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Full text of "Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du 9e au 15e siècle"

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DICTIONNAIRE 



DE L'ANCIENNE LANGUE FRANÇAISE 



ET DE TOUS SES DIALECTES 



DU IX' AU XV' SIÈCLE 




CHARTr.ES. — IMIiRlMEIilE DUIiAND- 






DICTIONNAIRE 



m; 



L'ANCIENNE LANGUE FllANCALSE 



ET DE TOUS SES DIALECTES 
DU IX" AU XV^ SIÈCLE 

COXirOSÉ D'APRÈS LE DÉPOUILLEMENT DE TOI 8 LES PLI.S LMPORTAXTS DOCLMENTS 

MANUSCRITS OU IMPRIMES 

QUI SE TROUVENT DANS LES GRANDES BIBLIOTHÈQUES DE LA FRANCE ET DE L'EUROPE 

ET DANS LES PRINCIPALES ARCHIVES DEPARTEMENTALES, 

MUNICIPALES, HOSPITALIÈRES OU PRIVEES 

PAR 

FRÉDÉRIC GODEFROY 



.PUBLIE sous LES AUSPICES DU MIMSTEUE DE "L INSTitUCTION l'UULIQLE 

ET HONOIIK, PAR l.'lN.STITl T, DU MIAND PlUX GOIIFCIIT _^ * 

•]■ ( ) M V. X !•: L' \ 1 1'; M !•; 



COMPLEMENT 

CARREL — IXACCOSTABLE 





PARIS 



LIBUAIHIE EMILE BOUILLON, EDITEUR 

6 7, R u i; DE II 1 c. Il i: I. 1 1; i: , a i; pue m i i. li 
189 8 



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AVERTISSEMENT 



l.c l\'' l'I a\:iiil-ileriii('r Mjimiic ilii l)i(liiinii:itrc de l'uncieniu' liintfiie fr;iiiç;iixc. i\\]i |i:ir;n't .iiiiiiurd'liiii. cl.iil loiil 
|ir(iclic' ilr >;i lin l(irs(|U(' r,iiil('iii- l'iil Miinl.iiiiciiH'iil IVapjn', MK-C(iiiil);iiil à l:i làclic |irt's(|iii' siiiliiiiiuirii' (pi'il a\ail 
(Mili('|iiist' il \ a |iii's lir riiH|iiaiil(' aiiiift's. \-'.i\ lS',):i. il a\ail eu la joie fie Ifi-iiiijH'i' la |iiciiiii>ri' cl la plus ini|)(irlaiil(' 
pallie ili' cello u'ii\re. Apres l'avdir menée si prés de sa lin en dépit de fous les obslacles, an milieu de Inules les 
dilliiiilles el lie loules les traverses. a\ee une tnree île vnlonté. un eourage iiHJoniptables, il semble ipi'il aurait dû 
\ i\ re assez puni' en \ oir le eoniplel aeliex emeni ! l'uisipii' eel le i;i'ande et légitime ireompense ne lui a pas été aeeoi-dée, 
sa raniille a tenu du moins a ee ipie le I htlinniuiire de l'aiHienne l;iii(/iie /r;inç;i!-se se terminal dans les meilleures 
eiindilions el de la maniéi'e ipii repimdil li' mieux an\ desii's de sou anieur. 

l-llle a iliine demaudi' a M. le Minisire de II nsl ruel ion publiipii' de xonloir bien eimliei' j'ai-bex eim'id de la mise en 
irnxre des manuserils de M. (indelViiN a deu\ de ses |ilus aneiens el plus ile\iiui's eolla biiraleurs ; M. Jean Hiinnard, 
pi'ii l'esse ni' de plu II iliigie romain' a I t ni\ ersili' de La usa n ne. el M. Amédée Salninn. aneien eleve de l' Meule des ilaiiles- 
l'.liiiles. ipie les l'rel'aees des tomes préeédenis nul déjà présentés et l'ait eoiinailre an\ leeleiirs du J)ie/innii;itrc'. 

Par une deeision du "28 déeeiiibre IS'JT. M. le Miiiislre de l'Instruetiim piibliipie a bien \iinlu l'aire droit à eelte 
ileinande. MM. Boniiard et Salmoii se siml divisi' la besujine au mieux des intérêts dn Iraxail; .M. Saliriou. élaiil à 
l'aris. s'est eliargé de la préparation de la enpie. M. liminard de la revision attenlive des r>preu\es. 

lue part a été réservée à M. 1*. lioderinx. Iieeneie es lettres, ipii axail eli' eompaLiiion ipiulidii'ii des traxan.x do 
son père dans les deux dernières années de sa xie. Le grand mallienr ipii l'a t'iap|>i' l'a déeidé a se eonsaerer ])lns eiieorc 
ipie parle passé à eette a'iivi'C ipii lui esl dexenue dnubleinenl ebere, a laipielle il ei'il plus Ii'jI apporli' \i>\ emieoiii's 
ell'eetil'si sa |)reparation à une aiilie earrii're ni' I en ei'il empéellé. 

Il a l'Ié eliai'gé spéeialemeni des reeherebes dans les imprimes el les édilinns prineeps des llibliiilbeipies. Au eoiirs 
de ses reelierelies et de ses leet lires, il avait ili'.|a eu l'neeasion de l'aire proliler le Dielituiihiire de ipielipies I roux ailles, 
tanli'il reeiilanl la ilale de la première .ipparil mu d'un mol, lanlol reeueiUanl nue aeeeplion, [\\\ Imir inleressanl pour 
riiisloiie de l.'i langue. .Modesle eoiil ribiil ion ipi'il sera heureux d'aiiporler jnsipi'a la lin a eelle leuxie a laquelle 
I aiileiir .ixail donin' pour progr.nnme de s'enriebir id de se perfeeliiuiner sans cesse. 

I-'.I maiiilenanl , les amis de .M. (lodeirox el les soiiseiipleiirs du Dielimiiunie peuxeni ax oir eniili.inee. Si Itieii le 
perniid. la lin de ce siècle pourra xoir se lerininer ee iiiiiiiuiiienl l'dexe ,i iiidre langue el a notre liisloire ii.d ionales. 



1'. (i()i)i:ii!(iv. 



DICTIONNAIRE 



DE 



L'AXCIEXNE LAXGUE FRANÇAISE 



ET DE 



TOUS SES DIALECTES 



DU IX^ AU XV SIÈCLE 




CARREL, mod. carreau, s. m., pavé 
plat fait de terre cuite, de pierre, de 
marbre, etc., dont on se sert pour paver, 
pour recouvrir une paroi, etc. : 

Ke de paliz, ke de fossé, 

Que de mortier, ke de quarel, 

Ke il i ad fait un fort chastel. 

(Wace, Rou. 3« p., 1464.) 

Encor i %i le destrier auferîn ; 
.\teles iert a car come ronchin. 
Ou il traioit li quarrel marberin. 

(Raimb., Ogier, 103J3.) 

Dcsi que j'aie prise le fort tor de Babel 
Que firent li gaiant de cauc et de quariel. 

[Alexandre, f* 65^.} 

A Guill. Bellebarbe. pour 10 toises de pa- 
vement de quarreaus plommes faits es lo- 
ges devers le ponl de Charenton, a 16 s. la 
toise. (1318, //il', de J. de Sa/fres, ap.\. Gay.) 

Item pour .viit'. de qunrrialz achetés a 

Jehan.NourryelaPolier.(1396-1397, A.mun. 
Mezières, CC 30, f 16 v°.) 

.,„f'"'fi' ?ri^"^- ('"^' •^- Corrèze, Ad. des 
noi., 4b, 146 \°.) 



QueyreU. (t4i5, ib., 48, 16.) 
Queyreus. (1446, «4., 43, 28.) 



Si fist tout paver de carreau/^:. 
(MABTiAt, Vig. (le Charl. Yll, sigo. C U t'.) 

— Sol pavé de carreaux : 

Plus de .c. en ocbirent gisant sur le cartel. 

i.U. Capet, 931.) 

Plusieurs renoncerenten ce temps a leurs 
propres héritages pour la rente, et s'en al- 
loient par desconfort vendre leurs biens 
sur les carreaulx. (Jonrn. d'un boura de 
Paris, an 1421.) " 

Il avra, avec ce. ung reau 
En change. aHin que sa bource enfle, 
Prins sur la chaussée et carreau 
De la grant couslure du Temple. 

(Tjitos. Gr. Test., 1026.) 

— Sur le carreau, sur le champ : 

Et lors qui haioit a Paris aucun homme, 
il ne falloit que dire: 11 a esté Ermignac, 
présentement estoit tué [sur] le carrel. 
(Mém. de P. de Fenin. an 1U8.) 

— Trait d'arbalète : 



Voilent quarrel parmi le plesseis 
.\ussi menu come pluie en avril. 

[Onrin le Loh., »• chans., XII.) 
Si fait laissier par ses castiaus 
Serjans, arbalestes, quariatts. 

(BEAiMASom, Manekine, 5413.) 



— Morceau de verre à vitre : 

Et se il avenoit que seli ou ceus que 
nous y envolerons pour brisier les quar- 
riaus brisât ou brisassent en autre lieu que 
monstre lour seroil. (1318, Pontoise, A. S.- 
et-0., A 1434.) 

— Coussin carré : 

Coussins et careaulx. 

[Sîar. d'Anne de FoLr, ^ 2.) 

— Pièce de soulier : 

Carrel de soliers, pictacium. (1461, J. L\- 
c.tDEUC, Catholicon.) 

— Planche d'un jardin potager : 

Mettre le pied dans un quarreau de belles 
fleurs. (G.*RASSE, Doctr. car., p. 407.) 

Cf. Carrel, I, 787% et Carel, I, 783^ 

C.4RRELER, V. a. 

avec des carreaux : 



paver, recouvrir 



T. ix. 



Quarreler. (1392, A. .\. MM 31, f 159 r°.) 

Carreler et appareillier les murs. (10 nov. 
1408, B. .\., Cab. des tit.) 

Quarreler la chambre. (1439, Compt. de 
Nevers, CC 42, f° 10 v°.) 

La nef d'une eglize bien carrelleede gros- 



2 CAR 

ses pierres. (Aoto^^^' om-; B. N. t)082, f° 

— Rapiécer, en parlant de vieux sou- 
liers : 

Ne pourront Icsdits maislres savetiers et 
cancleui-s tenir que ung- oiivrouer chascnn 
ponr bcsongner dndil nieslier ne al crca;-- 
lei- par la ville de Paris. (1498, A. ^. Y 6', 
c in r°.) 

Carreler. {Ib.. t" 118 r°.) 

Trois detz'de cuyr ponr ran-ellerles sou- 
liers des senrs.(1501,/«i.'e«(. de riMel-Dieu 
de Beaune, Soc. d'archéol. de Beaune, 1^74, 
p. 140.) 

— Carreler son ventre, le remplir : 

Ainsi avaient ils /es ventres carrelez. (Rab., 
Quint liv-, XXVI.) 

Quant ces messieurs furent a table, qui 
avoient tous granl faim et s'attendoient a 
bien carier leur ventre. (Bhant., Cap. estr., 
I, 23.) 

Cf. QUAUELER, VI, 482». 

CARRELET, s. m., gTosse aiguille qui 
se termine en pointe quadrangulaire : 

L'aiguille doit estre carrée avec la pointe 
et ronde depuis le milieu jusques au chas 
ou perluis. Telles sortesdaiguilles se nom- 
ment can-e?e/s des quelles les barbiers usent. 
(.1. DU FoiiiLLOUX, re«;, f 63.) 

— Poisson de mer voisin du turbot, 
appelé plie franche : 

Quarlet. (1360, Lille, ap. La Fons.) 

Aiez des carrelets appareilles et laves. 

(Ménagier, II, 5.) 

Le turbot ou qualrekl. (Du Pinet, Pline, 

XXXll, 11.) 

— Ane, carreau d'arbalète : 

Tiroient sajetles et quarreles aigus. 

{Auberi, p. 211. J 

Cf. Carrelet, I, 788'. 

CARRELEUR, S. m., ouvrier qui fait les 
travaux de carrelage : 

A GuillaumcScobin,9«rt)T(;;/e!<)' pour avoir 
quarrellc, arroclié et enduit tout le pend 
de boys nouvellement fait et quarrellé tout 
ce qu'il failloil a quarreller. (1463, Compt. 
lie Neeers, CG ÔS, f° 16 V.) 

— Savetier : 

RegnauU Puisolle, coi'/-e//ee«- de souliers. 
(1440, Min.d'ArnoulSnrre,not.àOrl., Etude 
Mallel.) 

Les quarreleurs et savetiers ne feront 
aucun ouvraige de cuir neuf, mais le tout 
de vieil cuir.(.luill. 1480, Ord., XIX, 659.) 

Meslier de savetier e\, carreleur. (1498, A. 
N. Y 6^ fo 116 V».) 
Meslier de carlenr. [Ih.) 

— Carreleur de venli-e, celui qui aime 
à remplir son ventre, gros mangeur : 

Les couvreurs de maisons en Anjou ont 
les genoux contrepointez, ainsi avoient ils 
les ventres carrelez, etestoientlesca)-/-e/e!()'S 
fie ventre en grande réputation parmyeux. 
(Uab., Quint livre, ch. xxvi.) 



CAR 

CARRELECRE, V. CaRRELURE. | 

CARRELIER, S. m., ouvrier qui fabrique 

les carreaux de terre cuite, de pierre, 

etc. : 

Pour li qiiarreliers. (1312, Li coiers de la 
taile <le la imroche Saint Pierrele vies, 1301- 
1318, f" 4 V», A. mun. Ueims.) 

Quarelier. (1440, S. Orner, ap. La Fons.) 

CARRELIN, V. CaRLIN. 

CARRELi'RE, S. f., ressemelags de 
vieilles chaussures : 

Une carrelure de souliers pour Charlotte. 
(1462, Mise faicte par Jehanne Ralault, Ann. 
de la Soc. d'hist. de Fr., 1878, p. 230.) 

S'ils ouvrent de cuir neuf, ce ne sera que 
pour forme de ramendure et carrelure. (8 
mai 1466, Ord., XX, 177.) 

S'il avoit cousu quelque carrelure. (B. 
Desper., Noiiv. recréai., p. 75.) 

— Plaisamm., bon repas : 

Pourquoy par testament ne leur ordon- 
noit il au moins quelques bribes ou carre- 
lures aux pauvres gens qui n'ont que leu 
vie en ce monde:' (\\\b.. Tiers liv., ch. xxiii.) 

CARRER, V. a., rendre carré, tailler en 
carré : 

Columpnes de métal ad il fet aturncr, 
Pilers e postez de fer endurcir e quarrer. 
(Tn. DE Kent, Gesle (VAlex., B. N. 24364, f 65 v».) 

Li rois commanda qu'il aportassent granz 
pieri-es précieuses a fere le fondement del 
temple, et que il les quarrassent. (Bible, B. 
N. 899, f 165=.) 

Sçavoir par la géométrie 
Quant pas de grandeur a le monde, 
Et carrer une chose ronde. 
(J. lioucHET, Ilegnars trmersans, f 41». ) 

Comment on peut quarrer le cercle. (La 
Bon., Harmon., p. 490.) 

Cf. Quarrer, VI, 482'. 

CARRIER, s. m., celui qui exploite 
une carrière; tailleur de pierres : 

Guillaume de Norfort, quarrier. (1315, A. 
N". S 87, pièce 47.) 

A Guillaume de Beculon, quarrier. pour 
cent taibles et cpiartiers de piarre pris en 
sa perriere. (1421, Compt. de Nevers, CC 27, 
P 19 r°.) 

Guillaume (leRei:u]on,querrier.{ll2i,Ib., 
CC 28, f» 6 V».) 

Ung tailleur de pierres, ou ung quarrier. 
(R. Est., Tlies., Lapicida.) 

1. CARRIERE, S. f.. espace à parcourir 
dans les courses de chars ou de chevaux; 
course à pied ou à cheval, passe d'armes, 
course oit l'on a parcouru un espace dé- 
terminé : 

Tout ainsi que l'on compte d'un certain 
Orchomcnien nommé Laomedon, qu'estant 
travaillé d'une indisposition de ralte, par 
le conseil des médecins il s'excrcila a cou- 
rir de longues carrières pour remédier a 
son mal. (Amvot, Demosiliènes.) 



CAR 

Lors 11 (le clieval) leva la jambe de derrière, 
Et au lyon donne un coup de carrière 
Parmy le front tandis qu'il regardoit. 

;CoK»oz., /''ad.. XXXII.) 

— Donner carrière, laisser le champ 

libre : 

Or d'estre bien a cheval et y avoir ferme 
tenue, ce luy estoil chose fort aisée, pour 
ce qu'il l'avoit apprise des son enfance, 
s'estant accoustumé a donner carrière a un 
cheval courant a toute bride, en tenanlses 
mainsentrelacees derrière son dos. (AmyoT; 
J. Cœsar.) 

— Donner cent carrières à . . ., faire 

courir de tous côtés dans la carrière : 

Montoit sus un coursier, sus un roussin, 
sus un genêt, sus un cheval barbe, cheval 
legier : et luy donnait cent quarieres, le 
faisoit voltiger en l'air, franchir le fossé, 
saulter le pays. (Rab., Garg., ch. xxm.) 

Cf. Chariere, 11, 72\ 

2. CARRIERE, S. f., Ueu OÙ l'on taille 
la pierre, lieu à.'o\x on l'extrait : 

E pierre feissent de la quarriere venir. 
(Rois, p. 123.) 

Quant veit celé grant quarrere. 

(Chardry, Set doi'tnans, 1017.) 
Près de l'arbre mains d'une teiso 
Aveit une rault granl falaise 
Gomme une qnarrere parfonde. 

[Les treis Moz, B. N. 19:i25, {• 127.) 
Item accordé est entre les parties dessus 
dites don débat qui est entre les dites par- 
ties d'une quarriere, que li dit religieus me- 
tront la dite quarriere en la main de leur 
vassal. (1325, A. N. JJ 64, f" 2 v".) 

A Christofle de le Grange, cordier de la 
ville,... pour deux haraches pour harchier 
et tirer les pierres hors de le kariere. (1445 
Compte des fortifications, 21' Somme dé mi 
ses, A. Tournai.) 

CARRiLoiv, v. Carillon. 

CARRIOLE, S. f., petite voiture légère 
dont on se sert à la campagne ; mau- 
vaise voiture ; en Italie, sorte de lit à 
roulettes : 

Une carriole a quatre roues. (Taillepied. 
dans Dict. gén.) 

Ils n'y ont aussi que des petites cahutes 
a tout des chetifs pavillons, un, pour le 
plus, en chaque chambre, a tout une car- 
riole au dessous; et qui hairroit a coucher 
dur, s'y Irouveroit bien ampesché. (Mo.nt. 
Voyages, t. I, p. 247.) 

Cf. Charwlle, II, 73'. 

CARROGE, CARROIGE, V. CaRROUBE. 

CARROSSE, s. m. et f., voiture de luxe, 
suspendue, couverte, à quatre roues : 

Porté sur un baril vineux, 
Au lieu d'un martial caresse. I 

I Vau-de- Vire, ap . Jacob, Yaux-de- Vire de J. Le Baux, 
XXXVI 1.) 

Caroche. (1577, Très, gén., A. Meurthe.) 
Carrodte. (Ocl.-déc. 1583, Dép. du fi. de 
Nav., A. B.-Pyr., B 82.) 

Ung petit carosse monté sur 4 roues et 
doublé de drap vert. (1595, Inv. de Jeanne 
de Bnurdeille, p. 57, ap. V. Gay.) 



CAR 



CAR 



CAR 



El son train mis en un c(troce.(}. Pussot, 
Journalier, p. ICI.) 

Me mis en une carrosse. (Voy. du S. de 
VUlamoiif, p. 22.) 

Cf. CinnocE, I, 788'. 

i:.4BR05iSiER, S. m., anc.,celuiquicon- 
duit ua carrosse, cocher; auj., celui qui 
fabrique des carrosses : 

Le carrossier prinl la gauclie el donne- 
r-^nt la ili-ôite aux deux cliai'rettes qui ar- 
r»sterent lecarrosse du roi. (>". Paso., Letl.. 
l.i.) 

Me mis en une carrosse, pour aller jus- 
qu'à Milan, payant deux escus d'or au ca- 
roclier. (Voyng. du S. de Villamonl, p. 22.) 

CARROUBE, CARROUGE, V. CaROUDE. 
— CARROIGIER, V. CaROUBIER. 

CARROUSEL, S. m., sorte de tournoi, 
de divertissement avec joutes, courses 
de bagues, etc., exécutés par des cava- 
liers formant des quadrilles : 

Carrouselle. (Vigf.nere, dans Dicl. gén.) 
Carrouiel. (A. Oudin, Dict. it.-fr.) 

CABROUSSE, S. f., excès de boisson : 

Trinquer, boire carous. (Rab., Tiers liv., 
prol.) 

CARRURE, V. CaROUDE. 

CARRURE, s. f., largeur du dos d'une 
épaule à l'autre. 

Cf. Carreure, I,'788\ 

'■ARTAIiVE, V. QUARTAINE. — CARTA- 

LOKE, V. Catalogue. 

CARTE, s. f., sorte de papier résistant, 
mais flexible, fait de plusieurs feuilles 
de papier collées ensemble, en parti- 
culier petit carton tin dont on se sert 
pour jouer à divers jeux : 

Les autres jouans aux cartes el autres 
jeux d'esbatemenlavecques leurs voisines. 
(1393, Ménogier, I, 71.) 

Ung jeu de quartes sarrasines. (1407,/'U'. 
des ducs et duch. d'Orléans, ap. V. Gay.) 

La main tremblant dessus la blanche carte 
Mo voy souvent. 
(Cl. Mar., Epiti-e ducatnp d'Atitjni a madicte dame 
d'Alenç., p. 129.) 

il faut qu'elle se voye en cent cartes escrite. 
(La Bqet., Sonn., Y.) 

Carte, est le papier dont on use a escrire. 

(XlCOT.) 

Cf. Carte 2, I, 789°. 
CARTEE, V. Charretée. 

CARTEL, s. m., carte; papier sur le- 
quel on adresse un défi : 

Un cartel de defli. (Carloix, VIII, 20.) 

CARTELLE, S. f., feuiUc de peau d'âne, 
de toile vernie, à l'usage des composi- 
teurs ; lettre, billet : 



Carlelle, f. Cartilla. (A. Oldin, Dict. fr.- 
esp.) 

C.IRTELOGE. V. CATALOGUE. — CAR- 

TERON, V. Quarteron. — cartiialoge, 

V. Catalogue. 

ciARTHAME, S. m., plante à fleurs 
d'un beau rouge safrané, employée en 
teinture : 

Les meilleurs mesnagers, et plus experts 
ala culture des plantes. fontcasdu salTran, 
que l'on nomme basiard, c'est ce que les 
anciens appelloyent cnr(«me, et le vulgaire 
le nomme graine a perroquet. (Liebailt.p. 
370.) 

1. CARTIER. V. Charretier. — 2. Car- 
tier, V. Quartier. 

3. CARTIER, s. m., fabricant, mar- 
chand de cartes à jouer : 

Retirez vos quartes, quartier ! 
Nul ne lit au livre des Rois. 
(Regrets et complainte de$ {/osiers altérez, Poés. fr. 
des sv" et svi' s., VII, 78.) 

Peintres et cartiers. (Etienne de Medicis, 
dans Dict. gén.) 

CARTILAGE, S. f., tissu animal, flexi- 
ble, élastique, dont la consistance tient 
le milieu entre celle des os et celle des 
ligaments : 

Les cartilages du tarse, des cils, de l'epi- 
glotte, du larynx et autres. (Paré, II, i,) 

Cartillage. (J. Raoll, Fleurs du gr. guy- 
don, p. 39.) 

Chartilage. (Dalesch.) 

CARTiLAGiîVEUx, adj.. formé de carti- 
lages : 

Substance cartilaqineuse. (Corbichon, 
Propriet. des choses, B. S. 22Ô33, f° 53=.) 

Cartilaginos. (Brun de Long Borc, f° 3'.) 

Liens cnriillagiuous. (Id., 1° 87°.) 

Poisson... ayant aesles cartilagineuses. 
(Rab., Quart livre, ch. iir.) 

Cartilagineuz. (Damr.makt., Merv. du monde, 
C 88 r°.) 

Parties cartillagineuses. (J. Raoil, Fleurs 
du gr. guydon, p. 43.) 

Chartilagineu.x. (Bei.o\, Polis, mur.. I, 3J.) 

CARTiSA\E, S. m., morceau de car- 
ton fin, de parchemin qu'on recouvre 
de soie, de fils d'or, d'argent, pour faire 
les reliefs de certaines dentelles dans 
des broderies : 

Cartisane. f. Hilo de oro torcido. (A. Ou- 
Dix, Dicl. fr.-esp.) 

CARTOCIIE, V. CaRTOCCIIE. 

1. CARTOX, S. m., pâte de papier, de 
chiffons, etc., durcie et mise en feuilles ; 
carte grosse et forte : 

Carton. The tliicke paper wliereon pain- 
lers draw sometimes : and that wiierot 



some faunes are made; aiso, asquarepiece 
thereof, or of pastbooi'd. (Cotgr.) 

— Feuillet supplémentaire d'impres- 
sion pour remplacer un passage défec- 
tueux : 

Il avoit refait le carton parce que cela 
estoittropnatteurpour luv. (Tallem., //w<., 
CCCXI.V.) 

2. CARTO.\, V. ChaRRETO.N. 

1. CARTOUCHE, S. m., ornement de 
sculpture : 

Cartodie. (J. Mart., .irchit. de Vilr., n. 
121.) 

Nicolas le Doulx, escrignier, fait une mol- 
lure tout allentour d'une cheminée et des 
ca/-<o«sse dedens. (Iô9i, Lille, ap. LaFons.) 

Une cartoche blanche. (Le Movne, Art. des 
devis., III, 3.) 

2. CARTOUCHE, S. f. et m., charge 
d'une arme à feu renfermée dans une 
enveloppe de la dimension du calibre 

[ de l'arme. 

— Autref., cartouchier : 

Puis une bonne et longue pistole avec la 
cartouche pleine de charge. (La 'Soie,Mem., 
p. 2.37.) 



c.ARTOussE V. Cartouche. 
V. Chartre. 



- CARTRE, 



CARTULAiRE, S. m., rccueil de chartes 
et autres actes formant autrefois les ar- 
chives des abbayes, églises, etc. ; re- 
gistre sur lequel ces actes étaient trans- 
crits : 

Il ont leurs carlulaires et protocolles en 
garde. (1310, A. N. JJ 72, f° 53 r°.) 

Quart ullaire.{nT2, Arch. S 93, pièce 24.) 

Le cartulaire de parchemin qu'ils ont en 
leurs mains. (13 mars 1071, Bot/, Arch. C6te- 
d'Or, II, 30.) 

Chartulaire. (La Mori.iere.) 

— Ane, officier qui inscrivait les im- 
positions, les droits d'entrée et de sortie 
des marchandises, etc. : 

A Mestre Jehan dit Maubourt, de Lymo- 
ges, est outroyé l'otlice de estre cartulaire 
et registreur des emolumens des draps de 
la cité d'Albigeois (1321, Ch. des Comptes, 
Duc, Cartularium.) 

Jaçoil que pour le droit de la reve nous 
apparliegnent douze deniei's pour livre 
d'imposition et cartulaire. (1386, A. N. JJ 
129, pièce 49, ap. Duc, Cartularium.) 

Cf. I, 790\ 

CARUBLE, V.CaRROUUE. — CARUNCULE. 

V. Caroncule. — c.arva;ve, -aivxe, v. 
Caravane. — carvaxsera, -assera, 
V. Caravansérail. — carvele, -elle, 
V. Caravelle. — carveïv.mer, v. Cara- 
vanier. — CARY.ATIDE, V. Cariatihe. 



4 CAS 

CAS, s. m., accident, aventure, con- 
joncture, occasion, fait arrivé ou qui 
peut arriver : 

Quanl cnfes qui est sousaagies fait au- 
cun cas de crieme, on doit regarder le ma- 
nière du fet. (ItK.UM., XVI, 10.) 

Voulonlicrs leurs cours desmcusse 
D'aucun ea!>- el de certain lieu. 

(Cun. ne riz., Loni;. est., 214'2.) 

Uici- ma chère petite cousine me vint voir 
qui m'expliqua son intention pour le regard 
de la vocation religieuse, et me dit son pe- 
tit cas si houneslement et gentillemcnt que 
j'en demeurai fort édifié et consolé. (Fii. df, 
S.\L., Lett., a Villett., 21 sept. 1G12.) 

Cf. Cas 2, I, 791". 

<:as.\lier, s. ra., garde des fermes 

et casaux : 

Les frères kamliers doivent avoir .u. bes- 
tes et .1. escuier et autel prevende d'orge 
corne li maistres; et puent doner a. i. frère 
.un. deniers. (lUgle du Temple, 181.) 

CASANIER, adj., qui aime à rester au 
logis : 

Le lict mal emplumé du pauvre casanier. 

(Fb. PEnniN, Pourlraicl, !" 39 r", éd. 1574.) 

Popes, rois, empereurs, marchands et casaniers. 
(Id., Quatrains, f" 36.) 

— Domestique : 

Tout ce qui paisl la terre au large sein. 
Tout animal casanier et sauvage. 
Fut cnfanlé de ce grand mariage. 

(HoNS., Franc, 1. 111, p. 438.) 

Cf. Casenier, (, l<è\\ 

CASAQUE, S. f., surtout à manches : 

El luy vestirenl une cazacque, c'est a dire 
uu haliillemenl presque de telle sorte que 
les Turcz le portent a présent, tout batu en 
or a ligures de pourpre avec la ceinclure 
de mesmes. (Le JIaire, llluslr. des Gaules, 
cliap. .\Liir.) 

3 aulnes de drap viollet,jaulne et incarnat 
pour faire robeou cazacque, a iOs. t. l'aune. 
(1536, 8' cotnple roxj. de Nicolas de Troyes, 
ap. V. Gay.) 

Cazacque. (liTO, Valenc, ap. La Fons.) 

Quclqueslois par boutade et par caprite 
je prcnois quelque casaque d'un des pion- 
niers Ce sa compaignie. (Alb., Fan., IV, 7.) 

U eut sa casuque percée d'une arquebu- 
sade. (le, Hist., .\LIV.) 

— F\g. Joitrnej'casaque, abandonner : 

Facile a changer party et, comme l'on 
dit, a tourner casacque. (Cl. de Rchys, Ilisl. 
verit. de Lyon, p. 6.; 

CASAQUE, adj ., couvcrtd'une casaque : 

A présent nostre roy y va (à la chasse) 
en monarque, un capitaine et trente che- 
vaux casaques, l'oiseau sur le poing, cents 
gentilshommes a sa suite, cents chevaux 
légers a la teste et pareil numiire a l'arriére 
garde. (1622, Chasse au vieil (Irognard de 
l'anliquité.) 

CASAQUiA', s. m., petit surtout que 
portaient les liommes: 



CAS 

Et estoient vcsluz de beaux casacquins 
de velours noir couverts de broderie. (1549, 
Reg. des ord., ap. Felibien. Ilisl. de l'a- 
ris, t. V, p. 362.) 

Que tous confrères seront subjectz d'avoir 
basions a eulx appartenant, avec casacquins 
rouges, pour esire vestuz d'iceulx aux jours 
de festesetprix d'honneur, (xvf s.. Statuts 
de la confrairie de Ste Barbe, dans Carde- 
vaque. Serments de la ville de Cambrai, p. 
109.) 

Caisacquin (ljJ7, l'éronne, ap. La Fons.) 
Ca.isoqnin (1&77, S. -Orner, ap. La Fons.) 

Casequen, casequin. (1580, Compt. de tut., 
f 119% liarb. de Lesc, A. Finist.) 

Quasecquin. {Ib., f° 123\) 
C.ASBLE, V. Cahle. 

t;ASCAKEï,s. m., lionime d'apparence 
mesquine : 

Ce vieux cynique estoit un vrai falot, 
Cousin germain de sa dive lanterne. 
Un cascaret ou bien un sibiliot. 
(Gabasse, liec/i. des rec/i., épist. au lect., p. ix.) 

«:ase, s. f., petite et chétive maison : 

Par foi, dist lors Venus, mar tint 
Jalousie chastel ne case 
(^07ilre mon lill. 

{Jtose, B. N. 1573, £• 132'.) 

Nous allons a la caze nostre. 
( Myst. (te S. Qiitiitin, duns Fleury, Jeu de Dieu, p 
16.) 

Ulysse qui par mer et par terre cerchoit 
de vèoir la fumée de sa case. (La Boet., 
Serr. col.) 

Cf. CuiESE, II, 123". 

c.ASEATiOiX, S. f. , conversion du lait 
en fromage : 

Ouanl lait habunde es mammelles, il fait 
douleur et oulleure et duresse et conges- 
tion ou casencion ; et celle caseatlon est par 
toute la mammelle également. (B. de Gord., 
Pratiq., IV, 11.) 

CASEiFOKME,adj., qui ressemble à du 
fromage : 

Ayez en révérence le cerveau caseiforme, 
qui vous paisl de ces belles billes vezees. 
(Rab., Garg., prol.) 

CASEMATE, S. f., qqf. masc, plate- 
forme d'une batterie abritée dans la 
partie du flanc proche de la courtine, 
pour défendre le fossé; abri, voiite que 
l'on construisait dans le fossé pour y 
placer ceux qui le défendaient; auj., 
réduit souterrain à l'épreuve de la 
bombe pour mettre à l'abri les hommes, 
les munitions, etc. : 

Encores que les bastions ne soyent pas 
défendus d'artillerie d'aucunes casemates 
basses, ils ne laissent de l'eslre Ires bien 
de l'arquebuserie des courtines. (Lanoue, 
337.) 

.assisté de dix compagnons, il descendit 
dans le fosse de la ville se précipita dans 



CAS 

une casenietteque ne pouvant garder il mit 
en feu. (Aub., llist., III, 39.) 

Fortifié a la vieille mode, sans fiancs, 
parapets, boulevards, ravelins, cases ?na('es-, 
plaies formes n'y aucun rempart. (Carloix, 

V, 14.) 

Les casemalez et canonieres du château. 
(1552, Péronne, ap. La Fons, Art. du Nord. 
p. 172.) 

CASEQUEIV, -QUI\-, V. CaSAQUIN. 

CASER, verbe. — A., mettre dans une 
case, dans un compartiment; mettre 
dans une place qui convient. 

Cf. Chaser, II, 82^ 

caser:\e, s. f., anc, abri sur le rem- 
part pour quatre, puis six hommes, mon- 
tant alternativement la garde ; auj., bâ- 
timent où on loge des troupes : 

Noz genz entrèrent dedans le chasteau, 
etlesEspaignolz ellansquenetz qui estoient 
dedans, s'estoient mussez dedans des ea- 
sernes avec leurs hacquebutes, qui firent 
grosse résistance. Uourn. d' un bourg .de Par . 
s. le règne de Fr. 1", p. 335.) 

CASLi>, mod. câlin, s. m., personne 
indolente : 

— Mendiant qui simulait des infir- 
mités : 

Devinez ce que ces gueux et caslins font? 
Ils contrefont les malades. (G. Bouchet, 
Serees, IV, 269.) 

Câlin. A beggarly rogue, that counter- 
feitsone disease. (Gotgr.) 

CASPE, V. CaPRE. — CASPEtVDU, V. 

Capendu. 

CASQUE, s. m., armure de tète: 

Le premier demandacommenl son enne- 
my etoil armé a la teste, fut ce d'un casque 
ou d'une salade. (BRANT.,rfes Duels, éd. 1787, 
t. Vlll, p. 48.) 

CASSABLE, adj . , fragile : 

(luassabundus, (/«asso6/es. (Gloss. lat.-f'r., 
mL Montp. Il 110, f" 216 v°.) 

(lue l'en n'y puisse mettre boys de ehesne 
ou il ail aubel, ne qui soit verl moulu, ou 
autre bois qui soitcasaî)Ze.(Janv. I41i,0iv/., 
X, 254.) 

Frangible, se dit des matières aigres et 
cassables. (I'alissv, Explic. des mots.) 

— Sujet à cassation : 

Oelais afaire enquêtes elquand sontcos- 
snbles. iCayron, Slqle de la court de pari. 
de Toul., 1610, lab.', lit. VII.) 

CASSADE, s. f., coup otl UU JOUBUP 

élève l'enjeu pour intimider ceux qui 
sont engagés et leur faire abandonner 
leur mise ; bourde : 

Cassade, slropha. Donner une cassade. 
Fallere. (J. Thierry, Dicl. fr.-ht.) 



CAS 



CAS 



CAS 



Je ci'oy i|uecesaflaittezm'ayenl pris pour 
une pcloUe triiii magul; car l'un avec sa 
cassaJe me frappant ma chassé tout d'un 
coup. (.J. DE La Taille, A'e(y;-e»ia»/, P 137 \".) 

Et pour donner a tous amantz cassade, 
Fauldroil user d'une autre fiction 
(Gilles d'Avrigsy, Tut. d'amour, f" 67 r°.) 

De ceste cassade en fui faite une clianson 
a sept parties. (>'. Du Fail, Piop. lusl., p. 
153, éd. lDi9.) 

Je ne doute pas qu'il ne leur ait voulu 
bailler quelque cassade. (\. Thevet, Vie de 
Jeli. de Meunff, ap. Méon, Rose, l, 58.) 

Bazon, vaincu d'imporlunité de luy re- 
\eler ce qui avoit esté cunclud et arresté 
au sénat, luy avoit donné dune cassade, 
luy faisant enlendri' qu'il avoit esté résolu 
que les maris auroient plusieurs femmes. 
(Cholieres, Guerre des rnasles et des fem., 
P 64 v°.; 

Cassade. .V gudgeon, frump.gull. ^Cotgr.' 

CASSAIT, adj., qui se casse aisément: 

Cassant etaiséacasser. Fragilis.(Il. Est., 
Tlies.) 

Cassant eia.\s,c a casser, fragilis.(J.THiER- 
RV, Dict. fr.-lut.) 

— Loc, aller a sain! Cassant, être 
cassé, être licencié : 

On sceit bien que, ung voyage llny, les 
nouvelles bandes vont a saint Car^sant.(CAR- 
LOix, IV, 19.) 

<:assatio.\, s. f., annulation juridique 
d'un jugement, d'un acte, d'une procé- 
dure : 

Confirmation ou cassation. (S. de Bave, 
Journ., an 1413.) 

Est a considérer que de ladicte cassassion 
et de soy départir d'iceulx sainctz decrctz 
<|uatre maulx ou inconveniens irréparables. 
(1507, A. DE La Vigxe, Louenge des roys de 
France, f" 45.) 

Cassation. A cassation ; a quashing; abro- 
gating. (CoTUR.) 

1. CASSE, s. f., bassin de métal qui va 
au feu : 

.1. quace et .i. coignie. (1348, Compte, Ch. 
des Compt. de Dole, G 82, A. Doubs.) 

Une casse a yaue, un chauderon a mètre 
caue sur le feu. (1373. /ici/, du c/iap. de S. 
./. de Jérus., A. N. M.M 29,' f" 99 v">.) 

l'ne grant c/uasse grâce. (2 mai 1394, In- 
vent, des biens de Girart de Revanes, Vente 
de meubles à la mairie de Dijon, A. Côte- 
d'Or.) 

Hobin N'oel et Mabiet Assellin, rliaudron- 
niers... confessent avoir pris a faire et ou- 
vrer de leur mestier... ung millier de fer- 
ruzes ouvrées pour mectre a causes: et se 
fourniront de fer, bonne marchandise et 
lealle. (Ii40, Min. d'Arnout Sarre, not. à 
Orléans, Etude Mallet.) 

Ledit Thevenin Die a vendu audit Robin 
N(*l le fer qu'il fault et esconviendra pour 
faire et ouvrer le demi millier desdictes 
ferruzes a quassei et le lui livrera présen- 
tement. (Ib.) 

Et y a varlets de fourier qui portent le 
bois en lachambredu prince, elbesongnent 
aux feux et aux lumières, comme il appar- 



tient et doivent lenir l'hostel du prince net 
et honneste, les serviteurs de l'eaue ser- 
vans, doivent porter l'eaue en la chambre 
du prince, et livrent caches et ramons. (Ol. 
DE La Marche, Estât de la maison de Charles 
le Hardy, Du quatrième estât.) 

Ce qui nagera dessus l'eaue dn son et 
ordure, concueille le avecques une cacce ou 
cuillier persee. (Jard. de santé, 1, 24.) 

C'est a moi a faire sonner 
La caisse dessous la serviette, 
Ou bleu avecque la trompette 
La sourdine bien proprement, 
Ponr faire trousser vistement 
Aux gens de cheval leur bagage. 

(Godard, Desgui.-<., U, i.) 

2. CASSE, s. f., fruit du cassier ; 

Cassia fistula, c'est casse fistule {casse 
fistre). C'est le fruit d'ung arbre qui puurle 
semences longues. ((Vra/jf Herbier, n° 110.) 

— Ane, cannelle : 

Mirre et goutte de gome preciouse, et 
cassie très odorant, {l's., XLIV, Maz. 382, f° 
113 v° ; p. 134, Bonnardot. j Var., casie. 



3. <:asse, V. Caisse. 
Chasse. 



cassement, s. m., action de casser: 

Et Finees le rapaia, 

Et le jour qnassement cessa. 

{Lib. Psalm., CV, p. 333.) 

Et rapaia et cessa li quassemenz. {Psaut., 
Maz. 58, f" 130 V.) Et cessavit quassatlo. 

Cyane pleure et duel demaine 
Du qnassement de la fontaine. 

(/•'u6. d'Ov., .Kts. 5069, f» 70e.) 

Romptureet cunement de verrières, (fîeo. 
du Chat., U, 240.) 

Lequel scel estoit sain et tout entier sans 
aucun empirement ny cassement y avoir. 
(1397, Cart. de Prestigné, Bibl. du Mans.) 

La grant somme en quoy il s'estoit assis 
pour eschever la mort et le quassenient de 
ses membres. (Journ. d'un bourq. de Paris, 
p. 171.) 

— Fig., annulation : 

Par vertu de l'abolicion, renonciation et 
cassement de toutes les franchises et autres 
libériez de nostre dicte ville. (Fév. 1383, 
Ord., VU, 55.) 

Adnullation, cassement, abolition (de pro- 
cès). (Oct. 1130, Ord., XIII, 1.58.) 

La faulte du cassement de nostre veu. 
(Cent nouv., 30.) 

— Licenciement : 

Si vous mandons que les diz gaiges vous 
lui paiez par chascun mois qu'il sera oudit 
service et jusques a ce que vous en aiez 
lettres de nous de cassement. (['" nov. 1374, 
Lettre de J. de Vienne, s. de Roulani, Cab. 
des titres, Vienne.) 

Les gages de dix hommes d'armes pour 
février, mars, avril, may et juin derniers 
passes, et d'ores en avant jusques au cas- 
sement, pour la garde, service et delfense 
des chasteaux de Chalusset, Chaluins, Mau- 
mont,... et autres forteresses qu'il tenoit en 
nostre duché de Cuienne. (26 nov. 1398, 
Manil. de Charles VI, Chai'trier de Thouars, 
p. lO.j 



4. CASSE, V. 



Sur peine de cassement. (Seb. Mor., Prinse 
et delivr. de Franc, prem.) 

CASSE ML'SEAU, S. m., coup de poing 
sur la figure. 

— Espèce de pâtisserie croquante et 
dure : 

En cassemusenuj: et jonchée, .u. s. (1547, 
ap. Lalanne, Gtoss^ poitev.) 

Bisouyt, pain d'orge et gasteaulx. 
Fouace, choysne, cas.se miiseaulx. 
Pain de chappitre et eschauldez, 
Mangerez, si le demandez. 
[Noël poilec, ap. Picbon, préf. du Mpnagier de Par., 
1, xixix.; 

Et si fais pastes et gallettes, 
Tbaleraouzes et tartelettes. 
Tourtes, flancs et casse museaux. 
Formage a la cresme, tourteaux, 
En toutes sortes de potages. 
(Cbr. de Bord., Clinrabriere u louer a tout faire, 
Poés. fr. des s.v^ et xti" s.) 

Pastes, bugnes, chaudellels, cache mu- 
seaH,r,craqiiellesetautre3 semblables sortes 
de pâtisseries. (1573, Ord. dugouv. de Lrjon, 
ap. Nizier du Puitspelu, Dict. et. du pat. 
Igonn., p. 106.) 

Au pastissierpouravoir fourni de galettes, 
de cassemuseaulx, eschaudez et pastez, .ii. 
1. .X. s. (xvi° s., ap. Mantellier, II, 345.) 

Oublies, cache museaulx, gasteaux, pope- 
lins, gaufres. (O. de Serr., VIII, 1.) 

CASSE xoi.x, s. m., instrument de 
table pour casser les noix : 

— Variété de corbeau qui se nourrit 
de graines et de noix : 

Ca':senoix. Avis est alpina de génère gra- 
culoruni, nucifraga. iR. Est., Thés.) 

CASSE PiERUEjS. m.,outil du casseur 
de pierres. 

— Pariétaire ou saxifrage : 

Emmi la saulce ou chevriot, ne faut ob- 
mettreou menaigerles herbes forten goust, 
comme aussi le vin vieux d'Espaigne, le fin 
miel et bons unguants d'oultremer, avec 
cassepierre aisgrii etmoustarde a laroyalle. 
(J. Le Clerco.) 

— Médicament lithagogue ; peut-être 
lithotriteur ou lithoclaste : 

La véhémence de la douleur doit estre 
mitigée, et les immondices du corps pur- 
gées devantque mettre les diuretics elcn.f- 
sepierres en usage. (La Fra.mbois., Œuv., p. 
552.) 

CASSE l'OT, s. m., jeu au pot cassé : 

Lajouoyt, au Hux,... au cassepot. (Iîab., 
Gargantua, ch. xxii.) 

Cf. Le Duchat, Notes sur Hdhelais. 

cAssEu, verbe. — A., mettre en luor- 
ceaux par choc, par pression : 

Et d'une pierre erl li nasals 
Ki j)ar arme ne fust cassée 
Ne tailliee ne endoblec. 

[Eneas, 4442.) 

Cliancbon n'iert lors por toi chantée, 
Ne de nuys la porto cassée. 



CAS 



CAS 



CAS 



Ne roses de diverses puises 
Ne seront en ton linllier mises. 

{Clef il'amour.i, 2143.) 

— Casseï- la cervelle, importuner: 

Et puis celle qui lousjours pIiMire, 
Luy casxe tonte la cervelle. 

{Afisl. (lu Viel Test., 20S4.; 

Cf. OiASSKii, VI, 488». 

c.vssKRiK, S. f., action de casser un 
ollicier, de le révoquer de sacliarge ; ac- 
tion do licencier un corps de troupes : 

I.:ï cnsserie reconte des compaignies de 
gens de pied du cappit.iine .Mon lue, lesquels, 
se voyant mal payes et renvoyés dans leurs 
maisons, pourront monoppouler. (Montll'c, 
l.etl., IV, 210.) 

Je suis asseuré que vostre Majesté fera 
cnsserie de la pluspart des compaignies de 
gens d'armes. (Id., ib., V, 112.) 

Casserie de cinq bandes italiennes du Co- 
l'unncl Pierre Slrossi, pour les envoyer a 
Parme. (Du Vii.LARs,il/(;m.,II, .Sommaire, an 
1551.) 

(Juela nécessité, desoy inexorable, estoit 
celle qui faisoil entrer Sa Jlnjeslé en la ri- 
gueur de l'espargne et des e«s.ver(M dont il 
l'avoil cy devant adverlv. (In., th., IV, an 
1553.) 

En faisantceste caisme c'.estoit diminuer 
ses forces et augmentercelles de l'cnnemy. 
(Id., iù., V, an 1554.) 

Ceste cassei-ie de douze enseignes ne s'es- 
tendoit qu'aux capitaines, lientenanset en- 
seignes. (Id., i6.,VII, an 155(i.) 

Mais d'autant que les Bulgares avoyent 
gasté la frontière de Pannonie sans empes- 
chement de ce duc, sa province et duché 
fut divisée en trois ou quatre comtez de 
pareille puissance. Toules ces casseries ne 
servirent que de matière et nourriture aux 
maux qui se preparoyent. (FAUCHET,/l«i!o. 
gaul., 2" vol., III, 8.) 

l'n jour un sien maistre d'hostel luy mon- 
tra le grand desbordement de despense qui 
se l'aisoit en sa maison, et la grand super- 
fluité de serviteurs et vallets, bouches inu- 
tiles qu'il y avoit, dont il s'en passeroit 
bien, et pour l'e y falloit faire un règlement 
et casserie. (Uiiant., Cap. fr., Biron.) 

c.*ssEnoLLE, s. f., ustensile de cui- 
sine en métal, qui sert à divers usages: 

Une casserolle de cuivre fin, garny de son 
couvescle, servant a faire estuver pasté. 
(1583, Inv. d'Anne de Nicolay, ap. V. Gay.) 

CASSERO\, s. m., variété de calmar : 

Bayes, ca?.ïero?iS, esturgeons. (Rab.,P««îV 
liv., ch. LX.) 

On trouve assez de turbots et de casse- 
rons et calamars en la mer major. (Mu Pi- 
net, Pline, IX, 15.) 

Le pagre vit de bourbier, d'alga, de chair 
comme de petites seiches, de petits casse- 
rons, de petites coquilles. (L. Jocb., Hist. 
des poiss. de Rond., V, 15.) 

Le petit calamar, en Saintonge, casseron. 
(Id., ib., .VVII, 4.) 

CASSETiv, S. m., anc, petite cassette; 
auj., chacune des petites cases de diffé- 



rentes grandeurs (|ui divisent une casse 
d'imprimerie : 

Caïseim. Capsula, loculus, loculamentum, 
cislula, cistella. (R. Est., Thés.) 

Casseiin. (J. Thierry, Dict. fr.-lal.) 

CASSETTE, s. f., petite caisse où l'on 
serre de menus objets : 

.II. petites f/!;«c(>/M. il348, Ch. descompt. 
de IWIc G 82, A. Doubs.) 

.m. petit coffrez et .ii. petites chns.ietes. 
(1371, Rer/. da chap. de S. J. de Jér., A. N. 
MM 29, f° 35 r°.) 

Cassate lie bois. (1410, A. mnn. Angers, 
ce 3, PI 45.) 

Ung coffre qui s'appelle des joyaux, ront 
ferré, ouqnel a une petite caysselle, en la- 
quelle at ung estuyl de cuir rouge et en 
ycelui a ung fermail d'or garni de dix per- 
les. (1426, Invent, du château des Baux, ap. 
Havard, Dict. de l'ameublement, I, 595.) 

Les autres les enveloppent chacune a 
part dans du foin ou du chaume, en des~ 
cassettes. (Liebault, p. 364.) 

La racine d'iris oste la douleur des gen- 
cives, nettoyé les hnmiditez qui y sont, et 
fait que le reste de la dent sort plus ayse- 
ment et se fortifie en sa cassette. i,La Fram- 
uois., Œuv., p. 139.) 

— Bière : 

Pour l'accat de une quasette pour ledit 
delTunct. (3 mai 1410, Exéc. test, de Jehan 
le Tailleur, A. Tournai.) 

Cf. Chassete, II, 84". 

CASSEUR, S. m., celui qui casse: 

— Ane, casseur d'acier, celui qui 
frappe de manière à casser l'acier ; que- 
relleur : 

Il en prenoit la ou il en trouvoit, et frap- 
poit souz lui comme un casseur d'acier. (B. 
Desper., Nouv. recréât., f° 35 v">.) 

Une autre qui avec une pierre qu'elle avoit 
mise en sa bourse, frappoitcomme un quas- 
seur d'acier. (N. du Fail, Prop. vust., p. 87.) 

CASsiCH, V. Châssis. — c.assidoîve, 

V. Calcédoine. — cassie, v. Casse. 

1. CASSIER, s. m., arbre qui produit 
la casse : 

Citrons, lymons, cassiers. (1512, Thenaud, 
dans Dict. gén ) 

2. CASSIER, V. Caissier. 

1. CAssiXE. s. f., petite maison dans 



les champs : 

Ces mniz finiz. tout fangeux et moilli-, 
Uu mauvais temps, des armes travaille, 
Se vint lo^^er dedans une cassine, 
Jouxte le camp. 

(J. .Mabot, Vorj. de Venise, !' 74 t'.) 

Banqueter en une cassine. (Raii., Quart 
liv., ch. XIII.) 

D'une petite cassine font un magnifique 
palais. (RoNS.,Pr^/'. surla Franciade, p. 584, 

Son maistre d'hostel qui ne l'abandonna, 



le voulut faire transporlerde dessous l'ar- 
breen quelque cn.ysme prochaine. (E. Pvsn , 
Recli., VI, 22.) 

2. CAssiME, S. f., anc, en t. de jardi- 
nage, caisse : 

On voyoit tout le jardin embelly d'une 
infinité de cassines et pots de terre pleins 
de citrons, limons et orenges. (Belle-For., 
Seo: de l'agric, p. 128.) 

CASSOLETTE, s.f.,boite, vase de mé- 
tal où l'on fait brûler des parfums, et 
qui a ordinairement un couvercle percé 
d'ouvertures par lesquelles s'échappe la 
fumée ou la vapeur : 

La damoisel commence a asperger l'eau 
qu'elle tcnoit en la cassolette. (\'t2(), D. Flo- 
res de Grèce, I" 91, ap. Gay.) 

1. CASsox, s. m., pain informe de 
sucre fin, ainsi nommé à cause des cais- 
ses où on le met : 

25 livres de sucre casson. (13.j9, Journ. de 
la dép. du R. Jean, Compt. de l'argent., p. 
206, elCompt.deD. Collors, Aumale, p. 95.) 

J'ay poudre do sucre a cassons. 
{Pass. Nostre .Seigneur, Jubin., Mtjsl., Il, 300.) 



2. CASsoiv, V. Caisson. 

CASSONADE, s. f., sucre brut en pou- 
dre ou en morceau : 

Caxonnade. (1594, ap. Félib., Pr. de VU. 
de Par., II, 9.) 

Des sucres, cassonades, miels. (0. de Ser- 
res, 842.) 

Pour la confiture liquide, la cassonade est 
meilleure que le sucre fin. (Id., 851.) 

Le grand usage est pour caslonnade et 
non pas pour cassonnade, qui est pourtant 
le véritable mot. (Mén., Ohs. s. la lann. fr., 
1" p., c. 255.) 

CASSCRE, s. f., solution de continuité 
dans un objet cassé : 

Des piez li ai lost l'aleure, 
Clochant s'an vai perrai la voie, 
Quar trop lo destraint la quessure. 
{Ysopet. ms. LyoD 2H6.) 

Cassure. {Serni. lat.-fr., xiv" s., ms. de 
Salis, f 70 r».) 

Metez la penne cassée endroitla casseure 
dedens la fente. (Modus, î° 94 r°.) 

Endroit la quasseure. {Ménagier, III, 2.) 
— Fig., blessure : 

Qui sent de pechié la quessure. 
Tant con il vit, i mate cure. 

( Ysopet, ms. Lyoo 969.) 

Cf. Quasseure, VI, 488°. 

CASTAO'ETTEs, S. f. pi., instrument 
consistant en deux petites écailles ji'i- 
voire ou de bois creusées, qui, jointes 
ensemble par une petite corde et atta- 
chées aux doigts, sont battues l'une 
contre l'autre : 

Castagnettes, f. Finger knachers, where- 



CAS 



CAS 



CAT 



■A-ilh players make a prelty noise in some 
kind of daunces. (Cotgb.) 

CASTAix, V. Châtain. — castaixgxe, 

V. ChaSTAIGXE. — CASTAL, V. CaPTAL. — " 
t:ASTALEYXE, V. CaSTELOGXE. — CASTEL, 

V. Chastel. 

CASTELLAX, S. m., gai'dîen, gouver- 
neur d'un château fort : 

Le castellan, qui estoit espaignol, avoil 
deux fort belles (illes. (Brant., Dam. (jal., 
1" dise.) 

— Castellnne, f., femme d'un castel- 
lan : 

Il y a une autre forme de charité qui se 
pratique et s'est pratiquée souvent, a l'en- 
droit des pauvres prisonniers qui sont es 
prisons, et prives des plaisirs des dames, 
desquels les geollieres et les femmes qui 
en ont la garde, ou les castellanes qui ont 
dans les chasteaux des prisonniers de guerre 
en ayans pitié, leur font part de leur amour. 
(Brant., Dam. gai., 1" dise.) 

CASTELLOXOTE, V. CaSTELOGNE. 

CASTELOGXE, S. f., couverturede laine 
pour les lits : 

Les uns les prennent pour une cazacque 
courte, les autres pour un habillement long, 
d'un carisé de diverses couleurs, vellu 
comme une calelonne, ou frize d'Espaigne. 
(V;gen., Corn, de Ces., annot., p. 21.) 

Couverte de cathalongne rouge. (21 juill. 
1567, Iiiv. de F. de Gaing, seig. d'bradour- 
sur-G/ane.) 

Une couverture de caslaleytte de layne 
blanche rayée de layne noire. (1588, Les 
Quinze-Vingts, Mém. Soc. llist. Paris, XIV, 
p. 75.) 

La douzaine de couvertures de Castolo- 
gnes, un escu. (1Ô94, Déclar. d'H. IV, ap. 
Fellb., Pr. de VU. de Par., II, n.) 

Une couverture decastellongne rouge cra 
moisy. (1610, Roye, ap. La Fons.) 

Une couverture decastellongne rouge cra- 
moisi. (1611, ib.) 

CASTEXGE, -EXGXE, V. ChaSTAIUNE. 

CASTiLLE, S. f., petite querelle : 

El s'en va aidier au comtede Boullungne 
qui tresgrant mestier en avoil, car le conte 
du Perche et le duc d'Yort luy livroient 
grant castille. (I)l'(juesnf., Hist. de J. d'A- 
vesn., Ars. 5208, f 42 r°.) 

Et commencèrent a ferir l'ung sur l'antre 
si vivement que les regardans en estoient 
esbahys. Huant heraulx veirent la castille 
des deux [dus preux chevaliers du tournoy, 
ils prindrent a dire tout hault: Seigneurs 
qui prétendez a honneur, regardez le tour- 
noy de ces deux chevaliers. {Perce forest, 
vol. III, ch. III.) 

Eusmes caitille ensemble. (Ib., vol. III, 
h. L.) 

Tu n'as point vouloir naturel, 
Quant a ta niere faiz castille. 
(GRi:^GOflE, Folles entreprises, I, 118.) 

CASTixE, S. f., pierre calcaire qu'on 
mélange avec le minerai de fer pour le 
rendre plus fusible : 



lassez aux grandes 
batailles, des cas- 
leiu's armées. (Sat. 

, p. 247, éd. 1594.) 

ses jardins de Pau 
escus tous les ans, 
l'un des quarres du 
me«(ai(Oîj ancienne, 
cabinets et oflices. 



Casline. (G. Coqiille, Ilist. de Nivern., I 
p. 502.) 

CASTOR, S. m., mammifère rongeur 

qui habite ordinairement dans les lieux 

aquatiques : 

Castor. 

(Gebv., Best., [<>93'i.) 

Li castor. 
(nicu. DE FoïBSiv., Sesl.,f. 31.) 

Li castoirs esrache ses coulles quant on 
le cache. {Bes(., ms. Cambrai 351, T 177 v».) 

Cf. H, 2». 

CASTOREUM, S. m., substance sécré- 
tée pardesglandesplacées sous la queue 
du castor, que l'on emploie comme an- 
tispasmodique : 

Castoreum et calament.(xi!i''s.,dans Dict. 
gén.) 
Castoree : m. As Castoreum. (Cotgr.) 

CASTRAMETATION, S. f., art d'établir 
un camp : 

Apres qu'ils se sont 
actions des sièges, des 
trnmetationi et logis de 
Men., llar. de d'Aubray 

Le seul entretien de 
luy coustoit cinq mille 
ayant fait accommoder 
jardin en fa^on de casiwi 
avec salles, chambres, 
(Palma Cayet, p. 283.) 

cASTRATio.x, S. f., Opération par la- 
quelle on châtre un homme, un animal : 

Laquelle chose se mue par la castration. 
(Evit. DE CoNTY, Probl. d'Arist., B. N. 210, 
f» 150".) 

CASUALiTÉ, S. f., caractère de ce qui 
est casuel, subordonné à certains cas : 

Les majeurs souverains, c'est a dire de 
son altese, auront d'oresnavant clercs jures 
en leurs juridictions, soient tabellions ou 
autres, qui seront a cette charge crées et 
assermentés particulièrement par ledit 
bailly, et tiendront registres des causes 
qui se traicleront esdites justices, pour 
chacun an rapporter au receveur de son 
Altesse rooUe attesté des amendes et au- 
tres casuidiles escheantes ausdits offices. 
{Coust.d'Epinal, .Nouv. Coût. gén., II, 1129.) 

CASUEL, adj., subordonné à certains 
cas, fortuit : 

Pour casuelle occision , 
(J. Le Fetbe, iUaWieoto, I,44+, Van Homel.) 

Laquelle pierre, parce qu'elle n'estoit 
point forte assez, pour soustenir le fais, 
chey sur elle et sa fille, si qu'elle en a esté 
blechie,et n'en savoitpersonne coulpable,a 
qui elle eust cause d'en demander, fors a 
le fortune casuelle. (2 août 1443, Reg. de la 
Loy, 1442-1448, A. Tournai.) 

La cité de Lyon fut cent ans après sa 
fondation quasi loute bruslee par un feu 
casuel. (Vignier, liitil. liist., I, 717.) 

Casuel, fortuitus. (NicoT.) 

— Parties casuelles, droits et profits 
éventuels ; tig., parties naturelles : 



Le pourpoint gros et enflé de bourre, des- 
cendant jusques au fin fond des parties ca- 
suelles d'entre les cuisses a la polaque. (N'. 
DU Fail, Contes et dise. d'Eutrupel, f° 1 v", 
éd. 1585.) 

CASUELLEMEXT, adv., d'une manière 
casuelle, fortuitement : 

Et luy venu au pays d'Arménie, casuel- 
lement cheut par son cheval en une petite 
rivière. {Lu Thoisun d'or, vol. I, f° 77 v°.) 

Casuellement se fait entre les hommes 
amitié, par art et industrie elle se garde. 
{Ib., vol. H, f» 23 r°.) 

Hz s'esloient rencontrez leans casuelle- 
ment. (Herberay, Sec. liv. d'Amad., c. x.) 

Si est la vénerie ordonnée de tele sorte, 
ou casuellement di'essee, qu'il y fault user 
de prompt et présent conseil. (L. Le Roy, 
Vénerie de Budé, p. 24.) 



CASURE, V. ChaSUDLE. 

V. Chasublier. 



^ CASURIER, 



c.ATACOMBE, S. f., souterraln ayant 
servi de sépulture, d'ossuaire : 

Si me portes a calhacombes et sevelires 
moi. {Pass. S. Se6nif.,B.N. 818, f°226'=.) 

Cathacube. (xv" s., Lille, ap. La Fons.) 

CATADOUPEet CATADIJPE, S. f., chute 

d'un fleuve, cataracte : 

Lephysetere... jectoit eau... a pleins ton- 
neaulx, comme si fussent les catadupes du 
Nil en .Ethiopie. {i\.\B. , Quart lii\,ch.\x\i\-.) 

Ceux qui habitent aux catadupes sonHous 
sourds pour le trop grand bruict que faict 
le Nil descendant de très haults rochers 
{Colloque de l'origine et natureldes femmes.) 

-Fig.: 

L'assoupissement léthargique qui avoit 
saisi les hypocondres de Courtault et sem- 
bloit rendre presque inexplicable la douleur 
qu'il avoit conceue sur la mort de Lyco- 
phagos, son conculinaire, ayant a la parfîn 
ouvert les caladoupes de son cerveau et 
donné passage a toutes les cataractes de 
ses yeulx, leur a faict débonder un cata- 
clysme de larmes sur le funeste reliquat de 
sa désolation. (1613, Vinc. Denis, Epitaphe 
du petit chien Lgcophagos, Var. hist. etlitt., 
IV, 256.) 

c.ATAGMATiQUE, adj., propre à favo- 
riser la consolidation des fractures : 

Emplastres catagmaliques. (Paré, XIII, 

XX.) 

Poudres catagmaliques. (Id., VIII, 18.) 

Ceral calagmatique. (Tagault, Cldr., p. 
721.) 

— S. m., remède propre à consolider 
les fractures : 

Les cephaliques sont plus acres et fortz 
que les catagmaliques, et attirent les es- 
cailles et petis lopins des os. (Tagault, /«si. 
chir., p. 660.) 

CATAILLER, V. ChaTOUILLIER. 

CATALAX, adj.. de Catalogne, qui ap- 
partient à la Catalogne : 



CAT 



CAT 



CAT 



Langage rathelen. (II. du rhev. Par. et (le 
la belle Vienne, prol., iHI. 1830.) 

CATALECTF.S, S. 111. ])!., reCllcil (ic 

morceaux choisis : 
(1Ô7I, Jo.s. Scalii'.kh, iJans Dict. gén.) 

CATALEPSIE, .s. f., suppressioii appa- 
parente de la vie, par la suspension de 
lasensibilité extérieure et dumouvement 
volontaire avec raideur cadavérique : 

lit si lesdiLcs vapeurs montent jusqu'au 
cerveau causentepilepsie, oata/eps/e. (Paiu;, 
.Wlir, 52.) 

CATALOGUE, S. m., liste indicative des 
pièces qui composent une collection ; 

El cntalaiif/ue des rois île Grèce. (Biiinrt 
l.ATiN, p. liifi.) Var. : calhehgue. cateloge, 
curleloge, cartaloge, chatheloge, guartnln- 
giie. 

Ou cathalogue des benois confesseurs il 
est saint roys reputes. (Maiz., Songe du viel 
pel., III, 59, Ars. 2683, f 112'.) 

Calhologue. (Fossetier, Croyi. marg., nis. 
nrux., I, r 76 r".) 

Cathalogue. (In., ib., T 87 r°.) 

Calhologue. (In., ib.. ms. lirux.. Il, f 139 
r".) 

Le calalor/ne en seroit grand. (Langue, 
181.) 

Cf. Carthaloge, I, 790'. 

CATAMIXY, V. Catimini. 

CATAPHBACTE, S. m., armure qui cou- 
vrait le corps tout entier : 

Il n'a eu talent ne cure de rendre aux pie- 
tons les colaphrnites et harnois, ou les 
heaulmes et cabacetz. {Fluve Vegece, I, 20.) 

Cataphrales. {Ib., II, 16.) 

CAT.APLASME, S. m., topique formé 
d'une substance émoUiente, en bouillie 
épaisse : 

Caihaplasme. (Iîvr. de Conty, Prohl. d'A- 
rist., B. .N. 210, f 34".) 

c.iTAPULTE, S. f., machine de guerre 
où une poutre faisant ressort projetait 
de lourds projectiles : 

Appareil de guerre... calapulles... arba- 
lestes. (Bers., 7". Lin., f 257«.) 

CATARACTE, S. f., suite de chutes peu 
élevées qui interrompent le cours d'un 
fleuve : 

Cataracte est une ouverture entre des 
monlaignes, par ou quelque cours d'eaiie 
ise jecte de liault en bas, et fait merveilleu- 
sement grand bruit. Cataracta. (B. Est., 
Thesaur.) 

— Dans le style biblique, écluse ; et 
par extens., au plur., pluies torren- 
tielles : 

Les catharates du c\R\.{Traict. de Salem., 
ms. Genève 165, f 133 v°.) 

Les catarecles du ciel descendoyent pour 



périr toute créature. (il/;c. hisl.. f" 23", éd. 
1479.) 

— Opacité du cristallin qui intercepte 
les rayons lumineux : 

La c/(a/«ra(/m conformée en le uil. (Frag. 
d'un lin. de médecine, ms. Berne A 95, f" 
34 V".) 

L'ueil emp3sché de cataracte. 
(G. Macbauit, Poés., B. N. 9221, !' iT>.] 

La rrithnralte. (Trad. de Lanfr.. B. N. 1323, 
f° 83 r°.) 

Calaracte est aiguë qui est essamblee sor 
la pupille de l'ueil (|ui empeeche la veue. 
(Brun de Long Borc, f" 58''.) 

CATARRHE, S. m., inflammation d'une 

muqueuse, accompagnée de sécrétion : 

Catarre, cautarre. (Albug., f° 121".) 

Non contente de ce caterre 
El malheur qui m'esloit venu. 
{Apolnr/ie (tes C/tambcrieres, Poés. ff. des xv^ et ïvi" 
s., li, 273.) 

Puisse r.iutonne a la palle couleur, 
Fièvres et toux, catherres et douleur 
Bien loing de vous envoyer sur les Scythes. 
(Bons.. Sntmcts divers, OEuv., p. 254.) 

.\u commence ment d'avril, le roy se trouva 
fort mal d'un calliairre qui lui desfiguroit 
tout le visage. Tels cnthnirres rcgnoient a 
Paris, a cause du grand froit qu'il faisoit, 
contraire a la saison. (L'Est., Mém., 2° p., 
261.) 

CAT.\RRHEU-\, adj,, qui a un catarrhe ; 
produit par le catarrhe : 

Aux parties catharreuses. (La Nef de santé, 
C 26 V.) 

Disposition ulcéreuse et catarreiise. (A- 
MYOT, Comm. refréner lu colère, 31.) 

— Fig: 

Le chagrin et la foiblessenous impriment 
une vertu lasche et cnleri-euse. (Mont., liv. 
ni, ch. II, p. 19.) 

Une suffisance estropiée et caterreuse. 
(M"* DE Gournay, Adieu de l'ame du roy 
Henry le Grand à la rogne, p. 32, éd. 1610.) 

— Qui donne des catarrhes : 

La chambre est froide et caterreuse. (Cy- 
rano, Lett. div., s. un recouvr. de sant.) 

c.ATARTiQtiE, mod. cathartique, adj., 
purgatif : 

Il Uiy survint une fièvre calartir/ue ; qui 
tantost esloil quarte, tantost continue. 
(BniNT., Capit. fr., ch. ix.) 

— Fig., qui purifie : 

De ces textes, outre la preuve du purga- 
toire, on peut encore recueillir le sacrifice 
caladeitique et calliariique, c'est a dire 
d'impetration et d'expiation, contre les blas- 
phèmes des novateurs de ce siècle. (Coton, 
Serm., p. 653.) 

— S. m., remède qui purifie : 

Débile, languissant, blafard et caquexique 
Bref ce mal requeroit un plus doux caiarctique. 
(CouRVAL Sonnet. Satijres, p. 108.) 

Mais je n'approuve pas qu'il (Tagaut) ré- 
prouve l'electuaire du suc de roses, qui est 



1 tel qu'il n'y a point de plus excellent ca- 
lharti(iue en ceste maladie. (.loUH., Annot. 
s. la r/iir. de Guy de ChauL, p. 93.) 

Evacuer tout le corps par cathartics con- 
venables. (La FiiA.MUois., (Hinp., p. 174.) 

CATASTROPHE, S. f.,qqf. m., brusque 
renversement de fortune, grand mal- 
heur, fin déplorable ; issue, terminaison 
en général : 

La fin et catastrophe de la comédie ap- 
proche. (Bab., Quart liv., cli. xxvii.) 

Il avoitesté l'undes plus grands guerriers 
de notre siècle : voyons donc quelle sera la 
catastrophe de sa vie. (Pasq., Lett., XVII, 5.) 

La vie de ce genlilliomme ne pouvoit 
estre claused'une plus belle tYi/ns//-o/j/ieque 
celle cy. (Id., ib., XVIII, i.) 

Pour catastrophe et closture de l'enter, 
convient affermir, au nouveau ente, des 
paisseaux pour. (0. de Serres, 664.) 

En décrivant la catastroptie de cette his- 
toire vraiment tragique. (Du Baiitas,. ludif, 
Avert., éd. 1580.) 

.le diray, Dieu aydant, cy dessous la ea- 
laslrophe du dllferent. (1610, Phil. de Hur- 
GES, Mém. d'e'ichevin de Tournay, Mém. de 
la Soc. hist. de Tournai, V, 207.) 

cATECHETiyuE, adj., qui a rapport 
à la catéchèse : 

L'oraison catec.hetique attribuée a Gré- 
goire de Nysse. (P. du Moul., Anat. de la 
il/., I, c. xxvii.) 

CATECHISER, v. a. et n.,instruireora- 
lement qqn dans la religion chrétienne : 

Hue ceulz qui doivent estre baptisies doi- 
vent estre ralhezizies et instruiz en la doc- 
trine du nouvel et du vieil Testament. (.1. 
Goulain, Ration., B. N, 437, f° 276 r°,) 

Juifs non encore cathechisez. (La Bod,, 
Ilurmon., p. 466.) 

Cathesciser pour instruction du peuple. 
(2 nov. 1566, fiej. des consaux, A. Tournai.) 

Faict grand debvoir de... souvent caté- 
chiser et endoctriner la jeunesse, (.1. Pussot, 
Journalier, p. 144.) 

CATECHISME, S. m., enseignement 
oral de la religion chrétienne destiné à 
préparer les enfants pour la première 
communion ; livre qui contient cet en- 
seignement : 

Nous sommes sanez et gueriz par le ca- 
thezime. (.1. Goulain, Ration., B. N. 437, V 
331 v°.) 

Catecysme. (1586, La Bassée, ap. La Fons.) 

Catéchisme. (A. Oudin.) 

CATECHISTE, S. m., celul qui caté- 
chise, celui qui fait le catéchisme aux 
enfants : 

Calhechiste. (F. de Sal., Aul. de S. P., ms. 
Cbigi,f° 37».) 

c.ATECHUME>E, S. m. et f., cclui, celle 
qui reçoit l'instruction religieuse pour 
se préparer au baptême : 



CAT 



CAT 



CAT 



Ceulx nui sont aprenans la loy et qui 
veulent estre baptizies. lesquels l'en appelle 
ralhecumins. J. Goulai.n, Ration., B. >'. 437, 
f° 40'.) 

Catliecuminus. Calhecumine. [Vocahula- 
iii(S brevidicun.) 

Calliecumine. (J. UE IIesn., Estai de l'Egl., 

]). 73.; 

CATEGORIE, s. f., cliacun des attributs 

généraux de l'être, chacun des concepts 

a priori derentendementhurnain, selon 

lesquels il conçoit nécessairement les 

objets de l'expérience : chacune des 

classes dans lesquelles on range, selon 

leur différence de degré, des personnes, 

des choses : 

Toutes choses se peuvent comprendre 
sous le nom de sustance, quantité, qualité 
et lieu, que les escoUiers appellent cathe- 
goiies. (Uampmaktin, De In connoissance et 
merveilles du inonde, f° "22 r°.) 

CATEGORIQUE, adj., qui cst absolu, 
qui ne permet pas de réponse : 

llesolulion... catégorique, plene, aperte et 
résolue. (Uab., Briefoe desclaration, t. III, p. 
196. Marly-Laveaux.) 

G'aiejo;-!ji(e.Cathegoricall;plain,authen- 
ticall, already resolved on. (Cotgr.) 

CATEGORiQiEMEXT, adv., d'une ma- 
nière catégorique , logiquement : 

Categoricqueineid respondre. ^Rab., Tiers 
liv., ch. .\LU.) 

Considérons, lecteur, je vous prie, s'ils 
parlent catégoriquement, quand ils insèrent 
que ces histoires ne sort vrayes, pource 
(lu'elles ne sont vraysemblables. (H. Est., 
Apolog., dise, prél.) 

Jamais je n'ay peu bien et cathegorique- 
ment entendre qu'est ce qu'on appelle 
beauté. (Sebil., Contrant., p. 201.) 

CATEILLER, V. CHATOUILLER. — CATE- 

LEU.Y, V. Cauteleux. — catelier, v. 
Chatouiller. — c.atelieu.v, v. Caute- 
leux. — C.ATELLIER, V. ChaTOUILLIER. 
— CATELOGE, V. CATALOGUE. — ■ CATE- 
LOXXE, V. CaSTELOONE. — CATEXE, V. 

Cade.ne. 
CATEROLE, S. f., trou de lapin : 

Caterolle. K rabbels nest ; or the hole 
wlierein a (Doe) cony keeps, and feeds her 
young ones. (Cotgr.) 

c.ATERRE.v. Catarrhe. — caterreu.'ï, 

V. Catarrheux. 

CATERVE, S. f., troupe, multitude : 

l,a gente caterve. Bignvon, Erolastnes, p. 
Il -2.) 

CATEU, V. ChaSTEL. — CATHAtUBE, 
V. CaTACOMBë. — CATHALO.\G.XE, V. 
CaSTELOUNE. — CATHARTIQL'E, mod., V. 
CaTARTIQUE. — CATUECf.MIX, V. CaTE- 

<;humene. 

cATiiEDRAL, adj., qui cst le siège de 
l'autorité épiscopale : 



Eglise cathedtal. [Chron. de S. Den., B. N. 
2813, f 407=.) 

Les églises calhedraux sont de la garde 
du roy. (JuiU. 1376, Reg. du Parlem., ms. 
Ste-Gen., p. 224.) 

Eglise cathédrale. (Ib., p. 310.) 

Eglise catedral. (Froiss., Chron., I, 287, 
S 39.) 

A le catedral église. (Id., ib., II, 279.) 

L'egVuecathedrale de Nostre I)anie.(GLiL- 
LEB. DE Metz, Descr. de Paris, XX.) 

11 a faict refaire la chaire cathedralle et 
episcopalle. (1.589, Repliq. de l'ev. Amijot 
cont. le chap. d'Aux.,àp. Lebeuf, Hist. d'Au- 
xerre.) 

Cf. II, ■2\ 

CATHEDRAXT,s.m.,celui qui préside 
à une soutenance de thèse : 

Si je, qui suis petit disciple de mon mais- 
Ire monsieur Pantagruel, le contente et sa- 
tisfays en tout et par tout, ce seroit chose 
indigne d'en empescher mon dict maistre, 
parce mieulx vaudra qu'il ^o\\. ralhedrant 
jugeant de noz propos. ^RAB., Pantagr.,ch.. 

XVllI.) 

C'est aux apprentifs a enquérir et a de- 
batre, et au cft/Zicrfcn?!/ de résoudre. (Mont., 
liv. I, ch. n\, p. 222.) 

CATHELEX, V. CaTALA.N. — CATHELO- 

GUE, V. Catalogue. — cathe.\e, v. Ca- 

DENE. 

CATHERETIQCE, adj.', corrosif, caus- 
tique, s'applique à un médicament qui 
doit produire une vive irritation et la 
formation d'une eschare superficielle : 

Medicamens catheretiques. (UALESCH.,C/ii'- 
rog., p. 147.) 

Matière catheritique. (Paré, XXI, 28.) 
— S. m., médicament cathérétique : 

Faut consumer telle chair superflue par 
doux cat/ieretiques. (Paré, VIII, 21.) 

CATiiERi.VAiRE, adj., s'appHque à une 
herbe qui fut dédiée à Catherine de Mé- 
dicis et fut plus tard appelée tabac : 

Tesmoing m'en sera l'herbe appelée des 
anciens petum, a présent catherinaire ou 
medicee. (Paré, Préf.) 

CATiiERixETTE, S. f., un des noms 
vulgaires de l'épurge : 

Les fleurs (de la ronce) et meurons ou 
calherineltes sont du tout contraires aux 
pires serpens. (Trad. de l'hgst. des plant, de 
L. Fousch, c. LV.) 

CATHETE, S. f., droite menée perpen- 
diculairement sur une autre : 

Deux lignes dictes cathetes. (1547, Crétin, 
dans Dict. gén.) 

CATHETER, S. m., sonde cannelée : 

Cathéter signifie ce que communément 
on appelle une syringue. (Tagailt, Inst. 
chir., .\nnot.) 

Le cathéter est un intromissoire long et 



mince comme une esprouvelte.ala fin du- 
quel peut estre un nœud, atlin qu'il n'of- 
fense l'intérieur. (Jol'b., Gr. chir., p. 587.; 

C.ATHEZI.ME, V. CaTECHIS.ME. 

CATHOLICITÉ, S. f., confomiité à la 
doctrine catholique : 

Sans esgarddela calholirité du duc.(LEs- 
toile, mm., l" p., p. 189.) 

La catholicité de ceux de l'union. (lu., ib.. 
p. 290.) 

CATHOLicox, S. m., remède univer- 
sel, électuaire à base de rhubarbe et 
de séné : 

Une once de calholicon. (I.">20, dans Die/. 
gén.) 

Les médecins de tout le pays estant hors 
de leur ca//io/i'co« et cabbale, dirent... (G. 
Bocchet, Serees, .\.) 

— Fig., prescription infaillible : 

Il est au livre des queaouilles 
Recité en catholicon... 
{Pont aux asgnex, Auc. Th. fr., II, 37) 

— Titre de quelques anciens glos- 
saires : 

Catholicon. (B. xN. 1. 17881.) 
Catholicon. (.\is. Lille 3r)9.) 
Catholicon. (1464, J. Lagadeuc.) 

CATHOLIQUE, adj., qui appartient à 
l'Eglise romaine et n'appartient qu'à 
elle; s., celui qui professe la religion 
catholique : 

Gristien, Juif. Sarrasin 
E chatiiliche e patelin. 
{Sign. de la fin du monde, ms. Flor., Laur. Plut. 
LXÏVI, n» 79, t» 24 r°.) 

La sainte foi catholique. (Evast et llla- 
querne, B. .X. 24403, P 3 r°.) 

Foy calolique. (1347, .4. N. JJ 08, P 114 r°.) 

Eglize chatliûUke. (Ps., ms. Maz. 58, P371 
r°.) 

Le prestre catholic en tranquille repos 
vivra. (Benoist Voron, Resjouiss. sur la 
France désolée, Lyon, 1574.) 

CATHOLiQUE.ME\T, adv., Conformé- 
ment à la foi catholique : 

Catholiquetnent et très dévotement fistap- 
porterle saint doctour a Pavie. (Maiz., Songe 
du viel peL, I, 33, Ars. 2682, f" 76".) 

Apres ce que orgueilleusement eurent ré- 
gné en persécutions contre la loy, se re- 
tourna leur foy catholiqiiement envers Jhe- 
sucrist. (CoiRCV, Hist. de Grèce, Ars. 3689, 
f" 136=.) 

Vivre très catholiquement. (1414, Ambass. 
de Gantier Col, A. Nord.) 

Bien et cottholicquemenl vivre. (1543, A. 
mun. Angers, RB 22, p. 188.) 

c.ATHOLisATio.x, S. f., action de se 
faire catholique : 

Le canon tira a la catholisation du roy. 
(A. DU Pujet, Mém., p. 745.) 

Oa parle de sa catholisation (de Sully) : 



T. l.\. 



10 



GAU 



GAU 



GAU 



les sionsilisont qu'il n'y pense pas. (Mai.ii., 
Lett., a l'eiresc, 12 nov. 1G07.) 

CATIIOLOCUE, V. CATALOGUE. — CA- 
TILLER, -IER,V.ChATOUILLEB. — CATIL- 

Los, V. Chatouilleux. 
CATIMINI, s. m., anc, menstrues: 

Ayanl atteint l'aage que les filles ontleur 
riitamim/. (G. Boucheï, Serees, III.) 

On lient dans ce pays la (Inde) que les 
larrons sont en liorreui" aux abeilles, aussi 
bien que les fenimesqui onl \enr cataminy. 
(In., ;/)., XIV.) 

— I.oc, en. a catimini, en évitant de 
se faire voir, en secret : 

S'il venoil en ca/iminzclievaucher parmy 
les bois. (Kroiss., C/iron., II, 35, ap. Ste- 
■ Pal.) 

Si quelqu'un des plus espagnoliseza quel- 
<|ucs doublons, et reçoit quelque pension 
du légal a catimini, ce n'est pas a dire que 
les autres s'en sentent. {Sut. Men., llar. de 
M. le recl. Roze, p. 90.) 

Vous n'avez jamais voulu faire traieter 
des alTaires publiques par personnes pu- 
bliques: mais n r(ii/»i/H( par pelites gens 
façonnez de voslre main, et dépendants de 
vous. {Ib., Har. de d'Aubray, p. 200.) 

— Faire lecalimini, agiren cachette: 

Elles font le catimini; 
Mais, par le verbo Uomini ! 
Elles caevrent leur ribauldie 
Du manlel de papclardie. 
(J. Le T'evre, Matheolus, II, 1777, Van Uauiel.) 

1. c:ati\', s. f., nom do fille, et sur- 
tout de fille de lacampagne; s'employait 
autrefois comme terme de caresse : 

Je ne sens nul mal, ma caitin. 
[Farce dp Colin qui loue et despile Dieu, Anc. Th- 
fr., I, 228.) 

2. cATiiv, s. m., bassin de métal : 

Puis feras tout passer par l'oslamine de- 
dans ton grand plat ou cnlin. (Platine 
de Iwnneste volupté, f° 82 v°.) 

Adjoustes y dedans quelquera/j/i ungpeu 
de fromaige frais. (/(/., f" 85 r°.) 

catjMaiiieu, V. Camaïeu. — catoil- 

LER, -EUX, -OL'LI.EUS, V. ChaTOUILLIER, 

-ouiLLEux. — (;atolier,v. Chatouiller, 

CATONIVER, V.ChaTONNER. 

CATOPTROMAivtiE, S. f., divination 
par le miroir : 

Par miop^)'omaȔ^ie... moyennant laquelle 
Didius Julianus, empereur de Rome, prfc- 
voyoit tout ce qui luy doibvoil advenir; il 
ne te fauldra poinct de lunettes. (Uab., 
Tiers liv., ch. xxv, éd. 1552.) 

€ATORZIE.\IE, V. QUATORZIEME. — 
CATOULLEMENT, CATOULLER, V. CHA- 
TOUILLEMENT, Chatouiller. — catre, v. 
ChaRTRE. — CATREDAL, V. CaTHEDBAL. — 
CATULAIRE, V. CaRTULaIRB. — CATULEU- 
SEME;\T, V. CaUTELEUSEMENT. — CAUCE, 

V. Chalce. 



CAUCHEMAR, S. m., rôvc pénible avec 
sensation d'un poids qui oppresse; in- 
cube : 

Quant il semble (|ue aucune chose vien- 
gne a son lil, qu'il semble qu'il monte sur 
lui, et le tieiil si forl que on ne peut par- 
ler ne mouvoir, el ce appelle le commun 
caui/itemuie, mais les meilecins l'appellent 
incubes. (Svm. de Hesdin. Val. Ma.r., f" 54°.) 

Cauchemar. (A. Thierry, Dict. fr.-lat.) 

Coc7iemn)'e,pe3adrila. {()\iv.,Dict. fr.-esp.) 

Cf. Cauchemare, II, 3\ 

CAUCHETREPE, V. ClIAUSSE TRAPPE. 

CAUDATAiRE, S. m., cslui qui, dans 
les cérémonies, portelaqueuede larobe 
du pape, du manteau d'un roi, etc. : 

P'ol caudataire. (Rar., Tiers liv., xx.wiii.) 

CAUDEL, V. ChaUDEAU. — CAUDE SO- 

Ris, V. Chauve souris. — caude trape, 

-TREPE, -EPPE, -ESTRESPE,V. ChaUSSE- 
TRAPPB. — CAUDIEL, V. ChaUPEAU. — 

CAUDiRE, V. Chaudière. — caudrei.ier, 

V. Chaudrelibr. — <;audro:vgmer, v. 

Chaudronnier. — caue, v. Chauve. — 

CAUFFOR.S, V. ChaUFOUR. — CAUFOR- 
IVIER, CAUFOURMER, V. ChAUFOURNIER. 
— CAUL, V. ChOL. — CAULD, V. ChaLT. 

CAULicuLE, s.-f., petite tige : 

Ils nourrissent eux et leur bestail des 
feuilles, tiges, caiiliciilei, sommitez et ra- 
cines de raves. (Liebault, 218.) 

CAUQUEMARE, V. CaUOHEMAR. — CAUR- 

REUR, V. Chaleur. 
CAUSAL, adj., anc, qui est cause : 

Fièvres causales de mort. (Crisï. de Piz., 
Ch. V, II, prol.) 

CAusATiF, adj., qui cause : ! 

Toutes telles choses causatives de paour. 
(Bat. jiuL, IV, 19.) ; 

Riiglosse est dicte eslre causative de joye. 
(Jard. de santé, p. 80.) 1 

CAUSE, S. f., ce par quoi une chose 
est ou devient ce qu'elle est; motif: 
Enquist de.l plur la cause. (Rois, p. 37.) 

En tel lieu doiz t'amio fere 
Ou aies cause de toi trere. 

(Clefd'amom-s, 201.) 

Rien receu pour ce qu'il dit en sa con- 
science i[u'il ne scet cause pourquoy il les 
doive (les .xii. écus). (1358, Com/j/. mun. de 
Tours, p. 10.) 

Vous avez bien cause d'avoir raison. (B. 
Desper., Nouv. recréât., p. 82.) 

— A cause ne sans cause, avec ou 
sans motif: 

Biais se c'est ung aultre seigneur séculier 
qui recognoisl aucun souverain, il ne peut 
a cause ne sans cause tailler ses subjectz 
sans auloritè et licence de son souverain. 
(Le Songe du Vergier, ch. cxxxvi.) 



— En cause que de, afin de : 

Il y osa bien ung soir venir, a tout bien 
huit cens tanches, en cause que (/éprendre 
le cité. (Froiss., C/tron., V, 346.) 

1. CAUSER, V. a. et n., être cause 
d'une chose, motiver, fonder : 

Noslre roy est le seigneur du monde qui 
le moins a causé de user de ce mot de dire : 
J'ai privilège de lever sur mes subjectz ce 
que il me plaisl. (Comm., V, 18.) 

Elle monstre que toutes ces choses sont 
causées en Jésus Christ, comme en estant 
le fondement. (Calv., Inslit., 1066.) 

Au moyen de quoy luy fut facile de cau- 
serson voyage la dessus. (R. Desper., jVoiiU. 
recréât., p. 21.) 

Cf. H, 3^ 

2. CAUSER, V. n., s'entretenir fami- 
lièrement : 

Trouver i puez trop bonnes causes, 
Se par vive reson te causes. 

{Clef d'amors, 969.) 

CAUSERIE, S. f., entretien familier: 

Causerie. A pralling; talldng, babling, 
idle speech, vaine talke, tedious discour- 
sing. (CoTGR.) 

CAUSEUR, adj. et s., qui cause volon- 
tiers : 

Nous avons trouvé un causeur. (Rau., 
Garg., ch. xii.) 

... Une pie, une causeuse agace. 

(Vau<j., .Sat., XI.) 

A toutes je conseille 
Qu'a telz causeurs ne prcstent point l'oreille. 
(U. CoRBozET, le lîossignot.) 

CAUSTIQUE, adj., qui brûle, qui cor- 
rode : 

Médicaments caustiques. (Tagaflt, Inst. 
chir., p. 453.) 

lime semble qu'il estdu lout impossible 
de croire que telle préparation soil légi- 
time, par la(|uelle l'anlimoine est rendu 
bruslant el caustique. (Grevi.n, Venins, Disc. 
s. l'antim.) 

CAUï, adj., avisé, rusé : 

Car Gerfles ki n'ert pas malvais, 
En estoit par dis et par fais 
Plus cau$ que tuit li chevalier 
De la cose faire esploitier. 

[Cfiev. as .II. esp., 8973.) 

Tu es tant soublil et tant cauîi. 
(A. Greban, .Mist. de la Pass., 7344.) 

La tour d'erein, qui conquit 
Jupitter d'une caute ruse. 

(L. Ladé, Œum:, p. 128, Lemerre.) 

Mais au payer c'est une caulie bestc. 
(Ct. JIar., Episl. a Papill. contr. le fol ani.. OLiiv., 
t. Il, p. 216, éd. 1731.) 

Ulis le caut. 
(J. A. DU Baie, Mimes, t" 3S r".) 

Estre entièrement fin et caut. 

(Fr. Perrin. Escoliers, p. 30.) 

... Ou le cauît serpend se traine. 

(1d., Sicliem, l' 12.) 



CAU 

Cachée souz le fard d'une pensée caute. 
(iD., ib., fo 30.) 

— S. m., défiance: 

Fait le Musagete orer 
Conire l'éloquence expert 
Du Dieu qui peut alirer 
Par le vaut de son parler 
L'erreur a la vraye trace. 
(Louise Ladé, Escri: de dioers poêles, ÛEuv., p. 136, 
Lemerte.) 

<:aut.\urf,, V. C.\TAnnHE. 
CAUTELE, S. f., finesse, ruse: 

Trop scet li traisires d'agaiz et de cauteles. 

(J. DE Meung, Test., 182b.) 

Qui savoient tours et cauptelles. 
(G. Macu., Poés., B. N. 9221, f» 65«.) 

En la cure d'aucunes d'icestes (plaies) 
doit estre ajoutée très granl rautele. (H. de 
MoNUEViLLE,' B. N. -2030, r br.) 

Caulelh, malice, calliditas. (Gloss. gatl- 
lat., B. N. lai. 7684, f IG".) 

Cauplelle. (1409, A. N. S 266, pièce 106.) 

Ainsy vous a séduit par sa cautelle 
Vosire Anthecrist et prince des meutins. 
(J. MicoL., Kiilendr. des giterr. de Tourn., i' Bail.) 

Qui veut entrer en grâce 
Des dames bien avant. 
En tautelle et fallace 
Faut cstre bien sçavant. 
(r.L. Mar., Chans., 23, p. 324, éd. 1596.) 

Plein de déception, de fraude et de cautelle. 

(Fn. Pebki», Pourtraict, f» 20 r».) 

CAi'TELEUs,mod. cautcleux, adj., qui 
montre une défiance, habile : 

Cauteloux. Callidus, a, um. (Gloss. gall.- 
/a/.,B. iN. 1. 7684, l" 16".) 

Li dus de Brelaigne est uns cauteleux 
homs el diviers. (Froiss., Chron., IX, 285, 
Kerv.) 

Il est cruel cl cautelleus et ne pouons sça- 
voir a quoy il pense. (Id., ib., XIV, 295.) 

Callidus, cautelieux ou malicieux. (Gioss. 
de Salins.) 

Vafer, soullil, ingenieus, cautuleiis, mali- 
cieus. {Calholicon, ms. Lille 369.) 

CAUTELEUSEMEiXT, adv., d'une ma- 
nière cauteleuse : 

Caulelnusement. (Dial. de S. Greg., ms. 
Evr., f» 39 r".) 

Cauleleusemetit, callide. (Gtoss. gall.-lai., 
I). N. 1. 7684, P 16'.) 

Ils se retrayent cauliileusement. (Froiss., 
Cliron., B. N. '2645, P 59 r°.) 

Machinor, penser mal ou caulelieusement. 
(Gloss. de Salins.) 

CAUTEMEA'T, adv., avec ruse, avec 
prudence : 

Par sens a homs provision 
Au temps a venir cautement 
Et a ymaginacion 
Au temps passé et le présent. 
(Chans., ms. Deroe 4-21, Bullet. A. T., 1886, p. 90.) 

IJng homme non pareil a subtilement in- 
terroger el cautement respondre. (Amvot, 
iU-aci)., 21.) 



CAU 

CAUTERE, s. m., médicament qui bri^ile 
ou désorganise les parties vivantes sur 
lesquelles on l'applique.' 

Cautères et ignicions. 

[Remédia amoris, 510.) 

Caulaire. (Arthel. de Alag., Fane.) 

CAUTERISATION, S. f., actlou de cau- 
tériser, résultat de cette action : 

Cauterization. Uslio, inuslio. (B. Est., 
Vies.) 

Cauterizntian est opération manuelle avec 
feu l'aide arliliciellement au corps humain 
pour déterminée utilité. (Jour., Gr. chir., 
p. 633.) 

Cautérisation de veines. (Saliat, Her., 4.) 

CAUTERisiER. iTiod. cautériser, v. a., 
brûler avec un fer rouge, un caustique : 

Pour saignier el cauderisier. (Tigno.nv., 
Dis mor. des philos., Ai's. '2312, T 21 v°.) 

On doil cautériser la dent d'une verge de 
fer. (B. de Gord., l'ratiq., III, 25.) 

Maislri' Bichars ÇiaI cauierisier .i. enfant. 
(Cyrurgie Albug., f 179".) 

Simon, chirurgien, avec les menyslres 
(del'lKJpilalj lorsque l'on coc^eres.îo les pielz 
(d'un malade) .ini. I..vi. s. (1568, La Bassée, 
ap. La Fons.) 

— Fig., en t. de l'Ecriture, endurcir: 

Jene croypasqu'uneame cauterizee SQeu\, 
conlrefaireunetelleasseurance. (Mo.M., liv. 
III, ch. V, p. 23i.) 

CAUTFOUR, V. ChaUFOUR. 

CAUTION, S. f., somme qu'on dépose 

ou qu'on s'engage à payer en garantie 

d'un engagement qu'un autre a pris ou 

qu'on a pris soi-même : 

Celez (convenances) qui sunlfailez par ju- 
gement sunl eeles qui vienent par pur of- 
fice au juge si comme oaus(0«»" qui est do- 
nee de tricherie. (Institutes, B. N. 1964, f 
56".) 

Bonne el suHisanle cauplion. (ISO.'i, Test, 
de Marg. de Bourg., orig., Hospice de Ton- 
nerre.) 

Cauxion. (1507, Coût. loc. du baill. d'A- 
miens, 1, 379.) 

— Par erreur étymologique, on a écrit 
caplion (de caplio) pour caution (de 
caiitio) : 

Que il volsisl doner oslages ne caplion de 
tenir la pais. (Citron, de S. Den., ms. Ste- 
Gen., r 306".) 

i)oner caplion. (Ordin. Tancrei, ms.SaWs, 
f 8".) 

cAUTiorvNAiRE, adj., qui a rapport à 
la caution, donné à titre de caution, qui 
sert de caution : 

Ville cuulionnaire. (.Iea.nnin, Négoc, I, 162.) 

— S. in., celui qui a fourni une cau- 
tion : 

Apres qu'ilauralivréla dicte œuvre faicle 
et parfaicle, son caucionnaire demorraobli- 



CAV 



11 



gié tant que nous serons appaisies. (7 fév. 
1537, Juurn. desprév. et jur., A. Tournai.) 

CAUTIONNER, V. a., fournir caution 
pour qqn. : 

Hz caucionneront et piégeront ycellui Me- 
rigot corps pour corps, (lieg. du Citât.. II, 
209.) 

Seroil le bien du roy el du royaume de 
meclre gens de linances, comme commis 
receveurs... riches et non mie povres,bien 
cauctûiines a compelens gaiges. (1434, Adv. 
a Is. de liav., B. N. 1223, P 3".) 

Caucionner, cuupcionner. (li'ii, Contpl. de 
René, p. 53.) 

Cauxionner. (liOl , Coût. loc. du baill. d'A- 
miens, I, 379.) 

CAUTULEUS, -EUSEMENT, V. CaUTE- 
LEUS, -EUSE.'HENT. — CAUVAIRE, V. CaL- 
VAIRE. — CAUVESORIS, CAUVE SURIZ, 

CAUWE SORIS, V. ChaLVE SORIS. 

CAU.\ION, -ONNER, V. CAUTION, -ONNER. 

CAVALCADE, S. f., coursc à cheval 
faite par plusieurs personnes réunies : 

Cavalradei el albergues. (1349, Arcli. du 
rai, B. N. 18551, f" 151 r°.) 

Cavalcate. (A. de la Vig.ne, Vern. d'itonn., 
P 127.) 

El pourres faire cesl yver une cavalquade 
jusque a Thoulouze, qui sera comme une 
grande faveur au pays. (Montluc, Lett., IV, 
173.) 

CAVALCADOUR, S. m., préposé aux 
chevaux de main de la maison d'un roi, 
d'un prince; écuyer : 

Et du brave cheval cavahadour habile. 

(J. Vauqueun, Arrpoér., 1, 13, éd. 1605.) 

La femme, voyant un si pauvre cavalca- 
dour, qui ne sçaura piquer sa monture, se 
mettra a se moquer de luy. (Choueres, 
Matinées, p. 243.) 

CAVALE, s. f., femelle du cheval : 

La plus belle el aggreable compaignie qui 
soit aux chevaux, c'est des cavales. (La 
BoETiE, Uesnagerie, p. 172.) 

CAVALERE.SyL'E, V. CllEVALERESQL'E. 

CAVALERIE, S. f., partie d'une armée 
qui se compose de soldats à cheval : 

Un sommier pesie mesie avec un soldai, 
le bagage, la vucallerie legiere. (La Boetie. 
Mesnagerie, p. 172.) 

CAVALIER, s. m., celui qui est à che- 
val, celui qui monte habituellement à 
cheval ; soldat appartenant à la cavale- 
rie ; gentilhomme : 

Ils l'avoient laissé aller sur foi de cava- 
lier. (Auii., Uist., III, 395.) 

— Butte surélevée au-dessus des au- 
tres défenses d'une place : 

Us... erigeoyent cavaliers. (Bab., Panl., 
III, prol.) 

Cavalier, solide plaie forme, relevée du 



12 



CAV 



CAV 



CAV 



plan d'un boulever, ou tcrro plain, pour 
loger des pièces de batcrie. Caslellum jacu- 
lalorium. Sublimius caslellum macliina- 
rium. Kditiis agger jaculalorius. Celsius 
propugnaculuiu maciiinariuni. Imposita 
pi'opugnaculo molis machinaria. Injunclus 
aggeri aggriculatorius, i. Entre les assie- 
geans de de dessus un cavelier. Exedil ore 
jaculalorio aggere obsidenliuni caslra tor- 
inenlis diverberare. (Monet.) 

CAVALIiV, -ALLI^', V. CuEVALIN. — CA- 
VAIVIÎ. V. CaD\NE. — rjAVATIER, V. Sa- 

YliTIER. 

1. CAVE, S. f., lieu souterrain et voûté 
cil l'on met ordinairement du vin et 
d'autres provisions : 

Tant qu'il vinrent en .i. trespas 
De la cave d'un fort tyrant. 

(Gilles de Chili, 3073.) 

Venez y, varletz, chamberieres. 
Qui sçavez si bien les manières 
li'avoir du meilleur de la cave- 

[liep, franche. j dans ŒiuT. de Villon.) 

En basse cave le bon vin. 

[Recréât, des devis amoureu.r.) 

— f'Iaisamm., marier le puits et la 
cave, baptiser le vin : 

Ceulx la non seulement marient le puits 
et la cave, mais, pour habiller leur vin, 
mettent dans les tonneaux des choses qui 
nuisent grandement a notre santé. (G. Bou- 
ciiET, Serees, 1, 27.) 

— Lieu souterrain, caverne : 

Une cave grande u il entrad. (Rois, p. 93.) 

Apres fut li feus alumeis de rechief, et 
si lot grant planteitde bûches mouillées. 
Sien issoitsigrant l'umee et a angoissouse 
que pour .i. poc que cil delà catve n'estin- 
gnoient. (S. Graa/, B. iN. -2i'ob, f° 86 v".) 

Li Rouz, ne cil qui estoient en la cave, ne 
cil qui estoient sus les montaingnes n'osè- 
rent onquespuisaprouchierde nostre gent. 
(Vont, de Guitl. de Tyr, HIst. des Crois., II, 
Ô44.) Impr., cave. 

Et issirent a grant hasto et a grant des- 
roi hors de la cave. (/i.,p. ô95.)Impr., coyé. 

Comme l'ourceaconceuouse sent grosse, 
elle se met en une cni'ede roche. (Du Fouill., 
l'en., 1° 107 r".) 

— Retraite (Bible, trad. de E. Le- 
drain, II, 357). 

E il ne se remuèrent, ne perre ne gitie- 
rent, ne n'estoperent les raue.v ou il estoient. 
(Machabees, 1, 2, 36.) 

2. CAVE, adj., creux : 

Yeux a rouges, lermeus et caves, 
(J. LeFevhu, Lament.de Math., I, 685, Van Uamel.) 

La veine cave descendante. (Paré, I, 25.) 
Cf. Chave, II, 100". 

3. CAVE, V. Caqe. 

CAVEAU, s. m., petit réduit souterrain : 

En caves et en cai'iau.r. 

(HOTEB., p. 6S, Kressner.) 

?ïulz ne puet faire caveau dessoubz voye 
sens le congé du voyer. ( Voirie de Parii, A. 
N. Y3, f°lr=.) 



En Icu fie cousles aportoient 

En lor caviaus monciaus de gerbes. 

De fuelles... 

(Rose, Vat. Clir. 1838, f» 73=.) 

Tu ne veois que l'ordre et la police de 
ce petit caveau ou lu es logé. (Mont., liv. 
II, p. 341.) 

CAVEC, V. Chevet. 

CAVECE, s. f., tête : 

Guare la caveche. (Rab., Quart Uv.,c\\. .\x.) 

Cf. Chevege, II, 112\ 

CAVECÉ, adj., se dit d'un cheval dont 

la tête tranche pour la couleur avec le 

reste du corps : 

Un cheval de Sardaigne cavesscAt more. 
(SfLLY, CEcon. rot)., XVI.) 

CAVECii, V. Chevet. 

CAVEÇoiv, s. m., bride spéciale pour 
dompter les chevaux difiîeiles à l'aide 
d'un demi-cercle de fer qui permet d'e- 
xercer une pression violente sur les na- 
seaux : 

Le bonpiqueur luy met un cavezzon avec 
un billot. i^liELLEFOR., Ser., p. 259.) 

Caveçoii. A cavechin or cavesson, for a 
horses nose. (Ootur.) 

CAVEUAL, V. CaIMTAL 2. 

CAVEE, S. f., ravin, chemin creux. 

Cf. Chavee, II, 100'. 

CAVEic, V. Chevet. — cavel, v. Che- 
veu. — CAVELEURE, V. ChBVELEURE. 

CAVELEACIOX, V. CAVrLLATION. — CA- 

VELU, V. Chevelu. 

1. CAVEit, V. a., creuser, miner: 

Et la goûte cara la pierre. 

(O. de Coikci, Mir., ms. Soiss., fo 93"^.) 
... Le mur que Robastre cava. 

[Doon de AJaience, 10916.) 

Les eaues cnvenl les pierres. (Le Fevre 
d'Est., fiible. Job, XIV.) 

Caver de grandes tranchées. (Amvot, 
Sylla.) 

Il trouva une bonne source d'eau vive, 
laquelle saint .Majan nettoya et dressa, 
ayant cave un bassin de pierre grise pour 
recevoir l'eaue. (P. Albert le Grand, Vie 
des saints de Bret.) 

Cf. Chaver 1, II, 100". 

2. cAVEit, v.n.,àcertainsjeux mettre 
devant soi une certaine somme : 

Caver au jeu de prime. (A. Oud., 1642.) 

CAVEn\E, s. f., cavité naturelle s'é- 
tendant sous un rocher : 

En Puis de la caverne. (Job, dans Dicl. 
gén.) 

— Fig., arcane : 

Et moult de nobles faicts verras 
Par celle fontaine et caverne 
Qui tous les sept metaulx gouverne. 
[Font, des amoureux, 396.) 



CAVERNEUX, adj., plein de cavernes, 
creusé d'un ou de plusieurs trous : 

Voie cavernouse. (Aimé, Chi-on. de Roh. 
Viscart, I, 19.) 

Monlaignes caverneuses. (Grant Herbier 
f 30 v\) 

CAVER\osiTÉ, S. f., lieu caverneux ; 
état d'un corps percé de cavernes, de 
trous : 

Quant les nuées ont enfermé le vent de- 
dans elles et que cet air se roulle dans 
leurs cavernositez. (Math. Chalvet, f" 450 v".) 

Car lors les vents sont resserrez es veines 
et cavernoiitez i\c la terre. (Dl Pinet, Pline, 
II, 79.) 

CAVERO\,\ER, V. CHAPERONNER. — CA- 

VESiNE, V. Chanvre. — cave.stre, v. 

Chevetre. 

1. CAVET, S. m., moulure concave 
pour l'ornement des corniches et pour 
les bordures de menuiseries : 

Le cavet ou trochille. (1545, P. Van 
Aelst, f" 27".) 

2, CAVET, Y. Chevet. — cavete, v. 
Chouette. — caveté, v. Cavité. — 
CAVEU, v. Cheveu. 

caviar, s. m., hors d'oeuvre russe 
composé d'œufs d'esturgeon fortement 
pressés et marines : 

Caviat. (P.ab., Quart liv., ch. xviir.) 
Cavial, cabiale. (A. Oi'din, Dirt. fr.-esp.) 



CAVIAU, V. Cheveu. 
Cheville. 



CAVILHE, V. 



CAviLLATioiv, S. f.. Subtilité de mau- 
vaise foi : 
Kavillation. (1253, A. N". S 5061, pièce 7.) 

Bien eust excusalions 

Par queconques ctivillaclons. 

(Rose, B. N. 1S73, f> 132'.) 

Se aucun par cavillation disoit que... 
(ORES.ME, Eth., B. N. 204, f° 460".) 

Monstrer et prouver la paie d'icellui pris 
et a toutes autres excepcions, decepcions, 
defTences, barres, cavillaciotts, opposicions, 
contradictions, raisons et allegacions de 
droit, de l'ait et de coutume. (1307, Citeaux, 
Cartul. 185, f» 106, A. Cole-d'Or.) 

CAVIELE, V. Cheville. 

CAviiv, S m., ravin ; chemin creux 
utilisé pour l'attaque ou la défense d'une 
place. 

Cf. Cavain. II, 5'. 

CAVITÉ, S. f., espace vide plus ou 

moins étendu dans l'intérieurd'un corps 

solide : 

El istroient hors de re\c caveté. (Cont. de 
Guill. de Tyr, Hist. des Crois., Il, 545.) 

Puis le corps mis en la fosse ou cavilté 
auprès du corpsdefeu Monsieur le cardinal 
de Lorraine. (J. Pussot, Journulier, p. 222.) 



CEA 



CED 



CEI 



13 



CAVOISTRE. V. ChEVETRE. — CAYER, 

V. Cahier. — cayffer\v>\ v. Caphar- 

NAUM. — CAYREL, V. CaRREL. — CAYS- 

SETTE, V. Cassette. 

CE, pronom démonstratif invariable, 
qui sert à rappeler la chose dont il a 
été question, ou à désigner celle dont il 
va être question. 

Cf. Ço. II, 163 . 

CEANS, adv., ici, dans la maison: 

Ceenz a chevaux boens et forz. 
(Chbest., Churete, B. .N. HSôÛ, f° 59 v°, col. I.) 

Çaîe7is a bons chevaus et forz. 

(iD., ib.. Val. Chr. 1723, {' l-i'.) 

Por ceu m'ait salatis anfermeie, 
Que trop ra'ainme et trop m'ait ameîe. 
Por nule chose ki aveigne. 
Ne vuelt ke nuns hons saiaiis veigne. 
[Dolop., 10513.) 

P.iieDS et sarrazins ont toz soians trové. 

[Fierabras, Vat. Chr. 1616, l' 43''.) 

.\ins le vos lairai soians (l'écu) et mes 
armes avec. {Mort Artus, B. >'. 24367, P 3*.) 

Sire, dist il, çaenz entrez. 
A nostre maistre parlerez. 

{Ev. de Xic.j Pvers., 161.) 

Venuz est qui nos a raainz. 
Que les teniebres de çainz 
Chace avant sel et nos en oste. 

(76., 2' »., 9S3.) 

Mes or en suimes bien venglé, 
Quer ja sera cienz plungîé. 

(Ib., 1199.) 

Dont vient celenz ceste luor 
Se cist Jhesus ne l'i aporte? 

[Ib., 1270.) 
Je ne te veil pas hors tenir 
Que ce-rnz ne puisse venir. 

■Jb., 1843.) 
Mais délivré aver volez 
Tuz ces ke sunt sein-t liez 
Por forfeture de péchez. 

[Ib., 3' V., 1776.) 

Je suis çaienz venuz a toi. 
{Vie de Sle Jui., ms. Oxf., Douce 381.) Canonici : 
zaenz. 

... Quant de chiens istrai. 

{Doou de Maience, 3916.) 

Et du meilleur et du plus bel 
Via de céans aussi buvez. 

(.l/iV. de X.-D.. I, 76.) 

Ha ! doulce vierge débonnaire, 
Ont il donques esté ceens? 

[Ib.. I, 23.) 

Mais dy voir : a il ceens femme. 
Que voulsisses qui fust ta dame ? 

IJb., I, 68.) 

Çaens, ou nom de s.iint Sauveur, 
Je vouidray faire mon devoir. 

/t.. I, ISO.) 

Dites moy entre vous deux quant 
Sera nonne seans sonnée. 

{Ib., I, 81.) 
L'ennemi le suit, qui atent 
Le jour que tu dois seens estre. 

[Ib., I, 33.) 
Je vueil que soiez honnoree, 
Dame, seyens. 

{Ib.. T, 339.) 

Pour londre borljiz aux lieu.x de siens. 



(Compl. de l'Hôt.-D. (fOrl.. 1392-1400, P 8 
v°.) 

Ce sont les .iiii. ttarchons qui m'ont esté 
baillies par mauvais gouvernement, qui par 
toules voyes se travelUent a moy bouler 
hors de clioens. (30 nov. 1437, Remonstrance 
pnr l'evesque de Cha'ilons, ms. Valenciennes 
517.) 

Tel est musse qu'on dit : Il n'est pas .9iefis. 
{Le resvetir avec ses resverieSy Poés. fr. dessv et ivi« 
s., XI, III.) 

CEAU, V. SbEL. — CECHE, V. SeCHE. — 
CECHERESSE, V. SECHERESSE. — CECHi:V, 
V. SeQUI.N. — CECHU.V, V. Chacu.n. 

CECI, pronom indéfini invariable, 
cette chose-ci ; ce dont on va parler : 

Pucelle, dist ly contez, ne ditez plus chechi, 
Tous jour ay vostre père cora mon signeur servy. 
[Hug. Cnp., p. 27.) 

CECITE. S. f., privation du sens de la 
vue, au propre et au fig. : 

Celui tens estoit de ignorance et cécité 
(J. GoLLAi.s, Racional, B. N. 437, f° 212 v".) 

Parmy cellereciï»! universelle. (Mont., liv. 
II, ch. .\ii, p. 354.) 

1. CECLE, v. Cercle. 

2. CECLE, ciede, s. m., forme popu- 
laire de cijcle : 

Ypolile escrit le .xix""'. anuel de pas- 

ques que il apela cecle, ce est uns canons 

qui chienl el compot de .xix. anz en .xix. 

anz au jor de Pasques. {Chron. de Fr., 

Berne 590, i" 44°.) 

I 

] El y avoyt au ciel ung ciecle de couleur 

1 blanche, le soleil esloit au dedans cludicl 
I siècle, et au deux costez dudit ciecle par 
dehors et y avoil deux espees en couleur 
blanche, {i'rophelies. f" 21 r°, dans le Mira- 
bilis liber. Home 1524.) 

CEDER, V. a., abandonner en renon- 
çant à son droit : 
Cedder. (4 mars 1504, A. B.-Pyr.) 

Je luy cède lamestayriedelaPomardiere. 
(Rab., Garg., 1, 32.) 

— V. n., cesser de résister: 

Toutes diCTicultez cedeni a la constance. 
(Verosn., ilinpuiss., IV, 2, Ane. Th. fr., VIII. 1 

CEDILLE, S. f., petit signe que l'on 
place sous un c pour indiquer qu'il doit 
être prononcé comme une s : 

Cerilte. A small titlle or addition to the 
I foot of a c wich makes it be pronounced 
I as an s. (Cotgr.) 

' CEDRE, s. m., grand arbre vert de la 

i famille des conifères, à bois odorant et 

peu corruptible : 

En paleis de cèdre. {Rois, p. 142.) 

Sedre. {Psaiil., B. .N. 1761, f» 37 v°.) 

Sadre, benus,bresil et cipres. (Est. Boil., 
Liv. dei mest., i" p., LXVIII, 14.) 

Cèdre vermeil est un fust que l'on vent 
sur les espiciers et est dit cèdre dont l'en 



fait manches et cousteaulx. '.Ménaijier. II. 
154.) 

Que on ne face nul couliel d'ivore, ne de 
chedre. ne de bruit. (25 sept. 1325. Reg.des 
met., n' 4231", f 15S r', A. Tournai.) 

CEDRiE, s. f., résine qui découle du 
cèdre : 

Sa galle (du chameau) est guérie avec 
cedi-ie. (A. Pierre, Const. Ces., XVI, 22.) 

CEDULE, S. f., papier par lequel on 
notifie qqch. : 

Scedula, petite scedule. (Gloss. lat.-fr., 
ms. Montp. 11 110, P 235 r°.) 

C'est la spdnle que baillent les bonnes 
gens de f'eriers en Coslenlin a religieus 
hommes l'abbé et le couvent de S. Taurin 
de Evreus. (Pièce de 1337, fa;-;. deS. Taur., 
CCCXVII, A. Eure.) 

Une cédille de papier bailliee parles reli- 
gieux de Pontigny. (1357, A. Yonne H 1554.) 

Schedule. (1365, ap. Lobin., Il, 517.) 

Chascun (juge) a part doit apporter eu 
son poing une lablete ou une cedule en la- 
quelle soit escripte la condampnation, s'il 
lui semble que la cause soil simplement a 
condampnalion. (Oresmic, Polit., ms. .\vran- 
ches 223, f° 52«.) 

L'n petit mot de cedule par laquelle ce 
créditeur confessoit avoir receu le pot de 
cuivre en gage. (B. Desper., A'oui'. recréât., 
r 270 v°.) 

ceel, v. sceel. — ceexs, ceeivz, v. 
Céans. — cegoigxe, cegoixg>e, v. Ci- 
gogne. — CEGUE, V. ClGUE. — CEGUOI- 

GXE, V. Cigogne. — ceil, v. Cil. — 

CEINCLE, V. CengLE. 

CEINDRE, verbe. — .\.. mettre autour, 
entourer, environner, en parlant de per- 
sonne et de chose : 

Dune la (l'épée Durandal) me ceinst li genlilz 

[reis, li magnes. 
(Hot., 2321.) 
Iluec fu adobez Pallas, 
L'espee li ceint Eneas. 

(E'neas, 4813.) 

Tu ceinsis mei de force a bataille. {Liv. 
desPsttum., Cambridge, XVII, 40.) 

El dos li vest le blanc hauberc Ireslis, 
E lace l'elme et l'espee li chainst. 

(IlAiMB., Ogier, 6936.) 

... Jamais ne çagne espee. 
Qui de ces partira s'en est large quasee. 

[.Uix., i' ->:) 

Puis le menai tôt a celee 

Que vos li cftinssissoiz l'espee. 

{Parton., B. N. 19132, f° 155'.) 

Si le ceiiilrent d'un linceul. (Artur, B. N. 
337, r 2.j3'.) 

Du meillor chevalier qui ains chainsist espee. 
yDoon de Maience, 8S92.) 

Conreeur dequir por fere corroies aceiii- 
dre et por fere semelesa souliers. (E.st. Boi- 
LEAf, Liv. des mest., l" p., LX.XXIIl, 1.) 

Prenez la vostre (epée) ; j'ay la moye 
Que je vueil ceindre. 

{.Mir.de .X. D., III, 2U6. 



1 i. CEI 

Elle junoil, point no vcsloit 

De linge, m;iis ceinr/noif la corde. 

(/«., V, 287.) 

Pour une corroyé pour chaiiidre le dit 
.lacotin. (5 sept. 1468, Tul. des enfants le 
V'iel, A. Tournai.) 

Ceinrire les buissons de filets, pour pren- 
dre le gibier. (Mo.net.) 

— Réfl. : 

Saindous fions tous deux d'une corde, 
Et mettons les bandes a point. 
(Jaq. Milet, Destriict, de Troi/e, 703i.) 

CEINTRE, V. ClNTRI-: et CEINnUK. 

CEiivTiiRE, S. f., bande d'étoffe, de 
cuir, etc., destinée à serrer les vête- 
ments à la taille : 

Ensi convient lier en .Iherusalem lo baron 
cui cnslcinture est. [Greg. pnp. Ilojn., p. 7.) 

Sctnlui'e. [S. Graal, ms. Tours 91Ô, l'° ii 
V.) 

Kt li chevalier issirenl des vissiers, et 
saillirent en la mer trosipie a la çainlure 
tuit armé, les hielmes laciez et les glaives 
es mains. (Villeh., g li6.) 

Coliers qui porte file lange doit obole ; 
et de ckaintures de laine, poitevine. {Est. 
HoiLEAU, Liii. des tnest., 2'' p., 11, 17.) 

Une ceinture de quir harnessé d'or od 
camaeux. (1313, Inv. de P. Gaveston, ap. V. 
Gay.) 

Chaindure. (Giiart, Bih/e, .Vpoc, ms. Ste- 
Gen.) 

Une sahilure ferrée d'argent. (1366, A. N'. 
K 49, pièce 12'"'.) 

Une linge seincture sur un blanc tissu a 

2 lippes de jaune. (1380, Inv. de Charles V.) 

El ma robe tout a eslurc 
J'escourciay d'une çainiure. 
Afin qu'el ne me nuisit pas 
A marcbier de plus legier pas. 

{CuR. DE F'iz., Lvng est., 705.) 

Une petite sienlure a doux. (1394, lriv.de 
mercier, Inv. de meubles de la mairie de 
llijon, A. Côte-d'Or.) 

Une seyntureje tissu vert et blanU. (1399, 
Itiv. de Henri IV d'Anglel., ap. V. Gay.) 

Une seinture ferrée de plomb. (Janv. 1400, 
Inv. de meubles.) 

Une seinture de cuir. (Ih.) 

Une snin/Mce d'or de lafac.on d'Angleterre. 
(1408, Inv. des ducs d'Orléans, ap. V. Gay.) 

Vne saincteure de soye rouge. (1503, Inv. 
ili; l'ér/l. de C/iuource, 13, Lalore.) 

Deux centures. (21 oct. lôlO, Inv. Treou- 
rec, A. Finist.) 

CEiivTURiER, s. m., fabricant, mar- 
chand de ceinturons, de baudriers : 
Sainturier. (1467, Ord., XVI, 672.) 

Et besogneront lesd. sainluriers de bon- 
nes estolles au temps avenir. (1490, Stal. 
des baudruijers d'Angers, p. 338, ap. V. Gay.) 

Ordonnance pour les maistres ceinturiers 
d'estain de la ville de Paris. (lôûl, A. N. Y 
10, 1° 141.) 

Ceinturier, ouvrier en ceintures. (Monet.) 
CEii\TUROi\, s. m., ceinture qui sert 



GEL 

à suspendre une épée, un saljre, un 
couteau de chasse : 

Cueillons force ûeurelles blanches 
Et tissons en des ceinturons. 
(G. Durant de la Bergerie, Odes, I, xtiii.) 

Ce mot (portespee) a esté appliqué au 
pendant de la ceinture, leijuel en quelijues 
lieux on appelle aussi le ceinturon. (II. Est., 
PrecelL, p. 121.) 

CELA, pron. démonstratif invariable 
qui s'emploie par oppo.sition à ceci : 

iluant elles ont dit coula, (wn" s., Liv. de 
la très. d'Origntj-Ste-lien., ms. S. (luentin.) 

On faict cecy, on faict cela. 
(CoQUiLL., Monol. de la boite de foin, p. 223.) 

CELARIER, V. CeLLEHIER. — CELCLE, 

V. Cercle. 

CELEURATioiv, S. f., action de célé- 
brer une cérémonie, une fête ; 

A celé consécration 
Et a la ce/ebrafion 
Eu l'arcevesque de Hoem. 

(Ben., V. de I\'orm., II, 3S059.) 

Si establirent la célébration et le solemp- 
nité de cel jour au xiii° jour du mois de 
march. (G. IJesmoclins, llih. hist., Maz. 311, 
P 183=.) 

La célébration des Pasques. (Fossetier, 
Cron. marg., ms. Brux., I, f° 144 v°.) 

CELEBRE, adj., dont le nom est par- 
tout vanté : 

Célèbre. (K. Est., 1549.) 

Fol célèbre. (Iîab., Tiers liv., ch. xxxviii.) 

CELEBRER, Verbe. — A., accomplir 
solennellement : 

A icel jor en ert la feste 

Que celebrot o molt grant gloire 

Li reis, de cele grant vicloire. 

{Eneas, 4044.) 

A une feste que on doit célébrer 
De Saint Denis. 

(Loh., ras. Berne 113, I" 4Gi>.) 

Qu'il celeibreîsc cest servise 
Par devant moy en ceste yglise. 
{De Saint Bonet, B. N. 423, f 102».) 

Et li capelain ki estoient en l'ost célébrè- 
rent le sicrviche Sostre Segneur. (Henri de 

Val., Z 524.) 

— Honorer : 

... Por les deus célébrer. 

[Rom. d'Alex., f" 15».) 

— AbsoL, célébrer la messe, officier : 

Li sires d'Olehain doit retenir le capele 
devant dite a sen coust s'il veut que on i 
célèbre. (1299, Cart. d'Arras, li. N. 1. 17737, 
f 126 v°.) 

D'église nul n'approucheray. 
Ne jamais ne célébrerai/ 
Tant que je viengne a court de Romme. 
[Mir. de N.-D., II, 404.) 

CELEBRITE, S. f., Caractère de ce qui 
est célèbre : 

La célébrité de ses sentences. (Fossetier, 
Cron. marg., ms. Brux., 10511, VI, vi, n.) 



CEL 



Cf. II, 8'. 



1. CELER, verbe. — A., tenir caché 
au propre et au figuré : 

La traisun ne poet estre celée. 

{Roi.. 1458.) 
Les jolis malz d'amorettes 
Ne puis plus celleir. 
(Chans., ap. Bartscli. Ro,n. et Pasl., I, 439.) 

Ele demeine joie grant, 

Nel celle mais ne tant ne quant, 

Molt s'en faîseit liée et joiose. 

[Eneas, 1531.) 

Sachiez, ne le cetl, ne ne m'en tais. 
(Ben., D. de Nurm., II, 4762.) 

Entre nus cdi.'ismn l'afaire, 
Ja ne Poisse aillurs retraire. 

(Marie, Lais, Milun 139.) 

Que 11 die 

Qui est, ne dont li çoilt mie. 
(Ren. de Beaujeu, te Reau Desconneu, 873.) 

Ainsinc que les murtres et les sans et les 
amendes le royson^ perdues et celées. (Est. 
BoiL., Liv. des mest., 1'° p., XCVI, 1.) 

Se li borjois soî'/e ses ran tes de ses bestes, 
il doit perdre la beste por laquelle il n'ait 
paie la rante. (1269, Charmes, 8, A. Meurthe.) 

Si lou seela tôt endormi en une cave de- 
danzla périlleuse forestde Damantes. (La«- 
celot, B. N. 754, T 13".) 

Sele qui ansinc endormi eVseela Merlin, 
(/b.) 

Jonnes enITans et femmes, par nature, 
choillent envis ce que ilz voyent et ce que 
on vuelt celer. (Froiss., Citron., B. N. 2646, 
f° 148'.) 

Je seleroye bien plus grant chose que 
ceste cy. (J. Chart., Chron. de Charl. VU, 
c. xxxvn.) 

— Réfl., se cacher, au propre et au 
figuré : 

Sire, fet ele, vus amez ! 
Guardez que trop ne vous celez ! 

(Marie, Lais, Guigemar, 445.) 

Se lu vers moi te çoile, çou ert grans vilonnie. 
[Roum. d'Alir., f" 59''.) 

S'on me fet aucun damace, siapertement 
qu'il ne se chode pas de cix qui le voelent 
veir. (Bealji., Coul. du Deauv., ch. xlui, 48.) 
Var., chele. 

2. CELER, V. Cellier. — celererier, 

V. Cellerier. 

celeriiv, s. m., variété de sardine : 

Quels poissons sont cecy? — Mets les par 
ordre sur la table : premièrement cest es- 
turgeon rosli... ces celerins fraischemeni 
frits. (B. jA.»n.N, Dialog. deJ. L. Vives, f 89 

V».) 

Cf. H, 9". 

CELERITE, S. f., vitesse dans l'exécu- 
tion de qqch. : 

Pour la célérité et avancement desdis 
ouvrages. (1358, Arch. udm. de lieims, III, 
112.) 

La chose requiert grant célérité. (1444, Ch. 
des compt. de Dij., B 11716, A. C.-d'Or.) 

Sinon que la matière requist grant ce/e- 



GEL 



GEL 



GEN 



dS 



rilé pour double de fuitte tles personnes. 
(Avr. I4o3, OnL, XIV, 301.) 

Lors commença louer l'ordre et célérité 
De l'ost et camp du roy. 

(J. Marot. Vorj. de Venise^ bataille du roy contre les 
Veo., l" 75 V.) 

... Mais 1.1 timidité 
Donne a ses piedz trop de célérité. 

(Habkrt, Ep. i^upid.^ X.) 

CELESTE, mod. céleste, adj., du ciel, 
relatif au ciel, divin : 

... De son segnur céleste. 

[S. AlexîSy OIS. L, P et A, 57.) 

Lor armes soient la céleste vie. 

[Roland, ms. Cliâteauroiix, CCCXXXl, 8.) 

En Jherusalem le céleste. 

(Renclus, Miserere, cclxxii, 3.) 

De semblable parure vid saincl .Ihan 
evangelisLe les luieles vestus en la celeate 
et bealifiee llierusaleni. (R.ab., Garg., cli. 
-X.) 

— Par hyperbole : 

C'estoil passetens céleste de les veoir 
ainsy soy rigoller. (Il.\n., Gary., 4.) 

— Bleu : 

Arborer un panache d'oiseau celesle. (Au- 
UIGNÉ, //ij^, 1, '237.) 

Une taye, laquelle est quelquesfois blan- 
ilie, noire, celesie, cendrée ou livide. (P.4RÉ, 
.\V, 20.) 

— Sub.^t., le glorieu.c celesie, Dieu : 

Ui te cornant al glorios céleste. 

[Bol., 2Î63, G. Paris, E.clr., p. 9S.) 

Cf. CeLIiSTRE. 

cELESTEME^iT, adv., d'uue manière 
céleste : 

... Ces bras celestement bumains. 
(Pont, de Ttahd, Œuv. poét,, p. 83.) 

CELESTRE, adj., du ciel, relatif au 
ciel : 

... Vers le seignor celestre. 

[S, Alexis, ms. M, 57.) 

Ke cil volent riches estro 
Pur queus le rei celestre 
N'oul si poverlé nun. 
[Beu le omnipotent, str. 13, Sucliier. lîeimprediijt.) 

De ci k'en parais celestre. 
(Mabie, Purfj. de S. Patrice, B. N. 25407, (« 118».) 

Il l'u humains, il fu celestres. 
(G. DE-CoiNci, .W<-., B. n. 2163, f» 12'.) 

Koy cheliestre. 

[De S. Jeh., B. N. 2039, f« 28>.) 

Dont ge jur Dieu, le roi celestre. 
Que femc qui bêle vuetestre... 

[liose, 9052; Micliel, I, 299.) 

Itel medicine est celestre; 
Chascun la prent sanz avoir mestre. 
[Clef d'amors, 1777.) 

Le roy celiestre. 
(Jacq. dAu., Ilem, d'am., ms. Dresde, 612.) 

Cf. Celestre, 11, 10", et Céleste. 

CELIBAT, s. m., état d'une personne 
i|ui n'est pas mariée : 



Le cœlihal des prebstres. (Mont., liv. II, 
p. 335, <lans Littré.) 

CEUCE, V. ClLlCE. — CELIESTRE, V. 

Celestre. — <;elive, v. Solive. — ce- 

LIZE, V. CeRIZE. — CELIZIER, V. CERI- 
SIER. — CELLE, V. CkLUI. — CELLER, 

V. Ciller. 

cELLEuiEu, s. m., l'eligieux préposé, 
dans un couvent, aux provisions, à la 
nourriture : 

Tu me dcis que d'un celer 
T'en avoit oti fot celerer. 

[Rfn.. Br. VI, 707.) 

Li celleriers. (1212, Cab. du Fresne, A. 
Metz.) 

Et plenté boivent toutes voies 
Boin vin fort ke li ceneliers 
Avoit fait mètre ens ses cheiiers. 
[D'un Presire e'um porte, B. .\. 1553, f» 512 r"- .Mont, 
et Baya., IV, 26.) 

.1111. SOUS au celererier por le cariage des 
vins. {.Jurés de S. Ouen, P 101 V, A. S.-Inf.) 

Lou signour Guiraut ki fut sallerier de 
S. Siphoriein. (1318, Coll. de Lorr. 9S4, 
pièce II.) 

Le celerier de Saint Gildas... le chapelain 
de Mouslier. (1344, A. N. K 45, pièce 1.) 

Clieleiiier. (1461, A. mun. Douai.) 

La mesme année, il unit a l'olBce de ce- 
larier, qui est a présent l'archidiacre de 
Jlarcays, les priores de Valegeoulz, Mar- 
cays et Cassac. (C/iron. de J. Tarde, p. 97.) 

CELLIER, s. m., lieu ménagé au rez- 
de-chaussée d'une maison pourtenirlieu 
de cave et contenir le vin, les provi- 
sions : 

Ou de mes gerniers, ou de mes celiers, 
que vols que jo te l'ace? [Rois, p. 369.) 

Li celers. (Fév. I22i, Arch. M.-et-L., Fon- 
tev., La Roch., l'en. 3, sac 14. j 

Dovant le celer. (.loin 1225, ib., sac 15.) 

Einssi fut fait, ensi i mistrent 
De l'eve et des greins, et puis fistrcnt 
Lo celer fermer vistemeot. 
(Pean Gatinkau, Mir. de S. Mart., p. 102.) 

Un celer de peire. (.luin 1256, S. Bertho- 
mé, Dibl. La Rochelle.) 

Se marchanz de dehors Paris achale vin 
en Grève ou en .relier a Paris. (Est. Boil., 
Liv. des mest., 2" p., VI, 4.) 

Hoc penum, fcZe;'. (G/os.s. de Glasgow, P. 
Meyer.) 

Sellier. (1381, A. N. MM 31, r5I r".) 

Sale, cellier. (1400, Terrier S. Didier, f 
68 r", Aicli. hospit. Nevers.) 

Je vous meltray en mon celier. 

[.Mir. de N. P., IV, 188.) 

Or nous menez en ce celier. 

(76.) 
.Vdonc en mon celier les mis. 

[Jb., IV, 205.) 

... .Si ot pour dospenso 
El pour celier, a sa despense 
Mettre, une povro gibecière. 

(CuR. de Piz., Lonij est., 4757.) 



Avoir refait et mis a point en pluiseurs 
lieux le plancipiier du chelier du dit lieu. 
(12 nov.-ll fév. 1429, Compte d'oiivrai)., ['" 
Somme de mises, A. Tournai.) 

Bon vin s'aigrist en chaud celier. 

(J. DE Baif, .Vimes, 1. II, l' 48 V.) 

CELLCLE, S. f., petite chambre. 

— Cage : 

Pin's les fit enclore d'une cellule de lin 
cristal (le Venise. (Yvek. p. 547.) 

CELOA-c, V. Selon. 

CELUI, CELLE, pronom déraonst,, 
s'appliquant à une personne, ou à une 
chose sous-entendue et qu'il représente : 

Com por celui ki li dona. 

[Encas, 788.) 

Et je fui en la part celui 
Cui nos aviens fait anui. 

[ûolop., 8271.) 

Contre lo novel tens, 
Ke florissent sil bruel. 
Chanterai lonc mon sen 
De celi, dont me duel. 

(GuioT, Chans., I, I.) 

Celui qui tant ot geuné 
Et çii la roche demoré... 



■ Quelqu'un : 



;iD., Bible, 1884.) 



Adonc demandèrent a leurs varlets s'il y 
avoit celui qui voulust porter les lettres... 
(Froiss., Ckron., 1, I, 228.) 

Et plus n'y a celuy 
D'entre bergiers, qui osasl aujourd'huy 
Une chanson sur la harpe sonner. 

(Cl. Mar., Egl. rust., I, 317, éd. 1731.) 

Cf. II, 11». 

CELUI CI, CELLE CI, ppon. démonstr. 
servant à désigner la personne, la chose 
la plus rapprochée de celui qui parle, 
dont il a été question en dernier lieu : 

Certes ceux cy (des vers) ont je ne sçay 
quoy de plus vif. (Mont., liv. I, ch. x.wiii.) 

CELUI LA, CELLE LA. prou, démonstr. 
servant à désigner la personne, la chose 
la plus éloignée de celui qui parle, ou 
dont il a été ((uestion en premier lieu : 

De chiaus la vous redirai gié. 

[Violette, 5938.) 

CEMEMT, V. Cl.MENT. — CE.MEXTIRE, 
CEMETERE, -1ERE, -IRE, V. Cl.METIBRE. 
— CE.MOI.VE, V. SeM.UNE. 

CEXAci.E, S. m., salle où Jésus-Christ 
se réunit avec ses disciples pour la cène 
et où les apôtres étaient assemblés lors- 
qu'ils reçurent lo Saint-Esprit : 

(.1. nu Vi(iN,\v, Mir. hisL, dans Dicl. gén.) 

cE.\i>AL, s. m., étoffe de soie dont on 
se servait dans le moyen âge. 

Cf. H, 12'. 



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CEN 



CEN 



CEM>ALE, V. Sandale. 

1. CEivDUE, S. f., poudre qui reste du 
bois et des autres matières combustibles 
après qu'elles ont été brûlées et consu- 
mées par le feu : 

Desor le cUief me mistrent sel, 
Vin et oile, farine et cendre. 

{Eneas, 1040.) 

Et (le ses chastiaus meti-e en cendre. 
(llHREST., l'ei'CCDal, lus. Montp., f" 223".) 

Cindre. ITrad. de Beleth, B. N. I. 995, f 
10 r.) 

C/iendre de caiicli qui fu employé a faire 
niorlier. (110(3, t'oin/jte de tut., A. Tournai.) 

Clmiidre. {\i2ô, 'l'urif des droits de travers, 
ISeauviUé, Duc. concern. la Pic, II, 13i.) 

— Cendre considérée comme signe 
d'affliction, de pénitence : 

K vestirenl eaus de haires, e mistrent 
cendres sor leur chef. (Machab., l, 3.) 

Le jor que om prent cendres, se croisa li 
quens Baiidoins de Flandres et de Hennaul 
a Bruges. (Vili.eh., Z ^■) 

— On a dit au singulier : 

Le mercredi de la cendre. (1422, A. E.-et- 
L., chap., c. XI, 33.) 

Cf. II, 13^ 

2. CENDRE, V. CuiNimE. 

CEivDKÉ, adj., qui a la couleur grise 
de la cendre : 

C'estoit satin de belle sorte, 
Cendréf ung satin de Fleurence. 
(C0QU1LL4RT, Ùvoitz iiow'., 2" part., Impensîs.) 

1. CEivDBEE, S. f., mélange de cendre 

de houille et de chaux calcinée dont on 

fait des coupelles pour l'aflinage de l'or, 

de l'argent, et qu'on emploie aussi qqf. 

comme aimant hydraulique : 

Cendrée d'orfèvre, résidu de matériaux 
eu la cendrée ; culasse de cendrée. (Monet.) 

Cf. Il, 13". 

2. CENDREE, S. f . , marjolaine : 

Cendrée sauvage, marjolaine hastarde, 
gerbe. (Monet.) 

CENDRIER, S. m., réceptacle mobile 
placé au-dessous du foyer d'un poêle, 
d'un fourneau, d'une grille et destiné à 
recevoir les cendres : 

Pour deux cendriers et ung loui'nan, .m. 
>. .vui. d.(lôll, E.rér. testam. de Snincte de 
le Planque, veuve Jeliaii Squeppre, A. Tour- 
nai.) 

Cendrier, lieu a mettre et garder les cen- 
dres, hoc cinerarium. (Monet.) 

Cf. Cendrier 1, 2 et 3, t. II, p. IS''. 

CEivDRoiER, V. a., réduire en cen- 
dres : 

r.t d'un feu pétillant vos malsons cendroyer. 
(Du Bartas, Judil, V.) 



CE.\DKOs,mod. cendreux, adj., souillé 
de cendres : 

Qui robbe avolt toute salle et cendreuse. 
(J. Boucnt;-!, Noble dame, (" 2 r".) 

— Qui tient de la cendre, qui ressem- 
ble à la cendre ; 

Bien pert des nature chendrouse- 

(Renclus, Miserere, CLXxviU, 5.) 

Coluur cendrouse. {Bestiaire, ms. Montp., 
P 243 !■».; 

— Rempli de cendres des morts : 

O toy, fosse cendreuse 
Qui t'anoblis des os 
Desja pourris en toy. 

(JoD., Œuvr. mesl., £■* 125 r".) 

Cf. Cendrous, II, 13°. 

CENE, S. f., souper que Jésus Christ 
fit avec ses apôtres la veille de sa Pas- 
sion : 

.. La ceine- 

(S. Brandan, 393.) 

Hé Deus, ce dit li rois, qui gostas a la çaine. 
(J. Bon., Saisnes, XXX.) 

Et fist la ce7,e. (Psaut., Maz. 382.) 

Et celluy vespre Marie Magdalenc et Ma- 
rie Marthe disposèrent une cène. (Pass. de 
J.-C, Maz. 949, P o'.) 

Avoec aus vausis célébrer le daerrainne 
chaîne. (Les heures de la crois, ins. Cambrai 
88, r° 69 r°.) 

— Communion : 

2 grans servieles pour la sayne, limou- 
ges. (I.'j42, Inv. de la chap. des dua de Sa- 
voie, ap. V. Gay.) 

— Faire cène, communier : 

Quant venue iert le quarantaine, 
El premier jor faisoient çaine : 
Li abes les acuraenoit. 

[Vie des Saints. B. N. 23112.) 

— Souper : 

Le panetier doit Ions les dimanches de 
karesme l'ene de grosses oublies. (Charg. 
desoff. claust., A. N. LL 1180.) 

CENEKIER, V. SlGNlFlER. — CENEL, V. 

Canal. 

CEivELE.mod. cenelle,s. f.,baie rouge 
de l'aubépine et du houx: 

Hom d'Aroaise ne vaut une ctnele. 

{ftaout de Cambriii, 1184.) 

Poitral, estrier, cengles ne sieles 
Ne lor valoieut .ii. cenleles. 

(Pu. Sloust., Cliran... 7404.) 

Tien, avale ceste cynele ! 
Ainssy feis tu faire a Lisbie. 
[Mart. de S. Itenis et de ses compagnons, Jnb., Must., 
I, 147.) 

Chenele de haye, l.silica.{l 461, Lagadeuc, 
Catholic., (luimp.) 

Ne l'aage n'y vault deux senelîes. 
{Déb. de la dame et de la bourg., Poés. fr. des xv" et 
XTI' »., V, 10.) 

CENELIER, V. CeLLERIER. 



CENGLE, mod. sangle, S. f., bande de 
cuir, de tissu, de chanvre, etc., large et 
plate, qui sert à ceindre, à serrer : 

Rampent ces cengles et ces seles verseront. 

{Roi., 3573.) 

Poitraus ne senyîe ne le pot garentir. 
{Oarin le Loh., 2- chans., XVIII, p. 258.) 

Sainyles. 

(/«.,XIV.) 

Poitraus ne chainyle ne le pot détenir 
Ke les talons ne face amont venir. 

(Raimb., Ogier.) 

Il fait goriaus et sommes et cheingles. 
{Dialog. fr.-flam., f» 13=.) 

Cheval brun bay, mosqueté souz les ce(i- 
rjles. (1340, A. N. K. 43, pièce 14 bis.) 

Pour une cengle au grisart. (1389, Invent, 
de Rich. Picque, p. 98.) 

Proquatuorse/ifftequarumduesunlnove. 
(1401, l?ompt. de la fabrique de l'égl. de Lyon. 
Arm. David, vol. V, pièce 4.) 

A luy (lluart de Biaunoir cordier), pour 
deux chainç/les, servant acliaingler les che- 
vaux de la ville.(14mai-13aoùt li29. Compte 
d'ouvr., Il" Somme de mises, A. Tournai.) 

Ceincle. (1461, Lagadeuc, Catholic, Bibl. 
Quimper.) 

Cinq thoilles dec/fd/'/îi/iei. (1551, Bélhune, 
ap. La Fons.) 

A l'endroit ou pend l'enseigne du vin a 
quarente sangles. (Bab.. Pant., ch. xi.) 

Cf. Il, 13". 

CEivGLER, mod. sangler, verbe. — A., 
ceindre, serrer avec une sangle : 

Les cbevaus çangteni et eslraingnenl. 

(Chresi., Cliges, 131J.) 

Sor arondel fu la scie çaingJee. 

(.G. d7Janstone, B. N. Ï5516, f" 48 y».) 

Sont senglces et çainles 
D'une large courroie. 
(J. nE Meuhg, Test., ma. Corsini, [° ISQ**.) 

.111. quarterons de bocles pour singler. 
(1392, Inv. de meulil. de la mair. de Dij., A. 
C.-d'Ilr.) ' 

Uschanglerenl leschevauls de leurs gam- 
bes et bien se lindrent. (Froiss., Chron., 
XIV, 109, Kerv.) 

Tant que chevaulx pouoient chuingler. 
[Trahis, de Fr., p. 23.) 

A luy [lluart de Biaunoir, cordier] pour 
deux chaingles, servant a chaingler les che- 
vaux de la ville. (14 mai-13 août 1487. 
Compte d'ouvrages, 1'" Somme de mises, A. 
Tournai.) 

Cf. II, U". 

CENOBITE, S. m., dans les premiers 
temps de l'Eglise, celui qui vivait en 
commun avec d'autres religieux : 

A messieurs les cénobites, c'est a dire re- 
ligieux de religion reigleeet clauslralle. (.1. 
Bouchet, Hp. mor., II.) 

CENOBRE, V. ClNADRE. 

CENocEPiiALE, mod. cynocéphale, s. 
m., espèce de singe à tête de chien : 



CEN 



CEN 



CEN 



n 



Les ceiwceiilia!e9 sonl ainsi nommez pour 
oe qn'il sont testes de chiens, et parce qu'ils 
aboient comme chiens sont ils plus reputez 
besles que hommes, et naissent en Inde. 
,rhron. et hisl. suint, et prof., Ars. 3515, f 

9i r.) 

CENOTAPHE, S. m., simulacTe de tom- 
beau élevé à la mémoire d'un mort et 
qui ne contient pas ses restes : 

Ung beau cénotaphe et sepulchre hono- 
raire. (Kab., Quart liore, ch. vin.) 

1. cEivs, s. m., rente foncière dont 
un héritage était chargé envers le sei- 
gneur du fief dont il dépendait : 

Les cenu gros et menus. (129"2, A. S.-et- 
ilise.A 960.) 

2. CENS, V. Sens. 

CENSE, s. f., métairie, ferme: 

Cil qui cuslivent la terre ne deit l'um Ira- 
vailer, se de lour droite censé non. (Lois de 
Cuitl., 33.) 

Et le roy demoura ceste nuict en une 
grant cerise on métairie, fort grande et bien 
maisonnée. (Comm., II, xi.) 

— Fermage, bail : 

Ledit feu sy prist a censse de la ditte ville 
«le Tournay le anchien droit de le censse 
de le halle as draps. (144i, Exiic. testam. 
de Jeh. du Tuiippet, A. Tournai.) 

A messeigneurs de capitle de Tournay, 
que ledit feu leur devoit pour le droit que 
ilz ont, es censses du poix commun. (Ib.) 

Cf. Il, 15". 

CENSÉ, adj., compté, classé : 

Censé. Reckoned, esteement, accounted, 
numbreed, muslered among; also, rated, 
sessed, ta.\ed, valued, prized. (Cotgr.) 

CENSEUB, s. m., l'un des deux ma- 
gistrats chargés à Rome de faire le cens 
et investis du droit de punir ceux qui 
avaient commis quelque infraction aux 
lois: 

Li censeur nombroienl le peuple. (Bers., 
Tit.-Liv., ms. S. Gen., f 2 V.) 

Cf. II, is--. 

CENSiER, adj , du cens, qui a rapport 
au cens : 

Les otliciers censiers. (Carloix, II, 18.) 

— S. m., celui à qui le cens était dû: 

Et emmenèrent plusieurs charrues aux 
censiers du Mont Saint Eloy. (Mosstrelet, 
II, 6.} 

— Registre où les cens étaient ins- 
crits : 

En la quelle ville sont dehues plnseurs 
sancivfz d'argent au dit priour, les quelles 
sont declairiez par le sancier. (1380, Cart. 
4leS.-EL.de i'n/nory,p. 15, J. d'Arbaumont.) 

Cf. Censier 1, t. 11, p. 16'. 



cENSivE, s. f., territoire d'un fief qui 
comprenait des terres assujetties au 
cens ; terre assujettie au cens : 

Des héritages et des censives. {De Jostire, 
33.) 

Terres en prez, en vignes, en maisons, 
en toilles, en rensii!es,en bois. (1316, Chap. 
Ste-Croix, A. Loiret, G II.) 

Mon manoir de Chambli que on appelle 
l'oslel de Wirmes, avec toutes les libertez 
et appartenances, le jardin et vignes der- 
rière, hors demi arpent (jui est en sensive. 
(1376, Aveu cl dénombrement des fiefs tenus 
dans le coin le de lleaumont-sur-Oise,ap. Douet 
d'Arcq, Recli.hist. et crit., p. 221.) 

Terres cotlieres, rentes, censieca réelles 
el hvpothequees. [Coust. d'Artois au Ijaill. 
de S. Orner, 70.) 

— Terre en général : 

.lusqiics aux censirei ou frontières des 
chrcsiiens. (1. Chartier, Chron. de Ch. VU, 
c. 266.) 

CENSUE, V. Sangsue. 

CENSUEL, adj., relatif au cens. 

Cf. Il, 16'. 

CENSURE, s. f., fonction du magistrat 
chargé à Rome de faire le cens, et de 
réprimander, de punir ceux qui faisaient 
quelque infraction aux mœurs. 

— Admonition ecclésiastique : 

Par le censure de sainte église. (1387, .\. 
N. JJ 64, f° 287 r°.) 

Censures ecclésiastiques. (21 janv. 1465, 
Ord.. XVI, 457.) 

CENSURER, V. a., blâmer, critiquer; 
mettre à l'amende: 

Plusieu rsescri vent sotlementel plu sieurs 
censurent lourdement. (Fr. de Sal., Œuv., 
I, 306, Vives.) 

Censurer, mettre a l'amende, punir. (Mo- 

NET.) 

CENT, adj. numéral des deux genres, 
nombre contenant dix fois dix ; se dit 
qqf. indéterminémentpour exprimer un 
grand nombre : 

Cent mille sunt. 

[Jiol.. 3085.) 

O le marbre de cent colors 
Sont peinturé defors li mur 
Hcnz vermeillon et senz azur. 

{Eiieas, 430.) 

Et li nostre decha ne furent ke vint cinq, 
et si assamblerenl as seise cens. (Henri de 
Valenc, s à40.) 

Se avoie entor moi cent murs. 
Tant seroie ge plus seurs, 
Se compaingnie n'i avoie ? 

(GuiOT, Bible, 1350.) 

Mes de lié servir miex te paine 
Cent ytans que s' elle estoit saine. 

(Clef d'amors. 1611.) 

Deuls ceinz sesante.(1265, Ch.des compt. 
de Uole, B 615, A. Doubs.) 



— S. m., centaine: 

Le cent de pièces pesant de suif, doit .ir. 
d. (Est. Boileau, Liv. rfesmes/., 1'' p.. I.XIV, 
8.) 

Trois espingles d'un liart le cent. (Giio- 
LiERES, Apr. disn., V, f 173 v°.| 

I 

CENT.\iNE, S. f., groupe de cent uni- 
tés ou dix dizaines; réunion de cent ob- 
jets de même nature : 

E li prince de Philistins en veneient od 
centeines e od milliers de cumliaturs. [Roi.', 
p. 112.) 

Laditte centainne d'ars.(li01, Pr. de VU. 
de Metz, IV, .524.) 

L'un et l'autre naqnirentsonsune mesnio 
; centaine d'ans. (PASy., Rech., III, 43.) 

«:e.ntai're, s. m., être fabuleux moitié 
homme et moitié cheval : 

I Centaurus est une aulre besto 

I Poitrine, espaules, mains, teste, 

I Ha tôt ensi corne ont home. 

I (Gert., Ilest., Biit. Mus., Add. i«260. f i¥ ; Itn- 
mania, 1, 430.) 

Chyron centaure. (0. he Serres, 609.) 

CENTAUREE, s.f., plante de la famille 
des composées, dont plusieurs sont em- 
ployées en médecine : 

Centaurée, ceste herbe a pris son nom de 
Chyron centaure. (0. de Serres, 609.) 

CENTAURUS, V. CeNTAUHE. 

CE.NTis.VAiRE, S. m., qui a, qui con- 
tient cent ans : 

Ja décrépit ol centenaire. 

{Mist. du Met Test., Il, Î07, rar.) 

Possession centenaire et immémoriale 
vault titre. (Loysel. V, xvi.) 

— Centuple : 

L'un des nombres est centenaire.-*. 

(J. Lefevre, la Vieille, II, 1727.) 

Cf. Centenaire 1 et 2, t. II, p. 17". 

CENTENiEU, S. m., officler qui com- 
mandait à cent hommes : 

.lean Lyon ordonna secrètement aux cen- 
teniers. (Froiss., II, ii, 53. Buchon.) 

Y avoit en chascun quartier centeniers, 
chincquanlenlers et diseniers. {Trahis, de 
France, p. 100.) 

Centenier, qui commande a cent hom- 
mes, hic centurio, onis. Centenieret\ la mi- 
lice romaine, qui conduisoit soixante hom- 
mes, non plus, luy et l'enseigne faisans 
soixante el deux. (Monet.) 

CENTiESME, mod. Centième, adj. nu- 
méral cardinal, qui vient après quatre- 
vingt-dix-neuvième : 

La centiesnie part. 

(Chrest.. Erec.) 

Du premerain c^tat avez le fruit treintisrae. 
Du secont ensomcnt aves lo [sejssantisme, 
Pour acomplir le tiers recevez le sentisme. 
[Des Louimtjes de la S. Vierge, ms. Berlio, f" 128 t», 
Willmotle.) 



T. IX. 



18 



CEN 



De la cenfenie part ne moi puet sovenir 

(Poem. mor., 259°, rloetta.) 

Sis cenz notent le fruit cenloimc. 

(Macé, BHite, 11. N. 401, f 202^) 

CeMalmme. (Ordin. Taïu-rei, ms. Salis, f 

La cenlai7ie.(\uf s,, Serai., ms. Poiliers 
•124, f 1 r°.) 

Nulz ne pourroit la centisme partie 
Dire des biens dont Dieus vous fist le don. 
{Mir. de N.-D., IV, 117.) 

CEÎNTOIME, V. CeNTIICSME. 

CEivTo^-, S. m., pièce composée de 

vers, rfe fragments de vers empruntés 

çà et là : 

Cecy ne touche pas les cenlons qui se pu- 
blient pour cenlons. (Mont., I, xxv, p. 81.) 

CEiMTiiAL, adj., qui est situé au centre 
d'un cercle, d'une sphère, etc. : 

Les choses cetitralles du grand monde. 
(La Bon., Hai-mon., p. 399.) 

CENTRE, s. m., point intérieur situé 
à égale distance de tous les points d'une 
circonférence ou do la surface d'une 
sphère ; ce qui est vers le centre, le mi- 
lieu d'une étendue quelconque : 

El pour ce disoit Second le philosophe 
que Dieu est un cercle raisonnable duquel 
le centre est partout. (.1. Coriiiciion, B. N. 
22533. r<'371"=.) 

Las ! pourquoi ou tenebreus centre 
ÎSe fuy péris dedens le ventre ? 
(J. Le Fevre, Lmnent. de Matheolus, 1. I, 1501, Van 
Hutuel.) 

La fantasie si met on en la moienne des 
chambres delà cervele, si comme un centre 
entre l'ymagination et le memore. (.1. d'Ar- 
KEL, /(' Ars d'amour, 2" p.. I, x.) 

Centre. Le poinct du milieu de toutes 
choses. Cenlrum. (Rob. Est., tô49.) 

CENTUMVIB, s. m., à Rome, membre 
d'un collège de cent magistrats qui ju- 
geaient les affaires civiles : 

Centumvir, l'un du corps des cent et 
cinq juges, jadis a Rome, hic Centumvir. 
Centumviri, le corps de cent et cinq juges, 
establis autresfois a Rome, pour vuider 
les causes moins importantes, el depuis 
employez a cognoistre ries causes principa- 
les. (MO.NET.) 

CE\TUMviR.4L, adj., relatif aux cen- 

tumvirs : 

[celle co\iv centumvirale. (H.vn., Tiers Uu., 
ch. XXXIX.) 

Centnuivlrul, appartenant aux centum- 
virs, hic hœc centumvirali, hoc cenlum- 
virale, lis. Causes centumoirales, de la co- 
gnoissance descentumvirs, centum virales 
causse. Lance centumvirate, lance que les 
cenlumvirs fichoienl au for, au lieu de leur 
tribunal, pour marque de juridiction. (Mo- 

NET.) 

CENTUPLE, adj.. qui égale cent fois: 

Centuple. (loi2, P. de Changï, dans Dicl. 
gén.) 



CEP 
CENTi'PLiER, V. a. , Centupler : 

Si le volois ici doscrire el mettre. 
Me conviendroit cetitnptler mon mclre, 
(F. JuLTOT, El. de la Belle fille, p. H.) 

CEiVTiiRE, V. Ceinture. 

CENTURIE, s. f., dans l'ancienne Rome 
réunion de citoyens qui formaient une 
des divisions politiques; signification 
qui s'est développée au moyen âge : 

Eles, devises el centuries. (Fossetier, 
Chron. marg., VI, iv, 19.) 

cENTLRio.w s. m., cclulqul comman- 
dait cent hommes dans la milice ro- 
maine : 

.Judas establi conestables sor le pople, et 
tribuns el centurions. (Machab., 1, 3.) 

Ceinturions ce est a dire 

Que sur cent chevaliers soit sire. 

(Macé, Bible, B. N. 401, f 142'i.) 

CEOiivGivE, V. Cigogne. 

CEP, s. m., pied de vigne; branche, 
pièce ou traverse de bois. 

— Fig-, descendant d'une famille: 

De ce dont séparation n'a esté faicle en 
ton ave, en descendant, ains annexation 
plus et plus Terme de père en filz, c'est de 
haulte fortune a haulte maison, ne se fera 
point espérer en toy le qualriesme sep, le 
grigneur des aultres. (G. Ciiastell., Aver- 
tissem. au duc Cliitrl., ap. Wavrin, Anch. 
cron. d'Aiigtet., III, 224, Append.) 

— Etalon des mesures à vin et à blé : 

Le prior de Souzai qui sera por lens de 
la dite prioré ajustera son ce/t tles mesures 
a vendre vin el blé loiaumenl el egaumenl 
au cep des mesures de blé el devin au dit 
Symon. (1277, Marmout., A. Ind.-el-L.) 

A celle fin seront lenuz les seigneurs 
avoir el tenir en leurs maisons leur cep el 
mesure. (1559, Coût, de Poil., Xouv. Coul. 
Gén., IV, 78r.) 

— ■ Bloc de bois percé d'un trou dans 
lequel on enfermait les jambes des pri- 
sonniers : 

Et ouvertes les serreures 
Et tout li cep deskevillié 
Et li carken desvieroulliè. 

{Mir. de S. Eloi. p. 8S.) 

Dcttraiz, comme saint Soubasiiens 
Soit de sayettes en la fin, 
Et mis en ceps et en liens. 

(EusT. Desch.. IV, 321.) 

En la haulte chambre de lad. tour ont 
esté trouvez ungit'c/s a meclre prisonniers... 
(1514,/«y.rfe Charlotte d'Albret,np. V. Gay.) 

Celuy que l'on lireroit de la prison eldes 
ceps. (CoEFFET., Tabl.despass., 1632, p. 324.) 

Cf. Il, 17'. 

CEP.4GE, S. m., variété de plant de 
vigne cultivée dans une localité : 



CER 

.Son beau cépage vert. 

(.1. A. DE Bam', I, 62.) 
Ci. II, 17'. 

CEPDRE, V. Sceptre. 

CEPEE, s. f., réunion de jeunes tiges 
partant de la souche d'un arbre coupé 
au ras de terre : 

Alixandres regarde dcsous une cepee 
D'un vermel cerubin qui ol le fuelle Ice. 

[lioum. d'Alir., {" 54".) 

La sepae de l'Aigle. (1314, A. N. JJ 50, 1° 
90 v°.) 

CEPENDANT, adv., pendant ce temps; 

pendant le temps que dure une chose : 

Chependant. (1309, A. mon. Abbev.) 

Cependant que le dil an se mist a venir. 
(C0M.M., II, 10.) 

CEPHALALGIE, S. f., mal ds tète : 

Cephalargie. (J. uu Vignay, dans Dict. 
gén.) 

Cephalargia, cephalargie , maladie de 
chief. (Koc. lat.-fr.,\m.) 

CEPHALARGIE, V. CEPHALALGIE. 

CEPHALEE, S. f . , mal de tète violent 
et opiniâtre, quelquefois périodique : 

On fait trois différences de douleur de 
teste, la céphalalgie, la céphalée et la mi- 
graine. (La Frambois., CEuvr., p. 324.) 

CEPHALiQUE, adj., qui a rapport à la 
tête: 

La veine cephalique. (Somme de Gautier, 
f 24 r°.) 

CEPTIME, V. Septième. — ceptre, v. 
Sceptre. 

CEPULE, s. f., ciboule : 

Cepules et petis oignons. (Jard. de santé, 
I, 414.) 

Cf. CinouLE et Civole. 

CERAINNE, V. SiRBNE. 

CERASTE, s. m., vipère d'Egypte très' 
venimeuse qui a au-dessus de chaque 
œil comme une corne formée par le 
développement de l'écaillé qui sur- 
monte l'orbite : 

Pour tout ce jour d'huy seront en seurelé 
de ma salive, aspicz, cera-iles, crocodiles. 
(Rab., i>ant., IV, 64.) 

CERAT, S. m., médicament externe, 
pour onction, fait de cire dissoute dans 
de l'huile : 

(!l n peut user aussi d'emplaslres, onguens, 
linimens, cerats. (Paré, III, 637.) 

CERBERE, S. m., chlen à trois tètes 
qui gardait la porte des enfers; s'em- 
ploie souvent au figuré : 

Les cerijeres que l'on avoil mis a ma 
porte. (JIarg. de Valois, Mem., an 1576.) 



Cl a 

CERCE, S. f., cercle de bois flexible sur 
lequel on monte un tamis, un crible : 

Cf. CsacHES. t. If. p. 19>. 

CERCEL, mod. cerceau, s. m., cercle 
de bois, de fer, d'acier, etc. : 

Les cîou\es sont esprlsés, si rompent îi ceral. 
{I. BOD., Ouiterl. d^ S-\<S0'gne, ,\rs. 3!4î, f* 23(jû.) 

Lor elm-3s ostc-nî. dorit d'or sont U cercd. 
{Cnydùn, 44'.'i.) 

Cerciaus ne doivent rien, se i! n'i a cent 
ou p'us. (Est. BoiLE.'.u, Liv. de< me.it., -2" p., 
U 16.) 

î'rtirh^s pour faire cerssiaitx, (1363, Hn'/, 
..'n ':hno. du S. J. du Jenit., i. Si MM ÎS, i° 
iL'l v".) 

Sirceaul. (Avr. 140i>, Régl^.m. p. les lon- 
nel. de Par.) 

Que tous cerceauU, tant chasligner, cou!- 
dre, fresne et teut autres boys... (1566, 
Slat. (f.:'s tonngUers et déchargeurs de Paris, 
op. V. Gay.) 

— Course circulaire : 

Quant Mjra fait sou coura par I-j ciel 
Ou plus bas point de son cerciel 
Est Veou^ au pliii haut du siau. 

iO'>., Ars. iOô'J. i» i4'.) 

Cf. Il, 18'. 

CERCELLE, mod. sarcells, s. f., oiseau 
aquatique qui ressemble au canard : 

(Xiil* s., dans Delisle, Agrir. norm. au m. 
oge, p. 58.) 

LVsprivier 
Coq giete en rivière a chiirchielle. 
{Sones ds Sartsay^ ma. Turia, £• 38".) 

En pou'lille?, vingt deux ponllallei avec 
les pains, quatre c.;rr.'eu//tfs. (139-2. Denombr. 
du baill. de Consientin, â. .N". P 304, P 7 t".) 

Cerseulles vallent d»iize deniers lourn. 
(/i., r loi r^) 

Une cercelle %'olletoit a l'entour du visage 
de Xero. (Perce/., vol. V, ch. xi.) 

tEucHE, s. f., instrument de maçon. 

Lire ici l'es, de Decorme, III, 4, qui 
se trouve à Cerche.2, t. H, p. 19\ 

Cerçhe rahn.jée: Th' instruments 'Ahe- 
rewitli masoas round, and fasliion, piUars. 
<CùTOR.; 

CERCIFI, V. SALSirrs. 

CERCLE, s. m., portion <!» oian liaité 
par une circcnférer.ce ; • . ■-nférenûe 
d'un cercla : 

Et mon rnaotel et mon cecU d'*c Sa. 

{Loh.. B. S. 19161), ;« a'.) 

En 5.1 mtiia tint une coupe d'or fin, 
De:*i au )t.frcle estoiî plaine de vin. 

{'urh. df .Melz, p. ;.)l.) 

Et li cP-fL'^.ea ti fu desoz 

Ert moit bien foir a or trestoz, 

-V riches pierres, a esmals. 

[Eneas, 4419.) 

CUascuns avoit uns rer'jue d'or 
Moult bien ouvre dcnor sou cief. 

(OEit., Trtie, B. >. 375, f" 9i)«.) 



CKi 



y 



L'elœe lacié a! celcU d'or. 

(76., f 941.) 

Fierabras d'Alexandre a Olivier féru 

.^.moal parmi sou hauanô ou li cureter d'or fu. 

{Fii^lbras, 1446.) 

Pui.1 li lâchent .i. hiaume dont li cheiclfz luist 

[cler. 
iGni (h ÎS'ant., 952.) 

Deseur le rhedi le fcri 

Si qu'il li trencha et rompi. 

{AtTi fmll., B. iV. H33, f" 20 i".) 

Et si mesissenl au vin d'.iu'hoirre une 
loughe toiiaille et ou frariclioi- le rhc-lea. 
buissos. il-27.S, Rirj. de La ton. 1-2T.j-r:75, f" 
U V, A. Tournai.) 

Les astroioiiieiia divisent les cecfei du 
ciel en de,i,'rês. (UnEs.ME, Lin. du ciei et du 
monde, ms. Univ., r 3 v°.) 

En la circonférence d'un .veclele commen- 
cement est partout. (Id., ('6., r 4 v".) 

En cèdes e^^uals... la moitié du '•ec/»" d'yver 
(Id., Quadrip., B. N. 1348, f'42 v».) 

Une quantité d'osiere de socles. (2 juiU. 
1400, Int>. de meubles de la mairie de Dijon 
A. Côte-dOr.) 

Millier de sercle--. (1432, Imtr. imprim., 
on., Gibier, 1571.) 

.ÇWes( cercles de barrique). (1 430, A. C'^c- 
réze, Act. des noL, i7, U.) 

Pour reloyalge de pluiseurs auUres cu- 
velles, tonneaux, et seaulx. aussi servans 
ausdis ouvraiges, en quoy ont esté em- 
ployez grant nombre <r.iul!res chei-cla. 
(1491, Compte rfe< fnrti/ir.. 10" Somme des 
mises, A. Tournât.; 

Cf. II, 20". 

CERCLER, V. a., garnir de cercles : 

Une ricecouronned'or, jeci^M^Z/ce comme 
imperialle couronne. (J. Le Fevre, Chron.. 
L 244.) 

CERCLOUEiJE, V. Svnci.OlR. 

CERCUEIL, S. m., chez les anciens 
Grecs et Romains, sorte de coffre dé- 
couvert sur !c<!ue! le mort était porté 
au bûcher , pais an tombeau ; chez les 
modernes, coffre de bois, de plomb, etc. 
où on enferme les morts pour les ense- 
velir : - - . : ... 

En blancs sareoits de marbre sunt ens mis 
Et pois les cor? des barons si ani pris. 

iRol.. à'.if-.;.) 

En un sarcu-'l qni fu de marbre bis 
Cochent le diK, en (erre le r'ont mis. 

[G^. ie Loh.. 3' cljani., X!'.; 
Un barl,xu 63t apareilier. 
fA'.ic«, Bm. 3' p., 721.) Var.. sarijfil. 

El sarher* int le cors posé. 

(/î., 761.; Vnr., sarcleut. 
Colchiâffiot lo en un sarçhu. 

[Brut. m.". Munich, ISI9.) 

En lia riiioîarci/ marbfin. | 

(/ft.. 3H28.) ; 
Curue felun traitur. 
L'orrible c'wn. le reneie. 
En unt perte al eve.<quiê 
U ab sarjTtens e .^is tombe^us 
Ert aparilte£, gent e beaus- 

(Sei.. D. de .\orm., t, 16Q0.) 



CER ~ 

Un sarcotl moot richo et moul bel 
( Vie de S. Ai^.ri, 950, R„m., Vlii.i 
La troverent ^arcus de marbre de Persin. 

(.t/i/ioc/,e, IV, f. 4W.) 
Si l'ont illeqaes enterré. 
Et en uns besu marqua serré 
(PEA^f Oati«.<:. Vie de H. .Vartm, p. iTO.) 
Fu puis tronveî or, ,,. s-rgeu poli. 

(iuberi, p. |.35_ Xa.-bé.) 
Veisl lanlriihane tînt belle 
barcud ne i.-,aibe com sera celle. 

[Keclor, B. .>(. Si), fo „.,o ) 

-.e're:^t^.^i^:rî;^.n:-;- 
plo!rMa"rx.^^oTrm^"rr'''•■ 

••iOO'.) p. Pans, sarqueu ' " '^''■'^'^"" ^ 

Les très plu. biau.cWî,„,^.j,p,,,,,^,^^,^^ 

I' furent en sept jour, ...il dedans enser/eT"''' 
"^•"""^ ^^'■""■' ^^ -'-"=- son, mu"„"-ra.,- 

[tre. 
i'^"-. d,- Jios.,., iisT.) 

,r-„ u J Q"»''" <ui3arjuea. 

c/'^';uyi.r"'"""^«-'-'''(f«o,ss.. 

Il est raison cerbinemcnl 
Ue faire pour iuv granl pdere 
tn unj ^e^rreur honnesleraeûl 
bo.t conduit el en grant lumière. 

iiJist. du si,;ye d'Or!., 6=;i4.) 
V fault qu'ec on smrceur soit mis. 
(/A., I09S7.) 
Sandapila, .nrcuir. (Gloss. de .<:„lins.) 

