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Full text of "Dictionnaire des sciences philosophiques: par une société de professeurs de philosophie"

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DICTIONNAraE 



DES 



SCIE» PHILOSOPHIQUES 



I 



PAR UNE SOCIÉTÉ 

DE PKOFESSBURS ET DE SAVANTS 



TOME CINQUIÈME 



■• •• . • . 

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PARIS 

CHEZ L. HACHETTE ET C'*' 

BUE PIBBBB-SÀBBlZI.f , .1" 14 
«}unier de l'École de nideciM) 



1851 



THE NEW YOR! 

PUBUQ Î-IBRARYI 



MTOR, LBMOX AHO 
TILOKN FOyNOATWN». 

19W 









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DICTIONNAIRE 



DES 



mmm philosophiques 



V 



PEUSÉE oa Pbisaus de Cittium , gnrnomnié Uoiotuéb , phi- 
losophe stoïcien qui florissaii dans la 130* olympiade , ou vers Tan 
260 avant J.-C. il élait, selon les uns, Teselave, selon les aulres^ 
le parent delZénon, le fondateur de l*école stoïcienne, qui lo compta 
parmi ses disciples les plus zélés et les plus chers. Antigène Gonalas, 
roi de Macédome, ayant prié Zenon de venir habiter sa cour et de ré- 
pandre dans set Etats l'amour de la philosophie , le chef du Portique , 
d^jà vieux y envoya à sa place PersœnSy assurant que le disciple ne le 
cédait en rien au maître, et quMl avait sur lui l'avantage de la jeu- 
nesse et de la force. Persœus fut comblé par Antigène d'honneurs et 
de richesses. Non content d'enseigner à ce prince et à ses courtisans 
la philosophie, il exerça jilbsieurs commandements militaires. Il se 
trouvait, dit-on, à la tite de la garnison de Corinthe, quand cette 
ville fut prise par Aratçs, el il périt les armes à la main. Il parait 
même avoir été plus soldât que philosophe , car on raconte que le roi , 
pour éprouver sa constance, lui a^ant annoncé un jour la fausse 
nouvelle que ses biens avaient été pillés par l'ennemi, Persaïus resta 
loin, dans cette occasion, de l'impassibilité stoïcienne. Diogène Laérce 
(liv. VII, Vie de Zenon} lui attribue plusieurs ouvrages, dont les 
titres seuls nous sont parvenus : De la Royauté , nipl CMtUioi ; la 
République laeédémonienne, lloXtTtta XaxMvixVi ; du Mariage, liipl ^âftw; 
de l'Impiété, iii^l àtfêUl^ç'f des Amaun, llcpl ipc*Tttv; Thyeste, eu^amc. 
U avait aussi écrit un grand nombre de dissertations , de discours et 
de traités polémiques. 

On peut consulter sur ce philosophe la Vie de Zenon, dans Diogène 
Laérce,édit. Huebner, 2 vol. in-8®, Leipzig , 1828. Les documents 
que l'éditeur a réunis dans le deuxième volume, les notes de Casau- 
bon et de Ménage ne hiissent rien à désirer. X. 

PERSES (DocTRiints ieligibusbs st philosophiques des). Entre la 
mythologie, dont les récits et les symboles ne s'adressent qu'à l'ima- 

V. i 



2 PEBSES (DOCTRINES des;. 

ginatioD , et la phHosophie qai ne parle qui la raison , i! y a an d^ré 
intermédiaire de la pensée : c'est la raison revétaa de la Vonne de la 
tradition; c'est une religion qoi s'efforce de répondre à loos les 
grands problèmes de la morale , de la physique , de la métaphysique , 
et qoi y accoeillie d'abord sar la foi d'ane antorilé immuable, finit 
par se modifier de milie manières et par engendrer mille sectes op- 
paiéca aras le Irsvail conslaat da la réOeiion. Tel est le caractcra 
que wtum offre Tespril honao daas la plapart des oontrées 4e VO- 
rient , mais plus particulièrement dans celle dont nous allons nous 
occuper; car, qael que soit dans l'Inde ou dans la Chine l'empire des 
dogmes et des traditions, il est impossible de n'y pâs/econnallre une 
philosophie très-originale et très-avancée. £n Perse, au contraire, 
les doclrines philosophiques , quoique assez nombreuses, sont d'un 
caractère équivoque et d'une originalité contestable, tandis que les 
idées reliçrieuses, arrivées en peu de temps à un haut degré de per- 
fection morale, ont toujours conserré la première place dans les esprits. 

Le> idées religieuses adoptées par les Perses , et dont le système de 
Zoroaslre est la plus hante, mais non la seule expression, se sont 
étendues b'en plus loin et ont duré plus longtemps que leur puissance 
pohtiqoe. Apres avoir coDqnis la plus grande partie de TAsie, elles 
ont pénétré dans l'Egypte et dans la Grèce par Técole d'Atexamtrie, 
dam la Jvdéa pm* la cspti? ité de Babylooe et la dominalioB des Sé- 
leocides, dans l'Oedéesl par le goostidsine, le manicbéî&me, la secte 
des calarrties , pois , détrteées par rtslamisme dans les lieux mêmes 
qu'elles earent poer berceae , elles se sont développées et en quelque 
aorte rajeunies aoos le fra de la perséeutien j on , réhgiées ao fond de 
rinde , elles y ont coMervé josqo'aojourd'lntt leurs monuments sécu- 
laires et leur poreté originelle. 

i. Pendant longtemps les croyances religieuses et métaphysiques de 
la Perse ne pouvaient être connues que par on petit nombre de pas- 
sages ebseors, quelquefois svpposés, et le pins ton vent contradictoires, 
des aotenrs grecs et latins* Quelques lignes du premier livre d'Iléro- 
Me y de Ylwiroéufinm de Diogène Lairca, àt la Cfprt^dù de Xé- 
nophon , le traité de Plntarqoe swr #m ti (kbiê, des citations éparses 
de PKne l'Ancien, à peine qoelqaes mots de Platon , de Sirabon , de 
Diedore de Sicile , et les prétendus Orades de lorotistre (av^ix tsO x»- 
M^vrm: recneillis par Palriai , leb sont à pe« près les matériaux que 
rérudition la pins attentive parvenait à réunir snr os grave sujet, lorsque, 
à la fin dn xvn* siècle, m savant anglais , très-versé dans la connais- 
sance des langues orientales, Thomas Hvde , songea À tirer parti &es 
écrivain» muinlmans. N*était-y pas, en effet, bien juste de suppo.^er 
que les successeurs on les descendants des anciens disciples des mages, 
arabes, turcs ou persans, devaient avoir retrouvé sur les lieux qoei- 
qnes Imdflîotts encore vivantes de la vietlle religion , et étaient appelés 
lont à la fois à compléter et à rectifier les documents transmis par 
les Grers? Aussi le livre de Nyde, Veitmm Ftnantm et magomm 
religitmiâ hi$loria :in-4% Oxford, 1700 et 1760), fut-il un véritable 
événement dans la science; et les autres connaissances dont il offre 
la preuve , les recbercbes curieuses dont il est rempli , rendaient ce 
snoeès trèn-légitinie. 11 n'est pas un émdtt occupé des religions de 



PERSCS . DOCTRINES DES . S 

Hlrinl qui pui**.o, m^rne aii-niril h»ii. *<• di«p«n«^r il^ 1^ ronialtrr. 
fiependanl il f***t Iikii il<ii^*n** (!•■ c- (|u < n i-tjtl rn driiit dV>fN'ri«r et 
ddlkodre. I. dulrur, n<* s.ihtnt lu I** 7i*n i m le p-)jivi, Ws di-iii 
lifliToe» !»aft*r(T!k de l.i IVrM*. i-t n«* (Hiii^artl. \ar n m <•»-<] ui*iit , |iui- 
sr aux >oun*t^. w l.ii«s<> ^nii\f-r,i i'j.iriT i»ar w*« iJuidi'A. et mi^t* à 
Irur» prrcur«k s*^ iir^pn^ h\p>illit'«' «. Aimm . il ^iiulhMit qui* U*a 
Perses, apri*^ a\i>ir ri'«;u dr S- m !r r')U«> ilu \tai lh<*u , y Mib^Utufrriil 
plis tard le cutW d**^ .isin -^ . i>*.i.< 'ju Altr.ih.ir:) Ir*^ tii.i di* ri^lli* ido! .- 
înrel lf^ ri-n<iit a Li Un lii* Irurs P'Ti-^ ; ipi iis .i inrairril un ^l'ui Ihru . 
rrfaleiir du ciel i-l d»- l.i li-rrc, i-l i{u<- 1*-^ .iiil'-.^ ^<ir lr«<pii'is li^ aarri- 
tiaKDl au feu t'Iaii'nt iiim* in.:l.i::":i i!** 1 .util tji* Jfiu^ul'Mii. 1^ parti** 
la p!us iDti'fi'^Mtil'* <i^ I i>u\r:ij'- iii> 1 h (ii.is ii\il*' . c r\i la Irjducliiiri 
é^ Sad-der ^ ali.'iv*- dp l.à lln'iil ji>- i i-ri-ii. '•[.!• !li* r( pia'.iqut* d -^ 
i'enes. qui, rt-du^* l'ii p*'li!u, fut tr.f<i . i in \cr<i p>'rN.iii<i pir Nh.ili- 
Mord, io tiN do Mit rk N h.ih . rn li.(-i. i-( tiisLi«i* m jal.n par 1** 
îLêoIojion anjLii!!. i!i't alir<*.:i' ri-iifc:i:.i- r. nt pnr yl'-^i , i^ui Mini 
coDsidercN i-nii.nti* aulai.l lit poitrs p iiir «-ntri-r au cn'l. 1^* la If nom 
de.SVli/wï^r. qui siciiilii* if* f'nl frtft. 

Hais que sont t<iu^ ri*s d'irunirr^s indTirS i-l iv< tradrims inrt*r- 
taiDO!i disant \fs inuni::i:t iit<^ oruin.uix, ticiai.t Us livr<'^ in>'nkt'!« di* 
Zoru;i>tri^. ou ('«-ux i|'i uih* Th •!•' \i!vj(il iik s/'iifN .m [iininN runvhTt' 
S0Q« son nom , et qui* I i>n p>*ul n; pr!- r 1rs rriit^ri-N simii»^ cii* i uii- 
Cienne Peix? tirs n.oiiuiiiinl^ pii-i-.- ti\ , un j -tiiii- l'r àUrn^ , Aiiqui*- 
tii-l lu perron • alla 1*'^ «Ihii-Sii r. \«'r« li iniiifii ilu ii*M?itr Mirlr, d.i!<s 
te liuzarale * au fnnd de I liidi-. 'lu tl M\ar ({u** ir*^ tii;i':Ti*% nu l'ai v* , 
r'est-a-dirc Iw iVrsi's ri**liN h.irlivi nu \if:i\ «iilli' d«» Irurs prn > •'» 
chasses de leur pa? i» p;ir ta (mtjmvu'.'.h'i npi^dlip.aiH', \-s v inv*r\aion: r- - 
lipieQNemrnt. Parti di* Paris, riipini'* virn:-!>' sMld.il.K* 7 nM\i-ni(in* IT.'ii, 
vr!\é dan» I Inde le 10 a>v.'it IT.Vî, il traxiTsa sou. , a pie«i , ftaH« ii. - 
|Rnt, sans rps^ourres, au ntiliru ilr< pNis ur.iinls il.in^-tTii, un ps^ki*-.* 
de près de iOO iM'uex, pnur s.* rtmln- dr liliaitilf rua.'<>r n randuhrrN 
et de Pondi«'hery a Suralr, r(ud:a fiMwlant pluMeurs antuvs lo zcnd <-t 
te pehivi pr(*s des d<'^t<*urs, ou pnMn-s parles, rt rr\int •n Fram- - 
te 4 mai 1702 avei' quatre-^tnL't^^ nianusrriK . au nuinl.ri* deM|uels se 
Irouvaienl l'on ^ mal /«*nd et la Iradurlinn pi*hl\i d«-:» c»u\raL*i's >ui\ant^ : 
i*\'Yze$chmé, rcruptl di* priôivs et d>le\a!r'i;s que M. Ku;.'i*{ir liu:- 
noafa public a\r«! uno trjilurtion i-t un eoinniriilairr, smis li* titre i:i* 
iofaa'in-V, Paris, \H'X\ ; 2" Ii* Vinj^frt^l . ou sont «iiii!ii<Tis les prin- 
cipaax élresdc la mMimn; '\' le YfHdi'l'id, ci>n>i«l*'[v (viinme le fon- 
demenl de la loi nia^.i! -iriin**. Os lri<i<> ]i\:--'s nuiits lorimMit re qti'i.n 
appelle le Vendidad-S'vlc; V 1rs VeMrht^S'itl*' , ili\<»r.si's coriipi*sita4<Ls 
fi fragments de dilTi'PMiles rpoqu's; .'i' le li\n' .SVron im \v> Trente 
/M» y sorte de caiendrier liiurL'ii|iie . ruminsë des [>riiTi s qui doivcMU 
^adressées au céniede rhnqne ji*ur; iV Ir H»Hi\'lhhr<rli , n»lle«*- 
UoDde traités dopoiatiques .sur dilTcriMiN points, pt parla;;ee en (ren*.*.*- 
qsalre secti'Kis ; nianirre d'enrvc!'*p('Hjie tli«*o|<ipqi]f, romposée pn»- 
ûblenaent en zond , mais qui nVxiste plus qu'on p«-liivi. O sont es 
Uërents écrits que Anquetil-h.if>erron a fait connaître, axec une 
nhtimi de ses voyages et une l'iV de /onxiAfre , dans une tradmMHtn 
pablice'à iSiris, en 3 vol. in-V', 1771 , sous» le titre (Tc- 

1. 




4eot«t lioiMcAiK 



DICTIONNAIRE 



i»r^ 



mum PHiiosoPHioDis 



PAR l NK StMIIKTK 

OR PHOrRAHRIRH RT DR H.%V%\TS 



TOMK CINQI IKMK 






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• • 



PARIS 

CHEZ L. HACHETTE ET V^ 

■te PIBBBB-SAIB1ZI5, >* l( 
(<i«rt«r et IUdI» et 



1851 



K PERSES ( DOCTRINES DES ). 

• 

plas de chronologie qae l'Iode, oa, si elle en a une, c'est une chro- 
nologie fabuleose comme celle du Desatir, poéUqac comme celle da 
Schab-Nameh. Noos nous trouvons ici placés entre deux points ex- 
trêmement éloignés l'on de l'aobre. Si nous en croyons la critique mo- 
derne, c'est-à-dire les conjectures d'Anquetil-Duperron {Vi$ de Zo- 
rooitrê, Zend-A venta , t. n) , généralement adoptées aujourd'hui , Zo- 
roastre,oUy pour l'appeler de son nom zend, Zérétboscbthrd (astre 
d'or, astre brillant), serait néti Urmi , dans Tlran, en 585 avant notre 
ère, et aurait rempli sa missMm en 5b9. C'est dans cette année mftnie 
qu'après avoir converti sa patrie, il se serait rendu à Balk, capitale 
de la Bactriane, où il aurait gagné au nouveau culte, d'abord le 
roi , puis la cour, puis toute la nation et même un brahmane, Sankara- 
Acharya, ou, comme l'appelle le Dabislan , Djangran-Ghachah , arrivé 
de rinde pour discuter avec lui. Le roi qui régnait alors à Balk, Gusb- 
tasp, père d'Isfendiar, est supposé être le même qu'Hystaspes, père de 
Darius. Ayant passé dans la capitale de la Bactriane environ dix ans 
(de 539 à 521 avant J.-C.), le prophète iranien aurait été prêcher sa 
doctrine à Babylone, et aurait rencontré Pythagore au nombre de ses 
disciples. C'est dans ce temps qoe les Grecs ont placé le règne de Cam- 
byse. Enfin, revenu en Perse après trois ans d'absence, Zoroastre au- 
rait vu son culte publiquement adopté dans la Chaldée, dans la Perse, 
dans la Médie, dans la Bactriane, alors réunies sous le sceptre de 
Darius, et serait mort à l'âge de soixanle-dix-sept ans, en 512 avant 
Jteus^hrist. Tel est le résultat des suppositions d'Anqoetil, qui, du 
reste, est bien éloigné d'en dissimuler l'incertitude, et ne les avance 
qu'avec une extrême circonspection. Si nous consultons les auteurs 
grecs, nous les verrons presque tous s'accorder entre eux pour placer 
le fondateur de la religion des Perses à une distance qui détruit com- 
plètement notre système de chronologie. Selon Diogène Laërce {Yitœ 
philoioph. Proœm.), Hermodore le platonicien, dans son livre des Ma- 
tkémaiiqufê, faisait vivre Zoroastre 5,(K)0 ans avant la guerre de Troie. 
Hermippe, cité par Pline l'Anelen ÇHisL nat., liv. xxx), et à qui l'on 
attribue une traduction de pluâeors ouvrages de Zoroastre, exprimait 
la même opinion , que Ton retriNive aussi chez Plutarque , dans le 
traité &Jtii et d*0$vrit. Aristote, si Ton en croit Diogène Laerce {uU 
supra) et Pline (liv. xxx), se contentait de placer son existence à 6,000 ans 
avant Platon, ou un peu moins de 6,400 ans avant notre ère. La plu- 
part aussi pensaient que les mages étaient plus anciens que les prêtres 
égyptiens et même les gymnosophistes, c'est-à-dire les brahmanes de 
rinde. Nous ajouterons à toutes ces allégations celle de Justin (liv. i, 
c. 1), ou plutôt de Trogue-Pompée, qui faisait de Zoroastre un roi de 
la Bactriane, créateur des arts magiaues, et vaincu par Ninus. 

On reconnaîtra sans peine ici l'écho des vieilles traditions de la 
Perse : car, «luelle autre autorité qu'une tradition orientale aurait pu 
donner aux Grecrs l'idée de cette fabuleuse antiquité? Quel livre, quel 
monument, quel fait véritablement historique voyons-nous invoqua 
pîir eux ? Qu est-ce qui pouvait leur faire supposer que les mages 
étaient plus anciens que les prêtres de l'Egypte et les brahmanes de 
l'Inde, sinon ces dynasties mythologiques, ces interminables générations 
de prophètes dont il est question dans le Desatir? Aussi a-t-on pensé, 



DICTIONNAIRE 



DES 



S€IEICES PHILOSOPUIQIES 



•**•< 



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PERSÉEoii Pits.Ki» Di ( JTTitH , bnrnoinnté D^iKuiuik , phi- 
losophe flolcicn qui florLssail dans la 1:10* olviiipiade ^ ou vcn» l'an 
iGO avanl J.-C. Il élail, selon les uns, resrla\e, sclun les autres, 
le parent de Zenon, le fondateur de \'vc*>\e stotnenne, qui L* compta 
parmi ses disciples les plus zèles et les plus chers. Anli^one <àonalaSt 
roi de MaoMoine, ayant prié Zenon de f enir habiter sa cour et de rc- 
|iandre dans sci Etats l'amour de la philosophie , le chef du Portique, 
d<^jà \ieox , envojra à sa place PcrsoMis, a.v.surant que le disciple ne le 
cédait en ncn au maître, et qu'il avait sur lui l'a^antafre de la Jeu- 
nesse et de la force. Pcrscus fut comblé par Anti|;one d'honneurs et 
de richesses. Non content d'enscifrnc r à ce prince et à ses courtisans 
là philosophie, il exerça plusieurs commandements militaires. Il se 
trouvait, dit-on, à la tfte de la fsarnisou de Connthe, quand cette 
ville fut prise par Aratti, et il périt les armes à la main. Il parait 
même avoir été plus soldat que philosophe, car on raconte que le roi, 
pour éprouver sa constance, lui ayant annoncé un jour la fausse 
nouvelle que ses biens avaient été pillés par l'ennemi, Persanis resta 
loin, dans cette occasion, de l'impassibilité stoïcienne, lliog^ne Laerce 
(liv. vn, VU de Zenon) lui attribue plusieurs ouvrasses, dont les 
titres senb nous sont parvenus : Ik la Royauté , iiipi Cmûiik ; /« 
A^Mifuc lacédiwumitnnê , nairiis «jui«m ; du Mariage, riifS li^^j^i 
ie Vlwfiété, nifl MiCiis«; dt$ Amaun, Ui^X iptirM*; Thyeitt, Huiamc. 
1 avait aussi écrit un grand nombre de dissertations, de discours ei 
de traités polémiques. 

On peut consulter sur ce philosophe la Vie ds Zinon , dans Diogène 
Liérce, édit. Huehner, 2 vol. in-S*", Leipzig, 1828. I^es documents 
que réditeur a réunis dans le deuxième volume, les notes de (lasau- 
bon et de Ménage ne laissent rien à désirer. X. 

PEBSES (DocTEisiis aKLiGiii'sis it pniuisoraïQL'is dis). Entre la 
oytiMriogiey dont les récits et les symboles ne s'adressent qu'a l'ima* 
v. 1 



2 PERSES ( DOCTRINES DES ). 

gioatioDy et la philosophie qoi ne parle qii*à la raison , il y a un degré 
intermédiaire de la pensée : c est la raison revètne de la forme de la 
tradition; c'est une religion qui sefTorce de répondre à tous les 
grands problèmes de la morale y de la physique y de la métaphysique , 
et qui, accueillie d abord sur la foi d'une autorité immuable , Onit 
par se modifier de mille manières et par engendrer mille socles op- 
posées sous le travail conslant de la rÎHIexion. Tel est le caractère 
que Botts offre Tesprit homaio dans la plupart des contrées de l'O- 
rient , mais plus parliculièreuient dans celle dont nous allons nous 
occuper; c^r, quel que soit dans Tlndo ou dans la Chine Tempire des 
dogmes et des traditions , il est impossible de n\v pas/econnaftre une 
philosophie très-originale et très-avancée. En Perse, au contraire, 
les doolrlncs philosophiques, quoique asscï nou)breuses, sont d*un 
caractère équivoque et d'une originalité contestable, tandis que les 
idées religieuses , arrivées en pou de temps à un haut degré de per- 
fection morale, ont toujours conservé la première place dans les esprits. 

Les idées religieuses adoptées par les Perses , et dont le système de 
Zoroaslre est la plus haute, mais non la seule expression, se sont 
étendues bien plus loin et ont duré plus longtemps que leur puissance 
politique. Après avoir conquis la plus grande partie de FAsie, elles 
ont pénétré dans l'Egypte et dans la Grèce par Técole d'Alexandrie, 
dans la Jodét par la captivité de Babylone et la domination dos Se- 
leueMes, dans rOcddenl par le gnosticisme, le manichéisme, la secte 
des catarrhes , pois , détrônées par Tislamismc dans les lieux mêmes 
qa^ettes eurent pour bercean , elles se sont développées et en quelque 
sorte rajeunies sous le feu de la persécution , on , réftagiées au fond de 
rindc , elles y ont conservé jusqu'aujourd'hui leurs monuments sécu- 
laires et leur pureté originelle. 

I. Pendant longtemps Isa croyances religieuses et métaphysiques de 
la Perse ne pouvaient être connues que par on petit nombre de pas- 
sages obscurs, quelquefois supposés, et le phu souvent contradictoires, 
des auteurs grecs et latins. Quelques lignes do premier livre d'Héro- 
dote, de Vlntroéuetkm de Diogène Laftrcet de la Cyropédie de Xé- 
nophon , le traRé de Plotarqoe 9ur /«il #l (Uiriê, des cotations éparses 
de PKne TAncien, à peine quelques mots de Platon , de Strabon , de 
Diodore de Sicile, et les prétendus OraeUê â$ Ioroastr$ (aotix tcS Zm- 
Ao^<rTD«u) recueillis par Patrizzi , tels sont a peu près les matériaux que 
l'éruflition la plos attentive parvenait à réunir sur ce grave surjet, lorsque, 
à la fin do xvii* siècle, un savant anglais , très-vereé dans la connais- 
sance des langues orientales, Thomas Hvde, songea à tirer parti àe% 
éorivains musulmans. N'était-il pas, en effet, bien juste de supposer 
que les successeurs 00 les descendants des anciens disciples des mages, 
arabes, turcs ou persans, devaient avoir retrouvé sur lea lieux quel- 
ques traditions encore vivantes de la vieille religion , et étaient appelés 
tout à la fois à compléter et à rectifier les documents transmis par 
les Grecs ? Aussi le livre de Hy de , VeUmm Pentanim et magorum 
religioHis historia (in-^**, Oxford, 1700 et 1700), fut-il un véritable 
événement dans la science; cl les autres connaissances dont il offre 
la preove^ les recherches curietises dont il est rempli , rendaient ce 
soocès trèi-légitime. 11 n'est pas on érodit occupé des religions de 



PF.RSi:S INMITKI.NKS DES . 7^ 

rrpt*ndaiil il *^\ hi>'n ti>i^*ii' <!• r <{u • !. ■'.!>( • r: ilr • l *\ t^ht. -t ri 
(3 ^lUndri*. I. jult-iir, nt* ^.ilitr.l m .•■ .'•".! i.i ••- ii (. \i. U'> il' iix 
iâr.ju^» ssiTifi d«* il l*i'r>'-. «l ij** r.-n.i.l. ; ir * ti*- i{-ii*i.'. , lui- 
s r a-i\ S"Ur«'iHi. .m» Lu* h- ^•iii\>t/ •• »ri r ■■. r *••- »■ iuiii, ri iihSi* a 
1- •jr> riTi-ur^ s.'s pr-^pr»*'» I ■• [> •!■■-*. A:*., ii * -jh- :il qui* U'^ 
ï*cr«*-'i, apr«-<> a\<ir r«i;u •!•' > ;ri ■•• ri.:»- -l'i w ■. ht- i . \ ^iti^liU.ir» hl 
i :u< tard ie ruiU- il»*^ i* r- * . r-M •* ; i M r il. .• i l»*- ti; i •!•• ri-iti' :»l'i - 

rw '-l !•»•» ri n iil a li !••. «îi* î- m\> \ r- - ; ; ; . * .i i r .ii-r.l léU *• î. I»;rii . 

r»»aîi»ur du c\%*i '•! il- ii îi rri-, • l q.! ! •« .rj- * * .: .1- ^.ll•■^ i.» H.irii- 
tiai'-ot au f»*u ilait-nt i.iw \r...\i -.i •! - : 'I'. I .•• J'.u A -11. I..i p.irl'- 
■ a ji.us inh ri>''iri!'' ■.•• I ■ ;]\ :.:j •!■■ I h ■: i^ H '. ;■■ . r -^i l.i kr.iilui'l.n-t 
du Sii'i-tUr^ ;ili:»i'i ilt« !.i Iti- 1 -:.:..•! i- !:•■ il |ii .i'i.)i:i- il ■. 

i'er»*'*, qui, r-Mjîji- f-u [i<l.!.i . i>.i u ■ ! ■ « r; \«"r* ;■■ r^ in-i |<irNliili- 
Moril, if h-* «!•• M.: 1 k > ii ■! , 'ii li'ii. «l «i. •. '•■ •■» l.il 11 | .ir i-- 
;ij-ulo-:i«'n ^îDjI.!!"». i.-'l i»lif'-.- r- .'::i .■ *■ \\\ i':«- j *. 'îi.i muii 
ri'n^idtTt'^ ri'ii.n»!* .inL.r.t !•• | • .1* ^ |. iti • \,U* i .m « •• 1 l>t' I.1 lo nniti 
de S'2'i-dfr, qUi ml'HUi»* /" ' 'ht ; r.''« 

Miiis «j'jf S'*nl li»u^ «■••N il H ti!!;!-:. > .n^: r- -S • 1 1 • - Ir.vi.i iiin hini 
Uiint^ dixant 1rs iriurn:: • i'.In n, 1. nt.'ix . «;<-v.i; i ii ^ li-.r*' in>':;i ^ ii<* 
/'ifi.i.i^tr»* , ou tviix ij ! liiif r«i ■ \. '. I ii«. ^ ■ •■ ■ iii iii"!'»* l'oiiN. . •Il- 
sou* Non ri'j::i , tl qi:** i « ti [• '\:\ .:; !•■ . r !• ^ !■■ t.l r- * * ii!-.*i-h i|i* i i:r. - 
C:eiin»î IVrv.*? •!'•> n.«»iii;:.;. :.i* jii. . . ;. \ . ■..n ^ ::.-. I i .1:1; 1. , Ai.]::-- 
til-hu[*errim. alla li'^ I II' >• :•• r. \i r« ' n-i r •■ t. 1 •■ : .• r >.- «li- . il.i' ^ 
le lîuzjraU*, au r*n'i di- i lipl* . > >> !• n vai >]■. ' ■• <• •> : ri'<« -u i'.i: v , 
r csl-a-diro lr> iVrsfs r«>l > li..i!i> a'i \:- ;\ «;.'•■ •!•' it-iii'* | i-pi n ••■ 
rha>5csd>^ l«*ur l*afs p.ir !.i (H-:^*«-<.i' ••'! rii'.-'.ii. .ni*-. I > r >n««'i\ai' 11. r 
îiin«*aMîfncTil. P.irli iW iViii". « «!■.•! •• mt:i: !■ ^ -.il ;l. Ii 7 !• •% inltri' 17.'>., 

arr:\c dao» l liidi' l«* lU a > .1 IT.i.ï. il u.i-. •■r'^.i *«•- i pifil , s.iii^ ù. 

preni , sans rp«ivi'in"«'N , a-i ii-iii* u iI-h |<'mn ;.i.ui.N «ii:.,'r*, un r \t:\ • 
de près do 4OO lii-U'-s, fviur n* r< tulri* <!•* i!liiii>!< riii.- r .'i 1 niiil,. hr:\ 
et de P>indi>*bor> û Surid- . «'luii..i | «'ii-i n.t p.ii'^faro ;ii)!.<'t-- k / ihJ i i 
le pehl\i pn*s dfs <ii- i.,urN. •ii |.!i[r«s j..ir i-* . i^l ii\iiU in l-i.int 
le 4 mai 170J a>»v •jUTlrr-\inL:S '•..inii^iTiU . .lu ii«»",: r«' ilc^iitifls m- 
trouvaieiit l'oriL'inal /«'ihI c-t I • ir: Im-i: ti pcl/xi ij>-^ M(,\i..i.*rN o.ii^.iiii> : 
1* V Yztsciime , rrriifil di« [iriiM-* «'l «1 fli^.i'i i.> 'pi* M. Kuti :ii- l»u.- 
noof a public a\('.Mint* tr.i iUrimn 1 1 un r iiMii* 'il.cn-. >i>j> !•* titr*- i.i* 
I af lui ' iD-V'« I*an>, 1H;U ; -1 ]•• ri«/#rr .' . oi. siiii tiiu:;.' ns U s iiiiii- 
cipaux é 1res do la «Triiinr:-. W !«• ).«./»■/■;./. r-iiNi .. jr «-.•inîn»' I f«ii.- 
dement de 1.1 l'»i ij,.i, ; iiuii". <!• % \r •.- i.-. i-^r .:•.> i'-r'Ui'iil ii* cj-i 1 n 
appelle lo Vendidnd-S l'ie; \ l••^ \ rt hi-Sii' , ^il\^r^■•^ rn?iijMHiin j,^ 
rt fragoienls de diiT'-r'nU's rpinjux; .'j- W li\r«' .Sir**:» nu U-^ Tier.u 
jours y sorte de i-aîoiilinT liiiirLi|ii»» , «■ niiji -sf .!:•> |»rii:« 'i qui d »H4'ul 
^re adrcts*^^ nu triiii» «If rli.iq:!»» \"\\r ; •! I«* // *Ht\-lhht *^h , rnllp»*- 
iiondc traites dMptnatiqui's >ur diir-ri iil« iMnntN, »•( {Mrî.ijt'i* en (ri'ir.v- 
tfoatre secli'Mis ; iiiiiiii/Ti' d i»ni'\r''.p.*'l!»» lii-*i'i •::;q'it', riinpDM*!' pp>- 
bablement en zon«l , oi'iis f]ui n'i-xi^ii* filus qu < m |ii|ii\i. ij* mhiI (*o> 
difft'fents êcrils qun Anqu»»lil-h.ii»orron a f.iit C'inn.iit-f», a\i*r ui»r 
relation de ses voya;;es et une Vie de /of-"<j</rr,daris une trndut'titin 
biiH^e publice à Taris, en o \ol. i;i-4 , 1771 y 6ou^ le tiiro ^o* 

1. 



14 PERSES ( DOCTRINES DES ). 

que descend reaa, pour se distribuer ensuite par mille canaux sur k 
surface de notre planète, et former les mers^ les lacs, les fleuves et ki: 
ruisseaux. La terre se divise en sept porlies ou kescht)ars, séparées lei 
unes des autres par d'immenses étendues d'eau qui portent le nom da 
zarèi. Toutes ces parties, conQées à la garde d'autant de génies par- 
ticuliers, diffèrent les unes des autres par la couleur et la conformatûm! 
de leurs habitants. La plus heureuse entre elles , c'est l'Âiryana ot. 
l'Iran, «le premier lieu, dit le Zend-Avesta, la ville semblable, au 
paradis, que je produisis au commencement.» C'est, en effet, là que 
Zoroastre place le paradis terrestre et fait naître nos premiers pareQts.i 

De même que le ciel est formé d'un seul élément, l'eau d'une seule 
source, et la terre d'un seul noyau, de mémo tous les arbres, touskf 
animaux, tous les hommes ne sont que des rejetons inûniment va- 
riés d'un seul arbre , d'un seul animal , d'un seul homme. C'est h 
conséquence à laquelle devait nécessairement aboutir la théorie dei 
idées que nous avons exposée plus haut. Une seule lige , donnée par 
Ormuzd, produisit d'abord dix mille espèces, dont nous trouvons, dans 
le Boun-déhesch , une c4assilication fondée sur certaines idées médi- 
cales. Ces dix mille espèces en produisirent, à leur tour, cent vingt 
mille. Le premier de tous les arbres fut le hom, arbrisseau des mon- 
tagnes , avec lequel les Perses alimentaient le feu sacré. Le premier 
de tous les animaux fut le taureau , qui , après avoir longtemps existé 
seul^ fut tué par Ahrimaue et les dews. Mais son âme, devenue celle 
de toute la nature animale , lui survécut sous le nom de go^chourotmg 
et de sa semence purifiée naquirent deux taureaux , l'un mâle et 
l'autre femelle , qui produisirent toutes les espèces d'animaux. Enfia 
le premier homme fut Kaïomors, sorti d'un des côtés du taureau , 
sous l'aspect d'un jeune homme de quinze ans. En d'autres termes^ 
la forme humaine se dégage et se dislingue du type plus général de 
ranimalité> Kaïomors eut le même sort que le taureau; mais en moa- 
ranl il avait répandu la semence sur la terre. Cette semence, fécondée j 
et puriGée par le soleil , donna naissance au premier couple, MeiehU\ 
et Meschiané, que le Zend-Avesta nous présente à leur origine sous 11 j 
forme d'un arbre à deux tiges , sans doute l'arbre symbolique dtf \ 
générations humaines. 

Telles sont , dans Tordre même où elle^ ont été prodaites , les 
œuvres de la puissance et de la bonté d'Ormuzd ; mais à chacaiie 
d'elles , aussitôt qu'elle recevait le jour, était opposée une œowe 
d'Ahrimane, destinée à la combattre ou à la corrompre. Ainsi, i 
l'armée céleste des amschaspands et des izeds répondirent les noires 
légions des dews , des daroufJjs et des darwands , ou la hiérar- 
chie des esprits du mal. Contre le ciel lui-même , contre ce monda 
où brille la lumière et qu'éclairent, même pendant la nuit, des étoiles 
sans nombre, Abrimane construisit le vaste empire des ténèbres, 
cette immense prison qui s'appelle l'enfer, Je dauzak. L'eau qui 
descend de l'Albordj , il la souilla par ses impures créations ; il coa- 
vrit la terre de plantes vénéneuses , d'animaux malfaisants ou hor» 
ribles ; mais c'est surtout contre l'homme, la plus accomplie des 
œuvres d'Ormuzd, que se tournèrent d'abord et que se tournent 
encore sa fureur et sa ruse. 



■v.«^ 



I*.. ■' iî7it.\ ' r^" -'* 



PERSES / DOirrRINES IiES '. 15 

ien i ciK^ «k Kjirtmof* , diraient inn'^ri-nis 1 1 h^'îf^nx dan-» h- pnra'i!^ 
IrffKliT, lira J abondiiife f l df d«»lif ■• . !»lu< )»\\m «ni*" 1* rn-nJf rn- 
lier, el ?<inblabl«- au fWwHrht au pir.vlt* !>•'•".«»• . q!ijnd Ahrinian«- 
nvia sur \iî Ifirc vins In form*» d un- r •iVir.fp, x-iï tr'HiMrr l*»ur 
âne et brtu!ox'«r*T l^nr r\i*|«'nr.-. • |: r.nriïl vr.r ••■nr* p-ricr^^n , || 
f*ovfr*a h**ir* di'»p'>*it'"n* , «'l I«*ur «lu • ••*! \*ïr.'i ir ■' ijni a df«nr«' 

[îit-fit .\hT;î:innp I^-n Irornp.i, •{, jti^^ju i .1 Im . N* rrii#»| ni 
è qu à l'-N *ftl»irr. • /tut- liv./.|. t. \\i% . p. :>*•! .'ITh K?i 
cftl . rr'i o;:jmi»nl d^ l«'ur •>i*n\ n- f.*l «l'i t.»- j:r«imTr \k'î • >•.■ 
5'ir ••«\ pir k C'-niP du tni- - l.«- iJ-w , (|rii n^ dil que '»• 
1*2** . iJ*'\'*rti j lu-* h.iriîi . V pr* •••!*. I.i 'ir •' »•■ ■ r !•• f ••.* , ri Inir 
i»;»orla ârs frutU qi :l* f'Mni-T»»nl, « l 'Mr l.i . i?» 1 -iit ;n.»î.!i::r.s ilfint 
LS j 'Ui^su.' lit . il II»' l« iir rfi r4-*îa qii ii'ï. -^ / ' . 'iira. >'-!r:t» un.» 
troi^iêfne fi»H , nos jin'îiii'T* ii.irnii^ i-m ^Mir**!:! .1 J"iri*ilii l.i ». ,\ l.i 
^lln^^ fots , 119 alvT^rt ;» I.1 rli.i**** . rM-.;- r«ril î.i \?.iiiilr d»»s 
animaax q« ils *ffinii'«l d«» fn- r, « î "■• fr-n'. '!••'. !: 1! -t* »! • Inir- pi-nnx ■ 

€"«l k» S^î?ll«ir f.iisiril di * liiiiiq'if * di- j nu .1 \-î.i ! k\c. F n mi île 

M d*'H''na\nrpnl k ffr, n^*»** !.-.jarl ili! r-nj •>/•;.! !•* .irhi -h ti *r mp- 
itraisiront onn f^-iik. Ilnfiii . il^ < 'w.'.r* v.\ r'.t.in^rWrwmi , ri Inirs 
Afsci-ndants, hérilirrs df lotirs iî"!*«i *i . .irriifs li-s uns r^nlrr li^n 
Wlrrç par la mlrrr ri jrn\ir . •■ ntîiMirnMïl d nd'-ri r !•• d«'W , rnuN»' 
ér Ions kurs maox, jr^quati n.nn.mt • n îr lils d»* pnmv hj*.p ri dr 
Uopio « c'cst-à-dirc /'Tuaslrr, ^1 ni leur n'\Hcr la \^itr rt îrs appi-frr 
i la vraie M. 

Lps con>(Siiifncrfi dr ro-* d^:.inrs , p.ir rapporl h !a \r hwmninf , 
sral farilcs à apercr^oir. En prditiqur, raholiion di's r.i^ti'«i ; ca€ \r% 
boinine9 n'ont pln^. coinmr dans I fndr, qiinlrr nriL'iiti^ iIifTrrenles; 
ils drsccndrnl tous d'un m^mr rotip*'*, IN «mt i"ti< fiif.tnis d'un 
Béme pcrr cl soumis à la im^mr l<>i. Mn lit dans Ir Vrndi'iad-Sni|«^ 
'h. 10 : CM hi'llrs pap'lr^ : •! Jr \nîn .iiirr<M* ma pr.rrr , t\ ll'ini , 
^ forlrs que Ir pao\ rr r^t <^pi1 au r'rai:d. «Au iini il** •- i«lrs , on nr 
rencontre plus rn Prrsr qnr tirs r! »«''• s , à la lr!r dr^qiiflks sr 
trouvent Irs mohnln dr m"*jh te! , ri ^lâ-dirr ;ii;/« '/r* mmjrM' , f»i 
les detMmn 'c"rsl-à-dirr nurrriUnnts , rn nn liMd , !• s prrtn'S. 1^ 
forme dn goovrrn'»nu*nl doit rlrr inniiar«*hî'inr ; mais 'i* n»i, ima^r 
fOrmort sur la Irrrr, a ponr tAihr d«' %*i\i\.\'^vr ri dr proliv^r le pnnxrr 
' Tendidad' Satie , h. lî»., iki, roTnn.r nn Ti dil dnns un .mlrr Irinps ri 
Mes onr au're infliirnr<^, il dusl ^!ir 1 h •inr.r d:i |Mtipîr. S* ri:ontrr-l-il 
îaSdêle à sn mis<inn. \r prand pr^trf. en arrliin)a::r . jf dr^tdunin- 
éestour, a lr droit dr ppmonriT si dr/h-arn-.*. •-■ Knl'^vrT Ir roi qui 
n'est pas selon votrr dê<ir. ■ Wndidnd-Sniir, li. 8. I>an< l.i ronMitiition 
Ae la famille , abolition dr la polyjnnii'*. !.•' mari rst !•' rtirf, lr roi 
absolu du fo\rr do.u' sîiqur ; on lui d'i.t olti']*>«.i!ur rnrir'.r «i Dini. 
Hais on homme ne |)rut rp'iusrr qn'unr srii!** frniinr : lr nmplr de 
Hescbia et de Mrsrhianr dcit srr\ir di* niodrir à tons les mariap^s. 
En mor«n1e , le parsisme peut ^Ire ronsiderr comme la prrinirrr rr- 
indication de la liberlé humaine. Tandis our lr pnntlirisnir de lin le 
Be peoteottclorc qu'au fatalisiuc^â rimlinVrcncry u I iinriinti.'tseinenl 



10 PERSES (IXICTRLNES DES;. 

de soi-même , le dogme de ZoroasUre nous représente la vie comme 
un combat sans trêve et sans relâche , où l'homme , pour se dé- 
fendre contre on ennemi aassi nué que méchant y est obligé de faire 
osage de toutes ses facultés. Le champ de bataille ^ c'est à la fois son 
âme et la nature ; car tout ce qui est mauvais vient d'Ahrimane , les 
forces rebelles du monde extérieur, les animaux immondes et malfai- 
sants, comme les passions de son propre coeur. Mais pour lutter, il 
faut avoir des forces , il faut être exempt des privations qui , en éner- 
vant le corps , ne sont pas moins funestes à l'esprit : aussi , loin de 
recommander les macérations et les jeûnes , comme font la plupart 
des législateurs de l'Orient, Zoroastreles proscrit formellement. «Si 
l'on ne mange rien, dit-il [Vendidad-Sadé, forg. 3), on sera sans force 
et l'on ne pourra pas faire d œuvres pures. Il n'y aura ni forts labou- 
reurs , ni enfants robustes , si l'on est réduit à désirer la nourriture. 
Le monde, tel qu'il existe , ne vit que par la nourriture. » 

A cette idée qui fait de la vie un combat et une épreuve, vient né- 
cessairement se rattacher le dogme de l'immortalité. L'Âme , an sortir 
de ce monde, est attendue et jugée par Hithra, près do pont Tchine- 
vad, dont Mahomet a fait Je pont Sourate. Si le nombre des bonnes ! 
actions remporte sur celui des mauvaises, elle traverse sans dan- 
ger ce pont tranchant comme un rasoir et entre dans le bébeschl, 
c'est-à-dire dans le séjour des élus. Le contraire a-t-il lieu , elle des- 
cend près des démons dans l'abîme. Si l'on en croit un recueil de tra- 
ditions fort anciennes, le Sadder-Baun^Déhesch, traduit en grande 
partie par Anquetil-Duperron , dans les Mémoires de l'Académie in 
Inscriptioni (t. xxxtii, p. 6&6-6&8), la croyance à la spiritualité cti j 
l'immortalité de l'Ame aurait revêtu chez les Parses une forme plos ' 
analytique. Toute la partie sensitive et intelligente de notre être serait 
considérée comme la réunion de trois principes distincts : d'abord le 
djan , c'est-à-dire le principe vital , qui conserve la force du corps et 
entretient dans toutes ses parties Tordre et l'harmonie; ensuite Xalùno^ 
principe divin et inaltérable qui nous éclaire sur le bien qu'il faut 
faire, sur le mal qu'il faut éviter, et nous annonce dès cette vie une 
vie meilleure: en un mot, la conscience ou plutôt la raison morale: 
enfin, l'Ame proprement dite, la personne humaine, qui se composea 
son tour de ces trois fiBUïuUés : 1° rintclligence , désignée sous le nom 
de hué; 2" le rouan, qui parait tenir à la fois du jugement et de Tiaui- 
pination ; 3* le ferouer, ou la substance même de l'ùme, qui, après avoir 
existé séparément dans le ciel, a été obligée de s'unir au corps. Le 
principe vital n'est qu'une sorte de vapeur qui s'élève du cœur et qœ 
la mort doit dissiper. La raison morale, Vakko, retourne au ciel d'où 
elle est descendue; l'Ame proprement dite, formée par la réunion des 
trois autres éléments, demeure seule responsable de nos bonnes et de 
nos mauvaises actions , est seule r^ervée aux récompenses du paradis 
et aux diAtimcnls de l'enfer. 

Au do^'ine de l'immortalité de l'Ame, le Zend-Avesta ajoute celai 
(le lu résurrection des corps. Mais celte révolution qui , selon la loi de 
/'>roastre, doit s'étendre a toute la nature, loin d'éterniser les sup- 
j)li(vs, A pour but, au contraire, d'y mettre un terme, en faisant 
di&pjratire du même coup le mal physique et le mal moral. Les morts 



PERSES (DOCTRINES DES). i7 

rappelés à la vie •comparaîtront devant le tribunal d'Ormozd. Les 
bons iront ao goritman (le ciel des élas); les méchants seront pré- 
cipités dans le doazakh (l'enfer); et quand ils aaront éprouvé pendant 
trois joors , en corps et en Ame, les ans toutes les joies do paradis , 
les antres toutes les peines de Tenfer, ils se trouveront égaux , il n'y 
aura plus de méchants ni de réprouvés; « tous les hommes seront unis 
dans one même œuvre y» revêtus de corps immortels, affranchis de 
tous Jes besoins humiliants et assurés pour toujours de la félicité des 
anges. Oriâuzdy ayant terminé ses œuvres , se reposera dans sa 
gloire; Ahrimane, comme nous Tavons dit plus haut, adressera des 
prières et offrira des sacrifices à rElernel. A la place même de l'enfer, 
on verra one contrée d'abondance et de délices {Zend-Avesta , t. m, 
p. 411-W5). 

III. Que quelques-unes des croyances que nous venons d'exposer 
aient été répandues dans TOrient avant Zoroastre y c'est ce qu'il est 
impossible de contester* Zoroastre*, lui-même , en appelle sans cesse à 
one révélation plus ancienne , celle de Heômo ou Hom , dont Thomas 
Hyde a fait Abraham. Le culte de Gfthambars , ou des six époques 
de la création , est universellement attribué à Djemschid, un des rois 
des temps héroïques de la Perse, et dont le règne , selon les calculs de 
Ferdousi , remonterait à l'an 3429 avant notre ère. Noos savons aussi 
que la distinction des deux principes, avec tout leur cortège de bons 
et de mauvais anges, était déjà un dogme consacré par la religion des 
Cbaldéens ( Voyez ce mot). Mais quand on considère dans leur ensemble 
les id^ développées dans le Zend-Avesla , on y reconnaît sans peine 
on système original et puissant, dirigé à la fois contre le sabéisme et 
le brsdimanisme. Au sabéisme, c'est^-dire au culte des astres, il oppose 
l'idée d'un monde spirituel antérieur et supérieur au monde naturel , 
d'une intelligence suprême, dont toute l'armée céleste a reçu Texi- 
slenoe et suit les ordres. Au brahmanisme, qui absorbe tous les êtres 
en un seul et nous montre la nature divinisée et tournant sur elle- 
même dans un cercle invariable , il oppose la distinction de Dieu et de 
l'univers, du bien et du mal, de l'àmeetdu corps , la Providence 
divine, la liberté humaine, l'égalité des droits et des devoirs, la lutte 
considérée comme une condition de la vie , et la vie elle-même comme 
ane préparation à une félicité immortelle. Ces deux principes, détrônés 
mais non emportés par la religion de Zoroastre , nous allons les trouver 
essayant de se relever et de se rajeunir, à l'aide du mysticisme, dans 
le système des siptuiens, c'est-à-dire les adorateurs. C'est ainsi que se 
nomment les sectaires qui prennent pour base de leurs croyances le 
Desatir et les prétendues prophéties des Abad, affirmant que Zo- 
roastre n'a rien changé à cette primitive révélation , qu'il n'a fait que 
la traduire en paraboles et en allégories, pour lui donner plus d'accès 
dans la multitude. Cette méthode allégorique unie avec des prétentions 
i une antiquité merveilleuse , est un des traits caractéristiques des 
sectes qui se forment à une époque de dissolution et de décadence. 
Voici, au reste, les opinions les plus importantes des sipasiens, telles 
que les présentent à la fois le Desatir et le Dabislan. 

Dieu est l'être universel, Tunique substance. L'unité, Tidentité, 
l'éternité sont ses principaux attributs , ou du moins les seuls que nous 

Y. 2 



i8 PERSES (DOCTRINES DES). 

poissions saisir ; car son essence nous est incompréhensible. Tout oe 
qni est participe de son existence et ne peut jamais se séparer de 
loi; par conséquent, l'univers n*a pas commencé et ne doit pas finir. H 
est le résultat, non d'une créature, mais d'une émanation éternelle. 
Le premier de tous les êtres sortis du sein de Dieu se nomme Azad- 
Babman. Il représente l'universelle intelligence, il réside dans la 
sphère de la plus pure lumière , et sert de médiateur entre le principe 
suprême et les existences inférieures. A son tour, il donne naissance 
à une innombrable hléi;archie d'anges, de génies, d'esprits qui ani- 
ment et dirigent les astres, les éléments, la terre, les minéraux , les 
végétaux , les animaux y compris l'homme. La nature entière doit 
donc èlre considérée comme un être vivant , intelligent, dont toutes les 
parties ie lient et réagissent les unes sur les autres comme les organes 
de notre corps; mais cette vie est universelle, et, comme nous l'avons 
remarqué tout à l'heure, éternelle, et divisée par périodes astrono- 
miques dont rien ne peut donner une idée dans les autres systèmes. 
Lorsqu'une période commence, une des étoiles fixes gouverne seols 
Tonivers pendant mille ans. Au bout de ce temps, elle s'associe on 
autre astre pendant le même nombre d'années. Tous les astres , Jus- 
qu'au dernier, qui est la lune, deviennent, ainsi à tour de rôleel \ 
pour la même dorée, les associés de celui qui a d'abord régné seul. Ce 
cercle étant épuisé, l'astre dirigeant cède la place à celui qui lui a été 
associé le premier, et les choses se passent exactement comme aupara- 
vant. C'est de cette manière que le gouvernement du monde passe 
suocessivemcnt à tous les astres , dont le nombre total nous reprâenle 
on pareil nombre de milliers d'années qui forment le règne de chacoa 
d'eux. Au terme de cette succession , la période est accomplie, el «ne 
autre période commence , ramenant avec elle tous les phénomènes el 
Ions les êtres qui ont existé auparavant. Chacune de ces révolutions 
s'appelle un jour. Trente de ces jours forment un mois , douze meis 
nne année, un million de ces années un fard, un million de iards 
on vard, etc. Toute cette chronologie nous rappelle Tanaée dMm 
des Indiens, comme les quatorze abad nous font penser aux quatom 
Hanoo. 

L'opinion que les sipasieus se forment de l'âme humaine est liée à 
laor système général. Ils supposent que les Ames, non moins diverees 
dans leur nature que les corps, viennent de différentes régions du ciely 
les unes du soleil, les autres des étoiles fixes, d'autres des planètes, 
selon la disposition du corps qui les reçoit. Après une vie irréprocÂable, 
consacrée à la vraie foi et aux bonnes œuvres , elles remontent vers lee 
étoiles et s^élèvent peu à peu jusqu'à la sphère éthérée , séjour des pus 
esprits, où elles jouissent de la contemplation de la suprême lumieie» 
minenitanminou. Si , au contraire , le vice et le crime ont effacé ea 
elles le souvenir de leur origine , elles descendent successivement dam 
toutes les formes inférieures à la nature humaine, dans les animaux, 
dans les plantes, dans les minéraux même , et finissent par rester at- 
tachées aux éléments bruts. Lufin , si le bien et le mal se balancent 
dans leur carrirrc , elles se purifient par un certain nombre de migra- 
tions, puis arrivent au niveau des âm(\s bienheureuses. C'est par cette 
fui dans la métempsychosc qu'ils justifient le respect qu'ils partagent 



PERSES (DOCTRINES DES). 19 

avee Ions les habitants de la Perse ponr les animanx ntîles oa bino- 
eenta el la gaerre qu'ils font aux animanx nuisibles. Les animaux utiles 
ont été des hommes coupables de fautes vénielles. Les animaux nui- 
siblea sont habités par des âmes de meurtriers et de criminels 
endurds. 

Ce panthéisme 9 moitié astrologique et moitié métaphysique , est 
dignement couronné par un mysticisme sans règle et sans frein. De 
même que les étoiles disparaissent devant le soleil, de même, disent les 
sîpasiens {Dabittan, 1. 1, p. 83) , Tftme doit s'anéantir devant Dieu, 
SMeîl des êtres. Ils pensent qu'il y a quatre degrés , quatre états de 
llntelligence par lesquels on arrive a cette perfection. Le premier est la 
vision de Dieu ou songe ; le second , la révélation dans Fétat de veille ; 
le troisième , Textase ; le quatrième y Vanéantissement en Dieu , avec la 
fikculté de quitter son corps. Ici encore on reconnaît sans peine la doc- 
trine indienne du Yoga, si ce n'est le soufisme. L'auteur du Dabistan 
a conversé avec plusieurs membres de cette secte; il parle longuement 
4e son dernier chef > Azar Kaivan y qui y né à Khum y en Perse , 
en lSi88 de notre ère, mourut à Patna y dans l'Inde, en 1673, après 
avoir passé toute sa vie dans la contemplation et la plus dure absti- 
nence , adoré parmi les siens comme le continuateur et le descendant 
de la dynastie mahabadienne {ubi iupra, p. 97). 

Le mysticisme indien nous apparaît d'une manière non moins évi« 
dente, mais plus exclusive, dans la secte des djemschaspiens , ainsi 
appelés du nom de leur fondateur; car ils prétendent être les discinles 
de Djemschasp , fils de ce même roi Djemschid à qui l'on attrmne 
l'institution des gàhambars. C'est une origine moins reculée, mais tout 
aussi imaginaire que celle des sipasiens. Ces sectaires sont aussi con- 
■01 sous l'appellation de yekanah^binan , c'est-à-dire les fropfUtes de 
^umU, parce que Dieu est le seul être dont ils reconnaissent l'exi- 
stence. 'Tout le reste, les cieux, les anges, les étoiles, les âmes, les 
éléments, les animaux, les végétaux, les minéraux, en un mot, 
l'univers, tant matériel que spirituel, n'existe que dans la pensée 
divine. Voici en quels termes on fait parler Djemschasp , exposant sa 
doctrine à un de ses disciples (ubi supra, p. 19i) : « Sache , 6 AbUn, 
qoe le Tout-Puissant a conçu en iaée la première intelligence. La 
première intelligence a conçu de la même manière trois choses , à 
savoir : la seconde intelligence, l'ftme de la sphère supérieure et le 
eorps de ee même ciel. La seconde intelligence a conçu de la même 
BMttièpe trois choses, et ainsi de suite, jusqu'aux éléments et à leurs 
diverses combinaisons. C'est absolument comme lorsque nous nous 
friaons l'idée d'une ville avec des places, des jardins et des habitants, 
qui, hors de notre imagination, n^ont aucune existence. » C^est, comme 
on voit, l'idéalisme, sinon dans sa perfection, du moins dans toute sa 
hardiesse. Les djemschaspiens ont développé leur système dans plu- 
sieurs ouvrages, dont le plus célèbre a pour titre : Testament de Djetne- 
tkid adrtêsé à Abim, et pour auteur Farhang-Destour. 

