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DICTIONNAIRE
DE L'ANCIENNE LANGUE FRANÇAISE
ET DE TOUS SES DIALECTES
DU IX' AU XV' SIÈCLE
CHARTr.ES. — IMIiRlMEIilE DUIiAND-
DICTIONNAIRE
m;
L'ANCIENNE LANGUE FllANCALSE
ET DE TOUS SES DIALECTES
DU IX" AU XV^ SIÈCLE
COXirOSÉ D'APRÈS LE DÉPOUILLEMENT DE TOI 8 LES PLI.S LMPORTAXTS DOCLMENTS
MANUSCRITS OU IMPRIMES
QUI SE TROUVENT DANS LES GRANDES BIBLIOTHÈQUES DE LA FRANCE ET DE L'EUROPE
ET DANS LES PRINCIPALES ARCHIVES DEPARTEMENTALES,
MUNICIPALES, HOSPITALIÈRES OU PRIVEES
PAR
FRÉDÉRIC GODEFROY
.PUBLIE sous LES AUSPICES DU MIMSTEUE DE "L INSTitUCTION l'UULIQLE
ET HONOIIK, PAR l.'lN.STITl T, DU MIAND PlUX GOIIFCIIT _^ *
•]■ ( ) M V. X !•: L' \ 1 1'; M !•;
COMPLEMENT
CARREL — IXACCOSTABLE
PARIS
LIBUAIHIE EMILE BOUILLON, EDITEUR
6 7, R u i; DE II 1 c. Il i: I. 1 1; i: , a i; pue m i i. li
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AVERTISSEMENT
l.c l\'' l'I a\:iiil-ileriii('r Mjimiic ilii l)i(liiinii:itrc de l'uncieniu' liintfiie fr;iiiç;iixc. i\\]i |i:ir;n't .iiiiiiurd'liiii. cl.iil loiil
|ir(iclic' ilr >;i lin l(irs(|U(' r,iiil('iii- l'iil Miinl.iiiiciiH'iil IVapjn', MK-C(iiiil);iiil à l:i làclic |irt's(|iii' siiiliiiiiuirii' (pi'il a\ail
(Mili('|iiist' il \ a |iii's lir riiH|iiaiil(' aiiiift's. \-'.i\ lS',):i. il a\ail eu la joie fie Ifi-iiiijH'i' la |iiciiiii>ri' cl la plus ini|)(irlaiil('
pallie ili' cello u'ii\re. Apres l'avdir menée si prés de sa lin en dépit de fous les obslacles, an milieu de Inules les
dilliiiilles el lie loules les traverses. a\ee une tnree île vnlonté. un eourage iiHJoniptables, il semble ipi'il aurait dû
\ i\ re assez puni' en \ oir le eoniplel aeliex emeni ! l'uisipii' eel le i;i'ande et légitime ireompense ne lui a pas été aeeoi-dée,
sa raniille a tenu du moins a ee ipie le I htlinniuiire de l'aiHienne l;iii(/iie /r;inç;i!-se se terminal dans les meilleures
eiindilions el de la maniéi'e ipii repimdil li' mieux an\ desii's de sou anieur.
l-llle a iliine demaudi' a M. le Minisire de II nsl ruel ion publiipii' de xonloir bien eimliei' j'ai-bex eim'id de la mise en
irnxre des manuserils de M. (indelViiN a deu\ de ses |ilus aneiens el plus ile\iiui's eolla biiraleurs ; M. Jean Hiinnard,
pi'ii l'esse ni' de plu II iliigie romain' a I t ni\ ersili' de La usa n ne. el M. Amédée Salninn. aneien eleve de l' Meule des ilaiiles-
l'.liiiles. ipie les l'rel'aees des tomes préeédenis nul déjà présentés et l'ait eoiinailre an\ leeleiirs du J)ie/innii;itrc'.
Par une deeision du "28 déeeiiibre IS'JT. M. le Miiiislre de l'Instruetiim piibliipie a bien \iinlu l'aire droit à eelte
ileinande. MM. Boniiard et Salmoii se siml divisi' la besujine au mieux des intérêts dn Iraxail; .M. Saliriou. élaiil à
l'aris. s'est eliargé de la préparation de la enpie. M. liminard de la revision attenlive des r>preu\es.
lue part a été réservée à M. 1*. lioderinx. Iieeneie es lettres, ipii axail eli' eompaLiiion ipiulidii'ii des traxan.x do
son père dans les deux dernières années de sa xie. Le grand mallienr ipii l'a t'iap|>i' l'a déeidé a se eonsaerer ])lns eiieorc
ipie parle passé à eette a'iivi'C ipii lui esl dexenue dnubleinenl ebere, a laipielle il ei'il plus Ii'jI apporli' \i>\ emieoiii's
ell'eetil'si sa |)reparation à une aiilie earrii're ni' I en ei'il empéellé.
Il a l'Ié eliai'gé spéeialemeni des reeherebes dans les imprimes el les édilinns prineeps des llibliiilbeipies. Au eoiirs
de ses reelierelies et de ses leet lires, il avait ili'.|a eu l'neeasion de l'aire proliler le Dielituiihiire de ipielipies I roux ailles,
tanli'il reeiilanl la ilale de la première .ipparil mu d'un mol, lanlol reeueiUanl nue aeeeplion, [\\\ Imir inleressanl pour
riiisloiie de l.'i langue. .Modesle eoiil ribiil ion ipi'il sera heureux d'aiiporler jnsipi'a la lin a eelle leuxie a laquelle
I aiileiir .ixail donin' pour progr.nnme de s'enriebir id de se perfeeliiuiner sans cesse.
I-'.I maiiilenanl , les amis de .M. (lodeirox el les soiiseiipleiirs du Dielimiiunie peuxeni ax oir eniili.inee. Si Itieii le
perniid. la lin de ce siècle pourra xoir se lerininer ee iiiiiiiuiiienl l'dexe ,i iiidre langue el a notre liisloire ii.d ionales.
1'. (i()i)i:ii!(iv.
DICTIONNAIRE
DE
L'AXCIEXNE LAXGUE FRANÇAISE
ET DE
TOUS SES DIALECTES
DU IX^ AU XV SIÈCLE
CARREL, mod. carreau, s. m., pavé
plat fait de terre cuite, de pierre, de
marbre, etc., dont on se sert pour paver,
pour recouvrir une paroi, etc. :
Ke de paliz, ke de fossé,
Que de mortier, ke de quarel,
Ke il i ad fait un fort chastel.
(Wace, Rou. 3« p., 1464.)
Encor i %i le destrier auferîn ;
.\teles iert a car come ronchin.
Ou il traioit li quarrel marberin.
(Raimb., Ogier, 103J3.)
Dcsi que j'aie prise le fort tor de Babel
Que firent li gaiant de cauc et de quariel.
[Alexandre, f* 65^.}
A Guill. Bellebarbe. pour 10 toises de pa-
vement de quarreaus plommes faits es lo-
ges devers le ponl de Charenton, a 16 s. la
toise. (1318, //il', de J. de Sa/fres, ap.\. Gay.)
Item pour .viit'. de qunrrialz achetés a
Jehan.NourryelaPolier.(1396-1397, A.mun.
Mezières, CC 30, f 16 v°.)
.,„f'"'fi' ?ri^"^- ('"^' •^- Corrèze, Ad. des
noi., 4b, 146 \°.)
QueyreU. (t4i5, ib., 48, 16.)
Queyreus. (1446, «4., 43, 28.)
Si fist tout paver de carreau/^:.
(MABTiAt, Vig. (le Charl. Yll, sigo. C U t'.)
— Sol pavé de carreaux :
Plus de .c. en ocbirent gisant sur le cartel.
i.U. Capet, 931.)
Plusieurs renoncerenten ce temps a leurs
propres héritages pour la rente, et s'en al-
loient par desconfort vendre leurs biens
sur les carreaulx. (Jonrn. d'un boura de
Paris, an 1421.) "
Il avra, avec ce. ung reau
En change. aHin que sa bource enfle,
Prins sur la chaussée et carreau
De la grant couslure du Temple.
(Tjitos. Gr. Test., 1026.)
— Sur le carreau, sur le champ :
Et lors qui haioit a Paris aucun homme,
il ne falloit que dire: 11 a esté Ermignac,
présentement estoit tué [sur] le carrel.
(Mém. de P. de Fenin. an 1U8.)
— Trait d'arbalète :
Voilent quarrel parmi le plesseis
.\ussi menu come pluie en avril.
[Onrin le Loh., »• chans., XII.)
Si fait laissier par ses castiaus
Serjans, arbalestes, quariatts.
(BEAiMASom, Manekine, 5413.)
— Morceau de verre à vitre :
Et se il avenoit que seli ou ceus que
nous y envolerons pour brisier les quar-
riaus brisât ou brisassent en autre lieu que
monstre lour seroil. (1318, Pontoise, A. S.-
et-0., A 1434.)
— Coussin carré :
Coussins et careaulx.
[Sîar. d'Anne de FoLr, ^ 2.)
— Pièce de soulier :
Carrel de soliers, pictacium. (1461, J. L\-
c.tDEUC, Catholicon.)
— Planche d'un jardin potager :
Mettre le pied dans un quarreau de belles
fleurs. (G.*RASSE, Doctr. car., p. 407.)
Cf. Carrel, I, 787% et Carel, I, 783^
C.4RRELER, V. a.
avec des carreaux :
paver, recouvrir
T. ix.
Quarreler. (1392, A. .\. MM 31, f 159 r°.)
Carreler et appareillier les murs. (10 nov.
1408, B. .\., Cab. des tit.)
Quarreler la chambre. (1439, Compt. de
Nevers, CC 42, f° 10 v°.)
La nef d'une eglize bien carrelleede gros-
2 CAR
ses pierres. (Aoto^^^' om-; B. N. t)082, f°
— Rapiécer, en parlant de vieux sou-
liers :
Ne pourront Icsdits maislres savetiers et
cancleui-s tenir que ung- oiivrouer chascnn
ponr bcsongner dndil nieslier ne al crca;--
lei- par la ville de Paris. (1498, A. ^. Y 6',
c in r°.)
Carreler. {Ib.. t" 118 r°.)
Trois detz'de cuyr ponr ran-ellerles sou-
liers des senrs.(1501,/«i.'e«(. de riMel-Dieu
de Beaune, Soc. d'archéol. de Beaune, 1^74,
p. 140.)
— Carreler son ventre, le remplir :
Ainsi avaient ils /es ventres carrelez. (Rab.,
Quint liv-, XXVI.)
Quant ces messieurs furent a table, qui
avoient tous granl faim et s'attendoient a
bien carier leur ventre. (Bhant., Cap. estr.,
I, 23.)
Cf. QUAUELER, VI, 482».
CARRELET, s. m., gTosse aiguille qui
se termine en pointe quadrangulaire :
L'aiguille doit estre carrée avec la pointe
et ronde depuis le milieu jusques au chas
ou perluis. Telles sortesdaiguilles se nom-
ment can-e?e/s des quelles les barbiers usent.
(.1. DU FoiiiLLOUX, re«;, f 63.)
— Poisson de mer voisin du turbot,
appelé plie franche :
Quarlet. (1360, Lille, ap. La Fons.)
Aiez des carrelets appareilles et laves.
(Ménagier, II, 5.)
Le turbot ou qualrekl. (Du Pinet, Pline,
XXXll, 11.)
— Ane, carreau d'arbalète :
Tiroient sajetles et quarreles aigus.
{Auberi, p. 211. J
Cf. Carrelet, I, 788'.
CARRELEUR, S. m., ouvrier qui fait les
travaux de carrelage :
A GuillaumcScobin,9«rt)T(;;/e!<)' pour avoir
quarrellc, arroclié et enduit tout le pend
de boys nouvellement fait et quarrellé tout
ce qu'il failloil a quarreller. (1463, Compt.
lie Neeers, CG ÔS, f° 16 V.)
— Savetier :
RegnauU Puisolle, coi'/-e//ee«- de souliers.
(1440, Min.d'ArnoulSnrre,not.àOrl., Etude
Mallel.)
Les quarreleurs et savetiers ne feront
aucun ouvraige de cuir neuf, mais le tout
de vieil cuir.(.luill. 1480, Ord., XIX, 659.)
Meslier de savetier e\, carreleur. (1498, A.
N. Y 6^ fo 116 V».)
Meslier de carlenr. [Ih.)
— Carreleur de venli-e, celui qui aime
à remplir son ventre, gros mangeur :
Les couvreurs de maisons en Anjou ont
les genoux contrepointez, ainsi avoient ils
les ventres carrelez, etestoientlesca)-/-e/e!()'S
fie ventre en grande réputation parmyeux.
(Uab., Quint livre, ch. xxvi.)
CAR
CARRELECRE, V. CaRRELURE. |
CARRELIER, S. m., ouvrier qui fabrique
les carreaux de terre cuite, de pierre,
etc. :
Pour li qiiarreliers. (1312, Li coiers de la
taile <le la imroche Saint Pierrele vies, 1301-
1318, f" 4 V», A. mun. Ueims.)
Quarelier. (1440, S. Orner, ap. La Fons.)
CARRELIN, V. CaRLIN.
CARRELi'RE, S. f., ressemelags de
vieilles chaussures :
Une carrelure de souliers pour Charlotte.
(1462, Mise faicte par Jehanne Ralault, Ann.
de la Soc. d'hist. de Fr., 1878, p. 230.)
S'ils ouvrent de cuir neuf, ce ne sera que
pour forme de ramendure et carrelure. (8
mai 1466, Ord., XX, 177.)
S'il avoit cousu quelque carrelure. (B.
Desper., Noiiv. recréai., p. 75.)
— Plaisamm., bon repas :
Pourquoy par testament ne leur ordon-
noit il au moins quelques bribes ou carre-
lures aux pauvres gens qui n'ont que leu
vie en ce monde:' (\\\b.. Tiers liv., ch. xxiii.)
CARRER, V. a., rendre carré, tailler en
carré :
Columpnes de métal ad il fet aturncr,
Pilers e postez de fer endurcir e quarrer.
(Tn. DE Kent, Gesle (VAlex., B. N. 24364, f 65 v».)
Li rois commanda qu'il aportassent granz
pieri-es précieuses a fere le fondement del
temple, et que il les quarrassent. (Bible, B.
N. 899, f 165=.)
Sçavoir par la géométrie
Quant pas de grandeur a le monde,
Et carrer une chose ronde.
(J. lioucHET, Ilegnars trmersans, f 41». )
Comment on peut quarrer le cercle. (La
Bon., Harmon., p. 490.)
Cf. Quarrer, VI, 482'.
CARRIER, s. m., celui qui exploite
une carrière; tailleur de pierres :
Guillaume de Norfort, quarrier. (1315, A.
N". S 87, pièce 47.)
A Guillaume de Beculon, quarrier. pour
cent taibles et cpiartiers de piarre pris en
sa perriere. (1421, Compt. de Nevers, CC 27,
P 19 r°.)
Guillaume (leRei:u]on,querrier.{ll2i,Ib.,
CC 28, f» 6 V».)
Ung tailleur de pierres, ou ung quarrier.
(R. Est., Tlies., Lapicida.)
1. CARRIERE, S. f.. espace à parcourir
dans les courses de chars ou de chevaux;
course à pied ou à cheval, passe d'armes,
course oit l'on a parcouru un espace dé-
terminé :
Tout ainsi que l'on compte d'un certain
Orchomcnien nommé Laomedon, qu'estant
travaillé d'une indisposition de ralte, par
le conseil des médecins il s'excrcila a cou-
rir de longues carrières pour remédier a
son mal. (Amvot, Demosiliènes.)
CAR
Lors 11 (le clieval) leva la jambe de derrière,
Et au lyon donne un coup de carrière
Parmy le front tandis qu'il regardoit.
;CoK»oz., /''ad.. XXXII.)
— Donner carrière, laisser le champ
libre :
Or d'estre bien a cheval et y avoir ferme
tenue, ce luy estoil chose fort aisée, pour
ce qu'il l'avoit apprise des son enfance,
s'estant accoustumé a donner carrière a un
cheval courant a toute bride, en tenanlses
mainsentrelacees derrière son dos. (AmyoT;
J. Cœsar.)
— Donner cent carrières à . . ., faire
courir de tous côtés dans la carrière :
Montoit sus un coursier, sus un roussin,
sus un genêt, sus un cheval barbe, cheval
legier : et luy donnait cent quarieres, le
faisoit voltiger en l'air, franchir le fossé,
saulter le pays. (Rab., Garg., ch. xxm.)
Cf. Chariere, 11, 72\
2. CARRIERE, S. f., Ueu OÙ l'on taille
la pierre, lieu à.'o\x on l'extrait :
E pierre feissent de la quarriere venir.
(Rois, p. 123.)
Quant veit celé grant quarrere.
(Chardry, Set doi'tnans, 1017.)
Près de l'arbre mains d'une teiso
Aveit une rault granl falaise
Gomme une qnarrere parfonde.
[Les treis Moz, B. N. 19:i25, {• 127.)
Item accordé est entre les parties dessus
dites don débat qui est entre les dites par-
ties d'une quarriere, que li dit religieus me-
tront la dite quarriere en la main de leur
vassal. (1325, A. N. JJ 64, f" 2 v".)
A Christofle de le Grange, cordier de la
ville,... pour deux haraches pour harchier
et tirer les pierres hors de le kariere. (1445
Compte des fortifications, 21' Somme dé mi
ses, A. Tournai.)
CARRiLoiv, v. Carillon.
CARRIOLE, S. f., petite voiture légère
dont on se sert à la campagne ; mau-
vaise voiture ; en Italie, sorte de lit à
roulettes :
Une carriole a quatre roues. (Taillepied.
dans Dict. gén.)
Ils n'y ont aussi que des petites cahutes
a tout des chetifs pavillons, un, pour le
plus, en chaque chambre, a tout une car-
riole au dessous; et qui hairroit a coucher
dur, s'y Irouveroit bien ampesché. (Mo.nt.
Voyages, t. I, p. 247.)
Cf. Charwlle, II, 73'.
CARROGE, CARROIGE, V. CaRROUBE.
CARROSSE, s. m. et f., voiture de luxe,
suspendue, couverte, à quatre roues :
Porté sur un baril vineux,
Au lieu d'un martial caresse. I
I Vau-de- Vire, ap . Jacob, Yaux-de- Vire de J. Le Baux,
XXXVI 1.)
Caroche. (1577, Très, gén., A. Meurthe.)
Carrodte. (Ocl.-déc. 1583, Dép. du fi. de
Nav., A. B.-Pyr., B 82.)
Ung petit carosse monté sur 4 roues et
doublé de drap vert. (1595, Inv. de Jeanne
de Bnurdeille, p. 57, ap. V. Gay.)
CAR
CAR
CAR
El son train mis en un c(troce.(}. Pussot,
Journalier, p. ICI.)
Me mis en une carrosse. (Voy. du S. de
VUlamoiif, p. 22.)
Cf. CinnocE, I, 788'.
i:.4BR05iSiER, S. m., anc.,celuiquicon-
duit ua carrosse, cocher; auj., celui qui
fabrique des carrosses :
Le carrossier prinl la gauclie el donne-
r-^nt la ili-ôite aux deux cliai'rettes qui ar-
r»sterent lecarrosse du roi. (>". Paso., Letl..
l.i.)
Me mis en une carrosse, pour aller jus-
qu'à Milan, payant deux escus d'or au ca-
roclier. (Voyng. du S. de Villamonl, p. 22.)
CARROUBE, CARROUGE, V. CaROUDE.
— CARROIGIER, V. CaROUBIER.
CARROUSEL, S. m., sorte de tournoi,
de divertissement avec joutes, courses
de bagues, etc., exécutés par des cava-
liers formant des quadrilles :
Carrouselle. (Vigf.nere, dans Dicl. gén.)
Carrouiel. (A. Oudin, Dict. it.-fr.)
CABROUSSE, S. f., excès de boisson :
Trinquer, boire carous. (Rab., Tiers liv.,
prol.)
CARRURE, V. CaROUDE.
CARRURE, s. f., largeur du dos d'une
épaule à l'autre.
Cf. Carreure, I,'788\
'■ARTAIiVE, V. QUARTAINE. — CARTA-
LOKE, V. Catalogue.
CARTE, s. f., sorte de papier résistant,
mais flexible, fait de plusieurs feuilles
de papier collées ensemble, en parti-
culier petit carton tin dont on se sert
pour jouer à divers jeux :
Les autres jouans aux cartes el autres
jeux d'esbatemenlavecques leurs voisines.
(1393, Ménogier, I, 71.)
Ung jeu de quartes sarrasines. (1407,/'U'.
des ducs et duch. d'Orléans, ap. V. Gay.)
La main tremblant dessus la blanche carte
Mo voy souvent.
(Cl. Mar., Epiti-e ducatnp d'Atitjni a madicte dame
d'Alenç., p. 129.)
il faut qu'elle se voye en cent cartes escrite.
(La Bqet., Sonn., Y.)
Carte, est le papier dont on use a escrire.
(XlCOT.)
Cf. Carte 2, I, 789°.
CARTEE, V. Charretée.
CARTEL, s. m., carte; papier sur le-
quel on adresse un défi :
Un cartel de defli. (Carloix, VIII, 20.)
CARTELLE, S. f., feuiUc de peau d'âne,
de toile vernie, à l'usage des composi-
teurs ; lettre, billet :
Carlelle, f. Cartilla. (A. Oldin, Dict. fr.-
esp.)
C.IRTELOGE. V. CATALOGUE. — CAR-
TERON, V. Quarteron. — cartiialoge,
V. Catalogue.
ciARTHAME, S. m., plante à fleurs
d'un beau rouge safrané, employée en
teinture :
Les meilleurs mesnagers, et plus experts
ala culture des plantes. fontcasdu salTran,
que l'on nomme basiard, c'est ce que les
anciens appelloyent cnr(«me, et le vulgaire
le nomme graine a perroquet. (Liebailt.p.
370.)
1. CARTIER. V. Charretier. — 2. Car-
tier, V. Quartier.
3. CARTIER, s. m., fabricant, mar-
chand de cartes à jouer :
Retirez vos quartes, quartier !
Nul ne lit au livre des Rois.
(Regrets et complainte de$ {/osiers altérez, Poés. fr.
des sv" et svi' s., VII, 78.)
Peintres et cartiers. (Etienne de Medicis,
dans Dict. gén.)
CARTILAGE, S. f., tissu animal, flexi-
ble, élastique, dont la consistance tient
le milieu entre celle des os et celle des
ligaments :
Les cartilages du tarse, des cils, de l'epi-
glotte, du larynx et autres. (Paré, II, i,)
Cartillage. (J. Raoll, Fleurs du gr. guy-
don, p. 39.)
Chartilage. (Dalesch.)
CARTiLAGiîVEUx, adj.. formé de carti-
lages :
Substance cartilaqineuse. (Corbichon,
Propriet. des choses, B. S. 22Ô33, f° 53=.)
Cartilaginos. (Brun de Long Borc, f° 3'.)
Liens cnriillagiuous. (Id., 1° 87°.)
Poisson... ayant aesles cartilagineuses.
(Rab., Quart livre, ch. iir.)
Cartilagineuz. (Damr.makt., Merv. du monde,
C 88 r°.)
Parties cartillagineuses. (J. Raoil, Fleurs
du gr. guydon, p. 43.)
Chartilagineu.x. (Bei.o\, Polis, mur.. I, 3J.)
CARTiSA\E, S. m., morceau de car-
ton fin, de parchemin qu'on recouvre
de soie, de fils d'or, d'argent, pour faire
les reliefs de certaines dentelles dans
des broderies :
Cartisane. f. Hilo de oro torcido. (A. Ou-
Dix, Dicl. fr.-esp.)
CARTOCIIE, V. CaRTOCCIIE.
1. CARTOX, S. m., pâte de papier, de
chiffons, etc., durcie et mise en feuilles ;
carte grosse et forte :
Carton. The tliicke paper wliereon pain-
lers draw sometimes : and that wiierot
some faunes are made; aiso, asquarepiece
thereof, or of pastbooi'd. (Cotgr.)
— Feuillet supplémentaire d'impres-
sion pour remplacer un passage défec-
tueux :
Il avoit refait le carton parce que cela
estoittropnatteurpour luv. (Tallem., //w<.,
CCCXI.V.)
2. CARTO.\, V. ChaRRETO.N.
1. CARTOUCHE, S. m., ornement de
sculpture :
Cartodie. (J. Mart., .irchit. de Vilr., n.
121.)
Nicolas le Doulx, escrignier, fait une mol-
lure tout allentour d'une cheminée et des
ca/-<o«sse dedens. (Iô9i, Lille, ap. LaFons.)
Une cartoche blanche. (Le Movne, Art. des
devis., III, 3.)
2. CARTOUCHE, S. f. et m., charge
d'une arme à feu renfermée dans une
enveloppe de la dimension du calibre
[ de l'arme.
— Autref., cartouchier :
Puis une bonne et longue pistole avec la
cartouche pleine de charge. (La 'Soie,Mem.,
p. 2.37.)
c.ARTOussE V. Cartouche.
V. Chartre.
- CARTRE,
CARTULAiRE, S. m., rccueil de chartes
et autres actes formant autrefois les ar-
chives des abbayes, églises, etc. ; re-
gistre sur lequel ces actes étaient trans-
crits :
Il ont leurs carlulaires et protocolles en
garde. (1310, A. N. JJ 72, f° 53 r°.)
Quart ullaire.{nT2, Arch. S 93, pièce 24.)
Le cartulaire de parchemin qu'ils ont en
leurs mains. (13 mars 1071, Bot/, Arch. C6te-
d'Or, II, 30.)
Chartulaire. (La Mori.iere.)
— Ane, officier qui inscrivait les im-
positions, les droits d'entrée et de sortie
des marchandises, etc. :
A Mestre Jehan dit Maubourt, de Lymo-
ges, est outroyé l'otlice de estre cartulaire
et registreur des emolumens des draps de
la cité d'Albigeois (1321, Ch. des Comptes,
Duc, Cartularium.)
Jaçoil que pour le droit de la reve nous
apparliegnent douze deniei's pour livre
d'imposition et cartulaire. (1386, A. N. JJ
129, pièce 49, ap. Duc, Cartularium.)
Cf. I, 790\
CARUBLE, V.CaRROUUE. — CARUNCULE.
V. Caroncule. — c.arva;ve, -aivxe, v.
Caravane. — carvaxsera, -assera,
V. Caravansérail. — carvele, -elle,
V. Caravelle. — carveïv.mer, v. Cara-
vanier. — CARY.ATIDE, V. Cariatihe.
4 CAS
CAS, s. m., accident, aventure, con-
joncture, occasion, fait arrivé ou qui
peut arriver :
Quanl cnfes qui est sousaagies fait au-
cun cas de crieme, on doit regarder le ma-
nière du fet. (ItK.UM., XVI, 10.)
Voulonlicrs leurs cours desmcusse
D'aucun ea!>- el de certain lieu.
(Cun. ne riz., Loni;. est., 214'2.)
Uici- ma chère petite cousine me vint voir
qui m'expliqua son intention pour le regard
de la vocation religieuse, et me dit son pe-
tit cas si houneslement et gentillemcnt que
j'en demeurai fort édifié et consolé. (Fii. df,
S.\L., Lett., a Villett., 21 sept. 1G12.)
Cf. Cas 2, I, 791".
<:as.\lier, s. ra., garde des fermes
et casaux :
Les frères kamliers doivent avoir .u. bes-
tes et .1. escuier et autel prevende d'orge
corne li maistres; et puent doner a. i. frère
.un. deniers. (lUgle du Temple, 181.)
CASANIER, adj., qui aime à rester au
logis :
Le lict mal emplumé du pauvre casanier.
(Fb. PEnniN, Pourlraicl, !" 39 r", éd. 1574.)
Popes, rois, empereurs, marchands et casaniers.
(Id., Quatrains, f" 36.)
— Domestique :
Tout ce qui paisl la terre au large sein.
Tout animal casanier et sauvage.
Fut cnfanlé de ce grand mariage.
(HoNS., Franc, 1. 111, p. 438.)
Cf. Casenier, (, l<è\\
CASAQUE, S. f., surtout à manches :
El luy vestirenl une cazacque, c'est a dire
uu haliillemenl presque de telle sorte que
les Turcz le portent a présent, tout batu en
or a ligures de pourpre avec la ceinclure
de mesmes. (Le JIaire, llluslr. des Gaules,
cliap. .\Liir.)
3 aulnes de drap viollet,jaulne et incarnat
pour faire robeou cazacque, a iOs. t. l'aune.
(1536, 8' cotnple roxj. de Nicolas de Troyes,
ap. V. Gay.)
Cazacque. (liTO, Valenc, ap. La Fons.)
Quclqueslois par boutade et par caprite
je prcnois quelque casaque d'un des pion-
niers Ce sa compaignie. (Alb., Fan., IV, 7.)
U eut sa casuque percée d'une arquebu-
sade. (le, Hist., .\LIV.)
— F\g. Joitrnej'casaque, abandonner :
Facile a changer party et, comme l'on
dit, a tourner casacque. (Cl. de Rchys, Ilisl.
verit. de Lyon, p. 6.;
CASAQUE, adj ., couvcrtd'une casaque :
A présent nostre roy y va (à la chasse)
en monarque, un capitaine et trente che-
vaux casaques, l'oiseau sur le poing, cents
gentilshommes a sa suite, cents chevaux
légers a la teste et pareil numiire a l'arriére
garde. (1622, Chasse au vieil (Irognard de
l'anliquité.)
CASAQUiA', s. m., petit surtout que
portaient les liommes:
CAS
Et estoient vcsluz de beaux casacquins
de velours noir couverts de broderie. (1549,
Reg. des ord., ap. Felibien. Ilisl. de l'a-
ris, t. V, p. 362.)
Que tous confrères seront subjectz d'avoir
basions a eulx appartenant, avec casacquins
rouges, pour esire vestuz d'iceulx aux jours
de festesetprix d'honneur, (xvf s.. Statuts
de la confrairie de Ste Barbe, dans Carde-
vaque. Serments de la ville de Cambrai, p.
109.)
Caisacquin (ljJ7, l'éronne, ap. La Fons.)
Ca.isoqnin (1&77, S. -Orner, ap. La Fons.)
Casequen, casequin. (1580, Compt. de tut.,
f 119% liarb. de Lesc, A. Finist.)
Quasecquin. {Ib., f° 123\)
C.ASBLE, V. Cahle.
t;ASCAKEï,s. m., lionime d'apparence
mesquine :
Ce vieux cynique estoit un vrai falot,
Cousin germain de sa dive lanterne.
Un cascaret ou bien un sibiliot.
(Gabasse, liec/i. des rec/i., épist. au lect., p. ix.)
«:ase, s. f., petite et chétive maison :
Par foi, dist lors Venus, mar tint
Jalousie chastel ne case
(^07ilre mon lill.
{Jtose, B. N. 1573, £• 132'.)
Nous allons a la caze nostre.
( Myst. (te S. Qiitiitin, duns Fleury, Jeu de Dieu, p
16.)
Ulysse qui par mer et par terre cerchoit
de vèoir la fumée de sa case. (La Boet.,
Serr. col.)
Cf. CuiESE, II, 123".
c.ASEATiOiX, S. f. , conversion du lait
en fromage :
Ouanl lait habunde es mammelles, il fait
douleur et oulleure et duresse et conges-
tion ou casencion ; et celle caseatlon est par
toute la mammelle également. (B. de Gord.,
Pratiq., IV, 11.)
CASEiFOKME,adj., qui ressemble à du
fromage :
Ayez en révérence le cerveau caseiforme,
qui vous paisl de ces belles billes vezees.
(Rab., Garg., prol.)
CASEMATE, S. f., qqf. masc, plate-
forme d'une batterie abritée dans la
partie du flanc proche de la courtine,
pour défendre le fossé; abri, voiite que
l'on construisait dans le fossé pour y
placer ceux qui le défendaient; auj.,
réduit souterrain à l'épreuve de la
bombe pour mettre à l'abri les hommes,
les munitions, etc. :
Encores que les bastions ne soyent pas
défendus d'artillerie d'aucunes casemates
basses, ils ne laissent de l'eslre Ires bien
de l'arquebuserie des courtines. (Lanoue,
337.)
.assisté de dix compagnons, il descendit
dans le fosse de la ville se précipita dans
CAS
une casenietteque ne pouvant garder il mit
en feu. (Aub., llist., III, 39.)
Fortifié a la vieille mode, sans fiancs,
parapets, boulevards, ravelins, cases ?na('es-,
plaies formes n'y aucun rempart. (Carloix,
V, 14.)
Les casemalez et canonieres du château.
(1552, Péronne, ap. La Fons, Art. du Nord.
p. 172.)
CASEQUEIV, -QUI\-, V. CaSAQUIN.
CASER, verbe. — A., mettre dans une
case, dans un compartiment; mettre
dans une place qui convient.
Cf. Chaser, II, 82^
caser:\e, s. f., anc, abri sur le rem-
part pour quatre, puis six hommes, mon-
tant alternativement la garde ; auj., bâ-
timent où on loge des troupes :
Noz genz entrèrent dedans le chasteau,
etlesEspaignolz ellansquenetz qui estoient
dedans, s'estoient mussez dedans des ea-
sernes avec leurs hacquebutes, qui firent
grosse résistance. Uourn. d' un bourg .de Par .
s. le règne de Fr. 1", p. 335.)
CASLi>, mod. câlin, s. m., personne
indolente :
— Mendiant qui simulait des infir-
mités :
Devinez ce que ces gueux et caslins font?
Ils contrefont les malades. (G. Bouchet,
Serees, IV, 269.)
Câlin. A beggarly rogue, that counter-
feitsone disease. (Gotgr.)
CASPE, V. CaPRE. — CASPEtVDU, V.
Capendu.
CASQUE, s. m., armure de tète:
Le premier demandacommenl son enne-
my etoil armé a la teste, fut ce d'un casque
ou d'une salade. (BRANT.,rfes Duels, éd. 1787,
t. Vlll, p. 48.)
CASSABLE, adj . , fragile :
(luassabundus, (/«asso6/es. (Gloss. lat.-f'r.,
mL Montp. Il 110, f" 216 v°.)
(lue l'en n'y puisse mettre boys de ehesne
ou il ail aubel, ne qui soit verl moulu, ou
autre bois qui soitcasaî)Ze.(Janv. I41i,0iv/.,
X, 254.)
Frangible, se dit des matières aigres et
cassables. (I'alissv, Explic. des mots.)
— Sujet à cassation :
Oelais afaire enquêtes elquand sontcos-
snbles. iCayron, Slqle de la court de pari.
de Toul., 1610, lab.', lit. VII.)
CASSADE, s. f., coup otl UU JOUBUP
élève l'enjeu pour intimider ceux qui
sont engagés et leur faire abandonner
leur mise ; bourde :
Cassade, slropha. Donner une cassade.
Fallere. (J. Thierry, Dicl. fr.-ht.)
CAS
CAS
CAS
Je ci'oy i|uecesaflaittezm'ayenl pris pour
une pcloUe triiii magul; car l'un avec sa
cassaJe me frappant ma chassé tout d'un
coup. (.J. DE La Taille, A'e(y;-e»ia»/, P 137 \".)
Et pour donner a tous amantz cassade,
Fauldroil user d'une autre fiction
(Gilles d'Avrigsy, Tut. d'amour, f" 67 r°.)
De ceste cassade en fui faite une clianson
a sept parties. (>'. Du Fail, Piop. lusl., p.
153, éd. lDi9.)
Je ne doute pas qu'il ne leur ait voulu
bailler quelque cassade. (\. Thevet, Vie de
Jeli. de Meunff, ap. Méon, Rose, l, 58.)
Bazon, vaincu d'imporlunité de luy re-
\eler ce qui avoit esté cunclud et arresté
au sénat, luy avoit donné dune cassade,
luy faisant enlendri' qu'il avoit esté résolu
que les maris auroient plusieurs femmes.
(Cholieres, Guerre des rnasles et des fem.,
P 64 v°.;
Cassade. .V gudgeon, frump.gull. ^Cotgr.'
CASSAIT, adj., qui se casse aisément:
Cassant etaiséacasser. Fragilis.(Il. Est.,
Tlies.)
Cassant eia.\s,c a casser, fragilis.(J.THiER-
RV, Dict. fr.-lut.)
— Loc, aller a sain! Cassant, être
cassé, être licencié :
On sceit bien que, ung voyage llny, les
nouvelles bandes vont a saint Car^sant.(CAR-
LOix, IV, 19.)
<:assatio.\, s. f., annulation juridique
d'un jugement, d'un acte, d'une procé-
dure :
Confirmation ou cassation. (S. de Bave,
Journ., an 1413.)
Est a considérer que de ladicte cassassion
et de soy départir d'iceulx sainctz decrctz
<|uatre maulx ou inconveniens irréparables.
(1507, A. DE La Vigxe, Louenge des roys de
France, f" 45.)
Cassation. A cassation ; a quashing; abro-
gating. (CoTUR.)
1. CASSE, s. f., bassin de métal qui va
au feu :
.1. quace et .i. coignie. (1348, Compte, Ch.
des Compt. de Dole, G 82, A. Doubs.)
Une casse a yaue, un chauderon a mètre
caue sur le feu. (1373. /ici/, du c/iap. de S.
./. de Jérus., A. N. M.M 29,' f" 99 v">.)
l'ne grant c/uasse grâce. (2 mai 1394, In-
vent, des biens de Girart de Revanes, Vente
de meubles à la mairie de Dijon, A. Côte-
d'Or.)
Hobin N'oel et Mabiet Assellin, rliaudron-
niers... confessent avoir pris a faire et ou-
vrer de leur mestier... ung millier de fer-
ruzes ouvrées pour mectre a causes: et se
fourniront de fer, bonne marchandise et
lealle. (Ii40, Min. d'Arnout Sarre, not. à
Orléans, Etude Mallet.)
Ledit Thevenin Die a vendu audit Robin
N(*l le fer qu'il fault et esconviendra pour
faire et ouvrer le demi millier desdictes
ferruzes a quassei et le lui livrera présen-
tement. (Ib.)
Et y a varlets de fourier qui portent le
bois en lachambredu prince, elbesongnent
aux feux et aux lumières, comme il appar-
tient et doivent lenir l'hostel du prince net
et honneste, les serviteurs de l'eaue ser-
vans, doivent porter l'eaue en la chambre
du prince, et livrent caches et ramons. (Ol.
DE La Marche, Estât de la maison de Charles
le Hardy, Du quatrième estât.)
Ce qui nagera dessus l'eaue dn son et
ordure, concueille le avecques une cacce ou
cuillier persee. (Jard. de santé, 1, 24.)
C'est a moi a faire sonner
La caisse dessous la serviette,
Ou bleu avecque la trompette
La sourdine bien proprement,
Ponr faire trousser vistement
Aux gens de cheval leur bagage.
(Godard, Desgui.-<., U, i.)
2. CASSE, s. f., fruit du cassier ;
Cassia fistula, c'est casse fistule {casse
fistre). C'est le fruit d'ung arbre qui puurle
semences longues. ((Vra/jf Herbier, n° 110.)
— Ane, cannelle :
Mirre et goutte de gome preciouse, et
cassie très odorant, {l's., XLIV, Maz. 382, f°
113 v° ; p. 134, Bonnardot. j Var., casie.
3. <:asse, V. Caisse.
Chasse.
cassement, s. m., action de casser:
Et Finees le rapaia,
Et le jour qnassement cessa.
{Lib. Psalm., CV, p. 333.)
Et rapaia et cessa li quassemenz. {Psaut.,
Maz. 58, f" 130 V.) Et cessavit quassatlo.
Cyane pleure et duel demaine
Du qnassement de la fontaine.
(/•'u6. d'Ov., .Kts. 5069, f» 70e.)
Romptureet cunement de verrières, (fîeo.
du Chat., U, 240.)
Lequel scel estoit sain et tout entier sans
aucun empirement ny cassement y avoir.
(1397, Cart. de Prestigné, Bibl. du Mans.)
La grant somme en quoy il s'estoit assis
pour eschever la mort et le quassenient de
ses membres. (Journ. d'un bourq. de Paris,
p. 171.)
— Fig., annulation :
Par vertu de l'abolicion, renonciation et
cassement de toutes les franchises et autres
libériez de nostre dicte ville. (Fév. 1383,
Ord., VU, 55.)
Adnullation, cassement, abolition (de pro-
cès). (Oct. 1130, Ord., XIII, 1.58.)
La faulte du cassement de nostre veu.
(Cent nouv., 30.)
— Licenciement :
Si vous mandons que les diz gaiges vous
lui paiez par chascun mois qu'il sera oudit
service et jusques a ce que vous en aiez
lettres de nous de cassement. (['" nov. 1374,
Lettre de J. de Vienne, s. de Roulani, Cab.
des titres, Vienne.)
Les gages de dix hommes d'armes pour
février, mars, avril, may et juin derniers
passes, et d'ores en avant jusques au cas-
sement, pour la garde, service et delfense
des chasteaux de Chalusset, Chaluins, Mau-
mont,... et autres forteresses qu'il tenoit en
nostre duché de Cuienne. (26 nov. 1398,
Manil. de Charles VI, Chai'trier de Thouars,
p. lO.j
4. CASSE, V.
Sur peine de cassement. (Seb. Mor., Prinse
et delivr. de Franc, prem.)
CASSE ML'SEAU, S. m., coup de poing
sur la figure.
— Espèce de pâtisserie croquante et
dure :
En cassemusenuj: et jonchée, .u. s. (1547,
ap. Lalanne, Gtoss^ poitev.)
Bisouyt, pain d'orge et gasteaulx.
Fouace, choysne, cas.se miiseaulx.
Pain de chappitre et eschauldez,
Mangerez, si le demandez.
[Noël poilec, ap. Picbon, préf. du Mpnagier de Par.,
1, xixix.;
Et si fais pastes et gallettes,
Tbaleraouzes et tartelettes.
Tourtes, flancs et casse museaux.
Formage a la cresme, tourteaux,
En toutes sortes de potages.
(Cbr. de Bord., Clinrabriere u louer a tout faire,
Poés. fr. des s.v^ et xti" s.)
Pastes, bugnes, chaudellels, cache mu-
seaH,r,craqiiellesetautre3 semblables sortes
de pâtisseries. (1573, Ord. dugouv. de Lrjon,
ap. Nizier du Puitspelu, Dict. et. du pat.
Igonn., p. 106.)
Au pastissierpouravoir fourni de galettes,
de cassemuseaulx, eschaudez et pastez, .ii.
1. .X. s. (xvi° s., ap. Mantellier, II, 345.)
Oublies, cache museaulx, gasteaux, pope-
lins, gaufres. (O. de Serr., VIII, 1.)
CASSE xoi.x, s. m., instrument de
table pour casser les noix :
— Variété de corbeau qui se nourrit
de graines et de noix :
Ca':senoix. Avis est alpina de génère gra-
culoruni, nucifraga. iR. Est., Thés.)
CASSE PiERUEjS. m.,outil du casseur
de pierres.
— Pariétaire ou saxifrage :
Emmi la saulce ou chevriot, ne faut ob-
mettreou menaigerles herbes forten goust,
comme aussi le vin vieux d'Espaigne, le fin
miel et bons unguants d'oultremer, avec
cassepierre aisgrii etmoustarde a laroyalle.
(J. Le Clerco.)
— Médicament lithagogue ; peut-être
lithotriteur ou lithoclaste :
La véhémence de la douleur doit estre
mitigée, et les immondices du corps pur-
gées devantque mettre les diuretics elcn.f-
sepierres en usage. (La Fra.mbois., Œuv., p.
552.)
CASSE l'OT, s. m., jeu au pot cassé :
Lajouoyt, au Hux,... au cassepot. (Iîab.,
Gargantua, ch. xxii.)
Cf. Le Duchat, Notes sur Hdhelais.
cAssEu, verbe. — A., mettre en luor-
ceaux par choc, par pression :
Et d'une pierre erl li nasals
Ki j)ar arme ne fust cassée
Ne tailliee ne endoblec.
[Eneas, 4442.)
Cliancbon n'iert lors por toi chantée,
Ne de nuys la porto cassée.
CAS
CAS
CAS
Ne roses de diverses puises
Ne seront en ton linllier mises.
{Clef il'amour.i, 2143.)
— Casseï- la cervelle, importuner:
Et puis celle qui lousjours pIiMire,
Luy casxe tonte la cervelle.
{Afisl. (lu Viel Test., 20S4.;
Cf. OiASSKii, VI, 488».
c.vssKRiK, S. f., action de casser un
ollicier, de le révoquer de sacliarge ; ac-
tion do licencier un corps de troupes :
I.:ï cnsserie reconte des compaignies de
gens de pied du cappit.iine .Mon lue, lesquels,
se voyant mal payes et renvoyés dans leurs
maisons, pourront monoppouler. (Montll'c,
l.etl., IV, 210.)
Je suis asseuré que vostre Majesté fera
cnsserie de la pluspart des compaignies de
gens d'armes. (Id., ib., V, 112.)
Casserie de cinq bandes italiennes du Co-
l'unncl Pierre Slrossi, pour les envoyer a
Parme. (Du Vii.LARs,il/(;m.,II, .Sommaire, an
1551.)
(Juela nécessité, desoy inexorable, estoit
celle qui faisoil entrer Sa Jlnjeslé en la ri-
gueur de l'espargne et des e«s.ver(M dont il
l'avoil cy devant adverlv. (In., th., IV, an
1553.)
En faisantceste caisme c'.estoit diminuer
ses forces et augmentercelles de l'cnnemy.
(Id., iù., V, an 1554.)
Ceste cassei-ie de douze enseignes ne s'es-
tendoit qu'aux capitaines, lientenanset en-
seignes. (Id., i6.,VII, an 155(i.)
Mais d'autant que les Bulgares avoyent
gasté la frontière de Pannonie sans empes-
chement de ce duc, sa province et duché
fut divisée en trois ou quatre comtez de
pareille puissance. Toules ces casseries ne
servirent que de matière et nourriture aux
maux qui se preparoyent. (FAUCHET,/l«i!o.
gaul., 2" vol., III, 8.)
l'n jour un sien maistre d'hostel luy mon-
tra le grand desbordement de despense qui
se l'aisoit en sa maison, et la grand super-
fluité de serviteurs et vallets, bouches inu-
tiles qu'il y avoit, dont il s'en passeroit
bien, et pour l'e y falloit faire un règlement
et casserie. (Uiiant., Cap. fr., Biron.)
c.*ssEnoLLE, s. f., ustensile de cui-
sine en métal, qui sert à divers usages:
Une casserolle de cuivre fin, garny de son
couvescle, servant a faire estuver pasté.
(1583, Inv. d'Anne de Nicolay, ap. V. Gay.)
CASSERO\, s. m., variété de calmar :
Bayes, ca?.ïero?iS, esturgeons. (Rab.,P««îV
liv., ch. LX.)
On trouve assez de turbots et de casse-
rons et calamars en la mer major. (Mu Pi-
net, Pline, IX, 15.)
Le pagre vit de bourbier, d'alga, de chair
comme de petites seiches, de petits casse-
rons, de petites coquilles. (L. Jocb., Hist.
des poiss. de Rond., V, 15.)
Le petit calamar, en Saintonge, casseron.
(Id., ib., .VVII, 4.)
CASSETiv, S. m., anc, petite cassette;
auj., chacune des petites cases de diffé-
rentes grandeurs (|ui divisent une casse
d'imprimerie :
Caïseim. Capsula, loculus, loculamentum,
cislula, cistella. (R. Est., Thés.)
Casseiin. (J. Thierry, Dict. fr.-lal.)
CASSETTE, s. f., petite caisse où l'on
serre de menus objets :
.II. petites f/!;«c(>/M. il348, Ch. descompt.
de IWIc G 82, A. Doubs.)
.m. petit coffrez et .ii. petites chns.ietes.
(1371, Rer/. da chap. de S. J. de Jér., A. N.
MM 29, f° 35 r°.)
Cassate lie bois. (1410, A. mnn. Angers,
ce 3, PI 45.)
Ung coffre qui s'appelle des joyaux, ront
ferré, ouqnel a une petite caysselle, en la-
quelle at ung estuyl de cuir rouge et en
ycelui a ung fermail d'or garni de dix per-
les. (1426, Invent, du château des Baux, ap.
Havard, Dict. de l'ameublement, I, 595.)
Les autres les enveloppent chacune a
part dans du foin ou du chaume, en des~
cassettes. (Liebault, p. 364.)
La racine d'iris oste la douleur des gen-
cives, nettoyé les hnmiditez qui y sont, et
fait que le reste de la dent sort plus ayse-
ment et se fortifie en sa cassette. i,La Fram-
uois., Œuv., p. 139.)
— Bière :
Pour l'accat de une quasette pour ledit
delTunct. (3 mai 1410, Exéc. test, de Jehan
le Tailleur, A. Tournai.)
Cf. Chassete, II, 84".
CASSEUR, S. m., celui qui casse:
— Ane, casseur d'acier, celui qui
frappe de manière à casser l'acier ; que-
relleur :
Il en prenoit la ou il en trouvoit, et frap-
poit souz lui comme un casseur d'acier. (B.
Desper., Nouv. recréât., f° 35 v">.)
Une autre qui avec une pierre qu'elle avoit
mise en sa bourse, frappoitcomme un quas-
seur d'acier. (N. du Fail, Prop. vust., p. 87.)
CASsiCH, V. Châssis. — c.assidoîve,
V. Calcédoine. — cassie, v. Casse.
1. CASSIER, s. m., arbre qui produit
la casse :
Citrons, lymons, cassiers. (1512, Thenaud,
dans Dict. gén )
2. CASSIER, V. Caissier.
1. CAssiXE. s. f., petite maison dans
les champs :
Ces mniz finiz. tout fangeux et moilli-,
Uu mauvais temps, des armes travaille,
Se vint lo^^er dedans une cassine,
Jouxte le camp.
(J. .Mabot, Vorj. de Venise, !' 74 t'.)
Banqueter en une cassine. (Raii., Quart
liv., ch. XIII.)
D'une petite cassine font un magnifique
palais. (RoNS.,Pr^/'. surla Franciade, p. 584,
Son maistre d'hostel qui ne l'abandonna,
le voulut faire transporlerde dessous l'ar-
breen quelque cn.ysme prochaine. (E. Pvsn ,
Recli., VI, 22.)
2. CAssiME, S. f., anc, en t. de jardi-
nage, caisse :
On voyoit tout le jardin embelly d'une
infinité de cassines et pots de terre pleins
de citrons, limons et orenges. (Belle-For.,
Seo: de l'agric, p. 128.)
CASSOLETTE, s.f.,boite, vase de mé-
tal où l'on fait brûler des parfums, et
qui a ordinairement un couvercle percé
d'ouvertures par lesquelles s'échappe la
fumée ou la vapeur :
La damoisel commence a asperger l'eau
qu'elle tcnoit en la cassolette. (\'t2(), D. Flo-
res de Grèce, I" 91, ap. Gay.)
1. CASsox, s. m., pain informe de
sucre fin, ainsi nommé à cause des cais-
ses où on le met :
25 livres de sucre casson. (13.j9, Journ. de
la dép. du R. Jean, Compt. de l'argent., p.
206, elCompt.deD. Collors, Aumale, p. 95.)
J'ay poudre do sucre a cassons.
{Pass. Nostre .Seigneur, Jubin., Mtjsl., Il, 300.)
2. CASsoiv, V. Caisson.
CASSONADE, s. f., sucre brut en pou-
dre ou en morceau :
Caxonnade. (1594, ap. Félib., Pr. de VU.
de Par., II, 9.)
Des sucres, cassonades, miels. (0. de Ser-
res, 842.)
Pour la confiture liquide, la cassonade est
meilleure que le sucre fin. (Id., 851.)
Le grand usage est pour caslonnade et
non pas pour cassonnade, qui est pourtant
le véritable mot. (Mén., Ohs. s. la lann. fr.,
1" p., c. 255.)
CASSCRE, s. f., solution de continuité
dans un objet cassé :
Des piez li ai lost l'aleure,
Clochant s'an vai perrai la voie,
Quar trop lo destraint la quessure.
{Ysopet. ms. LyoD 2H6.)
Cassure. {Serni. lat.-fr., xiv" s., ms. de
Salis, f 70 r».)
Metez la penne cassée endroitla casseure
dedens la fente. (Modus, î° 94 r°.)
Endroit la quasseure. {Ménagier, III, 2.)
— Fig., blessure :
Qui sent de pechié la quessure.
Tant con il vit, i mate cure.
( Ysopet, ms. Lyoo 969.)
Cf. Quasseure, VI, 488°.
CASTAO'ETTEs, S. f. pi., instrument
consistant en deux petites écailles ji'i-
voire ou de bois creusées, qui, jointes
ensemble par une petite corde et atta-
chées aux doigts, sont battues l'une
contre l'autre :
Castagnettes, f. Finger knachers, where-
CAS
CAS
CAT
■A-ilh players make a prelty noise in some
kind of daunces. (Cotgb.)
CASTAix, V. Châtain. — castaixgxe,
V. ChaSTAIGXE. — CASTAL, V. CaPTAL. — "
t:ASTALEYXE, V. CaSTELOGXE. — CASTEL,
V. Chastel.
CASTELLAX, S. m., gai'dîen, gouver-
neur d'un château fort :
Le castellan, qui estoit espaignol, avoil
deux fort belles (illes. (Brant., Dam. (jal.,
1" dise.)
— Castellnne, f., femme d'un castel-
lan :
Il y a une autre forme de charité qui se
pratique et s'est pratiquée souvent, a l'en-
droit des pauvres prisonniers qui sont es
prisons, et prives des plaisirs des dames,
desquels les geollieres et les femmes qui
en ont la garde, ou les castellanes qui ont
dans les chasteaux des prisonniers de guerre
en ayans pitié, leur font part de leur amour.
(Brant., Dam. gai., 1" dise.)
CASTELLOXOTE, V. CaSTELOGNE.
CASTELOGXE, S. f., couverturede laine
pour les lits :
Les uns les prennent pour une cazacque
courte, les autres pour un habillement long,
d'un carisé de diverses couleurs, vellu
comme une calelonne, ou frize d'Espaigne.
(V;gen., Corn, de Ces., annot., p. 21.)
Couverte de cathalongne rouge. (21 juill.
1567, Iiiv. de F. de Gaing, seig. d'bradour-
sur-G/ane.)
Une couverture de caslaleytte de layne
blanche rayée de layne noire. (1588, Les
Quinze-Vingts, Mém. Soc. llist. Paris, XIV,
p. 75.)
La douzaine de couvertures de Castolo-
gnes, un escu. (1Ô94, Déclar. d'H. IV, ap.
Fellb., Pr. de VU. de Par., II, n.)
Une couverture decastellongne rouge cra
moisy. (1610, Roye, ap. La Fons.)
Une couverture decastellongne rouge cra-
moisi. (1611, ib.)
CASTEXGE, -EXGXE, V. ChaSTAIUNE.
CASTiLLE, S. f., petite querelle :
El s'en va aidier au comtede Boullungne
qui tresgrant mestier en avoil, car le conte
du Perche et le duc d'Yort luy livroient
grant castille. (I)l'(juesnf., Hist. de J. d'A-
vesn., Ars. 5208, f 42 r°.)
Et commencèrent a ferir l'ung sur l'antre
si vivement que les regardans en estoient
esbahys. Huant heraulx veirent la castille
des deux [dus preux chevaliers du tournoy,
ils prindrent a dire tout hault: Seigneurs
qui prétendez a honneur, regardez le tour-
noy de ces deux chevaliers. {Perce forest,
vol. III, ch. III.)
Eusmes caitille ensemble. (Ib., vol. III,
h. L.)
Tu n'as point vouloir naturel,
Quant a ta niere faiz castille.
(GRi:^GOflE, Folles entreprises, I, 118.)
CASTixE, S. f., pierre calcaire qu'on
mélange avec le minerai de fer pour le
rendre plus fusible :
lassez aux grandes
batailles, des cas-
leiu's armées. (Sat.
, p. 247, éd. 1594.)
ses jardins de Pau
escus tous les ans,
l'un des quarres du
me«(ai(Oîj ancienne,
cabinets et oflices.
Casline. (G. Coqiille, Ilist. de Nivern., I
p. 502.)
CASTOR, S. m., mammifère rongeur
qui habite ordinairement dans les lieux
aquatiques :
Castor.
(Gebv., Best., [<>93'i.)
Li castor.
(nicu. DE FoïBSiv., Sesl.,f. 31.)
Li castoirs esrache ses coulles quant on
le cache. {Bes(., ms. Cambrai 351, T 177 v».)
Cf. H, 2».
CASTOREUM, S. m., substance sécré-
tée pardesglandesplacées sous la queue
du castor, que l'on emploie comme an-
tispasmodique :
Castoreum et calament.(xi!i''s.,dans Dict.
gén.)
Castoree : m. As Castoreum. (Cotgr.)
CASTRAMETATION, S. f., art d'établir
un camp :
Apres qu'ils se sont
actions des sièges, des
trnmetationi et logis de
Men., llar. de d'Aubray
Le seul entretien de
luy coustoit cinq mille
ayant fait accommoder
jardin en fa^on de casiwi
avec salles, chambres,
(Palma Cayet, p. 283.)
cASTRATio.x, S. f., Opération par la-
quelle on châtre un homme, un animal :
Laquelle chose se mue par la castration.
(Evit. DE CoNTY, Probl. d'Arist., B. N. 210,
f» 150".)
CASUALiTÉ, S. f., caractère de ce qui
est casuel, subordonné à certains cas :
Les majeurs souverains, c'est a dire de
son altese, auront d'oresnavant clercs jures
en leurs juridictions, soient tabellions ou
autres, qui seront a cette charge crées et
assermentés particulièrement par ledit
bailly, et tiendront registres des causes
qui se traicleront esdites justices, pour
chacun an rapporter au receveur de son
Altesse rooUe attesté des amendes et au-
tres casuidiles escheantes ausdits offices.
{Coust.d'Epinal, .Nouv. Coût. gén., II, 1129.)
CASUEL, adj., subordonné à certains
cas, fortuit :
Pour casuelle occision ,
(J. Le Fetbe, iUaWieoto, I,44+, Van Homel.)
Laquelle pierre, parce qu'elle n'estoit
point forte assez, pour soustenir le fais,
chey sur elle et sa fille, si qu'elle en a esté
blechie,et n'en savoitpersonne coulpable,a
qui elle eust cause d'en demander, fors a
le fortune casuelle. (2 août 1443, Reg. de la
Loy, 1442-1448, A. Tournai.)
La cité de Lyon fut cent ans après sa
fondation quasi loute bruslee par un feu
casuel. (Vignier, liitil. liist., I, 717.)
Casuel, fortuitus. (NicoT.)
— Parties casuelles, droits et profits
éventuels ; tig., parties naturelles :
Le pourpoint gros et enflé de bourre, des-
cendant jusques au fin fond des parties ca-
suelles d'entre les cuisses a la polaque. (N'.
DU Fail, Contes et dise. d'Eutrupel, f° 1 v",
éd. 1585.)
CASUELLEMEXT, adv., d'une manière
casuelle, fortuitement :
Et luy venu au pays d'Arménie, casuel-
lement cheut par son cheval en une petite
rivière. {Lu Thoisun d'or, vol. I, f° 77 v°.)
Casuellement se fait entre les hommes
amitié, par art et industrie elle se garde.
{Ib., vol. H, f» 23 r°.)
Hz s'esloient rencontrez leans casuelle-
ment. (Herberay, Sec. liv. d'Amad., c. x.)
Si est la vénerie ordonnée de tele sorte,
ou casuellement di'essee, qu'il y fault user
de prompt et présent conseil. (L. Le Roy,
Vénerie de Budé, p. 24.)
CASURE, V. ChaSUDLE.
V. Chasublier.
^ CASURIER,
c.ATACOMBE, S. f., souterraln ayant
servi de sépulture, d'ossuaire :
Si me portes a calhacombes et sevelires
moi. {Pass. S. Se6nif.,B.N. 818, f°226'=.)
Cathacube. (xv" s., Lille, ap. La Fons.)
CATADOUPEet CATADIJPE, S. f., chute
d'un fleuve, cataracte :
Lephysetere... jectoit eau... a pleins ton-
neaulx, comme si fussent les catadupes du
Nil en .Ethiopie. {i\.\B. , Quart lii\,ch.\x\i\-.)
Ceux qui habitent aux catadupes sonHous
sourds pour le trop grand bruict que faict
le Nil descendant de très haults rochers
{Colloque de l'origine et natureldes femmes.)
-Fig.:
L'assoupissement léthargique qui avoit
saisi les hypocondres de Courtault et sem-
bloit rendre presque inexplicable la douleur
qu'il avoit conceue sur la mort de Lyco-
phagos, son conculinaire, ayant a la parfîn
ouvert les caladoupes de son cerveau et
donné passage a toutes les cataractes de
ses yeulx, leur a faict débonder un cata-
clysme de larmes sur le funeste reliquat de
sa désolation. (1613, Vinc. Denis, Epitaphe
du petit chien Lgcophagos, Var. hist. etlitt.,
IV, 256.)
c.ATAGMATiQUE, adj., propre à favo-
riser la consolidation des fractures :
Emplastres catagmaliques. (Paré, XIII,
XX.)
Poudres catagmaliques. (Id., VIII, 18.)
Ceral calagmatique. (Tagault, Cldr., p.
721.)
— S. m., remède propre à consolider
les fractures :
Les cephaliques sont plus acres et fortz
que les catagmaliques, et attirent les es-
cailles et petis lopins des os. (Tagault, /«si.
chir., p. 660.)
CATAILLER, V. ChaTOUILLIER.
CATALAX, adj.. de Catalogne, qui ap-
partient à la Catalogne :
CAT
CAT
CAT
Langage rathelen. (II. du rhev. Par. et (le
la belle Vienne, prol., iHI. 1830.)
CATALECTF.S, S. 111. ])!., reCllcil (ic
morceaux choisis :
(1Ô7I, Jo.s. Scalii'.kh, iJans Dict. gén.)
CATALEPSIE, .s. f., suppressioii appa-
parente de la vie, par la suspension de
lasensibilité extérieure et dumouvement
volontaire avec raideur cadavérique :
lit si lesdiLcs vapeurs montent jusqu'au
cerveau causentepilepsie, oata/eps/e. (Paiu;,
.Wlir, 52.)
CATALOGUE, S. m., liste indicative des
pièces qui composent une collection ;
El cntalaiif/ue des rois île Grèce. (Biiinrt
l.ATiN, p. liifi.) Var. : calhehgue. cateloge,
curleloge, cartaloge, chatheloge, guartnln-
giie.
Ou cathalogue des benois confesseurs il
est saint roys reputes. (Maiz., Songe du viel
pel., III, 59, Ars. 2683, f 112'.)
Calhologue. (Fossetier, Croyi. marg., nis.
nrux., I, r 76 r".)
Cathalogue. (In., ib., T 87 r°.)
Calhologue. (In., ib.. ms. lirux.. Il, f 139
r".)
Le calalor/ne en seroit grand. (Langue,
181.)
Cf. Carthaloge, I, 790'.
CATAMIXY, V. Catimini.
CATAPHBACTE, S. m., armure qui cou-
vrait le corps tout entier :
Il n'a eu talent ne cure de rendre aux pie-
tons les colaphrnites et harnois, ou les
heaulmes et cabacetz. {Fluve Vegece, I, 20.)
Cataphrales. {Ib., II, 16.)
CAT.APLASME, S. m., topique formé
d'une substance émoUiente, en bouillie
épaisse :
Caihaplasme. (Iîvr. de Conty, Prohl. d'A-
rist., B. .N. 210, f 34".)
c.iTAPULTE, S. f., machine de guerre
où une poutre faisant ressort projetait
de lourds projectiles :
Appareil de guerre... calapulles... arba-
lestes. (Bers., 7". Lin., f 257«.)
CATARACTE, S. f., suite de chutes peu
élevées qui interrompent le cours d'un
fleuve :
Cataracte est une ouverture entre des
monlaignes, par ou quelque cours d'eaiie
ise jecte de liault en bas, et fait merveilleu-
sement grand bruit. Cataracta. (B. Est.,
Thesaur.)
— Dans le style biblique, écluse ; et
par extens., au plur., pluies torren-
tielles :
Les catharates du c\R\.{Traict. de Salem.,
ms. Genève 165, f 133 v°.)
Les catarecles du ciel descendoyent pour
périr toute créature. (il/;c. hisl.. f" 23", éd.
1479.)
— Opacité du cristallin qui intercepte
les rayons lumineux :
La c/(a/«ra(/m conformée en le uil. (Frag.
d'un lin. de médecine, ms. Berne A 95, f"
34 V".)
L'ueil emp3sché de cataracte.
(G. Macbauit, Poés., B. N. 9221, !' iT>.]
La rrithnralte. (Trad. de Lanfr.. B. N. 1323,
f° 83 r°.)
Calaracte est aiguë qui est essamblee sor
la pupille de l'ueil (|ui empeeche la veue.
(Brun de Long Borc, f" 58''.)
CATARRHE, S. m., inflammation d'une
muqueuse, accompagnée de sécrétion :
Catarre, cautarre. (Albug., f° 121".)
Non contente de ce caterre
El malheur qui m'esloit venu.
{Apolnr/ie (tes C/tambcrieres, Poés. ff. des xv^ et ïvi"
s., li, 273.)
Puisse r.iutonne a la palle couleur,
Fièvres et toux, catherres et douleur
Bien loing de vous envoyer sur les Scythes.
(Bons.. Sntmcts divers, OEuv., p. 254.)
.\u commence ment d'avril, le roy se trouva
fort mal d'un calliairre qui lui desfiguroit
tout le visage. Tels cnthnirres rcgnoient a
Paris, a cause du grand froit qu'il faisoit,
contraire a la saison. (L'Est., Mém., 2° p.,
261.)
CAT.\RRHEU-\, adj,, qui a un catarrhe ;
produit par le catarrhe :
Aux parties catharreuses. (La Nef de santé,
C 26 V.)
Disposition ulcéreuse et catarreiise. (A-
MYOT, Comm. refréner lu colère, 31.)
— Fig:
Le chagrin et la foiblessenous impriment
une vertu lasche et cnleri-euse. (Mont., liv.
ni, ch. II, p. 19.)
Une suffisance estropiée et caterreuse.
(M"* DE Gournay, Adieu de l'ame du roy
Henry le Grand à la rogne, p. 32, éd. 1610.)
— Qui donne des catarrhes :
La chambre est froide et caterreuse. (Cy-
rano, Lett. div., s. un recouvr. de sant.)
c.ATARTiQtiE, mod. cathartique, adj.,
purgatif :
Il Uiy survint une fièvre calartir/ue ; qui
tantost esloil quarte, tantost continue.
(BniNT., Capit. fr., ch. ix.)
— Fig., qui purifie :
De ces textes, outre la preuve du purga-
toire, on peut encore recueillir le sacrifice
caladeitique et calliariique, c'est a dire
d'impetration et d'expiation, contre les blas-
phèmes des novateurs de ce siècle. (Coton,
Serm., p. 653.)
— S. m., remède qui purifie :
Débile, languissant, blafard et caquexique
Bref ce mal requeroit un plus doux caiarctique.
(CouRVAL Sonnet. Satijres, p. 108.)
Mais je n'approuve pas qu'il (Tagaut) ré-
prouve l'electuaire du suc de roses, qui est
1 tel qu'il n'y a point de plus excellent ca-
lharti(iue en ceste maladie. (.loUH., Annot.
s. la r/iir. de Guy de ChauL, p. 93.)
Evacuer tout le corps par cathartics con-
venables. (La FiiA.MUois., (Hinp., p. 174.)
CATASTROPHE, S. f.,qqf. m., brusque
renversement de fortune, grand mal-
heur, fin déplorable ; issue, terminaison
en général :
La fin et catastrophe de la comédie ap-
proche. (Bab., Quart liv., cli. xxvii.)
Il avoitesté l'undes plus grands guerriers
de notre siècle : voyons donc quelle sera la
catastrophe de sa vie. (Pasq., Lett., XVII, 5.)
La vie de ce genlilliomme ne pouvoit
estre claused'une plus belle tYi/ns//-o/j/ieque
celle cy. (Id., ib., XVIII, i.)
Pour catastrophe et closture de l'enter,
convient affermir, au nouveau ente, des
paisseaux pour. (0. de Serres, 664.)
En décrivant la catastroptie de cette his-
toire vraiment tragique. (Du Baiitas,. ludif,
Avert., éd. 1580.)
.le diray, Dieu aydant, cy dessous la ea-
laslrophe du dllferent. (1610, Phil. de Hur-
GES, Mém. d'e'ichevin de Tournay, Mém. de
la Soc. hist. de Tournai, V, 207.)
cATECHETiyuE, adj., qui a rapport
à la catéchèse :
L'oraison catec.hetique attribuée a Gré-
goire de Nysse. (P. du Moul., Anat. de la
il/., I, c. xxvii.)
CATECHISER, v. a. et n.,instruireora-
lement qqn dans la religion chrétienne :
Hue ceulz qui doivent estre baptisies doi-
vent estre ralhezizies et instruiz en la doc-
trine du nouvel et du vieil Testament. (.1.
Goulain, Ration., B. N, 437, f° 276 r°,)
Juifs non encore cathechisez. (La Bod,,
Ilurmon., p. 466.)
Cathesciser pour instruction du peuple.
(2 nov. 1566, fiej. des consaux, A. Tournai.)
Faict grand debvoir de... souvent caté-
chiser et endoctriner la jeunesse, (.1. Pussot,
Journalier, p. 144.)
CATECHISME, S. m., enseignement
oral de la religion chrétienne destiné à
préparer les enfants pour la première
communion ; livre qui contient cet en-
seignement :
Nous sommes sanez et gueriz par le ca-
thezime. (.1. Goulain, Ration., B. N. 437, V
331 v°.)
Catecysme. (1586, La Bassée, ap. La Fons.)
Catéchisme. (A. Oudin.)
CATECHISTE, S. m., celul qui caté-
chise, celui qui fait le catéchisme aux
enfants :
Calhechiste. (F. de Sal., Aul. de S. P., ms.
Cbigi,f° 37».)
c.ATECHUME>E, S. m. et f., cclui, celle
qui reçoit l'instruction religieuse pour
se préparer au baptême :
CAT
CAT
CAT
Ceulx nui sont aprenans la loy et qui
veulent estre baptizies. lesquels l'en appelle
ralhecumins. J. Goulai.n, Ration., B. >'. 437,
f° 40'.)
Catliecuminus. Calhecumine. [Vocahula-
iii(S brevidicun.)
Calliecumine. (J. UE IIesn., Estai de l'Egl.,
]). 73.;
CATEGORIE, s. f., cliacun des attributs
généraux de l'être, chacun des concepts
a priori derentendementhurnain, selon
lesquels il conçoit nécessairement les
objets de l'expérience : chacune des
classes dans lesquelles on range, selon
leur différence de degré, des personnes,
des choses :
Toutes choses se peuvent comprendre
sous le nom de sustance, quantité, qualité
et lieu, que les escoUiers appellent cathe-
goiies. (Uampmaktin, De In connoissance et
merveilles du inonde, f° "22 r°.)
CATEGORIQUE, adj., qui cst absolu,
qui ne permet pas de réponse :
llesolulion... catégorique, plene, aperte et
résolue. (Uab., Briefoe desclaration, t. III, p.
196. Marly-Laveaux.)
G'aiejo;-!ji(e.Cathegoricall;plain,authen-
ticall, already resolved on. (Cotgr.)
CATEGORiQiEMEXT, adv., d'une ma-
nière catégorique , logiquement :
Categoricqueineid respondre. ^Rab., Tiers
liv., ch. .\LU.)
Considérons, lecteur, je vous prie, s'ils
parlent catégoriquement, quand ils insèrent
que ces histoires ne sort vrayes, pource
(lu'elles ne sont vraysemblables. (H. Est.,
Apolog., dise, prél.)
Jamais je n'ay peu bien et cathegorique-
ment entendre qu'est ce qu'on appelle
beauté. (Sebil., Contrant., p. 201.)
CATEILLER, V. CHATOUILLER. — CATE-
LEU.Y, V. Cauteleux. — catelier, v.
Chatouiller. — c.atelieu.v, v. Caute-
leux. — C.ATELLIER, V. ChaTOUILLIER.
— CATELOGE, V. CATALOGUE. — ■ CATE-
LOXXE, V. CaSTELOONE. — CATEXE, V.
Cade.ne.
CATEROLE, S. f., trou de lapin :
Caterolle. K rabbels nest ; or the hole
wlierein a (Doe) cony keeps, and feeds her
young ones. (Cotgr.)
c.ATERRE.v. Catarrhe. — caterreu.'ï,
V. Catarrheux.
CATERVE, S. f., troupe, multitude :
l,a gente caterve. Bignvon, Erolastnes, p.
Il -2.)
CATEU, V. ChaSTEL. — CATHAtUBE,
V. CaTACOMBë. — CATHALO.\G.XE, V.
CaSTELOUNE. — CATHARTIQL'E, mod., V.
CaTARTIQUE. — CATUECf.MIX, V. CaTE-
<;humene.
cATiiEDRAL, adj., qui cst le siège de
l'autorité épiscopale :
Eglise cathedtal. [Chron. de S. Den., B. N.
2813, f 407=.)
Les églises calhedraux sont de la garde
du roy. (JuiU. 1376, Reg. du Parlem., ms.
Ste-Gen., p. 224.)
Eglise cathédrale. (Ib., p. 310.)
Eglise catedral. (Froiss., Chron., I, 287,
S 39.)
A le catedral église. (Id., ib., II, 279.)
L'egVuecathedrale de Nostre I)anie.(GLiL-
LEB. DE Metz, Descr. de Paris, XX.)
11 a faict refaire la chaire cathedralle et
episcopalle. (1.589, Repliq. de l'ev. Amijot
cont. le chap. d'Aux.,àp. Lebeuf, Hist. d'Au-
xerre.)
Cf. II, ■2\
CATHEDRAXT,s.m.,celui qui préside
à une soutenance de thèse :
Si je, qui suis petit disciple de mon mais-
Ire monsieur Pantagruel, le contente et sa-
tisfays en tout et par tout, ce seroit chose
indigne d'en empescher mon dict maistre,
parce mieulx vaudra qu'il ^o\\. ralhedrant
jugeant de noz propos. ^RAB., Pantagr.,ch..
XVllI.)
C'est aux apprentifs a enquérir et a de-
batre, et au cft/Zicrfcn?!/ de résoudre. (Mont.,
liv. I, ch. n\, p. 222.)
CATHELEX, V. CaTALA.N. — CATHELO-
GUE, V. Catalogue. — cathe.\e, v. Ca-
DENE.
CATHERETIQCE, adj.', corrosif, caus-
tique, s'applique à un médicament qui
doit produire une vive irritation et la
formation d'une eschare superficielle :
Medicamens catheretiques. (UALESCH.,C/ii'-
rog., p. 147.)
Matière catheritique. (Paré, XXI, 28.)
— S. m., médicament cathérétique :
Faut consumer telle chair superflue par
doux cat/ieretiques. (Paré, VIII, 21.)
CATiiERi.VAiRE, adj., s'appHque à une
herbe qui fut dédiée à Catherine de Mé-
dicis et fut plus tard appelée tabac :
Tesmoing m'en sera l'herbe appelée des
anciens petum, a présent catherinaire ou
medicee. (Paré, Préf.)
CATiiERixETTE, S. f., un des noms
vulgaires de l'épurge :
Les fleurs (de la ronce) et meurons ou
calherineltes sont du tout contraires aux
pires serpens. (Trad. de l'hgst. des plant, de
L. Fousch, c. LV.)
CATHETE, S. f., droite menée perpen-
diculairement sur une autre :
Deux lignes dictes cathetes. (1547, Crétin,
dans Dict. gén.)
CATHETER, S. m., sonde cannelée :
Cathéter signifie ce que communément
on appelle une syringue. (Tagailt, Inst.
chir., .\nnot.)
Le cathéter est un intromissoire long et
mince comme une esprouvelte.ala fin du-
quel peut estre un nœud, atlin qu'il n'of-
fense l'intérieur. (Jol'b., Gr. chir., p. 587.;
C.ATHEZI.ME, V. CaTECHIS.ME.
CATHOLICITÉ, S. f., confomiité à la
doctrine catholique :
Sans esgarddela calholirité du duc.(LEs-
toile, mm., l" p., p. 189.)
La catholicité de ceux de l'union. (lu., ib..
p. 290.)
CATHOLicox, S. m., remède univer-
sel, électuaire à base de rhubarbe et
de séné :
Une once de calholicon. (I.">20, dans Die/.
gén.)
Les médecins de tout le pays estant hors
de leur ca//io/i'co« et cabbale, dirent... (G.
Bocchet, Serees, .\.)
— Fig., prescription infaillible :
Il est au livre des queaouilles
Recité en catholicon...
{Pont aux asgnex, Auc. Th. fr., II, 37)
— Titre de quelques anciens glos-
saires :
Catholicon. (B. xN. 1. 17881.)
Catholicon. (.\is. Lille 3r)9.)
Catholicon. (1464, J. Lagadeuc.)
CATHOLIQUE, adj., qui appartient à
l'Eglise romaine et n'appartient qu'à
elle; s., celui qui professe la religion
catholique :
Gristien, Juif. Sarrasin
E chatiiliche e patelin.
{Sign. de la fin du monde, ms. Flor., Laur. Plut.
LXÏVI, n» 79, t» 24 r°.)
La sainte foi catholique. (Evast et llla-
querne, B. .X. 24403, P 3 r°.)
Foy calolique. (1347, .4. N. JJ 08, P 114 r°.)
Eglize chatliûUke. (Ps., ms. Maz. 58, P371
r°.)
Le prestre catholic en tranquille repos
vivra. (Benoist Voron, Resjouiss. sur la
France désolée, Lyon, 1574.)
CATHOLiQUE.ME\T, adv., Conformé-
ment à la foi catholique :
Catholiquetnent et très dévotement fistap-
porterle saint doctour a Pavie. (Maiz., Songe
du viel peL, I, 33, Ars. 2682, f" 76".)
Apres ce que orgueilleusement eurent ré-
gné en persécutions contre la loy, se re-
tourna leur foy catholiqiiement envers Jhe-
sucrist. (CoiRCV, Hist. de Grèce, Ars. 3689,
f" 136=.)
Vivre très catholiquement. (1414, Ambass.
de Gantier Col, A. Nord.)
Bien et cottholicquemenl vivre. (1543, A.
mun. Angers, RB 22, p. 188.)
c.ATHOLisATio.x, S. f., action de se
faire catholique :
Le canon tira a la catholisation du roy.
(A. DU Pujet, Mém., p. 745.)
Oa parle de sa catholisation (de Sully) :
T. l.\.
10
GAU
GAU
GAU
les sionsilisont qu'il n'y pense pas. (Mai.ii.,
Lett., a l'eiresc, 12 nov. 1G07.)
CATIIOLOCUE, V. CATALOGUE. — CA-
TILLER, -IER,V.ChATOUILLEB. — CATIL-
Los, V. Chatouilleux.
CATIMINI, s. m., anc, menstrues:
Ayanl atteint l'aage que les filles ontleur
riitamim/. (G. Boucheï, Serees, III.)
On lient dans ce pays la (Inde) que les
larrons sont en liorreui" aux abeilles, aussi
bien que les fenimesqui onl \enr cataminy.
(In., ;/)., XIV.)
— I.oc, en. a catimini, en évitant de
se faire voir, en secret :
S'il venoil en ca/iminzclievaucher parmy
les bois. (Kroiss., C/iron., II, 35, ap. Ste-
■ Pal.)
Si quelqu'un des plus espagnoliseza quel-
<|ucs doublons, et reçoit quelque pension
du légal a catimini, ce n'est pas a dire que
les autres s'en sentent. {Sut. Men., llar. de
M. le recl. Roze, p. 90.)
Vous n'avez jamais voulu faire traieter
des alTaires publiques par personnes pu-
bliques: mais n r(ii/»i/H( par pelites gens
façonnez de voslre main, et dépendants de
vous. {Ib., Har. de d'Aubray, p. 200.)
— Faire lecalimini, agiren cachette:
Elles font le catimini;
Mais, par le verbo Uomini !
Elles caevrent leur ribauldie
Du manlel de papclardie.
(J. Le T'evre, Matheolus, II, 1777, Van Uauiel.)
1. c:ati\', s. f., nom do fille, et sur-
tout de fille de lacampagne; s'employait
autrefois comme terme de caresse :
Je ne sens nul mal, ma caitin.
[Farce dp Colin qui loue et despile Dieu, Anc. Th-
fr., I, 228.)
2. cATiiv, s. m., bassin de métal :
Puis feras tout passer par l'oslamine de-
dans ton grand plat ou cnlin. (Platine
de Iwnneste volupté, f° 82 v°.)
Adjoustes y dedans quelquera/j/i ungpeu
de fromaige frais. (/(/., f" 85 r°.)
catjMaiiieu, V. Camaïeu. — catoil-
LER, -EUX, -OL'LI.EUS, V. ChaTOUILLIER,
-ouiLLEux. — (;atolier,v. Chatouiller,
CATONIVER, V.ChaTONNER.
CATOPTROMAivtiE, S. f., divination
par le miroir :
Par miop^)'omaȔ^ie... moyennant laquelle
Didius Julianus, empereur de Rome, prfc-
voyoit tout ce qui luy doibvoil advenir; il
ne te fauldra poinct de lunettes. (Uab.,
Tiers liv., ch. xxv, éd. 1552.)
€ATORZIE.\IE, V. QUATORZIEME. —
CATOULLEMENT, CATOULLER, V. CHA-
TOUILLEMENT, Chatouiller. — catre, v.
ChaRTRE. — CATREDAL, V. CaTHEDBAL. —
CATULAIRE, V. CaRTULaIRB. — CATULEU-
SEME;\T, V. CaUTELEUSEMENT. — CAUCE,
V. Chalce.
CAUCHEMAR, S. m., rôvc pénible avec
sensation d'un poids qui oppresse; in-
cube :
Quant il semble (|ue aucune chose vien-
gne a son lil, qu'il semble qu'il monte sur
lui, et le tieiil si forl que on ne peut par-
ler ne mouvoir, el ce appelle le commun
caui/itemuie, mais les meilecins l'appellent
incubes. (Svm. de Hesdin. Val. Ma.r., f" 54°.)
Cauchemar. (A. Thierry, Dict. fr.-lat.)
Coc7iemn)'e,pe3adrila. {()\iv.,Dict. fr.-esp.)
Cf. Cauchemare, II, 3\
CAUCHETREPE, V. ClIAUSSE TRAPPE.
CAUDATAiRE, S. m., cslui qui, dans
les cérémonies, portelaqueuede larobe
du pape, du manteau d'un roi, etc. :
P'ol caudataire. (Rar., Tiers liv., xx.wiii.)
CAUDEL, V. ChaUDEAU. — CAUDE SO-
Ris, V. Chauve souris. — caude trape,
-TREPE, -EPPE, -ESTRESPE,V. ChaUSSE-
TRAPPB. — CAUDIEL, V. ChaUPEAU. —
CAUDiRE, V. Chaudière. — caudrei.ier,
V. Chaudrelibr. — <;audro:vgmer, v.
Chaudronnier. — caue, v. Chauve. —
CAUFFOR.S, V. ChaUFOUR. — CAUFOR-
IVIER, CAUFOURMER, V. ChAUFOURNIER.
— CAUL, V. ChOL. — CAULD, V. ChaLT.
CAULicuLE, s.-f., petite tige :
Ils nourrissent eux et leur bestail des
feuilles, tiges, caiiliciilei, sommitez et ra-
cines de raves. (Liebault, 218.)
CAUQUEMARE, V. CaUOHEMAR. — CAUR-
REUR, V. Chaleur.
CAUSAL, adj., anc, qui est cause :
Fièvres causales de mort. (Crisï. de Piz.,
Ch. V, II, prol.)
CAusATiF, adj., qui cause : !
Toutes telles choses causatives de paour.
(Bat. jiuL, IV, 19.) ;
Riiglosse est dicte eslre causative de joye.
(Jard. de santé, p. 80.) 1
CAUSE, S. f., ce par quoi une chose
est ou devient ce qu'elle est; motif:
Enquist de.l plur la cause. (Rois, p. 37.)
En tel lieu doiz t'amio fere
Ou aies cause de toi trere.
(Clefd'amom-s, 201.)
Rien receu pour ce qu'il dit en sa con-
science i[u'il ne scet cause pourquoy il les
doive (les .xii. écus). (1358, Com/j/. mun. de
Tours, p. 10.)
Vous avez bien cause d'avoir raison. (B.
Desper., Nouv. recréât., p. 82.)
— A cause ne sans cause, avec ou
sans motif:
Biais se c'est ung aultre seigneur séculier
qui recognoisl aucun souverain, il ne peut
a cause ne sans cause tailler ses subjectz
sans auloritè et licence de son souverain.
(Le Songe du Vergier, ch. cxxxvi.)
— En cause que de, afin de :
Il y osa bien ung soir venir, a tout bien
huit cens tanches, en cause que (/éprendre
le cité. (Froiss., C/tron., V, 346.)
1. CAUSER, V. a. et n., être cause
d'une chose, motiver, fonder :
Noslre roy est le seigneur du monde qui
le moins a causé de user de ce mot de dire :
J'ai privilège de lever sur mes subjectz ce
que il me plaisl. (Comm., V, 18.)
Elle monstre que toutes ces choses sont
causées en Jésus Christ, comme en estant
le fondement. (Calv., Inslit., 1066.)
Au moyen de quoy luy fut facile de cau-
serson voyage la dessus. (R. Desper., jVoiiU.
recréât., p. 21.)
Cf. H, 3^
2. CAUSER, V. n., s'entretenir fami-
lièrement :
Trouver i puez trop bonnes causes,
Se par vive reson te causes.
{Clef d'amors, 969.)
CAUSERIE, S. f., entretien familier:
Causerie. A pralling; talldng, babling,
idle speech, vaine talke, tedious discour-
sing. (CoTGR.)
CAUSEUR, adj. et s., qui cause volon-
tiers :
Nous avons trouvé un causeur. (Rau.,
Garg., ch. xii.)
... Une pie, une causeuse agace.
(Vau<j., .Sat., XI.)
A toutes je conseille
Qu'a telz causeurs ne prcstent point l'oreille.
(U. CoRBozET, le lîossignot.)
CAUSTIQUE, adj., qui brûle, qui cor-
rode :
Médicaments caustiques. (Tagaflt, Inst.
chir., p. 453.)
lime semble qu'il estdu lout impossible
de croire que telle préparation soil légi-
time, par la(|uelle l'anlimoine est rendu
bruslant el caustique. (Grevi.n, Venins, Disc.
s. l'antim.)
CAUï, adj., avisé, rusé :
Car Gerfles ki n'ert pas malvais,
En estoit par dis et par fais
Plus cau$ que tuit li chevalier
De la cose faire esploitier.
[Cfiev. as .II. esp., 8973.)
Tu es tant soublil et tant cauîi.
(A. Greban, .Mist. de la Pass., 7344.)
La tour d'erein, qui conquit
Jupitter d'une caute ruse.
(L. Ladé, Œum:, p. 128, Lemerre.)
Mais au payer c'est une caulie bestc.
(Ct. JIar., Episl. a Papill. contr. le fol ani.. OLiiv.,
t. Il, p. 216, éd. 1731.)
Ulis le caut.
(J. A. DU Baie, Mimes, t" 3S r".)
Estre entièrement fin et caut.
(Fr. Perrin. Escoliers, p. 30.)
... Ou le cauît serpend se traine.
(1d., Sicliem, l' 12.)
CAU
Cachée souz le fard d'une pensée caute.
(iD., ib., fo 30.)
— S. m., défiance:
Fait le Musagete orer
Conire l'éloquence expert
Du Dieu qui peut alirer
Par le vaut de son parler
L'erreur a la vraye trace.
(Louise Ladé, Escri: de dioers poêles, ÛEuv., p. 136,
Lemerte.)
<:aut.\urf,, V. C.\TAnnHE.
CAUTELE, S. f., finesse, ruse:
Trop scet li traisires d'agaiz et de cauteles.
(J. DE Meung, Test., 182b.)
Qui savoient tours et cauptelles.
(G. Macu., Poés., B. N. 9221, f» 65«.)
En la cure d'aucunes d'icestes (plaies)
doit estre ajoutée très granl rautele. (H. de
MoNUEViLLE,' B. N. -2030, r br.)
Caulelh, malice, calliditas. (Gloss. gatl-
lat., B. N. lai. 7684, f IG".)
Cauplelle. (1409, A. N. S 266, pièce 106.)
Ainsy vous a séduit par sa cautelle
Vosire Anthecrist et prince des meutins.
(J. MicoL., Kiilendr. des giterr. de Tourn., i' Bail.)
Qui veut entrer en grâce
Des dames bien avant.
En tautelle et fallace
Faut cstre bien sçavant.
(r.L. Mar., Chans., 23, p. 324, éd. 1596.)
Plein de déception, de fraude et de cautelle.
(Fn. Pebki», Pourtraict, f» 20 r».)
CAi'TELEUs,mod. cautcleux, adj., qui
montre une défiance, habile :
Cauteloux. Callidus, a, um. (Gloss. gall.-
/a/.,B. iN. 1. 7684, l" 16".)
Li dus de Brelaigne est uns cauteleux
homs el diviers. (Froiss., Chron., IX, 285,
Kerv.)
Il est cruel cl cautelleus et ne pouons sça-
voir a quoy il pense. (Id., ib., XIV, 295.)
Callidus, cautelieux ou malicieux. (Gioss.
de Salins.)
Vafer, soullil, ingenieus, cautuleiis, mali-
cieus. {Calholicon, ms. Lille 369.)
CAUTELEUSEMEiXT, adv., d'une ma-
nière cauteleuse :
Caulelnusement. (Dial. de S. Greg., ms.
Evr., f» 39 r".)
Cauleleusemetit, callide. (Gtoss. gall.-lai.,
I). N. 1. 7684, P 16'.)
Ils se retrayent cauliileusement. (Froiss.,
Cliron., B. N. '2645, P 59 r°.)
Machinor, penser mal ou caulelieusement.
(Gloss. de Salins.)
CAUTEMEA'T, adv., avec ruse, avec
prudence :
Par sens a homs provision
Au temps a venir cautement
Et a ymaginacion
Au temps passé et le présent.
(Chans., ms. Deroe 4-21, Bullet. A. T., 1886, p. 90.)
IJng homme non pareil a subtilement in-
terroger el cautement respondre. (Amvot,
iU-aci)., 21.)
CAU
CAUTERE, s. m., médicament qui bri^ile
ou désorganise les parties vivantes sur
lesquelles on l'applique.'
Cautères et ignicions.
[Remédia amoris, 510.)
Caulaire. (Arthel. de Alag., Fane.)
CAUTERISATION, S. f., actlou de cau-
tériser, résultat de cette action :
Cauterization. Uslio, inuslio. (B. Est.,
Vies.)
Cauterizntian est opération manuelle avec
feu l'aide arliliciellement au corps humain
pour déterminée utilité. (Jour., Gr. chir.,
p. 633.)
Cautérisation de veines. (Saliat, Her., 4.)
CAUTERisiER. iTiod. cautériser, v. a.,
brûler avec un fer rouge, un caustique :
Pour saignier el cauderisier. (Tigno.nv.,
Dis mor. des philos., Ai's. '2312, T 21 v°.)
On doil cautériser la dent d'une verge de
fer. (B. de Gord., l'ratiq., III, 25.)
Maislri' Bichars ÇiaI cauierisier .i. enfant.
(Cyrurgie Albug., f 179".)
Simon, chirurgien, avec les menyslres
(del'lKJpilalj lorsque l'on coc^eres.îo les pielz
(d'un malade) .ini. I..vi. s. (1568, La Bassée,
ap. La Fons.)
— Fig., en t. de l'Ecriture, endurcir:
Jene croypasqu'uneame cauterizee SQeu\,
conlrefaireunetelleasseurance. (Mo.M., liv.
III, ch. V, p. 23i.)
CAUTFOUR, V. ChaUFOUR.
CAUTION, S. f., somme qu'on dépose
ou qu'on s'engage à payer en garantie
d'un engagement qu'un autre a pris ou
qu'on a pris soi-même :
Celez (convenances) qui sunlfailez par ju-
gement sunl eeles qui vienent par pur of-
fice au juge si comme oaus(0«»" qui est do-
nee de tricherie. (Institutes, B. N. 1964, f
56".)
Bonne el suHisanle cauplion. (ISO.'i, Test,
de Marg. de Bourg., orig., Hospice de Ton-
nerre.)
Cauxion. (1507, Coût. loc. du baill. d'A-
miens, 1, 379.)
— Par erreur étymologique, on a écrit
caplion (de caplio) pour caution (de
caiitio) :
Que il volsisl doner oslages ne caplion de
tenir la pais. (Citron, de S. Den., ms. Ste-
Gen., r 306".)
i)oner caplion. (Ordin. Tancrei, ms.SaWs,
f 8".)
cAUTiorvNAiRE, adj., qui a rapport à
la caution, donné à titre de caution, qui
sert de caution :
Ville cuulionnaire. (.Iea.nnin, Négoc, I, 162.)
— S. in., celui qui a fourni une cau-
tion :
Apres qu'ilauralivréla dicte œuvre faicle
et parfaicle, son caucionnaire demorraobli-
CAV
11
gié tant que nous serons appaisies. (7 fév.
1537, Juurn. desprév. et jur., A. Tournai.)
CAUTIONNER, V. a., fournir caution
pour qqn. :
Hz caucionneront et piégeront ycellui Me-
rigot corps pour corps, (lieg. du Citât.. II,
209.)
Seroil le bien du roy el du royaume de
meclre gens de linances, comme commis
receveurs... riches et non mie povres,bien
cauctûiines a compelens gaiges. (1434, Adv.
a Is. de liav., B. N. 1223, P 3".)
Caucionner, cuupcionner. (li'ii, Contpl. de
René, p. 53.)
Cauxionner. (liOl , Coût. loc. du baill. d'A-
miens, I, 379.)
CAUTULEUS, -EUSEMENT, V. CaUTE-
LEUS, -EUSE.'HENT. — CAUVAIRE, V. CaL-
VAIRE. — CAUVESORIS, CAUVE SURIZ,
CAUWE SORIS, V. ChaLVE SORIS.
CAU.\ION, -ONNER, V. CAUTION, -ONNER.
CAVALCADE, S. f., coursc à cheval
faite par plusieurs personnes réunies :
Cavalradei el albergues. (1349, Arcli. du
rai, B. N. 18551, f" 151 r°.)
Cavalcate. (A. de la Vig.ne, Vern. d'itonn.,
P 127.)
El pourres faire cesl yver une cavalquade
jusque a Thoulouze, qui sera comme une
grande faveur au pays. (Montluc, Lett., IV,
173.)
CAVALCADOUR, S. m., préposé aux
chevaux de main de la maison d'un roi,
d'un prince; écuyer :
Et du brave cheval cavahadour habile.
(J. Vauqueun, Arrpoér., 1, 13, éd. 1605.)
La femme, voyant un si pauvre cavalca-
dour, qui ne sçaura piquer sa monture, se
mettra a se moquer de luy. (Choueres,
Matinées, p. 243.)
CAVALE, s. f., femelle du cheval :
La plus belle el aggreable compaignie qui
soit aux chevaux, c'est des cavales. (La
BoETiE, Uesnagerie, p. 172.)
CAVALERE.SyL'E, V. CllEVALERESQL'E.
CAVALERIE, S. f., partie d'une armée
qui se compose de soldats à cheval :
Un sommier pesie mesie avec un soldai,
le bagage, la vucallerie legiere. (La Boetie.
Mesnagerie, p. 172.)
CAVALIER, s. m., celui qui est à che-
val, celui qui monte habituellement à
cheval ; soldat appartenant à la cavale-
rie ; gentilhomme :
Ils l'avoient laissé aller sur foi de cava-
lier. (Auii., Uist., III, 395.)
— Butte surélevée au-dessus des au-
tres défenses d'une place :
Us... erigeoyent cavaliers. (Bab., Panl.,
III, prol.)
Cavalier, solide plaie forme, relevée du
12
CAV
CAV
CAV
plan d'un boulever, ou tcrro plain, pour
loger des pièces de batcrie. Caslellum jacu-
lalorium. Sublimius caslellum macliina-
rium. Kditiis agger jaculalorius. Celsius
propugnaculuiu maciiinariuni. Imposita
pi'opugnaculo molis machinaria. Injunclus
aggeri aggriculatorius, i. Entre les assie-
geans de de dessus un cavelier. Exedil ore
jaculalorio aggere obsidenliuni caslra tor-
inenlis diverberare. (Monet.)
CAVALIiV, -ALLI^', V. CuEVALIN. — CA-
VAIVIÎ. V. CaD\NE. — rjAVATIER, V. Sa-
YliTIER.
1. CAVE, S. f., lieu souterrain et voûté
cil l'on met ordinairement du vin et
d'autres provisions :
Tant qu'il vinrent en .i. trespas
De la cave d'un fort tyrant.
(Gilles de Chili, 3073.)
Venez y, varletz, chamberieres.
Qui sçavez si bien les manières
li'avoir du meilleur de la cave-
[liep, franche. j dans ŒiuT. de Villon.)
En basse cave le bon vin.
[Recréât, des devis amoureu.r.)
— f'Iaisamm., marier le puits et la
cave, baptiser le vin :
Ceulx la non seulement marient le puits
et la cave, mais, pour habiller leur vin,
mettent dans les tonneaux des choses qui
nuisent grandement a notre santé. (G. Bou-
ciiET, Serees, 1, 27.)
— Lieu souterrain, caverne :
Une cave grande u il entrad. (Rois, p. 93.)
Apres fut li feus alumeis de rechief, et
si lot grant planteitde bûches mouillées.
Sien issoitsigrant l'umee et a angoissouse
que pour .i. poc que cil delà catve n'estin-
gnoient. (S. Graa/, B. iN. -2i'ob, f° 86 v".)
Li Rouz, ne cil qui estoient en la cave, ne
cil qui estoient sus les montaingnes n'osè-
rent onquespuisaprouchierde nostre gent.
(Vont, de Guitl. de Tyr, HIst. des Crois., II,
Ô44.) Impr., cave.
Et issirent a grant hasto et a grant des-
roi hors de la cave. (/i.,p. ô95.)Impr., coyé.
Comme l'ourceaconceuouse sent grosse,
elle se met en une cni'ede roche. (Du Fouill.,
l'en., 1° 107 r".)
— Retraite (Bible, trad. de E. Le-
drain, II, 357).
E il ne se remuèrent, ne perre ne gitie-
rent, ne n'estoperent les raue.v ou il estoient.
(Machabees, 1, 2, 36.)
2. CAVE, adj., creux :
Yeux a rouges, lermeus et caves,
(J. LeFevhu, Lament.de Math., I, 685, Van Uamel.)
La veine cave descendante. (Paré, I, 25.)
Cf. Chave, II, 100".
3. CAVE, V. Caqe.
CAVEAU, s. m., petit réduit souterrain :
En caves et en cai'iau.r.
(HOTEB., p. 6S, Kressner.)
?ïulz ne puet faire caveau dessoubz voye
sens le congé du voyer. ( Voirie de Parii, A.
N. Y3, f°lr=.)
En Icu fie cousles aportoient
En lor caviaus monciaus de gerbes.
De fuelles...
(Rose, Vat. Clir. 1838, f» 73=.)
Tu ne veois que l'ordre et la police de
ce petit caveau ou lu es logé. (Mont., liv.
II, p. 341.)
CAVEC, V. Chevet.
CAVECE, s. f., tête :
Guare la caveche. (Rab., Quart Uv.,c\\. .\x.)
Cf. Chevege, II, 112\
CAVECÉ, adj., se dit d'un cheval dont
la tête tranche pour la couleur avec le
reste du corps :
Un cheval de Sardaigne cavesscAt more.
(SfLLY, CEcon. rot)., XVI.)
CAVECii, V. Chevet.
CAVEÇoiv, s. m., bride spéciale pour
dompter les chevaux difiîeiles à l'aide
d'un demi-cercle de fer qui permet d'e-
xercer une pression violente sur les na-
seaux :
Le bonpiqueur luy met un cavezzon avec
un billot. i^liELLEFOR., Ser., p. 259.)
Caveçoii. A cavechin or cavesson, for a
horses nose. (Ootur.)
CAVEUAL, V. CaIMTAL 2.
CAVEE, S. f., ravin, chemin creux.
Cf. Chavee, II, 100'.
CAVEic, V. Chevet. — cavel, v. Che-
veu. — CAVELEURE, V. ChBVELEURE.
CAVELEACIOX, V. CAVrLLATION. — CA-
VELU, V. Chevelu.
1. CAVEit, V. a., creuser, miner:
Et la goûte cara la pierre.
(O. de Coikci, Mir., ms. Soiss., fo 93"^.)
... Le mur que Robastre cava.
[Doon de AJaience, 10916.)
Les eaues cnvenl les pierres. (Le Fevre
d'Est., fiible. Job, XIV.)
Caver de grandes tranchées. (Amvot,
Sylla.)
Il trouva une bonne source d'eau vive,
laquelle saint .Majan nettoya et dressa,
ayant cave un bassin de pierre grise pour
recevoir l'eaue. (P. Albert le Grand, Vie
des saints de Bret.)
Cf. Chaver 1, II, 100".
2. cAVEit, v.n.,àcertainsjeux mettre
devant soi une certaine somme :
Caver au jeu de prime. (A. Oud., 1642.)
CAVEn\E, s. f., cavité naturelle s'é-
tendant sous un rocher :
En Puis de la caverne. (Job, dans Dicl.
gén.)
— Fig., arcane :
Et moult de nobles faicts verras
Par celle fontaine et caverne
Qui tous les sept metaulx gouverne.
[Font, des amoureux, 396.)
CAVERNEUX, adj., plein de cavernes,
creusé d'un ou de plusieurs trous :
Voie cavernouse. (Aimé, Chi-on. de Roh.
Viscart, I, 19.)
Monlaignes caverneuses. (Grant Herbier
f 30 v\)
CAVER\osiTÉ, S. f., lieu caverneux ;
état d'un corps percé de cavernes, de
trous :
Quant les nuées ont enfermé le vent de-
dans elles et que cet air se roulle dans
leurs cavernositez. (Math. Chalvet, f" 450 v".)
Car lors les vents sont resserrez es veines
et cavernoiitez i\c la terre. (Dl Pinet, Pline,
II, 79.)
CAVERO\,\ER, V. CHAPERONNER. — CA-
VESiNE, V. Chanvre. — cave.stre, v.
Chevetre.
1. CAVET, S. m., moulure concave
pour l'ornement des corniches et pour
les bordures de menuiseries :
Le cavet ou trochille. (1545, P. Van
Aelst, f" 27".)
2, CAVET, Y. Chevet. — cavete, v.
Chouette. — caveté, v. Cavité. —
CAVEU, v. Cheveu.
caviar, s. m., hors d'oeuvre russe
composé d'œufs d'esturgeon fortement
pressés et marines :
Caviat. (P.ab., Quart liv., ch. xviir.)
Cavial, cabiale. (A. Oi'din, Dirt. fr.-esp.)
CAVIAU, V. Cheveu.
Cheville.
CAVILHE, V.
CAviLLATioiv, S. f.. Subtilité de mau-
vaise foi :
Kavillation. (1253, A. N". S 5061, pièce 7.)
Bien eust excusalions
Par queconques ctivillaclons.
(Rose, B. N. 1S73, f> 132'.)
Se aucun par cavillation disoit que...
(ORES.ME, Eth., B. N. 204, f° 460".)
Monstrer et prouver la paie d'icellui pris
et a toutes autres excepcions, decepcions,
defTences, barres, cavillaciotts, opposicions,
contradictions, raisons et allegacions de
droit, de l'ait et de coutume. (1307, Citeaux,
Cartul. 185, f» 106, A. Cole-d'Or.)
CAVIELE, V. Cheville.
CAviiv, S m., ravin ; chemin creux
utilisé pour l'attaque ou la défense d'une
place.
Cf. Cavain. II, 5'.
CAVITÉ, S. f., espace vide plus ou
moins étendu dans l'intérieurd'un corps
solide :
El istroient hors de re\c caveté. (Cont. de
Guill. de Tyr, Hist. des Crois., Il, 545.)
Puis le corps mis en la fosse ou cavilté
auprès du corpsdefeu Monsieur le cardinal
de Lorraine. (J. Pussot, Journulier, p. 222.)
CEA
CED
CEI
13
CAVOISTRE. V. ChEVETRE. — CAYER,
V. Cahier. — cayffer\v>\ v. Caphar-
NAUM. — CAYREL, V. CaRREL. — CAYS-
SETTE, V. Cassette.
CE, pronom démonstratif invariable,
qui sert à rappeler la chose dont il a
été question, ou à désigner celle dont il
va être question.
Cf. Ço. II, 163 .
CEANS, adv., ici, dans la maison:
Ceenz a chevaux boens et forz.
(Chbest., Churete, B. .N. HSôÛ, f° 59 v°, col. I.)
Çaîe7is a bons chevaus et forz.
(iD., ib.. Val. Chr. 1723, {' l-i'.)
Por ceu m'ait salatis anfermeie,
Que trop ra'ainme et trop m'ait ameîe.
Por nule chose ki aveigne.
Ne vuelt ke nuns hons saiaiis veigne.
[Dolop., 10513.)
P.iieDS et sarrazins ont toz soians trové.
[Fierabras, Vat. Chr. 1616, l' 43''.)
.\ins le vos lairai soians (l'écu) et mes
armes avec. {Mort Artus, B. >'. 24367, P 3*.)
Sire, dist il, çaenz entrez.
A nostre maistre parlerez.
{Ev. de Xic.j Pvers., 161.)
Venuz est qui nos a raainz.
Que les teniebres de çainz
Chace avant sel et nos en oste.
(76., 2' »., 9S3.)
Mes or en suimes bien venglé,
Quer ja sera cienz plungîé.
(Ib., 1199.)
Dont vient celenz ceste luor
Se cist Jhesus ne l'i aporte?
[Ib., 1270.)
Je ne te veil pas hors tenir
Que ce-rnz ne puisse venir.
■Jb., 1843.)
Mais délivré aver volez
Tuz ces ke sunt sein-t liez
Por forfeture de péchez.
[Ib., 3' V., 1776.)
Je suis çaienz venuz a toi.
{Vie de Sle Jui., ms. Oxf., Douce 381.) Canonici :
zaenz.
... Quant de chiens istrai.
{Doou de Maience, 3916.)
Et du meilleur et du plus bel
Via de céans aussi buvez.
(.l/iV. de X.-D.. I, 76.)
Ha ! doulce vierge débonnaire,
Ont il donques esté ceens?
[Ib.. I, 23.)
Mais dy voir : a il ceens femme.
Que voulsisses qui fust ta dame ?
IJb., I, 68.)
Çaens, ou nom de s.iint Sauveur,
Je vouidray faire mon devoir.
/t.. I, ISO.)
Dites moy entre vous deux quant
Sera nonne seans sonnée.
{Ib., I, 81.)
L'ennemi le suit, qui atent
Le jour que tu dois seens estre.
[Ib., I, 33.)
Je vueil que soiez honnoree,
Dame, seyens.
{Ib.. T, 339.)
Pour londre borljiz aux lieu.x de siens.
(Compl. de l'Hôt.-D. (fOrl.. 1392-1400, P 8
v°.)
Ce sont les .iiii. ttarchons qui m'ont esté
baillies par mauvais gouvernement, qui par
toules voyes se travelUent a moy bouler
hors de clioens. (30 nov. 1437, Remonstrance
pnr l'evesque de Cha'ilons, ms. Valenciennes
517.)
Tel est musse qu'on dit : Il n'est pas .9iefis.
{Le resvetir avec ses resverieSy Poés. fr. dessv et ivi«
s., XI, III.)
CEAU, V. SbEL. — CECHE, V. SeCHE. —
CECHERESSE, V. SECHERESSE. — CECHi:V,
V. SeQUI.N. — CECHU.V, V. Chacu.n.
CECI, pronom indéfini invariable,
cette chose-ci ; ce dont on va parler :
Pucelle, dist ly contez, ne ditez plus chechi,
Tous jour ay vostre père cora mon signeur servy.
[Hug. Cnp., p. 27.)
CECITE. S. f., privation du sens de la
vue, au propre et au fig. :
Celui tens estoit de ignorance et cécité
(J. GoLLAi.s, Racional, B. N. 437, f° 212 v".)
Parmy cellereciï»! universelle. (Mont., liv.
II, ch. .\ii, p. 354.)
1. CECLE, v. Cercle.
2. CECLE, ciede, s. m., forme popu-
laire de cijcle :
Ypolile escrit le .xix""'. anuel de pas-
ques que il apela cecle, ce est uns canons
qui chienl el compot de .xix. anz en .xix.
anz au jor de Pasques. {Chron. de Fr.,
Berne 590, i" 44°.)
I
] El y avoyt au ciel ung ciecle de couleur
1 blanche, le soleil esloit au dedans cludicl
I siècle, et au deux costez dudit ciecle par
dehors et y avoil deux espees en couleur
blanche, {i'rophelies. f" 21 r°, dans le Mira-
bilis liber. Home 1524.)
CEDER, V. a., abandonner en renon-
çant à son droit :
Cedder. (4 mars 1504, A. B.-Pyr.)
Je luy cède lamestayriedelaPomardiere.
(Rab., Garg., 1, 32.)
— V. n., cesser de résister:
Toutes diCTicultez cedeni a la constance.
(Verosn., ilinpuiss., IV, 2, Ane. Th. fr., VIII. 1
CEDILLE, S. f., petit signe que l'on
place sous un c pour indiquer qu'il doit
être prononcé comme une s :
Cerilte. A small titlle or addition to the
I foot of a c wich makes it be pronounced
I as an s. (Cotgr.)
' CEDRE, s. m., grand arbre vert de la
i famille des conifères, à bois odorant et
peu corruptible :
En paleis de cèdre. {Rois, p. 142.)
Sedre. {Psaiil., B. .N. 1761, f» 37 v°.)
Sadre, benus,bresil et cipres. (Est. Boil.,
Liv. dei mest., i" p., LXVIII, 14.)
Cèdre vermeil est un fust que l'on vent
sur les espiciers et est dit cèdre dont l'en
fait manches et cousteaulx. '.Ménaijier. II.
154.)
Que on ne face nul couliel d'ivore, ne de
chedre. ne de bruit. (25 sept. 1325. Reg.des
met., n' 4231", f 15S r', A. Tournai.)
CEDRiE, s. f., résine qui découle du
cèdre :
Sa galle (du chameau) est guérie avec
cedi-ie. (A. Pierre, Const. Ces., XVI, 22.)
CEDULE, S. f., papier par lequel on
notifie qqch. :
Scedula, petite scedule. (Gloss. lat.-fr.,
ms. Montp. 11 110, P 235 r°.)
C'est la spdnle que baillent les bonnes
gens de f'eriers en Coslenlin a religieus
hommes l'abbé et le couvent de S. Taurin
de Evreus. (Pièce de 1337, fa;-;. deS. Taur.,
CCCXVII, A. Eure.)
Une cédille de papier bailliee parles reli-
gieux de Pontigny. (1357, A. Yonne H 1554.)
Schedule. (1365, ap. Lobin., Il, 517.)
Chascun (juge) a part doit apporter eu
son poing une lablete ou une cedule en la-
quelle soit escripte la condampnation, s'il
lui semble que la cause soil simplement a
condampnalion. (Oresmic, Polit., ms. .\vran-
ches 223, f° 52«.)
L'n petit mot de cedule par laquelle ce
créditeur confessoit avoir receu le pot de
cuivre en gage. (B. Desper., A'oui'. recréât.,
r 270 v°.)
ceel, v. sceel. — ceexs, ceeivz, v.
Céans. — cegoigxe, cegoixg>e, v. Ci-
gogne. — CEGUE, V. ClGUE. — CEGUOI-
GXE, V. Cigogne. — ceil, v. Cil. —
CEINCLE, V. CengLE.
CEINDRE, verbe. — .\.. mettre autour,
entourer, environner, en parlant de per-
sonne et de chose :
Dune la (l'épée Durandal) me ceinst li genlilz
[reis, li magnes.
(Hot., 2321.)
Iluec fu adobez Pallas,
L'espee li ceint Eneas.
(E'neas, 4813.)
Tu ceinsis mei de force a bataille. {Liv.
desPsttum., Cambridge, XVII, 40.)
El dos li vest le blanc hauberc Ireslis,
E lace l'elme et l'espee li chainst.
(IlAiMB., Ogier, 6936.)
... Jamais ne çagne espee.
Qui de ces partira s'en est large quasee.
[.Uix., i' ->:)
Puis le menai tôt a celee
Que vos li cftinssissoiz l'espee.
{Parton., B. N. 19132, f° 155'.)
Si le ceiiilrent d'un linceul. (Artur, B. N.
337, r 2.j3'.)
Du meillor chevalier qui ains chainsist espee.
yDoon de Maience, 8S92.)
Conreeur dequir por fere corroies aceiii-
dre et por fere semelesa souliers. (E.st. Boi-
LEAf, Liv. des mest., l" p., LX.XXIIl, 1.)
Prenez la vostre (epée) ; j'ay la moye
Que je vueil ceindre.
{.Mir.de .X. D., III, 2U6.
1 i. CEI
Elle junoil, point no vcsloit
De linge, m;iis ceinr/noif la corde.
(/«., V, 287.)
Pour une corroyé pour chaiiidre le dit
.lacotin. (5 sept. 1468, Tul. des enfants le
V'iel, A. Tournai.)
Ceinrire les buissons de filets, pour pren-
dre le gibier. (Mo.net.)
— Réfl. :
Saindous fions tous deux d'une corde,
Et mettons les bandes a point.
(Jaq. Milet, Destriict, de Troi/e, 703i.)
CEINTRE, V. ClNTRI-: et CEINnUK.
CEiivTiiRE, S. f., bande d'étoffe, de
cuir, etc., destinée à serrer les vête-
ments à la taille :
Ensi convient lier en .Iherusalem lo baron
cui cnslcinture est. [Greg. pnp. Ilojn., p. 7.)
Sctnlui'e. [S. Graal, ms. Tours 91Ô, l'° ii
V.)
Kt li chevalier issirenl des vissiers, et
saillirent en la mer trosipie a la çainlure
tuit armé, les hielmes laciez et les glaives
es mains. (Villeh., g li6.)
Coliers qui porte file lange doit obole ;
et de ckaintures de laine, poitevine. {Est.
HoiLEAU, Liii. des tnest., 2'' p., 11, 17.)
Une ceinture de quir harnessé d'or od
camaeux. (1313, Inv. de P. Gaveston, ap. V.
Gay.)
Chaindure. (Giiart, Bih/e, .Vpoc, ms. Ste-
Gen.)
Une sahilure ferrée d'argent. (1366, A. N'.
K 49, pièce 12'"'.)
Une linge seincture sur un blanc tissu a
2 lippes de jaune. (1380, Inv. de Charles V.)
El ma robe tout a eslurc
J'escourciay d'une çainiure.
Afin qu'el ne me nuisit pas
A marcbier de plus legier pas.
{CuR. DE F'iz., Lvng est., 705.)
Une petite sienlure a doux. (1394, lriv.de
mercier, Inv. de meubles de la mairie de
llijon, A. Côte-d'Or.)
Une seyntureje tissu vert et blanU. (1399,
Itiv. de Henri IV d'Anglel., ap. V. Gay.)
Une seinture ferrée de plomb. (Janv. 1400,
Inv. de meubles.)
Une seinture de cuir. (Ih.)
Une snin/Mce d'or de lafac.on d'Angleterre.
(1408, Inv. des ducs d'Orléans, ap. V. Gay.)
Vne saincteure de soye rouge. (1503, Inv.
ili; l'ér/l. de C/iuource, 13, Lalore.)
Deux centures. (21 oct. lôlO, Inv. Treou-
rec, A. Finist.)
CEiivTURiER, s. m., fabricant, mar-
chand de ceinturons, de baudriers :
Sainturier. (1467, Ord., XVI, 672.)
Et besogneront lesd. sainluriers de bon-
nes estolles au temps avenir. (1490, Stal.
des baudruijers d'Angers, p. 338, ap. V. Gay.)
Ordonnance pour les maistres ceinturiers
d'estain de la ville de Paris. (lôûl, A. N. Y
10, 1° 141.)
Ceinturier, ouvrier en ceintures. (Monet.)
CEii\TUROi\, s. m., ceinture qui sert
GEL
à suspendre une épée, un saljre, un
couteau de chasse :
Cueillons force ûeurelles blanches
Et tissons en des ceinturons.
(G. Durant de la Bergerie, Odes, I, xtiii.)
Ce mot (portespee) a esté appliqué au
pendant de la ceinture, leijuel en quelijues
lieux on appelle aussi le ceinturon. (II. Est.,
PrecelL, p. 121.)
CELA, pron. démonstratif invariable
qui s'emploie par oppo.sition à ceci :
iluant elles ont dit coula, (wn" s., Liv. de
la très. d'Origntj-Ste-lien., ms. S. (luentin.)
On faict cecy, on faict cela.
(CoQUiLL., Monol. de la boite de foin, p. 223.)
CELARIER, V. CeLLEHIER. — CELCLE,
V. Cercle.
CELEURATioiv, S. f., action de célé-
brer une cérémonie, une fête ;
A celé consécration
Et a la ce/ebrafion
Eu l'arcevesque de Hoem.
(Ben., V. de I\'orm., II, 3S059.)
Si establirent la célébration et le solemp-
nité de cel jour au xiii° jour du mois de
march. (G. IJesmoclins, llih. hist., Maz. 311,
P 183=.)
La célébration des Pasques. (Fossetier,
Cron. marg., ms. Brux., I, f° 144 v°.)
CELEBRE, adj., dont le nom est par-
tout vanté :
Célèbre. (K. Est., 1549.)
Fol célèbre. (Iîab., Tiers liv., ch. xxxviii.)
CELEBRER, Verbe. — A., accomplir
solennellement :
A icel jor en ert la feste
Que celebrot o molt grant gloire
Li reis, de cele grant vicloire.
{Eneas, 4044.)
A une feste que on doit célébrer
De Saint Denis.
(Loh., ras. Berne 113, I" 4Gi>.)
Qu'il celeibreîsc cest servise
Par devant moy en ceste yglise.
{De Saint Bonet, B. N. 423, f 102».)
Et li capelain ki estoient en l'ost célébrè-
rent le sicrviche Sostre Segneur. (Henri de
Val., Z 524.)
— Honorer :
... Por les deus célébrer.
[Rom. d'Alex., f" 15».)
— AbsoL, célébrer la messe, officier :
Li sires d'Olehain doit retenir le capele
devant dite a sen coust s'il veut que on i
célèbre. (1299, Cart. d'Arras, li. N. 1. 17737,
f 126 v°.)
D'église nul n'approucheray.
Ne jamais ne célébrerai/
Tant que je viengne a court de Romme.
[Mir. de N.-D., II, 404.)
CELEBRITE, S. f., Caractère de ce qui
est célèbre :
La célébrité de ses sentences. (Fossetier,
Cron. marg., ms. Brux., 10511, VI, vi, n.)
CEL
Cf. II, 8'.
1. CELER, verbe. — A., tenir caché
au propre et au figuré :
La traisun ne poet estre celée.
{Roi.. 1458.)
Les jolis malz d'amorettes
Ne puis plus celleir.
(Chans., ap. Bartscli. Ro,n. et Pasl., I, 439.)
Ele demeine joie grant,
Nel celle mais ne tant ne quant,
Molt s'en faîseit liée et joiose.
[Eneas, 1531.)
Sachiez, ne le cetl, ne ne m'en tais.
(Ben., D. de Nurm., II, 4762.)
Entre nus cdi.'ismn l'afaire,
Ja ne Poisse aillurs retraire.
(Marie, Lais, Milun 139.)
Que 11 die
Qui est, ne dont li çoilt mie.
(Ren. de Beaujeu, te Reau Desconneu, 873.)
Ainsinc que les murtres et les sans et les
amendes le royson^ perdues et celées. (Est.
BoiL., Liv. des mest., 1'° p., XCVI, 1.)
Se li borjois soî'/e ses ran tes de ses bestes,
il doit perdre la beste por laquelle il n'ait
paie la rante. (1269, Charmes, 8, A. Meurthe.)
Si lou seela tôt endormi en une cave de-
danzla périlleuse forestde Damantes. (La«-
celot, B. N. 754, T 13".)
Sele qui ansinc endormi eVseela Merlin,
(/b.)
Jonnes enITans et femmes, par nature,
choillent envis ce que ilz voyent et ce que
on vuelt celer. (Froiss., Citron., B. N. 2646,
f° 148'.)
Je seleroye bien plus grant chose que
ceste cy. (J. Chart., Chron. de Charl. VU,
c. xxxvn.)
— Réfl., se cacher, au propre et au
figuré :
Sire, fet ele, vus amez !
Guardez que trop ne vous celez !
(Marie, Lais, Guigemar, 445.)
Se lu vers moi te çoile, çou ert grans vilonnie.
[Roum. d'Alir., f" 59''.)
S'on me fet aucun damace, siapertement
qu'il ne se chode pas de cix qui le voelent
veir. (Bealji., Coul. du Deauv., ch. xlui, 48.)
Var., chele.
2. CELER, V. Cellier. — celererier,
V. Cellerier.
celeriiv, s. m., variété de sardine :
Quels poissons sont cecy? — Mets les par
ordre sur la table : premièrement cest es-
turgeon rosli... ces celerins fraischemeni
frits. (B. jA.»n.N, Dialog. deJ. L. Vives, f 89
V».)
Cf. H, 9".
CELERITE, S. f., vitesse dans l'exécu-
tion de qqch. :
Pour la célérité et avancement desdis
ouvrages. (1358, Arch. udm. de lieims, III,
112.)
La chose requiert grant célérité. (1444, Ch.
des compt. de Dij., B 11716, A. C.-d'Or.)
Sinon que la matière requist grant ce/e-
GEL
GEL
GEN
dS
rilé pour double de fuitte tles personnes.
(Avr. I4o3, OnL, XIV, 301.)
Lors commença louer l'ordre et célérité
De l'ost et camp du roy.
(J. Marot. Vorj. de Venise^ bataille du roy contre les
Veo., l" 75 V.)
... Mais 1.1 timidité
Donne a ses piedz trop de célérité.
(Habkrt, Ep. i^upid.^ X.)
CELESTE, mod. céleste, adj., du ciel,
relatif au ciel, divin :
... De son segnur céleste.
[S. AlexîSy OIS. L, P et A, 57.)
Lor armes soient la céleste vie.
[Roland, ms. Cliâteauroiix, CCCXXXl, 8.)
En Jherusalem le céleste.
(Renclus, Miserere, cclxxii, 3.)
De semblable parure vid saincl .Ihan
evangelisLe les luieles vestus en la celeate
et bealifiee llierusaleni. (R.ab., Garg., cli.
-X.)
— Par hyperbole :
C'estoil passetens céleste de les veoir
ainsy soy rigoller. (Il.\n., Gary., 4.)
— Bleu :
Arborer un panache d'oiseau celesle. (Au-
UIGNÉ, //ij^, 1, '237.)
Une taye, laquelle est quelquesfois blan-
ilie, noire, celesie, cendrée ou livide. (P.4RÉ,
.\V, 20.)
— Sub.^t., le glorieu.c celesie, Dieu :
Ui te cornant al glorios céleste.
[Bol., 2Î63, G. Paris, E.clr., p. 9S.)
Cf. CeLIiSTRE.
cELESTEME^iT, adv., d'uue manière
céleste :
... Ces bras celestement bumains.
(Pont, de Ttahd, Œuv. poét,, p. 83.)
CELESTRE, adj., du ciel, relatif au
ciel :
... Vers le seignor celestre.
[S, Alexis, ms. M, 57.)
Ke cil volent riches estro
Pur queus le rei celestre
N'oul si poverlé nun.
[Beu le omnipotent, str. 13, Sucliier. lîeimprediijt.)
De ci k'en parais celestre.
(Mabie, Purfj. de S. Patrice, B. N. 25407, (« 118».)
Il l'u humains, il fu celestres.
(G. DE-CoiNci, .W<-., B. n. 2163, f» 12'.)
Koy cheliestre.
[De S. Jeh., B. N. 2039, f« 28>.)
Dont ge jur Dieu, le roi celestre.
Que femc qui bêle vuetestre...
[liose, 9052; Micliel, I, 299.)
Itel medicine est celestre;
Chascun la prent sanz avoir mestre.
[Clef d'amors, 1777.)
Le roy celiestre.
(Jacq. dAu., Ilem, d'am., ms. Dresde, 612.)
Cf. Celestre, 11, 10", et Céleste.
CELIBAT, s. m., état d'une personne
i|ui n'est pas mariée :
Le cœlihal des prebstres. (Mont., liv. II,
p. 335, <lans Littré.)
CEUCE, V. ClLlCE. — CELIESTRE, V.
Celestre. — <;elive, v. Solive. — ce-
LIZE, V. CeRIZE. — CELIZIER, V. CERI-
SIER. — CELLE, V. CkLUI. — CELLER,
V. Ciller.
cELLEuiEu, s. m., l'eligieux préposé,
dans un couvent, aux provisions, à la
nourriture :
Tu me dcis que d'un celer
T'en avoit oti fot celerer.
[Rfn.. Br. VI, 707.)
Li celleriers. (1212, Cab. du Fresne, A.
Metz.)
Et plenté boivent toutes voies
Boin vin fort ke li ceneliers
Avoit fait mètre ens ses cheiiers.
[D'un Presire e'um porte, B. .\. 1553, f» 512 r"- .Mont,
et Baya., IV, 26.)
.1111. SOUS au celererier por le cariage des
vins. {.Jurés de S. Ouen, P 101 V, A. S.-Inf.)
Lou signour Guiraut ki fut sallerier de
S. Siphoriein. (1318, Coll. de Lorr. 9S4,
pièce II.)
Le celerier de Saint Gildas... le chapelain
de Mouslier. (1344, A. N. K 45, pièce 1.)
Clieleiiier. (1461, A. mun. Douai.)
La mesme année, il unit a l'olBce de ce-
larier, qui est a présent l'archidiacre de
Jlarcays, les priores de Valegeoulz, Mar-
cays et Cassac. (C/iron. de J. Tarde, p. 97.)
CELLIER, s. m., lieu ménagé au rez-
de-chaussée d'une maison pourtenirlieu
de cave et contenir le vin, les provi-
sions :
Ou de mes gerniers, ou de mes celiers,
que vols que jo te l'ace? [Rois, p. 369.)
Li celers. (Fév. I22i, Arch. M.-et-L., Fon-
tev., La Roch., l'en. 3, sac 14. j
Dovant le celer. (.loin 1225, ib., sac 15.)
Einssi fut fait, ensi i mistrent
De l'eve et des greins, et puis fistrcnt
Lo celer fermer vistemeot.
(Pean Gatinkau, Mir. de S. Mart., p. 102.)
Un celer de peire. (.luin 1256, S. Bertho-
mé, Dibl. La Rochelle.)
Se marchanz de dehors Paris achale vin
en Grève ou en .relier a Paris. (Est. Boil.,
Liv. des mest., 2" p., VI, 4.)
Hoc penum, fcZe;'. (G/os.s. de Glasgow, P.
Meyer.)
Sellier. (1381, A. N. MM 31, r5I r".)
Sale, cellier. (1400, Terrier S. Didier, f
68 r", Aicli. hospit. Nevers.)
Je vous meltray en mon celier.
[.Mir. de N. P., IV, 188.)
Or nous menez en ce celier.
(76.)
.Vdonc en mon celier les mis.
[Jb., IV, 205.)
... .Si ot pour dospenso
El pour celier, a sa despense
Mettre, une povro gibecière.
(CuR. de Piz., Lonij est., 4757.)
Avoir refait et mis a point en pluiseurs
lieux le plancipiier du chelier du dit lieu.
(12 nov.-ll fév. 1429, Compte d'oiivrai)., ['"
Somme de mises, A. Tournai.)
Bon vin s'aigrist en chaud celier.
(J. DE Baif, .Vimes, 1. II, l' 48 V.)
CELLCLE, S. f., petite chambre.
— Cage :
Pin's les fit enclore d'une cellule de lin
cristal (le Venise. (Yvek. p. 547.)
CELOA-c, V. Selon.
CELUI, CELLE, pronom déraonst,,
s'appliquant à une personne, ou à une
chose sous-entendue et qu'il représente :
Com por celui ki li dona.
[Encas, 788.)
Et je fui en la part celui
Cui nos aviens fait anui.
[ûolop., 8271.)
Contre lo novel tens,
Ke florissent sil bruel.
Chanterai lonc mon sen
De celi, dont me duel.
(GuioT, Chans., I, I.)
Celui qui tant ot geuné
Et çii la roche demoré...
■ Quelqu'un :
;iD., Bible, 1884.)
Adonc demandèrent a leurs varlets s'il y
avoit celui qui voulust porter les lettres...
(Froiss., Ckron., 1, I, 228.)
Et plus n'y a celuy
D'entre bergiers, qui osasl aujourd'huy
Une chanson sur la harpe sonner.
(Cl. Mar., Egl. rust., I, 317, éd. 1731.)
Cf. II, 11».
CELUI CI, CELLE CI, ppon. démonstr.
servant à désigner la personne, la chose
la plus rapprochée de celui qui parle,
dont il a été question en dernier lieu :
Certes ceux cy (des vers) ont je ne sçay
quoy de plus vif. (Mont., liv. I, ch. x.wiii.)
CELUI LA, CELLE LA. prou, démonstr.
servant à désigner la personne, la chose
la plus éloignée de celui qui parle, ou
dont il a été ((uestion en premier lieu :
De chiaus la vous redirai gié.
[Violette, 5938.)
CEMEMT, V. Cl.MENT. — CE.MEXTIRE,
CEMETERE, -1ERE, -IRE, V. Cl.METIBRE.
— CE.MOI.VE, V. SeM.UNE.
CEXAci.E, S. m., salle où Jésus-Christ
se réunit avec ses disciples pour la cène
et où les apôtres étaient assemblés lors-
qu'ils reçurent lo Saint-Esprit :
(.1. nu Vi(iN,\v, Mir. hisL, dans Dicl. gén.)
cE.\i>AL, s. m., étoffe de soie dont on
se servait dans le moyen âge.
Cf. H, 12'.
IG
CEN
CEN
CEN
CEM>ALE, V. Sandale.
1. CEivDUE, S. f., poudre qui reste du
bois et des autres matières combustibles
après qu'elles ont été brûlées et consu-
mées par le feu :
Desor le cUief me mistrent sel,
Vin et oile, farine et cendre.
{Eneas, 1040.)
Et (le ses chastiaus meti-e en cendre.
(llHREST., l'ei'CCDal, lus. Montp., f" 223".)
Cindre. ITrad. de Beleth, B. N. I. 995, f
10 r.)
C/iendre de caiicli qui fu employé a faire
niorlier. (110(3, t'oin/jte de tut., A. Tournai.)
Clmiidre. {\i2ô, 'l'urif des droits de travers,
ISeauviUé, Duc. concern. la Pic, II, 13i.)
— Cendre considérée comme signe
d'affliction, de pénitence :
K vestirenl eaus de haires, e mistrent
cendres sor leur chef. (Machab., l, 3.)
Le jor que om prent cendres, se croisa li
quens Baiidoins de Flandres et de Hennaul
a Bruges. (Vili.eh., Z ^■)
— On a dit au singulier :
Le mercredi de la cendre. (1422, A. E.-et-
L., chap., c. XI, 33.)
Cf. II, 13^
2. CENDRE, V. CuiNimE.
CEivDKÉ, adj., qui a la couleur grise
de la cendre :
C'estoit satin de belle sorte,
Cendréf ung satin de Fleurence.
(C0QU1LL4RT, Ùvoitz iiow'., 2" part., Impensîs.)
1. CEivDBEE, S. f., mélange de cendre
de houille et de chaux calcinée dont on
fait des coupelles pour l'aflinage de l'or,
de l'argent, et qu'on emploie aussi qqf.
comme aimant hydraulique :
Cendrée d'orfèvre, résidu de matériaux
eu la cendrée ; culasse de cendrée. (Monet.)
Cf. Il, 13".
2. CENDREE, S. f . , marjolaine :
Cendrée sauvage, marjolaine hastarde,
gerbe. (Monet.)
CENDRIER, S. m., réceptacle mobile
placé au-dessous du foyer d'un poêle,
d'un fourneau, d'une grille et destiné à
recevoir les cendres :
Pour deux cendriers et ung loui'nan, .m.
>. .vui. d.(lôll, E.rér. testam. de Snincte de
le Planque, veuve Jeliaii Squeppre, A. Tour-
nai.)
Cendrier, lieu a mettre et garder les cen-
dres, hoc cinerarium. (Monet.)
Cf. Cendrier 1, 2 et 3, t. II, p. IS''.
CEivDRoiER, V. a., réduire en cen-
dres :
r.t d'un feu pétillant vos malsons cendroyer.
(Du Bartas, Judil, V.)
CE.\DKOs,mod. cendreux, adj., souillé
de cendres :
Qui robbe avolt toute salle et cendreuse.
(J. Boucnt;-!, Noble dame, (" 2 r".)
— Qui tient de la cendre, qui ressem-
ble à la cendre ;
Bien pert des nature chendrouse-
(Renclus, Miserere, CLXxviU, 5.)
Coluur cendrouse. {Bestiaire, ms. Montp.,
P 243 !■».;
— Rempli de cendres des morts :
O toy, fosse cendreuse
Qui t'anoblis des os
Desja pourris en toy.
(JoD., Œuvr. mesl., £■* 125 r".)
Cf. Cendrous, II, 13°.
CENE, S. f., souper que Jésus Christ
fit avec ses apôtres la veille de sa Pas-
sion :
.. La ceine-
(S. Brandan, 393.)
Hé Deus, ce dit li rois, qui gostas a la çaine.
(J. Bon., Saisnes, XXX.)
Et fist la ce7,e. (Psaut., Maz. 382.)
Et celluy vespre Marie Magdalenc et Ma-
rie Marthe disposèrent une cène. (Pass. de
J.-C, Maz. 949, P o'.)
Avoec aus vausis célébrer le daerrainne
chaîne. (Les heures de la crois, ins. Cambrai
88, r° 69 r°.)
— Communion :
2 grans servieles pour la sayne, limou-
ges. (I.'j42, Inv. de la chap. des dua de Sa-
voie, ap. V. Gay.)
— Faire cène, communier :
Quant venue iert le quarantaine,
El premier jor faisoient çaine :
Li abes les acuraenoit.
[Vie des Saints. B. N. 23112.)
— Souper :
Le panetier doit Ions les dimanches de
karesme l'ene de grosses oublies. (Charg.
desoff. claust., A. N. LL 1180.)
CENEKIER, V. SlGNlFlER. — CENEL, V.
Canal.
CEivELE.mod. cenelle,s. f.,baie rouge
de l'aubépine et du houx:
Hom d'Aroaise ne vaut une ctnele.
{ftaout de Cambriii, 1184.)
Poitral, estrier, cengles ne sieles
Ne lor valoieut .ii. cenleles.
(Pu. Sloust., Cliran... 7404.)
Tien, avale ceste cynele !
Ainssy feis tu faire a Lisbie.
[Mart. de S. Itenis et de ses compagnons, Jnb., Must.,
I, 147.)
Chenele de haye, l.silica.{l 461, Lagadeuc,
Catholic., (luimp.)
Ne l'aage n'y vault deux senelîes.
{Déb. de la dame et de la bourg., Poés. fr. des xv" et
XTI' »., V, 10.)
CENELIER, V. CeLLERIER.
CENGLE, mod. sangle, S. f., bande de
cuir, de tissu, de chanvre, etc., large et
plate, qui sert à ceindre, à serrer :
Rampent ces cengles et ces seles verseront.
{Roi., 3573.)
Poitraus ne senyîe ne le pot garentir.
{Oarin le Loh., 2- chans., XVIII, p. 258.)
Sainyles.
(/«.,XIV.)
Poitraus ne chainyle ne le pot détenir
Ke les talons ne face amont venir.
(Raimb., Ogier.)
Il fait goriaus et sommes et cheingles.
{Dialog. fr.-flam., f» 13=.)
Cheval brun bay, mosqueté souz les ce(i-
rjles. (1340, A. N. K. 43, pièce 14 bis.)
Pour une cengle au grisart. (1389, Invent,
de Rich. Picque, p. 98.)
Proquatuorse/ifftequarumduesunlnove.
(1401, l?ompt. de la fabrique de l'égl. de Lyon.
Arm. David, vol. V, pièce 4.)
A luy (lluart de Biaunoir cordier), pour
deux chainç/les, servant acliaingler les che-
vaux de la ville.(14mai-13aoùt li29. Compte
d'ouvr., Il" Somme de mises, A. Tournai.)
Ceincle. (1461, Lagadeuc, Catholic, Bibl.
Quimper.)
Cinq thoilles dec/fd/'/îi/iei. (1551, Bélhune,
ap. La Fons.)
A l'endroit ou pend l'enseigne du vin a
quarente sangles. (Bab.. Pant., ch. xi.)
Cf. Il, 13".
CEivGLER, mod. sangler, verbe. — A.,
ceindre, serrer avec une sangle :
Les cbevaus çangteni et eslraingnenl.
(Chresi., Cliges, 131J.)
Sor arondel fu la scie çaingJee.
(.G. d7Janstone, B. N. Ï5516, f" 48 y».)
Sont senglces et çainles
D'une large courroie.
(J. nE Meuhg, Test., ma. Corsini, [° ISQ**.)
.111. quarterons de bocles pour singler.
(1392, Inv. de meulil. de la mair. de Dij., A.
C.-d'Ilr.) '
Uschanglerenl leschevauls de leurs gam-
bes et bien se lindrent. (Froiss., Chron.,
XIV, 109, Kerv.)
Tant que chevaulx pouoient chuingler.
[Trahis, de Fr., p. 23.)
A luy [lluart de Biaunoir, cordier] pour
deux chaingles, servant a chaingler les che-
vaux de la ville. (14 mai-13 août 1487.
Compte d'ouvrages, 1'" Somme de mises, A.
Tournai.)
Cf. II, U".
CENOBITE, S. m., dans les premiers
temps de l'Eglise, celui qui vivait en
commun avec d'autres religieux :
A messieurs les cénobites, c'est a dire re-
ligieux de religion reigleeet clauslralle. (.1.
Bouchet, Hp. mor., II.)
CENOBRE, V. ClNADRE.
CENocEPiiALE, mod. cynocéphale, s.
m., espèce de singe à tête de chien :
CEN
CEN
CEN
n
Les ceiwceiilia!e9 sonl ainsi nommez pour
oe qn'il sont testes de chiens, et parce qu'ils
aboient comme chiens sont ils plus reputez
besles que hommes, et naissent en Inde.
,rhron. et hisl. suint, et prof., Ars. 3515, f
9i r.)
CENOTAPHE, S. m., simulacTe de tom-
beau élevé à la mémoire d'un mort et
qui ne contient pas ses restes :
Ung beau cénotaphe et sepulchre hono-
raire. (Kab., Quart liore, ch. vin.)
1. cEivs, s. m., rente foncière dont
un héritage était chargé envers le sei-
gneur du fief dont il dépendait :
Les cenu gros et menus. (129"2, A. S.-et-
ilise.A 960.)
2. CENS, V. Sens.
CENSE, s. f., métairie, ferme:
Cil qui cuslivent la terre ne deit l'um Ira-
vailer, se de lour droite censé non. (Lois de
Cuitl., 33.)
Et le roy demoura ceste nuict en une
grant cerise on métairie, fort grande et bien
maisonnée. (Comm., II, xi.)
— Fermage, bail :
Ledit feu sy prist a censse de la ditte ville
«le Tournay le anchien droit de le censse
de le halle as draps. (144i, Exiic. testam.
de Jeh. du Tuiippet, A. Tournai.)
A messeigneurs de capitle de Tournay,
que ledit feu leur devoit pour le droit que
ilz ont, es censses du poix commun. (Ib.)
Cf. Il, 15".
CENSÉ, adj., compté, classé :
Censé. Reckoned, esteement, accounted,
numbreed, muslered among; also, rated,
sessed, ta.\ed, valued, prized. (Cotgr.)
CENSEUB, s. m., l'un des deux ma-
gistrats chargés à Rome de faire le cens
et investis du droit de punir ceux qui
avaient commis quelque infraction aux
lois:
Li censeur nombroienl le peuple. (Bers.,
Tit.-Liv., ms. S. Gen., f 2 V.)
Cf. II, is--.
CENSiER, adj , du cens, qui a rapport
au cens :
Les otliciers censiers. (Carloix, II, 18.)
— S. m., celui à qui le cens était dû:
Et emmenèrent plusieurs charrues aux
censiers du Mont Saint Eloy. (Mosstrelet,
II, 6.}
— Registre où les cens étaient ins-
crits :
En la quelle ville sont dehues plnseurs
sancivfz d'argent au dit priour, les quelles
sont declairiez par le sancier. (1380, Cart.
4leS.-EL.de i'n/nory,p. 15, J. d'Arbaumont.)
Cf. Censier 1, t. 11, p. 16'.
cENSivE, s. f., territoire d'un fief qui
comprenait des terres assujetties au
cens ; terre assujettie au cens :
Des héritages et des censives. {De Jostire,
33.)
Terres en prez, en vignes, en maisons,
en toilles, en rensii!es,en bois. (1316, Chap.
Ste-Croix, A. Loiret, G II.)
Mon manoir de Chambli que on appelle
l'oslel de Wirmes, avec toutes les libertez
et appartenances, le jardin et vignes der-
rière, hors demi arpent (jui est en sensive.
(1376, Aveu cl dénombrement des fiefs tenus
dans le coin le de lleaumont-sur-Oise,ap. Douet
d'Arcq, Recli.hist. et crit., p. 221.)
Terres cotlieres, rentes, censieca réelles
el hvpothequees. [Coust. d'Artois au Ijaill.
de S. Orner, 70.)
— Terre en général :
.lusqiics aux censirei ou frontières des
chrcsiiens. (1. Chartier, Chron. de Ch. VU,
c. 266.)
CENSUE, V. Sangsue.
CENSUEL, adj., relatif au cens.
Cf. Il, 16'.
CENSURE, s. f., fonction du magistrat
chargé à Rome de faire le cens, et de
réprimander, de punir ceux qui faisaient
quelque infraction aux mœurs.
— Admonition ecclésiastique :
Par le censure de sainte église. (1387, .\.
N. JJ 64, f° 287 r°.)
Censures ecclésiastiques. (21 janv. 1465,
Ord.. XVI, 457.)
CENSURER, V. a., blâmer, critiquer;
mettre à l'amende:
Plusieu rsescri vent sotlementel plu sieurs
censurent lourdement. (Fr. de Sal., Œuv.,
I, 306, Vives.)
Censurer, mettre a l'amende, punir. (Mo-
NET.)
CENT, adj. numéral des deux genres,
nombre contenant dix fois dix ; se dit
qqf. indéterminémentpour exprimer un
grand nombre :
Cent mille sunt.
[Jiol.. 3085.)
O le marbre de cent colors
Sont peinturé defors li mur
Hcnz vermeillon et senz azur.
{Eiieas, 430.)
Et li nostre decha ne furent ke vint cinq,
et si assamblerenl as seise cens. (Henri de
Valenc, s à40.)
Se avoie entor moi cent murs.
Tant seroie ge plus seurs,
Se compaingnie n'i avoie ?
(GuiOT, Bible, 1350.)
Mes de lié servir miex te paine
Cent ytans que s' elle estoit saine.
(Clef d'amors. 1611.)
Deuls ceinz sesante.(1265, Ch.des compt.
de Uole, B 615, A. Doubs.)
— S. m., centaine:
Le cent de pièces pesant de suif, doit .ir.
d. (Est. Boileau, Liv. rfesmes/., 1'' p.. I.XIV,
8.)
Trois espingles d'un liart le cent. (Giio-
LiERES, Apr. disn., V, f 173 v°.|
I
CENT.\iNE, S. f., groupe de cent uni-
tés ou dix dizaines; réunion de cent ob-
jets de même nature :
E li prince de Philistins en veneient od
centeines e od milliers de cumliaturs. [Roi.',
p. 112.)
Laditte centainne d'ars.(li01, Pr. de VU.
de Metz, IV, .524.)
L'un et l'autre naqnirentsonsune mesnio
; centaine d'ans. (PASy., Rech., III, 43.)
«:e.ntai're, s. m., être fabuleux moitié
homme et moitié cheval :
I Centaurus est une aulre besto
I Poitrine, espaules, mains, teste,
I Ha tôt ensi corne ont home.
I (Gert., Ilest., Biit. Mus., Add. i«260. f i¥ ; Itn-
mania, 1, 430.)
Chyron centaure. (0. he Serres, 609.)
CENTAUREE, s.f., plante de la famille
des composées, dont plusieurs sont em-
ployées en médecine :
Centaurée, ceste herbe a pris son nom de
Chyron centaure. (0. de Serres, 609.)
CENTAURUS, V. CeNTAUHE.
CE.NTis.VAiRE, S. m., qui a, qui con-
tient cent ans :
Ja décrépit ol centenaire.
{Mist. du Met Test., Il, Î07, rar.)
Possession centenaire et immémoriale
vault titre. (Loysel. V, xvi.)
— Centuple :
L'un des nombres est centenaire.-*.
(J. Lefevre, la Vieille, II, 1727.)
Cf. Centenaire 1 et 2, t. II, p. 17".
CENTENiEU, S. m., officler qui com-
mandait à cent hommes :
.lean Lyon ordonna secrètement aux cen-
teniers. (Froiss., II, ii, 53. Buchon.)
Y avoit en chascun quartier centeniers,
chincquanlenlers et diseniers. {Trahis, de
France, p. 100.)
Centenier, qui commande a cent hom-
mes, hic centurio, onis. Centenieret\ la mi-
lice romaine, qui conduisoit soixante hom-
mes, non plus, luy et l'enseigne faisans
soixante el deux. (Monet.)
CENTiESME, mod. Centième, adj. nu-
méral cardinal, qui vient après quatre-
vingt-dix-neuvième :
La centiesnie part.
(Chrest.. Erec.)
Du premerain c^tat avez le fruit treintisrae.
Du secont ensomcnt aves lo [sejssantisme,
Pour acomplir le tiers recevez le sentisme.
[Des Louimtjes de la S. Vierge, ms. Berlio, f" 128 t»,
Willmotle.)
T. IX.
18
CEN
De la cenfenie part ne moi puet sovenir
(Poem. mor., 259°, rloetta.)
Sis cenz notent le fruit cenloimc.
(Macé, BHite, 11. N. 401, f 202^)
CeMalmme. (Ordin. Taïu-rei, ms. Salis, f
La cenlai7ie.(\uf s,, Serai., ms. Poiliers
•124, f 1 r°.)
Nulz ne pourroit la centisme partie
Dire des biens dont Dieus vous fist le don.
{Mir. de N.-D., IV, 117.)
CEÎNTOIME, V. CeNTIICSME.
CEivTo^-, S. m., pièce composée de
vers, rfe fragments de vers empruntés
çà et là :
Cecy ne touche pas les cenlons qui se pu-
blient pour cenlons. (Mont., I, xxv, p. 81.)
CEiMTiiAL, adj., qui est situé au centre
d'un cercle, d'une sphère, etc. :
Les choses cetitralles du grand monde.
(La Bon., Hai-mon., p. 399.)
CENTRE, s. m., point intérieur situé
à égale distance de tous les points d'une
circonférence ou do la surface d'une
sphère ; ce qui est vers le centre, le mi-
lieu d'une étendue quelconque :
El pour ce disoit Second le philosophe
que Dieu est un cercle raisonnable duquel
le centre est partout. (.1. Coriiiciion, B. N.
22533. r<'371"=.)
Las ! pourquoi ou tenebreus centre
ÎSe fuy péris dedens le ventre ?
(J. Le Fevre, Lmnent. de Matheolus, 1. I, 1501, Van
Hutuel.)
La fantasie si met on en la moienne des
chambres delà cervele, si comme un centre
entre l'ymagination et le memore. (.1. d'Ar-
KEL, /(' Ars d'amour, 2" p.. I, x.)
Centre. Le poinct du milieu de toutes
choses. Cenlrum. (Rob. Est., tô49.)
CENTUMVIB, s. m., à Rome, membre
d'un collège de cent magistrats qui ju-
geaient les affaires civiles :
Centumvir, l'un du corps des cent et
cinq juges, jadis a Rome, hic Centumvir.
Centumviri, le corps de cent et cinq juges,
establis autresfois a Rome, pour vuider
les causes moins importantes, el depuis
employez a cognoistre ries causes principa-
les. (MO.NET.)
CE\TUMviR.4L, adj., relatif aux cen-
tumvirs :
[celle co\iv centumvirale. (H.vn., Tiers Uu.,
ch. XXXIX.)
Centnuivlrul, appartenant aux centum-
virs, hic hœc centumvirali, hoc cenlum-
virale, lis. Causes centumoirales, de la co-
gnoissance descentumvirs, centum virales
causse. Lance centumvirate, lance que les
cenlumvirs fichoienl au for, au lieu de leur
tribunal, pour marque de juridiction. (Mo-
NET.)
CENTUPLE, adj.. qui égale cent fois:
Centuple. (loi2, P. de Changï, dans Dicl.
gén.)
CEP
CENTi'PLiER, V. a. , Centupler :
Si le volois ici doscrire el mettre.
Me conviendroit cetitnptler mon mclre,
(F. JuLTOT, El. de la Belle fille, p. H.)
CEiVTiiRE, V. Ceinture.
CENTURIE, s. f., dans l'ancienne Rome
réunion de citoyens qui formaient une
des divisions politiques; signification
qui s'est développée au moyen âge :
Eles, devises el centuries. (Fossetier,
Chron. marg., VI, iv, 19.)
cENTLRio.w s. m., cclulqul comman-
dait cent hommes dans la milice ro-
maine :
.Judas establi conestables sor le pople, et
tribuns el centurions. (Machab., 1, 3.)
Ceinturions ce est a dire
Que sur cent chevaliers soit sire.
(Macé, Bible, B. N. 401, f 142'i.)
CEOiivGivE, V. Cigogne.
CEP, s. m., pied de vigne; branche,
pièce ou traverse de bois.
— Fig-, descendant d'une famille:
De ce dont séparation n'a esté faicle en
ton ave, en descendant, ains annexation
plus et plus Terme de père en filz, c'est de
haulte fortune a haulte maison, ne se fera
point espérer en toy le qualriesme sep, le
grigneur des aultres. (G. Ciiastell., Aver-
tissem. au duc Cliitrl., ap. Wavrin, Anch.
cron. d'Aiigtet., III, 224, Append.)
— Etalon des mesures à vin et à blé :
Le prior de Souzai qui sera por lens de
la dite prioré ajustera son ce/t tles mesures
a vendre vin el blé loiaumenl el egaumenl
au cep des mesures de blé el devin au dit
Symon. (1277, Marmout., A. Ind.-el-L.)
A celle fin seront lenuz les seigneurs
avoir el tenir en leurs maisons leur cep el
mesure. (1559, Coût, de Poil., Xouv. Coul.
Gén., IV, 78r.)
— ■ Bloc de bois percé d'un trou dans
lequel on enfermait les jambes des pri-
sonniers :
Et ouvertes les serreures
Et tout li cep deskevillié
Et li carken desvieroulliè.
{Mir. de S. Eloi. p. 8S.)
Dcttraiz, comme saint Soubasiiens
Soit de sayettes en la fin,
Et mis en ceps et en liens.
(EusT. Desch.. IV, 321.)
En la haulte chambre de lad. tour ont
esté trouvez ungit'c/s a meclre prisonniers...
(1514,/«y.rfe Charlotte d'Albret,np. V. Gay.)
Celuy que l'on lireroit de la prison eldes
ceps. (CoEFFET., Tabl.despass., 1632, p. 324.)
Cf. Il, 17'.
CEP.4GE, S. m., variété de plant de
vigne cultivée dans une localité :
CER
.Son beau cépage vert.
(.1. A. DE Bam', I, 62.)
Ci. II, 17'.
CEPDRE, V. Sceptre.
CEPEE, s. f., réunion de jeunes tiges
partant de la souche d'un arbre coupé
au ras de terre :
Alixandres regarde dcsous une cepee
D'un vermel cerubin qui ol le fuelle Ice.
[lioum. d'Alir., {" 54".)
La sepae de l'Aigle. (1314, A. N. JJ 50, 1°
90 v°.)
CEPENDANT, adv., pendant ce temps;
pendant le temps que dure une chose :
Chependant. (1309, A. mon. Abbev.)
Cependant que le dil an se mist a venir.
(C0M.M., II, 10.)
CEPHALALGIE, S. f., mal ds tète :
Cephalargie. (J. uu Vignay, dans Dict.
gén.)
Cephalargia, cephalargie , maladie de
chief. (Koc. lat.-fr.,\m.)
CEPHALARGIE, V. CEPHALALGIE.
CEPHALEE, S. f . , mal de tète violent
et opiniâtre, quelquefois périodique :
On fait trois différences de douleur de
teste, la céphalalgie, la céphalée et la mi-
graine. (La Frambois., CEuvr., p. 324.)
CEPHALiQUE, adj., qui a rapport à la
tête:
La veine cephalique. (Somme de Gautier,
f 24 r°.)
CEPTIME, V. Septième. — ceptre, v.
Sceptre.
CEPULE, s. f., ciboule :
Cepules et petis oignons. (Jard. de santé,
I, 414.)
Cf. CinouLE et Civole.
CERAINNE, V. SiRBNE.
CERASTE, s. m., vipère d'Egypte très'
venimeuse qui a au-dessus de chaque
œil comme une corne formée par le
développement de l'écaillé qui sur-
monte l'orbite :
Pour tout ce jour d'huy seront en seurelé
de ma salive, aspicz, cera-iles, crocodiles.
(Rab., i>ant., IV, 64.)
CERAT, S. m., médicament externe,
pour onction, fait de cire dissoute dans
de l'huile :
(!l n peut user aussi d'emplaslres, onguens,
linimens, cerats. (Paré, III, 637.)
CERBERE, S. m., chlen à trois tètes
qui gardait la porte des enfers; s'em-
ploie souvent au figuré :
Les cerijeres que l'on avoil mis a ma
porte. (JIarg. de Valois, Mem., an 1576.)
Cl a
CERCE, S. f., cercle de bois flexible sur
lequel on monte un tamis, un crible :
Cf. CsacHES. t. If. p. 19>.
CERCEL, mod. cerceau, s. m., cercle
de bois, de fer, d'acier, etc. :
Les cîou\es sont esprlsés, si rompent îi ceral.
{I. BOD., Ouiterl. d^ S-\<S0'gne, ,\rs. 3!4î, f* 23(jû.)
Lor elm-3s ostc-nî. dorit d'or sont U cercd.
{Cnydùn, 44'.'i.)
Cerciaus ne doivent rien, se i! n'i a cent
ou p'us. (Est. BoiLE.'.u, Liv. de< me.it., -2" p.,
U 16.)
î'rtirh^s pour faire cerssiaitx, (1363, Hn'/,
..'n ':hno. du S. J. du Jenit., i. Si MM ÎS, i°
iL'l v".)
Sirceaul. (Avr. 140i>, Régl^.m. p. les lon-
nel. de Par.)
Que tous cerceauU, tant chasligner, cou!-
dre, fresne et teut autres boys... (1566,
Slat. (f.:'s tonngUers et déchargeurs de Paris,
op. V. Gay.)
— Course circulaire :
Quant Mjra fait sou coura par I-j ciel
Ou plus bas point de son cerciel
Est Veou^ au pliii haut du siau.
iO'>., Ars. iOô'J. i» i4'.)
Cf. Il, 18'.
CERCELLE, mod. sarcells, s. f., oiseau
aquatique qui ressemble au canard :
(Xiil* s., dans Delisle, Agrir. norm. au m.
oge, p. 58.)
LVsprivier
Coq giete en rivière a chiirchielle.
{Sones ds Sartsay^ ma. Turia, £• 38".)
En pou'lille?, vingt deux ponllallei avec
les pains, quatre c.;rr.'eu//tfs. (139-2. Denombr.
du baill. de Consientin, â. .N". P 304, P 7 t".)
Cerseulles vallent d»iize deniers lourn.
(/i., r loi r^)
Une cercelle %'olletoit a l'entour du visage
de Xero. (Perce/., vol. V, ch. xi.)
tEucHE, s. f., instrument de maçon.
Lire ici l'es, de Decorme, III, 4, qui
se trouve à Cerche.2, t. H, p. 19\
Cerçhe rahn.jée: Th' instruments 'Ahe-
rewitli masoas round, and fasliion, piUars.
<CùTOR.;
CERCIFI, V. SALSirrs.
CERCLE, s. m., portion <!» oian liaité
par une circcnférer.ce ; • . ■-nférenûe
d'un cercla :
Et mon rnaotel et mon cecU d'*c Sa.
{Loh.. B. S. 19161), ;« a'.)
En 5.1 mtiia tint une coupe d'or fin,
De:*i au )t.frcle estoiî plaine de vin.
{'urh. df .Melz, p. ;.)l.)
Et li cP-fL'^.ea ti fu desoz
Ert moit bien foir a or trestoz,
-V riches pierres, a esmals.
[Eneas, 4419.)
CUascuns avoit uns rer'jue d'or
Moult bien ouvre dcnor sou cief.
(OEit., Trtie, B. >. 375, f" 9i)«.)
CKi
y
L'elœe lacié a! celcU d'or.
(76., f 941.)
Fierabras d'Alexandre a Olivier féru
.^.moal parmi sou hauanô ou li cureter d'or fu.
{Fii^lbras, 1446.)
Pui.1 li lâchent .i. hiaume dont li cheiclfz luist
[cler.
iGni (h ÎS'ant., 952.)
Deseur le rhedi le fcri
Si qu'il li trencha et rompi.
{AtTi fmll., B. iV. H33, f" 20 i".)
Et si mesissenl au vin d'.iu'hoirre une
loughe toiiaille et ou frariclioi- le rhc-lea.
buissos. il-27.S, Rirj. de La ton. 1-2T.j-r:75, f"
U V, A. Tournai.)
Les astroioiiieiia divisent les cecfei du
ciel en de,i,'rês. (UnEs.ME, Lin. du ciei et du
monde, ms. Univ., r 3 v°.)
En la circonférence d'un .veclele commen-
cement est partout. (Id., ('6., r 4 v".)
En cèdes e^^uals... la moitié du '•ec/»" d'yver
(Id., Quadrip., B. N. 1348, f'42 v».)
Une quantité d'osiere de socles. (2 juiU.
1400, Int>. de meubles de la mairie de Dijon
A. Côte-dOr.)
Millier de sercle--. (1432, Imtr. imprim.,
on., Gibier, 1571.)
.ÇWes( cercles de barrique). (1 430, A. C'^c-
réze, Act. des noL, i7, U.)
Pour reloyalge de pluiseurs auUres cu-
velles, tonneaux, et seaulx. aussi servans
ausdis ouvraiges, en quoy ont esté em-
ployez grant nombre <r.iul!res chei-cla.
(1491, Compte rfe< fnrti/ir.. 10" Somme des
mises, A. Tournât.;
Cf. II, 20".
CERCLER, V. a., garnir de cercles :
Une ricecouronned'or, jeci^M^Z/ce comme
imperialle couronne. (J. Le Fevre, Chron..
L 244.)
CERCLOUEiJE, V. Svnci.OlR.
CERCUEIL, S. m., chez les anciens
Grecs et Romains, sorte de coffre dé-
couvert sur !c<!ue! le mort était porté
au bûcher , pais an tombeau ; chez les
modernes, coffre de bois, de plomb, etc.
où on enferme les morts pour les ense-
velir : - - . : ...
En blancs sareoits de marbre sunt ens mis
Et pois les cor? des barons si ani pris.
iRol.. à'.if-.;.)
En un sarcu-'l qni fu de marbre bis
Cochent le diK, en (erre le r'ont mis.
[G^. ie Loh.. 3' cljani., X!'.;
Un barl,xu 63t apareilier.
fA'.ic«, Bm. 3' p., 721.) Var.. sarijfil.
El sarher* int le cors posé.
(/î., 761.; Vnr., sarcleut.
Colchiâffiot lo en un sarçhu.
[Brut. m.". Munich, ISI9.)
En lia riiioîarci/ marbfin. |
(/ft.. 3H28.) ;
Curue felun traitur.
L'orrible c'wn. le reneie.
En unt perte al eve.<quiê
U ab sarjTtens e .^is tombe^us
Ert aparilte£, gent e beaus-
(Sei.. D. de .\orm., t, 16Q0.)
CER ~
Un sarcotl moot richo et moul bel
( Vie de S. Ai^.ri, 950, R„m., Vlii.i
La troverent ^arcus de marbre de Persin.
(.t/i/ioc/,e, IV, f. 4W.)
Si l'ont illeqaes enterré.
Et en uns besu marqua serré
(PEA^f Oati«.<:. Vie de H. .Vartm, p. iTO.)
Fu puis tronveî or, ,,. s-rgeu poli.
(iuberi, p. |.35_ Xa.-bé.)
Veisl lanlriihane tînt belle
barcud ne i.-,aibe com sera celle.
[Keclor, B. .>(. Si), fo „.,o )
-.e're:^t^.^i^:rî;^.n:-;-
plo!rMa"rx.^^oTrm^"rr'''•■
••iOO'.) p. Pans, sarqueu ' " '^''■'^'^"" ^
Les très plu. biau.cWî,„,^.j,p,,,,,^,^^,^^
I' furent en sept jour, ...il dedans enser/eT"'''
"^•"""^ ^^'■""■' ^^ -'-"=- son, mu"„"-ra.,-
[tre.
i'^"-. d,- Jios.,., iisT.)
,r-„ u J Q"»''" <ui3arjuea.
c/'^';uyi.r"'"""^«-'-'''(f«o,ss..
Il est raison cerbinemcnl
Ue faire pour iuv granl pdere
tn unj ^e^rreur honnesleraeûl
bo.t conduit el en grant lumière.
iiJist. du si,;ye d'Or!., 6=;i4.)
V fault qu'ec on smrceur soit mis.
(/A., I09S7.)
Sandapila, .nrcuir. (Gloss. de .<:„lins.)
390ÎivT,?firr'^'';''"T^«' «'"'" pesant
i C^o„.Tr'p;:ll. ^IJ]Ï, («' '^— -^
•i Se tu fai.^ cy endroit fouvr en terre I,.
I trouveras noz ser.jueu.r et lettres escriotls
I dessoubzqu. devisent qui sont ceulv •^,,-î '
I dedans gisent. (N. G,u.e.;, jT., ^6q\'T
Fort me desplait que tant y ait nuisure
I ^ Vl 's':"' """''• ''' '-' ■^■"^ '-'• 'le T.um...