390ÎivT,?firr'^'';''"T^«' «'"'" pesant 

i C^o„.Tr'p;:ll. ^IJ]Ï, («' '^— -^ 

•i Se tu fai.^ cy endroit fouvr en terre I,. 
I trouveras noz ser.jueu.r et lettres escriotls 
I dessoubzqu. devisent qui sont ceulv •^,,-î ' 
I dedans gisent. (N. G,u.e.;, jT., ^6q\'T 
Fort me desplait que tant y ait nuisure 

I ^ Vl 's':"' """''• ''' '-' ■^■"^ '-'• 'le T.um... 

CF.RK, V. Cire. — Cr.RE.\IE\T V. .'"ar- 

MK.NT. ' 

CERE.Mo.MAL, adj., relatif aux céré- 
monies ; . . .: 

437^,'rT)"''" ^•'- '^'"■''"'' ''''''^''" B. .N-. 
^loy ^e,-emoniale. (C^lt., /,ij(,7., ij, vu, 

CERE.vo.ME, S. f., formes d'apoarat 
qui accompagnent la célébration d'une 
solennité : 

Cardes ses comandemenz et lesèeremo- 



2b 



CER 



CER 



ÛER 



»iVs qui sont esorile-; en ceste loi. {Bible, 
h. X. 8'JV), (' 'JV.) 

Sermonie, serimoiiie. (xV s-, Valpnc.,ap. 
l,a Fons.) 

— Maistve des cérémonies, celui qui 

préside aux cérémonies, qui les dirige: 

Preniierementmaivlioiliinghomnieveslu 
en ileuil, porlaut ung ba^ton noir en sa 
main comme maktre des cei-crr.'jnijei. (5 
sept. 1ÔU3, A. Seintf-liif.,G 4451.) 

CFKF..1IOMKL. adj., qu! con.siste en 
cérémoiiiaa : 

Aucunes escriplures so.tI sacramenteles 
elles autres sonl. par manières '-e.>-™oni«/i?s. 
;.l. l'.oi.L.Mf, Haiim., U. X. 43T, f à'.) 

CEitE.MoMti-st.MEiNT, adv., en céré- 
monie, selon les règles : 

Au jour assigné, tout le cuninil et les 
pairs furent assembles fort •servmonieuse- 
vient. (1378, Lit de justice de Ch. V, Mém. 
du Pari, lie Par., ms. du Lonv.) 

Ceste herbe ainsi cere7>icnicufement pre- 
p.iree est fouveri^inea toutes maladies. (De 

fl.NET, Pli'te, .\S1V, M.) 

CEREMO'i-ïEt.x, adj.. qui fait des cé- 
l'émor.ics, das façons : 

Par aucunes liâmes et dainoiacies en En- 
gleterre qui sont les plus cérémonieuses 
gi-ns en honneurs que j'ave gairez veu. 
■jiaiti des Tourri., B. N. 19y'7. f" t> v°.) 

La iuy fut fait haulte ceninonieuse chiere. 
(G. Ca.^sTEtJ.., Chron. du duc PhiL, ch. 
.x.'i.xni.) 

Les E'^-yptien.;. qui eotoyent plus céré- 
monieux que tontsles autres hommes. (De- 
lon. A'di. des nyy., 4, l.V.j 

CKBE.\', V. SeH.^.V. — CEliE-^CER, CE- 
ÎIRNCIER. CEKE.NTJEK, V. Sf-BV-NCER. — 
llEnKSE, V. Cehise. 

CEKF, i. ui., espèce de béte fauve, 
très rapide à la course, et qui porte sur 
la têts aes cornes ramifiées appelées 
bois : 

Et poisleî cors ifn banias à nul pris, 
Ed q-iirs de rerf^ les treis sel^aura ont mis. 
,/(!)(., 2473.) 

L'a seul meichin cieca o lai, 
Lop ars portereat ambeiui 
- Et eers et biches ont ber«e. 
Si home ea ont aâ**2 porté. 

[Eneas. J33.) 

Auelmanz mes piez as cerfs, e sur haltes 
choses e!^l3ilisanz mei. ^Liv. des Psaum., 
Cr.mbri.ite, XVU, 33.; 

Li cei-3. 
(GEtT., Des:., Bril. Mas., Adil. iiîSO, f 38»; P. Me- 
jer, Bnpport.) 

Li cier^. 
iBREfEl, '^at. Clir. iii'J, !' 157".) 

Le cherf sa biauté renceveîe ^ 
Por aiengier une sci-penlele. 

(La Clefd'aniour.i, ilï3.) 

Un Jûur ala aux cJters chacier. 

jFbois»., Poéa.. B. .N. «30, f 3Ti r-.) 

El fu Iroiiïé un cerf qui avoit ai: col une 
chaisnede ciiivr-^.l.lLVt.NAL ff.s Lksins, llisl. 
de Cnarles VS, p. 3-J8, an 13)il.) 



Cuir de c/ie;/. {!•' sept, au 7 déc. 1402, I De., xerizes. {1406-7 \ M pi I r in r» 
Compledà liamaat, V Ûl, A. .Nord.) 46-47.) ' ' '•'''•' ^ ^^' ^ 

Ln i'?r/"el un senglier pris a mes des- Ft nornni nhTir„ i,,,,- i , 

pen. (.4U1, BaUli.,e d^creu., A. N. P .95, lie^^^s ceZ:. l^iZlî'l^l'':^^;'^ 
^^^- '■■' Brice, A. Tournai.) ' '' 

— CtV/6/ant-, l'archange Michel : | Pommes, poires, prunes, chei-ises (f 
... .. , , ^,, I Coca., Chrnn., c. 39.) " ^ ' 

ilich-el, le i:erf Mnnc. • , 

(\Iir.deN.-D.,wn, 2.) ! ,,.^''?®'' patenosli-es d'os de cerise taiUee- 
I (lo.il, Irw. de Louis de Savoie, f )i v".) 
CEKFEuiL, s. m., plante oinbellifère i Qf [[ o|„ 
aromatique dont les feuilles sont em- I 
pîoyées comme assaisonnement : 

A ceus ki sontplaceus, prendes muuskes, 

et si les mêles en .i. nuef pot et les ardes, i 

et si mele^ avoec jus de der/uel et nois | 

Pftjtes de bijs arses eu poures, et miel et | 

ijile lucit misamble. (siu's.. Hem. pnp., .\.ni. I 

Salmon, daus Etudes rom. déd. à G. Paris, I 

p. -255.) j 

Cerfolium, sermenna, cerfoiz. (Gloss. du ', 
xif s., Leop. Delisle.) 

SerpiUum, une herbe, se/'/ui^ii.Ci/ois. /«(.- ' , ,, , 
/T., ms. Jlontp. Il 110, ^243 r°.) I '■ "' '-'"■ 

Cerfoil. iOlos.. de Gla^oo-c V. Ueyer.) j cerisier, s. m., arbre de la famille 

Cierfiel, <^evfieul U'.ierfieus. (Remèdes , des Rosacée^ qui porte des cerises : 
ont .J ij t .'. _Uo<^] t 1 r .y 

Cerfeul. {Le Grtud Rerbiev, f° 44 V>.) ,.,,, „,,';° "r'^'f 't!''^ P"^"'»'- 

' (t»il!T. D.\aa., Erad-, 4236; ms. Tarin, fo U »•.) 

L.i ;leiirde'-/i^/yV;//;.(LEFnuB,MEii, D^oo/-- i Int^,- ,niHp,-^i,,m „t i.. ■ ■ • ,, . 

' ' j l-J-*. iMrtui. de Cambron, i.ii.) 

CEliF \oi..v^T, s. m., jouet d"enfant ! Cardinet .is chierisiers. (Mai 1301, C'est 
fait d'une charpente recouvei-te de pa- ' ''^^"'^ '''^ '^ Vevghe, cbir., A. Tournai.)" 

Larue desieW:/«-s. (|.3«6-7, Co^^erfe 



CERiiEE, s. f., récolte de cerises: 
Cerisee, recolle de cerises. (Mo.xet.) 
CEHisETTE, S. f., petite cerise : 

.Sea levrettes ne «ont a taire. 
LiQ p.jii eijUee.s et gro5,-«Kea, 
Plus vermeilles que cerisettes. 
(J. Ls Fevbe, la Vieille, I. Il, ». 2710.) 

Paris r'223M ^^^^^' '^^' ''^''^■' ^"'' '^^ 



pier tendu, qu'on fait enlever en cou 
rant contre le vent, et en le retenant par 
une ficelle : 



J. Guerin, f» 7 V, A. Cher.) 

Ouvriersqui ontplanté lescefcier*-. (13*) 
A. S.-Inr., C 438.) 



Au roy fut présents un cA^i/iY/W^^f, au rh'rin;^,- ma'k r, / n-.i. 

ducd-Ur:ien^ungblanchi.ne.(G.CHASTÈLL., FonsT ^ ' ' '"'"^ Bethune, ap. 

Chron. dei D. de P.mirg.. 1, 20.) rous.; 



CERI.N, T. SekEIN. ~ 

CERISAIE, S. f., lieu planté de ceri- 
siers : 



La 



Environ sept arpens de jardin et cery- 
soies. 'J ocl. 1471, Lelt. pat. de Louis XI.) 

Ctrisuije. lieu pociplanté de cerisiers. 
(Mo.NET.; 

l'ne très ancienne rue de Paris s'ap- 
pelait rue de la Cerisaie. 

Cf. !i, 2l^ '• 

CERISE, s. f., fruit du cerisier: 



CER.NE, s. m., rond ; marque circu- 
laire formée autour de qqch. : 



E c^'^^te enleDciuD 
Avum nus de! leuo : 
De sa cite en vertet, 
' Si cum est espruvet, 

Fait un cprn^ par terre. 
Quant volt preia cuncjuerre. 

(P. DE Tuios, Cumpuz, 164.3.) 
H reis Latina fist le champ l'aire. 
En sus les a fait toz retraire 
Et le cerne bien eslar^r. 

(E/ieas. 9299.) 
Li bons qui les prent (les serpens) si fait 
^l. cerne entour le gastine.(tt;-o«.rf'£r7îo/,'; 
I ib.) Var., seï7(e, cherne. ' 

D'ire et Je aiiiiUlunt ruiigit corne certse. 

ii.ScD.,Smin., XXllI.) 
Ne lui valu une ceHse. 
(Gii-r. d'Abs., Eracl'-, :ilM; tus. Turin, f" 17 »•.) 
Chavols ait blon». îe vis vermoil et cleir , 
Fresc et novel plui que roze o-i serize. 

{Clmts-, Berne 3»9, f» 93 r".) 
De la gourpijle voz doit bien raraenbrer 
O'ii siet soz l'aube et vueult amont baper, 
Voit les Ciliées et le fruit meurer. 

{A/Il if et Ami Us, 571.) 
Cereses, freaes vermeillottes. , , 

[fiiM, B. >-. 1373, fo If.) ! Le cerne d'entour la prunelle de l'ueil (de 
■■ l'épervler). {Modus, P 9« f.) 



1 Et en diviers luis ont parmi le chieme 
! del grant occheantlor résidence. (Rom de 
j hancr B. N. ]ii6, f 38 r».) 

'■• Pour recleuer les chern.es de le roe dud 
, molin. [VM, A. .N. KK 393.) 

i Pour .vm. corbes dont on fit le cei-ne de 
; la roue. (1314. Rerenus des terres de l'Art 
I A. .\. Klv 30i, r 2'J.) 

i _ Car par son cerne 

j An jour d'ui chascun se gouverne. 

(C. MiCH., Poés., B. y. 'j;.i\, f" 30=.) 



Un temps c{ue pommes et cherise.t, ; 

Noiz, résina ou fruis d'autres guisea j 

Seront bons. lor U en présente. 1 

[Ctef d'amouri, 1497.) î 



Pour passer, aller et retraire. 
De la au siège et en leur cerne. 
{Mabcial, Vigdeade C/iaries Vif, p. 132.) 



CER 

Faire un cei-n.e, un cercle. lilONET, Paral- 
lèle.) 

CEU>EAi-, s. m., noix i moitié mCu-e 
dont on mange l'amande détachée de 
son enveloppe et assaisonnée avec du 
verjus: 

Ceini^aux sont vianJes de scigouors. 
^Tteb, 644.) 

Cerner la noix, faire; le remeriii'iie noix, 
fai>anL un cerne aclo-ùr avec la pointe du 
coutcùu. (Mowvf.) 

CE!i.\ER, V. a., faire un cerne autoar 
•:e quelque chose ; investip. entourer de 
tous côtés : 

Les arbres cei-n^r. [Establ. de S. Louii.l, 
26.1 

... Tout ainsi qu'un prince 
Qui plain de ma^eslé, rode par' sa province, 
So ïûil cerné de dues, de comtes, de barons. 

{Du Baûtas, Srym'Ufi''. Vf.) 

— Détacher tout autour : cerner des 
noix, en faire des cerneaux en les déta- 
chant de la coque : 

Cueillir cormej ou ao^--4îlt«a 

Ou ch.ist^ù^uea eu ce bovs, 

.\iiatre ou cerner des noir. 

(Cas- D« Pis., Bit 'U la Pa^!., B. .'«. 836, f- 50 r-.) 

CEK.NoiR, S. m., couteau à cerner lea 
nois: 

Un cernoer qu'il avoit qui .ivoil le man- 
che d'un cerjat bien aigu. (Ii91, A. X. JJ 
141, pièce !22; Duc. Cenieii ilCoiiharra.) 

f:Eiioi.\E. s. f., emplâtre dont la cire 
. fait la base : 

i*'y ot emplastre, ne cîroîne, 
t>e u'v ot nerfs ne Os ne voine. 

(J. IL Mecjs. r,-«., 331.) 

J'a/ du persin Massidoine ; 
Je ûnerove bien d'un stroine. 
{Pasi. Xostre Sdiyii^'to; ap. Job., J/vi''., Il, 300.) 

Voyantîa guerisoiis approcher, coainaan- 
ilerer.t qu'on luy appliquait sur les Lras 
des sirmmss, pour esch.iutïer l'humeur. ,Ta- 
BOCBOT, Esn'aign. dljonn., XLil. ui, 297.) 

Sù-onne. X kinJ of fumenlatioa. iCùtc-e.) 

CEByi'E, V. Cercle. 

CEKRE, s. m., espèce de chêne d'Ea- 
rope: 

Ceire, arbre, espèce de fou, de fosleaj 
de beslre. hu:c ccrrus, ri. (i!ù>ET.) 

CEKTAi.v, ûdj.. qui est tenu pour vrai, 
qui tient qqch. pour vrai, en parlant 
de personnes et de choses : 

?te eschipce ne esturman 
De lor di'-'it coi-s u'ccent CÉrrian, 
Il ne Sfcveut quisl part il torceut. 
S'il Tont avaot o il retornent, 

;£««fw, iti-â.) 

Tant ai d'amor mon fin caer esproyé. 

Que ja sans U n'ivrsi joie csriaint. 

(Cfl, CEiTEL. OK f-OCCI, ChOJlS., XjT,) 

Deves estre serlum.'.- que... (Rvju.'., B. >'. 
1Î61, r 7».) 



cER 

Icele esïaiche est molt certaine. 

(doiOT, Sitle, 6Î9.) 

Feing que de tout soies certain. 

{Clef d'amrturs, 50S.) 

Je ne sui pas certeini pour ijuoi. (l'250, 
Lelt. du C-' de Pùil. a S. £,., A. N. J 890.) 

Certuine chose. (De/osi., XII, 20.) 

Veray et sertan. (1308, A. Gir., G 401.) 

£■, grats cours n'a sièges qui soit certains. 
(EosT. Uesch., V, ÎJ3.) 

Je ne vous puis limiter certain temps 
p,nir attendre le jour de la bsiaille. pareil 
que cela deajienJra du chemin qui: fera 
l'armée de mes ennemys. (9 janv. jô92, 
Ijitt. mus. de H-'irrr. IV\ t. IV. p. TiiS.) 

— Faire certain, prévenir : 

Je vous /(()/« certain que je ne seray ja- 
mais content d'un tel mariage. (Le Maçon, 
Trad. de B'm:c., 3° jour., 9' n., f° l'.'O r°,'éd. 
l.V)6.) 

— Au certain, avec certitude: 

AHin que sachez au certain la vérité de 
ceste matière. (13 mai_ 1468, telt.de Louis 
-Y/, III, 217.) 

Cf. Il, '23". 

CEitT.4i.\EME.\T.adv.. d'une manière 
certaine, avec certitude : 

Car je sai bien certainement. 
^Gact. d'Isb., Fracle, 2797; m*. Tuim, f" 10 r».) 

Car tu sais biea certaineynent. 

(CaaKST., Charrette, 30206.) 

Serlainueruent. (ilorl Artus, b. S. 2'i36', 
P 10'.) 

Certaignement. {Ih., f 11".) 

Certennement. ÇS.-Graal. B. >. 24m, t°12 
v°.) 

Sertairjiiemenl. {PmuI., B. .\. 1761, f^ 7^) 

Serteignemeitt. (Ib., v".) 

Sertej/gnemevt. [Ib.. flSl".) 

Car je 5ai cerlamenent que je suis dese- 
ritiez. (MiiNtsTREL, j 64.) 

Li auges tel atoychement 
De sa voirie cerioyneiitent. 

(lliCÊ. Bible, B. N. 401, ? 49-.) 

S aiuais faicïes, tenez certainementf 
Que ^raut proudt de la court vousvenrra. 
(El-st. Descb., v, 303.) 

CERTEFJE."», mod. Certifier, v. 3., ga- 
rantir contime vrai, assurer qqn de la 
vérité d'une cliose : 

Si ne peu=l il pas le nombre 
bes graus conteus certefier. 

{Ro.iL, IÎ998.; 

D'amer haut oe t'esbahiz oùe, 
Quec O'vidis nous ceriefîe 
Famé ne puet, qui biau la tente. 
Fuire qu'a ^mer ne s'asente. 

[Clef i'umoTs. Î73.) 

Le certifia de sa mort. 'C/tron. de S. Den., 
ms. Sle-Gen^ r 28'.J 

Et lez bons fais de lui dire et certeffîier. 

IB. Cap'l, 1069.) 

Monte ii sonime. comme li dit maistre le 
cherlefijerent AU receveur... .xxxvi. Ib. .xv. 



CER 



21 



I 



s. (V septembre 1401, Compte d'A'imeri 
Vrediaul, A. Nord.) 

Et de la réception de ces présentes nom 
certifiez sullisauiment ou nostre amè et 
féal chancelier, par le porteur d'icelles, 
sans aucun delay. (li nov. IH'ù, Lett. de 
Cfinrles Vl, dans Juv. des L'rs., Hist. de 
Cfiarles VI, an lili.) 

PûurlescecJ/^erdesa résurrection. (1 494, 
Le Trésor de Fntne, f 25 i'.) 

Quand les prophètes veulent certifier le 
peuple de l'eslal paisible qui luv estoii 
promis. (C.M.V., Serm. s. le neitter..'ç\. 460".) 

lut par res gens adverty et certifié que 
les passages esloient fermez. (E.qe Laiguk, 
CojHin. de J. Ce.i,, !" 49 r".) 

Cf. 11, 24'. -v.,. . V:/: - 

CERTES, adv., certainement, en vé- 
rité : 

Ne) ferez certes, dist li quens Oliviers. 

(/îo/., 235.) 
Certes, signor, dit il, trop lost le saura on. 

(J. Rot)., Saisnes, .XXV.) 

C:ertes, Pieres, bien sai ke jou i alai trop 
folernent. (Henki de \'.\\.., S .513.) 

— --I certes, avec certitude : ' 

Parce que Socrates avoit seul mordu a I 
certes au précepte de son dieu de se co- 
gnoislre, il feut estime seul digne du sur- 
nom de sage. (Mont., liv. Il, cb. vi, éd. 
1.38g.) 

Cf. II, 24». 

certificat, s. m., écrit par lequel 
qqn garantit qu'un fait est vrai : 

Quand les ambassadeurs de Portugal 
orent apporté certificats. (Froiss., Chron., 
Il, lit, 18, ap. Litlré.) 

€ERTiric.iTEi;ii, s. m., celui qui cer- 
tifie, qui garantit : 

J'ai en juste crainte qu'on m'eust pris 
pour certificateur des enormilez. (AtB., 
Uist., ni, 423.) 

CERT1FIC.4TIF, adj., qui 3 ia vertu de 
certifier : 

Que je ne partirois point sans une lettre 
cerlifi'-ùtive de ma parole. (Carl., Vil, 7.) 

CERTiFic.\Tio.\, S. f., actioH de cer- 
tifier par écrit : .- - 

Et telles raisons prises de sens mistique 
ou fii'iiratif ne font pas cerlificudori. (Ores- 
iiE, Pohtiq., 2' p., r° 39".) 

Afin que son lieutenant en puisse faire 
cn-ii'/îaiiioHcompetante. (12 juin 13S9, Ord., 
VII, 285.) ' 

Par certifficacion de signes. (Peane de 
Crespy, B. N. 11659, f 8 v^) 

Cf. CERTiriCACION, II, 24". 

CEIITIFIER. mod., v. CeRTEFIER. 

CERTiTLDE, S. f., Caractère de ce qui 
est certain pour l'esprit : 

Avoir quelque ce^/('^(rfe et asseurance de ' - 



«50 



CfclR 



.|iu;lqiie ohuse. Cerli aliiiuM habere. (lî. 
KsT., Thestiur.) 

Son dessein («le la pliiiLiM.'phit^l e,->l de 
.•^hfrcher la vérité, la sciunce et la certi- 
l'-'dn. (Mont., Il, iiù, ap. Litlré.) 

CEHTOY.\K»IIÎ>T. V. CekTAINEMENT. — 

r.cRL'ïiuii;.\, V. CHira'nniEx. 

CERUSE, s. f.. scus-carbouate de 
p'onab : 

Ceri'eiije.(Compt.dc ."mi.-D. d'ûrl., 1392- 
! iOO, r 3-2 v°.) 

Poudre de ceruse de V'enUt: lavee eu eau 
ros-^. (Paré. XXV. 44-) 

i.:KBV.vis<>\..-s.î'.,teiiip.-) propre à ch.w- 
ser !e cerf: 

Li tan3 qu'on claimô cprroisona. 

{La Chace dou terf, p. 157.) 

A la >ostre Dame en mars commencent 
les appareils des cervoisons. [Ménc.jier, II, 
156.) 

E=2 la saisca quB hj juiv verdure 
Qu'arbrea oat prins feuilliage de verdura.. 
Que tous veaeura ea hauite ^rirvoison 
Vont daslouriier bi'jhes et ceiù fûi^oa. 

('."".asTici, Chants roy.^ f* 50 r".) 

cKHVEi.. niod. cerveau, .î. m., encé- 
phaie, sa partie a.Ttérieureeisupériaure, 
organe considéré comme le siège de 
l'intelligence : 

îl (leà cheveus) delTeiident le clientel de 
chaleur. (H. de Mondeville, 8. iN. 2030, V 

I 
Le cgi-vpl. (Oresme, Polit., m?,. \ st., P 1-2».) : 

Le seriv;. {Reg. da Chat., I, 328.) 

— Cervelle ; 

P.îr les oritlea fori eu Ut li cerreîs. 

IRol.. îioO.) 
E bciïei.l ea U saoc a itcUe^t î i cemans. 
lÏB DE Kï.-ii. Gfst. d'.iLs.. B. N. Îi364, f« 63 ïV) 

Et li tyrant le décolèrent et puis après de- 
-icoiereat le chief tantque li os et li cerviaus 
fure.n.t e.-parsi Darl'egliie.' r;esa!;î.' Ihcinds 

— Paitie supérieure d'une con.struc- 
iio'.i : 

\iii compagnons marons iOsols tcurnois 
p( vr !e vin qu'ils sontalles boire ensemble 
,> la c;.>slure d'.i cfrreaul if la voulte du 
pont, (lôl'.-r., Comptes de iVet'.-'s, CC 88.) 

CERVELAS, s. m., saucisse courb.e for- 
tf'ment. êpLcée : 

Csrvelat. ("ab., Qur.rf liv., ch- r.xxi.] 
Cevvelus. (.\.. OfD., Ceroelliens.) 

CEstvxLET, 5. m., partie postérieure 
ot inférieure de l'encéphale : 

C?r!'<?/p?.- m. The hinierpartof the broin, 
.lext lo '.'ne nape of Ihe iieikt-: raakea but 
■1 tenth c-i the whole, ai;d •< divjded from 
tt^e rest ijy dura, et pia mat«.'-. (Cotgr.) 

rERVtLinRE, s. f.. sorte de casque 
ouvert. 

Cf. IL 25'. • 



CEb 

4:i:rvi:lle, s. f., substance qui consti- 
tue le cerveau ; cette substance consi- 
dérée comme le siège de l'intelligence : 

E la ceri-ele li chlet .i3 piez desus. 

(floi., 1356.) 
Parmi le te«ie ea le Cffueel. 
(C.itT. d'.Ibr., Eructe, 581:!; mj. Tarin, f» l'i ,'.) 

Celoelle. {Vies des S., ras. Epinal, r 41''.) 

Ciarviel/ê. (Hem. a.ic, B. S. 2039, P 8 v".) 

Cen-dilte. 
( Vais dou pnjin, B. M. Icô4; f» | ;j ,.o i 

Sire, cest peuple se révèle 
Il e3t de trop dur« cfrvvle, 
Ost^î lui sa joUveté. 
'). LecKiiïRE, lîexp. df la iriùrt. B. .V. 'J94, r |ijo i 

Tous deuï sont folz et sans cerv^tle. 
„ . {Palhflin, p. 106.) 

— Crâne : 

Ja fussent pris et relenuz. 

Li chiens, quant sont soreveouz 

Li moutons es flures cprveies. 

( ïsop., Î743. ma. Lvon,) 
Doiikes fust mieus, soif il, soit ele, 
Ke ligne dusk'eu le chp.rvete 
Li eusl tout le pnil molu. 

(Hesc'-US, Misereiv, icvlr, /.) 

i:Ki:y\i:\L., 'idj.. -jui appartient ,i la 
partie postérieure du cou : 

Par le plus grand des trouz la meduleu^o espine 
Sortant du test, decend loul au long de lechine. 
Et par les plus petiz ordonnez pour tes nors 
La ccrt:icale veue a p.î?sage au travers. 

(AoB., III, 425.) 

CEHvoi'iE, S. f., boisson analo.'Tue à 
la bière : 

... Ea bevant ciervoisse. 

(Pa. Monst., Clifon.. 31111.) 
S'i ad beivre fors ene dé funteine 
U sout aveir cervehf ea la semeine. 

(JoKD. Fajtosjce, ChroK., 608.) 

Atous doneit a le glise de Flored'e, tout 
le cens et le rente en chapons, en fouaches. 
en /jhervose, en deniers. (12S5, Cavt.de Flo- 
reffe, P 14 v°, A. Namur.l 

Ckercnise d'A'.eiiiâiii^ne... mies et chef- 
voise. (Dialoj. fr.-/lo.m'., P ti".) 

D'ung tron^noa de chou, ung naveau ; 
ords ceyoisp. ria nouveau ; 
D'une truie, ang aoiin a vent. 

(V1U.0J, Ormd Test., 700.) 

De la prinse desdits vins firent les Fla- 
meas grant feste. et le buvoient, en l'eu 
■i&a-ivoise, a !ong-s baseauï-rilûLrN., Citron., 
î!î, Îô8.) , . ..-.» ,. ■ 



Cf. ri, 25'. 

CESAR, nom propre, puis nom com- 
mun, désignant un empereur rotnain, 
un prince héritier 'lu pouvoir doc douze 
preaiers empereur romains : 

Hardi comme un Cflsnr je suts a ce.ste »nerre 
On l'on comhal armé d'un grand potet^l'uQ 

f ir , - [verra. 

{Yaa-ÙP.-Yire. ap. Jicib, \aux-ie-Vires Jf J Le 

CESARiK.>,adj., s'applique à une opé- 
ration chirurgicale par laquelle le fœtus 
est extrait du ventre de sa mère : 



CES 

c<7.Lwr'f '^ •? '"" '■'''■^ '^^ l'enfantement 
cœsanen, escnt qne... (Paré, 12.) 

CESSATION-, s. f,, action de cesser: 

Ju.sques a tant que le roy y mist ,-« ■« 
ao,«. (J. GOUL.M,, Ration., B. N.^i.-^, r 379"; 

Cessation.^ de labeur.(G.CH«TEi l Chrrm 
des ducs deliourg., f, ^5 j-'^-^^'^'^'-'". O/i/on. 

Depuis la ces!!afion e! discontinuation dé 
la dite foire, (.i août 146-5, Ord., XVI, 330.) 

clK um)"'""* """ '""^'''*'' ' "^ '■'■' ^"'"■' "'•■•• 

re^^de^'m^n:^^ ''""'" '''"" ^'"- 

tK^-sK. S. f., le lait de cesser. ân,re 
lâche : 

B,irres chemine et pase lo pais 
Isoolement, ne prlsl cesse ne Bn. 

(J/orr Aym. de Narb., 369.) 
Dujc'a Monbrant ne font cesse ne En. 
{Deures d'Eunstone. B. i\. li34S, f 93=.> 

CESSER, verbe. - IV., ne pas conti- 
nuer ; 

Genl paienur ne voeleat cessfy unkes. 

(.«0/., 2G39.) 
Quant vinl .,] r,ua,t, qu'Uniorna, 
U veiiz ladh, dei tôt assit. 
Li solelz lieve, ne plut mais, 
Del lot remest la mers en pais. 

{Eneas, 265.) 

Lieve por Deu. ta main, fai mon dolor ciese,-. 

(Nais-!, du Chevalier au Cijrjne, 1962.) 

Onques ne vi sa bouce ne nuit ne jor chesser 

De loenges Dieu dire ni de s,-,uiiers cinter. 

{.De S. Alesis. Sb4, Berz.) 
Et li mes s'achemine, <jui bien fu afeutres ■ 
James ne chiessera ne n'iart asseures 
tant que en Franche viengnc, ou i! est ^routes. 
{Doon de iTaimce. 8132.) 
Se tu veuz (ju'amor ne te lesse 
De bons ars aprendre ne cesse- 

{La Clef d'amours, 1337.) 
, Comment pourront cesser les maulj ? 
(EuST. Desch., V, 369.) 
Je pourrois bien trop cessier 
D'aler aourer derrecbief. 

(.1/iV. de iX. D., m, 33.) 
Pour ton saint nom plus essaucier 
Me tesmoingnos cy sanz cessier. 

{ll>., Vr, 304.) 
Il x'T^"'^ '■'51-age fut cessé. [Im-é., Aslree. 

— Ccï.s-fy- de, mettre un terme à : 

El de les fere c«s«- des dis excès et dom- 

Bo!^-^^1i '-'''■ ^" ^^ ^'^ "' ^'"'■^- de 
C d^Or') "" comp'^es Dijon, B 2.î8, A. 

De ta foie créance cesses. 
Si feras bien. 

{Mir. deN. D., IV, 9S.) 

— Réfl., avec le .sens du neutre : 

Biauj seigneurs, vou? vous cesserez 
De moy parler q^e preu^^ne femme. 
{Mir. de N. D., m, 131.) 

r. , Assez pensèrent, 

bt longuement de parler se cessèrent 
(i. Cni,T., Poés., DiS..I«.Jcnî fortmes J-aai., p. 579.) 

Enfin le débat se cesm quant il n'y eut 



/ 



CHA 



13 que prendre.(\VAVR.N,^l«f'<'en«-C™"- 
înç/let., II, 120.) 

— A., mettre fin à: 

Bonne femme, cesce Ion compte. 

(.UiV. de X. D., 111, 198.) 

Cf. II, 26». 

CESSIBLE, adj., qu'on peut céder: 

Reirait seigneunal et conventionnel esl 
ssibk. (LoYSEi., Inslit. tout., p. t29.) 

CESSION, S. f., action de céder à un 
itre ce dont on est propriétaire : 

Nulz debteurs n'esloil receuz en la dicte 
lie a cesiion de biens. (Ord., MI, oi*.) 
Seission. (1360, Rvm., 2' éd.. VI, 233.) 
Cf. H, 26°. 

1. CESTE, s. m., courroie parfois gar- 
ie de plomb dont les athlètes s'entou- 
aient les mains pour le pugilat : 

PoUui bon a combattre 
Aux to«e» emplombes. 

^Boss., 84j.) 

2. CESTE, s. m., ceinture de Vénus, 
e Junon : 

li^timanl que ce fusl le vrai cesie tant 
elebre dont Venus conjoint les amans. 
YvEii, 5(jl.) 

cÉTACÉ.s. m., grand mammifère ma- 
•in qui a la forme d'un poisson : 

Cétacé (COTGR.) 

CETERAC, S. m., fougère à feuilles 
Bucilagineuses, employée comme pec- 
;orale : 

Ceterac, c'est une herbe qui ... croisl 
■onlre les murs vieux. (GrarU Herbier, n 
120.) 



CHA 

huves c'est a savoir cordes par lesqueles 
les va le^ et li cheval traient les nés con- 
uemonl le iaues, que eles ne somn au fi- 
les et ausi lines dedenz conie dehors (Est. 
BoiL., Liv. des mest., V p., Ut. XIII, 1-.) 

Li prevos ont pris ancres et caavles en le 
mer. (1319, ap. G.RayMud,Dial.pic.,p. 30.) 

ChaMe. (1421, /««■ de l'arlill. du chat, de 
Blois, A. Joursanv., Bibl. Blois.) 

Gros rasbles et cordages. (Altos, Chron., 
B. .N. i082, r 110 !■'.) 

\ Tassart BaiUel ayant faicl un caMe 
pourrorlûge de l'eglisede S. Berlin. (150-, 
Compte, S. Umer.) 

Un gros rhable court avec les bracheles, 
servant a lestablie de l'engin Ponr les 
dalles d-entour le ceur. Lng autre petit 
chable, servant aux pilliers carres d en o ir 
le ceùr. Ung moyen chahle qui fut taicl 
pour servir a la lanterne lorsque on y be- 
son^na Ung autre long chable pour servir 
a bousier a la lanterne. ( 1528 nvenlotre 
fawte pm- Jehan Phmrt, clerc de If'^^"'' 
thedrale de Sùstre-Dame de Rouen, A. ï^eine- 
Inf., G 4123.) 

Les chables sont les amarres et le gros 
cordage de navire, (li. Biset, Men: de nat., 
p. 94.) 

i CHAALIT. mod. châlit, s. m. et f., hois 

de lit : 

Li caelit qui ne sunt pas de métal, 
Mais d'or fin esmeré, entaïUie a cristal. 

(Rom.d'.Kle.':.. f 44", Michelaot.) Impr., cacht. 

Riccs fu moU li caalis. 

^BEI^., TroiVs, B. N. 37S.) 

E li Uï saint Thomas eslelt apareilliez 
Desus un chaelil- 

(GiES., 6'. Thomas, 3S4î.) 

La kaalis faisoit moult a loer : 
Li pecoul furent de fin or esmeré. 
Et les espondes d'ivoire tresjeté 
As .un. bors du caalit doré 
\ .1111. oisiaus qui moull font a loer. 

(Huoii de Bord., 4918.) 



CHA 



23 



Cf. Cëter.wh, 11, 27'". 

«ElE, V. ClGLE. — CEVACIE, CEVA- 

ciER, V. Chevaucuee, Chevaucher. — 

CEVALCEEIB. V. ChEVAUCHEL R. — CE- 

VALCHER. V. Chevaucher. — cevaii- 
CHiE, V. Chevauchée. — ceveii., v. 

Cheveu. — ceveleure, v. Chevelure. 

- CEVIERE, V. Civière. — cevil, v. 
,y,L. — t.EVRiOL. -BUEE. V. Chevreuil. 

- CHA, v. Ça. 

'^ chaable, mod. câble, s. m., gros 
irdage : 

oors firent faire barges et nos do grant ator. 
Qui joignent as cheables et as cordes antor. 

(J. BoD., Saisnes, CL.\.\1.) 

Dou chaable vos remuez. 
(J. Le a*»cn*ST, .\fir. de X. D. de CItarl., p. 74.) 

Uns lioms peut bien une nef Irairo ? 
Oil. dame, au moins au chaahle. 

{Wjse,n:yM.] 

Nus cordicr ne puel ne ne doit faire 
chaable de quelque manière qu'il soit, ne 



Si le couche en i. caelis. 
(Richart le beau, ms. TuriD, l' 136 ï" 



:ol. 1. 



Coustumlers de faire Ut 

Et sans kuete et sans carlit. 

{Les Mir. de S. Eloi, 109. 

.1. chaaliz ot lez le fouier, 
C'oo soloil fere charriier : 
El chaaliz ot .ui. eserins. 
(Des trois Boçus, 113, .MontaisloD, I, 17.) 



Un lit avec le kalit. {Un partage nwbil. en 
1412, St Germain, p. 22.) 

Ung calich. .xx. s. (25 avril 1419, Exécut. 
ieslam. de Ydde Lamour, u' Jehan de Hau- 
prcnçi, A. Tournai.) 

Neuf rhaliz de bois. (Vente des biens de 
Jacques Cœur, A. N. KK 328, f° 268 v°.) 

Deux chnrlis de lit. (1460, Inv. du chat, de 
Bouconuille, A. Meuse B 1550.) 

Ung rhuslit de bois de chaisne. (1462, A. 
K. M 80.) 

Pour ung escring ou il y avoil .n. mau- 
vaises robes, ung caudron, ung drechoir et 
r ralirh de .nu. pièces. (Ii6'2, Comptes des 
rioieres d'EscauU etd'Escarp, A. mun. Mor- 
tagne.) 

De Collarl Fierin par Escaull amonl pour 
.11. cutis de .viii. pièces. (Ib.) 

Le lich de couchette, calich, gourdines, 
etc. (1479, Lille, ap. La Fons.) 

Calit. (Ib.) 

Un charpentier l'ail ca/i's a l'ostel du duc. 
(76.) 

Pour ung calich a chiel. (28 janv. 1489, 
Curatelle de Jaquel, A. Tournai.) 

Sur ledict champlit a ung lict de duvet. 
(1501, Inoenl. de l'Ilôlel-Dieude Beaune,Soc. 
d'arc'héol. de Beaune, 1874. p. 143.) 

En ladicle chambre a ung grand cham- 
plit de chesne. {Ib., p. 147.) 

Les bancs el le challil. (Bah., Tiew livre, 

ch. xxvi.) 

... Et puis tout bellement 
S'aprochant du churUct, saisit le cimeterre. 

^Du Babtas, Judit, VI.) 

Deux chairliclz bois de chesne. (1625, 
l7io. de Racinot des Bordes, A. Meurthe.) 

CHABAA.\E, CHABENE, V. CaBANE. — 
CHABESSIER, V. ChEVECIER. 

1. CHABOT, S. m., poisson à grosse tête 
appelé aussi meunier : 

N'est pas graindres d'un cabot- 
(Ilist.de SteLeocade, B. .V. 19132, f> îj.) 

(lue il ne soit nuls, qui d'ores en avant 
pesque en no justice, en le rivière d'Es- 
caut de harnas nul, quel qu'il soit, lors 
que a le nasse dont on prentcaAos el gou- 
vions. (26 avril 1380, Reij. aux publtra- 
cions, A. Tournai.) 



2r> 

u souvenl. 

iomT., p. 431.) 

rin , sou- 
'"f en 



.„„. kaelis de lit. (8 mai 1339, Parchons 
Colqrs, a caudreliers, A. Tournai.) 

Uns lésons, el .i. caalich. (9 mars 1348, A. 
Tournai.) 

A une femme pour .i. kaelirh, .n. s. .vi. 
d. (0 sept. 13.50, Exéc. test, de la veuve Ma- 
hieu Daubi, A. Tournai.) 

Deux r/,«,(/is cordes, un granl et un petit. 
(1389, Invent, de Ricli. l'u-que, p. 20.) 

Un vie/, rhaaley de bois. (2 mai 1394, In- 
vent, de meubles. A. Cole-d'Dr.) 

A llauetle l'rousselle, un lit eslolfel de 
un. paire de lincheulx-, un couvreloir, et 
le caulis que la dicte delTuncte li ayml 
donné par son dilteslamenl.(30 mars U02, 
E.réc. lestam. de Callierine Proussette, A. 
Tournai.) 



2. CHABOT, V. Sabot. — chaclx, 
mod., V. Chascun. 

CHACE, mod. chasse, s. f., action de 
chasser, de poursuivre ; course sur un 
pays ennemi : 

Jusqu'as lentes dura la cache. 

(Be»., Troie, b. N. 375, !' 95<.) 

Moult fu grans celé cace, longuement a duré. 
(Fierabras, 1764.) 

Le chece commance mainlenanl. {Mort 
Arlus, li. >'. 24367, f" 79^) 

Si ferai, puisque sui en queche. 
Du mcillor fust que j'aurai Qcche. 
(LesCrieries de Paris, ap. Crapelel, Prou, el dict. 
poput., p. 146.) 

Quachea. toutes besles. (1248, .Mor., 169, 
r241 r°, B. N.) 



3.) 



427.) 
JS5.) 

; ma,' 



24 



CHA 



Robastro los pn.-ache a la pesant cuignie, 
\ la carh,' piTtlircnt moult la gnnt pau-nnio. 

(Gaiifrnj. 1012.) 

Charhe. (Ka.nidor, ms. Turin, f" 212 r°.) 

D'une rair/ii' (\\n li liaillis des bos vault 
faire en le vitjne <le leur ef.'lise. d'avoii- len- 
(lul peuuinus. (Cui-lul. île Cuisis, B. N. 1. 
17777, f" IJ.") i'".) 

Ileni il nous plaist et voulons que il ail 
en la ville de Tournay bancloche pour son- 
ner a loules justiees'au commandement et 
a l'ordonnance du dit gouverneur... et aussi 
pour l'aire rarhes a l'empire ou a'llPU''s- 
(1333, ^Intiils deTom-nny, reg. 6fi,cli. l.iSS, 
IHic, Car/lia 5.) 

Et grant fuison de bonnes gens y eut 
mors; tant sus les camps comme en le ra- 
che. (Froiss., Chron., VI, 169.) 

— Tableau représentant une chasse : 

Une canhe, c'est assavoir des figures d'un 
homme courant, 2 chiens courant, deux lé- 
vriers et un cherl' a mettre sur une maison. 
(10 oet. 1394, rabell. de Rouen, Pal.de just.) 

— En cliace, loc, en hâte: 

Il depesche sa messe, laquelle il <lict ™ 
chasse. (Bon. Desper. ,IVo«i'. recréât., p. 100.) 

Cf. 11, 29-. ■ 

CHACEMAHEE, mod . chasse-marée, 
s. f., voiture accélérée pour porter sur 
les marchés intérieurs le poisson, le 
coquillage péché sur les côtes ; s. m., 
voiturier qui apporte ce poisson : 

De WlUiaume Cacemaree. (1260, Chauny, 
A. N. J 38.'), ap. Dufour, Situai, financ. des 
vin. de Pic.) 

Berlran,<;Y7ç/)emareedeChauny. (dct. 1350, 
.\rch. Chauny, dans Corn. arch. de Noyon, 
1885, p. Ii9.) 

Poissonniers ou cackeinarees. (i50j, Coût, 
loc. du baill.d'.imiens, 1, 303.) 

Fig., chace ranree de nuit, cou- 
reuse : 

D'une qui se fourre en ces trous 
Sur le soir, quand la lune luyt ? 
Elle chasse les loups garons 
Et les chassemarees de nnyt. 
(COQUILLIRT, Nouv. Droitz, i" part., De Presiimptio- 
nibus, I, 104.) 

OHACEOR. mod. chasseur, s. m., ce- 
lui qui se livre à la chasse : 

Chaseheor. 
(Vies des Père-:, ms. Cliartres 371, t» 83 r°.) 

Son cor prent et son arc et seeites qu'il a, 
Sa hache et son coutel, que U 1 aporla. 
Itel atillement comme cachierres a. 

[Doon rie Maietiee, 1874.) 

Pour Dieu, de ces chaceurs nouveaulï 
Gardez voz brebis pour les leux. 

(EusT. Descb., V, 347.) 
Cf. 11, ■29". 

CHACERESSE, mod. chassercsse, s. f., 
celle qui se livre à la chasse : 

Syrius fu virge et chascherresse. 

[Fah. (i'Oi'., Ars. 5069, f 8=.) 

— .'\dj., de chasseur: 



CHA 

Achèterez vous ce cuir de cerf que j'ay 
en mon sac, pour faire bonnes cordes chas- 
seresses pour vos veneurs? (J. o'Ann.AS, Me- 
lus., p. 51.) 

ciiAciE, mod. chassie, s. f., humeur 
gluante sécrétée sur le bord des pau- 
pières par les glandes ciliaires : 

Pour [arhactiie, ostre : Prendres fenoul et 
arremeiitel Uievrefeul et miel et vin. (.\iii° 
s., flc/H. /")/)., Am. Salmon, dans Etudes 
rom. déd. à G. Paris, p. 2j6.) 

Enci vesci autre mechine contre cachie 
et autre dolour. {Ih.) 

Des eus oustez la jocye. 
(G. D! BlBLESWORTB, 45, P. Meyer, Rec..^. 363.) 

Des eus oustes la chacie. 
(1d., ms. Cambridge, Bilil. L'niv. GG, I, 1, f" i"9.) 

Lipa, rucliie. (Gloss. rom.-lat. du xv" .?., 
Scheler.) 

Epifora, une manière d'ordure des yeulx, 
c'est rliacie. {Gloss. de Salins.) 

Les chacies des veulx. (Jard. de santé, I, 
115.) 
Les chacMes. ilb., I, 122.) 

■ ciiACiEit, mod. chasser, verbe. — A., 
poursuivre un animal pour le prendre 
ou le détruire, faire fuir, pousser en 
avant, pousser hors d'un lieu : 

Se Dix vos ait, bel enfant, fait ele, dites 
li qu'il a une beste en ceste forest et qu'il 
le viegne cacier. (Auc. et Nie, 18, 17.) 

Et plus fuit et ge plus le clia: ; 
Ne m'i vaut néant mes porchaz. 

[Dolofi., 4148.) 

Et voient venirune naehele parmi la mer 
et acouroil vers aus a si grant oirrecoume 
se tout li vent du monde les cassaient. (S. 
Graal, Vat. Chr. 1687, P iV.) 

Noble Lion, le bestail vous appelle. 
Et vous devez secourre voz subgis, 
Chacez ces loups. 

(EusT. Desch., V, 89.) 

Et les rltnchoyent les Allemans devant 
eulx. (Eroiss., Chron., B. N. 2646, f 120".) 

— Fig. : 

Le mal que il avoit au cors, 
Caçoit. 

(Geff., Ctiron., 141.) 

— Pousser devant soi : 

J'esloie liues a un rice vilain, si caçoie 
se carue. {Aucass. el Nie, 2i, 47.) 

— Fig., chacier en. pousser à, exciter 
à : 

Et vous veut chasser en colère. 

(Fr. Perrin, Escoliers, p. 12.) 

— N. et abs. : 

Vers lui se tome et dit : Lessez, 
Grant folie est que vos chaciez. 

(Parton., B. N. 19132, P l'iS'.) 

Qui qache el riens ne prent. 

(Bretei, Vat. r.br. 1490, f" 157'.) 

Que en la grant forest l'ont deable esgaré. 
Ou il ala cachier, plus a d'un mois passé. 

[Doonde Maience, 1213.) 



CHA 

Kachier es bos. (1248, Charte, Morice 169, 
f"241 r", B. N.) 

Que il n'a nul droit de caichier ne de 
hafer es bos. (1327, Carlul. de Guise, B. 
N. 1.17777, P 136 r°.) 

Cf. 11, :îO'. 

ciiACios, mod. chassieux, adj., dont 
les paupières sécrètent la chassie en 
trop grande abondance : 

Dont li prist la navreure, si devint cacious. 

(Herm*», Bible, B. .\. 1444, l' 30 v".) 

Le celidone me prendes, a lait de femme 
le nielles, cegarist les ieus cachieus. (xm" 
s., Hem. pop., Am. Salmon, dans Etudes 
rom. déd. à G. Pans, p. 256.) 

Nostre oil si estoienl chaceuls et oscur. 
(Serm.de S. Hem., p. 5,30.) Impr. chaceuols. 

Mes vos euz sount jaciouses. 
(G. DE niiiLESWORTU, 44, P. Meyer, Rec, p. 363.) 

Mes vostre eel est chaciouse. 
(ID., ms. Cambridge, Bibl. Univ. GG, 1, 1, f»279.) 

Cachieulc. (Gloss. lat.-fr., B. N. 1. 7679, 
f» 212 V.) 

Pour la faiblesse de tes yeux cachieus. 
(M. lE Franc, VEstrifde fort., f° '28 r».) 

Lya, cacliiiieuse des œils. (Fossetieo, 
Cron.) 

Cf. Chicheus, au Supplément. 

ciiAcis, mod. châssis, s. m., encadre- 
ment de menuiserie : 

Es colombes, es fcnestriz 
Es verrines 3t es chassiz. 

[Eneas, 613.) 

Charis. (1332, Compte d'Odart de Laigny, 
A. N. KK 3% fo 138 v".) 

Li marcheanz qi vent a chassil. (xiii« s., 
Cartul. enchaîné, f° 63 V, A. mun. Senlis.) 

A Jehan.mairenier, pourlebos dou cassil 
de cel huis, pour roilles et assielles, .xxiiii. 
gr. (1372, Compt. de lu conslr. du cliœur de 
l'égl. S. Jacques de Tournay, A. Braine-le- 
Comte.) 

A luy [rhumas Mallel, voirier], pour avoir 
fait, et ordonné, en ung cnssich de bos, 
.LXV. pies de traille de fil de Ueuvre. lequel 
cassichel traille servira audevantdesdictes 
vrieres. (17 nov. 1425-16 fév. 1426, Compte 
d'ouvrages, ô'Sommede mises, A. Tournai.) 

Douze cassis a mettre loille. (11 avril 
1433, Revue des Soc. sav., mai 1867, p. 440.) 

Pour avoir paint t'enseigne des chatz- 
scieu.r pour l'autel neuf. (1479, Arch. hos- 
pit. de Parti, II, p. 174.) 

A maistre Jehan Thiery, maistre carpen- 
tier de ladicte ville, pour avoir fait ung 
cassich, et une double huysserie, de .x. pies 
de let, et de .vu. piez et demy de hault, et 
les assis ou postich estant empres ladicte 
Morel. (1481, Compte des fortificat., %"i>om- 
me de mises, A. Tournai.) 

Un chasseiz. (1488, Malrol. de S. Germ. 
VAUX., P 88 r.) 

Ung cassich el le fenestre et ung tonneau. 
(1542, Tut. des enfants Lurq Cartier, A. 
Tournai.) 

CHAEi\E, mod. chaîne, s. f., lien fat 



CHA 



CHA 



CHA 



2." 



d'une suite d'anneaux de métal, de 
maillons entrelacés, pour arrêter, tenir, 
assujettir; fig., lien, sujétion : 

Caeines de fer. 

(Roi., 37.i:i.) 

En la cité a cil oiz. 
Et plors et braiz et molt granz criz, 
Et batemenz et molt granz peines. 
Le son d'enfer et des chat-ines. 

{Eneas, 2705.) 
Chaidif. (noix, 3-2, 1S7.) 

Li martyres et la painne, 
Li fers, et li cl.ius et la /i-altute 
Me portent le roial couronne. 
(G. DE Cambrai, Barlaam, v. Il, p. liiO.) 

Cheenne. (S. Graal, ms. Tours 915, P 64 

Apres li aconlai de l'arbre. 
Et du jolif perron de marbre. 
De la rhiiene et du bacin. 

{Conipl. d'am., B. ^. 837, f 361^) 

El rompirent \achnaine qui miiltereforz 
cl bien atornee. (Vili.eh., ;", 78.) 

Ou la cliinene fermoil qui movoil de 
<;onstantinoble. (Id., J 159.) 

Au port desous Morinde arivent el sablon 
A la meslre chaenne ou les colombes sont. 

{Ayerl'Arifinon, 1603.) 
Cai/ne. 
(niali. le Bel, ms. Turin, f° 131 r».) 

Et estoit firhiee la clieanne pi mur. (Per- 
reoal,\, t)4.) 

On voit en sa bourbe dedons 

La belle chaiennc de dens. 

(J. Le Fevbe, la Vieilli'. 1. II.». 2721.) 

, Cheenne. (1384,'A. N. MiVI 31, T 4 v'.) 

2 chesnes pour led. portail de Toussaint. 
(1410, fier/, de la cloison d'Angers, n° 19, ap. 
V. Gay.) ■ 

Quand leur navire que l'on appelle une 
pleite fut arrivée avec les autres des pais 
de Hollande et de Flandres en la chesne et 
port de la Rochelle. (1453, A. N. JJ 182, pièce 
59.) 

Ung touret tout noef, servant a \ekwjnne 
de le rue des Bonchiers. (15 fév.-17 mai 
1476, Compte d'ouvrages, i' Somme de mi- 
ses, A. Tournai.) 

L'un d'iceul.K de prime venue se mit au 
dessus de la chaisne du tapecul. (JIolinet, 
Chron., IV, 192.) 

Une petite chayanne d'argent. (1522, A. 
Oise, G 2029.) 

Glorieux parmi lant de gesnes 
Je monstre mes fers et mes chesnes. 
(A. DU Brei'il, Mîmes gaillardes, f" 2 v".) 

— Terme de tisserand, ensemble de 
lils tendus entre les deux rouleaux du 
métier et à travers lesquels passe la 
trame : 

L'on ne doit point mcire de trainie en 
quaine pour ordir par delTaule d'eslain. 
(Mars 1321, Ord.. Xll, 457.) 

Kaiqne. ;1342, Orden. de la driipp., p. 63, 
A. Abbev.) 

(JHAKI.VETE, mod. cliainette, s. f., 
petite chaîne : 

Les chaaignetes d'or gardoil ; 
Sor la rive les atandoit. 
Li serjans vit la pucelete 



Antor son col sa chaanete ; 
Les autres chaenetea voit 
Que sa dame porter devoit. 

[Dolop., 9625.) 

Cil éviers esloit touz reonz et avoit .v. 
coules de parfont, el une rhaeneie de .xxx. 
coules le ceignoit lot entor. (Bible, li. N. 
899, f° 166".) 

Cagnetle. 
(Rich. le bel, ms. Tarin, f" 131 V.) 

CainneUe.(Sone.s de Nansai/, ms. Turin, 
f 36 v°.) 

Chesnete. (Inv. du D. d'Anj., 783.) 

,11. petites rliampneles d'argent. (Sept. 
1395, Invent, de nieuliles de la mairie de Di- 
jon, A. Côle-d'Or.) 

.1. paire de champnales d'eslain. (Ib.) 

Avoir fait el livré pour les clievaulx et 
harnas de la dicte ville une briile a kain- 
nette et un double qiievestre a touret. (20 
aoùl-20 nov. 140S,Co»(/)<e(/'o«(i;'., 8' Somme 
de mises, A. Tournai.) 

Les quenelles des encensoirs. (1426, Bé- 
thune, ap. La Kons.) 

Aveucq les cagnetles ellout ce qu'il y ap- 
partient. (1448, tieg. au.r lestam., A. Uouai.) 

Une qitainette de deux pietz de long pour 
ung faucon. (1521, Bèlliune, ap. La Fons.) 

CHAEiivoN, mod, chaînon, s, m., an- 
neau d'une chaîne ; aiic, grosse chaîne, 
carcan. 

Cf. CHA.\rGNON, II, 28». 

CHAELIT, V, Ch.4AL1T. — ClIAENEIE, 

V, ChESNAIE. — CIIAEXS, V. Ce.\NS. — 

cnAGivE,v. Chesne. — chaghigiveu.x, 

V. Chaorinfux. 

<:hagri\', s. m., peine qui est ressen- 
tie avec amertume : 

Chagrgn fait les gens aager bien tost, 
(Pai.sgr.. p. 418.) 

Il faut laisser le chrthfrin importun 
A tout le moins a la table buvant. 
(Vau-d.f;-Virc, dans Jac, \auj--rh-\'ire de ,/. Le 
Horix.) 

ciiAGRi>'Ai\T, adj., qui cause du cha- 
grin : 

Et chagrigiuint peux me ravir la vie. 

(FiLD. Brbtin, Soitn. de totiaiff/.) 

<;ii.4Gitii\EME!VT, adv., en causant du 
chagrin, d'une manière chagrine : 

A divers jours, .Saturne plain d'esmoi 
Chagyinenient nos es|>r-ils tirannise. 

(P. DE BivACH, Puein., t" il v".) 

Le cœur de l'envieux chagrinement despit 
En veut a son semblable, au plus grand, 'au petit, 
(Du Babtas, 2» sem., l"j., 59.) 

<:iiAGUiMER, verbe. — A., rendre cha- 
grin, causer du chagrin à : 

Chagringner. (Calv., Serra, s. les Ep. à 
Tim.) 

La condition la plus lieiireuse ou ils sau- 
rolent estre les chagrine, les ennuyé et les 
(iegouste. (Sully, ap. Liltré.) 

— Réfl., éprouver du chagrin : 



Se soulïroit et rhagrinoil moult souvent. 
(1424, A. N. JJ 172, pièce 430.1 

Qui se chagrine fait folye. 
(L'Omme mondinn el le reliijieuT, Roqit., p. 451.) 

ciiAGitixEUK, adj., chagrin, sou- 
cieux : 

Vieille est el chagrir/neuse. (Therence en 
franc., f" 373\) 

Povre orgueilleux, pensif et chagrigneur 
Est le second, qui de vertu n'a cure, 

(R. de Tollebte, Rondean.r, XClIt.) 

Sont pensives el chagrineuses. (Paui:, 

XVIIl, LXIV.) 

c.iiAGRi\'Eux, adj., qui cause du cha- 
grin, du souci : 

Ah, quelle multitude de gens, quel apre.sl. 
est cela, tant angoisseux el rkiiqrineux? 
(B.,Ja,m,, Dialog. de J. L. Vires, T'IOô r'.) 
Chagrigneitx soupçon. 

(BiRAG., .S'ee. «M., XXVIll.) 
L'or n'est pas seulement do nostre corps soi- 

[gneux. 
Il est de nostre esprit : qui tant soit chagrineur. 
Despit, triste, pensif, resveur, mélancolique. 
Est tout soudain guary d'une douce musique. 
(IloNS., Hymnes, OEiiv., Il, 733.) 

Quand je boy la tasse pleine. 
Tout travail, et toute peine. 
Et tous chagrineitx despis 
En raoy dorment assoupis. 

(R. Belleau, Odes d'Aimer., Il, 15.) 
Sa chagrineuse mort qui les bommes envie. 

(n. Gabnier, Elég. sur la mort de Boiisard.) 
L'un a souvent le front alTublé d'un nuage 
De chagrineur soucis. 

(Du Bartas, I^= setu., l" j., 427,) 
La famine chagrineuse. 
[C/ianson. Hwjuenot du xvi" s., p. 285.) 

i:hagrixeu.seme\t, adv., d'une ma- 
nière chagrine : 

Mais Apollon ne m'en veut seulement, 
Saturne encor trop chagriiieusement. 
En me vainquant par une solitude. 
Veut divertir mon esprit de l'estude. 

(P. DE Brach, Poem., i" 57 r",) 

CHAiiUAiv, mod. chat-huant, s. m., 
nom vulgaire de la hulotte : 

Le chat hua. 

(Ysop., 11, fab. II.) 

Mes moult i brait et se démente 
Li chahuan o sa grant bure. 

(Rose, 599S.) 
.\slalapbus 
Qui fu mues en cliat huant. 

(Marc, upp. fr. XXIII, f 1091'.) 

Chonen, bubo, oisel. (Glos'S. gall.-lat., K. 
.N. I. 7684.) 

Chouan, nicticorax. (Ib.) 

Le chahuant ses chans de mort m'eavoye. 
(EusT. Desch., III, 374.) 
Les arondes y font leurs nis 
Et li cahitant. soir et main. 

(Id., V, 120 ) 

Les cahuans, les aigles, les corbaulx. 
(Id., VI, 5.) 

Si nous oyons crier de nuict (pielque chouan. 
Nous lierissons d'edroy. 

(I10NS..0J., p. 320.) 

Ouebjue aigle ou duc rhavant. (Il mi.. 
Quart liv., eh. I.VII.) 



T. IX. 



26 



CHA 



Il ressemble ;ui liibou ou chat huant. (Pa- 
iiK, Mumie, déd.) 

CIIAIIUL, V. ChaOUCH. — CHAHUTE, 

V. Cahute. 

CHAI, s. m., vaste magasin au rasdu 
sol, tenant lieu de cave : 

Les marchands oti-angers qui feront por- 
ter en la dite cité draps ou autres marchan- 
dises vénales pendant le temps des foires 
payeront les louages des maisons, chais ou 
ouvrouers csquels mettront et tiendront 
leur marchandises... pour raison du vin... 
mis en aucune maison, chais ou caves. 
(Coust. de Bayoïine, a.Tl. XXll et XXXll, titre 
VII.) 

Allermé d'une maison etd'unc/'«i. (ojanv. 
1520, A. Gir., E,Not., Ilyl. llcrvault, 206-1.) 

tHAIEKS, V. ClîANS. — CHAIGXE, V. 

Chesne. — t;HAiMBE,v. Jambe. — chaiive, 
mod., V. Chaeine. — chaingle, v. Cen- 

GLE. — CHAIIVGLEB, V. CeNGLER. — 
«HAINTUBELLE, V. CeINTURELLE. 

f.HAiR, S. f., substance molle et san- 
guine, qui est entre la peau et les os de 
l'homme et des animaux : 

Par nul hum de car. 

{Bol., 2141.) 



A la chani. 



[Ib., 1265.) 



Demenliers que apruçassent a mei li ma- 
ligne, que il maiijasscnl lameie charii. (Liv. 
des Psaum., Cambridge, XXVI, 3.) 

Sa blanche char et bele et tendre 
Contre le feu ne puet delTendro. 

[Eimis, 2121.) 

Chérubin, ço est plented de science ; e 
ceste ovre est sur tute science e sur tut sen 
humain que Ueu od la charn que il de la 
Virgine rechut. (fiots, p. 20fi.) 

La car ot blance plus que pêne d'ermine. 
(Raimb., Ogier, 1689.) 

Secorrc viegne le bon Danois Ogier ; 
Aine hoin de car n'en ot si grant mesller. 
(1d., ib., 12367.) 
Sa charz. 
(Gebt., Best., Biit. Mus. AJd. 28260, f'QS'i ; P. Meyer, 
Bapp.) 

Un grant coutel a quisinier, 
Qui sert de la car despicier, 
A sour le dreceoir trouvé. 

(Beaumanoir. Man., 681.) 

Avant que la virginité 
De la virge fust conneue 
Ne vostre sainte cars venue. 

(iD., ib.. 1162.) 

Et si fisl mètre pain et c«retvin et quan- 
que meslicrs lor fu. (Auc. et Nie, 4, 23.) 

Et de cel avoient poi, et de c/iar fresche 
nulle chose, se il ne l'avoient des chevaus 
que on lor ocioit. (Villeh., 3 Itij.) 

Biau très douz filz, bele char tendre, 

Des geus d'amors vos veill aprendre. 

[Base, B. N. 1573. 1° 109».) 

— Fig., sang, famille : 

Il est ordcné que l'en ne peut avoir ou 
mestier (jue uneaprentice estrange, et ujie 
de sa chav. (Ksr. boiL., Liv. des meut,, r'p., 
XLIV, 4.) 



CHA 

— Par ta chair Dieu, juron : 

Par la char Dieu mar i venistes. 

{Base, B. N. 1573, f 129».) 

— Sentir la chair, être empreint de 
grivoiserie : 

C'est une fantaisie pour rire : 
Les mots sentent un pou la chair. 
[Farcp de muistre Mimin, Adc. Tb. fr., II. 349.) 

cHAiBciiTEitiE, mod. charcutcrie, s. 
f. , état, commerce de charcutier, ce que 
préparent et vendent les charcutiers : 

Rostisserie, chaircuterie, poissonnerie et 
semblables. (B. Jamin, Tradnct. des dialorj. 
de J. L. Vives, éd. 1576, Index, Macellum.) 

CHAIRE, s. f., siège; siège élevé du 
haut duquel on adresse un enseigne- 
ment à des auditeurs. 

Cf. Chaiebe, II, 33''. 

CHAISE, s. f., autre prononciation de 
chaire, chaise à dossier moins large que 
le fauteuil et sans bras : 

Deux chaezes de bois ados. (1420, /««««/. 
de Vincennes, ap. V. Gay.) 

Une grande chayze de bois doré. (1496, 
Iiiv. du comte d'Aiigouléme, 280, ap. V. Gay.) 

Une chnt/se de fer qui est garnie de ve- 
loux. (159'7, ap. Laborde, Emaux, p. 200.) 

cnALA.\DisE, s. f., affluence de cha- 
lands : 

11 est certain que puisque la mer estant 
ainsi terrible et farouche trouve neant- 
moins force chalans, ell'auroit bien plus 
grande chulandise si elle venoit a eslre 
amiable et graticuse. (II. EsT.,ylpo<.,p. 243.) 



- Fig. : 

Or me cuidai trop bien parfaite 
Pour prendre ailleurs ma calandise. 
Si me mis en la marchandise 
Ou je sui ossi bien de taille 
Que d'entrer ans une bataille 
Ou je me trouveroie envis. 

(Froiss., Poés.,n, 4, 93., 

Cf. IL 38'. 

1. <:iiALA^T, S. m., grand bateau plat, 
servant au transport des marchandises: 

Li amiralz est issuz dcl calan... 

{lioL, 2647.) 
El desaancrez ce chalan- 
(r.BREST.» Percev., ras. Montp., [" 47''.) 

Chalans, batiaus, nés apresta. 

(Wace, .firu/,9685.) 

Amant Seigne s'en vont a nage 
Al puni de! Arche e Asdans, 
La ariverent lur chalans. 

(Ben-, D.de Norm., Il, 3:212.) 

Passèrent l'eve senz chalan. 
[Thèbes, 74(J0.) B. N. 375, f" 56^ calant. 

Ja tant ne venissent en chalam n'en dromun. 
(Thom. de Kent, P. Meyer. Alex., p. 198, v. 63.) 

Mer passerai en nef ou en calant. 

(Raimb., Ogier, 6438.) 

Tut les porz funt guaitier et de jor et de noit, 
K'il n'î puisse passer, n'od plein chaleng-, n'od 

[vuit. 
(Garnier, s. Tkom., B. N. 13513, f" 42 v'.) 



CHA 

Tant aleient par mer a nef et a calant. 

[Hist. de Ger. de Dlcw., Ars. 314i, f" 229 c°.) 

E paser la mer in nales et in gallant. 

{.\sprem., Itornv., p. 6.) 
Charlanl. 
[But. Lorjiàfer, B. N. 1448, f 193 7».) 

J'ai .un. barges et si ai .nu. nés. 

Et .in. Jcalans qui keurent par le mer. 

[H von de Bordeaux, 2773.) 

La nés Huon, u la damoisele cri, 
Commence a croistre et treslote a froer ; 
Ens .v*^. pièces est U calans voles. 

(Ib., 6788.) 

Va, si garde par lot et arrière et avant 
Se tu troveras home que en Deu soit créant 
Qui m'en vosist mener o lui en son clialant. 
(Florence de Borne, B. N. nouv. ocq. 4I9Î, l- 75 r°.) 

Navires et callans, galees et effrois. 

{Cipevis, B. N. 1B37, f'oS ■)'.) 

Et a l'endeniaiu trova l'en 
. Par desous le bourt d'un calen 
. Un enfant ki estoit noies. 
[Mir. dé celi ki ot un enfant, Ars. 3527, f» 46'.) 

Outre mer passerai a calant et a barge. 

(liaud. de Seb., I, 237.) 

Un chalon qui s'estoit aventuré en l'ayve 
de Sarle. (137&, Proc.pour le prieur de So- 
lesmes, A. de Solesm., .kiV s., 4.) 

Et se porra servir ledit Peraton et les 
siens de nostre chalan si aucun en avons 
a nos pescheries. (1392, Ste-Croix, Moulin 
de quatre roues, A. Vienne.) 

Grant plenté de nefs elde calans. (Froiss., 
Chron., III, 347.) 

— Clialant, ou chalant percé, bateau 
stationnaire à compartiments percés, 
servant de réservoir à contenir du 
poisson, vivier flottant; 

Un chaillan pe/-cé, chacun huisset, .ini. d. 
(1438, Péage de Chàteauncuf, Déc/ni-. imp., 
Orl., Gibier, 1570, 1083.) 

Poisson estant en estang, ou en fosse, 
est réputé immeuble. Mais quand il est en 
boutique, huche, chalan, gardouer ou reser- 
vouer est réputé meuble. (Coût. d'Orléans, 
art. CCCLV, Delalande.) 

Cf. Chalan, II, 38=. 

2. CHALAiVT, mod. chaland, s. m., 
celui qui va de préférence chez tel ou 
tel marchand : 

Gautier le Camus estoit accompagné de 
dix autrescompagnons accointes elchalans 
de la dicte rassine. (1404, A. N. J.1 1&9, pièce 
26, ap. Duc, Chalundimn.) 

Et que chascun veult appeler 
Nouveaulx amis, nouveaulx chaîlans. 
(CoQL'iLLABT, Plaijd., II, 49.) 
Vrayement vous estez ung gentil chalant. 
(PiAB., Quart Ho., ch. vi.) 

— Adj., pain chaland, pain de mé- 
nage : 

Paris continua a avoir mancque de vi- 
vres, le pain de ménage appelé vulgaire- 
ment pain chaland ayant vallu... 8 sous la 
livre. (Hec. concernant les désordres qui se 
.lont passés dans le comté de Marte pendant 
la guerre iSSUHS, p. 83.) 

— Chalande, s. f., maîtresse: 
Outre celles qu'ils entrctenoienl en leurs 



CHA 



CHA 



CHA 



27 



maisons, ils avoyent leurs chalandes par 
tous les endroits de la ville, fil. Est., Apol., 
I. I, p. 58.) 

<_:iiALD.\iQiiE, adj., qui appartient 
aux Chaldéens : 

Abraham trouva les lettres caldeiques et 
siriqut's. (Mer des hi/sfoir., t. II, f 30".) 

CHALAsTiQUE, adj.. qui Telâche, dé- 
tend les parties enflammées : 

Avec quelque relaxatif chutantique. (L. 
.loiJBERT, Gr. chii:, p. 227.) 

CHALCE, mod. chausse, s. f., culotte, 
caleçon : 

La veissiez tante chance lacier. 

[Loli., nis. Monlp,. lili".) 

Il lui voloit ses i.hauces tendre. 

( Vie de S. Gilles. 665.) 

Li chanoine ont le cors vestu 
De loz les dras que ordres fu ; 
Uocheit. braies, calices, scandales. 
(G. DE S. P*iB, M. S. Michel, 1223.) 

Les calices de fer a caucies. 

[Parlun., 68(J9.) 

Unes caitches caucha dont la niaile est d'or mier. 
Et a vestu l'aubert qui fu roi Morachier. 

(liaufrey, 210.) 

Et ly vorent baisier le caiiche et le seller. 

(H. Capet, 4330.) 

Chauce toi en bêle manière : 
Tire ta chance u la lanière. 
Si qu'il n'i ait pliqtie ne fronche. 

[La Clef (J'aiiiouru, 377.) 

Chausse, habillement de jambes, ou de 
cuisses, jusques a la ceinture. Bas de c/iai/sse, 
habillement de jambes. (Monet.) 

— Sac d'étoffe de laine, de forme co- 
nique, servant à filtrer des liqueurs 
épaisses : 

Fait tout ainsi qu'une cAoKsse a hipocras 
ou qu'un jjain de sucre. (1.375, Bf.lleforest, 
Cosmogr., part. 2, col. 855.) 

— Tuyau des latrines : 

Lire ici l'ex. qui se trouve à l'art. Causse, 

II, 4^ 

— Chalce d'hijpocras, instrument de 
supplice en forme de brodequin, que 
l'on serrait fortement après y avoir in- 
troduit le pied du patient : 

Florent Venot fut six semaines prison- 
nier dans un engin pointu par le bas que 
les questionnaires appellent chausses d'hy- 
pocras. (AuB., Hisl., I, 102.) 

CHALCETE, mod. chaussettc, s. f., 
demi-bas que portent les hommes et les 
enfants : 

Avoit aconstumeil a porteir toz tens en 
son sain une c/ia/ce<<e de son maistre Ilo- 
noreit. (Dial. S. Greg., 12, 10.) 

Grans dras ou cnucheles. (1282, A. mun. 
S. Orner, lay. cxxxiv.) 

La femme desliera les petites chances ou 
chaucetles de cel homme. (Aucienn.des Juifs, 
Ars. .^083, f" 102'.) 



Cauchettes de layne. (1417, SUii. des bon- 
net., lieg. des stat., p. 213, A. mun. Abbev.) 

Chaussele, petite chausse. Chmissele de 
toile qui se porte sur la chair, sous le bas 
de chausses d'autre etofe. (Monet.) 

— Souliers de force, entraves ; 

Cauchettes poureschainierles prisonniers 
en prison. (1583, Lille, ap. La Fons.) 

Ung fort nocq et une maille pour clorre 
une couchette. (1591, ib.) 

<:iiALf:ETiER,mod.chaussetier, s. m., 
fabricant, marchand de chausses : 

Pierres li i-auchetiers. l\ZZl, Cari. Ale.r. 
de Corbie, B. N. 24144, f 186 r°.) 

Lesquelz draps qui esloient de petite va- 
leur esloienl achetez secrètement par phi- 
sieurs cauclieliers... (1409, Oi-d., IX, 438.) 

Quand nous voyons un homme mal 
chaussé, nous disons que ce n'est pas mer- 
veille, s'il est cliausselier. (Mo.nt., 1. I, ch. 
XXIV, p. 77.) 

Chaussetier, ouvrier en bas, et haut de 
chausses. (1Io.net.) 

— Chnlcetipre, f., marchande de 
chausses : 

Maroie le caucheliere. (1337, Cari. Alex. 
de Corb., B. N. 1. 24144, t" 189 r°.) 

ciiALCEURE, mod. chaussure, s. f., 
tout ce qui sert à envelopper le pied 
pour le protéger contre le froid ou con- 
tre les aspérités du chemin : 

Et si l'en iras sans or et sans argent et 
sans monnaie et sans cauceure. (S. Graal, 
llucher, 11,120.) 

Caurheure. {Ib., B. X. 2455, f 41 v".) 

Chakeure. {Ib., f" 101 v°.) 

Demain veste ceste chanse riche 
Al tornoi, sans autre arraeure 
For son hiame et chacheure. 
De fer, et espee et escut. 
{Des .111. cheval, et ilel chninse, Mont, et Ra^D., 111, 
126.) 

Sa vesteure et sa chusseu/'e. (1320, Cart. 
de SIe Gloss. de Metz, B. N. I. 10024, S' 38 
v°.) 

Pié lort et de lede figure 

Ne soit nu! temps sans chauceure. 

{La Clef d'amours, 2505.) 

Un cerf a l'impourveu, d'un pas gayement doux, 
Sortant d'un bois prochain, s'est avancé vers 

[nous ; 
Sa rameure estoit d'or, d'or la forte chaiisseure 
Qui de ses pieds légers marqnoit l'assiette seure. 
(ScnELAND., Tyr et .S/'^, 2'' joiirii., I, 1.) 

t;nALCiEE,mod. chaussée, s. f., bande 
de terrain, souvent empierrée, domi- 
nant une rivière, un étang qu'elle longe, 
un marais qu'elle traverse, et servant de 
chemin, de passage : 

Ça devant ad une chatcee 
U moint homme ad eu haschee. 
(Huon ne Hot., l'rotlieslmis, B. iV. 2169. f" 32''.) 

Que vus algez a la chacee. 

(iD., ib.) 
,lo dui guaiticr cole caîcee. 

(ID., ib., !• 33'.) 



Regues l'enchauce et ses nies Auberis, 
En la chaude fu grans li fereis. 

{tliir. te Loh., 3» chans., XXXV, p. 175.) 

Par le cauchie s'en vont trestot a pié. 

(Raimb., ngier, 8211.) 

Emi lac/iouc/n'edeLille. (Ménestrel, nS.'' 

Une terre appellee le four et chaussie de 
Chastelfort. (1387, A. N. P', reg. 1, f 6.) 

Chaucee. {Reg. du Chat., II, 111.) 

Les Flamens estoient tous rengiez a mont 
haiilt sur la rhauchee. (Froiss., Chron.. 
B. N. 2(34i, f» 240 r".) 

Se missent sus la cauchie qui va de la 
porte a l'abeie. {lu.,ib., II, 249.) 

La chaude du pont. (1401, Compt. de Ne- 
l'ers, ce 10, f" 29 v°.) 

En pavant les cachies del citeit. (.1. ni-. 
Stavelot, Chrou., p. 104.) 

Cf. Cii.^L'CiE, II, 94'. 

<:iiAE4:iER, mod. chausser, verbe. — 
A., mettre à ses pieds; revêtir, en par- 
lant du haut de chausses : 

Ains mieldres rois ne cauça d'esperon. 

(Raiub., Ogier, 214.) 

Et Morchufles chauça les hueses vermoil- 
les par l'aie et par le conseil des autres 
Grex. (ViLLEH., ^ 222.) 

De vestir et de chaucier, de boivre et de 
mangier... (Est. BorLE.\u, Lio. des mest., V 
p., L,13.) 

Adam ne Noé ne cJtaiissa, 
Ne iioz pères d'antiquité, 
Telz solers. 

(EusT. Desch., III, 95.) 

C'est voir, et, par foy, s'il ne s'emble, 
Nostre desjuner paiera, 
Ou chausse ne soler n'ara 
Huy a chaiissier. 

{Mir. de N. D,, III, 176.) 

Chausser, couvrir de chaussures ou les 
pieds, ou les jambes, ou les cuisses. (Mo- 
net.) 

— Avec un rég. de personne, mettre 
(à quelqu'un) ses chausses, ses chaus- 
sures, etc. : 

Espérons d'or li ont chalclez 
De bon orfrcis cncorreiez. 

{Eneas, 6397.) 

Quant veslimes te et catzames 
Et en qol leu te herherjames. 
[Lib. de Antéchrist. Ara. 3045, f» 21 y».) 

Vos me vestistes et caîçasfes , 
Et boire et mangier ne donastes. 

(Ib., f" 22 r».) 

— Par extens : 

El destrc puign si li faites chalcier (le gant). 

{Rot., 2678.) 

— Chalcier à un même point, être de 
même luimnur : 

Hz veulent chausser tout chacun a un mes- 
me poinct, et une mesnie forme. (C.\nai'I'E, 
Trad. de Uni île l'hanl.. uh. sing.) 

— Fig., avant que les chats ne soient 
chalcies, de très grand matin : 

Puis troussant ses quilles, sans rien ou- 
blier, sinon dirj adieu et remercier son 



28 



CHA 



lioste, partit et s'en alla devant que tes chais 
fussent chaussez. (Lariv., A'«jf/s de SIrap., 
-MI, V.) 

— Fig., chalcier les l'perons à qqn, 
poursuivre de près qqn qui s'enfuit: 

Les nostres qui leur chaussoient les espé- 
rons de près en firent un grand meurtre. 
(ViGE.N., Comm. de Ces., p. 359.) 

Il m'entretint de cette fable : qu'il venoit 
d'estre rencontré n une demie liene de la, 
par un sien ennemy, leipiel je cognoissois 
aussi, et avois ouy parlerde leur querelle; 
que cet ennemy lui aïoit merveilleusement 
chaussé les espérons: et qu'ayant esté sur- 
|)ris en desarroy et plus l'oible en nombre, 
il s'esloitjettéamaportea sauveté. (Mont., 
I. III, ch. xu, p. 190.) 

Le mareschal de Biron, qui chaussa les 
éperons d'une si bonne manière a ces Es- 
pagnols, qu'ils ne prirent plus envie de 
revenir attaquer les François. (VuLS.,//c»(m. 
i/L, Biron.) 

— Chalcier ses lunettes, les mettre 
sur ses yeux : 

Gens de bien, Dieu vous saulve et guard. 
Ou estez vous ? Je ne vous peuz veoir. 
Attendez que je chausse nies lunettes. 

(Hab., Quart tin., prol.) 

— D'une manière analogue, chalcier 

ses besicles: 

Bon homme, passez vostre chemin, vous 
me prenez pour un autre; et chaussez un 
peu mieux vozbezic/es une autrefois. (Tour- 
XEB., les Contents, II, 3.) 

— S'infatuer d'une idée, d'un senti- 
ment : 

A fin que venant l'Empereur a mourir, 
toutes ces offrandes fussent présentées au 
royet roine d'Angleterre, lesquels, n'ayons 
chaussé l'obstination du père, se lairroient 
réduire a party convenable. (Du Villars, 
Mém., V, an 1554.) 

— Réfl., revêtir une chaussure: 

.V la guise de France s'estelt calrat. 

(Gei: de Ross., p. 313.) 

— Chaînant, p. prés., qui va au pied. 

— Chaussé : 

J'ay piez ronds et pcliz, 
Bien chau.'isftus. 

(EuST. Descii., IV, 8.) 

CHALCiTE, s. f., minerai, sulfate de 
cuivre : 

De la calchite, qui est un atrament plus 
noir. {Sat. Menippee, 337, Labitte.) 

En l'isle de Chipre, on fait aussi l'airain 
de la pierre chalcitis : mais ce cuyvre fut 
incontinent a vil prix, a raison des mines 
de franc airain et mesme pour raison de 
l'arcon ou letton. (E. Binet, Merv. de nat., 
p. 231.) 

CHALDEL,mod.chaudeau, s. m., bois- 
son réconfortante, lait chaud bouilli avec 
du sucre, des jaunes d'œufs et de la 
cannelle : 

Ainz icrt mesires detrenchiez et ocis 
Ains a mort home ne vi chawJel preslir. 
[Loh., nis. Montp., f° II".) 



CHA 

Li mires fut sages et bien apris. 
Herbes destrempe et un chaudel en fist. 
{Gwiii le Loh., »• chiins., XXXII.) 

Chiddel. 

(Beh., Truie. 16249.) 

Li vieille a tant dit al vallol 
Que li fait user un chaudel. 

(Gadt. D'An»., Eracle, 4223.) 

D'un capon alornc moût bel 
De chieres lierbes au caudet. 

(Beaumab., y^/i. (•/ lil., 631).) 

Puis, potage ou chaudel. (Gloss. lat.-fr., 
ms. Montp. H 110, P 214 r".) 

Ung chaudel d'amendes. (Ger. de Nevers, 
sign. G iii r", éd. 1520.) 

Jusques au nombre de .xiii. a .xiui. per- 
sonnaiges qui estoient des nopches Jehen- 
net Caude le jour du caudeau. {[i91, Compt. 
faits p. ta ville d'Abbev., B. N. 12016, p. 59.) 

Car après mort, lors fait on le chaudeau. 
[Contredictz de Sony^creux, 1° 164 v".) 

C'est Roger qui vous accolla 
Au soir, et gaigna le chauldeau. 
{Farce d'un amoureux, .\uc. Th. fr., I, 218.) 

Lettre de rémission accordée à Jacquet 
Marchant, de Douai, auteur du meurtre de 
Jacquet liaoul, homme du guet, par lequel 
il avait été rencontré durant la nuit, lors- 
qu'il se disposait avec d'autres jeunes gens 
.. a porter caudel selon la coustume des 
noepces a la fille d'Antoine Maugré, nou- 
velle mariée ». (1544-45, Chambre des comp- 
tes de Lille, B 1756.) 

Cf. Chaudel, II, 94=. 

CHALDEMEivT, adv., avec chaleur, de 
manière à avoir chaud : 

('lialdeinent se vesteit. 
(Gar»ier, .«. Thom., B. N. 13513, !' 95''.) 

Bien fu vestue et chaudement. 

(Itose, 403.) 

Se vestir chaudement. 

(G. Meue., Très, des sent.) 

— Tout cliaud : 

Laict d'asnesse pris chaudement. (Paré, 
1. .XX, 1'° p., c. XXXV.) 

— A chaudes larmes: 

Hz avoyent tousjours les yeux fichez sur 
leur maistre,en larmoyant fortc/murfeme«<. 
(Amvot, Paul Ein., Vies, p. 931.) 

Tout esmeu de pitié de le voir larmoyer 
chaudement. (Nie. de Montreux, Sec. liv, des 
Berg. de Juliette, f 196 v".) 

— Par tin mouvement de vivacité : 

Occision est dict quant le fait n'est mie 
advenu de propos délibéré, mais est fait 
chauldemenl. (1517, Coût, de France, i" 201 
v°.) 

— Avec ardeur ; 

Et chassèrent Franchois chaudement. (J. 
Le Fevre, Chron., I, 230.) 

Respondirent chauldement qii'ilz estoient 
bien seurs de ce que ils disoient. (Comm., 
V,16.) 

Je vous pry que exécutons chaudement 
ce que nous avons a faire. (J. nu Bleil, Le 
Jouvence!, I, 190.) 



CHA 

Ça, genlilz bergiers, des nouvelles, 
Chaudement tandiz qu'elles durent. 
(A. GnEDAN, Mi.sl. de la Pass., An. 6431, 1° 33=.) 

Tu, t'en yras tout chaudement 
Faire ung messaige a peu de moz. 

(ID., ib., f" 39'i.) 

Depuiss'estant addonné p]as chauldement 
a cest estude, il fut tenu non seulement 
pour le meilleur orateur, mais aussi pour 
le meilleur poète des Romains de son 
temps. (Amyot, Demosth.) 

Cylippus ne fust pas plus tost arrivé de- 
vantSyracuse, qu'il rengea tout chaudement 
ses gens en bataille pour aller assaillir les 
Athéniens. (Id., Nicias, Vies, p. 2001.) 

Souvent il lui prenoit envie daller tout 
chauldement trouver Darius en quelque part 
qu'il fust. pour mettre tout au hazard d'une 
bataille. (Id., Alex, le Grand.) 

Vous y allez trop chaudement. 

(J. A. DE Baif, l'Eunuque, II, 3.) 

ciiALDE PISSE, s. f., blennorrhagie : 

Et si aient le chade pisse. 

{Des .xxiii. manière.'/ de vilains, p. 14.) 

La chaude pisse, ou ardeur d'urine. (Paré. 
XVI, XVI.) 

CHALDEKOiv, mod. chaudron, s. m., 
petite chaudière, habituellement en cui- 
vre, pour faire cuire des aliments, pour 
faire bouillir de l'eau : 

Trepier et chauderon 

A brasser son boilton. 

[Clustill. au rilïain, Montaiglon et Raya., II, 152.) 

Hugo Chauderons. (1231, Chartes de Beau- 
voir, Lalore, p. 203.) 

Chaderon. (1278, Coll. de Lorr., 977, B. N. 
pièce 7,) 

3 chauderons de Beaucaire. (1316, Invent, 
de Louis X, ap. V. Gay.) 

.III. caudertms àt roces etdeblanc pisson. 
(1319, Contre somme des dépens, de lacomt. 
de Hain., f° 31 r°, A. Nord.) 

Un ca«rf™«a brocheron pour laver mains. 
(1324, 2' Inv. des dominicaines d'Arras, ib.) 

Une chaudere et un chaudron. (1329, la- 
vent, de Mad. Ysab. de Mirande, .K. Vienne.) 

.11. chaudières, .iii.petiz chauderons. {iZ^'i , 
Invent, de meubl. de la mairie de Dijon, A. 
Côte-d'Or.) 

Un noir caudron. (1440, E.rèc. test, de 
Caterine Machiquete, A. Tournai.) 

Un chadiron. (4 nov. 1444, Invent., Ch. des 
compl. de Dijon, B 11881, A. Cote-d'Or.) 

— Espèce de poisson : 

Le poisson que les François nomment 
un e/ia«Wcon estpristes.(BELO.N',PoîSs. mar., 
I, 48.) 

CHALDEROiviER, mod. chaudrounler, 
s. m., marchand ou fabricant de chau- 
drons, de marmites et autres ustensiles 
en cuivre, en fer battu : 

Chaudronnier. (1277, Cart. de Jouarre, H. 
N. 11571, f 55 v°.) 

Estevins li ckadereniers. (1314, Ch. de 
l'offic. de Besanç., A. Montbéliart.) 

Cauderonnier., i^Zl, Cart. Ale.c. de Corbie, 
B. N. 24144, f 187 r°.) 



CHA 



CHA 



CHA 



29 



Jaques li cauderonnlers. {W., f" '239 v».) 

Chauderongnier. (Oiiesmf,, ywurfi (/j., li. N. 
1348, P 187 v°.) 

A Jehan de Iticliebourt, cliauderoimier, 
pour un long colTre de boys, l'erré par de- 
dans, pour mcLtreun citTgeardeuL de nuit 
en la chambre de Madame Jehanne de 
France. {Comptes royaux de I38S. ap. La- 
borde, Emaux, p. 20-2.) 

ciialdi;ro\>ee, mod. chaudronnée, 
s. f. , ce que tient un chaudron : 

Chausderonnee d'huile d'olives. (T' fév. 
■1473, Mantellier. II, 284.) 

De grandes c/iaudronnees de maulves et 
chardons. (['. Boisteau, Thédt. du monde, 
r 71 v°.) 

Vnechaudrouneeàt lr\\ies. {Compère Math., 

C. IX.) 

cHALDiERE, mod. chaudièi'e, s. f., 
grand vaisseau de métal* où l'on fait 
chauffer, bouillir qqch. : 

Moab est cftaWiece de mun bacin. {Liv. 
des Psaitm., Cambr., CVII, 9.) 

Et ie hrouet des caudieres humer. 

{Alise, 3791.) 

Lor catdiere i ont obliee. 

;.S. Brandan, Ais. 3516, t" 102'.) 

Lor chaudière que il perdirent. 

(/6., 1" 103''.) 

En mes c/(rtW(?rey de Salins. tI246, .V. Jura 
r., n" 419.) 

Et se li estains est boins, il soit mis es 
grands draps, et se il est menres, il soit 
lains en noir de kaudiere en le veue des 
diz rewars. (30 jiyllet 132S, lieg. de la vine- 
rie,drapperie, 1343-14.^1,1'° 14, A. Tournai.) 

Le i-oHt/iwpappertenans a le dite wisine. 
(15 août 1333, C'est Jukemo?i Galet, chir., 
St Brice, A. Tournai.) 

.\s cattdtres s'en vint, le brouuet respandoit. 
{Chevalier au Cygne, 77îj9.) 

Catidiere. 

{U. de Seb., MI, 308.) 

Chaudieire. (Ts., Maz. 382, 1'° 270 V.) 

Chaudière. {Cutholiron, B. N. 1. 17881.) 

Ilh le feroit bollircn unoc/(0»(^ï'e/'e. (Jeu. 
I.E Bel, Citron., p. 60.) 

Et ci trouvèrent (les Anglais) plus de 
400 chaudières faites de cuir a tout le poil. 
(Froiss., I. I, part. 1, ch. .\i.iv.) 

Sur le chemin sont bains chauds, (jue 
eeu.\ du pavs appellent chaudières. (Saliat, 
lier., VU.) " 

CHALEMEi., mod. clialumeau, s. m., 
tuyau de roseau, de paille ; chacun des 
tuyaux qui s'adaptent au corps de la 
musette ; flûte champêtre : 

La meie langue thutemeals d'escrivang. 
[Lib. l'salm., 0.\f., ,\LIV, 2.) Lai., calamus. 

Deus chaîemels de fin or pristreni. 

(£•«««, 6467.) 
La veissie;^ \allez cscuz tenir. 
Ces chalemais. ces violes tentir. 

{Lolt.. [US. Montp-, f" 56"=.) 

La veissiez tant danioisel venir. 
Et les puceles Irccier et esbaudir, 
Et chetemiaiis et violes tentir. 

{U., f« 92'.) 



Ces caîeitiauz soner et esbaudir. 

{Ib., Yat. Urb. 37S, i' 23'.) 

Et ens el bec de l'aigle avoit .1. caîemiel : 
Quant li vens se fiert ens, si cante si 1res bel 
Que mius vaut a oir que llajot ne l'estiel. 

[Houiii. d'.ili.e., f" 12'.) 

Kallun ne prise vaillant un calemel. 

(Baimd., Ogier, 6680.) 

La peussies oir -m. calimels cantant. 

{Les Ctietifs, B. N. 12558, f» ISÎ''.) 

La oissies soner plus de .m. olifans, 
Grelles et chalemlaus et buisines bruians. 
{Gui de Bourg., 1376.) 

Li calemiaus est une espèce arromatique 
d'encostele mont Liban. (Guiart, Bible, Ex.. 
LXXXII, ms. Ste-Gen.) 

En Malpertuis sounnent tabour, 
Flahustes, tymbre et ccdimieî. 

{Benart te nouvel, 1068.) 

Ceus ménétriers pristrent mantinant a sonier 
Tubes e caramaus e après a arpier. 

{Prise de Pamp., 1357.) 

Pipes, canemeaus et flagos. 

(Proiss., Poe,ï., B. N. 830, f 282 r".) 

Faisoit sonner chalumeau.r, cornemuses. 

(Cl, Marot, Temple de Cupido, p. 5.) 

ciiALE\ço.\, V. Charançon. — cha- 
LEivDES, V. Calendes. — chalevaly, 

'V. Charivari. 

CHALF, mod. chauve, adj., dégarni 
de cheveux : 

Or en vien, dan calf, or en vien. (Rois, 
p. 351.) 

Devant le rei sunt dune venuz 
Juvenes, vels e cafs, veluz. 

{Conquest ofireland. 1284.) 
.1. filz avoit cil seneschaus 
Qui de cheveus ne fu pas chaus, 
Ainz ot bêle cheveleure. 

( Vie des Pères, B. N. 23111, (» 81'.) 

Ne remest en la vile ne chauf ne chevelu. 

{Berte, 3337.) 

Au temps Karles le cnuf. {Cliroii. deTurp., 
B. N. 7009, f 148'.) 

Qu'est ce, dit il, danz Pois li chaus? 
{Du Vil. qui conq. paradis, B. N. 19152, f° 47 v».) 

Challe le chauf. (Chron. de S. Den., ms. 
Ste-Gen., i° 187^) 

Dolans fu a son cuer li fieus au roy Charlon 
Celi qu'on dit le Chauve, en France le roion. 
{Bom. de Ch. le Chauve, B. N. 24372, f° 8°.) 

Le nay sera calve des deus parties du 
front. (Oresme, Quadrip., B. N. 1348, 1'° 151 
v°.) 

Charles le ckaulf. [lli.'if. de--* emp., Ars. 
5089, r 174 r".) 

Les chevevix luy cheent de la leste, il est 
calve el net. (I>e Fevhe d'Est., Bible, Lév., 
XIII.) 

Les eunuques ne deviennent pas chauves. 
(JouB., Gv. chir., p. 477.) 

— Fig., Voccasion est chauve, il est 
difficile de la bien saisir : 

Le roy eust bien voulu prendre l'avis de 

la reyne sa mère et de Monsieur avant que 
résoudre celle allai re, mais considérant 
que /'ocrasion est c/iauve, ei que ':i"i\ n'y me\.- 
toit ordre présentement avant que de par- 
tir d'icy, il ne le pourroit faire par aprez 



qu'avec de grandes ditlicultez, il a esté con- 
traint de passer a Tcxecution sans attendre 
de leurs nouvelles. (Iîichelieu, Leti. itouv., 
an 1628, III, 148.) 

— D'une manière analogue : 

Qui a le tenis a propos et le laisse per- 
dre, tard ou jamais le recouvre: l'occasion 
est chauve pdiV derrière. (Fr. D'A.MBOisE,.Vert- 
poL, m, 12.) 

CIIALIUARI, V. CnARIVARr. — CHALIT, 
V. ChaALIT. — Cil VLIVALI, -ARI, CIIAL- 

LEVARY, V. ChaIUVAUI. 

CHALOIR, verbe. — N., impers., avoir 
de rintérèt pourqqn.êtresujet de souci, 
importer : 

Dont ici nonque chïeH. 

[Eulalie, 13.) 

Non oct ob se cui en calsist- 

{Vie de S. LégeT, 164.) 

De ço cui cuit ? n'eu avrunt sucurance I 
[r{ul., 1405.) 

Dus Auberis i pert molt cîe sa gent, 
Ne puet chafloir, quant il sont la dedens. 
{Loh., ms. Monlp., t" 132^) 

Tristran, s'a vus parlé eusse, 
^Je me calsist se puis moruse. 

[Tristan, H, 1619.) 

Venes avant, baron, ue vous caitt d'eslongier. 
{Fierahriis, 3602.) 

Mais ne vous caut trop a prlier, 
Car n'ai cure de son dangier 
Ne de manace n'ai je cure. 
{Siège d'Ataiiies, B. N. 793, f IIU v*. col. 1.) 

Mais nos cal avoir regart 
Que Franssois sont Longobari. 
{Servenlois du l'oi Bich., au dauphin d'Auc, ap. 
ter. de Lincy, Hec. de Ch. hist., 1,67.) 

Se vos braies, moi k'en chaille? 
[Chans., ap. Bartsch, Bom. et Past., n, 4, 41.) 

Del escondil ne li calott 
Que sa tille fait li avoit. 

(Beauman., Maneliine, G2b.) 

Laissies crier ; ne puet caloir, 
Jo ne pris de rien son crier. 
(Ren. de Beaujeu, Le Bel DescQiineuy&M.) 

Et quant toz en trera les buens, 
A nos que monte ne que qiialle 
De tormenter ceste rasqualle 
Qui ceeuz ovec nos remainl ? 

{Evang. de Nie.,'!" vers., 161^.) 

Il meismes contre aus aloit. 
Si comme chil qui ne calott 
D'estre orguilleus ne dangereus. 

{Mir. de S. FAoi, p. 44.) 

Le vilain s'en retourne, a qui il n'en chalut ; 
De ce que la voîz dist. certes riens il ne crut. 
{Dit de Merlin Mellot, ap. Jub., Nouv. rec, I, 13o.) 

Sire, chil U respont, ne vous caille esmaier, 
Que chen sera lest fet, se Des me veut aidier. 
{Doon de Maience, 3779.) 

Et se ge sui fox, ne vous chaille. 

(Rose, 7249.) 

Combien que bon cuer leur fausist. 
De (cl faute ne me chausîst. 

{Ib., 9699.) 
Chaleir. 
{Dial. de S. Orég., ms. Evreux, f* 47 v**.) 

L'ardente flamme amoureuse n'a espar- 
gné ne sang royal, ne vertu, ne courage, 
ne ne luy o challu de la grande proesse ne 



30 



CHA 



CHA 



CHA 



de la Uivrp. coiporelle qui estoit en Troy- 
lus. (Ti-oHui, I.) 

No de Grec ne de Trojeti no me chalil 
oncques. (/&., VI.) 

Le conle de Poeticrs deniamla au conle 
de Foreslz qiril lui laissasl Haimondinson 
nepvcu. et ()u'il ne luy r/m«ss/s/ jamais de 
Iny, car il le poui-vi>i]-iiil bien. i.l. h'Arras. 
Melm., p. 27.) 

Hz sont maintes femmes auxquelles ne 
leur c/ifti/lt. mais que leur voulenté soit 
faiete et accomplie. {Lw. du C/iev. de Ln 
Tour, c. .\LV.) 

A la requeste de son oncle qui lui dist 
qu'il ne lui cnchaiisist. (1398, Grands fours 
de Troi/es, A. N. X'» 918.'j, f 32 v».) 

Ne m'en chaut, respondi messires Jehans 
Chandos, je n'ai mesliui nulle volenté de 
chevaueier. (FKOiss.,Cfe'0?i., VII, 199, Luce.) 

Tu y trouveras grant reconfort et conso- 
lation en tes tribulations et ailversitez, et 
ne te chauldra guère d'estre mesprisé du 
monde. [Inlern. consol., I, 1.) 

Qu'il ne luy souvinsl plus d'elle, et ne 
luy en chalusl point. (Marcial, Arrests d'a- 
mours, XXV.) 

A quoy le doyen respondit qu'il ne luy 
en chnulsisi, et (|u'on l'en absouderoit. (Du 
Clercq, Mém., 1. IV, ch. i.\.) 

Vien, si onques 
De tes enfuDs te chalut- 
(i:l. Mar., Psalm., XXXVIU, Ji. 199, éd. 1596.) 

EsGOule noz pl.-nnles donques 
Si de nous to chalut onques. 
(JoACH. DU Bellaï, Recueil de poésie... A Phœbus, 
f» 84 r", éd. 1569.) 

Puisque nous sommes menacez de tant 
de façons de mort, n'y a il pas plus de mal 
a les craindre toutes qu'a en souslenir une? 
(Jiie cfiaul il i|uand ce soit, puis qu'elle 
est inévitable. (Mont., liv. I, ch. .\ix, p. 43.) 

— lîéfl., avoir souci, se soucier; 

La chaste Pénélope eut bien une bonne ame. 
Qui de son cher mary si longuement se chaut. 
[}. A. DE Baif, Pusselems, 1. IV, f« 100 v.) 

Qui de haine et rancueur meurdriere 
De tes loix ne se chalans guiere, 
Maudits s'entrevont guerroyant. 

(ID., Mimes, i' 21 r».) 

— A., sans en chaloir la maille, sans 
regarder à la maille, à la dépense : 

Puis, quant ce vient que vous estes aux 

[champs, 
Pour que le cueur trop souvent ne leur faille, 
Il fault du vin pour mieulx passer le temps. 
Boire a plain pot, suns en challoir la maille, 
Tousjours avoir ou Uacon ou bouteilles, 
Ne demeurer sans vin en la cuisine. 
[Caq. des bonnes ckwitlicr. , Poés. fr. des xv« et xvi" 
a., t. V, p. 75.) 

Cf. Il, 43'. 

ciiALOR, mod. chaleur, s. f., tempé- 
rature élevée d'un corps ; sensation de 
chaleur ; lîg., ardeur, feu, véhémence : 

Ne n'est ki se repunet de sa chalur. (Liv. 
des Psaum., Cambridge, XVIII, 6.) 

De si chalde nature sont. 
Que se dosus lor oes seeienl. 
De lor chalor toz les ardreient. 

[Eneas, 4040.) 



Alsi sunt enspris de cliarror de droiture 
encontre les culpes des l'orfaisanz. (Jnh, li. 
N. 24764, (° 2 V; Ler. de Lincy, p. 442.) 

Mais (|uant, ja paisieble lo cage de la 
pense, li chaires de temptation s'en serai 
aleiz, dunkes sont il garde des vaisseaz. 
(Dial. S. Greg., p. 60.) Lat., calor. 

Chialur. (Marh., hipid.. li. N. Iii70, f 
10 r".) 

Kaleur. 
{Cant. des cant., ms. du Mans 173, f» 54».) 

S'oi lesraoîgnier au plus saîges 
Que lez et burres et fromaigcs 
Assez plus grant chu/or atrait 
A luxiu'e que chars ne fait. 

(GuioT, Bible, 1412.) 
Chatllour. 
(J. de Condé, Dit, ii. N. 1446, 1" 167 r°.) 

La. chaulor. {Serm.. ms. Metz 2(52, f" 81'.) 

Ou li feus art et brulle. et renl telle lumière 
Et si grande caurreur et de telle manniere. 
(IS. de Seb., XV, 515.) 

Pour le ralleur qu'il avoit fait ce jour. 
(Froiss., C/iron-, VI, 310.) 

Si coin noire ont pour la chaluur 

Ethiopiens la coulour, 

Ainsi... 

(Chr. de Pis., Lomj est., 1557.) 

CHALOUREUS, mod. chaleureux, adj., 
qui montre, qui manifeste de la cha- 
leur ; en parlant de chose, chaud ; ar- 
dent, au propre et au figuré : 

Geste saison futmoultc«He/'e!<se. (Froiss., 
Chron., Kerv., .Wll, 475.) 

Paroles chaleureuses. (1398, A. N. .1.1 153, 
pièce 367 ; Duc, Calidameya.) 

Tremblant de froid en manoir chaleureu.v. 
(Ch. d'Orl., Bal., 112.) 

En temps chaleureux. (Molinet, Chron... 
ch. CXLIX.) 

Aestivosus : chaloureu.r.. (Nebrixa, Le.ric., 
éd. 1538.) 

Tu sçais que vaut mixtionnee 

La drogue qui nous est donnée 

Des pais chaleureux. 

(KoNS., Od., Il, XIV, Contre Denise aorcière.) 

Terre, de noz oz en Ion sein chaleureu.v 

Naisse un arbre au printemps, propice aux amou- 

[reux, 
Qui sur nos tombeaux croisse en un lieu solitai- 

[re. 
(Id., Sonn. pour Hélène, I, v.) 

Régions chaleureuses. (Mo.st., liv. II, ch. 

XXXVII.) 

Lors que la chienne en colère 
Rend ses abois chnloureux. 
(R. Bellëau, Œuv. poêt., l'Ombre, t. Il, p. 40 r".) 

Voyant le feu d'un brasier chaleureux. 

(Vauq., Sonn., 4.) 

Viandes chaleureuses y ont beaucoup 
d'effect. (.1. (^i. P., Ocult. merv. de nat., p. 
58.) 

Vous aussi qui fuyes le soleil chaleureux. 

(0. DE Magnt, Sousp., III.) 

User de receptes et de philtres chaleu- 
reux. (G. BoucHET, Serees, XXIII.) 

Et tandis qu'aux moutons les loups ferontla guer- 
Que l'hyver sera froid et l'esté chaleureux, [re, 
(Despobt., Eteij.. I, xni.) 

Aux mois les plus chaleureux de l'esté. 
(ID., ib.) 



(Il) les divisa (les ans) en quatre saisons, 
dont le Printemps qui estoit éternel aupa- 
ravant lit la première, l'Esté chaleureux la 
seconde. (1040, N. Renouard, Les Mélatn. 
d'Oo., p. 7.) 

<;ii.\i,oi;iiEU.SEMEXT, adv., avec cha- 
leur, d'une manière chaleureuse: 

En ladite mellee, qui estoit menée eha- 
loureusement et sans aguet... (1360, A. N. J.l 
88, pièce 78; Duc, Aventurerius.) 

— Dans la première chaleur de l'em- 
portement, précipitamment : 

Et se on a.trouvé la couppe en son sacq, 
se ne le fault il chalereusement jugier lar- 
ron. (FossETiER, Cron. Mari]., ms. Brux., I, 
f° 91 v°.) 

cii.uLS, mod. chaux, s. f., oxyde de 
calcium, alcali minéral : 

Et il Est chauz et pierre atraire. 

(Wace, Rou, 3" p., 5079.) 

El je pris d'oile .i. grant sestier, 
Soltre et aluin, et chalz et sel. 

[Dolop., 8318.) 

Et cheste tor de cauc et de mortier 
Trebuschera conlreval cel rocher. 

(Raiub., Offier, 4950.) 

Namies regarde par deles un doignon 
Et voit venir lîroiefort l'arragon 
Ou il traioit le cauch et le nioilon. 

(Id., ib., 10550.) 
Chaus vive. 

{Rose, ms. Corsini, f" 27".) 

E de fere i la chous, et de sablon foir. (De 
Josl., IV, 19, 2 1.) 

Et porter toute jour le kauche et le sablon. 

{Ctiev. au Cygne, 15641.) 

Chauz vive. (1294, A. N. ,1 387, pièce 12.) 

La. caus. (1376, Terrier de la poterie Ma- 
thieu, f° 30 r", A. Eure.) 

Getter piereset feu et pos plains de comcA. 
(Froiss., Chron., II, 93.) 

CHALT, adj., qui a une température 
élevée ; qui fait éprouver une sensation 
de chaleur à une partie du corps ; ar- 
dent, brûlant, au propre et au figuré : 

... Nos espees sunt bones et Irencbanz 
Nus les feruns vermeilles de chald sanc. 
{Rol.,Ui.) 
De si chalde nature sont, 
Que se desus lor oes seeient. 
De lor chalor toz les ardreient. 

[Eneas, 4040.) 

Quant les rhalz et les tendres (pains) i 
furent posez, (liois, p. 84.) 

Biaus fut li vespres et chaus fut li seriz. 
{Loh., B. N. 16-22, f» 197 r\) 

Une eure est cals, et autre frois. 

{Ben., Troie. B. N. 375, f" 96'.) 

Ce dist Telamon Ajaus, 
Que il est si vaillans et caus. 
Et tant avoil l'ost sccorue, 
O la trencant espee nue. 

(ID.. /*., I' 112'.) 

A caudes lairmes et a plors. 

(Parton., 4225.) 

D'ire et de duel fu plus caus d'un brasier. 

(Raiud., Ogier, 4163.) 



CHA 

Caude est la maille de l'aubcrc jaseranl. 
Ne pol solTrir l'acier ne tant ne quant. 

(ID., il)., 8057.) 

El. i sordoient li baing chaut U plus bel 
de toi le monde. (Villeh., G -1^)2.) 

Ilom chttl mal ail et menison 

(ROB. DE Blois, B. N. Î4301, p. S14I'.) 

Morgan?, fu une des plus chaudes famés 
qui fust en toute la si-anl lîrelaifîno. (Ar- 
tur, B. N. 337, P IST'.) 

Nus clers d'aprendre n'est mes chaus. 
(G. DE r.oiNCi, Mil-., ms. Soiss., i' 27s) 

Par le temps chaut, sos estes sages. 
Vous devez tenir es urnbrages. 

(La Clef d'amours, 2637.) 

Parmi le sablon chaut et ardent. (Ménes- 
trel, S 155.) 

Li jors esloit caus. (Id.) 

Quo raorir te feray en caut oUe bouljant. 

iCtienalier au Ci/fine, 1SH67.) 

Gros jambons y eut au chautt poyvre. 

(Gages, Deduiz, Ars. 3332, f° 23 v«.) 

Ces nouvelles vinrent jusques au roy 
Jehan, qui estoittViUiïietsoudains. (Fnoist,., 
Chron., IV, 76.) 

Couroient ses gens toutle pays d'environ, 
et ne laissoient riens a prendre, se il n'es- 
toit trop chaut ou trop pesant. (In., ih.,\l, 
177.) 

Il le fist poursuyvir par les sergens du 
roy, qui tousjours en chuulde chasse le sui- 
virent, tant qu'on le chassa. (Bout., Somme, 
■ 2' p., f° 56% éd. 1486.) 

Mais par ee j'oz puissance et force 
Et du veoir fus si amorse 
Qu'en corps ne me grevoit n'a l'ueil 
Trop chault ne lueur de souleil. 

(f.riR. DE fis., Loiii) est., 1793.) 
Vostre manière fut trop caidàe. 
(La Correction des Liégeois, Aoal. leod., v. 9.) 
Vous leur devez fort courre sus. 
Et les poursuivre a chaulde chasse. 
(Mist. du siège d'Orl., 1322.) 

Toutefois le peuple s'opposant a leurs 
chaudes poursuiltes, défendit Clodius. 
(Amyot, J. Cœs.) 

Voila le seul moyen de luy faire laisser 
la poursuite en laquelle il est si chaud. 
(TouRNEB., les Contenu, V, 1, Ane. Th. fr., 
VU.) 

Si cet advis ne m'estoil donné de bonne 
part, je n'en prendrois et ne vous donne- 
rois aussy l'alarme si chnulde. (Lellr. miss. 
de Henri IV, t. IV, p. 763.) 

— Iroiiiq. : 

Voila une chaude nouvelle ! 
Vraiment, lu me la bailles belle ; 
Tu viens pour te gausser de nous. 

(Godard, tes Desguis., V. 4.) 

— Loc, cela ne me l'ait ni chaud ni 
froid, cela m'est indilïéi'ent : 

El se lu aimes, a moi qu'en chaut ? 
Ce ne me fait ne froit ne chaut. 

(Rose. B. N. 1573, t» 27=.) 

— A la chaude, loc. adv., dans la 
première chaleur, dans le premier mo- 
ment, sur l'heure, tout aussitôt : 

Ce conflit s'estoi l fait a !a c/(a«(/e avec tout 
ce (pi'ils purent trouver sur le champ. 
(Amyot, llist. Etliiop,) 



CHA 

Un Suisse ayant surpris sa femme en 
paillardise, porta patiemment ceste injure 
pour lors; mais luy ayant pardonné a la 
chaude (au contraire de ce qu'on voit ave- 
nir ordinairement) la tua quelques jours 
après de sens froid. (II. Est., AijoL, c. J8.) 

Ce roy ne fil point ceci a la chaude, mais 
avec longue et meure délibération. (In., io., 
Disc, prél.) 

Mais dans bien peu de jours j'espère quo la fraude 
Se verra descouverte et punie a la chaude, 

(ScilELANDR., Tijr et Sid., i' jonro., Il, 8.) 

Le corbeau paravanl blanc fut l'aict noir 
par Apollon pour avoir descouvert que Co- 
ronis faisoit l'amour avec un autre, car a 
la chaude Ajiollon la tua d'un coup de 
llesclie. (16't0, N. Wet^ov \\m, Mélam. d'Oo., 
p. 63.) 

A la chaude, précipitamment. (Monet.) 

— En parlant de bataille, vif, san- 
glant, acharné ; au plus chaud de la 
meslee, quand la mêlée est plus chaude: 

Les Numides gendarmes menoient en 
main un second cheval, pour changer aJi 
plus chaud de la meslee. (Mont., hv. I, ch. 
.\LViii, p. 184.) 

— Sur la chaude, quand Faction est 
chaudement engagée : 

Et a tousjours esté conseil hazardeux, 
de fier a la licence d'une armée victorieuse 
l'observation de la foy qu'on a donnée a 
une ville, qui vient de se rendre par douce 
et favorable composition, et d'en laisser 
sur la chaulde l'entrée libre aux soldats. 
(Mont., liv. I, ch. vi, p. 14.) 



CHA 



31 



— S. m., chaleur: 



de \'a- 



E faciebat grant chcdt. (Fragm 
lenc, v°, 1. 10.) 

Si vint grantesmes chalt super caput 
Jone. (Ib., 15.) 

Pur sun seignur deit hum sulfrir destreiz, 
E endurer e granz caU et granz freiz. 

(Bol., 1010.) 

Apres le chaut c'out pris li filz Karlon 
Moult fu malades, s'en pesa maint baron ; 
Enz en son lit le couchent sanz tençon. 

(Les Loti, Ars. 3143, I' 5I«.) 

Del chatz del sablun. 

(P. DE Tbaun, Best., 620.) 

Oste sa guinpit ^ le caut qu'ele avoit. 
(Raimb., Ogier, i029.) 

liiaus fu li jors, lieve li caus. 

(Ben., Troie, 6. N. 373, f 83».) 

Au plus chaut de l'année. 

(G. GUEROUIT, Blas. des oys.) 

Monsieur attendoit le chaut a passer. 
(B. Uesf., Nouv. recréât.. f° 100 r°.) 

Chaud, chaleur, le chaud de l'esté, le 
chaud du jour. (Moset.) 

Cf. Ch-xlt pas, II, 44% Chaude, 11,94'', 
et Chautemps, II, 99«. 

cii,\LVE soRis, mod. chauve-souris, 
s. f., mammifère volant qui a des ailes 
membraneuses, et qui ressemble à une 
souris pour la forme et la grosseur du 
corps : 



Quant la chaire suris les vil. 

(Marie, Fabl., XXXI.) 

Les uns sembloienl cauve suriz, 
* (Chardrt, S'ef rfû'WaHs, 118.) 

De chaoeceriz, (Blar/uerne, B. N. 763, f° 
203 v°.) 

Vespertilionem, chaufesoris. (Gl. de GarL, 
ms. Brug. 516.) Caudesoris. (Ms. Lille.) 

Cauwesoris, (Sones de Naiisatj, ms. Turin, 
f« 51 r%) 
Vespertilio, cauvesuiis. ((}loss. de Douai.) 

(1 ont le qief soris, ce sunt les oisiaus qe 
volent la nuit e qe ne ont poines ne plume. 
{Voy. de Marc Pot, c. clxxiv. Roux.) 

Chauve seris. (h.KVTiEtir, Somme, ms. MeU 
665, f° 12".) 

Chawe suris. (Ps., Maz. 58, f" 24.) 

Les chuusourls. (Maiz., Songe du iiiel pel., 
I, 18, Ars. 2882.) 

La chuusoris. (In., ib.) 

Verpertilio. Chausse souris. [Vocabulaiius 
brecidicus.) 

De chaudes soris. (Evanff.des fjuen,,p. 146.) 

Les souris chaulves. (BAB.,Oua;-i lie, ch. 
m.) 

La chau sourt. 
(J. A. de Baif, Mimes, III, f 136 v".) 

Une chau souri cheut en terre; 
La belette en ses dents la serre. 

(Id., ib., f»27 v«.) 

Pour faire peur aux rats et aux chaus- 
souris. {Tahvreav ,Seconddial. du Democritic, 
p. 301.) 

t;ii.4i.vETK, s. f., calvitie : 

Ccduité est mutation de eage. (Fossetier, 
Cron. marg., ms. Brux. 10512, VIII, iv. 27.) 

Je metteray sur tous voz doz ung sac, et 
sus toule leste la calvelé. (Le Fevre' d'Est., 
lUhle, Amos, VIII.) 
La chnuloeté. (Jard. de santé, I, 248.) 
C/iduwe/é, calvifium. (R. Est., Thés.) 

Par indigence d'humeurs est causée la 
chauvelé. (Joue., Gr. chir., p. 476.) 

CHAMADE, s. f., batterie de tambour, 
sonnerie de trompettes pour avertir 
l'ennemi qu'on veut parlementer ou ca- 
pituler : 

Les chiamades et salves. (Carloix, 1,36.) 

CIIAMAII.. V. Camel. 

CHAMAILLER, V. n. et réfl., se battre, 

se quereller : 

Quand oschaulTez l'un sur l'autre chamaille. 
(l''R. Pereis, Pouriraict, (' 34 v°.) 

CHAMAiLLis, S. m., brult produit par 
des gens qui se battent : 

Et commença entre eux deux un cha- 
maillis si cruel. (Amadi.s, 2.) 

Aussy lost que les armées furent accou- 
plées, se lit unchaniuillis tant admiratde 
que les lieux circunvoysins en retentis- 
soyent comme forges, faisant incontinent 
par la campagne un harat de chevaux sans 
maislres.(l'.i)'Oi;r)EunEnsT,/l««.rfe Flandre, 

II, ye.) 



32 



CHA 



A cesl assaut fut fait un tel n/inmailliz 
(l'armes Iranoliantesque l'onoiisl juré qu'ils 
comballoyenl morlellement. (1'aiiai>in,//w/. 
de Lyon, p. 34S.) • 

Il recharge le géant si dru et si menu 
i|u'a ouvr \ii rlinniaillis des combatans, on 
(.■s eust'|>Uislost jugez eslre forgerons que 
i-liov:ilicrs.(J.MAi;fuN,.Vo6/e Trisl. de Leonn., 

C. XLIV.) 

Elouyr les froissemens e\. chamailliz des 
portes, fenestres et colîres (jue noz soldats I 
<lerompoient. (F. he Rabutin, Comm., III.) 

Il trouve la un \ioYr\h\ecliainaillk ; il voit 
Balde entre cent espees et cent Sacquins, 
faisant merveilles avec son javelot. {Merlin 
Cocc, XI.) 

Si est ce qu'ils se donnent mille secous- 
ses, et vit on craquer et retentir sans cesse 
les harnois de coups, et du chamailUs aspre 
au possible, et qui semble redoubler et 
renforcer vers la fin. (E. Binet, Merv. de 
nal., p. 163.) 

Ny le chumailUs des allarmes 
Ny les cris divers des gens d'armes. 
(A. ou BaiiUiL. Muses gaillardes, {" 13 v".) 

CIIAMAMILLE, V. CaMOMILLE. 

CHAMARRE, mocl. simaiTc, S. f., sorte 
de vêtement orné de passementerie : 

5 aulnes et demye de drap d'or raz tanné 
a l'euvre de Damas, pour couvrir une cha- 
marre faicte d'aigneaux blancs. (1490, 9" 
cnmiit. rny. de P. Brkonnel, P 48, ap. V. 
Gay.) 

■ CHAMARRER, V. a., garnir d'orne- 
ments voyants, disparates : 

Quatre chossettes pour les piliers du lict, 
de'damas blanc chamarré de passements 
d'or et de soie cramoisie. (1589, Inv. de 
Cath. de Médicis, p. 61.) 

CHAMARRURE, S. f., assemblage d'or- 
nements voyants, disparates : 
Chamarreure. (Cotgr.) 

CHAMBE, v. .Jambe. 

CHAMBELLAiviE, S. f . , offîce, dignité 
de chambellan : 

(Du Tn.i.ET, part. I, p. 41ô.) 

CHAMBERiEUE, mod. chambrière, s. 
f., fille de chambre, servante en géné- 
ral : 

Nen i ot meschine apelee, 
Ne chamherlere a son servise. 

[Eneas, 1263.) 

E cele estoil chumheriere la femme Naa- 
man. (Rois, 361.) 

La dame ^pres muntad, et cinq chambe- 
reres od sei menad. (76., 102.) 

La chambrière Ui portière eret. (Job, 444.) 

Se Hues vient a Paris courloier. 
De douce France sera gonfanonnier. 
Et li raaisnes sera mes camheriers. 

(ffuonde Bord., 450.) 

Jonesce sa chatnbelîere. 

(Jlose, Vat. Chr. I8S8, f» 40'.) 



CHA 

Avoit esté sa camhoriere. 

(.MncsK., Chroiu. 775.) 

Conlre son fil od ses pucieles 

Vint Dame Emme, car les novicles 

Li ot dit une cambouriere. 

(lienart le nouvel, 1773.) 

Puis dist a sa chamberere. 
(UnCbirnl. e su dume,u\s. Cainlir., Corpus, 50, f" 92", 
P. Meyer, Rapp. ) 

Car a mes cambourierez ay oy recorder 
Que souvent le faisoit en cez cambrez mander. 
(//. Capel, 346.) 

E si fust la jnestre chaunbrere la dame 
del chastiel de Dynan. (Fom/ç. FitzWarin.) 

Une cambouriere. 

(Cliev. au Cygne, 341.) 

La chatnberlere. 

(Mir. de N. D., I, 250.) 

Escuier faut et chainberiere 
Qui voisent devant et deriere. 
(EosT. DEScn., Miroir de 7nariage,it. 24.) 

La chamberiere de cuisine. (1392-1400, 
Compt. de l'Hôt.-D. d'Orl., P 10 v°, IIôp. 
gén. Orléans.) 

La chambreriere de la cuisine, (/i., 1406-7, 
exp. pro salar. famul.) 

Par ce que vous leur envolez 
Vo chamberiere Convoitise 
Qui les aguillonne et attise. 

(Cor. de Piz., Long est., 2862.) 

Vos chamhellieres. (ii6i-\i6à. Procès cri- 
min. de Jeanne Sa'r/nant, ap. J. Garnier, 
Chans. Dijonn., p. 73.) 

De jeunes chambellieres de haute gresse. 
(1464, Ib., A. mun. Dijon.) 

Je suis la chambelire de Dieu, face de 
moy comme il luy plaira. (J. Legrant, Livre 
de bonnes meurs, f° 7".) 

Chambariei-es, servantes et exclaves. (Au- 
TON, Chron., B. N. &082, P 216 V.) 

Chaynbariere. 
(J. BoucHET, Ang. d'amour, p. 42.) 

CHAMBERLEiNC, mod. chambellan, s. 
m., officier préposé au service de la 
chambre d'un roi, d'un prince, qui por- 
tait une clef pour insigne ; 

Et puis l'a fait son maislre cambreïenc. 
(.l/rais, 77, B. N. 12471.) 

Li chamberlenc et li ussier. 

(VVace, Rou, 3" p., 807.) 

As chanberloiiis vit les liz faire. 

(Ben., Troie, ms. Naplea, f"* 10**.) 

Li chamberlenc s'est endormi. 

(Vie de S. Gilles, 2752.) 

Chunberleny ne sergaunt. 
(Garn., s. Thomas, B. N. 13513, f» 6 ï«.) 

Dou vallet fist son chambellein. 
(S. Guilt. d'Angleterre, ms. Cambridge, S. John'a Coll. 



Sa chnmbeîUere. 



B 9, f 



'5«.) 



(Itj., f» 86'.) 



Li rois son cambreïenc demaine 
Li a chargiet o grant conroi, 
Tel que convient a fil de roi. 

(FI. et Blancefl.. i" vers., 352.) 

Si me laissiez entrer, chnmherleng debonaire. 

Et dit li chamberlens : Ne l'osereie pas faire. 

(JoRD. Fahtosue, Chron., 1969.) 

Cis esloM chamberlens a.a conte Baudoin. 

(ViLLEH., LV.l 



CHA 

.Si l'en ont clunnbelenc mené. 

(Chee. as .it. esp., 6089.) 

Son cambreJent en apiella. 
(De l'Emper. Constant, 114, Romania, VI.) 

Pierre Tristan nostre chambellaitc. (1221, 
A. S. K 28, pièce 3.) 

Chambellens. (Chron. de S. Den., ms. Ste- 
Gen., f" 59^) 

Algise son maistrc chambellenc. (Ih., f" 
113''.) P. Paris ; chambellan. 

Ses chambellains maintenant apclla. 

[Gaijdon, 352.) 

Le chamberlayn d'Escoce. (1291, Subm. 
per Scot., Avesb., p. 19.) 

Chambelent. (1308, A. N. J.I 40, P 39 r°.) 

Chambeltainc. [Compos. de la s. escripl.. 
ms. Chantilly, t. I, P 107 v°.) 

Ytier ckamherlant. 

(Mir. de JV. D., VII, p. 194.) 

Son cambrelenl. (Fnoiss., Chron., V, 378.' 

Camerarius, camérefe»/. [Gloss. rom.-lat. 
du xV s.) 

Le chamhellain de monseig''. (Girart de 
liossillon, ms. de Beaune, p. 380.) 

Le duc a un premier chamhellain, sons 
lequel sont et respondent tous les chambel- 
lains chevaliers. !(Jl. de La Mahche, Eslal 
de la maison de Charles le Hardy.) 

Grandc/iam6re/am.(.IuN.,.Vome?(,c/.,p.330.) 

Euslace ]& chambrelain.(\'. d'Oldegherst, 
Ann. de Flandre, II, 143.) 

— Maitre d'office : 

Le celarier cambellan. (Off. claust. de S.- 
Oyan, I.) 

CHAMBRANLE, S. m. et f., bordurc 

de côté d'une cheminée, d'une porte, 

d'une fenêtre : 

Pour laillier les chambrandes des ars. 
(1313, A. N. KK 393, P 42.) 

Et y doit avoir un chambramlle qui reves- 
tira ledit portail. (1389, Arch. hospit. de 
Paris, II, p. 149.) 

Une chamhrande portant moUure. (1511, 
Lille, ap. La Fons.) 

CHAMBRE, s. f., pièce d'une maison, 
principalement celle qui est affectée à 
l'usage particulier d'une personne pour 
y coucher, y travailler : 

Fait sei porter en sa cambre voltice. 

(Roi., 2593.) 

E si alcons est apelez de muster fruisser 
u de chambre. (Lois de Guill., 17.) 

En sa chambre s'en est entrée. 

(Eneas, 1214.) 

En la camble erl avec l'crapercris. 

(Les Loh., ms. Berne 113, f» 168.) 

En celle za>nbre n'a mestier 
Torliz, candoile ne doplier. 

(Hector, B. N. 821, f- 2'.) 

Pour la chambre de Madame, fait et dé- 
livré... (1340, Comptes du connétable d'Eu, 
ap. V. Gay.) 

Pour avoir fait une chianbre a ung veu- 
gloire. (1472, Dép. pour l'arlill., A. mun. 
Beauvais, 1'''= liasse, pièce 28.) 



CHA 

— Travailler en chambre, se dit d'un 
artisan, d'un ouvrier qui ne tient pas 
Ijûutique. — Dans un sens anal. : 

Ceulx qui vendent le pain en chambres. 
(1303, Péage de Gien, A. N. P 1378^ pièce 
3045.) 

— Mobilier d'une chambre : 

Un tonneau a mettre plusieurs choses de 
la r/iamhre. (13i8, Compt. de D.CoUors, Au- 
inale, p. 9.').) 

— Domaine particulier : 

Cum jo serai a Loun en ma chambre. 

{Roi., 2910.) 
E EnglelerrG que il leneit sa cambre. 

{Ib., 2333.) 
Langres est cJiamhre l'empereor Pépin. 

{Garin.) 
El Lonbardie que l'en cleime nia chambre. 
(Gérard de Viane.) 

Et appelloient ces compagnes le royaume 
«li^ Fiance leur cambre. (Froiss., Chron., VI, 
184.) 

— Nom donné à certaines assemblées 
et à dilTérentes juridictions : 

Besoingnes faictes et ordonnées en le 
riimhre de le maison de le ville etcommune 
de .Noyon par les maire, jures et majeurs 
de mestierspour le gouvernement d'icelle 
ville. (1388, 1" lier/, des délib. de Noyon.) 

Le mecredi .xvu". jour du mois de mars 
de l'an .un", et huit, l'u faicle rambreJehan 
de Saint Pol, majeur. (Ib., P 2'.) 

Le... fu (aide cambre, a laquelle furent 
Il maires, avec lui... Eti lequelle cambre 
vint. [Ib.) 

— Basse chambre, lieu d'aisance : 

Li glize devant dite doit faire l'ensaigne 
devers le fcmiaine a l'arestel de le maison 
devant dite a ligne .i. mur <le piere u de 
1ère de .ix. pies u .x. de haut deseure 
1ère, sans huis, sans fenestie, sans nule 
veue, sans base cambe, sans nokiere. (1260 
ap. Brassart, Pr. de l'Hist. du chat, de 
Douât, I, 83.) 

Ke nus hom ne face basse cambre sourie 
forterece de le vile. {Bans aux échevins, Od 
1" li V, A. Douai.) 

Et quant li basse cambre ara besoigne de 
yiudier, on le vuidera parmi l'irelage qui 
u segnenr.Mmon Payen, qui est ledit Je- 
han de Rouhais. (1328, Test, mestre Jehan 
de Bine, A. Tournai.) 

Une mesme cloaque et basse chambre re- 
mImoM"' "nmon'lices des deux maisons. 
(IblO. Phii de Hlrges, Mém. d'escheoin de 
Tournay. Mem. de la Société hist. de Tour- 
nai, V, 193.) 

— Chambre aisée, même sens : 

Il disoit que il venoyt de ses chambres 
msees. {Liv. du chev. de La Tour, c. xvii.) 

Chambre aisée. 
(G. DE DicuLiETjiLE, Ti'ois pèlerin. , l' 44'.) 

— Chambre courtuise, dans le même 
sens : 

Tuli la baniere le duc d'Osteriche... tote 
la desrompi et dépeça, puis la hst geter en 

T. I.\. 



CHA 

nés chambres corluises. (Ohron. de S.Den., 
ms. Ste-Gen., f" 300".) P. Paris: chambre 
courtoise. 

Va en le courtoise chambre u cil m. ont 
leur aises. (1328, Test, mestre Jehan de Bine, 
A. Tournai.) 

Sacent tout chil. Ici cest escrit veront et 
oront, ke comme debas et contens fust et 
ait estet autre fois, et sentenses rendues, 
entre Gossuin Dantoing, d'une part, et Je- 
hans Descaus, d'autre part, pour le cauze 
et occoison d'une cambre courtoise. (8 mars 
1330, C'est compromis Gossuin Dantoing et 
Jehan Descaus, Chirog., A. Tournai.) 

— Chambre privée, dans le même 
sens : 

Et si doivent le cambre privée vuidier. 
(Mai 1334, Jehan de Roubiseul, Chirog., A. 
Tournai.) 

Pour vider le cambre privée de le prison. 
(1369, Compt. duMassart,X. mun. Valenc.) 



CHA 



33 



— Chambre nécessaire, dans le même 
sens : 

Doivent faire unes chambres neccessaires 
ou courtil ou elles souloient estre. (1383- 
84, Compt. des annivers. de S. Pierre. A. 
Aube G 1656, t° 175 r°.) 

— Chambre, tout seul, dans le même 
sens : 

Le baiser de punes 
Se[njt de chambre les es. 
{Marconi et Salem., p. 196, Crapelet.) 

(B. DE GOBD., Pratiq., II, 12.) 

Cf. Ch.vmbre 2, t. H, p. 45". 

CHAMBREE, S. f., le nombre d'ouvriers, 
de soldats, qui couchent dans une même 
chambre : 

(R. Est., Thesaur.) 

Il leur encharge achascun de choisir de 
toutes les troupes et chambrées, neuf autres 
telz (hommes) qu'eux. (.M.\u,iiEr, Po/»4e, III, 
35.) 

Cf. Il, 45". 

CH.\MBRETE, mod. chambrette, s. f., 
petite chambre : 

Li bons hom l'arche apreste, camberetes i fîst. 
(UcHMi.i, mille, B. .N. 1444, f» 7 r».) 
Dedenz une chambrette ou faisoit son labur. 

(Garniek, s. Tliiim., 3824.) 

Sus la mason et sus les .11. chambrâtes 
ancosle. (1248, S. Thiéb., A. Mos.) 

La mason et la chnmbrale. (1271 Cart 
gr. Egl. de Metz, B. N. 11846, f» 70".) 

Chambrele de l'estable. (1301. Trav. p les 
chat, des c. d'Art., A. S. KK 3!)3, P 15.) .^ 

Pour loii loyer d'une chambrete. fl3I0, 
Compt. du dom. de Mahaut d'Artois, Richel. 
8551.) 

En lai chamhrate. (1320, Coll. de Lorr 
975, n° 113'.) 

Chambraite. (1383, Cart. de Met:. B N 
I. 10027, r 86 v°.) 



pendre un huis audit belfroit, en le cam- 
brede de le dite orloge. (1395-1398, Compte 
de ta construct. du Ijeffroi, 9.y Somme des 
mises, P 90 v°, A. Tournai.) 

Premiers, une cambrette bas devant a 
cheminée. (23Janv. 1442. Escripsde leuwier 
d'entre WiUemme Lebrun et Jehan, cWiros... 
A. Tournai.) 

A Jehan RIaue, serrurier, pour son sal- 
laire d'avoir fait deux clicques et ung men- 
ton, et refait une warde a le sierure de 
Puis de le montée de deux cambreltes de- 
seure le bouge. (16 fév. 1446, Tutelle deHa- 
qumet de Buissij, A. Tournai.) 

Et m'en viens droit a la chambrete 
Qui esloit bien fort mignonnctie. 

(CoQuiLLiRT, Monol. du Puijs, II, Ï54.) 

Cf. II, 46". 

CHAMEL, mod. chameau, s. m., ani- 
mal ruminant, haut de jambes, qui a le 
cou fort long, la tête petite et deux 
bosses sur le dos : 

.VII. c. cameil d'or e argent carglez. 

(Roi., 645.) 
Chamoil. 

(Gerv.. Best., 954.) 
Li chamans. 
(G. DE CoiNci, Mir., ms. Brux., f» 218 v».) 

Nient plus que uns camers poroit * 
En trou d'aguille trespasser. 

(G. DE Cambrai, Barla'im, p. 87.) 

Li carnets sisl joste le roi. 

(Ren., Br. V", 144.) 

Je ai un camoelen maison qui est le plus 
orde beste. (Robert de Cl.\rv, p. 23, Riant.) 

Un chamuel. (G. de Tyr, I.X, 22.) Var., 
chaînai (P. Paris.) 

Les avoient loiiets sour les cameus 
{Chron. d'Ernoul, p. 43.) Var., chamois. 

Murs, cevaus, kameus, palefrois. 

(MousK., C/iron., 6716.} 

Aloit nus piez et portoit en son chief .i. 
chapel qui estoit faiz de poil de chômait 
(fie suinte Marthe, B. N. 423, P 33=.) 

Dou chamuel. (Ms. Chart. 620, P 139'.) 

Et g'iray au kamel, sy Parons jus giettes. 

(Cliev. au Cygne, 91S9.) 

Seoit sur ung qnamenl qui vint d'Esclavonnie. 

o. . , , (/*., 9112.) 

Si cria chascuns kameus. 

(Ib., 19964.) 
Et mules et chumeus, mainte beste savage. 
(Florence de Rome, B. N. noiiv. acq. 4192, f« 3 r'.) 

Le Soudan eusl conseil a ses amiraus 
et ordenerent d'aller a Triple, et fisl apa- 
railler les gens d'armes, et les cames par 
les chemins. {Gestes des Chiprois, p. 235 
Raynaud.) ' 

Et le Soudan novyau, fis de cestuquy fu 
mort, qui se list apeler Melec el Esseraf, 
vy l'ost aparaillié, et les cames par les che- 
mins, et se mist a venir a 1ère a moût grant 
gent a chevau et a pié. (Ib., p. 241.) 

Peil de chamuel. [Comment, s. le Nouv. 
Test., ms. Oxf., Borll. Douce 270, f" 68 v".) 

Que riche n'i povoit entrer 

Ne qu'un cameuLr povoit passer 

Par my le partuis d'une aguille. 



Pour deux verveilles qui servirent au ' '"'(î'iv"''' ■'''^''•■"''- "" '^"'■/"•' '"""■■ "»■ Valpioçon, 



34 



CHA 



Camclus, cameul. {Gloss. de Couches.) 

En l'ewangille ou n'a mesclit, 
Que plus losl un chamil diargié 
\roit, sans ostro dcschargié... 

[C.BR. DE Piz., Loiii/ est., 4604.) 

Plus tost par le trou d'une aguille, 
Passeroit ung puissant caniel. 
Que ung riche au lieu celestiel 
Enlrast. 

(GmsGORE, Faites entrep}'., p. 119.) 

— Étoffe OU poil de chameau : 

Et se ve^li. sces tu de quoi ? 
D'une cote a un large ploi. 
Faite d'un camel tout a plain. 

(Kroiss., Pofs., II. :!46.) 

ciiAMELOT, mod. camelot, s. m., 
étoffe faite de poil de chameau, étoffe de 
poil ou de laine : 

Charnel qu'en autre pais sont 
Une boce sor le dos ont. 
Les chumelots de lor clievous 
Sont fait, tant sont precious. 
(Gaut. de Mes, Tmai/e du monde, ras. Montp.. f° lOô 
v«.) 

Camelo: que on fait du poil des chameus. 
(Lie. Ile Marc Pol, LX.KUI.) 

En cslo une cote de chame/ot, un seur- 
cot de lyreteinne sanz manches... (.Ioinv., 
S«0.) 

Poil de chamelot. (Slat. de S. J. de Jér., 
roui., A. B.-dii-Rh.) 

Des r/iamellolz que les frères peuvent 
porter. (1435, Est. de S. J. de Jér., f" 3^ A. 
11. -Car.) 

De camelot iHTis 10 aulnes un quartier, de 
camelot viole une pièce entière. (1474, /«y. 
de la comtesse de Montpensier, p. 23, ap. V. 
Oay.) 

CHAMENEE, V. ChEMINEB. — CIIAMIIV, 

V. Chemin. — chami^eb, v. Cheminer. 
— cha.miox, V. Camion. 

CHAMOIS, s. m., quadrupède rumi- 
nant, du genre antilope, à cornes creu- 
.ses etlisses, qu'on trouve dans les hautes 
montagnes des Alpes : 

Li chamoioc qui est bcste mue. 

( Yie des Pères, nis. Ars., f" 46^.) 

Achat de peaulx de chamois. (1387, Comp- 
tes roy., ap. Laborde, Emau.v.) 

<:iiamoi>;er. V. a., préparer des peaux 
de daim, de clièvre, de mouton, comme 
on prépare la peau de chamois : 

Oue nulz nepuist ra/noîMerbazane.(1393, 
Co'ii/irinnlion des statuts de la corporation 
des selliers, ap. A. Thierry, Tiers Etat, IV, 
787.) 

CHAMP, s. m., espace découvert et 
plat, limité pour un usage déterminé ; 
la campagne en général : 

De lûtes parz en sunt cuvert li camp (de 

[ païens) - 
(BoZ.,140S.) 

Ensurquetoul les bestes del caimp. 
(Psalm.. lîrit. Mus., Ar. 230, f" 12 r".) 

Quant fait oscur, 
Que tote riens ert a seur, 



CHA 

Home, bestes sont on repos 

Et taisent champ, selves et bos. 

{Eneas, 216t.) 

Il monta sor son ceval, et prenl s'amie 
devant lui, baisant et acolant ; si se mctent 
as plains cans. (Auc. et Nie., 26, 21.) 

Se vous ensi vous ociez. 
En eamp ilori ja n'entrerez. 
Ne vous ne verrez Blaneollor. 
Cil cans ne reçoit pechcor. 

[Flaire et Blancejlar, 1" vers., SI3.) 

Iqui remesl el champ l'empereres Bau- 
doins qui onques ne volt fuir. (Villeh., 
S 300.) 

Soit a chan, soil a vilhe.(r277. Collégiale 
de S. Miirtin, n" 107, A. Liège.) 

Ou a c««s ou a ville. (1302, .Tumièg., A. 
S.-Inf.) 

Soit a camp ou a vile. (1335, Mortemer, 
A. Eure.) 

Tout chou qu'il ara el avoir pora, gisans 
en meubles, en calels, eu liiretages, en vert 
et en seck, u camp et avilie. (1342, Cartitl. 
de Cambron, p. 200.) 

Car sur les champs ne vont point en fourrage. 
(EusT. Descb., V, 324.) 

Agellus, petit cans. {Gloss. de Douai.) 

— Lieu oii se livre une bataille : 

Li euens Rollanz par mi le camp chevalehet. 
Tient Durendal Ui bien tranchet e t.iillet. 

[Roi, 1338.) 

— Mettre une armée aux champs, la 
mettre en campagne ; être aux champs, 
être en campagne : 

Les roys de Macédoine n'avoyenl jamais 
accoustuméde mettre leuranneeuuxchamps 
le mois de juing. (Amyot, Ale.r. le Grand.) 

Soyons, s'il est possible, les premiers aux 
c/i«)?//tis,ai-compaignez delafermeté etcons- 
tance qu'il convient, pour l'assaillir dedans 
son pays, sans attendre qu'il nous attaque 
dedans le nostre. (11 janv. Iô97,/.e//. miss. 
de Henri IV, t. IV, p. 671.) 

— Dans un sens analogue : 

Au mois de mars 1475-76, le duc Charles, 
battu par les Suisses devant Orantson, écri- 
vit aux Dijonnais, du château de Sozeroy, 
ou il s'estoit réfugié, el les requit bien acer- 
les et aiïectueusement de lui bailler, par 
manière de presl, toute leur artillerie 
grosse et menue pour le remettre en camp. 
(Mars 1475-70, Compt. de V artillerie, Arch. 
uiun. Dijon, H, alT. milil.) 

Cf. II, kl\ 

CHAMPAGNE, S. f., terme de blason, 

l'espace, en bas, du tiers de l'écu : 

El estoil la devise de une haise d'or as- 
sise su ru ne c/(«mpa!7He de gueules. (Froiss., 
Cliron., XIV, 224, Kerv.) 

Voit venir ung chevalier bien monté et 
armé, fors de lance ; mais trop bien avoit 
son escu dont la champaigne esUtil d'or a 
six roses vermeilles. (Perceforest, vol. V, 
ch. xviii.) 

CHAMPAKT, s. m., droit qu'avait un 
seigneur de lever une certaine quan- 
tité de gerbes dans les terres de sa cen- 
sive : 



CHA 

Je tieng en fé el en houmagede mon sei- 
gneur l'evesque de Miauz... la grant mai- 
son de Charni... el les masures elles terres 
qui i pandent, (|ui doivent taille et cham- 
parl. (1270, Cart. de Meaux, B. N. 1. 18355, 
f 80 r°.) 

Et se l'en treuve que il en ait plus de 
terre gaaingnauble que les .xx. minez des- 
sus dis en nostre leneure qui ne soit tenue 
d'autrui ((ue de nous, le seurplus demour- 
ra a eslre tenus de nous achampart. (Beau- 
MAN., p. 108, Bordier.) 

Avec certains camppars qui valent bien 
trois mynes de grain de revenue. (1399, 
Denombr. du baill. de Caux, A. N. P 30i, f 
32 v°.) 

.xini. minez de camppars. {Rent. de la 
prév. de Clerm., B. N. 4663, f° 22 r°.) 

CHAMPAKTER, V. a., soumettre au 
droit de champart : 

Cil ne fel pas de son camparl ce qu'il 
doit, qui emporte ses garbes, anchois 
qu'eles soient campartees. (Beaum., Coul. de 
Beauv., XXX, 29.) 

Celui parla lors a la beste : 
Moult est, dist il, ta paslo preste, 
Hastive des âmes champarter 
I Ou nulle riens ne dois clamer. 

{Rom. du moine, Ars. 3331, f» 2".) 

Deus muis de blé el un mui d'avoine les- 
quieus il tiennent de moi en fief el en hom- 
mage, avec autres choses lesquieus mes 
maires de la ville lioilcumparter par raison 
dou fief que il lient de moi. (1312, A. N. JJ 
48, f° U V».) 

Item la granche de S. Amant, quatre mi- 
nes, pour ce que les gens du Seigneur de 
Roumars les appellent quant il vont cham- 
parter. (1337, A. N. JJ 70, f» 134 v°.) 

CHAMPARTERESSE, adj. f., qualifiant 
la grange seigneuriale où se mettaient 
les champarts : 

Au cas que ledit champart soit rendable 
en grange, le mener et livrer en la grange 
champarteresse. {Coût. d'Etampes,Ll\, Nouv. 
Coul. gén., III, 98.) 

CHAMPARTEUR, S. m., celut qui lève 
le champart : 

Si le vilein faut a son conte 
Le chanipartor le met a honte. 
(EsTOUT DE Uoz, Vil. de Yerson, y. 30, refÇ. redd. 
M. S. M.) 

Et un denir au camparloour. {Jurés de S. 
Ouen, P 55 V, A. S.-(nf.) 

A la grange appartient toute la disme 
el le champart des terres ([ui meuvent de 
saint Denys, mais ilz laissent la disme aux 
champs, mes le chmnpurleur disme en 
champartant. (1334, Cart. de la consist. de 
Willy,A. .N. S 38, pièce 1.) 

Cf. ChampakteDR, II. 48". 

t;uAMPE, V. Jambe. 

, CHAMPENOIS, adj., originaire de la 
Champagne : 

Qui fu Muedes li Champenois ! 

(GuiOT, Dihle, 471.) 

CHAMPESTRE, adj., qui appartient à 



CHA 

la campagne, de la campagne, qui ha- 
bite la campagne : 

Toutes les viles c/iampeslres qui seront 
ou destroit dou chastel. iProj.d'or(loiin.,A. 
N. J 1030, pièce 65.) 

Es villes campestres d'enlour le dite ville. 
(1323, fier/, au renouvellement de la loi, I, f 
80 v°, A. S. Orner.) 

La draperie desdites villes c/inmpeslres 
(Ib.) 

Agrestis, catnpieslres. (Gloss. de Douai.) 

Lieu campesire. {Bal. Jud., 1, 83.) 

Point ne garde et fais paislre 
Troupeaux fcy, comm'un vilain champaixtre. 
(Cl. Mak.. Mft. d'Ov., 1. I, p. 36.) 

Les preslres cliampeslres. (P. du Moil., 
Anal, de la M., c. .\ix.) 

— Bataille champesire, bataille en 
pleine campagne : 

Lesquelles choses il voiiloit prouver de 
sa personne contre ledit roy de France, se 
mestier esloit ; ou en bataille chumpestre 
s'il vouloit dire le contraire. (Le Baud, Hist. 
de Brel., c. .\li.) 

Cf. II, 48'. 

CHAMPiGivo.\, S. m., plante crypto- 
game qui se développe et se multiplie 
rapidement, et dont quelques espèces 
sont comestibles : 

Champiqnons d'une nuit sont les meil- 
leurs. (Ménagier, II, 5.) 

Des potirons que les'aucuns appellent 
rhampaigrwns. (Auton, Chron., C. N. 5083, 
P 23 v°.) 



CHAMPiox, s. m., chacun des adver- 
saires qui combattent en champ clos: 

Morz est Turpins li guerreiers Charlun. 
Par granz batailles e par mult bels sermuns 
Cunire païens fut tuz tens campiuns. 

(/(o;.,2242.) 

Qusnt fait bataille, ses trait a campions 
Trestot a pié a guise de guidons. 

(Raimd., Oi/ier, 4453.) 

Champiuns. 

(Gabn.. s, Thom., B. N. 13513, f' Î8 r«.) 

Trois champions sont moult failli 
Et bien ont deservi a batre, 
S'il ne pueent le ijuart abatre. 

(Hose, 19960.) 

III| disl que Pieres Buisse, de Biaumes, 
qu on disl des campions goudaliers, est 
mestre leres. (1321, lieg. de la loi, t. I, n" 
130, A. Tournai.) 

Lichespour campiuns. (Guilleb. de iMetz, 
Deycr. de Par., XVH.) 

Le champion el ]3. championne Uircnl tout 
un temps a se battre si vertueusement que., 
(li. UEsi>EH.,A'o«i). recréai., p. 181.) 

- Fig. : 

Chacun sei(,'neur hanneret tiendra sa ' 
maison ou he,, pulilic accoustumé, un es- 
cliantillon, et un champion des mesures a 
f,™„'^^',7'"^- «--'.autres espèces mesurables. 
<lo88, Lousl. d Auusie, p. 20.) 



CHA 

rnAMPis,mod. champi,f. , champisse, 
s., enfant trouvé, bâtard : 

Lequel Doussetrespondit injurieusement 
au dit Remeo qu'il avoit faussement menti 
comme mauvais champiz filz de moine. 
I (1390, A. N. .IJ 139, pièce 75; Duc, Campeu- 
ses.) 

Jehanappelaledit .lordanet fils de cham- 
pisse. (1394, A. N. JJ 146, pièce 117.) 

Lesquels vindrent contre les filz et var- 
lets du SLippliant.en les appelant champilz. 
(1457, A. N. JJ 183, pièce 332.) 

Pour ung bayser, ou aultre maléfice 
Quelque champis aura une evesché. 

(J. BOUCHKT, Opusc, p. 122.) 

Cf. Champisse, II, 50'. 

CHAIVCE, V. ChEANCE. 

CHAivcELA^T, adj., qul chancclle : 

Nostre sires nen ainmet mies lo cuer 
chancillant et croslanl. {Serm. de S. Bern., 
p. 56.) 

— Subst., celui qui chancelle : 

Tes paroles ont confermé \es chancelanz 
(Bible, B. N. 899, f 21 S'.) 

CHAivcELER, V. n., vaciller, au' pro- 
pre et au flg. : 

Caries cancelel. pur poi qu'il n'est cauz. 
{liol., 3608.) 
Si qu'il en chancela trostoz. 

(£■«^5, 5737.) 
Li buef en chancelèrent, l'arche voleit chair. 
(TA. le mart., 75.) 
Por le grani cop a Fcrraus chancelé. 

[Gaydon, 6655.) 
Entre vice et vertu chancelle. 
(J. Le Mabcbant, Mtr. rie iV. JJ. de Chart., p. 130.) 

Cancheler. 

{Jiose, Vat. Ott. 1212, !' 60''.) 

Agnies, dist il, nostre sires t'apiele, 
De lui servir par nul plait no canciele. 
( Xie Ste Agites. B. i\. 1553, f" 402 v». ) 

Non pourcant si le fist cancheler si k'il se 



CHA 



35 



Avant boiteux, podagres, veroloui, 
Muolz, punais. baveux et chancelelix. 

(F. .IuLïoT, El. de la li. fille, p. 76.) 

«;iiAivf:ELiER, S. m., autref. premier 
officier de la couronne en ce qui con- 
cernait la justice, garde du sceau royal ; 
chanoine chargé de la garde des sceaux 
du chapitre : 

Li chanceliers oui li mestiers en eret 
Cil list la chartre. 

(Atexit, 376.) 
Tomas li chauncelers. 
(Carn., Vie de S. Thom., B. ^. 13513, f» 6 r".) 

Et n'emmena avec lui que l'empereris cl 
son chancelier, et son druguemant. (Vil'le- 
HARD., ;; 186.) 

Lors fu morz maistrc Johansde Xoion a 
la Serre, qui erc chanceliers l'empereor Bau- 
doin. (Id., s 290.) 

Jou vous doins dou hre congié 
Maugré trestous les cancheliers. 

(Rose, Vat. Ott., f» tOS'i.) 

Il fu chanceliers de l'yglise Nostre Dame 
de Chartres. {Vie des Pères, ms. Chartres 
371, f» 80 r°.) 

Le cancelier d'Aleinagne.Ci/;,s<. de lalerre 
s., ms. S. Orner, f 61 r".) 

Canchillier de France. (Fhoiss., Chron 
V, 425.) 

Chanchelier. (Id., il,., B. N. 2646, f» 137 

V».) 

Chanrellier. (Auto.n, Chron., li. N. 508'^ 
f° 201 V.) 

CHAKCELLEME.VT, S. m., Rction de 
chanceler, mouvement de ce qui chan- 
celle : 

Temulencia, chancellemenl. (Gloss. lai - 
/■;•., B. N. 1. 7679, 1° 2.54 v".) 

Chancellemenl. 
(Anti Claudianus, B. N. 1634, f» 47 v».) 

Apres ce qu'ilz eurent ainsi estrivé lon- 
guement les ungs contre les autres, après 
aussi plusieurs chancellemens et diverses 
occisions faictes, llamibo... fist sonner re- 
traictes. (Tronslat. de la prem. guerre pun.. 



prist a l'arçon de la sielle. (Flore el la Bielle ! r -^ ^'i,' ^'^o!" f ''*'"■ ™'- "^^^ ■9''""'' '^'^<^- '='« ^''• 
Jehane, Nouv. fr. du xm' s., p. 135.) [ '"'' '' "''°-) 

Sali la pierre hors et issi dou piler : 

Droit en mi le monstier le vit on cancheler. 



[Baud. de Scb., XII, 33.) 

Et par Dieu je li plevis 
Que très loyal, se je vis 
Li seray, si ne chancelle. 

(EusT. Desch., IV, 9.) 

... Car haulte amour chancelle. 

(In., V, 194.) 
D'un lez ou de l'autre chancelle. 

(In., V, 197.) 
Le chief fault, l'Eglise chancelle. 

(Id., V, 321.) 

CHAIN'CELERIE, S. f, fonction de chan- 
celier : 

L'arcovesque Tibaux ne lad ubiié mie 
Ke dunet li ad dune sa chauncelerie. 
(Garx., 5. Thomas, B. A'. 13513, f" 5 v".) 



Le f7in/(re/emen< des y vrognes.(DAMi>MART. , 
Merv. du monde, f" 67 r".) 



CHA1VCELEU,\, 

chancelant : 



adj., qui marche en 



A cause du flottement, bransle et chan- 
sellemenl de la navire. (Besso.s, Cosmolabe, 
p. 28.) 

CHA\<;Ei\ETE, V. ChaN.SON.NETTE. — 

CHAM;iLi.ArvT, V. Chancela.nt. 

CHAivciit. V. n., présenter des traces 
de moisissure : 

Un peu chansi ou moisi. (II. Est., Thés.) 

Et ainsi sont gardées les andouilles, sau- 
cisses, et autreschosesde nicsme: et moins 
chansissent en l'air qui est libre, pource 
qu'ils ne s'eschaullent. (Le Bi.anc, Trad. de 
Cardan, f" 43 r".) 

Ce qui devient c/i««si ou moisi se tourne 
en amertume. (Id., ih.) 

Chacun lient que du fi'onient vert, chanci, 
ridé et léger provient l'y vraie. (O. de Serr., 
11,4.) 

L'odeur (des fleurs) est aussi admirable 



36 



CHA 



(Urinnuniliraljle, (liuicp, forlc, pesante, 
liriisqiir.... scclie. iiiall'aisanle, r/iancie, elc. 
(F,. liiNET, Merp. de nul., p. -40.) 

€HANf:KE, mod. cancre, s. m., espèce 
d'écrevisse de mer, dite aussi crabe : 

A noler osl que cesl maladie estappellee 
cliani-re poiu' ;■ clioses. La 1, car il a ligure 
roondc loul aussi coin le poisson de la nier 
iiiii est apclé chancre, dil en francliois cra- 
bes. (11. DE .MONDEVILI-E, B. fi. 2030; f 100».) 

Les chancres, en lalin cancri. ((!. Bou- 
ciiET, Serees, X.WVL) 

— Ulcère qui tend à ronger les par- 
tics environnantes : 

En chancre el fix. 

(Villon, Gr. Test., 1447.) 

Cf. Canceh. 

«:nAivcBEtTx, adj., qui est de la nature 
du cliancre, du cancer ; 

Char rancrouse. (Brun dh Lonu Bouc, Cy- 
rurgie albtig., f 134'.) 

r.encives chnncrenses. {Le Grant Ilerhier. 

r 9 V».) 

P\a\eschancreuses. (Jard.de santé, 1, 162.) 
Kxcrescences cancreHsei. (TAr..\ULT,p. 154.) 

ciiAivDELAHRE, mod. Candélabre, s. 
m., cliandelier à branches destiné à por- 
ter plusieurs bougies : 

Ad encensiors, od oiies chamlflabres 
Clerc revestut en albes el en chapes 
Mêlent le cors cnz el sarcueu de marbre. 
{Alexis, iM.) 

E des chandetabres el des luminaries e 
des tables. {Rois, 24i.) 

Deux chandetabres d'or merveilluz. 
(Wace, h Lio. de S. Nicholay, 593.) 

Dui chanâelttbre de fin or. 

(Mabie, Lais, Guigemar, 183.) 

E je vi selchondelahris. {Trad. de l'Apoc, 
Ars.'52l4, S" 2 v°.) 

Chandelarbre. 

(Ben. de .Montimbtoi, p. 253.) 

Moyses fist soutil .i. chanclelabrc faire 

IJe fin or esmeré et da moult haut afalre. 

(Des Louanijes de ta .S. Yin-qe, ms. Berlin, f« 130 r«.) 

Candetabres. 

(Rowi).d'.ilex., P44».) 

Moull i porla Ton testes chiors, 
Camdelarbres et encensicrs. 
Et grans chases od grans cors sains. 
(Parton. de lilois, 10763.) 

La clarté del cierge allumé quant il est 
dreciez sus le chandelabre. (Lancelol, nis. 
Kribourg, t° 71'.) 

Li chandelabrex. (Règle de Cileaui, nis. 
Dijon, r 119 V".) 

Chaundelabre. (Apocal., ms. de Salis, f" 
11 r".) 

.VI. chandetcibres pour taule. (Inc. de S. 
liemij, xiii" s., dans Trav.acad. Reims, Lwn, 
p. lis.) 

Candellabre. (li7G. Joy. égl. Buy., f" 77", 
chap. Bayeu.v.) 



— En style biblique : 



CH.\ 

.Sour le catidetative l'assit 
Pour elle que cleremcnl luisist 
A chaus qui sont en la maison, 
Tant l'avanch,a en la saison 
Qu'en lai ahit encore est dit. 

(.1//,-. de S. FJoi, p. 46.)'! 

CHArvDELER, S. f., t'iiandcleur : 

A le feste Nostre Dame Candeler. (Kév. 
1250, A. miin. Douai.) 

.Tor de la Kandeler ki viculprocainemenl. 
(,Ianv. 1290, C'est Gillian Flaiel, d'une part, 
et Jehan tiarsiel, d'uulrepart, chir.,\. Tour- 
nai.) 

Le jour de le Candeler. {\'i\Q,Cuntresorn>ne 
des dépens, de la comt. de llain., f" 1 1 r", A. 
Nord.) 

As rentes, et as cens, as jours des paie- 
mons dessus dis, et faire doivent liilit moi- 
Uiier le premier paiemeni pour les près 
dessus dis, de .i.xxv. s. tournois, au jour 
Nostre Dame Candeler, qui vient prochai- 
nement. (l.S fév. 13Ô1, Escriptde la moitue- 
rie, chir., S. Brice, A. Tournai.) 

Le jour de le Candeler. (Froiss., Chron., 
III, 117.) 

De le feste SaintAndrieu jusques environ 
le Cliandeler. (In., ib., V, 403.) 

Le jour de le Candeler. (28 sept. 1400-20 
avril 1407, Compte de la recette gén. de Hai- 
naut, f» 16 v», A. Nord.) 

Cf. Chandelor. 

1. CHANDELIER, S. m., support des- 
tiné à recevoir les chandelles, les bou- 
gies, les cierges : 

Si ert en leu de chandelier 
Devant le père a la pucele. 
Merveilles ert sa teste bêle 
Quant uns granz cierges li ardeit 
Sor chascun raim... 

(Kneas, 3554.) 

Crois, enccnsiers, el ehandelicrs tenir. 

[Loh., ms. Moutp.,f" 39=.) 

Tout entour ot .xuii. candeliers. 

flh., B. N.4988, t» 267«.) 

En cundelers d'or geteis 

Ot grans cierges et clers ai-dans. 

(Ben.. Troie, B. N. 375, f» 99'.) 

Li candeler et les candoiles. 

(Blanrand., 3S_94.) 

Enmi la sale drescent un chandeilUer. 

(Juwd. de Blaives, 113.) 

Enssoisla doiz rendre et bailler (la lu- 
Et mètre sus le chandelier. [micre) 
(Macé, Uilde. B. N. 401, r» 129'.) 

Sour. un chandeler. (Règl. de Citeauj; ms. 
Dijon, f°22 v.) 

4 petiz chandeliers a jocr as taubles, pes. 
.1. marc, valent 74 s. (1302, Ino. de Raoul 
de Clermord, ap. V. Gay.) 

4 chandeilliers bien fournis, qui ont en 
chascun une rouelle tournant. (1379, hw. 
du S. Sépulcre à Paris, ap. V. Gay.) 

Un lyon d'yvire qui porte un chandellier 
d'argeiil. (14'20, Inv. des joyaux de Char- 
les 17, ib.) 

.11. chaudaliers. (."ijanv. 1594, Inr. des fonds 
de Limog., A. Ilaute-Vieiiiie.) 

Cf. Chandelier 1, t. II, p. 5D. 



CHA 

2. «;haadei.ier. s. m., celui qui vend 
de la chandelle : 

Tanneours, chandeliers, savetiers. (1294, 
Plait gén. de Dijon, B. N. 1. 9873, f 26 V.) 

Amourry le candeillier. (Cart. Alex, de 
Corbie, B. N. I. '24144.) 

Le candelier. (2 juin 1462, Célest. de 
Lym., A. S.-et-O.) 

Candellier.{},\^\ 1403, Ord., VIII, 597.) 

— Chu.ndcliere. s. f., femme d'un 
chandelier ; marchande de chandelles: 

llaroie la candeilUere. (Cart. Alex, de 
Corbie, B. N. 1. 24144.) 

Une chandeliere vendant en icelle église 
chandelles de cire. (Reg. du Chdl., II, 384.) 

Marie la chandeliere. (1409-1410, Compt. 
de la fabrique de S. Pierre, Arch. Aube, G 
15.59, P 150 v".) 

La chandelliare. (1562, Dép. deuxjur., .\. 
Gir.) 

Cf. Chandelier 2, t. Il, p. .52". 

ciiaivdelle, s. f., petit flambeau 
de suif, de cire, ou de résine : 

C'est la chandele en la lanterne. 

(Rose, 7448.) 

Nulz homs ne porroit bonnement 
Fere vritable jugement 
Par nuit, se famé est lede ou bêle. 
Tant veist cler a la chandele. 

(La Clef d'amours, 221.) 

Une chandelle de cire ou bougie. (1421, 
Charité d'Evreux, .V. Eure.) 

Ce sont dix de rente, 
Pour tes dez et pour ta cltandelîe. 

(Pathetin. 

11 cherche occasion de prendre une querelle, 
Qui sera bien souvent pour un bout de chan- 

[delle. 
Pour un morceau de bois, pour un voirre cassé. 
(Misères de la femme mariée, Vur. hist. et litt., t. 
lit, p. 330.) 

J'ay cela chez moy, que pour brusler a 
part la chandelle parmon bout, l'autre bout 
ne s'espargne de rien. (Most., liv. III. ch. 

IX.) 

— La chandelle faillie, la chandelle 
consumée : 

Eusl esté lors ordonné que pour l'aug- 
mentacion et descharge de notre demaine, 
teles maisons et autres revenues et posses- 
sions, par especial qui sont situez et assis 
en nostre bonne ville de Paris, seroient ap- 
pliquées a nostre demaine et baillées a 
rente aux pkisolfrans etderreniers enché- 
risseurs, les solemnitez gardées ainsi qu'il 
est acoustumé de faire en tel cas, et que 
par ce moîen nostre dit secrétaire eust, au 
jour et lieu sur ce assignez, après aucunes 
I enchieres mises par autres sur ladicte mai- 
I son et ses appartenances, mis icele maison 
' a .XXIII. livres parisis de rente pour toute 
I rente, auquel pris, non obstant toutes so- 
lemnitez faictes et accomplies, el la chan- 
delle faillie, el qu'il ne s'apparut durani 
j icele chandelle aucun qui la meist a plus 
haut pris, ne lui fu pas délivrée ladicte 
, maison audit pris, pour ce que il sembloil 



CHA 

que nostre dil secrétaire en oITroit peu. 
(14-27, A. X. JJ 174. pièce 152.) 

— Rendre sa chandelle, recevoir à son 
tour : 

Bancf|uet que faisoit Piobert du Bois, au 
nom d'une sienne fille, laquelle rendoit sa 
chandelle, et ou estoieni, selon l'ordinaire, 
conviez tout le clorgié, notables et aulti-es. 
(IÔ94, Lettre de l'émission accordée à Jean 
r.arbe, Ch. des Comptes de Lille, B 1190; 
Invent., 111, 157'.) 

Cf. CHANUOrLE. 

ciiA.VDELOR, mod. Chandeleur, s. f., 
fête de la Présentation de Jésus-Christ 
et de la Purification de la Vierge dans 
laquelle les fidèles portent des cierges 
à la procession : 

De Cliande/aur en atre. (121 i. Pair de 
Metz, .\. mun. Meiz.) 

Et entor la C/iatidelor fu, et aprocl'.a li 
«luaresmes. (Villeh., J 228.) 

A la septembresche, a la Chandeleur et an 
mais... (Est. Hoil., Liv. des 7nest., V p., 
I..\XVI11. 24.) 

Le jeudi devant la Cliandeleur. (1268. Pr. 
de Boiinenom., KKHt, A. Loiret.) 

La Chandelor. {\-21\, ap. Lob., 11,405.) 

Chadeleur.(\1%h.Carl. deS.Germ. VAux., 
A. ^■. LL 489, f" 84 r°.) 

C/mmrfe/oHî'.(1320,.\oiruiout.,Fonteni'au, 
1, 379.) 

La Chandelleur. (1336, A. N. ,IJ 70, f''20 r".) 

Lai Chandellour. (1331, Coll. de kurr., 111, 
r° 41.) 

A la C/iampde/eoiir.{\Z9i, Licre des héril. 
de S. Berl/wmé, i" 40 r°, Bibl. la Kochelle.) 

Chande/leur. (llOi. Denombr. du haill. de 
Caux, A. .N. P 303, r° 6i v°.) 

La Chamdelew. (Livre d'heures de Charles 
te Noble, fils de Charles le Mauvais, Cabin. 
liulliot.) 

LuChandelleiLi-. (1532, Compte deS. Ladre 
p. 101, Uosp. Clcrm.-s.-()ise.) 

Cf. Chandeler. 

cn.wDoiLK, s. f., chandelle : 

Totes SCS armes sont a fin or balu. 

Et plus reluisent que candoiles ne fu. 

(nAiMB,, Oyier, 1Ï270.) 

Mes il contrefont la chaniloile 
Qui se gastc, qani en l'alume. 

(GuiOT, Ijibln, 2367.) 
Et n'avoit veue clarté de jor, se çou n'a- 
voit esté de kandailles ou de fu ardanl. 
(Kassidor, ms. Turin, f" 10 v".) 

Cliaudoele. (1240, llop. S. .\ic. de .Metz.) 

Chandoile de colon, chandoile. 
Qui plus art cler que nulo esloile. 
(firiLt. DE L\ VitiEK., Crieries de Paris, B. N. 837, 
f» 246''.) 

Chandaille. (Cours de la tune, B. .\'. 2485. 
• f'Sr».) 

Candeilk: (iri\. Compl. de Vulenc. picce 
34, p. 11.) 

Ne que sont petites dinndoiles 
Envers la clarté du souleil. 

(CuB. DE Piï., Long est., 2493.] 



CHA 

Puishaisoienlle diableen forme deboucq 
au derrière, avec caudeilles ardentes en 
leurs mains. (J. llr Clkho, Mém., 1. IV, ch. 
m.) 

Pour les chandeilles de chire. (5 août 
1496, Tut. de Gregollel et Haquinet, k.Tonv- 
nai.) 

Cf. Chandoille. Il, 52'' et Chandelle. 

CHANEL, s. m., syii. anc. de canal : 

Les eves douces repairent es chanels. 

(Garin le Loti., l" chans., VIII.) 

La mer s'estoit retirée en son ckaneil. 
'S. Graal, B. .\. 2155, f» 166 v°.) 

Les yaues furent issues horz de lor Cha- 
nel. (Cron. Godefr.deBuill., Vat. Chr. 737, 
r 349".) 

De son charnel la mer istra. 
(Gefp., .vu. iist. du monde, B. N. 1526. f" IS4i'.) 
La cité est si noble com ja oir porrez : 
.III. eves i acourent devant par les chanez. 

(Gui de Bourg., io02.) 

Se li chanels fust muez et li flueves co- 
mcnce a corre par le cortill. (Digestes de 
^KS^, B. X. 20118, f 102".) 

Quant les iaues furent retretes el reve- 
nues en leur chanet. (Chron. de S. Den., ms. 
Ste-Gen., f 48°.) 

— En anatomie, nom de différentes 
parties configurées comme des canaux : 

Chaneux venans dehors manifestement, 
si com est la voie de la viande, la voie de 
l'air. (II. DE MoNDEViLLE, B. N. 2030, f° 59".) 

CII.4\EVIERE, V. ChENEVIERE. 

! 1. CH.\-\FREix, S. m., pièce de fer 
qui couvrait le devant de la tête d'un 
cheval armé : 

! La sambue qui sus estoil 

Fu d'un djapré. li chanfrains 
Ert de fin or, a toi le mains. 

(C.BBEST.. Perc, ms. Montp., f» 137'.) 
Prist le ceval par le canfrain doré, 
Dessi au Toivre ne s'est pas aresté. 

(liiisiD., Ogier, 2463.) Inipr., caufrain. 

Par le canfrain a saisi Marcepiere. 

\G. i'Haiistone,^. X. 25516, t» 67 r».) 

Cn chanfrain doré, a testes de liepars. 
(1317, Inv. de Louis le Hutin,\\ec. des histor. 
de France, .\.\1I, 770.) 

Les chanffrains plas d'entour les voir- 
rieres. (1399-1400, Compte Jeh. Gilon. A. .N. 
KK 264-266.) 