Les mmrad\9M, ainsi appelés du mot samrad, qui signfie imagina- 
tion, pensée, ne diffèrent pas essentiellement de la secte précédente, 
nais ils se divisent en plusieurs classes, qui marquent autant de degrés 
lana l'idéalienie ^ depuis la doctrine de Berkeley jusqu'aux conséquen- 

a. 



20 PERSES (DOCTRINES DES). 

ces sceptiques du syslome de KaDt. La première classe des samradiens, 
dont le fondaleur, Farlosch , est censé avoir vécu sous le règne de ; 
Zohak, c'est à dire, selon le calcul de Ferdousi , 2729 ans avant notre 
cre, ne rei^arde comme une idée ou une illusion que ce monde élémen- 
taire; toui le resle, deux, substances simples, leur parait avoir une 
véritable existence. La seconde classe des sumradiens, qui a pour chef 
Farschid , fils de Farlosch, ne regarde comme réel que les substances 
simples , et compte parmi les illusions le ciel et les astres. La troi- 
sième classe, docile aux leçons de Fariradj, fils de Farschid, abandonne 
aussi les substances simples, telles que les cieux et les pures intelli- 
gences, et ne conserve à la réalite que les attributs nécessaires de 
Dieu. Èntin. une quatrième classe, composée des disciples de Fara- 
niaud, successeur do Fariradj, n'excepte rien de l'idéalisme, pas même 
les atiribuls divins. Dieu, pour eux, est tout ce qui est, et Dieu n'est 
qu'une idée ^Dabi<Uiii , t. i , p. 195 et suiv.\ Il est assez \Taiseaiblable 
que ces quatre personnages se succédant de père en tils à la tête de ces 
quatre écoles ne sont qu'une manière symbolique de peindre les diffé- 
rents degrés de l idéalisme et la pente fatale qui l'entratne ao scepti- 
cisme. Ihi reste, l'auteur du Dabistan nous assure avoir rencontré dans 
l'Inde, on iOoï de 1 bcgire, ou 1G37 de noire ère, un certain nombre 
de Parscs opiniAlrcuîenl alîocbes à ce système. Ce sont les pyrrho* 
nions do T Orient, ^t on leur attribue une foule d'aventures qui rappel- 
lent les scèuos de Moîiore dans le Mariage fonw 

Du scoplicismeà rathoisitie, la distance n'est pas grande. Anssili- . 
sous-nous daiiS ie D.ibislan ,t. i. p. 20o que, vers le milieu do règne > 
de /ohak, \iva:t on Perse un penseur du nom de Sc'oidrans, à la fim 
guerrier et ph.los^^i ho. qui ne reconnaissait pas d autre Dieu qaela ^ 




maux, dans les ani:r.;\ax coTrae cars le> plantes, de la dissoiationi 
rorganis;iliv>n et de 1 orgar,:salioLi à la uissoîu'.-on. 

C'e.Nt aussi l'atheisire. ou un par/.hcisme matériel, que ncics rencon- 
trons dans la doctrine des ;:;ifÀ-jrt^fk« . ainsi appelés de leur fondateer 
Paikar. Selon c:s sev^laire>, D;eu ne serait pias antre chose que le les, 
dont la lumière aurait d.\iné naissance aux astres. lia;s le feu n'est 




îur sa ir.Maeur ia lerre. t.nr.?.. ce ï.\ con;r']Dàison de ces qca!re 
monts sont sortis tous îes corps co'^iivse^ «fi tupra. p. 20». Si la 
Perse a son Horac.iîo, e:.e .i sussi s:l Tfcj:'.i-> àà::s iA çerk^nite d'Alar, 
chef des û'ariens. d s:n Arax.siÎLe dins M.î.ui . ohefdt* miLoniens. 
Eu effet, le i'rcuiior rcconral: p.ur rrisc^^e ce iQL:\ers î hjEsuditéoB 
l'eau . et '.e soc.r..:, la r >:* <w; ?û . p. iKû-iK»7,, Un meôecin da 
do SvV.à.vb . q-e s:s à s^irlei^ f:::î \i\re cùls i Iran, à la an da 
de /:h.ik. se '«'g;::.-; qje !es choses a\a:en( ponr prindpe 
la tirrc. Les prcprielcs frcides de ce coq» annient donae 
l eau ; sci> pnrpneies humide^ à Fair; 




PERSES ( DOCTRINES DES ). 21 

à son tour, aarait engeDdré le ciel elles étoiles. Enfin, toutes ces hypo- 
thèses matérialistes, presque identiques à celles de l'école ionienne, vien- 
nent se résumer et se concilier dans le système du mobed Akhschi, con- 
temporain de Scbadib et fondateur de la secte des akhschiens. D'après 
ce philosophe, Dieu est Tessence de tous les éléments, et, dans ce sens, 
il est vrai de dire qu'il n'a aucune forme , qu'il est partout et qu'il reste 
immuable, tandis que tout change dans l'univers. Il admet la résurrec- 
tion, mais dans une acception purement physique, comme la transfor- 
mation des éléments et la révolution périodique de la nature. Il rejette 
les récompenses et les châtiments d'une antre vie , faisant consister le 
paradis dans les plaisirs des sens , dans la jouissance de tous les biens 
matériels, et l'enfer dans la douleur et la privation. Des vieilles 
croyances de l'Iran il n'a conservé que la loi qui commande la dou- 
eeur et défend la cruauté envers les êtres inoffensifs ; mais il permet 
l'inceste et déclare l'adultère innocent quand le mari consent à son pro- 
pre déshonneur. Le bien et le mal, dit-il, n'ont rien d'absolu^ ils déri- 
vent exclusivement des institutions et des lois , que l'homme change à 
volonté. Les akhschiens peuvent être considérés comme les épicuriens 
de la Perse. Ils étaient fort nombreux à l'époque où écrivait l'auteur 
da Dabistan ; mais , repoussés par les autres sectes de leur nation , ils 
prenaient généralement le masque de l'islamisme {uhi supra, p. 208- 
211). 

Ainsi nous avons trouvé en Perse le matérialisme , le scepticisme , 
Vépicurisme, sans compter les systèmes d'un ordre plus élevé; nous 
allons y rencontrer le communisme , dans une secte dont l'existence 
ne peut pas être contestée, car elle a été la cause d'une révolution 
politique et a fait tomber un roi de son trône. Cette secte est celle de 
Mazdak, qui, aprè^ avoir vu un instant le triomphe de ses principes 
8oas le règne de Kobad, périt dans les supplices par les ordres de 
; NoQschirvan ou Chosrofis le Grand , vers l'an 533 de notre ère. Mazdak 
[ était grand prêtre ou archimage de la religion de Zoroastre [Destou- 
i fm'De$tour)'j mais il osa tirer des dogmes qui lui étaient confiés des 
; conséquences étranges. Se donner entièrement à Dieu , se détacher de 
( sdi et du monde , voilà quel devait être , selon lui , le but de tous nos 
efforts. Plus on approche de ce but , plus on est heureux; plus on s'en 
écarte, plus on est malheureux. Or, qu'est-ce qui nous attache le plus 
à la terre ? Qu'est-ce qui nous empêche de nous donner à Dieu et 
[ de vivre en paix avec nos semblables ? C'est la possession individuelle , 
? exclusive, des biens et des femmes , parce que cette possession est l'es- 
\ sence même de l'égoïsme et le contraire de l'abnégation. Que les biens 
étales femmes soient donc mis en commun. « Les biens et les femmes , 
•. disait Mazdak {uhi supra, p. 372-380), doivent appartenir à tous 
exactement comme le feu, l'eau et les plantes de la terre. — C'est 
«ne grande injustice que la femme de l'un soit parfaitement belle quand 
celle de l'autre est précisément l'opposé. Il est donc ordonné par les 
règles de l'équité et de la vraie religion à un homme de bien d|aban- 
{^ donner pour quelque temps son aimable compagne à un voisin qui 
" en a une méchante et une laide , et d'accepter en échange cette femme 
disgraciée. — Il est également contraire à la justice et à la nature 
qu'un homme occupe un rang distingué, tandis qu'un autre reste 



n PEBSES (DOGTBmES DES). 

pauvre et Aéuaé de toutes reisoDrcea. C'est donc qd devoir ponr le 
vrai croyaDt de partager sa TortuDe avec celoi qui partage sa foi. Il cat 
même obligé, selon la religion de Zoroaslre, de lui envoyer sa femme 
pour le visiter, afin qu'il ne reste pas privé de compuoe. ■ On sait 
que cette doctrine, acceptée et mise en pratique par Kobad , souleva 
contre lui toute la Perse, le fit chasser du trAne et causa des désordrei 
qui ne finirent que sous le règne de Chosroâs, Mais c'est en vain qu 
ce prince St mourir dans les supplices le nouveau prophète et set 
principaux disciples : la secte survécut. L'auteur du Dsbistao no- 
contra encore un grand nombre de ses adeptes qui lui montrèrent an 
ouvrage de Mazdak, écrit en vieux persan et intitulé le Dtsnai, C* 
livre, si nous en croyons le même écrivain, a été traduit en penu 
moderne par Ayin Scbakib. 

lod^tendaœment de ce système politique et social , le macdéiamt 
a anssi prodoit plusieurs sectes philosophiques , qui , au fond , ne re- 
connaissant d'autre autorité que la raison , interprètent le Zend-Avest> 
mrla méUiode allégorique, dans le sens de leurs propres opinions. 
Tontes ces sectes sont réunies sous le nom de Btk-Di»an, ou parl^ : 
sans de la vraie Toi , d'une religion meilleure. Elles prétendent que li 
guerre d'Ormuzd et d'Ahrimane n'est pas autre chose que la luUa de 
resprit et de la matière, et, dans une sphère plus circonscrite^ ds 
l'Ame et du corps , lutte dans laquelle le principe supérieur doit finir 

r triompher. Les démons sont les passions, les appétits qui naisunt 
corps, et les auges les facultés de l'esprit ou les qualités de l'imi. 
Quelquefois aussi c'est l'être et le non-ëtre qu'elles nous reprécentoat 
ir les deux puissances. L'être se confond avec le bien, et le mal avaa 
non-ëtre ; c'est-à-dire que le mal n'est qu'une pure négation , et qse 
k bien seul est en possession d'une existence réelle, absolue, éteneUe 
{Babittan, 1. 1, p. 359 et sniv.). Cette manière d'interpréter les livret 
saints, dans la langue théologique de l'Europe s'uppellerait le ratio- 
nalisme. Il nous resterait encore à parler des manichéens et des sonSi} 
mais ces deux hérésies fameuses sortant du cadre que nous uooi 
sommes tracé ici par les liens qui les rattachent, l'une au christia- 
nisme, l'autre à la théologie musulmane, nous avons cm devoir lei 
réserver pour des articles distincts. 

Si nous jetons maintenant un coup d'(eil d'ensemble sur l'espace qne 
nous venons de parcourir, nous y trouvons, comme dans toute civiliH' 
tion un peu avancée , trois périodes ; l'une de pure soumission,. où l'oa 
n'entend que la voix inspirés du prophète; l'aulre de soumission et 
de raisonnement tout ensemble, ou l'on discuta sur les dogmes, où 
l'on remonte le cours des traditions , où des sectes diverses se dis- 
putent la piéséance ; cnDu la troiitièmc de pur raisonnement, de ap^ 
Culalions indépendantes et souvent hostiles à la vieille foi. Pendant 
cette période, la Perse a cessé d'exister comn» puissance marais et 

politique; assaillie à la foii par Ir" '"~ ' "' -- '- ""— 

mdienneSfCUe adû subirnéi " 

rien de plus contestable ,J 
que l'antiquité et, par coi 
losopbiques; mais ses dcri 
idéfts sur la liberté, |ur M 



r, 



PKRSONNK . PEnsnN.XALITk « 

', la résorm-sion di-^ ror|>< i»t rfl%-f»«'fr.«'nl fii'.'ir ihi |rari4if sur 
ia terre V 5«>nl f.iils pr»ur ^m i ^r !«•« p n* . f.i%*% iRi>'J*<9l!>iiri ri outiir 

df^ADt DcH \r i\ ufi 1. r Z"ii I ■ 11*' ..11. 

article, on p^at r. n^ultrr • KmtuI.it, /r^jf- 'tt^r^r-n^ de Ut rtlipun 
éf§ PerteM, dan^ h^ I-hiks \\\, \\%u, \m\, \\\t ••! iwii d« .If^- 
moireM de CArfifinmie ti*i itffrrtj-fi* nt liTrr***. iHtVire de» mylheg 
ém mnndt astfiti^Me . i \ »i. in-H*, llciJ'*;h. . ISIO .••!:. . M«-iniT!i. 
A Z**roa$triM rifa, inr/ifvfic. d^^trina et /.ferif, diris U** .Voirr^an^ 
miwtniret de In S*teiete de ^t'ettin^fte, \ vm et n. r*. d.ti.« !.i iiiflwfhê^nê 
fkU^HMphi^e, \. \%.' Ty»rh« n. / ' mm^nfa.'»-- »/r rf/i^n'hum /i.rtmiifn' 
CVrvpi apnd extera* ^tulfM i rrriym , fj.if s !r* A- Mrrii'ij- rr^m' frrf i/r /tf 
Sotiéit de ittrlltitfjuf , I. \i it \ii. Hf. mI-, 'i .V.im/*' fradUV'n . ou 
SfHrme enmjdet de in rehqiin t'es nti^i^rt Ha*- trier. i , .1/' t>f et ftrtet, 
■H^, Fran*"f-»rl-«Jar-I«-.M^in. IHIO ,\\ . Kr^kîii, hf^teririinm mr 
Us Par*eM , daî.> !*• Innii* n dtr la >» /-irr^ htlef»i\re de Ihm^ay. - ■ Ji-.m 
lle\naad, /'ir^n'lre, hlnnfrli»ytdîe n^weîle df l'i«Trr |.«Tniix il 
Re\r.aud. t. \\u,- - Ji>.< linii M<'n.inl, /'-enn^ire, eêtat tur h phtlofff- 
fkie rgliyteust de la Pêne, in-H', Pan«, IHi». 

PERSOWK. PFRSO.WALITK. Ibn* r..fi;:in.\ !•• mot ptr- 
Mime {en latin per§omti,rt\ cut r:.-- - , n»' sr^'infl.rt [««s antre cho*-!* 
^'■B nia9qoe de lti«'.1*n* n pn-'-rntnnt \rs trni{< pt!^ «iii >Bppo<i^y 
Mais arréti-s pur la UjuLtii n , i!ii pris- nna::c fju'on v..' lU'it r n srt^ne : 
Œdipe, Ai'lnlif, Aciii «-ii.i <>ii, llt*ruhf-, ^l«*de«*. R;i r.l4M , à !a plnri» 
do masque, m* 5uh>lilfi.i i- i>''!e nu ie pi'rs'^nn:if:<- lui-R.«'n.c, ri le n.ot 
pa<sa de la laitue du tlt'Atn* iian<i rrlli* du incn'Ie. ('.>.<t ain^i qac 
f'efi introduite eeiir fnr-'n df | arî^r : Atfi* un cranl, un petit, on 
médiocre p^rsonrui^i* : /i^r.«».i.cjni r/^yrr. M.**!"», f'»minc r#* qni distinj^nfi 
^rticuli^rement un** |M*rs(iniitMl'niic a(;tri*, a* sctnt me in.s 1rs Irnif^ que 
leraractiTe, nniins le< artiuits et le« paroles que le priiiri|)e ir.térii'nr, 
la force spiriluflle d'uù i*)\vs dtvmiMnt. le ii.f<l yerftmne es\ d^^vena 
STDonyme û'humme^ m tiutl qui* I li iiiinr i>l un rire in(i*fli;;rr!t et 
libre, c;i paille par lui-ii >'i!i<Mli- picn<ln' ur.i' (iiMiTumaliu:: il de W'Xé- 
citer. En cfTet, il ne .«uflil [>»> pi>tir l'ire nni* per« mne d'RVtiir le t»>&p*. 
kaflMiOt il faut posM-dcT une Âme lntmnm** en êfat de réflrrliir et de 
répondre de ses actions. In enfant, un idint . ne sunt p;!< des personnes; 
et quand même ils en purti'rairnl !•' nom, lU n'^n i'\fri'«raii>nt pas les 
Iroitfl. Enfin, à ce mt^nic mot, l'^s phit«i«ciphf> ont rlt.irhr une sipni- 
ication plus générale et plus prêri^e. en li^mproxant pour di^ipner 
toalétre intelli^zenl et iilirc, tout n\:p\\\ «^pinUni et nioml, ttuite cause 
^i a la responsabilité et la eciUM'ienre de .^es adinns. Ihin.s ee mmis, 
■ airionfie est le contraire de la ehun : I animai . I > vê^'éi:tl, ti> miné- 
M, aaoi des choses; l'homme est une pi*rsonnc, et rien n'en.pt*i*h<* 
Jtoaimettre d'antres au-de>sDs de lui. Ih^w Ini-m^meest un^ per- 
■ on le considcre ifniiine une eaBS^* crtMf ncr d:^f in w (ic l'uni- 
fS'on appi*lle la pennumilité , v'v>\ le l'arrciÎTe en viTlu 
• quelconque mérite le n«»m de personne; c'est Tidi^ 
^ à s«»n plus haut depré de généralité. Amsi , par 
^era pour ou contre la pT^nmalilé Aviné; on 




<U VtnTKBi DE PRINCIPE. 

ie (iiMWiilfri u 1» fCRMiBMilé Wwaimr SBbâBsCe apti» b 
CvfWx Itas^ laBCMMuiiit). tesAVlkadia ^ae l;ani:iea est im| 

PÉTITIOX DE PBEfdFE [ptHHofHmeifîi, tndactioD 
rsk d« gnee -n êk ist'jdi ^)^^*«^(K»ic>2- Cest k Bom docnè par AhstoCei] 
d^ 9«|il paraili^S^iMDe:! «« Cwx rnsonneiDciits dool il doos offir« la ~ 
0iiliM» H Ea réfoUliofi dans le do^oîèiiie chapitre àd ses Ri 
$&fikufi^qtu$. Ct poralogisiiie coasble i sopifoscr ^rai ce qoi cAj 
fKstïoii : • Ceqo'oD ifoiI assez, dit la £i»f»giififPoft-Jtoyiii (3*p 
c# 19), élre eoUiitiiicnl eoDtraire i la iraie raison; puisque, 
fMH raiMUiiMiiDeiit , ce qui sert de preoTe doh élre plus dair ei 
C9IMIII0 que ce qu'on tcoI prooTer. » C'est avec justice que 
repr«cbe i Arisloie de s'être serrî lui-même de ce moyen pour 

£e la terre est an centre du monde. En* effet, toute rargumcnl 
jAifloiCfibe grec peut se réduire aux termes suivants : 

La nature dâ dioses pesantes est de tendre au centre du monde,! 
celle des choses légères de s'en âoigner ; 

Or, rexpérience nous lait voir que les choses pesantes tendent 
centre de la terre , et que les choses légères s'en éloignent ; 

IKhic, le centre de la terre est le même que le centre du monde. 

Il est clair qu'il y a dans la majeure de ce syllogisme une pétition 
principe > car nous voyons bien que les choses pesantes tendent 
centre de la terre , mais rien ne nous apprend que le centre de la tenî 
soit le même que le centre du monde. . 

€ On peut, continue la Logique de Port-Royal, rapporter encMel 
cette sorte de sophisme la preuve que Ton tire d*on principe diffiÊrov 
de ce qui est en question , mais que l'on sait n'être pas moins contiil 
par celui contre lequel on dispute. 

« Enfln , on peut rapporter à ce sophisme tous les raisonnements d 
l'on prouve une chose inconnue par une qui est autant ou plus incon* 
nue, ou une chose incertaine par ime autre qui est autant ou pli 
incertaine. » 

PÉTRARQUE (François), l'un des créateurs de la littérator 
italienne y mérite une place dans l'histoire de la philosophie , autai 
comme moraliste qu'en qualité de précurseur de la renaissance dfl 
lettres. 

Il naquit à Arezzo le 20 juillet 130il. Son père , ami de Dante, 
gibelin et banni de Florence , s'était établi à Avignon auprès du papi 
Clément Y. Le jeune François commença ses études à Carpenlras 
où , plus tard , il devint chanoine ^ il les continua à Montpellier, Q 
les acheva à Bologne , sous le légiste poôle Cino da Pistoia. 1 
avait vingt ans lorsqu'il revint à Avignon et qu'il s> lia avec le 
Colonne. Ayant conçu la passion la plus vive pour l'épouse deHi 
de Sade, rimmortelle Laure, il f ' 

de l'Europe , puis alla s'ensevelf 

Koôme épique doQt Scipion fr 
\s canzones que saltcndressf 
autant qu'il s'enorgueillissait < 




da n'^im do Ijiorv* fl du Mfn. Romr lui offiil In rnuronne 
fl i! 1.1 Tt\u\ au 0]i:t>iS* . \r jriur dr IM'|ui's 13U. l^pUK 

d.in^ l'^priDCipalf s \ill**» d llalir • parlnut adn.iré et frir , 

ati.ta^^aJr par {ilusu-ur;» !V'U\«*rjins . ri t'tuj'iurs ^par^né 
s ri\i!i^ et cir.inirt rrs, alor» m frt*aui*nles partout. Il \a\%%à 
^o lub!iiiUM'qu(' .1 Kl république dr Wni^r • et ni(»urtild'apo- 
rijua. pr«**^ dt* Pai]>>uo, le ISjutlIt-t \'M\ , au ujiIuu de ses 
usrriU ^tck's ri fiimains. 
*. leur .1 tiiiir anu'Urrux, ^'ran^^iu rt rflipieux , fut 1^ rrpré- 

lo dirt..trnr de la rcpubliqur érs Irltrrs au \iv' Mt'Hr , \ti 

erudil> , de% rntiques et dr« iivraliHlrK. Sa \ie, celte \m 
t «>! di\i*rM'n.t*nt a^'iti*e, m sludicuM* surtout, à la fois un 
iilinu<'I ( l un ronslanl Miupir four 1 alTranrlii»»ement de 
nI lin* à tiius les hointiif s rrli-brrs , a luus les (*\^nrRienU 
•> de c-i* Irit.ps ort;:ru\ di'iil «'Ile furine rlle-nt«^nie une )!r..lide 
3 r(irr«->|«>nda[.ie in.inen^r , ur.i\rr>elle , c&t une image eu- 

\vW de jr^prit tiiiii.a'.n au in' sitVie. 
|Miur>iM\i par IVlran]ne, n travers toute TEurnpe , ^lait 
r l'élude à»s li*ilrev ^'tiu-ques et lalines. Lui-nit^me a%ait ap- 
c du nifiine lljrlaain et de l.ènnre Pilate. de Thessa Ionique. 
, rer-'uvn r, vm^rr, r(«i^er\er, publier . répandre les (pu\n*« 
iS ; en omseillrr, en faiilili-r l'élude , en inspirer le (!oût ; 
iiJe de la {Hiesie , de l'eloqueiire et de la pliilinîriptiie an- 
irnbatlre le pédanli^nie de lérole, les frnides et arides for- 
la scolaslique ; reinplarer le rè;:ne du syllopsuie , l'e>prit 

par le ruite libre ete(ilhouHia.ste du beau* du \nii, du bien ; 
talion par la rêverie , la dialcetique par de puétiques as- 

.suhslituer enfin Alhrnes à Ui Sorlnmne , Plat(»n et Cicënm 
et à Averrhui^s, tel était le dessein pénêral de l'arli^ité dont 
fui l'auteur ou le eenire. A eet è^ard , Pétrarque va he.iu- 

l'jjn que liante « lequel attaque la barbarie intellectuelle , 
jer l'iVole ni Aristote. Pétrarque est le clief d'une n-aelKin 
me eonlre le pcripatélisine ofiiciel : il est le principal devan- 
cadémie flurentine des Médiels. 

Irarque ne fut pas seulement chef d'opposition , il fut fnn- 
icole. Lui-mi^ine se cnnuit aussi propre à la philosophie 
;'à la poésie : ingenio ad moraUm prttriinie philotuphiam 
réa dans celle partie des sciences ptiilosuphiques une sorte 
)itié poéliquc , moitié relipeube, dont les disciples les plus 
ne parurent qu'agi ivi* siècle, iumus eneure en Italie que 
ste de rKurnpc. Il n'est pas ai^é de définir ce qui distin^îue 
: d'hommes et d'écrits , tant il réunit de caractères divers 
s \arié<. On peut dire, touleroîs, que le platonisme , la doe- 
Mée au iiantiufl , en constitue le fun'J ou le point de départ. 
ifM dtê cantiqufs , les Pères di* IKtiiiNe, saint AuL'ustin « 
gui Paîtr Auguittnun, puis saint Itemard , donnent à cet 
|||BPÉIÉJMJ9B^ P'"-'' pratique , plus asi*étique ; ils rendent 

>rfuls erotique, toujours hrique, chré- 

■nent clie\alurcsque , hérolauc , em- 

à ces deux premières tendances. Iji 



t0 PÉTRARQUE. 

philosophe , henreax de défoaer à sa damé sa vie comme sa pensée, ] 
devient ainsi tour à tour le chevalier de la Vérité y de la Charité , de h 
Beauté céleste. L'habitude de raliégorie , qui appartient au moyei 
Age autant qu'a l'Orient , change l'amour sentimental , romanesque, 
mélancolique , inspiré par une mortelle , par madonna Laura, en m 
amour idéal , spirituel , évangélique , dont la sagesse éternelle al 
l'objet. La souveraine perfection est tantôt une personne, lantAtuM 
idée ; l'idée ^ le type accompli ^ s'incarne dans la personne ; la per- 
sonne n'est que l'idée vivante, le type réalisé. D'ordinaire, eette per- 
sonne est une femme ; le plus rarement c'est la Divinité même; pov 
les uns c'est Palias, pour les autres la Vierge Marie ^ toujours c'est, 
comme la Vérité , une vierge d'une beauté ineffable , mulier tus- 
narrabiiiê elaritatiê. Hais s'il y a diversité quant à la nature de £ 
l'objet adoré , il n'y en a point à l'égard des moyens de s'y unir. Cei 
moyens se réduisent à l'amour, à an amour enthousiaste et conten- 
platif , tel que celui des modernes quiétistes. La philosophie morale, 
par conséquent, ne sera qu'une recherche passionnée, et révense ik 
fois , de la sagesse , ou de la félicité en Dieu , tin amoroso mo ii m- 
pUnza in Dio, Le moraliste s'appliquera, noD-seulemenl à déflnir avec 
justesse le bien et le mal , mais à enflammer les hommes d'oas 
ardeur exclusive pour la vertu , à les embraser des feux de l'b^ 
rojsmc. Mn présence des secrets tourments de notre âme, occasionna 
par le problème de sa destinée, en présence des mystères de la vie et 1 
de la mort , en présence des abtmes de la Providence invisible, mail ^ 
toujours agissante, le moraliste doit nous changer en nne fonlâim . 
d'amour, inépuisable en noblesse de cœur et en béatitude. 

Tous ces aspects différents se rencontrent dans les écrits phile- 
sophiqucs de Pétrarque. Ses ouvrages italiens sont dominés par II 
c6ié terrestre cl mondain de l'amour platonique^ ses ouvrages lalias, 
pur K^ côté religieux et mystique. Mais dans ses livres latins il y a 
df! iiièiiie mélange et confusion entre les deux caractères , avec eetle 
différence , pourtant , que ses productions dernières réfléchissent phii 
purement, plus complètement l'amour de la beauté incréée etabio- 
lue , de lu vérité idéale et parfaite , le vertueux et austère amou da 
vrai Dieu. 

Nous allons rapidement indiquer le conten de ces écrits, en oon- i 
mençunt pur ceux où l'adoration de Laure est encore étroitement uk 
à Tadoration do lu sagesse invisible. 

1". Les Six Triomphes, qui sont restés inachevés et qui ne Cureift 
publiés qu'après la mort du Pétrarque. Le premier de ces Triomfkss 
reprcs<:hl(; l'amour comme le maître de tous les mortels ; le sccood 
montre Laiirc victorieuse de l'amour; le troisième. In mort victo- 
rieuse fie Luurc ; le quatrième , la gloire triomphant de la mort^k 
cinc|uièine , le temps rcmportunl sur la gloire ; le sixième , la Divi- 
nité maîtresse du temps, et par conséquent de toutes choses. 

2*. Ln Vie solitaire (de Vita solitaria) est un traité en deux livres 
adressa': à un lidèle ami de Pétrarque , Philippe de Cabassoles, évèqne 
de C^availion. C'est la retraite de Vaucluse qui inspire cet éloge de k 
solitude ; c'est l'antiquité qui en fournit les principaux éléments , ks 
exfïrnplcs des sages. Dans le premier livre , l'auteur s^abandoone 



PÉTKARQCE. t7 

' êÊm ém Ma îiiHigiiiaUM éfe ]iwnl« . poor montrrr que rbomoM fsl né 
\ MT Ift Tcrto ; que In tilles ci les roors mr ptrmHieni pu de colliTer 
! k wla ; qa il fiol donc vivrr loin de U ftiioiete. Le fécond livre e»l 





et plein d frodiiioa. 
3^. Ije trâilé ^ Ofio rrli^iofonrei. adresnè «u fr^e de P^lrirqne, 
de MoDliieu , e»! plus Iheolofrique que phikKopInqve ; il 
1 eependasl des parties lairnescantes sar la meditaiioa el la 
platâon p snr la philusciphie reliiri^use. %ur relie dn l^^m, etr. 
Ln deoi litres inlilules Htmfdtt eoutn Cwmt §i i'mmtrw /brlMM 
iû «friMjfiw fnrtmmm • , adreftsrs au provnl de Vérone « 
de Caiépee « aolrelots maître de l'arme , tutti une imiUlion de 
r— liage de Bœoe. Ils secovpoaenl , le premier, de rrni \m^*l-deax 
; le seeoiid , de cent trentedeui , ei doivent établir romine 
, qoe tous les biens terrestres sont bornée it ptTwsables , el 
1*3 B'cal poïBl de naux sans reinêdos. |Vtrari(or eu\i^ce surerssi- 
1 lOQl ce qui semble assurer le bonh>*ur ici-bas . el rondul que 
les félicilés mondaines ne Minl que deti biens dan;:erens pour la 
«e qu'elles nous assers ivsrnt aux pasftions. Puis il ènum^ 
et les souffrances des homiues • auxquelles le sage se dê- 
y em eon&idérani l'adversib* coniuie une école bienfoisanle pour le 
ei pour la toloDié. 
St. Le lAt mm î^'mi et mmitorum igmarttmiia , composé dan^ la re- 
Inîle d*Arqnà , eil un écrit trrs-impnrtant pour connaître l>ial de la 
afcilaiinphir italienne au xn' biéi*lr. tl'est une réponse savante et vé- 
b émen tc an pénpatéliciens, (|ui avaient déclaré Pétrarque un homme 
sans lettres « parce qu'il avait r«'fu^ de jurer , sur la foi d Anatole , 
im Arittouki. Il soutient contre eux que le vrai (tenseur se rendre 
dnc&té de Platon el de Ijcêron , à 1 exemple des Pérès mêmes, qui 
Iwt aieat les académiciens , non - seulcmrnt plus rn-bes el plus 
agréables • mais plus conformes au rhristianisme. 

t*« Dans les deux opuscules (lolitiquos de Mepyhiica opfiuM «Jmi- 
■liif urfa el dé Offeio et rirtuhhuê imperatom, Pétrarque rassemble 
ks principales maximes de Platon cl de Oérun sur la politii|ue et 
Is gmtemeaieatv sur les droits et If s devoirs des peuples cumme des 
priscca. Ce double cadre offre le tableau de I indépendance et de la 
iberlé , du patriotisme eld^ In feliriié publique, teN que pouvait 
hscuBcetoir un ptatcmicien du m* skvle, ami dévoué de tout profirH 
sspnlairu : c'cs»! une production fort supérieure au de MvtHtrehia de 
bnle. 

7*. Les Irais colloques éê Cnntempîu tMtndi forment une sorte 

d'aulobiograpliie dans le penre des Cun(f$fiomi. Niint Aiifmstin y est 

FiBlerloeoleur de Pétrarque rn préstiuv de In Venté. Os trois dia- 

renplîssenl trois jours. I^e premier prépare la conversion de 

9 doni la vie avait été si orn^euso. Le «erfind repré>ente Au- 

yassanl en revue tous les vires dont lAiDe de Pétrarque est 

Idsmîiiée, elque Pétrarque a\ouo. Le tri/i>ii'i:ie et le nUis intéressant 

WêêA €MBple des amours de Pétrarque , explique la cause du cbsn- 

«î va s'opérer dans sa vie comme dAs ses études , et us- 

ifira, pour unique ofaiiet y la beauté infime, la §ai(esse 



28 PHALÉAS. 

8*. C'est celte divine sagesse qai fait le sujet des dialogues De 
vera tapientia, tenus sur la place de Rome entre un sophiste , rhéteur 
et érudity oraior, et un ignorant , humble et pieux ^ idiota. Dans 
le premier dialogue, l'ignorant essaye de montrer au savant que la 
sagesse ne s'apprend pas dans les livres ni dans les écoles , mais an 
fond de la conscience. Se connaître soi-même, voilà Torigine de la sa- 
gesse. Mais on ne se peut connaître qu'en déposant toute présomptioD 
et en revêtant l'humilité , la modestie et la modération. Alors on re- 
connaît que si V homme est un animal raisonnable et mortel , la raison 
est viciée par Torgueil y et son orgueil susceptible d'être humilié par 
la pensée de la mort. Ainsi se trouve, à côté du mal , un sûr remède. 
Par la révélation, d'ailleurs. Dieu nous offre non-seulement le moyen 
de chasser le désespoir, mais la force de relever et de purifier la raison. 
Dieu nous offre, à la place de l'imparfaite sagesse du monde , la par- 
faite et sainte sagesse du ciel. C'est cette admirable sagesse que TaH- 
teur décrit dans le second dialogue , essayant de la rendre sensible et 
agréable sous mille formes poétiques, comme l'original de toute 
beauté. L'effet de cette sagesse véritable est d'inspirer l'amour de la 
perfection , le sapere internum , par lequel l'homme intérieur est puis- 
samment attiré vers la Divinité , son principe , son milieu et sa fin. 
Cet amour se manifeste en particulier de deux manières, par la seienee 
et par la charité, deux degrés d'initiation et d'épuration , où notre 
flme se libère de ses mauvais penchants et se fortifie dans son instinc- 
tive sympathie pour la source de tout bien , pour l'Etre infini.... Voili 
ce que Pétrarque entendait par la vraie sagesse; voilà pourquoi Boc- 
cace , son ami , l'appelait un homme céleste , cœlestis homo. 

En réunissant les idées qui servent de fondement à ces ouvrages, 
on voit que la morale de Pétrarque ne contenait rien de neuf. Elle 
était une nouvelle application des anciennes doctrines, de celle de Pla- 
ton et des Pères; mais, dans le siècle où elle parut, elle devait sembler 
une puissante , une séduisante nouveauté. La forme sous laquelle elle 
se produisit , la forme du dialogue et de l'ironie socratique ; la mé- 
thode qu'elle employa , un mélange libre et varié de l'analyse et de la 
synthèse , de l'induction et de la divination , de la psychologie et de la 

fireuve à priori, tout ceci fait également de Pétrarque un disciple de 
'Académie et des plus profonds docteurs de TEglise. Il est surtout Tmi 
et l'autre par cette tendance éminemment morale qui le distingue entre 
tous les esprits célèbres de son temps, et que ne lui ont pas empruntée 
la plupart de ses imitateurs modernes. 

Voyez , sur Pétrarque , l'abbé de Sade , Mémoires pour la vie ù 
Fr. Pétrarque , 3 vol. in-4" , 1764. — Heeren , Histoire de lare- 
naissance des lettres , t. i et ii, passim (ail.). — Sur sa philosophie 
morale, une dissertation succincte de M. Maggiolo, in-8% Strasbourg» 
1843. — Sur son école, M. Christian Bartholmèss, Jordano Bruno, 
1847 , Lu, p. 34 et suiv., p. 117-128. G. Bs. 

PHALÉAS de Chalcédoine, inventeur d'une constitution analogue 
en quelques parties âAîelle de la République et des Lois de Platon , M 
nous est connu que par le seul témoignage d'Aristote ; mais ce témoi- 
gnage est d'une étendue suffisante pour nous permettre d'apprécier IfS 



PIIALLAS. SO 

le Phalfas,f l la rofulalion qu>n oiïrf ArisloU*ftl m mncloânleel si 
e. que doqs nt* saurions niirus faire qih* ^r donner irl une «impie 
rUon de cel iinportanl pa^«4it!e : • Il y a, «iit le philcHophe Poiiiiqme, 
, c. ^, éd. St-tmeider; c. 7, éd. llf'kLrr • aprrs a%oir analyse les 
alopie» de Platon , il y a quplqut ^ atilres constitotions Irarèes , 
mr de» partiruSirrn , sml par drs ptiiln^ophes et dei hommci 
;, toutes plu» \fii«in«-s di* vc qu'un a \u mi de ee que nnus \n\niis 
p que nestint eelles J«* la iUp^hhqmf et desi Ltiis, Aurun autre, 
rt, que Platon n'a intnKluil Iti rnmmunaute des rnfantii el des 
rs , Di les repa« communs enlr<* les frmmes ; en frt*néral on 
«née par les reformes les pi un ne«*ev«aires. Amsi , quelques*uns 
ni que le plus important est de liii*n receler ce qui concerne la 
léU* f comme étant la cause pniu'ipale des dissensions ; et voilà 
ooi Fhaleas do tihalcêdoine a coihmt^nct* par ce pomt : il dii 
fs propriétés doivent (Mre è;:ales enlr«* Its citoyens; la chose est 
, selon lui , a etahlir au moment de la fondaii(»n d'un KtAt, 
plus laborieuse qujiid une fi»i^ il est fondé ; iiiMum'iins, l'cpolit^ 
lira bien vite , en décrétant que les riches donn<*rnnt des dots 
D recevront pas , et que h^» pauvres m recevront et n*en donne- 
pas. Mais* en posant ce principe, il ne faut pas méconnaître 
ne I on méconnaît nujourd hui qu'en fixant le taux des for- 
y on devrait fixer au^si le nombre des enfants ; car si la fa- 
s'accrolt hors de proiK>rtion n\e«* la furtune , la loi sera ruinée 
-même; et, outre ct-t inconveni>*nt . il est mau\ais que beaucoup 
rbes deviennent pauvres : de tels hommes sont trop dis^ioséîi 
éxolotions. Il peut arriver que les fortunes v»ient égales , mais 
;cessives et trop fa\ (trahies au luxe , ou trop chêii\es et par là 
es de la misère, l'.e n'«'st d^mc |ias assez au léirislateur de les ra- 
r à l'égalité ; il faut que , dans l'égalité , il cherche la juste me- 
Ce n'est rien encore d avoir assifrné à tous une portion modeste : 
ssions sont ce qu'il faut réaliser plulAt que les fortunt s , el cela 
peol sans une bonne éducation réglée par la loi. l'haléas répon» 
eul-étrc que c'est précisément ce qu*il dit lui-m^nie : il penM , 
él f que tous les citoyens doivent avoir même fortune el même 
lion. Mais il faut encore dire ce que sera cette éducation : ce n'est 
aire qoe de la rendre simplement uniforme. L'éducation peut 
iniforme pour tous , et telle cependant qu'elle rende les hommes 
îeax darp'Ht ou d honneurs , ou de tous les deux à la fois. 
rarSy les séditions ne viennent pas seulement de l'inégalité des 
les f mais de celle des honneurs , et , en sens inverse , de eha- 
de ces deux causes. La foule se révolte contre rinépalitë des 
sesj les honnêtes gens contre l'égalité des honneurs ; et les 
ne se commettent pas seulement pour obtenir le nécessaire » à 
remédierait , selon Phaléas , l'égalité des biens. On ne vole pas 
ment] pour se préserver du froid et de la faim , mais pour jouir 
isCaîre une passion ; et c'est à quoi on ne saurait trouver de 
In que dans la philosophie. Les plus grands excès se commettent 
■■■dre à de suprêmes jouissances , non pour subvenir à de 
«. Par exemple , ce n'est pas pour éviter le froid qu'on 
; la constitution de Pbaléas n'est donc bonne 



80 PHËDOU 

qofl contre le* petites injostices. Haintenant il s'oerape lort de hfa 
tég\tr la vie intérieure de la cité ; mais il bat songer atuai aa 
rapports avec les voisina et avec tous les étrangers. En cooséquenot, 
la oilé a besoin d'une orgaaisalion qui la rende propre à la guem, 
do quoi Pbaléas n'a pas dit an mot. Ue même pour les Tortonea : il M 
non-seulement «{D'elles soient appropriées aux besoins de la vie dviia, 
mais capables d'écbapper aux périls du dehors ; aussi ne doiveot-dlli 
pas être si grandes que des voisins plus forts les convoitent, etqM 
ceux qui les possèdent ne puissent les défendre. Il ne faut pat, nsi 
plus, qu'elles soient si faibles qu'elles ne suffisent point à une guma! 
aveo d^ égaux. Phaléas n'a rien déterminé de tout cela. Ces . 
chose utile assurément que l'égalité de fortune entre les citoyens p 
évitrr les séditions ; mais ce n'est pas, à vrai dire, une grande et 
Les bonnétes gens , en efTel , peuvent s'indigner de n'être pas n 
partagés que les autres , et de là semblent venir bien des attenlatiri 
des troubles. D'un autre cAté , le vice est insatiable ; la passion , f 
sa nature, esl sans bornes, et la plupart des hommes oe vivent qi 
pour assouvir leur passion. Eu toutes ces choses donc , le vrai ooa 
mencemont est moins d'égaliser les fortunes que de préserver cooH 
l'ambition les natures honnêtes, etd'Ater aux méchants le pouvoir A 
nuire , c'esl-n-dire de faire qu'ils soient les plus faibles, sans, pMJ 
cela, être opprimés. Phaléas n'a pas, non plus, dëlini convenableM^ 
son égalité des fortunes : il ne l'établit que pour les terres; mais il ja 
encore les esclaves , le bétail , l'argent , et le reste de ce que bm 
appelons la richesse mobilière. Tous ces biens , il fallait aani ■ 
prescrire la répartition égale , ou en fixer sagement la natare, A 
renoncer tout à fuit A l'égalité. En outre, il donne, ce me semble, A ■ 
ville de bien petites dimensions, puisque toas les artisans y seranl Hi 
esclaves et ne s'ajouteront pas au nombre des citoyens. Onpeuljifn 
par cse qui précède , de la constitution de Phaléas , de ses avanta^M 
et de ses inconvénients, a Ses avantages , Aristote , on l'a va , In li* 
duit à bien peu de chose ; ses inconvénients, Aristote, dans la brièvïlt 
même de son analyse , les fait ressortir avec nne vigueur de critini 
qui n'a rien perdu aujourd'hui de sa justesse et de son à-propoa. Dil 
son apparition dans le monde , la chimère de l'égalité absolue entre iM 
hommes a rencontré un habile contradicteur. Deux mille ans de n^ 
ditalion et d'expériences Douveilea n'ont pas apporté contre elle n 
argument de plus. E. É. 

PHÉDON d'Elis, nn des disciples immédiats de Socrate, <fâ. 
par son dévouement A son maître, a mérité de donner son nom kn 
des plus beaux dialogues de Platon. Ayant été fait prisonnier dans ■ 
jeunesse, il servait comme esclave un marchand d'Athènes, quand S* 
crate le vit un jour dcvunt la maison àe. son luallte. Tuurhé de sa pliy- 
sionomie spirituelle et agrég|||||k^ilosopk|ÉM|rechetçr |>fir CrilM 
oit par Aicibinde , et l'adi^^^^Hbe de^^^^Hes. Après la nuM 
de Socrate , Phédon essa^^^^^Klo^^^^^bn« écok <f 
rtle n'est pas bien connu 
oedème, avec celle d'E 
pituieurs diainguas très- 




PHÈDRE. SI 

'à MM r Ari«-4Mte, Nmiiê mtti^m, hv. «, r. 18; ttm^ttmt 

ÈDRE, pUloiophe ^picoriea , ^ Aorauit ■ Ath^M ao Impi 
iffoo et et Cé^ar. Il eoinpla parmi ars aiidit^rs, un» poot oèr le 
lir à aes dorlrmes, CiorriNi , qoi , dam plauewib de «m oairanet 
ibmêfhb. 1 9 C. 5 ; hb. v, c. 1 ; df «Viirvra éeantm, |ib. t , e. 33; 
Mi., tib. xiif* epift. 1 » Cail le plu» frrâod cloirr de mni eararlère ci 
a la plos ftrande amiUé pnor »a pcrMmne. Il a%ait écrit on oa* 
mr im Xmimrf éet df'nur n»i «r^vt^- %f*t , dont oa iwppnfie qae la 
pbe romain a tiré un arand |»aru rt a même reproduit plvtienra 
m dans ton traite de Aaftrrc éfomm. Le Crammnt qu on a Ironvé 
nlnnam« et que M. lihnsiian IVli'i>oo a publie mus son nom, 
il bien être aotbenliqoe. Il e%t inlilulr Phtrdri r/iieurri , ru/fa 
ai HemÊlëmemsiâ , de matmra d^ormm fra*fmemtum tiutttmratwm 9ê 
riam, m-ë*, Haœbourc, 1H3II. Haas re fragment, plos biftlonqoe 
ÇBWtiqne, laotear te nintcnte de rapporter qut* l(|ues-ones dca 
etntooni pbysiques que I école »tiiirirnne appliquait à la mytholo- 
eqne. On peut aosm conMillf r sur J*ht-dre, H . l'n frénénîl • »nr 
laOK chet les Romains one tbè>e d«* M. A. lUl ra : Ue Pkeréro 
o, ma de M tmoHiê Efficuri acMorthu cirem tetmtiê trmmfm, 
taris, IMl. X. 



UIICIE3ÎS (SAiioaa m» . I«a petite nalino que nous a|ipeloBS 
km, d'aprèa len tintes, mai» qui ae nommait elii*-méoie Ckmmm^ 
Bl dont la aié(ie principal ne fut qu'une cèle de Syrie de quarante 
■aie Iteoea (te long sur deux à anq de large, joôe dans rbisloire 
ruines no hUe secondaire. Mais oe rôle est spécial : e'esl eeini 
■édiaire entre iïlheot et l'OixidenL En eflet, die fait nu n>m- 
In lettres et d idées qui s'allie nalurellenMnt dans ses destinées 
des ncbes étoffes et des métaux précirux . L'belléoiame 
Ldmif qui régnait dans le domaine de notre érudilioa au coin- 
il de ce siècle menaçait la gloire des Phéniciens , même sotis 
Mirt; il contestait notamment, sinon l'e&istenoe réelle de Cad- 
la moins son iofinenee admise jusque-là sur la Béotie el par 
r in Grèce. Otifried Huiler et Niebubr la mettaient an moins an 
a, ci e'esl à peine s'ils accordaient une inllMnce de œ genre 
p par la Phénicie sur une contrée voisine, les colonies ioniennas. 
cberches savantes, œlles de llullniann et de Plasa d*abord, 
I celles de BœcLb el de Gesenius » sont venues confirmer l'an- 
vrai rtle des Phéniciens. M. Hœrkh, dans ses belles recherches 
ircs, poids et monnaies de la Grèce, comparées avec ceux 
,, a mis surtout hors de doute rinlervcntion des Phéniciens 
itaUisaeaient de ces rapporis. Les travaux de M. liovers, sur 
■lé phénicienne, travaux fort inachevés encore « mais déjà 
By nat pour but , et en partie déjà pour résultai, de montrer les 

t médiateurs de la civilisation et des arts auprès don nombre 
|ëe populations d'Ocddenl. Tout le monde connaît un peu 
rec leurs célèbres colonies; ce qui est moins su, cest 
ict^ de cet ensemble d'idées morales et reliisionsea. 



52 PHÉNIQENS (SAGESSE DES). 

de vaes philosophiques et de doctrines sociales qne nous désignons sooi 
les mots de sagesse des Phéniciens, et dont ils ont élé soit les créateurSi 
soit les intermédiaires. 

Dans son origine , celte sagesse se rattache sans nal doote, à TAsie 
centrale on à l'Egypte. Mais la tradition des Phéniciens la fait abso- 
lument aatochlhone, locale et, par conséquent, antérieure à leurs mi- 
grations les plus anciennes, même à celle où , sous le nom de Hykso», 
ils ont dominé en Egypte, de Tan 2300 à Tan 1700 avant notre ère. 
Dans tous les cas, il est évident que cette longue résidence dans on 
pays qui jouissait d*une civilisation plus ancienne que la leur, n'a pu 
été sans influence sur celle-ci , et il est certain que , revenus dam 
leur patrie plus instruits et plus nombreux , ils s'en sont répandoi 
avec une grande supériorité de lumières sur toutes les côtes de la 
Méditerranée, jusque vers les Colonnes d'Hercule et vers l'entrée di 
Pont-Euxin. En effet, les traditions et les monuments, et en parti- 
culier les plus irrécusables de tous , les langues , nous présentenl 
les Pélasges, les Carions, les Lélèges et les Curetés, comme autant ; 
de branches de cette même race sémitique dont les Phéniciens sont 
la plus illustre. La Gliation et les disséminations de cette race, mal 
saisies des Grecs, sont toutefois indiquées par quelques auteon 
classiques , notamment par Diodore de Sicile , Pausanias et Tacite. 
Les Phéniciens eux-mêmes avaient perdu si complètement la trace de 
leur origine et de leur berceau primitif, placé entre les bords de l'Ea- 
phrate et ceux de la mer Rouge, qu'ils rattachaient à leur lanière de 
terre, en Syrie même, la naissance des dieux et celle du genre humain. 
C'est là que, suivant eux, leur dieu Bel (Kronos, selon les Grecs) a 
été leur premier monarque. Ils se gardaient donc de se dire une simple 
branche de la race sémitique. Cbananéens exclusifs, ils ne traitaient 
de frères ni les Araméens ni les Arabes, et , soit qu'ils fussent des- 
cendus de Cham, comme le pensent les uns, et en particulier M. Etienne 
Quatrcmère, ou de Sem, comme le croient les autres, et en particu- 
lier M. Movers, le souvenir de cette affinité, ou le désir d'en faire 
montre, s'était effacé aussi complètement chez eux que chez leun 
voisins les Hébreux , qui ne les traitent jamais de frères , et les metteni 
toujours de la famille des Egyptiens. Selon les Phéniciens, le père de 
la nation , Chanaan (petit-Gls de Noé) , son aîné Sidon, et ses aulrcf 
fils, ont donné leurs noms à toutes les villes et à toutes les tribus de 
la nation. 

Cette question d'origine n*a d'importance ici que pour la question 
de loriginalilé des doctrines. Or, sous ce point de vue, les prétentioni 
des Phéniciens sont aussi exagérées que celles des autres peuples de 
l'antiquité , qui tous se disent également les instituteurs du genre hu- 
main. Toutefois, la civilisation phénicienne remonte à une époque 
assez reculée. Elle est antérieure à l'invasion des Hyksos en Egypte. 
Qu'elle se soit enrichie dans cette longue expédition , cela est incon- 
testable ; mais ce qui l'est aussi , c'est quelle n'en est pas née. Elle est 
bien réelle dès le temps de la guerre de Troie. C'est Tépoque de Mo- 
chus et de Sanchonialhon , deux de ses représentants les plus célèbres. 
En effet , le commerce du pays et ses sanctuaires sont connus à Ho- 
mère, et, en général, la gloire de Sidon, et celle de T}t, qui viol 



PHÉNICIENS (SAGESSE DES). 33 

l'éclipser^ sont à cette époque des lieux communs dans le monde an- 
cien. Cependant, à toutes les époques aussi, les Phéniciens, qui 
exercent une influence considérable sur le commerce, Tindustrie et 
les arts, sur les idées religieuses et la culture littéraire de plusieurs 
nations étrangères, subissent à leur tour celle d*autres peuples et 
finissent môme par subir les lois de la conquèle. Leur sort est souvent 
uni à celui de TEgypte. Ils en sont les alliés lorsqu'ils sont assujet- 
tis par le roi des Chaldéens, Nabuchodonosor. Des mains des Cbal- 
déens ils passent successivement entre celles des Perses, des Grecs et 
des Romains. Mais à chacune de ces époques ils se distinguent par une 
haute civilisation y par une étonnante activité d*esprit, par une rare 
sagesse dans le choix de leurs institutions politiques , et par une in- 
teÙQgence profonde dans le maniement de leurs intérêts sociaux. Us 
se font remarquer dans le gouvernement de leurs affaires comme dans 
l'administration de leurs colonies. Dans les belles-lettres et dans les 
beaux-arts, dans l'industrie même, ils manquent d'originalité. Leur 
génie est peu créateur. On peut leur accorder, en fait d'inventions, 
la teinture de la pourpre, la fabrication du verre, celle de certains 
tissus et de certains produits métalliques; mais quant aux poids, aux 
mesures et aux monnaies, dont on les a souvent dits les auteurs, ils 
ne furent que les entremetteurs entre IH Babylonie et l'Occident, qui 
leur donna aussi l'astronomie, et assura par ce don Tincontestable 
supériorité de leur navigation. Quant à récriture alphabétique, c'est 
plutôt à la branche araméenne du tronc sémitique qu'il convient dé- 
sormais de l'attribuer (Bœckh, Meteorologische Uniersuchungen, p. 41). 
L'art pur, l'art plastique des Phéniciens , fut d'abord un emprunt fait 
par eux à l'Egypte et à l'Italie centrale; il resta longtemps grossier 
eotre leurs mains, même en représentant leurs dieux. 
Ce qui manqua toujours à leurs arts et à leurs sciences de la Phéni- 
; de en général, ce furent les lumières de la philosophie proprement dite, 
I l'indépendance d'esprit qu'elles donnent , la possession des principes 
suprêmes qu'elle enseigne. Il est vrai que, sous les Romains, la Phé- 
I nide eut des écoles de philosophie et des philosophes distingués. 
I Maxime, Paul, Porphyre et Marinus naquirent à Tyr; Diodore, Boé- 
j Ihos, Zenon le Jeune et Dionysius le Grammairien, à Sidon; Taurus et 
I Mnaséas, à Béryle; Philon, à Byblos. Mais c'étaient là des philo- 
I sophes grecs, élevés dans un ordre d'idées et d'institutions étrangères 
j à l'ancienne Phénicie. Jamais elle n'a eu un enseignement philoso- 
' Phiqne indépendant de celui des sanctuaires, ni des écrits comparables 
^ a ceux que la Grèce et l'Italie ont seules possédés dans l'antiquité , 
c'est-à-dire prenant la raison pour unique source et pour critérium su- 
prême de la vérité. 

Toutefois, si cette démarcation, inconnue même en théorie à plu- 
sieurs autres nations de l'Orient, l'a été aussi aux Phéniciens, cela 
r est loin de prouver qu'ils soient demeurés étrangers à ces notions de 
; psychologie et de logique qui ne sont que l'intelligence humaine en 
jeu et ayant l'œil ouvert sur elle-même, ni à ces principes de morale 
et de politique ou à ces spéculations de physique générale , de cosmo- 
logie et de théologie , qui ne sont encore que la raison appliquée à ce 
qui sans cesse la provoque irrésistiblement, à quelque degré de civili- 

V. 5 



34 PHEXICIEXS (SAGESSE DES). 

sêtkm que !ie troave notre espèce. Seolement l.i Phénicie ii*a consigné 
nolie part aes réflexions sur le premier de ces divers ordres d'idées, 
et ses vues sar les aotres ne se troavent qae sons les enveloppes de 
sa relicnon et de sa mythologie. 

