Cel grant fuc de berbiz. {Sarmons en 
prose, Richel. 19325, f" 167 v».) 

Et oi vacheries et grans faux d'oeilles. 
{Bible, Richel. 901, f» 1".) 

Par un bois trespassai, 
Qant l'oi trespassé, si trovai 
Apres an moult grant flou de pors 
Graoz et petîz et noirs et sors. 
(Du povre Clere, 146, ap. Méon, Nouo. liée, 
I, 108.) 

S'aucuns de cix qui font lor testamens 
laissent toutes lor bestes, sans especefîer 
autrement : s'il a fouc de brebis, on doit 
entendre que se sont eles gu'il a lessies. 
Neporquaut, par le mot qui est si gene- 
raus, uoz créons qu'el emporteroit toutce 
qui est tenu por beste : cevax, vaques et 
porchiax ; et autres bestes, se il les avoit. 
Mais s'il disnit : « Je laisse men fouc de 
bestes, ou ni devroit entendre que les 
brebis, car ou ne dit pas fouc de vaques 
ne fouc de cevax, mais on dit bien fouc de 
porchiaus et fouc de brebis ; et por ce s'il 
disoit : € Je laisse men fouc de bestes », 
il seroit entendus des brebis, et s'ildisoit : 
« Mes /bus de bestes », et il avoit plusors 
fous de brebis et de pourchiax, il seroient 
tout euteuùu... Ou doit entendre /'OMC ou 
il a tant de pourchiax ou de brebis qu'il 
y conviengne une garde ; car ce n'est pas 
fous de bestes, qui est sans garde establis 
proprement pour eles. (BEAUil., Coût, du 
Beauv., xii, 53, Ceugnot.) 

Il souhst bien que li focs des bestes soit 
nostres, ja soit ce que chascuno beste ne 
soit nostre, car l'en demandera tout le foUC 
por sieu, ne mie chascuue beste por soi. 
{Digestes, ms. Montpellier H 47, l' 8i'.) 

Fuoc de bestes, {Ib., i'''86^) 

A la guise du thoreau qui se est combat- 
tu, a qui sa liercté double quant il a esté 
défoulez et gitiez dou fouc des vaches par 
les aultres thoreaux. {Cliron. de S.-Den., 
ms. Ste-Genev., f" 251"'.) 

Item se uns froux ou uns pars d'oueil- 



FOL 



FOL 



FOL 



49 



le.-i trespasse par eschapee, et est prix en 
autrui melTait, il sera en amende de deux 
soulz. (1304, Chart. du Comt. de Nevers, 
Areh. JJ 59, pièce 346.) 

Item, le foucq d'awes, dont le foucq 
vaiilt .XXV. awes. {{Cart. de Corbie, 21, 
f ' 333, ap. Duc, Foucagium.) 

V.l ses pailles emplis covetoient abeve- 
rer les fouks lour piere. {Bible, Exode, 
ch. 2, vers. 16, Richel. 1.) 

Qu'il ne soit nul ne nule qui laisse aler 
ne mettre besles eu autruy dommage sur 
les amendes qui cy après s'ensuyent. 
C'est assavoir pour ung poultraln deux 
solz, pour une vache trois solz, pour une 
brebis deux deniers, et ainsi de cbascune 
tant que le foucq porte. (Bout., Somme 
rur., l" p., f" 133'', éd. 1486.) 

Pour avoir foucq ne fault avoir que as- 
semblée de dix, on p.ir le nombre de dix 
se fait foucq d'assemblée. (Id., ib., 2' p., 
f 48V) 

Foucq de brebis. (Ev.des Qiien., p. 139, 
Bibl. elz.) 

— Fig., troupeau, troupe, multitude, 
ina.^se, assemblée : 

Oran foies aredre, fran davan. 

(Passion, iô, Koschwitz.) 

Paien snnt mort a milliers e a fuies. 

(Roi., U39, Mûller.) 

Si lost cnra saiol Thcraas fa acordez al rei. 
De sna fue li soTint qui petiz ert en fei. 
(Garmer. Vie df .S. Thom.. Richel. 13513, 
f 73 y».) 

Lors veissîes venir 1er gens 
A fous, a milliers et a cens. 

(G. dePalerme, Ar». SSlfl. f» 128 r».) 
La vi .1. foite de solcnans 
Qni jnoient ans tumberians. 
(la Voie de Paradis, liichel. 837, f 8fi.) 

>'e devreit pnis enlnr el? repaîrier. 

Hom qui ne fasl de anbnn leal raestîer, 

Nnnc entendre fors snl a Den freier, 

A Inr foc garder e jnsliser. 

iHoman des Romans, strophe 111, ap. Roq.) 

l'a fo'ic de serpenlians menns. 
(B. DE CnxnÉ, Pris- d'Am., 1131, Scheler.) 

Et avec li un prant fouc. (Mir. du 
monde, nis. La Sarra , Chavannes , 
p. 3o.) 

Si coummenchierent ossi a tuer et de- 
copper ces mesçanspens sans pilé et sans 
merchy, et lez pendoient par fous as 
arbres ou il les trouvnient. (Froiss, , 
CAron., V, 322, Luce, ms. Amiens.) 

Si les abatoicnt as fous et a mons. (Id., 
»6.,V, 326, Luce, ms. Amiens, f» 110.) 

Et pisoient li mors et li navret a fous et 
a mons par les camps. (Id., (6., V, 344, 
Luce, ms. Amiens.) 

Et estoient les plus grans foucz desdiz 
archers vers les deux bans de la bataille 
en manière de heles , et derrière les 
hommes d'armes estoient les paiges, les 
chevaulx et tous les meschans gens non 
puissans de combattre. (Monstrelet , 
Chron., II, 20, Soc. de TH. de Fr.) 

— La foule, la multitude, le peuple : 
L'on dit qu'il fant assenz de ceqne li foue pense! 

(Oir. de lioss,, 1618, Migaard.) 

Norm., Manche, flo, flio, troupeau. 

FOLcuiDER, s. m., personnification de 
la présomption ; 
T. rv. 



Veei la comment Abnz me vint 
Enhorter de prendre la voye. 
Et Folcuider. qni des foiz Tint, 
Me monslra qu'aller y devoye, 
(Roi Remé. rMuzé en court, OEot., IV. 92, 
Qaatrebarbes.^ 

FOLE, voir Foule. 

FOLÉ, voir Foulé. 

FOLEABLEMENT, VOir FOLIABLE&IBNT. 
FOLEANCE, voir FOLU.Nr.K. 
FOLEGE, voir FOLAGE. 
FOLEIANCE, voir FOLIANCE. 
POLEIER, voir FOLIER. 

FOLEis, voir FOULEIS. 

FOLEISOX, voir FOLOISON. 
FOLENGIER, VOir FORLOIG.\IEll. 

FObEME , voir FELONre au Supplé- 
ment. 

1. FOLER, verbe. 

— Xeutr., devenir fou, être fou : 

Por son hon doit on foler. 

(Rom. et pasi., Rartsch, It, 24, 22.) 

Por ço ne me detes coser 
Se me vees d'amors foler. 

(Par/on., 7131. Crapelel.) 

Qui a prestre vos ordena 
En sa vie tant ne fola. 

(Ren., 20803, Jiioa.) 

Gille de Cyn cuide afoler 
Celé qui pense de foler. 

(Gilles de Chin, 3635, Rciff.) 

Par trop vin foie le pins sage. 

(De Gitersay. Richel. 837, f 238^) 
Il resemble le frénétique qui est si ma- 
lade qu'il foie, et qu'il le convient lier, 
(Laurent, Somme, ms. Soiss. 210, f 3''.) 

Amor fet cels del tôt foler 
Qui Tulent sagement amer. 
(Chaslmem. d'un père, conte XI, 173, Biblioph. 
fr.) 

Généralement il folera moult et errera 
souvent. (Oresme, Quadrip., Bichel. 1348, 
fM72r».) 

— Act., tromper : 

De çoii qae il les a fnlé. 
Et il en ont asses parlé. 
Et si ea firent lor gabois. 

(Ren.. Sappl., p. 227, Chabaille.) 

— Folé, part, passé, fou, rendu fou : 

Ici ont une misse de Sarazins trovee. 
Bien estoient dons ccnz d'îcele gent folee, 
(Chans. de la Crois., V, 13, Romania, V, 39.) 

L'en m'a dit et gel croi assez 
Que Parlonopens est folez, S: 

Por vos a si grant duel eu 
Qu'il en a tost son sens perdn. 
(Parton., Richel. 19132. f^ 117=; éi. Crapelel, 
6365.) 

Sire, merchi 
De ce k'a vous me sui ichi 
Comhatus, dont trop sni foies. 

(Cliev. asdeus esp., 5633, Foerster.) 
Et a cel lin le ginez 
U fa avant descolee 
Ma reine li folee, 

(rie S. Grég., Richel. 902, f» in"».) 



2. FOLER, voir Fouler. 

FOLERIE, voir FOULERIE. 

i. FOi.BSSE, follasse, s. f., sorte da 
blette : 

Touchant les arroches, il y en a de sau- 
vages. Pythagoras neantmoins en veut bien 
a ces folesses, choux nrjoux des jardins, 
ayant opinion qu'elles rendent les gens 
hydropiques. (Du PiNBT, Pline, xx, 20, 
éd. 1S66.) • . . 

Quant aux porrees rouges, et autres 
blettes, dites follasses ou bonnes dames, 
elles n'ont ny goust ny acuité aucune. (Id., 
ib., 22.) 

Cf. Follette. 

2. FOLESSE, - esce, s. f., folie : 
Qniconqnes cuide ne qui die 
Que soit folesce et rausardie. 

(Rose, Richel. 1539, f 1«. ) 
Lesquelx compaigaons par jeune folesse 
alereut pour icelle fillette avoir. (1444 
Arch. JJ 176, pièce 338.) ' 

FOLESTÉ, voir Foleté. 

FOLESUYE, S. f., jeu de la soûle : 
Icellui exposant regardoit a jouer a la 
folesuye le jour d'une victoire, et lu la pe- 
lote jaillie hors de la presse, et pour la- 
quelle avoir le dit exposant se baissa. 
(1388, Arch. JJ 132, pièce 273.) 

1. FOLET, s. m., lutin : 

Quant le folet le voit, s'en est en pies levé'. 
(ilaugis d'Aigrem., ras. Montp. H 2i7, f 163'.) 
Et li folet et les driades. 

(Rose, Kicbel. 1373, f» 130^.) 

Nom propre. Follet. 

2. FOLET, foll-, adj., qualifie iiiic sorte 
de soie : 

Coustepoiute traciee de soie follete a .1. 
feuillage d'espine. (1316, Compt. de Geoff. 
de Fleuri,\)o\itil d'.4rcq, Compt. de l'argent., 
p. 49.) 



L'en ne pourra donner a un drap blanc 
qui sera taint en folet autre liziere que 
blanche. (140(5, Stat. des Drap. d'Evreits, 
Ord., IX, 171.) îd 

1. FOLETAGE, - aige, s. m. ? 

A Symon le Royer pour le foletaige du 
grant maillet do l'engin du pont de Loyre. 
(1394, Compt. de Nevers, CC 2, C U r», 
Arch. mun. Nevers.) 

2. FOLETAGE, folL, S. m., droit dû au 
seigneur pour la garde de ses bois : 

Item vingt sols parisis de folletage rendu 
chacun an le lendemain de Noël. (1409, 
Aoeu de la Roncière, ap. Le Clerc de Doûy, 
t. I, f 244 r», Arch. Loiret.) 

Cf. Foletier. 

FOLETÉ, - ei, - esté, - elle, foll., follet, 
follité, s. f., folio : 

Qne ço est grant follet. 

(Pu. HE TuAON, Cumpoi, 2616, Mail.) 

E si eschaper nos qnidez. 
Ce aereit en grant folelez. 
(Des., 0. de Norm., Il, 2903, Michel.) 

D'à vos conbatre feroie foletes. 

(RuMB., Ogier, 47S2, Barrois.) 



50 



FOL 



BaDiloin, dist li rois, ce fa grau folesln 
QiDt de Rnne pa<(«r fui car tos totIci. 

(J. I!oD., Sas., CTiJii, Michel.) 
Ed non Den, sire, or lonie a fnlflf 
Ce qn'a toi homes aviei connnandé. 
(Mmtri. C. Taris, nomania, IX, ;il8.) 

Vos estes joesne, lessiei ici folfin. 
(U analrri,- VinV», liichel. Sns, P> ISS"".) 

El lot por le roioe et por sa folrlé. 
(Car. if Von.il., Richel. 41103, f" S*.) 



Et tont por la roine et por sa folelei. 
(li., Vat. Chr. i:.17, f 



'.) 



!• I« enyday Irayr, dont je fis faUrilè, 
Cu en cest point m'a roîz qoe Tons m'avez trooTé. 
(floon df ilaiencc. 1505, A. P.) 

Se je plos les aient, chen seroil folelé. 

{Gaufrr:j, 9oï>, A. P.) 
... Che seroil folelez 
Se j'eïponsoie femme, car je en tronve assei. 
(B. it Sel., Ti. :il8, Bocca.) 

Cnm W is fols e plains de follilr 
Onan tn is creables ch'il loi ait aidé. 

(Pa.'is. du Christ, M, Boncherie.) 

n se dit encore dans le Berry : 
Te voilà encore dans tef folletés! inno- 
cent, va ! (0. S.\ND, Clandie, 1, m.) 

FOLETEMENT, foleltemenl. atlv., d'nno 
manière nn pe« folle : 

Mail leori repars... 

Pi'esloienl mie folfllemnt espars. 

(G. Mach., Poèt., Richel. 9>-21, f 37'.) 

FOLETEn, V. n., faire le fon : 

Je fais les sajes foleler. 

Si fais les fous sentis et sages. 

(Fait. d'Or.. .Us. 30G0, f loi''.) 



FOL 

viengne jusqiies aux ospiiiiles, (juaul il 
l'ara en leste, et doit avoir le visage tout 
couvert et aura au cb appel deux œuilleres 
par ou celluy verra. Et celuy aura deux 
petis basions en ses mains, enfourrelez et 
couvcrs du drap nicisnics. Et les deux 
boutz des deux basions seront couvers de 
roupe drap, environ deux paulx, et si aura 
celuy deux petites potences, surquoy il 
s'appuiera cl sonstondra ; car s'il a trouvé 
le -widecoq, il faull qu'il se niclte a ge- 
noulz et sur ses potences pour approcher 
le vvideeocq : et si doit avoir n son sur- 
seint une verge ou il aura ung laz au bout 
qui sera de soye de cliev.al, et doit appro- 
cher le -nidecocq si bellement et a loisir, 
comme il porra, tant que le widecoq l'ait 
bien amors, et se doit arrester. Et quant il 
verra que le widecoq commencera a errer, 
lors le doit il poursuyr. Et se le widecoq 
s'arrestc, sans .-tvoir la teste levée, il doit 
ferir de ses deux basions l'ung contre 
l'autre tout en paix, et le widecoq se y 
amuse et affole tellenienl que celuy qui le 
poursuit l'approche de si jires que il prent 
sa verge, et luy mol tout bellement le laz 
qui est au bout de la verge au col ; et ainsi 
est prins. Et sachiez que widecos sont les 
plus SOS oyseaulx du monde. Auquel oysel 
moult de gens de ce monde ressemblent, 
qui sont si sos qu'ilz s'amusent aux délices 
terriennes et ne leur souvient de Dieux ne 
des biens celestiens, et dont le deable qui 
les dechace leur met le laz au col et les 
tire a soy. Si puis dire qu'ilz sont prins a 
la foletouere conme le widecoq. (Modus, 
f» 132 r«, Blaze.) 

Cf. Flectuere. 

1. FOLEUR, voir FOLOR. 

2. FOLEua, voir Fouleor. 



FOLETlIVn, foU., s 

bois: 

Pierre Chauvelot et Pierre Veulhnnt, fol- 
Ulexirs de Slnlionne. (Compt. de looa-!570, 
Arcb. œun. Dun-le-Roi.) 

Cf. FOLETIF.R. 

FOLETiEii, foU., fotill., foUetrier, s. m., 
sergent garde-bois : 

Item et puel avoir folletier pour garder 
ses dits bois, lequel folletier puet avoir 
son arc, ses flèches et son chien après 
soy. (liC6. Aveu de la seigneurie de Ceridrai, 
paroisse de Joui-le-polier, ap. Le ( Icrc de 
Cofly, t. I, f» 244 1°, Arcb. Loiret.) 

Jehan Fournier, fotilletier du bois de 
Mosne. (Compt. de ISÎÎ3-1S70, Arch. mun. 
Dun-le-Roi.) 

Fo/fe/n>r. (Areh.Mos., .NoI.dc M. Sauer ) 

Foi.KTiEnE, s. f., lien h.inlé par les 
follets : 

Ou marois que l'en apelle la foleliere. 
(1309, Arch. S 27S, pièce 71.) 

FOLETOL'EiiE, S. f., nianii^rp de prendre 
le ■widecoq exposée dans l'exemple sui- 
vant : 

Je veulx cy mettre une manière de 
prendre widecos mer\'eillable et peu usée; 
et est dicte ou livre de Modus la foletouere. 
Qui venlt prendre le widecocq a la foie- 
touere,\\ faul que celuy qui le venlt prendre 
ail ung court ninnlel, de rousse couleur 
comme les fueilles dn bois qui sont fenees, 
et unes moufflcs de celle couleur et une 
chapel de faulre, qui kM si long qu'il 



m., serpent garde- folgure, voir Fulgure. 



FOI, HARDI, adj. composé, celni qui 
pousse la hardiesse jusqu'à la folie ; 

Celui que Aristote appelle fort l'en dit 
en l'rancois qu'il esl liardi et de celui qui 
ex(:ed(! en oser l'en dit qu'il est trop hardi 
ou fol hardi. (Oresme, Eth., f» 5i% éd. 
1488.) 

Les foulz hardis sont au premier de 
grande ou preste volenlé avant les perilz, 
mais quant ilz sont es perilz et nu l'ail ilz 
deffaillent. (1d., ib., f" 3a».) 

FOLiAiii.E, fûloiabk, adj., livr(' à la 
folie, folâtre : 

Et incoDstanz H fcloiables. 

(Rose, Richel. 1573. f ' 161''.) 
Je me trouve pas ou je me peussc repo- 
ser, non neis ou vivre, ains estoie par 
touz lieus dechassiez foliables et fuitis. (J. 
DK Mel'ng, Ep. d'Abeil. et d'Hel., Richel. 
920, f» 54 V».) 

Hais ja Jnsques la n'avendronl 
Li cuer dnr, li cucr foloiable. 

(Fail. d'Oi'., Ar». 5069, f» 57''.) 
Fortune foloiable tournoie a pas convoi- 
lens et elle ne demeure certaine ne soy 
tenant en ung lieu. (Mir. historial, .Maz. 
857, !• 42 v°.) 

— En parlant de chose, insensé : 
Et s'elforce de coulourer les laidures 
foloiables par iulerprelalions de philo- 
sophes. (JMic. historial, Maz. 587, f" 8 r".) 

FOLiAiii.EMKNT, folcablement, adv., 
avec une folle prodigalité : 



FOL 



Bon fait garder sens, droiture et raison... 
Régla tenir, et espargnablement 
Vivre dn sien, non folcablement . 
(E. DESciiAsri's, Poés., Richel. 840, f» 12'.) 

FOLiAi-, S. m., fou : 

Si com font ores maint foliaur 
Oui demoinent trop grans avians. 

(Renan, Richel. 16,30, P lt;3^) 

FOLiANCE, - eiance, - tance, - oiance, 
- ience, s. f., folie, conduite folle : 
S'il veit la bono repenlance 
E nos de nostre foleiance. 

(Vie du pape Grég., p. 83, Luzarche.) 
La première (secte) est de foleiance. 
{Trad. de Belelh, Richel. 1. 995, f» 11 r».) 

Foleance d'eslat d'orne ou de feuie em- 
pêche mariage. {Liv. de jost. et de plet, x, 
9, § 4, Rapetti.) 

Nous te commendames que tu otasses la 
foleance de ceus qui creoient en Jhesucrist 
et tu l'as acreue.iVî'te Patr.,ms. Chartres 
371, f' 89 r°.) 

Or oez qne je vous devis 
Don mentel en .lerico pris ; 
!,i menteaux doit roîslivemens 
Estre entendu?, de folience 
Et de fauselé de créance. 
(Macé de la Charité, Jtihle, Richel. SOI, f 45",) 
Qui pnis devint cl sainte et sage. 
Si se retraist de foloiance. 

(Fail. d'Oe., Ars. 5069, t° 8<^.) 

FOLiANT, folUant, foloiant, part. prés, 
et adj., fou, insensé : 

A l'exemple dou fil foliant qui... (De 
confessione, ms. Angers 390, f" 71".) 

Folz folians de folie faull pourvoir. 
(Farce de Folle Bobance, Ane. Th. fr., II, 264,) 

— En parlant de chose, qui tient de la 
folie, déraisonnable : 

Et se cose qui n'est eslavle. 
Comme folians et mouïavle. 

(Rose, Vat. Ott. 1212, l' 47",) 
Chose foloians. 
(Ib., Vat. Chr. I'j22, f» -10'.) 

Je serviray amours, qui que m'en voist blâmant, 
Coy que «aige le liengnenl a envre folliant. 

{II. Capet. 294, A. P.) 

1. FOLIE, S. f., a exprimé l'ardeur dé- 
sordonnée dii combat : 

Ore coraence le bruit e la folie 
De nos Franceis e de la paienie. 

(Olinel, 978, A. P.) 

2. FOLIE, S. f., fiole, flacon : 

Fiala, folie. (Gloss. de Douai, Escallier.) 

3. FOLIE, fouille, s. f., morceau de 
graisse qui est dans les intestins, près de 
la panse : 

Le foie de la panse prent, 

S'el baille a tel qui n'oblisl mie 

Que il n'i lasce la folie. 

(La Chace don cerf. p. 23, Pichon.) 
Puis oste une coiffe de gresse qui est 
appellee foullie, et l'oste avecques l'autre 

fresse (lue tu trouveras ez boyaux. (Modus, 
> 22 V", IJlaze.) 

FOUEMENT, foUycmenl, foloiement, s. 
; m., folie, conduite folle : 
I Creslienté est lot foloiemenl. 

(Li Coron. I.ooijs. 839, ap. Jonfk., Guill. d'Or.) 



FOL 



FOL 



FOL 



ol 



ijue li fans crestien... aient honte de leur 
foloiementvlèe convertisseat. {Comm. s. les 
Ps., RiL'lL'l. 963, p. 227'.) 

Mors est, et je sni morte osoi, 

Je qni ne le vi ne ne soi 

Soi plus lempestee aigrement 

One ne fu el fohiemenl. 

(FM. d'Oi'., Ars. 3069, t» 158*.) 

Ponr monslrer leor follijemenl. 

(«iil. du siège d'Orl.. 11390, Gaessard.) 



FOLiEK, foll, foliier, foloier, foloyer, 
foleier, folaier, feloier, verbe. 

— Xeutr., être fou, faire des folies, fo- 
lâtrer, se tromper : 

Folierent de ventre. (Lib. Psalm., Oxf., 
LVii, 3, -Michel.) 

Test i porrieï foleier 
E plas perdre qne gaagnier. 
(Rou, .i° p., UST, Andresen.) Var., foliier. fo- 
loier. 

Quant qn'aa siècle serf e fold 
Faiz je malt poi. 
(Ben.. D. de Xorm., II, 12187, Michel.) 

Qoe encore se doit joer et foloyer. 

(Roum. d'Alix., f 11'', Michelant.; 

Le rois Sondaa en apela Gautier : 
Sire, dist il, trop vons voi foloier. 
(La Délivr. d'Ogier le D., 1 10, Longpérier.) 
Monlt me poise qae tn foloies- 
(Cbrest., la Charrette, Vat. Chr. 1725, f" 13''.) 

Signor, fait il, entendes moi, 
Ja n'i folieres, je croi. i 

(Eteocle et Polin., Riche!. 375, f 61''.) 

foliant alai nn lonc tans, j 

Qae jon ne soi qne je fasois. 

(Alreper., Uichel. 2168, f» 9^) 
On me reprent d'amoar qai me maistrie 
Ko foloie mes cners quant le consent. 
(J. Li PiiTis, Chans., ap. Maetiner, Altfr. Lieder, 
p. 30.) 

Ju ai foliiel en ma jovent. 
(rie S. Andr., ms. Oxf., Canon, mise. 74, 
f 120 T°.) 

Oui par soi "velt ouvrer 
Sanz conseil demander 
lovent foloiera. 
(Pfov. au coule de Bret., Richel. 19152, f 115"'.) 
Se li avocaz foloie et propose le contraire 
a ce que il deusl proposer. (Ordin. Tan- \ 
crei, ms. de Sulis, f" 74'^.) 1 

Se li avocaz foloie en droit il puet rapeler 1 
lele error. (Ib., i" 74''.) I 

Li paien el li jui foloient par lor mes- 
creance. (.Maurice, Serm., Richel. 13314, 
fo 19 v.) 

Si foloierent a la parBn; car il eslurent 
homenoientprofitable au roiaume. {Chron. 
de S.-Den., ms. Ste-Gen., f" 99\) 

Il a erré en la foi et tant lourdement /b- 
loié. (J. DE Salisb., Policrat., Riche!. 24287, 
f» 68''.) 

Hz sont d'une très belle vie 

Et n'ont de foliier envye. 
(Eloi Damernal, Deatlerir, f Go^, éd. 1507.) 

Qui Tenll avoir grant richesse 

II fanlt qu'il ayt en soy prouesse. 

Et despendre, sans foliier, 

Le bien qa'ii a pea allier. 
(Fb. Giraut, le Moyen de soy enrichir, Poés. fr. 
des XV» et \vi'= s., X, 89.) 
Il advient que plusieurs foUoient par 
jeunesse et depuis viennent a bon sens et 
bon gouvernement. (Coust. de Bret.. 
f 38 v.) 



Mieux vanlt folier en herbe qu'en gerbe. 
(Gabb. Mecrieb, Très, des Sent., ii. 1560.) | 

II ne fant jamais folier a demy. 

(ID., ib.) 

Si nous souffrons folier longuement 
Ce cruel Mars... 

(Hlc. Salei., Iliade, I. V, éd. 1608.) 

Et ainsi vescut toujours (Triboulet) fol- 
Jjant jusques a la mort. (Desperibrs, Noiiv. 
Becreations, de Triboulet, éd. 1372.) 

Adolescentior, foliier. (R. Est., Lat. ling. 
Thés.) 

Il est permis de folier avec les petits en- 
fans. (Charr., Sag., 1. 1, c. 4.) 

— Se li-vrer à de folles amours, faire 
folie de son corps : 

Mais ains que foliasce en li 
Revint mes sens, si le guerpi. 

(l'arlon., 4169, Orapelet.) 
^lais ainz que foloiasse a lui. 

(Ib., Richel. 19152, f" 139».) 

Tout aussi comme font les folles femmes 
qui croient de legier les belles parolles 
des jangleurs qui les conseilloient a fo- 
loier contre leur honneur et leur estât par 
flatteries et folles promesses.(Z,!». du Chev. 
de La Tour, c. xl, Bibl. elz.) 

Par une faulse houliere qui pour un bien 
pou d'argent la fist folaier. (Ib., c. lxii.) 

Lequel ameries mie.v... k'elle fust morte, 
u k'ellé eust folliiet a .i. seul homme, de 
coi elle fust repentant ? {Anlk. picarde, 
I p. 18, Boucherie.) 

Combien que feu Simon Bradieu fu 
j marié en femme, dont il devoit estre con- 
tent, neantmoius par ses solicitations de- 
ceptives il emmena folier par le pais Ha- 
binette,seur de l'exposaut. (1464, Arch. JJ 
139, pièce 249.) 

Ou des honmes s'accompagnant de 
femmes qui foUioyent, se faisoyent appeller 
saincts par elles, durant leur transport 
d'esprit. (Fauchet, Antiq. gaul., IV, 23, 
éd. 1611.) 

— Folier de, s'écarter follement de : 
De tes mandemenz nient ne foleai. (Liv. 

des Ps., Cambridge, csvill, 110, Michel.) 

— U se dit aussi d'un cheval qui s'em- 
porte d'une course déréglée, et que le ca- 

j valier ne peut maîtriser : 

I Fuit s'en, mais non pas droite veie; 

Kar sis chevaus par tôt foleie, 

Primes a raunt e puis a val. 
(Bes., d. de Xorm., II, 16394, Michel.) 

' — S'égarer dans une course errante : 

Par mer folia loogemeut ; 
Maint grant péril, maint grant tourment 
Et maint travail li eslut traire. 
Apres lonc tans vint en Ytaire. 

(Wace, Drul, 21, l.er. de Lincy.^i 

— Réfl., être fou, faire une folie : 

Percheval voit qu'il se foloie 
Quant a la pucelle s'aresle. 

(Percerai, ms. Berne 113, f 89'.) 

Bien est voir que moult se foloie 
Qui de l'ame garder se peine. 
Son travail y perd et se peine. 
(GoDEFROï DE Lacny, la Charrette, ap. Ler. de 
Hncy, Prov.) 

Tonte me druerie et m'amor vus otroi. 
Se jou fail a le votre, malement me foloi . 
(Roum. dWlir.. f 70'. Michelaiit.) 



Voir, diit Fromons, je me sut foloiex. 
Droit l'en ferai voiaot cent chevaliers. 
(Joiird. de Blaivies, 8GG, Hoffmann.) 

Qui le bien voit et le mal prent 
II se foloie a escient. 
(Prov. aux Philosophes, ap. Ler. de Lincy, Prov.) 

— Act., entraîner à faire une action 
folle, déraisonnable, égarer : 

Si s'en ala molt tost celé part u il les 
quida mieus desvoier.et quant il les ot une 
grant pièce desvoié, si sona le cor, et tout 
ensi les ala /'oioiant toute jor par la forest. 
(Artur, ras. Grenoble 378, f» 22''.) 

Je quit bien qu'il li enseijnoient 

Que il son pareia foleast ; 

Qaar onc por rien qu'il U passast 

?ie li leissa folie a dire. 
(Pean Gatineab, Vie de S. ilarlin, p. 78. Bour- 
rasse.) 

Sçavez vous pourquoy il vint céans de- 
sarmé ; pour ce qu'il vous cuydoit folloyer 
par parolles de faire paix a luy, et que vous 
ostissiez vos armes ; et si tost comme vous 
eussiez esté desaruié, il vous eust fait 
prendre. {Lancelot du Lac, t. II, f» 53'*, 
éd. 1333.) 

— Traiter comme un fou, traiter de 
fou, se moquer de, ridiculiser : 

Comme il le lendenge et folie 
Pop çou que il ne lor aie. 

(Bes., Troies, Richel. 375. f 69'.) 

Pou çou qu'il est entes, \'aiioit si foloie 
Que par itant le cuide avoir amoloié. 

(Roum. dWlix., l' li-^, Michelant.) 

Lors dist en sa chanson ; 
Aide, Robeçoa ! 
Tes secors me desloie ! 
J'entent a sa raison 
Ke me tient por bricon 
Et del tout me foloie. 

(Rom.et past., Barlsch, 11, 14, 35.) 

INe feloie cil raie 
Qui de toi fait s'amie. 

(G. DE Coi.sci, iUr., ms. Soiss., f° 5''.) 

II demande Doon, et le va foloiant. 

(Doon. 4207. A. P.) 

Devant mou oncle a Cardueil moult 

durement me folliasles, et en faisant voz 

I railleries me dictes le vostre plaisir de 

quoy mieuls vous en convint taire. {Per- 

ceval, f" 83'', éd. 1330.) 

Je suys recteur, grand orateur, 
I Remonslrant, sans eslre Dateur, 

I Qui folye les mal pensant. 

(Le Maisire d'escoUe, p. 3, ap. Ler. de Lincy et 
Michel, Farces, Moral, et serin, joy., t. IV.) 
— Folié, part, passé, rendu fou : 

Comme l'orame folié. 
(Roi Rese, r.Muzé en court, fiEuv., iV, 78, Qua- 

Irebarbes.) 

On dit en français dans tout le Midi : 
Le vin fait folier un homme ; Elle folie, 
elle fait des actes de folie, d'excentricité. 

FOLiKTE, - elle, s. f., petite folie : 

... Grant foliete. 

Vous oi jehir. 
(Bretel, Cliani., à Ferri, ms. Sienne H. X. 3i., 
f> 49''.) 

Si an fi une foliette 

Ront nuns ne m'aa devroit blasmeir. 

(Rom. elpast., Rartsch, I, 43,17.) 

Se j'ai fait foliete, 

^us n'en ara pis de mi. 
(La Châtelaine de S. Cilles. Richel. 837. 

r> 115''.) 



5t 



FOL 



J'entnpris la baiMielf, 
ToDt« fis I* folitlf- 
(GliB. Dt BriotnLLr, Cktm.. Val. Chr. H90, 
P llî''; Ad». « ptsi.. BarUch, III. i6, 65; 
Trcn. tel}., p. Tl. Schfler.) 
Ne a lor folielcz. ( Vus des Uermil., nis 
Lyon 773, !• 3 v.) 

FOLiELS, - evx, adj., qni se conduit 
follement : 

Icelle supplianle affoiblie de leste et de- 
Tenue par neures aussi comme folietise. 
(1375, Arch. JJ 107, pièce 377.) 

Les plus salpes deviennent folieux. {Eu- 
rial. et Lucr., f» 11 r", éd. 1493.) 

— Le féminin s'employait particnlière- 
ment en parlant d'une femme qui fait 
folie de son corps, d'une débauchée : 

Qn'ete seia orgailleose 

Et de soD cors trop folifu.se. 
{Le Uuire que ScIfKons fi>l. fi"5, .Méon, Xeur. 

Rec. 1,385.) 

tne femme folievse. (Légende dorée, 
Maz. 1333,1° 18''.) 

Lequel Besancon estoit de 1res détes- 
table vie, et qui ne vivoit que de ce que 
jeunes femmes folieuses avoient et gai- 
^oient a un cliasiuu aux champs et ail- 
leurs. (1380, Arch. JJ 118, pièce 458.) 

En teles rues si honnesles ne doivent 
demourer femmes folievses. (1387, jlrr. 
touch. les femmes de mauv. vie, Félib. ,Hist. 
de Paris, W, 338''.) 

Et supportoit pnrloulles femnies/olieKses. 
[Journ. d'un bourg, de Paris, an 1446, 
Michaud.) 

FOLIGN.\BLE, VOir FORLIGNABLE. 
FOLICMER, voir FORLIGMER. 
FOLIIER, voir FOLIER. 

FOi.iN, adj., fou : 

Je tieag cbelai a fil folin 

Kl por toogier entre ea chemiD. 

(SrpI Sages, -4238, Keller.) 

Oa nne bigne 
Se fait on front par yvresce follig»e. 
(Cbbist. 01 Pis., l'oés , Richel. 601. l' 47'.) 

Noms propres, Folin, Follin. 

FOLiNE, s. f., folie : 

Et ta foliie coTcrra 
Sa booctie. 
(LU. Ptalm., CTi. p. 33.'i. Michel.) Lai., ornais 
iaiqoilas oppilabit os sudio. 

FOLioN, S. m. , feuille de mûrier , 
feuille d'Inde : 

Poivre lonc, e folion, c jiuarinpal. (Erw. 
p. apareil. viand., Richel. 1. 7131, f 100*.) 

La livre de pomes de paradis, de folion, 
d'egpis, .1. d. .1. o. {Li Cout. des foires de 
Troles, li tonneus d'avoir de pois, nis. 
Troyes365.) 

Folion, un denier la livre, cardamonc. 
{Cart. de Lagny, Richel. I. 9902, f» 240 v«.) 

1. FOLioT, S. m., pièce d'horlogerie 
destinée à régler la roue mère : 

L'oe roe seconde et adjooitee 

Qui le retarde et qni le fait mooToir 

far ordeoance et par meiore, Toir 

Par la terla don foliot aossi 

Uni continnelment le moel enti. 

(Faors"., Poét., I, .-.9,215, Stheler.) j 



FOL 

a. FOLIOT, S. m., attrape, piège; peut- ; 
être l'apparence de petites plnnies agitées [ 
comme les feuilles : i 

En tendant fil, glnz et roiseanli, 
Gnetloie aux lonrbes des oiseaais. 
Au folict de trois pinmelles 
Poor eogignier les alonelles. 
(J. Lefevre, la Vieille. I. I, t. 693, Cocheri».) 

Nom propre, Foliot. 

FOLIR, voir FUEllLiR. 

FOLisox, voir FoLoiso.N". 

1. FOLLAGE, voir FOLAGE. 

2. FOLLAGE, voir FOULAGE. 

FOLLAiN, S. m., cocon OU coque de ver 
i soie : 

Lesquels trahandiers.... commettoient 
plusieurs inconveniens et mauvaistiez au- 
dit mestier de traire ladite soie... pour ce 
eussiez fait crier.... que nulle personne... 
ne baillasl.... follains a traire auzdits tra- 
handiers de la dite soie. (1340, Reg. de la 
Chambre des comptes, B 2, f" ^2o^) 

FOLLAUGE, adj., d'uHe prodigalité folle : 

Tuteur des veuves et des orphelins, pain 
et récréation des besoingneus, large aux 
povres, fols large aux hostels, pour ce es- 
pandit tousjours et sema ses richesses. (Gr. 
Chron. de Fr., Charlem., VI, 3, P. Paris.) 

Le Taillant roi de Behaigne, qui fu si 
larges et si foUarges que souventesfois 
avint que en sa court royale les tables 
estoyent dressées et en la cuisine n'avoient 
pas trop grant fumée de viandes. (Maiz-, 
Songe du viel pel., III, 57, Ars. 2683.) Ms., 
foUages. 

Prodigues et follarges. (Id., ib.) Ms., 
foUages. 

Cf. FOLLARGEUEiNT. 

FOLLARGEMENT, adv., avcc unc pro- 
digalité inseasée : 

Que par ta bonne prudence l'argent de 
ton demaine et des aides ou procès de la 
guerre soit bien emploie, et non foltarge- 
menf. (Maiz., Sonje du vielpei, 111, 98, 
Ars. 2683.) 

Il despent son argent foUargemenl. 
(Oresue. Trad. des rem. de fort, de Pelr., 
Ars. 2671, f» S2 r".) 

FOLLASSE, voir FOLESSE. 
FOLLASTUIE, voir FOLASTRIE. 

FOLLATEAU, adj , folàtre : 

Petis dyablotz. jeunes et follaleauli. 

Approchez test. 

(Aci. de> Aposl.. vol. I, T 3'', éd. i:i37.; 

FOLLATIQUE, VOir FOLATIC. 

FOLLE, voir Foule. 

FOLLEiE, S. f., dépense: 

Summa foileie fuite per Radulphum cle- 
ricum. {1237, Dép. de la cheval, de Roh., 
Cte d'Art., ms. ISaluze.) 

FOLLER, voir Fouler. 

1. FOLLET, S. m., petit soufflet : 
Folle.x, folles. [G loss. de Douai, Escallier.) 

2. FOLLET, voir FOLET. 



FOL 



FOLLETAGE, VOir FOLETAGE. 
FOLLETEUR, VOir FOLETEUR. 
FOLLETIER, VOir FOLETIER. 
FOLLETRIKR, VOÎT FOLETIER. 

FOLLETTE, S. f., sortc de blette : 
Arrorhes, follette, ab insipido gustu, 

bonnes dames. (JuN., Nomencl-, p. 91, 

éd. 1577.) 

Cf. FOLESSE. 

FOLLETTE, VOir FOLETÉ. 
FOLLEUR, voir FOLOR. 
FOLLIANT, voir FOLIANT. 

1. FOLLIER, voir FOLIER. 

2. FOLLIER, VOirFUEILLlER. 
FOLLIETE, voir FEUILLETE. 

FOLLiES, -yes,s. f. pi., gâteaux de Noël: 

Premièrement ledict Armet requiert luy 
estre desduict la quantité de vingt cinq 
bichets froment, qu'il a employée, tant a 
faire les gasteaulx de Noël, appelés fotlies, 
que l'on baille a chacun habitant de 
Coulches le jour de Noël, que pour le 
pain qui a esté mangé par ceulx qui ont 
faict lesdicts gasteaulx. En oultre sera 
desduict audit Armet trois poinsons de vin 
despenses, tant pour le via que l'on donne 
aux habitans de Coulches le jour de Noël, 
qu'est a chacuQ une pinte, que pour la 
nourriture de ceulx qui ont faict les gas- 
teaulx, appelles /"o/(!/es. {Ib72, Compte rendu 
par Lazare Armet des rentes dues au prieuré 
de Couches, Xrch. mun. Autun,F. du prieuré 
de Couches.) 

Item, plus sera desduict audit Armet la 
somme de quarante deux solz huict de- 
niers, pour seize pintes de sel, et quarante 
huict solz pour un" quarteron de saffran, 
employés a faire les gasteaulx de Noël 
appelles follyes. [Ib.) 

On trouve encore au dix-septième siècle : 
Des gasteaux et vins que ledit sieur 
prieur avoit coustume de distribuer an- 
nuellement aux habitans en lUiyaulté dudit 
Couches, laquelle distribution estoit ap- 
pellee foullie. (25 nov. 1638, Acte de rachat 
du droit de folie, Arch. mun. Autun, F. du 
collège.) 

FOLLIETE, voir FiLLETTB. 
FOLLIGNANCE, VOlr FORLIGNANCE. 
FOLLIIER, voir FOLIER. 

FOLLiLAissE, folUlessc, S. f., partie de 
la viande qu'on lève le long des épaules 
du ceif : 

Puvs lèvera le collier que aucuns ap- 
pellent follilesse. C'est une char qui est 
demouree entre la hampe et les espaules 
et vient tout entour par dessus 1 os du 
long de la hamps sur le jargel. {Gost. 
Feb., Maz. 514, f» SS^.) Var , follilaisse,. 
(Ms. suivi par Ste-Palaye, p. 193.) 

FOLLILESSE, VOÎT FOLLILAISSB. 

1. FOLLIN, voir Ferlin. 

2. FOLLIN, voir FOLl.N. 
FOLLIII, voir FUEILLIR. 



FOL 

FOLLITÉ, voir FOLETÉ. 
FOLLOIJR, voir FOULEOB. 
FOLLYEMENT, Vûir FOLIEMENT. 
FOI.LYES, voir FOILIES. 
FOI.OERE, voir FOULOIRE. 

FOLOi, - oy, s. III., folie, nction folle^ 
b.idinage : 

Ensi ne aai se fais sens on l'oloi. 

fTniBAULT IV, Chans., p. 1. Tarbé.) 
De foloi parlez. 

(Rom el past-, Barlsch, II, 20.2:;.) 
Et corn derves plains de foloij 
Leur (ist laisser lonle la loy. 
(G. Mach., Poés., Richel. 9-2-21, f 9G'.1 

FOLOIABLE, voir FOLIABLE. 

FOLOIANCE, voir FOLUNCE. 

FOLOIEMENT, voir FOLIEMENT. 

FOLOIER, voir FOLIER. 

FOLOIRE, voir FOULOIRE. 

FOLOis, S. m., folie : 

Mais veez merveilles apperles 

Du fol qoi Ta après le chien, 

Parlout le suit, il l'aime bien 

En 80Û fulois. 
(Nir. de Noslre Dame, xxxiii, 1510, .\. ï.) 

A son folois il faict da sien. 
(Farce d'un Gentilh., Ane. Th. fr., 1, 551.) 

FOLoisoN, - eison, - un, - ison,- isson, 
s. f., folie, conduite folle : 
El quant que il vons dit loz est par foleison. 
(Simon de Pouille, lUchel. 36S, f 1 i.".».) 

Destornez ceste folison. 

(Bes., Troies, Richel. 903, f 7l''.) 
Li rois a tcrt, si fait grant folison 
Qnant nel castoie ou n'en prent vengison. 

^RAIaB., Oijier, lllG, Barrois.) 
Don ciel perdirent la sainte manlion 
Par lour orgoil et par lour folison. 
(BEiiTnAND DE Bak-sur-Aude, Girard de Yiane, 

p. 2, Tarbé.) 
Loiher sacha le branc. n'i fit arcstison. 
Et Tost ferir le duc parmi le chief enson, 
Quant .1. chevalers saut, qui (ist yrant folison, 
Fa Loiher le ferit sor le chief a bandon. 

(Quai, fils Aijm., p. 21, Tarbé.) 
Quant .1- chevaliers saut qui Bst grand folisson. 
(Ren. de Muntaub., p. 17, Michelant.) 
Bien est tornez cist rois a folison. 

(Gai/don, 9695, A. 1'.) 

Se i alez, ce sera folisons. 

{«., 975S.) 
Par Mahomet, je tieng a folison 
Qnant jouenes chiens keurt sus le dur brobon. 
(Anaeis. Richel. 793. f" 56».) 
I.i clerk par fine foteisun 
Ama tant ke il enmaladi. 
(t'n Ciiival. e sa dame, ms. Cambr., Corpos .'10, 
P 91", P. Meyer.) 

S'une femmo t'amoit ce seroit foloison. 

(Dit de ilenage, 9, Trébutien.) 

FOLOR, [oU., foui., - our, - ur, - eur, 
- eor, fel., s. f., folie, imbécillité, sottise, 
imprnaence folle, action follp, insensée, 
chose vaine et futile : 

Pardenez moi ceste fetorir. 
(Wace, Conception, Bfit. Mus. aild. tStiOO, 
f 50^) 



FOL 

Anqni veront cil d'Inde et Griu, sans folror, 
A nos brans accrins qnî aura le millor. 

(Itouin. d'.ilix.. C 57% Michelant.) 
Qui que le tiegne a sens je le lieg a folors. 

(1. Bon., Sa.T., xxvii, Michel.) 
Bêle Ysabians, pucelle bien aprise, 
Ama Gerart et il li en tel gnise 
C'ainc de folor ne fn par Ini requise. 
(AtlDEFROis LI Bastahs, Bartsch, Rnm. el pas!., 
I, 56,1.) 

Que je ne doî penser fnlor. 

(Ir>., ili., I. ;i6,23.) 

Ses maris voit la folor entreprise. 

(In., il'., I, 50,67.) P. Paris, folour. 

C'est prans folors 

F.l desnnnrs. 

Dame, le m'avris dite. 

(Chans., ms. Berne 3S9, f i v".) 

Plos me bâtera raa merc. 
Pins me fera penser foiilnr. 

(Chans., ms. Monlp. II 196, f° 132 v°.) 
Il ne fa mie par foiilor 
Délivrez, mes par grant savoir. 

(Dolop., 6010, Bibl. elz.) 

114 I las, fait il, quel perle ai fait par ma folour! 
(Fierahras, .157-1, A. P.) 

Qniconqncs cuit ne qui que die 
Qu'il est folor el mnsardie... 

(Rose, Richel. 1573, f° 1=.) 

Que soit fouleur ne mnsardie 
De croire que sonses adviongne. 

(Ib.. Val. Chr. 1192,7° 1».) 
Sadoines l'ot, si ot moult grant paonr 
Qne celé emprise ne lornasl a folour. 

(Enf. Ooier, 1751, Scheler.) 
>'on est, ce disl la bielle, vous parlez de folor. 
mst. de Ger. de Blav., Ars. 3U4, f» 195 r°.) 
K lessez icesle folur. 

(Chaudrt, Set dormons, -130, Koch.) 
Dont iert li rois de grant valor 
Et de proatce sans folour. 

(MousK., C/iron.,2678, UeilT.) 

Mas je suis ciz qui Ion vadra 
Sa felor, car trop fou Ion trnia. 
(Doupechii' d'orgueil laissirr, Brit. Mus. add. 

15606, f 112^) 
Qnant j'apcrceu l'erreur et la fouleur 
De plusieurs gens qui griefcment mesprenoient. 
(Jehan Dickeyman, Chans., ap. flinaux, Trouv. de 
la Flandre et du Totirn., p. 277.) 

Car honte a longue durée 
Qui avient par tel folour. 

(Couci, 371, Crapelet.) 

Romanz. fables et cliansnnz. 
Rotruanges ou altres folurs 
Fere ne oir a leus jurs (les dimanches) 
Knl ne deit, cum funl plusurs. 
(GuiLiAOME DE Wadiscton, ap. De la Rue, Essais 
hist. sur tes bardes, ni, 227.) 
Et ne parlez par vos follors 
A ses pardnrables dolors. 
'Macé de la Charité, Bible, Richel. 401, 
f» 210".) 

Si recognul sa follour et se voua en 
plusieurs pèlerinages. {Lio. du Chev. de La 
Tour, c. XXVI, Bibl. elz.) 

L'autre (paour) pour foleur et ignorance. 
(Obesme, Eth., Richel. 201, f» 404''.) 

Ainsi disons de toute une e^pece de 
bestes que elle dilVere de une autre en con- 
tumelie... ou en folour, ou en gloutonnie. 
(lu., ib., f» 498=.) 

Comme l'exposant i>ar sa fouleur et 
simplesse... eust emprunte la somme de 
cinq francs. (1389, Anii. J.l 136, pièce 
275.) 



FOM 



03 



C'est foleur. 
(Villon, Codic, Débat du Cnenr et dn Corps, 
Jonaost, p. 130.) 

.l'estoye bien fol. je suis cerlain, 
n'ainsi fnyr la bonne voye, 
tenant le chemin incertain 
Lequel par foleur pris j'avoye, 
(Andr. de la Vic.xE, Moral, de Vaveu(jle el du 
boiteux, p. 230, Jacob.) 

Folleur seroil que vous delinse 
D'abus ne parolles loingtaines. 
(Farce de Colin qui loue el despile Dieu, Ane. Th. 
fr., I, 237.) 

Et sans cela se sont grandes foUeurs 
Se mettre en mer pour les gouffres et ratz. .. 
(Conlredict!. de Songecreux, f 26 T», éd.' 1530.) 
Cnenrs dnrs et pervertis 
En tout mal et lonle folleur. 

■ (Act. des Aposl., vol. II, !" S-2'', éd. 1537.) 

Ne ponvoyt il aullre party choysir 
Pour demonstrer sa fouleur de conraige, 
Que de blasmer les dames par oultrage î 
(Le Giroufflier aulx dames, Poés. fr. des xv° et 
xvi' s., XIII, -259.) 

FOL.OT,s. 111., esprit follet, lutin : 
Ficarius, cuelleur de figues, on dieus 

sauvages, /"o/of, fantiau. [Glosn. lat.-gall.. 

Richel. 1. 13032.) 

FOLOY, voir FOLOI. 

FOLOYER, voir Folier. 

FOLRIER, voir FORRIER. 
FOLSON, voir FORCHON. 

FOLUR, voir Folor. 

FOLUTRE, voir FOUI.EURE. 

FoMAiN, foimen, foymen, foyemen, feu- 
main, s- m., exécuteur testamentaire : 

Item que foyeniens ne puist vendre he- 
ritaiges parten'ans aile exécution de testa- 
ment de eely qui foyemens les aurat cons- 
titué. {Pièce de 13Sa, Hist. de Liège, II, 
420.) 

.In eslich, faich et nomme mes fom.ainf 

et exécuteurs... (1367, Tesl. de Rob. de 

A'am., Aroli. mun. Valenciennes.) 

Item, que foymens ne puissent vendre 

1 birctages partenans al exécution de cheli 

qui foymens les aurat cnnstitueis, sens 

faire sour chu proclamation de congier 

! del justiche de lieu. (J. DE Stavelot , 

Chron.,V- 36, Borgnet.) 

■ Li foimens n'i voirent nulle rins espargnier, 
' Son testament ot fait, ons nel doit noyer. 

(Jeh. des Preis, Geste de Liège, II, 3261,Chron. 

belg.) 

Feumain ne peut lansager héritages d'en- 
fant dont il est fmmain. {Coût, du pays 
de Liège, vr, 28, Nouv. Cout. gén., II, .32."i.) 

FOMRLI.E, s. f. ? 

15 sols ilelivrez a Tbiebaut le cordicr 
pour eschiteir 300 libres de fomelle, et en- 
core 8 libres a lui pour eschiteir 6 cents de 
fomeHe...{m^,^Teh. Meuse n 492, r° es v°.) 

I oMi'.N'riR, v. a., exciter: 
Tonlcsfois toosjours le fomeut 
Sensa,ilité enclinant 
A pécher et a mal penser. 
(Degdilleville, Trois Pelennaiges, f .'i', impr. 
Insill.) 

POMICHE, voir FlTMIERK. 



FON 



FON 



FON 



FUMEREit, - «ir,fomor., v. a., funnT : 
Kt ÂC doit avoir la vigae toute fomeree 

iliMlanz ces priuiers .nu. anz. (1245, Cart. 

de S. Vinc. de 3Ietz, Richel. 1. i00î3, 

r 46 V».) 
Ces terres doient fomereir cbesc'an. 

(1S63. Car», rfc S. Vinc. de Metz, liicliel. 

I. HOij, f 79 r».) 

Et faire moucir tant de foiueroit corn il 
eu covaareit [lor faire fomereir lai vipoe. 
(IS74. Ch. de Joff. de Chaistelz, St Louis, 
^ibl>. Ste Marie. Arcb. .Mos.) 

Et si au doit cbesc'an fomereir demei 
jornal, tant k'il l'ait toute fomoreie (la 
terre). (1579, Cart. de S. Vinc. de Metz, 
Itichel. 1. 10iJ23, f°102vo.) 

FOMEROi, foum, - Oit, s. w., fumier : 

iJ'un loe qui truva une gemme sor uu 
fomeroi. (Marie, Dit d'Ysopet, I, Roq.) 

El si metera (daus la vigne) c. fez de 
fomeroit. (1218, Chapitre de la catb. de 
MeU, Tiguoiuout, Arch. Mos. G 7S5.; 

Et melre (à la vigae) cbesc'an .c. fez de 
foumeroit. (1229, "Cart. de S. Sauv. de 
Metz, Richel. 1. 10029, f" 46 v».) 

Et si matterunt chescun an .V. fes de 
fumerait do lor. (C/i. de 1232, Arch. Mos., 
Coll. de S. Sauv.) 

.c. fais de foumeroit. (Acensem. d'une 
Nigne, fête toutes airmes 1239, Ste Glos- 
-■^inde, \ttih.. Mos.) 

Juliaz i doit mettre (dans une vigne) 
ubesc'an dous cenz faiz de fomeroi. (Mars 
1241, Calhéd. de Metz, S. Julien, Arch. 
Mos.) 

Doit matre (dans une vigne) chesc'an .c. 
fes de fomeroit. (Dec. 1243 , Collège de 
Metz, .\rcb. Mos.) 

.viu. fez de foumeroit. (1246, Cart. de S. 
nnc. de Metz. Richel. 1. 10023, f° 52 r».) 

Pierexels doit mettre en cez vignes cbai- 
kant .cccc. fai.\ de fomeroit tant qu'elles 
soient bien fomerees. (1263, Cart. de S. 
Vinc. Richel. I. 11023, f» 7 v".) 

Eigariieis com li fomerois 

.\pert bes kaot U blanche dois 

Le coevre Jesas el enlor. 
(Kot. Kt Bloîs. Poés., Uichel. -21301, p. SÎ8*.) 

Demi .c. de foumeroit. (1300, Cart. S. 
Vinc., Richel. 1. 11025, f 8 v».) 

Le patois lorrain de Metz et de Fillières 
dit encore fomereu pour fumier. Dans le 
Iterry, on dit des fumerioux, pour des tas 
de fuinier. (G. Sa>d, Meun. d'Angibault, 1, 
.154.) 

KOMiTE, S. m., ce qui sert à allumer, 
atimulant, excitant : 

Fu estaint l'aguillon et fomite de ma 
forge. (Maiz., Songe du viel pet., 1, 34, Ars. 
2882.) 

KUMOUEIt, voir FOMEBER. 

Ko.NCE, S. f., fonts baptismaux : 
Fonce pour baplizer, baptisterium.(1464, 
J. Lagadecc, Cathoiicon, éd. Auffret de 
Quoetqueueran, llibl. «Juimper.) 

FONCEL, fonceau, s. m., ce qui est an 
fond de quelque chose : 

Va, qoier moi le< coilles d'aa tor, 
!,«> coillont a tont le foneel. 

{Vieille eteoillte, Ar». 3MI, P U».) 



— Vallon, ravin : 

L'hyver précèdent y avoil eu de grandes 
pluyes, lesquelles avoienl remply d'eaux 
les fonceaux et lieux bas et creux ou elles 
estoient demourees ' croupies. (.\MYOT, 
Diod., XII, 17.) 

La ou hante le pivert en quelque fon- 
ceau couvert de bois et de raraee. (ID., 
ÛEuv. mél., éd. 1820, t. IV, p. 262.) 

Puis embuscba au tenant de la montagne 
en des fonceaux un nombre de gens de 
cheval. (Skyssel, Appian .Alex., (" 483 r", 
éd. 1S60.) 

FONCER, voir FOSSER. 

FoxcET, fonsel, fonsset, fousset, fosset, 
s. m., grand bateau de la Seine et de 
l'Oise; il y en a, dit Sainte-Palaye, qui 
excèdent en lonsueur les plus grands 
vaisseaux de l'Océan, ayant jusqu'à 27 
toises entre chef et quille : 

Le duc £ist assembler grande quantité 
de nefs et de fonces : les autres eutrerent 
dedans pour passer la rivière. (J. Le Bel, 
Cftrort., II, 37, Polain.) 

Rogerin .Michiel, maistre du fausset Saint 
Extasse Je Hareûeu portant .XL, tonneaus. 
(Cft. de 1369, Richel. 26008, pièce 724.) 

Venoit par la rivière 23 fonces chargées 
de vivres el autres marchandises. (1430, 
Journ. de Paris sous Charles Vil, p. 134, 
ap. Ste-Pal.) 

11 amena avec lui bien .lvI. batteaux et 
onze fonsses tous chargez de biens, de quoy 
corps d'homme doit vivre. (76., p. 133.) 

.... Le dit fossel 

.VUoil sur l'eaue et la rivière. 

.\iDsi qae Is veut le verset. 
(Martial. Yi}. de Ch. VU. F m r», éd. 1 133.) 

El donnèrent audit .Messire .\mbrois et 
a ses gens, estans oudit fancet, grant es- 
carmouche. (J. Ckautier, Chran. de 
Cliarl. VII, c. 131, 13ibl. elz.) 

Uippe Tirien fut inventeur des navires de 
chaîrgc ou batteaux marchands, qui en 
vulgaire flamand sont appelés bulques, et 
par Appien et Thucidide bolcades, du genre 
desquels sont les baltaus a vin dont les 
plus grands, que nous appelions fonsets et 
troncs, portent quelipiefois quinze cents 
tonneaux. (Du Veruieh, DId. lec, p. 119, 
éd. 1618.) 

Il était encore très usité au xvii' et au 
XYiii" siècle : 

C'est sur les foncels qu'on amène à Paris 
de Rouen et des villes de Normandie 
situées sur cette rivière, les bois, les épi- 
ceries, et autres marchandises et denrées 
pour la provision de cette capitale. Il y a 
aussi les foncels d'Oise qui font avec Paris 
le commerce de la Picardie. (Sav.\ry des 
UhfSLO.NS, Dict. du commerce.) 

FONciiiEiiE, voir Foncière. 

FOxcuiGXE, - chine, s. f., Instrument 
pour la pèche : 

Ing baston emmanché de fer, nommé 
fanchigne, de quoy on pesche. (1454, Arch. 
JJ 187, pièce 210.) Plus loin, /'oHc/jine. 

FONCIERE, - cliiere, s. f., fond, creux : 
Les supplians trouvèrent dedeus la ri- 
vière nu engin ap[)ellé verzeul pour prcnre 
poisson; puis le mussereal en fonchiere 
empres ladittc rivière. (1391, Arcli. J.l 141, 
pièce 103.) 



Pourra faire un banc en /"oîicieres de tout 
bois, excepté aubier et mort bois. \Stal.de 
Nayan, ms. Beaucousin.) 

Guernesey, foncière, le fond de la cu- 
lotte. 

FONDABLE, adj.,qui peut se fondre : 
Des choses fondables, il a l'arein et le 

voirre. (Introd. d'astran., Richel. 1353. 

f 33».) 

Liquo, fondre si comme cire ou autre 
chose fondable. {Cathoiicon, Richel. I. 
17881.) 

FONDAiEUR, voir Fo.ndeor. 

FONDALiTÉ, S. f., droit de directe sur 
un héritage qui appartient au seigneur 
foncier : : 

A faute de payer par l'homme les droits 
de directe ou fondalilé, n'y a point de 
commise. {Coût, de la Marche, Coût, gén.. 
Il, 309, éd. 1633.) 

FONDAMENT, VOir FONDAMMEST. 

FONDAMMENT, - anment, - ament, - au- 
ment, adv., à fond, profondément, abon- 
damment : 

Tant fondanmenl sour lui ploaroit. 

iilir. de S. Eloi. p. 1-22. Peigné.) 

Et si fondanment gemissies 
Que le peuple esbaissies. 

(7mor y.-D.. Uichel. 90i, f 55*.) 

Tous tans plouvoit nuit et jour sans cies- 
ser si fondanmenl que... (Jeh. de Toysî, 
Hist.de J. Ces., Ars. 3333, f» 216».) Var., 
fondamment. (Settegast, p. 38.) 

Pluseurs commeucierent a braire et a 
crier trop fondanmenl, en pleurs et en 
lermes. (G. de Nangis, Vie de S. Loys, Rec. 
des Hist., XX, 323.) 

Dont racola Raguel fondanmenl et plou - 
ra sour scn col. (Bib. hist., Maz. 532, 
f" 140'.) 

Plouroient si fondanment ke li uns ne 
pooit parler a l'autre. (^ Vies des Saints,ms. 
Lyon 697, f» 38'=.) 

Il oi que Rollans dist, molt fondanment 
plorant. {Chron. des rois de Fr. , ms. 
Berne 607,1" 114^) 

Mais je ne say quelle chaloar 

Qui est coverte de froidnur 

M'a sonspris et me tient au cuer 

Si fondamment que a nul fuer 

.Ne pourroie dire eu quel point 

Sui, ne comment elle me point. 

(G. M,\cii., Poé.t., Richel. 9221, f° 32'. > 

Que je ouiilay le cuer partir 
Ly deust en deni, vraiement ; 
Tant plouroit des yei fondamment 
Ses meSaiz. 
Oliracle de Rostre Dame, de Robert le dyable, 
p. 5i, Soc. des antiq. de Norm.) 

L'escripture cmprimee en leurs cuers 
fondamment. (J. Goulain, Ration., Richel. 
437, f» 32".) 

Si le commença tout incontinent a em- 
bracier et a baisîer en plourant si fondam- 
ment qu'elle ne pooit un seul mot dire. 
• (Gir. de Rouss., Vat. Chr. 967, t» 143'>. 
[Gérard] se print a soy repentir très 
araerenient et a plourer /bndanment. {Ib., 
f» 160\) 

.Sy que da coer fondament ploreut. 

(Pasloralei. ms. Brui., f" S5 v".) 



FON 



FON 



FON 



Tousjours plouroit si fondamment qu'il 
n'y avoil créature ne ciel ue terre qui n'en 
(lust prendre pitié. (G. DE Chastell., 
Chron. des D. de Bourg., IV. 301, Kerv.) 
Les gens cl serTilonrs plcnroicnl 
\ clianlJes larmes /'ondnmmfnl. 
(M^niiAi,, Vin. ie Cliarl. YII, 1° 10-2', éd. 1493.) 
Luy baisoit les veul-': par très grant pi- 
tié en plorant si fondamment que... (Per- 
ceforesl, vol. V, ch. 12, éd. 1328.) 

Ceulx qui les reganlerent, de la pitié que 
des chevalliers eurent, se prindrent fon- 
dammenl a pleurer. {Perceval, f° 132'', éd. 
1S30.) 

La ploroient fondamment les Grégeois. 
(C. Mansiox, Bible des Poet. de metam., 
foiSQv», éd. 1493.) 

Les assisteu? plouroient fondavimenl. 
{Leg. Sle Règne, ISOO, f" 6 v«, Bibliotli. Be- 
sançon.) 

Tons les ;iresens tendrement sonspiroienl 
Très fondammnil, et ensemble ploroicnl. 
(CitF.TiN. Cliants rou.. V 28 r», é.l. I-SÎT.) 
Cf. FOKDF.EMENT. 

KONDANCE, - onsc, S. f . , fondation : 
Ne encontre la fondanse et l'estavlisse- 

ment devant dis., ne vcurai. (1278, Cart. 

de l'évéchê de Laon, f° 60"', Arch. Ai^ne.) 

FONDAOUR, voir FONDEOR. 
FONDAUKSSK, VOir FOXDEOIÎ. 

FOND.VTAiRE, S. 01., tenancier qui te- 
nait ou possédait le fonds : 

Nuls foiidataires ou foudatiers roturiers 
tenans ou possedans (iefs. (1483, Orrf.,xix, 
311.) 

Cf. FONDATIER. 

FO?«DATEUESSE, VOir FONDATRESSE. 

FONDATIER, S. m., tenapcicr qui te- 
nait ou possédait le fonds : 

Que nuls fondatnires ou fondaliers ro- 
turiers tenans ou possedans fiefs au- 
dessous de 20 livres tournois ne soient 1 
tenus d'aller ou envoyer aux armes. (1483, | 
Ord. de Charl. VIII sur tes privil. deshab. \ 
du Languedoc, ()Td.,\ix, 311.) 

Lexistenco ancienne de ce mot est at- t 
testée par le texte latin suivant du com- ^ 
menceraent du xiv= siècle : 

Tenentiarii seu fundatarii. (1324, Leil. 
de Charles le Bel, Arch. JJ 71, pièce 109.) 

FONDATION, S. f., fondement : 

Je le vous dirai pour mieu.x venir a la 

fondation de ma. matière. (Kroiss.j Cftron., 
I, II, 52, Buclion.) 

— Revenu : 

Comme toutes leurs chevances el fonda- 
tions soient sur les revenues de leurs vi- 
gnes et autres labourages. (1391, Ord., vu, 
448.) 

Les dits suppliants n'ont peu recueillir 
leurs grains 3t autres fruits, qui est leur 
principal et plus grant fondation. (30 avril 
1412, Exemption d'un chariot accordée aux 
églises de Senlis, Biblioth. de Sentis, mss. 
Afforty, t. XX, p. 465, dans les Mémoires de 
la Société de l'histoire de Paris, p. 267.) 

FONDATHESSF,, fondateresse, s. f., fon- 
datrice : 

Concernant l'achèvement du testament 



de feue madame vostre fondalresse. (1547, 
Lelt. des exéc. du test, de Mgrd'Autr., ap. 
Baux, Hist. de l'Eglise de Brou, 2» éd., 
p. 492.) 

Brnnechil fnt jadis roine de Krance, 
Fondatrressf du saint lien de céans. 
(Liste ilfs tombea::x qui soûl dans Veglise de Sainl- 
Martin d'Autan, Arcli. de l'évèclié d'Anton, F. 
de Saint-Martin, et Xoij. lit/, de deux Bénédic- 
tins, \'° part-, p. 157.) 

ne Flandres fut Marguerite contesse. 
Des lieux pieux pieuse fondatresse. 
(Vers inscrits sur un arc dt* triomphe élevé' à Lillr 
tors de ta jaijeuse entrée en cette rille en ISOI 
des archiducs Albert et Isabelle, Bulletin de la 
Commission historique du Nord, XII, 161.) 

FONDAUMENT, VOir FONDAMMENT. 

FOND DE CUVE, S. m., sorte de pardes- 
sus que portaient les hommes et les 
femmes et qui était habituellement 
doublé de fourrure : 

Mais au dcssoubz fanlt faire voile 
Depuis les reins jusqnes au piet. 
Du cul de robe qui leur chiet 
Contre val, comme uns fonds de cure 
Bien fourré, ou elle s'enonve; 
' Kt ain.si ara la niescbinc 
Grcsie corps, fïros cul el poitrine. 
(EcsT. Desciiamps, Poés. ,Rifbc]. 840, f iOI''.) 

1. FONDE,. /'«ndPj S. f., bourse, sac dans 
lequel on met son argent : 

Il trouvèrent une grande bourse enflée 
ausi com se ele fust plaine de deniers, la- 
quelle bourse on apele useement fonde. 
{Vie de S. Franc. d'Ass., Maz. 1351, f" 31".) 

— Bourse, lieu où se réunissaient les 
commerçants el où les marchandises 
étaient déposées : 

Toutes jtes gens dcvent maner de la 
fonde en amont, en Acre ; et de la fonde 
d'Acre en aval ne deit nus estre. {Ass. de 
Jérus., t. II, p. 178, Beugnot.) 

En la fonde de Tyr. (rraet. franc, de Guill. 
I de Tyr, f» 142 v», ap. Roq.) 
I Le bailli de la fonde de cel leuc est 
corne rays. {Liv. deJ. d'Ibelin, c. 4, Beu- 
gnot.) Var., funde. 

11 boutèrent le feu en la fonde la ou toutes 
les marcheandises estoient ettouz liavoirs 
depoiz. (JOINV., S. Louis, 164, Wailly 1874.) 

2. FONDE, s. f., base, foiideiiicnl : 

Zacliaries sot de clergie 
] lît des sciences la fonde 

A son tens. 
1 (I.W B C Plantefolie, Bichel. 8.11, f° IS7".) 

[ Iluimais porroii oir la fonde 

De l'nn des princes terriens. 
(De la maie Honte, Bichel. 191.ï'2, f" n:i''.i 

Tôt autres! ces .m. cites 
Sont principaus en avant totes; 
De ce ne doit estre nus dootes. 
Ronme doit la première dire, 
Quar St Pieres i prist martire. 
Et Compostiele est la seconde, 
V Si Jako Dst de soi fonde : 
Sa cars fu la mise et remese. 

(M(]USK., Chron., i;U7, ReilTJ 

Quar li traîtres faus et las 
Celui l(i mestres ert el fonde 
Kl de lui et tout le monde 
Oia baisier et envair 
Et pour .\\x. deniers trair. 

Un., il/., iMri.) 



Mnsike est apries la seconde. 
Ki de canter est des cl fonde. 

(In.. II/.. 'iIlCi 
Rome qni deust eslro de noslro foi la fonde. 
Simonie, avarice et tous maus y abomlc. 

(fa Vie du Monde, si. S, ap. Umi.i 
mironer du monde, 
Bonté 1res parfondc. 
Huby reluysant. 
Tu es Dostre fonde. 
Car en toy co fonde 
No.strc estai plaisant. 
(Ad. des Apost., vol. I, f» T, é.l. i;;."»:.) 
Le donlx .Icsus qui est noslre deffencc, 
Noslre secours, noslre escu, nostre fonde. 
(f*., riO'.) 

FONnEKMENT, - emciil, fund.. adv., à 
fond, jusqu'au fond, profondément, abon- 
damment : 

Nous sentans fundcment des grans biens 
et pourfis que nostre sires li roys et ma 

dame la royne d'Engleterre nous ont 

fais. (1309, Cart. de Ponlhieu, Richel. 1. 
10112, 1° 348 v«.) 

Se priiit si fondement a plourer. (Com- 
pas, de la s. escript., ms. Aloumerqué,t. II, 
f" 132 V".) 

Et si fondeement plouroit que... (Christ. 
DE Pis., Cité, Ars. 2686, 1» HO».) 

Les gens granz et petiz plouroient si pi- 
teusement et si fondement, comme s'ilz 
veissent porter en terre leurs meilleurs 
amis. (Journ. d'un Bourgeois de Paru, 
p. 236, Tuetey.) 

Et en le plorant si fondement, chascuu 
jettoit son œii au murtrier .lehan Poliroi;. 
(Cl. Haton, iVcm.,I, 324, Rourquelot.) 

Cf. Fondamment. 

FONDEFiEis, V. a., penvcrsor de fond 
en comble : 

Mais il (le bastillon) fut enversé en 
bas, abaitu par terre, en terre, en fons 
fondefié et porté jus par main robuste. 
(J. MoLlNET, Chron., ch. x, Buchon.) 

FONDEFi.E, fondeffle, fomlelfe, fundejU, 
fondiefle , fondifle , fondreffle, fondouflc , 
fondufle, fendofle, fandofle, s. f., fronde ; 
instrument propre i lancer d'énormes 
pierres ; « arc de douze ou quinze pieds 
de long, d'où partaient des javelots de 
cimi ;i six pieds, » comme l'explique 
Fauchet {Orig., p. 120) ; sorte de canon ;ï 
deux bouches ou jumelles ; selon les ex- 
pressions du. Estienne (Precetlence du 
langage français) « machine de guerre 
servant à faire batterie • ; souvent le pro- 
jectile lui-môme : 

Et fondiefles as mains et kaillans poar siervir. 
(Cher, au cyi/ne, 8690, Reifl.) 

El payen leur giolloient fondiflrs et quariaus. 
(«., 9048.) 

El ly roys des Taffors va se genl amenant 
Oui de fondiiflrs vont les pajens destraignan'. 
(«., 2(1.^9.», I 

Kl jcleol de /ondte/les et de grans c.aillaus bis. 
(tes Chelifs, liichel. lî.'iSS, P'.r.)'.) 
Dont veissies ribans d'assaillir aalis. 
Et jeter ans fondu/les ces grans caillaus massî*. 
(Chans. d'Ant., vi. 9X0, P. Paris) 
l.ors fu l'assau» leconraenries 
Des /ondef/te.s et des caillaus. 

(Ilenart le nouiicl, 4001, Méon.) 



S6 



FON 



FON 



FON 



Eulre l'une compaignie et l'autre coni- 
paigDÏe estoit une espnsse aussi que le 
fîiet d'uue piere c'uue fondefle pete. {De 
saint Brandainm le moine, p. 86. Jubinal.) 

Couimcm-i'TLMil a assalir la vile de ja- 
veloz et de foudes et fandofles. (Chron. de 
S.-Den., ii.s. Sle-Gen., f» lOf.) P. Pans, 
fondoufles. 

Faisoit aprcudro toutes les manières et 
usages de bataille, si con salir, courre, 
Doer, pierre gieter a le main et le fondiefle. 
{U Ars d'Amour, II, 3S8, Petit.) 

Funda, fundefli. (Gloss. de iiMe,Scheler.) 

Furent faiz plusieurs fondref/les, bri- 
coles et escheles. (Moxstrelkt, Citron., 
I, 29, Soc. de ru. de Fr.) 

Ils usoient aussi des espringardes, qui 
estoient instruments volans cûninic fon- 
delfes ou frondes. (Fahcuet, Orig. des 
Cheval., arm. et héros, II, 1, éd. 1611.) 

Les fondelfes lascUoientaussi des pierres, 
ainsi que les frondes a main. (ID., «6.) 

— La corde de la fronde, courroie en 
général : 

Iteo li >oo Tilaia repronricr, 
La fendojlf dont il cbeo^la 
Le caTeslre que il t'embla. 

(Uir. Je SI Kloi, p. 83. Peigné.) 

Entre lei boissons trouveras 
Che qne ta caers parfont macbié 
D'une fendo/lc entrait lalé. 
Pesloie, preo le tine cbose. 

(;a.) 

FO.VDEFLER, (roudejler, fendesfler, 
Terbe. 

— Nentr., lancer des pierres avec une 
fronde ou avec une machine de guerre, 
jouer de la fronde : 

Li mescreaut commandèrent a ruer 
pierrez et a fondefler et a traire saieles et 
quarriaux. (Cont. de G. de 'yi/r.ch. xxviit, 
var., Ilist. des crois.) .\utre \u.v.,fronJeller. 

Et en cheminant et alant ilz fondefloient 
et abatoicnt ainsi connue une teuipeste 
maisons d'avocas et de procureurs. 
(Froiss., Chron., Richel. 2660, f" US r°.) 

— Act., lancer avec une machine de 
guerre ; 

Et lee eogiens ;iarair et aprester 
Et miogooniaus grans perrons fonde/ter. 
(Ut Luk., Iticbel. 1988, f» 193 »°.) 

— Assaillir à coups de fronde : 

A chascooe des flecbes ot x cordes poignas, 
Oa fondrffle»! les Tors la dedens par esclas. 
(Conq. de Jcrui., 1676, Hippcan.) 

— A fondeflant, avec la rapidité du 
trait lancé par la fronde : 

Si sont en Espuiîne les rivières trop pé- 
rilleuses ijui vienuent affendesflant par 
pluyes et lavaces .«i abondainincut que... 
(Fhoiss., Chron., XI, 423, Kerv.) Lu ver- 
sion de Bre.sliiu porte : Dévalant en bas. 

FONDEFi.Eun, - de/Peur, fondiblaour, 
s. m., soldat armé d'une fronde : 

FonJiHao'ir sont cil qal ruent 
Par futsiaus pierres dont il tneat. 
(J. BE PkioKAT, Lit. de regece, Richel. 160i, 
f W.) 

Li fonde/leur d'Ysracl li-ur vindrent a 
rencontre, si lesocistrent. (Udi.\rt, Bible, 
Nomb., XXX, ins. Sli'-lien.) 



Lvi fondeffleurs issirent de lu cité contre 
ceulx qui tiroient Achior.(FossETlER,Cro». 
Marg., ms. Brux. 10510, f" 131 vo.) 

1. FoxDEis, - dis, /"îirt., adj., de fonte, 
fondu : 

Il firent un vccl en Oreb , e aurerent 
chose fundice. {Liv. des Ps., Cambridge, 
CV, 18, .Michel.) 

Dens enfans Je fin or fais en molle fondis. 
(.Rom. i'Ali.r., ap. Barlscb. Chrest.. col. 178, 

3" éd.) 

Le pié estuet refaire de nnef, trop est malmis. 
Voire, dist li orfèvres, j'en ferai .i. fondis. 
Se Tos or me baillies, icis ert avoec mis. 

(Ilclias, Richel. 12558. P 13'>.) 
Nus ne doit faire patrenostres de fil, 
ains les doit faire fondeisses et tornees a 
tour, bones et grosses, seloac ce que les 
patrenostres sont praus. (Est. Boil., Liv, 
des inest., i" p., xliii, 6, Lespinasse et 
Bonnardot.) 

Qoar por ce qu'il estoit d'avoir trop covoitis 
Li Turc li Osent mflro par la bocho enz ou pis 
Et par dedens le cors or boillant et fondis. 
(Jacot de Korest, ap. J. de Tuim, Yst. de Jnlius 

César, p. ti, note, Settegast.) 

Vous avespecié a nostre Seigneur vostre 
Dieu, et fait un veel fondeis. (Guiaut, 
Bible, Deut., m, ms. Ste-Gen.) 

Et ûst une ymage fondisse. 
(G. M.ictt., Poés., Richel, 9221, f 19-1''.) 
Ils tentèrent Dieu, s'esloingniereut de 
luy, et se retirèrent de sa cognoissance, 
firent et mirent sus ydoles et veaux fondis, 
les esleverent eumy le désert pour sa- 
crifier. (G. Chastell., Chron., V, 296, 
Kerv.) 

Couleuvrines fondisses , flèches. (1496, 
Arch. mun. Compiègue, CC 3à.) 

— Terme de cuisine : 

Et les entremets furent de lus et de bro- 
chets fondis. {Hécils d'un Bourg, de Valen- 
ciennes, p. 57, Kervyu.) 

2. FONDEIS,- dis, funde>js,s. ni., action 
de se précipiter, combat, mêlée : 

Si jr cast un grand fondis : 
Adonc commence le chapplis 
Si grant, si fort et si byileni. 
Do bonnes baicbes et d'espees. 
Car leurs lances eurent gectees. 

(G. de !a ISigni-, f" 55'', ap. Ste-Pal.) 

— Maison en ruine, masure : 

l'undeys , domus ruinose et derute. 
(1291, Arch. SI llilaire. Bourg, ap. La- 
laniie, Gloss.du pal.poilevi.,^. 136.) 

A Jehan Basourdi, pour toute la pierre 
que la ville a fuit et fera traire en ses /bn- 
deiz a Hoicbecorbou. (1339, Compt. mun. 
de Tours, p. 126, Delaville.) 

Guillaume de Signy escuier,.,, et plu- 
seurs autres s'en alereut es fondeiz quérir 
les joviaux dudil Guillaume, qui estoit ou 
panturuge desdiz fondeiz. (1380, Arch. JJ 
118, pièce 263.) 

Fondis, masures. (1454, Dêclar, au prieur 
de S. Thibault, Arch. Vienne.) 

Fondis ou mazery. (1481, .Nieuil, ras. du 
Poitou, ap. Lalanne, Gloss. du pat.poitev., 
; p. 136.) 
I Auss; je y vl faconde rethoriqne 

Qui volnnliers oioyt dame musique 
SI bien chantant que d'ung petit fondiz 
Nous pensions estre en ung paradis. 
(J. BoiciiET, Ep. fam., I" p., \x\iiii, éd. 15i5.) 



Bail a rente d'un fondis, grange ou ma- 
sure. (1575, Enq., S. Cyprien, liasse 22, 
Arch. Vienne.) 

Vendée, Deux-Sèvres, fondis, s. m. pi., 
bâtiments tombés en ruine, masures. 
Cf. FoNDom. 
FONDEL, frandeljS. m., fronde: 

l'ne pierre a enz el fonde! posé. 
(Les Loh., Richel. 1582, ap. Vielor, Handsckr. 

der Geste des Loh., p. 106.) 
Cenix dedens lor gettoient et vive cendre et chaos. 
Et a bras estendus grosses pierres poignaus. 
Et li plusours a peli et li autre a fondaus. 
(Vœur du Paon, ms. Brui. 11191, f 21 V.) 
Li plusenrs an palon et li autre ans fondaus. 
(/«., Richel. 1554, f 19 r».) 

Quand David le vit approucher si print 
une de ses pierres et la mist en son fran- 
del et la gecta de telle vertu qu'il l'assist 
au front de Gollias. (Hist. de l'anc. test, 
f" 97°, impr. Maz.) 

FONDELFE, VOlr FONDEFLE. 

FONDELMENT, adv., abondamment : 
Ne fîna onques de plovoir si très fondel- 
ment que riens ne se pooil garantir hors 
des mesons. (G. de Tyr, xxi, 2i, Hist. des 
crois.) 

1. FONDEMENT, fund., S. m., action de 
fonder, fondation : 

Que vos ne meteiz ne ne faceiz mettre 
contredit ne empescliement ou fondement 
de l'abaie que nous entendons a commen- 
cer. (1273, Lett. d'Aeliz C"" de Biais, 
Marmout., ArcU. lud.-et-Loire.) 

L'abbé et le couvent de Preaus tienent 
le fundement de lour abbeie de don Hun- 
frei de Vielles. {Cari, de Preau, (" 89 v, 
Arch. Eure.) 

Laquele (vavassourie) il avoient et pour- 
soieut du fondement de lour eglize. (Ch. de 
1318, S. Evroult, Arch. Orne.) 

Que ledit mouslier est de fondement 
royal. (1320, Arch. JJ 60, f» 19 v.) 

Pour paier finance du fundement d'une 
chapelle par li fundee. (1343, Arch. JJ 76, 
f» 173 V.) 

Devant l'ostel a certaines places et fon- 
deniens de maisons. (1431, Denombr. du 
baill. de Constentiu, Arch. P 304, f 200 r».) 

— Fonds de terre ; 

Nous vendirent. ..la meyeté d'un boyes... 
tant le fondement que les coyelletes et les 
expleiz lu dite colleyte. (1301, Acq., Fon- 
levr., -Mespied, Arch. Maine-et-Loire.) 

— Action de s'enfoncer : 

Ains estoit ainsi que la tour avoit prins 
son fondement quant elle fut faite, et avoit 
delaissié le pan du mur. (Wavrin, An- 
chienn. Chron. d'Englet., 11, 130, Soc. de 
l'H. de Fr.) 

— Gonflement : 

Fondement, conllacio, onis, ou soufle- 
menl. {Gloss. yall.-lal., Richel. 1. 7684, 
f» 85 v».) 

2. FONDEMENT, Voir FONDEKMBNT. 

1. FONDEon, - eeur, - eur, - aour, - 
aieur, s. m., soldat armé d'une fronde : 



FON 



FON 



FON 



37 



Kl esl bien chose anctorisu? 
Que li fimdaouT profitié 
Ont a loar ost as guerres pleiones. 
(J. DE Pbiobat, l.iv. de Vegeer. Uichel. in»i. 

Anbaleslierz, fondeeurs. (Cron. Godefi: 
de Buill., Vat. Chr. 137, (' 397=.) 

Et dressa en assez peu de temps un 
chasteau dessus a prant peine et a grant 
travail que il leur convint souffrir pour les 
archiers et les arbalestriers et les fondeurs 
de ceulx dedens qui tiroient et fondoient 
seurement. (Grand. Cron. de France. 
l'Istoire du gros roys Loys, xi, P. Paris.) 

Vespasien eut envoyé sur eulx les 
traveurs et les fondaieurs. (Ancienn. des 
Juifs, .\tb. 5083, 1» 257'.) 

2. FOXDEOR, - eenr, - oor, - or, - our, 
- ur,-eur,fonz., fund.,found.,s. m., fon- 
dateur : 

Son père, pur la sue amor. 
De une abbei estoit fundnr. 
{Cmtin. du Brut de Ilarc, Michel. Chron. angh- 
norm., I. 113.) 

Nous célébrerons et ferons sollepnenient 
Tostre anniversaire ausi comme d'un de 
nos fondours de nostre abie. (12SS-1262, 
Coll. de Lorr., 261, n" 126, Richel.) 

Le pape Urbain quart, fondeur de la 
dicte eelise. (1262, Chart. de la collég. de 
St Crb; p. 231, Lalore.) 

Quant il dut les murs maçonner 
De Thcbes, dont il fu fondicfres. 
(Rose. Richel. 1573, f» iG^; éd. Méon,ll)91i.) 
.... Fondiere. 

Ui.. éd. Lanl. de Dam., 20357.) 
Cil qui estoit.. nobles /biiderres d'églises. 
(Chron. de S.-Den., ms. Ste-Gen., f» l?"-.) 

Que les anceisors du dit Jeheu avoienl 
esté fondoors en partie de la meson as diz 
religieus. (1293, Lett. du vie. de Pont Au- 
demer, S. Evroult, Arch. Orne.) 

Duquel leu nos volons cstre fondeor e 
patrons. (1297, Test, de Hugues le Brun, 
Arcb. i 407, pièce 6.) 

Comme eux aient pooté et liberté d'a- 
querre par tous les fies de lors fondors et 
par toute lor terre, et de ce ont ussé et 
esplecté des le temps de leur fondement. 
(CA. lat. du XII* s. trad. en fr. au xiii", 
<;art. de Preseigné, ms. du Maus.) 

pue les personnes des dictes églises 
[irient diligemment pour les diz roys 
comme pour leurs fondeur s. (Chr on. dei.- 
Den., Richel. 2813, 1° 427*.) 

Le bos fu donné a nostre dite meson 
Dieu a la fondation d'icelle de Mons. S. 
Lots nostre glorieux /ondeur. (1317, Arcb. 
Seme-et-Oise, A 1434.) 

Privilèges que il avoient de la fundaoion 
de leur dite maison de glorieus fundeeur 
Mons. saint Loys. (1322, Arch. JJ 61, 
f ' 33 r°.) Plus bas, fondeeur. 

Par tiltre de leurs fondeeurs. (1326, Cart. 
de Préaux, f" 174 r°, Arch. Eure.) 

Jehan de Sainte Audegonde,/'o)uierres de 
le Chartrouse. [Pièce de 1330, Mém. des 
Ant. de Morinie, XV, 88.) 

Solom le porport de la chartre \oT fun- 

dour avaunt dit. (Lell. d'Ed. II, coll. 

Brequigny, IV, f» 47 r", Richel.) 

... Li fondierres 
De sainte Eglise Jhesucris. 

{Fatl. d-Or.. Ars. 5069, f tOi'.) 
E fu leur primes fundour (des frères 
mmeurs). {Chron. d'Anal., ms. Barberini, 



Seyn Dominik le fundur des frères pre- 
cheours. (Ih., f' 54 v".) 

En mesme.s les lieux faitz par les foun- 
dours. (1343, Lett. d'Ed. III, Avesbury, 
p. 112.) 

Prient pour lesditz rovs comme pour 
lours foundeours. (24 oct.' 1360, Traité de 
Bretigni, Liv. des Bouill., XI, Arch. mun. 
Bordeaux.) 

Que la volunté raisonnable du testateur 
ou fondeur d'aucun benetice est a tenir. 
(Orksme, Politiq., f» 118», éd. 1489.) 

Delà eglize fut le premier /'onïeor Charle 
Maigne. (1389, Cart. apparten. d M. de 
Dampierre.) 

Ne scez ta que Romme nommée 
Fnst de son fondeur Roronlas ? 

(E. Deschamps Poés., Richel. SIC, f 530'.) 

Les fondeurs de ladicte estude furent 
celluy Alcun, Kabanes qui fu disciple de 
Bedes, et Clodes, et Jehan l'Escot. (Crist. 
dePiz., Charles V, 3* p., th. 13, Michaud.) 

Pour la grant et singulière amour et 
devocion que nous avons eue et avons 
envers noz bien amez les prieur et cou- 
vent des religieux Olestins de Nostre 
Dame de Paris, et a leur esglise, dont fut 
/ondeî/rnostretreschierseigneur et père.... 
(6 juillet 1403, Arch. S 3743, pièce 40.) 

Fondeurs, protecteurs et gardes de 
nostre evesché et église de Sainct Brieu. 
{Aveu de 1472, Ane. évêch. de Bret., 1, 380.) 

Lesdis religieux sont tenuz faire prières 
et oraisons pour leurs fondeurs. {Us. et. 
coût, des for. de Norm., f 6S^ Arch. S.- 
Inf.) 

Cadmus, rov et fondeur de Thebes. 
(B0CC.4CE, Nobles malh., I, v, f» S v", éd. 
1515.) 

— Fém., fonderesse, fondaresse, fon- 
dresse, fondatrice : 

Lekele capelerie devant dite je nomme 
comme fondresse et por che k'il apere ke le 
première donnisons en soit raoie. {Charte 
de 1277, Moreau 201, 1° 118 v», Richel.) 

Si voel jou comme fonderesse de le mai- 
son ke... (1290, Chartes d'Aire en Artois, 
Wailly, Bibl. de l'Ec. des ch., XXXI, 276.) 
La a abbesse, et mainte suer 
D» Cisteaui. qui est ordre grise. 
Et qui lui rendent digne service, 
Chascun jour, comme fonderesse 
Du lien, dame et deffenderesse. 

(E. DE^CB*M1■S, Poés.. Richel. 8i0, f» SSQ*.) 

Fondaresse. (xv° s., Lille, ap. La Fons, 
Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Dido.. première fonderesse et royne de 
Carthage. (BocciCE, Nobles malh., V, 16, 
f> 130 r°, éd. 1515.) 

3. FONDEOR,- deeur,- diour,fun., s. m., 
creuset destiné à la fonte : 

.1. d. entre deehié du marc et despens, 
et cherbon, et fundeeur, et crusous, (Acte 
sans date, reg. de Ph. le hardi, Arch. J 
1034, pièce 28.) 

Ou pesereit, ou trabuchereit auconne 
monnee, quelle que ly monnee soit, por 
porter ou billion, ou en la monnee, ou 
fondiour, ou fornaisse. (1420, Arch. Frib., 
l" Coll. de lois, n° 293-294, f» 86-87.) 

FONDER, funder, verbe. 
— Act., jeter, lancer : 

Lors veissies pieres fonder 

Et assaillir mult aigrement. 

{Gaumin, 290i;. Hippeati.l 



Autres fondoient pierres, autres treoient 
saettes. {Cron. Godefr. de liouill., 'Vat. 
Chr. 737, f" 397''.) 

— Répandre : 

Del revenir meteot lor termes, 
.\1 départir fondèrent lerrnes. 

(.S. Brandan, Ars. 339n, T 103'.) 

— Combler : 

De si as murs de Tir voln le mer fonder. 
Si qu'il poront de près asalir et gieler. 
(Roam. d'Alix.. P \V,^, Michelanl.) 

— Neutr., être détruit : 

Loingde Jérusalem enlor .XXX. jornee.s, 
sont les .V. cites qui fondèrent por le pe- 
chié contre nature. (BnuN. Lat., Très., 
p. 155, Chabaille.) 

— Fondé, part, passé, bien instruit, sa- 
vant : 

De letres sases et fonde:, 
A .\thenes tenoit escole. 

(Ben., Troie, ms. Naples. f» 1^) 
Des arts ert bien fondes. 

(Boum. d'MLr., 1" S*". Michelant.) 

A son hosteil .1. clerc avoit 
Que nus bons millor ne savoit. 
Mull estoit bien fondez des ars. 

{Florimont, Richel. 792, f 9''.) 

Henri ont a nnn le pnisoé, 
Ki de clergie fu fundé. 
{Continuation du Brut de Wace, Michel, Chron , 
anglo-norm., I, 93.) 

Moult estoit bons clers et fondez de 
haute clergie. (.4re!t)-, Richel. 337, f» 9>.) 

Sachiez que de tous biens est si sage et fondée. 
{Berle, 2830, Scheler.) 

11... fut envoie a Napples a l'estude ou il 
fut fondez parfaictement en logique et en 
nature. {Contin. anonyme de la Chronique 
de Jean de S -Victor, Recueil des historiens 
de France, t. XXI, p. 631, note.) 

Car avec tout ce qn'il est ainsi fondez. 
C'est li mains covoiteai qui soit en c. citez. 
C'est tout li plus courtois qui pnist estrc trouvez. 
(CoT., B. du Guesclin, 1 ii:i3, Charrière.) 

— Pourvu, muni : 

Et feussent les douze chanoines fondez 
chascun de deux cens livres parisis, lesdiz 
chappellains de cent, et les clers de cin- 
quante. (MoNSTREL., Chron., I, ccxxxii, 
Soc. de l'Hist. de Fr.) 

— Fondé de pouvoirs : 

Nostre seigneurie roy envola au roy d'A- 
lamaigne, qui ja estoit allies et aus autres 
d'entour lui ses messages, c'est a savoir li 
evesque de Belehem et le priour des frères 
precheours de Paris, les quiez orent petite 
odience, pour ce qu'il n alerent pas bien 
fondez; mes après euls ala monseigneur 
Mouche, qui ala si bien fondé et garni. 
(1297, Arch. J 654, pièce 16.) 

— Fondu : 

Car se l'amirans set que nous scions des pers, 

Ne nous garroit tous l'ors qui onqnes fust fonde,- 

Que cascuns ne fust ja pendus n afoles. 

(Fierabras, 1920, A. P."! 

La estoit Terragans et .\polins levés. 
Et Margos, et Jupins.Pl des autres asses ; 
Du plus lin or d'.\rrabe estoit cascuns fondes. 
Ub., 3158.1 
Fusilis,/'«n(iBS.(G(o.<;.s.(/«DoMai, Escallicr.) 



«8 



FON 



FON 



FON 



FONDEnKssE, atlj. f., ciù il y a Jes fon- 
deurs, en parlant d'une rue : 

Le rue fondcresse (i S.-Queiilin). (1295, 
Arch. niun. SlQuentiu, I. 1, piùce 18.) 

FONDEuiŒ, - dure, s. t., action de 
fondre, fonte : 

Li sieçe? de? lavoiiersefloiPDl ousi d'une 
meisnie? entaillenre i>l d'une fondeure et 
d'une prandeur. (Guiabt. Bible, Trois, liv. 
des Rois, SIX, nis. Sle-Gen.l 

Li siepe des lavoirs estoient d'une 
mesme enlaillurc et d'une fondure. {lit., ib.. 
Mai. 538, t' H»"-.) 

Entre ces fondures de plong v avoit uns 
merveilleux crand nombre ù'auberjons 
contrefeils. (G. ("hastell., Cftroii. des D. 
de Bourg.. 111, 100, Huchon.) 

Les lavoirs estoient tous d'une mesme 
fondure et d'nng grandeur. (Fossktier, 
Cron. Marg., ms. Bnix. 10511, V, 1,6.) 

On dit que la fondure d'nu canon a esté 
faillie, fxv* s., Lille, ap. La Fons. Gloss. 
nu., Bibl. Amiens.) 
Tbibaclt. 
Il nous tandroit doncqnes reToDiIre 
D'one matière nioolt allaitée. 

JtSXf.ITF. 

Rien, rien, mais de belle fonâurf : 
Snr Ions les anllres c'psl le père. 
(Farrr des femmes. Ane. Th. fr., I, ''. < 

FONDIBLAOUR, VOir FONDEFI.EUK. 

FONDiBULATEUR, S. m., soldat amié 
d'une fronde : 

Les Marsions estoient fournis de fondibu- 
lateurs et de artilliers. (Orose, vol. II, 
f» 108", .^'d. 1491.) 

Faire faire grosses et haultes tours de 
bovs arssi baultcs que les murailles de la 
vilfe pour mettre arcliiers et fondibtilateiirs 
qui fzetloient sur ceux de la ville. {Ib., 
S" 113'.) 

FOXDIEFI.E, voir FONDEFLE. 

roxDiGUE, voir Foxdique. 
roNDioLR, voir FOiNheor. 

FONDiQUE, fondigue, fonteque, s. m. et 
t., magasin, donane, marché: 

Et en icellui fondique de Nerbonne 
fusmes nous hyuberfiez nous tous pèlerins. 
(D'AsGLUBE, Voy. d Jerui., p. 78, A. T.) 

Item, y a pluisieurs marchans cristiens 
dcdens la ville qui la demeurent, en espe- 
cial Veuissiens, Cenevois et Catelans, qui 
y ont leurs fonteques. (Ghill. de Lan.nov, 
Voy. el ambass., p. 109, Polvio.) 

Tous marchands qui y arrivent avec 
marchandises, les portent toutes, quand 
ils les font descharger, en une fondique 
qu'on nomme en plusieurs lieux dfouanne. 
(Lemaçon, Trad. de Boccace, 8* jour.. 
10* nouv., éd. 1737.) 

Il dit que de son temps elle (Gien-sur- 
Loire) esloit le fondique et magazin des 
Chartrains. (Favin, Th. d'honn., 1, 333, an. 
Sle-Pal.) 

Lesquels au milieu de leur ville ont fon- 
digue et place de trafic, ou avec parjure- 
mens trompent les uns les autres. (Saliat, 
Hérodote, I, éd. 1586.) 

Il y a (les bazars et fondiques destinez 
pour les inari'liands de drap de soye, de 
laine, caniolol? et toiles de collon. (Koi/ao. 
dus. de YiUnmont, p. Sfi6, éd. 1598 ) 



L'homme se plaint de son cerveau de ce 
qui lui envoie tant de defluxions, fondique 
de toutes les maladies plus dangereuses. 
(Charr., Sag., 1. 3, c. 39.) 
Et fait qne la Terlii soit Tice détestable 
Et le Tice Terln, et la cour nn cstable. 
Un retraict des ahos, des dissolutions. 
I.e fnmier de lori-noil. de nos mnn5 le fondigue. 
L'abisme des thrcsors de la France prodigne. 
(.Le Cabinet du roij de Fr., p. .-îOo, éd. 1581.) 

FOXDis, voir FOXDEIS. 

FONDiTEun, s. m., frondeur : 
Les fonditeurs qui geclent des fondes. 
(Ftai;e Vegece, I, 20.) 

.lelteurs de pierres par la fonde, parti- 
culièrement nommes fonditeurs. (GmLL. nu 
Choul, Disc, sur la Castrametation, p. 13, 
éd. 1581.) 

FONDOiER, - eier, - fund., v. n., lancer 
des pierres avec une fronde ou une ma- 
chine de guerre : 

Fait traire a eas e frtndeier 
E trenchanz gateloz lancier. 
(Be.\., d. de yorm., Il, Sfi6.;, Michel. > 

FONDOin, S. m., elTondremenl ; 

Est la douairière tenue d'entretenir les 
biens et héritages sur lesquels ledit douaire 
est affecté de toutes charges, censés, rentes 
et réfections nécessaires, sauf de vilain 
fondoir. {Cotit. d'Espinal, u, 14, Nouv. 
Coût, gén., 11, 1130.) 

Une vefve femme qui a son douaire en la 
moitié des héritages qu'elle tient en douaire, 
de couverture, pel et torche, et non de vi- 
lain fondoir, si doncques n'est qu'il appert 
que par sa faute le dit fondoir fust venu 
es mains de laquelle douairière, les héri- 
tiers doivent mettre en bon estât ce qui 
dépend de son douaire. (Coût, de S. Mihiel, 
Xouv. Coût, gén.. Il, 1047^) 

Hz seroieul tenuz de maintenir et entre- 
tenir ladite halle tant de couvertures el 
aultres ouvraiges y nécessaires, inesmes, si 
par vilain fondoirs ou aultrement, en ma- 
nière que ce soit elle tomboit, la faire re- 
dresser a leurs dépens, (loio, Permiss. par 
Touss. Hocedij, év. de Toul.de con.^truire des 
haltes, Arch. Vosges, (.liapitre de Toul, 
cart. G.) 

1. FONDOiRE, S. f., fond, crcux, vallée : 

Sept mencauldces de terre ahanables 
seans vers les fondoires qui appartiennent 
aux grands chartriers deCambray. [Déclar. 
des fiefs de l'église de Cambray, ap. Duc, 
Fonda.) 

2. FONDOIRE, - onere, s. f., fonderie, 
fonte : 

.\ esté trouvé en la fondoire de la dicte 
nionnoie. (Juin 1396, Inrent. de meubl. de 
la mairie de Dijon, Arch. Coli'-il'Or.) 

Poflr la voicture d'avoir fait nieuer tout 
le pion dessus dit au poys pour le peser a 
la fondouere, pour le fondre et giler en 
table, le ramener a la dicte fondotiere ou 
dit poys pour en repeser pour eu savoir le 
dechiet. [Conipt. de Girart Goussart. 1400- 
1412, Forteresse, i,u, Arch. mun. Orléans.) 

Une vieille tour de Dijon s'appelle la 
tonr Fondoire. Il y avait aussi la porte 
Fondoire. (I37C, Papier des feux de tu ville 
de Dijon, Arch. Cùte-d'Or, B 11871.) 

3. FONDoïKi;, fondouere, ». (., fronde: 



Sa panesliere a son coslé. 
On il ans cbans porloit son pain. 
Et sa fondouere en sa main. 
(Geoff.. .vu. Estaz du monde, Uichel. ISifi 

F0ND0I.SON, S. f., action de répandre : 

Des lerraes de son cuer fist lele fondoison. 
yCnnq. rfc ./(•>!«., 7023, Hippeau.^ 

— Fonte : 

Restant a fondre de la derreuiere fondoi- 
son. {Comptes des mines de Jacques Cœur. 
Arch. KK 329, f» 41 r».) 

FONDOOR, voir FONDEOR. 
FONDOUFLE, VOir FONDEFLK. 

1. FONDUE, fundre, verbe. 

— Act., verser : 

Li fondi seur ses plaies vin et huillo 
(Compas, de la s. escril., ms. .Monmerqué. 
t. T, f» 66 V".) 

— Renverser, détruire : 

U a destruit Lions, ce m'est avis, 

Mascon fondue et abaln Baugi. 

(Garin le Loh-, 2° cbans., su, P. Paris.) 

Sachiez qne a prant enviz retrai 

Ceo que jeo'n trais et que jeo'n sai. 

Des abeies, des coven/. 

U tant aveit de saintes genz. 

Oni si vilment furent traitées, 

-Vrses, fundue^ e bruisees. 

(Ben., d. de Nonii., I, 11-21, Michel.) 
Aluni aseeir lor chasteaus 
E prendre e fundre des plus beaus. 

(Id., ili.. II, 359j.) 

Car li amiraus de Carta;e 
.1 tout ars et fondul l'cstage. 

(Florimonl. Ilichel. 792, f" 12'.) 
Apres se dreça (l'ours) encontre lui et 
l'enbraça a ses pâtes devant, por fondre n 
terre. (Guill. deTyr, i, 109, P. Paris.) 

Riens ne li pooil contrester que il ne 
fondist tout a terre. (Ib., 1, 17.) 

Et furent les murz de lor cité, les forz, 
les palais, les fortresces, les messons, les 
esglises et touz les autres edefices fonduz 
et trébuchiez ce dessus dessouz. (Cron. 
Godef. de Buili, Vat. Chr. 737, f» 394^) 

De faire fondre et diruer de laditte 
maison co que mestier y sera de fondre. 
(1366, Conflrm. des priv. de Nimes,p. Ch. 
V, Pr. de m. de Nîmes, II, 293.) 

Que péril peust venir a laditte cité, se 
icelle maison n'estait fondue. (Ib.) 

— Neutr.. s'effondrer, être renversé, 
détruit : 

C'est grant merveille que no font 

Ceste cité de chief en cbief; 

El fondra tonte par imia chief. 

(G. DE CoiNCI, ilir., ms. Soiss., P 12''.) 

Fondre fera ceste cité. 

(Id., ib.. f» il'.) 
Sodome et Gomorrc fondirent en bisme 
pour les péchiez de ceulx qui dedans de- 
meurroient. (Modus et Racio, ms., f" 193 r», 
ap. Sle.-Pal.) 

Si prendrent le chemin des marrois ou 
il avoit vieilles cloyes pourries et quant 
elles furent sur les cloyes, les cloyes 
fondrent et elles cheyrent en la boue el eu 
la fange, (f.iv. du Chev. de la roMr.Richel. 
1190, f" 48''.) Ed. liibl. l'Iz., c. 48, fondi- 
rent. 



FON 



FOX 



FON 



o!) 



Ciuq cilez qui fondirent et fiireutfieries. 
{Traict. de Salem., cas. Genève I65,f«86r».) 

Des tours et murs qui fondrent. (1366, 
iJrd., XII, 106.) 

Les pilliers sont en adventure Je fondre 
et aller a ruynes. (1439, Répar. à la cath. 
4e iVoî/o», Arch. Oise, Chapitre de Noyon.) 

— Fondu, part, passé, détruit, renversé, 
ilélabré : 

Valent les granz temples fondai 
E les haaz porlaas abataz. 
(Bbx., D. de yorm., II, 31i3, Michel.') 
I faurra réfère la charpenterie des ber- 
aeriez qui sont /bndues et clieustes. (1336, 
Arch. S 206, pièce 3a.) 

Car elle est gaslee (la maison) el fondue 
lonc temps y a. (1372, Comptes de Biais, 
.4rch. KK 298-301, f » 4 v°.) 

Poitou, Vienne, Deux-Sèvres, et Vendée, 
fondre, v. n., s'écrouler. 

2. FONDRE, V. a., fonder : 

Pour la terre de Vitré qui estoit a Nantes, 
ijui fut donnée a fondre les Jacobins de 
Nantes. (1294, Reconnaiss-, Morice, Pr.de 
VH. deBret., I, 1112.) 

.\ntioche fondi Antiocbas li frans. 
{Florence de Rome, Richel- nonv. acq. i\9i, 

f 1 r°.) 

FONDREE, s. f., lie : 

Les parfumiers appellent myrobaianum ■ 
la fondree de leurs compositions (des j 
•lattes). (Du PiNBT, Pline, xn, 22, éd. 
l.->66.) 1 

Les Grecs appellent Magma la fondree 
(les compositions odorantes. (Id., ib., xiii, I 
2.) I 

J'entens par la lye une certaine fondree 
(lue les olives rendent. (Id., ib., xv, 3.) 

Et après que la fondree el lie sera au 
Ions du pot ou vaisseau. (Id., Dioscoride, 
I. 42, éd. 1603.) 

Les olives sont composées de noyaux 
• l'huyle, de chair et de lie, qui est une 
fondree araere qu'elles rendent. (LA 
(Mrte, EpitK., éd. 1S71.) 

— Fig., grossièreté : 

Je ne me veux arrester a monstrer la 
fondree etb('slise de ce populas.;(DiiPiNET, 
Pline, ixix, i, éd. 1366.) 

Bourg., St-Martin de la .Mer, fondree, 
goutte : t Boire une toute petite /"ondrfe » 
Morv., Berry, Vienne, fondree, terrain 
humide, marécageux, fondrière. 

FONDREFFLE, VOir FONDEFLE. 

l'ONORER, frondrer, verbe. 

— Act., mettre au fond, enfoncer : 
Une de nal sens ne [vit] loiniere ne clarté 
?ie plm qne s'on Veust en nn lonnel fondre. 

{Ooon, 53iti, A. P.) 

— Neutr., s'effondrer : 

Li mur de la tour fondroil droit parmi 
lieu et tout li kertel volèrent atere.(Àrter, 
ms. Grenoble 378, f» 2'. ) 
Quant Gai. voit fondrer son castel. (Ib.) 
Et quant li enfes chai sus la terre, la 
terre croUa et frondra, tounerre et signe 
granl furent veu par tout le monde. {Hist. 
du bon roy Alix., Brit. Mus. Reg. 19 D i, 
{' 4".) 



Cf. F0.\D11E. 

FONDRESSE, VOir FONDEOR. 

FON'DRiL, S. m., fond, creux : 
.v. verges en fondril de Bray. (1316, 
Liv. pelu, f"> 34'', Bibl. Bayeux.) 
.m. verges en fondril de la lande. (Ib.) 
.III. verges en fondril. (Ib.) 

FONDRiM.E, s. f., sédiment que forme 
un bouillon, une liqueur : 

L'eaue de vostre poulaille, c'est assavoir 
la plus clere, sans fondrille ou trouble 
aucun. (Ménagier, II, 3, Biblioph. fr.) 

— Reste d'impôt : 

D'autant que ce qui restoit a recevoir 
u'estoit plus que restes et fondrilles incer- 
taines dont il ne se sauroit que bien peu 
tirer, et encore avec grande longueur de 
temps. (Sully, .Vém., t. III, p. 216, ap. 
Ste-Pal.) 

Fondrille se dit encore au premier sens 
dans la H.-Xorm., vallée d'Yères. 