... Et est a mettre dessus le chanffraint 
d'un cheval. (1411, Inv. de l'écurie du roi, 
f° 110 v°, ap. V. Gay.) 

Au chanfraing de son cheval. !C,. CuAS- 
TELL., Chron. des D. de ISowg.. I, 16.) 

Le Maistreesl monté de deux beau.x che- 
vaux de service, et un fort mailler: il aura 
laselle armée, champfrein, le poitrailKarny , 
de doux a larfie teste, une chesnette a la - 
bride pour s'en servir au cas que les resnes \ 
l'aillent. (E. liixET, Merv. de nat., p. 14i.) 

2. tii.iXFREiiv, S. m., demi-hiseau 
qu'on forme en abattant une partie de 
l'angle d'une des faces : 

Avronl les rabas de la dite huisserie pié 
el demi de lé entre le vierre et \e chanf'raint . 
(xV' s., ap. Ste-Pal.) 



CHA 



37 



Jambaipes defenestre ouvres a c/ia/ffa«(' 
1453, Collège de Mur, A. Finistère.) 

Cf. Chanfhai.nt, II, 54=. 

CH.\XGE, s. m., changement, action 
de changer, échange : 

Ge ne puis pas faire cest change. 
Ce que ge voil. 

(Eiieas, 8622.) 

Ases deves, si me soit Dix amis, 
Car vostres pères .m. castiax me toli ; 
Onques de lui ne poc mon lieu veir : 
Or ai hoin cniige por lui, ce m'est avis. 
Car je voi bien que ne poes guencir. 

(fliion de Bord., 727.) 
Si Est l'empereis cest hange. 

(MotSK., Chron., 2S435.) 

Se marchant font change de chevaus 11 
lansa l'autre bout a bout, rien ne iloivent 
de tonheu. (Est. Eoileai", Liv. des mest '>• 
p., XII, 3.) ''" 

Lors aux changes vont en quelque contrée. 
(Eust. DEScn., V, 133.) 
Depuis qu'en toute vilenie 
Noble Noblesse fut honnie. 
Mettant sous les pies tout honneur 
Par uu malheureux et sot change, ' 
Tous ont mesprisé la louange. 

(J. A. DE BiiF, Mimes, IV, f» 47 t«.) 

Voyant donc en vous chacun jour 
Ou naistre ou mourir quelque amour. 
Et le change esire vos délices. 
(A. DD Bbeuil, Muses gaillardes, l' 64 v».) 

— Rendre chançie. rendre ia pareille : 

A li anemis rendre change de ce qu'il lui 
ont fait. (Aimé, Ysl. de li Sorm., VII, 2.) 

— .\ction de changer des valeurs 
contre des valeurs équivalentes ; qqfois 
anc, comptoir de change : 

Si aprenrai des marchies et des changes. 
(Enfances Vivien, B. N. 144S et 744; p. 50".) 

La coustume des canges. (1165 à 1185, 
Charte de Philippe d'Alsare, dans A. Thierrv, 
Monum.inéd. de l'h'ist. du Tiers-Etat, t. "l, 
p. 74.) 

Et emblerent, a un chamge de ladite ville, 
deux cens frans en or. (Reg. du Chat., i, 
252.) 

Pour affaires secrelz et d'importance 
concernans les chainges failz par ordon- 
nances de l'empereur. (1546, Compte pre- 
mier de liobert de Bouloingne, f» 188 r°. Ch. 
des Comptes Lille. B 2460.) 

Cange est une propre manière de mar- 
chié qui est dessevree de vente. (La Thav- 

MASS.) 

Cf. II, 54". 

<:iiA\'GE.iBLE, adj., sujet au change- 
ment, qui peut être changé: anc, va- 
riable : 

E la vie ke n'est pas changable 
E le rogne k'cst pardurable. 
(l'iEHBE d'Adersum. Sixcé dc sccrez, B. N'. 25407, f° 
180'.) 

Vie non chanjalde. (Evn. de Costv, Secr. 
d'Arisl., B. N. 571, f» 127'.) 

Amor chanjable et muable. (Introd. d'as- 
tron., B. .\. 1353, T 77".) 



38 



CHA 



Le mois de mars est un mois rhamhfinble 
en temps et. en pleuves ou en neiges. (8 
mars 1408, Ann. de la soc. del'lii.st. de Fr., 
1864.) 

Cf. II, 54". 

cH.*^'GEA\T, adj., qui change, va- 
riable : 

N'ierl ne muables ne chanjans. 

(Ben., D. de Norm., II, 12770.) 

Cardes ke vous ja pour chou ne soiies 
omljrage vers lui ne chanjans de vostre 
talent. (II. de Valenoiennes, S 558.) 

— En parlant d'une étoffe, qui varie 
de nuance suivant les expositions : 

Elles en doublent leurs pelissons de taf- 
fetas changeant. (N. Du F.ul, Prop. rust., 
p. 128.) 

— S. m., étoffe changeante, étoffe 

dont les nuances varient suivant les 

expositions : 

Habillement bigarré, comme de changeant 
ou de quelque matière ou il y a diversité 
de couleurs. It. veste di cangiante. {No- 
menai, octil.) 

Cf. II, 54\ 

CHAivGEMEivT, S. m., actiou de chan- 
ger ; mutation : 

Cangement. 
(HeRMAN, Bible, B. N. 24367, t" 63 r«.) 

Lonz soil, chier frère, ades de nos cist 
très pesmes rhaigemenz, et cist très horri- 
bles enduremenz de cuer! {Trad. des serm. 
de S. Beni., Ler. de Lincy, p. ■'j62.) 

... Li planleiz de la terre et li chaingemenz 
des tens sont voirement miracles... {Ib., B. 
N. 24708, 33; 41, 26, Fœrster.) 

Ils furent esbahi et en grant changemens 
de pensée. [Bible hist., Maz. 312, t° 238°.) 

Fortune, debonnairement 
M'onvvras, au commencement, 
De l'amour qui me print trop fort 
Sanz retarder ton changement. 

(EusT. Desch., V, 342.) 

Chamhgement. (G. Chastei.l., Chron. des 
D. de Bourg., I, 28.) 

cn.*^•GEOB, mod. changeur, s. m., ce- 
luiqui change qqch. chose ; celui qui fait 
commerce de changer les différentes 
pièces de monnaie, les traites et les bil- 
lets de banque, receveur : 

Li changeai' i vienent de Paris. 

[Garin, 2" chaos., XXXV.) 

Que nul clerc, de quelque nacion que il 
soit, soit eslasounyer ne semsar. [Ass. de 
Jér., 11, 361.) 

Chengeor. (Trad. de Beleth, H. N. 1. 995, 
r 51 r°.) 

Ke Boins Amis li changieres ait vendut. 
(1236, Cari. S. Sauv. de Melz, B. N. 10029, 
f> 53 r°.) 

Li cheengeor et li marcheant. ('1231, Ch. 
d'affr., A. La Fcrté-s.-Aube.) 

.II. chuinjour. (1284, l'r. de l'Il. de Metz, 
m, 229.) 



CHA 

Chaiugeeur.{n'èj,K. N. K 36", pièce 33.) 

Numnuilarius, changires. (Pet. vocab. lal.- 
franç. du xiu" .s., Chassant.) 

Nummularius, camhsur. (Gloss. lat.-fr., 
B. N. I. 4120, f° 124 r°.) 

Orfèvres ou changeours. (Des .vu. jjlan- 
nettes, fi. N. 2485, f" Li v°.) 

Chascun ne peut pas estre orfèvre. 

Changeur, lapidaire. 

(G. DE DiGCLi.EV., Trois pelerinaiijes. i' 50".) 

Chaingieres. (1326, Pr. de l'H. de Melz, IV, 
36.) 

Changierez. (1334, Cart. de Metz, liib. 
Metz 7ol, f" 26 V.) 

Jehan de Lanstais, camhfjeur. (1397, /inîî. 
de la soc. de l'hist. de Fr., 1864.) 

Par le chattgeur de nostre trésor a Paris. 
(1399, Très, duchastel. d'Orl.,A. Loiret, 6.) 

Je n'y voy nulz fors changeurs qu'on aeure. 

(EusT. Desch., V, 123.) | 
^ I 

Tous brouillons et changeurs des deux saincts 

[testaments. 
(Ferrasd Dli Bez, £p. Iiéroiq., f° 3 1°.) 

— Variable : 

Or le tiens tu por changeor! 

(Eneas, 8282.) 

(:ha.\gier, mod. changer, verbe. — 
A., rendre autre, rendre différent: 

Bêle faitare, genliz chose. 
Si com solelz Hestrist la rose, 
Si l'a la mort molt tost plaissié 
Et tôt ûeslri et tôt changié. 

(Eneas, um.) 

Je Guidai bien le sans chaingier 
Quant tel chose li oi dire. 

(Dolop., 8668.) 

Par quoi tel couleur engroulee 
Puisse estre changie et muée. 

(La Clef d'amours, 2503.) 

Trop m'est changiez li temps et la manière 

Depuis le jour que je me départi 

Do vo douçour, très douce dame chiere. 

(EusT. Descdamps, V, 357.) 

Et se je ne le rappelle, mue ou cambge, 
je voeil qu'il demeure ferme et estable. (2 
mars 1438, Escrips de testament de sire Je- 
han de le Masure, chir., A. Tournai.) 

Mon dit testament anuer, chaingier. (31 
mars 1502, Escrips de codicille de demiselle 
Jehenne Francqhonime, chir., A. Tournai.) 

Neptune en ceste forme a bien changé la sienne 
Pour mieus assubjectir la vierge a'olicnne. 

[P/LSSERkT, Œuvr., p. 131.) 

— N. et abs. : 

Usages change moul souvent. 

(GiUT. d'Arb., Eracl., 3389.) 

Si aprcndrez a changer et a vendre. 

(Enfances Vivieîi.p. 51.) 

Et lors doivent monarchies changier. 

(EuST. Desch., V, 330.) 

Tout ce qui est au dessoubz de la lune 
Change et se muet par diverse fortune. 

(Id., V, 394.) 

— Réfl., devenir différent, se modi- 
fier : 

Famé ce chainge en petit d'eure. 

(Dolop., 4256.) 



CHA 

— Changié, p. passé et adj., devenu 
différent : 

An sa color ses maus apert, 
Car moût est pâlie et changiee. 

(Chrest., Ciiy., 4354.) 

CHAXGLE, V. CeNGLE. — CHANGLEU, 

V. Cengler. 

ciiANLATE, mod. chanlatte, s. f., plan- 
chette en biseau qui porte le dernier 
rang de tuiles, d'ardoises d'un comble, 
et forme saillie de manière à empêcher 
les eaux pluviales de couler le long du 
mur ; perche qui sert à faire des arrêts 
potjr le barrage d'un cours d'eau : 

La couverture a tout les lates, 
Et li chevron et les chantâtes 
Sont fêtes de bone aventure. 

(Rut., Voie de Parad., 583.) 

Non autrement conlme] chanlaste 
Qu'est pertuisie en haut esclate... 
(Malearaume. Pyrame et Thisbê, 151, J. Bonnard.) 

Chanslate. (1332, Compte de Odart de Lai- 
gny, A. N. KK 3% f» 175 V.) 

En l'autre moitié, du Ion avra une chaii- 
latle coulant en laquelle l'en liiy donra sa 
viande sans touchier a luy. (1393, Ménagier, 
t. II, p. 313.) 

Pour Irois quarterons de chevilles de fer 
pour queudre les rliamplates des tours de 
la dicte porte. (1400-1402, Compt. de Girarl 
Goussart, fortification, XLII, A. mun. Or- 
léans.) 

Kanlalle. (1432, Douai, ap. La Fons.) 

Pour deux journées de syeurs d'Aix a 
syerdelac/jn«/((i/e et contrelatte pour ledit 
cabinet, .vu. s. (Compt. de dép. du chat, de 
Gaillon, p. 146.) 

Un millier de clou achanlatle. (1549, Soc. 
arch. de Tours, VII, 198.) 

Cf. Chanlate, II, 55", dont les exem- 
ples sont à joindre à cet article. 

c:nAxoi\'E, s. m., ecclésiastique sé- 
culier ou régulier, membre du chapitre 
d'une église cathédrale : 

Munies, cannnies, pruveires curunez. 

[Rot., 2956.) 

Ensembl'od !i si clerc e si canunie. 

(76., 3637.) 
I Canonîe. 

(P. DE Thaun, Best., 628.) 
i 

Cliannine fud, si saveit le language. 

(JoRD. FANT0s.yE, Clicon., 712.) 

Chenone. 
{LesLoh., B. N. 19160, t« 34 r°.) 

Canones sui et prestre par grand élection. 
(Heruan, Bible.) 

De clers, de preslres et de monis. 
Et de nonains et de chanonis. 

(Brut, ms. Munich, 63.) 

Ckanuinnes (a. 

(Garn., s. Thom., B. N. 13513, f 11 r".) 

Li un abbé, li autre muigne, 
E prestre, diacne, e chantiigne. 

(Marie, Purg. de S. Patrice, 1349.) 



CHA 



CHA 



CHA 



39 



Tu doîs avoir teus chaîoines. • 
{Paraphr. du ps. Enicl., Brit. Mus., adJ. 15706, f" 
30'.) 

Il sont chanoine blanc et noir ; 
Mes bien font lor ordre savoir. 

(Gi-ioT, Bible, 1028.) 

Je lîaouz, rhenones de S. Thiebaiil. (1223, 
Chap. de l,i cath. de Metz, k. Mos.) 

Jelians del Monta pris a rente a Segnieur 
Gillebertde Paris. cflHO««e de Tornay. (1236, 
C(irt. (ibbai/e S. Médard, Kouge livre, f 167 
V", A. Tournai.) 

Mais li canonne i ont leur part. 

(UousK., C/imn., 1108.) 

.\s hanonnes fu l'autre rente. 

(1d., ib., 1100.) 

Chevalier, clerc, borjois, caJoine, 
Contrait, muel, mesel et moine. 

(Fab. des bons vins, Berne 113, (° 202^.) ( 

JaUcmarl de Lille, canonnie de Xostre 
Dame de Tornai.(12i0, Mém. de la soc. hist. 
et litt. de Tournai, t. .XVII, ch. .x.x.tiv.) 

Cheminne. (1240. Mor. 158, f° 7 r», B'. N.) 

Chenoine. (Ib., f 159 V.) 

Li canones. (.luill. 12H, N. -D.de Cambrai, 
.\. Nord.) 

Et fist en cel leu establir 
Une église el non Jhesucrist, 
Et chaloingnes riules i mist. 
(Geff., .th. est. du monde, B. N. 1526, ^ iH'.) 

Il tempteles moniesetles cano>nes.{Ti-ad. 
de Maurice, B. S. 13314, P 8 v°.) 

Cheiioiffne de Nostre Dame de Rains. (1252, 
Cart. de Champ., B. iN. 1. 5993, f° 448\) 

Cil est chnnainnes àii Bezanson. (1263, Bib. 
iliap. Besanç.) 

Li serganl ans chanoines, ausinc. (Est. 
CoiLE.iU, liv. des mest., T p., II, 55.) 

Chenone. (1267, Albe, I, 4, A. Meurlhe.) 

Chunone. (1275, ib., 5, ib.) 

Chunoene. (1285, Cart. de H. Genn. des 
prés, A. .\. LL 1027, f 1.59.) 

Chennoine. (1287, A. N. L 733, cote T.) 

Gui de Humilli. chanoinez de Laon. {Ib., 
pièce 2.) 

X.irhenoirjne qui sont revestu demourenl 
pour chanter la granl messe. (1287, Ordi- 
iinriiim, ms. Troyes 792, f° 330 r".) 

Chenoine. (Fin du xiii" s.. Cens du chap. 
de Bourg, par. S. Lis. et S. Jean des Champs, 
A. Cher.) 

Chanoigne. {Gloss. de Couches.) 

Contre les cunonnes de Pinkegny. (Cart. 
de ficquigny, A. >". R'* 35, P 9 v°.) 

Chonones de S. Thiebaut. (1323, Cart. de 
la gr.égl. de Melz, B. .\. I. 1 1846, f° 180 V.) 

Chanoigne. (1326, A. N. JJ 64, P 237 v°.) 

Chanoingne. (1335, A. N. .IJ 69, P 54 v».) 

Chenoyne. (1338, S. Cyprien, A. Vienne.) 

En nii le ciier, en oianl des canonnes, se 
lisl confies. (Uist. des ducs de Norm. et des 
rois d'An^let., p. 45.) 

Chenonne. (1360, liancon du roi Jean, A. N. 
KK 10", f 40 r».) 

Chenoynne. (1393, év. d'Ang., A. Char.) 

r/iai7«oi/)jiieç,mongnes.(P. Cocu., C/icOK., 
c. 96.) 



Tu l'as laissé chez ces quenoines, va le 
quérir. (Bkro.alde, Moyen de parvenir, p. 
152, éd. s. d. n. 1. 439 p.) 

Elles appelle encoresc/wnomes, non point 
pour la pension cjue l'on appelle autrement 
canon, qui leur estoit attribuée, mais par 
un mol digne de l'Eglise, parce qu'en les 
érigeant en collège, on leur donna plusieurs 
belles reigles el institutions canoniques. 
(P.iSQ., Rech., III, 38.) 

CHA,\oi.\ESSE, S. f., religieuse de 
certaines communautés : 

Il a shanoinesse a Mons. 
(Wats. de Couvin, des Trois chanoinesses de Colo- 
gne.) 

Canoniesse de Mons. (Obit. de Flin., Haut- 
cœur, p. 409.) 

En icelle ville y a un beau couvent de 
canoniesses gentifemmes, lesquelles ne font 
aucun veu de religion, et se peuvent ma- 
rier a leur volonté. (M.tni. dl" Bell.w, Uém., 
\: X, r 306 r».) 

ciiAXOiME, S. f., canonicat : 

Robert de Bailleul permua la chanoinie 
et prébende deBeauvais a un nommé Louis 
de Cormailles. (Kév. 1378, Heg. du Purlem., 
ms. .Ste-Gen., p. 316.) 

En le cité a chanoynies moult grandes el 
moull nobles. (Froiss.,C/ico«., IV, 170, var.) 

Que de vostre bonté 

A Cbaalons, Laon ou a Paris 

Clianonnie ait ou dignité. 

(El'st. Descu., V, 316.) 

CHAXOLE,v. Quenouille. — chaaoiv, 
V. Canon I. 

CHAXsoiv, S. f., pièce de vers géné- 
ralement divisée en couplets avec re- 
frain ; anc. , poème épique : 

Malc cançun nen deit estre canlee.! 

i-Rol., 1466.) 

Ker iluec nuns demandowenl ki chailifs 
nuns menèrent, paroles de rhançun. (Liv. 
des l'sauin.. Cambridge, C.\.>L\VI, 3.) 

Ko lui chante sones a hour[e] de compile. 
Et fables et chançons... 
{Destr. de Rome, 359, Grôber, iîom., II, 15.) Ms. Ha- 
novre 578 : ckaunceoun. 

Plaist vos oir canclion de grant barnage. 
(Raimo., Oijter, 3.) 

Et je dirai une cJiançon. 

(Heii., Bt. II, 359.) 

Car il ne scvent l'estoire que je vi, 
La commençaille dont la chançons issi. 

{Gif. de Viane, B. N. 1374, f» 91«.) 

Il m'ont en si douls pcnseir mis, 
K'a chanson faire m'en seux pris. 

(GtiiOT, Chans., VI, 7.) 
Chanchon. 
(iîose. Val. Ou. 1213, f« I01i>.) 

Comme dit le chanchons... 

(Ciperis, B. .N. 1037, f» 75 r».) 

f;t li souvint d'une c/(aHTO« qu'ils avoient 
faite entr'eux deux. (.Me.siïstiiel, 80.) 

Mais l'emyrete [1. l'emperere] de Glançon 
Gantera la d'autre kaneon. 

(MousK., Chron., 24939.) 

Cttnchons envoie et biaus dllies 
Que tu meisme aras ditics. 

{La Clef d'amours, 1513.) 



ciiA\'so\.\ER, verbe. — N., faire en- 
tendre une chanson : 

Les bergers sur le tendre herbis 
Chansonneni de leur cbalemie. 

(La Forte.) 

CHAXsox.\ETTE, S. f., petite chanson : 

CJiancenete ou vers. 

(Cdbest., Clitjes, 2844.) 
Chantoit sa chansonete.. 
(Moniot de Paris, ap. Barstcti, Hom. et Past., p. 
300.) 

S'escoutoient par grant délit 
La cançounette que il dist. 

[Amadas et Ydoine, 1663.) 

Une clianeonnete nouvele. 

{Ren., Br. XVI, 585.) 

Chancenete. 
( Vie des Pères, .\ra. 5216, i' I r«.) 

Chansoiniete. vai t'en ; 
Leis m'amie l'envoi. 

(GuiOT, Chans., I, 36.) 

ChancJionnete. 
(La Dame a la licorne, B. N. 12502, f" 62 r'.) 

ciiAxsox.xEUR, S. m., celui qui chan- 
sonne ; chanteur : 

Nul ne croit ces infâmes diffamateurs, ni 
ces chansonneurs. (Fr. de Sales, Œuvr., t. 
XI, lettre 157.) 

CHAXS0i\.\iER, s. m., faiseur de chan- 
sons : 

Chansonnier: m. ère : f. Alvvayes singing , 
full of songs. (Cotgr.) 

— Recueil de chansons : 

Item, un chançonier de Mons. Casse Brûlé, 
presié .xx. s. (xiv" s., Compt. de l'argent.) 

l.CHAXT, s. m., élévation et inflexion 
de voix sur différents tons, avec modu- 
lation ; ramage des oiseaux ; cri du 
coq, etc. : 

Muntal Deus en chant, li Sires en voiz de 
buisine. {Liv. des Piau/?!., Cambridge, XLV], 
5.) 

Chescun désire oir les chans 
Des oisiauï, des bois et des chans. 

{La Clef d'amours, 2397.) 

2. ciiAXT, S. m., côté; coin : 

... Un lioncel noir avoit paint en un cant. 

{Naiss. du Chev. au Cygne, 3147.) 

El l'ensegne (de la lance) ierl ynde, li 
cans a menues bendes d'orfrois debelline. 
(Merlin, B. N. 19162, f 201'.) 

Est tenus, pareillement, en péril d'affo- 
lure, d'une aultre playe de taille qu'il a sur 
le cant de l'esclenque main, par dessoubz, 
a rencontre de le recepte el de travers, 
dont il en est ung os issu. (13 mars 1442, 
Reg. de la loy, 1442-1458, A. Tournai.) 

Cf. Littré, Champ 2. 

CHAXTAXT, p. prés, et adj., qui 
chante : 

Felinete i fu si jolie. 
Si chantanz, si gaie et si lie 
Et si bel s'aloit déportant 
Que le pris en aloit portant. 

(Gérard d'.\miens, Escanor 23155.) 



40 CHA 

Jucnes, bien chantans, yeux traitis. 
(Edst. Desch., IV, 276.) 

CHA^TEL, moJ. clianteaii, s. m., mor- 
ceau coupé à un grand pain ; morceau 
coupé dans une pièce d'étoffe : 

Mal se peut viiidier sans rongier auc/ian- 
leau de t|iielqu'an. (G. Chastk.ll., Ver. mal 
prise, p. 571.) 

Dictes en ee que vous voudrez ; mais ils 
nous donnerenl de leurs chcoileaux. (Rab., 
Cinquiesme liv., ch. xx.x.) 

Tranche a inesme le cJiaitteaii. 

(J. A. DE Baif, le Braiv, III, 1.) 

— Quartier de la lune : 

Oue tous aveni a se pendre dedans le 
dernier chanteuu de ceste lune. (Rab., Quart 
livre, prol.) 

— Pièce du fond d'un tonneau : 

Contre un tonel l'a si hurlé 
A po ne l'a esservelé : 
Li chantes tornc, c'est péchiez, 
Et li toniaï s'est eslochiez. 
(La Plantez, 89, P. Meyer. Bec.,f. 331.) 



Cf. II, 56'. 

CHA>-TEOB, mod, chanteur, s. m., ce- 
lui qui chante : 

Mètre i fisi pain et vin et char et vert savor. 
Et touailo et hennap et i. cok canteor. 
(Rom. d'Alex., ms. B. N. 789 ; P. .Meyer, p. 135, v. 
497.) 

Moult ot en lui bon canteour. 

(Bes., Troie, B. N. 375, f» 78?.) 

Et chanter oi ces chanieeurf,. 

(G. DE CoiNCi, Mir., ms. Soiss., t" 6'.) 

Cautères iert autorisies. 

(Mir. de S. Eloi, 73.) 

ChaiiiHeur. 
(ROB. Gbossetete. ap. f.oinci, J/ir. de N.-D., ms. 
Brus., f Î29".) 

Jehan le CorOier, canteur en plache. (15 
fév. 1411, fieff. de la Loy, 1414-1425, A. Tour- 
nai.) 

Canlor, chanteur. (Ch. Estienne, Dictiona- 
riolum puerorum.) 

Tous nos chanteurs d'amours. 

(]0D., Œuv. mesl, f Î6 r°.) 

CHAXTEPLEURE, S. f., grand enton- 
noir qui sert à transvaser le vin, le ci- 
dre, la bière, robinet quelconque qui 
laisse écouler l'eau peu à peu, arrosoir, 
ouverture pratiquée dans un mur pour 
faciliter le passage des eaux, etc. : 

Ycsci une cantepleur c'an puet faire en .i. 
lienap... (1248, Villabd de Honnecourt, pi. 
16.) 

Que l'en n'ait mare a fosses, qui boulent 
a rivière ne chanleplore. (Août 1291, Ord. 
s. la pikhe, B. N. 1. 159", T 110.) 

.II. lanternes el.ii. chanïcp/eures d'argent. 
(1349, Compte de Nicol. Bracqiie, A. N. Klv 7, 
f° 54 r°.) 

Une chantepleure d'or. (1455, D. de Bourg., 
6732.) 

Une canpleure. (1554, Compte, Bélluuie, 
ap. La Fons.) 



CHA 

Tu feras aussi au \H'rcbi\\\ne rhantepleiiir 
parlaquelle. quand il sera trop plein, l'eau 
puisse couler hors la maison. (Evon., Très., 

C. VI.) 

Par l'inslrumcnt appellr chaule pleure. 
l'eau raiiionle lanl qu'on veut. ^O.oeSerh., 
VII, 3.) 

La chante pleure n'est autre chose que 
deux tuiaux d'eslain, ou d'autre matière, 
d'esgale longueur et grosseur, telle qu'on 
veut, joincis ensemble, faisans deux bran- 
ches de telle ligure quecestelettre grecque 
.a. (Id., ib.) 

Cf. Chantepleuue I, t. 11, p. 57^ 

CHAXTER. verbe. — A., faire entendre 
avec la voix un air de musique, un 
chant : 

Maie cançun n'en deit estre canfee. 

(Roi., 1466.) 

Tels corunez ne chantât unches messe. 

(Ib., 1563.) 

Or chante.:: dont endementiers, 
Car il vos sera amendez 
Le forfet que vos demandez 
Quant ot le prestre la promesse, 
Xsnelement chante sa messe. 
(Du Prestre teint. Montaiglon et Raya., VI, 13.) 

Quant chantes fu li services et dis. 
[Vdi- et Otire.dias EsrlarM.,16S\, .iusg. udJ Abh., 
t. LXXXIII.) 

Quant ot canté le messe et dite s'orison. 

(Chev. au Cygne, B. N. 79b, f 226 r«.) 

Je sul prestres et clers, si vois messe chantant. 
(Baud. de Seh., XVII, 320.) 

- Fig. : 

La damoyselle ayant receu les lettres, 
lença fort celle qui les avoit prinses pour 
luy bailler, et fut cent fois délibérée de les 
rompre sans les lire, se doutant assez de 
ce qu'elles chantoient. (Nie. ue Montreux, 
Liv. des Berg. de Juliette, f° 256 r°.) 

— N., former avec la voix une suite 
de sons variés, selon les règles de la 
musique : 

Que nuls pruzdum malvaisement n'en chant ! 

(Roi., 1474.) 

Encontre mei parlowent ki seeinl en la 
porte, e chantovent bev[anzl sizre. [Liv. des 
Psaum., Cambridge, L.WIII, 14.) 

Dedenz la vile fu conduiz 
Li chevals a molt grant deduiz. 
Devant chantoent les donzeles, 
Sonent et harpes et vicies. 

(Ene^is, 1145.) 

Tel joie en ot k'il commence a chanter. 

(Aliicans, 3783.) 

A celui matin, pourle douchour dou tans, 
chil oiselon cauloient cleremeni, cascuns 
selonc se manière, et envoisiement. (He.nbi 
DE Val., s 531.) 

Las ! por li muir, et por li canl. 
(Ren. de Beaujeu, le Bel Desconneu, 1259.) 

E tant li ad de Deu chanté 
Ke l'enfant ad baptisé. 

(CiiAnDRT, Josapti., 869.) 

S'elle chante, sus toute chose 
Loe sa voiz melodiose. 

(La Clef d'amours, 1571.) 

Si riches rit et chaunte. 
(Pror. del Vilain, ap. Ler. de Lincy. Prov. fr., II, 
461.) 



CHA 

. Et joyeusement chanterai/. 

(EusT. Descb, IV, 17.) 

11 fait trop estrange vol, 
Car près du laz le fault chanter en sol 
Qui viellemenl en jeune art soleûe. 

(Id., V, 64.) 

Dancer scevent et chanter 
Doucement. 

(ID., v, 315.) 

— Pain a chanter, pain à hosties: 

A Jehan le Carllier qui faille pain a con- 
ter. (10 mai 1392, A. mun. Douai.) 

Cf. II, 57". 

ciiAXTERELLE, S. f., corde d'un ins- 
trument de musique à manche qui a le 
son le plus aigu ; 

Et si disant, rompit ma chanterelle, 
(Louise Laddé, Escritz de diiieis poètes, OEuv., p. 
119.) 

Quand découpant dessus ta chanterelle 
Mille fredons, au pincer de tes dois. 
Tu fais jaser l'argentin de sa vois. 

(Cl. TuRKl», Œur.po'H., Sodd., LXIII.) 

— Grillon : 

Les chanterelles sont petites bestes qui 
chantent par nuit es murs ou feu a esté, 
comme es contremeurs de la cheminée. 
[Thoison d'or. vol. II, f° 229 r°.) 

Cf. Chanteur, H. 58", et Chanterbsse, 
II, 57=. 

f:iiA>'TEUS, adj., syn. de chantevr : 

Oiseaux chaiileuj-. (Jard- de santé, Ois., 
49.) 

CHANTIER, S. m., grande enceinte où 
l'on entasse du bois ; endroit où l'on 
construit des vaisseaux ; pièce de bois 
sur laquelle on place un bloc, un vais- 
seau, un tonneau; anc. entrepôt : 

Pour chantiers a aseoir ces vins. (1295 
Compte de Girart le barillier, Arch. K 36"- 
piftce 43.) 

pierres de pavé estans sus le champlier 
de Nyevre. (1432, Compte de Nevers, CC 34, 
t"> 15 r°.) 

Au fort, quelqu'ung s'en recompence. 
Qui est remply sur les chantiers ; 
Car la dance vient de la pance. 

(VitLos, Cr. Test., 198.) 

Puisqu'avons sur nos gantiers 
A nos caves et celliers 
Pipes et tonneaux tous plains. 
(Vau-de-Vire,s^. t. Dubois, Yauj:-de-Vire d'O. Bas- 
selin, p. 210.) 

Les vignes faites en lignes, et qui sont 
arrangées par chantiers sont tenues pour 
les meilleures, car elles ne- rendent point 
d'ombre, et par ainsi le soleil et le vent 
peuvent aisément battre parmy. (Du Pinet, 
Pline, XVII, 21.) 

Cf. 11, 58". 

CHAîVTBE, S. m., celui dont l'office est 
de chanter à l'église : 

Que li arcediacres et li doiens et li chan- 
tres avoient livrei l'arcevesque par le con- 
seil dou chapitre. (Ménestrel, Z 313.) 



CHA 

Mesire Otles de Flines a chou temps ca- 
noines et chantres del église Saint Bietre- 
inieu de Bietiuine. (Avr. 1320, Cart. de Fli- 
nes, CCCCXIV, p. 5-20.) 

— S. f. : 

Deux fois chantre elle fat, puis après maints of- 
Elle mourut en lin maistresse des novices, [fices, 
(G. Dirait, Mesl.. Epit. de Loyse de Pons, relig. de 

Poissy.) 

(:iiA\TRESSE, S. f., celle dont l'of- 
fice est de chanter à l'église : 
Une cha7itresse. (R. Est., Thés., Psallria.) 

CHAXU, V. Chenu. — CH.*^'L'INAL, v. 
Canonial. — chai\vev\ch, v. Canevas. 

CBA.WRE, s. m. etf., plante herbacée 
dont la graine est connue sous le nom 
de chènevis : 

Ma grosse cemîse de K-enre 
Pour la soie qu'est mo!e et tenre. 

(CHaesT., Percev., 2357.) 

Caneve. (.xif s., ap. Tailliar, p. 21.) Impr., 
cai'eiie. 

Chaimle. (S. Graal, B. N. 245ô, C 123 r°.) 

Kiles de chanvre ne doient noient. (Est. 
\'<oiL.,Uv. des mest., 2° p., II, 13.) 

Et si doit il faire semer en la curtillage 
calibre affaire cordez. (Tr. d'économ. rur., 
\m' s., c. 7.) 

Par dessus n'ot c'un drap de canvne. 

(Del usurier, B. N. tbîl2, f« i32 v«.) 

Un client de ranneve ou de coton. (Vers 
1268, Ptainle au fi. de Fr. par des march. 
flam., A. prov. de Gand,4lupelm., n° 118.) 

On doit vendre le caneoe cl markié der- 
rière la on vent l'erbe.(1270, Rer/. aux bans, 
A. S.-Omer A B .vviii, 16, n" 239.) 



Chenvre. 

{Jiose, ms. Bru.x., £"> 



■•) 



Canvre. (Jiirésde S. Ouen. f»268 r°, A. S - 
Int.) 

Chanvre. (/A.) 

Lannes ou cheneve. (Coût, de Chalumont, 
A. N. P 1384.) 

Lcdisme des cannvrez et des lins. (fie«/es 
de la préo. de Clerm., B. S. 4663, f° 70 s".) 

De toutes chainvtes, et de linc. (1326, Pr. 
de VU. de Metz, l\, 31.) 

Une corde de caneve pour le cloke. (1370, 
A. mun. Valenciennes.) 

Camliis, chnneves. (Gloss. lat.-nall., B. N. 
1. 7692, f W.) 

Or dit qu'elle a lin de saison 
Pour filler, et chanvre moult fine, 
Or a potaige pour cuisine. 

(E. Desch., PoH., b. n. 840, f" 513".) 

Demi livre de fillet de kenneve. (1372, 
Lille, ap. La Fons.) 

Toillede caneve. (1379, Compï. rfe Valenc, 
pièce 46.) 

Fil de chenove. (Lundi av. Noël 1392, In- 
venl. de meublei de la mairie de Dijon A. 
Cùte-d'Or.) 

Estoupes de chesneve. (B. de Gord., Pra- 

ii<l; 1: 3.) 

Chanbre. (Id., ib., XVII, 157.) 
T. IX. 



CHA 

Une autre nappe de chevane. (Oct. 1400, 
Inv. de meubl. de la mairie de Diion, A. 
Côte-d'Or.) 

Cordes de queneve. (1406, Bélhune. ap. La 
Fons.) 

La dixme ou desmerie des blez,... lins, 
cherves, etc. (1416, Reg. des fiefs du comté 
du Poitou, V 325 v», Duc, Chevarderia.) 

Mais, se chanvre broyés ou lilles. 
Ne lens ton labour qu'as ouvrez 
Tout aux tavernes et aux fdles. 

(Villon, Gr. Test., 1713.) 

Une botte de grosse cordiellede kenvene. 
(1445, Compte des fortifications, 11" Somme 
de mises, A. Tournai.) 

A Christofle de le Grange, cordier,... 
[pour] une corde de quenvene servant au 
contrepoi.Y desArsde Salines, pesant. Lxxi.t. 
libz etdemye.(13 sept. -12 fév. li.50. Compte 
d'ouvrages, 7"Sbmme de mises, A. Tournai.) 

.V. petites bottes de kesvene. (Ii62, Compt. 
des rivières d'Escaull et d'Escarp, A. mun. 
.Morlagne,) 

Une cordelle de quenneve. (1471, S, Onier, 
ap. La Fons,) 

Grant nombre de queinenes pour rouyr, 
(29 août 1490, Flines, A. Nord, Cod, F, n" 
26,) 

Corde de quenvc (1498, S, Omer, ap, La 
Fons.) 

Cordes de queneve cherencié pour le cloc- 
que de la ville, (xvi» s., |,a Fons, Art. du 
Nord, p, 105.) 

Tant de quenneve en fardiaulx comme 
délié. (26 avril 1507, A, mun. Douai,) 

Fillet de brin de cherve pour convertir en 
toile, (19 mars 1521, A, Gir,, Not,. Cochet, 
104, 1,) 

Oui vaillent parcbacune année de revenu 
quinze francs d'argent, six livres chenefve, 
et six poulies. (1Ô84, Dénomb. de J. d'Au- 
. mont, 1° 1, E 29-E 1490, A, Doubs,) 

De la chanve fort belle et haute. (Marc 
Lescarbot, Hist. de la Nouv. France, Il 
536,) 

Chemises de kaienvre. (1601, Abbev,) 

Pour deux longes de quenvene. (1613, 
Exécut. testaui. de Jacques Cogheman, cor- 
dier, .\. Tournai,) 

CHAXVREU.v, adj., de chanvre; qui 
tient de la nature du chanvre, filan- 
dreux : 

La d'une chanrreuse filace 
Tissant le lien qui m'enlace. 

(AM. jAMTNrPorà., p. Hi.) 

Chanvreux cadeaux. 

{.Uuses incoijueui's, PaiiipLage.) 

L'un a demy lui erapesire 
Les jambes d'un fort clieveslre. 
L'autre d'un chanvreuj' licol 
Luy emprisonne le col. 
(.\. DU Bri^uii., Muses gaillardes, f" 69 y».) 

Tirant a la quenouille et de sa main nerveuse 
Retordant au fuzeau la fdaco chunibreuse. 

(HoB. GABSiEa, Mure Antoi?w, III, 1220.) 

CHAOS, S, m,, état de confusion des 
éléments qui, suivant certaines théogo- 
nies, aurait précédé l'organisation du 
monde ; confusion en général : 



CHA 



41 



C'est la matière primeraine 
Chaos. 

{Nul. a Valeh., 394.) 
Un chaos de pensers ou l'esprit se confond. 

(Despobt., Eleg., I, ht.) 

CHAoïxii, s, m,, espèce d'huissier ou 
d'envoyé turc : 

nue pour une chose de si grande impor- 
tance que celle la, le grand Seigneur, si 
telle eust este son intention, eust bien sceu 
envoyer un chahuz. (1573, Mém. de Chois- 
nin.) 

Un chaoux qui conduisoit l'argent, (Aui>„ 

CHAPE, s, f,, manteau, vêtement de 
dessus, ouvert et à longues manches, 
qui était ordinairement accompagné 
d'un chaperon : 

Desous leur chappes ont haubers endossez. 
(Loh., Ars. 3143, I" e".) 
Desouz la chaipe. 

(Il); B. .N. 19160, f» 12,=.) 
Et disi li fol : Gel porterai souef 
Desouz ma chape a molt grant sauveté 
Comme celui cui je doi molt amer. 

(Jourd. de Blaiuies, 183.) 
Lai veissiez mantiax et chapes desirrer. 

{Parise, 2695.) 
Quant li enfant le voient, ne se vodrent targier 
Ains desvestenl les chapes, traient les brans d'à- 

[cier. 
(Gui de Bourg., 3331.) 

Cil s'enfuient, Renart esch.ape : 
Des or gart bien chascun sa chape f 
(Reiiarl, Br. V, var. des v. 1149-1272, t. III, p. 186.) 

Cil qui crient par la vile la cote et la 
chope. (Est, Boil,, Liv. des mest., l' n,, 
LXXVI, 19,) ' 

Plus de paine ay que le crieur de chapes. 

(EisT. Uescu., V, 75.) 
Une très notable chappe de drap de ve- 
loux, batue a or de Chippre. (1405, Inu. de 
la cath. de Sens, ap, V. Gay,) 

Les asnes s'affublent de chapes. 

(J. A. DE Baif, .Mimes, I. I, (» 11 t»,) 

— En particulier, manteau long, sans 
plis et agrafé par devant, que portent 
i'évêque.le célébrant, les chantres, etc., 
pendant l'office : 

Es jours des dimenches ou festes dou- 
bles ou a chapes. (1451, A. N. P 1356', pièce 
4.) 

— La chape du ciel, la calotte des 
cieux : 

N'i ot plus seur sor la chape du ciel. 
(Girli. de Met:, p. 467, ms. Montp,, t« ISO",) 
Il n'a plus bêle dame sous le caple del ciel. 

(Mol, 6698,) 
Lequel, ayant entendu leurs actes mé- 
morables et bien considéré leurs raisons, 
ne voulut rien déterminer, pensant que 
soubs la chappe du ciel on ne si;auroit trou- 
ver trois aultrcs poltrons semblables a 
ceux cy, (Lariv,, Nuicts de Strap., VIII, i.) 

Et je te jure mon Dieu, qu'oncques telle 
patience dessous cette cappe du ciel... (Pas- 
ÙUiEN, Pourparler.) 



19 



CHA 



— Chape s'est employé en botanique 
pour désigner la spathe : 

Iarus...L'on rappelle aussi barbe aaron... 
elle a une telle chapp'^ et détiens une telle 
chose longue comme serpentine. (Serces «e 
Saler7ie, ras. Hodéne, Este 28, p. 176.) 

Cf. Chape, II, 59", Chape a ohoe, II, 
59% et Chape a pluie, 11, 59'. 

CHAPE CHUTE, S. f . , proprement chape 
qui est tombée ; fig., bonne aubaine due 
à une mésaventure d'autrui : 

Cliape eliaele piisl. s'en eusl bon g.iranl. 

(W*CE, Rov, 2' p., 1240.) 

11 en a encore .lu tonnel (du vin) 
Et nous linerons bien eh.iicns. 
Rasoir, as tu niengié herciis.^ 
Tu en as bien te part beue. 
Ains a trouvé cupekeiie 
Pincbedc, el sai par mes ieus. 
(\. DE t» Halle, /us S. Nie, B. N. 2S536, f 66 •,'.) 

Quant homme pécha Deus se départi do 
lui, et quant Deus se fut départi do lui, li 
lerres (lui court as eschaetes el qui volen- 
liers prent chape cliaete, c'est h anemis, si 
prisl homme et le misl en sa prison d'en- 
fer. (Laurent, Somme, ms. Soiss.210, 1° 10".) 

Chape cheoile. (B. N. 12Ô81, f» 352 r°.) 

Les Normans qui ne cherchoyent que 
rhapes cheutes (ainsi que. dit le vieil pro- 
verbe) entrèrent en ce pais l'an d'après la 
mort du comte de Poictiers. (Falciiet, An- 
liq. guul., 2° vol., IV, xi.) 

Il V va pensant trouver chappe chute. 
(Tallem., HisL, OCXMX.) 

CHAPEL, mod. chapeau, s. m., coif- 
fure que les hommes et les femmes met- 
tent sur leur tète pour sortir ; couronne 
dans l'acceiition générale : 

Et ou trait son chcipel, parfont li at clinet. 

( Yoy. de CUarl, 146.) 



Adont de la chambre s'avance. 
De la le vit en un prael 
U ele laisoit un capel. 

(Beauman., Jehaji et lîlondc, 



860.) 



Ce fu en la douce saison 
Que li roussignol ont raison 
De chanter pour le tans joli. 
Que li pré sont vert et ûouri 
Et li vergié cargié de fruit ; 
Que la bêle rose est en bruit. 
Dont les dames font les capiaiia, 
Donl li amant font leur aviaus. 

(ID., Muneldne, 2153.) 

Je vos donroi chapi'I d'orfrois. 
Et bone cote, et pelicon. 

(I.AMUEBT l.'AVLUGLC. B. N. 844.) 

Et il li cousirent la croiz en un granl 
chapel de colon par devant, porce que il 
voloit que la genz la veissenl. (Villeh., 
S 68.) 

Li abes apiela Constant, Ui tenoit son 
kapiel de feutre tant k'il eiist parlé a l'En- 
pereour. (Li Contes don roi Coustant l'Em- 
per., Nouv. fr. du .miT s., p. 13.) 

Chapel et bouche ou manlelet 
Doiz avoir, propre et netelet. 

[La Clef d'amours, 393.) 



CHA 

Avra pour pris chapel d'or bel et bon. 

(EusT. Desch., 111, 90.) 

A ung cappelier, pour ung noir cappe/ de 
feutre. (14&7, Tul. d'Ol'wel de le Masure, A. 
Tournai.) 

Pour l'achat de ung capeau d'estrain et 
de une escriptoire pour ledit Jcrommet, 
payé trois gros. (21 déc. 1.^12, Exéc. test, de 
Jehan Cupelier, A. Tournai.) 

A Ysabeau de Willecocq, dix neuf sols 
di.x deniers pour avoir faict vingt deu.v 
chappeauU de triomphe a douze deniers, 
comprins avec elle la femme de Robert 
liuré, laquelle aayda a aller iiuerre les lier- 
res pour faire lesd. chappeauix. (lo71 -72, 
Compte, Entrée des ducs de LongueviUe, 
année boulonnaise. p. 405.) 

— Chapel de roses, petit cadeau des 
père et mère à leur fille en la mariant: 

Homme noble peut bien donner a sa fille 
plus grand mariage qu'advenant: car il 
luy pourroit bien donner la tierce partie 
de sa terre, ou choses immeubles, jaçoil 
qu'ordinairement ne luy en appartient par 
succession que quart, c(uint, sixiesme, sep- 
liesme, ou plus ou moins, mais aussi s'il 
luy donne moins en mariage qu'il ne luy 
fut escheu de sa succession, et ne luy eust 
il donné qu'un chappeuu de roses, c'est a 
si;avoir ijuelque legier don de mariage, 
mais quelle soit mariée el eniparagee no- 
blement par le père; si ne peut elle rien 
demander en succession directe de père, 
de mère, d'ayeul ne d'ayouUe, tant comme 
il y ail hoir iiiasle de ses père el mère en 
représentation d'iioir masle, s'il ne luy est 
réservé en faisant le mariage. (Coust. d'An- 
jou, ap. Cb. lui .Moulin, Coust. ç/énéral. et 
parlicul. du roij. île France, l. II, f° 44 v°.) 

Cf. Chapel 1, t. Il, p. 60\ 

CHAPELAiiv, S. m., celui qui était bé- 
néficiaire d'une chapelle, le desservant 
de la chapelle d'un château : 

Roberz de Morelune ses cliapeleins esteit. 

(Gakn., s. Thomas, 3861.) 

Puisfu prise li sainte Crois de noredemp- 
lion,et fu commandée au capelain Phelippe 
por chou que il le portast. (IIenki de Val., 
g 524.) 

Que i li alasl querre un fisicien cl un 
chabelain. (Prise de S. Jeh. d'An(jeH, Arch. J 
1034, pièce 32.) 

Chapeleyn. (1281, Test, de Gui de Lusignan, 
A. N. .1 270, pièce 19.) 

^oslre chappelen. (1297, Test, de Hugues 
le Brun, A. N'. .1 407, pièce lî.) 

Jelians prestres chaipellains de la cha- 
pelle. (1315, Cari, de Ste Gloss. de Metz, A. 
N. 10024, r 14 r°.) 

Messire Gerarl le Maire, caplain de le ca- 
pielle. (1"'' sept. 1408, Compte de la recette 
générale du llainaut, f» 54 v", A. Nord.) 

Aux chappelains fondez en ladicle église 
Saint Brixe pour leur sallaire d'avoir esté 
revestu ausdis services. (16 fév. 14Gl,£.<;<!e. 
lestam. deEctor deFlamecourt,k. Tournai.) 

A iceulx curé, cappellains el clers. (1501, 
Exécul. lestam. de Tassiuot de Bocquegnies, 
ib.) 

Et aux chappellains de haultes el basses 
fourmes. (7 août 1503, Testament monsei- 
gneur maistre Jaques du Bos, chanoine, ib.) 



CHA 

CHAPELER, V. a. et n., tailler en en- 
levant le dessus : 

Pain de deux jours pour ckappeler. (Mé- 
nagier, 11, 106.) 

Chappellez le pain visle, car noz invitez 
sont venus. (Palsgr., p. 484.) 

Lesquels ne permettent que rien soit 
servy sus tabledevanleux, non pas mesme 
le pain blanc, qu'il ne soitchuplé. {.]. G. P., 
Occult. merv. de nat., p. 353.) 

ciiAPELERiE, mod. chapellerie, s. f., 
confection, commerce de chapeaux: 

Li aprenliz ne puet touchier au meslier 
de chapeterie de feutre devant qu'il ail 
paie les .x. s. de la condarie. (Est.Boileau, 
Liv. des mest., 1" p., XCl, 11.) 

Jleslier de capellerie. (Mars 1450, Lett. de 
Ch. VU.) 

— Provision de couronnes de fleurs, 
en particulier pour èti'e distribuées aux 
convives : 

La chnppellerie lui cousla quinze francs. 
(Méuagier.) 

CHAPELET, s. m.,pctit chapeau: cou- 
ronne, guirlande de fleurs, ruban tressé 
en bracelet, torsade : 

En son chief ot un chapelet petit 
D'or et de pieres qui moût bien li avint. 
[Giirin le Loh., 2' chons., XXII.) 

Ici encoste a .1. biau jardin planté. 
Assez i a de llorestes d'esté ; 
Chupeles fere irons si vos volez. 

[Les Loh., Ars. 2983, f« 4'i.) 

En son cief mist un capelet estroit. 

(Raimb.. Ogicr, 1030.) 

Un chapelet ot en son chef posé. 
A riches pierres, qui getent grant clarté. 
[Girard de Viane, p. 90.) 

Uns capeles ses chevex tient, 
Qui ert de fin or reluisant. 

(Beauman., Jehan et Bionde, 4726.) 

En tens jolis et nouvelet 
Pues envoler un chapelet. 

[La C te f d'amours, 1505.) 

Que nul seigneour cliivaler ne auler pe- 
tit ne grand ne chivache par noet ne per 
jour armes, ne port palet ne chapelet de 
fier n'auler armure sur la pevne suisdtt. 
[Stat. de Ilichard //, an XX.) 

Et aux manches le chuppelet 
Joyeulx, eu la manche attaché. 
De velours, a ung beau fdiet 
Trois doys de large. 

[Le Monologue Coquillari, II, 212.) 

Troys çstrivieres du dicl drap d'or frizé, 
avec l'es chnppellelz attachez a iceulz. (.\oùl 
1498, B. >'. 22325.) 

Dessoubz le pourpoint la chemise 
Froncée, puis le chappelet. 

(R. DR COLLEllYE, MoHol. de ItCSOlu, p. 65.) 

- Fig. : 

En se retirant de tout point du manie- 
ment des affaires, el en se tissant un beau 
chapelet detranquililéa meltre sur sa teste, 
comme disent aucuns rheloriciens. (.\mvot, 
Compar. de Nie. av. Crass.) 

— T. de fauconn., chaperon : 



CHA 

Chascun a un reclaitn et un chappellet a 
ce que il puissent clamer leur oisiaus et 
tenir. {Lii\ de M. Pol. xcn.) 

— Rosaire, assemblage de cinq di- 
zaines de grains enfilés, séparées par 
un grain plus gros : 

Un c/mp/^eWe/ de perles. (7 juin 1390, fieo. 
du CIMetet.) 

Quapelet. (l.i)21, Test., A. mun. Douai.) 

Le Laquais. J'ay perdu les palenostres de 
mon maistre. Le sçay tu maintenant? 

Blaise. Quelles sont les palenostres de 
Ion maistre ? un cappelet? (LARtv., la Cons- 
tance, III, 5.) 

— Bavardages : 

Le cardinal de Richelieu ne disoit il pas, 
i|ue six pieds de terre, voulant parler des 
intrigues du Cabinet, lui donnoieni plus 
de peine que tout le reste de l'Europe ? 
Pourquoi cela, sinon a cause des chapelets 
que l'on y enfile et défile continuellement. 
(.Naii).. Miiscur., p. 377.) 

— Ane, guirlande de rimes, sorte de 

pièce de vers : 

Chapelets se font proprement comme ron- 
deaux eloz et ouvers, mais ilz se doublent 
en toutes façons ou se renversent qui est 
le plus magestrallement faict, et en peut 
l'en faire comme de rondeaux et de telle 
taille que l'en veult, mais que le tout soit 
doulcement assouvy.(FAERi,fiAe(., f° 27 v".) 

Cf. II, 60". 

CHAPELIER, s. m., Celui qui fabrique 
ou vend des chapeaux, des couronnes 
de fleurs : 

Li capeJters eslis 
Sen capet li enlrerosa. 

(Reîicius, Miserere, cxcv, 9.) 

Cunins li chapillers. (1241, Ban de tréf.. 
liib. Metz.) ' ' 

Ouioonques veutestre chapeliers de fleurs 
a Paris, estre le puet franchement. (Est. 
lioiL., Lw. des mest., 1' p., XC, I.) 

Chapeltier qui vendent chapeaux de ro- 
ses. (Voii-ye de Paris, A. N. Y 3, f° 5 v°.) 

A ung cappelier, pour ung noir cappel 
de feutre, parlui vendu audit Olivet. (1457. 
Tutelle d'Olivet de le Masure, A. Tournai.) 

— S. f., chapeliers, celle qui fait ou 
vend des chapeaux : 

Isabel \ecapeliere. (1339, Aveu, Boulogne 
A. N. J 1124, pièce 39.) 

Ine chappeliere qui livrera chappeaulx le 
jour du regard et le jour des nopces. (J/é- 
nagter, II, 118.) 

cnAPELi.\E, mod. capeline, s. f., cha- 
peau de chasse des femmes, aujourd'hui 
coifrure de femme qui descend jusque 
sur les épaules : 

Chapeline, chapeau. It. capello, capellet- 
lo. Esp. Capelo. (Jin., Nomencl., p. 127.) 



— Sorte de casque rond, plat et à 
bords étroits : 

Cf.apeUnes de fer. (G. Chastell., D. de 
Bourg., m, 97.) 



CHA 

CHAPELLE, s. f., lieu consacré où Ton 
gardait lachape. les reliques d'un saint; 
endroit où étaient gardés les vêtements 
sacerdotaux, les vases sacrés, et tous les 
différents ustensiles propres à desservir 
un autel : 

Dames, borgoîses et puceles 
Vont as tenples et as chapeleft. 

(Eneas, 6833.) 

Puis en assembla ensemble bien dix mil 
en la chapele de Saint Marc. (Vili.eh., g 25.) 

Il n'ont église ne chapele. 

(Gdcot, Bible, ÎÛ38.) 

Chaippelle. (12 mars 1384, Lell. de l'offic. 
de Tout, A. Meurthe H 2976.) 

Le dicte cappielle Xicollayen l'église saint 
Jaques. (15 dèc. 1405, Exé'c. testam. de Ri- 
chard Davesnes, A. Tournai.) 

On chantera en capelle la messe du S. 
Esperit. (12 mars 1571, Négoc. de la France 
dans le Lev., III, 146.) 

— Chapelle ardente, luminaire dont 
on entoure un catafalque : 

Le clair firmament 
Luy eust servi d'une chapelle ardente. 

(Uell. de s. Gel., Œuo. po''t., p. I7î.) 



CHA 



13 



— Petite chape : 

Chapes et chapelles. Une chapelle d'or, a 
un rosier vert ou sont les armes du duc. Une 
chapelle noire, toute complète, excepté un 
fanon a roses et estoilles d'or. (6 mai 1440, 
Cart. chap. Dol, A. Ille-et-Vil., S. G. I.) 

Cf. Chapele 2, t. II, p. 60\ 

CHAPELLE, adj., orné de chapelles : 

Le contour chapelle (du chœur de l'église). 
(P. DE Brach, Poem., f« 81 t".) 

cu.APELLEXiE, S. f., bénéfice attaché 

à une chapelle : 

Dofacions, augmentacions des eglizes, 
chappellanies. (René, Testam., (JEuv., I, 96.) 

En l'église de Mouslreau,en laquelle fut 
premièrement enterré le corps dudit feu 
monseigneur le duclehan, sera fondée une 
chapelle et chapellenie perpétuelle d'une 
messe basse de Requiem chascun jourper- 
petuelment. (Mo.nstrelet, Chion.,'ll, 187.) 

CHAPERox, s. m., coiffure en drap, 
à bourrelet et à queue que portaient au 
moyen âge les hommes et les femmes ; 
bande d'étoffe que les femmes portaient 
sur la tête ; coiffure ornée dont on cou- 
vrait la tête des oiseaux de haut vol : 

Par ses espaulcs saut le noir chapiron. 

{.Von. Benuart, B. N. 368, f» »31 »».) 

Parlez a mei, sire al chaperon large. 

(Coron. Loois, 475.) 
Il osla duoc Sun chapertm. 
{Un Ctiival. e sa rfame, ms. Carabr., Corpus 50, f*9'i''' 
P. Meyer, Itapp.) ' ' 

.■Vies chaperon bien fetis : 

Trop grant ne soit ne trop petits. 

{La Clef d'amours, 357.) 
Ou unes chauces neuves ou viez ou un 



chapiron viez ou nuef. (1294, Foire de Dijon. 
B. >'. 1. 9873, f 25 V.) '' ' 

Pour la fourreure de la visagiere du chap- 
peron de lad. robe. (1317, A. X. K, 18, f 157.) 
Les caperons derous et deskieres derier, 
El ly pluseur l'avoienl troué ens el goffier. 

(Cliev. au Cygne, 61667.) 
A rire commencha, dessous son cheperon. 
Si haut que le chapele en reteoli du Ion. 

{B. de Seb., XVI, 588.) 

.1. auMre caperon de noir veluyel. (30 juin 
j 1377, Exéc. test. S. Agnies Macouelte, A. 
' Tournai.) 

Et seront tous les capperons de pareil 
drap. (1398, Charité de la coût, de Bernai/, 
Est. etord.) 

Congié, pour Dieu, d'avoir nez chaperons ! 

(EusT. Descb., V, 183.) 
Pigne loi bel. Ion chaperon abat. 

(Id., V, 363.) 

Que vous chaultde ces vilains, ou deces 
cliapprons fourrez, ou de ces turlupins re- 
ligieux. (.1. Gerson, Har. faicle devant le 
Hoy, p. 27.) 

Lequel prend maintenant un chapperon 
fourre et une chappe, et semble prélat ou 
clerc. (Id., ib.) 

A Pierart de le Court, plonmver de la 
ville, pour une pièce de ploncq'en taule 
de .Vil. pies quarrez mise et servant a une 
fenestre faicle a cappron de monne sur lu 
cuisine de le maisun du conchierge de le 
Halle. (18 mai-17 août 1443, Compte d'ou- 
vrages, 6' Somme de mises, A. Tournai.) 

Faisant signe de leurs chaperons a ceux 
de dedens. {Trahis, de France, p. 96.) 

l'ugchappourron a usage de famé. (1510, 
Inv. p. la cour de Treourec, A. Finist.) 

Nos princesses non moins ardentes que rusées. 
Osent, dans les bordeaux, s'exposer desguisees : 
Sous le chappron carré vont recevoir le pris 
Des grâces du huleu. 

(ArB., Trag., II.) 

Chaperon. C'etoit l'atour el habillement 
de teste des femmes de France, que les 
damoiselles portent de velours, a queui- 
pendant, touret levé el oreillettes alour- 
nees de dorures autrement appelle coquille. 

(.\lC0T.) 

Pour faire la comparaison de la justice 
de nos anciens avec celle d'à présent, nous 
n'entendons pas alfoiblir leur renommée, 
car nous sçavons bien que ce n'estoit que 
gra\ilé, que sagesse, science, grands ob- 
servateurs de loix et exécuteurs d'ordon- 
nances, bonnes et simples âmes, autliori- 
sez, crains et redoublez du peuple et de la 
noblesse, quy ne faisoient aucune diffi- 
culté de (juilter le chapperon pour ne rien 
l'aire du commandement des roys au pré- 
judice du public. (1622, La Chasse au vieil 
Grognard de l'antiquité.) 

Cf. Il, 61'. 

CHAPERo.xxAKE, S. m., Ic fait d'être 
couvert d'un chaperon ; 

Leur chapperonnage. (Rab., Cinquiesme 
livre, ch. xxvii.) 

ciiAPEKO.v.XER, V. a., couvrir, cou- 
ronner d'un chaperon : 

Mes se il volsist crere la gent chaperonee 
Mult puisl bien aveir sa mort dune escliivee. 

(GiBS., s. Tltoia., 3616.) 



44 



CHA 



Les evesques mitrez, les a.hbe7. chaperon- 
nez. (J. Goi'i.AiN, Ration., B. N. 437, f° 17".) 

— Saluer en ôtant son chapeau : 

Ennuyez de rlwpperonner et faire la court 
a Messieurs les Uiresoriers.(li)88,iîemo?is(r. 
au Roy, p. 111.) 

Cf. II, 5 V. 

CHAPIiV, V. ESCHAPIN. 

CHAPiTEL, mod. chapiteau, s. m., 
partie supérieure d'une colonne, d'un 
pilastre, qui couronne le fût : 

Pilier, cimaises, chapiteî 
Sont a guerfil et a neel. 

(Eneas, C445.) 

E dous ciipiti-ats getad de areim. {Rois, 
liv. 111, p. 2ô3.) Lai., finxit duas colum- 
nas aereas. 

Andiii li chapitrai furenl si aliiniez. {Ib.) 

Quant il l'orent levée (la tour), treslout a lor 

[plaisir. 
D'un lot seu capital le font desus covrir, 
.1. oisiel de fin or, por celé oeuvre aconplir, 
Funt sur le chapiteî par grant engien tenir. 

[Roum. d'Atex., f ÔQ».) 

Capiiel, cliapiteau. (Bil>le, B. S., 8U9, f» 
45 r°.) 

Sour ces coulombes siéent .m. capiliel, 
t'isour ces ca/)iiia«s siéent .L.xnii. coulom- 
lies petites. (Lett>-es du prestre Jehan, dans 
CEuv. de Ruteb., III, 371.) 

Et faire .m. capiliaus sur le comble. (16 
janv. 1339, Test., chirog., A. Tournai.) 

Que en lieu du clochier dudit Sansoy, 
lequel ne se peut plus soustenir, et le con- 
vient abattre et refaire tout de nuef, je 
puisse faire ung chuppiteau pour hebergier 
et porter les cloches. (13SÔ, A. iN. MM 31, f 
6 v°.) 

Ung chappilel, bon et convenable. (/*.) 

Le capitiel de le cloquette d'icelle ca- 
pelle. (Kèv. 139d-mai 1396, Compte d'ouvr., 
10" Somme des mises, A. Tournai.) 

Fait un capiliel au buhot des deux che- 
minées de la dicte maison, pdur ce qu'il 
plouvoiten ycelles. p20 juill. 1415, Tut. de 
Jlaquiiiel, A. Tournai.) 

Pour .1. cent de ticules et un quarteron 
de bricques, pour faire le dit cupitel. ilb.) 

Chaînez d'arein couvroient les lys ou 
cJiappileaulx deces coulompnes. (Ancienn. 
des Juifs, Ar>. ."i083, f" 'M^'.) Supra, cap- 
pileaur. 

Le cha/ipilcau qui estoit en a\enture de 
cheoir. (14()5, Cornpt. de Nevers, CC 59, f° 
20 v°.) 

Chappitreau. (Vû%Compt.ile Reaé,\>.6i.) 

Laquelle ledicl de Charny fil reedilier de 
pierre de taille et d'un haull capital de 
pierre au dessus duquel avoit images de 
Dieu, de Nostre Uame etde madame Saincte 
Anne; et du long dudict capital furenl 
élevés en pierre les treize blasons des ar- 
mes dudict signeur de Charny et de ses 
compaignons, gardans et tenans le pas d'i- 
celle emprise. (0. de La Marche, Mém., I, 
9.) 

Chapitreau. (1470. Inv. Joy. lUiy., (' 72 r°, 
chap. Bayeux.) 

— Capitule : 



CHA 

La liauce de politricon est longue de deux 
paulmes ayant dessus soy capileaulx gros 
et enflez qui ont les semences. (Jacrf. rfe 
satité, I, 374.) 

Le pyrethre n'ha point l'esmouchette pa- 
reille a l'anelh, mais plustost on voit qu'il 
a le rond chapiteau de cliamomine.(E. Mai- 
G\.\^,Trad. de iliijst.desplanl.deL.FouscIi, 
ch. ccXLvn.) 

— Chapitre : 

Et cascu ne partie avra capilaus especiaus. 
(Alebr., B. .N. 2021, f° 6 r°.) 

Cf. Chapiteî. 1, II, 62». 

CHAPITOILE, V. CaPITOLE. 

ciiAPiTLE, mod. chapitre, s. m., as- 
semblée de chanoines, de religieux, 
réunis pour délibérer sur les intérêts 
de la communauté, et, par extension, 
ceux qui siègent à cette assemblée ; 
lieu où ils se réunissent : 

Si lur musterra sun dortur, 
Sun chapitre et sun refeitur. 

(Marie, Lais, Yonec, 497.) 

El chapitre entrent avant. 

(iD., ib., 303.) 
Au chapistre de Cisteaus. 

( Vie de S. Thom. de Canlorbenj, 99, A. T.) 

Al terz jour en chapiteîe entrad. 
(Vie de S. Ttwm., ms. Harley., 3757, f» 9 r».) 

Dune sunt od le kovenl dedenz chapitle entré. 
(Gabn., s. Tliom., 419.) 

Mes chapistres feré par ordre, 
.\ler droite voie sanz tordre. 

(GuiOT, Bible, 606.) 

Li chapiieles. (1230, Coll.de Lorr.,980, 
B. N.) 

Li chnpitles. (1233, Chap. cath. Metz, Mai- 
sonnerie, A. Mos.) 

Li capitles.(\1'i%, A.N.Mus., vit. 42, pièce 
233.) 
Do chapitle. (1236, S.-Sauv., A. Mos.) 

Mais il i ot -i. contredit 

Des kapiteles pour le disime. 

(Ph. Mousk., Chron., 25480.) 

Li devant dis capitles. (Oct. 1241, JoiNV., 
Chartes d'Aire.) 

Le chaplitre de Bar le Duc. (1246, Louppi, 
1,4, A. Meurthe.) 

Li capUeles. (1247, Ctiarte d'Oniiaing, Ch. 
des Compt. de Lille, 914, A. Nord.) 

Ce doiens et toutli chaplislres de Tout... 
(Après le 16 mai 1248, Coll. de Lorr., Not. 
des ms., X.Wlll, 37.) 

Chaipistre. (\2hl, Cart. de S. Vinc.de Metz, 
B. S. 1. 10023, 1° 30 r".) 

Li chaipistres. (1271, S. Sauv., A. Mos.) 

Li diens et li cnpitres. {Cart. de Picqui- 
gny, A. N.B. 1' 35, f° 44 r°.) 

Pour le capistre de Foulloy est tenans 
messire Kicoles Ankiers canonne de Foul- 
loy. (1337. Cart. Alex, de Corbie, B. N. I. 
24144, r 6 V.) 

Cappittre. {l'i'iO, Rançon du roi Jean, A. 
N. KK 10", f» 38 v°.) 

Chapitre. (Ib., T 39 r°.) 



CHA 

Capitulum, capis(;'e. {t}loss. de Conches.) 

C'est assavoir qu'il vienne dimanche pro- 
chain venant entre les deux messes, en 
cappitre, piedz nuz et nustz teste, et une 
torche de cyre aluniee en sa main. (1450, 
A.mun. Laives, cité dans Mém. de la société 
éduenne, nou\. série, XIV, 390.) 

Chepitre de l'église collégial Nostre Dame 
du chastel d'Ostun. (7 oct. 1179, Fond, d'un 
anniv. par J. Drouot, A. mun. Aulun.) 

— Pain de chapitre, pain de première 
qualité, distribué aux chanoines : 

S'il est question de parlerd'unpain ayant 
toutes les qualilez d'un bun et bien friand 
pain ne faut il pas venir au pain de cha- 
pitre ? Je di, au vray pain de chapitre, dont 
celuy que vendent a Paris les boulengers, 
a retenu le nom, mais non la bonté. (H. 
ESTIENN., Apol., c. 22.) 

Et me semble que le pain de munition 
n'a point si bon goust que le pain de cha- 
pitre de Paris. (Tournée., les Contents, I, 3.) 

— Division d'un livre, d'un traité : 

El est ordeneepar.xx. capiteles. (.\lebr., 
B. N. 2021, f 4r°.) 

— Statut : 

Parmy les chapitres de l'ordre du roy, 
les chevalliers du dit ordre ne peuvent en- 
voyer ny accepter cartel. (Brant., des Duels, 
VI, 462.) 

CHAPITRER, V. a., réprimander en 
plein chapitre; réprimander en général: 

Nous tirasmes vers le chapitre 
Que je vis par une verrine 
Ou les folz corrige et capitre 
La très sage dame Doctrine. 
(Lefrasc, Cliamp. des Dam., Ars. 3IS1, f" 17'.) 

Chapitrer quelqu'ung. Le chastier au 
chapitre. Castigare in comitiis. (Bob. Est., 
T/ies.) 

Voicy le vray enfant prodigue, <|ui s'est 
imaginé rie belles folies : mais comme plei- 
nes d'enfance et de nivellcries, je luy par- 
donne pour l'amour de vous et de M. de 
Rosny, qui m'en a prié a jointes mains; 
mais c'est a condition que vous le chapi- 
trerez bien tous trois, et que vous en re- 
pondreza radvenir.(Si)LLY, OEcon. roy. ,ch. 
ex.) 

CHAPOiv, S. m., jeune coq châtré pour 
être engraissé : 

... El ventre del chiapon. 
(MiBDOuE, Lapid., B. N.i. 14470, col. 164Î.) 

.1. capun de rente. (1180, ,\rras, A. N. S 
5207, suppl., pièce 31.) 

Ne chapuyis ne gcline. 
(Garn., s. Ttiomas, p. 120, Bckk.) 

D'un cras capuen a .i. lart bien pevré. 

(';. d'Hanstone, B. N. 25516, f 17 y».) 

... Mes un cras chapon 
Anieroie miex que lor boistes. 

(GuiOT, Bible, 2629.) 

Et se mist en la cuisine a lourneir les 
chapons. (Ménestrel, 65.) 

.xviii. capons,.\m. bieketeaus, .cliui. car- 
pes. (1319, Contresomtne des dépens, de la 
comt. de llain., f° 27 V, A. Nord.) 

Capons, poules, bures, fioumages. (1343- 



CHA 

1401, Reg. de la viunerie, drapperie, f° 157 
r", A. Tournai.) 

Les cences de bleif el de cliiiipons. (I34i), 
Cart. de SIe-Gloss. de Metz, H. }i. 1. 10024, 
f 14 r°.) 

Nous avons condeuipné et condempnons 
icelui Anthoine Clément de paicr a icelle 
dite abbaye trois hotleaiix de loille mesure 
dite et les trois pars d'un capon de rente 
héritière chacun an. (1521, Cart. de l'abl>. 
S. Médai-d, Rouge liv., f 291 r°, A. Tour- 
nai.) 

CHAPOivxAGE, S. m., castration de la 
volaille ; obligation de donner au sei- 
gneur un certain nombre de chapons : 

De Pierre du Bus au lieu de Martin son 
père, sur une maison et heritaige séante 
au fort de Morlaigne, lequel doibt pardes- 
sus les renies fonssieres en clxapponnai- 
ges une soubz rente de douze livres .x. s. 
iflandres par an. (164Ô-46, Comptes du rece- 
veur de la terre de Morlngne, nis. apparte- 
nant à .M. BocquIUet.) 

ciiAPo:v:vEAL-, s. m., jeune chapon : 

Ung butaudeau ou chnpponneau. (1560, 
Cure de Cissé, A. Vienne.) 

■ Chappunneau, capus junior. (J. TniEtinv, 
DM. fr.-lul., 1Ô64.) 

ciiAPOx^ER, V. a., châtrer un jeune 
coq que l'on veut engraisser : 

Le coq ansçois que on le face caponer. 
[Descrlpt. lapid., ms. Berne, f 169'.) 

Li cox ehaponez 
Est as gelines mal venus. 

(5. dkCosdk.III, 302.) 

N"i demora poulet qui ne fust cajmiines. 1 

[Geste des ducs de Suurg., 2909.) ) 

Pour avoir fait chapponner des coches. 
(1447, Coiiipt. 'lu Temple, A. N. MM 135, S" I 
174 V.) j 

Les coqs perdent de chanter quand ils , 
sont chappoiinez. (Du Pinet, Pliue, X, 21.) j 

.laçoit que tout l'esté soit bon pour clia- 
ponner, si est ce que le mois de juin en 
est la meilleure saison. (0. de Serh.,V,2.) I 

- Fig- : i 

El n'est trop seur que le pape qui sera : 

ne face chapponner quelc'un par dessoubs j 

les oreilles. (IJ.W, Lett. sur la mort du pape, ] 
Négoc. sous Kr. II, p. 101.) 

ciiAPO\iMERE, S. f., lieu OÙ l'on en- 
graisse les chapons : 

Les deux meilleurs chapons de la c/ia- 
ponniere. (Cent Nouv. nouv.) 

ciiAPOTER, V. a., dégrossir le bois 
avec la plane ; en parlant du potier, en- 
lever de la pièce qu'il travaille les par- 
ties qui doivent tomber : 

Ctiapoter, v. Tû lialic, or whittle; also, to 
hagle. paulter, trille, or diidge , about tlie 
priée ol', also, to piddie, middle, or busie 
himselfe In many Ihings, and doe nothing 

Well. (COTGR.) 

CHAPTAi., V. Cheptel. 



CHA 

CHAR. s. m., voiture remarquable jiar 
ton élégance ou sa légèreté : 

Sur un tlutr flsl om melre l'arche el covrir. 

(Tli. lemart., 75.) 

Chair a dames. (Chron. de S. Den., B. N. 
2813, f 477.) 

Les chairs. (Ib.) 

Pour faire le ciel du cher la l'oyne. (1316, 
Compte roy. île Geoffroy de Fleuri, Conipt. 
de l'argent., p. 55.J 

19 aunes d'escarllate vermeille pour son 
cheir. (Ib., p. ùâ.) 

Le cher aus demoiselles. (Ib., p. o9.) 

Et avoit .v. chevaul.x au chert madame. 
(1382, Procès verbal d'exercice du droit de 
gile, A. Saône-et-Loire, K. de l'abbaye de 
S. Jean d'Autun.) 

.nii. ka?-s a .xvi. chevaux. (1403-1404, 
Compte de Robert Crohin, receveur de Hni- 
naut, [" 76, A. Nord.) 

Item, que les roisins venant de dehors 
la dicte ville et banlieue, et que on appor- 
tera a vendre en Tournay par yauwe, car, 
carette. (21 août 1442, Reg.ordonn. des vins, 
1386-l.i89, f» 42 r», A. Tournai.) 

CHARAItl>'. v. CaHABI.N. — CIIARA- 

BOT. V. EsCAnBOT. 

CB.ARA\çox, s. m., insecte qui ronge 
le blé dans les greniers : 

C/iarençons et vermines. (Liebault, 1. I, 
c. IV.) 

Garder le bled des hanetons elchalençons. 
(Belle-Fok., Secr. de i'Agric, p. 61.) 

Charenson qui ronge le blé es greniers, 
autrement dit calendre. Curculio. (J.Thier- 
ry, Dict. fr.-lat.) 

Charançon. (Dlez.) 

CHARAIVTON, V. ChaRAN(JON. — CIIAR- 

BE, V. Chanvre. 

tnARBo.\. s. m., morceau de bois en- 
tièrement embrasé ; houille: 

Pur fuildre en l'esguardement de lui nues 
trespasserent grésille e charbuns de fou. 
(Liv. des Psaum., Cambridge, XVII, 12.) 

\is chiarbuns prcnt des fous. 
(Mabd., Lapid., B. N. 1. 14470, S' 18 y'.] 

Roges les oils corne charbons, 
La barbe longue et les grenons. 

(Eneas, 2449.) 
Lez uelz ot roges com charbon en brasier. 

(Coron. Loois, 506.) 

Si ont sa terre trestoie en carbon mis. 

(Lo/l., m». Berne 113, f" 20=.) 
Si ont sa terre trestote a charbon mis. 

(Ib., ms. .«ontp., fo 59^) 

Ne remaint vile ne maisun ' 

Ki n'ait en Oambe u en charbnn. 

(Wace, Hou. \" p., 357.) I 
D'ire devint vermeilz plus ke karbuns sur cen- 

[dre. 
(Gabn., s. Thom., B. .N. 13523, f» 31 r°.) 

Com .1. charbons Jlambanz. 
(Gauiieb, Im. du monde, ms. Tours, f" 35 r».) i 

El pour ce que en aucun temps bûche, 



CHA 



45 



charbon sont plus chiers une fois que 

aii're (Est. Boileau, Liv. des mest., 

l'p., LXXIll, 4.) 

Aussi do lait frais leiros faites 
Ou de bouchel de lin pourlraites 
Ne puenl pas cstre avisées 
Se de charbon ne sont poudrées. 

(La Clef d'amours, 3069.) 
Et mistrent tout en feu et en charbon 
(Grand. Cron. de France, la Vie Mgr. Saint 
Loys, V.) 

Voiiir carbon ne traire sor tiere. (1251.) 

Mon cbappellain feray ardoir 

\ ez le la ; mettez l'en prison : 

Demain sera ars en charbon, 

Sanz nul respit. 

{.1/iV. de N. D., J. iOO.) 
Bûche, charbon. 

(Eosi. Descb., V, 260.) 

Pour don fait par Mgr (Philippe le Bon) 
a ceulx qui tirent le charbon es mines de' 
Mons en llainaut. (U36, lier,. au.r Comptes 
de Bourg., La Fons, Intermédiaire, t I n 
325.) ' ' ■ 

Tonneau de iharbon de pierre, (xvi" s 
Déclar., ap. Mantellier, llf, 72.) ' '' 

Quartio'i, charbon, cherbon. (1562, Déri de 
deuxjur.,k.CAr.) ^ 'l ■ u.e 

Cf. II, 66». 

<;HARBo^•^•EE.s.f., morceau de viande 
grillée sur des charbons: 

Unes grosses lèvres plus rouges d'une Mr- 
bounee. (Auc. et Nie, 24.) 

Et veult après la charbonnee 

Tout le lard. 

(MicHALLT, Dance aux aeeugl., p. 105.) 

S'il y a geline ou chappon, 

Char, poiz, sain, larl ou charbonnee 

J en fornyiay tant mon gippon 

Oue j'en pa«seray mon année. 

(KiAUASG, Vie de S. Did., p. 135.) 

Cf. Charbo.neb 2, II, 60". 

CH.4RBo:v>ER, Verbe. — N., faire du 
charbon : 

Bois pour charbonner. (1504, Lam. 5383, 
f 24 r°, B. N.) 

Pour ce qu'il luy semble que ceulx dudit 
Aulmont ne peullent charbonner oudit bois 
d'Aulmont. (Ib.) 

— A., rendre noir avec du charbon 
ou par la chaleur du feu : 

.\ la paele noireir et carbouner. 

(.\liscans, 3159 ) 
Car Volcanus si lais estoit, 
Et si charbonnes de sa forge. 
Par mains et par vis ot par gorge. 
Que por riens Venus ne l'amast. 

Cl. Chardoner, II, 67'. 

t:nARBo.v\Ei'.\,adj., qui a rapport au 
charbon ; rempli de clous, d'anthrax : 

Charbonneux. Coaly, full of coales, ail lo 
be collowed ; also, full of carbuncles, or 
plague sores. (Cotgr.) 

ciiARBo.\.\iER, S. m., celui qui t'ait 
ou vend du charbon: 



IG 



CHA 



Li paafriers puet prendre en la cliarele 
nu rhwhonnior un sac a ardoir en Glo- 
riele. (Est. Boileau, IJv. des mesl., 2' p., II, 
91.) 

Baillis li cherboneers. (iSOl, Cahiers de la 
taille, 1301-1318, P 1 v°, A. mun. Reims.) 

La compagnie de chevbeniers. (31 mars 
1400, Heg. aux amendes et aux bannissem., 
A. mun. Hinant, f° 162 v°.) 

— Adj., qui contient du charbon : 

Les fosses carbonnieres . (1403, Mém. et 
notes d'A. le Préi'ost p. serv. à l'/nst. dudép. 
de l'Eure, 11, 4j8^) 

— Charbonnière, f., celle qui vend 

du charbon : 

Dame Emrae le carlioimiere. {Pièce du iS 
novembre 131!i. ap. Raynaud, Dial. pic, p. 
36.) 

— S. f., mine de charbon : 

Faisons savoir que nous avons eswardet 
d'endroit les carbnnieres, que nus en car- 
boiiiere ki soit sor nos justices ne puet fouir 
Carbon ne traire sor tiere, de ceste fieste 
Saint Jehan Baptiste proisme ki vient jus- 
kes a le liesle Toussains proisme suivant 
après. (l'251. Règlement conrernant l'exploi- 
laliondes bouillieres, krch.Ae l'Etat à Mons, 
Quaregnon 15, Cart. de Hainaut, Chron. 
belges.) 

Cf. II, 67'. 

CHARBOT, V. ESCARBOT. 

CHABDERO>'>ETTE, S. f., femelle du 
chardonneret : 

Linotz, serins, carderonneltes. (1540, Lett. 
de Thomas Lestiboudoys, chapelain, Arch. 
ecclés. de la Seine-Inf., G 4843.) 

CHABDIIVAl'L, CIIARDOINAL, CHAR- 

l)OI^'lAL, v. Cardinal. 

CHARDON, s. m., plante à feuilles et 
à capitules épineux : 

Cardan. (1086, Doomesday Book,Ze'dschr. 
f. rom. Phil., VIII, 333.) 

Radulfus Charduns. (1153, Cari, de Uon- 
tiéramey, p. 67, Lalore.) 

Et si ne doivent Watiers, ne .lehans, de- 
vens les trois darrains ans, faire semer ne 
labourer en le tiere devant dite point de 
cardon. (.luin llôô, chirog.. C'est li escris 
Watier Mouton, A. Tournai.) 

Cherdons. {Gloss. lal.-fr., B. N. 1. 4120, f° 
124 V.) 

Chardon a foulon dont l'en atourne les 
dras... (Est. Bou-Eai', Liv. des mest., 1' p., 
H, 58.) 

Chnrdun de Nostre Dame ou argenlin, ou 
espine blanche. (E. Binet, Mero. de nat., 
p. 266.) 

CHARDO.N'AL, -0^'^'AL, V. CaRDINAL. 

CHAUDONXER. V. 8., faire ressortir le 
poil d'une étoffe avec des chardons : 

Ceste plante sert grandement, quant a la 
teste du chardon qu'elle produit, au.x drap- 
piers drappans, a chardonner leurs draps 



CH.4 

neufs, pour en faire la laine, et les parer. 
(LiEBAULT, p. 369.) 

ciiARDo>\ERET, S. m., petit oiseau 
chanteur de l'ordre de.s passereaux : 

Aloes, pinchons, cnrdonneriez. (Modus, f" 
126 r°.) 

Cf. Chardoneret, II, 68". 

ciiARDoivxETTE, S. f., articliaut sau- 
vage : 

Des chevreaux a la chardonnefe. 

(Cl. Marot, Epist., 44.) 

(Eufs de brochets, avec lesquels on fait 
les formages de caresme, que l'on appelle 
a la chardounette. (Liebault, 1. I, c. xiv.) 

Cf. Chardonette, II, 68''. 

CHARDOxxiERE, S. f . , terre préparée 
pour la culture du chardon : 

Se faut soigner estans les chardons levés 
déterre, de les sarcler curieusement, a ce 
qu'aucune herbe ne se fourre n\3.chardon- 
niere. (0. de Serr., VI, 29.) 

CHARETE, mod. charrette, s. f., voi- 
ture de transport, à deux roues et à deux 
limons, garnie de ridelles : 

En treis carretes les guiez el cliemio. 

(flo/., 297-2.) 

Les charetes servoient lores 
Donl li pilori servent ores. 
(CiinEST.. Checal. de la Charete, B. >'. 12360, !' 43'.) 

Correcte. 

{Gir. le Court, Vat. Cbr. 1301. f" 6^) 

Ce sui je qui ja n'i serai 

En la cliairi'fe desvee, 

De mal fu soit ele enbi'asee. 

{Ûurm. le Gnl., 9550.) 

Quant nous alonsen bataille, devant nous 
vont .x.xx. mile ki sont clerc et chevalier, 
et .c. mil siergans, sans les autres ceva- 
liers ki vont avoec les karaites, avoec les 
viandes, avoec les olifans. (Lettre de pres- 
Ire Jehan, ap. Jub., Ruteb., III, 367.) 

A char et a chaurete. (1275, Cari, de l'év. 
d'Autan, 2" p., LVII.) 

Chairefe. (1285, Ord. de l'ost. le Roy, A. N. 
JJ 57, f» 1 V.) 

Charrecte. {Chron. de S. Den., B. N. 2813, 
r 398 r".) 

En cars et en carectes. 

{Ciperis, B. N. 1637, f" 52 y».) 

Charrate. 
(]. DE rRioBAT, Lii>. de Yeijece, B. N. 1604, f» 53 .i».) 

Cherrate. 

(ID., ib., f" 53 y».) 

Les mors c'om aporloit es lis et en kare- 
tes. (Hist. de la terre s., ms. S. Om.,f»105''.) 

La fu la dure pierre achetée et taillie, 
El mi^e en des careitez. 

[Gaufre;/, 5247.) 

Cherraite. (1337, Coll. deLorr., III, f«44.) 

Cherrate. {Ib.) 

Cherecte. (1342, Cari, de Guise, f" 263 r«.) 

Toutesfois que on amaine a col, cheval, 
ou a quarele lanches pour vendre. (1391, 
Charte de Beauv., D. Gren., 312, n" 131.) 

Cherrette. (1397, A. N. MM 31, P 242 r°.) 



CHA 

Charrecte. (1398, For. de B/ois, Arch. KK 
298, f 3 t\) 

Karette. (1400, Denombr. du baill. de Caux, 
A. N. P 303, f° 44 r".) 

Biga, cherrette a deux chevaux. (Gloss. 
de Salins.) 

Mena a cnretle les biens meublez dessus 
déclares. (24 avril 1402, Ex. test. Pierre de 
Hornut, A. Tournai.) 

Cherecte. (1419, Denombr. du tjaill. d'E- 
vreux, A. N. P 308, f» 25 v».) 

Cherestes, cherues. (1420, Bailliage d'E- 
vreiix, A. N. P 294, reg. 1, pièce 4.) 

Que les roisins que on apportera a vendre 
en Tournay par yauwe, car, curette... (21 
août 1442, Reg. ordonn. des vins, 1386-1589, 
i" 42 r°,A. Tournai.) 

En ce temps estoil acoustumé que charete 
estoit si vil que nul n'estoit dedans que 
toutes les lois et tous honneurs n'eust per- 
dues. Et quant l'en voulloit a aucun tollir 
honneur si le faisoit l'en monter en une 
charete, car charete servoit en ce temps la 
de ce que pilloris servent orendroit, ne en 
chacune bonne ville n'enavoiten ce temps 
la qu'une. (Loneetot du inc,2°p.,ch. Lxxxv.) 

— Char : 

II veit de Gordian la royale charrette. 

(JoD., Œuv. mesl., t" 47 y".) 

— Mesure : 

Qui vent le carrete de froment et de tous 
ablais et de tous tramois,a un cheval, doit 
.1. d. de tonlieu ; a deuxchevaus ou a plus, 
doit .II. d. de tonlieu. (C/ia;'(e de Phil. d'Al- 
sace, ap. A. Thierry, Tiers Elut, I, 75.) 

Le sisisme lot d'une quareite. {.Jurés de 
S. Ouen, f 80 v», A. S.-Inf.) 

CHARETEE, mod. charretée, S. f., char- 
gement d'une charrette, d'un chariot : 

Caretedes. (1086, Doomesday Book, Zeit- 
schr. fur rom. Phil., VIII, 325.) 

De fer i ot plus d'une caretee. 

[.iliscam, 5103.) 

Plus i ot de .m. charretées. 
(Wage, Conception, Brit. Mus., AJd. 13606, f» 40".) 

Charretée. 

(Loti., B. N. 1622, (<• 289 r«.) 

Qu'il no remaindroit mie pour l'or d'une carfee. 
{.Maugis d'.Mgrem., ms. Alontp., f* 157*.) ' 

Quatre quarefees emplir 
Font de bos et mener as cans. 

(Beauman., A/aiieime, 1024.) 

Et leur Ost baillier deniers a charretées. 
(Ménestrel, g 90.) 

Une cartee de boz. (1255, B. N. 4663, f" 
101 r°.) 

Charrestee de foin. (1266, Franch. d'Or- 
gelet, B. N. Droz, .KXVl.) 

Une charretée de bûche. (1280, Fontevr., 
A. M.-et-L.) 

A .m. cous en abat plus d'une grant giiartee. 
(Gaufrey, 326.) 

Kartee. (1313, Trav. aux chat, des c'" 
d'Art., A. N. KK 393, t» 49.) 

Quatre quarretees de bois. (1317, A. N. J.l 
56, f\1 r°.) 

Une chiretee de bon foin. (1336, Cart. de 
S. El. de Vignory, p. 104.) 



CHA 

Carettee. (Coût, de Dieppe, T 30 v°, A. S.- 
Inf.) 

On dit, et il est vérité, 
Que charretée se boit toute. 
Au feu l'yver, au bois l'esté. 

iViLLOs, Gr. Tnstam., 1685.) 

— Fig. et populairement : 

A bon entendeur il ne faut une c/iartee 
(le pai'oUes. (TornsEB., /es Contens, I, 8.) 

Cf. II, 69\ 

ciiARETiER, mod. Charretier, s. m., 
celui qui conduit une cljarrette : 

Ore apreste ses armes et chais e dtareiters. 
Fait charger ses chameil.î, olifanz bateiilers, 
Kar en est (en) volt aler venger ses desirers. 
(Tn. DE Kest, P. Meyer, Alex., p. 219, T. 585.) 

Ne le mengassent trois vilain careiier. 

(Raimb., Ofiier, 9649.) 

Le charetîers. 
(Don Chei'al. a laclimvte. B. H. 1^560, !' 44^) 

Li charretiers. (122G, Cens.Parad. dePru- 
vin, f° 7", A. Aube.) 

Cherretier. (1272, Cart. Prov., 1° 5'.) 

Charralier. {L.\urent, Somme, ms. Char- 
Ires, P 46 r».) 

Chairetier. (128.5, Orden. de l'nsl. le roy, 
A. .\. JJ57, r 1 \°.) 

Caret ir. Jurés de S. Ouen. f° 99 r". A: S.- 
Inf.) 

Stephanus le cureslier. (1347, Terrier du 
Plessis, A. Eure.) ' 

Tenoienl grans Ions leviers et gros de ! 
kesne qu'il avoient pris en le maison d'un 
larlier et donnoient les horions si grans 
que nuls ne les osoit approcier. (Prois.s., 
Chron., II, 120, Kerv.) 

A danger emprunter argent, 
A maignans leurs poisles mener 
Et a charretiers desjeuner. 
Et de jeuaer la quarantaine. 

(JWs. altrib. à Villon, 157.) 

Charrettier. (14G4, L.4G.4DEUC, Catholicon.) 

Cf. il, 69^ 

r.u.%RETiL, rnod. chartll, s. m., corps 
d'une charrette, charrette allongée pour 
le transpoi't de.s gerbes, des foins, etc. ; 
remise pour les charrettes et les outils 
de labourage : 

Fonrclies, fleaus, restiaus, fauchez, ne 
iloivenl riens de lonlieu, ne cUaretil, ne 
rhevron dolé. (Est. Boileai:, l.iv.des mest., 
2'= p., XVII, 0.) 

Si me jelcnt el caretil. 

(Jten.,\]V, 575.) 

Et fil li'dit bois tout coupé... et y avoil 
rhurlis. chevrons, et bûche de moule. (1312, 
A. .N. S 2'J(i, pièce 6.) 

Si devons avoir tous les caretis, carues, 
herches.(I393,De«on!4c.f/« t>,iill. de Huueu, 
A. X. P 307, f° 5i> v°.) 

Œuvreur en clwriill. (I ilii, L.^uAUiac, Ca- 
tholicon, Ouimper.) 

Essculx a charctle et churetiex en aoust. 
(Coût, de Vernon, .WIII. Arch. Eure.) 

Cartil. sans roue, 1 j sous. ( l.'itiO. A. Seine- 
Infér., G 4027.) 



CH,\ 

Que le paysan recueille, emplissant a milliers 
Greniers, granges, cliartis. et caves et celiers. 

(ilEGMBR, Sut., XIV.) 

Chareti. (JIonet, Nicot.) 

CH.vRETOAi, mod. charrcton, charton, 
s. m., charretier : 

Que je trovai un careton 
Qui en meine une caretce. 

[Itm., Br. XIV, 544.) 

La roine le voit venir. 
Son careton fait coi tenir, 
Blonde fist avec li entrer. 

(Beauu., Jeh. et Blonde, 57)1.) 

Veredus, clioreton. {Pet. Vorah. lat.-franç. 
du xiu" s.. Chassant.) 

Et Isengrins prent ses sacs enlre lui et 
son charrelon, et les emplissoit dou frou- 
meut. (Ménestrel, g 414.) 

Johannet dit cherretun. (1264, Acey, 
xxxviii, 6, A. Jura.) 

Frais de .xii. caretes, des kevaus el des 
carelons. (1297, A. iN. KK 394, f 1.) 

ijuadrigarius, charrelon. (G/oss. lat.-fr., 
ms. Jlunlp. II MO, f 216 r°.) 

Ilastivelez chniretons estoit 
I El fenclie estoit li escuiers. 

i [Anti ClaudKiniis. B. N. 1634, t« 41 v».) 

Jehannin clierreton. (1335, Compte de 
Odarl de Laiytiy, A. N. KK 3% f° 253 v".) 

Pour le cherelon une journée,. vi. s. (1356, 
Arcli. adinin. de Reims, III, 76.) 

A Martin chereton, pour .ir. journées, .xii. 
s. (Ib.) 

Le cherreton qui amoinroit la cherratte 
(1360, Cart.de Metz, Bibl. Metz 751, f°23 v°.) 

Ces carrelons et leurs cars s'en vindrent 
tous charians vers Audenarde. (Froiss., 
Chron., II, U. N. 2644, (° 305 v°.) Plus haut: 
careton. 

Auriga, carton. (Gloss. de Douai.) 

Que viniers ne meskine de vinier, ne 
marcheans, ne karetons, ne autres ne soit 
a .XX. pies pries dou vregeur quant il verge 
les vins. (1343-1451, Her/. de la vinnerie, 
drapperie, t" 3 r°, A. Tournai.) 

L'an mil .coco, et treize, que il ne soit 
cartons, estapliers, neaullrepersonne quel- 
conques, qui maine, ne fasse entrer, par 
cars, caretes, esclan,... aucuns vins. (26 
sept. 1413, Reg. ord. des vins, 1380-1589, f 
11 v°, A. Tournai.) 

Por despens dou charroton et de .ii. au- 
tres compagnyon qui fuiront quérir lo pes- 
son. (1416, A.Fribourg, Cw/nute(^es trésors, 
n° 31.) 

Bien .xi.". hommes de bonne estotfe, sans 
les chartons. {Trahis, de France, p. 93.) 

Qu'ils ne puissent faire que mouffles a 
boqucillons, a carions. (17 déc. 1464, ap. A. 
Thierry, Tiers Etat, II, 286.) 

Le peu de seing 
De son carton, qui pour lors estoit loing 
Du bon Troyen, avecques sa monture. 

(Salel, //., XI.) 



CHA 



47 



CIIAREVARI, V. ClIARlVARI. 

CAi\T, V. Carcan. 



CIIAR- 



ciiARdE, S. f., ce dont on est chargé, 
ce qu'on porte : 



Uns vilains i ait charye. 

{ Vny. de C.httrl. à Jeras., 605.) 

.Son dos de cherf/e destourna. 
Sa mains ou cofin labora. 

{Lib. Psalm., LXXX, p. 316.) 

Carge. sarcina, sarge. [Gloss. lat.-fr., lî. 
>'. I. 7679, f'2il v°.) 

Une ker'te. (Vers 1268, Arch. prov. de 
Gand, Rupelm., n" il8.) 

Le kerice d'alun. (Bans aux écheuins, 00, 
f" 26 r°, A. mun. Douai.) 

Quant par le commandement de Diu ils 
seront dclivret de la mcc/ie de cesle char. 
{Curtul. de t'.ni^e, B. .\. l. 17777, f" 27.) 

De la ,jiienjiie Je bli-, qui raziere est nonchie. 
{/land. de Seli., VU, 331.) 

Et eux venus a l'ouvraige, qu'il voiront 
entasnier le première quierque de bled. (li 
mai 1415, Reg. aux public, 1408-1423, A. 
Tournai.) 

- Fig. : 

Don relraire seroit grant charche. 
(i;. DE CoiNCl, .Mir., OIS. Drux., f" 75':.) 

Gascons d'iaus qui commis y sera a l'or- 
donnance et quierque de justice. (Lie. noir 
Arch. Valenc. 535, p. 28 et 29.) 

Por coi as tu mis seur mol la charche de 
tout cest pueple 1 (Bible, B. N. 899, f° 59'.) 

Et par lele kierke et tele condition, je l'ai 
rechiut et rechoi. (1287, Mart., Anecd., I, 
1-19.) 

Pour le grant Menues de debtes que nous 
devions dont nous estiemes forment con- 
traint. (1290, Cart. de Ponlhieu, li. X. 1 
10112, f» 308 !■".) 

Elle a grani kerkeàe .\prispin sen baron, 
car il est tousjours yvres. {Dialog. fr.-flam., 

J'.iy la qiierche, je m'embesongne 
Ceens de toute la besongne. 
JElusT. Descii., Mirouer de mariage, p. 227, Crapelet.) 

Vous me requérez de grant charge. 
Sire. 

{Mir. de A'. D.,ll, 342.) 

J'ay aussy de someil grant harge 
Qu'un bien pou dormir me convient. 
{Resurr. Xostre Seigy^eur, ap. Jub., ilyst., II, 332.) 

Ne devions un si faulz, dosloial, cruel et 
félon traistre laissier sur lerre plus lon- 
guement vivre, que ce ne fut a noire trcs 
grant rarclie. (P. GocH., Chron., c. 16.) 

— Fonction : 

Quant le roy eut ouy la substance de la 
charge de cest ambassadeur, il le feit ve- 
nir en sa présence. (Co.mii., V, 2.) 

Depuis peu de jours J'ay donné la charge 
de mes linances a des gens de bien. (25 
nov. 15<Ji, Lell. miss, de Henri /!', t. IV, n 
254.) ' ' 

• — Condition : 

.Xous Guillaiimes, cuens de Ilavnnaii, 
nous avons veiulul, quittet et clamel" quitte 
bien et loyalment, parmi juste prisel loyal 
a nos cappelaiu mons' Adan lliirel de De- 
namy, a tenir a tousjours perpetueleinent, 
cenllivrees de terreau tournois, pour tour- 
ner, convertir, aiismoner a Sainte Eglise, 
et fonder en tel beneli<:e u en tels et a tel 
kerke çou lui plaira. (1323. T cart. du liai- 
Haut, pièce 212, f° 127, A. Xord.) 



48 



CHA 



A la sarge de le faire refaire [le moulinl 
tout de neuf. (Uo3, Bailliage d'Evre,,.,; A. 
N. P 294, reg. 4.) 

— Accusation : 

Geste délivrance fiist bien eslrange; et 
ne lediz pas pour excuser les faultes dud.t 
conneslab'le n"^ pour '^onnerf'.rrge^voy 
et audit duc. (Comm., M^im., IV, U, LHame 
lauze.) 

Et a (Kiintilien tut donné la rharçie des 
excez et audace de ces disciples. (L-rtoet, 
Div. leç., I, VI.) 

_ Attaque impétueuse; soimer la 
charr/e. donner le signal de l'attaciue, en 
parlant des tambours ou des trompettes : 

En allant et venant, faisoient courses et 
carges jusques aux portes du prieure. (Ua- 
ton', Méin., an 1576.) 

Sonner la charche. (1651, Lett. cVArist. à 
Nie.) Plus bas : chair/e. , 



CHA 

Deceslui coup ne sentit que le vharge.- 
menl. (Kau., G(irg., ch. xxxv.) 



— Imposition, redevance 



VI. bonnier... franch de toute herke. 
(luill f.i-26. Cil. lie Jehane, c "^ de HaiM., 
Chàri. des comtes de llain., Arch. de l'btat 
à Mous.) 

Doit en c-che de.lieu ia. s. de ■•eme- 
(Terrier de la poterie Mathieu, f -S i , A. 
Eure.) 

Ouant a payer les dettes elles carches de 
ledilte ville, luit seront yguel et compai- 
gnon. (Oct. lïll.Ord., M, 424.) 

Totes autres charches, debtes, obliga- 
cions. (1315, A. S.-et-O., A 1334.) 

Some de toute cesle «^/erie ■^''^'<-^'"- ^i 
.XVII. s. et .X. den. (1319, A. K. JJ M, f° 3o 
.■■>.) 

Pour les grans querkes des débites el de 
rente a vie que nous devons. (13//, A. l\. 
JJ 64, f 285 r°.) 

Lesquelles coses devant dites vendues... 
sera tenus a délivrer, descarquier et des- 
pesquier du tout a ses propres^ '^°"|:X 
toutes carques, debtes... (1331, Cari. Esdr. 
de Corb., B. N. 11760, P 173 V.) 

Tailles, servilutes et autres carques et 
redevances. (1344, A. N. JJ 75, P l'I '' •) 

Affln que de telles cherges et doinmaiges 
soient gardées. (15 mars 1384, Cart. de 
Flines, DCLX, p. 675.) 

Charches et contributions. (Bers.jT. Liv., 
ms. Sle-Gen., P 1'.) 

A le quierque des rentes et cens que le 
dille maison et hirelage doit. (20 sept. 
139i Escrint demiselle Cateruie de Hanse- 
beque, chirog., S. Brice, A. Tournai.) 

— Au plur., fruits dont la terre est 
chargée : 



Advestures de bleds, avoines el autres 
grains en terre sur lief, alloels el terres 
cotlieres que l'on dit main fermes, n'ayans 
pieds coupé, seront tenus pour héritages 
comme de mesme les querques et adves- 
tures d'héritages baillez a cens. {Chart de 
Hain., C.X.XII, u, Nouv. Coût, gen., II, 13/ .) 

cii/iRGEME>'T, s, m., charge d'une 
voiture, cargaison d'un bâtiment ; ac- 
tion de charger en général : 



Cf. II, 70'. 

ciiABGEOiR, S. m., ce qui sert à cliar- 
ger : sorte de cuiller avec laquelle on 
mettait la poudre au fond d'une bouche 
à feu pour la charger : 

Pour .i.quierquoir de bos servanta quier- 
quier le mortier du dessus dit ouvrage. 
(1409, Compte de receples et mises extraor- 
dinaires, A. Tournai.) 

Audit Guerarl Mallct, pour deux ilouzai- 
nes de quierquoirs de poure de canon a luy 
achetées pour la provision et garnison de 
la ville, par marchiè a luy fait. .x. s. (18 
aoiit-18 novembre 1424, Compte d'ouvrages, 
10° Somme de mises, ib.) 

A Maistre Jaques du Pont, maistre car- 
pentier de ladicle ville... Item [pour] avoir 
fait deux quierquoirs pour assir le bacquet 
ou ogoel a porter le mortier ausdis ouvriers 
et mâchons. (1445, Coiripte des fortifie, \1 
Somme des mises, ib.) 

CHARGEOR, mod. chargeur, s. m., 
manœuvre qui charge les marchandises 
sur une voiture, sur un bateau ; manœu- 
vre dont l'emploi consiste à charger les 
autres ouvriers : 

Chargeeur. (1332, Compte d'Odnrt de I.ai- 
gny, a! N. KK 3% P 105 v°.J 

Mnnouvriersdebras,fossieurs,ca)-,(?ue/()-.';, 
jeltours et hostiers. (1365, ap. A. Thierry, 
Tiers Etat, IV, 160.) 

oiiiconques sera carcheur, il ne porra 
pei'ire pourson droit decarchierune grosse 
Ueue sur une chari-elle. que .vin. d. par. 
(1377, Ordonn. de la cille de fi?)ms, Arch. 
admin. de Keims, III, 493.) 

Tous pvonniers et querkeurs, pour clias- 
cun .x\. journées el demie, par eulx des- 
servies, tant a ladicte pyonnene comme a 
quierquier les hotleurs. (1491, Compte des 
fortifie, l" Somme de mises, A. Tournai.) 

AlardAuBourg, Francliois de Coquereau- 
mont. etc., aussy pyonniers et querqueurs. 
pour, chescun, .XV. journées qu'ilzonl des- 
servies audictes œvres. {Ib.) 

Plusieurs compaignons d'icelle artillerie, 
comme cannoniers, chargeurs, charretiers, 
aydes. (A. de la Viune, Vergier d'honneur.) 

Premiers, l'olTice d'estre l'un des six 
guerqueurs el desquerqueurs, el avalleurs 
de vin, en ladicle ville. (20 déc. 1516, fieg. 
aux public, 1512-1519, A. Tournai.) 

Cf. II, 71». 

CHARGEUBE, S. f., ce qui charge ; 
pièce d'armoirie qui en charge une 
autre : 



CHA 

Chascuns sages mena sommier, 
Si les carchierent do richece, 
Car mener volrent giant nobleche. 
(SeptSag-, B. >i. 1553, f" 342i'.) 
Et puis sur .1. bahut l'ont fait mettre et quergier. 
(Hist. lie fier, de Blai'., Ars. 3144, f» 1S7 r».) 

Les escrins carcfnt as somiers. 
Et rices cofres, rices maies. 
(Bek. de Beaujeu, te Beau Desconneu, 3811.) 
Sarcino, sargier. {Gloss. lat.-fr., B. N. 1. 
7679, P 241 v°.) 

Puis le roy le fisl cherger et emmener en 
l'abbave dessusdicle, ou il fut l'espace de 
vingt quatre ans. (J. Molinet, Chron., ch. 
ccxc.) 

— Garnir d'une quantité déterminée 
devant servir à quelque usage : 

D'avoir et de riqueches le vaissel bien querqna. 
{B. de Seb.. II, 430.) 

Une fourche de fer a cherchier gerbes. 
(1355, lieq. du chap. de S. J. de Jérus., A. N. 
MM 28, f° 16 V.) 

Qu'il ne soit personne quelconques, qui 
misy quierquier, ne (a\re quierquier, pont 
mener hors de la ville fil de querouene, 
tille cordes, ne aultres quelconques den- 
rées', appartenant audit mestier. (17 août 
1434, Reg. de la vinnerie, drapperie, 13éo- 
1451, P 173 r°, A. Tournai.) 

V Anthonne Léger, fevre de ladicle ville, 
pour avoir fait et livré a ladicle ville .xii. 
grandes pelés de fer pour employer a faire 
Il querquier ledit mortier. il491, CompLe 
des fortifie, 6" Somme des mises, A. Tour- 
nai.) 

Les fiens querquier en la quarete. (1576, 
Terr'ier de la poterie Matthieu, P 25 v°, A, 
Eure.) 



Il en porloit les armoiries eu faiilx escu 
ou rhargeure sur les siennes. (Carloix, III, 

2.) 

Cf. II, 7r. 

ciiAUGiER, mod. charger, verbe. — 
A., mettre une charge sur, dans : 

Li peros prist la laigne, a son fil le cierl-a. 

(Hebu*s, Bible. B. N. 1444, C 9 V.) 



— Fig. : 

A venir doiz un poy targier 
Pour sa pensée mieï chargier. 

[Clef d'amours, 3215.) 

— Donner : 

El auï filles convient en mariage 
Terre et argent et grant meuble chargier. 
(Ecsi. Desch., V, 260.) 

— Confier : 

Vos et madame la reine au cler vis 
Aves vers moi molt durement mespris 
Quant a Ri. fil au vil.iin Hervi 
Charjastes gent por no terre bonir. 

[Loh., ras. Montp., f" lOî',) 

Je vous nuerque lez armez a porter proprement. 

(H. Capet, 3277.) 

Si vous ne m'eussies vostre ensaingne guerkie. 

{Ib., 4084.) 
A le nave le fisl aler 
Li rois, el li l-ierke a garder 
Avocc les autres marouniers. 

[Renart le nouvel, 6409.) 

Henri, li conreres, de Lille, a .i. an, pour 
chou que il mist en wage piaus c'on li 
amit kierkies a conrcr. (24 avril 1313, Reg. 
de laloy, 1313-1325, A. Tournai.) 



— Commander, prescrire : 



Tout ce pais m'en vois cerchier 
Et a louz ses hommes chargier 
Autel conme je vous ay dit. 

{Mir. de N. D.. I, 3t0.) 

Si vous conmans a li chargier 
Pénitence. 

{Ib., n, 258,) 



CHA 

Quant vit vostre dcvocion 
Et vostre grant conlriccion, 
M'amonnesta que vous charjasse 
Qu'estre muet vous commandasse. 

(76., VI, 75.) 

— Fig. : 

Sa viande a ses piez démarche, 

Por l'ardor qui ses cuers li charc7ie, 

Et vet par sa cage traçant. 

[/lose, I4I5T.) 

— Accuser : 

Gerins ! bias fis I dit Guille de Monclin, 
Mar vous cJiarJa Garin le Loherain. 

{Girbert.) 

Amis Bertrans. vostre sens n'est pas grans, 
Ou on vos rt espoir en vain chargiez 
Ke tout prendres a gré com peneans. 

(Cosos DE Bethcne. Trûuv. betg., p. 7.) 

(ilouton, mar !a carchaslez^ foi que doi Terva- 

[gant. 
Que vous le comperrez asses prorhaineraenl ! 
(Gaufrey, 6721.) 

— Soumettre à une charge, à une 
obligation : 

Et li kierkn ses confieseres en penitanche 
li'il rendis! ia tiere k'il lenoit sans raison, 
ail chevalier et a sa femme. (Dou roi Flore 
et rie la Bielle Jehane, Souv. fr. du xm' s., 
p. 127.) 

Et que il kerkechent de cest fais les dictes 
capeleries.(1320,Car/.d'^n-as,B.N. 1.17737, 
P 130 v°.) 

Lequel fief je veut et acorde qu"il soit 
carquies a paier annuelment la dicte renie 
et li baille par especial about et en grei- 
gneur sceurté j'ay prié et recquis mon dit 
seigneur de Moureul qu'il se veuUe acor- 
der et assenlir au dit aboul que j'ay fait 
de le dicte rente seur te dit fief. (1350, Pa- 
raclet, A. Somme.) 

Ledit sire Mcaise a promis que ledit ma- 
riage fait et parfait, ilz. ne personne, pour 
iuy, ne poet ne pora vendre, oblegier, ne 
qiiierquier, empaichier, ne enwagier par 
voye, nulle rentes, cens, nehiretages quel- 
conques, soient viagiers ou hiretables, que 
ledicle demisielle Catherine aporteroit a 
mariage avoecq Iuy. (23 déc. 1407, Escript 
r/ou traittié dou mariage, chir., S. Brice, A. 
Tournai.) 

— Réfl., mettre sur soi : 

Si se charche d'espires chieres, 
Boenes et de plusors manières. 

(Guillaume, le Bestiaire divin, 733.) 

— Charpie, p. passé, qui porte une 
charge, qui porte qqch., en général : 

D'or et d'argent .un. c. muls cargiez. 

{/lol.,3î.) 
Quatre cenz mulz cargies de l'or d'Arabe. 
(/*., 185.) 
Jusqu'à la gole de dcsus 
Li dépendent li chargié raim. 

{Enean, 2748.) 

Il alerent a la chartrc et en traisent le 
conte cargié de barbe velue. (Islore d'Outre 
Mer, Noiiv. fr. du xui" s., p. 200.) 

Les herbes furent charchiees de semence 
et les arbres de pommes. (Gui.vrt, Bible, 
Gen., IV, ms. Ste-Gen.) 

Les herbes furent r/uerquie^ de semenches 
et les arbres de pûmes. (Ilib. hist., .Maz. 
.312, P 2'.) 



CHA 

Pour le despoule qui yssi de quatre ra- 
sieres de tiere quterchies et advesties de 
soucourjon. (1369, Compte de l'hospital des 
Wez, A. mun. Douai.) 

.i.x. miiis et demi de terre kierkiet de blé. 
I (1385. Req. du rhap. de S. J. de Jérus., A. 
I N. MM 28, f 101 v°.) 



CHA 



49 



jj 



Chargée et ençainte d'enfant. (1425, A. K. 
173, pièce 232.) 



— Soumis à une obligation, aune re- 
I devance : 

Li fief ki en ces dis lius sunt et demeu- 
rent a mon chier signeur et père devant 
dis et alleurs ne sunt plus (lue devant de 
rien kirkiet envers aucun ne asservi. (1287, 
ap. Mart., Tliex.. I, 1229.) 

Une maison en la grant rue deçà la porte 
S. Denis... charchiee par an en 42 liv. 15 sols 
paris. (1319, Arch. hospit. de Paris, II, 52.) 

Chine muis de blé dont toute leur dite 
terre de Mannens estoit carquie. iCart. noir 
de Cor6.,B. >'. 1. 177.58, f° 105 r°.) 

— Sur qui pèse une charge morale: 

Jehan Dubos chargié et accusé du vil et 
dampnable pechié de sodomie. :;16 mars 
1460, Reg. journ. des prérôts et jurés, série 
A, A. Tournai.) 

Cf. II, 71'. 

CH.4RIAGE et cn.\RoiAGE, mod. char- 
riage, s. m., action de transporter sur 
un chariot, sur une ciTarrette : charroi, 
prix du charriage : 

Pour kariage. (1324, A. .\. KK 393, {•> 2 
r».) 

Pour le cariage de mener Hanette de 
Flandres a Totirnay. (1344, Tut. des enfants 
de Willaiime !\'eppe, X. Tournai.) i 

Services de caringes a mesdits mouUins. 
(1407, Dénombr. du baill. de Conslentin, A. 
N. P 304, f° 99 V.) 

Le chariaige du nierricn. {Ih., f° 101 v".) 

Querre de loing finance et queriage. | 
(EusT. Desch., V, 180.) 1 

Chareage. (1434, Dénombr. du baill. d'E- 
vreux, A. .\. P 308, f» 41 v".) , 

Passèrent ceste petite rivière pour venir 
assaillir nostre charriage qui estoit trop ' 
grand. (Com.m., VIII, 5.) 

Cariaigei\& vins. yl507, Cout.loc. du baill. 
d'Amiens, \, 307.) 

Le c/iarroiage du sang de la haie de Mar- 
i-hault. (lOoct. 1523. Reg. des délibér. de 
l'hôtel de ville d'Autun, ms. Troyes 711.) 

— Fig., charge, embarras : 

Mais il sourvint ung aultre quartage, 
Qnar la fillette eut souhdain tin enfant. 

{Faifeu, XLIT, Jouaust.) 

Cf. II, 71«. 

CHARiER et ciiARoiEK, mod. cliarrier 
et charroyer, verbe. — A., transporter 

sur un chariot : 

Cinquante carre qu'en ferai carrier. 

(.Sol., 33.) 

.V la charrete s'ont prins a charroier. 

(Amis (■/ Amiles, 2621.) 



Ke nus maint ne knrie autre blei avoec 
dime. n270, Req. aux bans, A. S. Orner A B 
XVIII, 16, n" 2-25.) 

Pour recevire et charier le degout des 
aeyves. (xiu's., Chap. de Renn., S. Mel.-le- 
Pet., A. Ille-et-V.) 

Kalles a avec li maint couart chevalier, 
Tost les fera Grifon vostre frère baillier. 
Et nous n'en avon cure d'avec nous quaroier. 
(Gaufrey. 5295.) 

E remuèrent de ileque quanqu'il pur- 
reynt trover a vendre, e les firent porter e 
carier. (Foulq. Fitz Warin, Nouv. fr. du 

\i\' s., p. uo.;» 

Quant sus .i. litière il se fist charoier. 

(B. de Se!,., IX, 420.) 

Pour charroier les gerbes. (Compt. de 
l'Hôt.-D. d'Orl., 1392-1400, f 8 v°.) 

Fener, cliereer et tasser lefein dudit prev. 
(1394, Dénombr. du baill. de Conslentin, À. 
N. P 304, f 16 v°.) Plus bas : ckerier. 

Pour avoir cariet une caree de perches. 
(1459, Tul. des enfants de ['.de Crespelaines, 
A. Tournai.) 



Doon apele : Fai ma genl establir 
Et mon charroi cliarroier et venir. 

{Lo/t., ms. Moolp., f» 31'.) 

On trova l'aighe si durement engielee ke 
on pooit bien cariier sus. (He.vri de \.\l.. 
S 566.) 

La ou autre iront ou quarieront. (1283, 
Moreau 206, f 175 r°, B. N.) 

Si avant chiens baniaus de karaitepuist 
tourner, et le voie selonc le fosset pour 
karyer. (Janv. 1305, C'est Jnkemon Tiehegot, 
et Pieron le Vignon, chir., S. Brice, A. Tour- 
nai.) 

Karette pora tourner et karyer sans mal 
engien. (18 fév. 1351, Escript de le ntni- 
tuerie Jehan Makait, chir., ib.) 

Il lisent les chars chariier par devers le 
cité. (Froiss., Chrnn., II, 111.) 

Charreer, carruo. (4464, L.vg.^deuc, Catho- 
licon.) 

— Fig., agir, se conduire : 

Tant ala et tant charia 
Qu'en la parfin se maria. 
(J. Le Fetbe, Matheolus, 1. Il, v. 127.) 

Il doibt diversement charier. (C.Mansio.n, 
Bibl. des poèt. de métam., prol.) 

Il estoit maistre avec lequel il falloit 
charrier droict. (Comm., Mém.,M, 6.) 

Nécessité en chascun aage 
Fait les hommes charrier droit. 
(R. CAGUn, Passe temps d'oysivelé, Poés. fr. des x\' 
et ivr s., I. VII, p. 279.) 

Nos âmes (de Montaigne et de La Boétie) 
ont charrié si unienient ensemble. (.Mo.\T.. 
liv. I, ch. XXVII.) 

— A., t. de chasse : 

Charrier un perdreau, c'est a dire le sui- 
vre droit, et le pourchasser. (E. Bixet, 
Merv. de nat., p. 48.) 

— N., en terme de fauconnerie : 

Les faucons sont parfois si chauds au 
paistre qu'il n'y a moyen de leur donnera 
manger sur un tiroir: soit pour se trop 



T. IX. 



50 



CHA 



hérisser et coiivrii-, en sorte qu'ils se plu- 
ment devant, on bien ils se penilenla tous 
coups du iioiiig en Ijiis, vuuianL charrier 
pour s'aller paistre en terre a leur plaisir. 
^Desparhon, Fauconn., III, 9.) 

— Chnriirnt, \y,u-t. prés., qui charrie : 

Ou meneur puet entrer .i. grans r.irs carhins. 
{Fwrabras,^\M.) 
Cf. II, 72". 

ciiARiEKE, raod. cliarrière, s. f., voie 
par laquelle peut passer un cliar, une 
charrette : 

Et passera une cJiarriere 
Ki est desoz une sapcie. 

(Eneas, C932.) 

Lesse de chariere. (Liv. de Joxt., 112.) 

Comme le puis lequel Jordain Saunier a 
fait clourre en la charrere de la Ferran- 
diere est du common. (1388, Cart. inun. de 
Lijon, p. 201.) 

Cf. II, 72\ 

CHARIOT, S. m., sorte de voiture à 
quatre roues et à ridelle, propre à por- 
ter diverses choses ; qqf., syn. de char : 

Parmi le bois s'en vont querant leur avantage, 
Le vitaille et les blés, les biens et le fourage 
Mcnoient quariot et li mul de Cartage. 

[Bastart de BuiUoii, b834.) 

Li charrioz le roy. (1285, Ord. de l'hosl. 
/çro)/,Fontanieu, 47-48.) 

Et metront leurs robes ou chariot, llb.) 

Cheriol. (Reg. des mest., p. 313.) 

Sur les carlos. 
(JUlllART, C"" d'Anjou, B. N. 765, f 39 i».) 

Un cariot pour amener les laignes. (23 
janv. 1442, chirogr., A. Tournai.) 

Une sarpantine de fondue garnie de deux 
chambres assise sur un charriai a deux 
routres ferrées. (I470,ap. Garnier, Artillerie 
de Dijon.) 

Les cheriotz des otlices. (H. Balde, Eloge 
de Chart. Vil, c. i.) 

On refait le cariot a mettre le feu tant en 
chapitre comme en cœur en temps d'yver. 
(1517, Compte de S. Amé, A. mun. Douai.) 

Cheriols branslans. (li. Est., Thés., Pen- 
silis.) 

Cf. II, 73'. 

CHARITABLE, adj., qui montre de la 
charité envers le prochain ; qui aime à 
faire l'aumône : 

Ge ne sui si charUaJjtes. 

(Chhest., Charrette, Vat. Clir. 17i3, l' li".) 

Quant pasteur ne sont carîtahte. 

[tiENCLUs, Caritê, cxxvii, 4.) 

Cuer large et cheritaible. 

[Rose, Vat. Clir. 1S53, f 47^) 

Il est mouMclieritables. (Laure.nt, Somme. 
ms. Chartres 371, f° 42 r°.) 

Humle, bone, lolal. piteuse. 
Et avoec estoil haritavîe. 

[De Sainte Ysabel, B. N. 1862.) 

Si karilaole ke elle paisoit et reviestoit 
les povres. (Flore et la Bielle Jehane, Nouv. 
fr. du wif s., p. 86.) 



CHA 

Juge vendant lu grâce charitable. 

(EUST. Descu., V, 169.) 

Faisons toute euvrc charitable. 

(ID., V, 397.) 

Et par amour charictable 
Et chcrité amiable. 

(A. CilART., Hsper., H. N. t549.) 

Cf. Il, 73". 

CHARITABLEMENT, adv., d'unc ma- 
nière charitable : 

Donner charitablement. 

[Bom. du moire, Ars. 3331. f" 8*^.) 

Chnrilaublement. (L'abb. de demi., Ars. 
31G7, t° 50 v°.) 

CHARITÉ, s. f. , amour compatissant 
pour le ])rochain : 

Li vesti on la cliesure, (|ui doit estre de 
pourpre vermeille, (|ui senelie ckaritei. (Mé- 
nestrel, S 181.) 

Pité qui fait les frans cuers esmouvoir 
A charité et a miséricorde. 

(I:usT. Descu.. VI, 1 15.) 

— Action charitable : 

Ou sont déjà vos charités et grâces ? 

(G. d'.\urigny. Tut. d'iim.. M.) 

— Cliarilc d'aitmosiie, ou absoL, cha- 
rité, repas des voyageurs et des pauvres : 

Puis li preia asez, quff un petit mangast, 
Preist la charité, un petit se dinast. 

(W ACE, Ilou, 2" p., 1744.) 

Comme les bonnes gens et habitans de 
la parroisse de Courcelles, en nostre conté 
de Faloise, eussent establi..., en l'honneur 
de Dieu et de N'ostre Dame, une chanté 
d'aiimoine a donner aux povres repairant 
en l'église de la dite paroisse, au jour de 
r.\scension N. S., un denier tournois, (xv' 
s., A. Manche.) 

— Par sainte charilr, forme de ser- 
ment : 

Signor. dit il, envers moi entendez. 
Savez por coi je vous ai ci mandez i* 
Nenil, font il, ^«r .sainte charité. 

(Loli., Ars. 3143, f» 19^) 

— Iron., traîtrise: 

Ayant grand sujet de penser que ce fust 
quelque partie jouée de quelque ennemy 
de cour, pour luy donner quelque venue, 
ou de mort, ou de citarilé envers le roy. 
(Brant., Dames, I,\, 2U.) 

— Jouer un tour de citarilé, iron. : 

Et en allant s'advisa de jouer un tour de 
charité a son homme. (B. Desper., Nouv. 
recréai., f° 45 r°.) 

Cf. II, 73«. 

CHARIVARI, S. m., bruit discordant 
de chaudrons, casseroles, sifflets, etc., 
qu'on vient faire sous les fenêtres d'une 
personne pour la huer; bruit tumul- 
tueux : 

Onques tel chalivall 
Ne fu fait. 

{Fauvel,^. N. 146, f» 34».) 



CHA 

Point de benciçoa n'y a 
Es noces de leur .assemblée. 
Qui souvent se fait a emblée 
Par doute de charivari. 
(J. Le I'evre, Lanv'nt. de Math., I, 532, Van Haniffl. 

(juant la lune failloit, les femmes et les 
enfans couroient parmi la ville a bacins et 
a sonnettes, faisans grans sons, si comme 
l'en fait orendroil aus chalivalis. (Bers., T. 
Lin., ms. Ste-Cen., f° I''.) 

Et prennoit faulx visaiges et reeitoient 
personnaiges de choses vilaines et deshon- 
nestes, et faisoient rechignemens et laides 
contenances si comme l'on seult faire en 
chelivaliz. (Oresme, Polit., 2° p., f" 90''.) 

Et un chascun me fait charivari. 

(EusT. Desch., V, 79.) 

Pour occasion de la somme de douze 
solz pardonnee par un chalivcdi en la ville 
de Ver. (1380, A. M. .IJ 118, pièce 16*; Duc, 
Chalvaricum.) 

Par esbatement ont fait le charevari par 
la manière qu'il est accoustumé. (1381, 
Grands jours de Troyes, A. N. X»" 9183, P 
lo r".) 

Certaine ordcnaiice faite et avisée pour 
cause Aei (■aricaris.(Vi%(i,Reg.gén. de Lille, 
Compte de la Londe, A. Nord.) 

Que bans fust fais de par le ville que dé- 
sormais nuls ne se enlreniist de faire au- 
cuns carivaris. (Ib.) 

11 avoit esté par nuit avec plusieurs au- 
tres compaignons faisans le chnlivali parmi 
la paroisse de Conflans. ;1387, ap. Le Clerc 
de Douy, t. I, f 148 r°.) 

El quant aus mariages dist que plusieurs 
fois l'en s'en désiste pour paour des cha- 
^ù'o/is plus que pour exactions. (Vi^h, Grands 
jours de Troyes, A. N. X" 'J184, P 146 r°.) 

A occasion du dit clialevaly ont frayé et 
despendu de leur argent. (1409, ib., 9187- 
88, f 174 r«.) 

Lesquelz avoient esté condainpneza une 
amende pour un calivuly fait par eulx a S. 
Lo. (1428, A. K. JJ 174, pièce 212.) 

Mais le despit et la confusion aux Inno- 
cens et le chaiivali du diable, ceux et celles 
qui le soulTrenta faire et le font, especiale- 
ment les soiuverains, en rendront cruel 
compte assez tost et briefvcment. (Chasteau 
perâleu.c, B. N. 7034.) 

Et quant vint a l'enterrement, 
Angloys en grant challevary, 
Cryerent sur le monument, 
Noël, vive le roy Henry. 
(.'Uarcial, Vig. de Charl. Vif, t. I, p. 47, éd. 1724.) 

Et eust par telz charivaris 

De la simple grant congiioissance. 

(CoQuiLL., Eni^uesle. II, 133.) 

Ne fais point long charivari/ ; 
Entens tu bien ? 
(Fiirce de fhiillerme, Ane. Tli. fr., I, 333.) 

Avec son de taborin, insolances et cha- 
libari soyt pour le premier, second et troi- 
sième mariage. (1558-1576, A. mun. Agen, 
BB 30.) 

CHARLATAN, S. m., cclui qui vend des 
drogues, de l'orviétan, et qui les débite 
dans les places publiques monté sur des 
tréteaux : 

Cherlelans et basteleursde toutes sortes. 
{Trag. de Franc-arbitre, p. 70.) 



CHA 

Aiilcuns astrologiens et carlatens issi- 
rent, disans esiranges choses eslre a ve- 
nir. {Citron, des Pays-Bas, de France, etc., 
liée, des Chr. de Fland., III, 53B.) 

Chartatin, il. ciaiialano. (.Iun., Nomencl., 
]<. 3i5.) 

CHARL.4.TAXER, V. M., faire le métier 
de charlatan : 

Pour liescrire que c'est des charlalans de 
\enise, et des autres principales villes d'I- 
talie, il faudrait v/iar/otaner.(H. Est., Nouv. 
liing. franc, ilalian., I, 83.) 

CHARLATANEisiE, S. f., coiiduite, ma- 
nière d'agir d'un charlatan : 

Leurs impostures et charlalnnneries. (P. 
l.E Loyer, dans Diot. géa.) 

CHARLATER, V. n., bavarder: 

Il sçait si bien charlaler, que souvent il 
faict croire a de jeunes barbes qu'il a bien 
I encontre. (1621, l'ont-Brelon des procureurs, 
Variét. hist. et litt., t. VI, p. 270.) 

tlIARLATIX, V. CHARLATAX. 

CHARLATRiE, S. f . , bavardage: 

Quand a moy, je ne reçois ces bastelle- 
ries et cliarlairies d'interprétations. (The- 
VF.T, Cosinogr., .XV, i.) 

CHARLICT,V.ChaALIT. — CH.AR.MAIGE, 

v. Carnage. 

1. CHARME, s. m., arbre de haute 
tige, qui pousse des branches dès sa ra- 
cine, et qui sert ordinairement à faire 
des palissades : 

Le guichet, qui estoil de charme, 

M'ovrit une noble pucele 

Qui moult estoit et gente et bêle. 

{Bose, 524.) 

En .1. bosket, desous les carmes. 

(lIocsK., Chron., 13203.) 

Iles molins aux toilles, ensemble les 
grands charmes ou l'on a accouslumé d'es- 
tendre et blanchir les toilles. (1384-8.5, 
Compl. des annivers. de S. Pierre, A. Aube 
G 1656, f- 164 v°.) 



Kt sont les dictes Wiarme.* admoisonnes. 
(16.) 

Ung chante achalépour l'aire .u. maillez. 
(Compl. de Xevers, 1289-92, IX 1, Pô v".) 

.un. tires de bos; c'est assavoirde ques- 
(le, de corre, de salengre et de carne tout 
coppé de saison. (26 juin 1436, Rer/. des 
métiers, !° 303 v°, A. Tournai.) 

Des cAar/jes, autrement appelez cViocmes. 
(1481, A. N. .)J. 207, pièce 245; Duc, Chir- 
tnen.) 

2. CHARME, s. m., influence magique, 
sortilège; enchantement, agrémentpuis- 
sant qui captive : 

La prcstresse dist a conseil 

Entre ses denz tôt bêlement 

Un charme et un enchantement. 

iEneas, 2548.) 

Lne charme en chaldcu, ne sai pas le jargoun. 
(Th. de Kest, p. Mcyer, .ilex,, p. 199, t. 72.) 



CHA 

Vient a l'ui de la cambre, si l'a trové fremec, 
Et il a dit son carne, et il est desforree. 

[Fierabras, 3066.) 

II dist un charme qu'il avoit bien apris. 
(Loh., ms. Montp., f» 59".) 

Carnins ne carnes ne nule encanterie. 

(«., B. N. 4988, f 212 V.) 

Li bons qui les (serpenz) prent si fait .i. 
cerne entour la gastine et va disant son 
carne en cantant al cerne faire. (Gcill. de 
Tyr, II, 506.) 

Se carmc.'t et herbes vausissent. 

(Clef d'amors. 1321.) 

Nommer que puis de ma desfaçon seur, 
Cherme félon, la mort d'ung poure cuer, 
Orgueil musse, qui gens met au mourir. 

(Villon, Gr. Test., 945.) 
Ailleurs faillez quand vous usez de cherme 
Pour les chevauï guérir, sans prendre terme. 
(.1. BoucDET, Ep. mor., II, i.) 

Que s'il eust peu recouvrir un cherme et 
un Cousteau, il eust tué le roy et la reine. 
(L'Est., Mém., 2' p., p. 607.) 

CHARMEOR, mod. charmeur, s. m., 
celui qui charme, qui séduit, qui fas- 
cine; qqfois sorcier: 

Il y a pis. d'aulcuns sont enchanteurs. 
Aussi sorciers, comme on dit, et chermeurs. 
(J. BoucHET, Ep. mor., II, x.) 

Elle prend soigneuse garde, 
Aux charmeurs et a leurs vers. 

(Bons., Od., IV, x, de Céphale, p. 95«.) 

Les siècles, les royaumes et les villes en- 
tières l'ont idolâtré (Platon) comme le plus 
noble charmeur des esprits qui [ul jamais. 
(Garasse, Doctr.cw:, p. 116.) 

— Fém., charmeuse: 

Les charmeuses chansons, et les douces com- 

[plaintes. 
(Du Bartas, Forêt d'amour.) 

Je m'en vais, lui disoit il, vous monstrer, 
et faire voir sans lunettes, si n'estes du 
tout aveugle, qu'il y a une vertu charmeuse 
cachée es yeux. (G. Bouchet, Serees, XIX.) 

CHARMEPEXES, adj., qui charme les 
peines : 

On dit du somme qu'il est charmepenes 
(la ryme ne permettant de dire charmepene). 
(11. Est., Precetl., p. 128.) 

CHAR.MER, v. a., .soumettrc à une in- 
fluence magique, fasciner: 

Il les avoit si bien charmées 
C'onkes n'estoient destorbees. 

(Dolop., 8427.) 
Chermer. 

(PtLETlER, Louanii., p. 15.) 

Cf. Il, 74-. ' 

CHARMERESSE, S. f., enchanteressc, 
magicienne : 

Les sorcières et les charneresses. (Lau- 
rent, Somme, ms. Milan, liib. Ambr.,f° 6°.) 

Les devineresses, les sorcières et les car- 
nerresses qui œuvrent par art de deable. 
(Id., ms. Soiss. 210, P 39".) 

Ele adevinoit -les choses avenir et si es- 
toit cacneivesse. {Chron. de Fr., Derne 590.) 



CHV 



VA 



-Adj.: 

Sans que d'aucun humain la charmercsse voix 
Resonnast a l'entour de trois foiz douze mois. 
(Du Babtas, 2" sem., 2- j., Babylone, 279.) 

Ses grâces charmeresses la rendoient plus 
aimable que pas une aulre. (1640, N. Re- 
xotiARD, Métamorphoses d'Ovide, p. 63.) 



CHARMEIR, mod. 



Charmeur. 



CHARMECSEME.\T, adv., d'uue ma- 
nière qui charme : 

Sereine l'ame triste, si charmeusemeni doux, 
Accoise peu a peu les bourrasques des fouis. 
(Do Bartas, 2' sem., 2' j., les Colomnes, 725.) 

CHARMix, V. Carmin. 

CHARMoiE, S. f., lieu planté de char- 
mes, bois où le charme domine : 

La Charmoye. (1257, Cart. de Vév. d'Au- 
tun, V p., LXXXV.) 

Le moulin de la Cliarmoie. (1355 A N 
JIM 28, P 3G r-.) ^ ' 

La Charmoye. (18 sept. 1473, Prieuré de 
Belval, A. Gir.) 

Chermaye, un lieu pourplanté, ou plein 
de chermes ou chermines. (Dl'ez.) 

CH.ARx, v. Chair. 



CHARXACE, S. m., tcmps pendant 
lequel l'Eglise permet l'usage de la 
viande. 

Cf. II, 75", et Carnage au Complément. 

CHARiVALiTÊ, S. f., existence char- 
nelle : 

Par ce roramans poes savoir, 
A ûus ki le sens deves avoir, 
Qu'en cascuno nécessité 
C'on a en sa carnalité 
Ne se doit on pas desperer. 
Mais tousjours en bien espérer. 

(Beauman., jl/u«eA-me, 8529.) 

Charnalilez. (Dial. de .S. Gréa., ms. 
Evreux, P 20 r".) 

— Conduite charnelle, action char- 
nelle : 

... Toute char, en vérité 
Désire la charnalitf. 
(.1. Le Feïre, Matheolus, II, 1733, Vao Hamel.) 

Comment cuides tu que la vierge s'enra- 
cine en personne orgueilleuse etplainede 
vanité, n'en personne plaine d'avarice et 
cupidité, n'en personne luxurieuse, ne 
plaine de charnatité? (Mir. de N. D.. t VI 
p. 228.) 

Par grassement nourrir leur cliief sont 
incitez a luxure et chanwlilé. (P. Feruet, 
Mirouer de la vie hum., P 177 r°.) 

Il (le diable; faisoit mille et mille soric 
de cliarna/ite: et lubricité a sa veue. (Kr. 
DE Sal., Vie déu., IV, iv.) 

Cf. FI, :ô\ 

CHAR\'E, V. Charme 2. 

CQAR.-VEL, adj., de chair, qui tient 
de la chair, opposé à spirituel .• 



32 CHA 

ois carnds. 

{Vie de StLfg., 171.) 

Quant vos in'avrcs mené de ci, 
Que nel sace nus hom carnetis 
Que je soie Partonopeus. 

(ftw/oîi., 613-2.) 

Cil salve Deus et aime ke il trove leal, 
El celui hct et ilauipne k'il trove trop l-arnal. 
(Garmier, .S'. T/ioni., B. N. I3S13, i' 14 v°.) 

An (leleil cliernal. [EpisUe S. Dern. a 
Mont Deu, ms. Verdun 72, f'' 31 r".) 

Ses c/teivieis alTections. (Ib.) 

Les assauztie covetise e de c/(«raeZ délit. 
(Apocal., ms. Toulouse 815, f° 41.) 

Feme cJtamfiiz. 
[Gar. de MongL, Rooiv-, p. 360.) 

Il est hom airneuls. {Serm. du \nf s., 
ms. Monl-Cassln, P 98".} 

Qui n'ait charnel affection. 
(J. Le Fbvriî, Matheolus, II, 1726, Van Hamel.) 

Vices charneulx. (P.^LSr.R., p. .")ôi.) 

\ppelits charnels. (C.\LV., Serm. sur le ps. 
119, p. 164.) 

La bien heureuse Angele de Foligny sen- 
loit des tentations charnelles si cruelles, 
t|u'elle fait pitié quand elle les raconte. 
(I''r. de S.4L., Vie dév., IV, m.) 

Cf. Il, 75". 

CHABKELMENT, 1110(1. Charnellement, 
adv., selon la chair ; 

Que me deliteroie avoec 11 cartiebnaiil. 

{Naiss. du Cheval, au Cygne, ï!733.) 

Il l'a nurri tant dulcement 
Cum s'il ses tiiz fust earnelmeut. 

(Brut, ms. .Muoicli, 313, 2733.) 

De li connoistre se tarda, 
Charneument chaste le garda. 
(G. DE CoiNOi, Mir., B. N. 22928, 1° 10".) 

Chernelment. [Mort Arlus, B. N. 24367, f 
33\) 

S'onques d'orne fui adessee 
Carneuuierit aine se de vous non ! 

{Conte de Poiliers, 422.) 

Et en Jherusalem conversa dusqu'a la 
seue passion charnieumenl. {Psaut., Maz. 
Ô8, C 90 r".) 

Ou il conversa c/io(«ei(foie«/. (/é.jfQû v°.) 

Li desloiaus rois llenriz ala tant entour 
la damoisele que il jul ctiarueument a li. 
(Ménestrel, 2 19.) 

Entendre la loi churnellemenl. (Psaut., B. 
S. 1761, fMO".) 

Mais ja Dieu ne me doint espace... 
Que vous, dame, eharnelment touche. 
{Mb: de N.-D., IV, 22.) 

De soy conjoindre eharnelment. 
(J.Le Fevre, Matheolus, II, 1727, Van Uamel.) 

<:II.VRKELLKME\T, mod., V. ChaRNEL- 
MENT. 

C.U-\RKEl'ME\T, V. Ch.^RNELMEN'T. 

«:n.\it\ErRE, mod. charnure, s. f. , ma- 
nière d'être des parties charnues : 

Emalisles est bone a la carnure des pa- 
pieres. (Descripl. lupid., Bevnc 113,^170".) 



CHA 

Li dame empira de cai iieure et pei'di sa 
coulor. (Sept sag. de Rome, Ars. 3142, [° 2°.) 

La charneure clere brune, mais la chiere 
ot assez pale. (Chr. i>e Pis., Ch. V, I, ch. 

XVII.) 

El me souvient d'avoir leu es commen- 
taires d'Arisloxemus,que sa charneure sen- 
toit bon, et qu'il avoil l'aleine très doulce. 
(A.MVOT, Alex, le Grand, 6.) 

Elle se decoLivroit, comme je crois, a des- 
sein, pour faire voir sa charnure blanche. 
(Urfé, Astree. 1, 8.) 

— Partie charnue : 

Aux charneures et muscles du corps. (N. 
DU F-ML, Eutrap., V.) 

Une charneure qui vient en la bouche et 
pend en la manière d'ung raisin. (Jard. de 
santé, I, 27.) 

cnARîVEUSETÉ, S. f . , camosité : 

Une charneuselé qui vient en la bouche. 
{Jard. de santé, p. 55.) 

Cf. Cn.\RNOSlTÉ. 

cnARi\EU.\, V. Charnus. 

1. CHARMER, S. m., endroit où l'on 
gardait les viandes : 

.11. huches ferreez. appelleez charniers a 
saler pourceaulx. (1390, A. N. MM 31, P 122 
r°.) 

Ayant nostre mesnagere rempli ses char- 
niers de chairs et poissons de son cru. (O. 
DE Sehr., Vlll, 1.) 

— Lieu où sont déposés des osse- 
ments, cimetière ; 

Chil del pays y font de carniers .vi. 

(Loli., B. N. 1461, f» 261 r».) 

Charner. 

(Ib., Vut. iTb. 373, f" 16'.) 

Le roy fis! fere ung charnier bien oupvré 
De bonne pierre, en bon mortier scellé. 
{.iijmn, 1064.) 

Sur le charnier fut le moutier fondé. 
De saint Esti[e]ne en fut le mestre aulté. 
(Jb., 1069.) 

.le laisse a l'ovredou r/iacH/e/' dou cinien- 
tere de Coingnes dix sols. (1284, Test, de 
P. de Barhezieu, A. N. J 406, pièce 11.) 

Loys de Luxembourg, qui estoit evesque 
de Terrouanne, Mst faire, en la place ou la 
bataille avoit esté, plusieurs carniers, et 
puis list asseuibler tous les mors d'un costé 
et d'autre, et la les fist enterrer. (Femn, 
Ment., an 1415.) 

2. CHARNIER, s. m., échalas. 
Cf. Chah.nieb 3, t. Il, p. 76". 

3. CHARNIER, adj., de chair; 

De ses ongles grîffuz luy brise les serrons 
De son casquet charnier (du coq). 

(G. BouNiN, Alectriom.) 

— liane charnier, étal de boucher : 

lis banrs chnrnyers de lad. ville, il n'y 
avoit point de chers. (29 sept. 1527, Reg. 
cons. de Lim., I. 165.) 

Cf. Charnier 1, t. II, p. 76". 



CHA 

CHARNIERE, S. f., attache articulée 
composée de deux pièces dont l'une est 
mobile autour d'un axe, gond : 

A cascune a bon pont et carniere tornant. 
{Naiss. du Chev. au cygne, 842.) 

Provai bien ke toi ont forclose 
Li cardonal de lor carniere. 

(Rencl. de .Moiliens, Cavité, su, 5.) 

Dame, de bonne fin l'emmarge, 
Ke Sathanas ne nous soumarge 
Ki l'ame gaile a le carniere. 

(Id.. Miserere, cglxv, 10.) 

Pour une carniere a le porte des prisons 
refaire. (Truv.aax chat. des comt. dArt.,B. 
iN. KK 1294, f 31.) 

Pour refaire .ii. carnieres et une cappe. 
(1304-65, A. Sord.) 

A Jehan Pinguet, charpentier, pour ap- 
pareiller la barrière du portereau, laquelle 
ne pouoil fermer, ety mectre une chargnere 
d'une grosse pièce de boys. (I402-14()4, A. 
mun. Orl.) 

Pluiseurs carnieres servant a l'œvre du 
dit coffret. (17 mai-16 août 1127. Compte 
d'ouvrages, i' Somme de mises, A. Tournai.) 

Pour deux carnieres d'huis et deux pen- ' 
tures de fenestres. (16 sept. 1432, Tut. de 
Ernoulet et Calelole Leurens, A. Tournai.) 

Un seul sengler gisant entre nous ronge 
d'ung seul dent les r«c/)!e/'esde nos portes. 
(Fossetier, Chron. Marr/., ms. Brux. 10511, 
VI, II, 7.) 

Es carnieres des fenestres. {Jard. de 
santé, II, 130.) 

Que toute charnière soit soudée. (1574, 
Liv. noir, i° 40, A. mun. Montaub.) 

- Fig. : 

Ces sept esloiles (la grande Ourse) ape- 
lent li sage home l'une des carnieres du 
firmament u il torne. (Comput, f° 13.) 

De Nostre Seigneur Dieu sunt les char- 
nières de la terre, et il posa seur elles la 
reondece. (Psautier, Xi. ^. 15370, t° 182.) 

CHARNos , adj., charnu, formé de 

chair : 

Partie chamnse. (Evr. de Conty, Secr. d'A- 
rist., B. N. 571, f 131".) 

Mamelles chameuses. (B. de Gord., Pra- 
tiq., IV, 14.) 

(lu'elle ne soit ne trop chômeuse ne trop 
sans chair. (Chamimer, Nef des dames vert., 
liv. H, ch. XVI.) 

Substance chômeuse. (Paiii:, II, xi.) 

Filamens charnenx. (Id., Il, 15.) 

— S. m., partie charnue : 

Le coude et le reply d'iceluy sont au bras, 
comme sont en la jambe le jarret et le ge- 
noil, dont le charnenx s'eslend jusques la 
main, des muscles duquel aussi les jambes 
sont dictes estre musculaires. (B. .Iamin, 
Trad. des dialorj. de J. L. Vices, f° 135 r"-) 

ciiARNosiTÉ, mod. carnosité, s. f., 
qualité de ce qui est charnu, excrois- 
sance charnue qui se développe en di- 
verses parties : 

La charnosilé du dyaiïragme. (II. de Mo.s- 
DEV., B. .N. 2030, f'2o''.) 



CHA 

11 fortefie par son espoisseli; et par sa 
charnoisité la vertu digeslive. (Id., f 26*.) 

De bonne et atempree carnosité. (Evr. de 
Co.NTY, Prob/. d'Arist., B. N. '210, P 111 r".) 

La carnosité qui couvre l'estomac. (Chv- 
GET, Div. leç., III, xxxni.) 

ciiARW, adj., de chair : 

Et si'i-a bien camus et bruns. (Ai.eer^nt. 
r 10.) 

Les cuisses chérîmes. 
(Cl. Mab., Met. d'Où., n,p. 72.) 

Olives fort rlianwes. (Du Pinet, l'Une, .W, 

ciiAitoi, mod. charroi, s. m., trans- 
port par chariot ou charrette : 

Ilouze journées cliascun an pour aider a 
taire noz c/tarrois au lieu ou l'en vouldra 
ordonner. (1398, .k. X. )IM 31, f" -270 v°.) 

Tour le cfton-oi^ dudit bovs. (Ii6.j, Compt. 
de l'aumosn. de S. Beiihomé, 1° 109 r°, Hibl 
la Rochelle.) 

Au charretier Tranoret pour vingt char- 
roiz de sa chairele et chevaulz par lui faiz 
pour avoir cliarj-ié les planches neufves es- 
lans sur le chantier. (1467, Compte de Ne- 
vers, ce 61, 1' -23 r".) 

Pour deux churroiz par lui faiz. llb.) 

Pour leurs peines et salaires d'avoir fait 
.XXIX. c/(flno)/savecqu('s leurs beufz et char- i 
rete pour avoir chaj-rié du bovs. (1468. ib., '' 
ce 63, f 13 r".) " 

Quelques autres avoecq luv avant fait ' 
mettre le carroi au travers du'dit'pont. (J. ! 
-NicOLAY, Kalendr. des yuerr. de Tountay.) \ 

Faire son cherroy par l'aultre porte. 
(liSi, Compt. de Jek. Lebaut, Oujmp. \ 
Finist.; * ! 

Le bruit du e/'fti-/-oy de l'artillerie. (Mont- 
LfC, Connn., liv. II. i 

Chemin de trop ditlicile charroi. (0. df 
Serh., 1,2.) ' I 

Faciliter le commerce par charroy sur i 
terre. (Scllv, llegl. p. ceux du Cous., ap. P. 
Clem., l'ortr. /list., p. 195.) i 

Certain estât de r/uarois receu depuis le 
susdicl jour. (1607, Compte de blés. Fonds 
de S. Medard, A. Tournai.) 

Cf. II, 77". 

CIIAROIER, V. ClIARIER. 

CHARoiG.XE, niod. charogne, s. f., 
corps de bête morte, en déconiposition: 

De caruhie viverat o fruit de charn avérât. 

(P. CE TnAU.N, Dl-.sI., 1308.) 
La charoîyne que la mer getto. 

;GuitL., Best., p. ic.) 

... Se il porreil trover 
Ou cheroine ou poisson porri. 

(Id., il)., p. 86.) 
Le loup ne voult que la charoine. 
{Ysùp. /, fab. .\VI.) 

Caroiiie. {Rom. des rorii., li. N. 19.y\n f° 
116 r".) ' 

FlairranI caroiignie et laijc, plainnede vers, er- 

[rose. 
I Poèm '110 al, l'iO'.) 



CHA 

La liuroinr/iie. {Cliarlre de le r.ilé d'Am., 
H. .\. 2J247, f" 81 V".) 

C/iera;ry«ef. (Gl'iart Desmoulins, Bi/jle,Ex., 
.XIII, ms. Ste-Gen.) 

CrtiTo;(y)iesetordnre3.(rrn/i/s.rfefra;(ce, 
p. 96.) 

Plusieurs groises, caronges et autres or- 
dures. (9 oct. IDlô, Reg. 'des Causaux, A. 
Tournai.) 

— Corp.s mort d'une personne : 

J'otroi que chien manjusent macharroiyne. 
[Loli., B. N. 1622, f» 281 r».) 

Quaroigne. 

{là., Val.Uib. 375, f» S?".) 

Douèrent les charu'mes de tes serfs vian- 
des a la volatile des ciels. {Lio. des Psau- 
mes, Cambridge, LX.WIII, 2.) 

Posèrent les caruignes de tes sers viandes 
asoiselsdelciel. (Lib. P.ialm., Oxf., L.\.\VUI, 
-•) 

Amez vos mielz asaoler 
Les granz peissons en celé mer 
De voz charoignes, de voz cors, 
Que paistre les oisels ça hors ? 

{Eneiis, 5697.) 

Riens ne plest au vostor senz faille 
Tant comme fet mortel bafaylle 
Por ce que charuigiies y Iruisse. i 

(MicÉ, Biljte, B. N. 401, f» SS'.) ' 

Aus charoines i]ei moiz. {Chron. de S. Den., 
ms. Ste-Gen., f» I47\) P. Paris : churoln- 
gnes. 

Lor charones. {Ib., C 257".) 

Vous veez la terre couverte de leur l/ui- 
rougnes. (Ib., f° 367'.) P. Paris: charoignes. 

Et tant que des charoignes des mors fut 
fait un pont ferme et fort. {J. de Salisb., 
Policrat., li. .N. 24287, P 85".) 

Qu'il n'y avoit aucun mal de se servir de 
nostre c/iuroigne, a quoy que fust, pour 
noslre besoin, et d'en tirer de la nourri- 
ture. (MoxT., liv. 1, ch. XXX, p. 123.) 

Telle est la haine de ceux qui, ne se con- 
tentant pas d'avoir fait mourir leurs enne- 
mis, font sentir leur fureur a leurs corps, 
exercent mille cruautés sur leurs c/inro^- 
gnes. (Coefket., Tnbl. des puss., p. 182.) 

— La chair, le corp.s, les sens, par 
opposition à l'àine : 

Si comme chil qui n'avoit cure 
De la caroiige dangerer 
Mais pour l'ame miex esmerer 
Et espurgier et nete faire 
.\ pure char portoit le liaire. 

{Mir. de H. Etoi, p. 68.) 

Vueil en povrelé, nuz et las, 
Sanz penser aus mondains solas, 
Traveiliier, pener et despire 
Ma charongne- 

{.WÙ-. de JV.-D.. III, 8.) J 

— T. d'injure : ' 



CHA 



û3 



Respous, sote caroingiie. 

(iiUST. IlESCH., m, 63.) 

ciiAROiG.XEUs, mod. charogneux, 
adj., (jui tient de la charogne : 

face cliarongneuse. 

{ Tlierence en franc., {' ÎM r».) 

Les sillons du pais en furent si chargez, 
\ oire si engraissez de cliarongneuj; carnages, 
(llcis., le Bocurje, Uliuv., p. 456.) 



Fouillez cent aus durant leurs tombeaux c/iaroi- 

\yneux. 

(A. DE RlTAUDEAU, Œui). poét.. p. 113.) 

— Nourri de charogne : 

Comme loups affamez et charongneux mastins. 
(A. Jasitn, Œuv., 2' vol., f" 40 v.) 

CHARoiGiviER, adj., qui vit de charo- 
gne: 

Oj'seau.\ charngniers. [Desparron, Fau- 
conn., I, I, et J. A. de Baif, Antigone, I, i.) 

Des mastins chnrongners. 

(JoD., Œm. mesl., fo lil r».) 

El non plus qu'un amas charongneui de ce corps 
Soit d'animaux puants, ni soit de serpens morls. 
Horreur mesme aux oiseaux et bestes carnacieres, 

■ Se peut estre enduré par les plus charongnieres . 

i (Id., ib., f» 61 1'.) 

Encores la pluspart privez de sépulture 

I Aux oiseaux charongners ont fourni de pasture. 
(Rob. Gaknier, Ti-oade, 1, 393.) 

— Transformé en charogne : 

Les bataillons entiers 
Des Troyens entassez en monceaux cliarongniers. 
(Gabs., Ti-oade, tll, 1301.) 

cHARO.x, mod. charron, s. m., celui 
qui fabrique les chariots, charrettes, 
gro.sses voitures : 

Charpentiers, huichiers, huissiers, ton- 
neliers, c/(a;TOHS. (Est. Boil., Liu. des mest., 

I, XLVII, 1.) 

I La rue aux Cherons. (1565, dans Com. 
arch. de Senlis, 1878, p. 158.) 

I 1. CIIARPE, V. ChaI!.Mb2.— 2. (HARPE, 

[ V. Serpe. — ciiarpeau, -el, v. Carpel. 
I — ciiarpeivrie, V. Charpenterie. 

<:iiARPE\TE, s. f., assemblage des bois 
qui entrent dans une construction pour 
en soutenir les diverses parties : 

L'art de la hasche que l'on appelle la 
charpente en Levant. (Brant., III, 253.) 

Cherpente.(Proc. verb., A. Vienne.) 

Cherpante.(2e mars 1592, A. M.-et-L., E.) 

«;iiARPE\-TER, verbe. — A., tailler du 
bois de charpente, découper, hacher : 

Cist ponz... mal fu churpantez. 

(Chrest., Charrette, 3045.) 
l ne maison noblement carpentee 

(Auberon, 906.) 
Car il faisoit engins charpenteir a grani 
plantei par deçà meir. (.Ménestrel, ^ 54.) 

Il fist faire et carpenter un chastiel hault 
et grant de Ions mairiens. (Froiss., C/ivon., 
IV, 273.) 

Et bien tost me diligenter 
D'une belle arche charpenter. 

{Mist. du Viel Test., 5503.) 

... Ses forest arpentées 
^'avaient encor point e.it^ cliurpenlees. 
(Vacq., .S'«(., Il, a F. .Malh.) 

Le second arriva en un certain port de 
mer ou l'on charpentoil des vaisseaux. (La- 
Riv., Nuicls, VII, V.) 

Cestuy la n'est pas charpentier pour ce 



S4 



CHA 



CHA 



CHA 



Hu'il charpente mal le bois. (J. B. S. F., 
Prop. d'EpicL, p. à9'2.) 

— Absol. : 

11 avoienl mairien pour cavpenter en leur 
hoslels. (Oct. 1289, CaW.rfe F««eï,A. Nord.) 

Se maisons sont frareiirs de panes ou de 
bans ou d'entretoises, cliius qui carpenter 
vorra... (Hoisin, ms. Lille, 266, p. 40.) 

S'un aulre cliarpente ou massonne. 
(EusT. Desch., V, 252.) 

Es vignes fault lousjours argent bailler, 
Et es maisons fault toudis charpenter. 

(ID., 239.) 

— Fig. : 

Cela faict.onalia a eux, qui se laissèrent 
forcer et ckarpenler comme les autres. (Du 
ViLL.\RS, Mém., VI, an 1555.) 

— N., frapper commeun charpentier: 

Saisne peignent après, n'i a cel qi s'alante ; 
Nuls n'i puet avenir, qi sor lui ne char2mnte. 
(J. Bon., Saisnes, CXXIX.) 

Et il tient l'espee tranchant 

Sor ceaz del ost fiert et charpente. 

Maint en ocit et escravente. 

{Burmart le Gallois, 12522.) 

Et il fiert a ii. mains, tant i a carpenfé 
Que qui ne se geta aval ens u fossé 
Fu mort et depechié. 

(,1)00» de Muienre, 11137.) 

— Charpenté, p. passé, tailladé : 

Maistre Alesme, et maistre (leorge, après 
avoir vu mon bras chnrpenté, comme il 
osloit, dirent qu'il le falloit coup|ier pour 
me sauver la vie. (Montluc, Comm., 1. 1.) 

Cf. II, 78". 

f;iiARPE>TERiE, S. f., métier, travail 
du charpentier ; chantier oii l'on pré- 
pare les charpentes, spécialement pour 
les navires : 

La charpenterie. ri296, Rentes d'Orliens, 
f'G V, A. Loiret.) 

Cherpenrerie. (1312, Trav. aux chat, des 
C. d'Art., A. N. KK 393, f° 37.) 

(ouvrage de carpenlrie. (17 mai-16 août 
1427, Compte d'ouvrages, i' Sommede mises, 
A. Tournai.) 

Et semblablement, ledit Olivier a consenti 
et accordé, consent et accorde ausdis Grard 
Bousin et Jehan Descamps que tous les 
corbiaux,enipres ladicte Ruyelle Courloise, 
sur lesquels corbiaiix sont fais certains 
édifices de cnrpenlerie. et aussi une que- 
minee de bricque, demeurent, etdemonjnl, 
a tousjours, en l'eslat qu'il sont de présent, 
et aussi ladicte queminee qui est assise 
contre ledit mur. (14 juin 1442, chir., Es- 
crips d'accord, S. Bricc, A. Tournai.) 

Charpenrie et menuiserie. {Compte de J. 
Morliere, Cocheris, Doc. sur la Pic, t. 1, p. 
504.) 

Cherpenterie. (17 oct. 1450, Compt. du fi. 
René.) 

Œvres de carpentries de la dicte ville. (19 
aoùt-18 novembre 1475, Compte d'ouvrages, 
4° Somme de mises, A. Tournai.) 

Et eut en l'espace de dix jours dressé et 
achevé son pont de la plus belle charpen- 
terie. (Amyoi, j. Caesar.) 



Cf. II, 78". 

CHARPENTIER, S. m., celui qui fa- 
çonne, assemble les bois pour les char- 
pentes de maisons, de navires, etc. : 

Charpentiers mande et fait maçons venir. 
[Loti., ms. Monlp., f* 53^.) 

Mol estuet luiticr et combatre 
A la hache et a la coigni[eje. 
Au charpentier avant qu'il chiee. 

(RlArrRE Elie, Artd'am., 558.) 

Cherpantier. [Vies des Saints, ms.Epinail, 

r° 54 1'°.) 

Carpentir. (Jurés de S. Ouen, !" 86 v", et 
f°99 r°, A. S.-Inf.) 

Charpenter. [Liv. des hisl., B. N. 2012.5, T 
124 T\) 

Symons cherpentiei-s. (1326, A. N. .IJ 6i, 
f 239 r-.) 

Charpenter. {Sam. apr. oct. Annonc. 13i0, 
Barb. de Lesc, A. Finist.) 

Cherpentier. C1364, Compte de.l. dou Four, 
A. N. KK 3% f» 36 r".) 

Cherpenlhier. (137S, Cart. de Metz, B. N. 
1. 10027, f 78 r°.) 

Jehan Triboii charpentier de pippes. (1465, 
Compt. de l'aumosn. de S. Berthomé, i" 96 
v°, Bibl. la Rochelle.) 

C/ierpax/ierdemenusserie. (1102, Compt.., 
A. Finist.) 

Cherpanthier. (1657-60, Compt. de la calh. 
de Léon, ib.) 

— Fém., charpentiere . femme d'un 
charpentier : 

Maroie li carpentiere, ki fenie fu Jehan le 
carpentier. (8 oct. 1278, C'est Ilellin le hie- 
rengier, chir., A. Tournai.) 

La belle bouchiere, la belle charpentiere. 
(GuiLLEB. DE Metz, Descr. de l'nrii, X.X.X.) 

CHAUQUELERESSE, V. S.^RCLERESSB. — 

CHAROL'EU, V. Cercueil. 

ciiARREE, S. f., cendre qui reste au 
fond du cuvier quand on a coulé la les- 
sive : 

Près d'eus fu le fossé a l'eve. 
Qui celi jour iert aussi trouble 
Clomme charree ou plus au double. 
(GuiAET, Hoy. lingn., 20S66.) 

Se tu n'as de la lessive, si prens de bon- 
nes cendres et met avec de l'eaue et fais 
comme charree. {Ménagier, II, 263.) 

Leur deffend icelle chambre jetter de 
leurs maisons, par les fenestres, ordures, 
urines, charrees, infections. (1350, Ord., II. 
383.) 

Les laver avec cendre de charree en la 
lessive. (Du Pinet, Pline, WMU, 18.) 

De la cliarree ou de la cendre. (Lieb.\ult, 
p. 482.) 

Cherree. (Belon, Nat. des ois., II, 11.) 

CIIARRI.AGE, V. Ch.VRIAGE. 

CHARRIER, S. m., drap de grosse toile 
sur lequel, dans la lessive, est placée la 
eharrée : 



Ung charrier a fairela buee.C1483,Co(np/. 
du Temple, A. N. MM 153, f 111 r".) 

CIIARROIER, V. ChaRIER — CHAB- 
KOR, V. ChaLOR. — Cn.\RROSSEE, V. 
CaIIROSSEB. — CHARROTOX, V. ChaRTON. 

CH.ARTE, S. f., au moyen âge, acte 
où étaient enregistrés les titres d'une 
propriété, d'une vente, d'un privilège 
octroyé ; lettre : 

U fist ses cartes et ses bries seeler, 
Par son roialme ses messages aler. 

(Raimd., Ogier, 4S35.) 

Eslrument et quarte publique. (1292, C/i. 
d'Oth. de Bourg., Ch.des compt. de Dole, K 
874, A. Doubs.) 

— Alphabet : 

L'on luy enseigna un grand docteur so- 
phiste nommé maistre Thiibal Holoferne, 
qui luy aprint sa charte si bien qu'il la di- 
soit par cueur au rebours. (Bab., Garg., 
ch. .MV.) 

Cf. Ghartre 1. 

CHARTE, v. Cherté. — chartee, v. 
Charretée. — charteil, v. Cheptel. — 
chartilage, v. Cartilage. — charti- 
LAGiNEU.v, v. Cartilagineux. 

1. CHARTRE, s. f., syn. de charte: 

Il font lor Chartres et lor bries seeler 
Et lor sergenz et lor guarçons errer. 

(Coron. Loois, 2268.) 

Olimpias, sa merc, ki preus fa et senee 
Li tramis une cartre en sire saielee. 

{Rom. d'Alex., f" n'>.) 

Ce fut la nuit d'un samedi 
Que Nostre Dame li rendi 
La chartre de perdicion. 
(G. DE ColNcl, ilir., ms. Soiss., f" 16' ; Poq., col. 60, 
V. 1593.) 

Chautre. (U nov. 1311, Chirog., A. mun. 
Bouvignes.) 

En tel manière qu'il doivent oir nos rai- 
sons, nos Chartres, et nos lettres de l'une 
partie et de l'autre. (31 mai 1332, Cart, de 
Flines, ccccLVni, p. 555.) 

Mais l'ençainte li ont baillié, 
Ainsi qu'il leur fu enchargié 
En la ésarfre, puis sy s'en vont. 

{Melusiiie, 914.) 

Lui porter les lettres de chartre pour la 
recompense... (17 août 1483, Compt. de J. 
Rihoteau, Bev. soc. sav., 1860.) 

Cf. Chartre, II, 80" et Charte. 

2. CHARTRE, s. f., prisûH, geôIe : 

En vo crt[r]f/*c soit mis... 

{Ren. de Montaubm, p. 107.) 

Ens es fons de la ca\r]tre ont Begon avalé. 

{Ib.) 
Or porroit tel avoir en vo chartre gisaos 
Dont vous porries avoir .n". mile besans. 

{B. de Seb., XIV, 1099.) 

Si occist le chevallier que il trouva avec- 
ques sa femme, et sa femme il niist en 
chartre perpétuelle. {Livre du chev. de La 
Tour, c. LV.) 



CHA 

— Maladie dite aussi carreau : 

La jeunesse aisément tombe en hœmorrhagie, 

En fièvre continue, en chuftre, en phrenesie. 

(Du Bartas, î' sem., I"j., 4'JI.) 

Venir a tomber en cliarlre, c'est se alan- 
gourir,flaistrir,seiclier, emmaigrirjusques 
aux os. (NicoT.) 

CHARTREUSE, ,s. f., couveiit de char- 
treux : 

De charlroitse vos at ilit voir 
Ainsinc comme je le cuit savoir. 

(GiioT, liiljle, 1441.) 

Oe lorclrc de chai-lrose. fl278, Liger, A. 
Ind.-et-L.; 

Au covent dou Liger de l'ordre de char- 
Irouse. (1280, Cart. du Lige); .\X.\IX, A. Ind.- 
et-L.) 

L'ordre de p/iaj-/TOKsse. (1313. Liser, A. 
Iiidre-et-L.) 

tiiARTREiw, s. m., religieux de l'or- 
dre de saint Bruno : 

Je laisse aux povresc'/i«)7»'/e;/jde la dicte 
parroeho dix sols pansis. (24 déc. 1372, 
l'esl. d'Œlips la Dwdelle, Arcli. Hôt.-Dieu 
Chauny.) 

Li autres sont entrez en cloistres 
De celestins et de chartieur, 
Bolez, housez, com pescheurs d'oistres. 
(VitioN, Gr. Tfsl., 237.) 
Chartreurs. (Mer des Croii., 1532.) I 

ciiARTRiER, S. m., dépôt, recueil de 
chartes : i 

Chadier. (1370, Mém. des rent. de FrUir- i 
del, A. Calv.) 

Chartriers et registres. (1413, Denombr. ' 
du baill. de Vaux, A. X. P 303, I» 102 v".) 

CIIARTITLAIRE, V. CaRTULAIRE. 

CHARL'E, mod. charrue, s. f., soc tran- 
chant fixé à un train muni de roues 
que traînent des bœufs, des chevaux : 

Ne sevenl de bataille, plus sevenl de kierue. 
{Rom. il'Alex., f 43".) 

... Quant il aloient 
A Parère u a la kierue. 

[FregitSy p. 15.) 
Son père kierue menoit. 

(MousK., C/iroii., 17047). 

A le tavie. a le quiente et a le deniaine. 
(U déc. 1372. Cail. de Fîmes. A. .\ord. rod. 
A, f 231 r°.) 

-vu. queruies. (1377, A. .Nord, Cod. A, f 

A kar et a Iceruwe. (1399, Valencienncs, 
ap. La Fons.) 

— .-Vnc, étendue de terre que devait 
labourer une charrue : 

Une seule kerue avoit 
De terre. 

(De Sainte Ysabel, B. ,N. 19331.) 

Ine chernte de terre. (1373, A. N. S 5513, 
1 18 \°.) 

C liARI I(i\E, V. Ch \nOIGNE. — f:IIARVE, 

V. CUA.WRE. 



CHA 

ciiARYnDE, S. m. .gouffre situé dans 
le golfe de Sicile, en face d'un écueil 
appelé Scylia : 

C'est Caribdis la périlleuse, 
DesagraaLle et gracieuse. 

(flose, B. .\. 1573, f" 37>.) 

Nous allons de Scylla en Carihde. (R.\b., 
Iiv. IV, ch. XX.) 

CHAS, S. m., trou d'aiguille: 

Ne ke li cbameus puet entrer 
El cas de l'auguiUe et passer. 

(D'un Juiski s'acomen. av. les crest., hrs. 3^11, l' 

CHASBLE, V. CaaBLB. 

CHASCuîv, mod. chacun, pron. indé- 
fini, chaque personne, chaque chose ; 
toute per.sonne, qui que ce soit : 

Vuv chascun un dener. {lois de Guill.,6.) 

j Cuscuiis portoit une branche d'olive. 

(Bol., 203.) 
' Ke chescous loer s'en poieit. 

(Ambboise, Bist. (le la g. s., Vat. Chr. 1659, f» 8''.) 

Isnelemcnt et tost soit cascus aprestes. 

(Fierabras, 4420.) 
C/tascotiS. 

(Be>-., D. de Xorm., II, 632.) 

Chascoue. 

(Id., !6., H, î73d9.) 
S'estes lupars et je sui un lion. 
Or a trové caseon son conpagnon. 

(Raimb., Ogiei: 11757.) 
Mais cinq paien, Dex maldie lor geste ! 
Li ceval prisent, caicon vers li s'eslesse. 
(Id., ib., 11903.) 
Cescuns. 

{Rom. d'Alex., f« 22'.) 
N'est bien al mond que covoit criature, 
Chescons n'i poisset trover a sa mesure. 
(Adam, p. 3.) 
Cechun. 
(Merlin, Brit. Mus., Arund. 220.) 

Cliasc/rufis. 
(Kassîdor, ms. Turio, i° 220 r».) 

Com cliacons bot conter et dire. 
(HcG. DE Berzé, Bible, Brit. .Mut., Add. 15ti06 f« 
lOlJ.) 

Ses gentis homes ennoroit 
Selon ce ke chascuns estoit. 

(Dolop., 277.) 
Cescon verra son martire. 
(Robert, B. N. 902, f» 107".) Plus haut : chescon. 

Cliaumn.1 de nos deus. (1237, Cartut. 
c/iap. Noyon, f» 267", A. Oise.) 

A chaucun. (Ib., (° 268°.) 