CF.RK, V. Cire. — Cr.RE.\IE\T V. .'"ar-
MK.NT. '
CERE.Mo.MAL, adj., relatif aux céré-
monies ; . . .:
437^,'rT)"''" ^•'- '^'"■''"'' ''''''^''" B. .N-.
^loy ^e,-emoniale. (C^lt., /,ij(,7., ij, vu,
CERE.vo.ME, S. f., formes d'apoarat
qui accompagnent la célébration d'une
solennité :
Cardes ses comandemenz et lesèeremo-
2b
CER
CER
ÛER
»iVs qui sont esorile-; en ceste loi. {Bible,
h. X. 8'JV), (' 'JV.)
Sermonie, serimoiiie. (xV s-, Valpnc.,ap.
l,a Fons.)
— Maistve des cérémonies, celui qui
préside aux cérémonies, qui les dirige:
Preniierementmaivlioiliinghomnieveslu
en ileuil, porlaut ung ba^ton noir en sa
main comme maktre des cei-crr.'jnijei. (5
sept. 1ÔU3, A. Seintf-liif.,G 4451.)
CFKF..1IOMKL. adj., qu! con.siste en
cérémoiiiaa :
Aucunes escriplures so.tI sacramenteles
elles autres sonl. par manières '-e.>-™oni«/i?s.
;.l. l'.oi.L.Mf, Haiim., U. X. 43T, f à'.)
CEitE.MoMti-st.MEiNT, adv., en céré-
monie, selon les règles :
Au jour assigné, tout le cuninil et les
pairs furent assembles fort •servmonieuse-
vient. (1378, Lit de justice de Ch. V, Mém.
du Pari, lie Par., ms. du Lonv.)
Ceste herbe ainsi cere7>icnicufement pre-
p.iree est fouveri^inea toutes maladies. (De
fl.NET, Pli'te, .\S1V, M.)
CEREMO'i-ïEt.x, adj.. qui fait des cé-
l'émor.ics, das façons :
Par aucunes liâmes et dainoiacies en En-
gleterre qui sont les plus cérémonieuses
gi-ns en honneurs que j'ave gairez veu.
■jiaiti des Tourri., B. N. 19y'7. f" t> v°.)
La iuy fut fait haulte ceninonieuse chiere.
(G. Ca.^sTEtJ.., Chron. du duc PhiL, ch.
.x.'i.xni.)
Les E'^-yptien.;. qui eotoyent plus céré-
monieux que tontsles autres hommes. (De-
lon. A'di. des nyy., 4, l.V.j
CKBE.\', V. SeH.^.V. — CEliE-^CER, CE-
ÎIRNCIER. CEKE.NTJEK, V. Sf-BV-NCER. —
llEnKSE, V. Cehise.
CEKF, i. ui., espèce de béte fauve,
très rapide à la course, et qui porte sur
la têts aes cornes ramifiées appelées
bois :
Et poisleî cors ifn banias à nul pris,
Ed q-iirs de rerf^ les treis sel^aura ont mis.
,/(!)(., 2473.)
L'a seul meichin cieca o lai,
Lop ars portereat ambeiui
- Et eers et biches ont ber«e.
Si home ea ont aâ**2 porté.
[Eneas. J33.)
Auelmanz mes piez as cerfs, e sur haltes
choses e!^l3ilisanz mei. ^Liv. des Psaum.,
Cr.mbri.ite, XVU, 33.;
Li cei-3.
(GEtT., Des:., Bril. Mas., Adil. iiîSO, f 38»; P. Me-
jer, Bnpport.)
Li cier^.
iBREfEl, '^at. Clir. iii'J, !' 157".)
Le cherf sa biauté renceveîe ^
Por aiengier une sci-penlele.
(La Clefd'aniour.i, ilï3.)
Un Jûur ala aux cJters chacier.
jFbois»., Poéa.. B. .N. «30, f 3Ti r-.)
El fu Iroiiïé un cerf qui avoit ai: col une
chaisnede ciiivr-^.l.lLVt.NAL ff.s Lksins, llisl.
de Cnarles VS, p. 3-J8, an 13)il.)
Cuir de c/ie;/. {!•' sept, au 7 déc. 1402, I De., xerizes. {1406-7 \ M pi I r in r»
Compledà liamaat, V Ûl, A. .Nord.) 46-47.) ' ' '•'''•' ^ ^^' ^
Ln i'?r/"el un senglier pris a mes des- Ft nornni nhTir„ i,,,,- i ,
pen. (.4U1, BaUli.,e d^creu., A. N. P .95, lie^^^s ceZ:. l^iZlî'l^l'':^^;'^
^^^- '■■' Brice, A. Tournai.) ' ''
— CtV/6/ant-, l'archange Michel : | Pommes, poires, prunes, chei-ises (f
... .. , , ^,, I Coca., Chrnn., c. 39.) " ^ '
ilich-el, le i:erf Mnnc. • ,
(\Iir.deN.-D.,wn, 2.) ! ,,.^''?®'' patenosli-es d'os de cerise taiUee-
I (lo.il, Irw. de Louis de Savoie, f )i v".)
CEKFEuiL, s. m., plante oinbellifère i Qf [[ o|„
aromatique dont les feuilles sont em- I
pîoyées comme assaisonnement :
A ceus ki sontplaceus, prendes muuskes,
et si les mêles en .i. nuef pot et les ardes, i
et si mele^ avoec jus de der/uel et nois |
Pftjtes de bijs arses eu poures, et miel et |
ijile lucit misamble. (siu's.. Hem. pnp., .\.ni. I
Salmon, daus Etudes rom. déd. à G. Paris, I
p. -255.) j
Cerfolium, sermenna, cerfoiz. (Gloss. du ',
xif s., Leop. Delisle.)
SerpiUum, une herbe, se/'/ui^ii.Ci/ois. /«(.- ' , ,, ,
/T., ms. Jlontp. Il 110, ^243 r°.) I '■ "' '-'"■
Cerfoil. iOlos.. de Gla^oo-c V. Ueyer.) j cerisier, s. m., arbre de la famille
Cierfiel, <^evfieul U'.ierfieus. (Remèdes , des Rosacée^ qui porte des cerises :
ont .J ij t .'. _Uo<^] t 1 r .y
Cerfeul. {Le Grtud Rerbiev, f° 44 V>.) ,.,,, „,,';° "r'^'f 't!''^ P"^"'»'-
' (t»il!T. D.\aa., Erad-, 4236; ms. Tarin, fo U »•.)
L.i ;leiirde'-/i^/yV;//;.(LEFnuB,MEii, D^oo/-- i Int^,- ,niHp,-^i,,m „t i.. ■ ■ • ,, .
' ' j l-J-*. iMrtui. de Cambron, i.ii.)
CEliF \oi..v^T, s. m., jouet d"enfant ! Cardinet .is chierisiers. (Mai 1301, C'est
fait d'une charpente recouvei-te de pa- ' ''^^"'^ '''^ '^ Vevghe, cbir., A. Tournai.)"
Larue desieW:/«-s. (|.3«6-7, Co^^erfe
CERiiEE, s. f., récolte de cerises:
Cerisee, recolle de cerises. (Mo.xet.)
CEHisETTE, S. f., petite cerise :
.Sea levrettes ne «ont a taire.
LiQ p.jii eijUee.s et gro5,-«Kea,
Plus vermeilles que cerisettes.
(J. Ls Fevbe, la Vieille, I. Il, ». 2710.)
Paris r'223M ^^^^^' '^^' ''^''^■' ^"'' '^^
pier tendu, qu'on fait enlever en cou
rant contre le vent, et en le retenant par
une ficelle :
J. Guerin, f» 7 V, A. Cher.)
Ouvriersqui ontplanté lescefcier*-. (13*)
A. S.-Inr., C 438.)
Au roy fut présents un cA^i/iY/W^^f, au rh'rin;^,- ma'k r, / n-.i.
ducd-Ur:ien^ungblanchi.ne.(G.CHASTÈLL., FonsT ^ ' ' '"'"^ Bethune, ap.
Chron. dei D. de P.mirg.. 1, 20.) rous.;
CERI.N, T. SekEIN. ~
CERISAIE, S. f., lieu planté de ceri-
siers :
La
Environ sept arpens de jardin et cery-
soies. 'J ocl. 1471, Lelt. pat. de Louis XI.)
Ctrisuije. lieu pociplanté de cerisiers.
(Mo.NET.;
l'ne très ancienne rue de Paris s'ap-
pelait rue de la Cerisaie.
Cf. !i, 2l^ '•
CERISE, s. f., fruit du cerisier:
CER.NE, s. m., rond ; marque circu-
laire formée autour de qqch. :
E c^'^^te enleDciuD
Avum nus de! leuo :
De sa cite en vertet,
' Si cum est espruvet,
Fait un cprn^ par terre.
Quant volt preia cuncjuerre.
(P. DE Tuios, Cumpuz, 164.3.)
H reis Latina fist le champ l'aire.
En sus les a fait toz retraire
Et le cerne bien eslar^r.
(E/ieas. 9299.)
Li bons qui les prent (les serpens) si fait
^l. cerne entour le gastine.(tt;-o«.rf'£r7îo/,';
I ib.) Var., seï7(e, cherne. '
D'ire et Je aiiiiUlunt ruiigit corne certse.
ii.ScD.,Smin., XXllI.)
Ne lui valu une ceHse.
(Gii-r. d'Abs., Eracl'-, :ilM; tus. Turin, f" 17 »•.)
Chavols ait blon». îe vis vermoil et cleir ,
Fresc et novel plui que roze o-i serize.
{Clmts-, Berne 3»9, f» 93 r".)
De la gourpijle voz doit bien raraenbrer
O'ii siet soz l'aube et vueult amont baper,
Voit les Ciliées et le fruit meurer.
{A/Il if et Ami Us, 571.)
Cereses, freaes vermeillottes. , ,
[fiiM, B. >-. 1373, fo If.) ! Le cerne d'entour la prunelle de l'ueil (de
■■ l'épervler). {Modus, P 9« f.)
1 Et en diviers luis ont parmi le chieme
! del grant occheantlor résidence. (Rom de
j hancr B. N. ]ii6, f 38 r».)
'■• Pour recleuer les chern.es de le roe dud
, molin. [VM, A. .N. KK 393.)
i Pour .vm. corbes dont on fit le cei-ne de
; la roue. (1314. Rerenus des terres de l'Art
I A. .\. Klv 30i, r 2'J.)
i _ Car par son cerne
j An jour d'ui chascun se gouverne.
(C. MiCH., Poés., B. y. 'j;.i\, f" 30=.)
Un temps c{ue pommes et cherise.t, ;
Noiz, résina ou fruis d'autres guisea j
Seront bons. lor U en présente. 1
[Ctef d'amouri, 1497.) î
Pour passer, aller et retraire.
De la au siège et en leur cerne.
{Mabcial, Vigdeade C/iaries Vif, p. 132.)
CER
Faire un cei-n.e, un cercle. lilONET, Paral-
lèle.)
CEU>EAi-, s. m., noix i moitié mCu-e
dont on mange l'amande détachée de
son enveloppe et assaisonnée avec du
verjus:
Ceini^aux sont vianJes de scigouors.
^Tteb, 644.)
Cerner la noix, faire; le remeriii'iie noix,
fai>anL un cerne aclo-ùr avec la pointe du
coutcùu. (Mowvf.)
CE!i.\ER, V. a., faire un cerne autoar
•:e quelque chose ; investip. entourer de
tous côtés :
Les arbres cei-n^r. [Establ. de S. Louii.l,
26.1
... Tout ainsi qu'un prince
Qui plain de ma^eslé, rode par' sa province,
So ïûil cerné de dues, de comtes, de barons.
{Du Baûtas, Srym'Ufi''. Vf.)
— Détacher tout autour : cerner des
noix, en faire des cerneaux en les déta-
chant de la coque :
Cueillir cormej ou ao^--4îlt«a
Ou ch.ist^ù^uea eu ce bovs,
.\iiatre ou cerner des noir.
(Cas- D« Pis., Bit 'U la Pa^!., B. .'«. 836, f- 50 r-.)
CEK.NoiR, S. m., couteau à cerner lea
nois:
Un cernoer qu'il avoit qui .ivoil le man-
che d'un cerjat bien aigu. (Ii91, A. X. JJ
141, pièce !22; Duc. Cenieii ilCoiiharra.)
f:Eiioi.\E. s. f., emplâtre dont la cire
. fait la base :
i*'y ot emplastre, ne cîroîne,
t>e u'v ot nerfs ne Os ne voine.
(J. IL Mecjs. r,-«., 331.)
J'a/ du persin Massidoine ;
Je ûnerove bien d'un stroine.
{Pasi. Xostre Sdiyii^'to; ap. Job., J/vi''., Il, 300.)
Voyantîa guerisoiis approcher, coainaan-
ilerer.t qu'on luy appliquait sur les Lras
des sirmmss, pour esch.iutïer l'humeur. ,Ta-
BOCBOT, Esn'aign. dljonn., XLil. ui, 297.)
Sù-onne. X kinJ of fumenlatioa. iCùtc-e.)
CEByi'E, V. Cercle.
CEKRE, s. m., espèce de chêne d'Ea-
rope:
Ceire, arbre, espèce de fou, de fosleaj
de beslre. hu:c ccrrus, ri. (i!ù>ET.)
CEKTAi.v, ûdj.. qui est tenu pour vrai,
qui tient qqch. pour vrai, en parlant
de personnes et de choses :
?te eschipce ne esturman
De lor di'-'it coi-s u'ccent CÉrrian,
Il ne Sfcveut quisl part il torceut.
S'il Tont avaot o il retornent,
;£««fw, iti-â.)
Tant ai d'amor mon fin caer esproyé.
Que ja sans U n'ivrsi joie csriaint.
(Cfl, CEiTEL. OK f-OCCI, ChOJlS., XjT,)
Deves estre serlum.'.- que... (Rvju.'., B. >'.
1Î61, r 7».)
cER
Icele esïaiche est molt certaine.
(doiOT, Sitle, 6Î9.)
Feing que de tout soies certain.
{Clef d'amrturs, 50S.)
Je ne sui pas certeini pour ijuoi. (l'250,
Lelt. du C-' de Pùil. a S. £,., A. N. J 890.)
Certuine chose. (De/osi., XII, 20.)
Veray et sertan. (1308, A. Gir., G 401.)
£■, grats cours n'a sièges qui soit certains.
(EosT. Uesch., V, ÎJ3.)
Je ne vous puis limiter certain temps
p,nir attendre le jour de la bsiaille. pareil
que cela deajienJra du chemin qui: fera
l'armée de mes ennemys. (9 janv. jô92,
Ijitt. mus. de H-'irrr. IV\ t. IV. p. TiiS.)
— Faire certain, prévenir :
Je vous /(()/« certain que je ne seray ja-
mais content d'un tel mariage. (Le Maçon,
Trad. de B'm:c., 3° jour., 9' n., f° l'.'O r°,'éd.
l.V)6.)
— Au certain, avec certitude:
AHin que sachez au certain la vérité de
ceste matière. (13 mai_ 1468, telt.de Louis
-Y/, III, 217.)
Cf. Il, '23".
CEitT.4i.\EME.\T.adv.. d'une manière
certaine, avec certitude :
Car je sai bien certainement.
^Gact. d'Isb., Fracle, 2797; m*. Tuim, f" 10 r».)
Car tu sais biea certaineynent.
(CaaKST., Charrette, 30206.)
Serlainueruent. (ilorl Artus, b. S. 2'i36',
P 10'.)
Certaignement. {Ih., f 11".)
Certennement. ÇS.-Graal. B. >. 24m, t°12
v°.)
Sertairjiiemenl. {PmuI., B. .\. 1761, f^ 7^)
Serteignemeitt. (Ib., v".)
Sertej/gnemevt. [Ib.. flSl".)
Car je 5ai cerlamenent que je suis dese-
ritiez. (MiiNtsTREL, j 64.)
Li auges tel atoychement
De sa voirie cerioyneiitent.
(lliCÊ. Bible, B. N. 401, ? 49-.)
S aiuais faicïes, tenez certainementf
Que ^raut proudt de la court vousvenrra.
(El-st. Descb., v, 303.)
CERTEFJE."», mod. Certifier, v. 3., ga-
rantir contime vrai, assurer qqn de la
vérité d'une cliose :
Si ne peu=l il pas le nombre
bes graus conteus certefier.
{Ro.iL, IÎ998.;
D'amer haut oe t'esbahiz oùe,
Quec O'vidis nous ceriefîe
Famé ne puet, qui biau la tente.
Fuire qu'a ^mer ne s'asente.
[Clef i'umoTs. Î73.)
Le certifia de sa mort. 'C/tron. de S. Den.,
ms. Sle-Gen^ r 28'.J
Et lez bons fais de lui dire et certeffîier.
IB. Cap'l, 1069.)
Monte ii sonime. comme li dit maistre le
cherlefijerent AU receveur... .xxxvi. Ib. .xv.
CER
21
I
s. (V septembre 1401, Compte d'A'imeri
Vrediaul, A. Nord.)
Et de la réception de ces présentes nom
certifiez sullisauiment ou nostre amè et
féal chancelier, par le porteur d'icelles,
sans aucun delay. (li nov. IH'ù, Lett. de
Cfinrles Vl, dans Juv. des L'rs., Hist. de
Cfiarles VI, an lili.)
PûurlescecJ/^erdesa résurrection. (1 494,
Le Trésor de Fntne, f 25 i'.)
Quand les prophètes veulent certifier le
peuple de l'eslal paisible qui luv estoii
promis. (C.M.V., Serm. s. le neitter..'ç\. 460".)
lut par res gens adverty et certifié que
les passages esloient fermez. (E.qe Laiguk,
CojHin. de J. Ce.i,, !" 49 r".)
Cf. 11, 24'. -v.,. . V:/: -
CERTES, adv., certainement, en vé-
rité :
Ne) ferez certes, dist li quens Oliviers.
(/îo/., 235.)
Certes, signor, dit il, trop lost le saura on.
(J. Rot)., Saisnes, .XXV.)
C:ertes, Pieres, bien sai ke jou i alai trop
folernent. (Henki de \'.\\.., S .513.)
— --I certes, avec certitude : '
Parce que Socrates avoit seul mordu a I
certes au précepte de son dieu de se co-
gnoislre, il feut estime seul digne du sur-
nom de sage. (Mont., liv. Il, cb. vi, éd.
1.38g.)
Cf. II, 24».
certificat, s. m., écrit par lequel
qqn garantit qu'un fait est vrai :
Quand les ambassadeurs de Portugal
orent apporté certificats. (Froiss., Chron.,
Il, lit, 18, ap. Litlré.)
€ERTiric.iTEi;ii, s. m., celui qui cer-
tifie, qui garantit :
J'ai en juste crainte qu'on m'eust pris
pour certificateur des enormilez. (AtB.,
Uist., ni, 423.)
CERT1FIC.4TIF, adj., qui 3 ia vertu de
certifier :
Que je ne partirois point sans une lettre
cerlifi'-ùtive de ma parole. (Carl., Vil, 7.)
CERTiFic.\Tio.\, S. f., actioH de cer-
tifier par écrit : .- -
Et telles raisons prises de sens mistique
ou fii'iiratif ne font pas cerlificudori. (Ores-
iiE, Pohtiq., 2' p., r° 39".)
Afin que son lieutenant en puisse faire
cn-ii'/îaiiioHcompetante. (12 juin 13S9, Ord.,
VII, 285.) '
Par certifficacion de signes. (Peane de
Crespy, B. N. 11659, f 8 v^)
Cf. CERTiriCACION, II, 24".
CEIITIFIER. mod., v. CeRTEFIER.
CERTiTLDE, S. f., Caractère de ce qui
est certain pour l'esprit :
Avoir quelque ce^/('^(rfe et asseurance de ' -
«50
CfclR
.|iu;lqiie ohuse. Cerli aliiiuM habere. (lî.
KsT., Thestiur.)
Son dessein («le la pliiiLiM.'phit^l e,->l de
.•^hfrcher la vérité, la sciunce et la certi-
l'-'dn. (Mont., Il, iiù, ap. Litlré.)
CEHTOY.\K»IIÎ>T. V. CekTAINEMENT. —
r.cRL'ïiuii;.\, V. CHira'nniEx.
CERUSE, s. f.. scus-carbouate de
p'onab :
Ceri'eiije.(Compt.dc ."mi.-D. d'ûrl., 1392-
! iOO, r 3-2 v°.)
Poudre de ceruse de V'enUt: lavee eu eau
ros-^. (Paré. XXV. 44-)
i.:KBV.vis<>\..-s.î'.,teiiip.-) propre à ch.w-
ser !e cerf:
Li tan3 qu'on claimô cprroisona.
{La Chace dou terf, p. 157.)
A la >ostre Dame en mars commencent
les appareils des cervoisons. [Ménc.jier, II,
156.)
E=2 la saisca quB hj juiv verdure
Qu'arbrea oat prins feuilliage de verdura..
Que tous veaeura ea hauite ^rirvoison
Vont daslouriier bi'jhes et ceiù fûi^oa.
('."".asTici, Chants roy.^ f* 50 r".)
cKHVEi.. niod. cerveau, .î. m., encé-
phaie, sa partie a.Ttérieureeisupériaure,
organe considéré comme le siège de
l'intelligence :
îl (leà cheveus) delTeiident le clientel de
chaleur. (H. de Mondeville, 8. iN. 2030, V
I
Le cgi-vpl. (Oresme, Polit., m?,. \ st., P 1-2».) :
Le seriv;. {Reg. da Chat., I, 328.)
— Cervelle ;
P.îr les oritlea fori eu Ut li cerreîs.
IRol.. îioO.)
E bciïei.l ea U saoc a itcUe^t î i cemans.
lÏB DE Kï.-ii. Gfst. d'.iLs.. B. N. Îi364, f« 63 ïV)
Et li tyrant le décolèrent et puis après de-
-icoiereat le chief tantque li os et li cerviaus
fure.n.t e.-parsi Darl'egliie.' r;esa!;î.' Ihcinds
— Paitie supérieure d'une con.struc-
iio'.i :
\iii compagnons marons iOsols tcurnois
p( vr !e vin qu'ils sontalles boire ensemble
,> la c;.>slure d'.i cfrreaul if la voulte du
pont, (lôl'.-r., Comptes de iVet'.-'s, CC 88.)
CERVELAS, s. m., saucisse courb.e for-
tf'ment. êpLcée :
Csrvelat. ("ab., Qur.rf liv., ch- r.xxi.]
Cevvelus. (.\.. OfD., Ceroelliens.)
CEstvxLET, 5. m., partie postérieure
ot inférieure de l'encéphale :
C?r!'<?/p?.- m. The hinierpartof the broin,
.lext lo '.'ne nape of Ihe iieikt-: raakea but
■1 tenth c-i the whole, ai;d •< divjded from
tt^e rest ijy dura, et pia mat«.'-. (Cotgr.)
rERVtLinRE, s. f.. sorte de casque
ouvert.
Cf. IL 25'. •
CEb
4:i:rvi:lle, s. f., substance qui consti-
tue le cerveau ; cette substance consi-
dérée comme le siège de l'intelligence :
E la ceri-ele li chlet .i3 piez desus.
(floi., 1356.)
Parmi le te«ie ea le Cffueel.
(C.itT. d'.Ibr., Eructe, 581:!; mj. Tarin, f» l'i ,'.)
Celoelle. {Vies des S., ras. Epinal, r 41''.)
Ciarviel/ê. (Hem. a.ic, B. S. 2039, P 8 v".)
Cen-dilte.
( Vais dou pnjin, B. M. Icô4; f» | ;j ,.o i
Sire, cest peuple se révèle
Il e3t de trop dur« cfrvvle,
Ost^î lui sa joUveté.
'). LecKiiïRE, lîexp. df la iriùrt. B. .V. 'J94, r |ijo i
Tous deuï sont folz et sans cerv^tle.
„ . {Palhflin, p. 106.)
— Crâne :
Ja fussent pris et relenuz.
Li chiens, quant sont soreveouz
Li moutons es flures cprveies.
( ïsop., Î743. ma. Lvon,)
Doiikes fust mieus, soif il, soit ele,
Ke ligne dusk'eu le chp.rvete
Li eusl tout le pnil molu.
(Hesc'-US, Misereiv, icvlr, /.)
i:Ki:y\i:\L., 'idj.. -jui appartient ,i la
partie postérieure du cou :
Par le plus grand des trouz la meduleu^o espine
Sortant du test, decend loul au long de lechine.
Et par les plus petiz ordonnez pour tes nors
La ccrt:icale veue a p.î?sage au travers.
(AoB., III, 425.)
CEHvoi'iE, S. f., boisson analo.'Tue à
la bière :
... Ea bevant ciervoisse.
(Pa. Monst., Clifon.. 31111.)
S'i ad beivre fors ene dé funteine
U sout aveir cervehf ea la semeine.
(JoKD. Fajtosjce, ChroK., 608.)
Atous doneit a le glise de Flored'e, tout
le cens et le rente en chapons, en fouaches.
en /jhervose, en deniers. (12S5, Cavt.de Flo-
reffe, P 14 v°, A. Namur.l
Ckercnise d'A'.eiiiâiii^ne... mies et chef-
voise. (Dialoj. fr.-/lo.m'., P ti".)
D'ung tron^noa de chou, ung naveau ;
ords ceyoisp. ria nouveau ;
D'une truie, ang aoiin a vent.
(V1U.0J, Ormd Test., 700.)
De la prinse desdits vins firent les Fla-
meas grant feste. et le buvoient, en l'eu
■i&a-ivoise, a !ong-s baseauï-rilûLrN., Citron.,
î!î, Îô8.) , . ..-.» ,. ■
Cf. ri, 25'.
CESAR, nom propre, puis nom com-
mun, désignant un empereur rotnain,
un prince héritier 'lu pouvoir doc douze
preaiers empereur romains :
Hardi comme un Cflsnr je suts a ce.ste »nerre
On l'on comhal armé d'un grand potet^l'uQ
f ir , - [verra.
{Yaa-ÙP.-Yire. ap. Jicib, \aux-ie-Vires Jf J Le
CESARiK.>,adj., s'applique à une opé-
ration chirurgicale par laquelle le fœtus
est extrait du ventre de sa mère :
CES
c<7.Lwr'f '^ •? '"" '■'''■^ '^^ l'enfantement
cœsanen, escnt qne... (Paré, 12.)
CESSATION-, s. f,, action de cesser:
Ju.sques a tant que le roy y mist ,-« ■«
ao,«. (J. GOUL.M,, Ration., B. N.^i.-^, r 379";
Cessation.^ de labeur.(G.CH«TEi l Chrrm
des ducs deliourg., f, ^5 j-'^-^^'^'^'-'". O/i/on.
Depuis la ces!!afion e! discontinuation dé
la dite foire, (.i août 146-5, Ord., XVI, 330.)
clK um)"'""* """ '""^'''*'' ' "^ '■'■' ^"'"■' "'•■••
re^^de^'m^n:^^ ''""'" '''"" ^'"-
tK^-sK. S. f., le lait de cesser. ân,re
lâche :
B,irres chemine et pase lo pais
Isoolement, ne prlsl cesse ne Bn.
(J/orr Aym. de Narb., 369.)
Dujc'a Monbrant ne font cesse ne En.
{Deures d'Eunstone. B. i\. li34S, f 93=.>
CESSER, verbe. - IV., ne pas conti-
nuer ;
Genl paienur ne voeleat cessfy unkes.
(.«0/., 2G39.)
Quant vinl .,] r,ua,t, qu'Uniorna,
U veiiz ladh, dei tôt assit.
Li solelz lieve, ne plut mais,
Del lot remest la mers en pais.
{Eneas, 265.)
Lieve por Deu. ta main, fai mon dolor ciese,-.
(Nais-!, du Chevalier au Cijrjne, 1962.)
Onques ne vi sa bouce ne nuit ne jor chesser
De loenges Dieu dire ni de s,-,uiiers cinter.
{.De S. Alesis. Sb4, Berz.)
Et li mes s'achemine, <jui bien fu afeutres ■
James ne chiessera ne n'iart asseures
tant que en Franche viengnc, ou i! est ^routes.
{Doon de iTaimce. 8132.)
Se tu veuz (ju'amor ne te lesse
De bons ars aprendre ne cesse-
{La Clef d'amours, 1337.)
, Comment pourront cesser les maulj ?
(EuST. Desch., V, 369.)
Je pourrois bien trop cessier
D'aler aourer derrecbief.
(.1/iV. de iX. D., m, 33.)
Pour ton saint nom plus essaucier
Me tesmoingnos cy sanz cessier.
{ll>., Vr, 304.)
Il x'T^"'^ '■'51-age fut cessé. [Im-é., Aslree.
— Ccï.s-fy- de, mettre un terme à :
El de les fere c«s«- des dis excès et dom-
Bo!^-^^1i '-'''■ ^" ^^ ^'^ "' ^'"'■^- de
C d^Or') "" comp'^es Dijon, B 2.î8, A.
De ta foie créance cesses.
Si feras bien.
{Mir. deN. D., IV, 9S.)
— Réfl., avec le .sens du neutre :
Biauj seigneurs, vou? vous cesserez
De moy parler q^e preu^^ne femme.
{Mir. de N. D., m, 131.)
r. , Assez pensèrent,
bt longuement de parler se cessèrent
(i. Cni,T., Poés., DiS..I«.Jcnî fortmes J-aai., p. 579.)
Enfin le débat se cesm quant il n'y eut
/
CHA
13 que prendre.(\VAVR.N,^l«f'<'en«-C™"-
înç/let., II, 120.)
— A., mettre fin à:
Bonne femme, cesce Ion compte.
(.UiV. de X. D., 111, 198.)
Cf. II, 26».
CESSIBLE, adj., qu'on peut céder:
Reirait seigneunal et conventionnel esl
ssibk. (LoYSEi., Inslit. tout., p. t29.)
CESSION, S. f., action de céder à un
itre ce dont on est propriétaire :
Nulz debteurs n'esloil receuz en la dicte
lie a cesiion de biens. (Ord., MI, oi*.)
Seission. (1360, Rvm., 2' éd.. VI, 233.)
Cf. H, 26°.
1. CESTE, s. m., courroie parfois gar-
ie de plomb dont les athlètes s'entou-
aient les mains pour le pugilat :
PoUui bon a combattre
Aux to«e» emplombes.
^Boss., 84j.)
2. CESTE, s. m., ceinture de Vénus,
e Junon :
li^timanl que ce fusl le vrai cesie tant
elebre dont Venus conjoint les amans.
YvEii, 5(jl.)
cÉTACÉ.s. m., grand mammifère ma-
•in qui a la forme d'un poisson :
Cétacé (COTGR.)
CETERAC, S. m., fougère à feuilles
Bucilagineuses, employée comme pec-
;orale :
Ceterac, c'est une herbe qui ... croisl
■onlre les murs vieux. (GrarU Herbier, n
120.)
CHA
huves c'est a savoir cordes par lesqueles
les va le^ et li cheval traient les nés con-
uemonl le iaues, que eles ne somn au fi-
les et ausi lines dedenz conie dehors (Est.
BoiL., Liv. des mest., V p., Ut. XIII, 1-.)
Li prevos ont pris ancres et caavles en le
mer. (1319, ap. G.RayMud,Dial.pic.,p. 30.)
ChaMe. (1421, /««■ de l'arlill. du chat, de
Blois, A. Joursanv., Bibl. Blois.)
Gros rasbles et cordages. (Altos, Chron.,
B. .N. i082, r 110 !■'.)
\ Tassart BaiUel ayant faicl un caMe
pourrorlûge de l'eglisede S. Berlin. (150-,
Compte, S. Umer.)
Un gros rhable court avec les bracheles,
servant a lestablie de l'engin Ponr les
dalles d-entour le ceur. Lng autre petit
chable, servant aux pilliers carres d en o ir
le ceùr. Ung moyen chahle qui fut taicl
pour servir a la lanterne lorsque on y be-
son^na Ung autre long chable pour servir
a bousier a la lanterne. ( 1528 nvenlotre
fawte pm- Jehan Phmrt, clerc de If'^^"''
thedrale de Sùstre-Dame de Rouen, A. ï^eine-
Inf., G 4123.)
Les chables sont les amarres et le gros
cordage de navire, (li. Biset, Men: de nat.,
p. 94.)
i CHAALIT. mod. châlit, s. m. et f., hois
de lit :
Li caelit qui ne sunt pas de métal,
Mais d'or fin esmeré, entaïUie a cristal.
(Rom.d'.Kle.':.. f 44", Michelaot.) Impr., cacht.
Riccs fu moU li caalis.
^BEI^., TroiVs, B. N. 37S.)
E li Uï saint Thomas eslelt apareilliez
Desus un chaelil-
(GiES., 6'. Thomas, 3S4î.)
La kaalis faisoit moult a loer :
Li pecoul furent de fin or esmeré.
Et les espondes d'ivoire tresjeté
As .un. bors du caalit doré
\ .1111. oisiaus qui moull font a loer.
(Huoii de Bord., 4918.)
CHA
23
Cf. Cëter.wh, 11, 27'".
«ElE, V. ClGLE. — CEVACIE, CEVA-
ciER, V. Chevaucuee, Chevaucher. —
CEVALCEEIB. V. ChEVAUCHEL R. — CE-
VALCHER. V. Chevaucher. — cevaii-
CHiE, V. Chevauchée. — ceveii., v.
Cheveu. — ceveleure, v. Chevelure.
- CEVIERE, V. Civière. — cevil, v.
,y,L. — t.EVRiOL. -BUEE. V. Chevreuil.
- CHA, v. Ça.
'^ chaable, mod. câble, s. m., gros
irdage :
oors firent faire barges et nos do grant ator.
Qui joignent as cheables et as cordes antor.
(J. BoD., Saisnes, CL.\.\1.)
Dou chaable vos remuez.
(J. Le a*»cn*ST, .\fir. de X. D. de CItarl., p. 74.)
Uns lioms peut bien une nef Irairo ?
Oil. dame, au moins au chaahle.
{Wjse,n:yM.]
Nus cordicr ne puel ne ne doit faire
chaable de quelque manière qu'il soit, ne
Si le couche en i. caelis.
(Richart le beau, ms. TuriD, l' 136 ï"
:ol. 1.
Coustumlers de faire Ut
Et sans kuete et sans carlit.
{Les Mir. de S. Eloi, 109.
.1. chaaliz ot lez le fouier,
C'oo soloil fere charriier :
El chaaliz ot .ui. eserins.
(Des trois Boçus, 113, .MontaisloD, I, 17.)
Un lit avec le kalit. {Un partage nwbil. en
1412, St Germain, p. 22.)
Ung calich. .xx. s. (25 avril 1419, Exécut.
ieslam. de Ydde Lamour, u' Jehan de Hau-
prcnçi, A. Tournai.)
Neuf rhaliz de bois. (Vente des biens de
Jacques Cœur, A. N. KK 328, f° 268 v°.)
Deux chnrlis de lit. (1460, Inv. du chat, de
Bouconuille, A. Meuse B 1550.)
Ung rhuslit de bois de chaisne. (1462, A.
K. M 80.)
Pour ung escring ou il y avoil .n. mau-
vaises robes, ung caudron, ung drechoir et
r ralirh de .nu. pièces. (Ii6'2, Comptes des
rioieres d'EscauU etd'Escarp, A. mun. Mor-
tagne.)
De Collarl Fierin par Escaull amonl pour
.11. cutis de .viii. pièces. (Ib.)
Le lich de couchette, calich, gourdines,
etc. (1479, Lille, ap. La Fons.)
Calit. (Ib.)
Un charpentier l'ail ca/i's a l'ostel du duc.
(76.)
Pour ung calich a chiel. (28 janv. 1489,
Curatelle de Jaquel, A. Tournai.)
Sur ledict champlit a ung lict de duvet.
(1501, Inoenl. de l'Ilôlel-Dieude Beaune,Soc.
d'arc'héol. de Beaune, 1874. p. 143.)
En ladicle chambre a ung grand cham-
plit de chesne. {Ib., p. 147.)
Les bancs el le challil. (Bah., Tiew livre,
ch. xxvi.)
... Et puis tout bellement
S'aprochant du churUct, saisit le cimeterre.
^Du Babtas, Judit, VI.)
Deux chairliclz bois de chesne. (1625,
l7io. de Racinot des Bordes, A. Meurthe.)
CHABAA.\E, CHABENE, V. CaBANE. —
CHABESSIER, V. ChEVECIER.
1. CHABOT, S. m., poisson à grosse tête
appelé aussi meunier :
N'est pas graindres d'un cabot-
(Ilist.de SteLeocade, B. .V. 19132, f> îj.)
(lue il ne soit nuls, qui d'ores en avant
pesque en no justice, en le rivière d'Es-
caut de harnas nul, quel qu'il soit, lors
que a le nasse dont on prentcaAos el gou-
vions. (26 avril 1380, Reij. aux publtra-
cions, A. Tournai.)
2r>
u souvenl.
iomT., p. 431.)
rin , sou-
'"f en
.„„. kaelis de lit. (8 mai 1339, Parchons
Colqrs, a caudreliers, A. Tournai.)
Uns lésons, el .i. caalich. (9 mars 1348, A.
Tournai.)
A une femme pour .i. kaelirh, .n. s. .vi.
d. (0 sept. 13.50, Exéc. test, de la veuve Ma-
hieu Daubi, A. Tournai.)
Deux r/,«,(/is cordes, un granl et un petit.
(1389, Invent, de Ricli. l'u-que, p. 20.)
Un vie/, rhaaley de bois. (2 mai 1394, In-
vent, de meubles. A. Cole-d'Dr.)
A llauetle l'rousselle, un lit eslolfel de
un. paire de lincheulx-, un couvreloir, et
le caulis que la dicte delTuncte li ayml
donné par son dilteslamenl.(30 mars U02,
E.réc. lestam. de Callierine Proussette, A.
Tournai.)
2. CHABOT, V. Sabot. — chaclx,
mod., V. Chascun.
CHACE, mod. chasse, s. f., action de
chasser, de poursuivre ; course sur un
pays ennemi :
Jusqu'as lentes dura la cache.
(Be»., Troie, b. N. 375, !' 95<.)
Moult fu grans celé cace, longuement a duré.
(Fierabras, 1764.)
Le chece commance mainlenanl. {Mort
Arlus, li. >'. 24367, f" 79^)
Si ferai, puisque sui en queche.
Du mcillor fust que j'aurai Qcche.
(LesCrieries de Paris, ap. Crapelel, Prou, el dict.
poput., p. 146.)
Quachea. toutes besles. (1248, .Mor., 169,
r241 r°, B. N.)
3.)
427.)
JS5.)
; ma,'
24
CHA
Robastro los pn.-ache a la pesant cuignie,
\ la carh,' piTtlircnt moult la gnnt pau-nnio.
(Gaiifrnj. 1012.)
Charhe. (Ka.nidor, ms. Turin, f" 212 r°.)
D'une rair/ii' (\\n li liaillis des bos vault
faire en le vitjne <le leur ef.'lise. d'avoii- len-
(lul peuuinus. (Cui-lul. île Cuisis, B. N. 1.
17777, f" IJ.") i'".)
Ileni il nous plaist et voulons que il ail
en la ville de Tournay bancloche pour son-
ner a loules justiees'au commandement et
a l'ordonnance du dit gouverneur... et aussi
pour l'aire rarhes a l'empire ou a'llPU''s-
(1333, ^Intiils deTom-nny, reg. 6fi,cli. l.iSS,
IHic, Car/lia 5.)
Et grant fuison de bonnes gens y eut
mors; tant sus les camps comme en le ra-
che. (Froiss., Chron., VI, 169.)
— Tableau représentant une chasse :
Une canhe, c'est assavoir des figures d'un
homme courant, 2 chiens courant, deux lé-
vriers et un cherl' a mettre sur une maison.
(10 oet. 1394, rabell. de Rouen, Pal.de just.)
— En cliace, loc, en hâte:
Il depesche sa messe, laquelle il <lict ™
chasse. (Bon. Desper. ,IVo«i'. recréât., p. 100.)
Cf. 11, 29-. ■
CHACEMAHEE, mod . chasse-marée,
s. f., voiture accélérée pour porter sur
les marchés intérieurs le poisson, le
coquillage péché sur les côtes ; s. m.,
voiturier qui apporte ce poisson :
De WlUiaume Cacemaree. (1260, Chauny,
A. N. J 38.'), ap. Dufour, Situai, financ. des
vin. de Pic.)
Berlran,<;Y7ç/)emareedeChauny. (dct. 1350,
.\rch. Chauny, dans Corn. arch. de Noyon,
1885, p. Ii9.)
Poissonniers ou cackeinarees. (i50j, Coût,
loc. du baill.d'.imiens, 1, 303.)
Fig., chace ranree de nuit, cou-
reuse :
D'une qui se fourre en ces trous
Sur le soir, quand la lune luyt ?
Elle chasse les loups garons
Et les chassemarees de nnyt.
(COQUILLIRT, Nouv. Droitz, i" part., De Presiimptio-
nibus, I, 104.)
OHACEOR. mod. chasseur, s. m., ce-
lui qui se livre à la chasse :
Chaseheor.
(Vies des Père-:, ms. Cliartres 371, t» 83 r°.)
Son cor prent et son arc et seeites qu'il a,
Sa hache et son coutel, que U 1 aporla.
Itel atillement comme cachierres a.
[Doon rie Maietiee, 1874.)
Pour Dieu, de ces chaceurs nouveaulï
Gardez voz brebis pour les leux.
(EusT. Descb., V, 347.)
Cf. 11, ■29".
CHACERESSE, mod. chassercsse, s. f.,
celle qui se livre à la chasse :
Syrius fu virge et chascherresse.
[Fah. (i'Oi'., Ars. 5069, f 8=.)
— .'\dj., de chasseur:
CHA
Achèterez vous ce cuir de cerf que j'ay
en mon sac, pour faire bonnes cordes chas-
seresses pour vos veneurs? (J. o'Ann.AS, Me-
lus., p. 51.)
ciiAciE, mod. chassie, s. f., humeur
gluante sécrétée sur le bord des pau-
pières par les glandes ciliaires :
Pour [arhactiie, ostre : Prendres fenoul et
arremeiitel Uievrefeul et miel et vin. (.\iii°
s., flc/H. /")/)., Am. Salmon, dans Etudes
rom. déd. à G. Paris, p. 2j6.)
Enci vesci autre mechine contre cachie
et autre dolour. {Ih.)
Des eus oustez la jocye.
(G. D! BlBLESWORTB, 45, P. Meyer, Rec..^. 363.)
Des eus oustes la chacie.
(1d., ms. Cambridge, Bilil. L'niv. GG, I, 1, f" i"9.)
Lipa, rucliie. (Gloss. rom.-lat. du xv" .?.,
Scheler.)
Epifora, une manière d'ordure des yeulx,
c'est rliacie. {Gloss. de Salins.)
Les chacies des veulx. (Jard. de santé, I,
115.)
Les chacMes. ilb., I, 122.)
■ ciiACiEit, mod. chasser, verbe. — A.,
poursuivre un animal pour le prendre
ou le détruire, faire fuir, pousser en
avant, pousser hors d'un lieu :
Se Dix vos ait, bel enfant, fait ele, dites
li qu'il a une beste en ceste forest et qu'il
le viegne cacier. (Auc. et Nie, 18, 17.)
Et plus fuit et ge plus le clia: ;
Ne m'i vaut néant mes porchaz.
[Dolofi., 4148.)
Et voient venirune naehele parmi la mer
et acouroil vers aus a si grant oirrecoume
se tout li vent du monde les cassaient. (S.
Graal, Vat. Chr. 1687, P iV.)
Noble Lion, le bestail vous appelle.
Et vous devez secourre voz subgis,
Chacez ces loups.
(EusT. Desch., V, 89.)
Et les rltnchoyent les Allemans devant
eulx. (Eroiss., Chron., B. N. 2646, f 120".)
— Fig. :
Le mal que il avoit au cors,
Caçoit.
(Geff., Ctiron., 141.)
— Pousser devant soi :
J'esloie liues a un rice vilain, si caçoie
se carue. {Aucass. el Nie, 2i, 47.)
— Fig., chacier en. pousser à, exciter
à :
Et vous veut chasser en colère.
(Fr. Perrin, Escoliers, p. 12.)
— N. et abs. :
Vers lui se tome et dit : Lessez,
Grant folie est que vos chaciez.
(Parton., B. N. 19132, P l'iS'.)
Qui qache el riens ne prent.
(Bretei, Vat. r.br. 1490, f" 157'.)
Que en la grant forest l'ont deable esgaré.
Ou il ala cachier, plus a d'un mois passé.
[Doonde Maience, 1213.)
CHA
Kachier es bos. (1248, Charte, Morice 169,
f"241 r", B. N.)
Que il n'a nul droit de caichier ne de
hafer es bos. (1327, Carlul. de Guise, B.
N. 1.17777, P 136 r°.)
Cf. 11, :îO'.
ciiACios, mod. chassieux, adj., dont
les paupières sécrètent la chassie en
trop grande abondance :
Dont li prist la navreure, si devint cacious.
(Herm*», Bible, B. .\. 1444, l' 30 v".)
Le celidone me prendes, a lait de femme
le nielles, cegarist les ieus cachieus. (xm"
s., Hem. pop., Am. Salmon, dans Etudes
rom. déd. à G. Pans, p. 256.)
Nostre oil si estoienl chaceuls et oscur.
(Serm.de S. Hem., p. 5,30.) Impr. chaceuols.
Mes vos euz sount jaciouses.
(G. DE niiiLESWORTU, 44, P. Meyer, Rec, p. 363.)
Mes vostre eel est chaciouse.
(ID., ms. Cambridge, Bibl. Univ. GG, 1, 1, f»279.)
Cachieulc. (Gloss. lat.-fr., B. N. 1. 7679,
f» 212 V.)
Pour la faiblesse de tes yeux cachieus.
(M. lE Franc, VEstrifde fort., f° '28 r».)
Lya, cacliiiieuse des œils. (Fossetieo,
Cron.)
Cf. Chicheus, au Supplément.
ciiAcis, mod. châssis, s. m., encadre-
ment de menuiserie :
Es colombes, es fcnestriz
Es verrines 3t es chassiz.
[Eneas, 613.)
Charis. (1332, Compte d'Odart de Laigny,
A. N. KK 3% fo 138 v".)
Li marcheanz qi vent a chassil. (xiii« s.,
Cartul. enchaîné, f° 63 V, A. mun. Senlis.)
A Jehan.mairenier, pourlebos dou cassil
de cel huis, pour roilles et assielles, .xxiiii.
gr. (1372, Compt. de lu conslr. du cliœur de
l'égl. S. Jacques de Tournay, A. Braine-le-
Comte.)
A luy [rhumas Mallel, voirier], pour avoir
fait, et ordonné, en ung cnssich de bos,
.LXV. pies de traille de fil de Ueuvre. lequel
cassichel traille servira audevantdesdictes
vrieres. (17 nov. 1425-16 fév. 1426, Compte
d'ouvrages, ô'Sommede mises, A. Tournai.)
Douze cassis a mettre loille. (11 avril
1433, Revue des Soc. sav., mai 1867, p. 440.)
Pour avoir paint t'enseigne des chatz-
scieu.r pour l'autel neuf. (1479, Arch. hos-
pit. de Parti, II, p. 174.)
A maistre Jehan Thiery, maistre carpen-
tier de ladicte ville, pour avoir fait ung
cassich, et une double huysserie, de .x. pies
de let, et de .vu. piez et demy de hault, et
les assis ou postich estant empres ladicte
Morel. (1481, Compte des fortificat., %"i>om-
me de mises, A. Tournai.)
Un chasseiz. (1488, Malrol. de S. Germ.
VAUX., P 88 r.)
Ung cassich el le fenestre et ung tonneau.
(1542, Tut. des enfants Lurq Cartier, A.
Tournai.)
CHAEi\E, mod. chaîne, s. f., lien fat
CHA
CHA
CHA
2."
d'une suite d'anneaux de métal, de
maillons entrelacés, pour arrêter, tenir,
assujettir; fig., lien, sujétion :
Caeines de fer.
(Roi., 37.i:i.)
En la cité a cil oiz.
Et plors et braiz et molt granz criz,
Et batemenz et molt granz peines.
Le son d'enfer et des chat-ines.
{Eneas, 2705.)
Chaidif. (noix, 3-2, 1S7.)
Li martyres et la painne,
Li fers, et li cl.ius et la /i-altute
Me portent le roial couronne.
(G. DE Cambrai, Barlaam, v. Il, p. liiO.)
Cheenne. (S. Graal, ms. Tours 915, P 64
Apres li aconlai de l'arbre.
Et du jolif perron de marbre.
De la rhiiene et du bacin.
{Conipl. d'am., B. ^. 837, f 361^)
El rompirent \achnaine qui miiltereforz
cl bien atornee. (Vili.eh., ;", 78.)
Ou la cliinene fermoil qui movoil de
<;onstantinoble. (Id., J 159.)
Au port desous Morinde arivent el sablon
A la meslre chaenne ou les colombes sont.
{Ayerl'Arifinon, 1603.)
Cai/ne.
(niali. le Bel, ms. Turin, f° 131 r».)
Et estoit firhiee la clieanne pi mur. (Per-
reoal,\, t)4.)
On voit en sa bourbe dedons
La belle chaiennc de dens.
(J. Le Fevbe, la Vieilli'. 1. II.». 2721.)
, Cheenne. (1384,'A. N. MiVI 31, T 4 v'.)
2 chesnes pour led. portail de Toussaint.
(1410, fier/, de la cloison d'Angers, n° 19, ap.
V. Gay.) ■
Quand leur navire que l'on appelle une
pleite fut arrivée avec les autres des pais
de Hollande et de Flandres en la chesne et
port de la Rochelle. (1453, A. N. JJ 182, pièce
59.)
Ung touret tout noef, servant a \ekwjnne
de le rue des Bonchiers. (15 fév.-17 mai
1476, Compte d'ouvrages, i' Somme de mi-
ses, A. Tournai.)
L'un d'iceul.K de prime venue se mit au
dessus de la chaisne du tapecul. (JIolinet,
Chron., IV, 192.)
Une petite chayanne d'argent. (1522, A.
Oise, G 2029.)
Glorieux parmi lant de gesnes
Je monstre mes fers et mes chesnes.
(A. DU Brei'il, Mîmes gaillardes, f" 2 v".)
— Terme de tisserand, ensemble de
lils tendus entre les deux rouleaux du
métier et à travers lesquels passe la
trame :
L'on ne doit point mcire de trainie en
quaine pour ordir par delTaule d'eslain.
(Mars 1321, Ord.. Xll, 457.)
Kaiqne. ;1342, Orden. de la driipp., p. 63,
A. Abbev.)
(JHAKI.VETE, mod. cliainette, s. f.,
petite chaîne :
Les chaaignetes d'or gardoil ;
Sor la rive les atandoit.
Li serjans vit la pucelete
Antor son col sa chaanete ;
Les autres chaenetea voit
Que sa dame porter devoit.
[Dolop., 9625.)
Cil éviers esloit touz reonz et avoit .v.
coules de parfont, el une rhaeneie de .xxx.
coules le ceignoit lot entor. (Bible, li. N.
899, f° 166".)
Cagnetle.
(Rich. le bel, ms. Tarin, f" 131 V.)
CainneUe.(Sone.s de Nansai/, ms. Turin,
f 36 v°.)
Chesnete. (Inv. du D. d'Anj., 783.)
,11. petites rliampneles d'argent. (Sept.
1395, Invent, de nieuliles de la mairie de Di-
jon, A. Côle-d'Or.)
.1. paire de champnales d'eslain. (Ib.)
Avoir fait el livré pour les clievaulx et
harnas de la dicte ville une briile a kain-
nette et un double qiievestre a touret. (20
aoùl-20 nov. 140S,Co»(/)<e(/'o«(i;'., 8' Somme
de mises, A. Tournai.)
Les quenelles des encensoirs. (1426, Bé-
thune, ap. La Kons.)
Aveucq les cagnetles ellout ce qu'il y ap-
partient. (1448, tieg. au.r lestam., A. Uouai.)
Une qitainette de deux pietz de long pour
ung faucon. (1521, Bèlliune, ap. La Fons.)
CHAEiivoN, mod, chaînon, s, m., an-
neau d'une chaîne ; aiic, grosse chaîne,
carcan.
Cf. CHA.\rGNON, II, 28».
CHAELIT, V, Ch.4AL1T. — ClIAENEIE,
V, ChESNAIE. — CIIAEXS, V. Ce.\NS. —
cnAGivE,v. Chesne. — chaghigiveu.x,
V. Chaorinfux.
<:hagri\', s. m., peine qui est ressen-
tie avec amertume :
Chagrgn fait les gens aager bien tost,
(Pai.sgr.. p. 418.)
Il faut laisser le chrthfrin importun
A tout le moins a la table buvant.
(Vau-d.f;-Virc, dans Jac, \auj--rh-\'ire de ,/. Le
Horix.)
ciiAGRi>'Ai\T, adj., qui cause du cha-
grin :
Et chagrigiuint peux me ravir la vie.
(FiLD. Brbtin, Soitn. de totiaiff/.)
<;ii.4Gitii\EME!VT, adv., en causant du
chagrin, d'une manière chagrine :
A divers jours, .Saturne plain d'esmoi
Chagyinenient nos es|>r-ils tirannise.
(P. DE BivACH, Puein., t" il v".)
Le cœur de l'envieux chagrinement despit
En veut a son semblable, au plus grand, 'au petit,
(Du Babtas, 2» sem., l"j., 59.)
<:iiAGUiMER, verbe. — A., rendre cha-
grin, causer du chagrin à :
Chagringner. (Calv., Serra, s. les Ep. à
Tim.)
La condition la plus lieiireuse ou ils sau-
rolent estre les chagrine, les ennuyé et les
(iegouste. (Sully, ap. Liltré.)
— Réfl., éprouver du chagrin :
Se soulïroit et rhagrinoil moult souvent.
(1424, A. N. JJ 172, pièce 430.1
Qui se chagrine fait folye.
(L'Omme mondinn el le reliijieuT, Roqit., p. 451.)
ciiAGitixEUK, adj., chagrin, sou-
cieux :
Vieille est el chagrir/neuse. (Therence en
franc., f" 373\)
Povre orgueilleux, pensif et chagrigneur
Est le second, qui de vertu n'a cure,
(R. de Tollebte, Rondean.r, XClIt.)
Sont pensives el chagrineuses. (Paui:,
XVIIl, LXIV.)
c.iiAGRi\'Eux, adj., qui cause du cha-
grin, du souci :
Ah, quelle multitude de gens, quel apre.sl.
est cela, tant angoisseux el rkiiqrineux?
(B.,Ja,m,, Dialog. de J. L. Vires, T'IOô r'.)
Chagrigneitx soupçon.
(BiRAG., .S'ee. «M., XXVIll.)
L'or n'est pas seulement do nostre corps soi-
[gneux.
Il est de nostre esprit : qui tant soit chagrineur.
Despit, triste, pensif, resveur, mélancolique.
Est tout soudain guary d'une douce musique.
(IloNS., Hymnes, OEiiv., Il, 733.)
Quand je boy la tasse pleine.
Tout travail, et toute peine.
Et tous chagrineitx despis
En raoy dorment assoupis.
(R. Belleau, Odes d'Aimer., Il, 15.)
Sa chagrineuse mort qui les bommes envie.
(n. Gabnier, Elég. sur la mort de Boiisard.)
L'un a souvent le front alTublé d'un nuage
De chagrineur soucis.
(Du Bartas, I^= setu., l" j., 427,)
La famine chagrineuse.
[C/ianson. Hwjuenot du xvi" s., p. 285.)
i:hagrixeu.seme\t, adv., d'une ma-
nière chagrine :
Mais Apollon ne m'en veut seulement,
Saturne encor trop chagriiieusement.
En me vainquant par une solitude.
Veut divertir mon esprit de l'estude.
(P. DE Brach, Poem., i" 57 r",)
CHAiiUAiv, mod. chat-huant, s. m.,
nom vulgaire de la hulotte :
Le chat hua.
(Ysop., 11, fab. II.)
Mes moult i brait et se démente
Li chahuan o sa grant bure.
(Rose, 599S.)
.\slalapbus
Qui fu mues en cliat huant.
(Marc, upp. fr. XXIII, f 1091'.)
Chonen, bubo, oisel. (Glos'S. gall.-lat., K.
.N. I. 7684.)
Chouan, nicticorax. (Ib.)
Le chahuant ses chans de mort m'eavoye.
(EusT. Desch., III, 374.)
Les arondes y font leurs nis
Et li cahitant. soir et main.
(Id., V, 120 )
Les cahuans, les aigles, les corbaulx.
(Id., VI, 5.)
Si nous oyons crier de nuict (pielque chouan.
Nous lierissons d'edroy.
(I10NS..0J., p. 320.)
Ouebjue aigle ou duc rhavant. (Il mi..
Quart liv., eh. I.VII.)
T. IX.
26
CHA
Il ressemble ;ui liibou ou chat huant. (Pa-
iiK, Mumie, déd.)
CIIAIIUL, V. ChaOUCH. — CHAHUTE,
V. Cahute.
CHAI, s. m., vaste magasin au rasdu
sol, tenant lieu de cave :
Les marchands oti-angers qui feront por-
ter en la dite cité draps ou autres marchan-
dises vénales pendant le temps des foires
payeront les louages des maisons, chais ou
ouvrouers csquels mettront et tiendront
leur marchandises... pour raison du vin...
mis en aucune maison, chais ou caves.
(Coust. de Bayoïine, a.Tl. XXll et XXXll, titre
VII.)
Allermé d'une maison etd'unc/'«i. (ojanv.
1520, A. Gir., E,Not., Ilyl. llcrvault, 206-1.)
tHAIEKS, V. ClîANS. — CHAIGXE, V.
Chesne. — t;HAiMBE,v. Jambe. — chaiive,
mod., V. Chaeine. — chaingle, v. Cen-
GLE. — CHAIIVGLEB, V. CeNGLER. —
«HAINTUBELLE, V. CeINTURELLE.
f.HAiR, S. f., substance molle et san-
guine, qui est entre la peau et les os de
l'homme et des animaux :
Par nul hum de car.
{Bol., 2141.)
A la chani.
[Ib., 1265.)
Demenliers que apruçassent a mei li ma-
ligne, que il maiijasscnl lameie charii. (Liv.
des Psaum., Cambridge, XXVI, 3.)
Sa blanche char et bele et tendre
Contre le feu ne puet delTendro.
[Eimis, 2121.)
Chérubin, ço est plented de science ; e
ceste ovre est sur tute science e sur tut sen
humain que Ueu od la charn que il de la
Virgine rechut. (fiots, p. 20fi.)
La car ot blance plus que pêne d'ermine.
(Raimb., Ogier, 1689.)
Secorrc viegne le bon Danois Ogier ;
Aine hoin de car n'en ot si grant mesller.
(1d., ib., 12367.)
Sa charz.
(Gebt., Best., Biit. Mus. AJd. 28260, f'QS'i ; P. Meyer,
Bapp.)
Un grant coutel a quisinier,
Qui sert de la car despicier,
A sour le dreceoir trouvé.
(Beaumanoir. Man., 681.)
Avant que la virginité
De la virge fust conneue
Ne vostre sainte cars venue.
(iD., ib.. 1162.)
Et si fisl mètre pain et c«retvin et quan-
que meslicrs lor fu. (Auc. et Nie, 4, 23.)
Et de cel avoient poi, et de c/iar fresche
nulle chose, se il ne l'avoient des chevaus
que on lor ocioit. (Villeh., 3 Itij.)
Biau très douz filz, bele char tendre,
Des geus d'amors vos veill aprendre.
[Base, B. N. 1573. 1° 109».)
— Fig., sang, famille :
Il est ordcné que l'en ne peut avoir ou
mestier (jue uneaprentice estrange, et ujie
de sa chav. (Ksr. boiL., Liv. des meut,, r'p.,
XLIV, 4.)
CHA
— Par ta chair Dieu, juron :
Par la char Dieu mar i venistes.
{Base, B. N. 1573, f 129».)
— Sentir la chair, être empreint de
grivoiserie :
C'est une fantaisie pour rire :
Les mots sentent un pou la chair.
[Farcp de muistre Mimin, Adc. Tb. fr., II. 349.)
cHAiBciiTEitiE, mod. charcutcrie, s.
f. , état, commerce de charcutier, ce que
préparent et vendent les charcutiers :
Rostisserie, chaircuterie, poissonnerie et
semblables. (B. Jamin, Tradnct. des dialorj.
de J. L. Vives, éd. 1576, Index, Macellum.)
CHAIRE, s. f., siège; siège élevé du
haut duquel on adresse un enseigne-
ment à des auditeurs.
Cf. Chaiebe, II, 33''.
CHAISE, s. f., autre prononciation de
chaire, chaise à dossier moins large que
le fauteuil et sans bras :
Deux chaezes de bois ados. (1420, /««««/.
de Vincennes, ap. V. Gay.)
Une grande chayze de bois doré. (1496,
Iiiv. du comte d'Aiigouléme, 280, ap. V. Gay.)
Une chnt/se de fer qui est garnie de ve-
loux. (159'7, ap. Laborde, Emaux, p. 200.)
cnALA.\DisE, s. f., affluence de cha-
lands :
11 est certain que puisque la mer estant
ainsi terrible et farouche trouve neant-
moins force chalans, ell'auroit bien plus
grande chulandise si elle venoit a eslre
amiable et graticuse. (II. EsT.,ylpo<.,p. 243.)
- Fig. :
Or me cuidai trop bien parfaite
Pour prendre ailleurs ma calandise.
Si me mis en la marchandise
Ou je sui ossi bien de taille
Que d'entrer ans une bataille
Ou je me trouveroie envis.
(Froiss., Poés.,n, 4, 93.,
Cf. IL 38'.
1. <:iiALA^T, S. m., grand bateau plat,
servant au transport des marchandises:
Li amiralz est issuz dcl calan...
{lioL, 2647.)
El desaancrez ce chalan-
(r.BREST.» Percev., ras. Montp., [" 47''.)
Chalans, batiaus, nés apresta.
(Wace, .firu/,9685.)
Amant Seigne s'en vont a nage
Al puni de! Arche e Asdans,
La ariverent lur chalans.
(Ben-, D.de Norm., Il, 3:212.)
Passèrent l'eve senz chalan.
[Thèbes, 74(J0.) B. N. 375, f" 56^ calant.
Ja tant ne venissent en chalam n'en dromun.
(Thom. de Kent, P. Meyer. Alex., p. 198, v. 63.)
Mer passerai en nef ou en calant.
(Raimb., Ogier, 6438.)
Tut les porz funt guaitier et de jor et de noit,
K'il n'î puisse passer, n'od plein chaleng-, n'od
[vuit.
(Garnier, s. Tkom., B. N. 13513, f" 42 v'.)
CHA
Tant aleient par mer a nef et a calant.
[Hist. de Ger. de Dlcw., Ars. 314i, f" 229 c°.)
E paser la mer in nales et in gallant.
{.\sprem., Itornv., p. 6.)
Charlanl.
[But. Lorjiàfer, B. N. 1448, f 193 7».)
J'ai .un. barges et si ai .nu. nés.
Et .in. Jcalans qui keurent par le mer.
[H von de Bordeaux, 2773.)
La nés Huon, u la damoisele cri,
Commence a croistre et treslote a froer ;
Ens .v*^. pièces est U calans voles.
(Ib., 6788.)
Va, si garde par lot et arrière et avant
Se tu troveras home que en Deu soit créant
Qui m'en vosist mener o lui en son clialant.
(Florence de Borne, B. N. nouv. ocq. 4I9Î, l- 75 r°.)
Navires et callans, galees et effrois.
{Cipevis, B. N. 1B37, f'oS ■)'.)
Et a l'endeniaiu trova l'en
. Par desous le bourt d'un calen
. Un enfant ki estoit noies.
[Mir. dé celi ki ot un enfant, Ars. 3527, f» 46'.)
Outre mer passerai a calant et a barge.
(liaud. de Seb., I, 237.)
Un chalon qui s'estoit aventuré en l'ayve
de Sarle. (137&, Proc.pour le prieur de So-
lesmes, A. de Solesm., .kiV s., 4.)
Et se porra servir ledit Peraton et les
siens de nostre chalan si aucun en avons
a nos pescheries. (1392, Ste-Croix, Moulin
de quatre roues, A. Vienne.)
Grant plenté de nefs elde calans. (Froiss.,
Chron., III, 347.)
— Clialant, ou chalant percé, bateau
stationnaire à compartiments percés,
servant de réservoir à contenir du
poisson, vivier flottant;
Un chaillan pe/-cé, chacun huisset, .ini. d.
(1438, Péage de Chàteauncuf, Déc/ni-. imp.,
Orl., Gibier, 1570, 1083.)
Poisson estant en estang, ou en fosse,
est réputé immeuble. Mais quand il est en
boutique, huche, chalan, gardouer ou reser-
vouer est réputé meuble. (Coût. d'Orléans,
art. CCCLV, Delalande.)
Cf. Chalan, II, 38=.
2. CHALAiVT, mod. chaland, s. m.,
celui qui va de préférence chez tel ou
tel marchand :
Gautier le Camus estoit accompagné de
dix autrescompagnons accointes elchalans
de la dicte rassine. (1404, A. N. J.1 1&9, pièce
26, ap. Duc, Chalundimn.)
Et que chascun veult appeler
Nouveaulx amis, nouveaulx chaîlans.
(CoQL'iLLABT, Plaijd., II, 49.)
Vrayement vous estez ung gentil chalant.
(PiAB., Quart Ho., ch. vi.)
— Adj., pain chaland, pain de mé-
nage :
Paris continua a avoir mancque de vi-
vres, le pain de ménage appelé vulgaire-
ment pain chaland ayant vallu... 8 sous la
livre. (Hec. concernant les désordres qui se
.lont passés dans le comté de Marte pendant
la guerre iSSUHS, p. 83.)
— Chalande, s. f., maîtresse:
Outre celles qu'ils entrctenoienl en leurs
CHA
CHA
CHA
27
maisons, ils avoyent leurs chalandes par
tous les endroits de la ville, fil. Est., Apol.,
I. I, p. 58.)
<_:iiALD.\iQiiE, adj., qui appartient
aux Chaldéens :
Abraham trouva les lettres caldeiques et
siriqut's. (Mer des hi/sfoir., t. II, f 30".)
CHALAsTiQUE, adj.. qui Telâche, dé-
tend les parties enflammées :
Avec quelque relaxatif chutantique. (L.
.loiJBERT, Gr. chii:, p. 227.)
CHALCE, mod. chausse, s. f., culotte,
caleçon :
La veissiez tante chance lacier.
[Loli., nis. Monlp,. lili".)
Il lui voloit ses i.hauces tendre.
( Vie de S. Gilles. 665.)
Li chanoine ont le cors vestu
De loz les dras que ordres fu ;
Uocheit. braies, calices, scandales.
(G. DE S. P*iB, M. S. Michel, 1223.)
Les calices de fer a caucies.
[Parlun., 68(J9.)
Unes caitches caucha dont la niaile est d'or mier.
Et a vestu l'aubert qui fu roi Morachier.
(liaufrey, 210.)
Et ly vorent baisier le caiiche et le seller.
(H. Capet, 4330.)
Chauce toi en bêle manière :
Tire ta chance u la lanière.
Si qu'il n'i ait pliqtie ne fronche.
[La Clef (J'aiiiouru, 377.)
Chausse, habillement de jambes, ou de
cuisses, jusques a la ceinture. Bas de c/iai/sse,
habillement de jambes. (Monet.)
— Sac d'étoffe de laine, de forme co-
nique, servant à filtrer des liqueurs
épaisses :
Fait tout ainsi qu'une cAoKsse a hipocras
ou qu'un jjain de sucre. (1.375, Bf.lleforest,
Cosmogr., part. 2, col. 855.)
— Tuyau des latrines :
Lire ici l'ex. qui se trouve à l'art. Causse,
II, 4^
— Chalce d'hijpocras, instrument de
supplice en forme de brodequin, que
l'on serrait fortement après y avoir in-
troduit le pied du patient :
Florent Venot fut six semaines prison-
nier dans un engin pointu par le bas que
les questionnaires appellent chausses d'hy-
pocras. (AuB., Hisl., I, 102.)
CHALCETE, mod. chaussettc, s. f.,
demi-bas que portent les hommes et les
enfants :
Avoit aconstumeil a porteir toz tens en
son sain une c/ia/ce<<e de son maistre Ilo-
noreit. (Dial. S. Greg., 12, 10.)
Grans dras ou cnucheles. (1282, A. mun.
S. Orner, lay. cxxxiv.)
La femme desliera les petites chances ou
chaucetles de cel homme. (Aucienn.des Juifs,
Ars. .^083, f" 102'.)
Cauchettes de layne. (1417, SUii. des bon-
net., lieg. des stat., p. 213, A. mun. Abbev.)
Chaussele, petite chausse. Chmissele de
toile qui se porte sur la chair, sous le bas
de chausses d'autre etofe. (Monet.)
— Souliers de force, entraves ;
Cauchettes poureschainierles prisonniers
en prison. (1583, Lille, ap. La Fons.)
Ung fort nocq et une maille pour clorre
une couchette. (1591, ib.)
<:iiALf:ETiER,mod.chaussetier, s. m.,
fabricant, marchand de chausses :
Pierres li i-auchetiers. l\ZZl, Cari. Ale.r.
de Corbie, B. N. 24144, f 186 r°.)
Lesquelz draps qui esloient de petite va-
leur esloienl achetez secrètement par phi-
sieurs cauclieliers... (1409, Oi-d., IX, 438.)
Quand nous voyons un homme mal
chaussé, nous disons que ce n'est pas mer-
veille, s'il est cliausselier. (Mo.nt., 1. I, ch.
XXIV, p. 77.)
Chaussetier, ouvrier en bas, et haut de
chausses. (1Io.net.)
— Chnlcetipre, f., marchande de
chausses :
Maroie le caucheliere. (1337, Cari. Alex.
de Corb., B. N. 1. 24144, t" 189 r°.)
ciiALCEURE, mod. chaussure, s. f.,
tout ce qui sert à envelopper le pied
pour le protéger contre le froid ou con-
tre les aspérités du chemin :
Et si l'en iras sans or et sans argent et
sans monnaie et sans cauceure. (S. Graal,
llucher, 11,120.)
Caurheure. {Ib., B. X. 2455, f 41 v".)
Chakeure. {Ib., f" 101 v°.)
Demain veste ceste chanse riche
Al tornoi, sans autre arraeure
For son hiame et chacheure.
De fer, et espee et escut.
{Des .111. cheval, et ilel chninse, Mont, et Ra^D., 111,
126.)
Sa vesteure et sa chusseu/'e. (1320, Cart.
de SIe Gloss. de Metz, B. N. I. 10024, S' 38
v°.)
Pié lort et de lede figure
Ne soit nu! temps sans chauceure.
{La Clef d'amours, 2505.)
Un cerf a l'impourveu, d'un pas gayement doux,
Sortant d'un bois prochain, s'est avancé vers
[nous ;
Sa rameure estoit d'or, d'or la forte chaiisseure
Qui de ses pieds légers marqnoit l'assiette seure.
(ScnELAND., Tyr et .S/'^, 2'' joiirii., I, 1.)
t;nALCiEE,mod. chaussée, s. f., bande
de terrain, souvent empierrée, domi-
nant une rivière, un étang qu'elle longe,
un marais qu'elle traverse, et servant de
chemin, de passage :
Ça devant ad une chatcee
U moint homme ad eu haschee.
(Huon ne Hot., l'rotlieslmis, B. iV. 2169. f" 32''.)
Que vus algez a la chacee.
(iD., ib.)
,lo dui guaiticr cole caîcee.
(ID., ib., !• 33'.)
Regues l'enchauce et ses nies Auberis,
En la chaude fu grans li fereis.
{tliir. te Loh., 3» chans., XXXV, p. 175.)
Par le cauchie s'en vont trestot a pié.
(Raimb., ngier, 8211.)
Emi lac/iouc/n'edeLille. (Ménestrel, nS.''
Une terre appellee le four et chaussie de
Chastelfort. (1387, A. N. P', reg. 1, f 6.)
Chaucee. {Reg. du Chat., II, 111.)
Les Flamens estoient tous rengiez a mont
haiilt sur la rhauchee. (Froiss., Chron..
B. N. 2(34i, f» 240 r".)
Se missent sus la cauchie qui va de la
porte a l'abeie. {lu.,ib., II, 249.)
La chaude du pont. (1401, Compt. de Ne-
l'ers, ce 10, f" 29 v°.)
En pavant les cachies del citeit. (.1. ni-.
Stavelot, Chrou., p. 104.)
Cf. Cii.^L'CiE, II, 94'.
<:iiAE4:iER, mod. chausser, verbe. —
A., mettre à ses pieds; revêtir, en par-
lant du haut de chausses :
Ains mieldres rois ne cauça d'esperon.
(Raiub., Ogier, 214.)
Et Morchufles chauça les hueses vermoil-
les par l'aie et par le conseil des autres
Grex. (ViLLEH., ^ 222.)
De vestir et de chaucier, de boivre et de
mangier... (Est. BorLE.\u, Lio. des mest., V
p., L,13.)
Adam ne Noé ne cJtaiissa,
Ne iioz pères d'antiquité,
Telz solers.
(EusT. Desch., III, 95.)
C'est voir, et, par foy, s'il ne s'emble,
Nostre desjuner paiera,
Ou chausse ne soler n'ara
Huy a chaiissier.
{Mir. de N. D,, III, 176.)
Chausser, couvrir de chaussures ou les
pieds, ou les jambes, ou les cuisses. (Mo-
net.)
— Avec un rég. de personne, mettre
(à quelqu'un) ses chausses, ses chaus-
sures, etc. :
Espérons d'or li ont chalclez
De bon orfrcis cncorreiez.
{Eneas, 6397.)
Quant veslimes te et catzames
Et en qol leu te herherjames.
[Lib. de Antéchrist. Ara. 3045, f» 21 y».)
Vos me vestistes et caîçasfes ,
Et boire et mangier ne donastes.
(Ib., f" 22 r».)
— Par extens :
El destrc puign si li faites chalcier (le gant).
{Rot., 2678.)
— Chalcier à un même point, être de
même luimnur :
Hz veulent chausser tout chacun a un mes-
me poinct, et une mesnie forme. (C.\nai'I'E,
Trad. de Uni île l'hanl.. uh. sing.)
— Fig., avant que les chats ne soient
chalcies, de très grand matin :
Puis troussant ses quilles, sans rien ou-
blier, sinon dirj adieu et remercier son
28
CHA
lioste, partit et s'en alla devant que tes chais
fussent chaussez. (Lariv., A'«jf/s de SIrap.,
-MI, V.)
— Fig., chalcier les l'perons à qqn,
poursuivre de près qqn qui s'enfuit:
Les nostres qui leur chaussoient les espé-
rons de près en firent un grand meurtre.
(ViGE.N., Comm. de Ces., p. 359.)
Il m'entretint de cette fable : qu'il venoit
d'estre rencontré n une demie liene de la,
par un sien ennemy, leipiel je cognoissois
aussi, et avois ouy parlerde leur querelle;
que cet ennemy lui aïoit merveilleusement
chaussé les espérons: et qu'ayant esté sur-
|)ris en desarroy et plus l'oible en nombre,
il s'esloitjettéamaportea sauveté. (Mont.,
I. III, ch. xu, p. 190.)
Le mareschal de Biron, qui chaussa les
éperons d'une si bonne manière a ces Es-
pagnols, qu'ils ne prirent plus envie de
revenir attaquer les François. (VuLS.,//c»(m.
i/L, Biron.)
— Chalcier ses lunettes, les mettre
sur ses yeux :
Gens de bien, Dieu vous saulve et guard.
Ou estez vous ? Je ne vous peuz veoir.
Attendez que je chausse nies lunettes.
(Hab., Quart tin., prol.)
— D'une manière analogue, chalcier
ses besicles:
Bon homme, passez vostre chemin, vous
me prenez pour un autre; et chaussez un
peu mieux vozbezic/es une autrefois. (Tour-
XEB., les Contents, II, 3.)
— S'infatuer d'une idée, d'un senti-
ment :
A fin que venant l'Empereur a mourir,
toutes ces offrandes fussent présentées au
royet roine d'Angleterre, lesquels, n'ayons
chaussé l'obstination du père, se lairroient
réduire a party convenable. (Du Villars,
Mém., V, an 1554.)
— Réfl., revêtir une chaussure:
.V la guise de France s'estelt calrat.
(Gei: de Ross., p. 313.)
— Chaînant, p. prés., qui va au pied.
— Chaussé :
J'ay piez ronds et pcliz,
Bien chau.'isftus.
(EuST. Descii., IV, 8.)
CHALCiTE, s. f., minerai, sulfate de
cuivre :
De la calchite, qui est un atrament plus
noir. {Sat. Menippee, 337, Labitte.)
En l'isle de Chipre, on fait aussi l'airain
de la pierre chalcitis : mais ce cuyvre fut
incontinent a vil prix, a raison des mines
de franc airain et mesme pour raison de
l'arcon ou letton. (E. Binet, Merv. de nat.,
p. 231.)
CHALDEL,mod.chaudeau, s. m., bois-
son réconfortante, lait chaud bouilli avec
du sucre, des jaunes d'œufs et de la
cannelle :
Ainz icrt mesires detrenchiez et ocis
Ains a mort home ne vi chawJel preslir.
[Loh., nis. Montp., f° II".)
CHA
Li mires fut sages et bien apris.
Herbes destrempe et un chaudel en fist.
{Gwiii le Loh., »• chiins., XXXII.)
Chiddel.
(Beh., Truie. 16249.)
Li vieille a tant dit al vallol
Que li fait user un chaudel.
(Gadt. D'An»., Eracle, 4223.)
D'un capon alornc moût bel
De chieres lierbes au caudet.
(Beaumab., y^/i. (•/ lil., 631).)
Puis, potage ou chaudel. (Gloss. lat.-fr.,
ms. Montp. H 110, P 214 r".)
Ung chaudel d'amendes. (Ger. de Nevers,
sign. G iii r", éd. 1520.)
Jusques au nombre de .xiii. a .xiui. per-
sonnaiges qui estoient des nopches Jehen-
net Caude le jour du caudeau. {[i91, Compt.
faits p. ta ville d'Abbev., B. N. 12016, p. 59.)
Car après mort, lors fait on le chaudeau.
[Contredictz de Sony^creux, 1° 164 v".)
C'est Roger qui vous accolla
Au soir, et gaigna le chauldeau.
{Farce d'un amoureux, .\uc. Th. fr., I, 218.)
Lettre de rémission accordée à Jacquet
Marchant, de Douai, auteur du meurtre de
Jacquet liaoul, homme du guet, par lequel
il avait été rencontré durant la nuit, lors-
qu'il se disposait avec d'autres jeunes gens
.. a porter caudel selon la coustume des
noepces a la fille d'Antoine Maugré, nou-
velle mariée ». (1544-45, Chambre des comp-
tes de Lille, B 1756.)
Cf. Chaudel, II, 94=.
CHALDEMEivT, adv., avec chaleur, de
manière à avoir chaud :
('lialdeinent se vesteit.
(Gar»ier, .«. Thom., B. N. 13513, !' 95''.)
Bien fu vestue et chaudement.
(Itose, 403.)
Se vestir chaudement.
(G. Meue., Très, des sent.)
— Tout cliaud :
Laict d'asnesse pris chaudement. (Paré,
1. .XX, 1'° p., c. XXXV.)
— A chaudes larmes:
Hz avoyent tousjours les yeux fichez sur
leur maistre,en larmoyant fortc/murfeme«<.
(Amvot, Paul Ein., Vies, p. 931.)
Tout esmeu de pitié de le voir larmoyer
chaudement. (Nie. de Montreux, Sec. liv, des
Berg. de Juliette, f 196 v".)
— Par tin mouvement de vivacité :
Occision est dict quant le fait n'est mie
advenu de propos délibéré, mais est fait
chauldemenl. (1517, Coût, de France, i" 201
v°.)
— Avec ardeur ;
Et chassèrent Franchois chaudement. (J.
Le Fevre, Chron., I, 230.)
Respondirent chauldement qii'ilz estoient
bien seurs de ce que ils disoient. (Comm.,
V,16.)
Je vous pry que exécutons chaudement
ce que nous avons a faire. (J. nu Bleil, Le
Jouvence!, I, 190.)
CHA
Ça, genlilz bergiers, des nouvelles,
Chaudement tandiz qu'elles durent.
(A. GnEDAN, Mi.sl. de la Pass., An. 6431, 1° 33=.)
Tu, t'en yras tout chaudement
Faire ung messaige a peu de moz.
(ID., ib., f" 39'i.)
Depuiss'estant addonné p]as chauldement
a cest estude, il fut tenu non seulement
pour le meilleur orateur, mais aussi pour
le meilleur poète des Romains de son
temps. (Amyot, Demosth.)
Cylippus ne fust pas plus tost arrivé de-
vantSyracuse, qu'il rengea tout chaudement
ses gens en bataille pour aller assaillir les
Athéniens. (Id., Nicias, Vies, p. 2001.)
Souvent il lui prenoit envie daller tout
chauldement trouver Darius en quelque part
qu'il fust. pour mettre tout au hazard d'une
bataille. (Id., Alex, le Grand.)
Vous y allez trop chaudement.
(J. A. DE Baif, l'Eunuque, II, 3.)
ciiALDE PISSE, s. f., blennorrhagie :
Et si aient le chade pisse.
{Des .xxiii. manière.'/ de vilains, p. 14.)
La chaude pisse, ou ardeur d'urine. (Paré.
XVI, XVI.)
CHALDEKOiv, mod. chaudron, s. m.,
petite chaudière, habituellement en cui-
vre, pour faire cuire des aliments, pour
faire bouillir de l'eau :
Trepier et chauderon
A brasser son boilton.
[Clustill. au rilïain, Montaiglon et Raya., II, 152.)
Hugo Chauderons. (1231, Chartes de Beau-
voir, Lalore, p. 203.)
Chaderon. (1278, Coll. de Lorr., 977, B. N.
pièce 7,)
3 chauderons de Beaucaire. (1316, Invent,
de Louis X, ap. V. Gay.)
.III. caudertms àt roces etdeblanc pisson.
(1319, Contre somme des dépens, de lacomt.
de Hain., f° 31 r°, A. Nord.)
Un ca«rf™«a brocheron pour laver mains.
(1324, 2' Inv. des dominicaines d'Arras, ib.)
Une chaudere et un chaudron. (1329, la-
vent, de Mad. Ysab. de Mirande, .K. Vienne.)
.11. chaudières, .iii.petiz chauderons. {iZ^'i ,
Invent, de meubl. de la mairie de Dijon, A.
Côte-d'Or.)
Un noir caudron. (1440, E.rèc. test, de
Caterine Machiquete, A. Tournai.)
Un chadiron. (4 nov. 1444, Invent., Ch. des
compl. de Dijon, B 11881, A. Cote-d'Or.)
— Espèce de poisson :
Le poisson que les François nomment
un e/ia«Wcon estpristes.(BELO.N',PoîSs. mar.,
I, 48.)
CHALDEROiviER, mod. chaudrounler,
s. m., marchand ou fabricant de chau-
drons, de marmites et autres ustensiles
en cuivre, en fer battu :
Chaudronnier. (1277, Cart. de Jouarre, H.
N. 11571, f 55 v°.)
Estevins li ckadereniers. (1314, Ch. de
l'offic. de Besanç., A. Montbéliart.)
Cauderonnier., i^Zl, Cart. Ale.c. de Corbie,
B. N. 24144, f 187 r°.)
CHA
CHA
CHA
29
Jaques li cauderonnlers. {W., f" '239 v».)
Chauderongnier. (Oiiesmf,, ywurfi (/j., li. N.
1348, P 187 v°.)
A Jehan de Iticliebourt, cliauderoimier,
pour un long colTre de boys, l'erré par de-
dans, pour mcLtreun citTgeardeuL de nuit
en la chambre de Madame Jehanne de
France. {Comptes royaux de I38S. ap. La-
borde, Emaux, p. 20-2.)
ciialdi;ro\>ee, mod. chaudronnée,
s. f. , ce que tient un chaudron :
Chausderonnee d'huile d'olives. (T' fév.
■1473, Mantellier. II, 284.)
De grandes c/iaudronnees de maulves et
chardons. (['. Boisteau, Thédt. du monde,
r 71 v°.)
Vnechaudrouneeàt lr\\ies. {Compère Math.,
C. IX.)
cHALDiERE, mod. chaudièi'e, s. f.,
grand vaisseau de métal* où l'on fait
chauffer, bouillir qqch. :
Moab est cftaWiece de mun bacin. {Liv.
des Psaitm., Cambr., CVII, 9.)
Et ie hrouet des caudieres humer.
{Alise, 3791.)
Lor catdiere i ont obliee.
;.S. Brandan, Ais. 3516, t" 102'.)
Lor chaudière que il perdirent.
(/6., 1" 103''.)
En mes c/(rtW(?rey de Salins. tI246, .V. Jura
r., n" 419.)
Et se li estains est boins, il soit mis es
grands draps, et se il est menres, il soit
lains en noir de kaudiere en le veue des
diz rewars. (30 jiyllet 132S, lieg. de la vine-
rie,drapperie, 1343-14.^1,1'° 14, A. Tournai.)
Le i-oHt/iwpappertenans a le dite wisine.
(15 août 1333, C'est Jukemo?i Galet, chir.,
St Brice, A. Tournai.)
.\s cattdtres s'en vint, le brouuet respandoit.
{Chevalier au Cygne, 77îj9.)
Catidiere.
{U. de Seb., MI, 308.)
Chaudieire. (Ts., Maz. 382, 1'° 270 V.)
Chaudière. {Cutholiron, B. N. 1. 17881.)
Ilh le feroit bollircn unoc/(0»(^ï'e/'e. (Jeu.
I.E Bel, Citron., p. 60.)
Et ci trouvèrent (les Anglais) plus de
400 chaudières faites de cuir a tout le poil.
(Froiss., I. I, part. 1, ch. .\i.iv.)
Sur le chemin sont bains chauds, (jue
eeu.\ du pavs appellent chaudières. (Saliat,
lier., VU.) "
CHALEMEi., mod. clialumeau, s. m.,
tuyau de roseau, de paille ; chacun des
tuyaux qui s'adaptent au corps de la
musette ; flûte champêtre :
La meie langue thutemeals d'escrivang.
[Lib. l'salm., 0.\f., ,\LIV, 2.) Lai., calamus.
Deus chaîemels de fin or pristreni.
(£•«««, 6467.)
La veissie;^ \allez cscuz tenir.
Ces chalemais. ces violes tentir.
{Lolt.. [US. Montp-, f" 56"=.)
La veissiez tant danioisel venir.
Et les puceles Irccier et esbaudir,
Et chetemiaiis et violes tentir.
{U., f« 92'.)
Ces caîeitiauz soner et esbaudir.
{Ib., Yat. Urb. 37S, i' 23'.)
Et ens el bec de l'aigle avoit .1. caîemiel :
Quant li vens se fiert ens, si cante si 1res bel
Que mius vaut a oir que llajot ne l'estiel.
[Houiii. d'.ili.e., f" 12'.)
Kallun ne prise vaillant un calemel.
(Baimd., Ogier, 6680.)
La peussies oir -m. calimels cantant.
{Les Ctietifs, B. N. 12558, f» ISÎ''.)
La oissies soner plus de .m. olifans,
Grelles et chalemlaus et buisines bruians.
{Gui de Bourg., 1376.)
Li calemiaus est une espèce arromatique
d'encostele mont Liban. (Guiart, Bible, Ex..
LXXXII, ms. Ste-Gen.)
En Malpertuis sounnent tabour,
Flahustes, tymbre et ccdimieî.
{Benart te nouvel, 1068.)
Ceus ménétriers pristrent mantinant a sonier
Tubes e caramaus e après a arpier.
{Prise de Pamp., 1357.)
Pipes, canemeaus et flagos.
(Proiss., Poe,ï., B. N. 830, f 282 r".)
Faisoit sonner chalumeau.r, cornemuses.
(Cl, Marot, Temple de Cupido, p. 5.)
ciiALE\ço.\, V. Charançon. — cha-
LEivDES, V. Calendes. — chalevaly,
'V. Charivari.
CHALF, mod. chauve, adj., dégarni
de cheveux :
Or en vien, dan calf, or en vien. (Rois,
p. 351.)
Devant le rei sunt dune venuz
Juvenes, vels e cafs, veluz.
{Conquest ofireland. 1284.)
.1. filz avoit cil seneschaus
Qui de cheveus ne fu pas chaus,
Ainz ot bêle cheveleure.
( Vie des Pères, B. N. 23111, (» 81'.)
Ne remest en la vile ne chauf ne chevelu.
{Berte, 3337.)
Au temps Karles le cnuf. {Cliroii. deTurp.,
B. N. 7009, f 148'.)
Qu'est ce, dit il, danz Pois li chaus?
{Du Vil. qui conq. paradis, B. N. 19152, f° 47 v».)
Challe le chauf. (Chron. de S. Den., ms.
Ste-Gen., i° 187^)
Dolans fu a son cuer li fieus au roy Charlon
Celi qu'on dit le Chauve, en France le roion.
{Bom. de Ch. le Chauve, B. N. 24372, f° 8°.)
Le nay sera calve des deus parties du
front. (Oresme, Quadrip., B. N. 1348, 1'° 151
v°.)
Charles le ckaulf. [lli.'if. de--* emp., Ars.
5089, r 174 r".)
Les chevevix luy cheent de la leste, il est
calve el net. (I>e Fevhe d'Est., Bible, Lév.,
XIII.)
Les eunuques ne deviennent pas chauves.
(JouB., Gv. chir., p. 477.)
— Fig., Voccasion est chauve, il est
difficile de la bien saisir :
Le roy eust bien voulu prendre l'avis de
la reyne sa mère et de Monsieur avant que
résoudre celle allai re, mais considérant
que /'ocrasion est c/iauve, ei que ':i"i\ n'y me\.-
toit ordre présentement avant que de par-
tir d'icy, il ne le pourroit faire par aprez
qu'avec de grandes ditlicultez, il a esté con-
traint de passer a Tcxecution sans attendre
de leurs nouvelles. (Iîichelieu, Leti. itouv.,
an 1628, III, 148.)
— D'une manière analogue :
Qui a le tenis a propos et le laisse per-
dre, tard ou jamais le recouvre: l'occasion
est chauve pdiV derrière. (Fr. D'A.MBOisE,.Vert-
poL, m, 12.)
CIIALIUARI, V. CnARIVARr. — CHALIT,
V. ChaALIT. — Cil VLIVALI, -ARI, CIIAL-
LEVARY, V. ChaIUVAUI.
CHALOIR, verbe. — N., impers., avoir
de rintérèt pourqqn.êtresujet de souci,
importer :
Dont ici nonque chïeH.
[Eulalie, 13.)
Non oct ob se cui en calsist-
{Vie de S. LégeT, 164.)
De ço cui cuit ? n'eu avrunt sucurance I
[r{ul., 1405.)
Dus Auberis i pert molt cîe sa gent,
Ne puet chafloir, quant il sont la dedens.
{Loh., ms. Monlp., t" 132^)
Tristran, s'a vus parlé eusse,
^Je me calsist se puis moruse.
[Tristan, H, 1619.)
Venes avant, baron, ue vous caitt d'eslongier.
{Fierahriis, 3602.)
Mais ne vous caut trop a prlier,
Car n'ai cure de son dangier
Ne de manace n'ai je cure.
{Siège d'Ataiiies, B. N. 793, f IIU v*. col. 1.)
Mais nos cal avoir regart
Que Franssois sont Longobari.
{Servenlois du l'oi Bich., au dauphin d'Auc, ap.
ter. de Lincy, Hec. de Ch. hist., 1,67.)
Se vos braies, moi k'en chaille?
[Chans., ap. Bartsch, Bom. et Past., n, 4, 41.)
Del escondil ne li calott
Que sa tille fait li avoit.
(Beauman., Maneliine, G2b.)
Laissies crier ; ne puet caloir,
Jo ne pris de rien son crier.
(Ren. de Beaujeu, Le Bel DescQiineuy&M.)
Et quant toz en trera les buens,
A nos que monte ne que qiialle
De tormenter ceste rasqualle
Qui ceeuz ovec nos remainl ?
{Evang. de Nie.,'!" vers., 161^.)
Il meismes contre aus aloit.
Si comme chil qui ne calott
D'estre orguilleus ne dangereus.
{Mir. de S. FAoi, p. 44.)
Le vilain s'en retourne, a qui il n'en chalut ;
De ce que la voîz dist. certes riens il ne crut.
{Dit de Merlin Mellot, ap. Jub., Nouv. rec, I, 13o.)
Sire, chil U respont, ne vous caille esmaier,
Que chen sera lest fet, se Des me veut aidier.
{Doon de Maience, 3779.)
Et se ge sui fox, ne vous chaille.
(Rose, 7249.)
Combien que bon cuer leur fausist.
De (cl faute ne me chausîst.
{Ib., 9699.)
Chaleir.
{Dial. de S. Orég., ms. Evreux, f* 47 v**.)
L'ardente flamme amoureuse n'a espar-
gné ne sang royal, ne vertu, ne courage,
ne ne luy o challu de la grande proesse ne
30
CHA
CHA
CHA
de la Uivrp. coiporelle qui estoit en Troy-
lus. (Ti-oHui, I.)
No de Grec ne de Trojeti no me chalil
oncques. (/&., VI.)
Le conle de Poeticrs deniamla au conle
de Foreslz qiril lui laissasl Haimondinson
nepvcu. et ()u'il ne luy r/m«ss/s/ jamais de
Iny, car il le poui-vi>i]-iiil bien. i.l. h'Arras.
Melm., p. 27.)
Hz sont maintes femmes auxquelles ne
leur c/ifti/lt. mais que leur voulenté soit
faiete et accomplie. {Lw. du C/iev. de Ln
Tour, c. .\LV.)
A la requeste de son oncle qui lui dist
qu'il ne lui cnchaiisist. (1398, Grands fours
de Troi/es, A. N. X'» 918.'j, f 32 v».)
Ne m'en chaut, respondi messires Jehans
Chandos, je n'ai mesliui nulle volenté de
chevaueier. (FKOiss.,Cfe'0?i., VII, 199, Luce.)
Tu y trouveras grant reconfort et conso-
lation en tes tribulations et ailversitez, et
ne te chauldra guère d'estre mesprisé du
monde. [Inlern. consol., I, 1.)
Qu'il ne luy souvinsl plus d'elle, et ne
luy en chalusl point. (Marcial, Arrests d'a-
mours, XXV.)
A quoy le doyen respondit qu'il ne luy
en chnulsisi, et (|u'on l'en absouderoit. (Du
Clercq, Mém., 1. IV, ch. i.\.)
Vien, si onques
De tes enfuDs te chalut-
(i:l. Mar., Psalm., XXXVIU, Ji. 199, éd. 1596.)
EsGOule noz pl.-nnles donques
Si de nous to chalut onques.
(JoACH. DU Bellaï, Recueil de poésie... A Phœbus,
f» 84 r", éd. 1569.)
Puisque nous sommes menacez de tant
de façons de mort, n'y a il pas plus de mal
a les craindre toutes qu'a en souslenir une?
(Jiie cfiaul il i|uand ce soit, puis qu'elle
est inévitable. (Mont., liv. I, ch. .\ix, p. 43.)
— lîéfl., avoir souci, se soucier;
La chaste Pénélope eut bien une bonne ame.
Qui de son cher mary si longuement se chaut.
[}. A. DE Baif, Pusselems, 1. IV, f« 100 v.)
Qui de haine et rancueur meurdriere
De tes loix ne se chalans guiere,
Maudits s'entrevont guerroyant.
(ID., Mimes, i' 21 r».)
— A., sans en chaloir la maille, sans
regarder à la maille, à la dépense :
Puis, quant ce vient que vous estes aux
[champs,
Pour que le cueur trop souvent ne leur faille,
Il fault du vin pour mieulx passer le temps.
Boire a plain pot, suns en challoir la maille,
Tousjours avoir ou Uacon ou bouteilles,
Ne demeurer sans vin en la cuisine.
[Caq. des bonnes ckwitlicr. , Poés. fr. des xv« et xvi"
a., t. V, p. 75.)
Cf. Il, 43'.
ciiALOR, mod. chaleur, s. f., tempé-
rature élevée d'un corps ; sensation de
chaleur ; lîg., ardeur, feu, véhémence :
Ne n'est ki se repunet de sa chalur. (Liv.
des Psaum., Cambridge, XVIII, 6.)
De si chalde nature sont.
Que se dosus lor oes seeienl.
De lor chalor toz les ardreient.
[Eneas, 4040.)
Alsi sunt enspris de cliarror de droiture
encontre les culpes des l'orfaisanz. (Jnh, li.
N. 24764, (° 2 V; Ler. de Lincy, p. 442.)
Mais (|uant, ja paisieble lo cage de la
pense, li chaires de temptation s'en serai
aleiz, dunkes sont il garde des vaisseaz.
(Dial. S. Greg., p. 60.) Lat., calor.
Chialur. (Marh., hipid.. li. N. Iii70, f
10 r".)
Kaleur.
{Cant. des cant., ms. du Mans 173, f» 54».)
S'oi lesraoîgnier au plus saîges
Que lez et burres et fromaigcs
Assez plus grant chu/or atrait
A luxiu'e que chars ne fait.
(GuioT, Bible, 1412.)
Chatllour.
(J. de Condé, Dit, ii. N. 1446, 1" 167 r°.)
La. chaulor. {Serm.. ms. Metz 2(52, f" 81'.)
Ou li feus art et brulle. et renl telle lumière
Et si grande caurreur et de telle manniere.
(IS. de Seb., XV, 515.)
Pour le ralleur qu'il avoit fait ce jour.
(Froiss., C/iron-, VI, 310.)
Si coin noire ont pour la chaluur
Ethiopiens la coulour,
Ainsi...
(Chr. de Pis., Lomj est., 1557.)
CHALOUREUS, mod. chaleureux, adj.,
qui montre, qui manifeste de la cha-
leur ; en parlant de chose, chaud ; ar-
dent, au propre et au figuré :
Geste saison futmoultc«He/'e!<se. (Froiss.,
Chron., Kerv., .Wll, 475.)
Paroles chaleureuses. (1398, A. N. .1.1 153,
pièce 367 ; Duc, Calidameya.)
Tremblant de froid en manoir chaleureu.v.
(Ch. d'Orl., Bal., 112.)
En temps chaleureux. (Molinet, Chron...
ch. CXLIX.)
Aestivosus : chaloureu.r.. (Nebrixa, Le.ric.,
éd. 1538.)
Tu sçais que vaut mixtionnee
La drogue qui nous est donnée
Des pais chaleureux.
(KoNS., Od., Il, XIV, Contre Denise aorcière.)
Terre, de noz oz en Ion sein chaleureu.v
Naisse un arbre au printemps, propice aux amou-
[reux,
Qui sur nos tombeaux croisse en un lieu solitai-
[re.
(Id., Sonn. pour Hélène, I, v.)
Régions chaleureuses. (Mo.st., liv. II, ch.
XXXVII.)
Lors que la chienne en colère
Rend ses abois chnloureux.
(R. Bellëau, Œuv. poêt., l'Ombre, t. Il, p. 40 r".)
Voyant le feu d'un brasier chaleureux.
(Vauq., Sonn., 4.)
Viandes chaleureuses y ont beaucoup
d'effect. (.1. (^i. P., Ocult. merv. de nat., p.
58.)
Vous aussi qui fuyes le soleil chaleureux.
(0. DE Magnt, Sousp., III.)
User de receptes et de philtres chaleu-
reux. (G. BoucHET, Serees, XXIII.)
Et tandis qu'aux moutons les loups ferontla guer-
Que l'hyver sera froid et l'esté chaleureux, [re,
(Despobt., Eteij.. I, xni.)
Aux mois les plus chaleureux de l'esté.
(ID., ib.)
(Il) les divisa (les ans) en quatre saisons,
dont le Printemps qui estoit éternel aupa-
ravant lit la première, l'Esté chaleureux la
seconde. (1040, N. Renouard, Les Mélatn.
d'Oo., p. 7.)
<;ii.\i,oi;iiEU.SEMEXT, adv., avec cha-
leur, d'une manière chaleureuse:
En ladite mellee, qui estoit menée eha-
loureusement et sans aguet... (1360, A. N. J.l
88, pièce 78; Duc, Aventurerius.)
— Dans la première chaleur de l'em-
portement, précipitamment :
Et se on a.trouvé la couppe en son sacq,
se ne le fault il chalereusement jugier lar-
ron. (FossETiER, Cron. Mari]., ms. Brux., I,
f° 91 v°.)
cii.uLS, mod. chaux, s. f., oxyde de
calcium, alcali minéral :
Et il Est chauz et pierre atraire.
(Wace, Rou, 3" p., 5079.)
El je pris d'oile .i. grant sestier,
Soltre et aluin, et chalz et sel.
[Dolop., 8318.)
Et cheste tor de cauc et de mortier
Trebuschera conlreval cel rocher.
(Raiub., Offier, 4950.)
Namies regarde par deles un doignon
Et voit venir lîroiefort l'arragon
Ou il traioit le cauch et le nioilon.
(Id., ib., 10550.)
Chaus vive.
{Rose, ms. Corsini, f" 27".)
E de fere i la chous, et de sablon foir. (De
Josl., IV, 19, 2 1.)
Et porter toute jour le kauche et le sablon.
{Ctiev. au Cygne, 15641.)
Chauz vive. (1294, A. N. ,1 387, pièce 12.)
La. caus. (1376, Terrier de la poterie Ma-
thieu, f° 30 r", A. Eure.)
Getter piereset feu et pos plains de comcA.
(Froiss., Chron., II, 93.)
CHALT, adj., qui a une température
élevée ; qui fait éprouver une sensation
de chaleur à une partie du corps ; ar-
dent, brûlant, au propre et au figuré :
... Nos espees sunt bones et Irencbanz
Nus les feruns vermeilles de chald sanc.
{Rol.,Ui.)
De si chalde nature sont,
Que se desus lor oes seeient.
De lor chalor toz les ardreient.
[Eneas, 4040.)
Quant les rhalz et les tendres (pains) i
furent posez, (liois, p. 84.)
Biaus fut li vespres et chaus fut li seriz.
{Loh., B. N. 16-22, f» 197 r\)
Une eure est cals, et autre frois.
{Ben., Troie. B. N. 375, f" 96'.)
Ce dist Telamon Ajaus,
Que il est si vaillans et caus.
Et tant avoil l'ost sccorue,
O la trencant espee nue.
(ID.. /*., I' 112'.)
A caudes lairmes et a plors.
(Parton., 4225.)
D'ire et de duel fu plus caus d'un brasier.
(Raiud., Ogier, 4163.)
CHA
Caude est la maille de l'aubcrc jaseranl.
Ne pol solTrir l'acier ne tant ne quant.
(ID., il)., 8057.)
El. i sordoient li baing chaut U plus bel
de toi le monde. (Villeh., G -1^)2.)
Ilom chttl mal ail et menison
(ROB. DE Blois, B. N. Î4301, p. S14I'.)
Morgan?, fu une des plus chaudes famés
qui fust en toute la si-anl lîrelaifîno. (Ar-
tur, B. N. 337, P IST'.)
Nus clers d'aprendre n'est mes chaus.
(G. DE r.oiNCi, Mil-., ms. Soiss., i' 27s)
Par le temps chaut, sos estes sages.
Vous devez tenir es urnbrages.
(La Clef d'amours, 2637.)
Parmi le sablon chaut et ardent. (Ménes-
trel, S 155.)
Li jors esloit caus. (Id.)
Quo raorir te feray en caut oUe bouljant.
iCtienalier au Ci/fine, 1SH67.)
Gros jambons y eut au chautt poyvre.
(Gages, Deduiz, Ars. 3332, f° 23 v«.)
Ces nouvelles vinrent jusques au roy
Jehan, qui estoittViUiïietsoudains. (Fnoist,.,
Chron., IV, 76.)
Couroient ses gens toutle pays d'environ,
et ne laissoient riens a prendre, se il n'es-
toit trop chaut ou trop pesant. (In., ih.,\l,
177.)
Il le fist poursuyvir par les sergens du
roy, qui tousjours en chuulde chasse le sui-
virent, tant qu'on le chassa. (Bout., Somme,
■ 2' p., f° 56% éd. 1486.)
Mais par ee j'oz puissance et force
Et du veoir fus si amorse
Qu'en corps ne me grevoit n'a l'ueil
Trop chault ne lueur de souleil.
(f.riR. DE fis., Loiii) est., 1793.)
Vostre manière fut trop caidàe.
(La Correction des Liégeois, Aoal. leod., v. 9.)
Vous leur devez fort courre sus.
Et les poursuivre a chaulde chasse.
(Mist. du siège d'Orl., 1322.)
Toutefois le peuple s'opposant a leurs
chaudes poursuiltes, défendit Clodius.
(Amyot, J. Cœs.)
Voila le seul moyen de luy faire laisser
la poursuite en laquelle il est si chaud.
(TouRNEB., les Contenu, V, 1, Ane. Th. fr.,
VU.)
Si cet advis ne m'estoil donné de bonne
part, je n'en prendrois et ne vous donne-
rois aussy l'alarme si chnulde. (Lellr. miss.
de Henri IV, t. IV, p. 763.)
— Iroiiiq. :
Voila une chaude nouvelle !
Vraiment, lu me la bailles belle ;
Tu viens pour te gausser de nous.
(Godard, tes Desguis., V. 4.)
— Loc, cela ne me l'ait ni chaud ni
froid, cela m'est indilïéi'ent :
El se lu aimes, a moi qu'en chaut ?
Ce ne me fait ne froit ne chaut.
(Rose. B. N. 1573, t» 27=.)
— A la chaude, loc. adv., dans la
première chaleur, dans le premier mo-
ment, sur l'heure, tout aussitôt :
Ce conflit s'estoi l fait a !a c/(a«(/e avec tout
ce (pi'ils purent trouver sur le champ.
(Amyot, llist. Etliiop,)
CHA
Un Suisse ayant surpris sa femme en
paillardise, porta patiemment ceste injure
pour lors; mais luy ayant pardonné a la
chaude (au contraire de ce qu'on voit ave-
nir ordinairement) la tua quelques jours
après de sens froid. (II. Est., AijoL, c. J8.)
Ce roy ne fil point ceci a la chaude, mais
avec longue et meure délibération. (In., io.,
Disc, prél.)
Mais dans bien peu de jours j'espère quo la fraude
Se verra descouverte et punie a la chaude,
(ScilELANDR., Tijr et Sid., i' jonro., Il, 8.)
Le corbeau paravanl blanc fut l'aict noir
par Apollon pour avoir descouvert que Co-
ronis faisoit l'amour avec un autre, car a
la chaude Ajiollon la tua d'un coup de
llesclie. (16't0, N. Wet^ov \\m, Mélam. d'Oo.,
p. 63.)
A la chaude, précipitamment. (Monet.)
— En parlant de bataille, vif, san-
glant, acharné ; au plus chaud de la
meslee, quand la mêlée est plus chaude:
Les Numides gendarmes menoient en
main un second cheval, pour changer aJi
plus chaud de la meslee. (Mont., hv. I, ch.
.\LViii, p. 184.)
— Sur la chaude, quand Faction est
chaudement engagée :
Et a tousjours esté conseil hazardeux,
de fier a la licence d'une armée victorieuse
l'observation de la foy qu'on a donnée a
une ville, qui vient de se rendre par douce
et favorable composition, et d'en laisser
sur la chaulde l'entrée libre aux soldats.
(Mont., liv. I, ch. vi, p. 14.)
CHA
31
— S. m., chaleur:
de \'a-
E faciebat grant chcdt. (Fragm
lenc, v°, 1. 10.)
Si vint grantesmes chalt super caput
Jone. (Ib., 15.)
Pur sun seignur deit hum sulfrir destreiz,
E endurer e granz caU et granz freiz.
(Bol., 1010.)
Apres le chaut c'out pris li filz Karlon
Moult fu malades, s'en pesa maint baron ;
Enz en son lit le couchent sanz tençon.
(Les Loti, Ars. 3143, I' 5I«.)
Del chatz del sablun.
(P. DE Tbaun, Best., 620.)
Oste sa guinpit ^ le caut qu'ele avoit.
(Raimb., Ogier, i029.)
liiaus fu li jors, lieve li caus.
(Ben., Troie, 6. N. 373, f 83».)
Au plus chaut de l'année.
(G. GUEROUIT, Blas. des oys.)
Monsieur attendoit le chaut a passer.
(B. Uesf., Nouv. recréât.. f° 100 r°.)
Chaud, chaleur, le chaud de l'esté, le
chaud du jour. (Moset.)
Cf. Ch-xlt pas, II, 44% Chaude, 11,94'',
et Chautemps, II, 99«.
cii,\LVE soRis, mod. chauve-souris,
s. f., mammifère volant qui a des ailes
membraneuses, et qui ressemble à une
souris pour la forme et la grosseur du
corps :
Quant la chaire suris les vil.
(Marie, Fabl., XXXI.)
Les uns sembloienl cauve suriz,
* (Chardrt, S'ef rfû'WaHs, 118.)
De chaoeceriz, (Blar/uerne, B. N. 763, f°
203 v°.)
Vespertilionem, chaufesoris. (Gl. de GarL,
ms. Brug. 516.) Caudesoris. (Ms. Lille.)
Cauwesoris, (Sones de Naiisatj, ms. Turin,
f« 51 r%)
Vespertilio, cauvesuiis. ((}loss. de Douai.)
(1 ont le qief soris, ce sunt les oisiaus qe
volent la nuit e qe ne ont poines ne plume.
{Voy. de Marc Pot, c. clxxiv. Roux.)
Chauve seris. (h.KVTiEtir, Somme, ms. MeU
665, f° 12".)
Chawe suris. (Ps., Maz. 58, f" 24.)
Les chuusourls. (Maiz., Songe du iiiel pel.,
I, 18, Ars. 2882.)
La chuusoris. (In., ib.)
Verpertilio. Chausse souris. [Vocabulaiius
brecidicus.)
De chaudes soris. (Evanff.des fjuen,,p. 146.)
Les souris chaulves. (BAB.,Oua;-i lie, ch.
m.)
La chau sourt.
(J. A. de Baif, Mimes, III, f 136 v".)
Une chau souri cheut en terre;
La belette en ses dents la serre.
(Id., ib., f»27 v«.)
Pour faire peur aux rats et aux chaus-
souris. {Tahvreav ,Seconddial. du Democritic,
p. 301.)
t;ii.4i.vETK, s. f., calvitie :
Ccduité est mutation de eage. (Fossetier,
Cron. marg., ms. Brux. 10512, VIII, iv. 27.)
Je metteray sur tous voz doz ung sac, et
sus toule leste la calvelé. (Le Fevre' d'Est.,
lUhle, Amos, VIII.)
La chnuloeté. (Jard. de santé, I, 248.)
C/iduwe/é, calvifium. (R. Est., Thés.)
Par indigence d'humeurs est causée la
chauvelé. (Joue., Gr. chir., p. 476.)
CHAMADE, s. f., batterie de tambour,
sonnerie de trompettes pour avertir
l'ennemi qu'on veut parlementer ou ca-
pituler :
Les chiamades et salves. (Carloix, 1,36.)
CIIAMAII.. V. Camel.
CHAMAILLER, V. n. et réfl., se battre,
se quereller :
Quand oschaulTez l'un sur l'autre chamaille.
(l''R. Pereis, Pouriraict, (' 34 v°.)
CHAMAiLLis, S. m., brult produit par
des gens qui se battent :
Et commença entre eux deux un cha-
maillis si cruel. (Amadi.s, 2.)
Aussy lost que les armées furent accou-
plées, se lit unchaniuillis tant admiratde
que les lieux circunvoysins en retentis-
soyent comme forges, faisant incontinent
par la campagne un harat de chevaux sans
maislres.(l'.i)'Oi;r)EunEnsT,/l««.rfe Flandre,
II, ye.)
32
CHA
A cesl assaut fut fait un tel n/inmailliz
(l'armes Iranoliantesque l'onoiisl juré qu'ils
comballoyenl morlellement. (1'aiiai>in,//w/.
de Lyon, p. 34S.) •
Il recharge le géant si dru et si menu
i|u'a ouvr \ii rlinniaillis des combatans, on
(.■s eust'|>Uislost jugez eslre forgerons que
i-liov:ilicrs.(J.MAi;fuN,.Vo6/e Trisl. de Leonn.,
C. XLIV.)
Elouyr les froissemens e\. chamailliz des
portes, fenestres et colîres (jue noz soldats I
<lerompoient. (F. he Rabutin, Comm., III.)
Il trouve la un \ioYr\h\ecliainaillk ; il voit
Balde entre cent espees et cent Sacquins,
faisant merveilles avec son javelot. {Merlin
Cocc, XI.)
Si est ce qu'ils se donnent mille secous-
ses, et vit on craquer et retentir sans cesse
les harnois de coups, et du chamailUs aspre
au possible, et qui semble redoubler et
renforcer vers la fin. (E. Binet, Merv. de
nal., p. 163.)
Ny le chumailUs des allarmes
Ny les cris divers des gens d'armes.
(A. ou BaiiUiL. Muses gaillardes, {" 13 v".)
CIIAMAMILLE, V. CaMOMILLE.
CHAMARRE, mocl. simaiTc, S. f., sorte
de vêtement orné de passementerie :
5 aulnes et demye de drap d'or raz tanné
a l'euvre de Damas, pour couvrir une cha-
marre faicte d'aigneaux blancs. (1490, 9"
cnmiit. rny. de P. Brkonnel, P 48, ap. V.
Gay.)
■ CHAMARRER, V. a., garnir d'orne-
ments voyants, disparates :
Quatre chossettes pour les piliers du lict,
de'damas blanc chamarré de passements
d'or et de soie cramoisie. (1589, Inv. de
Cath. de Médicis, p. 61.)
CHAMARRURE, S. f., assemblage d'or-
nements voyants, disparates :
Chamarreure. (Cotgr.)
CHAMBE, v. .Jambe.
CHAMBELLAiviE, S. f . , offîce, dignité
de chambellan :
(Du Tn.i.ET, part. I, p. 41ô.)
CHAMBERiEUE, mod. chambrière, s.
f., fille de chambre, servante en géné-
ral :
Nen i ot meschine apelee,
Ne chamherlere a son servise.
[Eneas, 1263.)
E cele estoil chumheriere la femme Naa-
man. (Rois, 361.)
La dame ^pres muntad, et cinq chambe-
reres od sei menad. (76., 102.)
La chambrière Ui portière eret. (Job, 444.)
Se Hues vient a Paris courloier.
De douce France sera gonfanonnier.
Et li raaisnes sera mes camheriers.
(ffuonde Bord., 450.)
Jonesce sa chatnbelîere.
(Jlose, Vat. Chr. I8S8, f» 40'.)
CHA
Avoit esté sa camhoriere.
(.MncsK., Chroiu. 775.)
Conlre son fil od ses pucieles
Vint Dame Emme, car les novicles
Li ot dit une cambouriere.
(lienart le nouvel, 1773.)
Puis dist a sa chamberere.
(UnCbirnl. e su dume,u\s. Cainlir., Corpus, 50, f" 92",
P. Meyer, Rapp. )
Car a mes cambourierez ay oy recorder
Que souvent le faisoit en cez cambrez mander.
(//. Capel, 346.)
E si fust la jnestre chaunbrere la dame
del chastiel de Dynan. (Fom/ç. FitzWarin.)
Une cambouriere.
(Cliev. au Cygne, 341.)
La chatnberlere.
(Mir. de N. D., I, 250.)
Escuier faut et chainberiere
Qui voisent devant et deriere.
(EosT. DEScn., Miroir de 7nariage,it. 24.)
La chamberiere de cuisine. (1392-1400,
Compt. de l'Hôt.-D. d'Orl., P 10 v°, IIôp.
gén. Orléans.)
La chambreriere de la cuisine, (/i., 1406-7,
exp. pro salar. famul.)
Par ce que vous leur envolez
Vo chamberiere Convoitise
Qui les aguillonne et attise.
(Cor. de Piz., Long est., 2862.)
Vos chamhellieres. (ii6i-\i6à. Procès cri-
min. de Jeanne Sa'r/nant, ap. J. Garnier,
Chans. Dijonn., p. 73.)
De jeunes chambellieres de haute gresse.
(1464, Ib., A. mun. Dijon.)
Je suis la chambelire de Dieu, face de
moy comme il luy plaira. (J. Legrant, Livre
de bonnes meurs, f° 7".)
Chambariei-es, servantes et exclaves. (Au-
TON, Chron., B. N. &082, P 216 V.)
Chaynbariere.
(J. BoucHET, Ang. d'amour, p. 42.)
CHAMBERLEiNC, mod. chambellan, s.
m., officier préposé au service de la
chambre d'un roi, d'un prince, qui por-
tait une clef pour insigne ;
Et puis l'a fait son maislre cambreïenc.
(.l/rais, 77, B. N. 12471.)
Li chamberlenc et li ussier.
(VVace, Rou, 3" p., 807.)
As chanberloiiis vit les liz faire.
(Ben., Troie, ms. Naplea, f"* 10**.)
Li chamberlenc s'est endormi.
(Vie de S. Gilles, 2752.)
Chunberleny ne sergaunt.
(Garn., s. Thomas, B. N. 13513, f» 6 ï«.)
Dou vallet fist son chambellein.
(S. Guilt. d'Angleterre, ms. Cambridge, S. John'a Coll.
Sa chnmbeîUere.
B 9, f
'5«.)
(Itj., f» 86'.)
Li rois son cambreïenc demaine
Li a chargiet o grant conroi,
Tel que convient a fil de roi.
(FI. et Blancefl.. i" vers., 352.)
Si me laissiez entrer, chnmherleng debonaire.
Et dit li chamberlens : Ne l'osereie pas faire.
(JoRD. Fahtosue, Chron., 1969.)
Cis esloM chamberlens a.a conte Baudoin.
(ViLLEH., LV.l
CHA
.Si l'en ont clunnbelenc mené.
(Chee. as .it. esp., 6089.)
Son cambreJent en apiella.
(De l'Emper. Constant, 114, Romania, VI.)
Pierre Tristan nostre chambellaitc. (1221,
A. S. K 28, pièce 3.)
Chambellens. (Chron. de S. Den., ms. Ste-
Gen., f" 59^)
Algise son maistrc chambellenc. (Ih., f"
113''.) P. Paris ; chambellan.
Ses chambellains maintenant apclla.
[Gaijdon, 352.)
Le chamberlayn d'Escoce. (1291, Subm.
per Scot., Avesb., p. 19.)
Chambelent. (1308, A. N. J.I 40, P 39 r°.)
Chambeltainc. [Compos. de la s. escripl..
ms. Chantilly, t. I, P 107 v°.)
Ytier ckamherlant.
(Mir. de JV. D., VII, p. 194.)
Son cambrelenl. (Fnoiss., Chron., V, 378.'
Camerarius, camérefe»/. [Gloss. rom.-lat.
du xV s.)
Le chamhellain de monseig''. (Girart de
liossillon, ms. de Beaune, p. 380.)
Le duc a un premier chamhellain, sons
lequel sont et respondent tous les chambel-
lains chevaliers. !(Jl. de La Mahche, Eslal
de la maison de Charles le Hardy.)
Grandc/iam6re/am.(.IuN.,.Vome?(,c/.,p.330.)
Euslace ]& chambrelain.(\'. d'Oldegherst,
Ann. de Flandre, II, 143.)
— Maitre d'office :
Le celarier cambellan. (Off. claust. de S.-
Oyan, I.)
CHAMBRANLE, S. m. et f., bordurc
de côté d'une cheminée, d'une porte,
d'une fenêtre :
Pour laillier les chambrandes des ars.
(1313, A. N. KK 393, P 42.)
Et y doit avoir un chambramlle qui reves-
tira ledit portail. (1389, Arch. hospit. de
Paris, II, p. 149.)
Une chamhrande portant moUure. (1511,
Lille, ap. La Fons.)
CHAMBRE, s. f., pièce d'une maison,
principalement celle qui est affectée à
l'usage particulier d'une personne pour
y coucher, y travailler :
Fait sei porter en sa cambre voltice.
(Roi., 2593.)
E si alcons est apelez de muster fruisser
u de chambre. (Lois de Guill., 17.)
En sa chambre s'en est entrée.
(Eneas, 1214.)
En la camble erl avec l'crapercris.
(Les Loh., ms. Berne 113, f» 168.)
En celle za>nbre n'a mestier
Torliz, candoile ne doplier.
(Hector, B. N. 821, f- 2'.)
Pour la chambre de Madame, fait et dé-
livré... (1340, Comptes du connétable d'Eu,
ap. V. Gay.)
Pour avoir fait une chianbre a ung veu-
gloire. (1472, Dép. pour l'arlill., A. mun.
Beauvais, 1'''= liasse, pièce 28.)
CHA
— Travailler en chambre, se dit d'un
artisan, d'un ouvrier qui ne tient pas
Ijûutique. — Dans un sens anal. :
Ceulx qui vendent le pain en chambres.
(1303, Péage de Gien, A. N. P 1378^ pièce
3045.)
— Mobilier d'une chambre :
Un tonneau a mettre plusieurs choses de
la r/iamhre. (13i8, Compt. de D.CoUors, Au-
inale, p. 9.').)
— Domaine particulier :
Cum jo serai a Loun en ma chambre.
{Roi., 2910.)
E EnglelerrG que il leneit sa cambre.
{Ib., 2333.)
Langres est cJiamhre l'empereor Pépin.
{Garin.)
El Lonbardie que l'en cleime nia chambre.
(Gérard de Viane.)
Et appelloient ces compagnes le royaume
«li^ Fiance leur cambre. (Froiss., Chron., VI,
184.)
— Nom donné à certaines assemblées
et à dilTérentes juridictions :
Besoingnes faictes et ordonnées en le
riimhre de le maison de le ville etcommune
de .Noyon par les maire, jures et majeurs
de mestierspour le gouvernement d'icelle
ville. (1388, 1" lier/, des délib. de Noyon.)
Le mecredi .xvu". jour du mois de mars
de l'an .un", et huit, l'u faicle rambreJehan
de Saint Pol, majeur. (Ib., P 2'.)
Le... fu (aide cambre, a laquelle furent
Il maires, avec lui... Eti lequelle cambre
vint. [Ib.)
— Basse chambre, lieu d'aisance :
Li glize devant dite doit faire l'ensaigne
devers le fcmiaine a l'arestel de le maison
devant dite a ligne .i. mur <le piere u de
1ère de .ix. pies u .x. de haut deseure
1ère, sans huis, sans fenestie, sans nule
veue, sans base cambe, sans nokiere. (1260
ap. Brassart, Pr. de l'Hist. du chat, de
Douât, I, 83.)
Ke nus hom ne face basse cambre sourie
forterece de le vile. {Bans aux échevins, Od
1" li V, A. Douai.)
Et quant li basse cambre ara besoigne de
yiudier, on le vuidera parmi l'irelage qui
u segnenr.Mmon Payen, qui est ledit Je-
han de Rouhais. (1328, Test, mestre Jehan
de Bine, A. Tournai.)
Une mesme cloaque et basse chambre re-
mImoM"' "nmon'lices des deux maisons.
(IblO. Phii de Hlrges, Mém. d'escheoin de
Tournay. Mem. de la Société hist. de Tour-
nai, V, 193.)
— Chambre aisée, même sens :
Il disoit que il venoyt de ses chambres
msees. {Liv. du chev. de La Tour, c. xvii.)
Chambre aisée.
(G. DE DicuLiETjiLE, Ti'ois pèlerin. , l' 44'.)
— Chambre courtuise, dans le même
sens :
Tuli la baniere le duc d'Osteriche... tote
la desrompi et dépeça, puis la hst geter en
T. I.\.
CHA
nés chambres corluises. (Ohron. de S.Den.,
ms. Ste-Gen., f" 300".) P. Paris: chambre
courtoise.
Va en le courtoise chambre u cil m. ont
leur aises. (1328, Test, mestre Jehan de Bine,
A. Tournai.)
Sacent tout chil. Ici cest escrit veront et
oront, ke comme debas et contens fust et
ait estet autre fois, et sentenses rendues,
entre Gossuin Dantoing, d'une part, et Je-
hans Descaus, d'autre part, pour le cauze
et occoison d'une cambre courtoise. (8 mars
1330, C'est compromis Gossuin Dantoing et
Jehan Descaus, Chirog., A. Tournai.)
— Chambre privée, dans le même
sens :
Et si doivent le cambre privée vuidier.
(Mai 1334, Jehan de Roubiseul, Chirog., A.
Tournai.)
Pour vider le cambre privée de le prison.
(1369, Compt. duMassart,X. mun. Valenc.)
CHA
33
— Chambre nécessaire, dans le même
sens :
Doivent faire unes chambres neccessaires
ou courtil ou elles souloient estre. (1383-
84, Compt. des annivers. de S. Pierre. A.
Aube G 1656, t° 175 r°.)
— Chambre, tout seul, dans le même
sens :
Le baiser de punes
Se[njt de chambre les es.
{Marconi et Salem., p. 196, Crapelet.)
(B. DE GOBD., Pratiq., II, 12.)
Cf. Ch.vmbre 2, t. H, p. 45".
CHAMBREE, S. f., le nombre d'ouvriers,
de soldats, qui couchent dans une même
chambre :
(R. Est., Thesaur.)
Il leur encharge achascun de choisir de
toutes les troupes et chambrées, neuf autres
telz (hommes) qu'eux. (.M.\u,iiEr, Po/»4e, III,
35.)
Cf. Il, 45".
CH.\MBRETE, mod. chambrette, s. f.,
petite chambre :
Li bons hom l'arche apreste, camberetes i fîst.
(UcHMi.i, mille, B. .N. 1444, f» 7 r».)
Dedenz une chambrette ou faisoit son labur.
(Garniek, s. Tliiim., 3824.)
Sus la mason et sus les .11. chambrâtes
ancosle. (1248, S. Thiéb., A. Mos.)
La mason et la chnmbrale. (1271 Cart
gr. Egl. de Metz, B. N. 11846, f» 70".)
Chambrele de l'estable. (1301. Trav. p les
chat, des c. d'Art., A. S. KK 3!)3, P 15.) .^
Pour loii loyer d'une chambrete. fl3I0,
Compt. du dom. de Mahaut d'Artois, Richel.
8551.)
En lai chamhrate. (1320, Coll. de Lorr
975, n° 113'.)
Chambraite. (1383, Cart. de Met:. B N
I. 10027, r 86 v°.)
pendre un huis audit belfroit, en le cam-
brede de le dite orloge. (1395-1398, Compte
de ta construct. du Ijeffroi, 9.y Somme des
mises, P 90 v°, A. Tournai.)
Premiers, une cambrette bas devant a
cheminée. (23Janv. 1442. Escripsde leuwier
d'entre WiUemme Lebrun et Jehan, cWiros...
A. Tournai.)
A Jehan RIaue, serrurier, pour son sal-
laire d'avoir fait deux clicques et ung men-
ton, et refait une warde a le sierure de
Puis de le montée de deux cambreltes de-
seure le bouge. (16 fév. 1446, Tutelle deHa-
qumet de Buissij, A. Tournai.)
Et m'en viens droit a la chambrete
Qui esloit bien fort mignonnctie.
(CoQuiLLiRT, Monol. du Puijs, II, Ï54.)
Cf. II, 46".
CHAMEL, mod. chameau, s. m., ani-
mal ruminant, haut de jambes, qui a le
cou fort long, la tête petite et deux
bosses sur le dos :
.VII. c. cameil d'or e argent carglez.
(Roi., 645.)
Chamoil.
(Gerv.. Best., 954.)
Li chamans.
(G. DE CoiNci, Mir., ms. Brux., f» 218 v».)
Nient plus que uns camers poroit *
En trou d'aguille trespasser.
(G. DE Cambrai, Barla'im, p. 87.)
Li carnets sisl joste le roi.
(Ren., Br. V", 144.)
Je ai un camoelen maison qui est le plus
orde beste. (Robert de Cl.\rv, p. 23, Riant.)
Un chamuel. (G. de Tyr, I.X, 22.) Var.,
chaînai (P. Paris.)
Les avoient loiiets sour les cameus
{Chron. d'Ernoul, p. 43.) Var., chamois.
Murs, cevaus, kameus, palefrois.
(MousK., C/iron., 6716.}
Aloit nus piez et portoit en son chief .i.
chapel qui estoit faiz de poil de chômait
(fie suinte Marthe, B. N. 423, P 33=.)
Dou chamuel. (Ms. Chart. 620, P 139'.)
Et g'iray au kamel, sy Parons jus giettes.
(Cliev. au Cygne, 91S9.)
Seoit sur ung qnamenl qui vint d'Esclavonnie.
o. . , , (/*., 9112.)
Si cria chascuns kameus.
(Ib., 19964.)
Et mules et chumeus, mainte beste savage.
(Florence de Rome, B. N. noiiv. acq. 4192, f« 3 r'.)
Le Soudan eusl conseil a ses amiraus
et ordenerent d'aller a Triple, et fisl apa-
railler les gens d'armes, et les cames par
les chemins. {Gestes des Chiprois, p. 235
Raynaud.) '
Et le Soudan novyau, fis de cestuquy fu
mort, qui se list apeler Melec el Esseraf,
vy l'ost aparaillié, et les cames par les che-
mins, et se mist a venir a 1ère a moût grant
gent a chevau et a pié. (Ib., p. 241.)
Peil de chamuel. [Comment, s. le Nouv.
Test., ms. Oxf., Borll. Douce 270, f" 68 v".)
Que riche n'i povoit entrer
Ne qu'un cameuLr povoit passer
Par my le partuis d'une aguille.
Pour deux verveilles qui servirent au ' '"'(î'iv"''' ■'''^''•■"''- "" '^"'■/"•' '"""■■ "»■ Valpioçon,
34
CHA
Camclus, cameul. {Gloss. de Couches.)
En l'ewangille ou n'a mesclit,
Que plus losl un chamil diargié
\roit, sans ostro dcschargié...
[C.BR. DE Piz., Loiii/ est., 4604.)
Plus tost par le trou d'une aguille,
Passeroit ung puissant caniel.
Que ung riche au lieu celestiel
Enlrast.
(GmsGORE, Faites entrep}'., p. 119.)
— Étoffe OU poil de chameau :
Et se ve^li. sces tu de quoi ?
D'une cote a un large ploi.
Faite d'un camel tout a plain.
(Kroiss., Pofs., II. :!46.)
ciiAMELOT, mod. camelot, s. m.,
étoffe faite de poil de chameau, étoffe de
poil ou de laine :
Charnel qu'en autre pais sont
Une boce sor le dos ont.
Les chumelots de lor clievous
Sont fait, tant sont precious.
(Gaut. de Mes, Tmai/e du monde, ras. Montp.. f° lOô
v«.)
Camelo: que on fait du poil des chameus.
(Lie. Ile Marc Pol, LX.KUI.)
En cslo une cote de chame/ot, un seur-
cot de lyreteinne sanz manches... (.Ioinv.,
S«0.)
Poil de chamelot. (Slat. de S. J. de Jér.,
roui., A. B.-dii-Rh.)
Des r/iamellolz que les frères peuvent
porter. (1435, Est. de S. J. de Jér., f" 3^ A.
11. -Car.)
De camelot iHTis 10 aulnes un quartier, de
camelot viole une pièce entière. (1474, /«y.
de la comtesse de Montpensier, p. 23, ap. V.
Oay.)
CHAMENEE, V. ChEMINEB. — CIIAMIIV,
V. Chemin. — chami^eb, v. Cheminer.
— cha.miox, V. Camion.
CHAMOIS, s. m., quadrupède rumi-
nant, du genre antilope, à cornes creu-
.ses etlisses, qu'on trouve dans les hautes
montagnes des Alpes :
Li chamoioc qui est bcste mue.
( Yie des Pères, nis. Ars., f" 46^.)
Achat de peaulx de chamois. (1387, Comp-
tes roy., ap. Laborde, Emau.v.)
<:iiamoi>;er. V. a., préparer des peaux
de daim, de clièvre, de mouton, comme
on prépare la peau de chamois :
Oue nulz nepuist ra/noîMerbazane.(1393,
Co'ii/irinnlion des statuts de la corporation
des selliers, ap. A. Thierry, Tiers Etat, IV,
787.)
CHAMP, s. m., espace découvert et
plat, limité pour un usage déterminé ;
la campagne en général :
De lûtes parz en sunt cuvert li camp (de
[ païens) -
(BoZ.,140S.)
Ensurquetoul les bestes del caimp.
(Psalm.. lîrit. Mus., Ar. 230, f" 12 r".)
Quant fait oscur,
Que tote riens ert a seur,
CHA
Home, bestes sont on repos
Et taisent champ, selves et bos.
{Eneas, 216t.)
Il monta sor son ceval, et prenl s'amie
devant lui, baisant et acolant ; si se mctent
as plains cans. (Auc. et Nie., 26, 21.)
Se vous ensi vous ociez.
En eamp ilori ja n'entrerez.
Ne vous ne verrez Blaneollor.
Cil cans ne reçoit pechcor.
[Flaire et Blancejlar, 1" vers., SI3.)
Iqui remesl el champ l'empereres Bau-
doins qui onques ne volt fuir. (Villeh.,
S 300.)
Soit a chan, soil a vilhe.(r277. Collégiale
de S. Miirtin, n" 107, A. Liège.)
Ou a c««s ou a ville. (1302, .Tumièg., A.
S.-Inf.)
Soit a camp ou a vile. (1335, Mortemer,
A. Eure.)
Tout chou qu'il ara el avoir pora, gisans
en meubles, en calels, eu liiretages, en vert
et en seck, u camp et avilie. (1342, Cartitl.
de Cambron, p. 200.)
Car sur les champs ne vont point en fourrage.
(EusT. Descb., V, 324.)
Agellus, petit cans. {Gloss. de Douai.)
— Lieu oii se livre une bataille :
Li euens Rollanz par mi le camp chevalehet.
Tient Durendal Ui bien tranchet e t.iillet.
[Roi, 1338.)
— Mettre une armée aux champs, la
mettre en campagne ; être aux champs,
être en campagne :
Les roys de Macédoine n'avoyenl jamais
accoustuméde mettre leuranneeuuxchamps
le mois de juing. (Amyot, Ale.r. le Grand.)
Soyons, s'il est possible, les premiers aux
c/i«)?//tis,ai-compaignez delafermeté etcons-
tance qu'il convient, pour l'assaillir dedans
son pays, sans attendre qu'il nous attaque
dedans le nostre. (11 janv. Iô97,/.e//. miss.
de Henri IV, t. IV, p. 671.)
— Dans un sens analogue :
Au mois de mars 1475-76, le duc Charles,
battu par les Suisses devant Orantson, écri-
vit aux Dijonnais, du château de Sozeroy,
ou il s'estoit réfugié, el les requit bien acer-
les et aiïectueusement de lui bailler, par
manière de presl, toute leur artillerie
grosse et menue pour le remettre en camp.
(Mars 1475-70, Compt. de V artillerie, Arch.
uiun. Dijon, H, alT. milil.)
Cf. II, kl\
CHAMPAGNE, S. f., terme de blason,
l'espace, en bas, du tiers de l'écu :
El estoil la devise de une haise d'or as-
sise su ru ne c/(«mpa!7He de gueules. (Froiss.,
Cliron., XIV, 224, Kerv.)
Voit venir ung chevalier bien monté et
armé, fors de lance ; mais trop bien avoit
son escu dont la champaigne esUtil d'or a
six roses vermeilles. (Perceforest, vol. V,
ch. xviii.)
CHAMPAKT, s. m., droit qu'avait un
seigneur de lever une certaine quan-
tité de gerbes dans les terres de sa cen-
sive :
CHA
Je tieng en fé el en houmagede mon sei-
gneur l'evesque de Miauz... la grant mai-
son de Charni... el les masures elles terres
qui i pandent, (|ui doivent taille et cham-
parl. (1270, Cart. de Meaux, B. N. 1. 18355,
f 80 r°.)
Et se l'en treuve que il en ait plus de
terre gaaingnauble que les .xx. minez des-
sus dis en nostre leneure qui ne soit tenue
d'autrui ((ue de nous, le seurplus demour-
ra a eslre tenus de nous achampart. (Beau-
MAN., p. 108, Bordier.)
Avec certains camppars qui valent bien
trois mynes de grain de revenue. (1399,
Denombr. du baill. de Caux, A. N. P 30i, f
32 v°.)
.xini. minez de camppars. {Rent. de la
prév. de Clerm., B. N. 4663, f° 22 r°.)
CHAMPAKTER, V. a., soumettre au
droit de champart :
Cil ne fel pas de son camparl ce qu'il
doit, qui emporte ses garbes, anchois
qu'eles soient campartees. (Beaum., Coul. de
Beauv., XXX, 29.)
Celui parla lors a la beste :
Moult est, dist il, ta paslo preste,
Hastive des âmes champarter
I Ou nulle riens ne dois clamer.
{Rom. du moine, Ars. 3331, f» 2".)
Deus muis de blé el un mui d'avoine les-
quieus il tiennent de moi en fief el en hom-
mage, avec autres choses lesquieus mes
maires de la ville lioilcumparter par raison
dou fief que il lient de moi. (1312, A. N. JJ
48, f° U V».)
Item la granche de S. Amant, quatre mi-
nes, pour ce que les gens du Seigneur de
Roumars les appellent quant il vont cham-
parter. (1337, A. N. JJ 70, f» 134 v°.)
CHAMPARTERESSE, adj. f., qualifiant
la grange seigneuriale où se mettaient
les champarts :
Au cas que ledit champart soit rendable
en grange, le mener et livrer en la grange
champarteresse. {Coût. d'Etampes,Ll\, Nouv.
Coul. gén., III, 98.)
CHAMPARTEUR, S. m., celut qui lève
le champart :
Si le vilein faut a son conte
Le chanipartor le met a honte.
(EsTOUT DE Uoz, Vil. de Yerson, y. 30, refÇ. redd.
M. S. M.)
Et un denir au camparloour. {Jurés de S.
Ouen, P 55 V, A. S.-(nf.)
A la grange appartient toute la disme
el le champart des terres ([ui meuvent de
saint Denys, mais ilz laissent la disme aux
champs, mes le chmnpurleur disme en
champartant. (1334, Cart. de la consist. de
Willy,A. .N. S 38, pièce 1.)
Cf. ChampakteDR, II. 48".
t;uAMPE, V. Jambe.
, CHAMPENOIS, adj., originaire de la
Champagne :
Qui fu Muedes li Champenois !
(GuiOT, Dihle, 471.)
CHAMPESTRE, adj., qui appartient à
CHA
la campagne, de la campagne, qui ha-
bite la campagne :
Toutes les viles c/iampeslres qui seront
ou destroit dou chastel. iProj.d'or(loiin.,A.
N. J 1030, pièce 65.)
Es villes campestres d'enlour le dite ville.
(1323, fier/, au renouvellement de la loi, I, f
80 v°, A. S. Orner.)
La draperie desdites villes c/inmpeslres
(Ib.)
Agrestis, catnpieslres. (Gloss. de Douai.)
Lieu campesire. {Bal. Jud., 1, 83.)
Point ne garde et fais paislre
Troupeaux fcy, comm'un vilain champaixtre.
(Cl. Mak.. Mft. d'Ov., 1. I, p. 36.)
Les preslres cliampeslres. (P. du Moil.,
Anal, de la M., c. .\ix.)
— Bataille champesire, bataille en
pleine campagne :
Lesquelles choses il voiiloit prouver de
sa personne contre ledit roy de France, se
mestier esloit ; ou en bataille chumpestre
s'il vouloit dire le contraire. (Le Baud, Hist.
de Brel., c. .\li.)
Cf. II, 48'.
CHAMPiGivo.\, S. m., plante crypto-
game qui se développe et se multiplie
rapidement, et dont quelques espèces
sont comestibles :
Champiqnons d'une nuit sont les meil-
leurs. (Ménagier, II, 5.)
Des potirons que les'aucuns appellent
rhampaigrwns. (Auton, Chron., C. N. 5083,
P 23 v°.)
CHAMPiox, s. m., chacun des adver-
saires qui combattent en champ clos:
Morz est Turpins li guerreiers Charlun.
Par granz batailles e par mult bels sermuns
Cunire païens fut tuz tens campiuns.
(/(o;.,2242.)
Qusnt fait bataille, ses trait a campions
Trestot a pié a guise de guidons.
(Raimd., Oi/ier, 4453.)
Champiuns.
(Gabn.. s, Thom., B. N. 13513, f' Î8 r«.)
Trois champions sont moult failli
Et bien ont deservi a batre,
S'il ne pueent le ijuart abatre.
(Hose, 19960.)
III| disl que Pieres Buisse, de Biaumes,
qu on disl des campions goudaliers, est
mestre leres. (1321, lieg. de la loi, t. I, n"
130, A. Tournai.)
Lichespour campiuns. (Guilleb. de iMetz,
Deycr. de Par., XVH.)
Le champion el ]3. championne Uircnl tout
un temps a se battre si vertueusement que.,
(li. UEsi>EH.,A'o«i). recréai., p. 181.)
- Fig. :
Chacun sei(,'neur hanneret tiendra sa '
maison ou he,, pulilic accoustumé, un es-
cliantillon, et un champion des mesures a
f,™„'^^',7'"^- «--'.autres espèces mesurables.
<lo88, Lousl. d Auusie, p. 20.)
CHA
rnAMPis,mod. champi,f. , champisse,
s., enfant trouvé, bâtard :
Lequel Doussetrespondit injurieusement
au dit Remeo qu'il avoit faussement menti
comme mauvais champiz filz de moine.
I (1390, A. N. .IJ 139, pièce 75; Duc, Campeu-
ses.)
Jehanappelaledit .lordanet fils de cham-
pisse. (1394, A. N. JJ 146, pièce 117.)
Lesquels vindrent contre les filz et var-
lets du SLippliant.en les appelant champilz.
(1457, A. N. JJ 183, pièce 332.)
Pour ung bayser, ou aultre maléfice
Quelque champis aura une evesché.
(J. BOUCHKT, Opusc, p. 122.)
Cf. Champisse, II, 50'.
CHAIVCE, V. ChEANCE.
CHAivcELA^T, adj., qul chancclle :
Nostre sires nen ainmet mies lo cuer
chancillant et croslanl. {Serm. de S. Bern.,
p. 56.)
— Subst., celui qui chancelle :
Tes paroles ont confermé \es chancelanz
(Bible, B. N. 899, f 21 S'.)
CHAivcELER, V. n., vaciller, au' pro-
pre et au flg. :
Caries cancelel. pur poi qu'il n'est cauz.
{liol., 3608.)
Si qu'il en chancela trostoz.
(£■«^5, 5737.)
Li buef en chancelèrent, l'arche voleit chair.
(TA. le mart., 75.)
Por le grani cop a Fcrraus chancelé.
[Gaydon, 6655.)
Entre vice et vertu chancelle.
(J. Le Mabcbant, Mtr. rie iV. JJ. de Chart., p. 130.)
Cancheler.
{Jiose, Vat. Ott. 1212, !' 60''.)
Agnies, dist il, nostre sires t'apiele,
De lui servir par nul plait no canciele.
( Xie Ste Agites. B. i\. 1553, f" 402 v». )
Non pourcant si le fist cancheler si k'il se
CHA
35
Avant boiteux, podagres, veroloui,
Muolz, punais. baveux et chancelelix.
(F. .IuLïoT, El. de la li. fille, p. 76.)
«;iiAivf:ELiER, S. m., autref. premier
officier de la couronne en ce qui con-
cernait la justice, garde du sceau royal ;
chanoine chargé de la garde des sceaux
du chapitre :
Li chanceliers oui li mestiers en eret
Cil list la chartre.
(Atexit, 376.)
Tomas li chauncelers.
(Carn., Vie de S. Thom., B. ^. 13513, f» 6 r".)
Et n'emmena avec lui que l'empereris cl
son chancelier, et son druguemant. (Vil'le-
HARD., ;; 186.)
Lors fu morz maistrc Johansde Xoion a
la Serre, qui erc chanceliers l'empereor Bau-
doin. (Id., s 290.)
Jou vous doins dou hre congié
Maugré trestous les cancheliers.
(Rose, Vat. Ott., f» tOS'i.)
Il fu chanceliers de l'yglise Nostre Dame
de Chartres. {Vie des Pères, ms. Chartres
371, f» 80 r°.)
Le cancelier d'Aleinagne.Ci/;,s<. de lalerre
s., ms. S. Orner, f 61 r".)
Canchillier de France. (Fhoiss., Chron
V, 425.)
Chanchelier. (Id., il,., B. N. 2646, f» 137
V».)
Chanrellier. (Auto.n, Chron., li. N. 508'^
f° 201 V.)
CHAKCELLEME.VT, S. m., Rction de
chanceler, mouvement de ce qui chan-
celle :
Temulencia, chancellemenl. (Gloss. lai -
/■;•., B. N. 1. 7679, 1° 2.54 v".)
Chancellemenl.
(Anti Claudianus, B. N. 1634, f» 47 v».)
Apres ce qu'ilz eurent ainsi estrivé lon-
guement les ungs contre les autres, après
aussi plusieurs chancellemens et diverses
occisions faictes, llamibo... fist sonner re-
traictes. (Tronslat. de la prem. guerre pun..
prist a l'arçon de la sielle. (Flore el la Bielle ! r -^ ^'i,' ^'^o!" f ''*'"■ ™'- "^^^ ■9''""'' '^'^<^- '='« ^''•
Jehane, Nouv. fr. du xm' s., p. 135.) [ '"'' '' "''°-)
Sali la pierre hors et issi dou piler :
Droit en mi le monstier le vit on cancheler.
[Baud. de Scb., XII, 33.)
Et par Dieu je li plevis
Que très loyal, se je vis
Li seray, si ne chancelle.
(EusT. Desch., IV, 9.)
... Car haulte amour chancelle.
(In., V, 194.)
D'un lez ou de l'autre chancelle.
(In., V, 197.)
Le chief fault, l'Eglise chancelle.
(Id., V, 321.)
CHAIN'CELERIE, S. f, fonction de chan-
celier :
L'arcovesque Tibaux ne lad ubiié mie
Ke dunet li ad dune sa chauncelerie.
(Garx., 5. Thomas, B. A'. 13513, f" 5 v".)
Le f7in/(re/emen< des y vrognes.(DAMi>MART. ,
Merv. du monde, f" 67 r".)
CHA1VCELEU,\,
chancelant :
adj., qui marche en
A cause du flottement, bransle et chan-
sellemenl de la navire. (Besso.s, Cosmolabe,
p. 28.)
CHA\<;Ei\ETE, V. ChaN.SON.NETTE. —
CHAM;iLi.ArvT, V. Chancela.nt.
CHAivciit. V. n., présenter des traces
de moisissure :
Un peu chansi ou moisi. (II. Est., Thés.)
Et ainsi sont gardées les andouilles, sau-
cisses, et autreschosesde nicsme: et moins
chansissent en l'air qui est libre, pource
qu'ils ne s'eschaullent. (Le Bi.anc, Trad. de
Cardan, f" 43 r".)
Ce qui devient c/i««si ou moisi se tourne
en amertume. (Id., ih.)
Chacun lient que du fi'onient vert, chanci,
ridé et léger provient l'y vraie. (O. de Serr.,
11,4.)
L'odeur (des fleurs) est aussi admirable
36
CHA
(Urinnuniliraljle, (liuicp, forlc, pesante,
liriisqiir.... scclie. iiiall'aisanle, r/iancie, elc.
(F,. liiNET, Merp. de nul., p. -40.)
€HANf:KE, mod. cancre, s. m., espèce
d'écrevisse de mer, dite aussi crabe :
A noler osl que cesl maladie estappellee
cliani-re poiu' ;■ clioses. La 1, car il a ligure
roondc loul aussi coin le poisson de la nier
iiiii est apclé chancre, dil en francliois cra-
bes. (11. DE .MONDEVILI-E, B. fi. 2030; f 100».)
Les chancres, en lalin cancri. ((!. Bou-
ciiET, Serees, X.WVL)
— Ulcère qui tend à ronger les par-
tics environnantes :
En chancre el fix.
(Villon, Gr. Test., 1447.)
Cf. Canceh.
«:nAivcBEtTx, adj., qui est de la nature
du cliancre, du cancer ;
Char rancrouse. (Brun dh Lonu Bouc, Cy-
rurgie albtig., f 134'.)
r.encives chnncrenses. {Le Grant Ilerhier.
r 9 V».)
P\a\eschancreuses. (Jard.de santé, 1, 162.)
Kxcrescences cancreHsei. (TAr..\ULT,p. 154.)
ciiAivDELAHRE, mod. Candélabre, s.
m., cliandelier à branches destiné à por-
ter plusieurs bougies :
Ad encensiors, od oiies chamlflabres
Clerc revestut en albes el en chapes
Mêlent le cors cnz el sarcueu de marbre.
{Alexis, iM.)
E des chandetabres el des luminaries e
des tables. {Rois, 24i.)
Deux chandetabres d'or merveilluz.
(Wace, h Lio. de S. Nicholay, 593.)
Dui chanâelttbre de fin or.
(Mabie, Lais, Guigemar, 183.)
E je vi selchondelahris. {Trad. de l'Apoc,
Ars.'52l4, S" 2 v°.)
Chandelarbre.
(Ben. de .Montimbtoi, p. 253.)
Moyses fist soutil .i. chanclelabrc faire
IJe fin or esmeré et da moult haut afalre.
(Des Louanijes de ta .S. Yin-qe, ms. Berlin, f« 130 r«.)
Candetabres.
(Rowi).d'.ilex., P44».)
Moull i porla Ton testes chiors,
Camdelarbres et encensicrs.
Et grans chases od grans cors sains.
(Parton. de lilois, 10763.)
La clarté del cierge allumé quant il est
dreciez sus le chandelabre. (Lancelol, nis.
Kribourg, t° 71'.)
Li chandelabrex. (Règle de Cileaui, nis.
Dijon, r 119 V".)
Chaundelabre. (Apocal., ms. de Salis, f"
11 r".)
.VI. chandetcibres pour taule. (Inc. de S.
liemij, xiii" s., dans Trav.acad. Reims, Lwn,
p. lis.)
Candellabre. (li7G. Joy. égl. Buy., f" 77",
chap. Bayeu.v.)
— En style biblique :
CH.\
.Sour le catidetative l'assit
Pour elle que cleremcnl luisist
A chaus qui sont en la maison,
Tant l'avanch,a en la saison
Qu'en lai ahit encore est dit.
(.1//,-. de S. FJoi, p. 46.)'!
CHArvDELER, S. f., t'iiandcleur :
A le feste Nostre Dame Candeler. (Kév.
1250, A. miin. Douai.)
.Tor de la Kandeler ki viculprocainemenl.
(,Ianv. 1290, C'est Gillian Flaiel, d'une part,
et Jehan tiarsiel, d'uulrepart, chir.,\. Tour-
nai.)
Le jour de le Candeler. {\'i\Q,Cuntresorn>ne
des dépens, de la comt. de llain., f" 1 1 r", A.
Nord.)
As rentes, et as cens, as jours des paie-
mons dessus dis, et faire doivent liilit moi-
Uiier le premier paiemeni pour les près
dessus dis, de .i.xxv. s. tournois, au jour
Nostre Dame Candeler, qui vient prochai-
nement. (l.S fév. 13Ô1, Escriptde la moitue-
rie, chir., S. Brice, A. Tournai.)
Le jour de le Candeler. (Froiss., Chron.,
III, 117.)
De le feste SaintAndrieu jusques environ
le Cliandeler. (In., ib., V, 403.)
Le jour de le Candeler. (28 sept. 1400-20
avril 1407, Compte de la recette gén. de Hai-
naut, f» 16 v», A. Nord.)
Cf. Chandelor.
1. CHANDELIER, S. m., support des-
tiné à recevoir les chandelles, les bou-
gies, les cierges :
Si ert en leu de chandelier
Devant le père a la pucele.
Merveilles ert sa teste bêle
Quant uns granz cierges li ardeit
Sor chascun raim...
(Kneas, 3554.)
Crois, enccnsiers, el ehandelicrs tenir.
[Loh., ms. Moutp.,f" 39=.)
Tout entour ot .xuii. candeliers.
flh., B. N.4988, t» 267«.)
En cundelers d'or geteis
Ot grans cierges et clers ai-dans.
(Ben.. Troie, B. N. 375, f» 99'.)
Li candeler et les candoiles.
(Blanrand., 3S_94.)
Enmi la sale drescent un chandeilUer.
(Juwd. de Blaives, 113.)
Enssoisla doiz rendre et bailler (la lu-
Et mètre sus le chandelier. [micre)
(Macé, Uilde. B. N. 401, r» 129'.)
Sour. un chandeler. (Règl. de Citeauj; ms.
Dijon, f°22 v.)
4 petiz chandeliers a jocr as taubles, pes.
.1. marc, valent 74 s. (1302, Ino. de Raoul
de Clermord, ap. V. Gay.)
4 chandeilliers bien fournis, qui ont en
chascun une rouelle tournant. (1379, hw.
du S. Sépulcre à Paris, ap. V. Gay.)
Un lyon d'yvire qui porte un chandellier
d'argeiil. (14'20, Inv. des joyaux de Char-
les 17, ib.)
.11. chaudaliers. (."ijanv. 1594, Inr. des fonds
de Limog., A. Ilaute-Vieiiiie.)
Cf. Chandelier 1, t. II, p. 5D.
CHA
2. «;haadei.ier. s. m., celui qui vend
de la chandelle :
Tanneours, chandeliers, savetiers. (1294,
Plait gén. de Dijon, B. N. 1. 9873, f 26 V.)
Amourry le candeillier. (Cart. Alex, de
Corbie, B. N. I. '24144.)
Le candelier. (2 juin 1462, Célest. de
Lym., A. S.-et-O.)
Candellier.{},\^\ 1403, Ord., VIII, 597.)
— Chu.ndcliere. s. f., femme d'un
chandelier ; marchande de chandelles:
llaroie la candeilUere. (Cart. Alex, de
Corbie, B. N. 1. 24144.)
Une chandeliere vendant en icelle église
chandelles de cire. (Reg. du Chdl., II, 384.)
Marie la chandeliere. (1409-1410, Compt.
de la fabrique de S. Pierre, Arch. Aube, G
15.59, P 150 v".)
La chandelliare. (1562, Dép. deuxjur., .\.
Gir.)
Cf. Chandelier 2, t. Il, p. .52".
ciiaivdelle, s. f., petit flambeau
de suif, de cire, ou de résine :
C'est la chandele en la lanterne.
(Rose, 7448.)
Nulz homs ne porroit bonnement
Fere vritable jugement
Par nuit, se famé est lede ou bêle.
Tant veist cler a la chandele.
(La Clef d'amours, 221.)
Une chandelle de cire ou bougie. (1421,
Charité d'Evreux, .V. Eure.)
Ce sont dix de rente,
Pour tes dez et pour ta cltandelîe.
(Pathetin.
11 cherche occasion de prendre une querelle,
Qui sera bien souvent pour un bout de chan-
[delle.
Pour un morceau de bois, pour un voirre cassé.
(Misères de la femme mariée, Vur. hist. et litt., t.
lit, p. 330.)
J'ay cela chez moy, que pour brusler a
part la chandelle parmon bout, l'autre bout
ne s'espargne de rien. (Most., liv. III. ch.
IX.)
— La chandelle faillie, la chandelle
consumée :
Eusl esté lors ordonné que pour l'aug-
mentacion et descharge de notre demaine,
teles maisons et autres revenues et posses-
sions, par especial qui sont situez et assis
en nostre bonne ville de Paris, seroient ap-
pliquées a nostre demaine et baillées a
rente aux pkisolfrans etderreniers enché-
risseurs, les solemnitez gardées ainsi qu'il
est acoustumé de faire en tel cas, et que
par ce moîen nostre dit secrétaire eust, au
jour et lieu sur ce assignez, après aucunes
I enchieres mises par autres sur ladicte mai-
I son et ses appartenances, mis icele maison
' a .XXIII. livres parisis de rente pour toute
I rente, auquel pris, non obstant toutes so-
lemnitez faictes et accomplies, el la chan-
delle faillie, el qu'il ne s'apparut durani
j icele chandelle aucun qui la meist a plus
haut pris, ne lui fu pas délivrée ladicte
, maison audit pris, pour ce que il sembloil
CHA
que nostre dil secrétaire en oITroit peu.
(14-27, A. X. JJ 174. pièce 152.)
— Rendre sa chandelle, recevoir à son
tour :
Bancf|uet que faisoit Piobert du Bois, au
nom d'une sienne fille, laquelle rendoit sa
chandelle, et ou estoieni, selon l'ordinaire,
conviez tout le clorgié, notables et aulti-es.
(IÔ94, Lettre de l'émission accordée à Jean
r.arbe, Ch. des Comptes de Lille, B 1190;
Invent., 111, 157'.)
Cf. CHANUOrLE.
ciiA.VDELOR, mod. Chandeleur, s. f.,
fête de la Présentation de Jésus-Christ
et de la Purification de la Vierge dans
laquelle les fidèles portent des cierges
à la procession :
De Cliande/aur en atre. (121 i. Pair de
Metz, .\. mun. Meiz.)
Et entor la C/iatidelor fu, et aprocl'.a li
«luaresmes. (Villeh., J 228.)
A la septembresche, a la Chandeleur et an
mais... (Est. Hoil., Liv. des 7nest., V p.,
I..\XVI11. 24.)
Le jeudi devant la Cliandeleur. (1268. Pr.
de Boiinenom., KKHt, A. Loiret.)
La Chandelor. {\-21\, ap. Lob., 11,405.)
Chadeleur.(\1%h.Carl. deS.Germ. VAux.,
A. ^■. LL 489, f" 84 r°.)
C/mmrfe/oHî'.(1320,.\oiruiout.,Fonteni'au,
1, 379.)
La Chandelleur. (1336, A. N. ,IJ 70, f''20 r".)
Lai Chandellour. (1331, Coll. de kurr., 111,
r° 41.)
A la C/iampde/eoiir.{\Z9i, Licre des héril.
de S. Berl/wmé, i" 40 r°, Bibl. la Kochelle.)
Chande/leur. (llOi. Denombr. du haill. de
Caux, A. .N. P 303, r° 6i v°.)
La Chamdelew. (Livre d'heures de Charles
te Noble, fils de Charles le Mauvais, Cabin.
liulliot.)
LuChandelleiLi-. (1532, Compte deS. Ladre
p. 101, Uosp. Clcrm.-s.-()ise.)
Cf. Chandeler.
cn.wDoiLK, s. f., chandelle :
Totes SCS armes sont a fin or balu.
Et plus reluisent que candoiles ne fu.
(nAiMB,, Oyier, 1Ï270.)
Mes il contrefont la chaniloile
Qui se gastc, qani en l'alume.
(GuiOT, Ijibln, 2367.)
Et n'avoit veue clarté de jor, se çou n'a-
voit esté de kandailles ou de fu ardanl.
(Kassidor, ms. Turin, f" 10 v".)
Cliaudoele. (1240, llop. S. .\ic. de .Metz.)
Chandoile de colon, chandoile.
Qui plus art cler que nulo esloile.
(firiLt. DE L\ VitiEK., Crieries de Paris, B. N. 837,
f» 246''.)
Chandaille. (Cours de la tune, B. .\'. 2485.
• f'Sr».)
Candeilk: (iri\. Compl. de Vulenc. picce
34, p. 11.)
Ne que sont petites dinndoiles
Envers la clarté du souleil.
(CuB. DE Piï., Long est., 2493.]
CHA
Puishaisoienlle diableen forme deboucq
au derrière, avec caudeilles ardentes en
leurs mains. (J. llr Clkho, Mém., 1. IV, ch.
m.)
Pour les chandeilles de chire. (5 août
1496, Tut. de Gregollel et Haquinet, k.Tonv-
nai.)
Cf. Chandoille. Il, 52'' et Chandelle.
CHANEL, s. m., syii. anc. de canal :
Les eves douces repairent es chanels.
(Garin le Loti., l" chans., VIII.)
La mer s'estoit retirée en son ckaneil.
'S. Graal, B. .\. 2155, f» 166 v°.)
Les yaues furent issues horz de lor Cha-
nel. (Cron. Godefr.deBuill., Vat. Chr. 737,
r 349".)
De son charnel la mer istra.
(Gefp., .vu. iist. du monde, B. N. 1526. f" IS4i'.)
La cité est si noble com ja oir porrez :
.III. eves i acourent devant par les chanez.
(Gui de Bourg., io02.)
Se li chanels fust muez et li flueves co-
mcnce a corre par le cortill. (Digestes de
^KS^, B. X. 20118, f 102".)
Quant les iaues furent retretes el reve-
nues en leur chanet. (Chron. de S. Den., ms.
Ste-Gen., f 48°.)
— En anatomie, nom de différentes
parties configurées comme des canaux :
Chaneux venans dehors manifestement,
si com est la voie de la viande, la voie de
l'air. (II. DE MoNDEViLLE, B. N. 2030, f° 59".)
CII.4\EVIERE, V. ChENEVIERE.
! 1. CH.\-\FREix, S. m., pièce de fer
qui couvrait le devant de la tête d'un
cheval armé :
! La sambue qui sus estoil
Fu d'un djapré. li chanfrains
Ert de fin or, a toi le mains.
(C.BBEST.. Perc, ms. Montp., f» 137'.)
Prist le ceval par le canfrain doré,
Dessi au Toivre ne s'est pas aresté.
(liiisiD., Ogier, 2463.) Inipr., caufrain.
Par le canfrain a saisi Marcepiere.
\G. i'Haiistone,^. X. 25516, t» 67 r».)
Cn chanfrain doré, a testes de liepars.
(1317, Inv. de Louis le Hutin,\\ec. des histor.
de France, .\.\1I, 770.)
Les chanffrains plas d'entour les voir-
rieres. (1399-1400, Compte Jeh. Gilon. A. .N.
KK 264-266.)
... Et est a mettre dessus le chanffraint
d'un cheval. (1411, Inv. de l'écurie du roi,
f° 110 v°, ap. V. Gay.)
Au chanfraing de son cheval. !C,. CuAS-
TELL., Chron. des D. de ISowg.. I, 16.)
Le Maistreesl monté de deux beau.x che-
vaux de service, et un fort mailler: il aura
laselle armée, champfrein, le poitrailKarny ,
de doux a larfie teste, une chesnette a la -
bride pour s'en servir au cas que les resnes \
l'aillent. (E. liixET, Merv. de nat., p. 14i.)
2. tii.iXFREiiv, S. m., demi-hiseau
qu'on forme en abattant une partie de
l'angle d'une des faces :
Avronl les rabas de la dite huisserie pié
el demi de lé entre le vierre et \e chanf'raint .