Noos noas flattions d'avoir sar ces objets des indications puisées 
aox meilleures sources , c'est-à-dire dans les écrits sacerdotaux de la 
Phénicie ; mais si cela est réellement , elles sont dans tous les cas fort 
M'j^'f'S : ce sfuit les fragments de cosmogonie que Damasciu&a prisi 
Ewihna de Khod^s, disciple d'Arislote, qui les avait pris Ini-mème 
dans les livres hifinitiqnes des Sidoniens , et dans Mochus {Damateii, 
philoionhi platfmici , De prirnÎM principiis. Ad fidem eodi. mM. «tf. 
Jm, nojfp., Francfort, 182G, , et les fragments analogues qn'on trouTe 
dans Kusèhe, qui les tira probablement de Porphyre [Prœp. etan§,, } 
lih. I; c. 9; lib. x, c. 9.; y lequel les avait empruntés à Phîlon de \ 
Byblosy tra^Jucteur ou abréviateur de Sanchoniathon {Euêebii PrtBf* \ 
Wang, libri xv. Ad codd. nu», recens. Thomas Gahford, in-S^^ Oxfoiï; ] 
184.'!;. I^!S premiers de ces fragments, ceux d Endème, semblent 
moins altérés que les Sfîconds , ceux de Philon. Mais quel est le degré 
de pureté ou de iid(C!il6 d.;^; uns et des autres? C'est là une qoestioB 
de critique d'une solution difficile en Tétat actuel de nos connais- 1 
sanccs , et dans tous les cas , plus difficile encore est la solatiion ; 
d'une autre question , à savoir, de quelle époque et de quel degré 
d'originalité étaient les écrits religieux consultés parEodème et par ' 
Philon y ou attribués soit aux prêtres de Sidon, soit à Mochus et à 
8anchonia(hon. 

Les seuls points qui paraissent établis sur la dernière de ces qaes- 
tionsy ce sont les suivants : dabord , ces écrits, qu'on disait rédigés 
HoiiK le r^^ne de Hel, par Taaul ou Hermès , interprète de la Divinité, 
et persoiiiiirKïation de la science sacerdotale, contenaient une révé- 
lation sucrée , et ils étaient accompagnés de commentaires postérieu- 
rement composés par les prêtres pour en expliquer les mythes et les 
allégories, mais attribués par eux à Hermès second et Chusartis {h9l' 
mcmie, perNonni(l<mlion do la loi organique du monde) ; en second lieu, 
on disait ces révélations ins<Til<*s en caractères symboliques sur les 
colonnes des sanctuaires de Tyr par Héraclès, divinité qui répond aa 
llel de la llhaldée, au Chon dr. l'Kgyplo, et qu'on désigne sous le nom 

Û' Hercule philunophe (ll(.^y./Vi: A v*'''"''?'':» * Xe-Yoaivo; T6oio;. Cknmie» 

Pasch. , t. I, p. 78) ; Iroisiènieinoiit, la commune tradition compre- 
iinH, sous l« nom iU'Sanrhnniathon, ou le recueil complet de ces pages 
sacnScH , ou le c<illoclcur de louli's cl lo plus illustre d'entre eux ; qua- 
trièmement, leur conicnu était rKsenlicllrmontcosmogonique, Taslro- 
nonùe cl la physique ii^rnénili* riant la hase et la clef de la théologie 
phénirionno, cl loulo la pariio liiurgiqurdo ces écrits étant d'origine 
postérimire \ rnUn , c(Mlo drrniiVo partit* seule était originale ou pu- 
nmicnl phénicienne, lu prnnii^ro n'éiani qu'une imitation, assez libre 
sans diiuto, nuii» très-uianifonlo iMHM»rc. tics llitS)ries et des traditions 
do l'EgypIo Pi de In OhnldtV. 

Quaiit h In promuMo des ihMix tpii^<«hons, rHio du degré de pureté 
ut do \W\\U^ tloN rrnginnnls d KtwhNino «M tl<^ IMùlon , il y a d'abord une 
nuanro sonslblo cntro los uns ot U^h autres , iM cette nuance établit une 



riiKM. .!}.>< >\'.i>>i, ii:> . 



• I 



forte pn*"^impli"?i • Il iH- ur 'it. j. :•■'£:. ••r^. ÎVi.. r. . i 1 1 \. r.îi-, | ri «'f.-! 
i\r^ir rt'tr>>.\'- . i).i;.« un .iii< > ii «.ri •!•■ **iiiifi 'i-.iiLitn . la %i*nt.ilil(! 
Ibe' t jif l*!» |*ii'F 1 'I [i*. ■•■ ■• ii'ii- ;• - jir-'lr»-' .i\.ii iil ifiiU»* lon»*ti'rn[is 
rj. îii*»". T ir ii m* ■■. •; i i.^ I .'.\a u\ f ri- iii-Til .li'.t-riv. lïr, on p«*ul 
lai pd*îK'r * Il d^HiTli n mi ^-'ii i i i*» ii "ur !•• r tri'i* iIp ^i-h r»Th*Trh«'!* 
lâi' ri-'U-H*-* ; ii;a.> i\vu\ 'fr* tirs s%%lrî .ilj j . * i. lussent I csqnissi* r|irtl 
Incc d'' è.i JfK Irii.t' il' ^ I'lh-M>'ii-ii<-. Li |T>-r'.i< r> . r «^^l ^tiu ^rArm^- 
riiMf • <{ui le i^Tlr .1 \i'Ui .r >i 1:1 hlrt-r. >' .tpn^ ir^ ri.\tl)«> dr^ l'Ii^- 

nii'ltfD? 1*1 ré*U\ drs n.it •i!i<» \ .*.:.•••., iju* |. ^ «iinix «li» ivs |itMI|)U*1l 
K M>Dl ifue dc^ li'>lti(iit's (liMiiisis; !.i viiondr. r fsl ^. n ti\|iii(h*'M*, 

que les mUheN d« ^ IMii-rurirns i-n' r\> \.\ ». ur.-f d»' • «'ux di's .tutm iia- 
ûon^. «ira» di'UX rm-ur- ^"U\ *\: ;;•■■ «t t pr f r.ilis l un*- «'l ) aiiln*, el 
dir^ doivt*Dl i"\«n|iT 1.1 «tjIj'jijo : l'His :.•;>. 1! ••" iw H.iiir.i.i'iil imu'» on- 
^BiTcr a rrj'»l»T U* fund df»» r»!.M".jr r!;iihS «jij illr* 1 ii\i-l-'||i»*nt. 

Il noa* rp^îe sur l.i ^ajos^v di ^ I'Ié-uu h'ii^ d .uitr»-^ ii.iiiiMimns na- 
tiooalec : drs iiis4'ri|ili"n\, i\rs u. 'HUAifs <)•■ [liusu'urs \ii!is e{ di* qui*l- 
qoes cok<nie*i, dfs mrinunif nls p i.i'.iS au 1 ull»'. M.u< » «'h M»un*#»N smil 
ûibles. el a\pr \Aus d .tlx'iiii.iiH-r r..ii!.>ril ivliis qui* nnus nlTrfnt l«'s 
eodes ftarrés d»'S Ju N . l-* 111*. r.|ili.'i.* •!■• I K-> pt» . Ir»» li'Xl*"» di^ i^ti- 
Tiins irrpi's el Litin^; s'miIiH;» i»l . li fmi s.- .Ji-hi-r >'ni;t»l>»^n'ni»*nl du 
sviifine des assimila lu iii s , ^1 (.iiii.inT a i-«'s ili-riii>*rN i"rM|u il s'af:il do 
religion. 

En con sol tant ers s-'Un-t»^ -1 'îi\.rs'^. ,t *i\ li-n.ml rnmi.ii» di* ros 
circoDstaniV!» tri df r»> .1 ■.. i.r r.-. • :i .iri.\i'. i.'.ins I i-l.it .u-in»! do n«»< 
connaissances , â on haiil dt -.ri- df pr"l.aliilit«' pour li's résultats sui- 
\anls. 

La Ihéolopio pht'-nit'ii*nno est uno di*N firnr»»*< li»*i plus trnnrh^^os dfi 
ee naturalisme panthciHlMpii- qu on r« tr>iu\^ au f'>nd d«* loult*> |e< nn- 
dennes spérulahnns df !< infut. I. id*-*- di* la hiMniti* n > t'^t {»as asso7 
dutiDcle de cel!«^ dr t.t nalnri*. .\»:is^.ini iM\^l«TiiM]H4*nifiil au **t*in de 
ceile-ciy llieu v%i lour i l"ur uiw fttjiss.inr'* iPMtnrf , qui aniim* el 
eooserre, el une pin^srinn» df^lrui-'n.»». qui lî.«!i*r"r!!ji* nu ;infanlil, 
leloolsous deo\f<>rm(**i [innripili-s . 1 uhi*. i-riin-ipi'df fi-fonilile.de \hî 
el de lomiêre; I aulri* , f'rinnpf d»* n-i' j'tiMlf . ili- ^''-inralion ri d'rn- 
faolement* dualisme d »*tT''ls nu •!•* ;' .iii:f<-^Lit;>>ns qui i-sl inronleslalilf, 
nais qui n exclut pas fntn* I«*h iii-u\ t*'rii^'^ dont il m' rniupose une 
iorled'anil^andro^'\ne , q(ini'|u 1! rii^tinju** !<■ pp'mifrdes dfux prin- 
cipes comme élémenl di* Mf mlfll- i-luflif. clu «ii'mnd, considéré comme 
élémenl de \ie (diy^ique. i!«*ll'' «Lflin-n**** m* r«*\i\t* lui^iitf diin^^ toute la 
lérie des dieux qui en «*ni in*Mit nu qui «'u hri*nt h'ur orii^ine. Kn eiïet, 
ridée fbndamrntale df v»* >\sii-r: «• ffimpotif aiit;itit d^* di\inilt's qu'il 
pevt Y avoir de inanif»'si.'ilioii.-i! iri> la iMUsalit*- ^upri'me. On peut toutf- 
Ibis ranger en deux l'iassf ^ tous Ifs njenl^ ri'mnnuN p>ir la tht*i)i«if:it; 
phénicienne : les pui^isiinces rdMniqiH's nu ::i*ni'rales, et !••♦» puissances 
sidérales ou particulières^ lellfs que If soIimI rt la lune. Si Lvnèrales que 
ioieiil les premifres, ce nf sont pas cepf nd.mt df simpifs abstractions 
«a des personnifications allfj«»riques; ce *»ont des iMres (»u des dieux; 
ib ont leur liisUiirc leur rnf.mce , leiir adoli'^^i-fnff , leur î^c mûr, 
fcor vieillesse ; ils sont fondatrurs de villfs .lu d»» fcip-im-s. cpMtfiirs «If 
Calles et d'iDSlilutiut:s siiciales, cl rcmiMins il* lu nation fnîiVMfou 



.1 . 



30 PHÉNICIExNS (SAGESSE DES). 

honorés spécialement dans certaines localités. Il y a aassi des divinités 
qui ne sont qoe des abstractions on des personnifications d'êtres im- 
personnels, tels que le Temps^ TAnnée, le Mois, TAorore, le Jour, 
la Nuity rUenre^ la Jeunesse, la Vieillesse , la PauTreté, le Destin. 
Mais de ces divinités elles-mêmes quelques-unes se confondaient 
avec les dieux personnels : par exemple, le Temps, qni était Bel ou 
Belitan, ou Kronos, ou Saturne. Dans tous les cas, leur caractère 
purement allégorique n'infirmait en rien la personnalité des puissances 
cosmiques, ou des dieux du premier ordre. Les puissances secondaires, 
on sidérales , étaient elles-mêmes parfaitement distinctes des astres qui 
formaient le siège principal de leur gouvernement. Ce gouvernement 
était si bien subordonné d'ailleurs à celui des puissances cosmiques ^ 
que sur les monuments les planètes figurent comme de simples at' 
tributs des dieux suprêmes, quoique les cérémonies de leur culte et la 
richesse des traditions ou des mythes qu'y rattachaient à Tenvi l'astro- 
nomie, la médecine, l'agriculture et l'astrologie, leur eussent assuré 
près du peuple, à certaines époques, une véritable prépondérance. 

Le détail des noms, des attributs et du rôle des nombreuses divini- 
tés de la théologie phénicienne appartient à Thistoire des religions, 
qui n'a pas manqué de s'en occuper ; mais la philosophie doit jeter 
un coup d œil sur les principes qui président aux spéculations théogo- 
niques et cosmogoniques auxquelles les Phéniciens se livraient avec 
une grande prédilection, avec toute la curiosité et toute la hardiesse 
de leur génie oriental. 

Dans les spéculations assises sur le naturalisme , la naissance da 
monde est étroitement liée à celle des dieux ou des puissances cos- 
miques qui se déploient dans son sein ; l'origine, les transformations et 
la fin du premier, est en partie l'origine, la destinée et la fin de ces dieux 
eux-mêmes. Il est, en etlet, des divinités qui s'effacent quand leur rôle 
est accompli, pour faire place à d'autres, dont l'apparition est motivée 
par des faits nouveaux , tout en se rattachant à des éléments anciens 
ou même éternels. La théologie phénicienne a non-seulement des 
principes, des puissances ou des dieux antérieurs à la naissance du 
monde , mais même ceux qu'elle y fait contemporains ou postérieurs, 
elle les conçoit comme une sorte de dédoublement des autres. Les 
cosmogonies de l'Orient partent généralement d'un principe étemel, 
do l'idée d'une existence divine sans commencement; elles s'occupent 
souvent des rapports primordiaux de la double puissance sous laquelle 
elles la conçoivent , mule et femelle, autant que de l'origine et de la 
formation du monde. Dans la spéculation phénicienne , le principe 
mAle, Baal, se borne à l'acte le plus pur, la conception du monde tel 
qu'il le veut. Il n'en est l'ordonnateur, ou le démiurge, qu'en théorie; 
le démiurge , qui réalise sa conception , qui la met en action , c'est un 
second Baal, c'est Hercule, c'est Chusor Phlha. Le principe féminin de 
la puissance suprême se déploie de même sous deux formes, ou deux 
dénominations distinctes , d'abord comme Baau (la Nuit , le Bohoa 
des Hébreux, le Butodes Egyptiens, le Baot elle Bythos des gno- 
stiques), ou mère des choses célestes et des dieux , et ensuite comme 
Mot, ou mère des choses terrestres, dont Astarté, Aphakê, Paphos et 
Dercéto sont des manifestations ultérieures. 



I 

I 



PIIKMCIENS ( SAGESSE DES . r.T 

tes principes fiindamrnt.iax . I r^pnt phénirira parait avoir 
I Aibli« daoK le v/^ur^ du trmps , |iIuM«*ar^ roMnopinicv ftormaivfs plo- 

lAtqoe rrnlrn»|i«iriinr>, ri . par rnf)M''.|ui'nl , a*M/ I^l\••rM•^. Au moins 
'^ cil-iJ \rai di* ilin* qur )i*s rrri\ainN ^ucs i|ui Ws l'iit coni^rvfcsi aident 
singulièrement A ItfHi di\i*rMlîrr. 

La plus ancienne, r(.n<>er\e«* par F.ud»*me, el qui parait avoir ^lé 
(file du sarerdœe de >:<]iin et d** ses h\r«'N Mcn*^. rnet u la tête de 
toit une triade nnxle , .i\.int pour >>lj*'t d i-\plf|uer le plus fsrand 
fioblème de la ro«infi;:'ini<' , rr^i-a-dire I .iciion d un pnnnpe intel- 
lectuel sur un prinri|N* iiiatmi-l, nu la rrii<|»^raliori de^ dt-u\ :re Kont 
le Temps Bel ou X:-..-. . le lir^ir ii « ; . et le prineip^qui est en 
^ genne la lumière el lair. le f«'u et 1 humidité, le limuiDard {i-uiy^,r\ 
I Le premier, leTemp*», pLnit* nu-de«>sim d<'^ auin's dans une >phi*re 
plo< hante : de I union des deux autres nai^vnl l'air iniinobile et l'air- 
loafDe 'sr: et iL:i , et l«ur iini'in enu'endre 1 <i-uf du m«inde, emprunté 
à la cosmofTonie av^wn-nrit'; d^* ret nuf «*ntr i>ii\'-rl. fi'ndu en deax 
sphères, naissent !e.s cii'>M*> r«*Ie>t«*s 1 1 Irrreslrr^ lKiiiiaM-ius,M6i iuma, 
p. 385. 

La seconde de ee«: Ipu«; ro^nm^nnies , ertle il«» Mriehus, êpale- 
Dent eonM»r\êc par Kiidnnr, r^t un*' snrte di» n-Msiiin de la prèr^ 
dente. Elle en rrtranrlif Li in ni*' . i'i'\r l.iir v\ r«-llier au rnn^ de 
premiers principes, m f.ni n.iiirt* (hif"W * , (•«■st-ii-iîiri* Oinm , que 
Damascius prend ou p «nr !i- mj'it'tnf tnifil^iif't^, l.i plus haute in- 
telligence divine, a* qui en ftT.ul j.ullir un |irir.ri|)«* inlrllipent d'un 
principe phxsjque; nu Imn jMiur U* plan, le p.ir.idi^'me du monde, 
ce qni fait des deux preuiicrs prinr!|H's drs inlrllip'nces en fferme. 
En effet, si Olam est W niMndi' mnru dans un temps antérieur, le monde 
avenir, «•:*«<. et si it-tti- rfinn plion e^l lilli' df I.it ri de l'êlher • les 
den princifies S4»nl, rfinme z^,, «i ii.-i , rhi*7 1rs (ïnes, à la fois des 
puissances coitmiques i-i d'"« inl«-!!iji'no •« di\iiit-s. D'fiiani naît l'airent 
qui oovre l'iruf du n."r<ie, w qui il<>npt' n;i]*«>.inre au eirl et û la 
terre, cette ^'mnde di\!siiin d<* 1 iii:iMrs. d.in*» l'i-i ■iii"n de j'antiquilë. 
Otiand Mochus ajoute qu .i\:inl Ohiw un plan* li-- IVri/*, qui mettent 
enjeu les deux princi^n^s priuuliis. iniiis que p'>iir Im il suit un autre 
ordre y c'est encore uw correriinn qu il apporti? .i I ancienne cosmo- 
gonie. 

La troisième, celle de Sanclinni:ithon, nn«s !♦» v* rrons ailleurs ' Foyer 
ce mot;, n'est plus une re\isinn, r'est une l'miipiliiion dnnt les idi^ 
appartiennent trop peu à I ancii*nn«' Phénieie pour n'en ^tre pas s<^pa- 
rees nettement. La confusion qui a ré;:ne jusqu'il pr^nL ù ce sujet a 
jM le pins grand trouhle dans l'hisloire de la civilisation phénicienne, 
et n*a pas permis de diMin^uer 1 inlluence qu elle a exercée et i*elle 
qo'elle a subie de la part des contrées voisines. 

Linfluence de l'Assvrieet de la Chaldée sur la spéculation phéni- 
cienne est attestée par la ressemMance dis ofunions et celle des termi- 
nologies, de manière à ne pas laisser la possihiliié du doute, niais rien 
ae porte à admettre la riM-iprocité. Il n'en est i)as cie ni^-me de l'Egypte, 
msqneles Phéniciens ont dominé pendant unt série de siècles, et 
*. lequel ils n'ont ce&sé d entretenir des rapports plus ou moins in- 
de telle sorte que, s'ils en ont revu une partie de leurs idées. 



S8 PHÉRÉCYDE. 

ils ont pn loi en donner à leur tour ( Voir Rœth , Histoire de notre 
philoêophie occidentale, in-8% Manheim, 1846 (ail.) 9 ouvrage qui 
porte aussi ce litre plus exact : Les Doctrines religieuses des Egyptiens 
et de Z oroastre, considérées comme les sources de nos idées spéculatives). 
Si la Pliénicie a beaucoup emprunté à l'Egypte et à l'Orient en général, 
elle a beaucoup communiqué à la Grèce et à l'Occident. De toute la 
race sémitique , la branche des Phéniciens et des Pélasges a été Tin- 
termédiaire la plus active entre l'Europe et TAsie ; cela est écrit dans la 
langue, les traditions, les mythes, et même les noms des plus anciennes 
divinités de la Grèce. Les premiers matériaux de la spéculation hellé- 
nique remontent à TEgyple et à TAssyrie par la Phénicie; et, s*il faol 
attacher peu de prix à cette circonstance, que le premier philosophe 
de la Grèce , Thaïes , fut d'origine phénicienne , on peut au moins la 
regarder comme une de ces singularités auxquelles les faits de rhistoire 
donnent une sorte d*imporlauce. Ost un bien grand rôle pour une 
petite nation « que d\ivoir, tout en s'enrichissant par le commerce et 
l'industrie, jeté des colonies sur toutes les côtes de la Méditerranée, 
versé sur l'Europe les idées de l'Asie, et enfanté ou nourri la civilisa* 
tion de la Grèce , qui est devenue la philosophie du monde. Ce rôle, la 
Phénicie Ta joué incontestablement d'une manière éclatante. — Voyez 
Movers, les Phéniciens , t. i, Bonn, 18il (ail.;* ; la Religion et les 
divinités, 1. 11; l'Antiquité phénicienne. Le tome 11, dont la première 
partie vient de parait re sous le titre à' Histoire et constitution poli- 
tique, Berlin, 18V9, a une seconde partie consacrée aux colonies, et 
une troisième consaoréo au commerce , à la navigation , à l'art , à Tin- 
dustrie, aux mœurs et à la iilléralure. — M. Movers a publié , dans 
V Encyclopédie d'F.rscho{ Gruber, l'excellent SiViicle Phéniciens. — On 
trouve au Journal des savants, année 18V6, un article de M. Etienne 
Qualremèro sur le premier volume de M. ^lovers. — Voir aussi la liste 
des écrivains sur les antiquités de la Phénicie, dans Lobeck, Aglao- 
phamus, p. l'267. J. M. 

_ _W_ 

PHERECYDE. fils de B;ibys, naquit à Syros. l'une des Cyclades, 
vers la W olympiade, environ si\ cents ans avant noire ère*; c'était 
le temps où Tlîalès, parvenu à la maturité de lApe. attirait sur lui les 
yeux de la Grèoo onlioro. lo temps où le pori de Syrôs. visité dès le 
siècle d'Homère par les navisrateurs phonioiens. se remplissait de leurs 
marchandises et de leurs \aisseau\. Ces deux ciroorsîances décidè- 
rent de la direction desprit du jouno Phoréoyde. La tradition des 
écoles conservée par Joscphe, Siv.das. Eusobe' Hesychius. nous le 
montre siniliant aux dog;ues relicioux tîe la Phor.ide au moyen de 
li\Tes secrets qu il était parvenu ;\ se prvViiror. et s ess.iyaLl à suivre 
les traces do ïhalos. dont rinmonso cioiro exvilà!*. son éiîîulation. 
Diogène Laoroe ajoute qu'il res:ut aussi '.os UxvM\s .io PiV.acus. Mais 
comment croire à son tômoignaîio lorsque tous les ai:l:.:rs nfârment 
que Phérècyde n'eut d'autre > -^ue lui-même ei les livres des 

Phéniciens ? On sait, du reste es s<ii^|fe^ne s'occupait de 

renseignement de la jeunessi ^^issance de 

Phérècyde, Pitlacus.lout oc 
déjà Agé de 56 ans. A pi 



PBDËRËGYDE. 39 

cette assertion de Tzetzès, qae Phérécyde fat le maître de Thaïes, 
lorsque, loat ao contraire, on voit que le philosophe de Milet, né 
qaarante ans avant celui de Syros, fut de pins, dans Tordre delà 
science, son précurseur et son modèle. Le vrai disciple de Phérécyde, 
né oomme lui dans une des lies de la mer Egée, porte on nom bien 
antrement illustre que celui de Thaïes et de tous les philosophes de 
llonie : c'est Pylhagore. Ce fait n'est pas seulement attesté par une 
multitude d'historiens; la peinture elle-même a pris soin d'en con- 
server le souvenir. Un tableau de Pighius représente Pythagore ado- 
lescent, qui, conduit par Mercure et par les Muses, se pr^nte à 
Phérécyde pour en recevoir les premiers rudiments des sciences. 

Le maître choisi par Pythagore ne pouvait ètreun homme ordinaire. 
Au rapport des anciens, la sagesse de Phérécyde allait jusqu'à lui 
permettre de prévoir l'avenir; on en cite plusieurs preuves. Un navire 
poussé par un vent favorable voguait à pleines voiles prêt à entrer au 
port. Phérécyde dit : « Il n'y entrera pas. » Quelques instants après, 
le ciel change, le navire s'abtme au milieu des flots. Une autre fois, 
après avoir bu de l'eau d*un puits, il prédit qu*avant trois Jours il v 
aurait an tremblement de terre. Avant trois jours, la prédiction était 
accomplie. 

Malgré tant de droits à passer pour un envoyé du ciel, Phérécyde, 
plus philosophe en cela que Pythagore, ne paraît s'être donné que 
pour un simple interprète do la science. Du moins son livre «tir la 
Nature des dieux, que nous avons perdu, était un traité scientiBque, 
et, qui plus est, un traité en prose. Seulement la pensée philosophique 
s'y dérobait sous le voile d'une allégorie perpétuelle, comme dans ces 
livres de l'Orient dont l'auteur s'était pénétré. Le traité de la nature 
des dieux était resté obscur pour les Grecs eux-mêmes, et Clément 
d*Alexandrie place Phérécyde à cêté d'Heraclite dans la liste des 
écrivains énigmatiques. 

Pour comprendre les rares fragments qui nous restent, il serait 
utile de savoir quels sont ces livres secrets dos Phéniciens dont le 
système de Phérécyde doit reproduire l'esprit. M. de Beausobre croit 
qo'il s'agit de la prophétie de Cham, fils de Noé. Conjecture asses 
malheureuse, puisque , selon toute vraisemblance , cette œuvre pré- 
tendue contemporaine du déluge est d*un de ces mille faussaires qui 
déshonorent les premiers siècles de l'ère chrétienne. Huet semble 
hésiter entre les livres de Moïse et celui de Sanchoniaton. Heinius 
n'hésite pas et se prononce pour les livres de Moïse. Il est certain que 
laPhénicie et la Judée, pays limitrophes, sont souvent confondues par 
les auteurs profanes, et, d'un autre côté, on croit retrouver, sous les 
symboles de Phérécyde , quelques-unes des idées de la Genèse. Ces 
concordances sont-elles assez claires et assez nombreuses pour qu'on 
en puisse conclure que le vrai maître do Phérécyde ait été le I(^gis- 
laleur des Hébreux ? On en jugera par le court exposé qui va suivre. 

A l'origine, disait Phérécyde, la terre n'avait pas le nom qu'elle 
porte aujourd'hui. 11 n'existait que le chaos ou l'eau qui est la même 
chose, le temps et Jupiter. Jupiter a fait un présent à la terre, qui a 
ainsi mérité le nom que nous lui donnons. Sous ces symboles, que 
que troQVons-nous ? Deux principes coéternels : une matière informe 



M PHEPtECYDE. 

â l'^Utt liqoîde. une cause ordonnatrice et bienfaisante qui produit l£ 
monde et dont l'action s'accomplit dans le temps. An rapport d*Âristote, 
Fhérécyde ajoutait que rien d'excellent ne manque à la cause première^ 
M;un;ff et modèle de toutes les perfections. Assurément, il y a loin de 
vM dualisme déjà si élevé a la cosmogonie matérialiste des Phéniciens. 
L'idée <jue J'eau couvrait la terre à l'état de chaos est dans la Bible; ' 
inaif) ou n'eKt-elle pas? Elle fait le fond du système de Thaïes et de ' 
touli'K les cosmogonjes des anciens peuples. Mais où trouver dans j 
l'héréiryde la doctrine de l'unité de principe, le dogme si essentielle- 
ment blLIiqu^^ de la création ? 

AprèK la terre sont nées, par une certaine intervention de rameur, 
d(th multitudes de divinités secondaires, entre antres Ophionée, le grand 
Kcrncnt. l>'(>phionée sont sortis les ophionites qui forment son année, 
et l'armée d Ophioriéc est opposée à celle de Saturne, races ennemies , 
ri de natures contraires. L'n combat s'engage entre les deux armées qm 
.s<* diNputirnl U'H répions supérieures. Les vaincus sont précipités dans 
'0{/énuN, les vainqueurs restent en possession du ciel. Ici, les analo- 
^ii'N HVf'c la Hihie deviennent évidentes. Heinius insiste sur le nom 
ft'Optiioné<*,el jusque sur la ressemblance des mots ogénus et gehenna» 
MalhcuriMisement, dans les traditions religieuses de presque tous les 
peuples on trouve le combat des bons et des mauvais génies, et le 
r»t'r[)ent et l'enfer sous un nom ou sous un autre. Sans! doute la res- 
^emhlanee n'est pas partout aussi marquée, mais cela suffît-il pour 
forcer la eonvielion ? 

Une doelrine moins (générale est celle de l'immortalité des Ames. De 
touH leN philosophes qui ont écrit, Phérécyde, dit Cicéron, est le pre- 
mier t|ui l'ail enseif<:née. A qui Ta-t-il enseignée? Sans doute à 
l\Vlha|j(ore. Mais lui nu^me, d'où l'a-t-il tirée? Il est VTaisemblable, que, 
piMii If* maître ili« Pylhagore, la doctrine de Timmortalilé des âmes se 
eiitilniiitaii avee eelle de la mélempsyohosedonl l'esprit, on lésait, n'est 
part eelul ileN .saintes Kerttures. 

Voii'i un dernier rapproehemenl. Nous voyons que les Déliens accu- 
h^ienl IMn^ri^e>de iliinpicMi^ parce qu'il n'offrait point de sacrifices aux 
dieux et eouMeillail au peuple de n'en point offrir. Ici Heinius triomphe. 
IhiiiN ei»l eiiNeifOiemenl de IMuWeydo il ne trouve rien moins que 
eelle piMiNiV m Nonxenl reproduite dans les Ecritures, que ce qui con- 
vient A hieu ee n'esl ni la futnée des holoc;)ustes ni le sang des vic- 
llineN. Iiif^i^nieux eominentaire et qui fait bien de Thonneur à un 
aeeuMV Main ee eommentaiiv est il le soûl possible, et quelle preuve 
Il I on qu'il Mut le \rai ? 

Il eNl en»',M'e paili^ daiw riieriVyde d'un ohiMie ailé et d'un grand 
voile orni^ de diverses eiMilenr^. 0'»<*lqu** obsenrs qno soient ces svm- 
htdeK. leN interpieiationN sont noint>venM\s. aussi nombreuses que les 
Inleipi^le». Selon Sandiuii. dans mmi IV«nf< tir I\imr. le chêne ailé 
e'eM lespiili te ^^land >eih\ le eorpv. Poui Kabriiins, le chêne c'est 
l>ie«. les ailes, le temps; le^iiind \.>ile, ).i nalinv pïvl:(-q;îo et soscep- 
titUe de mille liansItMoialienN Selon ttnuker, p,\i sa lUiree séculaire 
1.» el\tSïe ll>îiire l.i m.ih^ie ei,Mi\%Mîo. Ion ;u1o>. lo r.^M;xo:r.fnt qui s'v 
produit; lo xoilo. lo inonde qui en rOsuile. ll<Mnu;> :v rilo l».en loin 
toiiUVi oes oomlunaiNOUN. || o»t olan po'"" '"'i que le chtVne est Je globe 



PHILANTHROPIE. 41 

terrestre, les ailes l'atmosphère, le voile le grand cercle do monde 
embrassant la terre et les mers. On comprend qu*il ne nous vienne pas 
à Tespril de choisir dans cette longue liste d'interprétations possibles, 
ni sortootd*y ajouter une interprétation nouvelle. En résumé, nous ne 
trouvons guère que des doutes à exposer sur Phérécyde et sur ses 
doctrines. De plus habiles feront luire sur ces questions la lumière qui 
nous semble leur manquer. 

Rapportons un dernier fait, un fait des plus honorables pour la philo- 
sophie. Malgré la diversité des traditions relatives aux derniers moments 
de Phérécyde, il paraît certain qu'il mourut de celte affreuse maladie 
qa on appelle maladie pédicnlaire. Ses chairs tombaient en lambeaux, 
éhrorées par une hideuse vermine. Ainsi, dit-on, l'avaient ordonné les 
divinités de Délos pour venger leur culte outragé. Abandonné des 
dieux, Phérécyde fut visité par Pythagore. C'est un fait rapporté par 
Dîodore de Sicile, par Porphyre, par Jamblique, par Apulée, qu'à la 
nouvelle de ce malheur , le fondateur de Técole italique quitta la 
Grande-Grèce qu'il remplissait de sa gloire, aûn d'apporter à son 
maître infortuné quelques consolations. Phérécyde, pour éviter les 
regards, avait interdit sa chambre. Pythagore entrouvrit la porte et 
;. demanda ao vieillard comment il se trouvait. Phérécyde, le visage 
, euhé sons sa couverture, passa hors du lit son doigt rongé jusqu'à 
l'os et dit : « Tout mon corps est en cet état. » Pythagore l'ensevelit 
de ses propres mains et lui rendit les honneurs* funèbres. Par son 
génie le disciple a éclipsé le maître ; par sa reconnaissance il le recom- 
mande à l'attention et au respect de la postérité. 

Consultez , sur Phérécyde de Syros, l'ouvrage deTiedemann intitulé 

Prtmiert philosophes de la Grèce, in-8', Leipzig, 1780; celui de Sturz, 

; fhereeydi* vtriusque fragmenta, in-8°, Géra, 1789, et surtout le Mc- 

[ moire de Heinius que nous avons cité, Mémoires de V Académie royale 

\ iet Sciences de Berlin de l'an 1747. D. H. 

[. PHILAiVTH ROPIE (La), ou l'amour des hommes , est une vertu 
Vmte moderne. Elle a son point de départ dans la fraternité préchéo 
^ Ift le christianisme ; mais le christianisme , pour opérer la révolu- 
L lioD profonde qu'il venait faire dans le monde, devait d'abord changer 
lie cœur de l'homme. 11 entreprit de faire prédominer l'instinct sym- 
"latbiqne qui nous porte vers nos semblables, sur l'inslinct égoïsle, 
^ cet élément nécessaire sans doute à la conservation de l'espèce , 
Btis qui nous arme les uns contre les autres par le stimulant des 
, intérêts contraires. Tâche laborieuse et difficile ù réaliser ! Ce devait 
' élre l'œuvre des siècles. 

Qu'on se rappelle, en effet, le sentiment de surprise qui accueillit 
t ces paroles mémorables du comique latin : « Je suis homme, et rien de 
^ ce qui touche l'homme ne m'est étranger. » Celait le temps où le 
cercle des affections humaines s'arrêtait à l'étroite enceinte de la pa- 
We, et où le nom d'étranger était synonyme d'ennemi; c'était le 
tanpsoù la populace romaine , sourde aux vers élégants de Térence, 
ftvait la voix dans le parterre pour demander un ours ou des gla- 
^teurs , et où des centaines d'esclaves descendaient dans le cirque 
Nr s'égorger, aux applaudissements du peuple entier : c'est alors 



42 PBUAKTHItOFlE. 

<]D'aii esclave affranefai laissa échapper ce m de son âme. 1 
pKSsentimeDt du génie qoi devançait son siècle de bien loin, ce g 
longtemps stérile, longtemps coaié par l'élite des philosophe; 
lJqa« , ne pul éclore qa'an sonne d'noe religion nonvelle : ma 
folla dis-bait siécleE poor faire prévaloir, Don pas même la pri 
universelle e( conilsnlc, mail d abord la seale théorie de ce sentit 
destiné à changer les relalioiJë; sociales , à rapprocher les bomn» 
les lient d'an amour mutuel , et à unir les peuples dans ta frab 
du genre humain. 

Cependant, dira-t-on , la philanthropie n'est pas nue chose 
velle I ce ii'esl iju'un Kurnom donné à la charité , qni , dix-huit s 
avant la philanthroi^ie , avait annoncé aaz hommes qu'ils sont 
frères , et qu'il» doivent s'aimiir comme les enfants d'an même 
Oui NdDH doute. BU fond fia charité et la philanthropie soal 
mifino cliow! : I unii itl l'HUtre reposent sur on même sentiment 
l'iiiNliriet nih'JuMk M^mi-, par Dieu au fond de nos cœnrs. Ill 
Kufllt d'un piiu d'iitlitrition pour remarquer entre elles des canu 
IrèN-diHtlni'Itl. AiiiNi lu chnriKi en est resiée au sentiment , qui 
wiiircn d'où Hln dMvM ; tiindis que la philanthropie s'est élevée 
prliiH|i(-M rundés nur In rnltioii et sur la science. L'une est Bile 
ri'IlKl'iiJ, riiiitro ••Ht llllii de In philosophie. La première, fruit 
llifi)ilriili(iii loui^hnnlit et d'une douce sympathie, est une verti 
Iniliviihicljii, (|[il ntniH minctilie doviiiil Dieu , en nous faisant aim 
liommtot ; lu Hit'oiiflci . f^uit des lumièrrs et do progrès des i 
dnvli'iil iiiii' vci'lu Niii'lnln , qui traviiillc it se réaliser dans les in 
llrinN, Kt iiiiur prcmlrit le fiill 1» plUN niradérixtique, celui qui m 
lu dlITiH'i'iim III [iluM itrurcMido l'tiln^ In société nnliqoe et la sociél 
itttriii^, i'VnI a ht |iMilimlhrii)iio (iiie In charité chrétienne a lai 
lArlii» i\« Kniimimiiicr rnhulliiini m> IVxclavnfie. Malgré les effi 
d(i IttiulrKMHti (|ui^ h\n Pèri>N ili< IK^lisiP rt'pnndent sur tous ceu 
hiiuiïn^iit, nu iiiilioti iIi-k (-iinsiiliiliniis qu'ils prodiguent aux oppi 
JainuiH uUfUli d'eux n'ii |triilt'slit cmitro la dure loi de la eerv 
i:«< Miiiil Im philHUopliPH d'iilutnl. puis les jurisconsultes ron 
issiM oiis-niAnies ihi slnli-ismo , qui ont fait entendre les prer 
rt'i'lHuiHtiouH i^n faveur de In unlnre hnumino . qui pon à peu on 
si'ii driiilM en lumi^r^, et les enl fnit, par de louiTS efforts, péi 
iluiiM la Itfcislation. 

Ne sii>tiiM deue pitini eiehisifs ; AecneilKins partout lamoi 
rhiinianite , sons qoeUiiie fi>vme qu'il se pnHluise. Par cela sea 
U w\it;m\ sanelilie un tlos t><'*i^'l^')"t^ •'■' ui>lr<' ii^ituiv. ei ser 
mwiw lonilime auv >i'U\ de U v.iil-' i. ■ . - i 

l.eit omelKni'i s) ui)mtliiime« ^t le' 
>lii;ues d'iv>lii(ie que ^mr leur *\M<> 
hi'iHHtes en Mie Je l>ieu . iw »er 
vïkA\i\ , i(td(*)VUihiHinenl do teu 
«Mvviitti.>n« ettifvitai'U's fi-rnu-e* 

4»K><>. lVI\ll\'Ht elliVS louv tMï,l,tJ 

w *i>n>Ht IMS ;*b(!iAVi ■iviiis u> \ 
Rwine *'«t Juvvïi' , >". ^•^,•.; J« 




niILWniROPIE. 4S 

{ Mé i dcK mnWU rmpnint^ft A la ^uW Mieion . se laisser 
ifr p.ir (1^ ni^'iiH tin-rs soi* do 1 inlrriM pul>lir, mt de toat 
rdre H i<!éo^ , ri rét ipr>'quotnrnt ? I^ "û 1 arlion des uns est 
«nie, I inlfr\*'ntinn dts jutri's apparaît plus rnicarr. Qu'il soit 
k chat*un d î^lre rharitaMe À m inanii-rc. 
i plu> : la phil.inllip'pir (|ui . dans son principe « est ane 

tout»' sponUnét* , un |N*ni*haril primitif de notre Ame , est 
-, a\er lo leinp^ . un** S'*rW de ^rser.n* dont la pratique a 
.'iMrr l^*lalrée. Il nt^^t pas li>in-<urH vans fiénl d'iil>^ir à UD 
it a\eu;:lf, qurli|ui* l'iii.iMf qu i-n Mut 1 impulMon première. 

rffot dft! lor^'aniMlion m coinpliquiv de nos iiocifti-» mo- 

l'i'xercice dr la hi''nfji>.ino* , pnur rire \rain)i*nt cfTirare , 
iloorer de lomiAres . et nt* doit |»as n^titer ftranirer aux pro- 
e% plus épineux de la M'ienii* sociale. Ix nwilleur emplui à 
lax aumtNnes que dis!riSi:e la chante pri\ee. e^t une queslioD 
nie piilitique . dnnt in MiluUnn n eiit pa!i indifférente à celui 
. que ces auInl^nes pfirieni leurs fruils. I.es ren.èdes â appor- 

plaies des grandes \illos, tellrs que la mendicité, le vaga« 
'. , la mnltiphcatmn des fiifant^ trouves , la proMitntioD , lea 
{ae«tK*n> du \\N.em** p**nilentiaire . Tnilà quelquea-uns des 
esdifliciles qu'a;:itf la philanthropie. In, é\ideintnenl, le seul 
al ne suffit plus, fùt-ii ^nulcnu de Inuli* la frr\eur de la re- 
II faut rneore le ronrours des lumirres , il faut une étude 

défi ino)«*ns l«'s pitis propres ù atteindre le but qu'on se 
, afin de ne pn^ cm pin ver en \ain les Tirces de la société, 
iment relip^ieux . pour ne pas s c^surer, a donc besoin de s'en- 
es necours de la *«':cnfe. 

ird hui plus i]ue jamais , quand les révolutions, roeltanl à na 
•s plaie> M)ciiiles , uni m triplement ré\élé les souffrances des 
aborieuses . la i»hi!anlhriq)ie , ou l'art de diriger I assistance 
!, doit de\enir de plus en plus une branche de radministra- 
une fonction du f:ou\»'riienient. .N'ius n'a\nns pas tr(»p de 
'S ressources de la sccietr pour rcMiudre les fnrmidables pro- 
qui se dressent di-\.'inl nous, pour constater les besoins réels 
ailleurs, vi I#'s distir::utT ncttiMiient des exigences de certains 
s, qui fonientent dans les liasses classes l«-s passions envieuses, 
nt a soulever une purli«' de la populnlinn contre l'autre. Il y 
péril imininenl |>our l'ordre public. One la reltfrion et la phi- 
lie uni^M'nl donc i*'iirs cliorts et ai!!*»^!*!;'. dr conrert , en s'é«* 
de toutes les !uini«'rcs que [»eut fournir la sciencd moderne, 
es douleurs que la rcliirion console , toutes les misères qu'elle 

à secourir, la philanthnqiie tra\aille aus!«i à les fniérir ou à 
loer. t'.onim'^nt ne s>Taient-elles pas d accord, par exemple ^ 
les pour«uivenl l'une et l'autre rentière al olition de l'esclavage 
hla tcrP' f ou niiand olies veulent us>urer à chacun le fruit 
^^n travail ? Si le hul est commun , pourauoi les efforts ne 
^mÊm ^..9 4 nj^.jj j^j, plaise qut» la sficiéte nou\elle veuille 

sine, qui \eilla sur son berceau! Mais 
tour, dédaignerait-elle de proDterdes 



3 



U PHfLELPHE. 

Koa p U phJlajsUjrapie s'est ptc une chimère de lijpfaâtesopUt 
ierixn. Koo, ce ii'est|>oiot ud nom invecté ponr débaptiser U 
rjté ; et ]>our 4ép<>uilier de son caractère religieux une \tJta qm C 
foud du chrtôlUfjisitte. Il est vrai <fue la philanthropie , oomine ti 
le« meilieures choses, a eu ses détracteurs et ses cbarlatans; 
tti deveuue , |>our quelquesHiiiS , aoe hranche d'indostiie qolli 
bii exploiter hahileiiieut. Faut-il déserter le bien à caose de h 
u'on m peut faire ï lj*s rnenétts de certains philanthropes ont po 
a nature à décréditer la philanthropie. Si la comédie a pu dire del 

11 a poussé ai loin Tardeur philantliropique , 
Uu'il nourrit touK ntiH f^cn» Je soupe économique ; 

tel autre philanthrope bien connu de nos jours remplissait, de 
vivant, dix-huit places |(ratuitcs, auxquelles il en joignit deux ai 
qui lui rapt)orlui(Mit trente mille francs do rentes. Les hommes se 
ne peuvent voir buns indignation tel aventurier abuser des nomi 
ijIuh rebpeiîtuhles dans l'Klat, pour spécmler sur la bienfaisance 
nlique , et tirer un lucre personnel d*unc œuvre apparente de 
tronage eharilable. Mais ces torts de quelques hommes ne sonl 
ceux de la philanthropie, l^armi ses cruvres, à elle, contentons- 
de citer les caisses d'épargne , où la classe laborieuse place ses éc 
mies , et qui tendent h substituer des habitudes d'ordre au goût ( 
débauche} les salles d'asile, qui prennent Tenfant au début de h 
pour l'arracher au vagabondage , et cultiver en lui les instincts ( 
moralité. Kh lùcn ! les salles d'asile et les caisses d'épargne on 
à It^ur titur adoptées par lo chef du catholicisme. Un pape , 
goire KVl, en a approuvé les statuts > le 20 juin 1836. Une 
atruction , publiêb a\co son autorisation , disait : « Qu'il ne faul 
voir dans cette institution lo seul a\antage matériel, mais les i 
broux a\antages qui en leviendront à la religion et aux bonnes ma 
Le jour du Seigueur sera nneux sanctifié , parce qo*on y éparg 
1 argent dépense ii jiuter et à boirK\ Les pores et mères donneroi 
bons exemples à leurs enfants « et les élèveront avec plus d'aï 
lion. Le \agabouJage leur sera défendu « et l'honnête artisan ne 

Ïlus oblige de teuJio la main dans les temps du besoin. Les < 
imiuuerout , car U misère et la faim conduisent certainemen 
mal. lUeu , qui est ta chariie même • beuiru donc cette institut 
lai, qui i^il U souive de tou^ bien, iora qu'il en naisse du 

UOU\\\AU. V 

Oue p^»urrions-aous a.îouter à un teî tait * pour prouver Tac 
de recipm phi;ai;:hropiqi\^ di\ec l espiii cor-eiieL- "? N'est-ce pti 
asse^ beau tnoiopbo p».»ui îa ^ceuvv !JL'o;-cai!»e . ie ^oir la religic 
pas dcdaiguei svs nv\vui> , ot soiy{.»d:e-* Je ses re!?aItaL> pour le 
\tiic4" pai- la chante, qui t^c l ùuie au vCi'Si'.aij;Mne .' A.... 

\v- siêv'le, uaquit ou 13^.\ * l. '.»..•: nv/^«iiW> a^.*a;■:ae iAncOoi 
ui our u t à K ^ o. d ce V -* ^ • ^^ i c» . ksx ■?* ^^i uù re ie J eaa C 

soloi'a.\ , 1 M,'j y)iii U iMib "Uiis^^ s V eiûse^ & 1 

&umùuople, à îk à 



PHILODËME. 



45 



porte de ville eD ville, par la peste et la famine, par les troubles civils, 
" les guerres étrangères, eiiGn par de nombreuses querelles litté- 

;. Le pape Nicolas V le nomma secrétaire apostolique, et Alphonse, 
d'Aragon, le créa chevalier de la Toison-d'Or, en le couronnant du 
rier poétique au milieu de son camp. Très-versé dans la langue 
xioe, il traduisit plusieurs ouvrages d'HIppocrato, de Plutarque, de 
iophon et d'autres classiques. On lui doit aussi une version de la 
iiorique d'Aristote. 
Comme moraliste , il doit être cité ici , tant à cause de ses cinq 

De morali disciplina, que pour les dialogues intitulés Convina 
liolanetuia. 
Le traité De morali disciplina, dont le cinquième et dernier livre 

pas achevé , parut à Venise en 1552. (]'esl un résumé précis , 

)is sec, des lois morales établies par Aristote et par Cicéron. 

Unction des vices et des vertus, des qualités privées et publiques ; 

ilion des moyens d'acquérir les vertus, d'éviter ou de dépouiller 
vices; le tout sans une marche bien réglée , sans liaison systéma- 
lel est ie .sommaire et l'esprit de cet ouvrage. 

Banquet de Milan , publié en l'»77, se compose de deux dia- 

où il s'agit plus de littérature en général que de philosophie. 

} est question pourtant d'un grand nombre de problèmes méta- 

fsiques , de l'âme et de ses facultés , de l'idée , de l'univers créé 

Dieu, de l'harmonie du monde et de celle de la musique, etc. , etc. 

le profonde connaissance de la philosophie ancienne, <lc Pythagore 

de Platon , s'y révèle ù chaque page. Le second livre renferme 

îlqoes beaux éloges de la philosophie , et se termine par cette 

sition : ^t nat pas philosophe est à peine un homme. Mais, par 
)phie , l'on entendait alors les humanités et les sciences , aussi 

que l'élude particulière de Dieu et de la nature morale. C. Bs. 

PHILODÈiME, philosophe épicurien , né à (ladara, dans la Cœlé- 

ie, florissait environ un siècle avant l'ère chrétienne. Après avoir 

ro la Grèce, il vint à Home et se lia d'une étroite amitié avec 

rnius Pison , que Cicéron fil dépouiller du gouvernement de la 

oine, pour le scandale de sa con<luile. Dans sa réponse aux in- 
ves de Pison, Cicéron, sans le nommer, nous représente Philo- 

comme un homme d'un conmierce aimable, qui joignait à beau- 

^ d'érudition une politesse exquise. Les mœurs de ce philosophe, 

IFon en juge par ses relations et quel(|ues-uns de ses écrits , ne de- 

t pas être moins faciles que son esprit. Il nous reste de lui des 
\$rQmmes, que Hrunck a réunies, au nombre de trente et une, 

le tome ii des Analecta^ veterum poetarum tjrwconun, llosini, 

près nu manuscrit du Vatican , en a publié doux nouvelles qui ont 

reproduites, avec des corrections et un commentaire, dans le 

1^ des Mélanges de critique et de philologie, Philodème avait aussi 
posé plusieurs autres ouvrages d'une nature plus philosophique : 
Abrégé chronologique des opinions des philosophes ( twv (^ùoaoowv 
«(^), cité par Diogène Lai^rce au commencement de la Vie d'Epi-- 
^; une Rhétorique en deux livres ; un Iraité des vices et des vertus 
MNT iont contraires (nifi xaxtûv xai tûv àvTixii(i.cv{av àpsTov)^ publié 



46 PHILOLAUS. 

avec an fragment de l'Economique d'Aristotc, par Charles GœUli^| 
in-S'', lena, 1830; enfin un Traité sur la mtuiaue (rii^î fMuawT^f 
plusieurs fragments, appartenant tous au onzième livre, ont été 
couverts parmi les papyrus d'Herculanum et publiés dans le lomei'i 
recueil iniiiulé Herculanensium voluminum quœ super tunt/iù-PfJi^ 
1793. Ce dernier ouvrage, si Ton en juge par les fragments 
jusqu'à nous, paraît avoir eu pour but, non de donner une Ihéoriai^ 
la musique, mais d'examiner Tinfluence de cet art sur les mœurs etl| 
habitudes des différents peuples , et de réfuter les opinions avi 
sur le même sujet par un autre philosophe de la même époque, qi1| 
croit être Diogènc de Séleucie. >furr (Christophe-Théophile) enai 
une analyse fidèle dans sa dissertation de PapyrU seu volum 
grœcis hervulanensibus , in-8», Strasbourg, 1804; et une tradi 
allemande publiée , avec commentaires , sous le titre suivant : 
du quatrième litre de Philodème sur la musique, tiré des mant 
trouvés à Ilerculanum , avec un spécimen de l'ancienne musique 
des Grecs, in-^"", Berlin , 1806. On pourra aussi consulter sur lei 
traité la dissertation de Schtitz : In Philodemi iri^l piGuaixic M 
quartum, in-f, lena, 1795. X. 

PIIILOLAÎJS , né à Crolone ou à Tarente , a vécu an milieaj 
jusque vers la fin du v siècle avant notre ère. Il eut pour maître Ai| 
sas, qui, peut-être, avait entendu Pythaj;ore, et pour discipkiM 
socratiques Simmias et Cébès, et Archytas l'ami de Platon. Il ootfj 
à lléraclée , dans la Grande-Grèce, après avoir enseigné à Thèbesi 
Béolie. 