Anchois gist au cuer de cuscun. (Henri 
DE Val., g 502.) 

Pour ce que chascuns vouloit estre rois 
de Jherusalem. (JIe.nestrel, ;] 29.) 

Chiescim. (1" fév. 1280, Arch. M.-ct-L., I! 
64, p. 23.) 

Chascuns mignos et jolis 
Doit estre par raison. 

(CImns., ms. MoDtp. H 196, !' 339 v».) 

Chaicun d'euli. 

(Lia. duôon roi Jeh., 2439.) 

Chesqun et chesqune. (1302, A. N. S 208, 
pièce 9.) 



CHA 



S5 



A sauver a checuna soiin dreyt. (1301, 
Year books of Ihe reigii of Edward Ihe firsl, 
Vears.\.\.VII-.\.\.\IiI, p. L>5o.) 

De chauscune d'elles. (V.im, A. N. JJ 53, 
f° 19 v°.) 

Et chaurlnins des pièges pour le tout. 
(1317, A. N. JJ 03, f» 80 r°.) 

Chaucun. (Ib.) 

Chiescun. (1324, Beaulieu, A. Sarthe.) 

Chacus. (Gloss. de Couches.) 

Les quelx chouses dessus dictes et une 
c/tescoime d'yceles. (1340, A. N. K 2224.) 

Vous savez bien que chescum dit. 

{.Vi/st. S. C/iristo/le.) 

— -Adjectiv., chascim. chaque : 

Tiites choses acertes sunt vanitet, chas- 
quuns hiiem estanz. [Liv. desPsaum., Cam- 
bridge, .\.\.XV11I, 7.) 

Ço fist ke chascun hom fera. 

(Wace. Roti, 3« p., 5311.) 
Et cliascune galie fu a un vissier liée por 
passer oltre plus dclivreement. (Villeh 

o i-ie.) 

Cacun an. (1253, Paraclet, A. .Somme.) 
btt chaucune vile. (12.53, lelt. d'Air de 
Poil, au séuécli. d'Agenais, B. .X. 10918, f» 14 

Chacuyn an. (Cens du coml. de Poil A N 
J 192, pièce 64.) ' 

De quascune masure, .vi. den. .fes A 
N. K 35, pièce 11.) ' ' ' ' 

CUaicune partie. (1283, A. Loiret. Prieuré 
de Bonne-nouv. .MC.V.) 

Chaiqune chose. (1295, A. Morbih.) 

En cheucon parcele. (1305, Year books of 
Uie reign of Edward the firsl, Year^ -tlXII- 
X-\.\I11, p. 387.) 

Au kief de l'en de keskune anee. (Janv. 
1312, Chirog.. S. Bnce, A. Tournai.) 

Checun an. (1317, Fontevr., anc. tit \ 
M.-et-L.) ' ■ ■ 

Chacuyn an. (Cens dû au de de Poil \ 
y. J 192, pièce 61.) ' 

Sera tenu de dire chachun jour especiale 
oroison. (1451, A. N. P 13.56, pièce 4.) 

Chescunes festes. (Ihii, Dennmhr. d'Oise- 
lay, Ch. des compt. de Dole, 23, A. Doubs.) 

Les nobles françois de chacun royaume 
usoient de mesmes loix. (Fauchet, 'Antin 
gaul., ni, 1.) ' /• 

— Chascun le jor, chaque jour : 

Pour rente annuelle que l'église prant 
ÇàascuH le jour de saint iMarc l'evangelisle. 
(13/8, Compl. des annivers. de S. Pierre \ 
Aube G 1656, f 90 v°.) ' " ' 

— Un chascun, une chciscune, chacun, 
chacune : 

Mille joyeusetcz se y feront, ou un chas- 

e««prendraplaisir.{RAB.,Païiia».»,oo«os/., 
ch. VI.) a 1 a , 

Toutes les provinces s'assemblent pous- 
sées d'un même esprit, quoiqu'elles n'eus- 
sent pas ensemble concerté sur ce point, 
et envoia une chacune ses députes en cour. 
(Pièc. pour servir aux Mém. de Rohan, p. 2.) 



56 CHA 

— Tout chascun, tout le monde : 

Tout chacun te regarde. 

(L. C. Discret, AUz-, II, 5.) 

Or. puis que tout chacun s'y Irove si conicnt, 
Il faut que rie ma part j'en fasse lont autant. 
(Id., il,., V, 4.) 

— Sa cliascune. la femme avec qui 
un homme e.st uni, la femme qu'un 
homme aime : 

Chascuns enmaigne sa chascune. 
(J. Brbtel, Tourn. de Chamenci, 2317.) 

Chascun choisit pour dancer sa chascune. 
(f.RETiN, Chants roy., !' 114 t".) 

— Sa chascune, le logis de chacun : 

Entre deux et trois heures après minuict, 
mondict signeur et sa compaignie se par- 
tirenl de la place ou ce bam^uet fut faict 
et se reirait chacun en sa chacune. (0. de 
La Marche, Mém., 1, 29.) 

CHASCUMERE, mod. chacunière, s. f., 
la maison de chacun : 

Ordonne la dicte court que chascun se 
retireensa c/ia>c««)e)'e, sans despens. (Kab., 
Tiei-s tiv., ch. x.iixvii.) 

Et se retireront chacune en sa chacu- 
nière. (N. DU Fail, Eutrap., VI.) 

Usage ancien, que je trouve bon a ra- 
fraîchir, chacun en sa chacumere : et me 
trouve un sot d'y avoir failly. (Mont., liv. I, 
ch. xxxiv, p. 132.) 



CHASLET, V. ChaALIT. 

CHASMATE, S. m., f ossé : 

Gabionnoient deffenses, ordonnoient pla- 
Iss formes, vidoient chasmates, rembar- 
roient faulses brayes... (Rab., Tiers liv., 
prol.) 

— Gouffre : 

Euphorion escript avoir veu besles nom- 
mées neades a la seule voix desquelles la 
terre fondoit en chassemate et en abysme. 
(Rab., LXII, 4'i3.) 

CHASQUE, mod. chaque, adj., distri- 
butif desdeux genres qui se mettoujours 
avant le substantif : 

Chasqu'^n. 

(G. DE C.OINOI. .Vie, p. 100.) 

Chesques jour. [Psaut., Maz.382, T 12 r°.) 

J'en ris en moy chesque fois que j'y pense. 
(1377, Prognostic. des Proijnostic., Poés. fr. des xï" 
et Îti- «'., t. V, p. 227.) 

CHASSABLE, adj., qu'on peut chas- 
ser : 

Venabilis. Chassahle. (.Vocabularius brevi- 
tlicus.) 

S'il est cerf dix cors jeunement 
Ou fort vieux cerf et fort chassahle. 
(JOD., Œm. mésl., f" 277 r».) 

Cf. Chaçahle, II, 28'. 

1. CHASSE, mod., V. Chace. 

2. CH.vssE, mod. châsse, s. f.,coflVet 
généralement orné où sont enfermées les 



CHA 

reliques d'un saint; cercueil en pierre, 
en bois, ou en métal, où sont renfer- 
més les restes d'un mort : 

Il en jura la cliase Saint Landri. 
N'en tornera si seront amati. 

(Garin le f.oh., 2" chons., XII. p, 207.) 

Chasce. (Queste du S. Graal. li. >'. 12582, 
fo 2 v°.) 

N'i remest en yglise ne garnement ne dras, 
Ne chace ne galice, reliques ne henas. 

[Aye d'Aoignon, 32-41.) 

Chare, cache. (Cari, de Picquigny, A. N. 

19628, f" 69 r°.) 
Assidrentlacft«a.sse desus Tautel. (Chron. 

de S. Den., ms. Sle-Cen., f» 229'.) 1'. Paris, 
chasse. 

Joyaulx d'esgllse, comme lombes, fasses, 
croix, encensiers. (1413, Ord., XVII, 380.) 

Le suppliant prist en la cache ou coffre 
d'icelluy Henry dixsept grans blancs. (1419, 
A. N. JJ m, pièce 8 ; Duc, Cacia 1.) 

En la première capse ou fiertre. (1476, 
l,w. des joy. de Végl. de Bay., S° 72 r», chap. 
Bayeux.) 

Mettront en casse sainct Vital. 

(J. MoLLiNET, Kalendrier mis par petits vers.) 

La rhapse d'yvoire toule ronde en façon 
d'une tour. (lo35, Inv. de ta calhedr. de i 
Sens, ap. V. Gay.) 

Riokus arrivé entra dans la chambre ou 
esloit le corps ; il fit ouvrir la chasse pour 
le voir, lequel il aspergea d'eau bénite faite 
par son abbé, qu'il avoil apportée, et, tout 
a l'inslanl, celle femme ressuscita. (P. Al- 
bert LE Grand, Vie des saints de Bretagne.) 

Cf. Chasse 2, II, 83"=. 

CHASSE AVA^-T.s m. , employé Chargé 

d'activer et de surveiller les travaux des 

ouvriers; par extens., celui qui excite 

les autres : 

Il fault queje seigneur ail certains per- 
sonnages pour faire travailler les ouvriers, 
comme sonl chassavanfs et autres. (1)e- 
i.oRME, Archit., Goncl.) 

Aussilosl le sieur de Boisrozé lit monter 
l'un des deux sergensde ces cinquante au- 
quel il se fiait le plus, et l'ayant fail suivre 
de tous les autres, il monta luy mesme le 
dernier, afin que nul ne s'en peusl desdire, 
et qu'il leur servislde chasse a-'ant. (Sully, 
QBco». roy., ch. xliv.) 

Vous ordonna pour solliciter le recou- 
vrement de toutes ces choses et d'en estre 

1 comme le chaise avant dans son conseil. 
(Id., ib., ch. lxxiii.) 

Je n'oublieray rien pendant vostre ab- 
sence de ce que je pourray pour servir non 
du tout inutilement de chasse avant en une 
affaire si importante comme est celle de 
La Rochelle, a Voslre Majesté. (Richel., 
Corr., 24 déc. 1627, II, 769.) 

Il faut faire reprendre les travaux de Pi- 
gnerol. J'envoie l'abbé de Beauvau elMau- 
buisson pour y avoir l'oeil et servir de 
chasse avaits. (Id., ib., avr. 1630, III, 650.) 



ce qui pousse en avant, sti- 



-Fig. 
mulant : 

Les soldats avoyent pour c/iasse oyanMes 
canonnades 'Aub., //w(. £/«£«., II, col. 1021, 
éd. 1026.^ 



CHA 

CHASSE BiEiv, qualificatif, qui chasse 
le bonheur : 

cruelle Atropos, chasse bien, porte dueil. 

(Marie de nosliEU, Pai's., 66.) 

CHASSE BOSSE, S. f., uom vulgairc 
de la lysimachie : 

Soucy d'eaue, pellebosse ou chasse bosse. 
(L'EsCLUSE, Hist. des plant, de Dodoens, 1, 
50.) 

La chasse bosse esleint la fiere inimitié 
Des acharnetz genêts. 

(Du Bartas, 1" sem,, 3" j., 620.) 

Chasse bosse. Aucuns l'appellent corniole 
ou soulcie aquatique. (Comm.sur la Sepm. 
de DuDarlas, III, p. 205.) 

CH.ASSE COQUINS, S. m., bedeau d'é- 
glise; archer: 

A esté ordonné que seront mis par les 
diclz sindicz deux chasse coquins, pour les 
paouvres estrangiers qui peuvent entrer 
en la ville par surprinse, aulx fins d'estre 
par eulx mis hors icelle. (26 mai 1586, J. 
Baux, Mém. hist. de Bourg, H, 174.) 

Chasse coqidn, archer destiné a chasser 
des églises les caimans importuns, durant 
le service. (Monet.) 

Chasse coquin, cacciabirboni, mendici- 
fuga, mendicorum expulser. (Duez, No- 
mencL, p. 132, éd. 1644.) 

CHASSE DEUIL, adj., qui chasse le 
deuil : 

... La femme qui- est pleine de tout bonheur. 
Chasse mal, chasse ennuy, chasse dueil, chasse 

[peine. 
(Marie de Romieu, Poe's., 18.) 

CHASSE DIABLE, adj., qui a la 
vertu de chasser le diable : 

Ne vous mettez point en peine de cher- 
cher un sorcier, je vous en Irouveray un 
bon, et le plus grand chasse diables de 
France. (Lariv., les Esprits, II, 4.) 

Celle semence est appellee par le philo- 
sophe p/in.s.ve diable. (Ant. du Moulin, Quinte 
essence, 140.) 

CHASSE ENNUY, adj., qui chasse l'en- 
nui. 

V. Chasse deuil. 

CHASSE MAL, adj . et subst. , qui chasse 
le mal : 

santé chasse mal. 

(RoNS., Od., V, p. 383.) 

Partout on a recours ace remède comme 
au vray chasie mal, comme l'on dit. (J. G. 
P., Occult. merv. de nat., p. 228.) 

CHASSEMAREE, V. ChaCEMAREE. — 
CHASSEMATE, V. CaSE.MATE. 

CHASSE MEL.ANCOLIE, adj., qul chaSSC 

la mélancolie ; 

Sitllot, gentil secours de ma vie, 
Avale soin, chasse mélancolie. 

(Belieau, II, 333, Gouveroeer.) 

CHASSE MESSE, adj . , qui empêche la 
célébration de la messe : 



CHA 

Cloches sonnez en signe d'allégresse. 
Ne craignez plus le canon cfiasse messe 
Des superbes mutins. 
(A. Jamïs, Œuk. jjoe'l; î' »8 r».) 

CII.4.SSE .MISERE. qualificatif, quichas- 
se la misère : 

Et toi, des peuples la mère, 
-Mme paix, chasse Diisere, 
Faiz ces deux rois s'embrasser. 
(J. Ghetin, Chant de joie de la pair faite entre 
Benry II et Philippe d'Esp.) 

CII.4SSE Moi'fiiE, adj. et suli.st., qui 
chasse les mouches : 

Moscadero revient pliislosl aulalin mus- 
oariiim, et a l'italien paramosche: qui vaut 
autant que si on di-ioit en fran(;ûis un chns- 
iemoiiche (II. Est.. Dial. du iiôiir. lam/. fi: 
Un/., p. 164.) 

CHASSE PEi\E, adj.. qui chasse la 
peine. 

V. Chasse deuil. 

CHASSER, mod., V. CnAcrEn. — chas- 
SETE, V. Cassette. — chassei'r, mod., 
Y.CuACEnR. — ch.assible, V. Chasuble. 
^ CHASsiooi.\E, V. Calcédoine. 

chastaigxe, mod. châtaigne, s. f., 
fruit du châtaignier : 

Ne prisent vos menaces le pris d'une chastaiiie. 
(J. Bon., Saimes, X.\.X.) 

A somier ne doit noient, se il n'i a cas- 
tnigiies ou nois. (Est. Bou-eau. Liv. des 
nieit., 2' p., I, 7.) 

Ce qu'il ne prise une cliateiiç/iie. ' 

[Rose, 14512.) 
Wardezvous que vous ne mangieiz pois 
ne fèves ne auilres leuns, ne cliaistmus. 
(}. Le Fevre, Rem. pour la goul/e, P. .Mever, 
llom., XV, 181.; 

-Ne prenez vous pas sarde qu'il faict 
comme le singe qui tire les chastair/aes du 
feu avec la patte du lévrier. (LesEss. de 
Mathurine.) 

Cf. 11, 84'. 

CHASTAIG.XERAIE. mod. châtaigneraie, 
s. f.. lieu planté de châtaigners : 

line c/iastai'jneraye, ung lieu planté de 
chaslaigniers. Casianetum. (RoB. Est., 
ries.) 

Pour les chasteneiaies et hozeraies. (0. de 
Serres, 6U.) 

CHASTAioERET, S. m., petit châtai- 
gnier : 

"Toutefois quand on veut planter, il faut 
qa il y ail un bon pied entre les chasleiets 
des marrons (|u'on plante... Faut attendre 
que les ihitH/iit/iierets ayent pour le moins 
deux an-i avant qu'on les replante en une 
autre bastardiere. (lu; Pinet, l'll,ie. .WII, 

CHASTAiGXEROT, S. m., petit châtai- 
gnier : 

Faut rompre la terre descliaslaignerayes 
entre les mois de novembre et de février. 



CHA 

auquel temps les chastaignes tombent 
d'elles mesmes, lesquelles Iroiivans la terre 
rompue et labourée entrent aysement de- 
dans, ou elles germent et rendent de petits 
chastaignerots. (Di Pinet, Pline. XVII, 20, 
p. 6.50.) 

CH.ASTAir.MER. m.d. châtaignier, s. 
m-, grand arbre de la famille des amen- 
tacées, qui produit des châtaignes : 

N'i ot coldre ne ehastaignier. 

(Mabie, Laustic, 98.) 
Desous .1. chastinier- 

{Brun de In Montaigne, 236.) 
Lors a une lande trovee 
Des chastengniers avironnee. 

[Durmnrs le Gallois, 5477.) 
Chnsleignier. {(jloss. de Couches.) 
Chastegnier. (Jrad. de L. Foutch ) 
Chastaigner. (Jard. de santé, I, 103.) 
Cltastigniei: (Ih., I, 396.) 
Chastignier. (Du Pinet, Pline, XVI, 2o.) 

CHASTAix, mod. châtain, adj., qui est \ 
d'un brun clair rappelant la couleur de 1 
la châtaigne : 

Chasleins en couleur. 
(Cbb. de Piz., Poés., dans LiUré.) 

Garea, frementin, brichet, chastain, ven 
après moay. tu ves ben crelincoutant, ce 
dit il a son beul". (B. Oesper.. Noitv. recr.. 
p. 19.-..) 

CHASiTE, adj., qui vit dans la chas- 
teté : 

N'aveit femme de sa mancre 
Si chaste. 

( Vie de S. Gilles. 29.) 

Celle créature seroil caiste et pure. (S. 
Graal, B. S. 24Ô5, r 118 v°.) 

Li chastres qui n'a pas fait iniquités par 
ses mains. (Ilibte, B. N. 901, f^ 12''.) 

Chaaste. (De vila Christi, B. >". 181, f" lô 
r°.) 

CHASTEL, mod. château, s. m., de- 
meure féodale fortifiée: forteresse envi- 
ronnée de fossés: habitation d'un sei- 
gneur : 

Prenl i chasteîs e alquantes citez. 

(/('/(., 2611.) 

Par cels n'iert mais terre conquise 
Ne chastels pris ne tor,s asise. 

[Eneas, 255.) 

Bègues commande qu'on un ca/itiel feist 
Par quoi il soient la dedans envai. 

{Gar. le Loh., i' clians., X.VX, p. 60.) 

(Juar li caileaz ki est diz Cassins, il est 
mis el leiz d'un hait mont. Il queiz l'oisl a 
savoir monz par estendut saim rezoit cesl 
meisme c/7sW. (Dial. .S. Ilreg., p. 72.) 

En un autre chastiauî. 
(RoB. DE BLals, B. .N. 24301, p. 582'.) 

Moull demainent grant joie quant pris fu li cas- 

\tials. 
{De Vespasien. B. \. 1553, f» 384 r" ) 

.\u cimlenu de Miinfaiicon. (1210 à 1220, 1 
Garin de la Galissonn., .\. S.-Inf.) 



CHA 



57 



^U casleaiis. (Arttir, nis. (irenoble .378, f- 

Par bois, par chateals, par citez. 
(H. d'Amd., Chanc. Ph., ms. Harl., I' 9S',) 

James ne porteroit chasiel 
Olifanz seur sa haute escliine. 

{Base, B. [f. 1573, !■> 149'.) 

Il le trouva a un sien kusliel a. séjour 
(Flore et la Bielle Jeliane, Nouv. fr. du xiuc 
s., p. 1Ô2.) 

Chilz caatyaus. 
(Sonesde Xamay, ms. Turin, !' 51 v".) 
Robert est tosl pris, son chaiistel mys a terre. 
iCIii-on.de p. de Langtoft, ap. Micii., Chron. an- 
gl.-n., t. I, p. 150.) 

C/iaislel. (1300, 'l'oul, A. .\., Mus., vit. 52, 
pièce 303.) 

Dou c/teslealôe Chesteillon devant Besen- 
çon. (1303, Lelt. de Hug. de Bourg' Ch. 
des compt. de Dole C 167, A. Doubs.) 

Lou ehesleaul de Bournai. (1309, Ch. de 
IJtig. lie Nohl., Cli. des compt. de Dole, lî 
239, A. Doubs.) 



T. l.\. 



Chestel. (Ib.) 

Les filz d'Israël passèrent ou désert de 
Synay et emmurent les chasliaa.r aux com- 
mandemens de Dieu. {.Vir.deN. D., IV, 72.) 

Le pont du castiel. (23déc. 1443, chirog. 
A. Tournai.) ^ 

— Fig., chastel en Espagne, chasiel 
en Asie, projet en l'air, rêve chimé- 
rique : 

Lors feras chastiaus eu Espaigne, 
Et auras joie de noiant. 

(Rose, B. X. 1573, f« 21".) 

De jour et de nuit 
Je fay pour ma dame 
Chateanx en Espaigne. 

(Heure d'Aigrem., B. M. 766.1 

Les jours passez, par fantaisye, 
Faisant des chasteaiix en Asye 
Et des grosses tours en Espaigne, 
Au vert bois pris une compaigne. 
[ilonol. des Sotzjoy., Pjés. Ir. des iv et ivi" s. 

Car il faisoit des chasteaiLt en Asie. 

(GaisGORE, Menus propos, XIII.) 

... Et de tousjours se plaire 
.V faire des chasteaiix en Espagne et au Caire . 
(VAttQ.,5«(., V, A Bertaut.) 

CHASTEi.Aix, mod. châtelain, s. m., 
gouverneur d'un château : 

I vienent tel mil citouain 
Qui semblent estre chnstelain. 

(Gaut. d'Akr., Emrle, 2036.) 

Mais li rnslelains dist bien l<e il n'i nii- 
teroit le pie. (IIexri de Val., j; 568.) 

Dedens son cuer regretoit 

La valour, la manière gente 

Le chastelain pour qui est enle. 

(Cokci, 1768.) 

Li chastetains. (Mai 1248, Baizellc, A. In- 
dre, H 112.) 

El nieismes ehaletein et garnison ou cha- 
tel. i,l-2.50, un. du cle de Poil, a S. L.,\. 
N. 890.J 

Le chastelain lour escrio a ung Lu : 
Estes des gens Charles le mescreu i" 

(Aguin, 1255.) 

— Fém., chaslelainc. mod. châte- 



8 



ri8 



CHA 



CHA 



CHA 



laine, femme du châtelain : domina- 
trice : 

Sor toz aiilri's liiu-ons est dame et chuslelaine. 
(J. Bon., Smsnes, 30.) 

Cliitsletaiiie fu ja sa niere, 
Chastelain est encor son père. 
Mes grans povretes l'avironne. 
[La ClimMaiuL- de S. Cilles, H. .N. S37, f 114.) 

Amoureux Jherus, qui lensé 
Avez mon corps lie mort vilaine 
Et vous, dame, qui cltastelUiine 
Estes du ciel empcrîal. 

[Mil-, de N.-/t.. IV, 220.) 

— .\dj. de châtelain: 

.1. damoisel qui en sa main 
Menoit .i. destrier cJiasteîain. 

[Florimont, D. N. 702, f" T'.) 

I*us ad turn)' vers lui son destrier chastehin. 
[Boni, 3336, nis. Cambiiilge.) 

Cf. II, 85". 

t:iiAsTELEi\iE. mod. chàtellenie, s. 
f., seigneurie principale, de laquelle re- 
levaient plusieurs autres seigneuries de 
moindre importance : 

Chale/enie. (1260, Sle Croi.v, A. Vienne.) 
Chatelanie. :1281, A. K. J 270, pièce 19.) 

Nous faisons et eslaviissons nos procu- 
reurs por relever de l'église la castelhnie 
(le Francimonl hirelavie. (13.39, Ch. S. Lam- 
bert, n'> 623, A. Liège.) 

Noslre dit cliastel et chasteUeiiie de I.ong- 
\vy. (.lanv. 1378, liuc.hat de la chaslpllenie 
lie Lonr/wy, ap. Servais, Ami. histor. du 
llarrois, I, 496.) 

Cf. 11, 86". 

CH.vsTEi.ET, mod, châtelet, s. m., pe- 
tit château : 

Tirus s'en vait, ki erl lor sire, 
Fuiant s'en vait al cliastelet, 
poi de gent dcdenz se met. 

{Eiieas, 3720.) 

Ou il avoit un cliastelef petit. 

[Lu/l., Vat. Uib. 375, f« IS=.) 

Jnxta castelel de Pont. (1179, Cari, du Pa- 
nic.let, f° 234 v°, A. Aube.) 

Que il a sauveté le maint 
A un ca^leîet qui ert son. 
(CnBEST.. Perceval, ms. .Mons, p. 310.) 

Sor .\ube en une forte place 
A un castellet compassé, 

(\V*CE, Brlil. 120*1.) 

Un cris!elef ont contiefait. 
Qui hien ot x. tolsses de haut. 

[^îaiwnin, 2S76.) 

techaatelet. (127S, A. >'. S 45, i)ièce35.) 

En castelel a Paris. fl29l, Letl. de Ph. 
roi de Fi:, llartène, TlieL, 1, 1243.) 

Et comendaqne cil fust pris qui ce avoit 
l'ait, et mis en rhaslelet. (Ménestrel, J 3.i9.) 

Et par toutes les petites places et caslel- 
lels meirent desgens an nom du roy. (Mart. 
i.c Bell.\v, Méin., I. VIII, P 272 v"., 

t:iiASTE.ME\T, adv., d'une manière 
<-haste : 

diaslemeid vif, u voille u nun. 

{ l'ie de S. Gilles, 1003.) 



\ ivre l'iiastenienl. 

{Rose, 9049.) 
CJiestenient. 

[Ib., ms. Amiens, f" 13 v".) 

Chatemeiit. (LAURENr, Sonune, ms. (Char- 
tres, r° 64 r°.) 

CH.'1.STE^■GIEK, V. ChaSIAIGNIER. 

t:H.\STETÉ, S. f., état de celui qui 

garde son àme et son corps purs : 

Caslilé. {tlloss. de Cundies.) 

Chaas/eté. iDevita Chrisli,n. N. 181, 1'° 21 
r".) 

Casielé. W. Est., Tlies., Pudicilia.) 

Cf. Chastiîe, II, 84'. 

CHASTiAiiLE, adj. . ([iii dolt être eiiàtié, 
réprimé : 

Encor que cest erreur soit ehaitiuhle. (L\ 
Noue, Disc., p. 7.) 

f.H.vSTiE.ME^T, mod. châtiment, s. m., 
peine sévère infligée à celui qui a com- 
mis une faute : 

Faisant a cest elTecl oljserver nos eilits, 
a la conservation des gens de bien et chas- 
tieinent des ennemis de l'Estat et du bien 
public. (19 nov. tùSll, Lelt. miss. de Henri IV, 
I. III, p. 81.) 

Cf. Il, 86". 

<:iiASTiEu. mod. châtier, verbe. — 
A., punir sévèrement pour corriger: 

Ensi doit on traiter cliastoîer 
Qu'a tort honnist son signor droiturier. 
[Gavill h' Loh., 1^' clians., II.) 

Tais, glos lecbieres, dist Bertrans a Berron, 
Car lele espee me peut clii au giron, 
Dont je sai ben castoier un bricon. 

(llAiMB., Oi/ier. ii71.) 
Cf. Il, 86'. 

ciiASTiELiî, mod chàtieur, s. m., 

celui qui châtie : 

.Mnsi fist Dion. Timuloon, \ratns, et au- 
tres princes généreux, qui ont emporté le 
tiltre de (7i«s/îeH/'set correcteurs de tyrans, 
(liouis, Rép., II, 5.) 

Je pense bien que ces graiuls chcistieurs 
de séditions voudroienl bien <iue les sol- 
dats fissent de [derre pain. (IIraxt., Rudo- 
monl. expaign.. Il, 50. liuch.) 



Cf. Chastieiui, 



8 G". 



ciiASTRADi.E, mod, cliàtrable, adj., 
qui peut ou doit être châtré ; bon à cou- 
per, à élaguer, en parlant des bran- 
ches : 

Le eliastier des aigneanx n'est restraint 
a certain aage, estant ckusirables et les 
jeunes elles vieux de ces animaux, (0. nr. 
Serres, 322.) 

iiiiAs-TREii, mod. châtrer, verbe. — 
A,, rendre impuissant en mutilant ou 
en atrophiant les organes générateurs ; 
rendre stérile en mutilant ou en atro- 
phiant les organes reproducteurs; re- 



trancher les rejetons superflus d'une 
plante : 

Etesticulo, castrer. (Glo^s. lal.-fr.. B. N. 
I. 7679.) 

Et pour ce qu'elles (les lisses) ne perdent 
leur temps, les fait on chastrer, fors celles 
que l'en veult qu'il?, portent cbeaux. Et 
aussi une lysse chastree dure plus chas- 
sante en sa bonté que ne font deux lysses 
qui ne sont pas chastrees. [Oasl. Fel)., Maz. 
3717, f 29".) 

Aussi cause longue durée au pied del'ar- 
tichau, le clinstrer chacun an, c'est a dire, 
le descharger ou retrancher des jetions 
inutiles qui s'y mulLiplient : lesquels lais- 
sansallera volonté, causeroient l'abastar- 
dissement de toute la plante, (O. de Serr., 
VI, 6.) 

— Cliaslrer de» ruches, enlever une 
partie des abeilles : 

(0. de Serr., V, IL) 

— Chaatrer un vivier, le décharger 
du poisson surabondant : 

(I). DE Serr., V, 13.) 

— Réfl. : 

Une autre beste y a qui a nom cassidoire 
ou castor, mais quant on le chasse pour 
le prendre, elle mesme pour sauver sa vie 
se chnstre au.\ dens. (Le livre de Clergie, c. 
.XI.; 

— • Chastrc. part, passé, adj. et s., eu- 
nuque : 

Deux castres estoient avoec elle, telz gens 
gardoient jadis les chambres des roynes. 
(FossETiER, Cron. Marff.,ms. Brux. 1051 1, 
V, 3, 7.) 

— Dont les rejetons superflus ont été 
retranchés, en parlant d'une plante ou 
d'un fruit : 

Les Picars et llannuyers ont certaines 
pommes qu'ils appellent cliastrees, pourc.c 
(|ue leur graine n'a point de germe. (De 
l'INET, Pline, -\V, 14.) 

liiiASTKEUR, mod. châtreur, s. m., 
celui qui fait métier de chàti'er les ani- 
maux : 

Cusireiir de bestes. (7 août 1416, Reg.de 
la loy, I4I6-1'p24, A. Tournai.) 

llaistres chastreurs. (Choi.ieres, Matinées, 
p. 123.) 

<:iiAsiTitEL'.\, S. m., châtreur: 

A deus castreus pour avoircatré les cinq 
cerfs. (1500-1501, Qiiat. compte de lieit. .4i/- 
meric, A. S.-Inf.) 

Chatreuj- suis et bon enchanteur. 
Qui oste aux poullets la pépie. 
(Christ, de Bord,, Viii-let a luuer a tout faiee, Poés. 
fr. des XV et XVC s., 1, p. 86.) 

<:iiA!sviii.E, S. f., ornement que le 
prêtre met par-dessus l'aube et l'étole 
pour célébrer la messe : 

Infula, g. chesuble. iGarl., Brug. 540.) 
La chasucle l'avaske. (Inv. du très, de S. 



CHA 

Sauv., C.nvl. de S. Sauv. de Melz, lî. N". 1. 
100-29, P 67 r".) 

Ma. chamvle. (1263, Bibl. cliap. Resanç.) 

.XI. casures. (I)éc. ISS.*), Inventaire des or- 
nements de t'église de S. Brice, chir., A. 
Tournai.) 

Cliesiihle, chasuble, chdsible. (.loiw., S. 
I.onis; CXLIV, \V.) 

Lo chasuble osle qui csloit de satin. 

[Aquin, 3034.) 

Une chasuple a pennes de paon. (1314, 
\. .\. 1' 1354, pièce 823.) 

Vous le porterez a la yanierohe et la le 
laillerez Irestoul en mantelx el taherdes 
longues... cl aussi en mesnie la guise des 
rhausembles. (La manière de lam/une, II, 
;!84.) 

Infula, chassible a preste. [Gloss. de Sa- 
lins.) 

Kt la chasuble de lad. chappelle, pour- 
traicte a yniages. (1380, Inv. de Charles F, 
ap. V. Oay.) 

Une chesuble. (139J-96, Com/jt. de l'fl.-D. 
<rOrl., exp. comni. dom.) 

Une casiire blanque semée de besans et 
il'oiseles a lestes de besles d'or. (1401, Inv. 
lie l'é'jl. de Cambrai, ap. V. Gay.) 

Une chesib/e. deux aubes. (1403, liym., 
•2' éd. VllI, 295.) 

Une casiire, l'aubbe, l'amit, l'esloille, le 
fanon, el le coroye, .ix. Ib. (1" juin liOT, 
Exéc.test. de Marguerite lîocquetle, A. Tour- 
nai.) 

Chesibhs, lenicles. (1432, Enq., A. Ind.- 
l't-L.) 

Chasible. (Mars 1419, Compl. de René. p. 
300.) 

Casuble. (J. Chartikr, Chron. de Ch. VII, 
106.) 

Avant que soit deveslu de l'aube et autres 
ornemens fors la chansuble. (1468, Compte, 
llull. de la soc. liist.de Compiègne, 1,117.) 

Casuble. Casula. (Vocabulariusbrevidicus.) 

Chezuble, chazubles. (1 1 jan v. 1 499, Invent., 
i;. N. 22335.) 

Une chapsuble. (1501, lavent, de l'ihjtel- 
Dieu de Deaune, Soc. d'arcliéoi. de Beaune, 
1874, p. 125.) 

Acheter un chasuble. 
'■ l.e plaisant boute ftors fl'oysivet-^, Poés. fr. des sv* 
el ITI" s., t. VII, p. 18t.) 

Ung chasible. (Robe d'Anne. lîev. prov. 
iiuesl, juin. 1854.) 

11 déposa son chasuble. (A. Le Gr.vnd, 
Siainls de Bret., p. 272.) 

ciitsuiii.iKR. s. m., celui qui fabrique 
et vend des chasubles : 

Chasubliers et chengeeurs, 
Allez quérir voslre part 
A la queue de Uenart. 

( Queue de lîfnart.) 

— Féin., ckasiililirrr. femme qui fa- 
brique ou vend des chasubles : 

l'our la paine de une chaisabliere. (1449, 
Compte de .S. Sauveur de Blois, \i. N. 6215, 
f 25 r".) 



CHA 

CIIASUCI.E, -IPLE, -IVLE. 

BLE. 

t:iiAT, S. m., animal domestique qui 
prend les rats et les souris : 

Li goupis vers le cJtat s'escrie : 
Or al ge raesfier de t'aie. 
Li cliaz respont : .\ide toi. 

(MiHiE, Ysopet, B. ,N'. 1915}, P 24'.) 

Bien seit chaz cui barbes il loiche. 

(Id., Fabl., 20.) 

Will, de Tintiniac, 
Qui unques n'ama chat en sac. 
[Uist. de Guill le Maréclial, 4743, P. Meyer.) 

Li fiz au chat doit prendre la souris. 

[Arioliml,f. 170, ap. Duc.) 

Que ore avoit li rois d'Espaingne esveil- 
lie le chat qui dormoit. (.Ménestrel, J 119.) 

Kiens, cas, rates, soris. (Citron, des Pays- 
Bas, p. 176.) 

— Chat cornu, hulotte : 

Je croit que on mengue point aigles ne 
grifons ne ras cornus ne chue lies. (Vialoo. 
fr.-llam., !° b\) 

— Prov., jekT le chnl nu.v jambes, 
mettre des bâtons dans les roues : 

Lors qu'ils sont au plus haut degré de 
la roue de fortune, el qu'ils pensent eslre 
en possession paisible de la faveur des 
roys et des princes, l'ennemy leur machi- 
nera quelque chose, el \cur g'ellera le chat 
an.r jamiies, etieur fei-a jouer a buute hors. 
(Bo.iïSTLAL, Thédt. du monde, III.) 

Le duc de Bourgongne, en haine du duc 
d'Orléans, prince dauphin (tous les servi- 
teurs duquel il hayssuit) jelta le chat aux 
jambes, comme il se dici, au seigneur de 
iMontaigu. (L'Estojle, Méni., V p., p. 6.) 

Quand on voyoil qu'il (ce pape) estoit trop 
furieux, et qu'il se desbonloil trop, voulant 
troubler le monde, on luy jeltoit ce chat 
aux jambes, de dire qu'il esioit hérétique. 1 
(Gentillet, Disc, sur les moyens de bien gou- 
verner, p. 448.) 

Daire averty de telle audace luy jecte im ' 
autre chat aux jambes. (Saliat, Her., 4.) 

— De même avec le pluriel : 

Cependant le pauvre Perrin estoit igno- 
rant de ce qu'on lui brassoit et des chats 
qu'on Utyjettoil aux jambes par lettres en- 
voyées par dessoubs terreau nom de plu- 
sieurs de la secte caMaiie. (Holsec, IliH, 
de Calv., ch. xvii.) 

— D'une man. anal , donner un dan- 
gereux chat par les Jambes, parles pat- 
tes, à quelqu'un : 

Pour se venger, elle me donne un dange- 
reux chat par les pattes, pjeparee a accuser 
ce (lue je ferai. (Aun., Ilist. unie, 1. V. c. 
II, éd. 1626.) 

— .\cheler chut en sac. acheter chat 
en poche, acheter sans voir au préalable 
la marchandise : 

Cat en nac a vou.t acaterole 
Se sans as tel escange pvcudroie. 
(A. DE L* Halle, il. N. Î5366, I' 21 V.) 

Elles peuvent alléguer... secondement 
sans nous, qu'on acheté chat en poche, que 



CHA 



59 



Chasu- l'action a plus d'elTortque n'ala soulTrance 
(JIo.nt., 1. III, ch. v, r 388 r», éd. 1588.) 

Elles peuvent alléguer... secondement 
sans nous qu'elles achètent chat en sac. Ih). 
té., p. 69, éd. 1595.) 

— Avant que les chats ne soient chaiis- 
■lés, de très bonne heure: 

Vous estes donc sorties du logis avant 
que les chats ne fussent chaussez ? C'estoit, 
comme je croy, de peur des mouches. 
(TouRNEB.,/e* Contents, II, 2, anc. Th. fr., 

— Fourrure de chat : 

Pour les pourlilz de dessoubz 12 chas va 
lent 43 s. p. (1380, Compte rog. de Guill. 
lirunel, ap. V. Gay.) 

— Chat de feu, peau de chat domes- 
tique: 

La douzaine de chaz de feu, .iv. d. (Compte 
de-i foires de Troies, ms. Troyes 365.) 

— Chnt de bois, peau de chat sauvage: 

La douzaine de chaz de bois .viii. d. 
(Coût, des foires de Troies, li tonneusdela 
peleterie, ms. Troyes 365.) 

— Machine de guerre : 

Li Franchois fisent faire uns autres en- 
giens que on apeloil cas, et carchloies, ei 
truies, pour miner as murz. (Robert nr 
Clarv, p. 55, Riant.) 

Dont fist Hues d'Aire faire un cal, et le 
fist bien cuirieretacesmer. (Henri DE Val.. 
S 674.) 

El devoil faire .i. dragon de bois, lequel 
il empliroit plains de cas quieri|uies de feu 
grigois. (C/i/-o«. des Pays-Bas, de ri-ance,e[c. 
liée, des Clir. de Fland., 111, 134.) 

Pour trouver manière de gaingnier la 
dicte bastille, furent fais quatre engiens, 
c'est assavoir deux chasel deux grues. (Ma- 
thiel d'Escouchv, Chron., I, 317.) 

Quand les Liégeois approchierent leur 
chat, il y avoit ung mervilleux assaull. 
(Trahis, de France, p. 201.) 

Cf. Il, 88\ 

ciiAT.4L,v. Cheptel.— CH.^TARATOA, 
v. Cataracte. 

ciiATE, mod. chatte, s. f., femelle du 
chat : 

Chute noire a souef poil. 

(Proi'., ap. Ler. Je Lincy, l, ISG.) 

— Espèce de bâtiment de transport 
ou d'allège : 

Faites tentera toutes conimodilés ou les 
pinasses ou chattes ou vaisseau. (Hiciiel., 
Corr., 15 sept. 1627, II, 599.) 

ClIATEAL-, mod., v. ClIASTEL. — CIIA- 

TEMEXT, V. CiiaSTE.MENT. 

<:iiATEMiTE, mod. chattemite, s. f.. 
personne doucereuse ; 

La tournelle en chutemite. (1295, .loixv., 
Lett.) 

Ha ! chatennttes ! 
Je sçay bien que en riant mordez ! 
r.HiNGOKE, Jeu du prince des sotz, Moralité, I, Î59.; 



f)0 



CHA 



l.'un simple en ses propos fait de la cliatemite. 
(Macny, Sousp., LXXIV.) 

Si l'aiil il (|uo JL'ilie ce mol, comme Jes- 
piiis qiioli|iie temps, et priiicipallemcnt îles 
la création lie la ligue, s'eslrvei'entcertains 
scrupuleux, ou, pour mieux dire, fines 
rlirillemil'ei censeurs, qui se mirent l'orl a 
crier et brailler contre les gentilshommes 
qui tenoient les biens d'église. (Brant., Ca- 
pit. fr., Kraiiç. I.) 

Cf. 11, yo'. 

t:nATEiiUTKRiE, moil. chattemitterie, 
s. f. , action de cliattemite: 

Ifaulres font les scrupuleux par une 
vrave cliiileriiilli'iie a lin de sembler plus 
.saiiicls. (La Not:r, Disc, p. 77.) 

Cliatemtlerie, hypocrisie. (liriez. Dicl. /)■.- 
ullem.-lal .) 

cnATEMiTESSE, S. f., femme de clia- 
temite : 

La sont belles et joyeuses hypocritesses, 
vhatlemilesses, hermilesses. (Iîab., Quart 
livre, ch. i.xiv.) 

«-.IIATEAGNE, V. CfUSTAIGNE. — tlIA- 
TIIOLIKE, V. C'aTOLIOUE. — CHAT 

iii'AXT, mod., V. Chahuan. — chatie- 

MEIVT, V. CllASTIE.MENT. — «'.IIATIER, 

inod., V. CHASTiEn. 

CHATIERE, .S. f . , petite ouverture pra- 
ti([uée au bas d'une porte pour laisser 
))asser les chats : 

No clés, ne barres ne redoutent, 
Ainz s'an antrent par les fandaces. 
Par l'hatierefi et par crevaces. 

{Hose. B. .N. 1Ô73, fo 134^.) 

CH.ATiEi'R, mod., V. Chastieur. 

ciiATii.LoiN', S. m., nom vulgaire du 
lamprillon : 

Aux rivières el ruisseaux on pesche de 
|ietiles lamproies qui ne pourroienl aucu- 
nement eslre venues de !a mer. (Jn les ap- 
pelle lamproions ou laniprillons. On en 
vend beaucoup a Thoulouoe. ou on les ap- 
pelle rholi/loiis. (L. JOLin., Hiat. de-f poiss. 
lie RoiiiL. Des poiss. de riv., ch. xxi.) 

CHATI.MEXT, mod., V. (_ II VSl lEMENT. 

CH.AToiLi.AXT, adj., i|ui cliatouille : 

Ce n'c'^t ainsi qu'on repousse 
La chatonilUiHie secousse 
Dont cet enfant nous abat 
Dessoubz l'amoureux combat. 

( Tahl'REAU, l'ué^., a une deuioyselle qui Lrulla les 
Amours de .!. A. de Baif.) 

CHAToiLLEMEîVT, iTiûd. chatouille- 
ment, s. m., action de chatouiller; sen- 
.-ation qu'éprouve celui cjui est cha- 
touillé : 

Tout ausiavient il que la matière dessus- 
dite quant elle êït esmeueet elle passe par 
les membres sensibles engendre en ce ausi 
comme une manière de caloiillemeiit dont 
delectacion excellente s'ensieut. (Evrart de 
CoN-ry, Probt. d'ArUt., B. N. 210, f" 91".) 



cn.v 

l'ijur la délectation qui vient de tel ca- 
touHement le cuer se dilate. (lu., ib.) 

Titilacio, caloullemeni. (Gloss. lal.-fr., B. 
>'. I. 7G79, f° 256 v°.) 

En relencion de mcnsirus femmes dési- 
rent plus pour le gn/illemerd. (B. de Gord., 
Pruliq., VII, X.) 

Chatouil/emens delà chair. (Lanouk, Disc, 
p. .MO.) 

ClintiiiUi'inent. (.L G. P., Occiitl. merv. de 
iint., p. iiO.) 

CHAToiLLiER, mod. cliatouiller, ver- 
be. — A., soumettre à de très légers at- 
touchements répétés, sur certaines par- 
ties du corps : 

CliatolUer. 
(G. DE CoiBcl. Mil-., ms. Brus., f" 100°.) 

Tililo, catil/er. (Gloss. Inl.-fr., B. N. I. 
7679, f 2:16 V.) 

Titillare, ciilelier. ((llos.". de Douai.) 

Nous cateiUcyoHS son visage. 

{Myst. de la pa-ss., ms. Airas, t° '![.] 

- Fig. 



CH.\ 



.\bsol. 



Las ! ipie volois je ! 
J'ai eu mal corage ; 
.\voir me catoUloit 
Dont j'avoie a outrage. 
{Comptaincte de Pierre de ta Brosse. ) 

Sa mère le chatouillait bien ou il se dé- 
mangeait. (Marc. d'.\xg., liept., -W nouv.) 

.le ne pense sinon a mes petilz jeux me- 
nuz plaisirs... el entretenir ces jeunes da- 
mes... a voltiger par leurscerveaulx el leur 
ckuloiller leurs tendres mouelles, et délica- 
tes entrailles. (B. Desi'ER.. Cyrnbiil. Mund., 
dial. 111, p. i:'.-2, éd. 1732.) 

Quoi vovaiil le pauvre Maurice, mesnie 
qu'il sentait desja la dague (7i«(ii(((//e;' son 
gosier, poursauver savie fut contraint faire 
ce qu'ils ont voulu. (Lariv., le Laq., IV, 2.) 

C'est bien raison, que chacun aussi bien 
que moy s'esludie a les louer, tant pour 
ce qu'ils en sontdignes, qije pour cluilouil- 
ler la noblesse chrestienne d'embrasser 
leur exemple. (Tiievet, Cosmogr., I, 14.) 

Mignutise chatoule et froyc 
Dame qui n'a seing ne besongne. 
(R. Gaguin, Passe temps d'oysirelè, Poés. fr. des XT" 
BtXTI" s., VU, 236.) 

Les Espagnols ne Irai lent pas plus fidè- 
lement avec les Anglais, mais ceux-ci pren- 
nent pour argent comptant toutes les pro- 
positions qui les clialonillent , et avec 
lesquelles ils peuvent tenir leurs voisins en 
jalousie. (.Ieannin, Nér/oe.. p. 320.) 

— Par extens. : 

Alfin de résister aux cruels assaulx dont 
le très dur vent de bise pretendoit les cu- 
tellier. (.1. Molixet, Chron., ch. ccnii.) 

Les oreilles nous rlinloui/le/il à'ur\c vaine 
curiosité. ((;alv., Serm. s. les Ep. à Tim., 
p. 280.) 

— Irriter les désirs : 

Caltoillcr, enllammercn luxure, tilillare. 
(1464, Lauadelc, Catlioliion .) 

Duquel les yeux eslincellaus ...denoloient 
assez son appelit sensuel estime cateillé d'un 
désir non caste. (Le Maire, Illuslr., I, 33.) 



L'une cateille, l'autre rit. 

ilienarl le nouvel, 6910.) 

Calou/ler — to ticket. (Du GuEZ, à la suite 
de Paisgr., p. 940.) 

Je roulle, je culoulle, je fatroulle, je bar- 
boulle. — I stare. (In., p. 1009.) 

— Réfl. et fig., s'exciter: 

Le pape aussi se cltutonillant sur les des- 
seins d'aucuns qui n'aimoient point les 

\ François... acquiesça au conseil mis en 
avant, qu'il l'alloil chasser les François de 

1 l'Kstat de Milan. (Bei.lei-obest, Chrou. et 
ann. de l'ranre, François 1"', an 1.V2I.) 

— Se laisser chatouiller d'une chose, 
se laisser amorcer par iiqch. : 

I Je vous diray encores que si sur les dif- 
ficultez qui peuvent intervenir en ce Iraiclé 

j vous recognoisses les conseillers du dict 
roy eslre capables et disposez de se laisser 

I c/(«;o«(7/e)'elrechercherrfe ceste ouverture, 
ne perdes l'occasion de leur en donner le 
goust, pour les attirer, s'il est possible, a 
y entendre, (22 juin 160i, Leit. miss, de 
Henri IV. t. VI, p. 258.) 

— Par extens., harceler, attaquer, au 
propre et au fig. : 

Quant ils furent en lieu convenable pour 
leur donner altaincte, ils les cliatilloient 
de picques, instruments et attrapes a ce 
propices. (J. .Molinet, Chron., ch. cxci.) 

Il n'esloit guère jour que les Anglais ne 
nousvinssentc/i«to«(7/e/' sur le descendant 
de la mer. (Momluc, Comm., 1. II, p. 129.) 

Les Gaulois avoienl inalement fortifié (ce 
village) de trenchiz el boullevers, et s'es- 
toit la retraite une grosse compaignie pour 
catillier les Picards d'Audenarde. (Moxs- 
TBELET, vol. III, r° 44, ap. Sle-Pal.) 

Envoy devant pour regarder le maintien 
des ennemis, et pour les catiller. (Ménaue, 
Dict. étym.) 

— ChatoiUié, p. passé pris au fig. : 

Si peu convoi teux el si peu chatouillé de 
l'honneur de telles cérémonies. (l)'(tsSAT, 
Lett.. 29 d'aousl I.J98.) 

Cf. ( 'UATILllEIt, II, 91». 

CHATOiLLOs, mod. chatouilleux, adj., 
sensible au chatouillement ; sensible à 
la plus légère atteinte, au propre et au 
figuré : 

Sagez soiez en voz failz et counlrefetez 
le siècle qi tant est wychose et catiltose. 
{Tr. d'Ecouom. rur., xiu" s., c. m.) 

Parties caluulleuses. (Evb.deCostv, Probl. 
d'Arist., B. .N. 210, T i03'.) 

Tilillicus, cntoulleuls. (Gloss. lat.-fr., B. 
N. 1. 7679, f- 256 \\) 

Quant il ont froté, esmeues el eschaufees 
les parties cn(oi7/eHSM, ceulz qui les veulent 
catoiller ne leur font mal. (Uresme, Elh-, 
B. .N.201. f» 501".) 

Il hiy sembloit que ses subjecls estoienl 
un peu chastonlleu:c a entreprendre auc- 
toritè quand ils verroient le temps. (Gomm., 
VI, 7.) 



CHA 

Pelit quignet, retraict et place 
De souveraine volupli", 
Ou se musse la voulentè 
De cJtafoiiilleiise jouissance. 

(D. Despeb., flec. desœuv., p. 81.) 

Kl pour ce qu'il y a eu des clinlouilleux 
en ce temps, qtii eslinians que le sçavoir 
ne fusl qu'en leur leste, et que l'antiquité 
eust esté quelque agede lounlerie, uni eu a 
mépris les anciens. (Belleforest, Citron, el 
iinn. de France, be la majesté des roys de 
Krance.) 

Me fiant a je ne sçay quelle trêve, qui 
\enuit d'estre publiée en nos armées, je 
m'aclieminay a un voyage, par pais estran- 
genu'Ml clutloinlleux. '(.Mont., I. lil, ch. xii, 

11. 101.! 

Tant ait il l'espilt chalouilleux. 

(Tahur., Po^'S., 2" p., p. 46.) 

En un pays assez chatotiilleu.r. (I.j juin 
1B07, Leit. miss, de Henri l\\ t. IV, p. 786.) 

— Fig.. délicat, qui réclame beaucoup 
de circon.speclion, qui pourrait facile- 
ment e.\citer des susceptibilités : 

L'nc matière si iltaUjui//ense.(C\i.\.,LeU . 
l. II, p. 451.) 

Lesplusr/i';;oH(//(?«S(?v-negociations.(Auii.. 
ilém., append., prêt., 1" éd.) 

En faici si chatouilleux il ne faut compagnie. 
(Laspiirise, Xouv. Tnujic, p. 47.').) 

Choses frivoles dont personne nesedoibt 
scandalizer s'il n'a les oreilles bien chnlonil- 
leuses. {.loAcii. uu Ukll., Lelt. an curd., 31 
juill. 15.^9, ms. Ec. méd. Monlp.) 

1. c:ii.\TO.\, s. m., jeune chat : 

Qui prendroil, Maux tilz. un cheinii, 
Qui onques raie ne raton 
Veu n'avroît. 

{lîose, Corsini, f 94''. ) 

Un ciiaton. 

ilb., 14241, MéoD.) 

Car je sçay bien que lu es un cliatton. 
(11. Despe»., Po''S., a mou petit et gran.l inny RahoH 
de AD.ioille, Jlec. des aiwres de Ben. IJesiier. p. 
111, é,l. 1344.) ' ' ^ 

CItulo», petit cliat de laicl. (.Monet.) 

— A chatons, à quatre pattes, comme 
les chats : 

On n'i-nlre dans celte grole qu'n rhatons. 

(MOXET.) 

— Epi long et flexible ressemblant à 
.la queue d'un chat, dont les fleurs sont 
incom))lètes ; 

Les rimions ilii ciiiidrier. (i). de Seiui., 

Ood.J 

Chulon, jeton de certains arbres, a guise 
de queue de pelit chat, ijui précède la fleur 
delarl.re, ou tient lieu de fleur, el croisl i 
enhy\er, et lombe quand les arijies corn- ,' 
menceni a hourge.jner. r/)nAjH de noyer, el : 
avellenier, ou coudrier. Chaton de cliesne 
Uialon d'arlues purlaus pommes, a guise , 
de pin. (.Monet.) j 

i. <:iiATox, s. m., tète d'une bague, 
partie saillante où est encbàs.sée une 
])ierre précieuse : 

J'ai en ma main un tel anel. 
Deux pieres a ens cl casttin. 

{.Uetion, 155.) 



CHA 

El biaus chastona a quatre quierres. 
{nose, 2I'J60, .Micbel.) 

l'n c/iaaton d'or pour ycelui fermai!. 
;i3i2, Coinpf. de La Font., Compl. de l'ar- 
gent., p. 127.) 

•El y fault .su. rlmulom (à la couronne) 
ou il a des pierres telles que dessus. (1462, 
A. X. M 80.) 



CHA 



61 



CIIATOIVER, V. 

chats. 



faire 



petits 



— .\p])liqué, par extens.. a. une fem- 
me : 

... Voslre fille est enceinte 
A catonKer ce premier moys. 
1 [Farce de Jolyet, Ane. Tb. Ii., 1, 58.) 

[ Cf. Il, 9l\ 

j cii.\ToriLL.4UD, adj.,qui chatouille: 

El puis on sent venir le feu 
Do la chat-juillarde amourette. 

(JOD., EutJ., 1. I.) 

<:n.\ToriLLEuit, S. m., celui qui cha- 
touille: 

I C/iaioM/Z/e!;/-, tilillalionis anclor. (Monet. 

I cHATOuiLLoiR, S. m., la place, sous 
j les aisselles, où l'on est le plus chatouil- 
leux : 

' Titillic, ouc/)n/o«î7fo/c, est lelieu dessoiis 
les aiscellesou l'on esl le plus chatouilleux. 
I (Join., Inlerpr. des dir.t. anal.) 

Avicenne ne met que deux sortes de dis- 

j locations de la sommité de l'espaiile, sça- 

I voir esl a la part inférieure domestique 

vers le chatouilloir parce qu'elle s'y fait le 

plus souvent... (lu., Or. chir., p. 404.) 

CHATOuiLLURE, s.f., chatouillement: 

Elle me vient resveiller 
Par petites chatouillures 
Et mignardes mordillures, 

(G. Durant, Imil. de Bonnef.) 

CHATRE, V. Charte. — cilatrer, 

CHATREl'B, mod.. V. CuASTRER, ChaS- 

THEUR. CHATREU.X, V. ChaSTREUX. — 

CHATRIER, V. ChaRTRII'R.— (;IIAT-UA\T, 
V. ChaHUAN. — ClIAL'tlE, V. ChaI.CË. — 
CHAUCEE, V. ChaLCIEE. — «.:|IAU<:HE 

TRAPE, V. Chausse trappe. 

CHAi-çoN, mod. chausson, s. m., 
chaussure de dessous, en étoffe moel- 
leuse, qu'on met, pour avoir chaud, sur 
ou sous le bas : 

Uns chamberllens i esl corranz venus, 

Braies li porla e chuurons ben cosuz. 

(/(ûw. d:-ile.r., ujs. Ars., P. Meyer, p. 30, v. 243.) 

Chances et choçons. (1263, Constil. de la 
mais. D. de Trot/es, X.\l, A. Aube.) 

Ouicon()ues est cliauciers a Paris, il puel 
fere chances de soie elde toile, souzchaux 
et chauçons. (Est. Boh.eal', Liv. des mesl., 
l" p., I.V, 4.) 

Chances et chaussons. (Guide ■■pirit ms 
Angers 253, f" 10'.) 

Des dras, quaucos et qiiaiiçons. 

(la Viellele, B. N. 373, !' i95=.) 



Soccus, chuusson.y(il.l.-fr.,[i.\. \. ,S-426.) 

Pour paires de rhaucons qu'il a livres 
pour nous. (1370, Mandem. de Charles V 
n" 1314.) 

Chausse ne chasson. [Li Lirre de rraie 
sapience, ms. .\ancy 272, f- 26 v°.) 

De bons barnois, do hon% chauçons velus. 
(l'IusT. Descii., Poés., V, 99.) 

— .Soite de plante : 

Ancholies laiil simples c|ue iloiibles se 
demandent en lerre grasse et bien amen- 
dée : les latins les appellent calaliana, el 
le vulgaire fran(;ois des chaussons. (LiE- 
BAUI.T, p. 281.) 

CHAUD, mod., V. ChaLT. — CHAU- 

} DEAi;. cHAiDEi., mod , V. Chai.del. — 

I CHAUDEMENT, luod., V. ChaLUE.MENT. 

CHAur»ERo\>É, adj., noir et sali 
comme un chaudron : 

La peau du dos martelée, chaud e i onnee, 
. fi-asillee encouscaillet qui se lire. (Triumph 
de darne Ver., p. 94, Montaiglon.; 

j cHAuniERE. mod., V. Chai.diere. — 
J <:HALDito\, mod.. V. Chai.deron. 

cHAUri-AGE, s. m., action de chauf- 
fer : 

l'or faire busche a son rhaufaye. 
(Pean Gatineau, Vie (le s. .Martin, p. 110.) 

Bois pour le chaufage du chaslel. (1317 
A. .\. JJ 50, 1° 36 r".) 

Boiz pour chauffage des cheminées. (Mars 
1388, Ord., Vil, 77o.) ^ 

Et ne pourront iceulx preneurs abattre 
poinl de boys droit pour leur chaulfaqe. 
(1396, A. N. MM 31, f" 222 v°.) 

Bois (le chauffaùje. (1418, Dénombr. du 
baill. de Consteulin, A. N. P 304, f 154 r".) 

Il coppoit branches el lisons 
Pour le chauffaige de toutes ses maisons. 
{0. DE S. Gel., Eneid., B. N. 861, f» 73''.) 

CHAUFFAXT, adj., récliauff'ant : 

L'occasion de ce desordre est excès en 
choses trop chauffantes. (Jour., Err. pop. 
2' p., ch. III.) 

CHAUFFECiRE, S. m.,oflicierde chan- 
cellerie qui avait la charge de chaufl'er 
la cire pour sceller : 

Les emolumenz du chau/'ecire du scel 
(1319, A. .\. K 40, pièce 23.) 

Jehan, dit Caufferhire... d'autre part. 
(1331, Cari, de l'ab'j.S. Médard, Bouge liv 
r 242 v°, A. Tournai.) 

Es dictes foires avoit ung c/( a u/fecire qui 
scelloit el payoit la cire. (Coust. des foires 
de Champ., Cart. Caill.,Bib. Provins.) 

Créer et ordonner un nouvel chauffecire 
en nostre chancellerie de l'rance. (1423, A 
iN. JJ 172, pièce 194.) 

Ne n'esloil mémoire d'ome que oncques 
en ladicte chancellerie eusl plus ou moins 
de quatre chauffecires, el aussi es cham- 
bres des comptes du trésor de la chambre 
aux deniers. (1425, A. .\. JJ 173, pièce 313.) 



62 



CHA 



CHAUFFE LIT, S. m., bassiiiuire; boule 
d'eau chaude ; 

Un rhiiu/felil d'arain. (1471, Inv. durai 
Heiié à Angers, ap. V. Gay.) 

Chaufeliet. (Dai.f.sch., Cliir., p. (i82.) 

Chniife lit. bassin a chaiifei- le lii't. (>lo- 

NET.) 

ciiAUFFEii, verbe. — A., rendre 

chaud : 

Mes espirizev/ chmifez. (Diul. H. Amhr., 
ms. ICpinal.) 

Le haig cJiaiifa. 

(Du fotfor, B. N. 1915-2. col. 1.) 

l'oiu- rhaii/fer et l'aire chauffer ses tours. 

;i3n, .\. N. .1.1 :>i\ f 37 v".) 

— Réfl. : 

Se chaufciienl fie celé bûche. lEuq. contre 
Rob. Orl., A. N. J 1030, pièce 6t.) 

Pierron, ki se chafieuet al feu. 
{Fr.cle lu Pass., Lorr., Mém. de ['XciiA. Jes Inscr., 
XVII, 745.) 

CHAUFFERETTE, S. f . , récliaud formé 
d'une boîte à couvercle percée de trous, 
où l'on met de la braise allumée, de la 
cendre, et sur laquelle on pose les pieds 
pour les chauffer; anc, bouilloire, syn. 
de chanfete : 

Une chauferele. (1379, A. N. MM 30, f° 135 

v°.) 

Coffrete. (25 mars 1392, fier/, du Chûtelel.) 

Une chauffrete ou lavoir a mains. (/6., 
II, 463.) 

Une choffrele ou lavoir a mains. (/6., 
466.) 

Vue chauferele de cuivre a laver mains. 
(Vente des tiiens de Jucques Cœur, A. N. KK 
328, f°3l4 v".) 

Chauffrete. {Compl. de René, 1471-72, p. 

277.) 

El s'en alla .i une chofferette 
Sur UQg landier. qui n'estoit guère nette. 
Pour mieulx sembler le plaisant et nouveau, 
Il voulut boire en en faczon d'ung veau. 
(BouRDiGsÉ, P. Faif., ch. XII.) 

Cours a la prochaine maison avec la chauf- 
ferette, et nous apporte un gros tison. (B. 
J.\MiN-, Dialorj. de J. L- Vives, f" 75 r".) 

— Chauffoir : 

2 grandes chaufferettes a deux étages 
pour chaulTer les pauvres. (1572. A. M.-et- 
L., E 96, (' 32.' 

CHAUFFOIR, S. m , Heu où l'on vient 
se chauffer, asile pour les pauvres dans 
un hospice; anc, syn. de chaufoire: 

Fourmes, scelles, aes,bacins, (.7(aH;7''-'"f'"s- 
(ta Manière de langage, II, 381.) 

CHAUFFOURKIER, V. ChaUFOUHNIER. 

cH.Ai'FFL'RE, S. f., partie qui s'écaille 
dans le fer, l'acier trop chauffé. 

Cf. Ch.\ufure, II, 97«. 



CHA 

CHAUFOUR, S. m., four à chaux; lieu 
où l'on serre la provision de bois, de 
pierre à chaux, etc., pour le four : 

Ensi con se fust uns canffors. 
(GiUT. DE Mes, Ym. du monde. B. N. I5c3. f' 182 v'Jj 

Li foretiers a l'endemain 
At fait le chaufor de sa main. 

( Vie dex Per., Ars. 3641, T» 87''.) 

Se cil acliaufor. {Digestes, ms. Monlp.,f" 
108".) 

Pour un raufunr.(\2{)i, A. N. KK 393, P 
12.) 

El pourront s'il leur plaist faire chauffour 
et luillerie et faire cuire lesdilsc/iau^oMcs 
et tuilleries de iceux bois usaires. (1311, 
//. de Meaux, II, I9i.) 

Par Malion, bon serrles tout rais en .i. cautfottr 

(S. de .Selr., XII, 456.) 

Sale, celer, la maison de chauffeur, la 
grange, la vacherie. (1400, Terrier S. Di- 
dier, P 68 r", Arch. hospit. Nevers.) 

Admencr pierre on baille pour faire ung 
chaulfour. (1416, A. Meuse, B 1532, P 65.) 

Pour charier la chaux desdiz chauffeurs 
jusques sur le lieu de ladicle chappelle. 
(1470, A. N. K 272.) 

Plusieurs laignes d'aulnes, desquelles il 
en a vendu aucunes, et les autres mené a 
ses caufours cl briquclries. (Coût, de Lan- 
drecies, Nouv. Coul. gén.. Il, 269.) 

Et plaça si couvertcment ses troupes 
près d'un chaufour assez voisin de ladite 
place, (|ue... ((^.iiEvicnNY, Mém., an 1597.) 

CHAi'FOURiviER, S. iD., ouvricr qui 
travaille dans un four à chaux : 

Coram Wicardole Caufornier. (1200, Car- 
tul. de S. Médard, Mém. de la soc. hisl. de 
Tournai, XI, 131.) 

K'il ne fuist nus, ne liaus, ne bas. ne pe- 
tis, ne grans, ne cauif'orniers, ne autres, ki 
a home estragne, Id cauch amaine en Tor- 
nai, pour vendre, face honte ne vilenie. 
(26 avril 1276, Reg. de la loy, 1275-1276, f° 
13 r°, A. Tournai.) 

Le karete a Uiaumc le caufourier .m. 
jours. (1291, Trav.p. les cliAt. des c. dArt., 
A. N. KK 393, f" 9.) 

Jehan le cliauffourier. (1328, Compte de 
Odart de laigny, A. N. KK 3% P 12'.) 

Le chaufourier. (Ib.) 

Ilannol le caufourier. (1350, .\. N. JJ 78, 
P 57 r°.) 

A Jehanin Jlangruiesel et Jehan Clerc 
chauffrouiers pour.vi". et.xii. quartaul.v de 
chaulx. (1426, Comptes de .Wevers, CC 30, P 
9 v°.) 

A Pierarl Pantin, caufournier, pour .\ui. 
niuys de cauch, qu'il a livré a laditlc ville, 
en laditle .xv". et qui ont esté employés a 
faire ledit mortier. (1467-1168, Compte des 
Fortifie, 13' Somme de mises, A. Tournai.) 

A Jehan Paumeran, chauffourrier, pour 
.xxxvi. muis .vu. sextiers de chaux vive. 
(1470, A. N. K 272.) 

Marchant caufourier. (6 avril 1572, chir., 
A. Tournai.) 

Y vont veoir mesurer la chaux des le 
grand malin, et sert cette veue pour reco- 
gnoislre toutes les mesures des chaux 
fourriers. (1610, Puii.. de Hurges, Mém. 



CHA 

d'escheoin, Mém. de la Soc. hisl. de Tour- 
nai, V, 220.) 

ciiAi'i'OVURiER, V. Chaufournier. — 

CHACLDE TRAPPE, v. Ch.MSSE TRAPPE. — 
CHAULDROIV, V. ChALDRÛN. — CH.AULME, 

V. Chôme. — chau.mable, v. Chomable. 

CHAUMAGE, S. m., actiou de couper 
ou d'arracher le chaume qui reste sur 
le sol : 

Hz devront livrer sur la place a leur char- 
roy, missions et despens tout le chaume 
qui sera besoingpour les maisons couvertes 
do chaume, mais nous devrons paier le 
chaumage. (1393, A. K. MM 31, P 134 V.) 

Choulmnge est le soyer de chaulme. Ca- 
lami secatio. (Nicot.) 

chaume, s. m. et f., paille du blé, du 
seigle : partie de la tige qui reste sur 
pied quand on coupe le blé, le sei- 
gle, etc. : 

S'est toute coverte de chaume. 

(Rose, 6132.) 

Cheuume. (1336, A. N. JJ 70, P 67 v°.) 

Pour la chaume qui y esl courte. (Modus, 
f 127 r°.) 

Caume. (1376, Terrier de la poterie Ma- 
thieu, P 30 r-, A. Eure.) 

Cf. II, 98\ 

1. CHAUMER, V. Chômer. 

2. CHAUMER, V. a., dépouiller du 
chaume qui reste sur pied après qu'on 
a coupé le blé : 

Doyvent lesdiz preneurs chaumer lesdites 
terres a part pour faire litières. (13.55, Reg. 
du chap. de S. J. de Jérus., A. N. MM 28, P 
16 v°.) 

■ Recouvrir (les mesons) de chaume tout 
autour, et fere chaumer le dit chaume. 
.xLviu. s. (1392-1400, Compt. de l'hôt.-D. 
d'Orl., P 35 r".) 

— Chaume, p. passé, couvert de 
chaume : 

Dessous un toict chaume 
Fut conlreint de loger. 
^G. ou Buvs, l'Oreille dupnnce, f" 14 v'.) 

Cf. II, 98'. 

chaumier, adj., où l'on a laissé le 
chaume : 

Les terres chaulmieres doivent estre tant 
de fois labourées et relabourees que la terre 
soit toute en pouldre afin qu'il ne reste 
aucunes mottes a quasser après qu'on aura 
semé. (Cottereau, Colum., II, 4.) 

Les phaseols viennent es terres chau- 
mières. (LlEli.VL'LT, p. 651.) 

— S. m., tas de chaume : 

Il rompt sa lance contre la muraille, on 
la fiche dans le ventre d'un chaumier. (Mer- 
lin Cocc., m.) 

chaumiive, s. f., petite chaumière: 



CITA 

Chaumine. A llinli-lieil cole, or cabbin. 

(C.OTGR.) 



Cf. Chaumine, adj. f., II, 98^ 

CHAIHETE, V. CfUIlEÏE. — 

SEMKLE, V. Chasuble. 



«IIAf- 



CHAiiss.4.GE,s. m., actioii de chausser, 
d'entourer de terre le pied d'une plante : 

Item luy pour demi arpenl ou demi quar- 
lier de vii-'oc .m. d. p... Hem bi\ pour le 
s(itissar/e de ladite terre, .1. d. p... Jean l'oi- 
rier pour quatre arpents de vigne,. ii. s. p.. . 
Ilem le snitssar/e, .m. d. p. {Papier censier 
(lu In ceiisioe de S. Jean de Brai/es de 1471 à 
1i90, c. 1, S" 1 et 3, ap. Le Clerc de Douv, 
t. li, r° 247 r°.) 

De Jehan Poirier... pour .m. arpcns île 
vignes et deserl .u. s. p. de luy pour f7irt«.s- 
iitige, .K d. p. lEIaf de lu rei-eple de la cen- 
xiue de S. Jean de Drai/es en I'i35, C 2, ib.) 



Cf. II. 99\ 



CH%ussE PIED, S. m., lame de corne, 
d'ivoire, de cuir lisse, dont on se sert 
pour cliau.sser plus facilement un sou- 
lier. 

— Fig., chose favorable, avantage: 

Lejugemenlcommeunc/(n«sse/)(>rf. (Rab., 
Quart liv., eh. xxx.) 

Klle considéra que ce jeune homme avoit 
un beau chausse pied lie. mariage. (REnoALDE, 
Moijen de parvenir, p. 273, éd. s. d. n. 1., 
139 p.) 

Protestant comme unchanssepiénu mieux 
comme l'aiguille d'un ijOadran. (X. ul Fui , 
lùilrup., XV.) 



CH.tUSSETIER, mod. 



CHALGbïIEB. 



1. <:uAi-5isE TR.n'PE, S. f., trou recou- 
vert, masqué, formant une trappe oi^i 
les loups, les renards se prennent les pat- 
tes ; pièce de fer en forme de chardon 
qu'on jette à l'entrée d'un pont, d'un 
gué. d'un ouvrage fortifié: 

f^liauchetrepe. 
(i;. DE ColNcl, Mir., ms. Unix., I« 107 r».) 

S'nvoicnl fait geler enmi le sablonnier 
l'ieiilédc caudes strejies, c'on ne puUl aprochier. 
[D. de Seb., XXlll, 65.Ï.) 

Mais par les caudes trepes que jetet i ot on 
iNe pooient aler. 

{II)., TSI.) 

Ileiiii caque de rhaucetpapes. (1478, Inv. 
de l'arl. du rliàl. de C/oi'y, .\rch. Joursanv.. 
l!ib. Klois.) 

Pourôô c/(aKc//e//'n/je.ç. (liio. Compte se- 1 
cond de Jaijuot Barrai/ll, \. rnuii. \vallon 
ce 90.) 

Ils avoieni emploies tous les clans de la 
Mlle a faire rluiiiiles trappes. Çl'raliis. de 
France, p. I.'jd.) I 

De poingnans caudes trejipes plus poiognans 

(c|u'aguilons. 
[Gestes des ducs de Bourij., 1583.) 

Kl conseilla aux senaleurs et conseillers 
<ju dz l'eissenl faire grosses cal(/uetrupes 
d acier et de fer, pointues et si bien asse- 



CHA 

rees cl aguysees qii'ilz prenissent sur ce 
(lu'ilz aloucheroient. (Orose, vol. Il, Pô'.) 

Asseoir febves el chaulde trappe a un 
quart de lieue de la ville, du coté ou on 
suppose que l'ennemi doive venir. ()49j, 
Vrch. législ. de lieims, -l" p., vol. 1, p. 847.) 

2. ciiAL'sSE TRAPPE, S. f.. chardon 
étoile : 

I Je voy caupefrape el chardon 

Qui de leur semence font don. 

(EUST. Descd., V, 166.) 
Mais d'ortios et ronces y a lanl, 
Canjipetrajjes et lierre qui pourprani. 
Qu'a l'essarber sa cLevance gasta. 

(ID., p. 195, Crup.) 
.Saliunca, raudetrepe. {Olla palella, p. 43.) 

Saliiinca, cawlelrape. {0/oss. rom.-lal. du 
xv« s.) 

Car il frétille, sault et treppe (le che- 
Comme se l'en luy eust frapé | val) 

Soubz la queue une caudetreppe. 
(LEFRiîic, Champ, des Dames, Ars. 3121, f» "=.) 

Chausse trappe, on colU-A trapa, autrement 
carduus stellatus, est plante peu délicate, 
venant sans culture es lieux aspres. (O. de 
Serr., VI, 5.) 

Chausse trape, chatagne de rivière, sali- 
gots, Iruffes, espèce d'herbe. (Mo.net.) 

Cf. II, 99=. 

CIIAL'SSETTE, mod., V. ChaLCBTE. — 

CHAUSSURE, mod., v. Chalceuhe. — 

CHAUSTRE, V. CH\nT[lE. — tlIAUTOiV 

V. Chaton 2. — chautre, v. Charte. 

— CHAUVE SERIS, CHAUVE SOURIS, 

mod., V. Chalve soris. — chauvette 
V. Chouette. — <:iiauvi, v. Cheveu. 

chauvir, verbe. — N., dresser les 
oreilles, en parlant des animaux qui ont 
les oreilles longues et pointues : 

Chaucirûes oreilles. (N. du Kah., I. i2y.i 

Je chaiiry de l'oreille et demeurant pensif, 
L'echine j'alongois comme un asne rclif, 
Minutant me sauver de cesle tyrannie. 

(Reg.nier, ^nl., p. 30, éd. 160S.) 

Les oreilles chauvir et les ieuz roiller. 

[Beuv. d'.lif/rem.. B. N. 766, f" 4'.) 

Il y en a qui chaiivissoient les oreilles. 
(liEROALDE, Mojj. de parvenir, p. 215, éd 
439 p.) 

CHAVAL, V. Cheval. — «havaleure, 

V. Chevelure. — chava\-e, v. Chanvre. 

— CHAVA.VS, V. ChaHUAN. — CHAVEC, 

V. Chevet. — chaveceriz, v. Chalve 
SORIS. — chavee, v. Cavbe. 

CHAVER.\E, mod. caverne, s. f.. lieu 
creux dans les rochers, dans les mon- 
tagnes, sous terre : 

... As cavernes, es roches as monteaus. 
(Tu. DE Kest, Geste d'Ale.T., B. .N. 2136-1, f« 63 v».) 

Chuverne. 

(Anfances N.-D., ms.. f" 281 r".) 

Cavierne. 

{.'îones de Nansaij, ils. Turin, f*» 51 v».) 



CHE 



6.3 



ciiAVET, v. Chevet. — i havetier, 
V. Savetier. — chaveul. <:haviel, v. 
Cheveu. — ciiaville, v. Cheville. — 
CHAVOL, -vou, V. Cheveu.— chavrol, 
V. Chevreuil.— <:hava\.\e, v. Chmsne. 
— CHEAiîLE, V. Cable. — ciieais.ne, v. 
Chesne. 

chea.xce, mod. chance, s. f., anc. 
chute: manière dont une affaire, une 
entreprise peut tourner : 

Poui- chou fait bon Deu servir, ke je di 
Iv'en lui servir n'a eur ne cheanche. 
(Cosos DE Bethune, Cliaiis.. Y, iî, 4, WallenskOl.l.j 

La reine point ne se paie, 
La chaance tient trop a laie. 

(Ben., D.de.Yorm., Il, 14249.) 

.\ins ai vni. poins en me keanclie. 
(J. BOD., U Jus -If Sailli Meholiii, Th. fr an m û 
p. 195.) 

Lasse ! dist la pucelc, com laide cance ! 

(.liai, 2I9S.} 

(ïres moult estoit liez et joians de la belle 
chatance ke Deus li avoit fait lou ior. (Mort 
Arlns, n. y. 21367, f" (i8^) 

Ceance. 
[Gir. le Court, 'Vat. Clir. 1301, f« 34u.) 

Quant liempereres l'entendi. si respondi 
au vasiet que bêle c«a)(c/(e li esloit avenue. 
(liOBEKT ue Clahï, p. 2ti, Kianl.) 

Et sires Ottesdoit demoreir en la senn- 
gherie de son fiez de ci atant ke dieandie 
soit cheue. (l'2-'>8, Carlul. du Val Dieu, B. \. 
1. 9302.) ' 

Tu doiz ton gieu a honte fere 
Ou ta caance mal retrere, 
Si qu'el ait le prix et l'enour 
Et (jue tu soies le menour. 

[La Clef d'amours, 1413.) 

Se dient aucun que cil qui feri Jhesu de 
la lanche el costé estoit preztous avugles, 
et quant li sans descendi contreval se lan- 
che sour ses mains il en liercha ses ieux 
pav caanrhe, et par aventure si vit tantost 
bien cleir. [Bib. hist., Maz. 311, f° 234 r°.) 

Quand je vy qu'il m'escoutoit attentive- 
ment et ((u'il me croyoit de tout ce que je 
disois, je vins a muer de chance et luy 
dire que... (ïolr.neh., Contenh-, 11, 7.) 



Cf. Chance 2. t. II, p. 50". 

(iiEVKUE, V. Charge. — che.au.me. v. 
Chaume. — ciieiîessier, v. Chevecier. 

— tiiECE, V. Chasse. — cheche, v. 
Cercle. — chechi, v. ('eci. — checu.x, 

v. ChasCUN. — CHEUULLE, V. CeDULE. 

— CHEEXE, V. ChESNE. — CHE.VGEOR, V. 

Changeur. — c^E^^'E, v. Chaisne. 
chei-, s. m., tète : 

Tclir le chieef. 

[Eulalie, 22.) 

Sore scn clieve. (Frar/nt. de Valenc, v, I. 
II.) 

.\se/, est uiielz qu'il i perdent les cliiefs. 

[Rot., 14.; 

Sicume uignement en cheut'. IPsalm., 
lirit. .Mus. Ar., f 13i \\) 



64 CHE 

Qui m'en aportera le clii(' 
Je l'en dourrai moût riche fie. 

{Thèbes. app. il, 2B01.) 

I.e bons chevaus leva cheip. 
Le cop li vient en mi le fronl. 
Tout les os li poçoie et ront. 

(Fiorim., n. N. 79-2. f l v", col. 2.) 

Quant Bucifal vit venir sun segnor. 
Baisa la leste, grant semblant fait d'amor, 
E Ali\. lo prist par grant vigor, 
Au gef li mist le frent fait a Monflor. 
{Rom. iVAlex., ms. Ars.; P. Mcyer, p. 31, v. 137.) 
Des es chies et Jliesu est cors. 
(Gert., Dest., Brit. Mus., add. 2826U, i' 39».) 

Ja li euist le (luief des espaulez tolu. 

(Ger. de Blav., kvs. 3113, f" 70 .-■>.) 

Si seigna sen kief et sen vis. 

{rmin, B. N. 1433, f» 10 r«.) 

Ses biaus des sors n'est pas plus lais 
Quant la guimple en est abaluo. 

[liscoufle, 8730.) 

I,i quars cliiez de la maie besle est accide, 
c'est perece. (Laurent, Somme, B. N. 22932, 

(' 10^) 

Le tuen chep d'uille enoindras. 

(M*cÉ, Bible, B. N. 401, f 141».) 

Capul, chieiif. (G/os-s. de Couches.) 

Qu'il ne soit pisseniers. qui, en vendant 
pisson (le mor, ait cappiel sour sen qiuef. 
(21 mai 13S1, lirq. de la viniiei\e,dra-ppene, 
•1343-11Ô1, f 13'/ r, A. Touniai.) 

Tirer injurieiisement par leiiV/'. (21 août 
-1387, Reg. de la loy, 1383-1394, ib.) 

El a veu le relicquaire qui est le chept 
de Ste Agatte sauf la manlibulle de des- 
soubz. (1555, Arch. de l'église de Tournay.) 

- Fig. : 

La déesse Juno voleit 

Que Cartage fust cliies del mont 

El li reialme ki i sont 

A li fussent trestuit aciin. 

{Eneas. 520.) 

— Bout : 

A .laquemart de lieuse, cordier, pour .ix. 
(juyez de corde, au pris de .x. d. {& qmej. 
(1390-1398. Compte de la cimstruclion du 
beffroi de Tournai approuvé en /-">' "'" 
Sommp des mises, f" 76 r", A. Tou 



1i02, 71" 

mai.) 



Ouattre kies de corde et deuiy, a quatlre 
cordons, pour lez dis ouvriers, a .xvm. d. 
le kief. (5 décembre lil2, Tutelle, de Mique- 
let Tusrap, A. Tournai.) 

A Jehan de Sarcus, cordier, pour avoir 
livré et vendu aux dis commis. xxv. quiefs 
de cordes pour enarmer les dessus dictes 
hôtes, a .x. d. t., le qnief, valent .xx. s. .x. 
d. (1422-1423, Compte des fortifications, 8° 
Somme des mises, A. Tournai.) 

A Robert le Churle, cordier de ladicle 
ville, pour .MI. quiefz de cordes employez 
a waroquier les fresueaux desdis pons de 
cloyes, au pris de .xii. d. le kief. (1466, 
Compte des fortifie. 4° Somme de mises, A. 
Tournai. 1 

ARoberl le Churle, cordier,... item [pourj 
deux quicfz de corde el une muselière pour 
le cheval de la ville, pour ce, .m. s. (19 fév. 
1473-21 mai 147 4, Compte d'ouvrages, 6" 
Somme de mises, A. Tournai.) 

A Thomas de Mouvaux, cordier de ladicte 
ville, pour.VM.A:ip/':de cordes par lui livrez 
pour servir aux hourdemens et lyemens 
des harnas dudil ouvraige. (1191, Compte 



CHE 

des fortifie, 16» Somme des mises, A. Tour- j 
nai.) 

— Sommet : ' 

Fors Saragoze au clief d'une ninnlagno. [ 

(/îo(., ms. Châleaurons, I, 7, Foerster.) | 

— Extrémité : 

Cumeeissuz furent del hostel,e vindrenl 
al chiefie. la cité. (Rois, p. 32.) 
Quant il ont bien apareillié 
Li cliep ciel drap li fait Delfuis 
Aval pandre devant le vis. 

{Fiorim., B. N. 792, f 27'.) 

Nus tapissier de tapiz nostrez de Paris 
ne puet ne ne doit ouvrer de nul file fors 
que de file de laine bon et loial, fors es 
chies que il puet ouvrer de toute manière 
de nie. (Est. Boil., Lii>. des mest., l'° p., 
lit. LU, :" 4.) 

— Fig., fin, terme : 

Bien set que nostre dame a chiez 
Vendra moll bien de cesl affaire. 
(G. DS CoiNOl, Mir., ms. Brux., f" 170''.) 

De vostre lignage et del noslre doit ois- 
sir li veraiz chevaliers par qui les aven- 
tures del Saint Graal seront menées a chief. 
(Lancelol, ms. Frib., f» 98=.) 

Les parties coies se tinrent 
Et en pais, car moult desiroient 
A savoir a quel cA/e/" lorroîent 
Les besoignes de celé emprise. 

(Adenet. Cleom. Ars. 3473, !' 33".) 

Par la lance Saint Jaque, dist li rois, 
fai en ce que toi plail, mais je croi que tu 
n'en venras a cief. (Mf.nestrel, Z 293.) 

Ne ne li puet demander nule parçon jus- 
kes au cief des .mi. ans, ki deseure nomé 
sunt. (7oct. 1277, chir., A. Tournai.) 

Cointement se doit contenir 
Qui d'amors a chief veut venir. 

{Clé d'amour, 15.) 

Or sommes nous venus a c/i!>/"de nostre 
intention. (J. d'Arras, Meliis., p. 89.) 

Si ce n'eusl esté une lance. 
Dont je lui donniy sur le cbiof, 
Ja n'eu fusse venu a chief. 

(EuST. Desch.. Vil, 156.) 

Si vous venez a chef de vos amoureuses 
cnlreprinses. (lî. Desper., iy.iis, II.) 

Et s'il viendra a chef de l'ouvrage entrepris. 

(Fr. Pebrin, Quatrains, i' 31.) 

— A chef de temps, au bout de qq. 
temps : 



CHE 

(Mars 1218, chirog.,A.mun. S.Quent., 1. 24, 
n" 1.) 

Tout cist acat sounl fait par les kies des 
terres et par le justice et par les eskievins. 
(Vers 1260, ib., i. 24.) 

Soit cliiez et sires de tous noz fiez. (1263, 
Ch. deJ. de Bourg., A. S. J 247, piiîce 37.) 

Cils qui sera cliyeps de mes gens sera 
obeyssens au grant maytre. (1281, Tes^. de 
J. de Lusignen, A. N. J 270, pièce 19.) 

Aux quiefs, officyers, etaultres. (15 nov.- 
14 fév. 1427, Compte d'ouvrages, i' Somme 
de mises, A. Tournai.) 



Si luy a dit a chef de tempu ainsi : 
Que cherches lu en ce palais icy ? 
(Cl. M*r., Metam.d'Oo., li». H, p. 



55.) 



— Venir a chef de, se rendre maître 

de: 

Apres qu'il fui venu a chef de la ville d'A- 
varie en Berry, luv vinrent ambassadeurs 
de la part des lleduens, pour le prier hum- 
blement qu'il luy pleusl prendre la cause de 
leur republique en main. (E. Paso., Rech., 
I, n.) 



— Chef, celui qui est à la tète de 
qqch. : 

Ce fu fait par le justice et par les eskie- 
vins et par le kief de le terre Ermengarl. 



— Chef-lieu, capitale : 

Et autant ke demisiele Agnies de le Mote 
vendi des pois, autant em poront vendre 
li ahanier au kief de leur censé. (Janv. 
1288, r/iisescWs est Gitlion le Paret, chirog., 
A. Tournai.) 

Bourges estoit comme le cA^/'d'Aquitaine. 
(Fauchet, Aniiq. gaul.,¥ vol., V, 3.) 

Cf. II, 119'. 

CHEF d'œuvre, s. f., œuvre capitale 
qu'un artisan devait faire en présence 
des jurés pour obtenir la maîtrise : 

Se li aprentis set faire .i. chief d'œuvre 
tout sus, ses meslres puet prendre .i. autre 
aprentiz. (Boileau, Lie. des mest., 1, lxxix, 
C 11-) 

Li rliieiii d'œvre faite d'escuriaus .iv. d. 
{Li coût, des foires de Croies, ms. Troyes 365.) 

Chefd'euvre. (1493, A. N. Y 6^, f" 44 r°.) 
CHEF LIEU, S. m., principal manoir 
d'un seigneur : 

Que, comme nos boines gens manans e'. 
demor.ins dedens no ville et justice de 
Genly soient venut a nous el nous aient 
supp'liet et requis Dieu que nous leur vos- 
sissiens donner et ottrver tel loy de point 
en point qui est et keurt par le jugement 
des eskievins de nos ville de Mons en llayn- 
naii Ui est leur kies lieu. (1321, 2« Cart. du 
Hainaut, n" 39, P 117. A. Nord.) 

CHEICLE, V. Cercle. — cheixgle, v. 

Cenqle. — cheisible. v. Chasuble. — 

CHELEMEIt, V. CeLLEHIER. — CHELICE, 

V. Calice. 

cHELii)<>i>-E, S. f., plante vivace de 
la famille des papavéracées, à suc cor- 
rosif, dite aussi éclaire : 

Se vous i aves le mengue, si prendres 
rue el calidone, et le jus metes en -os iex. 
{Rem. pop., Am. Salmon. dans Etudes i-om. 
déd. ù G. Paris, p. 256.) 

Le celidone me prendes ; a lait de fem- 
me le melles ; ce garisl les iex cachieus. 
(Ib.) 

Selidoine. (Gloss. de Garl., ms. Lille.) 

Selidonia. C'est une herbe asses com- 
mune que l'on appelle celidoine. (Le Grant 
Herbier, n» 116.) 

11 y avoit aussi une souriz faite d'une 
pieri-e nommée chelidoine. (1575, Bellefo- 
BEST, Cosmogr. de Munster, t. II, I. U, P- 
5,50.) 

Celidoine. (Arthel. de Alag., Faite) 



CHE 

CHELIESTRE. V. CeLESTRE. — CHELIX- 
DE, V. ChF.RSVDRE. — CIIELIVALI, -IZ, V. 
CllARlVAlîl. — <:llEI.LIER, V. CelLIER. — 
<;IIELOR. V. ChaLELR. — CHEMENEE, V. 
( HEMINEË. — <::IIE>IE\EK. V. ChëMIXER. 

— CHEMEXT, V. Ciment. 

CHEMix. s. m., espace à parcourir 
pour aller d'un lieu à un autre : 

E vcies et chemins. 

{Roi., 403.) 
Li chemins alot par desoz. 

SoneDt li graisla, au gemin sunt entré. 
(Rom. d'A!e.r., ms. Ars. ; P. Meyer, p. 35, t. 691.) 

Si acolllirent lor grant cliaynin atant. 

[Gir. de Vianf. B. N. 144^, f" 3».) 

Si acoîlli son cetnin 
Très parmi le gaut foilli. 

{Auc. et Nie, p. 23.) 

(Jue li chemin eront siseiirqiieil i pooient 
liien aler qui aler i voloieiil.(ViLLEii., J 302.) 

Par c/iaminf!. 
(B. d'And., Ch. Ph.. B. N. 12611, f« 98''.) 

As gués est venus Blancandîns. 
Si que le maine ses cetnitis. 

{Bîancandin, 417.) 

Et cest rendaige qu'il fist, entre le ke- 
min et le muret par deviers TEscaut. (Dec. 
1260, chirogr., S. Brice, A. Tournai.) 

Kemyn. (1282, Chap. Novon. Vatompré, 
A. Oise, G 1937.) 



yui est droiz chemins de la rivière. (1284, 
Cari, de S. Maur, A. N. LL 114, P 48 r°.) 

Se l'amie hante au marchié, 
\a y par le chemin marchié. 

{ta Clef d'amours, 423.) 
Apres ses compaignons s'en torne lor chemi. 

{Floov., 1832.) 
Vers la fores acoilont lot lor plenicr chemi. 

{16.. 1909.) 
Vers Nymaie s'en vont les grans chemins feres. 
(Ruud. de Seh., XXIII, 632.) 
Sen qiiemin acuilly et ver Paris ala. 

{H. Capel, 2671.) 

Liquelle bonne tient et joint an cuing du 
inur qui fu .Ichan le luene et porte icelle 
'"""9 y'?'*^ 'i ""S autre honne asses près 
d'iccll joignant a ce meisme mur, et celle 
seconde bonne porte visée a une autre 
bonne qui sipt d'autre part le kemin de le 
porte le maires-e seur le fossé de le lerre 
\\illiaume de .Nueiiille. et celle tierrhe 
nonne porte visée et une autre bonne qui 
siel au dehors des courtiux de le porte la 
mairesse tenent au kemin qui va... et celle 
sixte bonne porte visée a une autre bonne 
qui sieta l'aulre coign des cerisiers devers 
le caucliie (jui va au knmin... (1316 \. N 
•IJ 03, r 20 r".) 

Kl les dessus diz religieux nous aient si- 
gnellie que pour ce que leur dicte maison 
de la dicte ville est assise sur le grant c/ie- 
mam et que pliiseurs que pour ledit che- 
main passent et entrent et v mettent leurs 
«chiens sous l'ombre de nous en disant que 
leurs diz chiens sont a nous. (1337, A. N. 
•Il 71, P30 r°.) 

Ilh jiirat que por nulle chouseilh n'yroit 
altre chemyen que la droit v„ie. iJeh. d'Ou- 
TRRli., Cliron., t. V, p. 6.J3.) 

T. IX. 



CHE 

— Se mettre en chemin, .te mettre a 
chemin, se mettre en route : 

Quant ilz furent prestz, a eslandars des- 
ploiez se misrenl a cltentin, tvrant vers le 
Vaulz. (Waviii.n, Anckienu. cro'n. de Fr., t. I, 
p. 231.) 

Ledit roy se mi.vf a cliemin, a tout son 
ost. (.Mo.nstrelet, Chron., I, 24i.) 

Or print le roy par la main et se mirent 
a chemin. (J. de Paris, p. lO.j.) 



CHE 



65 



ce qui mène 



— Grand cliemin. fis 
promptement à qqch. 

Trois mois de delfcnsive par vos servi- 
teurs, et vous em[j|ùyer re temjis a assail- 
lir, vous mettent non du tout hors de 
peine, mais vos allaires en splendeur et 
celles de vos anemys en mespris. grand 
chemin de leur ruyne. (6 juin 1Ô89, Letl. 
miss, de Henri IV, t. Il, p. 497.) 

— Retourner au grand ehemin, reve- 
nir au -sujet dont on s'était écarté par 
une digression : 

C'est assez demeuré en ceste digression, 
car je pense en avoir touché quelque mot 
ailleurs: je ne puis me souvenir de tout. 

Retournons au grandcliemin.{\iR\sT ., Grands 
ciipil. estrang., I, xx.) 



— Fig., voie, direction : 

Les affaires de mon royaume ont pris un 
tel cliemin depuis quelq'ue temps, que le 
roy d'Espaigne, continuant toujours ses 
praticques et desseings, a peu faire tenir 
une forme d'estats dans Paris, pour faire 
procedder a l'esleclion de sa fille, ou de 
quelque prince qui fust a sa disposition. 
(20 juin Ui93, Lelt. mus. de Henri IV, t. III, 
p. 80.5.) 

Je le tiens pour perdu de réputation, son 
empire en chemin d'une ruine inévitable. 
(là., t. IV, p. 452.) 

Si vous quittez le chemin de venger le 
parricide, comment prendrez vous celui 
de conserver vos vies et vos conditions ? 
(Al'B., Hist. univ.) 

— Couper chemin a queir/ue chose. 
en arrêter, en empêcher le cours, le 
progrès : 

Il faudra y apporter ung autre remède, 
duquel je vous donneray advis, alBn que 
d'une commune main nous nous y em- 
ployons, ne voulant rien espargner pour 
conj'per chemin à loul ce qui peut tant soit 
peu altérer le repos commun. (2fév. 1585, 
Lett. miss, de Henri IV, t. Il, p. 4.) 

ciie.miVee, s. f., endroit où l'on fait 
du feu dans une maison, et oit il y a un 
tuyau pour donner issue à la fumée : 

Juste la chiminee. 

( Vie de .S. Giles, S728.) 

Deus cens toises haute et cent lee, 
Uoonde come cheminée. 

{Flaire et Btancefi., !'• tms., 1397.) 

Et le list aseoir en une couche devant le 
feu de la cheminée. {Artui; 15. S. 337, f" t 

l'a''.) 

En cel tamps, en ma cemminee, | 

M'iere pour le froidure assis. j 

{De rEmper. Coustunt. 18, Kamonia, VI, 162.) 



' Cheiminee. (Gloss. de Glasgow, P. Meyer.) 

,,o'l°"''^*9'*''"''' P"""" Kossas de chamenee. 
(133/, Coll. de Lorr., III, f» 41, B. ?<.) 

Chemenee. (1340, A. .\. JJ 72, f 137 r°.) 

Aud. pignon avra une cAamineç enbassee 
et enchapitellee. (1384, Comptes des hâtim. 
du duc de Berrij à liiom, ap. V. (Jay.) 

.1111. candelers d'estain, a brocques de 
fier, par dedens, servans a queminee. (i:î 
JuiU. 1399, Exéc. testam. de l'ietre Danin, 
A. Tournai.) 

Depuis les queminee: desdis Iluard et 
I Bosquet. (30 oct. 1421, Accord, chirog \ 
Tournai.) 

Servant a mettre en esté au devant de la 
queminee ou l'on fait le feu. (14."i3, Les ta- 
I pisseries de haute lisse a Lille, ap. V. Gay.) 

t Pour faire une queminet. en le cambre 
I par terre. (12 juillet 1430, chirog., A. Tour- 
I nai.) 
I 

lUie de le queminee dorée. (l."«l, Req des 
rentes de S. Nicolas, n' 43, A. Nord.) 

j — Sous la cheminée, dessous la che- 
minée, en cachette : 

51. d'Estrozze et moy estions près du feu 
qui voyons toutes leurs mines, pliisesbahvs 
qu'un pauvre homme qu'on mené pendre. 
Nous en ryons soubs clieminee notre saoul 
(Bkant., Gr. cap. fr., III, 308.) 

! Ce sont les secrets d'hymenee. 

Cachez dessous la cheminée. 
Qu'il ne faut jamais publier. 
;16I9. jl/i>oi>i/e conlenlemeiit, Var. hisl. et lilt II 
26.) ' ' 

Cf. Cheminée 2. H, 102'. 

CHEMixEL, mod. chemineau, s. m., 
cheminée portative; anc. chenet: 

Pour un queminel. (1450, Exécul. testam. 
de Miqniel de Gruntmes, A. Tournai.) 

Une caudiere avec ung quemineau a ce 
servant. (Mai 1508, chirog., A. Tournai.) 

Cf. Che.\iinal 2. Il, 102=. 

cnE.Mi>EMEXT, S. m., action de che- 
miner; acheminement: 

Ce n'est que la continuation et chemiine- 
menf a la ruyne entière des catholiques 
(/ janv. 1589, l.ett. des Paris, à la ducli. de 
Montp. , .\rch. Chàlons.) 

Cf. Il, 103'. 

ciiEMi.vEOR, mod. chemineur, s. m., 
celui qui chemine : 

Por quoi as tu esté en la terre comme 
ciiltiverreet comme chemineor?(Bible,Ua/.. 

Combien que celle terre soit aspre... aux 
cltemmeurs de piet. {Ancienn. desJuirs, Ars 
o082, P 55''.) 

Se le vomissement debilitoit fort le che- 
mineur de mer. {lieyime de santé, P 28 v°.) 

Il est certain que ces endormis et chemi- 
neurs denuict se reveilleront en touschant 
1 eau. (G. BoucHET, Serees, XVI.) 

Cf. II, 10.3^ 



66 



CHE 



ciiEMi>'EB, V. n., aller son chemin 
d'un pas égal ; faire son chemin : 

Li dui anpereor cheminent. 

(Chrest., Clùjes, 3395.) 

Cheminanz i passèrent. {Rois, 289.) 
Vers la mer de Grèce cliainine ; 
Tant sigle parmi la marine 
Qu'il vit a port la tor qarreio 
Que cil li orent deviseie 
^ (Dolop; 10473.) 

Chemener- 
[Mon. Benuarl, B. N. 368.) 

Tant vont et tant cheminent. 

(Berte, 2476.) 

Li rois cMminai tant qui vil une navie. j 

(W( de Gw«- d'Aniilet., Mos. Bnt. AJd., C IM •) 
Le fait de peregnnation ou de c/,imine,-. 
(OuESMF,, Qufirfnp., B. N. 13^8, f -«' ' ■) 

Selon le temps se gouverne et chemine. 
(EuST. Descb., VI, 220.) 

11 cheminevenl plus de selliewes. (Kkoiss., 
Chron., VIII, 8.) 

Cemmereni une nuit bien sel grans heu- 
res tout a pies parm>- ung bois. (lu-. '»•. 
VIII, 2b9.) 

Car aux sages est anémie, 
Ainçois yrôns le droit chemin, 
Car autre nul temps ne chemin. 

(Cbr. de Pu., Long est., 956.) 

Cheminèrent la voye de Londres. (IIebbe- 
liAY, Sec. Iw.il'Anuid., c. xv.) 

CAeminoimnenrdroict chemin. (.\mu:.t, 
rUeag. et Car., ch. vn.) 

Nul le droit chemin ne chemine. 

(J. A. DE BMf, Mimes, 1. IV, f" 164 v».) 



— Avoir cours : ; 
Si que nous puissions faire cnminer forle 1 

monnove. (Ordonnance duroy Jean sur les 
motinaies. ap. Leblanc, p. ^bl.) 

— Infin. pris subst., action de mar- 
cher, marche : 

Je voy l)ien a mon cheniiner 
Qu'en r.abbaic devant diner 

^™""^- {Mir.dey.D..m,m.) 

Ta vois soit sans esclat, ton cheminer sans bruit. 
(AUD., Traij., H.) 

_ Cheminant, part. prés, employé 
comme subst. ; celui qui suit la voie de 
pénitence : 

Ainsi di jr que Marie est refrigcre aux 
rhemmans, c'est a dire a ^'e" ^j M'".sy°"^ 
mis en l'eslat de pénitence. (Mir. rfc N.D., 

IV, 72.) 



CHE 

Ele ert vestue en itel guise 
Uc chainsil blanc e do chemise. 

(Mauie. /.ais, Liinval, 565.) 

Si se leva la pnceleen sa chemise. (Ariur, 
B.N. 337, C 173^) 

Vestue d'une purpre bise 
E de une mult bêle chemise. 

{Lai del Désiré, p. 11.) 

Chimise. (Laueent, Somme, ms. Chartres, 

Lors te pren bien garde et t'avise 
Que ta cote ne ta chemise. 
Ne le colet de ta peliche. 
Ne te fâche tenir pour niche. 

(La Clef d'amours, 2329.) 

Une cAemJsse ataire une soupulure. (Août | 
1303, chirogr., Testam. dame Pieremam le i 
pouletiere, A. Tournai.) j 

Sv fusl la pucelle mise en la c/iemise pour , 
estre geliee au feu. (Livre du chev. de La 
Tour, c. cvi.) j 

j Chimise, camisa. (1404, .1. Lagadeuc, Ca- j 

I tholicon.) 

; Chemise blanche sur le corps. (H. Bonnet, 
Aiiparil. de .1. de Meun, 1" 13.) 

- Fig. : 

11 est temps que lu te chapitres, 
! Car lu as touchié a l'emprise 

Depuis ta première chemise. 

(Citerai, délib.. Ars. 5117, f 3 t'.) 

Il n'v avoit songé, non plus qu'en «a 
1 vieilleic/iemise. (iN. du Fail, Eutrap., XXXI.) 

' L'on dict que la dernière chemise que 
l'homme despouiUe, c'est celle de 1 anibi- 
1 ion. (G. w VAUt, Lelt. a M. de V'li^'-o<^ 
' 9 janv. 1616. Anu. de la soc. de l'iusl. de 
Fr., 1864.) 

— Couverture, enveloppe : 



CUEMISAOE, V. CaMIS.UiE. 

tHEMisE, S. f., vêtement de linge 
qu'on porte sur la peau ; 

Dune lor gurpit soe cliainisae. 

{['ass., 267.) 

Candie vestent de chemine 
Et d'un lilialt de baldekin. 

l/T/icas, 7638.) 
Chemisse. 
(Ben., Troie, ma. Ntiples, f 10''.) 

Elle ne fut pas toute nue. 
Car sa chemise avoit vestue. 

(Flonmont. B. N. 792, f 34".) 



Six aulnes de toillc bourgoizc blanches 
et mollettes... pour faire deux ''^f'^f^ 
mettre dedans une longue houppelande de 
drap dor et une jaquetle de drap d or. 
(1388, Tuh. des rompt, de l'argent.) 

Un petillivrede parchemin, couvcrld'une 

chemise de toile, ("""^'./'["•r , c''^9'it 
Bret., Très, des ch. des 1». de Brel., c.23.) 

_ Chemise de maille, cotte formée 
d'annelets d'acier : | 

Je n'av point de besoin de chemises de mailles. 
(L. C. DiscBET, Miz., 3.) 

— Loc, avoir sa chemise, en parlant 
' d'une femme, avoir ses règles : 

i On dit plus honneslement elle a sa che- 
mise, en suppléant ces mots tachée de 

i sang, (ioim., Err. pop.. Kxpl. des phras. et | 

j mots vulg.) 

I — Ma chemise m'est plus près que 
ma cotte, telle chose m'intéresse plus 
que telle autre : 

M.ais ma chemise m'est pins prez certainement 

Une ma cote ne fait. 

^ (Cuv., B. du GuescL, 17227.) 

Fneores que ma maistresse m'attende, 
c'est tout un, ma c'ienuse m'est plus près que 
ma cotte: je veux aller avec vous. (Lariv., 
le Fid.. ni, XI.) 



CHE 

— Tenir blanches ses chemises, se 
tenir prêt : 

Mais a tous je vous fais entendre 
Que puisque vous ne savez pas 
Quand doit être votre trépas. 
Vous teniez blanclies vos chemises; 
Car ce sont de pures sottises 
Que d'attendre a vous préparer 
Lorsque je viens vous déclarer 
Qu'il faut aller a l'outre monde. 
(Jacq. Jacq., le Faut mowi', 11, 254.) 

— Se coi/fer de sa chemise, se cacher 
la figure pour ne pas voir le danger, 
avoir peur : 

Il fail toujours le brave an commence- 
ment, et puis se coue'ede sadiemise. (Aun., 
Faenest., I. III, c. vi.) 

— Chemise blanche, anc. loc, attaque 
, de nuit ; 

A la poincte du jour il leur donne, au 
saut du lit, non une chemi.^e hlanclie, mais 
rouge: il y a eu douze ou quinze cens 
honimestueselqualrevinglschariotsprins. 

j (Paso., Lelt-, XI, 15.) 

Telles fois ils penseront avoir les enne- 
mis bien loin qu'ils se lèveront plos malin 
qu'eux et leur porteront U chemise blantlie. 
(MONTLUC, Comm., liv. VII.) 

CHEMisETE, mod. S. f., devant de 
chemise détaché qu'on porte sur une 
chemise plus commune, sorte de 
guiiïipeque les femmes portent sous une 
robe ouverte : 

Qui soUers n'ont ne chemisetes. 

[G. DE Coisci, dans Dict. i/én.) 

Pour .111. kemisettes, .ii. gros. (18 déc. 
1360, Exéc. test, de la veuve de Jehan de 
Gand, A. Tournai.) 



— Couverture d'un livre : 

Pour faire une c/iem/secieaux petites heu- 
res du roy. (1493, ap. Laborde, Emaux, p. 
211.) 

cHEMisoLE, S. f., doublet de cami- 
sole, chemisette : 

Voulez vous voslre chcmisole? - Xon,car 
a voir le soleil je cognoy qu'i fera chau.L 
auiourd'huy. (B. i^ms,rraducl. des dialo.j. 
de J. L. Vives, P 94 v°.) 

Chemiso/e de laine ou de cotton. II. Cami- 
giuola. (JUN-, Nomencl., p. 126.) 

Pour se deffendre du froid en hyver, il 
porloil une robbe de gros drap, quat c 
sayes, une chemisolle, un pourpoint de 
laine... (Vie des ii Cfis., p. Io6.) 

Gliemisolle de drap usé. (1614, A. des not. 
! de Nevers, minutes Taillandier.) 

! CIIEINDBE, V. CeNOBE. - CHÈNEAU, 

i mod., V. Ghesnel. 

I ciiEXEL, mod. chenal, s. m., canal 
1 naturel ou artificiel à l'entrée d'un port, 
! ou passe navigable qui condmt a cette 
1 entrée : 



Une funlaine en sum en sun chenet av-eit. 
(Wace, Bou, Ï' p.. 23'-) 



CHE 

Kntrc dens qeiirt un fliim que l'en fet par 
riiissiax et par rhaniex venir es terres en- 
lur. {G. DE TvK,X, 29.) 

Dedens un moult beau pré séant sur un Cfinel. 
{La Uatnille des trente Enylois et des trente Bre- 
tons, 428, Crapelet.) Impr., cevel. 

— Lit. : 

Un grant llum ijui h non Caramarion... 
passe parmi le royaume de Calliayet porle 
inoull jjrant domniaige quand il croit trop 
et ist de son rhanel. (KnERE AuiiRic, p. 111, 
ap. Caperonnier, Gloss. de S. Louis.) 

De son charnel la mer istra. 
(Geff., .vu. est. du monde. B. N. I5i6, [' iW.) 

— Tuyau : 

l'np tuel ou canel de cuivre. (Oresme, 
Liv. du Ciel et du monde, ms. Univ., f° 11 r".) 

— Chéneau, gouttière : 

Trois piasses taillans a eaver chanauLn. 
{Comptes des mines de Jaques Cœur, A. N. 
KK 329, C 186 v".) 

Toutes les maisons furent pleinesd'eawe, 
(le force de neige et de glace, qu'estoient 
sur les ley et en les chenu/. (J. ,\ubkiox, 
.lour/i., an li'ib.) 

CHEIVELIÎ, V. CenELB. — CIIEIVET, 

mod., V . Chienet. — ciie.\ete. v. Cha- 

EINETE. 

che^evas, mod. canevas, s. m., 
toile de chanvre, grosse toile claire pour 
la tapisserie à l'aiguille : 

Si li apareille et Oitorne 

De cheneutiz grosso chemise. 

(Chrest., Pçrreval. ms. MoDtp., f« 4^.) 

Or est mes chenevaus derous. 

(G. Le Long, la Veure, 176.) 

Le toile et cuuemch. (1281, Beç. au.r hans, 
Arcli. S. Onier A li .vvui, 16, n° ô.'jô.) 

Fileie et canecaick. (1282, Req. au.v bans 
il)., 916.) 

A Quinsai, quant les cors mors sunt 
portes a ardoir.lcs parentes femes et homes 
se vestent de caneva por dolor. (Liv. de 
Marc Pol, ch. clu, ap. V. Gay.) 

Cannevaz, 4 aunes. (13 fév. 1359, Cumnt. 
de l'argent., p. 232.) 

Trois aunes de canevack pour faire ung 
porpoint pourporter a .Saint Jaques. (1498, 
Tut. et curât, de Orar lin et Jeunette Roland, 
A. Tournai.) 

Chenevas, les centaulnes, -.tx. den. (1315, 
Ord. de L. X, A. mun. liouen, reg. U 1, f 

.nii. aunes de kenneimch. (1379, Reg. aux 
comptes, A. mun. Lille.) 

Sas de kennevach. (1426, Lille, an. La 
Kons.) 

Toiles, cheiievals, cuirs, cordouan. (3 août 
1465, Ord., \\l, 341.) 

Qiienneralck a enfardeler draps. (1471, S. 
limer, ap. La Fons.) 

l'ourunze a.nlne'^ de quennernch. 12» janv. 
1 189, Curatelle de .laquet, fils de Jaques et de ' 
Catherine le lleore,\. Tournai.) 

Le maistre d'hotcl print les chenevas du [ 



CHE 

pain, la serviette, et sur l'espaulle Jehan 

de Saintrc la mist. (Petit Jehan de Saintrà, 
p. 139.) 

Toille et quennemch.(n août l.jl2, Ord. 
louch. le toul. de S. liert. et S.-Om.. A. S. 
dm.) 

Fiilaino noir doublé de c.nnevm-h. (I.jl6- 
17. Cumpl., S. Amé, A. Noi'd.) 

()uunnevarh.(lbi9, Béthune, ap. La Fons.) 
Cf. Cn.4NEV.\S, II, 53'. 
CIIE\-EVE, V. Ch.^NVR];. 

ciieîveviere. s. f., terrain où l'on a 
semé du chanvre, propre à recevoir du 
chanvre : 

Eccle.siae de Poigni. .m. s. de rhaneviere. 
(1226, Cens. Pararl. de Prurin, (" 4 r°, A. 
Aube.) 

De sa chancriere desouz le pré Saint Oen. 
(.lurés de S. Ouen. f° 247 v", A. S.-lnf.) 

.\e (ine d'aler boisellant a la canviere. 
(Voy. de Marc Pol, c. .xciv, liou.x.) 

En vignes ou en chenevieres. (1296, Cart. 
de N. D. de Beaug., I» 8 v°, A. Loiret.) 

Sa chaneviere k'il ait en .Xempraie. (1303, 
Cari, de Ste Gloss. de Metz, B. N. 1. 10024 

f" hb r°.) 



CHE 



67 



I Deux pièces de chenevieres. (1303, ib. f" 
I 10 r°.) 

De toutes chouses d'où on hay escostu- 
mey de paier déisme, si comme de bley. 
de vim, de haineaulz, de lenes, tant de 
niey commede relous, dechencvcrez.(lSSO, 
Cari, de S. El. de Vignorg, p. 13.) 

I Qui veult décevoir oyseaulx il ne doit 
pas mettre en la pesiere ne en la chenne- 

' ciere ou ilz sont. (J. G.^llopez, Pèlerin, delà 
vie hum., Ars. 3331, f° 90 v".) 

i Cannabetum, chaneviere. (Gloss. de Cou- 
ches.) 

! Canaberium. cnnnaviere vel chenneviere. 
(Gloss. rom.-lat. du xv°s.) 

— Ane, le chanvre lui-même : 

Ou planter de la chaneriere. 

(Contreditz de Soni/ecreux. f" 69 r».) 

Et veux quWmour d'un petit brin 
Ou de lin f)u de chencriere 
Trousse au tlanc sa robe légère 
Et my nud me verse du vin. 
(Bons., Odes, 1. Il, OJe XVII, 4, Oliuv., p. 3.) 

ciiE\Evi.s, S. m., graine de chanvre: 

2 boisseaux de rhenevu. (1333, Informa- 
tion, B. N. 24040.) 

Chenevuys. (Reg. du Chdielet, 9 fév. 1391.) 

Canabrum, cannevis vel chennevis. (Gloss. 
rom.-lat. du xV s.) 

Ne pourra aucun desdits bourbiers ven- 
dre ne exposer en vente porc de canevis 
nourry (ju'il ne soit forfait. (Dec. 1487, Ord., 
.VX, ÔO.) 

■ f:iiE\EvoTTE, s. f., brin de ciianvre : 

.'Vin^i le bon temps regrolons 
Entre nous, pauvres vielles sottes, 
Assises bas, a croppetons, 
Tout en ung las comme polottcs, 
.'V polit fou do c/ieneroltes, 
TosI .diumees lost eslainctos. 
(ViiLos, Gr. r,'sl., Les regrets di! In l)elle lieuulinierc.) 



Myl le feu dans des chenevot/es. (Journal 
de Jehan Glaumeau, p. 23.) 

Ceux cy (des monstres) de paille font 
[ _^ ^ |des bottes. 

Ceux la s'arment de chunerottes : 
L'un monte un grand hydre rampant 
{.\.. DU Breuil, .)luses gaillardes, !' ,i v», Paris 1609.) 

Des chenevottes de fougères. 

(ID., 14.. (' 20 V».) 
CIIE.\GLE, V. Ce.NULE. 

j CHEMi,, s. m., lieu où loge une 
meute : 

Il n'appartient a nul de nomiuer chenil 
le heu ou il met ses chiens qu'a celuy qui 
a une meute de chiens rovale, qui peuvent 
prendre les cerfs en tous "temps sans autre 
ayde que de leurs chiens. (Ch.irles LX, 
Chasse, p. 63, ap. Ste-Pal.) 

CHE^iiLLE, s. f., larve des papillons, 
à corps allongé, formé d'une suite d'an- 
neaux et généralement velu : 

, Chenille apele l'en en françoisun ver qui 
les friMz menjue. (Cumm. s. les Ps., B. N. 
963, p. 174'.) 

Eruca, chernille.(ralholicon,K.'S. 1. 17881.) 

Chanille. (Journ. d'un bourg, de Par., an 
1445.) 

Chenie/lc. I.ura, urica.(U6i, J. Lac.m.euc, 
Catholicou.) 

CIIE^•^LLERE, S. f., nid de chenilles : 

Or de l'Anticoton on ne peut dire autre 
chose, sinon que c'est l'oMivre d'un insigne 
calomniateur, une fourmilliere de fausse- 
lez. une chenilliere d'impostures, et une 
guespiere de calomnies. (Resp. à V inti- 
Coton, p. 13.) 

Chenilliere, f. un nid et tas de chenilles. 

(DUEZ.) 

Chenilliere. (1612, Ouimn.) 
- Fig- : 

En ce peu de mots il y a une chenillere 
d'ignorance et d'impertinences. ((i.\RASSE, 
Rech. des rech., p. 618.) 

CHEiViLLERiE, S. f., tas de chenilles, 
pris au fig. : 

De prendre en sa protection \a. chenillerie 
des hérétiques. (Adrerl. des cath. fr. aux 
rath. angl., 1.586, p. 25.) 

CHEMILLETE, mod. cheuillette, s. f., 
dimin. de chenille: 

El la chenillelle 
Menjue l'erbete. 
(De Marro et de Saiemim, 65, ap. Méon, N. Rec. 

ciiE\o.\, -oivE, -o.\XE, V. Chanoine. 

— CIIE\OVE, V. ChaNVUE. 

ciiEMi, adj., devenu blanc par l'âge: 

Barbe canuthe. 

(Alexis, sir. 8Î.) 

Ço ost Gualliers ki cunquisl Maelgul, 
Li nies Droun, al vieill e al canut. 

(/loi., 2047.) 
Elle seeit devant l'onlree, 
Tote chenue, oscheveloe. 

(Eneas, ÎÎ67.) 



68 



CHE 



CHE 



CHE 



.1. vicllart, .i. cetut do moult jurant cruaulé, 
IFierabras, 3704.) 

N'i o( si joncs ne kexiis 

Qui ne fust lies del lonc séjour. 

(Ben., Troies, B. N. 3TS, f» Qôc) 

Riches, povres, grant et menu, 
Homes, famés, juone et chanu. 

(Ilolop., 291.) 
Gief cenit. 

[Josaph., uis. Cass., f* V".) 

Uns Ions, uns magres, uns henns. 
(G. DE Camuhai, Darlaam, p. 173.) 

Et s'esloit moût bons crestiiens 
De meurs K-entts et anciens 
Mais asses estoit d'âge jouenes. 

[Del Userier, B. N. 15212, f" 135 r°.) 

Homme est contre sa volcntc, 
Tantost fronchi ou esdcnlé 
Ou il a les chcvelz caiius. 

{La Clef d'amours. 1345.) 

Teste canne- 
(.1. Brisedabre, Bi'stordou Paon, mi. Ronea, f" 13 v°.) 
Gonvoiteus suis, blans et cJiatius. 

(KcsT. Uescu., Vil, 3.) 

Ung chevalier lout cliaim de vieillesse. 
(MoissTiiELET, Chroii., I, 148.) 

Il a dict vray, ce sont mes tiltres 
Par ans chanus et envieillis. 

{Act. des aposl., vol. Il, f" 41-'.) 

Mesmes ung tas de chanus et vieillars 
On a veu estre amoureux et gaillars. 
(J. Le Maire, Compte t' sur la nfiissmice de darne 
Verolle, l'oés. fr. dc^s xv" et xvi" s., IV, 244.) 

Je rends grâces a Dieu mon conservateur, 
de ce qu'il m'a donné povoir veoir mon 
anliquilé chaiiue refleurir en ta jeunesse. 
(Rab., Panlagr., ch. vni.) 

Chenu de mœurs. 
(Bons., Od., I, XVI, t. Il, p. 116.) 

L'homme seul et le cheval deviennent 
clianuz. (Grl'get, Div. leç., I, XV.) 

Noircir le poil cliesnii. (Jolb., Gr. chir., 
p. 483.) 

Doctrine chesnue. c'est a dire confirmée 
par temps et ea^e. (M.m'm., Euv. de S. Just., 
r 27 r°.) 

— Fig., de vieillard : 

Vertu chenue en aage adolescent. 

(Cl. Mar., Opusc. a Fr. de Bourb., p. 45.) 

CHEIVVE, V. Ch.\NVRE. — f:iIEIVWI- 

tiivoLE, V. Quenouille. 

<;iiEoiit, mod. choir, verbe. — N., 
tomber. 

— Infin. prés. : 

Baliganz veit sun gunfanon cadeir. 

(Roi., 3551.) 
Afennez est a ses estreus d'or fin : 
Quel part qu'il ait, ne poet mie calr. 

Uh., 2033.) 

Chaoir ne porent, ne braire, ne crier. 

(io/i.. Ara. 3143, f 27".) 

Je me luirai caioir ichi tout de mon gré. 

[Fierabrus, 468.) 

Au caioir que il fist a .i. tel brait jeté 
Que tout en retenlist la rivière et li pré. 

[Ib., 4846.) 

Moût verras ja chaoir ton bruit 
Et toi tôt robe et destruit. 

{Eoany. de Nicod., 2« vei-s., 1449.) 



Ne nos lai'^sios clieor en durable misère. 

IBibh', B. N. 703, I" 240>.) 

Au cheeir li brisa le pié. (Est. de Eracl. 
emp., .X.VIII, 37.) 

Son mante] laist chaoir, qu'il avoit afublé. 
Le chapel de bonct a de son cbief osté. 

(Gui de Bourg., 2886.) 

Lors s'est Martins lessié choeir 
A terre. 
(Fean Gatineau, Vie de s. Martin,^. 32.) 

Lou sanc pormi les mailes des aubers de .ii. ploiz 
Font choioir a la terre, qui des cors decoroit. 
(Floovant, 1168.) 

Chouuir. (1328, Compte de Odart de Lai- 
gny, A. N. KK 3", f 13 r'.) 

Uem que toutes les coses qui ne sont 
contenues en cest escript qui poront keir , 
au jugement d'eschevins, que li eschevins \ 
jugent as boins usages que on les a jugies i 
anchiennement. (xiV s., Lois et coulumes \ 
de la ville de Marchiennes, A. nnin. Lille, 
BRI, 2777.) 

Mais plusieurs gens a cesle dame virent | 

Cheoir et tomber grosses larmes des yeulx. 

(Cretis, Chants roij.. f» 106 r°.) ! 

— Prés, de l'indicatif: j 

Chiedent i fuiidres e ineniil e suvent. | 

(YtoL, 1426.) I 

Li sans vermaus aval les dois li ciel. 

(Raimb., Ogier, 9370.) 

Main? chevaliers chiet bien qi puis est remontez. 
(J. BoD., Suis»., r.CLXXXlV.) 

Pierres et dart volent de çai et de lai, et 
chevalier cliiesenl de loles parts. (Ami et 
Amile, ^'ouv. fr. du .\iii" s., p. 78.) 

Entour nus ot grans candeles asis ; 
Devant l'autel les orent on crois mis, 
Les Amauris ne se porent tenir, 
A tere client, voiant tos les marcis ; 
Mais les Huon se drecierent tondis. 

(Huon di- Bord., 1500.) 

Toutes tex manières d'enfans, soient 
franc ou gens de poeste, quieent, par droit 
commun, en le garde du segneur. (liE.vUiM., 
Coût, du Beaiiv., .Wll, 2.) 

Entron, je ché, je ché, eutron. 
(JoD., Vidon, II, .Ane. Th. fr., IV, 173. 

— Imparfait : 

Car de l'un basmes decouroii. 
Et de l'autre cresines caoif. 
(Flaire et Blancbeflor, !''« vers., 613.) 

Li autant se esvoillerent des larmes de 
lor perc qui chesoienl sus ans. [Ami el 
Amile, Nouv. fr. du .Mil" s., p. (i9.) 

IleiMahommct, et quant il régna en Arabe, 
et quant il cheisoit du grant mal. (Mande- 
ville, ms. Modène, Table.) 

Le sang qui lui chiessoitde la teste. {Lan- 
celol du Lac, !'" p., ch. i,i.) 

— Parfait et passé indéiini : 

E il ocist nu leiin kic/iaid en un cisterne 
lii fud Cûvertede nrif: écume il fut chaud, 
fièrement cumenchad a braire, ([{ois, p. 
213.) 

Tuit li autre evesque li surit kauz as pez. 

(Garn., s. Thom., B. iN. 13SI3, !• 23 v'.) 

Si me est cadeit en colped. 

(B. .N. 1. 2297, Cn.) 



Si grant pour de lui eûmes. 
Jus cl/aimes e pasmé fumes. 

(Eming. de Nicod.. l""' vers., 963.' 

Do la pour kej'oi chai ; 
Releva moi, sue merci. 



E puis après vî jeo Jesu, 
Mes jeo ne soy dune ke il fu, 
Resplendissant corne lumere, 
E por pour çjiejj j'a terre. 

(Ib., Z" vers. 



(Ib., 1224.) 



1252.) 



E com les princes e les prostrés, 
Les sages e les al très mestres 
Des Jeus ceo de Joseph oyront, 
Corne mort a terre châtrent 
Sur lur faces e si crièrent. 

(/*., 1289.) 

Par anguisse recouvrent tuit 
Sos cols qui A-aienf a grant bruit. 
(Ben. deBeaujeu, le Uel Desconneu, 5881.) 

Li yauwe de ses yeux par le vis li quey. 

(Ger. de Biav., Ara. 3144, f" 113 t°.) 

Nus liniers de Paris ne puet ne ne doit 
conporter ne fere conporter lin en la ville 
de Paris pour vendre, ce ce n'est a jour de 
marchié es haies de Paris, et u parvis Nos- 
tre Dame ou li marchié rjueuf au lundi, an 
mecredi et au vendredi. (Est. Uoil., Lie. 
des mes t., l" p., LVII, 7.) 

Quant li archevesques oi la lettre lire, si 
li chei le nés et fu U plus esbahis homme 
del monde. (J1ene.stbi:l, c. x.xxiii.) 

La tieste ly fendy par telle destinée 
Que ly chevaus quey tous mors en le valeo. 
(Cliev. au Cygne, 20843.) 

Que li enfez quei/ u pavement ouvré. 

(Doon de Maience, 219.) 

Et quant elle le vit, elle ot paour ei-chai 
encline. {Yst. Asseneth, Nouv. fr. du xiV 
s., p. 8.) 

11 li chai es piez et merci li criai. 

(Floov., 1535.) 

A terre quey mors, n'en lèvera dez mois. 
(H. Cnpct, 993.) 

Si cheismes en paroles de prisonniers. 
(Lio. du cheval, de La Tour, c. 13.) 

Dont il faillit qu'il chist au lit malladc. 
(Troilui, Vil, .Nouv. fr. du xiV s., 287.) 

De l'une part et de l'autre a\c[incadi)-ent, 
d'une part et de l'autre en sont ferut alcun 
et mort. (Ai.MÉ, Yst. de li Normant, VI, xi.), 

Chy apries s'ensuit li comptes de le ré- 
fection de le terraisse de le tour du clo- 
quier, de lequelle li pions <//(?»/ en febvrier. 
(1397, Compte de l'église de Lens, ap. De- 
seille, Catal. des uct. et doc. form. le fonds 
hist.el suppl. des arch. de BoulO:pie, p. 51.) 

Tous luy chirent aux pieds et luy dient. 
(Lancelol du Lac, 2° p., ch. cvii.) 

Et encores chaisl l'autre jour le pignon 
de nostre grange par faulte de couverture. 
(Quinze joyes de mar., 1.) 

Il y a dix ou douze jours qu'en se vou- 
lant lever elle cliut de son lit a terre et se 
fit ce mal la, dont elle ne se trouve pas 
mieux. (S. Vincent le V.^vh, Lett., II, 131.) 

— Futur : 

Lors revenra arrière, si charra sa valors. 
(Bom. d'.Uex., B. N. 789, 1'. Jleyer, p. 126, y. 284.) 

Cart or carrant par plusors terres. 

(Benart, 11, 499.) 



CHE 

Apn's les fait toutes passer 
Desous l'arbre, pbr arester 
La quele cel aa il ara ; 
Cele (est) sor cui la Hors carra. 
[Fîoirp et Blancefior, f" vers., 1817.) 

Sor qui carra la Hors première, 
En es le pas iert coronee 
Et dauie du pais clamée. 

[Ib., 1829.) 

— Conditionnel : 

S'en kieroît test en tel penser. 
(Jacq. d'Am., Art d'am., lus. Dresde. I1S6.) 

— Prés, du subj. : 

Dunez mei l'arc que vus tenez cl puign 

Mien escientre, nel m reproverunt 

Que il me cJiteded cum fist a Guenelun. 

[Jiol., 767.) 

l'ar chu met oiii ,in oef dessos one poire 
liai- mesure i|iic li poIrec/iiVesor \'uet.(Alb. 
de Vill. de /lomtec, p. llj'J.) 

Nule (cstoille) n'icrt tant bien licljie 
Qui a ce jor dou ciel ne citée, 
(.ÏT. sii/nes. Brit. Mus. aild. 13(iOe, f° I24«.) 

Que je ne chiece en contencon. 
[Cliunc. Phil., DIS. Hail. 4i32, f» 98=.) 

Carites nos doit garder que nos ne caons 
en covoitise. {i^erni. du xiii" s., ms. Cassin, 
r- 98'.) 

Or est temps que lor orgueil chiece. 
tGEFFRoi, Chron.j 3804.) 

.Me puisseprenilre telle angoesse par tous 
mes membres que je nhee tout mort a terre. 
(Troilus, IV, Nouv. fr. du .\ni° s.) 

— Imparfait du subjonctif : 

Pour chou ke li Uaviel se keuis-sent mie, 
prendes sekes i-achines. yRem. anc, nis. 
Cambrai 3ôl, l" 17o r".) 

— Clieoir à. aboutir à, servir à : 

.\vons delTeiidu et delTendons par ces 
présentes lous jeus de dez, de tables, de 
palme, de quilles, de palet, de soulles ou 
solles, de billes et de lous autres telz jeus 
i|ui ne cheeiit point a exercer ne habiliter 
noz diz subjiez a fait ez usage d'armes. (3 
avril Vim, Ordoim. de Charles V.) 

— Arriver, avoir lieu : 

Tout preudomme doibt prendre garde de 

I onneur et du proullit de son maistre et 
de son seigneur ; et donc, puis que c'est 
chose deue, il ne chiet point de guerdon. 
(J. u'Arras, MeliLs., p. 322.) 

Ilu tout rhiet a son plaisir et a son or- 
donnance. (Ur. du cheval, de ht Tour, c. I.) 

— Echoir : 

L'enmena en lel manière la damoisele 
tant quele vint a .i. sien castel; cil casteaus 

II estiid rh/lois de par sa mère. lArlur, ms. 
t. renoble 378, f" lUti".) 

— Clieoir en. cheuir a, encourir: 

Se autrement le faisoit, il seroil cheus en 
'.amende. (Est. Boil., Liv. des mest., V p., 

Il kiernit ou forfait de .r.. Ib. (Bmis au.r 
ecliev.. 00, f 30 i'", .\, mun. Ilduai.) 

— Cheu, chceil, p. passé, tombé : 

Quant il lurent caeit andui el brac. 
Ki se pasmc la donne del doel qu'el an. 

{Ger. de ItuxH., p. 36U.) 



CHE 

Trois ans et .vi mois est tenue 
Pluie que n'est de ciel t-katie. 

{Brltt, ms. MiiDicIi.) 
Ja fust caus quant as arçons se prant. 

(n*iMD., Ogier, 478.) 
Asez l'en est chaait as piez. 

(Ben.,/*, de Nonn., 11, 11698.) 

Pur ceo que tant sui afebli 
E chaalz en enfermeté. 

(ID., ib., 12324.) 

Huniles, preianz, agenoilliez, 
Li est li qucns ckaet as piez. 

(1d., ib., II, 14171.) 

Ainz n'en sot mot Tyberl li chaz 
Tant qu'il fu chaoil en ses laz. 

iRenart, 21 17.) 

Sor nos est chaiaii tel flael 
Dont nos ja mes ne seron quites. 

{Eif. de Nk'od., 2" vers., 548.) 

Devant que Dex le mont consoil 
Qui par ton père est maleeiz 
Et en grant dolente chaeiz. 

(Ib., 1106.) 

Por pour de lui fumes rkens 
Corne murs delez le sarcus. 

(/*., 3' vers., 973.) 
Or est cheis aval ou gofre. 
i,De l'Cnieorne, Brit. Mus. add. 15606, fo 109».) 

Car se nos alons la nos serons tout pris 
et chau es mainsde Sarrazins. (htore d'Ou- 
tre Mer, Nouv. fr. du .\m'' s., p. 198.J 

Commença a refaire les murs par la ou 
il estoient ehanit. (Chron. de S. Den., ms 
Ste-f.en., P 145".) P. Paris: cheus. 

Nasier le félon est queu en l'erbage. 

{Gaufrey. 3607.) 
Osi tost que ly dus fu a tiere queus. 

(H. Capet, 3713.) 
Quant Blancheflour le vit, c'est queue pau- 

[mee. 
[Ib., 4896.) 

L'orage est choit, le temps amende. 
(i'n Mir. de N.B., de renipereris de Rommo.) 

Mentir levé, droit fault, justice est ckise. 
(EusT. Uescii., V, 233.) 

Pour tirer de la piarre qui estoit de pieça 
cheosle de dessus lo hateiz en la rivière 
(1389-1392, Compt. de Xevers, CC 1, f 44 r".) 

La terre de Giverdon ou souloitavoir une 
tour qui cfilcheule par terre. (1474, A. Cote- 
d'Ur, B 11724.) 

Aux dictz florions a quatre places vuides 
donc les pierres sont chestes.(^i^6, Inv. de.s 
]oy. de l'éijl. de Bay., i" 80 v%' chap. Bay.) I 

Et a l'aventure est tout boueux, pource 
que son cheval est choisi en ung mauves ' 
chemin. (Les Quinze Joyes de mariage, la 
tierce joye.) 

Ung pan de mur qui estoit ehait. (Compte 
de H. Lebaud, P 23', A. Finist.) 

Et chevauchoient si serrez que on n'eut 
sceu getter ung esteu sur eulx qui ne fust 
choitt sur poincte de glaive. (BoiciiuiD, 
Chron. de Bret., f" 108".) 

Cf. II, 105». 

CIIKOI'l.\E, V. ClIOPINE. 

inod., V. Chetel. 



CHE 



69 



CHEPTEL, 



oiiEPTEi.iEK, S. m., preneur de bail 
à cbeptel : 



Cheptelier. (lOUi, Visite des feux du bail- 
iiage d Autun, ilém. de la soc. Eduenne, 
18i6, r 394.) ' 

tHEOUI\, V. SUQUI.N. 

CHER. adj.. qui inspire une grande 
tendresse : 

Li reis Fclis et cel enfant moh^er. 
{Rom. d'Alex., ms. Ars., P. Meyer, p. 27, v. 30.) 

Si cier conme vous avez vo propre cors, 
ke vous faites lanlos le coumandement. (iï 
coules dou roi Constant l'emper., Mouv fr 
du xni' s., p. 19.) 

— Qui est d'un prix élevé, <rune 
grande valeur, coûteux : 

Une nosche i ot merveillose, 

Onkes ne fu plus prccîose. 

Et un mantel ki molt fu chiers. 

(Uneas. 739.) 

Et toz les '7h'«-.< avoir.s(|ui onques furent 
trové en terre. (Villehakd., g 250.) 

Mes si chiers dras n'achate mie 
Que tu demores mal garnie : 
De grant folie s'entremet 
Qui en mié louz ses biens se met. 

(Clef J'amoiir.'i, 2337.) 

Aies ehaint de cuir ou de soie, 
Bêle bourse et bêle coroie, 
Biaus coutealz, bcle gibechiere, 
Se veuz avoir bonne amour ctiiere. 
{Ib., 373.) 

— Il lui est aussi cher, il aime au- 
tant: 

Qu'i'/ /(/// estait aussi cher de contrefaire 
le pédant quand ce luy seroil jeu forcé, 
comme un peu auparavant le tyran. (P.^s- 
guiEti, l'uurjjurler du prince.) 

— Tenir cher, aimer cher, une chose. 
y tenir beaucoup, y attacher un grand 
prix : 

Quand apprendrez vous a tenir chère vo- 
ire foi. {Lett. miss, de H. IV, t. III, p. 7G3.) 

I Je ressens déjà du soulagement en mes 
; peines par l'approche d'un lel heur, que je 
liens cher comme ma vie. (Ib., p. 758.) 

I Si nostreamen'enva un meilleurbransle, 
SI nous n'en avons le jugement plus sain, 

j iaymerois aussi cher que mon escolier eut 
passé le temps ajouerala paume.au moins 
le corps en seroil plus allègre. (JIont., 1. 1, 
ch. xxiv, p. 75.) 

— Avoir plus cher, préférer : 

Li plus saloient en l'aiguë, qui estoil 
rade, noire et hideuse, ets'n!)oîe«//j/!is chier 
Il aucun a noiier que ce qu'il fuissent occis 
d espee. (Enoiss., Chron., Vil, 45.) ' 

J'ay plus chier et ayme mieul.t eslre po- 
vre pour l'amour de vous que riche sans 
vous. {Intcrn. Consol., il, i.ix.) 

Car 'j'eusse plus cher qu'on m'eusl ar.<e 
Que de mener mescbante vie. 
{Farce de Colin qui loue et despite Uieu, .inc. Tij. 

— Aimer plus cher, dans le même 
.sens : 

i'aymeroie plus chier mourir mille fois. 
{Cent, nouv., \\l. éd. liSli.) 



70 



CHE 



J'ayme bien plus cher ne vivre point, que 
lie vivre d'aïunosne. (Mont., 1. III, ch. v, 
p. 75.) 

— Telle chose m'est trop chère de. elle 
me paraîtrait coûter trop cher, si je la 
payais de : 

TaiiL pis ((lie vous n'ayez praticqué per- 
sonne du dedans a Florenre ; la meilleure 
place m'i'it trop clipre flu sans d'un de mes 
amis. (Ocl. 1578, ietl. miss, de Henri IV, 

t. I, p. ^oe.) 

Cf. Chier, II, 123'. 

CHERAFix, V. Séraphin. — ciieraine, 

V. Sirène. — chebbe, v. Chanvre. — 

CIIERBEMER, V. ChaRDONNIER. — CIIEB- 

itorv, V. Charbon. — ciieriso\eer, v. 

(jHARDONNIER. — CHERCAXT, V. CaRGAN. 

— cilERCii.ANT, V. Carcan. 
cherche, s. f., action de chercher : 

Quiseraenph?i'c/'ede science, si lapesche 
ou elle se loge. (Mont., 1. Il, ch. x, p. 261.) 

Les^sceptiques... disent qu'ils sont encore 
en cherche de la vérité. (1d., ch. xii, p. 326.) 

Cf. Cerche 1, II, 18=. 

1. CHERCHiER, mod. chercher. Verbe. 

A., essayer de découvrir, essayer de 

rencontrer : 

Vers lui ne nos puet estru ostaiges 
Tors, ne raverne, ne boscaiges. 
Ne mons, ne vax, ne mer, ne terre. 
Se il nos fet cerchier et querre. 

[Dolop., 2038.) 

Ouanl Alixandre fu logiez dallez la ri- 
vière dessus ditle, il fisl cerqiiier amont et 
aval s'il y avoit pons ne plancques par ou 
il peuissent passer, (xni" s., dans Beroer 
DE XiVREZ, Trad. Teratolog., p. 426.) 

Quer famés sont en tel dément 
De nouveies clitrchier et querre 
Qu'il n'est rien qui le puisse crere. 
[Clef d'amours, (iôô.) 

... Vaille moy long estude 
Qui m'a fait cerchier tes volumes 
Par qui ensemble acointance eusmes. 
(Cbr. de Piz., Long est., 1136.) 

On nous va sarcJiant 
Tous deux pour bouter en prison. 
(Moral, d'uni/ emper.. Ane. Th. fr., lll, 162.) 

Cf. Cerchier 1, 11, 19". 

2. CHERCUIER, V. CllARGER. — CHER- 
CLE, V. Cercle. — chercler, v. Cer- 
cler. — cHERDOiv, V. Chardon. 

CHERE,, s. f., visage, air ; 

Mas faites baie ffiere, ioie, solas et ris. 

[Doctrinal, Brit. .Mus., add. 13606, f" 119'.) 

Quant nos maistres Flamens furent mis 
a voie etqu'ilz retournées leursc/ieres vers 
leurs pays, ilz s'en alerent autant en ung 
jour qu'ilz estoient venus en trois. (Mons- 
TRELET, Ctiron., I, 78.) 

Je la baise, je la salue. 

Demandant comment elle se porto ; 

Elle me fist pas chère morte, 

Car tout autel cl me rendoil. 

(CoQUlLLABT, MonoL, II, 214.) 



CHE 

Tous deux ensemble les yeux sur l'autre, 
mais non pas avec une mesme chère. (Amvot, 
Ale.r. le Grand.) 

— Fig. : 

El lui faisoit 1res mauvaise c/(we de ceste 
cause. (1470, Proc. de ./. d\4rmar/nac, ms. 
Ste-Gen., l, 7.) 

Pour regarder un homme en chère. 
(.So«(/e dore' de la pue, Poés. fr. des xv^' et xvi'^ s., 
III, 226.) 

Vous devez entretenir vos clients d'une 
douce chère. (Pasq., Leit., I.\, 6.) 

Le roy le vit avec une chère plus fas- 
cheuse que le jour précédant. (lD.,i6., XII, 

L'empereur luy fit loutes les bonnes chè- 
res et honneurs qu'il peut. (Brant., Grands 
capit. estrang., I, vin.) 

— Accueil, traitement, mine : 

Dieu, que tu fais piteuse cJtere ; 
Ton mary ne t'a pas batue ? 
[Farce du Nouii. Marié, Ani'. Tli. fr., I, 12.) 

Le tout est que je laissay le roy faisant. 
Dieu mercy, très bonne chère et commen- 
çant bien a se fortifier. {Lell. de Marg. 
d'Ang., lelt. XLVII, 14 janv. 1526.) 

Avec un visage riant et chère joyeuse. 
(Lariv., Niiicts, Xll, I.) 

Le lendemain le roi lui fit meilleure chère i 
que jamais. (Mai.h., Le»., à Peiresc, 5 janv. < 
1610!) j 

Son esprit ne pouvuit donc eslre ramené 
que par l'adresse et la bonne c/iere de la 
reine, et par l'assurance qu'elle lui donne- ; 
roit que le roi et elle ne penseroient jamais 
a ce qui s'estoit passé. (Bichelieu, l\lém., 1. \ 
.\X, an 1629.) | 

— Manière dont on traite une per- ; 
sonne qu'on reçoit à sa table ; ce qui est 
servi à table : j 

Moult en fait laide chiere la royne.(ta)i- ' 
celot du Lac, V p., ch. i.iv.) | 

Et le commença a hautement tencer, et 
le reprendre des chères qu'il faisoit, et des ] 
danses et despenses. (Juv. nES Urs., H'isl. 
de Charles VI, an 1413.) ! 

Aller aux grandes chères, comme sont 
banquets et nopces. (Mart. d'Auv., Arr. 
d-Am., p. 666.) I 

Despense des chevaulx et belle chère en ; 
l'ostelleriede Laurens Lappier.(1491, Compte 
de Nevers, CC 76, f° 36 r".) 

Au lieu de faire bonnes chères f 

(Gring.. .Uyst. de S. Louis.) 

De Venise la grant chevalerie, 
D'ouyr ces motz, et de veoir l'armerie 
Des fleurs de lys, chère sont assez malle. 
(J. .MiROT, Voy. de Venise, Har. de Mouljoye à ceux 
de Veolse, f° 43 v".] 

•le vous retiens de la feste. Nous y ferons 
chiere et demie, je le vous promelz. (Bab., 
Tiers livre, ch. xxxi.) 

La ou l'ordinaire estoil de baller, jouer 
et faire toutes sortes de bonnes chères. 
(Des Per., Nouv. recréât., P 17 r°, éd. 1572.) 

Mes cousins, mes sœurs, mes frères 
Font grand's chères. 
(.Ian de la Taille, la Relig. contre son gré.) 



CHE 

Je le fcray mourir de faim, 
De soif et de mauvaise chère. 

(Belleau. la liecojvme, 1, 2.) 

Et Dieu sçait la chère et vie qu'elles mè- 
nent, en l'absence de leurs maris. (Tahu- 
reau, Prem. dial. du Democritic, p. 54.) 

Cf. Chiere, II, 123'. 

CHERECTE, V. ChaRETE. — «JIEREER, 

■V. Charrier 1. 

CHEREMEivT, adv., avec beaucoup 
d'affection, avec beaucoup d'amour, ten- 
drement : 

Et Sanses ceremeitt l'en prisl a mercier. 

[Ilom. d'.Mex., l' 6».) 

— A un prix élevé, à haut prix ; un 
grand prix : 

La mort Bollant lur cuit rhercnienl vendre. 
[Roi, 3012.) 

Je l'en ferai cieremoit repentir. 

[Loh., ms. Berne 113, f 9''.) 

Je l'en ferai chieremenf repentir. 

(/6., 2" chaos., Vlll, p. 181.) 

N'est il mie bien drois ke nous vos ven- 
gons cierement le honte elle soufraite et le 
malaise ke vous nos fesistes soufrir devant 
Cristople. (llENKi DE Val., g 636.) 

Que il ne s'en puisent alersanzc/iH-ewen^ 
comparer ce que il ont orguelosement osé 
a enipreudre. (Chron. de S. Den., ms. Ste- 
Gen., f° 257".) P. Paris : chieremehl. 

Si l'on aperçoit que le dict gênerai in- 
cline a favoriser les desseings et entre- 
prises du roy d'Espagne, l'on doit bien pen- 
ser a ne s'y laisser aller par apparences de 
quelques commoditez présentes qui pour- 
roit couster bien chèrement avec le temps. 
(8 août 1593, Lell. miss, de Henri IV, t. IV, 
p. 8.) 

Combien sont chèrement vendus ces con- 
tentements que vous dites ! (Urfé, Astree, 
II, 7.) 

CHERE^', -EIVCH, -EXCHE, V. SeRAN. — 
CHERENCHER, V. SeRANCER. — CHEREX- 
CHERESSE, v. SeRANCEUR. — CHERE^•- 
CIER, V. SeRANCBR. — CHERESTE. V. Cha- 
RETE. — CHERESTE, V. ChERTÉ. — «(E- 
RETE, V. ChaRETE. — CHERETIÉ, V. 

Cherté. — cheretoiv, v. Charton. — 
CHERF, V. Cerf. — cherfeclt, v. Cer- 
feuil. — C1IERF01R, V. Serfouir. — 1. 

CHER«E, V. Ch^RÛE. — 2. ClIERGE. V,. 

Serqe. — cherge, V. Cierge. — cuer- 

GER, V. ChARQIER. — CHERIER, V. ClIA- 
RIER. — CHERIOT, V. ChaRIOT. 

CHERIR, V. a., aimer chèrement : 

Que mult l'ont amé et chéri. 

(HcoN DE RoT., /pomedon, p. 9. 

Et moult fu chierie et amee. 
(CuBEST., Perceval, ma. Montp., f" 137^.) 

Seint Nicolas mcimement 
Amout et cherisoiit forment 
(VVace, li Lia. de S. Nicliolay, 1171.) 

La vos eusce fait servir, 
Et moult ennorer et cierir. 

[Parton., 1401.) 



CHE 

Ama c chéri son seignur, 
{['n ChivaL e sa dame^ ms. Cambr., Corpus oO f' 94** 
P. Hejer^ Jiapp.) 

Vez ci m'espeuse et voslre dame, 
Ceste amez. doubler, boonourez, 
diarissiez et dame clamez. 

{GriseldiSj 993.) 

— Chérissant, part. prés, et adj. : 

Ta femme enterement amez 
E en bone maoer la Iretez ; 
Si seis trop reddis ou trop cherisaunt 
Son corage chauogcz maîntenaunt. 

[Dist. Je Catun, trad. anon., 61, Steogel,) 

Cf. II, 106". 

CHERissAULE, adj., digne d'être ché- 



C/iei-ùsobfe. r.heri>hable, fil lobe cheris- 

lled. (COTGR.) 

CHERITABLE, -AIBLE, V. ChaR1T.\- 
DLE. — CHERITÉ, V. ChaRITÉ. — CHER- 

i.ETA>, V. Charlatan-. — chermaye 
V. Char.moie. — «:herme, V. Charmb 
2. — CHE15MER, V. Charmer. — 

CIIER.MEIK. V. ChaRMKLR. — CBERXE, 

V. Cerne. — <;iier\é, -.\el, v. Charnel. 

— t:nER\EL.ME\T. V. ChaR.NELJIENT. 

CHER.MER,v. Charmer. — ciiermlle, 

V. Che.MLLE. — tllERXL-, V. ChaBXU. — 
< IIEROIGXE, V. ChaROIGNE. — CIIERO- 

«E.vsiE, V. Chiromancie. — chero.x, v. 
Charon. — cherpexterie, -tier, 

V. ChaRPEXTERIE, -tier. — CHERPRE, 

V. Charme 2. — chebraite, -ate, -ete, 

V. ChaRETE. — CIIERREE, V. ChaRREE. 

— CIIERRESTÉ. V. ChERTÉ. — CHERRE- 

TA.\, V. Charlatan. — cherretier, v. 
Chabeticr. — cherretox, -l>, v. Cha- 
beton. — cherroy,v.Charoi. — ciier- 

Rl'E, V. ClIARUE. 

<:iiERSYDRE, S. m., sorte de serpent : 
Aspe, dielindre. \Cunl. de G. de Tm\ ch 

NLVIII.) " 

Cersydre. Ib.) 

CHERTÉ, S. f., prix élevé : 

La chierles. {Lu-, des hisl.. B. \. 20I''3 f° 
fiO v".) " ' 

El ordonné cenl et demy (|ui monte de 
r/uierte envers le temps du dit essav. (10 
janv. 141-2, Heg. ativ public, .4. Tournai.) 

U grande charte de toutes choses. (1419 
l-ragm. d'une version franc, des grandes 
chrontrj. de .s". Denis.) 

Tout fourmille de commentaires d'au- 
Iheur^. i! en est yrand cherté. (Moxr., 1. III 
"•h. .Mil, p. 196.). 

Itiminulion de la cherresté. (J. Plssot, ■ 
Journalier, p. 67.) 

— Famine: 

•Si cherti tome en celle terre 
I lu par mal lens ou par grans guerre. 
(Lie. des manières, 353, Tolbert.; 



CHE 
Cf. II, 106'. 

CHERTEFIER, V. CeRTEFIEH. 

CHERiBi.x, S. m., dans l'.^ncien Tes- 
tament, nom donné à certains anges ; 
chezleschrétiens, ange du second chœur 
de la première hiérarchie : 

Deus i tramist son angle cherithin. 
I " {Roi., i393.) 

Tu- ki siez sur chérubin, seiez demustré. 
(Liv. des psaum., Cambridge, L,\XI.\, 1.) 

Les archangles, les trosnes, les domina- 
tions, les cerubins. (Comm. .V. S. iuoera 
U. .\. 15212, flàSv».) •' ^ ' 

CHERVE, V. Chanvre.— cherveille, 
V. Cervelle. — ciiervel, v. Cervel. 

— CnERVElX, -VIAIL, V. ChEVRELIL. 

CHERvis. S. m., autre forme de carvi. 
plante ombellifère dont la racine pota- 
gère se mange comme celle des salsifis: 

CItarvi, cerchez cherviz. (R. Est., Thés.) 

CHERVOISE, CHERVOSE, V. CeRVOISE. 

— <:herze, v. Chaire. 

cuES, prép., dans la demeure de : 

La se herberge des son oste Garnier. 

(Rauib.. Oyier, 4013.) 

Chis toz hommes. {Dial. B. Ambr., ms. 
Epinal.) 

Ont pris ostel chies .i. borjois. 

(RoB. DE Blois, b. N. 243UI, p. 609'.) 
Entres est chiefz la bonne dame. 
(AuBD, C"" d'Anjou, B. N. 765, f» 10 t«.) 

Chieux la famé... chieux la mère. (1328, 
chap.*S. Aignan, Arch. Loiret.) 

Chiees. fl480, Compt. Hôl.-de-V. Tours.) 

CAe«j;ungsiresgennevois.(ALTOx,CA/'o«., 
B.N. 5082, f° 109 r°.) 

De cAes qui ■? (R. Est., Thés., Inde.) 

— Explétif, derrière chez, comme 
derrière : 

Empres sunt 
Li chamdelebre, ou esleient 
Fîchié li cbierge qui ardeienf. 
Derrière chez le teite aloient. 
D'or e d'argent, qui molt pesoient. 

(Rom. Mont Saint Uicliel, 898.) 

CHESCOX, CHESCUN, V. ChaSCUN. — 
CHESIBLE, V. ChaSDBLE. 

cHESXAiE, mod. chênaie, s. f., lieu 
planté de chênes : 

Villam meam quedicilur ()«esHCg:.(l2ll. 
Esquennoy, A. N. S 5215, suppl., pièce 18.) 

Boscum meum de Halencort ju.vta Chey- 
neez. (1-J22, Ib., .suppl., pitce 10.) 

La chesnoie. (1240, S. Euverle, A. Loiret.) 

Les bois de la quesnee. (1376, Terrier de 
la poterie Aîalhieu,(°26 v», A. Eure.) 

De la on tombe au havre de Schenus, et 
au goulfe de Legina, qui anciennement es- 
toit environné de belles chesnayes. (Du Pi- 
set, Pline, IV, 5.) 



CHE 



71 



.■ Voyant les belles chesnaies d'un costé, de 



l'autre, les chasteneraies, les onnaies. (O 
DE Serr., Vil, 9.) 

CHESNE. mod. chêne, s. m., grand 
arbre de la famille des amentacées, dont 
le bois très dur est très employé dans 
les travaux de menuiserie, de charpen- 
terie : 

Quant diloc en irras, e al chaidne Thabor 
vendras, treis humes i encunteras. (Roi,. 
p. 32.) 

E les hummes Joab pois l'abatirenl des 
chaidne, sil parocistrent. (/ft., p. 187.) 

Les chasiies fait des monz descendre 
Et les serpenz douter et prendre. 

{Eneas, 1921.) 
Li chanes. 

[Loh., ms. MoDlp., £• 125''.) 

.\ndeu5 les pies li poons fendre 
Et a cel caisnf la suspendre. 

{T/iébes, app. lu, S39.) 

Ne t'esmaier qu'au premier cop 
Ne pnet l'en pas le chaîne abatre. 

(Maître Eue, Art d'am., 556.) 



Les 



premiers sièges en grans caines. 



(G. DE CoI^cl, .l/i>., ms. Soiss., {• 30".) 

Sire, dist il. mon escient, 
Com je vois la, un chevalier 
U cesne cengle son destrier. 

(Atre per., B. N. 2168, f' 39«.) 

Chaigne. (1236, Fondât. 6, A. Meurlhe.) 

Chesiie, chasiie. (1242, Cart. S. Vinc de 
Metz, B. .\.) 

Vos savez bien qu'au premier cop 
Ne coupe l'en mie le chêne. 

^Ruse, B. .N. 1573, fo 'g'.) 

Chaîne. (Kassidorus. ms. Turin, f° 88 v".) 
Caisne. (Ib.) 

Ckeene. (1284, Fontevr.. Arch. M.-el- 
Loire.) 

lUex, chmenne. [Pet. locab. lai. -franc, du 
xm' s.) 

Fleirant entour le guesiie courut et tournia, 

(Doon de Maience, 1479.) 

Une seue pièce de bois, ensemble les 
guenes et les boissons qui sont appelé les 
bois a Lovesse. (1316, A. X. .IJ 53, P44 r".) 

Pour avoir coppé un kenne. (7 juin 1387, 
Cart. de F Unes, Hautcœur, DCXCIII.) 

Une arche de chaigne. (Sept. 1393, Invent, 
de meubles de la mairie de Dijon, \. Côte- 
d'Or.) 

Une ais de changne et une autre de foui. 
(Dec. 1397, ib.) 

Il fist coper pluiseurscAeaisncset aultres 
arbres qui la estoient environ. (J. Vauq.. 
Alerv. d'Inde, 2° p., c. .\xn.) 

48 perches de chesgnes pour faire les pi- 
lotis. (1535-36, Comptes de S'evers, CC 106.) 

Une escamed'une aisselle de 7«ai«e.(C«/). 
de S. J. Bapt., Jlèm. de Vermand., II, 866.) 

Chaigne. (Commenc. du xvii' s., DU, \. 

Charente.) 



chéneau, s. m., 



CHESAEL, mod. 
jeune chêne : 

Audit maisire Colart, pour .m. guesniau.r, 
pris alui, dont il fu faitaudil belfroit honi-.s 
pourladicte reparacion, a .xx.d. tournois. 



72 CHE 

.■h.isciin quesniel. (1390-1308, Compte de \ 
constnict. du he/froi, T Somme des mises, 
A, Tournai.) 

A liiy pour faire une liiuike a le (juairiere 
(le le ville, (l'un kiiisniel pris a le ville .iiii. 
(1. (139S-l30n, Compte de la massardne, A. 
Alh.) 

Pour .V. f/»f>»)wft!(: esquarez, par kl y ven- 
dus et livrez, employez a faire les poyees 
dcsdicles liehes. au pris de .xu. gros le 
pièce. (21 mai-20 aoùl liW, Coynpie d ou- 
vrages, V° Somme de mises, A. Tournai.) 

Avoir refait, et mis a point le ponchelet 
(lu quesne a le menlieii de cloyes, de gis- 
liau.v. de quesniaux et par dessus rentière. 
(14 mai-13 août U29, Compte d'ouvrages, 
3° Somme de mises, A. Tournai.) 

Quatre vings queuniau.r ou environ de 
.x\nii. ans d'eage. (2i avr. 1130, Cari, de 
riines, Uautcœur, DCCCXLl, p. 774.) 

Il y a environ .iv. journeulx de terre la 
ou l'église Rostre Dame prend la disme et 
se moeuvent en ligne d'un quesuel qui est 
devant le maison Willaume Careton, ca- 
ron... (1.506, Terrier de Wlmer, Wém. soc. 
acad. de Boulogne, t. X, p. 160.) 

Six petits quesneaulx croissans ou bos 
de Breuse. (28 juin 1Ô19. fieg. aux résolut, 
desconsaux, 1516-1519, A. Tournai.) 

CHESiVET, V. Chenet. — ciies\'ete, 

V. ChaISNETE. — CIIESXEVE, V. CHAN- 



GEE 

clielive et malheureuse que je suis ! 
(Id., EcoL. V, 8.) 

Homme cJietif et misérable, 
Pauvre ahus(j, no sçais tu pas 
Que la jeunesse est peu durable, 
Et que la Mort guide nos pas. 

(Bons., Od., II, xu.) 

Lequel deusi estre favorable 
\ moy, chetif et misérable. 

((tod\rd, Desguis., V, 5.) 

Or, enlendez un peu comme ce chetif prince 
A grand peine sauva sa nocturne province. 
[L'Enfer d ■ la mèri- Cantine, Poés. fr. Jes iv" et 
ITI" s., m, 30n.) 

Au chetif cependant osera desnier 
Un seul morceau de pain ou un pauvre denier. 
(llo Vehd., Oman., tots. fr. des ïv« et xvi' s., III. 
104.) 



ciiESNU, mod. chenu, adj., couvert de 
chênes : 

Au ch'nn Pelion. 
(Gbevin, Œuo. de Nicamire, p. 34.) 

CIIESQUE, V. CUASQUE. — CHESQUIV, 
V. ChaSCUN. — ClIESTEAE, -EAUL, V. 

Chastel. 

ciiESTBON, mod. chétron, s. m., ti- 
roir sur le côté d'un coffre : 

Coffre dont le chaiiron très net 
Faict l'office d'ung cabinet. 
(G. CoRBOZET, Dliisom ilomest., Blas. du Coffre.) 

Cheslron. (Nicot.) 

Clietroii, caissele, caisseron au côté d'un 
cofre de bois. (Monet.) 

CHESUBLE, V. Ch.VSUBLE. — CHETEIL, 

V. Chetkl. 

CHETEL, inod. cheptel. 

Cf. Chatel. II, 89". 

CHETIF, adj., anc, prisonnier. 

Cf. Chaitif, II, 36\ 

— Faible, malheureux, misérable, au 
propre et au fig. : 

Et a toute heure me courrouce, 
A cbascun mot chetif me nomme. 
(]. Le Fetbe, Lament. de Math., 1, 15B, Van Ha- 
luel.) 

ciel! o sort! n'aurez vous jamais pitié 
d'une chelive a qui, des le berceau, avez 
commencé a faire guerre? (Larive, Trom- 
per., I, 2.) 

Ah! chetif que je suis, que ce jour m'a 
esté malencontreux ! (Id., Esprits, IIl, 6.) 



— Peu pourvu : 

Tous sont si chetifs en moyens, iju'ils n'en 
ont que pour vivre misérablement. (Fr. de 
Sa!.., Lctf. n II. IV, 1609.) 

— Faible, de peu d'importance : 

Il n'est si biau visaige ne si vermeille face. 
Qu'une chefive fièvre en pou d'eure n'elTace. 

(J. DE Meung, Test., m.) 

CHETivEiMEivT, adv., d'une manière , 
chétive, pauvrement : 

Ou ele parmaint en bien, ou ele se chain- 
get chativement. (Trad. de S. Bern., b. K. 
24768, f° 147 v°.) 

Clietivernent vestue. (CoiiRCv, Hist. de 
Grèce, Ars. 3689, f 107".) 

Ils estoient habillez chelirement. (B. Des- 
PER., Nouv. recréât., f° 213 v°,) 

Vivoter bien chetivemenl. (Choi.ieres, 
Apres disnees, V, f° 17.j v°.) 

Cf. Chaitivement, II, 37'. 

CHETivERiE, S. f., misèrc, dénùment: 

Les hommes qu'elles avoient tirez aucuns 
de la justice et du gibet, delà paouvrelté, 
de la c/ied/uecie. (Brant., Dames, IX, 693.) 

CHEUCO^', V. ChaSCUN. — 1. CHEUE, 

V. Cigl'e. — 2. ciiEiTE, V. Queue 1. — 
CHEUGin, V. Choisir. — cnEi)>',v.CHAS- 

CUN. 

CHEUTE, mod. chute, s. f., action de 
choir, de tomber : 

Bien quinze semaines fut au lit d'une 
chute de cheval. (Froiss., Il, ii, 225, Bu- 
chon.) 

Cheute. (R. Est., Très.) 
La cheuste des cheveulx. (Jard. de santé, 
I, 436.) 

i — Ruine : 

I Car du Palais ce costé la regarde 

Sur un descombre et cheute de maisons. 
(Mell. de s. Oeil., iXuv. poél., p. 274, éd. 1719.) 

C'est un malplaisant discoursa celui qui 
aime et honore son pays et sa nation d'en 
preannoncer les cheiites. (Langue, Disc, 2.) 

CHEVAL, S. m., mammifère de la fa- 
mille des solipèdes, qui sert de mon- 
ture, de bête de trait ou de somme : 



CHE 

... Feins et aveine 
As chevais lii vivent a peine. 

(Eneivs. 355.) 

Quant ses cerata le vit morir. 

(Bi-ut, ms. Munich, 258.) 

Li Gers cheras. 
{Exode, ms. du Mans 173, f 15 v°.) 

Le chevanl esperone, por la reno lou pranl. 

{Flooi}., 1812.) 

Et por ce que li chevau sont de plusors 
manières. (Brunet Latin, I. I, C.188,p. 241.) 

Chacuns cheraus qui sera pris. (1260, 
Évéché de Langey, Lay., A. II. -M., G 54.) 
Qui sont ces cheimlx qui la viennent i" 

(Clef d'amours, 471.) 

.1. keval de le valeur de .x. Ib. de tour- 
nois. (Dec. 1278, chirogr., C'est Miliiel, te fil 
Grigore de Maude, ki fa, A. Tournai.) 

Et le père a cheva.r a cbascun .i. donné, 
Et furent tuit ferrant et par liens pommel(;. 

{hoon de Afaiciice, 11401.) 

Baudewins de Sebourc est au chaeal montes. 
[Buud. de Seb., XVU, 713.) 

Dont brocha le chavael, des esporons l'aigrie. 
(/*., XVIll, 45.) 

Sour ce que le senesc. de Boul. a prins 
un quevul et une jument a le maison Tho- 
mas do IlalTrenglies es fies desd. relig. 
(1338, Accord entre Marg. d'Evreux et l'ab- 
baye de Soiner, orig. parch., Cabinet Ern. 
Deseille.) 

A propos un cbartier sans fouet... 
Pourroit il toucher son cherau, 
Sa jument, son asne ou sa bestei* 
{Advert. nuœ nouv. mariées, Lyon 1606.) 

— A cheval, monté sur un cheval : 

Li un a pie el li autre a cheval. (Henri 
DE Val., i 642.) 

— Parler a cheval, parler de haut, 
avec insolence : 

Il a trop esté a repos. 
Egar conme il parle a cheval ! 
S'Artus estoit ou Parceval, 
S'a il graut cuer. 

[Mir.de N. D., IV, 109.) 

Dis que tu parles a cheval 
Ou les trésors m'enseigneras 
El aux diex sacrefieras. 
Ou ton corps tourmenter feray. 

[Ib., Vil. 166.) 

— Prov. et Bg., estre mal a cheval, 

être mal sur pied, être mal dans ses 

affaires ; 

Tandis que ceux icy s'amusoient a en 
conter en la rue, Gilleite, qui des la fenes- 
tre aentendu tout leur discours, m'est venu 
dire en diligence que, si je n'ayde au sei- 
gneur Lactance et en bref, qu'il est mal a 
cheval; car les vieillards le tiennent en 
leur pouvoir et sont en volonté le mettre 
es mains de la justice ou luy jouer un 
mauvais tour. (Lariv., les EcoL, V, 3.) 

Mais qu'aux tiers, ils avoient bien fait de 
se mettre en armes, autrement, disoit il, ils 
eussent esté mal a cheval, c'est a dire en 
nostre langue, que c'estoit l'ail que d'eux. 
(te Tocsain contre les massacreurs, p. 23.) 

— Mettre a chevalson opinion. la faire 
valoir, l'autoriser : 



CHE 



CHE 



CHE 



73 



S'il esloil loisiljle aux hommes, pour met- 
tre leurs opinions a rheval, de se servir de 
l'escriliireeomme d'estrier. (F. de Sal., Aut. 
lie S. P.. ms. Cliigi, f 96".) 

— Faire du cheval eschappé, se con- 
duire en incon-sidéré : 

C'esl /"aire du cheval eschappé d'attenter 
plus que ne porle noslre vocation. (Calvin, 
l.ett.. t. U, p. 417.) 

— Chevaux legerx. cavaliers armes à 
la légère : 

Les Xomadiens, qui sont chevuux ler/ers 
et hommes fort dispos, et en grand nom- 
bre, survenoyent en un moment partout. 
(.\MYOT, J. Cces.) 

ciiEVALCiiEOR, mod. chevaucheur, s. 
m., celui qui chevauche : 

Lors s'aparaillent li bon chevaucJieor. 

[Lolt., ms. Montp.,f« ISS".) 

Cil vient genleraent 
E .c. cevaîceeurs, moult maine bele gent. 

{/Jelim, B. .N. i2S58, f" 3».) 

.\rmentariis, chevncheres. (Neck., ms. 
lîrug.) 

Et bien .v". cinracheov. 
(Huo> DE Mery, Torn. Anlecr., 652, Wimmer.) 

Rolet,''Aeu';»c/ip«)'du rov nostre seigneur. 
(1390, A. .^. KK i-12, f 36 v».) 

Lipremierrei'aKCffOHî- vinrent devant ung 
1res (orl castiel. (Froiss., Clirun., II, 308.) 

çHEV.vLciiiEE, Hiod. chevauchée, s. f., 
course à cheval : 

Sa chevalcliiee fu de gréant nobleté^ 
Jusqu'à Verdun n'i ot règne tiré. 

{Mort de Garin, 2807.) 

Si fist sa chevalchie sur les burgeis un jor. 
(Joan. Fantosme. Chron.. 1123, ap. Michel, Ducs de 
Norin.r 111, 575.) 

K'il ne vunt a iurnei ne ne funt rhfvachee 
Dunt ele seit en pries ou ele seit alosee. 

{Horn, 2527.) Var., n*a antre chevauchée. 

Et lirenl chevauchiees vers le Dimot, et en 
mains leiis ou il gaaignoient assez proies et 
autres avoirs. (Villeh., S 397.) 

En celé chevaucie estoit Cuenes de Bie- 
Ihunc, ki molt maudissoit durement cels 
l<i la l'avoient mené. (He.nri de Val., S 643.) 

Li François ne pooientoubliier la cevau- 
r/ii'e que li contes de llainnau et mesires 
Jehans de Hainnau son oncle avoient fait 
en la Tierasse. Froiss.. Chron., Il, 193.) 

— Troupe de chevaliers armés : 

Il mist sus une chevauchée de gens d'ar- 
mes Bretons. (Le Bald, Hisl. de BreL. c. 

XL.) 

— Service à cheval du p^r un vassal: 

Service et chevauchie (il) nous rerjuiert tantes 

[fois. 
(J. BoD., Saisnes, XVIM,) 

S'il avienf que jou ai mestir de mes ho- 
mes en osl \i en cevarie. '1210, ('h. de Gé- 
rard, xire de Vuudripont, .\rcli. de l'Etat à 
Gand, ;i4.) 

Ne me doit ost necevacie. (Ib.) 

Son giste et son ost et sa chevauchie. 
(1247, Cart. de Champ., B. N. 1. oUOS, f» 337".) 

T. IX. 



I Par ensi que li devant diz evesque et 
j qui après lui venront. averont les chiva- 

chies par devant et le tiers en emendes. 

(1265, Cari, de l'évèch. de Verd., Coll. de 

Lorr., 716, f 32 v°, B. i\.. 