(xV' s., ap. Ste-Pal.)
CHA
37
Jambaipes defenestre ouvres a c/ia/ffa«('
1453, Collège de Mur, A. Finistère.)
Cf. Chanfhai.nt, II, 54=.
CH.\XGE, s. m., changement, action
de changer, échange :
Ge ne puis pas faire cest change.
Ce que ge voil.
(Eiieas, 8622.)
Ases deves, si me soit Dix amis,
Car vostres pères .m. castiax me toli ;
Onques de lui ne poc mon lieu veir :
Or ai hoin cniige por lui, ce m'est avis.
Car je voi bien que ne poes guencir.
(fliion de Bord., 727.)
Si Est l'empereis cest hange.
(MotSK., Chron., 2S435.)
Se marchant font change de chevaus 11
lansa l'autre bout a bout, rien ne iloivent
de tonheu. (Est. Eoileai", Liv. des mest '>•
p., XII, 3.) ''"
Lors aux changes vont en quelque contrée.
(Eust. DEScn., V, 133.)
Depuis qu'en toute vilenie
Noble Noblesse fut honnie.
Mettant sous les pies tout honneur
Par uu malheureux et sot change, '
Tous ont mesprisé la louange.
(J. A. DE BiiF, Mimes, IV, f» 47 t«.)
Voyant donc en vous chacun jour
Ou naistre ou mourir quelque amour.
Et le change esire vos délices.
(A. DD Bbeuil, Muses gaillardes, l' 64 v».)
— Rendre chançie. rendre ia pareille :
A li anemis rendre change de ce qu'il lui
ont fait. (Aimé, Ysl. de li Sorm., VII, 2.)
— .\ction de changer des valeurs
contre des valeurs équivalentes ; qqfois
anc, comptoir de change :
Si aprenrai des marchies et des changes.
(Enfances Vivien, B. N. 144S et 744; p. 50".)
La coustume des canges. (1165 à 1185,
Charte de Philippe d'Alsare, dans A. Thierrv,
Monum.inéd. de l'h'ist. du Tiers-Etat, t. "l,
p. 74.)
Et emblerent, a un chamge de ladite ville,
deux cens frans en or. (Reg. du Chat., i,
252.)
Pour affaires secrelz et d'importance
concernans les chainges failz par ordon-
nances de l'empereur. (1546, Compte pre-
mier de liobert de Bouloingne, f» 188 r°. Ch.
des Comptes Lille. B 2460.)
Cange est une propre manière de mar-
chié qui est dessevree de vente. (La Thav-
MASS.)
Cf. II, 54".
<:iiA\'GE.iBLE, adj., sujet au change-
ment, qui peut être changé: anc, va-
riable :
E la vie ke n'est pas changable
E le rogne k'cst pardurable.
(l'iEHBE d'Adersum. Sixcé dc sccrez, B. N'. 25407, f°
180'.)
Vie non chanjalde. (Evn. de Costv, Secr.
d'Arisl., B. N. 571, f» 127'.)
Amor chanjable et muable. (Introd. d'as-
tron., B. .\. 1353, T 77".)
38
CHA
Le mois de mars est un mois rhamhfinble
en temps et. en pleuves ou en neiges. (8
mars 1408, Ann. de la soc. del'lii.st. de Fr.,
1864.)
Cf. II, 54".
cH.*^'GEA\T, adj., qui change, va-
riable :
N'ierl ne muables ne chanjans.
(Ben., D. de Norm., II, 12770.)
Cardes ke vous ja pour chou ne soiies
omljrage vers lui ne chanjans de vostre
talent. (II. de Valenoiennes, S 558.)
— En parlant d'une étoffe, qui varie
de nuance suivant les expositions :
Elles en doublent leurs pelissons de taf-
fetas changeant. (N. Du F.ul, Prop. rust.,
p. 128.)
— S. m., étoffe changeante, étoffe
dont les nuances varient suivant les
expositions :
Habillement bigarré, comme de changeant
ou de quelque matière ou il y a diversité
de couleurs. It. veste di cangiante. {No-
menai, octil.)
Cf. II, 54\
CHAivGEMEivT, S. m., actiou de chan-
ger ; mutation :
Cangement.
(HeRMAN, Bible, B. N. 24367, t" 63 r«.)
Lonz soil, chier frère, ades de nos cist
très pesmes rhaigemenz, et cist très horri-
bles enduremenz de cuer! {Trad. des serm.
de S. Beni., Ler. de Lincy, p. ■'j62.)
... Li planleiz de la terre et li chaingemenz
des tens sont voirement miracles... {Ib., B.
N. 24708, 33; 41, 26, Fœrster.)
Ils furent esbahi et en grant changemens
de pensée. [Bible hist., Maz. 312, t° 238°.)
Fortune, debonnairement
M'onvvras, au commencement,
De l'amour qui me print trop fort
Sanz retarder ton changement.
(EusT. Desch., V, 342.)
Chamhgement. (G. Chastei.l., Chron. des
D. de Bourg., I, 28.)
cn.*^•GEOB, mod. changeur, s. m., ce-
luiqui change qqch. chose ; celui qui fait
commerce de changer les différentes
pièces de monnaie, les traites et les bil-
lets de banque, receveur :
Li changeai' i vienent de Paris.
[Garin, 2" chaos., XXXV.)
Que nul clerc, de quelque nacion que il
soit, soit eslasounyer ne semsar. [Ass. de
Jér., 11, 361.)
Chengeor. (Trad. de Beleth, H. N. 1. 995,
r 51 r°.)
Ke Boins Amis li changieres ait vendut.
(1236, Cari. S. Sauv. de Melz, B. N. 10029,
f> 53 r°.)
Li cheengeor et li marcheant. ('1231, Ch.
d'affr., A. La Fcrté-s.-Aube.)
.II. chuinjour. (1284, l'r. de l'Il. de Metz,
m, 229.)
CHA
Chaiugeeur.{n'èj,K. N. K 36", pièce 33.)
Numnuilarius, changires. (Pet. vocab. lal.-
franç. du xiu" .s., Chassant.)
Nummularius, camhsur. (Gloss. lat.-fr.,
B. N. I. 4120, f° 124 r°.)
Orfèvres ou changeours. (Des .vu. jjlan-
nettes, fi. N. 2485, f" Li v°.)
Chascun ne peut pas estre orfèvre.
Changeur, lapidaire.
(G. DE DiGCLi.EV., Trois pelerinaiijes. i' 50".)
Chaingieres. (1326, Pr. de l'H. de Melz, IV,
36.)
Changierez. (1334, Cart. de Metz, liib.
Metz 7ol, f" 26 V.)
Jehan de Lanstais, camhfjeur. (1397, /inîî.
de la soc. de l'hist. de Fr., 1864.)
Par le chattgeur de nostre trésor a Paris.
(1399, Très, duchastel. d'Orl.,A. Loiret, 6.)
Je n'y voy nulz fors changeurs qu'on aeure.
(EusT. Desch., V, 123.) |
^ I
Tous brouillons et changeurs des deux saincts
[testaments.
(Ferrasd Dli Bez, £p. Iiéroiq., f° 3 1°.)
— Variable :
Or le tiens tu por changeor!
(Eneas, 8282.)
(:ha.\gier, mod. changer, verbe. —
A., rendre autre, rendre différent:
Bêle faitare, genliz chose.
Si com solelz Hestrist la rose,
Si l'a la mort molt tost plaissié
Et tôt ûeslri et tôt changié.
(Eneas, um.)
Je Guidai bien le sans chaingier
Quant tel chose li oi dire.
(Dolop., 8668.)
Par quoi tel couleur engroulee
Puisse estre changie et muée.
(La Clef d'amours, 2503.)
Trop m'est changiez li temps et la manière
Depuis le jour que je me départi
Do vo douçour, très douce dame chiere.
(EusT. Descdamps, V, 357.)
Et se je ne le rappelle, mue ou cambge,
je voeil qu'il demeure ferme et estable. (2
mars 1438, Escrips de testament de sire Je-
han de le Masure, chir., A. Tournai.)
Mon dit testament anuer, chaingier. (31
mars 1502, Escrips de codicille de demiselle
Jehenne Francqhonime, chir., A. Tournai.)
Neptune en ceste forme a bien changé la sienne
Pour mieus assubjectir la vierge a'olicnne.
[P/LSSERkT, Œuvr., p. 131.)
— N. et abs. :
Usages change moul souvent.
(GiUT. d'Arb., Eracl., 3389.)
Si aprcndrez a changer et a vendre.
(Enfances Vivieîi.p. 51.)
Et lors doivent monarchies changier.
(EuST. Desch., V, 330.)
Tout ce qui est au dessoubz de la lune
Change et se muet par diverse fortune.
(Id., V, 394.)
— Réfl., devenir différent, se modi-
fier :
Famé ce chainge en petit d'eure.
(Dolop., 4256.)
CHA
— Changié, p. passé et adj., devenu
différent :
An sa color ses maus apert,
Car moût est pâlie et changiee.
(Chrest., Ciiy., 4354.)
CHAXGLE, V. CeNGLE. — CHANGLEU,
V. Cengler.
ciiANLATE, mod. chanlatte, s. f., plan-
chette en biseau qui porte le dernier
rang de tuiles, d'ardoises d'un comble,
et forme saillie de manière à empêcher
les eaux pluviales de couler le long du
mur ; perche qui sert à faire des arrêts
potjr le barrage d'un cours d'eau :
La couverture a tout les lates,
Et li chevron et les chantâtes
Sont fêtes de bone aventure.
(Rut., Voie de Parad., 583.)
Non autrement conlme] chanlaste
Qu'est pertuisie en haut esclate...
(Malearaume. Pyrame et Thisbê, 151, J. Bonnard.)
Chanslate. (1332, Compte de Odart de Lai-
gny, A. N. KK 3% f» 175 V.)
En l'autre moitié, du Ion avra une chaii-
latle coulant en laquelle l'en liiy donra sa
viande sans touchier a luy. (1393, Ménagier,
t. II, p. 313.)
Pour Irois quarterons de chevilles de fer
pour queudre les rliamplates des tours de
la dicte porte. (1400-1402, Compt. de Girarl
Goussart, fortification, XLII, A. mun. Or-
léans.)
Kanlalle. (1432, Douai, ap. La Fons.)
Pour deux journées de syeurs d'Aix a
syerdelac/jn«/((i/e et contrelatte pour ledit
cabinet, .vu. s. (Compt. de dép. du chat, de
Gaillon, p. 146.)
Un millier de clou achanlatle. (1549, Soc.
arch. de Tours, VII, 198.)
Cf. Chanlate, II, 55", dont les exem-
ples sont à joindre à cet article.
c:nAxoi\'E, s. m., ecclésiastique sé-
culier ou régulier, membre du chapitre
d'une église cathédrale :
Munies, cannnies, pruveires curunez.
[Rot., 2956.)
Ensembl'od !i si clerc e si canunie.
(76., 3637.)
I Canonîe.
(P. DE Thaun, Best., 628.)
i
Cliannine fud, si saveit le language.
(JoRD. FANT0s.yE, Clicon., 712.)
Chenone.
{LesLoh., B. N. 19160, t« 34 r°.)
Canones sui et prestre par grand élection.
(Heruan, Bible.)
De clers, de preslres et de monis.
Et de nonains et de chanonis.
(Brut, ms. Munich, 63.)
Ckanuinnes (a.
(Garn., s. Thom., B. N. 13513, f 11 r".)
Li un abbé, li autre muigne,
E prestre, diacne, e chantiigne.
(Marie, Purg. de S. Patrice, 1349.)
CHA
CHA
CHA
39
Tu doîs avoir teus chaîoines. •
{Paraphr. du ps. Enicl., Brit. Mus., adJ. 15706, f"
30'.)
Il sont chanoine blanc et noir ;
Mes bien font lor ordre savoir.
(Gi-ioT, Bible, 1028.)
Je lîaouz, rhenones de S. Thiebaiil. (1223,
Chap. de l,i cath. de Metz, k. Mos.)
Jelians del Monta pris a rente a Segnieur
Gillebertde Paris. cflHO««e de Tornay. (1236,
C(irt. (ibbai/e S. Médard, Kouge livre, f 167
V", A. Tournai.)
Mais li canonne i ont leur part.
(UousK., C/imn., 1108.)
.\s hanonnes fu l'autre rente.
(1d., ib., 1100.)
Chevalier, clerc, borjois, caJoine,
Contrait, muel, mesel et moine.
(Fab. des bons vins, Berne 113, (° 202^.) (
JaUcmarl de Lille, canonnie de Xostre
Dame de Tornai.(12i0, Mém. de la soc. hist.
et litt. de Tournai, t. .XVII, ch. .x.x.tiv.)
Cheminne. (1240. Mor. 158, f° 7 r», B'. N.)
Chenoine. (Ib., f 159 V.)
Li canones. (.luill. 12H, N. -D.de Cambrai,
.\. Nord.)
Et fist en cel leu establir
Une église el non Jhesucrist,
Et chaloingnes riules i mist.
(Geff., .th. est. du monde, B. N. 1526, ^ iH'.)
Il tempteles moniesetles cano>nes.{Ti-ad.
de Maurice, B. S. 13314, P 8 v°.)
Cheiioiffne de Nostre Dame de Rains. (1252,
Cart. de Champ., B. iN. 1. 5993, f° 448\)
Cil est chnnainnes àii Bezanson. (1263, Bib.
iliap. Besanç.)
Li serganl ans chanoines, ausinc. (Est.
CoiLE.iU, liv. des mest., T p., II, 55.)
Chenone. (1267, Albe, I, 4, A. Meurlhe.)
Chunone. (1275, ib., 5, ib.)
Chunoene. (1285, Cart. de H. Genn. des
prés, A. .\. LL 1027, f 1.59.)
Chennoine. (1287, A. N. L 733, cote T.)
Gui de Humilli. chanoinez de Laon. {Ib.,
pièce 2.)
X.irhenoirjne qui sont revestu demourenl
pour chanter la granl messe. (1287, Ordi-
iinriiim, ms. Troyes 792, f° 330 r".)
Chenoine. (Fin du xiii" s.. Cens du chap.
de Bourg, par. S. Lis. et S. Jean des Champs,
A. Cher.)
Chanoigne. {Gloss. de Couches.)
Contre les cunonnes de Pinkegny. (Cart.
de ficquigny, A. >". R'* 35, P 9 v°.)
Chonones de S. Thiebaut. (1323, Cart. de
la gr.égl. de Melz, B. .\. I. 1 1846, f° 180 V.)
Chanoigne. (1326, A. N. JJ 64, P 237 v°.)
Chanoingne. (1335, A. N. .IJ 69, P 54 v».)
Chenoyne. (1338, S. Cyprien, A. Vienne.)
En nii le ciier, en oianl des canonnes, se
lisl confies. (Uist. des ducs de Norm. et des
rois d'An^let., p. 45.)
Chenonne. (1360, liancon du roi Jean, A. N.
KK 10", f 40 r».)
Chenoynne. (1393, év. d'Ang., A. Char.)
r/iai7«oi/)jiieç,mongnes.(P. Cocu., C/icOK.,
c. 96.)
Tu l'as laissé chez ces quenoines, va le
quérir. (Bkro.alde, Moyen de parvenir, p.
152, éd. s. d. n. 1. 439 p.)
Elles appelle encoresc/wnomes, non point
pour la pension cjue l'on appelle autrement
canon, qui leur estoit attribuée, mais par
un mol digne de l'Eglise, parce qu'en les
érigeant en collège, on leur donna plusieurs
belles reigles el institutions canoniques.
(P.iSQ., Rech., III, 38.)
CHA,\oi.\ESSE, S. f., religieuse de
certaines communautés :
Il a shanoinesse a Mons.
(Wats. de Couvin, des Trois chanoinesses de Colo-
gne.)
Canoniesse de Mons. (Obit. de Flin., Haut-
cœur, p. 409.)
En icelle ville y a un beau couvent de
canoniesses gentifemmes, lesquelles ne font
aucun veu de religion, et se peuvent ma-
rier a leur volonté. (M.tni. dl" Bell.w, Uém.,
\: X, r 306 r».)
ciiAXOiME, S. f., canonicat :
Robert de Bailleul permua la chanoinie
et prébende deBeauvais a un nommé Louis
de Cormailles. (Kév. 1378, Heg. du Purlem.,
ms. .Ste-Gen., p. 316.)
En le cité a chanoynies moult grandes el
moull nobles. (Froiss.,C/ico«., IV, 170, var.)
Que de vostre bonté
A Cbaalons, Laon ou a Paris
Clianonnie ait ou dignité.
(El'st. Descu., V, 316.)
CHAXOLE,v. Quenouille. — chaaoiv,
V. Canon I.
CHAXsoiv, S. f., pièce de vers géné-
ralement divisée en couplets avec re-
frain ; anc. , poème épique :
Malc cançun nen deit estre canlee.!
i-Rol., 1466.)
Ker iluec nuns demandowenl ki chailifs
nuns menèrent, paroles de rhançun. (Liv.
des l'sauin.. Cambridge, C.\.>L\VI, 3.)
Ko lui chante sones a hour[e] de compile.
Et fables et chançons...
{Destr. de Rome, 359, Grôber, iîom., II, 15.) Ms. Ha-
novre 578 : ckaunceoun.
Plaist vos oir canclion de grant barnage.
(Raimo., Oijter, 3.)
Et je dirai une cJiançon.
(Heii., Bt. II, 359.)
Car il ne scvent l'estoire que je vi,
La commençaille dont la chançons issi.
{Gif. de Viane, B. N. 1374, f» 91«.)
Il m'ont en si douls pcnseir mis,
K'a chanson faire m'en seux pris.
(GtiiOT, Chans., VI, 7.)
Chanchon.
(iîose. Val. Ou. 1213, f« I01i>.)
Comme dit le chanchons...
(Ciperis, B. .N. 1037, f» 75 r».)
f;t li souvint d'une c/(aHTO« qu'ils avoient
faite entr'eux deux. (.Me.siïstiiel, 80.)
Mais l'emyrete [1. l'emperere] de Glançon
Gantera la d'autre kaneon.
(MousK., Chron., 24939.)
Cttnchons envoie et biaus dllies
Que tu meisme aras ditics.
{La Clef d'amours, 1513.)
ciiA\'so\.\ER, verbe. — N., faire en-
tendre une chanson :
Les bergers sur le tendre herbis
Chansonneni de leur cbalemie.
(La Forte.)
CHAXsox.\ETTE, S. f., petite chanson :
CJiancenete ou vers.
(Cdbest., Clitjes, 2844.)
Chantoit sa chansonete..
(Moniot de Paris, ap. Barstcti, Hom. et Past., p.
300.)
S'escoutoient par grant délit
La cançounette que il dist.
[Amadas et Ydoine, 1663.)
Une clianeonnete nouvele.
{Ren., Br. XVI, 585.)
Chancenete.
( Vie des Pères, .\ra. 5216, i' I r«.)
Chansoiniete. vai t'en ;
Leis m'amie l'envoi.
(GuiOT, Chans., I, 36.)
ChancJionnete.
(La Dame a la licorne, B. N. 12502, f" 62 r'.)
ciiAxsox.xEUR, S. m., celui qui chan-
sonne ; chanteur :
Nul ne croit ces infâmes diffamateurs, ni
ces chansonneurs. (Fr. de Sales, Œuvr., t.
XI, lettre 157.)
CHAXS0i\.\iER, s. m., faiseur de chan-
sons :
Chansonnier: m. ère : f. Alvvayes singing ,
full of songs. (Cotgr.)
— Recueil de chansons :
Item, un chançonier de Mons. Casse Brûlé,
presié .xx. s. (xiv" s., Compt. de l'argent.)
l.CHAXT, s. m., élévation et inflexion
de voix sur différents tons, avec modu-
lation ; ramage des oiseaux ; cri du
coq, etc. :
Muntal Deus en chant, li Sires en voiz de
buisine. {Liv. des Piau/?!., Cambridge, XLV],
5.)
Chescun désire oir les chans
Des oisiauï, des bois et des chans.
{La Clef d'amours, 2397.)
2. ciiAXT, S. m., côté; coin :
... Un lioncel noir avoit paint en un cant.
{Naiss. du Chev. au Cygne, 3147.)
El l'ensegne (de la lance) ierl ynde, li
cans a menues bendes d'orfrois debelline.
(Merlin, B. N. 19162, f 201'.)
Est tenus, pareillement, en péril d'affo-
lure, d'une aultre playe de taille qu'il a sur
le cant de l'esclenque main, par dessoubz,
a rencontre de le recepte el de travers,
dont il en est ung os issu. (13 mars 1442,
Reg. de la loy, 1442-1458, A. Tournai.)
Cf. Littré, Champ 2.
CHAXTAXT, p. prés, et adj., qui
chante :
Felinete i fu si jolie.
Si chantanz, si gaie et si lie
Et si bel s'aloit déportant
Que le pris en aloit portant.
(Gérard d'.\miens, Escanor 23155.)
40 CHA
Jucnes, bien chantans, yeux traitis.
(Edst. Desch., IV, 276.)
CHA^TEL, moJ. clianteaii, s. m., mor-
ceau coupé à un grand pain ; morceau
coupé dans une pièce d'étoffe :
Mal se peut viiidier sans rongier auc/ian-
leau de t|iielqu'an. (G. Chastk.ll., Ver. mal
prise, p. 571.)
Dictes en ee que vous voudrez ; mais ils
nous donnerenl de leurs chcoileaux. (Rab.,
Cinquiesme liv., ch. xx.x.)
Tranche a inesme le cJiaitteaii.
(J. A. DE Baif, le Braiv, III, 1.)
— Quartier de la lune :
Oue tous aveni a se pendre dedans le
dernier chanteuu de ceste lune. (Rab., Quart
livre, prol.)
— Pièce du fond d'un tonneau :
Contre un tonel l'a si hurlé
A po ne l'a esservelé :
Li chantes tornc, c'est péchiez,
Et li toniaï s'est eslochiez.
(La Plantez, 89, P. Meyer. Bec.,f. 331.)
Cf. II, 56'.
CHA>-TEOB, mod, chanteur, s. m., ce-
lui qui chante :
Mètre i fisi pain et vin et char et vert savor.
Et touailo et hennap et i. cok canteor.
(Rom. d'Alex., ms. B. N. 789 ; P. .Meyer, p. 135, v.
497.)
Moult ot en lui bon canteour.
(Bes., Troie, B. N. 375, f» 78?.)
Et chanter oi ces chanieeurf,.
(G. DE CoiNCi, Mir., ms. Soiss., t" 6'.)
Cautères iert autorisies.
(Mir. de S. Eloi, 73.)
ChaiiiHeur.
(ROB. Gbossetete. ap. f.oinci, J/ir. de N.-D., ms.
Brus., f Î29".)
Jehan le CorOier, canteur en plache. (15
fév. 1411, fieff. de la Loy, 1414-1425, A. Tour-
nai.)
Canlor, chanteur. (Ch. Estienne, Dictiona-
riolum puerorum.)
Tous nos chanteurs d'amours.
(]0D., Œuv. mesl, f Î6 r°.)
CHAXTEPLEURE, S. f., grand enton-
noir qui sert à transvaser le vin, le ci-
dre, la bière, robinet quelconque qui
laisse écouler l'eau peu à peu, arrosoir,
ouverture pratiquée dans un mur pour
faciliter le passage des eaux, etc. :
Ycsci une cantepleur c'an puet faire en .i.
lienap... (1248, Villabd de Honnecourt, pi.
16.)
Que l'en n'ait mare a fosses, qui boulent
a rivière ne chanleplore. (Août 1291, Ord.
s. la pikhe, B. N. 1. 159", T 110.)
.II. lanternes el.ii. chanïcp/eures d'argent.
(1349, Compte de Nicol. Bracqiie, A. N. Klv 7,
f° 54 r°.)
Une chantepleure d'or. (1455, D. de Bourg.,
6732.)
Une canpleure. (1554, Compte, Bélluuie,
ap. La Fons.)
CHA
Tu feras aussi au \H'rcbi\\\ne rhantepleiiir
parlaquelle. quand il sera trop plein, l'eau
puisse couler hors la maison. (Evon., Très.,
C. VI.)
Par l'inslrumcnt appellr chaule pleure.
l'eau raiiionle lanl qu'on veut. ^O.oeSerh.,
VII, 3.)
La chante pleure n'est autre chose que
deux tuiaux d'eslain, ou d'autre matière,
d'esgale longueur et grosseur, telle qu'on
veut, joincis ensemble, faisans deux bran-
ches de telle ligure quecestelettre grecque
.a. (Id., ib.)
Cf. Chantepleuue I, t. 11, p. 57^
CHAXTER. verbe. — A., faire entendre
avec la voix un air de musique, un
chant :
Maie cançun n'en deit estre canfee.
(Roi., 1466.)
Tels corunez ne chantât unches messe.
(Ib., 1563.)
Or chante.:: dont endementiers,
Car il vos sera amendez
Le forfet que vos demandez
Quant ot le prestre la promesse,
Xsnelement chante sa messe.
(Du Prestre teint. Montaiglon et Raya., VI, 13.)
Quant chantes fu li services et dis.
[Vdi- et Otire.dias EsrlarM.,16S\, .iusg. udJ Abh.,
t. LXXXIII.)
Quant ot canté le messe et dite s'orison.
(Chev. au Cygne, B. N. 79b, f 226 r«.)
Je sul prestres et clers, si vois messe chantant.
(Baud. de Seh., XVII, 320.)
- Fig. :
La damoyselle ayant receu les lettres,
lença fort celle qui les avoit prinses pour
luy bailler, et fut cent fois délibérée de les
rompre sans les lire, se doutant assez de
ce qu'elles chantoient. (Nie. ue Montreux,
Liv. des Berg. de Juliette, f° 256 r°.)
— N., former avec la voix une suite
de sons variés, selon les règles de la
musique :
Que nuls pruzdum malvaisement n'en chant !
(Roi., 1474.)
Encontre mei parlowent ki seeinl en la
porte, e chantovent bev[anzl sizre. [Liv. des
Psaum., Cambridge, L.WIII, 14.)
Dedenz la vile fu conduiz
Li chevals a molt grant deduiz.
Devant chantoent les donzeles,
Sonent et harpes et vicies.
(Ene^is, 1145.)
Tel joie en ot k'il commence a chanter.
(Aliicans, 3783.)
A celui matin, pourle douchour dou tans,
chil oiselon cauloient cleremeni, cascuns
selonc se manière, et envoisiement. (He.nbi
DE Val., s 531.)
Las ! por li muir, et por li canl.
(Ren. de Beaujeu, le Bel Desconneu, 1259.)
E tant li ad de Deu chanté
Ke l'enfant ad baptisé.
(CiiAnDRT, Josapti., 869.)
S'elle chante, sus toute chose
Loe sa voiz melodiose.
(La Clef d'amours, 1571.)
Si riches rit et chaunte.
(Pror. del Vilain, ap. Ler. de Lincy. Prov. fr., II,
461.)
CHA
. Et joyeusement chanterai/.
(EusT. Descb, IV, 17.)
11 fait trop estrange vol,
Car près du laz le fault chanter en sol
Qui viellemenl en jeune art soleûe.
(Id., V, 64.)
Dancer scevent et chanter
Doucement.
(ID., v, 315.)
— Pain a chanter, pain à hosties:
A Jehan le Carllier qui faille pain a con-
ter. (10 mai 1392, A. mun. Douai.)
Cf. II, 57".
ciiAXTERELLE, S. f., corde d'un ins-
trument de musique à manche qui a le
son le plus aigu ;
Et si disant, rompit ma chanterelle,
(Louise Laddé, Escritz de diiieis poètes, OEuv., p.
119.)
Quand découpant dessus ta chanterelle
Mille fredons, au pincer de tes dois.
Tu fais jaser l'argentin de sa vois.
(Cl. TuRKl», Œur.po'H., Sodd., LXIII.)
— Grillon :
Les chanterelles sont petites bestes qui
chantent par nuit es murs ou feu a esté,
comme es contremeurs de la cheminée.
[Thoison d'or. vol. II, f° 229 r°.)
Cf. Chanteur, H. 58", et Chanterbsse,
II, 57=.
f:iiA>'TEUS, adj., syn. de chantevr :
Oiseaux chaiileuj-. (Jard- de santé, Ois.,
49.)
CHANTIER, S. m., grande enceinte où
l'on entasse du bois ; endroit où l'on
construit des vaisseaux ; pièce de bois
sur laquelle on place un bloc, un vais-
seau, un tonneau; anc. entrepôt :
Pour chantiers a aseoir ces vins. (1295
Compte de Girart le barillier, Arch. K 36"-
piftce 43.)
pierres de pavé estans sus le champlier
de Nyevre. (1432, Compte de Nevers, CC 34,
t"> 15 r°.)
Au fort, quelqu'ung s'en recompence.
Qui est remply sur les chantiers ;
Car la dance vient de la pance.
(VitLos, Cr. Test., 198.)
Puisqu'avons sur nos gantiers
A nos caves et celliers
Pipes et tonneaux tous plains.
(Vau-de-Vire,s^. t. Dubois, Yauj:-de-Vire d'O. Bas-
selin, p. 210.)
Les vignes faites en lignes, et qui sont
arrangées par chantiers sont tenues pour
les meilleures, car elles ne- rendent point
d'ombre, et par ainsi le soleil et le vent
peuvent aisément battre parmy. (Du Pinet,
Pline, XVII, 21.)
Cf. 11, 58".
CHAîVTBE, S. m., celui dont l'office est
de chanter à l'église :
Que li arcediacres et li doiens et li chan-
tres avoient livrei l'arcevesque par le con-
seil dou chapitre. (Ménestrel, Z 313.)
CHA
Mesire Otles de Flines a chou temps ca-
noines et chantres del église Saint Bietre-
inieu de Bietiuine. (Avr. 1320, Cart. de Fli-
nes, CCCCXIV, p. 5-20.)
— S. f. :
Deux fois chantre elle fat, puis après maints of-
Elle mourut en lin maistresse des novices, [fices,
(G. Dirait, Mesl.. Epit. de Loyse de Pons, relig. de
Poissy.)
(:iiA\TRESSE, S. f., celle dont l'of-
fice est de chanter à l'église :
Une cha7itresse. (R. Est., Thés., Psallria.)
CHAXU, V. Chenu. — CH.*^'L'INAL, v.
Canonial. — chai\vev\ch, v. Canevas.
CBA.WRE, s. m. etf., plante herbacée
dont la graine est connue sous le nom
de chènevis :
Ma grosse cemîse de K-enre
Pour la soie qu'est mo!e et tenre.
(CHaesT., Percev., 2357.)
Caneve. (.xif s., ap. Tailliar, p. 21.) Impr.,
cai'eiie.
Chaimle. (S. Graal, B. N. 245ô, C 123 r°.)
Kiles de chanvre ne doient noient. (Est.
\'<oiL.,Uv. des mest., 2° p., II, 13.)
Et si doit il faire semer en la curtillage
calibre affaire cordez. (Tr. d'économ. rur.,
\m' s., c. 7.)
Par dessus n'ot c'un drap de canvne.
(Del usurier, B. N. tbîl2, f« i32 v«.)
Un client de ranneve ou de coton. (Vers
1268, Ptainle au fi. de Fr. par des march.
flam., A. prov. de Gand,4lupelm., n° 118.)
On doit vendre le caneoe cl markié der-
rière la on vent l'erbe.(1270, Rer/. aux bans,
A. S.-Omer A B .vviii, 16, n" 239.)
Chenvre.
{Jiose, ms. Bru.x., £">
■•)
Canvre. (Jiirésde S. Ouen. f»268 r°, A. S -
Int.)
Chanvre. (/A.)
Lannes ou cheneve. (Coût, de Chalumont,
A. N. P 1384.)
Lcdisme des cannvrez et des lins. (fie«/es
de la préo. de Clerm., B. S. 4663, f° 70 s".)
De toutes chainvtes, et de linc. (1326, Pr.
de VU. de Metz, l\, 31.)
Une corde de caneve pour le cloke. (1370,
A. mun. Valenciennes.)
Camliis, chnneves. (Gloss. lat.-nall., B. N.
1. 7692, f W.)
Or dit qu'elle a lin de saison
Pour filler, et chanvre moult fine,
Or a potaige pour cuisine.
(E. Desch., PoH., b. n. 840, f" 513".)
Demi livre de fillet de kenneve. (1372,
Lille, ap. La Fons.)
Toillede caneve. (1379, Compï. rfe Valenc,
pièce 46.)
Fil de chenove. (Lundi av. Noël 1392, In-
venl. de meublei de la mairie de Dijon A.
Cùte-d'Or.)
Estoupes de chesneve. (B. de Gord., Pra-
ii<l; 1: 3.)
Chanbre. (Id., ib., XVII, 157.)
T. IX.
CHA
Une autre nappe de chevane. (Oct. 1400,
Inv. de meubl. de la mairie de Diion, A.
Côte-d'Or.)
Cordes de queneve. (1406, Bélhune. ap. La
Fons.)
La dixme ou desmerie des blez,... lins,
cherves, etc. (1416, Reg. des fiefs du comté
du Poitou, V 325 v», Duc, Chevarderia.)
Mais, se chanvre broyés ou lilles.
Ne lens ton labour qu'as ouvrez
Tout aux tavernes et aux fdles.
(Villon, Gr. Test., 1713.)
Une botte de grosse cordiellede kenvene.
(1445, Compte des fortifications, 11" Somme
de mises, A. Tournai.)
A Christofle de le Grange, cordier,...
[pour] une corde de quenvene servant au
contrepoi.Y desArsde Salines, pesant. Lxxi.t.
libz etdemye.(13 sept. -12 fév. li.50. Compte
d'ouvrages, 7"Sbmme de mises, A. Tournai.)
.V. petites bottes de kesvene. (Ii62, Compt.
des rivières d'Escaull et d'Escarp, A. mun.
.Morlagne,)
Une cordelle de quenneve. (1471, S, Onier,
ap. La Fons,)
Grant nombre de queinenes pour rouyr,
(29 août 1490, Flines, A. Nord, Cod, F, n"
26,)
Corde de quenvc (1498, S, Omer, ap, La
Fons.)
Cordes de queneve cherencié pour le cloc-
que de la ville, (xvi» s., |,a Fons, Art. du
Nord, p, 105.)
Tant de quenneve en fardiaulx comme
délié. (26 avril 1507, A, mun. Douai,)
Fillet de brin de cherve pour convertir en
toile, (19 mars 1521, A, Gir,, Not,. Cochet,
104, 1,)
Oui vaillent parcbacune année de revenu
quinze francs d'argent, six livres chenefve,
et six poulies. (1Ô84, Dénomb. de J. d'Au-
. mont, 1° 1, E 29-E 1490, A, Doubs,)
De la chanve fort belle et haute. (Marc
Lescarbot, Hist. de la Nouv. France, Il
536,)
Chemises de kaienvre. (1601, Abbev,)
Pour deux longes de quenvene. (1613,
Exécut. testaui. de Jacques Cogheman, cor-
dier, .\. Tournai,)
CHAXVREU.v, adj., de chanvre; qui
tient de la nature du chanvre, filan-
dreux :
La d'une chanrreuse filace
Tissant le lien qui m'enlace.
(AM. jAMTNrPorà., p. Hi.)
Chanvreux cadeaux.
{.Uuses incoijueui's, PaiiipLage.)
L'un a demy lui erapesire
Les jambes d'un fort clieveslre.
L'autre d'un chanvreuj' licol
Luy emprisonne le col.
(.\. DU Bri^uii., Muses gaillardes, f" 69 y».)
Tirant a la quenouille et de sa main nerveuse
Retordant au fuzeau la fdaco chunibreuse.
(HoB. GABSiEa, Mure Antoi?w, III, 1220.)
CHAOS, S, m,, état de confusion des
éléments qui, suivant certaines théogo-
nies, aurait précédé l'organisation du
monde ; confusion en général :
CHA
41
C'est la matière primeraine
Chaos.
{Nul. a Valeh., 394.)
Un chaos de pensers ou l'esprit se confond.
(Despobt., Eleg., I, ht.)
CHAoïxii, s, m,, espèce d'huissier ou
d'envoyé turc :
nue pour une chose de si grande impor-
tance que celle la, le grand Seigneur, si
telle eust este son intention, eust bien sceu
envoyer un chahuz. (1573, Mém. de Chois-
nin.)
Un chaoux qui conduisoit l'argent, (Aui>„
CHAPE, s, f,, manteau, vêtement de
dessus, ouvert et à longues manches,
qui était ordinairement accompagné
d'un chaperon :
Desous leur chappes ont haubers endossez.
(Loh., Ars. 3143, I" e".)
Desouz la chaipe.
(Il); B. .N. 19160, f» 12,=.)
Et disi li fol : Gel porterai souef
Desouz ma chape a molt grant sauveté
Comme celui cui je doi molt amer.
(Jourd. de Blaiuies, 183.)
Lai veissiez mantiax et chapes desirrer.
{Parise, 2695.)
Quant li enfant le voient, ne se vodrent targier
Ains desvestenl les chapes, traient les brans d'à-
[cier.
(Gui de Bourg., 3331.)
Cil s'enfuient, Renart esch.ape :
Des or gart bien chascun sa chape f
(Reiiarl, Br. V, var. des v. 1149-1272, t. III, p. 186.)
Cil qui crient par la vile la cote et la
chope. (Est, Boil,, Liv. des mest., l' n,,
LXXVI, 19,) '
Plus de paine ay que le crieur de chapes.
(EisT. Uescu., V, 75.)
Une très notable chappe de drap de ve-
loux, batue a or de Chippre. (1405, Inu. de
la cath. de Sens, ap, V. Gay,)
Les asnes s'affublent de chapes.
(J. A. DE Baif, .Mimes, I. I, (» 11 t»,)
— En particulier, manteau long, sans
plis et agrafé par devant, que portent
i'évêque.le célébrant, les chantres, etc.,
pendant l'office :
Es jours des dimenches ou festes dou-
bles ou a chapes. (1451, A. N. P 1356', pièce
4.)
— La chape du ciel, la calotte des
cieux :
N'i ot plus seur sor la chape du ciel.
(Girli. de Met:, p. 467, ms. Montp,, t« ISO",)
Il n'a plus bêle dame sous le caple del ciel.
(Mol, 6698,)
Lequel, ayant entendu leurs actes mé-
morables et bien considéré leurs raisons,
ne voulut rien déterminer, pensant que
soubs la chappe du ciel on ne si;auroit trou-
ver trois aultrcs poltrons semblables a
ceux cy, (Lariv,, Nuicts de Strap., VIII, i.)
Et je te jure mon Dieu, qu'oncques telle
patience dessous cette cappe du ciel... (Pas-
ÙUiEN, Pourparler.)
19
CHA
— Chape s'est employé en botanique
pour désigner la spathe :
Iarus...L'on rappelle aussi barbe aaron...
elle a une telle chapp'^ et détiens une telle
chose longue comme serpentine. (Serces «e
Saler7ie, ras. Hodéne, Este 28, p. 176.)
Cf. Chape, II, 59", Chape a ohoe, II,
59% et Chape a pluie, 11, 59'.
CHAPE CHUTE, S. f . , proprement chape
qui est tombée ; fig., bonne aubaine due
à une mésaventure d'autrui :
Cliape eliaele piisl. s'en eusl bon g.iranl.
(W*CE, Rov, 2' p., 1240.)
11 en a encore .lu tonnel (du vin)
Et nous linerons bien eh.iicns.
Rasoir, as tu niengié herciis.^
Tu en as bien te part beue.
Ains a trouvé cupekeiie
Pincbedc, el sai par mes ieus.
(\. DE t» Halle, /us S. Nie, B. N. 2S536, f 66 •,'.)
Quant homme pécha Deus se départi do
lui, et quant Deus se fut départi do lui, li
lerres (lui court as eschaetes el qui volen-
liers prent chape cliaete, c'est h anemis, si
prisl homme et le misl en sa prison d'en-
fer. (Laurent, Somme, ms. Soiss.210, 1° 10".)
Chape cheoile. (B. N. 12Ô81, f» 352 r°.)
Les Normans qui ne cherchoyent que
rhapes cheutes (ainsi que. dit le vieil pro-
verbe) entrèrent en ce pais l'an d'après la
mort du comte de Poictiers. (Falciiet, An-
liq. guul., 2° vol., IV, xi.)
Il V va pensant trouver chappe chute.
(Tallem., HisL, OCXMX.)
CHAPEL, mod. chapeau, s. m., coif-
fure que les hommes et les femmes met-
tent sur leur tète pour sortir ; couronne
dans l'acceiition générale :
Et ou trait son chcipel, parfont li at clinet.
( Yoy. de CUarl, 146.)
Adont de la chambre s'avance.
De la le vit en un prael
U ele laisoit un capel.
(Beauman., Jehaji et lîlondc,
860.)
Ce fu en la douce saison
Que li roussignol ont raison
De chanter pour le tans joli.
Que li pré sont vert et ûouri
Et li vergié cargié de fruit ;
Que la bêle rose est en bruit.
Dont les dames font les capiaiia,
Donl li amant font leur aviaus.
(ID., Muneldne, 2153.)
Je vos donroi chapi'I d'orfrois.
Et bone cote, et pelicon.
(I.AMUEBT l.'AVLUGLC. B. N. 844.)
Et il li cousirent la croiz en un granl
chapel de colon par devant, porce que il
voloit que la genz la veissenl. (Villeh.,
S 68.)
Li abes apiela Constant, Ui tenoit son
kapiel de feutre tant k'il eiist parlé a l'En-
pereour. (Li Contes don roi Coustant l'Em-
per., Nouv. fr. du .miT s., p. 13.)
Chapel et bouche ou manlelet
Doiz avoir, propre et netelet.
[La Clef d'amours, 393.)
CHA
Avra pour pris chapel d'or bel et bon.
(EusT. Desch., 111, 90.)
A ung cappelier, pour ung noir cappe/ de
feutre. (14&7, Tul. d'Ol'wel de le Masure, A.
Tournai.)
Pour l'achat de ung capeau d'estrain et
de une escriptoire pour ledit Jcrommet,
payé trois gros. (21 déc. 1.^12, Exéc. test, de
Jehan Cupelier, A. Tournai.)
A Ysabeau de Willecocq, dix neuf sols
di.x deniers pour avoir faict vingt deu.v
chappeauU de triomphe a douze deniers,
comprins avec elle la femme de Robert
liuré, laquelle aayda a aller iiuerre les lier-
res pour faire lesd. chappeauix. (lo71 -72,
Compte, Entrée des ducs de LongueviUe,
année boulonnaise. p. 405.)
— Chapel de roses, petit cadeau des
père et mère à leur fille en la mariant:
Homme noble peut bien donner a sa fille
plus grand mariage qu'advenant: car il
luy pourroit bien donner la tierce partie
de sa terre, ou choses immeubles, jaçoil
qu'ordinairement ne luy en appartient par
succession que quart, c(uint, sixiesme, sep-
liesme, ou plus ou moins, mais aussi s'il
luy donne moins en mariage qu'il ne luy
fut escheu de sa succession, et ne luy eust
il donné qu'un chappeuu de roses, c'est a
si;avoir ijuelque legier don de mariage,
mais quelle soit mariée el eniparagee no-
blement par le père; si ne peut elle rien
demander en succession directe de père,
de mère, d'ayeul ne d'ayouUe, tant comme
il y ail hoir iiiasle de ses père el mère en
représentation d'iioir masle, s'il ne luy est
réservé en faisant le mariage. (Coust. d'An-
jou, ap. Cb. lui .Moulin, Coust. ç/énéral. et
parlicul. du roij. île France, l. II, f° 44 v°.)
Cf. Chapel 1, t. Il, p. 60\
CHAPELAiiv, S. m., celui qui était bé-
néficiaire d'une chapelle, le desservant
de la chapelle d'un château :
Roberz de Morelune ses cliapeleins esteit.
(Gakn., s. Thomas, 3861.)
Puisfu prise li sainte Crois de noredemp-
lion,et fu commandée au capelain Phelippe
por chou que il le portast. (IIenki de Val.,
g 524.)
Que i li alasl querre un fisicien cl un
chabelain. (Prise de S. Jeh. d'An(jeH, Arch. J
1034, pièce 32.)
Chapeleyn. (1281, Test, de Gui de Lusignan,
A. N. .1 270, pièce 19.)
^oslre chappelen. (1297, Test, de Hugues
le Brun, A. N'. .1 407, pièce lî.)
Jelians prestres chaipellains de la cha-
pelle. (1315, Cari, de Ste Gloss. de Metz, A.
N. 10024, r 14 r°.)
Messire Gerarl le Maire, caplain de le ca-
pielle. (1"'' sept. 1408, Compte de la recette
générale du llainaut, f» 54 v", A. Nord.)
Aux chappelains fondez en ladicle église
Saint Brixe pour leur sallaire d'avoir esté
revestu ausdis services. (16 fév. 14Gl,£.<;<!e.
lestam. deEctor deFlamecourt,k. Tournai.)
A iceulx curé, cappellains el clers. (1501,
Exécul. lestam. de Tassiuot de Bocquegnies,
ib.)
Et aux chappellains de haultes el basses
fourmes. (7 août 1503, Testament monsei-
gneur maistre Jaques du Bos, chanoine, ib.)
CHA
CHAPELER, V. a. et n., tailler en en-
levant le dessus :
Pain de deux jours pour ckappeler. (Mé-
nagier, 11, 106.)
Chappellez le pain visle, car noz invitez
sont venus. (Palsgr., p. 484.)
Lesquels ne permettent que rien soit
servy sus tabledevanleux, non pas mesme
le pain blanc, qu'il ne soitchuplé. {.]. G. P.,
Occult. merv. de nat., p. 353.)
ciiAPELERiE, mod. chapellerie, s. f.,
confection, commerce de chapeaux:
Li aprenliz ne puet touchier au meslier
de chapeterie de feutre devant qu'il ail
paie les .x. s. de la condarie. (Est.Boileau,
Liv. des mest., 1" p., XCl, 11.)
Jleslier de capellerie. (Mars 1450, Lett. de
Ch. VU.)
— Provision de couronnes de fleurs,
en particulier pour èti'e distribuées aux
convives :
La chnppellerie lui cousla quinze francs.
(Méuagier.)
CHAPELET, s. m.,pctit chapeau: cou-
ronne, guirlande de fleurs, ruban tressé
en bracelet, torsade :
En son chief ot un chapelet petit
D'or et de pieres qui moût bien li avint.
[Giirin le Loh., 2' chons., XXII.)
Ici encoste a .1. biau jardin planté.
Assez i a de llorestes d'esté ;
Chupeles fere irons si vos volez.
[Les Loh., Ars. 2983, f« 4'i.)
En son cief mist un capelet estroit.
(Raimb.. Ogicr, 1030.)
Un chapelet ot en son chef posé.
A riches pierres, qui getent grant clarté.
[Girard de Viane, p. 90.)
Uns capeles ses chevex tient,
Qui ert de fin or reluisant.
(Beauman., Jehan et Bionde, 4726.)
En tens jolis et nouvelet
Pues envoler un chapelet.
[La C te f d'amours, 1505.)
Que nul seigneour cliivaler ne auler pe-
tit ne grand ne chivache par noet ne per
jour armes, ne port palet ne chapelet de
fier n'auler armure sur la pevne suisdtt.
[Stat. de Ilichard //, an XX.)
Et aux manches le chuppelet
Joyeulx, eu la manche attaché.
De velours, a ung beau fdiet
Trois doys de large.
[Le Monologue Coquillari, II, 212.)
Troys çstrivieres du dicl drap d'or frizé,
avec l'es chnppellelz attachez a iceulz. (.\oùl
1498, B. >'. 22325.)
Dessoubz le pourpoint la chemise
Froncée, puis le chappelet.
(R. DR COLLEllYE, MoHol. de ItCSOlu, p. 65.)
- Fig. :
En se retirant de tout point du manie-
ment des affaires, el en se tissant un beau
chapelet detranquililéa meltre sur sa teste,
comme disent aucuns rheloriciens. (.\mvot,
Compar. de Nie. av. Crass.)
— T. de fauconn., chaperon :
CHA
Chascun a un reclaitn et un chappellet a
ce que il puissent clamer leur oisiaus et
tenir. {Lii\ de M. Pol. xcn.)
— Rosaire, assemblage de cinq di-
zaines de grains enfilés, séparées par
un grain plus gros :
Un c/mp/^eWe/ de perles. (7 juin 1390, fieo.
du CIMetet.)
Quapelet. (l.i)21, Test., A. mun. Douai.)
Le Laquais. J'ay perdu les palenostres de
mon maistre. Le sçay tu maintenant?
Blaise. Quelles sont les palenostres de
Ion maistre ? un cappelet? (LARtv., la Cons-
tance, III, 5.)
— Bavardages :
Le cardinal de Richelieu ne disoit il pas,
i|ue six pieds de terre, voulant parler des
intrigues du Cabinet, lui donnoieni plus
de peine que tout le reste de l'Europe ?
Pourquoi cela, sinon a cause des chapelets
que l'on y enfile et défile continuellement.
(.Naii).. Miiscur., p. 377.)
— Ane, guirlande de rimes, sorte de
pièce de vers :
Chapelets se font proprement comme ron-
deaux eloz et ouvers, mais ilz se doublent
en toutes façons ou se renversent qui est
le plus magestrallement faict, et en peut
l'en faire comme de rondeaux et de telle
taille que l'en veult, mais que le tout soit
doulcement assouvy.(FAERi,fiAe(., f° 27 v".)
Cf. II, 60".
CHAPELIER, s. m., Celui qui fabrique
ou vend des chapeaux, des couronnes
de fleurs :
Li capeJters eslis
Sen capet li enlrerosa.
(Reîicius, Miserere, cxcv, 9.)
Cunins li chapillers. (1241, Ban de tréf..
liib. Metz.) ' '
Ouioonques veutestre chapeliers de fleurs
a Paris, estre le puet franchement. (Est.
lioiL., Lw. des mest., 1' p., XC, I.)
Chapeltier qui vendent chapeaux de ro-
ses. (Voii-ye de Paris, A. N. Y 3, f° 5 v°.)
A ung cappelier, pour ung noir cappel
de feutre, parlui vendu audit Olivet. (1457.
Tutelle d'Olivet de le Masure, A. Tournai.)
— S. f., chapeliers, celle qui fait ou
vend des chapeaux :
Isabel \ecapeliere. (1339, Aveu, Boulogne
A. N. J 1124, pièce 39.)
Ine chappeliere qui livrera chappeaulx le
jour du regard et le jour des nopces. (J/é-
nagter, II, 118.)
cnAPELi.\E, mod. capeline, s. f., cha-
peau de chasse des femmes, aujourd'hui
coifrure de femme qui descend jusque
sur les épaules :
Chapeline, chapeau. It. capello, capellet-
lo. Esp. Capelo. (Jin., Nomencl., p. 127.)
— Sorte de casque rond, plat et à
bords étroits :
Cf.apeUnes de fer. (G. Chastell., D. de
Bourg., m, 97.)
CHA
CHAPELLE, s. f., lieu consacré où Ton
gardait lachape. les reliques d'un saint;
endroit où étaient gardés les vêtements
sacerdotaux, les vases sacrés, et tous les
différents ustensiles propres à desservir
un autel :
Dames, borgoîses et puceles
Vont as tenples et as chapeleft.
(Eneas, 6833.)
Puis en assembla ensemble bien dix mil
en la chapele de Saint Marc. (Vili.eh., g 25.)
Il n'ont église ne chapele.
(Gdcot, Bible, ÎÛ38.)
Chaippelle. (12 mars 1384, Lell. de l'offic.
de Tout, A. Meurthe H 2976.)
Le dicte cappielle Xicollayen l'église saint
Jaques. (15 dèc. 1405, Exé'c. testam. de Ri-
chard Davesnes, A. Tournai.)
On chantera en capelle la messe du S.
Esperit. (12 mars 1571, Négoc. de la France
dans le Lev., III, 146.)
— Chapelle ardente, luminaire dont
on entoure un catafalque :
Le clair firmament
Luy eust servi d'une chapelle ardente.
(Uell. de s. Gel., Œuo. po''t., p. I7î.)
CHA
13
— Petite chape :
Chapes et chapelles. Une chapelle d'or, a
un rosier vert ou sont les armes du duc. Une
chapelle noire, toute complète, excepté un
fanon a roses et estoilles d'or. (6 mai 1440,
Cart. chap. Dol, A. Ille-et-Vil., S. G. I.)
Cf. Chapele 2, t. II, p. 60\
CHAPELLE, adj., orné de chapelles :
Le contour chapelle (du chœur de l'église).
(P. DE Brach, Poem., f« 81 t".)
cu.APELLEXiE, S. f., bénéfice attaché
à une chapelle :
Dofacions, augmentacions des eglizes,
chappellanies. (René, Testam., (JEuv., I, 96.)
En l'église de Mouslreau,en laquelle fut
premièrement enterré le corps dudit feu
monseigneur le duclehan, sera fondée une
chapelle et chapellenie perpétuelle d'une
messe basse de Requiem chascun jourper-
petuelment. (Mo.nstrelet, Chion.,'ll, 187.)
CHAPERox, s. m., coiffure en drap,
à bourrelet et à queue que portaient au
moyen âge les hommes et les femmes ;
bande d'étoffe que les femmes portaient
sur la tête ; coiffure ornée dont on cou-
vrait la tête des oiseaux de haut vol :
Par ses espaulcs saut le noir chapiron.
{.Von. Benuart, B. N. 368, f» »31 »».)
Parlez a mei, sire al chaperon large.
(Coron. Loois, 475.)
Il osla duoc Sun chapertm.
{Un Ctiival. e sa rfame, ms. Carabr., Corpus 50, f*9'i'''
P. Meyer, Itapp.) ' '
.■Vies chaperon bien fetis :
Trop grant ne soit ne trop petits.
{La Clef d'amours, 357.)
Ou unes chauces neuves ou viez ou un
chapiron viez ou nuef. (1294, Foire de Dijon.
B. >'. 1. 9873, f 25 V.) '' '
Pour la fourreure de la visagiere du chap-
peron de lad. robe. (1317, A. X. K, 18, f 157.)
Les caperons derous et deskieres derier,
El ly pluseur l'avoienl troué ens el goffier.
(Cliev. au Cygne, 61667.)
A rire commencha, dessous son cheperon.
Si haut que le chapele en reteoli du Ion.
{B. de Seb., XVI, 588.)
.1. auMre caperon de noir veluyel. (30 juin
j 1377, Exéc. test. S. Agnies Macouelte, A.
' Tournai.)
Et seront tous les capperons de pareil
drap. (1398, Charité de la coût, de Bernai/,
Est. etord.)
Congié, pour Dieu, d'avoir nez chaperons !
(EusT. Descb., V, 183.)
Pigne loi bel. Ion chaperon abat.
(Id., V, 363.)
Que vous chaultde ces vilains, ou deces
cliapprons fourrez, ou de ces turlupins re-
ligieux. (.1. Gerson, Har. faicle devant le
Hoy, p. 27.)
Lequel prend maintenant un chapperon
fourre et une chappe, et semble prélat ou
clerc. (Id., ib.)
A Pierart de le Court, plonmver de la
ville, pour une pièce de ploncq'en taule
de .Vil. pies quarrez mise et servant a une
fenestre faicle a cappron de monne sur lu
cuisine de le maisun du conchierge de le
Halle. (18 mai-17 août 1443, Compte d'ou-
vrages, 6' Somme de mises, A. Tournai.)
Faisant signe de leurs chaperons a ceux
de dedens. {Trahis, de France, p. 96.)
l'ugchappourron a usage de famé. (1510,
Inv. p. la cour de Treourec, A. Finist.)
Nos princesses non moins ardentes que rusées.
Osent, dans les bordeaux, s'exposer desguisees :
Sous le chappron carré vont recevoir le pris
Des grâces du huleu.
(ArB., Trag., II.)
Chaperon. C'etoit l'atour el habillement
de teste des femmes de France, que les
damoiselles portent de velours, a queui-
pendant, touret levé el oreillettes alour-
nees de dorures autrement appelle coquille.
(.\lC0T.)
Pour faire la comparaison de la justice
de nos anciens avec celle d'à présent, nous
n'entendons pas alfoiblir leur renommée,
car nous sçavons bien que ce n'estoit que
gra\ilé, que sagesse, science, grands ob-
servateurs de loix et exécuteurs d'ordon-
nances, bonnes et simples âmes, autliori-
sez, crains et redoublez du peuple et de la
noblesse, quy ne faisoient aucune diffi-
culté de (juilter le chapperon pour ne rien
l'aire du commandement des roys au pré-
judice du public. (1622, La Chasse au vieil
Grognard de l'antiquité.)
Cf. Il, 61'.
CHAPERo.xxAKE, S. m., Ic fait d'être
couvert d'un chaperon ;
Leur chapperonnage. (Rab., Cinquiesme
livre, ch. xxvii.)
ciiAPEKO.v.XER, V. a., couvrir, cou-
ronner d'un chaperon :
Mes se il volsist crere la gent chaperonee
Mult puisl bien aveir sa mort dune escliivee.
(GiBS., s. Tltoia., 3616.)
44
CHA
Les evesques mitrez, les a.hbe7. chaperon-
nez. (J. Goi'i.AiN, Ration., B. N. 437, f° 17".)
— Saluer en ôtant son chapeau :
Ennuyez de rlwpperonner et faire la court
a Messieurs les Uiresoriers.(li)88,iîemo?is(r.
au Roy, p. 111.)
Cf. II, 5 V.
CHAPIiV, V. ESCHAPIN.
CHAPiTEL, mod. chapiteau, s. m.,
partie supérieure d'une colonne, d'un
pilastre, qui couronne le fût :
Pilier, cimaises, chapiteî
Sont a guerfil et a neel.
(Eneas, C445.)
E dous ciipiti-ats getad de areim. {Rois,
liv. 111, p. 2ô3.) Lai., finxit duas colum-
nas aereas.
Andiii li chapitrai furenl si aliiniez. {Ib.)
Quant il l'orent levée (la tour), treslout a lor
[plaisir.
D'un lot seu capital le font desus covrir,
.1. oisiel de fin or, por celé oeuvre aconplir,
Funt sur le chapiteî par grant engien tenir.
[Roum. d'Atex., f ÔQ».)
Capiiel, cliapiteau. (Bil>le, B. S., 8U9, f»
45 r°.)
Sour ces coulombes siéent .m. capiliel,
t'isour ces ca/)iiia«s siéent .L.xnii. coulom-
lies petites. (Lett>-es du prestre Jehan, dans
CEuv. de Ruteb., III, 371.)
Et faire .m. capiliaus sur le comble. (16
janv. 1339, Test., chirog., A. Tournai.)
Que en lieu du clochier dudit Sansoy,
lequel ne se peut plus soustenir, et le con-
vient abattre et refaire tout de nuef, je
puisse faire ung chuppiteau pour hebergier
et porter les cloches. (13SÔ, A. iN. MM 31, f
6 v°.)
Ung chappilel, bon et convenable. (/*.)
Le capitiel de le cloquette d'icelle ca-
pelle. (Kèv. 139d-mai 1396, Compte d'ouvr.,
10" Somme des mises, A. Tournai.)
Fait un capiliel au buhot des deux che-
minées de la dicte maison, pdur ce qu'il
plouvoiten ycelles. p20 juill. 1415, Tut. de
Jlaquiiiel, A. Tournai.)
Pour .1. cent de ticules et un quarteron
de bricques, pour faire le dit cupitel. ilb.)
Chaînez d'arein couvroient les lys ou
cJiappileaulx deces coulompnes. (Ancienn.
des Juifs, Ar>. ."i083, f" 'M^'.) Supra, cap-
pileaur.
Le cha/ipilcau qui estoit en a\enture de
cheoir. (14()5, Cornpt. de Nevers, CC 59, f°
20 v°.)
Chappitreau. (Vû%Compt.ile Reaé,\>.6i.)
Laquelle ledicl de Charny fil reedilier de
pierre de taille et d'un haull capital de
pierre au dessus duquel avoit images de
Dieu, de Nostre Uame etde madame Saincte
Anne; et du long dudict capital furenl
élevés en pierre les treize blasons des ar-
mes dudict signeur de Charny et de ses
compaignons, gardans et tenans le pas d'i-
celle emprise. (0. de La Marche, Mém., I,
9.)
Chapitreau. (1470. Inv. Joy. lUiy., (' 72 r°,
chap. Bayeux.)
— Capitule :
CHA
La liauce de politricon est longue de deux
paulmes ayant dessus soy capileaulx gros
et enflez qui ont les semences. (Jacrf. rfe
satité, I, 374.)
Le pyrethre n'ha point l'esmouchette pa-
reille a l'anelh, mais plustost on voit qu'il
a le rond chapiteau de cliamomine.(E. Mai-
G\.\^,Trad. de iliijst.desplanl.deL.FouscIi,
ch. ccXLvn.)
— Chapitre :
Et cascu ne partie avra capilaus especiaus.
(Alebr., B. .N. 2021, f° 6 r°.)
Cf. Chapiteî. 1, II, 62».
CHAPITOILE, V. CaPITOLE.
ciiAPiTLE, mod. chapitre, s. m., as-
semblée de chanoines, de religieux,
réunis pour délibérer sur les intérêts
de la communauté, et, par extension,
ceux qui siègent à cette assemblée ;
lieu où ils se réunissent :
Si lur musterra sun dortur,
Sun chapitre et sun refeitur.
(Marie, Lais, Yonec, 497.)
El chapitre entrent avant.
(iD., ib., 303.)
Au chapistre de Cisteaus.
( Vie de S. Thom. de Canlorbenj, 99, A. T.)
Al terz jour en chapiteîe entrad.
(Vie de S. Ttwm., ms. Harley., 3757, f» 9 r».)
Dune sunt od le kovenl dedenz chapitle entré.
(Gabn., s. Tliom., 419.)
Mes chapistres feré par ordre,
.\ler droite voie sanz tordre.
(GuiOT, Bible, 606.)
Li chapiieles. (1230, Coll.de Lorr.,980,
B. N.)
Li chnpitles. (1233, Chap. cath. Metz, Mai-
sonnerie, A. Mos.)
Li capitles.(\1'i%, A.N.Mus., vit. 42, pièce
233.)
Do chapitle. (1236, S.-Sauv., A. Mos.)
Mais il i ot -i. contredit
Des kapiteles pour le disime.
(Ph. Mousk., Chron., 25480.)
Li devant dis capitles. (Oct. 1241, JoiNV.,
Chartes d'Aire.)
Le chaplitre de Bar le Duc. (1246, Louppi,
1,4, A. Meurthe.)
Li capUeles. (1247, Ctiarte d'Oniiaing, Ch.
des Compt. de Lille, 914, A. Nord.)
Ce doiens et toutli chaplislres de Tout...
(Après le 16 mai 1248, Coll. de Lorr., Not.
des ms., X.Wlll, 37.)
Chaipistre. (\2hl, Cart. de S. Vinc.de Metz,
B. S. 1. 10023, 1° 30 r".)
Li chaipistres. (1271, S. Sauv., A. Mos.)
Li diens et li cnpitres. {Cart. de Picqui-
gny, A. N.B. 1' 35, f° 44 r°.)
Pour le capistre de Foulloy est tenans
messire Kicoles Ankiers canonne de Foul-
loy. (1337. Cart. Alex, de Corbie, B. N. I.
24144, r 6 V.)
Cappittre. {l'i'iO, Rançon du roi Jean, A.
N. KK 10", f» 38 v°.)
Chapitre. (Ib., T 39 r°.)
CHA
Capitulum, capis(;'e. {t}loss. de Conches.)
C'est assavoir qu'il vienne dimanche pro-
chain venant entre les deux messes, en
cappitre, piedz nuz et nustz teste, et une
torche de cyre aluniee en sa main. (1450,
A.mun. Laives, cité dans Mém. de la société
éduenne, nou\. série, XIV, 390.)
Chepitre de l'église collégial Nostre Dame
du chastel d'Ostun. (7 oct. 1179, Fond, d'un
anniv. par J. Drouot, A. mun. Aulun.)
— Pain de chapitre, pain de première
qualité, distribué aux chanoines :
S'il est question de parlerd'unpain ayant
toutes les qualilez d'un bun et bien friand
pain ne faut il pas venir au pain de cha-
pitre ? Je di, au vray pain de chapitre, dont
celuy que vendent a Paris les boulengers,
a retenu le nom, mais non la bonté. (H.
ESTIENN., Apol., c. 22.)
Et me semble que le pain de munition
n'a point si bon goust que le pain de cha-
pitre de Paris. (Tournée., les Contents, I, 3.)
— Division d'un livre, d'un traité :
El est ordeneepar.xx. capiteles. (.\lebr.,
B. N. 2021, f 4r°.)
— Statut :
Parmy les chapitres de l'ordre du roy,
les chevalliers du dit ordre ne peuvent en-
voyer ny accepter cartel. (Brant., des Duels,
VI, 462.)
CHAPITRER, V. a., réprimander en
plein chapitre; réprimander en général:
Nous tirasmes vers le chapitre
Que je vis par une verrine
Ou les folz corrige et capitre
La très sage dame Doctrine.
(Lefrasc, Cliamp. des Dam., Ars. 3IS1, f" 17'.)
Chapitrer quelqu'ung. Le chastier au
chapitre. Castigare in comitiis. (Bob. Est.,
T/ies.)
Voicy le vray enfant prodigue, <|ui s'est
imaginé rie belles folies : mais comme plei-
nes d'enfance et de nivellcries, je luy par-
donne pour l'amour de vous et de M. de
Rosny, qui m'en a prié a jointes mains;
mais c'est a condition que vous le chapi-
trerez bien tous trois, et que vous en re-
pondreza radvenir.(Si)LLY, OEcon. roy. ,ch.
ex.)
CHAPOiv, S. m., jeune coq châtré pour
être engraissé :
... El ventre del chiapon.
(MiBDOuE, Lapid., B. N.i. 14470, col. 164Î.)
.1. capun de rente. (1180, ,\rras, A. N. S
5207, suppl., pièce 31.)
Ne chapuyis ne gcline.
(Garn., s. Ttiomas, p. 120, Bckk.)
D'un cras capuen a .i. lart bien pevré.
(';. d'Hanstone, B. N. 25516, f 17 y».)
... Mes un cras chapon
Anieroie miex que lor boistes.
(GuiOT, Bible, 2629.)
Et se mist en la cuisine a lourneir les
chapons. (Ménestrel, 65.)
.xviii. capons,.\m. bieketeaus, .cliui. car-
pes. (1319, Contresomtne des dépens, de la
comt. de llain., f° 27 V, A. Nord.)
Capons, poules, bures, fioumages. (1343-
CHA
1401, Reg. de la viunerie, drapperie, f° 157
r", A. Tournai.)
Les cences de bleif el de cliiiipons. (I34i),
Cart. de SIe-Gloss. de Metz, H. }i. 1. 10024,
f 14 r°.)
Nous avons condeuipné et condempnons
icelui Anthoine Clément de paicr a icelle
dite abbaye trois hotleaiix de loille mesure
dite et les trois pars d'un capon de rente
héritière chacun an. (1521, Cart. de l'abl>.
S. Médai-d, Rouge liv., f 291 r°, A. Tour-
nai.)
CHAPOivxAGE, S. m., castration de la
volaille ; obligation de donner au sei-
gneur un certain nombre de chapons :
De Pierre du Bus au lieu de Martin son
père, sur une maison et heritaige séante
au fort de Morlaigne, lequel doibt pardes-
sus les renies fonssieres en clxapponnai-
ges une soubz rente de douze livres .x. s.
iflandres par an. (164Ô-46, Comptes du rece-
veur de la terre de Morlngne, nis. apparte-
nant à .M. BocquIUet.)
ciiAPo:v:vEAL-, s. m., jeune chapon :
Ung butaudeau ou chnpponneau. (1560,
Cure de Cissé, A. Vienne.)
■ Chappunneau, capus junior. (J. TniEtinv,
DM. fr.-lul., 1Ô64.)
ciiAPOx^ER, V. a., châtrer un jeune
coq que l'on veut engraisser :
Le coq ansçois que on le face caponer.
[Descrlpt. lapid., ms. Berne, f 169'.)
Li cox ehaponez
Est as gelines mal venus.
(5. dkCosdk.III, 302.)
N"i demora poulet qui ne fust cajmiines. 1
[Geste des ducs de Suurg., 2909.) )
Pour avoir fait chapponner des coches.
(1447, Coiiipt. 'lu Temple, A. N. MM 135, S" I
174 V.) j
Les coqs perdent de chanter quand ils ,
sont chappoiinez. (Du Pinet, Pliue, X, 21.) j
.laçoit que tout l'esté soit bon pour clia-
ponner, si est ce que le mois de juin en
est la meilleure saison. (0. de Serh.,V,2.) I
- Fig- : i
El n'est trop seur que le pape qui sera :
ne face chapponner quelc'un par dessoubs j
les oreilles. (IJ.W, Lett. sur la mort du pape, ]
Négoc. sous Kr. II, p. 101.)
ciiAPO\iMERE, S. f., lieu OÙ l'on en-
graisse les chapons :
Les deux meilleurs chapons de la c/ia-
ponniere. (Cent Nouv. nouv.)
ciiAPOTER, V. a., dégrossir le bois
avec la plane ; en parlant du potier, en-
lever de la pièce qu'il travaille les par-
ties qui doivent tomber :
Ctiapoter, v. Tû lialic, or whittle; also, to
hagle. paulter, trille, or diidge , about tlie
priée ol', also, to piddie, middle, or busie
himselfe In many Ihings, and doe nothing
Well. (COTGR.)
CHAPTAi., V. Cheptel.
CHA
CHAR. s. m., voiture remarquable jiar
ton élégance ou sa légèreté :
Sur un tlutr flsl om melre l'arche el covrir.
(Tli. lemart., 75.)
Chair a dames. (Chron. de S. Den., B. N.
2813, f 477.)
Les chairs. (Ib.)
Pour faire le ciel du cher la l'oyne. (1316,
Compte roy. île Geoffroy de Fleuri, Conipt.
de l'argent., p. 55.J
19 aunes d'escarllate vermeille pour son
cheir. (Ib., p. ùâ.)
Le cher aus demoiselles. (Ib., p. o9.)
Et avoit .v. chevaul.x au chert madame.
(1382, Procès verbal d'exercice du droit de
gile, A. Saône-et-Loire, K. de l'abbaye de
S. Jean d'Autun.)
.nii. ka?-s a .xvi. chevaux. (1403-1404,
Compte de Robert Crohin, receveur de Hni-
naut, [" 76, A. Nord.)
Item, que les roisins venant de dehors
la dicte ville et banlieue, et que on appor-
tera a vendre en Tournay par yauwe, car,
carette. (21 août 1442, Reg.ordonn. des vins,
1386-l.i89, f» 42 r», A. Tournai.)
CHARAItl>'. v. CaHABI.N. — CIIARA-
BOT. V. EsCAnBOT.
CB.ARA\çox, s. m., insecte qui ronge
le blé dans les greniers :
C/iarençons et vermines. (Liebault, 1. I,
c. IV.)
Garder le bled des hanetons elchalençons.
(Belle-Fok., Secr. de i'Agric, p. 61.)
Charenson qui ronge le blé es greniers,
autrement dit calendre. Curculio. (J.Thier-
ry, Dict. fr.-lat.)
Charançon. (Dlez.)
CHARAIVTON, V. ChaRAN(JON. — CIIAR-
BE, V. Chanvre.
tnARBo.\. s. m., morceau de bois en-
tièrement embrasé ; houille:
Pur fuildre en l'esguardement de lui nues
trespasserent grésille e charbuns de fou.
(Liv. des Psaum., Cambridge, XVII, 12.)
\is chiarbuns prcnt des fous.
(Mabd., Lapid., B. N. 1. 14470, S' 18 y'.]
Roges les oils corne charbons,
La barbe longue et les grenons.
(Eneas, 2449.)
Lez uelz ot roges com charbon en brasier.
(Coron. Loois, 506.)
Si ont sa terre trestoie en carbon mis.
(Lo/l., m». Berne 113, f" 20=.)
Si ont sa terre trestote a charbon mis.
(Ib., ms. .«ontp., fo 59^)
Ne remaint vile ne maisun '
Ki n'ait en Oambe u en charbnn.
(Wace, Hou. \" p., 357.) I
D'ire devint vermeilz plus ke karbuns sur cen-
[dre.
(Gabn., s. Thom., B. .N. 13523, f» 31 r°.)
Com .1. charbons Jlambanz.
(Gauiieb, Im. du monde, ms. Tours, f" 35 r».) i
El pour ce que en aucun temps bûche,
CHA
45
charbon sont plus chiers une fois que
aii're (Est. Boileau, Liv. des mest.,
l'p., LXXIll, 4.)
Aussi do lait frais leiros faites
Ou de bouchel de lin pourlraites
Ne puenl pas cstre avisées
Se de charbon ne sont poudrées.
(La Clef d'amours, 3069.)
Et mistrent tout en feu et en charbon
(Grand. Cron. de France, la Vie Mgr. Saint
Loys, V.)
Voiiir carbon ne traire sor tiere. (1251.)
Mon cbappellain feray ardoir
\ ez le la ; mettez l'en prison :
Demain sera ars en charbon,
Sanz nul respit.
{.1/iV. de N. D., J. iOO.)
Bûche, charbon.
(Eosi. Descb., V, 260.)
Pour don fait par Mgr (Philippe le Bon)
a ceulx qui tirent le charbon es mines de'
Mons en llainaut. (U36, lier,. au.r Comptes
de Bourg., La Fons, Intermédiaire, t I n
325.) ' ' ■
Tonneau de iharbon de pierre, (xvi" s
Déclar., ap. Mantellier, llf, 72.) ' ''
Quartio'i, charbon, cherbon. (1562, Déri de
deuxjur.,k.CAr.) ^ 'l ■ u.e
Cf. II, 66».
<;HARBo^•^•EE.s.f., morceau de viande
grillée sur des charbons:
Unes grosses lèvres plus rouges d'une Mr-
bounee. (Auc. et Nie, 24.)
Et veult après la charbonnee
Tout le lard.
(MicHALLT, Dance aux aeeugl., p. 105.)
S'il y a geline ou chappon,
Char, poiz, sain, larl ou charbonnee
J en fornyiay tant mon gippon
Oue j'en pa«seray mon année.
(KiAUASG, Vie de S. Did., p. 135.)
Cf. Charbo.neb 2, II, 60".
CH.4RBo:v>ER, Verbe. — N., faire du
charbon :
Bois pour charbonner. (1504, Lam. 5383,
f 24 r°, B. N.)
Pour ce qu'il luy semble que ceulx dudit
Aulmont ne peullent charbonner oudit bois
d'Aulmont. (Ib.)
— A., rendre noir avec du charbon
ou par la chaleur du feu :
.\ la paele noireir et carbouner.
(.\liscans, 3159 )
Car Volcanus si lais estoit,
Et si charbonnes de sa forge.
Par mains et par vis ot par gorge.
Que por riens Venus ne l'amast.
Cl. Chardoner, II, 67'.
t:nARBo.v\Ei'.\,adj., qui a rapport au
charbon ; rempli de clous, d'anthrax :
Charbonneux. Coaly, full of coales, ail lo
be collowed ; also, full of carbuncles, or
plague sores. (Cotgr.)
ciiARBo.\.\iER, S. m., celui qui t'ait
ou vend du charbon:
IG
CHA
Li paafriers puet prendre en la cliarele
nu rhwhonnior un sac a ardoir en Glo-
riele. (Est. Boileau, IJv. des mesl., 2' p., II,
91.)
Baillis li cherboneers. (iSOl, Cahiers de la
taille, 1301-1318, P 1 v°, A. mun. Reims.)
La compagnie de chevbeniers. (31 mars
1400, Heg. aux amendes et aux bannissem.,
A. mun. Hinant, f° 162 v°.)
— Adj., qui contient du charbon :
Les fosses carbonnieres . (1403, Mém. et
notes d'A. le Préi'ost p. serv. à l'/nst. dudép.
de l'Eure, 11, 4j8^)
— Charbonnière, f., celle qui vend
du charbon :
Dame Emrae le carlioimiere. {Pièce du iS
novembre 131!i. ap. Raynaud, Dial. pic, p.
36.)
— S. f., mine de charbon :
Faisons savoir que nous avons eswardet
d'endroit les carbnnieres, que nus en car-
boiiiere ki soit sor nos justices ne puet fouir
Carbon ne traire sor tiere, de ceste fieste
Saint Jehan Baptiste proisme ki vient jus-
kes a le liesle Toussains proisme suivant
après. (l'251. Règlement conrernant l'exploi-
laliondes bouillieres, krch.Ae l'Etat à Mons,
Quaregnon 15, Cart. de Hainaut, Chron.
belges.)
Cf. II, 67'.
CHARBOT, V. ESCARBOT.
CHABDERO>'>ETTE, S. f., femelle du
chardonneret :
Linotz, serins, carderonneltes. (1540, Lett.
de Thomas Lestiboudoys, chapelain, Arch.
ecclés. de la Seine-Inf., G 4843.)
CHABDIIVAl'L, CIIARDOINAL, CHAR-
l)OI^'lAL, v. Cardinal.
CHARDON, s. m., plante à feuilles et
à capitules épineux :
Cardan. (1086, Doomesday Book,Ze'dschr.
f. rom. Phil., VIII, 333.)
Radulfus Charduns. (1153, Cari, de Uon-
tiéramey, p. 67, Lalore.)
Et si ne doivent Watiers, ne .lehans, de-
vens les trois darrains ans, faire semer ne
labourer en le tiere devant dite point de
cardon. (.luin llôô, chirog.. C'est li escris
Watier Mouton, A. Tournai.)
Cherdons. {Gloss. lal.-fr., B. N. 1. 4120, f°
124 V.)
Chardon a foulon dont l'en atourne les
dras... (Est. Bou-Eai', Liv. des mest., 1' p.,
H, 58.)
Chnrdun de Nostre Dame ou argenlin, ou
espine blanche. (E. Binet, Mero. de nat.,
p. 266.)
CHARDO.N'AL, -0^'^'AL, V. CaRDINAL.
CHAUDONXER. V. 8., faire ressortir le
poil d'une étoffe avec des chardons :
Ceste plante sert grandement, quant a la
teste du chardon qu'elle produit, au.x drap-
piers drappans, a chardonner leurs draps
CH.4
neufs, pour en faire la laine, et les parer.
(LiEBAULT, p. 369.)
ciiARDo>\ERET, S. m., petit oiseau
chanteur de l'ordre de.s passereaux :
Aloes, pinchons, cnrdonneriez. (Modus, f"
126 r°.)
Cf. Chardoneret, II, 68".
ciiARDoivxETTE, S. f., articliaut sau-
vage :
Des chevreaux a la chardonnefe.
(Cl. Marot, Epist., 44.)
(Eufs de brochets, avec lesquels on fait
les formages de caresme, que l'on appelle
a la chardounette. (Liebault, 1. I, c. xiv.)
Cf. Chardonette, II, 68''.
CHARDOxxiERE, S. f . , terre préparée
pour la culture du chardon :
Se faut soigner estans les chardons levés
déterre, de les sarcler curieusement, a ce
qu'aucune herbe ne se fourre n\3.chardon-
niere. (0. de Serr., VI, 29.)
CHARETE, mod. charrette, s. f., voi-
ture de transport, à deux roues et à deux
limons, garnie de ridelles :
En treis carretes les guiez el cliemio.
(flo/., 297-2.)
Les charetes servoient lores
Donl li pilori servent ores.
(CiinEST.. Checal. de la Charete, B. >'. 12360, !' 43'.)
Correcte.
{Gir. le Court, Vat. Cbr. 1301. f" 6^)
Ce sui je qui ja n'i serai
En la cliairi'fe desvee,
De mal fu soit ele enbi'asee.
{Ûurm. le Gnl., 9550.)
Quant nous alonsen bataille, devant nous
vont .x.xx. mile ki sont clerc et chevalier,
et .c. mil siergans, sans les autres ceva-
liers ki vont avoec les karaites, avoec les
viandes, avoec les olifans. (Lettre de pres-
Ire Jehan, ap. Jub., Ruteb., III, 367.)
A char et a chaurete. (1275, Cari, de l'év.
d'Autan, 2" p., LVII.)
Chairefe. (1285, Ord. de l'ost. le Roy, A. N.
JJ 57, f» 1 V.)
Charrecte. {Chron. de S. Den., B. N. 2813,
r 398 r".)
En cars et en carectes.
{Ciperis, B. N. 1637, f" 52 y».)
Charrate.
(]. DE rRioBAT, Lii>. de Yeijece, B. N. 1604, f» 53 .i».)
Cherrate.
(ID., ib., f" 53 y».)
Les mors c'om aporloit es lis et en kare-
tes. (Hist. de la terre s., ms. S. Om.,f»105''.)
La fu la dure pierre achetée et taillie,
El mi^e en des careitez.
[Gaufre;/, 5247.)
Cherraite. (1337, Coll. deLorr., III, f«44.)
Cherrate. {Ib.)
Cherecte. (1342, Cari, de Guise, f" 263 r«.)
Toutesfois que on amaine a col, cheval,
ou a quarele lanches pour vendre. (1391,
Charte de Beauv., D. Gren., 312, n" 131.)
Cherrette. (1397, A. N. MM 31, P 242 r°.)
CHA
Charrecte. (1398, For. de B/ois, Arch. KK
298, f 3 t\)
Karette. (1400, Denombr. du baill. de Caux,
A. N. P 303, f° 44 r".)
Biga, cherrette a deux chevaux. (Gloss.
de Salins.)
Mena a cnretle les biens meublez dessus
déclares. (24 avril 1402, Ex. test. Pierre de
Hornut, A. Tournai.)
Cherecte. (1419, Denombr. du tjaill. d'E-
vreux, A. N. P 308, f» 25 v».)
Cherestes, cherues. (1420, Bailliage d'E-
vreiix, A. N. P 294, reg. 1, pièce 4.)
Que les roisins que on apportera a vendre
en Tournay par yauwe, car, curette... (21
août 1442, Reg. ordonn. des vins, 1386-1589,
i" 42 r°,A. Tournai.)
En ce temps estoil acoustumé que charete
estoit si vil que nul n'estoit dedans que
toutes les lois et tous honneurs n'eust per-
dues. Et quant l'en voulloit a aucun tollir
honneur si le faisoit l'en monter en une
charete, car charete servoit en ce temps la
de ce que pilloris servent orendroit, ne en
chacune bonne ville n'enavoiten ce temps
la qu'une. (Loneetot du inc,2°p.,ch. Lxxxv.)
— Char :
II veit de Gordian la royale charrette.
(JoD., Œuv. mesl., t" 47 y".)
— Mesure :
Qui vent le carrete de froment et de tous
ablais et de tous tramois,a un cheval, doit
.1. d. de tonlieu ; a deuxchevaus ou a plus,
doit .II. d. de tonlieu. (C/ia;'(e de Phil. d'Al-
sace, ap. A. Thierry, Tiers Elut, I, 75.)
Le sisisme lot d'une quareite. {.Jurés de
S. Ouen, f 80 v», A. S.-Inf.)
CHARETEE, mod. charretée, S. f., char-
gement d'une charrette, d'un chariot :
Caretedes. (1086, Doomesday Book, Zeit-
schr. fur rom. Phil., VIII, 325.)
De fer i ot plus d'une caretee.
[.iliscam, 5103.)
Plus i ot de .m. charretées.
(Wage, Conception, Brit. Mus., AJd. 13606, f» 40".)
Charretée.
(Loti., B. N. 1622, (<• 289 r«.)
Qu'il no remaindroit mie pour l'or d'une carfee.
{.Maugis d'.Mgrem., ms. Alontp., f* 157*.) '
Quatre quarefees emplir
Font de bos et mener as cans.
(Beauman., A/aiieime, 1024.)
Et leur Ost baillier deniers a charretées.
(Ménestrel, g 90.)
Une cartee de boz. (1255, B. N. 4663, f"
101 r°.)
Charrestee de foin. (1266, Franch. d'Or-
gelet, B. N. Droz, .KXVl.)
Une charretée de bûche. (1280, Fontevr.,
A. M.-et-L.)
A .m. cous en abat plus d'une grant giiartee.
(Gaufrey, 326.)
Kartee. (1313, Trav. aux chat, des c'"
d'Art., A. N. KK 393, t» 49.)
Quatre quarretees de bois. (1317, A. N. J.l
56, f\1 r°.)
Une chiretee de bon foin. (1336, Cart. de
S. El. de Vignory, p. 104.)
CHA
Carettee. (Coût, de Dieppe, T 30 v°, A. S.-
Inf.)
On dit, et il est vérité,
Que charretée se boit toute.
Au feu l'yver, au bois l'esté.
iViLLOs, Gr. Tnstam., 1685.)
— Fig. et populairement :
A bon entendeur il ne faut une c/iartee
(le pai'oUes. (TornsEB., /es Contens, I, 8.)
Cf. II, 69\
ciiARETiER, mod. Charretier, s. m.,
celui qui conduit une cljarrette :
Ore apreste ses armes et chais e dtareiters.
Fait charger ses chameil.î, olifanz bateiilers,
Kar en est (en) volt aler venger ses desirers.
(Tn. DE Kest, P. Meyer, Alex., p. 219, T. 585.)
Ne le mengassent trois vilain careiier.
(Raimb., Ofiier, 9649.)
Le charetîers.
(Don Chei'al. a laclimvte. B. H. 1^560, !' 44^)
Li charretiers. (122G, Cens.Parad. dePru-
vin, f° 7", A. Aube.)
Cherretier. (1272, Cart. Prov., 1° 5'.)
Charralier. {L.\urent, Somme, ms. Char-
Ires, P 46 r».)
Chairetier. (128.5, Orden. de l'nsl. le roy,
A. .\. JJ57, r 1 \°.)
Caret ir. Jurés de S. Ouen. f° 99 r". A: S.-
Inf.)
Stephanus le cureslier. (1347, Terrier du
Plessis, A. Eure.) '
Tenoienl grans Ions leviers et gros de !
kesne qu'il avoient pris en le maison d'un
larlier et donnoient les horions si grans
que nuls ne les osoit approcier. (Prois.s.,
Chron., II, 120, Kerv.)
A danger emprunter argent,
A maignans leurs poisles mener
Et a charretiers desjeuner.
Et de jeuaer la quarantaine.
(JWs. altrib. à Villon, 157.)
Charrettier. (14G4, L.4G.4DEUC, Catholicon.)
Cf. il, 69^
r.u.%RETiL, rnod. chartll, s. m., corps
d'une charrette, charrette allongée pour
le transpoi't de.s gerbes, des foins, etc. ;
remise pour les charrettes et les outils
de labourage :
Fonrclies, fleaus, restiaus, fauchez, ne
iloivenl riens de lonlieu, ne cUaretil, ne
rhevron dolé. (Est. Boileai:, l.iv.des mest.,
2'= p., XVII, 0.)
Si me jelcnt el caretil.
(Jten.,\]V, 575.)
Et fil li'dit bois tout coupé... et y avoil
rhurlis. chevrons, et bûche de moule. (1312,
A. .N. S 2'J(i, pièce 6.)
Si devons avoir tous les caretis, carues,
herches.(I393,De«on!4c.f/« t>,iill. de Huueu,
A. X. P 307, f° 5i> v°.)
Œuvreur en clwriill. (I ilii, L.^uAUiac, Ca-
tholicon, Ouimper.)
Essculx a charctle et churetiex en aoust.
(Coût, de Vernon, .WIII. Arch. Eure.)
Cartil. sans roue, 1 j sous. ( l.'itiO. A. Seine-
Infér., G 4027.)
CH,\
Que le paysan recueille, emplissant a milliers
Greniers, granges, cliartis. et caves et celiers.
(ilEGMBR, Sut., XIV.)
Chareti. (JIonet, Nicot.)
CH.vRETOAi, mod. charrcton, charton,
s. m., charretier :
Que je trovai un careton
Qui en meine une caretce.
[Itm., Br. XIV, 544.)
La roine le voit venir.
Son careton fait coi tenir,
Blonde fist avec li entrer.
(Beauu., Jeh. et Blonde, 57)1.)
Veredus, clioreton. {Pet. Vorah. lat.-franç.
du xiu" s.. Chassant.)
Et Isengrins prent ses sacs enlre lui et
son charrelon, et les emplissoit dou frou-
meut. (Ménestrel, g 414.)
Johannet dit cherretun. (1264, Acey,
xxxviii, 6, A. Jura.)
Frais de .xii. caretes, des kevaus el des
carelons. (1297, A. iN. KK 394, f 1.)
ijuadrigarius, charrelon. (G/oss. lat.-fr.,
ms. Jlunlp. II MO, f 216 r°.)
Ilastivelez chniretons estoit
I El fenclie estoit li escuiers.
i [Anti ClaudKiniis. B. N. 1634, t« 41 v».)
Jehannin clierreton. (1335, Compte de
Odarl de Laiytiy, A. N. KK 3% f° 253 v".)
Pour le cherelon une journée,. vi. s. (1356,
Arcli. adinin. de Reims, III, 76.)
A Martin chereton, pour .ir. journées, .xii.
s. (Ib.)
Le cherreton qui amoinroit la cherratte
(1360, Cart.de Metz, Bibl. Metz 751, f°23 v°.)
Ces carrelons et leurs cars s'en vindrent
tous charians vers Audenarde. (Froiss.,
Chron., II, U. N. 2644, (° 305 v°.) Plus haut:
careton.
Auriga, carton. (Gloss. de Douai.)
Que viniers ne meskine de vinier, ne
marcheans, ne karetons, ne autres ne soit
a .XX. pies pries dou vregeur quant il verge
les vins. (1343-1451, Her/. de la vinnerie,
drapperie, t" 3 r°, A. Tournai.)
L'an mil .coco, et treize, que il ne soit
cartons, estapliers, neaullrepersonne quel-
conques, qui maine, ne fasse entrer, par
cars, caretes, esclan,... aucuns vins. (26
sept. 1413, Reg. ord. des vins, 1380-1589, f
11 v°, A. Tournai.)
Por despens dou charroton et de .ii. au-
tres compagnyon qui fuiront quérir lo pes-
son. (1416, A.Fribourg, Cw/nute(^es trésors,
n° 31.)
Bien .xi.". hommes de bonne estotfe, sans
les chartons. {Trahis, de France, p. 93.)
Qu'ils ne puissent faire que mouffles a
boqucillons, a carions. (17 déc. 1464, ap. A.
Thierry, Tiers Etat, II, 286.)
Le peu de seing
De son carton, qui pour lors estoit loing
Du bon Troyen, avecques sa monture.
(Salel, //., XI.)
CHA
47
CIIAREVARI, V. ClIARlVARI.
CAi\T, V. Carcan.
CIIAR-
ciiARdE, S. f., ce dont on est chargé,
ce qu'on porte :
Uns vilains i ait charye.
{ Vny. de C.httrl. à Jeras., 605.)
.Son dos de cherf/e destourna.
Sa mains ou cofin labora.
{Lib. Psalm., LXXX, p. 316.)
Carge. sarcina, sarge. [Gloss. lat.-fr., lî.
>'. I. 7679, f'2il v°.)
Une ker'te. (Vers 1268, Arch. prov. de
Gand, Rupelm., n" il8.)
Le kerice d'alun. (Bans aux écheuins, 00,
f" 26 r°, A. mun. Douai.)
Quant par le commandement de Diu ils
seront dclivret de la mcc/ie de cesle char.
{Curtul. de t'.ni^e, B. .\. l. 17777, f" 27.)
De la ,jiienjiie Je bli-, qui raziere est nonchie.
{/land. de Seli., VU, 331.)
Et eux venus a l'ouvraige, qu'il voiront
entasnier le première quierque de bled. (li
mai 1415, Reg. aux public, 1408-1423, A.
Tournai.)
- Fig. :
Don relraire seroit grant charche.
(i;. DE CoiNCl, .Mir., OIS. Drux., f" 75':.)
Gascons d'iaus qui commis y sera a l'or-
donnance et quierque de justice. (Lie. noir
Arch. Valenc. 535, p. 28 et 29.)
Por coi as tu mis seur mol la charche de
tout cest pueple 1 (Bible, B. N. 899, f° 59'.)
Et par lele kierke et tele condition, je l'ai
rechiut et rechoi. (1287, Mart., Anecd., I,
1-19.)
Pour le grant Menues de debtes que nous
devions dont nous estiemes forment con-
traint. (1290, Cart. de Ponlhieu, li. X. 1
10112, f» 308 !■".)
Elle a grani kerkeàe .\prispin sen baron,
car il est tousjours yvres. {Dialog. fr.-flam.,
J'.iy la qiierche, je m'embesongne
Ceens de toute la besongne.
JElusT. Descii., Mirouer de mariage, p. 227, Crapelet.)
Vous me requérez de grant charge.
Sire.
{Mir. de A'. D.,ll, 342.)
J'ay aussy de someil grant harge
Qu'un bien pou dormir me convient.
{Resurr. Xostre Seigy^eur, ap. Jub., ilyst., II, 332.)
Ne devions un si faulz, dosloial, cruel et
félon traistre laissier sur lerre plus lon-
guement vivre, que ce ne fut a noire trcs
grant rarclie. (P. GocH., Chron., c. 16.)
— Fonction :
Quant le roy eut ouy la substance de la
charge de cest ambassadeur, il le feit ve-
nir en sa présence. (Co.mii., V, 2.)
Depuis peu de jours J'ay donné la charge
de mes linances a des gens de bien. (25
nov. 15<Ji, Lell. miss, de Henri /!', t. IV, n
254.) ' '
• — Condition :
.Xous Guillaiimes, cuens de Ilavnnaii,
nous avons veiulul, quittet et clamel" quitte
bien et loyalment, parmi juste prisel loyal
a nos cappelaiu mons' Adan lliirel de De-
namy, a tenir a tousjours perpetueleinent,
cenllivrees de terreau tournois, pour tour-
ner, convertir, aiismoner a Sainte Eglise,
et fonder en tel beneli<:e u en tels et a tel
kerke çou lui plaira. (1323. T cart. du liai-
Haut, pièce 212, f° 127, A. Xord.)
48
CHA
A la sarge de le faire refaire [le moulinl
tout de neuf. (Uo3, Bailliage d'Evre,,.,; A.
N. P 294, reg. 4.)
— Accusation :
Geste délivrance fiist bien eslrange; et
ne lediz pas pour excuser les faultes dud.t
conneslab'le n"^ pour '^onnerf'.rrge^voy
et audit duc. (Comm., M^im., IV, U, LHame
lauze.)
Et a (Kiintilien tut donné la rharçie des
excez et audace de ces disciples. (L-rtoet,
Div. leç., I, VI.)
_ Attaque impétueuse; soimer la
charr/e. donner le signal de l'attaciue, en
parlant des tambours ou des trompettes :
En allant et venant, faisoient courses et
carges jusques aux portes du prieure. (Ua-
ton', Méin., an 1576.)
Sonner la charche. (1651, Lett. cVArist. à
Nie.) Plus bas : chair/e. ,
CHA
Deceslui coup ne sentit que le vharge.-
menl. (Kau., G(irg., ch. xxxv.)
— Imposition, redevance
VI. bonnier... franch de toute herke.
(luill f.i-26. Cil. lie Jehane, c "^ de HaiM.,
Chàri. des comtes de llain., Arch. de l'btat
à Mous.)
Doit en c-che de.lieu ia. s. de ■•eme-
(Terrier de la poterie Mathieu, f -S i , A.
Eure.)
Ouant a payer les dettes elles carches de
ledilte ville, luit seront yguel et compai-
gnon. (Oct. lïll.Ord., M, 424.)
Totes autres charches, debtes, obliga-
cions. (1315, A. S.-et-O., A 1334.)
Some de toute cesle «^/erie ■^''^'<-^'"- ^i
.XVII. s. et .X. den. (1319, A. K. JJ M, f° 3o
.■■>.)
Pour les grans querkes des débites el de
rente a vie que nous devons. (13//, A. l\.
JJ 64, f 285 r°.)
Lesquelles coses devant dites vendues...
sera tenus a délivrer, descarquier et des-
pesquier du tout a ses propres^ '^°"|:X
toutes carques, debtes... (1331, Cari. Esdr.
de Corb., B. N. 11760, P 173 V.)
Tailles, servilutes et autres carques et
redevances. (1344, A. N. JJ 75, P l'I '' •)
Affln que de telles cherges et doinmaiges
soient gardées. (15 mars 1384, Cart. de
Flines, DCLX, p. 675.)
Charches et contributions. (Bers.jT. Liv.,
ms. Sle-Gen., P 1'.)
A le quierque des rentes et cens que le
dille maison et hirelage doit. (20 sept.
139i Escrint demiselle Cateruie de Hanse-
beque, chirog., S. Brice, A. Tournai.)
— Au plur., fruits dont la terre est
chargée :
Advestures de bleds, avoines el autres
grains en terre sur lief, alloels el terres
cotlieres que l'on dit main fermes, n'ayans
pieds coupé, seront tenus pour héritages
comme de mesme les querques et adves-
tures d'héritages baillez a cens. {Chart de
Hain., C.X.XII, u, Nouv. Coût, gen., II, 13/ .)
cii/iRGEME>'T, s, m., charge d'une
voiture, cargaison d'un bâtiment ; ac-
tion de charger en général :
Cf. II, 70'.
ciiABGEOiR, S. m., ce qui sert à cliar-
ger : sorte de cuiller avec laquelle on
mettait la poudre au fond d'une bouche
à feu pour la charger :
Pour .i.quierquoir de bos servanta quier-
quier le mortier du dessus dit ouvrage.
(1409, Compte de receples et mises extraor-
dinaires, A. Tournai.)
Audit Guerarl Mallct, pour deux ilouzai-
nes de quierquoirs de poure de canon a luy
achetées pour la provision et garnison de
la ville, par marchiè a luy fait. .x. s. (18
aoiit-18 novembre 1424, Compte d'ouvrages,
10° Somme de mises, ib.)
A Maistre Jaques du Pont, maistre car-
pentier de ladicle ville... Item [pour] avoir
fait deux quierquoirs pour assir le bacquet
ou ogoel a porter le mortier ausdis ouvriers
et mâchons. (1445, Coiripte des fortifie, \1
Somme des mises, ib.)
CHARGEOR, mod. chargeur, s. m.,
manœuvre qui charge les marchandises
sur une voiture, sur un bateau ; manœu-
vre dont l'emploi consiste à charger les
autres ouvriers :
Chargeeur. (1332, Compte d'Odnrt de I.ai-
gny, a! N. KK 3% P 105 v°.J
Mnnouvriersdebras,fossieurs,ca)-,(?ue/()-.';,
jeltours et hostiers. (1365, ap. A. Thierry,
Tiers Etat, IV, 160.)
oiiiconques sera carcheur, il ne porra
pei'ire pourson droit decarchierune grosse
Ueue sur une chari-elle. que .vin. d. par.
(1377, Ordonn. de la cille de fi?)ms, Arch.
admin. de Keims, III, 493.)
Tous pvonniers et querkeurs, pour clias-
cun .x\. journées el demie, par eulx des-
servies, tant a ladicte pyonnene comme a
quierquier les hotleurs. (1491, Compte des
fortifie, l" Somme de mises, A. Tournai.)
AlardAuBourg, Francliois de Coquereau-
mont. etc., aussy pyonniers et querqueurs.
pour, chescun, .XV. journées qu'ilzonl des-
servies audictes œvres. {Ib.)
Plusieurs compaignons d'icelle artillerie,
comme cannoniers, chargeurs, charretiers,
aydes. (A. de la Viune, Vergier d'honneur.)
Premiers, l'olTice d'estre l'un des six
guerqueurs el desquerqueurs, el avalleurs
de vin, en ladicle ville. (20 déc. 1516, fieg.
aux public, 1512-1519, A. Tournai.)
Cf. II, 71».
CHARGEUBE, S. f., ce qui charge ;
pièce d'armoirie qui en charge une
autre :
CHA
Chascuns sages mena sommier,
Si les carchierent do richece,
Car mener volrent giant nobleche.
(SeptSag-, B. >i. 1553, f" 342i'.)
Et puis sur .1. bahut l'ont fait mettre et quergier.
(Hist. lie fier, de Blai'., Ars. 3144, f» 1S7 r».)
Les escrins carcfnt as somiers.
Et rices cofres, rices maies.
(Bek. de Beaujeu, te Beau Desconneu, 3811.)
Sarcino, sargier. {Gloss. lat.-fr., B. N. 1.
7679, P 241 v°.)
Puis le roy le fisl cherger et emmener en
l'abbave dessusdicle, ou il fut l'espace de
vingt quatre ans. (J. Molinet, Chron., ch.
ccxc.)
— Garnir d'une quantité déterminée
devant servir à quelque usage :
D'avoir et de riqueches le vaissel bien querqna.
{B. de Seb.. II, 430.)
Une fourche de fer a cherchier gerbes.
(1355, lieq. du chap. de S. J. de Jérus., A. N.
MM 28, f° 16 V.)
Qu'il ne soit personne quelconques, qui
misy quierquier, ne (a\re quierquier, pont
mener hors de la ville fil de querouene,
tille cordes, ne aultres quelconques den-
rées', appartenant audit mestier. (17 août
1434, Reg. de la vinnerie, drapperie, 13éo-
1451, P 173 r°, A. Tournai.)
V Anthonne Léger, fevre de ladicle ville,
pour avoir fait et livré a ladicle ville .xii.
grandes pelés de fer pour employer a faire
Il querquier ledit mortier. il491, CompLe
des fortifie, 6" Somme des mises, A. Tour-
nai.)
Les fiens querquier en la quarete. (1576,
Terr'ier de la poterie Matthieu, P 25 v°, A,
Eure.)
Il en porloit les armoiries eu faiilx escu
ou rhargeure sur les siennes. (Carloix, III,
2.)
Cf. II, 7r.
ciiAUGiER, mod. charger, verbe. —
A., mettre une charge sur, dans :
Li peros prist la laigne, a son fil le cierl-a.
(Hebu*s, Bible. B. N. 1444, C 9 V.)
— Fig. :
A venir doiz un poy targier
Pour sa pensée mieï chargier.
[Clef d'amours, 3215.)
— Donner :
El auï filles convient en mariage
Terre et argent et grant meuble chargier.
(Ecsi. Desch., V, 260.)
— Confier :
Vos et madame la reine au cler vis
Aves vers moi molt durement mespris
Quant a Ri. fil au vil.iin Hervi
Charjastes gent por no terre bonir.
[Loh., ras. Montp., f" lOî',)
Je vous nuerque lez armez a porter proprement.
(H. Capet, 3277.)
Si vous ne m'eussies vostre ensaingne guerkie.
{Ib., 4084.)
A le nave le fisl aler
Li rois, el li l-ierke a garder
Avocc les autres marouniers.
[Renart le nouvel, 6409.)
Henri, li conreres, de Lille, a .i. an, pour
chou que il mist en wage piaus c'on li
amit kierkies a conrcr. (24 avril 1313, Reg.
de laloy, 1313-1325, A. Tournai.)
— Commander, prescrire :
Tout ce pais m'en vois cerchier
Et a louz ses hommes chargier
Autel conme je vous ay dit.
{Mir. de N. D.. I, 3t0.)
Si vous conmans a li chargier
Pénitence.
{Ib., n, 258,)
CHA
Quant vit vostre dcvocion
Et vostre grant conlriccion,
M'amonnesta que vous charjasse
Qu'estre muet vous commandasse.
(76., VI, 75.)
— Fig. :
Sa viande a ses piez démarche,
Por l'ardor qui ses cuers li charc7ie,
Et vet par sa cage traçant.
[/lose, I4I5T.)
— Accuser :
Gerins ! bias fis I dit Guille de Monclin,
Mar vous cJiarJa Garin le Loherain.
{Girbert.)
Amis Bertrans. vostre sens n'est pas grans,
Ou on vos rt espoir en vain chargiez
Ke tout prendres a gré com peneans.
(Cosos DE Bethcne. Trûuv. betg., p. 7.)
(ilouton, mar !a carchaslez^ foi que doi Terva-
[gant.
Que vous le comperrez asses prorhaineraenl !
(Gaufrey, 6721.)
— Soumettre à une charge, à une
obligation :
Et li kierkn ses confieseres en penitanche
li'il rendis! ia tiere k'il lenoit sans raison,
ail chevalier et a sa femme. (Dou roi Flore
et rie la Bielle Jehane, Souv. fr. du xm' s.,
p. 127.)
Et que il kerkechent de cest fais les dictes
capeleries.(1320,Car/.d'^n-as,B.N. 1.17737,
P 130 v°.)
Lequel fief je veut et acorde qu"il soit
carquies a paier annuelment la dicte renie
et li baille par especial about et en grei-
gneur sceurté j'ay prié et recquis mon dit
seigneur de Moureul qu'il se veuUe acor-
der et assenlir au dit aboul que j'ay fait
de le dicte rente seur te dit fief. (1350, Pa-
raclet, A. Somme.)
Ledit sire Mcaise a promis que ledit ma-
riage fait et parfait, ilz. ne personne, pour
iuy, ne poet ne pora vendre, oblegier, ne
qiiierquier, empaichier, ne enwagier par
voye, nulle rentes, cens, nehiretages quel-
conques, soient viagiers ou hiretables, que
ledicle demisielle Catherine aporteroit a
mariage avoecq Iuy. (23 déc. 1407, Escript
r/ou traittié dou mariage, chir., S. Brice, A.
Tournai.)
— Réfl., mettre sur soi :
Si se charche d'espires chieres,
Boenes et de plusors manières.
(Guillaume, le Bestiaire divin, 733.)
— Charpie, p. passé, qui porte une
charge, qui porte qqch., en général :
D'or et d'argent .un. c. muls cargiez.
{/lol.,3î.)
Quatre cenz mulz cargies de l'or d'Arabe.
(/*., 185.)
Jusqu'à la gole de dcsus
Li dépendent li chargié raim.
{Enean, 2748.)
Il alerent a la chartrc et en traisent le
conte cargié de barbe velue. (Islore d'Outre
Mer, Noiiv. fr. du xui" s., p. 200.)
Les herbes furent charchiees de semence
et les arbres de pommes. (Gui.vrt, Bible,
Gen., IV, ms. Ste-Gen.)
Les herbes furent r/uerquie^ de semenches
et les arbres de pûmes. (Ilib. hist., .Maz.
.312, P 2'.)
CHA
Pour le despoule qui yssi de quatre ra-
sieres de tiere quterchies et advesties de
soucourjon. (1369, Compte de l'hospital des
Wez, A. mun. Douai.)
.i.x. miiis et demi de terre kierkiet de blé.
I (1385. Req. du rhap. de S. J. de Jérus., A.
I N. MM 28, f 101 v°.)
CHA
49
jj
Chargée et ençainte d'enfant. (1425, A. K.
173, pièce 232.)
— Soumis à une obligation, aune re-
I devance :
Li fief ki en ces dis lius sunt et demeu-
rent a mon chier signeur et père devant
dis et alleurs ne sunt plus (lue devant de
rien kirkiet envers aucun ne asservi. (1287,
ap. Mart., Tliex.. I, 1229.)
Une maison en la grant rue deçà la porte
S. Denis... charchiee par an en 42 liv. 15 sols
paris. (1319, Arch. hospit. de Paris, II, 52.)
Chine muis de blé dont toute leur dite
terre de Mannens estoit carquie. iCart. noir
de Cor6.,B. >'. 1. 177.58, f° 105 r°.)
— Sur qui pèse une charge morale:
Jehan Dubos chargié et accusé du vil et
dampnable pechié de sodomie. :;16 mars
1460, Reg. journ. des prérôts et jurés, série
A, A. Tournai.)
Cf. II, 71'.
CH.4RIAGE et cn.\RoiAGE, mod. char-
riage, s. m., action de transporter sur
un chariot, sur une ciTarrette : charroi,
prix du charriage :
Pour kariage. (1324, A. .\. KK 393, {•> 2
r».)
Pour le cariage de mener Hanette de
Flandres a Totirnay. (1344, Tut. des enfants
de Willaiime !\'eppe, X. Tournai.) i
Services de caringes a mesdits mouUins.
(1407, Dénombr. du baill. de Conslentin, A.
N. P 304, f° 99 V.)
Le chariaige du nierricn. {Ih., f° 101 v".)
Querre de loing finance et queriage. |
(EusT. Desch., V, 180.) 1
Chareage. (1434, Dénombr. du baill. d'E-
vreux, A. .\. P 308, f» 41 v".) ,
Passèrent ceste petite rivière pour venir
assaillir nostre charriage qui estoit trop '
grand. (Com.m., VIII, 5.)
Cariaigei\& vins. yl507, Cout.loc. du baill.
d'Amiens, \, 307.)
Le c/iarroiage du sang de la haie de Mar-
i-hault. (lOoct. 1523. Reg. des délibér. de
l'hôtel de ville d'Autun, ms. Troyes 711.)
— Fig., charge, embarras :
Mais il sourvint ung aultre quartage,
Qnar la fillette eut souhdain tin enfant.
{Faifeu, XLIT, Jouaust.)
Cf. II, 71«.
CHARiER et ciiARoiEK, mod. cliarrier
et charroyer, verbe. — A., transporter
sur un chariot :
Cinquante carre qu'en ferai carrier.
(.Sol., 33.)
.V la charrete s'ont prins a charroier.
(Amis (■/ Amiles, 2621.)
Ke nus maint ne knrie autre blei avoec
dime. n270, Req. aux bans, A. S. Orner A B
XVIII, 16, n" 2-25.)
Pour recevire et charier le degout des
aeyves. (xiu's., Chap. de Renn., S. Mel.-le-
Pet., A. Ille-et-V.)
Kalles a avec li maint couart chevalier,
Tost les fera Grifon vostre frère baillier.
Et nous n'en avon cure d'avec nous quaroier.
(Gaufrey. 5295.)
E remuèrent de ileque quanqu'il pur-
reynt trover a vendre, e les firent porter e
carier. (Foulq. Fitz Warin, Nouv. fr. du
\i\' s., p. uo.;»
Quant sus .i. litière il se fist charoier.
(B. de Se!,., IX, 420.)
Pour charroier les gerbes. (Compt. de
l'Hôt.-D. d'Orl., 1392-1400, f 8 v°.)
Fener, cliereer et tasser lefein dudit prev.
(1394, Dénombr. du baill. de Conslentin, À.
N. P 304, f 16 v°.) Plus bas : ckerier.
Pour avoir cariet une caree de perches.
(1459, Tul. des enfants de ['.de Crespelaines,
A. Tournai.)
Doon apele : Fai ma genl establir
Et mon charroi cliarroier et venir.
{Lo/t., ms. Moolp., f» 31'.)
On trova l'aighe si durement engielee ke
on pooit bien cariier sus. (He.vri de \.\l..
S 566.)
La ou autre iront ou quarieront. (1283,
Moreau 206, f 175 r°, B. N.)
Si avant chiens baniaus de karaitepuist
tourner, et le voie selonc le fosset pour
karyer. (Janv. 1305, C'est Jnkemon Tiehegot,
et Pieron le Vignon, chir., S. Brice, A. Tour-
nai.)
Karette pora tourner et karyer sans mal
engien. (18 fév. 1351, Escript de le ntni-
tuerie Jehan Makait, chir., ib.)
Il lisent les chars chariier par devers le
cité. (Froiss., Chrnn., II, 111.)
Charreer, carruo. (4464, L.vg.^deuc, Catho-
licon.)
— Fig., agir, se conduire :
Tant ala et tant charia
Qu'en la parfin se maria.
(J. Le Fetbe, Matheolus, 1. Il, v. 127.)
Il doibt diversement charier. (C.Mansio.n,
Bibl. des poèt. de métam., prol.)
Il estoit maistre avec lequel il falloit
charrier droict. (Comm., Mém.,M, 6.)
Nécessité en chascun aage
Fait les hommes charrier droit.
(R. CAGUn, Passe temps d'oysivelé, Poés. fr. des x\'
et ivr s., I. VII, p. 279.)
Nos âmes (de Montaigne et de La Boétie)
ont charrié si unienient ensemble. (.Mo.\T..
liv. I, ch. XXVII.)
— A., t. de chasse :
Charrier un perdreau, c'est a dire le sui-
vre droit, et le pourchasser. (E. Bixet,
Merv. de nat., p. 48.)
— N., en terme de fauconnerie :
Les faucons sont parfois si chauds au
paistre qu'il n'y a moyen de leur donnera
manger sur un tiroir: soit pour se trop
T. IX.
50
CHA
hérisser et coiivrii-, en sorte qu'ils se plu-
ment devant, on bien ils se penilenla tous
coups du iioiiig en Ijiis, vuuianL charrier
pour s'aller paistre en terre a leur plaisir.
^Desparhon, Fauconn., III, 9.)
— Chnriirnt, \y,u-t. prés., qui charrie :
Ou meneur puet entrer .i. grans r.irs carhins.
{Fwrabras,^\M.)
Cf. II, 72".
ciiARiEKE, raod. cliarrière, s. f., voie
par laquelle peut passer un cliar, une
charrette :
Et passera une cJiarriere
Ki est desoz une sapcie.
(Eneas, C932.)
Lesse de chariere. (Liv. de Joxt., 112.)
Comme le puis lequel Jordain Saunier a
fait clourre en la charrere de la Ferran-
diere est du common. (1388, Cart. inun. de
Lijon, p. 201.)
Cf. II, 72\
CHARIOT, S. m., sorte de voiture à
quatre roues et à ridelle, propre à por-
ter diverses choses ; qqf., syn. de char :
Parmi le bois s'en vont querant leur avantage,
Le vitaille et les blés, les biens et le fourage
Mcnoient quariot et li mul de Cartage.
[Bastart de BuiUoii, b834.)
Li charrioz le roy. (1285, Ord. de l'hosl.
/çro)/,Fontanieu, 47-48.)
Et metront leurs robes ou chariot, llb.)
Cheriol. (Reg. des mest., p. 313.)
Sur les carlos.
(JUlllART, C"" d'Anjou, B. N. 765, f 39 i».)
Un cariot pour amener les laignes. (23
janv. 1442, chirogr., A. Tournai.)
Une sarpantine de fondue garnie de deux
chambres assise sur un charriai a deux
routres ferrées. (I470,ap. Garnier, Artillerie
de Dijon.)
Les cheriotz des otlices. (H. Balde, Eloge
de Chart. Vil, c. i.)
On refait le cariot a mettre le feu tant en
chapitre comme en cœur en temps d'yver.
(1517, Compte de S. Amé, A. mun. Douai.)
Cheriols branslans. (li. Est., Thés., Pen-
silis.)
Cf. II, 73'.
CHARITABLE, adj., qui montre de la
charité envers le prochain ; qui aime à
faire l'aumône :
Ge ne sui si charUaJjtes.
(Chhest., Charrette, Vat. Clir. 17i3, l' li".)
Quant pasteur ne sont carîtahte.
[tiENCLUs, Caritê, cxxvii, 4.)
Cuer large et cheritaible.
[Rose, Vat. Clir. 1S53, f 47^)
Il est mouMclieritables. (Laure.nt, Somme.
ms. Chartres 371, f° 42 r°.)
Humle, bone, lolal. piteuse.
Et avoec estoil haritavîe.
[De Sainte Ysabel, B. N. 1862.)
Si karilaole ke elle paisoit et reviestoit
les povres. (Flore et la Bielle Jehane, Nouv.
fr. du wif s., p. 86.)
CHA
Juge vendant lu grâce charitable.
(EUST. Descu., V, 169.)
Faisons toute euvrc charitable.
(ID., V, 397.)
Et par amour charictable
Et chcrité amiable.
(A. CilART., Hsper., H. N. t549.)
Cf. Il, 73".
CHARITABLEMENT, adv., d'unc ma-
nière charitable :
Donner charitablement.
[Bom. du moire, Ars. 3331. f" 8*^.)
Chnrilaublement. (L'abb. de demi., Ars.
31G7, t° 50 v°.)
CHARITÉ, s. f. , amour compatissant
pour le ])rochain :
Li vesti on la cliesure, (|ui doit estre de
pourpre vermeille, (|ui senelie ckaritei. (Mé-
nestrel, S 181.)
Pité qui fait les frans cuers esmouvoir
A charité et a miséricorde.
(I:usT. Descu.. VI, 1 15.)
— Action charitable :
Ou sont déjà vos charités et grâces ?
(G. d'.\urigny. Tut. d'iim.. M.)
— Cliarilc d'aitmosiie, ou absoL, cha-
rité, repas des voyageurs et des pauvres :
Puis li preia asez, quff un petit mangast,
Preist la charité, un petit se dinast.
(W ACE, Ilou, 2" p., 1744.)
Comme les bonnes gens et habitans de
la parroisse de Courcelles, en nostre conté
de Faloise, eussent establi..., en l'honneur
de Dieu et de N'ostre Dame, une chanté
d'aiimoine a donner aux povres repairant
en l'église de la dite paroisse, au jour de
r.\scension N. S., un denier tournois, (xv'
s., A. Manche.)
— Par sainte charilr, forme de ser-
ment :
Signor. dit il, envers moi entendez.
Savez por coi je vous ai ci mandez i*
Nenil, font il, ^«r .sainte charité.
(Loli., Ars. 3143, f» 19^)
— Iron., traîtrise:
Ayant grand sujet de penser que ce fust
quelque partie jouée de quelque ennemy
de cour, pour luy donner quelque venue,
ou de mort, ou de citarilé envers le roy.
(Brant., Dames, I,\, 2U.)
— Jouer un tour de citarilé, iron. :
Et en allant s'advisa de jouer un tour de
charité a son homme. (B. Desper., Nouv.
recréai., f° 45 r°.)
Cf. II, 73«.
CHARIVARI, S. m., bruit discordant
de chaudrons, casseroles, sifflets, etc.,
qu'on vient faire sous les fenêtres d'une
personne pour la huer; bruit tumul-
tueux :
Onques tel chalivall
Ne fu fait.
{Fauvel,^. N. 146, f» 34».)
CHA
Point de benciçoa n'y a
Es noces de leur .assemblée.
Qui souvent se fait a emblée
Par doute de charivari.
(J. Le I'evre, Lanv'nt. de Math., I, 532, Van Haniffl.
(juant la lune failloit, les femmes et les
enfans couroient parmi la ville a bacins et
a sonnettes, faisans grans sons, si comme
l'en fait orendroil aus chalivalis. (Bers., T.
Lin., ms. Ste-Cen., f° I''.)
Et prennoit faulx visaiges et reeitoient
personnaiges de choses vilaines et deshon-
nestes, et faisoient rechignemens et laides
contenances si comme l'on seult faire en
chelivaliz. (Oresme, Polit., 2° p., f" 90''.)
Et un chascun me fait charivari.
(EusT. Desch., V, 79.)
Pour occasion de la somme de douze
solz pardonnee par un chalivcdi en la ville
de Ver. (1380, A. M. .IJ 118, pièce 16*; Duc,
Chalvaricum.)
Par esbatement ont fait le charevari par
la manière qu'il est accoustumé. (1381,
Grands jours de Troyes, A. N. X»" 9183, P
lo r".)
Certaine ordcnaiice faite et avisée pour
cause Aei (■aricaris.(Vi%(i,Reg.gén. de Lille,
Compte de la Londe, A. Nord.)
Que bans fust fais de par le ville que dé-
sormais nuls ne se enlreniist de faire au-
cuns carivaris. (Ib.)
11 avoit esté par nuit avec plusieurs au-
tres compaignons faisans le chnlivali parmi
la paroisse de Conflans. ;1387, ap. Le Clerc
de Douy, t. I, f 148 r°.)
El quant aus mariages dist que plusieurs
fois l'en s'en désiste pour paour des cha-
^ù'o/is plus que pour exactions. (Vi^h, Grands
jours de Troyes, A. N. X" 'J184, P 146 r°.)
A occasion du dit clialevaly ont frayé et
despendu de leur argent. (1409, ib., 9187-
88, f 174 r«.)
Lesquelz avoient esté condainpneza une
amende pour un calivuly fait par eulx a S.
Lo. (1428, A. K. JJ 174, pièce 212.)
Mais le despit et la confusion aux Inno-
cens et le chaiivali du diable, ceux et celles
qui le soulTrenta faire et le font, especiale-
ment les soiuverains, en rendront cruel
compte assez tost et briefvcment. (Chasteau
perâleu.c, B. N. 7034.)
Et quant vint a l'enterrement,
Angloys en grant challevary,
Cryerent sur le monument,
Noël, vive le roy Henry.
(.'Uarcial, Vig. de Charl. Vif, t. I, p. 47, éd. 1724.)
Et eust par telz charivaris
De la simple grant congiioissance.
(CoQuiLL., Eni^uesle. II, 133.)
Ne fais point long charivari/ ;
Entens tu bien ?
(Fiirce de fhiillerme, Ane. Tli. fr., I, 333.)
Avec son de taborin, insolances et cha-
libari soyt pour le premier, second et troi-
sième mariage. (1558-1576, A. mun. Agen,
BB 30.)
CHARLATAN, S. m., cclui qui vend des
drogues, de l'orviétan, et qui les débite
dans les places publiques monté sur des
tréteaux :
Cherlelans et basteleursde toutes sortes.
{Trag. de Franc-arbitre, p. 70.)
CHA
Aiilcuns astrologiens et carlatens issi-
rent, disans esiranges choses eslre a ve-
nir. {Citron, des Pays-Bas, de France, etc.,
liée, des Chr. de Fland., III, 53B.)
Chartatin, il. ciaiialano. (.Iun., Nomencl.,
]<. 3i5.)
CHARL.4.TAXER, V. M., faire le métier
de charlatan :
Pour liescrire que c'est des charlalans de
\enise, et des autres principales villes d'I-
talie, il faudrait v/iar/otaner.(H. Est., Nouv.
liing. franc, ilalian., I, 83.)
CHARLATANEisiE, S. f., coiiduite, ma-
nière d'agir d'un charlatan :
Leurs impostures et charlalnnneries. (P.
l.E Loyer, dans Diot. géa.)
CHARLATER, V. n., bavarder:
Il sçait si bien charlaler, que souvent il
faict croire a de jeunes barbes qu'il a bien
I encontre. (1621, l'ont-Brelon des procureurs,
Variét. hist. et litt., t. VI, p. 270.)
tlIARLATIX, V. CHARLATAX.
CHARLATRiE, S. f . , bavardage:
Quand a moy, je ne reçois ces bastelle-
ries et cliarlairies d'interprétations. (The-
VF.T, Cosinogr., .XV, i.)
CHARLICT,V.ChaALIT. — CH.AR.MAIGE,
v. Carnage.
1. CHARME, s. m., arbre de haute
tige, qui pousse des branches dès sa ra-
cine, et qui sert ordinairement à faire
des palissades :
Le guichet, qui estoil de charme,
M'ovrit une noble pucele
Qui moult estoit et gente et bêle.
{Bose, 524.)
En .1. bosket, desous les carmes.
(lIocsK., Chron., 13203.)
Iles molins aux toilles, ensemble les
grands charmes ou l'on a accouslumé d'es-
tendre et blanchir les toilles. (1384-8.5,
Compl. des annivers. de S. Pierre, A. Aube
G 1656, f- 164 v°.)
Kt sont les dictes Wiarme.* admoisonnes.
(16.)
Ung chante achalépour l'aire .u. maillez.
(Compl. de Xevers, 1289-92, IX 1, Pô v".)
.un. tires de bos; c'est assavoirde ques-
(le, de corre, de salengre et de carne tout
coppé de saison. (26 juin 1436, Rer/. des
métiers, !° 303 v°, A. Tournai.)
Des cAar/jes, autrement appelez cViocmes.
(1481, A. N. .)J. 207, pièce 245; Duc, Chir-
tnen.)
2. CHARME, s. m., influence magique,
sortilège; enchantement, agrémentpuis-
sant qui captive :
La prcstresse dist a conseil
Entre ses denz tôt bêlement
Un charme et un enchantement.
iEneas, 2548.)
Lne charme en chaldcu, ne sai pas le jargoun.
(Th. de Kest, p. Mcyer, .ilex,, p. 199, t. 72.)
CHA
Vient a l'ui de la cambre, si l'a trové fremec,
Et il a dit son carne, et il est desforree.
[Fierabras, 3066.)
II dist un charme qu'il avoit bien apris.
(Loh., ms. Montp., f» 59".)
Carnins ne carnes ne nule encanterie.
(«., B. N. 4988, f 212 V.)
Li bons qui les (serpenz) prent si fait .i.
cerne entour la gastine et va disant son
carne en cantant al cerne faire. (Gcill. de
Tyr, II, 506.)
Se carmc.'t et herbes vausissent.
(Clef d'amors. 1321.)
Nommer que puis de ma desfaçon seur,
Cherme félon, la mort d'ung poure cuer,
Orgueil musse, qui gens met au mourir.
(Villon, Gr. Test., 945.)
Ailleurs faillez quand vous usez de cherme
Pour les chevauï guérir, sans prendre terme.
(.1. BoucDET, Ep. mor., II, i.)
Que s'il eust peu recouvrir un cherme et
un Cousteau, il eust tué le roy et la reine.
(L'Est., Mém., 2' p., p. 607.)
CHARMEOR, mod. charmeur, s. m.,
celui qui charme, qui séduit, qui fas-
cine; qqfois sorcier:
Il y a pis. d'aulcuns sont enchanteurs.
Aussi sorciers, comme on dit, et chermeurs.
(J. BoucHET, Ep. mor., II, x.)
Elle prend soigneuse garde,
Aux charmeurs et a leurs vers.
(Bons., Od., IV, x, de Céphale, p. 95«.)
Les siècles, les royaumes et les villes en-
tières l'ont idolâtré (Platon) comme le plus
noble charmeur des esprits qui [ul jamais.
(Garasse, Doctr.cw:, p. 116.)
— Fém., charmeuse:
Les charmeuses chansons, et les douces com-
[plaintes.
(Du Bartas, Forêt d'amour.)
Je m'en vais, lui disoit il, vous monstrer,
et faire voir sans lunettes, si n'estes du
tout aveugle, qu'il y a une vertu charmeuse
cachée es yeux. (G. Bouchet, Serees, XIX.)
CHARMEPEXES, adj., qui charme les
peines :
On dit du somme qu'il est charmepenes
(la ryme ne permettant de dire charmepene).
(11. Est., Precetl., p. 128.)
CHAR.MER, v. a., .soumettrc à une in-
fluence magique, fasciner:
Il les avoit si bien charmées
C'onkes n'estoient destorbees.
(Dolop., 8427.)
Chermer.
(PtLETlER, Louanii., p. 15.)
Cf. Il, 74-. '
CHARMERESSE, S. f., enchanteressc,
magicienne :
Les sorcières et les charneresses. (Lau-
rent, Somme, ms. Milan, liib. Ambr.,f° 6°.)
Les devineresses, les sorcières et les car-
nerresses qui œuvrent par art de deable.
(Id., ms. Soiss. 210, P 39".)
Ele adevinoit -les choses avenir et si es-
toit cacneivesse. {Chron. de Fr., Derne 590.)
CHV
VA
-Adj.:
Sans que d'aucun humain la charmercsse voix
Resonnast a l'entour de trois foiz douze mois.
(Du Babtas, 2" sem., 2- j., Babylone, 279.)
Ses grâces charmeresses la rendoient plus
aimable que pas une aulre. (1640, N. Re-
xotiARD, Métamorphoses d'Ovide, p. 63.)
CHARMEIR, mod.
Charmeur.
CHARMECSEME.\T, adv., d'uue ma-
nière qui charme :
Sereine l'ame triste, si charmeusemeni doux,
Accoise peu a peu les bourrasques des fouis.
(Do Bartas, 2' sem., 2' j., les Colomnes, 725.)
CHARMix, V. Carmin.
CHARMoiE, S. f., lieu planté de char-
mes, bois où le charme domine :
La Charmoye. (1257, Cart. de Vév. d'Au-
tun, V p., LXXXV.)
Le moulin de la Cliarmoie. (1355 A N
JIM 28, P 3G r-.) ^ '
La Charmoye. (18 sept. 1473, Prieuré de
Belval, A. Gir.)
Chermaye, un lieu pourplanté, ou plein
de chermes ou chermines. (Dl'ez.)
CH.ARx, v. Chair.
CHARXACE, S. m., tcmps pendant
lequel l'Eglise permet l'usage de la
viande.
Cf. II, 75", et Carnage au Complément.
CHARiVALiTÊ, S. f., existence char-
nelle :
Par ce roramans poes savoir,
A ûus ki le sens deves avoir,
Qu'en cascuno nécessité
C'on a en sa carnalité
Ne se doit on pas desperer.
Mais tousjours en bien espérer.
(Beauman., jl/u«eA-me, 8529.)
Charnalilez. (Dial. de .S. Gréa., ms.
Evreux, P 20 r".)
— Conduite charnelle, action char-
nelle :
... Toute char, en vérité
Désire la charnalitf.
(.1. Le Feïre, Matheolus, II, 1733, Vao Hamel.)
Comment cuides tu que la vierge s'enra-
cine en personne orgueilleuse etplainede
vanité, n'en personne plaine d'avarice et
cupidité, n'en personne luxurieuse, ne
plaine de charnatité? (Mir. de N. D.. t VI
p. 228.)
Par grassement nourrir leur cliief sont
incitez a luxure et chanwlilé. (P. Feruet,
Mirouer de la vie hum., P 177 r°.)
Il (le diable; faisoit mille et mille soric
de cliarna/ite: et lubricité a sa veue. (Kr.
DE Sal., Vie déu., IV, iv.)
Cf. FI, :ô\
CHAR\'E, V. Charme 2.
CQAR.-VEL, adj., de chair, qui tient
de la chair, opposé à spirituel .•
32 CHA
ois carnds.
{Vie de StLfg., 171.)
Quant vos in'avrcs mené de ci,
Que nel sace nus hom carnetis
Que je soie Partonopeus.
(ftw/oîi., 613-2.)
Cil salve Deus et aime ke il trove leal,
El celui hct et ilauipne k'il trove trop l-arnal.
(Garmier, .S'. T/ioni., B. N. I3S13, i' 14 v°.)
An (leleil cliernal. [EpisUe S. Dern. a
Mont Deu, ms. Verdun 72, f'' 31 r".)
Ses c/teivieis alTections. (Ib.)
Les assauztie covetise e de c/(«raeZ délit.
(Apocal., ms. Toulouse 815, f° 41.)
Feme cJtamfiiz.
[Gar. de MongL, Rooiv-, p. 360.)
Il est hom airneuls. {Serm. du \nf s.,
ms. Monl-Cassln, P 98".}
Qui n'ait charnel affection.
(J. Le Fbvriî, Matheolus, II, 1726, Van Hamel.)
Vices charneulx. (P.^LSr.R., p. .")ôi.)
\ppelits charnels. (C.\LV., Serm. sur le ps.
119, p. 164.)
La bien heureuse Angele de Foligny sen-
loit des tentations charnelles si cruelles,
t|u'elle fait pitié quand elle les raconte.
(I''r. de S.4L., Vie dév., IV, m.)
Cf. Il, 75".
CHABKELMENT, 1110(1. Charnellement,
adv., selon la chair ;
Que me deliteroie avoec 11 cartiebnaiil.
{Naiss. du Cheval, au Cygne, ï!733.)
Il l'a nurri tant dulcement
Cum s'il ses tiiz fust earnelmeut.
(Brut, ms. .Muoicli, 313, 2733.)
De li connoistre se tarda,
Charneument chaste le garda.
(G. DE CoiNOi, Mir., B. N. 22928, 1° 10".)
Chernelment. [Mort Arlus, B. N. 24367, f
33\)
S'onques d'orne fui adessee
Carneuuierit aine se de vous non !
{Conte de Poiliers, 422.)
Et en Jherusalem conversa dusqu'a la
seue passion charnieumenl. {Psaut., Maz.
Ô8, C 90 r".)
Ou il conversa c/io(«ei(foie«/. (/é.jfQû v°.)
Li desloiaus rois llenriz ala tant entour
la damoisele que il jul ctiarueument a li.
(Ménestrel, 2 19.)
Entendre la loi churnellemenl. (Psaut., B.
S. 1761, fMO".)
Mais ja Dieu ne me doint espace...
Que vous, dame, eharnelment touche.
{Mb: de N.-D., IV, 22.)
De soy conjoindre eharnelment.
(J.Le Fevre, Matheolus, II, 1727, Van Uamel.)
<:II.VRKELLKME\T, mod., V. ChaRNEL-
MENT.
C.U-\RKEl'ME\T, V. Ch.^RNELMEN'T.
«:n.\it\ErRE, mod. charnure, s. f. , ma-
nière d'être des parties charnues :
Emalisles est bone a la carnure des pa-
pieres. (Descripl. lupid., Bevnc 113,^170".)
CHA
Li dame empira de cai iieure et pei'di sa
coulor. (Sept sag. de Rome, Ars. 3142, [° 2°.)
La charneure clere brune, mais la chiere
ot assez pale. (Chr. i>e Pis., Ch. V, I, ch.
XVII.)
El me souvient d'avoir leu es commen-
taires d'Arisloxemus,que sa charneure sen-
toit bon, et qu'il avoil l'aleine très doulce.
(A.MVOT, Alex, le Grand, 6.)
Elle se decoLivroit, comme je crois, a des-
sein, pour faire voir sa charnure blanche.
(Urfé, Astree. 1, 8.)
— Partie charnue :
Aux charneures et muscles du corps. (N.
DU F-ML, Eutrap., V.)
Une charneure qui vient en la bouche et
pend en la manière d'ung raisin. (Jard. de
santé, I, 27.)
cnARîVEUSETÉ, S. f . , camosité :
Une charneuselé qui vient en la bouche.
{Jard. de santé, p. 55.)
Cf. Cn.\RNOSlTÉ.
cnARi\EU.\, V. Charnus.
1. CHARMER, S. m., endroit où l'on
gardait les viandes :
.11. huches ferreez. appelleez charniers a
saler pourceaulx. (1390, A. N. MM 31, P 122
r°.)
Ayant nostre mesnagere rempli ses char-
niers de chairs et poissons de son cru. (O.
DE Sehr., Vlll, 1.)
— Lieu où sont déposés des osse-
ments, cimetière ;
Chil del pays y font de carniers .vi.
(Loli., B. N. 1461, f» 261 r».)
Charner.
(Ib., Vut. iTb. 373, f" 16'.)
Le roy fis! fere ung charnier bien oupvré
De bonne pierre, en bon mortier scellé.
{.iijmn, 1064.)
Sur le charnier fut le moutier fondé.
De saint Esti[e]ne en fut le mestre aulté.
(Jb., 1069.)
.le laisse a l'ovredou r/iacH/e/' dou cinien-
tere de Coingnes dix sols. (1284, Test, de
P. de Barhezieu, A. N. J 406, pièce 11.)
Loys de Luxembourg, qui estoit evesque
de Terrouanne, Mst faire, en la place ou la
bataille avoit esté, plusieurs carniers, et
puis list asseuibler tous les mors d'un costé
et d'autre, et la les fist enterrer. (Femn,
Ment., an 1415.)
2. CHARNIER, s. m., échalas.
Cf. Chah.nieb 3, t. Il, p. 76".
3. CHARNIER, adj., de chair;
De ses ongles grîffuz luy brise les serrons
De son casquet charnier (du coq).
(G. BouNiN, Alectriom.)
— liane charnier, étal de boucher :
lis banrs chnrnyers de lad. ville, il n'y
avoit point de chers. (29 sept. 1527, Reg.
cons. de Lim., I. 165.)
Cf. Charnier 1, t. II, p. 76".
CHA
CHARNIERE, S. f., attache articulée
composée de deux pièces dont l'une est
mobile autour d'un axe, gond :
A cascune a bon pont et carniere tornant.
{Naiss. du Chev. au cygne, 842.)
Provai bien ke toi ont forclose
Li cardonal de lor carniere.
(Rencl. de .Moiliens, Cavité, su, 5.)
Dame, de bonne fin l'emmarge,
Ke Sathanas ne nous soumarge
Ki l'ame gaile a le carniere.
(Id.. Miserere, cglxv, 10.)
Pour une carniere a le porte des prisons
refaire. (Truv.aax chat. des comt. dArt.,B.
iN. KK 1294, f 31.)
Pour refaire .ii. carnieres et une cappe.
(1304-65, A. Sord.)
A Jehan Pinguet, charpentier, pour ap-
pareiller la barrière du portereau, laquelle
ne pouoil fermer, ety mectre une chargnere
d'une grosse pièce de boys. (I402-14()4, A.
mun. Orl.)
Pluiseurs carnieres servant a l'œvre du
dit coffret. (17 mai-16 août 1127. Compte
d'ouvrages, i' Somme de mises, A. Tournai.)
Pour deux carnieres d'huis et deux pen- '
tures de fenestres. (16 sept. 1432, Tut. de
Ernoulet et Calelole Leurens, A. Tournai.)
Un seul sengler gisant entre nous ronge
d'ung seul dent les r«c/)!e/'esde nos portes.
(Fossetier, Chron. Marr/., ms. Brux. 10511,
VI, II, 7.)
Es carnieres des fenestres. {Jard. de
santé, II, 130.)
Que toute charnière soit soudée. (1574,
Liv. noir, i° 40, A. mun. Montaub.)
- Fig. :
Ces sept esloiles (la grande Ourse) ape-
lent li sage home l'une des carnieres du
firmament u il torne. (Comput, f° 13.)
De Nostre Seigneur Dieu sunt les char-
nières de la terre, et il posa seur elles la
reondece. (Psautier, Xi. ^. 15370, t° 182.)
CHARNos , adj., charnu, formé de
chair :
Partie chamnse. (Evr. de Conty, Secr. d'A-
rist., B. N. 571, f 131".)
Mamelles chameuses. (B. de Gord., Pra-
tiq., IV, 14.)
(lu'elle ne soit ne trop chômeuse ne trop
sans chair. (Chamimer, Nef des dames vert.,
liv. H, ch. XVI.)
Substance chômeuse. (Paiii:, II, xi.)
Filamens charnenx. (Id., Il, 15.)
— S. m., partie charnue :
Le coude et le reply d'iceluy sont au bras,
comme sont en la jambe le jarret et le ge-
noil, dont le charnenx s'eslend jusques la
main, des muscles duquel aussi les jambes
sont dictes estre musculaires. (B. .Iamin,
Trad. des dialorj. de J. L. Vices, f° 135 r"-)
ciiARNosiTÉ, mod. carnosité, s. f.,
qualité de ce qui est charnu, excrois-
sance charnue qui se développe en di-
verses parties :
La charnosilé du dyaiïragme. (II. de Mo.s-
DEV., B. .N. 2030, f'2o''.)
CHA
11 fortefie par son espoisseli; et par sa
charnoisité la vertu digeslive. (Id., f 26*.)
De bonne et atempree carnosité. (Evr. de
Co.NTY, Prob/. d'Arist., B. N. '210, P 111 r".)
La carnosité qui couvre l'estomac. (Chv-
GET, Div. leç., III, xxxni.)
ciiARW, adj., de chair :
Et si'i-a bien camus et bruns. (Ai.eer^nt.
r 10.)
Les cuisses chérîmes.
(Cl. Mab., Met. d'Où., n,p. 72.)
Olives fort rlianwes. (Du Pinet, l'Une, .W,
ciiAitoi, mod. charroi, s. m., trans-
port par chariot ou charrette :
Ilouze journées cliascun an pour aider a
taire noz c/tarrois au lieu ou l'en vouldra
ordonner. (1398, .k. X. )IM 31, f" -270 v°.)
Tour le cfton-oi^ dudit bovs. (Ii6.j, Compt.
de l'aumosn. de S. Beiihomé, 1° 109 r°, Hibl
la Rochelle.)
Au charretier Tranoret pour vingt char-
roiz de sa chairele et chevaulz par lui faiz
pour avoir cliarj-ié les planches neufves es-
lans sur le chantier. (1467, Compte de Ne-
vers, ce 61, 1' -23 r".)
Pour deux churroiz par lui faiz. llb.)
Pour leurs peines et salaires d'avoir fait
.XXIX. c/(flno)/savecqu('s leurs beufz et char- i
rete pour avoir chaj-rié du bovs. (1468. ib., ''
ce 63, f 13 r".) "
Quelques autres avoecq luv avant fait '
mettre le carroi au travers du'dit'pont. (J. !
-NicOLAY, Kalendr. des yuerr. de Tountay.) \
Faire son cherroy par l'aultre porte.
(liSi, Compt. de Jek. Lebaut, Oujmp. \
Finist.; * !
Le bruit du e/'fti-/-oy de l'artillerie. (Mont-
LfC, Connn., liv. II. i
Chemin de trop ditlicile charroi. (0. df
Serh., 1,2.) ' I
Faciliter le commerce par charroy sur i
terre. (Scllv, llegl. p. ceux du Cous., ap. P.
Clem., l'ortr. /list., p. 195.) i
Certain estât de r/uarois receu depuis le
susdicl jour. (1607, Compte de blés. Fonds
de S. Medard, A. Tournai.)
Cf. II, 77".
CIIAROIER, V. ClIARIER.
CHARoiG.XE, niod. charogne, s. f.,
corps de bête morte, en déconiposition:
De caruhie viverat o fruit de charn avérât.
(P. CE TnAU.N, Dl-.sI., 1308.)
La charoîyne que la mer getto.
;GuitL., Best., p. ic.)
... Se il porreil trover
Ou cheroine ou poisson porri.
(Id., il)., p. 86.)
Le loup ne voult que la charoine.
{Ysùp. /, fab. .\VI.)
Caroiiie. {Rom. des rorii., li. N. 19.y\n f°
116 r".) '
FlairranI caroiignie et laijc, plainnede vers, er-
[rose.
I Poèm '110 al, l'iO'.)
CHA
La liuroinr/iie. {Cliarlre de le r.ilé d'Am.,
H. .\. 2J247, f" 81 V".)
C/iera;ry«ef. (Gl'iart Desmoulins, Bi/jle,Ex.,
.XIII, ms. Ste-Gen.)
CrtiTo;(y)iesetordnre3.(rrn/i/s.rfefra;(ce,
p. 96.)
Plusieurs groises, caronges et autres or-
dures. (9 oct. IDlô, Reg. 'des Causaux, A.
Tournai.)
— Corp.s mort d'une personne :
J'otroi que chien manjusent macharroiyne.
[Loli., B. N. 1622, f» 281 r».)
Quaroigne.
{là., Val.Uib. 375, f» S?".)
Douèrent les charu'mes de tes serfs vian-
des a la volatile des ciels. {Lio. des Psau-
mes, Cambridge, LX.WIII, 2.)
Posèrent les caruignes de tes sers viandes
asoiselsdelciel. (Lib. P.ialm., Oxf., L.\.\VUI,
-•)
Amez vos mielz asaoler
Les granz peissons en celé mer
De voz charoignes, de voz cors,
Que paistre les oisels ça hors ?
{Eneiis, 5697.)
Riens ne plest au vostor senz faille
Tant comme fet mortel bafaylle
Por ce que charuigiies y Iruisse. i
(MicÉ, Biljte, B. N. 401, f» SS'.) '
Aus charoines i]ei moiz. {Chron. de S. Den.,
ms. Ste-Gen., f» I47\) P. Paris : churoln-
gnes.
Lor charones. {Ib., C 257".)
Vous veez la terre couverte de leur l/ui-
rougnes. (Ib., f° 367'.) P. Paris: charoignes.
Et tant que des charoignes des mors fut
fait un pont ferme et fort. {J. de Salisb.,
Policrat., li. .N. 24287, P 85".)
Qu'il n'y avoit aucun mal de se servir de
nostre c/iuroigne, a quoy que fust, pour
noslre besoin, et d'en tirer de la nourri-
ture. (MoxT., liv. 1, ch. XXX, p. 123.)
Telle est la haine de ceux qui, ne se con-
tentant pas d'avoir fait mourir leurs enne-
mis, font sentir leur fureur a leurs corps,
exercent mille cruautés sur leurs c/inro^-
gnes. (Coefket., Tnbl. des puss., p. 182.)
— La chair, le corp.s, les sens, par
opposition à l'àine :
Si comme chil qui n'avoit cure
De la caroiige dangerer
Mais pour l'ame miex esmerer
Et espurgier et nete faire
.\ pure char portoit le liaire.
{Mir. de H. Etoi, p. 68.)
Vueil en povrelé, nuz et las,
Sanz penser aus mondains solas,
Traveiliier, pener et despire
Ma charongne-
{.WÙ-. de JV.-D.. III, 8.) J
— T. d'injure : '
CHA
û3
Respous, sote caroingiie.
(iiUST. IlESCH., m, 63.)
ciiAROiG.XEUs, mod. charogneux,
adj., (jui tient de la charogne :
face cliarongneuse.
{ Tlierence en franc., {' ÎM r».)
Les sillons du pais en furent si chargez,
\ oire si engraissez de cliarongneuj; carnages,
(llcis., le Bocurje, Uliuv., p. 456.)
Fouillez cent aus durant leurs tombeaux c/iaroi-
\yneux.
(A. DE RlTAUDEAU, Œui). poét.. p. 113.)
— Nourri de charogne :
Comme loups affamez et charongneux mastins.
(A. Jasitn, Œuv., 2' vol., f" 40 v.)
CHARoiGiviER, adj., qui vit de charo-
gne:
Oj'seau.\ charngniers. [Desparron, Fau-
conn., I, I, et J. A. de Baif, Antigone, I, i.)
Des mastins chnrongners.
(JoD., Œm. mesl., fo lil r».)
El non plus qu'un amas charongneui de ce corps
Soit d'animaux puants, ni soit de serpens morls.
Horreur mesme aux oiseaux et bestes carnacieres,
■ Se peut estre enduré par les plus charongnieres .
i (Id., ib., f» 61 1'.)
Encores la pluspart privez de sépulture
I Aux oiseaux charongners ont fourni de pasture.
(Rob. Gaknier, Ti-oade, 1, 393.)
— Transformé en charogne :
Les bataillons entiers
Des Troyens entassez en monceaux cliarongniers.
(Gabs., Ti-oade, tll, 1301.)
cHARO.x, mod. charron, s. m., celui
qui fabrique les chariots, charrettes,
gro.sses voitures :
Charpentiers, huichiers, huissiers, ton-
neliers, c/(a;TOHS. (Est. Boil., Liu. des mest.,
I, XLVII, 1.)
I La rue aux Cherons. (1565, dans Com.
arch. de Senlis, 1878, p. 158.)
I 1. CIIARPE, V. ChaI!.Mb2.— 2. (HARPE,
[ V. Serpe. — ciiarpeau, -el, v. Carpel.
I — ciiarpeivrie, V. Charpenterie.
<:iiARPE\TE, s. f., assemblage des bois
qui entrent dans une construction pour
en soutenir les diverses parties :
L'art de la hasche que l'on appelle la
charpente en Levant. (Brant., III, 253.)
Cherpente.(Proc. verb., A. Vienne.)
Cherpante.(2e mars 1592, A. M.-et-L., E.)
«;iiARPE\-TER, verbe. — A., tailler du
bois de charpente, découper, hacher :
Cist ponz... mal fu churpantez.
(Chrest., Charrette, 3045.)
l ne maison noblement carpentee
(Auberon, 906.)
Car il faisoit engins charpenteir a grani
plantei par deçà meir. (.Ménestrel, ^ 54.)
Il fist faire et carpenter un chastiel hault
et grant de Ions mairiens. (Froiss., C/ivon.,
IV, 273.)
Et bien tost me diligenter
D'une belle arche charpenter.
{Mist. du Viel Test., 5503.)
... Ses forest arpentées
^'avaient encor point e.it^ cliurpenlees.
(Vacq., .S'«(., Il, a F. .Malh.)
Le second arriva en un certain port de
mer ou l'on charpentoil des vaisseaux. (La-
Riv., Nuicls, VII, V.)
Cestuy la n'est pas charpentier pour ce
S4
CHA
CHA
CHA
Hu'il charpente mal le bois. (J. B. S. F.,
Prop. d'EpicL, p. à9'2.)
— Absol. :
11 avoienl mairien pour cavpenter en leur
hoslels. (Oct. 1289, CaW.rfe F««eï,A. Nord.)
Se maisons sont frareiirs de panes ou de
bans ou d'entretoises, cliius qui carpenter
vorra... (Hoisin, ms. Lille, 266, p. 40.)
S'un aulre cliarpente ou massonne.
(EusT. Desch., V, 252.)
Es vignes fault lousjours argent bailler,
Et es maisons fault toudis charpenter.
(ID., 239.)
— Fig. :
Cela faict.onalia a eux, qui se laissèrent
forcer et ckarpenler comme les autres. (Du
ViLL.\RS, Mém., VI, an 1555.)
— N., frapper commeun charpentier:
Saisne peignent après, n'i a cel qi s'alante ;
Nuls n'i puet avenir, qi sor lui ne char2mnte.
(J. Bon., Saisnes, CXXIX.)
Et il tient l'espee tranchant
Sor ceaz del ost fiert et charpente.
Maint en ocit et escravente.
{Burmart le Gallois, 12522.)
Et il fiert a ii. mains, tant i a carpenfé
Que qui ne se geta aval ens u fossé
Fu mort et depechié.
(,1)00» de Muienre, 11137.)
— Charpenté, p. passé, tailladé :
Maistre Alesme, et maistre (leorge, après
avoir vu mon bras chnrpenté, comme il
osloit, dirent qu'il le falloit coup|ier pour
me sauver la vie. (Montluc, Comm., 1. 1.)
Cf. II, 78".
f;iiARPE>TERiE, S. f., métier, travail
du charpentier ; chantier oii l'on pré-
pare les charpentes, spécialement pour
les navires :
La charpenterie. ri296, Rentes d'Orliens,
f'G V, A. Loiret.)
Cherpenrerie. (1312, Trav. aux chat, des
C. d'Art., A. N. KK 393, f° 37.)
(ouvrage de carpenlrie. (17 mai-16 août
1427, Compte d'ouvrages, i' Sommede mises,
A. Tournai.)
Et semblablement, ledit Olivier a consenti
et accordé, consent et accorde ausdis Grard
Bousin et Jehan Descamps que tous les
corbiaux,enipres ladicte Ruyelle Courloise,
sur lesquels corbiaiix sont fais certains
édifices de cnrpenlerie. et aussi une que-
minee de bricque, demeurent, etdemonjnl,
a tousjours, en l'eslat qu'il sont de présent,
et aussi ladicte queminee qui est assise
contre ledit mur. (14 juin 1442, chir., Es-
crips d'accord, S. Bricc, A. Tournai.)
Charpenrie et menuiserie. {Compte de J.
Morliere, Cocheris, Doc. sur la Pic, t. 1, p.
504.)
Cherpenterie. (17 oct. 1450, Compt. du fi.
René.)
Œvres de carpentries de la dicte ville. (19
aoùt-18 novembre 1475, Compte d'ouvrages,
4° Somme de mises, A. Tournai.)
Et eut en l'espace de dix jours dressé et
achevé son pont de la plus belle charpen-
terie. (Amyoi, j. Caesar.)
Cf. II, 78".
CHARPENTIER, S. m., celui qui fa-
çonne, assemble les bois pour les char-
pentes de maisons, de navires, etc. :
Charpentiers mande et fait maçons venir.
[Loti., ms. Monlp., f* 53^.)
Mol estuet luiticr et combatre
A la hache et a la coigni[eje.
Au charpentier avant qu'il chiee.
(RlArrRE Elie, Artd'am., 558.)
Cherpantier. [Vies des Saints, ms.Epinail,
r° 54 1'°.)
Carpentir. (Jurés de S. Ouen, !" 86 v", et
f°99 r°, A. S.-Inf.)
Charpenter. [Liv. des hisl., B. N. 2012.5, T
124 T\)
Symons cherpentiei-s. (1326, A. N. .IJ 6i,
f 239 r-.)
Charpenter. {Sam. apr. oct. Annonc. 13i0,
Barb. de Lesc, A. Finist.)
Cherpentier. C1364, Compte de.l. dou Four,
A. N. KK 3% f» 36 r".)
Cherpenlhier. (137S, Cart. de Metz, B. N.
1. 10027, f 78 r°.)
Jehan Triboii charpentier de pippes. (1465,
Compt. de l'aumosn. de S. Berthomé, i" 96
v°, Bibl. la Rochelle.)
C/ierpax/ierdemenusserie. (1102, Compt..,
A. Finist.)
Cherpanthier. (1657-60, Compt. de la calh.
de Léon, ib.)
— Fém., charpentiere . femme d'un
charpentier :
Maroie li carpentiere, ki fenie fu Jehan le
carpentier. (8 oct. 1278, C'est Ilellin le hie-
rengier, chir., A. Tournai.)
La belle bouchiere, la belle charpentiere.
(GuiLLEB. DE Metz, Descr. de l'nrii, X.X.X.)
CHAUQUELERESSE, V. S.^RCLERESSB. —
CHAROL'EU, V. Cercueil.
ciiARREE, S. f., cendre qui reste au
fond du cuvier quand on a coulé la les-
sive :
Près d'eus fu le fossé a l'eve.
Qui celi jour iert aussi trouble
Clomme charree ou plus au double.
(GuiAET, Hoy. lingn., 20S66.)
Se tu n'as de la lessive, si prens de bon-
nes cendres et met avec de l'eaue et fais
comme charree. {Ménagier, II, 263.)
Leur deffend icelle chambre jetter de
leurs maisons, par les fenestres, ordures,
urines, charrees, infections. (1350, Ord., II.
383.)
Les laver avec cendre de charree en la
lessive. (Du Pinet, Pline, WMU, 18.)
De la cliarree ou de la cendre. (Lieb.\ult,
p. 482.)
Cherree. (Belon, Nat. des ois., II, 11.)
CIIARRI.AGE, V. Ch.VRIAGE.
CHARRIER, S. m., drap de grosse toile
sur lequel, dans la lessive, est placée la
eharrée :
Ung charrier a fairela buee.C1483,Co(np/.
du Temple, A. N. MM 153, f 111 r".)
CIIARROIER, V. ChaRIER — CHAB-
KOR, V. ChaLOR. — Cn.\RROSSEE, V.
CaIIROSSEB. — CHARROTOX, V. ChaRTON.
CH.ARTE, S. f., au moyen âge, acte
où étaient enregistrés les titres d'une
propriété, d'une vente, d'un privilège
octroyé ; lettre :
U fist ses cartes et ses bries seeler,
Par son roialme ses messages aler.
(Raimd., Ogier, 4S35.)
Eslrument et quarte publique. (1292, C/i.
d'Oth. de Bourg., Ch.des compt. de Dole, K
874, A. Doubs.)
— Alphabet :
L'on luy enseigna un grand docteur so-
phiste nommé maistre Thiibal Holoferne,
qui luy aprint sa charte si bien qu'il la di-
soit par cueur au rebours. (Bab., Garg.,
ch. .MV.)
Cf. Ghartre 1.
CHARTE, v. Cherté. — chartee, v.
Charretée. — charteil, v. Cheptel. —
chartilage, v. Cartilage. — charti-
LAGiNEU.v, v. Cartilagineux.
1. CHARTRE, s. f., syn. de charte:
Il font lor Chartres et lor bries seeler
Et lor sergenz et lor guarçons errer.
(Coron. Loois, 2268.)
Olimpias, sa merc, ki preus fa et senee
Li tramis une cartre en sire saielee.
{Rom. d'Alex., f" n'>.)
Ce fut la nuit d'un samedi
Que Nostre Dame li rendi
La chartre de perdicion.
(G. DE ColNcl, ilir., ms. Soiss., f" 16' ; Poq., col. 60,
V. 1593.)
Chautre. (U nov. 1311, Chirog., A. mun.
Bouvignes.)
En tel manière qu'il doivent oir nos rai-
sons, nos Chartres, et nos lettres de l'une
partie et de l'autre. (31 mai 1332, Cart, de
Flines, ccccLVni, p. 555.)
Mais l'ençainte li ont baillié,
Ainsi qu'il leur fu enchargié
En la ésarfre, puis sy s'en vont.
{Melusiiie, 914.)
Lui porter les lettres de chartre pour la
recompense... (17 août 1483, Compt. de J.
Rihoteau, Bev. soc. sav., 1860.)
Cf. Chartre, II, 80" et Charte.
2. CHARTRE, s. f., prisûH, geôIe :
En vo crt[r]f/*c soit mis...
{Ren. de Montaubm, p. 107.)
Ens es fons de la ca\r]tre ont Begon avalé.
{Ib.)
Or porroit tel avoir en vo chartre gisaos
Dont vous porries avoir .n". mile besans.
{B. de Seb., XIV, 1099.)
Si occist le chevallier que il trouva avec-
ques sa femme, et sa femme il niist en
chartre perpétuelle. {Livre du chev. de La
Tour, c. LV.)
CHA
— Maladie dite aussi carreau :
La jeunesse aisément tombe en hœmorrhagie,
En fièvre continue, en chuftre, en phrenesie.
(Du Bartas, î' sem., I"j., 4'JI.)
Venir a tomber en cliarlre, c'est se alan-
gourir,flaistrir,seiclier, emmaigrirjusques
aux os. (NicoT.)
CHARTREUSE, ,s. f., couveiit de char-
treux :
De charlroitse vos at ilit voir
Ainsinc comme je le cuit savoir.
(GiioT, liiljle, 1441.)
Oe lorclrc de chai-lrose. fl278, Liger, A.
Ind.-et-L.;
Au covent dou Liger de l'ordre de char-
Irouse. (1280, Cart. du Lige); .\X.\IX, A. Ind.-
et-L.)
L'ordre de p/iaj-/TOKsse. (1313. Liser, A.
Iiidre-et-L.)
tiiARTREiw, s. m., religieux de l'or-
dre de saint Bruno :
Je laisse aux povresc'/i«)7»'/e;/jde la dicte
parroeho dix sols pansis. (24 déc. 1372,
l'esl. d'Œlips la Dwdelle, Arcli. Hôt.-Dieu
Chauny.)
Li autres sont entrez en cloistres
De celestins et de chartieur,
Bolez, housez, com pescheurs d'oistres.
(VitioN, Gr. Tfsl., 237.)
Chartreurs. (Mer des Croii., 1532.) I
ciiARTRiER, S. m., dépôt, recueil de
chartes : i
Chadier. (1370, Mém. des rent. de FrUir- i
del, A. Calv.)
Chartriers et registres. (1413, Denombr. '
du baill. de Vaux, A. X. P 303, I» 102 v".)
CIIARTITLAIRE, V. CaRTULAIRE.
CHARL'E, mod. charrue, s. f., soc tran-
chant fixé à un train muni de roues
que traînent des bœufs, des chevaux :
Ne sevenl de bataille, plus sevenl de kierue.
{Rom. il'Alex., f 43".)
... Quant il aloient
A Parère u a la kierue.
[FregitSy p. 15.)
Son père kierue menoit.
(MousK., C/iroii., 17047).
A le tavie. a le quiente et a le deniaine.
(U déc. 1372. Cail. de Fîmes. A. .\ord. rod.
A, f 231 r°.)
-vu. queruies. (1377, A. .Nord, Cod. A, f
A kar et a Iceruwe. (1399, Valencienncs,
ap. La Fons.)
— .-Vnc, étendue de terre que devait
labourer une charrue :
Une seule kerue avoit
De terre.
(De Sainte Ysabel, B. ,N. 19331.)
Ine chernte de terre. (1373, A. N. S 5513,
1 18 \°.)
C liARI I(i\E, V. Ch \nOIGNE. — f:IIARVE,
V. CUA.WRE.
CHA
ciiARYnDE, S. m. .gouffre situé dans
le golfe de Sicile, en face d'un écueil
appelé Scylia :
C'est Caribdis la périlleuse,
DesagraaLle et gracieuse.
(flose, B. .\. 1573, f" 37>.)
Nous allons de Scylla en Carihde. (R.\b.,
Iiv. IV, ch. XX.)
CHAS, S. m., trou d'aiguille:
Ne ke li cbameus puet entrer
El cas de l'auguiUe et passer.
(D'un Juiski s'acomen. av. les crest., hrs. 3^11, l'
CHASBLE, V. CaaBLB.
CHASCuîv, mod. chacun, pron. indé-
fini, chaque personne, chaque chose ;
toute per.sonne, qui que ce soit :
Vuv chascun un dener. {lois de Guill.,6.)
j Cuscuiis portoit une branche d'olive.
(Bol., 203.)
' Ke chescous loer s'en poieit.
(Ambboise, Bist. (le la g. s., Vat. Chr. 1659, f» 8''.)
Isnelemcnt et tost soit cascus aprestes.
(Fierabras, 4420.)
C/tascotiS.
(Be>-., D. de Xorm., II, 632.)
Chascoue.
(Id., !6., H, î73d9.)
S'estes lupars et je sui un lion.
Or a trové caseon son conpagnon.
(Raimb., Ogiei: 11757.)
Mais cinq paien, Dex maldie lor geste !
Li ceval prisent, caicon vers li s'eslesse.
(Id., ib., 11903.)
Cescuns.
{Rom. d'Alex., f« 22'.)
N'est bien al mond que covoit criature,
Chescons n'i poisset trover a sa mesure.
(Adam, p. 3.)
Cechun.
(Merlin, Brit. Mus., Arund. 220.)
Cliasc/rufis.
(Kassîdor, ms. Turio, i° 220 r».)
Com cliacons bot conter et dire.
(HcG. DE Berzé, Bible, Brit. .Mut., Add. 15ti06 f«
lOlJ.)
Ses gentis homes ennoroit
Selon ce ke chascuns estoit.
(Dolop., 277.)
Cescon verra son martire.
(Robert, B. N. 902, f» 107".) Plus haut : chescon.
Cliaumn.1 de nos deus. (1237, Cartut.
c/iap. Noyon, f» 267", A. Oise.)
A chaucun. (Ib., (° 268°.)
Anchois gist au cuer de cuscun. (Henri
DE Val., g 502.)
Pour ce que chascuns vouloit estre rois
de Jherusalem. (JIe.nestrel, ;] 29.)
Chiescim. (1" fév. 1280, Arch. M.-ct-L., I!
64, p. 23.)
Chascuns mignos et jolis
Doit estre par raison.
(CImns., ms. MoDtp. H 196, !' 339 v».)
Chaicun d'euli.
(Lia. duôon roi Jeh., 2439.)
Chesqun et chesqune. (1302, A. N. S 208,
pièce 9.)
CHA
S5
A sauver a checuna soiin dreyt. (1301,
Year books of Ihe reigii of Edward Ihe firsl,
Vears.\.\.VII-.\.\.\IiI, p. L>5o.)
De chauscune d'elles. (V.im, A. N. JJ 53,
f° 19 v°.)
Et chaurlnins des pièges pour le tout.
(1317, A. N. JJ 03, f» 80 r°.)
Chaucun. (Ib.)
Chiescun. (1324, Beaulieu, A. Sarthe.)
Chacus. (Gloss. de Couches.)
Les quelx chouses dessus dictes et une
c/tescoime d'yceles. (1340, A. N. K 2224.)
Vous savez bien que chescum dit.
{.Vi/st. S. C/iristo/le.)