Cf. Fondree. 

FONDUE, s. f., fonte . 

Serpentines de fondue. (xv° s , Lille, 
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. .\miens.) 

Pour sept autres pierres faites pour le 
plus gros canon de fer de fondue. (1432, 
Compt. de J. Rabustel, Arch. mun. Dijon, 
H, aCf. milit.) 

Ung gros veugloire de coivre de fondue. 
(7 décembre 1440, Invent. de Hugues Girard, 
ib.) 

Suisse rora., une fondue au fromage, 
tranche de pain sur laquelle on étend du 
fromage fondu. 

FONDURE, voir FOXDEURE. 

FONGE, S. m., champignon : 

Aulcuns y mettent ensemb'e des ails 
pour oster le venin d'iceulx boletz, fonges 
ou champignons. (Platine île honneste vo- 
lupté, f» 91 r», éd. 1328.) 

FONGEU.x, adj., de la nature du cham- 
pignon, spongieux : 

Les terres fangeuses, rares et caver- 
neuses sont engendrées a l'entour des 
eaus chaudes. (Le Blanx, Trad. de Cardan, 
f» 71 V», éd. 1336.) 

i-oNONART, adj., grogneur, grondeur : 

Tien termes rnanlgré les fongnars. 

(Le Chaslcaii de labour, 1499.) 

Musez icy, mnsars, masez, 

l'mtgiiars osez et relTnsez, 

Qni desprisez l'honnenr des Dames. 

De hlasmes serez accusez. 

Si bienlost n'' voos excusez 

De vos parlers viîJaios infâmes. 

(J. M,\ROT, la Vraij Disant, éd. 1731..J 

Grongnars, fongnars, hongnars, je prive, 
[.es biens lenr sont mal employez. 

(K. DE CoLLERYE, Ballades, iv, Bibl. elz.) 

— Fangeux : 

... ICn fosseit fongnarl. 
(Jeh. des Preis, Geste de Liège, 34521, Scheler, 
Gloss. philol.) 

FONGNER, fogner, v. n., grogner, gron- 
der, se dépiler, faire la mine : 



I Par la Croix bien ! se vons fongnc:. 

I (A. DE Li VicsE, Farce du ilunger, p. 241, Jacob.) 

I de par le diable, dit il eu fongnant , 

voila un tour de finesse qui n'tïsloit poin l' 

encor en mon papier. (Des Periers, N^ouv . 

Récréations, de l'infant de Paris nouvelle - 

ment marié, éd. 1338.) 

Et voyant que cest Escossais avoit tous- 
jours froid aux piedz et mal a la teste, et 
qu'il /■ongnoittousjours : elle devint toute 
mélancolique et pensive. (Id., ib.. de l'Es- 
cossois et de sa femme, éd. 1338.) 

Elle fongnu. au clerc plus d'un jour et 
une nuict. (Id., ib., de l'advocat qui par- 
loit latin a sa chambrière, éd. 1338.) 

Quel plaisir est ce de le voir (le petit en- 
fant) parfois depiteux et fasché d'un rien, 
fogner pour une espingle ou autre petite 
chose ! (.louB., Err. pop., V p., v, 1, éd. 
1387.) 

Bourg., Yonne, Villiers St Benoît, foin- 
gner, geindre. Norni., Orne, fouiner, raur- 
j murer. Guernesey, r'fugna. s. m., rebut 
! dédaigneux. 

FONS, s. f., fontaine : 
I Fluos de doncenr, fons de miséricorde. 
I (G. DE Coixci, Mir., ms. Brax., f lOT*.) 

Item comme nos devanciers aient donné 

] et octroie aux habitans de la di'e ville le 

fons, le abreuvoir et les escassadours des 

I chevaulx et des autres bestes, et les con- 

: duiz des eaues venant a la dite fons et 

abreuvoir. (1374, Franchises de la ville 

d'Aigueperse, Arch. JJ 198, pièce 360.) 

Fans el abreuvoir. (Lelt. de Louis XI, 
j juin 1402.) 

I Qu'elle procedoil du plus profond ruis- 
I seau de la fons caballine. (D'Auton, 
j Chron., Richel. 5083, f» 102 v».) 

i Elles s'en vont ponr refreschir leur tainct 
A la clair fons. 
(J. BocciiET, Ep. fan., \' p., lui, éd. lo45..l 

Saint, et Bourb., fons, font, fontaine. 

Noms de lieux, La Fon(-George, La 
\ Font-iOTl, le nom populaire de la source 

minérale de Saint-Galmier. 
■ Noms de personnes, La Fons, Lafont. 

FONS AILLE, - ailhe, s. f., fond de ton- 
i neau : 

j S'il falloil hrusler sercles ou fonsaillie. 
(1388, Liv. noir, f" 33, Arch. mun. Montau- 
I ban.) 

FONSER, foncer, verbe. 

— Act., mettre un fond à, garnir d'un 
fond : 

Un quarteron de planches de tramble 
achaté de Guill. lloy pour foncer la dicte 
roe. (1389-92, Compt. de Ncvers, CC 1, 
f° 2 V», Arch. mun. Nevers.) 

.XXV. planches de tramble pour foncer 
la roc (lu grant engin. (1394, ib., CC 2, 
f'il vo.) 

Pour iiii hais a foncer la roe du grant 
engin. (1.4U6, ib.. CC 13, f» 16 i».) 

Et vuillons qui foncent ou facenl foncer 
fausses, chcrgemil. (1407, Droit de citasse 
de l'ahb. de liellelay. Mon. de l'év. de Bâle, 
V, 217, Trouillut el Vaulrey.) 

El lesd. trcdoulx partie emploiez a faire 
des huys. foncé lad. cage. (1480, Compt. 
Hôt.-de-Ville Tours, Acliapl de boys.) 



6() 



FON 



Ou il couviul uieclre grosses Irainncs de • 
boys pour icelle (la tour) hauUer et le 
tout foncer d'ayes. (/6., Journ. de cbar- 
pentiers.) 

Pour acoir foncé les places et traces a 
nieclre les pièces de bojs portans les 
cyntres. (1310, Aroh. mun. Angers, DD 10.) 

— Fonsé, part, passé, qni a un fond : 
Chaise fonsee de paille. (1373, Int., Arch. 

Indre, E 578.) 

L"ng prant charlit qui n'est point foncé, 
samy de couete, de traverlil et lodicr. 
ÎCompt. du R. René, 1471-1472, p. 239, 
Lecoy.) 

Garlande de lysses de boys lyees, fon- 
cée» et garnves, lo tout de boys. (Dm. des 
répar. p. leponl de Hareuil, xvi* s., Chart. 
de Tbouars, Arch. M.-et-L.) 

11 y a bien peu de terre i|Hi ne soit 
foncée par dessous de pierres, ou de mines 
de métaux, ou de terre argileuse, voire 
bien stuvent foncée de toutes les trois 
espèces. (Palissy, Receple, Cap.) 

— Attaché par le fond : 

Avecques bateaux atachez l'ung a l'autre 
bien foncez et ancrez au fons de l'eau. 
(D'Auto-, Chron., Richel. 3081, f° 22 v.) 

— Ruiné, perdu : 

Les feri Diea ou rondement, 

Poru sant il loat earondo, 

Fleslri, foncif, fade el fonda. 

(G. DL CoiMr, J/i'r. , ms. Soiss., f 36'*.) 

On trouve an xvt* s. et au commence- 
ment du xvu* s. fonser avec le sens d'en- 
foncer : 

Tous d'un courage lirent tel ell'ort qu'ils 
foncèrent les portes de l'église. (1561, 
SedU. des Preslres S.-JIedard, Var. List, et 
litt., Yl, 190.) 

Detja le roy du gros de la bataille 
Le choque, presse, ei de pointe et du taille 
En le fomant nous ouvre le chemin. 

(La .MoitLURE, ItenaUs. if Daphné.) 

Morv., foncer, aller au fond, creuser pro- 
ondément, mettre un fond à. Norin., Des- 
sin, fonser, enfoncer, creuser plus avant; 
se jeter sur, s'élancer sur ; mettre bas, en 
parlant des lapins. 

KO.NSET, voir FO.NCKT. 

FOXSiEii, s. m., seigneur du fonds : 
Comme il ayent en ladicte ville certaines 
masures tenues de nostre dicte maison 

2ui anciennement souloyent estre edif- 
ees de bonnes maisons qui par les enne- 
mis du royaume ont esté arsses et des- 
tniictes par plusieurs fois, desquelles les 
aucunes avoyent esté pieça baillées a seur- 
cens qui pour cause de ladicte destruc- 
tion font retournées es mains des fonsiers. 
(1370, Rerj. du Chap. de S. J. de Jerus., 
Arch. -M.M 29, f 13 r'.) 

FONSSET, voir FONCET. 

FONSSELUE, voir Fo.NsunE. 

FO.NSSIHE, voir FO.NSUHE. 

FONSUUE, fonssure , fonsseure, s. f., 
fond : 

Batteau chargé liv duuliles fou? a faire ; 
vaisseaux, de barres a fonssure. (1512, I 
Mantellier, AfarcA. /r^7., 111,110.) / 



FON 

Lâfonsure d'un lit. (1516, Yaleuciennes, 
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

— Plancher : 

A la rive du moulle par ou le roy d'Ar- 
ragon dcvoit descendre, le roy tist faire 
ung pont de boys entrant en mer environ 
.XII. pas large a passer troys hommes de 
front, faict a gardes, et ass"ix sur pillotiz, 
et sur la fonsseure couvert d'un drap rouge 
actaché a pelis clouz pour faire aborder la 
gallcre du rov. (D'Auton, Citron., Richel. 
5083, f" 123 r".) 

1. FONT, funt, s. m. Locutions : 

— Mettre au font, loc, faire périr : 

Car Fortune m'ajont 
Par si fcite maiocrc que se le sire du mont 
Mi eu panse, je seray don tôt hui mU ao font. 
(Priic de l'amp., 1803, Mussalia.> 

— Del font, complètement : 

DelfuyiZ despilauz les terrieues choses. 
{Dial. St Greg., p. 26, Foerster.) Lat., fun- 
ditus. 

2. FONT, s. m., fer fondu, non encore 
forgé : 

Fons a fevre, .n. d. Et se la forge i est 
toute, .un. d. (K. BoiL., Liv. des mest., 
2' p., II, 62, Lespinasse et Bonnardot.) 

FONT.MLLE, S. f., fOntC : 

Fonlaille. (Acte de 1227, Noyon, ap. La 
Fons, Gloss. ms., Bihl. Amiens.'^) 

FONTAINE, s. t., eau : 

Un Tallet vient 

Qui un pain d'orge en su main tient, 
Et un pîcber en s'aotre main 
Moult petit, de fontaine plain. 

(Parlon., Richel. 191.">2, f° 141=.) 
Vin on fontaine i entrast plein galon. 

(Agolani, UT, Bekker.) 

— Plaie suppurante : 

Se un faucon a une fontaine au pié vous 
le garires en ceste manière, (liodus, f'ISO'', 
ap. Stc-Pal.) 

Es piez ont fontaines et gales. 
(Gaces, Rom. des deduiz, Ars. :i:>3-2, T U t».) 

— Le quatrième dimanche de carême : 
Le mercredy devant la mi quaresme que 

on dit au pais (Perthois) le mercredy de- 
vant les fontaines. (1426, Arch. JJ 173, 
pièce 401.) 

Aux fontaines. (Registre des Estais Gé- 
néraux et Convocation des Estats sur la 
fin du xv siècle, Arch. Meurthe, Très, des 
chartes.) 

— Faire ses fontaines, se livrer aux di- 
vertissements de la mi-carème : 

Comme les suppliana feussent alez en 
la ville d'Escleres pour euU esbatre et 
faire leurs fontaines pour le jour de di- 
menche que l'en dit niy caresme. (1393, 
Arch. JJ 144, piice411.) 

Centre de la Fr., fontaine, abondance, 
exubérance : " 11 y a cette année \me fon- 
taine de blé. " 

FONTAiNETTE, - aiielU, - cneltc, s. f., 
petite fontaine : 

Plusieurs /oHtaineKes, et ruisseaux cou- 
rans a douce noise. (Lemaire DES BELGES, 
m. de Gaule, 1, 215, Stecher.) 



FON 

Est pareillement ordonné aux sindics 
de faire reparer les fontanettes. (29 avril 
1375. J. Baux, Jlf^m. hisloriq. de Bourg., 

II, 136.) 

C'est toy, belle fonlenette, 
Oo ma douce mignontiette, 
A miré ses deux beaux yeux. 

(RoNs., Odes, V, xii, Bibl. eli.> 
Couine l'eau d'une fontainetle 
Prisonnière dans sa cuvette 
Brunist d'uu obscur argentin. 
(R. Dellead, Œuv.poét., le Diamant, éd. 1578.) 
Des Portes, on se bagne en ta rivière nette. 
Qui sur un beau gravois un dons murmure émeut 
Racneillant sa claire eau do mainte fontainetle. 
(J.-A. DE Baif, So»n.> 
Et voir l'argentine ondelette 
D'une mousseuse fontenette. 

(VAta-, Idill. 1, S8, éd. 161Î.) 

Lieu dit, la Fontinette (Oise). 

FONTAINIELE, VOir FONTENELE. 

FONTAL, adj., de la fontaine, des fon- 
taines : 

Lessez les tleurs, o déesses nappées. 
Et appeliez les fonlalles nayades. 
(D'Alton, Chron., llichel. o082, f» "217 r».) 

— Fig., de la source, originel : 
Et pource ne povent pas les dons de 
grâce tousjours descendre en nous, car 
nous sommes ingratz, et ne les atlribuons 
pas ne ramenons en leur fontale et pre- 
mière naissance dont ilz parlent et viennent 
en nous, c'est a Dieu. (Intern. Consol., l, 
10, Bibl. elz.) 

FONT.\NETTE, VOlr FONTAINETIE. 

FONTANiER, adj., de source : 

De l'herbe fontaniere. 
(Cladde BlNET, /e Vo'jaije du Printemp:, éd. lo73.) 

FONTASTRE, S. f. ? 

De che il doit .XXXI. s. .vi. d. moitié a 
le Toussaint et moitié a le Pasque et .m. 
cappons et demi au Nouel. Et est banier 
au four que ledit chevalier a en le ville 
au xxx" et une fontastre au Nouel. (Charte 
de 1362, Grenier 299, pièce 174, Richel.) 

FONTE, s. f., rupture, effondrement : 

Pour le salut de l'ame des trépasses qui 

sont morts a l'occasion de la fonte et ruine 

dudit pont. (1499, Arrêt du Part, sur la 

chute du pont N.-D., Felib., Hist. de PariSy 

III, 372.) 

FONTELE, S. f., source : 

En nu vergier 
Lez uue fontete 
Dont laive est bêle et clere. 
(Alex, et Arist., Richel. 1915-2, f» 73=.) 

FONTENALE, VOir FONTENELE. 

FONTENEL, S. lii., source, fontainc : 
U commença a faire merveilleuse tour- 
meute par les fonleneaulx et croUieres qui 
estoienl a l'entour du chastel. (Perceforest, 
vol. IV, ch. 14, éd. 1528.) 

Nom propre, Fonteneau. 

FONTENELE, - anek, - ainele, - elle, 
- ainnelle, - iele, - ielle, - enale, s. t., petite 
fontaine : 

Ens en mi lia del pré ot une fonlainiete. 

^Rouiti. d'Alix., f" 5i", Michelant.) 



FON 



FON 



FOR 



(U 



Li oil forment li plorent com rot de fontenelc. 

(J. BoD., Sai., CCLXXTI, Michel.) 
l'ins est douce l'aigae novelle 
D'ane petite fonlmelle. 

(Fiorimont, Richel. TOi, f" iO''.' 

Vos eius riaos a poi(e)at fenda 
Qni relDiseat comme ane etele 
Par Duit eo noe fon'.enele. 
(Yen à la tuile de Percnal, as. Montp. H îig, 
r» 29C y'.) 

Olirier, car desceot les celé fonteniete. 

(Fierabras. 993, A. P.) 
Cne fonlttinnetle. 

(Gaijdon, SUdI, A. P.) 
Sonr le riu d'nne fontenielle. 

(MOUSK., Chron , 18730, Reill.) 

JoDSte une clere fontcnele. 

{Rose, Vat. Oit. iHi, f» 76'.) 
Empres ooe clere fontenele. 

(It , ms. Corsini, f" 67*.) 
Je feroie bien ci sordre une fonlrnale. 

(Floov., -2031, A. P.) 
Si se resl arcsté dessous .i. pin fneilln. 
Les une fontenele, et a bea de ru. 

(Gaufrey, 3253, A. V.) 

FonlincUa, fonteniele. (Gloss. de Douai, 
Escallier.) 

— Ulcère : 

Se aucuns a aucune ulcère ou milieu de 
la jambe, soit li faite premièrement cautère 
en la fontenele sous le genoul de celé par- 
tie. (U. DE MONDEVILLE, Richcl. 2030, 
f- 80*.) 

— Cautère : 

Le chirurgien, par le moyen de ses cau- 
Iheres, fonténelles et emplastres, guérit les 
playes et blessures qu'on a sur soy. (La- 
Riv., le Fid., IV, i, Bibl. elz.) 

— Endroit de la tête où aboulisseni la 
suture coronale et la suture sagittale : 

Par le vertex ou sommet est entendu la 
/onfe?ieWe, ou bien ce qui est également au 
milieu de la suture sagittale. (Pahe, CEuv., 
III, 1, Malgaigne.) 

Nom de lieu ancien, la Fontenelle. 
(1442, Cerche des feux du comté d'Auxonne, 
Arch. Côte-d'Or B 11321.) 

Noms de lieux actuels, Fontenelle 
(Nièvre), Fontenaille (Nièvre). 

Nom propre, Fontenelle. 

FONTENETTE, VOir FO.NTAINETTE. 
FONTENIELE, VOir FO.MESELE. 

I ONTExiL, S. m., petite fontaine : 

Va jor qu'il Teneit de chacier 
En choisi une en un gravier, 
Denz le missel d'un fonlenil. 
On en blanchisseit nn cheinsil. 
(Ben., D. de yomi., II, 31-2-2-2, Michel.) 
L" ruissel du fonlenil. (Arlur, lîichcl. 337, 

II abat l'escu en un fontenil. ILancelot, 
DIS. Fribûurg, f« 20''.) 

^i a coisi an fonlenil rovent 
Plein de Tenin et plein d'iotoscheuient. 
(Roi., ms. Chàleauroni, f 6:; v", Meyer, Rec 
p. 226.)] 

Et la source des fonlenieus. 
(ChaïK. N..b., Vat. Chr. 1 i!iO, f» 121) r".) 



S'il se soulle en tel fonlenil 
Dont la joDchiere est de penil. 

(ilélam. dOv., p. 12, Tarbé.) 
Puet on aler es mares et es fontenieux 
pour prendre les becacbes et les oyseaux 
de rivière. {Modtis, f" 137 v, Blaze.) 

Kt tantalla par illec qu'il trouva plusieurs 
fontenilz <iui sourdoient a l'encontre d'une 
terre dont la forest esloit au dessus. (Per- 
ceforest, vol. VI, cb. 22, éd. 1328.) 

Noms de lieux : Le Fontanil, près de 
Grenoble, et en Savoie. 

FONTENis, s. m., petite fontaine : 
Et trespase les pnis, les plainz et les lariz. 
Et tote la contrée, les vans, les fonteniz. 

(Floov., 1831, A. P.) 

Et si Terons les arbrisseans, 
Les fonlenis et les ruisseans. 

(Fnoiss.. l'oés., II, 29,981, Scheler.) 

Les beaus preanli. fonlenis bel et cler. 

(E. Deschami'S, Poés., I, 156, A. T.) 

— Fig., source : 

Le roy, voyant et considérant le person- 
nage a qui "il avoit faveur naturelle, en- 
semble les beaux mots qui procedoient, ce 
sembloit. du fonlenis du cœur, le prit a 
mercy. (G. Chastell., Chron., V, SCO, 
Kerv.) 

FONTENOis, adj., de source, de fon- 
taine : 

Puis les plungierent es vessiai fonlenois. 
(Herb. Ledcc, FoHlq. de Cand., p. 138, Tarbé.) 

FONTENOi, s. m., fontaine, est repré- 
senté par les noms de lieux anciens, Fon- 
tanés, Fontancis, Fonlaneys (Fontanetum) 
(Loire). {Cart. de Savigny, p. 443 et 510) ; 
et les noms de lieux actuels, Fontenoy 
(Nièvre), Fontenoi (Hainaut belge). 

Nom propre, Fontenay. 

FONTENOTE, S. f., petite source : 
Demi arpent a la fontenote. (1333, Beg' 

du Chai), de S. J. de Jérus., .\rcb. JIM 28. 

î" 36 r".) 

Cf. FO.NÏEXETE. 
FONTEQUE, VOir FO.N'DIQUE. 

1. FONTis, - iz, S. m., effondrement, 
éboulement : 

Se le bort du dit fossé par devers les diz 
tanneurs auieiiuisoil par pluie ou par 
glace ou par fontiz de terre ou tans a ve- 
nir. (1287, Cart. de Pantoise, Richel. 1. 
o6b7, f 94 v.) 

2. FONTIS, - (13, adj., de métal fondu : 
En ire l'esmurent en leurs tertres, es 

tertres du désert, ou il firent le torel fon- 
tiz por aorer. {Psaut., Maz. 238, f» 96 r°.) 
Et feras cbandelabre fonliz d'or très net. 
iUible, Richel. 899, |o44'.) 

Toutesces choses seront fontices d'or très 
pur. (Ib.) 

FONTOiuE, fonlouere, s. f., fonderie, 
fonte : 

Et la fontoire de la pièce d'argent xii d. 
elles cendrées. (£i Coût, des foires de Troies, 
li louueus dÈs toiles, ms. Troyes 365-) 



Et de la fontoire comme a Troyes. ICout. 
de la foire de Bar sur Aube, ms. Troyes 
365.) 

Une erre de sablon mené a la fonlouere. 
(Compt. de Girart Goussart, 1400-1402, 
Forteresse, liv, Arch. mun. Orléans.) 

FONTURE, s. f., fonte : 

Et avoit trouvez certains leiz de terre a 
quoy l'en avoit fait fonture d'argent, si 
comme il apparoit par iceulx, et ladite /'on- 
tîire jette e parmi la place de la chambre 
d'icelli hostel en terre. (Reg. du Chat., II, 
403, liiblioph. fr.) 

Desquelles cires furent achatees pour 
une fonture .m'. .uip>^. .xi. livres. (1449, 
Compt. de S. Sauv. de Blois, Richel. 6215, 
f" 23 vo.) 

Toutcsfois que ung des maistres dudil 
mestier fondera, pour cliascune fonture 
ou forge que il fera il laira au trésor de- 
mie livre d'airain. (1481, Ord., xviii, 680.) 

— Eboulement, creux, trou : 

Quant voie commune est perdue par 
force d'eue ou par fonture, li voisins pru- 
cheins doivent fere voie. {Liv. dejost. et de 
plet, IV, 22, % 3, Rapetti.) 

Somme a .lehan Deneu, manouvrier, 
pour reamplir plusseurs fontures (jui es- 
toient es dictes allées. (1413-1410, Uecjistre 
des receptes et mises de Boulogne-sur-.Mer, 
p. 209, Ed. Dupont.) 

Trois croustes mises a restoupper une 
fonture qui s'est trouvée en bcsongnant 
audit [lout. (1498, Compt. faits p. la rille 
d'Abbev., Uicliel. 12016, p. 120.) 

FONZEOU, voir FONDEOR. 

FOQUis, s. m., faquir : 

Et faisoient semblant que ce estoit sauz 
la Yoleuté dou sodan que il faisoient ce, et 
que en ce les avoient rais lor foijuis. (Est. 
de Eracl. Emp., xxxill, 17, Hist. des crois.) 

1. FOR, s. ra., métier : ? 

A Philippe de Peronne serreurier pour 
avoir fait de son for et livré audit lieu de 
Compiengne .v. grans barreaux garniz de 
loquetiers. (1490, Arch. K 272.) 

2. FOR, voir FUEX. 

3. FOU, voir FoKS. 
FOttAUJOunNER, foursadjoumer, v. a., 

assigner : 

Quant alcuue personne serai, par devant 
le maieur et les esquevins de Liège, ou 
par devant altre haulteur et justiobe, la ilh 
serat sorceans, foradjourneis par .m. ad- 
jours... (J. DE Stavelot, Chron., p. 30, 
Borgnet.) 

Qu'ilh paient ladit debte en accomplis- 
sant les couvent ou marchandiese dont 
four sadjour nets seront. (Id., ib.) 

1. FORAGE, - aige, s. m., action de per- 
cer : 

Mise fut en broche et forahje 
Quant an cnenr Iny vint le messaige 
Du très cruel fer de la lance. 
(Deglileville, Trois Pelerinaiges, f OB'", impr. 
Instit.) 
Venez, il est mis a foraige (^son corps), 
Abrochiez et en pertuisage. 

(In., ib., f» 1U6=.) 

2. FORAGE, - aige, four., forr., s. m-, 
taxe payée au seigneur dans quelques 



fli 



Foli 



FOR 



FOR 



(ii'oviaceâ par les lavernier^ "t autns 
iléhitants de vin en détail : 

Et s'eut la voerl« ansi. 
Et les l'orùurs leur guerpi. 
De Tin, de cier»oise et île mies. 

(«orsi.. C.hro».. UÎS, Reiff.» 
Les luino?, li forages, li Ireffois. {Cari, 
blanc de S. Corn, de Comp., f» 114 v«.) 

Les forrages avec le four et la menue 
ilisme. (Cens, de S. Tliib. de Soiss., Arch. 
LL 1022, f 7 r») 

Nous avons forages des vins seur nos 
liostises de Couhan. (76., f» 7 r».) 

Le forrage des vins. (1339, ArcU. J.1 72, 
!■ 408 v°.) 

Au rouage pI fourage des vins vendus. 
aaoO.Arch. J,l 78, f» U r».) 

De la value du toulieu et forages que 
laquinet le charron a tenu a ferme. (1364, 
Compte de J. dou Four, Arch. KK S'', 
'■- 23 V.) 

De la value des forages et roages de la 
viconté de Vertueil. (/6.) 

Droit de tonnelipu et forage des vins. 
(17 avr. 1448. Sentence du lieuten. du bailli 
d'Am.. ap. A. Tliierrv, Mon. du Tiers Etat, 
III, o56.; 

l'n droit appell.- le fouraige sur les 
nieix et maisons situées en la rue de la 
Lue;... pour lequel droit lesdits sieurs 
vendeurs ont accoustumc prendre et rete- 
nir d'un chascun vendeur vin a bannière 
••sdites maisons, pour une cliascune fois 
■ (ue l'on met bannière devant ladite mai- 
son, un cbauvean de vin qui se vend lors 
>-o icelle. (23 mai 1347, Vente de la marc- 
r haussée de Besancon, ms.Bibl. Besançon.) 

— Vendre du vin par forage, le vendre 
l'n détail; ce qu'un disait aussi vendre d 
hroelie : 

Se aucuns bourgois amaiune viu en 
••elle ville par .iiii. roes on par .ii. le 
i-barche d'une jument ou d'un asne et il 
If vent, il ne doit nulle rente de celi. El se 
il ou autres vuet vendre ce vin ou autre 
par foraige il donra de .un. roes un ses- 
tier et de .li. demi sestier, de le charche 
d'une jument ou d'un asne maillie de 
vin. (1327, Cart. de Guise, Ricbel. 1. 
17777, f» 181 v».) 

FORAGiË, fouragié, adj., afTaibli par 
J'àge : 

Mes sires est désormais et vieus et 
h ailles et fouragies, ne il n'a memore ne 
^ens. {Les sept. Sag. de Rome. Ars. 33S4, 
f 50*.) 

I--ORAIN, forein, foren, forin, foirain, 
fourain, fouran, adj., du dehors, étrnn- 
n'cr : 

J* teil iço qu'il Tast et orgoillos et Tai05, 
Ea avers secukr», et eu iemblaot foraiitt. 
ijiasles ert de sttn cors, et eu esperis saias. 
(Garhier, Vi'' de SI Jhom., Richel. 1.3:11.3. 

f 5 T".) 

Encontre gent foraine. (1214, Paix de 
Metz, Arch. mun. .Metz.) 

Nulz bons fourans. (1300, Hisl. de Metz, 
m, •.'55.J 

Quant aux pens forains passant la dite 
ville. (1347, Lelt. de PU. de Val., Arch. 
inun. Rouen, tir. 380, n" 1.) 

Les fjens forins non demouraus en la 
dicte ville d'Orliens. {Compt. de Girart 
Houssart, 1400-1402, Commune, xv. Arch. 
mnn. Orléans.) 



.Marchaas foirains. [Slat. des Alt'msr.s, 
XV* s., Repr. des stat., p. 7 à 12, Arch. 
mun. Ahbeville.) 

Les escoliers forains, auditeurs ausdictes 
escolles. (13 fèv. is.'Se, Reg. des déiib., Arch. 
mun. .Monlauban.) 

— En parlant de chose, étranger, ve- 
nant des étrangers : 

Elle est foible de celle part et ait mes- 
tier de /oraiiie aide. {Cons. de Boéce, ms. 
Montp. 11 43, f» 12=.) 

Ta vouleuté sera tousjours conjoincte 
a la mienne sans convoiter ou désirer 
quelque cliose estranjje ou foraine et pri- 
vée. Untern. Consol., H, xxxxviui, Bibl. 
elz.) 

Et que possible ne leur estoit sans en- 
gaiger joyaux, pour faire nouveaux paye- 
ments, ei sans aide foraine ou secours de 
leurs allies. (J. Molinet, Chron., ch. 
XXIII, Bucbon.) 

C'est cellny seul qui a mené la guerre 
En lieux forains, laissant paix en sa terre. 

(J. Mip.OT. le \mj. de Venise.) 

En celluy an ne fut nulle guerre foraine. 
(Prem. vol. des grans dec. de Tit. Liv., 
! f» 51', éJ. 1330.) " 

La prospérité et les choses bien faictes 
es batailles foraines esleverent les mouve- 
I mens de la cité. (16., f» 44".) 

I — Du dehors, extérieur, écarté : 
i Liez li les mains e les piez, si le gettez 
as teniebres foraines. (Mauuice, Serm., 
ms. Florence, Laur., Conventi soppressi 99, 
! f"61'.) 

Es ténèbres forennes. (Id. ,ib., m s. Oxford 
Bûdl. Douce 270, 1" 64 r°.) 

I En une nie auqes foi aine 

Krt sa mesoDS mont aaisiee. 

(<;. de Dole, Vat. Chr. 1725, POU''.) 

Par mi une foraine rue 
Revient a Tuis le prestre arrière- 
(KosT. d'.\«iif.ns. </« BOHChier d'Abev., 116, ap. 
MontaigloD, FaH., III, -231.) 

11 aloient par les rues forainnes pour 
desrober la gcnt. (JoiNV., S. Louis, xxvi, 
Wailly.) 

L'appellante dict qu'elle demeure en la 
rue Coquatrix qui est foraine. {Pièce de 
1367, Felib., Hist. de Paris, IV, 331».) 

Avoit este ordené que a la venue ou en- 
trée du dit palais, nul ne s'arrestast devant 
la dite porte, mais passast oullre chacun a 
cheval, et s'espanaisseut parmi les rues 
foraines, afin de y avoir moins de presse. 
(Gr. Chron. de Fr., Charl. V, lx, P. Paris.) 

Pour aprandre les noms des maisons 
fourines. {Comptede Jaquet Deloynes, 1424- 
1426, Forteresse, Despense, xxviil, Arch. 
mun. Orléans.) 

Et sont (les maisons) moult gastees et 
moult decheues, especialement es rues 
foraines et envers le vieil port. (Guill. de 
Lannoy, Voy. el Ambassades, p. 107, Pot- 
vin.) 

Et pour lors avoit es environs de Paris 
tant de loups que c'estoit merveilles, les- 
quelz mengeoient les gens, et plussieurs 
foiz en vintjucques dedens ladite ville de 
Paris, qui estranglerent et mengerent plus- 
sieurs personnes, et que on doubtoit fort 
a aller de uuyt es rues foraines. (J. Chah- 
TlEH, Chron.' de Charl. VU, r. 132, Bibl. 
elz.) 

— Maison foraine, latrines : 



.Mais ne régna pas Aoilrauml/ miil. 
Lu duc l'ocist par tr.iisun 
A la foraine maisim. 
(S. Edwird le co«f., 305, Luard.) I,al., lutrina. 

— En parlant de diverses choses physi- 
ques et morales, extérieur : 

Car vous regardez des foreins ieus les 
foraines choses. {Vie etmir. déplus, s. con- 
fess., Maz. 568, f" 123''.) 

Car chascun scet combien y ayme , 
mais il ne scet conbien il estâmes, se ce 
n'est par signes forains. (VOrloge de sa- 
pience, Maz. 1134, 1. I, Prol.) 

Choses fouraines. (B. de Gord., Pratiq.. 
II, 10, éd. 1493.) 

Apparence foraine. (J. Gerson, l'Aiguil- 
Ion d'amour, f» 40 v», éd. 1488.) 

Tes sens forains el corporelz. (Id., ib., 
i' 63 r».) 

Car peu de chose vault pouvreté fou- 
rainne se le cueur n'a suffisance en soy. 
(J. Legrant, Livre de bonnes meurs, f 32=, 
éd. 1478.) 

Vertus ne se vante pas de soy mesmes 
et de riens ne se esbahit, ains désire a 
ressembler a la vertu d'aullruy et non pas 
a l'onneur /"orain et si pense a la charge 
de sa conscience. (P. Ferget, Mirouerae 
la vie hum., f» 166 r», éd. 1482.) 

Imbécile aux affaires foraines. (La Boe- 
TIE, (Mcon. d'Arist., Feugère.) 

Il faut que ceste partie, qui est la plus 
divine, soit si coye,pure et vuide de toutes 
passions foraines. (N. Pasq.. Lett., IV, 8, 
éd. 1723.) 

— S. m., étranger : 

Au derrenier, les forains, pour l'oscurté 
de la noire nuit et pour la mescheanoe de 
l'estroit lieu, ne porent longuement souf- 
frir. {Gr. Chron. de Fr., Isl. du gros roy 
Loys, II, P. Paris.) 

Qui y seront vendues par habilans ou 
forains'. (6 mai 1364, Mand. et act. div. de 
Charles V, p. 18, L. Delisle.) 

Que nul estrange ou forein ne montast 
sur les murs de la cité. (OaESUE, Eth., Ri- 
chel. 204, f" 463».) 

Recette de lu demie censé des bourgeois 
et fourains des amoignes appartenant a 
la ville. (1463. Compt. de Nevers, CC 59, 
f° 10 r", Arch. mun. Nevers.) 

Fr.-Comté, foirain, les marchands A"'- 
rains. Guernesey, horain. 

KORAiNE, - ainne, - ine, forr., s. {., 
bateau, spécialement le bateau destiné à 
porter un moulin, en particulier sur la 
Loire : 

Le bach a moulin .llll. d., la foraine .II. 
d. (1296, Rentes d'Orliens, i" 4 r°, Arch. 
Loiret.) 

Ginc molins, c'est assavoir deus pendu?, 
et trois en baz et en forainnes. (1293, Lett. 
de Ch. d'Anj., Fontevr., Pont de Ce, Arch. 
Maiue-et-Loire.) 

Forrainc neufve. (1385, Extr. du reg. de 
la Ch. des comptes d'Anj., Mantellier, 
March. fréq., III, 203.) 

Le bach, la /■orme, .llil.d... (14'38,Péo3« 
de Chdleauneuf, ib., lU, 124.) 

Un moulin assis en la rivière de Loire 
sur un baich et une foraine estant au des- 
sous du pont d'Orl. {Ch. du 21 oel. 1439, 
HApit. géu. Orléans, luvent., f» 545 v°.) 



FOR 

A Jehau Cousielier pour ks ay. ■^; «l'un 
prant bar d'un nioliii et d'iiDc foraine Ifts- 
quelles ODt esté mises ou bateiz de la pille. 
(1471, Compt. de Nevers, CC 6S, f° 34 v, 
ArcU. uiuû. Nevers.) 

Une foraine neuve. (Mai 1S73, Arrêta 
luipr. Orl.j (iibier.) 

De cbaeun bach ou farine, (xvi* ?., 
becl. des droictz et proffits deubz pour le 
péage de Sully, .Maatellier, Mardi, fréq., 
111,119.) 

FORAiNEMENT, adv., extérieurement : 
Et tant excessivement habonde ou cueur 
icelle indicible doulceur que elle redonde 
liabondamment en tous les membres et 
sens coriiorelz eu tant que entraînement et 
forainement et toute mellifluant. (J. Ger- 
SON, l'Aiguillon d'amour, f° 37 v», éd. 1488.) 
L'amoureuse compassion qu'il avoit de 
ceste doloreuse passion estoit en son 
cueurtant excessivement habondantqu'elle 
fut en son corps forainement redondant. 
(ID., ib., f° 60 r».) 

FORAiN-ETÉ, foreiuetet, foraneité, s. /., 
i|nalité de ce qni est au dehors : 

Forsmenat nues de la foreinelet de 
terre. {Psalt. monast. Corb., Richel. 1. 768, 
1° 108 V».) 

— Droit payi' par les chanoines non 
résidents : 

Foraneites, cent sous par an.(1402,Arcli. 
Aube G 1402, I» 8.) 

FORAiNEi'SEMENT, adv., d'une manière 
étrangère, par un secours étranger : 

Et tous cpulx qui prisonniers avoient ilz 
leur demouroient et en povoient faire leur 
proufûl, raençonner ou quicter se ilz les 
Touloient, dont ilz leur firent très bonne 
compaignie et les raençonnerent courtoi- 
sement, chascun selon son estât et son 
affaire, et encores plus doucement pour ce 
que ceste avenue leur estoit /braineusement 
venue. (Froiss., Chron., Richel. 2641, 
f» 273 V».) 

FORAMBLEu (se), V. réfl., se retirer en 
.irvière, se soustraire à l'ennemi : 
Qae lui home ne saicheot ne voient 
Ne qo'il .iperceu se soient 
One ta le vuilles forambler 
Porce que n'oses essambler. 
IJ. DE Prioiîit, l.ir. de Venece, Richel. IfiOl, 
f» ol"».) 

FORANEITÉ, voir FORAINETÉ. 

l'ORARDOiR, V. n., cesser de brûler : 
Qnanl tans est des eures canter. 
lÀ Inmioaire sont eapris 
C'aportaines de nos pais 
De par [>in. qoi dasqn'an jor ardent 
Ne n'amenuisent ne forardenl. 

(S. Iliandan, p. 127. Jnbinal.) 

roRASCHE, voir Fekage. 
FORBAN, S. m., banni.ssenieiit : 
Quant il auront esté forbaniz par lesdiz 
justiciers et il s'en seront fois après le 
Jorban. (Mars 1306, Compos., Arch. Eure-et- 
f.oir, f. du chap., c. X, F, 4.; 

Si le terme luy est assigné personnelle- 
ment, il sera mis a forban par deulx def- 
failles. {Coust. de Brel., [»i7 y.) 

Et puis bannira l'en le forban par toute 
la duché par jutrement. t1h..("in v".) 



FOR 

FORBAMit, - hanyr, - bannir, -bannyr, 
-bénir, -beniiir, four., fors., v. a., bannir: 

Li procureur l'cmperceur n'ont pooir de 
forsbani{e)r nuUui a demorer en ille. (Di- 
gestes, ms. Jlontp. H 47, f» 13".) 

Se li franchi est forbeni. (Lie. de jost. et 
deplet, II, IV, I 8, Rapelti.) 

Une congrégation de fourbanis de Flan- 
dre. (Froiss., Chron., I, 298, Luoe, ms. 
Rome, f" 25 V».) 

Forbennir, exulo ; forbenni, exul {Gl. 
gall.-lat., Richel. 1.7684.) 

Hz seront pour remplir les sièges 
Dont nostre tourbe «/ fourbanie. 

(Greban, ilisl. de la Pass., 065, G. Paris.) 

Ceux qu'elle hayoit les forbannissoit de 
la cité. (BoURGOiNG, Bat. Jud., I, II, éd. 
1S30.) 

Il envoya messagiers devers le comte de 
"Warv^'icb qui estoit forbanny. (Bouchard, 
Chron. de Bret., l" 146", éd. 1532.) 

Nicomedes dechassa et /bj-fcannitPrusias 
de son royaulme. (Boccace, Nobles malh., 
V, XI, f"" 125 V», éd. 1515.) 

Soil d'avec toy tont vice forbanny. 
(i. Ma^ot, Doctr. des Princessex^d'esire bon exemple 

aux antres. Recueil Jehan Marot de Caen, éd. 

1532.) 

Mais leur diras : Amis, j'ai des nonvelles 
D'un malhetirenx, que Venus la déesse 
A forbany de soûlas et liesse. 
(Cl. Mar., EpisL, pour le Capitaine P>aisin, an 
seigneur de la liocqne, éd. lo'Jfi.) 

Tn veulx amour forhannir de ce monde. 
{Episire de eomplainele à une qu'a laissé son amij, 
dans les Poés. allrib. à Cl. Marol, éd. 1731.) 
Est il possible que je vive 
Forbany de vostre présence? 
(J. A. DF. BAir, le Ilrave, V, 1, éd. 1S73.) 
Quant a la royne, appaiser la faudra 
Si doucement que sa main se tiendra 
De forbannir l'ame seditiense 
Outre les eaux de la rive oublieuse. 
(JoDELLE, Cleopatre, II, 1, Ane. Tb. fr-, IV, 107.) 
Elle l'appelloit maquereau, fouetté, 
larron, forbanny. (G. Bouchet, Serees, 1, 
107, Roybet.) 

Forbannir, to banish, reject. (Cotgr. 
éd. 1611.) 

Saintonge, fourbanir, chasser. 

roRBANissEMENT, fovhann., forbenn., 
- ant-, s. ni., bannissement : 

Forbenissemanz qui est fez en généra- 
lité ne porte pas acussacion. {Liv. de jost. 
et deplet, i, 5, § 1, Rapetti.) 

Ont mérité forbanissemenl. (1430, Ch. de 
L. d'Amboise, Fonteueau, I, 342, Bibl. Poi- 
tiers.) 

Eussent desservi mort ou mutilation de 
membres ou forbanissemenl de pays. (Ib., 
h 543.) 

Forbennissement, l'.xilium. (Gl. gall.-lat, 
Richel. 1. 7684.) 

FORBARRER, four., V. a., barrer, fermer 
avec une barre par derrière : 

Si vin jrent es huis et cnidierent issir, 
ainsi qu'ils soloient, mais ils les trouvèrent 
tous fourbarres. (Yst. et Chron. de Flan- 
dres, I, 307, Kervyn.) 

—Empêcher, priver, dépouiller, exclure: 

Qe le uaz est qe hom ne serra my for- 

barré par son fcl drmeyn, le qel est fct 



FOR 



(iî 



tant com il est de pleyn ag.!, de bouc me- 
morie, deiiz les katre mers .le Enseltere 
(Year books of the reign of Edw. the firsl 
years xxx-xxxi, p. 9, Rer. brit. script.) ' 
Que les seignours n'auters ne soyent raye 
forbarrez de lour villeyns pour cause de 
lour response en la ley. (Stat. de Bichard 
II, an IX. inipr. goth., Bibl. Louvre ; Littl. 
Instit., 193, Houard.) 

Le seigniour ert forbarré e ramenauni 
de sa accion pour sa malice et sa negli- 
cence. (Britton, Loix d'Angi, f» 98 r», ap. 
Ste-Pal.) 

FORBATRK, - battre, four., verbe. 

— Act., battre : 

Que li vallet forbatent bien les dras .m. 
fies de malvais cardon. Quant li dras ert 
forbatus.... (1262,Ban.s aux échev.,Où, ass. 
s. les drap, de Douay, f» 6 v», Arch. mun. 
Douai.} 

— Clore, barrer, barricader : 
Et la Toie a si fourbotiir 
Qu'elle est an chastelain tolue. 
Par la n'i pora pins entrer. 
Car il a fait Puis reomurer. 

(Coiici, 4873, Crapelet.) 

Pour chou avoit esté dit et commandé 
audit Jehan que ledit coulombier closisl 
par dedens jour certain qui mis et assi- 
gnes li fu, ou jou,baillis dessusdis, leferoil 
clore et fourbatre, lequel chose ledit .lehan 
ne fist mie, pour quoy jou, baillius... fis 
ledit coulombier clore et fourbatre. (1334. 
Cart. de Guise, Richel. 1. 17777, f» 220 r».) 

Pour fourbatre les portes du park. (1344, 
Trav. aux chat. d'Art., Arch. KK 393, f» 9''.) 

Lidit religieus pourront tenir leur dites 
portes closes ou les mucer ou fourbatre. 
(1346, Arch. .IJ 77, f» U r».) 

A Pierre Viollet, pour .iiii. coppons de 
frenne de .viii. pies mis a fourbatre le tour 
de S. Estene. (1366, Lille, ap. La Fons, 
Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Fourbatre les huis des maisons des 
guets. (1508, Béthune, ib.) 

Forbatre les feneslres des portes. (Ac- 
quisde 1529, Arch. mun. Laon.) 

Ung vcret et deux crampons pour four- 
battrexms, huis. (1518, Béthune, ap. L.'i 
Fons, Art. du Nord, p. 195.) 

— Forbatu, part, passé, barré, barri, 
cadc, comblé : 

Et le liu fourbatu la u il doit avoir pie- 
sente et soloit estre pasture en partie. 
(Vers 1292, Cart. de Flines, I, 329, Haut- 
coeur.) 

Fois et loyallez est fondue. 
Voie de vrelé fnnrbutue. 

(Soneu de Nitn.iay, ms. Turin, f C8'.) 

Il destoupa un pucli qui grand temp;^ 
avoit esté fonrbatus. (Trahis, de France. 
p. 112, Chron. belg.) 

FORBAUi.T, voir Ferhault. 

FORBENIR, voir FOBBANIR. 

FORBENISSEMENT, VOir FORBANISSK- 

MENT. 

FORBEOK, - eour, - eur, - or, four , 
fur., s. lit., fourbisseur : 

Eruginatores, fonrbeurs. (J. de Gabi , 
ms. Bruges 546, Scbeler, Lex., \>. 45.) 

Colairs li furbeires. (Noël 1235, S. Sauv. 
de Met 7. Areh. Mos ) 



ai 



FOR 



ouiconquef veut eslre forbercs a Pari?, 
estre le puel franchement. (Est. Boil., Uv. 
(Us mest.. l" p., xcvii, !. Lespinasse et 
Bonnanlol.) 

Nu? forbeur ne pucl ne ne doit ouvrer 
de nniz do nulle .'.lioff apartcnant a leur 
mestirr. (1d., th.. 3.) 

Amulphuf li furberes. 'Cens, de S. Paul, 
f» S v», San? dat.\ xill* '.. Arcli. Mo?.) 

Lo furbor. (Ib.) 

Petro le Furheur. (Pièce de 1278 ronser- 
vie à la Tour df Londres, citée dans la 
Gazette des Beau.T-Arls. XXll, 12.) 

Guiart le forbeour. (1.138, Cart. de S. 
Taurin, Arcli. Eure.) 

FORDET, fourb., S. m.,fonrberie: 

Ponr trois me-,chans. plaios de forhet, 
Qnê je Toys mener aa pibel. 
(Gbesan.JI/js/. de la Pass., Ars. r,l3l, C 198=.) 
Ponr trois mcschans plains de foiirtel. 
Que je vois mener an gibet. 

(Id., it>.. 237:iT, G. Paris.) 

Nom ûc personne, Fourbet. 
FORBETEn, V. a., tromper, duper : 

Ainsi prist ennemis a feire 
Hnmm" •1» sens et de mémoire. 
Ponr Diea nostr» perc engignier 
ri forbrtrr et concbier. 

(Rom. du S.-GraaI. 3609, Michel.) 

FORBETEun, /our., S. m., trompeur: 
Et molt de forbetevrs, qui virent ceballi 

riche et monté. (,Mir. du monde, ms. La 

Sarra, Chavannes, p. 35.) 
Un prant fouc de fourbeteurs. (Id., ib., 

p. 37.) 

FORBEVERIE, «- f-, «xcès de boissou : 

ne forbererie 
I Tient teoçon e folie. 
iK»r«*i\o, Dislui. de D'ioi- Ca/o, ap. Ler. de 
I.incT, Pror.) 

FORBiR, fourbir, verbe. 

— Act., raccommoder, nettoyer, panser : 
Ri seroit ce ki une gemme troveroit enz 

el fimmier conchié de tiens et de terre, et 
si ne la forberoit anzois k'il la metist en 
son trésor î (Dial. Greg. lo pape, p. 296, 
Foer?ter.) 

Et pais ait en mémoire sa fin et son obit, 
»ctement lient ion cner qni ainsi le forbil. 

(JEn. DE MEr>r... Teil., 1.3C3, Mëon.) 

Tels y eut qui burent dou vin que ou 
leur apôrln en bouteilles, el rcstraindirent 
Iriirs armures qui desroutles estoieut, et 
fourbirent leurs plaies et rebendelerent. 
(Fboiss., Chron.,\, 291, Kerv.) 

Les sangliers pour aiguiser leurs def- 
fences, lesYrollenl el /'ourtissent avecleurs 
autres dents. (Fr. de Sal.j Vie dev., III, 
1. Sacy.) 

— Réfl., se nettoyer, se laver : 

Etc rose dont te forbit'enl (les femmes;. 
(;>•! Mercier, ap. Crapelet. Prot. et dict. pop., 
p. 153.) 

— Forbi, part, passé, préparé, dispos : 

Cit a la lan^e an deriser forbie. 
(0' Charl. el dri Pain, Val. Chr. i:i6(l, f iî'\) 

FORBissANT, fourbissant, adj., infirme, 
impotent : 
As malades cartriers devant Nostre 



FOR 

Dame qui giseul en l'enfermerie des four- 
bissans. (7 "juin 1306, E.xéc. testam., Arch. 
mun. Douai.) 

I FORBissEMENT, fourbissement, s. m., 
' fourbissure : 

Qui luy vault (au fer) une lime et ung 

/burfciWmenf pour le tenir net. (Deguillev.. 

Pèlerin, de la vie hum., Ars. 2323, f" 70 v°.) 

FORBissERESSE, subst. , fém. de four- 
bisseur : 

r.uiolte la forbisseresse. (1385-86. Compt. 
de.<! annivers. de S. Pierre, Arch. Aube, G 
1656. f 97 r».) 

FORBius, S. m., mot douteux que Du- 
cange explique par exil : 

Trois cent ans .xl. et pins 

Avoit mis pore en forbvi^. 

Aine qo'il passasl de cesie vie. 
(Bon. de laguerrede Troijes. ap. Dnc, Forisbannirr.) 

FORBOiLLER, V. li., se démener avec 
ardeur : 

Li cre>lien comencerent lors a forboiller; 
li escuier et li sergent a pié se bouloient 
parmi les escheles, por quoi li chevalierne 
ponient poindre ne avenir as Turs. (Est. 
d'Eracl. Emp., xxxili, 57, Hist. des crois.) 

FORBOiRE (se), V. réfl., boire avec 
excts : 

Tu cslois bon couslumier de te forboire. 
(E. P.vSQCiER, l'Alexandre, éd. 1723.) 

FORBOTEii, - boiter, - bouler, fors., 
verbe. 
— Act., chasser : 
I Eslonziet estes de vostre pais et forsbot- 
teitde vostre heritaige. (S. Bbrn., Serm., 
Ler. de Lincy, p. 546.) 

L'a bien batu et forsboulc. 
(Pf.an Gativeai , lii; de S. Martin, p. 18, 
Bonrrassé.) 

.... Ceuls qni ont les filles belles 
Sont chascan jonr en dure double 
Qu'aucun chelif ne les forboute, 
Espouse, fiance, ou enrnayne, 
Ou qu'elle n'ait la pance plaine 
Dancnn cheitif coqnart et nix. 
(K. PF.scnAïis, Poès., Ilichel. SiO. r 50.'5'=.^ 

— Neutr., aller au deli des voies où la 
bôto a passé : 

Leur façon de chasser est par le? menées, 
et suivent toujours la bestc qu'ils chassent 
a l'endroit des voyes par ou elle passe, ne 
forboutent point, c'est a dire ne passent 
jamais plus avant que la beste a esté. 
(Charles IX, de la Chasse, p. 38, éd. 1625.) 

FORBOUTER, Voir FOHBOTER. 

FORC, fourc, fourq, fourcq, fourch, 
four,s. m., bifurcation d'un arbre, branche 
fourchue : 

Apandn est a fors come laron. 

(Macaire, 10-40, Mnssallîa.) 

Avec ce les branches des hestres duques 
au mcslre fore pour leurs fours. (1309, 
Arch. .U 45, f" 81 r».) 

Avons droit de prendre en ladite forest 
(de Brotbome) un fourc a choix au terme 
de Noël, coustume et bois pour ardoir. 
{Cartulaire de Jumiéges, 1, 15.) 

Laquelle femme moult courrouciee en le 
bout ou foure d'un pommier, dont ils es- 



FOR 

toient assez près, elle le cuida ferir dudit 
coustel en la joue senestre. (Arch. .U 109, 
ap. Sle-Pal., éd. Favre.) 

Ne doit prendre d'un arbre fors le tiers 
fourc qui est fourchié en trois. (1419, 
Aveux du bailliage d'Evreux, Arch. P294, 
reg. 4.) 

Le fourq et la branche. (Coût, des for. 
de Norm.^ (° 7 r», Arch. S.-Inf.) 

Si ont le chesne tout sec au dessoubz 
du premier four appelé Escoquenard. 
{Ib., Sur.) 

Et pais ponr réparation 
An fourc d'an arbre l'a pende. 
(GniLL. HAonENT, Fabl., 1° p., i.t, Lormier.) 
An fourc d'nn hestre. 
(Vaoo. i>e I.A Febsnaïb, Forest., p. 133, Travers.) 

— Bifurcation d'un chemin : 

La grant Dive au fourc de Garet. {En- 
quête d Caen, xm* s., Arch. S.-Inf.) 

Lors s'en ala seir a la campaigne ou 
fore de .11. voies par ou Judas devoit pas- 
ser. {Estories nogier, Richel. 20125, f» 61'.) 

En un fourq et croisée de deux che- 
mins. (1452, Arch. JJ 181, pièce 170.) 

— Confluent de deux ruis.seaux : 

Por ce le firent (le pont) e\ fourch de ces 
eves. (Chron. d'Ernoul, p, 441, var., Mas- 
Latrie.) 

Depuis le potis M. de FoUeinville en 
amont dusquez au fourcq de l'iaue, qui 
s'en va a la Noetville. (1418, Cart. de 
Corbie, ap. Ste-Pal., éd. Favre,) 

Norni., fouour, fourche, dans le sens 
de bifurcation d'un arbre, d'un chemin : 
« Le fouour d'un abre, d'un quemin ; » 
on dit aussi le fouour d'une culotte, là 
où les jambes se partagent, (Le Hérich., 
Gl. norm.) Bessin, fouor. 

FORÇABLE, adj., qui peut être forcé 
qui peut être obligé, contraint : 

Celé est forçable a eschever le mariage 
se si mariz devent mesel entretant qu il 
fut fiancé. [Liv. dejost. et de plet, x, 8, §. 3, 
Rapetti.) 

Se herbergent par diverses celles et par 
diverses provinces tojors forçable et nule 
fois estable. {Règle de S. Ben., ms. Sens, 
p. 139^) 

Neantmoins les dites forces qu'il avoit, 
il rendit la ville qui n'estoit forçable. (M. 
DU Bellay, Mém., 91.) 

Le mareschal alla luy mesme reco- 
gnoistre la place, laquelle il trouva for- 
çable par deux endroicts. (Du ViLLARS, 
Mém., au 1532, Michaud.) 

Sans par eux courir aucun hazard par 
l'avantage du lieu non forçable. (Id., ib., 
an 1655.) 

Avant fait reconoistre et taster les 
gardes qui la estoient les trouvèrent for- 
çables. (La Noue, Mém., ch, xxii,) 

Saintonge, Poitou, Deux-Sèv! es, Vienne, 
arr. de Civray, forçable, qni exige de l.i 
force, en parlant d'un ouvrage fatigant. 

FORÇABLEMENT, fors., adv,, par u 
force, par la violence, violemment : 



FOR 



FOR 



FOR 



Car lrai;;nei furent loaz aar 
El decollei et puis penJuz 
Forsal'l.-menl par granl oallraitc. 
<UBai.. DE St André, le Libcre du bon Jehan. 
2*1. Charricrej Lobin.. II, 691, /'orfaHcCTcn/. 
Princirent forcablement ceste ville. [Proc. 
verb. du piU. de l'Egl. du Mans, Arch. 
Sartbe, 983.) 

Il faut donc enseigner benifjQement et 
non forsablemeiU ceux de la religion pré- 
tendue reformée, a craiiulre et aimer Dieu. 
(N. P.vsQ., Lett., VU, 4, éd. 1723.) 

FORÇAGE, - aige, fors., s. m., violence : 
Comme a la requeste de nostre procu- 
reur eust esté amené prisonnier a Paris 
liuillaume .Maingo, chevalier, sires de Sur- 
gieres, pour la cause d'un forsage que l'en 
disoit que le dit chevalier avoit faist en la 
personne Philippe Damelle, laquelleil avoit 
prise et ravie par li et par ses complices, 
et deflouree a force et contre sa volenté. 
(1335, Arch. JJ 69, pièce 118.) 

Quieali pillaices, 
Qnieals forfaiges, 
Et quans petiz avantaiges 
Sont vcniiz par voz debaz ! 
(Al. Chart., Lay a ilons. de Bourg., r.omv., 
p. 611.) 

Qoelz pillages. 

Et ftirsaiges. 

(Id., Lay de paix, p. 541, éd. 16n.) 

FORÇAIRE, voir FORSAIRE. 

FORÇAT, S. m., sorte de jeu: 

Quand est dn passetemps des dames, 
l)a forçai plaisant et trictrac. 
Et autres jeux, j'en sçay le trac. 
(Cbetstophe df. Bordes, Chambrière a louer a tout 
faire, Poés.fr. des sv" et xvi" s., 1, 1)9.) 

1. FORCE, - che, S. f., autorité : 
Nous avons confremé ches présentes 
lettres de le forche de no seel. (Juin 1228, 
Livre blanc, f° 8 v», Arch. mun. Valen- 
ciennes.) 

— Ne pas faire force d'une chose, n'en 
être pas effrayé, n'en pas faire dilBculté: 
Ea alant celé part, li a moult demandé 

Li rois de son a'aire, mais moult l'en a celé ; 
Ele ne fail /a» force que li ait raconté. 
Mai» qo'elc cnst son cors de ce pcrill gelé. 

(Berle, 2754, Scheler.) 
Mois ceus qui l'ont acoustumes d'oir les 
(les canes qui brûlent), n'en font force pour 
oe qu'il ont acoustumé d'oir. {Liv. de 
Marc Pol, cxiv, Pauthier.) 

Mais les chevax quant il ont oy plnseurs 
fois, ils ne font pas si grant force. (Id., ib.) 

Tuit li autre roy, et li antre pèlerin qui 
après li venroient", se teuroient touz apaies 
lie faire leur pèlerinage aussi comme le roy 
de France auroit fet, ne ne feraient force 
de la délivrance de Jérusalem. (Joinv., 
St Louis, cviii, Wailly.) 

— A force, par force, par contrainte, 
malgré soi : 

Du prestre qui ot mère o force. (Ms. Ri- 
• bel. 837, f° 229 v.) 

— Avoir la force, être attaqué par la 
force, en parlant d'une ville : 

La première ville qui aura la force re- 
cevra des chastiemens exemplaires. (1,')89, 
Lett. mm. de Henri IV, t. II, p. 495, Ber- 
ger de Xivrev.) 



— Etre menacé de la force, être menacé 
d'être attaqué de vive force : 

Il n'y alloit pas seulement du salut de 
la dicte ville d'Esperuay, mais de toutes 
les aultres qui estoient menacées de la force. 
(1592, Lett. miss, de Henri IV, 1. 111, p. 842, 
Berger de Xivrey.) 

— Force signifiait encore pays fortifié 
et garni de forteresses : 

Ne remest an Dac Mataquaz 
Mes sol la force de Ouraz. 

(F/orimonI, Hichel. 353, f IS*.) 

2. FORCE, forsse, forche, forpce, grand 
ciseau : 

Pieça, qu'on dit, la force pest le pré. 

(LesLoh., Ars. 3143, f 6°.) 
S'il nos font faire et otriier par forche 
cose ke nous ne doions, en non Diu li 
forche paist le pré, et on doit molt faire 
por issir hors de prison. (H. DE VAL., 
592, Wailly.) 

Avis rae fu el somellier 
Oue ne sai quel beste veneit 
Qui na ros peliçon vcstoit, 
Bien fet sanz cisel et sanz force, 
Sil me fesoit vestir a force. 

(Renart, Br. H, v. 194, Martin.) 

Si cum ele le tcnoit forment 
Soef en son siron dormant, 
Copa ses chevcx o ses forces 
Pont il perdi toutes ses forces. 

(Rose, 16883, Méon.) 

Autressi fu S.nnsses fortin, 
One sa famé par son engin. 
Tout en dormant, a une force 
■Tondi tant qu'il penli sa force. 
(LeBlasme desFames.hib., Joiigl.el Trouv., p. 8-2.) 

Robe fête n'appareillie. 
S'oie n'est ans forces taillie. 
(LeDitdes fevres,iah., longl. et Troiiv., p. 13.Ï.) 

La kens et le fuisil 
A aguisier l'oslil. 
Les aiguilles poingnanz 
Et les forces tranctianz. 
(l'Oiislillemenl au Yillain, 163, Monlaiglon et 
Raynand, Fabl., Il, 153.) 
D'unes forces qu'ot aprestees 
A errant ses trescns ropees. 

(Coaci, 7344, Crapelet.) 

Ce te mandent les tiens fils que tu es- 
lises et prennes lequel que tu voudras de 
ces deux choses, ou que tes neveux soient 
mis en religion et tondus de ces forces, ou 
que ils soient occis de ceste espee. (Chron. 
de Saint-Denis, ap. Lahorde, Emau.v.) 

Hec forfex, forces de cambre. (Gloss. de 
Glasgow, P. Meyer.) 

La se sont reculé, mais çbe fu monlt envis. 
Car forche paist le pré, el li lens le brebis. 

(B. de Sel/., iv, 164, Bocca.) 

Que la superfluité soit coupée o les 
forches. (H. de Mondeville, Richel. 2030, 
f» 59^.) 

En la chambre, .ii. pintes, .i. pintat, 
.1. aiguière, unes forsses de fer. (23 janv. 
1396, Invent, de meubles de la mairie de Di- 
jon, Arch. Côte-d'Ur.) 

Meule a cousteaux ou a forces. (1438, 
Péage de Chdleauneuf, Mantellier, March. 
fréq., III, 124.) 

Quant un vray cueur aymer s'efforce 
Glayve n'y a, cyseau, ne force 
I Qui loy sceut faire quelque outrage. 

(R. DE COLLERVE, Pors., p. 132, Bibl. elz.) 



Je me cognois a faire tan, 
Parer cuirs, faire trompettes, 
Cornets a tjoucq'iias. des lunettes, 
Force[s\, ciseaux et espérons. 
(Christ, de Boi;d., Varlel a louera loul faire, 

Poés. fr. des xv" et xvi" s., I, SI.) 

Lequel après avoir briesvement entendu 
le fait, courut vistement chez un mares- 
chal quérir des forces de quoi on fait les 
crins des chevaux. {La Nouv. Fabrique 
des excell. Traits de vérité, il.'SO, Bibl. elz.) 

Une forces a retondeur. {Ib., p. 1S9.) 

Childebert et Clotaire donnèrent charge 
a Archade cy dessus nommé, et que Bou- 
chet appelle Comte d'Auvergne, d'aller vers 
la royne leur ayeule, avec des forpces et 
une espee desgainee. (FauCHET, Antiq. 
gaul., 111, 6, éd. 1611.) 

— Grande cuillière : 

Une forcJie d'argieul a frère soupe. (1302, 
Test. duD. Jean, ap. Lobin., 11, 454.) 

Norm., Dessin, forjes, cisailles pour 
tondre les haies. 

La langue moderne a gardé le mot for- 
ces, sorte de grands ciseaux pour tondre 
les draps, pour couper les étoffes et les 
tailler, pour couper les tôles, le laiton, le 
fer-blanc. 

FORCE ABLE, S. m., agrès d'un navire 
qu'il nous est impossible de déterminer : 
Bons gOTieniaus i ot et grans, 
VoiUes, otages, et grans rans. 
Et forceablcs et hobcns. 

(Ben., Troies, Uichel. 375, f° 6',)".) 

FORCEEH, voir FORÇOIER. 

FORCEiLi.E, s. f , fourche, croc : 

.1. drapel qui pendoit enlrc .il. forceilles 

de fer. (Vie et mir. de plus. s. confess., 

Maz. 568, f 48'».) 

FORCEL, - ciel, - chel, four., s. m., es- 
tomac, .poitrine, ventre : 

Mais maint coslé e maint /orrc/ 
I ont enfundré c percé 
Ainz qu'il aient dcl tut laissié. 
(Ben., D. de Norm., Il, 5424, Michel.) 
Navres fu d'une lance el pis, sous le fourciel. 
(Boum. d'Alix., f ^7^ Michelant.) 

L'empcrere en jura le cors Si Daniel 
Qu'il ne fnst si dolens el cuer sos le forcel. 

(Chev. au cijijne, 1, 6860, llippeau.) 
Une plaie li fist par dessous le fourchcl. 
(muijis d'Aigrem., ms, Montp. H 2i7, f 16i>.) 

Se il eust acon couslel 
Si s'en (erist ens ou foreel. 

(Alhis, Ars. 3312, f> 13M 

Va qnerre les coillcs d'un lor. 
Les collions a loi le forcel. 
Si les m'aporte cl .i. coslel. 
(De la Dame escoUicc, Richel. 19152, f^ 41 v°.) 

De son bec me feri assez prez du fourcri. 
(Cuv., B. du Guesctin. 20548, var., Charriera.) 
Cf. FORCELE. 

FOiicEi-E, - elle, - chielle, four., fur., 
furscelle, s. f., l'estomac, la poitrine, la 
gorge, quelquefois le ventre : 

Sil fierl el piz entre les dons furceles. 

(Bol., 1294, Millier.) 

Hues le fiert do roil espié trcnchant 
Que la forcelle li elToniIra devant. 

(Les Loh., ms. Montp., 1° 219''.) 

9 



FOR 



FOU 



FOU 



Bill ns Raoal, disl Al.iis la bêle. 
Je te Dorri del lait de ma roamcle ; 
Por quoi nie fais dolor soi m» foreele ? 
(Raoul df Cambrai. 1001, AT.) 

SoTtnt li muille la fnTefle 
Por Teir e l'arçon «le la sclo. 
(Bf.\., p. rfc riorm., II. 5lTo. Michel.) 
Mrslrc li iinc Sébile plore et liai sa foreeh-. 

ij. Bon., Sar.. cnxxvi, Michel.) 

Ne place Den qne ja fini ccsle (rnerre, 
S'en ait Iranchié le pis sor la forcelle. 

Uourâ. âe Blairies, 31'.'. HofTmann.) 

Car il le fiert sor la foreele. 
Tôt patiné l'abat de la sele. 

(Durmarx le Gallois. 5517, Stengel.» 

Li baslars en fniant nn tel cop li donna 
Jnsqnes en le fc.urcete le fendi et copa. 

IBttst. de Buillon, -iioe, Scheler.) 

liant front nioien, haale forcelle. 
Onqnos ne vi telle fors celle. 
(Dirision des r? hiariles, Ifil, ap. Mcon, .\oui'. 

Rec. I. 412.)Inipr., foneelle. 

Les phificicns me disoient que j'avoie 
une presse teste et une froide fourcelle. 
(JorNv., St Louis, iir, Wailly.) 

Lequel suppliant a aucune? foiz accous- 
Inmé de jurer la forcelle Dieu. (1389, Arch. 
a 135, pièce 286.) 

Print ledit exposant ledit Morillon par la 
poictrinc ou forcelle. (1424, Arcb. 3J 172, 
pièce 640.) 

Fonnent les ont navres es fourcliieltes et es pis. 
fCJron. des durs de Bourg., 9ôOG, Chron. belg.) 

Oni ses cnfans porta en sa forcelle. 
(SiCQ. Millet, Destruci. de Trmje, f» 17^ éd. 

1541.) 

Noble dame, hanlle atonrnee. 

Dame Flourenre l'Escornee, 

K lon(:ne eschine et plate fourcelle. 

Allant de nnil sur la Tespree. 
(CoQLiLL.. Ençuesie, II. 05. IHbl. eli.) 

Tout bellement, estes toos fol I 

Elle est tendre de la forcelle. 

(Farce de ilimin. Ane. Th. fr., II, 35S.) 

Mai», (se) dis je, se la despncelle, 

Je seroys en bien grant dan;;ier 

Delnir rompre venlre et forcrlle. 
(Farce de Tout Ucsnage, Auc. Th. fr.. H, .107.) 
Kt pois après toot senl a ma plaisance 
Cneilly des fleurs a loute ma puissance 
Tant qne lool plain en mis a ma fourcellr. 
II510, le r.irofl'.ier aul.r dames, l'oés. fr. des 
Xï' et XTI* «., XllI, 270.) 
Qu'on n'endure fain ne coif : mais qu'on 
inangeue quant l'appétit viendra si sobre- 
ment que la forcelle de l'estomac n'en soit 
enllec. (J. Uouchet, Noble Dame, f» 50 r», 
éd. 1336.) 

Gosier, qni natnrellement 

Es mon entonnoir très fidelle, 

Ne laisic entrer en ma fourcelle 

BenTrage, s'il n'est excellent I 
(Vatix-âr-Yire de J. Le lloiLi, \xiv. Jacob.) 

Voici bon sidre noorean. 
Je croy qu'il est fait sans eaa : 
Il esl chand a la fourcelle 
Et donne jusqu'au cerrean. 

<;*., XLlv.) 

Estant entré dans l'estomacb, ce poison 
fait une grande douleur a l'endroit du 
petit tendron que les Picards uonimeut la 
fourcelle ; car la dessoubs est la partie la 
plu."* sensible de l'estomacb. (fiHEViN, des 
Venins, II, 4, ta. 1368.) 

Le? clavicules ou forcelles. (Trad. de 
Calitn, p. 447. ••d. 1609.) 



On trouve encore au xvti« siècle la for- 
eele de l'estomac, pour le creux de l'esto- 
mac : 

Ils se passiTcnl dans 1,t foreele tie l'es- 
tomac des rubans. (Tai.i.km., Iliat., cci.xv, 
éd. Monlnieri|M(''.) 

— Fonrcbcltc : 

Fur-ieelles, amas, esbaleliers, pegnaux, 
autres basions et armures. (Coul. de la 
Ckastellenn. de iVnics.xxxiil, N'ouv. Coût, 
gén., I, 385».) 

Norm., fourcelle, esloniac. Giiernesey, 
fourehelle, poitrine, bréchet. 

Nom de lieu, la FoMrcfte/ic (Oise). 

FORCELÉ, adj., à fossette : 

Et après for celé menton. 
Dont naissoit la blanche gorgele 
Dnsqa'aus espaules sans foisscte, 
Ounie et grosse en avalant. 
(A. i)E LA Halle, leu Adan, Ilicliel. 837, C 2S1».) 

Nés droit et foreele menton. 

(Comte de Poil., «50, Michel.) 

FORCELER, fourceler, fourceller, for- 
cheler, - eir, fourclieler, forscheleir, v. a., 
cacher, celer en fraude, frauder, détour- 
ner secrètement : 

Et s'il avenoit cose par aventure que 
aucuns emblast ou forchelast le tonlieu au 
remonter ou au ravaler, le poenl arrester 
le sergant de l'abbé cl le couvent. (1249, 
Cart. Esdras de Corbie, l\\che\. 1. 17760, 

j ^99^,) 

j Que franche vérité doit csire eu l'an de 
toutes choses forcelees. (1252, Confirm. des 
jmv. de Calais, Arcb. J 1124, pièce 1.) 
Forseheleihcs. (/&., pièce 1^''.) 
S'il avenift lie aucuns des viles deseu- 
rediles se scutist meffail envers l'abbé et 
le couvent devautdis, en tel manière k'il 
etisl fourceU dettes ou cateus, rendre et 
donner por Diu et en aumosne le puet a 
l'abbé et au couvent dcseuredis. (1280, 
Chartr. de Namur, vente de bois, Chron. 
belg.) 
Et reco,gnoissons que li diz Mikiel a et 

. doit avoir les pourlis tant que sa terre 

, dure par dodcns les diz bourucs par rai- 
son Je viscontc, si comme .il. d. d'un 

j sanc, et s'il estait forclielcz, 60 soulz de 
l'amende ou ce que nous jugerions par 

' l'esgart de la vile. (1291, Cart. de Ponthieu, 
niche!. 1. 10112, f" 19 V».) 

Vous n'en fo^trchelercs rien a le parcbon 
de vos enfans. (HoisiN,Fra)icft., loisetcout. 
de la ville de Lille, éd. Brun-Lavainue.) 

Qui forchoile ventes de hyrtage il est en 
demande de .LX. libres par devers le si- 
gneur. {Coût, de Ponthieu et de Vimeu, 
.Marnier, Ane. Coût, de Pic., p. 111.) 

Une france vérité doit eslre eu l'an de 
toute chose /'ourcel/ffis. (1304, Arcb. JJ 60, 
pièce 365.) 

Se les socs csfoieHf forcheleiz. {Ch.de 
1318, S. Wandrille, Arch. Seinc-lnf.) 

Esl assavoir que les pourlis que je ai 
• en me terre par dedens lesdis bournes me 
doivent demourer, et les relieng ; cb'esl 
assavoir me viscomté, si conme quatre 
deniers du sanch et se il estoit forcheles, 
soixante solz pour l'amende, ou l'es^an 
du maieur et des eskevins devant diz. 
(1358, Ord., III, 294.) 



Si le sang estoit /orccf^ Iroiz jours, il se- 
roit cnchu vers nous et envers lesdiz 
maieur et escbevins en .LX. sols parisi? 
d'amende. (1376, Charte de S' Wulfran 
d'Abbeville, ap. Ste-Pal.) 
Et avecques tout ce on al.i ordenant 
C'on meisl a estai et alasl on monslranl 
Aux fenosires, aux hnis ou sur estai séant, 
Tout char, pain et poisson et ce c'on va mengent. 
El se personne y a qni le voist forcelant, 
Kt qui ne monstre tout, sans alcr riens massant, 
Qui vaille .vi. deniers derrières ne devant. 
Il ara tout perdu. 

(Cnv., du Guesclin. 1917, Charrière,) 
S'il avenoit que l'on eusl pris et fourceli 
nng serf ou aultre beste sauvaige que les 
chiens de ujondit seigneur auroieut pris, 
donneroit un bœuf blanc a rachet de dix 
francs pour la reparacion de la beste /bur- 
celée. (Vers 1419, les Bois, forests et garoies 
que Mgr le duc de Bourg, a es bailliages de 
Dijon, Auxois et la Montagne, Mém. de la 
Soc. édueniie. 1880, p 401.) 

Ventes forcelees. (Cout.de Sentis, ccxlvi, 
Nouv. Coût. gén.. 11,729.) 

Afin que le droit de meilleur cattel soit 
mieux gardé et non foureelé, l'hoir meu- 
' blier du defunct sera tenu de monstrer 
les trois meilleurs cattels a peine de con- 
fiscation du foureelé. (Chart. de Hainaut, 
cxxv, 9, Nouv. Coût, gén.. Il, 141.) 

Item si aucun fourceloit lesdits espaves 
quel qui soit, et ne l'annoncist eudedens 
sept jours et sept nuicts,il sera a l'amende 
de soixante sols parisis. {Cousl. de Mor- 
tagne (Flandre), ms. appartenant à M. Boc- 
quillet, p. 107.) 

— Forcelant, part, prés.; en forcelant, 
j à la dérobée, sans qu'on s'en aperçoive : 

En luy poignant la teste et doderainant de 
douce main, on luy couppe les cheveux «i 
forcelant cl luy desempare- on le chief. (r,. 
Chastell., Chron., IV, 322,Kei'v.) 

FORCELEUR, S- Ml., celui qui cache, 

qui recèle, receleur : 

Qui oublycoit le chevalier qui vous a 

, démontré par trois fois le gentil roy d'Es- 

I cosse, qui ne recommandast sa prouesse, 

il seroil robeur et foreeleur d'autruy 

prouesse et d'aulruy liouueur. {Percefo- 

rest, I, 151'', éd. 1528.) 



ni, adj.. 



FORCEi.u, fourc, fourch. 
fourchu : 

Le menton fourchelul, le nés fait droitement. 
{Bail, de Bouillon, 2332, Scheler.) 

S'a fonrcelu menton. 

(B. de Seli.. xxTV, .S-2, Bocca.) 

Le nez a bel et droil, et fonrcelu menton. 

(V,r«.i: du Paon. ms. Brux. 11191. P 19 r°.) 
Salalrie la belle an fourchelu menton. 

^Ci;^(Tis, Richcl. 1637, f 130 r».i 

1. FORCEMENT, fouTcement, s. m., ac- 
tion de forcer : 

Au forcement du pas de Suze. (Brant.. 
Caiiil. /V.,A.de Montmor., Buchon.) 

— Action de forcer une femme, viol : 
Forcemens de femmes. (1341, Arch. J.l 

73, f» 250 V».) 

I.e forcement des femmes et des lilles. 
(1580, Lelt. miss, de Henri IV, t. I, p. 290, 
Berger de Xivrey.) 

— Ce qui fait violence ."i : 



FOU 



FOI? 



FOR 



«7 



C'esl |>liisti)sl une luoastiuosité et for- 
cement lie ualiire, qu'une production prof- 
fitalile. (LiEBAULT, .Vaw. rust., p. 466, éd. 
1597.1 

— Kn général, violence, contrainte : 
Lu iirace est si gracieuse et saisit si gra- 
cieusement nos cœurs pour les attirer, 
qu'elle ne gaste rien en la liberté de nostre 
volenté ; elle touche puissamment, mais 
pourtant si délicatement les ressorts de 
nostre esprit, que notre franc arbitre n'en 
reçoit aucun forcement. (Fr. de Sal., Am. 
debieu,\.n, c 12, éd. 1610.) 

— Effort : 

Quasi n'ayant plus de soufûe ny d'ha- 
leine du fSurcemenl ou il s'estoit mis a 
combatro. (La Prinse du Roy d Pavie, 
Capliv. de Franc. 1", p. 80.) 

2. FoncEMENT, voir Forchement. 

3. FOKCEMENT, VOir FORCIEEMENT. 
FORCENABLE, VOir FORSENABLE. 
FORCENAGE, voir FORSEN'AGE. 
FORCENAISON, VOir FORSE.VAISO.N. 
FOIICENANT, Volr FOIISEXANT. 
FORCENEEMENT, VOir FonSENEEMENT. 
FORCENER, voir FORSENER. 
FORCENERIE, VOir FORSENERIE. 
FORCEXEURE, VOir FORSENEURE. 
FORCEXEUX, voir FOUSENEU.K. 



FORCENXiERE, S. f., folie : 

Et par ce que ce livre est composé pour 
la salubre doctrine de sapience et pour 
expurger la vanité de forcenniere et foUie. 
(Jacques Locueh, Nef des folz du monde, 
Prol., éd. 1497.) 

C'est peut-être une faute de l'édition j 
pour forcennerie. 

FORCEOiî, - eeur, - eur, forcheur, s. 
m., celui qui prend quelque chose par 
force : 

Se pluiseurs font force ensambie et li 
uns d'eus est trais en cause, s'il rent la 
chose de son gré et devant le jugement 
tout li autre sont délivré, c'est voirs par 
nostre usage tant coume a la chose monte 
et non mie de l'amende, car tuit ilsonttenu ' 
li forceeur. [De Droit et de jusl., Richel. 
20048, f° 66''.) 

— Brigand : 
Je ferrai ccl forcheur. 

<J. BoDEL, H Jus de saint Nicholai, Th. fr. aa 
m. à., p. 17S.) 

— Avec un rég., celui qui force, qui 
attaque par la force : 

Forccurs de maisons ou brigans. (J. 
BouCHET, Serm. de la simulée convers. de 
H. deBourb., p. 320, éd. 1594.) 

— Celui qui viole : 

Forct'urx de famés. 
(Eloï Dasersal, Uvre de la deablene. t" 9", 
éd. 1507.) 

Son traitement esloit un vray tesmoing 

D'amitié claire. 
Helas ! faut il qu'amitié fie declaire 
Pluslost au cueur d'au farceur adultère 
Ifu'cn un raary? 
tCi.. Mar., Canl. a la Rein, de Nav., 153C, éd. 

1731.; 



1. FORCER, /orsi;i', verbe. 

— Act., forlifler : 

Se li dis sire Jehan eu forsanl et amen- 
dant ou en retenant le chastel devant dit 
faisoit aucun ouvraige. (Sept. 1352, Lett.de 
Jeanne de Dar,engag. d J. de Mar/ey, Arch. 
Meuse.) 

— Réfl., s'efforcer : 
Les partisans de l'envie se sont de tout 

temps forcez avec leur noir, et de fumée 
tirée du fourneau de l'enfer, et par leurs 
propos picquens et injurieux, de noircir, 
prophaner et flestrir la candeur, excellence 
et réputation du sexe féminin. (Deslau- 
RiEREs, Imagin. de Bruscambille, en faveur 
des dames, f» 30 v», éd. 1613.) 

2. FORCER, v. a., peigner la laine? 
I toose wolle, or cotton, or suche lyke. 

Je force de la laine, and je charpis de la 
laine. It is a great craft to tose -wolle wel : 
c'est une grande apertise que de bien 
forcer la layne, or charpir la layne. (Pals- 
GRAVE, Esclairc, p. 76, Génin.) 

3. FORCER, voir FORGIER. 
FORCERE, voir FORSAIHE. 

1. FORCERET, s. 111., petit fort : 

Villes, chastelx et forcerelz. (Lett. d'E- 
douard III, 1 juin 1357, ms. Richel., coll. 
Bréquigny, XLI.) 

2. FORCERET, voir FORCERET. 

FORCERiE, S. (., effort, luxation : 

Saphir vaut contre forceries et contre 
luces et eslevcures. {Li Livres des pierres, 
Richel. 12786, f^SO^)' 

— Violence : 
Se Dius m'ahit, et li saint, et toutes les 

saintes, que je n'ai quis ne porcacié art, 
j barat, ni engieng, ne forcerie n'enquerrai. 

(Beadman., Coût, du Beauv., II, 437, Beu 
' gnot.) 

FORCESCE, S. (., ciseaux : j 

Lequel Perrinet raeu et tempté de con- 
voitise rongna d'une forcesce quatre desdiz 
florins. (1388, Arch. JJ 133, pièce 113.) 

FORCESTE, voir FORCETTE. 

[ FORCETERiE, S. f ., métier du forcetier: 
Mestier de forceterie. {ûrdonn. sur les 
j mest.,\n, à la suite du Livre des Mest., 
p. 357, Depping.) 

FORCETIER, S. m., fabricant de ciseaux 
de jardiniers ou de tondeurs de draps, 
fabricant de faux et d'autres gros ouvrages 
en fer et en cuivre : 

Forcetier. (Livre de la Taille, ap. Géraud, 
Paris sous Ptiil. le Bel.) 

FORCETTE, forcesle,forsette,s. f., dimi- 
nutif de force, petit ciseau : 

De tous peignes et forsetle c'on vent en 
.Metz. (Partie du Tonneu cédé d l'Hôp. S. 
Nie, Hist. de Metz, 111, 176.) 

Unes forceltes d'argent, estans eu ung 
esluy. (1380, Inv. de Cft. K, 2210,Labarte.) 

Le seigneur demanderoit a sa femme 
une esguille ou une espiugle ou unes for- 
cettes. {Ménagier de Paris, I, 154, Biblioph. 
fr.) 



Iceiui curé tira une forcellef i-t d'i- 

celles feri par le visage le suppliant. 
(1394, Arch. JJ 147, pièce 104.) 

Unes petites forcesles esmaillez. (1409, 
Compte de A. des Essarts, Pièc. relat. ?i 
l'Hist. de Fr., XIX, 202.) 
Forsetcs, cousteans pragois. 
Grosses mouilles a deux dois. 
(Greban, Mist. de lapass., 1720, G. Paris.) 
La lime, la gente pinsette. 
Le ratissoir et la forcette. 
(G. Corrozet, les Blasons domesl., Blas. del'Estny 
do Chambre, Poés. fr. des xv" et xvi" s., VI. 
262.) 

Puis les mignons et bons cousteanK, 
Les forcetles et les cise.iuls. 

(b., ib., Blas. du cabinet, VI, 268.) 

FORCETTis, s. m. pi., ciseaux : 
Forcettis, vulgarement appeliez sisours. 

(Stat. de Richard III, an I, impr. goth., 

Bibl. Louvre.) 

FORCEUR, voir FORQOR. 

FORCHACiEu, fors., v. a., chasser, ex- 
pulser : 

Cornent il fu forschaciez du pais. 

(Les Loh.. Vat. Urb. 375, P IS^) 
Det estre tantost chasses de la compai- 
gnie as autres chevalers et de la cité fors- 
chacé. (Liv. au Roi, Ass. de Jér., t. I, 
p. 623, Beugnot,) 

FORCHAGE, four., S. m., branche de 
famille : 

Si le retrayant revend l'héritage par luy 
retrait a personne estrangere, le parent 
issu de la souche ou fourchage d'où vient 
l'héritage le pourra retraire dedans l'an et 
jour de telle venditiuu seconde. {Cout. de 
Clermont, xvi, 21, Nouv. Cout. gén., II, 
884.) 

Quand aucun vend son héritage a aulcune 
personne estrangere de souche et forchage 
dont luy est tenu ledit héritage... {Cout. 
loc. de Thevé, xvil, Nouv. Cout. gén., III, 
1031.) 

Quand aucun a vendu son héritage, ou 
rente foncière a lui appartenant de son 
propre, a aucune personne estrange de la 
ligne, souche et fourchage, dont lui est 
venu ledit héritage ou rente; le parent du 
vendeur, issu et descendu de ladite ligne, 
souche et fourchage, dont vient ledit héri- 
tage ou rente, peut demander et requérir 
dans l'an et jour de ladite vente avoir par 
retrait iceUii héritage ou rente. (Cout. 
d'Orl., lit. xviii, de Retrait lignager, art. 
CCCLXIIt, Pothier.) 

FORCiiANGEMENT, S. m., Changement, 
passage de l'un à l'autre: 

Nous sommes a la veille de voir la mu- 
tation de l'Estat, ou son detinement, ou 
an forchangemeni île main. (N. Pasq., Lett-, 
Vi,2, éd. 1723.) 

FORCHANGiER, fourcangicr, v. a., chas 
ser : 

Jamais ne quicr ariere repairier, 
S'aray d'Kspajjne le règne a justicier 
Dont K. m'avoit fait fourcangicr . 

(Anseis, Ars. 3312, f 25°.J 

FORCiiARGiER, fourquerquicr , v. a-, 
charger plus qu'il n'est permis : 

Ung uavieur encourt amendes pouratJO!/' 
fourquerquiet se nef. (1402, Béthune, ap . 
La Fous, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 



68 



FOH 



FOR 



FOR 



Fonr.iiAiiorAGE, s. m., droit pour la 
réparation des chemins qui ont été en- 
dommagés par les voitures : 

Le bas justicier a aussi cofrnoissance du 
droict de rncliapt, de paperes et reprises 
qui se font snr lierilaçes p»r ceux a ce 
comniis, et a raisou desquelles l'amende 
n'excedo sept solz et demi : des dommages i 
faicts es bois cl fruicts, de forcharouage, 1 
de fond et de roye, de transports, et 
œuvres de loy. puii'r vestures et deves- 1 
tnres. (Coût.' du pans de Luxembourg, 
Nonv. Coût, peu., II, 3i4''.) 

FORCHAT, S. m., bùton fourchu : 

Vnp baston, appelle forchat, qui est en 
manière d'une forche. (U61, Arcu. JJ 198, 
pièce U.) I 

On dit encore fourchai, avec le même : 
sens, dans le Berry : 

Chasser à coups de fourche et de four- 
chât. (G. Sand, Claudie, II, xill.) 

FORCHAL'CHiER , forschaucier, v. a., 
fouler aux pieds, écraser, accabler : 

J'ai forehauchet les cols des orguillous et 
des esleveiz. (S. Bern., Serm., Ricbel. ' 
24768, fo 48 r'.l 

Li plus forz forchauchel lo (levé. (lo., ib., 
r- 51 V.) j 

Li fors forsehaucet lo (levé. (In., ib.) 
Lai., CoDcnlcal fortior minus fortem. 

Ansi kc tes sommes soitli repous de tes 
lasseies manbri'> et ne uiie li sepullure de 
ton forchauchiet cors. (Li Epistle saint Ber- 
nard a iSont Deu, uis. Verdun 72, f" 66 v».) 

Sil se rleleitet en cea k'il forehauchet 
l'abitacle de la charneil conversation. (/6., 

f" 94 r».) 

1. FOitcHE, fourclie, s. f., corvée d'un 
hon)me qui doit venir avec sa fourche 
pour faner le foin quand il en est requis 
par son seigneur : 

Ceu est la forche dehue a Saumarve 
chescuDt ant, le dimenche enpres la me 
aost, laquelle se deut recever por la prio- 
resse de dit lucc c por la rccever en doit 
aver XII d. por son trcbal. (xiv* s.. Terrier 
de la Trinité, !" 78, Arcli. Vienne.) 

Lesquelles choses sont tenues du priour 
lie S. Martin du Foilloux a deux sols six 
deniers île rente, demye gelyne et dcniye 
forche de biaen. (1439, S. Benoît, S. Martin 
ilii Fouillou, Arch. Vienne.) 

Porches, coustumes, devoirs, etc. (Gr. 
Caulh., r»51, Arch. Vienne.) 

— Forche en pié, redevance sur chaque 
feu qui se payait à la Saint-Jean : 

La rente que on appelle fourche en pif, 
deoe au jour saint Ji'han sur cha^cun leu 
•le la ville de Braynne. (Ch. de 1376, ap. 
Beauvillé, Doc. concern. la Pic, 1. 32. 

S. FORCHE, voir Force. 

FouciiiiFiERE, fourchefiere, forkefiere, 
fourquefiere, fourkefiere, s. f., hiton armé 
d'un fer élancé à une extrémité et d'une 
fourche h l'autre: 

S'apnrlerai mi" fourke (mr. 
<A. Dr. 1.1 IIalli, li Gieiii de hoUn ri âr ilarim, 
CoDSiemakrr, p. 3'2.) 
... Prenl ta forche fiere 
Dont dcoit cipan Ire son (icns. 

{Renan. :!l.i«, Mcon. ) 



Très forkes fieres as Tiens. (Ai-tc rfc 1230, 
ap. Le Hcr., Gloss. norm.) 

Une fourque/iere pour chargier gerbes. 
(1374, Arch. M.M 29, f» 114 r°.) 

Ferir parmi le corps d'une fourquefiere. 
(1382, Arch. JJ 120, pièce 320.) 

Qui tenoit un prant basion ferre- appelle 
fourchefiere. (1419, Arch. J.I 171, f" 18 r».) 

Fiche forke, fourche fiere. (Palsgr., Es- 
clairc., p. 254, Gi'uin.) 

Hanicroches, volains, lances, fourches 
fieres. (Rab., liv. III, prol., éd. 1352.) 

La daurade dort de jour d'un sommeil si 
profond qu'on la peut prendre d'une for- 
chefiere a pointes. (L. Jour., l'ilist. des 
poiss. de Bond., v, 2, <id. 1358.) 

A présent en tous ces pays la, on ne 
parle d'autre chose, 'sinon daller a la 
chasse au loup, ce qu'on faicl tous les 
jours de dimanches et lestes après avoir 
assisté au service divin, les paroissiens 
E'asscaablants autour d'un bois assigné 
avec une fourchefiere a trois pointes en 
triangle, car c'est le baston qu'on a cogoeu 
le plus propre pour résister a la rage de 
telles bestes, et en ceste façon en ont déjà 
dcpesché un grand nombre, (Cl. Prieur, 
Dial. de la Lycanthopie, f 32 v, éd. 1596.) 

Les paisans, selon leur coutume, espars 
Ça et la, font de grandes huées, remplissent 
l'air de leurs cris etlroyables, et avec leurs 
fourches /îeres Varrestent (le loup) sur cul. 
{Hist. Maccar. de Merlin Cocc, c. xx, Bibl. 
gaul.) 

La joye est grande allors que ThieDOt qui s'ap- 
(proche 

Lny met (au loup) dedans le col la fourchefiere 
[croche 

Pour le tenir subjeil. 

(Gaccu., Plais, des Champs, p. 139, éd. 1601.) 

Fourche-fière, employé par La Fontaine, 
Fables, IV, 16, est donné par Littré comme 
encore usité. 

FORCHEGEiuiEs, fourchcgerbes, s. !., 
fourche à long manche propre à mettre 
les gerbes sur un chariot : 

Le dit Periet, qui d'aguct apensé atout 
une fourche gerbes s'estoit muss''; en un 
destour jusques qu'il r.ippassasl, couru 
sus au dit suppliant sitosl qu'il l'apperçust 
et lui donna trois graus coups do ladicte 
fourche, dont il chcy a terre... (Arch. 
JJ 103, pièce 504.) 

FORCHEis, fourqueiz, fourr.his, s. m., 
branche fourchue : 

Sy ay de trois f nirqueiz ung et toi;tes 
les branches d'un arbre sans déshonorer 
le dit arbre. (1416, llailliage d'Enreux, 
Arch. P 29i, rcg. 1.) 

— Croisement de routes, carrefour : 

Tout le monde en deserl est mis 
Et si y a lanl de fuiirehin 
De Icle» voyes qui sont la 
Que nul par droit chemin n'y va. 
Cni.coiLLEïiLLE, Trois Pelerinaines, C l.'lt'.'', irapr. 
Inslit.) 

FOncnEL, fourchel, s. m., bAlon four- 
chu : 

Thomas Perrote estant allé en une vigne 
et ayant trouvé qu'on lui avoit oslé un 
fourchel, dont il avoit lors a faire, il se 
transporta par devers Jaquinot,.... et lui 
demanda s'il avoit osté le dit fourchel. 
(1389, Arch. JJ 138. pièce J60.) 



FonciiELAST, S. hi, forçat : 
Forchelast. 'Pièce de 1249, Moroiiil, ap. 
Coililet, Gloss. pic) 

FORCHEI.EIl, voir FORCELER. 

FoucnGMENT, - ccmenl, s. m., bifur- 
cation : 

Por ce -le firent (le pont) el forcement de 
ces eves. (Chron. d'Ernoul, p. 441, var., 
Mas-Latrie.) 

FoucHERON, fourchcron, fiircheron, s. 
m., branche fourchue : 

Mais il n'y eusl fourmys ne moncherons 
Yraigne on ver entre ses fourcherons (de la vignel. 
{Chanl. ro'j., Richel. 1537, l" 19 t".) 
Il y a aussi un drageon fourcheron qui 
sort quelquefois au milieu entre deus dra- 
geons et fourche la. (CoTEREAU, Colum., 
rv, 24, éd. 1533.) 

— Dent d'une fourche ; 

Tenant en sa main une fourchefiere, en 
laquelle n'avoit que un fourcheron, car 
l'autre estoit rompu. (1417. Pièces relût, 
au règ. de Ch. VI, II, 139, Douët d'Arcq.) 

Et est bien requis avoir sur les filets 
gens qui entendent a faire la baye pour 
liissiere;' et raiseau, mesme a les tendre, 
et principalement les rets, que j'ay fait 
tendre soiiventefois sur fourche, avec un 
margouillct ou billebauquet qui est mis par 
dessous le maistre de la rets, et a chascun 
des fourcherons des fourches. (Du FouiL- 
LOUX, Vénerie, f 88 v", Favre.) 

Nom propre ancien, Jehan Furcheron. 
(1412, Arch. JJ 166, pièce 272.) 

FORCHEUOT, four., adj.,qui forme une 
fourche, un carrefour : 

Le bois de Fourcherai. (1334, Compt. de 
Geoffroii de Blaisy, gruier de liourg., Arch. 
Cole-d'Or, 15 1.398.) 

FORCiiETii, - chelte, - quele, - guette, 
four., s. f., petite fourche : 

Furcella. fourqucte. {Gloss. lat.-fr., Hi- 
chel. 1. 7079.) 

Une fourquclle a ralizer le feu. (1528, 
Lille, ap. La Fous, Gloss. ms., Bibl. 
Amiens.) 

Celuy qui estoit ainsi condamné estoit 
despouillé tout nud, et ayant la teste sous- 
tenue et i)orlee d'une petite fourchette, 
estoit conduit par toute la ville. (A. Le 
Pois, Disc. s. les medall. ant., f" 71 v", éd. 
1579.) 

Une fourquette pour tuer les tauppes 
des fontaines, (1595. Lille, ap. La Fons, 
Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

1. FOKOiiEUR, voir FORCEOn. 

2. FonciiEuii, voir Forçor. 
I'Orcheure, -ceure, -chauve, -chure, 

four., fur., fourchieure, s. f., endroit oii 
une chose commence à se fourcher, bi- 
furcation, division : 

Adont fisent l'ost esmouvoir et vinrent a 
Tenis qui a mervelles seoit biel, car il seoil 
en une fourceure de .ir. rivières, dont li .i. 
bras couroit a diestre, et li autres a se- 
uiestre. (Chron. de Hains, c. xiu, L. P.i- 
ris.) 

Les talons des chameaux se rapportent 
entièrement a ceux des bœufs; toutefois la 



FOR 



FOR 



FOU 



6!) 



fourchure ne paroist guère. (Du Pinet, 
Pline, XV, 45, éd. 1566.) 

Ou incise ces nrbres depuis la racine 
jusques a la fovrckure- (Id., i6., xil, 15.) 

On jettera la vi-ine sur la fowchenrc de 
l'arbre. (0. de Serr., 7h. d'agi:, III, 4, 
éd. 1605.) 

En etestant les mûriers, l'on y laissera 
de longs chicots, sursaillans de quelque 
pied la fourcheure des arbres. (Id., ili., p. 
469.) 

Dans sa signification générale, ce mot, 
omis par les dernières éditions de l'Aca- 
démie, mais donné par Littré, peut être 
considéré comme appartenant à la langue 
moderne. 

— Il s"est dit particulièrement des par- 
ties du corps oii deux autres parties se 
réunissent, telles que l'angle que forment 
les deux jambes, la partie de la poitrine 
nommée fourchette ou bréchet, etc. : 

Si li Irenchat les oilz c la failnre. 

Le blanc osberc diint la maille est menne, 

Kt Int lo cors trcsqa'en la furcheure. 

(liol., 13-28, Miiller.) 
La forceure ad asez grant li ber. 

(/*., .3157.) 
Lnogs les costez, grellcs les flancs, 
Mnll oui large la fiircheure. 

(Vie de SI Gile, 61, A. T.) 

.lariibes lunges e droites, large la fiirclieurr. 

{Roii. •!' p.. l.'îl", Andrcsen.) 
Mervelles estoit bien taillies, 
El ot moult large fourceure. 

(Bex., Traies. Richel. .'ÎT.S, P 79^) 

Fn qaarré par le pis et grant par la furchurc. 
(Tih DE Kknt, GesU d'Alis.. Itichel. 2l3fii, 

C 7 r».) 
La forcheure ot droite, les pies bien chcralchans. 
(Chev. au cygne. II, 168d, Ilippean.) 
Lungs braz et grant furchcure. 

(Lai d'Havelok, 'U, Michel.) 

Grant fourchcare a il dedenz l'aseli'. 
(Mm. de Aor»., Uichel. -2436;), f° 7 i v°.) 

Se il Tirent Richart a la grant forcheure. 
(Quai. Fils Aumon, Richel. 21387. f .ili^ ; éJ. 
Micbelant, p. 385.) 

— Branche fourchue : 

Oui ne sçail le jour la manière d'estou- 
pcr, si prenne des fourchietires et menu 
buis, et les boute dedans les fosses. (Du 
FouiLLOux, Vénerie, f» 78 r», Favre.) 

En Normandie fourchure désigne encore 
1.1 bifurcation des jacnbes. 

FORciiiË, - kié, - quié, four., fur., part, 
passé et adj., qui fait la fourche, fourchu : 
Et saciez que li piez 
Ki en dons est furchiez 
Dous poples signefie. 

(l'n. DE TiiAUN, Cumpoz, l.it.'i, Mail.) 

— Menton forchié : 

Menton forchié et gorge blanche. 
(Perceval, ms. Monlp. II 2-19, f° ICS"'.) 

Li mentons est drois et forkies. 

(Alhis, Uichel. 375, P llio''.) 
Le manton blanc petit forchié. 
(R. DE Blois, Poés., Ars. 5201, f 8=.) 

Ayant grande barbe et le menton four- 
chié. {De vita Christi, Uichel. 181, f" 8.) 



— Queue forchiee : 

Li lions ot qnene fourchiee. 

(Couci. 155!i, Crapelet.) 

— Barbe forchiee : 

Grande barbe el forchee. (De vita Christi, 
Uichel. 181, f» 3.) 

— Baston forchié : 

Do ton bastOD. dis je, fourchié 
Et do croc qui y est ficbîé 
Tu ne dis rien ne tant ne quant. 
(DECIII.LEÏILI.E, Trois Peterinaigcs, f (iV, irapr. 
Instit.) 

— Voie forchiee, cliemin forchié : 

Lors troverent une voie forchiee. (Artur, 
Uichel. 337, f" 26o''.) 

S'ele vient a chemin forchié, 
Tost avéra le chief baissié ; 
S'ele arreste, si arrcsles ; 
La ou ele va si aies. 

(Durm. te Gai, 1713, Slengel.) 

Renart les convoie 
Jnsqne a nne fourkie Toie. 

(Renart le nouvel, 2G23, Méon.) 
Voye forquie. (1340, Arch. JJ72,f°lo9r».) 

Voye fourchee en troys. (1464, i. Laga- 
DEUC, CathoL, éri. Auffret de Quoetqueue- 
ran, Bibl. Quimper.) 

Quant ils sont venus au chemin fourchié 
si s'en vont a une part ceux qui le cheva- 
lier batoient, cl d'autre part ceux qui la 
damoisellenienoieut. (La)!cdot(i!« Lac, 2« p., 
ch. 115, éd. 1.488.) 

— Pilier forchié, contrefort d'angle, 
faisant la fourche : 

Si penseiz car se vos volez bien ovrer de 
toz grans pilers forkies vos covient avoir 
qui ases aient col. {Album de Vill. de 
Honnec, p. 93, Lassus.) 

La langue moderne emploie encore 
fourché, comme synonyme de fourchu, 
dans quelques phrases. 

FORCHIEE, fourchee, fourcie, s. f., en- 
droit fourchu, croist-ment, carrefour : 

La fourchee et la voie qui vel de la ville 
Pernest a laCheise. (1302, Acquêt d'un pré, 
-Mor., Pr. de Vît. de Bret., i, 1179.) 

Et le rua de toute sa force entre les 
jambes du dessusdict, en intention 
(comme il pouvoit sembler) del'empescher 
en sa marche, ou de le sourdre, ou lever 
par la fourchee des jambes. (Oi,. de la 
Marche, JI/cm.,I, 21, Michaud.) 

Bivium,lieu qui meine en deux chemins, 
ou il y a deux voyes, une fourchee. (U. 
Est., Diclionariolum.) 

Bivium, deux chemins, une fourchee, 
carrefour de deux voyes ou sentiers. 
{Calepini Dict., iiàle 1584.) 

Fourchee. Bivium. (Nomencl. or.til.) 

— Instrument défini dans l'exemple ci- 
dcssons : 

l'iiis fans nne petite fente de ton coustel 
eu la couille et lu boute en une fourcie ; 
c'est une fourchette qui est une verge 
fourchee ou on met plusieurs choses qui 
yssenl du cerf. {Modus, f 21 r», Blaze.) 

— Terme de blason : 

Un grant hennap, doré dcdenz, ou fons 
duquel a un grant esmail ront garny de 
souages grenctez, et est ledit esmail d'azur. 



Et en ycohii a un homme et une femme 
qui tiennent un escu d'or, a un lyon d'azur 
rampant, a .irii. fourchiees. et est la bôr- 
deure de guelles semée de tourterelles d'or 
(1360, Invent, du duc d'Anjou, n° 553' 
Laborde.) ' 

Morv., forchié, amas de foin qu'on forme 
avec la fourche. 

1. FOitciiii!:ii, fourchier. fourquier, s. 
m., grande fourche : 

leellui Jaquemin sailli avant en tenimt 
un gros et pesant baston appelé fourchier. 
(1388, Arch. JJ 135, pièce 112.) 

La femme dudit du Bez tenoit un four- 
quier. (1406, Arch. JJ 160, f' 254 v».) 

La ou il a convenu lever aulcunes vieilles 
pierres de tuf, lesquelles avoient esté 
rompues des fourquier.'; des marequiers en 
montant et avalant la rivière. (1498,Compt. 
faits p. la ville d'Abbev., Uichel. 12016, 
p. 144.) 

Les pointes des couUres, des louchetz, 

des fourehiers et des congnees cstoient 

usées. (Le Fevre d'Est., Bible, Sam., 1, 
XIII, éd. 1534.) 

Mettez ceste farine dans une cuve, et 
versez sur ceste farine, assavoir quatre 
cacques d'eau ou un muid et demy d'eau 
pour quatre septiers de farine : laissez la 
une heure entière reboire son eau : puis 
demeslezia avecdes /bMrgMzers.(LiEBADi.T, 
Mais, rust, p. 680, éd. 1597.) 

Morv., forchê, fourche employée pour 
enlever le fumier. Val de Saire (Manche), 
fourché, entre-deux des jambes. 

2. FORCHIER, - hier, - quier, - cier, 
four., verte. 

— Neutr., se croiser, se diviser : 

Et.i. viel cimcticre on fourchent .uu chemin. 
(Aijed-Avign.. 2S15, A. P.) 

Et firent l'ost mouvoir, et vinrent a 
Tenis qui a merveilles seoit bel, car il 
seoit ou coing dou flun qui fourche. Et la 
court uns braz a destre cl li .mires a se- 
nestre. (Mén. de Ueims, 176, Wailly.) 

Par quoy leurs cornes (des cerfs) com- 
mencent a venir, et viennent sur leurs 
testes bosses molles pleines de sang, et 
icelles croissent et fourchent. {Modtis, 
l" 6 r», Blaze.) 

Hz trouvent voyes qui fourchent et son 
aussi batues decirevaulx. [Lancelot du Lac, 
i" p., ch. 56, éd. 1488.) 

— Réfl., dans le même sens : 

A une croix sont arrestees 
Ou pluseurs chemins se fourchoicnl. 
(Alard, la Comles.ie d'Anjou, Richel. 7fi 5, f 11 r°.) 

— Xeutr., au fig., à peu près comme 
gauchir : 

Por qu'en iroic jon fourguant 
Que jou n'eu desise la pure. 
(Vu vilain n'eu ijouste, Richel. 12171, l" 14 1'.) 

3. FORCHIER, voir FORGIER. 

FORCiiiERE, s. f., petite fourche : 

Il recouru sur son corps A'nne. forchiei'e 

de fer qu'il tenoit. (1420, Arch. JJ 171, 

f» 137 vo.) 

FORCiiiET, fourquiet, s. m., sorte de 
fourche : 



"Il 



FOI5 



FOR 



FOR 



El cil nui porteol l«s fori'inz 
Ou II ODl mises lor Jaintiei 
tt cil as cors <ie cett raniut. 

(C. rfc Dole, Val. Chr. ITJj, f M ' 
Avoir emblt' plii?icnr? fourquiez el os- 
lieii\ a ouvrer aux vignes. (24 av. 1438, 
Echevinage d'Amiens, Arth. muu. Auiieus.) 

1 loricHiw.oN, four., s. m., syn. de 
barbillon : 

L>" sisni' lie lu maladie des barbillons, 
iiilr'in.'nt «lilz fourcltillons e?l quant 
i'i^vseaii a !••? iiiaschoueres enileof. (GuiLL. 
Tardif. l'Art de fauc, 1, 106, JullioD.) 

i. FoitcHiLLON", /biir»;., s. m , sorto de 
fiiurche : 

L.'dil Jcban de la Croiz print uui; four- 
quiHoH de boys. (1474, Arch. JJ 193, !• 268 



FORCHOIER, voir FORÇOIKll. 

FORCHON, fourchon, fourçon, foursson, 
fourguon, forçon, foison, s. m., diiiiin. de 
fourche : 

Mais da fo^irchon loal aQ cootraire (dn bûton) 
J'ay biea acoastomê de faire. 
Car c.'nj qoe je Tueil déprimer 
Je les fonle cl (ay bas aler. 

(Deguillev., Troi< Pèlerin., f t;"', Inslil.) 
.1. viez foursson. (10 mars 1396, Invent, 
de meubl. de la mairie de Dijon, Arch. 
CMC-. l'Or.) 

— En partie, perche, bâton servant à 
l'usage des fours : 

El leur loist aller copper et abattre au 
bois de la Haie le Conte des fotircons 
pour servir a niinistrer l'usaige des'dits 
f'-iurs. (1292. Coiit. loc. du liaiU. d'Amiens, 
I. I, p. 81, Bouthors.) 

Fourquon de four. (xv« s., Lille, ap. La 
F.ius, Uloss. ms., Bibl. Amiens.) 