Cf. Chevauchife, II. IIP'. 

ciiEVALCHiER, mod. chevaucher, ver- 
be. — N., aller à cheval : 

Tant chevalchierent Guenes et Blancandins. 
(RoL, 402.) 

.vu. vinz en Est monter o sei. 
Et ehevatcha dreit vers Gartage. 

{Eneas, 702.) 

Kalles cevalchç dev.int el primier front 
Les parfons g.ius et les destrois en son. 
.\ins mieidres rois ne cauça d'esperon. 

(RiiMB., Oijin-. 212.) 

Dont ilavint quesitost que messires Ber- 
trans lu crées connestables, il les ordonna 
àcevarier contre les Englez. (Froiss., Chron., 
VIII, 205.) 

— Réfl., dans le même sens que le 
; neutre : 

L'autrier me chevnchoie. 
j Pencis com suis sovent. 

\Chims., ap. Bsrtscli, Roui, et Past.. Il, 33, I .) 

L'autre jor me chirachai. 

(Ib., ir, 32, t.) 

Qui se chevauchent par la pree 
A esperon lance levée. 

(TAcôes, 9189.) 

— A., monter un cheval : 

Li cheval de noz combaleors fuirent ar- 
riéres maugrez cei:s qui les chevauchaient. 
(Cron.de S. Den., ms. Ste-Gen., f° 1.50".) 

I Pour le louage du cheval que ledit Perrin 

! c/ie(,'a!((7(a,etqui lesdiz deniers porta. (1348, 

Compte de Xicol. Bracgue, A. X. KK 7. (' 19 

1 v°-) 

Pour le leuwier dou cheval que lidis Co- 
[ \aiTS chevaucha, (r'septemhre l'iûl. Compte 
I d'Aijmeri l'rediaul. A. Nord.) 

— Monter un animal comme on monte 
un cheval : 

Chevalcheni dous muls Espaigneis. 

(Marie. Lais, Lanval, 516.) 

Clievatchant ma mure. 
{Chans., ap. Barlsch, Rom. et past., II, 19. 4.) 

Et misires Gauvains regarde l'enfant qui 
chcvnuchoit\c lion moût volantiers. [Perce- 
val, I, 60.) 

— Parcourir à cheval : 

Caries cevalchef e les vais e les munz. 

(,Rol., 3695.) 

Nous avons ']& chevaucié tout le rovaumu 
de France. (Froiss., Chron., VIII, 2.)" 

— Suivre à cheval : 

Tote une vies voie herbeuse cevnucoil. 
(Aucassin et Nicoletle, 24, 13.) 

L'autre ier quani cherauchoie 
Mon chemin vcr>i Oigeon, 
Jo renconlray lu belle 
Qui sortoit du buisson. 
(Farce des cris île /',i,-is. Ane. Th. fr., II, 31lj.; 

-Fig.: 



Une vieille qui chevauchait 
Le flot, et venoit fort courant. 

(DiGCLLEv., Ti-ois pèlerin, ï" 75°.) 

Quand un cerf passe par un bovs fort et 
dru de petits rameaux, et le cerf a haute 
teste et large, il convient que la teste em- 
porte les boys tendres et jeunes, et que la 
leste, qui est grande el large, meste le boys 
d'iinn part et d'autre par ou il passe, et 
qu'une branche (7(era(ir/ie l'autre et sovent 
meslees autrement qu'ils ne doivent de 
leur droit cours naturel. (Modus, P 9 r°.) 

— Infin. pris sub.st. : 

Del chiralchier avant se poinne. 

(Dulop., 7615.) 

Cf. Chrvauchier. II, 111". 

CHEV.4LE, S. f.. cavale, jument ; 

Pour ramener ma quevalle. (1621, Compte 
d'Etaples, Bull, anliq.de la Morinie, 1" liv., 
p. 22.) 

Cf. Cavale. 

CHEVALERIE, S. f., institution mili- 
taire d'un caractère religieux et hé- 
roïque ; ensemble de tous les vassau-K 
du royaume; qualité de chevalier : 

Ki mainlindrent cheralerie 
Ça de desus tote lor vie. 

(Eneas, 2667.) 

Grant gent i estoit banie 
De clergé e de cheralerie. 
(Vie de S. Thoin. de Cantorbery. f I II , v. 21.) 

Li rois fu tut li premer, 

Ke en tut l'ost n'avoit sun per 

De force et de chivalerie. 

(Estoire de seint Aedward le rei, 4559.) 

La chivellerie de France. (Ms. Berne 98, 
f 63'.) 

Les frères de la maison de la chevalerie 
du Temple. (1296, Cart. de S. Maqloire, B. 
.\. 1. 5413, p. 224.) 

Milicia, chevalierie. (I46i, LA(iA[iELC, Ca- 
tholicvn.) 

La y eut faict mainte belle chevalierie 
d'armes. (Bouchard, Chrou.de BreL, C 114''.) 

— Par extens. : 

Qu'il aillent et servent deus estrangers ii 
ils les aorent, le soleil, la lune et toute la 
chevalerie del c\e\. (Bible, B. X. 899, f° 86''.,i 

Cf. Il, IIU". 

t:iiEVALET, S. m., sorte de cheval de 
bois à dos en arête sur lequel on met- 
tait, avec des boulets aux pieds, les 
soldats qui avaient commis quelque 
faute; instrument de torture; grand 
tréteau en bois : 

A Maistre .laques du l'ont, niaislre car- 
pentier, avoir fait au dit pont|a l'arcql, du 
lez vers le rue .Merdenchou. une poye fai- 
sant quevallel. (13 aoiU-12 nov. 1 129, Compte 
d'uuvrnges,2' Somme démises, A. Tournai.) 

2 chevales de boys a met Ire a point ar- 
balestres. (1430, Inv. de la Bastille, f 5, an. 
V. Gay.) 

Pour avoir fait un quevalel <le .x.xiiii. pies 



10 



74 



CHE 



de long. (1415, Compte des fortifîr., 13° 
Somme de mises, A. Tournai.) 

Amaisli'e .laques Dupont, maislrecarpen- 
lier de la ville, pour avoir fait deux que- 
valles, cl les estolTes de soilles, de joees... 
(1445, ih.) 

Qiihmlels nommez uiseletz pour porter 
iiiorlicr. (1502, Compte, Béthune, ap. La 
Fons.) 

Cf. II, 110». 

CHEVALIER, S. m., dans l'ancienne 
Rome, citoyen appartenant à un des 
trois ordres de l'Etat, intermédiaire en- 
tre les patriciens et les citoyens ; au 
moyen âge, celui qui avait reçu l'ordre 
de la chevalerie ; membre de certains 
ordres militaires et religieux institués 
pour combattre les infidèles : 

Boin cliiieJier ait si. 
[Les Loh., iragra. Cliâlous, v. 31, Bonnardot.) 

Car mes fis est boins chireliers et destres. 

(76., V. IS.) 

Clers ne cevaliers ne borjois. 

(Parton.) 

Toz les c/ieveliers. (1204, Pai.i de Met:, \. 
m un. Metz.) 

Les cil ira! ers uni resseuz 
Mult grant avoyr de part les Jcus. 
[Ev. de Nkod; Trad. anonyme, 1055.) 

Des cJiiveliers. 
(ROD. deBiois, B. N. 24301, f 482 r».) 

Il ne la puet doner ne vandre ne angai- 
gier, ne doneir a chivellier ne a preste ne a 
clerc ne a borgois. (1262, Cart. de S. Vinc. 
de Metz, ^. 'S. 1.10023, f 129 v°.) 

ClievaiUie>-s,clievaillie>:{l26i, Acey, boite 
1(1, pièce 3, A. Jura.) 

.le Guillaumes de Clermont chevelliers. 
(1270, Bar, Ch. des C, 2,130, A. Meurtlie.) 

Chavalhier. (1328, la Cour., A. Char.) 

— Chevalet : 

Mettre v (au pont) .vi. chevaliers et tant 
de soles de planchier. (1335, Compte de 
Odwt de Laigny, A. N. KK 3% P 272 r°.) 

— Entre-deux de fossés sur lequel la 
terre est relevée en dos d'àne : 

La jeune vigne sera labourée de cesle 
sorte dœuvre appellee houer ou fousser a 
chevalier, 1res prolitable aux nouvelles vi- 
gnes... le mot de chevalier vient de ce que 
le travailleur assemble la terre entre ses 
jambes qu'a telle cause il tient eslargies, 
la tirant avec son instrument des deux 
costes, dont il deschausse les ceps, par ce 
moyen se faisant un relèvement sur lequel 
il se trouve comme a cheval. (Ol. de Sf.h- 
KF.s, I, 232.) 

CHEVALIERE, S. f , , femme d'un che- 
valier : 

Illoec avûil une grant dame 
Séant sur ung duré escame 
A la fois puis en la poudrière, 
Or semble povre, or chevalière. 

[rasloralet, ms. Eriix., t" U r°.) 

CHEVALIN, adj., de l'espèce du che- 
val, de cheval, qui convient au cheval: 



CHE 

Divines Sœurs, qui sur les rives molles 
Du ûeuvc Eurote et sur le mont natal 
Et sur le bord dvi chevalin eristal. 
M'avez nourri maître de vos escoles. 

(RoHS., Amours, I. I, sonnet.) 

Fumier chevallin. (Emos., Trésor, c. xxiv.) 

Bestail chevalin. (0. de Serr., VIII, 6.) 

Ce sont eux (les orges d'automne) qu'on 
appelle chevalins, pour estre les herbes très 
bonne pour purger et engraisser les che- 
vaux a la primevère. (Id., 108.) 

Adieu Parnasse, adieu fontaine chevaline. 

(Passebat, Œiiv., p. 92.) 

— S. f., espèce chevaline : 

Le naturel de la chevaline et de la mule- 
taille est, qu'estans bien traictees au soir 
et repaissant a la disnee, d'employer le 
reste du jour au labourage. (0. de Serres, 
85.) 

Par la chevaline sont entendus les che- 
vaux, juments, etc. (Id., 259.) 

Cf. II, 111\ 

ciiEVALOx (a), loc. adv., à cheval : 

Le premier a qui il sera commandé se 
mettra a ehevalon sur la vergue. (Marc Les- 
CARBOT, Hist. de la Nouv. France, II, 505.) 

A ehevalon sur le travers de la croix du 
clocher de l'église Nostre Dame dudit lieu. 
(Id., ih.) 

Cf. 11, 110". 

ciiEVAivcE, s. f., ce qu'on possède, ce 
dont l'on dispose : 

Cor savoit il de voir 
K'a lui la plus bielc chevance 
Ert avenue sans doutance. 

\Chev. as .u. esp.. 3394.) 

Il se ouide veoir délivre 
Encor par aucune chevance. 

[Rose, 2628.) 

Que il fuissent alïoibli de corps et amenri 
de chavance. (Froins., Chron., IV, 128.) 

Si prieront pour vous et recorderont ens 
es estragnes contrées, ou il iront querre 
lor cavance. (lo., ib., IV, 286.) 

Il trainooil après luy une grande che- 
vance. (Amvot, l'aul. Em., Œuv., p. 909.) 

CIIEVA>E, V. CbaNVRE. 

CHEVAUCHABLE, adj., propre à être 
chevauché ; oit l'on peut aller à cheval ; 

Ce qu'il eusl ligierement fait si c'eust 
esté temps chevauchuble. (O.de La Marche, 
Mim., I, 26, p. 293.) 

Ce cheval, je le maniay et domplay si 
bien que je le rendi c/ieynuc/iflfc/e par toutes 
eaux et par toutes mers. [Aleclor, f° 51 v°.) 

i;hevaiichemei\t, s. m., action de 
chevaucher. 

Cf. II, 111'. 

cHEVAitnoxs (a), loc. adv., jambe 
de çà, jambe de là, comme si on était à 
cheval : 

Car cops vont comme a chevauchons., 

I^GuiABT,/îoi/. liiujn-, 19263.) 



CHE 

Ou plat de l'autre tlascon a, en l'esmail, 
Sanson fortin qui est a chevauchons sur 
un lyon. {Invent, du duc d'Anjou, n" 332.1 

Ces gens se perdent a chevauchons sur 
l'epicycle de Mercure. (Mont., II, 17, éd. 
1588.) 

ciiEVECH, mod. chevet, s. m., tête 
du lit, partie où l'on pose la tête ; en 
général, tète, extrémité : 

Au cavec de le bière se met a jenellons. 

(Houm. d'Alix., i" 83^.) Impr., cavet. 

Vers la fosse, u ses pères gist 
Droit au cavec. et puis dist. 

[Chev.as .II. «p., 7435.) 

Chevois. 
[Me des l'eres, B. N. 23111, f 40».; 

Au caveic du lit. (S. G)-an/, Vat. Chr. 108, 
f 29'.) 

A[u] chaves de cel lit si avoit une co- 
rone d'or. [Ib., B. N. 2455, f 114 r".) 

Tantost vers le hevec s'en va, 
L'espee au senescal Irova. 
[D'un roi d'Egypte, Ars. 3527, f» 95".) 

Quant Baudemagus vit k'il dormoit, si se 
teul et li fist cavech de son escut. [Sept sag. 
de Rome, Ars. 3516, C 121'.) 

Desuz le cheves ravoit mis 
.M. oreillers d'un vert samis. 

(Gérard d'Amiens, Escanor, 11677.) 

Et soit li caves du lit haus et bien cou- 
vers de dras. (Alebrant, B. N. 2021, f° 7 v".) 

Les le ckavec de cel moustier 
I eut larrons. 

[D'un preslre c'onporte, B. N. 1553, £' 511 r'.) 

Lors a sa mein au chavez mise. 
[Des Tresces, Montaigloo et Raynaud, IV, 75.) 

Au cavec de cel monument, ausi come au 
chief d'un autel par dehors c'on apel[e] can- 
cel la cantoit on cascun jour messe. [Hist. 
de la terre s., ms. S. Om., C 40°.) 

Au cavech del cuer. [Ib,) 

La fosse qui siet au chevoiz del mostiei'. 
(Jurés de S. Ouen, f 291 r°, A. S.-Inf.) 

Befaire le chevel dou pont. (1331, Compte 
d'Oudari de Loigny, A. N. KK 3", f 118 v°.) 

Amender le quevech d'un pont. (1421, 
Lille, ap. La Fons.) 

Une belle et riche couche entretaillie au 
quavech.[\\" s., Cart. de Flines, llautcœui', 
p. 916.) 

Le cnvel d'un lit. (xv° s., Valenc, ap. La 
Fons.) 

Et dessus l'herbe a terre s'estendit 
Tout de son long, de reposer contraincte. 
Faisant chevet de sa trousse bien paincte. 
(Cl. Mab., Met. d'Oc, t. II, p. 76.) 

que c'est un doux et mol chevet, et 
sain, que l'ignorance et l'incuriosité, a re- 
poser une teste bien faicte. (Mont., I. III. 
ch. xui, p. 199.) 

CHEVECHE, s. f . , espèco de chouette ; 

Volent les chevoiches et les arondelles. 
(Bible, Maz. 311, f 160".) Volant noclua; et 
hirundines. (Baruch, VI, 21.) 

Il apperceut au dessouz de sa cage une 
chevêche. (Bar., Cinq, livre, ch. vin.) 

Il y a grant plaisir de voir la dextérité 
de la chevesche quand elle se voit assaillie 
des autres oiseaux. (Uu Pinet, P/î'ne, -X, 17.) 



CHE 

CHEVECiER, S. m., anc, celui qui sur- 
veillait la partie de l'église où est le 
chevet; auj., celui qui est chargé du 
luminaire, de la garde du trésor, etc. : 

Rue au c/ievecier. (1292, Acte de Pèlerin 
|ii-év., Ste-Croix, A. Loiret.) 

Mestre Symon, jadis chevecier en l'église 
saint Estiene. (1321, A. .\. JJ 62, f° 79 v°.) 

Disoient que de la dotation de l'église col- 
légiale Monseigneur S. Jlarlin de Tours, et 
des dignité?, de chambner cl cliei-eài^r d'i- 
celle église, leur compei-tenl plusieurs 
Ijeaulx droiz. (xvi" s., ap. Jlanlellier.) 

— Au xvi« s., batelier chef, pilote : 

Pour huit autres compagnons qui ont 
servy de mariniers et cheveciers a conduire 
lesd. tirotz du roy. (xvi° s., ap. Mantel- 
lier, Gloss.) 

— On trouve aussi dans des textes 
français une forme semi-méridionale : 

Chabessier. (1536, Reg. cons. de Lim., I, 
292.) 

CHEVEL, mod. cheveu, s. m., poil qui 
garnit la peau du crâne : 

Jusqu'à la tere si clievel li baleient. 

{Roi., 976.) 
Saur lo cahpi/l, recercelad. 

(Alberic, Alex., 67, P. Mejer.) 

Multiplié sunt sur les chevols de mun 
chief, ki hairent mei en parduns. (J[,(!;. des 
Psaum., Cambridge, LWIII, 5.) 

Donkes cuida de duel morir, 
Son piz débat, ses chevels ront. 

{Eneas, ÏOIO.) 

Maint chei'Oil trait. 

(ioA., ins. MoDtp., f 171*.) 

C'uns sous chevoîz n'i est remes. 
(Bob. de Btois. B. N. 24301, p. Sll'.) 

Si fu Kes ki ot kaviaxis sors. 

{Frerjus, B. N'. 1553, f 437 r".) 

Adonl le prist li vaillans dus Ogier 
Par les cai-eits, tout nu le braac d'achier. 
(Buon de Bord., 172.) 

Ces cheveua si crespes et biaus 
Fist coper Sainte Elysabiaus. 
(HuTED., Vie de SIe Elisabeth, Jub., II, 202.) 

.1. chetHOîd 
Que jo voy pendre sur ton coul. 

(llACÉ, Bibli-. B. N. 401, f' llli>.) 

Que si cherioï sont aussi noir 
Come corbeaux. 

{ID., i"6., f° 114".) 

O tout cen doiz estre cortois 
Des chevels siques es ortois. 

[La Clef d'amour, 297.) 
Se des chevelz n'a a plenté. 

{[h., 2417.) 
El Marie, se fille, qui avoit blanc cahet. 

(H. Capel. 939.) 

Ke si rhariel ne feusenl coupé en toute 
sa vie. (Chroii. depuis le comm. du monde, 
nis. Nancy 194, f" 14^) 

Ki ses chaviaux li caupa. (/i.) 

A une nile qui avoit apporté sescheveulx 
'i,'*.''?'ne- ('^â8. Comptes de Calherine de 
ilédicis, ap. V. Gav.) 



CHE 



CHE 



75 



— Vis:. 



Il ari'acha furieusement les cheveu.r de sa 
barbe. (.Xicol. de Mo.ntrelix, Sec. liv. desber- 
j geries de Juttieite, P 73 V.) 

I — I.oc, tenir l'occasion pnr les che- 
veux, être à même d'en profiter : 

Je ne veux perdre cesle occasion, puis 
que je la liens pnr les cheveux. (Tol'r.seb., 
les Conlens, I, 3.) 

— Empoigner l'occasion par les: che- 
veux, la saisir vivement : 

Parle donc qui voudra de la chauve deesso [se- 
Qui deux fois au.r cheveux empo-gner ne se lais- 
(JoACa. DU Bell., Au roi s. In trêve.) 

— En mon cheveu grison, quand mes 
cheveux grisonnent : 

Tout ce qui fut le faix de mes rongnons. 
Ceinture, dague, espee, compaignons 
De mes travaux, a toy je les desdic 
Dessus ma porte en mon cheveul grison. 
(Ross., ŒuD., p. 234.) 

CHEVELEL'RE, mod. chevelure, s. f., 
ensemble des cheveux d'une personne : 

Blance cereleure. 

(Quat. fils Aymon, nis. Metz, f" i".) 

De cief et de caveleitre 
L'avoit mult honoré nature. 

(Wace, Brut, 3801.) 

Chevillitye. 
;Th. de Kent, Gest. d'.Uex., B. N. 24364, f° 61 v».) 

Ceveîeure- 

{Roum. d'Alix., S' 19*. ) 

Mais il est de laide estature. 
De vis et de chavaleitre. 

[Dolop., 11507.) 

Et ta blonde cheveleiire 
Enlaidie par canisture. 

[La Clef d'amours, 2151.) 

Chevoleure. (Cathoticon, B. N. 1. 17881.) 

Tes grifz sont gris, ta cai>ellure (de l'aigle) 

[est hure. 
[Les faictz et ditzde Jek. Molinet, f' 179 v**.) 

Cheveleure. 
(Belleau, Œuv. pO'''t., Pierre du coq.) 

CHEVELIERE, S. f., ruban de fil, cor- 
don : 

Pour douze aulnes de clievelieres de fil 
baillées pour estrennes aux servantes du- 
dict sieur Jacob. [Form. fort récréatif de 
tous contracts,p. l2o, Techener.) 

Pour mieux adouber vostro teste 
Chevelieres et oreillettes. 
[Présentation des joyaux, 59, Picot et .\yrop, Xouv. 
rec. de farces, p. 184.) 

CHEVELU, adj., qui a de longs che- 
veux ; garni de cheveux: 

N'i a ne caveln ne cauvc 
Qui a merveille ne l'esgart. 

(Cheesi., Cliyes, .\rs. 3319, f° 277«.) 

Aventure est chevelue 
Tut dreit el frunt devant. 
(El. de Kibcuam, Afail. Cnlun, 443, Steng.) 

Ne cauf no fiuevelu il n'i espargnern. 

[Doon de .Valence, 8983.) 



Fu par droit nomez Esahu, 
Ceu est a dire ehevohiz. 

(.Macé, Bible, B. N. 401, f» 9«.) 
Crinitus, ktwelus. (Gloss. de Douai.) 

ciiEVEREL, V. Chevreau. — oheve- 

liOEL, f:lIE\ EROL, V. CuEVRELIL. — CHE- 
VESCHIE, V. ChEVaLOHIEE. 

f:nEVES\E, mod. chevanne, s. m., 
poisson du genre able, dit aussi meu- 
nier : 

liresmes, gardons, carpes, carpeaux. 
Et chevesnes a grans escailles. 

(J. Le Fkvbe, la Vieille, I. I, v. 996.) 

Seing de harenc, convers, chevennes et 
sardille. (1432, ap. Manlellier, III, 220.) 

Chiecennes, chevyns. (Du Guez, à la suite 
de Paisgrave, p. 913.) 

Cf. II, 11 4-. 

CHEVESTRE, mod. chevêtre, s. m., li- 
col d'une bête de somme : 

Le cavestre li lace el pie por eschaper. 

(.Vaiss. du cheo. au Cygne, 1791.) 

De plus ne vous puis mon don croistre 
Nis de la moilié d'un cavoistre. 
(TuBEST., Cliijes, Ars. 3319, £• 2SS v°, col. i.) 

Ces vilains font en chevoitre tenir. 

[Mort de Garin, 4116.) 

Li chaval el mul asquels in checeslre et 
en frein lur maxeles constrein. [Psalm., 
.Mus. Brit. Ar. 2.30, f" 34 r°.) 

Et au chief de la charete estoit son che- 
val atachies au cavestre. [Artur, ms. Gre- 
noble 378, î" 102'.) 

Les mains loies darriers lou dos et les 
checaslres au coul. (Cart. de Dijon, B. N. \. 
9873, r° 40 r°.) 

.111. chei'ogtres doubles. (1333, Compt. de 
rkospice de .\evers, 1" reg., f 4 V, Hospice 
Nevers.) 

Monta sour.i. cheval et couru quantqu'il 
peut après luy et le ratainst derrière une 
haie el la le prist et le loia par les costes 
dou keceslre desen cheval. iDéc. 1335, Reg. 
delà loi, t. 111, n" 132, A. Tournai.) 

Une paire de trays et ung quevestre ser- 
vans aux chevaux d'icelle ville. (15 sept.- 
20 fév. 1432, Compte d'ouvrages, 5" Somme 
de mises, A. Tournai.) 

Et du rude chevestre 
Lve son col. 

(Cl. Mak., .Met. d'CJv., 1. I, p. 45.) 

Allez, fiez vous désormais aux person- 
nes ! Je ne le feray de ma vie : il n'est 
que de tenir son asne parle chevestre. (La- 
luvEY, Esprits, III, 5.) 

Et puis quand le jeune homme une fois marié 
D'un éternel chevestre a la femme est lié. 
Sa vie en ce lien désormais prisonnière 
.A perdu pour jamais sa liberté première. 

(SCEV. DE Ste Mabtue, Prent. ceuv., I.) 

— Pièce de charpente : 

Pour laillier le cavestre du dit aistre. 
(1312, A. .N. KK 393, P 34.) 

..XV. solives el .xxiiii. chevestres par luv 
fais. (1396, Compt. de Nev., CC 4, f 17 r".)" 

CHEVET, mod., v. CllEVEGH. — CHE- 

VIEUE, v. Civière. 



76 



CHE 



<;iiKvii.LE, s. f., morceau de bois, de 
fer, etc., rond ou carré, qu'on fait en- 
trer dans un trou pour le boucher, pour 
faire des assemblages, ou pour d'autres 
usages : 

Rompent chevilles et clostures, 
L'cvc i entre par les jointures. 

(Eneas. 249.) 

Bares et liches et l-eviles Irenchier. 

(Loh; B. N. 4988, f» 192 V.) 

Nef commencent a perillier, 
Bort et kievilles a froissier. 

(Wace, Brut, 2529.) 

Il i puel ferir une cheville sanz mcfTel. 
(Est. Bon.., Liv. des mest., V p., XLVI, h.) 

Une aguille et .n. kevilles de fier. (Tut. 
des enfants Nicol. de la Feij, 1352-13o5, A. 
Tournai.) 

— Prov., compter les chevilles, se 
morfondre d'attendre : 

Demeure a l'huys, et conte les chevilles. 
(Lariv., les Tromper., 1, i.) 

Si lu t'en vas, je te fermeray l'huis au 
nez et te laisseray conter les cheoitles. (Id., 
le Morfondu, III, i.) 

D'y aller hurler en cet accouslremenl, je 
ne le feray jamais, joinl que j'aurois beau 
conter les chevilles, ilz ne m'ouvnroient 
pas. (Id., id., III, ti.) 

Prudence, estant descendue, ouvre la 
porte a son marv, qui faisoil bien le fas- 
ché de ce qu'on liiy avoit lanl et si longue- 
ment fait conter les chevilles. (In., Nincls, 
IX, IV.) 

— Saillie des os de l'articulation du 
pied : 

Vers la chi ville nel fort pas. 
(Ucos DE Rot., ProtesUws, B. N. 2169, f" 7I«.) 

l.a chaville del piel. (ii. Graal,^. N.2455, 
r 290 r".) 

Cil qui esloient a pié enlroient en sanc 
jusqu'aus chevilies. (Citron, de Turpin, B. 
N. 5714, r t)5^.^uracher.) 

La kieville du pié. (16 mai 139(i, Heg. de 
la loij, 1393-1401, A. Tournai.) 

CHEViLLETTE, S. f., petite cheviUe : 

Plate banque, ronde gambete. 

Gros braon, basse quevillete. 

(Ad. de lu Haiie, li Jus Adam. OEuvi-., p. 302.) 

Chevilletes d'acier. 
(Adeset, Cleom., Ars. 3142, f» 7'.) 

Il se ble(.'a griemenl en la chevillelte du 
pié désire. (Les Mir. S. Lotis, Uec. des hist., 
XX, 151.) 

.1. huis a l'estage desoulz de le lour du 
belTroi en freul quevillié de qiievillettes et 
clincque... (1415-16, lieg. des recettes et dé- 
penses de Boulogne-siir-Mer, Duijont.) 

t-.HEViLLEURE, mod. chevillurc, s. f., 
ensemble des andouillers qui viennent 
après le second dans le buis du cerf : 

Ce premier cors se nomme andoillier. Le 
second surandoillier. Tous ceux qui vien- 
nent après jusques a la couronneure, pau- 
mure ou Iroucheure se doivent nommer 
cors, ou chevilleures.iXiv KoriLi.oux, Vener., 
cxxi.) 



CHE 

ciiEvii.i.iER, mod. cheviller, v. a., 
garnir de clievilles, assembler, conso- 
lider avec des chevilles : 

Kl les ais copent et refont kleviïlier. 

(Loh., B. N. 4988, f" 185 V.) 

Cil ot la nef apareillie 
Et bien cloee et cevillie. 

(Ben., Troie, B. N. 375, f" 69'.) 

.1. l'uissel menut quarreil qui esloil cha- 
villies en l'un el en l'altre fuissel.(S. Graal, 
B. N. 2455, f° 115 v°.) 

Une fencstro i ont fait entaillier, 
Entor le col li ont fait kcvillier. 

{lieuv. fVHanst., B. N. 2548, f" 118».) 

.uu. fortes quievilles de fier qui servent 
a tenir et quievillier a le dicte baille. (16 
fév. 1431-17 mai 1432, Compte d'ouvrages, 
r° Somme de mises, A. Tournai.) 

Si (la lance est foible), ainsi que ceux 
qui les redoutent ont accouslumé de les 
alToiblir et cheviller, elle voile en esclats 
sans elîects. (Gasp. de Tavannes, Mém., p. 
192.) 

— Chei'itler des vers, y faire entrer 
des mots de remplissage : 

La brave slruclnre et gravité des vers, 
ou il n'y a rien de chevillé. (Préf. des œttv. 
inesl. de Jod.) 

— Chevillié. p. passé ; tig., endurci: 

Le roy de .Navarre est un hérétique che- 
villé. (Dialog. entre le maheustreet lemanant, 
P 21 r°.) 

cHEViLLOiB, S. m., instrument à che- 
viller la soie, la laine, etc. : 

Ung ourdissoir, lavyere el quevilloir. (\" 
fév. \o\ï,Exéc. lest, de Jehenne du Prenne, 
A. Tournai.) 

cHEviLLON, s. m., diminutif de che- 
ville : 

Que les estaclies et tout le chevillon 
Erent de fer par tel devision... 

(.tfoji. lieimart, B. N. 368, f 246«.) 

Li Uauberc furent fort, n'en rompi chevillon. 
(Mauy. d'.ligr., B. N. 766, f" 19 y'.) 

lîuiUemin Chevillon. ,1100-1402, Compte 
de Girarl Goussart, Commune, A. mun. Or- 
léans.) 

Il a defors ceste sale un char que .in- 
cers blans ont amené, el pouez bien feire 
veoir con riches il est; je vos di que li 
traiant sont de soie el li chevillon d'or. 
(Perceval, I, 27.) 



venir à bout de, être 



Cf. Il, 116". 

CHEVIR, V. — N. 

maître, disposer de : 

Or me le laissez gouverner. 
Je croy que bien en cheviruy. 
{Farce du Coustur., Ane. Th. fr., II, 170.) 

Et puis il est trop d'onvieulx 
Et desquelz on no peut chevir. 
(R. DE CoLLEBYE, Diul. des abusez, p. 37.) 

Lorsqu'il vouloit chevir a poinct d'une 
bonne affaire, falloit qu'il prit tout belle- 
ment son repos. (Chouf.bes, Apres disnees, 
I, f 19 r".) 

Qui veut chevir de ses facultés, il faut 



CHE 

user d'industrie. (1''r. de Sai.., Am. de Dieu, 

1. I, C. II.) 

Je remédierai a ce deffaull par les meil- 
leurs elplus prompts moyensdont je pour- 
ray r/ictiir et disposer. (3 mars 1604, Leif. 
miss, de Henri IV, l. VI, p. 208.) 

La Guicheestoil amoureux de mademoi- 
selle de La Mirande, fort sage, el n'en pou- 
vant r/ieoiV, le roi résolut de l'aider, (yl)ieeti. 
de l'Hist. de Fr. pend, les xvi' et xvn" s.) 

— A., terminer : 

Et nus et nostre cause contre li maintiendra, 
Et, s'en vus no remaint, très bien la chérira. 
(Garb., .S', r/iora., 4903.) 

Cf. Il, 116\ 

flHEVOSTRE, V. ChEVESTRE. 

CHEVRE, S. f., mammifère de la fa 

mille des ruminants, à cornes creuses 

et persistantes, à menton garni d'une 

barbe : 

As ieus ki larmient, prendes rue el le fiel 
d'une cievre el miel, el soit bien Irieblé el 
balue aune penne. (Rem. pop.. Am. Salmon, 
dans Eludes rom. déd. à G. Paris, p. 256.) 

Or ne quidies vous qu'ilpensast n'a bues, 
n'a vaces, n'a civres prendre. (Auc. et Nie., 

10, 6.) 

Si li fet lors .i. parlement 
De paroles ou il li ment : 
Por passer les chtevres, les chous, 
Sacbiez qu'il n'estoit mie fous. 
(G. de Suie, Vat. Cbr. 1725, i' 86' i 3460, A. T.) 

Tant grate chievre que mau gisl. (Ménes- 
trel, S 362.) 

Chievre ne doit a Petit Pont nule cous- 
tume. (Est. Boileau, Liv. des tnest., 1" p., 

11, 45.) 

Et sa suer lieve sus, les cievres maine en camp 
[Godefroy de Bouillon, B. N. 12558, f° 12'.) 

A la chandelle la chèvre semble demoi- 
selle. (i'co(i.,ap. Ler. de Lincy, I, 161.) 

Qu'il voye une chèvre coîfee 
11 l'aime de prime arrivée. 

(J. A. DE Baif, leBnwe, lll, i.) 

— Sorte de cornemuse : 

Joueux de hairpes, derebecque, inclue- 
vre el de leuz. (J. Aubrion, Jou™., an 1489.) 

— Outre en peau de chèvre : 

Quatre chievres plaines de très bon vin 
de Marboa. (Voy.du s. d'Anglure, G 301.) 

— Chèvre de feu, chèvre saïUeliinte, 
feu follet : 

Chèvre de feu. C'esl une exhalaison en- 
flammée, divisée en branches ou parcelles, 
tellement que peu a peu la flamme courl 
d'une part vers l'autre, el semble jeller des 
eslincelles de feu. (Comm. sur la sepm. de 
Du liartas, l" sem., 2" j., p. 121.) 

Chèvre suulelunie, est une impression de 
feu engendrée d'exhalaison inesgalemenl 
dispersée ca el la, mais plus en long qu'en 
large, tellement que la flamme sautant 
d'une part a l'autre, semble jelter des es- 
lincelles de feu, lesquelles retirent a des 
chèvres qui s'entrechoquent. Mais quand 
la matière est estendue en longueur, est 
esparse en plusieurs petites parcelles de 
grandeur el largeur esgale, on l'appelle 
estoile volante. (La Frambois., QE!«u.,p. 8.j 



CHE 



CHE 



CHE 



•27 



— A la chèvre morte : 

Nous avons mille médailles, ou cet aigle 
esl représenté emportant a la rheure morte 
vers le siel ces âmes déifiées. (JIoxt., 1. II, 
ch. xu, p. 343.) 

— Prendre la chèvre, s'emporter aus- 
sitôt, se choquer sans raison : 

Le roi se faisant sacrer a Reims, le duc 
de Guise familiarisant encoravec l'admirai 
de Chaslillon, lui rapporta (|ue le prince 
de Condé ne s'estoit pas conduit comme 
son ami, pour le gouvernement de l'icar- 
dic, un moins rusé en eiist pris la cherre: 
mais l'admirai ayant attendu, le vit entre 
les mains du mareschal de Brissac, (|iii le 
receut, comme on Iny fit sentir, par la seule 
recommandalion du duc de Guise. (Aub., 
Ilht. Univ., II, Ij.) 

— Donneur de chèvres, conteur de 
bourdes : 

G'esl ung donneur de drievre a moytié. 
(Ler. de Lincy, froit., I, lOi.) 

CHEVREAU, mod., V. Chevrel. 

CHEVRE coRKE, S. 111., le capricome : 

Et quand du Scorpion courant au Sagittaire, 
Vers le cercle hyvernal Phœbus s'adressera. 
Autour de mille peurs mon espoir glacera. 
Ayant pour mon hyver vostre rigueur contraii'e 
Passant le cherre corne et l'enfant de Phrygie, 
S'il va d'un mesme cours les Poissons traverser, 
Quel tropique assez froid lors pourray je passer. 
Amour, pour rendre eu raoy ta chaleur amor- 

[tie? 
tPo. Dbsport., .iiiiows 'J'Iïippohjte, p. 137.) 

CHEVREFoiL, uiod. ^chèvrefeuille, s. 
m., arbrisseau grimpant, sarmenteux, 
à feuilles odorantes : 

Pour la chachie. ostre : Prendres fenoul 
et arrement et kievref'uel et miel et vin. 
(Hem. pop., Am. .'>almon, dans Eludes rom. 
déd. à G. Paris, p. 250.) 

D'els dous fu il tout altresi 
Cume dcl rhievrefoil esleit 
Ki a la coldre se perneit. 

(Marik, Lais, Cliievref-, 68. j 

Maler silva — chevefoil, wudebinde. (V'o- 
cabidary of llie names of plaids, p. 140, 
Wright.) 

Chevretoil. (Ms. Oxf., BodI.. Fairf. 24, P 
l'J.) 

_ChevrefiieHl.{\\ii't, \.\iiM>EVC,Catholi(on.) 

CUEVREL, mod. chevreau, s. m., pe- 
tit de la chèvre : • 

E Ysaï Sun fiz li enveiad, e un présent 
nturnad de pain e de vin e de ses cheve- 
rels. (Huis, p. 60.) 

As cfierriaus vait, si lor rouva 
Que Puis ovrissent. 

(Marie, Vsopet, B. N. IQISi, t' 23'.] 

Et li chevreaits H rcspondoit. 

(ID., ib.) 

Lièvres, connins, rheorel et aingnel... 
(lisT. BoiLEAU, Lio. des mesl., 2' p., X.\X, 1.) 

Char de cheorel. (Eus. p. apareil. viand., 
H. N. I. 7iai.) 

l'.iitendi d'aventure le checrtl qui crioil. 

(J. DE Meuno, Test., 1134.) 



Chavreau. (Liv. des hisl.. B. N. 2012.'., f° 
43 v°.) 

Et la brebiz se louoit pour sa laine. 
Et li chevriauj-' de sauter en la plaine. 

(EUST. Descu., V, 115.) 

— Chevreuil : 

Comment on laisse courre au clievrel. 
(ilodus, ms. Valenciennes 602, f° 208".) 

ciiEVREPiED, adj. et s., qui a des 
pieds de chèvre : 

knx Dieux cherre piez j'appans 
Geste despouille conquise, 

Par moy prise 
En l'âge de soixante ans. 
(P. Ross., Poèmes, 1. Il, OEuv., p. 829.) 

Pan le Dieu chèvre pied des pasteurs gouver- 

[neur, 
Augmente ta maison, tes biens et ton honneur. 
(ID., Egl. m, OEuT., p. 554.) 

Il faut, parmy l'espais des forests ombrageuses. 
Faire un beau sacrifice au cherre pie Faunus : 
Soit qu'il vueille un petit des brigades laineuses, 
Soit qu'il vueille un chevreau qui court aux prez 

[connus. 

(r,L. DE MORENME, Poes. p'Of., p. J08.) 

CHEVRETER, V. a. et n., mettre bas, en 
parlant de la chèvre : 

La chevreln quelque temps après un che- 
vreau qui avoit la leste de ligure humaine. 
(V.KUÉ, XI.V, x.\.) 

Pour tirer toute la commodité de ce bes- 
tail, sera bon de faire chevreler partie de 
nos chèvres dans le mois de décembre, et 
les autres en janvier, février et mars. (0. 
DE Serr., IV, 16.) 

Chievreter. (Cotereau.) 

Cf. Il, 118'. 

CHEVRETTE, S. f. , pc ite chèvrc : 

D'un lieu loingtain mené cy mes chevrettes. 
(Cl.. Marot, Prem. Ëcl. de Virgile, p. 2, éJ. 1596.) 

Cf. II, 118'. 

CHEVREUL, mod. chevrcuil, s. ra., es- 
pèce de cerf, de taille plus petite, dont 
le bois est court, cylindrique, et ne porte 
qu'un andouiller : 

Ne cheverol ne gupil. 

( Voi/. Je Cliarl, 3'J9.) 

Li ditans est de te! vertu 
Et li chevrolz a tel nature. 
Quant navrez est, tôt a dreilure 
Gort al ditan, a sa mccine. 

[Eneas, 9566.) 
Cheverol. 
(Huoiï DE Rot., Proleslaus, B. .N. 2169, f" il''.) 

De fores vient ces bons peires Hervis 
Ou a .ni. chiens .un. chivrues print. 

(Girb. de Metz. p. 542.) Var., cernez. 

Et cort comme devrons amont le desrubant. 
|/(o»i. d'Alex.,!' 31°.) 

C'ievrol. 

[Ib., ï" 20''.) 

Grant batailles i ot de vers, 
Cheureits i ot et daius et cers. 

[Tliébes, 441.) 
Cheveroel. 

(//ont, 4452.) 
Li blans cevrioîs. 
(Del Fit au roi, .\rs. 3527, f" 23v) 



Li cierriots ki fu legiers. 

(/*.) 
.1. grant cevruel. 

{Ib.) 

Vint poignant apries le chevreuel. 
(Ib.) 
Cheivrues. (Serm., ms. Metz 262, f" 12°.) 

Chevreil, cerreil. (Oct. 1272, A. .N. .1 1028, 

pièce 2.) 

Chevreul. (Ib.) 

Vois tu la chu vilain, qui nous vient par decha, 
■ I- cherveits a son col ? 

[Doon de Maience, 2080.) 

Le cherreuh a saisi, que tolir li cuida. 

{Ib., 2097.) 
Vees le eherveul la. 

(Ib., 2131.) 

As bisses, as cievrius, as dains 
Lor cace font. 

[Renart te nouvel, 2759.) 

.1. chevrieul. (1354, A. Côte-d'Or B 1398.) 

As dains et ascAei)i/'!«e&.(KROiss., Chron.. 
I, 322.) 

Clievreul. (Gloss. de Conches.) 

Chevroeil. (Sibileï, Conlrarn., p. 81.) 

Chevreul. A roe, or a roe bucU : aiso, a 
wilde goat. (Cotur.) 

— Chevreau : 

S'aporles .i. l-lerroel qui verras alaitant. 

(Herman, bible, B. N. 1444, f" 11 r°.) 

Kievrol. 

(iD., ib.) 

Chavrotis, berbiz, aumaille de devant euls me- 

[ner. 
(ID., ib.. ms. Orl. 374i»', f» 3^) 

Ne fust Jacob qui l'ot peu 
D'un chevreuil tendre de saison. 
(Gaut. d'Arhas, /sr(/c/e, 65, Lûsethj ms. Turin, L.I. 13.. 

CHEVRiER, S. m., gardien ou mar- 
chand de chèvres : 

Warins li chevriers, Warin lo chavriev. 
(1241, Cart. S. Vinc, B. i\'. 1. 10023, f 31 

r".) 

Saint Pierre le chawrier. (I26i,ap. Clouel, 
Hisl. de Verd., I, 46i».) 

Le pasteur ou rhievrier diligent netloier.'i 
tous les jours leur eslable. iCotereau, Co- 
lum., VII, 6.) 

CHEVRIiv, v. Caprin. 

cHEVRo:v, s. m., pièce de bois fixée 
sur la pente d'un toit et supportant les 
lattes qu' soutiennent les couvertures, 
les tuiles, les ardoises : 

Aiscout tremblent, eslocent .u. perron 
Ki soustenoient de lo sale .i. h-eivron. 

(Loti., B. IV. 4988, r»243i>.) 

Ne demora ne late ne chevron. 

(Ib., B. N. 1622, f» 278 r«.) 

La mosloile chace les rates 

Per très, per chevrons et per lates. 

{Vsopet, ms. Lyon, 2047.) 

De cèdre sunt tôt li cevron. 
(Expl. du Cant. des cant., ms. du Mans 173, 1° 47 r».) 

Descouverl sont li kieviron (de mamai- 
[son). 
(De Josaphat, B. .N. 1533, t" 247 f.) 



78 



CHE 



CHI 



Tigna, chevruns. [Gl. de Garl., Brug. 646.) 
Var.. qucwerons. (ras., Lille.) 

cHEVROivivEAU. S. iii., petit chevron : 

Clievronneau, soliveau. (JuN., Nomencl., p. 
157.) 

cnEVROX>ER, V. 3., garnir de che- 
vrons : 

Li escuz erl plus blans que cigDes, 
S'erl estclez de ineinle jame, 
Bendcz <le s.iluz nostre dame, 
Chei'i-onnez de festes [annies]. 
(HuoN DE Meri, Tornoiement Antecrist.) 

Se terre est commune ou voie commune, 
il n'enpeeche pas servise d'aler el de venir, 
et d'élever sa meson plus haut, ne de 
chevroner, ne de covrir. (Liv. de Jost. et de 
Ptet, IV, 17, S !■) 

Deus autres grans flacons d'argent do- 
rez, a tissuz vers, et ou millieu du tissu a 
une litte cheveronnee de soye blanche et 
vermeille. (1360, Invent, du duc d'Anjou.) 

Avoir chevronez, latez et couver ledit 
fourneaul. (1389, 1.am. i486, t° 37 r°, B. N.) 

CHEVROTER, V. a., mettre bas des 
chevreaux : 

Cette chevrette entre autres que tu vois 
A chevroté deux bessons en ce bois. 

(ViUQ., Idilt.. I, 80.) 

— Abs. : 

Les chèvres chevrottenl quelquefois a un 
an, et ordinairement a deux. (Du Pinrt, 
Pline, VIII, 50.) 

CHEVROTiiv,s.m., petit du chevreau. 

— Peau de chevreau : 

Pour .H. dosaines de peaux de parche- 
min et. XVI. peaux de c/ie!)TO<m. (1358, Compl. 
i/tun. de Tours, p. 65.) 

Gans doubles de chevrotin. (1392, liiv. de 
la mairie de Dijon, A. Côte-d'Or.) 

Une bourse de chievrotin. (1438, Exéc. 
test, de Mathieu Dotengis, A. Tournai.) 

Gant de chevrotin. (1491, 0/-rf., XX, 321.) 

— Tirer au chevrotin, boire à qui 
mieux mieux : 

Saincte dame comment ilz tiroyent au 
chevrotin, et flaccons d'aller. (Rab., Pan- 
tngr., ch. xx.) 

— Tirer au chevrotin a encore si- 
gnifié donner de l'argent comme d'une 
bourse de peau de clièvre : 

Traite ad chevrolinum. Trahe ad bursam. 
Tirer au chevrotin : c'est a dire, tirer a la 
bourse, baillerargent.(0«co)v.se)'m.eîne7îc(. 
de Mat. Cordier, ch. lvui, n. 73, éd. 1539.) 

Cf. II, 119=. 

CHEVROTTEMEiVT,s. m., bêlement de 
la chèvre, du chevreau : 

Geste herbe a dans le chalumeau de sa 
tige une petite beste... qui ne fait que 
monteret descendre, rendant par ce moyen 
un certain son retirant au chevrottement 
d'un petit chevreau qui crie. (Du P[net, 
Pline, XXIV, 18.) 



CHEZE, V. Chère. 
Chasuble. 



— CIIEZUBLE, V. 



ciiiASME, S. m., croix mise en marge 
des manuscrits, en forme de X, et in- 
diquant un passage désapprouvé : 

Platon... estimant du signe et figure de 
la croix que ce feust un cliiasme, c'est a 
dire une fi^'ure quadrilatère resemblante 
ladicte lettre X... (Maum., Euo. de S. Jusl., 
f° 170 v°.) 

CHiASSE, S. f., excrément de mouche, 
d'insecte ; écume, im,pureté à la surface 
du métal en fusion : 

Chiasse. Drosse, dregs, froath, of mettall. 
(COTGB., 1611.) 

CHIASTEMEIVT, V. CHASTEMENT. — 
CIIIATIQIIE, V. SCIATIQUE. — CHIBOLLE, 
V. ClBOHtE. — CHIBOl'LE, V. CiDOULE. 

CHicAMBEAU, S. m., piècc de bois 
sur laquelle on armure la misaine dans 
les lougres : 

Quelques vaisseaux, au lieu de poulaine, 
n'ont qu'une pièce de bois nommée chica- 
bau ou s'attache le couet. (Fournier, Hy- 
drogr., p. 31.) 

Chicambaut, c'est une pièce de bois qui 
sort du navire, yssant entre la flèche et la 
lice, et va a fleur d'eau, ou bien cour- 
beyant a fleur d'eau ou bien courbeyant 
presque a un pied etdemy de fleur d'eau; 
il sert d'armurer le misaine et beaupré 
quand le navire va a orse, c'est a dire a 
bouline. (E. Iîi.net, Merv. de nat., p. 108.) 

Chicambaut, ou couet. (Duez.) 

CHICANE, s. f., difficulté qu'on suscite 
pour embrouiller une affaire en justice : 

De peur qu'en son pays la chicane il ne porte. 

(Tabourot, Bi(jan\) 

... Les estranges tours d'une dame prophane 
Que d'un tiltre barbare on appelle chiquane. 

{Bebtaut, Œiw., p. 580.) 

CHiCA>'ER, V. n. et a., susciter des 
difficultés pour embrouiller une affaire 
en justice : 

Quant chicaner me feit Denise. 

(Villon, Gr . Test., .) 

CHiCANERESSE, adj. f., qui tient à la 
chicane : 

Tout leur but n'est aultre qu'a les allu- 
mer (les procès), les augmenter et perpé- 
tuer, sçachant bien que la cessation d'af- 
faires chicanneresses seroit la fin etadmor- 
tissement de leurcresdit el bonne fortune. 
(JIiCH. Lhospital, OEuv. inéd., I, 345.) 

CHiCAXERiE, S. f., le fait de chica- 
ner : 

Chiquanerie.ifi.\'sim.\m., Merv. du monde, 
r° 37 v°.) 

Chicquanerie. (In., ih., C 40 r°.) 

Brouilliz et chiquaneries. (Paradin, Hist. 
de Lyon, p. 229.-) 



CHI 

.l'avois mon s.ic de plaidoyries 
Tout remply de chicaneries. 
(A. DU Bbeuil, Muses gaillardes, f" 115 vo.) 

CHICANEUR, S. m., cclul qui chicane, 

huissier, procureur : 

Si le manda vers luy venir par une belle 
citation par ung chicaneur. {Cent Nouv-, 
xcvi.) 

Je ne doute point qu'enlre ceux qu'on 
appelle gens de justice, il n'y ait aujour- 
d'huy de beaucoup plus grands chiquaneurs, 
pipeurs, mangeurs, etc.. (11. Est., Apol., 
p. 243, éd. 1566.) 

CHiCANEu.x, s. et adj., chicaneur: 

Se biens avoit comme prince ou régent. 
Ne doubteroit cicanenx ne sergent 
Et seroit hors de grant perplexité. 

(R. DE CoLLERYE, Hoiuleau.c, LXXVII.) 

Il y a aussi delà noblesse, qui pour des 
querelles, qu'elle prend sans propos, ou 
pour croquer la despouille d'un gros bé- 
néfice, fait des ports d'armes, dont s'ensuit 
quelquefois beaucoup de meurtre, et n'y a 
province au royaume ou cela ne se voye. 
Si pour les en divertir, vous leur envoyez 
un petit serpenta verge, jamais chiquanou.t: 
ne fut mieux frotté qu'il sera. (La Noue, 
Disc, p. 106.) 

Le beau père, qui esloil cliicanoux comme 
luy, respond... (G. Bouchet, Serees, V.) 

Que mauldit soit le citadoux 
Aveeques le sien chicanoiix. 
Qui l'austre jour me desroberent. 

{liesponse de la vertugatte.) 

CHiCAXiQUE, adj., propre au chica- 



Quel mal font les chiquaneurs d'ouvrir 
leurs bourses a ceux qui ont envie de les 
remplir, a la charge de leur donner le pas- 
setemps de voir mille et mille galanteries 
et gentillesses chiquaniques ? (11. Estien., 
Apol., p. 242.) 

Je sçay que la gent basse, au monde chicanijiie, 
Est plus active aux plaids qu'au combat veneri- 

[que. 
(LiSPHBlSE, la Nouv. Tragic Ane. Tli. fr.. Vit, 
490.) 

CHiCANOURE, S. f . , femme chicaneu- 
se : 

Cherchans eaue fraische pour la chorm'e 
des naufz, rencontrasmes deux vieilles cftî- 
quanourres du lieu : lesquelles ensemble 
misérablement pleuroient el lamentoienl. 
(Rab., Quart liv., ch. xvi.) 

CHicANOURROis, adj., chicaneur: 

Puis disl a haute voix en présence et au- 
dience d'une grande tourbe du peuple chi- 
quaiiourroys. (Rah., Quart liv., ch. xvi.) 

CHICHART, adj., chiche, avare : 

Cy n'entrez pas, vous usuriers chichards. 
(Rab., Garg , ch. liv.) 

Nul n'y sera usurier, nul lescharl, nul 
chichart. (Id., Tiers liv., ch. iv.) 

D'autres disent par les maizons 
Que le président de Maizons 
Sera pourvu de ceste charge. 
Qui peut rendre obligeant et large 
Le plus grand chichard des humains. 
(LOBET, La Muse liist., 12 mai 1650.) 



CHI 

1. CHiciTE, adj., qui donne pou, par- 
cimonieux, avare : 

Aver ne chuiches. 
(Ambroise, Est. de la //. s.. Vat. Cbr. 1639, fo 8''.) 

An quel leu porroit l'an trover 
Home, tant soit poissanz no riches, 
ÎNe soit blasraez, se il est chioJies !• 

(Chrest., Cliges, 196.) 

Et quanqu'il dit, por voir atïche, 
Ja n'an avra la langue chiche. 

(iD., ih., 45S9.) 

Certes li riche 
Sont ore ou siècle li plus chiche. 

(GllOT, Bible, 512.) 

Hz sont d'aucuns preux si riches 
Qui sont avairs et sont si siches 
Que... 

{La Jotwn. d'oun. et de prouesse, B. A'. 1997, f» 58 

Il donne au povre, il donne au riche, 
Du sien n'est point aver ne chiche. 
(Mir. de N. D., VII, 173.) 

Et ! sire, par vostrc mercy. 
Ne nous soiez aver ne chiches. 

{Ifj. .yi, 176.) 

2. CHICHE, S. m., pois chiche: 

Je ne priscroie .lu. chiches 
Socrates conbien qu'il fust riches. 

{Jiose, B. .N.- IS73, t» Si".) 

I.a chanipaigne des eschlelles la ou riens 
ne croist lors que petites pierres en ma- 
nière de sir/ies. Et de cliamp dient les gens 
du pays que nostre seigneur passoil une 
foiz par la, si demanda a ceulx qui la se- 
moient siclies quelle chose s'esloil qu'ilzse- 
moienl, et il?, respondirent en gabanl el 
mocquanl que (-'esloil pierres. (J. LelOjNG, 
Liv. des pei-igrinnciûns, ms. Berne 12ô, f" 
ToV.) 

rie la purie de chiches. (.1. Le ¥?,\RV.,Rem 
l>. la goutte, P. Meyer, iîo;«., XV, 183.) 

Apres ces meschans gens venoienl, 
Pour ce qu'il/ n'estoient si riches. 
Car autres ne prise deux chiches. 

(Cna. DE Pis., Lonrj est., 2802.) 

Chklies et fèves. [Jnrd. de santé, I, 489.) 

CHICHEME.VT, adv., d'uiie manière 
chiche, avec parcimonie : 

Encliargié de le gouverner chichemenl. 
(Enf. Viv., B. N. 796; éd. Wahlund, p. 39.) 

(lonimençaadetraclerde son perepource 
qu'il le Iraitoit trop chichement. {.Mer des 
Cron., f 138 r°.) 

Cichement. (N. de Bkis, Institut., !" 104 
V.) 

Chichement, .\vare, parce, resiricle. (Itou. 
Est.) 



CHI 



79 



CHI 

Chiclteié est la lysse 
Qui l'ame tue, et rend le corps mal sain. 
(J. Marot. Doctr. des peine. De fuyr avarice, p. 13, 
éd. 1632.) 

Aridus homo. Sec de sicheté et de soing. 
(R. Est., Thés.) 

Il ne sera question que de cldcheté, et 
de tenir la main serrée. (Cai.v., Serin, s. les 
Ep. a Tim., p. 2i0.) 

Cependant qu'ilseconlenle de i'espargne 
et chichetéûe sa table. iMo.sx., 1. II, ch. vin, 
p. 251.) 

CHicHEUs, adj., chassieux : 

I- /^f / ,o, , , ,, ' lue celle nature vient d'Espaigne! (G\sr. 

Lippus, a, um. Chichezts.(Gloss.lat.-gall., Feb Ma? 1717 f» in» i ■-iJ»'b"'=- ^ui^'- 
B. X.l. 4120, f 124 r°.) . , fEB., 3la?. 3il ,. f 40 .) 



pop., Am. Salnion, dans Etudes rom. déd. à 
G. Paris, p. 2Ô7.) 

Or vous dirons, bêle mère, dient li chien. 
que nous ferons. (Me.nestrel, g 412.) 

— Chien de mer, sorte de squale : 

Crevis, rasours el chien de mer. (La Ma- 
nière de langage, p. 394.) 

— Chien d'oiseau, chien de chasse 
originaire d'Espagne : 

Autre manière yade chiens que l'en ap- 
pelle chiens d'oyscl el espaignolz pour ce 



CHICHE viLAix, S. m., hommechiche, 
ladre : 

Nous disons... chiche, vilain, ou chiche 
vilain. (11. Est., Precell., p. 74.) 

ciiiCHiER, s. m., plante qui produit 
les pois chiches : 

Et la graine sauvage 
Du chichier étranger. 
(Grevin, Œuv. de Xicaiidre, p. S6.) 



Ainsi comme on dit lévrier de Bretai- 
gne, les alans et les chiens d'oysel vienneni 
d'Espaigne. (In., C 40'.) 

— Promettre chiens et oiseaux, pro- 
mettre monts et merveilles : 

Au lieu qu'estant au fort de sa maladie 
il me promettait chieîis et oiseaux, alors qu'il 
commença a revenir en convalescence il 
sembloil ne me voir pas de bon œil. et ne 
faisoit aucune mention de me contenter de 
mes peines. (II. Estien., Apot., c. 16.) 



CHICOREE, S. f., plante potagère à | 
petites feuilles frisées qu'on mange , de la nuit : 
comme légume et comme salade : ! 



Entre chien et loup, à la tombée 



yorl chichement, perparce.(l.j4i), Dict. fr.- 



tat 



CItICHCRULI.E, V. CiCEROLE. 

ciiicHERO.\, S. m., bout du sein : 

Sur voz lelins llestris les chicherons tout noirs 
Iteprcsenlenl les bouts de deux vieux entonnoirs. 
(Tabourot, Diijurr., l' 200 r».) 

ciiicHETÉ, S. f., fait d'être chiche : 

Frugalilateiii, chiuchelé. {Gloss. de .Vcc/c, 
llrug.) 



S'il veut pois, elle fait poree 
De raves ou de cicoree. 
(J. Le Fethe, Lament. de .Vat/ieol., 1, 1269, Van Ha- 
mel.) 

Cicoree. (Dampm.art., Merc. du monde, i" 
74 v°.) 

Cichoree. (De Fouilhou.x, Orig. des font., 
p. 18.) 

CHICOT, S. m., reste d'un tronc d'ar- 
bre, d'une racine, d'une brandie, d'une 
dent : 

Sage n'achope a tous chicots. 

(J. DE Baif, Mimes, 1. II, f» 49 v°.) 

Séparant des sicotz 
Le branchage arrengé pour porter en fagotz. 
(1574, Efforts et assauts faicts et donnez a Lusiynen. 
Poés. tr. des iV et ivi" s., t. VI, p. 313.) 

Laissez luy des chiqiiots et des greffes. 
(LiEii.\L'LT, p. 408.; 

En couppant les branches, il faut laisser 
des ciquots assez longs pour r'enter cyons 
nouveaux. (E. Bi.net, Merc. de nat., p. 273.) 

CHIEES, CHIEF, V. CheS. — CHIEF, V. 

Chef. 

CHiE.MEXT, s. m., action de se dé- 
charger le ventre : 

Cacatio. Chiement. {Trium Lino. Dict., 
1604.) 

CHiE.\,s. m.,quadrupèdedomestique, ; 
carnassier : 

Vus lui durrez urs et leuns et chiens. 

{Ilol.,3D.) 

... Prennent lor ars. cors et lévriers, 
C'A ic«s et viol très et liemiers. 

(Eneas, 1459.) ] 

Se vous de cien aves morsure, prendes ! 
rouge ortie et la moricle el lait cru. {Ilem. 



m., celui qui a le 



i Entre chien et loup, sur le tart, 

j Qu'on va les marjolaines querre. 

1 {Jugem. de l'amant banni, sv" s., \at. Cbr. 1720 

j Not. et extr. des mss., XXXIII, 231.) 

j — Dormir en chien, dormir à jeun : 

Comment entendez vous, dormir en chien ? 
[ C'est (respondit Ponocrates) dormir a jeun 
en hault soleil, comme font les chiens. 
(R.\B., Quart livre, ch. LXiii.) 

I Dormir en chien. Dormira cada trecho. 
(C. Ol-din, Dict. fr.-esp.) 

j — Infidèle : 

François l" fut obligé même pour se dé- 
fendre contre Charles Quint, d'emprunter 
les forces de sultan Soliman, ce qui lui at- 
tira le reproche d'appeler un chien pour 
deffairelechrestien. ,Bii.\.\t., Hommes illus- 
tres étrangers, t. I des (Euvres compl.) 

CIIIEXASSIER, S. 

soin des chiens : 

Veneurs, braconniers et chienassiers du 
roy. (J. .Maigin, Nobl. Triil. de Leonn., c. 

XLVlI.) 

CHiE.\DEXT, s. m., plante graminée 
qui a une quantité de racines longues, 
traçantes, noueuses, par intervalles, et 
entrelacées les unes dans les autres : 

Chiendent. {\iY.i.O}{, Nal. des oys.,2, .\XI1I.) 

— Il est représenté par beaucoup de 
noms propres, de lieux et de personne.s : 

Ou lieu (près de Monlauban) que on dit 
chiendunt. (1340, A. N. JJ 73, f 184 r°.) 

Estiennot Cliiendent. (1J30, Cumpt. de 
l'argent, de Phil. d'Evr., A. li.-Pyr. E 519.) 

CHiEivET, mod. chenet, s. m., pièce 
de fer à tète ornée qui représentait or- 



80 



CHI 



dinairement des têtes de chien, et qu'on 
place à chaque côté du foyer d'une che- 
minée pour soutenir le bois à brûler : 

Quatre pare de chenez. (1317, dans V. 
C.ay.) 

Pour deux chieanais de fer pour la che- 
minée du comptouer. (1379, Arch. hospit. 
lie Paris, 11, lOS.) 

Chanetz, une cramaUliere.(fnu. rfes biens 
de Jacjues Cœur, A. N. KK 328, f° 223 v°.) 

Du(iuel chasleau Iremblerenl les logis si 
rudemeul que les chtennetz ou landiers qui 
esloient soubz les cheminées tombèrent a 
terre. (Haton, Mém., an 1580.) 

Une pare de chesnel: de fer. (1621, Inv. 
de meubles, dans Travaux Ac. Reims, LXXV, 

29i.) 

Cf. II, 122». 

CHiEiviQi'E, adj., de chien : 

Chiea qui persuade si bien 
Par un chienique murmure. 

(GoY DE Tours. Poés., II, 80.) 

CHIEIVIVAI, V. CilENET. 

t;niE>XERiE, S. f.. action de chien ; 

chose dégoûtante : 

Y avoil multitude de chiens et oiseaulx 
gaslans l'honneste mesnage des bonnes 
gens, sans oser dire mot; et sembloitque 
chiennerie estoit des logis. (G. Chastell., 
Cliron. des D. de Bourg., 11, 11.) 

Cf. Chienerie, II, 122''. 

CHiExrvETER, V. n., chienner : 

Apres que la chienne aicra chienneté, on 
la logera chaudement. (0. de Serb., IV, 16.) 

La jeune lice qui n'« jamais chienneté. 
cSai.n., Ven., I, 1&.) 

t■.HIEN^'l^■, adj., de chien : 

Les Egyptiens 
Ont adoré leurs dieux sous chiennine figure. 

(RONS., VI, p. 6S, Mellerio.) 

Cf. Chienim, 11, 122=. 

ciiiEMiAiGE, S. m., colchique, plante 

médicinale, appelée aussi tue-chien, 

vieillotte, lis vert, chiennes, safran des 

prés : 

Le colchicon qu'on appelle rhienraige. 
(LiEBALLT, p. 597.) 

CHIENS, V. Céans. 

CHiER, verbe. — N., se décharger le 
ventre de gros excréments : 

Conment chia sus le musel 
Au vilain tant qu'il s'esveilla. 

(Ren..Br. XVl, 1148.) 

Le dit David rhii sur la Bible. (Brant., t. 
in, p. 234, ap. Ste-Pal.) 

Bistoquet n'est aucunement 
Vilain, car tout soudainement 
Qu'il a cagat, il prent la cure 
De couvrir toute son ordure. 

(C.uv DE Tours, Pors., Il, 82.) 

— A.: 



CHI 

Qui chif estant jeune des crottes, estant 
vieil il chie des mottes. Entendant par ces 
paroles que n'ayant rien appris qui vaille 
en nos jeunes ans, vous ne sçavez rien qui 
mérite estant en vos vieux jours. {Suit, des 
m. Prov., 1665, t. Il, p. 229.) 

CHIEBCHIELLE, V. CeRCELLE. — CHIE- 
REiVC, -EIVCII, V. SeRAN. — CHIEREN- 
CniER, V. SeRANCBR. — CHIERENT, 
V. SeRAN. — CHIERISIER, V. CeRISIER. 
— CIIIERREîVCQ, V. SeRAN. — CHIER- 

viELLE, V. Cervelle. — chiescun, v. 

ChaSCON. — CHIESSER, V. CeSSER. — 
CHIEL-rVCQUANTE, -AXCTE, V. CINQUANTE. 

-•cHiEuyuiME, V. Cinquième. 
CHiEUR, s. m., celui qui chie : 
Chieur. Cagador. (C. Oudin, DIct. fr.-esp.) 

CHiEi'RE, mod. chiure, s. f., trace 
laissée par des excréments de mouches 
ou d'autres insectes : 

Chieure. Cagadura, cagazon. (C. Oudin.) 

ciiiEUx, S. m., chieur : 

Veu que tu n'est plus qu'un cliieux. 
(RoNS., ap. .K. du Breaii, Muses gaiUardfS, î'* 43 v".) 

CHIFFE, S. f., chiffon, guenille: 

Ses fils le nom de conte port. 
Qui n'iert mie vestuz de chippes. 

(GuuRT. t. I, p. 28, V. 74.) 



Cf. Chipe, II, 125\ 

CHiFFETiER, S. m., crieur de vieux 
chiffons : 

Cbiffelier, stracciaruolo, scutarius, c'est 
un crieur de vieux drappeaux. (buEZ, Nu- 
mencL, p. 130, éd. 1614.) 

CHIFFLER. CHIFFI.ET. V. SlFFLER, SiF. 
FLET. 

CHiFFO.\i\ELR, S. m., syn. de chiffon- 
nier : 

Chiffonnier et ç/ii/T'oHîieu?', un crieur et re- 
vendeur de vieilles pièces ou morceaux de 
drapetde linge, ou d'autres estolTes.;iluEz.; 

t:HiFFO>'MER, S. m., celui qui fait 
métier de ramasser, pour les revendre, 
les chiffons, les vieux papiers jetés sur 
la voie publique : 

Chiffnnnier. llandrajero. (C. Oudin, Dicl. 
fr.-esp.) 

CHIFFRE, s. m. et f., signe qui sert à 
représenter les nombres : 

Que cifre ai fait de moi meisme. 
(G. DE Coisci, Mir.. B, N, 375, f» 310=.) 

C'est une giffre en argorisme. 
Qui ne cognoist rente ne disme. 
(G. Mach., Poés., B. N. 9221, l' 103'.) 

Aussi bien n'v suis fors que une ciffre 
donnant umbreet encombre. (G. Chastell., 
Chron. des D. de Bourg., Il, 26.) 

— Caractère numérique employé par 



CHI 

convention à la place des caractères de 
l'alphabet : 

.le vous envoyé le double d'une lettre in- 
terceptée, escripte en chiffre p^r le duc de 
Lorraine. (27 juin 1573, Lelt. miss, de H. /!', 
t. III, p. 814.) 

— fiepiiler comme chiffres, mettre en 
nombre de chiffre, faire très peu de cas 
de qqch. : 

Quelques sots et glorieux Italiens se sont 
voulus alTubler de tel honneur par dessus 
nous, qu'ils semblent par leurs escrits nous 
reputer comme chiffres. (P.iSQ., Letl., 1, 12.) 

Voulant par ce tout donner a entendre 
qu'il meltoit en nombre déchiffre tous ces 
biens superficiels, au regard de ceux du 
dedans, qui dépendent de nostre fonds, 
(lu., Pourpar/er du Prince.) 

Cf. Chifre, II, 124". 

CHIFFREMENT, S. m., actiou de chif- 
frer, chiffre : 

Suppliant Vostre Majesté de m'excusersi 
mes lettres, mais principalement celles en 
chill'res, dont la nature prescrit briefveté, 
sont trop longues et fréquentes, peu élo- 
quentes et souvent pleines de redites, es- 
tant bien dirticile d'user de chiffrement 
sans plusieurs erreurs. (Sullv, CEcon.ruy., 
ch. cxix.) 

cniFFREivEAu,s.m.,enchifrénement; 

fig., horion : 

Il y en avoit tousjours quelqu'un (jui 
avoil quelque cbifveneau. (Paré, t. III, p. 
693.) 

Chiffrenenu, ou rheume. (Duez ) 

A tel chanfreneau telle emplâtre. (S.- 
.\MANT, Borne ridic, Lxx.) 

CHIFFRER, v.a., calculer, numéroter, 
à l'aide de chiffres ; écrire en chiffres : 

Il ne despand de créature qui vive que 
de moy, et seul cliifre tout ce que j'écris 
d'importance, (.luin lbli,Lett. de M. Stuarl 
à farchev. de Glasg.) 

Ledesplaisir que vousme mandezd'avoir 
eu de l'égarement fait par les commis de 
M. de Villeroy, d'une lettre nonr/ii/free que 
j'escrivois et adressois a vostre propre per- 
sonne. (Sully, OEcon. roy., ch. cxix.) 

Cf. Chifrer, II, 124'. 

CHIFFRECR, S. m., celui qui calcule 
à l'aide de chiffres, écrire en chiffres : 
Cliifreur. (Monet.) 

CHIFLER, CHIFLET, V. SlFFLER, SlF- 



CHii.E, mod. chyle, s. m., suc formé .. 

dans l'intestin grêle , de la partie nutri- \ 

ti ve des ahments, qui renouvelle le sang : 1 

Escliile. (B. deGobd., Praliq., I, 4.) 

Chile. (Chirurgie de Gui de Chauliac, dcim 
Dict. gén.) 

Les veines mezaraiques, par lesquelles le 
chifle se porte au foye, pour estre lait sang. 'M 
(Paré, .XV, 52.) ' " 



CHI 

ciiiLEUx, mod. chyleux, adj., qui a 
rapport au chyle, qui appartient au 
cliyle : 
Flux chileux. (B. tiE GoiU)., Pratiq., V, 14.) 
Humeurs chileu.f. (Id., ib.. V, 16.) 
Egestion chileuse. (I»., «4.) 
Substance cUijleuse. (Paré, XXII, iv.) 

ciiiLiFiER, mod. chylifier, v. a., trans- 
former en chyle : 

L'estomacli la reçoit (la nourriture), di- 
gère et chijlifie. (U.4B., Tiers lit!., ch. iv.) 

CHILI.4DE, S. f., un millier : 

Toutes lesquelles parolles ont esté dites 
en la sixiesnie clii/kute. c'est a dire, en l'an 
de six mille. (M.MM., Œiiv. de S.Jiisl., f°275 
v°.) 

CUILLER, V. SiLLER. — CIIILLOU, V. 
C.iILLOU. — Cm.MUOLE, -lïOLLE, V. Cl- 

BOIRE. 

CHIME, mod. chyme, s. m., sorte de 
bouillie, que produit la première élabo- 
ration des aliments dans l'estomac; suc: 

Les pommes et fruict (des citonies) qui 
sont stiptiques ont l'umeur et chime froit j 
et terrestre. (Jai-d. de santé, I, 118.) 

CHIMENTIERE, V. ClMETIERE. 

CHIMERE, S. f., mon.stre que les an- 
ciens représentaient comme formé de 
l'assemblage bizarre des partie.s de di- 
vers animaux ; idée sans fondement : 

Por le foUetens et por chimère. 
(G. DE CoiNCT, Mir.j ms. Briu., f" 197'.) 

cni.MERioL'E, adj., qui substitue des 
chimères à la réalité : 

.le ne sçay quoy de fantasque et chiméri- 
que. (B. Benoist, dans Dict. gén.) 

ciiiMEKisER, V. n., faire des chimè- 
res: 1 

Cliimeriser, quimerisar, hazer quiraeras. \ 
(C. Oldin, Dict. fr.-esp.) | 

CHIMIE, S. f., science qui étudie la 
constitution intime des divers corps: 

C/iemie. (1607, dans Dict. gén.) 
CHI.MI.\EE, -ER, V. Che.MIXEE, -ER. 

CHIMIQUE, adj., relatif à la chimie : 

_ Des medicamens pyrotiques et chimiques, 
c'est a dire exlraiis par distillation de 
quinte essence. (P.xké, XXVI, 1.) 

Sel chymique. (Liebailt, p. 297.) 

CHIMISTE, s. m., celui qui s'occupe 
de chimie, qui est versé dans cette 
science : 

Chymisles ^on\. les vrais philosophes na- 
turels. (ViGENERE, dans Dict. gén.) 



CHI 

cHiMiSTivjcE, adj., qui est propre à 
la chimie : 

Instruraens chymisliques. (Evo.\., Trésor, 
préf.l 

— S. f., chimie : 

Ceste belle science qu'ils appellent alqui- 
mie ou chymistique n'est qu'un abus. (Ta- 
uvME.w:, Second dial. du Democritic, p. 283.) 

CniNCHETÉ. V. Chicheté. — C1II>- 
ciSME, V. Cinquième. — ciiii\'i;ijr.4\TE- 

MER, V. CiXQUANTENIER. — ClIIXE, V. 

EscHiNE. — c^I^QlT.\^•T, -.\ivte, v. Cin- 
quante. — CHI^•QUE^'.\UDE, V. Chique- 
naude. 

cmxyuER, verbe. — N., faire go- 
daille le verre à la main : 

Et avoient les 'Venitians a ly et a sa coni- 
pangnie fait grant (ieste et" honneur, en 
squinquani et propinanl, en présentant de 
lui convoiier sour meir a .ii. galies de 
gens d'armes. (J. de Stavelot, Ckron., p. 
530.) 



CHI 



81 



— k., boire à gorgées : 

Voyant qu'elles prenoient si grand plai- 
sir achinqueriiu vin d'Arbois.(SLLLV, Œcon. 
roy., ch. .xcviii.) 

— Présenter comme cadeau : 

Passât a Dynant paraighe a gran noble- 
che, et ly skiuquant cheaz de Dinant un 
buef, une cowe de vin et .vin. moulons. 
(J. DE Stavelot, C/iron., p. 515.) 

CHI.XTE, CIII>TRE, V. ClNTRE. — CIIIi\- 

TRER, V. Cintrer. 

ciiiouRME et cnioRME, s. f., réunion 
des rameurs d'une galère ; escouade de 
forçats ramant sur une galère : 

Et les Venessiens quy estoientgens ases 
et deziroient la bregue et se fioient a se 
qui avoient la cfiourme de .vi. guallees. 
(Gestes des Chipi-ois,p. 275, G. liaynaud.) 

Mariniers et cheurmes de galleres. (/«>■- 
truclions aux sieurs d'Drfé, ap. Comm., t. III, 
p. 372.) 

Toute nostre chorme grandement se con- 
tristoit. (P.AB., Quint liv., ch. xvni.) 

Lesquels voyans le carnage qui se faisoil 
de leurs gens, après avoir perdu treize ga- 
lères, quittèrent la bataille, monstrans 
combien leur diornie esloil bonne ijourles 
sauver; car les navies maures estoient 
plus légères, leurs charmes meilleures, et 
leurs patrons plus expérimentez. (Kalxhet, 
Antiq. gaul., 2° vol.. Il, 14.) 

La ciourme, c'est la trouppo des forçats, 
on dit aussi chiorme. (E. Binet, p. 101.) 

— Fig.. troupe, foule : 

Amour, ainsi que vous aux liens me contraint, 
A la cA/o>*»jeamourousb ainsi que vous m'enferre. 
(Bons., I, p. 259, Mellerio.) 

ciiiouRMÉ, p. passé, garni dechiour- 
me : 

Afin que les Troyens sans travail n'aycnl pas 
Nos vaisseaux bien chCormez. 

(Jautk, II., XV.) 



CHIPOTER, verbe. — N., manger par 
petits morceaux,' manger du bout des 
dents ; vétiller, lanterner : 

Qui voudroit u»er de cavillations elcki))- 
poter sur chacun mot. (Calv., Comm. s. 
l'harm. evang., p. 125.) 

— A., vétiller sur : 

Ce ne sera jamais fait pour qui voudra 
chipoter tous les mots. (Taboirot, dans Lit- 
tré.) 

Cf. Chipotrer, II, 125". « 

CHIPOTEITH, -EcsE, S. m. et f., celui, 
celle qui a l'habitude de chipoter : 

Vostre femme est damoiselle de bon lieu, 
et vous la ferez retenue, recuite, a demy 
morfondue, el chipoteuse. (Cholieres, Mu- 
tinées, p. 208.) 

Ce ne sont que chiches faces, taquines, 
chipoteuses et avaricieuses, au lieu que 
l'homme veut estre honorable, magniPique 
et libéral. (Id., Apres dinees, II, r 63 v".) 

ciiippE, V. Chiffe. 

CHioi.-E\.4iiDE. s. f., petit coup qu'on 
applique en détendant vivement le doigt 
du milieu plié sous le pouce : 

Fyllippe with ones {\ngar — chiquenode. 
(Pals(.r., p. 220.) 

La jouoyl... aux c/unquenutides. (Piah., 
Oarg., ch. xxii.) 

Une chiquenaude. (B. Jamin, Dialog. de J. 
L. Vives, Index, Talitrum.) 

CHIQUET.4DE, S. f . , déchiqueturc, 
taillade faite à une étoffe : 

La manche détaillée a grande chiquetade. 
(1624, Le Satyrique de la Court,\^T. hist., Ill, 259 ) 

CHHjcETAGE, S. m., syu. de chique- 
tade : 

Ce n'est que velours, que soye, que chi- 
quetage, que cotillons, que chamarures et 
broderies, que carcans, perles et pierre- 
ries. (1588, liemonstr. au roy, p. 200.) 

ciiiQUETER, verbe. — A., découper 
en petites dents ; fendre, percer, lacé- 
rer : 

Malntz habitz chiquetez. 
(CoQuiLLART, Droits 7iottr.. r* p., I, 64.) 

Si je cliiquelte mon bonnet, tu n'en as 
que faire. (Palsgr., p. 581.) 

Quant ons'enveult servir(de ces arbres), 
il ne fault que coupper un peu de la cosse, 
et lors vous trouverez les cousteaulx el 
aultres basions, telz que voudrez, soit pour 
plumer du fromage, pour chiqueter ou 
coupper voz habitz, vos chausses et voz 
pourpoinlz. (Xarigal. du compaign. a la 
bouteille, de l'isle ou croissent les espees, 
poignards, éd. I5'47.) 

Ayant esté trouve une fois es bains se 
chiquetant ](; corps de coups de canivet. (H. 
Est., ApoL, p. 309.) 

Et d'un son esclattint [(la bète). 
On rcsjouit les chiens qui la vont chiquettrint 
(Gaucu., l'iais. des clmmps, p. iOI.) 



T. l\. 



11 



82 



CHI 



Que j'extermineray et nieltray a jambre- | 
bridaiiie tous ses ennemis, et que je chi- 
quelermj pour son service tout ce qui se 
rencontrera plus menu que chair a pasle. 
(C'« DE Cn.AMAiL, Com. desfl'rov., II, i.) 

T.'on cffiloit l'acier pour chiquetey la veine. 

(Fr. Pebbi», l'ourtrait, (» 11.) 

11 faul le rosidu en pièces chiqueter. 

(iD., Sidier.i, f" 38.) 

CInqueler, incidere. (160i, Trium ling. 
dict.) 

Fig., en t. de musique, comme dé- 
couper : 

Le cornet .l boucquin cependant esclattant 
En cent mille frétions, sonne et va cliirpiettant 
Le bransle solemnel. 

(Giccn., Plais, des cliamps, p. 48.) 

— Chiquelc. part, passé, déchiqueté, 
découpé, tailladé : 

Chacun veult avoir rolibe ouvrée. 
Chacun veult robbe cJncqiiefee. 
{Complainte <hi nouveau marié, Poés. fr. des xv« et 
XTi's., 1, 2-24.) 

Ces plants (de raisin) ont la feuille clii- 
qtietee comme l'aclie. (Du I'ixet, /V(«e, XIV, 
2.) 

Une petite fueille ronde, qui n'est chi- 
rjuettee ny incisée. (Id., i6., ch. m.) 

L'aconile a les feuilles de plane, mais 
chicquetees un peu plus dru. (Ghevin, Des 
venins, II, 2.) 

Los uns (gants) sont chiquetes 
De toutes paris a jour, les autres mouchetés 
D'artifice mignard. 

(Jean Godard, le Gan.) 

L'œillet d'Inde a la plante branchue, les 
liges hautes, canelees, droites, roiigeastres, 
d'où sort quantité de fueilles, chlquelees, 
découpées, etc. (K. Binet, Merv. de nal., p. 
248.) 



cniQUETEURE, S. f., déclilqueture : 

Autant en advient il pour la drapperie, 
et principalement pour les chausses, ou 
l'on employé le triple de ce qu'il en faut, 
avec tant de balalTres et chiqueteiires, que 
personne ne s'en peut servir après. (1574, 
Disc, sur les caiis. de l'exlresme cherté.) 

Les feuilles de l'agrimoine retirent a 
celles du chanvre,... et ont environ cinq 
chiquetures a l'entour. (llu I'inet, P/ine, 
X.W, 7.) 

La nature se joue en ce fruict, de sorte 
qu'elle y entaille une infinité de figures et 
chiquetures plaisantes a voir, qui est le si- 
gne de la bonté de la figue. (Liebault, p. 
452.) 

CHIRAGRE, S. f., goutts aux mains : 

Pedagre et cyragre es pies et es mains. 
(Oresme, Quadrip., B. N. 1348, f" 161 r°.) 

La main a aussi aucune fois une goutte 
qui est appellee cyragre ([uant elle est es 
mains, et quant elle estes piez elle est ap- 
pellee podagre. (Corbichon, l'ropriet. des 
choses, B. Ji. 2253a, f 6't".) 

Contre goûte arthetique podagre etcyra- 
gre vault le oximel qui est fait delà racine 
de elleboire blanc. (Secres de Saleriie, ms. 
Modène, liste 28, p. 139.) 

Contre riragre et contre passion yliaque 



CHI 

soit elacterium et mierre mis en poudre. 
(Ib., p. 137.) 

Contre cyragre et contre l'enfleure des 
mains envieiUie fait on cautère. (Cyrurgie 
Albug., ms. Salis, f 176°.) 

Lequel esloit malade de la mala<lie de 
podagre et cliirngre tant es piedz qu'es 
mains. (II.\ton, Mém., an 1560.) 

CllIRETEE, V. ChaIIETEE. 

ciiutoGRAniAiRE, adj., qui se fonde , 
sur un acte chirographe : 

Le loyer et salaire des valets et servantes 
sera tenu pour [irivilegié, et sera préféré 
aux autres créanciers cliirographaires ou 
personnels. {Coul. de Bruges, XI.X, o.) 

]M\.rt chirographaire. (1.532, Coût, de Re- 
nai.v,\\U, 1.) 

CHiROGHAPHE, S. m. et f., acte, di- 
plôme portant une signature autogra- 
phe : 

Un cyrograplie uni fet et endous l'uni Irenché, 
A l'arcevcsque en unt baillé la meité. 

(Garn., s. Thomas, 1012.) 

Le cyroyyeffe porlereiz. 
[Yie de Tohie. B. N. i9S2'o, f" 135 r».) 

Li eschaciers tint le saiel 
Et les Ictres au d-imoiscl ; 
Li cyroyrafes fut leus, 
Et li covans reconeus. 

{Dolop., 7360.) 

Cirogreffe, cqrogreffe. {Bible, B. N. 899, f° 
198 V».') 

Fere un cyroqrafe. (La prieure deFonlaines 
à l'abb. deFcmleo., 12-25 à 1250, A. M.-et-L.) 

Cerografe.(Vli<i, Chirog.,S. Sep., Gambr., 
A. Nord.) 

Ceste chartre escrite acyrogra/fe. (Trad. 
du xnf s. d'une ch. de 1225, Cart. du val 
S. Lambert, B. N. 1. 10176, P ^^) 

Si en avons fait cyroqraphe. (Août 1236, 
Chirog., S. Sépulcre, Camb., A. Nord.) 

Cis cyrogrnphes. (Mai 1246, Chirog., Cy- 
soing, A. Nord.) 

Li cyrograifes qui fu faiz par devant la 
royne sera tenu?.. (1251, Heg. du Pari., A. 
N. JJ 27, t°281 r°.) 

Chirograiphe. (Août 1256, Chirog., S.- 
Quentin, 1. 2'i.) 

Un cirograffe divisé par l'a, be, ce, dont 
i'ai l'une' partie et ledit mesires li coens 
l'autre. (Jlars 1269, A. N. J.I 24", f 23 v°.) 

Ki cesl présent chyrographe verront cl 
orront. (,Iuin 1297, JoiNV.. Charl. d'Aire.) 

Cqrogra/fe. (1298. Cart. d'Arras, B. N. 1. 
17737, 'r 1 v°.) 

Si comme li cirograffes disl. \lb., 1300, 
f 133 r°.) 

Si comme escril est eus chc meisme ci- 
rograffe. (//)., 1300, f 133 V.) 

Et li seroit se cyrographe délivrée parle 
recort du raaieur et des esquevins. (1307, 
Coutume de lacilé d'Amieus, ap. A. Thierry, 
Tiers Elut, 1, 16i.) 



E 
de Oda 



n .1. cyroqreffe sus ce fait. (1328, Compte 
Odart de Laigny, A. >'. KK 3'. f» 77 r°.) 

Li porteras de ce chirographe. (1333, Cart. 
de S. Ouenttn, B. N. I. 11070, f 79 v°.) 



CHI 

Comme appert par \r philogreffe, de la 
marchandise. (1458-14.59, A. mun. Avallon, 
ce 108.) 

Comme il appert par le philogroffe. (Ib.) 

Aussi que nul homme d'oultre la mer ne 
soit receu a l'onncur et promotion du clergé 
s'il n'a le cirographe et signe de .v. eves- 
ques. (Me;- des hystoir., t. II, f 132°.) 

ClUROMANCE, et (IHROMAACIE, S. f . , 

art prétendu de deviner l'avenir, de 
deviner le caractère : 

Cyromancie. (J. de Vignav, Miroir hist., 
dans Dict. gén.) 

Ciromance. Cyromancia. (Vocabularius 
brevidicus.) 

C'est assavoir quant a phisonomye 
Cheromensie el methoposcopie. 

(J. BoucDET, Ep. mor., II, vlli.) 

La chyromantie naturelle de Ronphile. 
(Paris, 1655.) 

ciiiROMAiv(:iE!V, S. m., celui qui pra- 
tique la chiromancie : 

Autres sont nommes c/wicomanciens, parce 
qu'ils devinent par certains lineamens qui 
sont es mains. (Paré, XIX, 31.) 

n poètes, o astrologues, chantres et chy- 
romantiens, neveuillezfeindre tant de men 
teries. (Merlin Cocc, c. xxv.) 

ciiiROMANT, s. m., celui qui se livre 
à la chiromancie : 

necromant nocturne, o fraisle chiromant. 

(Pont, de Ttard, Eleg. à P. de Ronsard.) 

ciiiROM.\>'TiQiiE, S. m., syn. de chi- 
romant : 

Les devineurselingromanliques.arioles, 
enchanteurs, augures et ciromantices la ho- 
norent (l'astrologie! plus que Dieu. (Ferget, 
Mirouer de la vie, 1'° 122 r».) 

cniROMAXTiQUEMEXT, adv., d'après 

la chiromancie : 

Ce ne leur est rien, qu'en considération 
des signes de la main deviner chiromanti- 
quement. (Po.nt. de Tyard, Disc, philos., f» 
134 V".) 

CHIRURGICAL, adj., relatif à la chi- 
rurgie : 

Instruments chirurgicaux. (JoGB., A7inot. 
s. la citir. de Guy de ChauL, p. 294.) 

Opérations chirurgicales. (Id., Gr. chir., 
p. 651.) 

CHIRURGIE, S. f., partie de l'art mé- 
dical qui s'occupe spécialement des lé- 
sions externes : 

Un cirurgien qui savoil 

De cirurgie plus que nus. 

(Chrest., Chev. au lion, dans Dict. gcn.) 

L'art de syrurgie. 

(Fab. d-Ov., Ars. b069, I' 18<.) 

Un livret de c/u'cii.çie pour chevaulz. (1381, 
Invent, de la Bibl. de J. de Neufchâtel, Bull. 
Soc. hist. Paris, nov.-déc 1889, p. 169.) 

Sylurgie. (G. de Sevthriers, .I/o", adm., 
Hist. de l'ab. de S. Claude, II, 319.) 



CHI 



CHO 



CHO 



83 



Cyi-urgie. (1562, Piironne, ap. La Fons.) 

Cltirurgie est un aii qui enseigne a me- 
tlioiiitiuemenl curer, préserver et pallier 
les maladies, causes et accidens qui ad- 
viennent au corps humain, principalement 
par opération manuelle. (I'ariî, Intr.,c. 1.) 

chiri!Rgie:v, -gie\>e, s. m. et f., 
celui, celle qui s'occupe de chirurgie : 

Et si estoit bon sitrgUens- 
(C.*i:t. d'Arr*s, ]llc et Gale,:. B. N. 375, f 299 v»; 
Losetli, 1666.; 

Soulive sirri4i'glenne. 
(G. DE CoïKCl, Mi,:, ms. Brui., f" 17J\) 

Clers est et boins cirurgietis 

{Blancand., 1437.) 

Et se c'est de chose que le selorgien dee 
conoistre. (Liv. de ./. dlbelin, ch. cc^ii.) 

Je mandai mires et swigiiens. (Dou roi 
Constant l'Emper., >'ouv. l'r. du xui' s., p. 
16.) 

Je sai une fîsicienne 

Que a Lions ne a \ iene 

Ne tant comme li siècles dure, 

rs'a si bone sernrgienne. 
(RuiEB., Mort Rustebeuf, 49, (Eue, 1, 41, ".' éd.) 

Li hauz sururgien devin. 

{De \. n., B. N. 19523, t» 92 r«.) 

La ceriirgienne. (1278, Enq., A. N. J 1032, 
pièce 29.) , 

h\seururgien.{L\\:^YST , Somme, ms. Soiss. 
208, r94'.) 

Li ei/-urgens. (Id., ib., ms. Chartres, [° 50 
r°.) 

Cirolgiens. (1323, Franck, de Montmirey, 
.\. Doubs, Kouv. Ch. des Comptes, M 308, 
Terrier de Montmirey.) ^ 

Telz ne sont pas cgrurgîens. 
(G. DE DiGULLET., Trois pclei:, f" 6 v".) 

Et (le nay) sera phisicien, sirurgien des 
malves hommes et malveses choses. (Ores- 
ME, Quadrip., B. N. 1348, f» 189 r°.) 

Et ce conseil li donnèrent si surgien et 
phisicien qui se cognissoient a se maladie. 
(Froiss., Cliron., MU.) 

Cyrugien. (Chron.d'Angl., ms. Barherini, 
f 51 v°.) 

Il fut empoisonné, conune il fut trouvé 
quand il fut ouvert par les stirglens. (J. 
Ch.irt., Chron. de Charl. VU, c. 271.) 

Jaquot de Vezon, sirorsien, qui visita Je- 
han Bognat, infect de meselerie. (1439, 
Compte de Jaquot Barraull, A. mun. Aval- 
'on, ce 89.) 

Maistrc Girard, barbier et sireurgien. 
(1455, .V. N. KK 329.) 

Autres médecins et syrorgiens de cette 
ville. (1462-63, Compl. de Nevers, CC 58.) 

Cireugien qui euvre de la main. Cireur- 
gienne, medicatrix. (1464, J. Lag.\deuc, Ca- 
tholicon.) 

A une c/ii)-«)'5!e«)ie pour avoir sané ladite 
llaignon de une playe qu'elle avoit a son 
chief. (1466, Exéc. testam. de Jeli. Gosse, A. 
Tournai.) 

Pour avoir livré les drogues nécessaires 
et convenables aux médecins et cerorqiens. 
(1467-68, Comptes de Nevers, CC 62.) 

riiiRL'RGigvE, adj., relatif à la chi- 
rurgie : 



.\rt chirurgkqtte. 
(J. BoucHET, Ep.mor., II, viii.) 

Les institutions chirurgiques de... (J. T.\- 

G.IULT.) 

Tenant (jueliiues ferremens chirurgiques. 
(Le jirem. acte du Synode noct.) 

Une lancette ckirurgique. (Ib., XV'.) 
CHii'.\c, V. Cinq. — chiuivchis.me, v. 

CiNQUIESJIE. — t:UIU-\f:Qi:A-\TE, V. ClN- 
QU.\NTE. — ■ CHILTE, V. CoUETTE. — CHI- 
VACHEE, -lE, V. ChEV.\LCH1EE. — tlUV.A- 
CHER, V. ChBVALCHIER. — • CHIV.AILLVE, 

V. CiVAILLIE. CHIVALCIUER, V. ChE- 

VAUCHIER. — ClIIVILLE, V. ChEVILLE. 

CHLORiTE, S. f., sorte de pierre pré- 
cieuse verte : 

La clilorite, que les magiciens afîerment 
estre trouvée au ventre de l'oyseau nommé 
iylla. (La Bon., Harmon., p. 741.) 

tHOAGlTOL'R, V. COADJUTEUR. 

CHO.A.XA, S. m., cavité membraneuse 
du cerveau en forme d'entonnoir : 

Au dedans d'iceluy un conduyt on peut voir 
Apellé cJioana, f;ûct comme un entonnoir, 
Par lequel le cerveau rejccte par la bouche 
Les grossiers excremens lorsquele nez se bousche. 
(AuB., Œuv., III, 414.) 

CHOC, S. m., action que subit un corps 
qu'un autre rencontre violemment : 

Choc. Le choc des gens de guerre, Coitio 
militum, et congressio. (i{. Estienne, The- 
saur., 9.) 

Choq. (Le Plessis, Ethiq. d'Arist.. P 24 

V».) 

Cette armée delTaite du premier choc. 
(AiB., Hist., 149.) 

CHOÇON, V. Chausson. — ciiociioiv- 
iVERiE, V. Cochonnerie. — CHOcyLE, v. 
Souche. — chocquer, v. Choquer. — 
ciiOE, V. Queue 1. — ciioExs, v. Céans. 

cuŒROMA^'TiE, S. f., divination par 
les pourceaux : 

Par chœroinantie. ■ a.yons force pourceaulx, 
tu en auras la vcscie. (Hab., Tiers liv., ch. 

XXV.) 

cnoETE, mod. chouette, s. f., oiseau 
nocturne, à gros yeux entourés d'un 
cercle de plumes effilées : 

Yaux de choete et le vis plat. 

(Chrest., dans Dict. gèn.) 

Si esgardoit el temple qui 'st de Deu beneis. 
Tos fu plains de caiteies et de calves soris. 

[Godef. de Bouillon, 260.) 

Nicticorax, suete. (Gtoss. lat.-fr., ms. 
Montp. 11 110, P192 v°.) 

La chouate. (Laure.nt, Somme, ms. Metz 
665, f 12'.) 

Telz rcsemblent a la suette 
Dont la clartc du soleit nelte 
Aveugle les yeui. 
{Boece de ConsoUicioti, Ars. 2670, f" 55 v".) 



Noctua. Çiiete. [Gloss. de Douai.) 

La seuele sent la mort des gens. (Oresue, 
Contre les dioin., B. X. 991, f 25''.) 

Je suis aussi com la cJiuette 
Qui par nuit es regors buelte. 
;j. Le 1-'etbe, Matheolus, I, 281, Van Hamel.) 

Grands corbes, suettes, moyneauU. 
(Eust. Desch., TI, 188.) 

Les yeuls des sueles ou des chauve soris 
sont inabiles a recepvoir la clarté du sou- 
leil. (Crist. de Visxy, Charles V, 'i'p., ch.iv.) 

Ma femme sera coincte et jolye comme 
une belle flpeMc chouette. (Ixxb., Tiers liv., 
ch. xiv.) 

Bricf, quoy que dames soyent llouettes. 
Autant vault chasser aux suettes. 
On ne les prend pas au fîUc. 
fCoQuiLLART, BlusOii des armes et des daines. II, 
165.) 

Pour desnicher les pies, les chauvetles, 
les jayz et les coqs. CLe Maire, Illustr., I, 
21.) 

Chouette. An .iwolet ;or the.littlehornow- 
le (a theevish night-bird) ; aiso, a chough. 
cadesse, daw, jack-daw. (Cotgr.) 

CHŒUR, s. m., réunion d'hommes, de 
femmes, dansant ou marchant en ca- 
dence, au son des voix, des instruments: 

Loez lui en tvmpane e chore. (Psalt. mo- 
nast. Corb., B. N. 1. 768, f° 114 v°.) 

— Partie de l'église où est placé le 
maitre-autel et où l'on chante l'office 
divin : 

Et s'en entrent dedenz le cuer o ces ba- 
rons qui portent sacorone et la pome. (Ass. 
de Jér., I, 30.) 

Derier le cur Sain Denis. (16 août 1277, 
S. Jacques, A. de l'Etat à Liège.) 

Une chappe de queor.(Hisl. du prieuré de 
Wigmoor, ap. Uuc, Aurifrigia.) 

Cueur. (Compt. de S. Germ. l'.iux.,.K. N. 
LL 535, f 7 V.) 

Asses pries dou coec dou mou5tier.(FROiss., 
Chron., III, 87.) 

— Enfant de cluvur, enfant employé 
au chant des offices et au service du 
chœur : 

Enfanz du cuer de l'Eglise de Noslre 
Dame de Paris. (Fév. 1350, Bail, A. N. S 7, 
pièce 17.) 

CHOIR, mod., v. C'heoir. 

CHOIS, mod. choix, s. m., action de 
choisir ; préférence donnée à une per- 
sonne ou à une chose ; discrétion : 

Nos t'olroion treslot a chois 

La busche as rez par loz nos bois. 

[Eneas, 6055.) 

De treis choses a chois le misl. 

(Wace, Bou, 3' p., 7139.) 

Et mult sot de chiens et d'oisiax ; 
Mult sot de rivière et de bois 
Quanqa'il veoit prenoit a cois 
A altre cose n'entendoit. 
Et cil déduis mult li plaisoit. 

(Id., Brut, 3740.) 



84 CHO 

Amulis mist a chois sun frère 
Et dist, lot soit a sun voloir, 
Del re^ne prendre u de l'avoir. 

[Brut, ms. Miioicb, 3834.) 

Defors la vile, en mi .i. bois, 
S'enbuscierent tôt a lor cois. 

{Tlu'bi's. app. 111, 6-197.) 

Se vos voles aler en bois, 

Et ce vos plaise en vostre cois,..- 

Uns cors vous ert devant vous mis. 

{Parton., 1783.) 

Tuit li haut home du pais 
Et les dames, quant il moroient, 
Illuec tuit et tuites gisoient. 
Mais bien vous di. sans nule gile, 
N'i gisent fors la gens nobile 
Ou plus biau liu, tôt a lor coif. 

{Àmald. et Yd., 5374.) 

Normant, Hrcton et Pouhier et Englois, 
Et Biauvoisi, .Vrtisien, Boulonnois 
Que Gaul'roi prengne a merci a son chois. 
{Enf. Oijier, 195.) 

I/ostez voit n'est pas a son cois 
De retenir le damoisel. 

{Fregus, p. 100.) 

Lesquels .1111. bonniers de blel li dis Wil- 
laumes doit prendre, keiisir, et avoir sen 
keiis a se voleiilet. (1279, C'est Willaume de 
Vleuvinrj, S. Brice, cliir., A. Tournai.) 

A mon rhoez. (1394, Denotnbr. du baiU. de 
Constentin. A. Ni P 304, f° 33 r".) 

J'avoie le temps a mon quols- 

(Fboiss., Poés.. B. N. 831, f 106».) 

Lequel ameries vous le mieulz 
Pour avoir plaisance a tousjours?. 
Qui des deux vous mettroit a chieux? 
Le quel ameries vous le mieulz ? 

(lu., ih., III, 103, 1.) 

A Confort l'ay recommandée 
Qu'il en face tout a sa guise, 
Et poncarte luy ay baillée 
Qui d'estranges en pays devise, 
AiEn que dcdens il advise 
A quel port pourra arriver. 
Et le chemin a chois eslise 
A bien aler et retourner. 

{Ballade anon.. dans Charles d'Oil.,Poe.'i., 445, Champ.) 

Impr. : achois. 

Dea, tu es ung enfant de choys. 
Mais es tu fol ? Comme tu saulte ! 

(Farce de Jenin filz de rien, Auc. TL. Ir., 1, 357.) 

— Prendre a chois, choisir : 

Ke ne prestres ne Dex n'assoul 
Chelui qui se dete ne soûl 
Ains que tu Vaies pris a quois. 
ÎHelisasd, Vers sur la mort, XVIII.) 



chois, avoir la liberté de 



— Elre a 
choisir : 

Vous estes a rues dou partir ou dou de- 
morer. (Froiss., Cln-on., X, 441, Kerv.) 

CHOISIR, V. a., prendre do préfé- 
rence : 

Cil recomencerat cui en avez choisi. 

( Voy. de Charl. à Jéms.. 738.) 

Keusiseons ti enlauliseons por akenkeurs 
de chil no lintaumenl mcssire Gualier Sei- 
Jiiers. (1133, ap. Tailliar, p. 3.) 

Et prist moylier, dun vos say dir. 
Quai pot sub cel genzor causir. 
(Alberic, p. Meyer, Alex., p. 4, t. 39.) 

A tant Eneas a choisiz 

Dis chevaliers proz et hardiz, 

{Eneas, 357.) 



CHO 

Un cers unt pris e retenu. 
En quatre partz voelent partir ; 
Le lion dist ; Je voil chosir. 

(JUaiE, Ysopet, XII.) 

Ensi ami kieusist et prent 
Sans parler a prevost ne maire. 
(Nivelons .\mions. Ars. 3101, t° 129 v".) 

Ne qu'il die pas, que ce fust 

Por çou que le cois en eust 

Des lances : ains veut mius par tant 

Qu'Escanors caisisce avant. 

{Atreper.. B. N. 2168, f« 15*.) 

Ont vendiit, bien el loiaumenl, a mestre 
Julyen, .i. bonnier de blet, entière, pour 
recevoir a cest auoust, a tteusir en .vu., 
bouniers de blet de leur ahain. (Ocl. 1292, 
C'est maistre Juliien, chirog., A. Tournai.) 

Sacent tout cil ki cesl escril veronl et 
oront ke Jehans Caudaiwe, de Blandeng, el 
Jehans (laudaiwe, ses fius, ont vendut a 
Theri le Monne les pourlis d'iin bonnier 
de ghieskiere a keusir, en le porose de 
Blandeng. (Oct. 1314, Tetl. Theri le Monne, 
chirogr., A. Tournai.) 

Voycy pas, tout au tour de nous. 
Des oyseaulx et hestes assez i' 

Sem 
Père Xoé, or ctiotjzissez 
Des quelz qu'il vous plaira choisir. 
(Mist. du Viel Test., 6235.) 

Toute personne d'honneur dioisit de per- 
dre plustost son honneur, que de perdre 
sa conscience. (Mont., liv. 11, ch. xvi, p. 
417.) 

— Choisi, p. passé : 

,Ie m'en allai droit au point avec mes 
deux cents hommes choisis de toutes nos 
compagnies. (Monïli'c, Comm., 1. I.) 

Cette ville fut si bien assiégée que Dan- 
delot avec mil hommes choisis n'y peut 
entrer. (Auii., llisl. imiv., I, 10.) 

— S. m. et f. : 

Lucio estoit plus advisé en l'amour de 
sa dame Isabeau, que son compagnon 
n'estoit en la poursuite de sa choisie. (B. 
Despek., Nouv. recréât., p. 289 v°.) 

Cf. II, 127". 

CHOisiss.%BLE, adj.. digne d'être 
choisi : 

Choses choisissables pour l'amour d'elles 
mesmes. (.Uiyot, Œuik mi?l., éd. 1820, t. III, 
p. 280.) 

Le stoique dit que tout ce qui est bon 
est clioisissable. (Cuoliehes, Apres disnees, 
f 121 v°.) 

— Ane, qui peut être distingué, 

aperçu : 

Aussi doit ceste apparence avoir lieu au 
ciel plustot qu'entre les météores : non 
comme un cercle simplement, mais comme 
une ceinture vraye et choisissable au ciel. 
(Pont, lie Tïard, De la nat. du monde, f 55 
r".) 

CHoisissEMEiv'T, S. m., choix, élec- 
tion : 

Ceste très ehreslienne maison a esté et 
est tousjours eslevee et conservée en si 
grand degré, par choisissement de la pro- 
vidence céleste. (Le Maire, Illustr., 1. III, 
f 48 r".) 



CHO 

Delectus, élection, eslite, choix, choisis- 
sement. {Calepini Dict.) 

Delectus, us. Choisissement. (Trium Unr/. 
dict., 1604.) 

CHOisissEUR, S. m., celui qui choisit : 

Aveugle choiiissew: (Le Maire, Illustr. ,\, 
33.) 

Gardes toy bien d'estre trop difGcile 
A choisir, car il est très facile 
Que choisisseurs soient deceuz au choisir. 
(.1. BoucHET, Ep. fnin., LIX.) 

Choisisse.ur, eliseur. (H. Est., Diclionario- 
lum.) 

Bon choisisseurûe lild'argent. {8mai 1574> 
Lett. de M. Stuart, à M .de la Mutlie Feiiél.) 

Cf. Choisisseor, II, 127'. 

ClIOITE, CIIOITTE, V. ChUTB. 

ciioL, mod. chou. s. m., jilante pota- 
gère de la famille des crucifères : 

Maix tout le mont sens li ne preix un chol. 
(TniB. DE Nav., Berne 389, (' 216'.) 

Boif l'iaue et manjue des cous. 

(Renclus, Miserere, xxii, 8.) 

Une fuelle de col roge. {Alb. de Vill. de 
Honnec, p. 219.) 

Q'oem li fist de ses chous damage. 
(Anoee, Dial. de S. Oreg., 13, P. Meyer, Ilec.,[>. 
340.) 

Fueille de chol. 

[Doon de Maience, 2742.) 

Semaine de chous ne doit noiant. (Est. 
Boileau, Liv. des mest., ¥ p., II, 79.) 

Oes et choz et naviaus. 
(J. DE Mkung, Test., ms. Corsiai, I" 154'.) 

S'il veult des pois on lui donra du chol. 
(EusT. Desch., V, 64.) 

Vous qui avez cher, pois, fèves et lart. 
(Id., VI, 278.) 

Choul sauvage. (Jard. de santé, I, 137.) 

CHOLAGOGUE, adj. . qui chasse la bile : 

Remèdes colagogues. (DvFoviluovx, Orir/. 
des font., p. 18.) 

Médicament cholago/jue. (Tagault, in'l. 
cliir., p. 107.) 

CHOLERE, V. Colère. — choleriqi'e, 
V. Colérique. — <:iiOLERiyi:EME>'T, v. 

COLERIQUEMENT. — CIIOLERISER, V. Cu- 

LERISER. 

ciio.M.\BLE, adj., qu'il faut chômer: 

Encore dyje selon droit 
Que toute feste est plus chotnmable. 
Cela scet on bien, et gardable. 
Le matin que l'apres disner. 

(Elot Damebnai, Deablerie, l' 15=.) 

Les dimanches etjoursc/(o»mia4/es. (Cuo- 
LiERES, Matinées, p. 295.) 

Les festes de la sepmaine chaumables. 
(Brant., Ctipit. fr.. Franc. I.) 

Et que celuy d'Ovide ayant par les retours 
De l'an, chanté l'honneur de leurs chonwiaUes 

[jours. 
(Vadq. de lA Feesn., Artpoft.. éd. 160S ; Pellisiier 
p. 54, 921.) 

Les festes qui sont chaumûtjles par com- 
menderaent. (J. Tarde, Chron.,p. 336.) 



i 



CHO 



CHO 



CHO 



85 



CHOMAGE, mod. chômage, s. m., ac- 
tion de chômer, suspension des tra- 
vaux : 

Je denian et ivquier qu'il en soit puniz 
corne de tel fail. et mi domaclie me soient 
amande et mi c/iomage jusqu'à la value de 
.X. Ib. {Etabl. de S- Louis; 11, xii, p. 359, 
Mollet.) 

Nous avons entendu... que nostre mon- 
noye de Tournay... a esté longuement en 
clwriuiige. (7 sept. 1390, Ord., VU, 371.) 

CAa!<OTa/ye. (16 mai 1453, Lett.de Ch. VU.) 

CHOME, s. f. , inaction de la personne 
qui chôme : 

lieux serviettes qui n'avaient été gagnées 
qu'a la chôme. (Alb., Fœnest., I. III, c. 3.) 

CHOMEE, S. f., syn. de chôme : 

Sus. Envye, a coup, a coup ! 
Il est temps que faces ta monstre. 
Et convient que tu te denionslre 
Telle que tu es renommée. 
Sans faire plus grande cJwmniee, 
Cherche quelqu'un pour assaillir. 
{Moral, nom., Ane. Th. fr., t. Ill, p. 104.) 

CHOMER, mod. chômer, verbe. — N., 
suspendre pendant les jours fériés le 
travail quotidien : 

Il n'ait cause de chommer ne perdre 
temps. (14.55, A. N. KK 32».) 

Lesdils eschevins n'avoient loisir de aller 
boire et manger en leurs hostelz aflin de 
tenir el entretenir les ouvriers de la dite 
pille en euvre qui estoienl en plusieurs et 
divers lieux et les garder de c/'omec. (1468, 
Compt. deNerers, CC 63, f 43 V.) 

Je m'en vois sans plus chômer 

Vers la mer. 
(Est. Fohcadel, Chant triste de Medee.) 

Nous la laissons (la sagesse) dormir et 
chômer. (Ch.^rb., Sag., II, 3, p. 35*2.) 

Non pas aller pour son cueur esbaudir 
Jouer aux jeux defenduz, el gaudir 
A taverner. et tout l'argent despendre 
Qu'on a conquis a besoigner et vendre 
Les jours ouvriers, et quand on a perdu 
Tout«son argent aux jeux, ou despendu 
A yvroigner, venir baptre sa femme 
C'est mal chauîmé, ce tour esfc trop infâme. 
(J. BOCCDET, Ep. tiior., il, X.) 

— Fig., cesser : 

.le vous donneray a conguoistre que je 
n'ay point c/iojnm^ de penser pour vous et 
pour monsieur de Caulmont. (Lettre de 
Marguerite, Hiblioth. Kgerlon 23,f'' 92, dans 
La Ferriere-Percv, Margueriled Angoulrime, 
p. 163.) 

— Fig., être privé : 

(lu cas qu'ils ne chommeid d'argent pour 
mcctre en euvre a icelle. (1577, Marché de 
la châsse donnée par Trist. de Bizet pour 
mettre te corps de S. Bern-, Lalore, Très, de 
Clairv., p. 160.) 

— A., célébrer en s'abstenant de tra- 
vail : 

Ce jour estoit la fcste solennelle 
Que tous les ans on choumoit a Cybelle 
Au mois d'avril, saison ou la rigueur 
De son .\tys luy eschauffa le cueur. 

(HoNS., FraM., liv. 1, Ûliuv., p. 409.) 



Feray des jeux et chottmeray vos testes. 
(1d., fHijiIre, p. 917.) 

Chonmiant dévotement les testes. 

(Cbassics., Ps., LXIV.) 

Dieu n'a rien commandé plus estroite- 
ment que chommer le jour du repos. (Itou., 
Démon., f 127 r°.) 

C'est la grand teste îles Turcs (la saint 
Georges), et n'en chaument d'aulvca . [BK.\^'r . , 
Grands capit., 1. I, c. xxv.) 

La première fois que je le vis, ce fut le 
jour que nous chômons a .\pollon et a Diane. 
(Urfé, Astree, I, 6.) 

L'honneur est un vieux saint que l'on ne chomme 

[plus. 
{Regmeh, Sat., 13.) 

i II n'est pas jusqu'aux savetiers qui n'aient 
' c/m«me le jour qui leur api)ril une si bonne 
j nouvelle comme le jour d'une grande l'ete. 

(Lett. de Balesdens ù Ség., 21 sept. 1661, 

ms. S. Germ. 700, t. X.VXII.) 

— Cesser d'attaquer, laisser en re- 
pos : 

Cela faict, je tireray vers Mantes en 
bonne intention de ne chômer, non plus 
cest hiver que je fis l'aultre, les ennemys. 
(22 sept. 1590, Lett. miss.de Henri IV, t. III, 
p. 256.) 

cHoxDRiLLE, S. f., plante de la fa- 
mille des chicoracées : 

ChondrilJe. (J. ors Moil., Comm. de 
Ualth.) 

CHOPADE, s. f., faux pas : 

Mal rabotez lieux 

Passez a cioz yeux 
Sans faire chopade. 

(Ci.. SIaboi, A';)!%)/i.,p. 491.) 

Qui do lourde choppade. 
Bronchant. ■ 

(Gauchet, Plais, fies champs, p. 266.) 

CHOPEMEXT, S. m., fautc, péché : 

Mais par le chopement de nos légers parens 
Las ! ils sont devenus de nos serfs nos tyrans. 
(Du Bartas, 2"^ sent., i*^ }., les Furies, 171.) 

cHOPER, mod. chopper, v. n., faire 
un faux pas eh heurtant du pied contre 
un obstacle : 

. . . Desoz U çopa 
Ses palefrois. 

(Chrest., dans Dict. tjén.) 

Li destriers Orgueil si sovent 
Choupoit, que ce n'estoit pas fins : 
Si ce ne fust, qu'il fust si lins, 
Qu'd vausist bien .m. mars d'argent. 
(Huos DE Mert, Torn. Antecr., 642.) 

Si vait moult bien au chevalier que ses 
chevaux ne chope nule foiz. (Agrav., B. N. 
333, r 56 r".) 

Lors s'en va (la fortune) soiipant et jus se. 

I boute 
[Rose, 6173.) 

Chascuns çope et chancelé 
En la voie de iniquité. 

[FaO. d'Oc, .\r3. 5069, f" 48'.) 

Comme le cheval dudit Perceval eitsl 
soppé. (1397, A. N. JJ 153, pitce 104.) 

Le suppliant, en soy retournant soupa el 



lui coula le pié, et en sonpanf desserra son 
arbaleste. (1454, ib., JJ 187, pièce 220.) 

Sa meschante et rétive haridelle qui 
choppe a tous coups. (L.iBiv., Morf., III, 6.) 

Mes conceptionsetmon jugement ne mar- 
che qu'a tastons.chancellant, bronchant et 
chopant. (Mont., I. I, ch. xxv, p. 80.) 

Et aprenes que Dieu fait choper les meschants 
Aux pièges qu'ils avoient droissé pour ses enfans. 

(.\. DE RiVAUDBAO, Œur. poét., p. 130.) 

Comme un qui va de nuici je chopoy tous les 

[pas. 

(Oesportes, Cleonice, VII.) 

C'est une trop lourde imprudence de chop- 
per deux fois contre un mesme bois. (Urfk, 
Astrée, II, 9.) 

Je choppe par dessein, ma faute est volontaire. 
(Regkier, Sat., VII.) 

Tout ce (lu'il peut avoir de bon, c'est 
qu'il choppe el bronche moins souvent que 
ne l'eroil pas un autre, qui seroila sa place, 
et qui auroit moins d'expérience et de ca- 
pacité que luy. (Naudi';, Mascural, p. 384.) 

cHopixATECR. S. m., cclui qui aime 
à boire chopine : 

Joueurs, paillars, el bons chopinaleurs. 
(GouiN, Lii're des loups ravissans. cli. vi.) 

CHOPiA'E, S. f., demi-pinte ([ui servait 
autrefois à mesurer le vin : 

N'est nus qui chascun jor ne pinte 
De ces tonneaus ou quarte ou pinte. 
Ou mui, ou seller, ou chopine. 
Si cum il plest a la meschine. 

[Rose, 6851.) 

.1. hanap n couvercle semé d'esmaux, 
avec une chopine de celle mesme façon. 
(1352, Compt. de La Font., Compt. de l'ar- 
gent., p. 169.) 

Le pinte nomme on en aucun lieu cho- 
pine et le lot une quarte. {Dial. fr.-ûam.. 
t° 2".) 

l'ne chopine semée d'esmaux, pesant 
.ni. marz .ii. onces .v. estellins. (ri juillet 
1304, Mandem. de Charles V, p. 25, L. Ue- 
lisle.) 

l'ne chopjtine d'or plaine. (loSO, Inv. de 
Chartes V, ap. V. Uay.) 

Encore chopine pleine. 
Encore chopine ! 
{Vav-de-yire, ap. Jac, Xaux-de-Vire d'O. Basselin, 
XXXVI.) 

Cheopine. (N. de Bris, Institut., t" 188 r".) 

Un vaisseau de cheopine. (G. Chrestun, 
Gêner, de l'homm.,x>. 93.) 

Chopine de bon vin. (Grkvix, Œuv. de 
Nicandre, p. 41.) 

CHOPIXER, V. n., boire chopine : 

Je voys donc penser du disner. 
Car il nous fauldra choppiney 
Un peu, pour mieux s'entre congnoistre. 
(Le Xouii. Pathelin. p. 156.) 

Scavez vous qui m'y faict fournir ? 
C'est rage commenl je choppine, 
De chanler ne me puis tenir 
Toutes les fois que je chemine. 

(Aet. des apost.. vol. I, t' I2<.) 

Il a chopine un peu plus que de raison. 
{Traduct. de Terence, f 141 r".) 

Apres avoir longuement c/iO/)iné les pieds 



86 



CHO 



au feu, voic.y venir l'hoste a eux, sçavoir 
s'il leur plaisoit aucune chose. {Nouv. fa- 
brique des eXL-ell. Irails de vérité, p. 38.) 

Puis commenila qu'il fcust payé de ses 
guaiges, et qu'on le feisl bien chopiner so- 
phistiquenient. (Uab., Garg., cli. xv.) 

t:iiOPi^ETTE, s. f., petite bouteille : 

IS'ay je pas assez travaillé 
Pour aller boyre chojjpinette? 

{Act. des apust., vol. 1, f" 199°.) 

Payé pour une estamppe pour estampper 
les choppineltes de la commune, 8 sous. 
(lC>58-5a, A. Seine-lnf., G 40J0.) 

Je luy l'ey montrer l'aube, le calice, le 
corporal, la pierre de l'autel, et les chopi- 
neltes. (Descr. de l'Ethiopie, p. l'29, ap. 
Léon, Deicr. de i'Afr.) 

Un gros christal rond rompu, et garni 
d'argent en l'orme d'une cliopinette. (1584, 
lieliq. et urnem. de l'égL S. Nicol.-de-Port, 
A. b. iNic.-de-1'orl.) 

CHOPOKTE, V. Cloporte. — choppe, 
V. EscHoppE. — CHOPPER, moci., V. 
Choper. 

CHOQUADE, S. f., choC 1 

Gomme un faidcon léger, 
Qui du plus liault des cieux desi;end pour sac- 

[cager, 
En l'aer quelque grand vol de pigeons qui de 
Fuient deçà delà la choquaile mortelle, [l'aesle 
(Cl. Gauchet, rlaisirs des champs.) 

CHOQUAILLER, V. 11., clioquer les ver- 
res, trinquer : 

Il ne vouloit esconduire sa chaire es- 
pouse de la requeste qu'elle luy faisoit de 
pouvoir un peu chocquailler (en buvant). 
((Jholieres, Apres dis/tees, i" 20 r".) 

ciioyuEME\T, s. m., action de cho- 
quer, choc : 

Suivant l'extrême exigence des choque- 
mens barbariens. (Noguier, Hist. lolos., p. 
3-2.) 

Qui mourut parmi le clioquemens d'une 
si grande, rude et âpre melee. (In., ib., p. 
.'.1.) 

La, les clioi/uements des Anglois, les que- 
relles des AUemans. (Aub., Hist. univ., \'° 
p., liv. m, c. i.) 

CHOQUER, verbe. — A., rencontrer 
violemment ; 

On vous fait assavoir de par messeigneurs 
les consaulx de ceste ville et cité, pour 
éviter a pluisieurs insolences que font les 
gens a chucquier '^s oel'z l'yn contre l'aul- 
Ire, ont delfendu a toutes personnes de 
chucquier a tous les d'S oefz. (1559, Reg. 
aux public, A. Tournai.) 

— N., heurter, frapper : 

Endementiers que li sergans chucoit a 
l'uis fu li rois apries lui. [Chron. d'Eruoul, 
p. 110, var.) 

— Se choquer, se heurter, se char- 
ger : 

D'ambes .u. pars ensemble chuquent. 
{Durmàrs, 8597.) 



CHO 

Si près U vient que la gcnt loulo 
Dient : Ja les verres çukier. 
(Rom. de Ham. op. Micliel, Hist. des ducs de Norm., 
p. 281.) 

Mais nus ne vuida le destrier, 
Et ne pourquant si laidement 
Chuklerent que certainement 
Quida on qu'il fuissent crevé. 

(iD., i4.,p. 288.) 

Li auquant curent grant paour, 
Pour i;ou que cascuns vint si droit, 
Qu'il ne cilkaissent, car eslroit 
Ert 11 rens la ou il couroient. 

(ID., ib., p. 308.) 

Aucuns poètes se mettans entre deux ar- 
mées, maintes fois appaiserent la fureur 
des gendarmes prêts a chocquer. (F.^uchet, 
Antiq. gaul., l, 4.) 

Que peut on voir de plus horrible qu'un 
estour sanglant, et un duel a outrance... 
quand deux cavaliers maschants des grosses 
menaces, et remaschant le fiel de quelque 
aigre affrent, ils se mettent en devoir de 
choquer et s'esgorger ensemble "? (E. Binet, 
Mero. de nat., p. 160.) 

— Réfl., dans le même sens : 

11 sembloitpropremcnlquenous fussions 
a la veille de dresser un roUe et dénom- 
brement des forces des deux partis, pour 
s'aller choquer en campagne rase. (L'Est., 
Mém., 2" p., p. 621.) 

— Inf. pris siibst., rencontre, choc : 

La roine fu en balance. 
Qui le cul-ier voloit desfendre. 
(Sabeazin, Jiom. de Ham, ap. Michel, Hist. des ducs 
de Noi-m., p. 273.) 

... Et d'un choquer plus dur 
Qu'un csclat foudroyant (des canons; esbreche- 
Ireat son mur. 
(P. Ross., Œuii., Poèmes, I. I, p. 756, éd. )584.) 

CHOQUEUR, adj., qui choque, qui 

frappe : 

El injures foudroiantes des choqueurs 
ans. (Noguier, Ihst. lolos., p. 29.) 

cnoRARQUE, S. m., maître de mu- 
sique : 

Le .ix°. rnot est chorarque, pour dire 
maistre de musique qui est un terme si 
propre, si significatif, et si énergique, qu'il 
mérite d'estre receu dans l'usage aussi 
bien que monarque, exarque, loparque. 
(Ut-pLEix, Les Lum. de Math, de Morgues, 
p. 296.) 

ciioREGE, s. m., celui qui, chez les 
Grecs, fournissait la dépense des spec- 
tacles : 

Tout ce qui est enclos sous la voûte des cieux 
N'est sinon un théâtre ouvert et spacieux, 
Ou l'bomme dosguisé, laulie sans f.iux visage, 
Joue sur l'eschafaut un divers personnage : 
Ou madame Fortune aux gr.ands et aux petits 
Ainsi qu'un bon chorai/e appreste les habits. 
(RoNs., Poèmes, liv. Il, p. 832.) 

tllOREOGRAPIllE, V. ChOROORAPHIE. 

CHORISTE, s. m., chantre du chœur: 

Couriste. (1362. bw. du très, de Fécamp, 
A. S.-Inf.) 

Les chapelains et c/iomte de ladite église. 



CHO 

(1365, Trait, du duc avec l'Ev. de S. Malo. 
ap. Lobin., II, 522.) 

Au diaiiue et subdiaque a le dicte messe, 
et au co)7',f(e revestit d'une cape. (13 juill. 
1399, Cartulaire de l'église Ste Catherine, f ' 
28 v\ A. Tournai.) 

Chourisle. (1546, Coll. de Mur, Morl., A. 
Finist.) 

Pour l'escoUaige d'un colistre. (1549, ib.) 
Deux choristes. (1550, ib.) 

CIIOBME, V. ChIOURME. 

ciioROGRAPiiiE, S. f . , description 
géographique d'un pays : 

Epi tome delà coî'Ojrap/iie d'Europe. (1552, 
Arnoullet, Bull. Soc. hist. Paris, 1886, p. 
169.) 

Quant a la. chorographie ou topographie, 
elle considère seuiement aucuns lieux, ou 
places particulières en soi mesmes, comme 
villes, châteaux, forteresses, ports de mer, 
peuples, pays, cours des rivières, et plu- 
sieurs autres choses semblables. (1558, 
Thevet, Cosmogr., I, 1.) 

oiioROGRAPHiQUE, adj., qul a rapport 
à la chorographie : 

Descriptions ehorographiques. (Besson, 
Cosmolabe, advert.) 

Carte ckorographique. (In., ib., p 227.) 

Cartes ehorographiques. (1567, La Bible, 
de l'imprimerie de François Estienne.) 

CHOROÏDE, adj., qualifie une mem- 
brane très mince qui tapisse la partie 
postérieure de l'œil : 

La membrane cAoroicie, autrement nommé 
plexus choroide. (Paré, II, 17.) 

CHOSE, s. f., toute réalité concrète 
ou abstraite qu'on désigne d'une ma- 
nière déterminée : 

Smaragde par sa culur 
■Veint tûtes chioses de verdur. 
(Mabb., Lapid., B. N. 1. 14470, !' U r«.) 

Ici près a une sorcière, 
Molt forz chose li est legiere 
El ^esuscite homes morz 
Et devine et gete sorz. 

{Eneas, 1906.) 

Se nule case pense l'cmpcreros tirant, 
Ains qu'il nos face riens qui nous soit anoians. 
(Chans. d'Ant., II, 233.) 

Et nonporquant, s'il i fust renies, trop 
fust vilaine cose a nous. (Henri de 'Val., S 
513.) 

Choise. (1250, Briey, 13, A. Jleurthe.) 

Si tant esteil chouse que aucuns ou au- 
cune lor euist demandé ne requeste. (1250, 
Ch. de G. de Roche fort, B. N. 1. 9231.) 

Chese. (1276, Beaum.-sur-Oise, A. N. M 1.) 

[CJonute choise soit a tous. (Trad. duxiii» 
s. d'une charte de 1194, Cart. du Val S. 
i Lambert, B. N. 1. 10176, f 2°.) 

Chose publique ce n'est autre chose mes 
que l't^stat publique ou commun, et non 
gênerai a touz eslaz de terres, pais, royau- 
mes et citez. (Bers., Tite Live, B. N. 20312"', 
f 1 v°.) 



CHO 



CHR 



CHR 



87 



— Faire la chose a. avoir un rapport 

charnel avec : 

Et, tant que il vouloit faire la chose a la 
(lame. (Lia. du c/iev. de La Tour, c. cxxv.) 

— Ane, cause : 

Le delîentlement de sa cliose. (Digest.. B. 
N. -20118, ^"J1^) 

Cf. Il, 129". 

i:iiosETTE, mod. chosette, s. f., petite 
chose : 

Si li dis : Brunete, 
Belc baisselette. 
Dites moi une cosele 
Que jou tlesir tant. 
'Jeu. Ebart, Bactscb, Rom. et Pastour., III, 23, 28.) 

Toutes antres menues choseites aparle- 
nans a ploni et a estain. (Est. Boile.m', Liu. 
des mest., l" p., .\iV, 1.) 

Une gente pastourelle serra 
Sûubz ung arbre gardant ses brebiettes. 
Laquelle ara, car bien lui atTerra, 

Ses cfiosettes propres et joUettes. 
(L. DE Beauvau, Pas de la Berf/iere, 81.) 

Un pou de menuescftosete. (1335, Compte 
de Odart de Laigmj. A. X. KK 3', f° l.'iO v°.% 

Pour .1. sacli, a pluiseurs choseites, a 
Maigne Denise. (19 mai 1.361, Vente des 
biens de Jeh. de Uiecque, A. Tournai.) 

J'ay draps de soye et tabis, 
J'ay draps d'or et blans et bis 
J'ay mainte bonue chosette. 

(EfST. Desch., IVj 9.) 

En caresme une carpe et autres chosei- 
tes. (1409, Grands Jours de Troyes, A. N. X** 
9187-88, flie v°.) 

Avoienlprinz une bible, bréviaire, eeinc- 
turc et autres c/iose(to. (N. de Baye, /o;«-n., 

1. 170.; 

Qu'aurois tu fait ? Une chousette. 

(J. X. DE Baif, l'Ewiuque, V. 2.) 

— .Aucune chosette, un tant soit peu; 
quelque chosette, quelque peu de temps: 

El plus haut estage d'ynfer avoit ung lieu 
qui aucune petite cosette avoit de clarté. 
(Bih. Itist., Jlaz. 312, T 211".) 

Et que ledit royde France qui tousjours 
auroit voulu laisser passer rjiielque cliosette 
avant que prester l'oreillo aux propos de 
paix, alors se laissa conduire a en ouir 
parler. (Clill. nu Bellay. Mém., 1. V, r 151 
r".) 

— Faire In chosette, accomplir l'acte 
amoureux : 

Parmy les champs il te feit la chosette. 
(Gratien du Posi, Conll-ov. des sex., Vit. III, f» 43.) 

La clioseite faicte a l'emblee, entre deux 
huis. (IlAB., Tiers tiv., ch. .wiii.) 

Je ferais mieulx la chosette, qu'une plus 
vieille que moi. (B. Dksper., Ci/mbal.. 
Bial. 3.) ■ 

ciiosiEn. s. m., ce qui contient les 
choses : 

J'ay, seigneur Pastorelli, respondil le 
seigneur Alphonse, double moyen en main 
pour vous rabattre les doux de vos con- 
trariété/.. Le premier est fondé sur ce que 



nos astrologues, pour avoir eu diverses 
considérations, ont peu aussi avoir diver- 
ses opinions et divers jugements. Si vous 
pensiez que toutes choses fussent en un 
chosier, vous vous tromperiez bien. (Cno- 
LiERES, Apres disnees, f 261 v".) 

Il y a bien des choses en un chosier, il 
y a bien a dire ou a considérer aux alTaires 
do monde. (Ocdin, Cur. franc.) 

ciior, mod., v. Ciiol. — ciiouax, v. 

CuAHUA.\. 

CHOUCAS, s. m., petite corneille des 

clochers : 

Chucas. Ung oiseau qu'on appelle ainsi, 
ou chouette, Picardie cauelte, monedula. 
(R. Est., Tliesaur.) 

Choucas aux pieds et bec rouge, choquar, 
mouette rouge. (Belon, Poi-lr. it'oys., l'° 70 
r".) 

L'autre c/iouca, r|ue rouge l'on surnomme, 
habite es monts, en plat pays ne hante. 
(1d., il).) 

Et au haut d'un clocher 
Les chucas dénicher. 
(Les A/uses incognues, Epitaphe de PlancboD.) 

CHOliCHE, V. SOI-CHE. 

t:nouciiETTE, s. f., choucas: 

La petite chouchetle. nommé de son cry 
chouca, et en latin monedula. (Belon, Xat. 
des oijs., 6, V.) 

Chouchetle, chouquette. The chougli, ca- 
desse, daw. (Cothr.) 

CHOUETE, V. ChOETE. — CIIOUGIK, V. 

Choisir. — t;noLKE, v. Queue 2. — 

CIIOUPPETE, V. ESCOPETÏE. — ClIOl'yUE, 

V. Souche. 

cnouQVET, s. m., petite souche : 

Pour cause d'une certaine busche ou 
chouquet.{\i^\, A.N. JJ l'20, pièce 126; Duc, 
Cheoca. ) 

Et furent les çhaennes abatues et ostees 
et les chouquets d,ri.{Chron.desqualre]irem. 
Val., p. 309.) 

CIIOLCJLETTE. V. CilOUCHETTE. 

CHOU RAVE, S. m., variété de chou 

dont la tige s'épaissit en forme de grosse 

rave : 

Plusieurs autres espèces de chous... des- 
quels ne parlerons en cest endroit, pres- 
ques sauvaiges, degenerans des bons, 
comme: rouges tannes, griseastrcs, c/iou,? 
raves; servans plus pour médecine ([ue 
nourriture. (Oliv. de Sehr., VI, 8.) 

ciiousso.x, V. Chausson. 

riiOYEH, V. a., soigner tendrement. 

Cf. Chuer. II, 131'. 

«:iiitÈME, mod., V. Chres.me. 

ciiREsMATioiv, S. f., action d'oindre 
du saint chrême : 

Aucuns tenoient que par l'aspersion faite 
etaspersedevanllafWim««on estoit comme 
ou baptesme nettoiement de touz péchiez. 
(II. HE GAicin, Ration., B. N. 437, P 101".) 



ciiRESME, mod. chrême, s. m., huile 
consacrée qu'on emploie dans certains 
sacrements de l'église catholique : 

La fontaine, c'est li baptisme, 
Ço est de sel, d'oile et de cri.^me. 
(Gert.. Best., Brit. Mus. Aild. iSilf.O. f-SS' ■ P. Mever 
Rom.) 

Lou S. baptesme et \ou crasme . (S . Graul, 
B. K. 2i.;i5, 1° 190 r°.) 

Et segnefia le baptisme. 
Christ, ce est enoings de croîsme. 
[Parapli. sur le Palei; B. N. 763, f» 278'.) 

— l'ig- ■ 

Avoir renoncé a Dieu, cresOTe et baptême. 
(1606-1009, A. II. -Saône B 5048.) 

Cf. Cressie. 

ciiRES.MEL, mod. clirémeau, s. m., 
petit bonnet dont on coifl'e l'enfant après 
la cérémonie du baptême : 

La chambrière ayant son surcot sur la 
teste qui est fait comme un chremeau. 
(Marg., Nouv., LXI.X.) 

Devant d'autel et creiniai doublé de taf- 
fetas incarnat. (1616, Visil. de M. du Lau- 
rens, A. Soissons.) 

Cremial de mesme estolfe. (/4.) 

<:iiRESTiE\. mod. chrétien, adj. et s., 
qui professe la religion de Jésus-Christ : 

Pro creslian poblo. (Serin, de Strasô., 1, 



1-) 



Saint Pol l'apellent la crestiane gent. 
{Ep. de .S. Et., ms. Tours; IX», Steogel.' 



Cristiene gent. 
(Pli. DE Thain, Liu. des créât-, 345.} 

Ne nul krestien liumme nuls deskrestianer. 

(Garsier, .S'. TItom., B. .N. 13313, f 22 r».) 

Crestoiens fut vers Deu. 
( Vie de S. Alex., ms. 0.xf., Bodl. cauoa. mise. 74, P 1.) 

Or escolteiz, bon crestolen. 
[Vie Ste JlUiane, ms. Oxf., Bodl. canon, mise. 74, f" 

62 r".] 

Ly crestijen oui loy bonne et millour. 

' (Cod. Ue Bouilt., 9375.) 

<:iiRESTiEi\.\EME,\T, mod. chrétienne- 
ment, adv., d'une manière chrétienne : 

Croire chrestiennement. (.Malm., Œuv. de 
S. JusL, P 294 r".) 

Comme nous parlons chrestiennement. 
(La Bod., Harmon., Ep.) 

'ciiRESTiEXTÉ, mod. chrétienté, S. f.. 
l'ensemble dos peuples ch'-étiens : 

Por trestnl l'or de la crestianteit. 

[Loti., B. N. 1622, f» 227 c«.) 

Il saut et guart le fort roi coroncy. 
Le millor roi de la crestianfetj. 

[Gir. de Viane, B. >'. 144S, t» 11"».) 

Xos départirons del por! de Venise a faire 
le servise Dieu et la crestienté. (Villeh., 
S 22.) 

Totes les gens de la crelianté. {Cari, de 
Champ., B. >'. I. 5993, f" 79 v°.) 



88 



CHR 



CHR 



CHR 



Klleurenchai'gemessagerieal'apostoille, 
et ail i-oy de France et au roy d'Espaigne 
et aus autres rois de crestienlé. (Liv. de 
Marc Pol, c. xviii.) 

La crcslianlé. {Senn., ms. iMetz 202, C 9".) 

Creslianti. (9 juin \ZOh.Acc. ent. le R. de 
Fr. el les Flam., Vid., Aicli. Val., Instrum.) 

Le plus beau fait qui onci|iies fut fait en 
la xrislienetê. {Mist. du siège d'Orl.. p. 441.) 

— Foi, caractère des clirétiens ; 

Sans nulle chreslienlé ne religion. (Calv., 
Senn. sur la previ. Ep. .S. l'aitl anx Corlntli., 
p. 402.) 

Cf. Il, 130'. 

«;hbétiex, moJ., v. Chrestien. 

<:iiiti>>T, .s. m., messie, rédempteur; 
Jésus-Christ, le fils de Dieu : 

Mil et cent et quatre vinz el dix sept anz 
après l'incarnation Nostre Sengnor Jesu 
Crist. (ViLi.EU., Z I.) 

Jesu Chris. (S. Graal, Vat. Chr. 1687, f° 
22 r°.) 

Est .1. seuls Cris nommes. {Ib.. ms. Berne 
697, î° 83 r".) 

— Oint: 

S'alouchiez mie mes crislz (ce sont mes 
seryens) el ne Vailes mal a mes prophètes. 
(Les psaitmes de David el les cantiques d'a- 
près un ms. du xv° s., p. 140.) 

Cf. Crist, II, 375». 

CURISTE M.\Ri.\E, S. f., iiom vuIgaire 
(le plusieurs plantes marines, la sali- 
corne herbacée, l'iule, etc. : 

Crète marine. {Graal herbier, 149.) 

Christe marine. (Cotûr.) 

cHRisTi.iMSER, verbe. — ^A., rendre 
chrétien, faire embrasser la foi chré- 
tienne : 

lie quoy il est advenu que plusieurs bo- 
ues maisons qui sont aujourd'huyen Bour- 
gogne hont estees christianisées el qu'elles 
ont doné beaucoup de bons personnages 
eldevols chresUens. (Gûllut, Vlll,ch. xxvi, 
761.) 

— Réfl., embrasser la foi chrétienne : 

11 n'y a rien de nouveau que je vous 
puisse escrire, fors la conversion de trois 
familles larlares qui sont venuesse'|c7(/74Zù(- 
niser en cesle ville. (S. Vinc. ue Paul, Lett., 
24 juin. 1607, 1. 1, p. 13.) 

CHRisTi AiMssiME, adj . , très chrétien : 

Les gestes du c/(''isi(fOTis^ime roy Loys XII. 
(.\iT0x, Chron.,B. N. 5083, f° 1 r°.) 

Le cristiatiissime roy. (Id., ib., f 2 r".) 

Sa chnstianissime mageslé. (A. de Blrgo, 
Letl. à Mary. d'Autr., 29 dèc. 1509, Négoc. 
ent. la Fr. el l'Autr., t. I, p. 312.) 

tiiRiSTicoLE, s. m., adorateur du 
Christ : 

.'Vrdez moi tous ces christicoles. 
{Martyre de .S'. Pieire et de S. Paul. ) 



Chanlrcs christicoles. (Les Passages d'oul- 
tremer, f- 159 v% éd. 1492.) 

L'on voit bien peu d^Estochions, 
Paules. MarCf^Ues, FabioUos, 
Et de semblables chrîsticolles. 
(Les BailUeu:r des oi-dt&es du inonde, Var. hist. et 
litt., III, 193.) 

CHRisTiFERE, adj., (pli porte le nom 
du Christ, le nom de chrétien, chrétien, 
en parlant de personnes : 

Dont sont occis en assaulx mortifères 
Cent mil et plus, des suppos christiferes. 
(.1. Bouquet, Ep. fam., I.) 

Je m'esbahys que les roys cristlfferes 
jNe mettent jus ces erreurs pestifleres. 

(Id., Ep. nior., II.) 

Joinct qu'on ne vcoit qu'un prince cristlffere 
I Mort ou exil ne aultre peine infère 

j Aux gens de bien luy cUsans vérité. 

j ' (Id., ib., i' 160 V'.) 

I EpisU'e de l'acteur, a tous les devotz via- 

i leurs crisli/feres contenant son intcncion, 

. et declaracion de l'homme Intérieur et ex- 

j lerieur. (Id., Noble Dame.) 

Jehan Gerson, docteur crislifere. (Id., ib., 
i f 160 v».; 

j Le nom de crisliffere. (Id., Ojoîisc, p. 58.) 
; — En parlant de choses : 

I Chevalier au tiltre cristifere. 

(J. BoucuET, Ep. fam., XXVIII.) 

Les estandars portèrent cristifferes . (Id., 
Labyr. de fort., P 99 v°.) 

CHRiSTiFiCQi'E, adj., chrétien : 

La verilé de noslre toy christificyue el ca.- 
tholicque. (Fossetier, Cron. Marg., ms. 
Brux.,f"' 162 v".) 

ciiRiSTiFORME, adj.,qui cst en forme 

j de Christ : 

Toute la vie du chreslien doibt tendre a 
mort, et plus en approche plus est christi- 
forme. (22 nov. 1521, Letl. du minist. G. à 
I Marg. d'Ang., I, 79.) 

j CHROMATIQUE, adj., qui procède par 
succession de demi-tons : 

Intervalles chromatiques. (Pont, de Tyard, 
Disc, philos., f 46 v°.) 

Musique chromatique. (Id., ib., f 50 V.) 

ciiROMATiouEMEAT, adv., par demi- 
tons : 

i Le diapason des basses est composé de 
sept cordes immuables, ainsi nommées 
pour ce que dialoni(juemcnt, chromaligue- 

I ment, et cnharmoniquenient elles tiennent 
toujours musme longueur. (Pont, de Tyard, 

! Disc, philos., P 101 \".; 

CHRONicATEL'R, S. m., clironiqueur : 

j En ceste manière morrut le duc de Guel- 
dres el que en poulront dire les grans his- 

! toriens et crumcaleurs des choses merveil- 
leuses el advenues des temps. (J. Nicolay, 
Kalendr. des guerr. de Tournay, IV, 27 Juin 
1477.) 

! 1. CHROiviQUE, adj., qui parcourt len- 



tement ses périodes, en parlant d'une 
maladie : 

Dolor de cief périodique ou cronique. 
(Somme M' Gautier, î° 94.) 

Maladies longues et chroniques. (N. du 
Faii., Eulrap., V.) 

— Durable : 

Qui tesmoignenl el approuvent la croni- 
que verilé du troisiesme enseignement que 
mon feu père jadis me bailla. {Nouv.nouv., 
LU.) 

— Temporaire ; 

La seconde manière (du lever des es- 
toili's) est appellee cronique, c'est a dire 
temporele el c'est a dire quant aucune es- 
toile se commence a monstrer de nuyt de- 
vers orient après ce que le soleil est esconsé. 
(EvR. de Coxty, ProU. d'ArisL, B. N. 210, f" 
314°.) 

2. r.HRO.MQUE, s. f., l'ecueil de faits 
historiques dans l'ordre de leur succes- 
sion : 

Li empereres Manuiaus 
Qui cest livre ot anconpaignie, 
La queronique reongnie 
Clamoit cest livre et disoit tant : 
Nel doit avoir qui ne l'antant. 
(Calendre, Roman des Empereors de Home, B. IV. 
794, f» 16(1'.) 

Et nous fait la cronnil-e dire et autoriser. 

(B. de Seb., XII, 573.) 

Cronikle. (Div. traict. de ;ust., ms. Bib. 
Rouen.) 

Aussi i furent les crosniques 
De fausseté. 

(Famel, B. N. 146, i' 146 T°.) 

Craonicque. (DiyuESNE, Hist. deJ. d'.-ivesn., 
Ars., f° 192 v°.) 

Cronike. (Gloss. de Couches.) 

Dittes nous ent, car vous avez la vois 
D'avoir escript de leurs faiz queronlques. 
(Eust. Desch., VI, 51.) 

Ces présentes queronniques furent faites 
el composées en la ville de Romme l'an 
.lin", .un", et ung. par maistre Pierre Le- 
feure,escripvaindela dicte ville de Homme. 
Les dictes querunnyques furent tranlactees 
de lalin en Irançois par maisire Barthélémy 
Perrin. (Chrun. fr., Vat. Chr., dans Not. il 
e.rtr. des mss., X.WIU, 83.) 

CHRONIQUEUR, s.m.,auteur de chro- 
niques historiques : 

Jehan Cherlier, chantre de l'église Saint 
Denis en France et comiqueur du dict ro- 
yaume. (J. Chart., Chron., Val. Chr. 687, 
dans Not. et extr. des manuscrits, XX.XIII, 
23.) 

Cronicqueur. (Fossetier, Cron. Marg., ms. 
Brux., II, f» 78 r°.) 

Du roi Louis de ce nom le douzième, 
Tant qu'il porta le royal diadème, 
Fut chroniqueur. 

(J. BoucHET, Epitophe de .J. d'Auton.) 

ciiRoiMSTE, s. m., chroniqueur: 

Chroniqueur ou chroniste. (La Porte.) 
ciiRoivoGRAPiiE, S. m., chroiiiqucur: 

Selon les historiens et cronographes des 
Grecz. [Mer des hystoir., t. I, f° 110".) 



GHR 

Erose antique scripteur preslre et chro- 
nografe des Babvloniens. (Postel, Wist. 
mém., V 08 r°.) 

CHROxoGRAPHiE, S. f.. chronologie : 

Lesquelles choses j'ay pour la pluspart 
ileduites plus par forme de cronographie, 
que de historiographie : car a l'historio- 
graphie appartient a plein d'escripre l'his- 
toire et l'ordre des choses faites: et a cro- 
no3c«p/»> principal lenient dénoter le temps, 
et succinctement en discourir la mémoire. 
(Le Baii), Ilist. de Bret., Prol.) 

CHROivoLOGiE, S. f., scieiice qui a 
pour objet d'établir les dates des événe- 
ments : 

(1584, Jos. ScALiGER, dans Dict. gén.) 
Cronologie. (So^t., Proc. des Prie, IX.) 

CHROXOLOGUE, S. m., chronologlste : 

Au regard du chronologue qui doit eslre 
sans passion quelconque. (Palma Cayet, 
Histoire de la Paix, a iij r°, éd. 1G05.) 

Pierre Victor Cayet, docteur en la sacrée 
faculté de théologie et c/iiwiô/ojue de France. 
(Id., ih.) 

tHRYSAivTEME, S. 111., plante de la fa- 
milledes composées, à fleurs brillantes : 

Geste herbe est le chrysanthemon des 
<jrecs. (154Û, dans Dict. gén.) 

chrysoberil, s. m., pierre précieuse 
qui est un béril pâle, un peu couleur 
d'or: 

Le chrysoheril est de lustre doré, mais 
blalTard. (E. Biset, Merv.'de nal., p. 182.) 

CHRYSOLiTHE, S. f., pierre précieuse 
de couleur jaune, verdcâtre : 

Ceste piere a num crosolectre 
D'or a culur e semble electre. 
(Maeb., Lapiii., B. N. 14470, l' 34 V.) 

CrisolUe. 

(P. deThiun, Best., 1471.) 
Esmeraudes et ametrites 
Et jagonces et crisol\i\tes. 
;(CeREST., Perceu., ms. Montp.. f° I08=.) 
Çrisoîitus, riche saphire. 

{Bible, B. N. 763, t» SôS"-.) 
Or et saphyrs et crisolistes. 
(A. DU PojiT, Rom. de Mahom., 1747.) 

Les jaspes et li crisolicle. 

{Blancand., 3879.) 
Saphis, topaces. grisolites. 
(ROB. Dt Blois, b. N". 24301, f» 505 r».) 
Esmeraudes et crisolites 
Et maintes autres pierres eslites. 

[Fioriant, 5139.) 
Grisoliqiies, saGr.s, csmaus 
Et escarboucles naturaus. 

[Fregus, 134.) 

Onicles, topasses, rubins, jacintes, jj^so- 

lites, bericles, sardines et moult d'autres 

pierres de grarit bonté. (Lettre de Preitre 

Jehans, dans Ruleb., Œuvr., III, 303, 2' éd.) 

Ses pLi resembloit grisolite. 
(Ukci DB lA Chabité, Biltte, B. N. 401, [• 97".) 

CrisoUt. (Apocal., ms. de Salis, f 15 r".) 

Ematistes, aquilins, birils, grisolites. (Sa- 
vignt. du Coinpaigno» a la h'outeitle, Coin- 

T. IX. 



CHU 

ment Bringuenarilles feit faire la monstre, 
éd. 1547.) 

f:HRYSop.\SE, s. f., variété d'agate 
colorée en vert par l'oxyde de nickel : 

Crysopras vent d'Inde majur. 

(Makb., Lapid., 377.) 
Crisopassits. 

(P. DE Thaun, Best.. 1474.) 
Les roes sont de crisojm^re 
Color ont de fou qui embrase. 

(Thébes, 4773.) 

Topace, criioparse. (Lapid. d'un roi d'Ar- 
rabe, Berne 646.) 

Crisopace est une pierre d'.Vntioche qui 
est celée en la lumière et qui est manifes- 
tée de nuyt en ténèbres. Car de nuyt il a 
couleur de feu et de jour il a couleur d'or. 
[Liv. dupropriet.des choses, X\i, 26.) 

Donnant or, pierres précieuses, criso- 
prasses, escarboucles. (La Mer des /dsloir., 
t. I, P 75".) ' 

Le chrysoberil est de Tustre doré, mais 
blalfard, et encore plus blesme le cliryso- 
prasus. (£. Binet, Merv. de nat., p. 182.) 

CHRYST.*L, mod.jV. Grestal. — chu- 
c.ts, V. Choucas. 

CHUCHETER, iiiod. chuchoter, verbe. 
— N., parler bas à l'oreille : 

De quoy fu ce que vous ries 
Entre vous deux et c/iMc/(rfiVs? 

j [Mir. de N. D., I, 2, 165.) 

j C/iuchelteen l'oreille de Léonard. (Merlin 
Cocc, .XII.) 

Sesuchetans tous a l'oreille. (Mkro de 
Val., Mém., an 1572.) 

Et furent veus les princes et princesses 
chucheler en l'aureillc l'un de l'autre. (Sat 
Men., Ilar. de M. le Rect. Uoze.) 

La plupart des princes... ne chuchotans 
plus au.\ oreilles les uns des autres, comme 
ils avoient accoustumé, çommencoient a 
discourir tout ouvertement de leurs diver- 
ses fantaisies. (SLi.LVjCiBcoii.rojr., ch..\.x.\v.) 

Et venir comme cela cajoler, churheter et 
barguigner. aux oreilles d'une femme (Fr 
DE Sal., Vie dév., iU, \\.) 

— -\., dire en parlant bas et à l'o- 
reille : 

Qu'ils me viennent soustenir en face, et 

non pas(?ft«c/ie/te'en;secret, que... (GAR.4SSE, 
Doct. cur., p. 97.) 

tHuiCHE, v. Chiche I. 

cui'ic.VE, s. f., cigogne : 

Autretant de tans corne la c/iuigne met 
a ses chuignos cover, autretant de tans 
metenl li chuignot, ijuant \i sont parcreu, 
a leur mère norrir. (Hich. de FolrnivalI 
Bestiaire d'amour, La chuigne.) 

Porta il huges sour moult de charetes 
çuingnes qui par nature heent serpens... 
Moyses laissoit aller les c/iui/ignes hors des 
huces pour encachier et dévorer les ser- 
pens. (Bible hist., Maz. 532, f° 28"'.) 

Et s'clle a longe u grant cskino 
Elle resamble une c/tuine. 
(lACQ. d'Amiens, Art d'aimer, ma. Dresde, £• lj'i.\ 
Cyconia, cliuiiie. (Voc. de Douai.) 
Il vez lesfKî'nes qui avoient leurs nizsur 
es tours de la ville, qui prenoienl leurs 



CI 



89 



faons a leurs becs et les portoient sur les 
roches et sur les montaignes. (Ilisl. des 
emp.,.\K. 5989, f 86 v°.) 

Ciiuisnes. (Dial. fr.-flam., r i'.) 

Cf. C.GOGNE. 

t:nui\CKis.ME, voir Cinquième. — 
CHCi.vcQ, V. Cinq. — chuiive, v.umx- 
Gi\E, v. Chuigne. — chui.\quime, -is- 
.ME, v. Cinquième. — chukier. v. Cho- 
quer. — CIIl.MyiA\TE, CHL.\QUAI\TE, 

V. Cinquante. — ciil-que, v. Souche. — 
cHuyuER, V. Choquer. — chuquet, v. 
Chouquet, — chl-te, mod., v. CheJte. 

— CHYliOILLE, CHYBOLLE, V. CiBOIRE. 

CI, adv., dans le lieu voisin ou dans 
le temps présent : 

Dex ! di,st Ogiers, quelx mos ai e/n ois. 

(Raijib., ùgier, 7043.) 
Dex ! dist Ogiers, bon conpagnon a c7ii. 
;Id., ià., 7047.) 
Se de ci te puez eschaper. 

(B. N. 2188, f 32 v°.) 

lia isles câpres, que vos poezveoir de et, 
qui sont habitées de genz, et laborees de 

^i« "<■ ru 7'*°'''=' •=' '''^■'""■" ''iens- (Vil- 

LbU., ^, loi.) 

Nous n'avons c/n autre freinelé ne autre 
estandart fors Diu tant seulement et tous 
(He.nri de Val., ;; 512.) 

Va t'en de cg. 
{Hesun: JVolre Seigneur, ap. Jub., JI,jsl., t. II, p. 

Cts< dessoz. (1302, Fontevr., anc. lit., \ 
lI.-et-Loire.) ' ' 

Sachiez de verilé que nous sommes marchant 
yui pour 1 ost gouverner qui est par ci devant 
Avons tous ses biens ci amenez maintenant. 

(Cuï., B. du Guesctin, 1470.) 

— Des ci, dès ce moment-ci : 

Or se porpense Bertrans li messagiers 
Que s'il enporte le sien escu entier 
Li sien ami l'en av'eront mains chier : 
Des clii velt il la guerre comencUier. 

(Raimb., Oçier, 4605.) 

— Por ci devant, auparavant : 

Les boulangiers et panetiers de ladicte 
ville de Bourges et faulxbourgs par ru da- 
vant se sont doluz et plainctz. (1502, Ord 
de pol. de Bourges, 1, Boyer.) 

Pour obvier aux inconveniens qui uar 
cy daoant sont survenuz. (Ib., II.) 

Raconter a la noble assistance une fable 
non point //«)• cg devant entendue. (Liriv 
Nuicts, II, IV.) ■ ' 

— De ci a tant que, jusqu'à ce que : 

Par saint Pierre, dist li chardenaus, vous 
n en serez assous de ci a tant que vous m'a- 
verez amendei le lait. ^Me.m-.strel, g 217.) 

— Par ci, par ici : 

Si est ce pour venir icy 

Qu'U faut qu'elle pa.sse par ci). 

(.1. A. DE Baif, le Brave, II, î.) 
C'est grant merveille qu'elle ait pu 
Sortir de cestc maison cy 
Maintenant sans passer par cy. 

(Id., ib., II, J,) 

12 



00 



CIB 



CIB 



CIG 



— Par ci après, ensuite : 

Par Cl) après, d'ainsi lo fair 



(J. A. DE Baif. Il' Brave, II, 5.) 



— Ci et çà, çà et !à : 

Si en cueilli ci et ça, ausi conme l'en met 
fleurs de divers prc'z en un mont. [Chron. 
des rois (le Fr., Berne 607.) 

— Ça et ci, ceci et cela : 

S'en vont disant et ça et et. 
(.1. DnETEL, Tourn. de Cliauvenci, 2339.) 

— Entre ci et un mois, d'ici un mois : 

Il fauUIra qur nous donnions une ba- 
laille aux Hspaignolz, entre rjj et un moys. 
{llt/st. du bon c/iev.sans paonr et sans repr., 
c. 1,.) 

— Ci pris, ci mis, immédiatement : 

Et commanda que, tout souldain, 
Cif pris, cy mis, on chappellast 
Gincj ou six douzaines de pain. 
{La Bepeue de Villon et de ses compagnons.) 

Tantosl que damp moyne vil la viande, 
il lire ung beau long el large cousleau, 
bien trenchant, qu'il avoit a sa ceinture, 
tout en disant Benedicite, el puis se met en 
besoigne a la poree. Tout premier qu'il l'eut 
despeschee, elle larl aussi, ri/ /jn((S cy mis, 
de la il se lire a ces Irippes belles el gras- 
ses. {Cent nouv., L.V-V.XIH.) 

<:iAGE, V. Sciage. 

ciATE, mod. cyatlie, s. m. et f., coupe, 
gobelet, verre en général : aujourd'hui 
t. d'antiquité, désignait un petit gobe- 
let qui servait à verser l'eau et le vin 
dans les coupes : 

9 très petites cirties, ce sont cullerecs. (H. 
DE MoNDEViLLE, B. N. 2030, r ôl\) 

Que chascune des 3 commissions de la 
poudre soit faite sus chascun ciate. (In.) 

Contre douleur de fondement... soient 
prises ..\l. cimes ou tendrons de brioine, 
el .III. onces de galles soient cassées et 
boiUies en trois ciatcs de vin jusquesatanl 
qui reviengne a ung. (.Scc/'es de Saterne, 
ms. Modène Este 28, p. 6Ô.) 

Aux femmes qui ont perdu tout jeu par 
froidure donner de celle pouldre deux 
dragmesavec trois nattes de eaue chaulde. 
(Grant herbier, f° 18 v°.) 

Donne leur le ius a boire avec trois da- 
tes de vin. {Ib., t" 20 V.) 

On en baille le poid d'une cuillère avec 
deux cyathes (c'est a dire douze drachmes 
et quatre scrupules) d'eau tiède. (Trad. de 
l'Hyst. des plant. deL. Fouscli, c. xlix.) 

CIBE, V. ClVE. 

f:iBLE, S. m. et f., plaque de carton, 
de bois, etc., sur laquelle est tracé un 
disque ayant un point central qui sert 
de tir : 

... Plus de cent 
Voire de mil, tout a un sible. 

(G. Macbault. p. i06.) 

ciBoi\'GivE, V. Ciboire. 

CIBOIRE, s. m. et f., vase en forme 



de coupe, à couvercle, contenant des 
hosties consacrées pour la communion 
des fidèles, et aussi anciennement, fla- 
con où l'on renfermait le saint Chrême: 

E le cibuire soelé a arjent. 

(Mort Aim. de Nurb., 1717.) 

Riches saphirs et riche jame 
Assis! et niist en no ciboire 
Quant y niist li et saint Grégoire. 

(G. DE CoiNCi, .I//r., p. 94, Poquet.) 

Li ciboires. 
(Id., (6.. ms. Bru.\., f' 31 v", col. 2.) 

Por ferelepremierciîJoyrede lour ygliese. 

(1297, Test, de Hugues te Brun, A. N. J i07, 

n" ti.) 

Li donne cil communion 

Et puiz ly donne la sainte oille 
Qu'illec tenoit en sa clnjboille. 

{liist. des trois AIaries,ap. Labûrde, Emaux, p. 214.) 

El de viandes et de vins 
De sou ventre fera cyboire. 
13. Le Fevbe, Matlicolm. IV, 393, Bruxelles.) 

Pour un chyboire, a tout une hymage 
tournant. (1325, Mandem. de Mahaui d'Ar- 
tois, A. Pas-de-Calais.) 

Un cibore a mettre Corpus llomini. (1382, 
A. N. MM 31, f° 88 V.) 

Pour avoir fait escurer el metire a point 
le cinboille de cuivre de dessus le grant 
autel. (•1449,^;'c/(. hospit. de Paris, II, 16.^.) 

Pour avoir refait le vaissiel du chybolle. 
(1461-62, Compt., S. Ame, A. Nord.) 

Vnecylmle de cristal, garnye d'or. (1467, 
Ducs de Bourg., n" 2060.) 

Ung grand cyboire d'argent doré. (1467, 
Inv. de Cliurles le Téméraire, ap. V. Cay.) 

Item en l'an .xxx. ensuivant fui faile le 
chilioule pour mettre corpus chrisli. (xv's., 
Epitaphe de iéylisede Jolluin-Merlin, llai- 
naul belge.) 

La chimbolle qu'ilz avoienl desrobé en 
une église. (1523, Lille, ap. La Fons.) 

Lequel Cocquet a prié el requis au dit 
Adam Brifl'aut i|ue son plaisir feust lui per- 
mettre de pouvoir mettre... une lampe de- 
vant le siboingne de l'église du dit Senuc. 
— Plus bas: Cihoinyne. (1526, Cartul. du 
prieuré Sancti Oricoli Siiidun.,("2^\°, lluc, 
Ciborium.) 

Firent paver enlour le dite fontaine (S. 
Gerald) el aussi firent relTaire le pavé, tra- 
versant le ruisseau davant le cyvoire dud. 
sainct Gerauld. (1532, Beg. cons.de Lim., 1, 
219.) 

Le cinmbole ou repose le saint Sacrement. 
(1541-42, Compt., A. Nord.) 

La cihotle. (1559, Valenc, ap. La Fons.) 

Une chibolle de cuyvre doré. (1598, Lille, 
ap. La Fons.) 

— Dais ou baldaquin soutenu par des 
colonnes, édicule placé au-dessus de 
l'autel : 

Devers la vile erent trifolro 
Li mur, a ars et a ciroire, 
granz pilers de marbre toz. 

{Eneas, 445.) 

Suz furent voltii li arcel, 
Tuit partot dobles et gimel. 
Molt par i ot riche civoire ; 
Car n'esteit de chalz ne d'ivoire 
Ainz fu d'or fin toz et de pierres. 

(Bb»., Troies, 16661, .loly.) 



Une maison i ot c'on clamoit oratoire 
De cler marbre a porfire et desous a citjoire. 
{nom. d'.itex; I' 76».} 

CinOLLE, CIRORE, V. CiBOIHE. 

CIBOULE, S. f., plante potagère du 
genre de l'oignon : 

Civolles. (Gl. de Garl., Hrug. 546.) 

Sibolle. (1503, Douai, ap. La Fons.) 

SciUa, vulgo sipoul/e ou charpentaire ou 
oignon marin. (C. Est., De lut. et graec. 
nom arbor., p. 67.) 

Cf. ClBOLE, II, 132". 

CIBUIRE, V. CiDOinE. 

cicADE, S. f., latinisme, cigale : 

Cigade. (CoiuiiciioN, Propriet. des choses, 
B. N. 22533.) 

Le formy... fut priée et requise Ires ins- 
tamment du cicade ou crignon mourant de 
fain. {Mer des hysl., t. Il, P 13^) 

Quand la cicade aiant grand fain vint a 
elle (la forniis), pour lui demander a man- 
ger. (Latin thèmes of Mary Stuart, p. 6.) 

Une cicade. (.1. G. P., Occult. merv. de 
nat., p. 123.) 

Cf. Cigale. 

ci<;a>-ei'.\, V. Chicaneux. 

CICATRICE, S. f., trace laissée sur la 
peau par une blessure, une plaie, une 
brûlure après guérison : 

Ceste pouldre desechc et engendre chair 
el cicatrice. (B. de Gord., Pratiq., I, 12.) 

Sicalrice. (Platine de honneste volupté, f° 8 
r".) 

Siratrice. (Fabri, Bhet.) 

CICATRISABLE, adj . , qui peut être ci- 
catrisé : 

Plaies et ulcères cicatrisables, (.lard, de 
santé, l, 18.) 

cicATBiSAL, adj., de cicatrice : 

Les taches cicalrizales ne peuvent eslre 
elTacees. (Jotu., Gr. chir., p. 514.) 

ciCATUiSAîVT, adj., qui cicatrise: 

Medicines chichatrisans. (Frag. d'un lie. 
de médecine, ms. Berne A 95, f 26 r°.) 

Cichatrisans. (Ib.) 

Médicaments ci.catrisans.(io\:B., Gr.chir., 
p. 446.) 

Playes cicatrizantes. (Id., ib., p. 670.) 

ciCATRisATiF, adj., qui détermine la 
formation d'une cicatrice : 

Médecines cicatrizatives. (Evr. de Conty, 
Probl. d'Arist., B. N. 210, f 36".) Infra, ci- 
catrizatives. 

incarnalis el cicatrizatis scelloz liez 
bien la plaie. (Trad. de Lun/r,, B. N. 1323, 
r 54 v°.) 

Médicament cicatrizatif. (Brin de Lo.vg 
BoRC, Cyrurgie, t° 17".) 

Cycatrizatif. (Id., ib.) 



CIG 

Médicament ckalrizatif. (Paré, VIII.) 

Remèdes cicatrisatifs. (Id.) 

Medicamens cicatrisa f ifs. (Id., X, x.) 

Pouldre cicatrizalive. (Join.. Gr. cliii:, p. 
283.) 

Médicament cicalrizatif. (Id., ib.,p. 676.) 

— Ane, s. ra., remède servant à ci- 
catriser : 

Et en la Tin met on consolidalif cica^i'sa- 
lif. (Frag. d'un liv. de médecine, ms. 
Berne k 95, C 2 v«.) 

Quand lesdits ulcères seront bien mondi- 
fiez et nettoyez, faudra user Ae cicatrisatifs, 
a parfaire la curalion desdits ulcères. (M. 
Grec, Prem. liv. de Gai., I.) 

ciCATRiSATioiv, S. f., action par la- 
quelle une plaie se cicatrise : 

Cicatrisacio». (Evr. de CoMy, Probl. d'A- 
rist., B. N. 210, P 36 v°.) 

Cicatrizalion. (Brun de Lo.ng Borc, P 20°. ) 

CICATRISER, verbe. — A., fermer une 
plaie, une blessure de manière à ne 
laisser que la marque sur la peau : 

Cicalrizeir. {Somme M° Gautier, f"> 14.) 

Incorporée avec du cerol niyrtyn (l'es- 
corce de pin) cicairize entierem"ent les ul- 
cères des corps délicats. (E. Binet. Men\ de 
nat., p. 396.) 

— Xeutr. : 

La petitecentaurefait «ca/mer les plaies 
vieilles et anciennes. (yacrf.de santé,\, 190.) 

ciCEROLE, s. f., pois chiche : 

Item y a la cicerole, qui est semblable a 
un petit pois chiche, estant fait a quatre 
quarres, et au reste semblable a un pois. 
(Ou Piset, Pline, XVIII, 12.) 

Cicera, une sorte de pois, cicerolle. jR. 
Est., Dictionariolum.) 

Les meilleures pastures sont le grand 
Ireffle... puis après les chicheroUes, les ers 
ou orobe. (Cottereal', Colum., Il, 7.) 

La c!c/iej-o//e sert aus bœufs en lieu de 
orobe en la haulte Espaigne. (Id., ib., II, 

Cicera, cicerole, une sorte de poix ciches. 
(Calepini dict.) 

CICHE.MEXT, V. CHICHEMENT. 

cici>DELE, S. f., coléoptère penta- 
mére de la famille des carnassiers, ver 
luisant : 

El autour mainte ou cicindHle ou mousche 
L'air pur csveille. 
(ViSQ. PniLiLiELL, Œiw. miUj. de Fr. Pelrarijuf, p. 

Certains petits feu?, volans... vous les 
appeliez cicindètes, la reluisans comme au 
soir font en ma patrie, l'orge venant a ma- 
turité. (Rai)., Quint liv., c:h. xxxi) 

CICLE, V. SiCLE. 

ciCLo.METRiE, S. f., mcsurc du cercle : 

La ciclomelrie, ou moyens de la mesure 
du cercle. ;Fra.m;. Besso.v, C. N. 1336, f° 1.) 



CIE 
ciCLOPiE.\, adj., des cjxlopes : 

Ciclopeus, cicloniens. (Gloss. lat.-fr., B. 
>'. I. 7679.) ' 

Cirlopiaii. (Doctr. le Salvaoe, ms. Renn. 
Ii7, f» 86».) 

Acumen : ung des ciclopiens et ung ad- 
vercet. (Kebrixa, Lexic., éd. Iô38.) 

CICOREE, V. CnrcOREE. — CICOTRIX, 

mod.,v. Si:ccoTRr.\. — cicoug.ve, v. Ci- 
gogne. — CICOUMEITE, v. CiGOGNETTE. 
— CICQl'ES, v. SkjUES. — CICUE, V. Cl- 

GUE. 

■ cicuTAiRE, S. f., plante ombellifère 
aiguë dite ciguë vireuse : 

îlyrrhys, vulgo cicutaria,dcuia!c(>, persil 
d'asne. (Jux., Xomeml., p. 101.) 

CIDRE, s. m., jus de pomme ou de 
poire fermenté : 

Cavestre, cire et vin que il m'a acaté. 

(Bom.d'.ltex., !' AT.) 
Ases enporte cire et caveslres et vin. 

Et si burent del sistre. 

{.Von. Guill.,B. N. 36S, £» 266'.) 
Cisera, cire. (Neck., Brug.) 

Chescune miere owe vous rendra .vi. d. 
obole cler, et chescune geline .m. d. par 
an cler. et .x. riartiers des pommes et des 
peirs vous respondrent d'un tonel de cis;-e. 
(EcoH. rur., Bibl. Ec. Chart., 4' sér., t. II, 
p. 367.) Impr. : ciser. 

Vin, siudre. (Liv. des iur., f 73 v", A. S.- 
Inf.) 

Sidre. (1370, A. N. ivK 10", f° 21 v°.) 

Cydre. (1392, Denombr. du huill.de Rouen, 
A. .\. P 307, P 53 V».) 

Aussi des autres boires comme de sysre, 
poyrye et bragote. [Manière de lang'., p. 
392.) Impr. ; syser. 

Pol de sydre. (1398, Almenèches, A. Orne, 
H 25.) 