— -Adjectiv., chascim. chaque :
Tiites choses acertes sunt vanitet, chas-
quuns hiiem estanz. [Liv. desPsaum., Cam-
bridge, .\.\.XV11I, 7.)
Ço fist ke chascun hom fera.
(Wace. Roti, 3« p., 5311.)
Et cliascune galie fu a un vissier liée por
passer oltre plus dclivreement. (Villeh
o i-ie.)
Cacun an. (1253, Paraclet, A. .Somme.)
btt chaucune vile. (12.53, lelt. d'Air de
Poil, au séuécli. d'Agenais, B. .X. 10918, f» 14
Chacuyn an. (Cens du coml. de Poil A N
J 192, pièce 64.) '
De quascune masure, .vi. den. .fes A
N. K 35, pièce 11.) ' ' ' '
CUaicune partie. (1283, A. Loiret. Prieuré
de Bonne-nouv. .MC.V.)
Chaiqune chose. (1295, A. Morbih.)
En cheucon parcele. (1305, Year books of
Uie reign of Edward the firsl, Year^ -tlXII-
X-\.\I11, p. 387.)
Au kief de l'en de keskune anee. (Janv.
1312, Chirog.. S. Bnce, A. Tournai.)
Checun an. (1317, Fontevr., anc. tit \
M.-et-L.) ' ■ ■
Chacuyn an. (Cens dû au de de Poil \
y. J 192, pièce 61.) '
Sera tenu de dire chachun jour especiale
oroison. (1451, A. N. P 13.56, pièce 4.)
Chescunes festes. (Ihii, Dennmhr. d'Oise-
lay, Ch. des compt. de Dole, 23, A. Doubs.)
Les nobles françois de chacun royaume
usoient de mesmes loix. (Fauchet, 'Antin
gaul., ni, 1.) ' /•
— Chascun le jor, chaque jour :
Pour rente annuelle que l'église prant
ÇàascuH le jour de saint iMarc l'evangelisle.
(13/8, Compl. des annivers. de S. Pierre \
Aube G 1656, f 90 v°.) ' " '
— Un chascun, une chciscune, chacun,
chacune :
Mille joyeusetcz se y feront, ou un chas-
e««prendraplaisir.{RAB.,Païiia».»,oo«os/.,
ch. VI.) a 1 a ,
Toutes les provinces s'assemblent pous-
sées d'un même esprit, quoiqu'elles n'eus-
sent pas ensemble concerté sur ce point,
et envoia une chacune ses députes en cour.
(Pièc. pour servir aux Mém. de Rohan, p. 2.)
56 CHA
— Tout chascun, tout le monde :
Tout chacun te regarde.
(L. C. Discret, AUz-, II, 5.)
Or. puis que tout chacun s'y Irove si conicnt,
Il faut que rie ma part j'en fasse lont autant.
(Id., il,., V, 4.)
— Sa cliascune. la femme avec qui
un homme e.st uni, la femme qu'un
homme aime :
Chascuns enmaigne sa chascune.
(J. Brbtel, Tourn. de Chamenci, 2317.)
Chascun choisit pour dancer sa chascune.
(f.RETiN, Chants roy., !' 114 t".)
— Sa chascune, le logis de chacun :
Entre deux et trois heures après minuict,
mondict signeur et sa compaignie se par-
tirenl de la place ou ce bam^uet fut faict
et se reirait chacun en sa chacune. (0. de
La Marche, Mém., 1, 29.)
CHASCUMERE, mod. chacunière, s. f.,
la maison de chacun :
Ordonne la dicte court que chascun se
retireensa c/ia>c««)e)'e, sans despens. (Kab.,
Tiei-s tiv., ch. x.iixvii.)
Et se retireront chacune en sa chacu-
nière. (N. DU Fail, Eutrap., VI.)
Usage ancien, que je trouve bon a ra-
fraîchir, chacun en sa chacumere : et me
trouve un sot d'y avoir failly. (Mont., liv. I,
ch. xxxiv, p. 132.)
CHASLET, V. ChaALIT.
CHASMATE, S. m., f ossé :
Gabionnoient deffenses, ordonnoient pla-
Iss formes, vidoient chasmates, rembar-
roient faulses brayes... (Rab., Tiers liv.,
prol.)
— Gouffre :
Euphorion escript avoir veu besles nom-
mées neades a la seule voix desquelles la
terre fondoit en chassemate et en abysme.
(Rab., LXII, 4'i3.)
CHASQUE, mod. chaque, adj., distri-
butif desdeux genres qui se mettoujours
avant le substantif :
Chasqu'^n.
(G. DE C.OINOI. .Vie, p. 100.)
Chesques jour. [Psaut., Maz.382, T 12 r°.)
J'en ris en moy chesque fois que j'y pense.
(1377, Prognostic. des Proijnostic., Poés. fr. des xï"
et Îti- «'., t. V, p. 227.)
CHASSABLE, adj., qu'on peut chas-
ser :
Venabilis. Chassahle. (.Vocabularius brevi-
tlicus.)
S'il est cerf dix cors jeunement
Ou fort vieux cerf et fort chassahle.
(JOD., Œm. mésl., f" 277 r».)
Cf. Chaçahle, II, 28'.
1. CHASSE, mod., V. Chace.
2. CH.vssE, mod. châsse, s. f.,coflVet
généralement orné où sont enfermées les
CHA
reliques d'un saint; cercueil en pierre,
en bois, ou en métal, où sont renfer-
més les restes d'un mort :
Il en jura la cliase Saint Landri.
N'en tornera si seront amati.
(Garin le f.oh., 2" chons., XII. p, 207.)
Chasce. (Queste du S. Graal. li. >'. 12582,
fo 2 v°.)
N'i remest en yglise ne garnement ne dras,
Ne chace ne galice, reliques ne henas.
[Aye d'Aoignon, 32-41.)
Chare, cache. (Cari, de Picquigny, A. N.
19628, f" 69 r°.)
Assidrentlacft«a.sse desus Tautel. (Chron.
de S. Den., ms. Sle-Cen., f» 229'.) 1'. Paris,
chasse.
Joyaulx d'esgllse, comme lombes, fasses,
croix, encensiers. (1413, Ord., XVII, 380.)
Le suppliant prist en la cache ou coffre
d'icelluy Henry dixsept grans blancs. (1419,
A. N. JJ m, pièce 8 ; Duc, Cacia 1.)
En la première capse ou fiertre. (1476,
l,w. des joy. de Végl. de Bay., S° 72 r», chap.
Bayeux.)
Mettront en casse sainct Vital.
(J. MoLLiNET, Kalendrier mis par petits vers.)
La rhapse d'yvoire toule ronde en façon
d'une tour. (lo35, Inv. de ta calhedr. de i
Sens, ap. V. Gay.)
Riokus arrivé entra dans la chambre ou
esloit le corps ; il fit ouvrir la chasse pour
le voir, lequel il aspergea d'eau bénite faite
par son abbé, qu'il avoil apportée, et, tout
a l'inslanl, celle femme ressuscita. (P. Al-
bert LE Grand, Vie des saints de Bretagne.)
Cf. Chasse 2, II, 83"=.
CHASSE AVA^-T.s m. , employé Chargé
d'activer et de surveiller les travaux des
ouvriers; par extens., celui qui excite
les autres :
Il fault queje seigneur ail certains per-
sonnages pour faire travailler les ouvriers,
comme sonl chassavanfs et autres. (1)e-
i.oRME, Archit., Goncl.)
Aussilosl le sieur de Boisrozé lit monter
l'un des deux sergensde ces cinquante au-
quel il se fiait le plus, et l'ayant fail suivre
de tous les autres, il monta luy mesme le
dernier, afin que nul ne s'en peusl desdire,
et qu'il leur servislde chasse a-'ant. (Sully,
QBco». roy., ch. xliv.)
Vous ordonna pour solliciter le recou-
vrement de toutes ces choses et d'en estre
1 comme le chaise avant dans son conseil.
(Id., ib., ch. lxxiii.)
Je n'oublieray rien pendant vostre ab-
sence de ce que je pourray pour servir non
du tout inutilement de chasse avant en une
affaire si importante comme est celle de
La Rochelle, a Voslre Majesté. (Richel.,
Corr., 24 déc. 1627, II, 769.)
Il faut faire reprendre les travaux de Pi-
gnerol. J'envoie l'abbé de Beauvau elMau-
buisson pour y avoir l'oeil et servir de
chasse avaits. (Id., ib., avr. 1630, III, 650.)
ce qui pousse en avant, sti-
-Fig.
mulant :
Les soldats avoyent pour c/iasse oyanMes
canonnades 'Aub., //w(. £/«£«., II, col. 1021,
éd. 1026.^
CHA
CHASSE BiEiv, qualificatif, qui chasse
le bonheur :
cruelle Atropos, chasse bien, porte dueil.
(Marie de nosliEU, Pai's., 66.)
CHASSE BOSSE, S. f., uom vulgairc
de la lysimachie :
Soucy d'eaue, pellebosse ou chasse bosse.
(L'EsCLUSE, Hist. des plant, de Dodoens, 1,
50.)
La chasse bosse esleint la fiere inimitié
Des acharnetz genêts.
(Du Bartas, 1" sem,, 3" j., 620.)
Chasse bosse. Aucuns l'appellent corniole
ou soulcie aquatique. (Comm.sur la Sepm.
de DuDarlas, III, p. 205.)
CH.ASSE COQUINS, S. m., bedeau d'é-
glise; archer:
A esté ordonné que seront mis par les
diclz sindicz deux chasse coquins, pour les
paouvres estrangiers qui peuvent entrer
en la ville par surprinse, aulx fins d'estre
par eulx mis hors icelle. (26 mai 1586, J.
Baux, Mém. hist. de Bourg, H, 174.)
Chasse coqidn, archer destiné a chasser
des églises les caimans importuns, durant
le service. (Monet.)
Chasse coquin, cacciabirboni, mendici-
fuga, mendicorum expulser. (Duez, No-
mencL, p. 132, éd. 1644.)
CHASSE DEUIL, adj., qui chasse le
deuil :
... La femme qui- est pleine de tout bonheur.
Chasse mal, chasse ennuy, chasse dueil, chasse
[peine.
(Marie de Romieu, Poe's., 18.)
CHASSE DIABLE, adj., qui a la
vertu de chasser le diable :
Ne vous mettez point en peine de cher-
cher un sorcier, je vous en Irouveray un
bon, et le plus grand chasse diables de
France. (Lariv., les Esprits, II, 4.)
Celle semence est appellee par le philo-
sophe p/in.s.ve diable. (Ant. du Moulin, Quinte
essence, 140.)
CHASSE ENNUY, adj., qui chasse l'en-
nui.
V. Chasse deuil.
CHASSE MAL, adj . et subst. , qui chasse
le mal :
santé chasse mal.
(RoNS., Od., V, p. 383.)
Partout on a recours ace remède comme
au vray chasie mal, comme l'on dit. (J. G.
P., Occult. merv. de nat., p. 228.)
CHASSEMAREE, V. ChaCEMAREE. —
CHASSEMATE, V. CaSE.MATE.
CHASSE MEL.ANCOLIE, adj., qul chaSSC
la mélancolie ;
Sitllot, gentil secours de ma vie,
Avale soin, chasse mélancolie.
(Belieau, II, 333, Gouveroeer.)
CHASSE MESSE, adj . , qui empêche la
célébration de la messe :
CHA
Cloches sonnez en signe d'allégresse.
Ne craignez plus le canon cfiasse messe
Des superbes mutins.
(A. Jamïs, Œuk. jjoe'l; î' »8 r».)
CII.4.SSE .MISERE. qualificatif, quichas-
se la misère :
Et toi, des peuples la mère,
-Mme paix, chasse Diisere,
Faiz ces deux rois s'embrasser.
(J. Ghetin, Chant de joie de la pair faite entre
Benry II et Philippe d'Esp.)
CII.4SSE Moi'fiiE, adj. et suli.st., qui
chasse les mouches :
Moscadero revient pliislosl aulalin mus-
oariiim, et a l'italien paramosche: qui vaut
autant que si on di-ioit en fran(;ûis un chns-
iemoiiche (II. Est.. Dial. du iiôiir. lam/. fi:
Un/., p. 164.)
CHASSE PEi\E, adj.. qui chasse la
peine.
V. Chasse deuil.
CHASSER, mod., V. CnAcrEn. — chas-
SETE, V. Cassette. — chassei'r, mod.,
Y.CuACEnR. — ch.assible, V. Chasuble.
^ CHASsiooi.\E, V. Calcédoine.
chastaigxe, mod. châtaigne, s. f.,
fruit du châtaignier :
Ne prisent vos menaces le pris d'une chastaiiie.
(J. Bon., Saimes, X.\.X.)
A somier ne doit noient, se il n'i a cas-
tnigiies ou nois. (Est. Bou-eau. Liv. des
nieit., 2' p., I, 7.)
Ce qu'il ne prise une cliateiiç/iie. '
[Rose, 14512.)
Wardezvous que vous ne mangieiz pois
ne fèves ne auilres leuns, ne cliaistmus.
(}. Le Fevre, Rem. pour la goul/e, P. .Mever,
llom., XV, 181.;
-Ne prenez vous pas sarde qu'il faict
comme le singe qui tire les chastair/aes du
feu avec la patte du lévrier. (LesEss. de
Mathurine.)
Cf. 11, 84'.
CHASTAIG.XERAIE. mod. châtaigneraie,
s. f.. lieu planté de châtaigners :
line c/iastai'jneraye, ung lieu planté de
chaslaigniers. Casianetum. (RoB. Est.,
ries.)
Pour les chasteneiaies et hozeraies. (0. de
Serres, 6U.)
CHASTAioERET, S. m., petit châtai-
gnier :
"Toutefois quand on veut planter, il faut
qa il y ail un bon pied entre les chasleiets
des marrons (|u'on plante... Faut attendre
que les ihitH/iit/iierets ayent pour le moins
deux an-i avant qu'on les replante en une
autre bastardiere. (lu; Pinet, l'll,ie. .WII,
CHASTAiGXEROT, S. m., petit châtai-
gnier :
Faut rompre la terre descliaslaignerayes
entre les mois de novembre et de février.
CHA
auquel temps les chastaignes tombent
d'elles mesmes, lesquelles Iroiivans la terre
rompue et labourée entrent aysement de-
dans, ou elles germent et rendent de petits
chastaignerots. (Di Pinet, Pline. XVII, 20,
p. 6.50.)
CH.ASTAir.MER. m.d. châtaignier, s.
m-, grand arbre de la famille des amen-
tacées, qui produit des châtaignes :
N'i ot coldre ne ehastaignier.
(Mabie, Laustic, 98.)
Desous .1. chastinier-
{Brun de In Montaigne, 236.)
Lors a une lande trovee
Des chastengniers avironnee.
[Durmnrs le Gallois, 5477.)
Chnsleignier. {(jloss. de Couches.)
Chastegnier. (Jrad. de L. Foutch )
Chastaigner. (Jard. de santé, I, 103.)
Cltastigniei: (Ih., I, 396.)
Chastignier. (Du Pinet, Pline, XVI, 2o.)
CHASTAix, mod. châtain, adj., qui est \
d'un brun clair rappelant la couleur de 1
la châtaigne :
Chasleins en couleur.
(Cbb. de Piz., Poés., dans LiUré.)
Garea, frementin, brichet, chastain, ven
après moay. tu ves ben crelincoutant, ce
dit il a son beul". (B. Oesper.. Noitv. recr..
p. 19.-..)
CHASiTE, adj., qui vit dans la chas-
teté :
N'aveit femme de sa mancre
Si chaste.
( Vie de S. Gilles. 29.)
Celle créature seroil caiste et pure. (S.
Graal, B. S. 24Ô5, r 118 v°.)
Li chastres qui n'a pas fait iniquités par
ses mains. (Ilibte, B. N. 901, f^ 12''.)
Chaaste. (De vila Christi, B. >". 181, f" lô
r°.)
CHASTEL, mod. château, s. m., de-
meure féodale fortifiée: forteresse envi-
ronnée de fossés: habitation d'un sei-
gneur :
Prenl i chasteîs e alquantes citez.
(/('/(., 2611.)
Par cels n'iert mais terre conquise
Ne chastels pris ne tor,s asise.
[Eneas, 255.)
Bègues commande qu'on un ca/itiel feist
Par quoi il soient la dedans envai.
{Gar. le Loh., i' clians., X.VX, p. 60.)
(Juar li caileaz ki est diz Cassins, il est
mis el leiz d'un hait mont. Il queiz l'oisl a
savoir monz par estendut saim rezoit cesl
meisme c/7sW. (Dial. .S. Ilreg., p. 72.)
En un autre chastiauî.
(RoB. DE BLals, B. .N. 24301, p. 582'.)
Moull demainent grant joie quant pris fu li cas-
\tials.
{De Vespasien. B. \. 1553, f» 384 r" )
.\u cimlenu de Miinfaiicon. (1210 à 1220, 1
Garin de la Galissonn., .\. S.-Inf.)
CHA
57
^U casleaiis. (Arttir, nis. (irenoble .378, f-
Par bois, par chateals, par citez.
(H. d'Amd., Chanc. Ph., ms. Harl., I' 9S',)
James ne porteroit chasiel
Olifanz seur sa haute escliine.
{Base, B. [f. 1573, !■> 149'.)
Il le trouva a un sien kusliel a. séjour
(Flore et la Bielle Jeliane, Nouv. fr. du xiuc
s., p. 1Ô2.)
Chilz caatyaus.
(Sonesde Xamay, ms. Turin, !' 51 v".)
Robert est tosl pris, son chaiistel mys a terre.
iCIii-on.de p. de Langtoft, ap. Micii., Chron. an-
gl.-n., t. I, p. 150.)
C/iaislel. (1300, 'l'oul, A. .\., Mus., vit. 52,
pièce 303.)
Dou c/teslealôe Chesteillon devant Besen-
çon. (1303, Lelt. de Hug. de Bourg' Ch.
des compt. de Dole C 167, A. Doubs.)
Lou ehesleaul de Bournai. (1309, Ch. de
IJtig. lie Nohl., Cli. des compt. de Dole, lî
239, A. Doubs.)
T. l.\.
Chestel. (Ib.)
Les filz d'Israël passèrent ou désert de
Synay et emmurent les chasliaa.r aux com-
mandemens de Dieu. {.Vir.deN. D., IV, 72.)
Le pont du castiel. (23déc. 1443, chirog.
A. Tournai.) ^
— Fig., chastel en Espagne, chasiel
en Asie, projet en l'air, rêve chimé-
rique :
Lors feras chastiaus eu Espaigne,
Et auras joie de noiant.
(Rose, B. X. 1573, f« 21".)
De jour et de nuit
Je fay pour ma dame
Chateanx en Espaigne.
(Heure d'Aigrem., B. M. 766.1
Les jours passez, par fantaisye,
Faisant des chasteaiix en Asye
Et des grosses tours en Espaigne,
Au vert bois pris une compaigne.
[ilonol. des Sotzjoy., Pjés. Ir. des iv et ivi" s.
Car il faisoit des chasteaiLt en Asie.
(GaisGORE, Menus propos, XIII.)
... Et de tousjours se plaire
.V faire des chasteaiix en Espagne et au Caire .
(VAttQ.,5«(., V, A Bertaut.)
CHASTEi.Aix, mod. châtelain, s. m.,
gouverneur d'un château :
I vienent tel mil citouain
Qui semblent estre chnstelain.
(Gaut. d'Akr., Emrle, 2036.)
Mais li rnslelains dist bien l<e il n'i nii-
teroit le pie. (IIexri de Val., j; 568.)
Dedens son cuer regretoit
La valour, la manière gente
Le chastelain pour qui est enle.
(Cokci, 1768.)
Li chastetains. (Mai 1248, Baizellc, A. In-
dre, H 112.)
El nieismes ehaletein et garnison ou cha-
tel. i,l-2.50, un. du cle de Poil, a S. L.,\.
N. 890.J
Le chastelain lour escrio a ung Lu :
Estes des gens Charles le mescreu i"
(Aguin, 1255.)
— Fém., chaslelainc. mod. châte-
8
ri8
CHA
CHA
CHA
laine, femme du châtelain : domina-
trice :
Sor toz aiilri's liiu-ons est dame et chuslelaine.
(J. Bon., Smsnes, 30.)
Cliitsletaiiie fu ja sa niere,
Chastelain est encor son père.
Mes grans povretes l'avironne.
[La ClimMaiuL- de S. Cilles, H. .N. S37, f 114.)
Amoureux Jherus, qui lensé
Avez mon corps lie mort vilaine
Et vous, dame, qui cltastelUiine
Estes du ciel empcrîal.
[Mil-, de N.-/t.. IV, 220.)
— .\dj. de châtelain:
.1. damoisel qui en sa main
Menoit .i. destrier cJiasteîain.
[Florimont, D. N. 702, f" T'.)
I*us ad turn)' vers lui son destrier chastehin.
[Boni, 3336, nis. Cambiiilge.)
Cf. II, 85".
t:iiAsTELEi\iE. mod. chàtellenie, s.
f., seigneurie principale, de laquelle re-
levaient plusieurs autres seigneuries de
moindre importance :
Chale/enie. (1260, Sle Croi.v, A. Vienne.)
Chatelanie. :1281, A. K. J 270, pièce 19.)
Nous faisons et eslaviissons nos procu-
reurs por relever de l'église la castelhnie
(le Francimonl hirelavie. (13.39, Ch. S. Lam-
bert, n'> 623, A. Liège.)
Noslre dit cliastel et chasteUeiiie de I.ong-
\vy. (.lanv. 1378, liuc.hat de la chaslpllenie
lie Lonr/wy, ap. Servais, Ami. histor. du
llarrois, I, 496.)
Cf. 11, 86".
CH.vsTEi.ET, mod, châtelet, s. m., pe-
tit château :
Tirus s'en vait, ki erl lor sire,
Fuiant s'en vait al cliastelet,
poi de gent dcdenz se met.
{Eiieas, 3720.)
Ou il avoit un cliastelef petit.
[Lu/l., Vat. Uib. 375, f« IS=.)
Jnxta castelel de Pont. (1179, Cari, du Pa-
nic.let, f° 234 v°, A. Aube.)
Que il a sauveté le maint
A un ca^leîet qui ert son.
(CnBEST.. Perceval, ms. .Mons, p. 310.)
Sor .\ube en une forte place
A un castellet compassé,
(\V*CE, Brlil. 120*1.)
Un cris!elef ont contiefait.
Qui hien ot x. tolsses de haut.
[^îaiwnin, 2S76.)
techaatelet. (127S, A. >'. S 45, i)ièce35.)
En castelel a Paris. fl29l, Letl. de Ph.
roi de Fi:, llartène, TlieL, 1, 1243.)
Et comendaqne cil fust pris qui ce avoit
l'ait, et mis en rhaslelet. (Ménestrel, J 3.i9.)
Et par toutes les petites places et caslel-
lels meirent desgens an nom du roy. (Mart.
i.c Bell.\v, Méin., I. VIII, P 272 v".,
t:iiASTE.ME\T, adv., d'une manière
<-haste :
diaslemeid vif, u voille u nun.
{ l'ie de S. Gilles, 1003.)
\ ivre l'iiastenienl.
{Rose, 9049.)
CJiestenient.
[Ib., ms. Amiens, f" 13 v".)
Chatemeiit. (LAURENr, Sonune, ms. (Char-
tres, r° 64 r°.)
CH.'1.STE^■GIEK, V. ChaSIAIGNIER.
t:H.\STETÉ, S. f., état de celui qui
garde son àme et son corps purs :
Caslilé. {tlloss. de Cundies.)
Chaas/eté. iDevita Chrisli,n. N. 181, 1'° 21
r".)
Casielé. W. Est., Tlies., Pudicilia.)
Cf. Chastiîe, II, 84'.
CHASTiAiiLE, adj. . ([iii dolt être eiiàtié,
réprimé :
Encor que cest erreur soit ehaitiuhle. (L\
Noue, Disc., p. 7.)
f.H.vSTiE.ME^T, mod. châtiment, s. m.,
peine sévère infligée à celui qui a com-
mis une faute :
Faisant a cest elTecl oljserver nos eilits,
a la conservation des gens de bien et chas-
tieinent des ennemis de l'Estat et du bien
public. (19 nov. tùSll, Lelt. miss. de Henri IV,
I. III, p. 81.)
Cf. Il, 86".
<:iiASTiEu. mod. châtier, verbe. —
A., punir sévèrement pour corriger:
Ensi doit on traiter cliastoîer
Qu'a tort honnist son signor droiturier.
[Gavill h' Loh., 1^' clians., II.)
Tais, glos lecbieres, dist Bertrans a Berron,
Car lele espee me peut clii au giron,
Dont je sai ben castoier un bricon.
(llAiMB., Oi/ier. ii71.)
Cf. Il, 86'.
ciiASTiELiî, mod chàtieur, s. m.,
celui qui châtie :
.Mnsi fist Dion. Timuloon, \ratns, et au-
tres princes généreux, qui ont emporté le
tiltre de (7i«s/îeH/'set correcteurs de tyrans,
(liouis, Rép., II, 5.)
Je pense bien que ces graiuls chcistieurs
de séditions voudroienl bien <iue les sol-
dats fissent de [derre pain. (IIraxt., Rudo-
monl. expaign.. Il, 50. liuch.)
Cf. Chastieiui,
8 G".
ciiASTRADi.E, mod, cliàtrable, adj.,
qui peut ou doit être châtré ; bon à cou-
per, à élaguer, en parlant des bran-
ches :
Le eliastier des aigneanx n'est restraint
a certain aage, estant ckusirables et les
jeunes elles vieux de ces animaux, (0. nr.
Serres, 322.)
iiiiAs-TREii, mod. châtrer, verbe. —
A,, rendre impuissant en mutilant ou
en atrophiant les organes générateurs ;
rendre stérile en mutilant ou en atro-
phiant les organes reproducteurs; re-
trancher les rejetons superflus d'une
plante :
Etesticulo, castrer. (Glo^s. lal.-fr.. B. N.
I. 7679.)
Et pour ce qu'elles (les lisses) ne perdent
leur temps, les fait on chastrer, fors celles
que l'en veult qu'il?, portent cbeaux. Et
aussi une lysse chastree dure plus chas-
sante en sa bonté que ne font deux lysses
qui ne sont pas chastrees. [Oasl. Fel)., Maz.
3717, f 29".)
Aussi cause longue durée au pied del'ar-
tichau, le clinstrer chacun an, c'est a dire,
le descharger ou retrancher des jetions
inutiles qui s'y mulLiplient : lesquels lais-
sansallera volonté, causeroient l'abastar-
dissement de toute la plante, (O. de Serr.,
VI, 6.)
— Cliaslrer de» ruches, enlever une
partie des abeilles :
(0. de Serr., V, IL)
— Chaatrer un vivier, le décharger
du poisson surabondant :
(I). DE Serr., V, 13.)
— Réfl. :
Une autre beste y a qui a nom cassidoire
ou castor, mais quant on le chasse pour
le prendre, elle mesme pour sauver sa vie
se chnstre au.\ dens. (Le livre de Clergie, c.
.XI.;
— • Chastrc. part, passé, adj. et s., eu-
nuque :
Deux castres estoient avoec elle, telz gens
gardoient jadis les chambres des roynes.
(FossETiER, Cron. Marff.,ms. Brux. 1051 1,
V, 3, 7.)
— Dont les rejetons superflus ont été
retranchés, en parlant d'une plante ou
d'un fruit :
Les Picars et llannuyers ont certaines
pommes qu'ils appellent cliastrees, pourc.c
(|ue leur graine n'a point de germe. (De
l'INET, Pline, -\V, 14.)
liiiASTKEUR, mod. châtreur, s. m.,
celui qui fait métier de chàti'er les ani-
maux :
Cusireiir de bestes. (7 août 1416, Reg.de
la loy, I4I6-1'p24, A. Tournai.)
llaistres chastreurs. (Choi.ieres, Matinées,
p. 123.)
<:iiAsiTitEL'.\, S. m., châtreur:
A deus castreus pour avoircatré les cinq
cerfs. (1500-1501, Qiiat. compte de lieit. .4i/-
meric, A. S.-Inf.)
Chatreuj- suis et bon enchanteur.
Qui oste aux poullets la pépie.
(Christ, de Bord,, Viii-let a luuer a tout faiee, Poés.
fr. des XV et XVC s., 1, p. 86.)
<:iiA!sviii.E, S. f., ornement que le
prêtre met par-dessus l'aube et l'étole
pour célébrer la messe :
Infula, g. chesuble. iGarl., Brug. 540.)
La chasucle l'avaske. (Inv. du très, de S.
CHA
Sauv., C.nvl. de S. Sauv. de Melz, lî. N". 1.
100-29, P 67 r".)
Ma. chamvle. (1263, Bibl. cliap. Resanç.)
.XI. casures. (I)éc. ISS.*), Inventaire des or-
nements de t'église de S. Brice, chir., A.
Tournai.)
Cliesiihle, chasuble, chdsible. (.loiw., S.
I.onis; CXLIV, \V.)
Lo chasuble osle qui csloit de satin.
[Aquin, 3034.)
Une chasuple a pennes de paon. (1314,
\. .\. 1' 1354, pièce 823.)
Vous le porterez a la yanierohe et la le
laillerez Irestoul en mantelx el taherdes
longues... cl aussi en mesnie la guise des
rhausembles. (La manière de lam/une, II,
;!84.)
Infula, chassible a preste. [Gloss. de Sa-
lins.)
Kt la chasuble de lad. chappelle, pour-
traicte a yniages. (1380, Inv. de Charles F,
ap. V. Oay.)
Une chesuble. (139J-96, Com/jt. de l'fl.-D.
<rOrl., exp. comni. dom.)
Une casiire blanque semée de besans et
il'oiseles a lestes de besles d'or. (1401, Inv.
lie l'é'jl. de Cambrai, ap. V. Gay.)
Une chesib/e. deux aubes. (1403, liym.,
•2' éd. VllI, 295.)
Une casiire, l'aubbe, l'amit, l'esloille, le
fanon, el le coroye, .ix. Ib. (1" juin liOT,
Exéc.test. de Marguerite lîocquetle, A. Tour-
nai.)
Chesibhs, lenicles. (1432, Enq., A. Ind.-
l't-L.)
Chasible. (Mars 1419, Compl. de René. p.
300.)
Casuble. (J. Chartikr, Chron. de Ch. VII,
106.)
Avant que soit deveslu de l'aube et autres
ornemens fors la chansuble. (1468, Compte,
llull. de la soc. liist.de Compiègne, 1,117.)
Casuble. Casula. (Vocabulariusbrevidicus.)
Chezuble, chazubles. (1 1 jan v. 1 499, Invent.,
i;. N. 22335.)
Une chapsuble. (1501, lavent, de l'ihjtel-
Dieu de Deaune, Soc. d'arcliéoi. de Beaune,
1874, p. 125.)
Acheter un chasuble.
'■ l.e plaisant boute ftors fl'oysivet-^, Poés. fr. des sv*
el ITI" s., t. VII, p. 18t.)
Ung chasible. (Robe d'Anne. lîev. prov.
iiuesl, juin. 1854.)
11 déposa son chasuble. (A. Le Gr.vnd,
Siainls de Bret., p. 272.)
ciitsuiii.iKR. s. m., celui qui fabrique
et vend des chasubles :
Chasubliers et chengeeurs,
Allez quérir voslre part
A la queue de Uenart.
( Queue de lîfnart.)
— Féin., ckasiililirrr. femme qui fa-
brique ou vend des chasubles :
l'our la paine de une chaisabliere. (1449,
Compte de .S. Sauveur de Blois, \i. N. 6215,
f 25 r".)
CHA
CIIASUCI.E, -IPLE, -IVLE.
BLE.
t:iiAT, S. m., animal domestique qui
prend les rats et les souris :
Li goupis vers le cJtat s'escrie :
Or al ge raesfier de t'aie.
Li cliaz respont : .\ide toi.
(MiHiE, Ysopet, B. ,N'. 1915}, P 24'.)
Bien seit chaz cui barbes il loiche.
(Id., Fabl., 20.)
Will, de Tintiniac,
Qui unques n'ama chat en sac.
[Uist. de Guill le Maréclial, 4743, P. Meyer.)
Li fiz au chat doit prendre la souris.
[Arioliml,f. 170, ap. Duc.)
Que ore avoit li rois d'Espaingne esveil-
lie le chat qui dormoit. (.Ménestrel, J 119.)
Kiens, cas, rates, soris. (Citron, des Pays-
Bas, p. 176.)
— Chat cornu, hulotte :
Je croit que on mengue point aigles ne
grifons ne ras cornus ne chue lies. (Vialoo.
fr.-llam., !° b\)
— Prov., jekT le chnl nu.v jambes,
mettre des bâtons dans les roues :
Lors qu'ils sont au plus haut degré de
la roue de fortune, el qu'ils pensent eslre
en possession paisible de la faveur des
roys et des princes, l'ennemy leur machi-
nera quelque chose, el \cur g'ellera le chat
an.r jamiies, etieur fei-a jouer a buute hors.
(Bo.iïSTLAL, Thédt. du monde, III.)
Le duc de Bourgongne, en haine du duc
d'Orléans, prince dauphin (tous les servi-
teurs duquel il hayssuit) jelta le chat aux
jambes, comme il se dici, au seigneur de
iMontaigu. (L'Estojle, Méni., V p., p. 6.)
Quand on voyoil qu'il (ce pape) estoit trop
furieux, et qu'il se desbonloil trop, voulant
troubler le monde, on luy jeltoit ce chat
aux jambes, de dire qu'il esioit hérétique. 1
(Gentillet, Disc, sur les moyens de bien gou-
verner, p. 448.)
Daire averty de telle audace luy jecte im '
autre chat aux jambes. (Saliat, Her., 4.)
— De même avec le pluriel :
Cependant le pauvre Perrin estoit igno-
rant de ce qu'on lui brassoit et des chats
qu'on Utyjettoil aux jambes par lettres en-
voyées par dessoubs terreau nom de plu-
sieurs de la secte caMaiie. (Holsec, IliH,
de Calv., ch. xvii.)
— D'une man. anal , donner un dan-
gereux chat par les Jambes, parles pat-
tes, à quelqu'un :
Pour se venger, elle me donne un dange-
reux chat par les pattes, pjeparee a accuser
ce (lue je ferai. (Aun., Ilist. unie, 1. V. c.
II, éd. 1626.)
— .\cheler chut en sac. acheter chat
en poche, acheter sans voir au préalable
la marchandise :
Cat en nac a vou.t acaterole
Se sans as tel escange pvcudroie.
(A. DE L* Halle, il. N. Î5366, I' 21 V.)
Elles peuvent alléguer... secondement
sans nous, qu'on acheté chat en poche, que
CHA
59
Chasu- l'action a plus d'elTortque n'ala soulTrance
(JIo.nt., 1. III, ch. v, r 388 r», éd. 1588.)
Elles peuvent alléguer... secondement
sans nous qu'elles achètent chat en sac. Ih).
té., p. 69, éd. 1595.)
— Avant que les chats ne soient chaiis-
■lés, de très bonne heure:
Vous estes donc sorties du logis avant
que les chats ne fussent chaussez ? C'estoit,
comme je croy, de peur des mouches.
(TouRNEB.,/e* Contents, II, 2, anc. Th. fr.,
— Fourrure de chat :
Pour les pourlilz de dessoubz 12 chas va
lent 43 s. p. (1380, Compte rog. de Guill.
lirunel, ap. V. Gay.)
— Chat de feu, peau de chat domes-
tique:
La douzaine de chaz de feu, .iv. d. (Compte
de-i foires de Troies, ms. Troyes 365.)
— Chnt de bois, peau de chat sauvage:
La douzaine de chaz de bois .viii. d.
(Coût, des foires de Troies, li tonneusdela
peleterie, ms. Troyes 365.)
— Machine de guerre :
Li Franchois fisent faire uns autres en-
giens que on apeloil cas, et carchloies, ei
truies, pour miner as murz. (Robert nr
Clarv, p. 55, Riant.)
Dont fist Hues d'Aire faire un cal, et le
fist bien cuirieretacesmer. (Henri DE Val..
S 674.)
El devoil faire .i. dragon de bois, lequel
il empliroit plains de cas quieri|uies de feu
grigois. (C/i/-o«. des Pays-Bas, de ri-ance,e[c.
liée, des Clir. de Fland., 111, 134.)
Pour trouver manière de gaingnier la
dicte bastille, furent fais quatre engiens,
c'est assavoir deux chasel deux grues. (Ma-
thiel d'Escouchv, Chron., I, 317.)
Quand les Liégeois approchierent leur
chat, il y avoit ung mervilleux assaull.
(Trahis, de France, p. 201.)
Cf. Il, 88\
ciiAT.4L,v. Cheptel.— CH.^TARATOA,
v. Cataracte.
ciiATE, mod. chatte, s. f., femelle du
chat :
Chute noire a souef poil.
(Proi'., ap. Ler. Je Lincy, l, ISG.)
— Espèce de bâtiment de transport
ou d'allège :
Faites tentera toutes conimodilés ou les
pinasses ou chattes ou vaisseau. (Hiciiel.,
Corr., 15 sept. 1627, II, 599.)
ClIATEAL-, mod., v. ClIASTEL. — CIIA-
TEMEXT, V. CiiaSTE.MENT.
<:iiATEMiTE, mod. chattemite, s. f..
personne doucereuse ;
La tournelle en chutemite. (1295, .loixv.,
Lett.)
Ha ! chatennttes !
Je sçay bien que en riant mordez !
r.HiNGOKE, Jeu du prince des sotz, Moralité, I, Î59.;
f)0
CHA
l.'un simple en ses propos fait de la cliatemite.
(Macny, Sousp., LXXIV.)
Si l'aiil il (|uo JL'ilie ce mol, comme Jes-
piiis qiioli|iie temps, et priiicipallemcnt îles
la création lie la ligue, s'eslrvei'entcertains
scrupuleux, ou, pour mieux dire, fines
rlirillemil'ei censeurs, qui se mirent l'orl a
crier et brailler contre les gentilshommes
qui tenoient les biens d'église. (Brant., Ca-
pit. fr., Kraiiç. I.)
Cf. 11, yo'.
t:nATEiiUTKRiE, moil. chattemitterie,
s. f. , action de cliattemite:
Ifaulres font les scrupuleux par une
vrave cliiileriiilli'iie a lin de sembler plus
.saiiicls. (La Not:r, Disc, p. 77.)
Cliatemtlerie, hypocrisie. (liriez. Dicl. /)■.-
ullem.-lal .)
cnATEMiTESSE, S. f., femme de clia-
temite :
La sont belles et joyeuses hypocritesses,
vhatlemilesses, hermilesses. (Iîab., Quart
livre, ch. i.xiv.)
«-.IIATEAGNE, V. CfUSTAIGNE. — tlIA-
TIIOLIKE, V. C'aTOLIOUE. — CHAT
iii'AXT, mod., V. Chahuan. — chatie-
MEIVT, V. CllASTIE.MENT. — «'.IIATIER,
inod., V. CHASTiEn.
CHATIERE, .S. f . , petite ouverture pra-
ti([uée au bas d'une porte pour laisser
))asser les chats :
No clés, ne barres ne redoutent,
Ainz s'an antrent par les fandaces.
Par l'hatierefi et par crevaces.
{Hose. B. .N. 1Ô73, fo 134^.)
CH.ATiEi'R, mod., V. Chastieur.
ciiATii.LoiN', S. m., nom vulgaire du
lamprillon :
Aux rivières el ruisseaux on pesche de
|ietiles lamproies qui ne pourroienl aucu-
nement eslre venues de !a mer. (Jn les ap-
pelle lamproions ou laniprillons. On en
vend beaucoup a Thoulouoe. ou on les ap-
pelle rholi/loiis. (L. JOLin., Hiat. de-f poiss.
lie RoiiiL. Des poiss. de riv., ch. xxi.)
CHATI.MEXT, mod., V. (_ II VSl lEMENT.
CH.AToiLi.AXT, adj., i|ui cliatouille :
Ce n'c'^t ainsi qu'on repousse
La chatonilUiHie secousse
Dont cet enfant nous abat
Dessoubz l'amoureux combat.
( Tahl'REAU, l'ué^., a une deuioyselle qui Lrulla les
Amours de .!. A. de Baif.)
CHAToiLLEMEîVT, iTiûd. chatouille-
ment, s. m., action de chatouiller; sen-
.-ation qu'éprouve celui cjui est cha-
touillé :
Tout ausiavient il que la matière dessus-
dite quant elle êït esmeueet elle passe par
les membres sensibles engendre en ce ausi
comme une manière de caloiillemeiit dont
delectacion excellente s'ensieut. (Evrart de
CoN-ry, Probt. d'ArUt., B. N. 210, f" 91".)
cn.v
l'ijur la délectation qui vient de tel ca-
touHement le cuer se dilate. (lu., ib.)
Titilacio, caloullemeni. (Gloss. lal.-fr., B.
>'. I. 7G79, f° 256 v°.)
En relencion de mcnsirus femmes dési-
rent plus pour le gn/illemerd. (B. de Gord.,
Pruliq., VII, X.)
Chatouil/emens delà chair. (Lanouk, Disc,
p. .MO.)
ClintiiiUi'inent. (.L G. P., Occiitl. merv. de
iint., p. iiO.)
CHAToiLLiER, mod. cliatouiller, ver-
be. — A., soumettre à de très légers at-
touchements répétés, sur certaines par-
ties du corps :
CliatolUer.
(G. DE CoiBcl. Mil-., ms. Brus., f" 100°.)
Tililo, catil/er. (Gloss. Inl.-fr., B. N. I.
7679, f 2:16 V.)
Titillare, ciilelier. ((llos.". de Douai.)
Nous cateiUcyoHS son visage.
{Myst. de la pa-ss., ms. Airas, t° '![.]
- Fig.
CH.\
.\bsol.
Las ! ipie volois je !
J'ai eu mal corage ;
.\voir me catoUloit
Dont j'avoie a outrage.
{Comptaincte de Pierre de ta Brosse. )
Sa mère le chatouillait bien ou il se dé-
mangeait. (Marc. d'.\xg., liept., -W nouv.)
.le ne pense sinon a mes petilz jeux me-
nuz plaisirs... el entretenir ces jeunes da-
mes... a voltiger par leurscerveaulx el leur
ckuloiller leurs tendres mouelles, et délica-
tes entrailles. (B. Desi'ER.. Cyrnbiil. Mund.,
dial. 111, p. i:'.-2, éd. 1732.)
Quoi vovaiil le pauvre Maurice, mesnie
qu'il sentait desja la dague (7i«(ii(((//e;' son
gosier, poursauver savie fut contraint faire
ce qu'ils ont voulu. (Lariv., le Laq., IV, 2.)
C'est bien raison, que chacun aussi bien
que moy s'esludie a les louer, tant pour
ce qu'ils en sontdignes, qije pour cluilouil-
ler la noblesse chrestienne d'embrasser
leur exemple. (Tiievet, Cosmogr., I, 14.)
Mignutise chatoule et froyc
Dame qui n'a seing ne besongne.
(R. Gaguin, Passe temps d'oysirelè, Poés. fr. des XT"
BtXTI" s., VU, 236.)
Les Espagnols ne Irai lent pas plus fidè-
lement avec les Anglais, mais ceux-ci pren-
nent pour argent comptant toutes les pro-
positions qui les clialonillent , et avec
lesquelles ils peuvent tenir leurs voisins en
jalousie. (.Ieannin, Nér/oe.. p. 320.)
— Par extens. :
Alfin de résister aux cruels assaulx dont
le très dur vent de bise pretendoit les cu-
tellier. (.1. Molixet, Chron., ch. ccnii.)
Les oreilles nous rlinloui/le/il à'ur\c vaine
curiosité. ((;alv., Serm. s. les Ep. à Tim.,
p. 280.)
— Irriter les désirs :
Caltoillcr, enllammercn luxure, tilillare.
(1464, Lauadelc, Catlioliion .)
Duquel les yeux eslincellaus ...denoloient
assez son appelit sensuel estime cateillé d'un
désir non caste. (Le Maire, Illuslr., I, 33.)
L'une cateille, l'autre rit.
ilienarl le nouvel, 6910.)
Calou/ler — to ticket. (Du GuEZ, à la suite
de Paisgr., p. 940.)
Je roulle, je culoulle, je fatroulle, je bar-
boulle. — I stare. (In., p. 1009.)
— Réfl. et fig., s'exciter:
Le pape aussi se cltutonillant sur les des-
seins d'aucuns qui n'aimoient point les
\ François... acquiesça au conseil mis en
avant, qu'il l'alloil chasser les François de
1 l'Kstat de Milan. (Bei.lei-obest, Chrou. et
ann. de l'ranre, François 1"', an 1.V2I.)
— Se laisser chatouiller d'une chose,
se laisser amorcer par iiqch. :
I Je vous diray encores que si sur les dif-
ficultez qui peuvent intervenir en ce Iraiclé
j vous recognoisses les conseillers du dict
roy eslre capables et disposez de se laisser
I c/(«;o«(7/e)'elrechercherrfe ceste ouverture,
ne perdes l'occasion de leur en donner le
goust, pour les attirer, s'il est possible, a
y entendre, (22 juin 160i, Leit. miss, de
Henri IV. t. VI, p. 258.)
— Par extens., harceler, attaquer, au
propre et au fig. :
Quant ils furent en lieu convenable pour
leur donner altaincte, ils les cliatilloient
de picques, instruments et attrapes a ce
propices. (J. .Molinet, Chron., ch. cxci.)
Il n'esloit guère jour que les Anglais ne
nousvinssentc/i«to«(7/e/' sur le descendant
de la mer. (Momluc, Comm., 1. II, p. 129.)
Les Gaulois avoienl inalement fortifié (ce
village) de trenchiz el boullevers, et s'es-
toit la retraite une grosse compaignie pour
catillier les Picards d'Audenarde. (Moxs-
TBELET, vol. III, r° 44, ap. Sle-Pal.)
Envoy devant pour regarder le maintien
des ennemis, et pour les catiller. (Ménaue,
Dict. étym.)
— ChatoiUié, p. passé pris au fig. :
Si peu convoi teux el si peu chatouillé de
l'honneur de telles cérémonies. (l)'(tsSAT,
Lett.. 29 d'aousl I.J98.)
Cf. ( 'UATILllEIt, II, 91».
CHATOiLLOs, mod. chatouilleux, adj.,
sensible au chatouillement ; sensible à
la plus légère atteinte, au propre et au
figuré :
Sagez soiez en voz failz et counlrefetez
le siècle qi tant est wychose et catiltose.
{Tr. d'Ecouom. rur., xiu" s., c. m.)
Parties caluulleuses. (Evb.deCostv, Probl.
d'Arist., B. .N. 210, T i03'.)
Tilillicus, cntoulleuls. (Gloss. lat.-fr., B.
N. 1. 7679, f- 256 \\)
Quant il ont froté, esmeues el eschaufees
les parties cn(oi7/eHSM, ceulz qui les veulent
catoiller ne leur font mal. (Uresme, Elh-,
B. .N.201. f» 501".)
Il hiy sembloit que ses subjecls estoienl
un peu chastonlleu:c a entreprendre auc-
toritè quand ils verroient le temps. (Gomm.,
VI, 7.)
CHA
Pelit quignet, retraict et place
De souveraine volupli",
Ou se musse la voulentè
De cJtafoiiilleiise jouissance.
(D. Despeb., flec. desœuv., p. 81.)
Kl pour ce qu'il y a eu des clinlouilleux
en ce temps, qtii eslinians que le sçavoir
ne fusl qu'en leur leste, et que l'antiquité
eust esté quelque agede lounlerie, uni eu a
mépris les anciens. (Belleforest, Citron, el
iinn. de France, be la majesté des roys de
Krance.)
Me fiant a je ne sçay quelle trêve, qui
\enuit d'estre publiée en nos armées, je
m'aclieminay a un voyage, par pais estran-
genu'Ml clutloinlleux. '(.Mont., I. lil, ch. xii,
11. 101.!
Tant ait il l'espilt chalouilleux.
(Tahur., Po^'S., 2" p., p. 46.)
En un pays assez chatotiilleu.r. (I.j juin
1B07, Leit. miss, de Henri l\\ t. IV, p. 786.)
— Fig.. délicat, qui réclame beaucoup
de circon.speclion, qui pourrait facile-
ment e.\citer des susceptibilités :
L'nc matière si iltaUjui//ense.(C\i.\.,LeU .
l. II, p. 451.)
Lesplusr/i';;oH(//(?«S(?v-negociations.(Auii..
ilém., append., prêt., 1" éd.)
En faici si chatouilleux il ne faut compagnie.
(Laspiirise, Xouv. Tnujic, p. 47.').)
Choses frivoles dont personne nesedoibt
scandalizer s'il n'a les oreilles bien chnlonil-
leuses. {.loAcii. uu Ukll., Lelt. an curd., 31
juill. 15.^9, ms. Ec. méd. Monlp.)
1. c:ii.\TO.\, s. m., jeune chat :
Qui prendroil, Maux tilz. un cheinii,
Qui onques raie ne raton
Veu n'avroît.
{lîose, Corsini, f 94''. )
Un ciiaton.
ilb., 14241, MéoD.)
Car je sçay bien que lu es un cliatton.
(11. Despe»., Po''S., a mou petit et gran.l inny RahoH
de AD.ioille, Jlec. des aiwres de Ben. IJesiier. p.
111, é,l. 1344.) ' ' ^
CItulo», petit cliat de laicl. (.Monet.)
— A chatons, à quatre pattes, comme
les chats :
On n'i-nlre dans celte grole qu'n rhatons.
(MOXET.)
— Epi long et flexible ressemblant à
.la queue d'un chat, dont les fleurs sont
incom))lètes ;
Les rimions ilii ciiiidrier. (i). de Seiui.,
Ood.J
Chulon, jeton de certains arbres, a guise
de queue de pelit chat, ijui précède la fleur
delarl.re, ou tient lieu de fleur, el croisl i
enhy\er, et lombe quand les arijies corn- ,'
menceni a hourge.jner. r/)nAjH de noyer, el :
avellenier, ou coudrier. Chaton de cliesne
Uialon d'arlues purlaus pommes, a guise ,
de pin. (.Monet.) j
i. <:iiATox, s. m., tète d'une bague,
partie saillante où est encbàs.sée une
])ierre précieuse :
J'ai en ma main un tel anel.
Deux pieres a ens cl casttin.
{.Uetion, 155.)
CHA
El biaus chastona a quatre quierres.
{nose, 2I'J60, .Micbel.)
l'n c/iaaton d'or pour ycelui fermai!.
;i3i2, Coinpf. de La Font., Compl. de l'ar-
gent., p. 127.)
•El y fault .su. rlmulom (à la couronne)
ou il a des pierres telles que dessus. (1462,
A. X. M 80.)
CHA
61
CIIATOIVER, V.
chats.
faire
petits
— .\p])liqué, par extens.. a. une fem-
me :
... Voslre fille est enceinte
A catonKer ce premier moys.
1 [Farce de Jolyet, Ane. Tb. Ii., 1, 58.)
[ Cf. Il, 9l\
j cii.\ToriLL.4UD, adj.,qui chatouille:
El puis on sent venir le feu
Do la chat-juillarde amourette.
(JOD., EutJ., 1. I.)
<:n.\ToriLLEuit, S. m., celui qui cha-
touille:
I C/iaioM/Z/e!;/-, tilillalionis anclor. (Monet.
I cHATOuiLLoiR, S. m., la place, sous
j les aisselles, où l'on est le plus chatouil-
leux :
' Titillic, ouc/)n/o«î7fo/c, est lelieu dessoiis
les aiscellesou l'on esl le plus chatouilleux.
I (Join., Inlerpr. des dir.t. anal.)
Avicenne ne met que deux sortes de dis-
j locations de la sommité de l'espaiile, sça-
I voir esl a la part inférieure domestique
vers le chatouilloir parce qu'elle s'y fait le
plus souvent... (lu., Or. chir., p. 404.)
CHATOuiLLURE, s.f., chatouillement:
Elle me vient resveiller
Par petites chatouillures
Et mignardes mordillures,
(G. Durant, Imil. de Bonnef.)
CHATRE, V. Charte. — cilatrer,
CHATREl'B, mod.. V. CuASTRER, ChaS-
THEUR. CHATREU.X, V. ChaSTREUX. —
CHATRIER, V. ChaRTRII'R.— (;IIAT-UA\T,
V. ChaHUAN. — ClIAL'tlE, V. ChaI.CË. —
CHAUCEE, V. ChaLCIEE. — «.:|IAU<:HE
TRAPE, V. Chausse trappe.
CHAi-çoN, mod. chausson, s. m.,
chaussure de dessous, en étoffe moel-
leuse, qu'on met, pour avoir chaud, sur
ou sous le bas :
Uns chamberllens i esl corranz venus,
Braies li porla e chuurons ben cosuz.
(/(ûw. d:-ile.r., ujs. Ars., P. Meyer, p. 30, v. 243.)
Chances et choçons. (1263, Constil. de la
mais. D. de Trot/es, X.\l, A. Aube.)
Ouicon()ues est cliauciers a Paris, il puel
fere chances de soie elde toile, souzchaux
et chauçons. (Est. Boh.eal', Liv. des mesl.,
l" p., I.V, 4.)
Chances et chaussons. (Guide ■■pirit ms
Angers 253, f" 10'.)
Des dras, quaucos et qiiaiiçons.
(la Viellele, B. N. 373, !' i95=.)
Soccus, chuusson.y(il.l.-fr.,[i.\. \. ,S-426.)
Pour paires de rhaucons qu'il a livres
pour nous. (1370, Mandem. de Charles V
n" 1314.)
Chausse ne chasson. [Li Lirre de rraie
sapience, ms. .\ancy 272, f- 26 v°.)
De bons barnois, do hon% chauçons velus.
(l'IusT. Descii., Poés., V, 99.)
— .Soite de plante :
Ancholies laiil simples c|ue iloiibles se
demandent en lerre grasse et bien amen-
dée : les latins les appellent calaliana, el
le vulgaire fran(;ois des chaussons. (LiE-
BAUI.T, p. 281.)
CHAUD, mod., V. ChaLT. — CHAU-
} DEAi;. cHAiDEi., mod , V. Chai.del. —
I CHAUDEMENT, luod., V. ChaLUE.MENT.
CHAur»ERo\>É, adj., noir et sali
comme un chaudron :
La peau du dos martelée, chaud e i onnee,
. fi-asillee encouscaillet qui se lire. (Triumph
de darne Ver., p. 94, Montaiglon.;
j cHAuniERE. mod., V. Chai.diere. —
J <:HALDito\, mod.. V. Chai.deron.
cHAUri-AGE, s. m., action de chauf-
fer :
l'or faire busche a son rhaufaye.
(Pean Gatineau, Vie (le s. .Martin, p. 110.)
Bois pour le chaufage du chaslel. (1317
A. .\. JJ 50, 1° 36 r".)
Boiz pour chauffage des cheminées. (Mars
1388, Ord., Vil, 77o.) ^
Et ne pourront iceulx preneurs abattre
poinl de boys droit pour leur chaulfaqe.
(1396, A. N. MM 31, f" 222 v°.)
Bois (le chauffaùje. (1418, Dénombr. du
baill. de Consteulin, A. N. P 304, f 154 r".)
Il coppoit branches el lisons
Pour le chauffaige de toutes ses maisons.
{0. DE S. Gel., Eneid., B. N. 861, f» 73''.)
CHAUFFAXT, adj., récliauff'ant :
L'occasion de ce desordre est excès en
choses trop chauffantes. (Jour., Err. pop.
2' p., ch. III.)
CHAUFFECiRE, S. m.,oflicierde chan-
cellerie qui avait la charge de chaufl'er
la cire pour sceller :
Les emolumenz du chau/'ecire du scel
(1319, A. .\. K 40, pièce 23.)
Jehan, dit Caufferhire... d'autre part.
(1331, Cari, de l'ab'j.S. Médard, Bouge liv
r 242 v°, A. Tournai.)
Es dictes foires avoit ung c/( a u/fecire qui
scelloit el payoit la cire. (Coust. des foires
de Champ., Cart. Caill.,Bib. Provins.)
Créer et ordonner un nouvel chauffecire
en nostre chancellerie de l'rance. (1423, A
iN. JJ 172, pièce 194.)
Ne n'esloil mémoire d'ome que oncques
en ladicte chancellerie eusl plus ou moins
de quatre chauffecires, el aussi es cham-
bres des comptes du trésor de la chambre
aux deniers. (1425, A. .\. JJ 173, pièce 313.)
62
CHA
CHAUFFE LIT, S. m., bassiiiuire; boule
d'eau chaude ;
Un rhiiu/felil d'arain. (1471, Inv. durai
Heiié à Angers, ap. V. Gay.)
Chaufeliet. (Dai.f.sch., Cliir., p. (i82.)
Chniife lit. bassin a chaiifei- le lii't. (>lo-
NET.)
ciiAUFFEii, verbe. — A., rendre
chaud :
Mes espirizev/ chmifez. (Diul. H. Amhr.,
ms. ICpinal.)
Le haig cJiaiifa.
(Du fotfor, B. N. 1915-2. col. 1.)
l'oiu- rhaii/fer et l'aire chauffer ses tours.
;i3n, .\. N. .1.1 :>i\ f 37 v".)
— Réfl. :
Se chaufciienl fie celé bûche. lEuq. contre
Rob. Orl., A. N. J 1030, pièce 6t.)
Pierron, ki se chafieuet al feu.
{Fr.cle lu Pass., Lorr., Mém. de ['XciiA. Jes Inscr.,
XVII, 745.)
CHAUFFERETTE, S. f . , récliaud formé
d'une boîte à couvercle percée de trous,
où l'on met de la braise allumée, de la
cendre, et sur laquelle on pose les pieds
pour les chauffer; anc, bouilloire, syn.
de chanfete :
Une chauferele. (1379, A. N. MM 30, f° 135
v°.)
Coffrete. (25 mars 1392, fier/, du Chûtelel.)
Une chauffrete ou lavoir a mains. (/6.,
II, 463.)
Une choffrele ou lavoir a mains. (/6.,
466.)
Vue chauferele de cuivre a laver mains.
(Vente des tiiens de Jucques Cœur, A. N. KK
328, f°3l4 v".)
Chauffrete. {Compl. de René, 1471-72, p.
277.)
El s'en alla .i une chofferette
Sur UQg landier. qui n'estoit guère nette.
Pour mieulx sembler le plaisant et nouveau,
Il voulut boire en en faczon d'ung veau.
(BouRDiGsÉ, P. Faif., ch. XII.)
Cours a la prochaine maison avec la chauf-
ferette, et nous apporte un gros tison. (B.
J.\MiN-, Dialorj. de J. L- Vives, f" 75 r".)
— Chauffoir :
2 grandes chaufferettes a deux étages
pour chaulTer les pauvres. (1572. A. M.-et-
L., E 96, (' 32.'
CHAUFFOIR, S. m , Heu où l'on vient
se chauffer, asile pour les pauvres dans
un hospice; anc, syn. de chaufoire:
Fourmes, scelles, aes,bacins, (.7(aH;7''-'"f'"s-
(ta Manière de langage, II, 381.)
CHAUFFOURKIER, V. ChaUFOUHNIER.
cH.Ai'FFL'RE, S. f., partie qui s'écaille
dans le fer, l'acier trop chauffé.
Cf. Ch.\ufure, II, 97«.
CHA
CHAUFOUR, S. m., four à chaux; lieu
où l'on serre la provision de bois, de
pierre à chaux, etc., pour le four :
Ensi con se fust uns canffors.
(GiUT. DE Mes, Ym. du monde. B. N. I5c3. f' 182 v'Jj
Li foretiers a l'endemain
At fait le chaufor de sa main.
( Vie dex Per., Ars. 3641, T» 87''.)
Se cil acliaufor. {Digestes, ms. Monlp.,f"
108".)
Pour un raufunr.(\2{)i, A. N. KK 393, P
12.)
El pourront s'il leur plaist faire chauffour
et luillerie et faire cuire lesdilsc/iau^oMcs
et tuilleries de iceux bois usaires. (1311,
//. de Meaux, II, I9i.)
Par Malion, bon serrles tout rais en .i. cautfottr
(S. de .Selr., XII, 456.)
Sale, celer, la maison de chauffeur, la
grange, la vacherie. (1400, Terrier S. Di-
dier, P 68 r", Arch. hospit. Nevers.)
Admencr pierre on baille pour faire ung
chaulfour. (1416, A. Meuse, B 1532, P 65.)
Pour charier la chaux desdiz chauffeurs
jusques sur le lieu de ladicle chappelle.
(1470, A. N. K 272.)
Plusieurs laignes d'aulnes, desquelles il
en a vendu aucunes, et les autres mené a
ses caufours cl briquclries. (Coût, de Lan-
drecies, Nouv. Coul. gén.. Il, 269.)
Et plaça si couvertcment ses troupes
près d'un chaufour assez voisin de ladite
place, (|ue... ((^.iiEvicnNY, Mém., an 1597.)
CHAi'FOURiviER, S. iD., ouvricr qui
travaille dans un four à chaux :
Coram Wicardole Caufornier. (1200, Car-
tul. de S. Médard, Mém. de la soc. hisl. de
Tournai, XI, 131.)
K'il ne fuist nus, ne liaus, ne bas. ne pe-
tis, ne grans, ne cauif'orniers, ne autres, ki
a home estragne, Id cauch amaine en Tor-
nai, pour vendre, face honte ne vilenie.
(26 avril 1276, Reg. de la loy, 1275-1276, f°
13 r°, A. Tournai.)
Le karete a Uiaumc le caufourier .m.
jours. (1291, Trav.p. les cliAt. des c. dArt.,
A. N. KK 393, f" 9.)
Jehan le cliauffourier. (1328, Compte de
Odart de laigny, A. N. KK 3% P 12'.)
Le chaufourier. (Ib.)
Ilannol le caufourier. (1350, .\. N. JJ 78,
P 57 r°.)
A Jehanin Jlangruiesel et Jehan Clerc
chauffrouiers pour.vi". et.xii. quartaul.v de
chaulx. (1426, Comptes de .Wevers, CC 30, P
9 v°.)
A Pierarl Pantin, caufournier, pour .\ui.
niuys de cauch, qu'il a livré a laditlc ville,
en laditle .xv". et qui ont esté employés a
faire ledit mortier. (1467-1168, Compte des
Fortifie, 13' Somme de mises, A. Tournai.)
A Jehan Paumeran, chauffourrier, pour
.xxxvi. muis .vu. sextiers de chaux vive.
(1470, A. N. K 272.)
Marchant caufourier. (6 avril 1572, chir.,
A. Tournai.)
Y vont veoir mesurer la chaux des le
grand malin, et sert cette veue pour reco-
gnoislre toutes les mesures des chaux
fourriers. (1610, Puii.. de Hurges, Mém.
CHA
d'escheoin, Mém. de la Soc. hisl. de Tour-
nai, V, 220.)
ciiAi'i'OVURiER, V. Chaufournier. —
CHACLDE TRAPPE, v. Ch.MSSE TRAPPE. —
CHAULDROIV, V. ChALDRÛN. — CH.AULME,
V. Chôme. — chau.mable, v. Chomable.
CHAUMAGE, S. m., actiou de couper
ou d'arracher le chaume qui reste sur
le sol :
Hz devront livrer sur la place a leur char-
roy, missions et despens tout le chaume
qui sera besoingpour les maisons couvertes
do chaume, mais nous devrons paier le
chaumage. (1393, A. K. MM 31, P 134 V.)
Choulmnge est le soyer de chaulme. Ca-
lami secatio. (Nicot.)
chaume, s. m. et f., paille du blé, du
seigle : partie de la tige qui reste sur
pied quand on coupe le blé, le sei-
gle, etc. :
S'est toute coverte de chaume.
(Rose, 6132.)
Cheuume. (1336, A. N. JJ 70, P 67 v°.)
Pour la chaume qui y esl courte. (Modus,
f 127 r°.)
Caume. (1376, Terrier de la poterie Ma-
thieu, P 30 r-, A. Eure.)
Cf. II, 98\
1. CHAUMER, V. Chômer.
2. CHAUMER, V. a., dépouiller du
chaume qui reste sur pied après qu'on
a coupé le blé :
Doyvent lesdiz preneurs chaumer lesdites
terres a part pour faire litières. (13.55, Reg.
du chap. de S. J. de Jérus., A. N. MM 28, P
16 v°.)
■ Recouvrir (les mesons) de chaume tout
autour, et fere chaumer le dit chaume.
.xLviu. s. (1392-1400, Compt. de l'hôt.-D.
d'Orl., P 35 r".)
— Chaume, p. passé, couvert de
chaume :
Dessous un toict chaume
Fut conlreint de loger.
^G. ou Buvs, l'Oreille dupnnce, f" 14 v'.)
Cf. II, 98'.
chaumier, adj., où l'on a laissé le
chaume :
Les terres chaulmieres doivent estre tant
de fois labourées et relabourees que la terre
soit toute en pouldre afin qu'il ne reste
aucunes mottes a quasser après qu'on aura
semé. (Cottereau, Colum., II, 4.)
Les phaseols viennent es terres chau-
mières. (LlEli.VL'LT, p. 651.)
— S. m., tas de chaume :
Il rompt sa lance contre la muraille, on
la fiche dans le ventre d'un chaumier. (Mer-
lin Cocc., m.)
chaumiive, s. f., petite chaumière:
CITA
Chaumine. A llinli-lieil cole, or cabbin.
(C.OTGR.)
Cf. Chaumine, adj. f., II, 98^
CHAIHETE, V. CfUIlEÏE. —
SEMKLE, V. Chasuble.
«IIAf-
CHAiiss.4.GE,s. m., actioii de chausser,
d'entourer de terre le pied d'une plante :
Item luy pour demi arpenl ou demi quar-
lier de vii-'oc .m. d. p... Hem bi\ pour le
s(itissar/e de ladite terre, .1. d. p... Jean l'oi-
rier pour quatre arpents de vigne,. ii. s. p.. .
Ilem le snitssar/e, .m. d. p. {Papier censier
(lu In ceiisioe de S. Jean de Brai/es de 1471 à
1i90, c. 1, S" 1 et 3, ap. Le Clerc de Douv,
t. li, r° 247 r°.)
De Jehan Poirier... pour .m. arpcns île
vignes et deserl .u. s. p. de luy pour f7irt«.s-
iitige, .K d. p. lEIaf de lu rei-eple de la cen-
xiue de S. Jean de Drai/es en I'i35, C 2, ib.)
Cf. II. 99\
CH%ussE PIED, S. m., lame de corne,
d'ivoire, de cuir lisse, dont on se sert
pour cliau.sser plus facilement un sou-
lier.
— Fig., chose favorable, avantage:
Lejugemenlcommeunc/(n«sse/)(>rf. (Rab.,
Quart liv., eh. xxx.)
Klle considéra que ce jeune homme avoit
un beau chausse pied lie. mariage. (REnoALDE,
Moijen de parvenir, p. 273, éd. s. d. n. 1.,
139 p.)
Protestant comme unchanssepiénu mieux
comme l'aiguille d'un ijOadran. (X. ul Fui ,
lùilrup., XV.)
CH.tUSSETIER, mod.
CHALGbïIEB.
1. <:uAi-5isE TR.n'PE, S. f., trou recou-
vert, masqué, formant une trappe oi^i
les loups, les renards se prennent les pat-
tes ; pièce de fer en forme de chardon
qu'on jette à l'entrée d'un pont, d'un
gué. d'un ouvrage fortifié:
f^liauchetrepe.
(i;. DE ColNcl, Mir., ms. Unix., I« 107 r».)
S'nvoicnl fait geler enmi le sablonnier
l'ieiilédc caudes strejies, c'on ne puUl aprochier.
[D. de Seb., XXlll, 65.Ï.)
Mais par les caudes trepes que jetet i ot on
iNe pooient aler.
{II)., TSI.)
Ileiiii caque de rhaucetpapes. (1478, Inv.
de l'arl. du rliàl. de C/oi'y, .\rch. Joursanv..
l!ib. Klois.)
Pourôô c/(aKc//e//'n/je.ç. (liio. Compte se- 1
cond de Jaijuot Barrai/ll, \. rnuii. \vallon
ce 90.)
Ils avoieni emploies tous les clans de la
Mlle a faire rluiiiiles trappes. Çl'raliis. de
France, p. I.'jd.) I
De poingnans caudes trejipes plus poiognans
(c|u'aguilons.
[Gestes des ducs de Bourij., 1583.)
Kl conseilla aux senaleurs et conseillers
<ju dz l'eissenl faire grosses cal(/uetrupes
d acier et de fer, pointues et si bien asse-
CHA
rees cl aguysees qii'ilz prenissent sur ce
(lu'ilz aloucheroient. (Orose, vol. Il, Pô'.)
Asseoir febves el chaulde trappe a un
quart de lieue de la ville, du coté ou on
suppose que l'ennemi doive venir. ()49j,
Vrch. législ. de lieims, -l" p., vol. 1, p. 847.)
2. ciiAL'sSE TRAPPE, S. f.. chardon
étoile :
I Je voy caupefrape el chardon
Qui de leur semence font don.
(EUST. Descd., V, 166.)
Mais d'ortios et ronces y a lanl,
Canjipetrajjes et lierre qui pourprani.
Qu'a l'essarber sa cLevance gasta.
(ID., p. 195, Crup.)
.Saliunca, raudetrepe. {Olla palella, p. 43.)
Saliiinca, cawlelrape. {0/oss. rom.-lal. du
xv« s.)
Car il frétille, sault et treppe (le che-
Comme se l'en luy eust frapé | val)
Soubz la queue une caudetreppe.
(LEFRiîic, Champ, des Dames, Ars. 3121, f» "=.)
Chausse trappe, on colU-A trapa, autrement
carduus stellatus, est plante peu délicate,
venant sans culture es lieux aspres. (O. de
Serr., VI, 5.)
Chausse trape, chatagne de rivière, sali-
gots, Iruffes, espèce d'herbe. (Mo.net.)
Cf. II, 99=.
CIIAL'SSETTE, mod., V. ChaLCBTE. —
CHAUSSURE, mod., v. Chalceuhe. —
CHAUSTRE, V. CH\nT[lE. — tlIAUTOiV
V. Chaton 2. — chautre, v. Charte.
— CHAUVE SERIS, CHAUVE SOURIS,
mod., V. Chalve soris. — chauvette
V. Chouette. — <:iiauvi, v. Cheveu.
chauvir, verbe. — N., dresser les
oreilles, en parlant des animaux qui ont
les oreilles longues et pointues :
Chaucirûes oreilles. (N. du Kah., I. i2y.i
Je chaiiry de l'oreille et demeurant pensif,
L'echine j'alongois comme un asne rclif,
Minutant me sauver de cesle tyrannie.
(Reg.nier, ^nl., p. 30, éd. 160S.)
Les oreilles chauvir et les ieuz roiller.
[Beuv. d'.lif/rem.. B. N. 766, f" 4'.)
Il y en a qui chaiivissoient les oreilles.
(liEROALDE, Mojj. de parvenir, p. 215, éd
439 p.)
CHAVAL, V. Cheval. — «havaleure,
V. Chevelure. — chava\-e, v. Chanvre.
— CHAVA.VS, V. ChaHUAN. — CHAVEC,
V. Chevet. — chaveceriz, v. Chalve
SORIS. — chavee, v. Cavbe.
CHAVER.\E, mod. caverne, s. f.. lieu
creux dans les rochers, dans les mon-
tagnes, sous terre :
... As cavernes, es roches as monteaus.
(Tu. DE Kest, Geste d'Ale.T., B. .N. 2136-1, f« 63 v».)
Chuverne.
(Anfances N.-D., ms.. f" 281 r".)
Cavierne.
{.'îones de Nansaij, ils. Turin, f*» 51 v».)
CHE
6.3
ciiAVET, v. Chevet. — i havetier,
V. Savetier. — chaveul. <:haviel, v.
Cheveu. — ciiaville, v. Cheville. —
CHAVOL, -vou, V. Cheveu.— chavrol,
V. Chevreuil.— <:hava\.\e, v. Chmsne.
— CHEAiîLE, V. Cable. — ciieais.ne, v.
Chesne.
chea.xce, mod. chance, s. f., anc.
chute: manière dont une affaire, une
entreprise peut tourner :
Poui- chou fait bon Deu servir, ke je di
Iv'en lui servir n'a eur ne cheanche.
(Cosos DE Bethune, Cliaiis.. Y, iî, 4, WallenskOl.l.j
La reine point ne se paie,
La chaance tient trop a laie.
(Ben., D.de.Yorm., Il, 14249.)
.\ins ai vni. poins en me keanclie.
(J. BOD., U Jus -If Sailli Meholiii, Th. fr an m û
p. 195.)
Lasse ! dist la pucelc, com laide cance !
(.liai, 2I9S.}
(ïres moult estoit liez et joians de la belle
chatance ke Deus li avoit fait lou ior. (Mort
Arlns, n. y. 21367, f" (i8^)
Ceance.
[Gir. le Court, 'Vat. Clir. 1301, f« 34u.)
Quant liempereres l'entendi. si respondi
au vasiet que bêle c«a)(c/(e li esloit avenue.
(liOBEKT ue Clahï, p. 2ti, Kianl.)
Et sires Ottesdoit demoreir en la senn-
gherie de son fiez de ci atant ke dieandie
soit cheue. (l'2-'>8, Carlul. du Val Dieu, B. \.
1. 9302.) '
Tu doiz ton gieu a honte fere
Ou ta caance mal retrere,
Si qu'el ait le prix et l'enour
Et (jue tu soies le menour.
[La Clef d'amours, 1413.)
Se dient aucun que cil qui feri Jhesu de
la lanche el costé estoit preztous avugles,
et quant li sans descendi contreval se lan-
che sour ses mains il en liercha ses ieux
pav caanrhe, et par aventure si vit tantost
bien cleir. [Bib. hist., Maz. 311, f° 234 r°.)
Quand je vy qu'il m'escoutoit attentive-
ment et ((u'il me croyoit de tout ce que je
disois, je vins a muer de chance et luy
dire que... (ïolr.neh., Contenh-, 11, 7.)
Cf. Chance 2. t. II, p. 50".
(iiEVKUE, V. Charge. — che.au.me. v.
Chaume. — ciieiîessier, v. Chevecier.
— tiiECE, V. Chasse. — cheche, v.
Cercle. — chechi, v. ('eci. — checu.x,
v. ChasCUN. — CHEUULLE, V. CeDULE.
— CHEEXE, V. ChESNE. — CHE.VGEOR, V.
Changeur. — c^E^^'E, v. Chaisne.
chei-, s. m., tète :
Tclir le chieef.
[Eulalie, 22.)
Sore scn clieve. (Frar/nt. de Valenc, v, I.
II.)
.\se/, est uiielz qu'il i perdent les cliiefs.
[Rot., 14.;
Sicume uignement en cheut'. IPsalm.,
lirit. .Mus. Ar., f 13i \\)
64 CHE
Qui m'en aportera le clii('
Je l'en dourrai moût riche fie.
{Thèbes. app. il, 2B01.)
I.e bons chevaus leva cheip.
Le cop li vient en mi le fronl.
Tout les os li poçoie et ront.
(Fiorim., n. N. 79-2. f l v", col. 2.)
Quant Bucifal vit venir sun segnor.
Baisa la leste, grant semblant fait d'amor,
E Ali\. lo prist par grant vigor,
Au gef li mist le frent fait a Monflor.
{Rom. iVAlex., ms. Ars.; P. Mcyer, p. 31, v. 137.)
Des es chies et Jliesu est cors.
(Gert., Dest., Brit. Mus., add. 2826U, i' 39».)
Ja li euist le (luief des espaulez tolu.
(Ger. de Blav., kvs. 3113, f" 70 .-■>.)
Si seigna sen kief et sen vis.
{rmin, B. N. 1433, f» 10 r«.)
Ses biaus des sors n'est pas plus lais
Quant la guimple en est abaluo.
[liscoufle, 8730.)
I,i quars cliiez de la maie besle est accide,
c'est perece. (Laurent, Somme, B. N. 22932,
(' 10^)
Le tuen chep d'uille enoindras.
(M*cÉ, Bible, B. N. 401, f 141».)
Capul, chieiif. (G/os-s. de Couches.)
Qu'il ne soit pisseniers. qui, en vendant
pisson (le mor, ait cappiel sour sen qiuef.
(21 mai 13S1, lirq. de la viniiei\e,dra-ppene,
•1343-11Ô1, f 13'/ r, A. Touniai.)
Tirer injurieiisement par leiiV/'. (21 août
-1387, Reg. de la loy, 1383-1394, ib.)
El a veu le relicquaire qui est le chept
de Ste Agatte sauf la manlibulle de des-
soubz. (1555, Arch. de l'église de Tournay.)
- Fig. :
La déesse Juno voleit
Que Cartage fust cliies del mont
El li reialme ki i sont
A li fussent trestuit aciin.
{Eneas. 520.)
— Bout :
A .laquemart de lieuse, cordier, pour .ix.
(juyez de corde, au pris de .x. d. {& qmej.
(1390-1398. Compte de la cimstruclion du
beffroi de Tournai approuvé en /-">' "'"
Sommp des mises, f" 76 r", A. Tou
1i02, 71"
mai.)
Ouattre kies de corde et deuiy, a quatlre
cordons, pour lez dis ouvriers, a .xvm. d.
le kief. (5 décembre lil2, Tutelle, de Mique-
let Tusrap, A. Tournai.)
A Jehan de Sarcus, cordier, pour avoir
livré et vendu aux dis commis. xxv. quiefs
de cordes pour enarmer les dessus dictes
hôtes, a .x. d. t., le qnief, valent .xx. s. .x.
d. (1422-1423, Compte des fortifications, 8°
Somme des mises, A. Tournai.)
A Robert le Churle, cordier de ladicle
ville, pour .MI. quiefz de cordes employez
a waroquier les fresueaux desdis pons de
cloyes, au pris de .xii. d. le kief. (1466,
Compte des fortifie. 4° Somme de mises, A.
Tournai. 1
ARoberl le Churle, cordier,... item [pourj
deux quicfz de corde el une muselière pour
le cheval de la ville, pour ce, .m. s. (19 fév.
1473-21 mai 147 4, Compte d'ouvrages, 6"
Somme de mises, A. Tournai.)
A Thomas de Mouvaux, cordier de ladicte
ville, pour.VM.A:ip/':de cordes par lui livrez
pour servir aux hourdemens et lyemens
des harnas dudil ouvraige. (1191, Compte
CHE
des fortifie, 16» Somme des mises, A. Tour- j
nai.)
— Sommet : '
Fors Saragoze au clief d'une ninnlagno. [
(/îo(., ms. Châleaurons, I, 7, Foerster.) |
— Extrémité :
Cumeeissuz furent del hostel,e vindrenl
al chiefie. la cité. (Rois, p. 32.)
Quant il ont bien apareillié
Li cliep ciel drap li fait Delfuis
Aval pandre devant le vis.
{Fiorim., B. N. 792, f 27'.)
Nus tapissier de tapiz nostrez de Paris
ne puet ne ne doit ouvrer de nul file fors
que de file de laine bon et loial, fors es
chies que il puet ouvrer de toute manière
de nie. (Est. Boil., Lii>. des mest., l'° p.,
lit. LU, :" 4.)
— Fig., fin, terme :
Bien set que nostre dame a chiez
Vendra moll bien de cesl affaire.
(G. DS CoiNOl, Mir., ms. Brux., f" 170''.)
De vostre lignage et del noslre doit ois-
sir li veraiz chevaliers par qui les aven-
tures del Saint Graal seront menées a chief.
(Lancelol, ms. Frib., f» 98=.)
Les parties coies se tinrent
Et en pais, car moult desiroient
A savoir a quel cA/e/" lorroîent
Les besoignes de celé emprise.
(Adenet. Cleom. Ars. 3473, !' 33".)
Par la lance Saint Jaque, dist li rois,
fai en ce que toi plail, mais je croi que tu
n'en venras a cief. (Mf.nestrel, Z 293.)
Ne ne li puet demander nule parçon jus-
kes au cief des .mi. ans, ki deseure nomé
sunt. (7oct. 1277, chir., A. Tournai.)
Cointement se doit contenir
Qui d'amors a chief veut venir.
{Clé d'amour, 15.)
Or sommes nous venus a c/i!>/"de nostre
intention. (J. d'Arras, Meliis., p. 89.)
Si ce n'eusl esté une lance.
Dont je lui donniy sur le cbiof,
Ja n'eu fusse venu a chief.
(EuST. Desch.. Vil, 156.)
Si vous venez a chef de vos amoureuses
cnlreprinses. (lî. Desper., iy.iis, II.)
Et s'il viendra a chef de l'ouvrage entrepris.
(Fr. Pebrin, Quatrains, i' 31.)
— A chef de temps, au bout de qq.
temps :
CHE
(Mars 1218, chirog.,A.mun. S.Quent., 1. 24,
n" 1.)
Tout cist acat sounl fait par les kies des
terres et par le justice et par les eskievins.
(Vers 1260, ib., i. 24.)
Soit cliiez et sires de tous noz fiez. (1263,
Ch. deJ. de Bourg., A. S. J 247, piiîce 37.)
Cils qui sera cliyeps de mes gens sera
obeyssens au grant maytre. (1281, Tes^. de
J. de Lusignen, A. N. J 270, pièce 19.)
Aux quiefs, officyers, etaultres. (15 nov.-
14 fév. 1427, Compte d'ouvrages, i' Somme
de mises, A. Tournai.)
Si luy a dit a chef de tempu ainsi :
Que cherches lu en ce palais icy ?
(Cl. M*r., Metam.d'Oo., li». H, p.
55.)
— Venir a chef de, se rendre maître
de:
Apres qu'il fui venu a chef de la ville d'A-
varie en Berry, luv vinrent ambassadeurs
de la part des lleduens, pour le prier hum-
blement qu'il luy pleusl prendre la cause de
leur republique en main. (E. Paso., Rech.,
I, n.)
— Chef, celui qui est à la tète de
qqch. :
Ce fu fait par le justice et par les eskie-
vins et par le kief de le terre Ermengarl.
— Chef-lieu, capitale :
Et autant ke demisiele Agnies de le Mote
vendi des pois, autant em poront vendre
li ahanier au kief de leur censé. (Janv.
1288, r/iisescWs est Gitlion le Paret, chirog.,
A. Tournai.)
Bourges estoit comme le cA^/'d'Aquitaine.
(Fauchet, Aniiq. gaul.,¥ vol., V, 3.)
Cf. II, 119'.
CHEF d'œuvre, s. f., œuvre capitale
qu'un artisan devait faire en présence
des jurés pour obtenir la maîtrise :
Se li aprentis set faire .i. chief d'œuvre
tout sus, ses meslres puet prendre .i. autre
aprentiz. (Boileau, Lie. des mest., 1, lxxix,
C 11-)
Li rliieiii d'œvre faite d'escuriaus .iv. d.
{Li coût, des foires de Croies, ms. Troyes 365.)
Chefd'euvre. (1493, A. N. Y 6^, f" 44 r°.)
CHEF LIEU, S. m., principal manoir
d'un seigneur :
Que, comme nos boines gens manans e'.
demor.ins dedens no ville et justice de
Genly soient venut a nous el nous aient
supp'liet et requis Dieu que nous leur vos-
sissiens donner et ottrver tel loy de point
en point qui est et keurt par le jugement
des eskievins de nos ville de Mons en llayn-
naii Ui est leur kies lieu. (1321, 2« Cart. du
Hainaut, n" 39, P 117. A. Nord.)
CHEICLE, V. Cercle. — cheixgle, v.
Cenqle. — cheisible. v. Chasuble. —
CHELEMEIt, V. CeLLEHIER. — CHELICE,
V. Calice.
cHELii)<>i>-E, S. f., plante vivace de
la famille des papavéracées, à suc cor-
rosif, dite aussi éclaire :
Se vous i aves le mengue, si prendres
rue el calidone, et le jus metes en -os iex.
{Rem. pop., Am. Salmon. dans Etudes i-om.
déd. ù G. Paris, p. 256.)
Le celidone me prendes ; a lait de fem-
me le melles ; ce garisl les iex cachieus.
(Ib.)
Selidoine. (Gloss. de Garl., ms. Lille.)
Selidonia. C'est une herbe asses com-
mune que l'on appelle celidoine. (Le Grant
Herbier, n» 116.)
11 y avoit aussi une souriz faite d'une
pieri-e nommée chelidoine. (1575, Bellefo-
BEST, Cosmogr. de Munster, t. II, I. U, P-
5,50.)
Celidoine. (Arthel. de Alag., Faite)
CHE
CHELIESTRE. V. CeLESTRE. — CHELIX-
DE, V. ChF.RSVDRE. — CIIELIVALI, -IZ, V.
CllARlVAlîl. — <:llEI.LIER, V. CelLIER. —
<;IIELOR. V. ChaLELR. — CHEMENEE, V.
( HEMINEË. — <::IIE>IE\EK. V. ChëMIXER.
— CHEMEXT, V. Ciment.
CHEMix. s. m., espace à parcourir
pour aller d'un lieu à un autre :
E vcies et chemins.
{Roi., 403.)
Li chemins alot par desoz.
SoneDt li graisla, au gemin sunt entré.
(Rom. d'A!e.r., ms. Ars. ; P. Meyer, p. 35, t. 691.)
Si acolllirent lor grant cliaynin atant.
[Gir. de Vianf. B. N. 144^, f" 3».)
Si acoîlli son cetnin
Très parmi le gaut foilli.
{Auc. et Nie, p. 23.)
(Jue li chemin eront siseiirqiieil i pooient
liien aler qui aler i voloieiil.(ViLLEii., J 302.)
Par c/iaminf!.
(B. d'And., Ch. Ph.. B. N. 12611, f« 98''.)
As gués est venus Blancandîns.
Si que le maine ses cetnitis.
{Bîancandin, 417.)
Et cest rendaige qu'il fist, entre le ke-
min et le muret par deviers TEscaut. (Dec.
1260, chirogr., S. Brice, A. Tournai.)
Kemyn. (1282, Chap. Novon. Vatompré,
A. Oise, G 1937.)
yui est droiz chemins de la rivière. (1284,
Cari, de S. Maur, A. N. LL 114, P 48 r°.)
Se l'amie hante au marchié,
\a y par le chemin marchié.
{ta Clef d'amours, 423.)
Apres ses compaignons s'en torne lor chemi.
{Floov., 1832.)
Vers la fores acoilont lot lor plenicr chemi.
{16.. 1909.)
Vers Nymaie s'en vont les grans chemins feres.
(Ruud. de Seh., XXIII, 632.)
Sen qiiemin acuilly et ver Paris ala.
{H. Capel, 2671.)
Liquelle bonne tient et joint an cuing du
inur qui fu .Ichan le luene et porte icelle
'"""9 y'?'*^ 'i ""S autre honne asses près
d'iccll joignant a ce meisme mur, et celle
seconde bonne porte visée a une autre
bonne qui sipt d'autre part le kemin de le
porte le maires-e seur le fossé de le lerre
\\illiaume de .Nueiiille. et celle tierrhe
nonne porte visée et une autre bonne qui
siel au dehors des courtiux de le porte la
mairesse tenent au kemin qui va... et celle
sixte bonne porte visée a une autre bonne
qui sieta l'aulre coign des cerisiers devers
le caucliie (jui va au knmin... (1316 \. N
•IJ 03, r 20 r".)
Kl les dessus diz religieux nous aient si-
gnellie que pour ce que leur dicte maison
de la dicte ville est assise sur le grant c/ie-
mam et que pliiseurs que pour ledit che-
main passent et entrent et v mettent leurs
«chiens sous l'ombre de nous en disant que
leurs diz chiens sont a nous. (1337, A. N.
•Il 71, P30 r°.)
Ilh jiirat que por nulle chouseilh n'yroit
altre chemyen que la droit v„ie. iJeh. d'Ou-
TRRli., Cliron., t. V, p. 6.J3.)
T. IX.
CHE
— Se mettre en chemin, .te mettre a
chemin, se mettre en route :
Quant ilz furent prestz, a eslandars des-
ploiez se misrenl a cltentin, tvrant vers le
Vaulz. (Waviii.n, Anckienu. cro'n. de Fr., t. I,
p. 231.)
Ledit roy se mi.vf a cliemin, a tout son
ost. (.Mo.nstrelet, Chron., I, 24i.)
Or print le roy par la main et se mirent
a chemin. (J. de Paris, p. lO.j.)
CHE
65
ce qui mène
— Grand cliemin. fis
promptement à qqch.
Trois mois de delfcnsive par vos servi-
teurs, et vous em[j|ùyer re temjis a assail-
lir, vous mettent non du tout hors de
peine, mais vos allaires en splendeur et
celles de vos anemys en mespris. grand
chemin de leur ruyne. (6 juin 1Ô89, Letl.
miss, de Henri IV, t. Il, p. 497.)
— Retourner au grand ehemin, reve-
nir au -sujet dont on s'était écarté par
une digression :
C'est assez demeuré en ceste digression,
car je pense en avoir touché quelque mot
ailleurs: je ne puis me souvenir de tout.
Retournons au grandcliemin.{\iR\sT ., Grands
ciipil. estrang., I, xx.)
— Fig., voie, direction :
Les affaires de mon royaume ont pris un
tel cliemin depuis quelq'ue temps, que le
roy d'Espaigne, continuant toujours ses
praticques et desseings, a peu faire tenir
une forme d'estats dans Paris, pour faire
procedder a l'esleclion de sa fille, ou de
quelque prince qui fust a sa disposition.
(20 juin Ui93, Lelt. mus. de Henri IV, t. III,
p. 80.5.)
Je le tiens pour perdu de réputation, son
empire en chemin d'une ruine inévitable.
(là., t. IV, p. 452.)
Si vous quittez le chemin de venger le
parricide, comment prendrez vous celui
de conserver vos vies et vos conditions ?
(Al'B., Hist. univ.)
— Couper chemin a queir/ue chose.
en arrêter, en empêcher le cours, le
progrès :
Il faudra y apporter ung autre remède,
duquel je vous donneray advis, alBn que
d'une commune main nous nous y em-
ployons, ne voulant rien espargner pour
conj'per chemin à loul ce qui peut tant soit
peu altérer le repos commun. (2fév. 1585,
Lett. miss, de Henri IV, t. Il, p. 4.)
ciie.miVee, s. f., endroit où l'on fait
du feu dans une maison, et oit il y a un
tuyau pour donner issue à la fumée :
Juste la chiminee.
( Vie de .S. Giles, S728.)
Deus cens toises haute et cent lee,
Uoonde come cheminée.
{Flaire et Btancefi., !'• tms., 1397.)
Et le list aseoir en une couche devant le
feu de la cheminée. {Artui; 15. S. 337, f" t
l'a''.)
En cel tamps, en ma cemminee, |
M'iere pour le froidure assis. j
{De rEmper. Coustunt. 18, Kamonia, VI, 162.)
' Cheiminee. (Gloss. de Glasgow, P. Meyer.)
,,o'l°"''^*9'*''"''' P"""" Kossas de chamenee.
(133/, Coll. de Lorr., III, f» 41, B. ?<.)
Chemenee. (1340, A. .\. JJ 72, f 137 r°.)
Aud. pignon avra une cAamineç enbassee
et enchapitellee. (1384, Comptes des hâtim.
du duc de Berrij à liiom, ap. V. (Jay.)
.1111. candelers d'estain, a brocques de
fier, par dedens, servans a queminee. (i:î
JuiU. 1399, Exéc. testam. de l'ietre Danin,
A. Tournai.)
Depuis les queminee: desdis Iluard et
I Bosquet. (30 oct. 1421, Accord, chirog \
Tournai.)
Servant a mettre en esté au devant de la
queminee ou l'on fait le feu. (14."i3, Les ta-
I pisseries de haute lisse a Lille, ap. V. Gay.)
t Pour faire une queminet. en le cambre
I par terre. (12 juillet 1430, chirog., A. Tour-
I nai.)
I
lUie de le queminee dorée. (l."«l, Req des
rentes de S. Nicolas, n' 43, A. Nord.)
j — Sous la cheminée, dessous la che-
minée, en cachette :
51. d'Estrozze et moy estions près du feu
qui voyons toutes leurs mines, pliisesbahvs
qu'un pauvre homme qu'on mené pendre.
Nous en ryons soubs clieminee notre saoul
(Bkant., Gr. cap. fr., III, 308.)
! Ce sont les secrets d'hymenee.
Cachez dessous la cheminée.
Qu'il ne faut jamais publier.
;16I9. jl/i>oi>i/e conlenlemeiit, Var. hisl. et lilt II
26.) ' '
Cf. Cheminée 2. H, 102'.
CHEMixEL, mod. chemineau, s. m.,
cheminée portative; anc. chenet:
Pour un queminel. (1450, Exécul. testam.
de Miqniel de Gruntmes, A. Tournai.)
Une caudiere avec ung quemineau a ce
servant. (Mai 1508, chirog., A. Tournai.)
Cf. Che.\iinal 2. Il, 102=.
cnE.Mi>EMEXT, S. m., action de che-
miner; acheminement:
Ce n'est que la continuation et chemiine-
menf a la ruyne entière des catholiques
(/ janv. 1589, l.ett. des Paris, à la ducli. de
Montp. , .\rch. Chàlons.)
Cf. Il, 103'.
ciiEMi.vEOR, mod. chemineur, s. m.,
celui qui chemine :
Por quoi as tu esté en la terre comme
ciiltiverreet comme chemineor?(Bible,Ua/..
Combien que celle terre soit aspre... aux
cltemmeurs de piet. {Ancienn. desJuirs, Ars
o082, P 55''.)
Se le vomissement debilitoit fort le che-
mineur de mer. {lieyime de santé, P 28 v°.)
Il est certain que ces endormis et chemi-
neurs denuict se reveilleront en touschant
1 eau. (G. BoucHET, Serees, XVI.)
Cf. II, 10.3^
66
CHE
ciiEMi>'EB, V. n., aller son chemin
d'un pas égal ; faire son chemin :
Li dui anpereor cheminent.
(Chrest., Clùjes, 3395.)
Cheminanz i passèrent. {Rois, 289.)
Vers la mer de Grèce cliainine ;
Tant sigle parmi la marine
Qu'il vit a port la tor qarreio
Que cil li orent deviseie
^ (Dolop; 10473.)
Chemener-
[Mon. Benuarl, B. N. 368.)
Tant vont et tant cheminent.
(Berte, 2476.)
Li rois cMminai tant qui vil une navie. j
(W( de Gw«- d'Aniilet., Mos. Bnt. AJd., C IM •)
Le fait de peregnnation ou de c/,imine,-.
(OuESMF,, Qufirfnp., B. N. 13^8, f -«' ' ■)
Selon le temps se gouverne et chemine.
(EuST. Descb., VI, 220.)
11 cheminevenl plus de selliewes. (Kkoiss.,
Chron., VIII, 8.)
Cemmereni une nuit bien sel grans heu-
res tout a pies parm>- ung bois. (lu-. '»•.
VIII, 2b9.)
Car aux sages est anémie,
Ainçois yrôns le droit chemin,
Car autre nul temps ne chemin.
(Cbr. de Pu., Long est., 956.)
Cheminèrent la voye de Londres. (IIebbe-
liAY, Sec. Iw.il'Anuid., c. xv.)
CAeminoimnenrdroict chemin. (.\mu:.t,
rUeag. et Car., ch. vn.)
Nul le droit chemin ne chemine.
(J. A. DE BMf, Mimes, 1. IV, f" 164 v».)
— Avoir cours : ;
Si que nous puissions faire cnminer forle 1
monnove. (Ordonnance duroy Jean sur les
motinaies. ap. Leblanc, p. ^bl.)
— Infin. pris subst., action de mar-
cher, marche :
Je voy l)ien a mon cheniiner
Qu'en r.abbaic devant diner
^™""^- {Mir.dey.D..m,m.)
Ta vois soit sans esclat, ton cheminer sans bruit.
(AUD., Traij., H.)
_ Cheminant, part. prés, employé
comme subst. ; celui qui suit la voie de
pénitence :
Ainsi di jr que Marie est refrigcre aux
rhemmans, c'est a dire a ^'e" ^j M'".sy°"^
mis en l'eslat de pénitence. (Mir. rfc N.D.,
IV, 72.)
CHE
Ele ert vestue en itel guise
Uc chainsil blanc e do chemise.
(Mauie. /.ais, Liinval, 565.)
Si se leva la pnceleen sa chemise. (Ariur,
B.N. 337, C 173^)
Vestue d'une purpre bise
E de une mult bêle chemise.
{Lai del Désiré, p. 11.)
Chimise. (Laueent, Somme, ms. Chartres,
Lors te pren bien garde et t'avise
Que ta cote ne ta chemise.
Ne le colet de ta peliche.
Ne te fâche tenir pour niche.
(La Clef d'amours, 2329.)
Une cAemJsse ataire une soupulure. (Août |
1303, chirogr., Testam. dame Pieremam le i
pouletiere, A. Tournai.) j
Sv fusl la pucelle mise en la c/iemise pour ,
estre geliee au feu. (Livre du chev. de La
Tour, c. cvi.) j
j Chimise, camisa. (1404, .1. Lagadeuc, Ca- j
I tholicon.)
; Chemise blanche sur le corps. (H. Bonnet,
Aiiparil. de .1. de Meun, 1" 13.)
- Fig. :
11 est temps que lu te chapitres,
! Car lu as touchié a l'emprise
Depuis ta première chemise.
(Citerai, délib.. Ars. 5117, f 3 t'.)
Il n'v avoit songé, non plus qu'en «a
1 vieilleic/iemise. (iN. du Fail, Eutrap., XXXI.)
' L'on dict que la dernière chemise que
l'homme despouiUe, c'est celle de 1 anibi-
1 ion. (G. w VAUt, Lelt. a M. de V'li^'-o<^
' 9 janv. 1616. Anu. de la soc. de l'iusl. de
Fr., 1864.)
— Couverture, enveloppe :
CUEMISAOE, V. CaMIS.UiE.
tHEMisE, S. f., vêtement de linge
qu'on porte sur la peau ;
Dune lor gurpit soe cliainisae.
{['ass., 267.)
Candie vestent de chemine
Et d'un lilialt de baldekin.
l/T/icas, 7638.)
Chemisse.
(Ben., Troie, ma. Ntiples, f 10''.)
Elle ne fut pas toute nue.
Car sa chemise avoit vestue.
(Flonmont. B. N. 792, f 34".)
Six aulnes de toillc bourgoizc blanches
et mollettes... pour faire deux ''^f'^f^
mettre dedans une longue houppelande de
drap dor et une jaquetle de drap d or.
(1388, Tuh. des rompt, de l'argent.)
Un petillivrede parchemin, couvcrld'une
chemise de toile, ("""^'./'["•r , c''^9'it
Bret., Très, des ch. des 1». de Brel., c.23.)
_ Chemise de maille, cotte formée
d'annelets d'acier : |
Je n'av point de besoin de chemises de mailles.
(L. C. DiscBET, Miz., 3.)
— Loc, avoir sa chemise, en parlant
' d'une femme, avoir ses règles :
i On dit plus honneslement elle a sa che-
mise, en suppléant ces mots tachée de
i sang, (ioim., Err. pop.. Kxpl. des phras. et |
j mots vulg.)
I — Ma chemise m'est plus près que
ma cotte, telle chose m'intéresse plus
que telle autre :
M.ais ma chemise m'est pins prez certainement
Une ma cote ne fait.
^ (Cuv., B. du GuescL, 17227.)
Fneores que ma maistresse m'attende,
c'est tout un, ma c'ienuse m'est plus près que
ma cotte: je veux aller avec vous. (Lariv.,
le Fid.. ni, XI.)
CHE
— Tenir blanches ses chemises, se
tenir prêt :
Mais a tous je vous fais entendre
Que puisque vous ne savez pas
Quand doit être votre trépas.
Vous teniez blanclies vos chemises;
Car ce sont de pures sottises
Que d'attendre a vous préparer
Lorsque je viens vous déclarer
Qu'il faut aller a l'outre monde.
(Jacq. Jacq., le Faut mowi', 11, 254.)
— Se coi/fer de sa chemise, se cacher
la figure pour ne pas voir le danger,
avoir peur :
Il fail toujours le brave an commence-
ment, et puis se coue'ede sadiemise. (Aun.,
Faenest., I. III, c. vi.)
— Chemise blanche, anc. loc, attaque
, de nuit ;
A la poincte du jour il leur donne, au
saut du lit, non une chemi.^e hlanclie, mais
rouge: il y a eu douze ou quinze cens
honimestueselqualrevinglschariotsprins.
j (Paso., Lelt-, XI, 15.)
Telles fois ils penseront avoir les enne-
mis bien loin qu'ils se lèveront plos malin
qu'eux et leur porteront U chemise blantlie.
(MONTLUC, Comm., liv. VII.)
CHEMisETE, mod. S. f., devant de
chemise détaché qu'on porte sur une
chemise plus commune, sorte de
guiiïipeque les femmes portent sous une
robe ouverte :
Qui soUers n'ont ne chemisetes.
[G. DE Coisci, dans Dict. i/én.)
Pour .111. kemisettes, .ii. gros. (18 déc.
1360, Exéc. test, de la veuve de Jehan de
Gand, A. Tournai.)
— Couverture d'un livre :
Pour faire une c/iem/secieaux petites heu-
res du roy. (1493, ap. Laborde, Emaux, p.
211.)
cHEMisoLE, S. f., doublet de cami-
sole, chemisette :
Voulez vous voslre chcmisole? - Xon,car
a voir le soleil je cognoy qu'i fera chau.L
auiourd'huy. (B. i^ms,rraducl. des dialo.j.
de J. L. Vives, P 94 v°.)
Chemiso/e de laine ou de cotton. II. Cami-
giuola. (JUN-, Nomencl., p. 126.)
Pour se deffendre du froid en hyver, il
porloil une robbe de gros drap, quat c
sayes, une chemisolle, un pourpoint de
laine... (Vie des ii Cfis., p. Io6.)
Gliemisolle de drap usé. (1614, A. des not.
! de Nevers, minutes Taillandier.)
! CIIEINDBE, V. CeNOBE. - CHÈNEAU,
i mod., V. Ghesnel.
I ciiEXEL, mod. chenal, s. m., canal
1 naturel ou artificiel à l'entrée d'un port,
! ou passe navigable qui condmt a cette
1 entrée :
Une funlaine en sum en sun chenet av-eit.
(Wace, Bou, Ï' p.. 23'-)
CHE
Kntrc dens qeiirt un fliim que l'en fet par
riiissiax et par rhaniex venir es terres en-
lur. {G. DE TvK,X, 29.)
Dedens un moult beau pré séant sur un Cfinel.
{La Uatnille des trente Enylois et des trente Bre-
tons, 428, Crapelet.) Impr., cevel.
— Lit. :
Un grant llum ijui h non Caramarion...
passe parmi le royaume de Calliayet porle
inoull jjrant domniaige quand il croit trop
et ist de son rhanel. (KnERE AuiiRic, p. 111,
ap. Caperonnier, Gloss. de S. Louis.)
De son charnel la mer istra.
(Geff., .vu. est. du monde. B. N. I5i6, [' iW.)
— Tuyau :
l'np tuel ou canel de cuivre. (Oresme,
Liv. du Ciel et du monde, ms. Univ., f° 11 r".)
— Chéneau, gouttière :
Trois piasses taillans a eaver chanauLn.
{Comptes des mines de Jaques Cœur, A. N.
KK 329, C 186 v".)
Toutes les maisons furent pleinesd'eawe,
(le force de neige et de glace, qu'estoient
sur les ley et en les chenu/. (J. ,\ubkiox,
.lour/i., an li'ib.)
CHEIVELIÎ, V. CenELB. — CIIEIVET,
mod., V . Chienet. — ciie.\ete. v. Cha-
EINETE.
che^evas, mod. canevas, s. m.,
toile de chanvre, grosse toile claire pour
la tapisserie à l'aiguille :
Si li apareille et Oitorne
De cheneutiz grosso chemise.
(Chrest., Pçrreval. ms. MoDtp., f« 4^.)
Or est mes chenevaus derous.
(G. Le Long, la Veure, 176.)
Le toile et cuuemch. (1281, Beç. au.r hans,
Arcli. S. Onier A li .vvui, 16, n° ô.'jô.)
Fileie et canecaick. (1282, Req. au.v bans
il)., 916.)
A Quinsai, quant les cors mors sunt
portes a ardoir.lcs parentes femes et homes
se vestent de caneva por dolor. (Liv. de
Marc Pol, ch. clu, ap. V. Gay.)
Cannevaz, 4 aunes. (13 fév. 1359, Cumnt.
de l'argent., p. 232.)
Trois aunes de canevack pour faire ung
porpoint pourporter a .Saint Jaques. (1498,
Tut. et curât, de Orar lin et Jeunette Roland,
A. Tournai.)
Chenevas, les centaulnes, -.tx. den. (1315,
Ord. de L. X, A. mun. liouen, reg. U 1, f
.nii. aunes de kenneimch. (1379, Reg. aux
comptes, A. mun. Lille.)
Sas de kennevach. (1426, Lille, an. La
Kons.)
Toiles, cheiievals, cuirs, cordouan. (3 août
1465, Ord., \\l, 341.)
Qiienneralck a enfardeler draps. (1471, S.
limer, ap. La Fons.)
l'ourunze a.nlne'^ de quennernch. 12» janv.
1 189, Curatelle de .laquet, fils de Jaques et de '
Catherine le lleore,\. Tournai.)
Le maistre d'hotcl print les chenevas du [
CHE
pain, la serviette, et sur l'espaulle Jehan
de Saintrc la mist. (Petit Jehan de Saintrà,
p. 139.)
Toille et quennemch.(n août l.jl2, Ord.
louch. le toul. de S. liert. et S.-Om.. A. S.
dm.)
Fiilaino noir doublé de c.nnevm-h. (I.jl6-
17. Cumpl., S. Amé, A. Noi'd.)
()uunnevarh.(lbi9, Béthune, ap. La Fons.)
Cf. Cn.4NEV.\S, II, 53'.
CIIE\-EVE, V. Ch.^NVR];.
ciieîveviere. s. f., terrain où l'on a
semé du chanvre, propre à recevoir du
chanvre :
Eccle.siae de Poigni. .m. s. de rhaneviere.
(1226, Cens. Pararl. de Prurin, (" 4 r°, A.
Aube.)
De sa chancriere desouz le pré Saint Oen.
(.lurés de S. Ouen. f° 247 v", A. S.-lnf.)
.\e (ine d'aler boisellant a la canviere.
(Voy. de Marc Pol, c. .xciv, liou.x.)
En vignes ou en chenevieres. (1296, Cart.
de N. D. de Beaug., I» 8 v°, A. Loiret.)
Sa chaneviere k'il ait en .Xempraie. (1303,
Cari, de Ste Gloss. de Metz, B. N. 1. 10024
f" hb r°.)
CHE
67
I Deux pièces de chenevieres. (1303, ib. f"
I 10 r°.)
De toutes chouses d'où on hay escostu-
mey de paier déisme, si comme de bley.
de vim, de haineaulz, de lenes, tant de
niey commede relous, dechencvcrez.(lSSO,
Cari, de S. El. de Vignorg, p. 13.)
I Qui veult décevoir oyseaulx il ne doit
pas mettre en la pesiere ne en la chenne-
' ciere ou ilz sont. (J. G.^llopez, Pèlerin, delà
vie hum., Ars. 3331, f° 90 v".)
i Cannabetum, chaneviere. (Gloss. de Cou-
ches.)
! Canaberium. cnnnaviere vel chenneviere.
(Gloss. rom.-lat. du xv°s.)
— Ane, le chanvre lui-même :
Ou planter de la chaneriere.
(Contreditz de Soni/ecreux. f" 69 r».)
Et veux quWmour d'un petit brin
Ou de lin f)u de chencriere
Trousse au tlanc sa robe légère
Et my nud me verse du vin.
(Bons., Odes, 1. Il, OJe XVII, 4, Oliuv., p. 3.)
ciiE\Evi.s, S. m., graine de chanvre:
2 boisseaux de rhenevu. (1333, Informa-
tion, B. N. 24040.)
Chenevuys. (Reg. du Chdielet, 9 fév. 1391.)
Canabrum, cannevis vel chennevis. (Gloss.
rom.-lat. du xV s.)
Ne pourra aucun desdits bourbiers ven-
dre ne exposer en vente porc de canevis
nourry (ju'il ne soit forfait. (Dec. 1487, Ord.,
.VX, ÔO.)
■ f:iiE\EvoTTE, s. f., brin de ciianvre :
.'Vin^i le bon temps regrolons
Entre nous, pauvres vielles sottes,
Assises bas, a croppetons,
Tout en ung las comme polottcs,
.'V polit fou do c/ieneroltes,
TosI .diumees lost eslainctos.
(ViiLos, Gr. r,'sl., Les regrets di! In l)elle lieuulinierc.)
Myl le feu dans des chenevot/es. (Journal
de Jehan Glaumeau, p. 23.)
Ceux cy (des monstres) de paille font
[ _^ ^ |des bottes.
Ceux la s'arment de chunerottes :
L'un monte un grand hydre rampant
{.\.. DU Breuil, .)luses gaillardes, !' ,i v», Paris 1609.)
Des chenevottes de fougères.
(ID., 14.. (' 20 V».)
CIIE.\GLE, V. Ce.NULE.
j CHEMi,, s. m., lieu où loge une
meute :
Il n'appartient a nul de nomiuer chenil
le heu ou il met ses chiens qu'a celuy qui
a une meute de chiens rovale, qui peuvent
prendre les cerfs en tous "temps sans autre
ayde que de leurs chiens. (Ch.irles LX,
Chasse, p. 63, ap. Ste-Pal.)
CHE^iiLLE, s. f., larve des papillons,
à corps allongé, formé d'une suite d'an-
neaux et généralement velu :
, Chenille apele l'en en françoisun ver qui
les friMz menjue. (Cumm. s. les Ps., B. N.
963, p. 174'.)
Eruca, chernille.(ralholicon,K.'S. 1. 17881.)
Chanille. (Journ. d'un bourg, de Par., an
1445.)
Chenie/lc. I.ura, urica.(U6i, J. Lac.m.euc,
Catholicou.)
CIIE^•^LLERE, S. f., nid de chenilles :
Or de l'Anticoton on ne peut dire autre
chose, sinon que c'est l'oMivre d'un insigne
calomniateur, une fourmilliere de fausse-
lez. une chenilliere d'impostures, et une
guespiere de calomnies. (Resp. à V inti-
Coton, p. 13.)
Chenilliere, f. un nid et tas de chenilles.
(DUEZ.)
Chenilliere. (1612, Ouimn.)
- Fig- :
En ce peu de mots il y a une chenillere
d'ignorance et d'impertinences. ((i.\RASSE,
Rech. des rech., p. 618.)
CHEiViLLERiE, S. f., tas de chenilles,
pris au fig. :
De prendre en sa protection \a. chenillerie
des hérétiques. (Adrerl. des cath. fr. aux
rath. angl., 1.586, p. 25.)
CHEMILLETE, mod. cheuillette, s. f.,
dimin. de chenille:
El la chenillelle
Menjue l'erbete.
(De Marro et de Saiemim, 65, ap. Méon, N. Rec.
ciiE\o.\, -oivE, -o.\XE, V. Chanoine.
— CIIE\OVE, V. ChaNVUE.
ciiEMi, adj., devenu blanc par l'âge:
Barbe canuthe.
(Alexis, sir. 8Î.)
Ço ost Gualliers ki cunquisl Maelgul,
Li nies Droun, al vieill e al canut.
(/loi., 2047.)
Elle seeit devant l'onlree,
Tote chenue, oscheveloe.
(Eneas, ÎÎ67.)
68
CHE
CHE
CHE
.1. vicllart, .i. cetut do moult jurant cruaulé,
IFierabras, 3704.)
N'i o( si joncs ne kexiis
Qui ne fust lies del lonc séjour.
(Ben., Troies, B. N. 3TS, f» Qôc)
Riches, povres, grant et menu,
Homes, famés, juone et chanu.
(Ilolop., 291.)
Gief cenit.
[Josaph., uis. Cass., f* V".)
Uns Ions, uns magres, uns henns.
(G. DE Camuhai, Darlaam, p. 173.)
Et s'esloit moût bons crestiiens
De meurs K-entts et anciens
Mais asses estoit d'âge jouenes.
[Del Userier, B. N. 15212, f" 135 r°.)
Homme est contre sa volcntc,
Tantost fronchi ou esdcnlé
Ou il a les chcvelz caiius.
{La Clef d'amours. 1345.)
Teste canne-
(.1. Brisedabre, Bi'stordou Paon, mi. Ronea, f" 13 v°.)
Gonvoiteus suis, blans et cJiatius.
(KcsT. Uescu., Vil, 3.)
Ung chevalier lout cliaim de vieillesse.
(MoissTiiELET, Chroii., I, 148.)
Il a dict vray, ce sont mes tiltres
Par ans chanus et envieillis.
{Act. des aposl., vol. Il, f" 41-'.)
Mesmes ung tas de chanus et vieillars
On a veu estre amoureux et gaillars.
(J. Le Maire, Compte t' sur la nfiissmice de darne
Verolle, l'oés. fr. dc^s xv" et xvi" s., IV, 244.)
Je rends grâces a Dieu mon conservateur,
de ce qu'il m'a donné povoir veoir mon
anliquilé chaiiue refleurir en ta jeunesse.
(Rab., Panlagr., ch. vni.)
Chenu de mœurs.
(Bons., Od., I, XVI, t. Il, p. 116.)
L'homme seul et le cheval deviennent
clianuz. (Grl'get, Div. leç., I, XV.)
Noircir le poil cliesnii. (Jolb., Gr. chir.,
p. 483.)
Doctrine chesnue. c'est a dire confirmée
par temps et ea^e. (M.m'm., Euv. de S. Just.,
r 27 r°.)
— Fig., de vieillard :
Vertu chenue en aage adolescent.
(Cl. Mar., Opusc. a Fr. de Bourb., p. 45.)
CHEIVVE, V. Ch.\NVRE. — f:iIEIVWI-
tiivoLE, V. Quenouille.
<;iiEoiit, mod. choir, verbe. — N.,
tomber.
— Infin. prés. :
Baliganz veit sun gunfanon cadeir.
(Roi., 3551.)
Afennez est a ses estreus d'or fin :
Quel part qu'il ait, ne poet mie calr.
Uh., 2033.)
Chaoir ne porent, ne braire, ne crier.
(io/i.. Ara. 3143, f 27".)
Je me luirai caioir ichi tout de mon gré.
[Fierabrus, 468.)
Au caioir que il fist a .i. tel brait jeté
Que tout en retenlist la rivière et li pré.
[Ib., 4846.)
Moût verras ja chaoir ton bruit
Et toi tôt robe et destruit.
{Eoany. de Nicod., 2« vei-s., 1449.)
Ne nos lai'^sios clieor en durable misère.
IBibh', B. N. 703, I" 240>.)
Au cheeir li brisa le pié. (Est. de Eracl.
emp., .X.VIII, 37.)
Son mante] laist chaoir, qu'il avoit afublé.
Le chapel de bonct a de son cbief osté.
(Gui de Bourg., 2886.)
Lors s'est Martins lessié choeir
A terre.
(Fean Gatineau, Vie de s. Martin,^. 32.)
Lou sanc pormi les mailes des aubers de .ii. ploiz
Font choioir a la terre, qui des cors decoroit.
(Floovant, 1168.)
Chouuir. (1328, Compte de Odart de Lai-
gny, A. N. KK 3", f 13 r'.)
Uem que toutes les coses qui ne sont
contenues en cest escript qui poront keir ,
au jugement d'eschevins, que li eschevins \
jugent as boins usages que on les a jugies i
anchiennement. (xiV s., Lois et coulumes \
de la ville de Marchiennes, A. nnin. Lille,
BRI, 2777.)
Mais plusieurs gens a cesle dame virent |
Cheoir et tomber grosses larmes des yeulx.
(Cretis, Chants roij.. f» 106 r°.) !
— Prés, de l'indicatif: j
Chiedent i fuiidres e ineniil e suvent. |
(YtoL, 1426.) I
Li sans vermaus aval les dois li ciel.
(Raimb., Ogier, 9370.)
Main? chevaliers chiet bien qi puis est remontez.
(J. BoD., Suis»., r.CLXXXlV.)
Pierres et dart volent de çai et de lai, et
chevalier cliiesenl de loles parts. (Ami et
Amile, ^'ouv. fr. du .\iii" s., p. 78.)
Entour nus ot grans candeles asis ;
Devant l'autel les orent on crois mis,
Les Amauris ne se porent tenir,
A tere client, voiant tos les marcis ;
Mais les Huon se drecierent tondis.
(Huon di- Bord., 1500.)
Toutes tex manières d'enfans, soient
franc ou gens de poeste, quieent, par droit
commun, en le garde du segneur. (liE.vUiM.,
Coût, du Beaiiv., .Wll, 2.)
Entron, je ché, je ché, eutron.
(JoD., Vidon, II, .Ane. Th. fr., IV, 173.
— Imparfait :
Car de l'un basmes decouroii.
Et de l'autre cresines caoif.
(Flaire et Blancbeflor, !''« vers., 613.)
Li autant se esvoillerent des larmes de
lor perc qui chesoienl sus ans. [Ami el
Amile, Nouv. fr. du .Mil" s., p. (i9.)
IleiMahommct, et quant il régna en Arabe,
et quant il cheisoit du grant mal. (Mande-
ville, ms. Modène, Table.)
Le sang qui lui chiessoitde la teste. {Lan-
celol du Lac, !'" p., ch. i,i.)
— Parfait et passé indéiini :
E il ocist nu leiin kic/iaid en un cisterne
lii fud Cûvertede nrif: écume il fut chaud,
fièrement cumenchad a braire, ([{ois, p.
213.)
Tuit li autre evesque li surit kauz as pez.
(Garn., s. Thom., B. iN. 13SI3, !• 23 v'.)
Si me est cadeit en colped.
(B. .N. 1. 2297, Cn.)
Si grant pour de lui eûmes.
Jus cl/aimes e pasmé fumes.
(Eming. de Nicod.. l""' vers., 963.'
Do la pour kej'oi chai ;
Releva moi, sue merci.
E puis après vî jeo Jesu,
Mes jeo ne soy dune ke il fu,
Resplendissant corne lumere,
E por pour çjiejj j'a terre.
(Ib., Z" vers.
(Ib., 1224.)
1252.)
E com les princes e les prostrés,
Les sages e les al très mestres
Des Jeus ceo de Joseph oyront,
Corne mort a terre châtrent
Sur lur faces e si crièrent.
(/*., 1289.)
Par anguisse recouvrent tuit
Sos cols qui A-aienf a grant bruit.
(Ben. deBeaujeu, le Uel Desconneu, 5881.)
Li yauwe de ses yeux par le vis li quey.
(Ger. de Biav., Ara. 3144, f" 113 t°.)
Nus liniers de Paris ne puet ne ne doit
conporter ne fere conporter lin en la ville
de Paris pour vendre, ce ce n'est a jour de
marchié es haies de Paris, et u parvis Nos-
tre Dame ou li marchié rjueuf au lundi, an
mecredi et au vendredi. (Est. Uoil., Lie.
des mes t., l" p., LVII, 7.)
Quant li archevesques oi la lettre lire, si
li chei le nés et fu U plus esbahis homme
del monde. (J1ene.stbi:l, c. x.xxiii.)
La tieste ly fendy par telle destinée
Que ly chevaus quey tous mors en le valeo.
(Cliev. au Cygne, 20843.)
Que li enfez quei/ u pavement ouvré.
(Doon de Maience, 219.)
Et quant elle le vit, elle ot paour ei-chai
encline. {Yst. Asseneth, Nouv. fr. du xiV
s., p. 8.)
11 li chai es piez et merci li criai.
(Floov., 1535.)
A terre quey mors, n'en lèvera dez mois.
(H. Cnpct, 993.)
Si cheismes en paroles de prisonniers.
(Lio. du cheval, de La Tour, c. 13.)
Dont il faillit qu'il chist au lit malladc.
(Troilui, Vil, .Nouv. fr. du xiV s., 287.)
De l'une part et de l'autre a\c[incadi)-ent,
d'une part et de l'autre en sont ferut alcun
et mort. (Ai.MÉ, Yst. de li Normant, VI, xi.),
Chy apries s'ensuit li comptes de le ré-
fection de le terraisse de le tour du clo-
quier, de lequelle li pions <//(?»/ en febvrier.
(1397, Compte de l'église de Lens, ap. De-
seille, Catal. des uct. et doc. form. le fonds
hist.el suppl. des arch. de BoulO:pie, p. 51.)
Tous luy chirent aux pieds et luy dient.
(Lancelol du Lac, 2° p., ch. cvii.)
Et encores chaisl l'autre jour le pignon
de nostre grange par faulte de couverture.
(Quinze joyes de mar., 1.)
Il y a dix ou douze jours qu'en se vou-
lant lever elle cliut de son lit a terre et se
fit ce mal la, dont elle ne se trouve pas
mieux. (S. Vincent le V.^vh, Lett., II, 131.)
— Futur :
Lors revenra arrière, si charra sa valors.
(Bom. d'.Uex., B. N. 789, 1'. Jleyer, p. 126, y. 284.)
Cart or carrant par plusors terres.
(Benart, 11, 499.)
CHE
Apn's les fait toutes passer
Desous l'arbre, pbr arester
La quele cel aa il ara ;
Cele (est) sor cui la Hors carra.
[Fîoirp et Blancefior, f" vers., 1817.)
Sor qui carra la Hors première,
En es le pas iert coronee
Et dauie du pais clamée.
[Ib., 1829.)
— Conditionnel :
S'en kieroît test en tel penser.
(Jacq. d'Am., Art d'am., lus. Dresde. I1S6.)
— Prés, du subj. :
Dunez mei l'arc que vus tenez cl puign
Mien escientre, nel m reproverunt
Que il me cJiteded cum fist a Guenelun.
[Jiol., 767.)
l'ar chu met oiii ,in oef dessos one poire
liai- mesure i|iic li poIrec/iiVesor \'uet.(Alb.
de Vill. de /lomtec, p. llj'J.)
Nule (cstoille) n'icrt tant bien licljie
Qui a ce jor dou ciel ne citée,
(.ÏT. sii/nes. Brit. Mus. aild. 13(iOe, f° I24«.)
Que je ne chiece en contencon.
[Cliunc. Phil., DIS. Hail. 4i32, f» 98=.)
Carites nos doit garder que nos ne caons
en covoitise. {i^erni. du xiii" s., ms. Cassin,
r- 98'.)
Or est temps que lor orgueil chiece.
tGEFFRoi, Chron.j 3804.)
.Me puisseprenilre telle angoesse par tous
mes membres que je nhee tout mort a terre.
(Troilus, IV, Nouv. fr. du .\ni° s.)
— Imparfait du subjonctif :
Pour chou ke li Uaviel se keuis-sent mie,
prendes sekes i-achines. yRem. anc, nis.
Cambrai 3ôl, l" 17o r".)
— Clieoir à. aboutir à, servir à :
.\vons delTeiidu et delTendons par ces
présentes lous jeus de dez, de tables, de
palme, de quilles, de palet, de soulles ou
solles, de billes et de lous autres telz jeus
i|ui ne cheeiit point a exercer ne habiliter
noz diz subjiez a fait ez usage d'armes. (3
avril Vim, Ordoim. de Charles V.)
— Arriver, avoir lieu :
Tout preudomme doibt prendre garde de
I onneur et du proullit de son maistre et
de son seigneur ; et donc, puis que c'est
chose deue, il ne chiet point de guerdon.
(J. u'Arras, MeliLs., p. 322.)
Ilu tout rhiet a son plaisir et a son or-
donnance. (Ur. du cheval, de ht Tour, c. I.)
— Echoir :
L'enmena en lel manière la damoisele
tant quele vint a .i. sien castel; cil casteaus
II estiid rh/lois de par sa mère. lArlur, ms.
t. renoble 378, f" lUti".)
— Clieoir en. cheuir a, encourir:
Se autrement le faisoit, il seroil cheus en
'.amende. (Est. Boil., Liv. des mest., V p.,
Il kiernit ou forfait de .r.. Ib. (Bmis au.r
ecliev.. 00, f 30 i'", .\, mun. Ilduai.)
— Cheu, chceil, p. passé, tombé :
Quant il lurent caeit andui el brac.
Ki se pasmc la donne del doel qu'el an.
{Ger. de ItuxH., p. 36U.)
CHE
Trois ans et .vi mois est tenue
Pluie que n'est de ciel t-katie.
{Brltt, ms. MiiDicIi.)
Ja fust caus quant as arçons se prant.
(n*iMD., Ogier, 478.)
Asez l'en est chaait as piez.
(Ben.,/*, de Nonn., 11, 11698.)
Pur ceo que tant sui afebli
E chaalz en enfermeté.
(ID., ib., 12324.)
Huniles, preianz, agenoilliez,
Li est li qucns ckaet as piez.
(1d., ib., II, 14171.)
Ainz n'en sot mot Tyberl li chaz
Tant qu'il fu chaoil en ses laz.
iRenart, 21 17.)
Sor nos est chaiaii tel flael
Dont nos ja mes ne seron quites.
{Eif. de Nk'od., 2" vers., 548.)
Devant que Dex le mont consoil
Qui par ton père est maleeiz
Et en grant dolente chaeiz.
(Ib., 1106.)
Por pour de lui fumes rkens
Corne murs delez le sarcus.
(/*., 3' vers., 973.)
Or est cheis aval ou gofre.
i,De l'Cnieorne, Brit. Mus. add. 15606, fo 109».)
Car se nos alons la nos serons tout pris
et chau es mainsde Sarrazins. (htore d'Ou-
tre Mer, Nouv. fr. du .\m'' s., p. 198.J
Commença a refaire les murs par la ou
il estoient ehanit. (Chron. de S. Den., ms
Ste-f.en., P 145".) P. Paris: cheus.
Nasier le félon est queu en l'erbage.
{Gaufrey. 3607.)
Osi tost que ly dus fu a tiere queus.
(H. Capet, 3713.)
Quant Blancheflour le vit, c'est queue pau-
[mee.
[Ib., 4896.)
L'orage est choit, le temps amende.
(i'n Mir. de N.B., de renipereris de Rommo.)
Mentir levé, droit fault, justice est ckise.
(EusT. Uescii., V, 233.)
Pour tirer de la piarre qui estoit de pieça
cheosle de dessus lo hateiz en la rivière
(1389-1392, Compt. de Xevers, CC 1, f 44 r".)
La terre de Giverdon ou souloitavoir une
tour qui cfilcheule par terre. (1474, A. Cote-
d'Ur, B 11724.)
Aux dictz florions a quatre places vuides
donc les pierres sont chestes.(^i^6, Inv. de.s
]oy. de l'éijl. de Bay., i" 80 v%' chap. Bay.) I
Et a l'aventure est tout boueux, pource
que son cheval est choisi en ung mauves '
chemin. (Les Quinze Joyes de mariage, la
tierce joye.)
Ung pan de mur qui estoit ehait. (Compte
de H. Lebaud, P 23', A. Finist.)
Et chevauchoient si serrez que on n'eut
sceu getter ung esteu sur eulx qui ne fust
choitt sur poincte de glaive. (BoiciiuiD,
Chron. de Bret., f" 108".)
Cf. II, 105».
CIIKOI'l.\E, V. ClIOPINE.
inod., V. Chetel.
CHE
69
CHEPTEL,
oiiEPTEi.iEK, S. m., preneur de bail
à cbeptel :
Cheptelier. (lOUi, Visite des feux du bail-
iiage d Autun, ilém. de la soc. Eduenne,
18i6, r 394.) '
tHEOUI\, V. SUQUI.N.
CHER. adj.. qui inspire une grande
tendresse :
Li reis Fclis et cel enfant moh^er.
{Rom. d'Alex., ms. Ars., P. Meyer, p. 27, v. 30.)
Si cier conme vous avez vo propre cors,
ke vous faites lanlos le coumandement. (iï
coules dou roi Constant l'emper., Mouv fr
du xni' s., p. 19.)
— Qui est d'un prix élevé, <rune
grande valeur, coûteux :
Une nosche i ot merveillose,
Onkes ne fu plus prccîose.
Et un mantel ki molt fu chiers.
(Uneas. 739.)
Et toz les '7h'«-.< avoir.s(|ui onques furent
trové en terre. (Villehakd., g 250.)
Mes si chiers dras n'achate mie
Que tu demores mal garnie :
De grant folie s'entremet
Qui en mié louz ses biens se met.
(Clef J'amoiir.'i, 2337.)
Aies ehaint de cuir ou de soie,
Bêle bourse et bêle coroie,
Biaus coutealz, bcle gibechiere,
Se veuz avoir bonne amour ctiiere.
{Ib., 373.)
— Il lui est aussi cher, il aime au-
tant:
Qu'i'/ /(/// estait aussi cher de contrefaire
le pédant quand ce luy seroil jeu forcé,
comme un peu auparavant le tyran. (P.^s-
guiEti, l'uurjjurler du prince.)
— Tenir cher, aimer cher, une chose.
y tenir beaucoup, y attacher un grand
prix :
Quand apprendrez vous a tenir chère vo-
ire foi. {Lett. miss, de H. IV, t. III, p. 7G3.)
I Je ressens déjà du soulagement en mes
; peines par l'approche d'un lel heur, que je
liens cher comme ma vie. (Ib., p. 758.)
I Si nostreamen'enva un meilleurbransle,
SI nous n'en avons le jugement plus sain,
j iaymerois aussi cher que mon escolier eut
passé le temps ajouerala paume.au moins
le corps en seroil plus allègre. (JIont., 1. 1,
ch. xxiv, p. 75.)
— Avoir plus cher, préférer :
Li plus saloient en l'aiguë, qui estoil
rade, noire et hideuse, ets'n!)oîe«//j/!is chier
Il aucun a noiier que ce qu'il fuissent occis
d espee. (Enoiss., Chron., Vil, 45.) '
J'ay plus chier et ayme mieul.t eslre po-
vre pour l'amour de vous que riche sans
vous. {Intcrn. Consol., il, i.ix.)
Car 'j'eusse plus cher qu'on m'eusl ar.<e
Que de mener mescbante vie.
{Farce de Colin qui loue et despite Uieu, .inc. Tij.
— Aimer plus cher, dans le même
.sens :
i'aymeroie plus chier mourir mille fois.
{Cent, nouv., \\l. éd. liSli.)
70
CHE
J'ayme bien plus cher ne vivre point, que
lie vivre d'aïunosne. (Mont., 1. III, ch. v,
p. 75.)
— Telle chose m'est trop chère de. elle
me paraîtrait coûter trop cher, si je la
payais de :
TaiiL pis ((lie vous n'ayez praticqué per-
sonne du dedans a Florenre ; la meilleure
place m'i'it trop clipre flu sans d'un de mes
amis. (Ocl. 1578, ietl. miss, de Henri IV,
t. I, p. ^oe.)
Cf. Chier, II, 123'.
CHERAFix, V. Séraphin. — ciieraine,
V. Sirène. — chebbe, v. Chanvre. —
CIIERBEMER, V. ChaRDONNIER. — CIIEB-
itorv, V. Charbon. — ciieriso\eer, v.
(jHARDONNIER. — CHERCAXT, V. CaRGAN.
— cilERCii.ANT, V. Carcan.
cherche, s. f., action de chercher :
Quiseraenph?i'c/'ede science, si lapesche
ou elle se loge. (Mont., 1. Il, ch. x, p. 261.)
Les^sceptiques... disent qu'ils sont encore
en cherche de la vérité. (1d., ch. xii, p. 326.)
Cf. Cerche 1, II, 18=.
1. CHERCHiER, mod. chercher. Verbe.
A., essayer de découvrir, essayer de
rencontrer :
Vers lui ne nos puet estru ostaiges
Tors, ne raverne, ne boscaiges.
Ne mons, ne vax, ne mer, ne terre.
Se il nos fet cerchier et querre.
[Dolop., 2038.)
Ouanl Alixandre fu logiez dallez la ri-
vière dessus ditle, il fisl cerqiiier amont et
aval s'il y avoit pons ne plancques par ou
il peuissent passer, (xni" s., dans Beroer
DE XiVREZ, Trad. Teratolog., p. 426.)
Quer famés sont en tel dément
De nouveies clitrchier et querre
Qu'il n'est rien qui le puisse crere.
[Clef d'amours, (iôô.)
... Vaille moy long estude
Qui m'a fait cerchier tes volumes
Par qui ensemble acointance eusmes.
(Cbr. de Piz., Long est., 1136.)
On nous va sarcJiant
Tous deux pour bouter en prison.
(Moral, d'uni/ emper.. Ane. Th. fr., lll, 162.)
Cf. Cerchier 1, 11, 19".
2. CHERCUIER, V. CllARGER. — CHER-
CLE, V. Cercle. — chercler, v. Cer-
cler. — cHERDOiv, V. Chardon.
CHERE,, s. f., visage, air ;
Mas faites baie ffiere, ioie, solas et ris.
[Doctrinal, Brit. .Mus., add. 13606, f" 119'.)
Quant nos maistres Flamens furent mis
a voie etqu'ilz retournées leursc/ieres vers
leurs pays, ilz s'en alerent autant en ung
jour qu'ilz estoient venus en trois. (Mons-
TRELET, Ctiron., I, 78.)
Je la baise, je la salue.
Demandant comment elle se porto ;
Elle me fist pas chère morte,
Car tout autel cl me rendoil.
(CoQUlLLABT, MonoL, II, 214.)
CHE
Tous deux ensemble les yeux sur l'autre,
mais non pas avec une mesme chère. (Amvot,
Ale.r. le Grand.)
— Fig. :
El lui faisoit 1res mauvaise c/(we de ceste
cause. (1470, Proc. de ./. d\4rmar/nac, ms.
Ste-Gen., l, 7.)
Pour regarder un homme en chère.
(.So«(/e dore' de la pue, Poés. fr. des xv^' et xvi'^ s.,
III, 226.)
Vous devez entretenir vos clients d'une
douce chère. (Pasq., Leit., I.\, 6.)
Le roy le vit avec une chère plus fas-
cheuse que le jour précédant. (lD.,i6., XII,
L'empereur luy fit loutes les bonnes chè-
res et honneurs qu'il peut. (Brant., Grands
capit. estrang., I, vin.)
— Accueil, traitement, mine :
Dieu, que tu fais piteuse cJtere ;
Ton mary ne t'a pas batue ?
[Farce du Nouii. Marié, Ani'. Tli. fr., I, 12.)
Le tout est que je laissay le roy faisant.
Dieu mercy, très bonne chère et commen-
çant bien a se fortifier. {Lell. de Marg.
d'Ang., lelt. XLVII, 14 janv. 1526.)
Avec un visage riant et chère joyeuse.
(Lariv., Niiicts, Xll, I.)
Le lendemain le roi lui fit meilleure chère i
que jamais. (Mai.h., Le»., à Peiresc, 5 janv. <
1610!) j
Son esprit ne pouvuit donc eslre ramené
que par l'adresse et la bonne c/iere de la
reine, et par l'assurance qu'elle lui donne- ;
roit que le roi et elle ne penseroient jamais
a ce qui s'estoit passé. (Bichelieu, l\lém., 1. \
.\X, an 1629.) |
— Manière dont on traite une per- ;
sonne qu'on reçoit à sa table ; ce qui est
servi à table : j
Moult en fait laide chiere la royne.(ta)i- '
celot du Lac, V p., ch. i.iv.) |
Et le commença a hautement tencer, et
le reprendre des chères qu'il faisoit, et des ]
danses et despenses. (Juv. nES Urs., H'isl.
de Charles VI, an 1413.) !
Aller aux grandes chères, comme sont
banquets et nopces. (Mart. d'Auv., Arr.
d-Am., p. 666.) I
Despense des chevaulx et belle chère en ;
l'ostelleriede Laurens Lappier.(1491, Compte
de Nevers, CC 76, f° 36 r".)
Au lieu de faire bonnes chères f
(Gring.. .Uyst. de S. Louis.)
De Venise la grant chevalerie,
D'ouyr ces motz, et de veoir l'armerie
Des fleurs de lys, chère sont assez malle.
(J. .MiROT, Voy. de Venise, Har. de Mouljoye à ceux
de Veolse, f° 43 v".]
•le vous retiens de la feste. Nous y ferons
chiere et demie, je le vous promelz. (Bab.,
Tiers livre, ch. xxxi.)
La ou l'ordinaire estoil de baller, jouer
et faire toutes sortes de bonnes chères.
(Des Per., Nouv. recréât., P 17 r°, éd. 1572.)
Mes cousins, mes sœurs, mes frères
Font grand's chères.
(.Ian de la Taille, la Relig. contre son gré.)
CHE
Je le fcray mourir de faim,
De soif et de mauvaise chère.
(Belleau. la liecojvme, 1, 2.)
Et Dieu sçait la chère et vie qu'elles mè-
nent, en l'absence de leurs maris. (Tahu-
reau, Prem. dial. du Democritic, p. 54.)
Cf. Chiere, II, 123'.
CHERECTE, V. ChaRETE. — «JIEREER,
■V. Charrier 1.
CHEREMEivT, adv., avec beaucoup
d'affection, avec beaucoup d'amour, ten-
drement :
Et Sanses ceremeitt l'en prisl a mercier.
[Ilom. d'.Mex., l' 6».)
— A un prix élevé, à haut prix ; un
grand prix :
La mort Bollant lur cuit rhercnienl vendre.
[Roi, 3012.)
Je l'en ferai cieremoit repentir.
[Loh., ms. Berne 113, f 9''.)
Je l'en ferai chieremenf repentir.
(/6., 2" chaos., Vlll, p. 181.)
N'est il mie bien drois ke nous vos ven-
gons cierement le honte elle soufraite et le
malaise ke vous nos fesistes soufrir devant
Cristople. (llENKi DE Val., g 636.)
Que il ne s'en puisent alersanzc/iH-ewen^
comparer ce que il ont orguelosement osé
a enipreudre. (Chron. de S. Den., ms. Ste-
Gen., f° 257".) P. Paris : chieremehl.
Si l'on aperçoit que le dict gênerai in-
cline a favoriser les desseings et entre-
prises du roy d'Espagne, l'on doit bien pen-
ser a ne s'y laisser aller par apparences de
quelques commoditez présentes qui pour-
roit couster bien chèrement avec le temps.
(8 août 1593, Lell. miss, de Henri IV, t. IV,
p. 8.)
Combien sont chèrement vendus ces con-
tentements que vous dites ! (Urfé, Astree,
II, 7.)
CHERE^', -EIVCH, -EXCHE, V. SeRAN. —
CHERENCHER, V. SeRANCER. — CHEREX-
CHERESSE, v. SeRANCEUR. — CHERE^•-
CIER, V. SeRANCBR. — CHERESTE. V. Cha-
RETE. — CHERESTE, V. ChERTÉ. — «(E-
RETE, V. ChaRETE. — CHERETIÉ, V.
Cherté. — cheretoiv, v. Charton. —
CHERF, V. Cerf. — cherfeclt, v. Cer-
feuil. — C1IERF01R, V. Serfouir. — 1.
CHER«E, V. Ch^RÛE. — 2. ClIERGE. V,.
Serqe. — cherge, V. Cierge. — cuer-
GER, V. ChARQIER. — CHERIER, V. ClIA-
RIER. — CHERIOT, V. ChaRIOT.
CHERIR, V. a., aimer chèrement :
Que mult l'ont amé et chéri.
(HcoN DE RoT., /pomedon, p. 9.
Et moult fu chierie et amee.
(CuBEST., Perceval, ma. Montp., f" 137^.)
Seint Nicolas mcimement
Amout et cherisoiit forment
(VVace, li Lia. de S. Nicliolay, 1171.)
La vos eusce fait servir,
Et moult ennorer et cierir.
[Parton., 1401.)
CHE
Ama c chéri son seignur,
{['n ChivaL e sa dame^ ms. Cambr., Corpus oO f' 94**
P. Hejer^ Jiapp.)
Vez ci m'espeuse et voslre dame,
Ceste amez. doubler, boonourez,
diarissiez et dame clamez.
{GriseldiSj 993.)
— Chérissant, part. prés, et adj. :
Ta femme enterement amez
E en bone maoer la Iretez ;
Si seis trop reddis ou trop cherisaunt
Son corage chauogcz maîntenaunt.
[Dist. Je Catun, trad. anon., 61, Steogel,)
Cf. II, 106".
CHERissAULE, adj., digne d'être ché-
C/iei-ùsobfe. r.heri>hable, fil lobe cheris-
lled. (COTGR.)
CHERITABLE, -AIBLE, V. ChaR1T.\-
DLE. — CHERITÉ, V. ChaRITÉ. — CHER-
i.ETA>, V. Charlatan-. — chermaye
V. Char.moie. — «:herme, V. Charmb
2. — CHE15MER, V. Charmer. —
CIIER.MEIK. V. ChaRMKLR. — CBERXE,
V. Cerne. — <;iier\é, -.\el, v. Charnel.
— t:nER\EL.ME\T. V. ChaR.NELJIENT.
CHER.MER,v. Charmer. — ciiermlle,
V. Che.MLLE. — tllERXL-, V. ChaBXU. —
< IIEROIGXE, V. ChaROIGNE. — CIIERO-
«E.vsiE, V. Chiromancie. — chero.x, v.
Charon. — cherpexterie, -tier,
V. ChaRPEXTERIE, -tier. — CHERPRE,
V. Charme 2. — chebraite, -ate, -ete,
V. ChaRETE. — CIIERREE, V. ChaRREE.
— CIIERRESTÉ. V. ChERTÉ. — CHERRE-
TA.\, V. Charlatan. — cherretier, v.
Chabeticr. — cherretox, -l>, v. Cha-
beton. — cherroy,v.Charoi. — ciier-
Rl'E, V. ClIARUE.
<:iiERSYDRE, S. m., sorte de serpent :
Aspe, dielindre. \Cunl. de G. de Tm\ ch
NLVIII.) "
Cersydre. Ib.)
CHERTÉ, S. f., prix élevé :
La chierles. {Lu-, des hisl.. B. \. 20I''3 f°
fiO v".) " '
El ordonné cenl et demy (|ui monte de
r/uierte envers le temps du dit essav. (10
janv. 141-2, Heg. ativ public, .4. Tournai.)
U grande charte de toutes choses. (1419
l-ragm. d'une version franc, des grandes
chrontrj. de .s". Denis.)
Tout fourmille de commentaires d'au-
Iheur^. i! en est yrand cherté. (Moxr., 1. III
"•h. .Mil, p. 196.).
Itiminulion de la cherresté. (J. Plssot, ■
Journalier, p. 67.)
— Famine:
•Si cherti tome en celle terre
I lu par mal lens ou par grans guerre.
(Lie. des manières, 353, Tolbert.;
CHE
Cf. II, 106'.
CHERTEFIER, V. CeRTEFIEH.
CHERiBi.x, S. m., dans l'.^ncien Tes-
tament, nom donné à certains anges ;
chezleschrétiens, ange du second chœur
de la première hiérarchie :
Deus i tramist son angle cherithin.
I " {Roi., i393.)
Tu- ki siez sur chérubin, seiez demustré.
(Liv. des psaum., Cambridge, L,\XI.\, 1.)
Les archangles, les trosnes, les domina-
tions, les cerubins. (Comm. .V. S. iuoera
U. .\. 15212, flàSv».) •' ^ '
CHERVE, V. Chanvre.— cherveille,
V. Cervelle. — ciiervel, v. Cervel.
— CnERVElX, -VIAIL, V. ChEVRELIL.
CHERvis. S. m., autre forme de carvi.
plante ombellifère dont la racine pota-
gère se mange comme celle des salsifis:
CItarvi, cerchez cherviz. (R. Est., Thés.)
CHERVOISE, CHERVOSE, V. CeRVOISE.
— <:herze, v. Chaire.
cuES, prép., dans la demeure de :
La se herberge des son oste Garnier.
(Rauib.. Oyier, 4013.)
Chis toz hommes. {Dial. B. Ambr., ms.
Epinal.)
Ont pris ostel chies .i. borjois.
(RoB. DE Blois, b. N. 243UI, p. 609'.)
Entres est chiefz la bonne dame.
(AuBD, C"" d'Anjou, B. N. 765, f» 10 t«.)
Chieux la famé... chieux la mère. (1328,
chap.*S. Aignan, Arch. Loiret.)
Chiees. fl480, Compt. Hôl.-de-V. Tours.)
CAe«j;ungsiresgennevois.(ALTOx,CA/'o«.,
B.N. 5082, f° 109 r°.)
De cAes qui ■? (R. Est., Thés., Inde.)
— Explétif, derrière chez, comme
derrière :
Empres sunt
Li chamdelebre, ou esleient
Fîchié li cbierge qui ardeienf.
Derrière chez le teite aloient.
D'or e d'argent, qui molt pesoient.
(Rom. Mont Saint Uicliel, 898.)
CHESCOX, CHESCUN, V. ChaSCUN. —
CHESIBLE, V. ChaSDBLE.
cHESXAiE, mod. chênaie, s. f., lieu
planté de chênes :
Villam meam quedicilur ()«esHCg:.(l2ll.
Esquennoy, A. N. S 5215, suppl., pièce 18.)
Boscum meum de Halencort ju.vta Chey-
neez. (1-J22, Ib., .suppl., pitce 10.)
La chesnoie. (1240, S. Euverle, A. Loiret.)
Les bois de la quesnee. (1376, Terrier de
la poterie Aîalhieu,(°26 v», A. Eure.)
De la on tombe au havre de Schenus, et
au goulfe de Legina, qui anciennement es-
toit environné de belles chesnayes. (Du Pi-
set, Pline, IV, 5.)
CHE
71
.■ Voyant les belles chesnaies d'un costé, de
l'autre, les chasteneraies, les onnaies. (O
DE Serr., Vil, 9.)
CHESNE. mod. chêne, s. m., grand
arbre de la famille des amentacées, dont
le bois très dur est très employé dans
les travaux de menuiserie, de charpen-
terie :
Quant diloc en irras, e al chaidne Thabor
vendras, treis humes i encunteras. (Roi,.
p. 32.)
E les hummes Joab pois l'abatirenl des
chaidne, sil parocistrent. (/ft., p. 187.)
Les chasiies fait des monz descendre
Et les serpenz douter et prendre.
{Eneas, 1921.)
Li chanes.
[Loh., ms. MoDlp., £• 125''.)
.\ndeu5 les pies li poons fendre
Et a cel caisnf la suspendre.
{T/iébes, app. lu, S39.)
Ne t'esmaier qu'au premier cop
Ne pnet l'en pas le chaîne abatre.
(Maître Eue, Art d'am., 556.)
Les
premiers sièges en grans caines.
(G. DE CoI^cl, .l/i>., ms. Soiss., {• 30".)
Sire, dist il. mon escient,
Com je vois la, un chevalier
U cesne cengle son destrier.
(Atre per., B. N. 2168, f' 39«.)
Chaigne. (1236, Fondât. 6, A. Meurlhe.)
Chesiie, chasiie. (1242, Cart. S. Vinc de
Metz, B. .\.)
Vos savez bien qu'au premier cop
Ne coupe l'en mie le chêne.
^Ruse, B. .N. 1573, fo 'g'.)
Chaîne. (Kassidorus. ms. Turin, f° 88 v".)
Caisne. (Ib.)
Ckeene. (1284, Fontevr.. Arch. M.-el-
Loire.)
lUex, chmenne. [Pet. locab. lai. -franc, du
xm' s.)
Fleirant entour le guesiie courut et tournia,
(Doon de Maience, 1479.)
Une seue pièce de bois, ensemble les
guenes et les boissons qui sont appelé les
bois a Lovesse. (1316, A. X. .IJ 53, P44 r".)
Pour avoir coppé un kenne. (7 juin 1387,
Cart. de F Unes, Hautcœur, DCXCIII.)
Une arche de chaigne. (Sept. 1393, Invent,
de meubles de la mairie de Dijon, \. Côte-
d'Or.)
Une ais de changne et une autre de foui.
(Dec. 1397, ib.)
Il fist coper pluiseurscAeaisncset aultres
arbres qui la estoient environ. (J. Vauq..
Alerv. d'Inde, 2° p., c. .\xn.)
48 perches de chesgnes pour faire les pi-
lotis. (1535-36, Comptes de S'evers, CC 106.)
Une escamed'une aisselle de 7«ai«e.(C«/).
de S. J. Bapt., Jlèm. de Vermand., II, 866.)
Chaigne. (Commenc. du xvii' s., DU, \.
Charente.)
chéneau, s. m.,
CHESAEL, mod.
jeune chêne :
Audit maisire Colart, pour .m. guesniau.r,
pris alui, dont il fu faitaudil belfroit honi-.s
pourladicte reparacion, a .xx.d. tournois.
72 CHE
.■h.isciin quesniel. (1390-1308, Compte de \
constnict. du he/froi, T Somme des mises,
A, Tournai.)
A liiy pour faire une liiuike a le (juairiere
(le le ville, (l'un kiiisniel pris a le ville .iiii.
(1. (139S-l30n, Compte de la massardne, A.
Alh.)
Pour .V. f/»f>»)wft!(: esquarez, par kl y ven-
dus et livrez, employez a faire les poyees
dcsdicles liehes. au pris de .xu. gros le
pièce. (21 mai-20 aoùl liW, Coynpie d ou-
vrages, V° Somme de mises, A. Tournai.)
Avoir refait, et mis a point le ponchelet
(lu quesne a le menlieii de cloyes, de gis-
liau.v. de quesniaux et par dessus rentière.
(14 mai-13 août U29, Compte d'ouvrages,
3° Somme de mises, A. Tournai.)
Quatre vings queuniau.r ou environ de
.x\nii. ans d'eage. (2i avr. 1130, Cari, de
riines, Uautcœur, DCCCXLl, p. 774.)
Il y a environ .iv. journeulx de terre la
ou l'église Rostre Dame prend la disme et
se moeuvent en ligne d'un quesuel qui est
devant le maison Willaume Careton, ca-
ron... (1.506, Terrier de Wlmer, Wém. soc.
acad. de Boulogne, t. X, p. 160.)
Six petits quesneaulx croissans ou bos
de Breuse. (28 juin 1Ô19. fieg. aux résolut,
desconsaux, 1516-1519, A. Tournai.)
CHESiVET, V. Chenet. — ciies\'ete,
V. ChaISNETE. — CIIESXEVE, V. CHAN-
GEE
clielive et malheureuse que je suis !
(Id., EcoL. V, 8.)
Homme cJietif et misérable,
Pauvre ahus(j, no sçais tu pas
Que la jeunesse est peu durable,
Et que la Mort guide nos pas.
(Bons., Od., II, xu.)
Lequel deusi estre favorable
\ moy, chetif et misérable.
((tod\rd, Desguis., V, 5.)
Or, enlendez un peu comme ce chetif prince
A grand peine sauva sa nocturne province.
[L'Enfer d ■ la mèri- Cantine, Poés. fr. Jes iv" et
ITI" s., m, 30n.)
Au chetif cependant osera desnier
Un seul morceau de pain ou un pauvre denier.
(llo Vehd., Oman., tots. fr. des ïv« et xvi' s., III.
104.)
ciiESNU, mod. chenu, adj., couvert de
chênes :
Au ch'nn Pelion.
(Gbevin, Œuo. de Nicamire, p. 34.)
CIIESQUE, V. CUASQUE. — CHESQUIV,
V. ChaSCUN. — ClIESTEAE, -EAUL, V.
Chastel.
ciiESTBON, mod. chétron, s. m., ti-
roir sur le côté d'un coffre :
Coffre dont le chaiiron très net
Faict l'office d'ung cabinet.
(G. CoRBOZET, Dliisom ilomest., Blas. du Coffre.)
Cheslron. (Nicot.)
Clietroii, caissele, caisseron au côté d'un
cofre de bois. (Monet.)
CHESUBLE, V. Ch.VSUBLE. — CHETEIL,
V. Chetkl.
CHETEL, inod. cheptel.
Cf. Chatel. II, 89".
CHETIF, adj., anc, prisonnier.
Cf. Chaitif, II, 36\
— Faible, malheureux, misérable, au
propre et au fig. :
Et a toute heure me courrouce,
A cbascun mot chetif me nomme.
(]. Le Fetbe, Lament. de Math., 1, 15B, Van Ha-
luel.)
ciel! o sort! n'aurez vous jamais pitié
d'une chelive a qui, des le berceau, avez
commencé a faire guerre? (Larive, Trom-
per., I, 2.)
Ah! chetif que je suis, que ce jour m'a
esté malencontreux ! (Id., Esprits, IIl, 6.)
— Peu pourvu :
Tous sont si chetifs en moyens, iju'ils n'en
ont que pour vivre misérablement. (Fr. de
Sa!.., Lctf. n II. IV, 1609.)
— Faible, de peu d'importance :
Il n'est si biau visaige ne si vermeille face.
Qu'une chefive fièvre en pou d'eure n'elTace.
(J. DE Meung, Test., m.)
CHETivEiMEivT, adv., d'une manière ,
chétive, pauvrement :
Ou ele parmaint en bien, ou ele se chain-
get chativement. (Trad. de S. Bern., b. K.
24768, f° 147 v°.)
Clietivernent vestue. (CoiiRCv, Hist. de
Grèce, Ars. 3689, f 107".)
Ils estoient habillez chelirement. (B. Des-
PER., Nouv. recréât., f° 213 v°,)
Vivoter bien chetivemenl. (Choi.ieres,
Apres disnees, V, f° 17.j v°.)
Cf. Chaitivement, II, 37'.
CHETivERiE, S. f., misèrc, dénùment:
Les hommes qu'elles avoient tirez aucuns
de la justice et du gibet, delà paouvrelté,
de la c/ied/uecie. (Brant., Dames, IX, 693.)
CHEUCO^', V. ChaSCUN. — 1. CHEUE,
V. Cigl'e. — 2. ciiEiTE, V. Queue 1. —
CHEUGin, V. Choisir. — cnEi)>',v.CHAS-
CUN.
CHEUTE, mod. chute, s. f., action de
choir, de tomber :
Bien quinze semaines fut au lit d'une
chute de cheval. (Froiss., Il, ii, 225, Bu-
chon.)
Cheute. (R. Est., Très.)
La cheuste des cheveulx. (Jard. de santé,
I, 436.)
i — Ruine :
I Car du Palais ce costé la regarde
Sur un descombre et cheute de maisons.
(Mell. de s. Oeil., iXuv. poél., p. 274, éd. 1719.)
C'est un malplaisant discoursa celui qui
aime et honore son pays et sa nation d'en
preannoncer les cheiites. (Langue, Disc, 2.)
CHEVAL, S. m., mammifère de la fa-
mille des solipèdes, qui sert de mon-
ture, de bête de trait ou de somme :
CHE
... Feins et aveine
As chevais lii vivent a peine.
(Eneivs. 355.)
Quant ses cerata le vit morir.
(Bi-ut, ms. Munich, 258.)
Li Gers cheras.
{Exode, ms. du Mans 173, f 15 v°.)
Le chevanl esperone, por la reno lou pranl.
{Flooi}., 1812.)
Et por ce que li chevau sont de plusors
manières. (Brunet Latin, I. I, C.188,p. 241.)
Chacuns cheraus qui sera pris. (1260,
Évéché de Langey, Lay., A. II. -M., G 54.)
Qui sont ces cheimlx qui la viennent i"
(Clef d'amours, 471.)
.1. keval de le valeur de .x. Ib. de tour-
nois. (Dec. 1278, chirogr., C'est Miliiel, te fil
Grigore de Maude, ki fa, A. Tournai.)
Et le père a cheva.r a cbascun .i. donné,
Et furent tuit ferrant et par liens pommel(;.
{hoon de Afaiciice, 11401.)
Baudewins de Sebourc est au chaeal montes.
[Buud. de Seb., XVU, 713.)
Dont brocha le chavael, des esporons l'aigrie.
(/*., XVIll, 45.)
Sour ce que le senesc. de Boul. a prins
un quevul et une jument a le maison Tho-
mas do IlalTrenglies es fies desd. relig.
(1338, Accord entre Marg. d'Evreux et l'ab-
baye de Soiner, orig. parch., Cabinet Ern.
Deseille.)
A propos un cbartier sans fouet...
Pourroit il toucher son cherau,
Sa jument, son asne ou sa bestei*
{Advert. nuœ nouv. mariées, Lyon 1606.)
— A cheval, monté sur un cheval :
Li un a pie el li autre a cheval. (Henri
DE Val., i 642.)
— Parler a cheval, parler de haut,
avec insolence :
Il a trop esté a repos.
Egar conme il parle a cheval !
S'Artus estoit ou Parceval,
S'a il graut cuer.
[Mir.de N. D., IV, 109.)
Dis que tu parles a cheval
Ou les trésors m'enseigneras
El aux diex sacrefieras.
Ou ton corps tourmenter feray.
[Ib., Vil. 166.)
— Prov. et Bg., estre mal a cheval,
être mal sur pied, être mal dans ses
affaires ;
Tandis que ceux icy s'amusoient a en
conter en la rue, Gilleite, qui des la fenes-
tre aentendu tout leur discours, m'est venu
dire en diligence que, si je n'ayde au sei-
gneur Lactance et en bref, qu'il est mal a
cheval; car les vieillards le tiennent en
leur pouvoir et sont en volonté le mettre
es mains de la justice ou luy jouer un
mauvais tour. (Lariv., les EcoL, V, 3.)
Mais qu'aux tiers, ils avoient bien fait de
se mettre en armes, autrement, disoit il, ils
eussent esté mal a cheval, c'est a dire en
nostre langue, que c'estoit l'ail que d'eux.
(te Tocsain contre les massacreurs, p. 23.)
— Mettre a chevalson opinion. la faire
valoir, l'autoriser :
CHE
CHE
CHE
73
S'il esloil loisiljle aux hommes, pour met-
tre leurs opinions a rheval, de se servir de
l'escriliireeomme d'estrier. (F. de Sal., Aut.
lie S. P.. ms. Cliigi, f 96".)
— Faire du cheval eschappé, se con-
duire en incon-sidéré :
C'esl /"aire du cheval eschappé d'attenter
plus que ne porle noslre vocation. (Calvin,
l.ett.. t. U, p. 417.)
— Chevaux legerx. cavaliers armes à
la légère :
Les Xomadiens, qui sont chevuux ler/ers
et hommes fort dispos, et en grand nom-
bre, survenoyent en un moment partout.
(.\MYOT, J. Cces.)
ciiEVALCiiEOR, mod. chevaucheur, s.
m., celui qui chevauche :
Lors s'aparaillent li bon chevaucJieor.
[Lolt., ms. Montp.,f« ISS".)
Cil vient genleraent
E .c. cevaîceeurs, moult maine bele gent.
{/Jelim, B. .N. i2S58, f" 3».)
.\rmentariis, chevncheres. (Neck., ms.
lîrug.)
Et bien .v". cinracheov.
(Huo> DE Mery, Torn. Anlecr., 652, Wimmer.)
Rolet,''Aeu';»c/ip«)'du rov nostre seigneur.
(1390, A. .^. KK i-12, f 36 v».)
Lipremierrei'aKCffOHî- vinrent devant ung
1res (orl castiel. (Froiss., Clirun., II, 308.)
çHEV.vLciiiEE, Hiod. chevauchée, s. f.,
course à cheval :
Sa chevalcliiee fu de gréant nobleté^
Jusqu'à Verdun n'i ot règne tiré.
{Mort de Garin, 2807.)
Si fist sa chevalchie sur les burgeis un jor.
(Joan. Fantosme. Chron.. 1123, ap. Michel, Ducs de
Norin.r 111, 575.)
K'il ne vunt a iurnei ne ne funt rhfvachee
Dunt ele seit en pries ou ele seit alosee.
{Horn, 2527.) Var., n*a antre chevauchée.
Et lirenl chevauchiees vers le Dimot, et en
mains leiis ou il gaaignoient assez proies et
autres avoirs. (Villeh., S 397.)
En celé chevaucie estoit Cuenes de Bie-
Ihunc, ki molt maudissoit durement cels
l<i la l'avoient mené. (He.nri de Val., S 643.)
Li François ne pooientoubliier la cevau-
r/ii'e que li contes de llainnau et mesires
Jehans de Hainnau son oncle avoient fait
en la Tierasse. Froiss.. Chron., Il, 193.)
— Troupe de chevaliers armés :
Il mist sus une chevauchée de gens d'ar-
mes Bretons. (Le Bald, Hisl. de BreL. c.
XL.)
— Service à cheval du p^r un vassal:
Service et chevauchie (il) nous rerjuiert tantes
[fois.
(J. BoD., Saisnes, XVIM,)
S'il avienf que jou ai mestir de mes ho-
mes en osl \i en cevarie. '1210, ('h. de Gé-
rard, xire de Vuudripont, .\rcli. de l'Etat à
Gand, ;i4.)
Ne me doit ost necevacie. (Ib.)
Son giste et son ost et sa chevauchie.
(1247, Cart. de Champ., B. N. 1. oUOS, f» 337".)
T. IX.
I Par ensi que li devant diz evesque et
j qui après lui venront. averont les chiva-
chies par devant et le tiers en emendes.
(1265, Cari, de l'évèch. de Verd., Coll. de
Lorr., 716, f 32 v°, B. i\..
Cf. Chevauchife, II. IIP'.
ciiEVALCHiER, mod. chevaucher, ver-
be. — N., aller à cheval :
Tant chevalchierent Guenes et Blancandins.
(RoL, 402.)
.vu. vinz en Est monter o sei.
Et ehevatcha dreit vers Gartage.
{Eneas, 702.)
Kalles cevalchç dev.int el primier front
Les parfons g.ius et les destrois en son.
.\ins mieidres rois ne cauça d'esperon.
(RiiMB., Oijin-. 212.)
Dont ilavint quesitost que messires Ber-
trans lu crées connestables, il les ordonna
àcevarier contre les Englez. (Froiss., Chron.,
VIII, 205.)
— Réfl., dans le même sens que le
; neutre :
L'autrier me chevnchoie.
j Pencis com suis sovent.
\Chims., ap. Bsrtscli, Roui, et Past.. Il, 33, I .)
L'autre jor me chirachai.
(Ib., ir, 32, t.)
Qui se chevauchent par la pree
A esperon lance levée.
(TAcôes, 9189.)
— A., monter un cheval :
Li cheval de noz combaleors fuirent ar-
riéres maugrez cei:s qui les chevauchaient.
(Cron.de S. Den., ms. Ste-Gen., f° 1.50".)
I Pour le louage du cheval que ledit Perrin
! c/ie(,'a!((7(a,etqui lesdiz deniers porta. (1348,
Compte de Xicol. Bracgue, A. X. KK 7. (' 19
1 v°-)
Pour le leuwier dou cheval que lidis Co-
[ \aiTS chevaucha, (r'septemhre l'iûl. Compte
I d'Aijmeri l'rediaul. A. Nord.)
— Monter un animal comme on monte
un cheval :
Chevalcheni dous muls Espaigneis.
(Marie. Lais, Lanval, 516.)