— E<i parlant de la barbe séparée par 
le milieu: 

l.i Tiaos li ait s'espee avant tendoe, 
Hervis li irauche par sor la houdenre 
El .1. l'oison de la barbe r-hanue. 

<Les Loh., Itichel. 16-2-i, f 181 v".i 
tl qaaot [li uns eslollj aparceaz d'aubier. 
Hooqups li faroil l'en les grenoas a oaster 
Kt trestoz les forfons de la barbe coper. 

(f/oor., 66, A. P.l 

— Dans un sens analogue : 

les caTiax loieat par forçons. 

tGilles de Cliin, 321-2, Iteiff.i 

FORCIIOR, voir FORÇOR. 

poKCiiOTTE, S. t., petite fourclie: 
Pcrreool Morillon, serrurier, ferra quatre 
i;ru9scs arqucbuches lir cuivre montées 
sur rouhes, quatre autres montées sur 
forchotle. (23 juillet 1313, Compt. de l'Ar- 
lilltrii-, Anh. mun. Dijon, H, atT. milit.) 

roRciii , adj., fort : 
El Canlier le ferie, qni proieche oit forehue. 
'Jeh. des Pbeis, Geste de l.ieqe, lODi. Scheler. 

r.losn. pkilol.) 

FORcini,E, adj.. fort, puls'^ant : 

Li rois fa lut li premcr... 

K'aTaot tnz les antres Buic, 

Kî passe, deparl e desrlosl 

Des Jiormani le foreil/lr ost. 
(//«/. de SI Edouard. »p. Michel, Oirou. angl.- 
nom., I, 121.) 



I i aulrc, ki crent plus sci.et. 
Veisibles, e alemprrz, 
Ki par bon cunseil o lur .<cn< 
f'oreiihs fnronl en Inr tens. 

'>". Eduard Ir COHI., l.i. l.uarJ.' 

l'ar le conseil dan Paiilalis, 
l'ii forcibte hom del pais. 

(Prolhesla}t.i, Itichel. Slèg, f 20'.) 
Ne nule chose n'est si grant ne si for- 
cible ke lie puisse par surquiderie pe.rir. 
(Moratit. des philos., Richel. 23407, f» 123=.) 
Il (S. André) fu bel eu sa vie, respoudant 
en sagesse et en doctrine, forcible eu 
painne. et converti haut en uloire. {Lé- 
gende dorée, .Maz. 1333, f" S\) 

Et ?ûy appareillent en la meilloiir et plus 
fercible m.miere qu'ils saveront et purront. 
(1413, De arraiatione. Rvni., 2» éd., IX, 
234.) 

— Fait par force, par violence : 

Soy asscuiblerout eu forcible m.uiere 
pur saufté de lour persones. (Slat. de IU- 
cbard II, an si, impr. gotli., Bibl. Louvre.) 

A toutes les foitz que tiel.x forcibles en- 
trées soient fait et pleynte en veiftue de- 
vant justice de la peas,,.. que les justices 
preignent poair suffisnunt du counté el 
voiseut al lieu ou tiel force soit fait. (Ib., 
an XV.) 

Soit fait de mesme de ceux qui fount 
forcibles entrées en bénéfices ou offices de 
seint esglyses. (Slat. de Henri VI, an viii, 
impr. goth., Bibl. Louvre.) 

FoiTfbfe eulry. (Littl. , Instit., 431, 

lloiiard.'i 

FOKCiBLEMEXT, fors. , adv. , par la 
force, par force, violemment, vigoureuse- 
ment, avec force et courage ; 
Soniun<1re feseit sa gent 
Par lut e forciblement. 

(r.onquesl oflreland., 156tl, Michel.' 
El celuy le tira forciblement par lachappp, 
cl dist: Ou tu me lesseras la chajipe ou tu 
me paieras .i. denier. [Légende dorée, Uixz. 
1333, f» 185\) 

.Mes Josephus se defendoit forciblement 
luy et ses gens. (Ib., f" 117''.) 

Cil pour l'amour duquel tu as si forcible- 
ment despittoy et tes choses te donrapour 
ce grant grac3. (Ib., f» 8».) 
11 le contredist forciblement. {Ib.,!" 26 r».) 
Quant ilz sont es perilz ilz ont vertu en 
eidx par quoy ilz les soustiennent puissam- 
ment et forciblement. (Obesme, Etii.., f» 53'', 
éd. 1486.) 

Sousteuir forciblement choses terribles. 
(ID., ib.^ Richel. 204, t" 370''.) 

Oiianlla nature de Saturne se refroidira 
forciblement. (Id., Quadrip., Richel. 1348, 
f" 84 ro.) 

Ceulx qui sont en ire se esdresceut et 
emprennent plus forciblement, plus impé- 
tueusement. (ID., Polit., ("iW, éd. 1489.) 

El pource que les gens qui ne peuvent 
sousteuir les périls forciblement sont serfs 
de ceulx qui les invadent et assaillent, 
doncques a non vacation est mesiier de 
lortilude et de persévérance, (lo., ib., 

r p., f 79".) 

Hz doivent eslre fors et meurs pour celui 
office faire el tenir salutemeut, et pourpor- 
ter les saintuaires forciblement. (J.Gon£.AlN, 
Ration., Itichel. 437. 1° 67'.) 

Venir ou demurrer ove force et armes 
ou arme eu présence du roy au perlement 



ou conseill ou ailleurs levé des génies ou 
exciter les gentz a lever forciblement en- 
countre la peas per lettres, commissions 
ou auliis faitz quelcomqz. {Stat. de Ri- 
chard II,;\n XI, impr goth., Bibl. Louvre.) 
S'ils trovonl ascuns qui teignent tiel lieu 
/"orfi6femcnî,soicnt pris et niys au procheyn 
gaole. (Ib-, an xv.) 

Ceux qui-chivacberent et soy levèrent 
/'oiri'ftfementeucountre le roy. (/6.,an xxi.) 

Pour le fait de la guerre hanter forcible- 
ment. (.1. DE ViGNAï, Enseignent., ms. Brux. 
11042, f» SI».) 

Pour forciblement résister la malice de 
lieux ennemys. (1413, De arraiatione, 
Rym., 2" éd., "IX, 234.) 

Il estoit impossible... que navire y pouyst 
arrester par fortune de mer sans péril 
d'estre bouté forciblement par devers la 
terre. (Monstrel., Chron., II, 208, Soc. de 
l'hist. de Fr.) 

Forciblement vous fault résister el 
forment. (P.\Lsr,RAVE, Esclairc, p. 842, 
Génin.) 

FORciEEMENT, - ement, adv., de force, 
par force, par la force : 

La servitute eu coi il sont forcieeinent . 
(Evast et Blaq., Riehel. 24402, f» 7i v».) 
Le locciu cffroyanl sonna plus bautement 
Que qnaud les Irois amis entrèrent forcement 
Pour Proserpine avoir. 
(L'Enfer de la merc Cardine, Poés. fr. des XT* et 

XVI' s., m, 320.) 

Le destin, qne les dicnx ne sçauroienl empescher. 
51e vient d'enlre tes bras forcemenl arracher. 
(Desport., Div. .Amours, \i, Bibl. ganl.) 

l'onciEiR, voir Forçoier. 

FORCIEU, voir FORGIER. 
l-QRCIEUE, voir FOURSIERE. 

FonciEREAiENT, adv., de force, par 
force ; 

Ne pourra personne pour mise sus de 
gens d'armes prendre /'orcierement desdits 
laboureurs leurs chariots ou chevaux. 
(Charl. de Hain., cxxxil, 7, Nouv. Coût, 
gén., II, 147''.) 



FOUCIEUX 



m. î 



Apres soleil levant donne a mengier a 
ton faulcon d'ung peu de bonne chair, tant 
comme moitié le forcieux d'une cuise de 
geline, et bien bonne, et chaulde. {JUodus, 
ï" 68», ap. Ste-Pal.) 

FORCiLiEU, adj., qui a la forme de 
forces ou grands ciseaux : 

Les formes utilles pour ordonner une 
bataille sont troys, c'est assavoir la forme 
pyramidale..., la forme ronde et la forci- 
liere, laquelle est ouverte davant et clousc, 
derrière a la manière d'uues forses. (H. 
DE <!iiANCHi, Trad. du Gouv. des Princes de 
Gille Colonne, Ars. S062, f 214 r».) 

FoiiciLLiEu, fourceller, v. a., couper, 
tondre avec des forces ou de grands 
ciseaux : 

Se matatenani dessus les testes 
Forcillez et tondus vous estes. 
(Decuilleville, Trois Pelerinaines, f 8'. impr. 
lastil.) Fourcellé, var., ap. Dnc, III, 348', éd. 
Didot. 
De ceste main je taille et coux, et bien 



FOR 



!-0l! 



K ( 115 



souvent je arrache tout, et au forciUier et 
tondre je escorclio tout. (In., Pèlerin, delà 
vie hum., Ars. 2323, f° 103 r».) 

Le roy forcilla les crins de cestuy vallet 
pour le recoHgnoistre l'endemain matin. 
(L. DP. Premierf., Decam., Richel, 129, 
fo 83 r».) 

FORCI.OEMENT, S. i]i., l'xcliision. re- 
tranchement : 

Sisara sone forcloement de joie. (Comm. 
s. les PS., Ricbel. 963, p. 209».) 

Satisfaction est i;opper les causes des 
péchez, et clore l'entrée a leurs udmones- 
temens. Le forcloement de péché est 
double ; l'un est simple qui est trenché 
par l'abstinence de pech6, l'autre est par 
force et par contrainte. (^Miroir hislorial, 
Maz. oo7, (" lob r».) 

FORCLOUE,- c/oire, forsclore, fourclore, 
fortclore, v.a., éloigner, écarter, chasser: 

Que il forsclodent els chi provct snnt 
par argent. {Lib. Psalm., Oxf., lxvii, 33, 
Michel.) \ar., forscloenl. Lat., ut excUidant 
eos. 

liais li rois Crudelz, qui les vitansamblc 
auner repoint de l'atre part a tôt grant 
planteit de gent c'onques li cristien n'orent 
force ne pooir del roi remonter ne rescoure, 
ains le forclostrent entre alz moult long de 
sa gent. {Jiid. de Joseph, Ricbel. 2455, 
f 227 r«.) 

Li portier qui la porte serre 
Vos forsclora, n'en dolez raie, 
Hors de la bêle corapaiRnie 
De la joie qni toz jorz dare. 
iGiii.i.ai;me, Besl. ilh:. Sfins. Ilippean.i 
Tôle eele rôle fiyr.icloieiil. 
Tant font, qnc le Gaiois descloieot 
D'entre les chevaliers dola. 

(Durm. le Gai., :0fi9, Slengel.) 
Fourclooil l'ardure de lujnre. 

cuir, de S. Eloi. p. 21, Peigné.) 
.Moult avoient occiz des Sarrazins quant 
un cmbusehemenl qu'il avoient en une 
montaigne les forclostrent. {Cont. de G. de 
Tyr, nis. Florence liibl. Laur., 10, xxill.) 
Nous le. porrons priver, forclore et dé- 
bouter de ladicte ferme. (1397, .Arcb. MM 
31, fo 246 V».) 

La mémoire île la chaleur d'icellui 
Miesmes pardurable feu te forcloe et es- 
laiugne l'ardeur et flambe de luxure. 
(Trakt. de Salem, nis. Cenève 16b, 
f° 124 V».) 

Tellement que la louange de ce grand 
l'xploict viendroit a cstre commune entre 
euîx doux, l'un pource qu'il l'auroit cbassi'! 
de la terre, et l'austro poun-.e qu'il Yauroil 
forclos de la mer. (i\MV0T, Vies de PIvt., 
Lucull., éd. ims.) 

— Fermer : 

Se la coulpe de inobedieuce n'eust for- 
clos par avant la porte de si granl gloire. 
(J. DK Salisb., Policrat., Richel. 24287, 
f°49'i.) 

— Kig.. fixclure, bannir, priver, exeiu]!- 
ter : 

Eu ostaut lesdils religious de lour pos- 
session et en eux /"orcf'fflîU delours rentes 
et débiles. (1368, Ch. de Jean de Ray. Arcli. 
Doubs, Titres honorif. de l'abb. de St Paul, 
pièce 100.) 

Euls meisuies estoient fourclos et dé- 
bouté par loy. (3 juin 1377, Flines. Arch. 
jN'ord, Cod. A, f" 230 v.) 



Lesquelx iioiii- ne voulons estre com- 
prins en uostre présente umce, mais les en 
forcloons du tout. (18 juin 1383, Ch. de 
Charl. VI, Arch. mun. Rouen, tir. 3, n«' 2 
et 3.) 

Réplique Rougemoul et oste la eouslunie 
par autre coustume que après le trespas 
des pères les enfans estans eu icelle ilz ne 
fourcloent point ne onques n'orent rien en 
mariage. (1395, Grands jours de Troyes, 
Arch. X'» 9180, f- 21 r'.) 

Que nostre Seigneur le fourclouoit de 
avoir part avenc luy. {De vila Christi, Ri- 
chel. 181, f» 110\) 

Maintenant veult reigler nostre alTeclion, 
en forcloyant et gectant arrière de toutes 
noz vertueuses anivies l'intention de vaine 
gloire. (Prem. vol. des exp. des Ep. et Ev. 
de Kar., f» 31 r% éd. 1519.) 

Le maslc en ligne collatérale, soit qu'il 
soit l'aisné de la fenielle ou non, succes- 
sion de liefs fourclosl la femelle en pareil 
degré. (Coust. gen. du (pointé d'Artois, 100, 
Arras 1679.) 

Mon estât présent m'en forclost. (Mont., 
Ess., I. III, c. 13, p. 224, éd. 1595.) 

La mesme raison qui occasionna nos 
ance.-tres a forclorre les filles de l'espé- 
rance du royaume, fut cause que depuis 
on voulut attribuer aux aisnez tout le droit 
de la couronne. (Pasq., Rech., il, 17.) 

Les Ostrogoths regnans dessus l'Italie, 
ne recevoient a la succession du royaume 
les femelles, mais aymoient encores mieux 
avoir un enfant pour leur roy, qu'une 
femme : tellement que le fils forcluoit la 
niei'e. (1d., î6., ii, 17.) 

Si vous voulez forclorre le ris de la 
table, qui doit estre joyeuse, il faut en 
oster la parole. (G. lioucHET, Serees, Disc, 
de l'aut. sur son Livre, 1, XVII, Boybet.) 

La repenlauce qui forclot l'amourde Dieu 
est infernale, pareille a celle des damnes. 
(Fr. de Sal., Am. de Dieu, 1. H, c 19. éd. 
1610.) 

Le vœu de donner aujourd'hui l'aumône 
est bon, mais le vœu de ne la donner 
qu'aujourd'hui serait mauvais, parce qu'il 
forclorroil le mieux, qui est de la donner 
aujourd'hui et demain, et toujours quand 
on pourra. (In., ib.) 

— Km pêcher : 

Trois mil heaumes les forscloritl 

i.lu'il ne s'entreveicnl ne oenl. 

" (Br-N.. n. Ile i\'<ir»i., II, .•;H.3, Michel,' 

l'.ii- quoy amours li .<:unl forsclonses. 

(Clef d'amour, p. 8", Tross.) 
l»n bailla si grant paour au povre home 
que la parolle luy esloyl forcluse quatre 
jours après. (Pai-SGRave, Esclairc. de In 
'lançi. franc., p. 429, Génin.) 

— Iiiterdiro : 

Autre genl n'aroirnt puissance 
D'apporcevoir la grant plaisance 
Oui ctt en le doulz lien enclose ; 
.\ telz (cens esl loulo forclnxe. 
(Chr. Dr. l'iSAN, l.iv. du chemin de lonq esliiâe, 
9^.1, Piischcl.) 

— OniPtlre : 

Que lesTreses devant dis que nous fai- 
sons et créons, en faisant lez sermens 
(ju'ilz ont acoustumeiz de faire en lor 
création, ils meltoient dons exceptions, 
c'est assavoir, qu'ilz fourcloioient l'article 
des sermens. (1393, Hist. de Metz,ï\.m.) 

Et nous disienmes qu'ilz n'i-n dobvoieni 



riens forclorre, mai.<c les doiveut jmeir 
sens nulles exceptions. {Ib.) 

— Forclos, part, passé, éloigné, chassé : 
Et si compagnon qui hors estoient four- 
clos pries que tout morl. (Kuoi.ss., Chron., 
Il, 92, Luce.) 

— Fig., exclus, éloigné, privé : 

Qu'ilz estoient fourclos de tout secours 
venant d'Engleterrc. (Wavbin, Anchienn. 
Cron. d'Englel., II, 234, Soc. de l'II. de Fr.) 

Que de toute grâce fussent frustrez ou 
forclu.r de miséricorde. (D'Auton, Chron., 
Richel "M3, C 88 r^) 

Si te snpply, sans te resjripre plus, 
Quf de t'amonrje ne soje forcliiz. 
(.1. MinoT, Cingiiattle lloiid. sur tout, sort de mat. 
joy., u. éd. 1131.) 

Parqnoy sçaclians qu'ils pourront estre encioz 
De l'ost françoys, et de vivres forcloz. 
Laissent leur fort. 

(In.. Voit, de Venise, bataille du Roy contre les 
Venit., éd. 1731.) 

D'un? vert esglantier espineux 
Dieu produit une blanfhe rnsp 
Qui fut d'espines et de nœuds 
.Séparée, exemple et fortclnse. 
(P. F/iBni, Ballade, dans VArt de rhétorique, 

éd. v.\n.) 

"V'In tant divin, loing de toy est forclose 
Toute mensonf^e et toute tromperie. 

(IIab., 1. V, c. U, Jacob.) 
S'il se voyoit de tout poinct forclos et 
privé du maniement des affaires, i Amyot, 
Vies. Cicero, éd. lb6o.) 

Aux mystères de la bonne Déesse toute 
apparence masculine en estoit forclose. 
(Mont., Ess., 1. 111, c. 5, éd. lS9b.) 

Ce mot n'avait plus qu'un reste de vie 
au dix-septièmesiècle, et il disparut presque 
complètement au dix-huitième : 

(Ils) l'auraient voulu forclore de tout 
commerce et alliance aux états d(^ l'eiii- 
pire. (Richel., Mém., I. 20, au 1629.) 

L'ambition des papes les a toujours 
porté a se roudre souverains de toute 
l'Italie, et en forl-clorre les empereurs. 
(ROHAN, Inter. des Princ, p. 80, éd. 1666.) 

Qu'on arrive aux portes d'une ville 
fermée, ou est, quoi? nous n'avons jdus de 
mot pour exprimer cette situation : nous 
disions autrefois forclos ; ce mot très 
expressif n'est demeuré qu'au barreau. 
(Volt., o l'abbêd'Oliv., 20 aoini76l.) 

FORCLOSE, four., fors., s. L, clôture 
. extérieure, barrière, ce qui barre le che- 
min : 

Lors y a fait une forclose. 
Si qne cil qui bien faire l'ose. 

(CiZ/cv de Clan, '.146, lîeilf.' 

— A forclose, a la forclose, finalement : 

A la forclose li dus I!egnes en vint. 

En sa compaigne chevaliers plus de mil. 

(Car. le l.oh.. 2" chans., xxw. p. 1T2, I'. i'aris.) 

Si ne feront les .xx. noiant 
Fors qu'il les iront tanileant. 
Tant que nos par ceste valee 
Vendron sor eux lot eu emblée. 
Ses alcindron a la forsclose. 

\Percevnl, ms. Montp. 11 210, P ie,'.) 

Quant Fortune qui ne repose 
Li vint devant a la forclose, 
■■i lerobali en enferté- 

(i;illes de Chui, .■,5(W, lieiff.i 



72 



FOR 



FOR 



FOR 



Plus snot de m' bacheler 
Qai loi sant Teoa a forclose. 

Wirm. le Cal., 7101. Mengel.) 
Rois Kirahoes oe se tint mie mas, 
.4 II forclose ert as nos gens mens, 
l'.ir pour ce faite ol esté csleas. 

(fn/. Ofier, 5617, Scheler.) 

l'ne ronlc >int de la a larroo ; 

Amisse « la fourclose vaii envirCD, 

lît sa laDce pe<;oia m lilazou. 
lHlo.1 D'Oisr, Tarn, des Dames, Dinaus, Troiw. 
etmirés-, p. 134.) 

Barai i viol a la forclose. 
(Or Êlêimel CI df Uaral, Kichel. lUIoi, P J3^) 

KOKCLUSION, - zion, - osion, four., 
s. f., exclusion, retrancbement, suppres- 
sion: 

Nonobi^lant qne'.cunqncs arrestz, sen- 
tences, dcclaralious de conliscation et 
four{re)closion <ic trêves faites par cy de- 
vant. {Traiclé de paix eut. Louis XI et le 
dMd'Austr., 1482.) 

Autrement forcluzion des apresaut.(1497, 
Arcli. Cliarcnte, D 50.) 

Car estant le naturel de? ambitieux de 
vouloir gouveruer seul et aveiq fofclusion 
d'aultres'. (Apol. deGuiU.de Xassau, p. 168, 
A. Lacroix.) 

Laisserons nous doncques ainsi con- 
damner Platon absent par forclusion, a 
faute de défense ? (Amyot, Prop. de table. 
VII, éd. «819.) 

FORÇOIËK, - çoyer, - soier, - çoiier, - 
ssoier, - choier. - cieir, - ceer, four., 
verbe. 

— Act., vaincre par la violence: 
Ett .Vssur ala fuerroicr. 

Oui tant caida la forfoier 
Qu'il en east la sei^nourie. 

(foi/. d'Ot., Ars. 5il6y, f i.» 

— Attaquer : 

Kt Toisent c^scun jor 
Forçoier Tosl, si k'eo frcor 
Sûieut et lejùr el le nuit. 

{l'.liev. ai .11. csp., 959;t, Koersler.) 

— Forcer, contraindre : 

Li mestre ne le puet forceer d'acliater le 
uicstier. (E. Dojl.. Liv. des mest., 2° p., 
XXX, 19, Lespinasse el Bonnardot.) 

Tout li deablc d'enfer ne pouroient volentù 
d'ome forçoier a fere un pechié. (Lauiient, 
Somme, Kîchel. 22932, l' 33''.) 

— Terme de chasse, forcer un animal : 

Il ne portèrent roit ne laz, 
.\incoi8 priitrent a fjrçoier 
■M. cers. 

(C. de Dole, Yat. Chr. n»S, f 10'.) 

— Absol., dans le môme sens : 

En mal pays ou l'on ne puet forsoier, 
ne bien chevuuchier. (Chasse de Gast. Plieb., 
318., p. 30i, ap. SlL-l'al.) 

— Neotr., user de force, lutter: 

N'a pas l'aTûir ne la despense 
On'il peusl vers nons forfoiier 
Ne di:iix mois de l'an gnerroier. 

(Des., Troiei, Ilichel. aTj, f» 7.1''.; 
Tn ne puei vers moi forçoier. 
(Rose, Kichel. 1.Î73, f 16''. et Val. f.hr. Ijîi, 
f* 13'.) Fcrekoicr. (Val. Ou. lilî, (• Ij'.) For- 
soier. (Val. Cbr. 185N, f 18» ; Mcon, t. l'JOi.) 



Je ne puis a lui forçoier. 

Il me porroil ja peçoier 

La teste que ja ncl verroie. 

(Reuari, Br. I\, v. 1563, Martin.) 
Dame, dist li preudom, s'il est ensi 
coumc vous dites, soufrir le vous cou- 
vient ; car contre vo segiieur ne contre ses 
barons vous u'aves pooir de fourçoiier. 
(Li Contes dou Hoi Flore el de la Bielle Je- 
hane, .Nouv. fr. du xiii" s., p. 121.) 

.Moult volantiers le délivres! de la prison 
si elle eu eust le poieir, mais elle estoit 
uue dame soûle, si ne poroit pas forcieir 
encoulre sa baronuie toute. (Hist. de Jo- 
seph, Kichel. 24.'5o, f- 83 r".) 

.Ne porent contre eniz forçoier 

LI Sodomois, qui le pis orent. 

(faW. d'Ov., Ars. ,Ï0G9, f •i''.) 

.'^i veulent vers lui (Dieu) forssoier. 

(II)., p. 35, Tarbé.) 

Jlaiz finablenienl lanl l'ass-iilli 

Amours, qu'en la mer sailli, 

Ooot brieriiienl le convint ooier. 

Car a loi ne peut forsoier. 

(G. M.icii., Poês., Richel. 92Î1, P 51''.) 

Si se prislrcnl a csmaycr. 

Car povoir n'uni de forçoier 

CoQlre Olopberues et son ost. 
(Cbr. de Pis., l'oès., liichul. COI, 1° -227 v».;; 

Et toutesfûis eu occireut uos gens plus 
de viû>;t mille, mais au dernier plus ne 
peureut forçoyer. (Le Livre des faicts du 
mareschal dé Boucicaut, i" p., ch. 23, Bu- 
chon.) 

Si se continua tant celle Ruerre que il fut 
descoufit en plusieurs batailles, et ses gens 
morts et pris, et ses forteresses, villes et 
citez prises et destruites, et ruées par 
terre, tant que a la parfin ne peut plus 
forçoyer contre luy. (Ib., i'" p., ch. 37.) 

El que petite quantité de bonne gent 
puisse forçoyer aulcunes fois contre grant 
lùison, appert par ces vaillantes gens ioy, 
]iaice que il s'en ensuivit. (Ib., 2' l)., 
ch. 20.) 

Ja ly faulx amans vers l'amie 
Forchoie, car il la lient seule. 

{Posloralel, ras. Brux., C i;i r".) 

l'oiicoLLii, S. (., sorte de fourchette : 
Une forchette de boys appelée uue for- 

colte. (Chevauch. de lasne faicte a Liion, 

p. 24, éd. 1366.} 

FOKcoMMANOEit, fow., V. a.. Con- 
traindre : 

Dehors la cité... est le lieu ou les Juifs 
voulurent fourcommander par force nostre 
Seigneur. (Ghill. de Lannoy, Yoy. et am- 
bassades, p. 89, Potvin.) 

roitcoMM.vNT, -comand,four., fourque- 
iiiaiit, s. m., commaiideinent fait au pos- 
sesseur d'un héritage do l'abandonner : 

Souventefois ilh convient cheau.\ qui ont 
fait demyner et fourjugier les masures de 
leur contrepainl, tant mettre de frais aux 
deuiyneniens,resazines et. un. /'ounyMemans 
a faire, que li amende que ilh ont par le 
defaulte de paiement ne puet stolîeir les 
frais dcseurdis. (J. de Stavelot, Chron., 
p. 55, Borgnet.) 

Arestes, commans, fourcommans et ad- 
jours. (ID., ib., p. 204.) 

Si les héritiers des hypothèques alïectez 
ausdiles rentes ou redevances, refusoient 
d'en quitter la possession, après les dites 
saisines prises et décrétées, celuy ou 
ceux eu estuus saisis les en devront de 



j bouter par forcommands. de tiers jours a 
autres, selon l'ancien stiie, et en cas de 
refus ultérieur, après iceux forcommants, 
ils s'en pourrouladdresser a nous, comme 
souverains, par request, pour y estre 
pourveu. (tout, de Cliimay, Nouv. Coût, 
gén.. Il, 274.) 

Aus dits mayeur, et echevins compete et 
appartient.... la judioature et cognoissance 
de toutes actions réelles, concernans fonds, 
héritages, et pour tels repulez, situez et 
ressortissant audit cheflieu : a sçavoir 
de matières de successions, de fôurco- 
mands et revindicalious, pour parvenir a 
la propriété de quelques bienS. (Ib., Il, 
271.) 

FOucoMANDiiUR, S. 111., usurpateur, qui 
dépouille le légitime possesseur : 

Item que tous ardeurs et forcom,andeurs 
de terres ou d'autres biens.... soient tan- 
lost de leur fait en la cache du seigneur. 
(1333, Hist. de Liège, 11, 422.) 

FORcoMPTE, s. Di., mécompte : 

En ce que l'on prétend ledit monastère 
estre dedans les faulces brayes dudict 
chasteau, il a grand fourcompte, puisque 
les murailles que l'on prétend estre faulces 
brayes sont les anciennes murailles de la 
ville. (1331, Pap. d'Et. de Granvelle, III, 
471, Doc. inéd.) 

N'y a eu du costé de Sadictc Majesté 
aucun fourcompte. (Plaint, et dot. de Ch. V 
contre H. II aux Et. d'Artois, 17 jauv. iggi, 
Arch. mun. Béthune.) 

FORCOMPTER, VOir FORCONTER. 

FORÇON, voir FORCHON. 

FORCONCEILLIER.VOirFORCONSElLUER. 

FORÇ.OWERIE, VOir FORSENERIE. 

FORCONSEiLLiER, - soUUer, - situer, 
- ceiller, four., fors., verbe. 

— Act.j donner de mauvais conseils à : 

Croi les barons que tu vois chi, 
Fai ce que il te loeronl, 
Ja ne te f niirconsilleront . 
(Eteocle </ Polm., Ilichel. 375, f 17".) 

.Ne savez Iraison grignor 
Que forconsilUe.r son signor. 
(UoB. DE Blois. />!>«.. Ilichel. 21301, 1» 176 r».) 
Forconsillier ne vous voel mie. 

(Ren. le nom., 7462, Méon.) 

Et pour ce que nous voudriens que 
chascun sçut comeut l'on vous forscon- 
seilte, le vous esclercirons. (Ass. de Jér., 
t. 11, p. 417, Beugnot.) 

Dame, je vueil que vos me donez seurté 
que vos ne marierez vostre fille sanz mon 
consoil, ne sanz le consoil au lignage son 
père: car ele est fille de mon home lige, 
et por ce, ne viau je pas qu'ele soit fors- 
consoilliee. (Etabl. de S. Louis, I, lxvii, 
p. 99, Viollet.) 

Les seigneurs... percevoient bien qu'on 
avoit monseigneur de llaynau fourcon- 
seilliet. (liécils d'un, bourg, de Valenciennes, 
p. 78, Kervyu.) 

Car se bon ne sont, sovent poront li 
seigneur estre fourconseilliet. (Li Ars d'A- 
mour, 1, 290, Petit.) 

Forconseiller, c'est mal conseiller, parce 
que celui qui conseille ce qui est hors de 
raison, conseille mal. (H. Est., Prec. du 
lang. franc., p. 159, Feugère.) 



FOR 

— Faire Jes reproches à ; 

Et le forconceilloient de ce que si soub- 
duinement ot sans amour il s'estoit party 
de liand. (Knoiss., Chron., Richel. 2644, 
f 84 r».) 

Les. doiens des menus mestiers qui de- 
vers luy se tenovenl le honnissoyenl et le 
fourconseilto'ieni de ce que soudainement 
et sans dillection et amour il s'estoit party 
de r.and. (Id., ib., Richel. 2660, f° 88 v».) 

— Déconseiller : 

En la convention des roys Louys le 
Bepue, et Louys fils de Loys roy de fier- 
manie, faite l'an VCCCLXXVIII ou LXXIX, 
indiction xil, il pst dit au cinquiesme ar- 
ticle : Que personne de nous ne souhait- 
tera, ou forconseUkra (qui signifie descon- 
seillera) la perte de la vie, royaume, 
subjecte, ou chose appartenant a la pros- 
peritt', honneur, ou royaume de son pair. 
(Facchet, de l Orig. des dignit. el magist. 
de France, 11, i, éd. 1611.) 

— Forconseillié, part, passé, qui a reçu 
de mauvais conseils : 

A présent il est fourconseilles et ensonnié 
contre nous. (Froiss., Chron., Richel. 
2660, f» 42 T».) 

FORCONTicii, - compter, four., verbe. 

— Act., mal compter, se tromper, frau- 
der dans le compte de : 

Se les rois ne voel fourconler, 

xxiu puis a cest conter. 

(MoDSK., Citron., 14761, Reiff.) 
Lors dit monseigneur Phelippe de Da- 
moes au roy, que, on avait forçante aus 
Sarraziu? une balance de dix mil livres. 
(JoiNV., Ilist. de SI Louis, p. 117, Michel.) 
Et sar le baciaet li est li cops alez ; 
Dont il fii tellement a celle henre estonnez 
Qn'll a les esclialons a cheoir forcmttez. 
(Ct:v., Berlran du Guesclin, 3633, Cliarrièrc.) 
LîvroisoDs n'ont, ne logis qu'en débat : 
Pour Jeux chevaux, on chascan les forconle.' 

(E. Desch., Poé$., Uichel. 84», f'"262.) 

— Compter pour rien ; 

est sa suer, si l'a fourcontc. 

(MousK., Chron., 2H301, Reiff.) 

— Excepter : 

Sens rien a forconleir. 
<Jeh. des Pbeis, Geste de Liège, ii, S92, Scheler, 
Closs. philol.) 

— Réfl., faire mal son compte : 

Et, comme nous l'avons fait dire audit 
ambassadeur, se du cousté dudit s'' roy 
l'ou veult abuser de nostredite déclaration, 
ce nous sera bailler occasion de non plus 
nous fourcompter. (153S, Pap. d'Et. de 
Gra)i«eZ/e, 11, 436, Doc. inéd.) 

Si les braveries que fait "Villebon sont 
seulement pour nous faire rompre, ils se 
(orcomplenl, car l'on ne rompera sinon 
autant qu'il .-iera besoin pour luy résister 
a la force. (1331, î6., III, 377.) 

— Neutr., dans le môme sens : 
Drois dist que, par droit eritage. 
Doit gentius hon avoir cuer sage 
Kthair villoanic el lionle, 

Kt s'il aquet mauvais us ige 
Et suit compagnie volage, 
Drois dist que nature /oiircon/e. 
(li. 0!. CoNDE, /( Vers de droit, 337, Scheler.) 
Or soient aviset. car il convient conter 
A Dieu, la nuls ne poel conleres fourconter. j 

(Cilles li Moisis, ti Estas des prêtas, i, 387, 
Kery.) 



FOR 

— Forçante, part, passé, qui a mal fait 
son compte, qui a éprouvé un mécompte : 

Quant aux propoz tenus par le connes- 
tahle sur ce de ladllp Ii«lie, il est assez 
coustuniier de parler a la volée, et aussi 
s'en trouve t il souvent fourcompté. (1849, 
Pap. d'Et. de Grnnvelle, III, 364, Doc. 
ined.) 

Et s'est Ireuvé le pauvre ambassadeur 
forcompté. (IS.SI, tfc., m, 867.) 

Ronchi, fourcompter, compter mal, soit 
en plus, soit en moins. 

FORCONTEUR, s. m.,celui qui fraude 
dans un compte : 

Les Sarrazins estoient les plus forcon- 
teurs qui feussent au monde. (JoiNV., , 
S. Louis, Lxxvi, va p., Wailly.) 

1. FORÇOR, forchor, s. f. , force, énergie : i 

César a forfor le conqnisl. i 

(Wace, Brut, 1H02, Ler. de Lincy.) | 

.... Tant dotent la forchor i 

Cuion le traître, lo félon boiseor. 

! (Chev. nu cjune. Il, 1827, llippeau.) ! 

2. FORÇOR, - zor, - çur, - cour, - ceur, ' 
I -cftor,- cAewr, ad j., plus fort, plus grand, 

plus puis.sant, plus riche : 

Brennes qui fu aies en France 
De sa tere ot honte et pesance. 
Et de sa raoillier ranlt forfor 
Qu'il perdi par tel deshonor. 

(Wace, Brut, 2681. l.'^r. de Lin.-,y.) 

Androgens, le grignor. 
Vers qni il ot forçor araor. 

Ud., iS., 3883.) 

Mais li Breton forçor force orent. 

(In., il).. 5876.) 

Bien fust dignes d'avoir l'onor 
Que li rois avoit, ou forfor .' 

(In., tJ., 6769.) 

Tes Dex est de forçor puiçance. 

(Id., ib., 8120.) 

Entre les Romains s'embatirenl 
l.a ou la forçor presse virent. 

(Id., ib., 12993.) 
S'en vait a forçor esploii. 
Cil que voit vellicr en la sale. 

(Be\., Troie, Richel. 'l-i70.) 

Toi connstrai a seignor. 
Lui a paraillc e a forzor. 

(Adam, p. ;■>, Luzarche.) 

D'itant com as plus or et d'argent es farceur. 
Tant ert granz li gaainz de nostre long labur. 
(Th. de Kent, Geste d'Alis., Richol. 2436*, 

f» 32 r°.) 
Et se j'en fovcenr cose sai raoustrer droit. 
Si que creantenl tout voslre François 
Et que die li siècles que n'est mes drois, 
Vostre merchi, bians sire, rende les moi. 

(.Mnl, 3335, A. T.) 
Ja marne vos qoerrai 
Ne forchrur deslorbier. 
(J. BoDEL, Bartsch, liom. et pasl., lll, 39, 36.) 
Bels sire, dnt Hantols, a cel forçor vivier 
Sos le bois fis aler un mien faucon ranier. 

Olelia'!, Richel. 12358, {' 13».) 
Avint one mprveille, ja forchor ne verres. 

(F.pis. des Chélifs, p. 217, Hippeau.) 
Vimer costîie le chasleleit forchor. 

(Aubery le Bourgoinii, p. 56, Tarbé.) 
Roy Tiebant esperonne par la presse forçour. 
(Berb. Leduc, Foalq. de Cand., p. 97, var., 
Tarbé.) 



FOR 7;{ 



En la presse /■orfor '<int lor home vendant. 

(Patlon., Richel. 19132, f I7i=.) 

De cni il a sa terre, sa riooise forchor. 
(DeSt Me.ris, 129, Herz.) Var., fonors. 
[ El lit n ele atcnt son forcheur desirier. 

I (»., 188.) 

I Et se ele fu en paine de l'entrer, encor 
I fu ele en farceur de l'iscir. (Aucassin etNi- 
Colette, p. 20, Sucliicr.) 

S. Jasques qni fu entre les autres de/'or- 
cor di!.'net(';. (Vie Charlem., ms. Berne 4t, 
f" 10».) 

Si aurez tel mari dunt li reis ert forptr. 
(Ilorn., 1221, Michel.) 

Si ert par lur deiluit li servise forçor. 

(Ib., 5188.) 

FORCORRE, - courre, four., verbe. 

— Neutr., dépasser les bornes en cou- 
rant : 

Che n'est mie costume d'ensement Itehonder ! 
Vous ares fourcourui, si l'estuet amender. 

(B. de Seli., xix, 488, Bocca.) 

Si avient que .[. de ceulx de dedanz si 
jouste a un de ceulx de dehors, et pour ce 
qu'il forcoroient, cil de dehors giette sa 
lance, et la lance au pietter fiert du bout 
derrière en terre. (G. DE Ch.\rny, Liv. de 
Cheval., ms. Brux., f» 42 r».) 

Et qui forcorra maugré luy ainsy comme 
les chevaulx transportent les gens telle 
foiz vient on ne perdra seulement que la 
lance. {Habita des gens de guerre, Richel. 
1997, f» 90 v».) 

— Au sens inoral, s'égarer, sf four- 
voyer, faire fausse route : 

Car puisque le Filz Dieu parut 
En char et si bel fait parurent, 
Parjur furent cilz qui mescrarent. 
Car raison adonc forcourut. 
Forcourre est muer droite voie. 

(Jeu. de Meu.sg. Très.. 3(11, Méon.) 

— Act., courir sus à : 

Helas I je doubte tant qne l'eure ne soit meure, 
Que li mors viegne lo.it et trestoul nos fourkeure. 
(Cilles li Muisis, li Maintiens des nonnains, i, 
222, Kerv.) 

— Farcoru, part, passé, qui a dépassé 
les bornes : 

Et li vache u li cevaus farcorule s'on le 
truve en forfait, .vi. den. Au fouc de herbis 
forcurut eu bos u eu damage li'autrui, 
.XII. den. (1240, Ch. de lien, de Ilaoucort, 
S. Aubert, Arcb. Nord.) 

FOUÇOUNER, voir FOItSENEIt. 

FORCOURS, foureaurs, s. m., attaque 
indue, contraire aux règles : 

Car de faurcours mal deuement fait il 
consieuvy sur le heaulme messire Bou- 
chicault. (Fitoiss., C'/jron., XIV, 142, Kerv.) 

FORCofjRSE, four., S. f., attaquc indue, 
contraire aux règles : 

Un autre compasQon de guerre conten- 
doit a venir a la fourcaurse de ceste fille 
par l'aide d'un chevalier du pays. (Ch.».s- 
TBLLAIN, Chron., III, 434, Kervyn.) 

FORCRi, forcry,fourcry,furcrij,s. m., cri 
d'alarme, tocsin annonçant un incendie : 

Burgenses ad arma ferenda ydonei dé- 
lient sequi affourcry majorem vel sescal- 

10 



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FOR 



FOR 



FOR 



lum vfl fisallerium. (3 mai 1368. Plakt 
gén. de Lausanne, Aroh. Lnufanno, A n''26'; 
iîém. et doc. de la Suisse rom.. Vil, 211.) 

Tenenlur seqiii icionec ariiiati et suffi- 
cienter majorom soscalluui psulterium Lau- 
sanne ad forcry. (Ib., p. 331.) 

Quant on fonne \efurcry, iiiii que celuy 
est que a furcry ne court, soit a boys, es 
champs ou ilod.nn? la ville, doit estre 
nmeudable. (Vers I3i6, Rôle de Ste Vrsanne, 
Jlon. de l'êv. de Bâie, V, 341, Trouillat et 
Vautrey.) Impr., furery. 

Quant on sonne le furcry, ou se ainsi 
fust que le feu emprist. (Ib.) 

Dans un traité entre Louis de Savoie et 
le vicaire général de révêchéde Lausanne, 
dn 19 février 13.13, Arch. Laus., u» 1383, 
on tronve: Si sit por forcresio sive forcri 
per nnam diein, et si sit pro cavalcatis 
per dnos dies ante. 

FouciiiER, v. a., crier plus fort que 
quelqu'un : 

Qu'il crie aussi hault au'il vouldra, je 
le veulx forcrier or oultrecrier. (Pals- 
GB.WE, Esclairc, p, 650, Génin.) 

Foucu'iDANCE , S. f., outrecuidance, 
arrogance : 

La tierce branche d'orguel est arro- 
gance que on appelé forcuidance : qnant 
bornes ciiide plus de li que droit. (Mr. 
du monde, tus. La Sarra, Chavannes, 
p. 60.) 

Forcuidance y pouvoit avoir assez. (G. 
Chastei.lain, Chron., V, 178, Kervyu.) 

FORDiXE, fourd., fûurdrine,fourdraine, 
fourderaine, s. f., fruit de l'épine sauvage, 
dn prunier des haies : 

Si ot Doirs iens comme foraine. 

(Pennal. ms. Berne 113. P 0.';8.> 

La facbe li devint noire comme fordine. 

(Chee. au rygne, I, 6782, Hippeau.) 

I^ tierce Haradol qui fn noirs qne fourdiiie. 

(Ib., 13087, Reiff.) 

Kant ta loes ceste frarine, 

Cni jo ne pris nne fordine. 
'Canl. rf.'j tant , ms. dn Mans 17:!, f" .16 r°.) 

Ensemeot qne depntecspine 
Voit 00 coellir pnte fordine. 
(liTj df le mort, Richel. .37.;, f" 310». ) 
E Diens com je conoois nne bone gonrdioe 
Qni U vaoroit donner nne seule fordine. 
iChnt., dans les Pofl. fr. av. 1S00, IV, 1333, 
Ars.) 

En nno espessc mont très grant. 
Plaine de ronses et d'espines 
Cargies de noires fourdines. 

(Cher, as .u. etp., ESî, Foersler.) 
Cherises, crekes et fourdines. {Dial. fr.- 
flam., f" 6', Michelant.) 

Frui, fourdrine. (Gloss. de Salins.) 

Fourderaine. (Roq., Sî/ppl.) 

Fourdrines: f. sloes. Pic. aiso, wilde, or 
mountaine, pluinmes. (COTGIUVE.) 

Picard, fordraine, fourdroine. 

FORiiiMER, fourdinier, - drinier, s. 
m., prunier sauvage : 

Proiinier, pcskier et fourdinier. {Dialog. 
fr.-flam., f" S', Michelant.) 

L'n fourdrinier, c'est une espinc noire 
qui porte les fourdripi-s ou pronelles. 
(NicOT, Thresor.) 



Nom propre, Fourdrignier. 

FORDOTER, V. a., redouter : 

Je fordotai durement 
D'elles Ion melleir. 

(flom. etpast., Bartscb, 11, 53.23.) 

FORDOUBLE, S. m.,pièce de monnaie, 
double fort : 

Le raichet se doit faire en fordoubles. 
(1443, nist. de Metz, V,421.) 

FORDOVEX, S. m., doyen honoraire 1 
Pierre Guitard, fordoyen maindre et cha- 
noine de l'église cathédrale, y donna, ap- 
pert par sa cedule, dix livres. {Chron. de 
Méd., II, 207, Chassaing.) 

1. FORE, S. m., sorte de jeu, le toton : 
A pille, nade, jocquc, fore. (Rad., Gar- 
gantua, cb. XXII, f» S7, éil. 1542, et Panta- 
gruel, ch. XI, éd. 1542.) 

2. FORE, voir FUEBUE. 

FORECE, s. f., soi'ie démesure de terre: 
.V. boniers et .xix. verges petites moins 
c'om dist /'oreces. (Trad. du xin° s. d'une 
charte de 1265, Cart. du Val St Lambert, 
Richel. 1. 10176, f" 61''.) Lat., quinque 
bonnaria decem et novem virgatis parvis 
minus quam forcées dicuntur. 

FOREE, s. f., forêt : 
An nne grant forée entri. 
(Wace, Conception, Brit. Mns. .idd. 15600, 

(° 4r ) 

FOHEIX, VOirFORAI\. 
FOREIXETET, VOir FORAINETÉ. 
FORE.IUGEMENT, VOir FORJUGE.MENT. 

1 . FOREK, S. f ., forêt : 
Notelles ont ol de Lancelio, 

A .1111. vans on forel csloit mis. 

(Girb. de ifrtj, 450. Slengel.) 
Parmi ces ch.ins demoinent [ïr.int) bondie 
Com charpentier font en forel fnilie. 

(Les Loh., ms. Montp., 1" igi"".) 
Li bois que l'on apelle la /(jrf/ de Menes- 
licr.'!. (1281, Saint Vivant, pièce 8, Arch. 
Doubs.) 

Pour faire lour volontey en nostre forel 
de Chau.v corne elles soloient avoir. (Juin 
1289, Fraisans, Ch. des compt. de Dole, 
cart. 44, paq. 43, Arch. Doubs.) 

Trois haies que nos avions en la ditte 
forel. (Jb.) 

Puisse chacier ou Caire chacier en la 
dite forel. {Ib.) 

2. FOREL, S. ni., cure-dent : 

Un forel d'argent de dentz. (1313, lu- 
rent, de Pierre Garcston, ap. Lahordo, 
Emaux.) 

FORELLE, s. f., fourrcau : 

Icelluy aura deux petits bastous en ces 
mains, en forelles, et couvers du drap 
mesmes, et les deux bouts des deux bâ- 
tons seront couvers de rouge drap envi- 
ron plain pousse. {Modus, f" 88\ ap. Ste- 
Pal.) 

FORELORE, frcloirc, s. f., parole inu- 
tile, peine perdue : 

Pisl Renart : Toi est forelores, 
Qne tn es certes trop mosart. 

(nenart, 58 iO, Méon.) 



Je me snis obligée 
Poarcinq testons ama maistrcsse, 
Oni mecanse an cncnr grand destresse, 
Pen.'ianl paigncr mon mariajre 
(lommo loy. Oollre, mis en gaige 
Ma bonne robe et mon corsel. 
Et dês chemises encor sept. 
Pour A\\ anllres, sonbî trois ilevises, 
L'nne pour ravoir mes chemises. 
L'autre ponr gaigner nng amy. 
I.a tierce ponr chanter fa my, 
Cehean mois de may, en l'ombrage, 
BonlTaot en l'amonreux onvrage. 
Mais sçais tn qooy ? Tonte freloire. 
(Apolog. lies f.hanlierieres, Poés. fr. des xv' et 
xvi' s.. Il, 27a.) 

— On trouve aux xv« et xvi" s. les 
formes frelore, freloire, farlorum, brelare, 
employées comme adj., au sens de perdu: 

(Foy que doy, Brelare Bigod), 
Assez dévoie crealnre. 
(Villon, Grant Test., cil, lonaust, p. 101.) 

Nostre fait seroit loat fielore. 
S'il vons tronvoit levé. 

(Pathelin, p. fia, Jacob.) 

Tout est frelore, 
La tintelore. 
Tout est frelore, bigot. 
(Cl.. Jasneqdin, Chans. sur la dcf. des Suisses, 
éd. 1550.) 

Jamais Françoys bien ne sanra 
Jnrer bi God, ni brelare. 
(R. G.icciN, Passetemps d'oijsivelr, Poés. fr. des 
\\' et xvi" s., VII, 271.) 
Tout est frelore, bigoth. (Rab., 1. I, c. 
18.) 

Quand a l'argent, nul farlorum ; et 
saincte Dame, d'où lou tireriant is ? {Con- 
férence d'Antitus, Panurge et Guéridon : 
A''ariét. hist. et litt., VIII, 295.) 

lia ! compagnon, quelle parole ! 
Et on sont vos cliarlots ? 
Ma foy. tout y esl frelore, 
Mesmes tous nos gens sont morts. 
(Chans. de deu.v eompagnons reisires, 1587.) 

Argot, fourloure, malade. 

1. FOREMENT, S. m., ruine, destruction, 
empireraent : 

Et sera regardé le forement on empirc- 
ment déclarante ou se le meilleur bois ou 
le pire est couppé ou exploictié ou a 
coupper ou a exploictier, et de ce sera 
faicte compétente eslimation. {Ord. sur la 
mutation de la monnoye, Rcgist. du Par- 
lent, 1317-1340, ms. Bibl. Louvre, n. 1253\ 
f» 156 r-.) 

Et pour ce que depuis ce nous ayans esté 
avertis de la grant foule et forement qui 

est au dit lieu de Chaumontois ayons 

appointié que dorénavant et jusques a ce 
que par nous en soit autrement ordonné, 
ne sera aucun bois pris au dit lieu. (14 
mai 1444, Lett. de Ch. duc d'Orl., ap. Le 
Clerc de Doiiy, t. I, f» 246 v% Arch. Loiret.) 

2. KORF.MENT, S. 111., étau : 
Pluieeurs, qui ue se composoient a sa 

voullunté, estoienl martirisiez etbatus, les 
pôles boutez en foremens fais en grosses 
pièces de bos ou arhes croissans,et estrains 
de quievilles. {Chron. des Pays-Bas, de 
France, etc., Rec. des Chr. de Fland., III, 
279.) 

1. FOREN, voir Ferain. 

2. FOREX, voir FORAT.V. 



FOR 



FOH 



FOH 



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FOREPHENDKE, VOif FORPRENDRE. 

. 1. FOREn, V. a , percer : 
Les mains et les piei oi cloues 
et de la lance fai forez. 
■ (Vision SI Paul, Richel. 195-25. f" 14'».) 

Et icelui fist Ebroin forer les euz. 
(Chroii. des rois de Fr., m?. Berne 607, 
f^ 62'.) 

i. FORER, voir FORRER. 

i-onEscxpi, foreseapy, s. ni., droit d'un 
seigneur sur les choses trouvées dans ses 
domaines, droit des lods et ventes : 

Desquelx hostelz prinst luaistre Pierre 
Baver la possessioQ et saisine, sanz ce 
qu'il paiast forescapi et sans obtenir cau- 
sisme ne licence du souverain. (1389, Arcb. 
JJ 146, pièce 223.) 

Ung forescapy qui nous estoit escheu 
montant cent cscus d'or. (1456, Arch. ,1J 
187, pièce 5.) 

FORESCIR, voir FORISSIR. 

FORESSYR, voir FOHISSIR. 

FOREST, foret, s. m., sorte d'arbre : 
Acelle de foresl. (1562, Lille, ap. La 1 
Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Une table de bois de foret. (1387, ib.) 

FORESTAGE, -eta'je, - aige, forr.,four., 
foui., s. m., droit que le forestier ou ins- 
pecteur des bois d'un seigneur lui payait 
chaque année à titre de redevance ; j 

Item les campars des terres et des liens 1 
et des garbes du foreslage de la ville. (1308, 
Cfiarl. de Ph. le Bel, Richel. 1. 9785, 
f 79 V».) 

Ne ou Jehans ait warde ne forelage. 
(1308, Cart. de S. Vinc. de Metz, Richel. 1. 
10083, f 130 V».) 

Pour nulle warde ne pour nulles forre- 
lages. (Ib.) 

Derechef les champar? des terres et des 
lins, el les jarbes des forestages de la ville 
prisiees x lib. par. (1309, Arch. JJ 41, 
f 69 V".) 

Du forelaige du dit lieu. (Compt. de l'hôt.- 
1). d'Orl., 1392-1400, f° l r°, Hôp. gén. 
Orl.) 

Des forestaiges que doivent les manans 
et habitans des villes a qui les usaiges ont 

estez délivres c'est assavoir des usai- 

giers de Chateauneuf, qui doivent chacun 
an XIII deniers parisis pour l'usage qu'ils 
ont en la forest de Vitri. (1401, Compte du 
dom. d'Orl., ap. Le Clerc de Douy, t. I, 
t" 246 V», Arch. Loiret.) 
Chascune persone tenant feu et lieu 

doit pour le foreslage de leur bestes es 

bois (ludit seigneur deux pains de rente. 

(1413, Avetix du bailliage d'Evreux, Arch. 

1' 294, reg. 4.) 

Pour le forretaige de la poultrerie et 
charpenterie de la maison ou sont les mo- 

lins a chevaulx Ix sols tourn. (1420, 

Compt. de Nevers, CC 26, f" 10 v", Arch. 

mun, Nevers.) 

Pour le forestaige dudit boys x s. t. (Ib.) 
Toutes jurisdictions hautes et moyennes 
el basses, forestages, péages, pasturages et 
autres droits. (1462, Ord., xv, 484.) 

A Estienne Petit pour le foulestaige du 
bois pris es bois de la Boutaille. (1473, 



Compt. de Nevers, CC 67, f 21 r", Arch. 
mun. Nevers.) 

Droit de foreslage. (1342-1336, Arch. 
mun. Albi, BU 23.) 

FORESTAiN, S. ui., forain, étranger : 
Si se meust par entr'eulx une grande 
meslee entre ceulx de la ville el les fores- 
tain». (CouRCY, Hist. de Grèce, Ars. 3689, 
f» 47'!.) 

FORESTAL, voir FORESTEL. 

FORESTE, S. f., forêt : 

Il est entré en la foreste. 

{Vie de S. Gile.iiol. A. T.) 
La foreste périlleuse. (Arlur, Richel. 337, 
f» 96».) 

Qu'il est de la foreste issos. 
(0//im«, ms. Gif., Bodl. Halton 100. 1° 12''.) 

FORESTEL, - al, S- lu., dlmin. de forêt : 
Pour .XIX. m. et demi cent de fagos fais 

u foreslel. (1294, Trav. p. les chat, des C. 

d'.irt., Arch. KK 393, f» 12.) 

Pour abatre bos au forestel. {Ib., f" 32.) 
Une karete qui a carié mairiens dafores- 

tel au chaslel. (1306, ib., f»26.) 
Qe nul fuster, ne autre, face forestal de 

merim qe appenl a fusterie, venaunl vers 

la cité, en bois ne en autre leu. [Lib. 

Cuslum., I, 81, 2 Edw.lI,Rer. brit. script.) 
La forest et foreslel de Hesdin. (xv» s., 

Lille, ap. La Fons, G/OSS.MS., Bibl. Amiens.) 

Noms de lieux, Foreslel (Picardie), Fores- 
teau, hameau du village do Moustier, Hai- 
naut belge. 

FORESTELLE, S. f., diuiin. dc foreste, 
petit bois : 

La Foreslelle de Blaley. (13S4, Compl. de 
Geoffroy de Blaisy, gruier de Bourg., Arch. 
Côte-d'Or, B 1393) 

FORESTEii, V. n., intenter un procès 
pour délit forestier : 

Quant il voudroil faire charroier aucuns 
boàis pour ses ediflices autrement que par 
son dit charretier demeurant avec lui, il le 
peut faire par ainsi que l'un de ses reli- 
gieux soit a ce présent et qu'il avoue les 
ditz charretiers : aultremenl ou les pour- 
roil prandre et foresler sur eulx a toutes 
conséquences, selon l'usenient de la forest. 
(1467, Usem. de la for. de Brecelien, Cart. 
de Redon, Eclaire, CCCLXXIV, A. de Cour- 
son.) 

FOHESTERIE, feraslcrie, s. f., forêt, 
bois où il était défendu de chasser : 

La feraslerie de Chaux. (Mardi apr. N.-D. 
mi août 1294, Quilt. de la. Cli. des compt. de 
Dole, Aich. Doubs.) 

Juhcl d'Avaugour, chevalier, est homme 
lige du duc d'Aujou, a cause d'une fores- 
terie faiee sise en la forest de Maienne. 
(Registre de Louis, duc d'Anjou, f 99, ap. 
Ste-Pal., éd. Favre.) 

De la perriere de la foresterie acensee a 
Jehenot. (1319, Recette du comlé de Blois, 
Arch. KK 296, f 3 t'.) 

Il conguut et advoua a tenir eu lieu a 
une seule foy et hommage du roy une 
france foresterie appelée la foresterie du 
bois Tillart. (1386, Denombr. du baill. de 
Rouen, Arch. P 307, f» 20 v».) 



L'ostel de la foresterie de Fontevrauti 
(1399, Fontevr., anc. lit., 541, Arch.Maine. 
ef-Loirc.) 

— Office de forestier : 

Des forestiers qui mectent leurs basions 
de foresterie en gaige pour leurs despansea 
il leur est deffance de non plus le faire. 
(1467, Usem. de la for. de Brecelien, Cart. 
de Redon, Eclaire, cccxc, A. deCourson.) 

— Nom d'un recueil de poésies sylves- 
tres publiées par Jehan Vauquelin de la 
Fresnaye, en 1333 : 

Et ce sont la les trois liens desquels j'ai 
taché le plus a décorer ces foresteries. 
(Vauq. de la Fresnaye, Foresteries, préf., 
p. 5, travers.) 

En quoy il Et bien paroistre (J. de la 
Fresnaye) une manifeste rétractation de ce 
qu'il avoit soutenu dans la préface de ses 
Foresteries, imprimées a Poitiers l'an 1333, 
puis que c'est là qu'il dit en termes exprès, 
qu'il n'y a point de poète délicat qui ne 
juge qu'il a bien eu plus de raison d'ap- 
peler ses Poèmes bocagers Foresteries 
qu'Eglogues, ou Idylles, du nom Grec. 
Pour môy. Je m'en rapporte au sentiment 
des sçavans et aux véritables connois- 
seurs des beautez de nostre langue. Et 
pourtant, s'il m'estoit permis de dire ici ce 
qu'il m'en semble, je condamnerois fran- 
chement sa première erreur, el approu- 
verois sa juste retractation. Je veux dire 
que j'aime beaucoup mieux Eglogue, ou 
Idyle, tous grecs qu'ils soient, que Fores- 
teries, qui est un mot estranger et barbare 
en nostre langue. (G. Colletet, du Poème 
bucolique, éd. 1658.) 

1. FORESTIER, S. 111. , forêt : 

S'en ert aie o le destrier. 
Aval el bois an forestier. 

{Tristan. I, 1796, Michel.) 

2. FORESTIER, S. m., étranger : 

Liedricque alors (asl forestier 
De cesto isle et Flandres la contrée 
Par conlé pais en honneur augmentée. 
{Citron, me., ms. deTonrnay, ap. Ileiff., Chron. 
de ilousk., I, 41.) 

Quant un home de ceste contrée voit qe 
un forestier li veigne a sa maison por 
erberjer, tantost se oisse hors et comande 
a sa feine qe au forestier soit fait toute sa 
volunté. {Voy. de Marc Pol, c.cxvii.Roux.) 
Et aime moult les marcheans el les 
forestiers. (Ib., clxxiii, Pauthicr.) 

— Brigands, gens qui habitent les forêts : 
Il a bien cbastié les forestiers el bannis, 

(Rab., Epist., XIII.) 

— Fém., forestière, étrangère : 

Et H dient com lor anceslre avoienl dit 
que por le plaisir qu'il fusoient as fores- 
tières du lor faines el de lor cosses, qe lor 
ydres l'aveicnt a granl bien. {Voy. de Marc 
Pol, c. Lix, Roux.) 

FORESTIERE, S. f., licu dans le voisi- 
nage d'une forêt : 

Terram des Forestières. (1202, Cart. d» 
Monliéramey, p. 204, Lalore.) 

Nom de lieu, la Forestière (Nièvre) 

FORET, voir Forest. 

FORETAGE, VOir FORESTAGE. 
FOREUI-, S. m. ? 



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FOR 



FOR 



FOR 



-.1. foreul. .1. mortier, peslol cl pilete, 
(1364. «eg. du Chap. de S. J. de Jerus.. 
Arcb. >I.M 28, (° !39 v».) 

FOUFAÇON, - chon, s. /., fabrication 
contraire aux règlements : 

Quiconques des peodouers ou des pen- 
dauf draps ou des choses appenducs aura 
fait forfacbon, se de ce clameur vient au 
maire, justice sera faicte. (Trad. d'une lell. 
de Phil. Atig. de H8â, Ord., xix, 588.) 

1. FOKFAJKE, -/Ire, /ors., /bur., verbe. 

— Act., enfreindre, transgresser, violer : 

El mor a tort, ren non forsfei. 

il'assion, â',>0, Koscbwili.) 
Et qui pis est, en faisant mesmes ledit 
appointement il pourcliassoitsecrettement 
le contraire d iceliiy, et en soy le rompoitj 
et forfaisoit. (Lellre de Cli. duc d'Orl. a 
Charles V[, 14 juill. 14H, dans Juv. des 
Urs., Hist. de Charles VI, an 1411, Mi- 
chaud.) 

Sans la loy chrestienne forfaire, 
(Cl. Mae., Coll. d'Erasme, VirgO (ji'.aOYâp.o;, 
éd. 1731.) 

— Sonmissionner : 

Les bourgois de Roen avaient forfet 
une franchise qui estoit en la ville, et il luy 
donnèrent trente mil livres, et eusi orent 
leur franchise. {Gr. Chron. de Fr., Phel. le 
bel, Lxxv, P. Paris.) 

— Faire perdre : 

Kecerfr l'erilé celestrc 

Ke vus for firent li aoceslrc. 

(rie de S. Gile, -lil, A. T.) 

— Forfaire corps et avoir, les abandon- 
ner comme expiation d'an crime: 

Une femme de Sens (\\ù avait forfait cors 
et avoir luy donna huit cens livres et ainsi 
fu assoute.'(Gr. Chron. de Fr.,Plul. le bel, 
LXXV, P. Paris.) 

— Réfl. , commettre iiti ni , uni' 

faute : 

Forfete me mi dnremeot. 
(Pn Ckiral. e sa dame, nis. Cambr. , Corpns oO, 

r 94^ P. Meyer.) 

11 j'avoit ung empereur qui ordonna que 
si une femme se forfaisoit par indécent 
adultère, qu'elle seroit a jamais en prison. 
Le cas advint que lu femme d'ung cheva- 
lier se forfist cependant que son seigneur 
estoit allé en pellerinage. (Violier des Ilist. 
rom., c. LXXXIV, Bibl. elz.) 

• — Etre faux, inexact : 

Se mine ou niinot se forfeit, c'est a savoir 
se ele gete hors ou eus, parquoi cle ne 
soit s'uffisans ue loial a mesurer, il n'en 
est a nule amende li mesureur, se il ne l'a 
fait par sa tricherie. (Est. Boil., Lio. des 
meit., l''p.,lv,8, Lcspiuasse et Uounardot.) 

— Etre perdu pour cause de forfaiture : 
S'il advient que ce soit une charrette 

ferrée qui se fourface, le harnois des che- 
vaulx et les heures sont et appartiennent 
pur tiers audit advenant. (1.395, Denombr. 
du bailt. de Rouen, Arch. P 307, f" 72 r».) 

— Ncutr., faire du mal, du tort : 

Forfaire rient de (Or sos anemios. 
(Car. le Loh., i' cbans., xxst, p. 14S, P. Paris.) 
Sarraiio lu aiulcnl, la pnte gent ilerTee, 
Mais onqaps D'i /ourfireni Taillant nne denrée. 
{Fieralrat, 3IHI, A. P.) 



AiDE riens n'i forftx. 

(GiiiOT, Chann., VI, -20, Wolfarl.) 
Et entrèrent en Poitou et fourfisent sour 
le roi. {Chron. de Rains, c. xxv, L. Paris.) 

Chi sont ot moi ne lor forfacef. vas. 
(/.a Vassion, ms. Venise, Romv., p. 26.) 

— ForfaisanI, part, prés., malfaisant, 
malfaiteur : 

Les culpcf lies forfaisanz. (Job, p. 516, 
Ler. de Linoy.) 

Mais cners félons et forfaisans. 
Qui conslumier sont de forfaire. 
(nu de Charilc, ms. Turin L V 32, f''2lH.) 

Car trop esloient forfaisans 
Gascoins. 
(GoDEFROv PE Paris, Chron., 21S7, Bnchon.) 

— Forfait, part, passé, qui a forfait à 
ses engagements ; 

Ne fa forfez ne oUrageus. 

(Be.\., Troie, ;ill3, Joly.) 
Si m'an rant corpable et forfel. 
Chrest., Cher, au lijon, 0""3, llolland.) 

I.i clerc forfet serruot as evesqnes livré. 
(Garhier, Vie de S. Thomas., Richel. 13513, 
f» 21 T».) 

— Mis hors de cours : 

EL voulons que toutes monuoies def- 
fendues, s'eles ne sont parties, que eles 
soient perdues et forfaites par tous lieus 
ou eles porront estre trouvées. (1294, 
Ord. de Ph. le Bel, Pv. de l'H. de Nim., 
I, 137.) 

— Mérité pour une transgression : 
Prometons a rendre chascuiis pour le 

tout a le dite église trois cens mars d'ar- 
gent en non de paine fourfaite. (1273, 
Cart. de St Quentin, Richel. I. 11070, 
f 17 T°.) ■ 

— Abandonné comme amende : 

Pour une grant pièce de boys forfaite et 
acquise a mousgr d'Orlieu». (Compt. dcGi- 
rart Goussart , 1400-1402, Fortilication, 
XLVI, Arch. muu. Orléans.) 

— Malfaisant : 

Forfaite malice. (J. de .Meung, Ep. d'A- 
beil. et d'Hel., Richel. 920, 1» 85 r».) 

— Dont on est débarrassé ? 

Co disl Turpins : Icisl nus ert forsfaiz. 

(Itol., 1393, Mûller.) 

2. FOUFAïKii, V, a., accomplir : 
Li baron respondirent que eu le terre 
de Surie ne voloient il mie aler : car il n'i 
porroient riens forfaire. (HOB. de Cl.\rv, 
Chron., Riant.) 

FORFAisAXCE, - csunce, s. r., action 
contraire au droit : 

De forfesancc se tenisl. 
(G. DE Mes, Ym. du monde, ms. .S.-Brieuc, f" ^^.) 

FoiiFAisEOii, - seur, four., s. m., 
transjresseur : 

A cui li fourfaiserres seroit juslic.ables. 
(1293, Arch. K 36, pièce 23.) 

Quiconques descuevre ou desmembre ou 
cmpirt hyretage qui seurcens doit, li 
maires et li juré s'il en sont requis d'au- 
cun des seurccnsiers de cel hyretaçe de- 
dcns l'an et le jour que tels lourfais ara 
esté fais, devcront contraindre ce fourfai- 



seur qu'il aœent cel hyretage et le mette 
en autel point coni il estoit. (1320, Cop. des 
Chart. des R. de Franche, p. 33, Arch. nnin. 
S.-Queutin.) 

i-oiiFAiTEUR, - faicteur, - feteur,s.m., 
transgresseur, violateur, malfaiteur : 

En négligent punir les forfaiteurs dessus 
diz, et en leur donnant auctorité et def- 
fense. (1312, Arch. JJ 48, f' 107 v°.) 

Devant ses ennemis forfaiteurs. (G. 
Chastell., Cftro». des D. de Bourg., II, 16, 
Bucliou.) 

Les notaires et greffiers desdites ga- 
belles tiendront les actes et procès tou- 
chant les forfaicteurs dudit sel. (1498, 
Ord, XXI, 134.) 

L'nng cherche escns ou ducas. 
Car ung larron volnnliers emble ; 
L'anlre, qui est sn[slpcctda cas. 
Se musse et tient |;'il l'escart; 
L'anlre cerche les forfaicteurs. 
{La Pileuse désolai, du mmasl. des Cord. de 
Maulx, l'oés. fr. des xv» et xvi* s., I, 145.) 
Et davantage ayant forfait contre les 
saincts mystères, et en estant appelé en 
justice, il en fus! absouls, a la charge de 
donner a cognoistre et déclarer les for- 
faicteurs. (A.MYOT, Œuv. mél., xxi, 13.) 
Or j'en fay d'un témoin, et sans feinte j'en jnre 
Que si le forfetcur de celte sépulture 
Vous ne représentez soudain devant mes yeux 

.le vous feray touts pendre 

(J.-A. DE Baif, Antigone, il. 2, éd. 1573.) 

La peine qui boylant darriere 
Suit le mal fait, ne laisse guiere 
Le forfaiteur quile eschaper. 
fiD., Poèmes, 1. vu, Lemerre, H, 331.) 

Le forfaiteur fort on estime. 
(Id., tes Mimes, I. Il, f .'ii r». éd. llittl.) 
Car les bourreaux font la juslica 
Pes forfaiteurs. 

(ID., !*.,!. Il, r» 105 V».) 

iMescliaiis forfaicteurs. (G. Hûuchet, Se- 
recs, III, 146, Roybet.) 

— Forfaileresse, s. f., celle qui trans- 
gresse, qui viole : 

Mais quand elles seroyent encore plus que princesses 
.Ny elle ny sa sœur les deux forfaiteresses 
Ne se sauveront pas d'i>ne mort exécrable. 
(J.-A. DE Baif, Anligone, m, l,éJ. 1373.) 

i-'ouf.\it:-.us, adj., dissolu, débauché, 
déréglé, infâme : 

l''lagissiosus, /"or/aitcus. [Gloss. deDouai, 
Escallier.) 

foufaiture, - faiclure, - fêlure, fors., 
four., s. f., amende qui punit un délit : 

Ki tort eslevera u fans jugement fra,.... 
seit eu la forfaiture le rei de XL solz. 
[Lois de Guill.', 41, Chevallet.) 

Se il avient forfaiture ou eschoete a la 
dite conlesse pour cas de crime ou par 
autre cas qui apartiegne a la dite con- 
lesse. (1291, Ratif. de la Cesse de Blois, 
Arch. Loiret, Ste-Croix, Nouan sur Loire, 
A4.) 

Aussi vous enfourmez de touz les dons 
faiz depuis ledit temps des forfaictures 
escheues de ladite recepte. (1357, Ord., 
m, 163.) 

A mestre Raoul de Poi qui avoit une 
maison a Tilly que messire Enguerran 
voult avoir, il luy hst donner une forfe- 
ture de quatre mil livres et un chastel en 



FOR 



FOR 



FOR 



77 



Brelaigoe qui bien viiloit quatre mil livres. 
(Gr. Chron. de Fr., Phel. le bel, lxxv, P. 
Paris.) 

— Infraction au règlement : 

Et pooit ledit mestre Fouques establir 
eu chascun uiestier un homme pour gar- 
der ledit mestier, pour raporter les forfai- 
tures audit mestre. (E. Boa., Liv. des 
mest., 1» p., XLVII, 8, Lespinasse et Bon- 
nardot.) 

— Excès : 

Son corps fut ouvert, dedens lequel fut 
trouvé sang foilié ; ce qu'on disoit qu'il 
avoit acquis par fourfailure d'avoir trop 
joué a la paulme. (Wavrin, Anchienn. 
Chron. d'Anglet., II, 375, Soc. de l'H. de 
Fr.) 

FORF.\MiLLiER, V. 3., énaanciper : 
Sitost comme il seront forfamilié de 

leurs pères et il venrout a tenir mariage. 

(1322, Arch. JJ 61, pièce 228.) 

FORFESANCE, VoIF FORFAISANCE. 

FORFETABLE, adj., mal faitj défec- 
tneox : 

(Ouvrages) defeclifs ou forfetables. (Stal. 
d'Edouard IV, an vu, impr. gotli., Bibl. 
Louvre.) 

FORFETEUR, YOir FORFAITEUII. 
FORFETURE, VOIF FORFAITUnE. 
FORFEYANCE, VOir FORFDIANCE. 

FORFFAi'i.T, adj.et's., syn. de forfaut, 
fiiurbe, hâbleur : 

Seigncnrs, estotipez vos oreilles, 
Ce forffitull dit fines merTCilles. 
(Mari. S. Eslirnne, Jab., ilyst., l, 19.) 

FORFOiRE, S. t., droit sur les foires : 
• Pour raison de certains proufGs que pré- 
tend l'arcevesquc de Reims et ses officiers 
])rendre et avoir sur les estaulx portatis et 
autres, fichiez en terre, mis et dreciez par 
chascun an en la foire en la Cousture a 
Reins, et dehors, et autres drois de for- 
foire. (1428, Transact., etc., Arch. législ. 
de Reims, 2' p., vol. I, p. 947, Doc. inéd.) 

L'en en paiera quelque chose audict ar- 
i.evesque pour droit de forfoire. (Ib.) 

FORFUiANCE, - fuance, fors., four., for- 
fuyance,forfeyance,s. i., droit payé par un 
serf pour obtenir de son seigneur la per- 
mission de pas.serdansun autre domaine; 
droit que le seigneur avait sur la succes- 
sion des biens acquis hors de sa seigneurie 
par ceux qui, y étant nés, étaient allés 
s'établir ailleurs : 

3 francs 4 gros de Richeret Thissaule de 
Gisainecourt... pour la vendue de certains 

héritages aciuis a Mgr pour cause de 

fourfuance. (1383, Arch. Meuse B 493, 
i' 1 v».) 

.VII. frans de Jehan fils le bon home 
d'IUou et de Jennclte, sa femme, pour 
l'cschoite de Demeugin lils le doieu, el 
■lennette, sa femme, aquise a monsr pour 
cause de fourfuiance par parance donnée 
le XXX' jour de septembre l'an llll»" cl 
quatre. (1384, ib., f» 19 v«.) 

Ont esté manumis, quictez et allranchiz, 
et chuscan d'eux, avec tous cculx et celles 
qui d'ores en avant se viendront asseoir 



pour dcmourcr auilicl lieu de Matùlles, de 
toutes tailles volentaires et autres, de 
toutes lesdictes mainmortes, forsfuyances 
et foruiariage, en quoy iceulx liabitans 
d'ancienneté esloient tenus ausdicts sœur 
et dame. (1474, Lett. de L. XI port con- 
firm. de l'affranchissem. des serfs de Ma- 
rolles, Ord., xviii. 79.) 

Sont aussi francs do toutes servitudes 
de main morte, poursuite, fourfuyance, 
fdrmariage. (Conl. d'Espinal, Nouv. Coût, 
gén., II, 1127-'.) 

N'estre assujettis a forfeyance, tailles, 
jects, cottisations. ...(Cou(. de Corse. Nouv. 
Coût, gén., Il, 1075''.) 

FORFuiANT, forsfuyant, s. m., celui 
qui était assujetti au droit de forfuiance : 

Lesdits supplians qui estoient subgects 
et taillables a voulenté, de condicion de 
mainmorte, de forsfuyans et d'autres con- 
dicions serves, ont esté par nos chers et 
bien amez Symon de Monstreul, escuyer, 
et Isabelle Dorges, damoiselle, sa femme, 
sieur et dame dudit lieu de Maroilles, ma- 
numis, quictez et nfTranchiz. (1474, Lett. 
de Louis XI port, confirm. de l'affranchissem. 
des serfs de Marolles, Ord.. xviii, 79.) 

FORÇAGE,- a'tge, s. m., gage qui, n'ayant 
pas élé retiré par l'emprunteur, devient 
la propriété du prêteur {Glossaire de Beau- 
manoir) : 

Le temps du forças (sic) et du raquil, 
en Normandie, est la huitaine au dedans 
de laquelle l'obligé peut forgager et retirer 
son gage et meubles vendus a l'enquant 
pour le prix. (Lauriere, 'iloss. du droit 
fr.) 

FORGAGiÉ, forsg., fourtoagié, part, 
passé, acquis en tonte propriété à un 
prêteur sur gages : 

Que par soiifrele de iiiCQ^ier 

Li covint son filz cniragier 

.\ .1. nsiirier sanz pitié... 

Par si que forsi/a/iir seroil 

Li cnfes se reens n'esloit 

A .1. terme qu'il li ot fet. 
(Vie (tes Pères, llichel. -23111, 1° 60^J 
Sauf chou que li proisme de chelui qui 
l'iretages aroil estet y puent revenir par 
proismetet dedans les .XL. jours apries les 
,11. ans et les .ii. jours qu'il seroit fourwa- 
gies, pour autant qu'il seroit fourwagies. 
(ItoisiN, ms. Lille 266, p. 42.) 

FORGE, S. f ,, action de forger ; action 
de ferrer les chevaux ; résultat de cette 
action ; fabrication en général : 

Je ne vi onqnes flenr en branctic. 
Ma dame, qui fasl auci blanche 
Com est vostre bêle vergeté. 
Mont fu a nelc forge fêle. 
{Vers à la suite de Percerai, ras. Monlp. H "249, 
f 296 ï».) 

Que la. forge des dez soit deffendue et 
devee par tout nostre royaume. (1236, 
Ord., I, 79.) 

Nous volons que la forge des des soit 
ahalue par tout nostre royaume. (Grand. 
Cron. de France, la Vie Mgr Saint Loys, 
LXXII, P. Paris.) 

Fons a fevre, .ii. d. Et se la forge i est 
toute, .1111. d. (F,. BoiL., Lie. des mest., 
2' p., II, 6Î, Lespinasse et Bounurdot.) 

Et chandelle et forge. (1286, El. de 
l'host.du R. Ph. III, Mari., Thés.. I, 1203) 



Forge, rcstor et chandelle, (/b., 1204.) 

Cent solz pour robbc, forge, rcstor de 
deux chevaux. {Ib., 1206.) 

Pour le fevre pour .m. semaines pour 
forge de martiaus. (1294, Trav. p. les châi 
des c. d'Art., Arch. KK 393, f> 2 r».) 

.XV. jours yicinr forge nxif chevaus.(l328 
Compte de Odart de Laigny, Arch. KK 3» 
f- 16 V.) 

En disimes, en maletottes, en soussides 
et en forges de monnoies.fFROlss., Chron.. 
V, 72, Luce.) 

— Idée, invention : 

Elles ont trouvé cosie nouvelle l'orgn 
D'eniz lier pour monstrer lenr froilron el leur 
Igorge. 
(J. DE Mebng, Test., Vat. Chr. SCI, f° 23".) 

Chîers signenr, chier ami, oiex, convient, pa- 
[ roule : 
Non8 sûmes en bon point, vces lay nostre forge. 
(Girarl de Ross., 37ii, Mignanl.) 

— Manière : 

Florettes... apparoienl de tontes parz... 
Cent mille par cent mille forges. 

(Fnoiss., Poés., 11,38, lîiiC, .Scheler.) 

FORCEMENT, S, m., forgcage : 

A nostre sire seul appartient la cognois- 

sance du forgement des faulscs monnoyes. 

{Droiz royau.T, etc., Ars. 3354, f° 110 r^.) 
Forgement et monnoyage de In mon- 

noye du roy. (1457, Ord., xiv, 460.) 

— Fig. : 

Quant aux prisonniers ou autres accusez 
de crime ausquelz fauldra faire proce.-- cri- 
minel, ledit procès se fera le plus diligem- 
ment et secrètement que faire se pourra, 
en manière que aucun n'en soit adverti, 
pour éviter les subornations et forge- 
jnens qui se pourroient faire en telles ma- 
tières. (1498, Ord., xxi, 198.) 

F0Ri3E0R, - POÎO-, - CMC, S. Ml., CelUi 

qui forge : 

1 ot toi bruit et tel marteleiz coni se luit 
li foryeor du monde fussent en la pièce 
de terre. {Artur, Richel. 337, f» 29'.) 

Et fu si près li chaples si grant aus es- 
pees... que il estoit avis que ce feust une 
graut merveille de forgeours. (S. Graal, 
ms. Tours 915, I" Si"".) 

Forgeors d'armes. (Bible, Richel. 899, 
f 131 r°.) 

Forgeors de nicnçouges. (Ib-, f" 222=.) 

FouGEOTTE, S. f., petllc forgc, repré- 
senté par un nom de lieu, le bois de la 
Forgeolle (Nivernais). 

FORGERBT, forceret,s. m., colTre, cas- 
sette : 

Un forceret couvert de soye o menues 
pièces de reliques. (1302, Test, du D. Jean, 
ap. Lobin., II, 455.) 

Lequel argent il nous offrit u bailler, 
tant en or ou argent, blanques luaalles et 
noires, lequel estoit en ung forgeret. (1340, 
Cart. de Corbie 21, f 331 v, ap. Duc, For- 
gerium,.) 

En un autre forgeret que la suppliant 
trouva ouvert, prist une verge d'or ou an- 
nel du pris de .xx. sols parisis. (1397, 
Arch. .U 152, |iiéce 81.) 

FÔRGERiE, S. f., art de forger : 



78 



FOR 



FOR 



FOR 



Lart de forçierie. (H. dk i'iK.vnchi, Trad. 
du Gouv. des Princes de Gille Colonne, Ai-s. 
5062, f 129 V».) 

— Manœuvre : 

Pour oster et esquiever d'orez eu avant 
toutes mauieres de forgeries qui du lez 
des 1 schevins ou de ceux qui vaulront 
estre i-ii oitiche porroient naistre et sour- 
venir. (1379, Ordoiin., Liv. rouge, f» 66v">, 
Arch. uniu. Abbcville.) 

FiToient culx quatre ensemble informa- 
tion des forgeries, buveries et aullres ma- 
nières iniieues que l'eu a teuu et lient 
jouruellemcul puis certain temps en ça, 
sur le renouvelemeut de la loy et des of- 
Bces de la dite ville qui se doit faire le 
jour monsieur saint Bretemieu prochain 
venant. (CA. de 1460, Abbeville, ap. A. 
Thierry, Mon. du tiers o(uf, IV, 272.) 

■ L'usage n'a gardé le mot forgerie qu'a- 
vec l'acception d'industrie des forges. 

FORCES, voir Kbuges au Supplément. 
FoiiGESiR, V. a., tromper par adul- 
tère : 

Trop sanl le» dones perJaes 
El par les dames corrompoes 
Qui gisent avocc lor garçons. 
fùù forijiu-nl lor barons. 

(Btancttnd.. i:i, Michclaol.) 

— Forgcu, part, passé, qui s'est reposé 
trop longtemps: 

Chiens qui sont île séjour et qui sout 
forgeu ne pevent fournir louj:!ue chasse. 
{Chasse de Gast. Plieb., p. 144, ap. Ste- 
Pal.) 

— Placé au dehors : 

Le dit marrylier doy apourler de l'eaue 
tous les dimeuches pour benoytre, tan en 
la pverrc forgeust que aussi en la cha- 
pelle' des trépasses. (G. DE Seytcrieks, 
Man. adm., ap. Ferroul-.Mont2a1ll.1rd . 
Hist. de l'ab. de S. Claude, II, 307.) 

FouGETEMENT, [orsjclement, s. m., ac^ 
tien de jeter dehors, de faire sortir, rejet : 

Egressio, forsjetement. {Gloss. de Douai, 
Escallier.) 

KOUGETER, [orgiUer, forsgiter, furietler, 
V. a., faire sortir, chasser, rejeter : 

Vigue de Epipte portas tu, forsgetas les 
senz, e si piaulas li. (Liv. des Ps. Cam- 
bridge, LXXIX, 8, Michel.) 

Trop fus uielre cruyere, quand tu cest 
avorlemcnt voulus faire porce ke nuls ne 
fust ki puist rezoivre celui cui lu avoies 
forgitiet. (S. BEisSAiiD, Serm. ap. Orell, 
AU.-Franz.gramm.) Lat., Dum non csset 
-qui e.tcipere posset excussura. 

Et le» fomgilrr 
De lor foie loi sarraiine. 
(Pus Gati>f.ao, Vie de S. Slarli». p. Il, Bonr- 
raité.) 

Si Vrinl pri« et mis en lico 
Et puis balu et fongilc 
De lor terre et de lor cilé. 

(i[... li., p. n.) 

— Délivrer : 

.Si li pleotl. 
Une pncele tisilcr, 
Qui sa fille iert, et fortniter 
De renferraelé qn'ele a»oil. 
(Pm.n Catiseac, tiV de S. ilarlin, p. :il, Boar- 
rissé.) 



— Forgeté, part, passé, qui fait saillie : 
11 estoit danffereux mettre les yeux for- 

jettes au bout d'un col long. {Trad. de Ga- 

lien, p. 483, éd. 1609.) 

FORGETTE, S. f ., petite forge, représenté 
par un nom de lieu, la Forgette (Niver- 
nais). 

FORGETURB, forjetture, s. f., saillie d'a- 
lignement, surjet : 

FOHGEUL, forgeu, s. m.? 

Ununi forgeul. (Pièce de 1346, Arch. P 
1388'.) 

Ung forgeu pendent et ung bassin a 
laver mains Je laton. (ISOl, Invent, de 
f Hôtel-Dieu de lieaune. Soc. d'Archéol. de 
Heauue, 1874, p. 180.) Impr., forgen. 

FORGEURE, forgure, s. f., aclionde for- 
ger : 

Grandes [lierres plates de mesme cstolVe 
que le pavé, longues de neuf pieds, et 
larges d'un pied di.\ pouces de saillie en 
dehors et en dedans pour la forgeture. 
(Vray et par f. Amour, f» 220'', ap. Ste-Pal.) 

D'nvantii^'ft ceste jointe a ses eminences 
et forjettnres egalles aux cavités dans les- 
quelles elles entrent. {Trad. de Galien, p. 
130, éd. 1609.) 

Ses forjetlures (de l'épine dorsale) qui 
sont aiguës comme espines. (Amb. Paré, 
I ÛBut)., XVI, 12, éd. 1633.) 

FOIIGEL", voir FOIIGECL. 

Les ferreiires 

Dont Tevre fout les furgeures. 

(Ms. Richel. 83", ap. Sle-Pal.) 
l'our la forgeure des marteaulx des 
maccons... (1480, Arch. mun. Tours, fer- 
ronnerie.) 
Pour troys forgeures de marteaux. (76.) 
Les forgeures a rebatre les manteaulx. 
(Pièce de 1516, Arch. de l'art français, VII, 
353.) 

La forgure de fers a charrue. (Cl. Haton, 
lfem.,I, 113, Bourquelot.) 

1. FOKGIEU, -jier, -cier, - cer,- chier, 
fouirg., fourc, fours., fourch., s. m., 
coffre, écrin, cassette, coffre-fort, reli- 
quaire: 

Forgier, escrin, cofrc portaut a cheval 
ne doivent point de rivage se il u'i a aucune 
chose dedenz. (EsT. BoiL., Lio. des mest. 
et marchand., 2" p., iv, 23, Lespinasse et 
Bounardot.) Var. ,forcier. 

Korcier, escriu.colfre portant a cheval ne 
doivent point de rivage se il n'a aucune 
chose dedens, et se il y a aucune chose 
dedeus chascun forcier, escrin ou cofre 
doit de rivage. (Du Liage rivage de Sainne, 
Hichel. 20048, fMUJ.) 

In abditorio, forcer. (Niccic, ms. Bruges, 
Scheler, iea;., p. 87.) 
Elicnor la belle, ou grande est li biautez, 
A pris .1. biaii forgier, qnibien esloil freinez, 
Tantost le defTrema, elle en portoit les des 
Pni» en Irait une ymage. telle com vous orrez, 
Klle estoit de fin or, ce disi l'anctoritez, 
C'estoît un cruceOs f?n une crois entez. 

(U. Je Seb., I, 771, Bocca.) 
D'encoste le forgier au digne sanc Jbesns. 

(/»., XVII, 213.) 
Quant il vit le forgier, cbelle part s'adrecha; 
Li forgiert la fremes, mais il le delfrema. 

(;*., -HZ.) 



.IX. foreiers, ou premier desqueux 
eBtoient deux copes d'argent. (1302, Test, 
du D.Jean, ap. I.obin., II, 434.) 

Un .un'l d'or ou e un ruby que ma 
femme me devisa qe ad tout plein de 
coups, et est en un petit forcer, en un grant 
huscbe, au bout de la basse garderobe. 
(1319, Test, du comte de Hereford, ap. La- 
borde. Emaux.) 

Deux forceis en la salle et .11. en la 
petite chambre. It. .11. foreiers en balet. 
item un forcer en la despense.' Item en la 
garde robe un forcier. Item un forcier a la 
porte de l'église. (1329, Invent, de mad. 
Ysab. de Mirande, Arch. Vienne.) 

Et puis le mist (l'enfant^ dedens ung 
forcier fermé de clef. (Met. d'Ov., Vat. 
Chr. 1086, f» 43 v«.) 

Et vous autres joyaus mettes en vo for- 
gier. [Dialog. fr.-llam., f" 3», Michelant.) 

Felisce la tingneuse cmbla a son maistre 
un fourgier ou il avoit moût de boins 
joyaus, orfrois et rubaus. (/&., f" 14'.) 

Icellui Jehan avoit prins deux forgiers, 
la ou il avoit grant quantité de monnoye 
d'or et d'argent, lettres obligatoires et 
plusieurs autres biens moebles. (1359, 
Arch. JJ 90, pièce 603.) 

Et bien dist, se sa mère nez nn y met denier. 
Son coffre brizera, si prendra son furgier. 
(Cuv., B. du Gueschn, var. des v. -2d1-'26U, 

Charrière.) 
A son forgier s'en vint ; cent ilorins en osla. 
fiD., il/., var. des v. 1613-1517.; 

Tantost priureut la ville et tuèrent çrant 
quantité de gens, et oiicqaes ne luy hrenl 
mal, fors qu'ils le misdrent plusieurs fois 
en huches, eu foreiers et en fers. (Mir. de 
Mad. Ste Kallierine, p. 46, Bourassé.) 

Ung forcier. (1373, Jurid. de la sale d'' 
S. Ben., !<• 8 r», Arch. Loiret.) 

Un grant forcer bien ferré et bien fermant 
de bonne claveure. (1381, Trinité, Arch. 
Vienne.) 

Un forcier ou un escrin ou la suppliante 
cuidast qu'il eusl argent. (1392, Arch. JJ 
143, pièce 193.) 

Laquelle suppliante print la clef d'un 
forcier ou culVre dudit chanoine. (1387, 
Arch. JJ 132, pièce 19.) 

Le suppliaul prist en une huche ou for- 
gier, qu'il trouva et ouvri, \iiit neuf pièces 
d'or. (1399, Arch. JJ 154, pièce 263.) 

A chascun escrin ne forgier, 
(Le DU de chascun, ms. Genève nO""", Hitler, 

Poés. des xiv" et x\' siècles, p. ii.) 

Dedeus icelle huche le suppliant trouva 
un forchier qu'il defferma. (1413, Arch. JJ 
109, pièce 82.) 

Que nul frère doye porter coffre oultre 
mer ue foreiers longs sur sommiers. (1433, 
Est. de S. J. de Jéi-r, f" 34% Arch. H.-Gar.) 

Puis ala a son forchier et en Irayt cent 
flourius qu'il lui donna aussi. (Hist. de B. 
du Guescl-, p. 34, Menard.) 
Fortune a le forcier cassé 
Ou j'csparsuoye ma richesse. 
(A. Chaut.. Pods., la belle Dame sans mercy, 

p. .'i03, éd. 1617.) 

Sa meilleure liusche ou forgier. (1307, 
Préo. de Fouilloy, Coût. loc. du baill. 
d'Amiens, 1, 293, Uouthors.) 

Le petit forcier ont sont lous grans 
seaulx de la ville. (12 août 1322, Reg.cons. 
de Limoges, 1, 22, Uuben.) 



FOR 



vaw 



FOR 



2. forgieh, friger, v.a., inventer : 

Je, Jehan le Fevre qui ne sçay forqier, 
nez en Ressons sur le Mas, vers Com- 
pienpnp, procureur en parlement du roy 
nostrc sire, confiant en l'aide du Saint Es- 
perit, nie suis entremis de translater et ri- 
mer en franeois cest livre du poète saipe 
qui est intitule : Ovide de Vetula. (J. Le- 
FEVRE, la Vieille, p. 3, Cocheris.) 

— Aposter, préparer, styler : 

Et la furent (ikiseuis forgiez et ordenez 
a ce qui crièrent louz a une voiz : Navarre, 
Navarre. IChron. de S.-Den., Ricliel. 2813, 
f 415'.) 

Aussi est advenu et souvenlesfois ad- 
vient que plusieurs crimes capitalv, deliz 
et autres cas criniinelz, ne pevent estre 
altains, par ce que en nostredit cliastelet, 
tant pour la nnillitude des prisonniers et 
criminculs qui y sont n'a pas assez pri- 
sons secretles ou l'on puist meltre sepa- 
reement et diviseement les uns des autres, 
ou qu'ilz ne soient frigez par les autres 
criminelz des autres estans paravant eul.K 
esdictes prisons. (1398. Ord., vm, 309.) 

Secousse dit : 

Frigez, ou p. e. forgez. On pourrait 
soupçonner que c'est un terme d'ar?ot, 
c.-à-d. de la langue en jarpon que parlent 
entr'eux les mendians, les vapabons, les 
voleurs, etc. Il paraît que frigez ou forgez, 
signifie instruire de ce qu'il faut dire ou 
taire, emboucher. 

Nostrc bonne mère avait, le jour de de- 
vant, au partir de sa fille, forgic le méde- 
cin, qui estoit bien adverty de la response 
qu'il devoit faire. (LoDIs XI, jVomj)., XX, 
Jacob.) 

FonGiET, forchiet, forjet, s. m., coffre, 
•écrin : 

En rele licre de PrOTencc 
Fn li rois par .i. diemence ; 
Les mes'Teans en ot kacies 
Kt des auqaans et baplisies, 
Ponr les forjes qn'il i trouva 
.vni. jors cl plus i sejorna. 
(MoiSK., CAro»., .3931, UeiCT.) Impr., /nrics. 
D'un forchiet qui cousta .xiv. deniers, il 
en prist .ii. deniers d'outrafre. (Plainte au 
B. de Fr., vers 1268, Arch. prov. de Gand, 
Rupelm., W 118.) 

Un forgiet painture d'ymages eslevees 
et dedens arpenté ; unp aullre forgiet poin- 
ture a escussons. (1367, Heg. aux Test., 
Arch. mun. Douai.) 

Ung forgiet cl un-; coffret. {Test, chirog. 
du iT juin 1415, Arch. mun. de Douai.) 

Nom propre ancien : Stephanum dictam 
Forget. (1315, Cart. de Montiéramey,p. 385, 
Lalore.) 

rouGisoN, s. f., action de forger : 

Chances de ("er, de lionc forgison, 
li ont la'îees es janbes environ. 

(Iloncisi., p. 188, Bonrdillon.) 

rORGITlEK, voir FOBGETEB. 

FOHGoiR, voir FoiuoiB. 

FORGLRE, voir FORGEURE. 
FORGURER, VOir FORJUBER. 
PORIER, voir FORRIER. 

FORiERE, forr., four., ferr., s. t., lisière 
d'un bois, d'un champ; quelquefois bord 
d'un bois oii les bestiaux paissaient: 



Sire, soiei en la foricrr, 
'.bascnns de nos se traie ariere. 

(Renan, B-IO", Mdon.'i 

Le pasturaige et l'usaifje de fayne et de 

plans et de ferriere en ban de Serain. 

(Trad. du xiil» s. d'une ch. de 1202, Cart. 

du Val StLambert, Richel. 1. 10176, C 16^.) 

Serreement se vont ta /Wrtcrc don bois. 

(Yeus dou paon, Hichel. IM.'il, f° l\S y°.) 

Serreement s'en vont la forriere d'un bois. 
(/»., Ricbel. ,368, f 100^) 

Et si y a que fosses que forieres outre 
les sommes de .m. arroiapcs devant diz 
.111. quartiers et .LV. verges. (Lett. de 1323. 
Arch. JJ 61, P 100 r'.) 

Encontre blés, encontre mars, en fera 
ferriere: fl T'i ne le fera, il sera a .v°. s. 
(Ordonn. de la ville de Beims, Arch. admin. 
de Reiras. III, 492, Doc. inéd.) 

Le forriere d'un bois. (Fnoiss., Chron., 
V, 401, Kerv.) 

3 deniers 3 angevines pour une fouriere 
de prev séant on ban de Bouconville. 
ri4I5-16, Arch. Meuse C 1532, f° 1 v».) 

Norin., Orne, Calv., val léed'Yf'res,/"orie>"e; ! 
Guernesey, ^oîfanerc, sillon de travers au 
bout ou en dehors d'un champ. Env. de 
Rennes, forièrc, sentier. Rouchi, forièrc, 
bande da terre h l'extrémité d'un champ 
qui n'a pu se labourer avec le reste de ce , 
champ. Mener une vache à forière, c'est 
la faire paître sur la lisière des champs 

cultivés. (HÉCART.) 

Mener al forriere, en Picardie et dans 
toute la Haute-Normandie, c'est conduire 
chez le jusc ou garde-chanipètre des j 
bestiaux trouvés pâturant dans une terre 
ensemencée : ces bestiaux ne sont rendus 
au propriétaire qu'après avoir payé l'a- 
mende à laquelle on l'a condamné. 

Nom propre, Forière. 

FORiM-ON, s. m., cap : 

Vers l'Est il y a un autre promontoire 
comme dépendant du grand, que les chris- 
liens qui y sont passé, ont nommé le Cap i 
des Aiguilles, n cause de plusieurs pointtes, ' 
espuillons et forillons, quil semble faire I 
entrant dans la mer. (Tuf.vet, Cosmogr., 
m, 15, éd. 1358.) ! 

FORiN, voir Forain. 

FOUINE, voir Foraine. 

FORiNSEQUE, adj., cxprimc l'idée de 
surnaturel : 

En sapience forinscque, c'est a dire en 
sapience qui est par d[esjus home. (Chron. 
de S.-Den., ms. Ste-Gen., f» 291''.) 

lORisoN, s. f., endroit percé, trou : 
Kt se ne luec ma main eus en la forison 
Qoe Longis lisl del anslc qui erl ai-ue en som ! 

Eus el destre costé quant mors erl li sains bom. 
(Hersan, /(ii/c. Riche!. 1441. f 50 r".) 

FORissiR, foressyr, forescir, furissir, 
forussir, foruscir, v. a., franchir: 

Ils forissoient patrouilles. (Rab. , 111, i 
prol., éd. 1552.) j 

— Forissu, part, passé, sorti, émigré, 
banni : I 



RcpalIf.Ms lot les furissu.'i de nostrc ville. 
"rr''' ''"'''''^"''S. 1" Coll. de lois. 

Sont rapalleiz tôt furissuz, exceptei fu- 
rissuz qui sont furs por oniicide. (1411 
i6., n''201,f°57 V».) ' ' 

Ne logeront aucuns personnages estran- 
gers passans par pays,incongneus et sans 
advcu, foressjjs, bannyz et chassez d'icel- 
Iny royaulnie. (Ord. de Fr. J" sur le faiet 
de lajust., f» 101 r».) 

Aussi ensi il esté bien forisstl dn dei- 
ficque manoir de raison, si aultrement se 
feust centriste ou altéré. (1d., ib.. c 2 
éd. 1552.) 

Pour la restitution des forussis et exilez 
(Fr. deRabut., Mém., xi, éd. 1574.) 
Les Chalcidiens forussis. 

(RoNS., Uijmn., I, ,'>, lîibl. eh.) 
Il évente, (l'amonr de Venns) subtil, «n hransie 
fde ses celles 
Ses cheveux crespelus. admire ses beaux yeux. 
Non pas comme son fil?, sainte race des Dieux, 
Jlais comme un estransor forissu de sa terre 
0"i la voulust forcer d'une plus douce guerre. 
Ravi de ses beantez. 
(II. BF.U.EiU, Œiiv.por'l., rOnyce, éd. 157S.) 

L'Italie nous a vomie une racaille infinie 
de, foruscis que cette fenme a favorises et 
enrichis des trésors de la France. (Le 
Tocsain contre les massacreurs, p. 105, 
éd. 1,579.) 

— On trouve an xvi" s. les formes ita- 
lianisées forescide, foruscide : 

Restitution et pardon des forescides de 
Naples. (1S30, Papiers d'El. de Granvelle, 
I, 476, Doc. inéd.) 

Et ne defaudront les pralicques ou 
cousté de dennes et Monepo entre aultres, 
et des forescides de Florence, I.uques et 
Sennes. (1536, ib., II, 447.) 

Ou .je suis vrayement forissu d'intelli- 
gence et de sens lôcical. (Iï.ab., I. III, prol., 
éd. 1552.) 

Remettant iceux sujects, quant a ce 
plainement, et cessans tous empescbemens 
et contredits, aux droits qu'ils avoyent au 
temps de l'ouverture de ladite guerre; et 
s'entend le contenu en ce présent article, 
en tons lieux et endroicts de la siibjection 
desdits seigneurs rois très chrestien et 
catholique; sauf quant aux foruscides de 
Naples, Sicile et duché de Milan, lesquels 
ne seront conprins en ce présent traicté, 
ny jouiront du bénéfice d'iceluy. (Traicté 
dé paix de Caleau-Cambrcsis, ap. De Vil- 
lars, Mêm., XII, .Michaud.) 

POR.iET, voir Forgiet. 

FOR.iETTER, vnir Forgeter. 

FORJETTURE, VOir FORGETURE. 

FOR.IOER, - goer, four., (se), v. réfl., se 
réjouir outre mesure, s'abandonner aune 
fausse joie : 

Mors crie au fol no se fonrgoc 
Des vieus delis eu coi il noe; 
A een const de lui mesovient. 
(Vers de le mort, Ricbel. '.Mï,, f 336'.) 
Mors crie a cians qui se fourgoent 
Des pecbies morleus u il noent. 
Dont li plus donc sont plus coisant, 
(luanl pins s'i frotent plus s'enboenl. 

'II'., f" 337«.) 



80 



FOH 



FOR 



FOR 



l n j»i» bel -Jl jolii" 
Oefint IM «l chelii. 
P»r son oDltrecuiJiii'e : 
Car il se fmrjo'.toi ■. 

l'orcB qn» il lyoi 

i lire lo li l'inje. | 

(\Hop. II. f.ib. III. Itoberl.) 

El <]n:inl B-inJoins Toi. darement »'en fourgoe, , 
Kn IrrriT» li fait 1« loupe, et pois le moo. I 

(B. dfSei.. 11. S.'C; neiff."i 

FoRJom, - joiir. - goir, four., verbe. 

— Réfl.. se réjouir outre mesure, abuser 
des jouissances, s'abandonner à une 
fausse joie : 

Dont se doit bien tenir por sot 
Oai de tel avoir te fonrijnl 
nont nuloi ne loist amonter. 
KVers de le mon. Uichel. 375, f" 33;i'.i 
IJnar tel a la fois se forgol 
(Joe antre en fet sa nioqnerîiî. 
aïOïS à Sym. d.Mies, Vat. Chr. loâi. t' nO".) 

— Xentr., dans le même sens : 

Bien doit on aviser et biens et maus, par 
quoi on puist plu? lenierement les maus 
porter, car li dar pourvent mains blechent, 
et des biens nient fourjoiir, car sans co- 
rape de suge, bonnes fortunes honeste- 
mènl fort est a poiter. (Li Ars d'Amour, I, 
286, Petit.) 

FORJOLSTER. - jouter, four., fors., 
verbe. 

— Xcl., vaincre dans un tournoi, rem- 
porter le priK de : 

DeTsnt ians Toienl le vassal 
Qai le tornov a fnrujiiailé. 

Coiltei de Cliin., triSH, Keiiï.) 

Kt qne ly creslyenso par son bardement 
l.a fieste fmrjoiislee sy honnonrablemcnl. 

iCodefro!/ de Boiiill., 15315. IteilT.) 

Qui fourjonila la Geste? ne le m'aies celant. 

(/«., 15090.) 

I.a feste fnrjoutla. l'onnonren yint a loi. 

(Cit., B. du Cueselin, 529, Charricre.) 

Kt i furent srant fuisson de Hainnuiers ; 
pt par »>sp(;cial me.-sires Jehansde llainnau 
et incssires Ciiiillnnuies de.liillcrs i furent, 
et li sires d'Engliien'qui fourjousta lez 
ioustes. (Fhoiss., Chron., 1,287, Luce, ms. 
Rome.) 

Pou scevenl feste ou emprise de jouster 
que a leur povoir n'y soient, et se bien leur 
en chicl, queli" pliis'souvent les /■oivoKsfenf 
ou sont eu débat d'avoir le pli.";. {('•. DE 
Chah.ny, Lie. de C/»cca/., ms. Bnix. 11121. 
f83v».) 

— L'emporter sur : 

Parquoy il» se peussent vanter ailleurs 
qu'iU eussent forjousté la chevalerie de 
Brctaisne. (Pemforest, vol. VI, cU. 46, 
.'•d. 1328.) 

— N'eulr., remporter la victoire : 

El fourjousta de cheulx de dedens mes- 
sire Franque de Halle, et de cheulx de 
dehor.- U- conte de Mons en Allemaipne. 
(Froiss., Chron., 111, 239, Luce. 
De Locembourr y fu Jehan forjotistati.y 
nu reali de hors, et de dedens Ilelie. 

<Kcst. Dïsr.H*»!^. Por^.. m, 3i9, A. ï.' 

FunJi'GEMUNT, -giement, four., fore., 
s. Mî., jugement qui condamne au bannis- 
sem*'nt, ban : 



Ne rentrer n'i doit, sor forjugement, 
devant ion termine qui mis i est. (1230, 
HUt.de Metz. Ul.iOO.) 

Le requereor peut dire qu'il estoit en- 
gendré et ni .Tvant que celui jugement fu 
fait, de quoi l'on dit que son ancestre fu 
forjugié, et il est hcir don conquereor don 
fié et de part lui le requiert; et avant que 
ce avenist que l'on dist don forjugiemeiit 
de son ancestre, esloil il heir. iUv. dePhil. 
de A'ap., Ass.de Jér., l.I. p. 498,lieiignot.) 

Prejudicium, forjugemens. (Gloss. de 
Douai, Escallier.) 

Oc la chesfc et fourjugement de hiy et 
dou Saint Empire. (1399, Hint. de Metz, 
IV. 499.) 

— Conliscalion : 

Pour adjudication et forejugemeut, qua- 
torze sols, pour arrest ou il y a eschevins 
et exécution, pour chacun sept sols. (Coîif. 
de Nyelles, Nouv. Coût, gén., I, 397".) 
Iiupr., foreinyement. 

FOR.MJCiEii, fors., fow., verbe. 

— Act., bannir : 

Quicuuques se laira farjugier en eeste 
pais por auques ou por pou, sei aiuin en 
doient faire ceu Ice d'ouiicide. (1214, Paix 
de Metz, Arch. mun. Me,tz.) 

Cist sont forjugié por la pais. (1241, 
.\icli. Melz, olim coll. Kmiuery.) 

Qu'il soit forjugieis. (1234, Hist. de Metz, 
III, 210.) 

Qui debveroit amende et il ue payera 
dedans quarante jours, la justice nieo- 
troil la main a luy jusques a tant qu'ilz 
eussent leurs grey. ou elle forjugeroit 
hors des bornes. (1320, Cli. d'alfran'cli. de 
Fresnes, Cabinet de M. do Labry.) 

Dont le forjuga del reaunie. {Chron. 
d'Angl., ms. Barberini, f" 30 v.) 

.1111. ou .V. qui estoieiit dndit fait s'en 
soiil louys, lesquel.^ ont estez fourjiigiez. 
(1430, Hist. de Metz, V, 207.) 

— Priver, dépouiller : 

Or m'a forjugié d'amonrs. 
(C.iLiTIEii d'Argies, Clians., Ilichel. 841.) 
Et quant César vous avéra mis au de- 
sous pour moi vengier, vous seres puis 
fourjugies de toute hoiinour. (Jehan de 
Tui.M, Hystore de Julius César, p. 74, Sette- 
gast.) 

El le veullent san canse de s'onneur fourjugier. 
(II. Capel, lOil, A. P.) 

— Enlever judiciairement : 

.Nous demandâmes toutes les terres 
forjugieis par cliele raison ke l'église de 
.-aiiil Berlin ne puet avoir el tenement de 
scales amende nule fors de deus sols... 
tous les caslcaus forjugies doivent de- 
moreir a nous et a nos oirs.... Et se che 
fiist cose ke il i eust aucunes terres forju- 
ijiees, ou ke il couveuust forengier (lis. 
forjitgier), dont l'église devant nommée 
eust iiiestier de no aide, nous les devons 
faire jugier a le devaut dite glise. (1266, 
jrransaet,,Tailliar,/?ci;. d'act.des xii* et xili" 
s. enlang. watt., p. 277.) Impr., /'oniig/cis, 
foringies, foringiees. 

Bien li doit esire sa terre forjugié. 

(Enf. Oijier. 3278, Scheler.) 