Voilà tout ce que nous savons de la vie d'un homme qai| 
siècles avant Copernic, a deviné le vrai système du monde, et quij 
premier , a su donner à son école un corps de doctrine et no 
monument. Avant PhilolaUs, Tceole pythagoricienne, h part ses 
ditions de vertu et la direction morale qu'elle tenait de son foodaMJ 
n'avait qu'un certain nombre d'idéos éparsesquc des initiés se '^ 
mettaient de bouche en bouche comme un mystère. Avec Philolaiisi 
un système pythagoricien qui sort des écoles et se montre au 
jour. Pythagore et les anciens pythagoriciens n'avaient rien écrit 
science , tout informe qu'elle était , se cachait alors , loin des proCii 
au fond des sanctuaires. Les prétendus ouvrages de Timée, d'OceO^ 
de Brontinus, d'Euryphamus , sont des contrefaçons que la critiqi^ 
depuis longtemps renvovées à leurs auteurs véritables, les faosiiM 
des temps postérieurs, rhilolaiis, les anciens l'affirment, est le (f* 
mier des pythagoriciens qui ait écrit. Il a écrit, non quelques l^ 
moraux et sentencieux a la façon des gnomiques et de Tauteor ij 
Vers dorés , mais un savant traité en prose, un véritable systiincl 
monde que l'antiquité admire, et dont elle nous a conserve de d^ 
breux fragments. Bien plus , ce système , exposé dans ses écrittt 
l'a répandu par sa parole. Chassé de son pays par les révolulioDif 
causèrent la ruine de son école , il alla porter le pythagorisme ^ 
la capitale de la Béotie , à peu de distance d'Athènes , au centre d0 
Grèce civilisée. Par là, il a mis eu communication deux époque^ 
deux civilisations différentes. Tandis que par Arézas il touche i ^ 



PIIILOUUS. 17 

% par Siumias e\ OU-s, |»ar Arcb>U& il â inAm' ju>qun sor \c% 
fs df SutTiite, el i'i>t uii<* tr.idlUon coDMTtrf |>ar lh«if:i'-iii' 
, qui' k fondateur dr 1 Acitlt-iiii^ arbrla mil minr^i li* Iruilc 
ûlaus. K»(-il lieftoin •! •Ij'iuIit qu«*, dari!» iv» dcrnirr^ Irinps, 
lûiDW iiiiNJeriii* , rfiiii/iiUiit a m**» |i1u« amiroD^H ori^iDcs, a 

I PbiIo!auÀ puur p«*n' , el U^nu a himnour de se tlcroriT de mu 

a!lnn> <><siyer do dnnn^r un ap«*ri;u di* la d(M-Uim* d«* coi émi- 

tLa^«'rii'i**n . â I tiidf «lt> fra};rii<'iiU qui nmi!» rr>li'nt dr sosi 

^ . et (!*'H pj^Mi^rs» < ij il r>l r\|frr.sM'iiif*nl iitiinmr. Au diliul 

pre, l*lii)i>itiu'» h'i-ITiin.M'i (Ji- drniuhlrt T rrlli* |r>*p<'sitii>n p*- 

qU'^ t Mil l'i* (|iii r\iHt«' ri-NU'U- dr I ai'lion i*uM.I»iiu*i* df di'UX 

■s rMiitrair«'>. L'un rst un (/rijuii»** dr d(*t**rinin.iliiiii t|ui fait 

r) li^- s int ' n r'iv.iiiini iMi-.'-iil il iinr lin : l*biî«ilau<» 1 a|)|N*lIc 

int. 1. tiuln* e«>t un pnni'jM* d iiilt-iiTininalinii qui lail qui* 1rs 

ml un milieu : il 1 a]>(K*lit* iindt'lini. Ili«*n nr&i^u* piiur nou», 

y qor o' qui |n*uI rtrf* c*«>nnu. Or, qu<* |K>u\finft-noiist run- 

srulem«*nl «*«• qui c^l deU-nnini*. i'** qui rsl di* ti'lie nu telle 

• ICI tiu la, «'Il Irl t' uipH nu in ti i lieu. Or, quel est 1 tdijrl 

Ji D implique a la ft>i> «*<> Inus rhoM*!» : un eiiuii'ienreinrnl , un 

t une lin ! I n «'••un: rni'«*'«**'nl i*t une tin, rrHl-a-dire ce qui 

e?»t liuiité ; un milieu, r f«l-u-<lire un intiT\alle .vins Irquel 

nite iiernit elie-im^nif iiii|Mis%il>|t*. Mnnili-nant, qui*I « st l«* pnn- 

leterminati'in ? f'r^l lunili-. OucI rsl le pniM'qM* d indrlcrnii- 

c exi If noinhri* dnix , la du.«lilf. Clianf:e/. U-.s nuins : la 

c'ett In nature irrali(»nnelle i-t s-in» jufzetnent j la sourre 

MHi;:e et de I en\ie ; I unité eV^t iMeu qui |[Oii\erne et refCit 

re dflerminr, interne!, piTmanent et immuable , semblable 

me et ditferrnt de tout re qui rxihle. Ainsi • tout est plein de 

lais au<^si tnut est plein de son eontraire , rt rbaque ehose 

* à la fuis di* deux natures opptise^s. Maintenanl , l'unile et 

é étant le pnueipf de tuus les n(i!i bres « 1rs nombres, â leur 

II le pnnripr dr tuutts ehos(*>. lei \ient la th«*oric mathéiiia- 
ue IMiiInlaus a sans dnutr iM-rfrelionniv , mais qui apparlirnt 
s p\tba;!orinens. Au lieu d ex|>OM*r crttr tbrorie , que l'on 

nécessairement uilleur<« • Vntffz Pitiulork, Pttuamirimc!!» » 
ions njieux la .sui\re d;ins les applications plus ou moins ori- 
[lie Fbilolaus m a faites. 

irez les diiTerents de«fres iU^ l'exislenee , <^levpz-vous de genre 
*y du simpir au ennipo^r , et vcius reeonnnltrez |Mirtout la 
I nombres. L élément dr toutes ebn^es , e e^st le point. L'es- 
p(iint , e est lunité. Deux points déterminent la li^ene , trois 
, surfa«*e , quatn' (khiiLs le solide, llonc , comme l'unité est 
du \iO\n\ 9 l'essi^nee de la liffiie est le nombre deux, l'essence 
'Caoe le noiubre trois , I essence du .solide le nombre quatre, 
tout , hors du point , il y a des intervalles , car partout l'îndé- 
se mélc u son contraire. Les milieux ou intervalles ont, dans 
I y la même imporlanee que dans la musique. La* solide le plus 
la pyramide triaiifiulaire , resuite de quatre points séparés 
iotervalles. Passez aux êtres vivants. Il y a, pour celte sorte 



48 PHILOLAUS. 

d'êtres f quatre degrés d'existence y comme il y a qaatre principes di 
vie. Ces quatre principes sont y dans Tordre de leur dignité y Teneft 
phale y le cœur, Tombilic y Torgane de la génération. De Torgane d 
la génération viennent la semence et la reproduction des êtres ; A 
l'ombilic y les racines et la germination ; du cœur, la vie animale et h 
sensation ; de Tencéphale , Tintelligence. L'encéphale est le prindpi 
caractéristique de l'homme; le cœur, des animaux; rombilic, de 
plantes ; l'organe de la génération , de tous les êtres vivants. Le solîih 
ayant pour essence le nombre quatre y PhilolaUs représente par k 
nombre cinq les deux derniers degrés de l'existence , la vie animak 
par le nombre six , la vie intellectuelle par le nombre sept. Il est m 
dernier genre de vie supérieur à la vie intellectuelle ^ c'est la vie de 
l'amour et de l'amitié y de la sagesse et de la pensée pure , qui a pou 
essence le nombre huit. 

Prenez les choses d'une autre façon , pénétrez jusqu'à leurs élémentl 
intimes ; même correspondance avec les objets mathématiques. Le 
génie de PhilolaUs avait découvert qu'il ne peut y avoir que daf 
solides réguliers : la pyramide, le cube, l'octaèdre , le dodécaèdre, 
Ticosaèdre. 11 existe aussi cinq éléments : le feu, le plus noble de tons; 
l'air, Teau , la terre , et un cinquième que Philolatis n'a pas nommé! 
Le feu correspond à la pyramide y la terre au cube, l'air à l'octaèdre j 
l'eau à l'icosaèdre , le cinquième élément au dodécaèdre. 11 est inotik 
<le chercher sur quelles analogies reposait ce symbolisme mathémft- 
tique dont Philolatis a peut-être abusé, et que les pythagoricieni 
postérieurs ont quelquefois poussé jus(|u'à l'extravagance. 

Considérez maintenant l'ensemble des choses et la vaste harmonk 
(lu monde ; le monde est un ; il est un par l'unité , et c'est par lei 
nombres que tout se conserve, que tout s* enchaîne et se perpétue ich 
bas. Sur la question de l'unité du monde, Philolatis semble s'être sé-^ 
paré de son école. Les pythagoriciens croyaient à une formation pio* 
gressivedu monde, à une série de métamorphoses. Le soleil, jadis, 
avait suivi une autre route ; la Voie lactée avait été produite par b 
chute d'une étoile. Philolatis enseigne, en termes énergiques, 00 
l'unité du monde est éternelle comme l'unité absolue, dont elle dé^ 
rive; que le monde a toujours été , qu'il existera toujours , parce qiK 
n'y a ni dans le monde, ni hors du monde, une cause capable^i 
U* troubler pendant qu'il est régi par sa parente et alliée, l'unité pleiiB 
do puissance et d'élévation. Si Tunité absolue fait l'unité du mondef 
le nombre en fait l'harmonie. Les principes des choses n'étant ni  
même nature , ni semblables , ces principes ne pouvaient être or* 
donnes entre eux si l'harmonie ne les pénétrait d'une certaine faQOi- 
Les choses semblables, en effet, peuvent se passer de rharmom^f 
mais si les dissemblables , celles qui dépendent de lois différentes, ■* 
sont en harmonie entre elles , comment en résultera-t-il un momto 
bi(*n ordonné? Mais ce n'e^t pas seulement dans les choses qui évûBSUtâ 
des génies et des dieux que se manifestent la nature et la verta i> 
nombre , elles éclatent jusque dans les ouvrages des hommes, josqi^ 
dans leurs discours , jusque dans les productions de l'art, et surtodl 
dans la musique. Sans les nombres, il n'y a même pas de connaissait 
possible , car les nombres sont les essences des choses , il n'y a d'is* 



PIIILOLAUS. M 

eOigible qoe les essences , et rentendement mathématique est le cri- 
erioin de la vérité. Maintenant , ce qui met Tàme en communication 
kvec les choses , ce qui établit cuire l'esprit et ses objets une Sf>rte de 
MreDté f c'est la décade. C'est par la vertu propre a la décade qu'il 
aut apprécier les effets et la nature des nombres. 1^ décade est le type 
ktùuUt perfection. Klle est grande , elle fait et ac<«^jmplit Um{^ elle 
est le principe et le fçuide de la vie divine et céleste , aussi bien que 
le la vie humaine. 11 n'y a qu'une seule chose qui ne particip<i ni du 
sombre ni de la décade , c'est l'erreur. I^erreur e.st l'ennemie du 
aombre ^ tandis que la vérité en est l'alliée naturelle. 

Maintenant , voici de quelle manière les choses sont ordonnées. 
L'univers est de forme sphérique. Ijg centre de Tunivers, ce n'est 
pas la Urrre, comme le disait ré<:ole ionienne , c'est le Mileil. Ce n'est 
néme pas le s<ileil considéré comme corps opaque , c'iïst le feu placé 
ta centre du s<ileil lui-même , le feu , le plus noble des éléments ^ le 
foyer de l'univers , dit PbilolaUs, la maisf^n de JupiUir et la mère des 
dieux, l'autel , le lien et la mesure de la nature. Aut^iur du soleil se 
SKuvent en choeur les dix f/rands corps tant c^;lébrés par l'éirole py- 
thagoricienne. La terre a un double mouvement : l'un de rotation sur 
cUe^iièmCi c'est le mouvement diurne; l'auire, de translation autour du 
•(4eil, c'est le mouvement annuel. La terre tourne trois intui soixante- 
foatrc fois et demie sur elle-même pendant qu'elle accomplit une de 
KK révolutions aut/>ur du M>ieil. Chacun des autres astres a sa vites.se 
<:t V)U mouvement propre. 

Tel est le système astronomique de IMiilolaùs. Sans doute , c>omme 
Aristote l'a remarqué , ce système n'a pas sa base dans robs(trvation« 
Cwiffle tout philos<iphe idéaliste , comme Desc^irtes au xvir siècle, 
FUlolatis c<mstruit le monde à priori , et le c/mstruit le plus parfait 
lOttiMe. Or, Il est un fait que l'observation lui livre: c'est que la terre 
Ot pleine de mis^^res et d'imperfections. Dès lors , comment serait-4;lla 
k centre du monde ? c'est au soleil qu'il rés<îrve «Mîtle plaœ d'hou- 
le. Le système de Pliilolaus n*est qu'une hypothèsi; \ mais n'est-ce 
fupar une hy{>othèse que toute ^jande découverte œmmence? J>eux 
Aillé ans plus tard , lorsque Copernic , frappé de la complication du 
Çflème astronomique qui régnait de s^m temps, sit mil à compulser 
Kf anciens , et s'arrêta au sysi/;me de Philolaijs comme au plus simple 
'tttms, fit-il mieux que son modèle, et l'amour de la simplicité 
'ifire-t-il lKiaua>up de l'amour de la perfection '/ La preuve que Co- 
Me ne Ht qu'une hypothèse , c'est que , soixante et dix ans plus 
^,Tycho-Krahé , qui pass<; sa vie dans les obser\atr>ires , croit 
^i^e au mouvement du soleil autour de la terre. Pour produire une 
'^Dstration solide du mouvement de la t^^rre , il fallait l'invention 
^ tâescofje , Caliiée et le xvii« siècle, niiiolaùs n'a pas fait l'im- 
NfiiUe, mais il lui a été donné d'émettre le premier dans le monde 
*Qe vérité dont le soupçon seul est un acU? de génie. (Je qui suit est 
^conséquence du même princii>e, que la terre est la plus imparfaite 
's toutes les planètes. 

U feu central donne au soleil sa chaleur et sa lumière. Il se corn- 
^iioique même directement aux (;inq planètes et à la lune, embrassant 
^ toute la surface extérieure du monde. Mais ht terre ne commu- 

V. 4 



50 PHILOLAUS. 

Diqae point avec le fea central , elle ne reçoit que le reflet de m 
Inmière par Viutermédiaire du soleil et de la lune. La région terrestii 
est aussi la dernière des trois régions de Tunivers. Partant du cenlrei 
on trouve d'abord la région des éléments purs, c'est-à-dire le feu cen» 
tral et le feu qui embrasse le monde extérieurement : là est la soa* 
veraine perfection. Au-dessous est la région des astres , celle du soleil, 
de la lune et des cinq planètes.. C'est un système harmonieux d'éUti 
incorrupiibles, un tout bien ordonné où le changement ne trouve ai- 
cune place *, Philolaus l'appelle cosmoê , le monde proprement dit 
Au-dessous est la région terrestre y celle de la génération et du cbao- 
gement ; Philolaus l'appelle ouranox , le ciel , sans doute parce qM 
les nuages en sont la limite supérieure. D'autres pylhagoricieni 
parlent d'une quatrième région^ celle de Vantipode, que Philoliil 
n'a pas nommée. 

Tout croit sur la terre par rinfluence du soleil , tout y dépMt 
par Peau de la lune. La lune est habitée comme la terre; maii| 
dans ce monde supérieur tout est plus grand et plus beau que dantll 
nôtre , et on n'y connaît ni les maladies ni la mort. Ici-bas y croya 
saisir la véritable essence des choses y nous n'en saisissons qtt 
l'ombre; tout au plus parvenons-nous à nous élever jusqu'à la verti^ 
Bans le monde supérieur y on connaît la sagesse , qui est à la verU 
œ que la vicluire est à la lulle, ce que la douce sérénité de I'Am 
est aux angoisses du sacriûcc. La terre est un lieu d'exil y ie corps eil 
un tombeau ; l'&me y est enfermée en punition des fautes qu'elle a 
commises dans une vie antérieure. Toutefois, l'Ame doit aimer le oorpiy 

farce que sans les sens elle ne pourrait acquérir aucune coDDaissancib 
lalheur à elle si , avant le temps prescrit , elle sort violemment éi 
aa prison. Le suicide est une révolte contre Dieu. Quelle est donc li 
nature de Tàme? L'Ame est Tharmonie des différentes parties oorp»- 
relles , un rapport numérique , un nombre , comme disent les pylW 
goriciens. Dans le Phédon, Simmias, disciple de PhilolaUs , expoM 
celte, doctrine y que Platon accepte en la modifiant profondémeoL El 
vingt endroits PhilolaUs la professe , et il ajoute que différentes soM 
d'organes supposent nécessairement différentes sortes d'Ames* IMi 
quoil cette doctrine n'est-ellc pas celle d'Aristoxène, et Phi]olâttsa4f 
nié la spiritualité de l'Ame et la vie à venir? En aucune manière* S 
l'Ame est une harmonie y cette harmonie ne va pas se perdre datf 
l'harmonie générale ; si elle est Iharmonie des parties corporelhi 




d'entrer dans un corps organisé ; elle subsiste après s'en être séparé^ 
avant d'en animer un autre. Ce dogme de la persistance des Aneii 
que Philolaus avait défendu pendant sa vie y il semble avoir voolBk 
confirmer après sa mort. Au rapport de Jainblique y la voix de FU- 
lolatts retentit au fond de .son tombeau. Un berger^ frappé de terretfi 
alla porter cette nouvelle a Eury te y qui lui demanda y sans s'étoôatff 
quelle harmonie celte voix faisait entendre. 

Les auteurs anciens qui citent des passages de Philolaito sont SlaM 
et Jamblique. Bœckh a donné une édition des fragments de PhifaM 



PIIILON. M 

«let une expoftili'iii d>* m di»rtnD<-, in-M«, lirrlin, IHVJ .l'I... .Nr>ii« 
AHMi», de pluH, du t! ^'i.i- iiulciir. i)n>* d:»«rr:«iliiiD mliiu rt- iPtffmiaito 
éi Plmtomieo iytematf ft de rtra tndnU n*trr»num%tt i'hti'datett ^ in-«*. 
Bfnàfiberg. IHIQ. l.iin«iiiliri au^fti le iMilr dr B<*uiiiiiu, iiilok : .4«rrr>- 
mamù pkUolat^He, el I lliâbnrf oêtrtmomiqmf d« KfiMUl. |). 11. 

PIIILC>\' • philov.pho juif ei un dr« pf n«<"UM Ir^ pla« ^inr nlx, an 
ecri\ains Ws plu« focond^ do pP'mifr ^if-rk d«* notrr^rr, naquit, 
toutes lis prolMbi!iii*H,rn\inin Irrnip anva^nnl J.-II., à Alexnn- 
aoe famillf Mcrrdutalf rt tr^« ron<>id(*rfr. Non «*ont«*nl d Hudirr 
ricnlana midIp , commo il ciin\«*njii a un homm^* dp m nation H de 
Wk iriba, il s'appliqua d«*« na jruni km*. a\rr non mmr.^ dr siirc-^s que 
fadeor, ans Ipltrcs rt à la phil^^ophir ^T>'rqfip«. Ijts Msti^rnrt de 
fhtoo et dp Pvthncnre, diji pnirunili'int'nt alt^n-s pnr \r mHan^'e 
fa doctrines , rapti%t'n*nl fturloot «ion esprit mnlrrnpl.iiif M m\ stiqur : 
tHsi rappdait-on dan« les èrolr^ vu Pinlunjtuf , nu Philon Ip /'/d- 
iHnricii. Tout le monde ronnall c-e dirion • qui fi**u^ mnntre à la 
kà ton importanre romnie i>rn%ain , pt lo rarart^re dominant de nés 
Hées : « Ou Platon imitr Phijnn . nu Philon imilp Plainn » Vei Plntù 
izmt, rti Pkilo pUwmiznt . 1^ \ip dp Philnri panlt avoir rlé 
réc tout entière n sps «uvmu'p^ ; rar nn nVn ronnall que vr ,vul 
lil : vers l'an bO de no*.rp ^rr , lf»r^qu'il rlait df-j i à |m*ii pr«'« dans sa 
ll> année, les juifs d'Alpx.mdnp I pn\n>^rpni .-i Koriif\ pp's df r.aliguln, 
loi demander la ronlirrn al i<>n du dn-iidr hiiurj:i*ni«ic. qn iUa\aipnt 
des Ptdémi^ rt denOsirs, et In ri'stilutifind**quclqupssyna- 
qai leor avaient pIp pnl«*\pps. Lp fr)u fiiripux qui m-rupait alors 
Mue du monde, aprrs .i\nir hurnilip dp millp inaniiTPs l'illu^rp^iPt!- 
bd, lai refàsa tout rp qu'il dpinandail, pt Ip rpn\oya, em-nn* trop In'U- 
fensd avoir sanvp sa tèlp. PhilonaerriM hl^lni^p dprp vnvacp; maisplle 
a'cal pnn arrivée jusqu'à nou^ ; car rdui dp sp^rrrit* qui a (lour titre 
ii Yùtmtibmê^ tirt de legalionf ad f'mum rd. Man^'pv , liv. 1111, 
|i SU)» traite d'un tout autre sujpI. Splnn quplquf s ^rri\ains errl<^^ia<t* 
■fiei, parmi lesquels on remarqfip Ku^i'^tip pt saint Jprnnip, Philon, 
tf/k de près de cent ans, aurait eti* à Romp uiip semndr fois pour 
lâr mînt Pierre et rprevoir dp sa main Ip haph^nip. Photios ajoute 
fB*à peine converti, il abjura sa foi nou\t>l|p par suitp dequplqups mè- 
nts. Mais res allppalions n ont pus la moindre vraisem- 
; car Philon n'a pas pcnt un mot qui so nipp<irtp,de près 00 
yil'étabhssementdu rhristianiMop. l!>M bipn plus hant, comme 
allons nous en assurer, rt à dps M>urces birn diverses, qu'il a 
ses doctrines. 
Ce qui attire d'abord l'attention dans les nombreux ouvrages du 
fUlasoplie joif , c'est la méthode qui y pst mise pu usage , et qu'on 
la méthode allégorique ; c** pnirrdt* drjà pratiqué drpuis long- 
par les esséniens, 1rs thèrap«-iitps , |ps kabbalisips, et que 
rencontrerons plus tard chez Origènr et dans la gno!>e, a été 
t éfideaiment inventé dans le bot de conrilier rind«>ppndam*e de la 
I maée avec le respect apparent de la tradition. Il consiste à ne voir 
•aies livres saints que des symboles, des allégories, des figures, et 
■ Irire sortir, sons forme de commeniaire» , ynr \uie d'iuiirpriMa- 

4. 




52 PHILON. 

tioD , loat ce qu*oo a imaginé d'y introduire. De là les titres que por^ 
tent la plupart des écrits de Philon : De la Création du monde d'apm 
Moïse ( De mundi ereatione tecundum Mosen liber) ; — Allégoriei dm 
livres saints (Saerarum legum allegoriarum libri très)) — Des ehéru^ 
bins , de Cépée flamboyante, et de Gain, le premier né de V homme {is 
Cherubim et flammeo gladio,et de Kain, qui primus homine procreaim 
est) 'y — Des Géants {de Gigantibus) ; — Sur ces paroles t « ffoë s^iUM 
réveillé , apprit » (Dehis ver bis : Resipuit Noe ) , etc. 

On comprend sur-le-champ tout ce qu'il y a d'arbitraire et d'ilkn 
gique dans cette façon de présenter ses idées. Aussi n'est-ce pas on syt- 
tème qu'il faut chercher dans les œuvres de Philon, mais des opinioH 
isolées , le plus souvent disparates , et qu'un seul lien rattache entif 
elles , le désir de l'auteur de montrer dans les livres hébreux ce 
y a de plus élevé et de plus pur dans la sagesse des autres natii 
Cependant les éléments de ce chaos se divisent en deux grandes olii^ 
ses : les uns sont empruntés aux systèmes philosophiques de la G 
qui ne sont pas inconciliables avec le principe fondamental de 
morale et de toute religion y comme ceux de Py thagore , d'Aristote, di 
Zenon , mais surtout celui de Platon , dont le langage et les idées ooott 
peut y pour ainsi dire, le premier plan chez l'auteur alexandrin; U 
autres, par le panthéisme enthousiaste et le mysticisme exalté ^'îb 
respirent, accusent visiblement une origine orientale. Cette doabil 
direction de la pensée de Philon va se montrer à nous, de la manière U 
plus sensible, dans les trois problèmes autour desquels peuvent fl|^ 
grouper toutes ses idées , et qui sont l'objet véritable de toutes les r6- s 
cherches philosophiques : l'origine et la formation des choses en génépi j 
rai , la nature de Dieu et la nature de Tbomme. 

l"". Quand Philon parle des premiers principes de la formation 
l'univers , il a évidemment deux doctrines qu'aucun effort de logi( 
ne pourrait concilier : Tune est simplement le dualisme de Platon, 
qu'il est exposé dans le Timée; l'autre se résume dans l'unité de sqIk 
stance et l'idée de l'émanation. Nous lisons, en effet, dans plusii 
de ses écrits, principalement dans son traité de la Création {De m 
opificio, 1. 1 , p. ^ éd. Mangey), que le législateur des Hébreux re^ 
connaissait deux principes : un principe actif , c'est-à-dire i'intelligenrt'j 
suprême , le Verbe, source du bien , du beau , du vrai en soi ; et on r: 
principe passif, la matière inerte et inanimée, à laquelle l'intelligenolV 
a donné la forme. Afin qu'on ne prenne pas ce dernier principe poiK % 
une pure abstraction , Philon a soin de nous rappeler {de IncorrupiM' i 
litote mundi) celte célèbre maxime de l'antiquité païenne, que rien Bft>j 
vient du néant et que rien n'y peut retourner; que le monde renferma ^ 
toujours les mêmes éléments , la terre, l'eau , l'air et le feu^ qui pas^i 
sent alternativement d'une forme à une autre. Mais la forme de chacm / 
de ces éléments et celle qu'ils nous offrent par leur ensemble dans k,» 
structure du monde, Dieu l'a prise en lui-même ; c'est-à-dire qu'av 
d appeler à l'existence cet univers sensible , il avait contemplé dans 
pensée l'univers intelligible ou les idées éternelles. Pour que rien 
manque à celte théorie platonicienne , Philon y ajoute l'étemité 
monde. C'est la bonté di^ "^ "^'^-noj obi soiM 

qui est la véritable caus 






PIIILON. 55 

is, sans ft^ser é'èift bon, vouloir quf rordrf" » que l'harmonie 
.« soit rrmplacfe pir Ir rhao^ ; et qoanl à nuppmrr qo'un monde 
r serait on joor apprir à rrmplacrr \r nAirr. iidnirttr^ une telle 
^se • c'est li-cDM^r Ihru d ■\oir manqué de bnnt^ et de sairesfe 
l'ordre arluel dt s rhoM^s. Ain» le monde ■ roniniencè , maif il 
a pas; Ilieo en r**X l'arrhilivte . mai» non I** rreatrur; enfin « de 
[oe l'artiste est dislioct de Min u*D\re , de même iMeu e»t disimci 
vers. 

ien ! qu'on essaye maintenant d'accorder ces idées avec les pro* 
is suivantes : Iltea ne sr repov- jamais; sa nalore est de pn^ 
>ojoars , comme relie du feu e»t de lirûler, et celle de la neige 
indre le froid l.eg. nUtg. , lib. i, t. ii . p. JGl • éd. Manirey). 
in de ii'a\oir dure que hi\ jours, la création n'a pas enmmenré 

temps ; car le trmfM lui- intime , selon la df rtrinr de Plahm * a 
luit a\ec le* rhf»M*H ri n>sl qu'une imatre |iiTisHable de Téter- 
ai mpra . Quant a l'action même que Ihru otcrci* sur les êtres, 
consiste plus, comnif* tnul à 1 heure, h donner une forme à la 
* ; elle e>t absolue et s'étend bien au drla de I idée que nous 
tsons de la créalmn ex mktio, Kn effet. M»lon Philon m^i «vpra; 
m Irim, . llicu est It* pnnripr de louir action ilan* chaque être en 
lier* ausM bien qui* d.in«^ runi\er«»; car a lui m*uI appartient 
lé ; le caractère de tftiit n* qui «M i'ni:»'fi'lri' , c'est d «Mre pa«>«*if. 
ont ce qui exista* okI-iI r(*iii|i!i et pèiiflrr ilt* <»a prt'*vi*ncr; antMin 
est entièrement \iilc de lui. Il est parloni; rar, par les pnû- 
émanées de lui n: >^.«4i::,, il pénrlre a la fois la terre et 
l'air et le ciel ; il remplit Ii*s moindres parties de l'univers en les 
s unes aux autres par des liens invisibles Ih iimgmarum romfu" 
.. I , p. i25 . Ce n «*st pas encore assi*z : iMeu est lui-même le 
Di\ersel i r.«« :,^, r-.-:-.: ; car c'est lui qui contient tout, loi 
, l'abri de l'univers et sa propre place , le Ih'U ou il se renferme 
>ntieDt lui-même de Sommit, lib. t . Mai"», s il en e^t ainsi, quelle 
este- 1 -il donc à faire aux autres êtres ï Au^«*i Tbilon arri\e-t-il 
oncer ce grand mot : ihtu eit tout i": nxt t. Tâ« «>-.; tiri«. Lêf, 
, lib. I ,. 

fois entré dans cette voie • l'hilon ne s'arrête plus , et nous 
s chez lui 1^ dualisme grec et le doçme Inli.ique de la création 
ktio s'effacer de plus en plu« devant l'ide** orientale de Téma- 
. Alors Dieu nous est représenté comme la lumière étemelle , 
! de toute lumière intellectuelle et physique. Otte lumière , trop 
oor être contemplée non-seulement par des yeux mortels, mais 
le*mème, se réfléchit dans une image qui n est pas autre chose 

Verbe, ou , comme l'appelle l'Ecriture sainte, la divine Sagesse 
wnsbim; dt Sommiis], Cette première manifestation de Iheu n'est 
aamine on pourrait le croin\ une abstractioi* , un pur attribut; 
dans le sens propre du mot, une émanation , un être h'tI, iine 
mitf ou f comme on disait plus tard dans I (*cole d'Alexandrie, 
. Philon l'appelle le fils aîné de Dieu - i K^uriy.^a wU) t 
OQ le pins ancien des anges (c iy^^ii-iz «pcoCûrsTc;, éfx'TT*^^)* 
leur (Aô^ct i«^»si?c;) . Une seconde émanation procède de 
I non de Verbe fronomeé ( arpc «f ef^ux) » c'esi-A-dire 



84 PHILON. 

la raison active , Ténergie efficace , manifestée à son tour par l'univen 
(de Confusione linguarum. Leg. alleg. , lib. i). Qaelqaefois aassi b 
second Verbe , la parole effective, est confondu avec l'univers, comiM 
dans ces mots {de ProfugU) : a Le souverain Etre est environné d'usé 
éclatante lumière qui l'enveloppe comme un riche manteau » et h 
Verbe le plus ancien se couvre du monde comme d'un vêtement. » 

2". De cette double théorie sur la nature des choses en général ré- 
sultent aussi pour Pbilon deux manières de parler de la nature divine 
considérée en elle-même, indépendamment de ses rapports avec le 
monde. Tantôt Dieu est représenté comme la raison des cboscfi 
comme la cause active et efficiente de l'univers, comme Tidéal de l'htf- 
manité. Alors il réunit toutes les facultés de Tàme humaine, élevées jitf* 
qu'à la perfection : la liberté , la science , la bonté, la paix et le bonhetf. 
Tantôt on le montre au-dessus de la perfection même et de tous tal '\ 
attributs possibles : ni la vertu , ni la science , ni le beaa, ni le biai| i 
ni môme Tunité ne nous en sauraient donner une idée; tout ce qM^ 
nous pouvons dire de lui, c'est qu'il est; il est pour nous l'être sans noii| 
rétre ineffable, iKOLTo^à^oLaroç xal A^'^-nroç (Quod mundus iit immutabilUlt 
Dans le premier cas , il est facile de reconnaître l'influence de PlatÀ ^ 
et de la philosophie grecque ; dans le second , un ordre d'idées bifli j 
différent se présente devant nous : c'est la raison qui abdique devaÉl 
une faculté prétendue supérieure , la philosophie qui se retire devant b ; 
mysticisme. 

Nous étendrons la même remarque à tout ce que Philon, soil jêS 
l'effet de ses croyances religieuses ou de son éducation philosophique i 
nous représente comme un intermédiaire entre la pure essence divial 
et les objets de l'univers, au Verbe, aux anges, et ce qu'il appelle ièi 
puxiâanoôâ. Quand Platon l'emporte, quand Dieu est considéné comM 
le principe intelligent et l'architecte du monde, alors le Verbe est h 
pensée divine, siège de toutes les idées, à l'imitation desquelles ont éli 
formés les êtres; alors les anges et les puissances, à tous les degrés 
de la hiérarchie céleste , ne sont que les idées elles-mêmes (De munM 
opificio ; De linguarum confusione). Mais quand le mysticisme orientd 
apparaît sur la scène, montrant Dieu comme la cause immanente et b 
lieu de toutes les existences, alors toutes les idées deviennent des réalités 
substantielles, des forces actives subordonnées les unes aux antres, et 
cependant contenues dans une force, dans une substance unique; 
Ainsi nous avons déjà vu comment le Verbe intérieur ou la sagesse, 
le premier-né de Dieu, devient un pouvoir distinct, une personne, une 
hypostase. Dans cet état, il est la première des puissances. On l'ap- 
pelle aussi l'homme divin (ô[vôp6>rcc esoo) , parce que c'est à son imagi 
que l'homme terrestre a été créé, et il lui arrive quelquefois de se 
montrer à nos yeux sous une forme matérielle. C'est lui que le pa- 
triarche Jacob a vu en songe ; c'est lui encore qui a parlé à MoM 
dans le buisson ardent (deSomniis, 1. 1, p. 656, éd. Mangey). De soft 
sein sort la seconde puissance, c'est-à-dire le Verbe prononcé ou b 
parole, l'énergie efficace, comme un fleuve jaillit de sa source, lé 
second Verbe engendre à son tour la puissance royale {-h eaoïXixii) qoi 
gouverne tous les êtres par la justice, comme la parole les vivifie ^ 
la grâce. Ces trois puissances, sans se séparer de Dieu, descend^! 



PHILON. M 

I prorMent d^ !ui p«r un •■!"»r!ir.>^«^n;«-rt tT-idu^»! lî^ «i InmiAre , 
•ar éXrr la lufi i«r»' «t !.i m»- •!■• 1 iif::\*Ts /^v <i''f'j-, î ^. "i . yH.ml 
•.\ an,!*** . c»" ^"ît «îi* I tn-'» . n tr • -* #; . | r- *i :■ il :i';\ i!i-.iî*im, |ijrlif5 
' !a n«&turi^ . «-u i!»'" Av • * i.i^-, j» \ ,*.... ^ » .'ï.. t , t\ jw. \ • i.i i m qui I- 
jf-f 1* ^"unir a r» .ir* ilf-* h i?.f . >. | • i.r r •■ i *l !•■ i: •'ri.»- «j:,.- n lui 
** d*'^ai^T\^ fl iir*H liîrux •*•■ *• ' ! ■! « r ?••■ «î.r.H îi n.wh ! ^■..- ^.ii'-nno 
* /#iy'jfifi6uf , i. I. p ■J.'i:! . . i. Mip^'X . 

3*. if SI* r l'^t *'irîi«!il 1^111!!: :1 î a:. .!■■ Ih rîv:.'' ij'if IMii'»n nnui 
écos\Tv \r nifl.in-f *W ^. h j. ■ . i.^ v\ :.i j. u» |. ,l.r» • :; n .i l.ii|ut Ki- il 
'«b*BdoDr.*?. \'>t\^i t.iiit''! i! • t, .i\tT P l'of!, fl.ir:s !• s i'lj>i« di* la 
EHation • uni' rnipri-nl'* .if^i ! • •!• ^ i î- •■■* •■'• ri.«! • ^ . i*l di-i l.irr qur, 
us le sro'Ufi (ji* ^iT.^ . n- i-» !.•• I '.Tr ii^ ^ i:i a «• i.'iu!^ rîi-vi-r j d«*a 
imDais<ânc<*.s ^ur-t-rirur'-H; t.ir.'.'.i il .i.il i au a\ ':'.,*• iiifr.itii1i.«*'»jL!tî 
aln* l Amo M-n*.li\i-, j'nr.« .|.f <1«' l.i •.•ii>i'.. n ii ij.- l.i \ii- |.li\«(|ur, 
1 i àm^ rai^unn.ili!»*, m* .:•• ili- ii- •* i-S-rv. I.i j-n r- .« rt*. i-- fi.n •• l'a «lit 
ioi<«. rCMd»" •lui* If Niî^", !»r •! ^ ij-j-- !a ^i«- !.'!■ rs\ ui.i- i nunalt'in 
k rt-aM-nr*" '*i\ini-. I.n ii.il! ■ ■ : «Ir iN. i! .!i»;*;. ^t.r l.i in-i i-^mI»- tjr >*; 
|>rfparer à la vi^ji-sm- j. ir c lyi .. .:ji["- li- li-s ^iiihin riii-\(-Ii<|ii«*.s 
t*3k.^ -.; ri 'i 1 • «• l'^t-.i-il'.r'- 1'-^ .iriH •!»• ! i j ir ! i-î i*t lli* ruluirc di*. 
re^ç^ril *i rhiT»' aux «ir'*'^. Ki.;- i.i^ .1 • f.*t;,i.' i|»i.- !••% .ir!»» «li- I • p.irolc 
•oot cho^e môpri«*aM«' • ■:..::.«• i- i- rj"» i-i l-s h.-.s, i|ui* I.i rt'iilrtii- 
pîitioD dr la \''rilt^ tout-- i.u*-. <!• .1 ''tri' Ir hi-u; . \. r. .i-i- il.* t iulrlli- 
pf!.!""*. Eni'ori* N il s .11 :« '.. l .1 ! N -f: . il :u. ! l'iî . I u\i,- liN riifitiais- 
fanc^s 1*15 plu^ o|i»\i»i'N i|f i.i r.ii^i-n. i!»*^ •■ ini.i "*h.ii., •■> i \ iji*^ !i)niii'r«'S 
sopericore?». dirtTi#'tii«'iit • iii.irp'< «^ <)•* JMi-u i-t i kii.c.iiih ji.rrs .i 1 ropril 
eomme une ^'rdrr. (! i">l |>.ir i •■ i:i> \*-ii iiH'* I li •iiinr p* ul arri\fr a %<iir 

Dieo face a fdct*. c rsl-.i ilirt* l« I i^u il i-^l t-n lui itn'-iiit' , i*! a f|ii)>ras>iT 

dans un ^'*u! nv.irJ ^nri •••.'•riur . >iiii Xfilf il I um\iis l.fj, attf*j., 
Kb. IT}. IMiiInn r»T'»nn:iil aii^^i la f-i -. ■■ . i{u il ;i|i('»vlr l.t n'iuc drs 
Vfftus, If plii«» parfait d'**« I K'iis, II' I iiii> iil «)iii iiiiiis lit- a |lu'U. 

Mèrnfs ht'M(a(ii>n^ pour !.i IiIhtIi' «)iii- p iiir i :;ili-iliL:''tiiv Ouplqiie- 
(ms 00 croit fnirndrr parler un phi'i^'*!'!!'- ^l'iK ini. I. h> iiiiii'psl hhri' : 
ksiois de la nfO'NHiir . ipji j >ii\i-iiii-hi i>> iii- la u.û-.ri-, ii i-xisicnl pas 
poor lui ; seul , ptirim tous \r^ rlrtn , il rsi i-.ip.ili v di* \rrliiH , fi . à r^ 
titre, il es»l!c plus Immu u luyu- iju»- !>:tu pnn^iM»- «»ur la li-rri- '*/f .Vi*/.i- 
UlÊtt,. Mais la doi'tnnt* criiiirairt' lui inI lnMiittinp p!u> f.iitiilii'rt*, il il 
y dêpioie bien rnii*u\ les rr'lH-^<«i*^ d** suit iiij.ijiiialii>n «'t df son nIxIp 
OhfDlal. Le ma! (|in n^nt* daiiN «*•* inondi*. I** iimI inural roiiiiin* \c 
Bal physique, est I «-ITi'l ini'\ilal<|t' de la iii.itiin' "U lu iixri' des puiâ- 
noces ixiferi'Mirrs qui nul pri^ p.irt . a\i'«* 1<' N • il"-, â la furnialiun de 
rhomme; mais à Ihru seul d":t i'-ln* r.ippiT'f t'iul n- «{u'il \ a dt* lion 

dans nos aclÏJDS el dan^ uhn pin «» />' mun>li «.y ifirtn; ,/t i'mfihjH^, 

Se regarder soi-ni^mc r>iiniiii- l auii*iir il on'- 1» >niii* art un, r C'?)i se 
rendre eoupuhU: d'av^Wx' «'t dimpirli^; i- r.sl v nit-tlrc à la place do 
Diea«((ui seul a di^puM^ «I m^ n i^ îiuir> la «^fini-ni*'* du h\*-i\ , cl mmiI a 
hverlj de la féconder, «i-lif \trlu. Phil- ii laîiptlîi' ilr >ni\ \riiUililc 
iwm : c'est la ;rrA(v /. ,?: . . •* L.i ^rr.Vi». 'ir-.l !h Ho/hinum ututa- 
lûmtfj esl cetti* \i»*r;:i' n'nsli' qui mtI -!■' lu- Iialrij-i' iiilri" Pirii cl 
l'âme, enlrr» iMcu qui nffrc cl lâiii»* qui n i. ■:!. 1' uir \.\ Um ccrilt- i '. .t 
vas autre chobc quua &v ui bolc de la {:iàcc. » licite uijstêneuïc iiî- 



56 PHILON. 

floence n'agit pas toujours directement : elle emprunte quelgnefoisi 
intermédiaire , c'est-a-dire la gr&ce personnifiée dans un homme, 
alors elle s'appelle la réversibilité. « Le juste , dit Philon {de Sacrif 
Abeliê et Caini), est la victime expiatrice du méchant; c'est à ci 
des justes que Dieu verse sur les méchants ses inépuisables trésoi 
Telle est la psychologie de Philon, constamment partagée, con 
sa théologie et sa métaphysique , entre deux esprits opposés. Sa 
raie, quoique attachée encore par le langage a la philosophie 
que et pleine d'expressions stoïciennes, péripatéticiennes, pU 
ciennes, est au fond purement mystique et contemplative. A Vei 
légitime de la volonté et de la raison sur nos désirs elle substitue I 
cétisme. Elle recommande, non pas de régler la nature, mais] 
rétouffer, de la détruire en nous, pour laisser un libre champ ' 

?rftce; elle ordonne de macérer la chair; elle présente la vie commal 
lat de déchéance, le corps comme une prison , et, comme moyeil 
se relever et de reconquérir sa liberté (une liberté qui n'existe 
elle prêche à l'homme une indifférence absolue pour les biens, 
les intérêts, pour les affections, et l'on peut même dire pour les 
voirs de ce monde. La seule fin qu'elle lui propose, c'est l'unioBJ 
l'âme avec Dieu par Tenthousiasme, par l'amour et le complet 
de soi-même. « Il faut que l'âme se répande elle-même, comme 
libation pure , devant le Seigneur. « {Quis rerum divinarum 
êii.) 

On voit, par cette étrange association d'opinions, quelle est la 
de Philon dans l'histoire de la pensée humaine. Il nous représente,! 
l'éclectisme alexandrin , mais le besoin qui pousse les matériaux 
cette école, les éléments alors réunis dans Alexandrie, à se rapp] 
et à se concilier. En donnant le premier exemple de ce rapproche] 
il a été l'intermédiaire, bien plus que cela, le promoteur des 
grands systèmes adoptés après lui : le gnosticisme!, le néoplatonii 
la philosophiedesPeresderEglisealexandrins.il a faitconnattre PI 
aux interprètes orientaux de la gnose ; il leur a appris à rattacher le [ 
cipe de l'émanation à la théorie des idées. Il a initié aux doctrinei 
l'Orient les philosophes grecs qui forment l'école néoplatonick 
Nous savons, en effet, que Numenius, le précurseur immédiiljto 
l'école de Plotin , admirait tellement les écrits du philosophe juifi Kj 
y cherchait, beaucoup plus que dans Platon lui-même, le vériw 
esprit du platonisme. Enfin sa méthode, son exégèse allégorique dl 
grand nombre de ses idées ont passé à Origène et â saint Clâ 
d'Alexandrie. Tous, à l'envi, puisent dans ses œuvres comme 
un trésor commun, et il semble rachefer par l'étendue de son inflo 
ce qui lui manque du côté de l'unité, de l'originalité et de lafoNk 
Mais, chose bizarre! c'est parmi ses propres coreligionnaires q^ 
Philon est resté isolé. C'est à peine si son nom même est connu *• 
auteurs juifs : nous entendons parler de ceux qui ont écrit en bébrci* 
Pas un seul de ses écrits n'a été traduit dans sa langue nationale. Uif 
de son cêté, ne semble pas connaître davantage les traditions de soi 
pays ; il ne parait pas soupçonner l'existence de cette chaîne de doe' 
teurs et de ces ardentes discussions qui ont préparé le Talmud. Oo* 
été jusqu'à prétendre que la langue de la Bible lui était compléleiseM 



^ PHILaN. 57 

C* 'tr a^s^flion est diffu-ilt» à M)ulrDir: miK on pmt proavrr 

^-n ■t\.i ( H 'Uh \^s \ru!i I.t \«*rsi*»ii do^ S'pl^ntr, dont st wr- 

cà .1'- .tn t' u^ I«^ juiS (1 Airt^ndrie. (1 c»l ^ur In Irrmf» de 

cr»iu(-:; ii *\ sur di^ fUmnlik^'m purrin«*nt i;rrcqiifs que M fon- 

îâpiup.trl ijf mhi comiiirnUtrrs. 

.7U\rfN i!f Philnn uni <'ti- rrcuoilli«*!i et imprimées à Genève « 

'• 161 :i. d\«'i* la tr.iilurtinn latini* de (irleiiius ; à Pans, in-r» 

I; a Wiili'iîiUT^', in-f , l(i*.K); à l»ndre«, par Thoiii,ui Mangey, 

in-r. lT«*i : t't'Nl. juM]u â pri'M'nt. 1 édition la plus cumplMc^ 

Ci'>rn I ti' ri l.i plus atiMnd.intr en dm-unienU de luule espace ; 

de Fri'di'rii*-Au^'UHl«* rfiMfiT 5 %«•!. in-8\ Krlan^vn , 1785-92j 

inarhf*\if. (In a aii^^i puldié separeim-nt en ^nn*, t'D laliD ci 

'laoçaic. pluMfurs «vnls de IMulun • dunt nn trouvera la h%te dans 

\iothe»ptf greri^Mf de Fatirinu^i l. n. p. 7il , et dans la Préfacé 

ISaD|:ey. I.** Iraitr que le cardinal Mai a fait paraître sous ee litre: 

\Fwimie ejufsfMf parhhui , in-H*. Milan • IHIG, n est pas de Philoo » 

de Gt'iiiisle r.elliMn. On re^'arde comme plus authentique un 

petit oiiira^'e publie par le iii^me Ha\ant : «/r i't'phtnt fesit» et éf 

tu parfntthui . m-H , ih. , IHtH. >oiis citerons tntin la f'hreêto- 

Phttnnitinn , que I on doit a J. -<'..-< i. iKihl , iii-8 . Ilamh., IHOO. 

mt au\ ou\rai;eN critique*, qu on |N*ut cf»nsiiiter ^ur Philon, %oici 

IpnncipAUX : Katiricius, )hturuitùt %îe }*\nV»ni*mi> Phiinni* , in-4% 

ipv IGIK). Stahl, E**n% dune fjfntittf>n tyiUmatiqHf de la 

de Phihm d'Alejrandrte , dans la iithlùithffue gmerale de la 

xture bthhquf d'Eirhnm, t. n, .V cahier .ill. . S'hHMtet, ideu 

tkilon sur rimm**rlttlitr , In rffurrertum et la rémunération ^ etr., 

les Analeria de Keil et de 'l/s«*hirner, t. i", i' cahier; t. m , 

lier ail. . — Pianckius, i'imtmentaUu de prmcipiii et ramiû IM- 

reiaiinnis Phihmiantr atlrgnnnr.Mi'ï . (î(rtlin(:ue, IHUT. — Grcnis- 

\jQM4F»ti'ine$ Phihmetr , in-^*, IjMpzi^, \H'2M. - ^îfroerer, PhHtm 

k tkéoltfgie alexandrins . â vol. m-8*, Stultf ard , ÏHlli ail.). — 

y Expttiitinn hiftnrigue de l'ècide relitjteuse de t juif $ d'Aiexan- 

lySvol. in-K**, Hall, XKlï ail. .— (ireuzer. dans le journal intitulé 

t4 ei critiquée relatives à la thenlnqie , 1" livr. , anmr 1K32. 

niILO.>i, surnomm<^ rATiitiKicH , philosophe M*epiiquo. disciple 
liai et ami de Pvrrhon. Il aimait tieaucoup la dis«*ussion, à ce 
nous assure Diog^ne l^rrce liv. ix, $,67 cl é\t. et citait frèqueui- 
Démocnte, dont les ouvraires, avinr l'enseignement de Pvrrhon ^ 
it formé ses opinion*( phili>sophiques. Il professait aussi une 
[flide admiration pour Homère, à cause de son mépris pour ie.s hoiii- 
^ qu'il compare, tantôt aux guêpes. tanlAl aux oiseaux, tantôt aux 
IjMdies. Philon se plaisait souvent à rappeler ces mots : • Ijl race 
,F*ortels est comme celle des feuilles. » \. 

W DC Btblos. Vnyez SAiirnoiiiATnoTr. 

S qu*on appelle le DuLErTiniN on le MfnABiQra, pour le 
stoïcien et de l'académicien du même nom, florissait, 
tfMtreDce, vers les preniicres années du m* siècle avant 



58 PHILON. 

notre ère. Disciple de Diodore Chronns, il ne Ten a pas moins co» 
battu sur deux points principaux, sur la définition du possible et sv 
la vérité des propositions conditionnelles. 

Selon Diodore, si je ne dois pas aller à Corintbe, il est iœpossibli 
que j*y aille jamais; et si je dois y aller, il est impossible que je n'y affli 
pas, car les contradictoires ne peuvent s'affirmer en même temps d*ai 
même sujet. En conséquence, pour Diodore, il n*y a de possible qm 
le futur, et le fîitur est nécessaire. Doctrine dangereuse par laqoàli 
Diodore aboutissait an fatalisme. C'est là ce que Pbilon semble avoic 
voulu éviter. Le possible, selon lui, c'est ce qui ne répugne pasik 
nature intrinsèque d^une chose, même quand des obstacles intérieilt 
invincibles en empêcheraient la réalisation. Ainsi, disait Pbilon^ lamOH 
a la puissance de brûler, même quand elle est au fond de Tean. Doo* 
trine puremement dialectique qui se place en dehors de l'expérieMl 
et ne peut atteindre que des abstractions. 

Philon n*est pas plus heureux sur le second point II enseignait qN 
la proposition conjonctive conditionnelle peut être vraie de trois mi- 
nières et fausse d'une seule. Elle est vraie 1* lorsque Tantécédent etk 
conséquent sont vrais; 2"" lorsque Tantécédent et le conséquent sort 
faux ; S"* lorsque Tantécédent est faux et que le conséquent est vrai. Bk 
est fausse seulement lorsque Tantécédent est vrai et que le conséqoert 
est faux. 

On peut accorder à Philon ce dernier point, puisqu'il est de teaU 
évidence qu'en raisonnant juste on ne saurait tirer le faux du vni. 
Mais il faut absolument nier tout le reste. 1"* La proposition conjonctite 
conditionnelle n*est pas toujours vraie quand Tantécédent et le coosé* 
Guent le sont. Exemple : Si les rayons du cercle sont égaux, TAmek 
1 homme est immortelle, â"" La proposition conjonctive conditionneDe 
n'est pas toujours vraie quand Tantécédent et le conséquent sont hnx. 
Exemple : Si la terre est immobile > les méchants sont heureux. S* b 
proposition conjonctive conditionnelle n'est pas toujours vraie qoaiil 
l'antécédent est faux et que le conséquent est vrai. Exemple : Si deo 
et deux font cinq. Dieu existe. N*est-il pas évident, en effet, que k 
valeur de cette sorte de propositions ne dépend pas de la vérité 
ou de la fausseté de leurs parties, mais seulement de la relation, oo, 
comme on dit en logique, de la conséquence que ces parties ont entre 
elles ? C'est ce qu'a fort bien vu Diodore lorsquMl enseigne que la pro- 
position conjonctive est vraie lorsqu'il est impossible que, raolécé- 
dent étant vrai, le conséquent soit faux. On ne voit pas pourqooii 
sous ce rapport, Philon avait cru devoir rien changer à la doctrioe 
de son maître. 

Les auteurs à consulter sont Alexandre d'Aphrodise , Queitiom wh 
turelle.t, liv. i, c. 14. — Cicéron, de Fato,c. 7. — Sextus Empiricos, 
Adversus Logico» , lib. vui , c. 113. Voyez aussi VEcole de Migon 
par l'auteur de cet article. D. H* 

PIlILOiV dbLarissb, philosophe de la nouvelle Académie, qii 
florissait environ un siècle avant notre ère. Disciple de (^litomaqoc^ 
il devint son suocosseur à la liHe do IViolc, et demeura pendant quel- 
que temps à Athènes ; mais, ne trouvant pas assez de calme dans la 



PHILOPONE. 59 

Grèce, alors profondément agitée par la première gnerre de Mithridate, 

fl alla se fixer à Rome, y ouvrit une école de philosophie et d*élo* 

. qoence, et rencontra Cicéron au nombre de ses disciples. Le fond de 

' n doctrine nous est inconnu. Nous savons seulement par tradition 

] qoe, tout en restant Tadversairedes stoïciens, et en repoussant leur cri- 

, terium, il s*écartait de la manière de Carnéade ; il cherchait à rappro- 

1 eher la nouvelle Académie de l'ancienne, et^ par conséquent, essayait 

' le faire un retour vers le dogmatisme. Mais cet effort semble se réduire 

* lun simple désir de trouver la vérité. Il appelait de tous ses vœux un 

adversaire qui confondit ses doutes, qui lui démontr&t la possibilité de 

istlngaer Tidée vraie de Tidée fausse ^ possibilité qu'il se refusait à 

ftconnattre avec tous ses prédécesseurs. C*est celte légère modiôcutioa 

q)portée aux principes de ses mattres, cet appel et en quelque sorte 

ce regret adressé à Tidéalisme dogmatique , qui a fait regarder Philon 

mur quelques-uns comme le fondateur d'une quatrième Académie , 

Arcésilas étant le chef de la troisième. Voici les principaux passages 

des auteurs anciens qui traitent de Philon : Plutaraue , Vie de Ci- 

eéron. — Cicéron , Académ., liv. i , c. 4 ; liv. ii , c. 4* et 6 ; Tuecul, , 

\\y, n, c. 3: rfe Naiura deorum, lib. i, c. 3; de Orat., lib. ii, c. 28 j 

Brutus, c. o9. — Sextus Empiricus, Hypotyp. Pyrrhon., lib. !• — 

StobéC; Eglogues, liv. ii. — Eusèbe , Préparât, évang., liv. xiv, 

c. 9. — Voyez aussi Fabricius, Bibliothèque grecque , liv. m, p. 10, el 

lonsius ; de Scriptoribus kistoriœ philosophiœ , lib. m , c. 4. X. 

PHILOPONE on PniLOPomJs (Jean) , dit aussi Jean le Grammai- 
USN, philosophe et théologien des ti*' et vu'' siècles, était natif 
d'Alexandrie ; et sMl fallait prendre dans son sens le plus naturel un 
passage souvent cité de sa Réfutation de Proclus ( liv. xn , c. 4) , il 
aurait déjà existé en 529 , c'est-à-dire Tannée même où le décret 
de Jnstinien dispersait les derniers débris de l'école d'Alexandrie. C'est 
possible à toute force, bien que, indubitablement, d'après son propre 
témoignage , qu'ici Ton doit prendre au pied de la lettre , il écrivit en- 
core en 617. Mais alors il faut renoncer à cette opinion , gratuite du 
reste, que sa Cosmogonie de Moïse, dédiée à Serglus, le fut après 
l'avènement de ce prélat au patriarcat de Constantinople en 639 ; il 
feint surtout reléguer au rang des fables, avec la fameuse réponse 
d'Omar, la demande qu'aurait , dit-on , présentée Jean Philiponus au 
chef arabe , à l'effet de se faire remettre la bibliothèque d'Alexandrie, 
En tout cas, nous n'admettons pas qu'il ait reçu des leçons d'Ammonius, 
le fils d'Hermias, qui succédait à Proclus en 485. Voici donc à quoi se 
réduisent les faits certains de sa vie. Evidemment, il étudia, fort jeune 
encore, les doctrines néoplatoniciennes : Platon aussi, et plus encore 
Aristote, lui devinrent familiers. A l'étude de la philosophie il joignit celle 
de la grammaire , de l'astronomie, de la philosophie et de la théologie. 
Nous n'oserions ajouter sans hésitation, comme on Ta fait, qu'il professa 
la première de ces sciences dans sa ville natale ; toutefois, c'est de là 
qu'on a dérivé son surnom de Grammairien. Pour celui de Philoponos 
(ami du labeur), c'est un juste hommage rendu à la multiplicité 
de ses travaux ; et la postérité n'a pas ratifié l'anathème littéraire de 
Photius qui^ jouant sur le nom, le qualifie de Matœoponos (aux vains 



60 PHILOPONE. 

labeurs). II est vrai que Jean était hérétiqae et semblait se complaire 
dans la sphère des orages théologiques. C'est lui qu'on regarde comme 
le chef de cette variété de Teutychianisme , qui reçut le nom de tri- 
théisme j et il sut s'y faire nombre de partisans , même dans les plus 
hauts rangs de l'Eglise. Ce Sergius , qui depuis parvint au siège de 
Constantinople , en était un. Au formulaire ou catéchisme de Tarche- 
véque Jean le Scolastique y sous Justin II y il opposa un autre factum 
dit Biblidarion ; il décocha un factum contre le concile de Chaloé- 
doine ; et quoique , d'autre part y il ftt la guerre à d'autres sectes 
monophysites , aux acéphales , aux agnoètes , aux phlhartolàtres , il 
fut déclaré inorthodoxe au synode de 516 , lequel en même temps 
somma deux évêques ses partisans , Eugène et Conon , de Tanathé- 
matiser. Plus tard il tomba dans une autre hérésie, qu'Origène n'avait 
point esquivée y le phantasiasme y et il soutint que nous ressusciterions 
avec des corps spirituels. Même pour TEglise d'Orient , c'est là nier 
la résurrection. Il s'ensuivit une polémique très-active, et dans la- 

Juelle il eut sur les bras y outre Théodore le moine et Thémistius y ses 
eux amis les évêques. Il faut lui rendre cette justice , que toutes ces 
querelles ne l'empêchèrent pas de s'occuper opiniâtrement de philo- 
sophie : cet ouvrage qu'il écrivait en 617 , plus qu'octogénaire peut- 
être^ c'était son commentaire sur la Physique d'Aristote. Moitié à pea 
près des grands travaux du Stagirite eurent ainsi en lui un exégète in- 
fatigable. On peut regretter que V Histoire des animaux ne se trouve 
pas du nombre de ceux qu'il se chargeait d'interpréter. 