Clievatchant ma mure.
{Chans., ap. Barlsch, Rom. et past., II, 19. 4.)
Et misires Gauvains regarde l'enfant qui
chcvnuchoit\c lion moût volantiers. [Perce-
val, I, 60.)
— Parcourir à cheval :
Caries cevalchef e les vais e les munz.
(,Rol., 3695.)
Nous avons ']& chevaucié tout le rovaumu
de France. (Froiss., Chron., VIII, 2.)"
— Suivre à cheval :
Tote une vies voie herbeuse cevnucoil.
(Aucassin et Nicoletle, 24, 13.)
L'autre ier quani cherauchoie
Mon chemin vcr>i Oigeon,
Jo renconlray lu belle
Qui sortoit du buisson.
(Farce des cris île /',i,-is. Ane. Th. fr., II, 31lj.;
-Fig.:
Une vieille qui chevauchait
Le flot, et venoit fort courant.
(DiGCLLEv., Ti-ois pèlerin, ï" 75°.)
Quand un cerf passe par un bovs fort et
dru de petits rameaux, et le cerf a haute
teste et large, il convient que la teste em-
porte les boys tendres et jeunes, et que la
leste, qui est grande el large, meste le boys
d'iinn part et d'autre par ou il passe, et
qu'une branche (7(era(ir/ie l'autre et sovent
meslees autrement qu'ils ne doivent de
leur droit cours naturel. (Modus, P 9 r°.)
— Infin. pris sub.st. :
Del chiralchier avant se poinne.
(Dulop., 7615.)
Cf. Chrvauchier. II, 111".
CHEV.4LE, S. f.. cavale, jument ;
Pour ramener ma quevalle. (1621, Compte
d'Etaples, Bull, anliq.de la Morinie, 1" liv.,
p. 22.)
Cf. Cavale.
CHEVALERIE, S. f., institution mili-
taire d'un caractère religieux et hé-
roïque ; ensemble de tous les vassau-K
du royaume; qualité de chevalier :
Ki mainlindrent cheralerie
Ça de desus tote lor vie.
(Eneas, 2667.)
Grant gent i estoit banie
De clergé e de cheralerie.
(Vie de S. Thoin. de Cantorbery. f I II , v. 21.)
Li rois fu tut li premer,
Ke en tut l'ost n'avoit sun per
De force et de chivalerie.
(Estoire de seint Aedward le rei, 4559.)
La chivellerie de France. (Ms. Berne 98,
f 63'.)
Les frères de la maison de la chevalerie
du Temple. (1296, Cart. de S. Maqloire, B.
.\. 1. 5413, p. 224.)
Milicia, chevalierie. (I46i, LA(iA[iELC, Ca-
tholicvn.)
La y eut faict mainte belle chevalierie
d'armes. (Bouchard, Chrou.de BreL, C 114''.)
— Par extens. :
Qu'il aillent et servent deus estrangers ii
ils les aorent, le soleil, la lune et toute la
chevalerie del c\e\. (Bible, B. X. 899, f° 86''.,i
Cf. Il, IIU".
t:iiEVALET, S. m., sorte de cheval de
bois à dos en arête sur lequel on met-
tait, avec des boulets aux pieds, les
soldats qui avaient commis quelque
faute; instrument de torture; grand
tréteau en bois :
A Maistre .laques du l'ont, niaislre car-
pentier, avoir fait au dit pont|a l'arcql, du
lez vers le rue .Merdenchou. une poye fai-
sant quevallel. (13 aoiU-12 nov. 1 129, Compte
d'uuvrnges,2' Somme démises, A. Tournai.)
2 chevales de boys a met Ire a point ar-
balestres. (1430, Inv. de la Bastille, f 5, an.
V. Gay.)
Pour avoir fait un quevalel <le .x.xiiii. pies
10
74
CHE
de long. (1415, Compte des fortifîr., 13°
Somme de mises, A. Tournai.)
Amaisli'e .laques Dupont, maislrecarpen-
lier de la ville, pour avoir fait deux que-
valles, cl les estolTes de soilles, de joees...
(1445, ih.)
Qiihmlels nommez uiseletz pour porter
iiiorlicr. (1502, Compte, Béthune, ap. La
Fons.)
Cf. II, 110».
CHEVALIER, S. m., dans l'ancienne
Rome, citoyen appartenant à un des
trois ordres de l'Etat, intermédiaire en-
tre les patriciens et les citoyens ; au
moyen âge, celui qui avait reçu l'ordre
de la chevalerie ; membre de certains
ordres militaires et religieux institués
pour combattre les infidèles :
Boin cliiieJier ait si.
[Les Loh., iragra. Cliâlous, v. 31, Bonnardot.)
Car mes fis est boins chireliers et destres.
(76., V. IS.)
Clers ne cevaliers ne borjois.
(Parton.)
Toz les c/ieveliers. (1204, Pai.i de Met:, \.
m un. Metz.)
Les cil ira! ers uni resseuz
Mult grant avoyr de part les Jcus.
[Ev. de Nkod; Trad. anonyme, 1055.)
Des cJiiveliers.
(ROD. deBiois, B. N. 24301, f 482 r».)
Il ne la puet doner ne vandre ne angai-
gier, ne doneir a chivellier ne a preste ne a
clerc ne a borgois. (1262, Cart. de S. Vinc.
de Metz, ^. 'S. 1.10023, f 129 v°.)
ClievaiUie>-s,clievaillie>:{l26i, Acey, boite
1(1, pièce 3, A. Jura.)
.le Guillaumes de Clermont chevelliers.
(1270, Bar, Ch. des C, 2,130, A. Meurtlie.)
Chavalhier. (1328, la Cour., A. Char.)
— Chevalet :
Mettre v (au pont) .vi. chevaliers et tant
de soles de planchier. (1335, Compte de
Odwt de Laigny, A. N. KK 3% P 272 r°.)
— Entre-deux de fossés sur lequel la
terre est relevée en dos d'àne :
La jeune vigne sera labourée de cesle
sorte dœuvre appellee houer ou fousser a
chevalier, 1res prolitable aux nouvelles vi-
gnes... le mot de chevalier vient de ce que
le travailleur assemble la terre entre ses
jambes qu'a telle cause il tient eslargies,
la tirant avec son instrument des deux
costes, dont il deschausse les ceps, par ce
moyen se faisant un relèvement sur lequel
il se trouve comme a cheval. (Ol. de Sf.h-
KF.s, I, 232.)
CHEVALIERE, S. f , , femme d'un che-
valier :
Illoec avûil une grant dame
Séant sur ung duré escame
A la fois puis en la poudrière,
Or semble povre, or chevalière.
[rasloralet, ms. Eriix., t" U r°.)
CHEVALIN, adj., de l'espèce du che-
val, de cheval, qui convient au cheval:
CHE
Divines Sœurs, qui sur les rives molles
Du ûeuvc Eurote et sur le mont natal
Et sur le bord dvi chevalin eristal.
M'avez nourri maître de vos escoles.
(RoHS., Amours, I. I, sonnet.)
Fumier chevallin. (Emos., Trésor, c. xxiv.)
Bestail chevalin. (0. de Serr., VIII, 6.)
Ce sont eux (les orges d'automne) qu'on
appelle chevalins, pour estre les herbes très
bonne pour purger et engraisser les che-
vaux a la primevère. (Id., 108.)
Adieu Parnasse, adieu fontaine chevaline.
(Passebat, Œiiv., p. 92.)
— S. f., espèce chevaline :
Le naturel de la chevaline et de la mule-
taille est, qu'estans bien traictees au soir
et repaissant a la disnee, d'employer le
reste du jour au labourage. (0. de Serres,
85.)
Par la chevaline sont entendus les che-
vaux, juments, etc. (Id., 259.)
Cf. II, 111\
ciiEVALOx (a), loc. adv., à cheval :
Le premier a qui il sera commandé se
mettra a ehevalon sur la vergue. (Marc Les-
CARBOT, Hist. de la Nouv. France, II, 505.)
A ehevalon sur le travers de la croix du
clocher de l'église Nostre Dame dudit lieu.
(Id., ih.)
Cf. 11, 110".
ciiEVAivcE, s. f., ce qu'on possède, ce
dont l'on dispose :
Cor savoit il de voir
K'a lui la plus bielc chevance
Ert avenue sans doutance.
\Chev. as .u. esp.. 3394.)
Il se ouide veoir délivre
Encor par aucune chevance.
[Rose, 2628.)
Que il fuissent alïoibli de corps et amenri
de chavance. (Froins., Chron., IV, 128.)
Si prieront pour vous et recorderont ens
es estragnes contrées, ou il iront querre
lor cavance. (lo., ib., IV, 286.)
Il trainooil après luy une grande che-
vance. (Amvot, l'aul. Em., Œuv., p. 909.)
CIIEVA>E, V. CbaNVRE.
CHEVAUCHABLE, adj., propre à être
chevauché ; oit l'on peut aller à cheval ;
Ce qu'il eusl ligierement fait si c'eust
esté temps chevauchuble. (O.de La Marche,
Mim., I, 26, p. 293.)
Ce cheval, je le maniay et domplay si
bien que je le rendi c/ieynuc/iflfc/e par toutes
eaux et par toutes mers. [Aleclor, f° 51 v°.)
i;hevaiichemei\t, s. m., action de
chevaucher.
Cf. II, 111'.
cHEVAitnoxs (a), loc. adv., jambe
de çà, jambe de là, comme si on était à
cheval :
Car cops vont comme a chevauchons.,
I^GuiABT,/îoi/. liiujn-, 19263.)
CHE
Ou plat de l'autre tlascon a, en l'esmail,
Sanson fortin qui est a chevauchons sur
un lyon. {Invent, du duc d'Anjou, n" 332.1
Ces gens se perdent a chevauchons sur
l'epicycle de Mercure. (Mont., II, 17, éd.
1588.)
ciiEVECH, mod. chevet, s. m., tête
du lit, partie où l'on pose la tête ; en
général, tète, extrémité :
Au cavec de le bière se met a jenellons.
(Houm. d'Alix., i" 83^.) Impr., cavet.
Vers la fosse, u ses pères gist
Droit au cavec. et puis dist.
[Chev.as .II. «p., 7435.)
Chevois.
[Me des l'eres, B. N. 23111, f 40».;
Au caveic du lit. (S. G)-an/, Vat. Chr. 108,
f 29'.)
A[u] chaves de cel lit si avoit une co-
rone d'or. [Ib., B. N. 2455, f 114 r".)
Tantost vers le hevec s'en va,
L'espee au senescal Irova.
[D'un roi d'Egypte, Ars. 3527, f» 95".)
Quant Baudemagus vit k'il dormoit, si se
teul et li fist cavech de son escut. [Sept sag.
de Rome, Ars. 3516, C 121'.)
Desuz le cheves ravoit mis
.M. oreillers d'un vert samis.
(Gérard d'Amiens, Escanor, 11677.)
Et soit li caves du lit haus et bien cou-
vers de dras. (Alebrant, B. N. 2021, f° 7 v".)
Les le ckavec de cel moustier
I eut larrons.
[D'un preslre c'onporte, B. N. 1553, £' 511 r'.)
Lors a sa mein au chavez mise.
[Des Tresces, Montaigloo et Raynaud, IV, 75.)
Au cavec de cel monument, ausi come au
chief d'un autel par dehors c'on apel[e] can-
cel la cantoit on cascun jour messe. [Hist.
de la terre s., ms. S. Om., C 40°.)
Au cavech del cuer. [Ib,)
La fosse qui siet au chevoiz del mostiei'.
(Jurés de S. Ouen, f 291 r°, A. S.-Inf.)
Befaire le chevel dou pont. (1331, Compte
d'Oudari de Loigny, A. N. KK 3", f 118 v°.)
Amender le quevech d'un pont. (1421,
Lille, ap. La Fons.)
Une belle et riche couche entretaillie au
quavech.[\\" s., Cart. de Flines, llautcœui',
p. 916.)
Le cnvel d'un lit. (xv° s., Valenc, ap. La
Fons.)
Et dessus l'herbe a terre s'estendit
Tout de son long, de reposer contraincte.
Faisant chevet de sa trousse bien paincte.
(Cl. Mab., Met. d'Oc, t. II, p. 76.)
que c'est un doux et mol chevet, et
sain, que l'ignorance et l'incuriosité, a re-
poser une teste bien faicte. (Mont., I. III.
ch. xui, p. 199.)
CHEVECHE, s. f . , espèco de chouette ;
Volent les chevoiches et les arondelles.
(Bible, Maz. 311, f 160".) Volant noclua; et
hirundines. (Baruch, VI, 21.)
Il apperceut au dessouz de sa cage une
chevêche. (Bar., Cinq, livre, ch. vin.)
Il y a grant plaisir de voir la dextérité
de la chevesche quand elle se voit assaillie
des autres oiseaux. (Uu Pinet, P/î'ne, -X, 17.)
CHE
CHEVECiER, S. m., anc, celui qui sur-
veillait la partie de l'église où est le
chevet; auj., celui qui est chargé du
luminaire, de la garde du trésor, etc. :
Rue au c/ievecier. (1292, Acte de Pèlerin
|ii-év., Ste-Croix, A. Loiret.)
Mestre Symon, jadis chevecier en l'église
saint Estiene. (1321, A. .\. JJ 62, f° 79 v°.)
Disoient que de la dotation de l'église col-
légiale Monseigneur S. Jlarlin de Tours, et
des dignité?, de chambner cl cliei-eài^r d'i-
celle église, leur compei-tenl plusieurs
Ijeaulx droiz. (xvi" s., ap. Jlanlellier.)
— Au xvi« s., batelier chef, pilote :
Pour huit autres compagnons qui ont
servy de mariniers et cheveciers a conduire
lesd. tirotz du roy. (xvi° s., ap. Mantel-
lier, Gloss.)
— On trouve aussi dans des textes
français une forme semi-méridionale :
Chabessier. (1536, Reg. cons. de Lim., I,
292.)
CHEVEL, mod. cheveu, s. m., poil qui
garnit la peau du crâne :
Jusqu'à la tere si clievel li baleient.
{Roi., 976.)
Saur lo cahpi/l, recercelad.
(Alberic, Alex., 67, P. Mejer.)
Multiplié sunt sur les chevols de mun
chief, ki hairent mei en parduns. (J[,(!;. des
Psaum., Cambridge, LWIII, 5.)
Donkes cuida de duel morir,
Son piz débat, ses chevels ront.
{Eneas, ÏOIO.)
Maint chei'Oil trait.
(ioA., ins. MoDtp., f 171*.)
C'uns sous chevoîz n'i est remes.
(Bob. de Btois. B. N. 24301, p. Sll'.)
Si fu Kes ki ot kaviaxis sors.
{Frerjus, B. N'. 1553, f 437 r".)
Adonl le prist li vaillans dus Ogier
Par les cai-eits, tout nu le braac d'achier.
(Buon de Bord., 172.)
Ces cheveua si crespes et biaus
Fist coper Sainte Elysabiaus.
(HuTED., Vie de SIe Elisabeth, Jub., II, 202.)
.1. chetHOîd
Que jo voy pendre sur ton coul.
(llACÉ, Bibli-. B. N. 401, f' llli>.)
Que si cherioï sont aussi noir
Come corbeaux.
{ID., i"6., f° 114".)
O tout cen doiz estre cortois
Des chevels siques es ortois.
[La Clef d'amour, 297.)
Se des chevelz n'a a plenté.
{[h., 2417.)
El Marie, se fille, qui avoit blanc cahet.
(H. Capel. 939.)
Ke si rhariel ne feusenl coupé en toute
sa vie. (Chroii. depuis le comm. du monde,
nis. Nancy 194, f" 14^)
Ki ses chaviaux li caupa. (/i.)
A une nile qui avoit apporté sescheveulx
'i,'*.''?'ne- ('^â8. Comptes de Calherine de
ilédicis, ap. V. Gav.)
CHE
CHE
75
— Vis:.
Il ari'acha furieusement les cheveu.r de sa
barbe. (.Xicol. de Mo.ntrelix, Sec. liv. desber-
j geries de Juttieite, P 73 V.)
I — I.oc, tenir l'occasion pnr les che-
veux, être à même d'en profiter :
Je ne veux perdre cesle occasion, puis
que je la liens pnr les cheveux. (Tol'r.seb.,
les Conlens, I, 3.)
— Empoigner l'occasion par les: che-
veux, la saisir vivement :
Parle donc qui voudra de la chauve deesso [se-
Qui deux fois au.r cheveux empo-gner ne se lais-
(JoACa. DU Bell., Au roi s. In trêve.)
— En mon cheveu grison, quand mes
cheveux grisonnent :
Tout ce qui fut le faix de mes rongnons.
Ceinture, dague, espee, compaignons
De mes travaux, a toy je les desdic
Dessus ma porte en mon cheveul grison.
(Ross., ŒuD., p. 234.)
CHEVELEL'RE, mod. chevelure, s. f.,
ensemble des cheveux d'une personne :
Blance cereleure.
(Quat. fils Aymon, nis. Metz, f" i".)
De cief et de caveleitre
L'avoit mult honoré nature.
(Wace, Brut, 3801.)
Chevillitye.
;Th. de Kent, Gest. d'.Uex., B. N. 24364, f° 61 v».)
Ceveîeure-
{Roum. d'Alix., S' 19*. )
Mais il est de laide estature.
De vis et de chavaleitre.
[Dolop., 11507.)
Et ta blonde cheveleiire
Enlaidie par canisture.
[La Clef d'amours, 2151.)
Chevoleure. (Cathoticon, B. N. 1. 17881.)
Tes grifz sont gris, ta cai>ellure (de l'aigle)
[est hure.
[Les faictz et ditzde Jek. Molinet, f' 179 v**.)
Cheveleure.
(Belleau, Œuv. pO'''t., Pierre du coq.)
CHEVELIERE, S. f., ruban de fil, cor-
don :
Pour douze aulnes de clievelieres de fil
baillées pour estrennes aux servantes du-
dict sieur Jacob. [Form. fort récréatif de
tous contracts,p. l2o, Techener.)
Pour mieux adouber vostro teste
Chevelieres et oreillettes.
[Présentation des joyaux, 59, Picot et .\yrop, Xouv.
rec. de farces, p. 184.)
CHEVELU, adj., qui a de longs che-
veux ; garni de cheveux:
N'i a ne caveln ne cauvc
Qui a merveille ne l'esgart.
(Cheesi., Cliyes, .\rs. 3319, f° 277«.)
Aventure est chevelue
Tut dreit el frunt devant.
(El. de Kibcuam, Afail. Cnlun, 443, Steng.)
Ne cauf no fiuevelu il n'i espargnern.
[Doon de .Valence, 8983.)
Fu par droit nomez Esahu,
Ceu est a dire ehevohiz.
(.Macé, Bible, B. N. 401, f» 9«.)
Crinitus, ktwelus. (Gloss. de Douai.)
ciiEVEREL, V. Chevreau. — oheve-
liOEL, f:lIE\ EROL, V. CuEVRELIL. — CHE-
VESCHIE, V. ChEVaLOHIEE.
f:nEVES\E, mod. chevanne, s. m.,
poisson du genre able, dit aussi meu-
nier :
liresmes, gardons, carpes, carpeaux.
Et chevesnes a grans escailles.
(J. Le Fkvbe, la Vieille, I. I, v. 996.)
Seing de harenc, convers, chevennes et
sardille. (1432, ap. Manlellier, III, 220.)
Chiecennes, chevyns. (Du Guez, à la suite
de Paisgrave, p. 913.)
Cf. II, 11 4-.
CHEVESTRE, mod. chevêtre, s. m., li-
col d'une bête de somme :
Le cavestre li lace el pie por eschaper.
(.Vaiss. du cheo. au Cygne, 1791.)
De plus ne vous puis mon don croistre
Nis de la moilié d'un cavoistre.
(TuBEST., Cliijes, Ars. 3319, £• 2SS v°, col. i.)
Ces vilains font en chevoitre tenir.
[Mort de Garin, 4116.)
Li chaval el mul asquels in checeslre et
en frein lur maxeles constrein. [Psalm.,
.Mus. Brit. Ar. 2.30, f" 34 r°.)
Et au chief de la charete estoit son che-
val atachies au cavestre. [Artur, ms. Gre-
noble 378, î" 102'.)
Les mains loies darriers lou dos et les
checaslres au coul. (Cart. de Dijon, B. N. \.
9873, r° 40 r°.)
.111. chei'ogtres doubles. (1333, Compt. de
rkospice de .\evers, 1" reg., f 4 V, Hospice
Nevers.)
Monta sour.i. cheval et couru quantqu'il
peut après luy et le ratainst derrière une
haie el la le prist et le loia par les costes
dou keceslre desen cheval. iDéc. 1335, Reg.
delà loi, t. 111, n" 132, A. Tournai.)
Une paire de trays et ung quevestre ser-
vans aux chevaux d'icelle ville. (15 sept.-
20 fév. 1432, Compte d'ouvrages, 5" Somme
de mises, A. Tournai.)
Et du rude chevestre
Lve son col.
(Cl. Mak., .Met. d'CJv., 1. I, p. 45.)
Allez, fiez vous désormais aux person-
nes ! Je ne le feray de ma vie : il n'est
que de tenir son asne parle chevestre. (La-
luvEY, Esprits, III, 5.)
Et puis quand le jeune homme une fois marié
D'un éternel chevestre a la femme est lié.
Sa vie en ce lien désormais prisonnière
.A perdu pour jamais sa liberté première.
(SCEV. DE Ste Mabtue, Prent. ceuv., I.)
— Pièce de charpente :
Pour laillier le cavestre du dit aistre.
(1312, A. .N. KK 393, P 34.)
..XV. solives el .xxiiii. chevestres par luv
fais. (1396, Compt. de Nev., CC 4, f 17 r".)"
CHEVET, mod., v. CllEVEGH. — CHE-
VIEUE, v. Civière.
76
CHE
<;iiKvii.LE, s. f., morceau de bois, de
fer, etc., rond ou carré, qu'on fait en-
trer dans un trou pour le boucher, pour
faire des assemblages, ou pour d'autres
usages :
Rompent chevilles et clostures,
L'cvc i entre par les jointures.
(Eneas. 249.)
Bares et liches et l-eviles Irenchier.
(Loh; B. N. 4988, f» 192 V.)
Nef commencent a perillier,
Bort et kievilles a froissier.
(Wace, Brut, 2529.)
Il i puel ferir une cheville sanz mcfTel.
(Est. Bon.., Liv. des mest., V p., XLVI, h.)
Une aguille et .n. kevilles de fier. (Tut.
des enfants Nicol. de la Feij, 1352-13o5, A.
Tournai.)
— Prov., compter les chevilles, se
morfondre d'attendre :
Demeure a l'huys, et conte les chevilles.
(Lariv., les Tromper., 1, i.)
Si lu t'en vas, je te fermeray l'huis au
nez et te laisseray conter les cheoitles. (Id.,
le Morfondu, III, i.)
D'y aller hurler en cet accouslremenl, je
ne le feray jamais, joinl que j'aurois beau
conter les chevilles, ilz ne m'ouvnroient
pas. (Id., id., III, ti.)
Prudence, estant descendue, ouvre la
porte a son marv, qui faisoil bien le fas-
ché de ce qu'on liiy avoit lanl et si longue-
ment fait conter les chevilles. (In., Nincls,
IX, IV.)
— Saillie des os de l'articulation du
pied :
Vers la chi ville nel fort pas.
(Ucos DE Rot., ProtesUws, B. N. 2169, f" 7I«.)
l.a chaville del piel. (ii. Graal,^. N.2455,
r 290 r".)
Cil qui esloient a pié enlroient en sanc
jusqu'aus chevilies. (Citron, de Turpin, B.
N. 5714, r t)5^.^uracher.)
La kieville du pié. (16 mai 139(i, Heg. de
la loij, 1393-1401, A. Tournai.)
CHEViLLETTE, S. f., petite cheviUe :
Plate banque, ronde gambete.
Gros braon, basse quevillete.
(Ad. de lu Haiie, li Jus Adam. OEuvi-., p. 302.)
Chevilletes d'acier.
(Adeset, Cleom., Ars. 3142, f» 7'.)
Il se ble(.'a griemenl en la chevillelte du
pié désire. (Les Mir. S. Lotis, Uec. des hist.,
XX, 151.)
.1. huis a l'estage desoulz de le lour du
belTroi en freul quevillié de qiievillettes et
clincque... (1415-16, lieg. des recettes et dé-
penses de Boulogne-siir-Mer, Duijont.)
t-.HEViLLEURE, mod. chevillurc, s. f.,
ensemble des andouillers qui viennent
après le second dans le buis du cerf :
Ce premier cors se nomme andoillier. Le
second surandoillier. Tous ceux qui vien-
nent après jusques a la couronneure, pau-
mure ou Iroucheure se doivent nommer
cors, ou chevilleures.iXiv KoriLi.oux, Vener.,
cxxi.)
CHE
ciiEvii.i.iER, mod. cheviller, v. a.,
garnir de clievilles, assembler, conso-
lider avec des chevilles :
Kl les ais copent et refont kleviïlier.
(Loh., B. N. 4988, f" 185 V.)
Cil ot la nef apareillie
Et bien cloee et cevillie.
(Ben., Troie, B. N. 375, f" 69'.)
.1. l'uissel menut quarreil qui esloil cha-
villies en l'un el en l'altre fuissel.(S. Graal,
B. N. 2455, f° 115 v°.)
Une fencstro i ont fait entaillier,
Entor le col li ont fait kcvillier.
{lieuv. fVHanst., B. N. 2548, f" 118».)
.uu. fortes quievilles de fier qui servent
a tenir et quievillier a le dicte baille. (16
fév. 1431-17 mai 1432, Compte d'ouvrages,
r° Somme de mises, A. Tournai.)
Si (la lance est foible), ainsi que ceux
qui les redoutent ont accouslumé de les
alToiblir et cheviller, elle voile en esclats
sans elîects. (Gasp. de Tavannes, Mém., p.
192.)
— Chei'itler des vers, y faire entrer
des mots de remplissage :
La brave slruclnre et gravité des vers,
ou il n'y a rien de chevillé. (Préf. des œttv.
inesl. de Jod.)
— Chevillié. p. passé ; tig., endurci:
Le roy de .Navarre est un hérétique che-
villé. (Dialog. entre le maheustreet lemanant,
P 21 r°.)
cHEViLLOiB, S. m., instrument à che-
viller la soie, la laine, etc. :
Ung ourdissoir, lavyere el quevilloir. (\"
fév. \o\ï,Exéc. lest, de Jehenne du Prenne,
A. Tournai.)
cHEviLLON, s. m., diminutif de che-
ville :
Que les estaclies et tout le chevillon
Erent de fer par tel devision...
(.tfoji. lieimart, B. N. 368, f 246«.)
Li Uauberc furent fort, n'en rompi chevillon.
(Mauy. d'.ligr., B. N. 766, f" 19 y'.)
lîuiUemin Chevillon. ,1100-1402, Compte
de Girarl Goussart, Commune, A. mun. Or-
léans.)
Il a defors ceste sale un char que .in-
cers blans ont amené, el pouez bien feire
veoir con riches il est; je vos di que li
traiant sont de soie el li chevillon d'or.
(Perceval, I, 27.)
venir à bout de, être
Cf. Il, 116".
CHEVIR, V. — N.
maître, disposer de :
Or me le laissez gouverner.
Je croy que bien en cheviruy.
{Farce du Coustur., Ane. Th. fr., II, 170.)
Et puis il est trop d'onvieulx
Et desquelz on no peut chevir.
(R. DE CoLLEBYE, Diul. des abusez, p. 37.)
Lorsqu'il vouloit chevir a poinct d'une
bonne affaire, falloit qu'il prit tout belle-
ment son repos. (Chouf.bes, Apres disnees,
I, f 19 r".)
Qui veut chevir de ses facultés, il faut
CHE
user d'industrie. (1''r. de Sai.., Am. de Dieu,
1. I, C. II.)
Je remédierai a ce deffaull par les meil-
leurs elplus prompts moyensdont je pour-
ray r/ictiir et disposer. (3 mars 1604, Leif.
miss, de Henri IV, l. VI, p. 208.)
La Guicheestoil amoureux de mademoi-
selle de La Mirande, fort sage, el n'en pou-
vant r/ieoiV, le roi résolut de l'aider, (yl)ieeti.
de l'Hist. de Fr. pend, les xvi' et xvn" s.)
— A., terminer :
Et nus et nostre cause contre li maintiendra,
Et, s'en vus no remaint, très bien la chérira.
(Garb., .S', r/iora., 4903.)
Cf. Il, 116\
flHEVOSTRE, V. ChEVESTRE.
CHEVRE, S. f., mammifère de la fa
mille des ruminants, à cornes creuses
et persistantes, à menton garni d'une
barbe :
As ieus ki larmient, prendes rue el le fiel
d'une cievre el miel, el soit bien Irieblé el
balue aune penne. (Rem. pop.. Am. Salmon,
dans Eludes rom. déd. à G. Paris, p. 256.)
Or ne quidies vous qu'ilpensast n'a bues,
n'a vaces, n'a civres prendre. (Auc. et Nie.,
10, 6.)
Si li fet lors .i. parlement
De paroles ou il li ment :
Por passer les chtevres, les chous,
Sacbiez qu'il n'estoit mie fous.
(G. de Suie, Vat. Cbr. 1725, i' 86' i 3460, A. T.)
Tant grate chievre que mau gisl. (Ménes-
trel, S 362.)
Chievre ne doit a Petit Pont nule cous-
tume. (Est. Boileau, Liv. des tnest., 1" p.,
11, 45.)
Et sa suer lieve sus, les cievres maine en camp
[Godefroy de Bouillon, B. N. 12558, f° 12'.)
A la chandelle la chèvre semble demoi-
selle. (i'co(i.,ap. Ler. de Lincy, I, 161.)
Qu'il voye une chèvre coîfee
11 l'aime de prime arrivée.
(J. A. DE Baif, leBnwe, lll, i.)
— Sorte de cornemuse :
Joueux de hairpes, derebecque, inclue-
vre el de leuz. (J. Aubrion, Jou™., an 1489.)
— Outre en peau de chèvre :
Quatre chievres plaines de très bon vin
de Marboa. (Voy.du s. d'Anglure, G 301.)
— Chèvre de feu, chèvre saïUeliinte,
feu follet :
Chèvre de feu. C'esl une exhalaison en-
flammée, divisée en branches ou parcelles,
tellement que peu a peu la flamme courl
d'une part vers l'autre, el semble jeller des
eslincelles de feu. (Comm. sur la sepm. de
Du liartas, l" sem., 2" j., p. 121.)
Chèvre suulelunie, est une impression de
feu engendrée d'exhalaison inesgalemenl
dispersée ca el la, mais plus en long qu'en
large, tellement que la flamme sautant
d'une part a l'autre, semble jelter des es-
lincelles de feu, lesquelles retirent a des
chèvres qui s'entrechoquent. Mais quand
la matière est estendue en longueur, est
esparse en plusieurs petites parcelles de
grandeur el largeur esgale, on l'appelle
estoile volante. (La Frambois., QE!«u.,p. 8.j
CHE
CHE
CHE
•27
— A la chèvre morte :
Nous avons mille médailles, ou cet aigle
esl représenté emportant a la rheure morte
vers le siel ces âmes déifiées. (JIoxt., 1. II,
ch. xu, p. 343.)
— Prendre la chèvre, s'emporter aus-
sitôt, se choquer sans raison :
Le roi se faisant sacrer a Reims, le duc
de Guise familiarisant encoravec l'admirai
de Chaslillon, lui rapporta (|ue le prince
de Condé ne s'estoit pas conduit comme
son ami, pour le gouvernement de l'icar-
dic, un moins rusé en eiist pris la cherre:
mais l'admirai ayant attendu, le vit entre
les mains du mareschal de Brissac, (|iii le
receut, comme on Iny fit sentir, par la seule
recommandalion du duc de Guise. (Aub.,
Ilht. Univ., II, Ij.)
— Donneur de chèvres, conteur de
bourdes :
G'esl ung donneur de drievre a moytié.
(Ler. de Lincy, froit., I, lOi.)
CHEVREAU, mod., V. Chevrel.
CHEVRE coRKE, S. 111., le capricome :
Et quand du Scorpion courant au Sagittaire,
Vers le cercle hyvernal Phœbus s'adressera.
Autour de mille peurs mon espoir glacera.
Ayant pour mon hyver vostre rigueur contraii'e
Passant le cherre corne et l'enfant de Phrygie,
S'il va d'un mesme cours les Poissons traverser,
Quel tropique assez froid lors pourray je passer.
Amour, pour rendre eu raoy ta chaleur amor-
[tie?
tPo. Dbsport., .iiiiows 'J'Iïippohjte, p. 137.)
CHEVREFoiL, uiod. ^chèvrefeuille, s.
m., arbrisseau grimpant, sarmenteux,
à feuilles odorantes :
Pour la chachie. ostre : Prendres fenoul
et arrement et kievref'uel et miel et vin.
(Hem. pop., Am. .'>almon, dans Eludes rom.
déd. à G. Paris, p. 250.)
D'els dous fu il tout altresi
Cume dcl rhievrefoil esleit
Ki a la coldre se perneit.
(Marik, Lais, Cliievref-, 68. j
Maler silva — chevefoil, wudebinde. (V'o-
cabidary of llie names of plaids, p. 140,
Wright.)
Chevretoil. (Ms. Oxf., BodI.. Fairf. 24, P
l'J.)
_ChevrefiieHl.{\\ii't, \.\iiM>EVC,Catholi(on.)
CUEVREL, mod. chevreau, s. m., pe-
tit de la chèvre : •
E Ysaï Sun fiz li enveiad, e un présent
nturnad de pain e de vin e de ses cheve-
rels. (Huis, p. 60.)
As cfierriaus vait, si lor rouva
Que Puis ovrissent.
(Marie, Vsopet, B. N. IQISi, t' 23'.]
Et li chevreaits H rcspondoit.
(ID., ib.)
Lièvres, connins, rheorel et aingnel...
(lisT. BoiLEAU, Lio. des mesl., 2' p., X.\X, 1.)
Char de cheorel. (Eus. p. apareil. viand.,
H. N. I. 7iai.)
l'.iitendi d'aventure le checrtl qui crioil.
(J. DE Meuno, Test., 1134.)
Chavreau. (Liv. des hisl.. B. N. 2012.'., f°
43 v°.)
Et la brebiz se louoit pour sa laine.
Et li chevriauj-' de sauter en la plaine.
(EUST. Descu., V, 115.)
— Chevreuil :
Comment on laisse courre au clievrel.
(ilodus, ms. Valenciennes 602, f° 208".)
ciiEVREPiED, adj. et s., qui a des
pieds de chèvre :
knx Dieux cherre piez j'appans
Geste despouille conquise,
Par moy prise
En l'âge de soixante ans.
(P. Ross., Poèmes, 1. Il, OEuv., p. 829.)
Pan le Dieu chèvre pied des pasteurs gouver-
[neur,
Augmente ta maison, tes biens et ton honneur.
(ID., Egl. m, OEuT., p. 554.)
Il faut, parmy l'espais des forests ombrageuses.
Faire un beau sacrifice au cherre pie Faunus :
Soit qu'il vueille un petit des brigades laineuses,
Soit qu'il vueille un chevreau qui court aux prez
[connus.
(r,L. DE MORENME, Poes. p'Of., p. J08.)
CHEVRETER, V. a. et n., mettre bas, en
parlant de la chèvre :
La chevreln quelque temps après un che-
vreau qui avoit la leste de ligure humaine.
(V.KUÉ, XI.V, x.\.)
Pour tirer toute la commodité de ce bes-
tail, sera bon de faire chevreler partie de
nos chèvres dans le mois de décembre, et
les autres en janvier, février et mars. (0.
DE Serr., IV, 16.)
Chievreter. (Cotereau.)
Cf. Il, 118'.
CHEVRETTE, S. f. , pc ite chèvrc :
D'un lieu loingtain mené cy mes chevrettes.
(Cl.. Marot, Prem. Ëcl. de Virgile, p. 2, éJ. 1596.)
Cf. II, 118'.
CHEVREUL, mod. chevrcuil, s. ra., es-
pèce de cerf, de taille plus petite, dont
le bois est court, cylindrique, et ne porte
qu'un andouiller :
Ne cheverol ne gupil.
( Voi/. Je Cliarl, 3'J9.)
Li ditans est de te! vertu
Et li chevrolz a tel nature.
Quant navrez est, tôt a dreilure
Gort al ditan, a sa mccine.
[Eneas, 9566.)
Cheverol.
(Huoiï DE Rot., Proleslaus, B. .N. 2169, f" il''.)
De fores vient ces bons peires Hervis
Ou a .ni. chiens .un. chivrues print.
(Girb. de Metz. p. 542.) Var., cernez.
Et cort comme devrons amont le desrubant.
|/(o»i. d'Alex.,!' 31°.)
C'ievrol.
[Ib., ï" 20''.)
Grant batailles i ot de vers,
Cheureits i ot et daius et cers.
[Tliébes, 441.)
Cheveroel.
(//ont, 4452.)
Li blans cevrioîs.
(Del Fit au roi, .\rs. 3527, f" 23v)
Li cierriots ki fu legiers.
(/*.)
.1. grant cevruel.
{Ib.)
Vint poignant apries le chevreuel.
(Ib.)
Cheivrues. (Serm., ms. Metz 262, f" 12°.)
Chevreil, cerreil. (Oct. 1272, A. .N. .1 1028,
pièce 2.)
Chevreul. (Ib.)
Vois tu la chu vilain, qui nous vient par decha,
■ I- cherveits a son col ?
[Doon de Maience, 2080.)
Le cherreuh a saisi, que tolir li cuida.
{Ib., 2097.)
Vees le eherveul la.
(Ib., 2131.)
As bisses, as cievrius, as dains
Lor cace font.
[Renart te nouvel, 2759.)
.1. chevrieul. (1354, A. Côte-d'Or B 1398.)
As dains et ascAei)i/'!«e&.(KROiss., Chron..
I, 322.)
Clievreul. (Gloss. de Conches.)
Chevroeil. (Sibileï, Conlrarn., p. 81.)
Chevreul. A roe, or a roe bucU : aiso, a
wilde goat. (Cotur.)
— Chevreau :
S'aporles .i. l-lerroel qui verras alaitant.
(Herman, bible, B. N. 1444, f" 11 r°.)
Kievrol.
(iD., ib.)
Chavrotis, berbiz, aumaille de devant euls me-
[ner.
(ID., ib.. ms. Orl. 374i»', f» 3^)
Ne fust Jacob qui l'ot peu
D'un chevreuil tendre de saison.
(Gaut. d'Arhas, /sr(/c/e, 65, Lûsethj ms. Turin, L.I. 13..
CHEVRiER, S. m., gardien ou mar-
chand de chèvres :
Warins li chevriers, Warin lo chavriev.
(1241, Cart. S. Vinc, B. i\'. 1. 10023, f 31
r".)
Saint Pierre le chawrier. (I26i,ap. Clouel,
Hisl. de Verd., I, 46i».)
Le pasteur ou rhievrier diligent netloier.'i
tous les jours leur eslable. iCotereau, Co-
lum., VII, 6.)
CHEVRIiv, v. Caprin.
cHEVRo:v, s. m., pièce de bois fixée
sur la pente d'un toit et supportant les
lattes qu' soutiennent les couvertures,
les tuiles, les ardoises :
Aiscout tremblent, eslocent .u. perron
Ki soustenoient de lo sale .i. h-eivron.
(Loti., B. IV. 4988, r»243i>.)
Ne demora ne late ne chevron.
(Ib., B. N. 1622, f» 278 r«.)
La mosloile chace les rates
Per très, per chevrons et per lates.
{Vsopet, ms. Lyon, 2047.)
De cèdre sunt tôt li cevron.
(Expl. du Cant. des cant., ms. du Mans 173, 1° 47 r».)
Descouverl sont li kieviron (de mamai-
[son).
(De Josaphat, B. .N. 1533, t" 247 f.)
78
CHE
CHI
Tigna, chevruns. [Gl. de Garl., Brug. 646.)
Var.. qucwerons. (ras., Lille.)
cHEVROivivEAU. S. iii., petit chevron :
Clievronneau, soliveau. (JuN., Nomencl., p.
157.)
cnEVROX>ER, V. 3., garnir de che-
vrons :
Li escuz erl plus blans que cigDes,
S'erl estclez de ineinle jame,
Bendcz <le s.iluz nostre dame,
Chei'i-onnez de festes [annies].
(HuoN DE Meri, Tornoiement Antecrist.)
Se terre est commune ou voie commune,
il n'enpeeche pas servise d'aler el de venir,
et d'élever sa meson plus haut, ne de
chevroner, ne de covrir. (Liv. de Jost. et de
Ptet, IV, 17, S !■)
Deus autres grans flacons d'argent do-
rez, a tissuz vers, et ou millieu du tissu a
une litte cheveronnee de soye blanche et
vermeille. (1360, Invent, du duc d'Anjou.)
Avoir chevronez, latez et couver ledit
fourneaul. (1389, 1.am. i486, t° 37 r°, B. N.)
CHEVROTER, V. a., mettre bas des
chevreaux :
Cette chevrette entre autres que tu vois
A chevroté deux bessons en ce bois.
(ViUQ., Idilt.. I, 80.)
— Abs. :
Les chèvres chevrottenl quelquefois a un
an, et ordinairement a deux. (Du Pinrt,
Pline, VIII, 50.)
CHEVROTiiv,s.m., petit du chevreau.
— Peau de chevreau :
Pour .H. dosaines de peaux de parche-
min et. XVI. peaux de c/ie!)TO<m. (1358, Compl.
i/tun. de Tours, p. 65.)
Gans doubles de chevrotin. (1392, liiv. de
la mairie de Dijon, A. Côte-d'Or.)
Une bourse de chievrotin. (1438, Exéc.
test, de Mathieu Dotengis, A. Tournai.)
Gant de chevrotin. (1491, 0/-rf., XX, 321.)
— Tirer au chevrotin, boire à qui
mieux mieux :
Saincte dame comment ilz tiroyent au
chevrotin, et flaccons d'aller. (Rab., Pan-
tngr., ch. xx.)
— Tirer au chevrotin a encore si-
gnifié donner de l'argent comme d'une
bourse de peau de clièvre :
Traite ad chevrolinum. Trahe ad bursam.
Tirer au chevrotin : c'est a dire, tirer a la
bourse, baillerargent.(0«co)v.se)'m.eîne7îc(.
de Mat. Cordier, ch. lvui, n. 73, éd. 1539.)
Cf. II, 119=.
CHEVROTTEMEiVT,s. m., bêlement de
la chèvre, du chevreau :
Geste herbe a dans le chalumeau de sa
tige une petite beste... qui ne fait que
monteret descendre, rendant par ce moyen
un certain son retirant au chevrottement
d'un petit chevreau qui crie. (Du P[net,
Pline, XXIV, 18.)
CHEZE, V. Chère.
Chasuble.
— CIIEZUBLE, V.
ciiiASME, S. m., croix mise en marge
des manuscrits, en forme de X, et in-
diquant un passage désapprouvé :
Platon... estimant du signe et figure de
la croix que ce feust un cliiasme, c'est a
dire une fi^'ure quadrilatère resemblante
ladicte lettre X... (Maum., Euo. de S. Jusl.,
f° 170 v°.)
CHiASSE, S. f., excrément de mouche,
d'insecte ; écume, im,pureté à la surface
du métal en fusion :
Chiasse. Drosse, dregs, froath, of mettall.
(COTGB., 1611.)
CHIASTEMEIVT, V. CHASTEMENT. —
CIIIATIQIIE, V. SCIATIQUE. — CHIBOLLE,
V. ClBOHtE. — CHIBOl'LE, V. CiDOULE.
CHicAMBEAU, S. m., piècc de bois
sur laquelle on armure la misaine dans
les lougres :
Quelques vaisseaux, au lieu de poulaine,
n'ont qu'une pièce de bois nommée chica-
bau ou s'attache le couet. (Fournier, Hy-
drogr., p. 31.)
Chicambaut, c'est une pièce de bois qui
sort du navire, yssant entre la flèche et la
lice, et va a fleur d'eau, ou bien cour-
beyant a fleur d'eau ou bien courbeyant
presque a un pied etdemy de fleur d'eau;
il sert d'armurer le misaine et beaupré
quand le navire va a orse, c'est a dire a
bouline. (E. Iîi.net, Merv. de nat., p. 108.)
Chicambaut, ou couet. (Duez.)
CHICANE, s. f., difficulté qu'on suscite
pour embrouiller une affaire en justice :
De peur qu'en son pays la chicane il ne porte.
(Tabourot, Bi(jan\)
... Les estranges tours d'une dame prophane
Que d'un tiltre barbare on appelle chiquane.
{Bebtaut, Œiw., p. 580.)
CHiCA>'ER, V. n. et a., susciter des
difficultés pour embrouiller une affaire
en justice :
Quant chicaner me feit Denise.
(Villon, Gr . Test., .)
CHiCANERESSE, adj. f., qui tient à la
chicane :
Tout leur but n'est aultre qu'a les allu-
mer (les procès), les augmenter et perpé-
tuer, sçachant bien que la cessation d'af-
faires chicanneresses seroit la fin etadmor-
tissement de leurcresdit el bonne fortune.
(JIiCH. Lhospital, OEuv. inéd., I, 345.)
CHiCAXERiE, S. f., le fait de chica-
ner :
Chiquanerie.ifi.\'sim.\m., Merv. du monde,
r° 37 v°.)
Chicquanerie. (In., ih., C 40 r°.)
Brouilliz et chiquaneries. (Paradin, Hist.
de Lyon, p. 229.-)
CHI
.l'avois mon s.ic de plaidoyries
Tout remply de chicaneries.
(A. DU Bbeuil, Muses gaillardes, f" 115 vo.)
CHICANEUR, S. m., cclul qui chicane,
huissier, procureur :
Si le manda vers luy venir par une belle
citation par ung chicaneur. {Cent Nouv-,
xcvi.)
Je ne doute point qu'enlre ceux qu'on
appelle gens de justice, il n'y ait aujour-
d'huy de beaucoup plus grands chiquaneurs,
pipeurs, mangeurs, etc.. (11. Est., Apol.,
p. 243, éd. 1566.)
CHiCANEu.x, s. et adj., chicaneur:
Se biens avoit comme prince ou régent.
Ne doubteroit cicanenx ne sergent
Et seroit hors de grant perplexité.
(R. DE CoLLERYE, Hoiuleau.c, LXXVII.)
Il y a aussi delà noblesse, qui pour des
querelles, qu'elle prend sans propos, ou
pour croquer la despouille d'un gros bé-
néfice, fait des ports d'armes, dont s'ensuit
quelquefois beaucoup de meurtre, et n'y a
province au royaume ou cela ne se voye.
Si pour les en divertir, vous leur envoyez
un petit serpenta verge, jamais chiquanou.t:
ne fut mieux frotté qu'il sera. (La Noue,
Disc, p. 106.)
Le beau père, qui esloil cliicanoux comme
luy, respond... (G. Bouchet, Serees, V.)
Que mauldit soit le citadoux
Aveeques le sien chicanoiix.
Qui l'austre jour me desroberent.
{liesponse de la vertugatte.)
CHiCAXiQUE, adj., propre au chica-
Quel mal font les chiquaneurs d'ouvrir
leurs bourses a ceux qui ont envie de les
remplir, a la charge de leur donner le pas-
setemps de voir mille et mille galanteries
et gentillesses chiquaniques ? (11. Estien.,
Apol., p. 242.)
Je sçay que la gent basse, au monde chicanijiie,
Est plus active aux plaids qu'au combat veneri-
[que.
(LiSPHBlSE, la Nouv. Tragic Ane. Tli. fr.. Vit,
490.)
CHiCANOURE, S. f . , femme chicaneu-
se :
Cherchans eaue fraische pour la chorm'e
des naufz, rencontrasmes deux vieilles cftî-
quanourres du lieu : lesquelles ensemble
misérablement pleuroient el lamentoienl.
(Rab., Quart liv., ch. xvi.)
CHicANOURROis, adj., chicaneur:
Puis disl a haute voix en présence et au-
dience d'une grande tourbe du peuple chi-
quaiiourroys. (Rah., Quart liv., ch. xvi.)
CHICHART, adj., chiche, avare :
Cy n'entrez pas, vous usuriers chichards.
(Rab., Garg , ch. liv.)
Nul n'y sera usurier, nul lescharl, nul
chichart. (Id., Tiers liv., ch. iv.)
D'autres disent par les maizons
Que le président de Maizons
Sera pourvu de ceste charge.
Qui peut rendre obligeant et large
Le plus grand chichard des humains.
(LOBET, La Muse liist., 12 mai 1650.)
CHI
1. CHiciTE, adj., qui donne pou, par-
cimonieux, avare :
Aver ne chuiches.
(Ambroise, Est. de la //. s.. Vat. Cbr. 1639, fo 8''.)
An quel leu porroit l'an trover
Home, tant soit poissanz no riches,
ÎNe soit blasraez, se il est chioJies !•
(Chrest., Cliges, 196.)
Et quanqu'il dit, por voir atïche,
Ja n'an avra la langue chiche.
(iD., ih., 45S9.)
Certes li riche
Sont ore ou siècle li plus chiche.
(GllOT, Bible, 512.)
Hz sont d'aucuns preux si riches
Qui sont avairs et sont si siches
Que...
{La Jotwn. d'oun. et de prouesse, B. A'. 1997, f» 58
Il donne au povre, il donne au riche,
Du sien n'est point aver ne chiche.
(Mir. de N. D., VII, 173.)
Et ! sire, par vostrc mercy.
Ne nous soiez aver ne chiches.
{Ifj. .yi, 176.)
2. CHICHE, S. m., pois chiche:
Je ne priscroie .lu. chiches
Socrates conbien qu'il fust riches.
{Jiose, B. .N.- IS73, t» Si".)
I.a chanipaigne des eschlelles la ou riens
ne croist lors que petites pierres en ma-
nière de sir/ies. Et de cliamp dient les gens
du pays que nostre seigneur passoil une
foiz par la, si demanda a ceulx qui la se-
moient siclies quelle chose s'esloil qu'ilzse-
moienl, et il?, respondirent en gabanl el
mocquanl que (-'esloil pierres. (J. LelOjNG,
Liv. des pei-igrinnciûns, ms. Berne 12ô, f"
ToV.)
rie la purie de chiches. (.1. Le ¥?,\RV.,Rem
l>. la goutte, P. Meyer, iîo;«., XV, 183.)
Apres ces meschans gens venoienl,
Pour ce qu'il/ n'estoient si riches.
Car autres ne prise deux chiches.
(Cna. DE Pis., Lonrj est., 2802.)
Chklies et fèves. [Jnrd. de santé, I, 489.)
CHICHEME.VT, adv., d'uiie manière
chiche, avec parcimonie :
Encliargié de le gouverner chichemenl.
(Enf. Viv., B. N. 796; éd. Wahlund, p. 39.)
(lonimençaadetraclerde son perepource
qu'il le Iraitoit trop chichement. {.Mer des
Cron., f 138 r°.)
Cichement. (N. de Bkis, Institut., !" 104
V.)
Chichement, .\vare, parce, resiricle. (Itou.
Est.)
CHI
79
CHI
Chiclteié est la lysse
Qui l'ame tue, et rend le corps mal sain.
(J. Marot. Doctr. des peine. De fuyr avarice, p. 13,
éd. 1632.)
Aridus homo. Sec de sicheté et de soing.
(R. Est., Thés.)
Il ne sera question que de cldcheté, et
de tenir la main serrée. (Cai.v., Serin, s. les
Ep. a Tim., p. 2i0.)
Cependant qu'ilseconlenle de i'espargne
et chichetéûe sa table. iMo.sx., 1. II, ch. vin,
p. 251.)
CHicHEUs, adj., chassieux :
I- /^f / ,o, , , ,, ' lue celle nature vient d'Espaigne! (G\sr.
Lippus, a, um. Chichezts.(Gloss.lat.-gall., Feb Ma? 1717 f» in» i ■-iJ»'b"'=- ^ui^'-
B. X.l. 4120, f 124 r°.) . , fEB., 3la?. 3il ,. f 40 .)
pop., Am. Salnion, dans Etudes rom. déd. à
G. Paris, p. 2Ô7.)
Or vous dirons, bêle mère, dient li chien.
que nous ferons. (Me.nestrel, g 412.)
— Chien de mer, sorte de squale :
Crevis, rasours el chien de mer. (La Ma-
nière de langage, p. 394.)
— Chien d'oiseau, chien de chasse
originaire d'Espagne :
Autre manière yade chiens que l'en ap-
pelle chiens d'oyscl el espaignolz pour ce
CHICHE viLAix, S. m., hommechiche,
ladre :
Nous disons... chiche, vilain, ou chiche
vilain. (11. Est., Precell., p. 74.)
ciiiCHiER, s. m., plante qui produit
les pois chiches :
Et la graine sauvage
Du chichier étranger.
(Grevin, Œuv. de Xicaiidre, p. S6.)
Ainsi comme on dit lévrier de Bretai-
gne, les alans et les chiens d'oysel vienneni
d'Espaigne. (In., C 40'.)
— Promettre chiens et oiseaux, pro-
mettre monts et merveilles :
Au lieu qu'estant au fort de sa maladie
il me promettait chieîis et oiseaux, alors qu'il
commença a revenir en convalescence il
sembloil ne me voir pas de bon œil. et ne
faisoit aucune mention de me contenter de
mes peines. (II. Estien., Apot., c. 16.)
CHICOREE, S. f., plante potagère à |
petites feuilles frisées qu'on mange , de la nuit :
comme légume et comme salade : !
Entre chien et loup, à la tombée
yorl chichement, perparce.(l.j4i), Dict. fr.-
tat
CItICHCRULI.E, V. CiCEROLE.
ciiicHERO.\, S. m., bout du sein :
Sur voz lelins llestris les chicherons tout noirs
Iteprcsenlenl les bouts de deux vieux entonnoirs.
(Tabourot, Diijurr., l' 200 r».)
ciiicHETÉ, S. f., fait d'être chiche :
Frugalilateiii, chiuchelé. {Gloss. de .Vcc/c,
llrug.)
S'il veut pois, elle fait poree
De raves ou de cicoree.
(J. Le Fethe, Lament. de .Vat/ieol., 1, 1269, Van Ha-
mel.)
Cicoree. (Dampm.art., Merc. du monde, i"
74 v°.)
Cichoree. (De Fouilhou.x, Orig. des font.,
p. 18.)
CHICOT, S. m., reste d'un tronc d'ar-
bre, d'une racine, d'une brandie, d'une
dent :
Sage n'achope a tous chicots.
(J. DE Baif, Mimes, 1. II, f» 49 v°.)
Séparant des sicotz
Le branchage arrengé pour porter en fagotz.
(1574, Efforts et assauts faicts et donnez a Lusiynen.
Poés. tr. des iV et ivi" s., t. VI, p. 313.)
Laissez luy des chiqiiots et des greffes.
(LiEii.\L'LT, p. 408.;
En couppant les branches, il faut laisser
des ciquots assez longs pour r'enter cyons
nouveaux. (E. Bi.net, Merc. de nat., p. 273.)
CHIEES, CHIEF, V. CheS. — CHIEF, V.
Chef.
CHiE.MEXT, s. m., action de se dé-
charger le ventre :
Cacatio. Chiement. {Trium Lino. Dict.,
1604.)
CHiE.\,s. m.,quadrupèdedomestique, ;
carnassier :
Vus lui durrez urs et leuns et chiens.
{Ilol.,3D.)
... Prennent lor ars. cors et lévriers,
C'A ic«s et viol très et liemiers.
(Eneas, 1459.) ]
Se vous de cien aves morsure, prendes !
rouge ortie et la moricle el lait cru. {Ilem.
m., celui qui a le
i Entre chien et loup, sur le tart,
j Qu'on va les marjolaines querre.
1 {Jugem. de l'amant banni, sv" s., \at. Cbr. 1720
j Not. et extr. des mss., XXXIII, 231.)
j — Dormir en chien, dormir à jeun :
Comment entendez vous, dormir en chien ?
[ C'est (respondit Ponocrates) dormir a jeun
en hault soleil, comme font les chiens.
(R.\B., Quart livre, ch. LXiii.)
I Dormir en chien. Dormira cada trecho.
(C. Ol-din, Dict. fr.-esp.)
j — Infidèle :
François l" fut obligé même pour se dé-
fendre contre Charles Quint, d'emprunter
les forces de sultan Soliman, ce qui lui at-
tira le reproche d'appeler un chien pour
deffairelechrestien. ,Bii.\.\t., Hommes illus-
tres étrangers, t. I des (Euvres compl.)
CIIIEXASSIER, S.
soin des chiens :
Veneurs, braconniers et chienassiers du
roy. (J. .Maigin, Nobl. Triil. de Leonn., c.
XLVlI.)
CHiE.\DEXT, s. m., plante graminée
qui a une quantité de racines longues,
traçantes, noueuses, par intervalles, et
entrelacées les unes dans les autres :
Chiendent. {\iY.i.O}{, Nal. des oys.,2, .\XI1I.)
— Il est représenté par beaucoup de
noms propres, de lieux et de personne.s :
Ou lieu (près de Monlauban) que on dit
chiendunt. (1340, A. N. JJ 73, f 184 r°.)
Estiennot Cliiendent. (1J30, Cumpt. de
l'argent, de Phil. d'Evr., A. li.-Pyr. E 519.)
CHiEivET, mod. chenet, s. m., pièce
de fer à tète ornée qui représentait or-
80
CHI
dinairement des têtes de chien, et qu'on
place à chaque côté du foyer d'une che-
minée pour soutenir le bois à brûler :
Quatre pare de chenez. (1317, dans V.
C.ay.)
Pour deux chieanais de fer pour la che-
minée du comptouer. (1379, Arch. hospit.
lie Paris, 11, lOS.)
Chanetz, une cramaUliere.(fnu. rfes biens
de Jacjues Cœur, A. N. KK 328, f° 223 v°.)
Du(iuel chasleau Iremblerenl les logis si
rudemeul que les chtennetz ou landiers qui
esloient soubz les cheminées tombèrent a
terre. (Haton, Mém., an 1580.)
Une pare de chesnel: de fer. (1621, Inv.
de meubles, dans Travaux Ac. Reims, LXXV,
29i.)
Cf. II, 122».
CHiEiviQi'E, adj., de chien :
Chiea qui persuade si bien
Par un chienique murmure.
(GoY DE Tours. Poés., II, 80.)
CHIEIVIVAI, V. CilENET.
t;niE>XERiE, S. f.. action de chien ;
chose dégoûtante :
Y avoil multitude de chiens et oiseaulx
gaslans l'honneste mesnage des bonnes
gens, sans oser dire mot; et sembloitque
chiennerie estoit des logis. (G. Chastell.,
Cliron. des D. de Bourg., 11, 11.)
Cf. Chienerie, II, 122''.
CHiExrvETER, V. n., chienner :
Apres que la chienne aicra chienneté, on
la logera chaudement. (0. de Serb., IV, 16.)
La jeune lice qui n'« jamais chienneté.
cSai.n., Ven., I, 1&.)
t■.HIEN^'l^■, adj., de chien :
Les Egyptiens
Ont adoré leurs dieux sous chiennine figure.
(RONS., VI, p. 6S, Mellerio.)
Cf. Chienim, 11, 122=.
ciiiEMiAiGE, S. m., colchique, plante
médicinale, appelée aussi tue-chien,
vieillotte, lis vert, chiennes, safran des
prés :
Le colchicon qu'on appelle rhienraige.
(LiEBALLT, p. 597.)
CHIENS, V. Céans.
CHiER, verbe. — N., se décharger le
ventre de gros excréments :
Conment chia sus le musel
Au vilain tant qu'il s'esveilla.
(Ren..Br. XVl, 1148.)
Le dit David rhii sur la Bible. (Brant., t.
in, p. 234, ap. Ste-Pal.)
Bistoquet n'est aucunement
Vilain, car tout soudainement
Qu'il a cagat, il prent la cure
De couvrir toute son ordure.
(C.uv DE Tours, Pors., Il, 82.)
— A.:
CHI
Qui chif estant jeune des crottes, estant
vieil il chie des mottes. Entendant par ces
paroles que n'ayant rien appris qui vaille
en nos jeunes ans, vous ne sçavez rien qui
mérite estant en vos vieux jours. {Suit, des
m. Prov., 1665, t. Il, p. 229.)
CHIEBCHIELLE, V. CeRCELLE. — CHIE-
REiVC, -EIVCII, V. SeRAN. — CHIEREN-
CniER, V. SeRANCBR. — CHIERENT,
V. SeRAN. — CHIERISIER, V. CeRISIER.
— CIIIERREîVCQ, V. SeRAN. — CHIER-
viELLE, V. Cervelle. — chiescun, v.
ChaSCON. — CHIESSER, V. CeSSER. —
CHIEL-rVCQUANTE, -AXCTE, V. CINQUANTE.
-•cHiEuyuiME, V. Cinquième.
CHiEUR, s. m., celui qui chie :
Chieur. Cagador. (C. Oudin, DIct. fr.-esp.)
CHiEi'RE, mod. chiure, s. f., trace
laissée par des excréments de mouches
ou d'autres insectes :
Chieure. Cagadura, cagazon. (C. Oudin.)
ciiiEUx, S. m., chieur :
Veu que tu n'est plus qu'un cliieux.
(RoNS., ap. .K. du Breaii, Muses gaiUardfS, î'* 43 v".)
CHIFFE, S. f., chiffon, guenille:
Ses fils le nom de conte port.
Qui n'iert mie vestuz de chippes.
(GuuRT. t. I, p. 28, V. 74.)
Cf. Chipe, II, 125\
CHiFFETiER, S. m., crieur de vieux
chiffons :
Cbiffelier, stracciaruolo, scutarius, c'est
un crieur de vieux drappeaux. (buEZ, Nu-
mencL, p. 130, éd. 1614.)
CHIFFLER. CHIFFI.ET. V. SlFFLER, SiF.
FLET.
CHiFFO.\i\ELR, S. m., syn. de chiffon-
nier :
Chiffonnier et ç/ii/T'oHîieu?', un crieur et re-
vendeur de vieilles pièces ou morceaux de
drapetde linge, ou d'autres estolTes.;iluEz.;
t:HiFFO>'MER, S. m., celui qui fait
métier de ramasser, pour les revendre,
les chiffons, les vieux papiers jetés sur
la voie publique :
Chiffnnnier. llandrajero. (C. Oudin, Dicl.
fr.-esp.)
CHIFFRE, s. m. et f., signe qui sert à
représenter les nombres :
Que cifre ai fait de moi meisme.
(G. DE Coisci, Mir.. B, N, 375, f» 310=.)
C'est une giffre en argorisme.
Qui ne cognoist rente ne disme.
(G. Mach., Poés., B. N. 9221, l' 103'.)
Aussi bien n'v suis fors que une ciffre
donnant umbreet encombre. (G. Chastell.,
Chron. des D. de Bourg., Il, 26.)
— Caractère numérique employé par
CHI
convention à la place des caractères de
l'alphabet :
.le vous envoyé le double d'une lettre in-
terceptée, escripte en chiffre p^r le duc de
Lorraine. (27 juin 1573, Lelt. miss, de H. /!',
t. III, p. 814.)
— fiepiiler comme chiffres, mettre en
nombre de chiffre, faire très peu de cas
de qqch. :
Quelques sots et glorieux Italiens se sont
voulus alTubler de tel honneur par dessus
nous, qu'ils semblent par leurs escrits nous
reputer comme chiffres. (P.iSQ., Letl., 1, 12.)
Voulant par ce tout donner a entendre
qu'il meltoit en nombre déchiffre tous ces
biens superficiels, au regard de ceux du
dedans, qui dépendent de nostre fonds,
(lu., Pourpar/er du Prince.)
Cf. Chifre, II, 124".
CHIFFREMENT, S. m., actiou de chif-
frer, chiffre :
Suppliant Vostre Majesté de m'excusersi
mes lettres, mais principalement celles en
chill'res, dont la nature prescrit briefveté,
sont trop longues et fréquentes, peu élo-
quentes et souvent pleines de redites, es-
tant bien dirticile d'user de chiffrement
sans plusieurs erreurs. (Sullv, CEcon.ruy.,
ch. cxix.)
cniFFREivEAu,s.m.,enchifrénement;
fig., horion :
Il y en avoit tousjours quelqu'un (jui
avoil quelque cbifveneau. (Paré, t. III, p.
693.)
Chiffrenenu, ou rheume. (Duez )
A tel chanfreneau telle emplâtre. (S.-
.\MANT, Borne ridic, Lxx.)
CHIFFRER, v.a., calculer, numéroter,
à l'aide de chiffres ; écrire en chiffres :
Il ne despand de créature qui vive que
de moy, et seul cliifre tout ce que j'écris
d'importance, (.luin lbli,Lett. de M. Stuarl
à farchev. de Glasg.)
Ledesplaisir que vousme mandezd'avoir
eu de l'égarement fait par les commis de
M. de Villeroy, d'une lettre nonr/ii/free que
j'escrivois et adressois a vostre propre per-
sonne. (Sully, OEcon. roy., ch. cxix.)
Cf. Chifrer, II, 124'.
CHIFFRECR, S. m., celui qui calcule
à l'aide de chiffres, écrire en chiffres :
Cliifreur. (Monet.)
CHIFLER, CHIFLET, V. SlFFLER, SlF-
CHii.E, mod. chyle, s. m., suc formé ..
dans l'intestin grêle , de la partie nutri- \
ti ve des ahments, qui renouvelle le sang : 1
Escliile. (B. deGobd., Praliq., I, 4.)
Chile. (Chirurgie de Gui de Chauliac, dcim
Dict. gén.)
Les veines mezaraiques, par lesquelles le
chifle se porte au foye, pour estre lait sang. 'M
(Paré, .XV, 52.) ' "
CHI
ciiiLEUx, mod. chyleux, adj., qui a
rapport au chyle, qui appartient au
cliyle :
Flux chileux. (B. tiE GoiU)., Pratiq., V, 14.)
Humeurs chileu.f. (Id., ib.. V, 16.)
Egestion chileuse. (I»., «4.)
Substance cUijleuse. (Paré, XXII, iv.)
ciiiLiFiER, mod. chylifier, v. a., trans-
former en chyle :
L'estomacli la reçoit (la nourriture), di-
gère et chijlifie. (U.4B., Tiers lit!., ch. iv.)
CHILI.4DE, S. f., un millier :
Toutes lesquelles parolles ont esté dites
en la sixiesnie clii/kute. c'est a dire, en l'an
de six mille. (M.MM., Œiiv. de S.Jiisl., f°275
v°.)
CUILLER, V. SiLLER. — CIIILLOU, V.
C.iILLOU. — Cm.MUOLE, -lïOLLE, V. Cl-
BOIRE.
CHIME, mod. chyme, s. m., sorte de
bouillie, que produit la première élabo-
ration des aliments dans l'estomac; suc:
Les pommes et fruict (des citonies) qui
sont stiptiques ont l'umeur et chime froit j
et terrestre. (Jai-d. de santé, I, 118.)
CHIMENTIERE, V. ClMETIERE.
CHIMERE, S. f., mon.stre que les an-
ciens représentaient comme formé de
l'assemblage bizarre des partie.s de di-
vers animaux ; idée sans fondement :
Por le foUetens et por chimère.
(G. DE CoiNCT, Mir.j ms. Briu., f" 197'.)
cni.MERioL'E, adj., qui substitue des
chimères à la réalité :
.le ne sçay quoy de fantasque et chiméri-
que. (B. Benoist, dans Dict. gén.)
ciiiMEKisER, V. n., faire des chimè-
res: 1
Cliimeriser, quimerisar, hazer quiraeras. \
(C. Oldin, Dict. fr.-esp.) |
CHIMIE, S. f., science qui étudie la
constitution intime des divers corps:
C/iemie. (1607, dans Dict. gén.)
CHI.MI.\EE, -ER, V. Che.MIXEE, -ER.
CHIMIQUE, adj., relatif à la chimie :
_ Des medicamens pyrotiques et chimiques,
c'est a dire exlraiis par distillation de
quinte essence. (P.xké, XXVI, 1.)
Sel chymique. (Liebailt, p. 297.)
CHIMISTE, s. m., celui qui s'occupe
de chimie, qui est versé dans cette
science :
Chymisles ^on\. les vrais philosophes na-
turels. (ViGENERE, dans Dict. gén.)
CHI
cHiMiSTivjcE, adj., qui est propre à
la chimie :
Instruraens chymisliques. (Evo.\., Trésor,
préf.l
— S. f., chimie :
Ceste belle science qu'ils appellent alqui-
mie ou chymistique n'est qu'un abus. (Ta-
uvME.w:, Second dial. du Democritic, p. 283.)
CniNCHETÉ. V. Chicheté. — C1II>-
ciSME, V. Cinquième. — ciiii\'i;ijr.4\TE-
MER, V. CiXQUANTENIER. — ClIIXE, V.
EscHiNE. — c^I^QlT.\^•T, -.\ivte, v. Cin-
quante. — CHI^•QUE^'.\UDE, V. Chique-
naude.
cmxyuER, verbe. — N., faire go-
daille le verre à la main :
Et avoient les 'Venitians a ly et a sa coni-
pangnie fait grant (ieste et" honneur, en
squinquani et propinanl, en présentant de
lui convoiier sour meir a .ii. galies de
gens d'armes. (J. de Stavelot, Ckron., p.
530.)
CHI
81
— k., boire à gorgées :
Voyant qu'elles prenoient si grand plai-
sir achinqueriiu vin d'Arbois.(SLLLV, Œcon.
roy., ch. .xcviii.)
— Présenter comme cadeau :
Passât a Dynant paraighe a gran noble-
che, et ly skiuquant cheaz de Dinant un
buef, une cowe de vin et .vin. moulons.
(J. DE Stavelot, C/iron., p. 515.)
CHI.XTE, CIII>TRE, V. ClNTRE. — CIIIi\-
TRER, V. Cintrer.
ciiiouRME et cnioRME, s. f., réunion
des rameurs d'une galère ; escouade de
forçats ramant sur une galère :
Et les Venessiens quy estoientgens ases
et deziroient la bregue et se fioient a se
qui avoient la cfiourme de .vi. guallees.
(Gestes des Chipi-ois,p. 275, G. liaynaud.)
Mariniers et cheurmes de galleres. (/«>■-
truclions aux sieurs d'Drfé, ap. Comm., t. III,
p. 372.)
Toute nostre chorme grandement se con-
tristoit. (P.AB., Quint liv., ch. xvni.)
Lesquels voyans le carnage qui se faisoil
de leurs gens, après avoir perdu treize ga-
lères, quittèrent la bataille, monstrans
combien leur diornie esloil bonne ijourles
sauver; car les navies maures estoient
plus légères, leurs charmes meilleures, et
leurs patrons plus expérimentez. (Kalxhet,
Antiq. gaul., 2° vol.. Il, 14.)
La ciourme, c'est la trouppo des forçats,
on dit aussi chiorme. (E. Binet, p. 101.)
— Fig.. troupe, foule :
Amour, ainsi que vous aux liens me contraint,
A la cA/o>*»jeamourousb ainsi que vous m'enferre.
(Bons., I, p. 259, Mellerio.)
ciiiouRMÉ, p. passé, garni dechiour-
me :
Afin que les Troyens sans travail n'aycnl pas
Nos vaisseaux bien chCormez.
(Jautk, II., XV.)
CHIPOTER, verbe. — N., manger par
petits morceaux,' manger du bout des
dents ; vétiller, lanterner :
Qui voudroit u»er de cavillations elcki))-
poter sur chacun mot. (Calv., Comm. s.
l'harm. evang., p. 125.)
— A., vétiller sur :
Ce ne sera jamais fait pour qui voudra
chipoter tous les mots. (Taboirot, dans Lit-
tré.)
Cf. Chipotrer, II, 125". «
CHIPOTEITH, -EcsE, S. m. et f., celui,
celle qui a l'habitude de chipoter :
Vostre femme est damoiselle de bon lieu,
et vous la ferez retenue, recuite, a demy
morfondue, el chipoteuse. (Cholieres, Mu-
tinées, p. 208.)
Ce ne sont que chiches faces, taquines,
chipoteuses et avaricieuses, au lieu que
l'homme veut estre honorable, magniPique
et libéral. (Id., Apres dinees, II, r 63 v".)
ciiippE, V. Chiffe.
CHioi.-E\.4iiDE. s. f., petit coup qu'on
applique en détendant vivement le doigt
du milieu plié sous le pouce :
Fyllippe with ones {\ngar — chiquenode.
(Pals(.r., p. 220.)
La jouoyl... aux c/unquenutides. (Piah.,
Oarg., ch. xxii.)
Une chiquenaude. (B. Jamin, Dialog. de J.
L. Vives, Index, Talitrum.)
CHIQUET.4DE, S. f . , déchiqueturc,
taillade faite à une étoffe :
La manche détaillée a grande chiquetade.
(1624, Le Satyrique de la Court,\^T. hist., Ill, 259 )
CHHjcETAGE, S. m., syu. de chique-
tade :
Ce n'est que velours, que soye, que chi-
quetage, que cotillons, que chamarures et
broderies, que carcans, perles et pierre-
ries. (1588, liemonstr. au roy, p. 200.)
ciiiQUETER, verbe. — A., découper
en petites dents ; fendre, percer, lacé-
rer :
Malntz habitz chiquetez.
(CoQuiLLART, Droits 7iottr.. r* p., I, 64.)
Si je cliiquelte mon bonnet, tu n'en as
que faire. (Palsgr., p. 581.)
Quant ons'enveult servir(de ces arbres),
il ne fault que coupper un peu de la cosse,
et lors vous trouverez les cousteaulx el
aultres basions, telz que voudrez, soit pour
plumer du fromage, pour chiqueter ou
coupper voz habitz, vos chausses et voz
pourpoinlz. (Xarigal. du compaign. a la
bouteille, de l'isle ou croissent les espees,
poignards, éd. I5'47.)
Ayant esté trouve une fois es bains se
chiquetant ](; corps de coups de canivet. (H.
Est., ApoL, p. 309.)
Et d'un son esclattint [(la bète).
On rcsjouit les chiens qui la vont chiquettrint
(Gaucu., l'iais. des clmmps, p. iOI.)
T. l\.
11
82
CHI
Que j'extermineray et nieltray a jambre- |
bridaiiie tous ses ennemis, et que je chi-
quelermj pour son service tout ce qui se
rencontrera plus menu que chair a pasle.
(C'« DE Cn.AMAiL, Com. desfl'rov., II, i.)
T.'on cffiloit l'acier pour chiquetey la veine.
(Fr. Pebbi», l'ourtrait, (» 11.)
11 faul le rosidu en pièces chiqueter.
(iD., Sidier.i, f" 38.)
CInqueler, incidere. (160i, Trium ling.
dict.)
Fig., en t. de musique, comme dé-
couper :
Le cornet .l boucquin cependant esclattant
En cent mille frétions, sonne et va cliirpiettant
Le bransle solemnel.
(Giccn., Plais, des cliamps, p. 48.)
— Chiquelc. part, passé, déchiqueté,
découpé, tailladé :
Chacun veult avoir rolibe ouvrée.
Chacun veult robbe cJncqiiefee.
{Complainte <hi nouveau marié, Poés. fr. des xv« et
XTi's., 1, 2-24.)
Ces plants (de raisin) ont la feuille clii-
qtietee comme l'aclie. (Du I'ixet, /V(«e, XIV,
2.)
Une petite fueille ronde, qui n'est chi-
rjuettee ny incisée. (Id., i6., ch. m.)
L'aconile a les feuilles de plane, mais
chicquetees un peu plus dru. (Ghevin, Des
venins, II, 2.)
Los uns (gants) sont chiquetes
De toutes paris a jour, les autres mouchetés
D'artifice mignard.
(Jean Godard, le Gan.)
L'œillet d'Inde a la plante branchue, les
liges hautes, canelees, droites, roiigeastres,
d'où sort quantité de fueilles, chlquelees,
découpées, etc. (K. Binet, Merv. de nal., p.
248.)
cniQUETEURE, S. f., déclilqueture :
Autant en advient il pour la drapperie,
et principalement pour les chausses, ou
l'on employé le triple de ce qu'il en faut,
avec tant de balalTres et chiqueteiires, que
personne ne s'en peut servir après. (1574,
Disc, sur les caiis. de l'exlresme cherté.)
Les feuilles de l'agrimoine retirent a
celles du chanvre,... et ont environ cinq
chiquetures a l'entour. (llu I'inet, P/ine,
X.W, 7.)
La nature se joue en ce fruict, de sorte
qu'elle y entaille une infinité de figures et
chiquetures plaisantes a voir, qui est le si-
gne de la bonté de la figue. (Liebault, p.
452.)
CHIRAGRE, S. f., goutts aux mains :
Pedagre et cyragre es pies et es mains.
(Oresme, Quadrip., B. N. 1348, f" 161 r°.)
La main a aussi aucune fois une goutte
qui est appellee cyragre ([uant elle est es
mains, et quant elle estes piez elle est ap-
pellee podagre. (Corbichon, l'ropriet. des
choses, B. Ji. 2253a, f 6't".)
Contre goûte arthetique podagre etcyra-
gre vault le oximel qui est fait delà racine
de elleboire blanc. (Secres de Saleriie, ms.
Modène, liste 28, p. 139.)
Contre riragre et contre passion yliaque
CHI
soit elacterium et mierre mis en poudre.
(Ib., p. 137.)
Contre cyragre et contre l'enfleure des
mains envieiUie fait on cautère. (Cyrurgie
Albug., ms. Salis, f 176°.)
Lequel esloit malade de la mala<lie de
podagre et cliirngre tant es piedz qu'es
mains. (II.\ton, Mém., an 1560.)
CllIRETEE, V. ChaIIETEE.
ciiutoGRAniAiRE, adj., qui se fonde ,
sur un acte chirographe :
Le loyer et salaire des valets et servantes
sera tenu pour [irivilegié, et sera préféré
aux autres créanciers cliirographaires ou
personnels. {Coul. de Bruges, XI.X, o.)
]M\.rt chirographaire. (1.532, Coût, de Re-
nai.v,\\U, 1.)
CHiROGHAPHE, S. m. et f., acte, di-
plôme portant une signature autogra-
phe :
Un cyrograplie uni fet et endous l'uni Irenché,
A l'arcevcsque en unt baillé la meité.
(Garn., s. Thomas, 1012.)
Le cyroyyeffe porlereiz.
[Yie de Tohie. B. N. i9S2'o, f" 135 r».)
Li eschaciers tint le saiel
Et les Ictres au d-imoiscl ;
Li cyroyrafes fut leus,
Et li covans reconeus.
{Dolop., 7360.)
Cirogreffe, cqrogreffe. {Bible, B. N. 899, f°
198 V».')
Fere un cyroqrafe. (La prieure deFonlaines
à l'abb. deFcmleo., 12-25 à 1250, A. M.-et-L.)
Cerografe.(Vli<i, Chirog.,S. Sep., Gambr.,
A. Nord.)
Ceste chartre escrite acyrogra/fe. (Trad.
du xnf s. d'une ch. de 1225, Cart. du val
S. Lambert, B. N. 1. 10176, P ^^)
Si en avons fait cyroqraphe. (Août 1236,
Chirog., S. Sépulcre, Camb., A. Nord.)
Cis cyrogrnphes. (Mai 1246, Chirog., Cy-
soing, A. Nord.)
Li cyrograifes qui fu faiz par devant la
royne sera tenu?.. (1251, Heg. du Pari., A.
N. JJ 27, t°281 r°.)
Chirograiphe. (Août 1256, Chirog., S.-
Quentin, 1. 2'i.)
Un cirograffe divisé par l'a, be, ce, dont
i'ai l'une' partie et ledit mesires li coens
l'autre. (Jlars 1269, A. N. J.I 24", f 23 v°.)
Ki cesl présent chyrographe verront cl
orront. (,Iuin 1297, JoiNV.. Charl. d'Aire.)
Cqrogra/fe. (1298. Cart. d'Arras, B. N. 1.
17737, 'r 1 v°.)
Si comme li cirograffes disl. \lb., 1300,
f 133 r°.)
Si comme escril est eus chc meisme ci-
rograffe. (//)., 1300, f 133 V.)
Et li seroit se cyrographe délivrée parle
recort du raaieur et des esquevins. (1307,
Coutume de lacilé d'Amieus, ap. A. Thierry,
Tiers Elut, 1, 16i.)
E
de Oda
n .1. cyroqreffe sus ce fait. (1328, Compte
Odart de Laigny, A. >'. KK 3'. f» 77 r°.)
Li porteras de ce chirographe. (1333, Cart.
de S. Ouenttn, B. N. I. 11070, f 79 v°.)
CHI
Comme appert par \r philogreffe, de la
marchandise. (1458-14.59, A. mun. Avallon,
ce 108.)
Comme il appert par le philogroffe. (Ib.)
Aussi que nul homme d'oultre la mer ne
soit receu a l'onncur et promotion du clergé
s'il n'a le cirographe et signe de .v. eves-
ques. (Me;- des hystoir., t. II, f 132°.)
ClUROMANCE, et (IHROMAACIE, S. f . ,
art prétendu de deviner l'avenir, de
deviner le caractère :
Cyromancie. (J. de Vignav, Miroir hist.,
dans Dict. gén.)
Ciromance. Cyromancia. (Vocabularius
brevidicus.)
C'est assavoir quant a phisonomye
Cheromensie el methoposcopie.
(J. BoucDET, Ep. mor., II, vlli.)
La chyromantie naturelle de Ronphile.
(Paris, 1655.)
ciiiROMAiv(:iE!V, S. m., celui qui pra-
tique la chiromancie :
Autres sont nommes c/wicomanciens, parce
qu'ils devinent par certains lineamens qui
sont es mains. (Paré, XIX, 31.)
n poètes, o astrologues, chantres et chy-
romantiens, neveuillezfeindre tant de men
teries. (Merlin Cocc, c. xxv.)
ciiiROMANT, s. m., celui qui se livre
à la chiromancie :
necromant nocturne, o fraisle chiromant.
(Pont, de Ttard, Eleg. à P. de Ronsard.)
ciiiROM.\>'TiQiiE, S. m., syn. de chi-
romant :
Les devineurselingromanliques.arioles,
enchanteurs, augures et ciromantices la ho-
norent (l'astrologie! plus que Dieu. (Ferget,
Mirouer de la vie, 1'° 122 r».)
cniROMAXTiQUEMEXT, adv., d'après
la chiromancie :
Ce ne leur est rien, qu'en considération
des signes de la main deviner chiromanti-
quement. (Po.nt. de Tyard, Disc, philos., f»
134 V".)
CHIRURGICAL, adj., relatif à la chi-
rurgie :
Instruments chirurgicaux. (JoGB., A7inot.
s. la citir. de Guy de ChauL, p. 294.)
Opérations chirurgicales. (Id., Gr. chir.,
p. 651.)
CHIRURGIE, S. f., partie de l'art mé-
dical qui s'occupe spécialement des lé-
sions externes :
Un cirurgien qui savoil
De cirurgie plus que nus.
(Chrest., Chev. au lion, dans Dict. gcn.)
L'art de syrurgie.
(Fab. d-Ov., Ars. b069, I' 18<.)
Un livret de c/u'cii.çie pour chevaulz. (1381,
Invent, de la Bibl. de J. de Neufchâtel, Bull.
Soc. hist. Paris, nov.-déc 1889, p. 169.)
Sylurgie. (G. de Sevthriers, .I/o", adm.,
Hist. de l'ab. de S. Claude, II, 319.)
CHI
CHO
CHO
83
Cyi-urgie. (1562, Piironne, ap. La Fons.)
Cltirurgie est un aii qui enseigne a me-
tlioiiitiuemenl curer, préserver et pallier
les maladies, causes et accidens qui ad-
viennent au corps humain, principalement
par opération manuelle. (I'ariî, Intr.,c. 1.)
chiri!Rgie:v, -gie\>e, s. m. et f.,
celui, celle qui s'occupe de chirurgie :
Et si estoit bon sitrgUens-
(C.*i:t. d'Arr*s, ]llc et Gale,:. B. N. 375, f 299 v»;
Losetli, 1666.;
Soulive sirri4i'glenne.
(G. DE CoïKCl, Mi,:, ms. Brui., f" 17J\)
Clers est et boins cirurgietis
{Blancand., 1437.)
Et se c'est de chose que le selorgien dee
conoistre. (Liv. de ./. dlbelin, ch. cc^ii.)
Je mandai mires et swigiiens. (Dou roi
Constant l'Emper., >'ouv. l'r. du xui' s., p.
16.)
Je sai une fîsicienne
Que a Lions ne a \ iene
Ne tant comme li siècles dure,
rs'a si bone sernrgienne.
(RuiEB., Mort Rustebeuf, 49, (Eue, 1, 41, ".' éd.)
Li hauz sururgien devin.
{De \. n., B. N. 19523, t» 92 r«.)
La ceriirgienne. (1278, Enq., A. N. J 1032,
pièce 29.) ,
h\seururgien.{L\\:^YST , Somme, ms. Soiss.
208, r94'.)
Li ei/-urgens. (Id., ib., ms. Chartres, [° 50
r°.)
Cirolgiens. (1323, Franck, de Montmirey,
.\. Doubs, Kouv. Ch. des Comptes, M 308,
Terrier de Montmirey.) ^
Telz ne sont pas cgrurgîens.
(G. DE DiGULLET., Trois pclei:, f" 6 v".)
Et (le nay) sera phisicien, sirurgien des
malves hommes et malveses choses. (Ores-
ME, Quadrip., B. N. 1348, f» 189 r°.)
Et ce conseil li donnèrent si surgien et
phisicien qui se cognissoient a se maladie.
(Froiss., Cliron., MU.)
Cyrugien. (Chron.d'Angl., ms. Barherini,
f 51 v°.)
Il fut empoisonné, conune il fut trouvé
quand il fut ouvert par les stirglens. (J.
Ch.irt., Chron. de Charl. VU, c. 271.)
Jaquot de Vezon, sirorsien, qui visita Je-
han Bognat, infect de meselerie. (1439,
Compte de Jaquot Barraull, A. mun. Aval-
'on, ce 89.)
Maistrc Girard, barbier et sireurgien.
(1455, .V. N. KK 329.)
Autres médecins et syrorgiens de cette
ville. (1462-63, Compl. de Nevers, CC 58.)
Cireugien qui euvre de la main. Cireur-
gienne, medicatrix. (1464, J. Lag.\deuc, Ca-
tholicon.)
A une c/ii)-«)'5!e«)ie pour avoir sané ladite
llaignon de une playe qu'elle avoit a son
chief. (1466, Exéc. testam. de Jeli. Gosse, A.
Tournai.)
Pour avoir livré les drogues nécessaires
et convenables aux médecins et cerorqiens.
(1467-68, Comptes de Nevers, CC 62.)
riiiRL'RGigvE, adj., relatif à la chi-
rurgie :
.\rt chirurgkqtte.
(J. BoucHET, Ep.mor., II, viii.)
Les institutions chirurgiques de... (J. T.\-
G.IULT.)
Tenant (jueliiues ferremens chirurgiques.
(Le jirem. acte du Synode noct.)
Une lancette ckirurgique. (Ib., XV'.)
CHii'.\c, V. Cinq. — chiuivchis.me, v.
CiNQUIESJIE. — t:UIU-\f:Qi:A-\TE, V. ClN-
QU.\NTE. — ■ CHILTE, V. CoUETTE. — CHI-
VACHEE, -lE, V. ChEV.\LCH1EE. — tlUV.A-
CHER, V. ChBVALCHIER. — • CHIV.AILLVE,
V. CiVAILLIE. CHIVALCIUER, V. ChE-
VAUCHIER. — ClIIVILLE, V. ChEVILLE.
CHLORiTE, S. f., sorte de pierre pré-
cieuse verte :
La clilorite, que les magiciens afîerment
estre trouvée au ventre de l'oyseau nommé
iylla. (La Bon., Harmon., p. 741.)
tHOAGlTOL'R, V. COADJUTEUR.
CHO.A.XA, S. m., cavité membraneuse
du cerveau en forme d'entonnoir :
Au dedans d'iceluy un conduyt on peut voir
Apellé cJioana, f;ûct comme un entonnoir,
Par lequel le cerveau rejccte par la bouche
Les grossiers excremens lorsquele nez se bousche.
(AuB., Œuv., III, 414.)
CHOC, S. m., action que subit un corps
qu'un autre rencontre violemment :
Choc. Le choc des gens de guerre, Coitio
militum, et congressio. (i{. Estienne, The-
saur., 9.)
Choq. (Le Plessis, Ethiq. d'Arist.. P 24
V».)
Cette armée delTaite du premier choc.
(AiB., Hist., 149.)
CHOÇON, V. Chausson. — ciiociioiv-
iVERiE, V. Cochonnerie. — CHOcyLE, v.
Souche. — chocquer, v. Choquer. —
ciiOE, V. Queue 1. — ciioExs, v. Céans.
cuŒROMA^'TiE, S. f., divination par
les pourceaux :
Par chœroinantie. ■ a.yons force pourceaulx,
tu en auras la vcscie. (Hab., Tiers liv., ch.
XXV.)
cnoETE, mod. chouette, s. f., oiseau
nocturne, à gros yeux entourés d'un
cercle de plumes effilées :
Yaux de choete et le vis plat.
(Chrest., dans Dict. gèn.)
Si esgardoit el temple qui 'st de Deu beneis.
Tos fu plains de caiteies et de calves soris.
[Godef. de Bouillon, 260.)
Nicticorax, suete. (Gtoss. lat.-fr., ms.
Montp. 11 110, P192 v°.)
La chouate. (Laure.nt, Somme, ms. Metz
665, f 12'.)
Telz rcsemblent a la suette
Dont la clartc du soleit nelte
Aveugle les yeui.
{Boece de ConsoUicioti, Ars. 2670, f" 55 v".)
Noctua. Çiiete. [Gloss. de Douai.)
La seuele sent la mort des gens. (Oresue,
Contre les dioin., B. X. 991, f 25''.)
Je suis aussi com la cJiuette
Qui par nuit es regors buelte.
;j. Le 1-'etbe, Matheolus, I, 281, Van Hamel.)
Grands corbes, suettes, moyneauU.
(Eust. Desch., TI, 188.)
Les yeuls des sueles ou des chauve soris
sont inabiles a recepvoir la clarté du sou-
leil. (Crist. de Visxy, Charles V, 'i'p., ch.iv.)
Ma femme sera coincte et jolye comme
une belle flpeMc chouette. (Ixxb., Tiers liv.,
ch. xiv.)
Bricf, quoy que dames soyent llouettes.
Autant vault chasser aux suettes.
On ne les prend pas au fîUc.
fCoQuiLLART, BlusOii des armes et des daines. II,
165.)
Pour desnicher les pies, les chauvetles,
les jayz et les coqs. CLe Maire, Illustr., I,
21.)
Chouette. An .iwolet ;or the.littlehornow-
le (a theevish night-bird) ; aiso, a chough.
cadesse, daw, jack-daw. (Cotgr.)
CHŒUR, s. m., réunion d'hommes, de
femmes, dansant ou marchant en ca-
dence, au son des voix, des instruments:
Loez lui en tvmpane e chore. (Psalt. mo-
nast. Corb., B. N. 1. 768, f° 114 v°.)
— Partie de l'église où est placé le
maitre-autel et où l'on chante l'office
divin :
Et s'en entrent dedenz le cuer o ces ba-
rons qui portent sacorone et la pome. (Ass.
de Jér., I, 30.)
Derier le cur Sain Denis. (16 août 1277,
S. Jacques, A. de l'Etat à Liège.)
Une chappe de queor.(Hisl. du prieuré de
Wigmoor, ap. Uuc, Aurifrigia.)
Cueur. (Compt. de S. Germ. l'.iux.,.K. N.
LL 535, f 7 V.)
Asses pries dou coec dou mou5tier.(FROiss.,
Chron., III, 87.)
— Enfant de cluvur, enfant employé
au chant des offices et au service du
chœur :
Enfanz du cuer de l'Eglise de Noslre
Dame de Paris. (Fév. 1350, Bail, A. N. S 7,
pièce 17.)
CHOIR, mod., v. C'heoir.
CHOIS, mod. choix, s. m., action de
choisir ; préférence donnée à une per-
sonne ou à une chose ; discrétion :
Nos t'olroion treslot a chois
La busche as rez par loz nos bois.
[Eneas, 6055.)
De treis choses a chois le misl.
(Wace, Bou, 3' p., 7139.)
Et mult sot de chiens et d'oisiax ;
Mult sot de rivière et de bois
Quanqa'il veoit prenoit a cois
A altre cose n'entendoit.
Et cil déduis mult li plaisoit.
(Id., Brut, 3740.)
84 CHO
Amulis mist a chois sun frère
Et dist, lot soit a sun voloir,
Del re^ne prendre u de l'avoir.
[Brut, ms. Miioicb, 3834.)
Defors la vile, en mi .i. bois,
S'enbuscierent tôt a lor cois.
{Tlu'bi's. app. 111, 6-197.)
Se vos voles aler en bois,
Et ce vos plaise en vostre cois,..-
Uns cors vous ert devant vous mis.
{Parton., 1783.)
Tuit li haut home du pais
Et les dames, quant il moroient,
Illuec tuit et tuites gisoient.
Mais bien vous di. sans nule gile,
N'i gisent fors la gens nobile
Ou plus biau liu, tôt a lor coif.
{Àmald. et Yd., 5374.)
Normant, Hrcton et Pouhier et Englois,
Et Biauvoisi, .Vrtisien, Boulonnois
Que Gaul'roi prengne a merci a son chois.
{Enf. Oijier, 195.)
I/ostez voit n'est pas a son cois
De retenir le damoisel.
{Fregus, p. 100.)
Lesquels .1111. bonniers de blel li dis Wil-
laumes doit prendre, keiisir, et avoir sen
keiis a se voleiilet. (1279, C'est Willaume de
Vleuvinrj, S. Brice, cliir., A. Tournai.)
A mon rhoez. (1394, Denotnbr. du baiU. de
Constentin. A. Ni P 304, f° 33 r".)
J'avoie le temps a mon quols-
(Fboiss., Poés.. B. N. 831, f 106».)
Lequel ameries vous le mieulz
Pour avoir plaisance a tousjours?.
Qui des deux vous mettroit a chieux?
Le quel ameries vous le mieulz ?
(lu., ih., III, 103, 1.)
A Confort l'ay recommandée
Qu'il en face tout a sa guise,
Et poncarte luy ay baillée
Qui d'estranges en pays devise,
AiEn que dcdens il advise
A quel port pourra arriver.
Et le chemin a chois eslise
A bien aler et retourner.
{Ballade anon.. dans Charles d'Oil.,Poe.'i., 445, Champ.)
Impr. : achois.
Dea, tu es ung enfant de choys.
Mais es tu fol ? Comme tu saulte !
(Farce de Jenin filz de rien, Auc. TL. Ir., 1, 357.)
— Prendre a chois, choisir :
Ke ne prestres ne Dex n'assoul
Chelui qui se dete ne soûl
Ains que tu Vaies pris a quois.
ÎHelisasd, Vers sur la mort, XVIII.)
chois, avoir la liberté de
— Elre a
choisir :
Vous estes a rues dou partir ou dou de-
morer. (Froiss., Cln-on., X, 441, Kerv.)
CHOISIR, V. a., prendre do préfé-
rence :
Cil recomencerat cui en avez choisi.
( Voy. de Charl. à Jéms.. 738.)
Keusiseons ti enlauliseons por akenkeurs
de chil no lintaumenl mcssire Gualier Sei-
Jiiers. (1133, ap. Tailliar, p. 3.)
Et prist moylier, dun vos say dir.
Quai pot sub cel genzor causir.
(Alberic, p. Meyer, Alex., p. 4, t. 39.)
A tant Eneas a choisiz
Dis chevaliers proz et hardiz,
{Eneas, 357.)
CHO
Un cers unt pris e retenu.
En quatre partz voelent partir ;
Le lion dist ; Je voil chosir.
(JUaiE, Ysopet, XII.)
Ensi ami kieusist et prent
Sans parler a prevost ne maire.
(Nivelons .\mions. Ars. 3101, t° 129 v".)
Ne qu'il die pas, que ce fust
Por çou que le cois en eust
Des lances : ains veut mius par tant
Qu'Escanors caisisce avant.
{Atreper.. B. N. 2168, f« 15*.)
Ont vendiit, bien el loiaumenl, a mestre
Julyen, .i. bonnier de blet, entière, pour
recevoir a cest auoust, a tteusir en .vu.,
bouniers de blet de leur ahain. (Ocl. 1292,
C'est maistre Juliien, chirog., A. Tournai.)
Sacent tout cil ki cesl escril veronl et
oront ke Jehans Caudaiwe, de Blandeng, el
Jehans (laudaiwe, ses fius, ont vendut a
Theri le Monne les pourlis d'iin bonnier
de ghieskiere a keusir, en le porose de
Blandeng. (Oct. 1314, Tetl. Theri le Monne,
chirogr., A. Tournai.)
Voycy pas, tout au tour de nous.
Des oyseaulx et hestes assez i'
Sem
Père Xoé, or ctiotjzissez
Des quelz qu'il vous plaira choisir.
(Mist. du Viel Test., 6235.)
Toute personne d'honneur dioisit de per-
dre plustost son honneur, que de perdre
sa conscience. (Mont., liv. 11, ch. xvi, p.
417.)
— Choisi, p. passé :
,Ie m'en allai droit au point avec mes
deux cents hommes choisis de toutes nos
compagnies. (Monïli'c, Comm., 1. I.)
Cette ville fut si bien assiégée que Dan-
delot avec mil hommes choisis n'y peut
entrer. (Auii., llisl. imiv., I, 10.)
— S. m. et f. :
Lucio estoit plus advisé en l'amour de
sa dame Isabeau, que son compagnon
n'estoit en la poursuite de sa choisie. (B.
Despek., Nouv. recréât., p. 289 v°.)
Cf. II, 127".
CHOisiss.%BLE, adj.. digne d'être
choisi :
Choses choisissables pour l'amour d'elles
mesmes. (.Uiyot, Œuik mi?l., éd. 1820, t. III,
p. 280.)
Le stoique dit que tout ce qui est bon
est clioisissable. (Cuoliehes, Apres disnees,
f 121 v°.)
— Ane, qui peut être distingué,
aperçu :
Aussi doit ceste apparence avoir lieu au
ciel plustot qu'entre les météores : non
comme un cercle simplement, mais comme
une ceinture vraye et choisissable au ciel.
(Pont, lie Tïard, De la nat. du monde, f 55
r".)
CHoisissEMEiv'T, S. m., choix, élec-
tion :
Ceste très ehreslienne maison a esté et
est tousjours eslevee et conservée en si
grand degré, par choisissement de la pro-
vidence céleste. (Le Maire, Illustr., 1. III,
f 48 r".)
CHO
Delectus, élection, eslite, choix, choisis-
sement. {Calepini Dict.)
Delectus, us. Choisissement. (Trium Unr/.
dict., 1604.)
CHOisissEUR, S. m., celui qui choisit :
Aveugle choiiissew: (Le Maire, Illustr. ,\,
33.)
Gardes toy bien d'estre trop difGcile
A choisir, car il est très facile
Que choisisseurs soient deceuz au choisir.
(.1. BoucHET, Ep. fnin., LIX.)
Choisisse.ur, eliseur. (H. Est., Diclionario-
lum.)
Bon choisisseurûe lild'argent. {8mai 1574>
Lett. de M. Stuart, à M .de la Mutlie Feiiél.)
Cf. Choisisseor, II, 127'.
ClIOITE, CIIOITTE, V. ChUTB.
ciioL, mod. chou. s. m., jilante pota-
gère de la famille des crucifères :
Maix tout le mont sens li ne preix un chol.
(TniB. DE Nav., Berne 389, (' 216'.)
Boif l'iaue et manjue des cous.
(Renclus, Miserere, xxii, 8.)
Une fuelle de col roge. {Alb. de Vill. de
Honnec, p. 219.)
Q'oem li fist de ses chous damage.
(Anoee, Dial. de S. Oreg., 13, P. Meyer, Ilec.,[>.
340.)
Fueille de chol.
[Doon de Maience, 2742.)
Semaine de chous ne doit noiant. (Est.
Boileau, Liv. des mest., ¥ p., II, 79.)
Oes et choz et naviaus.
(J. DE Mkung, Test., ms. Corsiai, I" 154'.)
S'il veult des pois on lui donra du chol.
(EusT. Desch., V, 64.)
Vous qui avez cher, pois, fèves et lart.
(Id., VI, 278.)
Choul sauvage. (Jard. de santé, I, 137.)
CHOLAGOGUE, adj. . qui chasse la bile :
Remèdes colagogues. (DvFoviluovx, Orir/.
des font., p. 18.)
Médicament cholago/jue. (Tagault, in'l.
cliir., p. 107.)
CHOLERE, V. Colère. — choleriqi'e,
V. Colérique. — <:iiOLERiyi:EME>'T, v.
COLERIQUEMENT. — CIIOLERISER, V. Cu-
LERISER.
ciio.M.\BLE, adj., qu'il faut chômer:
Encore dyje selon droit
Que toute feste est plus chotnmable.
Cela scet on bien, et gardable.
Le matin que l'apres disner.
(Elot Damebnai, Deablerie, l' 15=.)
Les dimanches etjoursc/(o»mia4/es. (Cuo-
LiERES, Matinées, p. 295.)
Les festes de la sepmaine chaumables.
(Brant., Ctipit. fr.. Franc. I.)
Et que celuy d'Ovide ayant par les retours
De l'an, chanté l'honneur de leurs chonwiaUes
[jours.
(Vadq. de lA Feesn., Artpoft.. éd. 160S ; Pellisiier
p. 54, 921.)
Les festes qui sont chaumûtjles par com-
menderaent. (J. Tarde, Chron.,p. 336.)
i
CHO
CHO
CHO
85
CHOMAGE, mod. chômage, s. m., ac-
tion de chômer, suspension des tra-
vaux :
Je denian et ivquier qu'il en soit puniz
corne de tel fail. et mi domaclie me soient
amande et mi c/iomage jusqu'à la value de
.X. Ib. {Etabl. de S- Louis; 11, xii, p. 359,
Mollet.)
Nous avons entendu... que nostre mon-
noye de Tournay... a esté longuement en
clwriuiige. (7 sept. 1390, Ord., VU, 371.)
CAa!<OTa/ye. (16 mai 1453, Lett.de Ch. VU.)
CHOME, s. f. , inaction de la personne
qui chôme :
lieux serviettes qui n'avaient été gagnées
qu'a la chôme. (Alb., Fœnest., I. III, c. 3.)
CHOMEE, S. f., syn. de chôme :
Sus. Envye, a coup, a coup !
Il est temps que faces ta monstre.
Et convient que tu te denionslre
Telle que tu es renommée.
Sans faire plus grande cJwmniee,
Cherche quelqu'un pour assaillir.
{Moral, nom., Ane. Th. fr., t. Ill, p. 104.)
CHOMER, mod. chômer, verbe. — N.,
suspendre pendant les jours fériés le
travail quotidien :
Il n'ait cause de chommer ne perdre
temps. (14.55, A. N. KK 32».)
Lesdils eschevins n'avoient loisir de aller
boire et manger en leurs hostelz aflin de
tenir el entretenir les ouvriers de la dite
pille en euvre qui estoienl en plusieurs et
divers lieux et les garder de c/'omec. (1468,
Compt. deNerers, CC 63, f 43 V.)
Je m'en vois sans plus chômer
Vers la mer.
(Est. Fohcadel, Chant triste de Medee.)
Nous la laissons (la sagesse) dormir et
chômer. (Ch.^rb., Sag., II, 3, p. 35*2.)
Non pas aller pour son cueur esbaudir
Jouer aux jeux defenduz, el gaudir
A taverner. et tout l'argent despendre
Qu'on a conquis a besoigner et vendre
Les jours ouvriers, et quand on a perdu
Tout«son argent aux jeux, ou despendu
A yvroigner, venir baptre sa femme
C'est mal chauîmé, ce tour esfc trop infâme.
(J. BOCCDET, Ep. tiior., il, X.)
— Fig., cesser :
.le vous donneray a conguoistre que je
n'ay point c/iojnm^ de penser pour vous et
pour monsieur de Caulmont. (Lettre de
Marguerite, Hiblioth. Kgerlon 23,f'' 92, dans
La Ferriere-Percv, Margueriled Angoulrime,
p. 163.)
— Fig., être privé :
(lu cas qu'ils ne chommeid d'argent pour
mcctre en euvre a icelle. (1577, Marché de
la châsse donnée par Trist. de Bizet pour
mettre te corps de S. Bern-, Lalore, Très, de
Clairv., p. 160.)
— A., célébrer en s'abstenant de tra-
vail :
Ce jour estoit la fcste solennelle
Que tous les ans on choumoit a Cybelle
Au mois d'avril, saison ou la rigueur
De son .\tys luy eschauffa le cueur.
(HoNS., FraM., liv. 1, Ûliuv., p. 409.)
Feray des jeux et chottmeray vos testes.
(1d., fHijiIre, p. 917.)
Chonmiant dévotement les testes.
(Cbassics., Ps., LXIV.)
Dieu n'a rien commandé plus estroite-
ment que chommer le jour du repos. (Itou.,
Démon., f 127 r°.)
C'est la grand teste îles Turcs (la saint
Georges), et n'en chaument d'aulvca . [BK.\^'r . ,
Grands capit., 1. I, c. xxv.)
La première fois que je le vis, ce fut le
jour que nous chômons a .\pollon et a Diane.
(Urfé, Astree, I, 6.)
L'honneur est un vieux saint que l'on ne chomme
[plus.
{Regmeh, Sat., 13.)
i II n'est pas jusqu'aux savetiers qui n'aient
' c/m«me le jour qui leur api)ril une si bonne
j nouvelle comme le jour d'une grande l'ete.
(Lett. de Balesdens ù Ség., 21 sept. 1661,
ms. S. Germ. 700, t. X.VXII.)
— Cesser d'attaquer, laisser en re-
pos :
Cela faict, je tireray vers Mantes en
bonne intention de ne chômer, non plus
cest hiver que je fis l'aultre, les ennemys.
(22 sept. 1590, Lett. miss.de Henri IV, t. III,
p. 256.)
cHoxDRiLLE, S. f., plante de la fa-
mille des chicoracées :
ChondrilJe. (J. ors Moil., Comm. de
Ualth.)
CHOPADE, s. f., faux pas :
Mal rabotez lieux
Passez a cioz yeux
Sans faire chopade.
(Ci.. SIaboi, A';)!%)/i.,p. 491.)
Qui do lourde choppade.
Bronchant. ■
(Gauchet, Plais, fies champs, p. 266.)
CHOPEMEXT, S. m., fautc, péché :
Mais par le chopement de nos légers parens
Las ! ils sont devenus de nos serfs nos tyrans.
(Du Bartas, 2"^ sent., i*^ }., les Furies, 171.)
cHOPER, mod. chopper, v. n., faire
un faux pas eh heurtant du pied contre
un obstacle :
. . . Desoz U çopa
Ses palefrois.
(Chrest., dans Dict. tjén.)
Li destriers Orgueil si sovent
Choupoit, que ce n'estoit pas fins :
Si ce ne fust, qu'il fust si lins,
Qu'd vausist bien .m. mars d'argent.
(Huos DE Mert, Torn. Antecr., 642.)
Si vait moult bien au chevalier que ses
chevaux ne chope nule foiz. (Agrav., B. N.
333, r 56 r".)
Lors s'en va (la fortune) soiipant et jus se.
I boute
[Rose, 6173.)
Chascuns çope et chancelé
En la voie de iniquité.
[FaO. d'Oc, .\r3. 5069, f" 48'.)
Comme le cheval dudit Perceval eitsl
soppé. (1397, A. N. JJ 153, pitce 104.)
Le suppliant, en soy retournant soupa el
lui coula le pié, et en sonpanf desserra son
arbaleste. (1454, ib., JJ 187, pièce 220.)
Sa meschante et rétive haridelle qui
choppe a tous coups. (L.iBiv., Morf., III, 6.)
Mes conceptionsetmon jugement ne mar-
che qu'a tastons.chancellant, bronchant et
chopant. (Mont., I. I, ch. xxv, p. 80.)
Et aprenes que Dieu fait choper les meschants
Aux pièges qu'ils avoient droissé pour ses enfans.
(.\. DE RiVAUDBAO, Œur. poét., p. 130.)
Comme un qui va de nuici je chopoy tous les
[pas.
(Oesportes, Cleonice, VII.)
C'est une trop lourde imprudence de chop-
per deux fois contre un mesme bois. (Urfk,
Astrée, II, 9.)
Je choppe par dessein, ma faute est volontaire.
(Regkier, Sat., VII.)
Tout ce (lu'il peut avoir de bon, c'est
qu'il choppe el bronche moins souvent que
ne l'eroil pas un autre, qui seroila sa place,
et qui auroit moins d'expérience et de ca-
pacité que luy. (Naudi';, Mascural, p. 384.)
cHopixATECR. S. m., cclui qui aime
à boire chopine :
Joueurs, paillars, el bons chopinaleurs.
(GouiN, Lii're des loups ravissans. cli. vi.)
CHOPiA'E, S. f., demi-pinte ([ui servait
autrefois à mesurer le vin :
N'est nus qui chascun jor ne pinte
De ces tonneaus ou quarte ou pinte.
Ou mui, ou seller, ou chopine.
Si cum il plest a la meschine.
[Rose, 6851.)
.1. hanap n couvercle semé d'esmaux,
avec une chopine de celle mesme façon.
(1352, Compt. de La Font., Compt. de l'ar-
gent., p. 169.)
Le pinte nomme on en aucun lieu cho-
pine et le lot une quarte. {Dial. fr.-ûam..
t° 2".)
l'ne chopine semée d'esmaux, pesant
.ni. marz .ii. onces .v. estellins. (ri juillet
1304, Mandem. de Charles V, p. 25, L. Ue-
lisle.)
l'ne chopjtine d'or plaine. (loSO, Inv. de
Chartes V, ap. V. Uay.)
Encore chopine pleine.
Encore chopine !
{Vav-de-yire, ap. Jac, Xaux-de-Vire d'O. Basselin,
XXXVI.)
Cheopine. (N. de Bris, Institut., t" 188 r".)
Un vaisseau de cheopine. (G. Chrestun,
Gêner, de l'homm.,x>. 93.)
Chopine de bon vin. (Grkvix, Œuv. de
Nicandre, p. 41.)
CHOPIXER, V. n., boire chopine :
Je voys donc penser du disner.
Car il nous fauldra choppiney
Un peu, pour mieux s'entre congnoistre.
(Le Xouii. Pathelin. p. 156.)
Scavez vous qui m'y faict fournir ?
C'est rage commenl je choppine,
De chanler ne me puis tenir
Toutes les fois que je chemine.
(Aet. des apost.. vol. I, t' I2<.)
Il a chopine un peu plus que de raison.
{Traduct. de Terence, f 141 r".)
Apres avoir longuement c/iO/)iné les pieds
86
CHO
au feu, voic.y venir l'hoste a eux, sçavoir
s'il leur plaisoit aucune chose. {Nouv. fa-
brique des eXL-ell. Irails de vérité, p. 38.)
Puis commenila qu'il fcust payé de ses
guaiges, et qu'on le feisl bien chopiner so-
phistiquenient. (Uab., Garg., cli. xv.)
t:iiOPi^ETTE, s. f., petite bouteille :
IS'ay je pas assez travaillé
Pour aller boyre chojjpinette?
{Act. des apust., vol. 1, f" 199°.)
Payé pour une estamppe pour estampper
les choppineltes de la commune, 8 sous.
(lC>58-5a, A. Seine-lnf., G 40J0.)
Je luy l'ey montrer l'aube, le calice, le
corporal, la pierre de l'autel, et les chopi-
neltes. (Descr. de l'Ethiopie, p. l'29, ap.
Léon, Deicr. de i'Afr.)
Un gros christal rond rompu, et garni
d'argent en l'orme d'une cliopinette. (1584,
lieliq. et urnem. de l'égL S. Nicol.-de-Port,
A. b. iNic.-de-1'orl.)
CHOPOKTE, V. Cloporte. — choppe,
V. EscHoppE. — CHOPPER, moci., V.
Choper.
CHOQUADE, S. f., choC 1
Gomme un faidcon léger,
Qui du plus liault des cieux desi;end pour sac-
[cager,
En l'aer quelque grand vol de pigeons qui de
Fuient deçà delà la choquaile mortelle, [l'aesle
(Cl. Gauchet, rlaisirs des champs.)
CHOQUAILLER, V. 11., clioquer les ver-
res, trinquer :
Il ne vouloit esconduire sa chaire es-
pouse de la requeste qu'elle luy faisoit de
pouvoir un peu chocquailler (en buvant).
((Jholieres, Apres dis/tees, i" 20 r".)
ciioyuEME\T, s. m., action de cho-
quer, choc :
Suivant l'extrême exigence des choque-
mens barbariens. (Noguier, Hist. lolos., p.
3-2.)
Qui mourut parmi le clioquemens d'une
si grande, rude et âpre melee. (In., ib., p.
.'.1.)
La, les clioi/uements des Anglois, les que-
relles des AUemans. (Aub., Hist. univ., \'°
p., liv. m, c. i.)
CHOQUER, verbe. — A., rencontrer
violemment ;
On vous fait assavoir de par messeigneurs
les consaulx de ceste ville et cité, pour
éviter a pluisieurs insolences que font les
gens a chucquier '^s oel'z l'yn contre l'aul-
Ire, ont delfendu a toutes personnes de
chucquier a tous les d'S oefz. (1559, Reg.
aux public, A. Tournai.)
— N., heurter, frapper :
Endementiers que li sergans chucoit a
l'uis fu li rois apries lui. [Chron. d'Eruoul,
p. 110, var.)
— Se choquer, se heurter, se char-
ger :
D'ambes .u. pars ensemble chuquent.
{Durmàrs, 8597.)
CHO
Si près U vient que la gcnt loulo
Dient : Ja les verres çukier.
(Rom. de Ham. op. Micliel, Hist. des ducs de Norm.,
p. 281.)
Mais nus ne vuida le destrier,
Et ne pourquant si laidement
Chuklerent que certainement
Quida on qu'il fuissent crevé.
(iD., i4.,p. 288.)
Li auquant curent grant paour,
Pour i;ou que cascuns vint si droit,
Qu'il ne cilkaissent, car eslroit
Ert 11 rens la ou il couroient.
(ID., ib., p. 308.)
Aucuns poètes se mettans entre deux ar-
mées, maintes fois appaiserent la fureur
des gendarmes prêts a chocquer. (F.^uchet,
Antiq. gaul., l, 4.)
Que peut on voir de plus horrible qu'un
estour sanglant, et un duel a outrance...
quand deux cavaliers maschants des grosses
menaces, et remaschant le fiel de quelque
aigre affrent, ils se mettent en devoir de
choquer et s'esgorger ensemble "? (E. Binet,
Mero. de nat., p. 160.)
— Réfl., dans le même sens :
11 sembloitpropremcnlquenous fussions
a la veille de dresser un roUe et dénom-
brement des forces des deux partis, pour
s'aller choquer en campagne rase. (L'Est.,
Mém., 2" p., p. 621.)
— Inf. pris siibst., rencontre, choc :
La roine fu en balance.
Qui le cul-ier voloit desfendre.
(Sabeazin, Jiom. de Ham, ap. Michel, Hist. des ducs
de Noi-m., p. 273.)
... Et d'un choquer plus dur
Qu'un csclat foudroyant (des canons; esbreche-
Ireat son mur.
(P. Ross., Œuii., Poèmes, I. I, p. 756, éd. )584.)
CHOQUEUR, adj., qui choque, qui
frappe :
El injures foudroiantes des choqueurs
ans. (Noguier, Ihst. lolos., p. 29.)
cnoRARQUE, S. m., maître de mu-
sique :
Le .ix°. rnot est chorarque, pour dire
maistre de musique qui est un terme si
propre, si significatif, et si énergique, qu'il
mérite d'estre receu dans l'usage aussi
bien que monarque, exarque, loparque.
(Ut-pLEix, Les Lum. de Math, de Morgues,
p. 296.)
ciioREGE, s. m., celui qui, chez les
Grecs, fournissait la dépense des spec-
tacles :
Tout ce qui est enclos sous la voûte des cieux
N'est sinon un théâtre ouvert et spacieux,
Ou l'bomme dosguisé, laulie sans f.iux visage,
Joue sur l'eschafaut un divers personnage :
Ou madame Fortune aux gr.ands et aux petits
Ainsi qu'un bon chorai/e appreste les habits.
(RoNs., Poèmes, liv. Il, p. 832.)
tllOREOGRAPIllE, V. ChOROORAPHIE.
CHORISTE, s. m., chantre du chœur:
Couriste. (1362. bw. du très, de Fécamp,
A. S.-Inf.)
Les chapelains et c/iomte de ladite église.
CHO
(1365, Trait, du duc avec l'Ev. de S. Malo.
ap. Lobin., II, 522.)
Au diaiiue et subdiaque a le dicte messe,
et au co)7',f(e revestit d'une cape. (13 juill.
1399, Cartulaire de l'église Ste Catherine, f '
28 v\ A. Tournai.)
Chourisle. (1546, Coll. de Mur, Morl., A.
Finist.)
Pour l'escoUaige d'un colistre. (1549, ib.)
Deux choristes. (1550, ib.)
CIIOBME, V. ChIOURME.
ciioROGRAPiiiE, S. f . , description
géographique d'un pays :
Epi tome delà coî'Ojrap/iie d'Europe. (1552,
Arnoullet, Bull. Soc. hist. Paris, 1886, p.
169.)
Quant a la. chorographie ou topographie,
elle considère seuiement aucuns lieux, ou
places particulières en soi mesmes, comme
villes, châteaux, forteresses, ports de mer,
peuples, pays, cours des rivières, et plu-
sieurs autres choses semblables. (1558,
Thevet, Cosmogr., I, 1.)
oiioROGRAPHiQUE, adj., qul a rapport
à la chorographie :
Descriptions ehorographiques. (Besson,
Cosmolabe, advert.)
Carte ckorographique. (In., ib., p 227.)
Cartes ehorographiques. (1567, La Bible,
de l'imprimerie de François Estienne.)
CHOROÏDE, adj., qualifie une mem-
brane très mince qui tapisse la partie
postérieure de l'œil :
La membrane cAoroicie, autrement nommé
plexus choroide. (Paré, II, 17.)
CHOSE, s. f., toute réalité concrète
ou abstraite qu'on désigne d'une ma-
nière déterminée :
Smaragde par sa culur
■Veint tûtes chioses de verdur.
(Mabb., Lapid., B. N. 1. 14470, !' U r«.)
Ici près a une sorcière,
Molt forz chose li est legiere
El ^esuscite homes morz
Et devine et gete sorz.
{Eneas, 1906.)
Se nule case pense l'cmpcreros tirant,
Ains qu'il nos face riens qui nous soit anoians.
(Chans. d'Ant., II, 233.)
Et nonporquant, s'il i fust renies, trop
fust vilaine cose a nous. (Henri de 'Val., S
513.)
Choise. (1250, Briey, 13, A. Jleurthe.)
Si tant esteil chouse que aucuns ou au-
cune lor euist demandé ne requeste. (1250,
Ch. de G. de Roche fort, B. N. 1. 9231.)
Chese. (1276, Beaum.-sur-Oise, A. N. M 1.)
[CJonute choise soit a tous. (Trad. duxiii»
s. d'une charte de 1194, Cart. du Val S.
i Lambert, B. N. 1. 10176, f 2°.)
Chose publique ce n'est autre chose mes
que l't^stat publique ou commun, et non
gênerai a touz eslaz de terres, pais, royau-
mes et citez. (Bers., Tite Live, B. N. 20312"',
f 1 v°.)
CHO
CHR
CHR
87
— Faire la chose a. avoir un rapport
charnel avec :
Et, tant que il vouloit faire la chose a la
(lame. (Lia. du c/iev. de La Tour, c. cxxv.)
— Ane, cause :
Le delîentlement de sa cliose. (Digest.. B.
N. -20118, ^"J1^)
Cf. Il, 129".
i:iiosETTE, mod. chosette, s. f., petite
chose :
Si li dis : Brunete,
Belc baisselette.
Dites moi une cosele
Que jou tlesir tant.
'Jeu. Ebart, Bactscb, Rom. et Pastour., III, 23, 28.)
Toutes antres menues choseites aparle-
nans a ploni et a estain. (Est. Boile.m', Liu.
des mest., l" p., .\iV, 1.)
Une gente pastourelle serra
Sûubz ung arbre gardant ses brebiettes.
Laquelle ara, car bien lui atTerra,
Ses cfiosettes propres et joUettes.
(L. DE Beauvau, Pas de la Berf/iere, 81.)
Un pou de menuescftosete. (1335, Compte
de Odart de Laigmj. A. X. KK 3', f° l.'iO v°.%
Pour .1. sacli, a pluiseurs choseites, a
Maigne Denise. (19 mai 1.361, Vente des
biens de Jeh. de Uiecque, A. Tournai.)
J'ay draps de soye et tabis,
J'ay draps d'or et blans et bis
J'ay mainte bonue chosette.
(EfST. Desch., IVj 9.)
En caresme une carpe et autres chosei-
tes. (1409, Grands Jours de Troyes, A. N. X**
9187-88, flie v°.)
Avoienlprinz une bible, bréviaire, eeinc-
turc et autres c/iose(to. (N. de Baye, /o;«-n.,
1. 170.;
Qu'aurois tu fait ? Une chousette.
(J. X. DE Baif, l'Ewiuque, V. 2.)
— .Aucune chosette, un tant soit peu;
quelque chosette, quelque peu de temps:
El plus haut estage d'ynfer avoit ung lieu
qui aucune petite cosette avoit de clarté.
(Bih. Itist., Jlaz. 312, T 211".)
Et que ledit royde France qui tousjours
auroit voulu laisser passer rjiielque cliosette
avant que prester l'oreillo aux propos de
paix, alors se laissa conduire a en ouir
parler. (Clill. nu Bellay. Mém., 1. V, r 151
r".)
— Faire In chosette, accomplir l'acte
amoureux :
Parmy les champs il te feit la chosette.
(Gratien du Posi, Conll-ov. des sex., Vit. III, f» 43.)
La clioseite faicte a l'emblee, entre deux
huis. (IlAB., Tiers tiv., ch. .wiii.)
Je ferais mieulx la chosette, qu'une plus
vieille que moi. (B. Dksper., Ci/mbal..
Bial. 3.) ■
ciiosiEn. s. m., ce qui contient les
choses :
J'ay, seigneur Pastorelli, respondil le
seigneur Alphonse, double moyen en main
pour vous rabattre les doux de vos con-
trariété/.. Le premier est fondé sur ce que
nos astrologues, pour avoir eu diverses
considérations, ont peu aussi avoir diver-
ses opinions et divers jugements. Si vous
pensiez que toutes choses fussent en un
chosier, vous vous tromperiez bien. (Cno-
LiERES, Apres disnees, f 261 v".)
Il y a bien des choses en un chosier, il
y a bien a dire ou a considérer aux alTaires
do monde. (Ocdin, Cur. franc.)
ciior, mod., v. Ciiol. — ciiouax, v.
CuAHUA.\.
CHOUCAS, s. m., petite corneille des
clochers :
Chucas. Ung oiseau qu'on appelle ainsi,
ou chouette, Picardie cauelte, monedula.
(R. Est., Tliesaur.)
Choucas aux pieds et bec rouge, choquar,
mouette rouge. (Belon, Poi-lr. it'oys., l'° 70
r".)
L'autre c/iouca, r|ue rouge l'on surnomme,
habite es monts, en plat pays ne hante.
(1d., il).)
Et au haut d'un clocher
Les chucas dénicher.
(Les A/uses incognues, Epitaphe de PlancboD.)
CHOliCHE, V. SOI-CHE.
t:nouciiETTE, s. f., choucas:
La petite chouchetle. nommé de son cry
chouca, et en latin monedula. (Belon, Xat.
des oijs., 6, V.)
Chouchetle, chouquette. The chougli, ca-
desse, daw. (Cothr.)
CHOUETE, V. ChOETE. — CIIOUGIK, V.
Choisir. — t;noLKE, v. Queue 2. —
CIIOUPPETE, V. ESCOPETÏE. — ClIOl'yUE,
V. Souche.
cnouQVET, s. m., petite souche :
Pour cause d'une certaine busche ou
chouquet.{\i^\, A.N. JJ l'20, pièce 126; Duc,
Cheoca. )
Et furent les çhaennes abatues et ostees
et les chouquets d,ri.{Chron.desqualre]irem.
Val., p. 309.)
CIIOLCJLETTE. V. CilOUCHETTE.
CHOU RAVE, S. m., variété de chou
dont la tige s'épaissit en forme de grosse
rave :
Plusieurs autres espèces de chous... des-
quels ne parlerons en cest endroit, pres-
ques sauvaiges, degenerans des bons,
comme: rouges tannes, griseastrcs, c/iou,?
raves; servans plus pour médecine ([ue
nourriture. (Oliv. de Sehr., VI, 8.)
ciiousso.x, V. Chausson.
riiOYEH, V. a., soigner tendrement.
Cf. Chuer. II, 131'.
«:iiitÈME, mod., V. Chres.me.
ciiREsMATioiv, S. f., action d'oindre
du saint chrême :
Aucuns tenoient que par l'aspersion faite
etaspersedevanllafWim««on estoit comme
ou baptesme nettoiement de touz péchiez.
(II. HE GAicin, Ration., B. N. 437, P 101".)
ciiRESME, mod. chrême, s. m., huile
consacrée qu'on emploie dans certains
sacrements de l'église catholique :
La fontaine, c'est li baptisme,
Ço est de sel, d'oile et de cri.^me.
(Gert.. Best., Brit. Mus. Aild. iSilf.O. f-SS' ■ P. Mever
Rom.)
Lou S. baptesme et \ou crasme . (S . Graul,
B. K. 2i.;i5, 1° 190 r°.)
Et segnefia le baptisme.
Christ, ce est enoings de croîsme.
[Parapli. sur le Palei; B. N. 763, f» 278'.)
— l'ig- ■
Avoir renoncé a Dieu, cresOTe et baptême.
(1606-1009, A. II. -Saône B 5048.)
Cf. Cressie.
ciiRES.MEL, mod. clirémeau, s. m.,
petit bonnet dont on coifl'e l'enfant après
la cérémonie du baptême :
La chambrière ayant son surcot sur la
teste qui est fait comme un chremeau.
(Marg., Nouv., LXI.X.)
Devant d'autel et creiniai doublé de taf-
fetas incarnat. (1616, Visil. de M. du Lau-
rens, A. Soissons.)
Cremial de mesme estolfe. (/4.)
<:iiRESTiE\. mod. chrétien, adj. et s.,
qui professe la religion de Jésus-Christ :
Pro creslian poblo. (Serin, de Strasô., 1,
1-)
Saint Pol l'apellent la crestiane gent.
{Ep. de .S. Et., ms. Tours; IX», Steogel.'
Cristiene gent.
(Pli. DE Thain, Liu. des créât-, 345.}
Ne nul krestien liumme nuls deskrestianer.
(Garsier, .S'. TItom., B. .N. 13313, f 22 r».)
Crestoiens fut vers Deu.
( Vie de S. Alex., ms. 0.xf., Bodl. cauoa. mise. 74, P 1.)
Or escolteiz, bon crestolen.
[Vie Ste JlUiane, ms. Oxf., Bodl. canon, mise. 74, f"
62 r".]
Ly crestijen oui loy bonne et millour.
' (Cod. Ue Bouilt., 9375.)
<:iiRESTiEi\.\EME,\T, mod. chrétienne-
ment, adv., d'une manière chrétienne :
Croire chrestiennement. (.Malm., Œuv. de
S. JusL, P 294 r".)
Comme nous parlons chrestiennement.
(La Bod., Harmon., Ep.)
'ciiRESTiEXTÉ, mod. chrétienté, S. f..
l'ensemble dos peuples ch'-étiens :
Por trestnl l'or de la crestianteit.
[Loti., B. N. 1622, f» 227 c«.)
Il saut et guart le fort roi coroncy.
Le millor roi de la crestianfetj.
[Gir. de Viane, B. >'. 144S, t» 11"».)
Xos départirons del por! de Venise a faire
le servise Dieu et la crestienté. (Villeh.,
S 22.)
Totes les gens de la crelianté. {Cari, de
Champ., B. >'. I. 5993, f" 79 v°.)
88
CHR
CHR
CHR
Klleurenchai'gemessagerieal'apostoille,
et ail i-oy de France et au roy d'Espaigne
et aus autres rois de crestienlé. (Liv. de
Marc Pol, c. xviii.)
La crcslianlé. {Senn., ms. iMetz 202, C 9".)
Creslianti. (9 juin \ZOh.Acc. ent. le R. de
Fr. el les Flam., Vid., Aicli. Val., Instrum.)
Le plus beau fait qui onci|iies fut fait en
la xrislienetê. {Mist. du siège d'Orl.. p. 441.)
— Foi, caractère des clirétiens ;
Sans nulle chreslienlé ne religion. (Calv.,
Senn. sur la previ. Ep. .S. l'aitl anx Corlntli.,
p. 402.)
Cf. Il, 130'.
«;hbétiex, moJ., v. Chrestien.
<:iiiti>>T, .s. m., messie, rédempteur;
Jésus-Christ, le fils de Dieu :
Mil et cent et quatre vinz el dix sept anz
après l'incarnation Nostre Sengnor Jesu
Crist. (ViLi.EU., Z I.)
Jesu Chris. (S. Graal, Vat. Chr. 1687, f°
22 r°.)
Est .1. seuls Cris nommes. {Ib.. ms. Berne
697, î° 83 r".)
— Oint:
S'alouchiez mie mes crislz (ce sont mes
seryens) el ne Vailes mal a mes prophètes.
(Les psaitmes de David el les cantiques d'a-
près un ms. du xv° s., p. 140.)
Cf. Crist, II, 375».
CURISTE M.\Ri.\E, S. f., iiom vuIgaire
(le plusieurs plantes marines, la sali-
corne herbacée, l'iule, etc. :
Crète marine. {Graal herbier, 149.)
Christe marine. (Cotûr.)
cHRisTi.iMSER, verbe. — ^A., rendre
chrétien, faire embrasser la foi chré-
tienne :
lie quoy il est advenu que plusieurs bo-
ues maisons qui sont aujourd'huyen Bour-
gogne hont estees christianisées el qu'elles
ont doné beaucoup de bons personnages
eldevols chresUens. (Gûllut, Vlll,ch. xxvi,
761.)
— Réfl., embrasser la foi chrétienne :
11 n'y a rien de nouveau que je vous
puisse escrire, fors la conversion de trois
familles larlares qui sont venuesse'|c7(/74Zù(-
niser en cesle ville. (S. Vinc. ue Paul, Lett.,
24 juin. 1607, 1. 1, p. 13.)
CHRisTi AiMssiME, adj . , très chrétien :
Les gestes du c/(''isi(fOTis^ime roy Loys XII.
(.\iT0x, Chron.,B. N. 5083, f° 1 r°.)
Le cristiatiissime roy. (Id., ib., f 2 r".)
Sa chnstianissime mageslé. (A. de Blrgo,
Letl. à Mary. d'Autr., 29 dèc. 1509, Négoc.
ent. la Fr. el l'Autr., t. I, p. 312.)
tiiRiSTicoLE, s. m., adorateur du
Christ :
.'Vrdez moi tous ces christicoles.
{Martyre de .S'. Pieire et de S. Paul. )
Chanlrcs christicoles. (Les Passages d'oul-
tremer, f- 159 v% éd. 1492.)
L'on voit bien peu d^Estochions,
Paules. MarCf^Ues, FabioUos,
Et de semblables chrîsticolles.
(Les BailUeu:r des oi-dt&es du inonde, Var. hist. et
litt., III, 193.)
CHRisTiFERE, adj., (pli porte le nom
du Christ, le nom de chrétien, chrétien,
en parlant de personnes :
Dont sont occis en assaulx mortifères
Cent mil et plus, des suppos christiferes.
(.1. Bouquet, Ep. fam., I.)
Je m'esbahys que les roys cristlfferes
jNe mettent jus ces erreurs pestifleres.
(Id., Ep. nior., II.)
Joinct qu'on ne vcoit qu'un prince cristlffere
I Mort ou exil ne aultre peine infère
j Aux gens de bien luy cUsans vérité.
j ' (Id., ib., i' 160 V'.)
I EpisU'e de l'acteur, a tous les devotz via-
i leurs crisli/feres contenant son intcncion,
. et declaracion de l'homme Intérieur et ex-
j lerieur. (Id., Noble Dame.)
Jehan Gerson, docteur crislifere. (Id., ib.,
i f 160 v».;
j Le nom de crisliffere. (Id., Ojoîisc, p. 58.)
; — En parlant de choses :
I Chevalier au tiltre cristifere.
(J. BoucuET, Ep. fam., XXVIII.)
Les estandars portèrent cristifferes . (Id.,
Labyr. de fort., P 99 v°.)
CHRiSTiFiCQi'E, adj., chrétien :
La verilé de noslre toy christificyue el ca.-
tholicque. (Fossetier, Cron. Marg., ms.
Brux.,f"' 162 v".)
ciiRiSTiFORME, adj.,qui cst en forme
j de Christ :
Toute la vie du chreslien doibt tendre a
mort, et plus en approche plus est christi-
forme. (22 nov. 1521, Letl. du minist. G. à
I Marg. d'Ang., I, 79.)
j CHROMATIQUE, adj., qui procède par
succession de demi-tons :
Intervalles chromatiques. (Pont, de Tyard,
Disc, philos., f 46 v°.)
Musique chromatique. (Id., ib., f 50 V.)
ciiROMATiouEMEAT, adv., par demi-
tons :
i Le diapason des basses est composé de
sept cordes immuables, ainsi nommées
pour ce que dialoni(juemcnt, chromaligue-
I ment, et cnharmoniquenient elles tiennent
toujours musme longueur. (Pont, de Tyard,
! Disc, philos., P 101 \".;
CHRONicATEL'R, S. m., clironiqueur :
j En ceste manière morrut le duc de Guel-
dres el que en poulront dire les grans his-
! toriens et crumcaleurs des choses merveil-
leuses el advenues des temps. (J. Nicolay,
Kalendr. des guerr. de Tournay, IV, 27 Juin
1477.)
! 1. CHROiviQUE, adj., qui parcourt len-
tement ses périodes, en parlant d'une
maladie :
Dolor de cief périodique ou cronique.
(Somme M' Gautier, î° 94.)
Maladies longues et chroniques. (N. du
Faii., Eulrap., V.)
— Durable :
Qui tesmoignenl el approuvent la croni-
que verilé du troisiesme enseignement que
mon feu père jadis me bailla. {Nouv.nouv.,
LU.)
— Temporaire ;
La seconde manière (du lever des es-
toili's) est appellee cronique, c'est a dire
temporele el c'est a dire quant aucune es-
toile se commence a monstrer de nuyt de-
vers orient après ce que le soleil est esconsé.
(EvR. de Coxty, ProU. d'ArisL, B. N. 210, f"
314°.)
2. r.HRO.MQUE, s. f., l'ecueil de faits
historiques dans l'ordre de leur succes-
sion :
Li empereres Manuiaus
Qui cest livre ot anconpaignie,
La queronique reongnie
Clamoit cest livre et disoit tant :
Nel doit avoir qui ne l'antant.
(Calendre, Roman des Empereors de Home, B. IV.
794, f» 16(1'.)
Et nous fait la cronnil-e dire et autoriser.
(B. de Seb., XII, 573.)
Cronikle. (Div. traict. de ;ust., ms. Bib.
Rouen.)
Aussi i furent les crosniques
De fausseté.
(Famel, B. N. 146, i' 146 T°.)
Craonicque. (DiyuESNE, Hist. deJ. d'.-ivesn.,
Ars., f° 192 v°.)
Cronike. (Gloss. de Couches.)
Dittes nous ent, car vous avez la vois
D'avoir escript de leurs faiz queronlques.
(Eust. Desch., VI, 51.)
Ces présentes queronniques furent faites
el composées en la ville de Romme l'an
.lin", .un", et ung. par maistre Pierre Le-
feure,escripvaindela dicte ville de Homme.
Les dictes querunnyques furent tranlactees
de lalin en Irançois par maisire Barthélémy
Perrin. (Chrun. fr., Vat. Chr., dans Not. il
e.rtr. des mss., X.WIU, 83.)
CHRONIQUEUR, s.m.,auteur de chro-
niques historiques :
Jehan Cherlier, chantre de l'église Saint
Denis en France et comiqueur du dict ro-
yaume. (J. Chart., Chron., Val. Chr. 687,
dans Not. et extr. des manuscrits, XX.XIII,
23.)
Cronicqueur. (Fossetier, Cron. Marg., ms.
Brux., II, f» 78 r°.)
Du roi Louis de ce nom le douzième,
Tant qu'il porta le royal diadème,
Fut chroniqueur.
(J. BoucHET, Epitophe de .J. d'Auton.)
ciiRoiMSTE, s. m., chroniqueur:
Chroniqueur ou chroniste. (La Porte.)
ciiRoivoGRAPiiE, S. m., chroiiiqucur:
Selon les historiens et cronographes des
Grecz. [Mer des hystoir., t. I, f° 110".)
GHR
Erose antique scripteur preslre et chro-
nografe des Babvloniens. (Postel, Wist.
mém., V 08 r°.)
CHROxoGRAPHiE, S. f.. chronologie :
Lesquelles choses j'ay pour la pluspart
ileduites plus par forme de cronographie,
que de historiographie : car a l'historio-
graphie appartient a plein d'escripre l'his-
toire et l'ordre des choses faites: et a cro-
no3c«p/»> principal lenient dénoter le temps,
et succinctement en discourir la mémoire.
(Le Baii), Ilist. de Bret., Prol.)
CHROivoLOGiE, S. f., scieiice qui a
pour objet d'établir les dates des événe-
ments :
(1584, Jos. ScALiGER, dans Dict. gén.)
Cronologie. (So^t., Proc. des Prie, IX.)
CHROXOLOGUE, S. m., chronologlste :
Au regard du chronologue qui doit eslre
sans passion quelconque. (Palma Cayet,
Histoire de la Paix, a iij r°, éd. 1G05.)
Pierre Victor Cayet, docteur en la sacrée
faculté de théologie et c/iiwiô/ojue de France.
(Id., ih.)
tHRYSAivTEME, S. 111., plante de la fa-
milledes composées, à fleurs brillantes :
Geste herbe est le chrysanthemon des
<jrecs. (154Û, dans Dict. gén.)
chrysoberil, s. m., pierre précieuse
qui est un béril pâle, un peu couleur
d'or:
Le chrysoheril est de lustre doré, mais
blalTard. (E. Biset, Merv.'de nal., p. 182.)
CHRYSOLiTHE, S. f., pierre précieuse
de couleur jaune, verdcâtre :
Ceste piere a num crosolectre
D'or a culur e semble electre.
(Maeb., Lapiii., B. N. 14470, l' 34 V.)
CrisolUe.
(P. deThiun, Best., 1471.)
Esmeraudes et ametrites
Et jagonces et crisol\i\tes.
;(CeREST., Perceu., ms. Montp.. f° I08=.)
Çrisoîitus, riche saphire.
{Bible, B. N. 763, t» SôS"-.)
Or et saphyrs et crisolistes.
(A. DU PojiT, Rom. de Mahom., 1747.)
Les jaspes et li crisolicle.
{Blancand., 3879.)
Saphis, topaces. grisolites.
(ROB. Dt Blois, b. N". 24301, f» 505 r».)
Esmeraudes et crisolites
Et maintes autres pierres eslites.
[Fioriant, 5139.)
Grisoliqiies, saGr.s, csmaus
Et escarboucles naturaus.
[Fregus, 134.)
Onicles, topasses, rubins, jacintes, jj^so-
lites, bericles, sardines et moult d'autres
pierres de grarit bonté. (Lettre de Preitre
Jehans, dans Ruleb., Œuvr., III, 303, 2' éd.)
Ses pLi resembloit grisolite.
(Ukci DB lA Chabité, Biltte, B. N. 401, [• 97".)
CrisoUt. (Apocal., ms. de Salis, f 15 r".)
Ematistes, aquilins, birils, grisolites. (Sa-
vignt. du Coinpaigno» a la h'outeitle, Coin-
T. IX.
CHU
ment Bringuenarilles feit faire la monstre,
éd. 1547.)
f:HRYSop.\SE, s. f., variété d'agate
colorée en vert par l'oxyde de nickel :
Crysopras vent d'Inde majur.
(Makb., Lapid., 377.)
Crisopassits.
(P. DE Thaun, Best.. 1474.)
Les roes sont de crisojm^re
Color ont de fou qui embrase.
(Thébes, 4773.)
Topace, criioparse. (Lapid. d'un roi d'Ar-
rabe, Berne 646.)
Crisopace est une pierre d'.Vntioche qui
est celée en la lumière et qui est manifes-
tée de nuyt en ténèbres. Car de nuyt il a
couleur de feu et de jour il a couleur d'or.
[Liv. dupropriet.des choses, X\i, 26.)
Donnant or, pierres précieuses, criso-
prasses, escarboucles. (La Mer des /dsloir.,
t. I, P 75".) '
Le chrysoberil est de Tustre doré, mais
blalfard, et encore plus blesme le cliryso-
prasus. (£. Binet, Merv. de nat., p. 182.)
CHRYST.*L, mod.jV. Grestal. — chu-
c.ts, V. Choucas.
CHUCHETER, iiiod. chuchoter, verbe.
— N., parler bas à l'oreille :
De quoy fu ce que vous ries
Entre vous deux et c/iMc/(rfiVs?
j [Mir. de N. D., I, 2, 165.)
j C/iuchelteen l'oreille de Léonard. (Merlin
Cocc, .XII.)
Sesuchetans tous a l'oreille. (Mkro de
Val., Mém., an 1572.)
Et furent veus les princes et princesses
chucheler en l'aureillc l'un de l'autre. (Sat
Men., Ilar. de M. le Rect. Uoze.)
La plupart des princes... ne chuchotans
plus au.\ oreilles les uns des autres, comme
ils avoient accoustumé, çommencoient a
discourir tout ouvertement de leurs diver-
ses fantaisies. (SLi.LVjCiBcoii.rojr., ch..\.x.\v.)
Et venir comme cela cajoler, churheter et
barguigner. aux oreilles d'une femme (Fr
DE Sal., Vie dév., iU, \\.)
— -\., dire en parlant bas et à l'o-
reille :
Qu'ils me viennent soustenir en face, et
non pas(?ft«c/ie/te'en;secret, que... (GAR.4SSE,
Doct. cur., p. 97.)
tHuiCHE, v. Chiche I.
cui'ic.VE, s. f., cigogne :
Autretant de tans corne la c/iuigne met
a ses chuignos cover, autretant de tans
metenl li chuignot, ijuant \i sont parcreu,
a leur mère norrir. (Hich. de FolrnivalI
Bestiaire d'amour, La chuigne.)
Porta il huges sour moult de charetes
çuingnes qui par nature heent serpens...
Moyses laissoit aller les c/iui/ignes hors des
huces pour encachier et dévorer les ser-
pens. (Bible hist., Maz. 532, f° 28"'.)
Et s'clle a longe u grant cskino
Elle resamble une c/tuine.
(lACQ. d'Amiens, Art d'aimer, ma. Dresde, £• lj'i.\
Cyconia, cliuiiie. (Voc. de Douai.)
Il vez lesfKî'nes qui avoient leurs nizsur
es tours de la ville, qui prenoienl leurs
CI
89
faons a leurs becs et les portoient sur les
roches et sur les montaignes. (Ilisl. des
emp.,.\K. 5989, f 86 v°.)
Ciiuisnes. (Dial. fr.-flam., r i'.)
Cf. C.GOGNE.
t:nui\CKis.ME, voir Cinquième. —
CHCi.vcQ, V. Cinq. — chuiive, v.umx-
Gi\E, v. Chuigne. — chui.\quime, -is-
.ME, v. Cinquième. — chukier. v. Cho-
quer. — CIIl.MyiA\TE, CHL.\QUAI\TE,
V. Cinquante. — ciil-que, v. Souche. —
cHuyuER, V. Choquer. — chuquet, v.
Chouquet, — chl-te, mod., v. CheJte.
— CHYliOILLE, CHYBOLLE, V. CiBOIRE.
CI, adv., dans le lieu voisin ou dans
le temps présent :
Dex ! di,st Ogiers, quelx mos ai e/n ois.
(Raijib., ùgier, 7043.)
Dex ! dist Ogiers, bon conpagnon a c7ii.
;Id., ià., 7047.)
Se de ci te puez eschaper.
(B. N. 2188, f 32 v°.)
lia isles câpres, que vos poezveoir de et,
qui sont habitées de genz, et laborees de
^i« "<■ ru 7'*°'''=' •=' '''^■'""■" ''iens- (Vil-
LbU., ^, loi.)
Nous n'avons c/n autre freinelé ne autre
estandart fors Diu tant seulement et tous
(He.nri de Val., ;; 512.)
Va t'en de cg.
{Hesun: JVolre Seigneur, ap. Jub., JI,jsl., t. II, p.
Cts< dessoz. (1302, Fontevr., anc. lit., \
lI.-et-Loire.) ' '
Sachiez de verilé que nous sommes marchant
yui pour 1 ost gouverner qui est par ci devant
Avons tous ses biens ci amenez maintenant.
(Cuï., B. du Guesctin, 1470.)
— Des ci, dès ce moment-ci :
Or se porpense Bertrans li messagiers
Que s'il enporte le sien escu entier
Li sien ami l'en av'eront mains chier :
Des clii velt il la guerre comencUier.
(Raimb., Oçier, 4605.)
— Por ci devant, auparavant :
Les boulangiers et panetiers de ladicte
ville de Bourges et faulxbourgs par ru da-
vant se sont doluz et plainctz. (1502, Ord
de pol. de Bourges, 1, Boyer.)
Pour obvier aux inconveniens qui uar
cy daoant sont survenuz. (Ib., II.)
Raconter a la noble assistance une fable
non point //«)• cg devant entendue. (Liriv
Nuicts, II, IV.) ■ '
— De ci a tant que, jusqu'à ce que :
Par saint Pierre, dist li chardenaus, vous
n en serez assous de ci a tant que vous m'a-
verez amendei le lait. ^Me.m-.strel, g 217.)
— Par ci, par ici :
Si est ce pour venir icy
Qu'U faut qu'elle pa.sse par ci).
(.1. A. DE Baif, le Brave, II, î.)
C'est grant merveille qu'elle ait pu
Sortir de cestc maison cy
Maintenant sans passer par cy.
(Id., ib., II, J,)
12
00
CIB
CIB
CIG
— Par ci après, ensuite :
Par Cl) après, d'ainsi lo fair
(J. A. DE Baif. Il' Brave, II, 5.)
— Ci et çà, çà et !à :
Si en cueilli ci et ça, ausi conme l'en met
fleurs de divers prc'z en un mont. [Chron.
des rois (le Fr., Berne 607.)
— Ça et ci, ceci et cela :
S'en vont disant et ça et et.
(.1. DnETEL, Tourn. de Cliauvenci, 2339.)
— Entre ci et un mois, d'ici un mois :
Il fauUIra qur nous donnions une ba-
laille aux Hspaignolz, entre rjj et un moys.
{llt/st. du bon c/iev.sans paonr et sans repr.,
c. 1,.)
— Ci pris, ci mis, immédiatement :
Et commanda que, tout souldain,
Cif pris, cy mis, on chappellast
Gincj ou six douzaines de pain.
{La Bepeue de Villon et de ses compagnons.)
Tantosl que damp moyne vil la viande,
il lire ung beau long el large cousleau,
bien trenchant, qu'il avoit a sa ceinture,
tout en disant Benedicite, el puis se met en
besoigne a la poree. Tout premier qu'il l'eut
despeschee, elle larl aussi, ri/ /jn((S cy mis,
de la il se lire a ces Irippes belles el gras-
ses. {Cent nouv., L.V-V.XIH.)
<:iAGE, V. Sciage.
ciATE, mod. cyatlie, s. m. et f., coupe,
gobelet, verre en général : aujourd'hui
t. d'antiquité, désignait un petit gobe-
let qui servait à verser l'eau et le vin
dans les coupes :
9 très petites cirties, ce sont cullerecs. (H.
DE MoNDEViLLE, B. N. 2030, r ôl\)
Que chascune des 3 commissions de la
poudre soit faite sus chascun ciate. (In.)
Contre douleur de fondement... soient
prises ..\l. cimes ou tendrons de brioine,
el .III. onces de galles soient cassées et
boiUies en trois ciatcs de vin jusquesatanl
qui reviengne a ung. (.Scc/'es de Saterne,
ms. Modène Este 28, p. 6Ô.)
Aux femmes qui ont perdu tout jeu par
froidure donner de celle pouldre deux
dragmesavec trois nattes de eaue chaulde.
(Grant herbier, f° 18 v°.)
Donne leur le ius a boire avec trois da-
tes de vin. {Ib., t" 20 V.)
On en baille le poid d'une cuillère avec
deux cyathes (c'est a dire douze drachmes
et quatre scrupules) d'eau tiède. (Trad. de
l'Hyst. des plant. deL. Fouscli, c. xlix.)
CIBE, V. ClVE.
f:iBLE, S. m. et f., plaque de carton,
de bois, etc., sur laquelle est tracé un
disque ayant un point central qui sert
de tir :
... Plus de cent
Voire de mil, tout a un sible.
(G. Macbault. p. i06.)
ciBoi\'GivE, V. Ciboire.
CIBOIRE, s. m. et f., vase en forme
de coupe, à couvercle, contenant des
hosties consacrées pour la communion
des fidèles, et aussi anciennement, fla-
con où l'on renfermait le saint Chrême:
E le cibuire soelé a arjent.
(Mort Aim. de Nurb., 1717.)
Riches saphirs et riche jame
Assis! et niist en no ciboire
Quant y niist li et saint Grégoire.
(G. DE CoiNCi, .I//r., p. 94, Poquet.)
Li ciboires.
(Id., (6.. ms. Bru.\., f' 31 v", col. 2.)
Por ferelepremierciîJoyrede lour ygliese.
(1297, Test, de Hugues te Brun, A. N. J i07,
n" ti.)
Li donne cil communion
Et puiz ly donne la sainte oille
Qu'illec tenoit en sa clnjboille.
{liist. des trois AIaries,ap. Labûrde, Emaux, p. 214.)
El de viandes et de vins
De sou ventre fera cyboire.
13. Le Fevbe, Matlicolm. IV, 393, Bruxelles.)
Pour un chyboire, a tout une hymage
tournant. (1325, Mandem. de Mahaui d'Ar-
tois, A. Pas-de-Calais.)
Un cibore a mettre Corpus llomini. (1382,
A. N. MM 31, f° 88 V.)
Pour avoir fait escurer el metire a point
le cinboille de cuivre de dessus le grant
autel. (•1449,^;'c/(. hospit. de Paris, II, 16.^.)
Pour avoir refait le vaissiel du chybolle.
(1461-62, Compt., S. Ame, A. Nord.)
Vnecylmle de cristal, garnye d'or. (1467,
Ducs de Bourg., n" 2060.)
Ung grand cyboire d'argent doré. (1467,
Inv. de Cliurles le Téméraire, ap. V. Cay.)
Item en l'an .xxx. ensuivant fui faile le
chilioule pour mettre corpus chrisli. (xv's.,
Epitaphe de iéylisede Jolluin-Merlin, llai-
naul belge.)
La chimbolle qu'ilz avoienl desrobé en
une église. (1523, Lille, ap. La Fons.)
Lequel Cocquet a prié el requis au dit
Adam Brifl'aut i|ue son plaisir feust lui per-
mettre de pouvoir mettre... une lampe de-
vant le siboingne de l'église du dit Senuc.
— Plus bas: Cihoinyne. (1526, Cartul. du
prieuré Sancti Oricoli Siiidun.,("2^\°, lluc,
Ciborium.)
Firent paver enlour le dite fontaine (S.
Gerald) el aussi firent relTaire le pavé, tra-
versant le ruisseau davant le cyvoire dud.
sainct Gerauld. (1532, Beg. cons.de Lim., 1,
219.)
Le cinmbole ou repose le saint Sacrement.
(1541-42, Compt., A. Nord.)
La cihotle. (1559, Valenc, ap. La Fons.)
Une chibolle de cuyvre doré. (1598, Lille,
ap. La Fons.)
— Dais ou baldaquin soutenu par des
colonnes, édicule placé au-dessus de
l'autel :
Devers la vile erent trifolro
Li mur, a ars et a ciroire,
granz pilers de marbre toz.
{Eneas, 445.)
Suz furent voltii li arcel,
Tuit partot dobles et gimel.
Molt par i ot riche civoire ;
Car n'esteit de chalz ne d'ivoire
Ainz fu d'or fin toz et de pierres.
(Bb»., Troies, 16661, .loly.)
Une maison i ot c'on clamoit oratoire
De cler marbre a porfire et desous a citjoire.
{nom. d'.itex; I' 76».}
CinOLLE, CIRORE, V. CiBOIHE.
CIBOULE, S. f., plante potagère du
genre de l'oignon :
Civolles. (Gl. de Garl., Hrug. 546.)
Sibolle. (1503, Douai, ap. La Fons.)
SciUa, vulgo sipoul/e ou charpentaire ou
oignon marin. (C. Est., De lut. et graec.
nom arbor., p. 67.)
Cf. ClBOLE, II, 132".
CIBUIRE, V. CiDOinE.
cicADE, S. f., latinisme, cigale :
Cigade. (CoiuiiciioN, Propriet. des choses,
B. N. 22533.)
Le formy... fut priée et requise Ires ins-
tamment du cicade ou crignon mourant de
fain. {Mer des hysl., t. Il, P 13^)
Quand la cicade aiant grand fain vint a
elle (la forniis), pour lui demander a man-
ger. (Latin thèmes of Mary Stuart, p. 6.)
Une cicade. (.1. G. P., Occult. merv. de
nat., p. 123.)
Cf. Cigale.
ci<;a>-ei'.\, V. Chicaneux.
CICATRICE, S. f., trace laissée sur la
peau par une blessure, une plaie, une
brûlure après guérison :
Ceste pouldre desechc et engendre chair
el cicatrice. (B. de Gord., Pratiq., I, 12.)
Sicalrice. (Platine de honneste volupté, f° 8
r".)
Siratrice. (Fabri, Bhet.)
CICATRISABLE, adj . , qui peut être ci-
catrisé :
Plaies et ulcères cicatrisables, (.lard, de
santé, l, 18.)
cicATBiSAL, adj., de cicatrice :
Les taches cicalrizales ne peuvent eslre
elTacees. (Jotu., Gr. chir., p. 514.)
ciCATUiSAîVT, adj., qui cicatrise:
Medicines chichatrisans. (Frag. d'un lie.
de médecine, ms. Berne A 95, f 26 r°.)
Cichatrisans. (Ib.)
Médicaments ci.catrisans.(io\:B., Gr.chir.,
p. 446.)
Playes cicatrizantes. (Id., ib., p. 670.)
ciCATRisATiF, adj., qui détermine la
formation d'une cicatrice :
Médecines cicatrizatives. (Evr. de Conty,
Probl. d'Arist., B. N. 210, f 36".) Infra, ci-
catrizatives.
incarnalis el cicatrizatis scelloz liez
bien la plaie. (Trad. de Lun/r,, B. N. 1323,
r 54 v°.)
Médicament cicatrizatif. (Brin de Lo.vg
BoRC, Cyrurgie, t° 17".)
Cycatrizatif. (Id., ib.)
CIG
Médicament ckalrizatif. (Paré, VIII.)
Remèdes cicatrisatifs. (Id.)
Medicamens cicatrisa f ifs. (Id., X, x.)
Pouldre cicatrizalive. (Join.. Gr. cliii:, p.
283.)
Médicament cicalrizatif. (Id., ib.,p. 676.)
— Ane, s. ra., remède servant à ci-
catriser :
Et en la Tin met on consolidalif cica^i'sa-
lif. (Frag. d'un liv. de médecine, ms.
Berne k 95, C 2 v«.)
Quand lesdits ulcères seront bien mondi-
fiez et nettoyez, faudra user Ae cicatrisatifs,
a parfaire la curalion desdits ulcères. (M.
Grec, Prem. liv. de Gai., I.)
ciCATRiSATioiv, S. f., action par la-
quelle une plaie se cicatrise :
Cicatrisacio». (Evr. de CoMy, Probl. d'A-
rist., B. N. 210, P 36 v°.)
Cicatrizalion. (Brun de Lo.ng Borc, P 20°. )
CICATRISER, verbe. — A., fermer une
plaie, une blessure de manière à ne
laisser que la marque sur la peau :
Cicalrizeir. {Somme M° Gautier, f"> 14.)
Incorporée avec du cerol niyrtyn (l'es-
corce de pin) cicairize entierem"ent les ul-
cères des corps délicats. (E. Binet. Men\ de
nat., p. 396.)
— Xeutr. :
La petitecentaurefait «ca/mer les plaies
vieilles et anciennes. (yacrf.de santé,\, 190.)
ciCEROLE, s. f., pois chiche :
Item y a la cicerole, qui est semblable a
un petit pois chiche, estant fait a quatre
quarres, et au reste semblable a un pois.
(Ou Piset, Pline, XVIII, 12.)
Cicera, une sorte de pois, cicerolle. jR.
Est., Dictionariolum.)
Les meilleures pastures sont le grand
Ireffle... puis après les chicheroUes, les ers
ou orobe. (Cottereal', Colum., Il, 7.)
La c!c/iej-o//e sert aus bœufs en lieu de
orobe en la haulte Espaigne. (Id., ib., II,
Cicera, cicerole, une sorte de poix ciches.
(Calepini dict.)
CICHE.MEXT, V. CHICHEMENT.
cici>DELE, S. f., coléoptère penta-
mére de la famille des carnassiers, ver
luisant :
El autour mainte ou cicindHle ou mousche
L'air pur csveille.
(ViSQ. PniLiLiELL, Œiw. miUj. de Fr. Pelrarijuf, p.
Certains petits feu?, volans... vous les
appeliez cicindètes, la reluisans comme au
soir font en ma patrie, l'orge venant a ma-
turité. (Rai)., Quint liv., c:h. xxxi)
CICLE, V. SiCLE.
ciCLo.METRiE, S. f., mcsurc du cercle :
La ciclomelrie, ou moyens de la mesure
du cercle. ;Fra.m;. Besso.v, C. N. 1336, f° 1.)
CIE
ciCLOPiE.\, adj., des cjxlopes :
Ciclopeus, cicloniens. (Gloss. lat.-fr., B.
>'. I. 7679.) '
Cirlopiaii. (Doctr. le Salvaoe, ms. Renn.
Ii7, f» 86».)
Acumen : ung des ciclopiens et ung ad-
vercet. (Kebrixa, Lexic., éd. Iô38.)
CICOREE, V. CnrcOREE. — CICOTRIX,
mod.,v. Si:ccoTRr.\. — cicoug.ve, v. Ci-
gogne. — CICOUMEITE, v. CiGOGNETTE.
— CICQl'ES, v. SkjUES. — CICUE, V. Cl-
GUE.
■ cicuTAiRE, S. f., plante ombellifère
aiguë dite ciguë vireuse :
îlyrrhys, vulgo cicutaria,dcuia!c(>, persil
d'asne. (Jux., Xomeml., p. 101.)
CIDRE, s. m., jus de pomme ou de
poire fermenté :
Cavestre, cire et vin que il m'a acaté.
(Bom.d'.ltex., !' AT.)
Ases enporte cire et caveslres et vin.
Et si burent del sistre.
{.Von. Guill.,B. N. 36S, £» 266'.)
Cisera, cire. (Neck., Brug.)
Chescune miere owe vous rendra .vi. d.
obole cler, et chescune geline .m. d. par
an cler. et .x. riartiers des pommes et des
peirs vous respondrent d'un tonel de cis;-e.
(EcoH. rur., Bibl. Ec. Chart., 4' sér., t. II,
p. 367.) Impr. : ciser.
Vin, siudre. (Liv. des iur., f 73 v", A. S.-
Inf.)
Sidre. (1370, A. N. ivK 10", f° 21 v°.)
Cydre. (1392, Denombr. du huill.de Rouen,
A. .\. P 307, P 53 V».)
Aussi des autres boires comme de sysre,
poyrye et bragote. [Manière de lang'., p.
392.) Impr. ; syser.
Pol de sydre. (1398, Almenèches, A. Orne,
H 25.)
Cidre, Ciirs. (1464, Lagadeuc, Catholicon.)
S'ilz buvoient vin il prenoit pour luvrifre
ou servoise. (0. de la Marche, Parem. des
dames, ch. xiii.)
Tonnaulx, fuslailles a vins et cildres.
(1498, Baill. d'Evreux, A. .\. P' 29i.)
La moitié de tout le sildre et peré qui
sera trouvé dans ma cave. (Iô30, Test, de
Guill. Le Roux, A. Seine-Inf., (1 3435.)
Tonneau de cytre de poires. (30 sept.
1598, A. Bailleul, 2" reg. aux privilèges, P
99.)
Sitre. (FoCRXiER, Ilydrogr., p. 180.)
CIDRE EAU, S. m., cidre mêlé d'eau :
En festins, en nopces ou festes,
Qui, voulant traictcr gens hounestes.
Leur feroit boire du sidre eau,
Seroil trop avare ou trop veau.
{Vau-de-Vîre,'ap. Jacob, Vaux-de-Vire de J. Le
IJoux, XII.)
ciEF, v. Chef.
CIEL, S. m., espace dans lequel tous
les astres accomplissent leur révolution :
CIE
91
Que li citis fu tous oscurcis.
(Chbesi., Percemt, ms. Mods, p. 135.)
Juno ki ert del ciel déesse
Esteit vers els molt felonesse.
{Eneas, 93.)
Li roi dou siè, noslre sîgnour.
(Wace. Conception, Biit. Mus. .iJd. 1.Ï606, f« 43',)
.\s angres li clers ceus li beals,
E l'air desuz est as oiseals.
(Ben., d. de Nom., I, 113.)
Suz cel.
(ID., ib.. H, 835.)
Deus citez qui sor mer sient, des plus
forz desoz ciel. (Villeh., % 301.)
Aidier puet en ciel et en terre.
(GciOT, inble, 20S7.)
Es des.
(Ms. Brit. .Mus. Harl. 4333, l' 98«.)
Qant voit le cier tout estelei.
(ROB. DE Biois, B. N. 24301, p. 5S8^)
Tant com oies et terre durra.
(Id., ib., p. eosi-.)
Les bons es ceaux eslevera.
(Macé, Bible, B. N. 401, f» 83^)
Li cieus. (Chron. de S. Den., ms. Ste-Gen.,
f" 48'.)