Vi'z le cy, dame ; mes au mains 
Yrons noai devant le vray juge 
Vostre fliz ; s'il le nous forsjuge 
Nous le vous laisserons a tant. 
(Miraclei de Noire Dame. I, 1, I2:.8, G. Pari».) 



— Condamner : 

i: foijtige Paire le rous. 
.\mendes i. se saves mieus. 
lEIeoele el Polin.. Iticliel. 375, f 59'.) 

Comcnl a ardoir le jujicrent 
I.i baron ki le forjunierenl. 

(Dolopalhos. 4812, Bibl. el^.i 

Ce .lit Nobles : Vos aves tort 
Qui lifnart volez forsjuger. 

(Remrl. D'. I, v. 228, Martin.) 

Oîiiiues nKiis (ils de roi a mort 
>'e fit si furju'jies a torl. 

(Sept sages, 41 (U, Relier.) 
Et de lui meismes tiesmoignoit ou 
qu'il estoit de mauvaise créance, par coi il 
fu fourjugies en la court de Rome. (Hist. 
des ducs de Norm. et des rois d'Anglet., 
p. 122, Michel.) 

— Débouter : 

Et furent forjugié Jehans et Baudouins 
pour ce que leur pères avoit prise leur 
mère et espousee mauvaisement. (MÉN. 
DE Reims, 399, Wailly.) 

— Condamner à litrt : 

Ne nul no soif ja fotirjiigiei. 
iNe do sou droit amenuisies. 
(Yie de SIe .^arguer., RicUel. 1555, p. 115. 

Joly.) 

Li maires et li eschevin en seroient 
tenu a moi en seissante soulz d'amende 
et a rendre lou douiage a celui qui il ou- 
roit forjugié, et \\forjugiez rauroit la que- 
relle. (1266, Cliart. d'affranch. de Monlier, 
Arch. mun.Montiers-sur-Saulx.) 

Les forjugies et les dampnes a tort. 
[Vies des saints, ms. Lyon 697, f" 92'.) 

Et si ne le discute point ou fourjuge. 
(De vita Ckristi, Richel. 181, f 32 r».) 

— Forjugié, part, passé, banni, con- 
damné : 

Et fourjugiel et recreo. 

(MousK., Chron., 5359, Reiff.i 

Toutes les gens de la ley de Rome et 
tous forjugies et tous parjures. (Ass. de 
Jer., t. I, p. 501, Beugnot.; 

Coment Kaii-line antreprist a estre sires 
de Rome par l'ayde de forjugies. (Ms. 
Berne 98, f" 29''.) 

Et ne doit estre rechus en le monoie 
nus bastars, ne forjugies, ne siers. (1298, 
Cart. de Nam., Régi, et stat. des mon- 
nayeurs à Namur, Borgnet et Bormans.) 
Impr., foringies. 

Rappeler eu la citei de Verdun toutes 
manières de fourjugies. (12 janv. 1313, 
Richel., Collect. de ion'., vol. 982, pièce 7.) 

1. l'Oii.iuit, foiirgur, s. m., parjure : 
Les homicides et fourgurs. (6 nov. 

1391, J.elt. de Tliieri, sire de Sainzelles, 
bailli de Uainaut, Arch. Mons.) 

2. Kou.uns, fourjur, s. m., déclaration 
en justice et par serment qu'on refusera 
tout secours à un criminel de sa parenté 
ou do son amitié : 

Se aucun liiuiige sont callengiet pour 
deûaulte de fourjur. (1378, Cartulaire 
Caria Maria, f" S2, Arcli. de l'Etat à Mons.) 
Gillart le Grand fist adjourner a Mous 
: Colard de Midelay pour faire fourjur selon 
l'usage du pais. (1393, Arch. JJ 144, pièce 
258.) 



FOR 



FOR 



FOH 



Ce np seroit paf raison que 1p forban ou 
forjtir piiiportast prpif!neur effect en puni- 
cion que l'attainte propre du faict. {Covst. 
de Norm., f» 56 v», i^d. 1483.) 

FORJi'REMENT,/bHr., s. m. .déclaration 
serment qn'on refusera tout secours îi un 
criminel de sa parenté ou de son amitié : 

Autrement iroit s'il avoit batu ou féru 
ne navré puis le forjuremenl aucun de 
cix asquix il reqnist a estre hors de le 
cuerre. (Bbauman., 'Cout. du Beauv., cli. 
MX, 19, Beupnot.) 

Pour cliest forjuremenl faire. (128S, 
CMrt. de Valmont, î" 12 v», Arch. Seine- 
luf.) 

S'aueuns homs s'enfuit avec homechide 
ou pour celé occoison se deslourne et ist 
dou pays pour chou qu'il l'homechide ne 
voelt fourjurer. dedens l'an puet revenir 
et faire le fonrjnremeni. (Trad. du \n' s. 
de la Charte pénale de Mons, Arch. de l'Etat 
à Mons.) 

FOR.JLIRF.IÎ, fors., four., fiier., forgurer, 
V. a., renoncer par serment S, jurer d'a- 
bandonner, en parlant d'un pays, d'un 
métier, et par extension renoncer à, re- 
nier, abandonner, quitter : 

Forjurerle pays, dit M. Floquet, Hht. de 
l'échiquier de Norm., p. 182, c'était s'en 
bannir soi-même : et il y fallait des so- 
lennités. La main sur le livre des Evan- 
giles, le réfugié jurait qu'il allait sortir 
de la Normandie ; que jamais il n'y re- 
viendrait ; quil ne ferait mal an pays ni 
aux habitants, soit de lui-même, soit par 
d'autres ; qu'il ne coucherait jamais plus 
d'une nuit dans le même lieu, à moins 
qu'une maladie três-?rave ne l'y contrai- 
gnit. 

Tôt li fiirsjiirra le pais, 
On'a nul jor mais de son aajze 
Me daim ne part ne erilasre. 
(Ben , D.deKorm.. Il, 3 in;;:i. Michel.) 
Il a vostre corl forjuree. 
(Perceval, ras. Monip. Il 210. f° n7''.) 
Laissiez en nianclieflnr aler, 
Kt si li faites forjjtrer 
A t02 jnrs mais vostre contrée. 
(FI. et HIancefl., 2' vers., 571, dn Méril.) 
Seix livres paieroit et un an forjurroit 
la banlue. (1214, Paix de Melz, Arch. 
mun. Melz.) 

Et li avoit dit que se il voloit l'ostel le 
roi Artu forsjurer, et que il ne parleroit 
a chevalier qui en fust n'a dame n'a da- 
nioisele, ele l'en lairoit aler, et il l'avoit 
refusé, et il dist qu'il ne le forsjuroit en 
nule fin. {Artur, m?. Grenoble 378, f" 74''.) 
Fait m'a li dns mes sire ma terre forjurer, 
Que jamais a ma vie n'i porrai criler. 

U'arise, 7-27, A. P.) 
Mais je vos ferai certes ma terre forgurer. 

(III., 701.) 
S'orendroit ne forgure ma terre et toi mon fier, 
Kotreci et .vu. anz, mar i métrai le pie. 

IFloovanl, 13H, A. P.) 
Sa feme wida le roion 
Et le fourjura a lousjoors. 

(JIOUSK., Chron., 151-29, Reiff.) 
Ke jou Robers, avoes d'Arras, par saire- 
uient oi forjuré toutes les tailles, les rues, 
les demandes, et toutes les corvées de 
Kailli de Forbais. (Cft. d'oct. 124S, Cb. des 
coinpt. de Lille, 854, Arch. Nord.) 

T. IV. 



S'il ne se puel paier, il forjura la vile, 
jusque il se puisse paier. (Liv. de josl. et 
deplet, III, 6, § 2, Rapetti.) 

Et s'il ne pleisoit a l'aprentiz a aler au 
mestier, il li convendroit forjurer le nies- 
tier. (Est. Boil., Liv. des mest., l" p., 
XIX, S, Lespinasse et Bonnardot.) 

Por laquele chose nos bailliz devant dit 
jirisuies lou dit larron en nostre main 
comme souverains, et li fit li diz prevoz 
lou pais a fuerjurer par lou cousoil dp 
bones penz. (1271, Cft. du bailli d'Auxois, 
Carlul. de Fontenay, 1° 82 r», Arcb. Côtc- 
d'Or.) 

Et si doit cesser un an de son mestier 
devant ke il puisse venir a la hanse, et si 
doit fourjurer a tous jours son mestier se 
besoipne ou povretes ne li fait faire. {Li 
ordenance de tenir la hanse c'on apiele la 
hanse de Londres et entre ceux de Bruges, 
Arch. du nord de la France, t. I, p. 183.) 

Se il veut tenir a l'eRlise il forjurera le 
pays par devant les chevaliers et autres 
gens creables qui en puissent porter tes- 
moing, se mestier en est, en ceste forme : 
Ce oyent tous ceulx qui cy sont que tu 
d'icy en avant n'entreras en Normendie, 
ne feras mal ne pourchasseras a faire n 
nul de ladicte terre par loy ne par autre 
pour ce forhannissenionl. {Coust. de 
Norm., P 63 v, éd. U83.) 

— .lurer d'abandonner un homme, de 
lui refuser lout secours : 

Fors trois gouttez sans plus, quant Charlez par 
(yrour 
Le fery de son pant qne le virent pln.^onr. 
Quant Charlez ftmrjnra par force et par yrour 
Ficrabras d'Alixan'lre par force et par vifrouV. 
(De .lehan iTAIenson, Ars. 314.S, C 116 V.l 
Tuit sei ami \o forjurroienl. (1214, Pa/x 
de Melz, Arch. mun Metz.) 

Clii fovrjures vous chelui qu'il n'ara 
confort ne aiiuwe, consel ne i'orche, de 
vous ne de gens que vous puissies des- 
lourner. (RoisiN, nis. Lille 266, p. 79 ) 

Lor trois femes bâtirent 

De basions et les formenerent. 

Et enpres çoa les forjurerent 

Et encacierent. 

(firti. le Nottv., iSfiî, Méon.) 
Il convint que les prochains du lignage 
d'icellui Guillaume demourans au pays 
forjurasseitt selon la loy et coulusme dudit 
pays, qu'ilz ne aideroient ne consille- 
roient.... ledit Guillaume. (1393, Arch. JJ 
144, pièce 294.) 

L'official de l'evesque d'Angiers com- 
manda au suppliant apparileur qu'il citast 
icellui Blanchart par devant lui, pour for- 
jurer et séparer de sa compagnie icelle 
concubine. (1411, Arch. JJ 166, pièce 38.) 
A item s'il advient que aulcuns des villes 
devant dictes soit occis, les amis et ceulx 
du sang du tueur seront as? euré des amis 
et des cousins du tué jusques au quaran- 
tiesme jour a compter du temps de l'occi- 
sion,ct se en dedens le quarantiesme jour 
aulcun navrast celui ou tuast il seroit tenu 
pour mourdreur. Et aussy se après le qua- 
rantiesme jour ilz vouloient le tuer, forju- 
rer et le forjurast, ils seront asseuré et 
porront issir de le faide. {Trad. de 1489 de 
la cout. de l'abbaye de Maroilles, Bulletin 
de la Comm. hist. du dép. du Nord, IV, 
340.) 

— Abjurer : 

Au patriarche d'AntiocheHairaeri vinrent 
et forjurerent l'enseignement Mahon que il 
avoient longuement tenu. (G. de "Tyr, 
XXII, 8, Hist. des crois.) 



I rORKEFIERE, VOif FORCHEFIEHE. 
I FORKIÉ, voir FORCHIÉ. 

FORLiGNAni.K, four., fors., fol., adj., 
qui forligne, qui dégénère : 

tu sainz pères, quele chose t'a donques 
despieu en moi? as me tu donc prové 
forlignable? {Vie S. Lorant, Richel. 818, 
f° 276 r°.) 

Li rois le fis ocire corne mauvais et 
forslignable. {Chron. de S.-Den., ms. Ste- 
Gen., f» 13=.) 

Pour ce que il esloient mauvais fil et 
forlignable. {Ib., f» 91\) P. Paris, fourli- 
gnables. 

Degener, a, folignable. {Gloss. de Con- 

ches.) 

Ne il n'est mie de peuple vil ne homme 
fourlignable. IL. de Prf.mierfait, de Casu 
rir., Richel. 132, prol.) 

Vous tenez vostre ame comme un hoste 
forlignable et hayneux. (Oresme, Trnd, 
des Rem. de fort, de Petr.. Ars. 2671, 
f''46 v°.) 

FORLIGNANCE, foli, S. f.. action de 
forligner : 

JOYE. Mon lignage est noble d'ancien- 
neté. Raison. C'est une vautance digne de 
mocquerie que de soy glorifier de ce qui 
est a autrui. Les mérites des ancestes font 
congnoistre les follignances de ceulx de 
qui ilz descendent. (Oresme, Trad. des 
rem. de fort, de Petr., Ars. 2671, 1° 27 r».) 

FORLiGNEMENT, -Ont, S m., actiou de 
forligner : 

Des admirables exploits de guerre du 
frand roi Clovis ; forlignement de sa pos- 
térité. (Pasq., Rech., V, i.) 

Le plus souvent ce forlignement ne vien- 
dra pas tant de la génération et du sang, 
qu'il fait de la nourriture. (G. Boochet, Se- 
rees, xxni, t. IV, p. 28, Roybet.) 

Forlignemant, degeneremnnt. (Monet, 
Parallèle des langues, Rouen 1632.) 

FORLiGNiER, - Hugnier, fors., four., 
fol., verbe. 

— Neutr., dégénérer de la vertu de ses 
ancêtres ; 

11 ne foligne mie s'il est si bons cheva- 
liers, quar ses pères fu un des plus preu- 
domes del monde. (Lancelot, ms. Fribourg, 
f» 78>.) 

Qnar il forligne de nature, 
Cant mal fait de la Peu ligure. 
{Poème allég.,^n\.. Mus. add. l.lBilfi. C -.'.) 

Le filz doit resembler son bon père, au- 
trement il foligneret. (1279, Lacrent 
Somme, ms. Chartres 371, 1° o4 r°.) 

Ce est damage 

Que tn es de gentil lignage, 
La semence forligne en lei. 
Va le TCie, fui devant mei. 
{CJiasIoiem. d'un père, conte ni. 4', Biblinph. fr.) 
Degenerare, foligner. {Gloss.de Couches.) 
S'il faisait autrement, il forlignerait de 
l'ancienne vertu de ses ancestres. (LaRIV., 
le Laq., m, 3, Ane. Th. fr.) 

— Réfl., dégénérer : 

Qu'elle ne se forlignast jamais de la 
droite sente de vertu. (Th. d Avignon, Or. 
fun. de L. de Lor r.) 

— Act., dégénérer de, faire honte à : 

11 



Ht 



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FOR 



FOR 



Calaia rostre «itc a'arrz p»s forlins''' 
Qai son parrin mortri en nn mortier 

{1rs Loh.. ms. Montp. Il î 13. T 18'.) 
G»lain rosira aiTC .no arrz fnrsligni/. 

(;».. ms. nijon, t" 3M 
Garlain rostre .liio ne rolei forlinmir 
Qui son parrain mnrdril en nn mostier, 
A son siiioor li|!i> conp.i le diiof 
Et son cousin fit en on sac noier. 
(Car. If Lok., i' chans., Il, P. P.iris.) 

Monlt par est conrlois l'emperere, 
Ki ne fourUngnr p.i« son père. 
(f.ACT. d'Abris. Eracl., ms. Tnrio. S"'*.) 

— FortignanI, p.irt. prés., déiténéré : 
Ce sont ci'iix (les grands du monde) qni 

sont Ip? plus forlignans et les plus bastars 
PD bien faire. (G". Ch.\stell.\is, Adv. au 
duc Charles, vu, 321, Kervyn.) 

Ne permettras que les juments soient 
saillies des estalons que de deux ans en 
deux ans pour en tenir race non bastarde 
ne forlignant. {Mais, rusiigue, i, 28, p. 123, 
éd. 1658.) 

— Forlignié, part, passé, dégénéré ; 
l.e ta dame sa^e e preisee, 

Qni de rien n'en est firslignee. 
(Bes., b. d( Norm., II. 27l(i3. Michel.) 
.\ntoisne Fourligniet. (RolsiN, ms. Lille 
266, p. 19.) 

Dieu la donna (celle baulte prospérité), 
par le mérite des bons pères, et il l'a 
toUue aux enfaiis forlignez pour leurs dé- 
mérites. (Al. Cn.^KT., l'Espérance, p. 313, 
éd. 1617.) 

FORLIXGNIEH, VOir FORI.IGMER. 

FUKi.oiGNE, fortongne, forlongue, forl- 
longe, forlonge, s. f., éloigneinent : 

S'il avenoit chose que les chiens lais- 
sassent du tout qu'ilz ne voulsissent aler 
après, ou ne peussent, ou par le grant 
ensuit, ou pour la forllonge, ou pour leur 
mauvaislié, le veneur ne le doit pas lais- 
sier ainsi. {Chasse de Gaston Pliebus, 
p. 227, ap. Ste-Pal.) 

l.e Pclaud (lièvre) ne veut souffrir la 
première bourrade faisant des equippees 
a dessein de gagner l'advantage de for- 
luHgue. (L)ËSP.\RHuN, Disc, dédiasse, p. 59.) 

— De forloigne, de loin : 
Uf furlonijnr s'en est venu 

Ko l'eane deranl noos entrer. 

(Ut. de la chute, p. 16, Pichon.) 

Chassans de forlonge. (Du Fodilloux. 
Ven., c. V, éd. 1585.) 

FonLOiGNiE, - oingnie, - oiignie, s. f., 
éloignernent : 

i'.t se, par aocnoe manière, 
De fortoingnie chasser li faut, 
Poor ce ne doit avoir deiïaut 
On Tencor, ne soy esbair. 

(IIahd., Trrs. de ten., p. iC, l'ichoo.) 

Car Ici chiens cbacoot teleroent 
De fvrlongnie et soubi le vent... 
(Gicu, /loi», dei Deduii, Chasst du cerf, ms. 
Condé.i 

FoiiLoiGNiEii, - longner, four., fors., 
foulengner, folengier, verbe. 

— Act., laisser en arrière : 

>os TolenI elisi fnntoignier. 
(Bn., D. de Norm., Il, 19809, Michel.) 

— Neuir., s'écarler de ses pnr.iges ; 



Ou preut dains a force de moins de 
cbiens qu'on ne faict nn cerf pour cinq 
causes : la première est qu'ilz ne fuient 
pas longuement comme un cerf, la se- 
conde pource qu'ilz chacent de plus près. 
et qu'ilz ne fotilengne pas tant comme le 
cerf... {.Vodus, f» 2S v, ninze.) 11 folenge. 
(Ms. cite par Ste-Pal, f» 20.) 

— RéO., dans le même sens: 

Ils (les chiens gris) connoissent le deffaul 
qu'ils ont du sentiment, et si une beste se 
forlongne devant eux, ils ne la sçauroient 
plus chasser. (Chaules ix, Chasse roi/nle. 
p. 35, Chevrcul.) 

.... iem'estoyr fourlongné 
Dn labeur on j'csloye n'a paere embcsoené. 
(Vadq. de la Fresnave, Art poel., p. 81, Genly.) 

FOIU.OIXGNIE, voir FORLOIGNIK. 

FORLONGNE, VOif FOilLOIGNE. 

FORLONGNE, S. ni., forlonge : 

Si chasseront de forlongne 
Les chifîDS- 
(Gaces, Ttom. des Dcdiiiz, Chasse du cerf, ms. 
Condé.) 

FORLONGNER, VOÎr FOBLOIGNIER. 

FORLONGNIE, VOir FORLOIGNIE. 

FORLONGUE, VOÎr FORLOIGNE. 

FORMABLE, adj., quï peut être formé : 

C'est donc chose certaine que la subs- 
tance des fleurs est de matière subtille et 
moiste meslee avec subtille terresterilé qui 
de sa nature est plus forinable en fleur par 
figure que en grosseur de fruit. (Frère 
Nicole, Trad. du Livre des ProufjUz champ, 
de P. des Croscens, f° 10 v", éd. 1316.) 

FORMABLEMENT, adv., formellement : 
Hz furent avec lui doublement, materia- 

blement et formablement. {Mir. kistorial, 

Maz. 537, f" 23 v»,) 

FORMAoïE, s. f., fromage : 

El Flohart a la yenlaille seisie. 
As denz li a de. l'anberc esrac-hie, 
Ausi Iranglol C'im ce fost formogie. 
(Aleschan.s, ms. B-, rar. des v. fi-2!)l-(io01, ap. 
Jonck., Guill. d'Or., t. II, p. -291.) 

FORMAiLE'i', voir Fermaillet. 

FORMALLER, V. a., rédiger en forme : 
Les deposicions des lesmoins eussions 

fait escripre, formaller et courre. (1374, 

Arcb. JJ 107, pièce 303.) 

FORMANCE, - anse, - anche, four., foer- 
manche, s. f., formation, forme ; 

Avons de no liemun assent facli no 
tituument, et derains vouletet en chW foer- 
manche. {Trad. du lest, conjoinct. de Re- 
naud de 1133, Tailliar.) 

Por ceu apartint li formanse de toutes 
créatures a la persoune del père. {Uist. de 
Joseph, Hicbel. 245"), f» 77 r«.) Var., four- 
mance. {SI Graal, II, 316, Iluclicr.) 

— Engagement formel : 

La pais Caudine ne fust pas faite par 
aliances, mes par promesses, parsponsion 
et pièges ou formances. (Bersuire, T. 
Liv., ms. Ste-Gen., f" 141''.) 

Centre de la France, Pic, Canada, for- 
mance, forme. Poitou, Niort, formance, 



forme, apparence: n'avoir plus formance 
d'une chose ; il n'a pas formance de chré- 
tien. Aunis, Saintonge et Poitou, Vienne, 
arr. de Civray, Deux-Sèvres, petites 
grappes qui sortent des bourgeons de la 
vigne au moment où les feuilles com- 
mencent à s'épanouir : • La vigne thielte 
année a beaucoup de formances. » 

FORMANTEE, VOir FRO.MENTEE. 
FORMANTIN, VOir FROMENTIN. 

FORMARiAGE, - uige, fow., fcur., fuer., 
s. m., mariage contracté entre deux, per- 
sonnes appartenant à deux seigneuries dif- 
férentes, ou entre une personne soumise 
à la seigneurie et une personne franche ; 
droit payé au seigneur pour les mariages 
de celte nature : 

Mais es dictes villes de 'Vertus et de la 
Folie ne pourront demourer li diz religieus 
ne avoir mortemains ne fuermariages. 
(1342, Arcb. J.) 74, f 3 r».) 

A 11 libvres 5 sols ou IS fraus don Lou- 
val de Cbauvoucourl pour son fourma- 
riaige a la fille la cordelière (1380-82, Arcb. 
Meuse B 1041, f" 19.) 

7 frans de Jehan Mouret de Cousance 
pour les héritages de Estevenin Paignevat 
et de Husson son fils aquis a Mgr pour 
cause de fourfuance et de fourmariage. 
(1383-83, Arcb. Meuse B 493, 1'" 5 v°.) 

Les babitans d'icelle ville estoient de 
serve condicion, comme taillables a volenté 
de morte main et de formariage et autre- 
ment. (1398, Arcb. K 34, pièce 45.) 

Cet ancien terme de droit s'est très 
longtemps conservé : 

Les lieux, où l'on a accoustumé de 
prendre feurmariage, le seigneur de la 
main moite prend pour le feurmariage de 
sa iemme mainmorlable les héritages 
qu'elle a sous luy, et au lieu de sa main 
morte, ou autant vallant, qu'elle emporte 
en mariage, au choix de ladite femme. 
(Cousl. génér. de Bourg., 1665, p. 418.) 

FORMARiER, verbe. 

— Réa., contracter un formariage : 
Car cil qui .se formarienl, il convient 

qu'il finent a le volenté de lor signeurs. 
(Beau.man., Cout. de Beauv., xlv, 30, Beu- 
gnot.) 

Est encore accordé entre lesdites parties 
que le malles nez et a naistre dudit Cheve- 
lise demouranz es dis lieus et villes amen- 
deront audit mestre Raouls ou , a sa feme 
leur formariage do .V. s. d'amende toutes 
l'oiz qu'il se formarieront. (1317, Arcb. JJ 
50, f" 84 V».) 

Si tel homme de corps prent de faict, 
sans le congé de sondit seigneur, femme 
d'autre condition que celle dont il est, il 
chet pour ledit formariage en amende en- 
vers sondit seigneur, pour le contemne- 
ment, qui est de 60 sols et un denier. Et 
ou il a demandé le congé à sondit sei- 
gneur, posé ores qu'il ne l'ait obtenu, et 
depuis il se formarie, il n'est tenu desdits 
60 s., car il n'y auroit contemnement. 
{Cout. de Vilry k Franc, cxliv, Nouv. 
Cout. gén., 111,327.) 

— Neulr., dans le même sens : 

Et se il avenoit qu'il se transportast 



FOR 



hors d'icelle commune, ou qu'il forma- 
riast, a nous appartendroit le formariage 
et la main morte d'icellui. (1343, Arch. JJ 
75, f» 21 V».) 

— Formarié, part, passé, qui a contracté 
un formariage : 

Li eslize avérait des mortemains et des 
lonnaries les dous parties. (1237, Cart. de 
Ste Gloss. de Melz, Rlchel. 1. 10024, 

ft-ei V».) 

De Oudinaut le toixerant de Mauviuoz, 
formarié eu Jaqiiaiile fille Jehan du Mar- i 
chays. (1332, Contpt. de Odart de La'ujny, i 
.\rch. KK3», 1° 198 r°.) 

FORMATEUR, S. 111., cclui qui forme : 

Qu'il estoit formateur des euvres mer- ; 
veilleuses que nous voyons. {La Mer des 
hystoires, t. 1, f» 4oS éd. 1488.) 

Tous les formateurs des ydoles ne sont 
riens. (Le Fevre d'Est., Bible, Esaie, xliv, 
éd. 1534.) 

Ouvrier et formateur. (Maum.. Euv. de S. 
Just., f" 33 V'', éd. 1394.) 

— Fém., formatrice: 

Vertu formatrice. (.louB., Bit. pop., 
1" p., II, 4, éd. 1827.) 

FORMATiF, adj., qui forme ; 

El tel esperil Trajemcnl 
Est de l'enfaat generatif 
Et de SCS membres formatif. 
ilza. DE Meung, la Rcsp. de l'Alchimiste nîiat., 
751, Méon.) 

La semence a en soy vertu formatire de 
plante. (Frebe Nicole, Trad. du Livre des 
Prouffitz champ, de P. des Crescens, (" 12 
V», éd. 1516.) 

Le souleil a vertu formative des choses 
inferiores. {La Mer des hystoir., t. I, f" bS*, 
éd. 1488.) 

1. FORME, fourme, s. f., chaire, chaise, 
et plus généralement banc divisé en 
stalles avec appui, dossier et dais ; stallo 
d'église : 

S'en trairont Mahomet de la formr on est mis. 
(Chtttis. cfAntioche, V, 80n, P. Paris.) 

Lus sires feri un de ses garchons si 
durement d'une forme en la teste qu'il li 
creva l'ueil. {Digestes, ms. Montp. H 47, 
f 238''.) 

Apries le sanctus de le première messe 
en quaresme doit li couvens estre enclines 
sour les fourmes. {Régie de Citeaux, ms. 
Dijon, f» 17 r°.) 

.11. treteaus et .II. formes. {Invent. lat. 
de N.-i). des Barres, Ste-Croix, Arch. 
Loiret.) 

Lequel je trouvé pareillement armé et 
aussi tous ses chevaliers d'entour lui, seans 
sur formes. (Joinv., ap. Laborde, Emaux.) 

Item, en la chambre d'en bas .ii. tables 
et .II. formes. (1329, Invent., Ste-Croix, 
Arch. Vienne.) 

Item, .IX. siepes sus forme. {Ib.) 

En la chambre basse une table et deux 
formes. (1329, Invent, de mad. Ysab. de 
Mirande, Arch. Vienne.) 

Pour six fourmes, trois de douze pieds 
et trois de sept pieds de long. (1363, 
Comptes des tdtimens royaux, Arch. Nat., 
ap. Laborde, Emaux.) 



FOR 

Pour quarante six tables fournies de tré- 
teaux et quarante six fourmes. (Ib.) 

Ceux de seconde forme. (Stat. de Mon- 
lierneuf, p. 13, Arch. Vienne.) 

Belles cliaieres et beau.: bans. 
Tables, tretianix, fourmes, escraos. 
(E. Deschamps, Miroiter de muriage. p. 210, Cra- 
pelet.) 

Une bonne fourme et une mauvaise. 
{Va Partage mobil. en 1412, p. 23, St Ger- 
main.) 

Jehan Durand, charpentier,pour.iii!. jour- 
nées d'avoir boschié d'ays qui estoient 
d'un vieil chalan la loge des gardes de la 
porte Saint Arigle et auxi avoir fait une 
table et une forme pour servir les sardes 
(l'ilpc a leur mansier. (1412, Comptes de 
Nevers,CC 18, i" 38 v'',Arch.mun,Nevers,) 

A Colas le sieur, pour une grosse hays 
renforcée dont a esté fait une forme pour 
les portiers de la porte de la poissonnerie, 
prisié .II, sols .i. denier tourn. (1431, ib., 
ce 32, i' 30 V».) 

Une scabelle et une forme, sept solz six 
deniers. (Vente des biens de Jacques Cœur, 
Arch. KK 328, f° 487 r".) 

Sur plusieurs premières formes estoient 
assis. (1388, Est. de la prev. de Par., m?. 
Bibl. Chambre des députés, 530, E.) 

— Grande fenêtre : 

Forme. (Villahd de Honnecourt, Al- 
bum, La s sus.) 

Pour les verrières de la fourme de la cha- 
pelle Madame. (1333, Compte de Odart de 
Laigny, Arch. KK 3», f" 293 r°.) 

Une fourme de maçonnerie sur deux 
mayneaulx. (1398, Compte de la chapelle des 
Celestins, ap. Laborde, Emaux.) 

Pour faire les formes de maçonnerie de 
la chappelle. (1490, Arch. K 272.) 

Bret., Côtes-du-Nord, frome, froume. 
banc pour travailler le lin. 

2. FORME, fourme, s. f., portrait : 
Je ai la forme ma seror avisé 
Dedenz cest drap qui est a or onvrez. 

{Les Loh., Ars. .314.''., f 13^) 
On voit le drap sel prist a esRardcr 
Et voit la forme le bon roi qaeronné. 

(W.) 

— Terme de chasse, filet qui renferme 
un oisean empaillé ou apprivoisé destiné 
;\ attirer d'autres volatiles : 

Et doit on mettre en fourme ung coalon 
qui soit ramier, et tous le? autres si vien- 
dront asseoir en fourme dedens les deux 
roys. {Modus, f» 120 r», Blaze.) 

L'oyselleur fait venir les oiseaux de ri- 
vière dedens la forme par certains autres 
oiseaux afTecties qui sont attaches en la 
forme. (Quinze joyes de mar., x, Bibl. elz.) 

.aucuns oiseaux ruses, qui ont veu et ouy 
parler de la fourme et 1 ont bien retenu, 
et ne l'ont pas mis en nonchalloir, mais 
s'en tirent arrière comme du feu. (Ib.) 

FORMEDOx, s. 111., bref forma dona- 
tionis : 

Mes est mis a son action que est appel 
formedon en le discender. (Litti,., Instit., 
593, llouard.) 

Action de formedon. (Ib., 596.) 

Briefe de formedon. (Ib., 597.) 



FOR 



8.3 



FORMEE, S. f., lettres scellées du sceau 
public ou royal, pour mettre une sen- 
tence à exécution : 

Item que nul ouvrier ou monnoier ne 
tienne concubine, et s'il la tient que l'eu 
lui face formée, et se après qu il auroit 
formé, il renchoit, qu'il paie pourchascune 
fois qu'il fourniroit ou rencheroit, un 
marc d'argent et soit tenu pour infâme. 
(1334, Reg. de la Chambre des comptes 123! 
f" 98 v°, ap. Duc, Formatae.) 

FORMEEMENT, formcment, fourm.,AA\., 
d'une manière apparente : 

Speciose, formement. (Gloss. Int. fr., lii- 
chel. 1. 7679, f» 248 r».) 

— Formellement, expressément : 

Une cedule en laquelle estoient les pa- 
roles que il devoit dire escriptes formée- 
ment. (Gr. Chron. de Fr., les fais du bon 
roy Jehan, c. cxxx, P. Paris.) 

Et ne est pas le ciel chaut formeement. 
mes seulement en vertu, ausi comme le 
vin ne semble pas chaut a touchier et si a 
vertu de eschaufer, mes ce n'est pas tout 
semblable, car il a ou vin chaleur formee- 
ment. (Oresme, Liv. du ciel et du monde, 
ms. Univ., f 140 r".) 

Lesdis demandeurs ne les avoient point 
fourmeement desclaires (les attemptas). 
(1399, Cart. Esdr. de Corbie, Richel. 1. 
17760, f» 80 r».) 

Qui obéissent et doublent formeement. 
(Maiz., Songe du viel pel., I, 64, Ars. 
2682.) 

Il est temps d'escrire/'ottnneflmenfaucune 
proposition de grant substance. (Id., ib., 
111, 32, Ars. 2683.) 

En trangressant et alant formeement 
contre les edis. (1416, Lett. du Cte de Pan- 
thieu, coll. Demarsy, à Beauvais.) 

Justice legalle formeement est toute 
vertu, se ce n'est ainsi comme le tout de 
ses parties. {Le Songe du Vergier, c. 51,) 

Mais par ce que dit est formeement, il a 
fait le contraire. (.Monstrelet, Chron., I, 
71, Soc. de ru. de Fr.) 

Si aucun a double d'autre il peut faire 
adjourner formeement a luy venir donner 
seurté devant le seigneur duquel il est 
subjcct en haulte justice celuy de qui l'on 
veult avoir seurté. (Coustumier de Poictou, 
11, ch. 29, éd. 1499.) 

Pour arguer et impugner formeement la 
bulle appostolicque. (Chron. de Praillon, 
ms. Epinal 30, t. II.) 

1. FORMEL, fourmel, s. m., diiii. de 
forme, siège : 

A .1. fourmel desons .i. arc voltis 
Troverent Tulles n il estoit assis. 

(Les Loh., Itichel. 1988, f" 202 r°.) 

2. FORMEL, adj., p.-è. qui a d'amples 
formes : 

Conme ostoirs fors u conme faucon for- 
mel. (L'Aviculaire des oiseaux de proie; ms. 
Lyon 697, f» 221».) 

FORMELE, fourm., s. f., forme, mo- 
dèle : 

des du ciel, d'amor formel r .' 

senr toutes et bone et belc ! 
(llECi.cs DE MoLiEtis, Wstrere, Richel. 2311 1, 

r 2:;3=.) 

des del ciel, i'3.maz-ts fonrmelc ! 

(ID., ib.. Hichd. 1521-2, f» 71 r».) 



84 



FOK 



FOR 



FOR 



FOHMELEH, four., V. 3., construirc : 

Eslaier de charpenterie (le pilier) et 

fourmeler de machonnerie les arches d'en 

bas f! de haiill. (Fi^v. 1459, Répar. d la 

catli. de Soy., Aroli. (lise. ehap. de Noyon ) 

FOR.MELIEK, S. 111., f,ibricant do formes, 
de sièges : 

Li maisons es formeliers selonc Cliani- 
peaux. (1294, Foire de Dijon, Richel. I. 
9873, f» 20 !■".) 

Cf. Forme et Formel. 

1. FORMEMENT, fourm., S. 111., aclioii 
de former, formation : 

Perce que il conoist son foi-mement (de 
l'homme), porce que il scet qu'il le forma 
de foible nature. (Psaul.,iMaz. 258, f" 122 v».) 

Fourmement, plasmacio. (Gl. gall.-lat., 
Richel. 1. 7684.) 

Au fourmement de la dicte vitre sera 
tenu de faire Dieu le Père et des anges 
portant le mistairc de la Passion. (17 av. 
1516, Marché pour la victre Sainct Sicholas 
de Craon, Arcli. Serrant.) 

2. FORME.MENT, VOif FORMEEMENT. 

FOHMENEii, - maner, fors., four., verbe. 

— Act., enlever, retirer : 

Tu forsmerras mei de cest laz que il 
repuostrent a mei. (Lib. Psalm., Oxf., xxx, 
5, Michel.) Lut., educes me. 

Jeo sui tis Damnes Deus, Ici forsmenei 
tei de la terre de Eftipte. [Liv. des Ps., 
Cambridge, lxxx, 9, Michel.) 

Se on lour ostoit a force, je ou mi hoir 
et nostre sergens seriens tenu a faire 
rendre le vin ou le geins qui lour seroit 
rescouz, et je ou mi hoir en averiens 
l'amende dou melTaisant, et doa forsmener , 
el dou rescourre. {l30i,LeU. del. de Joinv., 
Ecurey, Arch. Meuse.) 

— Détourner : 

Par coi percce oe faiotlse 
.Ne mi porroieat fnrmcner 
>'e destonroer 
De mon service. 
(J. Erars, ap. .Maelzner, .Ulfr. Lieâcr, p. 57.) 

— Egarer : 

Ne ie fourmaint convoitise. (Brun.L.^t., 
Très., p. 443, var., Chabaille.) 

— Produire, envoyer : 

Forsmenanz faiu a junicnz, e herbe a 
^ervages d'unie:; ; que tu forsmetnes pain 
de la terre. {Lib. Psalm. ,0\f., cill.lo et 16, 
.Michel.) Var., formeines. Lat., producens 
l'œnuui; ut educas paaem. 

Forsmanat signes et merveilles. (Psalm., 
Brit. Mus. Ar. 230, f" 135 r".) Lai., niisil 
signa et prodigia. 

— Etendre, développer : 

E forsmenat mei en ampletet : sait me 
lisl, kar il volt mei. (Lib. Psalm., O.xf . 
XVII, 22, Michel.) 

— Tourmenter, inquiéter, fatiguer : 
La dirent li enrant tout prit et atrapé : 
SaTari» ea tint I un, «y la tant fourmnc 
Que la Itaiae en quey. 

{Chct.au cijgnc, SI2, KciB.) 
Detir» d'amori la gent fourmainnc. 

(Sortes de tiatsai/, m», rnrin, f 83''.) 



Et fu la nef dou prince tellement four- 
menée de grans harriaus de fier aguissies 
que li Espagnol lauçoient contre les as- 
sielles, que elle fu petruissee en trois ou 
quatre lieus. (Froiss., Cliron., IV, 325, 
Luce, ms. Rome.) 

— Réfl., se fatiguer, se tourmenter, 
s'inquiéter : 

La tlamd respont simplement : 
lestes TOUS blechics durement i 
Gardes, trop ne vous fourmeaes. 
Ce poise moy s'estes blenes. 

(Couci, 1933, Crapelet.) 

.Si que chias est inonlt fans qui pour nient se 
[fourmaine. 
Œ. de Scb., xïi, 06(',, Bocca.) 

Ponr noient elle se fourmninne. 
Je li lo qu'elle s'en apaise. 
(Froiss., l'oéa., Richel. 830, f 3;ii r°.) 
Il se fourmaine et dechoipt soy meismes. 
(De vita ChrisU, Richel. 181, f 47».) 

— Formené, part, passé, emmené : 

Se li commandemans l'abbei et le con- 
vent d'Escurey trovoient aucun de nos 
hommes d'Onne menant ou portant geins 
a presser a autres pressours ou ramenant 
ou raportant vin pressei a autre pressour 
que aus lour, il porroient penre le geins 
ou le vin forsmenei cum le lour propre et 
sans encoison. (1302, Lettre de J. de Joinv., 
Ecurey, Arch. Meuse.) 

— Maltraité, fatigué, surmené : 

Quant la gent iSicolas qui après vint armée 
Vit celé de devant en tel point fonneiiee. 
Que toute est en fniant devers aus retornee. 

ihOHtn. d'Alix., f 8', Miclielant.) 

Tant sont formené et ataint 
K'il sont a la terre cheu. 
(GiB. DE MoNiR., Violellc, -2001, Michel.) 

Cil qui faisoit le malade dist qu'il u'avoit 
eure de mangier, mais pour Dieu on le 
laissast reposer, car il estoit trop fourme- 
nés et lonc taus avoit désiré a morir eu 
l'ospital avoec les maladesde laiens. (Cftroil. 
de Rains, c. xv, L. Paris.) 

Des .II. cascnns si se lassa, 
Et fu de cors si fourmcnes 
Que li sans par bouche et par nos 
Laur keart. 
(J. DF. CoNDÉ, dou blanc Cheval., ms. Turin, 

f» i;;".) 

Quant le cheval senti qu'il estoit /ormenez, 
Dessouz le chevalier a si fort regibé 
Que li chevaliers est a la terre versez. 
(Cuï., Beriran du GuescHn, 2819, Cbarricre.) 

FouMENEuit, four., S. ui., trompeur : 

Fauls decepveur elfourmeneur depoeu- 
ple. {De vita ChrisU, Richel. 181, t" 148».) 

1. FOKMEXT, formant, fortmen, fument, 
froment, fomanl, adv., fortement, beau- 
coup: 

Jésus forlmen donc recridet. 

(Passion, 319, Koscbwilz.) 
Peiset lur en forment. 

(Alexis, st. 5'','^Stengel.) 
Scient conturbé forment tuil mi enemi. 
(Liv. des Ps., Cambridge, vi, 10, Michel.) 

Le primier jnrn posât 
.\ Sun os; o ruvat 
Pur sue amur guarder 
i: fiirmnil célébrer. 

(l'a. DE ÏH.inn, ùtmpoi, 139, .Mail.) 



Forment laburereit. 

(ID., ib., l.'ill.) 
Dune agreva Deus sa main sur cels de 
.\zote e (1(^ la funtree, e forment les descun- 
list. (Bois, p. 18, Ler. de Liucy.) 

Forment se laidangerent ambedui li baron. 
(J. BoD., Sax-, r.xxwE, Michel.) 
Li reis s'en cnreç:i furmenl. 

OIarie, Lai de Lanval, 323, Roq.) 

Forment s'est irieî. 

(Itrui, ms. Munich, USi, Vollm.) 

Forment end ont grant desturbier. 

(/*., IKU ) 
Estes vous de celle contrée 
Qui si froment est désertée. 

(Florimonl, Kichel. 192, f 18°.) 
Anflui se plaingnoient forment. 

(Ib.. F 32».) 

Formant s'an merevoilent luit. 
(Dou pechié d'orgueil laissier, Brit. Mus. aildil. 
15606, f 111=.) 

De Labem se complaint et fomant l'an pesa. 

(.Bible. Uichel. 763, f 230''.) 

De ce pechié forment me doubte. 
(.\'a/i>. Hostre Seiijn.. Jub., ilust., Il, 10.) 
Sy ne me pourroie tenir 
De forment plaindre et gémir 
De la paine que nous sentons. 

(Ib., Il, -23.» 

Brief, je fuz lors esbahy et surpris. 
Voire et forment remply li'une grant crainte. 
^OcTAV. DE .St Gelais, Séjour d'honneur, éd. 1526.) 

Dont au riche forment despleust. 
(La Vie et l'hist. du maulii. ricke. Ane. Th. (r., 
in, 270.) 

Norm., Manche, frument, vigoureuse- 
ment. H. -Maine, forment, li peu près, 
presque. 

2. FOUMEXT, voir Froment 1. 

FORMENTAGE, VOir FROMENTAGE. 
FORMENTEL, VOiT FrCMENTEL. 
FORMENTER, VOir FrOMENTER. 
FORMENTINE, VOir FROMBNTINE. 
FORME!\iTIX, cas SUJ., VOir FnOMENTKL. 

FORMEOR, - eur, four,, fur., s. m., 
créateur : 

Du haut ciel deliteus descendit li formierc. 

(lUiuuN, Bible, ms. Orléans 371 '''•, f» IM 

Del haut ciel de la sus descend! li formerre. 

(ID., ib.. Uichel. 2i387, I" .•il'^.) 

Mes Jesu le glorins, de lûtes riens furmeire, 
Turnad au rei d'Ëscoce le vent mult a cuutraire. 
(Juhd. Fantosme, Citron., 1263, ap. Michel, D. 
de .\.,nii., t. m.) 

l'ucele en qui prise forme a 
l.i furmerres qui tôt forma. 
(l'nrre à .V.-/)., Richel. 23111, f» 328\) 

Deus qui de nos touz est formerres. 
(Paraph. du Pater, Richel. 7(;3, f» 277''.) 
Tu, syre Deu, formerres toz puissant. 
{Droit de la cort li rois d'Alain., ms. Berne 
A 37, r» 19».) 
Plastes, formeur. {Gloss. de Salins.) 

Fourmeur, plasmator. [Gl. gall.-tat-, 
Richel. 1. 7684.) 

FORMER, /'ottrmer, verbe. 
— Act., métamorphoser: 



FOR 

l'n labonrcar fut lors si lonvoytcus; 

D'amasser blez, orges el autres graios 

Qu'il dcsroboii Je jour en jour les ceali 

De ses volsias, familiers el prochains, 

Tanl i|a'en estoieat tousjours ses Kieuiers plains. 

Dont Jnppiter, des larcins informé 

Qu'il coramelloit en ses leirestres plains, 

En on fonriuy ce rustique a formé. 

(GiiLL. IIaudekt, Fabt., 1" partie, xc, Lormier.) 

— iNeutr., se niétamorphoser : 

S'est rbymage ycciine apielee 



Et croist et forme cascun jour 
En car, çoa seveut li plusiour. 

(MoosK. , Chron., lO'JS" 



Reill.) 



— Formé, part, passé ;6on/"o)'m(', publi- 
cation faite dans les rormes : 

Fist semoure eu leu de ban fourmey. 
(S. Martin d'Iiiv. 1395, Jugem., coll. Salis, 
paq. I, liasse 11.) 

PORiiERET, from., s. m., arc collé 
coatre le mur et nommé quelquefois per- 
lant, parce qu'il supporte les moellons 
des voûtes : 

Tout au pourtour de la chappelle a for- 
merez qui reçoivent les. tremuyes des 
vûultes. (1490, Compte du monastère des 
Célestiiis de Chartres, Arch. IC 272.) 

Et assit uug [romeret sur le viez mur de 
l'anchieune halle. (1499, Uéthune, ap. La 
Fons, Art. du Nord, p. 199.) 

On lit dans un glossaire du xviii» siècle, 
le Manuel lexique de Prévost : Formerels, 
s. m. Terme d'Architecture. Les forme- 
rets, ou fermerets sont les arcs qui for- 
ment les côtés des voûtes. 

FORMBSSE, voir Fermessb. 

FORMETE, - mette, four , s. f., petite 
chaise, siège bas, escabeau : 
Une formete a trois quepeus 
Aïoit la bajasse aporlee. 
(Do Uaigiiieii, n, ap. Méon, .Vo«i/. Rec, I, 170.) 

Une formele a seoir jtour jouer des 
orgues. (1359, Journ. desdép. du R. Jean, 
Douet d'Arcq, Compt. de l'argent., p. 236.) 

Icellui Raouiin embrassa ledit Simonnet, 
et le Ketta a terre entre une formete et un 
lit. (1383, Arch. JJ 124, pièce 118.) 

Une petite viez fourmelte close. (1389, 
Invent.de Rich. Picque, p. 23, Uiblioi)b. de 
Reims.) 

Lue formete et plusseurs bans. (4 nov. 
1444, Inform. par Hug. Beloerne, f° 15 i°, 
Ch. des compt. de Dijon B 11881, Arch. 
C.-d'Or.) 

Et illecques soit un petit autel suz lequel 
soit l'image Nostre Dame, et devaut l'autel 
une fourmete pour soy mettre a oroisou. 
(Le Mir. il"" Ste-Genev., Jub., Miist., I, 

— Grande fenêtre . 

Tailler les formettez des basses verrières. 
(1492-3, Arch. Aube, reg. 3, G 3oi.} 

— Filet qui renferme un oiseau empaillé 
ou apprivoisé destiné à attirer d'autres 
volatiles : 

Luy estant ou graut ban du chastel et 
hors la fermeté, avec trois ou quatre ses 
compaingnons religieux qui la s'esbatoient 
les oiseleurs estans vers Vrilli.etdoubtans 
que lui et ses compaingnons ne leur bnil- 



KOR 

lassent empcpchement.vindrent au devant 
d'eulx, el leur prièrent qu'ilz ne li'iir bail- 
lassent d'empeschemeut a leur fourmetle, 
disans qu'ilz avoieut congié du chastelain 
et du mayeur de cbassier. (1431, Enqueste 
afulure, Arch. législ. de Keims, t. I, 
p. 493, Doc. iuéd.) 

Cf. Forme. 

FORMETE, voir FERMETÉ. 

FORMETRE, fovs., V. a., chasser, mettre 
dehors : 

De donce France vos etiissfiii forsmis. 

{Les Loh., ms. Berne H3. f° '20°.) 

Vous me voliez honnir. 

Et lie ma terre fursmrtre. et Jesaisir. 
(Car. le Loh., 2° chans., xxxv, p- Wl, P. Paris.) 
ûant ele ol sa teste forsmisc 
Parpeosa soi q'en nale guise 
Me dcit ou paiis arrester. 
(M,\niE, DU d'Ysopet, ix\x>, Itoq.) 
Mais cachies est de Franche et del resne formisse. 
{.Mol, Uichel. îfiolS, !" IS.'Î''.) 

OJ les suens est formis hors de l'enbuschement. 
(Uorn, \-\~i, Michel.) 

— Exprimer : 

Li jurz del jurn forsmet parole, e la nuit 
a la nuit demustret science. {Liv. des Ps., 
Cambridge, xvill, 2, .Michel.) 

Formist li miens cuers bone parole, (ii6. 
Psalm., Oxf., XLiv, Michel.) 

Forsmelrunt \es meies lèvres loenge. (76., 
cxviii, 171.) Lat., eructabunt. 

Forsmele7-unt les moies leveres chant. 
(/&., Brit. Mus. Ar. 230, f 128 v».) 

Formis, part, passé, chassé, dé- 
pouillé : 

Formis de sa pocession. (22 mars 1394, 
Livre des Bouillons, lxxxiii, p. 204, Bor- 
deaux 1867.) 

— Excepté : 

Forsmis la vile deBoloigne. (C/i. del261. 
Comtes d'Art., 283, Arch. Pas-de-Calais.) 

FOUMEURE, S. f., forme : 

La formeure de ta letre 
Ta fellonesse Oïre mostre. 

(Mir. N.-D., Richel. 818. !" 18=.) 

Doulz Diei, qui a ta formeure 
Me feis par ymaginee faiturc. 
{Resiirr. Nostre Seigneur, Jub., Mijsl., 11, 3:i2.) 

FORMBUS, adj., beau : 

Car comment que elles ayent esté noires 
par mondaineté, si sont elles de form(o- 
s)euse biauté, si comme dit est es canti- 
ques : Nigrasum,sed formosa. (J.Goui.Ai:*, 
Ration., Richel. 437, f 62^) 

Farineuse ymasc, o gente vingeronne, 
Qne Salomon invita a couronne 
Par tant de hanlt bel parler angeliquc, ; 

Vci dcsceos. 
(G. C.HASTELLAIN, Louciige fl 1(1 1res (/lor. Vierge, ] 
viM, -27-1, Kervyn.) 

roRiii, formy, furmi, fromi, frémi, 
fremy, s. m., fourmi : 

Li fiirmiz. 
(Gerv. Best-, Brit. Mns,, add. 282(iO, f» 9.S'', 
P. Meyer.) 

Don furmi. 

(iD.. ib.) 



FOR 85 



Li frémis 
(Vsop. I. fab. XXXVI, (tr la Mouche el du Fremi, 
Robert.) 

Le fremi li a dit. 

iVsopel II, fab. xxviu, Robert.) 
Formis est petite chose mais il est de 
grant porveance. (Brun. Lat., Très., 
p. 245, Cliabaille.) 

J'ai repost .i. raui d'avaino 
Dedens le rnl d'un fremi. 
(Jeh. Bodel, Fttirasies, Dinanx, Trouv. artés., 
p. 2S1 ) 

Et unes bestes don pais 
Les garde c'on appelle formis, 
Kt son forment tout comme chien. 
(Gautier de Mes, îmaqc du monde, nis. Montp. M 
«7, f» 103 V".) 

.... Un (Pf de fremi. 

(Rose, 1.1,S72, M4on.) 
La fable don fromi. (Dou fromi et du 
gresillon, ms. Chartres 620, f' 136''.) 

Frolles jusqu'à tierce dormi, 
El lors qnant il se desdormi, 
Endeseetes s'estormi 
Com se l'enssent point formi. 
(Li nom. des Franceiz, ap. Job., J^ouv. Rec, 
II, 6.) 

Le fromi elles mouches amiel.(OBESME, 
Elh., Richel. 204, f 473'.) 

Elle se mesie bien des oyes « sulTeratos » 
ou d'ordonner un tas de singes et de 
frémis. (J. Gbrson, Serm. sur le ret. des 
Grecs, p. 28, Galitzin.) 

Il me disoit qn'il n'a dormy 

Depuis quatre ou cinq jours on ça. 

Et qu'il n'a si gros qu'un fremi/ 

Le cneur ne les boyaulx. 
(A. DE LA Vir.NE. Farce du Muiujer, p. 2.ÏG, Jacob.) 
Le formy. Les opérations du formy. 
(Jard. de sdnté, II, 63, impr. la Minerve.) 

Bien que dans l'ancienne langue formi 
soit généralement un substantif masculin, 
on le trouve cependant dans Marie de 
France comme substantif féminin : 
Disl la fromii : Or chante a raei. 

(Marie, DU d'Ysopal, II, 124, Hoq.) 

Fourmi a encore été employé comme 
substantif masculin au xvii" s., spéciale- 
ment par Vaugelas, par La Fontaine et par 
ChiOlet. 

Suisse rom., Neucliàtol, fourmi, s. m. : 
€ tu as un gros fourmi dans tes cheveux. » 

l'ORMiBLE, adj., formidable : 

l.i quinz (signe) sera li plus jormibles, 

Dcsor loz anlres plus orribles. 

(Des .XV. Signes, Richel. 19152, f» 2;i^) 

FCRjncAiRE, /■()!«•., adj., de fourmi : 

Quand les fourmis sont trop eu aucunes 
contrées de l'Inde Occidentale, illec la 
beste est engendrée qu'ils appellent l'ours 
formicaire, qui de sa langue ravit et mengc 
les fourmis.. Cet ours fourmicaire n'a 
autre exercice. (Le Br,ANC,J'rart.rfeCardo«., 
f» 224 V», éd. 1336.) 

FORMiCAL, adj., i|ui donne un fourmil 
lement : 

Tel mouvement est vermiculeux ou for- 
mical. (B. dk Gohd., Pratiq., IV, xi, 
éd. 1495.) 

FOR.MicALEON,- /eî(H, S. m , insccte très 



FOR 



FOR 



FOR 



voraw qni sp nourrit principalpment de 
fonrmis : 

Tncor Ml nne besle. 
ki de rormi est maislre : 
Formiealeau fst, 
Iceo lis DDOS est (sic); 
De forroii est Ioqd : 
Pnr ceo a>1 si ii nno. 
(P. DE Taies. Bfst., 633, Wright, Popalar 
Irfatiif 0» scientes, p. 93.) 

FORMiDAXT, adj., formidable : 
Ton esprit endormy et assommé de vigi- 
lante falication et de formidant ennuy. 
{Triumph^ de Pelrarq., f 93 r», éd. 1531.1 

FOBMin.\Tiox, s. f., terreur : 
Furent les citOYens rois en si prant 
formidation qu'ilz ne savoient que faire. 
BouRGOiSG, Bat. Jud., rr, 13, éd. 1330.) 
Envoyé ton bon ange devant nous avec 
la crainte et formidation de la prandeur 
de ton bras. (Le Fkvre d'Est., Bible, -Mn- 
chab.,il, 15. éd. 1534.) 

... El sa presnoption 
Le feit tomber par formidtlion. 

(S. BorcHET, F.p. fam , \c, éd. l.Sib.) 

FORMiDER, V. a., redouter : 

Et est chose vaine de les /brmider.(BouR- 
GODJG, Bat. Jud., I, 32, éd. 1330.) 

Et se dcliberoit plainement icelluy 
Alexandre de jamais formider ou craindre 
son père. iId., i6., i, 43.) 

FORMIE, s. t., forme ancienne et régu- 
lière du mot fourmi : 

Hec formica, formie. (Gloss. de Glasgow, 
P. Meyer.) 

— Maladie des chiens et des oiseaux de 
proie : 

L'n mal nommé la formie souvent 

advient aux aureilles des chiens, et en 
esté, a cause des mouches qui les y 
piquent, et du grattement qu'ils y font 
avecques les pieds, leur fait.... grande 
peine. (De FouiLl.., Yen., f» 123% ap. Ste 
Pal.) 

Cf. FûBMIERE. 

FORMIEMENT, foiir., S. ni., fourinille- 
mcnt : 

Il soulTre une douleur poignante et stu- 
peur ou fourmiement aux lombes, hanches 
et cuisses. (Paré, OEuc, XV, xxxvi, Mal- 
gaigne.) 

1. FORMiER, fourni., s. m., celui ipii 
forme, qui (ait une forme : 

Et li formirrs qui fisl la (orme 
Oa cil lODiers fn eoformei. 
(G. DE Coisci. Doul. ie la mon, Uichel. -23111, 
f i95', et ms. Soiss., f" loO=.) 
Lorent le Fourmier. (1319, Becette du 
Clé de Blois, Arch. KK 296, f« 12 v.) 

— Ba.i fermiers, ecclésiastiques qui 
siègent au chœur dans les basses stalles: 
on les .ippplail aussi ecclésiastiques de la 
basse forine : 

Bas formiers. (Compt. de Nevers.) 

2. FouMiER, fourmier, s. m., fauteuil : 
Un formier et un dossier a demi ciel de 

drap d'or et de vcluyau vert. (1361, Invent, 
de la Beine de Bouloigne, Bullet. du Bi- 
hlioph., XVIll, 10S4.) 



Deux formiers que l'en met ou milieu 
du cuer ans tens doubles, (xv' s,, Inv. de 
S. Victor de Paris, Richel. nouv. acq. fr. 
3245, fM14',) 

— Housse placée sur le siège appelé 
formier : 

Un fourmier royé jaune. (1347, Inv. de 
J. de Prestes, Bibl. de l'Ec. des ch., XXXIX, 
106.) 

Et les marchepies, banquiers et four- 
miers qui ilecques sont sur les fourmes, 
despoudres et escoues. {Ménag. de Paris, 
II, 61, Biblioph. fr.) 

3. FORMIER, S m., fourmilière : 
Lequel se rua sus ce formier de pillars. 

(Paradin, Hist. de Lyon. p. 284, éd. 1573.) 

4. FORMIER, - yer, - iier, - oier, 
fourm., furm., ferm., from., frem., verbe. 

— Neutr., s'agiter, être agité : 

De la paor comence a formier. 

(Raimbert, Oijier, 9i'6S. Barrois.) 
Li rois s'eabroDce, formeat fa esmaies ; 
Li sans del cors li prist a formoier. 

(ID., a., lOOTJ.) 

Li sans li boni tos et formie. 

(Perceval, ms. Beroe 113. f" 89".) 

Qaant je voi ceste tiere tons li cors me formie. 

(Roum. d'.ilix., P 15», .MiclielaDl.) 

Par la foresl fremient li chevrel et li dain. 

(J. BoD., Sar., xfivi, Michel.) 

Veei TOS onlre ,Rane ces tentes fremoier. 
Ces aosaigaes de soie vaater et oadoier, 

(iD., ib., Cïii.) Var., formoier. 

Do totcs parz de soi vit les rans fremier ; 
Ces heames d'or, escoi veissiez ondoier. 
Et ces larges ansaigoes font au vaut desploier. 
(Id., ib., cxLix.) 

Loes en comencha Inte la curt a furmier. 
(Garnier, Vie de S. Thom., liichel. 13313, 
f° 83 r".) 

Et quant ly dus l'oy tons li sans li fourmic. 
\ 'Cher, au cygne. 2TG5, Reiff.l 

Qai dont teist vileins tenir 
Et formier par le boscage. 

{Renarl, br. I, v. 633, Martin.) 

Et sordoit une fontaine desoz dont la 
gravele fremioit, et l'aiguë si clere que 
toutes les pierres poissiez au fonz conter 
autresinc bien corne defors. {Artur, Itichel. 
337, f» 210*.) 

Quant il furent en chele mer, et il 
eurent tendu leur voiles et leur bauieres 
mises haut as castiaus des nés et leurs en- 
seingnes, si sanla bien qee le mers for- 
miasl toute. (Robert de Clary, p. 12, 
Riant.) 

Hnes l'entent, tos li sans li formie, 
Car il voit bien qu'il v.iit a felonnie. 

I linon de Bord , 9199, A. P.) 
Com fait ces rens aciaroier. 
Ces gens fuir et fermoier ! 

(Atlm, Iticbel. 375, f 15.S'*.) 
Tous li sans de sor li commence a formoier. 
(Quai, fils Aijm., p. 109. Tarbé.) 
As brans forbis font les rens fremier. 

{Gaydon, 5.'i23, A. P.) 
.... La grant cberalerie 
Dont lole la terre fromie. 

(Parinn.. Richel. 191,'iî, P IGS"".) 
Tonte l'oreille li fourmie, 
Cados le refiert les l'oie. 

[(Wiilasae le Moine, 20B7, Uichel.) 



Lors Teissies ces rens widier, 
Jens fourmiier de mainte p.irt. 
(Sarrazin, Rom. de Ham, ap. Michel, Hiit. des 
ducs de Norm , p. 280.) 

Tel ire a et tel doel, tôt le sanc li formie. 

(Beur. d'Miirem., Richel. 76G, f f^) 

Fregns voit l'iaue fourmoier 
Et aler arrière et avant. 

(Freftus,p. 131, Michel.» 

Grans crii i ot as enseignes bessier, 

Les hardizjoingnent, les rens font formoier. 

(Olinel. 1696, A. P.) 

Quant l'entendi duï Bueves, de maltalent rougio, 
Il n'i a nn tout senl de paonr ne fremie. 

(Biieirs de Comm-, 633, Scheler.) 
Li roine saut sus, si prent a fourmiier, 
Caida que ce fnst beste qui l:i Tousist mengier. 
(Berle, 'H3, Scheler.) 

Cil chevalier faissoit sovent et menu les 
Sarracin fermoier. (Chron. d'Ernoul, p. 
237, Mas-Latrie.) 

Piétons et genz d'armes destachent ; 

Leur gent parmi le champ fremie. 

(G. GoiiRT, Roij. lign., 10870, W. et D.) 

Grant peuple voient fourmoier 

Et ces cuisines fnmoier. 

Et leur semble moult grant ost. 

{Melusinc, 1067, Michel.) 

C'est ce de quoy je suis doubtans 
Et dont tout le cnenr me fremye. 
(Greban, .Wis(. de la Pass., 1238, G. Paris.) 

— Act., piquer : 

Je vous vens l'heibe de l'ortie 
Qui me picque, point et fremie. 
Qui me fremie, picque et point. 
I Les Dili el ven'.es d'amours, Poés. fr. des xv° et 
xvi° s., V, 219.) 

— Formiant, part, prés., qui s'agite, 
agité : 

Ne por antres merveilles grani 
Dont la forest est formianz. 

(Parton.. Richel. 19152, P («Sf.) 

Formians. 

(Ib., ;;U, Crapelel.) 

Car tant i vint illnc de la gant mescreant 
PIds de .c. mile sont a bons ohevans coranz. 
Que tote en vai la terre et li bois fremianl. 

(Floovanl, 1996, A. PJ 

Qaant Ciperis l'entent d'ayr Ta fourmianl. 

(Ciperis, Richel. 1637, f 91 v°.) 

Trestous li sans 
Fremissans, 
Fourmi ans 
M'esloil. 
(Froiss., Poés., Richel. 830, f 263 r».1 

— Brillant, étincelant : 

Et Tit les escus formoians. 

Et les haubiers clers el Inisans. 

(Percerai, 1311, Potvin.) Var., fremians. 

Si vit les haubers frcmianz 

El les lances forz et trenchanz. 

(Ib., ms. Montp. H 219, f° !''.> 

Une fleur trovenl en sa boche 
Si fremianl et si florie 
Com se lors droit fost espenoie. 
(G. DE Coisci, ilir., ms. Braï., f 37''.) 
Ou livre n'ot nule escriplure 
Don premier chief dusqu'en la fin 
Fors de vermellon et d'or fin. 
La letro csloit si fremians. 
Si bien tornce et si rians, 
Qa'il senbloit que Deus l'enst faite. 

(ID., ib., ms. Brux. ln717, f 60 v .) 



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Fdli 



S'entre es près plains J'erbe et de flors, 
Formîans de maintes coloars. 

(Cher, as ai. esp., 2703, Foerster.'l 

Si crin sanloient reluisant 
n'or, roil et crespe et fremianl. 
(A. BE LA IUllf., h Jus .\dan, Coussemaker, 
p. 300.) 

Si criof; sambloient relnisant 
D'or, crespe el roit et fmirmianl. 

(Id., ib-, ms. Vat.) 

Chief bien seantz 
Ondes et fremiam. 
Plains frons relnisans. 
(\f,.. Chans; ms. Montp. H l'.Ml, r 280 V.) 

Et si vair oel fremianl. 

(In., i*., r 326 Y-.) 

Son nés bien fait a devis, 
SI Tair oel formiant, 
Laron d'embler cuer d'amant... 
M'ont navré- 
(CAanj., ap. .Scheler, Trouv. brah., p. xxv.) 

Mes je soi cler saillant en voire, 
Fins, fres, froit, sadc, fremianl, 
Sasfres, savonreos et friant. 
(LaDespuloiwn duvin el de l'iaue, .lab., .Yoi;». Bec. 
I, 297.) 
Vairs iex ot fendus, fremians. 
(Watriqdet, li ilir. as dames, 7:t.ï, Scheler. i 
Bon vin digne pour chanter messe, 
Net, fort et franc. 
Fin, fres, fervant et fremianl. 

(La Palenoslre Saint Julien.) 

— Fremiê, part, passé, agité : 

Noise penssiez oir en la cité fremie. 
'Jonn. Fantosme, Chron., 1350, Michel, D. de 
Horm., t. III.) 

FORMiEUE, from., fromm., s. f., four- 
milière : 

D'nn grislet conte la manière 
Qui trova une formiere. 

(Marie, Fabl., Hichel. 2JG8, f 170^) 

D'nn gresillon dist la meniere 
Qni dasqa'one fromieie 
El tans d'yver esteit alez. 

(Id., Fait., XIX, Roq.) 

Dormi longtemps ont en lenr frommiere 
Sanz eulx mouvoir li fronmi remuant. 
(E. nesoHAMi's, Pr),'s.,I, 287, A. T.) 

— Sorte de pustule : 

Advient.... ce mal a faute d'affiner, et 

appointer le bec a l'oiseau car il croist 

tant d'une part et d'autre, qu'enfin il est 
force qu'il se rompe, et puis s'y engendre 
une formiere qui les fait esclatter et de- 
clioir. (Du FooiLF,., Faucon., t" 22'', ap. 
Ste-Pal.) 

H.-Norm., vallée d'Yères, pays de Bray, 
fromière, fourmilière. 

Cf. FonMiE. 

FouMiGi'E, formique, s. f., fourmi : 

Ung verme ou une formigue. (B. de 
GoRD., Pratiq., Il, 29, éd. 1495.) 

— Sorte de pustule : 

Formique miliaire c'u.-t une pustule pe- 
tite qui a la teste aj^ue, ou ce sont plu- 
sieurs pustules et semble que elles che- 
minent, car il semble qu'elles se muent, 
aucunesfois elles ulcèrent, aucunesfois 
non. (B. DE GoRD., Pratig., I. 18, éd. 
1493.) 

Cf. FORMILLK. 



FORMiLLE, S. f., sorte de pustule : 
L'encens oint avec poix et vinaigre au 

commencement <les herpès et formules, j 

qui ressemblent a bourjons il les oste. 

(Dn PiNET, Dioscoride, I, 70, éd. 1603.) 
Crues et appliquées avec nitre et farine, 

elles (les figues) ostent les formules, les 

verrues. (ID., ib., I, Id."!.) 

Cf. Formigue. 

FORMiLLER, V. H., s'agiter . 

Vray est qu'estans estendus par terre a 
cause des nerfs et du sang qui se retirent, 
on les voit un peu formuler et trembler. 
(Jean de Lery, Voy. au BresU, II, 47, Gaf- 
farel.) 

Cf. FORMIER 4. 

FORMiLLEUx, adj., en forme de pus- 
tule : 

Et s'en sert on aux ulcères formilleuses, 
pourries et de diflicile curation. (Dn Pi- 
NET, Dioscoride, I, 114, éd. 1603.) 

FORMiLLON, S. m.. Sorte d'araignée : 
Le troisième (genre d'araignées) est le 

formillon, semblable a la formy. (Grevin, 

des Venins, 1, 2.3, éd. 1508.) 

Cf. FORMION. 

FORMiN, S. m., fourmi : 

C'est l'arbre ou formin s'ombroient. 

(Fabl. d'Ov.. Ars. 3069, f° lOu'.) 
Comme les formins failez vons. 
(Lefbaiic, Champ, des Dam., Ars. 3121, 1" 119".) 

FORMiNiERE, S. f., fourmilière ; 

Les formins font une manière 
Qu'ilz veullent estre ensamlile tous 
Au dessoubz de leur forminiere. 
Ainsi l'un boute l'aultre arrière. 
L'on va devant, l'anltre derrière. 
(Lefbanc, Champ, des Dam., Ars. 3121, f= ^19^) 

FORMION, fourni., frem., s. m., petite 
fourmi : 

Formica, fourmion. {Gloss. rom.-lal. du 
xv" s., Scheler.) 

Ceuls qai longtemps ont a court demeuré. 
Qui sont ponrven, compère an fremion. 

(E. Deschamps, Poés., I, 312, A. T.) 
A coups plus drus que freinions arri- 
vèrent au sepulchre de Jacques, et des- 
fouyrent sa charongne puante, et l'enterrè- 
rent en un jnrdiu. (.Moliket, Chron., ch. 
Lxi, Buohon.) 

Un escorpion 
(^ombattoit un fremion 
A cheval sur une chievrc. 
(Coq à l'asne. De Sancerre et de la Charité, 
1577.) 

Les formions qui gastent le bois de la 
vigne. (LiEBAULT, Mais, rust., p. 704, éd. 
1397.) 

Lorr., Fillières, froumion. Pic, fremion, 
froumion. Ilainaut, fromion. Guernesey, 
fouarmion. 

FouMiQUE, voir Formigue. 

FORMiSE, s. f., fourmi : 

Les formises sont ungfoiblegenre,lequel 
appareille en la moisson viande pour soy. 
(Le Fevre d'E.5t., Bible, Prov. de Salom., 
XXX, éd. 1334.) 



FORMI.SETE, - elle, foii)--.. s. f.. petite 
fourmi : 

Or 88 pourvoit la formisete. 
(Reclus de ftoiif.vf, Miserere, Ars. :)|.i2, l"'2I.l°.) 

— fonrmisete. 
(Id., ib., Richel. I,'i212, f 65 v".) 
Des formiseUes et des mousces. (Fosse- 
tier, Cron. Margarit., ms. Brux., I, 
f 23 vo.) 

PORMISON, voir FORMOISON. 

FORMissE, S. f., fourmilière ? 

Quant il s'embatoit en une formisse. 
(Girart de Rossillon, ms. de Beaune, éd. 
L. de Montille, p. 113.) 

FORMOIER, voir FORMIER. 

FORMOIR, fourmoir, s. m., burin : 

Fourmoirs a tailler pierres. (1407, Lille, 
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Cœlum. Formoir, ou burin. {Trium ling. 
dicl., 1604.) 

FORMOISON, - eison, - ison, s. f., forme, 
taille, stature : 

Larges pis et espaules ; s'ot large formison. 

(Roum. d'.Mi.i:, f» 23'', Michefant.) 

E large piz e gros de bêle formeison. 
(Th. de Kent, Geste d' Mis., Richel. 21304, 
f» 12 V.) 

C'a ses figures, formoisons, 
Singnlers, pUirers, .m. resons. 
(Bataille des .vu, ars, Richel. 837, f 137''.) 

FORMONSTRANCE, S. f., manifestation 
extérieure : 

Car bonours ne font pas rauencez. 
Mais il font signes, formonslraneez, 
Qnelx monrs en eux devant avoieut 
Quant en petit estât estoient. 

(Rose, Val. Chr. 1S.S,S, f» .'iS',) 

FORMONTANT, fw., S. U). ? 

Dou quemyn, dou furmontant, des ha- 
ranz. (1294, Péarje de Dijon, Hichel. 1. 9873, 
f" 21 v°.) 

FORMORDRE, v. .'i., attaquer illégale- 
ment : 

.. .. Tôt ades al fort 
Venoit ilh al desus, quant ons Vavoil formorl. 
(Jeh. des Preii;. Geste de Liège, 255 17, .Scheler, 

Gloss. philol.) 

1. FORMORT, former, s. m. et f., droit 
d'un seigneur sur les biens des bâtards et 
des non-bourgeois morts dans sa seigneu- 
rie : 

Aultre recepte faitte des reliefs et es- 
queancbes en ccste présente année : de 
Hanotin le Corrier, fil et hoir de Thumas 
le Corrier défunt, a esté oan receu pour le 
cause de le formorl de son dit père.... i. 
sols. 14I.S-l4t6, (liegislre des receltes de 
Boulogne-sur-Mer, p. 24, Ed. Dupont.) 

— Somme d'argent ou meuble qu'une 
personne veuve laisse à ses enfants du 
premier lit, en se remariant, pour qu'ils 
en jouissent après son décès : 

La dite damoiselle Nicole renonça a 
toutes escbanees et formorlures qui ja li 
estoient ou povoient estre escheues du 
formor de sa mère. (1317, Contr. de mar., 
Arch. J 1030, pièce 20.) 

Cf. FORMORTUIIE. 



88 



FOR 



FOR 



FOR 



2. FOKMORT, lourmort, adj., échu par 
héritage : 

En cel point mous JofTrois li cueus 
d'Anjo. et Henris ses lius s'en ala au roi 
de France Loovs ; si li fist houiage de sa 
lierre, qui fourmorte li estoit de par son 
père. {Hisl. des ducs de Norm. et des rois 
d'Anglet., p. 73, Michel.) 

— Orphelin : 

Les dits niayeurs et eschevins sont sou- 
verainement advouez des eufans mineurs 
et en bas aage estant fourmorts de pero 
ou mère. (Coul. de TournrUem, xviii, 
Nouv. Coul. gén., I, 434'.) 

FOKM«ll«TUOIHE, - Oie, foUf., S. 111 , 

héritage? 

Chil qu'il aroit plainemenl lele esqueau- 
cUe et tel forniorture que li pères et le 
mère li aroicut quite, et partiroit a l'es- 
queanche au fourmortuoire du pcre ou de 
le mère. {Li Usages de le cité d'Amiens, de 
coi on plaide devant le Maieur, ap. A. 
Thierry, Mon. du Tiers Etat, I, 144.) 

Xule eskeanche ne uni fonnortuore.ilh.) 

Cf. FOBMORTUBE. 

FOUMOIITUORE, VOir FORMORTDOIRE. 

FORMORTCRi;, founnorlurc, formolure, 
fourmolure, fourmeture, s. f., droit qu'a- 
vait un seigneur sur les biens des bâtards 
et des non-bourgeois morts dans sa sei- 
gneurie ; somme d'argent ou meuble 
qu'une personne veuve laisse à ses enfants 
du premier lit, en se remariant, pour qu'ils 
en jouissen t après son décès; héritage à la 
mort d'un parent, autre que le père et la 
mère : 

Li witelee est a .m. s. de founnorture. 
(1247, Ch. d'Onnaing, Ch. des compt. de 
Lille, 914, Arch. Nord.) 

Jebans Soutars et Crestiiens duHouleron 
clamaissent le'munoir, les trois journeusde 
pré devant dis comme leur yretaige de 
l'escanpe Bandin Pietran de c»i fourmeture 
il leur estoit cskou de droit. (1271, Cart. 
noir de Corb., liiehel. 1. 17758, f° 201 v°.) 

Ke nus ne acacbc fourmorlure d'aulrui 
ne venge fourmorlure ne presche deniers 
sus. (1280, Reg. aux bans, Arch. S.-Omer 
AB XVllI, 16. a" 432.) 

Si u li quLUs.... founnorture de bastart 
ki muerl sans hoir di; se car et de se 
femme espousec; et fourmorlure del es- 
traiter. {Revenus du comté de Hainaut, 
p. 1265, ap. Ste-Pal.) 

La dite damoiselle Nicole renonça., a 
toutes cschances et formortures qui ja li 
i-stoienl ou povoieut estn- escheues du 
formor de sa mère. (1317, C'onir. deinar., 
Arch. J 1030, pièce 20.) 

Comme uns debas et contens aient esté 
entre Philippe de Anpoele d'une part, et 
ses quatre sereurs d'autre, pour cause de 
la formort'ire de la damoiselle Clialerine 
leur sereur. (1332, Cari, de Flandre, II, 
p. 589, ap. Sle-Pal.) 

Lettre par chirographe de le moitiet 
d'une iDuison que Piere Kaille a pris a cens ! 
au conte de Itloys, liquclle maisons siet a 
Guise et eschey a mons. de Bioys de le 
fourmorlure Renier de Busignies. jadis qui 
trespassa sans hoir avoir de sa cnar.(1339, 
Carlul. de Guise, Richel. 1. 17777,f''217v».) 

Ne sont tenus les bourgeois ou manans 



du dit Binch qui se remarient donner 
portion de leurs meubles, ny faire formor- 
ture mobiliaire aux enfans de leur précè- 
dent mariage, un, ou plusieurs. {Cout. de 
Binch, Nouv. Cout. gt^u., U, 209».) 

Quand ij y a enfans de divers licts el 
mariages, et que les enfans du second 
mariage ou autre subséquent, a raison 
que contre iceux entravestissement de 
sang ny par lettres n'a lieu, comme dit 
est, viennent a demander a leur père ou 
mère survivant leur partage des biens, 
meubles et catlionls pour la formolure de 
leur père ou mère premier terminé : en 
ce cas pour faire ledit partage, l'on doit 
faire desdits meubles et catheuls lors 
trouves, autant de monts et parçons d'é- 
gale valeur, qu'il y a d'enfans de divers 
licts. {Coust. de L'alleu, xi, Nouv. Cout. 
gén., I, 372''.) 

Si lesdits enfans attendent a demander 
leurdit partage de leur formolure de leurdll 
père ou mère dernier terminé, ils ne per- 
dent pourtant et n'est iceluy confus par le 
trespas dudit dernier terminé, jaçoit que 
d'iceluy lesdits enfans se portent héritiers. 
(76., XII, ib.) 

Si lesdits enfans attendent a demander 
et avoir leur dit partage de ladite fourme- 
ture de leursdits père ou mère premier 
terminé, jusques aprez le trespas de leur 
père ou mère dernier terminez, ils ne per- 
dent pourtant icelle. {Ib-, XXIX, ib., 
p. 375'.) 

FORMOSITÉ, S. f., beauté de formes : 

Graciense formosilr. 
(N. DK L.4 Chesnate, CoiiidaKii. de Bancquel, 
p. 343, Jacob.) 

Le bouct plaisant et précise formosilé 
de l'armée estoit au costé vers Coulongnc. 
(J. MoLiNET, Ckron., ch. ix, Buchon.) 

Assez as tu de formosilé et bonne taille 
de corps et de membres. (Le Maire des 
Belges, III. de Gaule, u, 155, Stecber.) 

FonMOTUitE, voir For.mobture. 

FORMOURU, - ut, adj., orphelin : 
Et si est accordei ke enfans de bourgois 
puis k'il aura .xv. ans et soit formourutàe 
peire ou de meire k'il viegne jurer le bor- 
gosie. (1281, Reg. aux bans, Arch. S.-Omer 
AB XVIII. 16, n° 514.) 

Cf. FORMOHT 2. 

PORMOvoiR, - mouroir, fors., four., 
verbe. 

— Héfl., se soulever : 

Quand le duc Jehan cust esté bien dix 
jours logé devant Mondidier, et qu'il con- 
tendoit a passer outre vers Paris, lors ses 
Flatnans se commenidierent a eit.T four- 
mouvoir pour retourner en leur pais, et 
tant qu'il ne fut point en la puissance au { 
duc Jean de les retenir. (Mém . de P. de 
Fenin, an 1410, éd. Dupont, p. 19.) 

Assez tost après, le commun de Paris se 
fourmeut et firent grant assemblée de 
menus gens, et allèrent a toutes les pri- 
sons, et tuèrent tous les prisonniers qui 
avoientesté prins a la prinse deParis. {Ib., 
an 1418.) 

Mcsseigneurs, ne vous fourmouvez de 
riens ; car ce que nous faisons vous tour- 
nera a grant profit et utilité, et la beso- 
giinnce en sera bonne. (Molinet, Chron., 
cil. Lxiil Buchon.) Impr., fourmonnez. 



Aossi .!(■ sonl Hz bien formas 
Encontre moy pour me deHaire. 
(Grbbas, Miat. de la pass., 3268(1, G. Paris.) 

— Formeu, part, passé, déplacé : 

Se il y a charpenterie forsmeue de son 
droit lieu, nous li devons faire remettre a 
son droit lieu. (Arrh. JJ 56, f'>68v".) 

— Sojiilevé, excité : 

Sire, dist le chevalier du clinstfl a !\Ior- 
gal, a homme fourmeu en yre, ne a 
honme eschaufîé par beaulté de pucelle ne 
se faict pas bon prendre. {Perceforest, 
vol. V,ch. 20, éd. 1528.) 

— Courroucé : 

Car mes cors vent savoir se je soi licceus 
On se j'ai folemenl point esté formeiia. 

(nriin de la Manl.. Ricliel. 21"0, f 28 r".) 

FORMUER, V. n., s'émnuvoir, s'ccliauf- 
fer : 

Le sang luy encommence a formuer par 
grant fierté du pied jusques au chef. 
{Perceforest, vol. V, cb.20, éd. 1528.) 

FORMULiER, S. PI., l'omiulaire : 

Mais, pour dire la vérité, l'ennemi est a 
cela seulement emu par espérance de 
nous, par vaines, obscures et ambiguës 
paroles, mettre en dispute et dissension, et 
consequemment en division, et par ainsi 
finalement contraindre a quelque reconci- 
liation, qui est son unique dessein ; a quoi 
il a, des le commencement de cette négo- 
ciation, taché, sans avoir jamais pensé 
quitter de bonne foi ses prétentions sur 
ces pays, comme on est, par tant de bons 
avis, de tous costes averti que justement 
nous devoit donner arrière pensée, et 
émouvoir de n'écouter a quelques autres 
formuliers, assuré qu'on ne refuseroit le 
formulier, si on vouloit sincèrement ac- 
corder la substance, de sorte que tant plus 
qu'on le tire en dispute, tant plus nous 
nous en devons assurer. {Négoc. du Prés. 
Jeannin, p. 453, Michaud.) 

FORNAGE, - aige, four., s. m., four, 
fournaise : 

Eslenceles ardans en saillent 
Aussi comme del fer qni fnme 
Que li fevre bat sor l'enplume 
Onant il l'atrait de le fornage. 
(CiiBBST., V.ligel, Richel. U.'JI), f" 201)''.) 

— Ce qui cuit an four : 

Piiet li maires voir le pain et les four- 
naigesei puet commander asfourniers qu'il 
eniamechent leurs fournaiges pour voir 
dedans s'ils sont de loyal waagnaige. 
(1355, Ord., v, 510 ) 

— Action de cuire au four : 

Que le /'oj'JiOffe desdicts fours fust exercé 
tant seulement depuis cinq heures du ma- 
tin jusques a sept heures après midy. 
(1479, Supplique au Comte de Bresse, Cnr[. 
de Bourg, p. 514, Brossard.) 

— Droit dû au seigneur dn four banal 
ou au fournier pour le pain qu'on y cui- 
sait : 

Li forniers doit panre son fornage cru. 
(1231, Charte de Morr.-sur-Seilte, Arch. 
Meurthe.) 

Nous sommes tenus a rendre a ledite 
église le moilii'' des chens, cb'est a savoir 
de quascune masure .vi. den., et le moitié 



FOR 



FOR 



•OU 



89 



lies liirbape? et des fûumages. (1263, Arcli. 
K 38, pièce 11.) 

La moitié de tous les fournages du four. 
(Ib.) 

Li bonlengiers In pain fera 
El li forniers l'enfornen 
Tortel anra et son fornage. 
(DU dfs lioulangiers, ap. Jub., Jniii/I. <■! Troue., 
p. 110.) 

Item pour la coustume dou pain vendu 
a Gaillefontaineset les fournaiges d'ilecques 
trente cinc livres. (1309, Arch. JJ 45, 
r 87 v°.) 

Pour les fournages du four de Conte- 
uisse, le four soustenu, .xv. 1. {Chart. de 
Ph. le Bel, Richel. 1. 9785, t" 101 v.) 

Des fournages qui li bourjois doicnt a la 
S. Rémi. {Recepie de la rivière d'Andrie, 
vers 1320, Arch. C.-d'Or, B 486.) 

Nous avérons fours et moulin bannaulx 
es dictes villes, esquelz ly bourgeois moul- 
ront aux vingt, et cuyront au vingt et 
quatre. Et qui n'y venrait, il payera cinq 
solz d'amende pour chacune fois. Et sera 
restably le monier de sa moulture et le 
fournier de son fournaige, s'il est prouvé 
souffizaumcnt. (1320, Ch. d'affranch. de 
FYesnes, etc., Verdun, Cabinet de M. de La- 
bry.) 

Item la moitié des travers et admendes 
de Blangy, et la moitié des fournages et 
tours de Blangy. (1383, Arch. P 137, 
I» 83 r».) 

Item mon four de Neung, auquel four j'ai 
droit de bannie sur touts les manans et 
liabitans de la dite ville, et ay fornaige 
sur le pain que l'en cuist audit four, c'est 
assavoir de dix huit pains ung pour le 
droit dudit fornaige. (1404, Aveu de Cha- 
leauvieux, ap . Le Clerc de Dofiy, t. I, 
f" 248 r°, Arch. Loiret.) 

Jennot Merlin,secretaire de Monseigneur, 
ait puis peu de temps ença possédé et joy 
d'ung pain [de] fournaige ou four de 
Monseigneur par don et ottroy de Mons. 
(1439, Coll. de Lorr., XIII, S8, Richel.) 

Noms des habitants payant le fournaige. 
(1486, Terrier du roi, Arch. mun. Avallon, 
11,1.) 

FORNAis, fornaz, forneys, s. m., four- 
naise : 

.III. enfanz ot hom ardre mis 

Kd un fornaz trestot envis. 
(Wace, Vita S. il. Virg., p. 1)0, Lnzarclie.) 
Forneys. {Apoc, ms. Ars. 5214.) 



?ncr 11' fnn de l'a- 



— Fig., pour 
iiiour : 

Or est mes R\z pris don fornai.i, 
Li feas d'amor l'afine forl. 

(Florimoni, liichel. 13:6, T -29'.) 

FORNATURER, V. H., dégénérer de sa 
nature : 

Fils de preadome et de (el père 
S'il avient k'a l'oir bien n'apere 
Dire pnet on qu'il fornaliire. 
(B. iiE CoNDÊ, li Mantiaus i'onnimr, Ars. 3112, 
f° 30S'>.) 

FORNAZ, voir FORNAIS. 

FORNEIER, voir FOnNlER. 

FORNEi,, fournet, s. m., four : 

Ku une cheminée ont le fa alnmé ', 
1.» s'asienl Françoi» a i. /tourne/ privé. 

iFierahras, •IM, A. P.) 



.\ssis se sont au Irenicrel 
l.ni et saint Pieres an forncl. 
(De SI Pirre cl du Jongleur, 177, Montai^lon el 
llaynand, Fait., V. 71.) 

Porront cuire les demourans en icelle 
maison, ou dit fournel, blan pain. {Pièce 
de 1371, ap. Colliette, Mm. de Vermand.,}], 
888.) 

— Voûte, arcade : 

Chanbres voUices a forniaus. 

(Beh.. Troie. Richel. 903, T 6fi'.) 

Chambres voltices et fomax. 

(II)., ib., 3121, Joly.) 
Hz ont esté d'acors que l'on requière 
mons. le bailli qu'il face derrochier le for- 
ne Jet poteries qui sont faictes sur les murs 
de la ville. (K" mars 1417, lieg. consul, de 
Lyon,l, 106, Guigue.) 

Nom propre, Fournel. 

FORXELAGE, foumellage, s. m.,, service 
du four banal : 

Et luy doivent... une journée en augs, 
et une journée a foumellage. (1394. De- 
nomhr. du baill. de Con'stentin , Arch. 
P 304, f 13 V».) 

FORNELET, fournielet, s. m., petit four- 
neau: 

Un fournielet et le caudiere assis en la- 
dite maison. {Chirographe du 12 .sept. 1404, 
Arch. mun. Douai.) 

FORNELEUR, fourncleur, s. m., celui 
qui a le service du four : 

Ledit seigneur avoit priveement ses for- 
neleurs avec qui il ordena en secré que 
celi de sa mesniee, cest damoisel, sanz 
noinmer le par son nom, que il envoieroit 
a eulz de par li l'endemain a matin, que 
se il li vouloient jamais faire service que 
sanz nulles paroles et sans nulle dilacion 
tous le preissent et meissenl tantost eu la 
fornaise ardent. (J.de Vignay, Enseignem., 
ms. Brux. 11042, f° 37''.) 

Lesquelz fourneleurs... furent accordans 
a ce faire. (In., ib., ms. Brux. 9467, 
f 22 V. ) 

FORNEMENT, - imeiit, four., fur., s. m., 
action de fournir : 

Por son forniment des vestimentes et 
calcamentes. (Begledel fcojïpif., Richel. 1978, 
f* 14 r».) 

— Provision : 

Sallirent a la roche de la cité, laquelle 
non se pot tenir, quar non avoient forne- 
ment de victuaille. (Aimé, Ksi. de li Norm.. 
III, 26, Champolliou.) 

Nul fornement de chose do niongier non 
i avoit. (ID., i6.,VI, 28.) 

Comment peut .i. fornement d'armeures 
estre mal en .i. ostel f quar entre les autres 
choses armeures sont meuble. (J. de Vi- 
GNAY, Enseignem., ms. Brux. 11042, f<i26''.) 

Fournement d'armeures. (Id., ib., ms. 
Unix. 9467, f» 16 r°.) 

— Nourriture : 

Et si dolent amener la partie les signors 
a Mez sen nule costauge,areiz .m. s. ke li 
signor dolent et lo furnement a boviers. 
(Cens, de S.Paul, S" 9 v», sans dnte.xni' s., 
Arch. Mos.) 

— Garniture, doublure : 



Nus selicrs ne pin'l coudri- hazane avec 
vache ne avec veel pour nul fournement. 
(Est., Boil. Liv. des mesl., l'' p., lxxviii, 
0, Lespinasse et Bounardot ) 

FORNER AT, /oMr., S. III., celui qui cuit 
au four : 

Martinus le Fourneral. (Vend. apr. Pu- 
rif. 1374, Dênombrem., Arcb. Côte-d'Or, 
B 10525.) 

FORNERESSE, fow., S. f., boulangère : 

Maroie le fourneresse, c'on dist le niaise 
dame. (1332, Cart. de la Grande-Aumône, 
{' 232 v°, Arch. des hosp. civils de .Mons.) 

FORNERON, foumerou, - iron, s. m., 
garçon boulanger : 

Se les fourniers ou fournirons... empi- 
roient ou afoloient le pain,.... les disfour- 
niers ou fournirons seront tenuz de 
l'amender. (1374, Arch. J,l 198, pièce 360.) 

Se les fourniers ou fournerons empi- 
roienl le pain d'aucun desdiz habitans, les 
dis fourniers ou /'oto'KerojîS seront tenus 
de l'amender. (1462, Ord., xv, 515.) 

Le /i)!<rneron doibt couper le boys; mon- 
dit seigneur de Mesvre le doibt faire char- 
royer en la halle dudit Mesvre, et quand 
le fourneron a couppé lesdits bois, que 
mondit seigneur l'a fait charroyer en 
laditte halle, ledit fourneron le doibt traî- 
ner d'illec et jusques dans la maison du- 
dit four. (1483, Protocole de J. d'Aigue- 
morle, Xrch. mun. Autuu.) 

Pour cuyre ledit pain a deux aydes, l'un 
appelle le fournier qui est le fermier des 
religieux, lesquels sont tenus de faire et 
entretenir le fouyer et le pavé dudit four 
tant seullement ; et l'autre est appelle le 
fourneron, lequel est fermier et ayde de 
mondit seigneur de Mesvre. (Ib.) 

Nom propre, Forneron. 

FORNET, fournet, s. m., fourneau : 

Et ne la pourra l'en (la monnoie) fondre 
ne mettre en fournes, se nostredit garde 
n'est présent. (1313, Ord., 1,523.) 

Despecerent tout entièrement le fournet 
de sa maison. (4 nov. 1444, Inform. par 
Hug. Belverne, t" 10, Ch. des compt. de 
Dijon B 11881, Arch. Côte-d'Or.) 

Nom propre, Fornet. 

FOUNETURE, - neslure, - niture, four., 
s. f., mesure pour les grains : 

Deux fournitures de seigle, mesure de 
Parthenay, vendues .xxxvi. livres tour- 
nois, montani. ladite seigle mesure de 
Vayles .xxvi. sextiers .nil. boisseaux. 
(1494, BeçM de Jeanne de Couhé, Ste-Croix, 
Arch. Vienne.) 

Item 10 I. 13 s. 4 d., pour la vendition 
d'une fourniture de seigle vieille. (Ste- 
Croix, S. Romain, ib.) 

Receue de Pierre Sornyes... pour vente 
et livraison de 65 septicrs de blé froment, 
mesure de Poitiers... a raison de 82 liv., 
chascune fourniture revenant les troys a 
la somme de sept vingtz sezc livres, ot 
pour les deux septiers qui restent desdits 
65 la somme de 104 s., qui est la somme 
totalle de 161 l.,4s. (1368, Compte de re- 
cettes et dép. de la comm. de S. Georges, 
p. 147, Arch. Vienne.) 

— Bonne mesure : 



En chascune maise de ii^ 



sor, doit 
12 



90 



FOR 



avoir uu millier <>t vingt harenf. pour 
fournesture. (1326. Ord., xi, 511.) 

Oa millier de harenc doit avoir dix cens 
et vint harencs pour fournesture. (76.) 

— Largeur : 

Une pièce de .m. toises de lonc et de 
demi pit- de fourneture. (1.328, Compte de 
Odart de Laigni, Arch. KK 3*. f° 77 v°.) 

De .m. toifes de lonc. et d'un espan 
de fourneture. {Ib. i 

Chascune colonbe aiant un prant espain 
de fournesture. (134S, Arch. K 44, pièce 6.) 

Une seulle de trois toises de lonc, d'un 
pié et deux doiz de fourneture, trente trois | 
soliveaux d'un apan et demi de fourne- \ 
ture. iCompt. de Girart Goussart. 1400- 
1402, Fortification, ii,ArcIi.niun. Orléans.) 

Mectre une courbe par dehors d'une 
toise de lonp et demi pie de fourneture. 
{Ib) 

— Forme, .ipparence : 

Son brac simblnil Imnce de sap ; 
Son cors ot laide forncture : 
Ne TCitea tel crcalnre 
Ne ne fa snas le firmaroeat. 
(Renart, Soppl., var. do t. 22:.31. Chabaille.) 

FORNEYER, VOir FORiNIER. 

FORNEYS, vnirFORNAIS. 

FORNiAGE, four., S. m., droit snr le paiu 
cnit an four : 

Comme debas fust entre nous de l'une 
partie et nos hommes d'Allues de l'autre 
partie d'endroit leur fourniagc a lour ma- 
nière dou fourniser... (1263, Acte sur les 
dev. du foumier d'Allues, Tailliar, p. 234.) 

Sont tenu a maure as molins de leurs 
seignours pour meuture taussee, et a four- 
nier a ses fours pour fourniage taussé. 
ri279, Cart. de Ponthieu, Richcl. 1. 10112, 
r» 81 r».] 

Revenues d'erbases, reccandises, four- 
niajfM,banees. (1326, Arch. .IJ64, f" 211 r».) 

Cf. Formage. 

FoRNiCAJRE, adj., (ornicateur : 

Il l'a fait estre fomicaire. {Les quai. 
Evangil., Richel. 12381, (' 233 v.) 

Toute feme fomicaire, ce est qui est as- 
siduel a faire fornication a pluisors, est si 
comme ordure qui est defoulee el chemin 
de tous cels qui trospassent. (Bi6J«, Richel. 
901, f« 29^.) 

Vilains glouz, fornicaires, avoltrcs. (Vie 
et mir. de plus. s. confess., -Maz. 568, 
1" 224'-.) 

.Saiat l'ol soU qoi ditqae toul loiarieux, 
Fornicatre el Don monde... 
(Jeh. 6ï MtiM., Test., UéOD, p. 101, var. du ms. 

Val. Chr. liilî .) 

Hz l'appellent l'advoultire, voluptueuse, 
fomicaire, e-ilise uiali^nante. (Brochart, 
.^dms des quatre motifz pour faire le 
passage d'ouUre-mer, (" 32 r».) 

FORNicAREssE, adj. et s. f., fornica- 
trlce : 

Fornicaresse, fornicatrix. {Gl. gall.-la'.., 
Richel. I. 7684.) 

FORNicASTE, adj. f., fornicatricf : 

ChâKODe rame est fornicatle : 

Se celer «'en puel. n'esl pa< rhaSie. 

tl.'Imaqe du Monde, ap. Koquef. > 



FOR 

FORNICATERESSE , ,ldj. f., fomica- 

trice : 

Toute femme qui est fnrnicateresse sera 
conculquee de tons pn?sans, comme la 
fiente en la vove. F.f.f. d'F.taplks. Bible, 
Eccles., ch. 9, "éd. l.^iSO.l 

Une femme fornicateresse et lubricque. 
(J. BonCHET, Tri'implies de la noble Dame, 
{' 18 V», éd. 1.336.) 

FORNICATION, - cion, four., s. f., pris 
dans nn sens favorable pour désigner 
l'acte conjugal : 

l'no nnist jnst le raere par deles sen baron. 
Si canl avoir s'amoar en fournieacioii. 

{Charles le Chauve, liichel. 2137-2, r 31 
— Complot : 

Synagnogne pnis eslre fîgnree : 
My sers en moy font fornicacion; 
Pour moy occir, contcndent a l'espee. 
(E. Deschamps, OF.m:, II, 76, A. T.) 

FORNiCEOR, S. m., fomicateur : 

S'il est orgnilus u avuiltre u fornir.ere. 

{Paraph. du PaUr, Richel. 1. 1315, f» 127 

V.) 

FORNiciER, S. m., fomicateur : 
Li forniciers ou li nient nez ou li aver 
ne n'at part el règne Jesu Crist. (Maurice, 
Serm., ms. Oxford, Douce 270, f° U r».) 
Ne seez pas forniciers. (76.) 

Cf. FORNICAIRE. 

FORNici^ETEiT, S. f., incoiuniodité, in- 
disposition : 

Et nule autre feme on ne poet mettre ne 
recevoir, home ne feme, por maladie ne 
por fornicleteit ke il ait. (1274, Fondation 
de Vhospilal Ste Marguerite, Arch. mun. 
Douai. 1 

FORNicQUEUR, S. m., fomicateur : 
Ne soys fomiequeicr n'adultère. (Fosse- 
TIER, Cron. Marg., ms. Brux., I, f" 126 v».) 

1. FORXiEMENT, S. m., fofnication, im- 
pureté : 

Les orz espiriz ki tote natteit ont dewer- 
pit el ki el forniement des vices se de- 
leitent solement. (S. Bern., Serm.. liichel. 
24768, r» 123 v".) 

Si ai toi l'apareillement 
Dunl feme fait forntrment. 
(Du Mercier, Crapelel, l'rov. et dicl. popuL, 
p. 153.) 

2. FORNIEMENT, four., adv., entil^re- 
nient : 

Ovec les deniers tornois rendant cescun 
an anuelment as termes acoustumez, en- 
tiereuieat, forniement e sanz dechié e sauz 
nul uuienuistnieiit. (1292, Ch. du vie. de 
Valognes, Cart. S. Sauv., p. 131, Arch. 
Manche.) 

Franchement, quitement, paisiblement, 

I entièrement, fourniement, sanz dechié et 

sanz amenuisement. (Mcrc. av. annonc. 

1303, Ch. du garde des sceaux de Valognes, 

S.-Sauv., La Bouneville, Arch. Manche.) 

G^irantir et délivrer enteriguement et 
forniement. (1307, Ck. du garde du sceau 
de la vie. de Valognes, Cart. S.-Sauv.-le- 
Vic., p. 145, Arch. Alanchc.) 

Pour paier la rente en la manière des- 
sus dite fourniement. (Sam. apr. épiph, 
1321, Ch. du garde du sceau de Valognes. 
S. -Sauv., l'K-sville, .\rch. .Mauche.i 



FOR 

3. FORNIEMENT, foumiemenl, s. ni., 
ternie d'architecture, arc de voûte qni 
retombe snr les intimes piliers : 

Lesquelz pillicrs touraulx nesountpoiul 
contreboutes de leurs bendes et fotir- 
niemens devers leur crovsié. (23 janv. 
1440, napp. deSim. Le .Voir., Arch. Seine- 
Inf.) 



oyer, - iger, four.. 



1. FORNiER, - oier. 
verbe. 

— Act., nier, dénier, contester refuser : 

On pour leur hyerelage qoant on leor fonrniga. 
(Cher, au cijgne. -iSf.o, RcilT.) 
Molt le foinie : 
Mais, quoi qn'ele en die, maagré l'ensai. 
(Chans., Vat. Chr. UOO, P *1.) 
Se aucuns estoit arestez par le dit Mikiel 
ou par sen soflisaut serjant par raison 
de visconte et il fornoiast l'arrest, il l'a- 
menderoit par no jugement. (1291, Cart. 
de Ponthieu, Richel. 1. 10112, f» 170 r».) 

Lonc chou qu'il li fournoie, dites que 
faire leur doi. — Dont diront eschevin 
Lonc chou qu'il fournoie, adjournes l'une 
partie et l'autre. (RoisiN, ms. Lille 266, 
p. 20.) 

Fornoyer. (Rue, xiV s., dans le Gloss. 
picard de Corblet.) 

— Neutr., refuser de comparaître : 
Se li bourgois ou non boursois est se- 
mons et fournoie, et il en est atains, il doit 
.II. sols de le nianche au prevost pour le 
roy. (1290, Etat des revenus de la prévôté 
d'Amiens, ap. A. Thierry, Mon. du Tiers 
Etat, I, 283.) 

2. FORNIER, fur., four., s. m., celui qni 
tient un four banal, boulanger, pâtissier : 

Pnis que somcs ansamble, s'or esloie l. bergler 
On gaile de chaslel ou rlbaul on former. 
Si vos covienl a moi, ce m'est vis. lornoier. 
On vos coTieat la place isnelemcnt voidier, 
Qne toz voslre lignages i aura reprovier. 

(J. Bon., Sax., cclxxxi, Michel. 1 

Ansolilus Forneirs. (1153, Cart. de Mon- 
tiéramey, p. 67, Lalore.) 

Petrus Fumiers. (1193, ib., p. 138.) 

11 doivent mettre de commun assenle- 
ment former. (1225, Cart. de Ponthieu, 
Richel. I. 10112, f» 67 r".) 

Si li forniers pert le pain par sa corpe. 
(1231, Ch. de Moro.-s.-Seille, Arch. 
Meurthe.) 

Robert l'Escot, fournier. (Livre de la 
Taille de Paris en 1313, Buchon.) 

Ung autre ly reprochoit son linaige, et 
l'appella fourniez. Et il respondy : Lequel 
vaultil niieulz ou que noblesce commence 
en moy , ou qu'elle define en toy ? {Le 
Liv.des Esches, ms. Chartres 411, f" 78 v».) 

Ans fourniers el musniers de l'abbaye. 
(1330, Compte de Nicol. Bracque, Arch. KK 
7, f° 68 r».) 

Quand les fourniers avoient cuit, il con- 
venoil garder leurs maisons a force de 
gens ; autrement le menu peuple , qui 
mouroit de faim, eust efforcé les lieux. 
(Frtoiss., Chron., II, 11, 148, Buchon.) 
Car on pailo souvent de cnire. 
Mais le fournier n'y venlt entendre. 
(Coailii-i-*"^. Droili nour-, 1° p., de Jnre nnlii- 

rali, I, 41. Bibl. elz) 

Fevres et /brmVrs boivent volunliers. 
(xv' s., Vrac, ijallic, ap. Ler. de Lincy, Pror.) 



FOR 



FOH 



FOR 



lin ne doibst espargoer blé dn mnsnier, 

Vio dn cnré, ny moins pain tie fournifr . 

iCabr. Meurier, Très, dts Sent.. Anvers iniin.) 

Libarius, /bnrnier de gasteaux. (Tr/Hm 
ling. dict., 1604.) 

— Féminin : 

Auasy prendra de voz filles, pour l'iiire 
ses oiufiuemens et ses cuysineries, et pour 
ses fournieres. (Le I'evre d'Kst., Bible, 
I, Sam., 13, VIII, éd. 1334.) Lat., panilioas. 

L'.icadémie donne aux mots fournier, 
l'oumière, la définition suivante : celui, 
celle qui tient un four public ot qui y fait 
cuire le pain. 

Noms propres, Fornier, Fournier. 

3. FORNIER, four., s. PI., four : 

Dn fuerre prent nno bracio 
Et si l'a el fournier jelé. 

(Rfn .. iOH, Mcon.) 
Cuisines, fourniers , buanderies. (De- 
LOBME, Archit., ix, 13, éd. 1568.) 

4. FORMER,- yer,-ihier, - oier, - eier, - 
oyer, - eyer, - ayer, - eer, four., v. a., 
cuire au four : 

Boulengers puet avoir four pour cuire a 
vendre, el tout cil ki ne forniront en lor 
propres osteus sont tenus de cuire as fours 
de capitle. (1247, Ch. d'Onnaing, Cli. des 
compt. de Lille, 914, Arch. Nord.) 

Et doit le pain fournyer par conte, et 
rendre tout fournyé et conreé par conte. 
(1263, Acte sur les dev. du fournier d'Aï- 
lues, Tailliar, p. 25S.) 

Ne nul autres u'i pooit fornihier pain 
pour vendre. {Ch. de 1263, coll. Moreau, 
vol. 187, f° 16 r«, Richel.) 

Pains qui ne soil fournies au four de le 
ville de Fontaines. (1279, Cart. de Pon- 
thieu, Richel. I. 10112, f" 81 r°.) 

Elfornieaw four l'abbé cuite de fornago 
tant solement. (1292, Liv. desjur.fî" 70 r", 
Arcli. Seine-Inf.) 

Li formeus esloit menrcz. 
Bien penst esirf moisonez. 
Bains, yanez et formiez. 
Tant par loisir cuis et mengiez. 
i^aliv. N. S., Reinsch, die Pseiido-Evangelien, 
p. 64.) 

Lidit borgois sont tenus moudre a nos- 
Ires molins, et forneyer en nostres fors. 
(1304, Franck, de Clairvaux, Lx.) 

Que chacun de Paris, ou a Paris demou- 
rant, puisse pain faire et fournier en sa 
maison. (1305, Ord., i, 427.) 

Les gens qui liemeurent es dites viles de 
Pormor et de Corceles qui fournient, 
doivent chascun au un pain a Noël, et 
ceus qui ne fournient doivent deus deniers 
parisis. (1311, Arch. JJ 47, f" IS v.) 

Touz ceulx qui ou dit for de Corcelles 
hont acustumey et deyvent forneier. 
(1373, Ck. d'hab. de Neuclidlet, Arch. du 
prince, NeuchàU-l, Y'", n" 10.) 

Forniare, fournier. (Gloss. de Couches.) 

Il est assavoir que tous les boulengiers 
de la ville de Dieppe qui fournient pain a 
revendre, doivent chascun an a monsei- 
gneur dix soulz. (1396, Coust. de Dieppe, 
Arch. S.-Inf.) 

Et s'il estoit aussi que aucun boulenger 
eust poié son terme, et il fourniast après 
le terme .vill. jours ou .xv., ou mains ou 
plus, non obstant que il ne foicrniast 



jusquez a l'autre terme ensuivant, sy seroit 
Il tenu a paier icclhii terme. (Ib.) 

Auquel fourmes hommes sont tenuz de 
fournoyer. (1399, Denombr. du baill. de 
Constentin, Arch. P 304, C 57 r«.) 

Le procureur proposa que contre les 
ordonnances du mestier, il (.lean Aniiot) 
awoitcuit et fournoyé grant pain. (1401, 
Sentence de la prévosté d'Orléans, ap. Le 
Clerc de Doiiy, 1. 1, t" 250 v», Arch. Loiret.) 

Bonlenger, fournier el buer, 
Bluter, laver, essanger. 

(Farce du Cnvier, Ane. Th. fr.. I. M7.) 

La contrainte do/oHmoî/cra-aucun four, 
dépend des droits de basse jurisdiction : 
mais aucun ne peut contraindre ses sujets 
roturiers de fournoyer a son four, si les- 
dits sujets ne sont hommes roturiers 
d'homme. (1514, Coût, de Poil., art. 46.) 

ilues vous fournie encore? — Ilave you 
bakenyourbreedyet'?(P.\LSGRAVE,Esctoîrc. 
de la lang. franc, p. 442, Génin.) 