Il faut le dire^ cependant : ce n'est pas comme commentateur de 
la doctrine aristotélique que Philoponus présente quelque chose d'ori- 
ginal. Sans doute il est clair, il est méthodique, surtout il est ample 
le plus souvent dans ses développements , lorsqu'il nous explique 
les Analytiques et les autres livres du maître ; il saisit et il rend sa 
pensée , il dit bien ce qu'ont pensé les autres ; venu des derniers y 
il est précieux en ce qu'il récapitule ses devanciers, et il répare 
pour nous plus d'une perte; mais voilà tout : et l'on peut même 
trouver que trop fréquemment il copie d'un peu trop près ceux qui 
l'ont précédé dans la carrière, notamment Ammonius, et qu'il ne nous 
fait pas toujours pénétrer à d'assez grandes profondeurs. Ce qui lui 
donne une physionomie à part y c'est que tout imbu qu'il est des 
méthodes et des doctrines aristotéliques ^ il y a du platonisme y nous 
dirons même du néoplatonisme , chez lui ; c'est que , quoique ayant 
très-positivement des convictions chrétiennes qui Tenchalnaient; il 
montre pourtant certaine indépendance de raisonnement, du moins sur 
beaucoup de questions secondaires -, c'est enfin qu'il existe un Uen 
marqué entre cette indépendance et l'élément platonicien que nous 
remarquons en lui : c'est l'admirateur et le commentateur d'Aristote 
qui est chrétien ; c'est le lecteur de Platon et des néoplatoniciens qui 
s'écarte de l'orthodoxie chrétienne. Très-certainement si Philoponus 
n'eût pas été influencé par la doctrine des idées au delà de ce qu'il 
croyait lui-même, il n'eût pas été favorable à la chimère d'Origène, 
que les corps avec lesquels le genre humain ressuscitera seront des 
corps spirituels. Très-certainement aussi s'il n'eût pas éprouvé une 
vive sympathie pour la triade des hypostases , telle que la conçoivent 



PHIUiPONK. fil 

l^> soccrs^rurs df Pl<>t:n , il n't ùl |i.i«. di^tin;;u<* Ioh irnr< ptrvinnfs 

'Plaines au [) 'iiil (i rii f.iirir, iS'j n ii:« aux \ii\ i: ».-% .i:.'a *o- 

ni^t»-^ • \T*'is dieux a |Hirt. ^.viXe uiiite àv luilurr , qu a\iv U*> uirn 

r.or.hvsites il attribut* au tlhnnt , pri tiit^iiii* lrrii|i» qui* I uiiile de por- 

soLDi» , déct^le bh D 1 i-iithouM.i^tf dt* 'a iliHlririf* tU* lin, qui , nulle 

part, n'fDvahit autant d<* filarr qur • h . \rs iiiii(i|.it<intf irn!(. Son ii|h 

positiOD aa\ |ihlharl'<l.itrr>di*ri'ii!t* df la pirinr «^ uri-r i|urMin phanta- 

sume ; et si 1 une r<»t rn haniK-iiM* .i\ir lis fi<ru)uli-«i de IK^Iim*, 

UBdu que l'autre s en erartr , 1 nn^'ine n t-n vsX pan iiioin» la nii^nu* : 

Mokpmcnt le libre pt-UM'ur it a >u ^ arri'*ttT m mi I f nj<ti^*nait I'KcIim* , 

Di oo le \oula.l la raison. Il n en r>\ {lis mi^ins %r.ii qu en fait . le plus 

fMvent. l'hili'ponus jxiiait un r<ne df rrarlinrinairr .i 1 fj.-.iril de I nule 

BCopUtonicK-nne ; • l a ee iiirr . er nnus MMnMi- , il de\r.it .i\f>ir unr 

plan dans l'hi^'t'Jtre de rrtti' eei»ie , d-nt le m' sirr!«* \ii:t la ruine 

iarromplir, d.tn<« !a splii-re tiialiTirllr. par li-s rdii^ ; dan^ la sphère 

mleilertuelle , par di>s diali-ttn-irns r\ di-n i:raiiiiii.iirirns ; mais dans 

Tun^ et dans 1 autr** , m»un 1 inllui'riei* rbrrlirniH*. < •lli- n-arlpin eonlre 

ie ne opiatun l'Orne m* nianifesir furnirlicininl ehe/ i'iiiiofxinuN par deu\ 

oavraffcs , i i.n r^'ntrt* Janibli'|ur. l auln- mnlre riiM-lu<>. I.*- preniirr« 

qae noas n a\«>ns plus «'l qui nr iiniis t^t enunu qu«' par IMmiIiuh. a\ait 

pjur titre dt* Stntuft, iunsi i)Uf li- li\ir iT.riiii'ilniit il «t.iii 1 1 rt-fulalinn, 

M qui semble n'avoir eh- qn un ri*:ii.ii!i>-L'P-nl di-\il'ppi* d*' iflui de 

Porphvr** sur le im^me •^ujr'. Hn v.rt qui* J.iinb npif M.iitir.ail que 

djns iuules l'^s slatut-s il*- ii.fux tiu lii- iirr-M*^ ii-^iil.nl . *\-> \ instant 

qjrtVs a\aient ële eniiH.i. ri-i s. qiirltpji- 1 huM* ilf ia |iii.<»^aiii t- nu di' la 

\'Tlu di\ine. II est eell** li\pilhi*M* que Jr.in s.ipplii|ui> a combattre; 

el. suivant Pliolius liji-iin'-ii.i* , ^ •u\i-iil m-> ratMinneiiHiitN ont de la 

Turu«*ur et v^nt au ImimI d«'N rli->^e> , lurn qui- d .intrrs fnjH t| soit 

tri-:»->u perfide i. 1^* mh-oihI iinxr.i^'i-. liiiiil *iru\ nu lriii<« pves au plus 

ont péri, a pour titre i/r i'iJntuU- tin wi-ifijf • n ;;nM-. Vi-niM\ 15;17; 

dans la Biblinlhera i'airum 'fr4iri,tttm m- lia. '.nul. t. \ii , I78H . Ici. 

romme le litre mi^nif 1 iniliqui* .i^>/. . !<- | :i Mi-ci* r,\ pins hardi, et 

Froflus, qu'il fallait réfuter, «'.si un ru :•■ j- ulenr. Ilr bun ! f.vm*» le 

dire, Philofionus se montre suuvfnt joiitrur nnti nmiiis habile; et 

UntAt pour la subtilité, laiil<''t pour ia ri.:-i->- *•{ l.i pn'lnnil. ur , il ne 

le cède pas à son rival. Il i-sl vraiipiil i*^\ iiuval ; in.us I ouvrap; 

Kt long; car il passe en revue di.rhuit prétendues dcMiititslralions de 

Proelas y et à chacune il (qqMiM- une ou plu^irurs refutatiuns. 

PhilopoODS suit pied à pied son adversaire, (ioninie lis nènpialonicions 
prétendent toujours s'appuver des prinri|K-s avances par IMatnn, on 
conçoit que, dans une diseus.sinn contre eux. on peut examiner leurs 
t&sertioDS sons deux points de vue : 1 Smil-elies vraiment conformes 
à la pensée de Pialnn? â" S>iiil-elle< confuimes a la raisun . à l'obser- 
vation? C'est ainsi qu>* priM'ède ninstaniiiieui Piiilii|>onus. Sur le pre- 
mier point il bat constamment son ad\ersaire, (|u'il umus montre, en 
ootre, assez souvent en contrudiclion avec lui-nième et avec les néo- 
platoniciens, ses prédécesseurs. Muant au S(*cond , c'est autre chose. 
L'oe fois qu'il est en présence des faits moines, et c|u'il faut traiter la 
question d'après les principes éternels cl non d'après des textes bien 
on mai interprétés 9 il laisse beaucoup à désirer quand il ne tombe pas 



62 PHILOPONE. 

dans le faux. Cependant il pénètre quelquefois dans lot vif des questions. 
Tel est le mérite de la sixième réfutation , qui est presque un livre, et 
où il discute l'impossibilité prétendue où serait le démiurge ^ de vouloir 
anéantir son œuvre. Telles sont aussi, sans que nous les admeltioni 
de tout point y les divers morceaux où il examine les caractères. Tes- 
sence, les conditions, Vétre de la matière. En somme, on peut dire 
qu'il pose intrépidement en face des dogmes du néoplatonisme lei 
principes contraires ; et ce serait vraiment quelque chose de curieox 
que d'opposer article par article sur deux colonnes parallèles, d'une 
part, les Aphorismes de Porphyre et les Institutions théologiques de 
Proclus^ de l'autre, les principes tout contraires qu'on pourrait tirer 
du traité de l'Eternité ûe Philoponus. A cet ouvrage, que nous re* 
gardons comme le plus important, sans contredit, de ceux de Philo- 
ponus, se lient ses sept livres sur la Cosmogonie de Molise, in-&>°, Vienne 
en Autriche, 1630, grec-lat. C'est, en quelque sorte, dit-il lui-même^ 
la suite ou le complément de celui qu'il avait écrit contre Procloii 
L'ouvrage au fond est curieux : il y a là autre chose que de la théo- 
logie, quoique la théologie n'y manque pas^ et même la théologie 
hypothétique, par exemple quand il parle des anges. Mais hafi- 
tuellement c'est le physicien, le géographe, le naturaliste, l'érodli 
que l'on trouve. Ce n'est pas que sa physique, sa géographie soieri 
toujours exactes : il prétend que l'Océan ne fait pas le tour de la terre; 
il afûrme que le déluge a couvert tout le globe en même temps; il croit 
que la sphéricité de la terre n'implique pas la sphéricité des massée 
aqueuses occupant une portion de sa surface. Cependant il serait fi- 
elle d'en tirer des faits très-intéressants pour l'histoire des sciences. 

Terminons par la liste des ouvrages de Philoponus, autres que ceoi 
dont nous venons de parler. Ce sont d'abord des commentaires sur hoi 
ouvrages d'Aristote. Tous existent, sept ont été publiés à part en 
grec, et sept en latin : i"" \e Commentaire sur les Premiers AnalytigusSf 
in-f% Venise, 1536 (trad lat. : in-f% ib. , 15U , ISU, 1553, 
1555; 1560); — 2'' les Commentaires sur les Seconds Analytiquttf 
in-f% ib., 1504, 1534 (éd. lat.: in-f», ib., 1542, 1559, IMSj 
Paris , 1544 ) ; — 3** le Commentaire sur le premier livre de la Mi' 
téorologie, in-r», Venise , 1551 (trad. : Camozzo, in-f°, ib., 1551, 
1567 ) ; — 4*^ le Commentaire sur les quatre premiers livres de k 
Physique, ib. , 1535 (trad. lat.: in-l^, ib., 1539, 1541, 1558, 
1569, 1581); — 5"^ le Commentaire sur les livres de l'Ame, ib., 
1535 (trad. : in-f«, ib. , 1544, 1554, 1558, 1568, 1581: Lyon, 
1548 , 1558 ) ; — 6'' le Commentaire sur la Génération de» ani- 
maux, in-f», Venise, 1526; — T le Commentaire sur la Généra^ 
tion et la mort , in-f" , ib. , 1527 , avec celui d'Alexandre d'Aphro- 
dise sur la Météorologie ; — 8'' des Notes (plutàt que des commen- 
taires) sur les quatorze livres [métaphysiques (en latin seulement: 
on ne sait où est le texte grec, ni s il existe encore). A ces boit 
ouvrages doit être jointe, peut-être, une Vied^Aristote, souvent donnée 
comme d'Ammonius, mais qui n'est pas de ce dernier, et que quelque! 
manuscrits attribuent formellement à Philoponus : elle se trouve en léte 
àxx Commentaire d'Ammonius, sur les Catégories, Dans une seconde 
division des ouvrages de notre philosophe se rangeraient, outre la 



PHILOSOPHIE. (» 

da BOttde , an opavule $mr i« Pëqme ' à la mite de la 
ie , et dans la hiUwtheifue de» Perte , |p Hibhéanom , Ich 
ire li«Tes tfmtrê U i'^mexie de i' kaire imne ^ le (aclum $mr oa 
MBfn , la Hemtmeiiom , Us dur-iept rk^fntret r*mirf les Àeepkahs . 
bhvrp remirt Itê autres Herestei , \r IhmneHT de dertetons i \-.«uitt: 
Mr ri'itiir, et enlio OB traite iiii-thn»li>^ii|ur. rni-;ihilnHap|iiqut* i^ur 
ttlle question : « (Comment 1rs qu.ilre \f-rtii^ ciMinAlPn %t di»tri- 
laeal-ellea dans les troi« faruili» de J inie ? • >auf I'- premier, tous 
m perduf : mais Photias bmqs patrie di* pre^qw |f»u«, t-t haniaM-rne 
(lar Ir» Merene* a confter\e de» fratrnienls du iheerte. I. riu\ra|{e 
. MUv le rrifialc de Chalrèiloini* parait a\i>ir èle IrtV, . prrtidenirnt 

IM^ : l'auteor semble a\(iir pris a iAi-Ih* de muntrrr que rrtte réu- 
IJM fat teaoe à la piu« grande frUiin* de Nfsioriun , qui le re^tardait 
ttuse son plus l^eaa triompha. Ii)d**pen<laniinfnt de t-es eenls , vien- 
laC : 1* on liTre «wr Uê aertntt in H*. Wien^ieru', lliiri; in-H*, 
laptif, I8£; — 2* \ro\s pptils ou\ra;!rft sur 1rs diûttrie» *jrers ' itï-ï% 
Tcùe, 1512. 15i0« 1557. On vrui, de plus, qui- Philnponus ait 
oa crMDmeote V Arttkmehque di* Niomaque di* tierase et la 
eompeniiiom de iMolfnuv ; qu il ni laisse un («pusTole sur 
4e l'astrolabe» et qu il v ait eu de lui des scnlies Mir lié- 

Val. p. 



PHILOSOPHIE [de «,u«:, ami, el de <r-«ji. siipfiise, science; 
t^MÈOmt <le la safceMC uu di* U »o.i luv \. 1. Imhiiiui- i-jiii u\r nnt iri'ilc- 
^eat le bcaoïa de savoir, comme il epruu\f* Ir tH*siiin d airir, d aimer, 
4e vivre. Il y a plus : de 1 elat de se» cminniviancc» depf*n«tenl la plu- 
part 4e ses déterminations, d«^ sa*» M-niiiiM-nU, de ses plaisirs et de 
peines, des é\eBements beureui o<i malheureux qui e«>mpitscnt 
eiÉsIOMe i en sorte que le dcMr iW ta sricnre m* peut que s'ai*- 
en hu par les efforts mêmes qu'il a déjà faits fiour l«* satisfaire, 
d les pnigrès qoi I éluipienl de I ifriiorance. Majs la Mienre, i-'psl-à- 
le VTH savoir, la Mrule iiianicre dt* ccmnallrr demi l'rspnt soit eom- 
t satisfait, est bien diflérente t-t des impressions fu;;itiveB de 
y et des notions isolées que n«ius de%ons a I expt*nence ou ao 
un, et des croyances que nous tenons de la fui. Ses deux 
les plus essentiels sont lunilé et la «vriitiide : la certi- 
We, car elle est la connaissanre mi^me; la eonnai^sance n'existe 
pas laol qu'il y a doute; — l'unite , car les <ihjets doi\ent se montrer à 
■aiie ÎDlelligence tels qu ils existent dans la nature, tir, Tcdisenation 
k pins superficielle suffit pour nous appn*ndre que rien dans la na- 
lare n'est absolvaient isolé et indépendant , mais que toutes les par- 
ties de l'uBivers se tiennent , que tous les êtres et Utus les phénomènes 
s'enchaînent les uns aux autres. Pour que ces deux conditions soient 
exactemeot remplies, il ne suffit pas qu'elle.% s appliquent à quelques 
ilgelSy il faut qu'elles les embrassent tous indislinctement et atteignent 
kylOB haut degré de généralité. En d'antres termes, il faut chercher 
h «rtilade 9 non-seulement dans les choses, mais dans l'inlelligenoe 
tas perçoil, ou dans la constitution el les Irns de la pensée; il faut 
l'unité y non-seulement dans les rapnoris extérieurs , dans lu 
I ÊÊÊÊÊÊÊmot noluelle im élres et des pbéDooiencs, mais dans la cause 




64 PHILOSOPHIE. 

Soi les a produits ^ dans la sobstance dont ils sont formés , dans la m 
e leur existence. A ce point de vue , toutes les sciences , sans per 
leur indépendance et leur division naturelle ^ peuvent être considéi 
comme des rameaux d*une science unique , d'où elles tirent , aux yi 
d*une raison sévère^ leur signification et leur valeur, et qu*elles éc 
rent à leur tour par des {applications innombrables. L'élude de o 
science supérieure, la recbercbe de ces principes sur lesquels repos 
à la fois toutes nos connaissantes et toutes les existences , on Tap 
cation de la raison aux problèmes les plus généraux et les plus éh 
qu'elle puisse concevoir, voilà ce qu'on entend par philosophie; t 
modeste qui exprime le désir plutôt que la possession , et dont la 
dition fait honneur à Pythagore. Mais la philosophie est plus ancie 
que son nom. L'Orient l'a connue avant la Grèce. Partout où l'es, 
humain, las de croire et de rêver, s'est élevé au désir de savoir, ( 
a placé devant lui ses redoutables problèmes, elle J'a entraîné di 
le cercle de ses audacieuses spéculations. Elle est en même temps 
commencement et la fin, le premier et le dernier effort de la raiso 
et c'est parce que nous voyons en elle l'idéal , la perfection de la oo 
naissance, parce qu'elle seule regarde au fond et à la totalité é 
choses , qu'elle attire tout d'abord nos méditations. Car, l'esprit comi 
le cœur, va droit à ce qui le tente, sans calculer les obstacles, sa 
mesurer la distance. Ce n'est que plus tard , à l'école de l'expérieDOi 
qu'il apprend à partager ses efforts suivant la grandeur de ses dési 
et les besoins de sa faiblesse. Aussi faut-il remarquer que les systèm 
philosophiques ont précédé partout Tétude des sciences. Mais en va 
les sciences se multiplient , se perfectionnent , enrichissent de leurs i 
couvertes l'industrie et les arts , asservissent la matière à la voloi 
de Thomme et enfantent chaque jour de nouveaux prodiges, elles 
remplacent pas la philosophie. Au contraire, plus leur nombre s'8 
croit, plus leurs recherches sont fécondes, plus aussi l'esprit humai 
effrayé de ce chaos , éprouve le besoin de l'unité et cherche en li 
même la source et le lien de ses connaissances, le tronc qui suppo 
tous ces rameaux confus. La philosophie peut faillir à sa missi( 
l'inexpérience de ses moyens, un excès d'audace ou de timidité p 
lui dérober pendant des siècles le but qu'elle poursuit; cela n*e 
péchera pas l'esprit humain d'avoir foi en elle aussi longtemps q 
aura foi en lui-même , c'est-à-dire dans la science et dans la vérité 
cette foi dans la science et dans la vérité, c'est la vie de Tintelligen 
c'est un des éléments de notre nature, qui ne disparaîtra qu'avec ne 
Nous venons de dire à quel besoin, à quelle faculté de l'âme 
maine répond la philosophie , quelle place elle occupe et a toujc 
occupée parmi les œuvres de la pensée. Mais cela ne suffit pas p 
en déterminer l'objet et la circonscription ; cela ne nous montre 
les limites précises dans lesquelles elle doit s'arrêter; cela ne i 
tenir lieu d'une définition. Comment donc faut -il définir la pt 
Sophie, et, si l'on n'est pas d'accord sur ce point, quelle est la cai 
quelle est la valeur, quelle est la plus juste de toutes les définiti 
proposées? Telle est la première question que nous avons à résouc 
L'objet de la philosophie une fois déterminé, nous serons obli 
de le décomposer dans ses parties, nous serons amenés à recherc 



PHILOSOPHIE. (i5 

KfnUfam ptrtîcolif n qai se cachet 9oq% la dMnition générale et 
k liais qui ratUrhrnt tous re% probl^mi-?» enire ru\; m un mot. 
Ri aoroos a nous ucvuiier de Id di\i<»iun et de r>Tf:ani&ati<'n do la 
iiacephilosoph'qur. 

llDalure des quesiuins qui ontreril diin^ le d"mjine de l.i philo- 
i|hieiioasferaconnallre la tnelhode qui doit leiirf^lre applique**; car, 
■■nt se dérider pour le choix d un inMruiiient a\ant d** sa\iMr 
iqKlosjireil e^t destine '.' Il est également \rai que les idt*es plus 

■ BouLs ju»tes qu'on a pu se faire de la nirlh«N)e philn^'iphique 
Hâlnl en dernier res.v<»rl des queslii^ns qu'on %eut traiter. Mais rette 
Mhatation, indispensrthle d'ailleur*^ , n'a lieu qu aprri^ i-nup , c'«*sl- 
Mr après maints esviiK malheureux; I urdre lubrique de la pensée 
hcoDsisle pas moins .1 |HiM*r d'aliord le pn>hl('iiie, à le |»«iM-r siios 
Mises faces, à le di\iser dans toutes ses parties , puis à thcrcher 
^Mnière de le traiter. 

La définition, l'or^anisatinn et la méthode de la philosophie, teU 
Ntdooc les points fondamentaux sur li'.squels ntis réflexions devront 
p porter d^abord ; mais la philoMiphie n'eNt pas un pur idéal dont tous 
pdémeoLs et tou I en If^ condition s peu\eiit rire détermines à prmri |iar 
■m raison nenienl : elle est un fait qui dure, qui se de\el'ip|N* drpuis 

■ ■olos troiH mille ans, qui a exerce un** itinucnce mcuntestee sur 
^fatinées du fienre humain, «t. citinine 1 1 re!i^'i'>n, la |MH-Me. l'art, 
tlKiété, ne Gnira certainement qu a\ec lui. Aus^m. l.int que mius ne 
■M» pas appréciée mius ce di-rnier pmnt de \ue, nous nVn |Miur- 
^ANuier qu'une idée incompl«*ie, et lu tAchcque nous nous propn- 
^ restera inachevée. Niius ess.i>erons donc, après a\oir considéré 
I pUoiophie enelle-mi^ine, ou quand nous aurons refKjndu aux trois 
MioQs principales que nous venons d'indiquer, de montrer som- 
lireDeot ce qu'elle a été, ce qu elle a fait jusqu à prés4*nt, et quelle 
te il loi reste encore a accomplir. 

L « La philosTiphie, dit un auteur moderne 'JoufTroy, Prtfare de la 
^tkÊttùm du (JEuTTfê de He\d . , est une science dont I idée n'est pas 
nre filée; car, si elle 1 était, il n y aurait pas autant de philosophies 
Bde philosophes, il n'y en aurait qu une. tin ne voit pas qu'il v ait 
■eors physiques, plusieurs astrononnes ; il n*y a qu'une ph\sique, 
tee astronomie . pari'e que I idée de ces M-iences est de 1er m met*. • 
ii assurément one des assi*rtiuns les plus fausses qui aient jamais 
f proDODCces, et nous devons mettre d autant plus de soin à la de- 
Éty quelle vient, non d'un ennemi, mais d'un ami et d'un interprète 
qoeol de la philosophie. Non, la philosophie n't^st pas une S4:ience 
i Tobjet même n'est pas arrêté, ou qui se chcn*he encore, i*omme 
le même écrivain ; mais, depuis qu'elle existe, elle a toujours eu le 
ne objet ; elle s'est toujours attachée a la même idée, malgré les 
Hles diverses dontelle s'est servie pour la traduire, et que l'on a pri- 
*i tort pour des déânitions contradictoires. Non , il n'y apas plusieurs 
loiopbîes, mais plusieurs systèmes de philosophie, qui tous aspirent 
■ime but, sont provoqués par le même besoin intellectuel, se imu- 
tt aaloor des mêmes problèmes, et appartiennent à l'histoire d'une 
iBeseienoe. C'est ce double fait que nous allons d'abord tâcher de 
Mie hors de doute. 



66 PHILOSOPHI£. 

La premiàre définition de la philosophie es( ceUe qui es 
daps SQQ qomf el qui veut qu*elle spit la recherche de la sa 
qa'est-ce que la sagesse d'aprè$ les anciens? Eu quoi faisaic 
sister ce bien , pour lequel ils osaient seulement avouer 1< 
qu'ils se proposaient comme )e terme de tous leurs efforts^ 
n'étaient jamais sûrs d'acquérir? La sagesse, d après t'op 
nio^ des anciens, c'est le plus haqt degré dâ la science , 
ment la ^ience, la connaissance parfaite , la çoanaissanoe 
la vérité y engendrant naturellement la vertu , ou se manifes 
pratique du bien. Cette idée est très-bien exprimée par Cicé 
ficiU, lih. 1I9 c. 2) lorsqu^il dit : « La sagesse, selon la dél 
^HM^iens philosophes, est la science des choses divines el hui 
deis principes qui renferment ces choses. » Sapientia auu 
a vfteribus phiif^sophii definitum e9t, rertun divinarum et hu 
causarumque quitus hœ res continentur, scientia. 

Mais quoi ! l'esprit borné de l'homme oserait poursuivre i 
Quelqu'un ici-bas pourrait prétendre a la science univers 
assurément, si Ton entend par ces derniers mots une co 
particulière et directe, une intuition immédiate de tous les ( 
nature, telle que nous sommes obligé/s de la supposer dans li 
divine. Mtoy comme vous l'avons dit en commençant, le s 
nous consisle à découvrir la source et la raison des choses 
effeU dans leurs causes^ et les conséquences dnns leurs prie 
n^y a pas d^ scient du particulier , » a dit Ârislote avec ht 
vérité. Donc, cette science qui embrasse et qui domine 
antrea, la philosophie, en un mot, peut être très-bien désigi 
la science des causes et des principes. Cest ainsi qu'en effe 
finit quelquefois, et cette seconde définition, loin de contrée 
cédiente, n'en est que le développement et l'explication. 

Une fois en quête des causes et des principes, c'est-à 
wsoo dernière, du fondement suprême de ce qni est ou 
pQus croyons être, l'esprit humain ne peut s'arrêter que < 
idée qui ne se laisse résoudre dans aucune autre, et de 
au contraire, toutes les autres dérivent, où elles puisent 
force, leur autorité, et, en quelque façon, leur substance, 
est celle de l'absolu, de l'infîni, de la vérité en soi, de l'être ; 
Pa^ ^nséquent, la philosophie peut aussi se définir la scien 
so}u, de l'infini , de ce qui ne change pas, de ce qui est n^ 
universel, oiu de ce qui est simplement, de l'être en tant < 
sont à peu près les termes dont se servent ordinairement les 
grands philosophes de l'antiquité, c'est-à-dire Arislote et 
qu'on ne s.'élonne pas d^une déônition si ambitieuse en app£ 
disproportionnée à nos facultés. Nous ne pouvons rien sav< 
affijmer qui ne suppose L'infini et qui ne se rapporte à lu 
yu^ sur lui par un càhé ou par un autre. Donc, la science 
doit être considérée à la fois comme la condition et le but d* 
autJies scieniKes. ]>'aiUeurs> il ne s'agit pas de pénétrer avec i 
intelligenoe dans l'abîme de l'infini et d'en visiter les profonc 
percer toules les ténèbres, mais de montrer la place que 
occupe dans toutes nos pensées, la valeur qu'elle donne à 



PHILOSOPHIE. 67 

flBDAaissaoceSy et de Véclairer tant par les phéoomèmes intéricnrs de 
fine, qoe par les conditions et les forces extérieures de la nature. 

£b somme, ce qui fait l'objet de la philosophie, c'est la vérité dans 
M expression la plus complète, la plus élevée, la plus pure, ou à son 
éeniier degré d'unité et de certitude. Tel est le sens identique, quoi- 
.fie plos on moins développé, des définitions que nous avons citées 
jaqu'à présent. Mais la vérité, en général , ne peut se manifester à 
MX» qae par la pensée : car, ce que nous ne concevons pas, ce qui ne 
tonbeen aucune manière sous nos facultés intellectuelles, n'existe pas 
fwr nous. Donc, si Ton connaît les conditions et les principes de la 
|Httée,on connaît par cela même l'expression la plos élevée de la vé- 
ÉL Vouloir nier cette proposition, c'est nier qu'il y ait une vérité 
«cessible pour l'homme, et même pour tout être intelligent, puisque 
t'est toujours la pensée qui est la règle de ce qui est ; c'est se ren- 
fcnner dans un scepticisme incurable et inconséquent. Or, la pensée 
l'existé pas d'une manière abstraite ; la pensée n'est pas autre chose 
|M nous-mêmes, considérés comme des êtres pensants et intelligents-, 
^ttlri-dire commodes esprits ; et l'espj-it, à son tour, nepeotsedéta- 
^ de la volonté, de la sensibilité, de tout ce qui tombe sous la 
ttneieDce, det 'àme tout entière. De là vient que la philosophie a été 
Mwi appelée la science de l'esprit, la science de l'àme, la connaissance 
itsoi-mème, l'étude de l'homme intellectuel et moral. Mais il ne faut 
|Ks oublier qu'en prenant son point d'appui dans la conscience ou dans 
l'observation de la pensée, la philosophie aspire à la connaissance vraie, 
-fit raison dernière des choses, et qu'elle demeure, selon l'opinion una- 
^ des anciens et toutes les grandes intelligences des temps mo- 
'^nes, la science des causes et des principes, la science de l'infini on 
'Bl'absolo, la recherche de la suprême vérité. Celui qui voudrait s'en 
^rà ce premier pas, ou qui réduirait la philosophie aux proportions 
^la psychologie, ne serait pas seulement coupable de la mutiler sans 
f'^t poar les autres sciences , en lui enlevant précisément les seuls 
l'^^Uèmes par lesquels elle intéresse toute l'humanité , il la condam- 
JJ^à la stérilité et à l'impuissance dans le cercle même où il cher- 
^'^t à l'enfermer. En effet, point de psychologie sans métaphysique : 
^1 comment analyser la pensée sans songer un instant à l'être qui 
9^; sans se faire aucune question sur la nature , la durée, l'ori- 
^de cet être, et la place qu'il occupe an milieu de l'univers ; sans 
lll^er à se rendre compte de la valeur de la pensée et de la manière 
^ elle peut atteindre l'existence ? Nous dirons de même : point de 
J!^**physique qui n'ait pour but de découvrir le fond des choses et 
^rir une base commune, un lien et un principe inébranlable à toutes 
'^^ûnaissances humaines. La métaphysique est à la philosophie ce 
^ Ift philosophie est aux autres sciences , c'est-à-dire le but etie 
J2J^e de toutes ses recherches, le tronc qui supporte et qui fait vivre 
•••J? «es. branches. 

.,^û)si, toutes les définitions de la philosophie (car il serait difficile 
y^ citer d'autres qui ne rentrent pas dans celles que nous venons 
"expliquer), toutes les définitions de la philosophie expriment la 
^e idée, mais avec des mots différents et sous des formes plus ou 
'^ réfléchies. Sn offrant pour but à nos recherches la vérité dans 

5. 



68 PHILOSOPHIE. 

son état le plus parfait, dans son caractère le plus absolu, elles semblent 
en même temps la rapprocher de nous par degrés, et finissent parla 
montrer comme enveloppée dans les replis de notre àme, comme eue- 
velie au fond de notre conscience. C'est ce but que poursuivent tM 
les systèmes; c'est celle idée que toutes les écoles philosophiques qri 
ont laissé une trace dans Thistoire se sont efforcées d'atteindre et à 
réaliser. Qu'on cite, en effet, un système ou une école de quelque in- 
portance qui n'aspire pas à découvrir le fond le plus caché de II 
nature des choses , le dernier fondement soit de la connaissance , loft 
de Texistence , soit de toutes deux ensemble ? D'abord se prâKDtoÉ 
les vastes systèmes de l'Orient, qui , rapportant tout à Dieu et faiiul 
tout dériver de son éternelle, de son ineffable substance, ne reconmi^ 
sant pas d'autre existence ni d'autre science que celle de l'inflDî, DMh 
qui , au lieu de s'élever, par la contemplation de l'univers et de TiM 
hnmainc, à cet objet unique de leurs spéculations , se placent directe* 
ment dans son sein , s'établissent en quelque façon dans ses pro» 
deurs, où ils nous font assister à la conception^ puis au laboriea 
enfantement de tous les êtres. Après les systèmes de TOrieni, vieniMal, 
ceux de la Grèce, où la raison, plus calme et plus maîtresse d'dh- 
même , n'a plus la prétention de dévoiler d'un coup tous les myslèni 
de l'absolu; elle se reconnaît des limites, elle aperçoit des obstacleii 
elle s'exerce comme une faculté humaine qui s'affranchit des entraves 
de la coutume, et veut aller aussi loin que sa nature le permet; mail 
le terme de ses efforts est toujours le même. Ioniens, pythagoricieoii 
éléates, disciples de Démocrite , Empédocle et Anaxagore, toussaii 
exception, tous les philosophes grecs depuis Thaïes jusqu'à Socratei 
ont cherché le pourquoi et le comment de l'universalité des chôseiy 
ont poursuivi un principe qui pût rendre compte de tous les phéiUH 
mènes, de ceux de la pensée comme de ceux du monde extérieur, et 
qui n'ait besoin de s'appuyer sur rien. Ce n'est pas ici le lieu d'expt 
quer comment ils sont arrivés à des résultats si différents; qu'il dooi 
suffise de constater que la diversité des solutions ne porte auouM 
atteinte à l'identité du problème. Et Socrate , considéré à juste litn 
comme l'auteur d'une révolution intellectuelle, a-t-il changé Tobjet 4a 
la philosophie ? a-t-il proposé un autre but général au travail de la raison 
humaine? Non , la réforme qu'il a introduite ne porte que sur la mé- 
thode; il a voulu que Thonime cherchât la raison des choses dansa 
propre pensée , au lieu de la chercher hors de lui, puisque c'est par k 
pensée qu'il atteint la vérité. Jamais il n'a voulu renfermer ses inves- 
tigations dans le domaine étroit de la psychologie ou de la morale; 
jamais la maxime de Delphes ne se présente dans sa bouche comina 
une limite imposée à rhorizon infini de la science. La preuve, c*eil 
qu'il est lui-même avant tout un métaphysicien ; c'est que ses interro- 
gations, sesdéfinilious, tendent presque toujours à un résultat métaphy- 
sique, comme la détermination des idées premières, comme ladémoDStn- 
tion de l'existence de Dieu parles causes finales, comme ses doctrines sur 
la spiritualité et l'immortalité de l'âme. Cette même méthode, entre ks 
mains de Platon, son disciple , est devenue la théorie dos idées , eil'oa 
sait que lathéoriedf's idées ne comprend pas seulement la métaphysique, 
mais aussi la physique entendue dans le sens des ancieaS| en on mot| k 



PHILOSOPHIE. 69 

substance de loote vérité^ la base de toutes les connaissances humaines. 
Il est inutile de rappeler ce qu'est la philosophie pour Aristote , le 
créateur de la métaphysique, le génie de la méthode, lencyclopédie de 
tontes les sciences connues dans l'antiquité; ce qu'elle est pour les 
stoïciens, les épicuriens, l'école d'Alexandrie. Partout, et dans quel- 
qoe bnt qu'on la recherche, dans un but spéculatif ou dans un but 
pratique, an nom de la vérité on du souverain bien , la philosophie 
le présente comme la science; non comme telle ou telle science, mais 
cdle qni les renferme et les soutient toutes , qui leur donne à toutes 
leors titres de légitimité. Le scepticisme lui-même ne s'en fait pas une 
aatre idée; seulement il d^lare cette idée irréalisable; la vérité qu'il 
yiétend avoir cherchée de toutes les forces de la raison , il la montre 
îaaocessible , et en même temps qu'il nie la philosophie , il nie toutes 
les antres sciences. Pendant le moyen âge, la philosophie n'était d'a- 
bord qne la forme, et la théologie devait être le fond de la pensée ; cepen- 
dant cette forme, longtemps renfermée dans les humbles proportions 
delà logique, acquiert peu à peu une telle importance, ou se mêle si 
étroitement avec le fond, que la science reparaît, sinon dans son indé- 
pendance, an moins dans son unité : nous voulons dire son universahté. 
Les mêmes questions qui avaient autrefois divisé l'Académie et le 
Lycée ^ sont agitées avec passion au fond des cloîtres et des monas- 
tcfes, et produisent des œuvres comme le Monologium et le Proslogium 
on la Somme de saint Thomas d'Aquin. Enûn, que dirons-nous des 
temps modernes? Est-ce que Bacon , Descartes, Leibnitz, trois hom- 
mes de génie dans lesquels se résume et se concentre toute la vie intel- 
kctoelle du sva"" siècle, n'ont pas embrassé dans leurs découvertes 
et dans leors réformes fécondes Tuniversalité des connaissances 
humaines ? Est-ce que ces puissants esprits ne se sont pas attachés 
sortont à mettre en lumière les idées qui dominent toutes les sciences, 
les principes d'où découle toute vérité? On attribue à Descartes une 
révolution semblable à celle que Socrate a accomplie dans l'antiquité. 
Hais quoi ! Descartes songeait-il à confiner la philosophie dans l'étude 
du mot humain ? Il est si éloigné de cette idée, qu'à peine a-t-il jeté 
m regard sur lui-même et constaté par la pensée sa propre existence, 
qo'il s'élève aussitôt, de proposition en proposition, selon la manière 
des géomètres, aux plus hautes considérations de la métaphysique, 
pour en descendre ensuite à toutes les parties de la physique, de la 
physiologie et de la philosophie naturelle. El qu'on ne dise pas que 
Descartes n'était nullement forcé par ses principes de s'exercer à la fois 
sur des sujets si divers. Sa physique toute mécanique est la conséquence 
nécessaire de sa métaphysique, et celle-ci dérive de sa psychologie. 
Après Ini, ses illustres disciples Malebranche et Spinoza, loin de rien 
retrancher à ce domaine de la philosophie , ont essayé de lui donner 
encore plus d'élévation et d'unité. En partant d'un point tout opposé, 
c'est-à-dire en ne cherchant que l'explication des phénomènes physi- 
ques, Newton, à la fin de ses Principes mathématiques de philosophie 
naturelle, se trouve tout à coup devant les mêmes problèmes. Il n'y 
t pas josqn'aux esprits révolutionnaires du xtiii'' siècle qui, tout en 
les déclarant insolubles sous prétexte qu'ils dépassent la sphère de 
l'observation , n'aient été obligés de les discuter et de les résoudre à 



70 PHILOSOPHIE. 

leur manière , les ans par un spiritualisme inconséqoeni , cornai 
Locke et Condillac^ les autres par un déisme senlimental, oomni 
Rousseau ; ceux-ci par le matérialisme, comme d'Holbach et HelvéUu^ 
et beaucoup parle panthéisme. La plus haute expression, dansl'4NPto 
spéculatif, de celte époque de critique et d'analyse, Kant, après avofr 
enfermé l'esprit humain dans la conscience individuelle, comme dMp 
une prison sans issue; après avoir rompu toute eomnunioation Mm 
nos idées et les choses, n'a-t-il pas fait entrer dans i'nnilésavanleë 
les compartiments symétriques de son système , non-senlemeBt DiN| 
rame, l'humanité, la morale, le droit, les beaux-arts, la rdigioo, màà 
aussi la nature extérieure? On oublie trop que rauteur de la Criiifm 
de la raison pure a aussi écrit les Eléments métaphysiques de la fetian 
de la nature y où il s'efforce de déterminer, au point de vue général da 
sa doctrine, les éléments constitutifs du monde physique. Le caraotètt^ 
dominant du temps où nous vivons est de chercher à unir Tespiii aiia» 
lytique du xviu' siècle avec l'esprit de synthèse et d'orgaoîsaliai 
qui distingue le xvii*. Aussi la psychologie d'une part , et de Tant» 
les sciences naturelles, ne sauraient lui suffire; mais, après avoir 
observé séparément les phénomènes de chaque ordre, après aw 
recueilli des faits dans les parties jusque-là les plus négligées du dk 
maine de Texpérience, il éprouve le besoin de remonter à leurs oo» 
munes lois, à leur commune origine , et de les voir, en quelque sortSi 
tous à la fois dans une seule idée. C'est l'exagération de cette àiaipoà* 
tiou qui a donné lieu en Allemagne, pendant le premier quart die ai 
siècle, à de si audacieuses tentatives; mais, contenue dans les borasi 
de rintelligence humaine et éclairée, corrigée par une analyse sincèn^ 
elle n'est pas autre chose que l'esprit même de la philosophie. 

L'objet de la philosophie, soit qu'on le cherche dans les définition j 
ou dans les systèmes, n'a donc jamais changé; il est aujourd'hui si | 
qu'il était au xvii* et au xviii* siècle , ce qu'il était au moyen âge, dasi 
la Grèce et chez les peuples de l'Orient, ce qu'il sera toujours, c'est- 
à-dire le savoir humain dans ses dernières profondeurs , les premiM 
principes, les causes premières de tout ce qui est, la vérité dans soi 
caractère absolu et immuable, ou du moins sous la forme la ploi 
élevée qu'elle puisse offrir à l'homme; et comme la vérité, ainsi qM 
nous l'avons déjà remarqué, ne peut communiquer avec bous, M 
peut se manifester en général que par la pensée, l'étude de la pensés 
ou de l'esprit humain , la connaissance de la raison par elle-même, si| 
par conséquent , la jouissance la plus complète , le développemenlls 
plus libre de ses forces, est le but immédiat, ou, si l'on peut aûui 
parler, la matière prochaine de la philosophie. 

IL Voilà l'objet de la philçsophie déterminé, non d'après use 
théorie, mais d'après les fails; non d'après une conviction personnelle, 
mais d'après les témoignages et les efforts unanimes de tous les phi- 
losophes. Voyons maintenant quels sont les problèmes qu'elle renferme 
dans cette idée générale. Essayons d'indiquer le nombre et l'ordrs 
de ses parties ; faisons en quelque sorte la carte des sciences philoscH 
phiques. 

Tant Qu'elle n'était qu'une vague aspiration vers la vérité et is 
confondait avec l'amour général de la science j en un mot , pendant les 



i»iiilosôi»iiiî:. 7I 

* qni sisrnaîrni ^^u tU-liv . '.i j * '"-■ ; * :■■ rv r'«-"rri.T'**,iil t\nn% 

\Tt^{*T^ v*iri a'iMjri* ili-»'!! • !■• f; il* |i!!«^ I .1 r.t.s i. rn i-^l f.ii-i!«* 

icomprfndrv : r l'sl iju»* t\i%\ •»• 'i-»!) r*i %■. r. iî.mmi- 'I* 'tio'-r^.i'i'in . H .1- 

ilJT>e« fl qu«' Ii«|iril l.iiii .1 ri n-- 1 •■ i» mî* r • ■■ )''■ r.l f ir !.inn'\*^, 

■lis par la s\n!h''«*'; icriiir.tfii !.i jr !•!• i:r •!•! p'» ni^" il *.i pr irc 

pi|jies«^. il \riuiirait iMi* i-n l«M«o r ■! i.f» *.. 1 ' .-..mii .} iiii. |.i. pri-mifr 

Cttâi dune Hi\isiiin Av I.1 ('ti !"« {>l.'>* i^l « • ''i! qu fin r%i ff. dnit, 

ftprès les iiilrrprrlatinii« !#■« l'n^ n.i'iir* ) «•<. i-t !• ^ f'h«i*r\nlMin« !e^ 

■ieai ft)nde^ft, d aUrihin r h l'I l>n l { .sr.i't . 1 n • fT< f . aiil:int que |r 

hi p»rfnel M nalurp ri .irli^ii* i-t l.i f.Tr* •• tîr.i»! il'fjue ri«- *rs ii*u%re4, 

fV Platon parlatîeait l.i ( h !•>«<•[ l!i>' m Ir i« «« i*itf's rltsfinrtr*», qii'>i- 

Wêê iO^parablrs : la di.ii*-i ' «iiif , ].i |li\Hi.ji|«. ri |,i m "ra'i*. I..1 dial'T- 

feque était la parité rs^i-nti- II" >■( « ••! rut.iii ,\rs ]rîr\iiyt*% )f'« pln^ 

IBéo^raux; v<iilà p'iur«)ij<>t •11 l.i vmI ^•i]\(f.t 1 '-r f'ii'lu** iwrr 'a phi- 

lQ90|*hie Itiul pn!n'*rr. V. !•• r 11 pr«'i .il .1 la T ^ • •• ju»' p^ir* rfr^iprinnu 

Boas le« n()ni% d»* p^jrlinin^-ni , il,- ii./"n:»- ii i}»- ipr' -i Ii\%:(pii*. Il.ins 

la morale, «•omni** n«.tis Ii* \ lyif * |iir '•■il l'-'/n»- fl*- 'r if^jtihiîquf , 

était renfermée la pnliiiijnor! aimi l.i j 1.!"..^ .| fur .».• | |ii«.!. rrr. I.a phr- 

Siqae, c-'Cilenu»' t«»ot i-nii'ri' iImi" /' i'ttu^f , a\.i!l fur hiil «If f«n- 

Ûn sur les prin«'i|H*> d«* l.i -ImI'i '.•;';•' i.f«' • '*fi!'>i:i.Ti I iirip t)ir*« rie 

pendrait* de la nature. A •••i''- «îiM-.-fi i* 1 r. ; !.■•.■, Arr^'-fo in *ulisli- 
ISA une autre beaui'mip p u^ ti.I!.- «i | m* x.,\ i,»,.. | j.i ,1 .-m «>• mm»-! de 
la philosophie la iiiet«iph> ^•iiii* , ipi il i!f<« l'v i .-.i.^m ^••>i<« !i i.>r!i i\v phi*r>- 
iophie preniK-re. II ,ifr. rl.i une j î.ii-»- lÎ!--'.!!»'!- :■ !.i l".- y.v , rrfMtirm 
ée son pf^nie, inMri)m«'i:i um^T***! th- i- uii'*. '1 h ^i-h d i s . runime la 
métaphysique en e*i W l*u I. I.i ; li)»"' pin '-t l.i vv r.i'»' fnn'îil rnainte- 
DDes d.in^ le n)^m«* raiij *-l N-^ iii*''rii«'N at'rilinl.Mr!<« r|iir IM.iton Iruf 
avait as«ipni-«. Enfin , iJan^ ^'"n •r;M!i- tir f twi^. Ar ?•• n a ikk seu- 
lement Iraié les !ineii!ij«'ni«* «!•' I.i p-iM-li* I«'l::'-, îi .r^ il .1 H<^ pf«s ji.jn : 
lia l'herrh^', à tou«» les fj^LTi*- il** l.i n.iliiri*. l ^ r.i| p« rt*» 'jiii exi^lent 
mtrp les faru't*^ de 1 j^nie mi di* la %!•• »-l l.i i'"i.'««rin ifi'-n "r;raniq»i«». 
Les slolfiens et les l'piruri'-nN n Ir.ir.ili» r» îi» 'I*- rrii»- ^nj*' ffnnnriîie !a 
Bétaphfsique, qui m* n»rifMriiIil piuir • ii\ nx-'' I.« *■ ■■ ? r-i- de l.i nature, 
et donnèrent le prcniri-r rnuj à lu !n« r;t'i'. I» in* I» -* rr»I*'S dn ffi#i\en 
Ige, la philosophie n'i-lait d a)''>rd '{lie M di.ili'i-tir)iii' v\ I a[*plir;itjrin 
dv la dialertir|ue à l.i llii''>l";;if ; nais la i}i\]S!nn d Arisinte rt pirul 
loot eati^rc avec la ronnai^^inri' de m-s n imps. !.'*s pi're^ de la plil- 
lo!MipMe mriderne, les pr.nuN h'»fpnjrs du wn' s«i!«\ furent plus 
orrapes à fonder nu n r»V''''<'n'r •!*'■• •'rdnniifr tl à il.f^ser; et danx 
le aiduvement si féiond «piils InisM-rrnt di-m-'r»' t*ii\, la «effnee, 
sans ohanfier de hniilt>, i-liiiijra s» ii\e!j| d li'-rryofi tl de rorloors, 
solvant le point de \ue où ellr sp p!.M;ail. rh;iq'i»' ^yU n\r api"irfn na- 
tarellement avec lui son radre p.iriii iilicr. i'j p* nd.Mil la vieille di\i<i'»n 
M conserva au fond dfs idor»»- <\ du l.uii:.i::e ph.!«»'ii»fdiiqiies; les ques- 
tions qu'on apita continu<Ti'iil diMre rla^^sces *«'.is !• •« an«iiimes dt-no- 
minations : questions de pli\«'iqne fin d«' phiInHuplin» nal!irelle, ques- 
tions de logique, queslion^i d«" inTale, qni-^l-Kfis iji- niêf: phj-^ique. 

Aojourd'hiii , Il \ n deux fi.iinièri s &< •■'l- if* r !••<; prol-l^rres philo- 
sophiques : lune, n l'uso^re de léi-ole , rt ::» i«Ta!rnirn! ci-nsarréedaps 
renseignement public^ l'autre indcpendcinle de toute tradition, de 



79 PHIIJ)SOPHIE. 

tonte règle officielle, et qui ne considère qne le fond des choto.! 

Selin In radre de l'école, la philosophie se cû^npose de quatre ^rlleir 
la première, ce)l<>. (joi sert d'inlrod action à loates les autres, estur 
pt^r.holngK , oq Tétade da sujet pensant, dn mm, coosidété dauf 
l'exercice, non-senletnent de la pensée, mais de tooles les racaltàj 
dont noDs avons conscience; la denxièine, c'est la logiqut, on Tm . 
de se servir de la pensée poar la déconverte et la démonslralioD de hlj 
vh'iXé , après l'exameD de cette question fondamentale : La vérité ett-F 
elle acces!iible i la pensée humaine , on les idées mêmes les plos n^l 
cessaires de la raison sont-elles l'expression Gdële de ce qui est? La' 
lois que la raison impose à notre volonté, et le but géaéral qu'eDc 
maroue à notre existence, forment l'objet de la troisième partie, dé- ., 
signée, sous le nom de moralt. Enfin , la quatrième , qu'on appelle li 
Théodieée, h l'imitation des Euaii de Leiboitz, comprend Icutes \a 
qnestions relatives à la religion naturelle: l'existence de Dieu, sa 
principaux attributs, ses rapports avec la nature et avec rfaoume,!! ^ 
destinée de l'Ame après la mort. Ces quatre branches de connais 
asncea sont certainement des éléments indispensables d'une sciesn 
qui n , comme nous l'avons dit, pour objet immédiat l'esprit humais: 
car, comment se faire une id^c de l'esprit hnmain , si l'on n'embrasse*^ 
flans ses recherches l'Ame tout entière , puisque la pensée ne peut se 
concevoir aons VtiTC qui pense , ni s'exercer sans le concours des aaCra 
fncult^B du moi/ Or, si l'étude de l'esprit, sous peine de s'égarer àm 
de vaincs ahslractions , vM la m6me qoe celle de l'âme, et si l'étude 
do l'AmvPSt pos!iil)le il l'aide de la conscience qui enveloppe tculesles 
fncult<^n, il nsl clair qu'il faut (jouter aux questions de logique les ques- 
tions de morale; qu'indépendamment des lois de l'intelligence et des 
condlllona du vrai, il fnut aussi chercher les lois de la volcnlé, le 
linl de l« liberté et Ion fondements du bien. Ce n'est qu'après avoii 
épuisé retle double s^rie d'observations, et quand on aura une idée 
à peu près complète de In personne humaine, qu'on pourra cssajer 
d'atteindre la cause premii're de notre existence , c'est-à-dire le pria- 
elpe iinlverscl de tous les êtres. (Inr la liberté el ses lois ne sont pas 
moins nécessaires que la raison pour nous faire concevoir, dans Is 
mesure de nos facultés, la nature divine-, ce n'est pas en mutil&at U ' 
copie qu'on peut retrouver l'original. Mais s'il n'5 a rien à effacer dûu 
ce programme habituel de la philosophie , en résulle-t-il qu'il n'y s 
rien il y ajowter'f Parc qu'on n y remarque rien de superflu , y tronve- 1 
t-on tout ce qui est lu^ccssaire? Nous ne le pensons pas, et les q 
lions que nous allons indiquer soB UBtir emcnt se justifieront e 
cnnimanderonl d'elles-mêmes. 

D'nhord, si l'on vmit eonnaiq 
fl nntonr duqupi viennent se < 
snphiqueit. ce n'est pas asscK it 
dier dans rhmnanité. ï.'honïJ 
m«n1 , prtsn>de dans une mexiirel 
essenliels. tontes W fm-nll^n iiar 
d'nne manière s^n 
une personnf' morale; r 
les tîetfi, par l'lnnneni.Y ^ 




PHILOSOPHIE. 



éO 



les excitations réanîes de la société el de la nature. C\\st ainsi que tonte 
la suite des hommes , comme dit Pascal , doit èlre considérée comme 
un même homme qui subsiste toujours el qui apprend continuelle- 
ment ; c*est sur ce fait que repose l'unité du genre humain, non moins 
réelle et d*une vérité non moins expérimentale que la liberté de Tindi- 
Tîda. Observer dans son ensemble cette marche collective, cette évolu- 
tion continue du genre humain y en déterminer les diiïérentes phases , 
en dégager les principales lois, tel est Tobjet qu'on attribue à la philo- 
sophie de rhistoire. La philosophie de Thistoire est donc la continua- 
tion y le complément nécessaire de la philosophie de la conscience on 
de la psychologie. Mais nous nous hâtons d'ajouter que , sans la der- 
nière de ces deux scieftces, la première est absolument impossible^ car 
comment espérer de comprendre Thamanité si l'on ignore ce que c'est 
que Thomme? Comment celui qui n'a aucune idée de la raison, de la 
liberté, du sentiment moral, de l'imagination, qui doute même que ces 
fiicaltés existent, pourrait-il en suivre le développement à travers tous 
les événements extérieurs? 

Mais la philosophie de l'histoire n'est elle-même qu'un tout composé 
de plusieurs parties. Tant que ces parties ne seront pas démêlées les 
unes des antres, tant qu'on n'aura pas une idée nette et précise de 
chacune d'elles, c'est en vain qu'on se flattera d'en saisir l'ensem- 
ble; on n'embrassera qu'un nuage. Or, puisqu'il s'agit d'étudier l'es- 
prit humain, la faculté de l'Ame humaine, dans la vie collective et les 
efforts communs de l'humanité, continués de siècle en siècle et de gé- 
nération en génération , comment se manifeste l'esprit humain dans 
cette sphère générale? Il se manifeste par les institutions et les lois, 
par les lettres et les arts , par les croyances religieuses , par les sys- 
tèmes philosophiques. Les actions et les mœurs, tant publiques que 
privées, ne sont elles-mêmes, dans leur signification générale, que la 
traduction vivante de toutes ces choses. La philosophie de l'humanité 
comprend donc nécessairement la philosophie du droit ou de la légis- 
lation , l'histoire philosophique des lettres et la philosophie des beaux- 
arts, ordinairement réunies sous le nom d'esthétique, l'histoire philo- 
sophique ou la philosophie des religions, et l'histoire de la philosophie, 
qui est en même temps celle de toutes les sciences. La première doit 
nous apprendre comment se forme et s'organise , et aussi comment se 
dissont quelquefois la société; comment peu à peu la liberté succède à 
l'oppression, le droit à la force, l'ordre moral à l'anarchie ou à la vio- 
lence; la seconde, comment se développe et quelle place tient dans la 
vie humaine l'imagination, comment l'idée du beau se mêle à toutes 
nos autres idées, comment toute pensée se réalise sous une forme ex- 
térieure dans une image sensible, avant que l'esprit la saisisse on 
elle-même. La troisième mettra sous nos yeux toutes les expressions 
que peuvent revêtir le sentiment et l'idée'de l'infini, les degrés qu'ils 
traversent dans la conscience humaine el les conditions sous lesquelles 
ils arrivent à leur dernière forme. La quatrième, enfin, nous expli- 
quera par quelles lois, quelle suite d'efforts, de contradictions et de 
combats avec elle-même , la raison , et avec elle l'Ame tout entière , est 
arrivée à se chercher, à se comprendre, à faire sa propre conquête. 
Quand on aura étudié séparément ces quatre branches des connais- 



74 PHILOSOPHIE. 

sances humaines, tout ne sera pas fini : il faudra alors rechercher ki 
rapports qui existent entrp elles, ou déterminer rinfluence qu'exerceit 
les unes sur les autres les lois, les œuvres de l'imagination^ les idéa 
philosophiques et les croyances religieuses. Les faits généraux qui tth 
sortiront de cette comparaison seront le résultat le plus important, h 
conclusion définitive de la philosophie de l'histoire : car ils devront 
nous oiïrir la plus haute expression des destinées du genre humaÎDi 
et noua montrer par le chemin qu'il suit le but vers lequel il est ap^ 
pelé. 