Lo règne dou ceau. (Serm., xiii» s., ms.
Poit. 124, P 5 r".) '
Ciau. (Ib.)
— Fig. :
Ses compagnon?,... ravis de la hardiesse
et du grand co;ur d'Hildegrade, la louoient
jusques ou ciel. (>'ic. de Mostreux, Sec
liv. des berg. de Juliette, P 186 r°.)
— Dais :
Un ciel entier sur la table ordonnèrent.
(E. Desch., b. n. 840, £• 76.)
Un demy chiel de toille noire. (Un par-
tage mobil. en I41S, St-Germain.)
CIELGE, v. ClERGE.
ciELLEME\T. S. m., décoration d'un
plafond :
Ce ciellement est fort coustagieux, car il
est fort azuré. (Palsgr., p. 489.)
CIEACQCA.'VTE, CIEXQUA.\TE, V. Cl.-»!-
QUA.NTE. — CIE.\S, V. CeaNS. — 1. CIEK,
V. Ciel.— 2. cier, v. Cher. — CIERE^•,
V. SeRAN. — CIERE.XCIER, V. SeraNCER.
CIEREXT, V. SeRAN. CIERF, V.
Cerf. — cierfieil, cierfueil, cier-
FUEL, V. Cerfeuil.
cierge, s. m., grande chandelle de
cire :
Moult i ot cirges alumez.
Et cliandeles espessemenl.
T.nBEST., Erec et En., B. N. 1420, f» 14«.)
Tant i ot cierges, ja par jor
Luiuiere n'i eust graignor.
[Enea.1, 837.)
Li cirges.
(P. DE Tuais, Lii:. des créât., 1123.
A une p.irt
Ou cliandele ne ceirge n'arl.
(Guiel. de Saint I'aiu, 25S6.)
92
CIG
Cielge. (G. de Mongi, ViU. Chr. 1360, f
16'.)
l'our 36i ckrr/es fie cire île une livre
chascun. (1319, Comptes de l'hôtel Mahaut,
A. Pas-de-Calais, A 374.)
Chierfie. {\m, A. N. KK 2%, f S» v=.)
Tenans.ii. chierqes ardans plus reluisans
(lue le soleais. (J.' d'Outrem., V, 15.)
En laage do troys ans la vierge
Fut conduicte et menée au temple
Pour donner son ofFrende et sierge.
(SlABClAL, Louanges de Marie, f» 'lO r«.)
Cherr/e, chierge. (1498, Compt. d'Abbev.,
jjp. LaFons.)
ciERGiEU, s. m., marchand et ouvrier
en cire :
Marchant ciergier. (1495-9K, A. N. KK 8o.)
CIERINT, V. 'SeR.VN. — «'.lERIR, V. ChE-
Rlli.— C1ERISE,-ISIER, V. CeRISE, -ISIER.
— CIEItKER, V. CHAROEn.— CIERTAIIV-
IVEMEXT, V. CeRTAINNEMENT. — CIER-
TEFiER, V. Certifier. — ciervelle, v.
Cervelle. — ciervoise, v. Cervoisb.
— ciES, V. Ches.— cieser, v. Cesser.
— ciEUNC, V. Cinq. — cievre, v. Che-
Y[,E._ CIEVRIOL, CIEVRIUL, CIEVROL,
V. Chevreul. — ciF, V. Suif. — cif-
FLEB, V. Siffler. — ciffre, cifre, v.
Chiffre.
ciGALAT, s. m., petit de la cigale :
Les petits cigalas sont noirs du commen-
cement. (Du PiNET, Pline, VI, 26.)
Cf. Mistral, Cigalas.
r.iGALE, s. f., insecte hémiptère qui
fait entendre un bruit aigre et mono-
tone produit par le frottement de deux
membranes élastiques placées dans l'ab-
domen :
La sigalle et le papillon.
(IlEmi, Œuv., II, 108.)
Sigalle. (Corroz., Fab., xcix.)
ciGALETTE, S. f., dimiu. de cigale :
... La eigalette (suit)
La rosée du matin.
(J. A. DE Baif, Edorj., XIV.;
CIGMEK, V. CiLLIER.
ciGOGNAT, S. m., petit de la cigogne:
Au territoire de Fidena, on ne sauroit
trouver un seul nid de cigogne, ny un pe-
tit cigognat. (Du Pinet, Pline, X, 29.)
(In dit qu'ayant mangé d'un cigognat, on
dit qu'on demeurera quelques années toutes
de tire sans avoir les yeux chassieux. (Id.,
ib., XXIX, 6.)
ciGOG>'E, s. f., oi.seau voyageur de
J'ordre des échassiers :
Cigonie.
(P. DE Tbaun, Best., 1306.)
La cigouingne.
I^Ysopet /, fab, XX,\1II.)
CIG
La segogne.
(Ib.)
regoingne. {Bible, B. N. 899, f" 85".)
Cigoinne.
{liose, ms. Corsini, f" 38''.)
Mercurius devint cecoigne.
[Fab. d'Oo., Ars. 5069, f» 70".)
ijaceguoigne nourrist son père et sa mère
quant il sonl viel. (Laur., Somme, Maz.809,
r 142".)
Cggoine. (In., ib.', ms. Soiss. 210, f 98".)
Cygoigne. (Mondev., ms. Did., f° 13 r°.)
Pour recouvrir la tournelle ou \asoongne
fait son nit ou chastel de Creey. (1331,
Compte de Odart de Laigny, A. N. KK 3", f"
105 v°.)
Cegoigne. {Gloss. gall.-lal.. II. N. 1. 7684.)
Lucifer, horrible segougne
Au nit d'orgueil sans fin couvant.
(A. Greban, Mist. de la PoiS., 23360.)
Et vinrent les soignes la vegille de S. Val-
lenlin. (J. Aubrion, Journ., an 1474.)
Au temps passé on ne mangeoit point de
cigongne, mais maintenant c'est viande ro-
yalle. (.Vneau.)
Cijcogne.
(IiEsp., Lett., p. 407.)
— Manivelle en forme de levier coudé,
servant à tirer de l'eau, à lever des
plans, etc. :
A Chastelleraut, mareschal, pour sa paine
et fer d'avoir adoubé la ferrure de la cigoi-
gne. (1429, A. Vienne.)
Telo : cigugiie, instrument a élever eau
de puits comme font courtiliers. (Gloss. de
Salins.)
Pour eslre la terre arrousee de la main
des hommes, et avec instrumens appeliez
cigoiiies. (Sali.\t, Her., I.)
— Gabarit formé de deux règles en
équerre servant à régulariser la profon-
deur et la pente des revers d'un fossé :
Pour faire droictement ces fosses et éga-
lement profondes, nos ancestres ont in-
venté une machine ou instrument tel : Une
règle droicle, au costé de laquelle est une
autre reigleou baslon de-la longueur qu'on
veult la fosse estre profonde, tellement
que la reigle de dessus touchera aux deux
bords de la rive. Cette mesure nos vigne-
rons appellent cicoigne. (Cotereau, Colum,,
III, 13.)
— Gibet, pilori :
Sigougne dressée sur la place publique
a Poitiers pour punir par infamie et autre-
ment les délinquants. (1457, Compte de dé-
penses.)
Soyons en possession et saisine de aul-
cune sigoigne en la place commune de la
présent ville, la lanterne de laquelle pend
avecques une chayne sur le grand estang
de lad. ville, destinée pour punir les bo-
lengiers quant excédent et délinquant en
leur estai. (1536, Reg. cons. deLim., 1,299.)
Cf. Chuig.ne.
ciGOGiVEi., mod. cigogneau, s. m.,
petit de la cigogne :
CIL
Son ceooignel pest la cegoine.
(Est. de Foiîgiehes. Livre des manières, 94o.)
Cigoigneau. (12 nov. 1295, A. M.-et-L., 15
53, P 123.)
Qui aura mangé un cigogneau ne sera
lousche en sa vie. (Belon, Nat. des oys., 4,
X.)
Les petits ej/coi^neau^nourrrissent leurs
père et mère vieux. (Boaystuau, Theal. du
monde, I.)
Le jeune ciconneati p-ir devoir mutuel.
(Fr. Pebbi.n, Pourtraict, f" 22 r".)
Cf. II, 133^
ciGOGivETE, S. f., petite cigogne :
... Grant diligence
Ele a de ses ciconnieites
Nourrir...
(Des propriétés des choses, VI, ^4, G. Uayoaud. liom.,
XIV, 465.)
ciGi'E, s.f., plante vivace, vénéneuse,
de la famille des ombellifères ; poison
où l'on suppose qu'entrait la ciguë et
qu'on donnait aux condamnés à mort :
Plus fu amere l'iave que li rois ot beue
Que sive, ne santerne, n'alogne, ne celte.
(Rom. d'Alex., f» 44'i.)
Cicuta, conium, coniza. ro. cicuie. (Gloss.
du XII' s., ap. Léop. Delisle.)
Encontre honnor ne doutent morir une chêne.
[Beuvesde Comm., I' 179'.)
Seignorie que j'aie eue
Ne pris pas .i. rain de segue.
(RuTEB., Vie sainte Elisabel.)
Qui par cegue le tuèrent,
(Rose, 5888.)
Il ne prise son corps vaillant une chêne
Se nostre gcnt de Franche n'est par li secourue.
(Gaufrey, 6840.)
Cicuta, ceue. (Gloss. de Douai.)
Chigue. (Gloss. lat.-fr., 1487.)
Et devez savoir queparc/ieiie est entendu
cegue. (Grant Herbier, i" 29 v°, Nyverd.)
Cicuta, herbe nommée segue. (R. Est.,
Dictionariolum.)
Seguê. (La Porte.)
Et selon que je puis entendre.
L'ellébore de la cervelle,
Du cœur la ceguë s'engendre.
Et de la langue mortelle.
(J. .\. DE Baie, Passetems, 1. III, f" 62 v*.)
Cicue.
(Vauq., .S'a(., V, à Bertaut.)
Il y avoil de la segue dans le jardin, qu'on
m'avoit montré pour estre une herbe mor-
telle. (Hochefort, Mém., éd. 1694, p. 14.)
ciGUiGNE, V. Cigogne.
r.iL, s. m., poil qui garnit le bord des
paupières ;
Hic villus, poil del cil. (Gloss. de Glas-
gow, V. Meyer.)
— Fig., en vu cil d'(Pil, en un ins-
tant :
En un ceil d'œil. (N, P.vsij
259.)
le Gentilh., p.
CIM
GIM
CIM
93
CILDRE, V. ClDKE.
ciLicE, S. m., chemise, ceinture de
crins portée sur la peau par esprit de
pénitence :
Celice.
(Liber de Antecrist, Ars. 3645, f" i7 t'.)
En cendre et en ciliz.
(Pierre de Lannoy, «lani Bict. <jm.)
ClLLEME^■T, S. m., action de ciller les
yeux:
Le sillemeiit des yeux. (Ghevin, Des venins,
1.8.)
ciLLiER, mod. ciller, verbe. — N.,
fermer rapidement les yeux par le rap-
prochement des paupières :
Oilz ne dot pas si tost ne cille.
(Ben., Tro,e, 19133.)
Tant fort l'avise des oils ne poit ceillier.
[Hom. d'Alex., ms. Veoise, P. Meyer. p. 256, y. 436.)
11 a si faite angousce que pas des ions ne celle.
[Rom. d'Alix., f» 78'.)
Li cuers de la joie s'esveille ;
Li oiïz ovri, li dus ne seille.
Il ne fu pas tant revenuz,
Que li parler li fu ronduz.
[Florim., B. N. 368, f» 41''.)
Les eulz de son chief regardoient en .i.
seul leu sanz clignier et sanz movoir et
sanz cignier. {Vie Ste Clare, B. .V. 2096, f
10^)
— Forcer qqn à fermer les yeux :
Comme ils prioient, le Ajrmir ocieux
Chasse soucy leur vint siller les yeux.
(RoNS., Franc, 1. Il, OKuv., p. 421.)
— Cilliè, part, passé, fermé, cousu,
en parlant des yeux :
Telz chevaux sont mieuix veilliez
Que nulz faucons, et s'ont les yQM\% silliez.
Si que veoir grain ne pourroient foison
Jusques il ait vcrificacion.
(EuST. Desch., \, 45.)
L'ame volant d'un plein saut,
A Dieu s'en ira la haut
Avecque luy se résoudre :
Mais ce mien corps enterré,
Stllé d'un somme ferré.
(Ross., Odes, 1. m, OI£uv., p. 346.)
Quant a luy, qui avoit les yeux de l'en-
[ tendement siltez par le concours de tant
d'heureuses félicitez, ne peut juger, obser-
ver ny prévoir. (Nie. I'.vsq., Lelt., VI, 16.)
1. CIMAISE ou CYMAISE, S. f . , mOU-
■hire formant la partie supérieui-e d'une
corniche :
Les cimaises des pîleriaus
Qui tant erent riches et hiaus.
(Ben., Troie, B. N. 375, l' 100''.)
.'I. chimuises pour les gambes de la che-
minée faire. (1306, A. N. KK i'Ji, f° 28.)
llisl que il avoit mis ycellui adjourne-
ment sur \irhimai.ie de la cheminée. (1398.
Grimds Jours de Troyes, .\. N. .\'" 9186, f°41
v°.)
Deux corbiaux et doux rhimitisez de que-
mi neez diulit lioslel. (6 dcc. Iil2, Tutelle
de Mifjuelet Tuscap,\. Tournai.)
Pour les gambes, mantiel. chimaises. et
aultros estolTes de pierre qu'il a l'ailly avoir
fait. (16 aoùl-l.j nov. 14'27, Compte d'ouvra-
ges, 5° Somme de mises, .\. Tournai.)
Avoir laillié a une cheminée deux rhi-
maires et deux soeuilletz. (1497, Compt.,
Bélhune, ap. La Fons, Art. du Nord, p.
200.)
Zophorus. Frise. Cimatium. Cimaise... (E.
BlNET, Merv. de ?iaf., p. 404.)
2. ciM.iisE, s. f. , vase, partie, vase
dans lequel on offrait le vin d'honneur :
Qui luy tordroil ung peu le nez
De vin rendroit une sijmaise.
[Serm.joy. de bien boyre. Ane. Th. fr., II. 8.)
Et ce beau licl, ciel et cortines,
Siniaises, potz, casses, bassines.
Dont vous est venu cest aveu ?
Farce de Colin qui loue et despile D., Ane. Tli. fr..
I, 245.)
Pots, pintes, semaises antiques. (R.vb.,
î Cinquiesme iivre, ch. xxxiii.)
I Cf. Cl.MAnRE, 11, Kio" et Cy.moise, II,
I 410'.
CIMAIVTERE, V. CiJIETIEnE- — CIMA-
; TIQUE, V. ClSMATIQUË.
]
! CIME, S. f., sommet en pointe d'un
objet élevé :
Amont torneront lor racines,
i Contre terres seront les ci/mes.
[Adam, p. 76.)
Cbime. (Vrigier de Solas, B. N. 9220, f 6
i v°.)
I Symme. (P. de Garcie, Graitt ronttier de
I mer, V 31 v°.)
I - Fig. :
En laissant a la volupté qu'elle soit bien
simplement, et non pas la fin et la cgme
des biens. iA.MY0T, Œiiv. met., éd. 1820, t.
III, p. 280.)'
ci.MENT, s. m., mélange de chaux et
j de briques pilées :
Car en une tour sont, mâchonnée au chemeni.
(Baud. de Seb., XV, 1395.)
Que li coutiauls ne soit esmanchies a c/ii-
ment. (25 sept' 132.5. Reg. de la vinnerie,
drapperie, etc., 1343-1451, .\. Tournai.)
Cyman/. (1332, Compte d'Odart de Laii/ny,
A. N. KK 3% f° -138 V.)
El doit estre fait convenablement led.
cyment. [Comptes de René d'Anjou, a.vl. 265.)
Cijement. (1480, Compt. de l'Hot.-de-V. de
Tours.)
Symenl. (1521, A. Serrant.)
ci.MEXTER, V. a., consolider en liant
avec du ciment les pierres de construc-
tion, ou en enduisant de ciment une
surface :
Et Caulus li a dil, qui moût en est iries
Que li hiaume li iert (le la teste erracies
S'il n'est bien cimentes ou a cordes loies.
(J. Briseb-^bre, Itestor du Paon, ms. Roueo, f* 66 r'.)
El fermant le sepulchre on le cimente
tout a l'enlour. (Voyag. du S. de Villaniont,
p. 209.)
c:iME.\TiER, s. m., celui ([ui fait le
ciment ou mortier :
Les cymentiers ou ceulx qui faisoienl le
mortier, {.■incienn. des Juifs, Ars. 5083, f'
'24".)
CI.ME^T^ERE, CIME\T1RE, V. CIME-
TIERE.
ciMETE, S. f., tète, en parlant d'un
légume :
Cimete de chol. Cimia. ( Vocabularius bre-
vidicus.)
ci:»iETERE, V. Cimetière.
CIMETERRE, S. m. et f., sabrc à
large lame recourbée :
Ils avoient targettes et saumetaires, qui
est cspee turque. (1453, FiiANCisco Trasne,
Prise de Constantinuple, p. 309.)
.Semetlaire, qui est espee Turquie. (1453,
Mart., Anecd., 1, c. 1820.)
Symetere. (Le Maire, lllustr., I, 23.)
La semyterre au poing. (AiTO.v, Chron.,
B. N. 5032, f 49 i'">.)
Semiterre. {Ib., C 57 r°.)
Falcatus ensis. acinaces. gladius Persi-
eus. Semitaire. It. Simitarra, Esp. Semi-
tierra. ^Jun., Nomeiicl., p. 201.)
D'un seul coup àe.simelerre. (Mo.nt., I. II.
ch. xxvii, p. 463.)
ci.METiERE, s. m. et f., lieu où l'on
enterre les morts : i
El plus bel leu dcl cemetiere-
(Cbrest., Clig., 6107.)
Ne fus! en cimetere ses avoirs retenuz.
(Th. mart., 62.)
Li dux Miles se tint devers un cismetire.
(.1. BoD., Saisn., X.)
.1. charnier moll parfont an leu de cismeiiere.
(ID., ib., CCIV.)
Lois regarda a désire del chemin et vil
genz qui enfooient .i. cors en .i cimetire.
(Lancelot, ms. Frib., t° 96^)
Cymiteyre. \Merlin, Mus. Bril., Arund. 2'20,
P. Meyer, Rupp.)
Le sementire saint Nicolas. (Cont. de G.
de Tyr, ms. Flor., Laurenz., .XXIII.)
Fist de la plache .i. chimentiere.
i.Mir. de S. Eloi, 40.)
D'ung philosofe qui passoit parmy un ci-
rnenlire. (Castoiement d'un père à son fils,
\.\VII1.)
Citnilire. (1220, Cens. Paracl. de Pruvin,
r 7% A. Aube.)
Devant le cemetire S. Innocent ou il peus-
senl vendre. (Est. Boileau, Liv. des me.it.,
V" p., 1, 54.)
El fu cnfoiiiz en la cimetière commune.-
(Me.ne.sthei., j 335.)
Cemetere. (1280, B. N. 1. 9129, pièce 13.)
Chimentiere. (1288, S. Barth.de Noyon, A.
Oise.)
En ce lemps csloildui grant cimit'iereon
pais. iC/iro)i. de S. Den., ms. Sle-Gen., t"
156".) P. Paris : cimeteres.
94
CIM
l.'ossomenle de lui nciee hoi's du cimen-
l.iere. [Ih., f 313".) P. l'ai'is : cimetière.
Cemelire. (Hentcs irOrliens, i" I i'°, A-
Loiret.)
Cementiere. (Droil de la cort li rois d'Alam.,
ms. berne .V 37, t" 14°.)
Cimitere. (1301, Cart. de S. Genn.VAux.,
A. N. LI. i89, ï- 59 v».)
Porter le au semenlire. (Règle del hospit..
B. N. 1978, f 108 i-".)
La meson dou ceinenlire. (1309, A. N. JJ
45, (' 89 v°.)
Li cymileres. (1315, Sec. cod. de Hug. D.
de lioiii-g., Cli. des C. de Dij.)
Cymetere. (1322, Fontevr., aiic. lit., A.
M.-él-L.)
En un seul chimenliere. (J. Le Fevhe,
Chron., I, 353.)
Se homme lay ou femme l'aicl rapt ou
rœmeliere, il le doit amender a l'evesque.
(Trad. du xni« s. d'une\ord. de Pliil.l", 1080,
Ord., XI, ITt.)
As gliseurs de le parroche Saint Brixe,
pour l'accat de le cymiteredc le ditte église.
(1370, Exécut. lestam. de Colard le Pot, A.
Tournai.)
Au cimentere. (1393. Lim-e des lieril. de S.
Berthomé, t° 80 r", Bibl. la Boehelle.)
Un ci/rniliere commun. (l395,GîY(»(ZsK/«f^
de Troyes, A. i\. .'C'UlSi, 1° liô r".)
Et furent icelui jour mis en leur sépul-
ture en la c/ijmeniieceile ladite église. (1402,
Bull, de In commission liist. du départ, du
Nord, t. IV, p. 114.)
En le cimentiere de l'église saint Prixe.
(1454, Test, de Jehan Curlier, A. Tournai.)
Du couslé devers le semiiierre saint Aril-
le. (14.55, Comptes de Nevers, CC 51.)
Cymiiier. (1470, S. Mélaine, Morl., A. Fi-
nist.)
Cyniistiere.
(Marcul, Vig. de Ch. Vil, 1' 32".)
Uu'ils fussent condamnez a la faire dé-
terrer et porter son corps et ses os en un
des cymilieres d'amours. (Id., Arr. d'Am.,
p. 682.)
Semictyere. (1498, S. Melaine, Morl., A.
Finistère.)
Les cemetieres bossus. (II. Est., Apol., p .
222.)
Geste cynieterre.
(SoEVE, fle/i>, CXVin.)
Ce son fantômes vains et larves solitaires [res.
Frequentans les tombeaux et les creuï cimetai-
(Gabn., Corn., 111.)
Coemetiere, y.oijj.n-y.p'-o-j. (Tripp., Dict. fr.-
yrec.)
Proche le cymetier de Sainct Brice. (.1.
PossOT, Journiilier, p. 83.)
Cemetiere, lieu bénit, ou sont enterrez
les fidèles chrestiens. (Monet.)
— Faire le cimetière bossu, causer
la mort de beaucoup de personnes :
Me suffira de parlerde ceux lesquels tant
plus font les cemetieres bossus, tant plus
grosses apostumes font venir a leurs bour-
bes. (H. E.sT., Apol., c. xvi.)
De jeune médecin cimitiere bossu. (Ta-
iiUREAU, Prem. dial. du Democrittc. p. 182.)
CIN
1. <:iMiiîn. s. m., ornement le plus
squvent garni d'aigrettes, de plumes,
qui forme la cime du casque et sur-
monte la partie qui recouvre la tôte :
Geste tors est moult fors, a cnvis la prendras
Ains i aura des vostrcs et malinis et navres,
Qu'elo soit abatue, ne li chimiers oslos.
(Conr/. lie Jérus., 'iSGO.)
— Loc.,se mettre le cimier sur la liHe :
S'en trouvent d'autres que, sitost qu'ils
ont un enfant masle et sont asseurez d'hé-
riter du douaire, tournent les espaulles a
leurs femmes, et les tiennent comme viles
esclaves, et souvent les menassent avec
parolles injurieuses se mettant le cymié sur
la teste. (h\Riv., le Fid., V, 1.)
2. CIMIER, s. m., croupe du bœuf, du
cerf:
Le seymier d'un cerf, c'est le quoier et la
queue. (Ménagier, t. II, p. 26i.)
CIMITIERE, V. Cimetière.
ciMOSSE, s. f., lisière d'une sorte de
taffetas, cordon :
La ligature et symosse pour le lier (l'en-
fant) dedens le brisset. (Le Trésor de l'ame,
1404, f° 54 r\)
CINABRE, s. m., sulfure rouge de
mercure dont on fabrique le vermillon :
A taire ceHoi)'e,prendes blanc d'Espaigne,
si Tardes en .i. feu et dont le mouUes awec
I. pou de wermeillon. [Hemedes anc, B.
S. 2039, f" 6".)
.1. mantel de sinabre a fons de cuve. (5
fév. 1394, Tnv. de meubles de la mairie de
Dijon, A. Côtè-d'Or.)
ciivABRiiv, adj., rouge comme le ci-
nabre:
Mains cinabrines. {Les amoureuses occu-
pât, de G. de la Teyisonniere, p. 2.)
Ses boutons clnahrins.
(Roîis., Od; liï. V, OEuT., p. 388.)
Laissez moy succotter la liqueur amiable
Qui loge sur le pli de ces bords cinabrins.
(P. DE Cornu, Œuv. poet., p. 115.)
Sa boucbe cynabrine.
(G. Durant, Prem. amours, IX.)
Quant tout folâtre j'arose
Cette cinabrine rose.
(Tahureau, Pois., 11,117.)
ciivBoiLLE, V. Ciboire. — ci^cesme,
V. CiNQUIESME. — Cl^T.QUAiVTEI\E, V.
Cinquantaine. — cincquiesme, v. Cin-
OUIESME. — CIINCTURE, V. CeiNTURE.
ciNDAGE, S. m., action de ceindre :
Et noinmoil on anciennement ce festin,
le cindaige d'espee et non bien venue,
comme nous faisons maintenant. (1609,
Phil. iiE ilURGES, Mém. d'eschevin de Tour-
nay, Mèm. de la Société histor. de Tour-
nai, V, 109.)
CI>UIQUAL, V. SlNDlCAL. — OINDRE,
V. Cendre, Ceindre et Cintre.
CIN
cirvDRER, V. a., syn. de ceindre, en
tourer :
Non qu'ensemble il ne peust des humains la de-
[meure
Parfaire et commencer, qu'il ne peust en mesnie
[heure
Cindrer les cioui Dambans, peupler nostre air
[d'oyseaux.
(Do Bartas, 1" se»!., 1" j., 423.)
Ait peu si sourement cindrer tant et tantd'eaus
Sur les cercles rouans du ciel porte flambeaus.
(Id., ib., 2» j.)
— Cindré, p. passé, entouré:
(L'or) pour qui nous evenlrons
Nostre mère nourrice, et vivans dans les mines.
Des clapiers mal oindrez attendons les ruines.
(Du Dartas, t" sern., 5" j-, 690.)
<:l!VELE, V. CeNELE.
ciNEREii.x, adj., de cendre :
Humeur aduste et cinereuse. {Practique
de P. Bocellin, f 17 r«.)
ciNGLAGE, S. m., marche accomplie
par un navire dans vingt-quatre heures :
Le cinglage des vaisseaux. (1543, Four-
NiER, Hydrogr., p. 707.)
Cinglage d'un navire. (In., ih., p. 712.)
Pareillement seront lesdits advitailleurs
tenus fournir les deniers des cinglages et
avaries raisonnables, qui seront faites par
la levée desdils équipages. (Mars 1584, Edil
sur la jurid. de l'amiral, le droit de
prise, etc.)
1. CINGLER, V. CeNQLER. — 2. CIN-
GLER, mod., V. SiGLER. j
3. CINGLER, V. a., frapper avec quel-
que chose de long et de flexible :
De son eseu le sinyla par le pis.
Par loi vertu l'enpaint ensus de li,
Jambes levées l'a abatu souvin.
(Mort de Carin, p. 233.)
— Par extens. :
Desja les vents legiers
Dos aquilons esmeus, d'une gelante aleine,
Cinglent, de toutes pars, la durcissante plaine.
(Gauch., Plais, des champs, p. 246. J
Allez, vilain, allez, voslre Ëevrc quartaine.
Qui vous puisse sangler durant eeste sepmaine.
(IrOTEREL, CûlTlO., II, 2.)
Ainsi comme un vieux chesne agité rudement
Par deux vents ennemis soutllans diversement,
L'air single du grand bruit de leur forte secous-
[se.
(Desport., Atigeliq.)
— Cinglant, part, prés., qui fouette:
Et descent et ceilli verges cinglam an la
foresl et la commença a batre et a fenr.
(Perceml, 1,51, Potvin.)
ciNiyuE, mod. cynique, adj., dechien;
à la cynique, comme des chiens, impu-
demment :
La chosette faiclo a l'emblee, entre deux
huys, a travers les degrez, darriere la ta-
pisserie, en tapinois, sus un fagot desrote,
plus plaist a la déesse de Cypre,... que
faicte en veue du soleil a la cynique, ou
CIN
GIN
GIN
95
entre les prccieulx conopees. (RAn., Tiers
lip., ch. XVIII.)
CI.\KIME, V. CiNQUIESME.
CI\.\.\MEOU CliVXAMO.VE, S. 111., Sub-
stance aromatique des anciens, que les
uns prétendent être la myrrhe, et d'au-
tres la cannelle :
l'ng sacq decaniellesîV/flwiOïiP pesant. xii.
11). (liil, Exéc. teslam. de HerjnauU de Vies-
traiu, A. Tournai.)
Fia bauimo, odorant si/namoinme.
(Greban, Mist. de ta Pass., p. 350.)
En ceste isle se cueille du poivre, et l'a-
raron et synnmoun et aultres choses d'a-
policaireries.(JlAR(;nv,A''aoi,9./'canf.,p.298.')
Le cinnamome est extrêmement doux, car
le pire est meilleur ipie la plus rare can-
nelle ; sa couleur est comme de lait nieslé
avec de l'ancre et un peu de bleu. (E. Bi-
set, Mei-v. de nat., p. 'J61.)
f:iNOGLossE, mod. cynoglosse, s. f.,
plante appelée aussi langue de chien, à
cause de la forme de se.s feuilles :
Lingua canis, langue de chien. C'est une
herbe que l'on appelle cinorjlosse. (Granl
herbier, n' 280.)
Plus de cynoglosse. (Paré, XXI, 2.)
ciivQ, adj. numéral, quatre plus un :
Dedenz aveii ses chevaliers,
Et dis serjanz et cinc archiers.
lEneai, 5395.)
Et li nostre de cha ne furent que vint
cinq, et si assamblerentas*eise cens. (Henri
DE Val., '^ 540.)
Quinc. (12i8, Anchin, A. Nord.)
Il poiera cinq soûls pour lui. (Est. Boil.,
Liv. des mest., V" p., XLV, 1.)
Cuinch. (1271, C" d'Artois, 426, A. P.-de-
Cal.)
Ciunc. (I28.J, Carlul. rfe .s'. Jean îles viqn.,
!'• 07% Bib. Soiss.)
Chienc. (1287, S. Acheul,A. Somme.)
Chimie. (Liv. delà trés.d'CIriqny Sie Ben.,
p. 21ô, A. S.-(Juentin.)
Cieunc. [Test, de B. de Clerm., A. A. P
•1370.)
Ciunck mesures. (1293, Cari, de Cauchy,
Betenc, p. 3ô2.)
Les sis d'une part et les chine d'autre
part. (1305, Ord. des tondeurs, A. S. Orner,
LX.VVI11, 1.)
Li choinc en prenderont trois hors des
six. (M.)
L'autre picche qui contient chiunc quar-
tiers de terre. (1317, Curt. de l.dions, B. N.
1.5i60, f° 45 V".)
Les dittes lettres obligaloirez royaulx,
qui faisoicnt mi'niion de la ditte somme
d.es chuincq cens livres lournois. (13 déc.
1403, Test, des enfants de Pierurt du Pon-
chiel,A. Tournai.)
CIIVOUAILLE, V. QUINCAILLE. — CIN-
Ql'AIlVE, V. CiNOUIESMË.
cixyuAXTAiME, S. f, réunion de cin-
quante objets de même nature :
Les deux cincqiianlenes qui venoient a.
Ilelye par orgueil furent destruictz par feu,
mais la tierce cinr/uautenne fut gardée par
son humilité, comme il appert au quart
livre des roys au premier chapitre. (J. Le-
liiiANT, Livre de lionnes meurs, f° 5°.)
ciiVQi'AXTE, adj. numéral cardinal,
cinq fois dix :
Un cheval fîst tlo fiist grant faire,
Desor roes cinquante paire,
Por ce qu'on lo peust mener.
(Eiieas, 889.)
Fors en la bataille de l'empercour u il en
ot cinquante. (Henri de Val., 3 543.)
Ciquonle livres de parisis. (Dec. 1233,
Chaumont, S. Fergeux, H 96.)
Cyncquunle. (Avril 1242, S. Vinc, A.
Mos.)
Ciencquante. (Mars 1250, Fontcuelles, A.
Nord.)
Cimqunnte. (1256, Letl. de ./. de Joinv.,
vidim. en 1294, A. Allier.)
Cent et chiumquanle livres. (30 mars
1310, Cart. de Ftines, llautcœur, p. 511.)
Cheuncante deus sols. (1327, ap. Beau-
villé. Doc. inéd. concern. ta Pic., II, 70.)
Chieuncquante. (1333, Tréport, A. S.-Inf.)
Cliieunquante. (1350, Le Gard, A. Somme.)
L'an de grâce mil .ccc. chuinquante et
dénis. (ISfév. 1351, Escript de le moituerie
Jeh. Makait, A. Tournai.)
Cie«9«rtn/e.(1362,Ch. des compt. de Dole,
C 305, A. Doubs.)
De chinquimle a soissante livres. (i404,
Baillinge d'E'vreux, A. N. P' 294.)
Cliincquante quieviUes de fier. (17 nov.-
16 fév. 1426, Compte d'ouvrages. 3" Somme
de mises, .\. Tournai.)
Le .xxix". jour d'apvril, ou dit au chinc-
quante deux. (1454, Exéciit. teslam. de Je-
han Cartier, .\. Tournai.)
cii\QUAiVTEME, S. f., compagnie de
cinquante hommes :
De allichier chaysnes, de ordener dise-
nies et cinquanlenies. (13 avr. 13K4, Arch.
adm. de licims, III, p. 253.)
f:i.\QUA.\TEi«iER, s. m., celui qui
commandait une cinquantenie :
Par le mandement cpie le royde Navarre
et le prevost des marchans avoient fait a
pluseurs quarteniefs et cinqnanteniers de
la ville. (Chron. de S. Den., li. N. 2813, P
405".)
A Nicolas Jourdin, Jacques Dubier et ,lo-
seph Forniy, archers el cinquuntinier de la
ville d'Orléans. (1.598-1601, ap. Mantellier,
t. I, p. 387.)
cixQi'ANTiEsME, mod. cinquantième,
adj. numéral ordin., qui vient immé-
diatement après le quarante-neuvième:
— S. m., cinquantième partie :
En celé année, tôt sans faille,
Fisl-on en France deux fois taille ;
De saint Jehan jusqu'au karesme,
Prinst on cenUsmc et cinquantisme.
{Cfiron. de S. Maglvire, v. 240.)
<:I\'QIIEFI'EILLE, V. QuiNTEFEUlLLE.
nivQuiESME, mod. cinquième, adj.
numéral ordin.. qui vient immédiate-
ment après le quatrième :
El cinkime jor. (Greg. pop. Ilom., p. M.)
Lors se herbergierent al cinquisme jor
sor un bel len, a un chastel que on apele
le Traim. (Villeii., S 433.) *
Si s'en ala a Salehadin, lui cuinquismes
de frères. {Chron. d'Ernoul, p. 255.)
Cyneyme. (1229, Cart. S. Vinc, B. N. 1.
10023, r 33 r".)
L'an milesme ducentesme trente et cin-
cesme. (1235, Ileylissem, Arch. du roy. de
llelg.)
Cinkisme. (Vie S. Matliias, B. N. 2312,
col. 3.)
C'hest a savoir le r/n'n^îa'me denier ki es-
kerra don vendagiede le rente devant dite.
(r200, Cart. de Bour/murg, li. N. I. 9920, f"
45'.)
La cinquaime partie, (1263, Cart. de Lan-
gres, B. N. I. .5188, P 221 r°.)
Chienquiesme. (1260, Liv. bl.. r 14, A. Ab-
bev.)
Cinquiesme. (1278, Cart. de S. Maur, A.N.
LL 112, r 175 r°.)
Chiunquisme \ov de marc. (1273-1280, Beg.
des Plaids, !" 52 r°, A. Tournai.)
Vint et cinquisme. (1290, Ch. de Ph. de
Beaumanoir, Dhaumont, A. Ardennes II 81.)
Teus .1111. jors errèrent ne pristrent onques fin,
Quant ce vint au cinquime. que jors fu escler-
[cis...
{Gui de Dourij., 2810.)
Chuinquime. (1319, Recette du comté de
Blois, A. N. KK 296, f° 8 v°.)
Le dyoes procain devani le jordou ciun-
kesiiie. (1320, C'est Katerine, femme Plielip-
par le Wetie, S. Brice, A. Tournai.)
A Annelle deux sestiers de blé et le chin-
cisnie ou hos de Commun. (6 nov. 1322,
Cart. de lUthel, ap. 1.. Dclisle, Nut. sur le
cart. du romt. de Hét/iel, p. 254.)
Donnée l'an de grâce mil .ccc. vingt huyt,
le chticcisme jour de septembre. (1328, Cn»'/.
d'Oudenbourg, p. 57.)
Chiumcijeine jour du movs de aoust. (5
août 1329. Leit. de Mallnl'de, c"" d'Art.,
Gr. cari, de S. Bert., A. S.-Omer.)
Et li bons marissaus o le quatrime va
Gerars de Nichocie le chieuquime guia.
[IJ. du .Seb., XVIII, 203.)
— S. m., cinquième partie :
Le chiunchisme et demi de la moitié don
tiers de la ville d'Escordal. (19 juin 1324.
ib., p. 103.)
— Cinquième jour :
Le ciunkime de février. (1323, A. N. JJ 61,
f" 102 r".)
CI\'Q11SME, V. CiNQUIESME. — CINSE-
RiTÉ, V. Sincérité.
ciiv-TRAGE, s. m., état de ce qui est
cintré :
96
CtP
Ceinlraiiige Je Jeux croisées. (1593, P.-
Je-Cal., S. Berlin, ap. La Fons.)
ciiVTRE, s. m., courbure hémisphé-
rique concave d'une voûte, d'un arceau,
d'une arcature :
Claiiz a l<eville a clauer les chintrez des
ars Je le salle. (1313, A. N. KK 393, f° 41.)
Ileni bailla .lehan Je Blacieu un roule
contenant certaine quantité <le l'usle par
lui pieca bailliee pour les chidres Je l'arc
(lu pont Je Rosne. (1416, Reg. consul., A.
nnin. Lyon.)
Cindre. (31 oct. 1423, Reg. maii. de Md-
con.)
A esbatre les seintres estant en la tour de
la Boulerye. (1439, Compt. ds Nevers, CC 42,
f° 13 v°.)
Ung cent de clo pour les sintres de la-
Jicte vote. (1439, ib., f 23 v°.)
Fera adouber et redresser l'entrée Ju Jit
voyage et aussi redresser tous les cinires
Ju dit voyage. (1455, A. N. KK 329.)
.\ Jehan Lombart, chappuis... pour avoir
fait les syndres Je la porte Cliencvier. (1472,
A. mun. Lyon.)
5 pièces Je bois a faire les courbes Jes
saincti-es deVarce dupont.(1535-36. Comptes
de Nevers, CC 106.)
Sgnties a porter les pierres et voûtes jus-
que's a ce qu'elles soient fermées et ma-
çonnées. (l)KLORME, Archit., III. 4.)
cirvTiîER, V. a., disposer en cintre ;
Et doit livrer en le ditte tour une vole
Je appas chintree au ront. (3 août 1349,
Chii-. de Jeh. de Loyaucourt, A. Tournai.)
S'ilz retiennent elcynirent bien et Jeue-
ment les voyages, puis et chambres des
Jittes mynes. (1455, A. S. KK 329.)
ciPPEAU, s. m., instrument avec le-
quel on rogne un métal quelconque :
Quant aux instrumens, outre ceux qui
ont des noms qui sonlaussi ailleurs et dont
on se peut aviser... il y a eschope (d'où
vient eschopeUue signifiant la pièce qu'on
levé d'un métal par cesl instrument). Plus
cippenu (qui peut sembler estre tiré du la-
tin cippus). (II. Est., l'recell., p. 107, éd.
1579.)
ciox, V. Scion. — cioi'rme, v. Chiouu-
ME.
ciPRES, mod. cyprès, s. m., plante
de la famille des conifères :
Un arbre avoit de lez le tref
Qui en toz lens fleroit soef.
C'estoit cipres, si com lisons.
(Chrest., Perceual, ms. Montp., f" 161'=.)
.II. candélabres de cldpres
Aportent doi vallet avant.
[Du Prestre et du chevallier, Montaiglon et Raynaud,
II, 56.)
Ch.ipriest.(Soiiesde Nansay, ms. Turin, f°
51".)
ciPRiciMi, adv., aussitôt:
Cipricimi, vocabulumcompositum ex qua-
tuor, ci pris, ci mis : quando significamus
inox, sive statim, et sine Jilatione aliquid
tieri, aut factura esse : tanquam dicas: In
cm
hoc loco caplus, et in eodcm suspensus.
(II. Est., Gramm. gall., de adv., p. 72.)
ciyuoT, V. Chicot. — ciral, v. Ci-
seau. — t;iRCE, V. Cirque. — cir<;om-
voisiiv, V. CrncoNVOisiN. — circoivcir
V. ClHCONCIRE.
CIRCONCIRE, V. a., soumettre à la
circoncision :
Circumcive, circicncire. {Pass. S. Père, B.
S. 818, f° 158 r".)
Circumridre. {Liu. des hist., B. N. 20125,
f 32 v°.)
L'en ne sçarroit mieulx apprester
Ne circoninf plus gentement
Que l'enlfanl est.
(A. Greban, Mist. de la Pass., 5978.)
— Couper tout à l'entour:
Je veuxcirconcî/'eces cheveux, qui comme
a un Absalon pourroient causer ma ruine.
(J.-C. Camus, llom. festiv., p. 125, éd. 1619.)
— Fig. :
Et ansi dolent estre une fieie circuncises
et tranchieies les superfluitez. (Li Epistle
saint Bernard a Mont De», ms. Verdun 72,
i" 38.)
Nous vous supplions, par vostre doulou-
reuse circoncision, de nous délivrer et cir-
concir de l'orgueil d'esprit, de la convoi-
lisse des choses de la terre, et de la
concupiscence de la chair. (Boiuuoing, Hom.
des saints, janv. 1650, p. 15.)
— Inf. pris subst. :
\n circoncit' Brunehaul l'ont noumee.
(.\uhe,on, 393.)
ciROO^'cisio>', S. f., excision du pré-
puce :
La circumcisions.(\ni's., Serin., ms. Poil.
124, f" 8 v".)
La circuncisions de la char. {Comment,
sur les Ps., p. 147.)
Circuncisions. [Pass. S. Père, B. N. 818,
f" 158 r°.)
Circoncisium. (1260, J. de Bourg, Ch. des
compt. de Dole, B 860, A. Doubs.)
Le mercredi après la scirconcision Deu
Nostre Signer. (7 sept, llfii, Coll. de Lorr.,
Not. des ms., XXVTll, 170.)
Circonsition. (1291, S. Wanjr., A. S.-Inf.)
Circumcision. (Liv. des Idst., B. S. 381, t°
32 v°.)
Cf. II, 138'.
ciitcoiNDUCTio:v, s.f.. mouvement de
rotation autour d'un axe ou d'un point
central :
La muable et tortueuse circonduclion que
fait laJite eccliplique mouvant sur les
pôles du monde. (Besson, Cosmolabe, p. 6J.)
ciRcoxDuiRE, v. a., développer tout
à l'entour, allonger ;
Les termes substantiaux Je la tissure Ju
procès a défendre, contredire, prouver,
proposer, et endroict ou autres equipolens
cm
a iceux, seront exactement observez et en-
retenus entre les parties plaidantes, sinont
que par quelque incident nécessaire ils
soyent circonduits, lorsque pour le regard
desdils incidens le juge y procédera, abré-
geant les délais a luy arbitraires, le plus
que faire se pourra, et aussi es matières
qui doivent estre traictees sommairement
ou sans figure de plaid. {Coust. d'Aousle,
p. .556.)
— Circonvenir :
Par voz propos suis esté circundtiite
Tacitement.
(F. JuLTOT, Eteg. de la belle fille, p. 41.)
ciRCOKFEREivcE, s.f.,courbe fermée
qui limite le cercle, l'ellipse ; tour, cir-
cuit de qqch. :
Si lu vels trover la circonférence Ju com-
pas. (Comput, B. M. 25408, f» 18.)
Circunference. (Evr. de Contv, Prohl. d'.i-
rist., B. N. 210, f" 268".)
Circunference. (Enir. de Henry U a Rouen,
P 47 V.)
ciRCOivFLE.XE, adj., qui otî're des si-
nuosités :
Ces trous reçoivent sept vergettes me-
nues presque Je la hauteur J'une once,
mobiles en bas, circun fle.res en haut, afin
qu'elles reliennenl les anneaus enclos. (Le
Blanc, Trad. de Cardan, f° 291 v°.)
ciRCONFLUEivcE, S. f., actioo de cou-
ler à l'entour, entourage :
La cité Je Macloviense située en une pe-
tite isle est ceinte de toutes parts de cir-
confliience marine, fors, ainsi qu'un tom-
beau J'arenne élevée; par lequel apparoist
la voye aux viateurs jusques a la granJ
terre. (Le Baud, Hist. de bret., ch. i.)
ciRCONELUER, V. a., couler autour,
environner de ses eaux :
Devers le levant est la cité Smierne que
environne le fleuve Je llelles, les champs
duquel les fleuves l'actolus et Ilermnes
circonfluenl. [Chran. et hist. saint, et prof.,
Ars. 3515, f° 52 V.)
Le fieuve Eslens avironne et circonflue
les citez de Nyobe et de Mirne. (/é., f 53
v°.)
ciRCo>jACEi\T, adj., qui s'étend à
l'entour :
Si parvint en la duché Je Juliers et li-
miles circonjacerdes. (J. Molinet, Cftrou.,
ch. viii.)
Il est chauJ a cause des parties voisines
et circumjacentes . (Paré, I, 14.;
ciRcoxLocuTiF, adj., qui a rapport
à la circonlocution :
Correlarium, correlaire ou circumlocutice
ostension. (Voc. lat.-fr., 1487.)
CIRCo^•LocuTIO.\, s. f., circuit de
paroles qui expriment la pensée d'une
manière indirecte :
Circonlocution. (Psaut., Maz. 358, f° 4 r".)
Circonlocucions. (Trad. de Beteth, B. .N. I.
995, r 63 v°.)
cm
cm
cm
97
Par énigmes et circonlocutions. (Tradact.
lie Terence, l'réf.. sign. Avi r°.)
t:iRcoxs<:itiPTio,\, s. f., action de
tracer )a ligne qui décrit le contour d'un
corps :
Il convient les choses de quoy l'en veult
bien avoii' cojînuissance par circonscriplton
démener el disposer de point en point
l'une après l'autre. (Oresme, Eth., B. N.
204, f° 356\;
Circunscripcion de lieu. {Chron. et liist,
saint, el prof., .\rs. 3515, f 4 r".)
Circumsdipcion différente. (Ib., f° 16 v.)
Membre ou particule, est corps ayant sa
propre circunscription. (J. Raoul, Fleurs du
gr. guydon, p. 30.)
— Contour :
Pour la curation, faut renverser le pré-
puce, puis couper la peau intérieure en
toute sa circonscription. (Paré, XV, x.\.\n.)
CIRCONSCRIRE, V. a., limiter, décrire
tout autour:
(luand l'en scet ses propriétés et l'en dit
que félicité est telle cl telle, elle est adon-
ques bien descripte oacirconscripte. (Ores-
me, Eth., B. N. 20i, f 3Û6".)
Combien que la première essence con-
tienne tous les esperitz circutnscriptz.
(Chron. et hisi. .^aint. el prof.. .\rs. 3ôlà, f°
16 v°.)
Popilius circonscrit la place ou il esloit
avec sa baguette, en luy disant: Ben moy
response, que je puisse rapporterau sénat,
avant que tu parles de ce cercle. (Mo.st.,
I. II, ch. XXIV, p. 454.)
et adj., qui en-
CIRCOIVSISTAAT, S.
toure :
Mais Attalus estant assis sur la selle de
fer et ayant le feu dessoubz qui luy brus-
loit la chair, lellement que la puanteur ve-
noit au nez de tous les circonsistans, se cria
a haulte voix. ..(C. de Sevssel, Hist. écoles.,
V, 3.)
CIRCONSPECT, adj., qui surveille pru-
demment ce qu'il dit, ce qu'il fait, ou
ce que disent et font les autres :
Cault et circunspect. (11. de Gauchi, Go'(«.
des princ, Ars. 5062, f 117 r°.)
Vénérables et circonspectes personnes.
{Proc. de J. Cuer, Ars. 3469, P 67 r°.)
ciRcoNSPECTE.MENT, adv., avec cir-
conspection :
(Ju'ils ne se conduisent fort circonspecte-
ntent avec tous ces peuples. (Sully, (Mcon.
roij., ch. cxL\.)
ciRcoivsPECTioiv, S. f., Surveillance
prudente qu'on exerce sur ses paroles
ou sur les paroles et les actions des
autres :
Jeunes de circonspection est quant nos
jeûnons por tempcste, ou por paor d'ane-
mis, ou por aucune aventure d'angoisse
qui aparoist. (Trad. de ISeleth, li. .\. \.9:)b,
f 10 v".;
Aions (lance de vostre circonspection el
T. IX.
de vostre loiauté. (1303, A. N. JJ 36, f" 28
r°.)
.N'ous confiansa plain des sens, loyauUez,
proiidomies, circunspeccions et diligences
de nos aniiz et feauz. (2i mars 1402, Ord.,
VIII, 574.)
Environ cent ou six vings hommes
Ou gist grant circonspection.
(Grebss, .Vist. de tu Pass., dis. Troves, 3' j., (' 203
r«.)
ciRcoNSPECTL'ELSEME.\T, adv., avec
circonspection :
Il faull se conduire avec eulx circonspec-
liieuseineni. ^19 juill. 160Ô, Lett. miss, de
Henri IV, VI, 483.) ^
ciRCoxsTA.NCE, S. f., chacun des faits
particuliers d'un événement, d'une si-
tuation :
Les circonstances dufet. (Beauman., XVlll,
14.)
L'air des basses vallées n'est pas bon a
faire édifices pour la santé, car l'air y est
gros pour la circunstance des montaignes.
(H. DE Gauchi, Goui: des princ, Ars. 5062,
r 132 r^)
Obtempérons a l'accort et composicion
dessus dis, et icellui, avecq les cliircons-
tanches avons loé, olroyé, approuvé etcon-
fermé. (28 avril 1377, Regist.de cuir roune,
III, f" 20, A. Tournai.)
Quant llannibal sceutles circunstances du
lieu ou estoient les Romains, comme sub-
til et ingénieux en fait de guerre il ordonna
ses batailles en deux parties. {Trad. d'O-
rose, vol. II, f" 32^)
Cf. IL 138'.
ciRco.xsTAXciER, V. a., accompagner
du détail :
D'une chose m'esbahisoil que voulant
rédiger l'histoire de sa vie par escrit, il
l'ol peu circonstancier des lieux, des per-
sonnes. (Pasq., Lett., XVIII, 2.)
Et a bien cesle espérance en ly, qu'en
malere de miséricorde tele que doibt estre
maintenue en ung prince creslien, bien
conditionnée et bien circonstanciée, il ne se
trouvera ne lent ne lard. (G. Chastell.,
Chron. des D. de Bourg., III, 104.)
ciRcoxvALLER, V. a., entourer en
tous sens, entourer de circonvallations :
O meschanl que mo circonvallent
Tant de choses qui rien ne vallent
Et de qui eschapper ne puis !
{Therence en franc., f" 250'.)
Circonvaler. (Richelieu.)
ciRco.wEMR, V. a., entourer, enve-
lopper :
A la parfin fu il circunvenus de la multi-
tude de eulz. (Behs., 7'. Liv., f" 61", ins. Sle-
Gen.;
Circuniieuir.(Voc. lat.-fr., 1487.)
- Kig. :
Circonnenu parleurs ruses el tromperies.
(Amvot, Crassus, 58.)
Circonvenir lea juges. (Charron, Sag., 11,
3.)
ciRcoxvENTEUR, S. m., celui qui use
de circonvention :
Cesle manière de séducteurs el circon-
venteurs soubz espèce de religion esmou-'
voient eti'aisoient insanier les povres gens
vulgaires et imbecilles a estudier et inven-
ter toutes choses nouvelles. (Bat. jud.. Il,
20.) ■'
ciRcoNVEXTio.v, S. f . . action de cir-
convenir par des artifices :
Circonvention el déception. (1269, A. N. S
4947, pièce 4.)
El soions portez en touz venz de doc-
trine de felonnie de hommes en asluce et
en circonvention d'erreur. (Guiaiit. Bible, S.
Pol à Eph., ms. Sle-Gen.)
A toute fraude ef circonvention. (Juill.
1324, A. >-., S6, pièce 1.)
A toutes fraudes, lésions, circumvcntions.
(Dec. 1327, A. N. JJ 65, f» 28 v°.)
Ils ont prins pour eulx des pensées de
vanité, et ont proposé en eulx des circoii-
venlions de péchez. (Le Fevre d'Est., Bible,
Esdras, IV, 7.)
Et fust ladictes enlence aggreee par ani-
bedeux les parties, lesquelles pi-omirent et
jurèrent del'entretcnir sans aucune fraude
ou circumvention. (P.d'Oudeghekst, /1«h. de
Flandres, II, 149.)
ciRco,\voisi.\, adj., situé tout autour
dans le voisinage :
Sem Uni le royaulme d'Asie
Et les pais eirconroi/sins.
(Mabcial, Louatif/es de .Varie, f« 12 v".)
Les clrconroysins lieux.
;ScEVE, Délie, CLXXWII.)
En cesle ville de Paris el en quelques
autres lieux ei;roȔtiOiS(/is. (II. Est., PrecelL.
p. 138.)
Le régiment des gardes et les Suisses
furent logez aux villages circonvoisins de
ladite ville. (Cheverxv, Mém., an 1588.)
Les hérétiques de la France, d'Allemai-
gne, et pays circonvoisins. (Dialog. entre le
maheustre el le manant, f» 24 r°.)
Or, en retournant sur noz ambles, enten-
dez i|u'environ le temps desdictes nopces,
grand peuple de Flandre, France, Angle-
terre el aux pals cirrumvoisins couroit hors
sa maison vagabond parmy le pais. (P.
d'Oudegherst. Ann. de Flandre, II, 551.)
— En parlant de personne :
L'archidiacre fera ses visites par chas-
cun an, et estant arrivé en quelque lieu,
fera venir les prestres circonvoisins. (Trad.
d'une ord. de l'hil. I", Ord., XI, 173.)
L'n roy de France doit savoir Testai des
rois circumvoisms de son rovaume. (Adv.
à Is. de Bac, li. .\. 1223, f 9";)
— S. m., voisin, habitant d'alentour :
Or avez vous de voz circunvoisins
Prins les terres.
(BBiKGonE, Entreprise de Venis., I, Hi.)
Pour entreprendre sur les circonvoisins.
(10 nov. 1.5S2, l.ett. 7niss. de Henri IV, t. I,
p. 480.)
Du gré a gré, et avec l'allégresse du peu-
ple et des circonvoisins, qui pensent Ira-
13
98
cm
vailler pour la conservalion de leurs pro- |
près \les. (1" mai li85, ih., t. IV, p. 04.)
f;iRCOivvoisiNAGE, S. m.. les alen-
lours :
IceluY monastère, ensemble le circo7i-
voisinnge esloil siibjcc-l a l'empire romain.
(Clw.s'. 'mcm. esci: p. F. liicher, p. 2ô.)
<:iu< <>\voi.i:r, v. a., voler autour
de:
Ouanl il esL rcfaicl (l'csmcrillon), il se
monlre en .Xralie et en [''.f-'iple, lors tous les
ovseauU esbahis de la nouvellilé oublient
dé rapiner l'ung l'aullre. et par grandes
compaipnies le circiinvo/lenl, honeurent et
feslienl. (Fossetier, Cfûii. mai-garit., ms.
Bru.K. 10509, f° 23 r°.)
Luy suadant que sans plus arrester,
Vircunrolasl les nations ilales.
(J. Marot, Voi<i(je de Gènes, f° v rs.)
clllco^'voLU, V. a., enveloppé, en-
touré :
liais l'exlerminalion et mutation de la
face des faulx et pervers ypocrites et une
fainte simulation toute remplie et arcon-
volue de mensonge et de menleric. (I>fem.
vol. des e.rp. des ép. et év. de km:, f° 9 V.)
ciRCONVOLUTiox, s.f., enroulement,
sinuosité circulaire :
Les cliainturcs figuroient la clrconvolu-
ciun de la mer. (Bib. hist.. Maz. 312, f° 41'.)
CIRf:OAVOYSl>',
CmcoNVOisiN.
ciRCL'iT, S. m., espace à parcourir
pour faire le tour d'un lieu :
Le circtiitiiu monde. (Cliron.ethist. saint.
et prof., Ars. 3ôlô, f° 128 V.)
- Kig. :
En certain rircuil de temps. (Le Roy, Po-
lil.d'Arist., 1°89 r°.)
Qu'est il besoin de tourner ça et la par
circuit de parolles ? (C.alv., Predesl., p.
123.)
ciRCUiTÉ, part, passé, entouré :
Ysle cimtitee de mer. (Voy. d'Anne de
Foix, B. S. 90, f- 6.)
ciRfX'LAiRE, adj., relatif au cercle,
qui a la forme du cercle :
Figure circulaire. (Oressie, dans Meunier,
Thèse sur Oresme.)
ciRcuLAiREMEXT, adv., d'une ma-
nière circulaire, en rond :
Corps mouvable circulairement. (Oresme,
liv. du ciel et du monde, ms. Fniv., f 11
r".)
Sircittairentent. (Jard. de santé, 1,31).
Toutes choses luy semblent circulaire-
ment se mouvoir. (G. Tornus, C/iOies mert).,
1.)
Ce qui est meu circulairement. (V. FoR-
CADEL, Trad. de Procl., p. 21.)
CIRCULARITÉ, S. f., qualité de ce qui
est circulaire.
cm
Dcvallant jusques aux murailles dont
elle (la cité) éstoit close en parfaite circu-
larité. (Alector, f» 124 v°.)
Circularité: circularity, roundnesse,orbi-
cularnesse. (Cotiîi;.)
«:iR<',ri.ATErR. s. m., celui qui forme
cercle autour de lui, charlatan :
Charlattans et circulateurs. yLiEBAULT,
dans iJicl. gén.j
ciRci;i.ATio>, s. f., révolution circu-
laire ; action de circuler :
Circulacioti. (Evr. ue Coxty, Probl. d'A-
I risl., B. N. 210, r 68".)
i Donques a un corps infini ne peut faire
circutaciun ou estre meu circulairement, ne
par conséquent le monde et le ciel se il est
infini. (Oresme, hiv. du ciel et du monde,
ms. Univ., f° 22 v".)
Je feray que lesdits ruisseaux feront en
eux en allant au grand ruisseau certaines
circulatinns, qui causeront des petites isles
fort plaisantes. (Palissy, Recepte.)
ciRCiiL.*ToiRE, adj., relatif à la cir-
culation :
Les vaisseaux servans aux distillations
sont circulatoires. (Paré, 111, 638.)
Mets l'eau dedans un vaisseau de distil-
lation circulatoire. (A. du Moulin, Quinte
ess. de tout, chos., p. 36.)
— S. m., alambic :
Que le fond du circulatoire soit totalle-
me'nt ensepvely. (Ciel des philos., c. 3.)
Uecucille les plantes quand elles seront
bien meures... ; puis les fermenteras en un
cii'culaloir ou alembic. (Evonime, Très., p.
106.)
CIRCULE, s. m., cercle astronomi-
que :
Cercher les mouvemens des astres, or-
donner les circules, mesurer la distance.
(Calv., Inst., conn. de Dieu.)
CIRCULER, v. n., se mouvoir circu-
lairement :
Circuler ou aller tout autour. (Oresme,
dans Meunier, Thèse sur Oresme.)
La supérieure partie a ung petit pertuis
avec ung bec, par lequel on y met la ma-
tière, et la retire on après qu'elle es(circ((/ee.
(Ciel des philos., c. 4.)
Et fera l'on distiller les matières sur le
bain de Marie pour plusieurs fois, en re-
mettant tousjours l'eau distillée sur le
marc, et après la cinquiesme distillation
on réservera l'eau: si d'aventure on ne la
veut encore circuler, pour luy acquérir
une quinte escence. (Lieuault, p. &Ô2.)
ciRCULEUx, adj., qui a la forme d'un
cercle :
Cynamomme, incontinent qu'il est six
doys hors de lerre esl circuleu.r, semblable
a la ronce. {Jard. de santé, I, 122.)
ciRCULiER, adj., circulaire :
Vorlex, nez en bois ou révolution circu-
liere en yaue. {Gloss. de Salins.)
cm
ciRcuM, v. à CmcoN les mots qu'on
ne trouve pas à ciR<:i'\i.
CIRCUMCIDRE, V. ClBCONCmE. — CIR-
Cl'XDUIRE, V. CinCONDUIRE.
ciRcuivi'EBEivT, adj., qui entoure,
ambiant :
La souefve armonie dont ces supernalu-
relles ymages avoient fait resonner l'air
cirrun'/érent. (Le Maire, Temple d'honn. et
de vert.)
— S. m., celui qui entoure, qui envi-
ronne :
Et si les mist du roy circunferens.
(J. BovcaET . Labjjr. de /bj7.,Pliil. I.e Noir, in-4 gotti.,
f-TV.)
ciRCUxvoi.vER. V. a., entourer:
C'est la façon tousjours de falsité
Circnnrolper les gens de paraboles.
[Contredietz de SoncjecJ'etix, f" 13 r".)
1. CIRE, s. f., substance jaunâtre,
molle, fusible, que produisent les abeil-
les et dont elles font les alvéoles des
ruches :
Contre le mail del oel, faclie batre gin-
genbre et cire, (xiii" s.. Hem. pop., Am.SaU
mon, dans Etudes rom. déd. a G. Paris, p.
2Ô6.)
Une livre de chire. (Cart. de Picqnignii,
A. N. R'35, f° 16 V».)
Cire ouvrée. (Est. Bon.., Liv. des mest.,
\" p., X, 12.)
Pour l'ymagerie de Mgr d'Artoys faite
de chire. (1290, Comptes de l'Artois, pièce
436, extr. J. M. Richard.)
.\pres doiz a la dame escrire
Soit en parchemin ou en chire.
[Clefd'amors, 673.)
Sire. (Liv. des hist., B. N. 20125, f> 158 V.)
Cyre. (1261, Orden. de l'est, le roy, A. N.
JJ 57, r 2i v°.)
Uns tablions de boys ou il y a dedens
un couronnement de rip-e viel. (1373, Inv.
de la tour du Louvre, ap. V. Gay.)
.vu", livres de cere. (1389, Compte de G.
Bat., Lam.4486, f 9 r°, B. N.)
Por .xxuii. lorges de cire. (1418, Arch.
Frib., Comptes des trésoriers, n" 31.)
Il y a trois choses en lecandelle ardant,
s'il est avoir le chire. le lumeillon qui est
dedens et le feu. (Vers 1462. Ep. et ev. de
l'année en franchois, ms. Valenciennes 119,
A. 5, 30.)
Une torche de ce;'e. [\i&h,Compl. de l'au-
mosn. de S. Berthomé, f 110 V, Bibl. la Ro-
chelle.)
— Chandelle, bougie :
La camljre fu niout cliere pour la ciere que ar-
(doit.
\ Prise de Pamp., 615.)
Li siere segnefye le corps Jhucrist et le
humanité qui est nés de le Vierge Marie
sans corruption, sicomme li mousque ou
li eis. (Vers 1462, Epist. et erang. de l'année
en franrhois, ms. Valenciennes 119, A. 5,
30.)
CIR
Une livre de si/re payra. (1092, Réglem.
de l'académie d'escrime de Dijon, .1. Cai'iiier,
|i. fi.)
— Humeur jaune qui se forme aux
yeux et dans les oreilles :
Il avoil tousjours los yeux pleiirans et
pleins de cire. Lariv., Suicis, VIII.) !
— Composition de gomme laque et
de résine, diversement colorée, dont on
se sert pour cacheter les lettres :
.le ne suis pas icy venue pour eschaulTer
la fire. (Cent nouv., f" 3, éd. 1486.)
Cliauffer la cire. To attend long for a pro-
niiscd good turne. (Cotiju.)
• — Loc, comme de cire, de cire, par-
faitement, qui est parfait :
Il en œuvre connue de cijre.
(Ghimgore, Jeu du prince des Sotz, I, 280.)
Dieu vous gard, belle au gentil corps,
Miculx faict que s'il estoit de cire.
{Farce d'un amour., Ane. Th. fr., I, 215.}
Monsieur l'abbé, et monsieur son valet
Sont faits égaux tous deux comme de cire :
L'un est grand fol, l'autre petit foict :
L'un veut railler, l'autre gaudir et rire :
L'un boit du bon, l'autre ne boit du pire.
(Cl. Mar-, Ep'gr., de l'abbé et de son valet, p. 39S.)
Vrayement. c'a mon : qu'en veulx tu dire !•
Tu t'y congnois comme de cire.
(Cn. Fontaine, Resp. à Ch. Huet.)
En la ville d'.4iguemorles parait un juge,
lequel avait un cerveau fait comme de cire.
(B.Despeh., 08.)
Il est faict comme de cire, il est fort bien
faict. (R. Est., T/ies., Eactus ad unguem.)
Ma foy, vous voila beau garçon !
Vous voila fait a la façon
D'un maistro gueux comme de cire.
(GoDAKD, les Uesguis., III, 1.)
Trouve tu (|ue cest habit neuf me soit
bien fait ?
Antoine. Il vous est faict comme de cire.
(TouiiXEu., Coidents, I, 'i.)
2. ciKE, V. Cidre.
ciRE.MEXT, s. m., action de cirer:
Ceralura, c/remeni, cirure. (Cutepini Dict.)
ciREit, verbe. ^ A., enduire de cire
poiir rendre poli, luisant :
Por le glacier le fist entor cirer (le tinel).
{Aliscans, 3423.)
Cire [lor r(/'e/'les cordesdes garros. (1304,
.\. N. KK 393, f 17.)
... Une toile cirée.
IGaydon, 8164.)
Cliirer. (Eiioiss., Citron., li. N. 2CiG, r 129
V".)
— Réfl., être fait de cire :
Que ou dit ouvrage de cire n'ait point
de poy incrIé eu le cire en nulle part de
l'ouvrage, sur paiue d'estre ars devant l'os-
tel de l'ouvrier et sur l'amende en le vo-
lentéde justice, excepté bougiequi se cidre.
(Iii9, aji. A. Thierry, Tiers État, IV, 207.)»
<:iUEl'GIE\, V. CiHRURUlIi.N.
cm
ciREURE, s. f., action de cirer :
Ceratura, cirement, cirure. {Calepi?ii
Dict.)
ciREi'iiGiEX, V. Chirurgien.
ciREi'.v, adj., de cire :
Viscosité cireuse. (Du Pinet. Pliiie,\\, 38.)
CIRGE, V. ClEHOE.
ciRiERjS. in., fabricant, marchandde
cierges, de bougies :
Devant li fet mander les bolangiers.
Et toz les fevres, et toz les taverniers,
Toz les ciriers avec les poissonniers,
Ceus qui fein vendent, et toz les aveniers.
{Aimeri, G. Paris, Romania, IX, 517.)
Johannes le cirier. (1258, Chart. eccl. ce-
nom., CCCCXL.)
Tuit cirier, luit pevrieret luit apotecaire
ne doivent riens de coutume de choses.
(Est. BoiLE.^u, Liv. des mesl., 2° p., XVI, 4.)
Thiphaine, la ciriere. (1313, Licre de la
taille de Paris.)
Cliiriers ne cliiriere. (20 juiU. 1395, Reg.
de la vinnerie, 1343-1451, f° 71 r°, A. Tour-
nai.)
Semblable a cyre qui se laisse duyre a la
volonté du cirier. (V.kbri, Rliet., i" 22 v".)
ciRi\'GUE, V. Seringue. — cirisete,
V. GeHISETE. — CIROEXE. V. ClROINE. —
CIROGRAPHE, V. Ch1R0QR.\PHE. — CIRO-
GREI'FE, V. CHIROG.nAPHE. — CIUOIGlE\,
V. Chihurgie.n.
c.iRoi\E, S. m., emplâtre résolutif dont
la cire fait la base ;
Emplastre ne ciroine.
[i. DE .Meusg, Très.. 334.)
Soit fait ciroine ou la cire surmonte en
quantité le gMbune. {Secres de Salerne, ms.
Jlodène Este 28, p. 162.)
Adjoustes pouldre de custi et de aluyne
et en fais ung cyroigne ou oingnement.
t^Grant Herbier, !- 8 r".)
Il n'est sirop, brevage ne cyroisme
Qui réconfort lui donne fors que toy.
[EuryaJ. et Lucr., f" 72 v".)
La marjolaine est utiUenient mise es ci-
roynes. (Jard. de santé, I, 270.)
Les ce)-o«e«nes et emplastres ontsi grande
affinité en leur composition que souventes
fois on escrit l'un pour l'autre, tout ainsi
que les linimens et onguens, lesquels on
confond quelquefois l'un avec l'autre : a
ceste cause nous distinguerons bien peu
les cerouennes des emplastres, car la dilfe-
rence est bien petite. Cerouenne est une
composition plus dure et solide que les on-
guens, et plus molle que les emplastres,
laquelle a sou nom de la cire qu'elle y re-
çoit pour donner consistance et arrester
l'huile. (l'AïuJ, .\XV, xxvu.)
Appliquant unga/co/;ie composé d'huille
de chamomille, d'huilb' d'ayssiuce, d'huille
d'aspic et de cere. (Ta(;ai:i.t, Insl. c/nr., p.
153.)
Des onguents, des riroenes, des pastes,
des lininiens, dcsemplaslres.(.Wer/i/î Cocc,
c. xxm.)
ciRO.\, S. m., insecte aptère, presque
CIS
99
microscopique, qui se développe dans
la farine, le fromage, etc. :
Je ne pris mie .ii. suirons
Toute la gloire de ce monde.
(G. DE CoiNci, Mir., p. 694, Poqaet.)
Li pes d'un suiron
Feri un lyon
.Si k'il le navra.
(Deaumas., 11, Fdtrasie, 2.)
Uns chevax de cendre
Crioit pois a vendre
D'un pet de sitiron.
Uns pez ce iist pendre
Pour li miex deffendre
Derier un luiton.
{Fahlcl, ap. Jub., Xouv. rec, II. 218.)
Carobaus, suro7i. (Gloss. de Conciles.)
— Petite ampoule que l'on croyait cau-
sée par un ciron :
Contre les seurons de sorchius,.i. oef dur
cuit face peler tout caut et a .i. couliel
coper par quartiers, (xiii'^ s., Rem. pop.,
Am. Salmon, dans Etudes déd. ci G. Paris,
p. 2.50.)
Et s'el n'a mains bêles et netes
Ou de sirons. ou de bubetes.
Gart que lessier ne les veille.
{Rose, B. X. 1073, f 112'.)
Ou de soiroHS ou de bubeles.
(/6., Vat. Ou. 1212, f» 101^)
Sf/roiis.
(Ilj., Coi'siai, f' goi».:
Ilh est une fontaine eu Ytaile qui garist
les surons qui vinent dedenz lez oeux. (.1.
D'OUTr,E.M., 1, 306.)
— Ane, par extension :
De la vermoleure, ou cfiiron debois. (1598,
Lanfrav, l'Ecurie du s. Grison, Malad. qui
peuv. survenir a un chev., et les remed.)
cinop, tiiuopT, V. Sirop. — <:iroy.\e,
V. (Jinoi.NE.
<:iRouE, S. m., enceinte circulaire où
l'on célébrait les jeux publics, cliez les
anciens Romains :
Cirque estoit un lieux a Rome dédié au
com mu n pou rfere chose publique, si comme
estoienl jeux, solemnitez. (Bers., Tit. Liv.,
B. N. 20312'", f 2".)
Circe. (Oresme, Rem. de fort., Ars. '2671
1° 18 v".)
— Fig. :
Par le cirque du ciel tu cours si vislement.
(Du Baht., 1" sein.. IV.)
ciRRE, S. f., pousse filiforme que pro-
duisent certaines plantes grimpantes :
La goule de lin naisla l'enlour des her-
bes semblables a arbrisseaux, et s'appuyent
sur elles, non par racine, mais par grands
cirres ou traînées tortillées, issantes du
creu des ailes. (Trad. de l'hyst. des plant,
de L. Fouscit, ch. cxxxi.)
ciRt'P, V. Sirop. — cirurge.x, -giex,
V. Chirurgien. — cirurgye, v. Ciii-
nUHGIE. — CISAILE, V. CiSAILLE.
CISAILLE, S. f., ce qu'on a rogné avec
100
CIS
CIS
CIS
des ciseaux, rognures de métal, dé-
chet:
El pourront faire dcus mars el demi de
cisaille. (1324, A. N. JJ 62, f 139 v°.)
Lesquelz fiaons icelliil ouvrier, au veu el
Eceu de Uegiiault de Venderez compaignon
de fournaise, avoil lirez de la ^ezaitte que
la lailleresse avoil faite. (1383, A. N. .IJ 123,
pièce 131.)
Sesaille. (Mars 14ô0, Leif. de Cit. Vil.)
Quant au moulin, on dit qu'il y a trop
de cizaille el trop de dechel. (Hesp. de J.
Bod. à Maleslr.)
Qualre cens marcs d'argent en royaulx
el sizudies. {h avril 1.Ô68, Lett. de Condé au
roi, A. iNord.)
— Grands ciseaux :
De cizaille ne de chardons. (Est. Boile.vu,
Liv. des mest., i" p., XCII, 2, var.)
Forcples, eus teaux, compas, .$(sa/es. (1402-
1407, Compt. de la Cliartrettse du Parc, A.
Sarlhe B 1146.)
CISAILLER, V. a., taillader à coups de
ciseaux :
Le suppliant scisailla les dilles pièces de
monnoye. (1450, A. N. JJ 180, pièce lô3.)
Une couppe a pied, toute dorée, faicte a
escailles siznillees el poinsonnees. (1514,
Invent, de Charlotte d'.illjret, ap. Ilavard,
Dicl.de l'ameublement, t. IV, col. 1014.)
[îruslez, tenaillez, cizaillez. ((îaii., fjiiart
liv., ch. Liu.)
Tous changeurs et autres personnes qui
se mêlent de changer, seront tenus incon-
tinent qu'ils auront acheté l'espèce d'or ou
d'argent, légère, cassée ou souldee, la ci-
zailler en la présence du vendeur ou por-
teur des espèces. (Janv. 1560, Ordonn. de
Charl. IX.)
CIStHE, V. CuiCUE 2. — CISEAU, Kiod.,
V. ClSEL.
ciSEL, mod. ciseau, s. m., instrument
de fer, long et tranchant, dont on se
sert pourentaillerlebois, lapierre, etc. :
Et desus escrist li herraites
A un cisel letres petites.
(CeREST., l'ercemd, ms. Montpell-, f" 2S4^.)
Celé tour fu ouvrée a compas, a cissel.
(COT DE C.AïiD., Barlaaiii, B. N. 24366, p. 25S'.)
Cisiel.
(Boum. d'AliT, l' 12».)
Tant ont miné soz terre, chascuns a son ciset.
Que des murs de Coloigne ont tr.Tit maint grant
[quarel.
(J. Bod-, Saisnes. IX.)
Li tors fu haute, grans furent li crestiel
Qui entailleit e-sloient a cisiel.
(Ameis, B. X. "93, {' 50.)
Les murs furent tous fes de fin marbre a chisel ■
{Gaufreij, 9066.)
Il avoient aveques culz un chisel el un
martel, et lantost qu'il veoientque la beste
se conimençoil aforsener el asoy esbriver
contre les siens, ils le leruienl de celui
chisel enire les oreilles. (Bebs.. T. Lie. ms.
Sle-Gen., f" 273".)
Les tranchans des sireaulx de quoy on '
fait les partiiis. (Compte de Gilel Baudry,
1416-1418, Kespence, XLV, "A. mun. Or-
léans.)
Pou ravoir fail ausdiz marteaux et sireaux
.LU. asses creuses d'assier. (Ib.)
— Au plur., instrument composé de
doux branches tranchantes oscillant au-
tour d'un axe :
Et uns ctsau.c el un bacin.
(lienarl, Br. XtV, 377.)
Uns ciseaulx de Thoulouse. (1401, Argen-
terie de la reine, f° 49 v°.)
Pou rpluiseurs remettes et c/itïMaw. (1423,
Et^c. test, de Angnies de Lortioir, .\. Tour-
nai.)
Une paire de grans ciraulx pour tondre
les boudures des planlz du jardin. (1.557,
Compte de Diane de Poitiers, p. 276.)
cisELEU, V. a., travailler avec le ci-
seau, découper avec des ciseaux, un oi-
selet, etc. :
Medlenl bazene ou cordewan, el quir de
vel ove qiiir de vache, el chiselent soulers
de bazeyne, de quir de vel el de chen. (Lib.
Custum., I, 83, 31, Edw. 1.)
Une autre couppe vergée par dehors et
cizellee a vignelles par dedens. (Ino. de
Charles V, Z 1377.)
Ce lioudet se voyant rysellé, il s'arresta
el se reposa. (Du Villabs, Mém.. VIII, an
1557.)
cisELET, s. m., petit ciseau pour ci-
seler le métal, pour couper les pièces
d'or, d'argent :
Ung siselet el plusieurs autres menuz
oultilz. (1491, Exéc. test, de Thomas de
Turbg, A. Tournai.)
Korsicula. Forcettes, ciselets. (R. Est.,
DicHonariolum.)
Ciselet, forsicula. (Id., Petit Dirt. fr.-lat.)
Ciseau, ciselet. ^Jt:s., Nomencl., 191.)
CISELEUR, s. m., celui dont le métier
est de ciseler les métaux.
— Adj.. qui sert à ciseler:
D'un burin cyzeleur en immortel airain.
Grand duc. je veux graver tes vertus, ta science.
(BiBAG., Mesl., SODD. XVI-}
CISELLURE, V. ClSELURE.
CISELURE, S. f., art de ciseler :
Une pinte ronde cisellee de haulte cisel-
lure. (1353, Compt. de l'argent., p. 311.)
En (acizelurç a dames elchevaliers.(l360.
Invent, du D. d'Anjou.)
CISER, V. Cidre. — cisiel, v. Ciseau.
cisMARuv, adj., qui est au delà de la
mer :
Bretagne cismarine. (Le IUi'd, Hisl. de
Bret., ch. x.j
ciSMATiQUE, mod. schismatique, adj.
et s., qui est dans le schisme :
Qu'erile sont et frénétique
Et en ferme foi rinifilitjue.
(EïKAT, Bible, B. N. 12457, f 53 v'.;
Vigerousement contrestoit
Pour cliele cause a cismafiqufSf
Pour che que il crt catholiques.
(Mir. de S. Eloi. p. 59.)
Apres j'ay esté cysmaiiques
Sy mauvais.
(.)/;/■. iIh N.-n.. II. 34.)
Sissemaliques obstines en mal et lour-
bleurs de la paix de .Noslre Mère saincte
Eglise. (J. Lk Fevhe, Cliron., I, 18.)
ciSME, mod. schisme, s. m., sépara-
tion du corps et de la communion d'une
église :
•
Pur r.c cisnte qu'il listcunlre Deu et raisun.
(Tli. le murl., 28, Bekk.j
Dont le cisme fait trop périlleux cran.
(EusT. DEScn., VI, 178.)
cis\E, mod. cygne, s. m., oiseau pal-
mipède du genre de l'oie :
Et fu plus blans que cînes do vivier.
(Loli., ms. Montp., f* 164'-".;
Ce sunt merveilles, dit li vilains Hervis,
Quant li roiUaus s'est au grant cisne prins.
(Ib., 2» chons., VIII, p. 190.)
Cingnt.
(HcoN DE Rot., Prothcslaus, B. N. 2169, t» 16'.)
Li chisties s'envola en l'aighe. (Sones de
Nansay, ms. Tur., f" 36".) Plus loin: chin-
nes.
Il ot le cnsté blanc comme cisne de mer.
i/hii il.; Bourg., 2326.)
Olor, cisne. (Pet. cocnb. Int.-fr. du xiii" s.)
Nus ne tue chine ne prengeoes de chines.
(1270. Reg. aux bans, .\. S. Omer ABxviii,
16, 11» in.)
Grues el scsnes. (Lie. de Hlarc Pol, .XCII.)
Le chevalier o cltisne o li cinq compengnon.
(Gaufrey. 108.)
Quant il encommençoient a corner, vous
deissiez que ce sont les voizdes cynes qui
se parlent de l'estanc. (Joinv., .S. Louis,
p. 160, Michel.)
Poulhains, josne beslail, comme chimes,
paons, oyes. (J.Moi.inkt,C/icoh., ch. cccxii.)
A Monseigneur sera fait présent d'un
signe d'argent ayant une coronne au col
dorée ou seront les armoyries dudil sei-
gneur, tirant ledit signe avec une petite
chaîne d'or une navvre aussi d'argent.
(1519, Compt. de Never's, BB 17.)
cisoiR, s. in., ciseau d'orfèvre :
Chissoirs, alennes, poinchon. (Pièce de
1351. ap. Delannov, Hospices de Tournai, p.
79.)
Cizoir pour coupper, trancher et mettre
en pièces l'or et l'argent baltu. (E. Binet,
Merv. de nat., p. 194.)
CIST, V. Cl.
c.isTERCiEX, S. m., moine suivant la
règle de Citeaux :
Regarde les Chartreux, Cislericiens, moy-
nes et nonnains de diverses religions, com-
CIT
CIT
CIT
101
menl ilz se lieveiil toutes les nuylz a ser-
vir Dieu. (Intern. ConsoL, III, xxv.)
<:iSTERiciEX, V. Cistercien.
• iTAitLE. adj., qui mérite d'être uité ;
notable :
111 entendi_ ad hommes diables et de vé-
rité. (Voy. de .^larc Pol, c. i. Roux.)
llabilans citubles. [Cart. de Briissel/es,
LXXXVI.)
CITADELLE, S. f., chàteau fort qui pro-
tège une ville :
Le gouverneur garnist très bien ladite
lUudelle de gens et^ de artillerie. (G. de Vil-
i.i:n., Mém., an 1495.)
CUadele. (Le Roy, Polit. d'Arist., f° 72
r°.)
<:iT.4Dix. s. m., celui qui habite à la
ville :
Koison de gentilz hommes et de citadins
de Jennes. (Boucicaul. II, 7.)
Ung eitalin rommain. (F.tBRi. Rhel., P 6
r°.)
CITAEIX. »;1TAI>-, V. ClTEAlX.
ciT.ATioiv, S. f., action de citer ; som-
mation de comparaître en justice à jour
marqué :
Un tribun a cité César devant le peuple ;
laquelle citation... 'Bers., Tite-tiue, B. >'.
20312'", r 61 v°.) ,
Citttcion.
(ilyst. de S. Did., p. lî.)
VA la sans monicion ne cijtucion faire
ausd. religieux misrent trois d'iceulx de-
hors. (Alton, Clivon., B. N. 5082, C 67 v°.)
CITÉ, s. f., le corps des citoyens ; ville
considérée comme corps politique :
Ne pol intrer en la ciutat.
{S. Léger, ms. Clerm., st. 24.)
Ciptel.
[Alexh, II" s., st. 00.^
Ne bore, ne vile, ne cité.
{Eneiis, 34S.)
("est la citeiz dunt il fu rois.
(Brut, ms. MuDich, 309.)
Cites.
[liom. d'Alex., f» 36°.)
De la cileit. (1211, Pai.v de Metz, A. mun.
Metz.)
Esk citez Dell et mansion.
{Siège de Jérus., Brit. Mus., aiidit. I06O6, f» 6=.)
Kl li roi Plielippes fist apieler le Val,
aprics son nom, le Val de Phelippe ; et li
chiles de Machedone sist dcsus. (Henri de
V.vL., S 570.)
Chacuns.dreça citez, et torz et mandemenz.
{Florence de Home, B. N., noiiv. acq. 4I'J2, fo i r'.)
Ciplé. (Serm., xm= s., ms. Poil. 624. f" 17
r".)
So les bcles citez n'esteenl
Coutivcos, tost ledireent.
{La Clef d'amours, 2217.)
Le citet de Tournai. .'" nov. 13li, Reg.
lie la loij, 1313-1325, A. Tournai.)
.\ Evrues, a bourch, cité et chastiel.
(Kroiss., Chron., IV, 192.)
Es régions et cetes. (Oresme, Quadrip.,
B. N. 1348, t° 92 r°.)
Cipté, siplé. (CAU.M0NT, Voy. d'ouUr.)
Dans les grandes villes qu'ils nomment
citez. (Urfé, Astree, II, x.)
ciTEALv, mod. citoyen, s. m., celui
qui jouit du droit de cité dans un Etat;
habitant de la cité :
Chitoien .
(£0/1., B. .\. 49S8, f» 231 1'.)
Vingt et quatre iils as Romains
Des plus orgillos citheains.
(W.iCE, Brut, 310S.)
Mais mult X oui bons citeains
E pruz e forz e se^urains
Qui bien défendirent lur vile.
(Ben., D. de Aorm., II, 4CI53.)
Nul autre conseil n'en aveient
Li citaein ne cil dedenz.
(lo., ib., II, 5210.)
Le citeein e li clergiez
Furent d'armes apareilliez.
(lo., ib.. II, S36I.)
Conois, Pieres, en com grande garde de
Leu cil sont ki en ccste vie soi meismes
sevent despitier; avec queiz ci7(7(«sdevenz
en honor cil sont conleit ki n'ont pas de
honte pardeforsestre despitietaz hommes.
(Dial. S. Greg.. p. 2i.)
Jovenciaus et puceles. chevalier poingneor
Et tout ii cito/an 1 aceurent d'entor.
(Rom. d'Alex.- B. N. 739, V. Meyer, p. I7i, t. 1447.)
Qui gardon les pors a la vile
Au citheiein od cui mis somes.
(Dit du besant, B. X. 19325, t° 123 y.)
En la parfonde mer de vices
Sont enfondrez tresloz envers,
Au citethein se sont aers.
{Ib., f« 124 r«.)
Ceaz cui il avoit longuement sofTert ane-
mis parmi la lenzon, rendit a derriens c'i-
tains parmi lo sacrefice. {Job. f 14 v".)
Ne le tindrent pas en déduit
Le cithezeins de la cité
De Waterford.
{Conr/uest of Irel., 1379.)
De Waterford les citheinz.
{Ib., 1313.)
Et je vous di qu'en poi d'espace
I vienent tel mil citouain.
Qui semblent estre cbastelain.
(Gaut. d'.Arr., Eracle, 2033.) Var.. ritoain.
Li Cî^ien des viles. (De Jost. et de plet, 1,
XI, i, 1.)
Chef des cyteyns. (Lib. Custum., I. 16.)
Des celestiaus citleins. {Ami et Amile,
Nouv. fr. du xiii° s., p. 65.)
Citien. {Ordin. Tancrei. ms. Salis, 1° 1''.)
Quant li ciloieii virent que li evesques ne
leur feroil el... (Ménestrel, Z 216.)
Citein de Toul. (1251, A. Meurthe, chap. '
i-atli. Toul.)
Votre cituen de .Marseille. (1265, Lett. du
vie. de Cil. d'Aiij., A. B.-du-Rh. 365.) ;
Iceus ciliens. (127^,. S. Aub. d'Ang., A. M.- 1
et-L.) 1
El promist par son sairement ke il ne
quenoit ne cause, ne matere, ne engien,
ne par lui ne par autrui, par quoi li cxtoien
devant dit fuissent grevet. (1272, Reg. de
cuir noir, f° 75 r", A. Tournai.)
El gaignent riches el povres citeclieins et
foreins. (Rvr. de Contv, Secr. d'Arist., B.
N. 371, P 127'.)
Les citeiens. (Chron. de S.Den., ms. Ste-
Gen., f'>16^)
Cyleien. (Dim. apr. circonc. 1290, CU. du
vic.de ra/oj«es, S.-Sauv., Urv., A. Manche.)
Citeien. (Vendr. av. nat. 1291, Lett. du
Vie. de Cotent., ib.)
Chitoien d'Amiens. (1307, Ab. du Gard, A.
Somme.)
Les ctiyleensde Rouen. (Vie. de T eau, ms.
du xiv' s.)
Acquisition faite de Ernoul Berenguier,
cileen de Rouen. (1334, A. Seine-Inf ('■
3524.)
Barons, chivalers, cileseines. (1343, Stal.
d'Ed. lit, .Wesb., !>. 111.)
Les cilezeins et burgois. (Ib.. an IV.)
Car c'est forlerece de vile nient venxable
amour des cytains. (.1. le Bel, li Ars d'a-
mour, I, 12.)
Il sevenl bien que li chilain mêleront
grant peine en iaus delTendre. {Sept Sao.
de Rome, Ars. 3454, f° 94^)
Barons, nobles, citeseins. (24 oct. 1360,
Liv. des DouilL, XVI, A. mun. Bord.)
Citezein. (1365, ib.)
Sans compagnie des chilayens de Rouen
sansforfeture.(5janv.l389,A. ujun. Rouen,
A, i.)
Hugues de Corbigny citien de Nevers.
(lilO, Comptes de Xevers, CC 17, f 24 v".)
Joffrey Mal-Arresl. Lambert du Lart, ri-
tiens et habitansilela ville de Lion. (13 nov.
1418, Heff. cons. de Lyon, I, 134.)
Le hibou citoen des ruineus palais.
(DrB.\RT.4s, Sepmaine, \.]
— -^dj., de la cité :
Environ le cite avoit mainte fontaine ;
Dedens n'avoit signor, fors le gent citeaiiie.
IRoum. d'Alix., t" 36'.)
— Civique :
Les vertus mnrals et citeeinnes sonl en
graignor paineci en travail que les vertus
intellectuels. (Urinet Latin, p. 330.)
Cf. CiTEZEI.N etClTOIEN, II. 141''.
CITECIIEIX- CITEEIX, CITEEX, V. Cl-
TEAIN. — CITEI, V. ClTÉ. — CITEIE.V,
C1TEI\, V. CiTEAl.N.
ciTEME\T, S. m., citation :
yue il faloit avoir un mandement de
Mons' le bailli adreschanl a tout sergent
comme le procureur, quant il seroil establi,
Teqxùv.vKritemenl, vers tous les adversaires
de lad. ville, tant vers les religieux de
Kescamp ipie vers tous autres. (28 mars
1391, A. nuin. Rou.-n, A, 2.)
CITER, verbe. — .\., sommer de com-
paraître en justice :
(luand ils virent que les pères citez ne
102
CIT
venoicnl pas en juslice. (Rehs., Tile Une,
It. .V. 20312'", f°23 V".)
Porter une semonse pour ddlei- Jehan
Descamaint? contre les dis proviseurs. (20
sept. 1387-19 sept. 1389, Compte de ladim-
nixt. de S. Espir, A- Tournai.)
Eniniis l'aire semoiirre, cilei\ Iraitter par
iustice et par moyens. (1191, E.réc. test, de
'Tliomas de Twby, A. Tournai.)
Puis le bonbomme est en dangier
D'estie cité du boulengier,
El puis du ttiveruier.
{ Tencbres de mariage, Poés. îv. des IT" et xvi» s.
t. 1, p. 25.)
ciTEiucuii. adj., situé en deçà:
Et fut (Sanson) archevêque de toute la
liretagne eiteriore, c'est a dire de deçà la '
mer. (Le B.uui, Wst. de Bret., ch. x.)
Une ligne a travers, (|ui divise totale- !
ment la partie intérieure ou citevieure, de
l'extérieure ou ultérieure. (Dalescii., Clnr.,
p. 12Ô.)
ciTEKMJ, S. f , réservoir où sont con-
duites et recueillies les eaux de pluie :
En rochiers e en cislernes. {Rois, I, 13.)
Fromons les fait gieter de la cisterne.
Le danime est lasse de duel et de disetes
Et des ïrans painnes qu'en la cliarlre ot
[soufterics.
(Jourd. de Blawies, 509.)
Une dterne de ploncq estant en la court,
(i mai 1.j06, Chirog., A. Tournai.)
Une chiterne de ploncq. (5 nov. 1520,
Ea-éc. test, de la veuve Douchement, ib.)
En laquelle maison y a celier devant...
cisterne, bove dessoubz la cuisine. (29 jnni
1516, chirogr.. ib.)
— Grande outre :
Et aussi treuvent lez sej-lenies tait de
cuyr, plaines d'eaues.(U20. Trad. dulimlé
d'Emmanuel l'iluti, sur le passage de ta
terre suinte, f 69 v".)
CITESEIX, <;ITET1IEI.\, V. ClTEAIN.
C.ITEUU, S. m., celui qui cite devant
la justice :
Uesveillo suis d'ung grant tas de citeurs.
(R. DE COLLEBTE, liOlld-, CU.)
CITEZEIN, V. ClTEAtN.
ciTHAitE, S. in., instrument à cordes
des anciens :
Cithare, (i(t est cy thole. (Ores.me, ap. Meu-
nier, Thèse sur Oresme.)
ciTn.vKisTE, s. m., joueur de ci-
thare :
Le harpeeur, le chislariste.
(G. DE ColNOi, Mir., col. 152, Poii-)
Cyllwristes on harpeurs. (Evn. de Contv,
ProUI. d'Arist., B. N.210, f» 271^)
Gracieuse citariste
Qui de la herpe scail le jeu.
(Tlierence en franc-, !' 147'.)
CITIIE.VIX, CITHEIN, CITIIEZEliV, CI-
thu;ei\, ( itieiiv, citie.n, citoaiiv,
CITOIAN, 0ITOYE.\, mod., V. ClTEAlN.
CIT
«;iTRAMARi.\, adj., situé au delà de
la mer :
Des parties citrumarines. c'est adiré de
la région d'Italie, passèrent la mer Adria-
tique. (Lk Maire, lllustr., I, 29.)
t;iTRA.MO.VTAix, S. m., qui habite
au delà des monts :
Les citramontaius. (Le Maire, Lég. des
Vén., ch. m.)
Des deux nations cilrantontuines, c'est
assavoir francoyse et germanique, (lu., ll-
lustr., 1, I.)
Les latins s'essaiant a former la lengne
de nous autres citramontaius en la leur. (F.
lio.vNiVAUD, Advis des lengues, p. 27.)
1. ciTRE, V. Cidre.
2. ciTRE, s. f., sorte de cythare :
Lyres, citres, doucines, violons.
(Louise Labé, Débat de folie et d'amour, OEut., p.
45.)
Cf. II, \i-2\
CITRIX, adj., qui est de couleur de
citron :
L'une est granate, altrc citrine.
{Lapid. de Marhode, 343.)
Soutire ou orpigmenl citrin. (II. de Mon-
DEViLLE, B. N. 2030, i' 91\)
Pome citrine. La substance de dedens
qui est aigre ou surre vaut pour medicine,
car quant elle est mangée avec char ou
poisson elle fait avoir bon appétit. (Grani
Herbier, p. 107.)
Herbe avant jus citrin. (Régime de santé,
P 61 v°.)
Citrine ou aqueuse, (/i., f 65 r".)
Eau cilrine. (Jard. de santé, p. 56.)
Couleur c;7nïie ou jaunastre. (Pabé,/«^'.,
c. VI.)
L'onguent citrin est singulier pour gua-
rir les pustules, gratelles, lentilles, et au-
tres taches du visage. (La FRA,MB0tsiERE,
Œuv., p. 202.)
Il y en a des changeantes (des hyacin-
thes), des cilrines qui tirent sur l'or. (E.
BiNET, Merv. de nat., p. 176.)
ciTRiMsER, verbe. — Réfl., prendre
la couleur du citron :
El ainsi par le feu sec continuel, se chan-
ge, corrige et parfait la blancheur, se ci-
trirdse, et acquiert la rougeur et vraye
couleur fixe. (Artephuis, les Amours, p. 34.)
— N., dans le même sens :
La pierre se veslira de toutes les cou-
leurs que tu scauras imaginer... ; elle cilri-
nisera, verdira, rougira. (P. Arnallii, i/«ce
des figures de Nie. Flamel, p. 76.)
ciTRiiMTÉ, S. i'., couleur citrine :
Sang de couleur rouge et clere, c'est as-
savoir rouge citrine au dernier degré de
citrinité. {Régime de santé, f° 66 v°.)
La blancheur de l'esmut qui tire a cilii-
nilé. (Artiiel. de Alag., Fauc.)
ciTROLE, V. Citrouille.
CIV
ciTROîN, S. m., fruit du citronnier,
d'un jaune clair, d'une saveur acide :
CIntroH. (Ménagier, II, 112.)
Orenges et cistrons. (1440-41, A. M.-et-L.,
E 42, f° 31.)
ciTROiviLLE, V. Citronnelle.
fiiTROMVELLE, S. f., nom douné â plu-
sieurs plantes dont les feuilles, quand
on les manie, laissent une odeur de ci-
tron :
Des escorces d'oranges, et des citronilles.
(Belle-For., Secr. de l'agric., p. 349.)
Citronelle. A kinde of small baulme, of a
faire green colour, and very good in a sal-
let. (COTGR.)
ciTROiviMER, s. m., arbre formant
une espèce du genre oranger, qui donne
le citron :
Citronnier. Citrus, malus citrca.(R. Est.,
Thés.)
CITROUILLE, s. f., Variété de courge:
Cocombres, citroles. (Alerrant, Reg. de
santé, B. N. 2021, f" 27».)
Cilrules sont encores plus froiz que cou-
courdes. {Grant Herbier, n" 134.)
Les cilrulles sont plus trois que ne sont
les concombres. {Jard. de santé, 1, 123.)
CITRULE, -ULLE, V. CITROUILLE. —
ciTUÉ. V. Situé. — cituen, v. Citeain.
— cmiv, V. Scion. — ciuivc, ciu.vck,
V. Cinq. — cil'mvI.me, v. Cinquiesme.—
ciUTAT, V. Cité.
civADE, s. f., avoine :
Pain e vin e citiade prist a foison.
{Ger. de Ross., p. 372.)
Unam eminam de civade. (xu" s., Cart. de
Celle f coin.)
Cinq pugnieres de sibude. (V.i&i, Dép.
deux jur., A. Gir.)
Leurs genests de charue mangent pour
sivnde une brasse de muraille. (1615, Plai-
santes ruses et calmles de trois bourgeoises de
Paris, Variét. hist. et lit!., t. VII.)
civADiEu, s. m., la huilièine partie
du setier de grains :
La charge, le cestier, la carliere et le ci-
vadier. (1564, ap. Duc, Civaderium.)
civAiLLiE, s. f., botte de cive :
S'en ayons point miséricorde,
Lyons les comme chivailîye.
[Myst.de S. Sébastien, f. 116.)
CIVE, s. f., sorte de ciboulette :
Ne pris pas deus foilles do cives
Ton manccer ne ton vanter.
{Renarl, Br. IV, 132.)
Celé ymage est meigre et chctive
Et aussi vert come une cire.
{Rose, B. >i. J5T3, f 2'.)
CIV
CLA
CLA
103
Es autres biens qui sont forain
N'as tu vaillant .u. viez loraia :
Ne tu. ne nul home qui vive
N'ï a/ez vaillant une cive.
(/6., l' 45'.)
Certes, roolt ai fet mauves change
Quant si ver moi vos truis estrange
Que je plus ain que riens qui vive ;
Et tout ne me vaut une ciue.
[Ib., !' 13S''.)
Une chive.
[Ib., nis. rorsini, f' IIÛ'.)
CepulaUmi, are. [Gl. t.-g., B. N. 7692.)
Car il ne doute une cliire
La pais du pape ou le courroux.
(i;effroi, Chron., 3094.)
Dont l'ung est noir, l'autre plus vert que cive.
(ViLioil, Gr. Test., Ballaile.)
Cibes a .vi''. la botle. (1538, S. (Imer, ap.
La Fons.)
c:ivET, s. in., ragoût cuit dans du vin
avec des cives :
Molt seroit malvais au ciré
Si connins que li freirons chace.
[Du Preslre et de la dame, Monlalgl. et nayn., II
239.)
Ue tous chirer. En chivei. Flu chivé. \u
l'ijvé. (Ens. p. apar. viand., B. N. 1. 7131.)
Voles vous char de porc fresque, a le
verde sausse ou au chivei? (Dialoçj. fr.-
flam., f° 4".)
(lesicrs au rivé. (X. du Kail, Prop. riist.,
]<. 13Ô.)
riviL, adj., du citoyen, des citoyens :
Cause cevitte. (l'JOO, A. lîesanç.. rea. mun.
I, f 173.)
Cas chivil ou criminel. (1353, C//. de Je-
hniis, r. de Fr., Roisin, ms. Lille 266, f° 350.)
Toute peine ou amende corporele ou ri.
vile. (1367, l.ell. d'aholit. de Phil. prem.. D.
dOrl., .\. Loiret.)
Ce farouche Romain,
Qui dans le sang civil premier trempa sa main.
(J. Godard, le Flascoii.)
<:ivii.F,ME\T. adv.. en citoyen ; en
matière civile :
Ceulx qui vivent civilemeiil de vie active.
(Oresme, lilh., B. N. 20i, f" 355'.)
Poursievre civilement. (5 avr. 1381, A.
luun. Rouen, tir. 3, n°' 2 et 3.)
Estre pugnis creminelment ou chioil-
ment. (9 fév. 1396, Reg. aux public., 1393-
1408, A. Tournai.)
Qui vivent civilement es citez. (Christ, de
Pis., Cité, Ars. 2680, P 44".)
«CIVIERE, s. f., sorte de brancard pour
transporter à bras :
Cenovecloriuin, c/i/iipre. {Glosx. de (ilns-
yow, P. Meyer.)
Fortune se joe del mont :
Li un vicncnt, li autre vont.
Li un devant, l'autre derrière,
Che est li geux de la chirieve.
{Dmart, Br. VII, 5, Tar.)
l'ne rivière a .nu. bras. (Compo.s. de la s.
escript., ms. Cliantdly, t. I, r 118 r°.)
Unam fulcam, unam pelé, et unaui ce-
viere. (1261, Lett. de Officiai de Troyes, Sl-
L'rbain, A. Aube.)
Une reriere a bras fonsee de bois. (Inv. de
P. liiard, M.-et-L.)
F.iuvel nous a fait présent
Du mestier de la civière.
[Famel, B. N. 146, f« S-i.)
Civière n fere la maçonnerie. (1410, Comp-
tes de Nevers, CC 17, P 27 V.)
Pcles, chevieres, cloyes. (1440, A. P.-de-
Cal., S.-Bertin.)
Pour avoir fait deux grandes noesves
cliivieres servans a porter les cailleaux et
grandes pierres hors de le Roci|ue aux ou-
vriers. (1445, Compte des fortifie, 4° Somme
de mises, A. Tournai.)
Pour porter le Corpus Ilomini sur la a-
!)(>fe le .jour de la Feste Dieu. (1477, Arcli.
Iwspit. de Paris, II, 18i.)
Cyviere. (Debv. deuz au d. de Bref., a cause
des l'erm. de Lesnev., xV s., A. Finist.)
En cent ans haniere civière.
(J. A. DE Baif, Mimes, 1. I, f» 22 v».)
riviLisEn, v. a., faire passer de l'état
primitif, naturel, à un état plus avancé,
par la culture morale, intellectuelle, so-
ciale :
Quelque façon externe qui pouvoit n'estre
pas civiliiee a la courtisane. (.Mont., liv. I,
ch. XXIV.)
civinsTE, adj. et subst., savant dans
le droit civil :
Uocteurs canonistes et civilistes. (P.isn.,
lieclx.. III, 2i.)
cixiLiTÉ, s. f., observation des con-
venances, des égards usités entre les
hommes qui vivent en société :
Non seulement chasque pais, mais chasque
cité et chasque vacation a sa civilité parti-
culière. (Mont., 1. I, ch. xiii, p. 27.)
Ceux qui vont en Allemagne, ou les cous-
lumes et civilité: sont dilferenles des nos-
tres, quand ils sont revenus, on les trouve
grossiers. (L.\ Noue, Disc, p. 120.)
— Droit de cité :
Dis moy si tu es citoyen romain. El ice-
luy dist : Oui. Et le capitaine respondil :
J'ai obtenu cette civilité a grand somme
d'argent. (Le Ff.vre d'Est., Bible, Act., .\II.)
— Science des choses civiles :
Le temporel et civilité consiste en deux
membres, ascavoir, en l'art et discipline
militaire, et en la science de justice civille,
(Cons. à lu priiir. Mar., règ. des Pays-Bas.)
Cf. 11, 143'.
< iMyiE, adj., relatif au citoyen, qui
apiiartient à un bon citoyen :
Couronnes civiques. (Hr Pinkt, dans Dict.
gén.)
(IVOIRE, V. CinOIRE. — «noi-LE, v.
Ciboule. — <:ivre, v. Chevue. — ci-
VROEL, V. Chevreuil.
<;l.*baiid, s. m., sorte de chien cou-
rant, à oreilles pendantes, qui aboie for-
tement :
Leurs solicrs sont liez de cordes ;
Ils sont pendans comme ctabauh-.
{Mist. de S. Clirislop/ie, dans Dk-I. i/ni.)
— Fig. :
Un abbay de ces clabau.r de village. (I).
Desper., Nûuv. recr., p. 161.)
f:i,.\B:\iiDAGE, s. in..action declabau-
der :
Un dru rlabaudage. (Cl. G.U'CriET, dans
Dict. géii.)
ci,.\itAui)A\T. adj.. qui clahaude :
Les agiles lévriers, les limiers clabauâans.
(Du CnESNE, Six. tii'. du grand miroir du monde, [i.
CLABArDEiiiE>T. S. m., action de cla-
•bauder, au propre et au fig, :
Aussi n'oyez vous plus aux classes ce
clubaudement latin des regens. (Sat. Meii.,
p. 80.)
Ne troublez point ses mânes
De haut clatiaiidemeiit de vos lourdes lympanes.
(Les Mu.w.i incognues, l'Arare Margot.)
CLABAUDER, Verbe.— \., .\boyer for-
tement :
Les chiens abbayent (i\.cl(diaudeHt.lJ'.\\\v.,
Anim., 12.)
— A., prôner bruyamment :
C'est un vertueux office
Avoir pour son exercice
Force oiseaux, et force ahhois
Et en meutes bien courantes
Clabauder toutes ses rentes.
Par les champs et par les bois.
(JoACH. DU Bellay, liv. III, f'' S7 r*.)
CLABAUDEBiE, S. f., criaillerie contre
qqn.:
Vous diriez a les ouïr criailler, ((uc l'Cs-
tat s'en va perdu, s'il manque de clabau-
deries alfinees. (Sully, dans Litlré.)
cLABAUDEUR, S. m., celui qui cla-
haude :
Lespedansc/a4««f/ei//-j-apresavoir qucsté
avec grande estude et science par les livres,
en font monsire. (Ch.arron, Sag.. I, 40.)
cLABAiiDis, s. m., syn. de clabau-
dage:
Nous supporterons nostre pari de vos
injures comme le ctaboudis d'une mulle de
chiens courans (|ui attend la curée. (Gou-
(iEX., Corn, des comed.. 11, 2, Ane. Th. fr.)
CLACUET, S. m., espèce de pomme:
Les pommes d'hersel... de claguet, de
gros œil. (Liebailt, III. 19.)
CLAIE, s. f., treillis d'osier à claire-
voie ; treillage de bois servant de clôture
pour les parcs à bestiaux ; anc, treillis,
fascinage en général :
Desor les hors metent dotes gésir.
Planches fendues de chaisne et de sapin.
{Loh., uis. MoBtp., !• 148'».)
d04
CLA
CLA
CLA
Ralnoars a celé genl encontrco
/V .1. destroit d'uno roclie caveo,
Devant une aige, a .]. poncel do clee.
(Àlcsch., 4303.)
.VI. deniers iiu cuisinier pour les clees du
gorl. (Jurés de S. Ouen, P 119, A. S.-Inf.)
l.csdis hommes sont leiiuz faire nudil
bois les claijes ot en prendre le bois pour
yoelles fere. (1409, Dénomhr. du briill. de
Constentin, A. N. P 304, f 108 r".)
.XX. clotfs doubles pour eselialTauder ;
chacune cloi/e valant .x. deniers. (1414,
Comptes de Neoers, CC 19, f 4 v°.)
Au dedans d'une rh/e près et au rez des
maisons. (1-464, A. S.'JJ 199, pièce il9.)
Le suppliant portoit une clede ou claie
qu'il avoit laite. (1406, A. N. JJ 191, pièce
217.)
La cldyeon clide du champ de Mvl-{li70,
A. N. J.I 196, pièce 270.)
Cf. Il, 143«.
cL.viETE, S. f., petite claie, employé
dans l'exemple suivant pour désigner
un lieu retiré, renfermé :
Sun mary et elle se tenoient a la cluyelte
ou c'estoit tout ce()u'ils pouvoient faire de
vivoter bien chetivenienl.(CiiOLu:iiKS, Apres
disnees, f° 19o.)
«:l,\io.\-, mod. clayon, s. m., petite
claie ; spéc, claie pour égoutter le fro-
mage :
Raoul... qui fu par .v. jours a cosper liars
et citions et aporterpour lier ledit chaume.
(1328, Compte de Odart de Lair/ny, A. N. KK
3', f" 15 r".)
Pour rlauns et pour hardelles. (133.^, ib.,
f" 280 r°.)
Clayon. Çarço, çarzo de vergas. (C. Ou-
niN, Dict. fr.-esp.)
CL.viR, mod., v. Clek.
CLAIR fioliL.wT, adj., qui coule avec
limpidité :
L'autre dessus les ondes netes
Du clair coulant ruisseau nageoit.
(.1. DE Baif, Poèm., 1. VI, II, 293, Lemerre.)
CLAIR coiiRA\T, adj., qui court avec
limpidité :
Les dous ruisseaux clair conraiis aux campa-
[gnes.
(Cl. Butet, Po'':s., H, 55.)
CLAiRELET, adj. dimin., clair, lim-
pide :
Une goûte clttifcleite.
Une elaire goutelelte,
Qui vient d'une fontenette.
(Tabouhot, ISicjarr., t" 198 r«.)
cLAiRL>iE.\T, mod., v. Clerement.
cLAiRER, V. n., briller, éclairer :
Une lampe a clairer de niiyt. (1501, In-
vent, de l'Uôlel-Dieu de Beaiine, Snc. d'ar-
chéol. de lleaune, 1874. p. 141.)
Une lampe clairanl jour et nuit devant
le précieux corps llieu. (1561, Visitât, de la
Maladière, k. mun. Dijon, E 1.)
La, les vigiles furent solennellement di-
tes, cloches sonnant, tous cierges c/ai/'a?;/,
et les portes du chœur fermées a cause de
la grande nndiitude de peuple. (1566, //is/.
del'éf/lise d'Autan par D. Goujon, ms. de
la bibl. du gr. séminaire d'Autun.)
CLAiRExoiic, mod., V. Clekevoib:.
CLAUSE voL\, adj., à la voix claire:
Lors les heraux claire foix ont sonné
De toutes parts le conseil ordonné.
(lloNS-, Franciatte, 1. 1, p. 412.)
... La sanglante Bellonne
D'un cornet haut bruyant, et l'héraut clere vois
.la l'appelle a l'assaut.
(Claude di: Mobenne, Poés., 494.)
CLAIR LCISA^T, adj., qui brille avec
une grande clarté :
Le clair luisant vesper.
(Cl. de Mohenme, Poés., 56.)
cLAiRo.x, S. m., trompette à son clair
et perçant :
Car, quant on a ouyt clarons sonner.
Il n'est courage qui ne croisse.
{Archer de Bagnotct.)
Sonnans trompes, clairons et cors sarra-
sinois. (Perceforesl, t. I, f°105.)
Bondissant trompillesetc/«TO«s. [Trahis,
de France, p. 38, Chron. belg.)
Trompe ttesetf^e)'o«s.(Lov,\LSERV.,G/i)'o«.
de Bai/., c. xxii.)
clairo.\>eme:vt, s. m., action de
jouer du clairon :
Or l'archange mettra hors la voix de la
trompe d'un terrible clerounement pour con-
voquer toutes personnes au jugement et
tribunal de Christ. (La Bod., Harmon., p.
791.)
CLAiRoivîVER, V. a., pris au figuré :
Avec la famfare de la trompe... nous cle-
î'onneî'OfiS hautement sa sapience. (La Bod.,
Harmon., Ep.)
CLAIRSEMÉ, mod., V. Clersemé.
CLAiRvovAxcE, S. f., faculté de dis-
cerner clairement :
Noslre aveuglementplus quenostrec/o!/'-
voyance. (Mont., liv. Il, ch. xu.)
CLAMER, v. a., appeler :
S'espardoienl par le fait d'un chevalier
englez, qui cstoit en leur routte et bien ac-
compaignies, lequel on clummoil messire
Jehan Mcstrourde. (Froiss., Chron., t. VIII,
p. 255, var.)
Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir desdaing, quoy que fusmes occis
Par justice.
(ViLLOM, Codicille, 139.)
— Déclarer :
Il fait bon les vielles amer ;
Cen nos seut Ovide clamer.
[Clef d'amours, 1933.)
Cf. Il, 144'.
CLAMELS, adj., plaintif:
Corne nostre souverain seignour le roy
per clumouse pleint a luy fait en cest pré-
sent parlement l'ad pleinement entendu.
{Slat. de Henri V, an IX, impr. goth., Bibl.
Louvre.)
Son maintien doit estre lent et pesant,
sa voye grave, sa parolle ferme non cla-
meus'e. (Thoison d'or, vol. I, f" 14 v°.)
Mais quant la soif est véhémente et cla-
meuse laquelle ne peut estre appaisee par
aspiration de l'air i'roit... (liegime de santé,
f 33 r°.)
De la douleur, l'une est clameuse et très
fascheuse, l'autre assez supportable et pai-
sible. (Jour., Gr. chir., p. 413.)
CLAMOR, mo'd. clameur, s. f., cri,
plainte, particulièrement plainte en
justice :
.\pres ses piors et ses clamor.9
Li requicr les joies d'amors
Hurablenient et en decbevant.
{Clef d'amours, 1753.)
Et qu'aucuns de nos subjectz nous eus-
sent faict plusieurs plainclcs et clameurs
dudict .lacques Cueur. (6 mai 1453, Arre'l
contre J. Cueur,ms. Bib. Louvre, n. 169.)
Qui saisit ou prant homme ou femme
grandement ou par violence, se clemmeur
y a, quand sera prouvé ou actaint devant
nostre chastelain, appeliez les consulz ou
leur procureur et presens par devant nous
ou devant nostre chapelain. (Juillet 1462,
Ord., XV, 518.)
Cf. II, 145^ 145'.
CLANDESTIN, adj., que l'on tient se-
cret comme étant illicite :
Par clumdestine aliance. (Bers., Tit. Liv.,
ms. Ste-Gen., f 59'.)
CLANDESTiivEMEivT, adv., d'une ma-
nière clandestine :
.\ quoy ledit procureur repondi que s'il
avoit dit furtivement, ce estoit a entendre
clandestinement, (iuin 1398,0)-rf., VIII, 229.)
Lire clandestinement de nuict. (Rar.i
Panf., ch. xvn.)
CLANGUEUR, s. f., SOU éclatant, bruit;
cri retentissant de plusieurs oiseaux
palmipèdes :
Et, ainsi accompaigné, avecques sons et
clangueurs de trompettes, bucynes, cors et
labourins, dedans la forte place de La Ro-
que s'en entra. (Auïon, Chron. de L. A//, I,
107.)
Si les oyes pour leur pastures se com-
battent avec grande clamjueur. (Liehault,
1. I, c. VIII.)
(L'oye) déclare l'hyver proche par sa clan-
gueur assidue. (1d., c. xvi.)
CLAPER, V. n., faire entendre un
clapement dé langue :
Ce chien clnpoit, jappoit. (G. Bouchf.t,
Serees, II, 67.)
Cf. II, 145^
CLAPET, s. m., sorte de soupape qui
s'ouvre comme un couvercle à char-
CLA
CLA
CLA
10.":
Clapelz a pompe. (1517, dans Dict. rjén.)
Cf. II. 145'.
cxAPiER, S. m., l'ensemble des ter-
riers'd'une garenne ; lieu où l'on élève
des lapins domestiques :
Ou se relirerenl tous comme conniz au
clappyer. (Auton, Chron., B. N. 5082, f° 192
r".)
Pendant que nous estions en travail de
tirer une perdrix d'un clapié. (Desparron,
Fauconn., IV, 17.)
Glappier a connils. (Coût, ff Estampes,
CXCII, Nouv. Coût, gén., III, 106.)
Les trous des terriers(<ni'improprement)
aucuns appellent clapiers. (0. de Serr., V,
H.)
— Fig., lieu de débauche :
Toutes femmes de joye seans es bor-
deaulx elclapiers de Paris. (1395, Liv. rouye,
A. N. Y 2, fo 97 v°.)
Cf. Clappier, II, 146".
CLAQUE, S. f., coup donné avec le plat
de la main et qui produit un bruit sec :
L'un dit a son valet, va, va.
L'autre donne au sien une claque.
(Gages, Deifuiz, Ars. 3332, f 64 r°.)
Et buffe contre clacqiie rendre.
(Lefranc, Champ, des Dam., Ars. 3121, f» 76''.)
CLAQUEDEivT, S. m., gueux, miséra-
ble, dont les dents claquent de froid :
Babbaquis.
Ctailuede}it?
Claqiiedeni, deuxième tirant.
Bé, je vien. je vien.
(A. Greban, .Uist. de la Pass., 21546.)
PlLATE.
Tu es ung vaillant, Claqitedent.
(iD., iTi., 21578.)
Je présente en faict évident
Tout ce que tiens en claqiiedent
Le roy des singes, moy Sagouyn.
(C. Fontaine, Complaincte et teslam. de F. Sa-
gouyn.)
t;LAQi'EME\T, S. m., bruit de choses
qui s'entrechoquent :
Quant il veit le bruit recommancer,avec
un claquement gênerai de mains, il se leva
en colère. [Sat. Mén., Har. de M. le rect.
Roz.,p. 112, éd. 1594.)
cLAQi'EMUR, S. m., sorte de jeu :
Claquemur, ahattimuro. (A. Oudin, Dict.
fr.-esp.)
CLAQUER, V. n., faire entendre un
bruit' sec :
Claquer, ou claquelcrdes mains en signe
de faveur, plaudere, plausum dare.(R. Est.,
CLAQUET, S. m., dans un moulin,
pièce du babillard qui vient frapper ré-
gulièrement l'auget pour lui imprimer
un mouvement de va et vient ;
T. IX.
Vostre langue n'a de repos
Non plus qu'un claquet de moulin.
(Act. des apost., vol. I, f" 18^.)
Elle caquette toute seule ;
C'est un claquet, c'est une meule
D'un moulin qui tourne tousjours.
(Belleau, la Reconn., IV, 2.)
Le peuple s'advance, et se presse, comme
quand les porcscourenttant qu'ils peuvent
au clacquet du cliauderon. (Merlin Cocc,
IX.)
CLAQUETER, vefbe. — N., fréquentatif
de claquer :
Il grince et claquette des dents. (Paré,
Introd., 18.)
Un bruit d'un grand feu qui claquette.
(ID., XXIX, 28.)
Ils claquelent comme cigalles. (Id., Liv.
des anim., c. xxv.)
Ils claquettent comme cicongnes. (Id.)
Le pauvre marchand transsi de froid...
passoit le temps a claqueler des dents.
(Comptes du monde adventureux, p. 96.)
Vont claquefanf des dents au travers des forets.
(Passerai, Œuv., p 102.)
Crepitaculo leprosi crepitus, vel crepi-
tatus. Claqueter d'une claquette de ladre.
(Trium Lînrj. Dict., 1604.)
— Faire entendre le bruit de la ci-
gale :
On dit... de la cÀgale. claqueter. (E. Bi.set,
Merv. de nat., p. 60.)
— .A., faire claquer :
La nuict les fantômes volans,
Claquetant leurs becs violants
Et sifflant, mon ame espouvaalent.
(HOKS., ûd., 111, X.)
cLAQUETis, s. m., cliquetis ;
Un cluquetis d'armes. (J. de Ca.stelnau,
Faç. et coust. des anc. Gaull., f 36 v°.)
Et le claqitetis des armes
Qu'on oit au choc de l'assaut.
(J. A. DB Baif, Passetems, 1. 111, f" 76 r«.)
CLAQUETTE, S. f., sorte de crécelle :
Crotalum, cercerelle, clacquette. (Ju.v.,
NomencL, p. 222.)
CLAR, V. ClEH. — CLAREFIER. V. CLA-
RIFIER.
CLARET, mod. clairet, adj. et s., de
couleur, de nuance un peu claire :
Poz de vin claret. (1427, A. mun. Vienne.)
Vin clairet.
{Ftepeue de Villon et de ses compaignons.)
Et y bailler de trois vins purs et netz,
blanc, cleret el rouge. (1509, Chap. de Ste-
Kadeg., A. Vienne.)
Cf. II, 106°.
CL.ARiFicAXT, adj., quî donne de
l'éclat, qui fait briller:
Clarificanlc lumière. (S'ef de sauté, f 1
r".)
çi.ARii-TCATiF, adj., qui clarifie :
La racine de cassia fislula est clarifica-
tive du sang. (.lard, de santé, I, 102.)
Vertu rtarificalive. (Evo.n., Trésor, c. xv.)
— Déclaratif, explicatif :
Passans par lioussillon, il y fist un edit
clurificatif de son edict de pacification.
(ItouiiGLEV., Hech. de la Xeuslrie, II, 191.)
CLARincATioJV, S. f., Opération par
laquelle on clarifie un liquide ; éclat de
la lumière :
Si la ténèbre obscure
Ne peull [exister] avec clarifîcafion.
(J. Marot, /'/ Vray-disant des dames.)
— Fig., éclaircissement, manifesta-
tion évidente :
Pour ce pouvons avoir ctarificacion delà
grande vertu qui est en sapience. (CouRcv,
Uist. de Grèce, Ars. 3689, f 200".)
— Déclaration, exposé :
Cy ensuit la ctarificacion et description
des deniers par pension el diesmes dehuz
chascun an en chapitre de Léon. (17 juill.
1493, Chap. de Léon, A. Finist.)
CLARIFIER, V. a., rendre clair, lim-
pide, en le filtrant, un liquide qui est
trouble.
— Eclaircir :
Colofonia clarifie et purifie la. tacc. (.lard.
de santé, 1, 150.)
Pour clarifier la face. (Le Fournier, Dé-
cor. d'Itum. nat., f°21 r°.)
— Purifier :
Le feu grandement empêche l'impression
céleste et clarifie l'air. (Remède contre fièvre
pestilencieuse.)
Clarifiez le miel. (Palsgr., p. 485.)
— Rendre illustre, glorifier :
Li heure vient que li fieux de l'homme
soit rlarefiies... c'est a dire aprez se résur-
rection. (Bible Itist., Jlaz. 532, t° 221 v°.)
— Rendre clair, expliquer :
Il modifia et clerifia a son entendement,
le .un", d'iceulx articles, qui contient cesie
fourme. (19 juin 1391, Reg. du Cliâtelet, II,
97.)
Par quoy, si veuli un peu clarifier.
Comme il fault faire œuvres de charité
Vers moy seras assez bien acquité.
(Edm. du Bocllay, Combat de la cliair et de l'esprit,
p. 63.)
CLARiFiEUR, S. m., cclul qui illustre :
Roy pleindc vertus... r^Hjv'/îeHrdu throne
françois. (G. Cfiastellain, Deprecation pour
Pierre de Brezé, Vil, 44.)
CL.ARIFIQUE, adj., qui éclaircit, qui
illumine :
Lumière clarifique.
(NefdesatM, f" t r».)
CLARi\E. S. f., sonnette qu'on attaclie
au col des bestiaux.
Cf. II, 147% et Littré, I, 6^8".
14
106
CLA
cLARiTUDE, S. f., clartc, éclat :
La clarilude et nobilité Al: l'or. (Fosse-
TiER, Cron. Marr,., ms. Biiix. 10510, i" 121
V.)
Lisez donc par agréable passetemps les
ruynes (le Troves bien vérifiées par ctari-
iu'de certaine. '(.Le Mamik, Illiistr., II, Prol.)
Les unes (pierres) estoient d'une coiil-
leur, les aultres d'aiiltre : si que grant es-
bahyssemenl estoitde veoir la citintude et
procerilé des fondemens de ladite salle.
(Bat. Jud., VI, 15.)
Tu verras par l'espoisseur et \.\ rlnri.lude
la différence qui est entre la quinte es-
sence et la grosse matière. (A. nu Moulin,
Quinte ess. de tout, chos., p. 32.)
CLARTÉ, S. f., effet de la lumière qui
rend visibles le.s objets :
Si vid grand claritet.
(S. Léger, ras. Clerm., st. 34.)
Lo sol perdet sas clarttaz.
(AiDEBic, P. Meyer, .ile.r., p. S, t. 50.)
El palais ot chirtt' molt grant ;
Tant i ot cierges, ja par jor
Lumière n'i eust graignor.
(Eneas, 836.)
El la darteiz raiot de jur.
{Brut, ms. Municb, 1690.)
Grande daftex.
{Hom. iTAIe.T., f» 26<i.)
Ou soit banny do la cl.irlé Pliebus,
Des biens Juno et du soûlas Venus,
Et du dieu Mars soit pugny a oultrance.
{J>oés. altrib. à Villon, 191.)
fiLASsiFiER, V. a., disposer, établir
suivant des classiiications :
Je... ay clacyfiet seloncq ma simple ca-
pacité, de clauses en clauses, tout le texte
des quatre evangelistes. (Fosset., Vie de
Jésus Christ, ms. Bruxelles, f" 349 r°.)
CLATBE, V. ClOISTRE. — OLAU, V. ClOU.
— CLAUCHE, V. Cloche.
CLAUDiCAiVT, adj., boiteux :
Quant chaleur est foible adonc ne s'en-
gendre point ventosité, car elle ne le peult
resolver : mais quant elle est ctaudicant
adonc s'engendre ventosité. (B. de Gord.,
Pratiq., V, XI.)
Et par péchez bleccz et claudicans.
(J. BoucoET, Noble Dame, S' S2 r°.)
CLAUDiCATiox,s. f.. action de boiter:
Enquist deboinairement
Tout le tempoire et l'ocoison
De chele clnutUcation.
(Mir. de S. Eloi, p. 46.)
La disposition des membres ou la clait-
dication se fait. (Evb. iie Contv, Prohl. d'A-
rist., B. N. 210, f 152'.)
CLAUEK, V. Clouer. — olaube, v.
Clore. — clalse, v. Glose.
CLAUSTRAL, adj., relatif au cloître :
Maisons rlmtstralles. {ilai 14'l,0)-rf.,XVII,
421.)
Abbayes claustrales. (Gentillet, Bureau
du concile de Trente, p. 5i.)
CLA
CLAUSTRALEME1VT, adv., comme dans
un cloître :
Il entre en la chambre, les verrières de
laquelle estans bouschccs et fermées claus-
tralement. (.\. du F.ul, Eutrap., XVII.)
CLAUSULE, S. f., conclusion, sentence :
Par quoy l'apostre, disent ils, comprend
tout ceci par une clausule, qu'il faut que
tous comparoissentdevantle siège judicial
du fils de Dieu. (Calvin, 50.)
Avecq clausule rigoreuse et executorialle
allencontrede tousceulx qui désormais les
prétendront empescher. (24 janv. 1583,
Arch. Bailleul,2° flej. aux prioilèrjes, f°(34.)
CLAUSULEB, V. a., exprimer par une
clause formelle :
Leur delivrerpromptement et pleinement
ledit estât au temps de la consommation
dudit mariage, claut,ulanl tout ce que a ce
propoz pourra généralement et particuliè-
rement servir. (5 nov. 1539, Instr. de Ch.-
Quint, Pap. d'Et. de Granv., II, 557.)
Ce qu'il concerne pour l'assheurance de
sadite majesté est bien clausule et articulé
par ledit traité de paix. (Fév. 1545, Sur la
declar. de l'alternat, du traité deCrespy, ib.,
III, 77.)
CLAUTEKESSE, V. ClOUTERESSE. —
CLAUTEl'B, -TIEB, V. ClOUTEUR, -TIER.—
CLAUWER, V. Clouer. — clauwete, v.
Clavette. — clauwetrie, v. Cloute-
CLAVAL, adj., en forme de clou :
Pustules clavales, non découpées, ains
testueset enracinées a mode declou. (Jour.,
Gr. ctiir., p. 462.)
CLAVEAU, mod., V. Clavel.
CLAVEL, mod. claveau, s. m., pierre
taillée en coin, qui entre dans l'enca-
drement supérieur d'une fenêtre, d'une
porte :
Qant de la porte ont le clairet fermé.
[Aijmeri de Narb., 272.)
Le bassin d'un petit drageoir a clavel,
sans pie et a on tons les armes de mon-
seigneur le Daulphin. (1380, Invent. deChnr-
les V, ap. Havard, Dwl. de l'ameublement,
t. I, col. 840.)
Ung hanap d'or a claveau sans pié, ou-
vré a feuillages enlevés, et ou fons est ung
grant esmail de plete et cinq petiz environ.
(1386, ib.)
Cf. II, 148=.
CLAVELÉ, adj., qui a la clavelée.
— Par extension, en parlant d'hom-
mes :
Je diz hœreticque formé, hœreticquec/a-
velé. (Rab., Tiers liv., .X.XII.)
Il faudra qu'ils soyent parfaitement la-
dres clavelez, s'ils ne se sentent ce poi-
gnant esguillon. (Sat. Mén., au lect.)
CLE
Cf. II, 149'.
CLAVELEE, S. f . , maladie éruptive,
contagieuse des bétes ovines :
Ils mouroient de la claveîee.
[Patlœlin, 110.)
J'avoi pour vendangeurs la gresle ou la gelee,
Et mes brebis avoient ou lac ou clavelée.
(P. DE I!r.ich, l'oèm., f» 140 v«.)
CLAVETE, mod. clavette, s. f., petite
clef, sorte de fiche de fer servant à fer-
mer les contrevents :
En son braioel uns clauwete
Trouva d'argent moult petitete.
(SIousK., Cliron., 14369.)
Si attaigny une clavette
D'or et de main de maistre faite,
El dist ceste clef me porterez.
(G. Mach., Poés., B. N. 9221, f» 187'.)
Deux clavestes et une arondelle de fer.
(1467, Compt. de Nevers, CC 61, f» 22 r».)
CLAVIER, s. m., porte-clefs, gardien.
Cf. II, 150".
— Dans un registre d'orgue, réunion
des touches qui, lorsqu'on les frappe,
ouvrent et font résonner le tuj'au qui
leur correspond :
Moy, je joueray sur le clavier et feray
resonner les orgues. (Paré, III, 688.)
CLAZOïv, mod., V. Claon. — clé, v.
V. Clef. — cleer, v. Clouer.
CLEF et CLÉ, s. f., pièce de métal qu'on
introduit dans le trou d'une serrure et
à l'aide de laquelle on fait mouvoir le
mécanisme qui sert à l'ouvrir et à la
fermer :
Tenez les êtes de ceste cité large.
(Hol.. 654.)
Les clefs de la cité.
{La Venjance det mort iiostre seigneur, .Uus. Bril.,
Egerton613, f» 22 t'.)
Et ensi comme li cuens du mander ou
castiel ke on li aporlast les des, il apiela
Pieron Vent. (Henri de Val., Z 622.)
Fausse cîes refont bien l'entrée
Mainte foiz estrc abandonnée.
{Clef d'amours, 3097.)
Por une c/ei'/' a un huis d'une chambre.
(1304, A. N. KK 393, P 21.)
Baillier a ycelui seigneur les cleirs de
toutes les oUices d'icelle maison. (1322, A.
N. .S 4969, pièce 1.)
Item disoient encor que on leur deli-
vroit les clerfs dez biens et dez lieux de
layens. (1334, Cart. de Montier-Ramey, B.
N. 1. 5432, f° 18 r".)
Elprindrent les clers de ses husches et
coffres. (1349, A. N, JJ 78, f" 45 r".)
Une serreure et une clerf mis ou colTre.
(1360, Rançon du roi Jean, A. N. KK 10", T
32 v°.)
Ne soit sy hardis de faire clefz ni clique-
tez de lecton. (1372, Ordon. des serruriers
d'Amiens, ap. V. Gay.)
CLE
La hayne je croistray bien souef.
Car je sçay bien tourner la clt;f
De tout vetil,
De quoy il en viendra meschef.
[Mist. du Viel Test.y II, 343, var.)
Boele a .11. clees. {învent, de N, D. des
Barres, A. Loiret, SLe-Croix.''
— Fig. :
Chailis malaurous, ke prouies tu cum ce
soit ke li filz del haltisnie ait la ctei/ de
science 1 (S. Bern., p. 2, 38.)
Qui de paradis ot les cîei's.
{Paraphr. du Ps. Emctm'it, Brit. Mus., .\da. 15606,
!" 24>.)
Et bien sevent que c'est la cleis de paien-
nime. (Ménestrel, g li8.)
Le ville de Bregerach est des et entrée
de ce pays. (Froiss., Chron., III, 262.)
Le roy Henry vint devant le Pont de
l'Arche, par delà l'eau de Saine, et estoit
dedens le seigneur de Graville et foison de
ses gens. Lors on fist de grans assemblées
tant de gens (l'armes du pays, pour résister
contre le roy Henry, atlin qu'il ne passast
au Pont de l'.^rclie ; mais nonobstant il
passa, et après se rendit le Pont au roy
Henry, qui fut grand desconfort a tout le
pays, car c'estoil une des ctez de l'eau de
Saine. (P. de Fenin. Mém.)
— Locut., avoir la clef des champs-
avoir la liberté d'aller et de venir où
l'on veut :
Grans aise est Savoir les clez des chans.
{Ane. proj'.. ap. Ler. de L., Prov.)
Et se sont de mcngipr trop forment aSiebly
Pour ce dit ung parler c'on a souvent ouy,
Mieulx vault îa clef des champs quant on guer-
[rie ainsi
Qu'a demeurer en fort de vivrez desgarni.
[Ciperis, B. N. 1637, i« 113 ro.)
A\"isez s'est et porpensez
Comment puist saillir de leenz ;
Car s'il avait la clef des chamz
.^rriers ne vendroit des semainne.
(Geffroi, Chron., 428Î.)
— Prendre la clef des champs, pren-
dre la fuite, s'évader :
Ils priiidrent les clefs des champs a l'ad-
venture. les ungs par eaue et les autres
parterre. (.). Chart., Chron. de Charl. VU,
c. 260.)
— Mellre les clefs sous la porte, dé-
ménager, partir furtivement :
Ceux a qui les louages ont esté faits s'en
vont sans rien payer, et mettent les clefs
dessouljs l'huis, sans dire adieu a leurhoste.
,U oct. 1432, Veut, du Chdtel., Arch. de
i'assist. publ.)
— Mettre les clefs sur la fosse, en
parlant d'une femme, renoncer à la vie
commune :
tjuand nous voulons dire qu'une femme
a renoncé a la communauté de son mary
et elle, nous disons qu'elle a mis les clefs
sur la fosse. (Pasq., Rech., IV, 10.)
— Techn. :
L'en appelle clef un membre qui est au
CLE
col d'une beste. (Oresme. Eth., B. y. 20i, t'°
437-.)
— Pièce mobile au moyen de laquelle
on ouvre ou ferme les trous d'un instru-
ment de musique :
Ses instrumens forment atrampre
Si que n'i ot clff ne muance
Qui ne fust selon l'ordonance.
(D'Orpheus, uis. Geoéve 179 bis, BiiUet. A. T., 1877,
p. 100.)
CLEI.V, V. ClI.N.
CLE.MATiTE, S. f-, plante grimpante
de la famille des renoncules, à fleurs
campanulées odorantes :
Clematid. (J. des Moil., Comm. de ilatih.)
(Cotgr.)
CLEME.vcE, s. f.,douceur que montre
celui qui a autorité pour punir un cou-
pable, en lui pardonnant ou atténuant
sa peine :
Par souve clementia
[Eulal., 29.)
Clemance. (1413, Denombr. du baill. de
Constenlin, A. S. P 304, T 123 r".)
Qu'ilz n'abusent de la clémence dont avons
usé envers les simples. (Coxdé, Mém., p.
554.)
CLEME\T, adj., qui use de clémence:
Prince clément.
(ViLLOîi, Bnll.)
CLEME-\TEMEXT, adv., avcc cléiTien-
ce :
Pour ces nécessaires bénéfices clemente-
ment et humainementcuncedes.(FossETiEB,
Cron.Marg., ms. Urux. 10512, X, v, 6.)
Lesditz estatz ne doublent pas que leurs
majestez, pour affection chrestienne, cle-
me«/e;«en<s'ycondescendront. (10 juin 1544,
Pap. d'Et. de Granv., III, 24.)
CLEMENTissiME, adj., trés clément:
Roy clementissime. (Alton, Chron.. B. N.
5083, r 94 v°.)
CLEXCHE, S. f. , pièce du loquet d'une
porte qu'on lève ou qu'on abaisse sur le
mentonnet pour ouvrir ou fermer :
Jou verrai Puis ou sièt li clinkes.
{Du Garç. et de l'aveugle, B. N. 24366, p. 244''.)
Ke nus ne brise clenke. (1280, Reg. aux
bans, A. S. -Orner A B .xviii, 15, n° 391.)
Guillemin Jacquet ouvrier de mestier de
serrurerie, pour deux vertevelles et une
clanche. (1411, Comptes, ap. Monteil, llist.
des Fr., p. 9, note 28.)
(Juattre fortes serures, quatre clencques
montées sur platines. (1590, Reg. aux résoL,
t. V, f» 240 V», A. Nord.)
Kt y avoit quatre rlincjues, une devant et
une derrière et une a cliascun costé qui
couvroient le col, les goez elle visage de-
vant contre ung coup d'espee. (1432, B. de
LA lÎRONLlERE, Vo'j. d'oultremcr, B. N. 9087,
p. 222.)
CLE d07
CLEOPERTE, V. ClOPORTë.
CLEPSEDRE, mod. clepsydre, s. f.,
horloge à eau marquant l'heure par
l'écoulement régulier d'une certaine
quantité d'eau dans un temps donné ;
employé souvent autrefois, pour dési-
gner une horloge de sable :
Faites ainsi que font les enfants quant
ilz attraienl l'eau amont par une clepsedre
que on appelle esclisoire. (B. de Gord., Pra-
tiq., III, 13.)
Une c/epsidre, aultrement orloge de salle,
garny d'or. ( 1566, hw. du duc de Xeoers, an.
V. Gay.)
A la manière des ec^î'jUiî'dres ou horologes
de sablon. (Ol. de Serr., VIII, 4.)
— En parlant de montres :
Dans un petit estuif une clipsidre... Une
aultre petite i-lipsidre d'esbeyne. (16 mai
1625, Mém. de la société Eduenne, XVI,
192.)
CLER, mod. clair, adj., qui donne ou
reçoit une lumière que rien n'obscurcit ;
au propre et au figuré :
Clar ab lo vult, beyn figurad.
l.\LBERic, P. Meyer, Alex., p. 6, v. 66.)
L'espee lu moll bien tranchanz
Et dure et cïere et reluisana.
{Eneas, 447S.)
Pour chou ke li kaviel ne keuissent mie,
prendes sekes rachines de cotes, si les
boules en ctoe fontainne dusquesa lemoi-
tiet. Si en laves le cief souvent ou baing.
(xiu's., Rei),. pop.,. Km. S^\mon, dans Etudes
rom. déd. à G. Paris, p. 260.)
Loe sa face et son cler vis.
Pour qui tu ne peuz durer vis.
{Clef d'amours, 1003.)
Fontaineeiief-e. (Lalr., Somme, ms. Alen-
çon 27, f 69 r°.)
La lune, quant ele est demie cleire et
demie obscure. (B. .N. 133 16, f 127.)
La vi fontaine clere et vive,
Sourdant d'un gros doiz qui l'avive.
(Cna. DE Pis., Lonij est., 799.)
A esté translaté en cler franchois par
maistre Jehan ilielot, chanoine de Lille.
(lIiF.LOT, Advis direct if de Brochard, Hist.
armén. des crois.. Il, 367.)
Ces petites joinctes oreilles.
Menton fourchu, cler vis iraictiz
Et ces belles lèvres vermeilles ?
(ViLio», Gr. Test., 498.)
Parce qu'il y avoit pleine et claire lune.
(Bellekorest, Chron. et ann. de France,
François I"', an 1515.)
Le beau cler jour après la nuyt survient .
Joye après dueil.
(Cl. MtROT, .Suite de l'Epistre de J. Marot à la
rayne Claude, V, 236, éd. 1731.)
La nuiet passée et le jouretoi/' retourné,
Demetrius s'éveilla. (Lariv., jVaic-/s, I, v.)
Les gardesfont tousiessoirs un icuclair.
(Belon, Singu/aritez, II, 10.)
Comme le jour fut clair, ils ouvrirent la
fauce porte. (Monti.ic, Comm., 1. I, f''62 v".)
- Fig. :
108
CLE
Ny qu'on se puisse lier du bien, qui est
encore en espérance de recepto, pour claire
qu'elle soit. (Mont., 1. I, ch. xl, p. 161.)
A laquelle le roi donna vinyt mil escus
en deniers clairs et complans. (L'I'.stoile,
Mém., i" p., p. 21i.)
— A clcre veiie. à jour :
I.e lieu pnr lequel l'on y entre, regarde
le midv, qui depuis la sommité J"S4"ef ''"
terre est tout ouvert a claire vette. (BbLO.N,
Siiigularitez, I, ÔG.)
— Adv., clairement :
Et lumière por voer cler.
{De la Davii- qui se cenja du chevalier. Montaiglon et
Kajn., VI, 28.)
En l'espaule en puet on la plaie veoir cler.
(Chevalier au Cyyne, 32436.)
II vouloil \eoir clair et regarder si le
preslre feroil signe aucun. (Montluc, Com-
ment., 1. 1, f 62 v°.)
— En parlant du son :
Li quarz lo duyst corda toccar,
Et rotla et leyra clar sonar.
(AiBERic, P. .Meyer, Alex., p. S, v. 100.)
— A cler, clairement, distinctement :
El chevauchèrent tant que lesdilz deux
oslz et compaignies s'entrepovoient veoir
tout a cler. (.1. Chaktieh, Cliron. de Charl.
VU, c. 77.)
Quant tes ycui conquerans cstonné je regarde
J'y vois dedans a clair tout mon espoir escrit.
(La Boet., Sonn., 22.)
User d'advertissemens, de plaintes, de
rigoureu.\ langage tout a clair et a des-
couvert. (ID., Règle de mor.)
— S. m., clarté :
Troie est située en pendant sur un cous-
lau qui apparoist bien a cler de la mer.
(Belon, Singularitez, II, 6.)
Ainsi qu'au clair d'une chandelle
Le gay papillon voletant,
Va grillant le bout de son aile.
(l)EspoBT., Avi.d'Hippol., XLIX.)
Cf. II, 150'.
CLERC, S. m., celui qui étudie pour
devenir ecclésiastique ; membre du
clergé :
Des deus clers, (u li uns Seveles, li eves-
qiies de Soisons, et maislre Johans de
Noions. (ViLLEH., C 105.)
Clers ou laboureors de terre
Ou marcheans ou gens de guerre-
lin Clef d'amours, 1999.)
— Avoué, procureur :
Geliroy du Peuple clerc le roy. (1275, A.
N. J 220," pièce 59.)
Li clercs. (1286, Coll. de Lorr. 975, pièce
3.)
Les quels escris li eskievin fisent lire par
leur clerch. (Mai 1.326, C'est les enfants So-
hier de Lespiere, chirog., A. Tournai.)
— Lettré, savant :
Avocq leurs gens notables, clerques et
aultres gens bien aprins. (1464, Lett.deJun
CLE
de Lannoy, dans le Cabin. histor., 1875, p.
150.)
Pardieu, les plus grands clercs ne sont pas les
[plus fins.
(r.oRBOZET, Fab., LU.)
On dit communément en villes et villages
Que les grands clercs ne sont pas les plus sages.
{Prov., ap. Mfurier, Très, des sent.)
En toute langue et nation, pédant, c/ecc,
magisler, sont mois de reproche : l'aire sot-
tement quelque chose, c'est le faire en c/e)T.
(Ch.\rron, Sag., 1. 1, ch. vi, p. 58.)
— Clerc de, habile dans :
Onkes ne vi jor de ma vie
Millor clerc de philosophie.
{Volop.. 10327.)
Si iert bons clers des escriplures.
(Amdroisb, Hist. de la (j. s., Val. Cbr. 1659, t» 7'.)
— Clerc d'arme.t. jeune gentilhomme
qui apprenait les exercices militaires :
Vray est qu'il se trouve plusieurs his-
toires escrites du mesme temps, mais outre
que ceste cy contient plusieurs discours
qui n'estoient encore divulguez, elle a cest
advantage, de n'avoir aucune crainte que
les gens de guerre en la lisant dienl un
mol qui leur est familier, c'est que l'au-
Iheur en parle en clerc d'armes. (Mart. du
Bellay, Mém., au roy.)
CLERCH, V. Clerc.
CLEREMENT, mod. clairement, adv.,
d'une manière claire, d'une manière
retentissante :
Un cor si corne si haut que la forez et la
rivière en relenlissenl si clerement que l'en
ol la voiz plus de deus liues de loing. (Ar-
tur, B. N. 337, f" 60".)
A celui malin, pour le douchour dou tans,
chil oiselon cantoient clerement. (Henri de
Val., s 531.)
Je le le preuve clerement :
Celé est vilaine a qui l'en donne
S'amour, s'el ne le guerredonne.
(Clef d'amors, 266.)
.\ussi tost allumé le feu clairement luit.
(Gauch., Plais, des Champs, p. 287.)
Cf. II, 151'.
CLERET, V. CLAinET.
ci.ERE VOIE, mod. claire-voie, s. f.,
clôture à jour :
Achat de .xix. grandes pierres appelées
entablemens. formes et rlerevoges. (1483-
84, Compte de Nevers, c. 73.)
Tout le dedens de l'église (de Ste Sophie)
est faicle en voule a claire voye par le des-
sus. (Belon, Singularitez, I, 76.)
Cf. II, 153*.
CLERF, V. Clef.
CLERGÉ, S. m., le corps des ecclésias-
tiques :
Et li prevoire et li clorgié
Sont plus messeranl an pechié.
(Hugues de Berzi, Ililile, Brit. Mus., aJd. 15606; (•
102'.)
Si ke li archevesques et li clergies le me-
CLE
nerent au mouslier Nostre Dame. (He.nri
de Val., g 673.)
Li clergiez de sainte iglise doit vivre île
vos aum'osnes et ensement luit li povre
(Serm., B. K. 423, f" 68\)
A chevalier, chevalerie
Et au clergiet afiert a estre.
[Du Prestre et du Chevalier, Monlaigl. et nayn., II,
52.;
Li clergies. (J. m; iciVR-^uDisme de penil.,
Bril. Mus., add. 10015, P 77 v°.)
Cf. Clerqié, h, 152'.
CLERGEON, S. m., petit clerc de pro-
cureur:
Cf. Clerjon, II, 152-'.
CLERICAL, adj., relatif au clergé :
Ordre clérical. (Goulain, Ration., B. N.
437, f° 67 r°.)
Abil clérical. {Stat.'de Poe, Val. Otl. 2962,
f» 47".)
Privilèges clericaulx. (Ib., C 49'.)
CLERiCALEME!VT,adv.,d'uncmanière
cléricale :
Ayans pouvoir de prendre ses clercs non
mariez ou vivans clericalemenl.(\a\T,Cout.
de France, f 191 v».)
CLERic.ATURE, S. f.. Condition de ce-
lui qui est clerc, qui étudie pour entrer
dans les ordres :
A mon seigneur le seelleur de le court
spirituelle de Tournay pour les letlrez de
le clericalure dudil Pieret. (10 janv. 1429,
Tut. et curât, des enfants Jehan le Pot, A.
Tournai.)
Aucuns juges jugent a l'adventure
Sans sens, raison, loy, ne clericature.
Ou justice est subalterne nommée.
(Gringore, Folles entreprises, p. 45.)
CLERIFIER, V. CLARIFIER.
CLERiQUE, adj., qui appartient à Tor-
dre des clercs ; qui est le propre des
clercs :
Et fui l'evesque laidement raboué, meis-
mes le duc, comme un couart clerique. (G.
Chastell., Chron.desD.de Bourg. ,\\\,no.)
Afin de faire voir a la poslerité clerique
que (1624, Le Pont Breton des procureurs.
Varièl. hisl. et lill., t. VI, p. 256.)
Jean de Boissieres composa un ouvrage
intitulé De la vie clerique. (Colletet, Hist.
despoèt. fr., Jean de Boissieres.)
CLEROMANCIE, S. f., art prétendu,
chez les anciens, de deviner ou de dire
la bonne aventure :
Par cleromanlie, comme l'on trouve la
febve en guasteau la vigile de l'Epiphanie.
(Rar., Tiers livre, ch. xxv.)
CLEROiv, V. Clairon. — clerque, v.
Clerc.
cLERSEMÉ, mod. clair-semé, adj., es-
pacé, en parlant de végétaux; fig., qui
CLI
CLI
CLI
10!
se montre de distance en distance, de
temps en temps :
Grant aventure a en preudomme
Trover, car trop sont clersemé.
(Cdrest., Percerai, ms. MoDtp., [" Zi''.)
Les vrays aniys sont bien cler semez. (!n-
tern. Coiisol., II, xlv.)
Aussi, ma fille, ne sciez point si muable
ny volage de couraige que vous vous en-
nuyez de gens de façon; ne controuvez
pas les occasions pour ce faire... car au-
jourd'huy, ilz sont si clers semez que quant
on les a, on les doit bien cher tenir. {En-
seif/nem. d'Anne de France, p. 101.)
CLERTÉ, V. Clarté.
CLERVEAXT, mod. clairvoyant, adj.,
qui discerne clairement :
Clef veant.
(P. deThau», Best., 991.)
Li uns est cîercveiaum, et li autres cius.
(Gaenier, s. T/iom., 752.)
Qui seroit bien clerveans
Il verroit que maus est neans.
{Rose, 6321.)
Maintenant je suy clerveant.
{Les Dis des trois mors et trois vifz.)
Car homme qui est clers voyens,
S'ainsi fait s'oste de soussi.
(EosT. Desch., V, 211.)
Il est subtile et cler veanî.
Bien entendant et arguant.
(Mir. de N. D., II, 293.)
Lynceus, clerveans. (Gloss. de Douai.)
La torpille ha les ieux petits, pourquoi
on dit qu'elfe est clair voianle : car ceux
qui ont les ieux petits voient mieux. ^L.
JoiB., Ilisf. des poiss. de Rond., III, 2.)
Certains esprits qui pensent estre clairs
voians. (Richelieu, I.ell., 23 mai 1629, III,
316.)
CLER VOIANT, V. ClER VEANT. — CLES-
CHE, V. Clisse. — cletere, v. Clys-
TERE. — CLETTE, V. ClISSE. — CLEU,
V. Clou. — - cleuterie, -rye, v. Clou-
terie.
CLIC CLAC, CLAC CLIC, omomatopée
exprimant le bruit d'un frappement stri-
dent :
Son maistre vint : j'ouyz le bruit :
D'ont viens tu ? Clic, clac, sur ses joues
Il frappe, i! congne, et Chariot rit
Des grosses dens.
[MonoloQUt Coi/uillarl, II, 228.)
Plus ne portez les pantoÛes bridées
Mais débridées pour mieux faire clac clic.
[Reform. des dames de Paris, Adc. poéi. des •¥! et
ITI' s., VIII, 246.)
fxiCHET, mod. cliquet, s. m., claquet,
claquette, pièce d'un moulin ; clenche,
pièce d'un loquet :
Pour serures, pour clikes, pour sakairs
pour cascun huis. (129k A. N. KK 393, f
13.)
Si me resambic le clifiiiait
Du molin qui cliqueté et bruit.
[Fab. d'Oc, Ars. 5U69, f- 26'.)
Si avoit un petit guichet
De quoy je levay le clicJiet
Quant levé l'eus j'entray ens.
(G. Mach., PoéS; B. N. 9221, ('
<.i'.)
Pour une sierure a. n. clikes. ([^12, Compte
du Massarl, A. mun. Valenciennes.)
Pessula, cliquet a moulin. (Olln patella,
p. 42.)
Pour un petit verroul el ung cliquet a
palette. (1400, Comptes de la chapelle de
S. Pierre en Cliastres. ap. V. Gay.)
Pour deux clincqiies mis a Puis de le loge
ou demeure Jehan de Gand. (1407-1414,
Compte des Froides Parojs, A. Tournai.)
Une aultre sierure a ung cliquet. (19 nov.-
19 fèv. 1435, Compte d'ouvrages, i' Somme
de mises, ib.)
Une sierure, deux clicquezel un busquoir
servant a Puis devant sur rue. (21 oct.
1433, Tut. des enf. Desgranges-Carheries,
ib.)
Que nul ne vende clef ne cbcquet pour
porter hors, s'il n'a le serrure pour y servir.
(1478, Stnt.desserrur., Reg. des stat., Arch.
Abbev.)
Ung cliquet a palette. (1490, A. >'. K 272.)
Pour avoir fait le fons d'un toppillon de
l'un des flacons de bouche, et reliait le
clicquet de neuf. (Mai 1494, .4. N. KK, f" Ô7
r°.)
ilais les langues qui sonnent,
Comme un cliquet tousjours le bruit me donnent
De tous escrits, tant soient lourdement faits.
(Cl. Mab., Epist . aux dam. de Parif., p. 150.)
— Fig., coup :
Prince, mon corps par voire se refet ;
Des le matin et jusques au cliquet
De la mie nuit me fait vins reconfort.
(EusT. Descu., B. n. 840, f» 240.)
— Claquement :
Rruits de chariots et c\\e\s.\.\\, cliquet de
fouets. (Paré, .\IX, 28.)
— Fig., parlant des avocats :
Et par le cliquet de la langue ils achatent
les rentes, fies et seignouries des nobles
et povres gentilz hommes. (Maiz., Sonç/e du
viel pel., II, II.)
— Partie de l'armure :
Pour haliiller ung homme de pied ouco-
louvrinier, lesdits fiefz ou arrière fiefz
seient tenuz d'avoir un haulbergeon et ung
demy teste, sallade, gorgerin,c/'9«evdefer
pour le bras dextre. (8 fév. 1473, Ord. de
Charl. le Témér., .\. Cote-d'Or, R 11722.)
Le dit Guillaume fournira ung homme
de pied, habillé d'un aubergeon, d'ung de-
mi crest, d'une salade sans visière, d'ung
gorgerin, de cliquez de fer pour le bras
destre, de petites gardes, espee, daignes,
eld'une longue picqueou coulevrine. (1474,
Dérlar. deshailliarjcs d'Oslun etde Moncenis,
2, A. Cole-d'Or, B 11724.)
Clicquetz pour les hacquebules a crocq.
(1.541, Réihune, ap. La Fons.)
Cf. 11, 155".
CLiCQUAivT, V. Clinquant.
CLIENT, s. m., plébéien qui était placé
sous la protection, le patronage d'un
patricien :
Client, qui s'est donné en la tutelle et
protection de quelque grand seigneur, le-
quel prend sa défense en toutes choses
honnestes a rencontre de tous ; el pareil-
lement en lousalfaires qu'il ha, il ha aide
et secours de ce client. Cliens, clienlis. (R.
Est., Thésaurus.)
Le sergent ou client du fief Boutin ; le
prevot ou client féal de Trille. (Trinité, ab-
baye, ch. II, art. III, A. Vienne.)
CLiENTULE, s. f., diminutif decliente:
.Moy, Celestine, ta plus congnue clien-
tule, par la vertu el force de ces lettres
rouges, etc. (Xicoi.as de TnovE, Grand Pa-
rangon. 241.)
Raminagrobis invitoil ses clientules par
ces mots : Orça. mon amy. que demande?
vous au conseil? (Taboirot. Iliqarr., f 66
v".)
CLiG.\EME.\T, S. m., action de cli-
gner:
Guarde toi de malvaise feme etbiangierc.
.Ne convoite mie en ton cuer se biautéque
tu ne soies pris par ses faux cloignemens el
ses faux regars. (Bib. hist., Maz. 311, f° 36".)
Ne d'un seul oel le clugnement.
{Anthot. pic, p. 11, Boacheris.)
Clinement de l'yeul.
(Advocacie N.-D., ms. Evr., f« 149=.)
CLIGXE MUSETTE, S. f., jeu d'eufaiit,
où l'un d'eux ferme les yeux tandis que
les autres se cachent :
Tant joua a clugnes ttiussectes.
[Déb. de la dam. et de la bourg.. Vois. fr. des iv»
etiYi' s., V, 29.)
L'on va jouer a petengorge.
Tous jouront a la queue au lou :
Le commun a digne mussete:
Grands et grandes a la fossete.
(J. a. de Baif, Mimes, f" 6S r».)
CLiGNETTE, S. f., jcu d'eufants où
l'on cherche à attraper les autres en
courant après eux :
Item et si ne jouerez
.\u siron, ne a cllgnettes.
Au jeu de mon amour avrcz
A la queuleuleu, aux billcttes.
(Habciai, Am.rend. cordel., p. 591, éd. 1731.)
Cf. Clignetes, II, 153% et Cluignette,
II, 163".
cLiGMER, mod. cligner, v. n. et a.,
faire un clignement :
Mult li a ris et mull cïignié.
(WiCE, Bnil, 8819.)
Li chevalier les maneçoient.
Et a crier les destorboienl,
Et nequelent sovcnt clulgitoient
Qu'il criaissent çou qu'il crioient.
Par parole lor delTendoient.
Et par signes les scmonoient.
(ID., 16., 16209, var.)
Il a clugniet un oil, el l'autre euvre a moitié.
[Jehan de Lanson, Ars. 3145, !" 136.)
Et Wistace au viel homme chtgne
K'il fâche son conjurement
Pour espoenter cele gcnt.
( Vrita-^se te moine, 1 24
no
CLI
Apres le glouton va tous abrives,
11 clninge de l'orelge, si l'a hapé.
{Aiol, 1041.)
A ieus clugnu'S corro le voie
Ne doit nus Loin qui se porvoie.
( Vers de le mort, B. .\'. 837, fo 342''.)
Bouche clorre, les ieus clttingnier.
(.Des oins d'Ouan, B. N. 837, f« 217.)
'. ) . Kt clurjnenl des eiilz. :iiible, B. N. 899. f
[ I 2il r'.) '
El les œlz ovrir et clugnier.
(0. LE Long, la Veuve, 37.)
Mais il lui a fait signe et d'un oeul lui elungna
\dtin qu'elle se taise.
{Ciperis, B. N. 1637. f» 133 v».)
Un petit de l'ueil cligner vueil
Tant qu'elle viengiie.
(ilir. de N.-D.. Il, 306.)
Un petit cy clignier me fault.
{Ib., III, 167.)
.-. Clinez les yex.
[Ih., V, 113.)
— Infin. pris subst., action de cligner
des yeux :
Par fei, tu es de tel aago
Que tu deis bien saveir d'amers
Et les engins et les treslors
Et les reguarz et les cligiiieis.
Cf. II, 153'. ■ '''■'""■' '"■■'
<:ligiv-oter, V. n.. cligner fréquem-
ment des yeux :
ClignoiWr, as clignelter. Cligmtter. To
twiiickle, to winkeorien,and thick. (Cotgr.
CLIKETER, V. CLIQUETER. — CLIMAC- j
TERIQUE, V. CLLMATEniQUE.
CLIMAT, .S. m., ensemble des condi- ;
tions atmosphériques auxquelles une '
région est soumise ; cette région elle- ■
même :
CLI
Nous soiMines d.ins le règne clhnacleri-
queAe-^ rois de France, qui est soixante et
troisième: ee qui dénote quelque mutation
se devoir l'aire. (La Koue, Disc, p. 17.)
Nos doutes seront eclaireics,
Et mentiront les proplieties
t)i' tous ces visages palis,
Dont le vain estude s'applique
A clierchcr l'an elimaterique
De l'éternelle Heur de lys.
(JlALH., Od., 1600.)
CLiiv, S. m., mouvement de l'œil qui
cligne :
l'our le deslourd'une main ou cling à'un
ipil. (0. CiiASTELL., Ver. mal prise, p. 039,
Uucli.) '
El qui ose bien mespriser vostre volonté
et un seul clin de voslre œil 1 (Amvot,
Jheag. et Car., ch. xviii.)
El fait dissiper et esvanouir a un clin
j d œil tous ces mauvais garniments, qui
tenaient la ville sous leurs pieds. (Paso
! Hec/i., m, XXIX.) ^ ^ '
Au moindre clin de l'œil du Seigneur des Sei-
lls parlent de la main. [gneurs,
(AuB., Trag., m.)
Au premier temps les peuples et nations
; se gouvernoient au dm de l'œil de nature
; (Abel iM.iTTiUEi;, Devis de la langue franc,
! 1" dev., f 27 r° ) j / . ^
Clein d'œil. (Liebaii.t, p. 618.)
— Ane, léger mouvement :
Alant acheva sa requeste.
Courbant les genoux humblement,
Et Jupiter, d'uu clin do leste.
L'accorda libéralement.
(RoNS., Od., I, 10.)
D'un clin de la teste.
(Cl. TuBaiN, Œm poét., Elég., II, 1.)
Mais quand Neptune aussi commence a se calmer
Que d un clein gracieux il regarde la mer.
(HiHDv, Com., III, II.)
'En chaus climas. (11. de Mo.nuev., B. N.
— UoU, t oO.)
Par toutes terres et par touz les cllmnz
. ' ;"0"'''^- (O11ES.ME, Quadrip., B. N. 1349,
f^ 3 '.)
... Courir a grans estais
Par les climas.
(Eusi. Desch., VI, 272.)
Les anciens astronomes divisèrent la
terre en sept portions qu'ils appellerent
climats, ce^l a dire descentes. (Comm. i- la
septm. de Du Bartas, 1.J91, p. 43.)
txiMATERiQUE, adj . , qui marque un
moment critique:
Les anciens philosophes et astrolo"ues
ont prins garde que certaines années" de
noslre vie mortelle esloient moût péril-
leuses, lesquelles ils nommèrent cliimate-
riques, a cause de la diction grecque, clima
est a dire eschelle ou degré : pour deno-
!r que telles années sont limitées en façon
; degrez ou jambees, mais dllliciles a
isser, durant le cours de la vie humaine
riUGET, Div. leç., I, xli.)