Ainsi les alquemisles, après qu'ilz ont 
bien fournayé, charbonné, lutté, soufflé, 
distillé, calciné, congelé, fixé, liquéfié, 
vitrefié, putréfié : il ne fault que casser un 
alembic pour le mettre au compte de la 
bonne femme. (Des Per., Nouvelles Récréa- 
tions, Comparaison des Alqueniistes a la 
bonne femme qui portoit une potée de lait 
au marché, éd. 1587.) 

Led. fermier est tenu a ses frais four- 
noyer lesd. pains et pastes. (1580, Reconn, 
des droits seign. de Clairvaux, Arch. .lura. 
Prost, p. 70.) 

— Fig. : 

A la lecture desquelz il devint aussi 
saige qu'oncques puis ne fourncasmes 
nous. (Rab., 1. I, c. 14, éd. 1542.) 

— Fornié, part, passé, séché au four : 
Fagoz séchiez et fournoiez ou four. 

(Compt. de 1437, Arch. mun. Autun.) 

Saint., fourneyer, enfourner. Guernesey, 
fournier, fournair, cuire an four. 

FORNiERE, four., S. f., four : 
Artopta, fourniere ou on cuit et rostit le 
pain. {Calepini Dict., Bâle 1584.) 

Saint., fourniere, fournil. 

FORNIHIER, voir FORNIER. 

FORNiLLE, four., S. f., ramiUss et 
branchages provenant de la coupe des 
taillis et gaulis, et propres à chauffer les 
fours : 

De witel paiera on une maile pour le 
/'orn!(/e.(1247,C/t. d'0(momy,Gli.descompl. 
de Lille, 914, Arch. Nord.) 

Certes monlt m'agreo 
ForniUe en fagot. 
(/.« Devise mis lecheors, 12, Méon, .Souv. Rcc., I, 
.301.) 

Or faut le four a l'enfourner, 
l*t le fourgon pour fourgonner. 

Or faut fouruillc, 
Or faut cerpe, or faut faucille. 
(/)« Choses qui failleni enmrnage, ap. .lub,, 
,Vnw. Rec, II, 107.) 

VA doit prendre li fourniers a celui qui 
quist, d'un witel un denier pour le four- 
nillc, et s'il voet, il puet aporter sefeuwille 
nu four. (126b, Cft. des compt. de Lille, ap. 
Duc., Fornilia.) 

Item le four de Chambay, liquel a chas- 



cun an cent charretées de fournilles prises 
en la forest de (ionffer. (1307, Arch. J.l 
144, pièce 87.) '' 

Fesoit couper les buissons pour fere 
fournille et fagos et en bailla au tesmoin 
pour aporter au four. (1312, Arch. S 296, 
pièce 6.) 

Les fourniers prendront fournille pour 
uoz fours en la forestz de Woyvre. (1320, 
Ch. d'affranch. de Fresnes, Cabinet de .M. 
Ollier de Lahry.) 

Item, pour le four, par dessus la /burnii/fi 
qu'il y convient trouver, cinquante sols. 
(l'ièce de 1326, .\Iém. <lcs Ant. de Norman- 
die, XXI, 102.) 

FORNiLLOx, /'oîo'îï., S. 111., foumicr : 
Kn ce lens qn'il fi-^t granl froidure 
S'en vint a lui (à la fourrai) par aventure 
Toz afamez .i. gresillon. 
De fain a soufert grant tonnent, 
Si demande do son froment : 
Grant tens a ne sui fornillon. 
Li fromi 11 a responda : 
Bien rae rescmblos fol tondu, 
Porquoi n'en as lu porchacié?,. 

O'able, ms. Chartres -261. I" t:i6 r». 

Nom projire, Richard Fournillun. (12;>2, 
Reg. ceuilloir du Temple, Arch. MM 128, 
f» 5 v°.) 

FORNIMEXT, VOir FORNEMENT, 

FORNin, /"ournir, furnir, verbi'. 

— Act., exécuter, accomplir : 

Girars se lieve si tost aom li jors vint, 
Qae molt se poinne del riiesage furnir. 

(Gir/i. tic .IWî, p. .'JOI, Stengol.) 
Se tu ne pues te parole furnir, 
.le le ferai de maie mort niorir. 

Uluoa de Bordeaux, 1023, A. P.) 
De traison furnir scet toute le raislere. 

(B. de Sel)., iv, .S;l,S, Bocca.) 

■]f. furnirai voslra message a mon pooir. 
(Fnoiss., Chron., 111,40, Luce.) 

Si manda mousigneur Gautier de Jlauni, 
en qui il avoit grant fiance, et pluiseurs 
aultres chevaliers et escuiers, pour mieulz 
furnir son fait. (Id., ib., IV, 73.) 

— Neutr., s'acquitter : 

Apres ce que il orent dit et fourni de 
leur message. (Grand. Cron. de France, la 
Vie Mgr. Saint Loys, xlv, P. Paris.) 

— Forni, part, passé, robuste, fort, 
grand, considérable : 

Les enfans garde et bien les f.iit norir 
Tant qae il forent parerou cl furni. 

(Les Loh., ms. Berne 1 13, f 3=.) 

Molt volenliers le damoisel ferist, 
Mais trop le vil gros el grant et furnis. 
(li., Ars. 3113. f 12'.) 
i:t si sranl fu la route et li enchas fornis. 
(li., lîichel. 1161, ap. Vietor, llandschr. der 
Geste des Loh., p. 80.) 

Gros ont les bras et les membres fornis. 
iGar. le Loh., 2' chans., xxw, p, LHi, P. Paris. 
Orans fu l'estors, mervîllons e furnis, 
E li vassal coragious el hardis. 

(Baimukrt, ngier, 2806, Barrois.) 
Un bordon ol, grant et forni et lonc. 
(Prise d'Orengc, 818, ap. Jonck., Gtiill. d'Or.) 
Entra .t. cers moult grans et [moull] furnis. 

(Auliiron, 186, Graf.) 



FOR 



FOK 



FOR 



niilerres ex serpeas et ftnas aici'.s farni^. 

(.4ii./, t!3, A. T.) 
A bataille garnie ne ajonstee. 

Ilb., ,H0;>.1 

Kt s'il ;in »nel dor grant et fnrr.i. 

(II:. ^ISl.) 

l.i lions ki bians estoit et gens, 
Grans et ftirnis. 

u:hfT. as .11. esp., 113G8, Foersler.> 

J'ipreoilerai labear ; je suis grans et /rirnjs. 

(B. if Seh., viii. 55, Bocca.) 

Tels .\\\. Jamoisians grans et fors et (unis. 
(Ib.. XIX, 28.) 
Su? un bas cheval bien foxirm seoil. 
(Joixv., SI Louis, ch. SLvm, Wailly, ^li. 
1867.) 

Paisqae poar mo} vods plaist aiasi 
Mener ceste gnerre fourme. 
(Jaq. Milbt, Desirucl. de Troye, 9li3, Stengel.i 

Centre de la Fr. et Canada, fournir, v. 
n., indique la continuation d'une action : 
l'eau ne fournit plus, l'eau cesse de couler. 

FORNISER, fourniser, v. n., forme va- 
riée de fournier, cuire au four : 

Comme debas fust entre nous de l'une 
partie et nos hommes d'AUues de l'autre 
partie d'endroit leur fourniage a leur ma- 
nière dou fourniser... que li fourniers ne 
fesist çou k'il deust. (1263, Acte sur les 
dev. du fournier d'.4H«es, Tnilliar, p. 254.) 

FORNisoN, furnison,s. {., approvision- 
nement ; 

Les queulz sont venus par pluseurs fois 
en ceste ville pour vendre certainne grant 
quantité de biefs que l'en leur avoit cùarîio 
a avoir pour la fornison de ladite ville. (5 
déc. 1421, Reg. consul, de Lyon, l, 342. 
Guigne.) 

— Occasion : 

Trouvèrent furnisons a toutes emprises, 
et y furent tous accomplis. (G. Chastel- 
LAIN, les hauts Faits du duc de Bourg., 
VU, 217, Kerv.) 

FORNissANCB, fur., S. f., approvision- 
nement : 

Et seulement ce qui avenir lui pooit de 
vrai demaine et de seigneurieux droit, il 
le contourna en la furnissance de sa mai- 
son. (G.CuASTELi,.,C/iroii. desD.de Bourg., 
III, 141, Bucbon.) 

FORNissEMENT, /OU)-., fur., S. m., ac- 
tion de fournir, fourniture, approvision- 
nement : 

.Jusque a plain paicmeni, furnissemenl 
et acompUssement des choses dessus 
dictes. (1456, Cart. de St Quentin, Richel. 
I. 11070, f» 8 vo.) 

Lettres royaulx contenant /"ournùsemenC 
de complaincte. (1483, Compt. de Nevers, 
ce 71, f' 28 v», Arcli. mun. Nevers.) 

Qu'ilz ayent leur affouaige au mort bois 
pour le fournissement de leur hostel. (1487, 
r.elt.de René II, D.de Lorr., Arch. Meurlhe, 
Très, de.- eliart. de Lorr., reg. des lett. 
pat., vol. B 3, f 162.) I 

Traflicque de marchandise, et fournisse- i 
nient de la plus part des finances, pour le 
iiustenemeat de la guerre. {Apologie de 
'.ailt. de Nassau, p. 262, A. Lacroix.) 

iorn()i\\i;e, s. f., roiiiciiienl : | 



Siri' Dieas, ilelTeot de mesiais. 
De fornoiance et de mesdis, 
Mes rais, mes paroles, mesdis 
{Le Paternoslrf en franc., Ars. 31 12, f i^l*.) 

1. FORNOiER, - oyer, v. a., engloutir 
sous les eaux : 

Celle terre ueent cultivee'cslfaite comme 
11 cortilz de delis et les citez désertes et 
destruites et fornoiees sont garnies. 
(GniART, BJftte, Ezech., xxxvi, 3o, ms. Ste- 
Gen.) Lat., suffossac. 

Car en abysme elles noyent 
Ainsi que leurs chants les fonunjeiil. 
(J. BooCHET, les llegnards travers., f 110'', éd. 
1522.) 

2. FORNOIER, voir FORNIER. 
FORNOYER, VOir FORNIERr. 

FORNOZ, fournoz, s. m., droit prélevé 
sur chaque four : 

Certainne redevance appellee fornoz qui 
est une taille qu'il dient avoir acoustumee 
de pranre et lever sur chascun four selon 
le regart de certains tallemelliers qu'il es- 
lisent a ce chaseun an. (1365, Cart. de 
St Etienne de Troyes, Richel. 1. 17098, 
f» 87».) 

Aucune redevance de fournoz ne autre 
.<ervitute. (Ib., f» 87''.) 

FORois, adj. 1 

A tôt .xs. V. Saisne qi ne sont pas forois 
S'an lorna li païens, qi ert proî et cortois. 

(J. BoDEL, Sa.v., r.i.xvii, Michel.) 

FORosTAGiERj - Iwstagicr, fors, four., 
\erbe. 

— Act., laisser un otage à la di.scrétion 
de quelqu'un en ne remplissant pas les 
conditions qui avaient été stipalées : 

Ainchois qu'il s'asseist Pagcabert commanda 
Que tont noble et non noble qui en son ost est la. 
Soient tous avec lui pour saToir c'en fera 
Dez .L. prisons c'on lui foiirhoslaga. 

(Ciperis, Richel. 1637, f 77 v».) 

VA Tu aveqaes li sa Ires maie monllier, 
Chele qui li feisoit O^iet forsoslagier, 

(Gaufrey. 10630, A. P.) 

— Neutr., rester comme otage à la dis- 
crétion de quelqu'un par suite de l'inexé- 
cution des conditions stipulées : 

Gaufrols mes pores ne m'ot mie mult chier 
Qui envers vos me fait foroslagier. 

(U.viMDERT, Ogier, 121, Barrois.) 
Quant envers vos m'a fait foroslagier. 
'lD.,i*., ms. Durbam, Bibl. de Cos., V. ir, 17, 
f° 55'', P. Mejer, Rapport.) 

Kn IDugletiere et Hanemarce, 

Ki monlt estoit lonlainne marce, 

.•^i en ot le Danois Ogier, 

Pour Gaafrois son père ostagier, 

V. dlut rendre et treu et ban 

Oe .1111. deniers cascun an, 

Hais Gaufrois i laisa Ogier, 

Del lont en toat fourostagier, 

(MoDSK., Ckron., 16.12. BeilT.^ 

— Foroslagié, part, passé, laissé à la dis- 
crétion de quelqu'un à qui l'on avait été 
remis comme otage, sous la stipulation de 
conditions qui n'ont pas été remplies : 

Il vous latsa en France /'oros/ffyiVChsrlon. 
(Henaiidde Monlanban. Ilichel. 21387. f 22 v».) 



Ileciibe. qui Hst grant joie de lui l.i 
monstre a ses serours, et dist .• Esgardes. 
cou est Elkanus li forostagies qui si gen- 
lementen est passes outre. < Kassidor., ms. 
Turin, f" 108 v°.) 

Cf. FOROSTELER et FOROSTK. 

POROSTÉ, forsoslé, pari, passé, laissé ii 
la discrétion de quelqu'un à qui l'on avait 
été remis comme otage sous la stipula- 
tion do conditions qui n'ont pas été rem- 
plies: 

Ea sou palais est li rois retornes, 
Ogier demande son prison furoslé. 

II!m>ibekt. Ogier, 1011. Barrois.) 

Ogier, dist Kalles, to.<: m'estes forosié. 

(ID , ib., 104.) 

Or poes croire que petit m'a amé 
Gaafrois mes pères, cai tôt confonde Dé. 
Qui envers vos m'a laissié forosié. 

(Id., ib., 112.) 
Ogier, dist il, vos estes forsosir ; 
Malvaisement m'en a Gaofroi mené, 
Li vostre pères qui Diei pnisl craveiit-T, 
Qui m'a mes homes boni et vergondé ! 
Or vos ferai tous les membres cauper. 
(lu., (*., ms. Dnrham. Bibl. de Cos., V, il, 17, 
f 55'", P. Meyer.) 

K. demande son novel fnrosié, 
Li caslelains li corut amener. 

(Id., ib.) Ms. forestc. 

Cf. FOROSTAGIER et FOROSTELEli. 

FOROSTELER, V. a., laisscr un otage 
à la discrétion de quelqu'un en ne rem- 
plissant pas les conditions qui avaient été 
stipulées : 

Hulmais orres don Danois d'Outremer, 
Du flel Gaufroi qui tant fait a loer. 
Comment ses pères Varoit fornstelé. 
Envers le roi de Paris la cité. 
(Oqier. ms. Dnrham, Bibl. de Cos.. V, ii, 17. 

f» 55'', P. Meyer.) 

Cf. FOROSTAGIER et FOKOSTÉ. 

FOROT, S. m., furet : 

Pour ce qu'il a esté prouvé contre lui 
qu'il avoit chacié a foroz et oiseaul es ga- 
rennes. (14U-1412, Contrôle des emolu- 
mens de la guerre deus a ilonseign. le D. 
de Bourg, es bailliages de Dijon, Atixois et 
la Montaigne, .^vch. Cote-d'Or.) 

Pour avoir chacié a foroz eu forest Vi- 
sain. (Ib.) 

FORPAisANT, adj., étranger : 

Et tel autre y a, qui estant couliué en 
quelque meschante isle déserte, est deve- 
nu, comme dit Solon, Sicinitain ou Phele- 
gaudrien forpaisant au lieu d'Athénien. 
(AxtYOT, ÙEuv. mor., Instruct. pour ceuh 
qui manient alf. d'eslat, LV, éd. 1574.) 

FoRPAi.siER, - aysier, fors., verbe. 

— Act., bannir : 

El se il en est forspaisiez |ior la force de 
jostice. {Liv. de justice, IV, 8, §. 1 Rapetti.) 

— Ninitr., s'e.vpatrier, ijuittorson pay-, 
s'éloigner de ses parages ; 

Et l'ome ne viaut plus tenir celui In , 
porce que il se sent gre^-ié dou scrvise, ou 
porce que il viaut forpaysier, et servir 
autre seignor, fors du reiaume de Jérusa- 
lem. (.4ss. de 1er., 1, 400, Beuauot.) 



FOR 



FOR 



FOU 



93 



l'rincc, on ne penll la nier loiil cpuiscr ; 

Mais tontesrois qui veull /orpayscr 

l'onr la voyr d'honnenr amplifier, 

Vlin qu'a temps on viengne au raviser, 

Siilfise a l'œil sa portée viser : 

NqI ne 80 doibt en fortune fyi'r. 
(G. Cin^TELi.., Ilallad., I, t. viii, p. :i(lO, Kerv.) 
Eutie ses aucieus vocables, il trouvera 
aussi forpayser pour errer hors son pays ; 
d'où vient qu'en vénerie on use encore de 
ce mot, quand on parle d'une beste qui 
s'eslongne du lieu de son repaire et se jette 
aux campagnes. (H. Est., Prec. dti lang. 
franc., p. 158, Feugère.) 

D'une suite poudrense 
Il l'arpaise et fuit par la campaigne herbeuse. 
(CACCaF.T, Plaisirs des champs, éd. 1601.) 

— Réfl., dans le même sons : 

Il est mal aisé de se forpaiser en cela. 
.Mais quant aux noms et a la suite de ces 
rois, il pst assez aisé de s'y mesconter. 
(A. DE RivAUDEAU, OEuv. poét., p. 49, 
éd. 1839.) 

— Forpaisié, part, passé, qui vit à l'é- 
tranger: 

l'orce que il esteit forspaisé. (Liv. de 
J. d'Ibelin, c. xl, Beugnot.) 

Et si li forpaisies revenoit et reqieroit 
son droit dedens l'an qu'il ert revenus, il 
puet revenir a sa teneure et retenir, par 
les arierages del chens paiant. {Li usages 
de le cité d'Amiens de coi on plaide devant 
te maieur, ap. A. Thierry, Mon. incd. du 
Tiers Etat, I, 131.) 

Toz cels qui sont forspaisié. (P. de Fon- 
T.AINE, Conseil, ch. 17, var., Marnier.) 

Tenure de hiretage de forpaisé ne li 
grieve. {Ass. de Jer., ch. xxxviil, ap. Mar- 
nier, Conseil de P. de Fontaines, p. 162.) 

L'oume seroit forpaisé toute sa vie. (76., 

ch. CCLXXIII.) 

Un cerf chasié et forpaisié des bois et fo- 
retz et trouvé en plaiu pais. (1402, Arch. 
.1.1 156, pièce 434.) 

KORp.xisTRE (se), V, réll., aller pailro 
hors de son lien : 

ouaud (le cerf) sort des forests,et se for- 
paist pour beaucoup de raisons ; principa- 
lement en avril, et en may, quand il a la 
teste molle, et en sang; parce que si les 
chiens le chassent, il n'ose fuir par les 
forests, de peur de heurter et blesser sa 
teste aux branches. (Fouill., Ven., f" 45» 
ap. Ste-Pal.) 

FoiivARTiii, forspartir, v. n., mourir: 
Se li reis pert issi sun heir, 
Dune en poet nn doel aveir, 
■Ve mie pnr sel, mes par sa gent, 
Ki se domerrant malement 
l'uanl il en ert de ci parti, 
l,i raeins pu.<;sanl rrl fnrsiani. 

(CiiARDRï, l'clil l'tel, 113 i, KocU.) 

lORPASSER, fourpasser, verbe. 

— Neutr., aller au delà: 

Et si n'estoit nul qui osast acoupper, 
forpasser ne chevauchier devant les ba- 
aieres, excepté les mareschaux. (Fhoiss , 
Chron., Richel. 2641, f° 13 v".) 

Aberro, forpasser, forvoier, s'esloingner. 
(li. Est., Thés. lat. ling.) 

— Act., dépasser, surpasser: I 
. Il avait fotirpasset le commandement son 

signeur le roy. (Fiioiss.. Chron., U, 106 ' 
Luce.) 



Car chacuus s'eflorchoit de fourpasse, 
son compaignon. (Id., ib., VI, 295, Kerv. 

— Sortir de : 

S'il avient par aucune aventure que un 
chevalier home lige ocit un borgeis ou fait 
ocirre, et le chevalier s'enfuyt et forpasse 
le reaume. {Ass. de Jér., I, 619, Beugnot.) 

FORPCE, voir Force. 

FonPEUs, voir Frrpeus. 

FORPORTEH, V. a., porter hors, mettre 
dehors, exporter, transporter : 

Efferre, forporter. {Gloss. de Douai, l".s- 
callier.) 

FORPRENDRE, fors., v. a., exccpter : 
Terres, tenementz, feez et offices eu Es- 
coce, queux ils dévoient avoir de héritage 
ou de droit, forsprises ceaux qe serronl 
forspris par commune assenl. (1333, Conc. 
inl. reg. Angl. et Sent., Avesb., p. 23.) 

— Forpris, part, passé, excepté : 

E l'un ne serra janies en lieu no en couu- 
saill ou l'autre perdra terre ne nule autre 
chose ; sauve la esglise de Rome, qe est 
forsprise par ambedeux les reis ; e le duc 
de Brabaunt, e ses heirs en Brabauut, qe 
est forspris par uostre seignour le roi d'En- 
gleterre. {Lib. Custum., I, 168, 31, Edw. I, 
impr. goth., Bibl. Louvre.) 

Forspris taunl qe nous ne voloms niye 
qe... (15 janv. 1311, Mandent. d'Ed. Il sur 
la vente des vins de Gasc, Delpit, Doc. fr. 
en Aiiglet., p. 43.) 

Accorde est establio que monstreson dos 
leyns soit fait a l'estaple chescun jour de 
la semaigne forspris la dymenge et les so- 
lempnes festes del an. {Stàl. d'Edouard III, 
anxxviu, impr. goth., Bibl. Louvre.) 

Qe toutzFranceys voidentleroyalmed'En- 
gleterre, forprisies prisoners. (3 juill. 1339, 
Proclam., Delpit, Doc. fr. en Anglet.) 

Forpris les offices. (4 sept. 1391, Livre 
des Bouillons, xcvi,p. 294, Bordeaux 1867.) 

Foreprise les garranties que comuion- 
cerent per disseisin. (Litil., Inslit., 697, 
Houard.) 

FORyuiÉ, voir Fouchié. 

1. FORRAGE, - aige,for., fourr., four., 
s. m., action de fourrager, maraude, pil- 
lerie : 

Knvoia en forrage forrer sns le Gadroiz. 
(Vœux du Paon, Richel. 368, i" 89''.) 
Que nyous dois nostres ne domageit, ne 
pregnve,ne forreit, soit per buttiu, forrage, 
pilliage. (1410, Arch. Fribourg, 1" Coll.de 
lois, n» 173, fo 44.) 

Tôt quant de biens, debuttin, pilliage et 
forrage qui porreit estre pris ou eanguvé. 
{Ib.) 

l'ar ainsi s'en retournèrent en paix sans 
loucher son pays en fourrage ne pillage. 
{Les Passages d'oultremer, i" 33 v», éd. 
1492.) 

tout le hutin qn'ilz ont eu au foarrair/e. 
(Li:i Souhait du monde, l>oés. fr. des w" et 
xvi° s., I, 313.) 

— Bagage, attirail : 

Pour ce que ledit Malgiron demeure au- 
dit Daulphinal et y a rapporté ledit forrage. 
(23 sept. 1419, lieg. consul, de Lyon, I, 190, 

fluigue.) 



2. FOItKACE, voir FOllAGE. 

FORRAGEMENT, fowag., fourroy.,6. m. 
maraude, pillage : 

Qui a donné Jacob en fourragement et 
Israël aux pillars? {Bible, Isaie, ch. 42 éd 
1336.) 

Toutesfoiz noz gens en ensuyvant ce que 
dict l'apostre, prenoient ceste pillerie et 
forragement en gré pour l'honneur de Dieu. 
(C. de Seyssel, Hist. eccles., vi, 23, éd 
1367.) 

Que s'en ensuyroit il après sinon un 
fourragement et ruine de toute la Germa- 
nie. (Langue, Disc, p. 388, éd. 1587.) 

Envoyant es environs d'ioelles (pro- 
vinces) quatre ou cinq mille chevax faire 
le degast et fouragement des vivres. (Sui.- 
F,Y, OEcon. roy., ch. cxix, Michaud.) 

1. FORRAGiER. V. a., renverscp, arra- 
cher, ravager : 

Ci avons oit lo cèdre del paradys estre 
dehorteit, mais nient forragiel. {Dial. SI 
Greg., p. 124, Foerster.) Lat., concussam 
audivimus, sed non evulsam. 

2. FORRAGIER, fouragiev ,-aiger, s. m., 
fourrageur, maraudeur, pillard : 
Forragiers viennent quatre vingtz et puis cent 

Et lo povre honime despourvea d'apiiy sent 
Grande angoisse... 

(.(. JlEScni.NOT, Lmielles des princes, P 39 r " 
éd. ti93 ) 

Mil hommes de guerre, tous gens de 
bonne estoffe, sans les houspouUiers, 
fouraigers et aultres gens de petit estât. 
(Mathieu d'Escouchy, Chron., I, 36, Soc. 
de l'H. de Fr.) 

Si trouva ses fouragiers et ses autres 
gens qui l'avoient précédé en fourrage. 
(Le Baud, Hist. de Bret., ch. xxv, éd. 1638.) 

FORRAINE, voir FORAINE. 
FORRE, voir FUERRE. 

FORREL, fourrel, feurrel, s. m., four- 
rage, paille : 

Nuls poissonniers de mer ne peut mettre 
raye eu pannier sur aulro poisson ne 
amener poisson salé, ne merlant salé, que 
le feurrel qui est dessus les penniers ne 
soit ostez es halles, avant que le poisson 
soit vendu. (1320, Ord., ii, 379.) 

De convertir tous les fourraux qui crois- 
tront esdites terres en fions. (1386, Arch. 
.MM 31, fo U r".) 

FORREOR, forrour, foiireur, s. m., four- 
rageur : 

Les correors garde Ysorez li :îris 
iCt li forrour coreut par le pais. 

(Les Loh., ms. Montp. il 213, f" 2i'.) 
Envoiiereiit lors fourcurs cbevaucier, 
l'ourer et ardoir en Escoche. (Froiss., 
Chron., I, 339, Luce, ms. Amiens.) 

1. FORREu, forer, fourrer, fourer,fur- 
rer, verbe. 

— Act., piller, ravager, enlever i)ar la 
force : 

Ks un message qui le roi a conté 
Que paien ont tôt le pais forré. 

UUIMBERT, ngier, 107 il», Barrois.) 
Do foiircr le pays rascuns d'yaus se pena. 

(CA«. nu Cligne, 71123, lîoilT.) 



94 



F()R 



L'endeuiaiu forèrent il toiilp le viande 
de le citf el luenereul el casiiel. (CAron. 
(i'Emoul, p. 286, Maf-Latrie.) 

La plaie qne vons Gsl h niale peas Caldee 
C Tïl de Josapha$, quant de />/ foiirei: 
(l>iu du Paon, ms. Broi. 11191, f» .M T'.) 

Pour alliT courir il fourrer le pais. 
(Aymeri de Beaulande, Hichcl. 1497, 
f«3»3r'.) 

Leur coureur ne Irouvoienl mes riens 
que fourer. (Froiss., Chron.,\, IS, Luce.) 

S'en ala fourer le pais tout a l'envirGii 
de Soissons. (Tranis. de France, p. UO, 
Cliron. belp.) 

El toi quant que il ensi avreit pris, 
forrei ou robei eis nostres. (1410, Arcli. 
Fribourg, 1" Coll. de lois, u» 173. f' 44.) 

Cinq mil bonimcs qui allèrent fourrer le 
pays et essillier. (CAron. de Flandre, cli. 
83, ap. Duc, Gloss. de Villeh.) 

Si commencèrent archers et corapaignons 
a piller et fourrer les maisons, pour buti- 
ner et pour paiçncr. (Ol. de la Marche, 
Mém., 1, 23, Michaud.) 

Us partirent de Beauveais pour aller 
quérir leurs aventures, et fourrer le pays ; 
après se départirent et allèrent fourrer le 
pays sur l'eau de la Some. (Mo.nstrelet, 
Chron., an 1431, ap. Duc, Gloss. de Villeh.) 

— Absolument : 

fourer Tont ly baron tout Ir plas fonrfissant. 
(Cher, au cygne, iTOSl, Keiff.) 
Ki entre par nuit en autrui gardingn'cn 
autrui courtil pour fourer. (Bans d'Hénin, 
Tailliar. p. 410.) 

Si avoient pou de viande que marehics 
nés pooit sevré, ne il ne pooient aler /brer, 
que tant avoit des Griex par le pais. (Vil- 
leh., 351, Wailly.) 

Por la destrece de la viande ala forrer 
Il cuens Loeys le jor de la Pasquc florie. 
(Id., 3o2.) p. Paris : fourrer. 

Il ne pooient nul marchic avoir, ne forer, 
se pou non. (Id., 39o.) 

Tierris de Los et Guillaumes del Perchol 
alerent /br«r un jour. (Id., 482.) 

Envoiierent lors foureurs cbevaucier, 
fourer et ardoir en Escochc. (Froiss., 
Chron., I, 339, Luce, ms. Amiens.) 
Qoaot il aloii fourer ponr avoir garnison 
I.e5 bonnes gens preooit el meloil a rençoD. 
(Gesie des ducs de Bourg., 5IUI, Chron. belg.) 

Les Bourguignons hayoienl moult les 
bourgeois de Paris, et ils'venoient fourrer 
jusques aux fauxbourgs de Paris. (Journ. 
d'un Bourg, de Paris, an 1417, Michaud.) 

En icelluy temps allerfMil les Bourgui- 
gnons devant Cûrbeil,et fourrèrent le pays 
lout entour. (Ib.) 

Quand les .Mareschaux furent venus de 
forer, si s'en allèrent aiser. {Chron. de 
Flandre, ch. 67, ap. Duc, Gloss. de Villeh.) 

— Nentr., se jeter, tomber sur : 

Si advint que, en recullanl, ledit Audricu 
Trolo et ceulz de sa routle furent les pre- 
miers quy fourrèrent sur culz. (Wavrin, 
Anchienn. Chron. d'Enalet., II, 19S, Soc. de 
IhiM. df Fr.) 

— Ri^n., dans le même sens ; 

Qui, sulitillemenl el de bien grand avis 
se fourrèrent ^m lesFlamcngs qui de riens 
ne se doubtoient. (.1. .Molinet, Chron., 
ch. cxc, Bucbon.) 



FOR 

— Infln. pris subst., .iclioii ili' fourr;i- 
tier, pillage : 

Pieres de Douay, et Ansiaus de Chaeu et 
Rcniers de Tril ierent devant Pliinepople, 
ensi conme vous avez oi, pour les fourriers 
garder; et endementres k'il entendoient 
au furrer, comme chil ki bien besoigno 
eu avoient, a tant es vous venir soiir aus 
Blas et Commains. (II. de Val., 318, 
Wailly.) 

2. i-ORiiEU, V. .1., le moderne fourrer, 
employé pour signilier garnir de faux 
cheveux : 

Si se preat garde 
Que famé est trop foie musarde 
Qici force sou chiof el se farde 
Por plere an monde. 
(I)et Comeles, Jnb., Jongleurs e! ï'/ouiàrs, p. 87.) 

FouiiEiuii, fourrerie, fourricrie, feu- 
rerie, fourrie, fourie, s. f., office de four- 
rier : 

Et seront ces .vi. chambres hebergies 
par les fouriers le roy, et n'auront nul 
autre fourier pour eux, et leur sera livré 
p.ir devers la fourrerie ce qui leur appar- 
tiendra. (1321, Ord. de Voslel le roy, l'ièc. 
rel. à l'hist. de Fr., XIX, 70.) 

Pour l'osteiage des geus de la fourrerie, 
.un. livres. (lZi8,Arch. adm. de la ville de 
Reims, II, 487, Doc. iuéd.) 

Est le plus de temps occupé ou fait de 
son office de fourrerie en nostre hostel. 
(4 fév. 1403, Urd. de Ph. le Hardi, Arch. 
Côte-d'Or, B 10420.) 

Les valets de la fourrerie servent les 
femmes de chambre, et vivent de leur des- 
serte. (J. Aande.nesse, Somm. des voyages 
faits par Charles V de ce nom, ms. du 
XVI" s.) 

Si estoit son avant garde devant, a tout 
.1111^ hommes d'armes, et son estendart 
lie fourrie, a tout lx hommes d'armes. 
{Chron. anonym. du règne de Charles VI, 
ap. MoxsTHEL., Chron., VI, 240, Soc de 
l'Hist. de Fr.) 

Le duc a un fourrier, et si ce ne fut pour 
tenir ordre en mon escrit, j'eusse mis Tes- 
tât de la fourie tenant a sa chambre, car 
la fourie est de la chambre. (Ol. de la 
Marque, Eslal de la maison de Charles le 
Hardy, Du second eslat, Michaud.) 

Pour considération des bons services 
(lue Guillaume Lefort,parcy devant aydant 
lie fourrierie de uostre Ires chiere et très 
amee belle lille, la roynne de Castille. 
{Corresp. de l'emp. Maximilien I" el de 
Slarg. d'Autr., t. II, p. 238, Doc iuéd.) 

— Lieu oit l'on serre les fourrages, gre- 
nier, niagasin: 

Les dessus dizhabitans sont et serouttenus 

a lousjours de amener ou faire amener el 

conduire chascuu au, eu uoslrc feurerie a 

I Paris ou ailleurs, huit chartees de feure 

bonnes et souftisaus. (1384, Ord., vu, 93.) 

I-ORRETAGE, VOir FOUESÏAGE. 

roRREuiŒ, foureure, s. f., provision: 

Asses as pain cl vin el autre foureure. 
Brebis, vaces, bues... 

(Houm. d'Alu., (" 28", MIchelaiil.t 

— Postiche, faux cheveux : 

l'aiiie n'est pas do pecliié monde. 
Qui a sa crinc noire ou blonde 



KOR 

Selonc nature. 
Qui i met s'enlente el sa cnri> 
A ajouster .i. fmreure 
.\u lonc des Ireces. 
{Des Corne/M, Jnb., .Jongleurs cl Trouvi'res, p. S7.I 

— Mélange d'uni' autre laine : 

Nul marchant vendant laine ne soit si 
hardy de fourrer sa laine, que la foureure 
ne soit aussi bonne come la toison. (J406, 
Slat. des Drap. d'Evreux, Ord., ix, 172.) 

TOHHiEiitforier, fourrier, fourier, furier, 
folrier, feurrier, s. m., fourrageur : 

Parmi la terre rorrurent li forrier. 

U.cs l.oli., ms. Montp.. f 100''.) 
Kt li forrier corent par le pais. 
(Car. le Loh., i° chans., v, p. 16o, P. Paris.) 
En es le pas desconfi fassent 
Et lor prisons perdu enssent. 
Se ne fusl Cnitar de Poitiers 
Qui le jor gardoil les foriers. 

(Wacf., Brut., 12t'iOS, Ler. Je l.incy.) 

Verra» les murs et fondre et pechoier, 
El ta contrée destrairont li forrier ; 
[S'i laisseront qne vaille un sol denier ; 
Ardront tes viles et feront lot vider, 
Et tes vilains feront estroit loier. 

(n.iiMDERT, ngier, 11,H2, Barrois.) 
IJ fnrier courent por les villes rober. 

(Raoul de Cambrai. 7712, A. T.) 
Voslre fourier sont mort, vostre gent est biersee. 
(Cher, au cijgne, 132.Ï3, Reiff.) 
Pernente deslruient la terre vers la mer 
Chevalier e serjant e li autre furier. 
(Jorh. Fantosme. Chron., 360, Michel, D. de 
Korm., t. III.) 

Li /briei'cerchierent la contrée. (Villeh., 
138, Wailly.) 

Paor ai qne cil n'aillent cnvoir nos folriers. 
(Les Chelifs, Uichei. 12558, l" 103 \"..l 

Plus d'une grande lieue sont li fourrier couru, 

Et prennent la vitaille qui par la terre fu. 
(R. de Nanluctl, ap. Duc, Gloss. de Villeh.) 
Chascun jor corroient li forrier (Jlaudas 

parmi sa terre. ILancelot, Richel. 734, 

i" iK) 
Les fourriers qui aloient devant acueil- 

lirent la proie. {Chron. de S. Den., ms. Ste- 

Gen., f» 329''.) 

— Fig., avant-coureur: 

Le More veull mes pensées divertir. 
Disant- Amy, c'est le temps de partir. 
Il n'est pas seur d'arrester long espace. 
Car le fourrier des astres a prins place. 
(Est. Forcadeo, la l'orcsl d'Odonne, éd. 1551.) 

— Celui qui avait soin du fourrage : 

Ses qaeui, ses lionlilliers apresle. 
Ses fouriers el ses pancliers. 

(III. cl Jehan, 5177, Michel.) 

— Marchand de fourrage : 

De chascun /ettcrie»' qui vendent feurre 
delez Saint Innocent. (Voirye de Paris, 
Arch. Y 3, (■> 4 r".) 

— Officier chargé de pourvoir au loge- 
ment des troupes el .ï la répartition des 
subsistances ; signification conservée : 

Les autres princes et barons allèrent lo- 
gier en leurs quartiers ordonnes par les 
foriers. (G. Chastell., Chron. des D. de 
Bourg., II, 38, Buchon.) 

Chacun s'en alla loger ainsi que par les 
fourriers estoit ordonné, pour prendre la 



KO H 



FOR 



FOR 



96 



i-efei-lion du ilisner. (.1. Ohartieh, Chron. 
de Charles VU, c. 252, Bibl. eh.) 

Il print rosohilion de partir de Ciirina- 
gnoles, 011 il estoit, pour les aller desloger 
sans fourrier. (Du Villars, Mém., VU, 
an l.'ioO, Micliaud.) 

1. FORRiEKB, fourrière, fouriere, s. f., 
paille : 

Elles et SI feme so sient les a les, 
De joste 1.1 fouriere sor .i. tapi corcfs]. 

(Mol, 10171, A. T.) 

— Magasin h fourrage : 

Hors mises les forrieres qui sont aus es- 
cuiers et aus bouos gens. (E. BoiL., Liv. 
des mest., 1' p., xcix, 1, Lespinasse et Hon- 
nardot.) 

Les .11. sommeliers qui menront ces .ii. 
sommiers auront bouche a court et une. 
couste en la fourrière et une bothe dn 
feiirre. (1316, Orden. de l'ost. le roy, Arch. 
.1.1 37, I» 39 v.) 

2. FOHHiEni;, voir Foriere. 
FORRonF.H, fourretiber, v. a, dérober: 

.lailis faire emprentire soloie 
Les biens fais ponr çon qu'enorloie 
A mes biens f.iisaiis le bonté. 
Or m'a lî mors çon fourreubr- 
(Jeh. de le Motk, li Regret GuilL, 1091, Sclieler.) 

Ar'.rnt, fourober, fouiller. 

l. FOUS, fliors, fhores, forst, foers, fitci s, 
for, fiter, feiir, adv., hors, dehor.'^ : 
Pelrus d'alo /'or* s'en aled. 

(Passion, 197, Koschwilz.) 

r.ir la feaestre avoit mis /'ors soo chief. 

(Les l.oh., Vat. Urb. 37.5, f" l.ï^) 
Desqne vos islcres ça fors. 

(Mahie, lai de GraelenI, 2.-13, Itoq.) 
En alte tor se siet bêle Ysabel, 
Son bias chief blon niist fuers par un crenel. 
(liele Ysabel, P. Paris, Homancero, p. 70.) 
I.a dolor qni an cners le touche, 
Ne geler fuer parmi la bouche. 
(J. Bretel, Tourn. de Cliamumci, '2107, Del- 
motte.) 

Pour quoy il nous convenist aler fuers 
pour cause de ladite guerre. (1334, Ord., 
IV, 29S.) 

L'amour sera seulement par volenté et 
par concorde, et ceste est bonne amitié en 
quoi homme seroit fuer. (Oresme, Qua- 
drip., Richel. 1348, f 204 v».) 

Car en vain cil labuure et paine 
Qui jeune, se il ne met paine 
n'osler les vices de son cueur, 
i'I lool mer el jectcr feur. 
(1. Boiii;nET. les Hetinars IraversanI, f '.\R v°, 

é.i. ma.) 

— I<'i^'., ne forx ne ens. ni le deliurs ni 
le dedans : 

Parloit le plus -de ses paroles p.ir para- 
boles, et no ilixoit ne fuer ne ans de son 
inteutiûu. iKxlr. de la Chron. du Doyen de 
Saint-Thibaud de Metz, ap. J. Quicherat, 
Procès de Jeanne d'Arc, V, 322.) 

— Prépos., hors, au dehors de ; 

Des homes des viles et fhorsVûe. (1118, 
Çft. de Renaud, C" de Bar, Wailly, Elém. 
depaléogr., t. 1, p. 1.^9.) 

Sicuni fu la chemise NostreDameaportee 
fors Chartres la u veit la bataille semblée. 
(Ben., 0. de Norm., t. I, p. 260, .Michtl.) 



— Fors de, hors de, an propre et au lig. : 
Si escit foers de la civitate. (Fragm. de 

Valenciennes, v°, 1. 8, Kosohwitz.) 

for? de la vile ledemcnt le gilcrent. 

(Ep. de S. Esl., VMI'', Stensel.) 
Fors fn, (i'anbes n'i esta pins. 
(Ben., D. de Norm., II, 70'25, Michel.) 
Forst de la ville. [Coût, de Charrou.v, 24, 
Fonteneau, Bibl. Poitiers.) 

Li rois Ricars tenoit en sa main .i. tron- 
clion d'une lance, et meut auBarrois, elle 
quiila porter fors des archons. (Chron. de 
Rains, c. 7, L. Paris.) 

U sont au siècle .xil. manieras déjeune? 
et .m. pointures, .IIIF". manières de con- 
tenances, .srv. manières de plais, .xxx'V. 
manières de maladies el .x'Vll. manières 
de fors do sens. (La Riote du monde, ms. 
Berue 113, f" 201*'.) 

Qui estoit une demende fuer de raison. 
(.1. AuBRiON, Journ., an 1473, Larchey.) 

Et estoient les seigles desja tons fuers de 
la fleur. (Id., ib., an 1498.) 

— Fors s'employait souvent au fig., 
pour dire si ce n'est, excepté : 

Fors seul piles s'en li prendroit oslage. 
(Gau>ifeb, Clians., Val. Chr. Uno, f .^O''.) 

Mais de ce c'onqnes mais for hui 
N'en parla, li vient a merveille. 
(ne rOnlire de fanel, Uichel. 191;-i-2, f ST".) 
Il nel fei-jeit sans plus for^ pour li esprouver. 
(Gaiifreij, .SRfiB, A. V.) 
Quelle chose est qui plus t'euipesche et 
te moleste, fors ta folle affection non mor- 
tifiée? (Intern. Cons., Bibl. elz.) 

Le paillart n'a anltre mémoire 
Fors a gonrmander et a boyre. 
(Serm. joij. de bien boijrr. Ane. Th. fr., II, IS.) 

— Fors que, si ce n'est que, à moins i 
que; si ce n'est, excepté : 

Fhores toe s'avenoie kue je morissesens 
heirz. (1118, Ch. de Renaud, C" de Bar, 
Wailly, Elêm. depaléogr., t. I, p. 189.) 

Mon seignor ont delranchic et ocii;, 
Et tos les autres quicrentavoc li, 
Forsqne moi seul que li Lohercns prist. 

(ilfor( de Garin, '2fi20. du Méril .) 
N'y ot turc ne paycn qui ne s'en voist fuiaol. 
Fors (jue cil qui estoient a le lierre gisant. 

(€hev. aucijijne. 13210, ReifT.) 

Et ne prendent séjour ne ne sont reposé 
For ques don mains qu'il porent. 

(Ib., 19798.) 

Cist mondes n'est fors que une mer. 
(Gerv., Best., Brit. Mns. add. 28260, C IW ) 
Amer 
N'est fors sol /.i^ doçor estre. 
(fi. r.E Vi.MER, Clians., Uichel. ISl, f° 102") 
Amour veint tut fors que quer de follon. 
iProv. de Fraunce, ayi. Ler. de Lincy, Proi^.) 

Il ne feront riens, forque sont a leur bon. 
[Geste des ducs de Itouri/., 7001, Chron. belg.) 

.le congnois loul, /'or« que moy mesœe. 
(Villon, Bail, des Menus propos, p. l.'il, Jouaust.) 

Je ne boy fors que du meilleur. 
(Serm. jotj. de bien boyre, Ane. Th. fi'.. Il, 9.) 
Non certes, non : rien je n'y gaigneroye 
Fors qu'ia mes pleurs plaisir lui donneroye. 

(Cl.. Mab., Eleij., 20.) 
Chacun est sage après le coup, fors que 
moy, qui suis tousjours fol, tousjours mal- 
content. (Lariv., les Esprits, IV,3, Ane. Th. 
fr.) 



Pierre Abelard, grand personnage, fors 
qu'il tenoit quelques propositions erronées 
(Pasq , Rech., III, XXIX.) 

On trouve encore au xvii° sitVle : 

II n'a ny maille ny denier. 
For? i7«'un baslon île vord pommier 
Dont il me bat les costez. 
(IfiiO, Corn, de Chans., III, 1, Ane. Th. fr.. I\ 
1113.) 

— Fors que von, si ce n'est : 
Et si vous pri au definer, 
i'ame, que me vacilliez mander, 
l'ar Icllres ou il n'ait nul non, 
Vnslre voVnIc sanz Icnçon; 

Ne le clerc qui les esrrira 
Ne sache ja que no sera, 
Fors qu'en ceste manière »o« .■ 
■le vous raanl qu'en tele seson, 
A tele euro et a tel jop, 
Vieigniez en tel leu sanz sejor. 
(DU de la Base, ap. lab.. Jongleurs el Tronvhes 
p. 117.) 

— Fors tant com, excepté : 
Sachiez qno onques mes m'i vi, 
Forlanl com go l'ai veu ici. 

(Pass. n. N., ms. S.-Brieuc, S" 5|J.) 

— On trouvenu wi'siècleforset excepté, 
employé comme /"or.ç seul, au sens d'ex- 
cepté : 

Foc? toutefois et e.xcepté Bussi le Clerc, 
qui se tint clos et couvert dedans sa Bas- 
tille. (Pasq., Lett., xvh, 2, Feugère.) 

Un poète célèbre du xvu" siècle a em- 
ployé de même fors excepté : 
Le mal d'autrny no mo tourmente en rien, 
Fors e.iceplc ce qui louche au compère. 
(La Font., Cont., le Fai.seur d'Oreilles et le Rac- 

coramodenrde Moules.) 

Franche-Comté, foû, dehors; nord delà 
France, foque, fauque, si ce n'est. 

2. FORS, adv., peut-être : 

Fors no seroit .lonas en tel guise trovies. 
(l'rise de Pamp., 2191, Mussafia.) 
Ond fors li respondi 
Aucun iFeiis tiel oiilraze che cescan d'eus raori. 
(Ik. 2722,) 

Ains prendra tici parli 
Che fors nous plaira mont. 

(/*,. 2732.) 

FOUSAHLEJIENT, Voir FOIUjABlEMENT 

FOH.sA(iE, voir Forçage. 

FORSAIN, voir FORSE.NS. 

FOK.S.VINEUUH, forsscneure, s. f., cica- 
trice : 

La plaie y est qui bien y pert, 
Vez la vous ci tout en appert. 
Lors so leva la vesteure 
Pour inonslrer la forsseneure. 

(Fabl. d'Ov., Ars. ,';0(i9, f° 182'.) 

FORSAiNNiEH, /"oMrsanner, v. n., perdre 
du sang : 

V,a tant de lieus navrèrent ton destrier 
Que il le firent leloment forsainnier 
Que desouz lui chei mors sor l'crbicr. 
(Enf. Ogier, 6436, Scheler; Ars. 3142, f 109''.) 
Et sa plaie comencha u foursanner et ii 
feus i feri, et en poi d'eure en fu tous pou- 
ris li costes et li bras. {Chron. de Rains, 
c. x, L. Paris.) 



pf°, 



FOR 



FOR 



FOR 



FORSAIKE, -çaire.-cere. fours., fourss., 
s. m., forçat : 

Que fp Ireuve aucuugs fourssaires, si's 
subjeclz, détenuz a cause de ladicte guerre 
es dictes gallercs. (1533, Papiers d'Et. de 
Granvelle, II, 59, Doc. incd.) 

Que le baron de Saint Blancard et autres 
capitaines desdites pulleres s Vxcu soient 
de rendre les subjectz de vostredile ma- 
jesté, sans recouvrer aultres foursaires 
qu'ilz dient estre es galères. (1534, ib., 
11, 256.) 

Grant nombre de forsaires ou tireurs de 
avirons. (E. de L.\igi"e, Comm. de J. Ces., 
f 121 v-, éd. 1539.) 

Je pensai bien qne celai mesme estoit, 
Qoi tant de maoi an monde contnettoil : 
Je connus bien qoe c'esloit le fursaire 
.Vaqnel j'aTois si prandement affaire. 
(Gilles n'.Vcmr.sï, le Tulriir i'amnur. éJ. tSl".) 
Je ne vous veux point tenir comme es- 
claves ou forsaires. (Calv., Serm. s. le Den- 
ier., p. 826\ éd. 1367.) 

Ken mo; (si ta as quelque bonté) 
.Mon cœur, qae tu m'as emmené, 
Dont tu ne Tais non plus de conte 
Que d'un prisonnier encbaisné. 
On d'un Talet, on d'un forcere 
Qui est esclare d'nn corsaire. 
\Rovs., .Kmo\iri, II. xxiv. Chanson, Bibl. eli.) 

Amour, si j'estois en galère. 
Pins d'heur j'anrois estant forcrrf. 
Que de voir a chaque moment 
En rooy naislre un nouveau tourment. 
<H. Bellead, (4,'iir. foéi., A l'amour, l. II. (° ''l r°, 
éd. 1518.) 

Ainsi les pauvres forfaires 
Bnrermei sur Ie« gallaires 
D'amour, n'ont autres estoiles 
Ne guide a régler leurs voiles. 
(Mti.ix tJE St Geuts, SophonisU, III, 21(1, liihl. 

eli.) 
Le raplir est pins aise, et le panvre forçairi- 
Rncor en ses mal beurs et l'un et l'antre espère. 
(Madame Liprailt, iUseres de h Femme marir, , 

Var. hisl. et liu.. III, .331.) 
Ilois, qne le vice noir asservit sons ses loix. 
ICsclaves de péché, forçaires, non pas taIs. 

(D'AiîBiGSÉ, Trag., I. II. BiM. elz.) 

Lors ce forçaire va respliquer. (G. Bor- 
CHET, Serees, xiv, t. III, p. 89, Roybet.) 
FORSAi.Ei», V. n., marcher mal : 

Mes ses chevani forma Iremlilant. 

(.Maiiie, Latival, iC', Hoq.) 

i-ORSALiE, S. f., saut, gambade : 

.Merveilles moi comment s'est tant tenue 
Qo'ele m'a fait aucune forsalie. 
On en jardin, ou en place, ou en rue. 
(La Cdievae lit. llF.ins, Chans., Tarbé, /« Clian- 
foim. de llhompagne aui m* el xiii* .?., p. 6IJ.) 

l'ORSANEU, voir FORSENEIl. 

l'ORSANNER, VOif FOBSKNRK. 

FORSAHiER, - arr'ter, v. a., laisser der- 
rière soi, quitter : 

Cil sont cil don Deus dist Abram 
Qu'il ettolent a rcperier, 
Nés volt pas du tôt forsarier 
De la terre qu'il lot premist. 
Qu'a droit terme les i remist. 
(RvFuT, Hibir, Richcl. lii.'iT, f 2i r° > 

Jacob qui de toi mans s'escnre 
Veit en «a terre repairier. 
Ce pait cnide forsarrier. 

I|D., ib.. ft,') t'.) 



lORSDANlIl, Vnir FOHBANIU. 
FORSBOTTER, VOir FOnBOTKR. 
FOnSBOUTF.R, Vûil' FOIIBOTEB. 
FORSCIIACIEU, voir FonCHAr.IER. 

FORSCHAIICIF.U, VOir FOHr.HAUr.HIRC 
FOUSr.HEI.ER, voir FORCEI.EIl. 
KORSCI.ORE, voir FORCLOBF. 

FORsci.osE, voir Konr.Losi . 

FOHSCONSOll.I.lEU, Voir FOIlCO SEII. • 
LIER. 

FORSE, adv., peul-èti'e : 

Et se l'appelit sensual 
Te detralct et encline a mal 
Dont forse tn soyes deceuz. 
(GiiEBAN, J/i's/. de la pass., 1117, C. l'aris.'» 

Neantraoius, par don especial. 
Le roy le peust permettre vivre, 
OU forse vient, qoi le délivre, 
I.e prince de celle cité. 

(II.., ib.. 2:iG3.> 

I.e mandement est gênerai, 
Si fanlt que nous y comparons. 
ICt forse ([Me nous y arons 
l'u récépissé mal appoint. 

(ID., ib.. 31C,i.-) 

Kn ces termes, la dame se leva ; 
Forse elle fut appelles a danser : 
Le bon amant d'autre rosté s'en va, 
Gralant sa teste : il a bien a penser. 
(II. Baude, Debal de la Dame el de l'Escuijer, Poi-i- 
fr. des xv° et \vi° s., IV, 1711.) 

(îf. Fous 2. 

FORSEN, voir FORSF.NS. 

FORSENAUt.E, fouT., - cenable , - se- 
navle, ■ sonnable, adj., qui fait perdre le 
sens et la raison, fou, furieux, emporté : 
C'est (l'amour) reson toute for.wnable. 
C'est forcenerie resnable. 

(Rose, Richel. 15":), P -'n».) 

C'hest raisons tonte foursenavie. 

(Ib.. Vat. Oit. 1212, f».33''.) 
Emplissant de viandes les cas forseiia- 
blés. [Bible, -Maz. 684, f» 352''.) 
La sentence fut forsonnable. 
Plaine d'onltrage, de cruaulté. 
(^Glill. df. .St Anhué, Libvre du bon .lehaii, 2.'12, 
f] barrière.) 

... Forccnable, 
(II)., t*., Lobin., Il, 6'.U.i 

Tais loy, lionne forsonnable. 

(Mijst. de SIe narbe, Ars. Slilfi, p. Clifi.) 

FORSENABLEMENT,/'orss., adv., comme 
lin iiisensé : 

La malice de cest venin ne morra pas 
rationablement, mais forssenablement et 
liirieiisement. (H. DE Mondeville, Ri- 
chcl. 2030, f" 88''.) 

FORSENAGE, - cetioge, - ennaye, - aige, 
s, m,, folie, fureur, furie : 

Et Dieus, pourquoi fui ge si ose 
Que tel forsenage osai dire ? 
(CrniEST., F.rec el En., Richel. 1120, f 11''.) 
Derles grant forsenaii/e fis. 
Quant ge par les cheveus la pris. 

lOiide ,1e Arle, Richel. I91d2, r".ti.'.) 



limant I ire et devant la râpe 
Don félon plain de forcenage. 
(Mack de la Chakité, Bible, Richel. 101. 
!° ISS'.') 

Vin de deul, d'engoisse et de rage. 
Don corroi et don forcenage. 

(ID., ib.. f° 212''.) 
Ponr en la grant Bretaigne aller venger l'oustragc 
Du tyrant- Vortig. reraply de forcennage. 

(Le Baifi, le Breriaire des Brelons.) 

Mais temps leur fut contraire, qui par son for- 

[cennage 

Partie des neffs submerge, l'antre an gré da vent 

(nage. 
(1*.) 
Apres avoir des vens souffert le forcennaii/e. 
(Ib.) 

PORSENAISON, forcetiaisoii, s. f., folie, 
fureur : 

J'en peur que dans vostre cervelle 
L'inclination naturelle 
Ne IJst une forcenaison. 
Qui vous menast bien discordante. 
Chacun par voye différente. 
Tons deux dehors de la raison. 
(J.-A. de Baif, lesilimes.\. I, f» 36 V, éd. IfilS.l 

FORSENANT, forcenarit, adj., insensé : 
De pestilence en teniebres alant, del 

mors del forsenant en midi. {Liv. des Ps., 

Cambridge, xc, 6, Michel.) 

— Qui s'abandonne à toute son ardeur: 

r.biens de hault nez, forcenants. beaux chasseurs. 
Ne ci'aignans point la foule des piqueurs. 

(P,\SSF.RAT, IMm-, p. 4, éd. IBOfi.) 

FORSENEEMENT, - cexieement, - cene- 
ment, - enneiement, four., adv., avec folie, 
avec fureur : 

S'il avoient la conixauce de Deu il ne 
correceroient jai si forsenneiement lo si- 
gner de glore. (S. Bern., Serm., Richel. 
24788, fo 10 v°.) 

Et lors comenche sa devise 
Ensi com fourseneement. 

(Sones de Nansaij, ms. Tarin, (" 63'.) 

Les deables vendront noirs et espouven- 
lahles et espouventerontl'ame moult /"our- 
seneement. (Le Miroir de l'aine, Maz. 809, 
r° 201'».) 

Furialiter, forcenement. {Gloss. lat.-fr., 
Itichel. 1. 7679.) 

Il a voulu fourseneement batailler. (An- 
cienn. des Juifs, Ars. 5083, f» 13'=.) 

Pourquoy te demaines tu souvent si 
fourseneement ? {De vita Chrisli, Richel. 
181, f» 111».) 

Si ouyt dire Gassander que elle force- 
neement tuoit les nobles de Macédoine. 
(BoccACE , Nobles malheureux, IV, 12, 
f» 96 r», éd. 1516.) 

FORSENESiKNT, P. m., acte de for- 
cené : 

Les esragez forsenemenz 
Qu'il flst a tûtes hones goni. 

(Res., /)■ de Norm.. I, 703, Michel.) 

FORSENER, foursetiev, fourchener, for- 
soner, forsonner. fursener, forsaner, - mi- 
ner, foursener, forcener, forçouner, verhe. 

— Neutr., se mettre, être hors du sens, 
perdre la raison : être furieux; se dé- 
ployer furieusement, terriblement : 



FOR 



FOR 



VOW 



97 



Ouiiil lie la Iniete, par poi qn'il ne forsamie. 
(ft. dr Camhrai, "360. A. T.) 

De Joël el dire forsona. 
(Wacï. Coneeplion, Bril. Mds. add. l.=;6tlli, 

f» .•;:.'■.) 

De mallalcDt fnrsrne et art: 

(Bnl. ms. MuDich, I.ÎST, Vollm.) 

Et frémissent et (orsenne\nC\ encontre 
moi. [Dial. B. Ambr.. uis. Epmul, Bonnar- 
dol, Aich. des ifiss., 3° sér., 1, 276.) 

Quant li jaianz voit qu'il a perdue s'es- 
pee si est tant dolenz que pou qu'il ne 
forsane. {Artur. Ricbel. 337, f° 6T\) 

Par un poi qu'il ue forsanne. {Lancelot. 
Hichel. 734, f" 4^) 

Bien puis, fet il, vis forcener. 

(Rose, 3746, Méon.) 



A poi qu'il ne four 

(Ansfis, Kichel. 793, f 17'.) I 
Si granl despit en ot por pou ne foursana. 
(Gar. de Hong!., Vit. Clir. 1517, 1° 15''.) 

Clarel l'enlenl, vif quide forsener. 

(Olinel, 100->, A. P.) 

Le grant Turcq s'enfuy villainement, 

foursenant et maugréant ses dieux de 

cesle mesadventure. (Wavbin, Anchienn. 

Croît. d'Anglet., II, 27, Soc. de l'H. de Fr.) 

De peaux il (Bacchus) les enlourna. 

Il orna 
De pampre leur folle teste. 
Kt, trépignant an milieu. 

Ce fol dieu 
h'ursenott après sa feste. ' 

(Koss., Od., lu, i, Bibl. elï.) 

Par tout forsene faux plaisir. | 

iJ.-A. nu Baif, Pofracj, 1. VIII, Lemerre, 11, 
S!l!t.) 

.Ainsi la flamme allomee. 

Oue les vents ont animée, 

Forcenanl eruellemenl. 

Kn mile poioctes s'eslance. 
I iCH. DC Beli.,<ï. la Complainte du désespéré, 

l.cmerre, II, S.) 
Aussi ne falloit il qu'un corps si plein de vice 
Eust après sou trespas autre funèbre office. 
Que le sao-jcl le (eu, et tout ce qne d*enfer 
Apporte avecqnes soy la licence du fer. 
Que je sens maintenant forcener dans mon ame. 
(In., les Fur. erntre les infracl. de Foy, I, 3*20.) 

Qui me tient qui.' je ne le tne, 
l'nte î m'as tu fait tel onlrage ? 
Me fais lu forcener de rage ? 

(JoD., Eugène, ui, 3, Ane. Th. fr.) 
Il forcené de se voir si lâchement, trom- 
pa. (J. DE SCHEL., Tyr et Sid. Arp.) 

Suivant un parly et désirant son advan- 
lage, ils forcennent, s'il en vient au re- 
liours. (CiiAKKON, Sag., il, 2.) 

Il boull, il forcené, il faict rage. 
^Optuc. labariq , les linses âescouv. sur les Chattf 
trières de ce temps, Bibl. Gaul.) 

— Terme de chasse, /brsenec si(r,fouail- 
ler avec excès : 

Quant les chiens souvent sont en une 
requeste, et il y a jeunes chiens qui se 
transportent moult, par leur roideur et 
par leur jeunesse, et courent tous jours 
devant eulx sans rien asentir; quant on 
fourchene sur ses saiges chiens, ils ne 
veullent revenir ne retraire, et aucunes 
lois querent sus a moutons et a bestes. 
{Modus, f» 22'', ap. SIe-Pal.) 

— H(ifl., dans le même sens que le 



Tuit .«.'i forssainneiil et angi>i8seul 
(Rose, ras. Corsini, f IS.'i*.) 

Si se foreonnenl et courroosent. 

' (/*., Vat. Chr. 1858, f* 129''.) 

11 se forsanna tellement que il morut 
non point longuement après. (Girart de 
Rossillon. ms. de Beaune, éd. L. de Mon- 
lille, p. 378.) 

Ailes et rendes tout tantost, ou aultre- 
ment l'yre de Dieu tout puissant w/'cirçen- 
mra en vous griefvemeut. (La Légende 
dorée en françoys.) 

— Forsenê, part, passé, jeté hors du 
sens, furietix, enragé : 

La Tint curant cnm femme forsenede. 

(Mexis. st. 85'^, Stengel.) 
Par Deu ! ço disl l'esculle, cist lioem est forseiie:-. 
(Voy. de Ckarlem., 'jSi, Koschwitz.) 
A pou que n'est de son san forcenez. 

(Les Loh., Ars. 3143. f 23'.) 

Iree et forsenee. 
(Bes., D. de Norm.. II, 2926, Michel.) 

Adonques ot tel doel a pou n'est forsannez. 

(Flooimtt, 80, A. P.) 
Certes j'en suis touz forsunnez. 
{Geu des Trois Roys, lab., ilyst., 11, 118.) 

S'en coururent comme forceriez par la 
ville. {Amyot, Vies, Alex. le Grand, éd. 
1565.) 

La langue moderne a le verbe forcener, 
tombé en désuétude, quoiqu'il ait été em- 
ployé par de grands écrivains du xvii" 
siècle. 

KOR.SENERiB, - ceuerie, - çonnerie, four. , 
fur., s. f., état, acte, sentiment de for- 
cené : 

En ta fursenerie ne me cbastier. (Liv. 
des Ps., Cambridge, xxxvil, 1, Michel.) 

Et li segons si est envie, 
Li tiers ire on forsenerie. 
(Poème alleg . Brit. Mus. add. 1.S606, f° 6''.) 
Por SH très grant forsenerie 
Sera sa geat toute bonie. 

(Uolop: 427. liibl. elz.) 

C'est (l'amour) reson toute forsenable. 
C'est forcenerie resnable. 

(Rose. Uicbel. 1573, f» 37».) 

Li rois respondi maintenant, qui bien 
perçut leur forsenerie. (Mén. de Reims, 
392,' Wuilly.) 

La seconde branche de desleauté qui 
naist d'orgueil est foursenerie. (Laurent, 
Somme, Hichel. 22932, 1° 4».) 

Et Unablement grant forsenerie de ainsi 
1 eslever les povres âmes. (J. de SaLISB., 
[ Policral., Richel. 24287, ^60''.) 

El sachies de vray que mieulx sambloit 
estre eu fourcenerie que aullre chose. (J. 
d'Arras, Melns., p. 344, Bibl. elz.) 

Tencicr et courecier a p. us grant c'en ne 
soit est foursenerie. (Li Ars d'Amour, ], 
471, Petit.) 

ICn tout plain de lieus l'ont blecié 
Juifz par leur forcenerie. 
(l'assuin Koslre Seigneur, Jul>.. Niist-, II, 29X.) 

Ce lu moul grant forfonneric. 
(ilyst. de la ven. de l'Anlechr., ms. Besançon, 



— Assemlilée de forcenés : 



Pour avoir dolour et ba<kie 
En la 1res grant foursenerie 
D'inGer. qui n'est mie sonffrable. 
(II. DE HouoENC. Songe dr l'aradi', 1151, Scheler, 
Troiiv. Iielg., nouv. si'r., p. 210.) 

Ce mot tombé en désuétude a été em- 
ployé par Régnier (Sat., xv), par Scarron 
(Virgile travesti, liv. VII), par Charles de 
Sévigné (IX, 338, Hachette). 

roKsENELRE, - ceneure, s. f., folie, 
ureur, violence : 

El dist après ma grant venjance ma 
grant decepline, après ma forseneure mon 
apaiement. {Queste du S. Graal, Richel. 
12382, f» 20 r'^.) 

Je estoie malades por la forceneure du 
mes plaies. (Chron. de T^urpin, Richel. 
S714, ^41% Auracher.) 

FORSENEUX, forceneux, adj., forcené : 

Rabiosus, enrageux, forceneux. (Gloss. 
de Salins.) 

El fuyoit Albamas son mary qui la pour- 
suivoit forceneux et enragé. (Bocr.ACE, 
Nobles malheureux, I, vi, f" 6 v», éd. Iblo.l 

Durant le forceneux débat, cestuy Hie- 
ronimus fut cruellement occis de ses 
propres citoiens. (ID., ib., V, 9, f» 121 v».) 

FORSENNEIEMENT, VOir FORSENKR- 
MENT. 

FORSENS, - en, four., foras., foursenl, 
forsain, s. m., folie : 

Mais folie fost et forsens. 

(Chbest., Cligel. Ricbel. 1420, (° 51'.) 
Que me prent forsenz ou rage. 
(Homaii de Thebes, Richel. 60, f» 12''.) 

Le nom d'Vdoine ot Amadas 
Et de s'.nmie, isnel le pas 
Estcomraeas tout son forsens. 
(Amaldas et Ydome, Kichel. 375, V 3Î2'.< 
Moût en ot le sanc esparti 
De forsen et de cruianté. 
(Vie Sic Mary., ms. Chartres 620, P 46 .) 
Diex, ne me chastie en t'ire, 
■Ne me constreiog en forsen. Sire. 

(Lib. I'salm.,\\. p. 265, Michel.) 
Diens, ne me chastiies en tire, 
Ne me conlraing en foursen. Sire. 

(Ib., ms. Berne 697, f «9 r°.) 
Et li lions tel orgoil mainne. 
Si grant forsen et si grant rage 
Que ses piez la terre arrache. 
(ilule sans frain, lierne 354, t° 32'' 
T. 680, Haut!, liée, I, 22.) 
Tu fer. outrage et grant forsens 
Kl mult peu de ton avantage. 
(B. DE CoNDE, M de yatlillece, iab., Nuuv. Rec, 
11, 57.) 

Tn fais folie et grant foursens 
Et moût peu de ton avantage. 

(lu., ib., V. 122, p. 180, Scheler.l 

N'i anras mal par mei, ço's Ireit forsen e rage 

illorn, 322, Michel.; 

11 dient a conseil, cist est plains de foursent. 
iVeus dou paon, Richel. 1554, f 71 r".! 
Estes si pris et si vaincu, 
Plain d'yïresce et de foursens 
Qa'en vous n'a mesure ne sens. 

(Fabl. d'Oi., Ars. 5069, (• 35-.J 

El forssen et la manvesté 
De Satlian et la cruauté. 
.M.riE DE i.A CnvniTÉ, Rible. Hichel. 401, I' Sfl".' 

13 



Méon, 



0>< 



FOR 



Quant li arme est enivrée, qnanl toz li i 

cors et toi li seni de forsain sont luit | 

trait (iedenz et fichié ea nostron Sei?nur. | 
(Li Complaignemant de Varme, Richel. 423, 

Pour jastli-e et Teogeance prendre 
Fisl la mort issir de sa caige 
Pbinne de foursen el Je raige. 
(G. Macb*clt, le Juge», du roi de Nar.. p. "l. 
Tari».) 

Haro ! quel forsett. qnella râpe ! 
(Gbebas. Misl. de la Pas!., GiS, G. Paris.) 

FORSENVoiiEi», S. 111., éiuissaire : 
Euiissarius, forsenvoiiers. (Gloss. de 
Douai. Escallier.) 

FOKSKR, voir Forcer. 

FORSETE, voir FORCETTE. 

FonsFAiRE, voir Forfairk. 

FORSF.VITURE, VOir FORF.ilTURE. 
FORSFIY.VXCE, VOir FORFCUSCE. 

FonsFL-v.WT, voir Forpciant. 

FORSG.VGIER, VOir FORGAGIKR. 
FORSGETER, voir FORGKTF.R. 
FORSGITER, VOir FORGF.TER. 
FORSiF.R, voir FOSSIEH. 

FORSIS, S. m. ? 

CoDlre cesle manière de bataille en font 1 
les ennemis une autre qu'ils appellent /'or- 
tis, et la mettent ils très bous chevaliers 
qui se partent un pou et reculent icelui 
berçueil et l'encloent d'une part et d'autre. 
(J. DE .Mecng, Trad. de l'art de cheval, de 
Veg , Ars. 2915, (' 57 v».) 

FORSJETESIE?<T, VOÏr FORGETEMENT. 
FORSJOIÎSTER, voir FORJOnSTER. 
FORSJUGIER, voir FORJDGIER. 
FORSJL'RER, VOir FORJdBER. 
FORSLIGNABLE, VOir FOIiLIGHABLE. 
FORSLIGNIER, VOir FORLIGNIER. 
FORSLOIGMER, VOir FORLOIGNIEH. 
FORSMANER, VOir FORUENER. 
FORSMENEIt, VOir FORMENKH. 
FORSMETRE, VOif FORMETRK. 
PORSMOVOIR, voir FOHMOVOIR. 
KORSOIER, voir FOBÇOIEB. 
FORSONER, voir FOHSENER. 
FORS0NN.\DLE, VOir FORSENABLE. 
FORSOST ACIER, VOir FOROSTAGIEB. 

PORSosTÉ, voir FonosTÉ. 

FORSPAISIER, voir FORPAISIER. 
FOR.SPAItTIR, voir FORPARTIH. 
FORSPHENDRB, VOir FORPRENDRB. 

FORSRACHiEH, V. a.. Cracher dehors, 
expulser en crachant : 

Excreare, forsrachier. (Gloss. de Douai, 
Escallier.) 



FOR 
FORSSE, voir Force. 

FORSSENER, VOÎT FORSENER. 
FORSSENEURE, VOir FORSAINEURE. 
FORSSOIER, voir FORÇOIER. 

FORssouFFLER, V. a., souflUer hors, 
rendre par le souffle, exhaler, expirer : 

Exalare, forssoufUer. {Gloss. de Douai, 
Escallier.) 

FORST, voir Fors. 

FORSTALEMENT, S. m., empêchement : 

Il semble que il y a ad un autre cause 
de difseiseia de touts les trois services 
avant dits, c'est a sçavoir si le signior 
soit, en alant a la terre, tenus de lui pur 
distreiner por le rent arere, et le tenant, 
ceo oyant, luy encounter, et luy forlala la 
voy, avesq force et armes, ou luy menace 
en tiel forme que il ne osast venir a sa 
terre pur distreiner, por son rent arere, 
par doubt de mort, ou mutilation de ses 
members; ceo est un disseisin, por ceo 
que le seignior est disturbé de le meatie, 
por quei il doit vener a son rent ; et is- 
sint est si, por tiel forstalement, ou ma- 
nace, ou ne osast vener demaunderle rent 
arere. (Tenur.de Liltl., f 53% ap. Ste-Pal.) i 

FORSTALLER, - aler,forl.,\. a.., acheter i 
des denrées en chemin avant leur arrivée 
au marché : | 

Que nul marchaunt Englois n'engrosse 
ne forslalle vynes en Gascoigne ne les 
preifine per voie d'eschate de nul de Gas- 
coigne ne d'autre pur paier en Engleterre 
pur plus grande somme que vyns ne sonl 
communément vendus en Gascoigne per 

j cause d'apreste en parel du meare ou per 
nul autre colour. {Stat. d'Edouard 111, 
an XXVII, impr. goth., Bibl. Louvre.) 

I Que les gentz de grande lernemuth en- 
controieut les pescheours mesnantz harank 
a la dit ville en temps du faire et achètent 
et forstallent le harank avant que ils 
veignent a la ville. (Ib., an xxxi.) 

— Empêcher, faire obstacle à : 
Et luy forslala la voy ovesque force et 

armes. (Littl., InsM., 237, Ilouard.) 

El luy forlala la voy. (lo., Tenur., f°S3*, 
ap. Ste-Pal.) 

— Forstallé, part, passé, acheté en che- 
min: 

Auxint est accordé et establié que les 
forslallers des vyns et autres vytayles et 
des toutes autres vitailles, merches et raer- 
chandies qui veignent a les bones villes 
d'Engleterre per terre ou per ewe en da- 
mage nostre seignour le roy et de son 
people, si de ceo soit atteint a la suite le 
roy ou de partie devant maire, baillifz ou 
justices a ceo assignées ou aillours en la 
court le roy, et s'il soit atteint a la suite 
le roy per endilemenlou en autre manere, 
soient les choses forslatles forfaitz au roy 
si l'achatour ent dit fait gré al vendour et 
s'il n'eil fait gré 'le tout mes per arres en- 
courge l'achatour laforfailure de tant come 
les biens forslatles forfaitz amountent so- 
lonas le value que il les avéra achalé, s'il 
eil ae qiioy et s'il n'eit de quoy adonques 
eit la prisone de deux ans el pluis a la vo- 
lonté le roy sans estre lessé au mainpris 
ou délivrent en auter manere, cl s'il soit 
atteint a la suite de partie eit la jiartie l'un 
moilié des tielx choses forslnlles ou le 



FOR 

pris del doiin le rnv et le roy l'auter moi- 
tié. (Stat. d'Edouard 111, an xxv, impr. 
goth., Bibl. Louvre.) 

FORSTALLiE, S. f., tout empêchement 
causé à tel droit que ce soit : 

Issint toutes foiiz que nul marchant 
n'autre ne voise par terre ne par eau d'en- 
countrer tielx niefs charges des marchan- 
dises de les forstaller ou les arrerer par 
voie de forstalUe sur peyne continue en le 
dit tierce articles des dites ordinances. 
[Stat. d'Edouard 111, an xxvill, impr. 
goth., Bibl. Louvre.) 

FORSTALLOUR, S. m., marchand qui 
achète les denrées en chemin avant leur 
arrivée au marché : 

Sur peine qe appent a forstallours. (Lib. 
Cuslum., 1, 81,2, Edw. II, Rer. brit. script.) 

Item est ordiné et establi que l'eslatut 
fait en temps le roy E. aiel l'an de son 
reigne .xxv. des forstallours des vyns, vi- 
tailles, m erces et marchandises quelconques 
qui veignent a les bonnes villes deins le 
royalme per terre ou per ewe soit tenus 
el fermement gardes. {Stat. de Richard II, 
an II, impr. goth., Bibl. Louvre.) 

Forstallours acressent les foers de yi- 

I taille vendable, par lour traverses que ilz 
fount hors des marches. (Britt., Loix 
d'Anglet., f" 77% ap. Ste-Pal.) 

FORSTOLLIR, VOir FORTOLIR. 
FORSTRAIRE, VOlr FORTRAIRE. 
FORSTRERE, VOir FORTRAlRE. 
FOUSVEER, voir FORVOIER. 

FORSVEisÉ, adj., éloigné : 
Il sunt del cunle forsveisé 
K de la veruresIuingDé. 

{Tristan. 11. 879, Michel.) 

1. FORT, adj., difficile, pénible: 
Ha dame, con /"orte novele chi a! {Arltir, 
ms. Grenoble 378, 1° S».) 

Ciertes, dist li Empereres, forte chose 
esldeçou croire. {L'Empereur Constant, 
Nouv. fr. duxin' s., p. 8.) 

Li plas fors ert li commeochiers. 
(S\RR*ziN, Roman de Ilam, Michel, Hisl. des ducs 
deNorm., p. -223.) 

Nostres sires li dit : Je suis Jhesu Criz 
cui lu guerroies ; fors choses est a toi 
guerroier anconlre moi. (La Convers. Sainl 
Paul, Richel. 988, f" 48».) 
h'ori sp.ra se lu fais escrii. 
Quant cnqiie n'as. 

iilir. de S. .lean Chrys., 711, Wahlnnd ) 
Brief ilz sonl Ires fors a servir, 
A peine on les peull assouvir. 

(I.e Chasleau de Mour, éd. 1 199.) 



Le Temps est trop fort .i passer. 
(t'arce de Marchandise, Ane. Th. fr. 



m, •2!1.'!.) 



Fort a ferrer a toasjour» fer qui loche. 

(/*., p. 25<!.) 

— Fortifié : 

En lotes nos maisons fors ft lloibes, 

(1268, Ch. des compt. de Dole, ^— , Arch 

Doubs.) 

Plusieurs chastiaux, fors maison? ei 
autres forteresces estanz ou dit royannie 



FOR 

ont ept(S ppriins par dfllTan( (te ^»ar(lp. (1358, 
Ord., iir, 224.) 
On dit encoro de même : château forV 
— Au fort, loc, enfin, au fait : 
Vrainraenl. dame, je feray 
Treslonl an niieiii que je poray. 
Or soil, au fort noos le verrons, 
As armes tous congnoislerons. 

(CiiHCi, 711. Crapelot.) 

rtont il advint que att fort son seigneur 
scenst fa manière. {Liv. du Chev. de La 
Tour, c. 6, tîibl. elz.) 

Sy leur va dire : Mes dames et damoi- 
selles, puis qu'il vous plaistque je meure, 
sans remède ne mercy avoir, je vous pry 
a toutes qu'il vous plaise a moy donner 
un don. Et au fort elles lui accordèrent. 
(/6., c.xxiv.) 

Au fort ne m'en chanlt qni m'en blasme. 
(Compl. d'Amours, ms. Genève 1 "9'"% liilter, 
Poés. des \[\' et xv'^ s., p. fi"2.) 
Si leur dict que voireraent tant avoient 
meffaict que plus ne pouvoient, et plus luy 
pesoit de ce que le roy avoient injurié, 
que de luy ne de ses gens ; mais que au 
fort tout leur seroit pardonné. {Liv. des 
faicts du maresch. de Boucic, 3° p., ch. 8, 
Bucbon.) 

Au fort qnelqu'an s'en récompense, 
Qni est remply snr les chnnliers. 
(ViT.i.oN. (jranâ Tesl., xxv, .louaust, p. 211.) 
Par elle menrs, les membres sains; 
Au fort, je menrs amant niarlir. 
Du nombre des amonrenx saints ! 

(In., Pel. TcsI.. vi, .lonansl, p. 0.) 
11 fut, Oit fort, contraint de saillir par la 
porte de devant. (Locis XI, A'OM»., i, Ja- 
cob.) 

Au fort, elle s'appaisa, quant elle vist 
qu'aultre chose estre n'en povoit. (Id., ib., 

XXII.) 

Par ma foy, vous en seriez bien esbahy, 
pource qu'il se fait tant vostre amy : mais 
au fort )e suy bien aise dont il a resveillé 
le cliat qui dort. {Quinze joyes de mariage, 
vir, Bibl. elz.) 

Aufforl Tostre vonloir se face. 
/.RERAN, Misl. de la Pass., 28350, G. Paris.) 

Au fort n'en parlons plas mesbuy. 
(CoQCir.î.., Mmot. du Pwj.i, II, 2f;0, Bibl. elz.) 
Au fort tont Iny accorderay : 
Je n'y voy point (de) meillenre voye. 
(h'arce de l'Obstination des Femmes, Ane. Tli. fi'., 
I, 29.) 

n'en dire pins me tays au fort. 
{Le DehttI de deux Dem., Poés. fr. des \i' et 
xvi« s., V, 2!IS.) 

Encore, an fort. 
Je TOUS Tueil pronver qa'avez tort. 

(I*., p. 206.) 
Au fort, laissons tons ces debas. 
(Serm. joy. de bien lioi/re. Ane. Th. fr., Il, 17.) 
Hz font bien lon^ne demeurée. 
Le soupper est ja préparé, 
J'ensseja mon hoslel paré. 
Et si ne sçay si viendront point. 
Au l'on, je m'en voys mettre a point 
La nappe tandis qu'ilz viendront. 
{.Farce de Guillerme, Ane. Th. fr., I, .33(1.) 
Car do faire un homme soigneux, au 
fort cela estimois je impossible d'estre en- 
seigné. (La Boet., Mesnag., Feugère.) 

Ou sont convaincus par la sueur (ceux 
qui mettent du fard) ou décelez par les 
larmes, ou au fort le bain et l'estuve en 
font la raison de les dcscouvrir au vray. 

(ID., ib.) 



FOR 

Au fort, je ne croy pas qn'un bon tirenr de laine 
Puisse avoir, au sibet, postnre plus vilain" 
Qne moy. 

(,ScnEi.A.\'nRE, Tyr et Sid., 1» jonrn., v, 1, 
Ane. Th. fr ) 

— Au fort, suivi d'nn part, prés., tout 
au moins en.': 

Je pensois me sauver de toz en quelque sorte 
Au fort m'csloiRnant d'elle. 

(I,A BoET., Sonn., xxi, Feugère.) 

— Venir au fort, arriver à la fln : 
Par le S!inï bien, quand je m'advise, 
Je ne vonldrois pas estre mort ; 

Car je sçay bien, s'il rient au fort. 
Que je seray homme uolable. 
Ou senesclnl, ou connestable. 
Ou gouverneur d'nng grant pays. 
(Farce d'un Mary jal.. Ane. Th. fr., I, 128.) 
Mais lousjnnrs, quant ce rieut au fort. 
Ne veullent plaider ne acroire. 
{Dell, de la Dame et de ta Bourg., Poés. fr. des 
\\' et xvi° s., V, 8.) 

2. FORT, s. m., capital, par opposition 
aux intérôls : 

En leur imposant (aux Lombards) qu'il 
avoient, contre les ordonnances royaux 
qui mectoieut paine de corps et de biens, 
preste cent livres oultre quinze par an 
pour usure, et aussi , en prestant, il 
avoient fait des usures fort... ordena 
l'en que tous ceux qui leur dévoient 
feussent quictes pour le pur fort, et 
que il en feussent creus par leur saire- 
ment. Et fu trouvé que les debtes que l'en 
leur debvoit, et quija estoient venues a 
cognoissance, montoient oultre deux mil- 
lions quatre cens livres, desquels le pur 
fort ne niontoit pas oultre douze cens mil 
livres. {Grand. Cron. de France, l'Istoire 
du roy Plielippe de Valois, xr,iii, P. Paris.) 

3. FoiiT, voir FuEii. 

fortadijEment, adv.. avec violence : 

Tcellui Thibaut bouta et abati lortable' 
ment a terre ledit Girardin. (1364, Arch. 
.1.1 96, pièce 93.) 

FORTAiLLEU, v. a., tailler trop abon- 
damment : 

Senz iceulz prez, eaues no hos fortailler 
ne desroiier fors que a droite taille et roye. 
(1386, ArcL. M.M 31, t° 13 v.) 

FORTAiLi.EREssE, adj. f . , qui taille 

mal : 

Et une borgne cousturiere 

Forlaillcresse parmentiere. 
(DEcnii.i.KTli.LE, Trois Pclerinaiges, f° li.i'', impr. 
Inslit.) 

FORTCLORE, VOir FORCLORE. 

FORTECE, - esse, s. f., force, courage : 
Li Sire, la meie fortece e li miens escuz. 

{Liv. des Ps., Cambridge, xxvil, 7, Michel.) 
Tu ies, Deus, la meie fortece. {Lib. 

Psalm., Oxf., XLii, 2, Michel.) 
Fortece est le niileu entre paor et bar- 

dément. (Brun. Lat., Très., p. 272, Chn- 

baille.) 
Atemprance et fortece. (lu., ib.) 
Fortesse de couraige. {L'Ord. de cheval, 

ms. Ars., f» 27 r".) 

— En fortece, naturellement fortifié : 



FOR 



99 



Per manière que la moitié de celle cité 
du Cayre est en fortesse. (1420, Trad. du 
Traité d'Emmanuel Piloli, sur le passage de 
la terre- sainte, f» 8 r».) 

FORTEFIESMENT, VOir FORTIFIEMENT 
FORTEl.ESCE, Voir FORTERECE. 

FORTEMi's, S. m., contretemps ; 
Vertu fait la vie meilleure. 
Vertu c'en est l'encre plus senro 
Que nul forlemps ne forcera. 

(Baif, Mimes, I, 22, Blanchemaio.) 

FORTERECE, forteresse, - esce, forlrece, 
forlelesce, s. f., force, puissance : 
Cil se traient en Leaguece 
U plus aveit grant fortelesce. 

(Bf.n., D. de Korm., Il, 5.il3, Michel.) 

Ke cant on conoist le grant ateiremenl 
de ses menbres, de la forlrece des men- 
bres puisl l'om devant conoistre la victore 
Ici après vient. (St Greg., Job, p. 300, 
Foerster.) 

Castrum ventris est la /"orfercce de la char. 
(J. DE Aluet, Serm., Richel. 1. d4f;61, 
f» 196 v°.) 

U cuidoient que nus ne peust jusques a 
•iaus venir porla forterecedes liens. {Chron. 
de S.-Den., ms. Ste-Geu., 1° 3''.) 

Ils cuidoient que nuls ne se peust jusques 
a euls venir pour la /'orlei'esce des lieux. 
{Ib., I, 2, P. Paris.) 

Compte nous entièrement l'ordre, le 
nombre et la forteresse de l'armée. (Rab., 
1. II, c. 26.) 

FORTESSE, voir Fortece. 

FORTFUISER, V. H., faire du bruit, 
causer, parler à l'oreille : 

Je vous ouy tanlost le cry 
De petites souris, pipis 
Fortfuisaiis a mon oreille 
Parmy cetoing; c'estoit merveille. 
(CoQOiLL., Monolofi. de Coguill., II, 226, Bibl. elz. 'i 

FORTiiu, S. m., intestins du cerf qu'on 
donnait aux chiens en criant de manière 
à le.s habituer à accourir à la chasse, lors- 
qu'on poussait ce inOme cri dit forlhu : 

CclUiy qui tenoit le fortliu 
Se print très fort a forlhuer. 

(Lin. de la chasse, p. 2.S, Pichon.) 

FORTiADLEMENT , adv., vlgoureuse 
ment : 

Il combati si forliablement que il les en- 
chaça tresluz. {Cliron. d'Angl., ms. Bar- 
berini, f» 8 r».) 

FORTIEFFIEMENT, VOir FOHTIFIEMENT. 

PORTIERE, S. f., forteresse : 

Envoiet li avoit, li bons roys couronnes 
.M'", sodoiers hardis et redoubles 
Pour garder lels] fortieres. 

(II. de Sel/., xvn, 917, Itoc.ca.) 

FoRTiF, adj., vigoureux : 

Se li autre ont voé estrango œuvre et fortivc 
C'est drois, leur volentez en estoit volentive. 
(Rest. dou paon, Uichel. liJa-i, f° l;il v°.) 

FORTiFiABLE, adj., qui pput ir.'ivaiUer 
aux fortifications : 

Les sieurs sindics ont exposé qu'il est a 
tous notoire; que cculx de Lyon se sont 



100 



KOR 



FOR 



FOR 



révoltez et ont quille la Ligue, qu'ils oui 
mi? dans leur villfi un grand nombre de 
"cns inconneuz et que par ainsv est cran- 
oement a craindre de recepvoir d'eulx 
quelque attaque et que nous soions sur- 
prins; pour a quoy obvier est requis de 
ranforcerla parde, fortifier la ville, et a ces 
fins appeller tous les foreiiis fortifiables 
pour salisfTaire a ce que leur sera com- 
mandé par cenlx qui a ce seront commis 
et auront pouvoir. (Pièce du 12 fév. lo94, 
ap. J. Baux, Mém. historiq. de Bourg, II, 
277.1 

FORTIFICATION, S. f., ausniienlation 
de forces : 

Selon la fortification et accroissement 
duquel (corps) est augmenté l'asaige de 
raison. (La tresampie et vraye Expos, de la 
reigle il. S. Beu., 1486, f" 85'.) 

La fortification et roboration des join- 
tures débiles. (P.^nn. OEuv., XXI, xni, 
Mal'.'aigne.) 

FORTIFIANT, fortiffianl, s. ni., ouvrier 
qui travaille aux fortirications : 

Que l'on envoyé journellement sept 
hommes des bourgcoys et habitants appa- 
rents de la ville pour fere ouvrer les for- 
liffians et pyonniers a la forlificalion d'i- 
celle. (1343. Délib. du conseil de Bourg, ap." 
J. Baux, Mém. hist. sur la ville de Bmirg, 
1, 119.) 

Foumyssent annuellement six cents flo- 
rins pour la forliffication et terrassements, 
avec les forlifians, membres d'ycelle ville. 
(1544. ib., 1, 146.) 

Les sieufs sindics ont remonstré que 
.Mgr le gouverneur les a mandé quérir, et 
estantz vers luy,a dict qu'il se double que 
nous soyons a' la guerre et qu'il y fault 
pourvoir, et en premier lieu a la réparation 
des murailles de peur d'une surprinse et 
qu'il a envie de faire venir les fortiffiantz. 
i24 janv. iti9l, Assemblée du conseil général, 
ib., 11,2:15.) 

FORTiFiEMENT , - ifftement, - imenl, 
fortef., forteff., (orlieff., forlefiesment, 
fourt., s. Ml., action de fortifier, fortifica- 
tion : 

Regardans évidemment l'acroissement et 
fourtiffiement du lieu. (1346, Arch. M 73, 
f o8 V».) 

Le forlifjiement et amendement de la 
dicte Ville. (Ib., {°70 r°.) 

Pour le forlifimenl et remparemenl de 
nostre ville etchasteau. (1372, Traité ent. 
te Duc et le Boid'Angl., ap. Lobin., 11. 589.) 

A le fortefiesmenl de ledite ville. (1418, 
Lille, .ip. I,.i Fons, Gloss. ms., Bibl. 
Amiens.) 

Fortiffiement et fremetlé de la ville. 
(1446, Béllmne, i6.) 

Soit prins un espace de terre environ 
lequel soit faiz les fossez et les fortifiemens 
eslevez. (II. de Granchi, Trad. du Gouv. 
des Princes de Gilte Colonne, Ars. 5062, 
f 210 y.) 

Par les barrières faictes es entrées de 
leur fortiffiemenl a pié et a cheval, en plain 
jour. (J. Ch.irtier, Chron. de Charl. VII, 
c. 27, Bibl. elz.) 

Et se forliffiereut de chariostz, pieuz 
plantes debout, et d'autres forliffiemens. 
:lD., ib., c. 77.) 

C'esloil une grant merveille de veoir le 
castellet et les fortifiemens qu'avoyent les 



Françoys contre leurs cnnemys. (1507, la 
Cong'ueste de Gennes. Archives cur. de 
l'histoire de France, 1* sér , t. II, p. 24.) 

— Par ext., action de fortiUrr, de .sou- 
tenir, d'appuyer : 

Les François venoienl main n main 
combatre a pié et a cheval en fortiffiemenl 
des Angloiz.(.I. Chartier, Chron. deCharl 
Vn, c 54, Bibl. elz.) 

— Au sens moral : 

Le secont baptesme fu donné en forlifie- 
menta ouvrer bonnes vertuz. (.1. (ÎOULAIN, 
Ration., Richcl. 437, l'° 3-ï(i v".) 

Que c'estnit un fortifiemcnt de petit 
espoir. (G. Chastell., Cfcron. des D. de 
Bourg., II, 32, Buchon ) 

— Confirmation : 

En fort'.fiement de totes les choses des- 
sud. (1308, Franck, de llsle-sur-le-Doubs, 
Cnrt. deNeufchâlel, appartenant au marquis 
deDurfort-Civrac.) 

En tesmoignaige et ou fortieffiement de 
toutes les choses dessusdiles. (1308, 
Franck, de Blâmant, Arch. mun. Montbé- 
iiard.) 

FORTIME, voir FORTISME. 

FORTIN, adj., le fort, épithètc de 
Sa m son : 

Qui est qui contre amor est sages? 
Ce ne fa pas fortins Saosons, 
Davis li rois, ne Salemnns. 

(Ben., Trnies. nicliel. 37.H, f" in:!'' ) 

Aine tant ne rcdolerent Jnis Sansoii fnriin 
Comme on fait en France le Ane. et son linslin. 
tChei'. «Il C'jD'te, II. i281, Ilippean.) 
Je vous diray un autre exemple sus le 
fait d'une faii'lee femme qui eiist nom 
Dalida, qui fnt femme Sanison fortin. {Liv. 
du Chev. de La Tour, c. i.xx, Bibl. elz.) 

Ou milieu de l'un des flacons a Sanson 
fortin qui est doré et tient un lyon parmi 
le col a l'une des mains, et de l'autre tient 
une macue pour le ferir. (1360, Invent, du 
duc d'Anjou, W 323, Lahorde.) 

FORTIUER, v.a., enlever : 

Vos povres amis 
Qa'en eoffer sont mis 
Forment vous désirent, 
Plaindent et souspii'ent 
Qa'aiosi sont snbmis 
A leurs ennemis 
Qui les vous fortirriU. 
(Cukran, Misl. di- In pan., i:j231, G. Paris.) 

FORTis, S. m., sorte de redevance : 
Les mêmes cens, fortis seigneuriaux et 
tresfonciers. qui se compétent et payent 
en marcs, livres, sols, deniers, oboles, 
coupe, fortis, se réduiront, et payeront a 
la valleur de l'ancien patart de Brabant. 
[Ord. du pays de Liège. Coût, eén., TI, 
974, éd. 1635.) 

FORTISME,- ime, adj., très fort: 
tu, fille del fortisme. (Liv. des Ps.. 
Cambridge, XLIV, 12, .Michel.) 

r.'ic la terre est fortisme. do mnrs e de fosies. 
(Pm« de Pampr/., 2189, Jlussaina ) 
Acomijlisseur de tous ces mauls et for- 
time en iceulx. (Oresme, Quadrip., Uicbel. 
1348, f'' 167 v».) 

FORTissiMn, adj., furinc savante de 
fortisme, très courageux : 



De cesie fortissime gent en ;irnips fn 
conte Ouillerme. (Aimé, Vst. de li Norm. 

I, 3, Champollion.) 

— Très violent : 

Ire fortissime. (Aimé, Yst. de li Norm., 

II, 16, Champollion.) 

FORTiTREOtiR. S. m., chasseur dont 1h 
fonction était d'empêcher le cerf de forti- 
trer : 

Toutes voyes on les puet bien tenir de 
deux en deux, pour fournir plus de leisses 
au tillre, et doit mettre deu.x ou trois che- 
vaucheurs, que l'en doit appeller forti- 
treours, au commencement de l'entrée du 
liltre, au bout des premières laisses, afin 
que, si un cerf venoit et vouloit forlitrer 
hors de la on les lévriers seront, que ceulx 
qui seront a cheval les puissent crier, et 
bouter dedanz les lévriers. {Chasse de 
Gast.Pheb.. p. 215, ap. Ste-Pal.) 

FORTLONGE, VOlr FOP.LOIGNE. 
FORTMENT, VOlr FORMENT. 

FORTOLiR, fors., four., V. a., enlever: 

Et de leurs dens leur proie ostoil 
Qu'au povre aroinl fourlolu. 

(.Vers de Joli, Ars. Sliï, f° <6T.) 

>'e n'y aurai/ cheval forxfotln on embles. 
(ficî/or du Paon, ms. Rouen, f 91 v».) 

FORTRAiEMENT, fourtreement, s. m., 
confiscation : 

.Lx. sestieres de wayn et .XL. de tra- 
moix qui bien valoient .XL. I. de Messins 
que li prevos de lai chancie enmenet en 
fourtreement. (Charte de 1337, Coll. de 
Lorr., m. 41, Richel.) 

Cil dou pont a Moussons tiennent en 
fourtreement .i. santis desouz Vendieres, 
liqueilz est les signors et les prodomes de 
Vendieres de anciennetei. {Ib.} 

FORTRAiEOR, - cur, four., S. m., celui 
qui enlève, voleur : 

Mais s'il est covoitous et crueulz et for- 
traieires d'autruy biens. (Cons. de Boece, 
ms. Montp. H 43, f 18^) 

En punissant les fourtraieurs, receleurs 
et deceveurs des debtes dessus dictes. 
(1318, Arch. JJ 56, f 107 r».) 

FORTRAiRE, - trere, fors., four., fuer, 
verbe. 

— Act., tirer dehors, soustraire, enle- 
ver, retirer, détourner ; 

Glaive forstraistrent li felun. (Liv. rfes 
Ps., Cambridge, XXXVI, 14, Michel.) 

Et si a forsiraite s'espeie. 

(Bru/, ras. Mnnicli, G9;i, Vollm.i 

Que Lancelot nos n forslret, 
[Ve ne savons qu'il eu a fet. 
(La Chnrretle, Vat. Chr. 172.-;, f"21».i 
Maintenant conraenco forxirerr 
Deux corooes de sou trésor. 
(Chrest., Erec et En., Richel. 3"S, P 28'= ) 

La mare an grant challoinel 
.4 li uns fonlrete. 

(Rom. et pa.1t., Bartsp.li, II, .SO, lî.) 
So il avient ijue un aver ou une beste 
soil a aucun home enblee ou tolue pur 
force, ou fortraite, ou par aucune autre 
manière, par toute la terre dou reiaumc. 
(Ass. de Jér., ^, II, p. 161, Beuguot.) 



FOR 



FOR 



FOR 



Nus ue puel ue ni' 'loil fortraire aiitnii 
apraati; ne autrui ?prf;fint, par lui ne par 
autre, devant qu'il ait feit et acompli son 
service. (Est. ItoiL., Lie. des mest., l" p., 
XVI, 6, Lespinasse et Bonnardot.) 

Nul maistre dudit mestier ne porra 
fouriraire le varlet ou serviteur d'un 
autre niaitre, tant que son terme durera. 
[Statuts des fotirbissetu:'' d'Amtens, ap. A. 
Thierry, Uon. inéd. du, Tiers Etat, II, 393.) 

Li usuriers, li avoutre, oil qui fortraient 
la famé lor voisin. (Serm., Richel. 423, 
r* 72''.) 

Qe nul fortreie autre emprentiz ne autre 
serjzeaunt dedenz son terni. {fAb- Cnstutn., 
t, 78, 45, Hen. lll, Rer. hrit. script.) 

De vendre, d'estrangier, de forstraire 
ou de mettre fors de leur main les devant 
dis .V. arpenz. (1277, Abb. S. Vinc. dn 
Senlis, Font, les corps nuds, Arch. Oise ) 

Si tos com il Vot forstraite don bain?, 
(il Contes dou roi Flore et de la belle Je- 
hane, Noiiv. fr. du XIII" s., p. 106.) 

Quant si anemi li orent ensi forstraites 
les sranz compagnies que il avoit amenées. 
{Chron. deS.-Den., ms. Ste-Gen., f» 177''.) 

Onques en toute sa vie troubler ne cou- 
rouscier ne le voult (son père) .., ne boi- 
sier ne fortraire le royaume par mauvais 
engin. {Gr. Chron. de F>\, Dou premier 
roy Phelippe, xv, P. Paris.) 

Salve moi, Dens, et si m'aie. 
Si rae fortrai de felonnie. 

{Vie Stfi ilarg.^ ms. Troyes. > 
Kl dist : SeiîîDeurs, je jure par les sains qnt 
Isont ri 
F,t par irestftuz les autres de qaoy Dien est servi 
Qoe cest mauves olonton qui ci est m'« Iray 
Ktforiraitf la dame a qni je soi mari. 
(/,<• DU rfr.t Aneles. iab.. Hûiir. Rrc, I, 12.» 
Qai femme farxlrayoif. 

(Cirarl de Ross., 20S."., Mijinard.) 
Pour lour bien meubles et heritaiges 
qu'on lour fortraixoit. (1323, Hist. de Metz, 
IV, 1.) 

Par sa subtilité la fortrahit a son dit 
père et la despucella. {Met. d'Oo., Vat. 
Chr. 1686, f'> 27 v.) 

En fortreant et portant hors de nostre- 
dit royaume tout le billon que il peuvent 
trouver. (1353, Ord., n,S49.) 

Et penser et regarder se aultre lui for- 
trait l'amour que il doit avoir. {Liv. du 
Chev. de La Tour, c. xvil, Bibl. elz.) 

C'est a ilire que homme ne povoit ny ne 
devoit fourtraire l'amour l'un de l'autre, 
puisque Dieus et l'esglise les avoit unv^ 
et conjoins ensemble. (76., c. xxxiv.) 

Afiu qoe il'euU on pnist fnrsfrnire 

I.a convoitise qui les art. 
(Chb. de Pi*an. Liv. du chemin de long cstude, 
i868, Pùschel.) 

Tn es Pierre ly apostat 

Qui forlraii ceulz qne nous amon. 

Qui noslre aray, maistre Syraon. 

As fait mourir de maise mort. 
(Uarlijie de S. Pierre et de S. t'aiil. Job.. Vi/v/., 
I, 80.> 

Et la peine et la tourment de ceul.x qui 
périssent te foiirtraie de ta coulpe. 
(Traict. de Salem,iDi. Genève leo.f» laôr".) 
Reste qne nng ciladin d'oppinion contraire, 
Tasclioil par tons moyens lenr voulenlé fortraire. 
(J. Mardi, Voij. de Venise, la Prinse du Cliaslcau 

de Pesquiere, f° 8tj v", éd. 153-2.J 

— Uén., se retiror : 



Vous ave?, tort de luy eslre coolraire, 
.\ii poovre Client qoi .«'est vonln forlrairr 
Ile liberté, se mettant en voi laz 
Poar eslre ,«erf. 
(J. Marot, Cinqante liond. xtir tmt. sort, de mat. 
joy., vu, éd. 1531.) 

— S'abstenir : 

Non seulement se fortrairent de hiy 
faire aide, mais ly furent aigres ennemis. 
(Le Baud, Hist. de Bret., eh. xxvi, éd. 
i638.) 



— Neiitr., se retirer : 

Qu'il /"oMtrcoîi de la créance \)ii\. (Chron. 
de Fr., ms. Berne 590, f 4».) 

Et revindrent tuit si homme a son acort, 
et tuit li prince qui de lui estaient forstret. 
{Chron. des rois de Fr., m s. Berne 607. 
f" 3S'. 1 

— S'avancer ; 

LoTsfu a rencontre forstret ; 
Ne de clianler n'i ot poi fet. 
(CnREST., Erec et En., Uictiel. 3"3. f -J.S'.) 

— Forlrait, part, passé, enlevé : 

Et les chouses occupées et fuertraites 
malvaisement au droit et a la propriété 
de ladite maison rapeler foyablement par 
tout nostre pooir. (1281, Saint Vivant, 
cote 8, Arch. Doubs.) 

F'ORTR\iT,fourtrait,s. m.,riise, finesse, 
tromperie : 

Par renardie et par fourlrail 
Se sont a grant liantere trait. 

{lien, te nom., p. .io9, Méon.) 

l/enfant at baptisiet l'evesque sans fortrait. 
(.Ieh. nEs Prkis, Geste de Licye, 23871, Chron. 
belg.) 

FORTiiAiTREssK, adj. f., tolU W fait 
traîtresse : 

Trestontes sont forlrnitrrssr'i 

El deeevans et felenesses. 

(Amald. et Ydoine, lîichel. 37.S, f 3i7 .) 

FORTR.viTiîRE, fortrpAitrc, s. f., ruse, 
tromperie : 

Diva ! fol rihans, qaar le lais. 
Si te va pendre a nn gibet ; 
Ta ne sez rien fors qne d'abet. 
Do mespoins, et de fortreture. 
Mes de ce n'ont prendomme cure. 
Um Contrejengle, Itichel. 837, f il.V.) 

Cf. I''0BTR.AIT. 

FOIITUECE, voir FOnTERECE. 

FORTRETUHi:, Voir KOBTIIAITURE. 

FORTOXABLK, adj., malheureux : [ 

L'uissier de la dite royne, sachant et 
consentant de devant dit forfait, en ce jour 
a Pontoise au commun gibet des larrons 
fu pendu; lequiel cas forlunable les barons 
et le roy d<î France et ensenient ses lils 
courrouça moult et troubla. (Gr. Chron. 
de Fr., Phelippe le Bel, lxx, P. Paris.) 

Quand au regard de .lehannc, femme de ! 
Philippe conte de Poictiers, qu'on disoit | 
aussi eslre coulpable elle fut emprisonnée , 
au chastel de Dourdan, et après deue in- j 
quisition faicte, et qu'elle ne fut point 
trouvée chargee.elle fut rendue a son mary. 
duquel cas forlunable le roy et lesdits 1 
enfans furent moult troublez et scandalisez. 
(N. f',iLt,Es. .inn., t. I, f'>31fivo, éd. 1492.) 



FORTUNABi.EMK\T, adv., par le faillie 
la fortune : 

Tout ce qui vient ainsi fortunablement 
tout est fait selon la volunté do Xostre 
Seigneur. (Eximines, livre des s. .\nnes 
f 37 r», éd. 1476.) ' 

1. FORTiTNAi,, - el, adj., iiroduit par le 
hasard, fortuit : 

Requerans que comme ledit cas soil 
fortimel, el non de fait appensé... (1387, 
Arch. J.1 131, pièce 84.) 

Delillal demande grâce pour ce cas for- 
tunel avenu en esbatement. (1389, Arch. 
.1.1 138, pièce 131.) 

C'est diligence 

Qni fait rebouler indigente. 
Et maint aulro cas fortunel. 
(E. Deschamps, Pocs., Uichel. 8in, r" S30\) 

Comment l'on pourra discerner entre 
vrai ami, et ami fortunel. (Id., ib., !' 487".) 
Biens fortunelz. (Courcy, Hist. de Grèce, 
Ars. 3689, f» 29'=.) 

Evénements fortuniaux. (fi. Chastei.l.. 
Cliron. des D. de Bourg., III, 83, Bnchon.; 

Cas fortnnaulx. (L'Outré d'amour, ms. 
Ste-Gen., f" S r°.) 

— Qui amène la tempête : 

Ledit port est fort découvert pour les 
vens fortunaux de noord ost. (Ghill. de 
Lannoy, Voy. et ambass., p. 132, Potvin.) 

2. FORTUNAL, s. m., malheur, et en 
particulier tempête, tourmente : 

Puys luy demanda quelle cause luy sem- 
bloit estre de cestuy esponvantal/'orhinal 
(R.\B., 1. TV, c. 23, éd. 1332.) 

Echineis poisson tant Imbecillc arreste 
contre touts les vens el retient en plein 
fortunal les plus fortes navires qui soient 
sus mer. (Id., !'()., c. 62.) 

A ce qu'il ne m'y advienne comme aux 
paresseux et negligens mariniers, lesquels, 
n l'heure de la plus forte tourmente et 
plus dangereux fortunal, sont contraints 
de s'embarasser et empescher a recouldre 
et rapiécer les vieilles voylcs. (Guill. du 
BELL.\Y,Proi. des Ogdoades, A vu, >», dans 
les Mcm. de M. du Bellay, éd. 1.573-) 

FOiiTUNK, s. f., malheur, accident : 
Au tens d'iver, quant les tempesles el 
les orribles fortunes suelent sordre parmi 
la mer. (Brun. Lat., Très., p. 20.'>, Cha- 
baille.) 

A cause de la fortune et stérilité cjue 
courut y a pour cesto année. (9 sept. 14S0. 
Arch. Yonne, S. Julien, L. iv.) 

Pour le fait des guerres et autres for- 
lunes (Ib.) 

Terres qui communs ans en temps de 
paiz soulloient estre bailleez a dix septiors 
de blé de ferme par an.... qui pour le 
temps de présent pour la fortune de la 
guerre ne sont baillez que pour ung 
boessel de blé. (1433, Aveux du bailliage 
d'Evreux, Arch. P 294, reg. 4.) 

— De fortune, par hasard : 
Un cheval tomba de fortune dans l'eau. 
(G. BoiîCHET, Serees, ll, 232, lioybet.) 

Bretagne, C.-du-N., fortune, malheur. 
• 11 pourrait nous arriver fortune. .. 

FOUTUNEEMENT, neiiiciil, adv., d'a- 
venture, peut-être : 



102 



FOR 



Quant la prosperilt de lo duc venoil 
croissant de degré en degré a ce que for- 
lun«rmra(saillist a la haute dignité. (Aimé^ 
Tst. de li Norm., vi, I, Chanipollion.) 