Les mêmes rapports que nous venons de découvrir entre rindivida 
et l'humanité dans l'ordre psychologique , c'est-à-dire dans la consti- 
tution générale de nos facultés , nous les trou v(fh8 dans le cercle dek 
logique cl de la morale , ou dans l'application de ces facultés à la rs* 
cherche du vrai et à la pratique du bien. En effet, la logique considérél 
dan:^ toute son étendue, ou du moins telle qu'on la conçoit aujourd'hiûi 
comprend , indépendamment du problème de la certitude et des règM 
de la méthode, la démonstration de la vérité. C'est même dansoetll 
dernière partie qu'elle est restée Renfermée depuis son fondateur jus- 
qu'à son premier réformateur, depuis la composition de l'ancien Jus- 
qu'à celle du nouvel organum. La démonstration de la vérité auppoN 
la connaissance non-seulement des lois de la pensée, mais des loisda 
langage, et des rapports qui existent entre les unes et les autres. Tel eil 
aussi le cercle qu'embrasse le premier monument do la logique, c'est4* 
dire Yorganum d'Arislote, qui est en même temps le premier raonoiDCBl 
de la grammaire générale. Mais, avant de donner des règles au laih 
gage, avant de fixer ses éléments et ses formes pour les mettre d'aooori 
avec les élénients et les formes de la pensée, n'est-il pas utile de savoir 
comment il se constitue en quelque sorte de lui-même^ sous les inspi- 
rations spontanées de l'Ame, modifiant ses signes et les multipliant^ 
variant ses infinxions et ses formes suivant les besoins , c'est-à-din 
suivant les idées, les passions, le caractère de chaque peuple et ëa 
chaque Age, et au^si suivant les images que la nature otfre babitoelto* 
ment à nos yeux? Or, cette science, c'est la philosophie des langues^ 
qu'il ne faut pus confondre avec la philologie comparée : car eelle«d 
ne tient compte que des éléments matériels de la parole, tandis que la 
première considérera surtout son développement spirituel, ou les Ml 
selon lesquelles elle arrive successivement à exprimer toutes lea idéef. 
La philosophie des langues est donc étroitement liée à la gramimiire gé- 
nérale, qui elle-même fait partie de la logique. 

I^ morale aussi soulève des questions qui s'étendent hors do cercle 
ordinaire de ses recherches. Nous citerons d'abord celle des devoirs et 
des droits respectifs dt» l'individu et de la société. Qu'est-ce qu6 la so* 
ciété doit à l'individu Y Qu'est-elle autorisée à exiger de lui, et récipro- 
quemrnt? Voilà un problème dont personne, assurément, ne contestera 
aujourd'hui Timptirtance, et que la science, au milieu des événemenls 
qui s'accomplissent, n'a pas le pouvoir d'ajourner. Mais nne société 
déterminée, c'est-à-dire un Etat, n'est pus une puissance isolée dans ce 
monde. I^s Etals ont des rapports entre eux qui sont sonmis aux 
mêmes lois, qui relèvent des mêmes principes que ceux qui règlent les 
rapporta et les actions des individus. La morale, indépendafflinent ta 



PHILOSOPHIE. 7S 

ïf% wdivitfvrit «Q prnrét et de» droiu qui mi dëronlmt, rompmid 

le droit |MiUlique el inirrnaliooal , fonde Mir m-?» ba»e^ nalaretles. 

ne rra'inion» pa« d t ajoutiT, dans re qu rlle ■ de pim eK»eiiiiel 
f p^^ fi*ii«-ril . I ecoiMiBiii* |iOliiiqoe : • cmr il i&iMr, enniiine pom 
M 4il ailtews l'oyfs li<i««i t . ure rtruiir rrlAlion etiire le btea- 
iiMienel de la Mieieie el ^on de%rl«'ppen)eiit moral; rhtovnedet 
le U eonMieffiee« el par rvmtequrbl rharun des Hlbrls que bom 
I faili p<iur nfi«ft en rapprocher « nmiioe rtiarune det erreurs o« 
MftMo»» qui ii«»uft en eluiicneot , a de% roDsequcDcet iDf vitablet 
la sphère de aot interM^. • 

■les le* fkfienceft que noun «eBoni» d enumêrer , la pliik»ophie da 
oire a\er iouie» m*» di%i»ionf . la (ihilti<k<if hir de« lan|;oes, le droit 
lettB 00 international vi I entnoone p«>liiique , n'en forment qn'nna 
, ^B*oo petit rffipeler la ifkiloftfikte et i Amnanif^ , |i«)ur la di«tiD- 

de la |ibilDM>phie pruprrn ent dtle, trè» jaf4« m^nt nommée la 
re delhomne. Mus de mfm»* que I liomme est lie À l'homanitév 
itaïc l*huniaaitè i-sl liei- a la nalure, à ce %aMe uni % en au sein 
H sedérnulrol set de^tinres. La nature . en i-fTet, n'a-t-elle pas 
ne Dou!» »es pn»f»riêl^ «u %f* Urte% , ses Uh^, M>n <*rpanisalionv ta 
ioat miiK >Qbi»inns m^ees^airement 1 influenre ? ljp% farolies mo- 

el inlHIeclsrlIes qui (*om|Mi«kent notre i*sM*n4*e ne itonl «elles pas 
Mes à an*' <*ertaine foniie d** l'urg.inualion |ih>»ique. soumise ella- 
e as reste de l'unie rrs , et dont les moiiliraiMn« rep«>ndenl son* 
à aalant d'aptitudes diverses, à autant àv ficmes ou de raracières 
'entft ? (lui'l est le prinri|»e. quels sont les éléments de re tout qai 

a%ec tant de fnrre ^ur noire esptVe ? (Quelles sont les limites res- 
ves de son eiislence et de la nAlre ? Quelles sont les ressem- 
.■es et les diffêrenees entre lui et nous? Os questions ne peuvent 
résolues qu'à une hauteur qui domine tous le» phénomènes, par 
icieneequi emlira%ke lout«*«i 1rs sciences naturt'lles,et qu'on appelle 

eelte raison la philotnpkif et la nature, (^>uant a l'otijel deretta 
ice, on fiourra se pi h indu* de Mm étendue et de sesdinicultés« per- 
e n'en conte^teru l'existence, si 1 un SMinpe au nombre et à la va* 

des problèmes qui se présentent dans le cercle do monde phy- 
*, au delà d«*^ phenomriir*i sensibles rt des rapports de quantité. 
sl-ee que le temps, l'espace, le rnou\ement, la matière, l'oriiani- 
n, la vie? Le temps et l'espaci* iint-iK par eux-mêmes une \èritabla 
ence, oo ne sont-ils que l'ordre, le rap|)ort des c'ho>PS successives 
nultanées ? ()u bien encore fuut-il les considérer comme de simples 
le noln^ sensibilité? 1^ mouvement a-t-il sr>n pririCipe, sa cause, 
tiéae dans la matière , oo vient-il d*une cause supérieure? Est-il 
lel et inépuisable, oo a-t-il comnienré el doit -il finir? Et la 
ère, en quoi consiste- 1 «elle? N'est-elle que l'étendue? KsI-elle 
force, on afzrégal de forces oo d'atomes inertes? T^omment celte 
ère sans intelligence obt^t-elle a des lois si intelligentes? D'où 
iennent ces formes, ces dessins, ces structures meneilleoses que, 

qaelques-unes de ses combinaisons, appelées des corps organisés, 
Miiiserve et reproduit avec tant de persévérance? <Ju*est-ce qui 
te à ces corps la facolté de se mouvoir, de se oonserver, de rester 
, CB dépit des lois ordiBaires de l'annilé éladive ? D oo lear vies- 



76 PHILOSOPHIE. 

nenl et en qaoi consistent tontes les facultés nar lesquelles ils se rw^ 
prochent de nous ? Quels sont les rapports de la psychologie animile 
et de la psychologie humaine ? Tels sont quelques-uns de ces pro- 
blèmes , dont on chercherait vainement la solution dans les observa* 
lions du physicien et du naturaliste ou dans lesdéductionsdugéomètre. 
Aussi ni les philosophes anciens , ni les grands philosophes modemei 
ne les ont oubliés dans leurs systèmes; ils étaient compris , comnitt 
nous ravons* déjà dit, dans la physique générale^qui formait une parti! 
essentielle de la philosophie. Aujourd'hui, ils sont, pour ainsi dire, h 
frontière commune de la philosophie et des sciences naturelles. 

Ainsi, la science philosophique, considérée dans sa plus vaste exten- 
sion , se partage en trois grandes branches : d'abord la phikmplm 
proprement dite, ou la science de Thomme, exclusivement fondée sor 
la raison et la conscieuce; ensuite \diphHo$ophi$ de l'humanité, qui ap- 
plique les deux facultés précédentes à tous les éléments essentiels ëa 
l'histoire; enfin la philosophie de la nature, qui est obligée d'sgoateri 
ces mêmes facultés la connaissance des lois et des principaux phâMh 
mènes de Tunivers. La nature même de ces trois ordres de connais- 
sances justifie la disposition que nous adoptons, puisqu'ils formeni 
comme trois cercles concentriques dont.le premier est enveloppé dsM 
le second, et le second dans le troisième. C'est par l'homme que l'oi 
comprend l'humanité; c'est par l'homme et l'humanité tout ensemble 
qu'on peut espérer de parvenir aux points les plus élevés de la nature. 
Nous ajouterons que le centre commun de ces trois cercles, lepoiat 
autour duquel ils se meuvent et auquel ils aboutissent par toos leofi 
rayons, c'est la science de Dieu, la théodicée ou la métaphysique génfr 
raie. En effet , l'idée de Dieu n'est pas seulement le dernier résultat ëa 
la raison repliée sur elle-même et appliquée à l'observation des phéwh 
mènes de l'ùme; elle est aussi la source des plus hantes inspirations, 
des œuvres les plus accomplies de l'humanité, et la seule lumière qv 
puisse éclairer sa marche ; elle apparaît aussi dans chacune des lois, dans 
chacune des forces , et surtout dans Tordre général du monde. Il n'y a 
donc de théodicée complète que celle qui repose sur cette triple baie, 
ou qui nous montre la puissance divine présente à la fois dans la eo&- 
science , dans l'histoire et dans la nature. 

Ce cadre de la philosophie, ce n'est que l'idée même de la pbiloMH 
pbie sous une forme plus analytique. Il est impossible d'admettre celle- 
ci et de repousser celui-là. ;Si l'on croit que la vérité e-st une, et si T 
aspire à la connaître dans son unité, il ne faut point la chercher sur 
point isolé de l'existence. La philosophie n'est pourtant pas la scieiioe 
universelle : comment proposer une telle chimère ? Elle a pour objet 
les principes et les lois universelles, c'est-à-dire ce qu'il y a de com- 
mun à toutes les sciences. Mais il ne suffit pas que les divers pro- 
blèmes que nous lui attribuons lui appartiennent à juste titre et appellent 
tout notre intérêt, il faut savoir encore nar quel moyen, c'estrà-din 
par quelle méthode , elle les résoudra. C'est cette question que Doaf 
allons aborder, en faisant observer d'abord qu'il ne s'agit de riei 
moins , au fond , que de l'existence même de la philosophie : car, si la 
philosophie n'est pas soumise à une marche déterminée par la nature 
de ses recherches, si elle n'apergoit pas, avec le but qu'elle poorsait, les 



PHILOSOPHIE. 77 

moyens nalnrelsd y atteindre, c'est en vain qu'elle prétend an premier 
nnt: parmi les sciences^ elle n*est qu'un rêve irréalisable , une stérile 
auihilion de notre esprit. 

III. La méthode ) en général ^ c'est l'ensemble des opérations par 
lesquelles notre esprit s'élève à une vue claire et distincte de la vérité^ 
on à ce degré de la connaissance qu'on appelle la science. Ces opéra- 
tions sont en petit nombre: car, lorsqu'on a nommé l'analyse et la 
synthèse , l'observation, la généralisation , l'induction et la déduction , 
on les a à peu près citées toutes; mais on peut les employer tantôt 
réunies y tantôt séparées , dans une sphère plus ou moins étendue, en 
commençant par une extrémité ou par une autre, selon la nalure des 
objets qu'on veut connaître et le degré où l'on veut parvenir dans cette 
eonnaissance. De là, autant de méthodes particulières qu'il y a de 
sdenoes essentiellement différentes. Par exemple, les mathématiques, 
qui n'ont rien à demander à l'expérience et qui fondent leurs théorèmes 
ior les dé6nilions et les axiomes, se servent exclusivement du raison- 
nement déductif. Les sciences physiques , au contraire , s'adressent 
lurtoat à l'observation et à l'induction. Pour nous, il s'agit de la mé- 
thode qui convient, non pas à telle ou telle branche des connaissances 
dont nous avons essayé de tracer le tableau , mais h la philosophie tout 
entière, c'est-à-dire de la méthode philosophique portée à sa plus haute 
expression, et qui doit être aux autres méthodes ce que la philosophie 
elle-même est aux autres sciences. 

Posée dans ces termes, la question a été résolue de plusieurs ma- 
nières, selon les points de vue divers où l'esprit peut se placer en 
commençant à réfléchir sur la nature et sur lui-même. Les uns, 
frappés de l'ascendant qu'exerce sur nous le monde extérieur , et 
voyant ses impressions se mêler à toutes nos idées, ses lois peser sur 
tontes nos facultés et déterminer la plupart de nos actions, se sont 
imaginé que Tâme n'était qu'un effet de l'organisation, la pensée une 
combinaison de la matière, et que, pour trouver la raison des choses, 
il faut procéder du dehors au dedans, de l'univers matériel aux sens, et 
des sens à l'intelligence. Cette marche a été suivie invariablement, mais 
avec plus on moins d'art ou de résolution, par tous les philosophes de 
Técole dite sensualiste, depuis les ioniens , Démocritc et Epieure, jus- 
qu'aux sceptiques du dernier siècle et aux sectateurs de la philoso- 
phie préiendue positive de notre temps. Nous l'appellerons, avec plu- 
sieurs historiens de la philosophie, la méthode empirique: car en vain 
cberche-t-elle l'ordre et l'unité dans ses résultais; en vain quelque- 
fois en prend-elle les apparences; comme elle anéantit l'autorité de 
la raison, sans laquelle toute idée d'ordre est détruite dans son prin- 
cipe, elle ne peut aboutir qu'à la plus triste confusion. Les autres, au 
contraire, observant que le monde, que les choses en général seraient 
pour nous comme si elles n'existaient pas sans la pensée qui les con- 
çoit, et que la pensée elle-même ne serait rien sans la conscience, ou si 
elle n'assistait à l'exercice de ses propres facultés, si elle n'était instruite 
de tout ce qui se passe en elle , en tirent cette conclusion , que la con- 
naissance du moi, du sujet pensant, est le fondement sur lequel repose 
toute autre connaissance, et que, pour atteindre aux vérités premières, 
c'est-à-dire i la science philosophique, il faut procéder non du dehors 



78 PHILOSOPHIE. 

au dedans 9 mais do dedans an dehors ^ de la conscience à rflmeide 
rame à Tuaivers. Cette seconde méthode, entrevue par Socrate, définie 
et propagée par Descartes , pousi^e à la dernière exagération par Raot, 
a reçu le nom de méthode p^y 0^/0^19110. D'autres, enfin, se placent 
également au-dessus du monde de la conscience et de celui des sesi, 
de Tesprit et de la matière, de l'âme et de la nature. Ces deux objets 
de notre connaissance , irréductibles Tun à l'autre , et cependant iDCir 
pables de se sufOre à eux-mêmes, ne sont plus dans leur convictioi 
que des formes diverses, des manifestations parallèles ou opposéa 
d'un seul et même principe à la fois spirituel et matériel , étendue et 
pensée. De là la nécessité de chercher immédiatement dans ce principal 
dans ce fond identique et immuable de toute existence, la cause et la rai- 
son, l'essence et la loi de tous les phénomènes. En effet, les êtres et te 
causalités intermédiaires, et, par conséquent, les propriétés de ces ètia 
étant supprimés , toute explication des faits intellectuels ou physique^ 
toute théorie de l'homme ou de la nature doit être tirée de TidéedeTa^ 
solu et ne peut être qu*une déduction ou une analyse de cette idée. B 
faut donc que Thomme, pour ainsi dire, usurpe la place de Dieu, qa*M 
s'attribue sa raison , la conscience de son existence infinie, et quai 
lieu d observer Tunivers, il le construise à priori, il le crée sons un oe^ 
tain rapport, en montrant dans quel ordre il est sorti nécessairemeot 
du sein de l'être nécessaire. Ce mépris de l'expérience, cet usage 
exclusif du raisonnement et des notions à priori dans le champ toit 
entier de la philosophie, voilà ce qui caractérise la méthode spéeulaiiiDi, 
C'est cette méthode que pratiquaient déjà les philosophes d'Elée et de 
Mégare, ces intrépides raisonneurs qui , sur les ruines amonoelées pir 
leur subtile dialectique , ne laissaient subsister que les notions de l'i* 
nité et de l'être. Après avoir essayé de nier et de confondre l'expé- 
rience, elle voulut la remplacer : au rôle négatif qu'elle avait joié 
d'abord, elle substitua un rôle positif, dogmatique, et c'ost avec ce ca- 
ractère qu'on la retrouve dans I écule d'Alexandrie, au-dessous des ré- 
gions abandonnées au mysticisme. Mais nulle part elle ne s'est exereée 
avec plus de hardiesse et de puissance , nulle part elle n a enfanté dei 
conceptions plus vastes, plus profondes, plus dignes d'admiration que 
dans les systèmes de Spinoza et de l'école allemande. C'est là vériti- 
blement que la raison humaine, comme nous l'avons dit tout à l'hHire, 
se confond avec la raison divine, ou plutôt avec Dieu, se substitue à lui 
et considère la philosophie comme la science universelle , comme uo 
retour du principe des êtres sur sa propre existence ou la conscienee 
qu'il a de lui-même. 

On parie aussi quelquefois d'une quatrième méthode, désignée sooi 
le nom de méthode traditionnelle, et qui consiste à demander à la tra- 
dition, à l'Ecriture sainte, les principes les plus essentiels de la méta- 
physique et dft la morale, pour les développer ensuite ou pour lesezpli; 
quer à l'aide du raisonnement et de l'observation. Ce procédé, malgré 
les défenseurs qu'il a trouvés en France il y a quelques années, se 
peut être sérieusement proposé comme une méthode philosophique: 
car, tradition et philosophie sont deux choses aussi diiïérentrs qae 
croire et savoir, que raison et autorité. Si la philosophie, dans la sphère 
qui lui appartient, n'est pas complètement libre, si elle ne dépend pis 



PHILOSOPHIE. 79 

«quemeot de ■os fMiiltés intellectaelles et des loU qoe Pesprit kamain 
tient de sa propre nature; si elle n*est pas, comme nous lavonsdil, 
lapins haute application de ces facultés et de ces lois, elle cesse d*exi- 
ster. Qu'à une certaine époque, comme celle de la scolaslique, et sous 
«ne forme aussi nette que le syllogisme , un pareil compromis soit con- 
•déré comme une transition utile , on le comprend sanspeiue; mais 
apprécié en lui-même et conservé dans l'étendue qu*on a essayé de lui 
donner, il n*est pas moins incompatible avec la foi qu avec la raison : 
ear| qa'esl-oe qui peut répondre que l'explication ne tuera pas le 
dogme 9 que le commentaire n'emportera pas le texte? Les exemples 
le noBS manqueraient pas pour justifier ce soupçon. 

Mea&ei^ done les trois méthodes que nous avous exposées précédem- 
■enty el entre lesquelles nous sommes obligés de choisir, ai nous ne 
léessissons pas à les concilier : la mélhode empirique, ou , pour n'em- 
ployer que des termes acceptés par tout le monde, l'expérience des 
sens prise pour seule base de la vérité philosophique; la méthode psy^ 
cbolegique, ou Texpérience intérieure, i'aperoeption de conscience 
donnée poor fondement aux autres opérations de la pensée; enfin, la 
Méthode spéculative, on l'emploi exclusif du raisonnement et de la rai- 
son pure. 

De eea trois méthodes , la première est sans contredit la moins fon- 
dée en principe el la moins soutenable dans ses conséquences. Quoi de 
]ihis arbitraire , en effet, quand on examine de près la question, que 
d'en appeler tout d'abord aux sens pour analyser et expliquer Tin- 
t^UigCLce et le prioeipe même dont Tintelligence n'est qu'un attribut , 
c'ttt^i-dire l'être pensant, Tàme avec toutes sesfoouRés^ Les sens 
M s'appliquent qu'à un seul ordre d'existences ou de phénomènes , 
tax phénomènes, aox existences qui sont hors de moi, qui oceupent 
Me place déterminée dans l'espace; mais, moi, je ne me connais, 
ji ne na'aperçois que par 4a conscience ou la propriété qu'a l'être 
pcManI, l'esprit, de se replier sur lui-même, de savoir ce qu'il est et 
OMunenft é est. Sans cette propriété, la pensée n'existe pas el ne nous 
jMiésento absolument rien dont nous puissions nous foire une idée : car 
M le pense pas sans savoir ce qu'on pt^nse. Avant donc d'expliquer 
fialelligeoce par aucun fait extérieur, sachons ce qu'elle est, interro- 
teons-rfo eUe-mème. Avant de chercher hors de nous l'origine, les élé- 
neats el le principe de notre existence, descendons en nous et obser- 
vons, sans parti pris, tout ce qui s'y trouve. Bien plus , tant que cet 
isventaire n'a pas été foit, tant que nous n'avons pas vu clair dans la 
Utare de notre esprit et que nous ignorons sous quelles conditions, 
itns quelles limites, par quels moyens il atteint la vérité, nous ne 
sommes pas autorisés à croire au monde extérieur, ou nous y eroi- 
roas do la fui du charbonnier, non de celle du philosophe. C est qu'il y 
I autre chose dans la perception des sens qu'un foit purement maté- 
liel et sensible : il y a l'idée d'espace, sans laquelle il n'y aurait pas 
d'étendne; il y a l'idée de cause, sans laquelle nous n'irions pas 
chercher dans l'étendue des forces distinctes de nous, c'est-à-dire les 
oorps qoi expliquent nos sensations; il y a l'idée de subslance, sans 
laquelle il n'y aurait dans les corps ni unité ni durée. Qu'on supprime 
tous ces éléments que la percepiion emprunte à la raison ^ au sujp 



80 PHILOSOPHIE. 

pensant, an moi, et que la conscience seule peut aperoevoiry il ne 
restera que des impressions fugitives et dépourvues de tout lien, de 
toulc signification y qui ne pourront se rapporter ni à Tesprit, nia k 
matière, ni à l'âme, ni à la nature, ombres sans forme et sans nom. 
Aussi l'histoire y qui n'est souvent que la logique en action y nous ap- 
prend-elle que le sensualisme a toujours (iui par le scepticisme. Toog 
les arguments des sceptiques anciens, depuis Protagoras jusqu'à Car- 
néade et à ^Enésidème, peuvent se déduire de cette supposition, que 
toutes nos connaissances prennent leur origine dans les senS| qv 
toute idée n'est dans l'origine qu'une image imprimée dans notre 00- 
veau ((pavraoïa). Il OU cst de même du scepticisme moderne. C'est a 
disciple de Locke qui en est l'interprète le plus conséquent et le plv 
hardi. Toutes les objections de Hume contre la notion de cause etda 
pouvoir^ reposent sur la doctrine qui fait sortir toutes les faculté de 
notre entendement de la sensation et de la réflexion ; et l'on sait oi 
aboutissent ces objections elles-mêmes : au doute et à la confuski 
universels : car , avec la notion de cause se trouve aussi emporté ii- 
principe d'induction, cette source de tout ordre et de toute Inmièn 
dans l'expérience. Tel est le résultat logique de la méthode qui (Àercbfr 
dans les sens Torigine et le principe de la pensée. 

La méthode empirique admet Texpérience sur une base tellement 
étroite et avec des moyens tellement bornés , qu'elle la réduit à mn 
complète impuissance; la méthode spéculative essaye de s'en passer 
complètement. L'un est aussi chimérique que l'autre : car, soit qo'eile 
procède par déduction , à la manière des géomètres , more geomeirkor 
comme dans le système de Spinoza , ou par opposition et conciliatûm, 
par antithèse et synthèse, comme dans la dialectique aUemandS 
{Voyez Hegel), la méthode spéculative est toujours la même; elleie 
place tout d'abord au sein de Tabsolu , nous montrant que dans cettr 
seule idée sont comprises toutes les autres <que toutes en sortent, qoe, 
toutes y rentrent, et confondant cette identité logique avec celle w 
choses. Or, nous avons le droit de demander à ceux qui préconisent ] 
ce système : De quel droit parlez-vous de ce qui est en soi et absola" 
ment, vous qui ne vous connaissez pas vous-mêmes? Comment savee- 
vous qu'une telle chose existe? Us répondront que l'être en soi existe 
par cela seul qu'il peut être pensé; ce que Spinoza exprime par oei 
mots : « L'idée de la substance implique nécessairement l'existence; » ee 
que Hegel, plus hardi et plus systématique, traduit de la manière sui- 
vante : « La pensée et l'être sont identiques ; tout ce qui est dans la rai- 
son est dans la réalité, et tout ce qui est dans la réalité est dans la rai- 
son. » Mais nous demanderons de nouveau : de quel être , de quelle 
pensée est-il question? Où avez-vous trouvé cette idée de substance; 
comment êtes-vous venus à concevoir celte raison et cette réahté dont 
vous parlez? En effet, nous comprenons qu'on nous entretienne de 
tel ou tel être, par exemple des corps, de l'âme humaine, de Dieu, 
ou d'une pensée dont j'ai parfaitement conscience, qui existe quelque 
part, qui appartient à quelqu'un ; mais nul ne conçoit ce que c'est que 
l'être ou la pensée en général. Tout être à des attributs, infinis si ToA 
veut, lorsqu'il s'agit de l'Etre infini, mais déterminés et qui n'appw- 
tiennent qu'à lui. Toute pensée et, par conséquent, toute idée se mt- 






PUILOSUPHIE. Hl 

ane int^ll^reDcr, dans od nprit, ri tout esprit a conscieorr 
èelahmèine : car c'est précisément par la qu il m^rile mih nom. Ijuant 
ila raison et i la réalité, ce ne sont qu** di-s nnni«i difTrn'nS de la pen- 
Kf etde l'être : la penseï*. ronsidrrée dan^ .m-s rlrHX'iiU uni\i*rM'la et 
McessaireSy voilà ce qu'on appeili* Li raiv»n ; I «Mre, «HnMd'ri* mmme 
l'objet de la pensée, et di^lin^'Ui* des phf-n(>n.i-ii«'^ qui 1 .inncirini aux 
Ifns, des formes qui passi*nt, \oil.i ci* qu »*n a|i|N'IU* la nMJ.Ii*. Ijî rai- 
loo De peut exister que dans un «'-Ire raiMunijhk; la n-altlr , dans un 
être réel; et m je ne sa\aiH p-is que j.» «lUis iiixi-mt^nio un •'''ire pareil, 
(oà l'idée m'en M'raitelle M'nuf? A qui serail-rllr \fnu«* f l^ méthode 
ipécolative est donc une méthodi* purement \rrhjlf'. pun'ment alf^é- 

Sue. Elle repose sur d«'s ali>traciiuns qui ne répondent à rien de 
, on sur des si^rnes qui ne n*prév*nient \énlaMemenl aucune idée. 
/être en général et la penM'*e en général >onl des Mr:nes de cette es- 
iftee : car comment disceniiT a\ec notre esprit cf qui n'a aucun ca- 
artère, aucun attribut distinct, enmme rett*' sulKlance di* Spinoza, 
[ai n'a pour elle que l'existi'nce , ou cet être pur df 1 école allemande , 
umilé a%ei* raison au pur néan!'.' (Jui pourra jamais \jiir autre ihose 
la'un mot dans la pensée ah^traite, ti-lji* que non^^ la niontrent ces 
t«èu)e> systèmes, a\ant qu'elle m* manifeste miu% I.i forme d^ la raison 
St de la conscience y cVsl-â-dire une p«'ns4M« ({ui ne pm^* pîis? 

Une fois hor» de la réalité, c'est-à-dire de 1 «'\pi-neni-e. un ne trouve 
jusque l'arbitraire : tel est au^M le \ice fi>iii!.iiiieiil.il di- la méthode 
Bfécalatîve, sous quelque forine qu i*lle se pn-sf-nte. I) abord , comme 
feoos venons de le montrer , elle ne i^eut pas justifier s*'s principes, elle 
^peot pas dire d'où elle le% tient ni en diM*uter la \al('ur; car une 
panille tâche est impo>sible quand on commence par se placer en 
^wlqiie sorte au-dessus de soi-mi^me et de sa propre inlrll:|;ence; 
%iaDdy au lieu de parler au nom de la conscience et des fat*ultes bor- 
dées de l'homme, on se substitue à la raisrin et â l'iMre universels. 
Ihîf ce n'est pas tout : la méthode s|»é<*ulnti\e ne tenant compte que 
tfone seule faculté « la pensée, parce que c'e>t la seule qui se prête à 
ses exigences et qui renferme la notion de l'absolu, est oblif^ée d'y 
fùre entrer toutes choses, den faire la substance et la forme de tout 
ce qui est, ou de nous expliquer c(»rnmi- des faits intellectuels, de nous 
Rprésenter comme des idées, comme des o{N'Tutions de la |H*nsér, les 
Ibénomèoes les plus di\ers de l'Ariie et de la nature, (l'est précisément 
ce qu'elle s'efforce de faire dans toutes les d<N*trines qu'elle a mises au 
î«ir, depuis Plotin jusqu'à Hepel. Kt si l'on objecte que Spino7ii re- 
CMoatl l'étendue comme un attribut parallèle à la pcn^^ée , nous ferons 
Raarqoer que cette étendue purement inielligible. renfermée dans la 
MioD abstraite de substance, n'est elle-même qu une idée abstraite, 
Aiitia matière cl les corps nous représentent les di\erses détermina- 
bus. Aoiai l'auteur de V Ethique a-t-il pu dire ( 2' partie, prop. 13 et 21 ; 
IM lldée do corps et le corps lui-même ne sont qu'une seule et 
ttoie choie y aussi bien que l'idée de l'âme et l'âme elle-même. Or, on 
; ttaçoil qp'ane fois aux prises avec cette nécessité , on ne puisse pas 
I ^anehaiMcr avec l'arbitraire^ et qu'on se laisse aller i créer, ou, comme 
■<> Fa dit, à eamirum le monde que notre principe exige. C'est ainsi 
I, ÛÊm Tocdre moral , le désir , la volonté , les passions , la douleur, 



** PHILOSOPHIE. 

Il '^*^îf ' ^* y^^^' pbyriquc , l'altracUon , lafBnHé élective , ï 
l(«oiMticin, la irw, m mai qac des déterminaiions diverses de la 
^, di« d<rf/r^f( «ocdrsMf» df; la raison, d'one raison qoi ne se col. 
iMei qui rrapç«rlM;fji. à personne. Mais plus on est chimériaoei 
rorirt, fiiuH on (;^;.p:i,e à mî faire illusion par les sévères artifices et 
n*(umjr d"^.,,.,^„j,||, ,|<. la forme. De là col appareil de définitioi 
! ''*''/ineH, «le proposition», de démonstralions, de corollaires, 
..roiicH, que Spinoza apprlle la méthode géométrique, et cette d)i( 
iiiliTnninaMe de l«imf'H qui se divisent pour se reconstruire, et qui 
l'.'infitiuiM'iil pour se diviser, h laquelle Hegel a donné fe nom de ' 
if etique imiiiHni'.ntc. Oprudant, à la considérer de près, cette al 
iiim; nii'Maphv.siqof:, (pii fail sortir toutes choses de Vidée (c'est le 
dont lie stnl fr |»liil<isophe allemand), n'est pas plus fondée que le prc 
ilr (iondilliic , qui tire toutes ilos facultés de la sensation. Elle vise 
Icnienl plus haut et rcmufï plus de questions^ elle est plus hardie 
pi UN Ha vante. 

Les mâm(*H raisons (|ui détruisent dans notre confiance la met! 
empirique- et hrmétliodi^ spéculative, servent à fonder Tautoritéde 
niétliodi! psychologique. Il n'y a, en eiïel, que la conscience prise | 
point dn départ de, la philosophie , qui puisse nous sauver en m 
temps d'un s(*nsualisme étroit, nécessairement entraîné au sec 
eiNme, et d'un idtwilisme ehimérique où tout s'en va en abstractioBl 
Mais il ne .sufllt pus (|u'on interroge cette précieuse faculté, il fauteij 
eore savoir érfuiter ses dépositions. II faut accepter les faits qu^eflj 
nnii.H présente dans l'ordre et dans l'état où elle nous les présente, 01 
entant de les mutiler, de les isoler, de les confondre. Or, laconscieBfli 
est l'oiinre ]mr la réunion de trois éléments très-distincts : l'éléioetf 
personnel, I élément .letif et réiément universel ou absolu. L'étémefl 
perstmnel, du, pour parler plus exactement, Tattribut dislinclif} I 
silène eaiaeteri.stiqne de la personnalité, c'est celte propriété delapei 
NCe île se replier .sur elle même et d'aperci'voir ses propres opérations 
qui nous permet de dire j> prnsr et, par conséquent, je suis, au OMHll 
comme sujet |HMi.>ant, ou, pour nous scrxir des expressions de Des 
cartes, comme cAiwr pmsantr. I/eIcmcnl actif, c'est la volonté^^t 
ton\ho en même tcutps «pic la pcnsoc sous la (x^rception de la eon 
MMcnce, cl .sans laquelle le sujet do la pensée, le moi, ne serait enctf 
qu'une mtelli^encc personnelle, un c.'^pnt, non une Ame. Enfin, Télé 
nient umxcrNcl , ce sont les idées de la raison ou les principes à pria' 
qui nous forcent à nous o lever de ce qui est on nous à ce qui est hol 
do nous cl au dessus de nous, du phénomène à la substance, de l'eiB 
A la CM UNO , du continficni nu nécessaire, du relatif à l'absolo, etc. - 
n \ a xontahlcmcnt dans la conscience que ces trois chose-s qui loia{ 
IMvtionncnt et «quelle tire, en tjuclquc sorte, «le son proprt^ fonds: d 
la sensation est comme une iralicrc t^c. cl:e nxoil du dehors, ID* 
quelle ne conserxc pas toiiii iirs. ci c,;; i- ;;vn\c à sa connaissance QO 
loisqucllo \ applique son a»ti\itc. i^Vi oii rs>.î\c do séparer ces éW 
ments. ou. ce «pu rc\icni an ircan^ . ,ir lis roJuiro l'un daos Taotra 
auNsitAt ils cessent *lc\isl»i. ni\.v csir.î ne peut plus les cODcefOil 
.Nuvsi I ou n iiiia^iMc )us %^\\c \.\ pcrs, 4iit.-«..'ic. c\priUK>e par cesdeit 

mots ?i j^ftiu, ou 1,1 »\ ns^ ;Cî ce pri>c ii.:;i> un s«niS Otroit y puisiet 



PHDLOSOPHÏE. 83 

manifester qaelqae pari si l'on ne pense pas en effet, on si Ton ne fait 
fas qoelqoe usage des id^-es fondamentales, des lois universelles de la 
raison : car qu'est-ce donc qu'on appelle penser si ce n'est pas cela? 
D'un autre côté, l'on ne comprend pas mieux, comme nous l'avons 
déjà remarqué, que la pensée puisse s'exercer sans qu'on sache que 
Ton pense ; qu'il y ait des idées, des jugements, des raisonnements qui 
M'appartiennent a aucune intelligence déterminée, qui ne se trouvent 
dans aucun esprit. Enfin , quoi qu'en dise l'auteur du Discours de la 
Méthode, nous ne sommes pas seulement un esprit , ou une chose peu- 
santé. Ce que la personnalité ou la conscience est par rapport à la rai- 
son , la raison déterminée dans un moi, dans une intelligence ou dans 
un esprit , l'est par rapport au principe actif : nous voulons dire que 
tout esprit, que toute intelligence, est nécessairement l'esprit, l'intel- 
ligence de quelqu'un , ou d'un principe plus réel, plus substantiel, plus 
efficace ; car l'esprit se borne à concevoir , à se représenter les choses; 
il ne les fait pas ce qu'elles sont. Or, quand on a fait abstraction de la 
conscience et de la raison , qu'est-ce qui reste de moi ? Il reste la force 
par laquelle je marque ma place et je compte parmi les êtres , la force 
par laquelle j'agis, en un mot la volonté. La volonté, c'est ma sub- 
stance, c'est le fond de mon être : car ètie et agir, substance et force, 
sont une seule et même chose. D'ailleurs j'aperçois aussi directement 
ma volonté que mon intelligence, puisque l'une ne peut s'exercer qu'a- 
vec le concours de l'autre : toute opération de l'intelligence suppose 
nécessairement un acte d'attention, c'est-à-dire de volonté , et tout acte 
de volonté comprend au moins la conscience de celui qui veut et l'idée 
de ce qu'il veut. 

Ainsi, la méthode psychologique, sans m'exposer aux défaillances 
du raisonnement , ou aux erreurs d'une longue et laborieuse expé- 
rience, par un simple regard de l'esprit tourné vers lui-même, me 
met tout d'abord en possession du monde réel : car assurément il n'y 
a rien de plus réel que moi, je n'imagine rien qui me puisse être mieux 
connu et dont l'existence soit plus évidente que cette force intelli- 
gente et libre que je suis, que j'aperçois à la fois, par un même acte de 
la pensée, dans ses opérations et dans son principe. Mais de ce que je 
suis obligé de chercher d'abord la vérité en moi , il n'en résulte pas 
que je ne la puisse pas trouver hors du cercle de ma conscience. Au 
contraire, plus je m'observe attentivement, mieux je reconnais, avec 
l'élément personnel et actif de ma nature , un élément universel, c'est- 
à-dire la raison. Les principes de la raison , pour être connus de moi 
et trouver en moi leur application, ne cessent pas d'exister comme le 
fond nécessaire de toute pensée, comme les conditions universelles de 
toute existence. Bien plus , comme ils ne s'appliquent en moi.qu'à un 
être parfaitement réel et déterminé, je ne puis également les trans- 
porter hors de moi qu'à des êtres parfaitement réels et distincts les uns 
des autres. Prenons pour exemple la notion de cause. Comme je suis 
une cause véritable, agissante, vivante, je ne puis rapporter hors de 
moi la même idée qu'à une existence analogue, mais plus ou moins dé- 
veloppée, d'une nature supérieure ou inférieure à la mienne, selon les 
effets que je loi attribue. La cause première, l'être infini, sera néces- 
sairement à mes yeux le plus haut degré de la liberté, de la conscience, 

6. 



84 PHILOSOPHIE. 

de raclivité et de la vie; aa-dessas de moi, dans la natare, œs carac- 
tères iront en dioDiinoant et en se dégradant , jusqu'à ce qa'il ne reste 
plus que les forces aveugles de la matière. La mélhode psychologique 
peut donc atteindre toutes les existences, sans les isoler ni les con- 
fondre. Du sein de la conscience , après avoir assuré à Tàme son exi- 
stence, son individualité, saliberté, elle entre dans le monde extérieur, 
continue ses observations dans Thistoire et prend son vol vers Tinfini, 
en chassant devant elle les noirs fantômes du scepticisme, du fatalisme 
et de ridentité absolue. 

IV. Nous avons montré ce que doit faire la philosophie pour réaliser 
ridée qu'elle a toujours eue d'elle-même et qu'elle ne peut ni aban- 
donner, ni restreindre. Voyons maintenant ce qu'elle a fait; jetons 
un rapide coup d'œil sur ses œuvres , sur ses résultats , et demandons- 
nous s'ils répondent à la grandeur de son but, à la puissance et à la 
sévérité de sa méthode. 

Les résultats de la philosophie, les fruits qu'elle a portés jusqn'i 
présent et qui donnent le droit de la juger, ne sont point renfermés 
dans un système particulier, mais dans l'enseignement qui résulte de 
tous les systèmes , dans le développement continu que ces systèmes 
nous représentent, dans le degré de savoir, de liberté et de perfection 
morale où elle a conduit l'humanité par la totalité de ses efforts. En 
effet, la philosophie est dans une situation bien différente de celle des 
autres sciences. Dans celles-ci, notre esprit est à la fois réglé et contena 
par l'objet sur lequel il s'exerce : car, cet objet étant distinct et indé- 
pendant de lui, ne manque pas de l'avertir quand il s'égare, et le cir- 
conscrit dans une sphère nettement déterminée. Ainsi, la nature est là 
avec ses phénomènes visibles, toujours les mêmes, ou tournant éter- 
nellement dans le même cercle , pour protester contre les erreurs des 
sciences physiques. Les mathématiques, encore mieux partagées, 
trouvent la rigueur et la certitude dont elles sont si flères dans les pro- 
priétés rigoureusement déterminées des nombres et des figures, et dans 
l'avantage de pouvoir confirmer par l'expérience des sens chacun des 
résultats de la déduction. Dans la philosophie, au contraire, l'esprit, 
n'ayant pour objet que lui-même, ne peut^ lorsqu'il se trompe, être re- 
dressé que par lui-même, c'est-à-dire par ses propres contradictions, par 
les doctrines opposées dans lesquelles il cherche nécessairement a se 
reconnaître : car l'esprit humain , quoique essentiellement le même 
chez tous les hommes, quoique formé des mêmes facultés et éclairé 
par les mêmes principes, n'atteint pas chez tous le même degré de dé- 
veloppement , et , surtout à cause de la liberté dont il jouit en face de 
lui-même, ne se dirige pas dans le même sens, ne ne concentre pas 
sur le même point. De là autant de systèmes différents qu'il y a d'élé- 
ments principaux à distinguer dans la conscience; et comme ces élé- 
ments, ainsi que nous avons pu nous en assurer, sont tellement liés 
entre eux qu'ils paraissent s'engendrer réciproquement, chacun des 
systèmes qu'ils font naître, se renfermant en lui-même, se croit nata- 
rellement l'expression complète de la vérité philosophique et attaque 
tous les autres comme un tissu d'illusions et d'erreurs. Mais cette 
contradition dans son sein, et dont elle est elle-même l'objet, c'est i'ai- 
^uillon qui pousse notre raison à marcher en avant, à déployer tonte 



PHILOSOPHIE. 8r> 

usance de réflexion , i m coosidérpr sous toutn ifs fkcM eC dans 
M profondeur, ja^u â ce qu elle am\e à se connaître entière- 
el qae la vérité lui apparais&e dans son unité. Voilà comment 
ilosopbie ne peut jamais être appréciée par une rruvre partielle 
le époque déterminée de son hisUnre; voilà comment la diversité 
& systèmes et les luttes ardentes dont elle nous oiïre le spectacle 
lient aucune atteinte i l'unile de son but et de son influence. Elle 
représente, en quelque snrt«*, la vie de 1 intrlliirrnce prise dana 
)Vf r, ou le mouvement non interrompu par l^uel l'esprit humaiOf 
berchant en lui-même la dernière raisun des choses, le fonde- 
de ses pensées et le but de son activité, opère par degrés son 
Khissement dans l'ordre intelln-tuel et mor.il , dans la double 
t de la raison et d(* Id consrienr^. C^on^idt'rèe sfius ce point de 
ou comme le pnncifN* romrnun dt* la IiIntIi- <-t df la science , la 
Sophie ne manqu<' pas dr titres à la recunnaissancr et au respect 
ommes. 

ibord • pour nous l>omer aux faits le plus vulgairement connus 
pas aller chercliT dos priMivi^s surjlMin<lii(it<*N dans des contrées 
s temps enrorr trop )h*u i*\pl>irrs. f]Ufi t>Ltit I fiai dt* l'humanilé, 
•s étdi**nt ses oinnai<«<«ant*>'s ri m*s rrM\ani''*N lorsque parurent les 
lers svstêines philnsupluijui-s ilf la lirrri*'.' \h* ronnais'»anct*s pro- 
ent dites, rVst-à diri' tU- I.t M'ii'n«i', il n') m a\ail pas : car, 
que nous lavons «lit en eominen^*ant , I.i plnlnsuphie a pnvedé 
> les sciences, i] est ellf> qui les a créées et qui , dans les svstêiiics 
us imparfaits , en a dt'[H»<M* le premier ;:crme. Auhsi les voyons- 
soccessivement sortir de son sein, grandir |M'ndant des su'cles 
ion abri et sous vjh nom , lui emprunter ses principes et sa nié- 
, jusqu'à ce qu'elle arrive ù se suffire à elle-même, ou que la 
ihysique, avec ses de|H'ndanees , oivupe dendeiiient le premier 
dans ses méditations. Les physiciens, les ueomètres, les astro- 
s, les naturalistes de cette époque, ce sont les philosophes; et 
»t leur influence . que nous en trouvons eiicnre des traces jusque 
la science contemporaine, .\insi , le% atonies de Déiuocrite et d'E- 
e se sont conserves dans la chimie; l'hypotheMe astronomique de 
igore est devenue une venté démontrée par les mathématiques, 
découvertes, aussi bien que la méthode d'Aristote, n'ont pas été 
i utiles aux sciences naturelles qu'à la philo>ophie proprement 
Quant aux crciyances qui étaient alors la seule nourriture des 
et la seule règle des mœurs , qui oserait sérieusement les mettre 
irallèle avec quelques-uns des enseignements de la philosophie? 
l'on compare les dieux de TOlympe, ces dieux de chair et de 
» exemples de tous les vices et de* toutes les passions; « ces dieux 
inahles, comme dit J.-J. Rousseau, qu'on ei^t punis ici-bas 
ae des scélérats ; » qu'on les compare avec le dieu de Platon , de 
ite, d'Aristote, et même d Anaxagore ou des stoïciens, et qu*on 
li les instincts religieux de l'Ame humaine ont beaucoup perdu au 
ge. Qu'on rapproche aussi des institutions et des mœurs réelles 
»r temps les leçons pratiques de ces philosophes , leurs idées sur 
A de la vie , sur le devoir, la vertu , le bien el le mal , et l'on corn- 
dra ce qu'ils ont fait pour Téducation morale du genre humain . 



86 PHILOSOPHIE. 

§ 

Socrate, au milieu d^une petite république idolâtre d'elle-m* 
pleine de mépris pour les autres nations j qu'elle appelle des bai 
se proclame citoyen du monde. À an peuple artiste et sensuel y i 
metft épris de la beauté exténeure, il montre , dans les profc 
de rame y une beauté invisible , il enseigne le mépris de la v 
la sagesse y et Tamoor de la vérité poussé jusqu'au martyr, 
démagogie effrénée, toujours prête à se révolter contre sa propr 
sance , il apprend par sa mort à respecter les lois et les ar 
la justice, même quand ils frappent un innocent. Platon, par s{ 
pbysiqoe , a préparé l'avènement et fourni au nom de la rais 
aémonstration anticipée de la morale chrétienne. Quel est, ei 
le principe le plus essentiel de la métaphysique de Platon? C'est 
ou, si Toti peut ainsi parler, la fraternité intellectuelle du gei 
main , fondement nécessaire de la fraternité morale enseignée p 
vangile, et de la fraternité physique, de Tunité de race affirmée 
Genèse, Une seule raison , la raison éternelle , le Verbe divin , 
et vivifie tous les êtres. L'intelligence qui brille dans chacun de 
les idées qui forment le fond invariable de notre pensée, ne sont 
participation , un reflet des idées de Dieu. Par conséquent , elles 
tous les hommes comme dans une même âme, elles leur con 
une même substance spirituelle. Ce n'est pas tout : cette raison 
qui nous apparaît comme la source de toute vérité et de toute s< 
est aussi la source de toute beauté et de tout amour; car, de mêi 
rien ne peut être connu que par elle, de même rien n'est be 
par un reflet de sa splendeur, rien n'est aimable que par 1 
qu'elle nous inspire. De là, évidemment, il n'y a qu'un pasj 
cette maxime , que tous les hommes doivent s'aimer les uns les 
pour ce qu'il y a de divin en eux ; que leur première loi est de 
unis dans cet amour qui vient de Dieu et retourne vers lui. Cea 
près ces idées que Platon a pu renfermer toute sa morale dans t 
précepte : Imitez Dieu (eÇop.oiw(Tiç tw eew); ce qui peut se tradn 
ces mots : Soyez parfaits comme votre Père qui est dans le citi 
Platon ne s'est pas contenté de définir le principe de la moral 
essayé d^en développer toutes les conséquences , en le prenao 
base des lois et de l'organisation de la société, aussi bien que de) 
duite de l'individu. Quand il n'y aurait dans la République qm 
seule pensée de fonder l'Etat sur la raison et sur la justice, et d 
du gouvernement des peuples une œuvre de science et de dévoa( 
au lieu d'une conquête de la force ou d'un privilège de la nais 
ce serait assez pour absoudre cet immortel monument des e 
qu'il renferme et que l'ignorance, jointe à l'esprit de dénigrem 
grossies outre mesure. C'est celte même idée de la justice, de 
son , du droit éternel qu'invoquaient les stoïciens, devant laqui 
faisaient taire tous les intérêts et toutes les passions , et qu'ils élc 
au-dessus des institutions humaines, comn^e la loi de Dieu im] 
dans l'âme de tous les êtres intelligents et libres. Passant enso 
écoles grecques aux jurisconsultes romains, elle a inspiré à Cicéi 
admirable passage de sa République, qui semble être la voix m< 
la conscience dans sa plus éloquente expression , et qu'on ne pei 
oublier dès qu'on Ta lu {de Republ., lib. m, c. l7j Lactance, h 



pinLosopiire. «7 

m9 éh-inn , liv. ti, r. H . M i* . n'^'irn -l*»^ frn\Tt% H^ Plainn ^niv^ro 
is qor de reWcs <Jii l'»rti<|ij«* , i!«rf»r«»n n»» * m tn-nt p.i«» .1 lulit* d^ la 
itit^e; il y ji'ini • oo p!'i!«\i il m il'Mhp' cir» m*» nn'» i-«r.***q'ipnre n*'- 
^'^irr , lid»'^ >U' la rli.if ;U». iju it f«|»jK»' ^ d- <nn '.«'n' !?•'■• n «m rari- 
r. I*ui*qu»* l'"!-» !••* !< i.f! • ^ . I;'-'Ï. *• n» f!»"< <*n!r»» «'ux •■• ;i\rr 
«1 piir l'Plio II I rr»r' niiini». r «r •*■•»•■ i". rf!#»Mi' r.ii' ■« . îU f"rrni'nl 
t"ips»airrn>^nt riiiîT»r un#* p •'■ • #» n*»'. n.r. •• •• nf •• mt^Tî!*- fi?'!!l#» ; 
lorsque 1 Amn. ii«*ira.-^p ij«» i ••m.- r. ii«; .i"-.ifri' i^r \i»r< !•• ri-rfiN , .inr.i 
mpri^ fl pr.iîiquf !'»iiit»s 'i-^ \* ri'i< . •■•'•■ r- iri'"!- r 1 i-r^rripr *i •; fr-^rrs 
BS tf ^ ^tri'^ «#»ni|it;ih'»"> n •■ ••. •! *•• I •■' 1 i\«'i ««it pir I'«; ■:'*r* »!•• I.i 
Jnl^- Sntirtntemqut rut** iTm ^"ter^t /■•un ••<i« , ■•nri^«^»#^ n'ifiira rnn- 
ntViê iUOM liu.i tr\t . . . . ifiê^-.tif ». .n nn^u* '■•r''^»r^'^^f'|»'» fH'r»»i'iif ^iri" , 
tf eiTf'm IftiuB mun4\ , yM'Mi tinifif ur'it, ii-^n •'^nf. /l^ I ^gthut , 
>. I. c. :£:{. 

I-»*s svMi'in*^ mi^m#* l»s p'ii^ ï!t'".Tii^«». w-*'» qnf ]t» *.r<»p!!ii%m»» cl IVpi- 
msmr, ont mninhiif p '«:r un" ut!?!'!»" pnri ;i'i p«T'*'''t:«in!i»'Tn''nl 
K»rHl f l inl>-IIfTii]i-l d»' i hii»!'.i»*i''*. !.•• ^«••■p'i-it.nv'. r'»'^» I.1 i*ri iqii»* f»ii 
! droil dr ré\iMon ri dt» '»ir\»'iî' itu*»' •]•:•• h rii>' 11 «»\i'r-«* *iir i*!!!'- 
lène, |p salut. lin* i**inv»'il ty. • II»» •»•■ d^nti»». ;rri < i-h iq'i»* p.T» fnil rn 
MDl, Ae r«'n*»iiller '^#»«» fi«ri i-^ fi r!.- *ii» '.-r '•■ t-rrtin -^iir '•■'|in'! rlli* 

itfche. Il^ qij'nn n*- •'•!•• «f »j".»' I \ * ;■ 'Mt -■• !r v^p»T. il f.iiit d»*- 

WT qu'il puisse dntil.r .-r i* ••*! pir !•■ «înt: •■ | : ■■ i-u" riii-ni'** I.i 
iair de jcrmif: H, ; "'ir T»'ii»» i-n t'ur .ni -i-. ji: ■•-[••■ ::rri-, los 
W}anrp«i qu'il a rrn\rrM- ■■«. ii'< lirhon* tpi il a yrrms, ., j -tir. 1»'^ in- 
lilstions qu'il a rnnipi'i'"iv#»H , sopi •*"• ^ *ii .''_'n''s ^p tuk rcuTrfs ? 
••W lui,apr**« Inut . 'p 1 t f-n'. tiMnl • r !•• p"'\tlii'ivi; »» . pnur pp'parrr 
■plafoa une n-lit-M'-n j- H^ \it\r*\ \ i-iri-^ »i< »»:'.ir'!x . S-r.»!»' •'! Pîalnn 
W-miMiif fl.iiciil sr#-| hipi»"< ■ t nr lU r •■ !»M\.'!!rrl I d'f. T «';r un ^"! 
si* oiTupc. snn* d«''.ru:P'. M'niil .1 'a ^M#-«r:M' 1! Fj'''vr«\ q'i 1' no fniif 
^ ronf'udr»» avcr U» ! hMr''m'.'«' !n««»»^c i\ \r:\fi!p.'. *i r ii|ir.»'iM«' 
P^llc soit «l»in»» «on priTîiip'* . • !!•* :i •tI ;i\.t.' ••:•* ■!«' M'«u'« prniiirr qn»' 
♦o|«nie ériair**, nu, i"0'iin)i" *m di<:p*. :"• '!'*rr.»»r ^i f •■, ! mt<'rt''l l i-mi 
étendu, la Toluptc, qunnd pV.-* ritl-'»-! 1». ••%». 1.» V'i;i''i« lîi- ron^pri^^r 
^que toutes les \rri«is pr.itiqu'* di* li \i»,<-' dr si» rn^ntriT. se!on 
^pression dr IMatnn, ti-'-ifii-riiiite ji.ir int<»n piTinn» K'r.ui::^ irnis 
^tilable rontradiclinn. qui ^uflirail ;i elle M'ule pour rolevi-r !r prin- 
N da devoir. 