Cidre, Ciirs. (1464, Lagadeuc, Catholicon.) 

S'ilz buvoient vin il prenoit pour luvrifre 
ou servoise. (0. de la Marche, Parem. des 
dames, ch. xiii.) 

Tonnaulx, fuslailles a vins et cildres. 
(1498, Baill. d'Evreux, A. .\. P' 29i.) 

La moitié de tout le sildre et peré qui 
sera trouvé dans ma cave. (Iô30, Test, de 
Guill. Le Roux, A. Seine-Inf., (1 3435.) 

Tonneau de cytre de poires. (30 sept. 
1598, A. Bailleul, 2" reg. aux privilèges, P 
99.) 

Sitre. (FoCRXiER, Ilydrogr., p. 180.) 
CIDRE EAU, S. m., cidre mêlé d'eau : 

En festins, en nopces ou festes, 
Qui, voulant traictcr gens hounestes. 
Leur feroit boire du sidre eau, 
Seroil trop avare ou trop veau. 
{Vau-de-Vîre,'ap. Jacob, Vaux-de-Vire de J. Le 
IJoux, XII.) 

ciEF, v. Chef. 

CIEL, S. m., espace dans lequel tous 
les astres accomplissent leur révolution : 



CIE 



91 



Que li citis fu tous oscurcis. 
(Chbesi., Percemt, ms. Mods, p. 135.) 

Juno ki ert del ciel déesse 
Esteit vers els molt felonesse. 

{Eneas, 93.) 
Li roi dou siè, noslre sîgnour. 
(Wace. Conception, Biit. Mus. .iJd. 1.Ï606, f« 43',) 

.\s angres li clers ceus li beals, 
E l'air desuz est as oiseals. 

(Ben., d. de Nom., I, 113.) 

Suz cel. 

(ID., ib.. H, 835.) 

Deus citez qui sor mer sient, des plus 
forz desoz ciel. (Villeh., % 301.) 

Aidier puet en ciel et en terre. 

(GciOT, inble, 20S7.) 
Es des. 
(Ms. Brit. .Mus. Harl. 4333, l' 98«.) 

Qant voit le cier tout estelei. 

(ROB. DE Biois, B. N. 24301, p. 5S8^) 
Tant com oies et terre durra. 

(Id., ib., p. eosi-.) 
Les bons es ceaux eslevera. 

(Macé, Bible, B. N. 401, f» 83^) 

Li cieus. (Chron. de S. Den., ms. Ste-Gen., 
f" 48'.) 

Lo règne dou ceau. (Serm., xiii» s., ms. 
Poit. 124, P 5 r".) ' 

Ciau. (Ib.) 

— Fig. : 

Ses compagnon?,... ravis de la hardiesse 
et du grand co;ur d'Hildegrade, la louoient 
jusques ou ciel. (>'ic. de Mostreux, Sec 
liv. des berg. de Juliette, P 186 r°.) 

— Dais : 

Un ciel entier sur la table ordonnèrent. 

(E. Desch., b. n. 840, £• 76.) 

Un demy chiel de toille noire. (Un par- 
tage mobil. en I41S, St-Germain.) 

CIELGE, v. ClERGE. 

ciELLEME\T. S. m., décoration d'un 
plafond : 

Ce ciellement est fort coustagieux, car il 
est fort azuré. (Palsgr., p. 489.) 

CIEACQCA.'VTE, CIEXQUA.\TE, V. Cl.-»!- 
QUA.NTE. — CIE.\S, V. CeaNS. — 1. CIEK, 

V. Ciel.— 2. cier, v. Cher. — CIERE^•, 

V. SeRAN. — CIERE.XCIER, V. SeraNCER. 
CIEREXT, V. SeRAN. CIERF, V. 

Cerf. — cierfieil, cierfueil, cier- 
FUEL, V. Cerfeuil. 

cierge, s. m., grande chandelle de 
cire : 

Moult i ot cirges alumez. 
Et cliandeles espessemenl. 
T.nBEST., Erec et En., B. N. 1420, f» 14«.) 

Tant i ot cierges, ja par jor 
Luiuiere n'i eust graignor. 

[Enea.1, 837.) 
Li cirges. 
(P. DE Tuais, Lii:. des créât., 1123. 

A une p.irt 
Ou cliandele ne ceirge n'arl. 

(Guiel. de Saint I'aiu, 25S6.) 



92 



CIG 



Cielge. (G. de Mongi, ViU. Chr. 1360, f 
16'.) 

l'our 36i ckrr/es fie cire île une livre 
chascun. (1319, Comptes de l'hôtel Mahaut, 
A. Pas-de-Calais, A 374.) 

Chierfie. {\m, A. N. KK 2%, f S» v=.) 
Tenans.ii. chierqes ardans plus reluisans 
(lue le soleais. (J.' d'Outrem., V, 15.) 
En laage do troys ans la vierge 
Fut conduicte et menée au temple 
Pour donner son ofFrende et sierge. 
(SlABClAL, Louanges de Marie, f» 'lO r«.) 

Cherr/e, chierge. (1498, Compt. d'Abbev., 
jjp. LaFons.) 

ciERGiEU, s. m., marchand et ouvrier 

en cire : 

Marchant ciergier. (1495-9K, A. N. KK 8o.) 

CIERINT, V. 'SeR.VN. — «'.lERIR, V. ChE- 
Rlli.— C1ERISE,-ISIER, V. CeRISE, -ISIER. 

— CIEItKER, V. CHAROEn.— CIERTAIIV- 

IVEMEXT, V. CeRTAINNEMENT. — CIER- 

TEFiER, V. Certifier. — ciervelle, v. 
Cervelle. — ciervoise, v. Cervoisb. 

— ciES, V. Ches.— cieser, v. Cesser. 

— ciEUNC, V. Cinq. — cievre, v. Che- 

Y[,E._ CIEVRIOL, CIEVRIUL, CIEVROL, 

V. Chevreul. — ciF, V. Suif. — cif- 
FLEB, V. Siffler. — ciffre, cifre, v. 

Chiffre. 

ciGALAT, s. m., petit de la cigale : 

Les petits cigalas sont noirs du commen- 
cement. (Du PiNET, Pline, VI, 26.) 

Cf. Mistral, Cigalas. 

r.iGALE, s. f., insecte hémiptère qui 
fait entendre un bruit aigre et mono- 
tone produit par le frottement de deux 
membranes élastiques placées dans l'ab- 
domen : 

La sigalle et le papillon. 

(IlEmi, Œuv., II, 108.) 

Sigalle. (Corroz., Fab., xcix.) 
ciGALETTE, S. f., dimiu. de cigale : 

... La eigalette (suit) 
La rosée du matin. 

(J. A. DE Baif, Edorj., XIV.; 

CIGMEK, V. CiLLIER. 

ciGOGNAT, S. m., petit de la cigogne: 

Au territoire de Fidena, on ne sauroit 
trouver un seul nid de cigogne, ny un pe- 
tit cigognat. (Du Pinet, Pline, X, 29.) 

(In dit qu'ayant mangé d'un cigognat, on 
dit qu'on demeurera quelques années toutes 
de tire sans avoir les yeux chassieux. (Id., 
ib., XXIX, 6.) 

ciGOG>'E, s. f., oi.seau voyageur de 
J'ordre des échassiers : 

Cigonie. 

(P. DE Tbaun, Best., 1306.) 

La cigouingne. 

I^Ysopet /, fab, XX,\1II.) 



CIG 

La segogne. 



(Ib.) 



regoingne. {Bible, B. N. 899, f" 85".) 

Cigoinne. 

{liose, ms. Corsini, f" 38''.) 

Mercurius devint cecoigne. 

[Fab. d'Oo., Ars. 5069, f» 70".) 

ijaceguoigne nourrist son père et sa mère 
quant il sonl viel. (Laur., Somme, Maz.809, 

r 142".) 

Cggoine. (In., ib.', ms. Soiss. 210, f 98".) 
Cygoigne. (Mondev., ms. Did., f° 13 r°.) 

Pour recouvrir la tournelle ou \asoongne 
fait son nit ou chastel de Creey. (1331, 
Compte de Odart de Laigny, A. N. KK 3", f" 
105 v°.) 

Cegoigne. {Gloss. gall.-lal.. II. N. 1. 7684.) 

Lucifer, horrible segougne 

Au nit d'orgueil sans fin couvant. 

(A. Greban, Mist. de la PoiS., 23360.) 

Et vinrent les soignes la vegille de S. Val- 
lenlin. (J. Aubrion, Journ., an 1474.) 

Au temps passé on ne mangeoit point de 
cigongne, mais maintenant c'est viande ro- 
yalle. (.Vneau.) 

Cijcogne. 

(IiEsp., Lett., p. 407.) 

— Manivelle en forme de levier coudé, 
servant à tirer de l'eau, à lever des 
plans, etc. : 

A Chastelleraut, mareschal, pour sa paine 
et fer d'avoir adoubé la ferrure de la cigoi- 
gne. (1429, A. Vienne.) 

Telo : cigugiie, instrument a élever eau 
de puits comme font courtiliers. (Gloss. de 
Salins.) 

Pour eslre la terre arrousee de la main 
des hommes, et avec instrumens appeliez 
cigoiiies. (Sali.\t, Her., I.) 

— Gabarit formé de deux règles en 
équerre servant à régulariser la profon- 
deur et la pente des revers d'un fossé : 

Pour faire droictement ces fosses et éga- 
lement profondes, nos ancestres ont in- 
venté une machine ou instrument tel : Une 
règle droicle, au costé de laquelle est une 
autre reigleou baslon de-la longueur qu'on 
veult la fosse estre profonde, tellement 
que la reigle de dessus touchera aux deux 
bords de la rive. Cette mesure nos vigne- 
rons appellent cicoigne. (Cotereau, Colum,, 
III, 13.) 

— Gibet, pilori : 

Sigougne dressée sur la place publique 
a Poitiers pour punir par infamie et autre- 
ment les délinquants. (1457, Compte de dé- 
penses.) 

Soyons en possession et saisine de aul- 
cune sigoigne en la place commune de la 
présent ville, la lanterne de laquelle pend 
avecques une chayne sur le grand estang 
de lad. ville, destinée pour punir les bo- 
lengiers quant excédent et délinquant en 
leur estai. (1536, Reg. cons. deLim., 1,299.) 

Cf. Chuig.ne. 

ciGOGiVEi., mod. cigogneau, s. m., 
petit de la cigogne : 



CIL 

Son ceooignel pest la cegoine. 
(Est. de Foiîgiehes. Livre des manières, 94o.) 

Cigoigneau. (12 nov. 1295, A. M.-et-L., 15 
53, P 123.) 

Qui aura mangé un cigogneau ne sera 
lousche en sa vie. (Belon, Nat. des oys., 4, 

X.) 

Les petits ej/coi^neau^nourrrissent leurs 
père et mère vieux. (Boaystuau, Theal. du 
monde, I.) 

Le jeune ciconneati p-ir devoir mutuel. 

(Fr. Pebbi.n, Pourtraict, f" 22 r".) 

Cf. II, 133^ 

ciGOGivETE, S. f., petite cigogne : 

... Grant diligence 
Ele a de ses ciconnieites 
Nourrir... 
(Des propriétés des choses, VI, ^4, G. Uayoaud. liom., 
XIV, 465.) 

ciGi'E, s.f., plante vivace, vénéneuse, 
de la famille des ombellifères ; poison 
où l'on suppose qu'entrait la ciguë et 
qu'on donnait aux condamnés à mort : 

Plus fu amere l'iave que li rois ot beue 
Que sive, ne santerne, n'alogne, ne celte. 

(Rom. d'Alex., f» 44'i.) 

Cicuta, conium, coniza. ro. cicuie. (Gloss. 
du XII' s., ap. Léop. Delisle.) 

Encontre honnor ne doutent morir une chêne. 
[Beuvesde Comm., I' 179'.) 

Seignorie que j'aie eue 

Ne pris pas .i. rain de segue. 

(RuTEB., Vie sainte Elisabel.) 

Qui par cegue le tuèrent, 

(Rose, 5888.) 

Il ne prise son corps vaillant une chêne 
Se nostre gcnt de Franche n'est par li secourue. 
(Gaufrey, 6840.) 

Cicuta, ceue. (Gloss. de Douai.) 

Chigue. (Gloss. lat.-fr., 1487.) 

Et devez savoir queparc/ieiie est entendu 
cegue. (Grant Herbier, i" 29 v°, Nyverd.) 

Cicuta, herbe nommée segue. (R. Est., 
Dictionariolum.) 

Seguê. (La Porte.) 

Et selon que je puis entendre. 
L'ellébore de la cervelle, 
Du cœur la ceguë s'engendre. 
Et de la langue mortelle. 
(J. .\. DE Baie, Passetems, 1. III, f" 62 v*.) 

Cicue. 
(Vauq., .S'a(., V, à Bertaut.) 

Il y avoil de la segue dans le jardin, qu'on 
m'avoit montré pour estre une herbe mor- 
telle. (Hochefort, Mém., éd. 1694, p. 14.) 

ciGUiGNE, V. Cigogne. 

r.iL, s. m., poil qui garnit le bord des 
paupières ; 

Hic villus, poil del cil. (Gloss. de Glas- 
gow, V. Meyer.) 

— Fig., en vu cil d'(Pil, en un ins- 



tant : 

En un ceil d'œil. (N, P.vsij 
259.) 



le Gentilh., p. 



CIM 



GIM 



CIM 



93 



CILDRE, V. ClDKE. 

ciLicE, S. m., chemise, ceinture de 

crins portée sur la peau par esprit de 

pénitence : 

Celice. 

(Liber de Antecrist, Ars. 3645, f" i7 t'.) 

En cendre et en ciliz. 

(Pierre de Lannoy, «lani Bict. <jm.) 

ClLLEME^■T, S. m., action de ciller les 
yeux: 

Le sillemeiit des yeux. (Ghevin, Des venins, 
1.8.) 

ciLLiER, mod. ciller, verbe. — N., 
fermer rapidement les yeux par le rap- 
prochement des paupières : 

Oilz ne dot pas si tost ne cille. 

(Ben., Tro,e, 19133.) 

Tant fort l'avise des oils ne poit ceillier. 
[Hom. d'Alex., ms. Veoise, P. Meyer. p. 256, y. 436.) 

11 a si faite angousce que pas des ions ne celle. 
[Rom. d'Alix., f» 78'.) 

Li cuers de la joie s'esveille ; 
Li oiïz ovri, li dus ne seille. 
Il ne fu pas tant revenuz, 
Que li parler li fu ronduz. 

[Florim., B. N. 368, f» 41''.) 

Les eulz de son chief regardoient en .i. 
seul leu sanz clignier et sanz movoir et 
sanz cignier. {Vie Ste Clare, B. .V. 2096, f 
10^) 

— Forcer qqn à fermer les yeux : 

Comme ils prioient, le Ajrmir ocieux 
Chasse soucy leur vint siller les yeux. 

(RoNS., Franc, 1. Il, OKuv., p. 421.) 

— Cilliè, part, passé, fermé, cousu, 
en parlant des yeux : 

Telz chevaux sont mieuix veilliez 
Que nulz faucons, et s'ont les yQM\% silliez. 
Si que veoir grain ne pourroient foison 
Jusques il ait vcrificacion. 

(EuST. Desch., \, 45.) 

L'ame volant d'un plein saut, 
A Dieu s'en ira la haut 
Avecque luy se résoudre : 
Mais ce mien corps enterré, 
Stllé d'un somme ferré. 

(Ross., Odes, 1. m, OI£uv., p. 346.) 

Quant a luy, qui avoit les yeux de l'en- 
[ tendement siltez par le concours de tant 
d'heureuses félicitez, ne peut juger, obser- 
ver ny prévoir. (Nie. I'.vsq., Lelt., VI, 16.) 

1. CIMAISE ou CYMAISE, S. f . , mOU- 

■hire formant la partie supérieui-e d'une 
corniche : 

Les cimaises des pîleriaus 
Qui tant erent riches et hiaus. 

(Ben., Troie, B. N. 375, l' 100''.) 

.'I. chimuises pour les gambes de la che- 
minée faire. (1306, A. N. KK i'Ji, f° 28.) 

llisl que il avoit mis ycellui adjourne- 
ment sur \irhimai.ie de la cheminée. (1398. 
Grimds Jours de Troyes, .\. N. .\'" 9186, f°41 
v°.) 

Deux corbiaux et doux rhimitisez de que- 
mi neez diulit lioslel. (6 dcc. Iil2, Tutelle 
de Mifjuelet Tuscap,\. Tournai.) 



Pour les gambes, mantiel. chimaises. et 
aultros estolTes de pierre qu'il a l'ailly avoir 
fait. (16 aoùl-l.j nov. 14'27, Compte d'ouvra- 
ges, 5° Somme de mises, .\. Tournai.) 

Avoir laillié a une cheminée deux rhi- 
maires et deux soeuilletz. (1497, Compt., 
Bélhune, ap. La Fons, Art. du Nord, p. 
200.) 

Zophorus. Frise. Cimatium. Cimaise... (E. 
BlNET, Merv. de ?iaf., p. 404.) 

2. ciM.iisE, s. f. , vase, partie, vase 
dans lequel on offrait le vin d'honneur : 

Qui luy tordroil ung peu le nez 
De vin rendroit une sijmaise. 
[Serm.joy. de bien boyre. Ane. Th. fr., II. 8.) 

Et ce beau licl, ciel et cortines, 
Siniaises, potz, casses, bassines. 
Dont vous est venu cest aveu ? 
Farce de Colin qui loue et despile D., Ane. Tli. fr.. 
I, 245.) 

Pots, pintes, semaises antiques. (R.vb., 
î Cinquiesme iivre, ch. xxxiii.) 

I Cf. Cl.MAnRE, 11, Kio" et Cy.moise, II, 
I 410'. 

CIMAIVTERE, V. CiJIETIEnE- — CIMA- 

; TIQUE, V. ClSMATIQUË. 

] 

! CIME, S. f., sommet en pointe d'un 
objet élevé : 

Amont torneront lor racines, 
i Contre terres seront les ci/mes. 

[Adam, p. 76.) 

Cbime. (Vrigier de Solas, B. N. 9220, f 6 
i v°.) 

I Symme. (P. de Garcie, Graitt ronttier de 
I mer, V 31 v°.) 

I - Fig. : 

En laissant a la volupté qu'elle soit bien 
simplement, et non pas la fin et la cgme 
des biens. iA.MY0T, Œiiv. met., éd. 1820, t. 
III, p. 280.)' 

ci.MENT, s. m., mélange de chaux et 
j de briques pilées : 

Car en une tour sont, mâchonnée au chemeni. 
(Baud. de Seb., XV, 1395.) 

Que li coutiauls ne soit esmanchies a c/ii- 
ment. (25 sept' 132.5. Reg. de la vinnerie, 
drapperie, etc., 1343-1451, .\. Tournai.) 

Cyman/. (1332, Compte d'Odart de Laii/ny, 
A. N. KK 3% f° -138 V.) 

El doit estre fait convenablement led. 
cyment. [Comptes de René d'Anjou, a.vl. 265.) 

Cijement. (1480, Compt. de l'Hot.-de-V. de 
Tours.) 

Symenl. (1521, A. Serrant.) 

ci.MEXTER, V. a., consolider en liant 
avec du ciment les pierres de construc- 
tion, ou en enduisant de ciment une 
surface : 

Et Caulus li a dil, qui moût en est iries 
Que li hiaume li iert (le la teste erracies 
S'il n'est bien cimentes ou a cordes loies. 
(J. Briseb-^bre, Itestor du Paon, ms. Roueo, f* 66 r'.) 

El fermant le sepulchre on le cimente 
tout a l'enlour. (Voyag. du S. de Villaniont, 
p. 209.) 



c:iME.\TiER, s. m., celui ([ui fait le 
ciment ou mortier : 

Les cymentiers ou ceulx qui faisoienl le 
mortier, {.■incienn. des Juifs, Ars. 5083, f' 

'24".) 

CI.ME^T^ERE, CIME\T1RE, V. CIME- 
TIERE. 

ciMETE, S. f., tète, en parlant d'un 
légume : 

Cimete de chol. Cimia. ( Vocabularius bre- 
vidicus.) 

ci:»iETERE, V. Cimetière. 

CIMETERRE, S. m. et f., sabrc à 
large lame recourbée : 

Ils avoient targettes et saumetaires, qui 
est cspee turque. (1453, FiiANCisco Trasne, 
Prise de Constantinuple, p. 309.) 

.Semetlaire, qui est espee Turquie. (1453, 
Mart., Anecd., 1, c. 1820.) 

Symetere. (Le Maire, lllustr., I, 23.) 

La semyterre au poing. (AiTO.v, Chron., 
B. N. 5032, f 49 i'">.) 

Semiterre. {Ib., C 57 r°.) 

Falcatus ensis. acinaces. gladius Persi- 
eus. Semitaire. It. Simitarra, Esp. Semi- 
tierra. ^Jun., Nomeiicl., p. 201.) 

D'un seul coup àe.simelerre. (Mo.nt., I. II. 
ch. xxvii, p. 463.) 

ci.METiERE, s. m. et f., lieu où l'on 
enterre les morts : i 

El plus bel leu dcl cemetiere- 

(Cbrest., Clig., 6107.) 
Ne fus! en cimetere ses avoirs retenuz. 

(Th. mart., 62.) 
Li dux Miles se tint devers un cismetire. 

(.1. BoD., Saisn., X.) 

.1. charnier moll parfont an leu de cismeiiere. 
(ID., ib., CCIV.) 

Lois regarda a désire del chemin et vil 
genz qui enfooient .i. cors en .i cimetire. 
(Lancelot, ms. Frib., t° 96^) 

Cymiteyre. \Merlin, Mus. Bril., Arund. 2'20, 
P. Meyer, Rupp.) 

Le sementire saint Nicolas. (Cont. de G. 
de Tyr, ms. Flor., Laurenz., .XXIII.) 

Fist de la plache .i. chimentiere. 

i.Mir. de S. Eloi, 40.) 

D'ung philosofe qui passoit parmy un ci- 
rnenlire. (Castoiement d'un père à son fils, 
\.\VII1.) 

Citnilire. (1220, Cens. Paracl. de Pruvin, 
r 7% A. Aube.) 

Devant le cemetire S. Innocent ou il peus- 
senl vendre. (Est. Boileau, Liv. des me.it., 
V" p., 1, 54.) 

El fu cnfoiiiz en la cimetière commune.- 
(Me.ne.sthei., j 335.) 

Cemetere. (1280, B. N. 1. 9129, pièce 13.) 

Chimentiere. (1288, S. Barth.de Noyon, A. 
Oise.) 

En ce lemps csloildui grant cimit'iereon 
pais. iC/iro)i. de S. Den., ms. Sle-Gen., t" 
156".) P. Paris : cimeteres. 



94 



CIM 



l.'ossomenle de lui nciee hoi's du cimen- 
l.iere. [Ih., f 313".) P. l'ai'is : cimetière. 

Cemelire. (Hentcs irOrliens, i" I i'°, A- 
Loiret.) 

Cementiere. (Droil de la cort li rois d'Alam., 
ms. berne .V 37, t" 14°.) 

Cimitere. (1301, Cart. de S. Genn.VAux., 

A. N. LI. i89, ï- 59 v».) 
Porter le au semenlire. (Règle del hospit.. 

B. N. 1978, f 108 i-".) 
La meson dou ceinenlire. (1309, A. N. JJ 

45, (' 89 v°.) 

Li cymileres. (1315, Sec. cod. de Hug. D. 
de lioiii-g., Cli. des C. de Dij.) 

Cymetere. (1322, Fontevr., aiic. lit., A. 
M.-él-L.) 

En un seul chimenliere. (J. Le Fevhe, 
Chron., I, 353.) 

Se homme lay ou femme l'aicl rapt ou 
rœmeliere, il le doit amender a l'evesque. 
(Trad. du xni« s. d'une\ord. de Pliil.l", 1080, 
Ord., XI, ITt.) 

As gliseurs de le parroche Saint Brixe, 
pour l'accat de le cymiteredc le ditte église. 
(1370, Exécut. lestam. de Colard le Pot, A. 
Tournai.) 

Au cimentere. (1393. Lim-e des lieril. de S. 
Berthomé, t° 80 r", Bibl. la Boehelle.) 

Un ci/rniliere commun. (l395,GîY(»(ZsK/«f^ 
de Troyes, A. i\. .'C'UlSi, 1° liô r".) 

Et furent icelui jour mis en leur sépul- 
ture en la c/ijmeniieceile ladite église. (1402, 
Bull, de In commission liist. du départ, du 
Nord, t. IV, p. 114.) 

En le cimentiere de l'église saint Prixe. 
(1454, Test, de Jehan Curlier, A. Tournai.) 

Du couslé devers le semiiierre saint Aril- 
le. (14.55, Comptes de Nevers, CC 51.) 

Cymiiier. (1470, S. Mélaine, Morl., A. Fi- 
nist.) 

Cyniistiere. 
(Marcul, Vig. de Ch. Vil, 1' 32".) 

Uu'ils fussent condamnez a la faire dé- 
terrer et porter son corps et ses os en un 
des cymilieres d'amours. (Id., Arr. d'Am., 
p. 682.) 

Semictyere. (1498, S. Melaine, Morl., A. 
Finistère.) 

Les cemetieres bossus. (II. Est., Apol., p . 

222.) 

Geste cynieterre. 

(SoEVE, fle/i>, CXVin.) 

Ce son fantômes vains et larves solitaires [res. 
Frequentans les tombeaux et les creuï cimetai- 
(Gabn., Corn., 111.) 

Coemetiere, y.oijj.n-y.p'-o-j. (Tripp., Dict. fr.- 
yrec.) 

Proche le cymetier de Sainct Brice. (.1. 
PossOT, Journiilier, p. 83.) 

Cemetiere, lieu bénit, ou sont enterrez 
les fidèles chrestiens. (Monet.) 

— Faire le cimetière bossu, causer 
la mort de beaucoup de personnes : 

Me suffira de parlerde ceux lesquels tant 
plus font les cemetieres bossus, tant plus 
grosses apostumes font venir a leurs bour- 
bes. (H. E.sT., Apol., c. xvi.) 

De jeune médecin cimitiere bossu. (Ta- 
iiUREAU, Prem. dial. du Democrittc. p. 182.) 



CIN 

1. <:iMiiîn. s. m., ornement le plus 
squvent garni d'aigrettes, de plumes, 
qui forme la cime du casque et sur- 
monte la partie qui recouvre la tôte : 

Geste tors est moult fors, a cnvis la prendras 
Ains i aura des vostrcs et malinis et navres, 
Qu'elo soit abatue, ne li chimiers oslos. 

(Conr/. lie Jérus., 'iSGO.) 

— Loc.,se mettre le cimier sur la liHe : 

S'en trouvent d'autres que, sitost qu'ils 
ont un enfant masle et sont asseurez d'hé- 
riter du douaire, tournent les espaulles a 
leurs femmes, et les tiennent comme viles 
esclaves, et souvent les menassent avec 
parolles injurieuses se mettant le cymié sur 
la teste. (h\Riv., le Fid., V, 1.) 

2. CIMIER, s. m., croupe du bœuf, du 

cerf: 

Le seymier d'un cerf, c'est le quoier et la 
queue. (Ménagier, t. II, p. 26i.) 



CIMITIERE, V. Cimetière. 

ciMOSSE, s. f., lisière d'une sorte de 

taffetas, cordon : 

La ligature et symosse pour le lier (l'en- 
fant) dedens le brisset. (Le Trésor de l'ame, 
1404, f° 54 r\) 

CINABRE, s. m., sulfure rouge de 
mercure dont on fabrique le vermillon : 

A taire ceHoi)'e,prendes blanc d'Espaigne, 
si Tardes en .i. feu et dont le mouUes awec 
I. pou de wermeillon. [Hemedes anc, B. 
S. 2039, f" 6".) 

.1. mantel de sinabre a fons de cuve. (5 
fév. 1394, Tnv. de meubles de la mairie de 
Dijon, A. Côtè-d'Or.) 

ciivABRiiv, adj., rouge comme le ci- 
nabre: 

Mains cinabrines. {Les amoureuses occu- 
pât, de G. de la Teyisonniere, p. 2.) 
Ses boutons clnahrins. 
(Roîis., Od; liï. V, OEuT., p. 388.) 

Laissez moy succotter la liqueur amiable 
Qui loge sur le pli de ces bords cinabrins. 

(P. DE Cornu, Œuv. poet., p. 115.) 

Sa boucbe cynabrine. 

(G. Durant, Prem. amours, IX.) 

Quant tout folâtre j'arose 
Cette cinabrine rose. 

(Tahureau, Pois., 11,117.) 

ciivBoiLLE, V. Ciboire. — ci^cesme, 

V. CiNQUIESME. — Cl^T.QUAiVTEI\E, V. 

Cinquantaine. — cincquiesme, v. Cin- 

OUIESME. — CIINCTURE, V. CeiNTURE. 

ciNDAGE, S. m., action de ceindre : 

Et noinmoil on anciennement ce festin, 
le cindaige d'espee et non bien venue, 
comme nous faisons maintenant. (1609, 
Phil. iiE ilURGES, Mém. d'eschevin de Tour- 
nay, Mèm. de la Société histor. de Tour- 
nai, V, 109.) 

CI>UIQUAL, V. SlNDlCAL. — OINDRE, 

V. Cendre, Ceindre et Cintre. 



CIN 

cirvDRER, V. a., syn. de ceindre, en 
tourer : 

Non qu'ensemble il ne peust des humains la de- 

[meure 
Parfaire et commencer, qu'il ne peust en mesnie 

[heure 
Cindrer les cioui Dambans, peupler nostre air 

[d'oyseaux. 
(Do Bartas, 1" se»!., 1" j., 423.) 

Ait peu si sourement cindrer tant et tantd'eaus 
Sur les cercles rouans du ciel porte flambeaus. 
(Id., ib., 2» j.) 

— Cindré, p. passé, entouré: 

(L'or) pour qui nous evenlrons 
Nostre mère nourrice, et vivans dans les mines. 
Des clapiers mal oindrez attendons les ruines. 
(Du Dartas, t" sern., 5" j-, 690.) 

<:l!VELE, V. CeNELE. 

ciNEREii.x, adj., de cendre : 

Humeur aduste et cinereuse. {Practique 
de P. Bocellin, f 17 r«.) 

ciNGLAGE, S. m., marche accomplie 
par un navire dans vingt-quatre heures : 

Le cinglage des vaisseaux. (1543, Four- 
NiER, Hydrogr., p. 707.) 

Cinglage d'un navire. (In., ih., p. 712.) 
Pareillement seront lesdits advitailleurs 
tenus fournir les deniers des cinglages et 
avaries raisonnables, qui seront faites par 
la levée desdils équipages. (Mars 1584, Edil 
sur la jurid. de l'amiral, le droit de 
prise, etc.) 

1. CINGLER, V. CeNQLER. — 2. CIN- 
GLER, mod., V. SiGLER. j 

3. CINGLER, V. a., frapper avec quel- 
que chose de long et de flexible : 

De son eseu le sinyla par le pis. 
Par loi vertu l'enpaint ensus de li, 
Jambes levées l'a abatu souvin. 

(Mort de Carin, p. 233.) 

— Par extens. : 

Desja les vents legiers 
Dos aquilons esmeus, d'une gelante aleine, 
Cinglent, de toutes pars, la durcissante plaine. 
(Gauch., Plais, des champs, p. 246. J 

Allez, vilain, allez, voslre Ëevrc quartaine. 
Qui vous puisse sangler durant eeste sepmaine. 

(IrOTEREL, CûlTlO., II, 2.) 

Ainsi comme un vieux chesne agité rudement 
Par deux vents ennemis soutllans diversement, 
L'air single du grand bruit de leur forte secous- 

[se. 
(Desport., Atigeliq.) 

— Cinglant, part, prés., qui fouette: 

Et descent et ceilli verges cinglam an la 
foresl et la commença a batre et a fenr. 
(Perceml, 1,51, Potvin.) 

ciNiyuE, mod. cynique, adj., dechien; 
à la cynique, comme des chiens, impu- 
demment : 

La chosette faiclo a l'emblee, entre deux 
huys, a travers les degrez, darriere la ta- 
pisserie, en tapinois, sus un fagot desrote, 
plus plaist a la déesse de Cypre,... que 
faicte en veue du soleil a la cynique, ou 



CIN 



GIN 



GIN 



95 



entre les prccieulx conopees. (RAn., Tiers 
lip., ch. XVIII.) 

CI.\KIME, V. CiNQUIESME. 
CI\.\.\MEOU CliVXAMO.VE, S. 111., Sub- 

stance aromatique des anciens, que les 
uns prétendent être la myrrhe, et d'au- 
tres la cannelle : 

l'ng sacq decaniellesîV/flwiOïiP pesant. xii. 
11). (liil, Exéc. teslam. de HerjnauU de Vies- 
traiu, A. Tournai.) 

Fia bauimo, odorant si/namoinme. 
(Greban, Mist. de ta Pass., p. 350.) 

En ceste isle se cueille du poivre, et l'a- 
raron et synnmoun et aultres choses d'a- 
policaireries.(JlAR(;nv,A''aoi,9./'canf.,p.298.') 

Le cinnamome est extrêmement doux, car 
le pire est meilleur ipie la plus rare can- 
nelle ; sa couleur est comme de lait nieslé 
avec de l'ancre et un peu de bleu. (E. Bi- 
set, Mei-v. de nat., p. 'J61.) 

f:iNOGLossE, mod. cynoglosse, s. f., 
plante appelée aussi langue de chien, à 
cause de la forme de se.s feuilles : 

Lingua canis, langue de chien. C'est une 
herbe que l'on appelle cinorjlosse. (Granl 
herbier, n' 280.) 

Plus de cynoglosse. (Paré, XXI, 2.) 
ciivQ, adj. numéral, quatre plus un : 

Dedenz aveii ses chevaliers, 
Et dis serjanz et cinc archiers. 

lEneai, 5395.) 

Et li nostre de cha ne furent que vint 
cinq, et si assamblerentas*eise cens. (Henri 
DE Val., '^ 540.) 

Quinc. (12i8, Anchin, A. Nord.) 

Il poiera cinq soûls pour lui. (Est. Boil., 
Liv. des mest., V" p., XLV, 1.) 

Cuinch. (1271, C" d'Artois, 426, A. P.-de- 
Cal.) 

Ciunc. (I28.J, Carlul. rfe .s'. Jean îles viqn., 
!'• 07% Bib. Soiss.) 

Chienc. (1287, S. Acheul,A. Somme.) 

Chimie. (Liv. delà trés.d'CIriqny Sie Ben., 
p. 21ô, A. S.-(Juentin.) 

Cieunc. [Test, de B. de Clerm., A. A. P 
•1370.) 

Ciunck mesures. (1293, Cari, de Cauchy, 
Betenc, p. 3ô2.) 

Les sis d'une part et les chine d'autre 
part. (1305, Ord. des tondeurs, A. S. Orner, 
LX.VVI11, 1.) 

Li choinc en prenderont trois hors des 
six. (M.) 

L'autre picche qui contient chiunc quar- 
tiers de terre. (1317, Curt. de l.dions, B. N. 
1.5i60, f° 45 V".) 

Les dittes lettres obligaloirez royaulx, 
qui faisoicnt mi'niion de la ditte somme 
d.es chuincq cens livres lournois. (13 déc. 
1403, Test, des enfants de Pierurt du Pon- 
chiel,A. Tournai.) 

CIIVOUAILLE, V. QUINCAILLE. — CIN- 
Ql'AIlVE, V. CiNOUIESMË. 

cixyuAXTAiME, S. f, réunion de cin- 
quante objets de même nature : 



Les deux cincqiianlenes qui venoient a. 
Ilelye par orgueil furent destruictz par feu, 
mais la tierce cinr/uautenne fut gardée par 
son humilité, comme il appert au quart 
livre des roys au premier chapitre. (J. Le- 
liiiANT, Livre de lionnes meurs, f° 5°.) 

ciiVQi'AXTE, adj. numéral cardinal, 
cinq fois dix : 

Un cheval fîst tlo fiist grant faire, 
Desor roes cinquante paire, 
Por ce qu'on lo peust mener. 

(Eiieas, 889.) 

Fors en la bataille de l'empercour u il en 
ot cinquante. (Henri de Val., 3 543.) 

Ciquonle livres de parisis. (Dec. 1233, 
Chaumont, S. Fergeux, H 96.) 

Cyncquunle. (Avril 1242, S. Vinc, A. 
Mos.) 

Ciencquante. (Mars 1250, Fontcuelles, A. 
Nord.) 

Cimqunnte. (1256, Letl. de ./. de Joinv., 
vidim. en 1294, A. Allier.) 

Cent et chiumquanle livres. (30 mars 
1310, Cart. de Ftines, llautcœur, p. 511.) 

Cheuncante deus sols. (1327, ap. Beau- 
villé. Doc. inéd. concern. ta Pic., II, 70.) 

Chieuncquante. (1333, Tréport, A. S.-Inf.) 

Cliieunquante. (1350, Le Gard, A. Somme.) 

L'an de grâce mil .ccc. chuinquante et 
dénis. (ISfév. 1351, Escript de le moituerie 
Jeh. Makait, A. Tournai.) 

Cie«9«rtn/e.(1362,Ch. des compt. de Dole, 
C 305, A. Doubs.) 

De chinquimle a soissante livres. (i404, 
Baillinge d'E'vreux, A. N. P' 294.) 

Cliincquante quieviUes de fier. (17 nov.- 
16 fév. 1426, Compte d'ouvrages. 3" Somme 
de mises, .\. Tournai.) 

Le .xxix". jour d'apvril, ou dit au chinc- 
quante deux. (1454, Exéciit. teslam. de Je- 
han Cartier, .\. Tournai.) 

cii\QUAiVTEME, S. f., compagnie de 
cinquante hommes : 

De allichier chaysnes, de ordener dise- 
nies et cinquanlenies. (13 avr. 13K4, Arch. 
adm. de licims, III, p. 253.) 

f:i.\QUA.\TEi«iER, s. m., celui qui 
commandait une cinquantenie : 

Par le mandement cpie le royde Navarre 
et le prevost des marchans avoient fait a 
pluseurs quarteniefs et cinqnanteniers de 
la ville. (Chron. de S. Den., li. N. 2813, P 
405".) 

A Nicolas Jourdin, Jacques Dubier et ,lo- 
seph Forniy, archers el cinquuntinier de la 
ville d'Orléans. (1.598-1601, ap. Mantellier, 
t. I, p. 387.) 

cixQi'ANTiEsME, mod. cinquantième, 
adj. numéral ordin., qui vient immé- 
diatement après le quarante-neuvième: 

— S. m., cinquantième partie : 

En celé année, tôt sans faille, 
Fisl-on en France deux fois taille ; 
De saint Jehan jusqu'au karesme, 
Prinst on cenUsmc et cinquantisme. 

{Cfiron. de S. Maglvire, v. 240.) 



<:I\'QIIEFI'EILLE, V. QuiNTEFEUlLLE. 

nivQuiESME, mod. cinquième, adj. 
numéral ordin.. qui vient immédiate- 
ment après le quatrième : 

El cinkime jor. (Greg. pop. Ilom., p. M.) 

Lors se herbergierent al cinquisme jor 
sor un bel len, a un chastel que on apele 
le Traim. (Villeii., S 433.) * 

Si s'en ala a Salehadin, lui cuinquismes 
de frères. {Chron. d'Ernoul, p. 255.) 

Cyneyme. (1229, Cart. S. Vinc, B. N. 1. 
10023, r 33 r".) 

L'an milesme ducentesme trente et cin- 
cesme. (1235, Ileylissem, Arch. du roy. de 
llelg.) 

Cinkisme. (Vie S. Matliias, B. N. 2312, 
col. 3.) 

C'hest a savoir le r/n'n^îa'me denier ki es- 
kerra don vendagiede le rente devant dite. 
(r200, Cart. de Bour/murg, li. N. I. 9920, f" 
45'.) 

La cinquaime partie, (1263, Cart. de Lan- 
gres, B. N. I. .5188, P 221 r°.) 

Chienquiesme. (1260, Liv. bl.. r 14, A. Ab- 
bev.) 

Cinquiesme. (1278, Cart. de S. Maur, A.N. 
LL 112, r 175 r°.) 

Chiunquisme \ov de marc. (1273-1280, Beg. 
des Plaids, !" 52 r°, A. Tournai.) 

Vint et cinquisme. (1290, Ch. de Ph. de 
Beaumanoir, Dhaumont, A. Ardennes II 81.) 

Teus .1111. jors errèrent ne pristrent onques fin, 
Quant ce vint au cinquime. que jors fu escler- 

[cis... 
{Gui de Dourij., 2810.) 

Chuinquime. (1319, Recette du comté de 
Blois, A. N. KK 296, f° 8 v°.) 

Le dyoes procain devani le jordou ciun- 
kesiiie. (1320, C'est Katerine, femme Plielip- 
par le Wetie, S. Brice, A. Tournai.) 

A Annelle deux sestiers de blé et le chin- 
cisnie ou hos de Commun. (6 nov. 1322, 
Cart. de lUthel, ap. 1.. Dclisle, Nut. sur le 
cart. du romt. de Hét/iel, p. 254.) 

Donnée l'an de grâce mil .ccc. vingt huyt, 
le chticcisme jour de septembre. (1328, Cn»'/. 
d'Oudenbourg, p. 57.) 

Chiumcijeine jour du movs de aoust. (5 
août 1329. Leit. de Mallnl'de, c"" d'Art., 
Gr. cari, de S. Bert., A. S.-Omer.) 

Et li bons marissaus o le quatrime va 
Gerars de Nichocie le chieuquime guia. 

[IJ. du .Seb., XVIII, 203.) 

— S. m., cinquième partie : 

Le chiunchisme et demi de la moitié don 
tiers de la ville d'Escordal. (19 juin 1324. 
ib., p. 103.) 

— Cinquième jour : 

Le ciunkime de février. (1323, A. N. JJ 61, 
f" 102 r".) 

CI\'Q11SME, V. CiNQUIESME. — CINSE- 

RiTÉ, V. Sincérité. 

ciiv-TRAGE, s. m., état de ce qui est 
cintré : 



96 



CtP 



Ceinlraiiige Je Jeux croisées. (1593, P.- 
Je-Cal., S. Berlin, ap. La Fons.) 

ciiVTRE, s. m., courbure hémisphé- 
rique concave d'une voûte, d'un arceau, 
d'une arcature : 

Claiiz a l<eville a clauer les chintrez des 
ars Je le salle. (1313, A. N. KK 393, f° 41.) 

Ileni bailla .lehan Je Blacieu un roule 
contenant certaine quantité <le l'usle par 
lui pieca bailliee pour les chidres Je l'arc 
(lu pont Je Rosne. (1416, Reg. consul., A. 
nnin. Lyon.) 

Cindre. (31 oct. 1423, Reg. maii. de Md- 
con.) 

A esbatre les seintres estant en la tour de 
la Boulerye. (1439, Compt. ds Nevers, CC 42, 
f° 13 v°.) 

Ung cent de clo pour les sintres de la- 
Jicte vote. (1439, ib., f 23 v°.) 

Fera adouber et redresser l'entrée Ju Jit 
voyage et aussi redresser tous les cinires 
Ju dit voyage. (1455, A. N. KK 329.) 

.\ Jehan Lombart, chappuis... pour avoir 
fait les syndres Je la porte Cliencvier. (1472, 
A. mun. Lyon.) 

5 pièces Je bois a faire les courbes Jes 
saincti-es deVarce dupont.(1535-36. Comptes 
de Nevers, CC 106.) 

Sgnties a porter les pierres et voûtes jus- 
que's a ce qu'elles soient fermées et ma- 
çonnées. (l)KLORME, Archit., III. 4.) 

cirvTiîER, V. a., disposer en cintre ; 

Et doit livrer en le ditte tour une vole 
Je appas chintree au ront. (3 août 1349, 
Chii-. de Jeh. de Loyaucourt, A. Tournai.) 

S'ilz retiennent elcynirent bien et Jeue- 
ment les voyages, puis et chambres des 
Jittes mynes. (1455, A. S. KK 329.) 

ciPPEAU, s. m., instrument avec le- 
quel on rogne un métal quelconque : 

Quant aux instrumens, outre ceux qui 
ont des noms qui sonlaussi ailleurs et dont 
on se peut aviser... il y a eschope (d'où 
vient eschopeUue signifiant la pièce qu'on 
levé d'un métal par cesl instrument). Plus 
cippenu (qui peut sembler estre tiré du la- 
tin cippus). (II. Est., l'recell., p. 107, éd. 
1579.) 

ciox, V. Scion. — cioi'rme, v. Chiouu- 

ME. 

ciPRES, mod. cyprès, s. m., plante 
de la famille des conifères : 

Un arbre avoit de lez le tref 
Qui en toz lens fleroit soef. 
C'estoit cipres, si com lisons. 
(Chrest., Perceual, ms. Montp., f" 161'=.) 

.II. candélabres de cldpres 
Aportent doi vallet avant. 
[Du Prestre et du chevallier, Montaiglon et Raynaud, 
II, 56.) 

Ch.ipriest.(Soiiesde Nansay, ms. Turin, f° 
51".) 

ciPRiciMi, adv., aussitôt: 

Cipricimi, vocabulumcompositum ex qua- 
tuor, ci pris, ci mis : quando significamus 
inox, sive statim, et sine Jilatione aliquid 
tieri, aut factura esse : tanquam dicas: In 



cm 

hoc loco caplus, et in eodcm suspensus. 
(II. Est., Gramm. gall., de adv., p. 72.) 

ciyuoT, V. Chicot. — ciral, v. Ci- 
seau. — t;iRCE, V. Cirque. — cir<;om- 
voisiiv, V. CrncoNVOisiN. — circoivcir 

V. ClHCONCIRE. 

CIRCONCIRE, V. a., soumettre à la 
circoncision : 

Circumcive, circicncire. {Pass. S. Père, B. 
S. 818, f° 158 r".) 

Circumridre. {Liu. des hist., B. N. 20125, 
f 32 v°.) 

L'en ne sçarroit mieulx apprester 
Ne circoninf plus gentement 
Que l'enlfanl est. 
(A. Greban, Mist. de la Pass., 5978.) 

— Couper tout à l'entour: 

Je veuxcirconcî/'eces cheveux, qui comme 
a un Absalon pourroient causer ma ruine. 
(J.-C. Camus, llom. festiv., p. 125, éd. 1619.) 

— Fig. : 

Et ansi dolent estre une fieie circuncises 
et tranchieies les superfluitez. (Li Epistle 
saint Bernard a Mont De», ms. Verdun 72, 
i" 38.) 

Nous vous supplions, par vostre doulou- 
reuse circoncision, de nous délivrer et cir- 
concir de l'orgueil d'esprit, de la convoi- 
lisse des choses de la terre, et de la 
concupiscence de la chair. (Boiuuoing, Hom. 
des saints, janv. 1650, p. 15.) 

— Inf. pris subst. : 

\n circoncit' Brunehaul l'ont noumee. 

(.\uhe,on, 393.) 

ciROO^'cisio>', S. f., excision du pré- 
puce : 

La circumcisions.(\ni's., Serin., ms. Poil. 
124, f" 8 v".) 

La circuncisions de la char. {Comment, 
sur les Ps., p. 147.) 

Circuncisions. [Pass. S. Père, B. N. 818, 
f" 158 r°.) 

Circoncisium. (1260, J. de Bourg, Ch. des 
compt. de Dole, B 860, A. Doubs.) 

Le mercredi après la scirconcision Deu 
Nostre Signer. (7 sept, llfii, Coll. de Lorr., 
Not. des ms., XXVTll, 170.) 

Circonsition. (1291, S. Wanjr., A. S.-Inf.) 

Circumcision. (Liv. des Idst., B. S. 381, t° 
32 v°.) 

Cf. II, 138'. 

ciitcoiNDUCTio:v, s.f.. mouvement de 
rotation autour d'un axe ou d'un point 
central : 

La muable et tortueuse circonduclion que 
fait laJite eccliplique mouvant sur les 
pôles du monde. (Besson, Cosmolabe, p. 6J.) 

ciRcoxDuiRE, v. a., développer tout 
à l'entour, allonger ; 

Les termes substantiaux Je la tissure Ju 
procès a défendre, contredire, prouver, 
proposer, et endroict ou autres equipolens 



cm 

a iceux, seront exactement observez et en- 
retenus entre les parties plaidantes, sinont 
que par quelque incident nécessaire ils 
soyent circonduits, lorsque pour le regard 
desdils incidens le juge y procédera, abré- 
geant les délais a luy arbitraires, le plus 
que faire se pourra, et aussi es matières 
qui doivent estre traictees sommairement 
ou sans figure de plaid. {Coust. d'Aousle, 
p. .556.) 

— Circonvenir : 

Par voz propos suis esté circundtiite 
Tacitement. 

(F. JuLTOT, Eteg. de la belle fille, p. 41.) 

ciRCOKFEREivcE, s.f.,courbe fermée 
qui limite le cercle, l'ellipse ; tour, cir- 
cuit de qqch. : 

Si lu vels trover la circonférence Ju com- 
pas. (Comput, B. M. 25408, f» 18.) 

Circunference. (Evr. de Contv, Prohl. d'.i- 
rist., B. N. 210, f" 268".) 

Circunference. (Enir. de Henry U a Rouen, 
P 47 V.) 

ciRCOivFLE.XE, adj., qui otî're des si- 
nuosités : 

Ces trous reçoivent sept vergettes me- 
nues presque Je la hauteur J'une once, 
mobiles en bas, circun fle.res en haut, afin 
qu'elles reliennenl les anneaus enclos. (Le 
Blanc, Trad. de Cardan, f° 291 v°.) 

ciRCONFLUEivcE, S. f., actioo de cou- 
ler à l'entour, entourage : 

La cité Je Macloviense située en une pe- 
tite isle est ceinte de toutes parts de cir- 
confliience marine, fors, ainsi qu'un tom- 
beau J'arenne élevée; par lequel apparoist 
la voye aux viateurs jusques a la granJ 
terre. (Le Baud, Hist. de bret., ch. i.) 

ciRCONELUER, V. a., couler autour, 
environner de ses eaux : 

Devers le levant est la cité Smierne que 
environne le fleuve Je llelles, les champs 
duquel les fleuves l'actolus et Ilermnes 
circonfluenl. [Chran. et hist. saint, et prof., 
Ars. 3515, f° 52 V.) 

Le fieuve Eslens avironne et circonflue 
les citez de Nyobe et de Mirne. (/é., f 53 
v°.) 

ciRCo>jACEi\T, adj., qui s'étend à 
l'entour : 

Si parvint en la duché Je Juliers et li- 
miles circonjacerdes. (J. Molinet, Cftrou., 
ch. viii.) 

Il est chauJ a cause des parties voisines 
et circumjacentes . (Paré, I, 14.; 

ciRcoxLocuTiF, adj., qui a rapport 
à la circonlocution : 

Correlarium, correlaire ou circumlocutice 
ostension. (Voc. lat.-fr., 1487.) 

CIRCo^•LocuTIO.\, s. f., circuit de 
paroles qui expriment la pensée d'une 
manière indirecte : 

Circonlocution. (Psaut., Maz. 358, f° 4 r".) 

Circonlocucions. (Trad. de Beteth, B. .N. I. 
995, r 63 v°.) 



cm 



cm 



cm 



97 



Par énigmes et circonlocutions. (Tradact. 
lie Terence, l'réf.. sign. Avi r°.) 

t:iRcoxs<:itiPTio,\, s. f., action de 
tracer )a ligne qui décrit le contour d'un 
corps : 

Il convient les choses de quoy l'en veult 
bien avoii' cojînuissance par circonscriplton 
démener el disposer de point en point 
l'une après l'autre. (Oresme, Eth., B. N. 
204, f° 356\; 

Circunscripcion de lieu. {Chron. et liist, 
saint, el prof., .\rs. 3515, f 4 r".) 

Circumsdipcion différente. (Ib., f° 16 v.) 

Membre ou particule, est corps ayant sa 
propre circunscription. (J. Raoul, Fleurs du 
gr. guydon, p. 30.) 

— Contour : 

Pour la curation, faut renverser le pré- 
puce, puis couper la peau intérieure en 
toute sa circonscription. (Paré, XV, x.\.\n.) 

CIRCONSCRIRE, V. a., limiter, décrire 
tout autour: 

(luand l'en scet ses propriétés et l'en dit 
que félicité est telle cl telle, elle est adon- 
ques bien descripte oacirconscripte. (Ores- 
me, Eth., B. N. 20i, f 3Û6".) 

Combien que la première essence con- 
tienne tous les esperitz circutnscriptz. 
(Chron. et hisi. .^aint. el prof.. .\rs. 3ôlà, f° 
16 v°.) 

Popilius circonscrit la place ou il esloit 
avec sa baguette, en luy disant: Ben moy 
response, que je puisse rapporterau sénat, 
avant que tu parles de ce cercle. (Mo.st., 
I. II, ch. XXIV, p. 454.) 



et adj., qui en- 



CIRCOIVSISTAAT, S. 

toure : 



Mais Attalus estant assis sur la selle de 
fer et ayant le feu dessoubz qui luy brus- 
loit la chair, lellement que la puanteur ve- 
noit au nez de tous les circonsistans, se cria 
a haulte voix. ..(C. de Sevssel, Hist. écoles., 
V, 3.) 

CIRCONSPECT, adj., qui surveille pru- 
demment ce qu'il dit, ce qu'il fait, ou 
ce que disent et font les autres : 

Cault et circunspect. (11. de Gauchi, Go'(«. 
des princ, Ars. 5062, f 117 r°.) 

Vénérables et circonspectes personnes. 
{Proc. de J. Cuer, Ars. 3469, P 67 r°.) 

ciRcoNSPECTE.MENT, adv., avec cir- 
conspection : 

(Ju'ils ne se conduisent fort circonspecte- 
ntent avec tous ces peuples. (Sully, (Mcon. 
roij., ch. cxL\.) 

ciRcoivsPECTioiv, S. f., Surveillance 
prudente qu'on exerce sur ses paroles 
ou sur les paroles et les actions des 
autres : 

Jeunes de circonspection est quant nos 
jeûnons por tempcste, ou por paor d'ane- 
mis, ou por aucune aventure d'angoisse 
qui aparoist. (Trad. de ISeleth, li. .\. \.9:)b, 
f 10 v".; 

Aions (lance de vostre circonspection el 
T. IX. 



de vostre loiauté. (1303, A. N. JJ 36, f" 28 
r°.) 

.N'ous confiansa plain des sens, loyauUez, 
proiidomies, circunspeccions et diligences 
de nos aniiz et feauz. (2i mars 1402, Ord., 
VIII, 574.) 

Environ cent ou six vings hommes 
Ou gist grant circonspection. 
(Grebss, .Vist. de tu Pass., dis. Troves, 3' j., (' 203 

r«.) 

ciRcoNSPECTL'ELSEME.\T, adv., avec 
circonspection : 

Il faull se conduire avec eulx circonspec- 
liieuseineni. ^19 juill. 160Ô, Lett. miss, de 
Henri IV, VI, 483.) ^ 

ciRCoxsTA.NCE, S. f., chacun des faits 
particuliers d'un événement, d'une si- 
tuation : 

Les circonstances dufet. (Beauman., XVlll, 
14.) 

L'air des basses vallées n'est pas bon a 
faire édifices pour la santé, car l'air y est 
gros pour la circunstance des montaignes. 
(H. DE Gauchi, Goui: des princ, Ars. 5062, 
r 132 r^) 

Obtempérons a l'accort et composicion 
dessus dis, et icellui, avecq les cliircons- 
tanches avons loé, olroyé, approuvé etcon- 
fermé. (28 avril 1377, Regist.de cuir roune, 
III, f" 20, A. Tournai.) 

Quant llannibal sceutles circunstances du 
lieu ou estoient les Romains, comme sub- 
til et ingénieux en fait de guerre il ordonna 
ses batailles en deux parties. {Trad. d'O- 
rose, vol. II, f" 32^) 

Cf. IL 138'. 

ciRco.xsTAXciER, V. a., accompagner 
du détail : 

D'une chose m'esbahisoil que voulant 
rédiger l'histoire de sa vie par escrit, il 
l'ol peu circonstancier des lieux, des per- 
sonnes. (Pasq., Lett., XVIII, 2.) 

Et a bien cesle espérance en ly, qu'en 
malere de miséricorde tele que doibt estre 
maintenue en ung prince creslien, bien 
conditionnée et bien circonstanciée, il ne se 
trouvera ne lent ne lard. (G. Chastell., 
Chron. des D. de Bourg., III, 104.) 

ciRcoxvALLER, V. a., entourer en 
tous sens, entourer de circonvallations : 

O meschanl que mo circonvallent 
Tant de choses qui rien ne vallent 
Et de qui eschapper ne puis ! 

{Therence en franc., f" 250'.) 

Circonvaler. (Richelieu.) 

ciRco.wEMR, V. a., entourer, enve- 
lopper : 

A la parfin fu il circunvenus de la multi- 
tude de eulz. (Behs., 7'. Liv., f" 61", ins. Sle- 
Gen.; 

Circuniieuir.(Voc. lat.-fr., 1487.) 

- Kig. : 

Circonnenu parleurs ruses el tromperies. 
(Amvot, Crassus, 58.) 

Circonvenir lea juges. (Charron, Sag., 11, 
3.) 



ciRcoxvENTEUR, S. m., celui qui use 
de circonvention : 

Cesle manière de séducteurs el circon- 
venteurs soubz espèce de religion esmou-' 
voient eti'aisoient insanier les povres gens 
vulgaires et imbecilles a estudier et inven- 
ter toutes choses nouvelles. (Bat. jud.. Il, 
20.) ■' 

ciRcoNVEXTio.v, S. f . . action de cir- 
convenir par des artifices : 

Circonvention el déception. (1269, A. N. S 
4947, pièce 4.) 

El soions portez en touz venz de doc- 
trine de felonnie de hommes en asluce et 
en circonvention d'erreur. (Guiaiit. Bible, S. 
Pol à Eph., ms. Sle-Gen.) 

A toute fraude ef circonvention. (Juill. 
1324, A. >-., S6, pièce 1.) 

A toutes fraudes, lésions, circumvcntions. 
(Dec. 1327, A. N. JJ 65, f» 28 v°.) 

Ils ont prins pour eulx des pensées de 
vanité, et ont proposé en eulx des circoii- 
venlions de péchez. (Le Fevre d'Est., Bible, 
Esdras, IV, 7.) 

Et fust ladictes enlence aggreee par ani- 
bedeux les parties, lesquelles pi-omirent et 
jurèrent del'entretcnir sans aucune fraude 
ou circumvention. (P.d'Oudeghekst, /1«h. de 
Flandres, II, 149.) 

ciRco,\voisi.\, adj., situé tout autour 
dans le voisinage : 

Sem Uni le royaulme d'Asie 

Et les pais eirconroi/sins. 

(Mabcial, Louatif/es de .Varie, f« 12 v".) 

Les clrconroysins lieux. 

;ScEVE, Délie, CLXXWII.) 

En cesle ville de Paris el en quelques 
autres lieux ei;roȔtiOiS(/is. (II. Est., PrecelL. 
p. 138.) 

Le régiment des gardes et les Suisses 
furent logez aux villages circonvoisins de 
ladite ville. (Cheverxv, Mém., an 1588.) 

Les hérétiques de la France, d'Allemai- 
gne, et pays circonvoisins. (Dialog. entre le 
maheustre el le manant, f» 24 r°.) 

Or, en retournant sur noz ambles, enten- 
dez i|u'environ le temps desdictes nopces, 
grand peuple de Flandre, France, Angle- 
terre el aux pals cirrumvoisins couroit hors 
sa maison vagabond parmy le pais. (P. 
d'Oudegherst. Ann. de Flandre, II, 551.) 

— En parlant de personne : 

L'archidiacre fera ses visites par chas- 
cun an, et estant arrivé en quelque lieu, 
fera venir les prestres circonvoisins. (Trad. 
d'une ord. de l'hil. I", Ord., XI, 173.) 

L'n roy de France doit savoir Testai des 
rois circumvoisms de son rovaume. (Adv. 
à Is. de Bac, li. .\. 1223, f 9";) 

— S. m., voisin, habitant d'alentour : 

Or avez vous de voz circunvoisins 
Prins les terres. 

(BBiKGonE, Entreprise de Venis., I, Hi.) 

Pour entreprendre sur les circonvoisins. 
(10 nov. 1.5S2, l.ett. 7niss. de Henri IV, t. I, 
p. 480.) 

Du gré a gré, et avec l'allégresse du peu- 
ple et des circonvoisins, qui pensent Ira- 



13 



98 



cm 



vailler pour la conservalion de leurs pro- | 
près \les. (1" mai li85, ih., t. IV, p. 04.) 

f;iRCOivvoisiNAGE, S. m.. les alen- 

lours : 

IceluY monastère, ensemble le circo7i- 
voisinnge esloil siibjcc-l a l'empire romain. 
(Clw.s'. 'mcm. esci: p. F. liicher, p. 2ô.) 

<:iu< <>\voi.i:r, v. a., voler autour 
de: 

Ouanl il esL rcfaicl (l'csmcrillon), il se 
monlre en .Xralie et en [''.f-'iple, lors tous les 
ovseauU esbahis de la nouvellilé oublient 
dé rapiner l'ung l'aullre. et par grandes 
compaipnies le circiinvo/lenl, honeurent et 
feslienl. (Fossetier, Cfûii. mai-garit., ms. 
Bru.K. 10509, f° 23 r°.) 

Luy suadant que sans plus arrester, 
Vircunrolasl les nations ilales. 

(J. Marot, Voi<i(je de Gènes, f° v rs.) 

clllco^'voLU, V. a., enveloppé, en- 
touré : 

liais l'exlerminalion et mutation de la 
face des faulx et pervers ypocrites et une 
fainte simulation toute remplie et arcon- 
volue de mensonge et de menleric. (I>fem. 
vol. des e.rp. des ép. et év. de km:, f° 9 V.) 

ciRCONVOLUTiox, s.f., enroulement, 

sinuosité circulaire : 

Les cliainturcs figuroient la clrconvolu- 
ciun de la mer. (Bib. hist.. Maz. 312, f° 41'.) 



CIRf:OAVOYSl>', 



CmcoNVOisiN. 



ciRCL'iT, S. m., espace à parcourir 
pour faire le tour d'un lieu : 

Le circtiitiiu monde. (Cliron.ethist. saint. 
et prof., Ars. 3ôlô, f° 128 V.) 

- Kig. : 

En certain rircuil de temps. (Le Roy, Po- 
lil.d'Arist., 1°89 r°.) 

Qu'est il besoin de tourner ça et la par 
circuit de parolles ? (C.alv., Predesl., p. 
123.) 

ciRCUiTÉ, part, passé, entouré : 

Ysle cimtitee de mer. (Voy. d'Anne de 
Foix, B. S. 90, f- 6.) 

ciRfX'LAiRE, adj., relatif au cercle, 
qui a la forme du cercle : 

Figure circulaire. (Oressie, dans Meunier, 
Thèse sur Oresme.) 

ciRcuLAiREMEXT, adv., d'une ma- 
nière circulaire, en rond : 

Corps mouvable circulairement. (Oresme, 
liv. du ciel et du monde, ms. Fniv., f 11 
r".) 

Sircittairentent. (Jard. de santé, 1,31). 

Toutes choses luy semblent circulaire- 
ment se mouvoir. (G. Tornus, C/iOies mert)., 
1.) 

Ce qui est meu circulairement. (V. FoR- 
CADEL, Trad. de Procl., p. 21.) 

CIRCULARITÉ, S. f., qualité de ce qui 
est circulaire. 



cm 

Dcvallant jusques aux murailles dont 
elle (la cité) éstoit close en parfaite circu- 
larité. (Alector, f» 124 v°.) 

Circularité: circularity, roundnesse,orbi- 
cularnesse. (Cotiîi;.) 

«:iR<',ri.ATErR. s. m., celui qui forme 
cercle autour de lui, charlatan : 

Charlattans et circulateurs. yLiEBAULT, 
dans iJicl. gén.j 

ciRci;i.ATio>, s. f., révolution circu- 
laire ; action de circuler : 

Circulacioti. (Evr. ue Coxty, Probl. d'A- 
I risl., B. N. 210, r 68".) 

i Donques a un corps infini ne peut faire 
circutaciun ou estre meu circulairement, ne 
par conséquent le monde et le ciel se il est 
infini. (Oresme, hiv. du ciel et du monde, 
ms. Univ., f° 22 v".) 

Je feray que lesdits ruisseaux feront en 
eux en allant au grand ruisseau certaines 
circulatinns, qui causeront des petites isles 
fort plaisantes. (Palissy, Recepte.) 

ciRCiiL.*ToiRE, adj., relatif à la cir- 
culation : 

Les vaisseaux servans aux distillations 
sont circulatoires. (Paré, 111, 638.) 

Mets l'eau dedans un vaisseau de distil- 
lation circulatoire. (A. du Moulin, Quinte 
ess. de tout, chos., p. 36.) 

— S. m., alambic : 

Que le fond du circulatoire soit totalle- 
me'nt ensepvely. (Ciel des philos., c. 3.) 

Uecucille les plantes quand elles seront 
bien meures... ; puis les fermenteras en un 
cii'culaloir ou alembic. (Evonime, Très., p. 
106.) 

CIRCULE, s. m., cercle astronomi- 
que : 

Cercher les mouvemens des astres, or- 
donner les circules, mesurer la distance. 
(Calv., Inst., conn. de Dieu.) 

CIRCULER, v. n., se mouvoir circu- 
lairement : 

Circuler ou aller tout autour. (Oresme, 
dans Meunier, Thèse sur Oresme.) 

La supérieure partie a ung petit pertuis 
avec ung bec, par lequel on y met la ma- 
tière, et la retire on après qu'elle es(circ((/ee. 
(Ciel des philos., c. 4.) 

Et fera l'on distiller les matières sur le 
bain de Marie pour plusieurs fois, en re- 
mettant tousjours l'eau distillée sur le 
marc, et après la cinquiesme distillation 
on réservera l'eau: si d'aventure on ne la 
veut encore circuler, pour luy acquérir 
une quinte escence. (Lieuault, p. &Ô2.) 

ciRCULEUx, adj., qui a la forme d'un 
cercle : 

Cynamomme, incontinent qu'il est six 
doys hors de lerre esl circuleu.r, semblable 
a la ronce. {Jard. de santé, I, 122.) 

ciRCULiER, adj., circulaire : 

Vorlex, nez en bois ou révolution circu- 
liere en yaue. {Gloss. de Salins.) 



cm 

ciRcuM, v. à CmcoN les mots qu'on 
ne trouve pas à ciR<:i'\i. 

CIRCUMCIDRE, V. ClBCONCmE. — CIR- 
Cl'XDUIRE, V. CinCONDUIRE. 

ciRcuivi'EBEivT, adj., qui entoure, 
ambiant : 

La souefve armonie dont ces supernalu- 
relles ymages avoient fait resonner l'air 
cirrun'/érent. (Le Maire, Temple d'honn. et 
de vert.) 

— S. m., celui qui entoure, qui envi- 
ronne : 

Et si les mist du roy circunferens. 
(J. BovcaET . Labjjr. de /bj7.,Pliil. I.e Noir, in-4 gotti., 
f-TV.) 

ciRCUxvoi.vER. V. a., entourer: 

C'est la façon tousjours de falsité 
Circnnrolper les gens de paraboles. 

[Contredietz de SoncjecJ'etix, f" 13 r".) 

1. CIRE, s. f., substance jaunâtre, 
molle, fusible, que produisent les abeil- 
les et dont elles font les alvéoles des 
ruches : 

Contre le mail del oel, faclie batre gin- 
genbre et cire, (xiii" s.. Hem. pop., Am.SaU 
mon, dans Etudes rom. déd. a G. Paris, p. 
2Ô6.) 

Une livre de chire. (Cart. de Picqnignii, 
A. N. R'35, f° 16 V».) 

Cire ouvrée. (Est. Bon.., Liv. des mest., 
\" p., X, 12.) 

Pour l'ymagerie de Mgr d'Artoys faite 
de chire. (1290, Comptes de l'Artois, pièce 
436, extr. J. M. Richard.) 

.\pres doiz a la dame escrire 
Soit en parchemin ou en chire. 

[Clefd'amors, 673.) 

Sire. (Liv. des hist., B. N. 20125, f> 158 V.) 

Cyre. (1261, Orden. de l'est, le roy, A. N. 
JJ 57, r 2i v°.) 

Uns tablions de boys ou il y a dedens 
un couronnement de rip-e viel. (1373, Inv. 
de la tour du Louvre, ap. V. Gay.) 

.vu", livres de cere. (1389, Compte de G. 
Bat., Lam.4486, f 9 r°, B. N.) 

Por .xxuii. lorges de cire. (1418, Arch. 
Frib., Comptes des trésoriers, n" 31.) 

Il y a trois choses en lecandelle ardant, 
s'il est avoir le chire. le lumeillon qui est 
dedens et le feu. (Vers 1462. Ep. et ev. de 
l'année en franchois, ms. Valenciennes 119, 
A. 5, 30.) 

Une torche de ce;'e. [\i&h,Compl. de l'au- 
mosn. de S. Berthomé, f 110 V, Bibl. la Ro- 
chelle.) 

— Chandelle, bougie : 

La camljre fu niout cliere pour la ciere que ar- 

(doit. 

\ Prise de Pamp., 615.) 

Li siere segnefye le corps Jhucrist et le 
humanité qui est nés de le Vierge Marie 
sans corruption, sicomme li mousque ou 
li eis. (Vers 1462, Epist. et erang. de l'année 
en franrhois, ms. Valenciennes 119, A. 5, 
30.) 



CIR 

Une livre de si/re payra. (1092, Réglem. 
de l'académie d'escrime de Dijon, .1. Cai'iiier, 
|i. fi.) 

— Humeur jaune qui se forme aux 
yeux et dans les oreilles : 

Il avoil tousjours los yeux pleiirans et 
pleins de cire. Lariv., Suicis, VIII.) ! 

— Composition de gomme laque et 
de résine, diversement colorée, dont on 
se sert pour cacheter les lettres : 

.le ne suis pas icy venue pour eschaulTer 
la fire. (Cent nouv., f" 3, éd. 1486.) 

Cliauffer la cire. To attend long for a pro- 
niiscd good turne. (Cotiju.) 

• — Loc, comme de cire, de cire, par- 
faitement, qui est parfait : 

Il en œuvre connue de cijre. 
(Ghimgore, Jeu du prince des Sotz, I, 280.) 

Dieu vous gard, belle au gentil corps, 
Miculx faict que s'il estoit de cire. 

{Farce d'un amour., Ane. Th. fr., I, 215.} 

Monsieur l'abbé, et monsieur son valet 
Sont faits égaux tous deux comme de cire : 
L'un est grand fol, l'autre petit foict : 
L'un veut railler, l'autre gaudir et rire : 
L'un boit du bon, l'autre ne boit du pire. 
(Cl. Mar-, Ep'gr., de l'abbé et de son valet, p. 39S.) 

Vrayement. c'a mon : qu'en veulx tu dire !• 
Tu t'y congnois comme de cire. 

(Cn. Fontaine, Resp. à Ch. Huet.) 

En la ville d'.4iguemorles parait un juge, 
lequel avait un cerveau fait comme de cire. 
(B.Despeh., 08.) 

Il est faict comme de cire, il est fort bien 
faict. (R. Est., T/ies., Eactus ad unguem.) 

Ma foy, vous voila beau garçon ! 
Vous voila fait a la façon 
D'un maistro gueux comme de cire. 
(GoDAKD, les Uesguis., III, 1.) 

Trouve tu (|ue cest habit neuf me soit 
bien fait ? 

Antoine. Il vous est faict comme de cire. 
(TouiiXEu., Coidents, I, 'i.) 

2. ciKE, V. Cidre. 

ciRE.MEXT, s. m., action de cirer: 

Ceralura, c/remeni, cirure. (Cutepini Dict.) 

ciREit, verbe. ^ A., enduire de cire 
poiir rendre poli, luisant : 

Por le glacier le fist entor cirer (le tinel). 
{Aliscans, 3423.) 

Cire [lor r(/'e/'les cordesdes garros. (1304, 
.\. N. KK 393, f 17.) 

... Une toile cirée. 

IGaydon, 8164.) 

Cliirer. (Eiioiss., Citron., li. N. 2CiG, r 129 

V".) 

— Réfl., être fait de cire : 

Que ou dit ouvrage de cire n'ait point 
de poy incrIé eu le cire en nulle part de 
l'ouvrage, sur paiue d'estre ars devant l'os- 
tel de l'ouvrier et sur l'amende en le vo- 
lentéde justice, excepté bougiequi se cidre. 
(Iii9, aji. A. Thierry, Tiers État, IV, 207.)» 

<:iUEl'GIE\, V. CiHRURUlIi.N. 



cm 

ciREURE, s. f., action de cirer : 

Ceratura, cirement, cirure. {Calepi?ii 
Dict.) 

ciREi'iiGiEX, V. Chirurgien. 

ciREi'.v, adj., de cire : 

Viscosité cireuse. (Du Pinet. Pliiie,\\, 38.) 

CIRGE, V. ClEHOE. 

ciRiERjS. in., fabricant, marchandde 
cierges, de bougies : 

Devant li fet mander les bolangiers. 
Et toz les fevres, et toz les taverniers, 
Toz les ciriers avec les poissonniers, 
Ceus qui fein vendent, et toz les aveniers. 
{Aimeri, G. Paris, Romania, IX, 517.) 

Johannes le cirier. (1258, Chart. eccl. ce- 
nom., CCCCXL.) 

Tuit cirier, luit pevrieret luit apotecaire 
ne doivent riens de coutume de choses. 
(Est. BoiLE.^u, Liv. des mesl., 2° p., XVI, 4.) 

Thiphaine, la ciriere. (1313, Licre de la 
taille de Paris.) 

Cliiriers ne cliiriere. (20 juiU. 1395, Reg. 
de la vinnerie, 1343-1451, f° 71 r°, A. Tour- 
nai.) 

Semblable a cyre qui se laisse duyre a la 
volonté du cirier. (V.kbri, Rliet., i" 22 v".) 

ciRi\'GUE, V. Seringue. — cirisete, 

V. GeHISETE. — CIROEXE. V. ClROINE. — 
CIROGRAPHE, V. Ch1R0QR.\PHE. — CIRO- 
GREI'FE, V. CHIROG.nAPHE. — CIUOIGlE\, 

V. Chihurgie.n. 

c.iRoi\E, S. m., emplâtre résolutif dont 
la cire fait la base ; 

Emplastre ne ciroine. 

[i. DE .Meusg, Très.. 334.) 

Soit fait ciroine ou la cire surmonte en 
quantité le gMbune. {Secres de Salerne, ms. 
Jlodène Este 28, p. 162.) 

Adjoustes pouldre de custi et de aluyne 
et en fais ung cyroigne ou oingnement. 
t^Grant Herbier, !- 8 r".) 

Il n'est sirop, brevage ne cyroisme 
Qui réconfort lui donne fors que toy. 

[EuryaJ. et Lucr., f" 72 v".) 

La marjolaine est utiUenient mise es ci- 
roynes. (Jard. de santé, I, 270.) 

Les ce)-o«e«nes et emplastres ontsi grande 
affinité en leur composition que souventes 
fois on escrit l'un pour l'autre, tout ainsi 
que les linimens et onguens, lesquels on 
confond quelquefois l'un avec l'autre : a 
ceste cause nous distinguerons bien peu 
les cerouennes des emplastres, car la dilfe- 
rence est bien petite. Cerouenne est une 
composition plus dure et solide que les on- 
guens, et plus molle que les emplastres, 
laquelle a sou nom de la cire qu'elle y re- 
çoit pour donner consistance et arrester 
l'huile. (l'AïuJ, .\XV, xxvu.) 

Appliquant unga/co/;ie composé d'huille 
de chamomille, d'huilb' d'ayssiuce, d'huille 
d'aspic et de cere. (Ta(;ai:i.t, Insl. c/nr., p. 
153.) 

Des onguents, des riroenes, des pastes, 
des lininiens, dcsemplaslres.(.Wer/i/î Cocc, 
c. xxm.) 

ciRO.\, S. m., insecte aptère, presque 



CIS 



99 



microscopique, qui se développe dans 
la farine, le fromage, etc. : 

Je ne pris mie .ii. suirons 
Toute la gloire de ce monde. 

(G. DE CoiNci, Mir., p. 694, Poqaet.) 

Li pes d'un suiron 
Feri un lyon 
.Si k'il le navra. 

(Deaumas., 11, Fdtrasie, 2.) 

Uns chevax de cendre 
Crioit pois a vendre 
D'un pet de sitiron. 
Uns pez ce iist pendre 
Pour li miex deffendre 
Derier un luiton. 
{Fahlcl, ap. Jub., Xouv. rec, II. 218.) 

Carobaus, suro7i. (Gloss. de Conciles.) 

— Petite ampoule que l'on croyait cau- 
sée par un ciron : 

Contre les seurons de sorchius,.i. oef dur 
cuit face peler tout caut et a .i. couliel 
coper par quartiers, (xiii'^ s., Rem. pop., 
Am. Salmon, dans Etudes déd. ci G. Paris, 
p. 2.50.) 

Et s'el n'a mains bêles et netes 
Ou de sirons. ou de bubetes. 
Gart que lessier ne les veille. 

{Rose, B. X. 1073, f 112'.) 

Ou de soiroHS ou de bubeles. 

(/6., Vat. Ou. 1212, f» 101^) 

Sf/roiis. 

(Ilj., Coi'siai, f' goi».: 

Ilh est une fontaine eu Ytaile qui garist 
les surons qui vinent dedenz lez oeux. (.1. 
D'OUTr,E.M., 1, 306.) 

— Ane, par extension : 

De la vermoleure, ou cfiiron debois. (1598, 
Lanfrav, l'Ecurie du s. Grison, Malad. qui 
peuv. survenir a un chev., et les remed.) 

cinop, tiiuopT, V. Sirop. — <:iroy.\e, 

V. (Jinoi.NE. 

<:iRouE, S. m., enceinte circulaire où 
l'on célébrait les jeux publics, cliez les 
anciens Romains : 

Cirque estoit un lieux a Rome dédié au 
com mu n pou rfere chose publique, si comme 
estoienl jeux, solemnitez. (Bers., Tit. Liv., 
B. N. 20312'", f 2".) 

Circe. (Oresme, Rem. de fort., Ars. '2671 
1° 18 v".) 

— Fig. : 

Par le cirque du ciel tu cours si vislement. 

(Du Baht., 1" sein.. IV.) 

ciRRE, S. f., pousse filiforme que pro- 
duisent certaines plantes grimpantes : 

La goule de lin naisla l'enlour des her- 
bes semblables a arbrisseaux, et s'appuyent 
sur elles, non par racine, mais par grands 
cirres ou traînées tortillées, issantes du 
creu des ailes. (Trad. de l'hyst. des plant, 
de L. Fouscit, ch. cxxxi.) 

ciRt'P, V. Sirop. — cirurge.x, -giex, 

V. Chirurgien. — cirurgye, v. Ciii- 

nUHGIE. — CISAILE, V. CiSAILLE. 

CISAILLE, S. f., ce qu'on a rogné avec 



100 



CIS 



CIS 



CIS 



des ciseaux, rognures de métal, dé- 
chet: 

El pourront faire dcus mars el demi de 
cisaille. (1324, A. N. JJ 62, f 139 v°.) 

Lesquelz fiaons icelliil ouvrier, au veu el 
Eceu de Uegiiault de Venderez compaignon 
de fournaise, avoil lirez de la ^ezaitte que 
la lailleresse avoil faite. (1383, A. N. .IJ 123, 
pièce 131.) 

Sesaille. (Mars 14ô0, Leif. de Cit. Vil.) 

Quant au moulin, on dit qu'il y a trop 
de cizaille el trop de dechel. (Hesp. de J. 
Bod. à Maleslr.) 

Qualre cens marcs d'argent en royaulx 
el sizudies. {h avril 1.Ô68, Lett. de Condé au 
roi, A. iNord.) 

— Grands ciseaux : 

De cizaille ne de chardons. (Est. Boile.vu, 
Liv. des mest., i" p., XCII, 2, var.) 

Forcples, eus teaux, compas, .$(sa/es. (1402- 
1407, Compt. de la Cliartrettse du Parc, A. 
Sarlhe B 1146.) 

CISAILLER, V. a., taillader à coups de 
ciseaux : 

Le suppliant scisailla les dilles pièces de 
monnoye. (1450, A. N. JJ 180, pièce lô3.) 

Une couppe a pied, toute dorée, faicte a 
escailles siznillees el poinsonnees. (1514, 
Invent, de Charlotte d'.illjret, ap. Ilavard, 
Dicl.de l'ameublement, t. IV, col. 1014.) 

[îruslez, tenaillez, cizaillez. ((îaii., fjiiart 
liv., ch. Liu.) 

Tous changeurs et autres personnes qui 
se mêlent de changer, seront tenus incon- 
tinent qu'ils auront acheté l'espèce d'or ou 
d'argent, légère, cassée ou souldee, la ci- 
zailler en la présence du vendeur ou por- 
teur des espèces. (Janv. 1560, Ordonn. de 
Charl. IX.) 

CIStHE, V. CuiCUE 2. — CISEAU, Kiod., 
V. ClSEL. 

ciSEL, mod. ciseau, s. m., instrument 
de fer, long et tranchant, dont on se 
sert pourentaillerlebois, lapierre, etc. : 

Et desus escrist li herraites 
A un cisel letres petites. 
(CeREST., l'ercemd, ms. Montpell-, f" 2S4^.) 

Celé tour fu ouvrée a compas, a cissel. 
(COT DE C.AïiD., Barlaaiii, B. N. 24366, p. 25S'.) 

Cisiel. 

(Boum. d'AliT, l' 12».) 

Tant ont miné soz terre, chascuns a son ciset. 
Que des murs de Coloigne ont tr.Tit maint grant 

[quarel. 
(J. Bod-, Saisnes. IX.) 

Li tors fu haute, grans furent li crestiel 
Qui entailleit e-sloient a cisiel. 

(Ameis, B. X. "93, {' 50.) 

Les murs furent tous fes de fin marbre a chisel ■ 
{Gaufreij, 9066.) 

Il avoient aveques culz un chisel el un 
martel, et lantost qu'il veoientque la beste 
se conimençoil aforsener el asoy esbriver 
contre les siens, ils le leruienl de celui 
chisel enire les oreilles. (Bebs.. T. Lie. ms. 
Sle-Gen., f" 273".) 

Les tranchans des sireaulx de quoy on ' 



fait les partiiis. (Compte de Gilel Baudry, 
1416-1418, Kespence, XLV, "A. mun. Or- 
léans.) 

Pou ravoir fail ausdiz marteaux et sireaux 
.LU. asses creuses d'assier. (Ib.) 

— Au plur., instrument composé de 
doux branches tranchantes oscillant au- 
tour d'un axe : 

Et uns ctsau.c el un bacin. 

(lienarl, Br. XtV, 377.) 

Uns ciseaulx de Thoulouse. (1401, Argen- 
terie de la reine, f° 49 v°.) 

Pou rpluiseurs remettes et c/itïMaw. (1423, 
Et^c. test, de Angnies de Lortioir, .\. Tour- 
nai.) 

Une paire de grans ciraulx pour tondre 
les boudures des planlz du jardin. (1.557, 
Compte de Diane de Poitiers, p. 276.) 

cisELEU, V. a., travailler avec le ci- 
seau, découper avec des ciseaux, un oi- 
selet, etc. : 

Medlenl bazene ou cordewan, el quir de 
vel ove qiiir de vache, el chiselent soulers 
de bazeyne, de quir de vel el de chen. (Lib. 
Custum., I, 83, 31, Edw. 1.) 

Une autre couppe vergée par dehors et 
cizellee a vignelles par dedens. (Ino. de 
Charles V, Z 1377.) 

Ce lioudet se voyant rysellé, il s'arresta 
el se reposa. (Du Villabs, Mém.. VIII, an 
1557.) 

cisELET, s. m., petit ciseau pour ci- 
seler le métal, pour couper les pièces 
d'or, d'argent : 

Ung siselet el plusieurs autres menuz 
oultilz. (1491, Exéc. test, de Thomas de 
Turbg, A. Tournai.) 

Korsicula. Forcettes, ciselets. (R. Est., 
DicHonariolum.) 

Ciselet, forsicula. (Id., Petit Dirt. fr.-lat.) 

Ciseau, ciselet. ^Jt:s., Nomencl., 191.) 

CISELEUR, s. m., celui dont le métier 
est de ciseler les métaux. 

— Adj.. qui sert à ciseler: 

D'un burin cyzeleur en immortel airain. 
Grand duc. je veux graver tes vertus, ta science. 
(BiBAG., Mesl., SODD. XVI-} 

CISELLURE, V. ClSELURE. 

CISELURE, S. f., art de ciseler : 

Une pinte ronde cisellee de haulte cisel- 
lure. (1353, Compt. de l'argent., p. 311.) 

En (acizelurç a dames elchevaliers.(l360. 
Invent, du D. d'Anjou.) 

CISER, V. Cidre. — cisiel, v. Ciseau. 

cisMARuv, adj., qui est au delà de la 
mer : 

Bretagne cismarine. (Le IUi'd, Hisl. de 
Bret., ch. x.j 

ciSMATiQUE, mod. schismatique, adj. 
et s., qui est dans le schisme : 



Qu'erile sont et frénétique 
Et en ferme foi rinifilitjue. 

(EïKAT, Bible, B. N. 12457, f 53 v'.; 

Vigerousement contrestoit 

Pour cliele cause a cismafiqufSf 

Pour che que il crt catholiques. 

(Mir. de S. Eloi. p. 59.) 

Apres j'ay esté cysmaiiques 
Sy mauvais. 

(.)/;/■. iIh N.-n.. II. 34.) 

Sissemaliques obstines en mal et lour- 
bleurs de la paix de .Noslre Mère saincte 
Eglise. (J. Lk Fevhe, Cliron., I, 18.) 

ciSME, mod. schisme, s. m., sépara- 
tion du corps et de la communion d'une 

église : 

• 

Pur r.c cisnte qu'il listcunlre Deu et raisun. 

(Tli. le murl., 28, Bekk.j 

Dont le cisme fait trop périlleux cran. 

(EusT. DEScn., VI, 178.) 

cis\E, mod. cygne, s. m., oiseau pal- 
mipède du genre de l'oie : 

Et fu plus blans que cînes do vivier. 

(Loli., ms. Montp., f* 164'-".; 

Ce sunt merveilles, dit li vilains Hervis, 
Quant li roiUaus s'est au grant cisne prins. 
(Ib., 2» chons., VIII, p. 190.) 
Cingnt. 
(HcoN DE Rot., Prothcslaus, B. N. 2169, t» 16'.) 

Li chisties s'envola en l'aighe. (Sones de 
Nansay, ms. Tur., f" 36".) Plus loin: chin- 
nes. 

Il ot le cnsté blanc comme cisne de mer. 

i/hii il.; Bourg., 2326.) 

Olor, cisne. (Pet. cocnb. Int.-fr. du xiii" s.) 

Nus ne tue chine ne prengeoes de chines. 
(1270. Reg. aux bans, .\. S. Omer ABxviii, 
16, 11» in.) 

Grues el scsnes. (Lie. de Hlarc Pol, .XCII.) 

Le chevalier o cltisne o li cinq compengnon. 
(Gaufrey. 108.) 

Quant il encommençoient a corner, vous 
deissiez que ce sont les voizdes cynes qui 
se parlent de l'estanc. (Joinv., .S. Louis, 
p. 160, Michel.) 

Poulhains, josne beslail, comme chimes, 
paons, oyes. (J.Moi.inkt,C/icoh., ch. cccxii.) 

A Monseigneur sera fait présent d'un 
signe d'argent ayant une coronne au col 
dorée ou seront les armoyries dudil sei- 
gneur, tirant ledit signe avec une petite 
chaîne d'or une navvre aussi d'argent. 
(1519, Compt. de Never's, BB 17.) 

cisoiR, s. in., ciseau d'orfèvre : 

Chissoirs, alennes, poinchon. (Pièce de 
1351. ap. Delannov, Hospices de Tournai, p. 
79.) 

Cizoir pour coupper, trancher et mettre 
en pièces l'or et l'argent baltu. (E. Binet, 
Merv. de nat., p. 194.) 

CIST, V. Cl. 

c.isTERCiEX, S. m., moine suivant la 
règle de Citeaux : 

Regarde les Chartreux, Cislericiens, moy- 
nes et nonnains de diverses religions, com- 



CIT 



CIT 



CIT 



101 



menl ilz se lieveiil toutes les nuylz a ser- 
vir Dieu. (Intern. ConsoL, III, xxv.) 

<:iSTERiciEX, V. Cistercien. 

• iTAitLE. adj., qui mérite d'être uité ; 
notable : 

111 entendi_ ad hommes diables et de vé- 
rité. (Voy. de .^larc Pol, c. i. Roux.) 

llabilans citubles. [Cart. de Briissel/es, 
LXXXVI.) 

CITADELLE, S. f., chàteau fort qui pro- 
tège une ville : 

Le gouverneur garnist très bien ladite 
lUudelle de gens et^ de artillerie. (G. de Vil- 
i.i:n., Mém., an 1495.) 

CUadele. (Le Roy, Polit. d'Arist., f° 72 
r°.) 

<:iT.4Dix. s. m., celui qui habite à la 
ville : 

Koison de gentilz hommes et de citadins 
de Jennes. (Boucicaul. II, 7.) 

Ung eitalin rommain. (F.tBRi. Rhel., P 6 
r°.) 

CITAEIX. »;1TAI>-, V. ClTEAlX. 

ciT.ATioiv, S. f., action de citer ; som- 
mation de comparaître en justice à jour 
marqué : 

Un tribun a cité César devant le peuple ; 
laquelle citation... 'Bers., Tite-tiue, B. >'. 
20312'", r 61 v°.) , 

Citttcion. 

(ilyst. de S. Did., p. lî.) 

VA la sans monicion ne cijtucion faire 
ausd. religieux misrent trois d'iceulx de- 
hors. (Alton, Clivon., B. N. 5082, C 67 v°.) 

CITÉ, s. f., le corps des citoyens ; ville 
considérée comme corps politique : 

Ne pol intrer en la ciutat. 

{S. Léger, ms. Clerm., st. 24.) 

Ciptel. 

[Alexh, II" s., st. 00.^ 

Ne bore, ne vile, ne cité. 

{Eneiis, 34S.) 

("est la citeiz dunt il fu rois. 

(Brut, ms. MuDich, 309.) 

Cites. 

[liom. d'Alex., f» 36°.) 

De la cileit. (1211, Pai.v de Metz, A. mun. 
Metz.) 

Esk citez Dell et mansion. 
{Siège de Jérus., Brit. Mus., aiidit. I06O6, f» 6=.) 

Kl li roi Plielippes fist apieler le Val, 
aprics son nom, le Val de Phelippe ; et li 
chiles de Machedone sist dcsus. (Henri de 
V.vL., S 570.) 

Chacuns.dreça citez, et torz et mandemenz. 
{Florence de Home, B. N., noiiv. acq. 4I'J2, fo i r'.) 

Ciplé. (Serm., xm= s., ms. Poil. 624. f" 17 
r".) 

So les bcles citez n'esteenl 
Coutivcos, tost ledireent. 

{La Clef d'amours, 2217.) 

Le citet de Tournai. .'" nov. 13li, Reg. 
lie la loij, 1313-1325, A. Tournai.) 



.\ Evrues, a bourch, cité et chastiel. 
(Kroiss., Chron., IV, 192.) 

Es régions et cetes. (Oresme, Quadrip., 
B. N. 1348, t° 92 r°.) 

Cipté, siplé. (CAU.M0NT, Voy. d'ouUr.) 

Dans les grandes villes qu'ils nomment 
citez. (Urfé, Astree, II, x.) 

ciTEALv, mod. citoyen, s. m., celui 
qui jouit du droit de cité dans un Etat; 
habitant de la cité : 

Chitoien . 
(£0/1., B. .\. 49S8, f» 231 1'.) 

Vingt et quatre iils as Romains 
Des plus orgillos citheains. 

(W.iCE, Brut, 310S.) 

Mais mult X oui bons citeains 
E pruz e forz e se^urains 
Qui bien défendirent lur vile. 

(Ben., D. de Aorm., II, 4CI53.) 

Nul autre conseil n'en aveient 
Li citaein ne cil dedenz. 

(lo., ib., II, 5210.) 

Le citeein e li clergiez 
Furent d'armes apareilliez. 

(lo., ib.. II, S36I.) 

Conois, Pieres, en com grande garde de 
Leu cil sont ki en ccste vie soi meismes 
sevent despitier; avec queiz ci7(7(«sdevenz 
en honor cil sont conleit ki n'ont pas de 
honte pardeforsestre despitietaz hommes. 
(Dial. S. Greg.. p. 2i.) 

Jovenciaus et puceles. chevalier poingneor 
Et tout ii cito/an 1 aceurent d'entor. 
(Rom. d'Alex.- B. N. 739, V. Meyer, p. I7i, t. 1447.) 

Qui gardon les pors a la vile 
Au citheiein od cui mis somes. 
(Dit du besant, B. X. 19325, t° 123 y.) 

En la parfonde mer de vices 
Sont enfondrez tresloz envers, 
Au citethein se sont aers. 

{Ib., f« 124 r«.) 

Ceaz cui il avoit longuement sofTert ane- 
mis parmi la lenzon, rendit a derriens c'i- 
tains parmi lo sacrefice. {Job. f 14 v".) 

Ne le tindrent pas en déduit 
Le cithezeins de la cité 
De Waterford. 

{Conr/uest of Irel., 1379.) 

De Waterford les citheinz. 

{Ib., 1313.) 

Et je vous di qu'en poi d'espace 
I vienent tel mil citouain. 
Qui semblent estre cbastelain. 
(Gaut. d'.Arr., Eracle, 2033.) Var.. ritoain. 

Li Cî^ien des viles. (De Jost. et de plet, 1, 
XI, i, 1.) 

Chef des cyteyns. (Lib. Custum., I. 16.) 

Des celestiaus citleins. {Ami et Amile, 
Nouv. fr. du xiii° s., p. 65.) 

Citien. {Ordin. Tancrei. ms. Salis, 1° 1''.) 

Quant li ciloieii virent que li evesques ne 
leur feroil el... (Ménestrel, Z 216.) 

Citein de Toul. (1251, A. Meurthe, chap. ' 
i-atli. Toul.) 

Votre cituen de .Marseille. (1265, Lett. du 
vie. de Cil. d'Aiij., A. B.-du-Rh. 365.) ; 

Iceus ciliens. (127^,. S. Aub. d'Ang., A. M.- 1 
et-L.) 1 

El promist par son sairement ke il ne 



quenoit ne cause, ne matere, ne engien, 
ne par lui ne par autrui, par quoi li cxtoien 
devant dit fuissent grevet. (1272, Reg. de 
cuir noir, f° 75 r", A. Tournai.) 

El gaignent riches el povres citeclieins et 
foreins. (Rvr. de Contv, Secr. d'Arist., B. 
N. 371, P 127'.) 

Les citeiens. (Chron. de S.Den., ms. Ste- 
Gen., f'>16^) 

Cyleien. (Dim. apr. circonc. 1290, CU. du 
vic.de ra/oj«es, S.-Sauv., Urv., A. Manche.) 

Citeien. (Vendr. av. nat. 1291, Lett. du 
Vie. de Cotent., ib.) 

Chitoien d'Amiens. (1307, Ab. du Gard, A. 
Somme.) 

Les ctiyleensde Rouen. (Vie. de T eau, ms. 
du xiv' s.) 

Acquisition faite de Ernoul Berenguier, 
cileen de Rouen. (1334, A. Seine-Inf ('■ 
3524.) 

Barons, chivalers, cileseines. (1343, Stal. 
d'Ed. lit, .Wesb., !>. 111.) 

Les cilezeins et burgois. (Ib.. an IV.) 

Car c'est forlerece de vile nient venxable 
amour des cytains. (.1. le Bel, li Ars d'a- 
mour, I, 12.) 

Il sevenl bien que li chilain mêleront 
grant peine en iaus delTendre. {Sept Sao. 
de Rome, Ars. 3454, f° 94^) 

Barons, nobles, citeseins. (24 oct. 1360, 
Liv. des DouilL, XVI, A. mun. Bord.) 

Citezein. (1365, ib.) 

Sans compagnie des chilayens de Rouen 
sansforfeture.(5janv.l389,A. ujun. Rouen, 
A, i.) 

Hugues de Corbigny citien de Nevers. 
(lilO, Comptes de Xevers, CC 17, f 24 v".) 

Joffrey Mal-Arresl. Lambert du Lart, ri- 
tiens et habitansilela ville de Lion. (13 nov. 
1418, Heff. cons. de Lyon, I, 134.) 

Le hibou citoen des ruineus palais. 

(DrB.\RT.4s, Sepmaine, \.] 

— -^dj., de la cité : 

Environ le cite avoit mainte fontaine ; 
Dedens n'avoit signor, fors le gent citeaiiie. 
IRoum. d'Alix., t" 36'.) 

— Civique : 

Les vertus mnrals et citeeinnes sonl en 
graignor paineci en travail que les vertus 
intellectuels. (Urinet Latin, p. 330.) 

Cf. CiTEZEI.N etClTOIEN, II. 141''. 

CITECIIEIX- CITEEIX, CITEEX, V. Cl- 

TEAIN. — CITEI, V. ClTÉ. — CITEIE.V, 
C1TEI\, V. CiTEAl.N. 

ciTEME\T, S. m., citation : 

yue il faloit avoir un mandement de 
Mons' le bailli adreschanl a tout sergent 
comme le procureur, quant il seroil establi, 
Teqxùv.vKritemenl, vers tous les adversaires 
de lad. ville, tant vers les religieux de 
Kescamp ipie vers tous autres. (28 mars 
1391, A. nuin. Rou.-n, A, 2.) 

CITER, verbe. — .\., sommer de com- 
paraître en justice : 

(luand ils virent que les pères citez ne 



102 



CIT 



venoicnl pas en juslice. (Rehs., Tile Une, 
It. .V. 20312'", f°23 V".) 

Porter une semonse pour ddlei- Jehan 
Descamaint? contre les dis proviseurs. (20 
sept. 1387-19 sept. 1389, Compte de ladim- 
nixt. de S. Espir, A- Tournai.) 

Eniniis l'aire semoiirre, cilei\ Iraitter par 
iustice et par moyens. (1191, E.réc. test, de 
'Tliomas de Twby, A. Tournai.) 

Puis le bonbomme est en dangier 
D'estie cité du boulengier, 
El puis du ttiveruier. 
{ Tencbres de mariage, Poés. îv. des IT" et xvi» s. 
t. 1, p. 25.) 

ciTEiucuii. adj., situé en deçà: 

Et fut (Sanson) archevêque de toute la 
liretagne eiteriore, c'est a dire de deçà la ' 
mer. (Le B.uui, Wst. de Bret., ch. x.) 

Une ligne a travers, (|ui divise totale- ! 
ment la partie intérieure ou citevieure, de 
l'extérieure ou ultérieure. (Dalescii., Clnr., 
p. 12Ô.) 

ciTEKMJ, S. f , réservoir où sont con- 
duites et recueillies les eaux de pluie : 
En rochiers e en cislernes. {Rois, I, 13.) 

Fromons les fait gieter de la cisterne. 
Le danime est lasse de duel et de disetes 
Et des ïrans painnes qu'en la cliarlre ot 

[soufterics. 
(Jourd. de Blawies, 509.) 
Une dterne de ploncq estant en la court, 
(i mai 1.j06, Chirog., A. Tournai.) 

Une chiterne de ploncq. (5 nov. 1520, 
Ea-éc. test, de la veuve Douchement, ib.) 

En laquelle maison y a celier devant... 
cisterne, bove dessoubz la cuisine. (29 jnni 
1516, chirogr.. ib.) 

— Grande outre : 

Et aussi treuvent lez sej-lenies tait de 
cuyr, plaines d'eaues.(U20. Trad. dulimlé 
d'Emmanuel l'iluti, sur le passage de ta 
terre suinte, f 69 v".) 

CITESEIX, <;ITET1IEI.\, V. ClTEAIN. 

C.ITEUU, S. m., celui qui cite devant 
la justice : 

Uesveillo suis d'ung grant tas de citeurs. 

(R. DE COLLEBTE, liOlld-, CU.) 

CITEZEIN, V. ClTEAtN. 

ciTHAitE, S. in., instrument à cordes 
des anciens : 

Cithare, (i(t est cy thole. (Ores.me, ap. Meu- 
nier, Thèse sur Oresme.) 

ciTn.vKisTE, s. m., joueur de ci- 
thare : 

Le harpeeur, le chislariste. 

(G. DE ColNOi, Mir., col. 152, Poii-) 

Cyllwristes on harpeurs. (Evn. de Contv, 
ProUI. d'Arist., B. N.210, f» 271^) 

Gracieuse citariste 
Qui de la herpe scail le jeu. 

(Tlierence en franc-, !' 147'.) 

CITIIE.VIX, CITHEIN, CITIIEZEliV, CI- 

thu;ei\, ( itieiiv, citie.n, citoaiiv, 

CITOIAN, 0ITOYE.\, mod., V. ClTEAlN. 



CIT 

«;iTRAMARi.\, adj., situé au delà de 

la mer : 

Des parties citrumarines. c'est adiré de 
la région d'Italie, passèrent la mer Adria- 
tique. (Lk Maire, lllustr., I, 29.) 

t;iTRA.MO.VTAix, S. m., qui habite 
au delà des monts : 

Les citramontaius. (Le Maire, Lég. des 
Vén., ch. m.) 

Des deux nations cilrantontuines, c'est 
assavoir francoyse et germanique, (lu., ll- 
lustr., 1, I.) 

Les latins s'essaiant a former la lengne 
de nous autres citramontaius en la leur. (F. 
lio.vNiVAUD, Advis des lengues, p. 27.) 

1. ciTRE, V. Cidre. 

2. ciTRE, s. f., sorte de cythare : 

Lyres, citres, doucines, violons. 
(Louise Labé, Débat de folie et d'amour, OEut., p. 
45.) 

Cf. II, \i-2\ 

CITRIX, adj., qui est de couleur de 
citron : 

L'une est granate, altrc citrine. 

{Lapid. de Marhode, 343.) 

Soutire ou orpigmenl citrin. (II. de Mon- 
DEViLLE, B. N. 2030, i' 91\) 

Pome citrine. La substance de dedens 
qui est aigre ou surre vaut pour medicine, 
car quant elle est mangée avec char ou 
poisson elle fait avoir bon appétit. (Grani 
Herbier, p. 107.) 

Herbe avant jus citrin. (Régime de santé, 
P 61 v°.) 

Citrine ou aqueuse, (/i., f 65 r".) 
Eau cilrine. (Jard. de santé, p. 56.) 
Couleur c;7nïie ou jaunastre. (Pabé,/«^'., 
c. VI.) 

L'onguent citrin est singulier pour gua- 
rir les pustules, gratelles, lentilles, et au- 
tres taches du visage. (La FRA,MB0tsiERE, 
Œuv., p. 202.) 

Il y en a des changeantes (des hyacin- 
thes), des cilrines qui tirent sur l'or. (E. 
BiNET, Merv. de nat., p. 176.) 

ciTRiMsER, verbe. — Réfl., prendre 
la couleur du citron : 

El ainsi par le feu sec continuel, se chan- 
ge, corrige et parfait la blancheur, se ci- 
trirdse, et acquiert la rougeur et vraye 
couleur fixe. (Artephuis, les Amours, p. 34.) 

— N., dans le même sens : 

La pierre se veslira de toutes les cou- 
leurs que tu scauras imaginer... ; elle cilri- 
nisera, verdira, rougira. (P. Arnallii, i/«ce 
des figures de Nie. Flamel, p. 76.) 

ciTRiiMTÉ, S. i'., couleur citrine : 

Sang de couleur rouge et clere, c'est as- 
savoir rouge citrine au dernier degré de 
citrinité. {Régime de santé, f° 66 v°.) 

La blancheur de l'esmut qui tire a cilii- 
nilé. (Artiiel. de Alag., Fauc.) 

ciTROLE, V. Citrouille. 



CIV 

ciTROîN, S. m., fruit du citronnier, 
d'un jaune clair, d'une saveur acide : 
CIntroH. (Ménagier, II, 112.) 

Orenges et cistrons. (1440-41, A. M.-et-L., 
E 42, f° 31.) 

ciTROiviLLE, V. Citronnelle. 

fiiTROMVELLE, S. f., nom douné â plu- 
sieurs plantes dont les feuilles, quand 
on les manie, laissent une odeur de ci- 
tron : 

Des escorces d'oranges, et des citronilles. 
(Belle-For., Secr. de l'agric., p. 349.) 

Citronelle. A kinde of small baulme, of a 
faire green colour, and very good in a sal- 

let. (COTGR.) 

ciTROiviMER, s. m., arbre formant 
une espèce du genre oranger, qui donne 
le citron : 

Citronnier. Citrus, malus citrca.(R. Est., 
Thés.) 

CITROUILLE, s. f., Variété de courge: 

Cocombres, citroles. (Alerrant, Reg. de 
santé, B. N. 2021, f" 27».) 

Cilrules sont encores plus froiz que cou- 
courdes. {Grant Herbier, n" 134.) 

Les cilrulles sont plus trois que ne sont 
les concombres. {Jard. de santé, 1, 123.) 

CITRULE, -ULLE, V. CITROUILLE. — 

ciTUÉ. V. Situé. — cituen, v. Citeain. 
— cmiv, V. Scion. — ciuivc, ciu.vck, 

V. Cinq. — cil'mvI.me, v. Cinquiesme.— 
ciUTAT, V. Cité. 



civADE, s. f., avoine : 

Pain e vin e citiade prist a foison. 

{Ger. de Ross., p. 372.) 

Unam eminam de civade. (xu" s., Cart. de 
Celle f coin.) 

Cinq pugnieres de sibude. (V.i&i, Dép. 
deux jur., A. Gir.) 

Leurs genests de charue mangent pour 
sivnde une brasse de muraille. (1615, Plai- 
santes ruses et calmles de trois bourgeoises de 
Paris, Variét. hist. et lit!., t. VII.) 

civADiEu, s. m., la huilièine partie 

du setier de grains : 

La charge, le cestier, la carliere et le ci- 
vadier. (1564, ap. Duc, Civaderium.) 

civAiLLiE, s. f., botte de cive : 

S'en ayons point miséricorde, 
Lyons les comme chivailîye. 

[Myst.de S. Sébastien, f. 116.) 

CIVE, s. f., sorte de ciboulette : 

Ne pris pas deus foilles do cives 
Ton manccer ne ton vanter. 

{Renarl, Br. IV, 132.) 

Celé ymage est meigre et chctive 
Et aussi vert come une cire. 

{Rose, B. >i. J5T3, f 2'.) 



CIV 



CLA 



CLA 



103 



Es autres biens qui sont forain 
N'as tu vaillant .u. viez loraia : 
Ne tu. ne nul home qui vive 
N'ï a/ez vaillant une cive. 

(/6., l' 45'.) 

Certes, roolt ai fet mauves change 
Quant si ver moi vos truis estrange 
Que je plus ain que riens qui vive ; 
Et tout ne me vaut une ciue. 

[Ib., !' 13S''.) 
Une chive. 

[Ib., nis. rorsini, f' IIÛ'.) 

CepulaUmi, are. [Gl. t.-g., B. N. 7692.) 

Car il ne doute une cliire 

La pais du pape ou le courroux. 

(i;effroi, Chron., 3094.) 

Dont l'ung est noir, l'autre plus vert que cive. 
(ViLioil, Gr. Test., Ballaile.) 

Cibes a .vi''. la botle. (1538, S. (Imer, ap. 
La Fons.) 

c:ivET, s. in., ragoût cuit dans du vin 
avec des cives : 

Molt seroit malvais au ciré 
Si connins que li freirons chace. 
[Du Preslre et de la dame, Monlalgl. et nayn., II 
239.) 

Ue tous chirer. En chivei. Flu chivé. \u 
l'ijvé. (Ens. p. apar. viand., B. N. 1. 7131.) 

Voles vous char de porc fresque, a le 
verde sausse ou au chivei? (Dialoçj. fr.- 
flam., f° 4".) 

(lesicrs au rivé. (X. du Kail, Prop. riist., 
]<. 13Ô.) 

riviL, adj., du citoyen, des citoyens : 

Cause cevitte. (l'JOO, A. lîesanç.. rea. mun. 
I, f 173.) 

Cas chivil ou criminel. (1353, C//. de Je- 
hniis, r. de Fr., Roisin, ms. Lille 266, f° 350.) 

Toute peine ou amende corporele ou ri. 
vile. (1367, l.ell. d'aholit. de Phil. prem.. D. 
dOrl., .\. Loiret.) 

Ce farouche Romain, 
Qui dans le sang civil premier trempa sa main. 
(J. Godard, le Flascoii.) 

<:ivii.F,ME\T. adv.. en citoyen ; en 
matière civile : 

Ceulx qui vivent civilemeiil de vie active. 
(Oresme, lilh., B. N. 20i, f" 355'.) 

Poursievre civilement. (5 avr. 1381, A. 
luun. Rouen, tir. 3, n°' 2 et 3.) 

Estre pugnis creminelment ou chioil- 
ment. (9 fév. 1396, Reg. aux public., 1393- 
1408, A. Tournai.) 

Qui vivent civilement es citez. (Christ, de 
Pis., Cité, Ars. 2680, P 44".) 

«CIVIERE, s. f., sorte de brancard pour 
transporter à bras : 

Cenovecloriuin, c/i/iipre. {Glosx. de (ilns- 
yow, P. Meyer.) 

Fortune se joe del mont : 
Li un vicncnt, li autre vont. 
Li un devant, l'autre derrière, 
Che est li geux de la chirieve. 

{Dmart, Br. VII, 5, Tar.) 

l'ne rivière a .nu. bras. (Compo.s. de la s. 
escript., ms. Cliantdly, t. I, r 118 r°.) 

Unam fulcam, unam pelé, et unaui ce- 



viere. (1261, Lett. de Officiai de Troyes, Sl- 
L'rbain, A. Aube.) 

Une reriere a bras fonsee de bois. (Inv. de 
P. liiard, M.-et-L.) 

F.iuvel nous a fait présent 
Du mestier de la civière. 

[Famel, B. N. 146, f« S-i.) 

Civière n fere la maçonnerie. (1410, Comp- 
tes de Nevers, CC 17, P 27 V.) 

Pcles, chevieres, cloyes. (1440, A. P.-de- 
Cal., S.-Bertin.) 

Pour avoir fait deux grandes noesves 
cliivieres servans a porter les cailleaux et 
grandes pierres hors de le Roci|ue aux ou- 
vriers. (1445, Compte des fortifie, 4° Somme 
de mises, A. Tournai.) 

Pour porter le Corpus Ilomini sur la a- 
!)(>fe le .jour de la Feste Dieu. (1477, Arcli. 
Iwspit. de Paris, II, 18i.) 

Cyviere. (Debv. deuz au d. de Bref., a cause 
des l'erm. de Lesnev., xV s., A. Finist.) 

En cent ans haniere civière. 

(J. A. DE Baif, Mimes, 1. I, f» 22 v».) 

riviLisEn, v. a., faire passer de l'état 
primitif, naturel, à un état plus avancé, 
par la culture morale, intellectuelle, so- 
ciale : 

Quelque façon externe qui pouvoit n'estre 
pas civiliiee a la courtisane. (.Mont., liv. I, 
ch. XXIV.) 

civinsTE, adj. et subst., savant dans 
le droit civil : 

Uocteurs canonistes et civilistes. (P.isn., 
lieclx.. III, 2i.) 

cixiLiTÉ, s. f., observation des con- 
venances, des égards usités entre les 
hommes qui vivent en société : 

Non seulement chasque pais, mais chasque 
cité et chasque vacation a sa civilité parti- 
culière. (Mont., 1. I, ch. xiii, p. 27.) 

Ceux qui vont en Allemagne, ou les cous- 
lumes et civilité: sont dilferenles des nos- 
tres, quand ils sont revenus, on les trouve 
grossiers. (L.\ Noue, Disc, p. 120.) 

— Droit de cité : 

Dis moy si tu es citoyen romain. El ice- 
luy dist : Oui. Et le capitaine respondil : 
J'ai obtenu cette civilité a grand somme 
d'argent. (Le Ff.vre d'Est., Bible, Act., .\II.) 

— Science des choses civiles : 

Le temporel et civilité consiste en deux 
membres, ascavoir, en l'art et discipline 
militaire, et en la science de justice civille, 
(Cons. à lu priiir. Mar., règ. des Pays-Bas.) 

Cf. 11, 143'. 

< iMyiE, adj., relatif au citoyen, qui 
apiiartient à un bon citoyen : 

Couronnes civiques. (Hr Pinkt, dans Dict. 
gén.) 

(IVOIRE, V. CinOIRE. — «noi-LE, v. 
Ciboule. — <:ivre, v. Chevue. — ci- 
VROEL, V. Chevreuil. 

<;l.*baiid, s. m., sorte de chien cou- 



rant, à oreilles pendantes, qui aboie for- 
tement : 

Leurs solicrs sont liez de cordes ; 
Ils sont pendans comme ctabauh-. 
{Mist. de S. Clirislop/ie, dans Dk-I. i/ni.) 

— Fig. : 

Un abbay de ces clabau.r de village. (I). 
Desper., Nûuv. recr., p. 161.) 

f:i,.\B:\iiDAGE, s. in..action declabau- 
der : 

Un dru rlabaudage. (Cl. G.U'CriET, dans 
Dict. géii.) 

ci,.\itAui)A\T. adj.. qui clahaude : 

Les agiles lévriers, les limiers clabauâans. 

(Du CnESNE, Six. tii'. du grand miroir du monde, [i. 

CLABArDEiiiE>T. S. m., action de cla- 
•bauder, au propre et au fig, : 

Aussi n'oyez vous plus aux classes ce 
clubaudement latin des regens. (Sat. Meii., 
p. 80.) 

Ne troublez point ses mânes 
De haut clatiaiidemeiit de vos lourdes lympanes. 
(Les Mu.w.i incognues, l'Arare Margot.) 

CLABAUDER, Verbe.— \., .\boyer for- 
tement : 

Les chiens abbayent (i\.cl(diaudeHt.lJ'.\\\v., 
Anim., 12.) 

— A., prôner bruyamment : 

C'est un vertueux office 
Avoir pour son exercice 
Force oiseaux, et force ahhois 
Et en meutes bien courantes 
Clabauder toutes ses rentes. 
Par les champs et par les bois. 

(JoACH. DU Bellay, liv. III, f'' S7 r*.) 

CLABAUDEBiE, S. f., criaillerie contre 
qqn.: 

Vous diriez a les ouïr criailler, ((uc l'Cs- 
tat s'en va perdu, s'il manque de clabau- 
deries alfinees. (Sully, dans Litlré.) 

cLABAUDEUR, S. m., celui qui cla- 
haude : 

Lespedansc/a4««f/ei//-j-apresavoir qucsté 
avec grande estude et science par les livres, 
en font monsire. (Ch.arron, Sag.. I, 40.) 

cLABAiiDis, s. m., syn. de clabau- 
dage: 

Nous supporterons nostre pari de vos 
injures comme le ctaboudis d'une mulle de 
chiens courans (|ui attend la curée. (Gou- 
(iEX., Corn, des comed.. 11, 2, Ane. Th. fr.) 

CLACUET, S. m., espèce de pomme: 

Les pommes d'hersel... de claguet, de 
gros œil. (Liebailt, III. 19.) 

CLAIE, s. f., treillis d'osier à claire- 
voie ; treillage de bois servant de clôture 
pour les parcs à bestiaux ; anc, treillis, 
fascinage en général : 

Desor les hors metent dotes gésir. 
Planches fendues de chaisne et de sapin. 
{Loh., uis. MoBtp., !• 148'».) 



d04 



CLA 



CLA 



CLA 



Ralnoars a celé genl encontrco 
/V .1. destroit d'uno roclie caveo, 
Devant une aige, a .]. poncel do clee. 

(Àlcsch., 4303.) 

.VI. deniers iiu cuisinier pour les clees du 
gorl. (Jurés de S. Ouen, P 119, A. S.-Inf.) 

l.csdis hommes sont leiiuz faire nudil 
bois les claijes ot en prendre le bois pour 
yoelles fere. (1409, Dénomhr. du briill. de 
Constentin, A. N. P 304, f 108 r".) 

.XX. clotfs doubles pour eselialTauder ; 
chacune cloi/e valant .x. deniers. (1414, 
Comptes de Neoers, CC 19, f 4 v°.) 

Au dedans d'une rh/e près et au rez des 
maisons. (1-464, A. S.'JJ 199, pièce il9.) 

Le suppliant portoit une clede ou claie 
qu'il avoit laite. (1406, A. N. JJ 191, pièce 
217.) 

La cldyeon clide du champ de Mvl-{li70, 
A. N. J.I 196, pièce 270.) 

Cf. Il, 143«. 

cL.viETE, S. f., petite claie, employé 
dans l'exemple suivant pour désigner 
un lieu retiré, renfermé : 

Sun mary et elle se tenoient a la cluyelte 
ou c'estoit tout ce()u'ils pouvoient faire de 
vivoter bien chetivenienl.(CiiOLu:iiKS, Apres 
disnees, f° 19o.) 

«:l,\io.\-, mod. clayon, s. m., petite 
claie ; spéc, claie pour égoutter le fro- 
mage : 

Raoul... qui fu par .v. jours a cosper liars 
et citions et aporterpour lier ledit chaume. 
(1328, Compte de Odart de Lair/ny, A. N. KK 
3', f" 15 r".) 

Pour rlauns et pour hardelles. (133.^, ib., 
f" 280 r°.) 

Clayon. Çarço, çarzo de vergas. (C. Ou- 
niN, Dict. fr.-esp.) 

CL.viR, mod., v. Clek. 

CLAIR fioliL.wT, adj., qui coule avec 
limpidité : 

L'autre dessus les ondes netes 
Du clair coulant ruisseau nageoit. 
(.1. DE Baif, Poèm., 1. VI, II, 293, Lemerre.) 

CLAIR coiiRA\T, adj., qui court avec 
limpidité : 

Les dous ruisseaux clair conraiis aux campa- 

[gnes. 
(Cl. Butet, Po'':s., H, 55.) 

CLAiRELET, adj. dimin., clair, lim- 
pide : 

Une goûte clttifcleite. 
Une elaire goutelelte, 
Qui vient d'une fontenette. 

(Tabouhot, ISicjarr., t" 198 r«.) 

cLAiRL>iE.\T, mod., v. Clerement. 
cLAiRER, V. n., briller, éclairer : 

Une lampe a clairer de niiyt. (1501, In- 
vent, de l'Uôlel-Dieu de Beaiine, Snc. d'ar- 
chéol. de lleaune, 1874. p. 141.) 

Une lampe clairanl jour et nuit devant 
le précieux corps llieu. (1561, Visitât, de la 
Maladière, k. mun. Dijon, E 1.) 



La, les vigiles furent solennellement di- 
tes, cloches sonnant, tous cierges c/ai/'a?;/, 
et les portes du chœur fermées a cause de 
la grande nndiitude de peuple. (1566, //is/. 
del'éf/lise d'Autan par D. Goujon, ms. de 
la bibl. du gr. séminaire d'Autun.) 

CLAiRExoiic, mod., V. Clekevoib:. 

CLAUSE voL\, adj., à la voix claire: 

Lors les heraux claire foix ont sonné 
De toutes parts le conseil ordonné. 

(lloNS-, Franciatte, 1. 1, p. 412.) 

... La sanglante Bellonne 
D'un cornet haut bruyant, et l'héraut clere vois 
.la l'appelle a l'assaut. 

(Claude di: Mobenne, Poés., 494.) 

CLAIR LCISA^T, adj., qui brille avec 
une grande clarté : 

Le clair luisant vesper. 

(Cl. de Mohenme, Poés., 56.) 

cLAiRo.x, S. m., trompette à son clair 
et perçant : 

Car, quant on a ouyt clarons sonner. 
Il n'est courage qui ne croisse. 

{Archer de Bagnotct.) 

Sonnans trompes, clairons et cors sarra- 
sinois. (Perceforesl, t. I, f°105.) 

Bondissant trompillesetc/«TO«s. [Trahis, 
de France, p. 38, Chron. belg.) 

Trompe ttesetf^e)'o«s.(Lov,\LSERV.,G/i)'o«. 
de Bai/., c. xxii.) 

clairo.\>eme:vt, s. m., action de 
jouer du clairon : 

Or l'archange mettra hors la voix de la 
trompe d'un terrible clerounement pour con- 
voquer toutes personnes au jugement et 
tribunal de Christ. (La Bod., Harmon., p. 
791.) 

CLAiRoivîVER, V. a., pris au figuré : 

Avec la famfare de la trompe... nous cle- 
î'onneî'OfiS hautement sa sapience. (La Bod., 
Harmon., Ep.) 

CLAIRSEMÉ, mod., V. Clersemé. 

CLAiRvovAxcE, S. f., faculté de dis- 
cerner clairement : 

Noslre aveuglementplus quenostrec/o!/'- 
voyance. (Mont., liv. Il, ch. xu.) 

CLAMER, v. a., appeler : 

S'espardoienl par le fait d'un chevalier 
englez, qui cstoit en leur routte et bien ac- 
compaignies, lequel on clummoil messire 
Jehan Mcstrourde. (Froiss., Chron., t. VIII, 
p. 255, var.) 

Se frères vous clamons, pas n'en devez 
Avoir desdaing, quoy que fusmes occis 
Par justice. 

(ViLLOM, Codicille, 139.) 

— Déclarer : 

Il fait bon les vielles amer ; 
Cen nos seut Ovide clamer. 

[Clef d'amours, 1933.) 
Cf. Il, 144'. 

CLAMELS, adj., plaintif: 

Corne nostre souverain seignour le roy 
per clumouse pleint a luy fait en cest pré- 



sent parlement l'ad pleinement entendu. 
{Slat. de Henri V, an IX, impr. goth., Bibl. 
Louvre.) 

Son maintien doit estre lent et pesant, 
sa voye grave, sa parolle ferme non cla- 
meus'e. (Thoison d'or, vol. I, f" 14 v°.) 

Mais quant la soif est véhémente et cla- 
meuse laquelle ne peut estre appaisee par 
aspiration de l'air i'roit... (liegime de santé, 
f 33 r°.) 

De la douleur, l'une est clameuse et très 
fascheuse, l'autre assez supportable et pai- 
sible. (Jour., Gr. chir., p. 413.) 

CLAMOR, mo'd. clameur, s. f., cri, 
plainte, particulièrement plainte en 
justice : 

.\pres ses piors et ses clamor.9 
Li requicr les joies d'amors 
Hurablenient et en decbevant. 

{Clef d'amours, 1753.) 

Et qu'aucuns de nos subjectz nous eus- 
sent faict plusieurs plainclcs et clameurs 
dudict .lacques Cueur. (6 mai 1453, Arre'l 
contre J. Cueur,ms. Bib. Louvre, n. 169.) 

Qui saisit ou prant homme ou femme 
grandement ou par violence, se clemmeur 
y a, quand sera prouvé ou actaint devant 
nostre chastelain, appeliez les consulz ou 
leur procureur et presens par devant nous 
ou devant nostre chapelain. (Juillet 1462, 
Ord., XV, 518.) 

Cf. II, 145^ 145'. 

CLANDESTIN, adj., que l'on tient se- 
cret comme étant illicite : 

Par clumdestine aliance. (Bers., Tit. Liv., 
ms. Ste-Gen., f 59'.) 

CLANDESTiivEMEivT, adv., d'une ma- 
nière clandestine : 

.\ quoy ledit procureur repondi que s'il 
avoit dit furtivement, ce estoit a entendre 
clandestinement, (iuin 1398,0)-rf., VIII, 229.) 

Lire clandestinement de nuict. (Rar.i 
Panf., ch. xvn.) 

CLANGUEUR, s. f., SOU éclatant, bruit; 
cri retentissant de plusieurs oiseaux 
palmipèdes : 

Et, ainsi accompaigné, avecques sons et 
clangueurs de trompettes, bucynes, cors et 
labourins, dedans la forte place de La Ro- 
que s'en entra. (Auïon, Chron. de L. A//, I, 
107.) 

Si les oyes pour leur pastures se com- 
battent avec grande clamjueur. (Liehault, 

1. I, c. VIII.) 

(L'oye) déclare l'hyver proche par sa clan- 
gueur assidue. (1d., c. xvi.) 

CLAPER, V. n., faire entendre un 
clapement dé langue : 

Ce chien clnpoit, jappoit. (G. Bouchf.t, 
Serees, II, 67.) 

Cf. II, 145^ 

CLAPET, s. m., sorte de soupape qui 
s'ouvre comme un couvercle à char- 



CLA 



CLA 



CLA 



10.": 



Clapelz a pompe. (1517, dans Dict. rjén.) 

Cf. II. 145'. 

cxAPiER, S. m., l'ensemble des ter- 
riers'd'une garenne ; lieu où l'on élève 
des lapins domestiques : 

Ou se relirerenl tous comme conniz au 
clappyer. (Auton, Chron., B. N. 5082, f° 192 
r".) 

Pendant que nous estions en travail de 
tirer une perdrix d'un clapié. (Desparron, 
Fauconn., IV, 17.) 

Glappier a connils. (Coût, ff Estampes, 
CXCII, Nouv. Coût, gén., III, 106.) 

Les trous des terriers(<ni'improprement) 
aucuns appellent clapiers. (0. de Serr., V, 
H.) 

— Fig., lieu de débauche : 

Toutes femmes de joye seans es bor- 
deaulx elclapiers de Paris. (1395, Liv. rouye, 
A. N. Y 2, fo 97 v°.) 

Cf. Clappier, II, 146". 

CLAQUE, S. f., coup donné avec le plat 
de la main et qui produit un bruit sec : 

L'un dit a son valet, va, va. 
L'autre donne au sien une claque. 
(Gages, Deifuiz, Ars. 3332, f 64 r°.) 

Et buffe contre clacqiie rendre. 
(Lefranc, Champ, des Dam., Ars. 3121, f» 76''.) 

CLAQUEDEivT, S. m., gueux, miséra- 
ble, dont les dents claquent de froid : 

Babbaquis. 
Ctailuede}it? 

Claqiiedeni, deuxième tirant. 
Bé, je vien. je vien. 

(A. Greban, .Uist. de la Pass., 21546.) 

PlLATE. 

Tu es ung vaillant, Claqitedent. 

(iD., iTi., 21578.) 

Je présente en faict évident 
Tout ce que tiens en claqiiedent 
Le roy des singes, moy Sagouyn. 
(C. Fontaine, Complaincte et teslam. de F. Sa- 
gouyn.) 

t;LAQi'EME\T, S. m., bruit de choses 
qui s'entrechoquent : 

Quant il veit le bruit recommancer,avec 
un claquement gênerai de mains, il se leva 
en colère. [Sat. Mén., Har. de M. le rect. 
Roz.,p. 112, éd. 1594.) 

cLAQi'EMUR, S. m., sorte de jeu : 

Claquemur, ahattimuro. (A. Oudin, Dict. 
fr.-esp.) 

CLAQUER, V. n., faire entendre un 
bruit' sec : 

Claquer, ou claquelcrdes mains en signe 
de faveur, plaudere, plausum dare.(R. Est., 

CLAQUET, S. m., dans un moulin, 
pièce du babillard qui vient frapper ré- 
gulièrement l'auget pour lui imprimer 
un mouvement de va et vient ; 

T. IX. 



Vostre langue n'a de repos 
Non plus qu'un claquet de moulin. 
(Act. des apost., vol. I, f" 18^.) 

Elle caquette toute seule ; 

C'est un claquet, c'est une meule 

D'un moulin qui tourne tousjours. 

(Belleau, la Reconn., IV, 2.) 

Le peuple s'advance, et se presse, comme 
quand les porcscourenttant qu'ils peuvent 
au clacquet du cliauderon. (Merlin Cocc, 
IX.) 

CLAQUETER, vefbe. — N., fréquentatif 
de claquer : 

Il grince et claquette des dents. (Paré, 
Introd., 18.) 

Un bruit d'un grand feu qui claquette. 
(ID., XXIX, 28.) 

Ils claquelent comme cigalles. (Id., Liv. 
des anim., c. xxv.) 

Ils claquettent comme cicongnes. (Id.) 

Le pauvre marchand transsi de froid... 
passoit le temps a claqueler des dents. 
(Comptes du monde adventureux, p. 96.) 

Vont claquefanf des dents au travers des forets. 
(Passerai, Œuv., p 102.) 

Crepitaculo leprosi crepitus, vel crepi- 
tatus. Claqueter d'une claquette de ladre. 
(Trium Lînrj. Dict., 1604.) 

— Faire entendre le bruit de la ci- 
gale : 

On dit... de la cÀgale. claqueter. (E. Bi.set, 
Merv. de nat., p. 60.) 

— .A., faire claquer : 

La nuict les fantômes volans, 

Claquetant leurs becs violants 

Et sifflant, mon ame espouvaalent. 

(HOKS., ûd., 111, X.) 

cLAQUETis, s. m., cliquetis ; 

Un cluquetis d'armes. (J. de Ca.stelnau, 
Faç. et coust. des anc. Gaull., f 36 v°.) 

Et le claqitetis des armes 
Qu'on oit au choc de l'assaut. 
(J. A. DB Baif, Passetems, 1. 111, f" 76 r«.) 

CLAQUETTE, S. f., sorte de crécelle : 

Crotalum, cercerelle, clacquette. (Ju.v., 
NomencL, p. 222.) 

CLAR, V. ClEH. — CLAREFIER. V. CLA- 
RIFIER. 

CLARET, mod. clairet, adj. et s., de 

couleur, de nuance un peu claire : 

Poz de vin claret. (1427, A. mun. Vienne.) 

Vin clairet. 
{Ftepeue de Villon et de ses compaignons.) 

Et y bailler de trois vins purs et netz, 
blanc, cleret el rouge. (1509, Chap. de Ste- 
Kadeg., A. Vienne.) 

Cf. II, 106°. 

CL.ARiFicAXT, adj., quî donne de 
l'éclat, qui fait briller: 

Clarificanlc lumière. (S'ef de sauté, f 1 
r".) 

çi.ARii-TCATiF, adj., qui clarifie : 



La racine de cassia fislula est clarifica- 
tive du sang. (.lard, de santé, I, 102.) 

Vertu rtarificalive. (Evo.n., Trésor, c. xv.) 

— Déclaratif, explicatif : 

Passans par lioussillon, il y fist un edit 
clurificatif de son edict de pacification. 
(ItouiiGLEV., Hech. de la Xeuslrie, II, 191.) 

CLARincATioJV, S. f., Opération par 
laquelle on clarifie un liquide ; éclat de 
la lumière : 

Si la ténèbre obscure 
Ne peull [exister] avec clarifîcafion. 
(J. Marot, /'/ Vray-disant des dames.) 

— Fig., éclaircissement, manifesta- 
tion évidente : 

Pour ce pouvons avoir ctarificacion delà 
grande vertu qui est en sapience. (CouRcv, 
Uist. de Grèce, Ars. 3689, f 200".) 

— Déclaration, exposé : 

Cy ensuit la ctarificacion et description 
des deniers par pension el diesmes dehuz 
chascun an en chapitre de Léon. (17 juill. 
1493, Chap. de Léon, A. Finist.) 

CLARIFIER, V. a., rendre clair, lim- 
pide, en le filtrant, un liquide qui est 
trouble. 

— Eclaircir : 

Colofonia clarifie et purifie la. tacc. (.lard. 
de santé, 1, 150.) 

Pour clarifier la face. (Le Fournier, Dé- 
cor. d'Itum. nat., f°21 r°.) 

— Purifier : 

Le feu grandement empêche l'impression 
céleste et clarifie l'air. (Remède contre fièvre 
pestilencieuse.) 

Clarifiez le miel. (Palsgr., p. 485.) 

— Rendre illustre, glorifier : 

Li heure vient que li fieux de l'homme 
soit rlarefiies... c'est a dire aprez se résur- 
rection. (Bible Itist., Jlaz. 532, t° 221 v°.) 

— Rendre clair, expliquer : 

Il modifia et clerifia a son entendement, 
le .un", d'iceulx articles, qui contient cesie 
fourme. (19 juin 1391, Reg. du Cliâtelet, II, 
97.) 

Par quoy, si veuli un peu clarifier. 
Comme il fault faire œuvres de charité 
Vers moy seras assez bien acquité. 
(Edm. du Bocllay, Combat de la cliair et de l'esprit, 
p. 63.) 

CLARiFiEUR, S. m., cclul qui illustre : 

Roy pleindc vertus... r^Hjv'/îeHrdu throne 
françois. (G. Cfiastellain, Deprecation pour 
Pierre de Brezé, Vil, 44.) 

CL.ARIFIQUE, adj., qui éclaircit, qui 
illumine : 

Lumière clarifique. 

(NefdesatM, f" t r».) 

CLARi\E. S. f., sonnette qu'on attaclie 
au col des bestiaux. 

Cf. II, 147% et Littré, I, 6^8". 
14 



106 



CLA 



cLARiTUDE, S. f., clartc, éclat : 

La clarilude et nobilité Al: l'or. (Fosse- 
TiER, Cron. Marr,., ms. Biiix. 10510, i" 121 
V.) 

Lisez donc par agréable passetemps les 
ruynes (le Troves bien vérifiées par ctari- 
iu'de certaine. '(.Le Mamik, Illiistr., II, Prol.) 

Les unes (pierres) estoient d'une coiil- 
leur, les aultres d'aiiltre : si que grant es- 
bahyssemenl estoitde veoir la citintude et 
procerilé des fondemens de ladite salle. 
(Bat. Jud., VI, 15.) 

Tu verras par l'espoisseur et \.\ rlnri.lude 
la différence qui est entre la quinte es- 
sence et la grosse matière. (A. nu Moulin, 
Quinte ess. de tout, chos., p. 32.) 

CLARTÉ, S. f., effet de la lumière qui 
rend visibles le.s objets : 

Si vid grand claritet. 

(S. Léger, ras. Clerm., st. 34.) 

Lo sol perdet sas clarttaz. 

(AiDEBic, P. Meyer, .ile.r., p. S, t. 50.) 

El palais ot chirtt' molt grant ; 
Tant i ot cierges, ja par jor 
Lumière n'i eust graignor. 

(Eneas, 836.) 

El la darteiz raiot de jur. 

{Brut, ms. Municb, 1690.) 

Grande daftex. 

{Hom. iTAIe.T., f» 26<i.) 

Ou soit banny do la cl.irlé Pliebus, 
Des biens Juno et du soûlas Venus, 
Et du dieu Mars soit pugny a oultrance. 
{J>oés. altrib. à Villon, 191.) 

fiLASsiFiER, V. a., disposer, établir 
suivant des classiiications : 

Je... ay clacyfiet seloncq ma simple ca- 
pacité, de clauses en clauses, tout le texte 
des quatre evangelistes. (Fosset., Vie de 
Jésus Christ, ms. Bruxelles, f" 349 r°.) 

CLATBE, V. ClOISTRE. — OLAU, V. ClOU. 

— CLAUCHE, V. Cloche. 
CLAUDiCAiVT, adj., boiteux : 

Quant chaleur est foible adonc ne s'en- 
gendre point ventosité, car elle ne le peult 
resolver : mais quant elle est ctaudicant 
adonc s'engendre ventosité. (B. de Gord., 
Pratiq., V, XI.) 

Et par péchez bleccz et claudicans. 

(J. BoucoET, Noble Dame, S' S2 r°.) 

CLAUDiCATiox,s. f.. action de boiter: 

Enquist deboinairement 
Tout le tempoire et l'ocoison 
De chele clnutUcation. 

(Mir. de S. Eloi, p. 46.) 

La disposition des membres ou la clait- 
dication se fait. (Evb. iie Contv, Prohl. d'A- 
rist., B. N. 210, f 152'.) 

CLAUEK, V. Clouer. — olaube, v. 
Clore. — clalse, v. Glose. 

CLAUSTRAL, adj., relatif au cloître : 

Maisons rlmtstralles. {ilai 14'l,0)-rf.,XVII, 
421.) 

Abbayes claustrales. (Gentillet, Bureau 
du concile de Trente, p. 5i.) 



CLA 

CLAUSTRALEME1VT, adv., comme dans 
un cloître : 

Il entre en la chambre, les verrières de 
laquelle estans bouschccs et fermées claus- 
tralement. (.\. du F.ul, Eutrap., XVII.) 

CLAUSULE, S. f., conclusion, sentence : 

Par quoy l'apostre, disent ils, comprend 
tout ceci par une clausule, qu'il faut que 
tous comparoissentdevantle siège judicial 
du fils de Dieu. (Calvin, 50.) 

Avecq clausule rigoreuse et executorialle 
allencontrede tousceulx qui désormais les 
prétendront empescher. (24 janv. 1583, 
Arch. Bailleul,2° flej. aux prioilèrjes, f°(34.) 

CLAUSULEB, V. a., exprimer par une 
clause formelle : 

Leur delivrerpromptement et pleinement 
ledit estât au temps de la consommation 
dudit mariage, claut,ulanl tout ce que a ce 
propoz pourra généralement et particuliè- 
rement servir. (5 nov. 1539, Instr. de Ch.- 
Quint, Pap. d'Et. de Granv., II, 557.) 

Ce qu'il concerne pour l'assheurance de 
sadite majesté est bien clausule et articulé 
par ledit traité de paix. (Fév. 1545, Sur la 
declar. de l'alternat, du traité deCrespy, ib., 
III, 77.) 

CLAUTEKESSE, V. ClOUTERESSE. — 
CLAUTEl'B, -TIEB, V. ClOUTEUR, -TIER.— 

CLAUWER, V. Clouer. — clauwete, v. 

Clavette. — clauwetrie, v. Cloute- 



CLAVAL, adj., en forme de clou : 

Pustules clavales, non découpées, ains 
testueset enracinées a mode declou. (Jour., 
Gr. ctiir., p. 462.) 

CLAVEAU, mod., V. Clavel. 

CLAVEL, mod. claveau, s. m., pierre 
taillée en coin, qui entre dans l'enca- 
drement supérieur d'une fenêtre, d'une 
porte : 

Qant de la porte ont le clairet fermé. 

[Aijmeri de Narb., 272.) 

Le bassin d'un petit drageoir a clavel, 
sans pie et a on tons les armes de mon- 
seigneur le Daulphin. (1380, Invent. deChnr- 
les V, ap. Havard, Dwl. de l'ameublement, 
t. I, col. 840.) 

Ung hanap d'or a claveau sans pié, ou- 
vré a feuillages enlevés, et ou fons est ung 
grant esmail de plete et cinq petiz environ. 
(1386, ib.) 

Cf. II, 148=. 

CLAVELÉ, adj., qui a la clavelée. 

— Par extension, en parlant d'hom- 
mes : 

Je diz hœreticque formé, hœreticquec/a- 
velé. (Rab., Tiers liv., .X.XII.) 

Il faudra qu'ils soyent parfaitement la- 
dres clavelez, s'ils ne se sentent ce poi- 
gnant esguillon. (Sat. Mén., au lect.) 



CLE 

Cf. II, 149'. 

CLAVELEE, S. f . , maladie éruptive, 
contagieuse des bétes ovines : 

Ils mouroient de la claveîee. 

[Patlœlin, 110.) 

J'avoi pour vendangeurs la gresle ou la gelee, 
Et mes brebis avoient ou lac ou clavelée. 

(P. DE I!r.ich, l'oèm., f» 140 v«.) 

CLAVETE, mod. clavette, s. f., petite 
clef, sorte de fiche de fer servant à fer- 
mer les contrevents : 

En son braioel uns clauwete 
Trouva d'argent moult petitete. 

(SIousK., Cliron., 14369.) 

Si attaigny une clavette 

D'or et de main de maistre faite, 

El dist ceste clef me porterez. 

(G. Mach., Poés., B. N. 9221, f» 187'.) 

Deux clavestes et une arondelle de fer. 
(1467, Compt. de Nevers, CC 61, f» 22 r».) 

CLAVIER, s. m., porte-clefs, gardien. 

Cf. II, 150". 

— Dans un registre d'orgue, réunion 
des touches qui, lorsqu'on les frappe, 
ouvrent et font résonner le tuj'au qui 
leur correspond : 

Moy, je joueray sur le clavier et feray 
resonner les orgues. (Paré, III, 688.) 

CLAZOïv, mod., V. Claon. — clé, v. 
V. Clef. — cleer, v. Clouer. 

CLEF et CLÉ, s. f., pièce de métal qu'on 
introduit dans le trou d'une serrure et 
à l'aide de laquelle on fait mouvoir le 
mécanisme qui sert à l'ouvrir et à la 
fermer : 

Tenez les êtes de ceste cité large. 

(Hol.. 654.) 
Les clefs de la cité. 
{La Venjance det mort iiostre seigneur, .Uus. Bril., 
Egerton613, f» 22 t'.) 

Et ensi comme li cuens du mander ou 
castiel ke on li aporlast les des, il apiela 
Pieron Vent. (Henri de Val., Z 622.) 

Fausse cîes refont bien l'entrée 
Mainte foiz estrc abandonnée. 

{Clef d'amours, 3097.) 

Por une c/ei'/' a un huis d'une chambre. 

(1304, A. N. KK 393, P 21.) 

Baillier a ycelui seigneur les cleirs de 
toutes les oUices d'icelle maison. (1322, A. 
N. .S 4969, pièce 1.) 

Item disoient encor que on leur deli- 
vroit les clerfs dez biens et dez lieux de 
layens. (1334, Cart. de Montier-Ramey, B. 
N. 1. 5432, f° 18 r".) 

Elprindrent les clers de ses husches et 
coffres. (1349, A. N, JJ 78, f" 45 r".) 

Une serreure et une clerf mis ou colTre. 
(1360, Rançon du roi Jean, A. N. KK 10", T 
32 v°.) 

Ne soit sy hardis de faire clefz ni clique- 
tez de lecton. (1372, Ordon. des serruriers 
d'Amiens, ap. V. Gay.) 



CLE 

La hayne je croistray bien souef. 
Car je sçay bien tourner la clt;f 

De tout vetil, 
De quoy il en viendra meschef. 

[Mist. du Viel Test.y II, 343, var.) 

Boele a .11. clees. {învent, de N, D. des 
Barres, A. Loiret, SLe-Croix.'' 

— Fig. : 

Chailis malaurous, ke prouies tu cum ce 
soit ke li filz del haltisnie ait la ctei/ de 
science 1 (S. Bern., p. 2, 38.) 

Qui de paradis ot les cîei's. 
{Paraphr. du Ps. Emctm'it, Brit. Mus., .\da. 15606, 
!" 24>.) 

Et bien sevent que c'est la cleis de paien- 
nime. (Ménestrel, g li8.) 

Le ville de Bregerach est des et entrée 
de ce pays. (Froiss., Chron., III, 262.) 

Le roy Henry vint devant le Pont de 
l'Arche, par delà l'eau de Saine, et estoit 
dedens le seigneur de Graville et foison de 
ses gens. Lors on fist de grans assemblées 
tant de gens (l'armes du pays, pour résister 
contre le roy Henry, atlin qu'il ne passast 
au Pont de l'.^rclie ; mais nonobstant il 
passa, et après se rendit le Pont au roy 
Henry, qui fut grand desconfort a tout le 
pays, car c'estoil une des ctez de l'eau de 
Saine. (P. de Fenin. Mém.) 

— Locut., avoir la clef des champs- 
avoir la liberté d'aller et de venir où 
l'on veut : 

Grans aise est Savoir les clez des chans. 
{Ane. proj'.. ap. Ler. de L., Prov.) 

Et se sont de mcngipr trop forment aSiebly 
Pour ce dit ung parler c'on a souvent ouy, 
Mieulx vault îa clef des champs quant on guer- 

[rie ainsi 
Qu'a demeurer en fort de vivrez desgarni. 

[Ciperis, B. N. 1637, i« 113 ro.) 

A\"isez s'est et porpensez 
Comment puist saillir de leenz ; 
Car s'il avait la clef des chamz 
.^rriers ne vendroit des semainne. 

(Geffroi, Chron., 428Î.) 

— Prendre la clef des champs, pren- 
dre la fuite, s'évader : 

Ils priiidrent les clefs des champs a l'ad- 
venture. les ungs par eaue et les autres 
parterre. (.). Chart., Chron. de Charl. VU, 
c. 260.) 

— Mellre les clefs sous la porte, dé- 
ménager, partir furtivement : 

Ceux a qui les louages ont esté faits s'en 
vont sans rien payer, et mettent les clefs 
dessouljs l'huis, sans dire adieu a leurhoste. 
,U oct. 1432, Veut, du Chdtel., Arch. de 
i'assist. publ.) 

— Mettre les clefs sur la fosse, en 
parlant d'une femme, renoncer à la vie 
commune : 

tjuand nous voulons dire qu'une femme 
a renoncé a la communauté de son mary 
et elle, nous disons qu'elle a mis les clefs 
sur la fosse. (Pasq., Rech., IV, 10.) 

— Techn. : 

L'en appelle clef un membre qui est au 



CLE 

col d'une beste. (Oresme. Eth., B. y. 20i, t'° 
437-.) 

— Pièce mobile au moyen de laquelle 
on ouvre ou ferme les trous d'un instru- 
ment de musique : 

Ses instrumens forment atrampre 
Si que n'i ot clff ne muance 
Qui ne fust selon l'ordonance. 
(D'Orpheus, uis. Geoéve 179 bis, BiiUet. A. T., 1877, 
p. 100.) 

CLEI.V, V. ClI.N. 

CLE.MATiTE, S. f-, plante grimpante 
de la famille des renoncules, à fleurs 
campanulées odorantes : 

Clematid. (J. des Moil., Comm. de ilatih.) 
(Cotgr.) 

CLEME.vcE, s. f.,douceur que montre 
celui qui a autorité pour punir un cou- 
pable, en lui pardonnant ou atténuant 
sa peine : 

Par souve clementia 

[Eulal., 29.) 

Clemance. (1413, Denombr. du baill. de 
Constenlin, A. S. P 304, T 123 r".) 

Qu'ilz n'abusent de la clémence dont avons 
usé envers les simples. (Coxdé, Mém., p. 
554.) 

CLEME\T, adj., qui use de clémence: 

Prince clément. 

(ViLLOîi, Bnll.) 

CLEME-\TEMEXT, adv., avcc cléiTien- 
ce : 

Pour ces nécessaires bénéfices clemente- 
ment et humainementcuncedes.(FossETiEB, 
Cron.Marg., ms. Urux. 10512, X, v, 6.) 

Lesditz estatz ne doublent pas que leurs 
majestez, pour affection chrestienne, cle- 
me«/e;«en<s'ycondescendront. (10 juin 1544, 
Pap. d'Et. de Granv., III, 24.) 

CLEMENTissiME, adj., trés clément: 

Roy clementissime. (Alton, Chron.. B. N. 
5083, r 94 v°.) 

CLEXCHE, S. f. , pièce du loquet d'une 
porte qu'on lève ou qu'on abaisse sur le 
mentonnet pour ouvrir ou fermer : 

Jou verrai Puis ou sièt li clinkes. 
{Du Garç. et de l'aveugle, B. N. 24366, p. 244''.) 

Ke nus ne brise clenke. (1280, Reg. aux 
bans, A. S. -Orner A B .xviii, 15, n° 391.) 

Guillemin Jacquet ouvrier de mestier de 
serrurerie, pour deux vertevelles et une 
clanche. (1411, Comptes, ap. Monteil, llist. 
des Fr., p. 9, note 28.) 

(Juattre fortes serures, quatre clencques 
montées sur platines. (1590, Reg. aux résoL, 
t. V, f» 240 V», A. Nord.) 



Kt y avoit quatre rlincjues, une devant et 
une derrière et une a cliascun costé qui 
couvroient le col, les goez elle visage de- 
vant contre ung coup d'espee. (1432, B. de 
LA lÎRONLlERE, Vo'j. d'oultremcr, B. N. 9087, 
p. 222.) 



CLE d07 

CLEOPERTE, V. ClOPORTë. 

CLEPSEDRE, mod. clepsydre, s. f., 
horloge à eau marquant l'heure par 
l'écoulement régulier d'une certaine 
quantité d'eau dans un temps donné ; 
employé souvent autrefois, pour dési- 
gner une horloge de sable : 

Faites ainsi que font les enfants quant 
ilz attraienl l'eau amont par une clepsedre 
que on appelle esclisoire. (B. de Gord., Pra- 
tiq., III, 13.) 

Une c/epsidre, aultrement orloge de salle, 
garny d'or. ( 1566, hw. du duc de Xeoers, an. 
V. Gay.) 

A la manière des ec^î'jUiî'dres ou horologes 
de sablon. (Ol. de Serr., VIII, 4.) 

— En parlant de montres : 

Dans un petit estuif une clipsidre... Une 
aultre petite i-lipsidre d'esbeyne. (16 mai 
1625, Mém. de la société Eduenne, XVI, 
192.) 

CLER, mod. clair, adj., qui donne ou 
reçoit une lumière que rien n'obscurcit ; 
au propre et au figuré : 

Clar ab lo vult, beyn figurad. 
l.\LBERic, P. Meyer, Alex., p. 6, v. 66.) 

L'espee lu moll bien tranchanz 
Et dure et cïere et reluisana. 

{Eneas, 447S.) 

Pour chou ke li kaviel ne keuissent mie, 
prendes sekes rachines de cotes, si les 
boules en ctoe fontainne dusquesa lemoi- 
tiet. Si en laves le cief souvent ou baing. 
(xiu's., Rei),. pop.,. Km. S^\mon, dans Etudes 
rom. déd. à G. Paris, p. 260.) 

Loe sa face et son cler vis. 
Pour qui tu ne peuz durer vis. 

{Clef d'amours, 1003.) 

Fontaineeiief-e. (Lalr., Somme, ms. Alen- 
çon 27, f 69 r°.) 

La lune, quant ele est demie cleire et 
demie obscure. (B. .N. 133 16, f 127.) 

La vi fontaine clere et vive, 
Sourdant d'un gros doiz qui l'avive. 
(Cna. DE Pis., Lonij est., 799.) 

A esté translaté en cler franchois par 
maistre Jehan ilielot, chanoine de Lille. 
(lIiF.LOT, Advis direct if de Brochard, Hist. 
armén. des crois.. Il, 367.) 

Ces petites joinctes oreilles. 
Menton fourchu, cler vis iraictiz 
Et ces belles lèvres vermeilles ? 

(ViLio», Gr. Test., 498.) 

Parce qu'il y avoit pleine et claire lune. 
(Bellekorest, Chron. et ann. de France, 
François I"', an 1515.) 

Le beau cler jour après la nuyt survient . 
Joye après dueil. 
(Cl. MtROT, .Suite de l'Epistre de J. Marot à la 
rayne Claude, V, 236, éd. 1731.) 

La nuiet passée et le jouretoi/' retourné, 
Demetrius s'éveilla. (Lariv., jVaic-/s, I, v.) 

Les gardesfont tousiessoirs un icuclair. 
(Belon, Singu/aritez, II, 10.) 

Comme le jour fut clair, ils ouvrirent la 
fauce porte. (Monti.ic, Comm., 1. I, f''62 v".) 

- Fig. : 



108 



CLE 



Ny qu'on se puisse lier du bien, qui est 
encore en espérance de recepto, pour claire 
qu'elle soit. (Mont., 1. I, ch. xl, p. 161.) 

A laquelle le roi donna vinyt mil escus 
en deniers clairs et complans. (L'I'.stoile, 
Mém., i" p., p. 21i.) 

— A clcre veiie. à jour : 

I.e lieu pnr lequel l'on y entre, regarde 
le midv, qui depuis la sommité J"S4"ef ''" 
terre est tout ouvert a claire vette. (BbLO.N, 
Siiigularitez, I, ÔG.) 

— Adv., clairement : 

Et lumière por voer cler. 
{De la Davii- qui se cenja du chevalier. Montaiglon et 

Kajn., VI, 28.) 
En l'espaule en puet on la plaie veoir cler. 

(Chevalier au Cyyne, 32436.) 

II vouloil \eoir clair et regarder si le 
preslre feroil signe aucun. (Montluc, Com- 
ment., 1. 1, f 62 v°.) 

— En parlant du son : 

Li quarz lo duyst corda toccar, 
Et rotla et leyra clar sonar. 
(AiBERic, P. .Meyer, Alex., p. S, v. 100.) 

— A cler, clairement, distinctement : 

El chevauchèrent tant que lesdilz deux 
oslz et compaignies s'entrepovoient veoir 
tout a cler. (.1. Chaktieh, Cliron. de Charl. 
VU, c. 77.) 

Quant tes ycui conquerans cstonné je regarde 

J'y vois dedans a clair tout mon espoir escrit. 

(La Boet., Sonn., 22.) 

User d'advertissemens, de plaintes, de 
rigoureu.\ langage tout a clair et a des- 
couvert. (ID., Règle de mor.) 

— S. m., clarté : 

Troie est située en pendant sur un cous- 
lau qui apparoist bien a cler de la mer. 
(Belon, Singularitez, II, 6.) 

Ainsi qu'au clair d'une chandelle 

Le gay papillon voletant, 

Va grillant le bout de son aile. 

(l)EspoBT., Avi.d'Hippol., XLIX.) 

Cf. II, 150'. 

CLERC, S. m., celui qui étudie pour 

devenir ecclésiastique ; membre du 

clergé : 

Des deus clers, (u li uns Seveles, li eves- 
qiies de Soisons, et maislre Johans de 
Noions. (ViLLEH., C 105.) 

Clers ou laboureors de terre 
Ou marcheans ou gens de guerre- 
lin Clef d'amours, 1999.) 

— Avoué, procureur : 

Geliroy du Peuple clerc le roy. (1275, A. 
N. J 220," pièce 59.) 

Li clercs. (1286, Coll. de Lorr. 975, pièce 
3.) 

Les quels escris li eskievin fisent lire par 
leur clerch. (Mai 1.326, C'est les enfants So- 
hier de Lespiere, chirog., A. Tournai.) 

— Lettré, savant : 

Avocq leurs gens notables, clerques et 
aultres gens bien aprins. (1464, Lett.deJun 



CLE 

de Lannoy, dans le Cabin. histor., 1875, p. 
150.) 

Pardieu, les plus grands clercs ne sont pas les 

[plus fins. 
(r.oRBOZET, Fab., LU.) 

On dit communément en villes et villages 
Que les grands clercs ne sont pas les plus sages. 
{Prov., ap. Mfurier, Très, des sent.) 

En toute langue et nation, pédant, c/ecc, 
magisler, sont mois de reproche : l'aire sot- 
tement quelque chose, c'est le faire en c/e)T. 
(Ch.\rron, Sag., 1. 1, ch. vi, p. 58.) 

— Clerc de, habile dans : 

Onkes ne vi jor de ma vie 
Millor clerc de philosophie. 

{Volop.. 10327.) 

Si iert bons clers des escriplures. 
(Amdroisb, Hist. de la (j. s., Val. Cbr. 1659, t» 7'.) 

— Clerc d'arme.t. jeune gentilhomme 
qui apprenait les exercices militaires : 

Vray est qu'il se trouve plusieurs his- 
toires escrites du mesme temps, mais outre 
que ceste cy contient plusieurs discours 
qui n'estoient encore divulguez, elle a cest 
advantage, de n'avoir aucune crainte que 
les gens de guerre en la lisant dienl un 
mol qui leur est familier, c'est que l'au- 
Iheur en parle en clerc d'armes. (Mart. du 
Bellay, Mém., au roy.) 

CLERCH, V. Clerc. 

CLEREMENT, mod. clairement, adv., 
d'une manière claire, d'une manière 
retentissante : 

Un cor si corne si haut que la forez et la 
rivière en relenlissenl si clerement que l'en 
ol la voiz plus de deus liues de loing. (Ar- 
tur, B. N. 337, f" 60".) 

A celui malin, pour le douchour dou tans, 
chil oiselon cantoient clerement. (Henri de 
Val., s 531.) 

Je le le preuve clerement : 
Celé est vilaine a qui l'en donne 
S'amour, s'el ne le guerredonne. 

(Clef d'amors, 266.) 

.\ussi tost allumé le feu clairement luit. 

(Gauch., Plais, des Champs, p. 287.) 

Cf. II, 151'. 

CLERET, V. CLAinET. 

ci.ERE VOIE, mod. claire-voie, s. f., 

clôture à jour : 

Achat de .xix. grandes pierres appelées 
entablemens. formes et rlerevoges. (1483- 
84, Compte de Nevers, c. 73.) 

Tout le dedens de l'église (de Ste Sophie) 
est faicle en voule a claire voye par le des- 
sus. (Belon, Singularitez, I, 76.) 

Cf. II, 153*. 

CLERF, V. Clef. 

CLERGÉ, S. m., le corps des ecclésias- 
tiques : 

Et li prevoire et li clorgié 
Sont plus messeranl an pechié. 
(Hugues de Berzi, Ililile, Brit. Mus., aJd. 15606; (• 
102'.) 
Si ke li archevesques et li clergies le me- 



CLE 

nerent au mouslier Nostre Dame. (He.nri 
de Val., g 673.) 

Li clergiez de sainte iglise doit vivre île 
vos aum'osnes et ensement luit li povre 
(Serm., B. K. 423, f" 68\) 

A chevalier, chevalerie 
Et au clergiet afiert a estre. 
[Du Prestre et du Chevalier, Monlaigl. et nayn., II, 
52.; 

Li clergies. (J. m; iciVR-^uDisme de penil., 
Bril. Mus., add. 10015, P 77 v°.) 

Cf. Clerqié, h, 152'. 
CLERGEON, S. m., petit clerc de pro- 
cureur: 

Cf. Clerjon, II, 152-'. 

CLERICAL, adj., relatif au clergé : 

Ordre clérical. (Goulain, Ration., B. N. 
437, f° 67 r°.) 

Abil clérical. {Stat.'de Poe, Val. Otl. 2962, 
f» 47".) 

Privilèges clericaulx. (Ib., C 49'.) 

CLERiCALEME!VT,adv.,d'uncmanière 

cléricale : 

Ayans pouvoir de prendre ses clercs non 
mariez ou vivans clericalemenl.(\a\T,Cout. 
de France, f 191 v».) 

CLERic.ATURE, S. f.. Condition de ce- 
lui qui est clerc, qui étudie pour entrer 
dans les ordres : 

A mon seigneur le seelleur de le court 
spirituelle de Tournay pour les letlrez de 
le clericalure dudil Pieret. (10 janv. 1429, 
Tut. et curât, des enfants Jehan le Pot, A. 
Tournai.) 

Aucuns juges jugent a l'adventure 
Sans sens, raison, loy, ne clericature. 
Ou justice est subalterne nommée. 

(Gringore, Folles entreprises, p. 45.) 

CLERIFIER, V. CLARIFIER. 

CLERiQUE, adj., qui appartient à Tor- 
dre des clercs ; qui est le propre des 
clercs : 

Et fui l'evesque laidement raboué, meis- 
mes le duc, comme un couart clerique. (G. 
Chastell., Chron.desD.de Bourg. ,\\\,no.) 

Afin de faire voir a la poslerité clerique 
que (1624, Le Pont Breton des procureurs. 
Varièl. hisl. et lill., t. VI, p. 256.) 

Jean de Boissieres composa un ouvrage 
intitulé De la vie clerique. (Colletet, Hist. 
despoèt. fr., Jean de Boissieres.) 

CLEROMANCIE, S. f., art prétendu, 

chez les anciens, de deviner ou de dire 

la bonne aventure : 

Par cleromanlie, comme l'on trouve la 
febve en guasteau la vigile de l'Epiphanie. 
(Rar., Tiers livre, ch. xxv.) 

CLEROiv, V. Clairon. — clerque, v. 
Clerc. 

cLERSEMÉ, mod. clair-semé, adj., es- 
pacé, en parlant de végétaux; fig., qui 



CLI 



CLI 



CLI 



10! 



se montre de distance en distance, de 
temps en temps : 

Grant aventure a en preudomme 
Trover, car trop sont clersemé. 
(Cdrest., Percerai, ms. MoDtp., [" Zi''.) 

Les vrays aniys sont bien cler semez. (!n- 
tern. Coiisol., II, xlv.) 

Aussi, ma fille, ne sciez point si muable 
ny volage de couraige que vous vous en- 
nuyez de gens de façon; ne controuvez 
pas les occasions pour ce faire... car au- 
jourd'huy, ilz sont si clers semez que quant 
on les a, on les doit bien cher tenir. {En- 
seif/nem. d'Anne de France, p. 101.) 

CLERTÉ, V. Clarté. 

CLERVEAXT, mod. clairvoyant, adj., 
qui discerne clairement : 

Clef veant. 

(P. deThau», Best., 991.) 

Li uns est cîercveiaum, et li autres cius. 

(Gaenier, s. T/iom., 752.) 

Qui seroit bien clerveans 
Il verroit que maus est neans. 

{Rose, 6321.) 

Maintenant je suy clerveant. 
{Les Dis des trois mors et trois vifz.) 

Car homme qui est clers voyens, 
S'ainsi fait s'oste de soussi. 

(EosT. Desch., V, 211.) 

Il est subtile et cler veanî. 
Bien entendant et arguant. 

(Mir. de N. D., II, 293.) 

Lynceus, clerveans. (Gloss. de Douai.) 

La torpille ha les ieux petits, pourquoi 
on dit qu'elfe est clair voianle : car ceux 
qui ont les ieux petits voient mieux. ^L. 
JoiB., Ilisf. des poiss. de Rond., III, 2.) 

Certains esprits qui pensent estre clairs 
voians. (Richelieu, I.ell., 23 mai 1629, III, 
316.) 

CLER VOIANT, V. ClER VEANT. — CLES- 

CHE, V. Clisse. — cletere, v. Clys- 

TERE. — CLETTE, V. ClISSE. — CLEU, 

V. Clou. — - cleuterie, -rye, v. Clou- 
terie. 

CLIC CLAC, CLAC CLIC, omomatopée 
exprimant le bruit d'un frappement stri- 
dent : 

Son maistre vint : j'ouyz le bruit : 
D'ont viens tu ? Clic, clac, sur ses joues 
Il frappe, i! congne, et Chariot rit 
Des grosses dens. 

[MonoloQUt Coi/uillarl, II, 228.) 

Plus ne portez les pantoÛes bridées 
Mais débridées pour mieux faire clac clic. 
[Reform. des dames de Paris, Adc. poéi. des •¥! et 
ITI' s., VIII, 246.) 

fxiCHET, mod. cliquet, s. m., claquet, 
claquette, pièce d'un moulin ; clenche, 
pièce d'un loquet : 

Pour serures, pour clikes, pour sakairs 
pour cascun huis. (129k A. N. KK 393, f 
13.) 

Si me resambic le clifiiiait 
Du molin qui cliqueté et bruit. 

[Fab. d'Oc, Ars. 5U69, f- 26'.) 



Si avoit un petit guichet 
De quoy je levay le clicJiet 
Quant levé l'eus j'entray ens. 
(G. Mach., PoéS; B. N. 9221, (' 



<.i'.) 



Pour une sierure a. n. clikes. ([^12, Compte 
du Massarl, A. mun. Valenciennes.) 

Pessula, cliquet a moulin. (Olln patella, 
p. 42.) 

Pour un petit verroul el ung cliquet a 
palette. (1400, Comptes de la chapelle de 
S. Pierre en Cliastres. ap. V. Gay.) 

Pour deux clincqiies mis a Puis de le loge 
ou demeure Jehan de Gand. (1407-1414, 
Compte des Froides Parojs, A. Tournai.) 

Une aultre sierure a ung cliquet. (19 nov.- 
19 fèv. 1435, Compte d'ouvrages, i' Somme 
de mises, ib.) 

Une sierure, deux clicquezel un busquoir 
servant a Puis devant sur rue. (21 oct. 
1433, Tut. des enf. Desgranges-Carheries, 
ib.) 

Que nul ne vende clef ne cbcquet pour 
porter hors, s'il n'a le serrure pour y servir. 
(1478, Stnt.desserrur., Reg. des stat., Arch. 
Abbev.) 

Ung cliquet a palette. (1490, A. >'. K 272.) 

Pour avoir fait le fons d'un toppillon de 
l'un des flacons de bouche, et reliait le 
clicquet de neuf. (Mai 1494, .4. N. KK, f" Ô7 
r°.) 

ilais les langues qui sonnent, 
Comme un cliquet tousjours le bruit me donnent 
De tous escrits, tant soient lourdement faits. 
(Cl. Mab., Epist . aux dam. de Parif., p. 150.) 

— Fig., coup : 

Prince, mon corps par voire se refet ; 
Des le matin et jusques au cliquet 
De la mie nuit me fait vins reconfort. 

(EusT. Descu., B. n. 840, f» 240.) 

— Claquement : 

Rruits de chariots et c\\e\s.\.\\, cliquet de 
fouets. (Paré, .\IX, 28.) 

— Fig., parlant des avocats : 

Et par le cliquet de la langue ils achatent 
les rentes, fies et seignouries des nobles 
et povres gentilz hommes. (Maiz., Sonç/e du 
viel pel., II, II.) 

— Partie de l'armure : 

Pour haliiller ung homme de pied ouco- 
louvrinier, lesdits fiefz ou arrière fiefz 
seient tenuz d'avoir un haulbergeon et ung 
demy teste, sallade, gorgerin,c/'9«evdefer 
pour le bras dextre. (8 fév. 1473, Ord. de 
Charl. le Témér., .\. Cote-d'Or, R 11722.) 

Le dit Guillaume fournira ung homme 
de pied, habillé d'un aubergeon, d'ung de- 
mi crest, d'une salade sans visière, d'ung 
gorgerin, de cliquez de fer pour le bras 
destre, de petites gardes, espee, daignes, 
eld'une longue picqueou coulevrine. (1474, 
Dérlar. deshailliarjcs d'Oslun etde Moncenis, 
2, A. Cole-d'Or, B 11724.) 

Clicquetz pour les hacquebules a crocq. 
(1.541, Réihune, ap. La Fons.) 

Cf. 11, 155". 

CLiCQUAivT, V. Clinquant. 

CLIENT, s. m., plébéien qui était placé 
sous la protection, le patronage d'un 
patricien : 



Client, qui s'est donné en la tutelle et 
protection de quelque grand seigneur, le- 
quel prend sa défense en toutes choses 
honnestes a rencontre de tous ; el pareil- 
lement en lousalfaires qu'il ha, il ha aide 
et secours de ce client. Cliens, clienlis. (R. 
Est., Thésaurus.) 

Le sergent ou client du fief Boutin ; le 
prevot ou client féal de Trille. (Trinité, ab- 
baye, ch. II, art. III, A. Vienne.) 

CLiENTULE, s. f., diminutif decliente: 

.Moy, Celestine, ta plus congnue clien- 
tule, par la vertu el force de ces lettres 
rouges, etc. (Xicoi.as de TnovE, Grand Pa- 
rangon. 241.) 

Raminagrobis invitoil ses clientules par 
ces mots : Orça. mon amy. que demande? 
vous au conseil? (Taboirot. Iliqarr., f 66 

v".) 

CLiG.\EME.\T, S. m., action de cli- 
gner: 

Guarde toi de malvaise feme etbiangierc. 
.Ne convoite mie en ton cuer se biautéque 
tu ne soies pris par ses faux cloignemens el 
ses faux regars. (Bib. hist., Maz. 311, f° 36".) 

Ne d'un seul oel le clugnement. 

{Anthot. pic, p. 11, Boacheris.) 

Clinement de l'yeul. 
(Advocacie N.-D., ms. Evr., f« 149=.) 

CLIGXE MUSETTE, S. f., jeu d'eufaiit, 
où l'un d'eux ferme les yeux tandis que 
les autres se cachent : 

Tant joua a clugnes ttiussectes. 
[Déb. de la dam. et de la bourg.. Vois. fr. des iv» 
etiYi' s., V, 29.) 

L'on va jouer a petengorge. 
Tous jouront a la queue au lou : 
Le commun a digne mussete: 
Grands et grandes a la fossete. 

(J. a. de Baif, Mimes, f" 6S r».) 

CLiGNETTE, S. f., jcu d'eufants où 
l'on cherche à attraper les autres en 
courant après eux : 

Item et si ne jouerez 
.\u siron, ne a cllgnettes. 
Au jeu de mon amour avrcz 
A la queuleuleu, aux billcttes. 
(Habciai, Am.rend. cordel., p. 591, éd. 1731.) 

Cf. Clignetes, II, 153% et Cluignette, 
II, 163". 

cLiGMER, mod. cligner, v. n. et a., 
faire un clignement : 

Mult li a ris et mull cïignié. 

(WiCE, Bnil, 8819.) 

Li chevalier les maneçoient. 
Et a crier les destorboienl, 
Et nequelent sovcnt clulgitoient 
Qu'il criaissent çou qu'il crioient. 
Par parole lor delTendoient. 
Et par signes les scmonoient. 

(ID., 16., 16209, var.) 

Il a clugniet un oil, el l'autre euvre a moitié. 
[Jehan de Lanson, Ars. 3145, !" 136.) 

Et Wistace au viel homme chtgne 

K'il fâche son conjurement 
Pour espoenter cele gcnt. 

( Vrita-^se te moine, 1 24 



no 



CLI 



Apres le glouton va tous abrives, 
11 clninge de l'orelge, si l'a hapé. 

{Aiol, 1041.) 

A ieus clugnu'S corro le voie 
Ne doit nus Loin qui se porvoie. 
( Vers de le mort, B. .\'. 837, fo 342''.) 

Bouche clorre, les ieus clttingnier. 
(.Des oins d'Ouan, B. N. 837, f« 217.) 

'. ) . Kt clurjnenl des eiilz. :iiible, B. N. 899. f 
[ I 2il r'.) ' 

El les œlz ovrir et clugnier. 

(0. LE Long, la Veuve, 37.) 

Mais il lui a fait signe et d'un oeul lui elungna 
\dtin qu'elle se taise. 

{Ciperis, B. N. 1637. f» 133 v».) 
Un petit de l'ueil cligner vueil 
Tant qu'elle viengiie. 

(ilir. de N.-D.. Il, 306.) 
Un petit cy clignier me fault. 

{Ib., III, 167.) 

.-. Clinez les yex. 

[Ih., V, 113.) 

— Infin. pris subst., action de cligner 
des yeux : 

Par fei, tu es de tel aago 
Que tu deis bien saveir d'amers 
Et les engins et les treslors 
Et les reguarz et les cligiiieis. 

Cf. II, 153'. ■ '''■'""■' '"■■' 

<:ligiv-oter, V. n.. cligner fréquem- 
ment des yeux : 

ClignoiWr, as clignelter. Cligmtter. To 
twiiickle, to winkeorien,and thick. (Cotgr. 

CLIKETER, V. CLIQUETER. — CLIMAC- j 
TERIQUE, V. CLLMATEniQUE. 