De lesquels gages plusours des ditz ca- | 

pilaines ont abusez et pris sur eux deba- | 

tier sur leur souldeonrs d'ascuns plus et i 

d'ascuns nieyns nssinl que tielx sur queux | 

ils ount abatcz nount esté de poair de con- I 
tinuer lour service ne ceo pcrfourmer 

rome de droit et reason ils deussent avoir | 

fait et forlunement veillent avoir fait s'ils I 

eussent esté pleinement paiez... (Stal. de I 

Henri VJ, an xvili, impr. gotli., Bibl. j 

Louvre.) i 

— Henrensemenl ; [ 
Si s'en est l'ost retournes a Ronio, la | 

chose faite mal forttweement. (Bersuire, 
r. Liv., nis. Ste-Gen., f 36\) 

Et fut la besonsne en Iroys lieux forlu- 
neemenl faicte. {Cliron. el hht. s. et prof., 
Ars. 5079, f 110*.) 

Comme Jehan eust tousjours vescu 1res ' 
forluneement. (Bourg., liât. Jud., 1, 6, éd. i 
1530.) 

Fortuneetmnt. (R. Est., Pet. Dict. (r.- 
lat.) 

— Malheureusement : 

Aussy, que son seigneur Layus le roy 
fortuneement avoit en bataille perdu. 
(ConBCY, Hist. de Grèce, Ars. 3689, f° SS»-.! 



FORTUNEL, Voif FORTUNAL. 
FORTUNEMENT, VOir FORTUNEEMENT. 

FonTUNEOR, S. iii.. Ordonnateur : 
Li sages fortunieres des choses vit que 
les unes choses dévoient par lui estre 
criées et les autres eissir des autres. {In- 
trod. d.istron., Richel. 1333, f" 7^.) 

FORTUNEH, V. a., favoriser : 
Ensi estait il fortunes de ses besoignes. 
'Froiss., Chron., 11,448, Kerv.) 

Ta Tcrla (long qae Pallas acompaigne 
ta fortunant de soa parfait sçavoir. 
(Tablr., l'ors., i' p., p. 90, éd. lail.) 
Fortunare, conduire a bonne fin, donner 
bonne issue, bien forluner, faire prospé- 
rer. (R. Est., Dictionariolum, éd. 1342. ) 
Dien baatain ! 
Ta m'at bien tost mieax fortunée 
Que je ne me diiois mal née ! 
(JoD., Eug.. ï, ;;, Adc. Th. fr., t. IV.) 
Aide aa si beau dessciD, fortune lear prouesse. 
(Desi'Obt., Cartels el ilasqaar. det cher, fldell., 
Bibl. gaai.) 

S'il advenoit que Dieu nous forlunast 
tant que de ne me douuer lignée. (Har. de 
H. lll aux Est. de Biais, 1588.) 

— Rendre malheureux : 

Quand par lo; tel deil me fortune 
Que jantes ne me partira. 
(Grebax, i/isf. de tapota., 21150, G. Paris.) 

— fortuné, part, passé, infortuné: 

Si y eut um^ journée trop fortunée coulre 
lui, car il perdi grantfuisson de bonne ba- 
cbeleric. (Froiss., Chron., IV, 324, Kerv.) 

Lasse de Ion heure uee, 

Fortttner, 
Rt mal menée, 

Esgaree, 
Triste, lolente, esplourec. 

il. nis.iuMfs, /V/(i . Il, :iîl \.T.) 



FOR 

ne tons amans suis le pins fortutiez 
^t qui moins ay en d'amonrease vie. 

(In., ih.. III. 26S.> 

Helas, qnel onUraf:e ! 
Je ne suis p<is sage, 
Mais bien fortuné. 
Homme plain de raRC, 
Ton Tillain courage 
Est bien mal mené ! 

{itist. du n'el lest., H8i, \. 1 .) 

Mais ne sçaToient les paonvres forluna 
L'exlremité ou estoienl destinez. 
(Ilisl. de la mort d'A. Boullene, ms., f» 17 r".) 



— Aventuré : 

Prince, trop est chevanco fortunée. 
Quant elle vient comme désordonnée 
Et a brief temps retourne a son usage. 
(ErsT. Df.sch., Poés., II, .SI, A. T.) 

Michel d'Amboisp se nomme « l'esclave 
fortuné', c'est-à-dire le jouet de la for- 
tune. 

FORTUNEUs, adj., chanceux, avcnlu- 
reux : 

Ledit capitlaine et tous cenlx de sa gal- 
lee estoienl tristes et maris pour le cardi- 
nal et leurs autres gens, desquelz ilz 
n'oioient pas nouvelles; mais ilz ne sça- 
voient mye de leur adventure fortuneuse, 
quy fu tele que je diray. (Wavrin, An- 
chienn. Cran. d'Ènglet., II, 113, Soc. de 
l'H de Fr.) 

Sente qui est si périlleuse. 

Si forvoiaul, si fortuneuse 

Comme est celle de convoitise. 
(J. -Bruyant, Cliem. de Povreté. à la suite du ilé- 
nagier, t. II, p. 21. Biblioph. fr.) 

Fortune a fortuneux empire 

Qui endort gens el les esveille. 

De bien en niieuli, de mal en pire 

Tourne souvent quant on sommeille. 
(MiCHABLT, Danee au.r Aveugl., p. 99, éd. 1"48.^ 

Qui se vont tousjours lamentant 

Des tours fortuneu.v variables. 

(ID., ib.) 

— Riche, heureux : 

Pour la gent garder d'estre oyseux, car 
moult de gens le sont tant comme ilz sont 
plus fortuneux. {Le Liv. dez esches, ms. 
Cliartres411, f» 68 v«.) 

— Malheureux : 

Les bien advises et conseillies, selon leur 
ymagination, justement glosoient les pé- 
rils, et pesoient les forttmeuses adventures 
qui povoient advenir. (Froiss., Chron.. 
XIII, 103, Kerv.) 

Batailles fortuneuses. (Id., ib., 11, 2.) 

Une incidence très fortuneuse. (Id., ib.. 
XI, 238.) 

— Qui amène l'orage : 

Mais lors se montra une tempeste et 
ung vent/'ortenet/s... (Wavrin, Anchienn. 
Cron. d'Englet., ii, 199, Soc. de l'H. de 
Fr.) 

FORTUNEiîsEMENT, adv., par accident: 
Fortuneusement icelle femme fu atteinte 

du baston par la teste. (1408, Arch. JJ 

103, pièce 43.) 

— Par bonheur : 

Et les rançonuerent courtoisement, ccs- 
cun selonch son estât el son afaire, el 
encore? plus doucement, pour tant que 
cestc avenue leur cstoit fortuneusement 



FOR 

venue et par biau fait d'arnips . (Froiss., 
Chron., VI, 227, Luce.) 

FORTUNiTÉ, s. f.. malhenr : 

Si s'avisa que il se ralieroit a Nabidez... 
et qu'il li bailleroit la cité d'Arges par tele 
convenance que quant il auroit vaincuz les 
Romains il la li institueroit, et que se for- 
iun«(^ r.en avenoit elle li demorast. (Ber- 
suire, T. Liv., ms. Ste-Gen., f" 338''.) 

FORusciR, voir Forissir. 

FORusER, V. n., comniettrp un abus : 

Que ons ai forfait et foruseil alcunnc- 

ment en alcunne partie des vogenient de 

torches. (J. de Stavelot, Chron., p. 202, 

Rorgnet.) 

FORussiR, voir Forissir. 

FORVEER, voir FORVOIER. 

FORVoi, forvoy, fourmi, s. m., four- 
voiement : 

Qui venu encerchier verilei 
Sens tout forroij de faucetei. 
(Boece de Consol., ms. Berne 3G5, f 37 y'.) 
C'est bon que vous venes o moi. 
Si seres hors de tout fourvoi. 

(Froiss.. Peés., Richel. S.fO, f 30 r".) 
Cascuu de nons va tant et marce 
Que nous venons, sans nul fourvoi, 
Droiteraent on le temple voi. 

(In., ii.. ("30''.) 

FORVoiABLE, adj., oîi l'oD s'égare faci- 
lement : 

Un sentier ronsenx el destroit. 
Plein de silence et de durlé, 
Et de fonoiaUe obscurlé. 

(Met. d'Oi'., p. tu;, Tarbé.) 

FORVoiABLETÉ, - aubMé, s. f., lieu où 
l'on s'égare facilement : 

Les occultez des bois et les forvoiauble- 
tez des deserz. (.Ms. Ars. 5201, p. 330''.) 

FORVOIAUBLETÉ, VOir FOBVOIABLETÉ. 

FORVOIER, - oyer, - ter, - eer, four., 
fors., verbe. 

— Act., dissimuler, taire : 

El s'il vous plaisl entendre a mi, 
Le voir n'en puis pins fourvoier. 
(Sarrazin. Itom. de Ham, Michel, Hist. des dues de 
Norm., p. 216.) 

— Neutr., se fourvoyer, se détourner, 
reculer : 

Cum jeo aparseusse plusnrs 
De la voie de mors forvoier, 
Avis pur voir m'estoit 
E grant bien seroit 
De voir cunsillier. 

(EvERARn, llistiq. de Dijon. Cato,.) 
Non pourquant bons serjan/. i a 
,\ arbalesles et a lances 
Qui moult ont bonnes espérances 
De Flamens faire forvoier. 

(GcrART, noy. lign., 175:10, W. et D.) 
Par le delîaut d'aucun pechié les enfans 
errent et forvoient de justice qui est la 
voie de vie. (J. de Salisb., Policral., 
Uichel. 24287, f» 56^) 

Fourvier, to go oui of Ihe way.(DD GuEZ, 
,4» Introd. for to lerne to speke french 
treicly, à la suite de I'alsghave, p. 946.) 

Pour a'avoir jamais forcoyc 
Du vray sentier de la droilure. 
(.I.-A. m Baif, Poèmes. I VIII, I.emerre. II, .39:i-) 



FOS 



FOS 



FOS 



t03 



Mon liTre, n'oubly pas a dire 
A qoironqae te Tiendra lire 
Que n'ai/ fonoi/é de la foy- 
(In.. i«., 1. IX, Lemerre, t. II, p. 160.) 

— Au sens moral, sans régime, s'écar- 
ter du bon chemin, de la raison : 

PUisurs engendrad.mais oreest baraigne 
par mescreance, dum ele forsvead. (Rois, 
p. 5, Ler. de Liucy.) 

Mes ooslre propre voloaté Jcmcine 
Savent ailurs nous ameine 
Et nus fet sovent forvear 
Par fet, par dit, par foui penser. 
(Pierre de Peckaï, liom. de lumere, Brit. Mus. 

Ilarl. 4390, P S"".) 
Par Mahomm'^t! fet il. chil a cner d'aversier, 
Du il est enivré, qui le fet forroier. 

(Doon de Maience, 0748, A. P.) 

— Forvoianl, part. prés, et s. m., 
homme égaré : 

Brntus partit de Grèce et les siens, 
El fut singlanl par mer vingt trois jonrs, 
Pnis rencontia bien Irois cens fonoijens, 
Trestous Troyens allans sercher secours. 

(Le Bauii, Geneal. d'Anne de Bret.) 

FORvciDER, V. n., terme de faucon- 
nerie, manquer l'occasion : 

De quel cris on use, et quels mots. 
De quel égard et patience 
Pour faire tourner a propos 
D'un oiseau la teste ou l'on pense 
Qu'il ait mieux sur sa proye l'œiî 
De crainte que l'on ne forvuide 
Comme on croise, coin me l'on vuide. 
Contentant et l'œil et le vneil. 
IJOD., Oeuv.mesl., P -280 r", éd. 1583.) 
Le fanlconnier soudain sur le ventre jette. 
Attend que le faulcon sur les airs remonté 
Soit en sa volerie, a fin qu'il ne fonuide. 
AiDÇois, quand il est temps, et qu'il croise, et 
[qu'il vuide .. 
(Du Cbeske, Six. lie. du grand miroir du monde, 
p. 97, éd. 1588.) 

FORZOR, voir FORÇOR. 

FOSNiEii, voir Faunier. 

POSS\EH, voir FOSSOIEB. 

Foss.\GE,- aige. s. m., fossoyage : 
Nous parlerons des champs et de leurs 

labourafies et en ce sont a considérer 

la viande, le fossage et le labourer, le 
semase et l'enter. (Frère Nicole, Trad. 
du Livre des Prou/fiiz champ, de P. des 
Crescens, f» 14 r", éd. 1316.) 

— Salaire pour le fossoyage : 

Lequel salaire devra estre priiis et levé 
sur les héritages et terres voisines qui 
seront tenus de payer le fossage. {Coul.de 
Haynault, Coul. gén.,t. I, p. 812, éd. 1635.) 

— Action de mettre ie bois dans un 
fossé pour le réduire en charbon : 

Il a droit de prenilre sur les fossaigespar 
toute ladite forest quuut les charbuuuieis 
traient, c'est assavoir sur chascune fosse 
.1111. deniers. (1434, Denombr. de la vie. 
de Couches, Arcb. P 308, I» 23 r».) 

Fos.sAiLLF,R, V. n., creuser : 
César., fist fossailler et venir l'eau tout 
alentour de la place ; mais depuis Nero 
hst combler lesdis fossez. (Dv PraET, Pline, 
vitl, 7, éd. 1566.) 

.Mais pour les bien asencer. il faut bien 



fossailler profond, (Id., ib., xix, 8, éd. 
1603.) 

Il apporta en la tour des instrumens a 
fossailler, et cava tant qu'enfin il parvint 
an pertnis. (Hist. pit. du prince Erastus, 
(' 98 r», éd. 1S87.) 

FOSSEAL, voir FOSSEL. 

FOSSEËU, voir FOSSOIEH. 

FOSSEEUR, voir FOSSOIEUR. 

FOSSEL, fosseal, foucel, s. m., fossé : 
Quaul Gantiers fu issuî fors du fossel. 

(tiaijdon. 9420, A. P.) 
Li fosseaus ki desoivre la terre del hos- 
pital de lor court de Beaulin. (1270, Cart. 
de Marquette, Richel. I. 10967, f 57 v.) 

Les 2 fosseaus ke on apielee montées ki 
issent don cours de la deule. (Ib.) 

Les hostelz ont tout despiciez 
Pour les foucels. que que nul die. 

(Guerre de ilelz, st. 181', E. de Bouteiller.) 

Pour faire fossiaux au devant des blés. 
C1362, Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. 
Amien.s.) 

Demi quartier de courtil sur le fossel te- 
nant aux Rocbaz. (1387-88, Compt. des an- 
nivers. de S. Pierre, Arcb. Aube G 16o6, 
!• 220 V".) 

Hz ont esté d'acors de faire faire, entre 
la porte de Saint Just et celle des Forces, 
uag fossel profont a ung pont de boys des- 
sus. (3 avr. 1418, Heg. consul, de Lyon, I, 
111, Guigue.) 

La dove du fosseal nove du chastel. 
(23 janv. 1438, Ord. du cap. gén. de Bresse, 
Compt. de lâchât, de ChiUillon en Uomb.) 

FossELE, foissele, foisele, s. f., fosse : 

La mors l'aja fet ton chapel. 
Tu es sor l'eur de ta fossele. 
iltKCLOS UE MoLIE.vs, Miserere, .\rs. :U60, r"54 r".) 

— Fossette : 

Entour avoil blanques maissailes, 
Faisant au ris .n. foiseles. 
(A. iiE L,i Hali.e, Jus Adan, Vat. Ghr. 149U, 
f" 13-2''.) 

... .\ voit blanches maisselles 
Eaisans au rire .ii. foi^iaeles. 

(iD., ib.. llicbel. 2.jo06, f" Il r'\) 

FossELER, V. u., faite des fossés : 
Que nul ne fossele sur chemin royal, ne 
publique, ne sur regect, sur l'amende de 
.Lx. solz. (Bout., Som. rur., 1° p., f" 1.34% 
éd. i486.) 

— Fossele, part, passé, entouré, coupé 
de fossés : 

Une grosse compaiguie de Gaudois se 
trouva retraite d'aventure en un preail 
assez grand et spatieux ; celuy preail es- 
toit clos de la rivière de l'Escaud en tour- 
noyant, et par devant avoit une grosse 
baye d'espines, fosselee, et moult fort a 
passer. {Mém. d'Ol. delà Marche, 1, p. 402, 
ap. Ste-Pal.) 

— A fossette : 

Et après foucelé menton, 
(A. nE i.A Halle, Jus Adan, Vat. Chr. 1490, 
f° 13-2''.) 

— Percé de trous : 

Les bras avoil moult Ions et les pie/, fueelez. 

'fierahras, 4753, A. I'.) 



FossELETE, - elle, foiss., s. f., petite 
fosse : 

Et se faisions fosse/elles, 

La ou nous bonrlions au.t nois. 

(Erois.s., t'Esp. amour., 238, Scheler.) 
Pour sa terre a la Foisselele. {Cens, de 
S. Thib. de Soiss., Arcb. LL 1022, f» 12 r».) 
Estens ta grâce et ta miséricorde 
jusques a moy ; que tel oingnement me 
vaille tant que je puisse faire ma fosseletle 
de ma propre main, ou ma cbarongne 
puisse reposer après ma mort. {Percefo- 
rest, vol. VI, f» 118% éd. 1328.) 

— Fossette : 

Et quand le ris se levé entre vos trois pommelles. 
Lors, d'aise tout ravi, dans les trois fosselelles 
J'eaterre pour un temps nies plus après soucis. 
(.'^CHEl.ANDRF., Somi., le Teint.) 

. Centre de la Fr., fousselelte, trou carré 
formé dans le sol par l'enlèvement d'une 
motte de gazon, laquelle est disposée en- 
suite en une sorte de piège à prendre les 
merles et antres petits oiseaux. 

FossELEus, fouceleiis, adj., qui a une 
fossette : 

l'ouceleus menton, crcspes crains. 
Vis coulouré, ne trop hactains. 
(.Divisions des soixante et douie biautes, 150, ap. 
Méon, Noua. Rec, I, il2.) liDfT.,/'ouceleus, 

FossELU, foisselu, adj., creux, creusé : 

Aisseles foisselues. 
'Divisions des soixanl. et douze Hautes, 149, ap. 
Méon, iVoid'. Rec, 1, 41-2.) 

— Qui a une fossette : 

Fosselu menton, 
Fosselues joues 
Et fosselues les joinies 
Des mains, 
(ia Louenge et beauté des Dames, Pcés. fr. 'les xv' 
et xvi° s., VII, itou.) 

A la gorge douillelte, au menton fosselu. 
(Jacq. Tahlreau, Poe»., p. 79, éd. 1574.) 
.... Ce menton fosselu. 
Poli, grasselct, pommelu. 
(Resu Belleau, Uerger., t. I, f .">0 r", éd. 1578.) 
Son menton rondement fosselu. 

(ItONs., Amours, I, 48. Bibl. elz.) 

FosSEMENT, fuuss., S. ui., fossé, en- 
droit creusé : 

Ainsi conme les bois se lievent a tout 
le droit foussement. (1315, Arcb. JJ 52, 
f» 80 r°.) 

FossER, fausser, fouser, v. a., creuser : 
Uoches sont moult agues, et li fossvu tondis. 
Car li ors croist desous, et argens, et vernis. 
(0. de Seb., \ui, C2. Bocca.) 

A façon de cavernes fossees eu terre. 
(.(. .MoLi.NET, Chron., ch. ix, Bucbon.) 

Une planche fousee. (17 mars 1394, Stat. 
des serrur., Liv. noir, f» 40, Arcb. mun. 
Montaubau.) 

— Labourer, en parlant d'une vigne : 
Laquelle vigne j'ai fossee, vinee et gou- 
vernée. (1469, Arcb. J.1 197, pièce 88.) 

Lajeuue vigne sera labourée de ceste 
sorte d'œuvre appellee bouer ou fousser a 
chevalier, très profitable aux nouvelles 
vignes. (0. DE Serr,, Th. d'agr., III, 4, 
éd. 1605.) 



104 



FOS 



FOS 



FOS 



Taillée que soil la vigue, les sariiieus eu 
feront diligemiueut lies eu faissenux, pe- 
tits ou grands, selon l'usîige des lieux, 
aussi tosl transportes deliors la vigne, a 
couvert, et la conserves pour le cliaiin'age : 
alin d'eu labourer le fonds incontinent 
après. Telle première œuvre uppellee faus- 
ser se doune jiar hommes robusles, avec 
besclies et liouyuux, eu iiroruuduut tant 
qu'on peut, pour mettre la terre en bon 
guerest, et tout d'une main eu sortirtoutes 
importunites de jiierreset racines, (lo., ib.) 

— Neutr., creuser un fossé : 

Fiscnt fosser el liayer leurs nrciers au- 
tour d Vdus, iiour eslre plus fort. (Fnotss., 
Chron.', V, 420, Kerv.) 

Uressnn, feussero, bêcher. Wallon, fossi. 

VOS^UREB, voir FOSSOKEE. 

i.-ussKaiB, s. (., fossé : 

Pour /osseiie fuite entre aucuns des dis 
hiretages. (1347. Compl. de Valenciennes, 
u» 3, p. 15, Arcli. muu. Valenciennes.) 

Un censier doit faire a ses frais tous re- 
levaiges de freltes et fosseries de .l. pies 
et en dcsoubz. (1445, Valenciennes, ap. La 
FoDS, GlOiS. VIS., Bibl. Amiens.) 

FOSisEUiKit, focerier,s. m., laboureur: 

Li fo<:eriers qui cultive les terres a sou 

foceur, et ne uiie a buez, me doit un resal 

d'avoiue ou d'apeste chascuu au. (1269, 

Cbarmes, 8, Aich. MeurtUe.) 

1. FossET, fouceit, s. m., fossé : 

Fosset. (AoiU lâoO, abb. de Châtill., 
lart. 63, Arcb. Meuse.) 

Cisl rut doit corre per lou uiiof fouceit. 
(1275, Coll. de Lorr., 980, liicbel.) 

Ils faisoient leurs préparatoires pour 
laster les fossets et eutrer au cliasteau. 
(J. MoLi>-KT, Chron., ch. clxi, Buchou.) 

Planches, fossels el appujelles. {Cousl. 
de Toui^ay, ms. appartenant à M. Boc- 
quillet, p. 11.) 

Aocbiens fossels, hornebois et ahous 
sont réputés pour bornes el assens entre 
héritages circonvoisius. (fft., p. 38.) 

Item fief contre terre cottieic attire a 
soy les fossels, et fief contre fief dépar- 
tent iceulx fossels moitié par moitié. 
{Cousl. de iSorlagne (Flandre), ms. appar- 
tenant à M. Bùcquillet, p. 118.) 

Nom propre, Fousset. 

2. FOSSBT, voir FO.NCBÏ. 

FOS8ËTË, - elle, s. l., petite fosse : 
En hautes FossdiM... En hasées Fosse les... 
{Liv. velu, f» 12 v», Bibl. Bayeu.v.) 

— Ulcère : 

Chancre, fosselles, véroles, cliaudu pisse. 
(Du Fail, Prop. rusl., p. 48, Bibl. clz./ 

lossKTKL, fuselel, s. m., petit fossé ; 

Pour faire foseliaux un devant des blés. 
(I36i, Lille, up. La Fous, Glosi.vis., iiibU 
Amiens.) 

Pour l'acqueste faite d'un fosseUl qui es- 
toit de l'héritage de la ville, deux cap- 
pons. (Teslamenl en chiroyraphe, du 2 
mars 143^, Arch. muu. Uuuui.) 

Fussicuii, fousseur , foisseur, s. m., 
celui qui bâche la terre, celui qui fail des 
fossés, terrassier, fossoyeur : 



Mâchons, car(>eutiers et /'os«curs.(KuQiss., 
Chron., V, 322, Luce, ras. Amieus.) 

Fossoyeur, fousseur. (.Yomenc/. oclil. , 
éd. 1619".) 

— En particulier celui qui bêchait la 
terre avec ses bras el n'avait point d'altc- 
lage pour labourer : 

Et ly fosseurs sans bœufs et saus che- 
vaux 12 deniers. (Ch. de Vauchier de 
Vienne, Coll. Droz, t. XXVll, (' 109.) 

Ung sage foisseur ou ung sage areiir. 
(Uresme, Eth., f» 119% éd. 148S.) 

FossEunE, fousseure, fossure, s. f., ac- 
tion de creuser : 

Deux cens de planches de siaige pour 
employer a la fousseure des seintres de la 
derreniere vote de la tour.(1433, Compt. de 
Nevers,CC31, f" 26 r», Arch. nuiii. Nevers.) 

— Creux : 

Le nombril dont la foiiiturc 
Marquait encor la couppure 
Uu vieil amoureux lieu 
Qui joiuguoit rhomme aucien. 
(Baik, les Amours, I" iil v». éJ. iUlt.) 

FossEUx, fausseux, adj., creu.v, ca- 
verneux : 

Cavernosus ul cavernatus, fausseux. 
(Gloss. de Salins.) 

Cavernosus, caverneux ou fosseux. (1464, 
.1. Lagadeuc, Ca(/io(., éd. Auflret de Quoet- 
queueran, Bibl. Quimper.) 

Nom de lieu, Fosseux, Picardie. 

FossicLE, s. m., monnaie de compte 
de la valeur d'un denier de Flandre, de 
vingt-quatre pour un patar ou cinq 
liards : 

Payé a Monseigneur de Saint Aubin 
pour quatre auwes achatees en le rue, se 
cousta cascune trois gros et quatre fos- 
sicles pour rente, cy, 13 s. 4 d. (1360, 
Compte de ihospitaldes Wez, Arch. muu. 
Douai.) 

1. FossiEu, s. 111., celui qui creuse 
avec la houe, fossoyeur, terrassier : 

Les fossiers font tôt luaioleuaut veair, 
Fosses tout faire eavirou Icjardiu. 

(Les Lah., ms. Berne 113, f» 13'.) 

Le fossier si avoit mis 

b!a Sun braeni 
Ceut &l deux soulz. 
(ilarlitt llaparl, ap. Jub., Xouv. liée. II, "205.) 

Mâchons et fossiers pour faire .i. essiau 
pour mettre 1 iaue jus des fosses. (1306. 
Trav. aux chdl. des C. d'Art., Arch. KK 
393, f' 28.) 

La voie par ou les fossiers vont a la fon- 
teine. (.Merc. apr. couv. S. Paul 132S, Ch. 
du Garde du sceau de Cotent., S. Sauv., 
Crosville, Arch. Mauche.) 

La femme Uuerri, le fossier des Corde- 
liers. (13i2, Arch. adm. de la ville de 
Iteims, II, 519, Doc. iuéd.) 

Au fossier de ^ostre Dame aux .Non- 
nains pour avoirsonné les cloches d'icelle 
église et faite la fosse. (1428, Despense 
pour les funer. de J. Freppier, ap. La- 
lore, Obituaires du dioc. de lYoyes, p. 
140.) 

2. FOSSIER, S. m., propriétaire d'une 
usine daus laquelle on traitait le minerai 



do fer ; il jouissait de droits d'usage fort 
étendu dans plusieurs forêts : 

.l'ai aussi eu ma dite harouuie droict de 
grosses forges, al'fineries,bocambres, fonte 
et fourneau a faire fer pour user en icelluv 
mes dicts boys en charbon pour l'usaige 
el entretenement de mes dites grosses 
forges, affineryes, fonte et fourneau de 
présent édifiez et faisant fer, sans empes- 
chemenl d'aulcune personne, en quoy fai- 
sant je puis et doy jouir et avoir, comme 
premier baron fossier en Normandie, des 
droictz, libériez, l'ranchises, privilleges et 
prééminences, telz que ont accoustumé 
jouir et user de tout temps et d'ancienneté 
les auUres fossiers du dit pays de Norman- 
die au nomlii-o de quatro seulement. (1604, 
Lett. de Charlotte des Vrsins, Arch. Seine- 
Intérieure.) 

3. FOSSIER, forsier, faussier, adj., pa- 
raît signifier vinl:iteurde sépultures : 

Larron fossier, fait >'oslre Dame, 
En paradis n'enterroil ame. 
Oui vo roat|i-e eu vcrroit croire. 
(De iinnaeho in llumine periclitato, 3011, Micbel, 
0. de Norm., l. III.) 

Pondus doit estre come larron fossier. 

iCimmn. I.ooijs, Richel. "7i, r* 28.) 
Ne voz pandisl comme laîron forsier, 
(Gir. de Viane, Richel. LUS, f tS*.) 

Il eu aura molt aspre goeredoa 

De paudre as forches com[me] forsier lairon. 

(;*.. p. 136, Tarbé.) 
Li .V. sont raordriseor et Tob%or fossier, 

(Epis, des Chelifs, p. '259, Hippean.) 
El quant mon biau neveu livrastes 
A. lele ribaude fossiere. 
(G. DE CoiNCi, Mir., ras. Brux., f° t-20', Méon, 

mm. Hec, II, 53.1 
Ce ne sont pas larron, ne garçon, ne fossier, 
AÎDZ sunl molt preu as armes et vaillant cheva- 
llier. 
(Qiiat. Fils .iijDion, Richel. 24387, f 38'.) 
En haut seras pendus a une arbre ramee. 
Comme leres faussier. 

(/*., p. 18, Tarbé. I 
t't haut seras peudus a une arbre ramee 
r.orame leres fossiers qae l'on prent en enflée, 
{/ira. de Munlaub , p l:i, Michelanl. i 
Encor servi d'autre meslier. 
Car .1 larron fossier sivoie 
Qui de vair, de pris H de soie 
Me vestoit k'il aloil enb'ant. 
(GiRB hs^otiTK., la Violel le. lim, Michel.) 

4. FOSSIER, S. m., houe : 

Si prist un fossier et haua tant k'il trouva 
liois crois.. {Vies des saints, ms. Lyon 697, 
I' 51".) 

FOssiLLAUE, - liage, s. m., action de 
creuser, fossé : 

Se trouvèrent devant une place nommée 
Luine, merveilleusement fortiffiee de bol- 
verls, trenchies el fossiliages. (J. Molinetj 
Chron., ch. ccxi, Bucliou.) 

.XL', emploies en fossiliages. (1505, S.' 
Orner, ap. La Fons, Gloss. ms., Biblj 
Amiens.) 

Fossillage. (1386, Compte de S. Berlin^ 
Béthune, ib.) 

FOSSILLEUH, S. 111., celui qui creuse,] 
fossoyeur, mineur : 

[Mise faite] a Gilles le Blanc, fossilleur^ 
auquel le ville estoit tenue, comme par lel 
compte précèdent poeut apparoir en le] 
snmmn de im. livres. (1115-1416. fieceptc»] 
de liouluyii,- sur-Mer. p. IS.'), éd. IJupoul.)j 



FOS 



FOS 



FOS 



105 



1. FossiLLiEii, focillier, v. a., creuser : 
Lesquels avaient uiiné et focillié si nvnnl 

soubs le chasteaii, qu'ils povoient oyr 
leurs consaulx et devises. (J. Molinf.t, 
Cliron., ch. ccii, Buchon.) 

— Fossittê, part, passé, conpé île fossés : 

Tout le pais est tout fossHlé, a l'avantaoe 
des gens de plé, et au desavantage de 
ceulx de cheval. (Ol. de l.\ Marche, Mém., 
I, 25, iMichaud.) 

2. FOssiLLiER, S. 111., fossoyeuf : 

Les ^ossilliers. (1323, S.-Omer, ap. La 
Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

FossiLLON, s. m., fossoyeur: 

Lors le fossé se faict et produict tout en 
hnste, par œuvre de fossillons. (Flave Vegece, 
111,8.) 

FOSSiNE, fascine, s. f., instrument de fer 
à plusieurs fourchons pour prendre le 
poisson de rivière et les grenouilles : 

Ou prent aussi pros poissons en fosses 
en eaue clere, a fossines ; et est fossine ung 
instrument de fer qui a plusieurs afiuil- 
lons. (Frère Nicole, Trad. du Livre des 
Prou^lz champ, de P. des Crescens, 
f<>125 vo, éd. 1316.) 

On prent les raynos aquatiques avec le 
morceau ou avec l'arquet et fuscine. (Pto- 
line de honnesle volupté, f° 93 v», éd. 1328.) 

FossioN, s. f., action de creuser, de 
fendre : 

Et dont atoclions nos par sapience et 
consiewons nostre mortification, se nos 
laissons les veables choses; si nos repu- 
nons es nient veables, se nos par lafossion 
del cuer lo querons, si ke li cuers gettet en 
sus de soi tôt ce ke il penset de terriene 
chose. {Job, p. 467, Ler. de Lincy.) 

Fossoi, s. m., fossé : 

Le fossoi deu molin. (1282, Cart. de S. 
Wandr., f» 138 v», Arch. S.-Inf.) 

Fossoi.\BJLE, foceable, adj., qui peut 
être fossoyé : 

En luec certain et foceable. (.Mai 1230, 
Charte de Geoffroi de Rochefort, Richel. 
1. 9231, G. Musset.) 

FossoiEMENT, - oyemeiit, s. m., fossé : 
A toutes ses compaignies qu'il avoit eu 
la cité d'Araence vint en grant silence et 
tout coyement jusques aux bastides et 
fossoyemens de ses ennemys qu'ilz avoient 
l'ait pour la seurté de leur siège. (rranstet. 
de la prem. guerre pun. etc, à la suite du 
Prem. vol. des grans dec. de TH. Liv., 
f» 176'', éd. 1330.) 

FossoiER, - oyer, fessoyer, fosseer, fos- 
saer, foussaier, verbe. 

— Act., entourer de fossés : 

Se ledit lieu estoil fortifié, fosseé et 
emparé. (1379, Arch. JJ U6, pièce 63.) 

Fisent fossoier et haiier leurs arciers 
autour d'yaus, pour estre plus fort. 
(Kroiss., Chron., V, 29, Luce.) 

— Couper par des fossés : 

Les boys sont piesses 
E les chemiDS fossaes. 

iConq. of Irel., p. 7r., Michel.) 

— Réfl., s'entourer de fossés : 



F.slans proches d'ennemis, les jannis- 
saires portent et plantent les pallis, se fes- 
soyenl a la façon romaine ; les croissans 
rompus se rallient derrière le fort pour 
dernier refuge ; ils reprennent vigueur et 
retournent a la charge. (G.vsp DE Tavax- 
NES, Mém., p. 93, .Michaud.) 

— Neutr., creuser un fossé : 

Trois journées a commencer de /'oiMsaie;' 
a l'environ du boulevart des ardilliers. 
(1474, Compt. de Nevers, CC 68, f» 13 v», 
Arch. mun. Nevers.) 

— Fossoié, part, passé, entouré de 
fossés : 

Quant le dit Tallehot fut approuchié du 
dit champ, fut esraerveillié quant il vit les 
François fossor/es de si parfonds fossez. 
iAl. Chartier', Hi.1t. de Charl. VII, p. 232, 
éd. 1617.) 

Hanlle tonr de désespérance... 
Fosso'jee de pnis parfons. 
(Greban, Misl. de la pass., 2I0SC. G. Paris. ^ 

FossoiEUR, - eeur, s. m., houe : 

Et prennent fosseeiirs et pelles, et font 
les fossez larges de neuf piez. (J. de 
Weung, Trad. de l'art de cheval, de Veg., 
Ars. 2913, f» 46 v».) 

Chasteaux et terres sont assis par long- 
temps a engins, a fossoieurs, a instrumehs 
de subtilité. (J. DE Vignay, Enseignem., 
ms. Brux. 11042, f 33 r°.) 

Fosseeurs et autres instrumens a fos- 
soier. (1361, Cart. Esdr.de Corbie, Richel. 
1. 17760, f° 47 vo.) 

FOSSOiR, fossouer, foussouer, fessoir, 
fessoer, fessouer, fessouir, faissoir, s. m., 
sorte de houe pour labourer les vignes : 

Or fai faire piens et fossoirs, 
l'A redrece tes aloirs. 

(Itom. de Thebea, Richel. KO, f V.) 

Il prist .1. fessoer et commença a foir la 
terre. (Vita Pair., ms. Chartres 371, 
f» 89 V».) 

Une hoe, .i. fessouir, une besche. (1328, 
Compte de Odart de Laigny, Arch. KK 3", 
f. 24 V».) 

Il prist un petit fossouer et feri un cop 
legierement souz le pié de l'aingnuel, et 
tantost une grant fontaine en sailli. [Lé- 
gende dorée, Maz. 1333, f" 300i'.) 

Le Souldain chevaulche et vient alla 
bouche du fossé qu'est bouché de terre, 
et la il descent du chevau, et, avecques 
ung fessoir d'or, jiar trois fois il frappe sur 
cette terre qu'est alla bouche de celluy 
fossé ; et puis il monta a cheval, dont il y 
a infinités personnes avecques assez fes- 
soirs, et despeschent ycelluy terrein de la 
bouche du fossé. (1420, Trad. du Traité 
d'Emmanuel Piloli, sur le passage de la 
terre sainte, f" 19 v.) 

Six picques, six fessouers. {Comptes des 
mines de Jacques Cœur , Arcb . KK 329, 
f» 29 To.) 

Foussouer, de quoy on houe les vingnes. 
(1464, .1. LAGADE0C, Cathol., éd. Auffret de 
Quoetqueueran, Bibl. Quimper.) 

Icelle femme frappa le suppliant sur la 
teste d'un sarceau ou faissoir. (1467, Arch. 
JJ 63, pièce 209.) 

Les lances et armes seront rauees en fe- 
soers. (P. Fergei, Mirouer de la vie hu- 
maine, f" 99 V", éd. 148i.) 



On lit dans In Dict. d'agr. de 1809: 

Fessoir, nom d'une espèce de houe avec 
laquelle on enlève les gazons, dans le dé- 
partement du Cantal, lorsqu'on veut éco- 
buer les terres. Cet instrument est lourd 
et peu expéditif. 

Beauce, fessoi. Suis.se rom., Gcnôvc, 
foussoir. Neuchâtel, fossoir. 

FossoiRE, s. f., houe: 

Ades portoient les fnn^nires, 
Boskes, levlaos, pis et sarchians. 

(:)/;>. de S. Eloi, p. 'M, Pei},'né.) 

Cf. Fossoir. 

Tossos, fous son, folsson, s. m., houe : 
Lequel Caylar avecques ung foisson qu'il 

tenoit en sa main, besoignoit au dit pré. 

(1469, Arch. JJ 193, pièce 226.) 

Il prit son petit fousson, et en ferit legie- 
rement soubz le pié de l'aignel. {Légende 
dorée, de St Clément, éd. 1476.) 

Fosson s'est conservé dans quelques 
provinces : 

Pendant le travail de la charrue, deux ou 
trois femmes, quelque fois des enfants 
placés sur le sillon, à des distances égales, 
brisent les mottes de terre, et coupent les 
racines des plantes vivaces avec cette es- 
pèce de pioche légère qu'on appelle fns- 
son. {Stat. de l'Ain, 1808, p. 478.) 

FOssoR, - our, - eur, foc, fouss., fess., 
s. m., houe, pioche : 

Li foceriers qui cultivent les terres a fo- 
ceur et ne mie a buez. (1269, Ch. de 
Charmes, Arch. Meurthe, Très, des Chart. 
de I^orr., lay. Charmes-sur-Mos., a" 38.) 

Li lins prent une hone, li antres .i. fessor, 
Li DDsrcret fossez, ['autre bat toute jor. 
{Des Tabourenrs, ap. Jub., Jongl. el Trouv-, 

p. 167.) 

Qui li aportast un fessour et une snrpc. 
{Vies des Hermites, ras. Lyon 698, f» 8 r".) 

Pnis prist un fossor por foir 
La on le mort vont entoir. 
(Chasloiemcnt d'un père à son /ils. Conte I, 1)7, 

Biblioph. fr.) 

Ligo, fesseur. {Gloss. lal.-fr. du xiii* s., 
Richel. 1. 8426, f° 107 r°.) 

Et si ont ferremanz, c'est a savoir coi' 
gnie, doleoire, fossor, aloigne, faucille; 
(3« p. des Coût, des Chartr., ms. Dijon- 
f 19 r».) 

A espees, a apoinçons, a liasclies de 
noise, a besches, a 'fessours et autres 
armes. (24 mai 1307, Proc.-vcrb. d'une^ in- 
vasion par les religieuses de /Y.-W. dans l'en- 
clos des Dominicains, Arch. Aube, original, 
Lalore. Doc. s. l'abb. de N.-D.-aux-ISon- 
nains.) 

.1. fessour, .l. pie. (1348, Ch. des compl. 
de Dole, —, Arch. Doubs.) 

Ont pris es boys .1. jument, .II. des- 
traux, .1. fessour. (1334, Lelt. de Jean de 
Châlon, Perrcciot, t. Il, p. 429.) 

Et aveuc ce eussent effondré et prin:< 
fousseurs et autres instruments a lous- 
soier. (1360, Lelt. de Charles, régent du 
royaume, ap. A. Thierry, Mon. inéd. du 
tiers état, 111, 327.) 

Et eussent prins fousseurs et autres ins- 
trumens a foussoier. (1361, Cart. Esdr- de 
Corb., Richel. 1. 17760, f" 23 r».) 

14 



lOfi FOS 

I. fossour. (Juin 1S89, /nr. de la mairie 
de Dijon, Arch. CiMe-dOr.) 

Uae coincTiie et .m. fesmtrs. («398, 
Invent, de meubl. de la mairie de Dijon, 
Arch. Côte-dOr.) 

Uno liaone ?eu fossour pro fnciendo 
mortcrium. (i419, Compt. de la fabrique de \ 
l'Eglise de Lyon, Arra. David, vol. 5, n*4, | 
f- 52 V, Arch. Hhonc.) ] 

En feranl d'nn fosseur dedcn? la terre il | 
desciieuvre un pot plein d'or. (M. LE 
Franc, l'Estrif de Fort., f» 33 r', impr. 
Ste-Gen.) 

Doubs, Haute-Saône, Jura, Lyon., Suisse 
romande (Vaud et Valais), fossou, fosseu, 
ffçou, fsou, fezou. houe, et en particulier 
houe de vigneron. 

FOSSOREE, fe?.soree, fessouree, s. f., ce 
qu'on peut retourner de terre au fossoir 
en un jour : 

La vi"no de Choncherov nui contient 
XL. fessmtrees. et la vifitie "de ''Espine qui 
contient .iiii". fessourees. {CharU de 1288, 
DupuT, ccxxvi, 109, Richel.J 

80 /essorées de vignes. (1333. Informa- 
tion par J. de Paroi, Richel. 24040.) 

Hu"onel Dodin tiennent la moitié par 
indivis d'une fessoree de vigne. (1412, Arch. 
JJ 146, pièce 272.) 

Ce mot était encore usité dans quelques 
provinces au xvn« s. : 

En Bupev on apelle les ouvrées de 
vigne des 'fosserées. (Collet, Statuts de 
Bresse, 2' p., p. "79^, éd. 1698.) 

FossoRER, - ourer, - urer, fouss.. fous., 
fess.. V. a., labourer avec une houe : 

Pour fouserer la plantée. (1286, Quilt. 
de la Chamb. des compt. de Dole, Arch. 
Doubs.) 

Pour fouserer les vignes monseignour. 
(ft.) 

Pour fousserer dou premier cop. (76.) 

Li curlilliers fessore le cortil. il semé les 
herbes et les saclc. (3' p. des Coût, des 
Chartr., m?. Dijon, f» 11 r».) 

Pour fossorer toutes ces vignes première 
fois. (1313, Compt. du dom. de Mahaut 
d'Artois, Richel. 8331.) 



Pour fossorer ycellcs vignes seconde 
fois. {Ib.j , 

Pour /ojsorer ycelles vignes tierce fois. 
(/6) 

Pour les journées di- 647 ouvriers de 
hras qui ont fessoré le dit doux la pre- 
mière foiz. (1390-1392, Inv. de la Côte-d Or, 
B 4786.1 

A chascung homme faisant la courvee 
en la vigne de mond. s' a Baulme, pour 
la foussurer deux Tois, et vendanger, 
commit est accoustumé. (1550, Man. ad 
min. de Baume-les-Moines , Arch. Jura, 
Prost, p. 79.) 

Cela fait, il n'est plu? question ny de 
foupper cliappons, ny de fossourer, ny de 
labourer ceste vigne. (Du PiNET, Pline, 
XVII, 23, éd. 1566.) 

Ayant esganl que les vignes de Ihospital 
ne sont encore? fossurees. (28 mai 1604, 
Délibèr. du conseil de Bourg, ap. J. "«uj 
Mém. histor. de la rille de Bourg, t. IIl, 
p. 276.. 



FOT 

Bas-Valais, Vionna/, fnséra, fossoyerun 
champ. Bourg., fensourer, fessorer, pio- 
cher. Bresse, fosserer : 

Avri, mai é fan fossM. 
{U Sainl-Vincenl, Phil. Le Doc, Charte, brfssanes. 
iugrysiennfs el domiislfs, fi. lit) 

FOSSORIÉ, /■o«ssoH>-ié, S. m., celui qui 
1 possède une fossorce ou mesure de terre ! 
I qu'un homme peut en un jour remuer j 

avec une hnue appelée /'ossoir; 
i Li foussouriez et cilz qui ha héritage , 

audit leu ou maison doit doze deniers. 

il338, Franck, de Chastel-Neuf, Terrier de 

M. de Baulîrcmont.) 

FOSisomER, fouss., s. m., celui qui 
possède une fossorée ou mesure de terre 
qu'un homme peut en un jour remuer 
avec une houe appelée fossoir : 

Li foussoriers et ciliiqui ha héritage au- 
dit leu ou maison doit doze deniers. 
(1338, Franck, de Chastel-Neuf, Terrier de 
M. de Bauffremont.) 

FOSSOTE, S. f. ? 

Qu'il avoit emblez a ung mercier deux 
costeaulx, une fossote, et environ demie 
aine de toille. (1389, Compte de G. Bat., 
Lamarque 4486, f" 13 r% Richel.) ^ 

Nom de lieu, la Carrière des Fossottes; \ 
voir Hi'st. rfe Saint-Dié, p. 32. 

FOSSOUL, fessoul, s. ni., forme dialec- 
tale pour fossour, fessour : 

Une doloire de treul et .1. fessoul. (Août 
1396, Invent, de meubles de Dijon, Arcu. 
Cole-d'Or.) 

Cf. FOSSOR. 

FOSSOURER, voir Fossorer. 

FOSSOYAGE, S. m., actiou de creuser 
une fosse : 

Recevoir les proBts et emolumens par 
leur clers et fossoyeurs, des fossoyages et 
enterrages de tous les corps qui sont en- 
terres audit cimetière. (23 déc. 1371, Sent. 
duprév. de Paris, Arch. S 28, pièce 6.) 

FossoYEURE, S. f., action de creuser : 

Ce qui a premièrement esté escript par 

Hérodote, touchant les Perses de ce mont 

Athos, et que Xerxes le feit entailler par 

I le pied au destroict en ce peu d inter- 

; valle de terre pour faire passer ses na- 

I vires, me semble estre totalement faulx : 

toutesfois je ne l'ose bonnement asseurer. 

Si est ce que quand je passay par la, ] y 

prins garde tout expressément : car me 

partant de la ville de Ilierissos, pour 

veoir si je verrove quelque vestige d en- 

tailleures et fossoyeures,'}e n'y en ay point 

trouvé. (Belon, Singularitez, 1, 3S, éd. 

1354.) 



FOSSURER, voir Fossorer. 
FOSTEL, voir Fecstbl et Fustel. 

FOSTIER, S. m. ? 

Une des boteilhons ou fostier de lieu. 
(J. DE Stavelot, Chron., p. 30, Borgnet.) 

FOTEAU, fousteau, faulsteau, faytauU, 
s. m., hêtre : 
Fousleaux. (Gloss. de Marot, éd. 1731.) 



FOT 

Les chesnes, les fousteaux. (Rons., Cy 
elop. i4mottr., Bibl. elz.) 

Ils en dansoient de joye a l'entour d'un 
chesue ou d'un fousteau, nu son de quel- 
que chanson rustique. (Amyot , OEnv. 
mor., V, 10, éd. 1819.) 

Un marreau de boys faytauU. (1376, 
Trinité, Smarvc , ch. 6, art. 2, Arcb. 
Vienne.)' 
; Faux, foteau. (JtJN., A'omenc;., p. 110. 

éd. 1577.) 
I Les ormes, fresnes, fousteaux, érables. 
\ (0. DE Serres, Th. d'agr., p. lS3,éd.l60o.) 

■ Ce mot, sous diverses orthographes, 
I était encore très usité au xvii' siècle : 

I Pas à pas on se rend prps d'une anlre barrière 
I En façon, en conlenr semblable à la première. 

Où de chaqoe côle la verdure an nivean 

Fait d'excellens tapis de charme et de faitlean. 

(P. CoRNEiiLE, Pocs. dh>., Presbjt. d'Hénonville.) 
Faulsteau. (1671, .Maîtrise de la Fère, 

.\rch. Aisne, B.) 

Fouteau, conservé par l'Académie, est 
surtout employé par les paysans de 
l'Ouest, Maine, Haut-Maine, Poitou, qui 
prononcent foutiau. Bourc., Yonne, fou^ 
tiau, fouquiau. 

! FOT EN CUL, fout., S. m., sodomite : 

' Wistasces dis» n'est pas hérites, 

Ne foui en cul ne sodomiles. 

(Wistasse te Moine, 1269, Michel.) 

FOTEOR, - eeur, fout., s. m., futulor, 

débauché : 

Ja me ditqn'ilesl .i. foulere. 

{Du Foleor, Richel. 19132, f 48'.) 

.le snis fouteres a loier. 

(/*., f» iS"".) 

Explicit du fouteor. {Ib., f° 49=.) 

Ge sai le (label dn denier. 
Et dn fouteor a loier. 
(Des detii Bordeors ribauz, 289, Montaigîon, 
Fahl.. I, 11.) 

Pins m'ont raenli li fouteeur. 

(Rose. ras. Corsini, t° 9Î*.) 
Si m'en Jesmetz aux hoirs Michanlt, 
Qni fnt nommé le bon fonlerre. 
(Villon. Granl Test., l\xxi, Jonanst, p. 6a.) 

FOTERiE, foui., S. f., saleté, gravelure : 
Parler de fouterie. (Fabri, Bliet., i" 39 v», 
éd. 1321.) 

FOTERI.E, foterne, s. f., l'aristolochr 
ronde : 1 

MaUim terrae, c'est l'aristologie ronde : | 
et Aristolochie en grec signifie très bonne \ 
a l'accouchement. Le François dit sarra- 
zine, et foterle ou folerne. (Jocb., Interpr. 
1 des dict. pharmac, éd. 1598.) 

FOTERNE, voir FOTERLE. 

FOTiER, foutier, s. m., fututor, dé- 
bauché : 



Girart le Foutier. (Oct. 1258, S. Paul 
de Verd., Arch. Meuse.) 

FOTRE. fotitre, verbe. 

— Act., ciiresser aiuoureusemeat uue 

feuiiijo : 



FOU 



FOU 



FOU 



107 



.IX. f'^ii i fottti ta meschine. 
(Wb t>reslre (t d'Aliton, Riehel. i9ir.-2, f° 51».) 

De celle qui (u foutue sur la fosse de 
son mari. (Ms. Riehel. 2173, f° 9Sr».) 

Do niaignien qui foti la dame. (Fabl, 
ms. Berne 334, f» 113".) 

— Absolument : 

De la damoisele qui n'oit parler de 
fotre qui n'aust mal au cuer. {Fabl., ms. 
Berne 334, f° 38'.) 

i. Fov, fong, fo, feu, fau,faug,faucq, 
feuch, fol, foui, frau, s. nj., hêtre : 
liosoDs on fau est li pors aresles, 
La bnl de l'iaTe et si s'est resposes. 
(Car. le Loh., 3' chans., iv, P. Paris.) 

Li pors le preot sanz demorer 
As deoz parmi la pian del col : 
Si l'a si hnrté a nn /■<;/ 
Qae les deas enis li Gst voler 
Kt toz les boians Iraiaer. 

(Ren., 22402, Méon.) 
Ormes i ot branchnz et gros. 
Kl avccqnes charmes et fos. 
(Rose; Kichel. 1573, f" 1-2'' ; Méon, 1305.) 

Chesnes et fos. 
Ob., ms. Corsini, f 10''.) 

Berte fa ens oa bois, assise sonz na fo. 

(Berle, 822, Scheler.) 
Gerars li biaas sans nnl arest 
Descent desons .i. feu molt hant. 
(Girb.de MoNTii., Ywiriie, loin, Michel.) 
l'eriers et fols. (li8S,Franch.de Poligny, 
Arch. mun. Poliguy.) 

A dens mains a aerse et prise 
Une grant machne de fau 
Qne troïa pendant a .i. clan. 
(Du Presire c'on porif, 974, ap. Montaiulon et 
Raynaud, Fabl., iv, 34.) 

Mez li enfes s'assist sons .i. fou verdoiant. 

(DooH de ilaience, 1762, A. P.) 
Le pommier, le perler, le foug. (Cart. 
orig. de Neuchdtel- Comté appartenant au 
marquis de Durforl-Civrac, f" 36 r".) 

Fagus, fraus. {Gloss. de Douai, Escal- 
lier.) 

A fueilles de fou et a feyne. (1360, In- 
vent, du duc d'Anjou, n" 422, Laborde.) 

Au chesne et au fol. (1372, Ord-, v, 
514.) 

Une pille de gobelets de fou ou il en a 
.X. en un estuy de fust. (1380, Inventaire 
de Charles V, ap. Laborde, Emaus.) 

Une ais de foJtl. (1392, lun<li av. l'an 
nouf. Vente de meubles de la mairie de 
Dijon, Arch. Côte-d'Or.) 

Une table de fout. (Sept. 1393, ib.) 
Une ai.s de changne et une autre de 
foui. (Dec. 1397, ib.) 

Les pointes de branchetes de fol. (Mo- 
dus, f» 80v», ap. Ste-Pal.) 

Hz le firent pendre a ung feuch. {Girart 
de Bossillon, ms. de Beaune, 6d. L. de 
.Montille, p. 381.) 

Fagus, /'ow. {Gloss. rom.-lat. du w" s., 
Scheler.) 

Pour le boys de fol pri en la petite 
faye. (1406, Compt. delSevers,CC 13,f° 13 r-, 
Arch. mun. Nevers.) 

Et il dessoubz vn^ fou se coucha. [Per- 
ceval, i' 63'', éd. 1330.) 

Quesnes et faugs. (Fossktiek , Cron. 
ilarg., ms. Brux. 10511, V, 3, 3.) 



Vai.ssenu de bois de faugz. (Id., ib., 
ms. Bru.x. 10312, X, 11, 7.) 

Le bois de chesne et de fou. (1484, 
Aveux du bailliage d' Evreux, Xrch.P^ 1294.) 

Carbon de faucg. (1302, Lille, np. La 
Fous, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Faug. (1310, Compiègne, ib.) 
Ung arbre appelé fati, dont le fruict 
s'appelle faine. fR. Est., Thés., Fagus.) 

— Dans quelques cas, on semble di.s- 
lingiier le fau du hêtre : 

Habpt .1. fagum et .i. hestrum ad natale 
domini. (1210, Cart. de S. Georg., (•' 42.) 

La dame des Haiez, a cause de son fieu 
et ostel, a en la foraist delà Londe chacun 
an un fotl et un hettre au terme de Nouel. 
{Coût, des for., La Londe.) 

Fau était encore employé en plein 
XVII" s. : 

Le chemin est bordé de faux des deu.x 
costés, plantés h égale distance. (Flechier, 
les grands Jours, p. 33, Hachette.) 

Bret., Cnti's-du-Nord, feu. Guernesey, 
fauc. Pic, fay. Env. de Valenciennes, 
feiau, foiau. Wall., faw. Lorr., Flllières, 
fô. ilOTv.,fau. Genève, feu . 

Noms de lieux : Fai, Sle-Honorine-du 
Fai, Fat-le-Moncel, la Croix des Faux 
(Norm.), les Essarls-le-Fa?', le bois des 
Faux, la Mare-aux-Faws (Eure), St-Chris- 
tophe-du-Faocg (Euv. de Coutances), 
Beaufou (Calvados) , Clairfay , Etelfay 
(Pic), Ferfays, Rougefays (Pas-de-Calais), 
Fayt, le Fayt, Clerfayt, Faumont (Nord). 
Foug , Fac, le Fay (Menrthe) , Fays 
(Vosges), Fays (Yi<nne), le Fay, le Fey 
(N'iêvre). 

Nom de personne, Fau. 

2. FOU, voir FOLC. 

pouACiER, s. m. ; fouaciere,i f., celui, 
celle qui fait ou vend des fouaces : 

Jehanne la fouaciere, pour toiles, pour 
draps et robes linges et pour touailles pour 
la chambre, vP" I., xili^ (1307, Compte de 
Mie. de Bourdene, Pièc. rel. à l'Hist. de Fr., 
XIX, 38.) 

Guillemin, fouacier. (1331, Compte de 
Odarl de Laigny, Arch. KK 3% f» 94 v».) 

Jehan le fouacier. {Cens, de S. Thib. de 
Soiss., Arch. LL 1022, f» 7 r».) 

Poit., Bretagne, Nantes, fouacier. A 
Nantes, il a le sens général de pâtissier. 

1. FouAGE, feuagc, -aige, s. m., action 
de fouir : 

Plusieurs pionniers ouvrèrent de leur 
mestier de pionnaige et de fouaige. (1438, 
Arch. JJ 184, pièce 230.) 

— Mise du cuir dans la fosse au tan : 
Octroyons que les quatre maistres or- 
donnez sur ledit mestier de tannerie eu 
nostre dicte ville aient doresenavant et 
[)erpeluelment la visitacion, cognoissance 
et interpretacion du fouage des cuirs tan- 
nez, et la punicion aussi, se metfait y 
trouvent. (1370, Beglem. pour le mest. dés 
tann. de ia ville de Troyes, Ord., v, 313 ) 

Fut dit et ordenné par arrest yceulx 



I tanneurs esire tenuz des lors en avant de 
vendre leurs cuirs bien et iirolitablement 
fouez ; lequel feuage en (mot effacé) pro- 
fitableœent, puet cheoir en grant obscurté 
et doubtc ou préjudice dudit mestier. {Ib.) 

2. FOUAGE, - aige, foage, fuage, feuage, 
feugage, foulgage, fogatge, s. m., bois de 
chauffage : 

Avoir sou usuaire en la forest por ma- 
rien et por feuaige. (1262, Siersberg, 49, 
Arch. Meurthe.) 

— Droit qui était exigé pour chaque feu 
sur les biens roturiers et qui avait reçu 
des applications diverses, comme les 
exemples le montreront : 

Le fouage ou monnéage, qui se levait 
dès le xir s., dit M. Léopold Delisle, con- 
sistait en une imposition de 12 deniers 
par feu payés tous les trois ans. {Classe 
agric, p. 93.) 

Por lou fuage du dit molin. (1274, 
Theuley, Arch. H. -Saône, H 814.) 

Un pain a Noël, feugages de ses pors se, 
il les a. (1311, Charte'de Ph. le Bel, Riehel. 
I. 9783, (" 123 r», et Arch. JJ 46, f» 98 r».) 

Li foages toutes foiz que il escherra. 
(1313, Arch. JJ 49, f» 22 v».) 

Se il a pors il paiera pasnaige et foul- 
gage, si conme il est accoustumé en ladicte 
forest. (1344, Arch. JJ 73, i" 76 r».) 

A nostre peuple et sujetz avons quitté et 
remis, quittons, remettons et donnons, se 
mestier est, de nostre certaine science, 
plaine puissance et grâce especial, par ces 
présentes, tout ce en quoy ils peuvent estre 
tenus par manières quelconques et a nos 
bonnes villes et plat pays a cause des 
fouages a eux imposez de tout le temps 
passé pour le faict de nostre guerre, et, 
en amplifiant nostre dicte grâce ; iceux 
fouages avons abbatus et abbatons des 
maintenant, et nous plaist, voulons et or- 
donnons, par ces mêmes lettres, que il.s 
n'ayent plus cours en nostre royaume. 
{Ordonnance de Charles V poi;r l'abolisse- 
ment des fouages. Bulletin du Comité de la 
langue et de Ihist. de la France, t. II, [i. 
236.) 

Pour avoir finance, leva fouages et plu- 
seurs autres subsides. {Gr. Chvon. de Fr., 
Charles V, ch. c, P. Paris.) 

Pour les grans oppressions qu'ils ont, 
au chascuu jour, a soustenir, tant de 
guerres comme des grans cherges des 
fouages. (29 oct. 1373, Dêcl. d'impôt, ap. 
Servais, Ann. histor. du Barrais, I, p. 87.) 

Je ay court et usage, justice haulte, 
moyenne et basse avec le fouage des 
hommes demouraus et reseans en icelles. 
(13S8, Venombr. du baill. de Caux, Arch. 
P 303, f" 7 v°.) 

Certains fouaiges ordenez et imposez 
pour le fait des dites vuides. (1390, Comptes 
de l'évacuation anglaise, Arch. KK 322, 
f» 9 r°.) 

Aucun no vel subside, imposition, /bgaJg'i;. 
(22 mars 1394, Livre des Bouillons, LXXXHl, 
p. 263, Bordeaux 1867.) 

Si conseilla ensi au dit prinche que ce 
seroit bon que uns fouages fust élevés en 
la ducé d'Acquittainne. (Fnoiss., Chron., 
VII, 257, Kerv.) 

Le roy tcndoit a prendre et lever feuages 
sur tout le pays, ce qui oncques n'avoit 



108 



KOU 



.■Mé VII, ne ?ou(Tert. {C Ciiastkt.l.. Cliron., 
IV, 415, Ken.) 

Voulscisl, pour satisfaire a ses mises, i 
lever un foaige en Acquitaine. (Lk Baud, ] 
Hist. de Bret., c xl, éd. 1638.) 

Les trois mille Daulphinois levez par 
fouage esloieiit arrivez a Briançon. (Du 
VILLARS, ilém., VIII, an 1557, Michaud.) 

rn célèbre auteur du xix" siècle a dit, 
en parlant de ce droit : 

On ne se doute puère de l'importance du 
fouage dans notre histoire ; cependant, il 
fut à la révolution de France ce que fut le 
timbre à la révolution des Etats-Unis. Le 
fouage (census pro singulis focis exactus) 
était un cens, ou une' espèce de taille, 
exiaé par chaque feu sur les biens rotu- 
riers. Avec le fouage graduellement aug- 
menté, se payaient les dettes de la pro- 
vince. (Chateaubriand, Mém. d'Outre- 
tombe.) 
FOUAGER,adj., sujet an droit de fouage: 
Que pendant que Sa Majesté diligenteroil 
son secours, elle comniandast au capitaine 
beauvais, qui avoit fait une description de 
quatre mil hommes /"owagers sur les bour- 
gades du Daulphiné, qu'il eust a les dili- 
gemment amener. (Du Villars, Mém., 
Vin, an lo57, Michaud.) 

FOUAGEun, s. m-, officier chargé de 
lever le fouage : 

Qni fait Boos li esbahis ? 
Scrgen* de l'iraposicion. 
Qai fait Eb«r li hais ? 
Generanlt en conclasion. 
Qai fo Phares ? l'élection... 
El Arphaial fol fouaqeur : 
Qai fat liayam f eiecnlcnr : 
Et Jacob ? le clerc dn papier : 
Qni fa Malelh f tcfnrmalenr. 
(E. Descuajip.s Po/s., Richel. 810, 1» 310».) 

1. FOUAIL, S. m., part qu'on fait aux 
chiens après la chasse du sanglier ; en 
langue moderne, fouaille : 

L'aprentis demande conme on fait le 
fouail aux chiens. Modus respond : Pour 
faire le fouail aux chiens, on prent tout ce 
qui yst du sanglier, conme le cuer, le 
foye,"le poulmon et toutes les entrailles ; et 
sont mises au feu et sont bien cuittes ; la 
pance est bien vuidee et gettee au feu, et 
la boelle bien battue d'un bon Icnier, et 
remise au feu. Et puis est ostee et rebattue 
tant de fois qu'elle est bien vuidee et 
cuitte, et la pance aussi. Et quant tout est 
cuit, on prent du pain selon ce qu'il y a 
de chiens, et en sont faictes tottees, qui 
sont mouillez au sang ; puis sont gettees 
sur les brezes, et quant elles sont bieu 
rôties, si sont dépecées par pièces. El 
aussi est decoppee la char et les autres 
choses qui ont esté cuittes au feu. E' 
quant tout est cuit et decoppé et essuyé, 
on met tout ensemble sur un mantel, ou 
autre chose qui est forlevee en eures. Et 
ung vallet qui a ses manches rebrassees 
meslc le fouail, pain et char tout ensemble, 
et quant tout est meslé, et il est estendu 
en une belle place, on fait mcngier les 
chiens, et que le fouail ne soit mie trop 
chaud. {Sfodus, f» 37 v«, Blaze.) 

El devez savoir que fouail doit on ap- 
peller de sanglier ainsi que on doit ap- 
pelier cuiree de cerf pour ce que il se fait 
sur le feu, et cuiree sur le cuir. (Gast. 
Feb.,ytiii. 314, f" 60''.) 

Tout le sang du sanglier soit gardé de- 



FOU 

liens aucun vaissel pour faire le fouail aux ' 
chiens. (/6., f- 61''.) 

Apres doit faire le fouail cl le droit aux 
chiens comme j'ai dit du foye et de la râ- 
telle, tout quanque est dedens le sanglier 
doit eslre mis ou fouail sur le feu pour 
faire le droit aux chiens. (Jb., f" 61'^.) 

2. FOUAIL, /"HaiJ, s. m., bois do chauf- 
fage: 

Focale, s. fuail. (.1. de Garl., ms. 
Bruges 546. Scheler, Ux., p. 66) Var.. i 
fouieus. (Ms. Lille.) ! 

Cf. Fouaille. 1 

1. FOUAILLE, foaylle, fouialle, fuaille, 
fowalhe, fuwailte, feuwelle, feuwaelle, s. f. 
et m., menu bois de chauffage, bourrée, 
fagot, tout c* qni sert à chauffer : 
D'estre fuaille a la furneise. 

(Chardrï, Sel dormans, 332, Koch.) 
A Gobin de Courcelles, pour refaire les | 
fondemens et faire tous les murs de ladite 
maison, et pour le couvrir de fouaille. 
{Comptes de 1362-63, ap. Warm, Arch. adm. 
de la ville de Reims, 111, 49.) 

Prendre espines et fouailles pour chauf- 
fer (1373, Reg. du Chap. de S. J. de Jerus., 
.\rch. .MM 29, f" 91 v».) 

Amener chascun an toute la bouche et 
fouialle en ladicte maison. (1376, Arch. 

im 30, f" 3b y.) 

Et averont auxint suffisantz fuwaille pur 
lour oeps en le possessions de le dit 
priorye. {Acte du 18 avr. 1397, coll. Breq., 
IV, Richel.) 

Quattre mailles pour leur feutcaelle, 
pour ellez chauffer. {Testam., IS oct. 1420, 
Reg. aux test, de liouvignes, 1420-56, Arch. 
muD. Bouvignes.) 

Bois ou autre fouaille. (xV s., 'Valen- 
ciennes, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. 
Amiens.) 

Sire, la fouaille esloit sèche. 

(Ifir. yolre-Dame, IV, p. 2lfi, A. T.) 
Braibechons abalenl si com che soit fowalhe. 
(Jeh. db^ l'REis, Geste de Liège, 32T26, Scheler, 

r.loss. philo!.) 

Il n'est q'ung fol qui veult vendre ses 
chesnes pour en faire du fuaille avant qu'il 
les escorche. (Palsgr.we, EsclaiVc, p. 444, 
Génin.) 

— Bûcher, torche : 

La glose dist que ponr donner 

A l'ymage l'esperil de vie 

Ot (Promelheus) du char du gonleil ravie 

l'ne luisant foaylle enllamee, 

Dont il ot l'ymaso animée. 

(ilrlam. d'Ih., p. 10, Tarbé.) 

Ne a (îens Incr, ne a faire fouailles 
Pour bouler feu. 
fCiiii. DE Pis., Poi's.. Richel. GOi, f 55''.) 

Norm., Dessin, fouale, feuilles, branches 
sèches qu'on ramasse pour mettre au feu. 
Bref., C.-du-N., cant. de Matignon, fouaille, 
bois épineux, bourrée pour le four. 

2. FOUAILLE, s. f., sorte de pèlerine ou 
de cravate en laino : 

Lciea en juing, fruit en selcmbrc. 
Robes, fouailles en décembre. 
(AxciBB, Vie de Sainl Greg., 1635, P. Mejer ) 

1. FOUiULLEK, V. a., sounictlre à l'ac- 
tion du feu : 



FOU 

Et soil pris par les deux boutz le dit 

baston cl le sanglier levé et porté sur le 

feu et illuec soit bieu fouaille et brûlé. 
(Gast. Feb., Maz. 314, f» 60''.) 

2. FOUAILLER, V. a., fouillcr en tous 
sens : 

Les dessusdiz Daulphinois fouaitlerenl 
toute la -ville, prindrent et ravirent tous 
ceulx qui tenoient le parti du duc de Bour- 
gonineavecques leurs biens. (Monstrelet, 
Chron., T, 194, Soc. de l'H. de Fr.) 

FOUANE, voir FOINE. 

FOUAîJT, S. m., taupe ; 

Le fouant qni en terre oscare 
Voit cler, et ailleurs ne voit gonle. 
(Vers de le mort, Richel. 37ï, f» 3,■îfi^) 

Car Nuirons li foitans foni 
Si c'nnc grant tour abati. 
I (Renan le nouvel, 3589, Méon.) 

Talpa, fonans. {Gloss. de Douai, Escal- 
I lier.) 

Et on trouve bestes ki ens es cink sens 
ont excellence devant les gens, si com li 
lins en veoir, li araigne ou taster, li taupe 
ou fouans en oir. {Li Ars d'Amour, II, 
306, Petit.) 

Il eut au naistre sur le nez une petite 
tache Tellue ainsi comme se ce fut la peau 
d'une talpe ou d'ung fouant. (J. d'Arras. 
Melus., p. 117, Bibl. elz.) 

Fouant, a muske cat, or as fouine. 
(COTGR., éd. 1611.) 

Pic, fouan, taupe. Uouchi, fouan : 11 
est noir comme un fouan; il est cras 
comme un fouan. Wall., foyan, fouant, 
foyon,tm<pe. ilom, fouan, Lorr.,Lnnéville, 
fouyant, Metz, fouyan. Le Tholy, feuyan. 
Saint-Amé,/jan. Suisse rom., fouon. 

Nom propre, Fouan. 

FOUARCHE, s. m. ? 

Somme toute de terres et eritages de 
fouarche. (xv» s., Compt. de Noyon, ap.La 
Fons, Cilé pic., p. 203.) 

FOUARK, voir Fderre. 

FOUARON, s. m., fouace : 

I^es fouarons que les compaignons ont 
acoustumé demander aux nopces. (1412, 
Arch. JJ 167, pièce ô.) 

FOUAURE, voir FUERRE. 

FOUAssE, s. f., droit levé sur lo bois de 
chauffage apporté dans les villes : 

Seront tenus payer les dicts défendeurs 
et leurs successeurs et séquelle aux dicts 
religieux, a chascune feste de Noël, pour 
chascun d'eux tenant feu et lieu en la 
dicte terre, une geline, ensemble les 
droicts de boutaige et de fouasse. {Coût, 
de Berry, p. 214, La Thaumassière.) 

Fouasse est peut-être une faute pour 
fouage. 

FOUBERT, voir FOBERT. 
FOUBIERT, voir FOBERT. 

Fouc, voir FOLC. 

FouGE, s. f., fucus, varech ; 



l'OU 



FOU 



FOU 



109 



!li> la imcf Je mer ont le» cnlors muées 
Qae onqiies ne vit gent ainssi desfijînrees. 

(Aije d'Aeign-, 1987, A. V.) 

ForcEiT, voir Fosset. 

i'oi:cKi., voir Fossel. 

FOUCELÉ, voir FOSSELÉ. 
FOIICELEUS, voir FOSSELEUS. 

FoucHAiLLE, S. f., troupe, troupeau : 
Tantoft con les pens le roi Alixiindre 
virent le? olifanz a très granz fouchaHles, 
il lireut les porz faire merveilleuse rujerie. 
{Hist. univ., ms. Venise, f' 163''.) 

FOUCHEROY, VOir FOUGEROI. 

FOi'CHiER, V. n., creuser : 

L'autre manière est quant ilz sont a foii- 
chie[r] c'est quant ilz (les sangliers) font 
granz fosses. {Gast. Feb., Maz. 514, f° 49=.) 

Bourg., Yonne, Ferreuse, fouger, fouil- 
ler la terre ; Maine, fouger, en parlant du 
cochon qui fouille la terre avec son grouin ; 
par extens., fouger àans son assiette. 

Foucm, voir Fulsir. 

FOUCQ, voir FoLC. 

FoucyiiER, voir Fouquer. 

FOUCQUET, voir FOUQUET. 

FOUCRÉ, adj., malpropre, gâté : 

Qai avolent les dens foncrees. 

(Clef d'amour, p. 87. Tross.) 

KoiiDUAb, S. m., foudre : 

Yver, tonerre? et fondraus. 

{Parlon., Ricliel. 1 9i;i2, f» 164''.) 

FOUDREiER, V. H., tonner : 

Si fist (.Merlin) une chapcle desus, et 
un petit perron i mist et un bacin, et i 
fist un conjurement que ja nus chevaliers 
erranz n'i verseroit de l'aive desus au ba- 
cin qu'il nn foudreiast etespartist. {Artur, 
Richel. 337, f» 182=.) 

FOUURER, fouldrer, vcrljc 

— Neutr., tonner ; 

Fulgurare, foudrer. {Gloss. lal.-gall., Ui- 
diel. 7692.) 

— Act., frapper de la foudre, foudroyer: 
Et y oit plusieurs ban, autour de Metz, 

cngralles et foudres. (J. Aubrion, Journ., 
an 1469, Larcbey.) 

Et jaçoit ce que les clievaulx fussent 
espoventez, toutes fois les chevaliers ne le 
furent pas, car quelque part que ilz se ba- 
toienl ilz fotildroicnt tout. (Prem. vol. des 
grans dec. de TU. Liv., f» 72', éd. Io30.) 
1,'epy gros de noircenr pnante 
Voudré d'orageuse vapeur. 
(Tahdr., Pon., 2° p., p. 111, éd. lo74.) 

Beauce, Perche, foudre, adj., s'entend du 
blé couché : à terre par le vent et la pluie 
« Plainte du receveurde ladimed'Ymeray 
contre André Roche qui ne lui a livré 
que du blé foudre. » (1730, bailliage d'Y- 
lueray.) 

FouDRoiE.MMENT, adv.. d'UHC façon 
effrayante, comme la foudre : 



ll.ic-onles .-omme ilz ont, par un hrave courage. 
Méprisé des canons la icrapesie et l'orage. 
Qui, pour avoir sur eux foudroiemmfnt tonnes 
>e se sont pour cela nullement estonnes. | 

(Siège du château de Lnsigiian, Poés. fr. des xv° 
et xvi" s., VI, 333.) 

FOUDUoiKiiR, - oyeur,four., s. m., ce- 
lui qui frappe de la foudre : 1 

Il fourdroioit les fourdroieurs. (Fleur 
des hist., Maz. 530, f» 18.3''.) 

Moy Polyfeme qni ne crain ne redoute 
Ce foudroirnr que craint la terre toute 
Qu'on dit lirandir le tonnerre en ses mains. 
(J.-A. HE BAir, Ecloçiues, viii, éd. 1573.) 
... . Ore entonnans le los 
Dn juste foudroyeiir. 

(Dd Bartas, Uranie, éd. l.>70.) 

Le Pcre fondroyenr. 
(J. DE ViTEi,, Prem. exerc. poèt.. Disc, d'un 
songe, éd. l.'iSS.) 

- Adj. ? 

Lever, vostre bras foudrngcur. 

(Gar.v., Porc-ic, im.) 

Kt quoi ! lui dis je, mon cœur. 
Comment ! belle, avez vons peur 
D'un choq de légères nnes, 
Kt de ces flammes menues ? 
Mais, vous même, sauvez moi 
T)e ces beau yeux que je veoy. 
Beaux yeux foudroijJurs, qui dardent 
Mille vifs éclairs qui m'ardent. 
(G. nnitANT, Trad. de Bonnef., éd. lofJ i.) 

FOLiDROiEus, - oieux, - oyeus, - ieus, 
fould., fourd., adj., qui foudroie, qui ra- 
vage, qui détruit : 

Adont se leva sus la mer uug très cruel 
et fouldrieux temps. (L. de Premierf., De- 
cam., Richel. 129, f» 143 v».) 

Ces picques sont basions moult conve- 
nables pour mettre une picque entre deux 
archiers contre le fouldroieux effort des 
chevaulz. (Wavrin, Anch. Cron. d'Englet., 
m, 74, Soc. de l'U. de Fr.) 

Cy gist l'orrible cspee fouldroieuse. 
Robuste bras, destre victorieuse. 
(G. Chastellain, la Compl. d'Hector, vr, 172, 
Kervyn.) 

noble Hector, ta dexlre fonrdroyciise 

Gist morte... 

(FossETlER, Cron. Ilarg., ras. Brnx., I, f"243 r"."! 

Craignant le furieux et fuurdroyeux bras 
de l'exercite Dariien. (1d., ib., ms. Brux., 
II, f» lo3 y.) 

Quandt les Romains eurent conduit jus- 
ques au murs de Vege, et illec dreschiet 
aulcuns instrumens fouldroyeus pour a 
ycelle uuiure... (iD., il)., ms. Brux. 10311, 
VII, 5, 8.) 

povDnoiKvsv\m'ST,-oyeuseinent. fould., 
fourd., adv., à la manière de la foudre : 

Il entra tant fourdroyeusement entre les 
firieus qu'il percha de long, de lets, de 
lors et de travers les batailles. (FosSE- 
TiER, Cron. Marg., ms. Brux., I, f- 223 v".) 

Adoncq entrèrent fourdroyeusement au 
couflicl. (Id., ib., f" 228 v^) 

Ils entrèrent es régions romaines four- 
droyeusement tout dissipant. (Id., ib., tas. 
Brux., II, f' 86 v».) 

1. FOUEE, foee, foiee, foiivee, s. f., fou, 
bûcher : 



N'i remest pas entor une joruce 
De coi Doonz n'ait fait faire fouee. 

(Les I.oh., Hichel. ll!-22, f° 26G r°.) 
Le boys apporté en abondance telle que 
requise estoit, on dresse la fouee. (L.\ 
Landk, Hist. de Diclis, f» 81 v», éd. 1536.) 
On commande apporter grand charge de 
boys du mont Ida pour brûler le corps, 
et fut la fouee Saicla ou celuy de Patrocle 
premièrement avoit esté brûlé. (ID., ib., 
f» 104 r».) 

— Charge de bois, fagots, bourrée : 

Et me doivent une fois en l'an sans 
plus mener mes fouees a Amiens. {Cart. 
de Picquigny, Arch. O 19628, f» 67 r».) 

Deux basions de courte fouee ainsi 
comme seroient deux basions do costercs. 
(1379, Arch. JJ 116, pièce 141.) 

Chargée d'une fouee de bois qu'elle avoit 
prinse et chargiee eu la coppe du bois 
dudit suppliant. (1422, Pièces relat. au 
règne de Ch. VJ, 11, 249, Douét d'Aroq.) 

— Quelquefois paquet d'échalas : 

Que nulz ne nulles n'enporcet fouvees 
de paixelz ne de sairmens. (1333, Hist. 
de Metz, IV, 161.) 

— Provision de bois : 

Icelluy prendeur aura chacun an pour 
sa fouee ung journal de bos, prins au bos 
des fossez. (1512, Cari. Habacucde Corbie, 
(" 142, ap. Duc, Foagitom.) 

— Droit sur la vente des différentes es- 
pèces de bois de construction et de chauf- 
fage: 

In consueludine, quae dicitur foee, .XL. 
sol. (Registre de la Prévôté d'Amiens, Arch. 
JJ 34'"', {- 91'".) 

Qui vent le caretee a un cheval [ou] a 
plusieurs, oarkié de mairien et de tout bos, 
doit un denier de la fouee. (Charte de Phi- 
lippe d'Alsace, ap. A. Thierry, Mon. du 
Tiers Etat, I, 78.) 

Les diz cschevins, bourgois et commu- 
nauté d'ancienneté estoient franc et exempt 
de non paier les diz tonlieux et fouees. 
(Ch. de 1348, Arch. Lille, cart. C, 10.) 

Item se coeuille et paye en la dite ville 
et cité d'Amiens ung droit que on appelle 
fouee sur bos, mairien, fagot, noctz, estau- 
lons et autres choses faictes de fust qui 
sont ameuees a Amiens, lequel droit est 
et appartient au roy, a l'evesque et au vi- 
dame d'Aïuiens, autant a l'un comme a 
l'autre. (1390, Compte de l'êvôch. d'Amiens, 
Arch. Somme.) 

— Corvée exigée de chaque feu; faire 
fouees d'autrui, acquitter les charges d'un 
autre : 

Viciuitiulinariup, qui fait fiiieez d'auU'ui. 
(Gloss. lat.-gall; Richel. I. 13032.) 

Pic, foée, brassée de branches mortes 
ramassées dans les bois, et par extension, 
le feu clair qu'on fait avec du menu bois. 
Norm., Maine, fouée, flambée, feu clair: 
. Allumer une fouée; faire une bonne 
fouée. » Bret.,Côtcs-du-Nord,canton de Ma- 
tignon, /'oufo, petit fagoi : « Vm fnuée de 
charbon, ce qu'on peut faire d(î charbon 
dans une fournée. » Aube, Marne, fouée, 
poignée de menu bois,fagot.Poit., Vienne, 
Chalclleraull, Beauce, Tourrainc, fouée, 



110 



FOU 



FOU 



FOU 



paie que l'on fait cuire sur le foyer du 
four au moment où on le chauffe, et que 
l'on mange avec ou sans beurre. 

2. FOUEE, fuee, feuce, fuye, s. f., droit du 
seigneur d'exiger un certain nombre de 
journées pour travailler à ses vignes, et, 
par extension, l'étendue de vignes qu'un 
homme peut labourer en un jour avec la 
taone: 

La vigne séant près de la fuee que fust 
jadis feu Haimeri Pinet. (Vend. apr. S. Lu- 
rent 1322, Cart. de Cormery, Bourassé.) 

Troiz planées de vignes contenans la 
feiiele] a siz hommes... Un clos de vigne 
contenant la /bliee a siz hommes. .. La viçne 
du pré ChiQé contenant la fuee a huit 
hommes. (1338, Reg. des lell. de franch., 
Arch. K 1511, !" 8 v°.) On lit plus bas: 
Contenant le labour de siz hommes a 
fouir. 

Item deux deniers de cens que les hoirs 

du Brio luy doivent Item la fouee a 

quatre hommes de vignes assis au clos des 

carreaux (1353, Aveu de Quareaux, ap. 

Le Clerc de Doûy, t. I, f» 249 r», Arch. 
Loiret.) 

In habergenient, une petite tasse de 

bois La /ou«e a douze hommes devipnes, 

que gastez, que gajinables, assis aii dit 
lieu,.... item unujournau de pré. (J6.) 

Son habergenient des Quareaux Item 

une noue Item la fouee a cinq hommes 

de vigne, assis ou dit lieu Item vingt 

et sept muis de terre, etc. (Ib.) 

Item s'ensuit le Ci'- que maistre Mahelin 
Gaillart tient de nioy en fié.... c"est assa- 
voir la métairie.... Item la ^fuye a trois 
hommes de vignes. (1404, Aveu de Châ- 
teauvieux, ib., t. I, f» 239 v».) 

FouEiLLiEit, V. n., agiter la queue : 

Si a dit aa lion : Je te rois cbasloier ! 
Et ii lions l'aient, qoi prist a foiieillier, 
Vne chiere Ii fisl sans lai conirairier. 

(B. de Seb., xïii, 179, Bocca.) 

FOUEL, S. m., curée qu'on fait à la 
chasse au sanglier : 

Comme Pierre de Crequi chevalier eust 
pris a chiens un sangler,.... et l'eust fait 
apporter a Crequi en la taverne,.... pour 
faire le droit qui appartenoit a faire aux 
chiens en tel cas ... et depuis eust faille 
fouel dudit sangler, et fait corner et huer et 
lessié allé les diz chiens pour venir au 
fouel pour avoir leurs droiz. (1380, Arch. 
J.1 118, pièce 27.) 

Cf. FOUAIL. 

FOiTEOH, foieor, fouieor, - eur, fouyeur, 
s. m., celui qui creuse, en particulier 
celui qui creuse la terre autour de la 
vigne: 

Va laboariorres. 

Un goagncres, on fouerres. 

'6. DE CoiJici, Mir., ms. Soiss., f 172''.) 

.1. gâigneur, .:. foierris. 

(Id., i*., ras. Brax., f» lea'.) 
En non >lc fourur 
Vont lear pren faiiant. 

(Lorngf .V. ft., Uichel. ST.'i V 313'.) 
Il n'afliertpas a evesques- qu'il soit /bueres 
en vigne. (Fragm. de la Chron. de Reims, 
Histor. des Gaules, XXII, 30G.) 



Ouvriers manda de tous costes, 
HaTenrs, carpenliers el maçons, 
Hottiers, fotienrs et hoskellons. 
(Jeb. de le Mote, lifiirel tiuill., MU, Scheler.) 

La bannière des foueurs coule .xxx'. 
.II''. (1345, Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., 
Bibl. Amiens.) 

Les foueurs (des vignes) seize deniers 
par jour. (1330, Ord., ii, 357.) 

Deux foueurs en ses vignes chacun au 
et deux venangeurs en ses vignes de cor- 
vées chacun an sur les hostes dessus 
nommes. (13S3, Aveu de Diziers, ap. Le 
Clerc de Doûy, t. I, f" 249 r", Arch. 
Loiret.) 

Foiiijfurs, et arenrs et semenrs. 
(DEr.rii.LEviLi.F., Trois Pelerinaiges, C t3l'',inipr. 
Instit.) 
Voir c'est d'nn meschant la vie, 
Qni esloit .i. foueur de chans. 
(Vi> ilons. S. Fiacre, Jnb., Mi/sl-, I. 35Î.) 
A Baudarl Lenoir, foueur pour avoir en- 
comuienchié a fouir et faire une grande 
fosse a enfouir gens trespasses en cer- 
taine place ad ce "ordonnée. (31 août 1400, 
Compt. de Tournai, Arch. Tournai.) 

1. FOUER, fouiier, feuer, foyer, fuyer, v. 
a., creuser : 

Lesdites visnes ... taillier, passeller , 
fuyer et biner.'(1373, Arch. MM 30, f 14v».) 

Quelle pitié, quelle douleur et maie 
aventure a un si haut roy que de faire ses 
instrumcns et movens de mauvaises gens, 
et dont luy, a toute intention et contende- 
ment non louables, niesme chey en la 
fosse de confusion avecques eux qui Vont 
foyé I (G. Chastell., Chron.,\, 126,Kerv.) j 

— Absol., dans le même sens : 

Item, y a coustume que quiconque pic- 
que, feue, hcue esdits maretz, il conmet 
amende de .lx. sols parisis. (CousU gar- 
dées et observées en le comté de Corbie. 
Mém. de la Soc.des Antiq. de Picardie, 11, 
p. 281.) 

Item quiconques ahanera ou foucra plus 
pries et au mains de ung piet de cascune 
bonne qui sera apparans par dehors terre, 
il sera a v s. blans. (1447, Loi accordée au 
village de Douchi, Arch. du royaume belge, 
Ms. et cartul. u° 93. Cartul. de l'abbaye de 
St Pierre de Gand.) 

— Act-, mettre le cuir dans la fosse au 
tan : 

A esté adjosté sur le fait dudit mestier, 
lesdis cuirs estre bien et profilablement 
foues, quand il seront mis en vente. 
(1370, Reglem.pour le mest. des tann. de la 
ville de Troyes, Ord., v, 313.) 

— Fouler : 

Et trouve on l'or es fosses que les bestes 
ont fouiees aii.v piez. (Corbichon, Propriet. 
des choses, xv, lOS, éd. 1483.) 

2. FOUER, fouyer, verbe. 

— Act., chauffer : 

.XX. bonniers de petit bois pour fouer 
le maison et le four. (1313, Somme-et- 
Leuze.ap. Mannier, Commanderies, p. 7S3.) 

— Payer le louage de : 

Les homes sont tenus de fouyer lor fies 
un besant par cent. {Assises de Jcrus.,p. 
I 182, ap. Sle-PaL) 

1 - Neutr., chasser les oiseaux h la lan- 
terne : 



Les supplians oyrent sonner uue sou- 
nette a fouyer qui cliassoient au fouyer les 
perdrix. (1474, Arch. JJ 195, pièce 1218.) 

FOUEsiL, voir FOISIL. 

FOUESON, voir Foison. 

FOUET, s. m., feu : 

Tenaill'es et soafflet 
A fere son fouel. 
{L'Eslillem. au vil., Hicliel. 837, f" I-2IIM 

FOUETELEE, VOir FOCTKLAIE. 

FOUG, voir Fou. 

1. FouGER, V. a., exprime l'idée de su- 
borner : 

Lesquelz religieux telement fougerent et 
deceurent icelle jeune femme qu'elle con- 
versoit et se maintenoit avec euls. (1433, 
Arch. JJ182, pièce 43.) 

C'est peut-être le môme que fouchier. 

2. FOUGER, s. m., sorte de droit de pèche : 

La coustume du fouger, et comment on 
le doit cueillir. Premièrement de chascun 
maisire de nef qui va en pesquerie de 
harenc, de maquereaulx et poissons.... iv. 
s. aux IV. termes accoustumez a Dieppe. 
(1396, Coût, de Dieppe, f> 14 v" Arch. 
S.-lnf.) 

FouGERET, S. 111., endroit où il pousse 
beaucoup de fougère, est représenté par 
le nom de lieu 8aint-Leger-dii-Foi(g«)'eJ, 
dans le diocèse de Nevers. 

FoiGEiioi, - oy, fougerey, fougerai, 
- ay, feugueray, s. m., endroit où pousse 
la fougère : 

Mais il y a ang feugueratj 
Qui est l'oree d'nne yallée. 
(Citais, norm. du seii. sièc, vi, Jacob.) 

Se rencontre comme nom de lieu : 

Li autre pièce siel es Fougerois. (1264. 
Uichel. Moreau CLXXXVli, f» 240.) 

La terre dau Faugerey. {Cens du comte 
de Poil., Arch. J 192, pièce 64.) 

In loco dicto ou Fougeroy. (Lundi apr. 
Nativ. S. J.-B. 1336, Arch. Montjeu.) 

Saint Ligier de Foucheroy. (1376-1377, 
Compte de Huguenin Duemme , receplc 
d'argent des exploits de justice fais par J. 
Valee, Arch. Côte-d'Or.) 

Autres noms de lieux : Fougeroy (1474), 
aujourd'hui Fougerette , commune de 
Saint-Berain-sous-San vignes, canton de 
Montcenis, arrondissement d'Autun. Le 
Fougeray (Nièvre). 

Nom propre, du Fougerais, qui montre 
qu'à côté de fougeroi il y avait un mot 
fougerois. 

FOUGEROTTE, S. f., lieu couvert de 
fougère : 

Le champ desoubz la Fougerotte. (Cari, 
orig. de Neuchdtel-Comté, appartenant au 
marquis de Durl'ort-Civrac, f» 2 v".) 

FOUIALLE, voir FOUAILLE. 

FOUICH, S. m. 1 

Ch'est li cuelloitc du fouich. • 1282, Reg. 



FOU 

aux bans, Arch. S.-Ompr AB xviii. 16, 
n»378.) 

FOUIE, aij. f., qualifiant condre, pour 
dire de bois, d'? fagot : 

Cendre fouie. (1296, Rentes d'Orliens, 
{' 13 r% Arch. Loiret.) 

1. FouiER, - yer, s. m., récliaud : 
Aultrc receple faitte pour le fait du fouier 

que la ville a fait faire ceste présente 
année, de le Saint Miquiel jusques a Pas- 
qucs, comme il est acoustumé. (Registre 
des recettes de Boulogne- sur-Mer, 1115- 
1416, p. 28, Ed. Dupont.) 

Les fouyers des clercqz. (Tit. de IS39, 
Béthune. ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. 
Amiens.) 

On leur servoit en hyver la viande sur 
les fouyers qui se portovent sur la table. 
(Mo.VT., Ess., 1. I, c. 49; p. 190, éd. 1593.) 

— Feu : 
Si ont copé espine, s'en firent .1. fmiier. 

(•Gaul. d'Aup., p. n, Michel.) 

2. FOUIER, voir FOUER. 

1. FOUiERE, - yere, fouire. s. t., ré- 
chand : 

Pour juster les fouyeres la ou on mesure 
le? carbons des malades. (1369, Lille, ap. 
La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Chauffer ung drappelet a une fouyere. 
(XV* s., Cart. de Flines, p. 916, Hautcœur.) 

Pour l'accat d'une fouyere a manière de 
chariot de fer pour servir en halle a mettre 
feu ou temps des «ellees et des grans 
froidures. (1472, ms. Lille, f» 112 r".) 

Vm fouyere servant a mettre carbon en 
yver pour cauffer l'église. (1486, La Bassée, 
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Une fouyere d'arrain servant a chauffer 
les clerqs. (1308, ms. Lille, f» 112 r».) 

Hiram feist des chauldrons et des 
fouyeres et des bassins. (Le Fevre d'Est., 
fljftie, Rois, III, 7, éd. 1534.) 

Et estoit au devant de luy mise une 
fouyere plaine de charbons ardans. (Id., 
ift.,Jér., XXXVI.) 

Une grande fouyere. (1587, Béthune, ap. 
La Fons, Gloss. ms., Bibl. .\niiens.) 

Une fouire, XXVII». (1600, La Bassée, 16.) '. 

2. FOuiEUE, s. f., fourrure? 

Kois. Uni hons rhevaliers seoit ier en caiere 
Kt ot or et aT(ç**nt f*t rice sarpilliere 
Kt se gisoit sor cote et a rice fouiere, 
Qni por le mort, bians sire, gira en sa liliere. 
<Roum. d'Alix., f» S3''. Michelant.) 

FouiLMs, S. m., action de fnnlller : 

... An lac vont les ponrceaiilx 

Qni l'ont paslé a lont par lenr fonillix, 

Kt plnsienrs gens le poisent a vaisseaiilx. 

(K. Df.schamps, Poé»., Richel. 840, P iOÎ^.I 

FouiLLOY, S. ni., lieu planté de hêtres; 
se trouve comme nom de lieu dans une 
charte de 1307. (Cout. loc. dit baill. d'A- 
miens, Prév. de Fouilloy, t. 1, p. 279, 
Bonthors.) 

POuiN,/'oMj/n,s. m., le mâle de la fouine: 
Mais comment se coulent doucement les 
fouins quand ils veulent attrapper quelque 
oyseau ; ou bien pourroit on trouver em- 
buscade mieux couverte que quand ils 



FOU 

espient une souris î (Du PiNET, Pline, x, 
73, éd. 1566.) 

Quant aux rates rousses, elles ne tou- 
cheront jamais aux bleds qui auront esté 
saupoudrez en graine de cendres de fouins 
ou belettes. (Id., ib., xvili, 17.) 

Un petit fouin ou une jeune belette. (ID., 
ib., XXIX, 4.) 

Ceux qui ont enseigné a desmembrer et 
tailler en pièces un oison privé, un pigeon 
familier comme font les belettes, les chats 
et le? fouyns. fAMYOT, OEuv.mesl. dePlut., 
p. 530, éd. 1584.) 

Aunis, Morv., fouin. 

FOUINE, fouyne, fouwlenne, s. f., action 
de creuser, fouille : 

En pluisieurs pioneries et fouynes. (xv* 
s., Cart. de Flines, p. 928, Hautcœur.) 

L'Empereur conclud et arresta du tout 
et ordonna de ainsy faire ledit chasteau 
au lieu et comme il est dit ci-dessus,., et 
fut commencié a taire les fouwiennes pour 
y faire les fondemens. (Tj-oMiii. de Gand, 
'[>. 110, Chron. belg.) 

Les fouynes de la fondation de la mu- 
raille. (1340, Béthune, ap. La Fons, Gloss. 
ms., Bibl. Amiens.) 

— Fossé : 

Une rivière et fouyne allant a la Bassée. 
(1.339, Béthune, ap. La Fons, Gloss. ms., 
Bibl. Amiens.) 

Se disait encore au commencement du 
.XVII' s. : 

Pierre Camp, ingénieur de Sa Alajesté 
Catholique, ayant faict Visitation des 
fouynes perchiees pour poser les fonde- 
meiis de la tour ou cloché qu'on entend 
ériger. (Réglem. de police pour la ville d'Es- 
taires, copie de 1622, Soc. des Antiq. de 
la Morinie, 1863, 43* et 46» liv.) 

Cf. FODINE. 

FouiNEAU, S. m., petit du fouin : 
Les petis fouineaux. (Du Pinet, Pline, 
XXIX, 4, éd. 1.366.) 

FOUINETTE, Voir FOINETE. 

FOUIR, fuir, V. a., déterrer : 
Ubede, Ilaience et Brnloise, 
n on furl bon arRent a toise. 

(MoiiSK., Cftron., 12016, Reitf.) 

FOUIRE, voir Fouiere. 

FOUIS, s. f., port, lieu de refuge : 

11 a moult de fluns et grans qui ont 
bonnes fouis et grans et parfondes. {Liv. 
de Marc Pol, clxxvi, Pauthier.) 

Se il avenisl que aucune nef venist en 
leur fouis, et sourdist la (Ib., CLXXVI.) 

FOuisoN, voir Foison. 
FOUISSEUR, S. m., celui qui creuse : 
Un sage fouisseur. (Oresme, Eth.. p. 
177, éd. 1488.) 

Fouissii,, voir Foisil. 

FouissuRE, s. f., action de fouir, de 
creuser : 
I Circunfossura, fouissure, ou fouissement 
I a l'entour. {Calepim Dict., Bfdc 1584.) 

FOUK, voir Folc. 



FOU 



Hl 



FOUL, voir Fou. 

F0U1..AGE, - aige, - ege, fol., foll., s. m., 
droit de mouture dû au seigneur d'nn 
moulin : 

Hervé de Léon.... et les seins empres 
lui, receyvent et aient perpetuament tote 
lamouste et tout le folege de tote la terre.... 
promettons que nous, ne les noz, nez 
puissons rens avoir ne reclamer en la de- 
vant dite mouste, ne au devant dit folage. 
(1284, Morice, Preuv. de Vlîist. de Bref., 
1, 1070.) 

Totes les montes et le follage des terres 
demaines dessus dites et totes les autres 
redevances et justices. (1296, ib., I, 1119.) 

Sans ce que la dite dame, ne nul autre, 
qui ayet cause de lé, puisse rien prendre 
ne avoir de moulte ne de foulage du gentil 
fé audit mons Hervé. (1327, î6., 1, 1347.) 

FOULAIGE, voir FOLAGE. 
FOULDRER, VOlT FOUDRER. 

FOULDRiERE, S. f., licu qui porte les 
traces de la chute de la foudre : 

A nne foiildriere. 
En la vallée de Golgotas. 
{Farce d'un Pardonneur, Ane. Th. fr., II, .ï9.) 

FOULDRiEUx, voir Foudroieus. 
FOULDROiEus, voir Foudroieus. 
FOULE, foulle, foie, folle, s. f., piélinc- 
ment ; 

Li heirbe noirchit 

De la fntle aiiz chevals, et del s.inc ilh rosit. 
(Jeu. iiES Preis, C.estc de liège. \W:<\. ap. 
Scheler, Gloss. pkilol.) 

— Presse : 

Li prestes iert en maie foie. 
(Dame qui conchia le presire, ms. Berne 35i, 
f 88''.) 

i — Temps où l'on fonle la vendange : 

La sepmainc Saint Martin d'byver 
Estoit le temps si très divers. 
Et de meurisson sy très estrange 
Que c'estoil la foulle de vendenge. 
(Chron. de la noble cite' de Metz, Pr. île l'Il. de 
Lorr., Il, ci.v.) 

— Moulin ;X fouler les draps : 

Une foule et un batour assis dessoz la 
dicte maison sux la rivière. (Vend, apr 
Chandeleur 1304, Fonteny, Ch. des compt 
de Dole, cart. 44, paq. 44, Arch. Doubs.) 

— Oppression, violence, mal : 

Les Anslois, en deschirant la hautesse 
de leur trône et inferans maintes dures 
pollutions a la splendeur d'icclui par 
armes, ont comprimé leur puissance et 
renversé par foulle leur gloire. (G. ChaS- 
TELL., Chron., I, 8, Kerv.) 

A la très grande foule, charge et oppres- 
sion de noz subgetz et babitans de nostre 
royaulme. (1475, Ordonn. de Louis XI, ap. 
Ler. de Lincy, Ch. hist.'Jr., l, 377.) 

Et furent les champions... saisiz de leurs 
basions, et estoient encores entiers, sans 
avoir fait grant foule l'ung a l'aultre. 
(Oliv. de la Marche, des Gaigesde bataille, 
p. 21, Prost.) 

Foui.Eis, - leys, - Hz, fol., foullis, 
foilieiz,». m. foule, cohue, mêlée : 



il2 



rou 



POU 



FOU 



i:n 1,1 cancie fo (trans li foMt. 

'Us Loh., ms. Berne 113, f» 21*. ) 

Dm abitai fa grnni li foillfit. 

(li., Vat. Urb. 375, (■> 1^.) 
Aa chief don pont fa prans li foiileis ; 
Garins enclianre et ses nies Anberis. 

{Car. If Loh., i' chans., x\i, P Paris.) 

Eissi dora cil folriz 
ne ri qn'enz es porlans rontiz. 
(Rrji.. /). deNorm., Il, ISfiSS, Michel.) 

?l*i ont mais oi si fait martire 

Ne si eslran;e folfiz 

N'OD tant east des espasmiz. 

an., ib.. 18SC3.) 

Ains mes par tant de pent ne fa teos foiileis. 
Ne isi fraos mescies, ne iteas capleis. 

(lioum. d'Alix., r» 21', Michelant.) 

Sor ,\ymer fo granz li fouïeis. 
tAlesekans, 518H, var., ap. Jonck., Guill. d'Or.) 

Hoiaas de Nantes com chevaliers hardis 
Sert embains on pins grant foulas. 
•Adeiiet, Enfaae. Ogirr. Ars. 3142, V 101''.) 

Si prant estoit lu presse et ii foUiz qu'il 
n'avoit mie loisir. (Arlur, Ricliel. 337, 
l•14^) 

A de Flamens tel fouleit. 

(GctiRT, Itoij. lign., ICOIG, \V. et n.) 

Car la sont li prea amassez 
En brait d'armes, en foulas 
De chevans qn'aios nul ne Tels. 
(W.iTBiecET. li bis du preu chevalier, 128, 
SL-heler ) 

Ce pr.int foulis et abalis qui se faisoient 
lie lances, d'espees et de piiisarmes. (Gi- 
rarl de RossUlon, rus. de Beaune, éd. L. 
«le .Montille, p. 312.) 

— Etat de ce qui ost /oiilé : 

Et regardèrent entour eulx et ne virent 
nulz des chevaliers qui se estoient com- 
batus a culx fors que le sanp qui d'eulx 
estoit yssH, et le foulHz de l'herbe. (Per- 
ceforest, vol. I, c. 41, t'-d. 1328.) 

Foulis, ou roulement de quelque chose 
avec les pieds. Foulis, ou quelque chose 
foulé au.x pieds, comme du blé sur le 
champ. (DuEZ, DM. fr.-all.-lal., Amster- 
dam 1664.) 

FOULEMENT, foull, S. ID., JlCtioil de 

fouler, d'opprimer ; 

Car faire monstre de gens sans ce que 
leur navire soit prest pour passer, n'est 
que pastement de voslre argent, foulle- 
ment de vostre pais, de par dessa. (23 janv. 
143G, Lettre sur la détresse des sujets fran- 
çais de ta couronne d'Angleterre, écrite au 
roi Henri VI, ap. Th. Basin, Uist. des 
règnes de Ch. Vil et de Louis M, IV, 284.) 

El par ainsy, le peuple de ce royauliue, 
sans telz foulemens et oppressions," jiourra 
demeurer eu longue paix et seur repos. 
(.MoNSTRELET, Cliron., II, 63, Soc. de l'II. 
de Fr.) 

Feulement, roulement de quelque chose 
avec les pieds. Foulement de raisins ; fou- 
lemenl de cheval. Foulement de quelque 
membre du corps. Foulement et oppres- 
sion de peuple. (Dup.z, llicl. fr.-all.-lat., 
Amsterdam 1664.) 

FOUI.ENET, s. m., foulerie: 

Tout cil ki nul fais les foulenes et les 
taiolures eour les forlcreces de le vile...kc 
il les aient fait oster deJens le festc saint 
Jehan. (1245, Bans aux Mievins, QQ, f» 14 
v», Arch. Douai.) 

Cf. FOULERET. 



FOULEXCNIEn, TOir FORt.OinNIKR. 

1. FoiTLEOu, -pour, -eur,- our, foll., 
adj. et s. m., qui .sort à fouler les draps : 

Moulin fouleoiir. (1390, Denombr. du 
haut, de Constsntin, Arch. P 304, f» 24 v°.) 

Troiz moulins, deux a blez et un foulour 
a dtapz. {Ib.,!" 34 v.) 

Deux moulins foulmtrs a draps. (1413, 
Denombr. du baill. de Caux, Arch. P 313, 
f» 99 vo.) 

— Machine qui sert à fouler les draps : 
Puent faire au molin un bator ou .i. fol- 

lour. (1274, Theuley, Arch. H. -Saône, 
H 814.) 

2. FoiiLEOu, - eur, fol., s. m., celni qui 
foule le raisin : 

Item dit aussi qu'il est en saisine d'avoir 
toutes les esnes de la vendange de onze 
arpents de vignes que le roynostre sire so- 
loit avoir séant ou clos le roy entre Bois- 
commun et St Loup, sitost que le foleur 
estoit hors et que la dite vendange estoit 
folee. (1393, Faits et articles du concierge 
du chastel de Boiscommun, ap. Le Clerc ile 
Uofiy, Arcli. Loiret.) 

— Fig., celui qui foule, qui opprime : 
Le duc de Bourgoigue les queroit a fou- 
ler et les fouloit fréquemment, qui encore 
estoit son fouleur ; pourquoi ne pooit il 
quérir la foule aussi de son fouleur juste- 
ment et a honneur sauf, qui fouloit tous 
les jours ses amis et ses serviteurs en tout 
ce qu'il pooit avoir d'affaire. (G. Chastell.. 
Chron. des D. de Bourg., III, 123, Buchon.) 

foi;leu, foler, foHer, verbe. 

— Act., estropier, mutiler: 

Qui folleroit homme. (1230, Ilist. de 
Metz, III, 199.) 

— Maltraiter: 

Folé vus ont et batn etiaidi. 

(Les Loh., ms. Montp., f» 60".) 

Par tont en alai la novelle (de sa faute) 
Tant que pcre et mère lou sorent, 
Kt li parent grant duel en orent. 
Moult l'orent vil, moult la folerenl. 

(Vie des Pères, Ars. 3641, f" 4"-) 

Onques n'ama gins ne depors. 
Tors seul tornoier et joster, 
Cevaliers laidir et foler. 

(l'arlon., 7G28, Crapelel.) 

Par après ce ta dois veer 
Qui leiz vous se vendra seer 
Que il ne foule ne ne grieve 
Celle pour qui ton cuer s'csiievc. 

(Clé d'amour, p. 19, Tross.) 



.c. diable ont il tant de gent pris 
Uni si me foleni ma terre et mon pais. 

(Les Loh., ms. Montp., 1° KT*.) 

— Au sens moral, outrager : 

Pour y estre gardée l'auctorilé et hon- 
neur du roy, qui y a esté gran(lenient/o(/<^. 
(Proc.-verb. des séanc. du cons. de reg. de 
Charles VIII, p. 233, Beruier.) 

— Absolument, se livrera des violences, 
à des ravages : 

Car li Fr.ioçois pristrent a révéler, 
I.i uns sor l'antre gnerroieret fuler. 
U'.oron. Looys, 2044, Jonck., Guill. d'Or.) 



— Foulé, part, passé, fatigm' : 
Ce voyans les dits seigneurs quo la dicte 
Pucelle estoit fort folee, la menèrent en la 
ville pour soy refreschir. (Chron., du siège 
d'Orl., Vat. Clir. 891, ap. ,1. Quicherat, 
Procès de Jeanne d'Arc, V, 293.) 

FOULEREis, - eiz, adj,, qui sert à fouler 
les draps : 

Medietatem unius molendiui ad folan- 
dum pannos, gallice foulereiz. (1307, Liv. 
Rouge de la Chambre des comptes, l'»S09«,) 

JMoulin foulereiz. (1317, Cart. du Chap. 
d'Evr., II, 363, Arch. Eure.) 

FouLEUESSE, - oreche, adj. f. î 
Tere ronge et fouloreche. (1281, Beg. aux 
bans, Arch. S.-Omer AB xvill, 16, n" 470.) 

FOULERET, - licret, foull., adj.. qui sert 
à fouler les draps : 

Les moulins foulerez. (1298, Ordonn., 
Dupuy cxxxiv, 43, Riuhel.) 

Deuz moulins fouleres. (1318, Privil. des 
drapiers de Gray, Ane. Chambre des 
comptes, G 73, Arch. Doubs.) 

Assenés sus les molins fouleres. (1319, 
Becette du C" de Blois, Arch. Klv 296, 
f» 9 r».) 

Molins foulleres. {Ib., î" 13 r°.} 
Moulin foulieres. (1326, Arch. JJ 64, 
f» 248 r".) 
Moulin fouleres. (Ib.) 

Des moulins foulerez. (4 mars 1362, Chap. 
de Chartres, c. xxx, A, 8, Arch. Eure-et- 
Loir.) 