Il faot qiiP la phili>snplùe, quand la reliuinn n*ét:ii! que li» ruîle do l;i 
*Mir»» fl l'apfilhf^cf de la pn*i*inn . ait réf'nndîi île \ives hin.it''ies Mlr 
fJAlnrt^ de I)i»u ••! d»* I A'i •• [.«l'-iaine, jvmir que i|ev pAre»; df I E;!!iv, 
h qu<» saint Justin. <ninl «iiênienl d AUxfl'^dne, <;iint Au;:U'*lin nnus 
'parlons pas de ceux qui ont H^ M.iipr.mn^^s dli^résn- , ni «il aitribué 
^ti^lque$-ans de ces sy tenir»; nn#» origine di\ine. îj» Veihe.^i nous en 
Ojons saint Justin le l 'arlyr. •i'élriil rnfiHiPïTMr|u«*, avant «un inear- 
ilioii, aux sapes de la tinVe. a«*<i l'ien qn'iiix prri;ili»M»»s dtj |ieuple 
î Di- a. Selon saint ^'J-Mni-nt , dont les i^itiIs «iml enmre anjnurdli'ii 
le source in^pui«iahl»' d i^nniHion p!ii!"«n! hique , la philoMiplii.' 
leniie a été une préparati'in n»*»-!-**: ire au clïri<tianism<'. Sri n 
int Ao^Qstin , Platon el ses disciples ont cnnnn trut h la fi-is le vrai 
lea , aatear du monde , révélateur de la vérité , source du bonheur . 



88 PHILOSOPHIE. 

et le véritable priocipe de la morale , qu'ils placent , avee l'Evai 
dans rimitation de Diea (de CivikUe Dei, lib. vm, c. 8). Voilà ( 
an bel éloge de la raison ! Qu'importe, après cela qu'on ûtsse des | 
sophes grecs les disciples des prophètes hébreux^ û l'hisloin 
entière repousse cette hypothèse ! 

Après avoir fait dans l'antiquité la gloire de la raison et loi 
donné l'empire non -seulement des sciences, mais des mœur 
philosophie fut sa seule institutrice au moyen âge; nous voulon 
qu'elle représente toute la culture scientifique, toute la vie int 
tueUe de cette époque. Quelles sont, en effet, lesmatières qui , hc 
domaine de la foi ou des dogmes essentiels du christianisme, dSa&i 
toute l'activité des esprits depuis le commencement du ix* JQS({ 
fin du xiY* siècle ? Quelles sont les questions qu'agitent dans let 
très et les écoles tant de maîtres célèbres , en présence d'une 
passionna, accourue pour les entendre de toutes les parties de 
rope? Ce sont des questions de logique, transformées presque ai 
en questions de métaphysique , et entraînant à leur suite le cadr 
entier de la philosophie péripatéticienne, quidquid êdhiU est , o 
dit Albert le Grand. Mais la philosophie du moyen âge diffère essx 
lement, au moins par la forme, de celle qui l'a précédée et de ce! 
l'a suivie. C'est une pupille qui ne fait pas un pas et ne pronoD( 
un mot sans avoir pris l'autorisation de ses tuteurs. Elle ena( 
l'Eglise, dans l'ordre de la foi, et Aristote, dans l'ordre delar 
Cependant, sous cette double tutelle, il lui reste encore une 
grande part de liberté : car le théologien et le philosophe se Iro 
dans ce temps presque toujours réunis dans la même personne, il 
nécessairement, malgré les limites tracées d'avance, que les rais 
ments de l'un tendent à se mettre d'accord avec les croyant 
l'autre, qu'on cherche à comprendre après coup ce qu'on a d 
résolu de croire, fides quoertM inteiUctum , commet ail ^mX k^ 
de Cantorbéry; et que les dogmes, aidés du milieu par lequel i 
été transmis, c'est-a-dire du langage et des opinions desPèi 
l'Eglise, modifient singulièrement la philosophie officielle qi 
prise pour guide , et qui était un instant sur le point d'être cano 
Ainsi s'explique comment tant de sectes diverses , réalistes , i 
nalistes, conceptualistes, thomistes, scotistes, ont également la pi 
, tion de donner le vrai sens d'Aristote. Pour qui les examine de 
ces sectes ne sont pas autre chose que les vieux systèmes de la 
contenus dans les voies du spiritualisme chrétien et masqués s 
forme de commentaires scolasliques. 

Lasse de parler au nom d'un homme, surtout après avoir ei 
naissance des chefs-d'œuvre de l'antiquité, la philosophie osa 
au nom de la raison : et dès ce moment la philosophie moderne 
trôné la scolastique. En effet, le caractère dominant et, nous le 
bien haut, le premier mérite de la philosophie moderne , c'est i 
proclamé l'indépendance absolue de la raison dans toutes les < 
que la raison peut comprendre ; c'est d'avoir reconnu Tév 
comme la seule marque de la vérité, et de l'avoir cherchée d 
dans le sentiment de notre existence personnelle, dans l'es 
de nos propres facultés. Ce principe est la source de tous les 



PIlILOSfUMIIK. H!i 

s qui s'accompliront, ni>n-<<Mi!pmrnt dan^s son prnpnp M^in, mais 
u les autrrs M'i^ncrs. Plu?» tir lf\io«. plu^di' li\rr?i rntrr I homntc 
la nature; on raiMinnne, un obMT^f. en r\)H'nm^ntr. T<>rnrclli rt 
scal démontrent le \ido, niAlfrrr Ari^tnte; (ialilre fait tourner la 
re et tient le s<ileil au centn* du nmnde, en dépit de l'inquiMlion. 
tw la philosophie est-ell«* 1 Aid^ t*t le rentre de ce prand mouvement 
dlfctofl qui remplit le \vir MtVIe. liacnn fut le créateur de la mê- 
lée deà sciences naturell***^. I>^srarti*s et L<'ihnilz n ont pas seule- 
at applique leur cenie â la mrtiph>sique; ils nnt rennuvelr on Ta- 
ndissant le cercle entier dt> «-■innais^anres humanioN. L'auteur du 
?nlc de la rouletie ri do.s rxperifnces Nur le \ii|f a «'nmiiienrê |»ar 
ne cartésien. Ne%%ton, eomnic n«iUN I A\**ns d*'j.i imiarqui* , intMe à 
B système du monde les \u«*s Irs plus rli*\rf!i Mir l*'s JtuN d** lin- 
lligeocc et le prinrip«* drs rhitsi*<. Mai> 1 a(Tr.inrhis^i'in**nt de la 
ince dut amener n«'erssaireini'nt relui di* la ^«n-ifte ; rar I un ne 
9it se concevotr sans I autre; la raivin no |M-ut i^tre S4*u\i'raine dans 
dotraine de la pe|l^eo, et ri'sî» r ••pprui rv dans «vlui dos faits. l>llo 
NVflle \irtoireost duo prini'ip.ilfinciit a la pliil>i«^<iphio du wiii' siè- 
C. Cf>t elle qui. p'iftanl dan*» la m*' p'i}>!i(|uo, «'ni:.ini' Ufsoartrs d.ins 
k conscience indi\idut*llo v\ Itaion li.iii^ la^i-ii-iHi* df la naturo.lo 
■nbeau de l'observation rt t\*- lan.t!\«f, a f.iit tu*:. lier uni' a une 
Mes les \ieilles iniquiti"», a iim<« It* itmii i-<*tiiI!Uiii :i la pl.icr du pri%i- 
i|C. la lui à !d plan* df 1 aitutrairi*, l.i lihiTli* a la plaro d<' la oon- 
lÎDte; a éinancifN* la r'in^^i-ii'iH-f. I indu'^lrit*. la pruprii'it*; a inlriMiuit 
^justice et IVfralité dans la f.innlli' ; ft. par un di'rnirr rlTort, a a|'|>elo 
tiOciélé â se jrouvenier «1 i-ri.»*tii«', a ••\i'r»'»-r dans suii inltTi^t ol en 
Mproprenom la Miu\«'rain''lt*pohli-|iu*, rnn<^idrrorjiiM)u«>-l:i r'iniiiie 
patrimoine d'une faiiiillf ri, ina!;:p* I in\i>o.i!i(in du nom do llicu , 
•Odée exc!usi\enionl ^urla fi»roi*. >an»» il«»uti'. "t proii^rmenl a cause 
'Son rôle militant, a^rosMf, la philosophir du wiii' ^ir«'!o a plus d'un 
^oès et d'une erreur a so r«*priH-lior; inaiN notio but n fst pas loi d** 
juger; nt»us ne considérons qn** st**> r<'<«nliats doliiiitirN , ceux qui ont 
Ssé dans les institutions rt dans Irs rmiMir^ , i*t nrius los iiiMTivons 
f l'état de services de la phi!osii[ih]«- m p*nfral. 
V. Après tout ce qu'ello a di'ja fait, que resto-t-il encore à faire à 
philosophie? (Juelle tâche lui ost roser\oo dans le pr«*si'nt et dans 
i^enir? immense et délicate question , que nous avoiiN dA proposer à 
place, et qui d'ailleurs s«* proposerait d'cllo-nit^ino si ncms avions 
lula la passer sous silence, mai*» i|ue nous n'avons pas la prétention 
• résoudre en quelques liâmes, dan*» un ou\rap' oomuie celui-oi, des- 
^principalement a c(jn>tater 1 ôtat prosent de la science. Nous nous 
ornerons donc à réunir en forme de conclusion les ccrnséquoncos les 
Os directes de tout ce qui prôct-de, en y joijjnant quelques n'l1i*\inns 
*étê d'un autre écrit où la question a cti* traitoc a\ec plus ddendue 
t Ut Certitude, rapport à l'Académie des Science» morale» rt politique f, 
-fr, Paris 9 18V7, préface . 

QoaiDd on considère les diverses parties de la philosophie , non dans 
ir enchaînement systématique, mais dans leur nature propre, dans 
bot et les moyens qui caractérisent chacune d'elles, on les réduit ai- 
ment i trois : l'one pour la spéculation pure , c'est-à-dire la meta- 



88 PHILOSOPHIE. 

et le véritable priocipe de la morale , qu'ils placent , avec l'Evangile» 
dans rimitation de Diea {de Civitate Dei, lib. vm, c. 8). Voilà certes 
un bel éloge de la raison ! Qu'importe, après cela qu'on fasse des philo- 
sophes grecs les disciples des prophètes hébreux^ si l'hisldre tovl 
entière repousse cette hypothèse ! 

Après avoir fait dans Tantiquité la gloire de la raison et lui avoir 
donné Tempire non -seulement des sciences , mais des mœurs , li 
philosophie fut sa seule institutrice au moyen âge; nous voulons dire 
qu'elle représente toute la culture scientifique, toute la vie intelleo- 
tuelle de cette époque. Quelles sont, en effet, lesmatières qui , hors da 
domaine de la foi ou des dogmes essentiels du christianisme, absorbent j 
toute l'activité des esprits depuis le commencement du ix* jusqu'à la ; 
fin du xiY* siècle ? Quelles sont les questions qu'agitent dans les dot- 
tres et les écoles tant de maîtres célèbres , en présence d'une fook 
passionnée, accourue pour les entendre de tontes les parties de l'Ea- 
rope? Ce sont des questions de logique, transformées presque aussilAt 
en questions de métaphysique , et entraînant à leur suite le cadre Umt 
entier de la philosophie péripatéticienne , quidquid scibile est , commt 
dit Albert le Grand. Mais la philosophie du moyen âge diffère essentiel- 
lement, au moins par la forme, de celle qui l'a précédée et de celle qni 
l'a suivie. C'est une pupille qui ne fait pas un pas et ne prononce pas 
un mot sans avoir pris l'autorisation de ses tuteurs. Elle en a deux : 
l'Eglise, dans l'ordre de la foi, et Aristote, dans l'ordre delà raison. 
Cependant, sous cette double tutelle, il lui reste encore une assez 
grande part de liberté : car le théologien et le philosophe se trouvant 
dans ce temps presque toujours réunis dans la même personne, il arrive 
nécessairement, malgré les limites tracées d'avance, que les raisonne- 
ments de l'un tendent à se mettre d'accord avec les croyances de 
l'autre, qu'on cherche à comprendre après coup ce qu'on a d'abord 
résolu de croire, fides qtuBrens intelUctumj comme dit saint Anselme 
de Cantorbéry ; et que les dogmes, aidés du milieu par lequel ils ont 
été transmis, c'est-à-dire du langage et des opinions des Pères de 
l'Eglise, modifient singulièrement la philosophie officielle qu'on a 
prise pour guide, et qui était un instant sur le point d'être canonisée. 
Ainsi s'explique comment tant de sectes diverses , réalistes , nomi- 
nalistes, conceptualistes, thomistes, scotistes, ont également la préten- 
, tion de donner le vrai sens d'Aristote. Pour qui les examine de près, 
ces sectes ne sont pas autre chose que les vieux systèmes de la Grèce 
contenus dans les voies du spiritualisme chrétien et masqués sous la 
forme de commentaires scolastiques. 

Lasse de parler au nom d'un homme, surtout après avoir eu con- 
naissance des chefs-d'œuvre de l'antiquité, la philosophie osa parler 
au nom de la raison ; et dès ce moment la philosophie moderne a dé- 
trôné la scolastique. En effet, le caractère dominant et, nous le disons 
bien haut, le premier mérite de la philosophie moderne , c'est d'avoir 
proclamé l'indépendance absolue de la raison dans toutes les choses 
que la raison peut comprendre; c'est d'avoir reconnu l'évidence 
comme la seule marque de la vérité, et de l'avoir cherchée d'abord 
dans le sentiment de notre existence personnelle, dans l'exercice 
de nos propres facultés. Ce principe est la source de tous les pro- 



PIIII-OSOPHIK. MM 

pis oui s'accomplirent , n«>n- vulrmenl dans mmi propre s^in • main 
du» les autres M*ienc<»s. Plus di* tr\tc«, plu^dr Inres rntre Ihomnir 
et la oatare; on raiwonnr, on (•bM*r\t*. nn f*\)MTim^ntr. TorrirHU et 
Pascal démontrent le \idt^, malfrn* An^tnie; (îalili*«- fait tourner la 
terre et tient le soiril au centn* du monde, en depitde l'ioquiMlion. 
Aussi la philosophie est-elle Wm*" t*t le rentre de ce f:mnd mouvement 
iDldlectiiel qui remplit le xnr sièrle. ISamn fut le créateur de la mé- 
thode de^ sciences naturell**^. |l^Hrart«*s et LiMlmiU n nnt pas seule- 
SMDt applique leur ^enie à la nit* tjpli\ sique : ils ont renouvelé en Ta- 
lersadissant le cercle entier dt*s r<*nnAis^an«*es humanifs. L'auteur du 
Traifc di ia rouUtie et àt^s e]ipenf*nci's sur Ir vidi* a «■•nunenre |»ar 
toe cartésien. Newton , rommr n'ius I a\(>ns di-j.i nTiiarqui- , iiiAle à 
soo système du monde les \u**s l«'s yUis vWsrvs wn Ws \n\s d^* l'in- 
tellicmce et le pnnnpf Avs rhi>s<'«. Mais ra(Tranrhis<«i'm#>nt de la 
scieiice dut amener nécr^^aireini^nt rdui di* la vK-irti* cat I un ne 
peut se concevoir sans I autre; la raison ne pi-ul iMrr m uviTaine d.ins 
le domaine de la pen>ée, et rrsl< r "pprifi-rf dans ri-hii df-s faits. i!*Mti? 
lOQvelle victoire est due prinnp.ilfiiH'nt a la phil«»N>>|ihii* du imii* ^h'*- 
de. C'est elle qui, partant dan*» la m*' p>ili!ii|ui-, «'iii'.mi* hfM-attrs d.ins 
la conscience indi\iduelle rt ItaiMH dans la «^rii-nn' di* la natun*. le 
flambeau de l'obstTvatinn l't d*- l.in.i!\of. a f.r.t tii*:.li«T uiw a une 
toutes les vieilles iniquité^, a mio !•* «Iruii i-utDir.un a la pLuv du privi- 
lège, la loi à la place di* I arlutrairi*, la lib«Tli' a la pl.i«v d«' la mn- 
trainle; a émancipé la iMn^rifiti-f*, l'indu^tru*, l.i ppiprifir; a iiitnifluit 
la justice et l'ei^alilé dans la fifiiilir ; rt. par un dt*rnii*r rlîorl, a appelé 
la société à se gouverner ri i'-ilAiim*, a r\i'r«*«T d^ins son intérêt et en 
son propre nom la M>u\*Taint'ti' |i«iliti'|iK' , ri)n*>ili'ri*r jusque-l.i enninie 
le patrimoine d'une faniillr «-t. mal^'p' I i(i\<<ra!iiiii lin nom de llicu , 
fondée exclusivement sur la furrt*. >ans di'utf, "t pri'iisfment à rausi* 
de son rôle militant, a|!ri*ssif. la philosnplnf du \%iir ^iMv a plus d un 
exeès et d'une erreur à m* rt^pnN-liiT; m-ns nnln* but iifst pas ici d<* 
la juger; nous ne considrrons qu** st*<> rrsnhals detiinlifN , c«'u\ qui uiit 
passé dans les institutions •*{ dans 1rs dinMirs , et nous 1rs inscrivons 
nr réial de services de la phiIoMiphir t-n pMuTal. 

V. Après tout ce qu'elle a drjn fait, que resle-t-il encore h faire a 
la philosophie? Quelle tikche lui est rrser\ rr dans le présent et dans 
Favenir? immense et délicatr qu<*stif»n , que nous a\iiiis dâ proposer ù 
sa place y et qui d'ailleurs si* pniposerait d'rlie-rm^in»* si nous avions 
voulu la passer sous silence, mais i|ue nous n'a\ons pas la prctenlion 
de résoudre en quelques lignes, dans un ou\ra;:r comme celui-ci, des- 
tiné principalement a constater 1 ctat prrsent de la science. Nous nous 
bornerons donc à réunir en forme de conclusion les «'onséquenccs les 
plus directes de tout ce qui prccède, en \ joignant qu»*lqiies rétlexions 
tirées d'un autre écrit ou la question a etr traitce avcH* plus d'étendue 
[de la Certitude, rapport à l'Académie des Sciences morales rt politiques, 
in-8*, Paris, 1817, préface . 

Quand on considère les diverses parties de la philosophie , non dans 
leur enchaînement systématique, mais dans leur nature propre, dans 
le but et les moyensqni caractérisent chacune dVlles. on les réduit ai- 
sément i trois : l'une pour la spéculation pure, c'est-à-dire la meta- 



^K) PHILOSOPHIE. 

l'iijnujuc. : autre pour la spéculation appuyée sar les faits, con 
uiui j :iiiiiu^c(jtiie lie l'histoire et la philosophie de la natare, 
'i-ui iihiiiJucliou uécessuire, la psychologie ; la troisième pour la 
^'..iMiiuii» l't K'ï (.-ou séquences pratiques, dans laquelle peuvent e 
\ .1 i)i.> '« K'gique et les diverses branches de la morale. 

t..i s|)<.\Hilalion pure, comme nous l'avons démontré ailleurs [V 
iMiiji.'ijfti^Mc' . t. IV, p. 245 et suiv.), a à |>en près épuisé sa carr 
Il 110 iinte plus qu'à choisir entre la bonne et ta mauvaise meta 
.liiue ; tir, lu bonne et la mauvaise mélaphysique ont dit t^galenienl 
ieinii-i' mot, parée que les principes qu'elles invoqnenl l'une et. 
riv, k-'t'.st-à ilirv les notions foodamcnliiles de l'inlel licence, soi 
ii'i>» |i.-lit niiiiihre et no se prëlent qa'à un l'pvc'e de combinaisons 
leiiii'iu liiiiiu:>. Ce auc nous disons de la métaphysique s'applique- 
nt Ih lugiquc : car les formes du raisonnement et les procédés de 
liiit Ml- lesquels i^'tle science fait reposer les lègles les plus e: 
lit'lli'.i , no .sont guère plus multipliées et nous ofTrent un caraclèrf 
niniii.s insai'iuble que les idées universelles dr la raison. Aussi, i 
iju'il UD stiil pai lout à fait juste de dire avec Kant qu'elle n'a pa: 
un iiii.s depuis .\ristole jusqu'à nos jours, faiil-il du moins con' 
([u'a partir du ivii' siècle, c'est-à-dire de Bucon, de UcscarleS' 
Ne^\ ton , sen prostrés ont été bien imperceptibles. 

Il ji'uii e..it pas de même de la spéculation et de la logique appli 
:w\ liiiLs, soit delà conscicnci^, soit de l'histoire, soit de la nalurt 
il reste om-ure , pour nous et pour uos neveux , d'ampifs moisso 
ivfUi'illir. I.u psycholopc proprement dite n'a pas fmisa ticbe; la p 
sojibie de l'histoire a à peine comnienec la sienne, et la philosc 
(II- la luturo «st encore moins avancée. Sans doute, la première di 
i( ii'iiiA'S itnuit u fait Connaître d'une manière géoérale les Faculté 
l'i^iiir' liumuiui'i mais il lui reste encore à les étudier dans leurs 
|i.>il.i .tM-e l'iirganiKalion , les climats, les dilTérents étuis de sani 
de iii.iludio, dans le sommeil, les rêves, l'hallucination, le somr 
tiiili.'ii)u>, lu folie, etc. Quant à la philosophie de l'hisloire, il n'est 
une .leulo de ses parties, philosophie du droit, philosophie des 
;.;iii\s, philosophie des beaux-arts, philosophie des reli(.'Jons, qu 
villii'ilude nouvelles conquêtes entreprises avee une mèlhode plus 
v(^ri) ol un esprit libre de toute préoccupation. Il faut s'elTorcer d' 
omimiihle et a'éclairer l'une par l'autre deux sciences trop isolées 
qit'ini, celle de l'esprit et celle des faits; comme si les faits, du a 
ittiux qui appartiennent à l'histoire de l'humanité, n'avaient pas 
raison première dans la nature et les lois de l'esprit, et comme si 
prit pouvait exister à l'élat d'abstraction, de principe inerte, sai 
développer ni ae manifester par une suecessiou d'flclesetde faits. U 
tintrer dans celle carrière sa' u ràlc pr|sd'«j^uice, ni celui 

^resKeur, ni celui de défen ■jÙ^UHHjB^K* niais a 

seul amour de la vérité et I 
Mût. Enlln , il n'est plus p 
vier et de Descartes, de r 
naturelles. 11 faut que , de 
livré à une décomposition . 
la lumière de la raison, no. 



piiiLosiipiiii:. 



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if, » . *l- -li r« !.i I.: •!. • N..- .lU •:• ,;i ■ .;•• «.i i^t i* itt *• , tt:l*'i 

'I.iî.> [ • .'.'"* I ■ • I».!'.'' " ji l :*,•»!• Il' i.« \* ui ( — .i!'»'»ri !i' 
;i r- . ' • ■ j .: -l:.' > ' \ . .:. .[■ I ;• . I. 1 1.'.. t.- .,••„ • :..• .1 , li,i:.»*n- 
^ • • i» !vi-: «Mir . .. V r.- ' •n i|.'.;.ii .1 :'•.>. tnii lii- tiuili's 
î.'.iit. **....■",. .1 ;' 'j». I ..■ Il !.'..:. if- ii.iLH i>- <ki> t II ••Il li<>u<« 
"* ; Il ■■\. !!.»^ r. :i • ■ .!•..» . !.».;■! . \ t :• .ù iii |i i.li- ri iv- 
■!• ^ .:.•'..'•. I '.^ Il !é.« V A I. 'J' II- i I ^-1 1 .ii.t uii nu.ir.'** ^('T 
,- !."• . ••( f ' I" : ' r: 1 • 1 ■;• i»-. r ; .. •• .i-: .1 ^ i: •" ti,*-^ li rim * 
\' ^'\ ' - I. «^ i\ 't.- i- I ■ • . <; I :••« .ffirr «/r /*i f erU' 
I»'- î •■■.:•.! \i .••' : 1' ■ t- ■ ' ■' ! i| :•■ ru* tiiiiii>n* 
r. r •■ ■ ' ; -t^ •>■ \ '• ■ j. •. i • . : .• /.vj.i 1 i-rivnl !• -» 
"» ' l ' ^ '; ■ > '!•■ ' ■ ••:.,»■ !!■ : .; . *'.• v •:!; . r ij'n- li*-» d'-i 
!»• *a'.ijiC: • •■\i^^" i * j!i^ I 1 i i» î{i.ir> . I* i^ij» 1» H un* 1 '.uiiur I» ^ 

• {il !■ T f f !••!: i Ijl ' l;. . •.;. ■! m.n i.i (1 ii l • >|<ii itiii-.li' ilr iinlrr 
•"*•-! 1 j »^ 'I I II* I' * î. . • • '.'■ "■' î" ■;.-.< . it.> i .lit s ; Nli'^ H' i*' 

Ji»' f: i.î ■ ii , ««I ! -n \' :i'i , I.i '• .11^,1 ■ I» H .1 ■ isvi*!* t\r I is tlt*\(iirN 

• > «Ir .'* i'.îl f'i •; 1:.^ î.i : in. ..• . \t .-.^ .1. 1.'» l.l.iî , ••i.hIijI.- il.iiis 
•îi- ir : ■• I-'! • «JM » ; :• ! u' ..i.!i . !• l..lil.r ■" ...> '• {ii!.>i(i 1 1 «•ain- 
1 fîi ir !..'■ . ««î»^' ' «1 * N..'^ilii' •'i |i' r*' \»'i'.ifîl«*»» .«lî."|Uts ; dr- 

d\»'«' !•• n.if .!-■•■ •• «.' il ]• piM|': M '« , s i.> I- ]'u . '\ », \ .1 ji.iM iji' 
■ P'i^sjIi.i-; r** i.'dli-i •! Il-* tjji'i ■ 1, » ^'.r-' .1 !.i;i ..•« tli- 1 iim|i- 
^.ih'» viTili'f .1 .' ..!»•■ «1' N > i.«i.'. 'h'» «i'' !• iir » M*ii i.i •• ' il ijf Ifur 
'•.•!•■:'» ••Il' •'•':i- *t.!" :•!•».! l's l'ti. i;»'i:\ «i 1 un.îi- il-* 1 l.lal ; mon- 
If i-i*;>i' lirii.c I {1 '.il I i:i>i.».- !i 1 :i^\ ii^ili!»* 1 1 , c ilr t i'i|iii-.iiiiiii ; 
Jîri' •■•' «ju-- r ••*l n -• I L.ii r". lu.-.iiriiic, j'ii'i i"*l !•• Iiul l'I qiirl 
;«r 'iiiiii- A(* > «n ixi^:» :.' ■• . iji.* s * .f,i |.v im-h.- u' • «!■ 'il il *•• rnni- 
/• ■••^^.i:rt'riii'n: , iiii- 1 il* ji ■ 1 .r.'.i.i i'.- hn .1. ;• ir!.* ni -«ur !■■% «ii\«rN 

'1 .1**- «Mil >li <|ll l\ ; 'lif'M!l«' •î.l|l> "'M .V J . «jilfN N .1:1 VN ullll- 

S *'{ >••> ili'i:'* J'..: r.ijiji'tl ,\\i\ Kl.iU «1; • ^11^, mj ijiirl.s |»rifi- 
latur»'.!! (I 'i\''nl prt'si.i-r .r \ r» l'itiu^ h'-m" i'i-omIin . li îii- »nI, 
iode |Kirli<> , la l/«i lu ({'.11' I.i I l.tlii l'IiK .]i\i.iil f-n i4'|jrrnurr 
4*bai. h ne lui i*n ikhii.us pas «if plu> n.t.l", ni «li- piu^ uiili-, 
HOi propre à la rrl4'\r[ dans 1 t'Min* dr imlfi* Innps. Ei'i' \ lP>u- 
de s'assurer il.m^ I nrdii- i:i<ir.il une pULs>.inr»' el unr 
llogues à relU-^ dfN mi* uxv> pli\^if|U(*> d.ins lu .spln-n* 
»-, Toujn i!> ..ppn\« I- s'ir ! \ pmjî.ilnin , *ur li'> ir- 
>bles (le la p.s\rli*iliv:! - < l de la inrl iidix^^uiue. 
Ue s'alNiiaM? ju^qu a la ûimumiuu de» pur- 



92 PHILOSTRATE. 

Us; ce sont les partis , aa contraire, qai seront forcés de s'éleva 
hauteur de ses principes; elle leur rendra la dignité, l'autorité ,1 
vietion qu'ils ont perdues , ou du moins qu'ils ont gravement co 
mises. » 

PHILOSTRATE. Il y a quatre personnages de ce nom qv 
rent dans Thistoire de la philosophie, mais dont aucun n'est 
ment philosophe. 

Le premier des quatre , Philostrate l'Egyptien, vécut à la o 
Cléopàtre et y philosophait avec cette princesse dans le sens du 
nisme, tel que Tavaient fait les chefs de la troisième Académi< 
tarqoe rapporte (Vie d'Antoine, c. 80) qu'il s'ingérait dans l'Ao 
d'une manière qui ne convenait pas; ce qui veut dire, sans doub 
était un sophiste d'une éloquence facile et prompte , mais n( 
un penseur digne de l'école a laquelle il s'associait dans son am 
Son homonyme le traite assez mal dans ses Vies des sophistes. 
le distinguait y sans l'honorer toutefois, à l'instar de son maître 
et Caton le Jeune lui donnait la place d'honneur lorsque la rév< 
accomplie en Egypte eut fait choisir au sophiste le séjour de h 
(Plutarque, Cato Minor , c. 57). Il n*a pas laissé d'écrits. D^ 
discours il affectait le langage orné et pompeux du panégyrique 
sophist.,\\h,ifC.Si). 

Des trois autres Philostrate y tous de l'époque des Antonins 
nés dans Tlle de Lemnos, le premier^ fils de Vérus, enseigna 
Athènes , Vers la fin du second siècle , non pas la philosophie 
l'art de la parole , beaucoup plus recherché , et qui valait î 
qui en faisaient métier le titre , alors très-honorable , de so 
Philostrate , fils de Vérus , brilla surtout dans le discours solen 
Xo-YoçiravYjpptxoç, qu'on prononçait aux fêtes d'Olympie, de Delp 
d'Eleusis ^ aux Panathénées et aux Paoionies. Il en composa un 
nombre ; dit Suidas, ainsi que divers traités de rhétorique, qua 
trois tragédies et quatorze comédies , toutes œuvres perdues poui 

Le second des trois autres Philostrate, le fils du précédent, 
gué par le surnom de Flavius, et quelquefois par celui d'Athén 
même par celui deXyrien, qui atteste qu'on le confondait avec un 
mairien de ce nom) , fut le plus illustre des trois. Elève ou audit 
Proclus de Naucratis , de Damien d'Ephèse et d'Hippodrome ( 
risse, il professa d'abord dans Athènes, comme avait fait son 
puis il alla chercher fortune à Rome, où se rendaient alors t' 
docteurs ambitieux, grecs et juifs, chrétiens orthodoxes et cb 
l'hérésie. Philostrate s'y rattacha au cercle, dit-il^ de l'impé 
Jolia Domna, polythéiste dévote, un peu lettrée, tolérante 
veillante même pour d'autres cultes , comme le fut son mari Aie; 
Sévère, qui avait dans son lavarium les images d'Abraham et de 
Christ avec celles d'Orphée et d'Apollonius de Tyane. Ce fut sur 1' 
tion de cette princesse, qui lisait sur la vie d'Apollonius les mémoii 
écrits de Damis , un des principaux disciples du fameux pytbago 
que Philostrate écrivit sur ce personnage l'œuvre qu'il n'ache 
l'an 217 et que Domna ne connut pas en entier. Son travail, 
documents les plus curieux de l'époque, est moins une biog 



PIIILOSTKATK. 93 

'qd p.ino^}riqai* ; r'rsl la f;lt<ri7:iMt:i-n t\r I.i mï* | >i}>aA:iini'it*nne 
al .\p>iioniiis di* T\ani' fut m «. d irni|<> ••* :>i/f .i* p.u^ paiLui, a 
e«l u'uDO Mnf:u!it'ri' in)|»>>rlaiii •* )">'ir I lj>tiiiri' Je ivi .iM-fiisinr 
sar^:que, qui prit au s«-in liii p"i\(|ii'isiitf' fii ii«*\M<irnr«' l.i piai't* do 
fpeculatioD ou di* la inrlapli\«ii|ut'. 1. • ««l hiin-st u!ruii-ni plt-in dVr- 
m, mais il s^ romplaft m .inj«')ir'*n.o:iir% im'iuIi'h, en rf*ri(> d r- 
■oneQU inadmi<«MMi*s . dr i!.i'r\<-.:'i'^ i.u\ rli-airnl faliuli'U^<'%, df 
BTfrsation> Tut» à l«ii«ir d di* di^* u^^m-'Iin i. .iiiifr«»ti'iii«'nt kTiH*qur!% 
Vt des pcr>'iiitup*!i ap|>.irît'n.iiil a lii-^ >.ini'tu.iir« «i mi .1 di-n r«ifilnvH 
rOnfnl où l«*s ii>(i'ur> rt !«'% id^fs de la (ir<-i 1* rUimt 1 "Ciplrl* rnriil 
BMDoes. Il n a pourtml pa*» ***•- f.iit d.in> U-s iJisM'inH i|ii un pn'li* 
Miostratr : en oiïfl, di's W m' <«it-i !i*. nu lui '»ii;i)mi^j 1 miritUnn di' 

ty Don pas une parndie ni uur ritilati^m, ni.iis uni* r»'ful.il!iin m- 
le, éclalantr de ia \ie di* Ji-saH-(Jiri«(, di* scm ijiir.n Iih i l de mhi 
Ëmement. liottc hypfUh«-v. rrntiu\r!i-e dt* no%ji'urs, est enrorc 
k commen'e de la lillrra'.ure mi^iiM' M-nrus^*. F. île n a aurun fon- 
Bldans ru*u\re de Phiinniratr. qui n»* fait |..is uni* sruli- aliuMnn 
t genre. Seulement, il est \rai qm* lliiTiN-irs nppos.t, il .ipreii «v 
9 raatorité d'.\poll«>nius d«' T>aiii' a rcll»' du *U*'Ï di-s a|»«'iUr.s, 
ai pro\oqu.i de la part d Ku>«-!;i' une ffiii ili>>n d ni 1 t-rlin m* 
dans I^ctance, saini (i\r.!!i', S4iint i!hr\M.>!nnir i-l Isidore 
Fèluse. llieriM'li-< lui-mrm** fiait lr<>p l(l^lrlJil pniir <>i* Irnininr 
U \aleur rèrlle du t4*niiii;:n.iu'** de riii!nH',rair; id.iin. ad\rr>arre 
Dé du chri*»tianisme . il a-linrii i.i o- iiut- Im li\r.i:t la ti.iditidii 
tliètste embellie par lf> > >ins d un rhrlrur. lii-sl la rr qu est 
raie; il nest ni phil isi pl.r m h>i<.ririi . m in'^i-ni-'ux qu il m* 
dans l'arrancenirnt d**^ flruMiiii-s nralnm-^ il d.ms linnla- 
des beautés de Tliue^didi* ou d lltT"*! t*-. >iir cf |Kijnt , r«'iui d'une 
Ole repHNluctinn di* vr qui* ms l-i-t'iri'^ lui liiil i'<iuriii iJt* plu.s 
!, toutes ses pa^Ts v* rr^M-i* !• i-nl , mais rifn n\ a\anee 
philosophie prQpreni*'nt dib'. N"« Vt^f tUt ffJn^irg intiTesM-nl 
lage rbistoire des li'tlns ri iv!!< lî ^ imii.r^. Kiin.ipe a plus 
eomprus également, sous le titre i!*' ^ pliiM<-«, il- s I. imuii s qui 
^^Jenl réellement aux emirs plnlus- jil.i ji:!-; !»> •■.|.|i,si, ^ j,. p|,i- 
kkaie ne sont pas, en uKij<inii*. de n- iiunilii**; r.- >i»iit d.ilnjrd 
iioie y Caméade , Philo^tr.ilf llv*\;li(n l't riia\>.i-iiii.s d Arli-s ; 
^ Mil ensuite l'*s fanu'ux diiil«M'ii«-iti.<« d«' 1 ai.ririif.f i-, .ii;iu . rfljt*. 
^ Soerale et les oratrurs aitiqu», ii.mius |i>'ni'i^ili''ni' . i-t tniin 
^ rbéteors de l'ère romain**. On xnit p.ir crlte eiuiNt-raliori ce qui 
Bvde la pbil*i>nphie. Le<i Tah.'rauj- \ /. ,;;. dr rtiiiij>lrile n'ont 
bportance que p«iur l'hisloire de I art l'U 1 hisloin' dr j eslliftiqne 
^ anciens. Ce M)nt d»*s desi-nplions i/.v,:27i-: faites a\rr lituu- 
^■d'habileté et dèle;:anre d un>' p.i.iTie de talilc.iux que :e so- 
mkt \isite dans un faubour;: de Naplrs, a\ei' st-.s diM'ipli.sit un 
Mut de dix ans, eelui de »on ïu^W auquel il adrose < rs i-xplications. 
^jOQrd^bai , partagée en douze Ii\res, cette eoinp(»silion i'«'iail pi-ulia- 
llMenl en quatre autrefois. ËiTi\uin exercé et profond, lMii!o>iratc 
toposa encore des iieroïquet ou des récits sur les liéru:» du i-\i'le 
pîtriqaey avee des appréciations morales des caraclèn*s admis ou 
■B par le poiMe; des Méditat\on$ (atiÀirai) qui se aonl perdues, cL 



I 



M . PHORMION. 

des Ltiirts d*amowr dont il s*est conservé soixanle-qualorze d'if 
valeur très-médiocre; un grand nombre ^* Entretiens (AtoXf^ei;) di 
certaines parties sont peut-être reproduites dans quelques discours a 
le biographe d'Apollonius met dans la bouche de ce personnage.! 
traité ou un discours sur la Gymnastique (rup.va(rTtxo() dont il reslej 
fragment 9 et quelques autres morceaux qui méritent moins Tattenti^ 
L'auteur de la meilleure édition des Sophistes de Philostrate , M. ïi 
ser, revendique aussi à cet écrivain le morceau qui Ggure dans 
œuvres de Lucien , sous le titre de Néron, ou du Percement de l'iit 
Aide , Morell et Oléarius ont publié les OEuvres complètes dePkSi 
strate à Venise , 1502 ; à Paris , 1608; à Leipzig , 1709. — M. 
nade a donné une nouvelle édition des Héroïques et des Lettres, h 
1806. — MM. Jacobs et Welcker ont publié à Leipzig , en 1826 , ^ 
édition avec commentaire^ archéologique surtout , des Tableawa'i 
Pbilostrate et des Statues de Callislrale ^ ouvrages dont M. Kajf 
qui donne in-b"" les Œuvres complètes de Philostrate, a publié tl| 
une édition spéciale à Zurich , en 1844. 

Le dernier des trois Philostrate de Tépoque romaine , petit-fite 
précédent y très-aimé et cité de lui^ prononça son premier disco 
olympiaque à Tâge de vingt-deux ans y obtint de Caracalla la fraoci 
du tribut deux ans après , et marcha sur les traces de son graDd-( 
maternel 9 en professant comme lui dans Athènes et en décrivaol 
en écrivant des Tableaux comme lui , mais avec moins détalent. 

On trouve dans le cinquième volume de la Bibliothèque grectpii 
Fabricius-Harles les autres personnages du nom de Pbilostrate, 
sont étrangers à l'objet de notre travail. Ceux même dont nous vei 
de parler n'ont d'importance que pour l'histoire de la philosophi 
celle de Part. J. E 

PHORMION. 11 a existé deux philosophes de ce nom ; Tan 
tonicien, que Platon, dont il était le disciple immédiat , envoya, 
on, à Elée , sur la demande de celte ville, pour lui donner uue coi 
tution conforme aux principes de la République; l'autre péripatétic 
qui enseignait la philosophie à Ëphèse , ou Annibal l'entendit. 1 
ayant voulu parler de l'art militaire devant le général africain, o 
ci ne put lui dissimuler son mépris (Cicéron,rfe Oratore, lib. ii, c 
Du reste, nous ne savons absolument rien de ces deux obscurs pi 
sophes. X. 

PHOTIUS, patriarche de Constantinople, naquit d'une des 
mières maisons de cette ville , et reçut Téducation la plus brillaDi 
l'érudition , au talent de la parole , il joignait la connaissance de 
faires, l'ambition et l'astuce. Beau- frère d'Irène, sœur de l'impéra 
Théodora, il devint capitaine des gardes sous Michel 111, et plus U 
fut promu au rang de grand écuyer , en remplacement de Bardas, 
césar. Il remplit avec distinction une mission diplomatique à B 
dad près du calife Mofavsrakkel. Il s'attacha ensuite au césar , aie 
vrai maître de l'empire sous son faible neveu; et quand Igna( 
chassé avec violence du siège patriarcal de Constantinople, c'e 
qui le remplaça en 857. Il était laïque pourtant six jours avan 



PHf)TirS. M 

R^*<>nnu par deux lé^rAU de NirnU« I'* au s>nn«le d^ Ton- 

pie df HTil , 4lepOM- j un .lutro l'-nnlf* trnu à Rim^ I aniifi* 

p<ir U' pap«* fij«^r))t> auqu* 1 l^'iiurf «'n a\ait .i|>p^k, il répondit 

'<>u!rr-« iiccili* où il .ii;.ith-!iial*^j !•* (Miiit.f.' .i Min tour , p| hû 
ri'in.i .M' fut rfivuMV d h<-i •%!**: rt il v i: aiiilint au««i Innirlriiip^ 
A If j"i%Mir di- Mhl.»' III. M.» * 1 .1^' :.•"!: •' t -î»- II."»*!!!» !•*, !o 
!a «i. n.iHÎ!.' u:.ii*« ■} II* u:.*', îu. f'il fit.iî HliT . I! fu*. ji'«- m 
■l '•■ 'u:.li«'*f'i'- 1 ■>t.ii • . r:;rut »: jiit' nu •i».':ilri»'mr ri.i.iM'»- d<» 
;.['. ; ■■ •■« Sii'.ï jif I. -ïH,.! v.i f p is.îi »ji. Fl fut rri.il>M n* .m- 
!.i ::. :î «î I^^'Mh' . «"h >TI . • '. •!• «x l-v* tl* d J«' i:i VIII , .l^!^^- 

l *.i !• il.^l.i'IjïiMTi ; f. .;.^ J- .r Vlll îi'H d«*.l\i'|.l. •■{ il»'p'»li' f 

u:...t iMii'.it;!!. jH-iil I tr* j'ii ■■ jii» Ir ji.i'n.ir !»•• ^i- riiMf.tr.i 

• ■«" . .IJ.IM qu il ! .l^.lil f >.t • '! «'1 1, J •••lîrr.lîl '^ll'l*. *h-Ji' ' I 

•n ^ ir I Ëf:liM> d«- niiLvri'-. I';. ! ?> |» iir'.v ' h* l'ii.t.» |.4ii.r !.« 
r •» ■: I IrAm* |iritii.tli.«l «ji;!- «ihimI Ï.i-i:! VI fu*. i'T! i»« r«!ir a ).i 
•*' li i ri', i-u SW». Il »"*{ prtibaLîc «j'i- '.• |i.itri.ir»'lii' a\m\ t\**\\*'* 
:.f I' yî d î.r.iT I • :ii|':rf .i .ii» :■ -»•% j. in n*« rHij .ir * aprô*, 
ij.'-.riit djiiN it:i nt Li^l'-'-. I.' ti.^ri:*- doi:' ^"'i r> '.-tur .m 

ut a'it.:. i»r I «it-i-.|v. îi , I I V I 11 i;. . j.,is ||.f % .jr *.i ihu'»" i iMl 

i R'-rr.»* «jur lu* If* »"\'"iji:«> v\ \ «j-i-s | ri'îr'^ î'in». |.« v.i. rc 
]t vi l*li'»lMis M» rii'»ri'iri»*i-nî i '.••^Aini' *. ••'. pli* ttrd. I.i *|ui'- 
j>»T»«'iihil!i*qu • i.r tl.iil î ! rd, d* \.i.l «'.>■ ...il.i|':»* Pli Ii-îs 
;i"ur 1 lji>[i.in*' !«• phi" *.i*..iî.! if «un -m • !••. >.i r» li-- iiitTn-iir»'. 
.il'" !'! »'' «iiiit'!*' . I'" fiiTi II* «l«* ' •■• f-' >»«-''ri» «'Il ?•■••* s : \,- 

■ • 

.iHi- * .lU^M \.ii :•■•■" «|Ki' I fiiffi d» >. I.»liri*«. *n« i:»r^. jiiri^l îu- 

.\l.'.n- plll»' , tll -liv'»'". il ''^ ■•' ' ''^ .il- •r-l'*. M.lis l- t'st pii.i- 

•f'* J ' * p.r Ji'^u^'Uiri.l »|u ;I hi.'!*-. > 'ii i--pr.t f^î n»l, M.!|f||», 
i \.i \:*\[ nu f.t.'.. .. I ut:'*' \ .1 iTi u**- . il II «'*t fi.ts dupe de* iliij- 
•-.> ..'*.' iit-im > ; ,i i:i.-,.i , ■ [ .:,{ , li.irî.il.i'ii-^rn»-. ii«-n r.ili*r::--iil 
^ h'\ .1 ; il «■>• d 'II*' t i:ii d* ^i'- : iP* p'iur vn l«»riips di» l;i f.i- 
ui«jr>i*i\i- i il ,1 \i.i.:i.f l •!• ! j' :• j'»'«iii lit •' ft !•• I n!i{ ;iili..!i!f. 
inl. d 1 ruijiu*. i< * ipi.tpl « ipji «ii! ii- ut i:n pr \ i ^ut p.irt.i'utirr 
IrLr»* .l/yri«»/'«'W »fi nu /i'"*fjyri »i rt '!> t'umf'rfif'nt tie* lirrti 

, d*' ft' r|ii»» Si'îiilii»* pr.iMr.tr»- li' tiU»' M^jri-^'ibbm 10.(MK)\m^ 
I AUti'Ur II } p.iN*f 'Il n:\U'- i' d l m..'^ ri* lu;-»! i^nn* qu» 
m H«ii\.iiiti*-'li\ II- u: rujM. !::■•*. Mil". pr»'M|u«' t'ius '((TriMil dr 
. hotl .NOUS un r.ippnrt . ^■■l' .s-ai* un .lUlfr; %'\ qut-lqiirs-uns ne 
.vjIiI alixduiui'iil (-(inni.s «pir par I «in.il\!te de Pliotni*. <!«'« ou- 
l' us CM pruM'. s.iuf tnii* iiiip.ir'.icnnt-nt :i pru prtVs a tous Ic^t 
L' liiicr.ilnp' : uiattMir*. Iii*l- r:i*ii*. roiuarcirrs, ^'r.imrnaiiirus, 
je*, i:ifdf.-in>, lh«*til<ir:ii-n*, ii.i'ur.ilis'.cN, p.i*>i ni Unir à tour, ol 
>an* ordii'.MMiN n<>N \t'U\. 1.» phtlo^nplirs n'<int pninl v\v ou- 
i>«vlti* \.i>lt' ;;.i!tTi>' ; fl .ni! » st \rai qu mu pourrait en di'sirrr 
):rand noniLrr , il faut a\«iUf-r ifjr I atil*-ur aurait di''p'i*s«* la 
i'f). «Il li'ur at't'niilail iin«* p'art* phi^ ciinMdrrable. Parmi Ips 
r U'v^iirK il vrA ;i peu pif* le M ui a nou*d'>nnrr dis riMis<*igne- 
e qur!i|ut' vaU'ur nu d'* <|ui'l>pii' • \* n>!i]i'. li faut pl.iriT au pn*- 
1^ la Thr*iUt*iif uiilhin'li*f9i'' il'* Nit-uiitqiK* de lîcrnsi' ' j IH7 \ 
^rrhtjma d'.L'u'NidfUit' 'j 21*2.. Il ciit des plus s<^vôrrs p^iur le 



96 PHOTIUS. 

premier; et il ne balance pas à regarder comme temps perda oc 
qu*on passe à élaborer » à étudier de semblables théories. Et cepc 
dant, il en convient, il faut un savoir profond, il faut l'habitude de 
géométrie et de toutes les mathématiques pour suivre les raisoni 
ments de Técrivain. Sans prétendre en démontrer méthodiqueia 
l'absurdité, il s'attache surtout à en faire voir l'arbitraire et les o^ 
tradictions auxquelles se laisse entraîner le philosophe tbéologiec 
Gérase à l'égard de ces pauvres nombres, qu'il augmente ou d."^ 
nue , qu'il multiplie ou divise, qu'il torture, en un mot, pour les tr^ 
figurer en divinités. L'analyse qui suit est vraiment une révélai' 
et sans le compte rendu de Photius, ou nous ignorerions absoloun 
ou nous saurions bien mal à quel point les pythagoriciens des 
niers &ges prirent au sérieux et au pied de la lettre la parole 
ambiguë du maître, que l'univers est créé par les nombres, et quel 
veloppement ils donnèrent à ce principe. L'article sur iEnésidème i 
pas moins fondamental. Ce n'est pas simplement une table des i 
tières : on y saisit parfaitement et la manière et le fil des raisouneme 
d*^Désid^me. On y voit le doute se produire sous toutes ses face^ 
s*attaquer successivement à la sensation, aux objets de la sensatio 
ou aux phénomènes du monde extérieur, aux idées morales , à la n 
tion de cause. Il est vrai que vers la fin de l'analyse , ce septicisi 
semble prendre une forme dogmatique. Mais il est incontestable q 
cette apparence tient à la concision de l'écrivain byzantin , qui , api 
ce qu'il a dit en commençant, ne suppose plus qu'il soit possible âe*s 
tromper. Nul doute, d'ailleurs, que si iÈnésirième avait été infidi 
à sou principe au point de nier tout simplement au lieu de rester da 
l'incertitude, Photius, très-habile dialecticien, et qui se platt à oppos 
un auteur à lui-mémé, n*eût relevé la contradiction. Le compte reo 
d'iEnésidème est précédé immédiatement d'un morceau curieux : c'< 
la table des cinquante ou cent chapitres d'un ouvrage de physioloj 
et de médecine intitulé Dictyaques, et dont l'auteur se nommait Dei 
d'Egée. Nous mentionnerons encore comme intéressants : l"" l'apei 
malheureusement trop court qu'il nous donne du traité Qu'est-ce ^ 
l'univers (riipl tyîc -wO iravro; oùatat;), parle prêtre Joseph (ou Calus? 
2" son extrait d'un anonyme sur Py thagore et les dogmes des pytha^ 
riciens j 3* ses analyses de la Vie d'ApoUonius de Tyaney par Phi 
strate , et de celle Cl Isidore, par Marinus. Quoique nous possédii 
Tun et l'autre ouvrage, on aime à connaître l'impression de Photii 
tant sur les héros que sur les biographes ; il caractérise surtout 
niain de maître le style de Damascius. On voit encore figurer dan! 
lUyriobiblon, Théopnraste , dont il cite textuellement divers morcec 
^'histoire naturelle ; les Ilypotyposes de saint Clément d'Alexandi 
pour lequel il est très-rigoureux, mais dont il nous fait regretter san 
vouloir, l'ouvrage perdu; la Chrestomathie de Proclus; les trois < 
wrages de Jean Lydua j les Principes et le Labyrinthe d'Origène. N 
no parlons pas de Thèmistius et de Libanus, tous deux sophistes, n 
4 n'il ne considère que comme orateurs. 

jLe Myriobiblon a été publié en grec par Hœsschell , in-f*, Au 
bourg, 1001 ; puis, grec-latin (traduction de Sohott), aussi in-f* 
Genève, en 1011, et à Rouen, eu 1053; M. Bekker Ta donné de n 



É^^mAOtmt.iàmÊ^^, I I 



piBRAc. vr 

I grec scoleiDCiil» S vol. io-l*, Bnlin, 1821. Lm aolres oa- 
npnmH de Pholiuf, sont : le .Vomoctfiicni ou Protomnam , 
D dfs lois fcclé»iasliqon comparées aux lois ci«itfs insérée 
?olUetio camammm. Pans, 1S59, fcrrc-lal. , trad. dr llrnrt , 
la BîbUoikèquÊ de droii dr Jui^trl , ri qoi fsl dr\rnur Ir ma- 
i 'E|!lise prrcqur pour sa jurisprudcDcr ; — dr^ l.eltrfg , dont 
p Irèft-iinpnii«nlf3 Muolaigu rn a donné i5.'l. ^-rrr-ial. , 
1651 ; cinq autres se tri)U\rnt f|»arscs dans di\frs rrruriK : 
ile beaucoup d inèdilo • et deux kameiiet; — un tiiotêaif 
: «publié par llr-rmano • l^ipzi^r, 180R, ri par Porson, I.un- 
IK: ; — un opuscule comprenant dix Queêtiom unlatit^wes 
s .Vor<p rnn/ilorwin deiicitr de Foolani , t. i. La BtUwikera 
ta de MontCaucnn offre quelques fra^'ments d un traité en 
livres y par Photius , f'onirt le$ nimreaux mamickéenê ' ou 
us . Val. P. 

KAC : lîiT ni Faim , seJL'neur ni \ un de ces jurisconsultes 
qui jouèrent , au xti' sircle , un rAtr si brillant et si ulilc , 
las connu qu'en qualité de moraliste • c'e&t-à-dire comme Tan- 
» Quatraim, 

Ton président au parlement de Toulouse, où il naquit en 1529, 
l Cujas « t d* André AI«*Kit . unibassadeur au concili* de Trente , 
sen PolofHie, chnncHirrdr pluMi*urs princrs du san^r, a\(K-at 
au parlement dt* Paris, i-nnsnllrr d'Ktat, INbrar mourut 
I, d'une maladif* de lan^'uiMir, «mum^ par 1rs troubles ri\ ils. 
istral • célèbre par sa haute intéf:rité et par son \asti; sa\oir, 
1 poète agréable et f«)rt reehenhé, appartrnani à Tecole do 
I et de Du Bartns. mais favanl . comme llesportes, le pédan- 
îoe proupe de rimeurs arcliéolo^'ues. Pibrae jrta des \ues phi- 
[ues dans tous ses vers • dans ses sonnets , dans son |MK-nie 
è Smr lu piaisin de /a ne ruêt\q¥t , mais en particulier dans 
ilraifu. 

* fait difficilement aujourd bui une juste idée de la réputation 
dinaire dont jouirent • pendant plus d un siècle , les i/Hatraim 
mi préceptes et enseignement» utiles pnttr la nr de r homme p 
fs à l'imitatinn de Phtcilides , iCpicharmes, et autres portes 
D-4% Pans, 1571 . D'abord au nombre de cinquante, puis 
liés jusqu'à en faire cent vin^'l-six • ces gnnmes nu distiques , 
kéognisei le vieux Caton a\aient donné Texemple rlif z les an- 
furent le livre le plus populaire du wr et du x%ii« siècle, 
pulaire que les Essais de ce Montaigne qui contribua tant à 
réditer, se plaisant à les citer, et à présenter le htm Pibrae 
UD esprit si gentil , d'opinions si saines et de mrrurs si douées 
\, liv. III, c. 9). Il n'est point d'ouvrage français qui ait été 
et commente en plus de langues europ<'*ennes et orientales. En 
même, au xvir siècle , on réimprimait ce recueil, on Tadmi- 
n le savait par nrur dans toutes les familles , comme h vrai et 
krétiaire des honnêtes gens. Enfin , au milieu du xviii' sii*cle , 
ckfédie le vante encore à cause de sa rare solidité , et fait re* 
er que son style seul , qui est suranné. Ta Caii abandonoer. 



M FICCÂRT. 

La doctrine qu'exposent on respirent les Qualraint est en ef 
cellenle, puisée dans l'expérience et le bon sens, tonr à toi 
preinte de l'espril de Platon ou de celui d'Arislole , toujours co; 
au génie de la religion , toujours dL'gagce de l'iilliage des sectes 
partis. Si elle mauque souvent d'une expression élégante et 1 
nieuse , elle se dislingue par une certaine gnlcc originale et piq 
elle a du trait et un tour anîuié. Dans sa partie politique, elle e; 
raie : elle katt (lciii) : 

Ces ftiols Je puissance ab.soluu 

De plein pouvoir, de propre niouvunient. 