Il y a aussi des ans climacleriques ou pe-
eux par qiioy tout septième an est indi-
re. (Damimiart., Mero. du monde, 1'° 133
Vous devriez estre contentes ne vous
monstrer désormais tant revesches en leur
! endroit, mais bien les récompenser quel-
, quelois et les entretenir en vie par un gra-
cieux chn de teste. (Lariv., Morf., proL)
I Les saluant d'un petit clin de teste seule-
, ment, comme font les nonnains en leurs
I révérences claustrales. (.\.E,u ¥.nL,Eutrap.,
j Ainsi d'un clin de chef je l'ay desja promis.
„. (Jasitn, il, 15.)
! — Fig. :
i Pourquoy s'offensent ils et vengent sur
luy les vicieuses, puis qu'ils l'ont eux mes-
■ mes produit en ceste condition faulive et
que d'un seul clin de leur volonté, ils le
1 peuvent empescher de faillir:' (Mo.nt , I II
, ch. XXI, p. 339.) '
; Cf. II, 153".
f:i,î.\CAII,LE, V. QlieNCaILEE. — CLIi>I-
CAILLIER, CLI.XCQUAILLER, V. QuiNCAlL-
LER. — CLIiVEMEXT, V. ClIQNEMENT. —
txi\G, v. Clin. — «;Li:\Gi\ER, v. Cli-
gner. — CMXKE, V. ClaNCHE. — CLI\-
QUALIER, V. QuINCAILLER.
1. CLiiN'«u.4XT, S. m., lamelle d'or.
CLI
d'argent ou de cuivre doré, argenté,
dont on rehausse des broderies, des
galons, des rubans :
Or el cliquant. (1006, Fabr. Treguier, A.
C.-du-N.)
Rocquelaureavoil le plus de clinquant.
(AuB., Mern., an 1570.)
Clinquant d'or. (Carloix, 14, 12.)
2. CLiXQUAivT, adj., brillant :
Oi- clicquant. (0. delà Marche, Méni., an
143o.)
llii'iez vous pas que celle la (certaine tu-
lipe)(est)du satin incarnat, loMe clinquante
a or. (h. Bi.NET, Merv. de nat., p. 263.)
Cf. Cliiju.\nt, 11, 154».
cuivQUAivTER, V. a., charger Un ha-
bit de clinquant :
Tes généraux et autres chefs n'ont pas
laisse de toucher quatre a cinq cent mille
ecus. Il est vrai que la plupart d'entre eux,
clinquantes comme ils le sont, valent bien
pour le moins les troupes qu'ils s'etoienl
charges de lever. (Placard du chev. de La
Valette, a qui atjme la vérité.)
Porter un drap tout clinquante'.
Contre la saison et la mode,
C'est une riche pauvreté.
(S.-Amant, Epigr., XXIV, le Bien et le mal veslu.)
Auro vestem texere. C'est charger de
clinquant. Clinquanfer un habit. (Richelet.)
CLUVQUART, V. CnOUART. — CLIXQUE,
V. Clenche. — cliouaille, v. Quin-
i caille.
j CLiyuART, s. m., variété de pierre
à bâtir, autrefois très estimée :
I Marbre, cliqunrt, porceline. (1581. M.
j DussEAU, dans Dict. gén.)
1 Conserver la veue de la rivière par des-
I sus un parapet de pierre de clinquart de
trois pieds de hault. (1612, Lett. pat. pour
lequay de Gesores, ap. Felib., Gloss. de
tliisl. de Paris.)
— Sorte de monnaie :
A lluart Prendon.vi. cto(^«o,-i'i|ui valent
monnoie susd. .viii. 1. .n. s. (14.53, Compte de
ta prirolé el rhâlelenie de Fresnay, p. 27
Arch. mun. Fumay, II, 1.) " '
Accorde a la partie du bon meslier de
la batterie de ceste diste ville prendre et
avoir la somme de .11. c. escus philippus
d or nommes clincars de Namur. (14 juillet
U60, lieg. aux missives, C 40, A. mun Dî-
nant.)
Laquelle bource ils lui osterent et n'v
trouvèrent que trois dez el un quinquarï.
(1469, A. N. JJ 197, pièce 73.)
Cf. II, 155".
cuquaudi.ve, v. Quicaudaine.
CLIQUE, s. f., bande de gens que l'on
considère comme soutenant qqn, qqch,
d'une manière peu honorable :
C'est, ce dist elle, une saulciere
Et une volant messagiere
CLI
Qui a tost (lit et racompté.
Ce que le cueur a commandé,
Maie voisine est elle dicte
Autrement a nom maie clique
Pource que vou [en tiers mcsdit
Et vilenie assez tost dit
Quant les bons morceauk a louché
Et des bons vins a essayé.
(G. DE DiouLLEv., Trois pèlerin., t' 55'.)
CLIQUET, mod., V. CiJOHET.
cnQUETA.\T,adj., retentissant comme
une cliquette ; retentissant en général :
I.es foudres epoisses et cliqueliinles. (.\o-
GIIER, Hisl. lo/os., p. 137.)
• xioi'ETER, verbe. — N. , produire un
cliquetis :
Que aucuns des devant dis barbiers ou
barbieresse ne soient si hardis qui voist
cUqaetnnt aval le ville disans de maison
en maison: Voles vous rere?(l'270, an Tail-
liar, p. 310.)
Lors s'atorna comme mcsiel...
Dont commencha a cliketer.
[Eust. le Moine, 1399.)
Quarriaus traient au cliqueter
Et font l'espringale geter. |
(Gliart, Boy. limjn., t. II, v, 8650.)
[iiept bag. de Rome, Ars. 3354, f> 14^.)
(ri'pt n.*""' °"^' ^''■9"«'^'- ses dens l'une con-
tre! autre corn me une sigongne.(^n-. rfo/n..
Et n'a dent qui ne luv cliquette
[La repeiie de Villon et de »«■ comp„i,jnons.)
Abbatez boys et clicquettez
Comme une cygongne qui couve.
[.■^et. deaaposi., vol, II. f« 41
CLI
CLIQUETIS, S. f., bruit sec que font
certains corps sonores qui se heurtent :
Firent tel cliquetis...
Que ce sambloieut fevres sur enclumes forgeant.
(Cuv., U. du Guesclin, 22341.)
P,™,'^wly^'^'''' 'Charbons. (/>,-or., ap. Crap.,
l'rov. et dicl. pop.) ^
La avoit grant cliquetis d'espies, de da-
VI,''30o ) '^'''^'°"" ^l'armes. (Froiss., C/imn.
ifi!.y'"'^"^o' '•''* *™'^*- (FossETiER, C-on.
Marg., ms. Brux. 10512, L\, m, 5.)
CLIQUETTE, S. f., sorte de casta-
gnette :
Je voy venir de gent foison :
Mes cliquettes me fault hochier.
Vostre aumosnc. mon seigneur cliier,
A ce malade.
(.Vi>. de N.-D.. III, 258.)
Une clochetteet unec/iquecie de lenebres
quon sonne en portant nostre seigneur
parmy la ville. (1488. Matrol. de S. GeZ
lAux., A. i\. LL 7'28, f> 79 r".)
Mais j'ay ouy une cliquette
Sonner a la porte devant
Je croy c'est ce moseau puant
,, ,.. Qui vient tous les jours au disner.
273 )^ "' *' '""""• "■'"■ •*°=- II'- '■■•. Jll,
— Loquet :
Fors seulement baiser la cliquette de
CLO
i\{
Xoiis vous avonsouy de bien \o\nKrliqne-
ter; et escoules ne doivent avoir riensqui
clicqup. (J. LE BUEU., le Joueeucel, I, 206 )
Jeavoys si granl froyt hier en chevau-
cSJ^^^st:;^,^"';ïirp.^)''''"^^
Comment l'arbre clicquettoyt quant le
vent la rompit. (1d., p. .500.)
Leur défendant plus aller ne quester
■nendier ne rliquete,- par les vilb-s^t -^
lases. 19 déc. 1543, Ord. de Fr. '', Von e "
des ord., 2° v., p. -jo.) i-onier.
Qui suivant son dessein, fitc?,-c,y„.^,,.les armes
?/"2H )"' ^'""'''■' '■''«■ ''•• ''•=» "'<•■' ",.,.:
— A., faire heurter bruyamment :
Et cliquetaient l'une machoure a l'autre.
[Puis, de J.-C, Maz. 1313. f» 51..")
Lors il selieve ainsy comme eslourdv
Ijourt et farouche, et n'est point si hardy
Quêtant de paour que de froid il ne tremble
fcn cliquetant les machoucres ensemble.
Ve\ouèT ^.'""^" '" ""■ '" '"'"'"'""' ''^ ''"'"''
~ Agiter le.s cliquettes des lépreux : i
... Je vueil. corn mesol I
Cliqueter ci ma Lnrlaric. j
Ha I mon seigneur, n'oubliez mie |
Ce povre ladre, t
OVir. de .V.-/)., iv^ 54) j
Deux chenetz a roelle guarnys chascun
de Iroys conlreroliers et d'une clicque e.
i N.' z-'^mT -"' "'''"''' ''''"'"''
CLiQUETTERiE, S. f . , bruit retentis-
sant comme celui d'une cliquette :
Justice l'a a coups d'artillerie
De Cham Gaillard chassé dedans Copeaui
Uu 1 pourra, a grand cliquetterie
Far le moyen de bonne rusterie
A mainiz connins casser voynes et peaulx.
fUh' aT^T-,^'^''"'' ''" -"""demoiselledu
lallau, Adc. poés. des iv et xvi" s„ XIII, 42S.J
CLISSE, s. f.. osier tre.ssé dont on fait
des claies pour égoutter le fromage,
dont on entoure une bouteille de verre
pour l'empêcher de se casser :
Do eus est aie grant compaignie
Por aporler foies e clices
E laz e mairiens e palices
Que li Danois aveiont fait,
De loinz aporlé e atrait.
(Bem., il. de .Vomi., II, 5682 )
rf'Sr).^"295.f"''" <"''"•""'-'• ''«^-
^^Un panier de rll.sse. (.Mont., Voyag., p.
cLissEii, V. a., garnir d'osier tressé :
^Jîouteille cUuee. (lt,M,., Tiers liv., ch.
Puis mes cli.i.tees corbeilles. |
(Fa. Peubib, Pourtrait. !' SO 7".) '
Pomone va chargeant le devant de sa robe
tt ses chssez pan.ers de fruits aigrement douï.
(Du Babtas, 1" sein., 4« j., 030.)
CLISTERE, mod. clystère, s. m. et f
lavement, remède :
Doner médecine nar r/elpr,> ir,;„„ ,
ms. Montpellier, H 4'7! f» 1 le'.^ ' <^'^''^'^^'
B.'N.'2"02;rf« 59') ""' ''"'"•' "'''"■ '-■"■''''•■'
^^Clisteire. (Li,. de fiùg., ms. Turin, f» 28
Clislere. (J.lb Feviie, IV, 617.)
mSf94!;'''''''""^'"^°'^°"o".Au-
MieuU vous vaudra qu'un crislere
(E. Desch., Œud., i, 19, Tarbé )
aii3'^S'^<;'''="r-''^^'"^-'^^^
(1433, Journ. d un bourg, de Paris, p. 295.)
^_^^c,/,-..GIystretolalcealaxe.(lULSGR.,
Quelle honte donques est co ■„.■ .
CUslolre. (Jard. de santé, I, 1.)
Clistaire. (A. PiERriE, Const. Ces.)
CLisTERiQUE (à la), locut., ressem-
blant au bout d'un clystère, c'e.st-à-dire
ecourte :
la petite esnee. ri(il7 u ^. '", '"y"'9«e,
Var. hist. et litt., I 12.) *'"' ^'''"'^°'''
CLisTERisATioiv, mod. clystération. S
t., action de nettoyer avec un clystère-
CLiSTERisiER, mod. clystértser, v
a., administrer un clystère à qqn. :
uicâl^?-''''Tu''f''''''^ "^^ clistere mol-
uiicdtil. {Griint Herbier, f° 6 v".)
Jii^^te"';?:;'^"'^'-'^"'^"'^"'--. ^'y-
CLISTOIRE. V. ClISTERE.
_ CLITORIS, S. m., petit organe charnu
a I entrée de la vulve:
Clitoris. A womans privilies. (Crr.R.)
CLO, v. Clou.
CLOAQUE, s. m. et 1'., t. d'hist. rom
égout : "
aez sous terre pour icelles yaues fera des-
112
CLO
cendre on Tvbre. (Bers., T/te-lii'f, ms. Ste-
Gen., f 20'.)"
Cloacque.{lIisl . et s. prof'., Ars. ^079, f° 86
v°.)
Une cloaque. (Du Ham.lan, llist. d'Anjou,
f 22 r°.)
Clouade. (Vers 1565, Ord. de la mais,
comm. de Toulouse, A. mun. Toul.)
CLOCER, V. Clocher 2.
CLOCHAiXT, adj., boiteux:
Ernulf vint contre lui, c7oc7;a/;^, desfigurez,
(Wace, Rou, i' p., 1936.)
.VIII. i|uarLels et .i. bicliet avoine, a la
mesure de Sencey, pour li roucins JolTroy
qui demorat c/ochans a Sencey, revint au
l'ont, et y demorat adez clochans par l'es-
pace de .i.\. semaines. (1321, A. iMeuse, B
492, f° 140.)
CLOCHE, S. f., instrument d'airain, en
forme de vase renversé, qui produit des
vibrations prolongées par le moyen d'un
battant suspendu dans l'intérieur, ou à
l'aide d'un marteau extérieur :
Com labors o toneires o gr.-int cloche qui peut.
( Voy. de Charl. à Ji'i-us., 359.)
En querole loent son non.
En cloches et en psalterion.
(Libri psalm., CXLIX, Oxf., p. 337.)
Partot ont viles et paroiches,
Et marrederies et cloches.
Trop plus qu*îl n'avoient devant.
(GuiOT, Bible, 1228.)
Les cloiches de l'abaie pristrent au soner
de lor gré. {Vie saint Pereqrin, B. N. 988,
f 93».)
douche. (Le chevalereuj c" d'Artois, p.
21.)
Au son de le cloque ilu vespre. (2 janv.
1444, Reg. aux public, 1443-1450, A. tour-
nai.)
Clnuc/ie. (G. de Sevturiers, llist. de l'abb.
de .S. Claude, II, 311.)
— Meltre la cloche au chai, exciter
les disputes :
Jouan Pretin, (-|iii metloil le feu aux es-
loupes, et la cloche au chat. fDu Fail, Prop.
rusl., p. SO.)
— Vêtement de dessus rappelant la
forme d'une cloche :
Comment voit on ces dras, ces doives bouton-
[nees,
Ches laisses, ces corroies toutes enargentees.
(GiLLON LE .MuisiT, H, 277, T. 27.)
Et se donne a Jeban de Gaure mes dras
melles, si comme de sourcot, de cote, et
de cloke. (9 nov. 1314, Tesinm., A. Tournai.)
Je donne a MiUiel de Sainte Crois, men
cousin, me cotte hardie et me cloque dou-
ble. (28 février 1336, Testameul Mikiel d'A-
vesnes, chirog., .\. Tournai.)
Pour .VII. ausnes de drap, dont li dis
Masses eut une cloque et .i. capron dou-
bles. (1336, Compte de Dierins Crissembien
pour les enfants de feu Nicolas de la Foy.
Compte de tut. et curât., layette 1340-1359,
ib.)
A Robert, cousturier, pour.ii. coles har-
dies foi
hieus l
Waud)
curât.,
CLO
urcr une dohe. (1352, Compte de Ma-
'oupelies pour les enfants de Pieron de
■ipont. Fonds des comptes de tut. et
layette 1340-13.59, ib.)
Qu'il ne soit pisseniers, qui. en vendant
pisson de mer, ait cappiel sour sen quief,
cloque vieslie, ne soit sur patins, ne ais-
sielles. (VMÔ-lihi, Reg. de la vinnerie, ord.
du 21 mai 1381, f» 139 r", ib.)
Cf. 11, 156".
CLOciiEMEivT, S. in., actiou de clo-
cher, de boiter :
Il faut estre advisé de n'attenter la cure
par incision en l'homme débile et vieux,
et mal i.'omplexionné, et toussilleux. Car
a tels sullit de les préserver avec médica-
ments, et les laisser vivre avec leurr/oc/ie-
ment. (Jour., Gr. chic., p. .565.)
ci.ocHE PIED (a), Ioc. adv., en tenant
un pied en l'air et en sautant sur l'au-
tre :
Le duc s'advisa de jouer encor avec eux
a qui monteroil le plus vistemenl a cloche
pied\e6 degrés. (Cavet, Chron. nov-, p. 300.)
— Fig., maladroitement:
Quand nous fumes assembles, que tout
fut prêt, le vin dans les vaisseaux plonges
en l'eau fraische, pour se refraischir (aussi
le pratiipier autrement seroist boireac/oc/ie
pied.) (Beroalde, Moyen de parvenir, chap.
intitulé Songe.)
1. CLOCHER, v.n., sonner de la cloche:
En quelques endroits clocher n'ha pas
seulement la signification ordinaire, ains
se prend aussi pour sonner une cloche ou
une clochette. (H. Est.. Prec. du long, franc.,
p. 186, Feug.)
— Retentir, en parlant d'une cloche :
Faisant clocher une telle campane
Qu'on met au col d'un mulet ou d'un asne.
[Disc, de la vermine et prestraitle de Lyon, Poés. fr.
des IV* et xvi" s., VU, 43.)
2. CLOCHER, S. m., partie élevée d'une
église où sont suspendues les cloches:
Par Saint Yvautre dont je voi le cloquer.
(Raimb., Ogier, 4137.)
A main destre estoil li closchierz del Sé-
pulcre. (Cont. de G. de Tyr, ch. iv.)
Uns clochers. (Liv. des hisl., B. K. 20125.
f 137 V».)
Vaine gloire est li granz vanz qui abat
ces granz torz et ces granz claichiers. (Lau-
rent, Somme, B. S. 938, f 13 v°.)
— .1)/ dessus du clocher, très haut :
Puis, courant au devant de son compa-
gnon, qui rechassoit la baie, et la recevant,
larejetleen hauld'unetelleforceet adresse,
qu'on la voyoit piroueter en l'air. Toute-
fois il la jette, ny trop haut, ny trop bas,
et ne lu jette, comme on dit, au dessus du
clocher. (Merlin Cocc, III.)
^Ci(;f/(e;'a?'rfen/, feu perpendiculaire:
Clocher ardant,eil une impression de feu
engendrée d'exhalaison, inesgalement dé-
liée et espaisse, en laquelle ce qui est léger
s'y esleve en pointe, et ce qui est pesant
s'eslend en large. C'est pourquoy aucuns
CLO
l'appellent pyramide, d'autres feu perpen-
diculaire. (La Frambois., (Eue, p. 7.)
cLociiETE, mod. clochette, s. f., clo-
che de très petite dimension :
A la clohete et a la muse.
[Clcans., op. Bartscli, Rom. et Past., II, 57, 10.)
Nés les clochetes ki pandoient
Qui cleremant relantissoient.
(Dolop., 8147.)
A Saint Nicolal
Commenche a sonner des cloquetes.
[Ad. de la Halle, // .lus .Adan, p. 344.)
Mont estoit l'uevre bêle et gente ;
Clochetes d'or i ont bien trente.
(ROB. DE Blois, Beawtous, 603.)
Clokete.
[Kassidor, ms, Turin, f" lût v*".)
Noia, eschelette OU petite c/ocAeie. (G^ss.
lal.-fr., ms. Monlp. H 110, f" 194 r".)
La fu commandei que une clochele seroit
portée avec Corpus Domini. (Ménestrel,
S 145.)
Un repos de Jhesus, a .v. esmeraudes, a
perles, et Aexxyicloqueltes de melan. i,17 fév.
1460, Exécut. test, de Jehenal Despars, .\.
Tournai.)
Campanula. Petite cluchelte. (1487, Gloss.
lal.-fr.)
Bedons, clairons, cloquettes et sonnettes.
(MoLiNET, Faîctz et dictz, f" 55 r».)
La clocquelte de le porte Moreau.(l'"'oct. -
30 mars 1533, Comp/e d'oHwoi/es, 4" Somme
de mises, A. Tournai.)
C'estoil la couslume des François de ce
temps la de pendre des clochettes au col
de leurs bestes, a fin de les ouyr si elles
s'esloignoienl en paissanl. (Fauchet, Anliq.
gaul., r 82 r».)
Cf. 11, 157\ .
CLOCHETEUR, S. m., hoinme qui pré-
cédait les convois funèbres tenant à la
main une clochette qu'il faisait sonner
de temps en temps :
Baoules li cloqueleurs. (1326, A. N'. JJ 64,
f» 239 V.)
Willame le clnqueteur. [Livre claulé des
chap. de N. D. d'Arras:, C 21 V, év. d'Ar-
ras.)
llulot le clorleur. (l" mars 1346, Sept-
Fontaines, A. Ardennes 11 196.)
Clocheteur, ou recommandeur des trépas-
sez, pour recommander aux prières des
bonnes gens ceux qui sont décédez la veille
dont lui est baifté mémoire. (1586, Ord. de
l'échev'mage d'Amiens, ap. Laborde, Emaux,
p. 217.)
CLociiiER, mod. clocher, v. n., boiter,
au propre et au figuré :
Li fil estrange clocerent de lur sentes. {Ps.
d'Oxf., .Wll, 46.)
Bien fu fieres (le destrier), pas ne cloça.
(Cqrest., Perceval, 44103.)
Ne droit ne corrent mas ctnkhent
Cil qui remuent lor maisons.
[Poème atlfg., Brit. Mus., aJd. 15606, f« IS".)
Le cheval qui durement cloche.
(HuoN DE Meri, Tornoiement Anticrist, B. N. 25407,
f» 219°.)
CLO
CLO
CLO
113
Por ce me plaing et si ai droit
Qu'en ceste court cloche le droit.
(R. DE HoD., Mi'rauijis, ms. Vienoe, £"8*.)
Bien gai de quel pie vos clochiez.
IJIose, B. N. 1573, f» 78-1.)
Quar la vérité s'esprova
Eu ce que cloychans se trova (Jacob).
(.Macé, 'liihte. B. N. 401, f» It».)
Mon ami, monstre moy ta cuisse
Dont tu cloches.
(.1/iV. de N.-n.. VI, 7b.)
Va Caries tXo Labrel qui cloca dou talon.
[Clp'oîi. destines de Bourg.. 1040;*.)
Hantez It-s boiteux, vous chclierez. (N.
lit F.iiL. Entriip., XI.X.)
Se mocque qui clocqne. (R.Mi., Tii'rs lie,
cli. x.xiv.)
La débilité de l'entendemenl Imniairi,
lequel, pensant suivre la droiete voie, c/o-
rlie et chancelle. {C..\lv., [nslit., II, ii.)
Quand il s'apperceul qu'elle esloit boi-
leuse, se tourna (un patient) vers le bour-
reau, et luy dict : .Vllaque, attaque, elle
cloque. (H. KsT., Apol., p. 17ti.)
Penses tu que je ne te voye pas bien et
ne sache de (juel pied tu ctoc/tes ? (L.\iiiv.,
les Jaloux, II, 6.)
CL0<;TEUR, V. Cl.OCHETEUn. — CLOE-
ter, v. clouten. — cloetteiiie, v.
Clouterie. — ci.oicxemext, v. Cligne-
ment.
CLOiso.v, s. f., séparation en maçon-
nerie légère, en menuiserie, dans une
maison, dans un appartement:
Et la cloison du mur quarrc.
(Ilose, 515.)
C/oiessoii. (Cornm. s. les Ps., p. 248.)
Clo.iOn. (1312, .\. .N. JJ 48, f° 112 V.)
Au mouton d'or fist la cloison
Dont Jason conquist la toison.
(J.Lc Fevbe, Mallieolus, II, i045, Vao Hamel.)
Que cil qui onsi non descloreit après la
pruniierç flour, cliascon, quel qui soit, non
obslanl lu ban cy apre.s escript, puni sain
olletise rnniprc telles clusion et mellre ses
bestes por pasturar didant la closun ropte.
(142-^, Arch. Krib., V coll. de lois, n° 308,
f 90 V».)
I.a clouason de bovs. (1449, Comptes de
S. Sauv. de Blois. B. N. 621.j, !" 20 r".)
— Barra.^e de rivière :
liiiiz ou clusoHS assis en la rivière de
liebre. (I37b, Ti: enl. la prieuré de Marsei-
f/iie et le seir/n. de Ctiamboril. Marseigne,
laligni, A. Allier.)
CLOISTRE. mod. cloître, s. m., partie
d'un couvent qu'une clôture sépare du
reste du bâtiment ; le couvent, le mo-
nastère considéré comme séparé du
monde par une clôture :
Il l'ont en bicre dedans le clotre mis.
{Girb.de .Metz, p. 49D.)
Dune sunt H clievalier dedenz le cloistre entré.
(Gins.. S. rhoiii., 5377.)
Clostre.
[Rose. ms. Corsiui, f" 25''.)
En la dicte ville et ou claustre de Lyon.
(1336, Charte roi/.. Cart. niun. île Lvon, p.
91.)
fUi claire Saint Sanson d'ilrliens. (13.48,
Prieuré de S. Sans., A. Loiret.)
La |inrte du clou.itre de Saint .lohan.
(1389, Lit venue a Lyoudu ruij Ctinrles, Cart.
inun. de Lyon, p. 3(19.)
Clouestre. (Compl. de S. Genii. rAu.r.,.\.
N. LL 535, f" 6 v».)
— Par extension :
\ oire se savoir le pooie
Le nom vo inaistre aussi le vostre
Puisqu'il demeure en si beau clostre
Com veci, c'est un grant seigneur.
(Froiss., Poes., B. N. 830, f' 6 r'.)
Cf. II. 159\
CLOISTIIIEK,
cloître :
adj-, qui vit dans un
Cf. Il, 158'.
ci.oisoxxEi'.v, adj., qui forme une
cloison :
Paroy, rloisomieuse. (La Poini-..)
ci.oisTit.\L, adj., de cloître :
Us élisent un président, sçavoir Bertrand
de liollifinac. prieur (7o(s/)-«/. (C/iroii. de.f.
Tarde, 20U.)
Prieur f/oi>/r«/, (20 iuill. Iill'.l. \. \ 1,1
1398, f" 19.) ■
T. I.\.
Face mander tos les moignes cloistriers.
(Raimb., Oijiei; 106Î2.)
Dites a l'abbé que vestuz
Soit moine, s'il m'a de riens chier
Et que désormais soit ctoisfrier
A la salelte.
i.Uir. de .Y. /).. II, 297,)
■ — ■ Substantiv. :
Voil enfin devenir cloistrer.
Nul autre ricbesce ne quer.
(Ben., D.deNonn.. II, 12205.)
Mes li cloistrer ne sevent uiie
Qui cuident aveir dvire vie
Pur ço k'il sunt encioz detlenz,
Quels est la peine e li turmenz
Qui sunt es lins dunl nus parlum.
(.Marie, l'urf/, de S. Patrice, 1419.)
Cloistriers ont tou/ jors tant de painnes,
! (li, DE r.oiNcl, ,V(>,, m3, Soiss., f" OC".)
Dex com mal font cil prestre et ril cloisirier
■ Qui si main clianlent, la nuit welent cliangier.
U'nird. de Bltiiiiies. 672.)
Prelaz et e/oi/i'iere. (I..\i:iu:m, .s'owme, nis.
Chartres 371, P 19 i-".)
— Cardien du cloître :
.\ tant ez vos l'ahé qui laiens vient.
Et le prions et avoe le ctosirier.
[Loi,., ms Montp.. 212'!,)
Li cfo,v/r/e;-di)ient wardrrlii clostre. (Cen-
sier de S. Paul, (° 7 v", sans date, xin" s., A.
Mos.)
Sinionz, rlostrierz de Saint Savor. (1262,
Cart. des. Smw. de Metz, B. X. I. 10029, f
50 r".)
— .^dj,. du cloître :
Que après le veu de la vie eloislriere nulle
autre n'apiiarisce. [Trad. du miroir hist. de
Vinr.de lieauvaii. Val. Chr. 1511, Not. et
extr. des mss., XX.VIII, 177.)
Que ne suis je dedans un mur cjoistrier,
.Sans jamais venir ne souleil ne lumyere!
(Rouertet, Débat du boucanier et du i/orrier, ap.
Joly, Poé.-i. inéd. des xv et xvr' s., p, 47,)
— Fém,, cloislriere. femme qui vit
dans un cloître :
Nule riens tant religieuse
Pse abaesse ne prieuse
No cloistriere sage ne foie.
Se on la v[u]elt melre a escole.
(Maître Elie, .'1/'^ d'uni.. 567,)
«I.OITIER, V.ClOUTIER. — CLOITRIER,
V. Cloistrier.
cLopixER. V. n,, clocher, traîner le
pied :
Le malade clopinera tousjours quelifiie
peu, (P.VBi::. VIII, 37,)
CLOPORTE, S. m,, petit crustacé iso-
pode qui se plaît dans les lieux sombres
et humides ;
.\ssi./ fie vei-mine i avoit
Et de bariennes et de choplotes.
( lie de.i Per.. Ars, 3641, f» 143",)
Cloporte, closeporte, (Jii.N,, Nomem-L, p.
58,)
Cleoperles, c'est une bestelette qui aynie
lafienle,et tousioursyilemeure.(A. Pikrre,
Cottst. Ces., ,XI1, 9.)
C/oo/)0)-i«.s, a'ulrementponrcelets de Saint
Antoine. (I), ni: Si:rr,. p. 912.)
CLOQUETEUR, V.ClOCHETEUR. — CI.OR.
V, CliiHO,
ci.oRE, verbe, — A,, entourer d'une
barrière qui empêche l'accès : fermer,
au propre et au fi,!;-, :
Et chevaucliierenl trosque a une terre
qui Eqiiise est apelee, que la mer rlooit
tote l'nrs que une part. (Villeh., ;; 451.)
La cbambre cloent.
(G. UE CoïKci, Mir., ms, Soiss,, fo 202'',)
Gloire de mur. (1240, Cart. S. Vinc., B.
N. I. 10023, r 35 V".)
Mes Arigitie clodi l'oreille et non les vou-
loit oir ne veoir. (Aijik, Ysl. de H Norm.,
V, 27.)
Puis rtouil la lettre et la scella et bailla
a Pandaro pour l'envoyer a Brisaida. [Troi-
lus-, .Nouv. Ir. du xiv" s., p. 287.)
Elc/ossirent la porte sur eniz. (La Passion.
ms. Dijon 298, f° 182'.)
Li uns le recevoit en granl Iionnor faisant.
Et li autres li vont les grans portes cloant.
(t'.UT.. /l. du Ouescl., 593.)
Le conte de Saincl Pol,qui bien seinbloit
chief de guerre, el monseigneui' de llault-
bourdin encores plus, i-iunnianilei-ent qu^
on amenast le cliarroyau propre lieu la on
nous estions, et que un nous cloysl. (Co.m.m.,
Mém., 1, 4.)
Lors commença a languir, tournant les
yeulx en la teste en la manière de c.eulx
qui meurent, maintenant les ouvranl, puis
15
M4
CLO
les rlûiiaiit. {O. M\\i.\.\i:ii. Illsl. di' la Prix-
s'ian, p. 00.)
L'osU'l est scnr, mais qu'on le cloue. |
(\iixnN, r,r. Test., 1001.)
l'Liis leva la main dexlre la rlowmt en
(elle J'nc/.on, r|u'il asseinbloit les Ijonlz de
Ions les doinl/. .•nscnilile. (Uaii., Pfinliigr..
i-li. xix.)
— N., se fermer, être fermé :
]1 osl. aisé d'enlrer dans le palle séjour,
La porte y est ouverte et ne clo.'tf nuict ne jour.
(Harnieb, Uip}wl.. II.)
— Clos, p. passé, fermé au propre et
au figuré :
En te! travail et en tel peine
Fil la reine une semaine ;
Ne nuit ne jour nen ol repos.
Ne por dormir nen ot Poil rJos.
{Eiirn.l, 1433.)
l-'ame doit rire a bouche close,
{lîose, nis. I^orsini, f"* 911".)
La porras dire mont de choses
Qui seront couvertes et closefl.
[La Clef <Vmnourft, 853.)
De loinj; Uii tirasles le seci'cl de sa poi-
li-ine, combien qn'il le tenist. fort, clou.r,
(|iianL vuus le Irouvastes sur le lit plou-
ranl. (Troilus, Nouv. fr. du xiv' s., p. Iû2.)
Manlel rond et tout clou.r. i llùri, EtI, de
S. J, de J'}r„ r Ô3^ .\. ll.-Gar.)
Femmes n'ont jamais le bec cloft.
{Farce de l'obstination des fem., Ane. Tli. fr. , 1, 30.)
Se tenùille duc dur, hault et doux envers
la coronne de France, en toutes obéissance
ou il povoit résister. (Le Daiid, Hiil, de
llret,, c. XLV.)
11 ne dlct ni ne faict, car ce triste mi.acle
Cfoisoif la bouche a tous qui sont sortis de la.
(Laspurise, A'ouk. Tragir., .\no. Tli. fr., VII, 487.)
Les aureilles closes aux llatleries et aux
menteries.(l)u Vu.lars, ,Mé>it., XII, an 1S60.)
Poui' courir a cîu.v yeux aux hazards de la guer-
[re.
(Desport.. Eletj., I, xi.)
— Leilrcs closes, lettres cachetées :
Lettres clouse.i, {\?j\\'ô,Comiile de l'évacua-
tion anglaise, A. N. KK 322, C 36 r°.)
Pour un aullre voyage par lui fait en la
ville d'Amiens on il [lorta lettres closes de
par lesdis prevoslz et jui'ez adrechans a
Monseif-'iieur le bailli d'Amiens. (20 mai-20
août 1408, Compte d'ouvrages, 1'° Somme
(le mises, A. Tournai.)
Cf. Clos 1, 11, 160'.
<;i.os, s. m., terrain cultivé fermé de
murs ou de haies :
N'avreie anuit paiz ne repos
Se il giseit dedens mon clos.
{Yie de S. Gr,',j., p. 80.)
Le cliius don val Saint Martin. (1267, Cli,
lie J. de Chaste/Ion, A. Loiret.)
Ont adul la veiideymetlu c/;o«.rde lions,
au collier conlel. (1382, CompL de I', Ser-
rer, prév, de Monthrisson, .\. Loire.)
Un manoir avccques le clou.r tenant en-
semble. {1 101, Dennmljr, du haill, de Rouen,
A. N. P 307, f 82 v°.)
CLO
llng clotu- de vigne situé empres ledit
<'liasteaul du costù devers orienl. conte-
nant environ vingt six ouvrées de vigne.
(26 juin. 1481, Extrait du papier et terrier
du domaine de Saint Yiiolitc, A. N. 0' 101 1.)
Un rlou.r <le m.iison joignani a ladite
chapelle, auquel il y a trois chambres, el
au dessous d'iceluy une antre maison.
(L'i38, Terrier du prieuré de Chatiiprhunoux,
Méni. de la Société Eduenne, .XI, 13.)
— Action de clore, de terminer:
iJepuis qu'il vint en llaynnau jusques au
clos de ce compte. (1°'' sept. 1408, Compte
de la rec, gén. de Hainaul, (° 79, A. Nord.)
<:i.o>iCL'i., V. Qur.octu,.
Cl. OSE, s. f., enceinte de murs, clô-
ture d'une .ille ;
A Dieu, têtard de Tholose :
<)uoy que tu puisses gronder.
Tes capitoulz ne ta clu.ie
Plus ne te sçauroient garder.
[L'.idicu lie la messe, Poés. iV. îles xv^ et xvl" s., t.
XllI, p. 357.)
CLOSEiuiî, S. f., petite ferme avec
enclos :
Pour la c/oH.sc/ le du hault Volay. (I4i9,
Compte de S. Saur, de illois, D. N. 6215, P
1 r°.)
CLosïiiitic, niod. clôture, s. f., bar-
rière qui clôt :
Rompent chevilles et clostures,
L'eve i entre par les jointures.
(Eneas, 219.)
Car quant il naist et ist de sa povre cloufure,
Ne se puet remûvoir, chiet sor la terre dure.
(Herman, Ilihle , ap. J. BoDDttrd. Trad. de la Bible,
p. 41.)
Cloiture.
(Id., ib., ms. Oil., t" 13 r".)
Cloulure. (1316. A. N. .M .Ù3, f> 21 V.)
Cloutwe. (1331, Compte de Odartdc Lui-
gng, A. N. KK 3\ f° 103 r".)
Cloislure, (1313, A. N. JJ 7;), p 112 r",)
l'iolhiire. (1403, t^ompt, de la gr, com-
mand. de S,-Den, A. .N. LL.)
Clauslure, (Vignieh, Bib, hist., 11, 507.)
— lîtat d'une personne cloitrée :
(Hi'il lu\ pleust les laisser servir a Pieu
en clanstiire entiei'e. [Le Levtiin du ralvi-
nisine, [». 00.)
CLOTIF.R, V. (jLOUTIEH. — CLOTURE,
mod., V. Clostuue.
CLOL', S. 111., petite tige de fer pointue,
garnie d'une tète, qui sert à fixer ou à
suspendre qqch. ;
La li.'in^le lu de sicamor.
Fermée i fii a deux clous d'or.
[Eueas, 45-21.)
Por voir vous di.
Ce furent clan que jo eue ci,
Qui lonc lans furent en mes pies.
Si que li's eue outre percies.
[Tliebes. npp. 111, 819.)
El li clen sont tout coi, n'en est uns escapes.
(Fieriiliras, 1)080.)
CLO
Et va ferir (iarin antre les .uu. elit.r.
Son escu li porfant com escorce de sax.
(.1. Bon,, Saisncx, (T.XYVIII.)
E en la crois le misent contremont,
A trois clans d'or, que de H le set on.
(llAiMD., Oj/i'er, 246.)
Des hiaumes font le fu salir.
Et des hauhers ronqire les clans,
Par la force des pesans caus.
{.imad. et Vd., 6170.)
I)eso/o,c. (1313, Cari, de Vrov,, P 16i\)
.X. milliers de liaus. (1310, A. N. KK 304,
f 33.)
Sa crois, sa coronne et li cleu
Laicns sont mis en noble lieu.
(Vers 1325, Kijlis. et nionast, de Paiis, p. 31.)
Et sont cloez de rlouz dorez vvis ou mi-
lieu. (1360, Inr. de Louis d'Anjou, n" 330.)
Merien, elo, l'er, latte. (Fév. 1387, Onl.,
XII, 1.^6.)
— Clou de gii'o//'e, bouton de giro-
flier cueilli avant le développement de
la fleur :
Il ot ou vergier meint espice.
Clos de ylrofie et ricalice.
(Itose, B. N. 1573, f" 12».)
Vloz de girofle, lis et rose.
{Le .Sort des dames, ap. hih., Jauni, et Troue., j..
182.)
— Furoncle :
Pour cletis felenes, de ches vers ki sont
en terre qerrez ; si les froisies et faites loier
de sus le cleu pour avoir ciel'. (xiu° s., Rem,
pop,, km. Salmon, dans Etudes rom, déd,
à G, Paris, p. 238.)
cLOUACHE, V. Cloa(jue. — <;i.oi;agi;-
I.EIt, V. C'o.VUULEn.
CLOUER, V. a., fixer au moyen de
clous ; garnir de clous :
Tirent la barre qui sor l'aiguc cs^ cloee.
i [Loh., iiis. Montp., f 184".)
S'enporta la couronne (|ui nioutt fait a loer,
1 Et le signe et les clans dont on fist Diu claiier.
[Fieraljras. 60.)
— l'.louc, p. jinssé. fixé avec des clous,
garni de clous :
Tant bon hauberc e tant cscu cloé.
(Ram. tl'Aler., nis. .arsenal, P. Muyi-r, p. 35, v. 225.)
îs'us ne nulle du mestier ne de la mer-
cerie ne puet l'aire faire ne acheter euvre
cruese d'argent, ne euvre d'argent c/ope do
fer. (E. Mou,., Lia, des tnest,, i™ p., LXXV.
13.)
Pleuist a ce Signeur qui se char ot clantcee,
[II. Cnpel, 3997.'
— Confit avec clous de girofle :
Vxardeiz vous de boi\re \in no\el jn-^-
qucz a t.inlque il soit bien pairiez et bien
pui'ilieiz et de tous vins fors com est vins
confis aux espices et claueiz et vin sau-
giiez. (Coiisullat, de ./. I^e Fevre. ms. .Metz,
I'. .Meyer, Rom,, XV, 181.)
CEOUEU.v, adj., qui a des clous, des
furoncles :
COA
l'LisLuIeiilus. cloueiix. IG/oss. lal.-fr., ms.
Montp. H 110, i'iVi i-\)
txoi'Tic, adj., garni de clous:
.VII. coiii'oieces, doetees de poninietes do-
rées et le l'ouvercle demesmes. (lurent, du
duc d'Anjou, n° 671.)
<;i,ouTEiiiE, s. f.. fabri(|ue, commerce
de clous :
Li somniiei'sqiH porte clauelevie. (xin' s.,
■.\y. Tailliar, p. 18.)
Lne meson en In clotterie. (I39"2-1400,
Compl. de/'tlô/.-D.dOrl., f° 37 V.)
De le reijuesle de ceu.v du meslier de
r/auweirie. pour avoir provision sur le fait
d<;s claux de dehors. (17 août 14.56, Iteg. des
Consaux, A. 'l'oiirnui.)
Le hameau de la. C/euterie. (l.j3-2, Comple
de S. Lndre, p. "205, hosp. Olerni.-s.-Oiso.)
La Cteu/erye. {Ib., p. 199.)
CLOL'TEL'u, s. m., cloutier :
A Jehan Maquet, c/aueleur. pour demy
eeiit de clous picars. (Iir2, Compte de tii-
I elle de Miquel Tuscap, A. Tournai.)
l'aie a Jehan de le Haye, rlauleuv en le
rue de Couloinfine, pour claux emploier a
clauer les dittes fenestres. (1459, Tut. des
eiif. de Pieii-e de Crespelaines, A. Tournai.)
A Louys deMarcq, c/o«<eK)' demeurant en
Tournay pour avoir livrez les doux néces-
saires a la réfection dudit moulin. (1657,
Comptes dn receceur de la terre de Mortn-
gne, ms. appartenant à M. A. liocciuillet. 1'"
.yj r°.)
— Fém., clouter esse :
A la vesve de feu Gillart du Brullle, cluu-
tereae, (pour) cent et demy de lave-
leres. (19 fév. li'i'i-ii mai 1474, Compte
d'ouvr., 6' Somme de mises, A. Tournai.)
«xorTirn, s. m., celui qui fabrique,
qui vend des clous :
Cloitier, clolier. cloueter. (Liv. de la
Tadie.)
, Fuslier, cîoistier, serrurier, fourbisseur.
{lH(z de Miiistre AUborum, Poés. fr. des xv" et svi"
s., I, 36.) Var. : cloistrier.
Clouatier. (Rau., Pantuf/., ch. xxx.) |
Clauctier. (1562, Dép. de deuxjur., A. Gir.)
CLIG\E MISETTIÎ, V. ClIQXB JIUSETTB. [
— CLll-\CMEK, V. ClUÏNIEII. — CLYS- i
TEUE, mod., V. C'uSTliUE. ■ — tLYSTE- !
itisiîR, inod., V. Clistkhiskh.
t;o.\cm'EREi]u, s. m., chacune des
personnes qui ont acquis en commun, 1
considérée par rapport aux autres ;
Km., voncqueres.^e :
La femme de l'acquéreur est entendue
coacqueresse ou faire lacquest pour le moi-
tié. t^Cout. de Ber;/li-s.-Vinox, .Nouv. Coût.
Kén., 1, 51 i.)
tOAt:«iisiTio>, s. f., acquisition en
commun ; état de coacquéreur : i
Les frères et sœurs ou les enfans des
frères et sœurs, après la vente et la saisine
faite, pourront requérir d'avoir leurs paris
COA
et portions, ce que l'on appelle eoaequ'isi-
tion l'un de l'autre, des héritages qui sont
ainsi retraits. (Cou/. rffl C'«.vse/, CCLII, Nouv.
Coût, gén., I, 517.1
coAtTEUR, s. m., coUecteurd'impôts:
De telz princes disoil Sostre Seigneur
par le prophète Isaic : Le^ concleurs de mon
peuple les ont despoillé. (Oresmk, PoUtiq.,
(:oA(.Tn-. adj., qui a le droit ou le
pouvoir de contraindre :
Force coaclioe. (H. de G.ticiii, Gouv. des
princ. de Gille Colonne^ Ars. 506'2, f" 193 v°.)
La loy a puissance coactive ou contrai-
gnante. (O11ES.11E, ap. Meunier, TItése sui'
Or es me.)
coACTio.N, S. f., contrainte :
l'ar meniere de couaction. (Letl. d'Alf. de
Poil., A. S. JJ 24% f 113r°.)
Sanz nule coaciion et sanz nul angin.
(1252. Cart. de Champ., B. N. I. 5993, f
4i8\)
lia recogneu de sa propre volonté sanz
cowlion. que... fl26l, Cart. de Nesles, ms.
Chantilly 1295, f» 89 r".)
De noslre propre volenteit sans coaelion
et sans force. (.Mardi av. S. Barthel. 1278,
S. Louis, Orjeval et l'onoi, A. jilos.)
Confessions doit eslre volentive. senz
coar.tion. (Lalre.st, Somme, H. .N. 423, ("
143=.)
Aient, possessent et perchoiventfranque-
ment a lousjours le disme ou dismacion
devant dite sans coaciion de vendre ou
mectre hors de leur main. (1282. Clerm.,
B. .N. 4683, f 107 r°.}
Coliaclion. (1291, Co/-i. des Vaux de Cern.)
Par leur grant coaction
Et par leur graut clevocion
Et la foi que li parenz urent
Qui pour leur tille venu furent
A terre se mist eslendu.
(Vie S. Mugloire, .\rs. 5lii. f" 43 r».)
COADICTEIR, COADJOrSTCrU, V. Co-
ADJUTEUn.
coADjfTEL-R, S. m., ecclésiastiquB
adjoint à un évèque, à un archevêque
pour lui servir de second dans les fonc-
tions épiscopales et le remplacer si le
siège devient vacant ; en général, celui
qui en aide un autre dans ses fonctions :
.\s prclaz per et coadjutors-
;j. DE Meusg, Test., 8S9.)
Coadjuteur.
(ID., !«., V»t. Chr. 307, f" 16".)
En la présence de Mons. Jehan de Ligny,
preste fou(/;'«/o«)'deOdot de Long. '26 janv.
1357, A. Doubs B 400.)
Les monarches font aucuns leurs coadic-
leurs. (OiiES.ME, Politiq., (• 142°.)
Prestre, notaire de la court de Besançon
el choïK/itour don tabellion de Chois. (1388,
Moreau 898, U. >'.)
Des coadjousleurs et soulenleurs en leur
emprise. (Froiss., Citron., L\, 182.)
Et aussi pour sa dignité il (l'arcepreslre)
COA
H.j
est appelle cotigerlenr de l'evesque, et a luy
appartient a garder les églises vacantes'.
(Fehuet, Mlr. de la vie hum., f° 167 V.)
fjoAD.ïivAXT, adj., qui concourt à ai-
der :
Causes primitives Klcija(ljuvantes.(.]o\:i;.,
Gr. chir., p. 429, éd. 1598.)
COADUITOl'R, «:OA<iECTEUR. V. COAU-
JUTEUn.
co.AGiXAiii.E, adj., qui peut se coa-
guler :
Le se! est coayulidile de sa nature. (llE
Clave, Noui). Lum. philos., p. 79.)
i:OAGiiLATio.\, s. f., action de se coa-
guler :
Coagulation. (Somme mahlre Gautier, f"
91 v".)
COAGULER, V, a., réunir des parties
solides en suspension dans un liquide:
Froumage couugulé. (Frag. d'un lio. de
médecine, ms. Berne A 95, f" 12 V.)
Tant qu'enfin je la coagule (la vapeur)
En soulphrc.
(Jeu. de Melng, Remonstr. de »at., 308.)
Le poulmon est de molle chair comme
seroit escunie coagullee ou assemblée. (J.
BoLxiiET, Noble Dame, l" 44 v».)
Xe pouvons nous pas. avec un grein de
mithridat recolé dont ces beats pères ijue
voicy presens sont tousjours farcis, faire
dissiper tout ce qu'il y auroitde pur germe
clouayulé dans leur colfre glutiueux ? (/.e
prem. acte du Sgnode noct., XV.)
co.\iLi.E, V. Caille. — coaillier, v.
Caillier.
t:oALESCE^•CE, s. f., union de par-
ties auparavant séparées :
Les ligamens, per lesquels les muscles
ont colligance et coalacence avec les os,
engendrent des membranes a l'entour des
muscles. (Tollet, Mouv. des muscles, I.)
COALISER, verbe. — A., former une
coalition :
(COTGR.)
«:OALiTio>, s. f., union momentanée
de plusieurs peuples contre un adver-
saire commun.
— Fig., réunion :
Ceulx qui disent ia pande de liieu avoir
esté séparée du père par une extension ou
cna/ition. (155i, JIateiee, Theodoriie, dans
Dict. gén.)
coARi>EME\T, mod. couardeuiep'
adv.. d'une manière couarde :
Avant s'en va cuardement.
(CuARDRï, Set doriiians, !03i.)
Il fail toutes ses choses celeement et coar-
demeiit. (Bru.set Latin, p. 371.)
Ceste chose i\\ couardement ia.\it. (Bkrs.,
T. Liv., ms. Ste-Gen., f»235\}
J16
COÂ
Kl lisent loi- emprise assos coinardement. \
(Kroiss., Citron., V, 128.)
t;oAiu>iSK, mod. coiuu'flisc, s. f., ac-
tion, conduite de couard, lâcheté :
Einz i mur- /que cuayrJlne i facel.
(/(o/., 3043.)
El onfei'lcz, Iriflc vieilloce '
Et coanlise el parece
Et mortels cure et triclieiie.
{Eiifiis, 2iuS.) j
Coardisc-, !
(U. UE lIoD., Memuijis, ms. Vienne, f" 71 v'.)
Cimhardlse.
(.1. DE Pbior*t, i/c. de Veg., B. N. 1604, f" 4-2 r°.j
l,aii.le rnnhardise. {G. de CiiAnsv, Liv. de
(livrai., ins. Unix., I" 104 i'°.)
1. r.oAur, niod. coiuird, ailj. et s.,
lâche, poltron :
Pur tiil l'"r Ucu ne vocll o-lro i.iiarz.
(/îu;.,sâ8.)
Veez n.liens : felun sunt o cidtit.
,11,., 3337.)
iS'i fait semblant d'uiuuie cifort.
(Drut, MIS. Unnicli. 1392.)
Mélancolie lait l'ômme avei- el ireiis,
coanrl et pensif, el clornianl, el parole vo-
lenliers d'aiilrui, et s'a voleiiliers noires
faciles u es pies n es mains. [Hem. /w/';,
Am. Salmon, dans Eliuks rom. déd. à G.
Paris, p. 2.30.)
Tant lor a li empereres prcccié de Noslre
Segnor, et mis avant de boines paroles el
anionnesles de Ijieles proeidies, Ue il n'i ot
si cotiarl ki maintenant ne fiist garnis de
hardement. (Henri de V.vl., ;', ôl7.)
Couwiihi. [Mort. Arlu.i\ B. .N. ii'iii'i, f"
.\Iain, onijnes mais ne le vi coiiarl fors
(|ne ore. ^Ménestrel, % MO.)
Couhart.'{Decar,t., f° 38 r".)
Cf. Cou.MiT I, 11, 329'.
2. <;o.\itT, s. m., .sorte de maladie du
cheval :
Remède ponr nn cheval qui anroil nn
rijiiart. Faii-tes delTerrer voslrc cheval et
Iny faites parer le pied ; après avec la ro-
nvette liailes luy bien ouvrir le couarl jus-
HÏies auprès du vif, après l'aides le ferrer.
(1598, l„\M-ii.\v, l'Ecairie du s. Crison,
Malad. qui peuv. survenir a un che\al, et
les remed.)
COASSEMK.XT, S. m., Cri des gre-
nouilles :
Le couuiemeiil de la grenouille. (La.Mor-
i.iEHE, Le preni. liv. des anliq. d'Amiens, p.
38, y éd.)
Coassernriit. (IIotor.)
COASSER, V. n., pousser le cri parti-
culier à la grenouille :
Coa.rer comme
(i93.)
renouilles. (Paré, III,
Seripbe, d'où provient que le souillard trouppeau
Qui coa.ve au printemps se taise dans son eau.
(Du Chesne, .Sir. lit), du fjrand miroir du inonde. [>.
15.)
COG
c,oAii(;i;i.ER,v. Coaguler. I
<:<»Ax, s. m., cri des grenouilles:
Le coax des grenoilles. (L. .louu., i'Ilist.
despoiss. de lirmd., Desanim. pari., II.)
Ils auront le plaisir du chant des oiseaux,
du coax des grenouilles. {\'.\usii\, liereple.)
coBOL'iUiËOis, mod., v. Combourqeois.
— COItOI ItGEOISli:, V. CoMnOlIROEOISlE.
COCA, s. f., arbrisseau du Pérou, dont
la feuille a des propriétés excitantes :
Aux vallées de ces montagnes qui sont
fort profondes, la chaleur est gi-ande el la
vient la cora. iEu.mee, liist. desliid. ore., f
224 r".)
COCAGNE, s. f.. réjouissance.
— Pfii/s de cocagne, ou absol. coca-
gne, pays oit l'on a tout en abondaniie :
Li pais a a non Coquaigni^,
Qui plus i dort, plus i gaaignc.
i Dp Cor^uciiifif. Méon, Rec IV, 176.)
Il dit : J'ay vcu le roy d'Espaigne
Et tout le pays de Cocaigne.
{Des Villaiiis, rtUennifr.':, viUastres, Poés. Ir. îles
ïT» et XVI' S., VII, 72.)
Cf. COCAIGNE 1. H, 16'l'.
cocAiiKE, S. f., insigne en forme de
petit disque qui se porte au chapeau.
— Ane, bonnet a la cocarde, bonnet
à rebras, très lourd et avec force ru-
bans :
j Vestu d'une robe de couleur de roy, le
j boa/tel a la eoqiiarde. ( Rail, Quiitl lio., ch.
' XVI.)
cocAiiDEAU, s. m., jeune sot qui fait
1 le beau.
I Cf. COQUAUDEAU, 11, 293''.
1 cocAsTRE, mod, coqu'itre, s. m.,
poulet chaponné à moitié ;
j Pour troys aultres poulies [pouUets] eoc-
I quastres, que on eubt a icellui .jour, payé
I .V. s. .III. d. (18 mai liôO, E./tc. test, de
] Colarl .lauiitnril, .\. Tournai.)
— Fig. :
N'csloil pas Atlam composé
De choses conlraii'es? Il fault
Dire que ouy. de froit, de cliaull,
De moiste, el de sec ce sont quaire
Complexions, villain quoqudtre,
Causées des quatre eleraens.
(Elot I»amebn\l, Deableri»'. f« 4*^.)
1. COCUE, S. f., petite entaille prati-
quée sur une pièce de bois; entaille du
fût d'une flèche, du gros bout d'une
arbalète :
Si le hucba el dist: Met une >aiete en
coelœ, si Irai. (îVe des Pères, B. X. 23111, P
160^)
Mes molt orenl ices .v. Iloiclies
Les penoas bien fe/., et les coiches
Si furent lotcs a or pointes.
[liose, B. N. 1573, f- S''.)
COG
M a lantost pris une lluiclie
Et quant la cnrd(' l'u en coche
Il entesa jusqu'à l'oreille
L'arc qui estoit fors a merveille.
;/4., f" 13".)
Si misl un carrel ru rrjrlie. (Ménestrel,
G 131.)
El adoncqiies ilz tendirent bonnes arba-
lestres, et niisrent viretons en coche, el
laissèrent tous aller a iinefoys. (.1. d'Aiiras,
Me/usine, p. 14.j.)
— Fig- :
Or est haine niolt en coche ;
Qu'ele osperoue et point et broche
Sor amors, quanque ele puet,
Et ainors onques ne se inucl.
[Cher, au lijoii, iidXi.)
Le quel a mis mains motz en coche
Et mainte parolle glosée.
(CoQuiLLART, Eiiqucste, II, 100.)
Dont les aucuns n'en ont droit que de
parchemin, et les antres l'iisiirpcnl n'en
ayans coi.lte uy taille. (ll'.\muv\rKÉ, Adv. s.
les pari., Comment., col. 1907.)
. — Choir en coi-ltc. loc. adv., arriver
à son but :
J'avrai de luy, s'il chet en coche,
Ung escu ou deux, pour me paîne.
(Muistre l'atlielin.)
— En fin de coche, loc, au bout du
compte, en dernier résultat :
Mieulx vous vaudroit ne porter sac ne poche
Et de trésors n'avoir une montjoye.
Que vivre en peine et perdre en fin de coche
Apres labeur la pcrdurable joye.
(J. BorcHET, Opusc, p. 107. .
2. cof:uE,s f.,auj. m., grand bateau
de transport :
Se départi ainsi d'Escoche
La Manekine en une coche.
(BEAtM , .Miiiielciiie, 4393.)
3. COCHE, S. f. et m., grande voiture
couverte pour le transport des voya-
geurs :
Je le peindray dessus une coche esmaillee
De bleu...
(HoNS., Poein. retrancli.,ie Temple, p. 303.)
Ilyanlo adonc fit son coche atteler.
(ID., Franc. IV.)
Coche. L'usage de ce chariot au.jourd'huy
commun en France, est venu d'Italie. Ce
mol est masc. et fcm. (I.a Porte.)
Le privilège d'aller en cuche par la ville.
(MoxT., liv. Il, ch. i.xni.)
4. COCHE, s. f., femelle du cochon:
Tousjours troussé comme une coche.
[Franc arclner de Dagnolet.)
COCHEE, adj. f., (lualiHe une pilule
otiicinale qui purge fortement :
Apres avoir purgé telle superiluilé, par
pillules cochées. (II. de Sekh., VIII, 6.)
COCHE.MAR, -ARE, V. CaUCHEUAR.
cocHE^■ILLE. S. f., iusecte qui vit sur
CÛC
COG
COD
117
le nopal et fournit une belle teinture
rouge :
Conchenille. [0. m: Serr., VII, 9.)
1. cociiuR, V. a., marquer d'une co-
che, d'une entaille :
Coclié et crené. (II. Est., Thesauf.)
Voicy vostre compagnon, client que vous
visitez si souvent : bien, bien, il faut cocAef
sur la grosse taille. (X. rx! Fail, Eulrap.,
XXVI.)
r.imi sortes île marteaux a ballre l'or et
l'argent : le premier marteau a forger ; le
second, le marteau a cocher ou desgrossir.
et les trois autres selon les moules. (E. Bi-
NET, Merv. de iial., p. 2"23.)
2. cociiEit, s. m., celui qui est assis
sur le siège d'une voiture pour conduire
l'attelage :
(.1. TiiiRBRY, nki. fr.-lut.)
3. cociiEK, mod., V. Chal'chier.
«;o<;nET, s. m., jeune coq;
N'ai pas grant sapiencc enclose
En moi, qant si chetive chose
Conme un cachet qui m'a boulé.
iJleimrt, Br. XVI, 701.)
Et uu petit Cochet de vile
M'a eDgignié et deceu I
'Ib., Br. XVI, 71 î.)
Les cachets convertis en chapons. lO. ht
Serr., V, 2.)
Cl. II. 105'.
cociiEvis, S. m., 'alouette huppée :
Mauvis, mules, cbardonncrauls,
Cochevis, estournaux, Ijnettes.
lEosT. Descu., B. y. SiO, !' 316.)
Alauda. latine cassila. alouette. Qua- ha-
bet cristam c|uam Latini uno nomine ga-
lerilam, galliee cwhcvis... (C. Est., De lat.
et grec. nom. avium, p. 93.)
Des que le cocheri/ s'avance
Cbacun a moissonner commence.
(J. .\. DE BiiK, Jicl., XIV.)
Cf. CociiiiviEus, 11, 166''.
COCHON, s. m., ra.imniifère de l'ordre
des pachydermes ; anc, jeune porc :
Cochon, couchon. (1339, .\. ^^ .IJ 73, (°9S
v«.)
Coyschon. (l'Ai.sr.ii., p. 187.)
t;o«;iio.\\i;i:, s. f.. portée d'une truie:
Cochonnée, l'arto de puerca, leoliigada.
(.V. Olimn, Dkl. fr.-es/i.)
<:o<:ii<)\M.it, verbe. — N., mettre
l)a.s, en [larlant d'une truie :
l'ne truie i|ui est en ruit ou qui a nou-
veau cochonné, il eseonvient quelle soit re-
sidieedelrois sepniaines. fjanv. 1403, Orcl.,
VIII, 629.)
Les Iru.es pleines et les laves qui ont
couchonné veulent cliacune avoir son tecta
pari. (0. DE Si:iU)Es, IV, l.î.)
— .\., mettre bas (de jeunes porcs) :
La truie de Enee Lavin cochonna trente
porcelet/, blancs. (Frebe Nicole, l'rofilz
champ, de P. des Crescens, f 110 r°.)
— Tiaiter friandement :
L'hoste ciiidant bien enfiler son esguille,
n'espargna rien pour ni'lionner et Iraiter
friandenienl son .Monsieur. (.N. uc Eail, t'u-
//•«/).. XVII.)
CQi;iio.\.\ET. s. m., cochon de lait:
Coyschonet, a lytell pygge of coyschon.
(Palsgr., p. 187.)
Petits cochonnelz. (Lauiv., Xuicts. XIII,
'•)
Couchonnels. (0. de Seuii., IV, 1.j.) '^
— Locut.. a cochonnet va devant,
sorte de jeu de boule ou de palet:
La jouoyl,...aco'7io»»e< va devant. (Uaii.,
Garg., ch. .\.\ir.)
cocuowiEK, S. m., celui qui est
chargé du soin des cochons :
Le principal uliice d'un corh'jnnier est de
serrer a pari chacune truie avec ses co-
chons. (Cotereal', Coliim., Vil, 9.)
coco. s. m., fruit du cocotier :
Les cheveux arroses avec de l'huile de
coco. (Fi'mee, Hlsl. desind. occ, l" 108 v°.)
COCOLLE, V. CAliOULE.
coco\, s. m., enveloppe que filent la
plupart des larves des lépidoptères :
Les magniaiix des Sevenes de Languedoc
produisent des coucous ou plolons grands
et mois. 1,0. DE Serres, V, 15.)
coco.xTRACTA\T, S. m., celui qui
contracte avec un autre :
De tous contrais ou Conventions et mar-
chez faits dans les cabarets a vin ou a
bierre, chacun peut s'en repentir et s'en
désister, dans l'enlretemps du contract et
les douze heures a midy du lendemain,
pourveu qu'il en fasse rinsinualion dans le
même enlretenips a son coconiractant.
(Coût, de lierrjh. S. Winox, Rubr. VIII, art.
XXVIII.)
COCTERESSEIt. V. ( 'aUTERISIER.
cocTiox, S. m., cuisson :
Le dormir retarde la corlion de l'esto-
mach. (Jour., Eir. pop., 2' p., ch. viu.)
cocu, s. m., mari trompé .
Oullre son gré devient cocus;
.Ses cheveus nieslcs et locus
Parmi ses cspaulcs s'cstendent.
(J. Le Ff.vbe. Lument. de MatUeoL, II, 279, Vap lla-
Cf. 11, 167'.
cociAGE, S. m., état de celui qui est
cocu :
Cas de jalousie ou de coqulaige. (1513,
Estoile du inonde, dans Dicl. gén.)
Tomber es dangiers de coqunge. (Bar.,
Tieis liv., ch. xxvni.)
coc:t'RHiTE, V. Cl:cl'RR1te.
<;<m:iy<>. s. m., lampyre :
Les cocui/os ont quasi la l'orme de mou-
che. (Fl.me'e, liisl. des Ind. occid., f 30 v".;
Deju l'ardent cocuyes es Espagnes nouvelles,
Porte deux feux au front et deux feux sous les
[ailes.
(Uu Babtas, .Sec. sem.)
t;oDE. s. m., recueil de lois classées
de manière à présenter l'ensemble de
la législation d'un pays, sur telle ou
telle matière :
\utentique. iiode, digeste
l.i tel les cbaudiaus por sa leste.
"-^ (H. d"Andeli, Bat. de< -vu. ars. 36i».)
o»*DEBiTEUR, S. m., cliacune des per-
sonnes qui ont contracté simultanément
une dette :
Le codébiteur ou caution. (1611. Coût, de
XieuporI, Hubr. VI, I, Nouv. coût, gèn.)
coDETEXTEiR, S. m., chacune des
personnesqui détiennent conjointement
qqch., considérée par rapport aux au-
tres :
Telle acquisition redonde au profil des
condelempteui-s cohéritiers dudicl acqué-
reur. {Coût. d'Estampes, Cil, Nouv. Coût,
gén., III, 100.)
coDE.x, s. m , recueil de formules
pharmaceutiques.
— Dans une acception plus générale :
Il y a quelques années que feuilletant un
ancien codice intitulé : le lîepertoire des
choses humaines, je trouvay... (lti-23. Les
singeries des f'emmci, \ ar. hist. el litt., l.i
coDiCEi.LE, mod. codicile, s. m.,
clause additionnelle complétant, modi-
fiant, ou révoquant un te.stament :
El II renstans de no beiens avons sour
corfmeci/oredenes as povres. (Test, conjonct.
de Renaud, etc., 1133, Tailliar, fiec, 3.)
Codicetle. (1269, .\. >'. Mus., vit. 45, 263.)
E vueil que se cest escript ne valoit par
raison de testanieiit que il \aille par droit
de codicil/es ou par raison de ma darrieue
volenté. (I27S, ytv/nn/., Fonlevr.. anc. lit.,
.\. M.-et-Loire.)
Codicelle. (1302, Codicile de Hugues le
lirun, A. N. .1 407, pièce 3.)
Lessubslilutions elconditioiis contenues
au dit teslamenl qui ne sont changies par
ce présent codicelle. (13.50, Teslamenl de
iMuis de .Xeuchdiet, .Vrch. du prince, Neu-
chàtel, 1', n" 2.)
Or vicngne donc d'enfer le cvndictlle,
El Megere pour moy passer a l'isle
De Tartarce sans nul avoir respit.
[Testant, de Letiter, l'oés. fr. des xv* et ivi» s., I,
201.)
coiiicii.i.AiRE, adj.. constitué j)ar un
codicille:
Ne laisse de valoir le testament ou codi-
cile, encore qu'il ne conlienne institution
118
COE
d'herilier, icelle n'cslanl nécessaire : en ce
cas l'herilicraA (n/es<((/ succède a la c)iarge
ilc> let;;its cl dons U;slanicnliiires ou codi-
ri/laires. (Coût, du llorzp, Nouv. Cnnl. f,'cn.,
Il, 1084.)
Clause '■o(//r;ft(/re. ( lilUi. I.kcmiun. dans
Dict. (/en.
<:<>i>i(;ii.LE, mod.. V. ('(Miii:i;i,i.k. — ■
i;oi>iMî(;iL. V. Coi)ici;i.i,ii.
<;oe<;ai., iulj.,qui est égal à un autre :
Chascua es mouvemeiis convt^rsc
Coequanlr el orbiciilaires.
(.1. Li: Fetbiî, la VieiUe, 1. 111, y. .mî.)
Coeqnal en divinité.
{yisl. du Viel Tesl., 8330.)
I.e vi-ay lilz de Hicu iHiii|ue. coer/ril, coe-
Icniel. (1480, E.r/ios. de la i-eigle de S. lien.,
f" 51".)
CŒMIÎTIlinE, V. Cl.MEÏlEllF.. — <;OE-
yCAL, V. COEG.\L.
coEQUATiox.s. f.. répartition réglant
la part proiiortionnelle de chaque con-
tribuable :
Si le seigneur censier, renlicr. ou leurs
receveurs, nient avoir icceu des coeipiez
ou perequez, et il se trouve après le con-
Iraire, ils soni lenus en tous les inlerests,
pertes el dommages de celuy contre lequel
ils auront l'ail lailite négation de réception
de ladite i-oeqitation. (Coul. de Boiirhoini.,
CCCCXII, Nouv. Coût, gén., 111, 1-204.)
— Action d'égaler :
Et la maladie est en distemperance de
rneqiiacion des membres. (H. de Gohd., Pia-
liq., 11, 10.)
COERCIOX, V. COHERCION.
coETEiiNAi.iTK. S. f., coéternïté :
Le saint Esprit venir du père et du fil...
d'une consubstantialitè el d'une roeteyna-
llté. (CIvon. de S. Deii., ms. Ste-Gen., T
1-28".)
<:oETER\EL, adj., qui coexiste éter-
nellement avec un être :
Saveir cornent d'elcrnau fu
Coeternaus de lui nascu.
(Ben., D. de Noi-m., II, 24005.)
coETERMTÉ, S. f., coexistence éter-
nelle :
S'il est donrques (llicu) en diverses fois
et par divers respects et sortes, et en
divers liens, il faut bien nécessairement
qu'il Y ait prieurilé el poslerieurité, et si
elles "y sont, la roeteniité n'v peut eslre.
'.\l.u;.M.. Eitv. de S. Jud., f° 2dl r".)
V. Clieiî. — CŒUS. V.
adj., qui existe en
CŒUR, moil
Queux 1.
coe.xista^t,
même temps.
— Substant. :
Si les choses vont ainsi, le monde (pii
est subsislant avec Dieu, fonde sur luy, et
son cuexist'inl,n'a besoin de garde. (M.\u.m.,
E-JO. de S. Jiisl., f'-242 r".)
COF
coE.xisTENCE, S. f., cxistencc simul-
tanée :
Nous mêlions en liien inie éternelle el
consubslanlielle coexistence. (.M.\r.\i., Eiiv.
de S. .Iu.--t., r» 299 v«.)
coE.vEciîTEUR, S. m., cclui qui exé-
cute une chose avec une autre :
Kl cessicrenl lidit exécuteur ou nom de
l'exécution dudit lestanienl et de tout en
toul pour eulx el pour leurs aultres coexe-
cuteiirs... tous di-oirlz. (1347, X. N. S 88,
pièce tS.)
c:ori'RE, V. CotnE.
COFFRER. V. a., mettre en prison :
Au lieu de mettre la main sur luy pour
l'aller coffrer, ils luy donnei'ent passage et
moven d'évader, fil. Est.. A/ioI. p. Ileivd.,
p. 204, éd. 1566.) '
Coffrer aucun en prison. (.1. ïun.iiRV,
Dki. fr.-lal.)
COFFRET, s. m., petit coffre :
Car il mil en son vil coffret
La pomme que eilz lui offret.
(J. de Me'Jsg, Trrsm: -iTô.)
Coffret.
(Xi. Machault, l'ofS; B. N. 9221, f° 51.)
Ung long cogère/. (1467, Exéc. test. Ca-
tlierine Dullre, A. Tournai.)
Coffre -t. (Ledov., Ctiroii., f 13".)
COFFRETE, V. C'H.VUIFliETTE.
coFFiiETiER, S. m., fabricant de cof-
fres :
Couffretier et mallctier. (1495. A. N. KK
95, C 93\)
Maislre coffrelier el mallelier. (1539, Man-
dem. à la C/i. des Compt., Bull. Soc. hist.
Paris, nov.-déc. 1889, p. 27.)
coFRE, mod. coffre, s. m., grande
boite de bois, de métal, de forme rec-
tangulaire :
Il metent as almaries les bruns cimes d'achier.
Et avalent es co^fV^S les blans aubersdoublier[s].
[Aiol, 4652.)
Trossent lor malos et lor cofres ausî.
[Hose, Vat. Irb. 375, f" 8".)
IS'i ot sommiers a cofres ne dras troussez en maie.
[Berte, 734.)
Li cors le conte desaiut l'ol fu desarmeiz,
el fu mis CM un lonc coffre. (Mem:sti;ei., ^.
333.;
Cofre.
{.isjjreiii., B. .N. 159S, f" 2S r».)
Le coffre a pris.
[Coiici, 7979.)
Plusieurs fermeiUets, croix, coffres de
Cyprc et aullres, delà valeur de 101.(1373,
Compte du testant, de Jeanne d'Eoreux, ap.
V. Gay.)
lin couffre de noyer. (16 .iuill. 1400. Inv.
de nieul/l. de la mairie de Dijon, A. Côte-
d'Or.)
Ung coffre de cuir boully. (17 fév. 1460,
Execut. testam.de Jelienat rieipars, X. Tour-
nai.)
COG
Un coffre |iour mettre les Charles de la
ville. (1.J03, .\. mun. Compiégne, BU 30.)
Tant do beaux vers et tant de belles choses
Qu'a vosirc avis au coffre je lien closes.
(Vauq., Sat., 1, u M. Je Tir.)
11 faiil laisser faire ces garçons ; ils en-
lendeiit cela comme a faire un vieux cof-
fre. (Cin.M.ML, Com. des l'ror., III. i.)
toGiTATiF, adj., qui a rapport à la
cogitation, à la pensée :
Vertu cogitative. (Ork.sme, Eth., f 10''.)
COGITEUR, V. Co.iDJUTEUlt. — COGLA-
ciox, V. Collation 2.
toGXASSE, s. m., coing sauvage :
I Le coingnier domestique el cullivé es
I .iardius porte deux soi-les de fruict, l'un
i masie. qui est appelé pomme de coing,
I l'autre femelle, qui est nommé coingnasic.
' (LiERAL'i.T, Mais, nul., p. 449.)
Ou bien donne lui la coitfnnre
Ou dos coings étrangers de Cydtm, dont la race
I Première vint en Crelte...
(Crevis, Œuv. lie Nieandre. p. 70.)
Les cognasses el porte coings. (Du Pinet,
; Pline, XXUI, fi.)
i COG.XAT, S. m, celui qui est membre
d'une famille par la co,gnation :
Geslui enfanl que on cuidoil qui ileusl
estre mon conqnal est Ion lilz. [UriseL, Vat.
Chr. 1514, f° iVr.)
El Irova son coigna, monseignor Cuil-
lerme de La Hoche, qui esloil revenus don
rov de France. (Lie. de laconq. de la Murée.
p. '148.)
Que son fils soit mis ou gouvernement
dou duc d'.\lthenes,son cuigna. (Ib., p. 400.)
El quant susl ce que Pandulfe fust coin-
gnal a Melo, loules foiz esloit Pandulfe
contraire a Melo qui esloit frère de sa moil-
lier. (Aimé, Yst. de li iVorm., I, 25.)
Pour ce qu'il lui csloW, coingnat. (lv.,ib.,
VllI, 0.)
coG^■ATIo^, s. f., parenté par les fem-
mes, inférieure à celle des agnats :
Pour cause de cognacion spirituelle. [Gr.
Cron. de France, Charles-le-Bel, 1.)
Il te convint laisser ton pays, les parens.
et toute la cognalion. (.I.Gerson, la Mendi-
cité spirit., f33 r°.)
En loyseronlbeneicles loules les congna-
tions de la terre. (Le Fevre d'Est., Bible,
Gen., XII.)
Cf. CoUN.iClON, II, 169".
coGiMciox, s. f, action de connaître,
connaissance :
Qu'il ont par celle vision
Des anciens coignicton.
(Dial. de S. Oréij., ms. Evr., f" il5^.)
La cognicion ella punicion du cas dessus
dit. (1349, A. 5. K 44, pièce 18.)
Se tant soit pou il advient que la créature
soit ayinee de loy desordonnement ou dé-
sirée, de tant est cesle congnicion de Dieu
retardée ou viciée en loy. ■Intern. Consul..
11, xui.)
COH
COH
COI
119
Op ça, il est temps que j'atlvise
A la con(i»icion du laict.
{Farce de Jenin filz de rten. Ane. Th. fr., I, 367.)
«ocxoisTRE, mod. connaître, verbe.
— .-\.. savoir ce qu'est une personne ou
une chose :
N'est hum kil veil et conffi^'fre le sel.
{Itol., 530.)
De vasselagc iecoiioisseut li per.
{Ib., 3901.)
Ce tesmoig et connais.
(.1. BoD., .Snisiies, XVTIl.)
— Réfl., pouvoir bien juger :
Et pour ce. qui bien s'i congnoit.
;Eust. Desch., V, Î7Î.)
Cf. CoNoisTRi:, II, 245\
tJOCOLE. V. C.^GOL'LE.
COIO.N.
i:oGOO\. V.
i:oii.4BiT.\Tio.\, S. f. , habitation en
commun ; spéc, habitation en commun
de deux personnes qui vivent comme
époux :
Ckoahitacion. (Ordin. Tancrei, ms. Salis.)
Pour ce que îlinies aloit souvent tous
seuls aussi corniÈie poiu' avoir cohabilnvion
avec sa famé. (Ukrs.. T. Liv., iiis. Slo-("ien.,
f 13".)
<:oH.4iiiTF.K, V. n., habiter en com-
mun, spéc habiter en commun comme
époux :
Il a fallu que les preslres leviliques,
■luancl ils approilioienl de l'autel ne co/ia-
hilansenl point aver leurs femmes. (Calv.,
Inslit., lOOi.;
Cf. Cohabitant. Il, 169"=.
COH.\R<:IO.\. V. ClIHERCION.
<;oHEX, s. m., nom, chez les Juifs, des
jeunes Lévites que l'on préparait pour
le ministère du temple ; le même nom
a été donné aux jeunes ecclésiastiques
de la loi nouvelle que l'on formait aussi
pour le sanctuaire, l'ne ancienne rue
de S. Quentin a pris son nom d'une de
leurs maisons établie près de l'église de
cette ville :
Les rues de Saint lieml, de Saint .André,
lies VolifMS. (Coi.LiF.TTi;. Mém. de Vermnnd.,
m, :5l'.
<:oiii:it(:i<>\. s. f.. action de contrain-
dre, contrainte :
A joustirier par la jnridicion et par la
coherriim de la justice d'Kstampes. (1288,
.V. Loiret, Sle-Croix, Mesnil-Giiaull.)
Sans nul debal, co/icmoH on mandement
de nul magistrat. (Hkhslire, T. I.h-., ms.
Ste-Gen.. f-i.'jr.)
.\ la juridiclion ol cnharcion de laqiiel
dicle court. (13j7, lundi apr. 7i«/(«/ce, A.
Cher, K 800.)
A siibmiz soy, ses successeurs... et tous
ses biens cl les biens de ses successein-s a
la juridiction et coheriion du roi. (30 juill.
1365, t'at-l. de la ville d' Aux., f" 41, l.e-
beuf, H. (I.'Auj:.)
A la jnridicion et cohercion (l\i quel il ne
soupposent eulx, leurs hoirs el touz leurs
biens. (1370, S. Cyprien, 1. 9, S. Germ., A.
Vienne.)
La juridicion el co/ierrion de la dicte
prevoslè. 1 1384, Cart. de Sens, I!. N. 1. 9895,
f 34 r°.)
Se soubzmeltent a la jurisdiclion, miter-
lion et contraincte de la prevoslè de Paris.
(M sept. 1 f79. rirand-licaulieu, .Milry. 1' I.,
n" 2, A. Eure-etL.)
Soubs l'oliligation île tons les biens meu-
bles et immeiiblesde qiicl()ue nature qu'ils
soient, fiefs el anllres, de nous et de nos-
tredile église et abbaye el aussy de ceidx
de nos successenrs et ayans cause, presens
et futurs, ou qu'ils sont", el seront trouvez,
que snbmellons a la cohertinn de tous sei-
gneurs, loix et justices. (23 sept. 1.5.58, Jlo-
reau 260, Pli, B. .N.)
lincourenl a l'occasion de ladicte obli-
gation es peines el cuerclions portées par [
icelle. (28 avr. 1508, Letl. du roi aux maire i
et échev. de Troyes, Grosl., Ephéin., I, 125.)
Combien c'estoil une indiscrétion de ■
grande conséquence et digne de la cnerclion j
de nos loix. (LeU. de Mont, à il. de Foix.) j
] Il y devroit avoir quelque coerclion des [
: loix, contre les escrivains ineples el inn- ^
liles, comme il y a contre les vagabons el
[ faineans. (Mont.", l. 111, ch. i\.) 1
! COHERECTIOX, V. COHEIICIO.N. '
coHERE-VCE, S. f., état de ce qui e.st
cohérent :
I Les membres de la vraie sapience onl
entre eulx solide et perpétuelle cohérence, i
(1524, Letl. de G. llrinonnet à Murr/. d'Atig., •
ilerminjard, Corresp. des- réform., I, 598.) I
1 COHERENT, adj. pris subst.. adhé-
rent, partisan :
Que les bons princes ne se laissent aller
aux charmes, flatteries el insidieux con- ;
seils de ces Achitophels. qui veulent ap-
pauvrir tout le monde pour se faire riches, |
enlx et leurs coherenn. (Michel Liiosimtai., I
Tmile de lu réformât de la jusiice, Œuv.
inéd., 391.)
COIIERTIOX, V. COHERCIO.N.
coiiiBiTiox, S. f., empêchement d'a-
! CoAi'/iiwi et de(rense.( 1543, .Michel ii'Am-
BOiSE, Guidon des gens de guerre, p. 75.)
I conoi!.*Ti<».\. s. f.. action de coho-
! ber :
I Par fermenlalions, distillations, reclifi-
; cations, cohobalions, calcinalions, dissolu-
lions. (E. DE Clave, \ouv. Lum. philos., p.
57.)
j
COHORTE, S. f., troupe qui formait la
dixième partie de la légion romaine :
Co/iojie n'estoil autre chose que une cer-
taine Hotte ou compagnie de gens armez,
si cstoil cohorte de genz de piè el tiirme
■ de cbevaucheiiis, combien que moult de
fois l'en Ireuve l'un pour l'autre. iBeiis..
i 'y. Au'., ms. Sle-Gen., r 1.)
Lors EscossoYs en toute la cohorte
Des garnisons armes vont a leur porte.
Pour recepvoir
Leur prince et roy que tant desiroienl veoir.
(3. .Marot, Voi/. de Venise, la Priusc du chasteau de
l'e;qiiiere, éd. 1.539, .\.\ 5, v».)
coHiE. s. f., anc. marché public,
halle ; par extension, réunion confuse
et tumultueuse :
Je n'irai plus a la cohue
Ou chascun joue ou brait ou bue.
[IMt/trtin mourrtnt, dans Liuré.)
— Sorte de tribunal :
Cohue. (1235. llibl. Ec. cliart., 4>^^ sér., t.
m, p. i59.)
Pour contraindre le dil capitaine a estre
et comparoir de samedi prochain en .vin.
jours en la cohue du cliaslcl de Ilouen. (12
déc. 1493, A. Seine-Inf., G 4025.)
Auquel lieuyavoit maison, prison, chept
et chambre a rohue a tenir la juridiction.
(1524, ib., G 4020.)
Cf. II, 170\
COI, adj., qui se tient tranquille,
sans bouger ni parler :
Paisible e quoi e senz murmure.
(Be»., D. de Norm., II, 1030"..)
Ensi se tinrent coi une granl pieche.
(Henri de Val., g 664.)
La roine fu tesant el r/uoie. (Lnncelot,
ms. Fribourg, P 43\)
Li Krançois estoient encores tout r/uoi et
logiet ou plain pavs. (Froiss., Chron., \\,
20.)
Aussi ncpenltl'liommerecepvoirdivinilc,
el aride vaticiner, sinon lorsque laparlie
qui en luy plus est divine soit roi/e, tran-
quille, paisible, non occupée, ne distraicte
par passions. (Rab., Tiers Ih'.. ch. xiii.)
ijiiand il fui arrivé au petit fleuve de
linbicon, U'qnel sépare la Gaule de dei;a les
Alpes d'avec le reste de l'Italie, il s'arresta
tout coy. (A.MYOT, J. Cœsar.)
Regardez ! comme elle estoit coye sur le
pas de l'huis, pour escouter. (Lariv., Ecol..
IV. 3.)
— En parlant de chose, trauquille :
Doux fut le vent, la nier paisible et coi/e.
(Cl. SIar., Vis. de l'etrm-q., p. J36.)
Menant \\ne vie quoye. (Pasouier, Pour-
purler du priii'-e.)
L'humide et noire nuit
Un coi somnieil, un doux repos sans bruit
Epand en l'air, sur la terre et sous l'onde.
(Uu Belhï, IJlire, XXTII.)
— Ld parole est remise en coi. on a
laissé là l'entretien :
La 2>arole est remise en qiieie,
Li reis ne la pont ublier.
( Vie de S. fiile, ÎZii.)
<:oiER. V. Cahier.
c:tuFE, mod. coiffe, s. t., ajustement
de tète pour les femmes; voile que les
dames attachaient à la coiffe :
120
COI
COI
COI
Une coiffe d»^ toile blanche.
(Rose, Corsini, t" 61)=.)
Apres 11 a en son clef mis
Une coife qui tout cri blanche.
[Ordene fie C'/tevaleeie. 22S.)
Nous n'en poon osire celés
l*our cotffp (le lin ne de sec
Que chescun tantost ne le vee.
{Clef rVomoiirs, 2410.)
El si ot coiffe de borras.
IBoinin, HoDtaigl. ot Hayii.. V, 52.)
Et a ledit singe une tfuoyfe que il lasse
sous sa gorge. [ViiiO, liiuent. du D. d'Anjou.)
Pour ieelle dame une coc/Te d'un quartier
de veioux cramoisi. (1455, Argenterie de la
reine, P 30 v°.,i
Pouravoirlachii' uiicdoiizaiue de </uaff'es,
.111. gros. (14.j6, Coinpie de lut. da Cnisol-
Mortel, A. Tournai.)
C/ioiffe. (ino, .\. X. .1.1 196, pièce 30i.)
— Fig., soufflet :
Je vos pingnerai, je vosdonrei une coi//'e.
{Rioie du monde, nis. Uerne 113, ["201 V".)
— Capuchon de mailles :
Tronchet la coife enlresque .1 la char.
(nul., 3436.)
La coife de! halberc Tu faite.
En tel manière qu'ele ot traite
Sa bloie crine de defors
Que el li covri tôt le cors.
(lineiis, 6929.)
Que le hiaume li a et fendu et copé
Et le qnafe cnseraent dont le cief ot armé.
(Roum. d'AtiT, f» 30'.)
Amont el heaume qui flamboie.
Jusqu'à la cotise 11 envoie.
(/■'/. ei niancefl., 2" vers., 1147.)
Chevaus crever, ciiiffes brisier.
(J. Brctel, Tourn. de Chauvend, 3547.)
Et mis le rpieffe ou chief et chaindy mon espoit.
(//. Ca/irt, 4966.)
Cf. Coiffe, H, 171'.
t:oirER, mod. coiffer, verbe. — A.,
couvrir la tête d'une coilîe, d'une coif-
fure quelconque.
— Mettre sur la tête :
(Venus) le transmit (un chapeau de roses) a son
[cher enfant-
Qui de bon canir le va coiffant.
(Cx. Marot, 1. ]i. s, rj. 1396.)
— Séduire :
Celuy qui veut estre sage, doilit regarder
a ce qui est bon et vray en soy, et non a
ce qui le semble, el qui est le plus usité el
fréquenté, et ne se laisser coiffer et empor-
ter a la mullitude. (CiiARiio.x. Sag., 1. 11, c.
1. p. 302.)
— ■ Donner un coup sur la tète :
Je m'en vais te coefer des crochets que je porte.
(BoiSBon., la Folle Gai/., VI, 7.)
— Réfl., s'enticher :
Ny se coiffer ou espoiiser aucune chose.
(Cii.MiKON, Sag.. 1. II. c. 2, p. 308.)
— Coi'/V. pai't. passé, qui a une coiffe,
une coiff'ure :
l-es aulres son! espes coiffjes
Ef en lor caj)er(ms muchies.
{/m l'içf d'amours, 2425.)
Qu'il soit bien amé — mais, d'amer
Fille en chief ou femme coeff'ee.
(ViLLOîi, G)-. Test., 1078.)
Ilault i-nneffe.es si estoientles dames. (Le-
Dov., Chron., t" 2.)
- Fig. :
Le fardeau coiffé ou cordé. (0 mai l.j73,
Arr. imp., Orl., Gibier.)
■ — Entiché :
Coeffé de l'amourdesa femme. fF.uiciiET,
Aniiq. gaiil., III, 2.)
Tant ce prince estoil coiffé et amoureux
de laditte marquise, d', IIirault, Mcin., an
1001.)
coiFi-EMEXT, S. m., tout Ce qui con-
cerne la coiff'ure :
Attillage, altilîement. coeffemenl. (Tritim
Ling. Dict., 160i.)
COIFFURE, s.f.. manière de se coiffer.
ce qui sert à se coiffer :
Coeffeure. (AiTox, Cliron.. R. X. .'^lOSS, f
112 r°.)
COIGX.VnON, V. CoGN.iTION. j
coiGXE FESTU, mod. cogne-fétu, s.
m., celui qui se donne beaucoup de
mal pour peu de chose ; j
Vela bien congne le festn. '.
{Gbingore. le .feu du prince des sotz. Sottie, 1,209.)
Il semliloit un coigne festu, el il ne vou- |
loit rien faire, ny laisser faii'e les autres, i
(Mo.NTi.uc, l'onim.', 1. L) I
Et je di voyant ma fortune.
Maigre s'il en fut jamais une.
Je suis un grand cogne fc.slii.
(.1. DE Paif, Mimes, 1. I, f" 26 r«.)
Ce seroit les vouloir faire coigne festu.t.
(Choi.if.hiîs, Mutinées, p. \:>2.)
Tu me prends a tort pour un coigne festu.
(SCHELAKDR., Tj/c ct .S'iV/., I" joam., IV, 10.)
t;oi<:\'iEE, mod. cognée, s. f., sorte !
de hache qui va s'élargissant du tran-
chant au dos de la lame, avec laquelle
on frappe à coups répétés sur un arbre, ;
sur une pièce de bois qu'on veut couper
ou fendre :
Besague et gulngnles en uni od els portez.
'Garn., s. Tliomas, B. N. 13513, f" 89 y».)
En sa désire main tint chascuns s'espee nue
En l'autre les giinignics. et li quarz besague.
fin., ifj.. f' 9\ t'.)
Cil aportereni haches et cuir/nies et dars
Et escus a rodes, espees et faussars.
(J. Bon., .^aimes, LVUI, var.)
C«n/e — securis. (T/ie trealise de utensi-
lihus of Ale.T. Neckam.
Cnngnie. {S. Grnal, Val. Ciir. 1687, f° 119
v".)
A iceste parolle .i. vilain lor est sors
Et portoit se cuingnie dont ot ovré le jor.
(£■. lie .S'. r,ille, B. N. 25316, f« SD".)
Kl ja au pie de l'abre est mise la cuin-
gnie. {Sermon. Ilril. .Mus., add. l.jOOO, 1'
02".)
(jue cascuns soit bien warnis île pelé u
de liauel u de quingnie. (1265, ap. Tailliar,
p. 274.)
Un escuier engloiz lenoit une cnr/nie.
Un compaignon Hertran en feri sur l'oie.
(Cuv., D. du liucscl., 970.)
A toulpelles e\. ciiirjnies.iVwoi^s. , Cliron..
V, 200.)
Une cuiqgnie a main par Cloceville, .ni.
sols. (1415-1416, Registre des rece/yles de
Boulogne-sur-Mer, p. 165.)
lîicn fol seroit qui donneroil los a l.i
cuingnie d'avoir charpenté la maison. (M.
LE Franc, Eitrifde Fort., f" 9 r".)
Congnee. (La lion.. Ilarnxon.. p. .^08.)
<;«HGMER. mod. co.aner, v. a., frap-
per à coups répétés de manière à en-
foncer; frapper avec un coin, enfoncer
en guise de coin :
En ceste cité mesme en la(|uelle il l'ait
balre et coignier sa monnoie. [Lie. de Marc
Pot, XCIV, Faut.)
Resant cuignié en l'estampe. (.Maiz., Songe
du viel peL, prol., f 4''.)
Pour ung grantpaul qu'il a (oiil el coigne
en la rivière de .Nièvre. (Com/it. de Never.i,
1389-92, ce 1, f"39 r".)
Et ceo que est trové bon argent estre
illeoques ferres eli-uines en mailesengloys
et toutes ceux qui appres le feste tkidit
pasques ascunes Galyphalpens Saskyns ou
Iloitkyns lacent, ciiinenl ou acliatent ou
apportent en ledit royalme d'Engleterre
pur les vendre. (Slat. de Henri V, an II.)
(^oiqner des paulx en terre. (1468, Compl.
de i\èrers, CC 03, f" 29 r".)
Jehan Jlenain. fondeur, fait le moulle ilu
molon a cognierleA esguelles du pont. (1475-
76, Comptes de Nevers, CC 69.'
L'if perd son venin, coignant dedans son
bois un clou de bronze. (De Pinet, Pline,
XVI, 10.)
Congner.
(Bons., Franc., IV.)
Et n'estions pas si.x cens quand la pre-
mière charge se fit; et puis nous le co-
gnasmes dans ce dict village, et se rendi-
rent par composition, (Rrant., Cap. fr..
Montsalles.)
Le père y alla, le combatit et le coigna
itisques en Jlarroche. (Auu., llist. unio., 1,
15.)
— Fig. :
Et que dans mon ventre je cogne
Vin blanc muscat et vin vermeil.
(Godard, les Desfjuis., V, 5.)
Cf. H, 172'.
1. coi>, s. m., corps solide terminé
en angle; extrémité d'un corps solide
terminé en angle; pointe; sommet :
El coin amont devers la rive
A une grant roche naive :
lluec sont li murail asis.
(Eneas, 419.)
.1. cime de haut c/fig li est el cief fermes.
(Rom. d'Alex., (' 10". )
COI
COI
COL
121
Et les quins do lor cimes a le tiere hurler.
(«., {• 22'.)
Car ilseoit ou coing clou flunqui fourche.
(Mknestrel, s 176.)
Quoing. (1311, k. N. ,IJ 48, f 8 v«.)
Le coing d'une ruelle. (1312, k. N. S 3,
pièce 33.)
.ui. pies (le reiûiir tlou premier qui» g de
l'iretage ledit .Iakemon. alanl entre leurs
.11. hiretages jusques a le rue. vlO sejU. 1342,
C'est H accors Je/tau de te Xoue, chir., S.
Brice, A. Tournai.)
Fait le coign de ladicte rue. (1391, Livre
(les hei-it. de S. BevlKomé, T 4 r°, Bibl. la
Hoclielle.)
Pour avoir fait refaire et graver de nou-
viel les quins dont on a enseigné les draps
apportes a le perche, lequel estoient de
nulle valeur. (1396, liulleiin du comité de la
langue et de l'hisl. de la France., III, 629.)
Li troy estât delTendirent a forgier le
nionnoie que on forgoit, et saisirent les
quinds. (Froiss., C/non., V, 294.)
Le vieillard seigneur du lieu, estant dans
la tourette du coin. (Auiî.. Fœnest., 1. III,
c. 12.)
— Coin des lisons, coin du feu :
Je hay trop le coin âcs tisons.
Je n'aime l'ombre des maisons.
(J. A. DE Baif, /(î Brat'e, I, i.)
— Coin d'œil, regard dérobé :
Mais si jamais a mon vueil
D'un coing d'œil.
D'un soupir, ou d'un soubs rire,
Je l'attire,
J'osteray tel entretien
Luy disant qu'on l'aime bien.
(Jean de la Taille, la Ituslique amie.)
Vous faisant un jour après une œillade,
un souriz de travers, un coin d'œil. (N. du
F.iiL, Prop. rust., p. 78, éd. 1519, var.)
— T. de monnaie, morceau de fer
trempé et gravé qui sert à marquer les
monnaies et les médailles :
Ne furent pas ou coing féru
Dont les monnoies sont loiax.
(GuioT, Bible, iS9.)
Quîconques a son per s'aploie,
Fausse la naturel monoie.
An doues pars hont les coins changiez.
(Poème aUig., Brit. Mus., AdJ. 15606, t° 9''.)
Huit vins escus d'or du coing du roy.
(1360, A. S.-et-3Iarne.)
Tailleur de quoings de monnoye.(12 sept.
14IÔ, lieg. de tu loy, 14l3-142.'i, À. Tournai.)
Tailleur des quinsde le monnoic de Saint
Quentin. (Conjurement du 16 oct. HÎH. ih.)
Le cung de la rnonnove de la cité. (1433,
Preuv. de Metz, V, 2'2.j
J'ay depuis deux ans en ça faicl expé-
dier certaines commissions a quelques
olliciers de ma court des monnoyes pour
informer des ahuset malversations qui s'y
sont commiset exercez durant ces derniers
troubles par les malstres et fermiers qui
se sont voulu assujettir a faire fabriciuer
monnoye au coin de nos armes, allin de
taire faire justice exemplaire de ceux qui
se trouveront coulpables. (Lett. miss, de
Henri /F, p. 25.)
— Fig., forger a son coin, rendre
semblable à soi, comme on dit aujour-
d'hui marquer à son coin :
Ils voudroyeni bien forger tout le reste
des hommes a leur coin. (Tahureau, Prem.
dial. du Democritir, p. 103.)
Cf. II, 173".
2. coiiv, mod. coing, s. m., fruit du
cognassier :
Cooîns. permeiQs, pesches et Ces.
( l'ie de S. Gile, 1923.)
Tu ne fleres pas comme uns coins.
[Drbat, Monliiiglon et nayoaud, II, 134.)
Ils nous ont presanté des potages faicts
de couins. (Mont., Voyage, p. 41.)
coiNCiDEXCE, s. f., le fait de coïnci-
der:
Coincidentia, co(;icidn«ce. (1464, Lagadeix,
Catholicon.)
coixcide:vt, adj., qui coïncide:
Prenant l'oisiveté, seconde tl coïncidente
cause de l'amour, pour sa source première
etpricipale. (Sibil., Contram., p. 8.)
coïncider, V. n.,se rencontrer exac-
tement sur tous les points :
Coïncider en partie et non pas en tout.
(Oressie, ap. Meunier, Tliése.)
coiNDiCATiF, adj., qui donne une
coïndication :
Souvenons nous des choses cy dessus
mentionnées, qui nous conduisent a ce
qu'il faut faire: les unes sont indicatives,
les autres sont coindicalives, les autres sont
répugnantes, les autres sont correpugnan-
les. Les indicatives sont celles qui de soy
niesme et de leur nature enseignent ce qui
est a faire ; coindicalives sont celles qui en-
seignent le mesme que les indicatives,
mais seulement par accident, et non pro-
prement et essentiellement. (Paré, CEuv.,
Introd., c. xxni.)
coi-\DicATio\', s. f. , concours de
plusieurs indications tendant toutes à
motiver telle ou telle médication :
L'air nous donne quelque indication, ou
plustost coindication : car s'il est semblable
a la maladie, il symbolise en indication
avec la maladie, et pour ce l'indication
est de corriger. (Pari;, Œuv., Intr.,c. xxii.)
coi.xG, V. Coin. — coixgîv.isse, y.
COQ.WSSE. — COI\Gi\AT, V. COGNAT. —
coixGME. V. Cognée.
C()i\'TE, adj., gracieux.
Cf. Il, \1Z\
coiox. s. m., homme inou, sans
énergie :
• Iv. jure le Deus qui fist le Irons,
Qu'i[l] confondra coarz o cogoons,
E qucns .G. par non, e ses glotons.
{Ger. de Jloss., p. 304.)
Ha 1 coion ! qu'est ce qui me lient
Que je ne t'assomme ?
(Grevis, les Esbaliis, V, -4.)
Quatre coyons prenant la fuite sont sufli
sants pour attirer le reste. (Montl., Comm.,
l. 7.)
Il sera réputé de tout le monde ung
cogon. (17 déc. 1592, Lett. du s' Desportes
au duc de Maienne, ap. Félibien, Pr. de
l'Hist. de P., I, 807.)
Cf. COUILLON.
coioxxADE. S. f., acte, propos de
coïon :
Il fera resolution en soy meisme, si il a
tant soit peu de conu-, de mourir cent fois
plutost que de faire une coî;)/07(narfeou une
faute. (Moxtl., Comm., 1. VU.)
coio.\\ER, verbe. — A., traiter comme
un coïon. — N., agir en coïon :
(COTGR.)
coioxNERiE, s. f., conduite, acte de
coïon.
— Chose amusante et sans consé-
quence :
M. Guitart m'adonnéune nouvelle coi7o«-
nerie et amuse badaut qui couroit ici...
(L'EsTOiLE. Mém., 2= p.. p. 528.)
coissix, V. Coussin.
coït, s. m., acte de raccouplement
chez l'homme :
Arislote en dit une clause :
(Que) coliit n'est pas d'amour cause.
(J. Le Ftîtee. In Vieille. B. N. 19138. !' 7 r".) B. N.
8S1. f» i", et éJ. Cocheris, Ifii; coAir.- B. N. 2327,
t° 10 r» : choit:
Et pour le cohit esveiller.
(ID., ib., B. N. 19138, f" 14 »».) B. N. 881, f» 7=, B.
N. 2327, f» 19 r«, et éd. Cocheris, 598 ; coMr.
Cf. COIR, II, 176°.
COITE, adj. f., de coït, qui a rapport
au coït :
L'amour est brute et illicite
Qui ne lent que a fin cohite.
(J. LeFeyre, la Vieille, 162.)
1. COL, S. m., mod. cou, s. m., partie
du corps de l'homme, de l'animal, qui
unit la tête au tronc :
Ge deveie le col eslendre,
Et encoste de moi estcit
Cil ki decoler me dcvcit.
{Eneas, 1042.)
L'enfant au cnel prist a saisir.
[Un Ctiival. e sa dame, ms. Cambr.. Corpus 50, ["94
P. Meyer, Itupp.)
Et ne fu armez que d'un gamboison et
d'un chapel de fer, son escu a son col. (ViL-
LEHARD., J 168.)
Coût. {De iV.-D., n. >'. 19525, f 88 r°.)
Cil des tors les trébuchèrent conlreval
ou il orentpeçûiez braz et cuisses al cous.
(G. DE Tvii, VI, 8.)
El a leur quarriaus asseoir
.Sus visages nuz et sus cos
Sevcnl trop miex viser leur cos.
(GuiABT, Itay. lingn., 1878.)
T. I.\.
16
122 COL
Au col aies un fcrmaillet
Poi parant ou un esmaillet
Net et propre, fetis et gent :
Il plesl moût a aucune gent.
{La Clef d'amours, 361.)
Des gens du roy qui est chiefs
Au duc d'Anjou qui, pour cstre vengiez,
Venoit illec, ciioient. ou coul la corde,
Remission, grâce et miséricorde.
{1:lst. Utscn., III, 67.)
— Partie étroite entre le corps de
certains objets et la tète ou sommet :
Un pot
Qui a le col long et eslroit.
[Ysopet, 1, fiib. xxim.)
— Passage étroit :
Et après cela fil un grand fossé sur le
cul de la cité qui joignoil la partie envi-
ronnée de mer a celle qui estoil en terre.
Lequel fossé Iravei-soil tout ledit col d'une
mer a l'autre, et conlenoit vingt cinq sta-
des. (Seyssel, AppianAlex.,^ h'i r°.)
— Col de pied, cou-de-pied :
Le hou (lel j)é.
(Garnier, s. Tlwm., B. N. 13513, f» 34 t».)
Et puis se li vesti on le palle, une ma-
nière d'afulenient estoit qui baloil seur le
col du pié pardevant. (Robeut de Clary, p.
75, Riant.)
2. COL, V. Chou.
toLAUix, s. m., petite frise du clia-
piteau des colonnes toscanes et dori-
ques :
Le collerin de la colomne. (Delorme, Ar-
chit., V, 27.)
coLATtRE, S. f., action de faire pas-
ser un liquide à travers un tissu de
toile ou de laine peu serré pour en sé-
parer le marc :
Cesle coladuve soit donnée au matin. (B.
DE GORD., Pratiq., II, 10.)
Puis on les coulera par une estamine, et
d'icelle coulalure on en trempera des lin-
ges. (Paré, X.\I, 2-2.)
Cf. COULATURE, II, Soi'.
coLAUTiOîv, V. Collation 2.
coLciiANT, mod. couchant, s. m.,
occident.
— Partie horizontale d'une pièce :
Le couchant du mollaige estre de petilte
valleur, et le tournant avoir d'espesseur
cincq pos et demy, et sont de pierre noire.
(S mai I JOO, Esci-ips de leuiuiei- fait du mo-
li/i du Sauclioil a Je/ian Radaul, certaines
vies durant, chir., SI Bi'ice, A. Toui-nai.)
Cf. COUCH.\NT, II, 330\
coLCiiE, mod. couche, s. f., lit :
Se fait en une couche mètre.
(GiUT. d'Arhas, Ilte et Galeron, 3J31.)
La roine qui molt estoit sage vint a lui
et le prentparla main et le traita une pari,
en une colclie. (Artur, M. iS. 337, f^ 139".)
COL
Quant se descbauce sus sa choche.
(G. DE CoiNci, Mir.j ms. Brux., f» 154*.)
Entra il en la sale ou li rois Ilenriz estoit
acouiîeiz en une couclie. (Ménestrel, g 23.)
Enti-eront ta maisoun et la couche de ton
lit. (Bible, E.\ode, Vlll, 2, B. N. 1.)
Cache. (EVR. de Co.nty, Secr. d'Arisl., B.
N. Ô71, f° 134 r°.)
Porté fu le roy de sa couche en son lit.
(Crist. de Pizas," C/iacte V, 3° p., eh. lxxi.)
Quant nous entrâmes en nostre ménage
nous n'avions gueres de meubles, et nous
a convenu achapter liz, couchez, chambi-es,
cl moult d'autres choses. (Quinze joies de
inariafie, 1.)
Repaislre, et bien boire, moitié au per.
moitié a \a.couche, rien si cher ne précieux
est que le temps, employons le en bonnes
œuvres. (Rai)., Cinquiesme livre, ch. v.)
— Linge dont on enveloppe les tout
petits enfants :
.III. coucqnes de lurelle. (lôO.j, Dépenses
pour les enfants trouvés, Arch. mun. Lille.)
— Alitement de la femme pendant
l'enfantement et ses suites :
M. de Nevers vint joindre le frei'e du roy
en Champagne, puis entendant la couche
de madame sa femme, s'y en alla avec qua-
rante gentilshommes. (Du Tili.et, Chron.
abrégée, p. 228.)
• — Reposoir funéraire, catafalque :
Pour se part de le coucque, faite en le-
dicte église, au jour que on fist service
dudil delTunct. (9 fév. liOi, Exéc. test.
d'Ysabiel Voliarde, A. Tournai.)
Pour le loyer du palle, que on heul, et
qui lu mis sur lecorps deladicte delTuncte,
audit enterrement, et sur le couque que
on list pour yccUe, au jour de sen dit ser-
vice et obseque, en ladilte église. (1" aoùl
140i, Exécut. testnm. de Arjmes de Crespin,
ib.)
— Lit de choses couchées les unes
sur les autres :
Et se ele est en une couche, si ne donra
que .11. d. qui que ele soit. (Est. Boileau,
Liv. des mesl., 2° p.. H, 12.)
— Disposition plus ou moins couchée
de la crosse d'une arbalète :
Porus ait pris l'arçon, sy le vait entoîsans,
Devant la couche mist .i. vaconcel pesant.
(Vn-ux du Paoti, IT"S., ms. Epinal 189, DuUet. .\. T.,
1876, p. 113.)
— Disposition d'une pièce étendue
horizontalement, cette pièce elle-même :
Lui ont ars et bi'ulé le marrien de la
forme dudil molin que l'onavoil fait toute
neufve et qu'il estoiten co»t7ie toute preste
pour la drecier. (i nov. 144i, f° 17 v", Ch.
des compt. de Dijon, B 11S8I, A. C.-d'Or.)
Cf. Couche 1, t. II, p. 330".
coLCHETE, mod. couchettc, s. f., petit
lit, bois de lit :
Colchele. (De vita Chrisli, B. N. 181, f» 49
T".)
Couschele. (1471, Compt. du R. René, p.
276.)
COL
Une couchele de bois toute enchassillee
de marnes. (lil\, Inv. du roi René à Angers,
ap. V. Gay.)
S'en alla gecter sus une couc/iete. (Hisl.
de l'alanus, f" 37 v".)
Cf. CoucniETTE, II, 330^
1. coLCHiER, mod. coucher, verbe. —
A., mettre au lit, au propre et au fig. :
Quand j'auray couché ma maistresse.
(Amyot, Theag. et Car., I.)
— Mettre au sépulcre :
E od les morz de gré cochié.
(Wace, Mou, 3" p., 8924.)
En cel lieu fu Jliesus corchlez.
Qui bien estoit apareilliez.
(Geff., .VII. est. du monde, B. N. 152C, l' \îi'.)
— Mettre horizontalement :
Quant Xorgal veit le chevalier venir sur
luy il coucha sa lance et se rencontrèrent
vaillamment. (Perceforest, vol. V, ch. xx.)
Norgal print une lance,... et la coucha
sur le chevalier qui venoit sur luy de granl
rendon. (Ib.)
Au plus plain par ou on les pooit apro-
chier, i! chouchierent granl foison d'ai'bres
et de bois, dont trop bien se fortefiierent.
(Kroiss., Chron., I, 333.)
Et après ce qu'ilz ne vouloient ouvrir,
ilz couchèrent la porte de ladicte maison
au travers de l'uysserie. (1459-60, A. N. J.l
190, f- 111.)
Baissant les visières couchent le boys, el
commencent a s'approcher. (Carloix, Mém.,
1. V, ch. H.)
— Réfl., se mettre au lit, se placer
horizontalement:
Li reis Marsilies esteit en Sarraguce :
Alez en est en un vergier suz l'ombre ;
Sur un perrun de marbre bloi se. cidchet.
[Rut.. 10.)
Sur l'herbe descent il en un prêt,
5e colchet a lerro.
(Ib., 2448.)
Franceis se cochent, mais poi ont reposé.
(Gariil le Loh., 1" cbans., VIII.)
Dit U ad que son lit seit prest ;
Cocher se vodra, kar lens est,
(HuoN DE Rot-, Ipoined., 947.)
Quant il vinrent laiens, si se coudèrent
el reposèrent jusl'os a l'endemain apries
la messe. (Henri de Val., $ 575.)
— N., se coucher :
Et quant fu termes de colchier
Si fait les liz apareillier.
(Eneas, 1205.)
Les troi barons font en terre cuichier.
(Car. le Loti., 2» chaos., XXXVI.)
Signor vos fis de ma mollier,
O vous le fis aler chocter.
^Atliis et Porphir., B. N. 375, f» 127'.)
Venue sui o vous choucier.
[Ib., Biit. Mus., R. 1G41I, f 26.)
— Etre en couches :
Nourrisses el matrones... pour garder la
dame tant comme elle couchera. (Quinze
joyes de mariage, 3° joye, p. 27.)
COL
COL
COL
123
— Colchié, p. passé, qui est dans son
lit:
Quida cil ke il fust od la dame kuclié.
(Gaks., s. Thom., B. .N. 13513, f» 6 r".)
Bien concilié en tlraps blancs et couvre-
chiefs blancs. (1393, Méitaijier, I, 169.)
2. COLGHIER, mod. coucher, s. m.,
action de se mettre au lit :
Ki aimcnl le scjor et le grant reposer.
Et le soir, al choiicîer, le via et le claré.
[Loh., nom., VI, 4SS, 35.)
Une quarte île vin de rouchier. (1285, Or-
den. de l'osl. le Roy, A. S. JJ 57, f° 8 V.)
.1. seslier de vin pour eulz toiiz au cou-
rhier. (1310, ib., f 60 r°.)
I.ors que Monsieur dormoit après disner,
car il prenoit son bonnet et vin de cou-
cher des le malin. (N. du F.\il, Eith-ap.,
XVI.)
coldraie, mod. coudraie, s. f., lieu
planté de coudriers:
Raherins de la Codvaie. (1186, Cari, du-
nense, Mabille, p. 185.)
L'autre jour mon chamin erroie
Si oi dame gaimenteir
Ki ce seoit ses la codroie.
(Chans., ap. Bartscb, Boni, et Pastour., I, 42, 1.)
Pource que la couldroye estoit si drue, il
ne peut chevaucher par dedans. (Percefo-
resl, vol. V, c. 15.)
coLDRE, mod. coudre, s. m. et f.
coudrier, noisetier :
Nemus quod vocalur toure. (1198, Cari,
du Paraclet, f 11 v°, .\rch. .\ube, origin.)
N'i ol coldre ne chastaignier
U il ne mettent laz u glu.
(Mabie, Lais, Laustic, 98.)
De cordes de hars et de corre.
De kaines et de carkans
Les crucefienl en lor bans.
(G. DE Cambrai, Barlaam, p. 131.)
Gart Ysengrin a son damage !
Se li vasseaï est enpiries^
Et par Renart mal atiriez
Le vaillant d'une nois de cottâre.
Près sui que je U face soudre.
{Hen., Br. I, lis.,
Desuz une coudre menue
A Irové dant Coflet gisant.
{Ib., Br. XIII, 193i.)
Et remircr ces biaus moricrs.
Ces pins, ces cadres, ces loriers.
[Hase, 1Î97.)
Coiidres droites.
(/*., ms. Corsioi, f» 10^)
Colurus. caure, gerens noisette. {Ollapa-
lella, p. 28.)
Pour liens il ne dolent cullir chaisne,
fou, ne courre. (1321, A. N. JJ 60, f° 138 v».)
Coutre. (15 janv. 1339, S. Bénigne, Mo-
niales de Larfey, A. Côte-d'Or.)
Corulus, CflHre. {Gloas.rom.-lal. du xv's.)
Un drageoir de rassine de couldre, a pié
ouvré sur le bort de bestes etfleurs. (U71,
Inv. du roi René à Angers, ap. V. Gay.)
Une pièce de terre appelle le champ du
cueuldre. (1490, Terrier de la famille Co-
quillede Derize, ms. appartenant à M. Bou-
tillier.)
La coldre et visme. (15 nov. 1575, A. Gir.,
Not., d'Orléans, 212-1.)
Gentil rossignol passager
Qui t'es encore venu loger
Dedans ceste coudre ramee.
(Ross., Od., II, p. 420, Mellerio.)
COLOREE, S. f., syn. de coldraie:
Robinus de la Codree. (7 janv. 1237, Beau-
vais, A. .\ube.)
!
j roLE, mod. colle, s. f., préparation
molle et homogène qu'on obtient en dé-
layant de la farine dans de l'eau, et la
soumettant à la chaleur, et qui sert à
joindre d'une manière fixe certains ob-
jets:
X Jehan de Troyes, sellier, pour cuirer
et nerver de veaux a cole de fromaige tout
couvert, li chapelle et le corpset les timons
(d'unelitiere)... (1382, Compte de l'écurie du
roi, ap. V. Gay.)
coLECTio\, mod. collection, s. f., ac-
tion de réunir, pour en former un en-
semble, des choses recueillies de divers
côtés ; réunion de choses ainsi recueil-
lies :
la.colleclion desfruis. (Okesme, f/A.jVIII,
12.)
Il est bien de considérer les rolleclions ou
commi.Klions de touleslesmanieresdescho-
ses dessus dictes. (Id., Politiq., 2' p., r 2'.)
— Méd., amas d'un liquide dans quel-
qu'une des cavités closes du corps :
Les collections etassemblees de humeurs.
(Jard. de santé, I, 116.)
Les collections et enfleures de la bouche.
{Ib., I, 120.)
Colectioiis et accumulations du sang. {Ib.,
I, 443.)
coLE.MEXT, mod. collcment, s. m.,
état de choses collées l'une sur l'autre :
Le médicament incarnatif, aggregatif, ou
consolidatif, est celuy qui desseiche et es-
paissit rhumidité demeurantenlre les deux
superficies prochaines de la playe : de
sorle que l'humidité soit converliea colle-
ment et gluement, et <[ue des superficies
l'une s'attache a l'autre. (Jolb., Gr. chic,
p. 670.)
Li sainz esperiz nos est donez el bap-
tesme au mundement et au collemenl des
vertuz. (Trad. de Belelh, B. S. 1. 995, f 54
Ceste Teste est dou rjllement des os, si
com disoit maistre Gillebert : unum potius
débet dici festum colleclionis quam decol-
lationis. {Ib., f 75 r".)
COLEMIER, V. CûLOMBlEIÎ.
coLER, mod. coller, v. a., réunir,
fixer avec de la colle :
Les cordonniers de Lemnos usent de
terre grasse pour roWee leurs cuirs, au lieu
de colle. (Belon, Singularité:, I, 32.)
1. COLERE, S. f., bile :
Médecines usualesetsimplesqui purgent
la colère. (Chirurg. de Gui de Chauliac, B.
K. 24249, f 306 r".)
— Violente irritation qu'on laisse écla-
ter contre qqn. :
Desdain mesié de cholere. (J. Le JI.ure,
dans Dict. gén.)
2. COLERE, V. Collyre.
COLERE, adj.. qui se laisser emporter
à la colère :
Les marques des François colères. (B.
Desper., Nouv., 121, t. II, p. 367, Lacour.)
COLERER (se), V. réfl., Se mettre en
colère :
C'est lascheté et foiblesse que se colerer.
(Ch.^rb., Sag., I, .x.wii, p. 180.)
Cotys Roy ayant receu de présent plu-
sieurs 1res beaux el riches vaisseaux fra-
giles et aisez a casser, les rompit tous,
pour n'eslre en danger de se colerer ad-
venant qu'ils fussent casses. (Ch.\rr., Saj.,
III, XXXI, p. 731.)
COLERETE, mod. Collerette, s. f., tour
de cou généralement plissé :
Garny decolerele de telles et de cendeaux.
(1309, ap. Lobineau, Pr. de l'Iiist. de Bret.,
t. II, col. 1639.)
Item a Jehan Lapoget .i. auketon et une
kolerelte puisainne. (Mars 1315, Testam.
Jeh. dou Pelich, chir., A. Tournai.)
Bone collerate. (1337, Coll. de Lorr., III,
f 42.)
Le colerette de son pourpoint. (2 janv.
•1445, Heg. de la loy, 1412-58, A. Tournai.)
Une douzaine de colerreltes de fine toi-
lette. (1519, Test., A. Douai.)
J'ay détaché ma colerette
Pour mieux me rafraischir le sein.
(Vauq., Idill., I, 67.)
La corleretle. {1606, Enguéle crimin., Arch.
Spa.)
COLEREUX, adj., bilieux :
Cf. II. ISl".
— Prompt à se mettre en colère :
Prêts de s'entrechoquer d'une ardeur coléreuse.
(RoB. Gars., dans Dict. g'-ii.)
COLERIE, V. COLIRE.
COLERIQUE, adj., qui a rapport à la
bile ; qui produit de la bile :
Qui les orroit de colérique
Pledoier, ou de lleumatique ?
(Gc\OT, Bible, 2374.)
A(v)nes est signe chault et sec, coluriqiie,
mouvabic quant la lune se va en iceluy
signe. {Duodecim signa, B. X. 2027, f° 132
v°.)
En yver a li fleumalitjue
Assez pis que li colérique
Et li vieus.
{Fait. d'Ov., Ars. 5069, f» ÎZV.)
124
COL
Li colerikes caiis. (Alebr., B. N- 2021, f
7 v°.)
Selone ce que la viande fl^"fS;;''i^^'^"
flegmaUl<e.(Evn.DE CoNTY,/«('-od.d «liron.,
li. N. 1353, l" 8".)
Kievre co/or/./'''', maladie calorique. (B.
DE GORD., Praliq., I, 0-)
Passion collinque. (lard, de santé, 1, 216.)
_ Porté à la colère par tempéra-
ment :
I asaee dame la royne lleslei-, femme du
,.ov de lurie', „ui mo\ai e.loil co^^que et
ha'lif. {Lw. du Cheo. de La Jour, Wlll.)
Naturellemenl les Anglois qui ne sont
jamais partis d'Angleten-e sont fort cole
ricques. (Comm., Mém., IV, b.;
Et je veulx le mien collorlque,
Hardy, motif et esveillé.
, Farce nouv. ,les femm. qui fout refondre leurs mans.
Adc. Tli. fr., I, 85.)
COLERIQUEMENT, aclv . , 001111116 Utl
homme en colère :
Anres avoir par ledit de Salines entendu
radveftissement de ladite dame .je me
partis de ee pas assez colenquement et m en
^'ns tout droit vers led.t ïfgne^'r ^^ '•
(95 fév. 1518, AVffOc-. eut. la Fr. et l Aul, .,
11,271.)
Un gentilhomme, beau frère du seigneur
de Fallais, vint retrouver Calvin etluydict
fort eiwleriquement qu'il ne Pen^^s tpas de
traiter ainsi les gentilshommes. (Bolsec,
Hisl. de Calv., ch. xii.)
coLET, mod. collet, s. m., petit cou.
_ Cûlet a coh'l, corps à corps :
Mais entre tous il trouva une riche mai-
son de gentilhomme de Bretaigne, ou il y
avoit trois fils de bon aage, et de belle
laiUe, beaux danseurs de passe pieds, et de
irihoris, beaux luiteurs, et n'en eussent
craint homme collet a collet. {Joyeuses ad-
vent., 1.)
— Prendre, saisir, tenir qqn au col-
let, le prendre par le haut de son habit,
avec force ou avec violence, au propre
et au fig. :
«i les pourrons tenir au collet avant qu'ilz
nous apperchoyvent. (J. de Bueil, le Jou-
vencel, 1, 79.)
Comme est il possible qu'on se puisse
delTaire du pensement de la mor , e qu a
chasque instant il ne nous semble quelle
Lui tienne au collet? (Mont., liv. Il, ch.
XIX, p. 38.)
— Mellre la main sur le collet, saisir,
arrêter :
Luy mist la 7nain sur le colet, et le fit
prendre par ses archiers. (Du II.ullan, Est.
des aff. de Fr., P 98 r°.)
Le iuge ayant faict mettre la main sur le
coHeid? ce pauvre diable, et iceluy lier ala
torture, l'interrogeoil de son maistre et ou
il estoit. (Lariv., Nuicls, XIU, iv.)
_ Petit col, partie d'un vêtement
d'homme ou de femme qui entoure le
cou :
COL
Rol)0 doiz avoir propre el nete, 1
Au cors et au colet bien fête.
{La Clef d'amours, 349.)
Pour .1. colet de pourpoint. (1'' sept. 1 408-
!«' sept. 1409, Comijte de la rec. gén. de
Hainaut, f 70, A. Nord.)
Pour une piel de cas sauvages, dont li
cotes de la dicte huppe ande f" f°»'-es- d.^
déc. Ii2i, Curatelle de Jacques de \e.ûn,A.
Tournai.)
4 colletz detoilledc linople. (1.528, Compte
des menus plaisirs du rot, ap. V. Gay.)
Son sein blanc et douillet
Est a dcmy couvert d'un transp.irent colet.
^Uu Babtas, Judit, 1\ .)
— En t. de chasse, sorte de lacs à
prendre des lièvres, des lapins, etc. :
Lors envoya tous ses valets,
Tendre mille lacz et collets.
Tous disposes pour la ruine
De la malheureuse fouine.
(Melus de s. Gelais, Œuo. poél., p. 47.)
— Ouvrir son colet, se décolleter :
Je -ne m'estonne plus de ce que Gene-
viefve n'ouvrait jamaisso« collet par devant
comme font les autres filles. (Tourneb., les
Conlens, II, 3.)
Cf. II, 181°.
coi.ETix, mod. coUetin, s. m., collet
de buffle :
Boutions pour mettre sur le coletin. ( lô80,
Compt. de tut., t" 120», Barb.de Lesc, Arch.
Finist.)
CoUetin. [Ib., C l'2G'.)
l!ng coUetin sans manche. (Con)pte de
Baubers-Vuugentien.)
CoUetin ou buffle. (Cuez.)
COLIAIVDBE, V. Conl.\NDRE.
coLiAiiT, S. m., variété de raie :
Coliart. A kinde of smoolh and straw
coloured ray fish. (Cotgr.)
coLiEB, mod. collier, s. m., cercle
qui fait le tour du cou, ornement du
cou ; cercle de métal, de cuir, qu'on
mettait au cou des esclaves, qu'on met
au cou des animaux pour les attacher :
Coulier. {Liv. du R. Ramliaux, Ars. 3150,
t" 41 V".) , ,
Bien sevenl mes règles garder
Et sunt si très bon escolier
Qu'il treent tuit a mon coller.
{Ilose, B. N. 1=73, f 159'.)
Trois ehevaus, six beufstraiensacharnoi-
cheezde traiz, de colliers. (20 juiU. 1375, A.
Oise MM 30, f° 43.)
15 coliers avec 15 campanes torses pour
les loups. (1393, ap. Laborde, Ducs de Bour-
gogne.)
Coliers de corde baillez aux meneuvres
pour porter la civière a fere la maçonnerie.
(1110, Compte de Nevers, ce 17, P 2/ v .)
Entendez cy, diligens escoliers,
La science que devant vous je rue.
Vous avez cy limon, traitz et couUers
Qui vous feront fermes comme piliers
Pour gouverner a droit vostre charrue.
(r. 3IicH*tLT, Doctrinal de court, f 16 v°.)
COL
Ung coler d'or fait a hôtes. (1467, Inv. de
Charles le Téméraire, ap. V. Gay.)
Ung coelter. (1516, Test., Valenciennes,
ap. La Fous.)
Ceps ou entiers publicques. {Prophéties,
f 24 r", dans le Mirabilis liber. Borne 152i.)
Ça ça, monsieur le trésorier,
Vous en porterez le collier,
El ce pour juste recompence
D'avoir pillé l'argent de France.
(Grevin, Trésor, V, i.)
Deux estoUes, deux coulliers. (1616, Vi-
sit. de M. du Laurens, A. Soiss.)
— Sorte de lacs à prendre des lièvres,
des lapins, etc. :
Nous avons une chasse qui se conduict
plus par subtilité que par force, comme
des colliers, de nos lignes, et de 1 hames-
son. (Mont., II, 12.)
coLiin.AÇO!v, s. m., limaçon :
Et furent longtemps sur la grève a faire
le colimnsson. {\b29, Pabmentier, \ oyage,p.
68.)
r.oi-iiv, s. m., poule d'eau :
Ouant aux canars ou colins, ils font leurs
nids parmy les rochers. (Du Pinet, Plme,
X, 32.)
— Poisson du genre gade, dit aussi
lingue :
Lyngc fishe, colyn. (Palsgr., p. 239.)
coLix MAILLARD, S. in., jeu dans le-
quel on bande les yeux d'une personne
qui doit attraper à tâtons une des autres
personnes qui courent autour d'elle :
La jouoit on a colin t72aillard.{R.>,E., Pan-
iag., eh. xxii.)
COLIX TAMPOX, s. m., soldat suisse :
Sur le midy, ils (les Bochelois assiégés
par l'armée royale en 1573) firent sortie par
a porte de Coigne, et combattiren plus
de deux heures, ou y eut force de blessez
decosté el d'autre, listans retirez crioyenl
pardessus la muraille que Ion fist allei le^
Colintnnipon a l'assaut et qu'ils avoyen bon
coutelas et espees pour découper leurs
grandes piques. (Estai de la France sous
Charles IX.)
toLiyuE, s. f., douleur d'entrailles:
Une maladie appelée colique. {Somme
muisire Gautier, f° 70 r°.)
Colique néphrétique ou pierreuse. (Paré,
XV, 65 bis.)
coLiQUEU.x, s. m., celui qui est at-
teint de la colique :
Et lors on lui vid faire des mines d'un
colliqueux. (Aub., Fœn., IV, 4.)
coLiRE, mod. collyre, s. m., médica-
ment destiné à être appliqué sur la con-
jonctive de l'œil:
.1. collre ke je fcroie.
{Dolof., 8310.)
La lumière est del tôt denoié al malade
COL
oilh quand li collires i est mis. {Job, p.
ôl6, Ler. de Lincy.)
Collerie. (Apoc, ms. Ars.)
La avérons collirve a esclarzir les oilz.
(Sermons en prose, B. N. 19525, 1° 160 r".)
Un fia coîire.
{Rose, ms. Corsiaî, i" 55''.)
Les lermes sont curées o le colère des
mirabolains. (Frag. d'un lio. de médecine,
ms. Berne A 95, r' 33 v°.)
La maille estostee oie collerede l'eslronl
de lalcssarde. (Ih., P 34 r°.)
Use de colerie de pion. Ib., t° 36 r°.)
De toutes ces choses vous feres ungcouZ-
laire qui vaull moult a maladie chaulde.
(B. DE GORD., Prallq., III, 2.)
Ouant la maladie ira plus avant, faites ce
col/aire. (Id., ib.)
Pour avoir fait moult grant quantité de
cûlures. (1426, Arcli. hoipit. de Paris, II,
140.)
La rue aguise la veue et par especial le
jus de la rue avec le .jus de fenoil et miel
fais en collir. (Régime de santé, i" 21 v°.;
Colijre. (Jard. de santé, I, 24.)
Pour chasser le mal d'yeux, fais coUyre d'eau
[rose
Avecques les blancs d'oeufs, avec la couperose.
'Du Chlske, Six. liv, du qrand miroir du monde, p.
87.)
consEE, S. m., amphithéâtre ro-
main :
CnlUset. (Delorme, Arcltit., VI, 9.)
coLisiox, mod. collision, s. f., action
de s'entrechoquer :
La collision des genouls du roy. {FossE-
TIER, Cran, ilarg., nis. Brux.. 11, f" 121 v°.)
Tout ainsi que du tonnaire et de la col-
lision d'un caillou nous voyons sortir des
esclairs et estincelles de feu. (J. G. P., Oc-
cull. merv. de nal., p. 215.)
- Fig. :
En Engleterre arive saunz collusions,
Chron. de i'. df Langtoft, ap. F. Michel, Chr.
angl-n., t. I, p. 154.)
Colision se faicl quant s commence a la
dernière clause de Paris dessus dicte. (F.\-
URi, RheL, 1. II, f" 47 r".)
coLisTRE, V. Choriste.
COLLATERAL, adj.,situ'j latéralement
par rapport à qqch. :
Collaleraul. (1306, Pr. de fil. de Br., II,
126.)
Ordonné sont si con je dy
Ly vens en divers lieux pareilz,
Cliascun a .ii. cuUatereilz,
Quant l'un vente, ly autre cesse.
(Met. d'ûv., Vat. Cbr. I4S0, f» 6^)
Lors je setifis dame Mémoire
Reprendre et mettre en son aumoire
Ses espèces coUateralle.'i,
Oppiniative faulce et voire,
Et aultres intellectualles.
(ViLLos, P. Test., iU.)
Les cliappelles collatérales de la nau.
(1526, Leit. de L. de Gleyrensà ilarg. dAu-
COL
Ir., ap. Baux, llist. de l'église de Brou, 2°
éd., p. 423.)
— Parent hors de la ligne directe :
DameCrolilde. noslve collaternus etnostre
espouse. esl ausi de ceste foi. {Chron. de S.
Den., ms. Ste-Gen., f 12=.)
coLLATEi'it, S. m., celui qui avait
droit de conférer un des bénéfices ecclé-
siastiques :
Si en escrips au coUaieiir
Lettres semblables et pareilles :
(_lr prient pour leur bienfaiteur.
Ou qu'on leur tire les oreilles.
(VitioN, Gr. Test., 1330.)
Que tous les bénéfices, qui escheiroient
ou il appartenoit élection, que le dit duc
les puist donner, et les autres, que \ezrol-
lateurs les puissent donner. (J. AlBRiON,
Journ., an 1481.)
COL
125
COLLATIF,
conféré :
adj., susceptible d'être
Touchant les ljenencesco//a/;/'s, on trouve
qu'au royaume a pour le moins cent mil
paroisses habitées. (1461, Remonstr. du par-
lem., Oui., .\V, 205.)
coLLATLv, adj., du mont Colla-
tin :
Ceulx sur les monts qu'on appelle latines
Feront les tours et arces collatines.
(O. DE S. Gel., Eneid., B. X. 861, f» 64^)
coLLATio\-, S. m., droit de nommer
à un bénéfice ecclésiastique :
Bénéfice qui appartenoit a sa collacion.
(G. DE >'.\SG., Vie de S. L., Rec. des hist.,
XS, 409.)
Il y a quelque temps que je luy doiinay
le prieuré de la Selle en Brie, qui est en
vostre collalinn, a cause de l'abbaye de
Marmoustier. (16 ocl. 1594, Lett. miss, de
Henri IV, t. IV, p. 232.)
— Comparaison, action de comparer,
de confronter :
Collulion et comparaison de l'un al'autre.
(Oresme, Eth., f" 43".)
Advocas ne plaideront causes se ilz n'en
ont fait auparavantco//ac(o« ; et n'en feront
collacion en jugement : mais se ilz la vueil-
lent faire, ystront de l'audiloire et la feront
a part. (Janv. 1367, Ord., VII, 706.)
— Repas léger, goûter :
Ci commence l'ordenance des livres que
l'en lit a la co/nud'oH. (1287, ms. Troyes 792,
i- 362 r".)
Dix compaignons d'elleccion
iiuvoient a colacion.
(Les dix Souliaiz, ms. Genève 179 bis, Bullet. A. T ,
1877, p. 1U4.)
Chascun soir a coulation. (Ih.)
Qui eut de quoy feit collation, ((^o.mm.,
Méin., VIll, 12.)
Coglacion. (G. de Sevturiers, Man. adm.,
Ilist. de l'ab. de S. Claude, 11, 282.)
Coglacion. {Off. clausl. de S. Oyan, I.)
Colacion. {Ib., III.)
Collation et banquet qu'on fait après
souper. Comessatio. (Nicot.)
— l'aire collation de, se donner le
plaisir de :
Faisant collation d'une bourrée devant
qu'aller au lict. (B. Iiesper., \ouv. recréât.,
f 241 r°.)
Cf. II, 182".
toLLATioxxER, Verbe. — A., com-
parer entre elles ou avec l'original des
copies, des reproductions d'un texte,
pour en vérifier l'exactitude :
Faictes mettre et fechier es portes des
églises de vostre dit bailliage la copie de
ces présentes fo//o/toH«ee al'original. (1413,
Doc. relat. aux Caboc/iiens,},iém. Soc. hist.
Paris, t. IV, 1877, p. 167.)
Que la partie adverse soit présente ou
appelée a collntionner ycelles copies aux
originaux. (Mai 1425, Ord., XIII, 91.)
— N., faire le repas léger appelé col-
lation :
Et de quoi collationnez vous'/ (B. Desp.,
Nouv. recréât., p. 163.)
tOLLEtTEOR, V. COLLETEUR. — COL-
LEFAG.VE, V. COLOf.iNE.
COLLEGE, S. m., corps de personnes
soumises à des règlements communs ;
corporatioii :
Moult les garnirent bien de reliques très chieres.
De rentes, de joyaulx, de 1res biaux privilèges.
Ce scevent cil qui sont encor en ces collèges.
[Girart de Ross., 5444.)
Li colleiges religieux et séculiers. (1321,
Lett. de C/i. d'Anj., Il.-U. d'Ang., A', A.
M.-et-L.)
Colege. (Juin 1359, Car/, noir de Corh., B.
N. 1. 17758, f°5 r".)
Ceulx du rolliege de Rome. (J. Le Fevre,
Chron., I. 16.)
(ir n'est il liui coUeige qui tant grieve a
la commuiiaulé corne celui des advocas.
(Liv. des Esches, ms. Chartres 411, f'" 80 v».)
Pour avoir collège ne faut avoir que as-
semblée de trois, et non de moins. (Bout.,
Somme rur., II, 19.)
Le dimenche l'an 1424 le .xi'. jour de sep-
tembre furent les colleiges des mestiers en-
semble pour pluisieurs besongnes, tant
pour ordonner le procession, comme pour
aultres choses. (Réc. des troubles de Tourn.
de lia à iiùO, Mém. de la soc. hist. cl litt.
de Tournai, t. XVII, p. 312.) \m[<r., collegiés.
Ft en divers lieux establit collèges de
belles femmes. (Du IIaii.lan, Est. des afT. de
Fr., r 28 V.)
— Fig. :
En toy habile désormais
Des Muses le collège.
(Ross,, Od., Od. rtlraneh., t. II, p. 463.)
— Etablissement d'instruction publi-
que:
En la chappelle dudit collieqe. (1462, A.
N. M 80.)
126
COL
COLLEGIAL, ailj., relatif à un collège
de chanoines :
Cathedraui et collegiaidx.
(EUST. Upsch., B. N. 8*0, f" 405.)
— Digne d'un chanoine :
Tant qu'il en demeura si enflé et plein
de superbes collégiales que rien ne duroil
auprès de luy. (N'. du Fail, Eutrap-, XV.)
coLLEGiALEMEXT, adv., en Collège :
ÎJous eslans en notre ville de Compiegne,
comparans et assistans coller/ialement as-
sembliz avec nous pour regarder et Iraic-
ler des affaires de notre dit ordre, nos cliers
l'reres clievaliers et compagnons d'icell or-
dre. (1.V27, Rym., 2« éd., XIV, 228.)
Cf. Il, 183'.
COLLERE, COLLERIE, V. CoLIRE.
COLLETE, mod. collecte, s. f., levée
des impositions :
Lequel avoit esté imposez en la colleté
derrenierementotlroice audit monseigneur.
(1395, Conipt. deNevers, CC 3, f 3 v°.)
Lequel fu chargié de lever certayne Co-
lette qui fu fêle par le temps qu'il estoit
receveur. (1406, ib., CC ih, f» 29 r°.)
La collecte des tailles. (Foucault, Mém.,
p. 421.)
— Action de recueillir des dons vo-
lontaires au profit d'une personne, d'une
œuvre :
Quant la cueillecle fut faicle des bonnes
gens d'Anlioche et envoiee aux povres par
Barnabe et Pol. (Miroir historial, Maz.
1054, f° 138 v".)
— Oraison delà messe qui se dit avant
l'épître, au nom de tous les fidèles réu-
nis :
Dira les leçons et les colloiles. (ô' p. des
coût, des Chartreux, ms. Dijon, f 31 r°.)
As leçons et as coulloiles. {Ib.}
Puis dit son oreison ou collele. (Trad. de
Belel/i, B. N. 1. 995, P 20 v».j
La première collele. (1374, A. N. S 4255,
pièce 7.)
Sera dicte en ladicte chapelle une an-
theine de saint Nicolas avec le verset, oroi-
son, ou Colette dudil saint. (1426, A. N. JJ
173, pièce 580.)
On doit dire le colloite Bepelle. {Liv. de
ta très. d'Orignij Ste Ben., ms. S. Quent.)
La prière collette du dict jour. (J. Pussot,
Journalier, p. 78.)
Cf. CUEILLETE, 11, 391'.
coLLETEUR, mod. cûllecteur, s. m.,
percepteur des impôts :
Pierres li jumiaus, bailli de Vitry, col-
lecteur des mains mortes. (1325, A. N. JJ
6i, !- 59 V".)
Vint... Oudars diz Magnars de Marueil,
en ce temps colletlerres des mainmortes,
espaves et aubains en la conté de Cham-
paingne. [Ih., f 60 r°.)
COL
Ensivent les colletleres eslablis de par
l'église. (1337, Cart. Ale.x. de Corhie, B. N.
1. 24144, P 413 v°.)
Pierre de Mellon, collecteires des morte-
mains. (1337, A. N. JJ 70, f° 142 r°.)
Si mandons au colleteur.i des mortemains
en icelluy bailliage. (1349, A. >'. JJ 78, f 29
v°.)
Nos trésoriers, receveurs, collecteurs.
(1355, Li!'. rouge, A. K. Y 2, T 4 r°.)
Un taux et un rnlle a part et levez par un
autre collettour. (1409, A. Sarlhe, E-3, 20.)
CoUeclarius, colleclour. {Gloss. de Cou-
ches.)
Le collecteur de Vermandois. (15 nov.
1454, Ord., XIV, 333.)
Colecteurs de tribus et de malles taultes.
(A. Gbeban, .)Jisl. lie la l'ass.. An., l' 79=.)
Colleteur, collectarius. (1404, Lagadeuc,
Catholicon.)
Telz collecteurs de deniers souverains.
(J. Bouciiet, Fp. mor., W, vu.)
Je suis niarry et doutent.
Quant je voy ces collectours.
Qui justiseut povre gcnt
Plus soubvcnt que tous les jours.
[Cfttins. uorm. du seis. siècl.. XXXI.)
— Celui qui fait des collections d'ob-
jets d'art ou de science ; celui qui com.
pile des faits :
Floard, collecteur des faits des archeves-
ques de Beims. (Fauchet, Aidiq. gauL, 2°
vol., IV, 10.)
Les collecteurs i\n Menagiana. (Joi.v, E/oj'.
de quelq. uui., Bichelet.)
COLLIBET, V. QCOLIDET.
coLLOCiTioN, S. f., inscription d'un
créancier suivant l'ordre que la loi as-
signe à sa créance ; action de placer à
son rang :
Lesquelz patrons et collaleurs estoient
tenuz, selon l'ordre desdictes nominacions,
assignacions ou collocacions, présenter,
pourveoir ou conférer ausdiz nommez, les
bénéfices vacans. (17 oct. 1411, Ord., IX,
642.)
— Place, action déplacer:
Traictè de l'office et collocation des points
et accens de la langue françoise. (Jean-
Bosquet, Elemensou institutions de la langue
française, rubrique, éd. 1586.)
coLLOcuTioiv, s. f., sj'o. peu usité
de colloque, pourparler, menée, inti'i-
gue:
Avoir collocutionei compaigniea... (Ores-
ME, ap. Meunier, Thèse.)
Le duc de Bourgogne avoit eu paroles et
collocution au roy d'Angleterre. (Juv. des
UnsiNS, Charles VI, an 1417.)
En cesie partie est la conlocucion de Ca-
rin, Pamphile et livrria. (Therence en franc.,
f» 22 r°.)
Ont ordonné, prohibé et deffendu a tous
brimbeurs, huiseux, invalides et vacca-
bondz de plus venir converser, ne eulx re-
tirer ou rassembler en ladicte église Nos-
COL
tre Dame pour y faire conventicules, de-
vises ne colocucions. (15 dèc. 1537, Iteg. nu.r
public., A. Tournai.)
Or doit donc l'ame, c'est a dire l'esprit,
prendre repos spirituel, ce qu'elle fait en
jeux de musicque, de mystères, de hystoi-
res, facecies, conlorutions ou elle prend
plaisir et délectation. (J. Bouchet, Noble
Dame, f 25 v°.)
COLLOITE, V. Colleté.
COLLOQUE, s. m., conférence entre
deux ou plusieurs personnes :
Voyois aussi des noms estranges de sur-
veillans, diacres, consistoires, synodes, col-
loques... (MoNTLUC, Mém., t. Il, p. 3.)
Colloque de Poissy. (Aub., Hisl., I, 107.)
coLLOQUER, V. a., placcr :
Le corps saintement colloqnerent
Et ou sepulchre l'enterrèrent.
(S. Thm/s, B. N. tô44, f« 34«.)
Tous ceulx qui sont colloque: et demeu-
rans environ la mer. (Obesme, ap. Meunier,
Thèse.)
Cotocquer. (29 mars 1456, Coîh/;/. de René,
p. 320.)
Aulx liabitans de Giem j'appartien,
Cy coUoquee come le plus baut lieu.
(1495, hiscript. de ta ctoctie du beffroi de Gien,}
Bien colloque sa fille. (Palsgb., p. 62.)
COLLUSION, s. f. , entente entre deux
plaideurs qui veulent en tromper un
autre ; intelligence secrète dans les af-
faires avec l'intention de tromper :
Et nous ladite sentence, en tant comme
elle a esté droiturierement et sanz collusion
donnée et passée en chose jugiee,... loons,
approvons et ratifions. (1321, A. N. JJ CO,
fo l-lj v°.)
En Thessale ne convenoit pas seulement
que les citez fussent délivrées, ainçois estoit
nécessitez que de la collusion et confusion
ou elles estoient, elles fussent ramenées a
aucune forme et condicion tollerable.(BERS.,
T. Liv., ms. Ste-Gen., f 35'.)
Les demendeurs ne proposentpas contre
lui (le lieutenant) collusion, corruption ne
mauvitié. (1381, Grands jours de Troyes. A:
N. XI' 9183, P31 r°.)
Estant chargé d'avoir fait intelligence et
collusion avec le roi d'Angleterre. (Yver,
Printemps, p. 618.)
COLHJSIOl->', V. COLISION.
COLLUSOIRE, adj., qui est fait par
collusion :
Par sentence deffinilive, non collusoire
ne vénal. (1336, A. N. JJ 68, f 27 V.)
Par sentenceou ensengnement desdiz es-
chevins, non collusoire, non vénal, mais
deuement donnée. (Nov. 1353, Ord., IV,
144.)
COLLYRE, mod., V. COLIRE. — COLO-
ciivTHE, v. Coloquinte. — colocquer,
V. Colloquer.
coLOFAKE, mod. colophanc, s. f.,
matière résineuse sèche, transparente,
COL
jaune ou brune, qui est le résidu de la
distillation de la térébenthine : résine
avec laquelle on frotte l'archet des vio-
lons, et qui sert à divers autres em-
plois :
Colophonia, colofoine, c'est la gomme
d'un arbre qui croist en grant quantité en
Grèce, et pource l'appelle on poix de Grèce.
(Grant Herbier, n" 136.)
Colophonie. {Cyrurgie Albua., ms. de Sa-
lis, M23''.)
Colofoine. (xv' s., Lille, ap. La Fons.)
La pouldre de colofoine. (Jard. de saule,
1, liO.)
Feres fondre vostre colophane et résine
avec la cire et l'huile. (Paré, XXV, 26.)
Colophane. (Id., 27.)
Colofaigne. (Palissv, p. 208.)
Collefagne, signifie une gomme qui sert
aux violons pour Trotter leur archet. (En-
lerrem. du dict. de l'Acad., p. SOI.)
COLOFOI.XE, COLOFO^'IE, V. COLO-
FANE.
1. COLOMBE, S. f., pigeon :
On a beau dire une colttmbe esl noire,
Un corbeau blanc : pour l'avoir dit fault
Que la colnnihe en rien ne noircira [croire
Et le corbeau de rien ne blancbira.
(Cl. Marot, Epist., XIII.)
2. coLo.MBE, mod. colonne, s. f.,
sorte de fût cylindrique' avec base et
chapiteau portant un entablement :
Par mains le pendent desur une cidnmbe.
[RoL, 2586.)
Il apeloent le Seignur, et il oeit eals, en
columne de nue parlout a eals. (Liv. des
Psaum., Cambridge, XCVIII, 8.)
Columpnes rundes. (Rois, p. 247.)
Es colombes, es fenestriz,
Es verrines et es cbassiz.
{Eneas, 513.)
Si passèrent d'ent en après
Par les cohimbes Hercules.
(Brut, ms. Municli, 1277.)
En cele colonne dont il chai aval avoit
ymages de maintes manières, ovrees el
n.arbre. (Villehard, 308.) Var., colombe,
coulombe.
Devant chu mouslier de Sainte Souphie,
avoit une grosse colombe qui bien avoit .m.
brachies a un homme de groisseur. ilîoii.
DE Ci-ARV, p. 68, Riant.)
Vit a une coulombe i. grant escu doré.
{Doon de Maience, 2504.)
Coulombes belles et riches. (Liv. de Marc
Pol, CLIV.)
L'autre éolloine fu marbrine.
(Uacé, Uible. D. N. 401, f» 4^)
Pour cauper. taillier et mettre noevcs
coulombes et ponrouvrcr aie cambre. (1336,
A. N. KK 393, f° 78.)
Et si ay fait mainte coloiijne
Et des ymages asses beauli.
(JiB. REomE», Fortunes et aduersitez, [• 507 v», éJ.
1526.) '
COL
Cnuloune de bronze. (Amyot, Œuv. mél.,
éd. 1820, t. IV, p. 16.)
Entre deux colomnes de ladite chaize a
prescher sera un panneau orné d'une ni-
che renfoncée sauf le panneau du mitan.
(1621, Arch. des notaires de Xevers, minu-
tes Taillandier.)
COI.OMBEI-E, s. f., petite colombe :
Jeo vi, dist il, une mult bêle
Si blanche corne coUtmbele
Par desus les ewes montant.
{Joies Noslre Dame, B. N. 1932b, f« 93.)
.\Insi les coloinbelles
Vont fuiant l'aigle avec fremissans esles.
(Cl. .Mar., ilet. drjo., I. I. p. 3S.)
coLo.MBiER, S. m., bâtiment oii l'on
élève des pigeons :
Coliimber.
(P. DE iHAi's, Best., 1173.)
Et vola tant qu'il vint au coulomier ou il
ot estei nourriz. (JIé.nestrel, S 160.)
Et don coulemier ki est fais dedans ces
uzewaires doit Jehans devant dis .im. m.
de cens. (1250. Cart. de S. Vinc. de ilelz, B.
N. I. 1Ù023, f» 129 r".)
La bergerie et lou coulemier. (1264, Lett.
de J. de Joinv., A. H. -Marne.)
Colanbeir. (1278, Cart. de S. Vinc. de
Metz, B. X. I. 10023, f» 131 r».)
Columier. (Bru.net Latin, p. 179.)
Li co/«miîen<-. (Laurent, Somme, ms. Char-
tres, P 40 v°.)
Columbier. (1305, A. X. JJ 39, P 68 V.)
Il est li colomiers de touz les esgares.
(Girart de Ross., 1521.)
Coulombier. {Fiefs des des de Blois, A. N.
P 1478, P 6 v°.)
Le lieu de Cornay, ainsi comme il se com-
porte et poursuit en maisons, en colemiez,
en granges, en court, en vergiers. (28 jan-
vier 1404, Aveu de Cornay, paroisse de St
Cyr, ap. Le Clerc de Douy, t. 1, P 141 v°.)
Pour avoir refait le huis du porcil estant
desous ledit coulemhier. (0 déc. 1412, Tut.
de Miquelet Tuscnp, A. Tournai.)
Ilostel el coulumbier. (1418, Bailliage d'E-
vreux, A. X. P 295, reg. 1.)
coi.oMBix, adj., de colombe :
ïl nous font chiere cohtmbine.
(G. DE CoiNci, Alir., ms. Soiss., f" 29*.)
Contenance a simple et chiere colunibine.
(Vie Ste Christ., B. A. 817, f 182 r".)
En forme columbine.
(Met. aOu., Vat. Chr. 1430, l' 1 t'.)
Comme columbine espouse. (J. Gerson,
l'Aiguillon d'amour, P 92 v°.)
Simplicité colotnbine.
(Sed. Moh., Prime etdelivr. de Franc, prem.)
Les baisers colombins ne vous défaillent point,
(lioss., IV, p. 213, aellerio.)
— Qui est de la couleur de la gorge
de pigeon :
Une robbo de satin collombin... talTetaz
colombin. (8 janv. 1603, lîullel. du Bibliooh.,
XVIII, 347.)
coLO.MicR, V. Colombier.
COL
127
1. coLOiv, S. m., celui qui a quitté
son pays pour aller peupler une terre
étrangère :
Et les coulons, c'est les habitans de la
ville. (Bers., th. Liv., B. .\. 20312'", P 33^ . j
Communément veer solons
Qu'après la guerre des coulons.
(La Clef d'amours, 1765.)
2. coLo.x, S. m., celui des gros in-
testins qui fait suite au cœcum :
Ces humeurs le plus souvent s'amassent
au boyau nommé coto«. (Paré, Introd. ,yi.)
coLO.\EL, s. m., celui qui commande
un régiment :
Sur la fin de ce différent arrivèrent les
deux coronne/s. (H.\B., Quart liv., ch. xxxvii.)
Le couronnel des compaignies. (LaBoiit.,
Mesnag. de Xenopli.)
Les colonnek, capitaines, caporaux. (B.
Desper., Nouv. recréât., p. 48.)
Les enseignes de Mons. le couronnai de
Chastilion. (laôl, Noyon, Compiègne, ap.
La Fons.)
Le couronnai de l'empereur fut prins. (La
deffuicte des Bourguignons eUllemans, Poés.
fr. des XV" el xvi" s., t. Vf, p. 211.) Var.
coronal.
Coulonnel. (1558, Péronne, ap. La Fons.)
La parjure mort du coronal .Vtride.
(Cii. TocTAi», Sonn. sur la Med. de la Per.)
— Adj., de colonel :
SextusBaculus premier centenier de l'en-
seigne coronnelle. (Vigex., Comm. de Ces.,
p. 94.)
coLO.ME. S. f., établissement fondé
par une nation dans un pays étranger :
Colonie ou coulongne est appelée quant
aucune ville est gaigniee el aqiiise, et l'en
trametoil nouvel pueple pour habiter
(Bers., TU. Liv.,B. X. 20312 ter, f» 10 v°.;
Columpnie. (Champier, Ane. de la ville de
Lyon, P 4 r".)
coi.oyui.NTE, s. f., variété de con-
combre ;
Coltoquinte. (Jard. de santé, II, 118.)
Coloquinte. It. Esp. Coloqiiintida. fJu.v.,
Nomencl., p. 94.)
Colocinlhe. (Liebault, p. 374.)
coLOR.*Tio.\,s.f., action par laquelle
un corps devient coloré ; résultat de
cette action :
Et puis vient la tunitiuc uvee, et se la
couleur naturelle est entre noir et verde
pour fortifier la vertu visive, toutesfois
aulcunes fois elle esl d'autre ctjuleur. et
selon ce se diversifie, lie cette coulouracion
cy Galien n'en fait point de mention. (B.
DE GoRD., Pral., III, I.)
Coloration. (.\. Oudin.)
t;oLOBEMEXT, S. m., état de ce qui
est coloré :
Es coloremens et visions qui y apparois-
128
COL
sent (dans les eaux) selon nostre imagina-
tion. (ViGEN., Co>7cm. de Ces., Annot.,p. 126.)
coLOUEB, verbe. — A., donner de la
couleur :
Sa face lava et sa chère,
Et puis sa face coUora.
(.Macé, Bible, B. iN. 401, f» 84>.)
— Fig., embellir, déguiser :
Por colurer ses mauveise tailz. (Cron.
Lond., p. 4.)
Pour mieul? coulourer leur escusance.
(Froiss.. ChroR., VIII, 101.)
Quaat vous voulez dire la vérité.
Quel besoing est colorer voz paroUes?
[Contredictz de Songeci-eit.r, f° 1 3 r«.)
Couvrir ou couUorer les dicts maléfices.
(25 mars 1510, Lelt. de louis A7/,Com. ar-
chéol. de Xoyon, 1880, p. 298.)
— N., devenir coloré :
Vins bons fait face colorer.
(Roiî. DE Blois, B. N. 24301, p. SôS».)
— Coloré, p. passé, qui a reçu de la
couleur, qui a une apparence capable
de séduire, de tromper :
Et maint vont font il couloureij
Qui ainz esloit pale ou morey.
{La Clef d'amours, 231.)
Et aussi n'estoil ce qu'une manière d'é-
vasion mal colorée. (Juv. ues Urs., Hisi. de
Charles VI, an 1407.)
De regard asseuree estoit
Et de beaulté très coïdouree.
(Lefranc, Champ, des Dames. .\rs. 3121, f° 63'.)
Prince, je congnois tout en somme,
Je congnois pouloures et blesmes.
Je congnois mort qui tout consomme
Je congnois tout, fors que moi mesmes.
(Villon, Poés. diverses, 13n.)
Face couloree.
(Hl. Mar., Eleg., p. 108.)
Et liiy qui ne demandoll «lue quelque
occasion colorée, commença a crier et pro-
tester que... (Amyot, J. Cœsar.)
(Juand quelqu'un s'est emparé a bonnes
enseignes d'un royaume, jamais il ne
défaut de tiltres, pour le moins qui soient
coulourez. (P.\snuiEn, l'Alexandre.)
Les flols escumeux de la mer colorée.
(Garn., Troade, II.)
11 s'est trouvé des gens si desgoutez de
la vérité nue et sans fard, qu'ils ne pou-
voyeut estre attirez a la lecture des his-
toires, SI elles n'estoyenlcy/û/'ees de fables.
(Faucmet, Aiiliq. gaul., V, 10.)
Cf.
185".
COLOSSE, s. m., statue d'une gran-
deur extraordinaire ; homme, animal
de haute et forte stature :
En cesle cité [RhodesJ fut fait le collasse
d'arrain... En celle isle lurent faiz autres
coZ/osses moindres. (C/"'0«. elhist. saint, et
prof., Ars. 3515, P 78 r°.)
Le bruit sempiternel du co/osse érigé sur
la sépulture de Memnon. (R..\n., Quint liv.,
V, 1.)
Fut arrestc ([ue l'on feroit faire aux des-
COL
pens publiques un colosse, c'est a dire une
statue geanlale et excedente la proportion
naturelle du corps humain, en l'honneur
de Jupiter libérateur. (Amyot, Kiod., XI, 15.
Et ne se planter comme un colosse immo"
bile et impassible. (Mont., I, 33!), dans
Littr.)
coi.osTRATioiv, S. f., maladie des
enfants qu'on croyait produite par le
colostrum :
De tel sang grossier et bourbeux sefaict
le premier laicl espais, troublé et caiUe-
bolé, appelle des Latins coloslre : lequel a
esté estimé de toute ancienneté mauvais et
très pernicieux, de sortequ'on l'a tousjours
desfendu aux enfans pour les deux pre-
miers jours. Car il leur cause une indis-
position d'estomach, dicte colostralion, te-
nue pour mortelle. (Joub., Err. pop., 1" p.,
V, 2.)
coi.osTRE, mod. colostrum, s. m.,
premier lait de la femme après l'enfan-
tement :
Voy. l'ex. à l'art. Colostration.
coLPORTEiin, s. m., marchand am-
bulant qui porte ses marchandises sur
son dos :
Colporteur. (1388, Liv. rouge, A. N. Y-, f°
86 V.)
Co/poc<e«c et contrcpoi-leur. (Paso., Rec.
VIII, 62.)
coLTRE, mod. coutre, s. m., espèce
de gros couteau en fer, à lame courte,
à tranchant mousse, à dos épais, adapté
en avant du soc, à la flèche de la char-
rue, et servant à fendre la terre :
A gros clous Ions comme un contre.
{Hfs. N. S. J. C.)
Cutlre de charrue. (Calhol.,B. N. 1.17881.)
Couldre. (21 oct. 1510, Inv., Treourec, A.
Finist.)
Que ceste lance soit changée en houlette,
et ceste espee en coultre pour ouvrir la
terre. (Uiifé, Astree, I, 2.)
fioi.iioRirv, adj., qui appartient à la
couleuvre ; qui res.semble à la couleu-
vre :
Ces trois vénérables mignonnes, ces trois
chiennes enragées, ministres d'enfer, et
députées au service de Pluton, a toutlenrs
cheveulx coluhrins, furent celles (|ui tiu-
drenl et portèrent la lumière. (Le Maire,
lllustr.. II. 8.)
m des noms de la
OOLUBRINE, S. I
brione :
Serpentine est autrement appcllee colu-
hrine pour ce que sa tige a couleur de cou-
leuvre, et si l'appelle l'en di-aguntee. (Le
Grant Herbier, n° 437.)
Bryonia, vitis alba, coleuvree, feu ardant,
colubrine, vigne blanche. (Ju.N., Nomeiicl.,
p. 92.)
t:OM'MnE, V. COLOMDE. — COLUMBER,
coLUMiEU, V. Colombier. — coll'ihpive,
COM
V. Colombe.— columpxie, v. Colonie-
— 1. C.OEURE, V. COLIRE.
2. coLURE, S. m., chacun des deux
grands cercles de la sphère, qui coupent
l'équateur et le zodiaque en quatre par-
ties égales, et qui servent à marquer
les quatre saisons de l'année :
Colures sont cercles inparfais qui devi-
sent le ciel et y en a deux, l'un parmy l'es-
crivice et capricorne, l'autre parmy le
mouton et la livre, et ne viennent fors que
au cercle de midy, et pour ce sont il in-
parfais. (J. DE Salisb., Policrat., B.N. 24287,
f 46".)
Cohtre, ymage, ny espère.
Ne reluyre soleil ne lune.
{Act. des apost., I, [• 81^)
COM.4, S. m., la moindre pause du
discours qui correspond à la virgule :
Vos 1res piteuse et incompréhensible ;
Vos, a bon droict, d'estrange nation ;
Vos qui est plus que nul autre terrible
Vox qui pleine est de désolation.
Est ce jourd'huy a juste occasion,
Sans qu'il y ayt virgule ne coma.
Laquelle ii'a point consolation,
Combien que soit, tout pour vray, in Rama.
(Epitaphe de la ville de Calais, Poés. fr. des iv« et
XTi' s., IV, p. 307.)
COMBAT, S. m., action dans laquelle
on attaque et l'on se défend, au propre
et au fig. :
La douceur d'iceuz vents et leur plaisant
combat. (Rab., Pant., Quint, liv., ch. xviii.)
Assistant au combat de taureaux. (Mont.,
liv. I, ch. xcii.)
coMBATTABLE, adj., qui peut être
combattu.
Cf. Comb.vtable, h, 186^
COMBATTANT, S. m., celuî qui com-
bat.
— Adjectiv. :
Deus cent chev.ilers mut vaillanz
E fers vassaus e citmbatanz.
(TîuoN DE Rot., Ipomedon, 3391.)
Cf. Combatant, II, 186'.
COMB.ATTRE, vcrbe. — A. et abs., se
battre contre un ennemi, soit qu'on at-
taque, soit qu'on se défende :
Cil diont luit, del rapatrier
Ne del comhafre n'est mestier.
(Eneas, 71.)
COMBE, S. f., petite vallée, pli de
terrain, lieu entouré de collines:
Li 05 chevauche par tertres et par combes
A quatre lieus tôt droit de Val parfonde.
{Garin le Loh., !'• ehans., XXX.) Var., conble, cam-
bre.
En le conbe d'un val.
(lioum. d'Alix., p. 210.)
Et avecques ceste trouppe acconsulvit
ses gens de pied un peu après le soleil levé
assez près de la ville de Marseille, en une
combe qui s'estendoit jusques a la plage de
COM
la marine. (Giili.. nu Bem.av, Mém., 1. VII,
1" 2)ii V".)
COMBIEX, adv., quelle quantité :
Entre or fin ot argon! gardez cnmhiên i at.
( Voy. (le Charlfm., 509.)
En combien en pliiisors plus leienientest
occupeiz. (Itial. S. Greg.,^p. il.)
Et demandèrent le convine, combien Jo-
lianis avoitde gent. (Villeh., J 420.)
Regarde de combien de maux tu es cause!
(L.^Riv., le Fiel., V, 8.)