FOULEniE, foull., fol., s. f., licu OÙ il 
y avait un moulin fouleur : 

La foulerie de Saint Ayoul. (1300, Cart. 
de CailL, ms. Provins, f» 86*.) 

Plusieurs fouleries sont indiquées dans 
le Censier des Cordelières de Provins, 
1314 et 1313. 

Des cens nouvelement aquis sus les 
murs de le foulerie. (1319, Becelte de la 
Clé de Blois, Arch. KK 296, 1° 1 v.) 

Une foulerie appartenant ans diz reli- 
gieux. (1340, Arch. JJ 73, f»233 v».) 

Un clos assis en la paroisse de Sainct 
Sauveour le viconte eu la Foullerie. (Mardi 
av, S. André 1333, Ch. du garde du sceau 
de la vie. de Valognes, abbaie S.-Sauv., 
par. S.-Sauv., Arch. Manche.) 

Folerie d'Orléans. (1409, Bec. de J. de 
liaizranz, Arch. Loiret.) 

— Métier du foulon : 

Mestier àe foulerie etdrapperie de draps. 
(1466,S(at. des Drap, de Bourges, Ord., xvi, 
347.) 

— Lieu où l'on foule le raisin : 

Aussi tost cjue le raisin est porté en la 
foulerie et mis en cuve, le fouler très bien 
aux pieds. (Belle-For., Secr. de l'agric, 
p. 84, éd. 1577.) 

Près vostre cuisine continuerez vos 
pressoirs et fouleries. (Likd.ault, Mais, 
rust., 1. I, c. V, éd. 1397.) 

— Action de fouler, d'écraser : 
Batterie, foullerie, ou secouemeut. (N. 

DE liRIS, //lS((t!({., f» 77 r».) 

Les f^laçiius toniboient de toute violence 
et im|ietuositi'', en aorte qu'ils froissoieut 



FOU 



FOU 



FOU 



n3 



les loictiires des bnstiuients, chose mui 
donua et retripliqua telle frayeur aux dits 
niovnes de voir une fouierie si repentme 
{Ch'os. mem. escr. par Richer, p. 35, Cayon.) 

FOLXESTAIGE, VOir FoRF.STAGE. 

1. FOVLEun, s. f., vive douleur, pro- 
fond chagrin : 

An coenr senli mortelle donlenr, 
La mort me faict irreffc fonleur. 
{Actes desapost.. vol. I, f° liS'', éd. 1.H3'.) 

2. FOii.EUR, voir Koi.on. 
FOULEURE, - ure, - uire, foluyre, s. f., 

droit sur le battage du blé : 

Je puis modre es diz molins sanz mutuire 
et batre a batour des diz molins sanz paier 
fouluire. (Nov. 1284, Ch. des compt. de 

Uole, — , Arch. Doubs.) 

— Lieu où l'on bat le blé : 

Ou dit bois ainçois que passé eussient 
lou leu c'on dit en la Foluyre. (21 avril 
1290, Trêve, Arch. mun. Besançon.) 

— Ce qui est foulé aux pieds : 
Scabeau des pieds des hommes, foulure 

des Anglois, et le torchepied des Sacque- 
mans. (G. Chasiellain, Adv. du Duc 
Charles, vu, 325, var., Kerv.) 

— La trace des pas, la place que les 
pieds ont foulée : 

Kt sçavoit 
Sans avoir ven le cerf qnelle teste il avoit, 
En voyant seolemcnl ses erres et fouleures. 
(Rfi\s., les Vers i'Eurym. et Callirée, Stances, 

Bibl. elz.) 

En patois picard, on dit folure pour 
blessure, comme affolvre. 

FOULEYS, voir FtJEILLIS. 
POULG.VGE, voir FOUAGE. 

FOULiER, s. m., pressoir : 

Et par lele manière que, qant je yourré 
vendanger, je ne puis fere foulier ne 
mètre fouleur on la couve, tant que l'auré 
fet savoir n leur message, (1265, Arch. S 
3175, pièce 46.) 

FOUMERET, voir FOUI.ERBT. 

Foiii.is, voir FocLEis. 
pouLisoN, voir FotJLOisoN. 

1. FOlibi-vuT, s. m., celui qui foule 
qui opprime : 

Mais se bonne paix vient en règne, 
Ainsi tjae brief non» espérons, 
Justice qni gnieres ne règne 
Ira rhercher en la garenne 
Les fotillars et les Inpperons. 
(Poés. allrib. à Cl ilarol, Didier présenté i 
M'"' de Hassan an rel. de France, V. :tSI, éd.) 

nsi.) 

2. FOlILI.,AHT, voir FUEILI.AHT. 

FOiJM^E, voir Foule. 

FOULLETIER, voir FOLKTIER. 

POUi.LiE, voir Folie. 
pot'i.Mz, voir Fouleis. 

KOULLOUEHE, Voir FOULOIRK. 
T. VI. 



FOibOiR, V. a., mot douteux qu'on 
rencontre au sens d'empêcher : 

Ils auront regard, correction... surlcisdils 
pauvres escoliers. Sans toutesfois fnutoir 
la correction du niaislre du collège. (Pièce 
de 1494, Felibien, Hist. de Paris, Y, 7 1^.) 

Foiii,oin\i,-oitere,-oere,fol., fouU.,s. f., 
cuve où l'on foule le raisin : 

Une cuve et une foloere que il avoient 
ou dit pressoer. (Ch. de 1292, l'Epau, Arch. 
Sarlhe.) 

La foloire {Gloss. héb.-fr., M\e.) 

.vil. cuves, .1111. foulloueres en bon estât. 
(1397, Arch. MM 31, f> 242 v».) 

Pressouer,cusves, /'ou/oHeres. (3Juin 149(5, 
Vente de Chenonceau, ap. Chevalier, Piéc. 
hist.) 

Mis six sercles sur les deu.x foulloueres. 
(1547, Compt. de Diane de Poitiers, p. 26, 
Chevalier.) 

Choisi qu'on aura la vendange pour le 
viu blanc, ou la reposera dans la. cuvette 
ou fouloire, pour 14 aussitost estre foulée 
au pied, et le mousl en provenant porté 
dans les tonneaux. (0. de Serres, Th. 
d'Agr.,Ul, 8, cd. 1603.) 

Trois cuves, une foulloire, et deux fu- 
tnilles. (Pièce de 1597, ap. beauvillé. Doc. 
inédits sur la Picardie, W, 376.) 

FOiiLOisoN, foulison, s. f., action de 
presser, de fouler, d'écraser : 

Traient espessemenl et font grant hnison, 
Li Tnrc et li Persanl fisenl grant foulison. 

(les Chelifs. Itichel. 12;i58, !" 110^) 

Foulaison a été repris au xix' s. : 
J'y trouvais bien du dérangement et de 
la /'ôttJaison ; c'était comme si une cin- 
quantaine de personnes vivantes y avaient 
passé. (G. Sand, Mess, de Dois Doré, II, v) 

FOULOi.EU, voir Fueilloleh. 

FOULON, S. m., cauchemar, mauvaise 
intention : 

Résistant au mauvais foulon, courage et 
assaux. (1474, Arch. JJ 204, pièce 90.) 

Ce qji un foulon on coquemare on nomme 
Surprend les yeux au milien de Icnr somme. 
(Passf.bat, El/igie d'Am.) 

FOULOR, voir FOLon. 

FOULORECHE, VOir FOULKRESSE. 

FOULT, voir Faut. 

FOULUIRE, voir FOULEURB. 
FOLÎMEROIT, VOlr FCMEROI. 

FOUNABLE, Voir Faonahle. 
FouNCEL, voir Faoncel. 
FOUNDOUR, voir Fondeor. 
FouNEMENT, voir Faonement. 
FoiNiQUE, s. f., phénix : 

F,n telle amitié vous estes la fimniqiie. 
(Trotërei., les Corric, I. 3, Ane. Th. fr., VIII, 

as.) 

FOUPE, S. f., sorte de menu poisson : 

Tnielz, /■o«p«, chardon, sonnace. (1432, 

Pnncarl' de péage, ap. Mantellier, March. 

fréij., 111,220.1 



i-otipiit, voir Flaplr. 
FoiiyuE, s. f., troupeau : 

liharogneuse paslure aux fouques vagabondes. 
(IIahdï, t>ii , IV, lu.) 

Cf. FoLC. 

FOUQUEL, S. 111., troupi', troupeau : 
Si s'asambloient par places, par mous e( 

par fouquiaux. (Fnoiss., Chron., I, 389, 

Luce, ms. Amiens.) 
Chil de l'oost se conmencierent a deslo- 

gier, et a eiils départir par /OMçiaMS. (II)., 

ib., 11, 274, Luce, ms. Rome.) 

1. FOUQUEii, V. a., frapper violemment: 
Fouquer, to finger. (Cotgr., éd. 1611.) 

2. FOUQUER, foucquer, v. a., disperser 
un troupeau : 

Foucq signifie delict dommage, et ce 
qu'on ait interest, dont vient le verbe 
foucquer et effoucquer. (Note de l'éd. 1611 
de la Somme rur. de Bou'.eiller, p. 506.) 

1. FOUQUET, foucquet, s. m., sorte de 
jeu dont Le Duchat donne la description 
suivante : « Voici comment j'ai vu prati- 
quer le jeu de fouquel à des païsans. Us 
préiienl une poignée de filasse qu'ils 
tordent en long, et qu'ils se fourrent par 
un bout dans l'une des narines, mettant 
le feu au bout d'en bas de la filasse. Le feu 
monte. Eux cependant disent toujours 
fouquel, fouquet, et souflenl en même 
tenis par la narine qui est libre, en sorte 
que ce double vent empêche que le feu, 
qui gagne le haut de la filasse, ne leur 
brule ni la bouche ni le nez. » 

La jouoyt, au flux,... au j'en suis, a fouc- 
quet. (Kab., Gargantua, cii. 22, éd. 1542.) 

Et seront en figure trigoue equilaterale 
ou grand temple de Paris, ou au mylieu du 
pervis posées ces trois pierres mortes en 
office de extaindreavecques le nez, comme 
au jeu du foiiquel, les chandelles, torches, 
cierges, bougies, et flambeaux allumez. 
(ID.,1. iV, éd. 1532.) 

2. FOUQUET, S. m. î 

Quant on les veiilt mètre hors, 
C'est pis qne la pitié fouquel 
Des pitenx regretz qn'ilz font lors, 
(ta Hesolulton d'Amours, Poils, fr. des w' et 
xvi=s., XII, 3111.) 

1. FOUR, voir Forc. 

2. FOUR, voir Failx. 

3. FOUR, voir FuEB. 

4. FOUR, voir FUERRE.' 

1. POURAGR, voir FoHRAGE. 

2. FOURAGE, S. m., métier de fourreur : 

Nulz de ceste ville ou do dehors ne pour- 
ront fourrer ne lever ledit mestier de fou- 
rage, soit en cambre ou ailleurs, que pre- 
mieremeut ilz ne aient passé maistre. 
(1489, Stat. des vayriers fourreurs, Reg. 
des stiit., p. 340, Arch. mun. Abbeville.) 

3. FoURAGB, voir Forage. 

FOIJRAGE.MENT, VOlr FûBHAGEMRNT. 
FOUKAUIÉ, voir FUHAGIÉ. 

15 



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FOU 



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FOU 



FOUI» VIN, voir Forain. 

FOURAb, s. Ml., mesure contenant le 
sixième da bichet, en la prévôté de Bou- 
conville : 

Les rentes de Saizerey appellees les fou- 
raulz se paient chascun an au jour de la 
sainct Remy, et en ycelles rentes les 6 
fouraulz doieni faire ung bichet. (1409, 
Arch. Meuse B 1323, f 34.) 

On heust bien recullies la firalle en des 
fosses cf dites viiines a foiiral et a bicbat. 
(J. .\uBRiox, Journ., an 1476, Larchey.) 

FOURAN, voir FORAI.N. 
FOURBAXIK, voir FORBAXIR. 
FOUIIBARRER, VOir FORBARRER. 
FOURBATRE. VOir FORBATRE. 
FOL'RBET, voir FORBKT. 
FOUKBEl'Il, voir FORBEOR. 

FOURBI, S. m., pris an Bg., dans 
l'exemple suivant : 

Il p«r'1 qni meconle au fourbi. 
(J.-A. DE Baif. les ilimes, I. Il, P U v°, éd. 
If.l9.) 

FOl-RBIR, voir FORBIR. 

FOLIiniSSANT, voir FOHBISSANT. 

KOI RBISSEMEXT, Voir FORBISSEMKST. 

KoLiiBo.NDiR, V. a., sauter dessus; 
tig., écraser : 

On nons a si bien fourtondis 
Qne n'avons plus pile ne croix, 
Liu de camp, meable. ne thaadis. 
(L'Atf ilaria des Espagn., Poés. fr. des w" et 
Vïi* s-, IX, lOiî.) 

FouRBOT, S. m., tumulte : 

Et qui fourbot u assanlee feroit, il seroit 
a sissante sauls a nous et a cbiunch sauls 
a le draperie essancliier. (Charte du comte 
Guillaume I de Hainaul. du 2fi juin 1310, 
pour la draperie de 3lons, Arehives com- 
munales de .Mons.) 

FOURBOuiLLi, - loitlly, S. Hi., bouilli : 
FourbouUy. It. Carne cotta nel suo 
brodo. (Ju.N., Somencl, p. 69, «^d. 1377.) 

POURBOLiLLiii, - boulir,bouillyr, v. a., 
faire bouillir: 

Ledit bouriel le décapita et mist en .iill. 
pièces, lesqucles il fourbouli par le conj- 
mandemeni a lui fait. (Chron. des Pays- 
Bas, de France, etc., Rec. des chr. de 
Fland., III, 324.) 

Le .Marianne condempné a lx a. de ban 
enfraint pour avoir trouvé en sa maison 
ung lièvre fourbouly et lardé non diane 
d'entrer en corps de personne. (1480, Lille, 
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Ronchi, fourboutir, blanchir des lé- 
gnmes, des herbages. 

FOURDOULIR, voir FonRBori.iiR. 

FOURC, voir FoRc. 

rOfRCAXGIER, voir FORCHANGIKR. 
FOURCE, voir FOURSE. 
FOI.'RCEL, voir FOBCEI.. 



Fornr.F.i.F,, voir Forcei.k. 

1. POCHCELER, voir FOBCELKH. 

2. FOURCELER, VOir FORCILLIER. 
FOURCELET, VOir FORCELKT. 

ForRCF,i.r, voir Forcelu. 

FOLRCEMENT, VOir FORCE.MENT. 
FOURCENERIE, VOir FORSENERIE. 
FOL'RCER, voir FOURSER. 
FOURCEURE, VOir FORCHEURE. 

FOURCH, voir FORC. 

FOURCHAGE, VOir FORCHAGE. 
FOURCHE, voir FORCHB. 
POURCHEE, voir FORCHIEK. 
FOURCHEFIERE, VOir FORCUEFIERE. 
FOURCHEGERBES, VOir FORCHEGERBES. 
1. FOURCHEL, voir FORCEL. 
i. FOURCHEL, voir FORCHEL. 
FOUKCHELER, VOir FORCELER. 
FOURCUELU, voir FuRCELU. 
FOURCHENER, VOir FORSENER. 
FOURCHERON, VOir FORCHERON. 
FOURCHEROT, VOir FORCHEROT. 
FOURCHETTE, VOir FORCHETE. 
FOURCHEURE, VOir FORCHEURE. 

FOURCHEVAUCHIER , - cier , V. a. , 
rendre fourbu : 

Lambert Bontry fait .idjourner .lehan 
Croyer, pour sept salus d'or, a ce que par 
son fait un cheval que le dit Lambert 
bailla a louage au dit Croyer, lequel a le 
dit cheval fourchecaucié, par lui faire por- 
ter a deux, et tellement 1 a travaillé que le 
dit cheval est tout esrené et ne s'en poet 
aidier. (18 sept. 1434, Reg. aux Actes et 
sentences, f" SO, Arch. raun. Douai.) 

FOURCHIË, voir FORCHIÉ. 
FOURCHIELLE, VOlf FORCELE. 

FouRCHiER, voir FORCaiER. 

FOURCHIEURE, VOlr FORCHEORE. 
FOURCHILLON, VOir FORCHILLON. 

FOURCHIXE, voir Froncine. 

FOl.RCHIS, voir FORCHEIS. 
FOURCHON, voir FORCHON. 
FOURCIE, voir FORCHIEE. 

FOURCIBL, voir Force r,. 

FOURCIER, voir FOURSIEH 
FOURCIERE, voir FOCRSIERE. 
FOURCLORE, VOir FORCLOBE. 
FOIîRCLOSE, voir FORCLOSB. 
FOURÇOIIEU. voir FOHÇÛIEH. 



FOURCOMM VNDEU,VOirF0RC0MMA.\nER.I 
POUIICO.MM.VNT, voir FORCOMMANT. 

Foi'iicoMPTE, voir FonCOMPTE. 

FOURCOMPTF.Il, VOir FORCONTER. 
FOURÇON, voir FORCHO.\. 
FOIRCONTER, VOir FORCONTER. 
FOUIICORRE, voir FORCORRE. 

FOfRCOCRS, voir FORCOnRS. 
FOURCOURSE, voir FORCOURSE. . 
FOURCRY, voir FORCRI. 
FOURDBRAINE, VOir FORDINE. 

FOURDiAN, adj., forme dialectale de 
foudroyant : 

Kt Tîeng veoir le fourdian oraige 
Chea sur moy. 
(ta Compl. de Dignani, Anal, leod., v. ^i, Chron. 
belg.) 

FOURDINE, voir FORDIXE. 

FOURDINIER, voir FORDINIER. 

FOURDRINE, Voir FORDINE. 

FOURDRINIER, VOir FORDINlER. 

FOURDROIEUH, Voir FOODROIEDR. 

FOIÎRDROYEUS, VOÏr FOUDROIEUS. 

FOURDROYEUSEMENT, VOir FOUDBOlF.f- 
SE.VE.NT. 

FouRE, voir Fderre. 
FOURÉ, voir Férié. 
j FouRENTENDU, adj., inintelligent : 
Ce TOUS pen trop pou ponrfiter. 
Pois que vo gorge piauchelue 
Pert par dame fourentendue. 
(.Ieh. d'Estruen, Chans., Soheler, Trottu. heig,, 
nouT. sér., p. 124.) Ms., fonrestendve. 

I FOURER, voir FOBRER. 

I FOURET, S. m., fourneau : 

Pour refaire le fouret de la cuysiue. 
(1384, Arch. MM 31, I» 4 v».) 

FOUREUR, voir FORREOR. 
FOUREURE, voir FORREUHE. 
FOURFAIRE, voir FORFAIRR. 
FOURFAISEOR, Volr FORFAISEOR. 

FOURF.viTURE, voir Forfaiture. 
FOURFESTE, S. f., toiture en saillie : 

Et sur lesdis montans fourfeste de .xiill. 
pies de long. (1442. Dec. de carpenierie, 
Arch. mun. Béihune.) 

Feste et fourfeste. (/6.) 

FOCRFiiiANCE, - fuyauce, - fuance, voir 

FORFCIANCE. 

FOURGAGNER, VOir FOURGAIGNER. 

FouRGAiGNEMENT, S. m., saisie on 
confiscation d'un bien : 

Le créditeur rentier ne peut procéder ' 
a la rlislraclion ib' son liypothequi' |';i- 



FOU 



FOU 



FOU 



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Èi'ule Pt decrel jiidiciain^, mais bien par 
éviction el fourgaignement d'icelle. {Coût. 
de Lessines, xil, 1, Noiiv. Coût, géu., 
II, 218.) 

FOL'RGAiGXEK, - gagner, v. a., saisir, 
faire vrtndre, en parlant des biens d'un 
débiteur insolvable: 

Et si l'oblipé ou possesseur dudil héri- 
tage après ladite signification faite, estoit 
défaillant et dilayant de payer et satisfaire 
l'espace de quinze jours, en ce cas le ren- 
tier ou son procureur sera par ledit 
mayeur a l'ordonnance des eschevins re- 
mis audit héritage, pour en jouir de la en 
avant comme du sien, aux charges anté- 
rieures a sa<lite rente : sauf qu'en dedans 
l'an le propriétaire ou possesseur dudit hé- 
ritage le pourra recouvrer, en payant au- 
dit fourgaignant tous arrierages et des- 
pens. (Coût, de Vnlenciennes, vu, 44,Nouv. 
Coût, géu., II, '^0.) 

Pour fourgaigner quelque héritage par 
faute de rente non payée, sera requis que 
le haut command soit fait en dedans un 
an de la .■saisine prinse. (Cout. de Namur, 
XVI, ib., 11, 304.) 

Et pour autant que sommes avertis que 
plusieurs créditeurs trop durs et rigoureux 
contre leurs pauvres débiteurs, ont sans 
attendre nostre présente constitution, usé, 
et usent, de toutes rigueurs d'exécution, 
arrests de personnes, évictions d'héritages, 
criées et subbastations, nonobstant et 
sans avoir regard aux très grandes pertes 
d'iceux débiteurs, desquels ils ont fottrga- 
jne'les biens, maisons, terres et héritages. 
(31 oct. 1587, Edit de Philippe U, sur la 
modération des rentes, III.) 

1. FOUKGIER, voir FORGIER. 

2. FOlTIKilEll, voir FURGIEH. 

ForuGOER, voir Forjoer. 

FOIRGOIR, voir FORJOIR. 
FOIIRGUR, voir FORJUR. 

FOURH.vsTER, verbe. 

— Réfl., se bâter à l'excès : 

Si prissent le chemin pour venir celle 
part, et li Franchois apries, tous rengies 
et tout ordonné pour combattre, et ne 
faisoient mies trop grant compte d'iaux 
fourhaster. (Froiss., Cliron., Y, 3o8, Luce, 
ms. .\mlens.) 

— Nout., dans le môme sens : 

nui l'endemain peuist veoir tentes 
abatre, gens fourliaster. (Ffioiss., Cliron., 
II, 82, Luce.) 

Et chevaucierent de premiers tout le 
pas saus fourhaster. (Id., ib., V, 424, Luce, 
ras. Amiens, f 122.) 

FOUUH0ST.\GIER, Voir l'OlioSTAOIER. 
FOURIE, voir FORRKHUÎ. 
l'OIJUIEH, voir FORRIER. 
KOL'RIEKE, voir FORIERE. 
FOUR.IOUSTER, voir FûRJOUSTEB. 

FOURJOYER, voir Forjoer. 

t^OURJUGEMENT, VOir FORJUGE.yENT. 
FOURJUGIER, voir FOBJUGIEU. 
FOL'HJUR, voir FOBJUR 



FOURJUREMIÎNT, Voir FOHJUBEMENT. 
FOURJURER, voir FORJURER. 
FOURKE FIEUE, VOir FORCHE FIERE. 

1. FOIRKIÉ, voir FORCHIÉ. 

2. FOURKIÉ, S. m., empêchement : 
EnsanblealoiCDt et vivoienl. 

Et cil ki (tarder les dévoient 
De tout lor donnoient congic. 
Ne lor faisoient nul fourlié. 
Ne do boire ne de mangier. 
l'"ors d'ia.x ensanble coiichicr. 

(Marie, I.ai de i'Espinr, 3.S, Itoq.) 

FOURt.,ACHURE, S. f. ? 

Se les dites pièces d'cnuvre que feront 
iceulx tnaistres sont corrompues parfaulses 
cordes, faux las, par fourlirures et pour 
fourlachures, iceulx maistres et les ouvriers 
qui les feront seront tenus paier .x. solz 
d'amende. (1492, Statuts des haulelisseurs 
d'Amiens, ap. a. Thierrv, Jlfo«. inéd. du 
Tiers Etat,U, i^6.) 

FOURLAVER, V. a., lavcr à l'excès : 
Se un foulon fourlave un drap, il le doit 
amender de .v. s. a la ville. (1410, Stat. de 
la drap, de Chauny, Arch. mun. Chauny.) 

FOIIRLIGNABLE, VOir FORI.IGNABLE. 
FOIIRLINGNIER, VOir FORLIGNIEU. 

FOURLONGiER, V. a., éloigner, écarter, 
retarder : 

Nous avons ordonné que li maires, 

presens eskievins, prende le sarment du 
demandant, que celli demande il ara faitte 
a boine et juste cause, et pareillement a 
celui qui l'ara congneult, que a juste cause 
l'ara fait ou du moins que fait ne l'a mie 
pour ses loyaulx creditteurs fourlongier. 
li" mars 1417, Charte de la duchesse Jacque- 
line de Bavière, Archives communales de 
Mons.) 

FOURLOUCHIER, V. a., regarder de tra- 
vers : 

S'il voient qn'on les Toellonnllement fourlomhier 
Au mengier et an boire moult tosl en vont grou- 
[chier. 
(G. 1,1 Mursis, li Estas des Scctders, II, 02, Kerv.) 

FOLRMACHE, S. f. ? 

Un charpentier livre une noefve montée 
a vin contenant de largheche parmy le 
croix .X. pies .vm. pans, avoec ce .xxil. 
pies de bourdon et les .XVIII. pies furnis 
de fourmaches. (1430, Lille, ap. La Fons, 
Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

FOURMANGE, VOir FORMANCE. 
I FOURMANTAL,, VOir FROMENTEL. 
I FOURMARIAGE, voir FORM.\RIAGE. 

FoiiuME, voir Forme. 

î FOURMEESIENT, VOir FORMEEME.NT. 

FOURMEL, voir Formel. 

FOURMELE, YOir FORMELE. 
FOURMELER, VOir FORMELEH. 
FOURMEMENT, VOir Folt.MEMENr. 
FOURMENER, VOir FORMENER. 
l-OURMENEUR, voir FORJIENEUli. 



FOURAIENTEE, Voir FhOMENTËE. 

FOUR.MENTEU, VOir FrOMENTRR. 

FOURMENTERESCIIE, VOir FKOMENTE- 
RESSE. 

FOURMENTERIE, VOir FRO.ME.NTERIE. 

FOdRMENTEUS, VOIT FrOMENTEUS. 

POURMENTIERE, VOir FROMENÏIERE. 

POURMENTINE, VOir FrOMENTINE. 

FOURMENTOISON, VOir FrOMENTOISON. 

FOURMER, voir FORMER. 

FOURMESAisiÉ,-e(, adj., mal à son aise : 

Et si ne savoient en quel lieu ne a cui 
demander leur chemin, dont il estoient 
tout fourmesnisiet. (Froiss., Cliron., 1, 
58, Luce.) 

FOURMETE, VOir FORMETB. 
FOURMETURE, VOir FOHMORTCRE. 
FOURMEtTR, VOir FORMEOR. 
FOURÎ\IICAIRE, voir FORMIOAIRE. 
FOURMIEMENT, VOir FoRMIEMENT. 
FOURMIER, voir FORMIER. 
FOIIRMIIER, voir FORMIRR. 

FouRMiR, V. n., trembler, être ébranlé: 

Brail cl requane et mnit, que Inul pu fimrmisl 
[l'eirp. 
(noon de Maience, 1519, A. P.l 

Cf. FORMIER. 

FOIIRMISETE, Voir FORMISETE. 

FrtURVIOIER, voir FORMIER, 

FOURJIOIR, voir FORMOIR. 

FOURMOiRiB, - oi/rie, S. f., meneau d'une 
fenêtre : 

.VIII. aissielles dont on a fait un plan- 
quier pour trachier le fourmoirie d'une 
tour. (1400, Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., 
Bibl. Amiens.) 

Pour le fourmoirie de le grande veraire 
de le nef de ceste église. {Compt. de 1325- 
1523, Arch. Nord.) 

Pour avoir blanchie a la brousse cinq 
/barmoî/nes (faites par un maçon) de ver- 
rières, .XL. s. (1563, Douai, lip. La Fons, 
Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Se disait encore an commencement du 
XVI i' s. : 

A Jehan llanieq, marchant de piere, pour 
une fourmoirie assise le xxvj* juillet 1619. 
A luy encore, pour la livrance d'une autre 
fourmoirie assise au mois d'aoust 1620. 
{Compte de la fabrique de l'Eglise collégiale 
de Sainte- Waudra, à Mons, pour 1620, Arch , 
Mons.) 

FOURMONT, S. m., sorte d'outil : 
Lesquelx deux couples de fer le sup- 
pliant a un hostil dit fourmonl il leva ou 
arracha. (1404, Arch. ,1.1 138, pièce 361.) 

FOURMORT, voir FORMORT. 
FOURMORTUOIRE, Voir FORMORTUOIRE 



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FOU 



R)U 



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■ '(n'iDioitTiitE, voir Formorturk. 

FouKMorv<iiis, voir Formovoir. 

FoiinNAGi:, voir Fornage. 

FOi'RNE, s. f.. cuisson ,111 four; fig., 
|iroi1iiclinn : 

Kl le «onvieannc en la closlare 
Qn'en vain n'as fait la prodoclnr'', 
La fofimr des humaines faces. 
iG. Tu isTBi 1 UN, la Uori du ine Philippe, m, 
i", Kerv.) 

FoiRNEEii, voir Kornieh. 

FOIIRNEL., voir FORNEI,. 
FOlIRNELEf R, voir FORNEI.EUK. 
FOURNEI.LAGE, VOir FORNELAGl:. 
FOl'RNEMEXT, VOir FORNEMENT. 
FOl.RNERAT, VOir FORNERAT. 
FOIIRNERESSE, VOIT FORNERESSE. 
I-OI'RNERON, voir FORNERON 
KOIKNESTURE, VOir KORNETURE. 
FOURNET, voir FORNET. 
FOIRNETURE, voir FORNETDBE. 
ForilMAGE, voir FOUXIAGE. 

FouRNicACiON, voir Fornication. 

FOURNIEI-ET, VOir FORNELET. 
FOrltNIEMENT, VOir FORNIEMENT. 
FOURNIER, voir FORNIER. 
FOURNIERE, VOif FORNIERE. 

poijRNiGER, voir Former. 

FOIRNII.LE, voir FORNILLE. 

FoiiRMij.oN, fournitlun, voir Kohnil- 

I.ON. 

FOI RNIIl, voir FoRNlR. 
FOURNIIION, voir FORNKRON. 
FOURNl.SER, voir FOBNISER. 

foi;rxiss\ble , adj-, riui doit être 
fourni : 

Le roy manda au inarescliai qu'il avoit 
faicl party avec le marchand Obreth, pour 
fournir, des le quinziesme, cinquante 
mille livres, fournissables des le vingl- 
cinquie.-iiiie. (Du Villars, Mém., Xll, an 
1560, Michaud.) 

FOURNISSEMENT, VOir FORNISSKMENT. 

FOURNiTiox, S. t., fourniture : 
Sur le Iiavre fui trouvé du charbon de 
terre bien pour dix ou douze mil livres: 
qui cstoit la fournition de l'yver pour tous 
les aultrcs forts. (Lett. miss, de Nie. Nico- 
lai, géographe du roi, d Mgr Du Duis, 1519.) 

FOIHMTrRE, voir FORNETURE. 

FOi'RNOT, s. m,, petit four : 

Rompuz ung fournol. (4 nov. 1444, /n- 
(orm. par llug. Belverne, (' 15 r", Ch. des 
c.oropt. de Dijon, B 11881, Arch. C.-d'Or.) 

IdIRNilYKR. \iiir FoR.MER. 



FOURNOZ. voir FORNOZ. 

FoLRoiR, v. a., ne pas écouter, ne pas 
tenir compte de : 

Et se uns fourooil leur semouse li es- 
clievin qui apries seroient, doivent le four- 
fet jugier a le seraonse dou bailliu ou dou 
prevost. selouc le record des jures. (RoisiN, 
nis. Lille 266, p. 69.) 

S'il estoit nus qui chou trespassast et 
chou fouroist. (Jb., p. 70.) 

FOUROSTAGIER, VOIT FOROSTAGIEH. 
FOURPASSER, VOif FORPASSER. 

FOURQ, voir FORC. 

FOURQFILLE, Voir FOUUQUEFILI.E. 
FOURQUEFIERE, VOir FORCHEFIERE. 

FOURouEFiLLE, fourqfille, i. f., forme 
altérée de fourchefiere, grande fourche de 
fer : 

Un baston ferré, nommé fourqiiefille. 
(1410, Arch. JJ 164, pièce 239.) 

Louches et fourqfi.lles pour arrachier les 
herbes et ronches des fosses. {Compte de 
1442, Béthuue, ap. La Fons, Gloss. ms., 
Bibl. Amiens.) 

Un baston que on appelle foiirquefille. 
(1463, Arch. .IJ 199, f» 153 r».) 

Se dit encore dans la Haute-Norm , val- 
lée d'Yères. 

FOURQUEIZ, voir FORCHEIS. 
FOURQUEMANT, Voir FORCOMMANT. . 
FOUROUERQUIER, VOir FORCHAROIER. 
FOURQUETE, VOir KORCHETE. 
FOUROUIER, voir FORCHIER. 
POURQUIET, voir FORCHIET. 
FOIRQUILI^ON, voir FOHCHILLO.N, 
FOURQUON, voir FOROHON. 
FOURRAGEMENT, VOlf FORRAGEMENT. 
FOURRAGIER, VOlr F0RRA6IER. 

1. FOURRAL, adj., qui sert de fourrage: 
Certains avenages nommez feurres que 

ledit prince prenoit ou fié et seigneurie de 
nostre dite église en la parroisse de Saint 
Lambert de la Poterie, montaus huit 
mines d'avoines fourraux ou environ, 
desquelles il y a de présent troys mines 
en cadit non paiahles, ainsi que l'on dit, 
pource que les maisons et choses qui les 
dévoient par la fortune de la guerre ou 
autrement sont tournées enruyne. (17 mai 
1453, Compt. du roi René, p. 63, Leeoy.) 

2. FOURRAI,, voir FoUUAL. 

FOURRASSE, adj. ? 

Anssi jo n'anroys pas bon temps . 

J'anroys les mains fourrasscz. 
{Farce de Giiillerme, Ane. Th. fr,, I, 331.) 

FOURRE, voir FUERRE. 

FOURREAU, S. ni., habillement étroit 
des soldats : 

Cinquante soldatz qui tous avoient le 
bonnet rouge ou de vellours, ferré d'or, 
avec la chaisne au col faisant deux tours. 



avec le fourreau, et l'escarpe de vellours. 
(BnANT., Couronn. fr., vi, 106, Lalaune.) 

FOURRECLOsiox, voir Forclusion. 

FOUlîlîEL, voir FORREL. 

FOURREHER, furr., s. m., fabricant de 
gaines et de fourreaux : 

Quiconques vuet estre gainiers, furre- 
liers ne houvrier de cuir bouli. (E. BoiL., 
Liv. des mest; 1« p., lxv, 1, Lespinasse et 
Bonnardot.) 

Rolant le fourrelier. (lo., ib., p. 136.) 

Le fabricant de fourreaux s'appelle en- 
core fourrelier dans le .lura. 

l'OURKKU. voir FOKREU. 
FOURRERIE, VOir FORRfiRIE. 

FOURREST, S. 10., (ourreau : 

Il recouvra une lance et remist son espee 
en son fourrest. {Le chevalereux Cte d'Ar- 
tois, p. 15, Barrois.) 

FOURREUBER, VOir FORROBEU. 

FOURREURIER, 3. m., fabricant de 
fourrures : 

Ariette, fille d'un surnommé Faiiberl» 
pelletier ou fourreurier. (Bourgiteville» 
Rech. de la Neustrie, I, 13, éd. 1588.) 

FOUKRiE, voir Forrerie. 

FOURRIER, voir FORRIER. 
FOURRIERE, VOir FORRIERE. 

l'ouRRiERiE, voir Forrerie. 
FOUUUON, s. m., fourrageur, goujat : 

Pires que dyables et fourrons. (1537, 
Cart., Arch. comm. Albi, 5° vol.) 

POURSAD.IOURNER, VOir FORADJOUR- 
NEH. 

pouRs.vGE, s. m., frai : 

Que nul ne pesche depuis la saiuct Jehan 
Baptiste jusques alaPasque a harnas que 
on appelle muche, qui est pescherie de 
roches, sur l'amende de Ix. solz et le har- 
nas perdre. Et ne doit estre tendu en 
temps de foursage a cent piez près du 
fûursin. (Bout., Somme i-ur., l» p., f" 134», 
éd. 1486.) 

FOURSAIRE, voir FonSAIRE. 

FOURSANER, Voir FORSENER. 
FOURSANNER, VOir FORSAINNIEH. 

FouusE, fource, s. m., (rai : 

On soloil mener fcns comme paiscon leur foiirses 
Et sauvement menoient li mercheant lor tonrses 
(Cr. LI Muisis, li Estas des sectilers, ii, 71, Kerv.) 
Qu'aucuns ne prennent secqueteaux du 
fource de l'année. (Cftart. de llain-, Gxxxiv, 
6, Nouv. Coût, gén., II, l."0.) 

FouRSEC, - sek, s. m., sécheresse : 

Se il avenoit que lidit fosses keisl en 
/'oursefc pour defaute d'iaue ou s'enterast: 
par coulis ou par ravois pour quoy en peust 
venir n piet ou a queval par ledit lieu a el 1 
forteresche de le ville... (1313, Arch. JJ gs, i 
f- 21 v».) 



FOU 



For 



FOU 



117 



FOL'RSECiiiÉ, - qtiié. - kic,- dé, adj., 
sec, desséché, ciuloiiimagé par la séche- 
resse : 

Ki la malff voie lient, 

Celui samble qui se retiont 

Au pel Je la soi( foursecifl 

Pour i;ou k'il cricot que il ne cliiet 

r^QS eu la voie qui est orde. 
(Rado. de Cond., li Contes don pel, 37", Scheler.) 
Comme un homrae mort et une main 
artetike foursechie. {Li Ars d'Am., II, 328, 
Petit.) 

Hous mors et mains foursekie sunt, li 
bons une caroipne et li mains uns sanlans 
de mains. (76.) 

Car par la faulto et effusion de son sang, 
dont tant avoit parti de son précieux 
corps, dedens estoit il tout foursechie et 
tout ayré. {De vita Christi, Richel. 181, 
• 140".) 

Les seaulx de cuir estoient foursequies. 
(1420, Lille, ap. La Pons, Gloss. ms., Bibl. 
.\miens.) 

FouasEK, voir FouRSEn. 

FOIBSEN, voir FORSENS. 
POUHSEN.WLE, voir FORSENABI.B. 
FOUUSENEEMENT, VOM' FOHSENEEMENT. 

FoimsENEij, voir Forseneh. 

FOURSENEniE, VOir FonSENElilE. 
FOURSENS, voir FORSENS. 
FOURSENT, voir FORSENS. 

FOURSEQuiÉ, voir Foursechie. 

FOiiRSEK, foursser, fourcer, v, n., 
frayer, en parlant des carpes ; 

Ces lettres furent faites et kierkies l'an 
ke les wesples et li tahon se conbatirent 
îour le mont de Liban nouante et un el 
mois que les raines foursent. {Ren. le 
Nom., p. 306, Méon.) 

Carpes fourssans. (146b, Péronne, ap. 
La Fons, Uloss. ms-, Bibl. Amiens.) 

Fourser. Conme font les carpes en un 
étang. Parère. Ex Plin. (Nicot, Thresor.) 

Quand les poissons fourcent. (Note de 
l'éd. 1611 de la Somme rur. de BoiileilUer. 
p. 307.) 

Dans la Haute-Norm., vallée d'Yères, 
on emploie le subst. féni. foursée pour si" 
signifler portée d'un animal et particu- 
lièrement de la truie. 

FOinisiER, - cier, s. m., réservoir rem- 
pli de carpes ; 

i;ar trois mères en ctl fowcier aroil, 
Qui do peupler mon estanc gouvernoil, 
Par leur raoien, qui maint bien m'ot rendu : 
Mais ce fourcier est devenu trop froit. 
Dont mon estanc est de tout point perdu. 
IK. ÛESciuacs, Poés., Richel. 810, l" i:i7" : (II, 

189, A. T.) 

FOUHsiF.RE, foitrssiere, foiuxiere, for- 
ciere, frossiere, froissiere, s. t , réservoir 
rempli de carpes : 

Pour regeter le fourssiere de .xv. pies de 
lez tout entour. (1326, Bevenus des terres 
de l'Art., Arch. KK 394, f» 44.) 

.Jiir. d. pour le foursiere des près du 1 
manoir. (1328, ib., r> ol.) i 



Ji! Ti j.idis que j'oy un sr.int vivier, 
Ivmpres lequel avoit une foursiere 
Oui me faisoit mon estanc poisonnier. 
(K. DBsr.iiAMPS, /'»/•<., Richel. 810, f" l.n» ; III, 
189, A. T.) 

Item une forciere et niaroys a mettre 
poisson appelle le petit Uouzelleux. Item 
une autre petite forciere et marois assise 
près la dite meitaerye. (1521, Aveu de 
Bascordes, paroisse de Pruniers, chastell. 
de liomorenlin, np. Le Clerc de Doily, t. I, 
f° 269 r", Arcb. Loiret.) 

2b sols paie comptant, n .lehan le Paul- 
mey, ostelier, demeurant a Sanze, pour les 
despens de luy, le clerc juré Jehan Menoy, 
Thiebault Hasson et Didier le Rebelle, 
tarillons demeurans a Bouconville pour 
avoir esté visiter ung lieu ou boix de 
Wevre appelle la Nauwe La Chivre pour 
faire une frossierle} pour forair ez estaiug 
de Bouconville. (1327, Arcli. Meuse, B 
1B77, f» 65 r°.) 

Ce jourd'huy 16 janvier 1583, entérine- 
ment des .11. lettres de transaction passées 
par Claude de Lafferlé, escuyer, capitaine, 
prevost, recepveur et gruyer de Boucon- 
ville avec les habitants d'AusainviUe pour 
terminer les procès meuz entre eulx et le 
procureur gênerai du Barrois pour la nou- 
velle froissiere érigée au dedans des bois 

de la royne (1S85, Arch. Meuse, B 267, 

f» 239 r°.; 

Près, vignes, estangs, fosses, fourcieres, 
terres, bois, paturaiges. {xvr= s , Bail des 
dîmes d'Acy et Vincy, S. Faron, Arch. S.- 
et-Marne, H 174.) 

— Carpe femelle : 

Et lui iist présenter quatre grans Uix, 
deus foursieres, des oistres. {Lett. de 
Louis Xll, Brux., t. II, p. 40.) 

Pour avoir allé a [lames mener sept 
cents demy de semenche et chincq four- 
sieres pour rapoissonner le grant vivier. 
(1534, S.-Omer, ap. La Fons, Gloss. ms., 
Bibl. Amiens.) 

FOURsiN, s. m., les œufs de certains 
poissons et de certains insectes : 

Car tout aussi c'on voit venir 
Le honnine, contre raison, 
Du tans vilain contre saison. 
Tout ce het que Uns naturaus 
Fet venir, n'est pas ses paratis, 
liais son fonrsin aime et auionln, 
Kt tout ce deslruit et desmonlo 
Ki puetpouriiter et valoir. 
(I>e le Honnine, Richol. 25,ïU(;, P -no i'.) 

Qui est trouvé peschant a cent piez, près 
de foursin, chet en amende de .lx. solz 
(Bout., Soi», rur., 2» p., f» 64% éd. i486.) 

Les ungs (les carpeaulx) devant elle 
aloyent saillant, les aulcuns de costé, les 
aultres tournoyent le ventre desure, les 
aultres ouvroyent la bouche pour avoir 
air. Dont il sembloit a la dame que la carpe 
prcnoit plaisir a avoir son fonrsin. (Hist. 
de Gili0)i de Trasirjnyes, p. 4, Wolf.) 

Arr. de Béthune, foursain, les œufs du 
brochet. Ce mot sert aussi à désigner la 
femelle de ce poisson. H -Norni., vallée 
d'Yères, fourciner, mettre b.^s, parliculiè- 
inenten parlant de la truii^ 

FOIJRSSON, voir FOBCIIO.N. 
FOURTIFFIEMENT, VOir FORTIFIEMENT. 

FOURTiRURE,s. f , acliou de trop tirer; 



Se lesdites pièces d'oeuvre que feront 
iceulx maistres sont corrompues par faul- 
ses cordes, faux las, par fourtirures et 
pour fourlachures, iceulx maistres et les 
ouvriers qui les feront seront tenus paier 
.X. solz d'amende. (1492, Stal. des haute- 
tisseurs d'Amiens, ap. A. Thieny, ,Uo7i. 
inéd. (la Tiers Etat, 11, 4o6.) 

FOIIIITOLIR, voir FORTOLIR. 

FouiiToufiN'OYER, v. a., vainci'c dans 
un tournoi : 

Or il perra comment ceulx de Grèce se 
monstreront en ce tournoy, et chascun de 
nous soit sur sa garde et que nous aydons 
l'ung l'aultre aflin que les aultres ne se 
puissent pas vanter et mocquer de nous. 
Je ne vouldroye pas pourtant que le roy 
Alexandre ne sa gentillesse fussent four- 
tournoyez, jacoit ce qu'ilz soyent preux. 
(Perceforest, vol. 1, <■,. 30, éd. 1528.) 

FOURTRAIEUa, VOir F0RÏU.\li:0K. 
FOURTRAIRE, VOIf FORTUAIRE. 
FOURTRAIT, VOlr FORTRAIT. 
FOURTREEMENT, VOÎT FOUTRAIBMENT. 

FOURTROuvER, V. a., trouvcr à l'iin- 
proviste, surprendre ; 

Si conclurent de la poursievir et atl'ai- 
blir en tant qu'ilz fourrageroient les villa- 
ges, se ainsi on les pouvoit fourtrouver, 
et se ce non, ilz les combateroient en 
quelque estai qu'ilz fussent ratains. 

(MONSTRELET, ChfOU., 11, 204, Soc. (Il' 

l'Il. de Fr.) 

FOURViER, voir FOIIVOIER. 

FouiiviRER, V. n., se tourner: 
Encores estoit le déduit plus grant a 
veoir, car la ou l'eaue clere sourdoit par 
entre deus terres, elle venoit de tel ran- 
don en la forest qu'elle faisoit de la gra- 
velle dont la moindre estoit rubis saphir 
ou esmeraude ou autre pierre de vertu ou 
(le diverses couleurs , entreheurter et 
fourvirer les unes contre les autres tant 
fort que l'on en oyoit le son mélodieux. 
{Perceforest, vol. IV, ch. 48, éd. 1528.) 

POURVOI, voir Foiivoi. 

FOURVOIEU, voir FORVOIER. 
POUIIWACIER, voir FORGAGIEK. 

FOUS, cas sujet, voir Folc. 

FOUSER, voir FOSSEU. 
FOUSERER, voir FOSSUREH. 

FOUSSAIER, voir FOSSOIKU. 
FOUSSEMENT, VOir FOSSEMENT. 
FOUSSEll, voir FOSSER. 
FOU.SSERER, Voif FOSSOHEK. 
FOUS.SET, voir FONCET. 

1. FOUSSEUR, voir Fossou. 

2. FOUSSEUR, voir Fosseur. 

FOUSSEURE, voir FOSSEURE. 

FOUSSON, voir Fosson. 

FOUSSORIER, voir FOSSORIER. 

FoussouER, voir Fossoih. 



ns 



FOU 



Koiissontiiï, voir Fossobik. 

Foi'ssoYE, s. f., syn. .le futaie : 
S»os rnayner oa »voir a memoTro 
Ooiî le* teneurs faisoienl lenr consistoire 
Ed fort boiison, lanJes, haalle fo'issoyi-- 

(f.mxcoRF.. la Chassr du enf des Cfrft, I, 159, 

Bibl. eli.) 

FOissiRER, voir FOSSORKR. 

Frti'STEAi', voir Poteau. 

Foi'TELAiE, fouetelee, s. f., lieu planté 
de fouteaux ou de hêtres; est représenté 
par le nom de lieu, la Fouetelee. (1238, 
Unblemont. Arch. S. 4^96, snppl. n° 1S3.1 

KOl'T EN CUL, voir FOT EN CUL. 



ForTEOR, voir Foteor. 

FOIITERIE, voir FOTEBIE. 

lorTiER, voir Fotier. 
KHTiNEH, v. a., battre : 

Le marpont, qnand sois retourné, 

Ksloil mnchc en qiielqne lien. i 

>e te sçatoii je ! Vertn Dien ! | 

il Ton» fi«-" bien fouliné. 
(Farce de Frère GuUleberl, Ane. Tb. fr., I, 
3M.) 

Pays de Canx. fouUner, s'aninser à des 
niaiseries, être méticuleux, tatillon. 

rovTO\R., foulouer, s. m., sorte de ma- 
chine de guerre : 

Ouant aux basions et instruments de 
guerre, pour l'offence et deffense des 
hommes et des villes, nos gens ont usé de 
tous ceux des Grecs et Romains : car le 
livre de Vegece de l'art de la çuerre fut 
mis en françois par Jean de Meuug. et 
dédié a Philippes le Bel environ l'an 
.MCCC. soit qu'ils fussent plutees (ce sont 
inanlelets ou taudis) pour les aproches, 
dont vient le mot de taudir pour se cou- 
vrir ; de moutons pour abattre les mu- 
railles, appeliez du temps de Charles le 
Simple Carcamousses (ce dit Abon par- 
lant du siège que les Normans mirent de- 
vant Paris, ainsi qu'il dit : Arietes Carca- 
moussas vulgo uominatos Bellier? vulgai- 
rement appeliez Carcamousses.) et au- 
jourd'huv foulouers, car les gens d'arme? 
de tout temps, n'ont pas eu grand honte 
de nommer les choses salles par leurs 
noms) pour l'aller et le venir que l'on fait 
en lee csbranlant affin de heurter plus 
fort. Truves qui csloit aussi espèce de 
/outower, pour ce que tout ainsi que l'ef- 
fort du bi'lier eldu foulouer gist au lieurler, 
aussi celuy du porc consiste au groin, 
ainsi est celuv «lu foulouer,ea la teste fer- 
rée de cesle grande poultre ou Deche de 
bois, laquelle esbranlee avant et arrière 
pour donner plus grand coup, desjoinl 
les pierres des murailles battues. (FaU- 
CHET, Orig. des cheval-, arm., et hér., II. 
1, éd. ton.) 

Le lendemain, les ennemis présentèrent 
devant la tour trois belliers (aue les gens 
de guerre qui n'ont point de honte et ne 
font cas des paroles, appellent foutoirs). 
(ID., Anliq. gaul., r vol., v, 18, éd. 1611 ) 

FOUTRE, voir FûTRE. 

Foi'Tu, adj., exprime l'idée de parjure 
dans l'exemple suivant : 

11 disl de Xlaugiron d'Estisac qu'il es- 
loil nn fanh, mouvais, traître et fuilif et 



FOY 

foutu chevalier. (1416, Arcli. JJ 169, pièce 
448.) I 

FOU^'EE, voir Fooee. 

FOUWiENXE, voir FoniNE. 

1. FOUYER, voir FoUIER. 

2 FOUYER, voir FOUER. 
FOUYERE, voir FOUIERE. 
FOUY'EUR, voir FOUEOR. 

F0V7.IV, voir FoisiL. 

1. FOuzoN, s. ni., petit feu : 
Encor vit li fouzons, oste la pnilhe. 

(Dial. St Greg., p. 208, Foerster.) Ignicu- 
lus. 

2. FOi'zoN, voir Foison. 

FOVETINE, S. f. '' 

j Pour avoir fait le pont leveiz de Loyre 
tout neuf avec la croistoiere et la foveline 
dudit pont. (1389-1392, Compt, de Nevers, 
ce 1, f» 60 v», Arch. mun. Nevers.) 

I FOWALHE, voir FOUAILLE. 

FOY, voir Faulx au Supplément. 

FOYABLE, voir FlABLE. 
FOY'ABLEMENT, VOir FHBLEMENÏ. 

FOYALL, voir Féal. 

FOYAMIENT, VOir FEALMENT. 

FOYALTET, VOir FEALTÉ. 

FOYANSIER, VOir FlANCIER. 

FOYAULTÉ, voir FEALTÉ. 

FOYAUTEI, voir FEALTÉ. ; 

FOY-Avi.E, voir Fiable. 

rOYAVLEMENT, VOif FlABLEMKNT. 
FOYBLBT, voir FOIBLET. 

FOVEMEN, voir FOMAIN. I 

FOYEN'ER, voir FENER. 

1. FOYER, voir FIER. 

2. FOYER, voir FOUER. 
FOYES, S. m. pi., vestiges, traces, pistes 

des bêtes fauves, et particulièrement du 
cerf : 

Aussi luy vueil aprendre qu'il appelle le 
pié dung cerf les foyes et d'ung sanglier 
les trasses. (Gast. Feh., Maz. 514, f" 46».) 

Les piez des cerfs doit il appeller ou 
foyes ou piez. (In., ib., f" 48».) 

FOYMEN, voir FOMAIN. 

FOY'NE, voir FOINE. 

FOYNEAu, s. m., terme de mépris équi- 
valant à peu près au mot goujat : 

Icellui Marin dist au suppliant et autres 
pastours plusieurs injures, cl entre autres 
choses les appela foyneaulx. (1472, Arch. 
JJ 195, pièce 703.) 

FOYNER, voir Fe.ner. 

roY.NET, voir FoixEi. 



FRA 

1. FOYNNER, voir Fener, 

2. FOY.VNER, voir Fenieh. 

FOYNNETTE, VOir FOINKTE. 

FOYON, S. m., sorte d'herbe : 
Foyon doit estre scié ou faulché nn 
temps chault ou serain. Foyon est de granl 
proffit, car les bestes labourans et les 
vaches et brebis en vivent au long de l'an. 
(Frkre Nicole, Trad. du Livre des Prouf- 
fitz champ, de P. des Crescens, f" 131 v», 
éd. 1S16.) 

FOYRANCE, voir FOIRANCE. 

FOYRE, voir Foire. 

FOYSON, voir FOISON. 

FRABAUT, voir Frambaut. 
FRACASSEMENT, S. m.,action de briser 
avec éclat, état de ce qui est brisé : 

Le son de sa ruine et des frac.assemens 
Que font de toutes parts tant de hauts bastimens. 
(Grevis, Troade, i.) 

Lors tu verras comme Mangeguerre se 
rue par les bouteilles et gobelets, et comme 
il se fait un grand fracassement des vais- 
seaux pleins de bon vin. (Hist. maccar- de 
Merlin Cocc., xiv, Bibl. gaul.) 

(La flotte) du roy d'Espagne, sortye de 

Ferroles le xix octobre sous la conduicte 

de Lantade, n'a pas eu meilleure fortune, 

car elle a esté seulement combattue des 

1 Mores tant qu'elle a esté contraincte de 

' relascher en Espagne, avec grande perte 

et fracassement. (l.o97, Lettres miss, de 

Henri IV, t. IV, p. 880, Berger de Xivrey.) 

Fracassement de feuilles et de branches. 

(Jean de Lery, Yoy. au Brésil, i, 16o, 

Gatfarel.) 

' FRACCioN, voir fraction. 

FRACE, S. f., résidu : 
Es fraces des olives, c'est a dire es 
restes des olives après que l'huyle en a 
esté tiré. (Evon., Trésor, c. xii, éd. 1555.) 
I FRACOCALLE, S. f., sorte d'épice : 

Balaustie, fracocalle, noix de Cyprès. 
(ÂBNOUL de Ville Novb, Trésor des Pari- 
vres, f» 139 r», éd. 1381.) 



FBACT, voir Fbaindre. 

FUACTE, voir Fraite. 

FRACTEUR, voir Fraiteur. 

FRACTION, fraccinn, s. f., action île 
briser : 

Les /'raclions et romptures de colfres. 
{Reg. du Chat., Il, 116, Biblioph. fr.) 

Et d'ilecques, eulx transportez par fois 
itératives es hostelx de nous et en lceul^ 
fait et commis par aucuns desdiz particu- 
liers certaines fractions et excès, prises 
manuelles de plusieurs de nos gens et 
officiers. (1413, Ord.,s., 163.) 

— Rupture, infraction : 

Geste droiture (du couronnement au roy 
de France) vouloil tousjours avoir fran- 
chement et sans nulle fraccion. (trr. 
Chron. de Fr., Loys le gros, i, P. 1 ans.) 

Pour fraction de la pai.x. (Froiss., 
Chron., \, 434, Kerv.) 



FRA 



FRA 



FRA 



119 



Vray Pien pnissant. souverain roy îles roys. 
De qni je Toeil garder les saincles loir. 
Sans fraclion. et le comman.iement. 

{net Tnlam., ISSfl", A. T.) 

Par la controvenlion et fraction (iudit 
traité de Peronne. (Lelt. du due de Bourg, 
au grand maistrede France, dans le Cabi- 
net de ioitif XI, c. V, é<\. 1061.) 

Quant le roy, estant a llcsdin, entendit 
la mode de faire de ceux d'Arras, la frac- 
tion de son appoincteraent, et comment le 
seittaeur d'Arsy, aultres nobles et la com- 
munauté faisoient sijîne de tenir pied 
contre lui, il se partit de Hesdin, et amena 
son armée pour les subjuauer. (I. MOLI- 
SKT, Chron., ch. xl, Buchoh.) 

Et fit fraction des trêves prinses entre 
eux. (Id., ib-, cil. XLV.) 

— Bruit d'une chose qui semble se 
casser, frottement violent : 

Par le bruit ou fraclion des harnois, ou 
autrement furent oyz et apperceuz. {Le 
Jouvencel, f'Sav», ap. Ste-Pal.) 

FuADET, s. m., fer d'une petite flèche, 
(er qu'on mettait dans une arbalète à 
jallet; raillon : 

Le fradetlui est demeuré dans la cuisse. 
(Phrase citée dans le Dict. étum. de Ménage, 
M. 1730.) 

De là vient, dit Ménage, que la maison 
de Fradet, maison de Berri, porte d'or, i 
trois raillons ou fers de d.ird, de sable, 
deux et un : 

Et en ceste manière eschapa Bernard de 
Sainct Soubdain, lequel s'en alla a Venoze 
au capitaine I,oys d'Ars, messire Jehan 
Chappiron et quelques autres qui estoyeni 
aux Frades. (.1. d'Auton, Chron., Richcl. 
S082, f" 149 r».) 

pRADous, - eus, adj., pauvre, misé- 
rable, souffreteux : 

Dcsatornes fii et fraduiis. 
Bien sambloit home mf-ndios. 

(\V*CF, Bnil, inil, Ler. de I.inry.) 
Anlre les fradcus fu fradcun. 
Corne mandis et bcsoiiiiDeos. 

(Id., ib., var. do ms. Can^é 73. ) 

Cf. Fbabin et Fraireus. 

FaAEi-, voir Fbeei.. 

PR-VELETÉ, voir FRAILETK. 

PRAER, voir Fraier. 

FRAERESCHE, VOir FRERESP.HE. 
PR.AERIE, voir FRERIE. 

I. PRAGE, adj., fragili' : 

Cesti corps frage et mortel. (BEnsuiiiE, 
T. Liv., ms. SIe-Gen., f»283\) 
Je ne Iny peaz donner autre snlTrage 
Si n'est qne icy en ce bas monde et fragi^ 
Tonsjonrs la plains et «ans fin la regreole. 
'D'AiiTON, citron., lUcliel. :i08-2, f» 2-2» r°.) 

•2. FRAGE, S. m., syn. de subside, pro- 
bablement pour suffrage : 

Taillies, subside, frages. (1398, Anh. P 
1384.) 

PRAGiÉ, part, passé, brisé : 
llanibal est ja quassez et fragiez. (Bkr- 
sDIRJi, T. Liv., ms. Ste-Gen., f» 288''. I 



a. Fn.Kr.K I. 

PRAGii-EMENT, - Ulement, adv., faible- 
ment : 

Etqnant j'enz conftnn& sa simplesae, 

Respondant si frntiillemeni. 

Je prins fn nioy grant hardiesse. 

(Mijsl. de la Pasf., ms. Troyes, f 17 v°.) 

FRAGLANXE, VOir FRAGRANCE. 
FRAGNEE, VOir FRESNÏ.E. 
FRAGNEMENT, VOir KnAlGNEMENT. 

FRAGNiEu.v, - ioux, adj., OÙ il y a 
beaucoup de frênes ; est représenté par 
le nom de lieu le Puy Fragniotix, dans la 
Charente, environs de Brigueil et de 
Montrollet. 

PRAGON, voir Fregon. 

FRAGRANCE, fragl., s. f., odeur, par- 
fum : 

De soatnme de fraglance. 
{De.v.gmâ. B. M-, ms. Reims VA . f 136°.) 

M'es tn pas la flenr eslevee 
Fn plain champ, cela hien je sçay. 
Dont i.i frai^rancc tant pronnee 
Chasse i'offfnce dépravée 
Et la sonltenr de mors prouvée ? 
{Moral, de flalurf et Loij de rigueur, 16, ap. Ler. 
de l.incy et Michel, Farces, moral, et sefm. 
joy., III.) Irapr., /rui^rOT/c. 
Doulx et plaisant pour la verdeur du 
lieu, la venuslé et beaulté des fleurs, la 
fragrance des odeurs, le decours des fon- 
taines. {La Mer des hysloir., t. I, f» 18', 
éd. 1488.) 

Souveraine fragrance (c'est suave, ague 
et chaude odeur) est requise en toute 
quinte essence. (EvON., Trésor, c. xviii, 
éd. 1555.) 

A été employé par un célèbre écrivain 
du xix' s. : 

Les Floridiennes broyaient... des larmes 
de liqnidambar et des racines de libanis 
qui imitaient la fragrance de l'anpelique, 
(lu cédrat et delà vanille. (Chateadbriand, 
Mém., t. II, p. 291.) 

FRAGRANT, adj ., odoraut, parfumé : 
Odeur fragrante n'est autre que bonne 

odeurague quand elle e.st modérée. (EvON-, 

Trésor, c. xviii, éd. 1553.) 

FRAI, fray, s. m., action de briser : 
Par attrition et fray d'une pierre con- 
tenue ausdits reins. (PahÉ, OEuv., .\V, 
i.ll, Nfalgaigne.) 

FUAICHELET, VOIT FRESCHEI.ET. 
FRAICHEUR, VOir FRESCnElH. 

PRAICHIN, voir Freschin. 
FRAiCTE, voir Fraite. 
FRAIEL, voir Freel, 

FRAIELLUZ, VOir FLAELOS. 

PRAIEMENT, fraHemcnt, fraijement, s. 

m., bris, frottement, froissement: 
Con\r!iC\.\o,fraHemenl.{Gloss.deConches.) 
Nous poons oir le cri des combatans et 

le fraiemenl des armes. (Bersuihe, T. Liv., 

ms. Ste-Gen., f» 233'.) 



Par le frayement de deux cailloux et 
force de coups, on faict sortir le feu. 
(N. DB Bris, Institut., f» 48 r».) 

Plusieurs errent aussi en l'usage trop 
fréquent et assidu de setons, en ce que, 
ne s'aecommodans pas a la raison, les re- 
nouvellent toujours, et les font frayer 
aux parois des playes, par lequel /^ra2/«menJ 
causent douleur ausdites playes. (Paré, 
OEuv., IX, VI, .Malgaigne.) 

Se disait encore au commencement du 
xvii° siècle : 

On cognoist l'os estre rompu par le ju- 
gement des sens ; car en maniant le lieu 
fracturé, on trouve les parties de l'os sé- 
parées, on entend un bruit qui vient du 
frayement des os qui touchent les uns 
contre les autres. (La Frambois., CUStt»., 
p. 783, éd. 1631.) 

1. FRAIER, voir FROIER. 

2. FR.AïKR, frayer, freier, fracr, frayer, 
verbe. 

— Act., faire les frais, la dépense de, 
dépenser : 

Soume que nous avons freie outre nos 
richesses. (1260, Arch. mun. S.-Quentin, 
liasse 68, I.) 

Les frais et despens... k'il aront fais et 
fraiies pour l'okison de... (18 janv. 1290, 
Arch. Nord, Chamb. des compt., 3214.) 

Somme de vins fraiez et despendus, 

.xiii. tonniaus. (1346, liercnus des terres de 
l'Artois, Arch. KK 394, f» 36.) 

Iceulx supplians frayèrent et despen- 
dirent la somme de sept cens et trente six 
escus. (1339, Arch. K 47, pièce 38.) 

Ou il a moult fraie et despendu du sien. 
(1360, Charte du roi Jean, Coll. de Champ., 
1, 216, Richel.) 

Pour les bons et agréables services que 
nostre bien amé Renier le Coutelier nous 
a faiz au dit pays de Normandie sur le 
fait de la prinse et recouvrement du chas- 
tel et ville do Saint Sauveur le Viconte, en 
continuant un nn entier et plus, ou il a 
grandement fraé et despendu du sien 
propre. {Pièce du 2 sept. 1H73, Léop. De- 
lisle, Mand. de Ch. V, p. 604.) 

Et tant firent de chascune part qu'ilz 
furent d'accord parray ce que les Sarrazins 
leur donncroient tout ce qu'ilz avoient 
froyé par le vovage. (J. d'Arras, Melus., 
p. 326, Bibl. elz.) 

.lehiin de Mandres, comme prevost et 
reccpveur, a fraie et fine pour Jaquet de 
Reins, secrétaire et procureur de mondit 

seigneur vingt solz. (1413-16 , Arch. 

Meuse B 1332, 1» 30 r».) 

-auquel voyage nous sera nécessité 
moult grandement frayer et despendre. 
(26 juin. 1438, Cédtile du due d'Orl., ap. 
Champollion, Ducs d'Orléans.) 

A la poursuyte duquel despendirent et 
froyarent grand somme de deniers. (ISH, 
Reg. cons. de Limoges, I, 37, Uuben.) 

Les messagers retournèrent devers le 
prince et luy dirent leur message et la res- 
ponce que on leur avoit faictc, dont le 
prince fut moult melencolié : car il avoit 
frayé tout son or et son argent avecques 
sa vesselle, et vendu toutes ses bagues et 
jovaulx pour conduyre ceste guerre. (BOU- 
CHARD, Chron. de Bret., !" 113', éd. 1332.) 

Pour avoir frayé des tables pour le 

boire qu'il a frayé a ceulx qui faisoyent le 



120 



Fn\ 



FHA 



FRA 



jiiiecl. Pour avoir frayé paiD, vin et chan- 
delle. (1362, l)ép. deux jur.,- Arch. Gir.) 

Sans V frayer un cscu du sien. (Mart. 
DU Bellay, ilêm., 1. IV, f i04 v°, éd. 1569.) 

— Neut., dépenser, fournir aux frais : 
Fanlfraier cliascuu an pour cire et oille. 

(1384, Arch. adm. de la ville de Reims, 111, 
601, Doc. inéd.) 

Il n'acoit riens fait fors que frayé et 
despendu grandement. (Froiss., Chron., 
Uichel. 2641, f" 72 v«.) 
Les sableter de lenrs imposti el tailles 
On'on prend snr enli ponr fraier aui batailles. 
(J. BoccHET, Ep. mor.. Il, 1, éd. l.'ilo.) 

FRAiERiE, voir Frerie. 

Fu.\iEUx, voir Freeds. 

FRAïuNACHE, S. (.,lieu planté de frênes : 

Vingt quartiers de pré appelle la Frai- 
gnaehe. {1339, X)#nom6r.,Fonteneau, 1, 118, 
Bibl. Poitiers.) 

FRAIGNANT, fregnant, freinaunl, adj., 
qui se brise : 

rtoa beril tofods a conter 

La seneOance Ireslonle ; 

Sa scmblance est d'iane a la goûte. 

Trop est ennieox et fregnans, 

n'enlailller fijnrcs et nans 

De reoniie laille appartient. 

Il brnle la raain qui le lient. 
(Le Lapidaire, ap. Capperonnier, G/oss. ic l'IIisl. 
ie S. Louis, i" Ennieus.) 

— Qui enfreint : 

Pur ceo qe est freinaunte chose et nia- 
veise. {Lit. Custutn., I, 78, 45, Hen. III, 
Rer. brit. script.) 

FRAIGNE, S. f. ? 

C'est nne 1res maulvaise fraigne 
ne mettre Iroys escns en voye. 
KMoralUi des Enfans de maiiilenaHI , \ar. Th. fr., 
III, 54.) 

KRAIGNEE, VOir FRESNEE. 

FRAiGNBis, - eiz, S. m., vacaiiiie : 
Onens fo après le fraigneiz. 
Des espees le fereit 
.Sor les hcanmes bnrnii d'acier. 
(Br.s., /'. de Korm., II, 33i48, Micbel.) 

Poitou, Vienne, arr. de Civray, Vendée, 
Deux-Sèvres, freignis, blé étendu dans 
l'aire et que l'on se dispose à lompru 
avec le fléau. 

FRAiGNEMENT, fragn., s. 111 , action 
de briser : 

E dist qu'il deperdreit els, si Moyses li 
suens esliz n'estoust en fragnemenl en l'es- 
fiuardement de lui. {Lib. Psalm., Oxf., cv, 
22, Michel.) Stetisset in confractione in 
conspcctu ejus. 

E dist (ju'il deperdreit els si Moyses 
li suens esliz n'esteust en fraignement en 
l'esguardeaieut de lui. (Var. du nis. Ri- 
chel. 1. 768, f» 86 r».) 

FRAiGNEn, fregner, v. a., briser : 

Et bonne amor par tout regnasl, 
Ooe nuovestié ne la fregnaal. 

(Rose. .M>>5, Méon.) 

FRAiGNoN, voir Fbesnon. 
KitAiiEMi:Ni', voir Fmaikmi.nt. 



I FRAUER. voir Fr.\ier. 

FRAI LEVENT, /Vai((fmen/, adv., de ma- 
nière à être facileiiient brisé, faiblement, 
comme une chose fragile, légèrement : 

Teles y a de ces nez qui sont si con- 
fermees que clcs trespassenl par isnel 
cors la parfundeice de ceste ténébreuse 
mer, et teles y a gui sont frailemenl 
jointes si que elês périssent assez près de 
rive. (Vies et mari, des teneur, virges, 
I Mnz. 863, f» 323'.) 

Les barbes de laquelle (fleur) fraille- 
ment s'envolent au vent. (Grevin, des 
Venins, I, 5, éd. 1S68.) 

FRAiLETÉ, frailleté, fraelelé, freilelé, 
I freillelé, frelleté, freillité, fredlelé, fraisleté, 
fresleté, • ei, • eil, .s. f., fragilité : 

! Et warist et defendet uostre fraileteit. 
I (S. Bern., Serm., Richel. 24768, f» 19 r°.) 
1 Mais cornent poroit ceu sentir nostre 
fraiteteiz de Deu k'il de son amor fust 
ensi porpris cum li cspous est de l'amor 
j IVspouse? (ID., ib., t" 91 v».) 

Dnnt que qe pecclie par freileW 
Pecche encanlre sa posté. 
(PiF.KRE iii; Peckam, Uom. de Lnmerc, Biit. Mus. 
Ilarl. 4390, P 20».) 
Mut ama Deus sa créature 
Quant snz si povre cnvertare 
Cum est nostre fredleté 
Benia ouvrir sa deité. 
(Ue Satii. hoiu. dial., I.ib. Psalra., p. 368, 
Michel.) 
Tant nos deceivent noz granz freillelcz 
Que de sei snl est li home encombrez. 
(Rom. des romans, Richel. 1952o, f° U" v".) 
Tant nus deceivent nos gran» freslrlez. 

(;*., Richel. 2.Ï101, f" US r».) 

ijuaut li lions pense dont il vient et en- 
lent et congnoit la vieuté, la frailleté de 
sa naissance. (1279, Laurent, Somme, nis. 
Soissons 208, f- 70''.) 

Et conoist la povreté el la vilité et la 
freillité de sa nessance. (In., ib., ms. 
Chartres 371, f" .37 r°.) 

Puis qu'il connut la frelleté de nostre 
povre nature. (Vie etmir. de phis. s. con- 
fess., Maz. 568, f" 129''.) 

Car nous connoissons si bien la frel- 
leté de la vie terrianne que nous avons 
prant paour qu'ele ne nous face faire au- 
cune chose contre le commandement 
Nostre Seigneur. {Ib., f''139".) 

La chetiveté et In fresleté de ta nature. 
(Ib., fois?*.) 

Li femielc estoit offierte pour le frailleté 
et le feulece du pulle. {Bih. hist., Maz. 
532, f» 49'>.) 

Peine, traveil, tout ccry vous advient 

Par fiaeleli' 
D'avoir en moy prius voslre humanité. 
(Grebak, ilisl. de la pass., 2.S1S2, 0. Paris.) 

Fragilitas, fraisleté. (1434, J. Laoadeuc, 
Catholicon, éd. Aulfret de Quoelqueueranl, 
Bibl. Quiniper.) 

FRAILLEMENT, \Oir FRAILICMENT. 

FRAiLLER, frcsUr, vcrbc. 

— Act., briser : 
I Le suif (des bêtes à cornes) est amassé, 
el fraillé estant refroidy. (Du Pinbt, 
Pline, XI, 37, éd 1660.) 



Si ton brandon, si ton arc, les sagettes 
Sont sans elTait, et si ta les regettes 
Sans assaillir celny que s^ays, et voys 
Fresler ton arc. despriser ta pnissance. 
(Belleforfst, Fahli' dr Narcisse et Eolio.) 

L.T, mailles, avant bras. 

Plastrons et corselets, devant mon coutelas 
Sont [restes comme verre. 

. (I)c P.AFiTAS, .Mit, ï, éJ. 1580.) 

— Rén., se briser: 

Lavraye preuve du bon safran est quant 
il cressine en l'appesant avec la main, 
comme s'il se vouloit rompre et frailler. 
(Du PiNET, Pline, XXI, 6, éd. 1506.) 

— Ncutr., se briser : 

Le sucre candit est une espèce de miel, 
qui s'amasse en certains roseaux, qui est 
blanc comme gomme, et fraille a la dent. 
(DuPiNET, P/tne, XII, 8, éd. 1566.) 

FRAILLETÉ, VOir FfiAILETÉ. 

FRAiLLON, S. m., menues branches î 
Et qui trouvast aucunes feuilles vertes, 
elles feussent jonchées par l'oslel, el la 
cheminée estoit houssee, comme en esté, 
de fraillon ou de aucune chose vcrle, 
(Liv. du Chev. de La Tour, c. cxxii, Bibl. 
elz. ; ms. Richel. 1190, f» 108».) 

FRAIMBAUT, VOir FR.^MB.^UT. 

1. FRAiN, voir Frarin. 

2. FRAIN, voir Frein. 

FRAINCHART, VOir FRANCHART. 
FRAINCHIER, VOÎT FRANCHIER. 
FRAINCHIR. voir FRA^•CHIB. 

FRAiNDRE, froyndrc, freindre, verbe. 

— Act., rompre, briser, renverser, dé- 
truire : 

Murs ne citet n'i est remes a fraindre. 

(Roland, .'>, Miiller.) 

Freint le seel, getet en ad la cire. 

(Ib., m\.) 

Veonz en est a la cit de Valterne 
I.i caens Rollanz, il Vad e prise e fraile. 
(III., 662.) 

I.nr dons espiei eni el cors li mt fritil. 

(II/., 1384.1 
Fiert CarlemaRue snr l'helme d'acier brun, 
Desur la leste li ad frail e fendnt. 

(Ib., 3603.) 

Si a plus vout mener l'ovraigoe, 
Dreiz est Dens le destrnie c frainne. 

lÎBN., D. de Norm., Il, 2415.i, Michel.) 
Parmi la porte entrent li bou destrier, 
l.es arrons frais : n'i a qe peçoier. 

m. de Cambrai, 353:i, A. 'l'.! 

Nt.' veez vos que cist fer sont 
lloit a ploicr, el fort a fraindre! 

(I.a Charrette, Vat. Chr. l"2.'i, f i\'.) 
Poyst l'omne fraynt enfirmitaj 
Toyl li sen otiositas. 
(Alb- w. BKSANtON, Alex., s, Meycr, /(«., 
p. 282.) 

Targcs e escuz freindre. 
(JoBii. Fant., Citron., 1213, Michel, I) deNorm., 



Si que sa hante framt et brise. 

{Florimonl, Ilicbel. 792, f" 26''.) 



FRA 



FRA 



FRA 



121 



Amont ou plus gros i". l'esciit 
Qae tout H a frall et fendul. 

(M., f 2i;'.) 

Aleraaigne oui deslrule el loi les cliasliai fiais. 
(J. BoD., Sflj-., XV, Michel.) 
As pouvres comme lour rcnliers 
Fraiadrai mon pain li'ore en avant. 
(Ueclis de MoLlF.ss, ilmereri-, Itichcl. l.".-21-2. 

f 16 r».) 
Li borjois de la ville i sont venus coranl 
Kt boulèrent a» huis, ses frnnyent raainteuanl, 
Rt gardent | ar Irestol, ses trouvèrent dormant. 
(Aije dWvign.. 2:i3i, A. I>.) 

Quant les lances sorti frailes, traient les lirans 
Id'acier. 
(G. de Bourg., 568, A. I'.) 

Délivres le ecpulchre qu'il ont frail et malmis. 
U'.ham. d'.Ulioche, i, v. 231, P. l'aris.) 

Cairuns a sa lance a lui Irailc, 
Il n'i ot celé qui fiisl frailc. 
(Ren. de Bf.auj., li Biaus Deicimiinis, 3003, llip- 

peau.) 

Uaiiie Diniix /"reiredra les cadres da nioat 
Liban. (Psaut., iMaz. 2.38, f" 33 v».) 

Il depecliieront et frainslrenl les portes 
de réalise. (Le Vie Carlemaine , Ricliel. 
2168, f» 138''.) 

Occis furent les Sarrasins, et la nave 
qui fu fraicle et perciee perist et effondra 
en la mer. (Gr. Chron de Fr., Phelip. 
Au2., II, 5, P. Paris.) 

Je demoliray et fraindray voz autelz. 
(CouRCï, Hist. de Grèce, Ars. 3689, f° 78^) 

— Kmpiéler sur : 

Nous n'avons droit de fraindre les leres 
ne les viles le doien. (126i, Chap. Noj'on, 
Thiecourt, Arcli. Oise, G 1910.) 

— Au sens moral : 

Fraindre devem nostrae volunla?.. 

(Passion, 503, Koschwilz.) 

Biau pechié penat faire se sa loi vansist fraindre. 
(«aiiel, p. 28, G. Paris.) 

Ici me donez tel conseil 
Cum 1*^8 a;,'uaiz ab.ilo e frnine 
One ra'en;;i).'ne Iluun le Maiffue. 
(Be»., I>. de Korm., Il, 180-29, Michel.) 

Dcnioisele, fait ele, fraignies voslre corage, 
Trop avfs hui menée grant dolor et grant rage. 
(AcDipri. u Bisi., Bartsch, Boni, elpasi.. 1, 

!i7.;ie ) 

Cuidiez vos qu'il frainijnent la pcs î 

ilieiiarl, 18o8, Méon.) 

Donlce parole fraini graint iro. 
(.Quatrains moraii.r, x\, tiiii d'un nis. d i xv° s.) 

Sur quoy le roy, qui estoit sage, pru- 
dent, discret et pitoyables, ayant compas- 
sion du pauvre peuple, et de ce qui s'en 
pourroit ensuivre, freingnit son courage 
et cessa sa dite entreprise. (M. de CoiJSSY, 
Chron., ch. cxxi, Bucliou.) 

~ Avec un rég. de personne, briser la 
résistance de, soumettre A ses voloiitës : 

Bien cuide avoir borse trovec 
Frainic la dame el endovee. 
Mes, s'il savoil bien son roraige : 
Plus la fuiroit que venz n'oraige. 
(r.. DE CniNSI. de l'Emperrr. qui garda sa c/;».?/. 
o-lj, ap. Méon, Nouv. Bec, 11, 10.) 

— Neutr., se briser : 

Toi son oscii li foni fraindre et pariir 

CRaihb., Ogier, "i9-2, Barrois.; 

T. IV. 



Quant dcsqu'al cerne l'uoJc alout, 
Ko es le pas s'en retornout ; 
Ou autresi iluec freigncit 
Cum a rochiers e fremisseit. 
(G. DE S. P.viii, M. S. Michel, 3621. Michel.) 

Vn arbre tuert et fraitil do trop sovent ploier. 
(De la Foie et Je la Sage, ap. Jnb., Noiw. Bec., 
Il, 80.) 

Et pnis a la lettre trouvée, 
Leoe l'a et csgardee ; 
Puis en ses pluis la reploia. 
Le seci ne fraint ne brisa. 

(Coiici, 7083, CrapelPt.) 
Kt l'espee fu bonne, qui ne frainst ne piia. 

(Dooa de Maience, 8760, A. P.) 
Et ne fais qu'une poinle pour toy garder 
d'une basse laquelle te demourra destre- 
bort, qui ne paroist point, elle est dece- 
vable puisque la mer sera belle, plusieurs 
fois la tuer fraindera dessus. (P. de Gah- 
ciE, legrayitRouttier de mer, f" 32 v.) 

— Craquer : 

L'en oioit ses os eutreburter ensemble et 
Ireindre et froier l'un a l'autre. {Mir. 
.S. Ludovici, p. 397.) 

— Fig., faiblir, céder, fléchir, être 
vaincu : 

l.e destrecce dcl mal li fait fraindre et aflire, 
Le car taioilre et noircir, le sancel les os frire. 
(Boum.d'Ali.r., C U», Michelanl.) 

Aseir viront lor citez. 

Une par eus n'en fu osz sevrez, 

Fundre e ardeir veiaut lur oilz. 

Si qu'a itant vint lur orguilz 

Qu'il ne se porent mais aidier : 

Fraindre les covint e sopleier 

E crier merci doleros. 
(Bem., /*. de Konn., H, 1020, Mirliel.) 

Par la doceur sotfrir ne daigne 
Ma cbasleé bruisl ci nefiaigne. 
(G. BE Coi.vci, de l'Emprr. qui garda sa chastcc, 
Richel. 231H, f 260.) 

— Se retenir : 

Ors ne lion n'est ne besle sauvage 
Qui lel foiz est ne fraingne en son corage 
De fere mal et ennui cl damage, 
Mes ma dame fet ades son povoir 
De moi (lacune) el de fore doloir. 
(RsTACE'i 1,1 PAINTRES, Chaus., Iticlicl. 815, 
f 132 V».) 

Malgré le manuscrit on pourrait suppo- 
ser : ne fraingne son corage. 

— Frail, part, p.issé, brisé, rompu : 

'tant hantes froides. 

(.Oirl/erl, frag., Arch. Aube.) 
De bien fait ra'uo rendu col frail. 
(Ben., I). de Norm., Il, 13152, Michel.) 
Madien voit fret son escu. 
{Flaire el Blance/lor, 2" vers.. Mil, du Mijril.) 
Burgli assaillirent cil forfet ; 
Bien lost en fut le mcur tut fret. 
(G. Oaimar, CAron., ap. F. Michel, Chr. aniji.-u., 
I, 20.) 

Mult covient avoir dore escorce 
Que n'a le cuer frail et fendu. 

(hiess. (iauimn, 2922, Hippeau.) 

.viu. jors tous plains remest ensi 
Qu'el pais n'ot noise ne cri, 
Hauber( veslu ne escu frail. 

(.Gilles de Cltin, 3837, ReilT.) 
Se aucun aura fait clainour dou sanc 
cruellement espandu ou de membre frait. 
(1304, Franck, de Clairvaux, ix, Arch. 
Glairvaux.) 



I Th. Corneille a encore employé le verbe 
freindre avec le sens de rompre. 

Dans le pal. poitevin, notamm. dans la 
Vienne, dans les Deux-Sèvres, arr. de 
Uressuire et de Parlhenay, freindre, c'est 
épurer le blé dans l'aire. D'après M. l'abbé 
Rousseau, c'est le battre pour la première 
fois ; d'après M. Rondier, c'est retourner 
le blé déjà battu. (Beauohet-Filleau.) 

Fii.viNE, voir Fhes.në. 

FUAiNiN, voir Fresnin. 

FRAiNPiEiiuE, S. f., sorte de plante ; 

Itein, pour garir les pies de faulcon, 
millefieul, saxifrage ou frainpierre. (xv" s.. 
Traité de faulconnerie, p. 77, Martin-Dair- 
vault.) 

1. FRAINT, s. m., synon. de frainte : 
Quant les Sarrazins vouloienl entrer en 

l'ost, il attendoient tant que les frains des 
chevaus et des batailles estoient iiassees, 
(JoLW., St Louis, xxxviil, Wailly, éd. 
1874.) 

L'édition de 1881 porte fraintes. 

2. FRAINT, s. m., branche brisée, comme 
fraillon : 

Il luy bailla ung des frains de dessus le 
pin, el la chasse tant par la foiest qu'il 
prent le cheval. (/,dnce(o( du Lac, 1, f°70% 
éd. 1533.) 

FRAiNTANT, frintaiit, adj., (lui fait du 
bruit, troublant : 

Li saint honnie ne cessent de morlifiier 
soi mimes par l'espeie de la sainte parole, 
en sus del engresserie des temporeiz dé- 
siers, eu sus de le noise des songes ki 
prout ne tinent, en sus de le crior des 
frintanz desturbances, et si soi rc])uncnt 
par dedenz, devant la face Deu. (Lit. de 
Job, Ler. de Lincy, p. 468.) 

FRAINTE, freinte, frinte, frienle, s. f., 
action de briser : 

Grant fu la frainle que li marchis fesoit 
Des arbres granz que li marchis brisoit. 

(Mon. GuilL, Richel. 368, f» 267'.) 
Pour freinte de torses. {Compt. de 1372, 
Arch. mun. Valencicnncs.) 

— Bruit causé par une chose brisée ; 
Li femme Loth, quant elle oi le frainle 

des cites, si se regarda deriere li. {Chron, 
d'Ernoul, p. 74, Mas-Latrie.) 

Li feme Loth quant ele oi le frienle de 
ces chites, si regarda deriere li. (Ilist. de 
la terre s., ms. S. -Orner 722, f* 19'.) 

— Brèche : 

Taudis que il aloit, une nuit, dormir en 
un solier de maison, ils errachierent l'en- 
tablement qui estoit devant son lit. Lui 
qui pas ne le savoil, se leva par nuit por 
laire sa necescité : il chai parmi la frainle 
si raidemeut, que il eut un bras hrisié. 
{Grand. Cron. de France, p. 34.) 

— Bruit étourdissant, tumulte, va- 
carme, en parlant de personnes, d'ani- 
maux, do choses ; 

■Entent \a. fnenle ie» cevals au marchier. 
OlAiMBERT, Ogier de Dan., R28S, Barrois.) 

16 



122 



FRA 



FRA 



FRA 



Grant fa la aoise e grant l'effrei, 
Qoe des loniien, qne del cliarrei, 
One de la frimtf des chevans. 

(Bej(., D. Ile Xorm., II, laGSl, Michel.) 
Quaot il oi la friente d'eus, 
Orrible e ûauiiiiaQi e feus 
Lor sailli loslgole baee. 

(iD., i*.. Il, 36ilS.) 
La noise et le friente et le cri 
Ke li bons chevaus deinenot 
Par SDQ seigDur que perdu ot. 

(M.tRiB, Lai de Gruekul, 'ii, Hoq.) 
La pensé ne soi ellievet mie nz sovraiues 
choses se ele est en cez basses ensoujjie 
continueilnient es frintes des songes, (Liv. 
de Job, Ler. de Lincy, p. 473.) 

Si aniuist tote la frinte de la uialvaisc 
suggestion. (Ib., p. 434.) Impr., fruité. 

Sa mule sur quoi elle feoit fronrlie des 
narilles et moitrne grant freinte, (farceval 
le Gai, I, 17S, Potvin.) 

E)t li ceTaus Amaari li dervé 
A moalt graot friente vers le Huoa meué. 
(lltton de Bord., 1803, A. 1' ) 
Et de la friente de chevai 
Et de la noise des vassaz 
Est li brnis et li tons si grans 
Qne trestos en fremist li chans. 

(burmars le Gallois, "-iG". Stengel.) 
Pons et chancies font Irambler, 
Tant i out grant fratnte de gent. 
(Hdok de Mbrï, Tom. de l' jittlechri.\l , p. -24, 
Tarbj.) 
Sot une frime Ici leva 
De gent ki li est vis k'il Tjenent. 

(Cher, as deus esp., SU, Foerster.) 

Galeot vait vers lui de si grant alleure 
et de fi graut frainle con il pu et dou c)ie- 
val traire. {Gir. le Court, Vat. Chr. ISOl, 
f» 48''.) 

Dirent le friente et le noise de cels qui 
s'en aloient. {Cliron. d'Ernoul, p. 419, 
Mas-Latrie.) Var., frainle. 

Parce que li quien s'engressent de bnier, 
ou qu'il en oient le frinte. (Beaum., Coût. 
du Beauv., c. xxxix, 4«, Beugnot.) 

Multitude de son de eves qui fu si tro- 
blee, ce est, molt, pueple sonant et feisaut 
grant freinte. \Le Comment, en rom. sur 
leSaulier, l-" 137.) ' 

Avoient graut paor de la frainle de leur 
chevaus. [Citron, de S.-Ven., ms. Sle-Gen., 
f» 216''.) P. Va.i><, freinte. 

Li bian destrier qai d'armes sonnent 
Ça et la, acanl et arrière 
Mainent graot fratnte et grant poudrieie. 
(CciAKi, lloi/. lign-, 2(IJ'J-2, \V. et D.) 

Je voeil tournoiier si en pais 
Qn'il n'en soit ni frinte ne plais. 
il. DE CojoÉ, dou blanc Cheval., ms. Tarin, f -21''.) 

Les gardes de le porte et li gette dou 
chastiel, qui tout ce veoient, commen- 
cierent a faire friente, et a corner, et a es- 
mouvoir chiau.'* de le ville. (Fboiss., 
Chron., 111, 114, Luce.) 

Adonc eut en l'ost graut friente. (Id., ib., 
V, 362, Luce, ms. Amiens, f 114.) 

Li François sentirent la frainle des che- 
vaul.x. (Id., ib., VI, 131, var., Luce.) 

Oyrent la freinte de lu venue de Piètre et 
de ses chevaux. (B. du Guesclin, p. 370, 
Ménard.) ' f > 

Et avoient tousjours l'oreille a l'escout, 
pour entendre s'ils orroient ni bruit ni 
friente de chevaux. (G. Chastkm.ain, 
Chron., l, 234, Kcrvyn.) 



Les voix de \ceuls leurs sambloient 
frinte de mer résonant de loing. (FossK- 
TiKH, Cron, Marg., ms. Bru.x. 10312, IX, 
m, 4.) 

Lors que perchevcz les corbeanlz en 
grant nombre eulz assembler en lieu non 
accoustumé, criaus haultement et menans 
iirant friente. {Evang. des Quen., p. 144, 
Bibl. elz.) 

Je rcncontroie mon chat qui me venoil 
au devant, et si oioye après lui friente 
comme de ours ou de vache alant et ve- 
nant de loing après moy. {Ib., p. 133.) 

— Infraction ; 

Et comment porroie drecier 
Mon Tiaire envers leaalé. 
Se j'avoie la feauté, 
Oae ai fait a bone ainor, enfrainte? 
Mes ja, se Dieu plcst, a tel frainle 
Ke sorvendroDt cil enquerrant 
ISe U très félon mesdisant 
Qae par enj^ien ne par nule oevre 
Qu'il sachent fere lor descuevre 
La chose qne je doi celer. 
(La Complainte douteuse, Ricbel. 837, !" \:'>l'.) 

— Fig., faire frainte de, faire bruil de : 

Remeoez lui seurement, 
>e vuilliei de ceu faire freinte. 
Et n'aiez ne doute ne creinle. 
{Dial. de S. Greg., ms. Evreni, f 65^) 

Dans le pat. du Nord, friente se dit en- 
core pour bruit, tumulte. 

FRAiNTER, frinter, frinteir, frienter, v. 
n., résonner, faire du bruit, retentir, faire 
fracas : 

Dunkes comenzat de grande voiz a frin- 
teir et od grant forsens a crieir : Tuit 
vivent ici, ge souz en ceste maison ne puis 
pas vivre. (Dial. Greg. lo pap., p. 38, 
Foerster.) Lat., voce magna perstrepere. 

Mânes frinlet el corage la turbe des 
penses. {Job, p. 439, Ler. de Lincy.) Impr,, 
fruilet. 

Strepere, frienter. {Gloss. de Douai, Es- 
callier.) 

FRAiNTiR, frentir, frendir, v. n., grin- 
cer : 

Hontes, laidnres et afiz 
En frémissant des Jenz li lirenl. 
{Vie des Pères, liichel. 23111, f 7-2''.) 
Il frendisseni comme sanglier. 
(J. LEfEBTRE, Resp. de la mort, Ilichel. 994, 
f IS»".) 

FRAiNTURE, freintwe, s. f., fracture : 
Outre s'en passe (la lance) sanz freinture. 

(fanon., Kichel. I9i;i2, f» ISo^) 

— Fig., infraction : 

Frainture des lois. (Lio, t/e jnoraj., Ki- 
chel. 25247, 1° 97 r».) 

FRAioN, voir Froion. 

FHAIPAILLK, Voir FlUPAlLLE. 
FRAIRAGE, VOlr FRERAGE. 

FRAiRË, voir Frasé. 

FRAIRER, frerer, v. n., se gonfler : 

Des aussi tost que le corps cesse de 
croislre et commence a redonder en sang, 
le sein devient fourny et plein, les mam- 
melles poussent avant l'I frairent. (.louB., 
Err. pop., l" p., v, 3, M. 1687.) 



Les tettes commencent a s'enfler, et 
(suivant le mot grec) frerer,qu'ûn appelle 
eu Languedoc verlillier. (In., «6., v, 3.) 

FRAiRESCiiE, voir Freresche. 

FiiAïuEsciiEOH, voir Frerescheûu. 

KRAiREUR, voir Frereur. 

FRAiREUs, adj., synon. de frarin: 
De Warouz et de Ville, Hosemont li joieas. 
De Berses, Warfesee, Kemexhe li fraireus. 
(Jeb. DES Pheis, Geste de Liège, II, UIO, Chrnn. 

belg.) 

FRAiRiE, voir Frerie. 
FRAiRiN, voir Frarin. 
FRAIS, voir Froais. 

PRAiscHE, s. f., menues branches ? 

lleques assemblèrent espiues et fraische, 
et firent un grant fue. {Est. de Eracl. 
Emp., xxni, 36, Hist. des crois.) 

FRAISCUELET, VOir FrESCHELET. 

FRAiscHET, voir Freschet. 
PRAisciER, voir Froissier. 
FRAisiN, voir Fraissin. 

FRAISLETÉ, VOir FRAILETÉ. 

FRAisNEL, voir Fresnel. 
FRAiSNiN, voir Fresnin. 
FRAiSNis, voir Fresnis. 
FRAissEAU, s. m., variété de frêne : 

Les bourgeons tendres le recréent eu 
esté, et luy baille on volontiers au soir 
un fraisseau a brotter, (Liebault, Maison 
rust., 1, 23, p. 92, éd. 1638.) 

FRAISSIN, /raisin, adj., synon. de fres- 
nin, de frêne : 

A sa grosse lance fraissine 
Avoit .1. f;ontaDoa pendant. 

O'vain, Richel. 1 ;33, f" 33 v».) 
Il portot en sa main sua bordun fraisin. 

(Ilorn, 41)78, Michel.) 

FRAiT, fray, s. mi., grand bruit, tapage, 
au propre et au flg. ; 

Et Jehaos Crespins livre argent 
Et Jehans leur a enconvent 
Qu'il livrera de raubenaillc. 
Car mont ert dolans s'on le taille, 
Chis fera du frait par tout fin. 
(A. DE LA Halle, li Jus Adan, Richel. 255Gi;, 
P -i-i r°.) 

— Bruit que font les chevaux en mar- 
chant : 

Quant la dame ouyt le fray du chevau 
du roy Elinas qui veuoit grant erre, elle 
dist a son varlet : Arrestons nous et atten- 
dons ce chevalier. (J. d'Arbas, JUelus., 
p. 18, Bibl. elz.) 

Il y avoit grant peuple et grans frayz do 
chevaulx. (Froiss., Chron., Richel. 2644, 
f» 243 v».) 

FRAiTE, fraitte, fraicle, frette, frêle, 
freste, fracte, s. f., ouverture, brèche : 

Par la /'raite du nuef jarilin. 

t Tristan, I, 4280, Michel .,1 



FRA 

Une pièce don mur cheo 
Ot el vergier novelemeol, 
Par celé frrie isaelement 
Passe onlre... 
CiinESTiEN, la Charrrlle, Val. Clir. 1725, V 20^.) 

Montez vons en par cele frêle 
Oui est en cele roche fêle. 

(Pereeial, ras. Monlp. H 219, f» 20'.) 
Font enlnr ens an si boen mnr 
Kl lant e^pes el si senr 
One il n'i a perinis ne fraile 
Oqô li lerres, qui toz jorz gaile, 
Qai monlt volentiers si enlrasl, 
>'e pnet Irover par on il pasl. 
(Gi'iLLACKE, Besl. die., 3707, Ilippeaii.) 

Se ïons a la frêle aies 

Qai onlre cliesie forest siel. 

(Itich. li l'iaus, 882, Foersler.'i 
Ne sonent mol qnant embalu 
Se (001 sor ians en nne fraile 
U il faisoient l'eschargaile 
A IV. c. Tars loz armez. 

(Gilles de Chili, 2370, Reiff.) 

Jasc'an verpier renn en sont 
Kl sont entré par nne fraite 
Qne cil de l'osi i orenl faite. 

(Guill. de Palerne, 4B92. A. T.) 
Il nrrachierent IVntableinent qui estoit 
devant son lit. Cil qui pas ce ne savoit sî 
leva par nuit por aler a necessiti^; il chai 
parmi la fraile. (Chron. de S.-Den., ms. 
Ste-Gen., f» 14>.) 

S'en issirent une nuit repostement par 
fraites et par fausses ouvertures. (/&., 
f 144".) 

Nos n'a si sa tor close que tn ne Iraises frêle. 
(Regres de la mort S. Loys, ap. Jomv., Vie de 

SI Loijf, p. 320, Michel.) 

Aucun Sarrazin estoient abscons après 
la voie en une fracle, et subitement lui 
corurent sus. (Chron. de liob. de Viscart, 
II, 10, ChampoUion.) 

Anfractus, fracture, voye, pallice frêle. 
(Gloss. rom.-lat. du xv» s., scheler.) 

— Fig., passago dilTicile : 

Ile las ! s'il «avoit par qnel fraile 
Passer convient amc a mort traite. 
dVr» de le morl. Uichel. 373, f 337".) 

— Levée de terre servant de limite à 
un champ : 

Ki n'ara ses /"caifes relevée.'! dedens l'en- 
trée de may la u on les doit relever, il est 
a..n. s. (1247, Charte d'Onnaing, Ch. des 
corapt. de Lille, 914, Arch. Nord.) 

Ke cele daine Maphe et si oir purent 
leur biestes mener tiestes levées parmi les 
escluses et d'une part et d'nulre, sans da- 
mage faire, et si doivent avoir dame Maghe 
et si oir toutes les saus ki sunt deriers 
leur mes 1res leur fraite, si lonc ke leur 
mes dure. (1272, Cart. de Marquette, Ri- 
chel. 1. 10967, f" 41 r».) 

II disoit que le fraite qui est entre leur 
bois du petit Pinchonlieu et sen bois des 
Alues devoit estre ouverte et desclose. 
(1286, Cart. de Beavprê, Richel. 1. 9973, 

r» 46".) 

Que nuls sans congé de ladicte seigneu- 
rie,., ne fasse fraile, ne empire le v\-ares- 
kaix. (Charles du chef-lieu de Mons, ch. 50, 
a. 15.) 

De ce sont monlt lor gcnt desconforté 
Qne a plains chans ne sonmes ostelé 
On il n'enst ne fraile ne fossé. 

(.Enf. Ogier, 2418, Scheler.) 



FRA 

Disoit le procureur des dits religieux 
qu'ils sont en saisine de relever par eulx 
ou par leurs gens, toutefîois que le cas s'y 
est offert, et il leur a pieu, les frestes e"t 
fosses de leur terre de Monchy du lieu ou 
lieux ou veue a esté fête, et de prendre 
prael ou dit lieu ou veue a esté fête pour 
reffaire lesdiltes fosses ou fraittes. (1325, 
Carlul. de Corbie, 21, ap. Duc, Fracha.) 

l'our fraites refaire au devant des blés. 
(1328, Revenus des terres de l'Art., Arch. 
KK 394, (-• 53 r°.) 

Rabbaltre plusieurs frettes relevées adfin 
que le caroy y peust passer. (1411, Lille, 
ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) 

Entre le nioustior et le frette Dlares- 
quiel. (24 fév. 1446, Flines, Arch. Nord, 
Cod. A, f" 15 r°.) 

— Bruit d'une chose qui .se brise, bruit 
en général, tapage : 

Us ouyrent une grant fraicle de che- 
vaulx. (Lancelol du Lac, t. I, f» 139^, éd. 
1S33.) 

— Fig., difficulté, hésitation : 

Pnnc respnnt li nns d'ens ke ren ne s'en deshde 
Et le konseil le rei et angoisse et recelé : 
Sire, ke volez fcreî Ne fereiz si gnnl frêle 
Ke vns angez a knrt, el poin l'c^pee trete ; 
Kar James ne serreit la mellee ilelTeiie. 
^GAKNrER, Vie de S. Tliom.. Richel. 13513, 
f» 27 r».) 

— Terme de chasse, brisée pendante : 

Tôt ades qnant vons chacercz, 
Fraites et bri.^ees lairez, 
Ansi com je vons ai apris. 
{La Ckace dou serf, Richel. 1593, f° ISS"".) 

Dans la Flandre française, aux environs 
de Valenciennes, on se sert encore du mot 
fraite avec le sens de terre relevée pour 
empêcher l'entrée dun champ. On défait 
la fraite pour enlever la récolte, on La ré- 
tablit ensuite. (Hécart, Dicl. rouchi franc.) 

Morv., frâte, branchage d'un arbre. Poi- 
tou, frette, petite branche. 

Nom de lieu, La Fraite (Seine-et-Oisc). 
Dans la Suisse romande (canton de Vaud) 
le mol frète s'emploie encore dans le sens 
de col de montagne : la frète do Sailles, 
entr<: le Grand Muveran et le Petit Muve- 
ran. 

Cf. Fbaintk. 

FnAiTÉ, voir Fkrté. 

FUAiTEUK, fracteur, s. m., celui qui 
brise, qui rompt : 

Propbanateur de temples, briseur d'ima- 
ges, fracteur d'autelz. (Haton, Mèin., Il, 
550, an 1569, Bourquelot.) 

— Fig., celui qui rompt, qui enfraint, 
infractenr : 

Gens fracleurs d'assourement et de 
sauvegarde de nosfre dit seigneur. (Lett. 
de Jean, 9 déc. 1357.) 

Rompeurs et fraiteurs de paix. (1418, 
Rym., 2«éd., IX, 572.) 

Ils te diront acteur de leur malheur, 
fracteur de leur paix et oysiveté. (Fcsse- 
TiER, Cron. Marg., ms. Brux. 10511, VI, 
IV, 20.) 



FRA 



123 



l'ère des peuples releveur des misé- 
rables et fracteur des orgueilleux (Le 
BAtJD, Hist. de Bret., ch. xii, éd. 1638.) 

Lef([uels nous tenons et desclarons pour 
ennemys .le l'Estat, fracteurs des edits et 
loix conservatrices d'iceluv. (15 avril 1580 
Lett. viiss. de Henri IV, 1. 1, p. 294, Bercer 
de Xivrey.)] " 

Aujourdhuy facteur, demain fracteur 

(COTGB.) 

FRAiTiEN, fraitin, fratin, frastin, s. m., 
bris, fracture : 

Se aucun laye personne, quel qu'il fuist, 
enlroit par violence en aucune des englises 
de Liège et brisa?t et rompist la dite 
englise, se ce n'estoit pour son corps a gar- 
der ou par comune besongne nécessaire 
del ville de Liège, et on s'en plendist et 
prové fuist en vérité, on en iroit avant 
comme de fraitin. (1287, Hist. de Liège, II, 
403.) 

Quiconeques tolrat menbre ou affolerai 
aultruy, ferat frailien, ou venrat a main 
garnie. (24 fév. 1394, le nouveau Jet, Arch. 
Liège.) 

Quiconque ferat fratin, briserai egliese 
de forche. (1424, Hist. de Liège, II, 4W.) 

Quiquionques ferait fraitien, briseroit 
englieze de forche,.. qu'il soit attains de 
son honneur. (J. de Stavelot, Chron . 
p. 198, Borgnet.) 

— Tapage : 

En ce touol et en ce grant frastin. 
(Froiss., Chron., VI, 441, Kerv.) impr . 
frustin. 

Qnant li dns de Braibant entendit le fraslin. 
(Jun. DES Preis, Gesle de Liège, u, 0812, Scheler, 
Gloss. philol.) 

FRAiTiER, V. a., mettre en dépense, en 
frais : 

Tcellui prestre faisoit citer ses parois- 
siens, pour les plus frailier et dommager. 
(1459, Arch. J.I 185, pièce 69.) 

Cf. Fraier. 

FRAiTiL, fretil, s. m., terre en friche : 
Item ung fretil au Seurreaul contenant 

environ la semeure de deux boisseaux. 

(1480, Chartrier de Bussières, ap. Ste-Pal.) 

Comtois, fretil. 

FRAITIN, voir Fraitien. 

1. FR.viTis, fraitijs, fratis, frelis, frestiz, 
s. m., terre en friche, terre qui n'est pas 
cultivée : 

Pour plusseurs horitaiges demores fretis 
et a laborer. (1382, Compte de Bichier de 
Lovencourt, ap. Servais, Ann. histor. du 
Barrois, II, 59.) 

Item a la Noe Blanche environ trois 
journels en frcstiz. Item a la Varrenne des 
liiez environs trois journels en frestiz. 
(1387, Inv. de Jaucourt, î' IC, ap. Ste- 
Pal.) 

Et est le haut chemin, qui est entre la 
crouee de la bergerie d'une part, et les 
terres et fraitys du .lonohery d'autre part. 
(1497, Ms. de Commercy, p. 206, ap. Ste- 
Pal.) 

Terres en friches, versaines, soumarts 
ou fratis. (Coût de Gorze, xvi, U, Nouv. 
Coût, gén., II, 1095.) 



1» 



FRA 



Lorr., frailh : - Torros en frailis, en 
friche et sans maitre. • (Baltus, Suppl. 
au Yoeab. ausiras.) 

i. FRAiTis, adj. 1 

Li cbapiliaiis qui esloit assis scur celle 
bordoure esloit frottis et de .v. coulées de 
haut nîriAnT, Bible, Trois, liv. des Rois, 
XII, lUf. Sle-ijen.) 

3. FRAiTis, (raitiz. fratis, s. m., pâtis- 
serie : 

Une ïranl tnhle a frailiz. (21 mars 139S, 
Inc. de Hegnaut Cheealier, tailleur du /). 
de Bourg., luv. do meubles de la mairie 
de Dijon, Arch. Côtc-dOr.) 

Une table a fratis. (4 nov. 1444, Inform. 
par Bug. Belrerne, f» J3 v°, Ch. des compl. 
de Dijon, B 1188!, Arcb. CAte-d'Or.) 

PHAiTON, voir Ferton an Supplément, i 

FRAITUR, voir Refretor. 

FRAiTL'RE, frelure, s. I., brisement, j 
fracture, chose brisée : 

Sane et guéris et resoude les fretures de 
li, de ce que tu l'as si debotee et debrisiec 
(Comment, s. les Ps., Richcl. 9G3, p. 45^) 

— Onverture, brèche : 

Met sa bouche endroit la fraiture, 
Si parole ea ilel mesure. 
(Piramus tl Thislié, 331, ap. Méon, Fabl., IV, 
337.) 

Si clostrent et bordèrent icele fraiture 
dou mur qui estoit cbeue. {Est. de Eracl. 
Emp., xxiil, 36, Hist. des crois.) 

— Fig., infraction : 
Li fraiz !a dnlz, la patne est dnre. 
Mal fa mangier, noslre iert la fraiture. 

(Adam, p. -13, Lazarcbe.) 

— Fig., saisie, confiscation : 
Se il font sanc, li sans est l'evesque de 

son home et la fraiture de la terre est mon 
seijinor Jehan. (1290, Pet. cart. év. Laon, 
n* 71, Arcb. Aisne.) 

Celluy mesmes tient reritaige de mon 
frère ; car le roy luy en donna la fraiture 
a ung lilz qu'il a. (J. d'AhraS, Melus., 
p. 83, Bibl. elz.) 

FRAiTUREux, adj., indigent : 
Toujours en repos recevent, et non frai- 

(ureux demandant, et riens ne te fnult 

recuevres, et rien n'as perdu, rien ne te 

faut, et as joye du gain?. {Chasse de Gast. 

Phe6.,p.398, ap. Sle-l'al.) 

FRAL.\TF,R, frallater, v. a. .'.transvaser: 
Pour faire cela parfaitement bien, le 
moien est de frallater ou changer les vins 
au huictiesme ou disiesme jour, prins a 
leur origine, les remuans deleurs premiers 
tonneaux en autres bien nets et laves. 
(0. DE Serres, Th. d'Agr., p. 213, éd. 1605.) 
Le fralater ou transvaser n'est indiffé- 
remment nécessaire en toutes sortes de 
vins. (ID., ib., p. 218.) 

Le moderne frelater a conservé le sens 
premier de transvaser, en terme de pêche. 

FUALLATF.Il, voir FRALATER. 

FRAMDAiL, fambml, s. ni., syn. de 
frambaut : 



FRA 

Si envois a sa seroi 
Une corroie et i- fermai I, 
SI ol oïocc en .i. fambail 
.ccc Ib. de col argent 
Ponr paier la menne nenl. 