CLIMAT, .S. m., ensemble des condi- ; 
tions atmosphériques auxquelles une ' 
région est soumise ; cette région elle- ■ 
même : 



CLI 

Nous soiMines d.ins le règne clhnacleri- 
queAe-^ rois de France, qui est soixante et 
troisième: ee qui dénote quelque mutation 
se devoir l'aire. (La Koue, Disc, p. 17.) 

Nos doutes seront eclaireics, 
Et mentiront les proplieties 
t)i' tous ces visages palis, 
Dont le vain estude s'applique 
A clierchcr l'an elimaterique 
De l'éternelle Heur de lys. 

(JlALH., Od., 1600.) 

CLiiv, S. m., mouvement de l'œil qui 
cligne : 

l'our le deslourd'une main ou cling à'un 
ipil. (0. CiiASTELL., Ver. mal prise, p. 039, 
Uucli.) ' 

El qui ose bien mespriser vostre volonté 
et un seul clin de voslre œil 1 (Amvot, 
Jheag. et Car., ch. xviii.) 

El fait dissiper et esvanouir a un clin 
j d œil tous ces mauvais garniments, qui 

tenaient la ville sous leurs pieds. (Paso 
! Hec/i., m, XXIX.) ^ ^ ' 

Au moindre clin de l'œil du Seigneur des Sei- 
lls parlent de la main. [gneurs, 

(AuB., Trag., m.) 

Au premier temps les peuples et nations 
; se gouvernoient au dm de l'œil de nature 
; (Abel iM.iTTiUEi;, Devis de la langue franc, 
! 1" dev., f 27 r° ) j / . ^ 



Clein d'œil. (Liebaii.t, p. 618.) 
— Ane, léger mouvement : 

Alant acheva sa requeste. 
Courbant les genoux humblement, 
Et Jupiter, d'uu clin do leste. 
L'accorda libéralement. 

(RoNS., Od., I, 10.) 
D'un clin de la teste. 
(Cl. TuBaiN, Œm poét., Elég., II, 1.) 

Mais quand Neptune aussi commence a se calmer 
Que d un clein gracieux il regarde la mer. 

(HiHDv, Com., III, II.) 



'En chaus climas. (11. de Mo.nuev., B. N. 

— UoU, t oO.) 

Par toutes terres et par touz les cllmnz 
. ' ;"0"'''^- (O11ES.ME, Quadrip., B. N. 1349, 
f^ 3 '.) 

... Courir a grans estais 
Par les climas. 

(Eusi. Desch., VI, 272.) 
Les anciens astronomes divisèrent la 
terre en sept portions qu'ils appellerent 
climats, ce^l a dire descentes. (Comm. i- la 
septm. de Du Bartas, 1.J91, p. 43.) 

txiMATERiQUE, adj . , qui marque un 
moment critique: 

Les anciens philosophes et astrolo"ues 
ont prins garde que certaines années" de 
noslre vie mortelle esloient moût péril- 
leuses, lesquelles ils nommèrent cliimate- 
riques, a cause de la diction grecque, clima 
est a dire eschelle ou degré : pour deno- 
!r que telles années sont limitées en façon 
; degrez ou jambees, mais dllliciles a 
isser, durant le cours de la vie humaine 
riUGET, Div. leç., I, xli.) 

Il y a aussi des ans climacleriques ou pe- 
eux par qiioy tout septième an est indi- 
re. (Damimiart., Mero. du monde, 1'° 133 



Vous devriez estre contentes ne vous 
monstrer désormais tant revesches en leur 
! endroit, mais bien les récompenser quel- 
, quelois et les entretenir en vie par un gra- 
cieux chn de teste. (Lariv., Morf., proL) 

I Les saluant d'un petit clin de teste seule- 
, ment, comme font les nonnains en leurs 
I révérences claustrales. (.\.E,u ¥.nL,Eutrap., 

j Ainsi d'un clin de chef je l'ay desja promis. 

„. (Jasitn, il, 15.) 

! — Fig. : 

i Pourquoy s'offensent ils et vengent sur 
luy les vicieuses, puis qu'ils l'ont eux mes- 

■ mes produit en ceste condition faulive et 
que d'un seul clin de leur volonté, ils le 

1 peuvent empescher de faillir:' (Mo.nt , I II 

, ch. XXI, p. 339.) ' 

; Cf. II, 153". 

f:i,î.\CAII,LE, V. QlieNCaILEE. — CLIi>I- 
CAILLIER, CLI.XCQUAILLER, V. QuiNCAlL- 
LER. — CLIiVEMEXT, V. ClIQNEMENT. — 

txi\G, v. Clin. — «;Li:\Gi\ER, v. Cli- 
gner. — CMXKE, V. ClaNCHE. — CLI\- 
QUALIER, V. QuINCAILLER. 

1. CLiiN'«u.4XT, S. m., lamelle d'or. 



CLI 

d'argent ou de cuivre doré, argenté, 
dont on rehausse des broderies, des 
galons, des rubans : 

Or el cliquant. (1006, Fabr. Treguier, A. 
C.-du-N.) 

Rocquelaureavoil le plus de clinquant. 
(AuB., Mern., an 1570.) 

Clinquant d'or. (Carloix, 14, 12.) 
2. CLiXQUAivT, adj., brillant : 

Oi- clicquant. (0. delà Marche, Méni., an 
143o.) 

llii'iez vous pas que celle la (certaine tu- 
lipe)(est)du satin incarnat, loMe clinquante 
a or. (h. Bi.NET, Merv. de nat., p. 263.) 



Cf. Cliiju.\nt, 11, 154». 

cuivQUAivTER, V. a., charger Un ha- 
bit de clinquant : 

Tes généraux et autres chefs n'ont pas 
laisse de toucher quatre a cinq cent mille 
ecus. Il est vrai que la plupart d'entre eux, 
clinquantes comme ils le sont, valent bien 
pour le moins les troupes qu'ils s'etoienl 
charges de lever. (Placard du chev. de La 
Valette, a qui atjme la vérité.) 

Porter un drap tout clinquante'. 
Contre la saison et la mode, 
C'est une riche pauvreté. 

(S.-Amant, Epigr., XXIV, le Bien et le mal veslu.) 
Auro vestem texere. C'est charger de 

clinquant. Clinquanfer un habit. (Richelet.) 

CLUVQUART, V. CnOUART. — CLIXQUE, 

V. Clenche. — cliouaille, v. Quin- 
i caille. 

j CLiyuART, s. m., variété de pierre 
à bâtir, autrefois très estimée : 

I Marbre, cliqunrt, porceline. (1581. M. 
j DussEAU, dans Dict. gén.) 

1 Conserver la veue de la rivière par des- 

I sus un parapet de pierre de clinquart de 

trois pieds de hault. (1612, Lett. pat. pour 

lequay de Gesores, ap. Felib., Gloss. de 

tliisl. de Paris.) 

— Sorte de monnaie : 

A lluart Prendon.vi. cto(^«o,-i'i|ui valent 
monnoie susd. .viii. 1. .n. s. (14.53, Compte de 
ta prirolé el rhâlelenie de Fresnay, p. 27 
Arch. mun. Fumay, II, 1.) " ' 

Accorde a la partie du bon meslier de 
la batterie de ceste diste ville prendre et 
avoir la somme de .11. c. escus philippus 
d or nommes clincars de Namur. (14 juillet 
U60, lieg. aux missives, C 40, A. mun Dî- 
nant.) 

Laquelle bource ils lui osterent et n'v 
trouvèrent que trois dez el un quinquarï. 
(1469, A. N. JJ 197, pièce 73.) 

Cf. II, 155". 

cuquaudi.ve, v. Quicaudaine. 

CLIQUE, s. f., bande de gens que l'on 
considère comme soutenant qqn, qqch, 
d'une manière peu honorable : 

C'est, ce dist elle, une saulciere 
Et une volant messagiere 



CLI 

Qui a tost (lit et racompté. 
Ce que le cueur a commandé, 
Maie voisine est elle dicte 
Autrement a nom maie clique 
Pource que vou [en tiers mcsdit 
Et vilenie assez tost dit 
Quant les bons morceauk a louché 
Et des bons vins a essayé. 
(G. DE DiouLLEv., Trois pèlerin., t' 55'.) 

CLIQUET, mod., V. CiJOHET. 

cnQUETA.\T,adj., retentissant comme 
une cliquette ; retentissant en général : 

I.es foudres epoisses et cliqueliinles. (.\o- 
GIIER, Hisl. lo/os., p. 137.) 

• xioi'ETER, verbe. — N. , produire un 
cliquetis : 

Que aucuns des devant dis barbiers ou 
barbieresse ne soient si hardis qui voist 
cUqaetnnt aval le ville disans de maison 
en maison: Voles vous rere?(l'270, an Tail- 
liar, p. 310.) 

Lors s'atorna comme mcsiel... 
Dont commencha a cliketer. 

[Eust. le Moine, 1399.) 
Quarriaus traient au cliqueter 
Et font l'espringale geter. | 

(Gliart, Boy. limjn., t. II, v, 8650.) 

[iiept bag. de Rome, Ars. 3354, f> 14^.) 

(ri'pt n.*""' °"^' ^''■9"«'^'- ses dens l'une con- 
tre! autre corn me une sigongne.(^n-. rfo/n.. 

Et n'a dent qui ne luv cliquette 
[La repeiie de Villon et de »«■ comp„i,jnons.) 
Abbatez boys et clicquettez 
Comme une cygongne qui couve. 
[.■^et. deaaposi., vol, II. f« 41 



CLI 

CLIQUETIS, S. f., bruit sec que font 
certains corps sonores qui se heurtent : 

Firent tel cliquetis... 
Que ce sambloieut fevres sur enclumes forgeant. 
(Cuv., U. du Guesclin, 22341.) 

P,™,'^wly^'^'''' 'Charbons. (/>,-or., ap. Crap., 
l'rov. et dicl. pop.) ^ 

La avoit grant cliquetis d'espies, de da- 
VI,''30o ) '^'''^'°"" ^l'armes. (Froiss., C/imn. 

ifi!.y'"'^"^o' '•''* *™'^*- (FossETiER, C-on. 
Marg., ms. Brux. 10512, L\, m, 5.) 

CLIQUETTE, S. f., sorte de casta- 
gnette : 

Je voy venir de gent foison : 
Mes cliquettes me fault hochier. 
Vostre aumosnc. mon seigneur cliier, 
A ce malade. 

(.Vi>. de N.-D.. III, 258.) 
Une clochetteet unec/iquecie de lenebres 
quon sonne en portant nostre seigneur 
parmy la ville. (1488. Matrol. de S. GeZ 
lAux., A. i\. LL 7'28, f> 79 r".) 

Mais j'ay ouy une cliquette 
Sonner a la porte devant 
Je croy c'est ce moseau puant 
,, ,.. Qui vient tous les jours au disner. 
273 )^ "' *' '""""• "■'"■ •*°=- II'- '■■•. Jll, 

— Loquet : 

Fors seulement baiser la cliquette de 



CLO 



i\{ 



Xoiis vous avonsouy de bien \o\nKrliqne- 
ter; et escoules ne doivent avoir riensqui 
clicqup. (J. LE BUEU., le Joueeucel, I, 206 ) 

Jeavoys si granl froyt hier en chevau- 

cSJ^^^st:;^,^"';ïirp.^)''''"^^ 

Comment l'arbre clicquettoyt quant le 
vent la rompit. (1d., p. .500.) 

Leur défendant plus aller ne quester 
■nendier ne rliquete,- par les vilb-s^t -^ 
lases. 19 déc. 1543, Ord. de Fr. '', Von e " 
des ord., 2° v., p. -jo.) i-onier. 

Qui suivant son dessein, fitc?,-c,y„.^,,.les armes 

?/"2H )"' ^'""'''■' '■''«■ ''•• ''•=» "'<•■' ",.,.: 

— A., faire heurter bruyamment : 

Et cliquetaient l'une machoure a l'autre. 
[Puis, de J.-C, Maz. 1313. f» 51..") 
Lors il selieve ainsy comme eslourdv 
Ijourt et farouche, et n'est point si hardy 
Quêtant de paour que de froid il ne tremble 
fcn cliquetant les machoucres ensemble. 

Ve\ouèT ^.'""^" '" ""■ '" '"'"'"'""' ''^ ''"'"'' 

~ Agiter le.s cliquettes des lépreux : i 

... Je vueil. corn mesol I 

Cliqueter ci ma Lnrlaric. j 

Ha I mon seigneur, n'oubliez mie | 

Ce povre ladre, t 

OVir. de .V.-/)., iv^ 54) j 



Deux chenetz a roelle guarnys chascun 
de Iroys conlreroliers et d'une clicque e. 
i N.' z-'^mT -"' "'''"''' ''''"'"'' 



CLiQUETTERiE, S. f . , bruit retentis- 
sant comme celui d'une cliquette : 

Justice l'a a coups d'artillerie 

De Cham Gaillard chassé dedans Copeaui 

Uu 1 pourra, a grand cliquetterie 

Far le moyen de bonne rusterie 

A mainiz connins casser voynes et peaulx. 

fUh' aT^T-,^'^''"'' ''" -"""demoiselledu 
lallau, Adc. poés. des iv et xvi" s„ XIII, 42S.J 

CLISSE, s. f.. osier tre.ssé dont on fait 
des claies pour égoutter le fromage, 
dont on entoure une bouteille de verre 
pour l'empêcher de se casser : 

Do eus est aie grant compaignie 
Por aporler foies e clices 
E laz e mairiens e palices 
Que li Danois aveiont fait, 
De loinz aporlé e atrait. 

(Bem., il. de .Vomi., II, 5682 ) 

rf'Sr).^"295.f"''" <"''"•""'-'• ''«^- 

^^Un panier de rll.sse. (.Mont., Voyag., p. 

cLissEii, V. a., garnir d'osier tressé : 
^Jîouteille cUuee. (lt,M,., Tiers liv., ch. 

Puis mes cli.i.tees corbeilles. | 

(Fa. Peubib, Pourtrait. !' SO 7".) ' 



Pomone va chargeant le devant de sa robe 
tt ses chssez pan.ers de fruits aigrement douï. 
(Du Babtas, 1" sein., 4« j., 030.) 

CLISTERE, mod. clystère, s. m. et f 
lavement, remède : 

Doner médecine nar r/elpr,> ir,;„„ , 
ms. Montpellier, H 4'7! f» 1 le'.^ ' <^'^''^'^^' 

B.'N.'2"02;rf« 59') ""' ''"'"•' "'''"■ '-■"■''''•■' 
^^Clisteire. (Li,. de fiùg., ms. Turin, f» 28 

Clislere. (J.lb Feviie, IV, 617.) 

mSf94!;'''''''""^'"^°'^°"o".Au- 

MieuU vous vaudra qu'un crislere 
(E. Desch., Œud., i, 19, Tarbé ) 

aii3'^S'^<;'''="r-''^^'"^-'^^^ 

(1433, Journ. d un bourg, de Paris, p. 295.) 
^_^^c,/,-..GIystretolalcealaxe.(lULSGR., 

Quelle honte donques est co ■„.■ . 

CUslolre. (Jard. de santé, I, 1.) 
Clistaire. (A. PiERriE, Const. Ces.) 

CLisTERiQUE (à la), locut., ressem- 

blant au bout d'un clystère, c'e.st-à-dire 
ecourte : 

la petite esnee. ri(il7 u ^. '", '"y"'9«e, 
Var. hist. et litt., I 12.) *'"' ^'''"'^°''' 

CLisTERisATioiv, mod. clystération. S 
t., action de nettoyer avec un clystère- 

CLiSTERisiER, mod. clystértser, v 
a., administrer un clystère à qqn. : 

uicâl^?-''''Tu''f''''''^ "^^ clistere mol- 
uiicdtil. {Griint Herbier, f° 6 v".) 

Jii^^te"';?:;'^"'^'-'^"'^"'^"'--. ^'y- 

CLISTOIRE. V. ClISTERE. 

_ CLITORIS, S. m., petit organe charnu 
a I entrée de la vulve: 

Clitoris. A womans privilies. (Crr.R.) 

CLO, v. Clou. 



CLOAQUE, s. m. et 1'., t. d'hist. rom 
égout : " 

aez sous terre pour icelles yaues fera des- 



112 



CLO 



cendre on Tvbre. (Bers., T/te-lii'f, ms. Ste- 
Gen., f 20'.)" 

Cloacque.{lIisl . et s. prof'., Ars. ^079, f° 86 
v°.) 

Une cloaque. (Du Ham.lan, llist. d'Anjou, 
f 22 r°.) 

Clouade. (Vers 1565, Ord. de la mais, 
comm. de Toulouse, A. mun. Toul.) 

CLOCER, V. Clocher 2. 

CLOCHAiXT, adj., boiteux: 

Ernulf vint contre lui, c7oc7;a/;^, desfigurez, 
(Wace, Rou, i' p., 1936.) 

.VIII. i|uarLels et .i. bicliet avoine, a la 
mesure de Sencey, pour li roucins JolTroy 
qui demorat c/ochans a Sencey, revint au 
l'ont, et y demorat adez clochans par l'es- 
pace de .i.\. semaines. (1321, A. iMeuse, B 
492, f° 140.) 

CLOCHE, S. f., instrument d'airain, en 
forme de vase renversé, qui produit des 
vibrations prolongées par le moyen d'un 
battant suspendu dans l'intérieur, ou à 
l'aide d'un marteau extérieur : 

Com labors o toneires o gr.-int cloche qui peut. 
( Voy. de Charl. à Ji'i-us., 359.) 

En querole loent son non. 
En cloches et en psalterion. 

(Libri psalm., CXLIX, Oxf., p. 337.) 

Partot ont viles et paroiches, 

Et marrederies et cloches. 

Trop plus qu*îl n'avoient devant. 

(GuiOT, Bible, 1228.) 

Les cloiches de l'abaie pristrent au soner 
de lor gré. {Vie saint Pereqrin, B. N. 988, 
f 93».) 

douche. (Le chevalereuj c" d'Artois, p. 
21.) 

Au son de le cloque ilu vespre. (2 janv. 
1444, Reg. aux public, 1443-1450, A. tour- 
nai.) 

Clnuc/ie. (G. de Sevturiers, llist. de l'abb. 
de .S. Claude, II, 311.) 

— Meltre la cloche au chai, exciter 
les disputes : 

Jouan Pretin, (-|iii metloil le feu aux es- 
loupes, et la cloche au chat. fDu Fail, Prop. 
rusl., p. SO.) 

— Vêtement de dessus rappelant la 
forme d'une cloche : 

Comment voit on ces dras, ces doives bouton- 

[nees, 
Ches laisses, ces corroies toutes enargentees. 

(GiLLON LE .MuisiT, H, 277, T. 27.) 

Et se donne a Jeban de Gaure mes dras 
melles, si comme de sourcot, de cote, et 
de cloke. (9 nov. 1314, Tesinm., A. Tournai.) 

Je donne a MiUiel de Sainte Crois, men 
cousin, me cotte hardie et me cloque dou- 
ble. (28 février 1336, Testameul Mikiel d'A- 
vesnes, chirog., .\. Tournai.) 

Pour .VII. ausnes de drap, dont li dis 
Masses eut une cloque et .i. capron dou- 
bles. (1336, Compte de Dierins Crissembien 
pour les enfants de feu Nicolas de la Foy. 
Compte de tut. et curât., layette 1340-1359, 
ib.) 

A Robert, cousturier, pour.ii. coles har- 



dies foi 
hieus l 
Waud) 
curât., 



CLO 

urcr une dohe. (1352, Compte de Ma- 
'oupelies pour les enfants de Pieron de 
■ipont. Fonds des comptes de tut. et 
layette 1340-13.59, ib.) 



Qu'il ne soit pisseniers, qui. en vendant 
pisson de mer, ait cappiel sour sen quief, 
cloque vieslie, ne soit sur patins, ne ais- 
sielles. (VMÔ-lihi, Reg. de la vinnerie, ord. 
du 21 mai 1381, f» 139 r", ib.) 

Cf. 11, 156". 

CLOciiEMEivT, S. in., actiou de clo- 
cher, de boiter : 

Il faut estre advisé de n'attenter la cure 
par incision en l'homme débile et vieux, 
et mal i.'omplexionné, et toussilleux. Car 
a tels sullit de les préserver avec médica- 
ments, et les laisser vivre avec leurr/oc/ie- 
ment. (Jour., Gr. chic., p. .565.) 

ci.ocHE PIED (a), Ioc. adv., en tenant 
un pied en l'air et en sautant sur l'au- 
tre : 

Le duc s'advisa de jouer encor avec eux 
a qui monteroil le plus vistemenl a cloche 
pied\e6 degrés. (Cavet, Chron. nov-, p. 300.) 

— Fig., maladroitement: 

Quand nous fumes assembles, que tout 
fut prêt, le vin dans les vaisseaux plonges 
en l'eau fraische, pour se refraischir (aussi 
le pratiipier autrement seroist boireac/oc/ie 
pied.) (Beroalde, Moyen de parvenir, chap. 
intitulé Songe.) 

1. CLOCHER, v.n., sonner de la cloche: 

En quelques endroits clocher n'ha pas 
seulement la signification ordinaire, ains 
se prend aussi pour sonner une cloche ou 
une clochette. (H. Est.. Prec. du long, franc., 
p. 186, Feug.) 

— Retentir, en parlant d'une cloche : 

Faisant clocher une telle campane 
Qu'on met au col d'un mulet ou d'un asne. 
[Disc, de la vermine et prestraitle de Lyon, Poés. fr. 
des IV* et xvi" s., VU, 43.) 

2. CLOCHER, S. m., partie élevée d'une 
église où sont suspendues les cloches: 

Par Saint Yvautre dont je voi le cloquer. 
(Raimb., Ogier, 4137.) 

A main destre estoil li closchierz del Sé- 
pulcre. (Cont. de G. de Tyr, ch. iv.) 

Uns clochers. (Liv. des hisl., B. K. 20125. 
f 137 V».) 

Vaine gloire est li granz vanz qui abat 
ces granz torz et ces granz claichiers. (Lau- 
rent, Somme, B. S. 938, f 13 v°.) 

— .1)/ dessus du clocher, très haut : 

Puis, courant au devant de son compa- 
gnon, qui rechassoit la baie, et la recevant, 
larejetleen hauld'unetelleforceet adresse, 
qu'on la voyoit piroueter en l'air. Toute- 
fois il la jette, ny trop haut, ny trop bas, 
et ne lu jette, comme on dit, au dessus du 
clocher. (Merlin Cocc, III.) 

^Ci(;f/(e;'a?'rfen/, feu perpendiculaire: 

Clocher ardant,eil une impression de feu 
engendrée d'exhalaison, inesgalement dé- 
liée et espaisse, en laquelle ce qui est léger 
s'y esleve en pointe, et ce qui est pesant 
s'eslend en large. C'est pourquoy aucuns 



CLO 

l'appellent pyramide, d'autres feu perpen- 
diculaire. (La Frambois., (Eue, p. 7.) 

cLociiETE, mod. clochette, s. f., clo- 
che de très petite dimension : 

A la clohete et a la muse. 
[Clcans., op. Bartscli, Rom. et Past., II, 57, 10.) 

Nés les clochetes ki pandoient 
Qui cleremant relantissoient. 

(Dolop., 8147.) 

A Saint Nicolal 
Commenche a sonner des cloquetes. 

[Ad. de la Halle, // .lus .Adan, p. 344.) 

Mont estoit l'uevre bêle et gente ; 
Clochetes d'or i ont bien trente. 

(ROB. DE Blois, Beawtous, 603.) 

Clokete. 
[Kassidor, ms, Turin, f" lût v*".) 

Noia, eschelette OU petite c/ocAeie. (G^ss. 
lal.-fr., ms. Monlp. H 110, f" 194 r".) 

La fu commandei que une clochele seroit 
portée avec Corpus Domini. (Ménestrel, 
S 145.) 

Un repos de Jhesus, a .v. esmeraudes, a 
perles, et Aexxyicloqueltes de melan. i,17 fév. 
1460, Exécut. test, de Jehenal Despars, .\. 
Tournai.) 

Campanula. Petite cluchelte. (1487, Gloss. 
lal.-fr.) 

Bedons, clairons, cloquettes et sonnettes. 
(MoLiNET, Faîctz et dictz, f" 55 r».) 

La clocquelte de le porte Moreau.(l'"'oct. - 
30 mars 1533, Comp/e d'oHwoi/es, 4" Somme 
de mises, A. Tournai.) 

C'estoil la couslume des François de ce 
temps la de pendre des clochettes au col 
de leurs bestes, a fin de les ouyr si elles 
s'esloignoienl en paissanl. (Fauchet, Anliq. 
gaul., r 82 r».) 

Cf. 11, 157\ . 

CLOCHETEUR, S. m., hoinme qui pré- 
cédait les convois funèbres tenant à la 
main une clochette qu'il faisait sonner 
de temps en temps : 

Baoules li cloqueleurs. (1326, A. N'. JJ 64, 
f» 239 V.) 

Willame le clnqueteur. [Livre claulé des 
chap. de N. D. d'Arras:, C 21 V, év. d'Ar- 
ras.) 

llulot le clorleur. (l" mars 1346, Sept- 
Fontaines, A. Ardennes 11 196.) 

Clocheteur, ou recommandeur des trépas- 
sez, pour recommander aux prières des 
bonnes gens ceux qui sont décédez la veille 
dont lui est baifté mémoire. (1586, Ord. de 
l'échev'mage d'Amiens, ap. Laborde, Emaux, 
p. 217.) 

CLociiiER, mod. clocher, v. n., boiter, 
au propre et au figuré : 

Li fil estrange clocerent de lur sentes. {Ps. 
d'Oxf., .Wll, 46.) 

Bien fu fieres (le destrier), pas ne cloça. 
(Cqrest., Perceval, 44103.) 

Ne droit ne corrent mas ctnkhent 
Cil qui remuent lor maisons. 
[Poème atlfg., Brit. Mus., aJd. 15606, f« IS".) 

Le cheval qui durement cloche. 
(HuoN DE Meri, Tornoiement Anticrist, B. N. 25407, 
f» 219°.) 



CLO 



CLO 



CLO 



113 



Por ce me plaing et si ai droit 
Qu'en ceste court cloche le droit. 
(R. DE HoD., Mi'rauijis, ms. Vienoe, £"8*.) 

Bien gai de quel pie vos clochiez. 

IJIose, B. N. 1573, f» 78-1.) 

Quar la vérité s'esprova 
Eu ce que cloychans se trova (Jacob). 
(.Macé, 'liihte. B. N. 401, f» It».) 

Mon ami, monstre moy ta cuisse 
Dont tu cloches. 

(.1/iV. de N.-n.. VI, 7b.) 

Va Caries tXo Labrel qui cloca dou talon. 

[Clp'oîi. destines de Bourg.. 1040;*.) 

Hantez It-s boiteux, vous chclierez. (N. 
lit F.iiL. Entriip., XI.X.) 

Se mocque qui clocqne. (R.Mi., Tii'rs lie, 
cli. x.xiv.) 

La débilité de l'entendemenl Imniairi, 
lequel, pensant suivre la droiete voie, c/o- 
rlie et chancelle. {C..\lv., [nslit., II, ii.) 

Quand il s'apperceul qu'elle esloit boi- 
leuse, se tourna (un patient) vers le bour- 
reau, et luy dict : .Vllaque, attaque, elle 
cloque. (H. KsT., Apol., p. 17ti.) 

Penses tu que je ne te voye pas bien et 
ne sache de (juel pied tu ctoc/tes ? (L.\iiiv., 
les Jaloux, II, 6.) 

CL0<;TEUR, V. Cl.OCHETEUn. — CLOE- 

ter, v. clouten. — cloetteiiie, v. 
Clouterie. — ci.oicxemext, v. Cligne- 
ment. 

CLOiso.v, s. f., séparation en maçon- 
nerie légère, en menuiserie, dans une 
maison, dans un appartement: 

Et la cloison du mur quarrc. 

(Ilose, 515.) 

C/oiessoii. (Cornm. s. les Ps., p. 248.) 

Clo.iOn. (1312, .\. .N. JJ 48, f° 112 V.) 

Au mouton d'or fist la cloison 

Dont Jason conquist la toison. 

(J.Lc Fevbe, Mallieolus, II, i045, Vao Hamel.) 

Que cil qui onsi non descloreit après la 
pruniierç flour, cliascon, quel qui soit, non 
obslanl lu ban cy apre.s escript, puni sain 
olletise rnniprc telles clusion et mellre ses 
bestes por pasturar didant la closun ropte. 
(142-^, Arch. Krib., V coll. de lois, n° 308, 
f 90 V».) 

I.a clouason de bovs. (1449, Comptes de 
S. Sauv. de Blois. B. N. 621.j, !" 20 r".) 

— Barra.^e de rivière : 

liiiiz ou clusoHS assis en la rivière de 
liebre. (I37b, Ti: enl. la prieuré de Marsei- 
f/iie et le seir/n. de Ctiamboril. Marseigne, 
laligni, A. Allier.) 



CLOISTRE. mod. cloître, s. m., partie 
d'un couvent qu'une clôture sépare du 
reste du bâtiment ; le couvent, le mo- 
nastère considéré comme séparé du 
monde par une clôture : 

Il l'ont en bicre dedans le clotre mis. 

{Girb.de .Metz, p. 49D.) 

Dune sunt H clievalier dedenz le cloistre entré. 
(Gins.. S. rhoiii., 5377.) 

Clostre. 
[Rose. ms. Corsiui, f" 25''.) 

En la dicte ville et ou claustre de Lyon. 
(1336, Charte roi/.. Cart. niun. île Lvon, p. 

91.) 

fUi claire Saint Sanson d'ilrliens. (13.48, 
Prieuré de S. Sans., A. Loiret.) 

La |inrte du clou.itre de Saint .lohan. 
(1389, Lit venue a Lyoudu ruij Ctinrles, Cart. 
inun. de Lyon, p. 3(19.) 

Clouestre. (Compl. de S. Genii. rAu.r.,.\. 
N. LL 535, f" 6 v».) 

— Par extension : 

\ oire se savoir le pooie 
Le nom vo inaistre aussi le vostre 
Puisqu'il demeure en si beau clostre 
Com veci, c'est un grant seigneur. 
(Froiss., Poes., B. N. 830, f' 6 r'.) 



Cf. II. 159\ 

CLOISTIIIEK, 

cloître : 



adj-, qui vit dans un 



Cf. Il, 158'. 

ci.oisoxxEi'.v, adj., qui forme une 
cloison : 

Paroy, rloisomieuse. (La Poini-..) 
ci.oisTit.\L, adj., de cloître : 

Us élisent un président, sçavoir Bertrand 
de liollifinac. prieur (7o(s/)-«/. (C/iroii. de.f. 
Tarde, 20U.) 

Prieur f/oi>/r«/, (20 iuill. Iill'.l. \. \ 1,1 
1398, f" 19.) ■ 

T. I.\. 



Face mander tos les moignes cloistriers. 
(Raimb., Oijiei; 106Î2.) 

Dites a l'abbé que vestuz 
Soit moine, s'il m'a de riens chier 
Et que désormais soit ctoisfrier 
A la salelte. 

i.Uir. de .Y. /).. II, 297,) 

■ — ■ Substantiv. : 

Voil enfin devenir cloistrer. 
Nul autre ricbesce ne quer. 

(Ben., D.deNonn.. II, 12205.) 

Mes li cloistrer ne sevent uiie 
Qui cuident aveir dvire vie 
Pur ço k'il sunt encioz detlenz, 
Quels est la peine e li turmenz 
Qui sunt es lins dunl nus parlum. 
(.Marie, l'urf/, de S. Patrice, 1419.) 

Cloistriers ont tou/ jors tant de painnes, 
! (li, DE r.oiNcl, ,V(>,, m3, Soiss., f" OC".) 

Dex com mal font cil prestre et ril cloisirier 
■ Qui si main clianlent, la nuit welent cliangier. 
U'nird. de Bltiiiiies. 672.) 

Prelaz et e/oi/i'iere. (I..\i:iu:m, .s'owme, nis. 
Chartres 371, P 19 i-".) 



— Cardien du cloître : 

.\ tant ez vos l'ahé qui laiens vient. 
Et le prions et avoe le ctosirier. 

[Loi,., ms Montp.. 212'!,) 

Li cfo,v/r/e;-di)ient wardrrlii clostre. (Cen- 
sier de S. Paul, (° 7 v", sans date, xin" s., A. 
Mos.) 

Sinionz, rlostrierz de Saint Savor. (1262, 
Cart. des. Smw. de Metz, B. X. I. 10029, f 
50 r".) 

— .^dj,. du cloître : 



Que après le veu de la vie eloislriere nulle 
autre n'apiiarisce. [Trad. du miroir hist. de 
Vinr.de lieauvaii. Val. Chr. 1511, Not. et 
extr. des mss., XX.VIII, 177.) 

Que ne suis je dedans un mur cjoistrier, 
.Sans jamais venir ne souleil ne lumyere! 
(Rouertet, Débat du boucanier et du i/orrier, ap. 
Joly, Poé.-i. inéd. des xv et xvr' s., p, 47,) 

— Fém,, cloislriere. femme qui vit 
dans un cloître : 

Nule riens tant religieuse 

Pse abaesse ne prieuse 

No cloistriere sage ne foie. 

Se on la v[u]elt melre a escole. 

(Maître Elie, .'1/'^ d'uni.. 567,) 

«I.OITIER, V.ClOUTIER. — CLOITRIER, 

V. Cloistrier. 

cLopixER. V. n,, clocher, traîner le 
pied : 

Le malade clopinera tousjours quelifiie 
peu, (P.VBi::. VIII, 37,) 

CLOPORTE, S. m,, petit crustacé iso- 
pode qui se plaît dans les lieux sombres 
et humides ; 

.\ssi./ fie vei-mine i avoit 

Et de bariennes et de choplotes. 

( lie de.i Per.. Ars, 3641, f» 143",) 

Cloporte, closeporte, (Jii.N,, Nomem-L, p. 
58,) 

Cleoperles, c'est une bestelette qui aynie 
lafienle,et tousioursyilemeure.(A. Pikrre, 
Cottst. Ces., ,XI1, 9.) 

C/oo/)0)-i«.s, a'ulrementponrcelets de Saint 
Antoine. (I), ni: Si:rr,. p. 912.) 

CLOQUETEUR, V.ClOCHETEUR. — CI.OR. 

V, CliiHO, 

ci.oRE, verbe, — A,, entourer d'une 
barrière qui empêche l'accès : fermer, 
au propre et au fi,!;-, : 

Et chevaucliierenl trosque a une terre 
qui Eqiiise est apelee, que la mer rlooit 
tote l'nrs que une part. (Villeh., ;; 451.) 

La cbambre cloent. 
(G. UE CoïKci, Mir., ms, Soiss,, fo 202'',) 

Gloire de mur. (1240, Cart. S. Vinc., B. 
N. I. 10023, r 35 V".) 

Mes Arigitie clodi l'oreille et non les vou- 
loit oir ne veoir. (Aijik, Ysl. de H Norm., 
V, 27.) 

Puis rtouil la lettre et la scella et bailla 
a Pandaro pour l'envoyer a Brisaida. [Troi- 
lus-, .Nouv. Ir. du xiv" s., p. 287.) 

Elc/ossirent la porte sur eniz. (La Passion. 
ms. Dijon 298, f° 182'.) 

Li uns le recevoit en granl Iionnor faisant. 
Et li autres li vont les grans portes cloant. 

(t'.UT.. /l. du Ouescl., 593.) 

Le conte de Saincl Pol,qui bien seinbloit 
chief de guerre, el monseigneui' de llault- 
bourdin encores plus, i-iunnianilei-ent qu^ 
on amenast le cliarroyau propre lieu la on 
nous estions, et que un nous cloysl. (Co.m.m., 
Mém., 1, 4.) 

Lors commença a languir, tournant les 
yeulx en la teste en la manière de c.eulx 
qui meurent, maintenant les ouvranl, puis 



15 



M4 



CLO 



les rlûiiaiit. {O. M\\i.\.\i:ii. Illsl. di' la Prix- 
s'ian, p. 00.) 

L'osU'l est scnr, mais qu'on le cloue. | 
(\iixnN, r,r. Test., 1001.) 

l'Liis leva la main dexlre la rlowmt en 
(elle J'nc/.on, r|u'il asseinbloit les Ijonlz de 
Ions les doinl/. .•nscnilile. (Uaii., Pfinliigr.. 
i-li. xix.) 

— N., se fermer, être fermé : 

]1 osl. aisé d'enlrer dans le palle séjour, 
La porte y est ouverte et ne clo.'tf nuict ne jour. 
(Harnieb, Uip}wl.. II.) 

— Clos, p. passé, fermé au propre et 
au figuré : 

En te! travail et en tel peine 
Fil la reine une semaine ; 
Ne nuit ne jour nen ol repos. 
Ne por dormir nen ot Poil rJos. 

{Eiirn.l, 1433.) 

l-'ame doit rire a bouche close, 

{lîose, nis. I^orsini, f"* 911".) 

La porras dire mont de choses 
Qui seront couvertes et closefl. 

[La Clef <Vmnourft, 853.) 

De loinj; Uii tirasles le seci'cl de sa poi- 
li-ine, combien qn'il le tenist. fort, clou.r, 
(|iianL vuus le Irouvastes sur le lit plou- 
ranl. (Troilus, Nouv. fr. du xiv' s., p. Iû2.) 

Manlel rond et tout clou.r. i llùri, EtI, de 
S. J, de J'}r„ r Ô3^ .\. ll.-Gar.) 

Femmes n'ont jamais le bec cloft. 
{Farce de l'obstination des fem., Ane. Tli. fr. , 1, 30.) 

Se tenùille duc dur, hault et doux envers 
la coronne de France, en toutes obéissance 
ou il povoit résister. (Le Daiid, Hiil, de 
llret,, c. XLV.) 

11 ne dlct ni ne faict, car ce triste mi.acle 
Cfoisoif la bouche a tous qui sont sortis de la. 
(Laspurise, A'ouk. Tragir., .\no. Tli. fr., VII, 487.) 

Les aureilles closes aux llatleries et aux 
menteries.(l)u Vu.lars, ,Mé>it., XII, an 1S60.) 

Poui' courir a cîu.v yeux aux hazards de la guer- 

[re. 
(Desport.. Eletj., I, xi.) 

— Leilrcs closes, lettres cachetées : 

Lettres clouse.i, {\?j\\'ô,Comiile de l'évacua- 
tion anglaise, A. N. KK 322, C 36 r°.) 

Pour un aullre voyage par lui fait en la 
ville d'Amiens on il [lorta lettres closes de 
par lesdis prevoslz et jui'ez adrechans a 
Monseif-'iieur le bailli d'Amiens. (20 mai-20 
août 1408, Compte d'ouvrages, 1'° Somme 
(le mises, A. Tournai.) 

Cf. Clos 1, 11, 160'. 

<;i.os, s. m., terrain cultivé fermé de 
murs ou de haies : 

N'avreie anuit paiz ne repos 
Se il giseit dedens mon clos. 

{Yie de S. Gr,',j., p. 80.) 

Le cliius don val Saint Martin. (1267, Cli, 
lie J. de Chaste/Ion, A. Loiret.) 

Ont adul la veiideymetlu c/;o«.rde lions, 
au collier conlel. (1382, CompL de I', Ser- 
rer, prév, de Monthrisson, .\. Loire.) 

Un manoir avccques le clou.r tenant en- 
semble. {1 101, Dennmljr, du haill, de Rouen, 
A. N. P 307, f 82 v°.) 



CLO 

llng clotu- de vigne situé empres ledit 
<'liasteaul du costù devers orienl. conte- 
nant environ vingt six ouvrées de vigne. 
(26 juin. 1481, Extrait du papier et terrier 
du domaine de Saint Yiiolitc, A. N. 0' 101 1.) 

Un rlou.r <le m.iison joignani a ladite 
chapelle, auquel il y a trois chambres, el 
au dessous d'iceluy une antre maison. 
(L'i38, Terrier du prieuré de Chatiiprhunoux, 
Méni. de la Société Eduenne, .XI, 13.) 

— Action de clore, de terminer: 

iJepuis qu'il vint en llaynnau jusques au 
clos de ce compte. (1°'' sept. 1408, Compte 
de la rec, gén. de Hainaul, (° 79, A. Nord.) 

<:i.o>iCL'i., V. Qur.octu,. 

Cl. OSE, s. f., enceinte de murs, clô- 
ture d'une .ille ; 

A Dieu, têtard de Tholose : 
<)uoy que tu puisses gronder. 
Tes capitoulz ne ta clu.ie 
Plus ne te sçauroient garder. 
[L'.idicu lie la messe, Poés. iV. îles xv^ et xvl" s., t. 
XllI, p. 357.) 

CLOSEiuiî, S. f., petite ferme avec 
enclos : 

Pour la c/oH.sc/ le du hault Volay. (I4i9, 
Compte de S. Saur, de illois, D. N. 6215, P 
1 r°.) 

CLosïiiitic, niod. clôture, s. f., bar- 
rière qui clôt : 

Rompent chevilles et clostures, 
L'eve i entre par les jointures. 

(Eneas, 219.) 

Car quant il naist et ist de sa povre cloufure, 
Ne se puet remûvoir, chiet sor la terre dure. 
(Herman, Ilihle , ap. J. BoDDttrd. Trad. de la Bible, 
p. 41.) 

Cloiture. 

(Id., ib., ms. Oil., t" 13 r".) 

Cloulure. (1316. A. N. .M .Ù3, f> 21 V.) 

Cloutwe. (1331, Compte de Odartdc Lui- 
gng, A. N. KK 3\ f° 103 r".) 

Cloislure, (1313, A. N. JJ 7;), p 112 r",) 

l'iolhiire. (1403, t^ompt, de la gr, com- 
mand. de S,-Den, A. .N. LL.) 

Clauslure, (Vignieh, Bib, hist., 11, 507.) 

— lîtat d'une personne cloitrée : 

(Hi'il lu\ pleust les laisser servir a Pieu 
en clanstiire entiei'e. [Le Levtiin du ralvi- 
nisine, [». 00.) 

CLOTIF.R, V. (jLOUTIEH. — CLOTURE, 

mod., V. Clostuue. 

CLOL', S. 111., petite tige de fer pointue, 
garnie d'une tète, qui sert à fixer ou à 
suspendre qqch. ; 

La li.'in^le lu de sicamor. 
Fermée i fii a deux clous d'or. 

[Eueas, 45-21.) 

Por voir vous di. 
Ce furent clan que jo eue ci, 
Qui lonc lans furent en mes pies. 
Si que li's eue outre percies. 

[Tliebes. npp. 111, 819.) 

El li clen sont tout coi, n'en est uns escapes. 

(Fieriiliras, 1)080.) 



CLO 

Et va ferir (iarin antre les .uu. elit.r. 
Son escu li porfant com escorce de sax. 

(.1. Bon,, Saisncx, (T.XYVIII.) 

E en la crois le misent contremont, 
A trois clans d'or, que de H le set on. 

(llAiMD., Oj/i'er, 246.) 

Des hiaumes font le fu salir. 

Et des hauhers ronqire les clans, 

Par la force des pesans caus. 

{.imad. et Vd., 6170.) 

I)eso/o,c. (1313, Cari, de Vrov,, P 16i\) 

.X. milliers de liaus. (1310, A. N. KK 304, 
f 33.) 

Sa crois, sa coronne et li cleu 
Laicns sont mis en noble lieu. 

(Vers 1325, Kijlis. et nionast, de Paiis, p. 31.) 

Et sont cloez de rlouz dorez vvis ou mi- 
lieu. (1360, Inr. de Louis d'Anjou, n" 330.) 

Merien, elo, l'er, latte. (Fév. 1387, Onl., 
XII, 1.^6.) 

— Clou de gii'o//'e, bouton de giro- 
flier cueilli avant le développement de 
la fleur : 

Il ot ou vergier meint espice. 
Clos de ylrofie et ricalice. 

(Itose, B. N. 1573, f" 12».) 

Vloz de girofle, lis et rose. 
{Le .Sort des dames, ap. hih., Jauni, et Troue., j.. 
182.) 

— Furoncle : 

Pour cletis felenes, de ches vers ki sont 
en terre qerrez ; si les froisies et faites loier 
de sus le cleu pour avoir ciel'. (xiu° s., Rem, 
pop,, km. Salmon, dans Etudes rom, déd, 
à G, Paris, p. 238.) 

cLOUACHE, V. Cloa(jue. — <;i.oi;agi;- 

I.EIt, V. C'o.VUULEn. 

CLOUER, V. a., fixer au moyen de 
clous ; garnir de clous : 

Tirent la barre qui sor l'aiguc cs^ cloee. 
i [Loh., iiis. Montp., f 184".) 

S'enporta la couronne (|ui nioutt fait a loer, 
1 Et le signe et les clans dont on fist Diu claiier. 
[Fieraljras. 60.) 

— l'.louc, p. jinssé. fixé avec des clous, 
garni de clous : 

Tant bon hauberc e tant cscu cloé. 
(Ram. tl'Aler., nis. .arsenal, P. Muyi-r, p. 35, v. 225.) 

îs'us ne nulle du mestier ne de la mer- 
cerie ne puet l'aire faire ne acheter euvre 
cruese d'argent, ne euvre d'argent c/ope do 
fer. (E. Mou,., Lia, des tnest,, i™ p., LXXV. 
13.) 

Pleuist a ce Signeur qui se char ot clantcee, 
[II. Cnpel, 3997.' 

— Confit avec clous de girofle : 

Vxardeiz vous de boi\re \in no\el jn-^- 
qucz a t.inlque il soit bien pairiez et bien 
pui'ilieiz et de tous vins fors com est vins 
confis aux espices et claueiz et vin sau- 
giiez. (Coiisullat, de ./. I^e Fevre. ms. .Metz, 
I'. .Meyer, Rom,, XV, 181.) 

CEOUEU.v, adj., qui a des clous, des 
furoncles : 



COA 

l'LisLuIeiilus. cloueiix. IG/oss. lal.-fr., ms. 
Montp. H 110, i'iVi i-\) 

txoi'Tic, adj., garni de clous: 

.VII. coiii'oieces, doetees de poninietes do- 
rées et le l'ouvercle demesmes. (lurent, du 
duc d'Anjou, n° 671.) 

<;i,ouTEiiiE, s. f.. fabri(|ue, commerce 
de clous : 

Li somniiei'sqiH porte clauelevie. (xin' s., 
■.\y. Tailliar, p. 18.) 

Lne meson en In clotterie. (I39"2-1400, 
Compl. de/'tlô/.-D.dOrl., f° 37 V.) 

De le reijuesle de ceu.v du meslier de 
r/auweirie. pour avoir provision sur le fait 
d<;s claux de dehors. (17 août 14.56, Iteg. des 
Consaux, A. 'l'oiirnui.) 

Le hameau de la. C/euterie. (l.j3-2, Comple 
de S. Lndre, p. "205, hosp. Olerni.-s.-Oiso.) 

La Cteu/erye. {Ib., p. 199.) 
CLOL'TEL'u, s. m., cloutier : 

A Jehan Maquet, c/aueleur. pour demy 
eeiit de clous picars. (Iir2, Compte de tii- 
I elle de Miquel Tuscap, A. Tournai.) 

l'aie a Jehan de le Haye, rlauleuv en le 
rue de Couloinfine, pour claux emploier a 
clauer les dittes fenestres. (1459, Tut. des 
eiif. de Pieii-e de Crespelaines, A. Tournai.) 

A Louys deMarcq, c/o«<eK)' demeurant en 
Tournay pour avoir livrez les doux néces- 
saires a la réfection dudit moulin. (1657, 
Comptes dn receceur de la terre de Mortn- 
gne, ms. appartenant à M. A. liocciuillet. 1'" 
.yj r°.) 

— Fém., clouter esse : 

A la vesve de feu Gillart du Brullle, cluu- 
tereae, (pour) cent et demy de lave- 
leres. (19 fév. li'i'i-ii mai 1474, Compte 
d'ouvr., 6' Somme de mises, A. Tournai.) 

«xorTirn, s. m., celui qui fabrique, 
qui vend des clous : 

Cloitier, clolier. cloueter. (Liv. de la 
Tadie.) 

, Fuslier, cîoistier, serrurier, fourbisseur. 
{lH(z de Miiistre AUborum, Poés. fr. des xv" et svi" 
s., I, 36.) Var. : cloistrier. 

Clouatier. (Rau., Pantuf/., ch. xxx.) | 

Clauctier. (1562, Dép. de deuxjur., A. Gir.) 

CLIG\E MISETTIÎ, V. ClIQXB JIUSETTB. [ 
— CLll-\CMEK, V. ClUÏNIEII. — CLYS- i 
TEUE, mod., V. C'uSTliUE. ■ — tLYSTE- ! 

itisiîR, inod., V. Clistkhiskh. 

t;o.\cm'EREi]u, s. m., chacune des 

personnes qui ont acquis en commun, 1 

considérée par rapport aux autres ; 
Km., voncqueres.^e : 

La femme de l'acquéreur est entendue 
coacqueresse ou faire lacquest pour le moi- 
tié. t^Cout. de Ber;/li-s.-Vinox, .Nouv. Coût. 
Kén., 1, 51 i.) 

tOAt:«iisiTio>, s. f., acquisition en 
commun ; état de coacquéreur : i 

Les frères et sœurs ou les enfans des 
frères et sœurs, après la vente et la saisine 
faite, pourront requérir d'avoir leurs paris 



COA 

et portions, ce que l'on appelle eoaequ'isi- 
tion l'un de l'autre, des héritages qui sont 
ainsi retraits. (Cou/. rffl C'«.vse/, CCLII, Nouv. 
Coût, gén., I, 517.1 

coAtTEUR, s. m., coUecteurd'impôts: 

De telz princes disoil Sostre Seigneur 
par le prophète Isaic : Le^ concleurs de mon 
peuple les ont despoillé. (Oresmk, PoUtiq., 

(:oA(.Tn-. adj., qui a le droit ou le 
pouvoir de contraindre : 

Force coaclioe. (H. de G.ticiii, Gouv. des 
princ. de Gille Colonne^ Ars. 506'2, f" 193 v°.) 

La loy a puissance coactive ou contrai- 
gnante. (O11ES.11E, ap. Meunier, TItése sui' 
Or es me.) 

coACTio.N, S. f., contrainte : 

l'ar meniere de couaction. (Letl. d'Alf. de 
Poil., A. S. JJ 24% f 113r°.) 

Sanz nule coaciion et sanz nul angin. 
(1252. Cart. de Champ., B. N. I. 5993, f 
4i8\) 

lia recogneu de sa propre volonté sanz 
cowlion. que... fl26l, Cart. de Nesles, ms. 
Chantilly 1295, f» 89 r".) 

De noslre propre volenteit sans coaelion 
et sans force. (.Mardi av. S. Barthel. 1278, 
S. Louis, Orjeval et l'onoi, A. jilos.) 

Confessions doit eslre volentive. senz 
coar.tion. (Lalre.st, Somme, H. .N. 423, (" 
143=.) 

Aient, possessent et perchoiventfranque- 
ment a lousjours le disme ou dismacion 
devant dite sans coaciion de vendre ou 
mectre hors de leur main. (1282. Clerm., 
B. .N. 4683, f 107 r°.} 

Coliaclion. (1291, Co/-i. des Vaux de Cern.) 

Par leur grant coaction 
Et par leur graut clevocion 
Et la foi que li parenz urent 
Qui pour leur tille venu furent 
A terre se mist eslendu. 
(Vie S. Mugloire, .\rs. 5lii. f" 43 r».) 

COADICTEIR, COADJOrSTCrU, V. Co- 

ADJUTEUn. 

coADjfTEL-R, S. m., ecclésiastiquB 
adjoint à un évèque, à un archevêque 
pour lui servir de second dans les fonc- 
tions épiscopales et le remplacer si le 
siège devient vacant ; en général, celui 
qui en aide un autre dans ses fonctions : 

.\s prclaz per et coadjutors- 

;j. DE Meusg, Test., 8S9.) 

Coadjuteur. 
(ID., !«., V»t. Chr. 307, f" 16".) 

En la présence de Mons. Jehan de Ligny, 
preste fou(/;'«/o«)'deOdot de Long. '26 janv. 
1357, A. Doubs B 400.) 

Les monarches font aucuns leurs coadic- 
leurs. (OiiES.ME, Politiq., (• 142°.) 

Prestre, notaire de la court de Besançon 
el choïK/itour don tabellion de Chois. (1388, 
Moreau 898, U. >'.) 

Des coadjousleurs et soulenleurs en leur 
emprise. (Froiss., Citron., L\, 182.) 

Et aussi pour sa dignité il (l'arcepreslre) 



COA 



H.j 



est appelle cotigerlenr de l'evesque, et a luy 
appartient a garder les églises vacantes'. 
(Fehuet, Mlr. de la vie hum., f° 167 V.) 

fjoAD.ïivAXT, adj., qui concourt à ai- 
der : 

Causes primitives Klcija(ljuvantes.(.]o\:i;., 
Gr. chir., p. 429, éd. 1598.) 

COADUITOl'R, «:OA<iECTEUR. V. COAU- 
JUTEUn. 

co.AGiXAiii.E, adj., qui peut se coa- 
guler : 

Le se! est coayulidile de sa nature. (llE 
Clave, Noui). Lum. philos., p. 79.) 

i:OAGiiLATio.\, s. f., action de se coa- 
guler : 

Coagulation. (Somme mahlre Gautier, f" 
91 v".) 

COAGULER, V, a., réunir des parties 
solides en suspension dans un liquide: 

Froumage couugulé. (Frag. d'un lio. de 
médecine, ms. Berne A 95, f" 12 V.) 

Tant qu'enfin je la coagule (la vapeur) 
En soulphrc. 
(Jeu. de Melng, Remonstr. de »at., 308.) 

Le poulmon est de molle chair comme 
seroit escunie coagullee ou assemblée. (J. 
BoLxiiET, Noble Dame, l" 44 v».) 

Xe pouvons nous pas. avec un grein de 
mithridat recolé dont ces beats pères ijue 
voicy presens sont tousjours farcis, faire 
dissiper tout ce qu'il y auroitde pur germe 
clouayulé dans leur colfre glutiueux ? (/.e 
prem. acte du Sgnode noct., XV.) 

co.\iLi.E, V. Caille. — coaillier, v. 

Caillier. 

t:oALESCE^•CE, s. f., union de par- 
ties auparavant séparées : 

Les ligamens, per lesquels les muscles 
ont colligance et coalacence avec les os, 
engendrent des membranes a l'entour des 
muscles. (Tollet, Mouv. des muscles, I.) 

COALISER, verbe. — A., former une 
coalition : 

(COTGR.) 

«:OALiTio>, s. f., union momentanée 
de plusieurs peuples contre un adver- 
saire commun. 

— Fig., réunion : 

Ceulx qui disent ia pande de liieu avoir 
esté séparée du père par une extension ou 
cna/ition. (155i, JIateiee, Theodoriie, dans 
Dict. gén.) 

coARi>EME\T, mod. couardeuiep' 
adv.. d'une manière couarde : 

Avant s'en va cuardement. 

(CuARDRï, Set doriiians, !03i.) 

Il fail toutes ses choses celeement et coar- 
demeiit. (Bru.set Latin, p. 371.) 

Ceste chose i\\ couardement ia.\it. (Bkrs., 
T. Liv., ms. Ste-Gen., f»235\} 



J16 



COÂ 



Kl lisent loi- emprise assos coinardement. \ 
(Kroiss., Citron., V, 128.) 

t;oAiu>iSK, mod. coiuu'flisc, s. f., ac- 
tion, conduite de couard, lâcheté : 

Einz i mur- /que cuayrJlne i facel. 

(/(o/., 3043.) 

El onfei'lcz, Iriflc vieilloce ' 

Et coanlise el parece 

Et mortels cure et triclieiie. 

{Eiifiis, 2iuS.) j 
Coardisc-, ! 

(U. UE lIoD., Memuijis, ms. Vienne, f" 71 v'.) 

Cimhardlse. 
(.1. DE Pbior*t, i/c. de Veg., B. N. 1604, f" 4-2 r°.j 

l,aii.le rnnhardise. {G. de CiiAnsv, Liv. de 
(livrai., ins. Unix., I" 104 i'°.) 

1. r.oAur, niod. coiuird, ailj. et s., 
lâche, poltron : 

Pur tiil l'"r Ucu ne vocll o-lro i.iiarz. 

(/îu;.,sâ8.) 

Veez n.liens : felun sunt o cidtit. 

,11,., 3337.) 

iS'i fait semblant d'uiuuie cifort. 

(Drut, MIS. Unnicli. 1392.) 

Mélancolie lait l'ômme avei- el ireiis, 
coanrl et pensif, el clornianl, el parole vo- 
lenliers d'aiilrui, et s'a voleiiliers noires 
faciles u es pies n es mains. [Hem. /w/';, 
Am. Salmon, dans Eliuks rom. déd. à G. 
Paris, p. 2.30.) 

Tant lor a li empereres prcccié de Noslre 
Segnor, et mis avant de boines paroles el 
anionnesles de Ijieles proeidies, Ue il n'i ot 
si cotiarl ki maintenant ne fiist garnis de 
hardement. (Henri de V.vl., ;', ôl7.) 

Couwiihi. [Mort. Arlu.i\ B. .N. ii'iii'i, f" 

.\Iain, onijnes mais ne le vi coiiarl fors 
(|ne ore. ^Ménestrel, % MO.) 

Couhart.'{Decar,t., f° 38 r".) 
Cf. Cou.MiT I, 11, 329'. 

2. <;o.\itT, s. m., .sorte de maladie du 

cheval : 

Remède ponr nn cheval qui anroil nn 
rijiiart. Faii-tes delTerrer voslrc cheval et 
Iny faites parer le pied ; après avec la ro- 
nvette liailes luy bien ouvrir le couarl jus- 
HÏies auprès du vif, après l'aides le ferrer. 
(1598, l„\M-ii.\v, l'Ecairie du s. Crison, 
Malad. qui peuv. survenir a un che\al, et 
les remed.) 

COASSEMK.XT, S. m., Cri des gre- 
nouilles : 

Le couuiemeiil de la grenouille. (La.Mor- 
i.iEHE, Le preni. liv. des anliq. d'Amiens, p. 
38, y éd.) 

Coassernriit. (IIotor.) 

COASSER, V. n., pousser le cri parti- 
culier à la grenouille : 



Coa.rer comme 
(i93.) 



renouilles. (Paré, III, 



Seripbe, d'où provient que le souillard trouppeau 
Qui coa.ve au printemps se taise dans son eau. 
(Du Chesne, .Sir. lit), du fjrand miroir du inonde. [>. 
15.) 



COG 
c,oAii(;i;i.ER,v. Coaguler. I 

<:<»Ax, s. m., cri des grenouilles: 

Le coax des grenoilles. (L. .louu., i'Ilist. 
despoiss. de lirmd., Desanim. pari., II.) 

Ils auront le plaisir du chant des oiseaux, 
du coax des grenouilles. {\'.\usii\, liereple.) 

coBOL'iUiËOis, mod., v. Combourqeois. 

— COItOI ItGEOISli:, V. CoMnOlIROEOISlE. 

COCA, s. f., arbrisseau du Pérou, dont 
la feuille a des propriétés excitantes : 

Aux vallées de ces montagnes qui sont 
fort profondes, la chaleur est gi-ande el la 
vient la cora. iEu.mee, liist. desliid. ore., f 
224 r".) 

COCAGNE, s. f.. réjouissance. 

— Pfii/s de cocagne, ou absol. coca- 
gne, pays oit l'on a tout en abondaniie : 

Li pais a a non Coquaigni^, 
Qui plus i dort, plus i gaaignc. 
i Dp Cor^uciiifif. Méon, Rec IV, 176.) 

Il dit : J'ay vcu le roy d'Espaigne 
Et tout le pays de Cocaigne. 
{Des Villaiiis, rtUennifr.':, viUastres, Poés. Ir. îles 
ïT» et XVI' S., VII, 72.) 

Cf. COCAIGNE 1. H, 16'l'. 

cocAiiKE, S. f., insigne en forme de 
petit disque qui se porte au chapeau. 

— Ane, bonnet a la cocarde, bonnet 
à rebras, très lourd et avec force ru- 
bans : 

j Vestu d'une robe de couleur de roy, le 
j boa/tel a la eoqiiarde. ( Rail, Quiitl lio., ch. 
' XVI.) 

cocAiiDEAU, s. m., jeune sot qui fait 
1 le beau. 

I Cf. COQUAUDEAU, 11, 293''. 

1 cocAsTRE, mod, coqu'itre, s. m., 
poulet chaponné à moitié ; 

j Pour troys aultres poulies [pouUets] eoc- 

I quastres, que on eubt a icellui .jour, payé 

I .V. s. .III. d. (18 mai liôO, E./tc. test, de 

] Colarl .lauiitnril, .\. Tournai.) 

— Fig. : 

N'csloil pas Atlam composé 
De choses conlraii'es? Il fault 
Dire que ouy. de froit, de cliaull, 
De moiste, el de sec ce sont quaire 
Complexions, villain quoqudtre, 
Causées des quatre eleraens. 

(Elot I»amebn\l, Deableri»'. f« 4*^.) 

1. COCUE, S. f., petite entaille prati- 
quée sur une pièce de bois; entaille du 
fût d'une flèche, du gros bout d'une 
arbalète : 

Si le hucba el dist: Met une >aiete en 
coelœ, si Irai. (îVe des Pères, B. X. 23111, P 
160^) 

Mes molt orenl ices .v. Iloiclies 
Les penoas bien fe/., et les coiches 
Si furent lotcs a or pointes. 

[liose, B. N. 1573, f- S''.) 



COG 

M a lantost pris une lluiclie 
Et quant la cnrd(' l'u en coche 
Il entesa jusqu'à l'oreille 
L'arc qui estoit fors a merveille. 

;/4., f" 13".) 

Si misl un carrel ru rrjrlie. (Ménestrel, 
G 131.) 

El adoncqiies ilz tendirent bonnes arba- 
lestres, et niisrent viretons en coche, el 
laissèrent tous aller a iinefoys. (.1. d'Aiiras, 
Me/usine, p. 14.j.) 

— Fig- : 

Or est haine niolt en coche ; 
Qu'ele osperoue et point et broche 
Sor amors, quanque ele puet, 
Et ainors onques ne se inucl. 

[Cher, au lijoii, iidXi.) 

Le quel a mis mains motz en coche 
Et mainte parolle glosée. 

(CoQuiLLART, Eiiqucste, II, 100.) 

Dont les aucuns n'en ont droit que de 
parchemin, et les antres l'iisiirpcnl n'en 
ayans coi.lte uy taille. (ll'.\muv\rKÉ, Adv. s. 
les pari., Comment., col. 1907.) 

. — Choir en coi-ltc. loc. adv., arriver 
à son but : 

J'avrai de luy, s'il chet en coche, 
Ung escu ou deux, pour me paîne. 

(Muistre l'atlielin.) 

— En fin de coche, loc, au bout du 
compte, en dernier résultat : 

Mieulx vous vaudroit ne porter sac ne poche 
Et de trésors n'avoir une montjoye. 
Que vivre en peine et perdre en fin de coche 
Apres labeur la pcrdurable joye. 

(J. BorcHET, Opusc, p. 107. . 

2. cof:uE,s f.,auj. m., grand bateau 
de transport : 

Se départi ainsi d'Escoche 
La Manekine en une coche. 

(BEAtM , .Miiiielciiie, 4393.) 

3. COCHE, S. f. et m., grande voiture 
couverte pour le transport des voya- 
geurs : 

Je le peindray dessus une coche esmaillee 
De bleu... 

(HoNS., Poein. retrancli.,ie Temple, p. 303.) 

Ilyanlo adonc fit son coche atteler. 

(ID., Franc. IV.) 

Coche. L'usage de ce chariot au.jourd'huy 
commun en France, est venu d'Italie. Ce 
mol est masc. et fcm. (I.a Porte.) 

Le privilège d'aller en cuche par la ville. 
(MoxT., liv. Il, ch. i.xni.) 

4. COCHE, s. f., femelle du cochon: 

Tousjours troussé comme une coche. 

[Franc arclner de Dagnolet.) 

COCHEE, adj. f., (lualiHe une pilule 
otiicinale qui purge fortement : 

Apres avoir purgé telle superiluilé, par 
pillules cochées. (II. de Sekh., VIII, 6.) 

COCHE.MAR, -ARE, V. CaUCHEUAR. 

cocHE^■ILLE. S. f., iusecte qui vit sur 



CÛC 



COG 



COD 



117 



le nopal et fournit une belle teinture 
rouge : 
Conchenille. [0. m: Serr., VII, 9.) 

1. cociiuR, V. a., marquer d'une co- 
che, d'une entaille : 

Coclié et crené. (II. Est., Thesauf.) 

Voicy vostre compagnon, client que vous 
visitez si souvent : bien, bien, il faut cocAef 
sur la grosse taille. (X. rx! Fail, Eulrap., 
XXVI.) 

r.imi sortes île marteaux a ballre l'or et 
l'argent : le premier marteau a forger ; le 
second, le marteau a cocher ou desgrossir. 
et les trois autres selon les moules. (E. Bi- 
NET, Merv. de iial., p. 2"23.) 

2. cociiEit, s. m., celui qui est assis 
sur le siège d'une voiture pour conduire 
l'attelage : 

(.1. TiiiRBRY, nki. fr.-lut.) 

3. cociiEK, mod., V. Chal'chier. 
«;o<;nET, s. m., jeune coq; 

N'ai pas grant sapiencc enclose 
En moi, qant si chetive chose 
Conme un cachet qui m'a boulé. 

iJleimrt, Br. XVI, 701.) 

Et uu petit Cochet de vile 
M'a eDgignié et deceu I 

'Ib., Br. XVI, 71 î.) 

Les cachets convertis en chapons. lO. ht 
Serr., V, 2.) 

Cl. II. 105'. 

cociiEvis, S. m., 'alouette huppée : 

Mauvis, mules, cbardonncrauls, 
Cochevis, estournaux, Ijnettes. 

lEosT. Descu., B. y. SiO, !' 316.) 

Alauda. latine cassila. alouette. Qua- ha- 
bet cristam c|uam Latini uno nomine ga- 
lerilam, galliee cwhcvis... (C. Est., De lat. 
et grec. nom. avium, p. 93.) 

Des que le cocheri/ s'avance 
Cbacun a moissonner commence. 

(J. .\. DE BiiK, Jicl., XIV.) 

Cf. CociiiiviEus, 11, 166''. 

COCHON, s. m., ra.imniifère de l'ordre 
des pachydermes ; anc, jeune porc : 

Cochon, couchon. (1339, .\. ^^ .IJ 73, (°9S 
v«.) 

Coyschon. (l'Ai.sr.ii., p. 187.) 
t;o«;iio.\\i;i:, s. f.. portée d'une truie: 

Cochonnée, l'arto de puerca, leoliigada. 
(.V. Olimn, Dkl. fr.-es/i.) 

<:o<:ii<)\M.it, verbe. — N., mettre 
l)a.s, en [larlant d'une truie : 

l'ne truie i|ui est en ruit ou qui a nou- 
veau cochonné, il eseonvient quelle soit re- 
sidieedelrois sepniaines. fjanv. 1403, Orcl., 
VIII, 629.) 

Les Iru.es pleines et les laves qui ont 
couchonné veulent cliacune avoir son tecta 
pari. (0. DE Si:iU)Es, IV, l.î.) 

— .\., mettre bas (de jeunes porcs) : 



La truie de Enee Lavin cochonna trente 
porcelet/, blancs. (Frebe Nicole, l'rofilz 
champ, de P. des Crescens, f 110 r°.) 

— Tiaiter friandement : 

L'hoste ciiidant bien enfiler son esguille, 
n'espargna rien pour ni'lionner et Iraiter 
friandenienl son .Monsieur. (.N. uc Eail, t'u- 
//•«/).. XVII.) 

CQi;iio.\.\ET. s. m., cochon de lait: 

Coyschonet, a lytell pygge of coyschon. 
(Palsgr., p. 187.) 

Petits cochonnelz. (Lauiv., Xuicts. XIII, 
'•) 
Couchonnels. (0. de Seuii., IV, 1.j.) '^ 

— Locut.. a cochonnet va devant, 
sorte de jeu de boule ou de palet: 

La jouoyl,...aco'7io»»e< va devant. (Uaii., 
Garg., ch. .\.\ir.) 

cocuowiEK, S. m., celui qui est 
chargé du soin des cochons : 

Le principal uliice d'un corh'jnnier est de 
serrer a pari chacune truie avec ses co- 
chons. (Cotereal', Coliim., Vil, 9.) 

coco. s. m., fruit du cocotier : 

Les cheveux arroses avec de l'huile de 
coco. (Fi'mee, Hlsl. desind. occ, l" 108 v°.) 

COCOLLE, V. CAliOULE. 

coco\, s. m., enveloppe que filent la 
plupart des larves des lépidoptères : 

Les magniaiix des Sevenes de Languedoc 
produisent des coucous ou plolons grands 
et mois. 1,0. DE Serres, V, 15.) 

coco.xTRACTA\T, S. m., celui qui 
contracte avec un autre : 

De tous contrais ou Conventions et mar- 
chez faits dans les cabarets a vin ou a 
bierre, chacun peut s'en repentir et s'en 
désister, dans l'enlretemps du contract et 
les douze heures a midy du lendemain, 
pourveu qu'il en fasse rinsinualion dans le 
même enlretenips a son coconiractant. 
(Coût, de lierrjh. S. Winox, Rubr. VIII, art. 
XXVIII.) 

COCTERESSEIt. V. ( 'aUTERISIER. 



cocTiox, S. m., cuisson : 

Le dormir retarde la corlion de l'esto- 
mach. (Jour., Eir. pop., 2' p., ch. viu.) 

cocu, s. m., mari trompé . 

Oullre son gré devient cocus; 
.Ses cheveus nieslcs et locus 
Parmi ses cspaulcs s'cstendent. 
(J. Le Ff.vbe. Lument. de MatUeoL, II, 279, Vap lla- 

Cf. 11, 167'. 

cociAGE, S. m., état de celui qui est 
cocu : 

Cas de jalousie ou de coqulaige. (1513, 
Estoile du inonde, dans Dicl. gén.) 

Tomber es dangiers de coqunge. (Bar., 
Tieis liv., ch. xxvni.) 



coc:t'RHiTE, V. Cl:cl'RR1te. 

<;<m:iy<>. s. m., lampyre : 

Les cocui/os ont quasi la l'orme de mou- 
che. (Fl.me'e, liisl. des Ind. occid., f 30 v".; 

Deju l'ardent cocuyes es Espagnes nouvelles, 
Porte deux feux au front et deux feux sous les 

[ailes. 
(Uu Babtas, .Sec. sem.) 

t;oDE. s. m., recueil de lois classées 
de manière à présenter l'ensemble de 
la législation d'un pays, sur telle ou 
telle matière : 

\utentique. iiode, digeste 
l.i tel les cbaudiaus por sa leste. 
"-^ (H. d"Andeli, Bat. de< -vu. ars. 36i».) 

o»*DEBiTEUR, S. m., cliacune des per- 
sonnes qui ont contracté simultanément 
une dette : 

Le codébiteur ou caution. (1611. Coût, de 
XieuporI, Hubr. VI, I, Nouv. coût, gèn.) 

coDETEXTEiR, S. m., chacune des 
personnesqui détiennent conjointement 
qqch., considérée par rapport aux au- 
tres : 

Telle acquisition redonde au profil des 
condelempteui-s cohéritiers dudicl acqué- 
reur. {Coût. d'Estampes, Cil, Nouv. Coût, 
gén., III, 100.) 

coDE.x, s. m , recueil de formules 
pharmaceutiques. 

— Dans une acception plus générale : 

Il y a quelques années que feuilletant un 
ancien codice intitulé : le lîepertoire des 
choses humaines, je trouvay... (lti-23. Les 
singeries des f'emmci, \ ar. hist. el litt., l.i 

coDiCEi.LE, mod. codicile, s. m., 
clause additionnelle complétant, modi- 
fiant, ou révoquant un te.stament : 

El II renstans de no beiens avons sour 
corfmeci/oredenes as povres. (Test, conjonct. 
de Renaud, etc., 1133, Tailliar, fiec, 3.) 

Codicetle. (1269, .\. >'. Mus., vit. 45, 263.) 

E vueil que se cest escript ne valoit par 
raison de testanieiit que il \aille par droit 
de codicil/es ou par raison de ma darrieue 
volenté. (I27S, ytv/nn/., Fonlevr.. anc. lit., 
.\. M.-et-Loire.) 

Codicelle. (1302, Codicile de Hugues le 
lirun, A. N. .1 407, pièce 3.) 

Lessubslilutions elconditioiis contenues 
au dit teslamenl qui ne sont changies par 
ce présent codicelle. (13.50, Teslamenl de 
iMuis de .Xeuchdiet, .Vrch. du prince, Neu- 
chàtel, 1', n" 2.) 

Or vicngne donc d'enfer le cvndictlle, 
El Megere pour moy passer a l'isle 
De Tartarce sans nul avoir respit. 
[Testant, de Letiter, l'oés. fr. des xv* et ivi» s., I, 

201.) 

coiiicii.i.AiRE, adj.. constitué j)ar un 
codicille: 

Ne laisse de valoir le testament ou codi- 
cile, encore qu'il ne conlienne institution 



118 



COE 



d'herilier, icelle n'cslanl nécessaire : en ce 
cas l'herilicraA (n/es<((/ succède a la c)iarge 
ilc> let;;its cl dons U;slanicnliiires ou codi- 
ri/laires. (Coût, du llorzp, Nouv. Cnnl. f,'cn., 
Il, 1084.) 

Clause '■o(//r;ft(/re. ( lilUi. I.kcmiun. dans 
Dict. (/en. 

<:<>i>i(;ii.LE, mod.. V. ('(Miii:i;i,i.k. — ■ 
i;oi>iMî(;iL. V. Coi)ici;i.i,ii. 

<;oe<;ai., iulj.,qui est égal à un autre : 

Chascua es mouvemeiis convt^rsc 
Coequanlr el orbiciilaires. 
(.1. Li: Fetbiî, la VieiUe, 1. 111, y. .mî.) 

Coeqnal en divinité. 

{yisl. du Viel Tesl., 8330.) 

I.e vi-ay lilz de Hicu iHiii|ue. coer/ril, coe- 
Icniel. (1480, E.r/ios. de la i-eigle de S. lien., 
f" 51".) 

CŒMIÎTIlinE, V. Cl.MEÏlEllF.. — <;OE- 
yCAL, V. COEG.\L. 

coEQUATiox.s. f.. répartition réglant 
la part proiiortionnelle de chaque con- 
tribuable : 

Si le seigneur censier, renlicr. ou leurs 
receveurs, nient avoir icceu des coeipiez 
ou perequez, et il se trouve après le con- 
Iraire, ils soni lenus en tous les inlerests, 
pertes el dommages de celuy contre lequel 
ils auront l'ail lailite négation de réception 
de ladite i-oeqitation. (Coul. de Boiirhoini., 
CCCCXII, Nouv. Coût, gén., 111, 1-204.) 

— Action d'égaler : 

Et la maladie est en distemperance de 
rneqiiacion des membres. (H. de Gohd., Pia- 
liq., 11, 10.) 

COERCIOX, V. COHERCION. 

coETEiiNAi.iTK. S. f., coéternïté : 

Le saint Esprit venir du père et du fil... 
d'une consubstantialitè el d'une roeteyna- 
llté. (CIvon. de S. Deii., ms. Ste-Gen., T 
1-28".) 

<:oETER\EL, adj., qui coexiste éter- 
nellement avec un être : 

Saveir cornent d'elcrnau fu 
Coeternaus de lui nascu. 

(Ben., D. de Noi-m., II, 24005.) 

coETERMTÉ, S. f., coexistence éter- 
nelle : 

S'il est donrques (llicu) en diverses fois 
et par divers respects et sortes, et en 
divers liens, il faut bien nécessairement 
qu'il Y ait prieurilé el poslerieurité, et si 
elles "y sont, la roeteniité n'v peut eslre. 
'.\l.u;.M.. Eitv. de S. Jud., f° 2dl r".) 



V. Clieiî. — CŒUS. V. 



adj., qui existe en 



CŒUR, moil 

Queux 1. 

coe.xista^t, 

même temps. 

— Substant. : 



Si les choses vont ainsi, le monde (pii 
est subsislant avec Dieu, fonde sur luy, et 
son cuexist'inl,n'a besoin de garde. (M.\u.m., 
E-JO. de S. Jiisl., f'-242 r".) 



COF 

coE.xisTENCE, S. f., cxistencc simul- 
tanée : 

Nous mêlions en liien inie éternelle el 
consubslanlielle coexistence. (.M.\r.\i., Eiiv. 
de S. .Iu.--t., r» 299 v«.) 

coE.vEciîTEUR, S. m., cclui qui exé- 
cute une chose avec une autre : 

Kl cessicrenl lidit exécuteur ou nom de 
l'exécution dudit lestanienl et de tout en 
toul pour eulx el pour leurs aultres coexe- 
cuteiirs... tous di-oirlz. (1347, X. N. S 88, 
pièce tS.) 

c:ori'RE, V. CotnE. 

COFFRER. V. a., mettre en prison : 

Au lieu de mettre la main sur luy pour 
l'aller coffrer, ils luy donnei'ent passage et 
moven d'évader, fil. Est.. A/ioI. p. Ileivd., 
p. 204, éd. 1566.) ' 

Coffrer aucun en prison. (.1. ïun.iiRV, 
Dki. fr.-lal.) 

COFFRET, s. m., petit coffre : 

Car il mil en son vil coffret 
La pomme que eilz lui offret. 

(J. de Me'Jsg, Trrsm: -iTô.) 

Coffret. 
(Xi. Machault, l'ofS; B. N. 9221, f° 51.) 

Ung long cogère/. (1467, Exéc. test. Ca- 
tlierine Dullre, A. Tournai.) 

Coffre -t. (Ledov., Ctiroii., f 13".) 

COFFRETE, V. C'H.VUIFliETTE. 

coFFiiETiER, S. m., fabricant de cof- 
fres : 

Couffretier et mallctier. (1495. A. N. KK 
95, C 93\) 

Maislre coffrelier el mallelier. (1539, Man- 
dem. à la C/i. des Compt., Bull. Soc. hist. 
Paris, nov.-déc. 1889, p. 27.) 

coFRE, mod. coffre, s. m., grande 
boite de bois, de métal, de forme rec- 
tangulaire : 

Il metent as almaries les bruns cimes d'achier. 
Et avalent es co^fV^S les blans aubersdoublier[s]. 

[Aiol, 4652.) 

Trossent lor malos et lor cofres ausî. 

[Hose, Vat. Irb. 375, f" 8".) 

IS'i ot sommiers a cofres ne dras troussez en maie. 

[Berte, 734.) 

Li cors le conte desaiut l'ol fu desarmeiz, 
el fu mis CM un lonc coffre. (Mem:sti;ei., ^. 
333.; 

Cofre. 
{.isjjreiii., B. .N. 159S, f" 2S r».) 

Le coffre a pris. 

[Coiici, 7979.) 

Plusieurs fermeiUets, croix, coffres de 
Cyprc et aullres, delà valeur de 101.(1373, 
Compte du testant, de Jeanne d'Eoreux, ap. 
V. Gay.) 

lin couffre de noyer. (16 .iuill. 1400. Inv. 
de nieul/l. de la mairie de Dijon, A. Côte- 
d'Or.) 

Ung coffre de cuir boully. (17 fév. 1460, 
Execut. testam.de Jelienat rieipars, X. Tour- 
nai.) 



COG 

Un coffre |iour mettre les Charles de la 
ville. (1.J03, .\. mun. Compiégne, BU 30.) 

Tant do beaux vers et tant de belles choses 
Qu'a vosirc avis au coffre je lien closes. 

(Vauq., Sat., 1, u M. Je Tir.) 

11 faiil laisser faire ces garçons ; ils en- 
lendeiit cela comme a faire un vieux cof- 
fre. (Cin.M.ML, Com. des l'ror., III. i.) 

toGiTATiF, adj., qui a rapport à la 
cogitation, à la pensée : 

Vertu cogitative. (Ork.sme, Eth., f 10''.) 

COGITEUR, V. Co.iDJUTEUlt. — COGLA- 

ciox, V. Collation 2. 
toGXASSE, s. m., coing sauvage : 

I Le coingnier domestique el cullivé es 

I .iardius porte deux soi-les de fruict, l'un 

i masie. qui est appelé pomme de coing, 

I l'autre femelle, qui est nommé coingnasic. 

' (LiERAL'i.T, Mais, nul., p. 449.) 

Ou bien donne lui la coitfnnre 
Ou dos coings étrangers de Cydtm, dont la race 
I Première vint en Crelte... 

(Crevis, Œuv. lie Nieandre. p. 70.) 

Les cognasses el porte coings. (Du Pinet, 
; Pline, XXUI, fi.) 

i COG.XAT, S. m, celui qui est membre 
d'une famille par la co,gnation : 

Geslui enfanl que on cuidoil qui ileusl 
estre mon conqnal est Ion lilz. [UriseL, Vat. 
Chr. 1514, f° iVr.) 

El Irova son coigna, monseignor Cuil- 
lerme de La Hoche, qui esloil revenus don 
rov de France. (Lie. de laconq. de la Murée. 
p. '148.) 

Que son fils soit mis ou gouvernement 
dou duc d'.\lthenes,son cuigna. (Ib., p. 400.) 

El quant susl ce que Pandulfe fust coin- 
gnal a Melo, loules foiz esloit Pandulfe 
contraire a Melo qui esloit frère de sa moil- 
lier. (Aimé, Yst. de li iVorm., I, 25.) 

Pour ce qu'il lui csloW, coingnat. (lv.,ib., 
VllI, 0.) 

coG^■ATIo^, s. f., parenté par les fem- 
mes, inférieure à celle des agnats : 

Pour cause de cognacion spirituelle. [Gr. 
Cron. de France, Charles-le-Bel, 1.) 

Il te convint laisser ton pays, les parens. 
et toute la cognalion. (.I.Gerson, la Mendi- 
cité spirit., f33 r°.) 

En loyseronlbeneicles loules les congna- 
tions de la terre. (Le Fevre d'Est., Bible, 
Gen., XII.) 

Cf. CoUN.iClON, II, 169". 

coGiMciox, s. f, action de connaître, 
connaissance : 

Qu'il ont par celle vision 
Des anciens coignicton. 
(Dial. de S. Oréij., ms. Evr., f" il5^.) 

La cognicion ella punicion du cas dessus 
dit. (1349, A. 5. K 44, pièce 18.) 

Se tant soit pou il advient que la créature 
soit ayinee de loy desordonnement ou dé- 
sirée, de tant est cesle congnicion de Dieu 
retardée ou viciée en loy. ■Intern. Consul.. 
11, xui.) 



COH 



COH 



COI 



119 



Op ça, il est temps que j'atlvise 
A la con(i»icion du laict. 
{Farce de Jenin filz de rten. Ane. Th. fr., I, 367.) 

«ocxoisTRE, mod. connaître, verbe. 
— .-\.. savoir ce qu'est une personne ou 
une chose : 

N'est hum kil veil et conffi^'fre le sel. 

{Itol., 530.) 

De vasselagc iecoiioisseut li per. 

{Ib., 3901.) 
Ce tesmoig et connais. 

(.1. BoD., .Snisiies, XVTIl.) 

— Réfl., pouvoir bien juger : 

Et pour ce. qui bien s'i congnoit. 

;Eust. Desch., V, Î7Î.) 

Cf. CoNoisTRi:, II, 245\ 

tJOCOLE. V. C.^GOL'LE. 
COIO.N. 



i:oGOO\. V. 



i:oii.4BiT.\Tio.\, S. f. , habitation en 
commun ; spéc, habitation en commun 
de deux personnes qui vivent comme 
époux : 

Ckoahitacion. (Ordin. Tancrei, ms. Salis.) 

Pour ce que îlinies aloit souvent tous 
seuls aussi corniÈie poiu' avoir cohabilnvion 
avec sa famé. (Ukrs.. T. Liv., iiis. Slo-("ien., 
f 13".) 

<:oH.4iiiTF.K, V. n., habiter en com- 
mun, spéc habiter en commun comme 
époux : 

Il a fallu que les preslres leviliques, 
■luancl ils approilioienl de l'autel ne co/ia- 
hilansenl point aver leurs femmes. (Calv., 
Inslit., lOOi.; 

Cf. Cohabitant. Il, 169"=. 

COH.\R<:IO.\. V. ClIHERCION. 

<;oHEX, s. m., nom, chez les Juifs, des 
jeunes Lévites que l'on préparait pour 
le ministère du temple ; le même nom 
a été donné aux jeunes ecclésiastiques 
de la loi nouvelle que l'on formait aussi 
pour le sanctuaire, l'ne ancienne rue 
de S. Quentin a pris son nom d'une de 
leurs maisons établie près de l'église de 
cette ville : 

Les rues de Saint lieml, de Saint .André, 
lies VolifMS. (Coi.LiF.TTi;. Mém. de Vermnnd., 
m, :5l'. 

<:oiii:it(:i<>\. s. f.. action de contrain- 
dre, contrainte : 

A joustirier par la jnridicion et par la 
coherriim de la justice d'Kstampes. (1288, 
.V. Loiret, Sle-Croix, Mesnil-Giiaull.) 

Sans nul debal, co/icmoH on mandement 
de nul magistrat. (Hkhslire, T. I.h-., ms. 
Ste-Gen.. f-i.'jr.) 

.\ la juridiclion ol cnharcion de laqiiel 
dicle court. (13j7, lundi apr. 7i«/(«/ce, A. 
Cher, K 800.) 

A siibmiz soy, ses successeurs... et tous 
ses biens cl les biens de ses successein-s a 



la juridiction et coheriion du roi. (30 juill. 
1365, t'at-l. de la ville d' Aux., f" 41, l.e- 
beuf, H. (I.'Auj:.) 

A la jnridicion et cohercion (l\i quel il ne 
soupposent eulx, leurs hoirs el touz leurs 
biens. (1370, S. Cyprien, 1. 9, S. Germ., A. 

Vienne.) 

La juridicion el co/ierrion de la dicte 
prevoslè. 1 1384, Cart. de Sens, I!. N. 1. 9895, 
f 34 r°.) 

Se soubzmeltent a la jurisdiclion, miter- 
lion et contraincte de la prevoslè de Paris. 
(M sept. 1 f79. rirand-licaulieu, .Milry. 1' I., 
n" 2, A. Eure-etL.) 

Soubs l'oliligation île tons les biens meu- 
bles et immeiiblesde qiicl()ue nature qu'ils 
soient, fiefs el anllres, de nous et de nos- 
tredile église et abbaye el aussy de ceidx 
de nos successenrs et ayans cause, presens 
et futurs, ou qu'ils sont", el seront trouvez, 
que snbmellons a la cohertinn de tous sei- 
gneurs, loix et justices. (23 sept. 1.5.58, Jlo- 
reau 260, Pli, B. .N.) 

lincourenl a l'occasion de ladicte obli- 
gation es peines el cuerclions portées par [ 
icelle. (28 avr. 1508, Letl. du roi aux maire i 
et échev. de Troyes, Grosl., Ephéin., I, 125.) 

Combien c'estoil une indiscrétion de ■ 
grande conséquence et digne de la cnerclion j 
de nos loix. (LeU. de Mont, à il. de Foix.) j 

] Il y devroit avoir quelque coerclion des [ 
: loix, contre les escrivains ineples el inn- ^ 

liles, comme il y a contre les vagabons el 
[ faineans. (Mont.", l. 111, ch. i\.) 1 

! COHERECTIOX, V. COHEIICIO.N. ' 

coHERE-VCE, S. f., état de ce qui e.st 
cohérent : 

I Les membres de la vraie sapience onl 

entre eulx solide et perpétuelle cohérence, i 

(1524, Letl. de G. llrinonnet à Murr/. d'Atig., • 

ilerminjard, Corresp. des- réform., I, 598.) I 

1 COHERENT, adj. pris subst.. adhé- 
rent, partisan : 

Que les bons princes ne se laissent aller 
aux charmes, flatteries el insidieux con- ; 
seils de ces Achitophels. qui veulent ap- 
pauvrir tout le monde pour se faire riches, | 
enlx et leurs coherenn. (Michel Liiosimtai., I 
Tmile de lu réformât de la jusiice, Œuv. 
inéd., 391.) 

COIIERTIOX, V. COHERCIO.N. 

coiiiBiTiox, S. f., empêchement d'a- 

! CoAi'/iiwi et de(rense.( 1543, .Michel ii'Am- 
BOiSE, Guidon des gens de guerre, p. 75.) 

I conoi!.*Ti<».\. s. f.. action de coho- 
! ber : 

I Par fermenlalions, distillations, reclifi- 
; cations, cohobalions, calcinalions, dissolu- 
lions. (E. DE Clave, \ouv. Lum. philos., p. 
57.) 
j 

COHORTE, S. f., troupe qui formait la 
dixième partie de la légion romaine : 

Co/iojie n'estoil autre chose que une cer- 
taine Hotte ou compagnie de gens armez, 
si cstoil cohorte de genz de piè el tiirme 

■ de cbevaucheiiis, combien que moult de 
fois l'en Ireuve l'un pour l'autre. iBeiis.. 

i 'y. Au'., ms. Sle-Gen., r 1.) 



Lors EscossoYs en toute la cohorte 
Des garnisons armes vont a leur porte. 

Pour recepvoir 
Leur prince et roy que tant desiroienl veoir. 
(3. .Marot, Voi/. de Venise, la Priusc du chasteau de 
l'e;qiiiere, éd. 1.539, .\.\ 5, v».) 

coHiE. s. f., anc. marché public, 
halle ; par extension, réunion confuse 
et tumultueuse : 

Je n'irai plus a la cohue 

Ou chascun joue ou brait ou bue. 

[IMt/trtin mourrtnt, dans Liuré.) 

— Sorte de tribunal : 

Cohue. (1235. llibl. Ec. cliart., 4>^^ sér., t. 
m, p. i59.) 

Pour contraindre le dil capitaine a estre 
et comparoir de samedi prochain en .vin. 
jours en la cohue du cliaslcl de Ilouen. (12 
déc. 1493, A. Seine-Inf., G 4025.) 

Auquel lieuyavoit maison, prison, chept 
et chambre a rohue a tenir la juridiction. 
(1524, ib., G 4020.) 

Cf. II, 170\ 

COI, adj., qui se tient tranquille, 
sans bouger ni parler : 

Paisible e quoi e senz murmure. 

(Be»., D. de Norm., II, 1030"..) 

Ensi se tinrent coi une granl pieche. 
(Henri de Val., g 664.) 

La roine fu tesant el r/uoie. (Lnncelot, 
ms. Fribourg, P 43\) 

Li Krançois estoient encores tout r/uoi et 
logiet ou plain pavs. (Froiss., Chron., \\, 
20.) 

Aussi ncpenltl'liommerecepvoirdivinilc, 
el aride vaticiner, sinon lorsque laparlie 
qui en luy plus est divine soit roi/e, tran- 
quille, paisible, non occupée, ne distraicte 
par passions. (Rab., Tiers Ih'.. ch. xiii.) 

ijiiand il fui arrivé au petit fleuve de 
linbicon, U'qnel sépare la Gaule de dei;a les 
Alpes d'avec le reste de l'Italie, il s'arresta 
tout coy. (A.MYOT, J. Cœsar.) 

Regardez ! comme elle estoit coye sur le 
pas de l'huis, pour escouter. (Lariv., Ecol.. 
IV. 3.) 

— En parlant de chose, trauquille : 

Doux fut le vent, la nier paisible et coi/e. 
(Cl. SIar., Vis. de l'etrm-q., p. J36.) 

Menant \\ne vie quoye. (Pasouier, Pour- 
purler du priii'-e.) 

L'humide et noire nuit 
Un coi somnieil, un doux repos sans bruit 
Epand en l'air, sur la terre et sous l'onde. 

(Uu Belhï, IJlire, XXTII.) 

— Ld parole est remise en coi. on a 
laissé là l'entretien : 

La 2>arole est remise en qiieie, 
Li reis ne la pont ublier. 

( Vie de S. fiile, ÎZii.) 

<:oiER. V. Cahier. 

c:tuFE, mod. coiffe, s. t., ajustement 
de tète pour les femmes; voile que les 
dames attachaient à la coiffe : 



120 



COI 



COI 



COI 



Une coiffe d»^ toile blanche. 

(Rose, Corsini, t" 61)=.) 

Apres 11 a en son clef mis 
Une coife qui tout cri blanche. 

[Ordene fie C'/tevaleeie. 22S.) 

Nous n'en poon osire celés 
l*our cotffp (le lin ne de sec 
Que chescun tantost ne le vee. 

{Clef rVomoiirs, 2410.) 

El si ot coiffe de borras. 

IBoinin, HoDtaigl. ot Hayii.. V, 52.) 

Et a ledit singe une tfuoyfe que il lasse 
sous sa gorge. [ViiiO, liiuent. du D. d'Anjou.) 

Pour ieelle dame une coc/Te d'un quartier 
de veioux cramoisi. (1455, Argenterie de la 
reine, P 30 v°.,i 

Pouravoirlachii' uiicdoiizaiue de </uaff'es, 
.111. gros. (14.j6, Coinpie de lut. da Cnisol- 
Mortel, A. Tournai.) 

C/ioiffe. (ino, .\. X. .1.1 196, pièce 30i.) 

— Fig., soufflet : 

Je vos pingnerai, je vosdonrei une coi//'e. 
{Rioie du monde, nis. Uerne 113, ["201 V".) 

— Capuchon de mailles : 

Tronchet la coife enlresque .1 la char. 

(nul., 3436.) 

La coife de! halberc Tu faite. 
En tel manière qu'ele ot traite 
Sa bloie crine de defors 
Que el li covri tôt le cors. 

(lineiis, 6929.) 

Que le hiaume li a et fendu et copé 

Et le qnafe cnseraent dont le cief ot armé. 

(Roum. d'AtiT, f» 30'.) 

Amont el heaume qui flamboie. 
Jusqu'à la cotise 11 envoie. 

(/■'/. ei niancefl., 2" vers., 1147.) 

Chevaus crever, ciiiffes brisier. 

(J. Brctel, Tourn. de Chauvend, 3547.) 

Et mis le rpieffe ou chief et chaindy mon espoit. 
(//. Ca/irt, 4966.) 

Cf. Coiffe, H, 171'. 

t:oirER, mod. coiffer, verbe. — A., 
couvrir la tête d'une coilîe, d'une coif- 
fure quelconque. 

— Mettre sur la tête : 

(Venus) le transmit (un chapeau de roses) a son 

[cher enfant- 
Qui de bon canir le va coiffant. 

(Cx. Marot, 1. ]i. s, rj. 1396.) 

— Séduire : 

Celuy qui veut estre sage, doilit regarder 
a ce qui est bon et vray en soy, et non a 
ce qui le semble, el qui est le plus usité el 
fréquenté, et ne se laisser coiffer et empor- 
ter a la mullitude. (CiiARiio.x. Sag., 1. 11, c. 
1. p. 302.) 

— ■ Donner un coup sur la tète : 

Je m'en vais te coefer des crochets que je porte. 
(BoiSBon., la Folle Gai/., VI, 7.) 

— Réfl., s'enticher : 

Ny se coiffer ou espoiiser aucune chose. 
(Cii.MiKON, Sag.. 1. II. c. 2, p. 308.) 

— Coi'/V. pai't. passé, qui a une coiffe, 
une coiff'ure : 



l-es aulres son! espes coiffjes 
Ef en lor caj)er(ms muchies. 

{/m l'içf d'amours, 2425.) 

Qu'il soit bien amé — mais, d'amer 
Fille en chief ou femme coeff'ee. 

(ViLLOîi, G)-. Test., 1078.) 

Ilault i-nneffe.es si estoientles dames. (Le- 
Dov., Chron., t" 2.) 

- Fig. : 

Le fardeau coiffé ou cordé. (0 mai l.j73, 
Arr. imp., Orl., Gibier.) 

■ — Entiché : 

Coeffé de l'amourdesa femme. fF.uiciiET, 
Aniiq. gaiil., III, 2.) 

Tant ce prince estoil coiffé et amoureux 
de laditte marquise, d', IIirault, Mcin., an 
1001.) 

coiFi-EMEXT, S. m., tout Ce qui con- 
cerne la coiff'ure : 

Attillage, altilîement. coeffemenl. (Tritim 
Ling. Dict., 160i.) 

COIFFURE, s.f.. manière de se coiffer. 
ce qui sert à se coiffer : 

Coeffeure. (AiTox, Cliron.. R. X. .'^lOSS, f 
112 r°.) 

COIGX.VnON, V. CoGN.iTION. j 

coiGXE FESTU, mod. cogne-fétu, s. 
m., celui qui se donne beaucoup de 
mal pour peu de chose ; j 

Vela bien congne le festn. '. 

{Gbingore. le .feu du prince des sotz. Sottie, 1,209.) 

Il semliloit un coigne festu, el il ne vou- | 
loit rien faire, ny laisser faii'e les autres, i 
(Mo.NTi.uc, l'onim.', 1. L) I 

Et je di voyant ma fortune. 
Maigre s'il en fut jamais une. 
Je suis un grand cogne fc.slii. 

(.1. DE Paif, Mimes, 1. I, f" 26 r«.) 

Ce seroit les vouloir faire coigne festu.t. 
(Choi.if.hiîs, Mutinées, p. \:>2.) 

Tu me prends a tort pour un coigne festu. 

(SCHELAKDR., Tj/c ct .S'iV/., I" joam., IV, 10.) 

t;oi<:\'iEE, mod. cognée, s. f., sorte ! 
de hache qui va s'élargissant du tran- 
chant au dos de la lame, avec laquelle 
on frappe à coups répétés sur un arbre, ; 
sur une pièce de bois qu'on veut couper 
ou fendre : 

Besague et gulngnles en uni od els portez. 

'Garn., s. Tliomas, B. N. 13513, f" 89 y».) 

En sa désire main tint chascuns s'espee nue 
En l'autre les giinignics. et li quarz besague. 
fin., ifj.. f' 9\ t'.) 

Cil aportereni haches et cuir/nies et dars 
Et escus a rodes, espees et faussars. 

(J. Bon., .^aimes, LVUI, var.) 

C«n/e — securis. (T/ie trealise de utensi- 
lihus of Ale.T. Neckam. 

Cnngnie. {S. Grnal, Val. Ciir. 1687, f° 119 

v".) 

A iceste parolle .i. vilain lor est sors 

Et portoit se cuingnie dont ot ovré le jor. 

(£■. lie .S'. r,ille, B. N. 25316, f« SD".) 



Kl ja au pie de l'abre est mise la cuin- 
gnie. {Sermon. Ilril. .Mus., add. l.jOOO, 1' 
02".) 

(jue cascuns soit bien warnis île pelé u 
de liauel u de quingnie. (1265, ap. Tailliar, 
p. 274.) 

Un escuier engloiz lenoit une cnr/nie. 
Un compaignon Hertran en feri sur l'oie. 

(Cuv., D. du liucscl., 970.) 

A toulpelles e\. ciiirjnies.iVwoi^s. , Cliron.. 
V, 200.) 

Une cuiqgnie a main par Cloceville, .ni. 
sols. (1415-1416, Registre des rece/yles de 
Boulogne-sur-Mer, p. 165.) 

lîicn fol seroit qui donneroil los a l.i 
cuingnie d'avoir charpenté la maison. (M. 
LE Franc, Eitrifde Fort., f" 9 r".) 

Congnee. (La lion.. Ilarnxon.. p. .^08.) 

<;«HGMER. mod. co.aner, v. a., frap- 
per à coups répétés de manière à en- 
foncer; frapper avec un coin, enfoncer 
en guise de coin : 

En ceste cité mesme en la(|uelle il l'ait 
balre et coignier sa monnoie. [Lie. de Marc 
Pot, XCIV, Faut.) 

Resant cuignié en l'estampe. (.Maiz., Songe 
du viel peL, prol., f 4''.) 

Pour ung grantpaul qu'il a (oiil el coigne 
en la rivière de .Nièvre. (Com/it. de Never.i, 
1389-92, ce 1, f"39 r".) 

Et ceo que est trové bon argent estre 
illeoques ferres eli-uines en mailesengloys 
et toutes ceux qui appres le feste tkidit 
pasques ascunes Galyphalpens Saskyns ou 
Iloitkyns lacent, ciiinenl ou acliatent ou 
apportent en ledit royalme d'Engleterre 
pur les vendre. (Slat. de Henri V, an II.) 

(^oiqner des paulx en terre. (1468, Compl. 
de i\èrers, CC 03, f" 29 r".) 

Jehan Jlenain. fondeur, fait le moulle ilu 
molon a cognierleA esguelles du pont. (1475- 
76, Comptes de Nevers, CC 69.' 

L'if perd son venin, coignant dedans son 
bois un clou de bronze. (De Pinet, Pline, 
XVI, 10.) 

Congner. 

(Bons., Franc., IV.) 

Et n'estions pas si.x cens quand la pre- 
mière charge se fit; et puis nous le co- 
gnasmes dans ce dict village, et se rendi- 
rent par composition, (Rrant., Cap. fr.. 
Montsalles.) 

Le père y alla, le combatit et le coigna 
itisques en Jlarroche. (Auu., llist. unio., 1, 
15.) 

— Fig. : 

Et que dans mon ventre je cogne 
Vin blanc muscat et vin vermeil. 

(Godard, les Desfjuis., V, 5.) 
Cf. H, 172'. 

1. coi>, s. m., corps solide terminé 
en angle; extrémité d'un corps solide 
terminé en angle; pointe; sommet : 

El coin amont devers la rive 
A une grant roche naive : 
lluec sont li murail asis. 

(Eneas, 419.) 

.1. cime de haut c/fig li est el cief fermes. 

(Rom. d'Alex., (' 10". ) 



COI 



COI 



COL 



121 



Et les quins do lor cimes a le tiere hurler. 

(«., {• 22'.) 

Car ilseoit ou coing clou flunqui fourche. 
(Mknestrel, s 176.) 

Quoing. (1311, k. N. ,IJ 48, f 8 v«.) 

Le coing d'une ruelle. (1312, k. N. S 3, 
pièce 33.) 

.ui. pies (le reiûiir tlou premier qui» g de 
l'iretage ledit .Iakemon. alanl entre leurs 
.11. hiretages jusques a le rue. vlO sejU. 1342, 
C'est H accors Je/tau de te Xoue, chir., S. 
Brice, A. Tournai.) 

Fait le coign de ladicte rue. (1391, Livre 
(les hei-it. de S. BevlKomé, T 4 r°, Bibl. la 
Hoclielle.) 

Pour avoir fait refaire et graver de nou- 
viel les quins dont on a enseigné les draps 
apportes a le perche, lequel estoient de 
nulle valeur. (1396, liulleiin du comité de la 
langue et de l'hisl. de la France., III, 629.) 

Li troy estât delTendirent a forgier le 
nionnoie que on forgoit, et saisirent les 
quinds. (Froiss., C/non., V, 294.) 

Le vieillard seigneur du lieu, estant dans 
la tourette du coin. (Auiî.. Fœnest., 1. III, 
c. 12.) 

— Coin des lisons, coin du feu : 

Je hay trop le coin âcs tisons. 
Je n'aime l'ombre des maisons. 

(J. A. DE Baif, /(î Brat'e, I, i.) 

— Coin d'œil, regard dérobé : 

Mais si jamais a mon vueil 

D'un coing d'œil. 
D'un soupir, ou d'un soubs rire, 

Je l'attire, 
J'osteray tel entretien 
Luy disant qu'on l'aime bien. 
(Jean de la Taille, la Ituslique amie.) 

Vous faisant un jour après une œillade, 
un souriz de travers, un coin d'œil. (N. du 
F.iiL, Prop. rust., p. 78, éd. 1519, var.) 

— T. de monnaie, morceau de fer 
trempé et gravé qui sert à marquer les 
monnaies et les médailles : 

Ne furent pas ou coing féru 
Dont les monnoies sont loiax. 

(GuioT, Bible, iS9.) 

Quîconques a son per s'aploie, 
Fausse la naturel monoie. 
An doues pars hont les coins changiez. 
(Poème aUig., Brit. Mus., AdJ. 15606, t° 9''.) 

Huit vins escus d'or du coing du roy. 
(1360, A. S.-et-3Iarne.) 

Tailleur de quoings de monnoye.(12 sept. 
14IÔ, lieg. de tu loy, 14l3-142.'i, À. Tournai.) 

Tailleur des quinsde le monnoic de Saint 
Quentin. (Conjurement du 16 oct. HÎH. ih.) 

Le cung de la rnonnove de la cité. (1433, 
Preuv. de Metz, V, 2'2.j 

J'ay depuis deux ans en ça faicl expé- 
dier certaines commissions a quelques 
olliciers de ma court des monnoyes pour 
informer des ahuset malversations qui s'y 
sont commiset exercez durant ces derniers 
troubles par les malstres et fermiers qui 
se sont voulu assujettir a faire fabriciuer 
monnoye au coin de nos armes, allin de 
taire faire justice exemplaire de ceux qui 



se trouveront coulpables. (Lett. miss, de 
Henri /F, p. 25.) 

— Fig., forger a son coin, rendre 
semblable à soi, comme on dit aujour- 
d'hui marquer à son coin : 

Ils voudroyeni bien forger tout le reste 
des hommes a leur coin. (Tahureau, Prem. 
dial. du Democritir, p. 103.) 

Cf. II, 173". 

2. coiiv, mod. coing, s. m., fruit du 
cognassier : 

Cooîns. permeiQs, pesches et Ces. 

( l'ie de S. Gile, 1923.) 

Tu ne fleres pas comme uns coins. 
[Drbat, Monliiiglon et nayoaud, II, 134.) 

Ils nous ont presanté des potages faicts 
de couins. (Mont., Voyage, p. 41.) 

coiNCiDEXCE, s. f., le fait de coïnci- 
der: 

Coincidentia, co(;icidn«ce. (1464, Lagadeix, 
Catholicon.) 

coixcide:vt, adj., qui coïncide: 

Prenant l'oisiveté, seconde tl coïncidente 
cause de l'amour, pour sa source première 
etpricipale. (Sibil., Contram., p. 8.) 

coïncider, V. n.,se rencontrer exac- 
tement sur tous les points : 

Coïncider en partie et non pas en tout. 
(Oressie, ap. Meunier, Tliése.) 

coiNDiCATiF, adj., qui donne une 
coïndication : 

Souvenons nous des choses cy dessus 
mentionnées, qui nous conduisent a ce 
qu'il faut faire: les unes sont indicatives, 
les autres sont coindicalives, les autres sont 
répugnantes, les autres sont correpugnan- 
les. Les indicatives sont celles qui de soy 
niesme et de leur nature enseignent ce qui 
est a faire ; coindicalives sont celles qui en- 
seignent le mesme que les indicatives, 
mais seulement par accident, et non pro- 
prement et essentiellement. (Paré, CEuv., 
Introd., c. xxni.) 

coi-\DicATio\', s. f. , concours de 
plusieurs indications tendant toutes à 
motiver telle ou telle médication : 

L'air nous donne quelque indication, ou 
plustost coindication : car s'il est semblable 
a la maladie, il symbolise en indication 
avec la maladie, et pour ce l'indication 
est de corriger. (Pari;, Œuv., Intr.,c. xxii.) 

coi.xG, V. Coin. — coixgîv.isse, y. 

COQ.WSSE. — COI\Gi\AT, V. COGNAT. — 

coixGME. V. Cognée. 

C()i\'TE, adj., gracieux. 

Cf. Il, \1Z\ 

coiox. s. m., homme inou, sans 
énergie : 

• Iv. jure le Deus qui fist le Irons, 
Qu'i[l] confondra coarz o cogoons, 
E qucns .G. par non, e ses glotons. 
{Ger. de Jloss., p. 304.) 



Ha 1 coion ! qu'est ce qui me lient 
Que je ne t'assomme ? 

(Grevis, les Esbaliis, V, -4.) 
Quatre coyons prenant la fuite sont sufli 
sants pour attirer le reste. (Montl., Comm., 
l. 7.) 

Il sera réputé de tout le monde ung 
cogon. (17 déc. 1592, Lett. du s' Desportes 
au duc de Maienne, ap. Félibien, Pr. de 
l'Hist. de P., I, 807.) 

Cf. COUILLON. 

coioxxADE. S. f., acte, propos de 
coïon : 

Il fera resolution en soy meisme, si il a 
tant soit peu de conu-, de mourir cent fois 
plutost que de faire une coî;)/07(narfeou une 
faute. (Moxtl., Comm., 1. VU.) 

coio.\\ER, verbe. — A., traiter comme 
un coïon. — N., agir en coïon : 

(COTGR.) 

coioxNERiE, s. f., conduite, acte de 
coïon. 

— Chose amusante et sans consé- 
quence : 

M. Guitart m'adonnéune nouvelle coi7o«- 
nerie et amuse badaut qui couroit ici... 
(L'EsTOiLE. Mém., 2= p.. p. 528.) 

coissix, V. Coussin. 

coït, s. m., acte de raccouplement 
chez l'homme : 

Arislote en dit une clause : 
(Que) coliit n'est pas d'amour cause. 
(J. Le Ftîtee. In Vieille. B. N. 19138. !' 7 r".) B. N. 
8S1. f» i", et éJ. Cocheris, Ifii; coAir.- B. N. 2327, 
t° 10 r» : choit: 

Et pour le cohit esveiller. 
(ID., ib., B. N. 19138, f" 14 »».) B. N. 881, f» 7=, B. 
N. 2327, f» 19 r«, et éd. Cocheris, 598 ; coMr. 

Cf. COIR, II, 176°. 

COITE, adj. f., de coït, qui a rapport 
au coït : 

L'amour est brute et illicite 
Qui ne lent que a fin cohite. 

(J. LeFeyre, la Vieille, 162.) 

1. COL, S. m., mod. cou, s. m., partie 
du corps de l'homme, de l'animal, qui 
unit la tête au tronc : 

Ge deveie le col eslendre, 
Et encoste de moi estcit 
Cil ki decoler me dcvcit. 

{Eneas, 1042.) 
L'enfant au cnel prist a saisir. 
[Un Ctiival. e sa dame, ms. Cambr.. Corpus 50, ["94 
P. Meyer, Itupp.) 

Et ne fu armez que d'un gamboison et 
d'un chapel de fer, son escu a son col. (ViL- 

LEHARD., J 168.) 

Coût. {De iV.-D., n. >'. 19525, f 88 r°.) 

Cil des tors les trébuchèrent conlreval 
ou il orentpeçûiez braz et cuisses al cous. 
(G. DE Tvii, VI, 8.) 

El a leur quarriaus asseoir 
.Sus visages nuz et sus cos 
Sevcnl trop miex viser leur cos. 

(GuiABT, Itay. lingn., 1878.) 



T. I.\. 



16 



122 COL 

Au col aies un fcrmaillet 
Poi parant ou un esmaillet 
Net et propre, fetis et gent : 
Il plesl moût a aucune gent. 

{La Clef d'amours, 361.) 

Des gens du roy qui est chiefs 
Au duc d'Anjou qui, pour cstre vengiez, 
Venoit illec, ciioient. ou coul la corde, 
Remission, grâce et miséricorde. 

{1:lst. Utscn., III, 67.) 

— Partie étroite entre le corps de 
certains objets et la tète ou sommet : 

Un pot 
Qui a le col long et eslroit. 

[Ysopet, 1, fiib. xxim.) 

— Passage étroit : 

Et après cela fil un grand fossé sur le 
cul de la cité qui joignoil la partie envi- 
ronnée de mer a celle qui estoil en terre. 
Lequel fossé Iravei-soil tout ledit col d'une 
mer a l'autre, et conlenoit vingt cinq sta- 
des. (Seyssel, AppianAlex.,^ h'i r°.) 

— Col de pied, cou-de-pied : 

Le hou (lel j)é. 
(Garnier, s. Tlwm., B. N. 13513, f» 34 t».) 

Et puis se li vesti on le palle, une ma- 
nière d'afulenient estoit qui baloil seur le 
col du pié pardevant. (Robeut de Clary, p. 
75, Riant.) 

2. COL, V. Chou. 

toLAUix, s. m., petite frise du clia- 
piteau des colonnes toscanes et dori- 
ques : 

Le collerin de la colomne. (Delorme, Ar- 
chit., V, 27.) 

coLATtRE, S. f., action de faire pas- 
ser un liquide à travers un tissu de 
toile ou de laine peu serré pour en sé- 
parer le marc : 

Cesle coladuve soit donnée au matin. (B. 
DE GORD., Pratiq., II, 10.) 

Puis on les coulera par une estamine, et 
d'icelle coulalure on en trempera des lin- 
ges. (Paré, X.\I, 2-2.) 

Cf. COULATURE, II, Soi'. 

coLAUTiOîv, V. Collation 2. 

coLciiANT, mod. couchant, s. m., 

occident. 

— Partie horizontale d'une pièce : 

Le couchant du mollaige estre de petilte 
valleur, et le tournant avoir d'espesseur 
cincq pos et demy, et sont de pierre noire. 
(S mai I JOO, Esci-ips de leuiuiei- fait du mo- 
li/i du Sauclioil a Je/ian Radaul, certaines 
vies durant, chir., SI Bi'ice, A. Toui-nai.) 

Cf. COUCH.\NT, II, 330\ 

coLCiiE, mod. couche, s. f., lit : 

Se fait en une couche mètre. 
(GiUT. d'Arhas, Ilte et Galeron, 3J31.) 

La roine qui molt estoit sage vint a lui 
et le prentparla main et le traita une pari, 
en une colclie. (Artur, M. iS. 337, f^ 139".) 



COL 

Quant se descbauce sus sa choche. 
(G. DE CoiNci, Mir.j ms. Brux., f» 154*.) 

Entra il en la sale ou li rois Ilenriz estoit 
acouiîeiz en une couclie. (Ménestrel, g 23.) 

Enti-eront ta maisoun et la couche de ton 
lit. (Bible, E.\ode, Vlll, 2, B. N. 1.) 

Cache. (EVR. de Co.nty, Secr. d'Arisl., B. 
N. Ô71, f° 134 r°.) 

Porté fu le roy de sa couche en son lit. 
(Crist. de Pizas," C/iacte V, 3° p., eh. lxxi.) 

Quant nous entrâmes en nostre ménage 
nous n'avions gueres de meubles, et nous 
a convenu achapter liz, couchez, chambi-es, 
cl moult d'autres choses. (Quinze joies de 
inariafie, 1.) 

Repaislre, et bien boire, moitié au per. 
moitié a \a.couche, rien si cher ne précieux 
est que le temps, employons le en bonnes 
œuvres. (Rai)., Cinquiesme livre, ch. v.) 

— Linge dont on enveloppe les tout 
petits enfants : 

.III. coucqnes de lurelle. (lôO.j, Dépenses 
pour les enfants trouvés, Arch. mun. Lille.) 

— Alitement de la femme pendant 

l'enfantement et ses suites : 

M. de Nevers vint joindre le frei'e du roy 
en Champagne, puis entendant la couche 
de madame sa femme, s'y en alla avec qua- 
rante gentilshommes. (Du Tili.et, Chron. 
abrégée, p. 228.) 

• — Reposoir funéraire, catafalque : 

Pour se part de le coucque, faite en le- 
dicte église, au jour que on fist service 
dudil delTunct. (9 fév. liOi, Exéc. test. 
d'Ysabiel Voliarde, A. Tournai.) 

Pour le loyer du palle, que on heul, et 
qui lu mis sur lecorps deladicte delTuncte, 
audit enterrement, et sur le couque que 
on list pour yccUe, au jour de sen dit ser- 
vice et obseque, en ladilte église. (1" aoùl 
140i, Exécut. testnm. de Arjmes de Crespin, 
ib.) 

— Lit de choses couchées les unes 
sur les autres : 

Et se ele est en une couche, si ne donra 
que .11. d. qui que ele soit. (Est. Boileau, 
Liv. des mesl., 2° p.. H, 12.) 

— Disposition plus ou moins couchée 
de la crosse d'une arbalète : 

Porus ait pris l'arçon, sy le vait entoîsans, 
Devant la couche mist .i. vaconcel pesant. 
(Vn-ux du Paoti, IT"S., ms. Epinal 189, DuUet. .\. T., 
1876, p. 113.) 

— Disposition d'une pièce étendue 
horizontalement, cette pièce elle-même : 

Lui ont ars et bi'ulé le marrien de la 
forme dudil molin que l'onavoil fait toute 
neufve et qu'il estoiten co»t7ie toute preste 
pour la drecier. (i nov. 144i, f° 17 v", Ch. 
des compt. de Dijon, B 11S8I, A. C.-d'Or.) 

Cf. Couche 1, t. II, p. 330". 

coLCHETE, mod. couchettc, s. f., petit 
lit, bois de lit : 

Colchele. (De vita Chrisli, B. N. 181, f» 49 
T".) 

Couschele. (1471, Compt. du R. René, p. 
276.) 



COL 

Une couchele de bois toute enchassillee 
de marnes. (lil\, Inv. du roi René à Angers, 
ap. V. Gay.) 

S'en alla gecter sus une couc/iete. (Hisl. 
de l'alanus, f" 37 v".) 

Cf. CoucniETTE, II, 330^ 

1. coLCHiER, mod. coucher, verbe. — 
A., mettre au lit, au propre et au fig. : 

Quand j'auray couché ma maistresse. 
(Amyot, Theag. et Car., I.) 

— Mettre au sépulcre : 

E od les morz de gré cochié. 

(Wace, Mou, 3" p., 8924.) 

En cel lieu fu Jliesus corchlez. 
Qui bien estoit apareilliez. 
(Geff., .VII. est. du monde, B. N. 152C, l' \îi'.) 

— Mettre horizontalement : 

Quant Xorgal veit le chevalier venir sur 
luy il coucha sa lance et se rencontrèrent 
vaillamment. (Perceforest, vol. V, ch. xx.) 

Norgal print une lance,... et la coucha 
sur le chevalier qui venoit sur luy de granl 
rendon. (Ib.) 

Au plus plain par ou on les pooit apro- 
chier, i! chouchierent granl foison d'ai'bres 
et de bois, dont trop bien se fortefiierent. 
(Kroiss., Chron., I, 333.) 

Et après ce qu'ilz ne vouloient ouvrir, 
ilz couchèrent la porte de ladicte maison 
au travers de l'uysserie. (1459-60, A. N. J.l 
190, f- 111.) 

Baissant les visières couchent le boys, el 
commencent a s'approcher. (Carloix, Mém., 
1. V, ch. H.) 

— Réfl., se mettre au lit, se placer 
horizontalement: 

Li reis Marsilies esteit en Sarraguce : 
Alez en est en un vergier suz l'ombre ; 
Sur un perrun de marbre bloi se. cidchet. 
[Rut.. 10.) 

Sur l'herbe descent il en un prêt, 
5e colchet a lerro. 

(Ib., 2448.) 

Franceis se cochent, mais poi ont reposé. 
(Gariil le Loh., 1" cbans., VIII.) 

Dit U ad que son lit seit prest ; 
Cocher se vodra, kar lens est, 

(HuoN DE Rot-, Ipoined., 947.) 

Quant il vinrent laiens, si se coudèrent 
el reposèrent jusl'os a l'endemain apries 
la messe. (Henri de Val., $ 575.) 

— N., se coucher : 

Et quant fu termes de colchier 
Si fait les liz apareillier. 

(Eneas, 1205.) 

Les troi barons font en terre cuichier. 

(Car. le Loti., 2» chaos., XXXVI.) 

Signor vos fis de ma mollier, 
O vous le fis aler chocter. 
^Atliis et Porphir., B. N. 375, f» 127'.) 

Venue sui o vous choucier. 

[Ib., Biit. Mus., R. 1G41I, f 26.) 

— Etre en couches : 

Nourrisses el matrones... pour garder la 
dame tant comme elle couchera. (Quinze 
joyes de mariage, 3° joye, p. 27.) 



COL 



COL 



COL 



123 



— Colchié, p. passé, qui est dans son 
lit: 

Quida cil ke il fust od la dame kuclié. 

(Gaks., s. Thom., B. .N. 13513, f» 6 r".) 

Bien concilié en tlraps blancs et couvre- 
chiefs blancs. (1393, Méitaijier, I, 169.) 

2. COLGHIER, mod. coucher, s. m., 
action de se mettre au lit : 

Ki aimcnl le scjor et le grant reposer. 
Et le soir, al choiicîer, le via et le claré. 
[Loh., nom., VI, 4SS, 35.) 

Une quarte île vin de rouchier. (1285, Or- 
den. de l'osl. le Roy, A. S. JJ 57, f° 8 V.) 

.1. seslier de vin pour eulz toiiz au cou- 
rhier. (1310, ib., f 60 r°.) 

I.ors que Monsieur dormoit après disner, 
car il prenoit son bonnet et vin de cou- 
cher des le malin. (N. du F.\il, Eith-ap., 
XVI.) 

coldraie, mod. coudraie, s. f., lieu 
planté de coudriers: 

Raherins de la Codvaie. (1186, Cari, du- 
nense, Mabille, p. 185.) 

L'autre jour mon chamin erroie 
Si oi dame gaimenteir 
Ki ce seoit ses la codroie. 
(Chans., ap. Bartscb, Boni, et Pastour., I, 42, 1.) 

Pource que la couldroye estoit si drue, il 
ne peut chevaucher par dedans. (Percefo- 
resl, vol. V, c. 15.) 

coLDRE, mod. coudre, s. m. et f. 
coudrier, noisetier : 

Nemus quod vocalur toure. (1198, Cari, 
du Paraclet, f 11 v°, .\rch. .\ube, origin.) 

N'i ol coldre ne chastaignier 
U il ne mettent laz u glu. 

(Mabie, Lais, Laustic, 98.) 

De cordes de hars et de corre. 
De kaines et de carkans 
Les crucefienl en lor bans. 

(G. DE Cambrai, Barlaam, p. 131.) 

Gart Ysengrin a son damage ! 

Se li vasseaï est enpiries^ 

Et par Renart mal atiriez 

Le vaillant d'une nois de cottâre. 

Près sui que je U face soudre. 

{Hen., Br. I, lis., 

Desuz une coudre menue 
A Irové dant Coflet gisant. 

{Ib., Br. XIII, 193i.) 

Et remircr ces biaus moricrs. 
Ces pins, ces cadres, ces loriers. 

[Hase, 1Î97.) 

Coiidres droites. 

(/*., ms. Corsioi, f» 10^) 

Colurus. caure, gerens noisette. {Ollapa- 
lella, p. 28.) 

Pour liens il ne dolent cullir chaisne, 
fou, ne courre. (1321, A. N. JJ 60, f° 138 v».) 

Coutre. (15 janv. 1339, S. Bénigne, Mo- 
niales de Larfey, A. Côte-d'Or.) 

Corulus, CflHre. {Gloas.rom.-lal. du xv's.) 

Un drageoir de rassine de couldre, a pié 
ouvré sur le bort de bestes etfleurs. (U71, 
Inv. du roi René à Angers, ap. V. Gay.) 

Une pièce de terre appelle le champ du 
cueuldre. (1490, Terrier de la famille Co- 



quillede Derize, ms. appartenant à M. Bou- 
tillier.) 

La coldre et visme. (15 nov. 1575, A. Gir., 
Not., d'Orléans, 212-1.) 

Gentil rossignol passager 
Qui t'es encore venu loger 
Dedans ceste coudre ramee. 

(Ross., Od., II, p. 420, Mellerio.) 

COLOREE, S. f., syn. de coldraie: 

Robinus de la Codree. (7 janv. 1237, Beau- 
vais, A. .\ube.) 

! 

j roLE, mod. colle, s. f., préparation 
molle et homogène qu'on obtient en dé- 
layant de la farine dans de l'eau, et la 
soumettant à la chaleur, et qui sert à 
joindre d'une manière fixe certains ob- 
jets: 

X Jehan de Troyes, sellier, pour cuirer 
et nerver de veaux a cole de fromaige tout 
couvert, li chapelle et le corpset les timons 
(d'unelitiere)... (1382, Compte de l'écurie du 
roi, ap. V. Gay.) 

coLECTio\, mod. collection, s. f., ac- 
tion de réunir, pour en former un en- 
semble, des choses recueillies de divers 
côtés ; réunion de choses ainsi recueil- 
lies : 

la.colleclion desfruis. (Okesme, f/A.jVIII, 
12.) 

Il est bien de considérer les rolleclions ou 
commi.Klions de touleslesmanieresdescho- 
ses dessus dictes. (Id., Politiq., 2' p., r 2'.) 

— Méd., amas d'un liquide dans quel- 
qu'une des cavités closes du corps : 

Les collections etassemblees de humeurs. 
(Jard. de santé, I, 116.) 

Les collections et enfleures de la bouche. 
{Ib., I, 120.) 

Colectioiis et accumulations du sang. {Ib., 
I, 443.) 

coLE.MEXT, mod. collcment, s. m., 
état de choses collées l'une sur l'autre : 

Le médicament incarnatif, aggregatif, ou 
consolidatif, est celuy qui desseiche et es- 
paissit rhumidité demeurantenlre les deux 
superficies prochaines de la playe : de 
sorle que l'humidité soit converliea colle- 
ment et gluement, et <[ue des superficies 
l'une s'attache a l'autre. (Jolb., Gr. chic, 
p. 670.) 



Li sainz esperiz nos est donez el bap- 
tesme au mundement et au collemenl des 
vertuz. (Trad. de Belelh, B. S. 1. 995, f 54 

Ceste Teste est dou rjllement des os, si 
com disoit maistre Gillebert : unum potius 
débet dici festum colleclionis quam decol- 
lationis. {Ib., f 75 r".) 

COLEMIER, V. CûLOMBlEIÎ. 

coLER, mod. coller, v. a., réunir, 
fixer avec de la colle : 

Les cordonniers de Lemnos usent de 



terre grasse pour roWee leurs cuirs, au lieu 
de colle. (Belon, Singularité:, I, 32.) 

1. COLERE, S. f., bile : 

Médecines usualesetsimplesqui purgent 
la colère. (Chirurg. de Gui de Chauliac, B. 
K. 24249, f 306 r".) 

— Violente irritation qu'on laisse écla- 
ter contre qqn. : 

Desdain mesié de cholere. (J. Le JI.ure, 
dans Dict. gén.) 

2. COLERE, V. Collyre. 

COLERE, adj.. qui se laisser emporter 
à la colère : 

Les marques des François colères. (B. 
Desper., Nouv., 121, t. II, p. 367, Lacour.) 

COLERER (se), V. réfl., Se mettre en 
colère : 

C'est lascheté et foiblesse que se colerer. 
(Ch.^rb., Sag., I, .x.wii, p. 180.) 

Cotys Roy ayant receu de présent plu- 
sieurs 1res beaux el riches vaisseaux fra- 
giles et aisez a casser, les rompit tous, 
pour n'eslre en danger de se colerer ad- 
venant qu'ils fussent casses. (Ch.\rr., Saj., 
III, XXXI, p. 731.) 

COLERETE, mod. Collerette, s. f., tour 
de cou généralement plissé : 

Garny decolerele de telles et de cendeaux. 
(1309, ap. Lobineau, Pr. de l'Iiist. de Bret., 
t. II, col. 1639.) 

Item a Jehan Lapoget .i. auketon et une 
kolerelte puisainne. (Mars 1315, Testam. 
Jeh. dou Pelich, chir., A. Tournai.) 

Bone collerate. (1337, Coll. de Lorr., III, 
f 42.) 

Le colerette de son pourpoint. (2 janv. 
•1445, Heg. de la loy, 1412-58, A. Tournai.) 

Une douzaine de colerreltes de fine toi- 
lette. (1519, Test., A. Douai.) 

J'ay détaché ma colerette 

Pour mieux me rafraischir le sein. 

(Vauq., Idill., I, 67.) 

La corleretle. {1606, Enguéle crimin., Arch. 
Spa.) 

COLEREUX, adj., bilieux : 

Cf. II. ISl". 

— Prompt à se mettre en colère : 

Prêts de s'entrechoquer d'une ardeur coléreuse. 
(RoB. Gars., dans Dict. g'-ii.) 

COLERIE, V. COLIRE. 

COLERIQUE, adj., qui a rapport à la 
bile ; qui produit de la bile : 

Qui les orroit de colérique 
Pledoier, ou de lleumatique ? 

(Gc\OT, Bible, 2374.) 

A(v)nes est signe chault et sec, coluriqiie, 
mouvabic quant la lune se va en iceluy 
signe. {Duodecim signa, B. X. 2027, f° 132 
v°.) 

En yver a li fleumalitjue 
Assez pis que li colérique 
Et li vieus. 

{Fait. d'Ov., Ars. 5069, f» ÎZV.) 



124 



COL 



Li colerikes caiis. (Alebr., B. N- 2021, f 

7 v°.) 

Selone ce que la viande fl^"fS;;''i^^'^" 
flegmaUl<e.(Evn.DE CoNTY,/«('-od.d «liron., 

li. N. 1353, l" 8".) 

Kievre co/or/./'''', maladie calorique. (B. 
DE GORD., Praliq., I, 0-) 

Passion collinque. (lard, de santé, 1, 216.) 

_ Porté à la colère par tempéra- 
ment : 

I asaee dame la royne lleslei-, femme du 
,.ov de lurie', „ui mo\ai e.loil co^^que et 
ha'lif. {Lw. du Cheo. de La Jour, Wlll.) 

Naturellemenl les Anglois qui ne sont 
jamais partis d'Angleten-e sont fort cole 
ricques. (Comm., Mém., IV, b.; 

Et je veulx le mien collorlque, 
Hardy, motif et esveillé. 
, Farce nouv. ,les femm. qui fout refondre leurs mans. 

Adc. Tli. fr., I, 85.) 

COLERIQUEMENT, aclv . , 001111116 Utl 

homme en colère : 

Anres avoir par ledit de Salines entendu 
radveftissement de ladite dame .je me 
partis de ee pas assez colenquement et m en 
^'ns tout droit vers led.t ïfgne^'r ^^ '• 
(95 fév. 1518, AVffOc-. eut. la Fr. et l Aul, ., 
11,271.) 

Un gentilhomme, beau frère du seigneur 
de Fallais, vint retrouver Calvin etluydict 
fort eiwleriquement qu'il ne Pen^^s tpas de 
traiter ainsi les gentilshommes. (Bolsec, 
Hisl. de Calv., ch. xii.) 

coLET, mod. collet, s. m., petit cou. 
_ Cûlet a coh'l, corps à corps : 

Mais entre tous il trouva une riche mai- 
son de gentilhomme de Bretaigne, ou il y 
avoit trois fils de bon aage, et de belle 
laiUe, beaux danseurs de passe pieds, et de 
irihoris, beaux luiteurs, et n'en eussent 
craint homme collet a collet. {Joyeuses ad- 
vent., 1.) 



— Prendre, saisir, tenir qqn au col- 
let, le prendre par le haut de son habit, 
avec force ou avec violence, au propre 
et au fig. : 

«i les pourrons tenir au collet avant qu'ilz 
nous apperchoyvent. (J. de Bueil, le Jou- 
vencel, 1, 79.) 

Comme est il possible qu'on se puisse 
delTaire du pensement de la mor , e qu a 
chasque instant il ne nous semble quelle 
Lui tienne au collet? (Mont., liv. Il, ch. 
XIX, p. 38.) 

— Mellre la main sur le collet, saisir, 

arrêter : 
Luy mist la 7nain sur le colet, et le fit 

prendre par ses archiers. (Du II.ullan, Est. 

des aff. de Fr., P 98 r°.) 

Le iuge ayant faict mettre la main sur le 

coHeid? ce pauvre diable, et iceluy lier ala 

torture, l'interrogeoil de son maistre et ou 

il estoit. (Lariv., Nuicls, XIU, iv.) 

_ Petit col, partie d'un vêtement 
d'homme ou de femme qui entoure le 
cou : 



COL 

Rol)0 doiz avoir propre el nete, 1 

Au cors et au colet bien fête. 

{La Clef d'amours, 349.) 

Pour .1. colet de pourpoint. (1'' sept. 1 408- 
!«' sept. 1409, Comijte de la rec. gén. de 
Hainaut, f 70, A. Nord.) 

Pour une piel de cas sauvages, dont li 
cotes de la dicte huppe ande f" f°»'-es- d.^ 
déc. Ii2i, Curatelle de Jacques de \e.ûn,A. 
Tournai.) 

4 colletz detoilledc linople. (1.528, Compte 
des menus plaisirs du rot, ap. V. Gay.) 
Son sein blanc et douillet 
Est a dcmy couvert d'un transp.irent colet. 

^Uu Babtas, Judit, 1\ .) 

— En t. de chasse, sorte de lacs à 
prendre des lièvres, des lapins, etc. : 

Lors envoya tous ses valets, 
Tendre mille lacz et collets. 
Tous disposes pour la ruine 
De la malheureuse fouine. 
(Melus de s. Gelais, Œuo. poél., p. 47.) 

— Ouvrir son colet, se décolleter : 

Je -ne m'estonne plus de ce que Gene- 
viefve n'ouvrait jamaisso« collet par devant 
comme font les autres filles. (Tourneb., les 
Conlens, II, 3.) 

Cf. II, 181°. 

coi.ETix, mod. coUetin, s. m., collet 
de buffle : 

Boutions pour mettre sur le coletin. ( lô80, 
Compt. de tut., t" 120», Barb.de Lesc, Arch. 
Finist.) 

CoUetin. [Ib., C l'2G'.) 

l!ng coUetin sans manche. (Con)pte de 
Baubers-Vuugentien.) 

CoUetin ou buffle. (Cuez.) 

COLIAIVDBE, V. Conl.\NDRE. 

coLiAiiT, S. m., variété de raie : 

Coliart. A kinde of smoolh and straw 
coloured ray fish. (Cotgr.) 



coLiEB, mod. collier, s. m., cercle 
qui fait le tour du cou, ornement du 
cou ; cercle de métal, de cuir, qu'on 
mettait au cou des esclaves, qu'on met 
au cou des animaux pour les attacher : 

Coulier. {Liv. du R. Ramliaux, Ars. 3150, 

t" 41 V".) , , 

Bien sevenl mes règles garder 
Et sunt si très bon escolier 
Qu'il treent tuit a mon coller. 

{Ilose, B. N. 1=73, f 159'.) 

Trois ehevaus, six beufstraiensacharnoi- 
cheezde traiz, de colliers. (20 juiU. 1375, A. 
Oise MM 30, f° 43.) 

15 coliers avec 15 campanes torses pour 
les loups. (1393, ap. Laborde, Ducs de Bour- 
gogne.) 

Coliers de corde baillez aux meneuvres 
pour porter la civière a fere la maçonnerie. 
(1110, Compte de Nevers, ce 17, P 2/ v .) 

Entendez cy, diligens escoliers, 
La science que devant vous je rue. 
Vous avez cy limon, traitz et couUers 
Qui vous feront fermes comme piliers 
Pour gouverner a droit vostre charrue. 
(r. 3IicH*tLT, Doctrinal de court, f 16 v°.) 



COL 

Ung coler d'or fait a hôtes. (1467, Inv. de 
Charles le Téméraire, ap. V. Gay.) 

Ung coelter. (1516, Test., Valenciennes, 
ap. La Fous.) 

Ceps ou entiers publicques. {Prophéties, 
f 24 r", dans le Mirabilis liber. Borne 152i.) 
Ça ça, monsieur le trésorier, 
Vous en porterez le collier, 
El ce pour juste recompence 
D'avoir pillé l'argent de France. 

(Grevin, Trésor, V, i.) 

Deux estoUes, deux coulliers. (1616, Vi- 
sit. de M. du Laurens, A. Soiss.) 

— Sorte de lacs à prendre des lièvres, 
des lapins, etc. : 

Nous avons une chasse qui se conduict 
plus par subtilité que par force, comme 
des colliers, de nos lignes, et de 1 hames- 
son. (Mont., II, 12.) 

coLiin.AÇO!v, s. m., limaçon : 

Et furent longtemps sur la grève a faire 
le colimnsson. {\b29, Pabmentier, \ oyage,p. 
68.) 

r.oi-iiv, s. m., poule d'eau : 
Ouant aux canars ou colins, ils font leurs 
nids parmy les rochers. (Du Pinet, Plme, 
X, 32.) 

— Poisson du genre gade, dit aussi 
lingue : 

Lyngc fishe, colyn. (Palsgr., p. 239.) 

coLix MAILLARD, S. in., jeu dans le- 
quel on bande les yeux d'une personne 
qui doit attraper à tâtons une des autres 
personnes qui courent autour d'elle : 

La jouoit on a colin t72aillard.{R.>,E., Pan- 
iag., eh. xxii.) 

COLIX TAMPOX, s. m., soldat suisse : 

Sur le midy, ils (les Bochelois assiégés 
par l'armée royale en 1573) firent sortie par 
a porte de Coigne, et combattiren plus 
de deux heures, ou y eut force de blessez 
decosté el d'autre, listans retirez crioyenl 
pardessus la muraille que Ion fist allei le^ 
Colintnnipon a l'assaut et qu'ils avoyen bon 
coutelas et espees pour découper leurs 
grandes piques. (Estai de la France sous 
Charles IX.) 



toLiyuE, s. f., douleur d'entrailles: 
Une maladie appelée colique. {Somme 

muisire Gautier, f° 70 r°.) 

Colique néphrétique ou pierreuse. (Paré, 

XV, 65 bis.) 

coLiQUEU.x, s. m., celui qui est at- 
teint de la colique : 

Et lors on lui vid faire des mines d'un 
colliqueux. (Aub., Fœn., IV, 4.) 

coLiRE, mod. collyre, s. m., médica- 
ment destiné à être appliqué sur la con- 
jonctive de l'œil: 

.1. collre ke je fcroie. 

{Dolof., 8310.) 

La lumière est del tôt denoié al malade 



COL 

oilh quand li collires i est mis. {Job, p. 
ôl6, Ler. de Lincy.) 

Collerie. (Apoc, ms. Ars.) 

La avérons collirve a esclarzir les oilz. 
(Sermons en prose, B. N. 19525, 1° 160 r".) 

Un fia coîire. 

{Rose, ms. Corsiaî, i" 55''.) 

Les lermes sont curées o le colère des 
mirabolains. (Frag. d'un lio. de médecine, 
ms. Berne A 95, r' 33 v°.) 

La maille estostee oie collerede l'eslronl 
de lalcssarde. (Ih., P 34 r°.) 

Use de colerie de pion. Ib., t° 36 r°.) 

De toutes ces choses vous feres ungcouZ- 
laire qui vaull moult a maladie chaulde. 
(B. DE GORD., Prallq., III, 2.) 

Ouant la maladie ira plus avant, faites ce 
col/aire. (Id., ib.) 

Pour avoir fait moult grant quantité de 
cûlures. (1426, Arcli. hoipit. de Paris, II, 
140.) 

La rue aguise la veue et par especial le 
jus de la rue avec le .jus de fenoil et miel 
fais en collir. (Régime de santé, i" 21 v°.; 

Colijre. (Jard. de santé, I, 24.) 

Pour chasser le mal d'yeux, fais coUyre d'eau 

[rose 
Avecques les blancs d'oeufs, avec la couperose. 
'Du Chlske, Six. liv, du qrand miroir du monde, p. 
87.) 

consEE, S. m., amphithéâtre ro- 
main : 

CnlUset. (Delorme, Arcltit., VI, 9.) 

coLisiox, mod. collision, s. f., action 
de s'entrechoquer : 

La collision des genouls du roy. {FossE- 
TIER, Cran, ilarg., nis. Brux.. 11, f" 121 v°.) 

Tout ainsi que du tonnaire et de la col- 
lision d'un caillou nous voyons sortir des 
esclairs et estincelles de feu. (J. G. P., Oc- 
cull. merv. de nal., p. 215.) 

- Fig. : 

En Engleterre arive saunz collusions, 

Chron. de i'. df Langtoft, ap. F. Michel, Chr. 
angl-n., t. I, p. 154.) 

Colision se faicl quant s commence a la 
dernière clause de Paris dessus dicte. (F.\- 
URi, RheL, 1. II, f" 47 r".) 

coLisTRE, V. Choriste. 

COLLATERAL, adj.,situ'j latéralement 
par rapport à qqch. : 

Collaleraul. (1306, Pr. de fil. de Br., II, 
126.) 

Ordonné sont si con je dy 
Ly vens en divers lieux pareilz, 
Cliascun a .ii. cuUatereilz, 
Quant l'un vente, ly autre cesse. 

(Met. d'ûv., Vat. Cbr. I4S0, f» 6^) 

Lors je setifis dame Mémoire 
Reprendre et mettre en son aumoire 
Ses espèces coUateralle.'i, 
Oppiniative faulce et voire, 
Et aultres intellectualles. 

(ViLLos, P. Test., iU.) 

Les cliappelles collatérales de la nau. 
(1526, Leit. de L. de Gleyrensà ilarg. dAu- 



COL 

Ir., ap. Baux, llist. de l'église de Brou, 2° 
éd., p. 423.) 

— Parent hors de la ligne directe : 

DameCrolilde. noslve collaternus etnostre 
espouse. esl ausi de ceste foi. {Chron. de S. 
Den., ms. Ste-Gen., f 12=.) 

coLLATEi'it, S. m., celui qui avait 
droit de conférer un des bénéfices ecclé- 
siastiques : 

Si en escrips au coUaieiir 
Lettres semblables et pareilles : 
(_lr prient pour leur bienfaiteur. 
Ou qu'on leur tire les oreilles. 

(VitioN, Gr. Test., 1330.) 

Que tous les bénéfices, qui escheiroient 
ou il appartenoit élection, que le dit duc 
les puist donner, et les autres, que \ezrol- 
lateurs les puissent donner. (J. AlBRiON, 
Journ., an 1481.) 



COL 



125 



COLLATIF, 

conféré : 



adj., susceptible d'être 



Touchant les ljenencesco//a/;/'s, on trouve 
qu'au royaume a pour le moins cent mil 
paroisses habitées. (1461, Remonstr. du par- 
lem., Oui., .\V, 205.) 

coLLATLv, adj., du mont Colla- 
tin : 

Ceulx sur les monts qu'on appelle latines 
Feront les tours et arces collatines. 

(O. DE S. Gel., Eneid., B. X. 861, f» 64^) 

coLLATio\-, S. m., droit de nommer 
à un bénéfice ecclésiastique : 

Bénéfice qui appartenoit a sa collacion. 
(G. DE >'.\SG., Vie de S. L., Rec. des hist., 
XS, 409.) 

Il y a quelque temps que je luy doiinay 
le prieuré de la Selle en Brie, qui est en 
vostre collalinn, a cause de l'abbaye de 
Marmoustier. (16 ocl. 1594, Lett. miss, de 
Henri IV, t. IV, p. 232.) 

— Comparaison, action de comparer, 
de confronter : 

Collulion et comparaison de l'un al'autre. 
(Oresme, Eth., f" 43".) 

Advocas ne plaideront causes se ilz n'en 
ont fait auparavantco//ac(o« ; et n'en feront 
collacion en jugement : mais se ilz la vueil- 
lent faire, ystront de l'audiloire et la feront 
a part. (Janv. 1367, Ord., VII, 706.) 

— Repas léger, goûter : 

Ci commence l'ordenance des livres que 
l'en lit a la co/nud'oH. (1287, ms. Troyes 792, 
i- 362 r".) 

Dix compaignons d'elleccion 
iiuvoient a colacion. 
(Les dix Souliaiz, ms. Genève 179 bis, Bullet. A. T , 
1877, p. 1U4.) 

Chascun soir a coulation. (Ih.) 

Qui eut de quoy feit collation, ((^o.mm., 
Méin., VIll, 12.) 

Coglacion. (G. de Sevturiers, Man. adm., 
Ilist. de l'ab. de S. Claude, 11, 282.) 

Coglacion. {Off. clausl. de S. Oyan, I.) 

Colacion. {Ib., III.) 



Collation et banquet qu'on fait après 
souper. Comessatio. (Nicot.) 

— l'aire collation de, se donner le 
plaisir de : 

Faisant collation d'une bourrée devant 
qu'aller au lict. (B. Iiesper., \ouv. recréât., 
f 241 r°.) 

Cf. II, 182". 

toLLATioxxER, Verbe. — A., com- 
parer entre elles ou avec l'original des 
copies, des reproductions d'un texte, 
pour en vérifier l'exactitude : 

Faictes mettre et fechier es portes des 
églises de vostre dit bailliage la copie de 
ces présentes fo//o/toH«ee al'original. (1413, 
Doc. relat. aux Caboc/iiens,},iém. Soc. hist. 
Paris, t. IV, 1877, p. 167.) 

Que la partie adverse soit présente ou 
appelée a collntionner ycelles copies aux 
originaux. (Mai 1425, Ord., XIII, 91.) 

— N., faire le repas léger appelé col- 
lation : 

Et de quoi collationnez vous'/ (B. Desp., 
Nouv. recréât., p. 163.) 

tOLLEtTEOR, V. COLLETEUR. — COL- 
LEFAG.VE, V. COLOf.iNE. 

COLLEGE, S. m., corps de personnes 
soumises à des règlements communs ; 
corporatioii : 

Moult les garnirent bien de reliques très chieres. 
De rentes, de joyaulx, de 1res biaux privilèges. 
Ce scevent cil qui sont encor en ces collèges. 

[Girart de Ross., 5444.) 

Li colleiges religieux et séculiers. (1321, 
Lett. de C/i. d'Anj., Il.-U. d'Ang., A', A. 
M.-et-L.) 

Colege. (Juin 1359, Car/, noir de Corh., B. 
N. 1. 17758, f°5 r".) 

Ceulx du rolliege de Rome. (J. Le Fevre, 
Chron., I. 16.) 

(ir n'est il liui coUeige qui tant grieve a 
la commuiiaulé corne celui des advocas. 
(Liv. des Esches, ms. Chartres 411, f'" 80 v».) 

Pour avoir collège ne faut avoir que as- 
semblée de trois, et non de moins. (Bout., 
Somme rur., II, 19.) 

Le dimenche l'an 1424 le .xi'. jour de sep- 
tembre furent les colleiges des mestiers en- 
semble pour pluisieurs besongnes, tant 
pour ordonner le procession, comme pour 
aultres choses. (Réc. des troubles de Tourn. 
de lia à iiùO, Mém. de la soc. hist. cl litt. 
de Tournai, t. XVII, p. 312.) \m[<r., collegiés. 

Ft en divers lieux establit collèges de 
belles femmes. (Du IIaii.lan, Est. des afT. de 
Fr., r 28 V.) 

— Fig. : 

En toy habile désormais 

Des Muses le collège. 
(Ross,, Od., Od. rtlraneh., t. II, p. 463.) 

— Etablissement d'instruction publi- 
que: 

En la chappelle dudit collieqe. (1462, A. 
N. M 80.) 



126 



COL 



COLLEGIAL, ailj., relatif à un collège 

de chanoines : 

Cathedraui et collegiaidx. 

(EUST. Upsch., B. N. 8*0, f" 405.) 

— Digne d'un chanoine : 

Tant qu'il en demeura si enflé et plein 
de superbes collégiales que rien ne duroil 
auprès de luy. (N'. du Fail, Eutrap-, XV.) 

coLLEGiALEMEXT, adv., en Collège : 

ÎJous eslans en notre ville de Compiegne, 
comparans et assistans coller/ialement as- 
sembliz avec nous pour regarder et Iraic- 
ler des affaires de notre dit ordre, nos cliers 
l'reres clievaliers et compagnons d'icell or- 
dre. (1.V27, Rym., 2« éd., XIV, 228.) 

Cf. Il, 183'. 

COLLERE, COLLERIE, V. CoLIRE. 

COLLETE, mod. collecte, s. f., levée 
des impositions : 

Lequel avoit esté imposez en la colleté 
derrenierementotlroice audit monseigneur. 
(1395, Conipt. deNevers, CC 3, f 3 v°.) 

Lequel fu chargié de lever certayne Co- 
lette qui fu fêle par le temps qu'il estoit 
receveur. (1406, ib., CC ih, f» 29 r°.) 

La collecte des tailles. (Foucault, Mém., 
p. 421.) 

— Action de recueillir des dons vo- 
lontaires au profit d'une personne, d'une 
œuvre : 

Quant la cueillecle fut faicle des bonnes 
gens d'Anlioche et envoiee aux povres par 
Barnabe et Pol. (Miroir historial, Maz. 
1054, f° 138 v".) 

— Oraison delà messe qui se dit avant 
l'épître, au nom de tous les fidèles réu- 
nis : 

Dira les leçons et les colloiles. (ô' p. des 
coût, des Chartreux, ms. Dijon, f 31 r°.) 

As leçons et as coulloiles. {Ib.} 

Puis dit son oreison ou collele. (Trad. de 
Belel/i, B. N. 1. 995, P 20 v».j 

La première collele. (1374, A. N. S 4255, 
pièce 7.) 

Sera dicte en ladicte chapelle une an- 
theine de saint Nicolas avec le verset, oroi- 
son, ou Colette dudil saint. (1426, A. N. JJ 
173, pièce 580.) 

On doit dire le colloite Bepelle. {Liv. de 
ta très. d'Orignij Ste Ben., ms. S. Quent.) 

La prière collette du dict jour. (J. Pussot, 
Journalier, p. 78.) 

Cf. CUEILLETE, 11, 391'. 

coLLETEUR, mod. cûllecteur, s. m., 
percepteur des impôts : 

Pierres li jumiaus, bailli de Vitry, col- 
lecteur des mains mortes. (1325, A. N. JJ 
6i, !- 59 V".) 

Vint... Oudars diz Magnars de Marueil, 
en ce temps colletlerres des mainmortes, 
espaves et aubains en la conté de Cham- 
paingne. [Ih., f 60 r°.) 



COL 

Ensivent les colletleres eslablis de par 
l'église. (1337, Cart. Ale.x. de Corhie, B. N. 
1. 24144, P 413 v°.) 

Pierre de Mellon, collecteires des morte- 
mains. (1337, A. N. JJ 70, f° 142 r°.) 

Si mandons au colleteur.i des mortemains 
en icelluy bailliage. (1349, A. >'. JJ 78, f 29 
v°.) 

Nos trésoriers, receveurs, collecteurs. 
(1355, Li!'. rouge, A. K. Y 2, T 4 r°.) 

Un taux et un rnlle a part et levez par un 
autre collettour. (1409, A. Sarlhe, E-3, 20.) 

CoUeclarius, colleclour. {Gloss. de Cou- 
ches.) 

Le collecteur de Vermandois. (15 nov. 
1454, Ord., XIV, 333.) 

Colecteurs de tribus et de malles taultes. 

(A. Gbeban, .)Jisl. lie la l'ass.. An., l' 79=.) 

Colleteur, collectarius. (1404, Lagadeuc, 
Catholicon.) 

Telz collecteurs de deniers souverains. 

(J. Bouciiet, Fp. mor., W, vu.) 

Je suis niarry et doutent. 
Quant je voy ces collectours. 
Qui justiseut povre gcnt 
Plus soubvcnt que tous les jours. 
[Cfttins. uorm. du seis. siècl.. XXXI.) 

— Celui qui fait des collections d'ob- 
jets d'art ou de science ; celui qui com. 
pile des faits : 

Floard, collecteur des faits des archeves- 
ques de Beims. (Fauchet, Aidiq. gauL, 2° 
vol., IV, 10.) 

Les collecteurs i\n Menagiana. (Joi.v, E/oj'. 
de quelq. uui., Bichelet.) 

COLLIBET, V. QCOLIDET. 

coLLOCiTioN, S. f., inscription d'un 
créancier suivant l'ordre que la loi as- 
signe à sa créance ; action de placer à 
son rang : 

Lesquelz patrons et collaleurs estoient 
tenuz, selon l'ordre desdictes nominacions, 
assignacions ou collocacions, présenter, 
pourveoir ou conférer ausdiz nommez, les 
bénéfices vacans. (17 oct. 1411, Ord., IX, 
642.) 

— Place, action déplacer: 

Traictè de l'office et collocation des points 
et accens de la langue françoise. (Jean- 
Bosquet, Elemensou institutions de la langue 
française, rubrique, éd. 1586.) 

coLLOcuTioiv, s. f., sj'o. peu usité 

de colloque, pourparler, menée, inti'i- 

gue: 

Avoir collocutionei compaigniea... (Ores- 
ME, ap. Meunier, Thèse.) 

Le duc de Bourgogne avoit eu paroles et 
collocution au roy d'Angleterre. (Juv. des 
UnsiNS, Charles VI, an 1417.) 

En cesie partie est la conlocucion de Ca- 
rin, Pamphile et livrria. (Therence en franc., 
f» 22 r°.) 

Ont ordonné, prohibé et deffendu a tous 
brimbeurs, huiseux, invalides et vacca- 
bondz de plus venir converser, ne eulx re- 
tirer ou rassembler en ladicte église Nos- 



COL 

tre Dame pour y faire conventicules, de- 
vises ne colocucions. (15 dèc. 1537, Iteg. nu.r 
public., A. Tournai.) 

Or doit donc l'ame, c'est a dire l'esprit, 
prendre repos spirituel, ce qu'elle fait en 
jeux de musicque, de mystères, de hystoi- 
res, facecies, conlorutions ou elle prend 
plaisir et délectation. (J. Bouchet, Noble 
Dame, f 25 v°.) 

COLLOITE, V. Colleté. 

COLLOQUE, s. m., conférence entre 
deux ou plusieurs personnes : 

Voyois aussi des noms estranges de sur- 
veillans, diacres, consistoires, synodes, col- 
loques... (MoNTLUC, Mém., t. Il, p. 3.) 

Colloque de Poissy. (Aub., Hisl., I, 107.) 
coLLOQUER, V. a., placcr : 

Le corps saintement colloqnerent 
Et ou sepulchre l'enterrèrent. 

(S. Thm/s, B. N. tô44, f« 34«.) 

Tous ceulx qui sont colloque: et demeu- 
rans environ la mer. (Obesme, ap. Meunier, 
Thèse.) 

Cotocquer. (29 mars 1456, Coîh/;/. de René, 
p. 320.) 

Aulx liabitans de Giem j'appartien, 
Cy coUoquee come le plus baut lieu. 
(1495, hiscript. de ta ctoctie du beffroi de Gien,} 

Bien colloque sa fille. (Palsgb., p. 62.) 

COLLUSION, s. f. , entente entre deux 
plaideurs qui veulent en tromper un 
autre ; intelligence secrète dans les af- 
faires avec l'intention de tromper : 

Et nous ladite sentence, en tant comme 
elle a esté droiturierement et sanz collusion 
donnée et passée en chose jugiee,... loons, 
approvons et ratifions. (1321, A. N. JJ CO, 

fo l-lj v°.) 

En Thessale ne convenoit pas seulement 
que les citez fussent délivrées, ainçois estoit 
nécessitez que de la collusion et confusion 
ou elles estoient, elles fussent ramenées a 
aucune forme et condicion tollerable.(BERS., 
T. Liv., ms. Ste-Gen., f 35'.) 

Les demendeurs ne proposentpas contre 
lui (le lieutenant) collusion, corruption ne 
mauvitié. (1381, Grands jours de Troyes. A: 
N. XI' 9183, P31 r°.) 

Estant chargé d'avoir fait intelligence et 
collusion avec le roi d'Angleterre. (Yver, 
Printemps, p. 618.) 

COLHJSIOl->', V. COLISION. 

COLLUSOIRE, adj., qui est fait par 
collusion : 

Par sentence deffinilive, non collusoire 
ne vénal. (1336, A. N. JJ 68, f 27 V.) 

Par sentenceou ensengnement desdiz es- 
chevins, non collusoire, non vénal, mais 
deuement donnée. (Nov. 1353, Ord., IV, 
144.) 

COLLYRE, mod., V. COLIRE. — COLO- 

ciivTHE, v. Coloquinte. — colocquer, 

V. Colloquer. 

coLOFAKE, mod. colophanc, s. f., 
matière résineuse sèche, transparente, 



COL 

jaune ou brune, qui est le résidu de la 
distillation de la térébenthine : résine 
avec laquelle on frotte l'archet des vio- 
lons, et qui sert à divers autres em- 
plois : 

Colophonia, colofoine, c'est la gomme 
d'un arbre qui croist en grant quantité en 
Grèce, et pource l'appelle on poix de Grèce. 
(Grant Herbier, n" 136.) 

Colophonie. {Cyrurgie Albua., ms. de Sa- 
lis, M23''.) 

Colofoine. (xv' s., Lille, ap. La Fons.) 

La pouldre de colofoine. (Jard. de saule, 
1, liO.) 

Feres fondre vostre colophane et résine 
avec la cire et l'huile. (Paré, XXV, 26.) 

Colophane. (Id., 27.) 

Colofaigne. (Palissv, p. 208.) 

Collefagne, signifie une gomme qui sert 
aux violons pour Trotter leur archet. (En- 
lerrem. du dict. de l'Acad., p. SOI.) 

COLOFOI.XE, COLOFO^'IE, V. COLO- 
FANE. 

1. COLOMBE, S. f., pigeon : 

On a beau dire une colttmbe esl noire, 
Un corbeau blanc : pour l'avoir dit fault 
Que la colnnihe en rien ne noircira [croire 
Et le corbeau de rien ne blancbira. 

(Cl. Marot, Epist., XIII.) 

2. coLo.MBE, mod. colonne, s. f., 
sorte de fût cylindrique' avec base et 
chapiteau portant un entablement : 

Par mains le pendent desur une cidnmbe. 

[RoL, 2586.) 
Il apeloent le Seignur, et il oeit eals, en 
columne de nue parlout a eals. (Liv. des 
Psaum., Cambridge, XCVIII, 8.) 

Columpnes rundes. (Rois, p. 247.) 

Es colombes, es fenestriz, 
Es verrines et es cbassiz. 

{Eneas, 513.) 

Si passèrent d'ent en après 
Par les cohimbes Hercules. 

(Brut, ms. Municli, 1277.) 

En cele colonne dont il chai aval avoit 
ymages de maintes manières, ovrees el 
n.arbre. (Villehard, 308.) Var., colombe, 
coulombe. 

Devant chu mouslier de Sainte Souphie, 
avoit une grosse colombe qui bien avoit .m. 
brachies a un homme de groisseur. ilîoii. 
DE Ci-ARV, p. 68, Riant.) 

Vit a une coulombe i. grant escu doré. 

{Doon de Maience, 2504.) 

Coulombes belles et riches. (Liv. de Marc 
Pol, CLIV.) 

L'autre éolloine fu marbrine. 

(Uacé, Uible. D. N. 401, f» 4^) 

Pour cauper. taillier et mettre noevcs 
coulombes et ponrouvrcr aie cambre. (1336, 
A. N. KK 393, f° 78.) 

Et si ay fait mainte coloiijne 

Et des ymages asses beauli. 

(JiB. REomE», Fortunes et aduersitez, [• 507 v», éJ. 
1526.) ' 



COL 

Cnuloune de bronze. (Amyot, Œuv. mél., 
éd. 1820, t. IV, p. 16.) 

Entre deux colomnes de ladite chaize a 
prescher sera un panneau orné d'une ni- 
che renfoncée sauf le panneau du mitan. 
(1621, Arch. des notaires de Xevers, minu- 
tes Taillandier.) 

COI.OMBEI-E, s. f., petite colombe : 

Jeo vi, dist il, une mult bêle 

Si blanche corne coUtmbele 

Par desus les ewes montant. 

{Joies Noslre Dame, B. N. 1932b, f« 93.) 

.\Insi les coloinbelles 
Vont fuiant l'aigle avec fremissans esles. 

(Cl. .Mar., ilet. drjo., I. I. p. 3S.) 

coLo.MBiER, S. m., bâtiment oii l'on 
élève des pigeons : 

Coliimber. 

(P. DE iHAi's, Best., 1173.) 

Et vola tant qu'il vint au coulomier ou il 
ot estei nourriz. (JIé.nestrel, S 160.) 

Et don coulemier ki est fais dedans ces 
uzewaires doit Jehans devant dis .im. m. 
de cens. (1250. Cart. de S. Vinc. de ilelz, B. 
N. I. 1Ù023, f» 129 r".) 

La bergerie et lou coulemier. (1264, Lett. 
de J. de Joinv., A. H. -Marne.) 

Colanbeir. (1278, Cart. de S. Vinc. de 
Metz, B. X. I. 10023, f» 131 r».) 

Columier. (Bru.net Latin, p. 179.) 

Li co/«miîen<-. (Laurent, Somme, ms. Char- 
tres, P 40 v°.) 

Columbier. (1305, A. X. JJ 39, P 68 V.) 
Il est li colomiers de touz les esgares. 

(Girart de Ross., 1521.) 

Coulombier. {Fiefs des des de Blois, A. N. 
P 1478, P 6 v°.) 

Le lieu de Cornay, ainsi comme il se com- 
porte et poursuit en maisons, en colemiez, 
en granges, en court, en vergiers. (28 jan- 
vier 1404, Aveu de Cornay, paroisse de St 
Cyr, ap. Le Clerc de Douy, t. 1, P 141 v°.) 

Pour avoir refait le huis du porcil estant 
desous ledit coulemhier. (0 déc. 1412, Tut. 
de Miquelet Tuscnp, A. Tournai.) 

Ilostel el coulumbier. (1418, Bailliage d'E- 
vreux, A. X. P 295, reg. 1.) 

coi.oMBix, adj., de colombe : 

ïl nous font chiere cohtmbine. 
(G. DE CoiNci, Alir., ms. Soiss., f" 29*.) 

Contenance a simple et chiere colunibine. 
(Vie Ste Christ., B. A. 817, f 182 r".) 

En forme columbine. 
(Met. aOu., Vat. Chr. 1430, l' 1 t'.) 

Comme columbine espouse. (J. Gerson, 
l'Aiguillon d'amour, P 92 v°.) 

Simplicité colotnbine. 
(Sed. Moh., Prime etdelivr. de Franc, prem.) 

Les baisers colombins ne vous défaillent point, 
(lioss., IV, p. 213, aellerio.) 

— Qui est de la couleur de la gorge 
de pigeon : 

Une robbo de satin collombin... talTetaz 
colombin. (8 janv. 1603, lîullel. du Bibliooh., 
XVIII, 347.) 

coLO.MicR, V. Colombier. 



COL 



127 



1. coLOiv, S. m., celui qui a quitté 
son pays pour aller peupler une terre 
étrangère : 

Et les coulons, c'est les habitans de la 
ville. (Bers., th. Liv., B. .\. 20312'", P 33^ . j 

Communément veer solons 
Qu'après la guerre des coulons. 

(La Clef d'amours, 1765.) 

2. coLo.x, S. m., celui des gros in- 
testins qui fait suite au cœcum : 

Ces humeurs le plus souvent s'amassent 
au boyau nommé coto«. (Paré, Introd. ,yi.) 

coLO.\EL, s. m., celui qui commande 
un régiment : 

Sur la fin de ce différent arrivèrent les 
deux coronne/s. (H.\B., Quart liv., ch. xxxvii.) 

Le couronnel des compaignies. (LaBoiit., 
Mesnag. de Xenopli.) 

Les colonnek, capitaines, caporaux. (B. 
Desper., Nouv. recréât., p. 48.) 

Les enseignes de Mons. le couronnai de 
Chastilion. (laôl, Noyon, Compiègne, ap. 
La Fons.) 

Le couronnai de l'empereur fut prins. (La 
deffuicte des Bourguignons eUllemans, Poés. 
fr. des XV" el xvi" s., t. Vf, p. 211.) Var. 
coronal. 

Coulonnel. (1558, Péronne, ap. La Fons.) 

La parjure mort du coronal .Vtride. 

(Cii. TocTAi», Sonn. sur la Med. de la Per.) 

— Adj., de colonel : 

SextusBaculus premier centenier de l'en- 
seigne coronnelle. (Vigex., Comm. de Ces., 
p. 94.) 

coLO.ME. S. f., établissement fondé 
par une nation dans un pays étranger : 

Colonie ou coulongne est appelée quant 
aucune ville est gaigniee el aqiiise, et l'en 
trametoil nouvel pueple pour habiter 
(Bers., TU. Liv.,B. X. 20312 ter, f» 10 v°.; 

Columpnie. (Champier, Ane. de la ville de 
Lyon, P 4 r".) 

coi.oyui.NTE, s. f., variété de con- 
combre ; 

Coltoquinte. (Jard. de santé, II, 118.) 

Coloquinte. It. Esp. Coloqiiintida. fJu.v., 
Nomencl., p. 94.) 

Colocinlhe. (Liebault, p. 374.) 

coLOR.*Tio.\,s.f., action par laquelle 
un corps devient coloré ; résultat de 
cette action : 

Et puis vient la tunitiuc uvee, et se la 
couleur naturelle est entre noir et verde 
pour fortifier la vertu visive, toutesfois 
aulcunes fois elle esl d'autre ctjuleur. et 
selon ce se diversifie, lie cette coulouracion 
cy Galien n'en fait point de mention. (B. 
DE GoRD., Pral., III, I.) 

Coloration. (.\. Oudin.) 

t;oLOBEMEXT, S. m., état de ce qui 
est coloré : 

Es coloremens et visions qui y apparois- 



128 



COL 



sent (dans les eaux) selon nostre imagina- 
tion. (ViGEN., Co>7cm. de Ces., Annot.,p. 126.) 

coLOUEB, verbe. — A., donner de la 
couleur : 

Sa face lava et sa chère, 
Et puis sa face coUora. 

(.Macé, Bible, B. iN. 401, f» 84>.) 

— Fig., embellir, déguiser : 

Por colurer ses mauveise tailz. (Cron. 
Lond., p. 4.) 

Pour mieul? coulourer leur escusance. 
(Froiss.. ChroR., VIII, 101.) 

Quaat vous voulez dire la vérité. 
Quel besoing est colorer voz paroUes? 

[Contredictz de Songeci-eit.r, f° 1 3 r«.) 

Couvrir ou couUorer les dicts maléfices. 
(25 mars 1510, Lelt. de louis A7/,Com. ar- 
chéol. de Xoyon, 1880, p. 298.) 

— N., devenir coloré : 

Vins bons fait face colorer. 

(Roiî. DE Blois, B. N. 24301, p. SôS».) 

— Coloré, p. passé, qui a reçu de la 
couleur, qui a une apparence capable 
de séduire, de tromper : 

Et maint vont font il couloureij 
Qui ainz esloit pale ou morey. 

{La Clef d'amours, 231.) 

Et aussi n'estoil ce qu'une manière d'é- 
vasion mal colorée. (Juv. ues Urs., Hisi. de 
Charles VI, an 1407.) 

De regard asseuree estoit 
Et de beaulté très coïdouree. 
(Lefranc, Champ, des Dames. .\rs. 3121, f° 63'.) 

Prince, je congnois tout en somme, 
Je congnois pouloures et blesmes. 
Je congnois mort qui tout consomme 
Je congnois tout, fors que moi mesmes. 
(Villon, Poés. diverses, 13n.) 

Face couloree. 
(Hl. Mar., Eleg., p. 108.) 

Et liiy qui ne demandoll «lue quelque 
occasion colorée, commença a crier et pro- 
tester que... (Amyot, J. Cœsar.) 

(Juand quelqu'un s'est emparé a bonnes 
enseignes d'un royaume, jamais il ne 
défaut de tiltres, pour le moins qui soient 
coulourez. (P.\snuiEn, l'Alexandre.) 

Les flols escumeux de la mer colorée. 

(Garn., Troade, II.) 

11 s'est trouvé des gens si desgoutez de 
la vérité nue et sans fard, qu'ils ne pou- 
voyeut estre attirez a la lecture des his- 
toires, SI elles n'estoyenlcy/û/'ees de fables. 
(Faucmet, Aiiliq. gaul., V, 10.) 



Cf. 



185". 



COLOSSE, s. m., statue d'une gran- 
deur extraordinaire ; homme, animal 
de haute et forte stature : 

En cesle cité [RhodesJ fut fait le collasse 
d'arrain... En celle isle lurent faiz autres 
coZ/osses moindres. (C/"'0«. elhist. saint, et 
prof., Ars. 3515, P 78 r°.) 

Le bruit sempiternel du co/osse érigé sur 
la sépulture de Memnon. (R..\n., Quint liv., 
V, 1.) 

Fut arrestc ([ue l'on feroit faire aux des- 



COL 

pens publiques un colosse, c'est a dire une 
statue geanlale et excedente la proportion 
naturelle du corps humain, en l'honneur 
de Jupiter libérateur. (Amyot, Kiod., XI, 15. 

Et ne se planter comme un colosse immo" 
bile et impassible. (Mont., I, 33!), dans 
Littr.) 

coi.osTRATioiv, S. f., maladie des 

enfants qu'on croyait produite par le 

colostrum : 

De tel sang grossier et bourbeux sefaict 
le premier laicl espais, troublé et caiUe- 
bolé, appelle des Latins coloslre : lequel a 
esté estimé de toute ancienneté mauvais et 
très pernicieux, de sortequ'on l'a tousjours 
desfendu aux enfans pour les deux pre- 
miers jours. Car il leur cause une indis- 
position d'estomach, dicte colostralion, te- 
nue pour mortelle. (Joub., Err. pop., 1" p., 
V, 2.) 

coi.osTRE, mod. colostrum, s. m., 
premier lait de la femme après l'enfan- 
tement : 

Voy. l'ex. à l'art. Colostration. 

coLPORTEiin, s. m., marchand am- 
bulant qui porte ses marchandises sur 
son dos : 

Colporteur. (1388, Liv. rouge, A. N. Y-, f° 
86 V.) 

Co/poc<e«c et contrcpoi-leur. (Paso., Rec. 
VIII, 62.) 

coLTRE, mod. coutre, s. m., espèce 
de gros couteau en fer, à lame courte, 
à tranchant mousse, à dos épais, adapté 
en avant du soc, à la flèche de la char- 
rue, et servant à fendre la terre : 

A gros clous Ions comme un contre. 
{Hfs. N. S. J. C.) 

Cutlre de charrue. (Calhol.,B. N. 1.17881.) 

Couldre. (21 oct. 1510, Inv., Treourec, A. 
Finist.) 

Que ceste lance soit changée en houlette, 
et ceste espee en coultre pour ouvrir la 
terre. (Uiifé, Astree, I, 2.) 

fioi.iioRirv, adj., qui appartient à la 
couleuvre ; qui res.semble à la couleu- 
vre : 

Ces trois vénérables mignonnes, ces trois 
chiennes enragées, ministres d'enfer, et 
députées au service de Pluton, a toutlenrs 
cheveulx coluhrins, furent celles (|ui tiu- 
drenl et portèrent la lumière. (Le Maire, 
lllustr.. II. 8.) 

m des noms de la 



OOLUBRINE, S. I 

brione : 

Serpentine est autrement appcllee colu- 
hrine pour ce que sa tige a couleur de cou- 
leuvre, et si l'appelle l'en di-aguntee. (Le 
Grant Herbier, n° 437.) 