— Combien que. quoique :
Combeen que les cdioses... (Griers fie l'nb-
ùosede thaventon contre le comte de San-
cene, sans date, fin du xmi= s., A. Cher.)
Qui bien le scet a droit tenir
Et la droite voie v tenir,
Combien qu'autre' chemin y maine.
(CuB. DE Pis., Lonij est., 911.)
Je (combien que indigne) v feus appelé.
(IUb., Garg., eh. i.)
Comftien que vous reparez votre honneur,
et sauvez votre vie, vous l'achevez après
avec une grande pauvreté et indigence.
(Br.int., Duels.)
coMBiiVACio\, S. f., forme savante
de combinaison :
Tels combinacions de qualités en toutes
choses se font voulentiers. (Evr. de Coniv,
Probl. d'Arisl., B. N. 210, f" 43=.)
Ainsi sont faites conbinacions pour aman-
aer le .XI de nostre transgression. (J. Gou-
LAiN, Bflto«., B. N. 437, P lï v°.)
Il y a une combinalion de masle et fe-
ma!'!- *"n "'""*'^'* végétatives. (Paré, Ani-
Cf. COMIIINATION, II, 187'.
co.Mui\Aiso.\. s. f., action de com-
biner, résultat de cette action :
' COMIHXER, verbe. - A., faire une
combinaison de deux ou plusieurs élé-
ments dans un ordre ou suivant des
proportions déterminées :
I Les eo«éjHe;- diversement selonc la ne-
aArisl., B. iN. 210, f» 1U7<.)
(Combiner ou mettre conjointement les
parties qui ne peuent l.onnementestre sans
'hl? Tt") (•""=-■*'"=' ''°'''-. ms. Avraii-
COM
Car je suis prcst et prouchain de toy res-
taurer et rendre tout, non pas seullement
napondamment, mais a grant comble. (lu-
tern. Consol., II, xxx.)
Ladicte marchandise se mesure pareille-
ment que le blé, qui est mesuré a rez, et
la farine a comble. (Fév. 1416, Ord., .X, 314.)
— Construction couronnant le som-
met d'un édifice :
Et avoit un trou ou comble par deseure
par quoi il reprenoits'aleinne. (Ménestrel,
S loi.)
Le comble et couvreture dudit grenier.
(16 nov. 1442, Chirog., A. Tournai."
Vous dresserez un comble de pierre et
montjoyeen triomphe. (Bon., Démon., P
Ce temple fut reedifié par Vespasien de
fond en comble. (Amyot, Public, 28.)
- Fig, :
Il atainsist le comble de perfection. (Vie
des. Franc. d'Ass., Maz., Il 1301, P 20°.)
■ Cf. Co.MBLB 1 et 2, II, 187'.
2. co.MiiLE, adj., rempli presquepar-
de.ssus bord :
Il sont comîjîe d'ypocrisie
Et d'orgueil et de symonie.
(GmoT, Bible, 2372.)
Deus cens boissiaus d'avaine combles.
(Ch. de 1318, Cart. de S. Tau,:, CCVII, A
Eure.)
A \a comble mesure. (A. Chart., Ouadr.
inv., Œuv., p. 419.)
Ta grande richesse et tes combles trésors
sont bien vains. (Cent nouv., 99.)
Dix belles couppes do fin or
Pleines combles de pierrerie.
(.-te;, des fipost., vol. 1, fo 6S«.)
COM
J29
la même ville, qui jouit du droit de
bourgeoisie dans la même ville :
Guillaume Cornelis et Guillaume de S.
Orner, noz combourgois. (1313, A. N. JJ 43,
1 16 v°.) '
,,.\°*"^.''*^,'.^°" ail. V, alliez et combourgeois.
i "^z l '^'^^' ^^"- ''^ 'f'»"" <i'0>-l. d. de
neucliât. au cons. de Berne, Arch. de l'Et à
Lucerne.)
La porte des cieux nous est maintenant
ouverte, afin que nous soyons combourqeois
aes saints, etcompagnons des anges. (C4LV
Comm. s. tharm. écang., p. 623.° '
coMBouRGEOisiE, S. f . , qualité de
combourgeois:
Pour vous confermer la comtjourgeoisie
lo29, Lett. de Louis d'Or/., D. de Neurhdt.
au cons. de Berne, A. de l'Et. à Lucerne.) '
Ce qu'il nepourroist faire sans user d'un
trop grand mespris a l'endroict de vous et
des trois aultres cantons avec qui la mai-
son de Longuevillea perpétuelle combour-
!jeouie.{\i mal mjO,Ull. miss, de Henri! r
t. VI, p. 197.)
COMBRE, V. Combe.
coMBURATioiv, S. f . , actiou de brû-
ler
Cf. II, 187\
j 1. COMBLE, S. m., ce qui peut tenir
lu-dessus des bords d'une mesure, d'un
■ase déjà rempli-:
Emplir a cumlile do furment,
(Wace, JIou, 3' p., 727.)
A combles ont do l'argent fin.
( Vie des Pères, Ars, 3011, r» 108>.>
Le comble d'or tout esmaillic
Uo bleu, comme ardoise taillio,
saphirs auï i|u,ilro quar'res.
(Faoïss., l'ués., IN, 42, l-itl.)
Kuhl
T. I.\.
3. coiviBLE. V. Combe.
coMBKEMEM-, S. m., actiou de com-
bler un creux, un vide :
Il est du vague, ou si point il n'en est.
D'un air pressé le comblement ne naist.
(Uoas., Amours, 1. I, p. 42, éd. 1384.)
Cf. II, 187\
co.MBi.Eu, verbe. — A., remplir
jusque par-dessus le bord, au propre et
au fig. :
Avcil plusurs niefs arivez
De blé et do forment comblez.
;\Vace, .S'. Nichotivj, 282.)
Pour combler la mesure de ses mesclian-
cettez: il lestrangla de ses propres mains
(Braxt., Grands Ca/nt. estrann., ]. ] ch'
XXIX.) '
Un rechaud comblé de braise ardente.
(Baif, Egt., les Sorc.)
— li'ôfl,, se reiii]ilir :
Que te vue se Iroubloit
Et de cbacio se comblait.
(Du Vilain qui a donné son ame au deabU; Monlai-
glon et Ilajn., VI, 40.)
f.«)>iii<)iitGEois,s. m.,celuiquiest de
Et scavons nous pas bien comment
Dieu promist a Moyse au désert
Quant apperceut le buisson vert
Brusier sans perdre sa verdure
Que ainsi seroil ne sans fracleure
Ne quelque combiiration
De Jessé ung noble syon
Qui seroit nostro protecteur.
(.Vi/st. de la Concept., t' W.)
coMBURER, v. a., briïler, mettre en
combustion :
Dieu a lui se apparu en flambe de feu ou
buisson qui ardoil, sans estre comburé.
(LOLRcï, Hist. de Grèce, Ars. 36S9, P 21".)
Le bourrel remist le feu grant sur sa
povre charongne. qui tantost fut toutëcom
bureeei os et char mis en cendres. (Jo«°'
dun bourg, de l'aris, an 1431.) W"'""-
Cf. CcMIiURÉ, II, 188".
COMBUSTIBILITÉ, S. f., qualité de ce
qui est combustible:
Parquoy ne faiilt pour cela attribuer, nv
au tempérament de cette matière, nv a 'es
'l^le'"T'f""''''!!i'- e^"^^^"-^' ^l''' ''^ ''«'
iiugtes de tous médicnm. simples, C 23.)
CO.MULSTIBLE,
bustion :
Chose combustible. (Rvr. de Co.xtv, Probl
d'ArisL, B. >'. 210, P 292^) "out.
Conbustihle. (Ib.)
co.Miii;sTi«)]\', s. f., action de consu-
mer, fait d'être consumé par le feu :
Je te desveloperai de pierres et te don-
rai en montaingne de combustion. (Bibh
Maz. 3.), P 1Ô2'.)
Je voy bien, dit il, que nous sommes ve-
nus pour paistre et delitier nos ieus en
17
adj., qui subit la corn-
130
COM
l'occisionelcomftMsiio-idenozcoropaignons.
(Bers., t. Liv., ms. Sle-Gen., f» 193^)
Lesqueles lettres il ont perdues pour
mauvaise garde ou par combustion de leu.
(1316, A. N. JJ ôi-'NfS r°.)
Les Areopagites brusloient quant et le
corps du irespassè, ses serviteurs et te-
nants de luy, et pensoienl par telles jom-
buslio,u que les âmes des Irespassez en
fussent soulagées (N. Taillepif.d H^^f. rfe
l'Estat et répiM. des anc. Franc., C Ho r .)
— Fig., conflagration :
En quelle combustion }e trouyay les cho-
ses a mon relour. (Har. rie H. lll aux Est..
1576.)
coME.mod. comme, adv., de la môme
manière ; à titre de :
Kalles te mande qui France a a bailller,
Con ses boni es et cou ten cors as cier,
Que 11 envoies emprisoné Ogier,
Encaienc corne vialtre ou levrer.
'.Raimb., Ogiei; 4314.)
Le* letres erent de créance ; et distrent
li conte que autant les creist en fO"""^, 'o/
cors, et tenroient fait ce que cist six le-
roient. (Villeh., S 1^-)
\ chel jour, maieur, .lelians Uesvauz,
o«omme eschevin. (12S1,Mém. Soc. acad.
de Boulogne, XIII, 490.)
— Interrog., de quelle manière"?
Comme te portes tu ? (B. Desper., Joy.
dev., VIII, L. Lacour.)
— Quasiment :
Les Liégeois n'arreslcrent comme point.
(Juv DES^lRS., Hhl. de Charles VI. an
li08.) . .
Je ne le voy comme pomct.
(l'H. d'Amd., iXcapol, II, 6.)
_ Conj., lorsque, quand :
Eis™ sont fors coin plus tost potent.
{Eneas, 277.)
Comme nous fusmes retournez de la
coste (l'Angleterreetdesembaniues au I a-
vre de Grâce Monsieur l'admirai s en alla
trouver le roy. (Montluc, Cnmmeiil., 1. Il,
t« 105 \°.)
Comme ie me vis hors de la craincte du
siège, l'envoyai incontinent les pionniers
que j'avois audit Albe. (lu-, 'i-, f° 129 V.)
Cf. CoMMi: I, t. II, p. 193"
COMEDIE, s. f., pièce de tliéiUre qui
excite le rire en mettant en action des
personnages qui ont un travers, un ri-
dicule, ou qui sont placés dans des cir-
constances plaisantes :
L'autre manière de escrire les fais hu-
mains est appellee commedie, pour ce
qu'elle traite des fais et des choses co-
munes du monde. (Evr. ue Contv, Prob.
d'Arist., 11. N-. 210, f i-2r.)
C0MEDIE:\, COMEDIEINXE, S.
celui,
celle dont la profession est de repré-
senter au théâtre une pièce, comédie,
tragédie, drame :
GOM
Comediaiii. (Auton, Chron., U. N. 5082, f
8 V.)
Des plus excellens comédiens et come-
dientes d'Italie. (Brant., Cupit. fr., Henry
II.)
Amoureuse d'un certain coniediant et bas-
teleur nommé Paris. (In., Dames, IX, 3i.)
C'est une Alcine fausse et qui n'a sa pareille.
Soit a se transformer ou cognoistre comment
Doit la coinmeclianfe avoir l'accoustrement.
(Aun., Trag., III.)
COMESTIBLE, adj., qui peut servir
d'aliment :
Fruit comestible et bon. (Evr. ue Costy,
{Probl. d'Arist., B. ?<. 210, i° 137".)
Toutes choses comestibles. (Mer des Injs-
loir., t. II, f 3".)
Blete est une herbe en potage commesti-
ble. (Jard. de santé, p. 70.)
La chair des animaux comestibles. (So-
GUiEK, Hisl. lolos., p. 85.)
Hz mangèrent les herbes des jardins sans
pain, comme les laictues, ozeilles, porees,
aulx, oignons et aultres herbes commes-
tibles. (llATON, Méin., an 1573.)
— S. m., ce qui se mange:
Le pain et aultres comestibles. {E.vpos. de
la reigle M. S. Ben., f 86".)
COMETE, s. f., qqf. m., astre à traînée
lumineuse en forme de queue ou de
longue chevelure, qui décrit des orbes
très allongés :
Une rcsplemlisanz comète.
[a^n., D. de IVorm., Il, 3677b.)
Un comète plein de terreur
Ue rayons malins nous regarde.
(J. A. DF, Baif, Mimes, I. I, t» 20 V.)
Fust veue au ciel par divers jours nuic-
temenl une esloille que l'on dit commette.
(1550, Disc, de l'an de la com., A. Lons-ie-
Sauln.)
La commette. (Som.. Gc di'-t. dei préc.)
— Ane, adj., à traînée lumineuse :
Il apparut une esloille comelle. (OM.im,
Contre les dioinat., K. ^. m,. i' i^".)
COMICE, s. m., assemblée politique;
au plur., dans l'ancienne Rome, assem-
blée du peuple par curie ou par centu-
rie :
Comices estoieni dit les jours esquieus le
pueple romain s'ajoustoit chascun an pour
eslire leurs nnuviaus gouverneurs et oth-
ciers. (Bers., T. Uc, ms. Ste-Gen., f 13 .)
coMiciAL, adj., des comices :
.lours comiciah erent ceulz qui estoient
cstablis a eslire les magistrats ou a publier
les lois. (Bers., T.-Lw., ms. bte-Gen., 1
52».)
— Mal comicial, épilepsie, parce que
les comices se séparaient lorsque quel-
qu'un y tombait du haut mal :
Enilepsiae, que nous appelons mal com i-
tial, car elle occupe toutes les parties du
corps. (TAUAiLr, p. 296.)
COM
Mal comilial, dict le haut mal. (Evon., c.
VI.)
coMiN, mod. cumin, s. m., plante
ombcllîfère :
Et li poivres et li connus.
(Parton., 1627.)
Et V aportent le poivre et le commis.
' ' (Aquin, 245.)
Vins, comùis. (Proc, ap. Crap., Prov. et
dict. pop., p. 132.)
Cummin. (Lois de la cité de Lond., ms.
Brit. Mus., add. 14252.)
Dou poyvre, dou quem,/n, don fm'mon-
tant. (1294, Péage de Dijon, B. ^. 1. 987i,
fo 21 v°.)
Dou comin. (Cart. de Dijon, B. N. I. 4654,
f 26 V".)
Vendeur de comin. (Oresme, Elli., B. N.
204, r 417".)
Anis... Il est appelle par aultre nom
doulz conunin. (Grant Herbier, n" 31.)
coMiQi-E, adj., qui appartient à la
comédie, qui donne à rire :
Et prens mon plaisir et esbat
A avoir compaignie notable
Bouvant et mongeant a ma table,
Pource je vueil a cri publique
Publier la chère comique.
Et tous les seigneurs du pays
Y convier.
(Greban, iMist. lie la Pass., f SO".,
Poêles comicques. (Budé, Imlit. du Pc,
ch. XI.)
Poète comic. (lu., ib.)
COMITE, s. m., officier qui comman-
dait la chiourme d'une galère :
Il l'arest quant il ly plait,
Et quant il vuolt coure la fait ;
Patron, coiiiietre no paron
Ne doubles, ne les espérons.
(1428, Ballaile iVim pèlerin au rel. de la Terre
^Sainte, dans Vo„. de Jher. dus. d.Uqlure.f.
112, V. 21.)
Sv fut illec ordonné auz patrons, coni-
miltres et maronniers, de mettre en point
les gallees. (W.wrin, 11, 90.)
Le commetlre(A'nn vaisseau) cillla de son
cifflet. (xv s., Valenc, ap. La tons.)
A ce retour Chrysogonus, un si excellent
joueur de nustes qu'il en avoit gaigne le
prix es jeux Pythiques, sonnoit la note, a
la cadence de lequelle les galiots mouvoyent
leurs rames par mesure, et que Lallipides
un autre excellent joueur de tragédies, y
faisoil l'oUice de comité, les incitant a
voguer. (Amvot, Alcib.)
- Seigneur comité, pour Dieu mercy, et ne
vueiUe exercer en mon endroict toutes
sortes d'indignitez. (Pasquier, Pourparle,
de la Loy.)
Comité, le maistre pilote, qui au com-
mandement de son siinet donne mouve-
ment a la galère : arroste, tourne, liaste, et
le nerf de bo'uf a la main gouverne les
forçats. (E. Bixet, Merv. de nat., p. 1U-)
COMMAXD.\TAIKE, COMMAIMDE, VOy.
COMMENDATAIRE, CoMMENDE.
COMMANDEMENT, S. m., action de
COM
commander, action de décider, en vertu
d'une autorité supérieure, ce que qqn
doit faire :
Adcmiilir vooill vosire ciiiiiandement.
[Itol.. 330.)
Jeo recunlerai le ciinianilenie/d de Peu.
{Lio. des Psaiim., Cambridge, II. (i.)
Par lor coiiiaititemeni vait qucrre.
(ffiims. 579.)
Tut est .1 Sun ciiiiittiidemenl.
(Mabie. Lais, LqovuI. 210.)
Fait ierl vosire quemnntjemenl.
[Atre perilL, B. N, 1123, f« 20.)
Et cil qui avoienl le commandement de
l'aposloile le mostrerenl as barons et as
pèlerins. (Vili.eh., [I 22i.)
Par le commandement del doien. (1230,.^.
lirice, chiroK., A. Tournai.)
Quel commandement qu'ele face,
Fai le sauz arrester en place.
{La Clef d'amours, 1405.)
Li esUievin font leur ban et leur couman-
dement que... {Petit renhtre de cuir nuir,
f 4 r°, A. Tournai.)
Me deust warder mes prisonniers a men
kemandement. (1271, 1). Gren., vol. 280
pièce 21, B. N.)
Commendament. (Lâchent, Somme, nis.
Chartres 371, f 19 v°.)
Dou quemandement monsieur le conle
(1298, A. >'. P. 1362, pièce 1098.)
Il met la marmite ^n sa teste.
Cela présage qu'il aura
Bien du courage et qu'il sera
Quelque jour un grand capitaine.
Sa prédiction fut certaine ;
J'ai tousjours eu vaniniand^ment
Pour m'esire pourlé vaillamment
Et fait un bon devoir aux guerres.
(J. GoDABD, les Desi/uisez, II, i.)
— Fai)-e son commandement de qqn,
le faire mourir :
Se Deus faisod son commandement de
moi SI corn de mort devant ceste feste S.
Jehan Haptislre Id or vient. (.Mars 1288, i
Test., S. .Sauv., A. Mes.)
Sous avons sceu qu'il a pieu a Dieu faire
son commandement de feu nostre Ires chier
et très amé oncle le duc de Millan. (23
.iiars 1406, Lett. de Louis X[, III, 34.J
Cf. II, 191\
to.^i.MANDEOit, mod. commandeur,
s. m., celui qui e.st investi du comman-
dement, chef, chevalier d'un ordre mi-
litaire ou hospitalier, pourvu d'une
commanderie :
Prenez l'oncur, prenez l'cmperc,
S'en soiez sire et comundere.
(Gaut. n'.tniiAS, llle et Culcron, GOSl.)
El sor aus sire cl commandere.
(Ben., Ti-oi^, ms. Naples, f» 4'.)
Scez li maistre e conseillier,
Sor loz les autres eicollenz,
E coniandere de ses genz.
(ID., /J. de Norm., II, 9149.)
E joe frai kc vodrez, seicz cmnmandur.
{f/orn, 2717.) Var., commandeur.
COM
Commnndierres fu et baillis
De nos et de tout cest pais.
( Vie des Pères, B. N. 23111, f» 90'i.)
Comanderes, comandeor. (1238, Launay,
A. \ienne.)
VodrenI, loerent et confermerent lout
comme a eus aparlenoit le don et l'aumo-
nancr que feu ISaoul de Marne et sa l'âme
lirenl au commandeor et au.\ frères de la
iiieson del Temple de Paris. (1260, A. N. S
5095, pièce 19.)
Que li commandierre et li frère de la
meson de la chevalei'ie dou Temple de Pa-
ris tiengnent et puissent tenir. (1261, ib
pièce 14.)
Nos frères Jehans le François, romman-
lierres de maisons de la chevalerie dou
leniple, en France... (1279, J. m.; Joinv
liuetz, A. II. -M.) "
A notre commandeor. (Id., ib.)
.\oslre commendeur. (Id., ib.)
Le commandor de la maison. (Stat. de S
J. de .1er., roui., A. li.-du-lth.)
Kemandear. (1292. A. N. S 5061, pièce 66,
Suppl.)
Quémandeur, conimandeur. (là.)
Li quemanderes. [Ib.)
Commandoor, commandoour. (1307, Mobil-
des Tempt. du baill. de Caen, A. X. J 413,
pièce 29.)
Comanderres, dit il, tôle nuit avons tra-
vaillié et néant n'avons pris. {Serm.. ms
Metz 262, f 3S=.)
Car nul roy ne doit estre sergant a si
povre chevalier comment je suis, mais son
sire et son commandeur. {Lancelot du Lac
2' p., ch. c.\.\i.)
COM 131
— Confier aux soin.s de qqn. :
La parole que il cumandad en mil "ene-
raliuns. {Psaum., Cambridge, CIV, 8.)
Et II marchis de Montferrat, le suen de-
lez, en cui garde li roi Phelippes Vavoit
commandé, qui sa seror avoit a l'ame (Vil-
LEII.-VRD., J 112.)
Et Nasier fîst la lierche, el li fu quémandée.
{Gaufrey, 2990.)
— Infin.,emi)loyé .substant., comman-
dement :
Ainsi la durté du commander du niary
chasse autant la femme de l'amitié iiue la
douceur du serviteur y relient la dame. (.1.
M,\t;GiN, Noble Trist. de Leonn., c. .xlii.)
Cf. H. 191\
coM.>i,\xDERiE, S. f.. bénéfice et di-
gnité conférés dans certains ordres mi-
litaires:
Ladite commenderie ou baillie de la Lan-
delle. (1387, A. .\. MM 31, P 31 v°.)
Durant le temps dessusdict ont vacquc
plusieurs gros prieurez, dovennez, pre-
vostez, commanderies et autres dignitez
électives sans crosse, jusqu'au nombre de
deux cens et plus. (liOl, Ord.,\\, 205 )
Cf. COM.MANDEUR, II, 192".
coMM.*i\DER, verbe. — A., décider,
en vertu d'une autorité supérieure de
ce que qqn doit faire :
Or irez vus certes, quant jol cumant.
mot., 289.)
Li don en ont pris lor venjance :
Comanda li, senz demorance.
S'en tort...
{Eneas, 35.)
COMMAiVDEUR,
DEOR.
mod.
V. Co.MM.iN-
Or irez vus, certes, quant jol cumant.
(Gaks., s. Tlioiiias, D. >■. 13513, f» 17 r°.)
Li apostoille suvent
Cuniande o prie ducement.
(Id., i7j., r» 67 r«.)
Ne te saigne por nulo rien,
Ce te conian ge et defent bien.
(U. DE toisci. .Vir., B. N. 2163, f» '".)
La dame i fait tantost aler
Et keniande ke on l'amaint.
{Cliev. as .II. esp., 0696.)
Volez faire ce que je vos comenderai.
[Lancelot, ms. Fribourg, f 5'.)
Li sires de Couci est tenus seurle saveté
qu'il doit a l'cvesque de Laon et a l'église
a commender eu bonne foi au couvent de-
vant dit que il ensi le fera comme il est
dit. (1237, Cart. eu. inon, f 63% A. Aisne.)
Nostres sires comandai a honorer père et
mère. (Vies des Saints, ms. Epinal, f» 77".)
Pour cen to voil je commander
Que to gardes de demander.
[la Ctef d'amours, 2945.)
co.M.MEMORAiso.>-, S. f., Commémo-
ration :
Célébrer une messe ordinaire de comme-
moraison. (1386, Lanvau.x, A. Morbih.)
co.M.ME.MOR.ATiF, adj., qut rappelle,
qui est fait en commémoration :
Sacrifice commémorât! f (Mor.nay, Inst. de
l'Eue/)., p. 355.)
coMMEMORATIO^', S. f . , messe dite
pour l'anniversaire d'un décès :
Cqmmemoracion. (Août 1462, Lett. de
— Mention, rappel au souvenir de
qqn. :
La dite requeste doit contenir la commé-
moration de vos services. (9 ianv. 1581
Lett. du comte de Ilennau, liibi. Tournai'
n° 30.) '
. to.M.MEMORER, V. a., rappeler le .sou-
venir de qqn, de qqch. :
Et commémorant que anchienement fem-
mes avoient fait mervoilles, comme Judith
et aultres. {Rec. des clir. de Fland., t. Ill,
p. 406.)
Desquelz plusieurs estoienl de ceulx que
jo.i/ devant recensez el commémorez qui
par amour avoienl esté prins et lyez au-
cunefois. (1531, Triumph. de Petrarq., f
124 r°.)
co.viMExçA.\T, adj. et S., qui com-
mence :
Or voiz tu comment la vierge .Marie con-
versa et habita en ses trois habitacions,
dont en la iiremiere administration elle fu
132
COM
forme des commençant, en la seconde elle fu
forme des proiidirans, elen la tierce elle fu
forme des parfaiz. (.Kic. de X.-D., V, lôfi.)
Sire, qui es bontez sanz fin,
Qui des pécheurs les justes fais.
Qui des comniaiiçans les bons fais
Faiz prouffitans et si fenir
Que parfaiz les faiz devenir.
{Ib., Vit, 308.)
COMMENCEMENT, S. m., la première
partie d'une chose :
Mar vi onkes cez guarnemenz,
Tl me furent comencemenz
De mort et de destrucion.
[Eneas, 204S.)
Del an cmnencenifnt.
(P. deTuads, Comput, 653.)
Cumencement. [Pniill. monast. Corb., B.
N. 1. 768, f''62i-°.)
Conmaincement. (Iliinii., Bible, ms. (tri.,
i" 1.)
Li commcmsemens. (S. Grnal, H. N. 2455,
P 62 v».)
ConunencJteiiiens sans commenehier.
(G. DE C.AMonAi, Barlaam, p. 18.)
Ton ami si parfetement
Doiz amer au commettchentenC.
{La Clef d'amours, 2931.)
Si dist en son premerain commenchement.
(Henri de V.\l., 2 502.)
Mandement si est, commoinceynenl de ser-
vir el amitié, et s'en en prenl loer, ce re-
garde plus loage que amitié. (DeJosL et de
Plet, Vil, 10, i 2.)
Qui velt demender propriété, la puet
demender en tel manière ; mes c|ue il die
en son commoincement que ele fut son
père, et que il en morut en seignorie. (Id.,
.XII, 26, S 2.)
Konmenchement. (1292, Arcli. comm.de
Mons.)
Li bons commenremenz de justice vient
de droite nature, {ilor. dea phil., ms.
Chartres 620, t° 6^)
Abrahams fu sires et comencemens des
Ebrius. {Liv. des hist., H. S. 20125, t° 23°.)
Commaincement. {Stat. de Paris, ms. Vat.
Ott. 2962, f 98\)
coM.MEivcEOR, mo(l. commenceur, s.
m., celui qui commence :
Molt lo faisoient bien noslre comenceoy
Quant...
(Hebb. Leduc, Foulq. de Camlie, B. N. 25518, i-
160 r°.)
Baisons est que l'en comence a Sostre
Seignor, qui est li droiz commancierres et
li droiz parfaisierres de haute puissance el
de la haute solTrance. (I'h. de Nav.\kre, Des
.mi. tenz d'aage d'orne, 19G.)
Arthus qui fut commanceiir de la Table
Ronde. {Pus d'armes de Sandricowt, p. 66.)
Le jouvencel mercye en especial ceulx a
qui il estoit tenu, qui ont esté comman-
ceurs de son bien. (J. de Beuil, le Jouvenc.,
ms. Univ., f 602 v°.)
inventeur de toutes mes délices, com-
tnenceur el parfaiseur. (Tberence en franc.,
f 150 v°.)
Puis que vostre plaisir est que je soye le
COM
commencheur de ceste oîuvrc. {Hist. des
seig. de Gaores, f 110 v°.)
COMMENCItEMENT, V. COMMENCEMENT.
— COMMENOIIER, V. COMMENCiER.
coMMExciER, verbc. — A., faire la
première partie d'une chose :
Cunimencerons le pont.
;J. BoD., Saisnes, CXIX.)
Sur lui posa un de ses dras,
Les piez cnnmence a baisier.
;67e Marie l'Egipt., B. N. 19525, f 25".)
Issi voil cumencer mun cunte,
E pus i verrez quei amuate,
Ki est iceo.
(Chaudrï, Petit Plet, 711.)
Gar toi de touz poinz de lenchier
Et de meslees commenehier.
[La Clef d'amours, 901.)
— N.:
Les nés coniencent a walcrer,
Tone et pluet, vente et esclaire.
[Eneas, 190.)
Dune l'ometicha mult chiens et oiseus a amer.
(Gah»., 'Vie de S. Thom., B. N. 13513, i" 4 r».)
Et cil Folques dont je vos di, comença
a parler de Deu par France et par les au-
tres terres entor. (Villeh., S !•)
Quand Bauduins l'oi, a rire commencha.
[D. de Seb., VIII, 1176.)
Commencer de jeter ses racines. (Pasij..
Rech., III, xxix.)
Je desirerays que l'entreprinse que je
vous ay envoyée communiquer par Mon-
sieur (le Panjas peult estre celle par la-
quelle vous commencissié a employer les
forces que vous aures assemblées. ^Mont-
LLC, Lelt., V, 186.)
— Réfl., môme sens ([ue le neutre :
Elles se commencèrent a deviser entre
elles de la bonne cliiere qu'elles avoient
faitte le soir précèdent. (Les Evang. des
Quen., p. 71.)
— Impers. :
Apres la paix faicte, il se commença de
mettre en avant le mariage de madame
vostre fille. (Marg. de Val., Mem. jnslif.
pour Henri de Bourb.)
CommoiHoier. (De Jost., .\, 14, 7.)
Cf. Il, 194".
COMMEINDAMEIVT, V. COMMANDEMENT.
(:OMMEM»AT.\iitE, adj . , qui a un bé-
néfice en commende :
Maistre Arnault d'Anglade, prolhonotaire
du Saint Siège apostolicque et abbé com-
mandaluire "de l'abbaye Saint Amant en
Peule, estoit en sa dicte abbaye. (.1. .\icolay,
Kalendr. des guerr. de Tournai).)
Vn prestre nommé llarlin Rigal le gar-
doit et y faisoit le service pour le prieur
commcndataire . (Chron. de J. Tarde, p. 252.)
Cf. COMMAND.^TAIRE, II, 190".
coMMEîVDATEUR, S. m., commenda-
taire :
Maistre Philippes de la Maire soy disant
vicaire ou commis aux alîaires du cardi-
COM
nal de Bourbon, commendalenr de ladite
abbaye. (10 juin 1523. Prrjccs-vcrhal dressé
par le lieutenant-géniral du bailli de Tour-
nai, B. .\'. Moreau 262, 1" 12't.)
Cf. COMMANDATEUR, II, 190".
COMMENDE, S. f., administration d'un
bénéfice ecclésiastique confiée à un sé-
culier jusqu'à la nomination d'un titu-
laire; concession d'un bénéfice soit à un
ecclésiastique séculier, soit à un laique :
Lorsqu'il fut bruslé, il estoit lenu en
commende et n'y avoit que ung prestre
nommé Martin Rigal. (Chron. de J. Tarde,
p. 252.)
Cf. Commande 1, 11, 190".
i:OMMENDER, V. COMMANDER. — COM-
MEIVDERIE, V. COMMANDERIE. — C:OMME-
NiER, V. Communier. — co.mmenion, v.
Communion.
commensal, s. m. et adj., chacun
de ceux qui mangent ordinairement à
la même table :
Ceux qui pour lors résideront en cour
de Rome, qui avoient esté vrays familiers,
domestiques continuels et commensaux,
.tant du feu de bonne mémoire pape Ale-
xandre dernier trespassé, de ses cardinaux
el conclave, que de nostre S. Père a présent
et de ses cardinaux. (6 juill. 1418, Ord., X,
156.)
Qu'ainsi soit que .lehan Goudin soil et
eust esté demouranl el rommenczut dudit.
(1420, Lobin., II, 940.)
Il lui donna la maison de son père et le
flst son compaignon commensal. (Ancienn.
des Juifs, Ars. 5082, f" 170°.)
Sa grant mesnie commensalle
L'aient a ouyr ses sermons.
(A. Greban, Mist. de la Pass., Ars. 6431, f' 207.)
COMMEXSALITÉ, S. f., qualité de com-
mensal :
Est avisé que partie n'y sera point re-
ceue s'elle ne dit qu'il est son conseiller,
advocat, procureur ou solliciteur de sa
commensalilé. (Ordonn. des ducs de Bret.,
col. 191.)
co.MMENsuRABLE, adj., qui a avec
une grandeur une mesure commune :
Pource que toute chose qui œuvre en
l'autre doit estre a son patient coirmensu-
rahle et proportionnée. (Evr. de Conty,
Probl. d'Arist., B. N. 210, f° 49".)
Si comme le dyametre d'un quarré soil
commensurable au costé de celui quarré.
(Oresme, Liv. du ciel et du monde, i" 56 v°.)
Proportion commensurable.
(AcI. des apost., vol. Il, [' 22".)
coMMENSURABLETÉ, mod. commcn-
surabilité, s. f., qualité de ce qui est
commensurable :
El de ce je diz autresfois en ung Iraicté
que je fiz de la commensurabklé des mou-
vemens du ciel. (Oresme, Polit., 2» p., f
100'.)
Et semblablement de la comensurubleté
COM
ou incomensurableté des mouvemens du
ciel. (Id.. Lit', du ciel et du inonde, ms.
Univ., 1. Il, 7, (0 63".)
coMME.xsiJRATio.x, S. f.. l'eclierche
d'une commune mesure entre deux
grandeurs :
Commensuration est ce qui fait principa-
lement la chose sembler une. (Evr. de
CoNTï, Piobl. d'Arist., B. N. 210, f 217'.)
LacommensuraHon clproporlion des hu-
meurs. (Oresme, Ef/i., B. .N. 201, f 561*.)
Hz commencèrent a mesurer la (erre et
mespartir avec lignes et mesures et plan-
tèrent bornes, atlin (jue chascun congneut
ce qui estoit sien, et de ceste première
commensiii'ation\3. science de mesurerprisl
son nom et fust appelle géométrie. (P.
Ferget, Mirouer de la vie hum., T 119 v".)
coMMEXsuRER, V. a., mesurer pro-
portionnellement :
Hors lesdlclz limites conimensurez. (Du
Moi.iN, des Conttacts, c. .\ix.)
Au lieu de la permission limitée et com-
mensuree du droict civil, a succédé l'elTre-
nee licence d'exercer et exiger usures et
surcrois plus que barbaricques. (|d., ib.)
Lequel hacint avoitau plus haut et contre
l'église 12 pieds ilont l'hacint en dedans
euvres ou le vestiaire avoit de large envi-
ron 9 pieds, de- long il estait commensuré
au chœur et a la nef. (Gleluv. Progrès et
estai de l'abb. de S. Xiro/ns depuis l'an i^SS
jusques a l'an 16i'6, Mèm. de la Société
histor. de Tournai, XI, p. 323.)
co.MjiE\T, adv., de quelle manière:
Deus set asez cument la fins en iert.
[Roi., 3S-2.)
Tut unt oi l'utnent m'aveiz kourratié.
(G*R\., s. Tliom., B. X. I3ÔI3, f" 17 r».)
El .id pris Sun conseil comment il iert pleissez.
(ID., ib., f» 18 r».;
Certes, fait l'empereres, la convenance
est mull granz, ne je ne voi comment elle
puisse estre ferme. (Vm.leh., J 189.)
De sa femme quoment il l'avoit lessiee
en la meson. {Vie S. Eustace, B. y. 818, f°
28 i'.)
Mes Diei. mes Diex, mon cuer enseigne
Ou cl quemerit il te querra.
{Sermnn du iiii' s., Hif.pean. /(eu. /tint, de l'iuic
limg. fr., 1877, p. U5.)
COM
COM
133
Cf. II, 194"
— Comment ipie. quoique:
Hardie gent r'a vers la queue
Que Jaques de Saint Pol aleue.
Comment que poi par esmer mont.
(GfiART, Jloij. linijn., 15071.)
Comment cua ait mis lonc delry.
(Couci, iOiî.)
Et comment qu'elle soit pires c'uns anemis.
Se m'ai elle porte .ii. mois tous acomplis.
(CAec au Cygne, 2183.)
— Comment qu'en aille, locut., de
quelque manière que ce soit :
El qu'il n'y ait si hardi lioramo
Qui Toyie preschant parmy Romme
La loj Jésus comment qu'en aille.
{.Vysthede S. Srbustien, p. 31.)
co.MME-XT.viRE, S. m., Ce qul Sert à
commenter :
Ce mot commentaire e'ntant qu'il sert a
nostre propos, vault autant a dire comme
briefve exposition. ^Gauiin, Comm. de Ces..
prol.)
co.M.MEXTATEi'R, S. m., auteur d'un
commentaire :
Comme dit un commentateur. (Okesme,
Et/i.. IV, 22.)
(:oMME\TER, V. a., e.xpliquer par un
commentaire :
Le gloser et commaiiter.
(ViLLOS, Craïul Test., dans Dict. ijén..)
to.MMER. V. n., faire des comparai-
, sons :
! Si je ne comme bien, (|u'un autre comme
I mieux pour moi. (Mont., liv. I, ch. xx.)
i
j co.MMERAGE, S. m., relation de com-
1 mère à compère :
! Il estoit presejue tous les jours de festin,
j de noces, de commérage, de relevailles.
j (Rab., Tiers liv., ch. xxi.)
co.MMERCE. s. m. et f., relation pour
l'échange des marchandi.ses :
Que 11 rois aroit la moilié
En tout le profit dou cotnmerque.
(MicHAor, Prise d'Alex., 3697.)
Hors de la comerce du peuple. (.Vie de S.
Hermenfaire, Rev. des lang. rom., 1886, p.
163.)
coM.MERCER, v.n., faire le Commerce :
Que les dits suppliants puissent hanter,
commerce)' et fréquenter en nosdits pays.
{24 juin. 1470, Ord., .Wll, 336.)
COMMERE, S. f., marraine d'un en-
fant, par rapport au parrain ou au
père :
A Crestyene, me coumere. (1284, Test, de
Jeh. Bahoe, .A. Tournai.)
1. COMMETTRE, Verbe. — A., enjoin-
dre :
Nous li commandâmes elcommeismes que
il feist le dit adjornement. il.337, S. Sauv.,
Tuiqueville, A. Jlanclie.)
— Xominer :
Nous, par assens des trois conssaux,
avons aujourdui ordonné et commis Jehan
Dumorlicr, fil seigneur Mahieu, recepveur
du denier au lot de vin. (10 avril 1397, Reg.
des consaux, f° 116 v", A. Tournai.)
— Mettre :
C'estoit évidemment commettre et luy et
l'armée en un extrême danger. (Du Villars,
Mém., m, an I5.i2.)
— Envoyer :
S. Pierre a esté constitué pasteur ordi-
naire et suprême chef de l'Eglise, lesautres
ont esté pasteurs délègues et commw. (F. de
Sal., Aul. de S. P., ms. Chigi, f 107\)
— Confier :
Ne pouvant commettre ces particularilez
au papier ni a un tiers. (1592,Coll. Dupuv,
88, f 166, B. N.)
— Commis, p. passé, confié :
Jurisdiction commise est celle qui est
baillée soit par le prince, soit par autre
qui ait povoir de ce faire. ;Bout., Somme
rur.. P 3, éd. 1037'.)
Cf. COMMETRE, II, 194'.
2. CO.MMETTRE, V. CoMlTE.
co.imiNATio.x. S. f., menace:
Souffrant fain et soif, froit et chault,
temptacions etexprobacions, ditlamations,
illusions, dérisions, reprehensions, commi-
nacions. (J. Gersos, Aiguillon d'amour, f» 59
r".)
Bonnes genz, disl, nos devion
Creindre la commtnacton
DiTine...
( fie de S. Koroult, III, 677.)
Il doibt craindre la cummination du pro-
phète Jeremie. [Expos, de la reiqle M. 5".
Ben., f» 82».)
La comminac'ion des paines pour ceulx
qui les auront commis. (Kalend. des bera.,
p. 6.)
Nostre seigneur ne peut plus fort espou-
vanter sainct Pierre que de le menasser de
la privation de beatitmle : et j.ource en
oyant telle commination et parolle si ter-
rible eut granl paour. [Le Repos de cons-
cience, c. xxvrii.)
Et estoient ces parolles ainsi proférées
audict Ezecliias comme par voye de me-
nace et comtnination, car la sentence ne
fut pas ainsi accomplie. [Prem. vol. des
expos, des Ep. et Ev. de kar., f° 16 r°.)
Faire enjoindre audit tuteur faire labou-
rer lesdites terres au temps qu'elles devront
estre labourées, avec commination que si
dedans un an après ledit tuteur ne fait la-
bourer lesdites terres, le seigneur les pren-
dra en sa main. (Coût, de Bern;, VI, 27,
Nouv. Coul. gén., III, 9ie.)
• coMMi\ATOiRE, adj., qui contient
une menace :
Divine fureur qui devroit estre a tous
comminatoire. (J. BotCHET, Ep. mor.)
coMMix-CER, V. a., briser en petits
morceaux :
Et en aucunes des personnes qui furent
tuées, il fut trouvé que leurs os estoient
tous comrninuez et desronipus,sans ce que
la peau et la chair fussent aucunement en-
tamez. jJiv. DES L'ks., Ilist. de Chartes VI,
an 1417.)
En la cité de Carlhage n'eust si merveil-
leuse pierre qui ne fust comminuee en
pouldre. {Boccace des nobles malh., V. 7, P
118 v°.)
Je les comminueray comme pouldre de-
vant le vent. (Le F'evre d'Est., Bible, Ps.
XVII.)
Le seigneur coniminuera les mâchoires
des lyons. (Id., Ps. LVIl.)
134
CÛM
COM
COM
— Coinminué, p. passé, brisé en mor-
ceaux :
Queliiiies esquilles comminuees et sépa-
rées des extrémités des os. (PAiiii,XlII,ii5.)
iioHMis, s. m., employé:
Vous en eiris fealment, par mon coniys,
freire Andnni, portenr de ceste. (Ii88,
Preiw. de Me/:, W 346.)
A les tenir et garder par lui ou ses com-
mis et deppulez a ses despens. (Oct. 1447,
A. N. JJ 179, pièce 57.)
coMMisERATio.x, S. f., Sentiment de
compassion :
Pantagruel, qui en eulcummiseiritiuii bien
grande. (R.\ii., Qtiinl liv., XVII.)
Commeseraiwn.[2l mars 1583, Arch. Cos-
sonay.)
COMMISSAIRE, S. m., délégué tempo-
raire :
Par le pris et regart que les dis commis-
saires oni eu de compenser l'un a l'aulre.
(1340,. A. N. J.I 72, l- (il r'.)
Commisseres, lieutenanz. iJ364, A. Côt.-
du-Nord.)
Cf. Il, 206'.
1. co.MMissioA, S. f., cliarge donnée
par qqn à un autre d'agir pour lui :
Au conseil desdis exécuteurs pour avoir
visité la niinutte de ladilte cu?>nnission.
(1405, E.vér. tesl. de Giurd Le Crich, A.
Tournai.)
Avons baillié la charge et r/ueniission de
ce l'aire. (11 juin 1478, Lett. de L. XI, A.
mun. Pcronne, f" 207''.)
Il laissa ('Ojn»»ws/o?i aux autres magistrats
et principaux personnages de la ville,
qu'ils aasemblassenl le denioui ant des l'or-
ces. (A.MYOT, Numa.)
— • Action de commettre une faute, la
faute elle-même :
J'aime mieux pécher en omission qu'en
commiisioii. (CiiOLn:i!iis, Apres disiiees, (" 38
v°.)
Cf. 11, 195".
2. coM.MIssIO^', mod. commixtion,
s. f., mélange intime de plusieurs
choses différentes :
Cir tous jors choses engendrables
Engendreront choses semtdables.
Ou feront lor coninii.rions
Par nalurex complexions,
Selonc ce qu'el auront chascunes
Entr'eus propriétés communes.
(Rose, 17717.)
Les singulières pièces
En sensîves œuvres sont mises.
Qu'il prennent conipli.vions
Par diverses comtnissioiis.
{!b., torsini, f 1U7'I.)
La qualité sera pure et sans aucune
commi.rlion. (Ohesnji;, Quadrip., B. N. 1348,
f 38 r°.)
Les elemens par proportionnée commix-
tion. (Prouff. champ., 11,2.)
Sans aucune commixlion de autre mecli-
cine. [Javd. de santé, 1, 423.)
— Communauté :
Comixion de biens. (Coul. de Bourqes,
CLXII.)
coMMissioiNivEii, V. a., autoriser par
une commission :
Maistre Jean Bourgois fui commissionné
a faire ceste inlormacion de par le roy.
(1462, Cliron. de L. XI, ms. Clairamb., liibl.
Ec. ch., 1854, p. 264.)
co.MMissoiRE, adj., qui entraine la
résolution d'un contrat.
— Clause, loi commissoire, conven-
tion d'un contrat de vente dans lequel
la résolution était stipulée à défaut de
paiement du prix dans le délai con-
venu:
Largians achala un serf par convenance
de loi comissoire, ce est qu'il li bailla par-
lie deu pris. {Digestes, ms. Monlp., f° 55".)
COMMISSURE, s. f'., ligne, joiiction :
Vaines qui entrent et qui yssent par les
commissures ou crâne. iCIiirurg. de Guy de
Cliauliac.)
coM.MiTTiMUS, S. m., privilège par
lequel le roi autorisait à porter une
cause devant une autre juridiction :
(Bout., Somme rur., dans Ste-Pal.)
COMMOUE, adj., qui se prête -aisé-
ment à l'usage que l'on en fait :
Commodes. (1475, dans Dicl.cjén.)
COMMODITÉ, S. f., qualité de ce qui
est commode :
Un capitaine leur fera quelque chose de
bon en sa vie, mais pour sa longueur il
laissera perdre cent belles commodilez, ou
il eut eu de l'honneur et du prollit.(Mo.NTL.,
Comm., VI.)
Jamais pareille commodilé ne s'offrira,
pour faire pai'oistie ce que vous savez faire,
et le zèle et alTiclion que vous portez a
nostre roi, et naturel seigneur. (Id., ib.,
VI.)
D'attendre avec un peu de patience que
nous nous soyons remis en meilleure co»n-
?HOf/i/e.(13aoûl 1592,ie(i. miM. de HenrilV,
III, 060.)
Trouvant la commodité de luv parler.
{M'MnvÈ, Astrée,ï\,!i.)
COMMOIXCIER, V.C0MME.\CIILIt. — CO.M-
MOIÎ\'Gi\E, V. COMJIUNE.
coMMOTiox, S. f., ébranlement sou-
dain :
Co^mnoliun. (Psaut.de Corb., B. >'. 1. 768,
i- 101 V».)
Comocion.
(VVace, Vita S. M. Viri;., p. S4.)
Cil qui la nuit par la mer vont
Ce sont li homme de cest mont
Qui est en granl commuection.
(GuiF., .vu. rstaz du monde. B. ?l. 1526, f° 40'i.)
I Vez ci que voiz de audition vient et
grant commotion de la terre d'Aquilon. (Bi-
ble, îlaz. 35, f° 126".)
Et je oy après moy voiz de grant com-
motion. (Ib., f°161''.)
De la coumolion de ses charretes. (Ib., f"
148".)
La cornmocion du cerveau. (Jard. desanlé,
f» 148".)
Entre autres raisons qui luy donnoient
espérance de victoire, estoit que la violence
des vents et la commotion de la mer nous
osteroient l'usage et le service de noz gal-
leres. (Mart. du Bell.w, Mém., 1. X, f° 344
V.)
— Soulèvement, émeute :
Pour reste de 50 1. t. que il presla a la
ville pour l'avancement du paiement de
l'anicnile des commocions. (14 janv. 1395, A.
mun. Rouen, A, 3.)
Cf. COMMOCION, II, 195".
coMMUAULE, adj., qui peut être com-
mué :
Statuts muables et commuubles. {Expos,
de lu reigle M. S. Ben., 1° 173".)
COMMUECTIOX, V. CoM.MOTION. — COM-
MUGIVIE, -YE, V. COM.MU.NE.
coMMUiv, adj., qui s'applique à plu-
.sieurs à la fois; qui s'apjilique au plus
grand nombre ; anc, général :
ProDeo amur et noslro comun salvament.
{Serm. de Stmsb.)
La bataille est merveilluse e cumune.
{Mol., 1320.)
O nos aient iole corn une,
Lor genz et la noslre seit une.
(Eneas, 6593.)
Par le commun conseil des Krans et des
Crez fut devisé que li noviaus emperere
seroit encoronez a la fesle monseignor
saint Père. (Villeh., g 193.)
Adont par leur queniun acort
Oat mise seur tens leur parole.
(BEie.MAi(., Sal. d'Am., p. 283, t. 7î6, Bord.)
Par le liemun assentement de le vile
d'Aumes. fl248, Cart. blanc de Corb., B. N.
Corb. 20, f" 74 r".)
Car il estoit mofz en la maladie commune.
(MliNESTRF.I., S 159.)
Par l'assens des Icemuns parens des en-
fans celui Jehan de le Muelle. (Juin 1288,
C'est Piernnin de le Sftfic, chirog., SI Hrice.
A. Tournai.)
Moût scu plere commun langage.
(Clef d'amours, 2784./
Les tiers .x. Ib. pour faire remplage de
vin qui estoit prisies mains dou communl
fuer. (20 fév. 1334, Beg. de la loy, 1332- j
1335, f" 78 V, A. Tournai.) S
Lesquelx firent venir dud. lieu le .vin' }■
jour de may en quatre vasseaulx de quemun •!
accort. (14]'5-1416, Beceltes et dépenses de a
la ville de Boulogne, Mém. soc. acaU., t. VII,
p. 51.)
A communs frais et despens. (S janv.
1443, Chirog.,K. Tournai.)
Ces plaisirs que nous avons communs a.yec
COM
les besles. (Marg. de Val., Ruelle mal as-
sortie, p. 8.)
Oiic femmes communes et mal famées ne
su vvi'nt l'armée. (Seyssel, Grand monardi.,
m, xn.j
— Bien de communs, bien qui .se par-
tage en commnn ;
Tant com il sont ensamble et lor biens
de quemuns. {Des asseuiemens, B. N. 1 189.)
— En commun, de société, de con-
cert :
A tous en kemun. iSept. 1286, les enfants
Pieron de Chin, Cliirog., A. Tournai.)
— Commun, subst., le peuple, bour-
geoisie :
Et vous couroient par my les rues,
Getlant ung si terrible cry.
Tant que la ville en fust esmue
Et le commun tout esbahy.
{Dolop.j
En aliénant et en metantenmain morte
Cet asavoir de f/nemun. (Vers 1287, Projet
lie charte communale. Mém. soc. acad. de
lioiilogne, t. .VllI, p. 62.)
I-e qitemttn de Paris en ot grant marison.
{Geste des ducs de Bourg., 2576.)
— Le commun populaire, le vulgaire :
Et pour gaigner la grâce du commun po-
pulaire, feil de grands festins publiques.
(A.MÏ0T, J. Cœ<i.)
— Lepeuple commun, même sens :
D'avoir lousjours pitié et compassion du
pauvre peuple commun. ;René, Instit. de
l'ordre milit. du Crui-is., UCuv., I, 74.)
Cf. II, 196'.
co.M.MiwALTic, mod. communauté, s.
f., caractère de ce qui est commun :
Certalnnes terres qui estolenten commu-
nalté eiilre eux. (Verni, apr. l'asc. 1314,
Barb. de Lescoel, A. Finist.)
— Réunion de personnes vivant en
commun :
L'une des lommunaltés si est par reson
de commune. (Beaiman., XXI, 26.)
Et fait a l'endemaln semonre devant li
la communaulei de Xamur. (Ménestkel, '",
«à.)
Tonte la communalleil de nostre cité de
Liège. (l"fév. 1323, Pawlllart, C, p. 260,
Liège, Arch. de l'Etat.)
Contre ladite communaleit. (1325, Pr. de
ni. de Metz, IV, 14.)
Comtnunealté. (1325, Cari, de Ph. d'A-
ienç., p. 862, A. S.-lnf.)
Et coniribuissent ung chascuns de lour
selonc sa faculté es comunnullels dou dit
.Montbeliart. (1339, A. >. K 2223.)
Tout la cominalté del rojalme d'Engle-
terrc. (13'.3, Avesb., p. 111.)
A la requeste des cominullees suisdiclz.
{Slat. d'Edouard III, an IX.)
l:O.MML-X.\lTK, mod., V. Co.MJIU.NALTÉ.
<:o.\iMi>E, S. f.. corps des bourgeois
COM
d'une ville, des habitants d'un bourg,
d'un village ; l'ensemble des hommes
réunis pour combattre sous l'étendard
de leur commune :
Dcis en cumune quierl cunseil.
{Bfut, ms. Mimich, 541.)
Li borgois ont la grant cloche sonee
Et la petite tôt d'une r-lndonee,
Et la kemniyne est tanlost assanlee,
A la maison Malscné est alee.
L'assaut comence. lot a une huée.
(RllUB., 0(jier, B. N. 24403, f» 203'.)
Li borgois ont la grant cloque sonee
E la petite tôt d'une randonee
E la comufjne est tantost asanllee.
(Il>., ib., 3SI0.)
Le quemuiqne de Maiçnieres. ( 1225, Cari,
de Ponthieu, B. X. 1. 10112, f 65 v°.)
Par non d'avocacion et ne mie par non
de commugnie. {Ib., f 6(î r°.)
Cil kisunt mis hors (\e\equcmuf}ne.{[2(}0,
A. mun. S.-Ouent., I. 30.)
La commur/nie d'Abbevilie. (1261, Cari,
de Ponthieu, B. .\. I. 10112, f 6 v°.)
Et paiera lx. lih., au roi .xxx., et a le
quemuigne .xxx. {Des asseuremens. B. N.
1189.)
Sor une hemuigne lez maine
Et la li poingneis s'arreste.
{Gilles de Cliin, 3193.)
Enmi ians Gilles s'esiaissa.
Et livre son cors a martyre
Por la k-emu!ffne desconfire.
(/6.,3197.)
Par le congiet des prouves de le coumu-
gne. (1277, Liv. des bans et ordo/in., Bibl.
Tournai, ms. 215, f" 2i v".)
Terres, vignes, maisons et autres que il
ont dedens la conmuine ou que il maignent.
(xin' s., A. S. J 1033, pièce 17.)
Bien cuident la commoingne soit encontre eulz
[armée.
{B. de Seb., X, 607.)
Que li detteur soient de leur kemmugne
et de leur pooir. {Charte du roi Henri
d'Angl., A. mun. Douai, cart. L, r 46.)
— Bien communal :
Sur la requeste des habitants a Brou de
la paroisse d'icy. les quels remoustrent
que M. de Torterel se veull appliquer une
commune auprès de la Garde, lieu dict es
forest communale, la quelle de tout temps
et d'antiquité appartient a la ville et com-
munaultè de Bourg. (1542, Délib. du conseil
de Bourg, ap. J. Baux, Mém. hisl. sur la
ville de Bourg, I, 102.)
Cf. II. 198".
coM.iiLXEME.VT, adv.. Selon l'usage
commun :
Kemunemenl. {.\oùl 1256, Klines,A. Nord.)
D ilec vient cen que l'en seul dire
Communément, sanz contredire.
(Clef d'amours, 1061.)
Monoie communément corant en le vllhe
de .\amur. (Hini. apr. convers. S. Paul
1297, Géronsart, Arch. de l'Etat à Namur.)
Communément la crainte engendre de la haine-
(Gntv., .1/. Aul., IV.)
Cf. II, 198".
COM
COMMIXER, V. COMMLXIER 1.
133
tosiMr.\ic.*BiLiTÊ, S. f., qualité de
ce qui peut être communiqué :
Il leur apartient (aux princes) eslre lar-
ges, libéraux et commuiiicatiz, car ceste
vertuzqui regarde lesdespens, par aucune
similitude est dicte largesse, libéralité et
communicabililé. (H. de Galchi, Gouv. des
princ, Ars., f° 40 v".)
coMMi:.MCABLE, adj., qui peut être
communiqué :
Le bien est de sa nature communicable.
(La Bod., Harmon., p. 32.)
La nature du bon est de soy si commu-
nicable, qu'il ne peut estre resserré dans
soy mesme sans se produire. (A. Laval,
Parapk. des ps., p. 142.)
Ce mareschal avoit de belles qualités
commuuiquahles a peu de personnes. (Cv-
YET, Chron. sept., p. 202.)
C'est la vraie addressepourbien façonner
les vins blancs de toutes sortes, musquats,
piquardans, blanquettes et autres de plus
renommées espèces de Languedoc, ou tel
ordre est observé, communicable a toutes
autres provinces. (0. de Serres, III, 8.)
— Sociable, qui se communique, qui
entre en communication :
Li bons de sa nature est domestique et
communicable, et ordenes a vivre en com-
paignie. (Evr. de Contv, Prohl. d'Arist., B.
N. 210, f 156».)
Que si les princes ne prennent point
plaisir a lire, qu'ils n'en ayent le loisir, ils
seroit bon qu'ils se rendissent communi-
guttbles a leurs subjects. (J. Boiciiet, Se-
rees, XIII.)
coM.'>ir.Mc.\TiF, adj., qui se commu-
nique aisément à d'autres:
Libéral est bien communient if en expo-
sant ses pecunes. (Oresjie, Eth., IV, 4.)
to.M.Mr.MCATio.x, S. f. , action de com-
muniquer :
Amisté et communication. (Oresjie. Eth.,
IX, 16.)
Us desiroient de tout cœur cstre et de-
mourer en amour et communicacion avoecq
leurs voisins. (.1. Sicolav, Kalendr. des
guerr. de Tournay.)
1. coMMi-MEK, s. m. et adj., qui tient
une chose en commun avec plusieurs
personnes :
Les communiers de la rivière, (i'sem. de
la for. de Brecelien, Cart. de lied.. Eclaire,
CCCLXXVII.)
Des ore sunt amdui al camp cumtnuner a pet.
{Ilorn, 4787, ms. 0.vf.)
Vous avez dist qe vous estes seigneurs
forqe de la terce partie de la vile; dounl
en les deus parties de la vile n'estes forqe
(•omo«er. 1131)4, Year books of the reign of
Edward l)ie first, XXXII-XXXIII, p. 233.)
Le maire, escbevins, conimunaulté et
communiers de Villemor en Champaigne.
(9 mars 1571, A. Aube, E 496.)
Et si y a ..\xv. communiers qui doivent
136
COM
COM
COM
(le sepl ans en sept ans une besle a laine,
et pour ce ont leurs besles a laine erbees
es dites communes. (Ii02, Denomlii: du
hmtl. de Cau.r, A. N. P'303, f» 61 r».)
Les grasses pastures n'appartiennent
qu'aux communiers de la parroisse. (Loisel,
Instil. cousl., Il, II, .NX.)
2. coMMUiviER. verbe.
— A., donner la communion à :
Poblen lo rei conimuniei
(S. Lùijer, 83.)
Pus cjue commentez seroie.
(CeREST., Perceval, ms. Montp., f" 45'.)
N'i covint prestre por aus cutnenier.
(R. de Cambrai, 3369.)
Il les a tost commentez
Du cors Dieu, et ras.isiez.
(IV? de S. Em-ault, II, 713.)
S. Cregoires retrait a soi le cors nostre
Seigneur et le mist sus l'autel, et ne co-
miiif/n pas ccle dame por ce que il la vit
rire'. (Vita Pair., ms. Chartres 371, f 85
r°.)
— Donner en communion :
En ce temps l'on appella messes d'un
nom pluriel les prières du matin, princi-
palement quand le premier olVroit a Oieu
l'hostie immaculée et propitiatoire, pourla
communier a ceux qui esloient préparez
pour cest elTect. (Fauchet, Antiq. gaul., II,
19.)
— 1^., recevoir la communion :
Au jour de Paskes. c'on doit cumeniiei'.
(Huon de Bord., 2S9.)
Une petite buise d'argent servant a Pas-
ques a quemeiiyer. {14(59, Inv. de .S. Amé de
Douai, ap. V. Gay.)
— Réfl., se donner soi-même la com-
munion ; recevoir la communion :
De .NI. pois d'erbe fresche, au non de Trinitez,
S'esloil commeitiez, n'i fu prestes mandez.
(J. BOD., Snisnes, CCXI.IX.)
Se cumunie et prent de l'aive benoite. {Li
purgatoire saint Patrice, B. M. 423, P 35''.)
Et li chivaliers se comnnia et prist de
l'ague benoile. {Ib., S" 36".)
— Se communiquer :
Mais je vous prie, dame théologie, que
me déclariez ung peu comment il a voulu
se commuràer MW humains suubz espèce de
pain et vin? (.1. Bouchut, Noble Dame, f°
155 v°.)
Cf. II, 199\
coMMUivio. S. f., union de ceux qui
professent la même croyance ; parti-
cipation au sacrement de l'Eucharistie :
(Dinl. S. Grerj.. p. 168.)
Apres a reeeu le saint qiimenion.
(Enf. God., B. .N. 1-2558, [• 30".)
Communiun. (De S. Jûhan, 11. N. 19.")25, l'°
33 r».)
De toz les seinz croi la comenion. (Credo,
B. N. 1. 3799, BuUet. A. T., 1880, p. 40.)
Cumenion. (lièr/l. de Citeati.r, ms. Dijon,
f» 26 r°.)
Uns moines sanz confession
Morut, et sanz conitnenion.
(Vie de S.Ecroult, II, sil.)
— Communauté :
Et ou, constant icehiy mariage, desdicts
deniers ne seroyent acheptes heritaiges, ils
seront reprins sur les biens de ladicte com-
munion. (19 déc. 1551, Mém. Soc. Eduenne,
XXI, 242.)
coMMUiviQUER, vcrbe. — A., rendre
une cliose qu'on possède commune à
une autre, en lui en faisant part.
— N., avoir des communications,
s'entendre :
J'ay fait communiquer les Bourguignons
sur la matière de paix. (M oct. 1472, Chron.
de L. XI, ms. C.lairamb.)
Il pourrait parler et communiquer facile-
ment avec Anabe. (Gruget, Div. lec, IV,
XI.)
— S'entretenir :
De laquelle bonne nouvelle Garin fut
ausques joyeux et conforté et avecques Ar-
chillanl (jui le tint en amour por cesle
cause sans le remectre a icelle heure en
sa prison disna el communiqua jusques a
ce que leur traictié feust fait, dit, escript
et scellé de leurs seaulx ou seings. (En-
fances Vivien, B. N. 796, 1. 101, p. 18, Wah-
lund.)
— Prendre part, avoir part ;
Voila donc comme nous serons en la pré-
sence de nostre Dieu en communiquant a la
Cène. (C.tLV., Serm. s. le Deuter., p. 590''.)
Le cœur communique a lelle dépravation.
(G. lioucHF.T, SCT'eei, 111, 177.)
— liéfl., se mettre en rapport avec :
Quand Dieu s'abbaisse pour se communi-
quer a nous privement. (Calv., Serm. s. le
Deuter., p. 488».)
Sylvie fut d'advis de se communiquer au
sage Adamas, afind'ensçavoir son opinion.
(D'Urfé, Astree, II, 10.)
Cf. II, 199".
coMMUT.iTiF, adj., qui est relatif à
un échange, aux échanges :
Contractz c.ommuiatifz. (Du Moun, des
Contractz, c. xx.)
COMMUTATION, S. f., changement:
Venez acheter sans argent et sanz con-
mulacion vin et let. [Bible, Maz. 35, f° 113°.)
Esclianges et commutations de chemins.
(Mars 1282, Cart. d'Igny, B. K. 1. 9904, P
119^)
En eulz n'est nulle commutation, il n'ont
point Dieu doubteit. (Ps., LIV, Maz. 382, f"
135 v°.)
Les conimw/acions des temps. (Maiz., Songe
du viel pel.)
Commutation de noms. (Mornay, Inst. de
l'Eucli., p. 732.)
COMOiVER, V. COMMUNIlin.
COMPACTA, adj., qui présente une
masse serrée :
Cellui facteur
Me fisl des choses corrompables
Nourrice et singulière mère
De tous corps compaca et palpables.
(Cna. DE Piz.. Lo}iij est., 2618.)
COMPAGXE, S. f., celle qui vit habi-
tuellement dans la société intime d'une
autre personne ; épouse ;
La femme cui tu moi donasacompmijiie.
(Dial. Greg., p. 317.)
Cunipai/ne.
ROB, GnossETETE, op. Coioci, Mir., ms. Brux., f"
229s)
Guetier te doiz de tes compaignes
Que Ion ami ne lor enseignes.
(Clef d'amours, 3133.)
Conpaingne. (1337, A. i\. S 204, pièce 23.)
Compenqne. (Maiz., Songe du viel pel., I,
17.)
Or sui je bien en touz endroiz
Povre et nu de beneurté
Et venuz a maleurlé,
Quant j'ay ma compalgne perdue.
(Mir. de N. D., lll, 89.)
— Bonne eompaigne, fille aimant le
plaisir :
La fille d'une qui en sa jeunesse a esté
bonne eompaigne. (N. w Fail, Cont. d'Eulr.,
XXX.)
COMP.AGXIE, S. f., présence d'une
personne auprès d'une autre afin qu'elle
ne reste pas seule ; réunion de gens ar-
més :
.XX. mille Francs unt en lur cumpaignie.
(Ilot., 587.)
Par tel convenance que, tant que nostre
compaignie durra, de totes conquestes que
nos ferons de terre ne d'avoir, par mer ou
par terre, la moitié en aurons, et vos l'au-
tre. (ViLLEH., 2 23.)
Se nus hom doit bien amer
Pour sens ne pour cortoisie
ISe pour bone compaignie
C'on puist en dame trover.
(GiLi.. DE Bernetille. Trouv. belij., p. 103.)
Vers Chartres II font compaignie.
(J. Le Marcuast, Mir. de N. D., ms. Cliartr., f" 14'',
Duplessis, p. 58.)
Et ge maindré, n'en dotez mie,
Toz jors en vostre conpaignie.
(Macé, Bible, B. ^'. 401, f» ^56^)
Li amiraus s'an fut a povre conipenie.
(FlouB., 1688.)
Cumpoignie, conpoignie. (De Jost. et de
plet, VII, 15.)
Et chevaliers de son lignage pour corn-
paingnie tenir, et pour l'oneur de lui. (Mé-
nestrel, 2 139.)
Compaignie de marchandise peut estre
faite en telle manière que l'un y met l'ar-
gent et l'autre y met sa peine. (Bolt.,
Somme rur., 1, 58.)
Collegium, comiiengnee. (Glosi. de Con-
ches.)
Elle emmena avecques elle le roy son
mary, en petite compagnie, jusques au
chasteau de Dumbar. (8 av. 1566, Lett. de
Chnrl. I\ à Fourquev., Cab. hist., IV, 32.)
— Commerce sexuel:
COM
Moult vodroie sa conpainie.
(Othevien, ms. Oxf., BoJI. Hntton iOO, !' 7b ï».)
Ouant dame a le cuer de son ami enrichi
et apaisiet del soûlas de toute la conipui-
giiie de son cors. (Ricii. de Fokmv., Puis-
sance d'amours, ms. bijon 299, f'IS''.)
Farao aime mont la compaùjnie
De cil qui la tieut pour amie.
{Clef d'amours, 835.)
Elle estoit de lele condition que quant
.i. hom avoit a li conpaijnie, il le sieuwoil
adies. (27 juin 1317, Rey. de la loij, 1313-
■1325, A. Tournai.)
Or ça, mon amy, quantes fois
Avez vous eu sa contpaignli^ ?
{Nouv. Pathelin, p. 157.)
Ledit Jehan de Lo s'estoit frauduleuse-
ment efforcé d'avoir la compaiqnie de la
femme du frère dudit suppliant. (1460, A.
N. JJ 192, f° 40.)
Voyans icelle fille que ledit prestre ne
cessoit de jour en jour de la prier d'avoir
sa compnifjnie. (th., I'° ôG r°.)
Cf. COMPAIGNIE, II, 201'.
coMPAGivoK, S. m., celui qui partage
le pain avec un autre ; celui qui vit ha-
bituellement dans la société intime de
qqn. :
Si'n apelat Kollant Sun cttmpahjnun.
[iiol., 1020.)
Chi nen est legier.s en sa langue, ne ne
fist a Sun cumpuinun mal. (Vw.des Psaum.,
Cambridge, XIV, 3.)
Molt s'esmaient si compaignon.
Ne desirrenl se la mort non.
[Eneas, 239.)
Compelngnon.
(Chbest., Charete, B. N. I'î560, f" 55'.)
Compagnon.
(ID., ib., Vat. Chr. 1725, f" 21 v'.)
Jou n'en voi nule si poi belo
Qu'ele ne truist son compaignon.
{ChanS; op. Baitscb, Jtom. et pastour., 11, 60119.)
Conpainun.
(Gae.-)., s. T/iom., B. N. 13313, f" G t«.)
Kttnpainiin.
(ID., ib., I' 32 r°.)
. CtiiupainnHH.
(.S. Edward le conf., 814.)
Compaingnon.
{Agrav.)
Et si compaignon chevauçoient environ
lui, ardant molt durement de poindre et
désirant. (IIe.sri diî V,il., ;; 012.)
■ Compengnun.
{Gui de iVanl., 1037.)
Compaigniin,
{Adieux de J.-C. à N.-D., B. N. 19325, f° 12 r°.)
Compeignon. (1294, A. N. Mus., vitr. 50,
pièce 295.)
Se lu estoes sosmis a celui qui fut fet
heirs loi, ou tu receusla possessions des
biens, et Ion compaignon ne la volt deinen-
rter, l'en entent qu'ele t'est tôle donee. [De
Jost. et de plel, .VU, 19, g 4.)
Un compaignon puol bien avoir
Qui son segré porra savoir.
[Clef d'iiiiionr.t, 1213.)
tes compengnons. {Prise de S. Joh.de An-
9ele,A.}i.J I03i, pièce 33.)
T. IX.
COM
Ses compoignons. (8 fév. 1333, Lett. des
mestr. des foires de Champ, et de Brie, A.
Cher.)
Compoiiignon. (Reg. du Citât., 1, 421.)
Vous avez a amy chevalier de la maison
du roy Artus et compaignon de la table
ronde. (Lancelol du Lac, i'° p., ch. .xlvii.)
— Mari, époux :
Mon vray compaignon et ami
Se voua a aler pour ray
Noslre Dame du Puy requerre.
{.Vir.deN.V., 11,317.)
Je voy mon compaignon mort estre.
(/A., IV, 202.)
Cf. C0MP.\1GN0N, II, 202^
oo.>ip.\R.4BLE, adj., qui peut être
comparé avec qqn, qqch, comme pré-
sentant un rapport d'égalité :
non comparable roine.
(Renclus, Miserere, cclx, i.)
Il esloilbien comparables en l'art de ba-
teiller a quelconques euipereour, tant fu il
cler ou noble. (Bers., T. Lie, ms. Ste-Gen.,
f» 28T.)
Les autres choses... ne sont point com-
parables a la guerre d'Aufrique. (In., ib.)
Vero en ses .w. livres dist
De discipline maint beau dit
En comparant dyalelique
Correspondant a rethorique
Et dist qu'elles .u. sont semblables
A la main d'ome et comparables.
(Chr. de Pis., Poés., B. N. 836, f" 211 r«.)
coMP.\RAitLicME.\T, adv., auc, am-
plement, suffisamment :
Des vices generallement
Avons aucun petit touché,
Et monstre comparablemeni
Que soy fier lotallement
Mieulx vault en vertu qu'en pecjié.
(J. BoucnET, Jîeynnrs traversant les rayes perill. des
folles fiances du. inonde, f" 55'^.)
coMPARAisorv, S. f., action de rap-
procher deux ou plusieurs choses pour
déterminer leurs points de ressemblance
et de dissemblance :
Et Adam et li clerc nen unt chef, se Deu, nuu ;
Pur ç'ai fet, ço m'est vis, dreite konpareisun.
(Garuier, i'. Thiim., B. N,, 1° 22 v», v. 1297.)
La comparisons
Que Jésus fait des oreisons.
[Erode, ms. Ju Slans 173, f» 22 t».)
Solon raison
Semblance fait comperison.
(LASDni Da Wauen, Cant. des cant., ms. du .Maus 173
f" 77 V».)
Dunt je dich, et se n'i entent
Mes cuers autre contrucion
C'on puet droite cotnparison
Du giu de la capete faire
A le vie d'amours, qui plaire,
Duet sans cause.
[Ju de la capete, 166.)
Conipareison.
(R. de Uod., Mcrautjis, ms. Viaime, f" 21 v**.)
Comparoifon. (Chron. de S. Den., ms. Sle-
Gen., r 33 r".)
Compereson .
{Fauoel, B. .N. US, f 4v».)
COM
137
cojiPARAiVT, adj., qui comparait en
justice ou devant un notaire :
Oui n'eil comparant a tour de roolle est
en deffault sans remède. (Bout., Somme
rur., f 3", éd. 1537.)
co.MPARATio.v, S. f., comparaison :
Et adonc commença la douleur par la
cité moult grande, et plus a.ssez sans com-
paralion iiu'elle n'estoit pas avant. (J. d'Ar-
R.4S, Melus., p. 153.)
Comparution. (Gerson, Aiquill. d'am., f"
36 r°.) V , y
Les hommes de Ninive condampncronl
le peuple des Juifs, non pas par puissance,
mais par cnmparalion de correction de
vie. {Prem. vol. des exp. des en. et eu. de
kar., t° 82 r".)
co.Mi>ARATivEME?vT, adv., en com-
parant, par comparaison, en comparai-
son :
L'en en teust a.^sezcot)iparativenient selon
le temps. (1556, Disc, de l'an de la com.,
Arch. Lons-le-Sauln.)
El heu l'on assez compuraliDementde vin.
{Ib.)
co.MPARER, V. a., rapprocher deux
ou plusieurs choses pour déterminer
leurs points de ressemblance ou de dis-
semblance :
N'i os, ke n'en soie mcntaos.
Comparer cose corporal.
(Renclus, Miserere, ccsLiv, 8.)
Se les al comparet (les estas dou siècle) au dct
[et les compère.
(GiLLON LE MuisiT, Estos dc tous (/ens seculers. Il,
p. 7.)
Trestoutes preudes femmes un petit y rompere
[(a la Vierge).
(Id., Complainte des dames, II, 207.)
— Eslre comparé, être comparable :
Nule terre n'e^; comparée de marchean-
dise encontre la terre de Flandres. [Les
terres desqneus les marchand, viennent à
Bruges, B. N. 255i5, f 274".)
— Réll. :
Uem en oniir ne demurrat; comparât set
a jumenz e serat lout. {IJv. des Psaum.,
Cambridge, Xl.VIll, 20.)
Cf. II, 203'.
COMPAROIR, V. n., comparaître :
M'amour.un vieil soMal, plusjaloux qu'amoureux.
M'a faicl faire im appel derrière les Chartreux,
Mou courage et l'hunneur veulent que j'y corn-
\pai-e.
(L. C. Discret, Alizon, V, 2.)
coMPAROisTRE, mod. Comparaître,
V. n., paraître eu justice, paraître en
général :
(lion. Est., Tlics.)
Daire voyant que plus ils ne comparais-
soi/ent, abandonna ses bastimens. (S.^liat,
lier., i.)
Je leur ay ruine la comté de Bourgogne,,
au voyage que j'ay faict par deçà, avec une
18
138
COM
grande armée qu'ils y avoiont assemblée a
grands frais, la(|uell(' n'a jamais comparu
devant mov. (21 sept. lôOô, Lett. miss, de
Henri IV, i. IV, p. 406.)
COMPARTIMENT, S. m., division d'un
objet :
Deux pièces de canevas, ouvres de com-
partiments de sove au gros poincl, pour un
petit days. (18 ia\\\.\\>%Ç>,Lelt.deM.Stuart,
VU, 240.)
Autre quarré, a fond blanc, avec quelque
compartiment de fleurs a plaisir. (,/6.)
COMPAS, s. m., instrument formé de
denx branches de bois ou de métal réu-
nies par une de leurs extrémités, de
manière à pouvoir s'écarter ou se rap-
procher l'une de l'autre, pour mesurer
des angles, tracer des cercles de dimen-
sions différentes :
Li trezimes onmi est tailliez a compas.
( Voy. de Cliarl. à Jmis., 428.)
Saint Benooiz la droite ligne.
Fait la règle a droit compas.
(fiiuoT, Bible. 1391.)
Une dousaine de compas, gros, quatre
dousaines de compas. (1423, Exéc. lest, de
Angnies de lortioir, A. Tournai.)
— Pm- compas, d'une manière me-
surée, régulièrement :
Dea. Joseph, tu parles jior eonpas.
{Résurr. de J. C, B. N. 902, f" 6.)
Le cours que fait l'obscure nuict,
Et le clair jour, c^ui par compas la suit.
(Cl. MlK.. Psalmes. p. 145.)
Ce sera œuvré par compas. (Rab., Tiers
liv., ch. XXI.)
— Par tel compas, d'une manière
si mesurée, si régulière :
Il avoit beu par tel compas
Qu'il avoit les larmes a l'ueil.
{Farce du Gaudisseur, .\nc. Th. fr., Il, 296.)
Ainsi la mer borna, par tel compas
Que son limite elle ne pourra pas
(.)utrepas5er.
(Cl. Mab., Psnlmes, 104, p. 221.)
— Loc, sans compas, sans modéra-
tion, sans mesure, extrêmement :
Boire sans compas.
(iVef des fols , f" 14 v".)
Puis en viendra un qui tous aullres passe,
Delitieus, plaisant, beau sans compas.
(ItAD., Garg., ch. n.)
— Pour le Juste compas, pour parler
avec précision :
Ou autrement, 2^onr le Juste compas.
Pour le plus tard celle noble saison,
.Vrbres et fourches en feront la raison.
(('.OQUiiLART, Bal. contre les eecs manleauh-, I, IS.)
— Fig., règle, mesure :
M.iis quant s'en vont dessus autruy appastz
Elles repaissent sans ordre ne compas.
(J. Mabot. Episl. des daines de Paris aux courlis.,
p. 28.)
Vivant dissoluement, san reigle ny com-
pas. (Lariv., Nuicts, XIII, 13.)
COM
J'ay convoqué a la fin de ce mois iine
assemblée générale, ou j'espère que Dieu
nous fera la grâce de pourveoir a nostre
conservation et de régler nos affaires avec
un meilleur compas. (1" fév. 1581, Lett.
miss, de Henri IV, l. I, p. 352.)
Ou par ordre et compas les jardins azurez
Monstrcnt au ciel riant lents carreaux mesurez.
(AuD., Trai/., T.)
Cf. II, 204'.
coMPASSEMENT, S. m., action de com-
passer, de tracer au compas, de dessi-
ner régulièrement :
Aristotcs d'Ataines l'aprit onestement.
Il li monstre escriture, et ii valles l'entent,
Griu, ebriu et caldiu et latin ensement.
Et tote la nature de la mer et del vent,
Et le cours des esloiles, et le compasentenf
Isi com li planettc maine le firmament.
[Ilom. d'Alir, f» 11».)
Denz drus et pelis
Blans et par cnmpassemcnt mis.
(r;;«n.!.. ms. Moiilp. H 190. I» 68 T" ; G. Raynand,
Motets, I. 36.)
Il n'y a chose depuis la terre jusques au
ciel, quelque compassement et proportion
qu'il y ait, qui ne soit sujette a mutation.
(Thevet, Singul. de la Fr. ant., ch. xlv.)
Cf. II, 204\
coMPASSEOR, raod. compasseur, s.
m., celui qui use du compas, archi-
tecte :
Qui del munde fus ordeneres,
Faitre e antor e compasseres.
!Be5., n. de Nonn., II, 211.?.)
Geste favorable propositionn'estoit qu'une
risée, qui nous nienoit a conclure par né-
cessité la neantise du compas eî. du com-
passenr. (Mont., 1. Il, ch. xu, p. 306.)
— Celui qui mesure, qui divise :
Leur frère (Phaéton)
Tombe dans le fleuve Eridan,
Du beau char compasseur de l'an
Conducteur téméraire.
(RoD. Garnier, .Marc Antoine, II, 359.)
Tant que Pbadïus luyra, compasseur des années.
(Hardy, Corn., V, iv.)
coMPASSF.R, verbe. — A., ordonner
d'une manière régulière, sjonétrique .•
Cil Ui primes l'cdefia
Et ki le chastel cnmpassa.
(Wace, Itou. I. 406.)
Mult la compassa bien (Babylone), de mur la
[clost cntur.
(TnoM. DE KrsT, P. Meyer, Aler., p. 224, v. 25.)
Une citei i cnmpassa,
Cinc mil ovriers î assembla.
{Bnit, m». Munich, 2033.)
Moult fut estroile II antrele
Qu'ansi fut faite et compasseie
Par devant la haute montaigne.
[Dolop., 9737.)
La lor fu faite et compassée.
Quant Babiloino fu fondée.
{Flolrc et Blancke/t., 2" vers., t. 2453.)
Jason qui premiers la passa (la mer)
Quant les navires compassa
Por la toison d'or aler querre.
[Rose, 9343.)
COM
Et sera la dicte rue compassée en ma-
nière que... (1446, A. N. P 13552, pièce 4.)
Nyveller, mesurer, compasser et con-
duire le dit voiage. (Vente des biens de Jac-
ques Cœur, A. N. KK 328, f 262 v°.)
Vérité est que depuis que la cyté de
Romme fut fondée et que Romulus l'eut
compassée el edillieea l'aydede Romus son
frère. (Ilyst. du c/ieval. Berinus, ch. i. A, ii.)
Il faut que l'esperonniersçache bien com-
pare)' les boucles, chaineltes el barres des
freins (du cheval). (E. Bixet, Merv. denat.,
p. 553.)
— Fig., régler:
Que par l'ercevesque de Reins
Fu la trieve prise el escrite
Si comme c]e fn. devant dite
E compassée mot a mot.
{Guill. le Marcclial, H717, P. Meyer.)
Soit qu'elle compassé
.Au son de son luth le nombre de ses pas.
(Ross., Od., I, p. 76, Mellerio.)
— Rendre égal :
Et compasser les jours et tous les mois de l'an.
(Fr. Perhin, Pourtrnict, i" 57 r",)
— Entourer :
Unghault mur circuit le jardyn de toutes
pars, or compassé le jardyn. (Palsgr., p.
491.)
— Réfl., arranger, disposer, ordon-
ner sa personne, sa conduite :
Son passe temps est de soy compasser.
(B. Desper., Poés., 82. L. Lacour.)
— Se comparer :
A la senestre partie, avoit une dame si
bêle que toutes les biautez du monde ne
se porroient compasser a sa biauté. (Perce-
val, 1, 13.)
— N., dessiner :
A compasser ot maistres sages.
[Alliis, B. N. 375, !' 96-.)
coMPASSioiv, S. f., sentiment par le-
quel on prend part à la soulfrance d'a-u-
trui :
.\iez, por seinte charité
Compassion et pieté.
(F. Angier, .?. Oreg.. P. Meycr, Bec., 413.)
Ceos ki ont apris a avoir conpassion per
ceu qu'il solTert ont. (Sei-m. de S. Bern.,
31, 14.)
Nous le prions que tu nous doinses avoi r
si dingne compassion de ta soufrance que j
nous soienmes dingne d'ieslre conté en tes
membres, (ies Heures de la crois, ms. Cam-
brai 88, f° 66 r".)
Ma compascions est toie.
(L'Abbaye de denot., Ars. 3167, f» 47 r».)
Compacion. (1389, A. N. P 1355', pièce.
100.)
Quant il sera enfourmes de vos anois et
tribulations, il yprendera gTg.nl compation.
(Froiss., Chron., VI, 195.)
Ayez compassion
Du noble sang et de France ot d'Espaigne.
(r.L. Mar., Cant. de In cheslienlé, p. 306.)
coMPATER.MTÉ, S. f., qualité de com-
père :
COM
COM
COM
139
La commune oppinion tient que les par-
rains et marraines, comment c|u'ilz ayent
allinitù par le sacrement de baptesme a
l'enfant c]u'ilz tiennent, et au père et a la
mère, si n'ont ilz entre eulz, qui ensemble
le tiennent, nulle atlînité acquise, se non
comjoa/ecH/7é familière. (H. de Gauchi, /{a-
lion., li. iN. 437, f 322 v".)
COMPATIBILITÉ, S. f., Caractère d'une
chose compatible :
(1603, De Chavigny, dans Dict. gén.)
COMPATIBLE, adj., qui peut se con-
cilier avec :
Il pourra user de marchandise honneste
et compatible a icellui mestier. (Fév. 1447,
Oi-d., XIII, 535.;
Afin de rendre nos fruicls compatibles
avec le sucre, puisque c'est avec lui que
nous les confissons. (0. de Serr., VIII, 29.)
COMPATIR, V. — N., être touché, at-
tendri des maux d'autrui.
— Réfl., s'accorder, se concilier;
Je ne me saurois compatir avec ses hu-
meurs. (Carloix, I, 35.)
— A., supporter ;
Je deschargeraj' bientost mon peuple de
telle sorte de gens, qui vivent si déborde-
ment qu'il n'y a plus moyen de les compa-
tir. (i mai 1598, Lettres missives de Henri IV^
t. IV, p. 975.)
COMPATRIOTE, s., qui Bst de la même
patrie :
Compalriottes.{h\ NorE, Disc. p. 48.)
coMPE, V. Conte. — compecte.vte-
ME\T, V. COMPETEMME.NT. — COMPEDI-
TEUR, V. Compétiteur. — compegxOiX,
-EIG.VOX, -EI^■G.\0^•, V. COMPAONON. —
CO.MPELLER, V. Co.MPlLER.
co.MPE.\DiEisEME>T, adv., en résu-
mant l'ensemble :
Il convient racompter compendicusement
et en brief quelles choses sont a louer es
femmes. (II. de Gauchi, Gouv. des princ.
de G. Colonne, Ars. 5062, P 101 r'.)
coMPE.XDiEu.v, adj., qui résume l'en-
semble, abrégé, concis :
Cy commence ung compendieux livre de
Mirouer historial auquel sont en bref et
clairement récitées les histoires de la Hible.
(.l/i'r. Uisl., Maz. 1554, f 14 r».)
Jesuscrist vous a baillé la forme fort
briefve mais compendieuse pour le prier.
(J. UoiCHET, .Yo6/e Daine, f 113 r°.)
Avezyous entendu comment il est résolu,
sommaire et compeudietu: en ses respon-
ses? il ne rend que monosyllabes. (Kab.,
Cinquiesme liv., ch. .x.KVii.)
— Qui raccourcit :
Chemins compendieux. (Sexle J. Frontin,
II, !l.j
co.MPE\Dio\, mod. compendiuin, s.
m., abrégé :
Je vous offre donc un bref recueil, ab-
bregé et compeudion de ses plus rares dis-
cours. [Recueil gén. des rencontres de Taba-
rin, dédie.)
co.MPEXG.\o.\, V. Compagnon.
coMPE^SATlo^•, s. f., fait de se com-
penser réciproquement, en parlant de
deux choses :
Faite compensacion du riche ou povre.
(1303, A. N. JJ 36, f 44 v°.)
En guerdon et compdnsncion desdiz ser-
vices. (1336, A. N'. JJ 70, P 62 v°.)
Compensation a lien d'une dette claire et
liquide, a une autre pareillement claire et
liquide. {Coût, de Calais, CCX-XII, Souv.
Coût, gén.)
coMPERAGE, S. m., lien spirituel
entre le parrain et la marraine d'un
enfant; affinité entre gens très liés en-
tre eux :
Ne p;irentc ne comperaffe.
(Ren., Br. V», 328, var.)
Comperage. {Miroir hist., Maz. 1554, f°
172 V.)
co.MPERE, s. m., parrain d'un enfant
par rapport à la marraine ; appellation
populaire entre gens qui se parlent fa-
milièrement :
Et feusl compères dudit Gilet d'un de ses
enfanz que ledit Richeles avoit tenu ans
fons. (1335, A. >'. JJ 69, f 62 r°.)
coMPERisox, V. Comparaison.
coMPETEM.MEXT, adv., d'une manière
compétente ; suffisamment, convenable-
ment :
Competantement. (H. de Gauchi, Gouo. des
Princ, Ars. 5002.)
SouBisanment et cotnpetenwent. (1332,
Cart. de Sens, B. N. 1. 9895, f° 121 r°.)
Et y a assez competammenl de vivres et
de bonnes gens d'armes pour garder la
ville. (J. d'Arhas, Melus., p. 120.)
Compettenment. {Reg. du Chat., I, 467.)
Et firent visiter les vivres et habillemens
de guerre, et se trouvèrent assez c'jmpeiem-
meiit garnis. (Juv. des I'rs., Charles VI, an
1382.)
Compeotenlement de son exprès consen-
tement. (1403, V ente d'une rente aux chapel.
de S. Hit. de l'oit., A. Vienne.)
Competanment. (Courcy, Hisl. de Grèce.)
En la dite année, on oll de bons blez et
de bons vins, et asses compectamment. [i.
AuBRiON, Journ., an 1492.)
Competamment je paye subside et taille.
(Gbingohë, Jeu du prince des Sotz, Moralité.)
Qu'on doit disner competemment.
(N. DE LA CuEs^AïE. Condamii. de Dancquet.)
Triboulet (dist Pantagruel) me semble
compelentement fol. (Kab., Tiers livre, ch.
xxxviii.)
Le grand bastion estoil assez competam-
ment profond en terre seiche. (JIart. du
Bellay, Mém., 1. VIII, f° 2.56.)
co.MPETExcE S f . , attribution à qqn,
de ce dont il a le droit de décider; im-
portance :
Au regard des reqiiestes que faire luy
voudroil ou pourroit, il en regarda les qua-
lités et condicions, et peut estre, ainsy le
croy, qu'il n'estoit point en pourpos de les
lui passer, car trop estoient de pois et de
grand compétence. (G. Chastell., Chron. des
ducs de Bourg., III, 47.)
coMPETE.XT, adj., qui doit être attri-
bué à qqn en vertu d'un droit; conve-
nable :
En temps et en sesons competenz. (1292,
S. Vinc, pièce 64, A. Sarthe.)
En lieuz competens fist merveillouz palais
sur li mur de la cité, si que il estoient
dedens et defors la terre. (Aijié, Yst. de li
Norm., VIII, 23.)
Jour compectant. (Xov. 1451, Lett. de Ch.
Vil.)
COMPETER, V. n., appartenir en vertu
d'un droit; convenir ;
Verecunde ne compete pas et n'est pas
convenable a tout eage. (Ores.me, Elh., IV,
24.)
Cf. 11, 206=.
COMPETITEUR, S. m., cclul qul se
met sur les rangs en même temps qu'un
autre pour obtenir qqch. :
Amry qui fust esleu par les chevaliers en
l'ost occistson compidileur. {Fleur des hist.,
îlaz. 1562, fo 77''.)
A la persécution et importunilé des cow-
petiteurs d'iceulx supposts. (23 mars 1412,
Ord.,X,e-i.)
Actendu que en icellui (office) il n'a point
de comijetiteux. (12 sept. 1483, ih., XIX,
128.)
Compediteur. (Fossetier, Cron. Maro., ms
Brux., II, f 106 r».)
Ha ! faux compétiteurs de volonté inauvaize.
Ne tenez plus aux champs ce que m'avez osté.
(Am. Jamyn, p. 135.)
COMPHAXO.X, V. CONFANON.
COMPILATEUR, S. m.. Celui qui réunit
en un seul corps des documents sur
une matière empruntés à diverses sour-
ces :
Sy prie a tous ceulx ([ui verront ce pré-
sent volume qu'ilz supportent l'ignorance
du compilateur . {Livre du faulcon, l'oés. fr.
des xv° et xvi° s., XII, 265.)
Compillateur. (Fossetier, Cron. Marn.,
ms. Brux. 10511, VI, n, 3.)
co.MPiLATiox, S. f., recueil de docu-
ments sur une matière empruntés à
diverses sources :
Tout ce qu'i Irovoront et oirenl
Mistrent en compilation.
(Gaot. ue .Mes, Image du monde, ms. Monlp. . f' 41
r».)
140
COM
COM
COM
La coinpilacions de cele ovre. (Pass. S.
Math., B. N. 818, tM88 v».)
Compi/lacion. (J. dk Vig.nay, Enseignem.,
ms. Brux. 11042, P 1".)
Cf. II, 207».
coMPiLEU, V. a., réunir dans un
même recueil des textes sur un sujet
commun empruntés à diverses sources :
Ici commence li fes des Romains, com-
pilé ensemble de Sahistc, de Suetoine et de
l.ucan. (Les faits des Romains, Val. Chr.
i792, Not. elextr. des mss., XXXIII, 269.)
Ledit moine et luy ont compilé unes faus-
ses lettres closes, au nom dudit povre ga-
land. (Marcial, Arr. d'am., p. Voit.)
Compiller, compilo. (Vocabularius brevi-
dicus.)
— Compilé, p. passé, composé ;
Je ne sçay qui de ma confrairie apporta
la nouvelle d'une sorte de pillules compi-
lées de cent et tant d'ingrediens. (Mont., 1.
II, ch. xx.wn, p. 519.)
Cf. II, 207^
c.oMPissiER, mod. compisser, verbe.
— A., uriner sur :
Deus grans raastins li ont au col toursé,
Qui li compissent et le bouche et le nés.
[Beuoes d'Hanstone, B. N. 12558, [" 116'.)
Li millor chien et li plus haut
Chacier ne vauronl, ce ne faut;
Ainz compisseyont la menée.
Sachiez que c'est chose prouvée.
Jusqu'à tant que achaill'é cera.
Et lors chaucuns le chacera.
{La Chace dou cerf, ap. Jub., ÎVouv. rec, p. 171.)
Et tirant sa mentule en l'air lescompissa
si aigrement, qu'il en noya deux cents soi-
xante mille quatre cens dix et huict. (Rab.,
Garg., ch. xvu.)
— Fig.; traiter avec mépris :
Il fait a l'un la nioe, l'autre conpissera.
(Cuv.. B. du Giwsrl., var. .les v. 118-122.)
— Réfl., uriner :
Quoy le follnstro n'y voit goutte
Et a tel peur qu'il se compice.
{Act. des npost., vol. 1, f" 39'.)
Se sentans du tout prins (les hérissons),
ils se compissent en eux niesmes, pour gas-
ter leur peau et leurs pointes. (Du Pinet,
l'iitie, VIII, 37.)
Mettez sur la braise des feuilles de lapa?
brisées, et que la fille en sente la fumée,
si ne se compisse elle n'est pas vierge.
(JOUB., Err. pop., 1" p., V, 4.)
Les unes se compissoient en beuvanl, et
les autres beuvoienl en se compissant.
(Brant., Dam. gai., 1" dise.)
— Complssié,
d'urine :
part, passé, couvert
Comment tu l'as ainsi laissie
Pour une chievre coinptsie
Qui put plus que ne fait mais eus.
(Ysopet, B. N. 1594. ï' 30 v«.)
coMPLAiGivANT, adj., qui porte
plainte, qui expose des griefs :
La cour verra la complainte et exploict
et fera droict se les complaignans sont a re-
cevoir ou non. (Avr. i'ill,Èeg. du Parlem.,
ms. Sle-Gen., p. 178.)
llelas pourquoy va pitié eslongnant
La demande d'ung povre complaignant?
(O. DE s. Gel., Kp. d'Or., Ars. 510S, (° 173 y.)
La dame complaignanle. (B. Desper., Joy.
dev., LXXVIII, 269, L. Lacour.)
coMPLAiNDUE, verbe. — Réfl., se
plaindre :
Conipiaint sel que molt li grevot
Que en Grèce ne s'en alot.
[Fneas, 987.)
Pour ce que pluiseurs personnes non
nobles etde église se doloient et cnm.plain-
gnoient. '23 nov. 1328, Curt. de Flines,
CCCCXX.XVIII, p. 541.)
Vint en Auvignon et se complaindi au
pappe Grégoire du roy d'Arragon. (Froiss.,
Chron., VIII, 276, var'.)
Vos philosophes qui .«e cnmptaignent
toutes choses estre par les anciens escrip-
tes, rien ne leur estre laissé de nouveau a
inventer, ont tort trop évident. (Rab.,
Quint liv., ch. xlvii.)
— N., dans le sens du réfléchi :
Et nos ai monstre en complenanl en non
dou priour de saint Marcel, que... (10 juin
1304, S. Marcel, A. Doubs.)
— A., se plaindre de :
Va compiaignant sa mauvaise fortune.
(C-L. Mar., EijL ruât.)
— Exprimer ses condoléances à qqn ;
Liquel furent envoyet a Biaumont par
mons' pour complaindre madame de Blois
pour la mort de Loys, sen fil. (1391, Ch'esl
li romples que fait sire Pieres de Zande, f°
15, A. Nord.)
Cf. II, 207-.
coMPLAiiNTE, S. f., actlon de se plain-
dre à qqn, plainte :
Lor complainte.
(r.BEEST., Cliges, 611.)
Quand l'empereriz oi les complaintes, si
fut niout courroucié. (Ménestrel, g 444.)
Ledict sieur de Selieres...faict citer ledict
Armand ilevant le métropolitain pour y
déduire ses causes d'opposition, et puys le
faicl assigner en complainte au parlement
de Bordeaux. (Chron. de J. Tarde, 210.)
Cf. II, 208\
COMPLAIRE, V. n., donner satisfac-
tion :
.\ux princes cuident par ce complaire.
(EusT. Desch., Œm., II, 136.)
Il ne se passoit point de journée qu'il
n'obligeast dix fois sa femme a lui com-
plaire. (Le Vayer, Hom. acad., 2.)
Cf. Il, 208\
coMPLAiSA>'CE, S. f., volonté de com-
plaire à qqn. ; acte de nature à faire
plaisir :
Celui fet teles complaisances d.(iin que par
ce lui soit faite aucune utilité en pecune.
(Obesme, Eth., IV, 18.)
Complaisance. (L. de Première, Decam.,
B. N. 129, f° 127 v°.)
Par vaine complacence. {Expos, de la
reigle M. S. Ben., (° 51».)
coMPi.Ai\'T, s. m., plant d'arbres,
plant de vignes; partie, plantation
d'arbres ou de vigne due par le loca-
taire d 'un champ en échange de la
jouissance concédée :
La dite place et les dites vignes quittes
et délivres ob la quinte soume de vendenge
rendent a rotnplant e gardes et recez. Manv.
1231, A. M.-et-L., Fontev., La Roch., fen. 3,
sac 8.)
Ob lo dreit comptant rendant. (Ib., sac 9.1
.X. sols de cens... portez en la dite au-
mosnerie de la moneie censau par la vile
de la Rochelle e rendant le dreit conplant,
c'est assaver la quarte some, e gardes e
recepz. (1248, S. Berthomé, Bibl. la Bo-
chelle.)
Que il puisse mettre a terre gaignable .v.
arpens de vingne,... pour ce qu'elle est de
.trop malvais comptant. (1390, A. N. MM 31,
f 120 r".)
Planter me fault autre comptant.
(Villon, /*. Test., 3.)
Les bons comptans de Candie tache prendre.
(Gringore, la Chasse du cerf des cerfs, l, 165.)
J'ay de mes propres mains
Plante un beau verger de si bonne aventure
Quo le ciel tout beuin et la douce nature
Ont tant favorisé qu'on ne voit rien de beau
Qu'aisément on ne trouve en ce comptant nou-
[veau.
(R. Belleau, Berf]., \'^ y, f" 32 r".)
COMPLAXIOIV, V. COMPLESSION.
coMPLEME-vT, S. m., cc qu'il faut
ajouter à une chose pour la rendre com-
plète :
Que nostre peuple ayt complément de pe-
tite monoie. il347, Ord., II, 285.)
f;oMPi.Essioiv,mod. complexion,s.f.,
réunion d'éléments divers ; ensemble
des éléments constituant la nature phy-
sique d'un individu ou d'une chose ;
manière de se conduire :
Faible complecion.
(Dretela Grieuilier, Val. Chr. 1522, f° 161'.)
II n'est nus hons, je n'en doul mie,
S'il nel set par astronomie.
Les estranges cùmpllcions.
Les diverses posicions
Des cours du ciel.
(Base, r.orsini, t' 118".)
Compleclion. (Le chavire de le cliité d'A-
miens, B. N. 25247, î" 49 v».)
Comment vous pores savoir le compla-
sion dou cors selonc nature. (Rem. anc, B.
N. 2039, f° 9=.)
Complession. (Ib.)
Compliexion. (Sydrac.)
La complession du corps. (II. de Gaichi,
Gouv. des princ. de G. Colonne, Ars. 5062,
f 73 r».)
COM
COM
COM
141
hacomplexioniu tans. (Oresme, Quadrip.,
B. N. ]3i9, f» 19".)
Et ceuli qui n'ont pas complexion saine.
(lÎL'ST. Descb., VI, ISS.)
Complession. (Lelt. de Mnrg. d'Anrj.,
C.WIII, à M"" de Rieulx, 1536.)
Parce qu'il avoil presché conire le pape
Eugène, conire lequel les Romains et plu-
sieurs prélats avoyent la picque pour rai-
son de ses deporfements et complaxions
importunes. (I'aradin, Ann. de Bourg., p.
701.)
Le clerc est tenu de luy enseigner les
coustumes de la ville et les complexions de
son uiaistre. (H. Despeb., Noiw. recréât., f"
37 r°.)
De comple.rion joyeuse et gaillarde. (Joub.,
En: pop., l" p.. Il, I.)
COMPLET, adj., auquel il ne manque
aucun des éléments qui doivent le consti-
tuer:
La première somme complète. (0. de la
IIave, dans Dlct. gén.)
Une compagnie de gens d'armes com-
plète. Mo.NT., liv, II, ch. XII, p. 284.)
— Latinisme, accompli, parachevé:
Dame, vostre commandement
.\vons complet.
(Mir. de .V. D., II, 71.)
coMPLETEMEîMT. adv. , d'uHO manière
complète :
Comphctemeni.
(Fimvel, B. N. 146, f 12 r".)
Compleclement. (J. Goulain, Ration., B.
.N.437, r'217 T\)
Complet temen t. (Deciim., B. N. 129, f 42 r°.)
coMPLic.\Tioiv, s. f., action de com-
pliquer :
Flux de sang et complication des dispo-
sitions. (Gci DE Chauliac, b. N. 24249, 1° 111
y.)
— ?
_ La curinte par dessus (le bàlon pastoral)
signifie les cerimonies retraites et la com-
pllcacion de l'esperituel sens. (J. Gol'lai.\,
Ration., B. N. 437, f 84".)
to.MPLicE, S. m., celui qui aide à com-
mettre un crime, un délit :
Complùse. (1327,. V. mun. Abbev., portef.
A ; A. Thierry, Tiers Etat, t. IV.)
Ont esté complices de yceulx melTaiz.
(1329, A. X. JJ 07, f 28 r°.}
Qu'il estoit el est fauteur, complis et ad-
héré dudit Olivier. (1420, ap. Lob., 11,940.)
Faire appréhender les dis complisses pa.r
luy accuses. (1459, Procès de Mesaîwue, A.
Orne.)
i:oMPLicio\-, V. Complession.
COMPLICITÉ, S. f., aide donnée à un
criminel :
Par le moien de laquelle complicité ledit
l'ierot s'est absenté de ladicle ville. (1440,
A. .N. JJ 176, f ti v°.)
CO.MPLIE, s. f., auj. ordin. compiles,
s. f. pi., la dernière partie de l'office
qui se dit ou se chante après vêpres :
E puis chantent la cuniplie.
[S. Brandon, S70.)
En quaresme puis compile sonant. '(Est.
BoiLEAU, Liv. des mesL, V p., XVI, 5.)
Seigneurs, sachiez, j'ay grant talent,''
Puis que j'ay dite ma coinplie,
D'aler couchier.
[Mir.de y. II., 1, 3, 176.)
Li ymne de compelie. {Règle de Citeaux,
ms. Dijon, P 97 r°.)
Compile. (M., f° 97 r".)
Cf. Il, 208'.
ccMPLiExioN, V. Complession. —
COMPOIG>0\-, -OIÎVGIVOÎV, V. COMPAGNON.
coMPoxcio\", mod. componction, s.
f., tristesse pieuse causée par le senti-
ment de notre indignité, et la douleur
d'avoir offensé Dieu :
Des coses que vos dites aiez conpu[n]-
geuns. {Psalm., Brit. Mus., Ar. 230, P 9 r°.)
Il astoithom de si grande simpliciteit et
de si grande compunclion. (Vial. S. Greg.,
p. 172.)
La graice de compunclion. {Greg. pap.
Iiom., p. 9.)
La graice de conpuntion. [Ib., p. 116.)
Enjosk' a la conponclion del cuer. (Serm.
de S. liern., 6, 37.)
S'ot escu de comfession
Losengié de coniponccion.
[IIl'on de Meri, Torn. Antecr., 1561.)
Compuncion. (Office des ordres, B. N. 974,
f 48^)
A bone componcion. {Serm., B. N. 423, f°
65".)
Conpontions. {Serm. du xiii" s., ms. Cas-
sin, P 102».)
Por quoi bat l'en plus son pis que son
chief quant l'en a compencion el l'en se re-
pent? [Bible, Maz. 35, f" 276'.)
Aiez componction de ce que vos dites en
vos. {Ib., B. N. 899, f 133'.)
Componcion de cuer. {Riule S. Beneit, B.
N. 24960, P 35 r°.)
Très grant comjmnctions do cuer s'est en lui
Et grans compassions. [mise
{Girarl de Ross., 2565.)
La souvenance de toutes ces turpitudes
et desordres nous doit donner une grande
compunclion en nos cucurs. (La Noue, Disc,
p. 58.)
coMPoRTEME\T,s. m., manière doHt
qqn se comporte :
Leal et fidèle comportement. (1475, dans
Dict. gén.)
COMPORTER, verbe. — Réfl., s'éten-
dre :
Un ceniin...se|doitc'OOT/)oWer d'une mesme
larguecc. (Bi:ai:man., X.W, 8.)
Sur le jusiiche de le terre le conte de
l'ontiu, si comme &\e se comporte de cmmi
j le fil de l'iaue d'Autié dusques a l'espim^
avesnoise. (1249, Ane. Cart. d'Auc/ni, p.
337.) ■ ' '
A Lothaire donna tout le royaume d'Aus-
trasie, si comme il se comporte jusqu'au
fleuve de Meuse. {Grand, cron. de France.
Débonnaire roy Loys, X.\II.)
Une masure comme elle se comporte et
estent de toutes pars. [1313, A. N. S 275,
42.)
Que ladite garenne jamais a nul temps
ne puisse estre, nt soy estandre par la
Quinte d'Angiers, si comme ele se comporte
en long el en lé. (Juin 1321, Ord., XII, 451.)
Cf. II, 210'.
COMPOSER, verbe. — A., former un
tout par l'assemblage et la combinaison
d'éléments, au propre et au fig. :
Torceuneries les vos mains composent.
{Lib. psalm., Oxf., LVII, 2.)
— Abso!., travailler à quelque ou-
vrage d'esprit :
Il songe quelque chose.
Il n'est jamais oysif ; tout partout il compose
Mesme par le chemin.
(.1. A. DE Baik, licluij., XIX.)
— N., se soumettre à certaines condi-
tions :
Les chevaliers... envoyèrent un héraut de
par eu.x au comte Derby, pour composer.
(FiîOiss., Cliron., I, i, 224, Buchon.)
Et finablement lui convenença Vivien cl
obliga sa foy et sa créance a faire tout le
bon plaisir d'elle, et elle chevi et compnusa
au Sarrasin pour son corps qu'elle paia et
achepta a ses deniers. (Enf. Vivien, B. S.
796, 567, p. 82, \Vahlund.)
— Composer à, .s'accorder avec, s'en-
tendre avec :
[Le roy] a composé a ses créanciers, com-
mence a payer ses olficiers. (Michel Lhcs-
pital, Uarang. el Mém.. I, 323.)
— Composé, p. passé, organisé :
Tous deux estoyent moyennement beaux,
bien composez de corps, duits a tous exer-
cices. (Fauchet, Aittiq. gaul., 2'vol., IV, 7.)
Cf. II, 21 1^
coMPosicio.\", mod. composition, s.
f., action de composer un tout en assem-
blant les parties; action de composer
une œuvre intellectuelle :
Ne wairdeir orthographie ne composicion
des lettres. {Psautier de We/r,prolog., var.,
p. 4.)
— Constitution, tempérament :
Aussi pour les indispositions ou composi-
tions héréditaires des pères et mères les
enfans sont faits monstrueux et dilTormes.
(Pake, XIX. xm.)
— Action de composer avec qqn,
d'entrer en accord avec lui en faisant
des concessions :
Composicion. {Est. de Eracl. em;)., XXXIV,
3.)
142
COM
COM
COM
Conposisiion. (Hegle del Uo<pi/., li. N. I
1978, r 109 v°.)
Amiable composicions ou transactions est
laite. (1301, Pi: de IH. de Bourg., II, cvi.)
En lequele composition est contenu que
|iour autre débat meu entre les dis devan-
chiers mettre a acort avoit esté ordené.
(1348, Ccirl. de Lihons, B. .N. 1. bl60, f° 53
r".)
Montant lesd. despens el composicions en-
samble a la somme de .lxxvii. 1. (13 fév.
1187-2 mai 1489, Compt., A. P.-de-Cal.)
Fust constraint de rendre la ville aux
Angloys par composicion. (Vers \i^9, C/iron.
univ.. Val. Chr. 811, f 333».)
S'en alerentpar composicion. [IL., f" 338°.)
Composicion de Troyes. (/A., f° 340".)
Composicion de Louviers. (/i., f" 3i.j''.)
Plus cIgs Allemans vingt mille
Le Turc a prins par composition.
[Deffaicte dfS Bourr/. cl Attemans, l'oés. fr. des xv^
et xvi> s., VI, 2l'6.)
Le vaincu mouroit ou payoit l'amende et
composition portée par les loix. (Fauchet,
Antiq. gauL, IV, 17.)
— Statut :
Contre l'usaige et les compositions an-
ciennes. (14 oct. 1462, lieg. journal des pré-
vôts et jurés, série A, A. Tournai.)
COMPOSTE, mod. compote, s.f., sorte
de ragoût ; entremets sucré fait de
fruits entiers ou en quartiers ;
Tant as mongié... de le composte-
{Awl, 8861.)
Cannelle, chiches, chucre candit, pains
(le blanc chucre, cotnposte, daddes. (1"'
sept. 1407-1'"' sept. 1408, Compte de la re-
celte gén. de Hainaut, A. Nord.)
Pour Taccat de quatre lonneles de com-
poste. (3 mai 1410, Exéc. test. deJeh. le Tail-
leur, A. Tournai.)
Pour gaingnier un craquelin et un ton-
nelet plein de composte lombarde. (1420, .\.
N. JJ 71, pièce 182.)
coMPREHEivsiBLE, adj., que l'esprit
peut embrasser :
Choses intelligibles et compréhensibles.
(Chastell., dans Dicl. gén.)
coMPREHENSioiN, S. f., faculté d'em-
brasser les clioses par la pensée :
Outre toute compretiension. (Chastell.,
dans Dict. gén.)
co.MPREXDRE, verbo. — A., contenir
en soi comme partie de l'ensemble,
renfermer :
Pour ce que li lieus dou port ne povoil
pas comprendre si grant nombre de gent.
(G. DE Nang., Vie de S. L., Uec. des hist.,
XX, 443.)
Que les fin amourous jolis
INe puent pas briement entendre
Que les auctours veulent comprendre.
{Clef d'amours, 88.)
Se nous avions un nom qui comprensist
toutes telles choses, nous dirion que elle
est vers cela. iOres.me, Elti., P.. N. 204, f°
440'.)
Je ne puis pas en cinq vers tout compramlre.
(liusT. Descii., III, 70.)
Un si petit logis fait de bois et de pierre.
Ouvrage des humains, ne peut comprendre Dieu.
(II. Est., Prosop. de t'klot. nur peler.)
— Embrasser par la pensée, avoir l'in-
telligence de qqch. :
Mais le villain menteur qu'il estoit le
comparnoit éfiigoiseuseuienl. (.1. Moli.net,
Chron., ch. CCLXXXIV.)
Cf. 11, 213".
COMPRESSE, s. f., morceau de linge
plié en plusieurs doubles, qu'on appli-
que sur une partie malade pour main-
tenir le pansement et recevoir la suppu-
ration :
Conipress^!< garnies de coton.
(Hûutaiglou, Ane. poi'S. fr., IV, 273.)
Cf. 11, 213=.
coMPRESsiF, adj., qui exerce une
compression :
Propriété compressiuc. (Gui de Chauliac,
13. N. 24249, P 305 v».)
COMPRIMER, V. a., réduire à un
moindre volume en exerçant une pres-
sion ; fig., réprimer :
Li roys s'en vint tantostvers liome pour
apaisier et comprimer les mouvemens du
pueple. (Bers., T. Liv., ms. Ste-Gen., ["29".)
coMPROMissiOi\, S. f., compromis :
Avons fait mise et compromission en ar-
bitres. (1289, Cart. de Montiéraniey, li.
N. 1. 5432, f° 25 r".)
Cf. II, 214^
coMPROviivciAL, adj., de la même
province :
Li vesque comprovincial.
{.Vir. de S. Eloi, 67.)
L'église de Rains et celé de Trêves sont
sereurs et comprovinciaus. (Chron. de S.
Den., ms. Ste-Gen., f° 189'.)
Apres print Claudius par l'aide d'.\rvira-
gus les isles Orcades, et les autres coni-
provinciales isles. (Le Baud, Hist. de Bret.,
ch. II.;
coMPT.\^'T, mod., V. Contant. —
COMPTE, mod.,v. Conte. — co.mpteat.
V. Co.»;tent. — COMPTER, mod., v. Con-
ter. — COMPTEUR, mod., V. Conteur.
— CO.MPTOER, COMPTOIR, mod., COMP-
TOUER, V. CONTOm. — COMPUGEU.X, V.
COMI'ONCION.
COMPUGMCION, S. f., componction :
La compugicion de vostre cuer. (Serm.,
B. N. 423, r ti8».)
Parfaitte compugnicion. (.1. Lelong, Liv.
des peregrinacions, ms. Berne 125, f° 255".)
co.mpi:lsio.\, s. f., contrainte, force,
ordonnance qui force à faire quelque
chose :
Tote excepcium de decepcium, de force
et de compulsium. (1298, lloreau CC.W, f"
110, B. N.)
Sanz aucune conipulsion de vendre ou de
mettre hors de leur main les choses dessus
dites. (1311, A. N. JJ 4G, f» 109 r°.)
Si les contraignez par compulsions et
voies deues et convenables. (1320, Cart.
mun. de Lyon, p. 76.)
Aux juridictions et compu//(Ons desquelles
cours et de chacune d'icelles les dictes par-
ties et chacune d'elles ontsupposé et soub-
mis elles, leurs biens, héritiers... (1345,
Poitiers, Fonteneau, I, 47.)
Et que les contraintes et compulsions de
payer ladicte aide soient faites par les jus-
liciers des lieus. (Juill. 1355, Ocei., III, 686.1
Soubmettans en ce especialment a la ju-
risdiction, cohertion et compntsion de la
court. (1402, A. N. P 1355', pièce 71.)
En soubmectant noz biens, héritiers et
successeurs quelxconques a la cohercion,
compulcion, vigueur et contraincte dudil
seel royal dudit baillyage. (1416, Test.
d'Anne Dauph., C"" de For., A. .\. P 1370,
pièce 1895.)
Je submetz, oblige et ypotheque a la ju-
risdiction, computsion et contraincte de la
court de la chancellerie du duché de Bour-
goingne pour le roy nostre sire... (23 nov.
1526, Méin. soc. éduenne, XXI, 233.)
coMPi'LsoiRE, S. m., contrainte :
Lettres de compulsoire. (Dec. 1491, A. Gir.,
N'ot., Debosco, I, f 40.)
Cf. II, 215^
COMTE, S. m., officier du palais, com-
mandant militaire ; seigneur d'un flef
placé immédiatement au-dessous du
marquis :
Qu'il te douast ad un conte châtaigne.
(Rut., 588, G. Paris, Extr., p. 101.).
Se alquens, u quens,u pruvost, mesfeist.
{Lois de GuilL, 2.)
Parler m'orcz d'un buen brachet.
Cens ne rois n'out tel berseret.
{Tristan, I, 1404.)
Richart de Normandie et cuns Gui l'alosez.
'Jnerabras, Vat. Cbr. 1616, f ti'.)
Sor si faite ovre merveillante
Suut apelé baron e quante.
(Be»., D. Je Norm., II, 9Û20.)
Li cons Rollant o la chiere hardie.
(/fo/., ms. Ciiûteaurotix, XIV, 2, Foerster.)
Li coins et la contesse. (Ch. de 1212.
Lorr., Cabin. Dufresne, B. N.)
Je Hugues coms de la Marche. (1247,
Confirni. de la coust. de Charroux, Fonten.,
IV.)
Lor poussiez veoir bernois,
C'onkfcs qnlens ne dus ne rois
Ne vit plus riche De plus bel.
(RoB. DE Blois, b. n. 243U1, p. 565''.)
Li tjHôins n'en vaurroit mil ciuc chens livres
[tenir.
(A. DE LA Halle, U Jus ihi Peli'-nn.)
CON
CON
CON
143
Coens de Poitiers. (Leli. d'A/f. de Polt.,
A. X. JJ 24% r ilO r".)
r.i (lis coiens. (1261, La Motte, I, 2, A.
Jleurlhe.)
Ju Guis, cons d'Avaine. (1264, Chapit.
.\oyon, Arch. Oise, G 1910.)
Hiigue le Brun, coms de la Marche et
d'Engolesme. (1302. Codicile de Hugii.es le
Bnm, A. N. J 407, pièce 8.)
Li diz messires Henrys cuens, comme
leur verais et liaux sires, et sui hoirs si-
gnours et couhentes de Montbeliart. (1340,
A. N. K 2224.)
Euls meismes en font plus grant conte
Qu'ilz ne feroient d'un grant conte.
Voire d'un roy, se povres est.
(Cbr. de Piz., Long est., 3961.)
COMTÉ, S. m., pays appartenant à un
comte et soumis à sa juridiction :
Dou cordhel. (1264, .\cey, boite 16, cote
3, Arch. Jura.)
Montbeliart le coniey. la seigneurie et
baronie. (1282, A. Doubs, dans Trouillat,
II, 352.)
Dou conlel de Forez. (1314, A. N. P 1400,
pièce 849.)
COMTESSE, s. f. , celle qui de son chef
possédait un comté, femme d'un comte :
La confesse de Ch.impaigne
Très briement
Vint sor un cheval d'Espaïgne.
{Hcos d'Oisy, le Tournoi des^ daines^ Brakelmao,
C/ians. fi:, p. 59.)
Ls.cuntesse. (28 mai 1258, 7")'. d'Abbev.,
Arch. J 629, pièce 4.)
La contause de Borgolune. (Quinz. S. T.
liapt. 1276, Quitt. de la ch. de Oole, Arch.
Doubs, sceau du curé de Quinge.)
Contasse. (1283, Coût, de Montbeliart.)
Cotintasse. (Chron. d'Angl.. ms. Barbe-
rini, r 37 v°.)
Conteesse. (1362, Arch. E.-et-L., Chapit.,
c. .\.\xu, A 8.)
■ co\c.*ss.\Tio.x. S. f., action de bri-
ser, état de ce qui est brisé :
La semence de abrotanum... guerist des
oonçruajsa/io'if et rouplures dedans le corps.
{Jard. de santé, 1, 2.)
L'herbe asfodilhis [asphodelus] oste la
douleur du cousté provenante de conquas-
salions et rouptures. (/6., I, 7.)
. Cf. II, 216».
co>'CASSER, V. a., briser dans un
mortier des matières dures ou sèches ;
mettre en fragments :
Kt tout ce faire conquasser et illettré en
un sac. (Menagier, II, 5.)
— Ane, au réfl., se briser, se casser :
Et li avintsi bien que il (le chevalier) ne
se conqunissa de riens (en sautant). {Mer-
lin, 11, 15.)
co\c.%TEX.»Tio.\, S. f., suite de pro-
positions qui s'enchaînent:
Enchainemcnt et concaténation. {Ca. Est.,
dans Dict. gén.)
— Enchaînement de phisieurs choses
ensemble :
Nous devons entendre par la anche tous
les os et toutes les parties qui sont entour
la concathenacion ou la cuisse se joint au
dos comme les rains et le siège. (Evf. de
CONTY, Probl. d'Anst., B. N. 210, f° S4^)
co>CATHE\.\cio:\, v. Concate.nacion.
coxc.wE, adj., qui présente une
courbure sphérique en creux:
Racine concave et creuse. (Jard. de santé,
I, 95.)
— S. m., concavité :
Le concave et le curve d'une ligne circu-
laire. (0.1ESJIE, Elh., 1, 19.)
Cf. II, 216».
coivCAVETÉ, V. Concavité.
coxcAViTÉ. s. f. , courbure sphérique
en creux : chacune des cavités d'une
chose creuse en plusieurs endroits :
Telle percussion... fait une concavité au
lieu féru. (Evr. de Conty, Probl. d'Arist.,
B. K. 210, f 127=.)
Concavités en manière d'oreille de chat.
(H. DE Mo.sDEV., B. N. 2030, f° 24 v°.)
Concaveté. {Légende dorée, Maz. 1729, f°
125'.)
Tout ce qui se peut contempler sous la
concavité des cieux. (Boavstiai:, Tkeat. du
monde, 1.)
co.xcEAL, V. Conseil.
CONCEDER, verbe. — .\., abandonner
à la libre disposition de qqn. :
Et au droit et titre de ce leur oijent oc-
troyé et concédé plusieurs belles et nobles
prérogatives. (Juin 1405, Ocrf., L\, 76.)
Concède que...
(Lefrasc, Champ, des Dam., Ars. 3lil, f" 103 f.)
Je supplie la divine bonté vous concéder
longues, saines et tranquilles années. (Di;
ViLLARS, Mém., à Mgr le D. de Seuilly.)
Ce que plusieurs gens nepouvoient con-
céder ne croire avoir esté vray. (G. Tardif,
Facéties.)
coxcEXTRER, V. a., réunir vers un
centre commun :
Concentrer. To joyne in one center.
(COTGR.)
co^'CE\TRiQUE, adj., qui a le même
centre :
Cercle concentrique. (Oresme, ap. Meu-
nier.)
coxCE\TRiQiiEME\T, adv., d'unc
manièrf! concentrique :
Les elemens et les cieulx sont les ungs
dedens les aullres concenlriquement. (Bo-
VEU.ES, Geom., f 12 v".)
coivcEPT, s. m., projet, idée :
Lors commença Mirra a exploilier et
metire tout prestement son concept a fin.
(C. Mansion, Bibt. des poet. de mélam., f»
106 v°.)
Car des l'instant de sa prime facture.
Elle a esté sans quelque l.iche infâme,
P ure en concept oultre loy de nature.
(Cl. Marot, Suite de î'Episti-e de J. Marot à la
Hoyne Claude.)
Si elle (Votre Majesté) tient mon concept
en cest endroict pour agre.ible. (7 juin 1571,
Lettre du duc d'Alfie à Philippe II, dans
Reaune et d'Arbaum., les Universités de
Franche-Comté, p. 125.)
— Collection :
Depuis a C'^lé trouvé bon d'amplier les-
dites chartes, et d'icelles esté fait un re-
cueil et concept. (5 mars 1619, Clinrl. nouv.
de Ilfdn^ Xouv. Coût, gén.. II. 41.)
coxcEPTACLE, S. m., lieu oi^i une
chose est conçue et contenue :
Aucuns animaux sont engendres de pu-
tréfaction, les autres par prorogation et
lignée. La c.iuse de cesle dilference est
pource que nature a voulu que génération
fut défaillante a peu...: pource que les
parfaits (animaux) requeroient long temps,
afin qu'ils fussent accomplis, la matière
n'eut pu estre conservée tant longtemps
sans mouvenieni, et principalement sans
conceptacle pour cause de changement de
temps : pour ces causes la matrice a esté
nécessaire, ou la couverture de l'œuf ou
le fruit fut gardé jusqu'à ce qu'il fut par-
fait. (Le Blasc, Cardan, f 189 r°.)
co.\CEPTio.\. s. f., formation du
fœtus dans le sein de la mère :
La meie propre conception. (Serm. de S.
Bern., dans Dict. gén.)
Zenobie ne recevoit son mary que pour
une charge, et cela faict elle 'le laissoit
courir tout letempsdesa cone^c/'ion. (Mont.,
I, p. 345, éd. 1802.)
— Le fruit même de la conception,
l'enfant :
Quant il se leva dou lit, si fery la royne
sur le nombrill et dist : Et ceste concepcion
(le futur Alexandre) sera victoriaus et ne
porra estre submise par nuls homes. (Le
livre du roi Alex., B. K. 1385, f '".)
— Faculté de comprendre :
Se \a. concepcions de ladite franchise pooit
estre dite mains soullisant. (1315, A. N'. JJ
52, P 113 r".)
Mes conceptions et mon jugement ne
marchent qu'a taslons. (Mont., I, p. 155,
éd. KS02.)
— Création de l'esprit :
Son parler pour les bonnes conceptions
el les beaus discours qu'il contenoit osloit
plein de très utile et salutaire attraction.
(Amyot, Phocion, VII.)
coxcER\ER, v. a., être relatif à :
Disant que jonesses ne concernoicnt en
quelconque manière le noble lieu dont il
estoit venu. (Triomphe des nobles preux, f
498.)
covcERT, S. m., accord de personnes
qui s'entendent pour poursuivre un but
commun :
144
CON
CON
CON
Nous avons ilcpais trenle ou quarante
ans emprunté plusieurs mots d'Italie,
comme concert pour conférence. (Pasquif.r,
(Jans Oochez.)
coivcERTEit, V. a. et n., arranger un
plan, un projet :
Selon ce qu'il aiwil concerté avecques les
siens. (Mont., 1. II, cli. xxii, p. 4ol.)
coNCESAR, s. m., associé à l'empire:
Durant le temps de l'empire de Adrien et
de Anthoine son concesar. (Bouchard,
Chron. de Bret.,i° 1"'.)
coNCESSEUR, S. m., celui qui con-
cède :
Le seigneur direct concesseur de tel fief.
(15 fév. 1555, Arr(^f. du conseil de Matines
ou profit du seigneur de HnilHex, A. mun.
Morlagne.)
toxcESsiox, s. f., abandon fait à
qqn de la libre disposition de qqch.;
abandon d'un droit, d'une prétention :
Que liNumidien volsissent faire aucune
concession et semblance de soy voloir dé-
partir. (Beijsuire, t. Lit'., ms. Ste-Gen.. f°
255".)
COIVCEURRAXCE, V. CoNUURRKNCE.
CONCEVOIR, verbe. — N., devenir
enceinte, en parlant de la femme et de
la femelle des animaux :
E la dame conc/iut, e puis returnad a sa
maison. {Rois, 155.)
Une vierginc, dist il, conciuerat et si en-
fanterat un fil. (Serin, de S. Bern., 7, 22.)
— A., former dans son sein le germe
d'un être vivant :
Qui concptz fu de saint Esperite.
[Credo, uis. Cbarleville 202, feuillet de gai-dc.)
Son enfant que ele acoit conclut du saint
pspire. {Vie des per. heriii., B. N. 422, f
124'.)
Colle doit oa honourer et servir...
Qui le (il Dieu conçut du Saint Espir.
{Trois poèmes de Brisebarre le Court, I, 10, Aoi.
Salmoii.)
— A., déposer dans le sein d'une
femme le germe d'un être vivant :
Cil conçut .\nseys en la tille ou vachier.
(J. liOD., S(U-ill''S, IV.)
La tinst serrée, et l'ayant embrassée
D'elle conceut les ayeux de Dicce.
(Ross., Franc., i. H, Uliav., p. 425.)
-Fig.:
Este tei enfantai felunie, e cunceude le
dolur enfantât mençunge. [Liv. des psaum.,
Cambridge, VII, 14.) Lai. : et concepto do-
lore.
— Former dans son esprit une idée
de qqch.:
Et si misten lui la félonie k'il avoit con-
ceut en lui meisuies. {Serni. de S. Bern., 2,
■J.6.)
Voy qui tu es et conçois dont tu viens.
(EusT. Desch., ni, 87.)
— Inf. pris subst., conception, pen-
sée :
Mais do cœur gay, de vouloir délectable.
Leurs concevolrs lianlenient pindarisent.
(Le Maire, ta Concorde de deux tangues.)
COIVCHERGE, V. CONRIEROE. — C.OIV-
CHEvoiR, V. Concevoir.
coivciERGE, s. m., celui qui a la
garde d'un château, d'un hôtel, d'une
prison, d'une maison en général :
Concierges sont ceux qui sont commis
par les seigneurs a ganler leurs hoslels
durant qu'ils sont hors du pays, et qui ont
la maison en garde et en cure. (Bout.,
Somme rur., I, 12.)
En la maison du conchierge des halles.
(1563, Compte d'ouvrages, A. Tournai.)
Cf. II, 219'.
coîvciERGERiE, S. f., partie d'un châ-
teau où logeait le concierge :
Refaire ce qui estoit a faire en la consir-
gerie. (1318, Travau.r à l'Iiôtel de la comtesse
d'Artois, Bull. Soc. Ilist. Paris, p. 155.)
Consiergerie. (1328, Compte de Odart de
Laigny, A. N. KK 3% f (il r°.)
— Nom d'une prison de Paris :
La court a ordonné que maislre t^.uil-
launie Germe et Pierre de Montyon, notaire
du roy, soient séparément miz prisonniers
en \a.'Conciergerie. (N. de Bave, Journ., II,
184.)
CONCILE, S. m., assemblée d'évèques
et de docteurs, constituée pour décider
certaines questions de doctrines, de
discipline ecclésiastique ; assemblée
en général :
Que Menelaus concile tint.
(Eneas, 98fi.)
Fist tous les cvesques venir,
De France a Orliens, pour tenir
Un consire ou o( esiablio
Meînle pourlitable establie.
[Vie S. Rend, ms. Brus., Anzeig., IV, 2i5.)
Et fist assembleir un concil gênerai de
touLes les ordres desouz la loi de Bonie.
(MÉ.NESTREL, 2 144.)
Se tenoit a Basie en Allemaigne ung con-
cile c|ue on disoit estre le concile gênerai
de l'esglise. (1437-1469, Journ. piirisien deJ.
Maupoint, Mèm. Soc. Hist. Paris, t. IV, p.
33.)
Par devers nostre domicilie,
A.llons y tenir le concilie
Pour faire une conclusion.
{Moraht:'' noua.. Ane. Tli. fr., III, 100. )
Cf. II, 219».
coivciLiABLE, adj. , passionué :
Pour les destournerdesi violentes et eo«-
ciliahles alfcclions. (J. Bouchet, Angoysses
et remèdes d'amours, dédie.)
coxciLiABi'LE, S. m., coucile pré-
tendu considéré par l'Eglise comme
hérétique ou schismatique :
Un si meschant conciliabule. (1585, Mont--
I.YARD, dans Dict. gén.)
co.\ciLiAiRE, adj., qui appartient à
un concile, prononcé par le concile :
Décret conciliaire. (Pasij., Recli., III, 4.)
Statuts conciliaires. (Id., ib., III, 7.)
co\ciLiATEL'R, S. m., qui concilie les
per.soiines entre elles :
Consiliateur. (Evr. de Contv, Protjl. d'A-
rist., B. N. 210, f" 32 r«.)
coivciLiATiox, S. f., action de conci-
lier :
Connliaciun. (J. Lefeuvre, Resp. de la
moW, B. N. 994, ï" \V.)
CONCILIER, v. a., amener à s'enten-
dre sur un point en litige ;
Conciliare, estre moyen de l'accointance
d'aucun avec ung autre, concilier. {]\. Est.,
Tkes.)
— Se concilier :
Se vous estes envieus que ce peuple me
sieut et ayme, vous me osteres facilement
celle compagnie en consilinnt la grâce de
vos citoiiens par vos singuliers. (Fosse-
TiER, Cron. Marg., ms. Brux., I, 27.)
COIVCILLE, v. CON'CILE. — COXCIX.*-
Tioiv, v. Consignation.
CONCIS, adj., qui a de la concision :
Concis. Consise, briefe, short, succint,
compendious. (Cotgr.)
co.NciTEAi.N, mod. coucitoyen, s. m.,
celui qui est de la même cité, de la
même nation qu'un autre :
Les biens de nos concitains de nostre
dite citeit. (1307, Pr. de l'h. de Metz, III,
287.)
L'homme a moull de communications
entre les choses humaines autres que entre
ses parents ou entre ses concitains. {La
T/ioison d'or, vol. II, f° 31 r".)
A vénérables et discrètes personnes,
doyen et chapittre de Verdun, les hahilanl>
de'la cité dudil Verdun, amour et dilec-
tion, pour la partie de .rennel Aubertin
nostre conciteiu. (9 sept. 1461, Officiahté de
Verdun, 5, A. Meuse.)
coxciTORE, v. Consistoire.
CONCLAVE, s. m., lieu où s'enferment
les cardinaux après la mort d'un pape
pour procéder a l'élection de son suc-
cesseur ; en général, assemblée :
Conclave. (Froiss., Chron., B. N. 2660, f"
2 V.)
Le disner faicl, se retrahirent les cheva-
liers en la chambre de leur conclave. (0.
DE LA Marche, Mém., 1. I, p. 94.)
Voulons que Testât et office dudict doyen
soit de conférer aux cscholliers les degré,'.
ez dictes facultés après qu'ils auront esl.-
deuemont examines par lesdicls docteur>
regens ou ez escolles publicques ou au cou-
CON
CON
CON
14S
clave d'icelles. (1582, Bei(/l.p. l'Univers de
Pont-ù-Mousson, A. Meurliie.)
coxn.AVisTE, s. m., ecclésiastique
attaché à la personne d'un cardinal pen-
dant la durée du conclave :
Fol conrlavisle.
XXXVIII.)
(Uah., Tiers liv., ch.
coxr.LUKE, verbe. — A., terminer,
clore par une solution définitive :
A cinquante ans a tous ses fais conclus
B. (lu Guesclin, connestable de France.
(EUST. Descu., Poés., m, 101.)
— Entraîner comme conséquence :
Un fait courageux ne doit pas conclure
un lioninie vaillant. (.Mont., liv. II, cti. i,
p. '21i, éd. 1^96.)
Par quelle comparaison d'eux (des ani-
maux) a nous concliid il la bestise qu'il
leur attribue ?([ij., liv. m, p. 290.)
— Conclus, part, passé, terminé :
La guerre d'Aquitaine conclute, l'armée
assemblée, il passa la rivière de Loire.
(Fauchet, Antiq. gaul., V, 17.)
Cf. II, 220'.
coxclusif, adj., qui conclut :
Et tendant a fin conclttsive, vouloit per-
suider et monstrer qu'en la main de ces
trois gisoil tout le faict [wur deffondre la
chrestienté allencontre de ses ennemis. (G.
Chastell., Citron, des D. de Bourg.. I, 16.)
CONCLUSION, S. f., .solution finale,
définitive donnée à qqch. ; fin :
Ce fu la fin et la conclusion de la guerre.
(Bers., T.-Liv., ms. Ste-Gen., F 376'.)
Laquelle prist conclusion l'an .cccc. et
.XLii. (Inscript, tum., Emgrnphie du Pas-de-
Cal., I, 87.)
— Déduction d'un raisonnement :
Dont ge fais tel conclusion :
Puisque vous coramençastes estre
Par la volonté nostre maistre...
{Rose, 19297.)
— Résolution :
.le croy que vous avez ouy dire, comment
vous estes requis de vouslre père, et la
conclusion que le roy a prinse de vous
rendre. (Troitus, V, iv.)
coNcocTioN, S. f., digestion :
Jusques a ce que la première digestion
ou concoclion soit faicte. (Platine de hon-
nesle voluplé, P 2 v°.)
Quand il y a moins de vapeurs au cer-
veaiv, après (|ue la concoclion digestive est
parfaite et accomplie. (B. Jamix. Dialog. de
J. !.. Vives.)
coxcoMURE, s. m., plante potagère
qui produit des fruits très gros et à peu
près cylindriques :
Concumhre. (Evr. de Contv, Inlrod. d'as-
Iron., B. .\. 2i0, T 31 v".)
Cucum/ire savage. {Euperiston. Edim-
bourg, liibl. des avocats, 18 G, 9; P. Meyer,
Rapp., p. 111.) ■' '
T. IX.
Cocombre. (Du Pinet, Pline, XIX, 4.)
Concombres, melons. (Voyage du s. de
Villamonl, p. 289.)
Cf. II, 221'.
coN'f:oMniiii':RE, s. f., terrain où l'on
fait pousser des concombres :
Par artifice peut on avoir des concom-
bres en toutes saisons et tousjours fres,
comme on lit de l'empereur Tybere César,
qui tant aimoit ce fruit ci, qu'il s'en faisoit
ordinairement servir, le recueillant de ces
concomhrieres. [0. de Serr.,VI, 9.)
CONCOMITANCE. S. f., simultanéité
d'un phénomène qui en accompagne un
autre :
Se ladite matière flue es parties de de-
dens aulcunes fois pour cause de concomi-
tance comme se c'esloit la pleurésie, adonc
y pourroit bien compeler saignée pour
paour ou enfieui'e. (B. de Gord., Pralio., Il,
10.)
CONCOMITANT, adj., qui accompagne
un autre phénomène :
La terre est seiche de sa propre qualité,
et froide par nature cocomilanle. (\)v Guez,
à la suite de Palsgr., p. 107.J.) Plus bas:
concomitanl.
co.NCORDANCE, S. f., accord entre
des faits relatés ; accord entre des per-
sonnes:
Sire, fait cil, la concordance
Ot de toi e del roi de France.
(Ben., D. de Norm., II, 6323.)
A la loy du code et a toutes ses concor-
dances. (1328, Fonlevr., anc. tit., A. M.-el-
Loire.)
— Livre où l'on accorde les passages
de la Bible qui paraissent opposés les
uns aux autres :
Apres en vos livres trovoa ;
Faciamus hominem ad ymaginem et si-
militudincm nostram,
C'est a dire en la concordance:
Faisons homme a nostre semblance.
(Mir. de N. D., III, 227.)
Cf. II, 221^
coNcoiiDAXT, adj., qui concorde :
Moult fu pour ces jours li rois d'Escoce
resjois. qant il vei ses hommes concordans
a son pourpos. ,'Froiss., Citron., I, 433.)
Moult plaisantes voix, doulces et concor-
dantes. (Traicti: de Halem, ms. Genève 165.
f"6l r.)
Cf. II, 222\
CONCORDAT, S. m., accord entre le
pape et un souverain sur les droits res-
pectifs de l'Eglise et de l'Etat ; accord
en général :
Contre les apoinlemenset concordai: faiz
entre nous. (Faium, IVtet.)
Non desrogantaux saints décrets ctooH-
cordals d'entre le Saint Siège apostolique
et nous. (1532, Lellr. pal. de Fr. 1", A. N.
JJ 246, f° 63.)
coN<:oRi>ATiF, adj., qui a la vertu
d'accorder, de faire accorder:
Avec ce a (le soleil) vertu concordative,
car il accorde les qualités et infiuencesdes
planètes. (Mer des hgst., t. I, f° 55°.)
coNcoROE, s. f., bonne harmonie ré-
sultant de l'accord des sentiments, des
volontés entre plusieurs personnes :
Et si cuncorde et pais li tiens...
(Bes., d. de Norm., II, 6317.)
Dous [ans] régnèrent en concordie,
Mais par Margan i vint discordic.
{Brul, ms. Miiniob. 3639.)
llleques maint pais et concorde,
Qui touz contens fine et acorde.
(Clef d'amours, 1761.)
Cf. Il, 222».
CONCORDER, v. — N., être en concor-
dance :
G'en ai pen^é ja plusors feiz
Et esguardé comfaitement
Nos concordon o cel gent
Que nos savon que li deu aiment.
(Eiieas, 6608.)
— Réfl., s'accorder :
Et convient que la noblesse de son cou-
rage et ses bonnes coustumes se concor-
dent au commencement de chevalerie.
(L'Ord. de cheval., Ars. 2915, f 4 v°.)
Cf. II. 222".
coxcoRDiE, V. Concorde.
CONCOURIR, v.n., converger vers un
même point de l'espace :
Il estoit vulgaire, si d'autres qualités n'y
concurroietil, de... (Mont., t. III, p. 51, éd".
1802.)
L'autorité y concourt quand etla raison.
(Id., ib., p. 57.)
— Accourir en foule :
Construire a lîome un hospice pour re-
cevoir et loger nos pauvres subjocls qui y
concourent ordinairement. (1599, Lett. miss,
de Henri IV, t. V, p. 88.)
CONCOURS, s. m., rencontre en un
même lieu :
l'n concours de plusieurs personnes pour
quelque occasion. (A.mvot, Curiosité, 22.)
Les rivières croissent par le concours de
l'eau de plusieurs fontaines et ruisseaux.
(Sommaire descr. du pais et comté de Bi-
gorre, 1. I, ch. viii.)
Cf. II, 222'.
CONCRET, adj., qui a pris une con-
sistance plus ou moins solide ; épaissi,
durci :
Ladite mer estoit concrète par glace et
engelee. (Kossetieh, Cron. Marg., ms. Brux.
10509, fo 43 v°.)
La liqueur demeura concretle et glacée.
(Paré, XVIII, 4i.)
CONCRETION, s. f., fait de devenir
19
146
CON
concret, de prendre une consistance
plus ou moins solide :
Cansliiim est une conn-e/ion de nerfz
provenante d'un coup ou lassitude en plu-
sieurs parties du corps. (Tauault, p. liS.)
coKCuniiv, s. m., celui qui vit en
concubinage avec une femme :
Par la main d'Egistus, concubin de sa femme.
(Preamb. de l'ist. de Troie, ms. Breilau, v. 189.)
Le suppliant respondit : Ort,vil, viUain,
concubin, je ne te crains. (116S, A. N. JJ
195, pièce 139.)
Appelles, son filz, et son concubin fuivnt
defailz. (Maiuret, Polybe, V, 14.)
coivcuBi>'AGE, s. m., état d'un homme
et d'une femme qui vivent ensemble
sans être mariés :
Icellui Jacquet et Perrette la Tlalelle de-
mouroienl ensemble en (/iioguéi/^oje. (1407,
A. N. JJ 101, pièce 348.)
Concubinage, concubinuiye. iSonye du Ver-
gier, II, 255-2ô(;.)
t;oM:UBiA.\iiiE, s. m., celui qui vit
avec une concubine; liomme qui vit en
concubinage :
Dist que il n'est pas concubinaire publi-
que. (1391, Grands jours de Troyes, A. .N.
X'" 9184, f° 13 v°.)
Prestre concubinaire. (J. Léguant, Lir.de.s
bonnes meurs, S" 22''.)
Ilelayne laissa le royMenelaus son epou.\
pour aymer et suyvir Paris son concubi-
naire. (J. BoucHET, Noble Dame, P 65 V.)
— Concubinage :
Par cecy est prohibé et deffendu tout
concubinaire et l'ait de luxure. (1519, Prem.
vol. des e.c/ios. des epist. el ev. de karesme,
f 178 r".)
— Adj., digne de gens qui vivent en
concubinage :
Délectations concubinuires. {Chron. et
hisl. saint, et prof., ,\rs., 3515, f" 147 v".)
co\'CiiuiK.viitEMENT, adv., en con-
cubinage :
C'estoit a cause des femmes que l'on dc-
tenoit concubinairement par force. (Carl.,
VI, Ô.)
co^•c.lJIJI^■E,s. f., celle qui vit en con-
cubinage avec un homme ; chez les Ro-
mains, femme unie à un homme par le
concubinat :
Puis enssit sessente raines
Y a et .Hii. .xs. concubines.
(.Macé, Bible, B. N. 401, {' 116».)
Cucubine. {Bibl. Iiist., Maz. 313, f 16 r".)
Concubine. (Ib.)
De ses cucubines raconte
Et qu'il en ot plus d'un millier.
(J. Lefebvrk, liesp. de la mort, B. N. 994, f" 4».)
Ainsi est il d'un viel luxurieux et de sa
concui'ine. (Oresme, Eth., VIII, 18.)
(Dagobert) menoit tousjours avec lui
grant tourbe de concubines, c'est a dire de
CON
nieschines qui n'estoient pas son épouse.
[Grand cvon., V, xi.)
Apres la journée de Patay, ladite Jehanne
la Pucelle llsl faire ungcry, que nul liomme
de sa conipaignie ne tensisl aucune lame
diiraniec ou cu(juebine. (J. Chartier, Chroniq.
de Charl. VII, c. L.\xi.)
coivcuBixER, v.n., vivre en concubi-
nage :
Les renoilles lesquelles excédent gran-
deur sont moult a escliever, car elles par-
ticipent de la nature des crapos et comii-
binent aucunes fois avec les crapos. (Nef de
santé, f° 35 r°.)
— Il a été employé en plein xvii«
siècle :
Il concubinoit avec cette Madame de La
Jaille dont nous avons parlé. (Tall. des
Réaux, VI, 22.)
CO>XUBISCIIiLE, V. CONCUPlSCinr.E. —
co,^'cuMBRE, V. Concombre.
coi\cL'PiscEivcE, s. f., inclination
vers la jouissance de tous les biens sen-
sibles, et en particulier vers le plaisir
des sens :
Elles (les femmes) vivent selon leurs con-
cupiscences en très grans délectations.
(Oresme, Polit., f» 54".)
Election n'est pas concupiscence ne ire.
(lD.,£(/i.,III, 6.)
Concupissence. (Maiz., Songe du viel pel.,
III, 45.)
co.\'t:urisciBi.E, adj., qui est le prin-
cipe du désir :
Appétit concubiiciple. (II. de Gauchi, Gouv.
des ijcinc. deGille Colonne, .\rs. 5062, f° 19
v".)
coivcuRREivcE, S. f., rencontre en un
point commun :
Aucune fois la concurrence
Des signes...
(EUST. Desch., Poùs., VIII, 276.)
N'avoir faict de la besongne a la conceur-
i-niicedes deniers qu'il avoict receuz. (1559,
Conipt. de Diane de Poitiers, p. 304.)
Les nobles soustenoient qu'en concur-
rence de nobles et roturiers on devoit pre-
mier eslire les nobles quand ils se trou-
voient sullisans. (Pasq., Rech., II, 3.)
co.xcuRREivT, adj. et s., qui vient se
rencontrer avec :
On peut aisément cognoistre l'inestimable
fruit qui procède de la bonne nourriture,
la(|uelle encor qu'elle soit très nécessaire,
si faut il que d'autres choses so]en\ concur-
rentes pour rendre un jeune homme bien
accomply en vertu. (La Noue, Disc, p. 111.)
Cf.JI, 224=.
coxcussioiv, s. f., secousse, ébranle-
ment :
Le Mut esternua en insigne véhémence
et concussion de tout le corps. (Rab., Tiers
livre, ch. xx.)
Commotion, ou esbranlement et conçus-
CON
sion du cerveau. (Paré, VIII, 9.)
Les grandes contusions des parties ner-
veuses, fractures et concussions véhémentes
des os, faites par les boulets, causent griefs
accidens. (Id., IX, xii.)
Des playes, les unes sont taillades, les j
autres concussions, et les autres morsures.
(Jour., Gr. cliir., p. 208.)
— Gain illicite fait par un magistrat,
un fonctionnaire abusant du pouvoir I
que lui donne sa charge :
Tant ces deniers du roy, ces conciliions,
contribulions, exactions sont agréables.
(Ura.nt., Capit. fr., Lescun.)
Cf. II, 224°.
«:Ol\CL"sslo^•XAIRE, S. m., celui qui
commet des concussions :
Et ne se puet garder d'estre concussion-
naire et larron. (Amyot, Opin., 54.)
coxcuTiox, v. Concussion. — con-
damnable, V. Conobmnable. — t:ox-
DAMI'i\AT10i-V, V. CONDEiMNATION.
<:o,\DEM\ABLE, mod. condanmable,
adj., qui mérite d'être condamné:
Les mauvaises chars, qui parla cous tu me
sont condempnables et doibvent estre goc-
tees en la rivière. (Avr. 1104, Stat. des
bouch. de Meulan, Ord., IX, 62.)
Hommes de très condemnuble audace.
(FussETiEH, Cron. Marg., ms. Rrux. 1U5I2,
VIII, m, 16.)
Ils seroient condanuiables si ils y parve-
noient au détriment public. (La XouE, Disc,
4.)
coA'DE.MNADE, S. f., soi'tc de jeu de
cartes à trois personnes :
Jouer... a la condemnade. (Cholieres, Ma-
tinées, p. 211.)
coxDEMXATio.x, mod. condamnation,
s. f., jugement par lequel on condamne,
par lequel on est condamné :
Condampnassion. (Psaut.,i° 130 r°.)
Condenipnation. (G. de Nano., Vie de S. t..
Rec. des hist., XX, 439.)
Comdempnation. (1307, A. N. JJ -iO, f 9
r°.)
Or poons chi veoir no cunâampnasion.
(B. Cnpet. 3572.)
Que tous les deniers qui isleront des co«-
dernnations, amendes et exploits... soient
tournez, convertis et employez ou fait du
bien publique. (25 mai 1413, Ord., X, 96.)
— Passer condamnation d'une chose,
l'accorder :
Il leur bailla la carte blanche, et non
seulement leur passa condampnulion de
tout ce qu'ils desiroient, mais peiniist
qu'elle fust authorisee par la vérification du
parlement de Paris. (Pasq., Itec/i., II, 7.)
Estant un chacun de ces quatre gentils-
hommes plus enlentifs au soustenement de
son opinion particulière, que ùe s'eut repas-
ser condemnalion de ce qui approchoit plus
CON
CON
CON
147
a l'apparence du vrav. (lu., Pourparler du
Prince.)
coM)EM>AToiRE. mod. condamna-
toire, adj., qui prononce une condam-
nation :
Sentence condemnaloire. (Proc. de J. Ciier,
Ars., f° 32 v-.)
Souvent il remetloit l'amende, d'autant
que la sentence ilu peuple condamnatoire a.
l'amende portoit infamie. (Uodin, Resp., 111,
3.)
coxDEM^'KR, mod. Condamner, v. a.,
déclarer coupable par un arrêt ; frapper
d'une peine judiciairement :
Cuveiterunl en l'aneme del juste, e sanc
nunnuisant condemnerunt. (Lib. psabn..
ms. Oxt., CXIll, -21.1
Ne t'en coiidamneraL
(Ueuman, Bible, ap. Bartscb, Long, et litt. franc,
103.)
Condempner. (128S, S. Vinc, k. Sarllie.
pièce 60.)
A Colin de I.amlas, justice des dis esclie-
vinaiges, que ledit l'eu lui devoit pour trois
lois, esquelles il uvoil esté condempnes en
son vivant par Messeigneurs les eschievins,
..x.wi. s. .VI. d. (1444, E.xéc. test, de Jehan
du Touppet, A. Tournai.)
Les dis exécuteurs furent condempnez a
aquerre autant de revenue que la dilte
disme valloit. (17 févr. 1468, Exécut. t€st. de
Jehenal Despars, A. Tournai.)
Le fist appeler a ban en la ville de Yal-
lanciennes, et le vondampnn en e\'\l perpé-
tuel. (X. Gilles, ^Hfl., f" 172 r°.)
Condanner. (D^mpmart., Merv. du monde,
r 29 T'.)
Le procès extraordinaire fut fait a maître
.nne de Bourg, et par a.n-el condamné d'es-
Anne de Bourg, et par a.n-elconaamné a es-
' du et estranglé. (P.isg., Rec/i., Vlll,
tre pendi
LV.)
Pour une pareille faute il en condemne
d'autres, seulement a se tenir parmy les
prisonniers sous l'enseigne du bagage.
(Mo.xT., Ess., I. I, ch. XV, p. 29.)
Pour conduire trois damoiselles condam-
nées a liourdeaux d'avoir la teste tranchée.
(AcB., Hisl. Univ., I. III, c. .\ui, 1'" éd.)
Jean roy d'Angleterre fut condamné par
contumace d'estre déchu de toutes les ter-
res qu'il avoit en France. (Hohan, IntércHs
des Princes, p. 12.)
— Condamner de, reprociier telle
chose à :
Ce seul acte pourroit suffire pour con-
damner nostre siècle (fun plus grand des-
hordement que tous les precedens.(ll. Est.,
Apol., c. xrv.) ■
— Condemne, part, passé, mutilé :
Super li picz ne pod ester,
Qui toz los al il condemnets.
[S. Léger, ICS.)
CO\nF.MI>.\.\III.E, V. CONDE.MNADLE. —
COXI>EMP\ER, V. CONDEMNER. — COX-
nEMPSATIOX, V. CONDENSATIO.N. — COX-
iiEMi'SER, V. Condenser.
co\DEXs.*Tiox', S. f., action de ren-
dre plus dense ; résultat de cette ac-
tion :
Coiidempsacinn. (Oresme, Lir. du ciel et du
monde, ms. Univers, f 125 v°.)
Pour ce que .ii. choses corporelles ne
peuvent estre en un meisme lieu sans con-
dempsalion. (Evr. deConty, Probl. d'Arist..
B. N. 210, r 309".)
Condempsation. (B. de Gonn., Praliri., II,
16.)
coxDEXSER, V. a., rendre plus dense
un gaz, une vapeur, par le rapproche-
ment des molécules :
Condempser. (Ore.sme, Liv. du ciel et du
monde, ms. Univ., f° 78 r".)
Condempser. {E\-R. de Co.sti, Probl. d'Arist. ,
B. N. 210, C 38 V.)
Condempser les esperitz. (Jard. de sanlé,
I, 98.)
Cest air par sa constitution condense les
humeurs et les rend moins fluxiles. (Paré,
Introd., 13.)
coxDEivsiTÉ, s. f., qualité de ce qui
est rendu plus dense :
Condensilé. {Jard. de sanlé, I, 2.)
COXDEPXER, V. CoNDEMNER.
coxDESCEXDAîvcE, S. f., disposition
de caractère en vertu de laquelle on
condescend à ce que qqn déaire:
La douceur et condescendance. (Fr. de
Sales, Vie dev., III, 1.)
coxDESCEXDAXT, adj., qui montre de
la condescendance :
(Que le roy) soit conf/ffcenr/n?!/ a ses sub.
gects. [Ancienn. des Juifs, Ars. 5082, S" 99''.)
Un mari souple etco;(f/i;ce«A(«^(LENOBLE,
(Euv., III, 354.)
coxDESCExnRE. Verbe. — N., dai-
gner consentir, se prêter à :
Kn condescendant et obéissant a la p.nrtic
de l'ame qui est irrationele. (Oresme, £"(/(.,
IX, u.)
A quoy fut condescendu par icelluy. (I!ab.,
Garg., ch. vu.)
A laquelle opinion BobertGaguin et tous
autres (|ui sont tant soit peu nourris en
l'anciennetii de nos histoires, condescendent
sans difficulté. (Paso., Recli., II, 14.)
Il eut grant peine a faire condescendre
nos reistres de laisser leurs chariots. (J. de
Mergev, Mém., an 1.Ô62.)
Ces choses ouyes, .\bibeiba condescendit
en sa sentence. (P. Maiit., Rec. des Isles, f"
74\)
Et pour ce que j'ay sceu que vous pou-
vez beaucoup pour les faire condescendre a
leur devoir, je vous ay bien voulu faire la
présente pour vous prier d'enlrcprendre la
reddition du ilict lieu de la Planque. (29
nov. 1581, Lett. miss, de Henri II', t. I, p.
420.)
Et vous prie de reprendre avec elle le
propos que vous luy en avies desja tenu.
et tascher, par les susdictes raisons et tons
les meilleurs moyens possibles, la faire
condescendre en ce que du premier coup
elle n'a voulu accorder. (27 nov. 1589, ib.,
t. III, p. 90.)
J'es/o/v volontiers coridescendu adonner
une trelve de deux ou trois mois. i27 nov.
1593, ib., t. III, p. 788.)
— Avoir rapport, s'accorder :
Et si adjousterent ceulx de Gaule a ses
nouvelles une chose, laquelle esloit assez
pertinente et laquelle condescendait bien au
cas. (GA(iuiN, Comm. de Ces., f 141 V.)
— Réfl., consentir par condescen-
dance à une chose :
Et tousjours estoit pape Félix dux des
Savoysiens en sa voulenlé première; c'est
assavoir de vouloir estre pape sans vou-
loir aucunement soi/ condescendre que a sa
voulenté. {Journal d'un bourg.de Paris, a.n
1447.)
Les parties se sont condcscendues et ont
compromis en et sur nous comme arbitre
arbitrateur. (26 juin 1454, ap. Lebeuf, Hist.
d'Aux.)
Ledit suppliant luy disi que si feroit et
fist tant qu'il s'i condessendi a y aler. (1461,
A. N. JJ 198, P 142.)
Enfin le roy sp condescendit que les trois
estais se tiendroient et assembleroient. (J.
de Boye, Chron., p. 138.)
Etpource que lesdits Flamens ne se vou-
lurent condescendre a la raison, le pays de
Flandres fut interdit et excommunié. (N.
GiLLES, Ann., t. I, t° 321 r".)
Prendra t il donc le parti de la ligue? Je
crains qu'il ne s'y puisse condescendre poav
plusieurs considérations. (Paso., Lett., XI,
2-)
Jamais l'empereur ne se con descendrait
de bailler Milan au duc d'ûrleans. (Guill.
DU Bellay, Mém., 1. V, f" 146 v°.)
Cf. li, 225=.
COXDESSEXDRE, V. CONDESCENDRE. —
coxDiciLLE, V. Codicille.
coxDi<:iox, mod. condition, s. f., qua-
lité morale et physique d'un objet par
rapport à sa destination ; état moral,
sentiment :
Ces .1111. condicions. {Cons. de Boece, ms.
Montp., f» 12".)
Condiscion. (1286, Clerm., B. N. 4663, P
99 r°.)
Condisston.
(G. Macu., Poés., B. N. 9221, f» 62 r».)
Condiclion par laide cause si est pro-
mettre ou stipuler a aucun aucune chose,
afin qu'il face ou qui voulsisl faire aucune
laide œuvre et qui de. droict ne seroit a
faire. (Bout., Somme rur., I, 61.)
Entre plusieurs autres vices et mauvaises
conrf(7io;is qu'il avoit, il estoit extrêmement
avaricieux. (.\myot, Paul Emil.)
En la maison du roi et reine île Castille,
y avoit un gentilhomme si parfait en toutes
beautés et bonnes conrfiV/ons, qu'il ne trou-
voit point son pareil en toutes les Espa-
gnes. (Maro. d'A.no., Heptam., 23° nouv.)
Ces vers vous représenteront mieulx ma
148
CON
rondUion et plus agi-(;aljlemeiit que ne
feroil la prose, il^etl. miss, de H. IV, t. IV,
p. 998, à Gabiielle il'Kslrées.)
Et est la cnndiciim et natiu'e d'iing en-
vieulx telle. (Enseign. de ta duch. Anne. p.
86.)
A cause de leurs féminines et doulces
condicw?ts. {th., p- '-9.;
C'est a dire quand vous seriez porté par
nature a... de honnestes candicions. {II/.,
p. 103.)
Il me deplail de la mort de vostre frère,
non pour aucune amitié qu'il m'ait portée,
mais d'autant qu'il avait des conditions
d'ailleurs qui peuvent bien rendre sa perte
regrettable. (Urfé, Astr/ie, I, i.)
— Loc, aux conditions, à condition :
Ce que je luy accorday, aux conditions
qu'il ne me toucheroit 'point. (Lariv., te
Laq., IV, I.)
co:vdk:io\el, mod. conditionnel,
adj., dont la validité, la réalisation dé-
pend de certaines conditions ;
Par teles conditione/es supposicions.
(Or.Es.ME, ap. Meunier.)
Promesses conditionnelles. (Calv., Se^m.
s.leDeutei-., p.8^4^)
co^'D^Clo^E^.ME^T, mod. condition-
nellement, adv., à certaines condi-
tions :
Condicionelement. (Oresme, ap. Meunier.)
Conditionaliter. Condiiionelemenl. (Gtes.
brevidicus.)
Conditionalement. (Gloss. lal.-fr.,éà. 1487.)
coi\Dicio\EB, mod. conditionner, v.
a., soumettre à des conditions:
Il a esté dit et conditionné que si lesditz
religieux veuUent... (1510, Cart. Habacuc
de Coi-b., f" 04 v» ; lluc, Conditionare.)
— Placer dans certaine condition:
Loi les a çondicionnees.
Qui les este de lor francliiscs
Ou nature les avoit mises.
(Rose, 14080.)
Certes jamais ne quier avoir amy
Si je ne Vaif bien condicionné.
Jeune, courtoys, coinle, appert et joly.
(EusT. Descb., m, 323.)
— Condicioné, part, passé. — Bien
condicionè, qui a de bonnes mœurs :
C'est chose honorable a la laide quand
elle est ajuste non pour estre belle, mais
pour estre bien conditionnée. {L\ liOET., liegl.
de mai: de Plut.)
— .Mal condicionè, qui a de mau-
vaises mœurs :
Si s'en doit l'on garder, car c'est grand
dueil que voir ses enfants mal condicionez.
Et, au contraire, en ce monde, n'a telle
joye au père et a la mère, que avoir en-
l'aiis saiges et bien endoctrinez. (1Ô04, En-
seignements de la duchesse Anne, p. 104.)
Et chastier aussi ceux qui le sembleront
mal conditionnez. (La liOET., Mesnag. de Xe-
nopk., t-Sl t\)
CON
Cf. II, 225".
f;o\DlCTIO^•, V. Condicion.
coivDioE, adj., qui mérite la ré-
compense ou la punition attachée à cer-
taines œuvres; digne de la personne ou
de la chose ; proportionné à ce qui a été
mérité :
Amende condigne. (1360, Cart. de Corb.,
23 ; Duc, Condignare.)
Hz sçavoyent que les tribulacions etpas-
sions de ce monde ne sont pas condignes
a desservir la gloire pardurable. (Intern.
consoL, II, 'il).)
Nous sommes en greigneur dangier d'eii-
conrir son indignacion, si ne faisons devoir
de recognoissance, et combien que ne la
puissons fere condigne. (1451, A. N. P 1356',
pièce 4.)
En langaige condigne a la matere. (.1. Ni-
COLAY, Kalendi: des guerr. de Tournag.)
Il sera submilz a pénitence condigne.
(k. DE L4 Vigne, ;