(fl. Ile Dole, Val. Chr. 172;;, f» 18".) 

FRAMBAUT, fremb., franb., fraimb., 
frab., flanb., flab., famb., fab., s. m., 
coffre, malle, caisse, sacoche, bonrse : 

Je n'ai frabaiit ne cofre n les puisse bonter (mes 
[armes). 
(.iiol, nichel. 25S1(!, f 108»; A. T., v. lï-il.) 

Veissiei destroosser somiers. 

El fraimbaus noviaus et entiers 

Par terre sor chapes esconrre. 

(G. de Dole, Val. Chr. 1725. 1° 8λ.^ 

1,'aToir Iroverent en cnir et en flanbaus. 

(.inseis, Richel. 793, f GT".) 

Qnant la mort voient a leor yens, 

nesear la fiertre qni miens mieus 

Ruent cl Ruerlcs el frambau.t, 

El ploranl dienl a cris hanz : 

Tant senlemenl sauve nos cors, 

Haute royne, cl tons nos ors 

Et notre argent, tout sanz devise 

Sois tiens por parfaire l'église. 

(G. DE Col.^cl, ilir., ms. Soiss., f" 161'^.') 

Li marcheans, par man savoir, 

A la fiertre viennent tonl haut ; 

Si reprent chascun son frembaut, 

Encor dislrenl il a envis : 

Deus vous sant. Dame, grand mercis. 

A tout lear bourse s'en alerent, 

Onques denier ne l'en donnèrent. 

(lD.,t>., f° IGl''.! 

Tant de borses, tant de fraimhani. 
(II.., Dout. de la mort, Uichel. 23111, f° 300''.) 
Tant de borses, tant de franbaaz. 

(In., ib , ras. Brnx., f 215''.) 
Ki lors veist chances chaucer. 
Et traire hanbcrs des fambaiia, 
Li pins conars devint pins bans. 

{VEsco«Ule, Ars. 3319, P 9 ï".) 

.Vins fait les escrins deffremer, 
Crans fabaiis en a Tail jeter, 
A .11. fors vilains les carcha 
El an temple les envoya ; 
Quant li mestrcs venir les voit 
Les fahaus volenliers rechoit 
Et si les a on ostoiié. 

(Sortes de Tittnsaij, ms. Turin, t" .'iO'^.) 

Sur chacun flabaut de plonp, .iili. s. 
(1471, Dc'd'beV. de VEchevin. relat. au.v oc- 
trois de la ville d'.Uniens, ap. A. Thierry, 
Mon. inéd. du Tiers Etat, II, 343.) 

FRAMBEER, VOlr FEMBREER. 

FRAMnoi, voir Frmbboi. 
FUAMBOii, voir Fremor. 
FiiAMBUAiEu, voir Fembreeu. 

FRAMEILLE, VOir FERMAILI.E. 

FRAMENTF,, S. f., fragment : 

Ensi recouront il alnr lies Ins framenles. 
(S. Bern., Serm., Richel 21768, f» 82 V.) 

FRAMEURE, VOir FERMECUE. 

FRAMOiR, voir Fermoir. 
FRAMURE, voir Fer.meure. 
1. FRANC, adj., nobli; : 

Cio controrerent baron franc. 

(S. heger, 52, Kos.hwilz. i 



FRA 

Asses enmainent de ces cailis lies, 
Pelis enfans el les frances moilliers. 

(Baimeert, Ogier, 402, Barroi».) 

La franche l'a soffert en pes. 

(Parlon., Uichel. 19152, f 128'.) 

Et sachics lot sans faille qu'il ot Gnion raoll 
[chier, 
Qn'il l'avoit engendré de sa fronce moillier. 

(Gai de Bourg., 3091, A. P.) 
Car ades vit en espérance 
D'avoir merci ma dame france. 

(Couci, 589, Crapelet.) 

— Libre : 

Jo l'en feri'ie fritnc. 

(Ale.ri!. st. 46'', Stengel.) 

Entre les morz francs. {Liv. des Ps., 
Cambridge, Lxxxvii, S, Michel.) Lat., liber. 

— Libérateur : 

Jupiter le franc. (La Boet., Mesnag. de 
Xenoph., Feugère.) 

— Francs des cinq offices des feux, corps 
organisé à Valenciennes au xiv» s. pour 
combattre les incendies, et composé de 
cinq compagnies : 

Il résulte d'un document trouvé h. Mons 
aux Archives de l'Etat, dans le Ms. de 
Coquiau xtit, dit M. H. CafBau.K {Bulletin 
de la Commiss. hist. du Nord, XI, 133). 
que la première de ces compagnies était 
pourvue de cuves et de seaux de bois, la 
seconde de lies, piques munies d'an 
énorme crochet, la troisième d'échelles, 
la quatrième à'équipars, tandis qu'à la 
cinquième et dernière appartenait la 
manœuvre des seaux de cuir. D'après Co- 
quiau la première compagnie devait avoir 
30 fines ou cuves el 13 seaux de bois. 
Ces ustensiles cerclés de bois ou de fer 
étaient sous la garde du chef. Dans cer- 
tains cas pressants, on parait s'être aussi 
servi de poterie de terre. Les lies de la se- 
conde compagnie étaient au nombre de 
8, ils se déposaient dans la halle au 
blé. La troisième avait 34 échelles gardées 
dans la même halle ; elle comprenait 48 
j compagnons. La section des eçii/pars parait 
avoir compris 22 maîtres et 44 compa- 
gnons. Quant aux seaux de cuir, il y en 
avait 240 au service de 24 compagnons. 

2. FRANC, s. m., écurie : 

Pour un pourcel que le suppliant avoit 
emblé par nuit... eu un franco, ponrceaulx 
(1390, Arch. JJ 140, pièce 19.) 

FRANÇAL, adj., français : 

Bien i ferez a la guise frunçal. 

(lioncisv., p. 19, Bourdillon.) 

FRAxcART, voir Franchaut. 

FRANC AUBIER, S. iii., sorto do ralsius 
blancs d'une chair extrêmement ferme : 

Et leurs donnèrent un cens de quecas, 
et troys panerees de francs aubiers. (Rab., 
Gargantua, ch. x.w, éd. 1342.) 

FRANCBAisiER, S. iH., haiscr accorthj 
volontairement : 

Frnncbalsier, f. m., kyssc that n wo- 



FRA 



FRA 



FRA 



125 



man syveth of lier sekyng. (Palsgrave, 
Esclairr., p. 236, dénin.) 

FRANCCANTON, S. 111., terme de blason: 
De gueules a 2 planètes d'or, au franc- 
canton il'.irpent a une planète de sable. 
{Les Couslumes des chevaliers de la Table 
lionrie. .Mi^m. de la Soc, arcb. d'Eure-et- 
Loir, 1873.) 

FKANCB, employé plaisamment dans le 
sens de pays des gens francs, libres : 

Douce France n'apiaat l'en plus eosi, 
Ançois ait non le pais aus .sougiez. 
(Chans. sur les Eslabl. de S. Louis, Ler. deLincy, 
a. lùM-, I, -218.1 

FUANCEMENT, VOÏr FR.\NCHEMENT. 

FHANCESTii, fraiikestu, francelur, s. m., 
sorte de pomme qui se conserve long- 
temps, moderne francalu : 

Pommier de courpendu, frankestu, dr 
malinpre, de paradis. {Lieb.\ult, Mais. 
rusl., p. 429, éd. 1597.) 

Francestu. (Id., ib., éd. 1389, f 232.) 

Pomme de francelur. Malum orbicula- 
tum. {Nomencl. octil.) 

FRANCETUR, VOIT FRANCESTU. 

FRANC GAUTIER, frauc gonlier, s. m., 
habitant des forêts, sorte de Robin des 
bois, et, par extension, viveur, bon vi- 
vant : 

De loas estais le plus entier, 

rt qui me revient a merveilles. 

C'est la vie lîe franc gnulier, 

Qni vil enlre ses pastonrelles : 

Au chant 'les oyseaaixsonbs Ips fneiUes, 

Ayaus pain bis et gros fromage, 

Glic de jambon et de boleilles. 

Tels gens ont bon temps el font rage. 

f Dialogue du Mondain, ap. Roqaef. ) 

Item, a Maislre Andry CoarauU, 
Les Contredils Franc-Gonlier mande. 
(Villon. Grand Test., cxxxli, .louaust, p. i)i.) 

Du temps de Villon, lecteurs, fut faite 
UDe petite œuvre, intitulée, Les dicts de 
Franc-Gontier : la ou la vie pastouralle 
est estimée. Et pour y contredire, fut faite 
une autre œuvre intitulée Les contre- 
dicts de Franc-Gonlier : dont le subgect 
est prins sur un tyrant : et auquel œuvre 
la vie de quelque grand seigneur, d'ice- 
luy temps, est taxée. Mais Villon, plus sa- 
gement, et sans parler des grands sei- 
gneurs, feit d'autres contredits de Franc- 
Gond'er; parlant seulement d'un chanoyne: 
comme verrez ci après. {Xote de Cl. Marot 
surle passage de Villon cité plus haut.) 

Les francs gantiers et Jacques bons homs 
du voysinage voyants ceste heureuse ren- 
contre de Couiliatris, feurent bien eston- 
nez. (RAB.,(e Quart Jiprfi,prologue,éd.lo52.) 

FRANC GONTIEU, VOir FlUNC GAUTIER. 
FRANCUAIRT, VOir FrANCHART. 

FRANCHART, - curt, - kart, - ckart, 
- equart, - chairt, frain., s. m., mesure de 
capacité pour les grains valant le tiers 
d'une coupe ; le franchart a servi de me- 
sure jusqu'à la Révolution à Verdun : 

Ces quatre reises de froment... li devons 
livreir ou cloistre Nostre Dame a Verdun, 
a nos voitures et au francharl dou grenier. 
fl240, Moreau 158, f° lb9 v, Richel.) 



L'nze francharts de froment et un fran- 
chars de pois qu'il avoit sor prei et sor 
champ. (1231, Moreau 172, f» 233 v», Ri- 
chel.) 

Deux franchars d'avoinne a la mesure 
de Verdun. {Ib., 173, 1° 93 v».) 

Dix franchars de froment. (Mars 1232, 
Lett. du Doyen de Verdun, Bibl. Verdun, 
160 provis.) 

Trante franchars de froument. (1261, 
Longuyot, I, l,Arch. Meurthe.) 

Un rei.v de froment de rente a paier a 
tous jors a Verdun ou grenier et au fran- 
chart de la devant dite esglize. (Vend. apr. 
Pâq. 1270, égl. de la Mad." Chatillon, Arch. 
iMeuse.) 

Un franchairl de froment, (.luill. 1280, 
S. .Mihiel, Arch. Meuse.) 

.1. franchart de fourment. (1292, Mémor. 
de Jeanne d'Avesne, Arcb. Nord.) 
.m. frankars. {Ib.) 

Francarl de formeut. (26 juin 1293, 
Fliues, Arch. Nord.) 

.XII. resaulx, .xii. franchars avoine a la 
mesure de Clermont délivres a Jehan clerc 
de la cusine madame, qui dolent valoir a la 
mesure de Belmont .xix. resaulx, .ii. fran- 
chars... (1321, Arch. Meuse B 492, f» 139 v°.) 

Siet rasieres et chuinc francars que 
froment que soile. (1323, Arch. JJ 61, 
f° 102 r».) 

Chine raisiers et .1. franckart d'avoyne. 
(1326, Arch. JJ 64, f" 193 r».) 

Item donne et lègue laditte testateresse 
a chascun des quatre eouvans des quatre 
ordres mandians, quatre frainchars de 
froment pour une foy. (1469, Test, de Ca- 
ther. de Barbas, ap. Duc, Francarium.) 

L'ng francquart. (fie», de l'abb. de Flines 
au XVI* s., llautcd'ur, Cart. de FUn., t, 
484.) 

FRANCHE, S. f. ? 

Avoient faict.... degasts ez vignes, et 
maisons, dedans les franches jusques au 
roly des murs par dehors et par dedans, 
si comme les dicts reformateurs leur im- 
posoient. {Enquête de 1338, ap. La Thau- 
massière, Coût, de lierry, p. 430.) 

FRANCHE BoouE, terme d'injttre d'un 
Anglais à un Français, comme chien de 
Français : 

Franche dogue, dist nn Anglois, 
Vous ne faites qne boire vin. 
Si faisons bien, dist li François, 
Mais vous buvez le lieneqnin. 
Roux estes com pel de maslin. 
(E. Desciiamps, Pocs., Richel. 8i0, f° iW^.) 

FRANCHEE, S. f., valeuT d'uH ffanc : 
Lequel Colin dist a icellui prestre qu'il 
auroit deux franchees et plus, pour un 
franc ou deux escus. (1412, Arch. JJ 167, 
pièce 62.) 

Le suppliant acheta... seize escus dorez 
et environ huit franchees de monnoyc 
blanche. (1413, Arch. JJ 167, pièce 240.) 

FUANCHEMENT, - cement, adv., noble- 
ment, vaillamment : 

Il se tinrent si francement que onques 
ne se partirent des arçons. (FROlss.jCAroîi., 
VI, 107, Luce.) 

FRANCHEQuiN, terme de mépris équiva- 
lant à chien de Français : 



Escflutez, Franchequin, 

.Alei boire a Paris la chopine de vin 
Et la souppe humer et rostir le boudin. 
(Cdv., du Guesclin, 2-20119, Charrière.) 

FRANCiiETÉ, S. f., franchise : 

Seinte église laissiez loles ses frnnchelez. 
(Gabn., Vie de S. Thom., Richel. 13513, 
f» 52 r°.) 

— Bon plaisir, puissance : 

Sire, font il, voslre plaisir ferez, 
Touz nous melons en vostre franchetez. 
{ilon. Renuarl, Richel. 308, f ÎBC".) 

FRANCHiBLEMENT, adv., librement : 
Il meintenist et gardast franchiblement 

les hommes dessus diz en leur possession 

de la franchise dessus dite. (1323, Conârm. 

de sent. p. les relig. de Fécamp, Arch. JJ 

61, f° 226 r°.) 

1. FRANCHiER, adj., frauc, libre : 

Quant il voient cuisine a prendome franchier 
Maintenant l'ont reubee li cuivert paulonier. 
{De Yaspasien, Richel. 15o3, f" 388 v».) 

2. FRANCHIER, fralnckier, v. a., affran- 
chir : 

Lors les bailla il a .i. prevost qui pour 
leur biaulez les covoita moult et lor pro- 
mist qu'il les fraincheroit se eles façoient 
sa volunlé. {Vie sainte Anaslaise, Richel. 
988, f° 23'.) 

FRANCHiLECHE, S. f., franchise : 
Et lenoient a fié et a homage de nostre 
seignor le roy de France dessus dit, ex- 
cepté ceux qui ont a plain pois, soit en 
cens, en rentes, en costumes, en com- 
plans, en ferrages, en franchileches, en 
bornages, en ventes, en dénies. {Pièce de 
1294, ap. EsTiBNNOT de la Serre, Anliq. 
du Poitou, ms., III, 969.) 

FRANCHiMENT, S. m., terre franche : 
Et d'un chep aus terres aus Johenez de 

Taire et au franc himent de Saint Germain. 

(1393, Fontevr., les Grobeleres, Arch. 

Maine-et-Loire.) 

FRANCHiN, voir Froncin. 
FR.VNCHiR, - cir, - quir, - kir, frainchir, 
verbe. 

— Act., avec un rég. dir. de personne, 
affranchir, délivrer : 

Et si Tons francirai, aias que l'ans soit passé. 
(Cher, au cygne, I, t"3, Hippeau.) 

Dens sulTri mort en croiz pur s'iglise franchir. 
(Garsier, Vie de s. Thom., Richel. 13ul3, 
f» 46 T».) 

Le jor franchi li rois .c. sers. 

{Tristan, I, -2972, Michel.) 

De Rome vint por dédier, 
Franchir et privilégier 
La franche église S. Maart. 
(G. DE Coisci, Doul. de lamorl, Richel. 23111, 

r 294'.) 

Franquissons totes les femes ki i man- 
ront en habit de beghines de talles et de 
totes exactions. (CA. de 124.ï,Ch. des compt. 
de Lille, 833, Arch. Nord.) 

L'on puisse en ces jours frainchir sers 
et mettre hors de baill . {Ordin. Tancrei, 
vas. de Salis, f» 44».) 

Il sont franchi qui de naturel servage 
sont amené a franchise. (G. de Lengr., 
Instil. de Just., ms. S.-Omer, f" 2''.) 



126 



FKA 



lfagt'5 n'efl mie que rame iranchissc j 
home. Mais li home franchist la famé, j 
(Elabl. de S. Louis, 1, cxxxiv, p. 253, 
Viollel.) 

Que n 1U5 eus et leurs heirs presenz et 
a v^nir de leur propres cors franchissien cl 
dclivresien de tout servante et de toute 1 
mein morte, et restahlisien a franchise. 
(!260, Affranch. des habit. d'Hiers, Arch. 
S.-ct-0.,A lOOo.) 

Franchisson, quiton et dclivron de tout 
servage. (/6.) 

Et si dois le rivière devant dite frankir 
de winaige, de tous poiuges et de toutes 
autres prises. (1271, Traité, Tailliar, p. 
317.) 

Vous qui estes home de cors dou chapitre 
et de l'iglise de Chartres, lequel le chapitre 
de Chaflres vielt franchir a cleir et a 
corone avoir. (1280, Cart. de l'egtise de 
Chartres, Richel. 1, 10099, f- 31 r'.) 

Les franchi du tribut que la ville lui don- 
noil tous les ans. (Grand. Cron. de France, 
I, 9, P. Paris.) 

Et sainz Andricz lava leurs plaies par 
.111 jours et les senai et les frainchi. {Vie 
saint Andreiis, Richel. 983, f' 18''.) 

Ea luy franchissant de la rente que il lor 
devoit. (Lundi av. S.-Georg. 1331, Abh. S.- 
Sauv., Arch. .Minche.) 

Francissons et mauumettons. (1342, Beg. 
des lett. de franch., Arch. K 1311, f» 3 r».) 

Celuy qui est ainsv franchi est appelé 
libertus. (Orksme, Politiq.J" 13», éd. 1489.) 

— Avec un rég. dir. de chose, donner 
en franche possession : 

Qaer sciai Aalbert franchi li oui 
Tresloiil sou feu oa que le sont. 
(Cou. BE SAi>T-PAtR, ilonl Sailli -Uichel, 331, 

Michel.) 

Cuui nobla dama Hysabeus, dama de 
Beljue, ait franchi a tnei a ma via ma 
mayson de Leut 1 1276, Ch. de J- BillOU, 
ricàire de Lent, Arch. P 1391, cote S72.) 

Je franchis et abone ou chapitre Saint 
Avi d'Orliens relevoisons que je avoie a 
plesir sus une meson. (1283, Pr. de N.-D. 
des Champs de Paris, Arch. Loiret.) 

El pour tant li franchisons la foy et la 
ligence. (1314, Arch. JJ 52, f» 4 v».) 

Ledit vicomte de sa grâce li franchist les 
ventes de la somme desdils deniers. 
(1323, Morice, Pr. de VU. de Bret., 1,1339.) 

— S'acquitter de : 

Por franchir son masage. (Jurés de S. 
Ouen, f 248 v», Arch. S.-Inf.) 

Sommes tenus a aquitier et franquir les 
choses desus dites. (1321, Cart. de S. Val- 
mont, f» 234 v°, Arch. S.-Inf.) 

— Rén., s'exempter : 

Ne s'en pourroienl/ranchir ne exempter. 
(Chron. de S.-ben., Richel. 2813, f" 397''.) 

A Berlhaut Mignon pour ung veaige par 
lui fait pour aler a l'aris en la compaignie 
de Jehan de Prarches, procureur de la dicte 
ville, a rencontre de plusieurs qui sedient 
estudieus, et contre les bedaulx, libraires 
el autres qui se vouloicnt /rancAir de poicr 
leur (lorciou des tailles. {Compt. de J. 
Chiefdail, 1412-1414, Commune, xxil, Arch. 
mun. Orléans.) 

Certains praticiens qui se dicnl cslu- 
diens et aussi plusieurs bourgoys, mar- 
chans, procureurs qui se veulent franchir 
de lu dicte taille par ce qu'ilz se dient 



FRA 

cslre cscoliers. (Compt. de J. Martin, 1414- 
1416. Commune, Despeucc, vi, Arch. 
mun. Orléans.) 

... Pour le bien el utilité de la chose 
publicque d'iceluy l'on impose aulcunes 
taillées sur les bonnes villes el sur les 
denrées et marclianlises y vendues ; plu- 
sieurs des domourans et babitans en 
icelles villes se veuUent exempter et fran- 
chir de riens en pover... (Cousl. de liret, 
f" 178 V".) 

— Franchissant, part, prés , qui a(Ti-nn- 
chit, libérateur : 

Qui dOQt dist clic scliui drnil 
Pagnist la m.iuvaisc personne 
Un bien on lui ailjou>te et donne. 
C'est peine qui scion justice 
Est un franchiiiant bénéfice. 
(Boece de Con'olacion, Ars. 2G70, f 33 r».) 

— Franchi, pari, passé, cxnmpt de 
toute redevance : 

Tout cil qui sont demorans el forbourc 
de Paris... sunl tenu a forain el s'aquiteut 
en lotes choses come forain... se il ne sont 
franchi par estre baubanier lou roy. (E. 
BoiL., Liv. des mest., 2' p., vi, U, Lespi- 
nasse el Bonnardol.) 

Fn.\NCHiSE, - cise, s. f., noblesse de 
caractère, preuve de noblesse, générosité : 

Mult fisl Ascanis granl franchise 
Ki bien doit estrc en avant mise. 

(Brul, ms. Munich, 317, Vollm.) 
Rali.'s vos enl, si feres grant franchise, 
Morte m'avrles s'od vos estoie prise. 
(AoDEFROis LI Bastars, Bartsch, Rom. elpasi., l, 
56, 26.) 

Dame, por Dieu, fait Gerars, snns faintise, 
Aiez de moi merci, par vo franchise. 
(Id., Bêle Isabeaus, Ler. de Lincy, Rec. de ch. 
hisl.,t. I, p. 9".) 
Me doinst qu'el m'aint si com j'aiiu li, 
Et qu'a moi pere se francise. 

(Partonop.. 1870, Crapelet.') 
Bien sambloit plaine de franchise. 

(Couci, 138, Crapelel.) 

Elle respondi adonc tout en plorant : 
Hai I merci, sire chevalier, por franchise de 
voz. (Gir. le Court., Val. Cbr. 1501, 
f 11=.) 

•le vos pri por Dieu el por franchise. (Ib., 
f» 63'.) 

Franchise esl vertu large de bien fere. 
Cesle vertu, ce dit Seneque, est en doner 
el guerredonner. [Mor. des phil., ms. 
Chartres 620, f 3».) 

Ele dona a Deu honor, elo fit franchise a 
son pais. (Vie sainte Agate, Hichel. 988, 
f» 56''.) 

Dont quant si grant franchise virent 
Les EspaignoU, tons s: rendirent 
A lui par bonne entencion. 
(Cbr. DE Pis., Liv. du chemin de long esliide, 

H9â, Pûschel.) 

FRANcmsEMENT, "voir Franchisse- 
ment. 

Fn.\NciiisKu (se;, v.réfl., s'affranchir : 
Pour ce se sont les nobles l'ranzois par 
leurs gruns prouesses franc/iisez et exemples 
des Iribuz et servitudes des empereurs de 
lîomme. (Quinze joyes de mariage, prol., 
Bibl. elz.) 

m VNCiiisnvR, voir Franriiissf.or. 



FRA 

FR.VNCHissABLK, ailj., dout OU peut 
se libérer ; 

Soixante dix sols monnoye rente, 
equipollans a quatre liv. , quatre sols 
tournois, franchissable pour soixante dix 
livres nionnoie une fois payé. (Test. 
d'Yves de la Douexiére, dans Ane. évêchés 
de Bret., 1,51.) 

FRANCHISSEMENT, franchisement , s. 
m., affranchissement d'une personne : 

Ulpians dit : Franchissement sont del 
droit as cenz. Franchissememenz est dons 
de franchise, quar tant comme aucuns est 
en servage il esl souzmis a la main et a la 
poesté d'aulrui, mes quant il est franchiz 
il esl délivrez d'aulrui poésie. (Digestes de 
Just., Richel. 20118, f» 3".) 

II ne loist pas a cbascun qui velt fran- 
chir ses serz que il lez franchisse, car cil 
qui franchist ses serz pour grever a ses 
créanciers et pour lolir leur deble ne fet 
riens. Car la loiz empescbe tel franchisse- 
ment. (De Droit et de Justice, Richel. 20048, 
f» 46''.) 

Se aucuns n'est donc uaturelmenl franc, 
ce ne lui uuist pas que sa mère fu serve, 
et puis fu franchie, quar il a sovent esté 
establi que li franchissement a la mère ne 
nuit point a la naturel franchise au fil. (G. 
DE Lengr., Instit. de Just., ms. S.-Omer, 
1<>2=, et Richel. 1064, f" 3'.) 

— Exemption d'un droit onéreux : 
Ledit francliisement et toutes les antres 
choses contenues es lettres dessus trans- 
criptes aions fermes et aggreables. (1335, 
Arcb. JJ 69, f" 129 r«.) 

Pour lequel franchisement ledit preneur 
ou ses hoirs ont sur ce licence de acquerre 
en la dicte viconlé es fiez dudit seigneur 
a la fin dessus dite. (1345, Arch. JJ 75, 
f» 178 V».) 

Icellui Potier offry au suppliant les 
deniers dudit franchissement. (1476, Arch. 
JJ 193, pièce 1672.) 

El ly tenons plusieurs franchises, ad- 
mortissemenlz, ausmones... el franchisse- 
mentz, foires, places de raoullius. (Pièce de 
1S54, Mém. des Anl. de Normandie, XXI, 
153.) 

FRANCHissEon, - isscur, s. m., celui 
qui donne la franchise, qui affranchit : 

Il fu establi que se li enfant au franchi- 
seur n'estoient deserité par non, il fussent 
mis devant les estranges hoirs es biens a 
ceus qui esloient ainsi franchi. (G. DE 
Lent.r., Instit. de Just., ms. S.-Omer, 
f» 32''.) 

Cil qui a esté serz esl franchiz a celle 
mesme franchise que li franchissierrez 
avoit fors tant que il n'est pas naturel- 
ment franz. {De Droit et de /tfsfi'ce, Richel. 
20048, f"46''.) 

]À franchissieres ne puet fere franc naif 
son franchi. (Digesles, ms. Monlp. H 47. 
f»6".) 

Ses franchissires la pooit apeler en ser- 
vitude. (Ib., f» 47=.) 

FRANCiiois, voir François. 

FRANGHOUR, Voir FRANCOR. 
FRANCiaiR, voir FRANCOR. 

FRANciNE, voir Froncine. 
i-RANcin, voir Franchir. 



FRA 



FRA 



FRA 



127 



FRANCISE, voir FRANCHISE. 

FiiANCisiEN, adj., français : 

Tel amour ne retiens ; 

C'est ce qui a tout honour mis au Las, 
Et amorti les francs cners francUieus. 

(E. Dbsciiami's. Poés., Richel. 840, f 73''.) 

FKANCKABRUB, S. f., syiioii. de fvan- 
ehart : 

Le meusnier ne pourra prendre pli-s de 
livre et demie de farine, de chasqiie mesure 
dite franckaerde, et non pas d'avuntaoe. 
{Coût. d'Ypre, Nouv. Coût, gén., I, 845\) 

FIIANCKAUT, VOlf FHANCHART. 

FR.\xçoiER, V. n., parler français : 
Franciio, sas, sare. françoier, c'est soy 

avoir eu parler a manière' de François. 

{Catholicon, Uichel.l. 17881.) 
Franciscare, françoier; c'est soy avoir 

en parier en manière de François. {Glùss. 

lat.-gall, Richel. 1. 13032.) 

FRANÇOIS, franchois, adj., franc, 
noble : 

.... Le linagc franchois 
Qni tant fat honorables. 
(Ibb. des Prbis, Gesle de Liège, 37-278, Scheler, 
Gloss. phihi.) 

— Locut., compagnie française, union 
d'nn sexe avec l'antre : 

Au mienix que je puis je m'apreste. 
Désirant compaignie franchoise. 
(Uonolog. Joij, de la Chamberiere, Poés. fr. des 
it' et XVI» s.. Il, -ils.) 

Compaignie franchoise, wenches.fCoiGn., 
éd. 1611.) 

FRANcou, - cour, - CMC, - chour,-ckur, 
adj., des Francs : 

En la gesle Francur. 

(Roi., 1443, Mûller.) 
Quant il entent qne il anra secors. 
Et ot oomer le lignage francor. 
De loi vengier devint moult angoissons. 
(Ci Covenans Vivien, 1633, Jonck., Guitl. d'Or.) 
Monjoie ! escrie, c'est l'enseigne francor. 

(/J,n36.) 
Sébile li escrie a la langue francor : 
Vassal, bien estes dignes d'avoir nobile amor. 
(J. Bon., Sax., cixiv, Michel.) 
Saisne, Lntif assamblent a la geste francor, 
Armé d'aaberc et d'eanme et d'escn de color. 

(Id., ib., ci-jixitvi.) 
N'il oe cremi les reis, l'engleis ne le franchur. 
(Gaw., Vie de S. Thom., Richel. 13313, f» eSv".) 
Vos fastes fils de sa seror. 
De le hante geste francor. 
Et del linage as Troiens. 

(Parton., 9269, Crapelet.) 
Il est nés et estrait de la gesle franchonr. 
iHaugis d'Aigrem., ms. Montp. H 247, f 133''.) 
En la terre francour. 
(Ades., Enfanc. Og., Ars. 3142, f 108'.) 
De cni il a sa terre, sa ricoise francor. 

(De SI Alexis, 129, var., Herz.) 

On trouve comme qualificatif de nom 
propre : 

Biirberi lo Francor. (1114 ot 11S4, Cart. 
ae Montier- la- Celle, p. 286, et p. 16,Lalore,) 

FRANCOUR, voir Fra.ncob. 

FRAXCQUART, VOif FhANCHART. 



FRAXcyuitSME, s. m., hérilage qui 
n'est point fief, mais dont le détenteur 
est franc de certains droits : 

Plusieurs tenans d'icelle seigneurie, qui 
tiennent /■j-aneguiesmes, n'en doiventaucuu 
droit, sinon pour droit seigneurial cinq 
sols d'entrée, et cinq sols d'issue quand 
vente s'en fait. (Cout.loc. d'Herly, ll,Nouv. 
Coût, gén., (, 68».) 

Francquiesmes sont héritages francs, 
qui sont differens des fiefs. {Ib., Coût, 
gén., I, 703, éd. 163S.) 

Sous les dits francquiesmes, tout homme 
qui est résident, couchant et levant, il ue 
doit nul afforage, gambage, herbage, 
moutonnage, ny autre chose. (Ib.) 

FRANCUR, voir Francor. 

FRANDE, S. t., peau de mouton aux 
poils frisés : 

Quant ce \it Rebeque la sage 
Frande lit a son usage 
Et par Jacob la lit porter. 
(J. Lp.febtre, Resp. de la mort, Richel. 994, 
f 20\) 

Cf. Frandé. 

FRANDÉ, adj., frisé : 

Les UDgs si ont les cbeveulx blonds, 
Pignez et fraudez a merveilles. 

(CoeoiLLART, p. 173, ap. Ste-Pal.) 

Cf. Frande. 

FRANDEILLEUR, - CeUV, S. IH., ffOn- 

deur : 

Les arbalestriers, les archierz, les lan- 

ceeurz et les frandeilleeurz et les gens a 

1 pié comanda qu'il se meissent tuit sur les 

monlaingnez. (Cont. de G. de Tyr, ch. 

XXVII, Hist. des crois.) 

FRANDEILLIER, - illier, ■ oiUier,\eThe. 

— Act., lancer avec une fronde : 
Commandèrent a ruer pierres et a fran- 

dillier. (ConUn. de G. de Tyr, c. xxviir, 
Hist. des crois.) Impr., fraudillier. 

— Réfl., se balancer : 

Cil se frandoille et se detorne. 

(P.enarl, 1398S, Méon.) 

FRANDEL, voir FONDEL. 

FRANDOILLE, VOir FfiANDOLE. 

FRANDOILLIER, VOir FRANDEILLIER. 

FRANDOiR, -ouer, fland., s. m., fronde : 

Les coups de pierres rondes envoyés et 
gectees de la fonde ou frandouer sont plus 
griefz et dommageables que toutes ma- 
nières de dardz. [Flave Vegece, I, 16.) 

Fustebales et flandouers. (Ib., IV, 44.) 

FRANDOLE, - oille, frendole, flandolle, 
s. f., fronde : 

Pour metrc dcdens lenr navie 
Ars turcois, angins et briquoles. 
Chas, pannons, banieres, frandoles 
Et qn'nqn'il faut pour assaillir. 
(C. JhcH., Prise d'Alex., Richel. 9221, f" 218'.) 
Chaz, pannons, baniere, frendoles. 

(Id.. ib.. 1803, Mas Latrie.) 
Funda, frandoille a gittier pierre. (Gfoss. 
deSalins.) 



Lesdicts Lyegois ne cessoienl de nous 
batre de leur artillerie, flescbes, dars, ar- 
balestres et de grosses pierres qu'ilz gec- 
toient contre nous a /?aî)rfo;;(?s.(1468, Le.lt. 
de Jean de Mazilles, dans les Mém. de Ph. 
de Commyues, III, 247, Soc. de l'H. de 
Fr.) 

FRANDOUER, VOlr FRANDOIH. 

FRANDRE, voir Fraindre. 

FRAXEL, voir FRESNEL. 
FRAXELAYE, VOlr FRENELAIE. 

FRANGiÉ, adj , saupoudré : 

Jaunir de saEfren ou getter dessus du 
saffren par files, l'un ça, l'autre la; ce que 
les queux dient frangié de saffran. IMéna- 
gier, II, 148, Biblioph. fr.) 

FRAXGiBiLiTÉ, S. f., qualité de ce qui 
est frangible : 

Pource en est la paste ainsi confite quant 
on la cuit en l'j-aue pins frangible, car 
ceste frangibilite vient de desiccation. 
(Evrart de Conty, Probl. d'Arist.,Riahe). 
210, f» 269'.) 

L'agaric est de facile frangibilite. [Jard. 
de santé, I, 8, impr. la Minerve.) 

FRANGIBLE, flangiblc, adj., susceptible 
d'être brisé, cassant : 

Toutes les pierres sont frangibles. 
(Jeb. de Meunc, Remonstr. de Nat., 117, Jléon.) 

Pource n'est il mie (le soleil) si frangible 
ne si isnelement niouvable. (Evrart de 
CONTT, Probl. d'Arist., Richel. 210,1» 168'i.) 

Flangtble. (Nef de santé.) 

Non pas toutesfois qu'il soit a entendre 
qu'il brisast son corps, car il n'est pas par 
frangible manière en ce sainct sacrement, 
mais il brisa les espèces du pain... {Sec. 
vol. des Exp. des Ep. et Ev. de Kar., 
V 3U r°, éd. 1519.) 

Pierres frangibles ou fragiles. (Delorme, 
Archit., l, 14, éd. Ib68.) 

Par la ciccité de l'air les os deviennent 
plus fragiles et frangibles. (Paré, (JEuv., 
XIII, m, Malgaigne.) 

FRANGOMATE, - oumaîe, adj., affranchi : 
Ceaus qui s'avouent frangoumales ou 

esclas franchis. {Ass. de Jér., t. Il, p. 375, 

Beugnot.) 
Ceaus qui s'avouent pour frangomates, 

ou esclas fransis. {Ib., p. 213, ap. Ste-Pal.) 

FRA.NGOUMATE, VOir FRANGOMATE. 

FR.\NGULE, S. f., sorte de sorcière : 

Plusieurs exécrables et mauldits hommes 
et femmes lesquels ont délaissé leur sau- 
veur derrière, et se sont convertis après 
Sathan, séduits par illusion des diables : 
lesquels en commun langage sont nomees 
sorcières, frangules, slraganes ou vau- 
doyses. (MoNSTRiiLET, ap. Ste-Pal., éd. 
Favre.) 

FRANIER, voir FhENIER. 

FRANiN, voir Fresnin. 

FRANKART, VOir FRANCHART. 

PnANKESTU, voir Francestu. 

FRANKIR, voir FRANCHIR. 

riiANMouRE, S. f., sorte de boisson : 



1» 



FRA 



Se on vendûil a .m. fuers, des deus 
graiodres fuers le lierch, hors franmoure, 
cirise et tel manières de bevraipes. ^1301, 
Denombr.dtGuill. de Maçon, Bibl. Amiens.) 

PRANXEL, voir Fhesnel. 

KR.VNOi, voir Fresnui. 

FRANQCET, s. Ml., soldai d'une compa- 
gnie franche : 

... Qu'elle (Jeanne d'Arc) avoit faict 
mourir un franquet, dicl qne c'estoit un 
Tolleur : que pour tel recopneu, il fut defaict 
par sentence du bailly de Senlis. (E. Pas- 
QCIBR, Buherches de' la France, liv. VI, 
ch. V.) 

FRAN'OiiiRi voir Fr.^nchir. 

FRAOR, voir Flairor. 

i. FRAP, S. m., coup : 

Cist pre5tr«s est resnscilPi : 
Com m'a ore doné bon frap f 
(Fi»/. i'Etlormi. Montsi(rlon, Fail. I, 21 l.' 

2. FRAP, S. m., grande mnltitnde : 

Frap de gens. (Lois de Guill.) 

Ce mot est ainsi expliqué dans un Dic- 
tionnaire français-anglais, pour servir 
d'intelligence aux lois de Guillaume le 
Conquérant : 

Frap de gens, • too preat a retinne of 
people, » une trop prande quantité de 
monde. (Diclionary of ihe norman or old 
french language, coUecled from siich Acts 
of parliament, parliament Rolls, etc., etc., 
to whicli are added the law? of William 
the Conqueror; bv Rob. Kelliam, London, 
1779, iu-8«, p. 110.) 

Cf. Frapaille. 

1. FR.VPAIL, s. m., verge: 

E tint nn frapail ea sa main. 
lAocAR, Uir. if y. D., Bril. Mns.. Egerton 612. 

2. FRAPAii,, frapp., s. m., bouches 
inutiles, valets, goujats : 

Et scroienl chassez dehors tout le de- 
mourant du frappail. (Uist. de Charles VII, 
p. 407, ap. Sle-l'al.) 

Cf. Frapaille. 

FRAPAILLE, frapp., - olhc, - aile, frai- 
paille, s. f., bouches inutiles, valets, gou- 
jats qui ne se battaient point, gens de rien: 

Li iiarçoD e l'autre frapaille 
Qoi meslier n'orenl en Ijalaille. 
( W»CE. /Ion. 3' p., -96.), Andresen.) Var . frapallr. 

Tôt le harnais et le frapaille 
Qoi mestier n'avoil de bataille, 
A fait joste an mont arester 
Por homes armes rosambler. 

(Id., Bru/, li7H, Ler. de Lincy.) 
Oo'en Aroaise a miUaise fraipaille. 
(H. de Oimh-ai. Ilirhel. il93, f i", y» : A T , 
I. 1061.) 
Li gent Herbert ne sont mie frapûille. 

(»., fier"; A. T., t. 1071.) 
Car de la rile'la frapaitU 
l« «Tent, fjnel part que il aille, 
Li pantonier, les gens menues. 

{Amald. el Yd., Richel. 375, f 320'.) 
Si ne soiomes pas tenu 
En l'estor ne en la bataille 
y» por garçon ne por frapaille, 

(Gain, de Paterne, 1978, A. T.) 



FRA 

Il eosl mort Hervieu, corps a corps en bataille. 
Se ne fussent li .c. de malvcise frapaille. 

(Gui deyant.,il06, A. P.) 

Es TOUS Charlon poignant par la bataille, 
Ne sambloit pas estre rois de frapaille. 

(En/. Ogier. 5101, Scheler.) 
Cil n'est pas garnis de frapaille. 
Cil soustenra bien sa bataille. 
(Alart, du des Sages, Ars 3112, !" 16G>.) 

Se il sont plus de nous, il soûl frapaille 
et chetive gent. (C0115. de la Morée, p. 134, 
Buchou.) 

— Est pris en bonne part dans l'ex. 
suiv. : 

Bonne chevalerie et hardie frnpalhe. 
Ubh. des Preis, Geste de Liège, 3.'i711, Scheler, 
Gloss. pliilol.) 

FRAPAi>LE, - allie, voir Frapaille. 

FRAPANCE, s. t., action de frapper : 
Percussio, onis, frapance. (Gloss. lat.- 
fr., Richel. 1. 7679.) 

FRAPART, frapp., s. et adj., celui qui 
frappe, fouetteur, bourreau : 

Lierres, par la Tierge hononree, 

Vo guenle sera eslraoglee, 

Ja vous livrerai au frapart. 
(E. Deschamps, Poà., Richel. 810, f 20B\) 

Apres on reclost les courtines. 
On accole frère frappart ; 
lui baisant ils joignent tétines. 
Le grant di;ible y puist avoir part. 
(CoOL'li.iAIlT, ilottol. des l>erruq.,U. 2.8-2. BiM. 
eu.) 

Cy n'entrez pas, hypocrites, bigolz,... 
Gueux raitoullez, frapars escorniflez. 

(ItAB., Gargantua, ch. 51, éd. 151-2.) 
11 tient je ne sçav quov du hère frappart. 
(ID., 1. IV, ch. IS.'éd. 15S2.) 
Prions Dieu, qu'au frère frappart 
Il donne quelque chambre a part. 
(Cl. Marot, Epitaphe de Frère Jean i'Evesque, 
éd. 1S9G.) 

Le train que mènent ordinairement les 
bons frères frappars. (H. Estien., Tr. prep. 
a l'Apol. p. Herod., c. 20, éd. 1566.) 
Il vint l'autre jour un caffard 
Pour prescher en nostre paroisse. 
Et je iui dis : Frère frappart. 
Qui TOUS a fait ici venir? 
(Mellin nE S. Gelais, Poes., p. 219, éd. 1719.) 

En Lorraine, le jour de la Saint Nicolas, 
dit Sainle-Palaye, des gens déguisés 
viennent deux à deux porterdes bonbons 
aux enfants et s'informer s'ils sont sages ; 
l'un a le coslunie d'évêque comme St Ni- 
colas, l'autre a celui d'un moine, et porte 
une verge à la main : c'est le frère frap- 
part. 

Argot, frère frappart, marteau. 

1. PRAPE, s. f., ruse, finesse, adresse; 
savoir de frape, être rusé : 

Trop teuMiei certes de frape 
Se ne nos lesissiez la chape. 

(Itenart, 5515, Méon.) 
Or jnf/r/i il asez de frape 
S'il de ceste prison cschape. 

(/*.. Br. VII, 131, Martin.) 
Cil respont, qui moult sol de frape. 
Et qoi de grant péril escbnpe... 

(Renart, SuppL, p. 119, ChabaiUe.) 



FR.\ 



Feme se met en vente, gart soi bien qui Tachait : 
Kenio set moult d'engiag, de barat et de frape. 
(.Chastie ilusarl , Richel. 19132, ("107.) 

— Piège : 

Bien vous métrai fors de la trape. 
Et il reniandronl en h frape. 
(De Constant du Hamel, ms. Berne 331, C 88' ; 
Montaiglon et Raynaud, l'a'jl., IV, 179.) 

— Etre en maie frape, être tombé dans 
un piège, être dans une situation critique: 

Or est Renirt en mate frape, 
Maufez l'ont mis en celle trape. 

(Reiiarl, Br. IV, 173, Martin.) 

— Se jeter de la frape, sortir du piège, 
de la mauvaise situation où l'on est: 

Quar geler se vclt de ta frape. 
(Du Presire et de la dame, Richel. 19152, 

|o 63''.) 

— Se mettre d la frape, fuir, se mettre en 
route : 

Et tantost se mist a ta frape. 

(Renan, 3981, Méon.) 
Cf. Frapier. 

2. FRAPE, voir Frepe. 

FRAPEis, frapis, frapp., s. m., action 
de frapper, son rendu par une arme qni 
frappe : 

Frapeis de basions. (Prov., ap.Crapelet, 
Prov. et dict. pop.) 

Mieus aim d'espees le frapis 
De masçues et de tisons. 
(J. Bretel, Toura. de Ctiaurenci, 2710, Dclinotte.) 

Si se renouvella la bataille, et les boutis 
de lances, et les frappis de haches sur ces 
bacinets durs el fors. (Froiss., Cftron.. 
liv. III, p. 337, éd. lSo9.) 

FRAPEL, S. m , coup : 

Ferir maint frapel. 

(Brut, f» 56'', ap. Sle-Pal.) 

FRAPELENT,/'rap(;//eH(, s. m., p.-ê. syii. 

de monnaie, pris dans un sens général ; 

p.-ê. aussi instrument pour frapper, pris 

dans un sens grivois pour désigner le 

membre viril : 

Mahieu, sachies que mains me dolroie 
Se g'estoie sans avoir frapettent 
E' ma dame avoit son paiement : 
N'est pas honte s'on sa famé chastoie. 

iMahieux DE Gand, ./™.!-/'ar/(3, Dinaai, Trouv.ile 
ta Flandre, p. 300.) 

Sans avoir frapetent. 

(ID., il>., VuH. av. 13110, II, 7Cfi, Ars.) j 

FRAPEL.LENT, VOir FRAPELENT. I 

FRAPEMENT, frapp., S. 01., action de| 
frapper : ! 

Planctus, grand dueil, frappement copU^- 
1.1 poitrine ou autre lieu. [Calepini Dict.. 
Mie 1584.) 

FRAPER, frapper, verbe. . 

— Réfl., se jeter, se lancer, se prëclpl-i 
ter violemment, avec un sujet de per-j 
sonne ou d'être animé : j 

Un bon destrier fort et courant. 
Sus lequel l'enfant se frapa. 
(C. GoiABT, Rog. lign., 10550, W. et D.) 



FRA 



FRA 



FRA 



129 



l.c dit Guillemiu de Laistre, sanz dire 
qu'il estoit, li snilly au devant et se (râpa 
a 11 pour li faire peur. (1344, Arch. JJ 72, 
(» 358 v»J 

S'enfuyreut autant qu'ilz pcurent, par 
grans tropeaulx, conme moutons quant le 
(eu sefrape nu milieu. (Wavrin, Anchienn. 
Cran. d'Englet., II, IH, Soc. de 111. 
-le !■>.) 

Et se partirent, elle et ses gens, et s'en 
vinrent par derrière bouter et fraper ens 
es logeis des François. (Fhoiss., Chron., 
II, 361, Luce, nis. Rome, f» 80.) 

Partout la ou il venoit, il faisoit lesrencs 
si esclarcir que les Françoys le fuyoient, 
comme feroient berbis ou moutons unp 
lyon famileux, qui se frapperoit entr'eulx 
pour prandre sa proye. (Girart de Rossil- 
ion, nis. de Beaune, éd. L. de Montille, 
p. 319.) 

Les vaillans chevaliers et eseuyers qui 
estoient a cheval se frappèrent dedans si 
vaillamment que iceux Gantois ne durèrent 
point. (G. Ckastell., Chron., II, 303, 
Kerv.) 

— Se jeter, avec un sujet do chose : 

La rivière de Sayne qui descent en Nor- 
mandie, ou plusieurs bonnes rivières se 
frappent. {Déb. des hér. d'arm., 130, A. T.) 

La rivière du liosne ou se frappe la ri- 
vière de Saune. (Ib.) 

— Se répandre violemment : 

En l'ost du roy s'esioil frappée une ma- 
ladie de flux de ventre. (J. Lefevre, Hisl. 
de Charles VI, p. 67, Le Laboureur.) 

— Act., frapper un coup de lance, l'assé- 
ner : 

Je amasse mieulx que je n'eusse frappé 
coup de lance d'icy a ung an que je eusse 
occiz ung roy de ma main. {Lancelot du 
Lac,3' p., ch. 13, éd. 1488.) 

— Enfoncer en frappant : 

Et luy frappa ung cousteau tout au tra- 
vers du corps. (N. Gilles, Ann., (" 53 r", 
éd. 1492.) 

Affin qu'ilz tinssent plus fermement chas- 
cun estoc fut frappé trois piedz en terre. 
(Gagcin, Comm. rfeCes.,f° 181 r», éd. 1S39.) 

— Fraper alliance, contracter alliance, 
par latinisme : 

Les Penois oyans que Iliero et les Ro- 
mains o»o(ejî( frapel alliance ensamble, ar- 
bitrèrent que plus grandi exercite leur es- 
toit nécessaire. (Fossetikr, Cron. Marg., 
ms. Brux. 10bl2, X, ii.) 

— Nentr., se précipiter : 

Evous les Engles venant frapant en celle 
host. (Froiss., Chron., 111, 69, Luce.) 

— Fuir: 

Mis se sont a fraper. 

(B. df Sel/., XIV, 518, Bocc.-i.t 
... Par les preis frappans. 
(Jeh. des Preis, Gesie de Liège, 328, Schelcr, 
GloM. philol.) 

Toi frapponi reculent.... 

(Id., !i., 3533.") 

— l^avoir que fraper aux dents, n'avoir 
"■•en à mettre sous la dent : 

Qni Tendent tout n'ont que frapper aux dens. 

te» tredieli de Smgecreui, (■ 78 v», éd. 1530.'> 



— Fraper d, atteindre : 

I Prince qui des ses jeunes ans avoit ap- 
pris de dissimuler les injures particulières 
qui lui estoient faites, mais non celles qu'il 
estimoit /rapper a l'Estat, lesquelles U por- 
toit impatiemment. (E. Pasq., Lelt, XIV, 2.) 

— Viser à, mettre en avant, proposer; 

Les uns frappent a l'aliénation perpé- 
tuelle du domaine au denier trente, fors 
des duchés et comtes, médecine plus forte 
que la maladie ; les autres aune recherche 
générale des financiers et partisans. (E. 
Pasq,, Lelt., XIII, 3.) 

— Infin. pris subst., action de frapper: 

Mais ainchois que mais voie le solail esconser. 

Leur fera telle aieuwe Richiars au bien fraper 

{.Hugues Cttpet, 2336, A. P.) 
Helas, Monsieur! que deviendray je? 
car c'est mon mary qui est a la porte ; je 
l'enten bien a son frapper. (Lariv., Nuicls, 
IX, IV, Bihl. elz.) 

— Frappant, part, prés., a frapant, lo- 
cut. adv., à la course, rapidement : 

Droitement sus le point de celle descoii- 
fiture, evous venir a frapant monsigneur 
bues de Ghastillon et sa baniere. (Froiss., 
CAron., VllI, 332, Kerv.) 

FRAPERIE, frapp., s. f., nclion de frap- 
per, coups, bataille : 

Toute la faulte venoit d'eulx, qui avoieut 
commencé la frapperie. (Rab., 1. IV, c. 15, 
éd. 1S52.) 

FRAPEUKE, - lire, frapp., s. f., coup : 
De frappure et blesseurc. (Jard. de santé, 
I, 29, impr. la Minerve.) 

Les enfleures de percussure ou frap- 
peure. (Ib., 180.) 

La grosse toile luy sert (à la ceervell) 
aussi de couverture... non pas tant de cou- 
verture, que de bastillon et défense mise au 
devant, pour la remparer contre les hurles 
et frappeures du lest. {Trad. de Galien, 
p. 505, éd. 1609.) 

FRAPiCHE, frapp., s. f., son rendu pai- 
une arme qui frappe : 

Quant les waites oirent le frappiche des 
gens d'armes, ilh cornont leurs cors, et 
cheaux délie fortereche commenchont a 
crier aux armes. (J. DE Stavelot, Cftron., 
p. 363, Borgnet.) 

— Mener frapiche,se battre, ferrailler: 

Kl Henry d'Argenleal .«i grant frapiche maive. 
(Jeh. des Preis, Gesle de Liège, II, 3S08, Chron. 
belg.) 

Cf. Frapeis. 

FRAPiER, frapp., s. ni., course tumul- 
tueuse, agitation, bruit : 

Vers la qnlsiae s'en vienent (Rainouart et le 
[portier) le frapier. 
(Aleschan.-:. 3621, A. P.) 
Kt lors viengnent a grant frapier 
Treslnil li autre charretier. 

(Renan, 420.3, Méoii.) 
Mes d'oisillons y a si grant frappier 
Que jour et nuit 
La valee retantit de leur hruit. 
(G. Mach., Po^s., Richcl. 9221, f» 40'.) 

— Se mettre au frapier, se mettre en 
route, prendre sa course, s'enfuir : 



Renart (|ui moult sot de tresluc. 
Et qui avoit grant fain eue, 
.Se met baaillant au frapier. 

(Renarl. 210:1. Méon.) 
Tost vos meistos au frapier 
Hui main qant veistes ma mort. 

(/*., 2176.) 
Ataul es vos a ccz paroles 
.Sire Lanfroi le forestier. 
Et Renarl se raisl au frapier. 

(li., Br. I, 621, Martin.) 
Aler laissent le carbonnier. 
Si se remelenl au frapier. 
(Hom. de Wistasse le Moine, 113S, Michel.) 

Quant Basins ol mangié si se met au frapier. 
(Jeh. de Ijinson, Richel. 249,'>, f° 16 r».) 
Le matinet vous mètres au frapier. 

(Aubery le Bourgoing, p. 71), Tarlié.) 
L'os est csmute, mis se sunt al frapier. 
(Anseis, Richel. 793, f° 70^) 
Et la roine Berle s'est lost mise au frapier. 

(BcTle. 9S4, .Scheler.) 
P,armi la porte se prist a chevauchier, 
Le destrier broche, si se mist au frapier. 

(Olinel, 1973, A. P.) 
Vers Abilanl la ville s'est il mis au frapier. 
(B. de Sel/., y, 889, Bocca.) 

— Mettre au frapier, mettre en fuite : 

Et Aymon de Dordonne les melra frapier. 
(Quatre fils Aymon, ms. Montp. H 247, £" 178''.) 

Il ont regardé de l'autre part ke moult 
bien se leuoient Galois as Bretons, et ke 
se ne fust li blans chevaliers, il les mezis- 
cent del tout au frapier. {Sept sag.de Rome, 
Ars. 3354, f» 158\) 

Nom propre, Frapiê. 

FRAPiLLiER, - Hhïer, verbe. 

— Act., fréquentatif de frapper : 

Et quant Doolia ol cheli qui les hucha, 
Du baslon que il tint si bel le frapiUa 
Que es degrés aval tout envers le rua. 

(Ooan de ilaience, 3490, A. P.) 

— Neutr., se fâcher, s'indigner : 

... Dont tout li pueple mult fort en frapilhal. 
(Jeh. des Preis, Gesle de Liège, II, aO'il, 
Scheler, Gloss. philol.) 

J. FRAPiN, S. m., multitude, populace : 

Si flst Godolie, le fiz Aica, le fiz Sapha, 
maistre sur tant de frapin cume en la terre 
remest. {Bois, p. 436, Ler. de Lincy.) 

Li fols reis l'en creid e de sun mesfait 
ne s'en repentid, e tist pruveires a ses 
ydles servir de trestuz les plus bas del 
pople et del frapin. {Ib., p. 290.) 

CL Frapaille. 

2. FRAPIN, s. m., bruit, tumulte : 

Si l' volez escoter sanz noise o sanz frapin. 

(Hom, 2935, Michel.) 

FRAPis, voir Frapeis. 

FRAPON, s. m., coup : 

El ele lesse aler le poing de tel randon, 
Devant, parmi le nés, li donne tel frapon. 
Que il en oui senglanl le vis et le menton. 

(boon de Maience, 167, A. P.) 
Si flert son oncle Flexipon, 
El pis li donne tel frapon 
Que présent li a fet de mnrt. 

(Fttl/l. d'Ov.. Ars. 5069, f 112'.) 

17 



130 



V\\\ 



PR.\P0NNEUn, S. 111., celui qni frappe : ' 
Fraponneur. {CmpAel.Proc.etdicl.pop.) 1 
FKAi'PML, voir FnAPAlL. 
FRAPPAHT, voir FRAPAHT. 
FRAPPEMENT, VOir FR.APEMBXT. , 

FRAPPER, voir FlIAPEH. 

FRAPPERiE, voir Fbapekie. 

KRAPPEURE, voir FaAFEDRK. | 

I 
KRAPPICHE, voir FRAI'ICUK. 

PRAPPIER, voir FRAI'IEK. 

FRAPPis, voir Fhapeis. 
PRAPPURE, voir Fkapeorb. 
FRARACUE, voir Freresche. 

FRARECHAU, VOÎr FRERESCHEL. 
FRARElilEK, VOIT FRKBESCHIER. 
FRAREL, voir FREREL. 
FRARELEMENT, VOif FRERKLEMENT. 

FRARESCE, voir Freresche. 

FRARESCUE, VOlf FKEBESCUB. 
FRARESCUEL, VOÎF FhERESCUEL. 
FRARESCHIER, Voif FREHESCHIER. 
FRARESCHOR, VOlf FBERESCHEOR. 

FRAREUR, voir Frereur. 

FRAREUSEMENT, VOir FBKHEnSEMENT. 
FRARELSETÈ, VOif FRBRKOSETÉ. 



FR.VREUX, voir FRERE0S. 

FKARiE, voir Frerib. 

FRARiN, frairin, - im, [rerin, (raiiK 
farin, farrin, adj., pauvre, misérable, 
ineudiant, malheureux : 

Il De saol luie ne ribaut ue /ru/ m. 
{tiri* leLoh., i' cUans., nx, p. 67, P. Pans.) 

Si enforce li cris 
La uo ineDJoienl la povre geol frarin. 

(Morl de Carin. p. 225, du Meril.) 
A[s) malade» e 4'-\ frarini. 
Ihon, 3* p., 130, Andresen.) Var., famm. 
A taot Bi le» luMiage» qi ne sunl pas frarhr 
(i. Bou , S«x.. H31V1II, p. Pans.) 
Les jaslisej le roi firent laogoo Iraine ; 
Taie l'arccveschiei remest issi frarii.f, 
Aiûi que cil doi oussenl des maneirs la seislne, 
.>e reraeiul buts, ue vache, ne cbapuns, ne geliu''. 
Cbeials, pors, no bcrbii, ne de blé pleine mine 
(GABMfB, \iede S. Thom., Hichel. 13313, 

f 75 T'.) 
S» Xonnani «el creuieienl, Ënglei» ne Angevin, 
E Brelan, <: Waleis, Escot, Peilevia, 
Moll aoreienl losl fait lui le régné frariit : 
Mail qacl «cuihlanl qu'il face, il prendra bonjie 
(fin. 
(In., i»., App., ». 181, llippean.) 
Aiuiqne «ucori lur vienge, luit en serrant /rariii. 
(Jo»D. Fastojhe. Ckron., 585, Michel, D. de 
Sorm., t. m.) 
Menée l'ont sens nul se,or 
La lasie daii.e, la frorine 
Toi débitant sor la marine. 
(G. n Col^Cl, de VEmperrr. i/ui fard, sa cha»t.. 
Wii, .'ip. Méun, .Vdiii'. ft».. Il, ."15.) 



FR.\ 

Mais Damedius, lii ama Saint Martin 
Por le mantiel k'il dona au frarin. 

(SI Meiis, 908, xili' s., G. P.iris ) 
Plus que soixante damoisel. 
Bien alignié et gent el bel, 
Qui n'oreul pas parens frarins. 

(Par/on., 10813, Crapclel.) 

Porquanl n'est poïre ne frarine; 
Pille est de roi et de roine. 

(/*., 6209.) 

Et fu dejouste lai Brandolne son cousin, 

Quar pour le duc Beuvon se clainie moult frarin. 

lilaugis â'.Ugrem.. ms. Montp. H 247, f" 171'.) i 

La cors me sembla pas frarine. 

Mil chevaliers i ot et plus. 

(Diirmars te Gallois, 95«, Slengel.) 

Estrauiies suis et pèlerins, 

El, comme mes pères, frairins. 

{Lib. Psalm., xxxvm, p. 287, Miihel.) 
Moult se clamoit souvent frarine. 
(Ren. ue Beaujeb, U Biaus Desconneus, 3867. 

Hippeau.) j 

luit sont riche et usessé, 
N'i a povre ae frarin. 

(Chans., Richel. Mouchel 8, f^ lH.) j 

Li povre ki sont en nostre terre, soient ! 
estranghe, soient frarin, nous les souste- 
nons de nos aumousnes pour l'amour de 
Dieu, llelt. du prestre Jehan, dans les 
(Xuvr. de Rutebeuf, 11, 455, .liib.) 

Jco ai uifiut houiiie veu 
Qui tauut aveit acreu 
Qui après en iert frarins. 
{Les Proverbes del vilain, Ler. de Liiicy, l'rov.., 
II, i65.) 

La repairoil une meschine, 
Qui n'ieit pas samblans a frarine. 
Miguote iert et de grant affaire. 
I (Mi-lam. d-Ov., p. 36, Tarbé.) 

— Par extension, en parlant des per- 
sonnes, et de certaines choses morales, 
vil, lâche, abject, faible : 

Cognols lou tu, lou malvais, lou frairim f 
(De Charl. el des Pairs, Vat. Chr. 1360, f 28 .) 
Venge ton père, filz a putain frarin. 

(Ilort de Garin, p. 228, du Méril.) 
U ne sont mie ne garçon ne frarin. 

{Us Loh., ms. Montp., f° SI'.) 
Si me manda qn'alasse a lui. 
Ne me dist rien, mais je dis lui 
Anor faire trop frarine. 

(Tristan, 1, 381, Michel.) 
Envers toi autres fu frarine. 
(La Oiarrelte, Vat. Chr. 1725, f» 21=.) 
Kl caitif et frarin m'a, oiant moi, clamé. 

(Houm. d'Atii-, f -17", MicLelaul.) 

Asses s'oi clamer et aver el frarin. 

(Ib.) 

Li chevaliers le cbisue n'ot pas le cuer frarin. 
(Chev. au cijgne, 1, 4235, Hippeau.) 
A cel tens estoit amours vive, 
Qui or est morte et chaitivc. 
De joie fu dame et royuc 
Qui ore est avère et frarine. 

(Ftorim., Richel. 1376, f" l'.) 

El Garselius sea nies n'est pas frairis. 

(Auberi, p. 16, Tobler.) 
Auberi ot le cuer lasche et frarin. 

(Ib., Hichel. 21368, 1» 62=.) 

Quant Karles l'antandi n'ot pas le cuer frarin. 

(Garin de ilongl., Vat. Chr. 1517, f 5''.) 

Vaslet, trop me semblez /'rarin, 
N'ad hume ore en ceste vie 
Ki or seit apelé Decie. 

(Cbabouï. Set dormant, Hil, Koch.) 



FRA 

r.iel nt cenu, face frarine. 

(Josaphal el Bart., ms. Cassin, f" 7''.) 
Ampues veul je, dist Zarlle, oir vetre latin. 
Car le vetre consil James fu frain. 

(Prise de Pampel., 1459, Mussafia.) 

Ne piert pas qu'il seit de lignage frarin. 

(nom, lOBl, Michel.) 

Lors s'escria 11 quens, qui n'ot pas cuer frarm. 
(Doon de Maience, 9665, A. P.) 
Pour ochirc Gaufroi, ie Irailour frarin. 

(B. de Seb., vu, 217, Bocca.) 

Mais sachies, se le tiengz, tenez moi a frarin 

S'il n'i laisse la teste. 

(Vœux du Paon, ms. Brnx. 1U91, f° 131 v».) 
Puis se engenoiUe, si soi clame lapins, 
Uebat son pic e soi apelle frains. 
(La Passion, ms. Venise, Roniv., p. 26.) 

— Avec un nom de chose, pauvre, ohé- 
tit, maigre, misérable, et, en général^ 
mauvais, pénible, dur : ] 

El cors li met la lance al fer frarin. I 

(Les Loh.. ms. Berne 113, f» 6».) , 

1 Maintes choses sunt nécessaires en^i 

I muntaignes de Montjeu, lai ou U froidure;! 

est ades, ke si nécessaires ne sunt miti 

nomeimant an ces contreies a ceos ki an; 

; semant la frarine soffeisansce et la voluni 

triene povreleit salve[nt] tôt per tôt la sain 

1 teit de l'ordeue de cliertrose. (Li EpisUeS] 

Bernart a Mont Deu, ms. Verdun 7» 

f" 13 V».) 

La eo[it]e ne fu pas frarine, 
Ne li linsuez viez ne troeit. 

(Uolop., 10714, Bibl.elz.) 

Lors en manja tant Brichemers 
1 Que il fu gros et bien enfle;.. 

Puis vint gésir lez Ysengrin 
i Qu'il n'avoit pas veutre frarin. 

; (Renan, 1995S, iUou.l 

Li oisel qui se sunt teu 

Tant cam il ont le froit eu. 

Et le tens divers et frarin, 

Sunt en mai por le tens serin 

Si lié... _ , 

(.Rose, 66, Méon.) Var., farin. (RicheL 1365.) 

I.i doi sunt a Paris, en le prison frarine. 

Kl ves en chi le tiers qui deles vous s'aclme. 

(B. de Seb., xvui, 108, Bocca.) 

Un estour frarin. 

(/»., 1X11,91.) 

— Frivole, léger, de peu de poids, iiié 
diocre : 

Car nas escris n'est tant frarins. 
Ni de fables as Sarasins, 
Dont on ne puisse exemple traire 
Del mal laissier et del bien faire. 

(Parion., 103, Crapelel.) 

Oies bons vers qui ne smqI pas frenn. 
(Hebbert le Doc, h'ouque de Candie, Richel. 77» 

f 169'.) 

selon Du Méril, on dit encore en Nor 
mandie frarin, pour dolent, chétif. 



FRAROiRS, voir Frabois. i 

FRAROis, fraroirs, s. m., succession 
bien resté indivis : 

Il est de coustunie quiconques fait edi 
lices eu autruy heritaise les pert sans !■; 
congé de celuy ou de celle a qui e_9t me, 
ritaige s'il n'y a cause comme dit es, 
comme ung frère et une sœur ou celuy qu 
tient ung fraroirs ou partie si sea aultre 
frerescheurs luy laisseroient tenir, il ne» 
teuu a rien leur en rendre de levées ae c< 



FRA 



PRA 



FRA 



131 



qu'il aura levé par avant le plet meu. 
{Coust. de Bret., f» 86 v».) 

Ung frarois. (Même texte cité d'après 
VAnc. Coût, de Bret., f° lUt», par Ste-Pa- 
laye.) 

PRARUR, voir FREREUn. 

FRASCHER, V. a., encombrer : 

Le chariot hoquelerie 
Est tirii an travers des champs 
Par miliers de muUets fraschann 
L'eslroit chemin de vérité. 
(1360. la Cuisine papale, p. 19, Fick.) 

1. FRASÉ, frazé, frassc, fresé, frezé, 
freeé, fressé, frosc, frasié, frrgict, frairé, 
adj., galonné, plissa, on fornin de fraise ? 

I,i mcssagiers est venus dnsqn'au tré, 
Trova Froment sor un tapis frecr. 

(Les Loh., ms. Montp., f°187".) 
Brandist l'espee an confenon fresé. 

(Ib., f" 254''.) 
Kl dos li vestent la bro;;ne a or fresee. 

(Raeubert, Ogier, 2fi88, Barrnis.) 

Un frain a or li ont el cief posé 
Et bien covert d'nn paile a or (retc. 

(lo.. (S., lOfiSS.) 

Un paTOillon tendnz estoit 
De dras de soie a or fraiycz, 
(Peneval. ms. Montp. II 2i0, f 220".! 
L& pensies veir mainte aiicube levco 
Et mainte riche tente d'or et d'argent freser. 
Uiol, S32.3, A. T.) 
Estoient enficiet 
Pignonciel et cendal et eon fanon fregiet 
Dnsqn'a .un. de çaus ki l'orent aprocict. 

(nmm. d'Alix., f .30'', Michelanl.) 
La peuisies veoir mainte ensepie fresee. 

(/*., f» 8=.) 
De .II. pales freses la cambre est portendne. 

(/>., f» 59=.) 
U qnens Iluesli Maines tint la lance fresee. 

(Conq. de Jeriis.. 7081, Ilippean.) 
Chatcnns baisse la lance a renseigne fresee. 
illi., .3800.1 

Chances avoit vermoilles d'un pale d'or fressé. 
(Fierabras, V.it Chr. 161B, f" 29 t".) 
.1. riche paile galatien frezi'. 

<lb.. C 7.H'\) 
En cors li mist l'enseinRne a or frazee. 

(r.audoit. 8160, A P.) 
El cors li met le confanon fresé. 

(Anseis. Richel. 793, t" 06''.) 
Sour les lapis de soie (loretez et frasiez. 

(Vetis doit paon, Itirliel. lîi.'Ji, f» 93 r".) 
Tante rente porpointe, tante enseigne fresee. 
(Florence de Rome, Richel. nonv. acq. 4192, 
f» 8 v«.) 

Bouton d'argent /'rasêf. (Test, du 'î7juin 
I41S, Arch. raun. Douai.) 

Louches a boutons frassez et dorez. 
(1443, Valenciennes, ap. La Fons, Gloss. 
m»., Bibl. Amiens.) 

O'orfa el de pierrie; et maint pierles frases, 
llabis et diamans furent autour entes. 
<Getle des ducs de Bourg., 38,33, Chron. J)el^.) 
Et de vaiselement, de maint bennap /yosi^. 

(Ib., 10463.) 
Dy le raoy, ma gorge frasée. 
Et tu me feras Ires grant joye. 
(Actes des apost., vol. I, f" 3"», éd. i;j37.) 
Une gorge blanche el frayée. 
(COQUILLART, Notiv. DroUz, 1" part., de Pre- 
sumptionibus, I, 98, lîibl. eh.) 



Vons demandez les gorgias frairez, 

r.loz H serrez. 
Pour cacher la poitrine. 
D'or et do soye dessus billebarrez. 
(Reform. des dames de Paris, ap. Michel, Pors. 
goth.) 

Venite nuno, frcsches, frasées, récentes. 
(Deb. des Dam. de Par., Poés. fr. des xv" et 
XTi' s., Xll, 42.) 

2. FRASÉ, adj., humecté : 

Demi muy de chaux frasée. (Compte de 
Gilet Baudry, 1416-1418, Despence, lui. 
Arch. num. Orléans.) 

Dans l'Orléanais on appelle /rasî de la 
braise en poussière. 

FRASKEUii, fraseur, s. m., p.-ft. fabri- 
cant de franges : 

Fraseeurs.{Vocab.desMétiers, ap.Grraiid, 
Paris sous Phil. le Bel.) 

Nicolas le Fraseur. (1378, Compte des 
annivers. de S. Pierre, Arch. Aube G 1656. 
f" 92 V».) 

FRASELii, - zellé, adj., dimin. de frasé : 

Et puis nne baniere de fin or frazellé. 

(Ciperis, Richel 1G37, f 92 r».) 

FRASER, - zer, frasser, frayser, freser. 
V. a., écosser, peler : 

Pour avoir frazé une mine de fèves. 
(1443. Compt. du Temple, Arch. MM 133, 
f» 92 v°.) 

Item, n celle qui pille l'orge, pour avoir 
frassé six boicenux de fèves, .m. s. .vi. d. 
(1485, Compte de J. Dupuy, f 46, Ste- 
Croix, Poitiers, Arch. Vienne.) 

— Frasé, part, passé, écossé, pelé : 

Moult les ont comparées 
Les verdes fèves qui ne forent frasées. 
(Aleschans, 7162, Jonck., Gui II. d'Or.) 

Ne prisserent deus pois frassez. 
(G. DE CoiNCI, Mir., ms. Brux., f 70".) 

Sainz Esperiz la sainte famé 

A si esprise et embrasée 

.\e prise une fève frasée 

Tote richece terriene. 
(lo., de l'Iimperer. qui gard. sa chasi., 2891. 
ap. Méon. Nnur. Hec.. II, 92.) 

Qui donc vcist ces oingnonees, 

l'ois a l'nile et fèves pilees. 

Fèves frasées et hlans pois. 
(Itat. de Karesm. et de Charnaqr. 117, :i|i. Méim, 
Falil., IV, 93.) 

Se tonte la lignie d'Adam estoit dampnen, 
Dieu n'i perdroit en soy une fève frasée. 

(Jf.h. DE Mf.l'nc, Tesl.,%13, Mémi.) 

Une escule de fèves fresees. { Terrier de la 
Trinité, xiv» s., Arch. Vienne.) 

Prenez feives frasées, si les cuisiez bieu. 
(H. DE MoiNDEViLLE, Richel. 2030, {'Si*.) 

B. Nous sommes legiers. 

M. Comme biches. 
B. Rebondis. 

H. Comme belles miches* 
n. Et fraysez... 

M. Comme beaux ongnons. 
(Dialogue de Mallepaye el de Baillevenl, dans les 
Poés. attrilmées à Villon, Jou.aust, p. 212.) 

Fèves frasées pour le potage. (1435, 
Arch. 8 5118.) 

Et ne suis je pas maleureux. 
Qui cuidoiecstre si rusé. 
D'avoir esté si refusé. 



Moy, qui suis gorgias, mignon, ^ 

Franc, fraiz, frasé comme nngonguon! 
(Cooou.L., Monol. du Puys, II, 2S3, Bibl. elz.) 

Une escuelloe de febvez frazees crues 
(1300, Ste-Croix,Arch. Vienne.) 

De sorte qu'un boisseau de telles fcbves 
hroiees et netloiees (qu'on dit frasées) est 
aussi plein que de celles qui sont entières, 
encores que l'escorce en soit dehors. (Co- 
TEREAU, Cotum., Il, 12, éd. 1555.) 

— Débarrassé comme d'une enveloppe : 

L'amo quant don cors iert frasée. 
(Reci,. de Mouens, Miserere, sir. 227''. Van 
Hamel.) 

FRASETE, frazette, freseir, frecette. 
s. f., gland, bouton en forme de fraise; 

Solers a fresetes ou a laz. (15 janvier 
1339, S. Renigne, Moniales de Larrey,Arch. 
Côte-d'Or.) 

Une bourse faiote a l'esguille, semée dr 
perles a cinq [recettes d'or. (1400, Pièces 
niât, au règ. de Ch. VI, t. II, p. 339,Dou«i 

d'Arcq.) 

Une frazette d'argent doret. (1443, Va- 
lenciennes, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. 
Amiens.) 



Des cuillers coppees a frazcttes. (Dép. 
p. la châsse de la calh. de Noyon, fin du 
XV" s., La Fons, .4rt. du Nord, p. 48.) 

Cullierscoppees afrazetles. (1504, Noyon, 
ap. La l'^ons, Gloss. ms., lîibl. Amiens.) 

FRASEtiRE, frazewe, frassure, s. f., 
machine ou moulin à broyer : 

Un rochier, une fraseure et quatre petis 
chenois debrisies. (Av. 1290, Invent., .Mu- 
reau, Arch. Meuse.) 

Micatorium, esmiocre, frazcure. (Gloss. 
lat.-gall., Richel. I. 4120.) 

Frassiires, arestieres, v,-ineaux et aultres 
ouvraiges appartenans au niestier de thuil- 
lier. (Stat. des fabric. de luilles, xv« s., ap. 
A. Thierry, Mon. du Tiers Etat, III, 585.) 

FRAsiÉ, voir Frasé. 

FKASlElt, S. m.? 

Sur les tapis de soie a fleurs el .i frasiers 
A fait traire ses armes. 

(Reslor du Paon, ms. Itouen, f" 83 r°.l 

FRAsn.i..Ê, adj., ridé : 

Le vénérable et glorieux confesseur 
monsieur sainct Chouard, lequel porte, 
pour mémoire et souvenir, le nez rongneux, 
la teste crossue, vermoulue, tortue, la peau 
(lu dos martelée, chauderoiiiicc, frasillee 
en eourcailletqui se tire, en audouille trop 
sallee qui se fend et disperse sur la grille. 
[Ix Triumphe de dame Verolle, Poés. fr 
des XV» et xvi' ?., lY, 279.) 

FRASNEi, voir Fresnoi. 

FRASNEi.,, voir Fresnel. 

FRASNiN, voir Fbesnin. 

FRASNoi, voir Fresnoi. 

FRAsoiR, frassoir, s. m., machine îi 
broyer ; 

Frassoirs d'estain. (1534, Lille, ap. La 
Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.) Alias, 
frasoir. 

Cf. Fraseure. 



133 



FHA 



FRA 



FRA 



FHAiisft, Noir KiiASi:. 
FRAssF.n, voir Fbasbh. 
KRAssoin, voir Fhasoiii. 
FRASSURE, voir FBASEnnK. 
FRASTix, voir Fraitikn. 
FRATERiE, S. f., lion infect : 

Di|niil«> (t pnissancei donne (Fortanr) 
Me ne prenl garde a quel personne ; 
C«r ses grâces si les despent 
Qu'en despendant toutes espent, 
El les gette en lien de poutio 
Par pnleaai et par fralerie. 
Ne ne prise tont nno bille. 

(fioif, C8Î3, Lantin de Damercy.> 

Le nis. Corsini, f 4,'>s donne fangeries. 

— Syn. d'ennui : 

F.t maintes fois par eslontio 
Fist home anni et fralerie 
Au prendonie et au saint provolre. 
(O'm) Vil. ti ne doul. etnmen., Ars. 3527. 
r 146*.) 

FRATERXALiTft, S. f., Confrérie : 
El pour niotlre fi liault ot fi sollenip- 
nelle œuvre en règle et en forme, il est 
besoin de déclarer aucunes choses de la 
fondacion de ceste noble confrairie et fra- 
temalité. (Oliv. de la Marche, Form. des 
gaiget de bataille, p. 99, l'rofl.) 

1. FRATERNE, adj., fraternel : 

Leur fralerne concorde. (Bebsuibe, T. 
Lie, ms. Ste-Gen., f» 425''.) 
Discordes fraUrnes. (In., ib.) 

A raecroifsement de la bonne amitié et 
Iraleme dileclion d'entr'eulx deux. (Juin 
1502, Dépêche de Bacquier, Lett. de Rois, 
etc., t. Il, p.Slj.) 

î. FRATERNE, S. f., fratemitd : 

Si que les hcrmilcs les anioienl, (les bôles) 

Et disoient qu'entr'enix SToit 

Telle fralerne, c'on ne devnit 

Faire a elles nulle moleste. 

Se se n'estoit nuisabte hesle. 

La fralerne estoit droilement, 

Qui du créateur seulement 

Furent cils et celle créé. 

(MrtoBi. d'Or., p. lin, T.irbi;.) 

— Correction que reçoivent de leurs 
supérieurs les frères on moines qui ont 
commis quelque faute : 

Qui meritoit nne bonne fralerne. 
tGtRtssE, Reelierek. des recherch., cpit. .au lec- 
teur, p. II, *d. Mîi.) 

FRATIN, voir Fbaitien. 

FRATis, voir Fbaitis. 

FRATREMF.xEUR, S. m., ffèrs mincur: 

Que cil las, cil fralremenrur 
Qni par ces loics TOnl tremblant. 
(G. PC Coma, Hir., du. Sois)., P 29' ; MéoD, 
Fabl.. I, 316.) 

FR.VTRKi:sE, S. f., communauté entre 
frères : 

Quand aucuns parchouniers viennent a 
faire parlaigc d'aucuns manoirs, celuy, 
ou ceux nynnt part sur le derrière, et non 
front aux rues, peuvent avoir voye et pas- 
sage sur le manoir et hcritaige de celuy 
ayant front aux rues, tels que de qua- 



torze pieds de Inrpp, par escbanse d'iieri- 
taige, si avaut que soit jardinage, et au 
regard des terres alaboeur, celuy ayant sa 
part sur le derrière peut avoir voyo et pas- 
sage, au moins de dommaige que se pol- 
dra, que l'on appelle voye de fralreuse. 
(Coût, de Bichebourg Saint Vaasl, Nouv. 
Coût. gi''n., I, 4,';2».) 

FRATRiN, adj., fraternel : 

Le suppliant, esnieu de couraige fratrin, 
incontinent saillit en la rue... pour cuider 
secourir son beau frère. (1463, Arcb. J.I 
199, pièce 201.) 

FRATuisEE, - zee, adj. f. qualiflant 
nne sorle de rime indiquée dans l'exemple 
snivant : 

La rime fratrisee est nommée celle en 
laquelle les vers fraternisent de telle ma- 
nière que le dernier mot du carme précè- 
dent est repelé entier au commencement 
du mètre suivant, soit en équivoque, ou 
autrement. De ceste a usé Marot en l'Epi- 
sraœme dressant à Charon. 

Metz Toile au vent, single vers nons, Charon ; 
Car on t'attend : et quand seras en tonte, 
Tant et plus boy bonum vinum charum. 
Qu'aurons pour Tray. Donqucs, sans lonfiuo nt- 
I tente, 
Tente tes pieds a si décente sente. 
Sans te fâcher : mais en sois content, tant 
Ou'en ce faisant, nous le soyons autant. 
Ch. Fontaixk, Art. poet., liv. II, cbap. 
dern., éd. 1573.) 

Ce nombre (anadiplose) est affecté par 
les poètes en la ryme qu'ilz appellent 
fratrizee et annexée. (Fouquelin, Bhel., 
f .?1 vo.) 

1. FRAii, voir Fbo. 

2. FRAU, voir Fou. 

FRAUDATEUR, S. m., trompcur : 
Aulcunes fois cil qui est cause de la 
mort est plus coupable que l'occiant comme 
cil qui deeoipt son pleine qui justement 
est puni pour son fraudateur. (Fossetieb, 
Cron. Marg., ms. Brux., I, f» 128 v».) 

1. FRAi'DEMENT, frauldement'-, s. m., 
fraude: 

Et les pécheurs feront simulations en 
frauldement et désolations. {Bible, Daniel, 
XI, éd. lo43.) 

2. FRACDEMENT , frauldement, adv., 
frauduleusement : 

Il lut cbargé a tort et frauldement. (Q. 
Cnrse, \ïii, 16, éd. 1534.) 

FRAUDE RIE, S. f., fraude : 

Or sers amonrs en chantant lycment 
Et jttsques en fin sans nulle frauderie. 
(Perceforesl , vol. VI, ch. 4;i, éd. 1S28.) 

FRAUDEULSEMENT, VOif FrADDECSE- 
MENT. 

FRAUDEf.sEMF.XT, -dculsement, -douse- 
ment, adv., Iranduleusement, par trom- 
perie : 

Fraudousement. {Advocacie N.-D., ms. 
Evrcux, f° 134°.) 

En repost et fraudeusement. (1318, Arcb. 
.U 50, f" 107 r«.) 

Moult de requestes ont souvent esté 
faites... a nous, qui passées ont esté frau- 



deusement souz l'ombre d'aucune coleur de 
raison. (1320, Arcb. K 40, pièce 23.) 

Mais, qni larrecinieusemeot 

A tel/, engins fraudeusement 

Deslruit les roulons débonnaires. 

Qui sont habitans es auluaires 

Kt bien scevent Venus hanter. 
(J. Le Fevre, la Vieille, I. I, v. 7G3, Cocheris.) 
Esquelz bureaux et petites pièces lesdiz 
grans dras fraudousement estoient enve- 
lopez. tl388, Ord.,yn, 217.) 

S'il est trouvé que il ou celui de savante 
ait mal usé fraudeulsement. (1388, Ord.. 
VII, 775.) 

Aucuns fraudeusement pourroient faire 
draps. {Ord. de la drap, de Louviers, Cari, 
de Pli. d'Alenç., p. 857, Arcb. S.-Inf.) 

FRAUDEUX, adj., frauduleux, trom- 
peur: 

Par marcbié et contrant fraudeux et 
mauvais. (1344, Arcb. JJ 74, 1° 18 v°.) 

Par le? fraudeux centraux qu'il faisoient. 
(1347, Arcb. JJ 76, f» 21 r».) 

Fraudeux centraux. (1350, Ord., ii, 
419.; 

Par mençonges fauses et fraudeuses. 
(J. DE ViGNAV, Enseignem., ms. Brux. 
11042, f" 39>.) 

Faulceté fraudeuse. (Coubcv, Bist. de 
Grèce, Ars, 3689, 1" 189''.) 

Hz usoient de tricherie, d'usures et de 
merchez fraudeux. (Oresme, Polit, f" 175«, 
éd. 1489.) 

I.'homrae fraudeti.t erant tourment trop allye, 
(J, Meschinot, Limettes des princes, f° 38 r", I 
éd. 1.i93.) j 

Marcbié fraudeux. (Coust. de Nom.. I 
f»49v», éd. 1483.) . 

Vente fraudeuse. (Cousl. de Bret., '. 
C 118 r».) ! 

En contract d'eschange et donaison, ny 
pour rctraict de premesse, n'appartiennent : 
ventes, sinon que l'escbange fust /rattdetise. : 
{Coût, de Bretagne, tit. ii, Coût. gén.,t. II, i 
p. 759, éd. 16.35'.) 1 

FRAUDiEUx, adj., frauduleux; | 

Chanaan a en sa main la balanche frau- | 

dieuse. (Le Fevre d'Est, Bible, Osée, xii, i 

éd. 1534.) 
Divers poidz est abomination envers ' 

Dieu ; la balanche fraudieuse n'est point i 

bonne. (1d., ib., Proverbes, ch. XX, éd. 

1530.) ! 



FRAUDOUSEMENT , 

MENT. 



voir Fraudeuse- 



FRAUDULATEUR, adj. Cl S. m., trom- j 
peur, fraudeur : ■ 

Fraiidulateurs pillent maisons, hosteU. I 

(Grinoore, les folles Entreprises, p. 35, Bibl, eli.) j 



Oysif, inert, frauiulateur. 
(Therence en franc.., f 

f., 



\Yl^, Vcrard.) 

fraude, trom 



FRAUDULACION, 

peric : 

Car en teles élections 
A trop de fraudulacions. 
Ou par malice, ou par promesse, 
(E. Deschamps, Pop»., Richel. 810, f" ISQ"".) 
Ainsi ces lonps qui so sont allez mettre 
.Sonbz faintz habiz, faisant .samblant de paistro 
Parmy brebis, font fraiidnlttcion. 
(Grirgobe, les folles Entreprises, f. G9, Bibl. el«.) 



I 



FRA 



FRA 



FRE 



133 



FBAI!Dl'I.AMMENT, VOIP FRAUDn.FM- 
MEiST. 

FRAiTDUi-ANT, voir Fraudulent. 

FRAiTDUi.EMMENT, - lammefit, - lan- 
ment, - lentement, ndj., fraudnlensemenl, 
d'une manière trompense, secrète : 

Alnnz fraudulanmcnt. (Bible, Mnz. 683, 
!' 123'.) 

Pour ce. que il avoil fravdvlentemevt 
juré. (La Mer des liystoir., t. II, f° 125^ 
éd. 1488.) 

Lesquelles dcMix choses Pompée luyvou- 
loit fraudulemment snyipUnler el tolir.fBoc- 
CACE, Nobles malheureux, VI, 9, f° 152 v, 
éd. 1515) 

Anron usurpa le Pontificat, et s'en saisit 
fraudulamment. (Léon, Descr. del'Afr., I, 
J26, éd. 1556.) 

Il n'y a animal qui exécute plus frauilu- 
lentement l'envie qu'il a sur l'homme que 
cestuy cy (le Stellion). (Du Pinet, Diosco- 
ride, VI, 4, éd. 1605.) 

FRAiiDULENCE, S. !., mauvaise qualité: 
Les causes de ces ulcères sont mauvais 
humeurs cholerics, acres et niordicatifs,qui 
a cause de leur aduslion acquerent quelque 
fraudulence. (Joubf.rt, Gr. Chir. , p. 326, 
éd. 1598.) 

FRAUDixENT, - lUTil, frauld. , adj., 
frauduleux, mensonger, trompeur : 

Une fausse déception fraudulante sou- 
vente foiz estaint celle qui samble estrc. 
(J. DE Salisb., Policrat., Richel. 24287, 
f 87'.) 

Il a proposé et demandé questions dif- 
âciles, subtiles et captieuses pour la 
prendre et condemner par ses paroles, 
mettre a confusion et frmidvlenle dicep- 
tion. {L'opinion de mesure P. Lliermite, 
etc., ap. Quicherat, Procès de Jeanne d'Are, 
V, 217.) 

Les amazones prindrent les armes de 
leurs maris et se vengèrent vaillamment 
de la douloureuse et fraudtilente occision 
d'iceulx. {La Mer des hystoir., t. I, f» T?"*, 
éd. 1488.) 

Mieulx vallent les navrures de son amy 
que les baisiers fraudulentz de l'ennemy. 
(Lep. d'EtAPLES, Bible, Prov., ch. 27, éd. 
1S30.) 

Par fraudulante riisP. 
(G. 1)11 Brvs, rOreille du Princf, f iO r". 

ii. 1S82.) 

Fraudulentus, fraudulent. (H. Estienne, 
Gramni. gall., p. 101.) 

P-ir chascDn an nn Taultour fraudulent 
Att propre jour de sa nativité 
Faisoit Ij.inqnet planier et opulont. 
(Gl'iLi.. Hal'dent, Apol., 1° !>., ci.xxvrii, I.ormier.) 

— Déguisé, caché : 

Ulcères /"rauW«;ente. {Jard. de santé, 1, 
145, impr. la Minerve.) 

FRAUDULENTEMENT, VOir FrAUDULEM- 
.MENT. 

FRAUDULEUR, S. m., fnnideur, trom- 
peur: 

Le frauduleur avise et gaitte son point 
de longue main. (Christ, de Pis., Policie, 
Ars. 2681, § lu.) 

FRAULDEMENT, VOlP FRAUDEMENT. 



FRAIII-DULENT, VOir FRAUDULENT. 

FRAUx, S. m., fraude : 

Sanz fraux ne bairet. (1360, Ch. des 

compt. de Dole , Arch. Doubs.) 

319 

FRA VAILLE, voir Frevaille. 

FRAVAILLIER, VOIT FREVAILLIER. 
FRAVALL, voir FREFEL. 
FRAV ALLIE, VOir FREVELIE. 

FRAVALOUSEMANT, VOir FREVELOUSE- 
MENT. 
FRAVELLIE, Voir Frevelie. 
FRAxiNE, S. m., frêne : 

L'amandier, fraxine et snmbuce. (Jardin 
de santé, I, 25, impr. la Minerve.) 

1. FRAY, voir Frait. 

2. FRAY, voir Frai. 

1. FRAYABLE, adj., cassant : 

Les pierres du dit lieu sont aigres^ rudes 
ou mal plaisantes, semblablement le fer 
qui se fait es forges du dit pays est fort 
aigre, rude et frayable. (Palissy, Œuv., 
p. 361, France.) 

— Qui peut être frayé : 

.Suy donc (mon cher soucy) ce chemin non fraijalile 
Que par cens que le ciel, libéral, veut bénir. 
(Du Bartas, Vranie, éd. 1380.) 

2. FRAYABLE, adj., qui occasionne des 
frais : 

Si les bestes, ou autres biens meubles 
du debteur, sur lesquels a la poursuite du 
créancier arrest est fait, ou qui sont prins 
et levez par peine servie, sont biens 
frayables et périssables, ils se doivent 
vendre par justice publiquement. {Cout. 
de Cambray, xxv, 43, Nouv. Cout. gén., 
11,299.) 

Le fol appel par voye de revision.... 

estoit fort frayable. {Charte du comte de 
Hainaut, Nouv. Cout. géu., II, 88''.) 

FRAY-ANT, adj., frayé : 

Le firent mettre hors, par une barge, sur 
le sablon, et l'endicterent ainsi ; tu t'en 
iras les couvertes voyes, tout le pays (tu 
congnois bien les forces et les adreces et 
les chemins frayans) tant que tu viendras 
a Chaslucet. (Froiss., Chron., 1. III, p. 312, 
éd. 1S59.) 

1. FR.\YAU, S. m. î 

.xil. paires de frayaulx dont on a fet 
nattes mises es siegi>sdeseschevins. (1371, 
Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. 
Amiens.) 

2. FRAYAU, voir Freel. 

FRAYE, S. f. ? 

Item pour deux honnies qui amassarent 
et mesurarent l'avayne de la fraye et por- 
tarent chieux messieurs qui avoient esté 
presens au festaige le jour Ste Ragonde 
.11. s. .VI. d. (1456, Compte, Ste Iladeg., 
Arch. Vienne.) 

FRAYEE, voir FROIEE. 
FRAYEMENT, VOir FRAIEMENT. 



FRAYER, voir Fraier. 

FRAY-EURE, VOÏT FROIURE. 

FRAYONER, V. n., froncer le sourcil : 
Ce n'est qu'une folle contenance que do 

fraygner tousjours. (Palsgrave, Esclairc, 

p. 559, Génin.) 

FUAYiviER, voir Fresnier. 

FRAY"ON, S. m., semble synon. d'issue, 
extrémités et entrailles de quelques ani- 
maux : 

Jehans Cappé a fait demande a M. Brau- 
lart de .v. s. p., de tele manière et pour 
tel pris comme il couroit environ Noël, 
pour frayons et yssues de pourciaux a lui, 
doudit Jehan, ou de son commandement, 
vendus, bailliez et délivrez. (1335, Plaids 
de la mairie de la Couture, Arch. admin. 
de Reims, III, 68, Doc. inéd.) 

FRAYRIE, voir FRERIE. 
FRAYSER, voir FRASER. 

FRAZÊ, voir Frasé. 
FRAZELÉ, voir Fraselé. 
FRAZER, voir Fraser. 

FRAZETTE, VOiP FRASETE. 

FRAZEURE, voir Fraseore. 

FREANT, part, prés., voir Ferir au 
Supplément. 

FREASCE, s. m., sorted'impôt, dedroit: 

tout le droit des freasces liroit au 
molin de la parrie. (1301, Liv. rovg. de la 
Chambre des compt. de Paris, f" 139 v», ap. 
Duc., Freagium.) 

FREAu, voir Freel. 

FREBOR, voir Fremor. 

FRECÉ, voir Frasé. 

FRECENGE, VOir FRESSANGE. 
FRECENGEE, VOir FRESSANGEE, 
FRECETTE, VOlr FRASETE. 

FRECHET, voir Freschet. 

FRECHiER, V. H. , Semble être une 
forme de flechier au sens de s'arrêter : 

Charles fist sou seerment... qu'il ne fre- 
cheroit d'aler après les Sarradins d'ice 
a adono qu'il les trouveroit.(7!e Charlem., 
ms. Berne 41, î" 13''.) 

FRECUISSANT, VOir FRESCHIS.SANT. 

FRECINEUS, adj., malade du farcin : 

Frecineus est dedans le ventre. 
( G. Machadi,t, le Dit du cheval, p. 80, Tarbé.i 

FRECONDE, voir Fregonde. 

FRECOPIN, S. m.? 

Vostre merci, dist Galopins, 
.Te fot saver hnns frecojiinx. 
Si fnt saver bon Icclieri 
nont je .'îui moult a Cort chéri. 

(ISenart, 12219, Méon.) 

FRECQUIERE, VOir FLECHIERE. 

FRECTÉ, voir Frété. 



n* 



FRE 



FUEDEi.i.r.. s. f.. mot d.mtiMix expri- 
mant l'idée de brait, vacarme : 
El me bailli telle frfdrlU 
L'aotre joar eoconlre ma teste. , 

nrcf de inj jnnet (emmn, 46. ap. Picot et 
Nyrop, .\oirr. Bec if farces, p. 9'.'.) 

FREDLETÉ, VOir FRAILETK. 
FREDin, VOirFROIDIR. 

FREDOiER, voir FnoinoiF.n. j 

FREDOit, voir Froidor. I 

FREE, s. m., terre en friche : 

Frte de Vcrmandois freede Flandres. 

(Cartut. 21 de Corbie, péapes de Bapaume, 
ap. Sie-Pal.) j 

i-REEL, frael, fraiel, fleel, fléau, freau, 
rnijan. fayau, s. m., cabas, panier de jonc 
-er\,int de mesure : 

Douf cenz freeU de figes, (flots, p. 93, 
Ler. de Lincy.) Lai., ducentas massas 
■ aricarum. 

I,c montant d'un fraiel engrcnier, 
.XVIII. den. (XII* s.. Doc. inédits sur la | 
Pieardie, IV, 8, Beauvillé.) 

Fraiaus de figbes, .i. den. (12Co, Chambre 
le? comptes de Lille, Arch. Nord.) 

Frael de fiches, (xm's., Tarif de tonlieu, 
Arch. du chap. de S.-Omer, Il r. i899. 
n-i69.) 

ijuatre tuerlis pcrlies et quatre fleaus de 
hàndele de cire. (1344, Livre des fiez de 
^ -Den., Arch. nal.) 

.11. fraaux de fighes. (1346, lievenus des 
Icrres de l'Art., Arch. KK 394, 1° 64.) 

.11. fraiaus. (Ib.) 

IJ'un frael de pardc, dessous cent livres^ 
Ironie sols parisis, et dessus cent livres, 
< iiiquantc un sols parisis. (1351, Lett. du 
/loi Jean l", droits levés à Amiens, Ord.. 
II, 440.) 

Du frecl de figues et de raisins. (1396, 
Coût, de Dieppe, ï' 30 v°, Arch. S.-lnf.) 

Fighes et roisins: du grand freau, .1. d. : 
du cophin, ob. (17 aoftt 1512, Ord. touchant 
le tonlieu de S.-Bertin et S.-Omer, Arch. 
mun. S.-Ouier.) 

Pour chacun cent de figues, raisins, si 
temps eetoil que les figues et les raisins 
se peussent acquitter par fléaux, lors s'ac- 
quitteront de cent fleaur. {{oi"/ , Arrêt, ap. 
Mantellier, Uarch. fréq., III, 271.) 

Nœuf fayautx de figues dades. (1338, S.- 
Omer, ap. La Fons, Gtoss. ms., Bibl. 
Amiens.) Ailleurs frayaulx. 

Pour l'cslofre des freaulx de la grande 
nappe du grand autel de S. Amé, .lx. s. 
(15i2, Uouai, ib.) 

Ina frayau de rozin. (1596, S.-Omer, 
ib.) Alias, fléau. 

D'après le texte lalin suivant on doit 
supposer la forme flael : 

Uc flaello ficum et raccmorum unum 
ilcnarium. (1285, Niort, Arch. Vienne.) 

FREER, voirFnoiER. 

FRBEi'R, voir FnOIEUR. 

FREEUS, fraieux, adj., effrayant, épou- 
vantable : 

Combien que a nous soit chose moull 
freeute de recevoir la -mort. (Cot;acy, Hist. 
de Grèce, Ar.«. 3689, l' 187'.) 



FRE 



Tout sP 11 iri-'l d'nne fraieiise nnit. 

(J. DoiBi.ET, Poés., p. 68, Jouausl.) 

FREFEiL., voir Frefel. 
FRBFEL, frefeil, ferfel, fravall, s. m., 
trouble, tumulte, agitation : 

Monlt fa Giglains en grant ferfrl: 
Onqacs la nuit n'a pris .somel. 
(ItEX. DE Bf.ai'Jf.i!, H Bi'au.s Dcsconneus, \Vi">. 

Hippcau.) 
Car en si ft^vA frefel me trais nne heure 
Si tos qu'amniirs Tardant désir m'ahenn^ 
Qui la beauté de Tons me représente 
Qne je ne scay comment je me mainliensne. 
(Froiss., Poés., Richel. 830, f° 63 t°: Srhelor. 1, 

71,723.) 
En ce frefel et en celle rihote 
Fai maint souspir, maint plaint et mainte note. 
(Id., ib., fCa -1°; Scheler, I, TT.S.S-.) 
Cils pensers me met main et soir 
En lel frefeil an dire voir 
Que je ne coirnois blanc a noir. 
(ID., il,., i" 113 r»; Scbeler, 1, 1«,l!in:i.) 
Moull au jour d'hui 
Comment tant dure en tel esseil, 
En tel soussi, en tel frefeil. 

(lo., ib.. I, 118,2091.) 

Kn ce soDssi, en ce frefeil. 
Mon coer, mi penser et mi oeil 
Sont prest de faire mou voloir. 

(lo., ib., II, 37.t.'21.) 

Il est en tel frrfeil 
Que pour tout son désir 
.Ne quiert que son pareil. 

(In.. !*., 111, 17-2,->-2.> 

. Les frans cners et met en frefeil. 

(ID., ib., m. LSI. -21.) 

Il venront tantost a nous pour nous 
combatre; il en sont en grant frefel et 
grant volenté. (Id., Cliron., VI, 120,Luce.) 

En ce frefel, assaut et rihote, il furent 
jusques a le nuit que !i François, qui 
esloient tout lasset et travilliet d'assalliret 
de combatre, se relraisent et sonnèrent 
leurs trompetes de retrait. (Id., ib., VII, 
174, Luce.) 

De tottes clammes queles que elle soent, 
soit de depde, do fravall. (1398, Arch. 
Fribourg, 1" Coll. des (o(s,n» 121, f» 31 v».) 

Suisse roni., Frihourg, fravo.il. vol de 
bois. 

FHEGART, VOir FLKGARD. 

FUGGEL, s. m., huche : 

Si elle est femme de grant estât, elle 
pœult prendre sa huche ou fregel, sa 
chainture, ses ngneaulx... (1507, Prcv. de 
Fouilloy, Coût. loc. du bail!. d'Amiens, I, 
308, Boulthors.) 

I FREGiEiL, s. m., syn. de fregel ? 

Pot, fregieil. (1415, Compt. H.-D. Soiss., 
\ v Acy.) 

FREGiET, voir Fbasé. 

i FREGNANT, VOir FRAIGNANT. 

I 

{ FREGNER, VOlT FRAIGNER. 

' FREGON, - un, fresg., frag., s. m., pe- 
tit houx : 
I Beguns certes ne sunt pas douz, 

Ainz sunt poingnant plus de fregun. 
G.) DE CoiNCi. ilir., ms. Soiss., f" 30.) 
Frisgonem, fresgun, eue bole. (Vocabu- 
lary of Ihe names of plants, -p. 140, Wriglit.) 



FRE 

Il y croissoil hous et fregms, 
Uos espineus plains d'aguillons. 
(Decdii.uevillb, Pèlerin, du gen. hum., ap Duc, 

Froncina.) 

Pour balais et fragons .xit. den. (1379, 
Arch. hospiU de Paris, II, 126, Bordier.) 

Aussi pevent prandre fresgon et genest 
ot branches de houx. (1467, Usem. de la 
forêt de Drecelien, Cart. de Redon, Eclaire., 
CCCLXXVHI, A. de Courson.) 

Norm.; fracon,fraijon, fragon, labruse, 
le ruseus sive myrrhtis sylvestris, arbris- 
seau dont les feuilles extrêmement ai- 
guës ont la forme exacte d'un fer de 
lance. Sa racine est comme celle du gra- 
menet haute en goût. Les chapeliers s'en 
servent pour arroser leur laine. (Roq., 
Suppl.) Suisse rom., fragon, houx. 

FREGONDE, -conde, adj. f., fréquente, 
nombreuse, bien rem plie : 

De la marche freconde le roi Ynn. 

(.iiol, 208G, A. T.) 
Fromons et Hâtes es destriers li'Arragonne 
.\ Soibaut TÎenent a la barbe fregonde. 

(neuves d'HmsIone, Ricbel. t2ri48, f" 85''.) 
Eniiementiers que la dame li conte 
Entre li rois en la cambre fregonde. 

(Ib., f» ns».^ 
Plaist vous oir bonne canchon fregonde. 
(Ib., ap. Stengel, ililtkeilungen ans der Tiirintr 
Vnirersilaelsbibliothek, p. 32.) 

FREGONDER, - undcr, verbe. 

— Neutr., être en grand nombre : 

Si li depreient que la citet ne fondel, 
iSe ne périssent la gent qui cnz fregoudent. 
(Chans. d'Aleris, texte xi" s., str. 60=, G. Paris.) 
Var., fregunie. 

— Act., fréquenter : 

En un sentier entra qui tos ert fregondes. 

(Epis, des Chélifi, p. 2S6, Hippeau.) 

FREGUN, voir Fregon. 

FREGUNDER, VOir FREGONDRR. 

FREiDOUR, voir Froidor. 

1. FREiER, voir Froie:\. 

2. FREIER, voir Fraier. 
FREiGNAL, adj., qui se brise, cassant : 

Sa somblance (du beril) est d'iaue a la goutc. 
Trop est anoieas et freignmis 
D'entaillier figures egaus. 

(Lapidaire, p. 27';. Pannier.) 

Cf. Fraignant. 

FREILETÉ, voir FRAILETÉ. 
FREILLETÉ, VOir FRAILETÉ. 
FREILLITÉ, voir FRAILETÉ. 

FREIN, frain, s. m., direction, autorité: 

Car ces dois singnories... 

Si furent puis conjointes pertenant a une fraw. 

(Jeh. des Preis, Geste de Liège, 6053, Scheler, 

Gloss. philol.) 

FREINAUNT, voir FRAIGNANT. 

FREINDRE, voir FRAINDRE. 

FREiNGETE,/'ren5(e(e,s. f., petite frange: 

Ou cuer sont U frcingeles d'or. 
(Paraphrase du Pi.Eruct., Bril. Mus. add. 15606, 

f 31V) 

Les frengetes d'or qui i peudeut... {Trad. 
de Beleth, Uichel. 1. f» 995, 68 r».) 



FnF 



FRR 



FRR 



i:to 



FREINTE, voir Krainte. 

PREINTURE, voir FllAINTURE. 

FRBiOLEiT, voir Freolé. j 

FREiRj v. n., avoir de la frayeur : 

Tant corn d'olifan cler e h.iiil 

I sonerent al venir, I 

En cens dcdenï n'ont que freir. 

(Bbn., D. ieNorm., U, ISOn. Miclu-I, 

FRBis, voir Fres. 
FREiSEi>, voir Fkesei.. 
PREiT, voir Fruit. 

FREITE, VoirFfiAlTE. 

FREiTis, freyliz, s. m. ' 

Per 4 freiiis mis au preuier trablier de 
la chambre. (1382-3, Compt. de P. Serrer, 
prév. de Montbris$07i, Réparât, du donjon, i 
Arch. Loire.) 

Pour un feroil, deux freyliz, crosses et 
clouz. (26 avr. 1417, Reg. consul, de Lyon, 
1,43, Guigue.) 

PREITON, voir Ferïox. 

FRELAL'LT, VOir FRELAUT. 

FRELAUT, frelauU, frelol, s. m., joyeux 
compagnon : 

Vinetteux, Potageouart, Frelault. (Kab., 
IV, 40, éd. 1552.) 

Deni boas frelols chantant plus haut qu'Aleiiians 
Pretenilaas d'aller au Mans 
Vendre la Nymphe au beau chel'. 
(1577, Coq a l'asne. De Sancerre et de la clianti', 
Ler. de Liucy, Ck. Itisl., II, 331.) 
Auprès du bal estoyent quelques bon- 
netiers, compagnons de Cingar, Brunel, 
Ganbe, Sguerze, Schiamiae, et Lanfranc, 
lesquels, estans bons frelaux, avoient ac- 
coustumé de se railler des personnes avec 
leurs belles parolles. (Hist. Maccar. de 
Merlin Cocc, vu, Bibl. gaul.) 

Et puis, Gaster, mon frelaut, a elle esté 
bien aise de sçavoir de mes nouvelles ? 
(Fh. d'Amboise', les NeapoL, I, 3, Auc. Tli. 
fr., VII.) 

Peut eslre que trop je dejueure, 
Sans aller voir mes deux (relots. 
(Godard, lea Uesguis., V, 2, Ano. Th. fr., VII.) 
Ces bons frelots de pages. (G. BocCHET, 
Serees, III, 236, Roybet.) 

Frelol, frelaul, a good fellow. (Cotgr.. 
éd. 1611.) 

FRELEMPiEu, S. m., mauvais sujet : 

Tu es un beau frelempier, c'est bien a 
toy que j'en voudrois rendre compte ! (A. 
DE MoNTLUc, Comédie des Proverbes, I, 
17, Ane. Th. fr., IX, 32.) 

Argot, frelampier, ferlampier,bimya. H. 
Norm., vallée li'Mèrtis,, frelempier, vaurien, 
ivrogne. 

FREHN, voir Feri.in. 

FRBLLEE, freslee, s. f., frimas : 

En .1. d'ans a plus de mellee 

Qu'eu .1. jver n'a de frcllee. 
(G. DK CoiNci, .S. Leocade. Richel. 191S2, 
f 33».) 

Kn un d'aus a plus de nieslee 
Qu'en un ivcr n'a de (restée 
(Id., i«., ms. Brui., f" 3i'-.) 



FREi.LESSE, S. f., fragilité : 

Fragilitas, fraisleté ou frellesse. (1464, .1. 
Lagadeuc, Cathol., éd. Auffret de Quoel- 
queueran, Bibl. Quimper.) 

Cf. Fkaileté. 

FRELL.ETÉ, VOir FfiAILETÉ. 

FRELi.ON, S. m., myrte sauvage : 
Kuscum, Ruscus. Dii uuirte sauvagr. 
Du frellon. (R. Est., Dictionariolum.) 

FREL.OIRE, voir FORELOHE. 

FRELON, voir Fellon. 

FRELOQUE, S. m., Ornement en forme 
de houpe : 

Le suppliant avoit roignié ou coppé cer- 
tains freloques et draps de diverses cou- 
leurs qui estoient aux robes de Loys de 
Bertain chevalier. (1399, Arch. JJ 154, 
pièce 751.) 

On trouve au xviii" s. ferloque, avec le 
sens de guenille, chiffon : 

I tas de ferloques pilées. (1744, Bailliage 
de Voulpe, Arch. Aisne, B 3426.) 

II s'emplo