Bryonia, vitis alba, coleuvree, feu ardant, 
colubrine, vigne blanche. (Ju.N., Nomeiicl., 
p. 92.) 

t:OM'MnE, V. COLOMDE. — COLUMBER, 

coLUMiEU, V. Colombier. — coll'ihpive, 



COM 
V. Colombe.— columpxie, v. Colonie- 

— 1. C.OEURE, V. COLIRE. 

2. coLURE, S. m., chacun des deux 
grands cercles de la sphère, qui coupent 
l'équateur et le zodiaque en quatre par- 
ties égales, et qui servent à marquer 
les quatre saisons de l'année : 

Colures sont cercles inparfais qui devi- 
sent le ciel et y en a deux, l'un parmy l'es- 
crivice et capricorne, l'autre parmy le 
mouton et la livre, et ne viennent fors que 
au cercle de midy, et pour ce sont il in- 
parfais. (J. DE Salisb., Policrat., B.N. 24287, 
f 46".) 

Cohtre, ymage, ny espère. 

Ne reluyre soleil ne lune. 

{Act. des apost., I, [• 81^) 

COM.4, S. m., la moindre pause du 
discours qui correspond à la virgule : 

Vos 1res piteuse et incompréhensible ; 
Vos, a bon droict, d'estrange nation ; 
Vos qui est plus que nul autre terrible 
Vox qui pleine est de désolation. 
Est ce jourd'huy a juste occasion, 
Sans qu'il y ayt virgule ne coma. 
Laquelle ii'a point consolation, 
Combien que soit, tout pour vray, in Rama. 
(Epitaphe de la ville de Calais, Poés. fr. des iv« et 
XTi' s., IV, p. 307.) 

COMBAT, S. m., action dans laquelle 

on attaque et l'on se défend, au propre 

et au fig. : 

La douceur d'iceuz vents et leur plaisant 
combat. (Rab., Pant., Quint, liv., ch. xviii.) 

Assistant au combat de taureaux. (Mont., 
liv. I, ch. xcii.) 

coMBATTABLE, adj., qui peut être 
combattu. 

Cf. Comb.vtable, h, 186^ 

COMBATTANT, S. m., celuî qui com- 
bat. 

— Adjectiv. : 

Deus cent chev.ilers mut vaillanz 
E fers vassaus e citmbatanz. 

(TîuoN DE Rot., Ipomedon, 3391.) 

Cf. Combatant, II, 186'. 

COMB.ATTRE, vcrbe. — A. et abs., se 
battre contre un ennemi, soit qu'on at- 
taque, soit qu'on se défende : 

Cil diont luit, del rapatrier 
Ne del comhafre n'est mestier. 

(Eneas, 71.) 

COMBE, S. f., petite vallée, pli de 
terrain, lieu entouré de collines: 

Li 05 chevauche par tertres et par combes 
A quatre lieus tôt droit de Val parfonde. 

{Garin le Loh., !'• ehans., XXX.) Var., conble, cam- 
bre. 

En le conbe d'un val. 

(lioum. d'Alix., p. 210.) 

Et avecques ceste trouppe acconsulvit 
ses gens de pied un peu après le soleil levé 
assez près de la ville de Marseille, en une 
combe qui s'estendoit jusques a la plage de 



COM 

la marine. (Giili.. nu Bem.av, Mém., 1. VII, 
1" 2)ii V".) 

COMBIEX, adv., quelle quantité : 
Entre or fin ot argon! gardez cnmhiên i at. 

( Voy. (le Charlfm., 509.) 

En combien en pliiisors plus leienientest 
occupeiz. (Itial. S. Greg.,^p. il.) 

Et demandèrent le convine, combien Jo- 
lianis avoitde gent. (Villeh., J 420.) 

Regarde de combien de maux tu es cause! 
(L.^Riv., le Fiel., V, 8.) 

— Combien que. quoique : 

Combeen que les cdioses... (Griers fie l'nb- 
ùosede thaventon contre le comte de San- 
cene, sans date, fin du xmi= s., A. Cher.) 

Qui bien le scet a droit tenir 
Et la droite voie v tenir, 
Combien qu'autre' chemin y maine. 
(CuB. DE Pis., Lonij est., 911.) 

Je (combien que indigne) v feus appelé. 
(IUb., Garg., eh. i.) 

Comftien que vous reparez votre honneur, 
et sauvez votre vie, vous l'achevez après 
avec une grande pauvreté et indigence. 
(Br.int., Duels.) 

coMBiiVACio\, S. f., forme savante 
de combinaison : 

Tels combinacions de qualités en toutes 
choses se font voulentiers. (Evr. de Coniv, 
Probl. d'Arisl., B. N. 210, f" 43=.) 

Ainsi sont faites conbinacions pour aman- 
aer le .XI de nostre transgression. (J. Gou- 
LAiN, Bflto«., B. N. 437, P lï v°.) 

Il y a une combinalion de masle et fe- 
ma!'!- *"n "'""*'^'* végétatives. (Paré, Ani- 

Cf. COMIIINATION, II, 187'. 

co.Mui\Aiso.\. s. f., action de com- 
biner, résultat de cette action : 

' COMIHXER, verbe. - A., faire une 
combinaison de deux ou plusieurs élé- 
ments dans un ordre ou suivant des 
proportions déterminées : 
I Les eo«éjHe;- diversement selonc la ne- 
aArisl., B. iN. 210, f» 1U7<.) 

(Combiner ou mettre conjointement les 
parties qui ne peuent l.onnementestre sans 
'hl? Tt") (•""=-■*'"=' ''°'''-. ms. Avraii- 



COM 

Car je suis prcst et prouchain de toy res- 
taurer et rendre tout, non pas seullement 
napondamment, mais a grant comble. (lu- 
tern. Consol., II, xxx.) 

Ladicte marchandise se mesure pareille- 
ment que le blé, qui est mesuré a rez, et 
la farine a comble. (Fév. 1416, Ord., .X, 314.) 

— Construction couronnant le som- 
met d'un édifice : 

Et avoit un trou ou comble par deseure 
par quoi il reprenoits'aleinne. (Ménestrel, 
S loi.) 

Le comble et couvreture dudit grenier. 
(16 nov. 1442, Chirog., A. Tournai." 

Vous dresserez un comble de pierre et 
montjoyeen triomphe. (Bon., Démon., P 

Ce temple fut reedifié par Vespasien de 
fond en comble. (Amyot, Public, 28.) 

- Fig, : 

Il atainsist le comble de perfection. (Vie 
des. Franc. d'Ass., Maz., Il 1301, P 20°.) 

■ Cf. Co.MBLB 1 et 2, II, 187'. 

2. co.MiiLE, adj., rempli presquepar- 
de.ssus bord : 

Il sont comîjîe d'ypocrisie 
Et d'orgueil et de symonie. 

(GmoT, Bible, 2372.) 
Deus cens boissiaus d'avaine combles. 
(Ch. de 1318, Cart. de S. Tau,:, CCVII, A 
Eure.) 

A \a comble mesure. (A. Chart., Ouadr. 
inv., Œuv., p. 419.) 

Ta grande richesse et tes combles trésors 
sont bien vains. (Cent nouv., 99.) 

Dix belles couppes do fin or 
Pleines combles de pierrerie. 

(.-te;, des fipost., vol. 1, fo 6S«.) 



COM 



J29 



la même ville, qui jouit du droit de 
bourgeoisie dans la même ville : 

Guillaume Cornelis et Guillaume de S. 
Orner, noz combourgois. (1313, A. N. JJ 43, 
1 16 v°.) ' 

,,.\°*"^.''*^,'.^°" ail. V, alliez et combourgeois. 

i "^z l '^'^^' ^^"- ''^ 'f'»"" <i'0>-l. d. de 
neucliât. au cons. de Berne, Arch. de l'Et à 
Lucerne.) 

La porte des cieux nous est maintenant 
ouverte, afin que nous soyons combourqeois 

aes saints, etcompagnons des anges. (C4LV 
Comm. s. tharm. écang., p. 623.° ' 

coMBouRGEOisiE, S. f . , qualité de 
combourgeois: 

Pour vous confermer la comtjourgeoisie 

lo29, Lett. de Louis d'Or/., D. de Neurhdt. 
au cons. de Berne, A. de l'Et. à Lucerne.) ' 

Ce qu'il nepourroist faire sans user d'un 
trop grand mespris a l'endroict de vous et 
des trois aultres cantons avec qui la mai- 
son de Longuevillea perpétuelle combour- 
!jeouie.{\i mal mjO,Ull. miss, de Henri! r 
t. VI, p. 197.) 



COMBRE, V. Combe. 

coMBURATioiv, S. f . , actiou de brû- 



ler 



Cf. II, 187\ 

j 1. COMBLE, S. m., ce qui peut tenir 
lu-dessus des bords d'une mesure, d'un 
■ase déjà rempli-: 

Emplir a cumlile do furment, 

(Wace, JIou, 3' p., 727.) 
A combles ont do l'argent fin. 

( Vie des Pères, Ars, 3011, r» 108>.> 
Le comble d'or tout esmaillic 
Uo bleu, comme ardoise taillio, 

saphirs auï i|u,ilro quar'res. 
(Faoïss., l'ués., IN, 42, l-itl.) 



Kuhl 



T. I.\. 



3. coiviBLE. V. Combe. 

coMBKEMEM-, S. m., actiou de com- 
bler un creux, un vide : 

Il est du vague, ou si point il n'en est. 
D'un air pressé le comblement ne naist. 
(Uoas., Amours, 1. I, p. 42, éd. 1384.) 

Cf. II, 187\ 

co.MBi.Eu, verbe. — A., remplir 
jusque par-dessus le bord, au propre et 
au fig. : 

Avcil plusurs niefs arivez 
De blé et do forment comblez. 

;\Vace, .S'. Nichotivj, 282.) 
Pour combler la mesure de ses mesclian- 
cettez: il lestrangla de ses propres mains 
(Braxt., Grands Ca/nt. estrann., ]. ] ch' 
XXIX.) ' 

Un rechaud comblé de braise ardente. 

(Baif, Egt., les Sorc.) 

— li'ôfl,, se reiii]ilir : 

Que te vue se Iroubloit 
Et de cbacio se comblait. 
(Du Vilain qui a donné son ame au deabU; Monlai- 
glon et Ilajn., VI, 40.) 

f.«)>iii<)iitGEois,s. m.,celuiquiest de 



Et scavons nous pas bien comment 
Dieu promist a Moyse au désert 
Quant apperceut le buisson vert 
Brusier sans perdre sa verdure 
Que ainsi seroil ne sans fracleure 
Ne quelque combiiration 
De Jessé ung noble syon 
Qui seroit nostro protecteur. 

(.Vi/st. de la Concept., t' W.) 

coMBURER, v. a., briïler, mettre en 
combustion : 

Dieu a lui se apparu en flambe de feu ou 
buisson qui ardoil, sans estre comburé. 
(LOLRcï, Hist. de Grèce, Ars. 36S9, P 21".) 

Le bourrel remist le feu grant sur sa 
povre charongne. qui tantost fut toutëcom 
bureeei os et char mis en cendres. (Jo«°' 
dun bourg, de l'aris, an 1431.) W"'""- 

Cf. CcMIiURÉ, II, 188". 

COMBUSTIBILITÉ, S. f., qualité de ce 
qui est combustible: 

Parquoy ne faiilt pour cela attribuer, nv 
au tempérament de cette matière, nv a 'es 

'l^le'"T'f""''''!!i'- e^"^^^"-^' ^l''' ''^ ''«' 
iiugtes de tous médicnm. simples, C 23.) 

CO.MULSTIBLE, 

bustion : 

Chose combustible. (Rvr. de Co.xtv, Probl 
d'ArisL, B. >'. 210, P 292^) "out. 

Conbustihle. (Ib.) 

co.Miii;sTi«)]\', s. f., action de consu- 
mer, fait d'être consumé par le feu : 

Je te desveloperai de pierres et te don- 
rai en montaingne de combustion. (Bibh 
Maz. 3.), P 1Ô2'.) 

Je voy bien, dit il, que nous sommes ve- 
nus pour paistre et delitier nos ieus en 

17 



adj., qui subit la corn- 



130 



COM 



l'occisionelcomftMsiio-idenozcoropaignons. 
(Bers., t. Liv., ms. Sle-Gen., f» 193^) 

Lesqueles lettres il ont perdues pour 
mauvaise garde ou par combustion de leu. 
(1316, A. N. JJ ôi-'NfS r°.) 

Les Areopagites brusloient quant et le 
corps du irespassè, ses serviteurs et te- 
nants de luy, et pensoienl par telles jom- 
buslio,u que les âmes des Irespassez en 
fussent soulagées (N. Taillepif.d H^^f. rfe 
l'Estat et répiM. des anc. Franc., C Ho r .) 

— Fig., conflagration : 

En quelle combustion }e trouyay les cho- 
ses a mon relour. (Har. rie H. lll aux Est.. 
1576.) 

coME.mod. comme, adv., de la môme 
manière ; à titre de : 

Kalles te mande qui France a a bailller, 
Con ses boni es et cou ten cors as cier, 
Que 11 envoies emprisoné Ogier, 
Encaienc corne vialtre ou levrer. 

'.Raimb., Ogiei; 4314.) 

Le* letres erent de créance ; et distrent 
li conte que autant les creist en fO"""^, 'o/ 
cors, et tenroient fait ce que cist six le- 
roient. (Villeh., S 1^-) 

\ chel jour, maieur, .lelians Uesvauz, 
o«omme eschevin. (12S1,Mém. Soc. acad. 
de Boulogne, XIII, 490.) 

— Interrog., de quelle manière"? 

Comme te portes tu ? (B. Desper., Joy. 
dev., VIII, L. Lacour.) 



— Quasiment : 



Les Liégeois n'arreslcrent comme point. 
(Juv DES^lRS., Hhl. de Charles VI. an 

li08.) . . 

Je ne le voy comme pomct. 

(l'H. d'Amd., iXcapol, II, 6.) 



_ Conj., lorsque, quand : 



Eis™ sont fors coin plus tost potent. 
{Eneas, 277.) 

Comme nous fusmes retournez de la 
coste (l'Angleterreetdesembaniues au I a- 
vre de Grâce Monsieur l'admirai s en alla 
trouver le roy. (Montluc, Cnmmeiil., 1. Il, 
t« 105 \°.) 

Comme ie me vis hors de la craincte du 
siège, l'envoyai incontinent les pionniers 
que j'avois audit Albe. (lu-, 'i-, f° 129 V.) 



Cf. CoMMi: I, t. II, p. 193" 



COMEDIE, s. f., pièce de tliéiUre qui 
excite le rire en mettant en action des 
personnages qui ont un travers, un ri- 
dicule, ou qui sont placés dans des cir- 
constances plaisantes : 

L'autre manière de escrire les fais hu- 
mains est appellee commedie, pour ce 
qu'elle traite des fais et des choses co- 
munes du monde. (Evr. ue Contv, Prob. 
d'Arist., 11. N-. 210, f i-2r.) 



C0MEDIE:\, COMEDIEINXE, S. 



celui, 



celle dont la profession est de repré- 
senter au théâtre une pièce, comédie, 
tragédie, drame : 



GOM 

Comediaiii. (Auton, Chron., U. N. 5082, f 
8 V.) 

Des plus excellens comédiens et come- 
dientes d'Italie. (Brant., Cupit. fr., Henry 
II.) 

Amoureuse d'un certain coniediant et bas- 
teleur nommé Paris. (In., Dames, IX, 3i.) 

C'est une Alcine fausse et qui n'a sa pareille. 
Soit a se transformer ou cognoistre comment 
Doit la coinmeclianfe avoir l'accoustrement. 

(Aun., Trag., III.) 

COMESTIBLE, adj., qui peut servir 
d'aliment : 

Fruit comestible et bon. (Evr. ue Costy, 
{Probl. d'Arist., B. ?<. 210, i° 137".) 

Toutes choses comestibles. (Mer des Injs- 
loir., t. II, f 3".) 

Blete est une herbe en potage commesti- 
ble. (Jard. de santé, p. 70.) 

La chair des animaux comestibles. (So- 
GUiEK, Hisl. lolos., p. 85.) 

Hz mangèrent les herbes des jardins sans 
pain, comme les laictues, ozeilles, porees, 
aulx, oignons et aultres herbes commes- 
tibles. (llATON, Méin., an 1573.) 

— S. m., ce qui se mange: 
Le pain et aultres comestibles. {E.vpos. de 
la reigle M. S. Ben., f 86".) 

COMETE, s. f., qqf. m., astre à traînée 
lumineuse en forme de queue ou de 
longue chevelure, qui décrit des orbes 
très allongés : 

Une rcsplemlisanz comète. 

[a^n., D. de IVorm., Il, 3677b.) 

Un comète plein de terreur 
Ue rayons malins nous regarde. 
(J. A. DF, Baif, Mimes, I. I, t» 20 V.) 
Fust veue au ciel par divers jours nuic- 
temenl une esloille que l'on dit commette. 
(1550, Disc, de l'an de la com., A. Lons-ie- 
Sauln.) 

La commette. (Som.. Gc di'-t. dei préc.) 

— Ane, adj., à traînée lumineuse : 

Il apparut une esloille comelle. (OM.im, 
Contre les dioinat., K. ^. m,. i' i^".) 

COMICE, s. m., assemblée politique; 
au plur., dans l'ancienne Rome, assem- 
blée du peuple par curie ou par centu- 
rie : 

Comices estoieni dit les jours esquieus le 
pueple romain s'ajoustoit chascun an pour 
eslire leurs nnuviaus gouverneurs et oth- 
ciers. (Bers., T. Uc, ms. Ste-Gen., f 13 .) 

coMiciAL, adj., des comices : 

.lours comiciah erent ceulz qui estoient 
cstablis a eslire les magistrats ou a publier 
les lois. (Bers., T.-Lw., ms. bte-Gen., 1 
52».) 

— Mal comicial, épilepsie, parce que 
les comices se séparaient lorsque quel- 
qu'un y tombait du haut mal : 

Enilepsiae, que nous appelons mal com i- 
tial, car elle occupe toutes les parties du 
corps. (TAUAiLr, p. 296.) 



COM 

Mal comilial, dict le haut mal. (Evon., c. 

VI.) 

coMiN, mod. cumin, s. m., plante 
ombcllîfère : 

Et li poivres et li connus. 

(Parton., 1627.) 

Et V aportent le poivre et le commis. 

' ' (Aquin, 245.) 

Vins, comùis. (Proc, ap. Crap., Prov. et 
dict. pop., p. 132.) 

Cummin. (Lois de la cité de Lond., ms. 
Brit. Mus., add. 14252.) 

Dou poyvre, dou quem,/n, don fm'mon- 
tant. (1294, Péage de Dijon, B. ^. 1. 987i, 
fo 21 v°.) 

Dou comin. (Cart. de Dijon, B. N. I. 4654, 
f 26 V".) 

Vendeur de comin. (Oresme, Elli., B. N. 
204, r 417".) 

Anis... Il est appelle par aultre nom 
doulz conunin. (Grant Herbier, n" 31.) 

coMiQi-E, adj., qui appartient à la 
comédie, qui donne à rire : 

Et prens mon plaisir et esbat 
A avoir compaignie notable 
Bouvant et mongeant a ma table, 
Pource je vueil a cri publique 
Publier la chère comique. 
Et tous les seigneurs du pays 
Y convier. 

(Greban, iMist. lie la Pass., f SO"., 

Poêles comicques. (Budé, Imlit. du Pc, 
ch. XI.) 
Poète comic. (lu., ib.) 

COMITE, s. m., officier qui comman- 
dait la chiourme d'une galère : 

Il l'arest quant il ly plait, 
Et quant il vuolt coure la fait ; 
Patron, coiiiietre no paron 
Ne doubles, ne les espérons. 
(1428, Ballaile iVim pèlerin au rel. de la Terre 
^Sainte, dans Vo„. de Jher. dus. d.Uqlure.f. 
112, V. 21.) 

Sv fut illec ordonné auz patrons, coni- 
miltres et maronniers, de mettre en point 
les gallees. (W.wrin, 11, 90.) 

Le commetlre(A'nn vaisseau) cillla de son 
cifflet. (xv s., Valenc, ap. La tons.) 

A ce retour Chrysogonus, un si excellent 
joueur de nustes qu'il en avoit gaigne le 
prix es jeux Pythiques, sonnoit la note, a 
la cadence de lequelle les galiots mouvoyent 
leurs rames par mesure, et que Lallipides 
un autre excellent joueur de tragédies, y 
faisoil l'oUice de comité, les incitant a 
voguer. (Amvot, Alcib.) 
- Seigneur comité, pour Dieu mercy, et ne 
vueiUe exercer en mon endroict toutes 
sortes d'indignitez. (Pasquier, Pourparle, 
de la Loy.) 

Comité, le maistre pilote, qui au com- 
mandement de son siinet donne mouve- 
ment a la galère : arroste, tourne, liaste, et 
le nerf de bo'uf a la main gouverne les 
forçats. (E. Bixet, Merv. de nat., p. 1U-) 

COMMAXD.\TAIKE, COMMAIMDE, VOy. 

COMMENDATAIRE, CoMMENDE. 

COMMANDEMENT, S. m., action de 



COM 

commander, action de décider, en vertu 
d'une autorité supérieure, ce que qqn 
doit faire : 

Adcmiilir vooill vosire ciiiiiandement. 

[Itol.. 330.) 

Jeo recunlerai le ciinianilenie/d de Peu. 
{Lio. des Psaiim., Cambridge, II. (i.) 

Par lor coiiiaititemeni vait qucrre. 

(ffiims. 579.) 
Tut est .1 Sun ciiiiittiidemenl. 

(Mabie. Lais, LqovuI. 210.) 

Fait ierl vosire quemnntjemenl. 

[Atre perilL, B. N, 1123, f« 20.) 

Et cil qui avoienl le commandement de 
l'aposloile le mostrerenl as barons et as 
pèlerins. (Vili.eh., [I 22i.) 

Par le commandement del doien. (1230,.^. 
lirice, chiroK., A. Tournai.) 

Quel commandement qu'ele face, 
Fai le sauz arrester en place. 

{La Clef d'amours, 1405.) 

Li esUievin font leur ban et leur couman- 
dement que... {Petit renhtre de cuir nuir, 
f 4 r°, A. Tournai.) 

Me deust warder mes prisonniers a men 
kemandement. (1271, 1). Gren., vol. 280 
pièce 21, B. N.) 

Commendament. (Lâchent, Somme, nis. 
Chartres 371, f 19 v°.) 

Dou quemandement monsieur le conle 
(1298, A. >'. P. 1362, pièce 1098.) 

Il met la marmite ^n sa teste. 
Cela présage qu'il aura 
Bien du courage et qu'il sera 
Quelque jour un grand capitaine. 
Sa prédiction fut certaine ; 
J'ai tousjours eu vaniniand^ment 
Pour m'esire pourlé vaillamment 
Et fait un bon devoir aux guerres. 

(J. GoDABD, les Desi/uisez, II, i.) 

— Fai)-e son commandement de qqn, 
le faire mourir : 

Se Deus faisod son commandement de 
moi SI corn de mort devant ceste feste S. 
Jehan Haptislre Id or vient. (.Mars 1288, i 
Test., S. .Sauv., A. Mes.) 

Sous avons sceu qu'il a pieu a Dieu faire 
son commandement de feu nostre Ires chier 
et très amé oncle le duc de Millan. (23 
.iiars 1406, Lett. de Louis X[, III, 34.J 



Cf. II, 191\ 

to.^i.MANDEOit, mod. commandeur, 
s. m., celui qui e.st investi du comman- 
dement, chef, chevalier d'un ordre mi- 
litaire ou hospitalier, pourvu d'une 
commanderie : 

Prenez l'oncur, prenez l'cmperc, 
S'en soiez sire et comundere. 
(Gaut. n'.tniiAS, llle et Culcron, GOSl.) 
El sor aus sire cl commandere. 

(Ben., Ti-oi^, ms. Naples, f» 4'.) 
Scez li maistre e conseillier, 
Sor loz les autres eicollenz, 
E coniandere de ses genz. 

(ID., /J. de Norm., II, 9149.) 
E joe frai kc vodrez, seicz cmnmandur. 
{f/orn, 2717.) Var., commandeur. 



COM 

Commnndierres fu et baillis 
De nos et de tout cest pais. 

( Vie des Pères, B. N. 23111, f» 90'i.) 

Comanderes, comandeor. (1238, Launay, 
A. \ienne.) 

VodrenI, loerent et confermerent lout 
comme a eus aparlenoit le don et l'aumo- 
nancr que feu ISaoul de Marne et sa l'âme 
lirenl au commandeor et au.\ frères de la 
iiieson del Temple de Paris. (1260, A. N. S 
5095, pièce 19.) 

Que li commandierre et li frère de la 
meson de la chevalei'ie dou Temple de Pa- 
ris tiengnent et puissent tenir. (1261, ib 
pièce 14.) 

Nos frères Jehans le François, romman- 
lierres de maisons de la chevalerie dou 
leniple, en France... (1279, J. m.; Joinv 
liuetz, A. II. -M.) " 

A notre commandeor. (Id., ib.) 

.\oslre commendeur. (Id., ib.) 

Le commandor de la maison. (Stat. de S 
J. de .1er., roui., A. li.-du-lth.) 

Kemandear. (1292. A. N. S 5061, pièce 66, 
Suppl.) 

Quémandeur, conimandeur. (là.) 

Li quemanderes. [Ib.) 

Commandoor, commandoour. (1307, Mobil- 
des Tempt. du baill. de Caen, A. X. J 413, 
pièce 29.) 

Comanderres, dit il, tôle nuit avons tra- 
vaillié et néant n'avons pris. {Serm.. ms 
Metz 262, f 3S=.) 

Car nul roy ne doit estre sergant a si 
povre chevalier comment je suis, mais son 
sire et son commandeur. {Lancelot du Lac 
2' p., ch. c.\.\i.) 



COM 131 

— Confier aux soin.s de qqn. : 

La parole que il cumandad en mil "ene- 
raliuns. {Psaum., Cambridge, CIV, 8.) 

Et II marchis de Montferrat, le suen de- 
lez, en cui garde li roi Phelippes Vavoit 
commandé, qui sa seror avoit a l'ame (Vil- 
LEII.-VRD., J 112.) 

Et Nasier fîst la lierche, el li fu quémandée. 
{Gaufrey, 2990.) 

— Infin.,emi)loyé .substant., comman- 
dement : 

Ainsi la durté du commander du niary 
chasse autant la femme de l'amitié iiue la 
douceur du serviteur y relient la dame. (.1. 
M,\t;GiN, Noble Trist. de Leonn., c. .xlii.) 

Cf. H. 191\ 

coM.>i,\xDERiE, S. f.. bénéfice et di- 
gnité conférés dans certains ordres mi- 
litaires: 

Ladite commenderie ou baillie de la Lan- 
delle. (1387, A. .\. MM 31, P 31 v°.) 

Durant le temps dessusdict ont vacquc 
plusieurs gros prieurez, dovennez, pre- 
vostez, commanderies et autres dignitez 
électives sans crosse, jusqu'au nombre de 
deux cens et plus. (liOl, Ord.,\\, 205 ) 



Cf. COM.MANDEUR, II, 192". 

coMM.*i\DER, verbe. — A., décider, 
en vertu d'une autorité supérieure de 
ce que qqn doit faire : 

Or irez vus certes, quant jol cumant. 

mot., 289.) 
Li don en ont pris lor venjance : 
Comanda li, senz demorance. 
S'en tort... 

{Eneas, 35.) 



COMMAiVDEUR, 

DEOR. 



mod. 



V. Co.MM.iN- 



Or irez vus, certes, quant jol cumant. 
(Gaks., s. Tlioiiias, D. >■. 13513, f» 17 r°.) 

Li apostoille suvent 
Cuniande o prie ducement. 

(Id., i7j., r» 67 r«.) 
Ne te saigne por nulo rien, 
Ce te conian ge et defent bien. 
(U. DE toisci. .Vir., B. N. 2163, f» '".) 
La dame i fait tantost aler 
Et keniande ke on l'amaint. 

{Cliev. as .II. esp., 0696.) 

Volez faire ce que je vos comenderai. 
[Lancelot, ms. Fribourg, f 5'.) 

Li sires de Couci est tenus seurle saveté 
qu'il doit a l'cvesque de Laon et a l'église 
a commender eu bonne foi au couvent de- 
vant dit que il ensi le fera comme il est 
dit. (1237, Cart. eu. inon, f 63% A. Aisne.) 

Nostres sires comandai a honorer père et 
mère. (Vies des Saints, ms. Epinal, f» 77".) 

Pour cen to voil je commander 
Que to gardes de demander. 

[la Ctef d'amours, 2945.) 



co.M.MEMORAiso.>-, S. f., Commémo- 
ration : 

Célébrer une messe ordinaire de comme- 
moraison. (1386, Lanvau.x, A. Morbih.) 

co.M.ME.MOR.ATiF, adj., qut rappelle, 
qui est fait en commémoration : 

Sacrifice commémorât! f (Mor.nay, Inst. de 
l'Eue/)., p. 355.) 

coMMEMORATIO^', S. f . , messe dite 
pour l'anniversaire d'un décès : 

Cqmmemoracion. (Août 1462, Lett. de 

— Mention, rappel au souvenir de 
qqn. : 

La dite requeste doit contenir la commé- 
moration de vos services. (9 ianv. 1581 
Lett. du comte de Ilennau, liibi. Tournai' 
n° 30.) ' 

. to.M.MEMORER, V. a., rappeler le .sou- 
venir de qqn, de qqch. : 

Et commémorant que anchienement fem- 
mes avoient fait mervoilles, comme Judith 
et aultres. {Rec. des clir. de Fland., t. Ill, 
p. 406.) 

Desquelz plusieurs estoienl de ceulx que 
jo.i/ devant recensez el commémorez qui 
par amour avoienl esté prins et lyez au- 
cunefois. (1531, Triumph. de Petrarq., f 
124 r°.) 

co.viMExçA.\T, adj. et S., qui com- 
mence : 

Or voiz tu comment la vierge .Marie con- 
versa et habita en ses trois habitacions, 
dont en la iiremiere administration elle fu 



132 



COM 



forme des commençant, en la seconde elle fu 
forme des proiidirans, elen la tierce elle fu 
forme des parfaiz. (.Kic. de X.-D., V, lôfi.) 

Sire, qui es bontez sanz fin, 
Qui des pécheurs les justes fais. 
Qui des comniaiiçans les bons fais 
Faiz prouffitans et si fenir 
Que parfaiz les faiz devenir. 

{Ib., Vit, 308.) 

COMMENCEMENT, S. m., la première 
partie d'une chose : 

Mar vi onkes cez guarnemenz, 
Tl me furent comencemenz 
De mort et de destrucion. 

[Eneas, 204S.) 

Del an cmnencenifnt. 

(P. deTuads, Comput, 653.) 

Cumencement. [Pniill. monast. Corb., B. 
N. 1. 768, f''62i-°.) 

Conmaincement. (Iliinii., Bible, ms. (tri., 
i" 1.) 

Li commcmsemens. (S. Grnal, H. N. 2455, 
P 62 v».) 

ConunencJteiiiens sans commenehier. 
(G. DE C.AMonAi, Barlaam, p. 18.) 

Ton ami si parfetement 

Doiz amer au commettchentenC. 

{La Clef d'amours, 2931.) 

Si dist en son premerain commenchement. 
(Henri de V.\l., 2 502.) 

Mandement si est, commoinceynenl de ser- 
vir el amitié, et s'en en prenl loer, ce re- 
garde plus loage que amitié. (DeJosL et de 
Plet, Vil, 10, i 2.) 

Qui velt demender propriété, la puet 
demender en tel manière ; mes c|ue il die 
en son commoincement que ele fut son 
père, et que il en morut en seignorie. (Id., 
.XII, 26, S 2.) 

Konmenchement. (1292, Arcli. comm.de 
Mons.) 

Li bons commenremenz de justice vient 
de droite nature, {ilor. dea phil., ms. 
Chartres 620, t° 6^) 

Abrahams fu sires et comencemens des 
Ebrius. {Liv. des hist., H. S. 20125, t° 23°.) 

Commaincement. {Stat. de Paris, ms. Vat. 
Ott. 2962, f 98\) 

coM.MEivcEOR, mo(l. commenceur, s. 
m., celui qui commence : 

Molt lo faisoient bien noslre comenceoy 
Quant... 

(Hebb. Leduc, Foulq. de Camlie, B. N. 25518, i- 
160 r°.) 

Baisons est que l'en comence a Sostre 
Seignor, qui est li droiz commancierres et 
li droiz parfaisierres de haute puissance el 
de la haute solTrance. (I'h. de Nav.\kre, Des 
.mi. tenz d'aage d'orne, 19G.) 

Arthus qui fut commanceiir de la Table 
Ronde. {Pus d'armes de Sandricowt, p. 66.) 

Le jouvencel mercye en especial ceulx a 
qui il estoit tenu, qui ont esté comman- 
ceurs de son bien. (J. de Beuil, le Jouvenc., 
ms. Univ., f 602 v°.) 

inventeur de toutes mes délices, com- 
tnenceur el parfaiseur. (Tberence en franc., 
f 150 v°.) 

Puis que vostre plaisir est que je soye le 



COM 

commencheur de ceste oîuvrc. {Hist. des 
seig. de Gaores, f 110 v°.) 

COMMENCItEMENT, V. COMMENCEMENT. 
— COMMENOIIER, V. COMMENCiER. 

coMMExciER, verbc. — A., faire la 
première partie d'une chose : 

Cunimencerons le pont. 

;J. BoD., Saisnes, CXIX.) 

Sur lui posa un de ses dras, 
Les piez cnnmence a baisier. 
;67e Marie l'Egipt., B. N. 19525, f 25".) 

Issi voil cumencer mun cunte, 
E pus i verrez quei amuate, 
Ki est iceo. 

(Chaudrï, Petit Plet, 711.) 

Gar toi de touz poinz de lenchier 
Et de meslees commenehier. 

[La Clef d'amours, 901.) 

— N.: 

Les nés coniencent a walcrer, 
Tone et pluet, vente et esclaire. 

[Eneas, 190.) 

Dune l'ometicha mult chiens et oiseus a amer. 

(Gah»., 'Vie de S. Thom., B. N. 13513, i" 4 r».) 

Et cil Folques dont je vos di, comença 
a parler de Deu par France et par les au- 
tres terres entor. (Villeh., S !•) 

Quand Bauduins l'oi, a rire commencha. 

[D. de Seb., VIII, 1176.) 

Commencer de jeter ses racines. (Pasij.. 
Rech., III, xxix.) 

Je desirerays que l'entreprinse que je 
vous ay envoyée communiquer par Mon- 
sieur (le Panjas peult estre celle par la- 
quelle vous commencissié a employer les 
forces que vous aures assemblées. ^Mont- 
LLC, Lelt., V, 186.) 

— Réfl., môme sens ([ue le neutre : 

Elles se commencèrent a deviser entre 
elles de la bonne cliiere qu'elles avoient 
faitte le soir précèdent. (Les Evang. des 
Quen., p. 71.) 

— Impers. : 

Apres la paix faicte, il se commença de 
mettre en avant le mariage de madame 
vostre fille. (Marg. de Val., Mem. jnslif. 
pour Henri de Bourb.) 

CommoiHoier. (De Jost., .\, 14, 7.) 
Cf. Il, 194". 

COMMEINDAMEIVT, V. COMMANDEMENT. 

(:OMMEM»AT.\iitE, adj . , qui a un bé- 
néfice en commende : 

Maistre Arnault d'Anglade, prolhonotaire 
du Saint Siège apostolicque et abbé com- 
mandaluire "de l'abbaye Saint Amant en 
Peule, estoit en sa dicte abbaye. (.1. .\icolay, 
Kalendr. des guerr. de Tournai).) 

Vn prestre nommé llarlin Rigal le gar- 
doit et y faisoit le service pour le prieur 
commcndataire . (Chron. de J. Tarde, p. 252.) 

Cf. COMMAND.^TAIRE, II, 190". 

coMMEîVDATEUR, S. m., commenda- 
taire : 

Maistre Philippes de la Maire soy disant 
vicaire ou commis aux alîaires du cardi- 



COM 

nal de Bourbon, commendalenr de ladite 
abbaye. (10 juin 1523. Prrjccs-vcrhal dressé 
par le lieutenant-géniral du bailli de Tour- 
nai, B. .\'. Moreau 262, 1" 12't.) 

Cf. COMMANDATEUR, II, 190". 

COMMENDE, S. f., administration d'un 
bénéfice ecclésiastique confiée à un sé- 
culier jusqu'à la nomination d'un titu- 
laire; concession d'un bénéfice soit à un 
ecclésiastique séculier, soit à un laique : 

Lorsqu'il fut bruslé, il estoit lenu en 
commende et n'y avoit que ung prestre 
nommé Martin Rigal. (Chron. de J. Tarde, 
p. 252.) 

Cf. Commande 1, 11, 190". 

i:OMMENDER, V. COMMANDER. — COM- 
MEIVDERIE, V. COMMANDERIE. — C:OMME- 

NiER, V. Communier. — co.mmenion, v. 

Communion. 

commensal, s. m. et adj., chacun 
de ceux qui mangent ordinairement à 
la même table : 

Ceux qui pour lors résideront en cour 
de Rome, qui avoient esté vrays familiers, 
domestiques continuels et commensaux, 
.tant du feu de bonne mémoire pape Ale- 
xandre dernier trespassé, de ses cardinaux 
el conclave, que de nostre S. Père a présent 
et de ses cardinaux. (6 juill. 1418, Ord., X, 
156.) 

Qu'ainsi soit que .lehan Goudin soil et 
eust esté demouranl el rommenczut dudit. 
(1420, Lobin., II, 940.) 

Il lui donna la maison de son père et le 
flst son compaignon commensal. (Ancienn. 
des Juifs, Ars. 5082, f" 170°.) 

Sa grant mesnie commensalle 
L'aient a ouyr ses sermons. 
(A. Greban, Mist. de la Pass., Ars. 6431, f' 207.) 

COMMEXSALITÉ, S. f., qualité de com- 
mensal : 

Est avisé que partie n'y sera point re- 
ceue s'elle ne dit qu'il est son conseiller, 
advocat, procureur ou solliciteur de sa 
commensalilé. (Ordonn. des ducs de Bret., 
col. 191.) 

co.MMENsuRABLE, adj., qui a avec 
une grandeur une mesure commune : 

Pource que toute chose qui œuvre en 
l'autre doit estre a son patient coirmensu- 
rahle et proportionnée. (Evr. de Conty, 
Probl. d'Arist., B. N. 210, f° 49".) 

Si comme le dyametre d'un quarré soil 
commensurable au costé de celui quarré. 
(Oresme, Liv. du ciel et du monde, i" 56 v°.) 

Proportion commensurable. 

(AcI. des apost., vol. Il, [' 22".) 

coMMENSURABLETÉ, mod. commcn- 
surabilité, s. f., qualité de ce qui est 
commensurable : 

El de ce je diz autresfois en ung Iraicté 
que je fiz de la commensurabklé des mou- 
vemens du ciel. (Oresme, Polit., 2» p., f 
100'.) 

Et semblablement de la comensurubleté 



COM 

ou incomensurableté des mouvemens du 
ciel. (Id.. Lit', du ciel et du inonde, ms. 
Univ., 1. Il, 7, (0 63".) 

coMME.xsiJRATio.x, S. f.. l'eclierche 
d'une commune mesure entre deux 
grandeurs : 

Commensuration est ce qui fait principa- 
lement la chose sembler une. (Evr. de 
CoNTï, Piobl. d'Arist., B. N. 210, f 217'.) 

LacommensuraHon clproporlion des hu- 
meurs. (Oresme, Ef/i., B. .N. 201, f 561*.) 

Hz commencèrent a mesurer la (erre et 
mespartir avec lignes et mesures et plan- 
tèrent bornes, atlin (jue chascun congneut 
ce qui estoit sien, et de ceste première 
commensiii'ation\3. science de mesurerprisl 
son nom et fust appelle géométrie. (P. 
Ferget, Mirouer de la vie hum., T 119 v".) 

coMMEXsuRER, V. a., mesurer pro- 
portionnellement : 

Hors lesdlclz limites conimensurez. (Du 
Moi.iN, des Conttacts, c. .\ix.) 

Au lieu de la permission limitée et com- 
mensuree du droict civil, a succédé l'elTre- 
nee licence d'exercer et exiger usures et 
surcrois plus que barbaricques. (|d., ib.) 

Lequel hacint avoitau plus haut et contre 
l'église 12 pieds ilont l'hacint en dedans 
euvres ou le vestiaire avoit de large envi- 
ron 9 pieds, de- long il estait commensuré 
au chœur et a la nef. (Gleluv. Progrès et 
estai de l'abb. de S. Xiro/ns depuis l'an i^SS 
jusques a l'an 16i'6, Mèm. de la Société 
histor. de Tournai, XI, p. 323.) 

co.MjiE\T, adv., de quelle manière: 

Deus set asez cument la fins en iert. 

[Roi., 3S-2.) 

Tut unt oi l'utnent m'aveiz kourratié. 

(G*R\., s. Tliom., B. X. I3ÔI3, f" 17 r».) 

El .id pris Sun conseil comment il iert pleissez. 
(ID., ib., f» 18 r».; 

Certes, fait l'empereres, la convenance 
est mull granz, ne je ne voi comment elle 
puisse estre ferme. (Vm.leh., J 189.) 

De sa femme quoment il l'avoit lessiee 
en la meson. {Vie S. Eustace, B. y. 818, f° 
28 i'.) 

Mes Diei. mes Diex, mon cuer enseigne 
Ou cl quemerit il te querra. 
{Sermnn du iiii' s., Hif.pean. /(eu. /tint, de l'iuic 
limg. fr., 1877, p. U5.) 



COM 



COM 



133 



Cf. II, 194" 



— Comment ipie. quoique: 

Hardie gent r'a vers la queue 
Que Jaques de Saint Pol aleue. 
Comment que poi par esmer mont. 

(GfiART, Jloij. linijn., 15071.) 
Comment cua ait mis lonc delry. 

(Couci, iOiî.) 

Et comment qu'elle soit pires c'uns anemis. 
Se m'ai elle porte .ii. mois tous acomplis. 
(CAec au Cygne, 2183.) 

— Comment qu'en aille, locut., de 
quelque manière que ce soit : 

El qu'il n'y ait si hardi lioramo 
Qui Toyie preschant parmy Romme 
La loj Jésus comment qu'en aille. 

{.Vysthede S. Srbustien, p. 31.) 



co.MME-XT.viRE, S. m., Ce qul Sert à 
commenter : 

Ce mot commentaire e'ntant qu'il sert a 
nostre propos, vault autant a dire comme 
briefve exposition. ^Gauiin, Comm. de Ces.. 
prol.) 

co.M.MEXTATEi'R, S. m., auteur d'un 
commentaire : 

Comme dit un commentateur. (Okesme, 
Et/i.. IV, 22.) 

(:oMME\TER, V. a., e.xpliquer par un 
commentaire : 

Le gloser et commaiiter. 
(ViLLOS, Craïul Test., dans Dict. ijén..) 

to.MMER. V. n., faire des comparai- 
, sons : 

! Si je ne comme bien, (|u'un autre comme 

I mieux pour moi. (Mont., liv. I, ch. xx.) 

i 

j co.MMERAGE, S. m., relation de com- 

1 mère à compère : 

! Il estoit presejue tous les jours de festin, 
j de noces, de commérage, de relevailles. 
j (Rab., Tiers liv., ch. xxi.) 

co.MMERCE. s. m. et f., relation pour 
l'échange des marchandi.ses : 

Que 11 rois aroit la moilié 

En tout le profit dou cotnmerque. 

(MicHAor, Prise d'Alex., 3697.) 

Hors de la comerce du peuple. (.Vie de S. 
Hermenfaire, Rev. des lang. rom., 1886, p. 
163.) 

coM.MERCER, v.n., faire le Commerce : 

Que les dits suppliants puissent hanter, 
commerce)' et fréquenter en nosdits pays. 
{24 juin. 1470, Ord., .Wll, 336.) 

COMMERE, S. f., marraine d'un en- 
fant, par rapport au parrain ou au 
père : 

A Crestyene, me coumere. (1284, Test, de 
Jeh. Bahoe, .A. Tournai.) 

1. COMMETTRE, Verbe. — A., enjoin- 
dre : 

Nous li commandâmes elcommeismes que 
il feist le dit adjornement. il.337, S. Sauv., 
Tuiqueville, A. Jlanclie.) 

— Xominer : 

Nous, par assens des trois conssaux, 
avons aujourdui ordonné et commis Jehan 
Dumorlicr, fil seigneur Mahieu, recepveur 
du denier au lot de vin. (10 avril 1397, Reg. 
des consaux, f° 116 v", A. Tournai.) 

— Mettre : 

C'estoit évidemment commettre et luy et 
l'armée en un extrême danger. (Du Villars, 
Mém., m, an I5.i2.) 

— Envoyer : 

S. Pierre a esté constitué pasteur ordi- 
naire et suprême chef de l'Eglise, lesautres 



ont esté pasteurs délègues et commw. (F. de 
Sal., Aul. de S. P., ms. Chigi, f 107\) 

— Confier : 

Ne pouvant commettre ces particularilez 
au papier ni a un tiers. (1592,Coll. Dupuv, 
88, f 166, B. N.) 

— Commis, p. passé, confié : 

Jurisdiction commise est celle qui est 
baillée soit par le prince, soit par autre 
qui ait povoir de ce faire. ;Bout., Somme 
rur.. P 3, éd. 1037'.) 

Cf. COMMETRE, II, 194'. 

2. CO.MMETTRE, V. CoMlTE. 

co.imiNATio.x. S. f., menace: 

Souffrant fain et soif, froit et chault, 
temptacions etexprobacions, ditlamations, 
illusions, dérisions, reprehensions, commi- 
nacions. (J. Gersos, Aiguillon d'amour, f» 59 
r".) 

Bonnes genz, disl, nos devion 
Creindre la commtnacton 
DiTine... 

( fie de S. Koroult, III, 677.) 

Il doibt craindre la cummination du pro- 
phète Jeremie. [Expos, de la reiqle M. 5". 
Ben., f» 82».) 

La comminac'ion des paines pour ceulx 
qui les auront commis. (Kalend. des bera., 
p. 6.) 

Nostre seigneur ne peut plus fort espou- 
vanter sainct Pierre que de le menasser de 
la privation de beatitmle : et j.ource en 
oyant telle commination et parolle si ter- 
rible eut granl paour. [Le Repos de cons- 
cience, c. xxvrii.) 

Et estoient ces parolles ainsi proférées 
audict Ezecliias comme par voye de me- 
nace et comtnination, car la sentence ne 
fut pas ainsi accomplie. [Prem. vol. des 
expos, des Ep. et Ev. de kar., f° 16 r°.) 

Faire enjoindre audit tuteur faire labou- 
rer lesdites terres au temps qu'elles devront 
estre labourées, avec commination que si 
dedans un an après ledit tuteur ne fait la- 
bourer lesdites terres, le seigneur les pren- 
dra en sa main. (Coût, de Bern;, VI, 27, 
Nouv. Coul. gén., III, 9ie.) 

• coMMi\ATOiRE, adj., qui contient 
une menace : 

Divine fureur qui devroit estre a tous 
comminatoire. (J. BotCHET, Ep. mor.) 

coMMix-CER, V. a., briser en petits 
morceaux : 

Et en aucunes des personnes qui furent 
tuées, il fut trouvé que leurs os estoient 
tous comrninuez et desronipus,sans ce que 
la peau et la chair fussent aucunement en- 
tamez. jJiv. DES L'ks., Ilist. de Chartes VI, 
an 1417.) 

En la cité de Carlhage n'eust si merveil- 
leuse pierre qui ne fust comminuee en 
pouldre. {Boccace des nobles malh., V. 7, P 
118 v°.) 

Je les comminueray comme pouldre de- 
vant le vent. (Le F'evre d'Est., Bible, Ps. 
XVII.) 

Le seigneur coniminuera les mâchoires 
des lyons. (Id., Ps. LVIl.) 



134 



CÛM 



COM 



COM 



— Coinminué, p. passé, brisé en mor- 
ceaux : 

Queliiiies esquilles comminuees et sépa- 
rées des extrémités des os. (PAiiii,XlII,ii5.) 

iioHMis, s. m., employé: 

Vous en eiris fealment, par mon coniys, 
freire Andnni, portenr de ceste. (Ii88, 
Preiw. de Me/:, W 346.) 

A les tenir et garder par lui ou ses com- 
mis et deppulez a ses despens. (Oct. 1447, 
A. N. JJ 179, pièce 57.) 

coMMisERATio.x, S. f., Sentiment de 
compassion : 

Pantagruel, qui en eulcummiseiritiuii bien 
grande. (R.\ii., Qtiinl liv., XVII.) 

Commeseraiwn.[2l mars 1583, Arch. Cos- 
sonay.) 

COMMISSAIRE, S. m., délégué tempo- 
raire : 

Par le pris et regart que les dis commis- 
saires oni eu de compenser l'un a l'aulre. 
(1340,. A. N. J.I 72, l- (il r'.) 

Commisseres, lieutenanz. iJ364, A. Côt.- 
du-Nord.) 

Cf. Il, 206'. 

1. co.MMissioA, S. f., cliarge donnée 
par qqn à un autre d'agir pour lui : 

Au conseil desdis exécuteurs pour avoir 
visité la niinutte de ladilte cu?>nnission. 
(1405, E.vér. tesl. de Giurd Le Crich, A. 
Tournai.) 

Avons baillié la charge et r/ueniission de 
ce l'aire. (11 juin 1478, Lett. de L. XI, A. 
mun. Pcronne, f" 207''.) 

Il laissa ('Ojn»»ws/o?i aux autres magistrats 
et principaux personnages de la ville, 
qu'ils aasemblassenl le denioui ant des l'or- 
ces. (A.MYOT, Numa.) 

— • Action de commettre une faute, la 
faute elle-même : 

J'aime mieux pécher en omission qu'en 
commiisioii. (CiiOLn:i!iis, Apres disiiees, (" 38 

v°.) 

Cf. 11, 195". 

2. coM.MIssIO^', mod. commixtion, 
s. f., mélange intime de plusieurs 
choses différentes : 

Cir tous jors choses engendrables 
Engendreront choses semtdables. 
Ou feront lor coninii.rions 
Par nalurex complexions, 
Selonc ce qu'el auront chascunes 
Entr'eus propriétés communes. 

(Rose, 17717.) 

Les singulières pièces 
En sensîves œuvres sont mises. 
Qu'il prennent conipli.vions 
Par diverses comtnissioiis. 

{!b., torsini, f 1U7'I.) 

La qualité sera pure et sans aucune 
commi.rlion. (Ohesnji;, Quadrip., B. N. 1348, 
f 38 r°.) 

Les elemens par proportionnée commix- 
tion. (Prouff. champ., 11,2.) 



Sans aucune commixlion de autre mecli- 
cine. [Javd. de santé, 1, 423.) 

— Communauté : 

Comixion de biens. (Coul. de Bourqes, 
CLXII.) 

coMMissioiNivEii, V. a., autoriser par 
une commission : 

Maistre Jean Bourgois fui commissionné 
a faire ceste inlormacion de par le roy. 
(1462, Cliron. de L. XI, ms. Clairamb., liibl. 
Ec. ch., 1854, p. 264.) 

co.MMissoiRE, adj., qui entraine la 
résolution d'un contrat. 

— Clause, loi commissoire, conven- 
tion d'un contrat de vente dans lequel 
la résolution était stipulée à défaut de 
paiement du prix dans le délai con- 
venu: 

Largians achala un serf par convenance 
de loi comissoire, ce est qu'il li bailla par- 
lie deu pris. {Digestes, ms. Monlp., f° 55".) 

COMMISSURE, s. f'., ligne, joiiction : 

Vaines qui entrent et qui yssent par les 
commissures ou crâne. iCIiirurg. de Guy de 
Cliauliac.) 

coM.MiTTiMUS, S. m., privilège par 
lequel le roi autorisait à porter une 
cause devant une autre juridiction : 

(Bout., Somme rur., dans Ste-Pal.) 

COMMOUE, adj., qui se prête -aisé- 
ment à l'usage que l'on en fait : 

Commodes. (1475, dans Dicl.cjén.) 

COMMODITÉ, S. f., qualité de ce qui 
est commode : 

Un capitaine leur fera quelque chose de 
bon en sa vie, mais pour sa longueur il 
laissera perdre cent belles commodilez, ou 
il eut eu de l'honneur et du prollit.(Mo.NTL., 
Comm., VI.) 

Jamais pareille commodilé ne s'offrira, 
pour faire pai'oistie ce que vous savez faire, 
et le zèle et alTiclion que vous portez a 
nostre roi, et naturel seigneur. (Id., ib., 
VI.) 

D'attendre avec un peu de patience que 
nous nous soyons remis en meilleure co»n- 
?HOf/i/e.(13aoûl 1592,ie(i. miM. de HenrilV, 
III, 060.) 

Trouvant la commodité de luv parler. 
{M'MnvÈ, Astrée,ï\,!i.) 

COMMOIXCIER, V.C0MME.\CIILIt. — CO.M- 
MOIÎ\'Gi\E, V. COMJIUNE. 

coMMOTiox, S. f., ébranlement sou- 
dain : 

Co^mnoliun. (Psaut.de Corb., B. >'. 1. 768, 
i- 101 V».) 

Comocion. 
(VVace, Vita S. M. Viri;., p. S4.) 

Cil qui la nuit par la mer vont 
Ce sont li homme de cest mont 
Qui est en granl commuection. 
(GuiF., .vu. rstaz du monde. B. ?l. 1526, f° 40'i.) 



I Vez ci que voiz de audition vient et 
grant commotion de la terre d'Aquilon. (Bi- 
ble, îlaz. 35, f° 126".) 

Et je oy après moy voiz de grant com- 
motion. (Ib., f°161''.) 

De la coumolion de ses charretes. (Ib., f" 
148".) 

La cornmocion du cerveau. (Jard. desanlé, 
f» 148".) 

Entre autres raisons qui luy donnoient 
espérance de victoire, estoit que la violence 
des vents et la commotion de la mer nous 
osteroient l'usage et le service de noz gal- 
leres. (Mart. du Bell.w, Mém., 1. X, f° 344 
V.) 

— Soulèvement, émeute : 

Pour reste de 50 1. t. que il presla a la 
ville pour l'avancement du paiement de 
l'anicnile des commocions. (14 janv. 1395, A. 
mun. Rouen, A, 3.) 

Cf. COMMOCION, II, 195". 

coMMUAULE, adj., qui peut être com- 
mué : 

Statuts muables et commuubles. {Expos, 
de lu reigle M. S. Ben., 1° 173".) 

COMMUECTIOX, V. CoM.MOTION. — COM- 
MUGIVIE, -YE, V. COM.MU.NE. 

coMMUiv, adj., qui s'applique à plu- 
.sieurs à la fois; qui s'apjilique au plus 
grand nombre ; anc, général : 

ProDeo amur et noslro comun salvament. 
{Serm. de Stmsb.) 

La bataille est merveilluse e cumune. 

{Mol., 1320.) 

O nos aient iole corn une, 
Lor genz et la noslre seit une. 

(Eneas, 6593.) 

Par le commun conseil des Krans et des 
Crez fut devisé que li noviaus emperere 
seroit encoronez a la fesle monseignor 
saint Père. (Villeh., g 193.) 

Adont par leur queniun acort 
Oat mise seur tens leur parole. 
(BEie.MAi(., Sal. d'Am., p. 283, t. 7î6, Bord.) 

Par le liemun assentement de le vile 
d'Aumes. fl248, Cart. blanc de Corb., B. N. 
Corb. 20, f" 74 r".) 

Car il estoit mofz en la maladie commune. 
(MliNESTRF.I., S 159.) 

Par l'assens des Icemuns parens des en- 
fans celui Jehan de le Muelle. (Juin 1288, 
C'est Piernnin de le Sftfic, chirog., SI Hrice. 
A. Tournai.) 

Moût scu plere commun langage. 

(Clef d'amours, 2784./ 

Les tiers .x. Ib. pour faire remplage de 
vin qui estoit prisies mains dou communl 
fuer. (20 fév. 1334, Beg. de la loy, 1332- j 
1335, f" 78 V, A. Tournai.) S 

Lesquelx firent venir dud. lieu le .vin' }■ 
jour de may en quatre vasseaulx de quemun •! 
accort. (14]'5-1416, Beceltes et dépenses de a 
la ville de Boulogne, Mém. soc. acaU., t. VII, 
p. 51.) 

A communs frais et despens. (S janv. 
1443, Chirog.,K. Tournai.) 

Ces plaisirs que nous avons communs a.yec 



COM 

les besles. (Marg. de Val., Ruelle mal as- 
sortie, p. 8.) 

Oiic femmes communes et mal famées ne 
su vvi'nt l'armée. (Seyssel, Grand monardi., 
m, xn.j 

— Bien de communs, bien qui .se par- 
tage en commnn ; 

Tant com il sont ensamble et lor biens 
de quemuns. {Des asseuiemens, B. N. 1 189.) 

— En commun, de société, de con- 
cert : 

A tous en kemun. iSept. 1286, les enfants 
Pieron de Chin, Cliirog., A. Tournai.) 

— Commun, subst., le peuple, bour- 
geoisie : 

Et vous couroient par my les rues, 
Getlant ung si terrible cry. 
Tant que la ville en fust esmue 
Et le commun tout esbahy. 

{Dolop.j 

En aliénant et en metantenmain morte 
Cet asavoir de f/nemun. (Vers 1287, Projet 
lie charte communale. Mém. soc. acad. de 
lioiilogne, t. .VllI, p. 62.) 

I-e qitemttn de Paris en ot grant marison. 

{Geste des ducs de Bourg., 2576.) 

— Le commun populaire, le vulgaire : 

Et pour gaigner la grâce du commun po- 
pulaire, feil de grands festins publiques. 
(A.MÏ0T, J. Cœ<i.) 

— Lepeuple commun, même sens : 

D'avoir lousjours pitié et compassion du 
pauvre peuple commun. ;René, Instit. de 
l'ordre milit. du Crui-is., UCuv., I, 74.) 

Cf. II, 196'. 

co.M.MiwALTic, mod. communauté, s. 
f., caractère de ce qui est commun : 

Certalnnes terres qui estolenten commu- 
nalté eiilre eux. (Verni, apr. l'asc. 1314, 
Barb. de Lescoel, A. Finist.) 

— Réunion de personnes vivant en 
commun : 

L'une des lommunaltés si est par reson 
de commune. (Beaiman., XXI, 26.) 

Et fait a l'endemaln semonre devant li 
la communaulei de Xamur. (Ménestkel, '", 
«à.) 

Tonte la communalleil de nostre cité de 
Liège. (l"fév. 1323, Pawlllart, C, p. 260, 
Liège, Arch. de l'Etat.) 

Contre ladite communaleit. (1325, Pr. de 
ni. de Metz, IV, 14.) 

Comtnunealté. (1325, Cari, de Ph. d'A- 
ienç., p. 862, A. S.-lnf.) 

Et coniribuissent ung chascuns de lour 
selonc sa faculté es comunnullels dou dit 
.Montbeliart. (1339, A. >. K 2223.) 

Tout la cominalté del rojalme d'Engle- 
terrc. (13'.3, Avesb., p. 111.) 

A la requeste des cominullees suisdiclz. 
{Slat. d'Edouard III, an IX.) 

l:O.MML-X.\lTK, mod., V. Co.MJIU.NALTÉ. 

<:o.\iMi>E, S. f.. corps des bourgeois 



COM 

d'une ville, des habitants d'un bourg, 
d'un village ; l'ensemble des hommes 
réunis pour combattre sous l'étendard 
de leur commune : 

Dcis en cumune quierl cunseil. 

{Bfut, ms. Mimich, 541.) 

Li borgois ont la grant cloche sonee 
Et la petite tôt d'une r-lndonee, 
Et la kemniyne est tanlost assanlee, 
A la maison Malscné est alee. 
L'assaut comence. lot a une huée. 

(RllUB., 0(jier, B. N. 24403, f» 203'.) 

Li borgois ont la grant cloque sonee 
E la petite tôt d'une randonee 
E la comufjne est tantost asanllee. 

(Il>., ib., 3SI0.) 

Le quemuiqne de Maiçnieres. ( 1225, Cari, 
de Ponthieu, B. X. 1. 10112, f 65 v°.) 

Par non d'avocacion et ne mie par non 
de commugnie. {Ib., f 6(î r°.) 

Cil kisunt mis hors (\e\equcmuf}ne.{[2(}0, 
A. mun. S.-Ouent., I. 30.) 

La commur/nie d'Abbevilie. (1261, Cari, 
de Ponthieu, B. .\. I. 10112, f 6 v°.) 

Et paiera lx. lih., au roi .xxx., et a le 
quemuigne .xxx. {Des asseuremens. B. N. 
1189.) 

Sor une hemuigne lez maine 
Et la li poingneis s'arreste. 

{Gilles de Cliin, 3193.) 

Enmi ians Gilles s'esiaissa. 
Et livre son cors a martyre 
Por la k-emu!ffne desconfire. 

(/6.,3197.) 

Par le congiet des prouves de le coumu- 
gne. (1277, Liv. des bans et ordo/in., Bibl. 
Tournai, ms. 215, f" 2i v".) 

Terres, vignes, maisons et autres que il 
ont dedens la conmuine ou que il maignent. 
(xin' s., A. S. J 1033, pièce 17.) 

Bien cuident la commoingne soit encontre eulz 

[armée. 
{B. de Seb., X, 607.) 

Que li detteur soient de leur kemmugne 
et de leur pooir. {Charte du roi Henri 
d'Angl., A. mun. Douai, cart. L, r 46.) 

— Bien communal : 

Sur la requeste des habitants a Brou de 
la paroisse d'icy. les quels remoustrent 
que M. de Torterel se veull appliquer une 
commune auprès de la Garde, lieu dict es 
forest communale, la quelle de tout temps 
et d'antiquité appartient a la ville et com- 
munaultè de Bourg. (1542, Délib. du conseil 
de Bourg, ap. J. Baux, Mém. hisl. sur la 
ville de Bourg, I, 102.) 

Cf. II. 198". 

coM.iiLXEME.VT, adv.. Selon l'usage 
commun : 

Kemunemenl. {.\oùl 1256, Klines,A. Nord.) 

D ilec vient cen que l'en seul dire 
Communément, sanz contredire. 

(Clef d'amours, 1061.) 

Monoie communément corant en le vllhe 
de .\amur. (Hini. apr. convers. S. Paul 
1297, Géronsart, Arch. de l'Etat à Namur.) 

Communément la crainte engendre de la haine- 
(Gntv., .1/. Aul., IV.) 
Cf. II, 198". 



COM 

COMMIXER, V. COMMLXIER 1. 



133 



tosiMr.\ic.*BiLiTÊ, S. f., qualité de 
ce qui peut être communiqué : 

Il leur apartient (aux princes) eslre lar- 
ges, libéraux et commuiiicatiz, car ceste 
vertuzqui regarde lesdespens, par aucune 
similitude est dicte largesse, libéralité et 
communicabililé. (H. de Galchi, Gouv. des 
princ, Ars., f° 40 v".) 

coMMi:.MCABLE, adj., qui peut être 
communiqué : 

Le bien est de sa nature communicable. 
(La Bod., Harmon., p. 32.) 

La nature du bon est de soy si commu- 
nicable, qu'il ne peut estre resserré dans 
soy mesme sans se produire. (A. Laval, 
Parapk. des ps., p. 142.) 

Ce mareschal avoit de belles qualités 
commuuiquahles a peu de personnes. (Cv- 
YET, Chron. sept., p. 202.) 

C'est la vraie addressepourbien façonner 
les vins blancs de toutes sortes, musquats, 
piquardans, blanquettes et autres de plus 
renommées espèces de Languedoc, ou tel 
ordre est observé, communicable a toutes 
autres provinces. (0. de Serres, III, 8.) 

— Sociable, qui se communique, qui 
entre en communication : 

Li bons de sa nature est domestique et 
communicable, et ordenes a vivre en com- 
paignie. (Evr. de Contv, Prohl. d'Arist., B. 
N. 210, f 156».) 

Que si les princes ne prennent point 
plaisir a lire, qu'ils n'en ayent le loisir, ils 
seroit bon qu'ils se rendissent communi- 
guttbles a leurs subjects. (J. Boiciiet, Se- 
rees, XIII.) 

coM.'>ir.Mc.\TiF, adj., qui se commu- 
nique aisément à d'autres: 

Libéral est bien communient if en expo- 
sant ses pecunes. (Oresjie, Eth., IV, 4.) 

to.M.Mr.MCATio.x, S. f. , action de com- 
muniquer : 

Amisté et communication. (Oresjie. Eth., 
IX, 16.) 

Us desiroient de tout cœur cstre et de- 
mourer en amour et communicacion avoecq 
leurs voisins. (.1. Sicolav, Kalendr. des 
guerr. de Tournay.) 

1. coMMi-MEK, s. m. et adj., qui tient 
une chose en commun avec plusieurs 
personnes : 

Les communiers de la rivière, (i'sem. de 
la for. de Brecelien, Cart. de lied.. Eclaire, 
CCCLXXVII.) 

Des ore sunt amdui al camp cumtnuner a pet. 
{Ilorn, 4787, ms. 0.vf.) 

Vous avez dist qe vous estes seigneurs 
forqe de la terce partie de la vile; dounl 
en les deus parties de la vile n'estes forqe 
(•omo«er. 1131)4, Year books of the reign of 
Edward l)ie first, XXXII-XXXIII, p. 233.) 

Le maire, escbevins, conimunaulté et 
communiers de Villemor en Champaigne. 
(9 mars 1571, A. Aube, E 496.) 

Et si y a ..\xv. communiers qui doivent 



136 



COM 



COM 



COM 



(le sepl ans en sept ans une besle a laine, 
et pour ce ont leurs besles a laine erbees 
es dites communes. (Ii02, Denomlii: du 
hmtl. de Cau.r, A. N. P'303, f» 61 r».) 

Les grasses pastures n'appartiennent 
qu'aux communiers de la parroisse. (Loisel, 
Instil. cousl., Il, II, .NX.) 

2. coMMUiviER. verbe. 

— A., donner la communion à : 

Poblen lo rei conimuniei 

(S. Lùijer, 83.) 

Pus cjue commentez seroie. 
(CeREST., Perceval, ms. Montp., f" 45'.) 

N'i covint prestre por aus cutnenier. 

(R. de Cambrai, 3369.) 

Il les a tost commentez 
Du cors Dieu, et ras.isiez. 

(IV? de S. Em-ault, II, 713.) 

S. Cregoires retrait a soi le cors nostre 
Seigneur et le mist sus l'autel, et ne co- 
miiif/n pas ccle dame por ce que il la vit 
rire'. (Vita Pair., ms. Chartres 371, f 85 
r°.) 

— Donner en communion : 

En ce temps l'on appella messes d'un 
nom pluriel les prières du matin, princi- 
palement quand le premier olVroit a Oieu 
l'hostie immaculée et propitiatoire, pourla 
communier a ceux qui esloient préparez 
pour cest elTect. (Fauchet, Antiq. gaul., II, 
19.) 

— 1^., recevoir la communion : 

Au jour de Paskes. c'on doit cumeniiei'. 
(Huon de Bord., 2S9.) 

Une petite buise d'argent servant a Pas- 
ques a quemeiiyer. {14(59, Inv. de .S. Amé de 
Douai, ap. V. Gay.) 

— Réfl., se donner soi-même la com- 
munion ; recevoir la communion : 

De .NI. pois d'erbe fresche, au non de Trinitez, 
S'esloil commeitiez, n'i fu prestes mandez. 

(J. BOD., Snisnes, CCXI.IX.) 

Se cumunie et prent de l'aive benoite. {Li 
purgatoire saint Patrice, B. M. 423, P 35''.) 

Et li chivaliers se comnnia et prist de 
l'ague benoile. {Ib., S" 36".) 

— Se communiquer : 

Mais je vous prie, dame théologie, que 
me déclariez ung peu comment il a voulu 
se commuràer MW humains suubz espèce de 
pain et vin? (.1. Bouchut, Noble Dame, f° 
155 v°.) 

Cf. II, 199\ 

coMMUivio. S. f., union de ceux qui 
professent la même croyance ; parti- 
cipation au sacrement de l'Eucharistie : 

(Dinl. S. Grerj.. p. 168.) 

Apres a reeeu le saint qiimenion. 

(Enf. God., B. .N. 1-2558, [• 30".) 

Communiun. (De S. Jûhan, 11. N. 19.")25, l'° 
33 r».) 

De toz les seinz croi la comenion. (Credo, 
B. N. 1. 3799, BuUet. A. T., 1880, p. 40.) 

Cumenion. (lièr/l. de Citeati.r, ms. Dijon, 
f» 26 r°.) 



Uns moines sanz confession 
Morut, et sanz conitnenion. 

(Vie de S.Ecroult, II, sil.) 

— Communauté : 

Et ou, constant icehiy mariage, desdicts 
deniers ne seroyent acheptes heritaiges, ils 
seront reprins sur les biens de ladicte com- 
munion. (19 déc. 1551, Mém. Soc. Eduenne, 
XXI, 242.) 

coMMUiviQUER, vcrbe. — A., rendre 
une cliose qu'on possède commune à 
une autre, en lui en faisant part. 

— N., avoir des communications, 
s'entendre : 

J'ay fait communiquer les Bourguignons 
sur la matière de paix. (M oct. 1472, Chron. 
de L. XI, ms. C.lairamb.) 

Il pourrait parler et communiquer facile- 
ment avec Anabe. (Gruget, Div. lec, IV, 

XI.) 

— S'entretenir : 

De laquelle bonne nouvelle Garin fut 
ausques joyeux et conforté et avecques Ar- 
chillanl (jui le tint en amour por cesle 
cause sans le remectre a icelle heure en 
sa prison disna el communiqua jusques a 
ce que leur traictié feust fait, dit, escript 
et scellé de leurs seaulx ou seings. (En- 
fances Vivien, B. N. 796, 1. 101, p. 18, Wah- 
lund.) 

— Prendre part, avoir part ; 

Voila donc comme nous serons en la pré- 
sence de nostre Dieu en communiquant a la 
Cène. (C.tLV., Serm. s. le Deuter., p. 590''.) 

Le cœur communique a lelle dépravation. 
(G. lioucHF.T, SCT'eei, 111, 177.) 

— liéfl., se mettre en rapport avec : 

Quand Dieu s'abbaisse pour se communi- 
quer a nous privement. (Calv., Serm. s. le 
Deuter., p. 488».) 

Sylvie fut d'advis de se communiquer au 
sage Adamas, afind'ensçavoir son opinion. 
(D'Urfé, Astree, II, 10.) 

Cf. II, 199". 

coMMUT.iTiF, adj., qui est relatif à 
un échange, aux échanges : 

Contractz c.ommuiatifz. (Du Moun, des 
Contractz, c. xx.) 

COMMUTATION, S. f., changement: 

Venez acheter sans argent et sanz con- 
mulacion vin et let. [Bible, Maz. 35, f° 113°.) 

Esclianges et commutations de chemins. 
(Mars 1282, Cart. d'Igny, B. K. 1. 9904, P 
119^) 

En eulz n'est nulle commutation, il n'ont 
point Dieu doubteit. (Ps., LIV, Maz. 382, f" 
135 v°.) 

Les conimw/acions des temps. (Maiz., Songe 
du viel pel.) 

Commutation de noms. (Mornay, Inst. de 
l'Eucli., p. 732.) 

COMOiVER, V. COMMUNIlin. 

COMPACTA, adj., qui présente une 
masse serrée : 



Cellui facteur 
Me fisl des choses corrompables 
Nourrice et singulière mère 
De tous corps compaca et palpables. 
(Cna. DE Piz.. Lo}iij est., 2618.) 

COMPAGXE, S. f., celle qui vit habi- 
tuellement dans la société intime d'une 
autre personne ; épouse ; 

La femme cui tu moi donasacompmijiie. 
(Dial. Greg., p. 317.) 

Cunipai/ne. 
ROB, GnossETETE, op. Coioci, Mir., ms. Brux., f" 
229s) 

Guetier te doiz de tes compaignes 
Que Ion ami ne lor enseignes. 

(Clef d'amours, 3133.) 

Conpaingne. (1337, A. i\. S 204, pièce 23.) 

Compenqne. (Maiz., Songe du viel pel., I, 
17.) 

Or sui je bien en touz endroiz 

Povre et nu de beneurté 

Et venuz a maleurlé, 

Quant j'ay ma compalgne perdue. 

(Mir. de N. D., lll, 89.) 

— Bonne eompaigne, fille aimant le 
plaisir : 

La fille d'une qui en sa jeunesse a esté 
bonne eompaigne. (N. w Fail, Cont. d'Eulr., 
XXX.) 

COMP.AGXIE, S. f., présence d'une 
personne auprès d'une autre afin qu'elle 
ne reste pas seule ; réunion de gens ar- 
més : 

.XX. mille Francs unt en lur cumpaignie. 
(Ilot., 587.) 

Par tel convenance que, tant que nostre 
compaignie durra, de totes conquestes que 
nos ferons de terre ne d'avoir, par mer ou 
par terre, la moitié en aurons, et vos l'au- 
tre. (ViLLEH., 2 23.) 

Se nus hom doit bien amer 
Pour sens ne pour cortoisie 
ISe pour bone compaignie 
C'on puist en dame trover. 
(GiLi.. DE Bernetille. Trouv. belij., p. 103.) 

Vers Chartres II font compaignie. 
(J. Le Marcuast, Mir. de N. D., ms. Cliartr., f" 14'', 
Duplessis, p. 58.) 

Et ge maindré, n'en dotez mie, 
Toz jors en vostre conpaignie. 

(Macé, Bible, B. ^'. 401, f» ^56^) 

Li amiraus s'an fut a povre conipenie. 

(FlouB., 1688.) 

Cumpoignie, conpoignie. (De Jost. et de 
plet, VII, 15.) 

Et chevaliers de son lignage pour corn- 
paingnie tenir, et pour l'oneur de lui. (Mé- 
nestrel, 2 139.) 

Compaignie de marchandise peut estre 
faite en telle manière que l'un y met l'ar- 
gent et l'autre y met sa peine. (Bolt., 
Somme rur., 1, 58.) 

Collegium, comiiengnee. (Glosi. de Con- 
ches.) 

Elle emmena avecques elle le roy son 
mary, en petite compagnie, jusques au 
chasteau de Dumbar. (8 av. 1566, Lett. de 
Chnrl. I\ à Fourquev., Cab. hist., IV, 32.) 

— Commerce sexuel: 



COM 

Moult vodroie sa conpainie. 
(Othevien, ms. Oxf., BoJI. Hntton iOO, !' 7b ï».) 

Ouant dame a le cuer de son ami enrichi 
et apaisiet del soûlas de toute la conipui- 
giiie de son cors. (Ricii. de Fokmv., Puis- 
sance d'amours, ms. bijon 299, f'IS''.) 

Farao aime mont la compaùjnie 
De cil qui la tieut pour amie. 

{Clef d'amours, 835.) 

Elle estoit de lele condition que quant 
.i. hom avoit a li conpaijnie, il le sieuwoil 
adies. (27 juin 1317, Rey. de la loij, 1313- 
■1325, A. Tournai.) 

Or ça, mon amy, quantes fois 
Avez vous eu sa contpaignli^ ? 

{Nouv. Pathelin, p. 157.) 

Ledit Jehan de Lo s'estoit frauduleuse- 
ment efforcé d'avoir la compaiqnie de la 
femme du frère dudit suppliant. (1460, A. 
N. JJ 192, f° 40.) 

Voyans icelle fille que ledit prestre ne 
cessoit de jour en jour de la prier d'avoir 
sa compnifjnie. (th., I'° ôG r°.) 

Cf. COMPAIGNIE, II, 201'. 

coMPAGivoK, S. m., celui qui partage 
le pain avec un autre ; celui qui vit ha- 
bituellement dans la société intime de 
qqn. : 

Si'n apelat Kollant Sun cttmpahjnun. 

[iiol., 1020.) 

Chi nen est legier.s en sa langue, ne ne 
fist a Sun cumpuinun mal. (Vw.des Psaum., 
Cambridge, XIV, 3.) 

Molt s'esmaient si compaignon. 
Ne desirrenl se la mort non. 

[Eneas, 239.) 
Compelngnon. 
(Chbest., Charete, B. N. I'î560, f" 55'.) 

Compagnon. 
(ID., ib., Vat. Chr. 1725, f" 21 v'.) 

Jou n'en voi nule si poi belo 
Qu'ele ne truist son compaignon. 
{ChanS; op. Baitscb, Jtom. et pastour., 11, 60119.) 

Conpainun. 
(Gae.-)., s. T/iom., B. N. 13313, f" G t«.) 

Kttnpainiin. 

(ID., ib., I' 32 r°.) 

. CtiiupainnHH. 

(.S. Edward le conf., 814.) 

Compaingnon. 

{Agrav.) 

Et si compaignon chevauçoient environ 
lui, ardant molt durement de poindre et 
désirant. (IIe.sri diî V,il., ;; 012.) 

■ Compengnun. 

{Gui de iVanl., 1037.) 

Compaigniin, 
{Adieux de J.-C. à N.-D., B. N. 19325, f° 12 r°.) 

Compeignon. (1294, A. N. Mus., vitr. 50, 
pièce 295.) 

Se lu estoes sosmis a celui qui fut fet 
heirs loi, ou tu receusla possessions des 
biens, et Ion compaignon ne la volt deinen- 
rter, l'en entent qu'ele t'est tôle donee. [De 
Jost. et de plel, .VU, 19, g 4.) 

Un compaignon puol bien avoir 
Qui son segré porra savoir. 

[Clef d'iiiiionr.t, 1213.) 

tes compengnons. {Prise de S. Joh.de An- 
9ele,A.}i.J I03i, pièce 33.) 

T. IX. 



COM 

Ses compoignons. (8 fév. 1333, Lett. des 
mestr. des foires de Champ, et de Brie, A. 
Cher.) 

Compoiiignon. (Reg. du Citât., 1, 421.) 

Vous avez a amy chevalier de la maison 
du roy Artus et compaignon de la table 
ronde. (Lancelol du Lac, i'° p., ch. .xlvii.) 

— Mari, époux : 

Mon vray compaignon et ami 
Se voua a aler pour ray 
Noslre Dame du Puy requerre. 

{.Vir.deN.V., 11,317.) 

Je voy mon compaignon mort estre. 
(/A., IV, 202.) 
Cf. C0MP.\1GN0N, II, 202^ 

oo.>ip.\R.4BLE, adj., qui peut être 
comparé avec qqn, qqch, comme pré- 
sentant un rapport d'égalité : 

non comparable roine. 

(Renclus, Miserere, cclx, i.) 

Il esloilbien comparables en l'art de ba- 
teiller a quelconques euipereour, tant fu il 
cler ou noble. (Bers., T. Lie, ms. Ste-Gen., 
f» 28T.) 

Les autres choses... ne sont point com- 
parables a la guerre d'Aufrique. (In., ib.) 

Vero en ses .w. livres dist 
De discipline maint beau dit 
En comparant dyalelique 
Correspondant a rethorique 
Et dist qu'elles .u. sont semblables 
A la main d'ome et comparables. 
(Chr. de Pis., Poés., B. N. 836, f" 211 r«.) 

coMP.\RAitLicME.\T, adv., auc, am- 
plement, suffisamment : 

Des vices generallement 
Avons aucun petit touché, 
Et monstre comparablemeni 
Que soy fier lotallement 
Mieulx vault en vertu qu'en pecjié. 
(J. BoucnET, Jîeynnrs traversant les rayes perill. des 
folles fiances du. inonde, f" 55'^.) 

coMPARAisorv, S. f., action de rap- 
procher deux ou plusieurs choses pour 
déterminer leurs points de ressemblance 
et de dissemblance : 

Et Adam et li clerc nen unt chef, se Deu, nuu ; 
Pur ç'ai fet, ço m'est vis, dreite konpareisun. 
(Garuier, i'. Thiim., B. N,, 1° 22 v», v. 1297.) 

La comparisons 
Que Jésus fait des oreisons. 

[Erode, ms. Ju Slans 173, f» 22 t».) 

Solon raison 
Semblance fait comperison. 
(LASDni Da Wauen, Cant. des cant., ms. du .Maus 173 
f" 77 V».) 

Dunt je dich, et se n'i entent 
Mes cuers autre contrucion 
C'on puet droite cotnparison 
Du giu de la capete faire 
A le vie d'amours, qui plaire, 
Duet sans cause. 

[Ju de la capete, 166.) 

Conipareison. 
(R. de Uod., Mcrautjis, ms. Viaime, f" 21 v**.) 

Comparoifon. (Chron. de S. Den., ms. Sle- 
Gen., r 33 r".) 

Compereson . 

{Fauoel, B. .N. US, f 4v».) 



COM 



137 



cojiPARAiVT, adj., qui comparait en 
justice ou devant un notaire : 

Oui n'eil comparant a tour de roolle est 
en deffault sans remède. (Bout., Somme 
rur., f 3", éd. 1537.) 

co.MPARATio.v, S. f., comparaison : 

Et adonc commença la douleur par la 
cité moult grande, et plus a.ssez sans com- 
paralion iiu'elle n'estoit pas avant. (J. d'Ar- 
R.4S, Melus., p. 153.) 

Comparution. (Gerson, Aiquill. d'am., f" 
36 r°.) V , y 

Les hommes de Ninive condampncronl 
le peuple des Juifs, non pas par puissance, 
mais par cnmparalion de correction de 
vie. {Prem. vol. des exp. des en. et eu. de 
kar., t° 82 r".) 

co.Mi>ARATivEME?vT, adv., en com- 
parant, par comparaison, en comparai- 
son : 

L'en en teust a.^sezcot)iparativenient selon 
le temps. (1556, Disc, de l'an de la com., 
Arch. Lons-le-Sauln.) 

El heu l'on assez compuraliDementde vin. 
{Ib.) 

co.MPARER, V. a., rapprocher deux 
ou plusieurs choses pour déterminer 
leurs points de ressemblance ou de dis- 
semblance : 

N'i os, ke n'en soie mcntaos. 
Comparer cose corporal. 

(Renclus, Miserere, ccsLiv, 8.) 

Se les al comparet (les estas dou siècle) au dct 
[et les compère. 
(GiLLON LE MuisiT, Estos dc tous (/ens seculers. Il, 
p. 7.) 

Trestoutes preudes femmes un petit y rompere 

[(a la Vierge). 
(Id., Complainte des dames, II, 207.) 

— Eslre comparé, être comparable : 

Nule terre n'e^; comparée de marchean- 
dise encontre la terre de Flandres. [Les 
terres desqneus les marchand, viennent à 
Bruges, B. N. 255i5, f 274".) 

— Réll. : 

Uem en oniir ne demurrat; comparât set 
a jumenz e serat lout. {IJv. des Psaum., 
Cambridge, Xl.VIll, 20.) 

Cf. II, 203'. 

COMPAROIR, V. n., comparaître : 

M'amour.un vieil soMal, plusjaloux qu'amoureux. 
M'a faicl faire im appel derrière les Chartreux, 
Mou courage et l'hunneur veulent que j'y corn- 

\pai-e. 
(L. C. Discret, Alizon, V, 2.) 

coMPAROisTRE, mod. Comparaître, 
V. n., paraître eu justice, paraître en 
général : 

(lion. Est., Tlics.) 

Daire voyant que plus ils ne comparais- 
soi/ent, abandonna ses bastimens. (S.^liat, 
lier., i.) 

Je leur ay ruine la comté de Bourgogne,, 
au voyage que j'ay faict par deçà, avec une 



18 



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COM 



grande armée qu'ils y avoiont assemblée a 
grands frais, la(|uell(' n'a jamais comparu 
devant mov. (21 sept. lôOô, Lett. miss, de 
Henri IV, i. IV, p. 406.) 

COMPARTIMENT, S. m., division d'un 
objet : 

Deux pièces de canevas, ouvres de com- 
partiments de sove au gros poincl, pour un 
petit days. (18 ia\\\.\\>%Ç>,Lelt.deM.Stuart, 
VU, 240.) 

Autre quarré, a fond blanc, avec quelque 
compartiment de fleurs a plaisir. (,/6.) 

COMPAS, s. m., instrument formé de 
denx branches de bois ou de métal réu- 
nies par une de leurs extrémités, de 
manière à pouvoir s'écarter ou se rap- 
procher l'une de l'autre, pour mesurer 
des angles, tracer des cercles de dimen- 
sions différentes : 

Li trezimes onmi est tailliez a compas. 

( Voy. de Cliarl. à Jmis., 428.) 

Saint Benooiz la droite ligne. 
Fait la règle a droit compas. 

(fiiuoT, Bible. 1391.) 

Une dousaine de compas, gros, quatre 
dousaines de compas. (1423, Exéc. lest, de 
Angnies de lortioir, A. Tournai.) 

— Pm- compas, d'une manière me- 
surée, régulièrement : 

Dea. Joseph, tu parles jior eonpas. 

{Résurr. de J. C, B. N. 902, f" 6.) 
Le cours que fait l'obscure nuict, 
Et le clair jour, c^ui par compas la suit. 

(Cl. MlK.. Psalmes. p. 145.) 

Ce sera œuvré par compas. (Rab., Tiers 
liv., ch. XXI.) 

— Par tel compas, d'une manière 
si mesurée, si régulière : 

Il avoit beu par tel compas 
Qu'il avoit les larmes a l'ueil. 
{Farce du Gaudisseur, .\nc. Th. fr., Il, 296.) 

Ainsi la mer borna, par tel compas 
Que son limite elle ne pourra pas 
(.)utrepas5er. 

(Cl. Mab., Psnlmes, 104, p. 221.) 

— Loc, sans compas, sans modéra- 
tion, sans mesure, extrêmement : 

Boire sans compas. 

(iVef des fols , f" 14 v".) 

Puis en viendra un qui tous aullres passe, 
Delitieus, plaisant, beau sans compas. 

(ItAD., Garg., ch. n.) 

— Pour le Juste compas, pour parler 
avec précision : 

Ou autrement, 2^onr le Juste compas. 
Pour le plus tard celle noble saison, 
.Vrbres et fourches en feront la raison. 
(('.OQUiiLART, Bal. contre les eecs manleauh-, I, IS.) 

— Fig., règle, mesure : 

M.iis quant s'en vont dessus autruy appastz 
Elles repaissent sans ordre ne compas. 
(J. Mabot. Episl. des daines de Paris aux courlis., 
p. 28.) 

Vivant dissoluement, san reigle ny com- 
pas. (Lariv., Nuicts, XIII, 13.) 



COM 

J'ay convoqué a la fin de ce mois iine 
assemblée générale, ou j'espère que Dieu 
nous fera la grâce de pourveoir a nostre 
conservation et de régler nos affaires avec 
un meilleur compas. (1" fév. 1581, Lett. 
miss, de Henri IV, l. I, p. 352.) 

Ou par ordre et compas les jardins azurez 
Monstrcnt au ciel riant lents carreaux mesurez. 
(AuD., Trai/., T.) 

Cf. II, 204'. 

coMPASSEMENT, S. m., action de com- 
passer, de tracer au compas, de dessi- 
ner régulièrement : 

Aristotcs d'Ataines l'aprit onestement. 
Il li monstre escriture, et ii valles l'entent, 
Griu, ebriu et caldiu et latin ensement. 
Et tote la nature de la mer et del vent, 
Et le cours des esloiles, et le compasentenf 
Isi com li planettc maine le firmament. 

[Ilom. d'Alir, f» 11».) 

Denz drus et pelis 
Blans et par cnmpassemcnt mis. 
(r;;«n.!.. ms. Moiilp. H 190. I» 68 T" ; G. Raynand, 
Motets, I. 36.) 

Il n'y a chose depuis la terre jusques au 
ciel, quelque compassement et proportion 
qu'il y ait, qui ne soit sujette a mutation. 
(Thevet, Singul. de la Fr. ant., ch. xlv.) 

Cf. II, 204\ 

coMPASSEOR, raod. compasseur, s. 
m., celui qui use du compas, archi- 
tecte : 

Qui del munde fus ordeneres, 
Faitre e antor e compasseres. 

!Be5., n. de Nonn., II, 211.?.) 

Geste favorable propositionn'estoit qu'une 
risée, qui nous nienoit a conclure par né- 
cessité la neantise du compas eî. du com- 
passenr. (Mont., 1. Il, ch. xu, p. 306.) 

— Celui qui mesure, qui divise : 

Leur frère (Phaéton) 
Tombe dans le fleuve Eridan, 
Du beau char compasseur de l'an 
Conducteur téméraire. 
(RoD. Garnier, .Marc Antoine, II, 359.) 

Tant que Pbadïus luyra, compasseur des années. 
(Hardy, Corn., V, iv.) 

coMPASSF.R, verbe. — A., ordonner 
d'une manière régulière, sjonétrique .• 

Cil Ui primes l'cdefia 

Et ki le chastel cnmpassa. 

(Wace, Itou. I. 406.) 

Mult la compassa bien (Babylone), de mur la 

[clost cntur. 
(TnoM. DE KrsT, P. Meyer, Aler., p. 224, v. 25.) 

Une citei i cnmpassa, 
Cinc mil ovriers î assembla. 

{Bnit, m». Munich, 2033.) 

Moult fut estroile II antrele 
Qu'ansi fut faite et compasseie 
Par devant la haute montaigne. 

[Dolop., 9737.) 

La lor fu faite et compassée. 

Quant Babiloino fu fondée. 

{Flolrc et Blancke/t., 2" vers., t. 2453.) 

Jason qui premiers la passa (la mer) 
Quant les navires compassa 
Por la toison d'or aler querre. 

[Rose, 9343.) 



COM 

Et sera la dicte rue compassée en ma- 
nière que... (1446, A. N. P 13552, pièce 4.) 

Nyveller, mesurer, compasser et con- 
duire le dit voiage. (Vente des biens de Jac- 
ques Cœur, A. N. KK 328, f 262 v°.) 

Vérité est que depuis que la cyté de 
Romme fut fondée et que Romulus l'eut 
compassée el edillieea l'aydede Romus son 
frère. (Ilyst. du c/ieval. Berinus, ch. i. A, ii.) 

Il faut que l'esperonniersçache bien com- 
pare)' les boucles, chaineltes el barres des 
freins (du cheval). (E. Bixet, Merv. denat., 
p. 553.) 

— Fig., régler: 

Que par l'ercevesque de Reins 
Fu la trieve prise el escrite 
Si comme c]e fn. devant dite 
E compassée mot a mot. 
{Guill. le Marcclial, H717, P. Meyer.) 
Soit qu'elle compassé 
.Au son de son luth le nombre de ses pas. 
(Ross., Od., I, p. 76, Mellerio.) 

— Rendre égal : 

Et compasser les jours et tous les mois de l'an. 
(Fr. Perhin, Pourtrnict, i" 57 r",) 

— Entourer : 

Unghault mur circuit le jardyn de toutes 
pars, or compassé le jardyn. (Palsgr., p. 
491.) 

— Réfl., arranger, disposer, ordon- 
ner sa personne, sa conduite : 

Son passe temps est de soy compasser. 

(B. Desper., Poés., 82. L. Lacour.) 

— Se comparer : 

A la senestre partie, avoit une dame si 
bêle que toutes les biautez du monde ne 
se porroient compasser a sa biauté. (Perce- 
val, 1, 13.) 

— N., dessiner : 

A compasser ot maistres sages. 

[Alliis, B. N. 375, !' 96-.) 

coMPASSioiv, S. f., sentiment par le- 
quel on prend part à la soulfrance d'a-u- 
trui : 

.\iez, por seinte charité 
Compassion et pieté. 
(F. Angier, .?. Oreg.. P. Meycr, Bec., 413.) 

Ceos ki ont apris a avoir conpassion per 
ceu qu'il solTert ont. (Sei-m. de S. Bern., 
31, 14.) 

Nous le prions que tu nous doinses avoi r 
si dingne compassion de ta soufrance que j 
nous soienmes dingne d'ieslre conté en tes 
membres, (ies Heures de la crois, ms. Cam- 
brai 88, f° 66 r".) 

Ma compascions est toie. 
(L'Abbaye de denot., Ars. 3167, f» 47 r».) 

Compacion. (1389, A. N. P 1355', pièce. 
100.) 

Quant il sera enfourmes de vos anois et 
tribulations, il yprendera gTg.nl compation. 
(Froiss., Chron., VI, 195.) 

Ayez compassion 
Du noble sang et de France ot d'Espaigne. 
(r.L. Mar., Cant. de In cheslienlé, p. 306.) 

coMPATER.MTÉ, S. f., qualité de com- 
père : 



COM 



COM 



COM 



139 



La commune oppinion tient que les par- 
rains et marraines, comment c|u'ilz ayent 
allinitù par le sacrement de baptesme a 
l'enfant c]u'ilz tiennent, et au père et a la 
mère, si n'ont ilz entre eulz, qui ensemble 
le tiennent, nulle atlînité acquise, se non 
comjoa/ecH/7é familière. (H. de Gauchi, /{a- 
lion., li. iN. 437, f 322 v".) 

COMPATIBILITÉ, S. f., Caractère d'une 
chose compatible : 
(1603, De Chavigny, dans Dict. gén.) 

COMPATIBLE, adj., qui peut se con- 
cilier avec : 

Il pourra user de marchandise honneste 
et compatible a icellui mestier. (Fév. 1447, 
Oi-d., XIII, 535.; 

Afin de rendre nos fruicls compatibles 
avec le sucre, puisque c'est avec lui que 
nous les confissons. (0. de Serr., VIII, 29.) 

COMPATIR, V. — N., être touché, at- 
tendri des maux d'autrui. 

— Réfl., s'accorder, se concilier; 

Je ne me saurois compatir avec ses hu- 
meurs. (Carloix, I, 35.) 

— A., supporter ; 

Je deschargeraj' bientost mon peuple de 
telle sorte de gens, qui vivent si déborde- 
ment qu'il n'y a plus moyen de les compa- 
tir. (i mai 1598, Lettres missives de Henri IV^ 
t. IV, p. 975.) 

COMPATRIOTE, s., qui Bst de la même 
patrie : 
Compalriottes.{h\ NorE, Disc. p. 48.) 

coMPE, V. Conte. — compecte.vte- 

ME\T, V. COMPETEMME.NT. — COMPEDI- 

TEUR, V. Compétiteur. — compegxOiX, 

-EIG.VOX, -EI^■G.\0^•, V. COMPAONON. — 
CO.MPELLER, V. Co.MPlLER. 

co.MPE.\DiEisEME>T, adv., en résu- 
mant l'ensemble : 

Il convient racompter compendicusement 
et en brief quelles choses sont a louer es 
femmes. (II. de Gauchi, Gouv. des princ. 
de G. Colonne, Ars. 5062, P 101 r'.) 

coMPE.XDiEu.v, adj., qui résume l'en- 
semble, abrégé, concis : 

Cy commence ung compendieux livre de 
Mirouer historial auquel sont en bref et 
clairement récitées les histoires de la Hible. 
(.l/i'r. Uisl., Maz. 1554, f 14 r».) 

Jesuscrist vous a baillé la forme fort 
briefve mais compendieuse pour le prier. 
(J. UoiCHET, .Yo6/e Daine, f 113 r°.) 

Avezyous entendu comment il est résolu, 
sommaire et compeudietu: en ses respon- 
ses? il ne rend que monosyllabes. (Kab., 
Cinquiesme liv., ch. .x.KVii.) 

— Qui raccourcit : 

Chemins compendieux. (Sexle J. Frontin, 
II, !l.j 

co.MPE\Dio\, mod. compendiuin, s. 
m., abrégé : 



Je vous offre donc un bref recueil, ab- 
bregé et compeudion de ses plus rares dis- 
cours. [Recueil gén. des rencontres de Taba- 
rin, dédie.) 

co.MPEXG.\o.\, V. Compagnon. 

coMPE^SATlo^•, s. f., fait de se com- 
penser réciproquement, en parlant de 
deux choses : 

Faite compensacion du riche ou povre. 
(1303, A. N. JJ 36, f 44 v°.) 

En guerdon et compdnsncion desdiz ser- 
vices. (1336, A. N'. JJ 70, P 62 v°.) 

Compensation a lien d'une dette claire et 
liquide, a une autre pareillement claire et 
liquide. {Coût, de Calais, CCX-XII, Souv. 
Coût, gén.) 

coMPERAGE, S. m., lien spirituel 
entre le parrain et la marraine d'un 
enfant; affinité entre gens très liés en- 
tre eux : 

Ne p;irentc ne comperaffe. 

(Ren., Br. V», 328, var.) 

Comperage. {Miroir hist., Maz. 1554, f° 
172 V.) 

co.MPERE, s. m., parrain d'un enfant 
par rapport à la marraine ; appellation 
populaire entre gens qui se parlent fa- 
milièrement : 

Et feusl compères dudit Gilet d'un de ses 
enfanz que ledit Richeles avoit tenu ans 
fons. (1335, A. >'. JJ 69, f 62 r°.) 

coMPERisox, V. Comparaison. 

coMPETEM.MEXT, adv., d'une manière 
compétente ; suffisamment, convenable- 
ment : 

Competantement. (H. de Gauchi, Gouo. des 
Princ, Ars. 5002.) 

SouBisanment et cotnpetenwent. (1332, 
Cart. de Sens, B. N. 1. 9895, f° 121 r°.) 

Et y a assez competammenl de vivres et 
de bonnes gens d'armes pour garder la 
ville. (J. d'Arhas, Melus., p. 120.) 

Compettenment. {Reg. du Chat., I, 467.) 

Et firent visiter les vivres et habillemens 
de guerre, et se trouvèrent assez c'jmpeiem- 
meiit garnis. (Juv. des I'rs., Charles VI, an 
1382.) 

Compeotenlement de son exprès consen- 
tement. (1403, V ente d'une rente aux chapel. 
de S. Hit. de l'oit., A. Vienne.) 

Competanment. (Courcy, Hisl. de Grèce.) 

En la dite année, on oll de bons blez et 
de bons vins, et asses compectamment. [i. 
AuBRiON, Journ., an 1492.) 

Competamment je paye subside et taille. 
(Gbingohë, Jeu du prince des Sotz, Moralité.) 

Qu'on doit disner competemment. 
(N. DE LA CuEs^AïE. Condamii. de Dancquet.) 

Triboulet (dist Pantagruel) me semble 
compelentement fol. (Kab., Tiers livre, ch. 
xxxviii.) 

Le grand bastion estoil assez competam- 



ment profond en terre seiche. (JIart. du 
Bellay, Mém., 1. VIII, f° 2.56.) 

co.MPETExcE S f . , attribution à qqn, 
de ce dont il a le droit de décider; im- 
portance : 

Au regard des reqiiestes que faire luy 
voudroil ou pourroit, il en regarda les qua- 
lités et condicions, et peut estre, ainsy le 
croy, qu'il n'estoit point en pourpos de les 
lui passer, car trop estoient de pois et de 
grand compétence. (G. Chastell., Chron. des 
ducs de Bourg., III, 47.) 

coMPETE.XT, adj., qui doit être attri- 
bué à qqn en vertu d'un droit; conve- 
nable : 

En temps et en sesons competenz. (1292, 
S. Vinc, pièce 64, A. Sarthe.) 

En lieuz competens fist merveillouz palais 
sur li mur de la cité, si que il estoient 
dedens et defors la terre. (Aijié, Yst. de li 
Norm., VIII, 23.) 

Jour compectant. (Xov. 1451, Lett. de Ch. 
Vil.) 

COMPETER, V. n., appartenir en vertu 
d'un droit; convenir ; 

Verecunde ne compete pas et n'est pas 
convenable a tout eage. (Ores.me, Elh., IV, 
24.) 

Cf. 11, 206=. 

COMPETITEUR, S. m., cclul qul se 
met sur les rangs en même temps qu'un 
autre pour obtenir qqch. : 

Amry qui fust esleu par les chevaliers en 
l'ost occistson compidileur. {Fleur des hist., 
îlaz. 1562, fo 77''.) 

A la persécution et importunilé des cow- 
petiteurs d'iceulx supposts. (23 mars 1412, 
Ord.,X,e-i.) 

Actendu que en icellui (office) il n'a point 
de comijetiteux. (12 sept. 1483, ih., XIX, 
128.) 

Compediteur. (Fossetier, Cron. Maro., ms 
Brux., II, f 106 r».) 

Ha ! faux compétiteurs de volonté inauvaize. 
Ne tenez plus aux champs ce que m'avez osté. 
(Am. Jamyn, p. 135.) 

COMPHAXO.X, V. CONFANON. 

COMPILATEUR, S. m.. Celui qui réunit 
en un seul corps des documents sur 
une matière empruntés à diverses sour- 
ces : 

Sy prie a tous ceulx ([ui verront ce pré- 
sent volume qu'ilz supportent l'ignorance 
du compilateur . {Livre du faulcon, l'oés. fr. 
des xv° et xvi° s., XII, 265.) 

Compillateur. (Fossetier, Cron. Marn., 
ms. Brux. 10511, VI, n, 3.) 

co.MPiLATiox, S. f., recueil de docu- 
ments sur une matière empruntés à 
diverses sources : 

Tout ce qu'i Irovoront et oirenl 
Mistrent en compilation. 
(Gaot. ue .Mes, Image du monde, ms. Monlp. . f' 41 
r».) 



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COM 



COM 



COM 



La coinpilacions de cele ovre. (Pass. S. 
Math., B. N. 818, tM88 v».) 

Compi/lacion. (J. dk Vig.nay, Enseignem., 
ms. Brux. 11042, P 1".) 

Cf. II, 207». 

coMPiLEU, V. a., réunir dans un 
même recueil des textes sur un sujet 
commun empruntés à diverses sources : 

Ici commence li fes des Romains, com- 
pilé ensemble de Sahistc, de Suetoine et de 
l.ucan. (Les faits des Romains, Val. Chr. 
i792, Not. elextr. des mss., XXXIII, 269.) 

Ledit moine et luy ont compilé unes faus- 
ses lettres closes, au nom dudit povre ga- 
land. (Marcial, Arr. d'am., p. Voit.) 

Compiller, compilo. (Vocabularius brevi- 
dicus.) 

— Compilé, p. passé, composé ; 

Je ne sçay qui de ma confrairie apporta 
la nouvelle d'une sorte de pillules compi- 
lées de cent et tant d'ingrediens. (Mont., 1. 
II, ch. xx.wn, p. 519.) 

Cf. II, 207^ 

c.oMPissiER, mod. compisser, verbe. 
— A., uriner sur : 

Deus grans raastins li ont au col toursé, 
Qui li compissent et le bouche et le nés. 
[Beuoes d'Hanstone, B. N. 12558, [" 116'.) 

Li millor chien et li plus haut 
Chacier ne vauronl, ce ne faut; 
Ainz compisseyont la menée. 
Sachiez que c'est chose prouvée. 
Jusqu'à tant que achaill'é cera. 
Et lors chaucuns le chacera. 
{La Chace dou cerf, ap. Jub., ÎVouv. rec, p. 171.) 

Et tirant sa mentule en l'air lescompissa 
si aigrement, qu'il en noya deux cents soi- 
xante mille quatre cens dix et huict. (Rab., 
Garg., ch. xvu.) 

— Fig.; traiter avec mépris : 

Il fait a l'un la nioe, l'autre conpissera. 

(Cuv.. B. du Giwsrl., var. .les v. 118-122.) 

— Réfl., uriner : 

Quoy le follnstro n'y voit goutte 
Et a tel peur qu'il se compice. 

{Act. des npost., vol. 1, f" 39'.) 

Se sentans du tout prins (les hérissons), 
ils se compissent en eux niesmes, pour gas- 
ter leur peau et leurs pointes. (Du Pinet, 
l'iitie, VIII, 37.) 

Mettez sur la braise des feuilles de lapa? 
brisées, et que la fille en sente la fumée, 
si ne se compisse elle n'est pas vierge. 
(JOUB., Err. pop., 1" p., V, 4.) 

Les unes se compissoient en beuvanl, et 
les autres beuvoienl en se compissant. 
(Brant., Dam. gai., 1" dise.) 



— Complssié, 
d'urine : 



part, passé, couvert 



Comment tu l'as ainsi laissie 

Pour une chievre coinptsie 

Qui put plus que ne fait mais eus. 

(Ysopet, B. N. 1594. ï' 30 v«.) 

coMPLAiGivANT, adj., qui porte 
plainte, qui expose des griefs : 



La cour verra la complainte et exploict 
et fera droict se les complaignans sont a re- 
cevoir ou non. (Avr. i'ill,Èeg. du Parlem., 
ms. Sle-Gen., p. 178.) 

llelas pourquoy va pitié eslongnant 
La demande d'ung povre complaignant? 
(O. DE s. Gel., Kp. d'Or., Ars. 510S, (° 173 y.) 

La dame complaignanle. (B. Desper., Joy. 
dev., LXXVIII, 269, L. Lacour.) 

coMPLAiNDUE, verbe. — Réfl., se 
plaindre : 

Conipiaint sel que molt li grevot 
Que en Grèce ne s'en alot. 

[Fneas, 987.) 

Pour ce que pluiseurs personnes non 
nobles etde église se doloient et cnm.plain- 
gnoient. '23 nov. 1328, Curt. de Flines, 
CCCCXX.XVIII, p. 541.) 

Vint en Auvignon et se complaindi au 
pappe Grégoire du roy d'Arragon. (Froiss., 
Chron., VIII, 276, var'.) 

Vos philosophes qui .«e cnmptaignent 
toutes choses estre par les anciens escrip- 
tes, rien ne leur estre laissé de nouveau a 
inventer, ont tort trop évident. (Rab., 
Quint liv., ch. xlvii.) 

— N., dans le sens du réfléchi : 

Et nos ai monstre en complenanl en non 
dou priour de saint Marcel, que... (10 juin 
1304, S. Marcel, A. Doubs.) 

— A., se plaindre de : 

Va compiaignant sa mauvaise fortune. 

(C-L. Mar., EijL ruât.) 

— Exprimer ses condoléances à qqn ; 

Liquel furent envoyet a Biaumont par 
mons' pour complaindre madame de Blois 
pour la mort de Loys, sen fil. (1391, Ch'esl 
li romples que fait sire Pieres de Zande, f° 
15, A. Nord.) 

Cf. II, 207-. 

coMPLAiiNTE, S. f., actlon de se plain- 
dre à qqn, plainte : 

Lor complainte. 

(r.BEEST., Cliges, 611.) 

Quand l'empereriz oi les complaintes, si 
fut niout courroucié. (Ménestrel, g 444.) 

Ledict sieur de Selieres...faict citer ledict 
Armand ilevant le métropolitain pour y 
déduire ses causes d'opposition, et puys le 
faicl assigner en complainte au parlement 
de Bordeaux. (Chron. de J. Tarde, 210.) 

Cf. II, 208\ 

COMPLAIRE, V. n., donner satisfac- 
tion : 

.\ux princes cuident par ce complaire. 

(EusT. Desch., Œm., II, 136.) 

Il ne se passoit point de journée qu'il 
n'obligeast dix fois sa femme a lui com- 
plaire. (Le Vayer, Hom. acad., 2.) 

Cf. Il, 208\ 

coMPLAiSA>'CE, S. f., volonté de com- 
plaire à qqn. ; acte de nature à faire 
plaisir : 



Celui fet teles complaisances d.(iin que par 
ce lui soit faite aucune utilité en pecune. 
(Obesme, Eth., IV, 18.) 

Complaisance. (L. de Première, Decam., 
B. N. 129, f° 127 v°.) 

Par vaine complacence. {Expos, de la 
reigle M. S. Ben., (° 51».) 

coMPi.Ai\'T, s. m., plant d'arbres, 
plant de vignes; partie, plantation 
d'arbres ou de vigne due par le loca- 
taire d 'un champ en échange de la 
jouissance concédée : 

La dite place et les dites vignes quittes 
et délivres ob la quinte soume de vendenge 
rendent a rotnplant e gardes et recez. Manv. 
1231, A. M.-et-L., Fontev., La Roch., fen. 3, 
sac 8.) 

Ob lo dreit comptant rendant. (Ib., sac 9.1 

.X. sols de cens... portez en la dite au- 
mosnerie de la moneie censau par la vile 
de la Rochelle e rendant le dreit conplant, 
c'est assaver la quarte some, e gardes e 
recepz. (1248, S. Berthomé, Bibl. la Bo- 
chelle.) 

Que il puisse mettre a terre gaignable .v. 
arpens de vingne,... pour ce qu'elle est de 
.trop malvais comptant. (1390, A. N. MM 31, 
f 120 r".) 

Planter me fault autre comptant. 

(Villon, /*. Test., 3.) 

Les bons comptans de Candie tache prendre. 
(Gringore, la Chasse du cerf des cerfs, l, 165.) 

J'ay de mes propres mains 
Plante un beau verger de si bonne aventure 
Quo le ciel tout beuin et la douce nature 
Ont tant favorisé qu'on ne voit rien de beau 
Qu'aisément on ne trouve en ce comptant nou- 

[veau. 
(R. Belleau, Berf]., \'^ y, f" 32 r".) 

COMPLAXIOIV, V. COMPLESSION. 

coMPLEME-vT, S. m., cc qu'il faut 
ajouter à une chose pour la rendre com- 
plète : 

Que nostre peuple ayt complément de pe- 
tite monoie. il347, Ord., II, 285.) 

f;oMPi.Essioiv,mod. complexion,s.f., 
réunion d'éléments divers ; ensemble 
des éléments constituant la nature phy- 
sique d'un individu ou d'une chose ; 
manière de se conduire : 

Faible complecion. 
(Dretela Grieuilier, Val. Chr. 1522, f° 161'.) 

II n'est nus hons, je n'en doul mie, 
S'il nel set par astronomie. 
Les estranges cùmpllcions. 
Les diverses posicions 
Des cours du ciel. 

(Base, r.orsini, t' 118".) 

Compleclion. (Le chavire de le cliité d'A- 
miens, B. N. 25247, î" 49 v».) 

Comment vous pores savoir le compla- 
sion dou cors selonc nature. (Rem. anc, B. 
N. 2039, f° 9=.) 

Complession. (Ib.) 

Compliexion. (Sydrac.) 

La complession du corps. (II. de Gaichi, 
Gouv. des princ. de G. Colonne, Ars. 5062, 
f 73 r».) 



COM 



COM 



COM 



141 



hacomplexioniu tans. (Oresme, Quadrip., 
B. N. ]3i9, f» 19".) 

Et ceuli qui n'ont pas complexion saine. 
(lÎL'ST. Descb., VI, ISS.) 

Complession. (Lelt. de Mnrg. d'Anrj., 
C.WIII, à M"" de Rieulx, 1536.) 

Parce qu'il avoil presché conire le pape 
Eugène, conire lequel les Romains et plu- 
sieurs prélats avoyent la picque pour rai- 
son de ses deporfements et complaxions 
importunes. (I'aradin, Ann. de Bourg., p. 
701.) 

Le clerc est tenu de luy enseigner les 
coustumes de la ville et les complexions de 
son uiaistre. (H. Despeb., Noiw. recréât., f" 
37 r°.) 

De comple.rion joyeuse et gaillarde. (Joub., 
En: pop., l" p.. Il, I.) 

COMPLET, adj., auquel il ne manque 
aucun des éléments qui doivent le consti- 
tuer: 

La première somme complète. (0. de la 
IIave, dans Dlct. gén.) 

Une compagnie de gens d'armes com- 
plète. Mo.NT., liv, II, ch. XII, p. 284.) 

— Latinisme, accompli, parachevé: 

Dame, vostre commandement 
.\vons complet. 

(Mir. de .V. D., II, 71.) 

coMPLETEMEîMT. adv. , d'uHO manière 
complète : 

Comphctemeni. 

(Fimvel, B. N. 146, f 12 r".) 

Compleclement. (J. Goulain, Ration., B. 
.N.437, r'217 T\) 

Complet temen t. (Deciim., B. N. 129, f 42 r°.) 

coMPLic.\Tioiv, s. f., action de com- 
pliquer : 

Flux de sang et complication des dispo- 
sitions. (Gci DE Chauliac, b. N. 24249, 1° 111 
y.) 

— ? 

_ La curinte par dessus (le bàlon pastoral) 
signifie les cerimonies retraites et la com- 
pllcacion de l'esperituel sens. (J. Gol'lai.\, 
Ration., B. N. 437, f 84".) 

to.MPLicE, S. m., celui qui aide à com- 
mettre un crime, un délit : 

Complùse. (1327,. V. mun. Abbev., portef. 
A ; A. Thierry, Tiers Etat, t. IV.) 

Ont esté complices de yceulx melTaiz. 
(1329, A. X. JJ 07, f 28 r°.} 

Qu'il estoit el est fauteur, complis et ad- 
héré dudit Olivier. (1420, ap. Lob., 11,940.) 

Faire appréhender les dis complisses pa.r 
luy accuses. (1459, Procès de Mesaîwue, A. 
Orne.) 

i:oMPLicio\-, V. Complession. 

COMPLICITÉ, S. f., aide donnée à un 
criminel : 

Par le moien de laquelle complicité ledit 
l'ierot s'est absenté de ladicle ville. (1440, 
A. .N. JJ 176, f ti v°.) 

CO.MPLIE, s. f., auj. ordin. compiles, 



s. f. pi., la dernière partie de l'office 
qui se dit ou se chante après vêpres : 

E puis chantent la cuniplie. 

[S. Brandon, S70.) 

En quaresme puis compile sonant. '(Est. 
BoiLEAU, Liv. des mesL, V p., XVI, 5.) 

Seigneurs, sachiez, j'ay grant talent,'' 
Puis que j'ay dite ma coinplie, 
D'aler couchier. 

[Mir.de y. II., 1, 3, 176.) 

Li ymne de compelie. {Règle de Citeaux, 
ms. Dijon, P 97 r°.) 

Compile. (M., f° 97 r".) 

Cf. Il, 208'. 

ccMPLiExioN, V. Complession. — 

COMPOIG>0\-, -OIÎVGIVOÎV, V. COMPAGNON. 

coMPoxcio\", mod. componction, s. 
f., tristesse pieuse causée par le senti- 
ment de notre indignité, et la douleur 
d'avoir offensé Dieu : 

Des coses que vos dites aiez conpu[n]- 
geuns. {Psalm., Brit. Mus., Ar. 230, P 9 r°.) 

Il astoithom de si grande simpliciteit et 
de si grande compunclion. (Vial. S. Greg., 
p. 172.) 

La graice de compunclion. {Greg. pap. 
Iiom., p. 9.) 

La graice de conpuntion. [Ib., p. 116.) 

Enjosk' a la conponclion del cuer. (Serm. 
de S. liern., 6, 37.) 

S'ot escu de comfession 
Losengié de coniponccion. 
[IIl'on de Meri, Torn. Antecr., 1561.) 

Compuncion. (Office des ordres, B. N. 974, 
f 48^) 

A bone componcion. {Serm., B. N. 423, f° 
65".) 

Conpontions. {Serm. du xiii" s., ms. Cas- 
sin, P 102».) 

Por quoi bat l'en plus son pis que son 
chief quant l'en a compencion el l'en se re- 
pent? [Bible, Maz. 35, f" 276'.) 

Aiez componction de ce que vos dites en 
vos. {Ib., B. N. 899, f 133'.) 

Componcion de cuer. {Riule S. Beneit, B. 
N. 24960, P 35 r°.) 

Très grant comjmnctions do cuer s'est en lui 
Et grans compassions. [mise 

{Girarl de Ross., 2565.) 

La souvenance de toutes ces turpitudes 
et desordres nous doit donner une grande 
compunclion en nos cucurs. (La Noue, Disc, 
p. 58.) 

coMPoRTEME\T,s. m., manière doHt 
qqn se comporte : 

Leal et fidèle comportement. (1475, dans 
Dict. gén.) 

COMPORTER, verbe. — Réfl., s'éten- 
dre : 

Un ceniin...se|doitc'OOT/)oWer d'une mesme 
larguecc. (Bi:ai:man., X.W, 8.) 

Sur le jusiiche de le terre le conte de 
l'ontiu, si comme &\e se comporte de cmmi 



j le fil de l'iaue d'Autié dusques a l'espim^ 
avesnoise. (1249, Ane. Cart. d'Auc/ni, p. 
337.) ■ ' ' 

A Lothaire donna tout le royaume d'Aus- 
trasie, si comme il se comporte jusqu'au 
fleuve de Meuse. {Grand, cron. de France. 
Débonnaire roy Loys, X.\II.) 

Une masure comme elle se comporte et 
estent de toutes pars. [1313, A. N. S 275, 
42.) 

Que ladite garenne jamais a nul temps 
ne puisse estre, nt soy estandre par la 
Quinte d'Angiers, si comme ele se comporte 
en long el en lé. (Juin 1321, Ord., XII, 451.) 

Cf. II, 210'. 

COMPOSER, verbe. — A., former un 
tout par l'assemblage et la combinaison 
d'éléments, au propre et au fig. : 

Torceuneries les vos mains composent. 
{Lib. psalm., Oxf., LVII, 2.) 

— Abso!., travailler à quelque ou- 
vrage d'esprit : 

Il songe quelque chose. 
Il n'est jamais oysif ; tout partout il compose 
Mesme par le chemin. 

(.1. A. DE Baik, licluij., XIX.) 

— N., se soumettre à certaines condi- 
tions : 

Les chevaliers... envoyèrent un héraut de 
par eu.x au comte Derby, pour composer. 
(FiîOiss., Cliron., I, i, 224, Buchon.) 

Et finablement lui convenença Vivien cl 
obliga sa foy et sa créance a faire tout le 
bon plaisir d'elle, et elle chevi et compnusa 
au Sarrasin pour son corps qu'elle paia et 
achepta a ses deniers. (Enf. Vivien, B. S. 
796, 567, p. 82, \Vahlund.) 

— Composer à, .s'accorder avec, s'en- 
tendre avec : 

[Le roy] a composé a ses créanciers, com- 
mence a payer ses olficiers. (Michel Lhcs- 
pital, Uarang. el Mém.. I, 323.) 

— Composé, p. passé, organisé : 

Tous deux estoyent moyennement beaux, 
bien composez de corps, duits a tous exer- 
cices. (Fauchet, Aittiq. gaul., 2'vol., IV, 7.) 

Cf. II, 21 1^ 

coMPosicio.\", mod. composition, s. 
f., action de composer un tout en assem- 
blant les parties; action de composer 
une œuvre intellectuelle : 

Ne wairdeir orthographie ne composicion 
des lettres. {Psautier de We/r,prolog., var., 
p. 4.) 

— Constitution, tempérament : 

Aussi pour les indispositions ou composi- 
tions héréditaires des pères et mères les 
enfans sont faits monstrueux et dilTormes. 
(Pake, XIX. xm.) 

— Action de composer avec qqn, 

d'entrer en accord avec lui en faisant 

des concessions : 

Composicion. {Est. de Eracl. em;)., XXXIV, 
3.) 



142 



COM 



COM 



COM 



Conposisiion. (Hegle del Uo<pi/., li. N. I 
1978, r 109 v°.) 

Amiable composicions ou transactions est 
laite. (1301, Pi: de IH. de Bourg., II, cvi.) 

En lequele composition est contenu que 
|iour autre débat meu entre les dis devan- 
chiers mettre a acort avoit esté ordené. 
(1348, Ccirl. de Lihons, B. .N. 1. bl60, f° 53 
r".) 

Montant lesd. despens el composicions en- 
samble a la somme de .lxxvii. 1. (13 fév. 
1187-2 mai 1489, Compt., A. P.-de-Cal.) 

Fust constraint de rendre la ville aux 
Angloys par composicion. (Vers \i^9, C/iron. 
univ.. Val. Chr. 811, f 333».) 

S'en alerentpar composicion. [IL., f" 338°.) 

Composicion de Troyes. (/A., f° 340".) 

Composicion de Louviers. (/i., f" 3i.j''.) 

Plus cIgs Allemans vingt mille 
Le Turc a prins par composition. 
[Deffaicte dfS Bourr/. cl Attemans, l'oés. fr. des xv^ 
et xvi> s., VI, 2l'6.) 

Le vaincu mouroit ou payoit l'amende et 
composition portée par les loix. (Fauchet, 
Antiq. gauL, IV, 17.) 

— Statut : 

Contre l'usaige et les compositions an- 
ciennes. (14 oct. 1462, lieg. journal des pré- 
vôts et jurés, série A, A. Tournai.) 

COMPOSTE, mod. compote, s.f., sorte 
de ragoût ; entremets sucré fait de 
fruits entiers ou en quartiers ; 

Tant as mongié... de le composte- 

{Awl, 8861.) 

Cannelle, chiches, chucre candit, pains 
(le blanc chucre, cotnposte, daddes. (1"' 
sept. 1407-1'"' sept. 1408, Compte de la re- 
celte gén. de Hainaut, A. Nord.) 

Pour Taccat de quatre lonneles de com- 
poste. (3 mai 1410, Exéc. test. deJeh. le Tail- 
leur, A. Tournai.) 

Pour gaingnier un craquelin et un ton- 
nelet plein de composte lombarde. (1420, .\. 
N. JJ 71, pièce 182.) 

coMPREHEivsiBLE, adj., que l'esprit 
peut embrasser : 

Choses intelligibles et compréhensibles. 
(Chastell., dans Dicl. gén.) 

coMPREHENSioiN, S. f., faculté d'em- 
brasser les clioses par la pensée : 

Outre toute compretiension. (Chastell., 
dans Dict. gén.) 

co.MPREXDRE, verbo. — A., contenir 
en soi comme partie de l'ensemble, 
renfermer : 

Pour ce que li lieus dou port ne povoil 
pas comprendre si grant nombre de gent. 
(G. DE Nang., Vie de S. L., Uec. des hist., 
XX, 443.) 

Que les fin amourous jolis 

INe puent pas briement entendre 

Que les auctours veulent comprendre. 

{Clef d'amours, 88.) 

Se nous avions un nom qui comprensist 
toutes telles choses, nous dirion que elle 



est vers cela. iOres.me, Elti., P.. N. 204, f° 
440'.) 

Je ne puis pas en cinq vers tout compramlre. 
(liusT. Descii., III, 70.) 

Un si petit logis fait de bois et de pierre. 
Ouvrage des humains, ne peut comprendre Dieu. 
(II. Est., Prosop. de t'klot. nur peler.) 

— Embrasser par la pensée, avoir l'in- 
telligence de qqch. : 

Mais le villain menteur qu'il estoit le 
comparnoit éfiigoiseuseuienl. (.1. Moli.net, 
Chron., ch. CCLXXXIV.) 

Cf. 11, 213". 

COMPRESSE, s. f., morceau de linge 
plié en plusieurs doubles, qu'on appli- 
que sur une partie malade pour main- 
tenir le pansement et recevoir la suppu- 
ration : 

Conipress^!< garnies de coton. 

(Hûutaiglou, Ane. poi'S. fr., IV, 273.) 

Cf. 11, 213=. 

coMPRESsiF, adj., qui exerce une 
compression : 

Propriété compressiuc. (Gui de Chauliac, 
13. N. 24249, P 305 v».) 

COMPRIMER, V. a., réduire à un 
moindre volume en exerçant une pres- 
sion ; fig., réprimer : 

Li roys s'en vint tantostvers liome pour 
apaisier et comprimer les mouvemens du 
pueple. (Bers., T. Liv., ms. Ste-Gen., ["29".) 

coMPROMissiOi\, S. f., compromis : 

Avons fait mise et compromission en ar- 
bitres. (1289, Cart. de Montiéraniey, li. 
N. 1. 5432, f° 25 r".) 

Cf. II, 214^ 

coMPROviivciAL, adj., de la même 
province : 

Li vesque comprovincial. 

{.Vir. de S. Eloi, 67.) 

L'église de Rains et celé de Trêves sont 
sereurs et comprovinciaus. (Chron. de S. 
Den., ms. Ste-Gen., f° 189'.) 

Apres print Claudius par l'aide d'.\rvira- 
gus les isles Orcades, et les autres coni- 
provinciales isles. (Le Baud, Hist. de Bret., 
ch. II.; 

coMPT.\^'T, mod., V. Contant. — 
COMPTE, mod.,v. Conte. — co.mpteat. 

V. Co.»;tent. — COMPTER, mod., v. Con- 
ter. — COMPTEUR, mod., V. Conteur. 

— CO.MPTOER, COMPTOIR, mod., COMP- 
TOUER, V. CONTOm. — COMPUGEU.X, V. 

COMI'ONCION. 

COMPUGMCION, S. f., componction : 

La compugicion de vostre cuer. (Serm., 
B. N. 423, r ti8».) 

Parfaitte compugnicion. (.1. Lelong, Liv. 
des peregrinacions, ms. Berne 125, f° 255".) 



co.mpi:lsio.\, s. f., contrainte, force, 
ordonnance qui force à faire quelque 
chose : 

Tote excepcium de decepcium, de force 
et de compulsium. (1298, lloreau CC.W, f" 
110, B. N.) 

Sanz aucune conipulsion de vendre ou de 
mettre hors de leur main les choses dessus 
dites. (1311, A. N. JJ 4G, f» 109 r°.) 

Si les contraignez par compulsions et 
voies deues et convenables. (1320, Cart. 
mun. de Lyon, p. 76.) 

Aux juridictions et compu//(Ons desquelles 
cours et de chacune d'icelles les dictes par- 
ties et chacune d'elles ontsupposé et soub- 
mis elles, leurs biens, héritiers... (1345, 
Poitiers, Fonteneau, I, 47.) 

Et que les contraintes et compulsions de 
payer ladicte aide soient faites par les jus- 
liciers des lieus. (Juill. 1355, Ocei., III, 686.1 

Soubmettans en ce especialment a la ju- 
risdiction, cohertion et compntsion de la 
court. (1402, A. N. P 1355', pièce 71.) 

En soubmectant noz biens, héritiers et 
successeurs quelxconques a la cohercion, 
compulcion, vigueur et contraincte dudil 
seel royal dudit baillyage. (1416, Test. 
d'Anne Dauph., C"" de For., A. .\. P 1370, 
pièce 1895.) 

Je submetz, oblige et ypotheque a la ju- 
risdiction, computsion et contraincte de la 
court de la chancellerie du duché de Bour- 
goingne pour le roy nostre sire... (23 nov. 
1526, Méin. soc. éduenne, XXI, 233.) 

coMPi'LsoiRE, S. m., contrainte : 

Lettres de compulsoire. (Dec. 1491, A. Gir., 
N'ot., Debosco, I, f 40.) 

Cf. II, 215^ 

COMTE, S. m., officier du palais, com- 
mandant militaire ; seigneur d'un flef 
placé immédiatement au-dessous du 
marquis : 

Qu'il te douast ad un conte châtaigne. 

(Rut., 588, G. Paris, Extr., p. 101.). 

Se alquens, u quens,u pruvost, mesfeist. 
{Lois de GuilL, 2.) 

Parler m'orcz d'un buen brachet. 
Cens ne rois n'out tel berseret. 

{Tristan, I, 1404.) 

Richart de Normandie et cuns Gui l'alosez. 

'Jnerabras, Vat. Cbr. 1616, f ti'.) 

Sor si faite ovre merveillante 
Suut apelé baron e quante. 

(Be»., D. Je Norm., II, 9Û20.) 

Li cons Rollant o la chiere hardie. 

(/fo/., ms. Ciiûteaurotix, XIV, 2, Foerster.) 

Li coins et la contesse. (Ch. de 1212. 
Lorr., Cabin. Dufresne, B. N.) 

Je Hugues coms de la Marche. (1247, 
Confirni. de la coust. de Charroux, Fonten., 
IV.) 

Lor poussiez veoir bernois, 
C'onkfcs qnlens ne dus ne rois 
Ne vit plus riche De plus bel. 

(RoB. DE Blois, b. n. 243U1, p. 565''.) 

Li tjHôins n'en vaurroit mil ciuc chens livres 

[tenir. 

(A. DE LA Halle, U Jus ihi Peli'-nn.) 



CON 



CON 



CON 



143 



Coens de Poitiers. (Leli. d'A/f. de Polt., 
A. X. JJ 24% r ilO r".) 

r.i (lis coiens. (1261, La Motte, I, 2, A. 
Jleurlhe.) 

Ju Guis, cons d'Avaine. (1264, Chapit. 
.\oyon, Arch. Oise, G 1910.) 

Hiigue le Brun, coms de la Marche et 
d'Engolesme. (1302. Codicile de Hugii.es le 
Bnm, A. N. J 407, pièce 8.) 

Li diz messires Henrys cuens, comme 
leur verais et liaux sires, et sui hoirs si- 
gnours et couhentes de Montbeliart. (1340, 
A. N. K 2224.) 

Euls meismes en font plus grant conte 
Qu'ilz ne feroient d'un grant conte. 
Voire d'un roy, se povres est. 

(Cbr. de Piz., Long est., 3961.) 

COMTÉ, S. m., pays appartenant à un 
comte et soumis à sa juridiction : 

Dou cordhel. (1264, .\cey, boite 16, cote 
3, Arch. Jura.) 

Montbeliart le coniey. la seigneurie et 
baronie. (1282, A. Doubs, dans Trouillat, 
II, 352.) 

Dou conlel de Forez. (1314, A. N. P 1400, 
pièce 849.) 

COMTESSE, s. f. , celle qui de son chef 
possédait un comté, femme d'un comte : 

La confesse de Ch.impaigne 

Très briement 
Vint sor un cheval d'Espaïgne. 
{Hcos d'Oisy, le Tournoi des^ daines^ Brakelmao, 
C/ians. fi:, p. 59.) 

Ls.cuntesse. (28 mai 1258, 7")'. d'Abbev., 
Arch. J 629, pièce 4.) 

La contause de Borgolune. (Quinz. S. T. 
liapt. 1276, Quitt. de la ch. de Oole, Arch. 
Doubs, sceau du curé de Quinge.) 

Contasse. (1283, Coût, de Montbeliart.) 

Cotintasse. (Chron. d'Angl.. ms. Barbe- 
rini, r 37 v°.) 

Conteesse. (1362, Arch. E.-et-L., Chapit., 
c. .\.\xu, A 8.) 

■ co\c.*ss.\Tio.x. S. f., action de bri- 
ser, état de ce qui est brisé : 

La semence de abrotanum... guerist des 
oonçruajsa/io'if et rouplures dedans le corps. 
{Jard. de santé, 1, 2.) 

L'herbe asfodilhis [asphodelus] oste la 
douleur du cousté provenante de conquas- 
salions et rouptures. (/6., I, 7.) 

. Cf. II, 216». 

co>'CASSER, V. a., briser dans un 
mortier des matières dures ou sèches ; 
mettre en fragments : 

Kt tout ce faire conquasser et illettré en 
un sac. (Menagier, II, 5.) 

— Ane, au réfl., se briser, se casser : 

Et li avintsi bien que il (le chevalier) ne 
se conqunissa de riens (en sautant). {Mer- 
lin, 11, 15.) 

co\c.%TEX.»Tio.\, S. f., suite de pro- 
positions qui s'enchaînent: 

Enchainemcnt et concaténation. {Ca. Est., 
dans Dict. gén.) 



— Enchaînement de phisieurs choses 
ensemble : 

Nous devons entendre par la anche tous 
les os et toutes les parties qui sont entour 
la concathenacion ou la cuisse se joint au 
dos comme les rains et le siège. (Evf. de 
CONTY, Probl. d'Anst., B. N. 210, f° S4^) 

co>CATHE\.\cio:\, v. Concate.nacion. 

coxc.wE, adj., qui présente une 
courbure sphérique en creux: 

Racine concave et creuse. (Jard. de santé, 
I, 95.) 

— S. m., concavité : 

Le concave et le curve d'une ligne circu- 
laire. (0.1ESJIE, Elh., 1, 19.) 

Cf. II, 216». 

coivCAVETÉ, V. Concavité. 

coxcAViTÉ. s. f. , courbure sphérique 
en creux : chacune des cavités d'une 
chose creuse en plusieurs endroits : 

Telle percussion... fait une concavité au 
lieu féru. (Evr. de Conty, Probl. d'Arist., 
B. K. 210, f 127=.) 

Concavités en manière d'oreille de chat. 
(H. DE Mo.sDEV., B. N. 2030, f° 24 v°.) 

Concaveté. {Légende dorée, Maz. 1729, f° 
125'.) 

Tout ce qui se peut contempler sous la 
concavité des cieux. (Boavstiai:, Tkeat. du 
monde, 1.) 

co.xcEAL, V. Conseil. 

CONCEDER, verbe. — .\., abandonner 
à la libre disposition de qqn. : 

Et au droit et titre de ce leur oijent oc- 
troyé et concédé plusieurs belles et nobles 
prérogatives. (Juin 1405, Ocrf., L\, 76.) 

Concède que... 
(Lefrasc, Champ, des Dam., Ars. 3lil, f" 103 f.) 

Je supplie la divine bonté vous concéder 
longues, saines et tranquilles années. (Di; 
ViLLARS, Mém., à Mgr le D. de Seuilly.) 

Ce que plusieurs gens nepouvoient con- 
céder ne croire avoir esté vray. (G. Tardif, 
Facéties.) 

coxcEXTRER, V. a., réunir vers un 
centre commun : 

Concentrer. To joyne in one center. 

(COTGR.) 

co^'CE\TRiQUE, adj., qui a le même 
centre : 

Cercle concentrique. (Oresme, ap. Meu- 
nier.) 

coxCE\TRiQiiEME\T, adv., d'unc 
manièrf! concentrique : 

Les elemens et les cieulx sont les ungs 
dedens les aullres concenlriquement. (Bo- 
VEU.ES, Geom., f 12 v".) 

coivcEPT, s. m., projet, idée : 

Lors commença Mirra a exploilier et 



metire tout prestement son concept a fin. 
(C. Mansion, Bibt. des poet. de mélam., f» 
106 v°.) 

Car des l'instant de sa prime facture. 

Elle a esté sans quelque l.iche infâme, 

P ure en concept oultre loy de nature. 

(Cl. Marot, Suite de î'Episti-e de J. Marot à la 

Hoyne Claude.) 

Si elle (Votre Majesté) tient mon concept 
en cest endroict pour agre.ible. (7 juin 1571, 
Lettre du duc d'Alfie à Philippe II, dans 
Reaune et d'Arbaum., les Universités de 
Franche-Comté, p. 125.) 

— Collection : 

Depuis a C'^lé trouvé bon d'amplier les- 
dites chartes, et d'icelles esté fait un re- 
cueil et concept. (5 mars 1619, Clinrl. nouv. 
de Ilfdn^ Xouv. Coût, gén.. II. 41.) 

coxcEPTACLE, S. m., lieu oi^i une 
chose est conçue et contenue : 

Aucuns animaux sont engendres de pu- 
tréfaction, les autres par prorogation et 
lignée. La c.iuse de cesle dilference est 
pource que nature a voulu que génération 
fut défaillante a peu...: pource que les 
parfaits (animaux) requeroient long temps, 
afin qu'ils fussent accomplis, la matière 
n'eut pu estre conservée tant longtemps 
sans mouvenieni, et principalement sans 
conceptacle pour cause de changement de 
temps : pour ces causes la matrice a esté 
nécessaire, ou la couverture de l'œuf ou 
le fruit fut gardé jusqu'à ce qu'il fut par- 
fait. (Le Blasc, Cardan, f 189 r°.) 

co.\CEPTio.\. s. f., formation du 
fœtus dans le sein de la mère : 

La meie propre conception. (Serm. de S. 
Bern., dans Dict. gén.) 

Zenobie ne recevoit son mary que pour 
une charge, et cela faict elle 'le laissoit 
courir tout letempsdesa cone^c/'ion. (Mont., 
I, p. 345, éd. 1802.) 

— Le fruit même de la conception, 
l'enfant : 

Quant il se leva dou lit, si fery la royne 
sur le nombrill et dist : Et ceste concepcion 
(le futur Alexandre) sera victoriaus et ne 
porra estre submise par nuls homes. (Le 
livre du roi Alex., B. K. 1385, f '".) 

— Faculté de comprendre : 

Se \a. concepcions de ladite franchise pooit 
estre dite mains soullisant. (1315, A. N'. JJ 
52, P 113 r".) 

Mes conceptions et mon jugement ne 
marchent qu'a taslons. (Mont., I, p. 155, 
éd. KS02.) 

— Création de l'esprit : 

Son parler pour les bonnes conceptions 
el les beaus discours qu'il contenoit osloit 
plein de très utile et salutaire attraction. 
(Amyot, Phocion, VII.) 

coxcER\ER, v. a., être relatif à : 

Disant que jonesses ne concernoicnt en 
quelconque manière le noble lieu dont il 
estoit venu. (Triomphe des nobles preux, f 
498.) 

covcERT, S. m., accord de personnes 
qui s'entendent pour poursuivre un but 
commun : 



144 



CON 



CON 



CON 



Nous avons ilcpais trenle ou quarante 
ans emprunté plusieurs mots d'Italie, 
comme concert pour conférence. (Pasquif.r, 
(Jans Oochez.) 

coivcERTEit, V. a. et n., arranger un 
plan, un projet : 

Selon ce qu'il aiwil concerté avecques les 
siens. (Mont., 1. II, cli. xxii, p. 4ol.) 

coNCESAR, s. m., associé à l'empire: 

Durant le temps de l'empire de Adrien et 
de Anthoine son concesar. (Bouchard, 
Chron. de Bret.,i° 1"'.) 

coNCESSEUR, S. m., celui qui con- 
cède : 

Le seigneur direct concesseur de tel fief. 
(15 fév. 1555, Arr(^f. du conseil de Matines 
ou profit du seigneur de HnilHex, A. mun. 
Morlagne.) 

toxcESsiox, s. f., abandon fait à 
qqn de la libre disposition de qqch.; 
abandon d'un droit, d'une prétention : 

Que liNumidien volsissent faire aucune 
concession et semblance de soy voloir dé- 
partir. (Beijsuire, t. Lit'., ms. Ste-Gen.. f° 
255".) 

COIVCEURRAXCE, V. CoNUURRKNCE. 

CONCEVOIR, verbe. — N., devenir 
enceinte, en parlant de la femme et de 
la femelle des animaux : 

E la dame conc/iut, e puis returnad a sa 
maison. {Rois, 155.) 

Une vierginc, dist il, conciuerat et si en- 
fanterat un fil. (Serin, de S. Bern., 7, 22.) 

— A., former dans son sein le germe 
d'un être vivant : 

Qui concptz fu de saint Esperite. 
[Credo, uis. Cbarleville 202, feuillet de gai-dc.) 

Son enfant que ele acoit conclut du saint 
pspire. {Vie des per. heriii., B. N. 422, f 
124'.) 

Colle doit oa honourer et servir... 
Qui le (il Dieu conçut du Saint Espir. 
{Trois poèmes de Brisebarre le Court, I, 10, Aoi. 
Salmoii.) 

— A., déposer dans le sein d'une 
femme le germe d'un être vivant : 

Cil conçut .\nseys en la tille ou vachier. 

(J. liOD., S(U-ill''S, IV.) 

La tinst serrée, et l'ayant embrassée 
D'elle conceut les ayeux de Dicce. 

(Ross., Franc., i. H, Uliav., p. 425.) 

-Fig.: 

Este tei enfantai felunie, e cunceude le 
dolur enfantât mençunge. [Liv. des psaum., 
Cambridge, VII, 14.) Lai. : et concepto do- 
lore. 

— Former dans son esprit une idée 
de qqch.: 

Et si misten lui la félonie k'il avoit con- 
ceut en lui meisuies. {Serni. de S. Bern., 2, 
■J.6.) 

Voy qui tu es et conçois dont tu viens. 

(EusT. Desch., ni, 87.) 



— Inf. pris subst., conception, pen- 
sée : 

Mais do cœur gay, de vouloir délectable. 
Leurs concevolrs lianlenient pindarisent. 
(Le Maire, ta Concorde de deux tangues.) 

COIVCHERGE, V. CONRIEROE. — C.OIV- 

CHEvoiR, V. Concevoir. 

coivciERGE, s. m., celui qui a la 
garde d'un château, d'un hôtel, d'une 
prison, d'une maison en général : 

Concierges sont ceux qui sont commis 
par les seigneurs a ganler leurs hoslels 
durant qu'ils sont hors du pays, et qui ont 
la maison en garde et en cure. (Bout., 
Somme rur., I, 12.) 

En la maison du conchierge des halles. 
(1563, Compte d'ouvrages, A. Tournai.) 

Cf. II, 219'. 

coîvciERGERiE, S. f., partie d'un châ- 
teau où logeait le concierge : 

Refaire ce qui estoit a faire en la consir- 
gerie. (1318, Travau.r à l'Iiôtel de la comtesse 
d'Artois, Bull. Soc. Ilist. Paris, p. 155.) 

Consiergerie. (1328, Compte de Odart de 
Laigny, A. N. KK 3% f (il r°.) 

— Nom d'une prison de Paris : 

La court a ordonné que maislre t^.uil- 
launie Germe et Pierre de Montyon, notaire 
du roy, soient séparément miz prisonniers 
en \a.'Conciergerie. (N. de Bave, Journ., II, 
184.) 

CONCILE, S. m., assemblée d'évèques 
et de docteurs, constituée pour décider 
certaines questions de doctrines, de 
discipline ecclésiastique ; assemblée 
en général : 

Que Menelaus concile tint. 

(Eneas, 98fi.) 

Fist tous les cvesques venir, 
De France a Orliens, pour tenir 
Un consire ou o( esiablio 
Meînle pourlitable establie. 
[Vie S. Rend, ms. Brus., Anzeig., IV, 2i5.) 

Et fist assembleir un concil gênerai de 
touLes les ordres desouz la loi de Bonie. 

(MÉ.NESTREL, 2 144.) 

Se tenoit a Basie en Allemaigne ung con- 
cile c|ue on disoit estre le concile gênerai 
de l'esglise. (1437-1469, Journ. piirisien deJ. 
Maupoint, Mèm. Soc. Hist. Paris, t. IV, p. 
33.) 

Par devers nostre domicilie, 

A.llons y tenir le concilie 

Pour faire une conclusion. 

{Moraht:'' noua.. Ane. Tli. fr., III, 100. ) 

Cf. II, 219». 

coivciLiABLE, adj. , passionué : 

Pour les destournerdesi violentes et eo«- 
ciliahles alfcclions. (J. Bouchet, Angoysses 
et remèdes d'amours, dédie.) 

coxciLiABi'LE, S. m., coucile pré- 
tendu considéré par l'Eglise comme 
hérétique ou schismatique : 



Un si meschant conciliabule. (1585, Mont-- 
I.YARD, dans Dict. gén.) 

co.\ciLiAiRE, adj., qui appartient à 
un concile, prononcé par le concile : 

Décret conciliaire. (Pasij., Recli., III, 4.) 
Statuts conciliaires. (Id., ib., III, 7.) 

co\ciLiATEL'R, S. m., qui concilie les 
per.soiines entre elles : 

Consiliateur. (Evr. de Contv, Protjl. d'A- 
rist., B. N. 210, f" 32 r«.) 

coivciLiATiox, S. f., action de conci- 
lier : 

Connliaciun. (J. Lefeuvre, Resp. de la 
moW, B. N. 994, ï" \V.) 

CONCILIER, v. a., amener à s'enten- 
dre sur un point en litige ; 

Conciliare, estre moyen de l'accointance 
d'aucun avec ung autre, concilier. {]\. Est., 
Tkes.) 

— Se concilier : 

Se vous estes envieus que ce peuple me 
sieut et ayme, vous me osteres facilement 
celle compagnie en consilinnt la grâce de 
vos citoiiens par vos singuliers. (Fosse- 
TiER, Cron. Marg., ms. Brux., I, 27.) 

COIVCILLE, v. CON'CILE. — COXCIX.*- 

Tioiv, v. Consignation. 

CONCIS, adj., qui a de la concision : 

Concis. Consise, briefe, short, succint, 
compendious. (Cotgr.) 

co.NciTEAi.N, mod. coucitoyen, s. m., 
celui qui est de la même cité, de la 
même nation qu'un autre : 

Les biens de nos concitains de nostre 
dite citeit. (1307, Pr. de l'h. de Metz, III, 

287.) 

L'homme a moull de communications 
entre les choses humaines autres que entre 
ses parents ou entre ses concitains. {La 
T/ioison d'or, vol. II, f° 31 r".) 

A vénérables et discrètes personnes, 
doyen et chapittre de Verdun, les hahilanl> 
de'la cité dudil Verdun, amour et dilec- 
tion, pour la partie de .rennel Aubertin 
nostre conciteiu. (9 sept. 1461, Officiahté de 
Verdun, 5, A. Meuse.) 

coxciTORE, v. Consistoire. 

CONCLAVE, s. m., lieu où s'enferment 
les cardinaux après la mort d'un pape 
pour procéder a l'élection de son suc- 
cesseur ; en général, assemblée : 

Conclave. (Froiss., Chron., B. N. 2660, f" 
2 V.) 

Le disner faicl, se retrahirent les cheva- 
liers en la chambre de leur conclave. (0. 
DE LA Marche, Mém., 1. I, p. 94.) 

Voulons que Testât et office dudict doyen 
soit de conférer aux cscholliers les degré,'. 
ez dictes facultés après qu'ils auront esl.- 
deuemont examines par lesdicls docteur> 
regens ou ez escolles publicques ou au cou- 



CON 



CON 



CON 



14S 



clave d'icelles. (1582, Bei(/l.p. l'Univers de 
Pont-ù-Mousson, A. Meurliie.) 

coxn.AVisTE, s. m., ecclésiastique 
attaché à la personne d'un cardinal pen- 
dant la durée du conclave : 



Fol conrlavisle. 

XXXVIII.) 



(Uah., Tiers liv., ch. 



coxr.LUKE, verbe. — A., terminer, 
clore par une solution définitive : 

A cinquante ans a tous ses fais conclus 
B. (lu Guesclin, connestable de France. 

(EUST. Descu., Poés., m, 101.) 

— Entraîner comme conséquence : 

Un fait courageux ne doit pas conclure 
un lioninie vaillant. (.Mont., liv. II, cti. i, 
p. '21i, éd. 1^96.) 

Par quelle comparaison d'eux (des ani- 
maux) a nous concliid il la bestise qu'il 
leur attribue ?([ij., liv. m, p. 290.) 

— Conclus, part, passé, terminé : 

La guerre d'Aquitaine conclute, l'armée 
assemblée, il passa la rivière de Loire. 
(Fauchet, Antiq. gaul., V, 17.) 

Cf. II, 220'. 

coxclusif, adj., qui conclut : 

Et tendant a fin conclttsive, vouloit per- 
suider et monstrer qu'en la main de ces 
trois gisoil tout le faict [wur deffondre la 
chrestienté allencontre de ses ennemis. (G. 
Chastell., Citron, des D. de Bourg.. I, 16.) 

CONCLUSION, S. f., .solution finale, 
définitive donnée à qqch. ; fin : 

Ce fu la fin et la conclusion de la guerre. 
(Bers., T.-Liv., ms. Ste-Gen., F 376'.) 

Laquelle prist conclusion l'an .cccc. et 
.XLii. (Inscript, tum., Emgrnphie du Pas-de- 
Cal., I, 87.) 

— Déduction d'un raisonnement : 

Dont ge fais tel conclusion : 
Puisque vous coramençastes estre 
Par la volonté nostre maistre... 

{Rose, 19297.) 

— Résolution : 

.le croy que vous avez ouy dire, comment 
vous estes requis de vouslre père, et la 
conclusion que le roy a prinse de vous 
rendre. (Troitus, V, iv.) 

coNcocTioN, S. f., digestion : 

Jusques a ce que la première digestion 
ou concoclion soit faicte. (Platine de hon- 
nesle voluplé, P 2 v°.) 

Quand il y a moins de vapeurs au cer- 
veaiv, après (|ue la concoclion digestive est 
parfaite et accomplie. (B. Jamix. Dialog. de 
J. !.. Vives.) 

coxcoMURE, s. m., plante potagère 
qui produit des fruits très gros et à peu 
près cylindriques : 

Concumhre. (Evr. de Contv, Inlrod. d'as- 
Iron., B. .\. 2i0, T 31 v".) 

Cucum/ire savage. {Euperiston. Edim- 
bourg, liibl. des avocats, 18 G, 9; P. Meyer, 
Rapp., p. 111.) ■' ' 

T. IX. 



Cocombre. (Du Pinet, Pline, XIX, 4.) 

Concombres, melons. (Voyage du s. de 
Villamonl, p. 289.) 

Cf. II, 221'. 

coN'f:oMniiii':RE, s. f., terrain où l'on 
fait pousser des concombres : 

Par artifice peut on avoir des concom- 
bres en toutes saisons et tousjours fres, 
comme on lit de l'empereur Tybere César, 
qui tant aimoit ce fruit ci, qu'il s'en faisoit 
ordinairement servir, le recueillant de ces 
concomhrieres. [0. de Serr.,VI, 9.) 

CONCOMITANCE. S. f., simultanéité 
d'un phénomène qui en accompagne un 
autre : 

Se ladite matière flue es parties de de- 
dens aulcunes fois pour cause de concomi- 
tance comme se c'esloit la pleurésie, adonc 
y pourroit bien compeler saignée pour 
paour ou enfieui'e. (B. de Gord., Pralio., Il, 
10.) 

CONCOMITANT, adj., qui accompagne 
un autre phénomène : 

La terre est seiche de sa propre qualité, 
et froide par nature cocomilanle. (\)v Guez, 
à la suite de Palsgr., p. 107.J.) Plus bas: 
concomitanl. 

co.NCORDANCE, S. f., accord entre 
des faits relatés ; accord entre des per- 
sonnes: 

Sire, fait cil, la concordance 
Ot de toi e del roi de France. 

(Ben., D. de Norm., II, 6323.) 

A la loy du code et a toutes ses concor- 
dances. (1328, Fonlevr., anc. tit., A. M.-el- 
Loire.) 

— Livre où l'on accorde les passages 
de la Bible qui paraissent opposés les 
uns aux autres : 

Apres en vos livres trovoa ; 

Faciamus hominem ad ymaginem et si- 
militudincm nostram, 

C'est a dire en la concordance: 
Faisons homme a nostre semblance. 
(Mir. de N. D., III, 227.) 
Cf. II, 221^ 

coNcoiiDAXT, adj., qui concorde : 

Moult fu pour ces jours li rois d'Escoce 
resjois. qant il vei ses hommes concordans 
a son pourpos. ,'Froiss., Citron., I, 433.) 

Moult plaisantes voix, doulces et concor- 
dantes. (Traicti: de Halem, ms. Genève 165. 
f"6l r.) 

Cf. II, 222\ 

CONCORDAT, S. m., accord entre le 
pape et un souverain sur les droits res- 
pectifs de l'Eglise et de l'Etat ; accord 
en général : 

Contre les apoinlemenset concordai: faiz 
entre nous. (Faium, IVtet.) 

Non desrogantaux saints décrets ctooH- 
cordals d'entre le Saint Siège apostolique 



et nous. (1532, Lellr. pal. de Fr. 1", A. N. 
JJ 246, f° 63.) 

coN<:oRi>ATiF, adj., qui a la vertu 
d'accorder, de faire accorder: 

Avec ce a (le soleil) vertu concordative, 
car il accorde les qualités et infiuencesdes 
planètes. (Mer des hgst., t. I, f° 55°.) 

coNcoROE, s. f., bonne harmonie ré- 
sultant de l'accord des sentiments, des 
volontés entre plusieurs personnes : 

Et si cuncorde et pais li tiens... 

(Bes., d. de Norm., II, 6317.) 

Dous [ans] régnèrent en concordie, 
Mais par Margan i vint discordic. 

{Brul, ms. Miiniob. 3639.) 

llleques maint pais et concorde, 
Qui touz contens fine et acorde. 

(Clef d'amours, 1761.) 
Cf. Il, 222». 

CONCORDER, v. — N., être en concor- 
dance : 

G'en ai pen^é ja plusors feiz 
Et esguardé comfaitement 
Nos concordon o cel gent 
Que nos savon que li deu aiment. 

(Eiieas, 6608.) 

— Réfl., s'accorder : 

Et convient que la noblesse de son cou- 
rage et ses bonnes coustumes se concor- 
dent au commencement de chevalerie. 
(L'Ord. de cheval., Ars. 2915, f 4 v°.) 

Cf. II. 222". 

coxcoRDiE, V. Concorde. 

CONCOURIR, v.n., converger vers un 
même point de l'espace : 

Il estoit vulgaire, si d'autres qualités n'y 
concurroietil, de... (Mont., t. III, p. 51, éd". 
1802.) 

L'autorité y concourt quand etla raison. 
(Id., ib., p. 57.) 

— Accourir en foule : 

Construire a lîome un hospice pour re- 
cevoir et loger nos pauvres subjocls qui y 
concourent ordinairement. (1599, Lett. miss, 
de Henri IV, t. V, p. 88.) 

CONCOURS, s. m., rencontre en un 
même lieu : 

l'n concours de plusieurs personnes pour 
quelque occasion. (A.mvot, Curiosité, 22.) 

Les rivières croissent par le concours de 
l'eau de plusieurs fontaines et ruisseaux. 
(Sommaire descr. du pais et comté de Bi- 
gorre, 1. I, ch. viii.) 

Cf. II, 222'. 

CONCRET, adj., qui a pris une con- 
sistance plus ou moins solide ; épaissi, 
durci : 

Ladite mer estoit concrète par glace et 
engelee. (Kossetieh, Cron. Marg., ms. Brux. 
10509, fo 43 v°.) 

La liqueur demeura concretle et glacée. 
(Paré, XVIII, 4i.) 

CONCRETION, s. f., fait de devenir 
19 



146 



CON 



concret, de prendre une consistance 

plus ou moins solide : 

Cansliiim est une conn-e/ion de nerfz 
provenante d'un coup ou lassitude en plu- 
sieurs parties du corps. (Tauault, p. liS.) 

coKCuniiv, s. m., celui qui vit en 
concubinage avec une femme : 

Par la main d'Egistus, concubin de sa femme. 
(Preamb. de l'ist. de Troie, ms. Breilau, v. 189.) 

Le suppliant respondit : Ort,vil, viUain, 
concubin, je ne te crains. (116S, A. N. JJ 
195, pièce 139.) 

Appelles, son filz, et son concubin fuivnt 
defailz. (Maiuret, Polybe, V, 14.) 

coivcuBi>'AGE, s. m., état d'un homme 
et d'une femme qui vivent ensemble 
sans être mariés : 

Icellui Jacquet et Perrette la Tlalelle de- 
mouroienl ensemble en (/iioguéi/^oje. (1407, 
A. N. JJ 101, pièce 348.) 

Concubinage, concubinuiye. iSonye du Ver- 
gier, II, 255-2ô(;.) 

t;oM:UBiA.\iiiE, s. m., celui qui vit 
avec une concubine; liomme qui vit en 
concubinage : 

Dist que il n'est pas concubinaire publi- 
que. (1391, Grands jours de Troyes, A. .N. 
X'" 9184, f° 13 v°.) 

Prestre concubinaire. (J. Léguant, Lir.de.s 
bonnes meurs, S" 22''.) 

Ilelayne laissa le royMenelaus son epou.\ 
pour aymer et suyvir Paris son concubi- 
naire. (J. BoucHET, Noble Dame, P 65 V.) 

— Concubinage : 

Par cecy est prohibé et deffendu tout 
concubinaire et l'ait de luxure. (1519, Prem. 
vol. des e.c/ios. des epist. el ev. de karesme, 
f 178 r".) 

— Adj., digne de gens qui vivent en 

concubinage : 

Délectations concubinuires. {Chron. et 
hisl. saint, et prof., ,\rs., 3515, f" 147 v".) 

co\'CiiuiK.viitEMENT, adv., en con- 
cubinage : 

C'estoit a cause des femmes que l'on dc- 
tenoit concubinairement par force. (Carl., 
VI, Ô.) 

co^•c.lJIJI^■E,s. f., celle qui vit en con- 
cubinage avec un homme ; chez les Ro- 
mains, femme unie à un homme par le 
concubinat : 

Puis enssit sessente raines 
Y a et .Hii. .xs. concubines. 

(.Macé, Bible, B. N. 401, {' 116».) 
Cucubine. {Bibl. Iiist., Maz. 313, f 16 r".) 
Concubine. (Ib.) 

De ses cucubines raconte 
Et qu'il en ot plus d'un millier. 
(J. Lefebvrk, liesp. de la mort, B. N. 994, f" 4».) 

Ainsi est il d'un viel luxurieux et de sa 
concui'ine. (Oresme, Eth., VIII, 18.) 

(Dagobert) menoit tousjours avec lui 
grant tourbe de concubines, c'est a dire de 



CON 

nieschines qui n'estoient pas son épouse. 
[Grand cvon., V, xi.) 

Apres la journée de Patay, ladite Jehanne 
la Pucelle llsl faire ungcry, que nul liomme 
de sa conipaignie ne tensisl aucune lame 
diiraniec ou cu(juebine. (J. Chartier, Chroniq. 
de Charl. VII, c. L.\xi.) 

coivcuBixER, v.n., vivre en concubi- 
nage : 

Les renoilles lesquelles excédent gran- 
deur sont moult a escliever, car elles par- 
ticipent de la nature des crapos et comii- 
binent aucunes fois avec les crapos. (Nef de 
santé, f° 35 r°.) 

— Il a été employé en plein xvii« 
siècle : 

Il concubinoit avec cette Madame de La 
Jaille dont nous avons parlé. (Tall. des 
Réaux, VI, 22.) 

CO>XUBISCIIiLE, V. CONCUPlSCinr.E. — 

co,^'cuMBRE, V. Concombre. 

coi\cL'PiscEivcE, s. f., inclination 
vers la jouissance de tous les biens sen- 
sibles, et en particulier vers le plaisir 
des sens : 

Elles (les femmes) vivent selon leurs con- 
cupiscences en très grans délectations. 
(Oresme, Polit., f» 54".) 

Election n'est pas concupiscence ne ire. 
(lD.,£(/i.,III, 6.) 

Concupissence. (Maiz., Songe du viel pel., 
III, 45.) 

co.\'t:urisciBi.E, adj., qui est le prin- 
cipe du désir : 

Appétit concubiiciple. (II. de Gauchi, Gouv. 
des ijcinc. deGille Colonne, .\rs. 5062, f° 19 
v".) 

coivcuRREivcE, S. f., rencontre en un 
point commun : 

Aucune fois la concurrence 
Des signes... 

(EUST. Desch., Poùs., VIII, 276.) 

N'avoir faict de la besongne a la conceur- 
i-niicedes deniers qu'il avoict receuz. (1559, 
Conipt. de Diane de Poitiers, p. 304.) 

Les nobles soustenoient qu'en concur- 
rence de nobles et roturiers on devoit pre- 
mier eslire les nobles quand ils se trou- 
voient sullisans. (Pasq., Rech., II, 3.) 

co.xcuRREivT, adj. et s., qui vient se 

rencontrer avec : 

On peut aisément cognoistre l'inestimable 
fruit qui procède de la bonne nourriture, 
la(|uelle encor qu'elle soit très nécessaire, 
si faut il que d'autres choses so]en\ concur- 
rentes pour rendre un jeune homme bien 
accomply en vertu. (La Noue, Disc, p. 111.) 

Cf.JI, 224=. 

coxcussioiv, s. f., secousse, ébranle- 
ment : 

Le Mut esternua en insigne véhémence 
et concussion de tout le corps. (Rab., Tiers 
livre, ch. xx.) 

Commotion, ou esbranlement et conçus- 



CON 

sion du cerveau. (Paré, VIII, 9.) 

Les grandes contusions des parties ner- 
veuses, fractures et concussions véhémentes 
des os, faites par les boulets, causent griefs 
accidens. (Id., IX, xii.) 

Des playes, les unes sont taillades, les j 
autres concussions, et les autres morsures. 
(Jour., Gr. cliir., p. 208.) 

— Gain illicite fait par un magistrat, 

un fonctionnaire abusant du pouvoir I 
que lui donne sa charge : 

Tant ces deniers du roy, ces conciliions, 
contribulions, exactions sont agréables. 
(Ura.nt., Capit. fr., Lescun.) 

Cf. II, 224°. 

«:Ol\CL"sslo^•XAIRE, S. m., celui qui 
commet des concussions : 

Et ne se puet garder d'estre concussion- 
naire et larron. (Amyot, Opin., 54.) 

coxcuTiox, v. Concussion. — con- 
damnable, V. Conobmnable. — t:ox- 

DAMI'i\AT10i-V, V. CONDEiMNATION. 

<:o,\DEM\ABLE, mod. condanmable, 
adj., qui mérite d'être condamné: 

Les mauvaises chars, qui parla cous tu me 
sont condempnables et doibvent estre goc- 
tees en la rivière. (Avr. 1104, Stat. des 
bouch. de Meulan, Ord., IX, 62.) 

Hommes de très condemnuble audace. 
(FussETiEH, Cron. Marg., ms. Rrux. 1U5I2, 
VIII, m, 16.) 

Ils seroient condanuiables si ils y parve- 
noient au détriment public. (La XouE, Disc, 

4.) 

coA'DE.MNADE, S. f., soi'tc de jeu de 
cartes à trois personnes : 

Jouer... a la condemnade. (Cholieres, Ma- 
tinées, p. 211.) 

coxDEMXATio.x, mod. condamnation, 
s. f., jugement par lequel on condamne, 
par lequel on est condamné : 

Condampnassion. (Psaut.,i° 130 r°.) 

Condenipnation. (G. de Nano., Vie de S. t.. 
Rec. des hist., XX, 439.) 

Comdempnation. (1307, A. N. JJ -iO, f 9 
r°.) 

Or poons chi veoir no cunâampnasion. 

(B. Cnpet. 3572.) 

Que tous les deniers qui isleront des co«- 
dernnations, amendes et exploits... soient 
tournez, convertis et employez ou fait du 
bien publique. (25 mai 1413, Ord., X, 96.) 

— Passer condamnation d'une chose, 
l'accorder : 

Il leur bailla la carte blanche, et non 
seulement leur passa condampnulion de 
tout ce qu'ils desiroient, mais peiniist 
qu'elle fust authorisee par la vérification du 
parlement de Paris. (Pasq., Itec/i., II, 7.) 

Estant un chacun de ces quatre gentils- 
hommes plus enlentifs au soustenement de 
son opinion particulière, que ùe s'eut repas- 
ser condemnalion de ce qui approchoit plus 



CON 



CON 



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147 



a l'apparence du vrav. (lu., Pourparler du 
Prince.) 

coM)EM>AToiRE. mod. condamna- 
toire, adj., qui prononce une condam- 
nation : 

Sentence condemnaloire. (Proc. de J. Ciier, 
Ars., f° 32 v-.) 

Souvent il remetloit l'amende, d'autant 
que la sentence ilu peuple condamnatoire a. 
l'amende portoit infamie. (Uodin, Resp., 111, 
3.) 

coxDEM^'KR, mod. Condamner, v. a., 
déclarer coupable par un arrêt ; frapper 
d'une peine judiciairement : 

Cuveiterunl en l'aneme del juste, e sanc 
nunnuisant condemnerunt. (Lib. psabn.. 
ms. Oxt., CXIll, -21.1 

Ne t'en coiidamneraL 
(Ueuman, Bible, ap. Bartscb, Long, et litt. franc, 
103.) 

Condempner. (128S, S. Vinc, k. Sarllie. 
pièce 60.) 

A Colin de I.amlas, justice des dis esclie- 
vinaiges, que ledit l'eu lui devoit pour trois 
lois, esquelles il uvoil esté condempnes en 
son vivant par Messeigneurs les eschievins, 
..x.wi. s. .VI. d. (1444, E.xéc. test, de Jehan 
du Touppet, A. Tournai.) 

Les dis exécuteurs furent condempnez a 
aquerre autant de revenue que la dilte 
disme valloit. (17 févr. 1468, Exécut. t€st. de 
Jehenal Despars, A. Tournai.) 

Le fist appeler a ban en la ville de Yal- 
lanciennes, et le vondampnn en e\'\l perpé- 
tuel. (X. Gilles, ^Hfl., f" 172 r°.) 

Condanner. (D^mpmart., Merv. du monde, 
r 29 T'.) 

Le procès extraordinaire fut fait a maître 
.nne de Bourg, et par a.n-el condamné d'es- 



Anne de Bourg, et par a.n-elconaamné a es- 
' du et estranglé. (P.isg., Rec/i., Vlll, 



tre pendi 

LV.) 

Pour une pareille faute il en condemne 
d'autres, seulement a se tenir parmy les 
prisonniers sous l'enseigne du bagage. 
(Mo.xT., Ess., I. I, ch. XV, p. 29.) 

Pour conduire trois damoiselles condam- 
nées a liourdeaux d'avoir la teste tranchée. 
(AcB., Hisl. Univ., I. III, c. .\ui, 1'" éd.) 

Jean roy d'Angleterre fut condamné par 
contumace d'estre déchu de toutes les ter- 
res qu'il avoit en France. (Hohan, IntércHs 
des Princes, p. 12.) 

— Condamner de, reprociier telle 
chose à : 

Ce seul acte pourroit suffire pour con- 
damner nostre siècle (fun plus grand des- 
hordement que tous les precedens.(ll. Est., 
Apol., c. xrv.) ■ 

— Condemne, part, passé, mutilé : 

Super li picz ne pod ester, 
Qui toz los al il condemnets. 

[S. Léger, ICS.) 

CO\nF.MI>.\.\III.E, V. CONDE.MNADLE. — 
COXI>EMP\ER, V. CONDEMNER. — COX- 
nEMPSATIOX, V. CONDENSATIO.N. — COX- 

iiEMi'SER, V. Condenser. 



co\DEXs.*Tiox', S. f., action de ren- 
dre plus dense ; résultat de cette ac- 
tion : 

Coiidempsacinn. (Oresme, Lir. du ciel et du 
monde, ms. Univers, f 125 v°.) 

Pour ce que .ii. choses corporelles ne 
peuvent estre en un meisme lieu sans con- 
dempsalion. (Evr. deConty, Probl. d'Arist.. 
B. N. 210, r 309".) 

Condempsation. (B. de Gonn., Praliri., II, 
16.) 

coxDEXSER, V. a., rendre plus dense 
un gaz, une vapeur, par le rapproche- 
ment des molécules : 

Condempser. (Ore.sme, Liv. du ciel et du 
monde, ms. Univ., f° 78 r".) 

Condempser. {E\-R. de Co.sti, Probl. d'Arist. , 
B. N. 210, C 38 V.) 

Condempser les esperitz. (Jard. de sanlé, 
I, 98.) 

Cest air par sa constitution condense les 
humeurs et les rend moins fluxiles. (Paré, 
Introd., 13.) 

coxDEivsiTÉ, s. f., qualité de ce qui 
est rendu plus dense : 

Condensilé. {Jard. de sanlé, I, 2.) 
COXDEPXER, V. CoNDEMNER. 

coxDESCEXDAîvcE, S. f., disposition 
de caractère en vertu de laquelle on 
condescend à ce que qqn déaire: 

La douceur et condescendance. (Fr. de 
Sales, Vie dev., III, 1.) 

coxDESCEXDAXT, adj., qui montre de 
la condescendance : 

(Que le roy) soit conf/ffcenr/n?!/ a ses sub. 
gects. [Ancienn. des Juifs, Ars. 5082, S" 99''.) 

Un mari souple etco;(f/i;ce«A(«^(LENOBLE, 
(Euv., III, 354.) 

coxDESCExnRE. Verbe. — N., dai- 
gner consentir, se prêter à : 

Kn condescendant et obéissant a la p.nrtic 
de l'ame qui est irrationele. (Oresme, £"(/(., 
IX, u.) 

A quoy fut condescendu par icelluy. (I!ab., 
Garg., ch. vu.) 

A laquelle opinion BobertGaguin et tous 
autres (|ui sont tant soit peu nourris en 
l'anciennetii de nos histoires, condescendent 
sans difficulté. (Paso., Recli., II, 14.) 

Il eut grant peine a faire condescendre 
nos reistres de laisser leurs chariots. (J. de 
Mergev, Mém., an 1.Ô62.) 

Ces choses ouyes, .\bibeiba condescendit 
en sa sentence. (P. Maiit., Rec. des Isles, f" 
74\) 

Et pour ce que j'ay sceu que vous pou- 
vez beaucoup pour les faire condescendre a 
leur devoir, je vous ay bien voulu faire la 
présente pour vous prier d'enlrcprendre la 
reddition du ilict lieu de la Planque. (29 
nov. 1581, Lett. miss, de Henri II', t. I, p. 
420.) 

Et vous prie de reprendre avec elle le 
propos que vous luy en avies desja tenu. 



et tascher, par les susdictes raisons et tons 
les meilleurs moyens possibles, la faire 
condescendre en ce que du premier coup 
elle n'a voulu accorder. (27 nov. 1589, ib., 
t. III, p. 90.) 

J'es/o/v volontiers coridescendu adonner 
une trelve de deux ou trois mois. i27 nov. 
1593, ib., t. III, p. 788.) 

— Avoir rapport, s'accorder : 

Et si adjousterent ceulx de Gaule a ses 
nouvelles une chose, laquelle esloit assez 
pertinente et laquelle condescendait bien au 
cas. (GA(iuiN, Comm. de Ces., f 141 V.) 

— Réfl., consentir par condescen- 
dance à une chose : 

Et tousjours estoit pape Félix dux des 
Savoysiens en sa voulenlé première; c'est 
assavoir de vouloir estre pape sans vou- 
loir aucunement soi/ condescendre que a sa 
voulenté. {Journal d'un bourg.de Paris, a.n 
1447.) 

Les parties se sont condcscendues et ont 
compromis en et sur nous comme arbitre 
arbitrateur. (26 juin 1454, ap. Lebeuf, Hist. 
d'Aux.) 

Ledit suppliant luy disi que si feroit et 
fist tant qu'il s'i condessendi a y aler. (1461, 
A. N. JJ 198, P 142.) 

Enfin le roy sp condescendit que les trois 
estais se tiendroient et assembleroient. (J. 
de Boye, Chron., p. 138.) 

Etpource que lesdits Flamens ne se vou- 
lurent condescendre a la raison, le pays de 
Flandres fut interdit et excommunié. (N. 
GiLLES, Ann., t. I, t° 321 r".) 

Prendra t il donc le parti de la ligue? Je 
crains qu'il ne s'y puisse condescendre poav 
plusieurs considérations. (Paso., Lett., XI, 
2-) 

Jamais l'empereur ne se con descendrait 
de bailler Milan au duc d'ûrleans. (Guill. 
DU Bellay, Mém., 1. V, f" 146 v°.) 

Cf. li, 225=. 

COXDESSEXDRE, V. CONDESCENDRE. — 

coxDiciLLE, V. Codicille. 

coxDi<:iox, mod. condition, s. f., qua- 
lité morale et physique d'un objet par 
rapport à sa destination ; état moral, 
sentiment : 

Ces .1111. condicions. {Cons. de Boece, ms. 
Montp., f» 12".) 

Condiscion. (1286, Clerm., B. N. 4663, P 
99 r°.) 

Condisston. 
(G. Macu., Poés., B. N. 9221, f» 62 r».) 

Condiclion par laide cause si est pro- 
mettre ou stipuler a aucu