Elle veut que tous , citoyens ou princes , particuliers et corpor 
s'incliDcnt respectueusement devant les lois divines et humaim 
ex. Lcii) : 

Cliarifiur fi coup ilo loy et d'oriioimanei! , 
Eu fait il'Eslat, est uu point Uau^urcux ; 
Et si I.ycur^uc eu ce point fut liuut'eux , 
11 110 faut pus en faire conséquente. 

C'est h cause de ces sages maximes, alors l'apanage de la ma 
ture françiiise , que Pilirac est comparé , par Du Barlas , à Nés) 
ScévoJa tour ù tour ; et celle comparaison est plus exacte que c< 
vient ensuite, avec le grave-doux Virgile. — Voyez les ilémoi 
la vie de Pibrac , par Lépine de Grainville, in-12, Paris, 1? 

C. B* 

PIOCAIIT [Michel), né àAltdorf, en 1574, mort le 3 juille 
a beaucoup écrit et sur divers sujots. I)e ses nombreux ouvrage; 
n'avons à mentionner iii que : Isagoge in ieciiniirm Arislotei 
ttt hi/poti/posis toliiii p/iitosophiœ ArUloUlts, in-8", Knremherg. 

— In pnUlieos Aristotetis libros cnmmeiuai'ii , in-8", Leipzig, 

— Dispul'ilioifn pliilotopltictp et Orationca, in-S", riorembcrg, 

— ObtercalioHum hhtorico-polilîcarum décades postlntma; , 
ib. , Itiâl et iG2\. Dans la préface^ de sa traduction de la ?■ 
d'Arislote, M. llurlliéleiny Saint-llilaire place les Commenta 
Miebel i'iccart au-dessus de ceux de Mélancbibon , de Lerèvr€ 

Îiles et de Camerarius. Quant au truite, qui a pour seron 
lypoiypotit lotius phitoiophiœ Ariatolelis, ce nesl pas, con 
pourrait le supposer, une exposition sommaire des divers oi 
qui portent le nom d'Aristole, mais une dissertation assez éten 
l'ordre dans lequel ces ouvrages doivent être classés et sur la i 
qu'ils ont pour objet, itlicbel MiiAvut l'îaldiflaBoe uuve 
questions philosopiiiqués, et ^B||d^É^^|HBé i(b 
Sophie morale. """ 

PICCOLOMIM (Alexa 
de l'université de Pudoue ai 
gué en traitant le premier 1 
eu langue cumniuiic. M ap> 
saint-siége Pic U cl Pie.' 




CircnUiMI.M. 



.i-l:'. ^n.ini'tit. un halulo ina- 
,'.iir -f ■ Vir.-!- Ti .|in.,|r. 
. 1 r • '.-.-1 -li .,,.;w ni 



..-t ;:..rrir..\ it.-,tll!il 


. 1., |..:..,f..M.. ...... 

.r .■ .!■.■!■. <•: r. .n .lu 




■ :■■ : . ' r-nx ■ : |t;iriH 


■ ; . - il- .1 - i-i- !>■ t.liT. 


■ it.liv.: -.'-/Mirit- 

■fi- /".^^ • jAif n-ilurtUtl 



: p.:.-i..i 



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. I II l'iil;!'!!" iii-ini-nl f'ae- 

.•■ 1r ■-. !!■ Iiiif Irail^ ilr la 

1.-' '|ii.i!t.<-nii- iitri-, du «)!- 
i..r.<l lii- 1.1 f.iixili" dr dD-pU- 

^1 ) irti i-n A-'i]\ t'irtii-t dis- 



"t 1.1 ri..t 

■*,.ti. 



■ . I ir.' 

m<-!;l !.. i> • : -.li.i.l--. I lui iiM- , ..■. iii\,.i- m qmîri- livn-*. rt 
l.'ii.l |. ir ;.Ai ' ■■ j.AiV irili<r'f/r . I.i |ihy- 
f.i.. .■- -'.-.id.r.' Imiis li-s n-Mill-il» de 
■l li." !i >|i>'> •t'ilm» ni.;, l'jii.'' à l,i ri.iliir4>. in'|i-|ii>n- 
lr.«l.t:.>ri^ r- ! l;i.ii is il iT. 'Ml 'F» d'- !.i rfM-latii.ii. A 
ipU' d'.Xri-l' '•■ , l';--.!'! Iiulll .Mriiii..- I. s jrrtiii'tf /.riiii-i/"-* dfS 
i, r*«>t-a-iliri' -ii! >l.iiiii- 'l ;i' ii.)iiil , fui. - ■■■ tininri- . Ir u ri 
, elP-, ft^.iiH ij':- '!■• |..i"-T iii f\w l- ."'l'i'iiH ni/^ti-p* de 
W ^r1ir« «m;>I'( . l'iii- u-* \:.ni>- '■■■'•■I ■■•''! i-l ti'ijlf*, 

' «eiutWM rt rBi-H'-;'-'", l." •■■■•» 1 u-lirin- . .t tout 

wlfnrtnp ji ir !.i i!'' ! ir.^'; ii «■!ii\.iiil'' : " J'.ii niar- 
Ia nulurr ; !■ ..> , < ■ - :.i- ' i ti.\\-.T>- d'-jM-nd d'un 
- iii 'jiii- ;.i \- Ml" .■■jiiiprl.- ilt.il flre 
'- Il .l-:i' !-. I: II" |<ar l■■^ ^a'nt^ thro- 
l'ti il-- liiiji iii'ii ro-ur. 1. Nruiiiiinins 
le <'iir|i* ii,>^iii'' d>' l«i]\ra::«>. 'k- dis- 
'■éulniïic, aussi Ihcd que la physique 




i'J 



100 PIGGOLOMINL 



\ 



\ 



5 

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s 



La Pkiloiophie morale ou active {m-V^j 1560) se compose de dôme 
livres , dont voici le sommaire : Liv. i. De la noblesse naturelle de 
l*homme , et comment il est capable d'arriver au bonbeur. 11 est na- 
turellement un animal civil et sympathique. A quelle fin et de quelle 
façon les cités sont nées et se sont gouvernées. — Liv. ii. Quelle est p 
la fin dernière de Thomme , et sa félicité. De quels biens son bonheur 
peut se former. Des puissances de notre âme, sources de félicité. Ikox 
sortes de bonheur : Tun contemplatif, Taulre pratique ou civil.— 
Liv. m. Comment peut-on conduire Thomme à ce double bonheur. Ici 
tout un traité d'instruction et d'éducation. — Liv. iv. De la philosophie 
et des sciences : toute une encyclopédie méthodique. — Liv. t. Des 
appétits et concupiscibles et irascibles. De la raison qui les doit gon- : 
verner. Des vertus morales , de la volonté et de nos actions. — ; 
Liv. Yi. Force, tempérance , continence , libéralité , magnanimité, etc. i 
— Liv. vu. Confiance, reconnaissance, compassion, etc. — Liv. vm. 
Justice , et ses différentes espèces : particulière , distiibutlve , civile. 
Vertus intellectuelles : sagesse, prudence^ culte des arts, etc. Yertas \- 
héroïques. — Liv. ix. Bienfaisance et amitié. — Liv. x. Amour. — 
Liv. XI. Mariage et famille ; gouvernement domestique ; devoirs des 
époux , des parents , des enfants. — Liv. xii. Relations des maîtres 
et des serviteurs. — Administration de la fortune et de la propriété, 
organisation de l'industrie, etc. 

On le voit , dans sa philosophie morale comme dans sa philo- 
sophie naturelle , Piccolomini est sectateur d'Aristote : il l'avoue avec 
reconnaissance , en appelant maintes fois ce philosophe son chef et 
son guide , mio principe e guida , et en le déclarant le philosophe le 
plus ordonné , le plus sensé , le plus d'accord avec la nature et la 
raison. Il ajoute même que c'est encore suivre Aristote que de l'aban- 
donner alors qu'il se trompe , que de se ranger, contre lui , du côté 
de l'observation et d'une expérience plus complète. Le Stagirite loi 
semble un homme presque surhumain , più che huomo; mais tout 
homme est sujet à errer, et le progrès des siècles doit modifier sans 
cesse les découvertes des génies les plus beaux. Aussi Piccolomini 
s'est-il encore attaché, avec un soin particulier, à traduire, à para- 
phraser, à commenter la Rhétorique d'Aristote, en trois ouvrages dis- ^ 
tincts (in-4.*», 1557-1575), et à écrire sur \a sphère ei sur lemouvemeiU ^ 
dans le sens du péripatélisme pur et original (in-8°, 1540 et 1565). y 

Si, pour ses divers travaux sur Aristote, il était loué et honoré eo 
Italie et en Europe, il était vivement attaqué, parfois injurié et me- 
nacé, à cause de sa persévérance à philosopher en langage vulgaire et 
maternel^ en discours toscan, et il ne perdit pas une occasion de s'en 
excuser, autant que de s'en glorifier. Cette nouveauté avait contre ellei 
non-seulement le clergé, mais les lettrés laïques. On lui reprochait de 
dégrader, de souiller la science, de la dépouiller de son idiome sacré. 
Il citait l'exemple des classiques italiens , el od lai répondait ;< 
ceux-ci avaient écrit pour le«HAfn#Mi ^*]cMdillliÉiiMWr:la 
mique , pour les marchés et 
pas à déclarer Piccolomini 
damnable qu'il osait se ^ 
suffrage d'un Arétin. 



PlCCOliOMlM. 101 



Fioyffs , lor et drrni^ article , l.i d^^dicarr de la Iradariion 
le r/ii#fifvfûifi momie , par le (iliaiupfmMs IVrre dr Larnev, in-IT, 
Pans, 15S5. H. B§. 

PICC0L01II\I François . pArenl r| rnnicmporain d'Alexandre 
Piocolomini • était né a Sienne en \Ty2iK II prufe&iu a\er .ipplaudi«i«e- 
Dents la pbiloMphie à Sienne , à iVrouse ; pui^, entre 15lîU et 1601 , 
à Padooe. En 1601 il se retira dan.s sa \ille natale , uù il mourut 
en 1601. 

FraDÇois était , comme Ale&andre , «éclateur d'Ani^tote ; maif il 
rétait avec moins de lit>ertè et mn:ns d'onpinalitr. ti'etail un mmmeii* 
tatear plutôt qu'un penseur nu qu un o|)ser\.ileur. Il traduiMt et an- 
nota différent» ou«ra|:e» d'Ari>tole, Ir de Ortu et interitu et le de 
Anima , *en 1602. le de f'irlo en lci07. Il ivri\ait d'aillrurs, non pas 
CB italien , mais en lalin. 

Il eut une longue querelle de IciuMque et de droit naturel avec un 
antre professeur de Padoue , /..iliari*ll.i. (!i*ttr diM-ussion donna lieu à 
son Cornes politicuê prn recta nrdtnu ratione pmpugnatur ;in-8*9 
1596 . La question de la méthode sur laquelle il cimluittait /abarella 
était af!itée danssfin l nirena phdoinpfna de mi>nLus .inf", 15(i3,. 

C'est là son principal ou\rap* , v\ rrlui qui m<*rite d t^tre analysé. 
Il est di\isé en dix sertioriN , li*M|i:t*lloN mihI ran;:rrs sous deux chefs 
principaux* savoir, la iiior.ili* f:i'iuTale ri rnmiiiuiii*, dr Mnnbut; puis 
U morale sociale et |Kiliti>|ue . dr Hfiutdtra. Vmri lr> di\ srrtiuiis : 
1* De la nature intime des \erlus morales . et des pn«>sions de lAmc ; 
^Ues principes de ces vertus ; 't- Ile la ilemi-vrrtu, c'est-à-dire de 
Il eontinence , de l'obéissance, delà tnliTanee, etc. . 4* he la vertu 
Borale ; 5* Oe la vertu , de lespnt et de la raison ; cî* Ue la vertu 
héroiqne ; 7* bu principal usaj'e de la \ertu , c'esl-a-dire de l'amitic 
M de la bienveillance ; H* \h*\ instruments des vertn<( , des dons de U 
latore et de la fortune; \\** Ih* la (in des vertus, ou du souverain hien ; 
10* De la vertu, considert*e comme un (I**\"ir a remplir par les ma^isr- 
liats cbarpés de la répandre dans les \illes et les Ktats, ou de la pro- 
pafntâon du souverain bien. — Dans U* dèveliipp4*ment de ces diiï<^- 
icnts chapitres 9 François Piccoldinini cherche souvent à concilier 
Aristote avec Platon , cl croit avoir delmté par une conciliation sem- 
Hable , en déûnissant la morale unir erre lie , ou la philo fophie civile , 
« la science de la vie privée et puhlique , domestique et politique , de 
la vie aniversellc des hommes entre eux. ■ (I. Bs. 

PIERRE n'AcTiac^iE fut un des péripatéticiens les plus laborieux 
un* iiëcle. Dominicain, et ronsi^ucmment thomiste, il défendit 
beucoup d'ardeur la doctrine de sun ordre, doctrine mitoyenne, 
éloignée du réalisme de Duns-S*ot que du nominalismc de 
Saint-Pourçain. Ses ouvra^^es, presque tous int'*dits, sont 
«m des commentaires sur les petits traités d'Aristote. 
MIS d'en dresser une liste exacte : 1** Quodlibeîa, 
*ft exiale cinq manuscrits à la Bibliothèque nalio- 
«n fonds, 516, 666 et 70& de la Sorbonne, 
Scphitma deUrminainm, inédit: n* Ml 




102 PIERRE. 

de la Sorbonnc; — S"" In totam loglcam veterem^ inédit : n"* 955 de h 
SorbonDc; — i*" Super Porphyrium , inédit : dans le même volome 
que le précédent opuscule^ — 5** In Arist. de Somno etvigilia, inédit: J, 
n' 625 de la Sorbonne ; — 6** In Arist. de Juventute et senectuie, in-fr, 

Çublié à Venise, par les Juntes, 1566, avec quelques gloses de saint 
homas sur divers autres fragments de la collection aristotélique ; -^ 
7° In Arist, de Morte et vita, ou de Longitudine et brevitate tita, 
publié dans le même recueil ; — 8*" In Arist. de Motu animalium, 
dans le même recueil ; — 9* /n Arist, libros Politicorum, inédit : It 
Bibliothèque nationale possède deux manuscrits de ce commentaire, 
l'un sous le n® 6457 de Tancien fonds, l'autre sous le n*» 8il de la Sor- 
bonne ; — 10° In Aîist, libros Meteororum : il en existe deux manu- 
scrils à la Bibliothèque nationale , sous les n"*' 954 de la Sorbonne et 
227 de Saint-Victor; le Rcpertorium de Louis Hain nous en désipe 
une édition que nous n'avons pas encore pu rencontrer, in-f% Sala- 
manque, 1497 ; — 11° In Arist, de Veget. et planlis, inédit : n* 954 
de la Sorbonne ; — 12° In Arist. de Anima, inédit : n° 955 du même 
fonds ; — 13° In tertium et quartum librum Aristotelis de Cœlo et 
mundo, inédit : n? 227 de Sainl-Victor. Aucun de ces commentaires 
n'est assez étendu pour offrir beaucoup d intérêt : Pierre d'Auvergne { 
ne suit pas la méthode d'Albert le Grand, mais celle de saint Thomas: ! 
il ne disserte pas sur le texte , mais l'éclaircit par des notes conti- 
nues. B. H. 

PIERRE d'Espagne [Petrus Ilispaîius] y né à Lisbonne, dans les 
premières années du xm*" siècle, fut un des plus célèbres logiciens de 
l'école de Paris, avant d'être, sous le nom de Jean XXII, un pape 
d'une orthodoxie équivoque et d'une moralité contestée. Nous ne noas 
occuperons que du logicien. Le plus célèbre de. ses ouvrages est an . 
abrégé de logique souvent imprime. Nous le désignerons sous le litre j 
de Summulœ : c'est celui que les éditeurs et les glossaleurs paraissent ■ 
avoir préféré j mais il est encore nommé Scriptum Summularum, : 
Textus omnium Summularum , Te.rtus septem tractatuum, etc., etc. 
M. Daunou {Ilist, littér., l. xix, p. 3:30) ne l'a pas distingué d'un autre : 
ouvrage de Pierre d'Espagne, dont les éditions sont aussi très-nom- îi 
breuses; nous appellerons celui-ci, avec la plupart des éditeurs, ' 
Tractatus parvorum logicalium. La mention la plus sommaire de 
toutes les éditions de ces deux opuscules occuperait ici beaucoup trop 
d'espace. Nous renvoyons les curieux au Répertoire bibliographique 
de Louis Hain. Il ne faut pas rechercher dans la logique de Pierre 
d'Espagne des propositions nouvelles, des explications originales; il 
explique peu de choses, et ne propose rien de nouveau. B. H. 

PIERRE DE Mantoue, docteur fameux du xv« siècle, est aujour- 
d'hui tout à fait oublié. Vainement nous demandons à Fabricius et à 
Tiraboschi quelques détails sur sa vie; ils n'ont rien appris à cet égard. J 
Au moins nous est-il permis de parler de ses œuvres. Il reste de^oJ 
philosophe quelques petits traités appartenant tous à la \osdQW'^JBnM 
ont été réunis et imprimés, pour la première foi« * 
ltô3, par les soins de Francesco d* ' 



l'KiUii:. m 



■ I 



wée dans le RtiftrVnrê do il.rn. N •:% i*n .i\i>n4 niip .l'ilr^ %f\\x% 1^ 
FCUX 9 d^nt \Mii*i ! iii'i^ii/ : ' V.!i |*r.t- -! -.ri^*'.';.> .ic H-:t.iili^«iiin luffiri 
na^'^tri, Pt-lri .M i't'î: .m, I. . i «ii» :* ii i .. i-.«t. II-m:»* #•! r'>rrii:'*<^ 
>ar (jij\a:iin-M.iri.i M..(<-: n. «,• \ . ••( . •*. • • '•- ••«tii •n *i-riii, i^n 1 «fij, 
les pr**H-es ilï* B .;i :.,* I. il-..iih;i ..■ t *l iu i .i «!• sx miiiiinf^. IItk 
jmlcs »oainiJirf*« (jniil ■ t n^r;:.! .•• f m.'* ..i / ■ i'^'-^ •!•* I*' -rro dr Man- 
;oae, le ninsn'» i>i fti !•• |, i.^ !:*• ri-*".i!.l .i |> -.r ir.ri* •!> iminmti, |] 
fct i vLjt't d ui-<^ ti . •l.tli !i ik-^' / I . :, . :•- , i]'!. •-<>* j nlt* .i | riiitmii de 
l49â : t.'uttns j fil. ••■^ /.i li. I... .1 ,1^ • '/r.i (f'irtit,t'iffwnen$ii^ 
ie pria»'» tt ullith . ii.f.inh, 'i^'^n.* l'tliw.n Mauiu.iiAtm. K. II. 

PIKIîIlK nr Smi-J^Liii, r.i j-:\ 1- rt^ir }:r». lîinl ^Irc plac# 
ëar.^ L!î r.i'i;: a**r/ h-' « r.t;-.!- |-..:;ri .ni;. . ..-.iIti wji' mitIo. Il 
10 j> a !.i M' ii< u\ ti.iiif-^ <I .1 • lû 1 1 ; I « t. • j iir ' ! • l. I.r prr- 
Di*-^r t'^l i./.i'ii t' /(.' i I il, ■■■ ^A / lif.. i- , "W M*toj f.tj%trii , ff 
/i/T /■'.*' f ^'f.i»r fiufiMfi.'.ji . •/ I i'',-/»,--t , •* ■■!. 1-! ij. l'-fi*. Jiissi»^ 

|lVÔ*. Li'» irrr du srti.i.ii i *l .N'/fu »• ; /iW ■ ■ r in ,ri fir,r f 'irtes 

di/f in -h/ . I :.-!:!. |*.(r.-« , >I ;.'i • '. . 1« • -j. >.• ^i-Vinx f « ;- .^rl.tP*» rrsi 
Mî^r.iJ-"* d" pr->|> i^il. lis iiti iji- » . .-. ..» I. •. I'::!' il-* >.iiiit- 

loM-|>ii n** prclciidil |).i«* .i i.i :• i. c i -•.?.• • : il <ki- rnn- 

lenU d iiit(Tprélf*r siii)|i rn n.i .. ^ i ii.i.,. ^ 'i • :,( • • . . i-i.. Ij-s h^r- 
ntrdtns > triant di-rlari-s, i;t-^ .r mi- - . ••. I i i « ..r i |li n .^ i-unlre 

I)uD>-Sc*'t, fU'lrir d'u't» i.i |r« ' •. . l ■:* .s tlio- 

lli.»tf*S« f'U'.r»* !j ll.'-«- ili- I ii[.,Mr •.•.;■.•' N i • •■!: .'»i;nMiis, 

CffM^ndaiit, i|ii 1. lii-^iîi' a r- ■ :.r..iil:r î' . •*..•, i i. ; • ■ i •■* r!i- rrUc 
prol''>t.iii<-h. Li* pni./Jîi.ii i:.' ; • ■•■ -•■■ • . • • • u- . . ..!.■'■ r'.irlr. Il 

ftl \r.il tJiJt' *'»• li.«ïi'f I -l • ri.r .1 II .1 ..» I -j .r ;:-'•.'. ■ ..••^ ilt llii'fl-» 
Uiri"» de 1 l'iilf' ri.ir:i..ii^-'. I. I t .' .•-''•. : 'ri:\ •:.'.: ^i • •!•■ iii^mr 
Vuluine 1)11 <>nl |ii><:l.S i ii m . r .?•! ; :.•.-•;•> di- W n\t : 

CfUe l'oiiipiiiai^uii fn.i li.» ;. « l \ ,i • ■■. !■ • *; il • i ...« *• • *l ^upé- 

neor â taurt \k> i:\i\T*-^ |...r ^.i i. it. ■ '. ; .r vi >.< • .. .i-. II. II. 

PIXI ^ cl non p:»s Ti^t», i'-'mih' ■ r •. : l «;•■■'■;•:' -. li -t"ri»'n* do 
la ph;l<<vipliip ll-iiij»-iji';:i il . i-.i'»-.. • ■ '■'. \'.i •".'•'. ' . «l'ui a Mi- 
lan eu 17»! , l'I iiilia ti*' !.■ ii:.- I" m; ■ -: iî.- i i ■ i-m.:- -.'.i ii d»'s |î;îr- 
Daliilf*>. \iiUiv I P l;.i.!«* il 1 1 «Jm .' :i • • : ■ ^-' . 1' M'- il !:!! reprit 

lrt*s-fjc.l«' ''l uni'i !• (J !in \i: i;i - : •>■ •.■■..■.•.:' i: i- * • r di» front 

daiis srs puid»s m ili ■„.. . .i i:,. ;■ ■. ■ ■■. .^ i •' i-r* .il'cjtio», 

la mi'caniq'ii*. rarr:.::i-i'i:iri*. «^ s |. s. ■- i.;ii.- ■ ". N riifi» par le 
gOQ\erDeuji*n( a;ilruliiiii | r'-î« » • -.r li- « '.. .. ■ • • i •: • i i • t^'-lm** nu 
coI!é|!e de Saiiil-Ai»*\îi:É..!«'. .i \!.iiij. i. r-: ■ \ ■' • :.'! triiU s^Tvices 
à celle doniiffi- lirautlt- il'*» • :i ■.-- ■ ■ !î •: rn- . !.•» L'"ii\frne- 
ment frar^'ai:^ li* r» in .» «ii- «.. •' «i i^. ^; :«•*» .'i\'»ir ('•te 

membre de 1 ln>lii .i il . u. t. ■ . > -. i • ^. du mu^ieil 

des ministres v{ I un d*-- '.: .« i ;< '■ <:. • =. '.\ «'i' I in*«trnrlion 

I MbliqnCy il muurui à .Mi..r:. .) j ik.v i Ji. ^• ^i^ n*' p.irlfrnns 

■■Utoa DOmhn-UX ôtiI'» •) • I' r.i .i l '. « ^':r 1'^ ^. :i-i:ri'^ n.itu- 

IM)U>4'oiilf!ili iiiii- ,;■ . !.|.- |. I .■ l'iin.-; !l'«'i»'i.i.'irn s'y 

L à coir du >.i\.ii.l. Ai.*; • '■- -« ■• -"'• ' f'îi* M»** li'pi- 

cliquait tuua li .*» piifnc'iiu ii ^ par l'i-ctiuii du ffîU, 



lOi PLAGGIUS. 

Fini donna la préférence à celle de Tean y par ce seol motif» que la Ci- 
nhse nous montre Vesprit de Dieu flottant sur la surface dee eaux. \m 
seul ouvrage donl nous ayons à nous occuper ici , et qui fit un ee^ 
tain bruit au moment où il parut , a pour titre Protologia, analysim 
seientiœ sistens ratione prima eœhibitam, 3 vol. in-8*. Milan, 1808. ï^ 
C'est tout à la fois un traité de logique et de métaphysique, dirigé P_ 
contre la philosophie régnante, ou ce qu'on appelait alors l'idéologie , [^ 
mais où la théologie ne tient pas moins de place que la philosophie. 



n 



On y voit poindre quelques-unes des opinions que de Maistre et de 
Bonald développèrent plus tard , enlre autres la fameuse théorie de h > 
révélation divine de la parole. L'auteur se propose de rechercher le > 
premier principe des sciences , et de fonder par ce moyen une scienee 
unique, universelle, dans laquelle on puisse faire rentrer tontes lei 
autres. Ce principe, il le trouve dans la nature divine, considérée )i 
comme la source de la raison humaine , et nous offrant pour caractère 
l'unité avec la pluralité de personnes. En effet, après avoir démontré 
que la raison, dans l'homme, est distincte des sens , qu'elle est une et 
identique dans tous les actes de la pensée , et que , malgré cette unité, 
nous sommes tout à la fois le sujet, l'objet de Tintelligence et l'esprit 
intelligent qui va chercher la cause et le modèle en Dieu. Toute la- 
mière et toute vérité viennent donc de Dieu , et. la nature divine, c'est- 
à-dire le dogme de la Trinité, se réfléchit nécessairement dans tous les 
objets que nous connaissons, devient la base de toutes les sciences, 
sans excepter la morale. Cette idée, développée avec talent, aurait pa 
donner lieu à un livre plein d'intérêt et commencer une réaction sa- 
lutaire contre l'école de Condillac; mais Fini , outre le tort qu'il a eo 
d'écrire en latin, est un esprit confus, bizarre, qui semble fuir la 
clarté et qui prend la recherche pour Pélégance. Son ami et son col- 
lègue, M. Rovida, lui a consacré une notice biographique sous œ 
litre : Ëlogio biographico e brève analysi délie opère di ÈrmenegiUe 
Ptm,in-8«>, Milan, 1832. 



{ 



PLAGGIUS (Vincent) professa le premier la philosophie morale ^ 
avec quelque Indépendance en Allemagne. Après avoir fait ses études ^ 
à Helmslœdt , à Leipzig , à Padoue , il enseigna la philosophie à Ham- \ 
bourg , sa ville natale , où il mourut vers la fin du xyii' siècle. 

On lui doit un grand nombre d'ouvrages d'histoire, de législation, 
de philologie. Dans tous ces écrits il se propose pour principal objet la 
réforme des études, selon lui commencée mais non achevée par Vives 
et Bacon. En physique, il embrassa le système de Descartes; en 
morale, sans prétendre abandonner tout à fait Aristote, régnant encore 
dans les écoles allemandes, il suivit une sorte d'éclectisme. 

Son travail le plus distingué sur la morale est intitulé De moraK 
icientia augenda (in-S"", 1077 ). 11 le présente comme le complément 
du Yii' livre du de Dignitate et augmentis scieniiarum ; mats c'est une 
réfutation, plutôt qu'un commentaire de Bacon. Ainsi, Pl^iccius blAme ; 
d'abord le philosophe anglais d'avoir divisé la morale en eœemplainJLÀ 
en géorgique ; il veut y substituer une division corrâSDondai 
pas aux travaux d'agriculture 
l'hygiène. Il combat aussi Ba 



PUCE (DE LAV laS 

ovt ce qoî rcirarde le bim souverain : c'est Ij philosophie qoi doit seo 
lecoper. Il trouve trop »ubtile et |>eu utile la diviMnn du ''iVn personnel 
tmiimtis- en bien aehf et bien p*iutf: mnimt* «*elle du birn inasif en 
■en eomserrchf et hirn perf€ci\f. t ne ]iarti^ lrt*s.in(f*rr^unle de ce 
hrre est intitulée la Thtrapeuuqut mvmle p. Ili.l-IMï'J . I ne autre 
Bctioo fort instructive prêsrnti* un at'r'-;;e d«* Ihi^tiure di* la morale 
p. 19-M f qui parait a«uir M-r\i a PufTriidMrf ft a liar|ie\rac. 
PlACCius distingue avec Mi^'acité , a\rr rl.irlè, la iii'<r(i/f d'avec le 
mmtmrtl , dans un ouvra^^e intitule Aefetimnft elkirtr , jurù na- 
itff et rkeiorirœ. Dann une autre prcdurlmn. de Frurtu philo' 
mtorûliê prtreipuo , il tenta, ni>n-<^ulenit*nt de rornlier la 
naturelle avec la morale reli::ieuM* . mais de pn>u\rr la né- 
lié de la révelatinn au moyen des iin|ierferlii'ns de la philosophie 
'• H ne faut pa« oublier, non plu<, riu^'eni<*u\ parallèle Iraré par 
flietias entre ce qu'il appelle la repuhhqur do IMatun et d'Aristnte, et 
«Iles de Homs , de Campau«*llu et de Uai-c.ii. il. Bs. 

PLACE (Pierre ni La ,jurtM-<>nsulte et historien, mérite ici, comme 
■oraliste , un rapide souvenir. Ne \er^ l.ViO . à An^'mlème , d*une 
fMBïtle anciennep élevé a Poitieis rt a l'aris, I.a IMare n mplit, siius 
Henri ll« la charge de président de la e>tur di-s aulfs. Ayant embra»M^ 
h doctnne de Calvin, .son nnrien r<tn(li«>('i|*le .1 iNuiiers, il fut ohh^'é 
le s'enfuir plusieurs Uns de Pans, et eut le malheur i\'\ iMre rentre le 
jour de la Saint-BarthHemi. Il fut a>sa>y.ne lians la rue de la Wrre- 
rie, à l'à^c de 52 ans. Il n'a\ail pas seulement joui de Testime de 
François I", de Henri 11, derh.irl<*s |\, mai> des respfvU de tous le.s 
easislralftde France, et parlieulMTeinent de ramili** du rhaneelier de 
L'Ho»pital. — Trois de .si-s oii\ra^"*N tniitliriit par plusieurs points à 
h philosophie morale , ainsi que lUyle l'a f;i:l vmr. Ce sifut : Traite 
di la roeation et manière de rirre à ia'iuelle rhacun est appelé, in-i*, 
Fins, 1561 9 écrit consacré à l'instructif m et «i IVduralinn de l'enfance, 
appuyé sur les lumières du Nm sens et sur re\|K*rience des anciens, 
autant que sur une étude n'*fl«rhie de IKiTitun' «ainle ; — Traite du 
ér^ict ««o^e de la phHv$'*ph\e nmrale urre la durtrine rhrestienne , 
iu-8*, Paris , 136i ; — Traité de l'excellence de Vhnmme chrétien , 
publié peu de semaines a\unt le Massacre du 27 aoiU 1572. irestdons 
le;rrcîrc du droici usage que Ln IM.icc exfiose It* mieux ses vues pliilo- 
lophiquei; ces vues, qu'il était si (iiT de parta^'er avee l/llospilal, ne 
iout autre chose qu'une alliance entre la morale d Arislole et celle 
de l'Evangile. La philosophie morale, il la délinil une explication de la 
Im de tuiture fp. &,. Aus!»i repousse-l-il l'opinion de ceux qui , dit-il , 
fmlimt aux pieds les systèmes des anciens philosophes, comme chose 
fétriê êi de nulle valeur, \S Ethique d'Aristote lui semble identique aux 
iefiOM de Platon et deSfM*rale : elle constitue « cesle^jns mêmes, 
iMuilea en un corps entier par un ^rund ar'.iiiiv. » I)c la vient qu'il 
riiler la vertu dans la médiocrité. Hien par excès, dit -il. 
fsiiy sur les traces d'Aristote encore, il nomme la ver|n 
iai^slU incline à faire selon la droite raison. Ce qui le 
Hiriatianisme , c'est la réfl<*xion oue la volonté de 

forte pour faire le nien que sa raison 




i06 PLACETTE (DE LA) 

voit et que son cœur désire. La coopération divine vient alors supplto 
à rinsuflisance naturelle des hommes. Il est curieux de remarquer 
combien ce système ressemble à celui que Mélanchthon Qt régner dani 
les écoles protestantes du Nord. G. Bs, 

PLACETTE (Jean de La) , né en 1639^ àjPontac, en Béarn, rélîi- 
gié, après la révocalion de Tédit de Nantes, à Copenhague, en qualité 
de pasteur français, mourut à Ulrecht, le 28 avril 1718. Ce matlre 
d'Abbadie eut, au xvn* siècle , une réputation extraordinaire qui le ftt 
surnommer le Nicole des protestants. II publia, en effet, un très-grand 
nombre de traités de morale , analogues à ceux du candide janséniste. { 
Le style de La Placette est simple, facile, plus clair qu'élégant, mail i 
d'une clarté qui dégénère parfois en diiïusion. L'ordre, la méthodCi 
une exactitude parfois trop scrupuleuse , sont les qualités qui distin- \ 
guent ses raisonnements. On regrette que le soin de la popularité dam | 
l'expression 1 ait empêché d'approfondir ou d étendre certaines de aei 
idées. Quant aux règles et aux préceptes qu'il donne, ils annoncent un 
esprit juste et sage, modéré et ferme, également éloigné de l'austérité 
des rigoristes et du relâchement des casuistes. Ne citons que le traité 
de l Orgueil, celui de la Conscience , celui du Serment, celui de l'Au- 
mône. Le plus intéressant de ces essais , c'est un recueil en quatre vo- 
lumes, intitulé Nouveatix essais de morale. — Voyez le Père Niceron'y 
au tome ii de ses Mémoires des hommes illustres. C. Bs. 

PLATNER (Ernest) , né à Leipzig, en VîMê-j et mort dans celte - 
ville, professeur de physiologie et de philosophie, célèbre en son tempi^ 1 
comme tel, mérite encore aujourd'hui un souvenir dans l'histoire de 11 j 
pensée allemande. i 

Quoiqu'il f&t de vingt années plus jeune que Kant,il ne se laissa pu j 
entraîner sur les pas de ce penseur illustre. Formé à l'école de Wolf et î 
de Leibnitz, il demeura fidèle à Tesprit de leur philosophie, dont il re- , 
produisit avec une certaine indépendance les idées principales, les ap- ' 
puyant parfois de considérations nouvelles. Il était d'ailleurs Irès-verèé 
dans l'histoire des systèmes , ce qui le disposait à une sorte de scepli- - 
cisme, assez semblable à celui do Kant, quant ù la prétention de toat 
expliquer et de tout démontrer. Très-savanlen physiologie et observa- 
teur plein de sagacité, il a surtout du mérite comme psychologue et 
comme moraliste. 

Le principal ouvrage de Platner a pour titre : Aphorismes philoso- 
phiques {La'ipyA^, 1776; nouvelle édil., 1793-1800,2 vol. mS^). C'est un 
frécis encyclopédique des sciences philosophiques, qui servait de texte 
l'enseignement de l'auteur. Il peut être instructif de voir quelle marche 
suivait à celte époque, avant que se fiil accomplie la révolution com- 
mencée par Kaut, un des professeurs de philosophie les plus renommés 
de l'Allemagne. 

Quelques pages d'introduction sont consacrées à la définition et à la 
division de la philosophie. Si les hommes ne se livrent pas plus ordi- 
nairement à des méditations sur le système du monde et sur leurs rap- 
ports avec lui, c'est parce quils ne naissent pas avec une pleine 
eonscience d'eux-mêmes, et qu'ils s'habituent insensiblement anx 



i'UT.NEIl. 407 

c^rveiilcf qui '<*^ i n^iri'iiii- ni. >i i l.diniiif arri\.iil a 1 c-iistmcc dans 
m ••* il J»* l'jrfa '.»■ r: ..'■.riî- *['• - *t\i^ « l «i ■ «j :;l , !.i >]i;* «li- n do I nri- 
nr •- d'i i::«'r'.-:'- il ((..• i.i- -«.i |.ii.|r( 'l'^îL.it- .• ^rai^iil )« t^r lui un at- 
«•^.: irro.Htil..!'. 1 .1 r» !%\i-»n -i-r .'ii?.i%i r*. ^ur .i %!•• <*l l.i rn-rl con- 
t. -'.»>; fil |'*i.! * I I. 'i^:*-. I»'- fi . I.' ri li» *. -u.\i' m', n.i '.h il. i'u*S!»ur 
î* s» i:r-:.'i» "» «ji.* -1."î *. «"'i.*» 1 f" jmî ■■ \'.-s ,.;. . «» h,u\« r.iiii»'s • \ •!»•> jiFiU- 
rap-" in! \à :.i^ Il I i.r'*, * iil 1 > !/ l lir la !!.• '..:j l.\s.'ii;o, ili* la ptiiii»- 
hO'fh." ! ' ; r» ? • I.'. j II-, 

I.i L.r ■..;!;.*. ;i.i' M;|p. «.•• i.i i .k* i r» :;:• îéÎ !a !- «.'iqiir , I o\.init*n 
cr l ; * ■'•• . » ■- »..'■ ■■■■ t M ...lii-, ■' .: i'.»- *».; •r.* i.r--, lî^nl 1 ««li^fl p^l 
tW r- . ■ • :• ;. : <» • ; •. ! • • ^' :.■■■>■ r- . :•...! n- i.i \«r:'.f, si I m- 

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ID ■'■'. r»" i: ii.^.»J.. ■1. i"»*l-.i liiM" Mit* ^'il *'.!?. ir. l-.i»i I »»ru'ijiv t'>l il'a- 
borij !i «'-II!.!: > :/% tl> i i-x.^'.i-i.i i- . ! .'ii: •■ m-IiI *yi • i» «"«l .irli\e , rlle w 
di*l --^i;»- f.it -im'i:.' •!■ ^ ^ !■:■ i ..:". 1 1 •. *l:i ^u** >«n hIits \rs unon ilfS 
i-r»-^. II. •' » *l •■i.*«M « '■ ^ î.'- ij I î i!«- I.I i •■:*■! i..il.'.i- : l .imr sait ce 
(]u » ..'* I -l ; v\.r •■•■ I ■ !.. .1" «It *i,ii riirp". i-l a ri'i.^fu'i n* «li* iv qu'rllo 
(t :.M^ «t li'* il- •; : I .• \< •' I .ir « !.'■ :■ ri.i-, .iii <ki i\Mr du Imu l'I du trinps 
• 'j •■ t- r\i*J- . I. .'é:i.'-i '. i;i.>- l-tn i- i.'rio.ii.lr, 1..I1J urs l'I i><t'nlit*llfment 
p-Ti^d'iif ; ftUi :■!.•• f iii: Il i|'i -il- i lii- ^ <ri di'i^M'.f*. ili* l.t ciinnais- 

i<i' •'". 'lu ^'-l.l ii''li . >i-' .t • . iil«-. I..I [.ii^ Il II .i[>| .irliriil ipj .1 I linnilllf, 

f- ' •->l {• ir •- •* 'l'i*' •' Ml .-:-:ii- iiiMii\i" •ni d*' 1 .'iii.t- i-^l i|(it-Ii|uf* chuM? 
Q î.Tiïiifi. K' ■ ^ii; ; "•' !■• ;.■•:: iijl ; ii .un i-, •• i -l pîi.s iju uiu' Miiiple 
'.'■•.ii-i j.';>]ii> . I 1 . •#'• 'I' ! i.l 1.1 (i.li ;iic il') ^ili-u.iiiHii]f, I l iii|(»|i|M*«! 
'«» %•, *î.- f »i. H ,(j. ■> 1 1 lii^ ;<iiii(i;t s .| ^m i m, qui m-iiI I tsmikt d^ la 
rj.<»«in purf, *•{ qm -• ii *>. h. .i-nl r>sf :.\ t.Ur. * ut ii>-.N iili*i*s tirnt'rtilcs 
el dfs inUiii't-'iiiN fui i!'-.% sui i i\{ •-r:<-ni <*. !.• ^ .litTs ri i»s |ir;ni'ip6S 
purs ni' M* drvri. ii; ;l i; i .i I ■•• i-,i'»i-ii t\»s uU-- > s'-i."»iMis ; lnulr*» les 
^'-rit-'N HfCf-s.i.riN »i«ii^« i.t ii»' »■• i'i* Mi;jri'''. il Ii-ur • n^'inlde r'^nslitiie 
lï Fiii^on. 

L»? r-.rp^ p.nI pMiir 1 .'mh- un «Tj V >' iii* i**»'» iip', »'l finno ïi\iv elle 
Ttlrr h'i i.ain ; ui.ii* il n i':i *'-\ j..i> i i-t .i;ji' •••"fiilj.-i.rl c r-l j);ir tvlui- 
ci i; :"••!'•• f*l lîii.ii r'i !! ■. 

11 y a li'UV »*hJhii s d i • ■ - -••. ^il '• ^ : l--s nin's arroiT)pa^n/*es du 

ienlimiriil di* la * ri-'^i in'i* •!•• t« lu •'! ;• '. !(-> .i;iiri*> pri «enli's à Irspriten 

l'abseDCC dt.>rlio«i>. hi* I.i, l.i t\.\ >\u iju sn-ind rhupilre en deux 

tfoDS, dout l'uuc Irailc de la ^cti:>iijiiili'. cl i'aulre de I nnaftinaliun et 

latnoire. 



108 PLATNER. 

Faisant Thistoire de la représentation sensible, raatenr disiingoe 
entre Timpression externe, effet immédiat de Taction des objets, l'im- 
presâion interne qui a lieu dans le cerveau, siège deTàme, et la percep- f^ 
tion au moyen de Yattention. Celle-ci est plus ou moins forte et sou- 
tenue, selon que les impressions sont elles-mêmes plus frappantes, plos 
nouvelles, plus extraordinaires. Comment ensuite la sensation devient 
représentation 9 idée, cela est inexplicable. L'impression interne n'est 
qu'une modification opérée par une cause extérieure dans le systèo» 
nerveux. Comment devient-elle idée? La science n*a, sur ce point, qae 
des peut-être, des conjectures. L'hypothèse de Tharmonie préétablieDO 
lève pas toutes les difficultés. Comment sont possibles , dans un être 
incorporel, des idées de choses matérielles? A cela, on peut répondra 
que ridée d'une chose corporelle n'est pas un corps ou son image, mais j; 
le produit d'une action par laquelle l'ûme produit l'idée de cette chose, [ 
et en a conscience comme d'un objet extérieur. Toute idée sensible sop- [ 
pose dans le sujet le sentiment de sa propre existence, celui de li r 
présence d'un objet correspondant, et la comparaison de l'idée avec [ 
d'autres idées présentes à la mémoire. 

A la suite de cette théorie des idées sont exposées les règles de la 
critique logique et de l'observation. Les représentations sensibles ne 
nous font connaître que l'existence des choses et leurs rapports à nous. 
Elles peuvent donner lieu à des illusions qu'il importe de prévenir par 
une bonne méthode d'expérimentation. Le but prochain de l'observa- 
tion est de voir à quel genre appartient un individu ou un phénomène, 
au moyen de l'analyse de ses parties, de ses qualités, de ses effets et de 
ses rapports, qui en constituent ensemble le caractère. Ceux-ci sont on 
théoriques ou empiriques, selon qu'ils sont attribués à une chose en verla 
du genre auquel elle est rapportée, ou diaprés l'expérience actuelle. 

Outre celte observation analytique, il y a l'observation phiUh ; 
sophique, qui s'applique à saisir partout le nouveau, l'extraordinaire, ; 
l'essentiel, la cause, le général, les différences dans les choses sem- ~ 
blables, les similitudes dans les] choses différentes, et robservation ; 
pratique, qui distingue entre les circonstances les plus identiques, en .' 
apparence ; qui saisit partout ce qu'il y a de plus individuel dans on ^ 
cas présent, de plus pressant dans un moment donné; qui apprécie - 
nettement Teffet des moyens à employer, et qui, se traduisant en ac- 
tion, est lente à se décider et résolue dans l'exécution. 

Traitant ensuite des idées qui existent dans l'esprit, indépendam- l 
ment de la présence actuelle de leurs objets , l'auteur se demande où ! 
et comment sont conservées les idées? Quelles sont les conditions d'une : 
bonne mémoire? Dans quelles circonstances les idées se reproduisent- ' 
elles , et par quels rapports sont-elles liées entre elles? Comment opère ' 
Timagination? A propos de cette dernière, il caractérise les différents 
genres d'enthousiasme et de fanatisme 5 l'engouement philosophique 
n'est pas oublié. 

Le chapitre 3 de la Logique est consacré à la théorie de la raison. 
Il faut distinguer entre ses produits et son essence : ses produits sont 
les notions abstraites et générales, le langage, le jugement et le rai- 
sonnement, les conjectures, la conviction et le doute. Son essence est, 
d'une part , le système des lois éternelles de la vérité , et, d'autre part. 



PLATRER. 100 

:tj\ilê foos renpire dn i&éts et des pnnnpM à pruni, Hans une 

réfoUtion du Mrrptici^mf aKi<olu , I auteur aiimri, dan& une r«r- 
inesare. l'idcalisinf subjectif dr Kant. mai^ il viulirnl que, bien 
os jugements d expt'*rirrii-e n'o\ prime ni I e^^enre iJrs otijoiA que 
ipport à nous, neanniums la connai^«mnrr tium.iine r^l \raie, 
d en ce quelle représente h*^ r.ipp«»itN \erit.ible^ des rhiniea à 
me • et ensuite . en re qu'elle repnv' sur des idées t-l des principes 
oels qui s^nt ahsnlus et de t'iute \eritt*. 

>*ques para;;raphe» ser\ent de tranMti'in de la lopque supérieure 
fttapkynque. 1^ philiiviph:e proprement dite est fi»ndee sur les 
de la rjiM.in pure, qui vint su|NTieures .i inute illu«i|i»n sensible 
kchoioirique. Elles sont 1 r\prt'N<>ion du;fi«ii6/e et du nereuatre, 
ijel de la métaphysique ts\ pri-ri^'ini'iil de rrcherrlitT. non ce 

la réalité sclun I e\|)êrien<*i'. riiniH ce >|iii t*st |>oss.b.e et mres- 
selon la raison pure, l.e |Kis*>ibIi* est ce qui pi*ut sf citiire\iMr sans 
idiction lo^'ique . i-t l«* iierrss.nre re qm i.o p«*ut p.is n ^tre pnn 

comme tri sans qui* r«-!.i implique. Or. le rontr«idK*to re èt.int 
Mb!e, et rimpctssiMc ne pou\ant i^'.re r^pn^-u . il s i HNUit que tout 

est p'issible est necovcair'*. I.rs princi{M*s ib* l.i nirlbnjr philtiso- 
e sont le principe de la r"iifrrft/ir/i"ii , rrlui di* l.i nn*»*n «ii//i/(iiile 
ji de la rofîBtquenrt ntrf*tti\tf. |l n \ a |..i> ijr cliQse po^MbJe mi 
ï\*u qui n'ait sa rai^nn , |. .r l.iquellf file i-st , ri sf*iMn laqurlio rilc 
terminée, rt qui ne ««ut la r.iistih d uni* autre. I.a raisiin Iiuiimiiu* 
mi'Snre de la ^énle; i-i' qn i-iî*' n** eompn-nd pas l'st ini|H!s«.ible. 

il y a dincompn*l>eiiMMe ij.ms les choM s reei!es ne tient pas a 
Josse de la raistto, muis a 1 iii>uflisaiuv de la ('innaissance pby- 
et historique. 

Metaphystque est di\is4'e en trois ehapitres, qui traitent, le prè- 
le l'essence interne du monde et du fondement \rai de nos iJi^s 
loses réelles; le seci»nd , de la liai^^nu des êtres simples dans ce 
ne universel; le troisième, do la perf<irtion du monde et de l'exi- 
I du mal. 

*l!e est la véritable essence du monde . et que! est le fondement 
lie de nos idêt*;» des choses ivelles? Je S4 ns que ji* su>s parée que 

sais actif; en tant que je me sens passif et déterminé par autre 
que moi, j'ai la conscience de l'existeiuc d'un monde réel hors 
i. Exister c'est donc agir; ce qui existe «-uiit et ce qui n'agit [loint 
te pas. ExiiîenUa tii actui rusendi. Rien de plus légitime que de 
* que le monde soit tel qu'il nous apparaît sillon le s«*ns commun. 
*ur passe en revue les divers s\st4-mes qui ont été pmposés sur 
ice des choses, et se prononce sur la monaiiulou'ie de Leibnitz. 
le système de Hume, il n'y a pas de substance^ réelles, mais 
nent des accidents, parce que, si Ton fait abstraction de ceux-ci, 
"este plus rien , tandis que , selon la raison , une substance est un 
crmanent, subsistant en S4)i, une force dont les accidents sont 
)des d'action et d'existence. L'univers est un système de sub- 
*8 dont l'activité combinée produit le monde physique et le 
a moral. Selon le matérialifme , ou l'homme est une pure ma- 
p 00 rime qui l'anime est matérielle , ce qui revient à dire que 
llèn composée peol peoser; chose impossible, parce que toute 



140 PLATNEH. 

pensée est comparaisoD. Le dualisme, celui de Descartes par exemple, 
qui D*adinet d'autres êtres simples que les êtres spirituels et compose 
la matière d'êtres étendus eux-mêmes . ne peut pas se maintenir non 
plus. Les principes de la matière sont des substances absolument sim- 
ples. L'idée de l'espace n'a rien de réel, et n'est qu'un produit de 
l'imagination. La critique du dualisme a conduit au système de Spi- 
noza y qui repose sur une idée fausse de la substance et qui révolte le 
sentiment de notre personnalité. D'autres penseurs, pour échapper 
aux difiicultés du dualisme, se sont réfugiés dans l'idéalisme, qui nie 
la réalité du monde matériel. Les raisons sur lesquelles il se fonde sont 
invincibles comme critique du dualisme, mais la conclusion qu'il en 
tire n'est pas admissible. Ces mêmes raisuns ont conduit Leibnilz à an 
tout autre résultat : la monadolo<(ie résout toutes les difBcullcs. Celte 
partie de l'ouvrage de Platon est d'un grand prix. 

Dans le second chapitre, qui traite de la liaison des êtres simples, 
d'où résulte l'ordre universel, l'autour expoï^e les trois systèmes qoi 
ont été ima;;inés à ce sujet, celui de V influence physique, qui admet 
entre les substances un lien de causalité réciproque, Voccasionalisme, 
et le système de Vharmunie préétablie, Plalner propose un moyen 
terme, qui tend à conserver à chaque être sa nature, sa force propre, 
et à reconnaître néanmoins entre les substances diverses une action 
réciproque, d'où résulte riiarnjonie universelle, prédéterminée par l'ac- 
tion providentielle, qui peut se concilier parfiiilement avec la liberté 
des êtres doués de raison. 

Le troisième chapitre de la Métaphysique est un essai de Ihéodicée 
dans le sens de Leibnilz. La perfection éclate partout dans le monde. 
Le théisme seul peut l'expliquer. L'athéisme est absurde , parce qu'il '■ 
nie les causes iînales, les idées qui ont évidemment présidé à la créa- '- 
tion de l'univers. 11 fait violence à la raison en faisant naître tous les f 
mouvements et tous les phénomènes du hasard, de la nécessité, el î 
l'or^^anisation et rinlelligenec de la nature inorganique et ininlelli- ' 
gcnte. Mais comment concilier le mal avec l;i perfection et avec la fé- ^ 
licite, qui sont la On de la Providence? Le mai n'est qu'une exception. ' 
D'ailleurs l'idée do Dieu étant donnée , il s'ensuit que l'univers actoel 
est le meilleur possible, et le sentiment nirexpérience ne peuvent rien 
contre cotte déduction à priori. La sagesse divine est en wême temps 
bonté et sainteté. Kllc ne peut vouloir que la félicité des êtres animés, 
et la félicité par la vertu pour les créatures raisonnables. — L'âme étant 
une substance simj»Ie, est par là même onlol(>;:i(|uemenl impérissable. 
L'inunortalilé personnelle n'en résulta [);is nécessairement, mais elle 
est physiquement pos.ùi)Ie, cl moralement {.u'obable : elle est surtout 
garantie par la sagesse et la jusiiee île Dieu. 

La seconde partie des Aphurisme^ est ccuisacréo à la philosophie mo- 
rale. Nous devons nous borner à en iadiquer la marche et l'esprit _ 
néral. Klle est divisée en qualrv' chapitres, dont le premier traite te 
destination vioralv de V homme ^ le second des /î/cu/l^f Morafaij; 
siême de la rolonté et de Ut liberté . le qualrièiUe. 
moraux. 

L'honmie est destiné à être heure 
reuse qu'autant qu elle rend digne * 



|-LATO?l. III 

%^iifr. Il T 1 c<*Ue harmonie «>ntrr tr% drat ei»tmm, qae nolla 
Kits^DC^ qui n ''^t pas ronlnin' a la d**>tin.itinn d<* la \ie irlaelle , 
>M contraire a ri^iltr de la \ii* future. La fin d«* l'une et de Tautre est 

i p-Tf»H*!i"n. 

I.^^ faculti^^ m t'aWs «ont la rais'in morale, l<* sentiment morale la 
vn*;;Alhi", la *'vt »l i'::-* et Li IiUTt»-. 

La r-ii-n in'ir.iî ■ •■"t la ron^«i''ipv tW^ |.erf«vlinns di\ines et des 
e<^^iii< d'* la Tr -M'it^nn* q>ianl à n><lr>* d<'*>lination, la convtrtioa 
pM :i \ a di* duci l*' l'i df fiMiitt- pour 1 h'<tiii!.i' qui* dans u re<«seni- 
ilar.re iîî- rali» a^-r |i!-ii. I,i« k.-iitriitmt lu'u.il, r rsl la faculti* de dis- 
in-U'T rn^Tv lo l.:in • • !•• mal *t.!iH | i:n| su- il. s idivs tniiral«'<^ inn^^, 
|a!, i-!on Plaln:: , r.i- - .ni a'ilr-' • Ij'.*** ;•:•• l»*s i U-v^ ilo la rai^nii n|i|»li- 
|aeie^ aux objets rl>- h lu- r.fl.'.r. Vw '.ri Vi:/. <!•' !i «»>>'.al i.ilr, ii diM'Utc 
)t* • pinions^ H*)!!. '^ • t «î \\ i-»* i-: -lir r • ^:ij«'î. Il v prn'inrep 
■aan*. au coinmen. ■'::.• ni •!•• .■■^.. .*• li:.»ii.'*, \ -.«r i l:\pi M.»'si' de 
lori.in-' hî*V*ri'iuf i.ii y t ir- ii ti , • l !• s ji ?.■ • *\n il a i •n^.uTi.'i'S à 
ertle irravi" q-ji-^t.'-n. ^inl li'^-f.ir- r^t* •! |i"i!:ri'N a l'MMsiil.rr. 

Le troi"!!-:!.*' fhapiîrr. li.iiis !i ; ;• ! i! r-N.iy i!i- ion» ilirr !•* i!rt«Tiiii- 
Bi^me unU'Tvl a\rr l** •»'t:'.r': ni ilf l.i Mi r.i*, «^l *iii\i d unf iIi^mT- 
tllîon sur li*^ Umi'rrnmrnt* tn^r^ur , qui sr\pi «lurnl p.ir la di\4*r»ilé 
les npj'^Tî* Mil M' tr"ii\»i,i i!.i:-.s i;:, ^-..y \ |,i n ii jri- ini-î!i. tuflli- v\ la 
lalar*' aiiini.i]«\ IN ^-til •'•• «i':.!:!!- l-it'-h 'i- î-r:.r > rai.i til nz/i'/wf . 
nprédo'i.l!*'^ Irsjril;]»' * f- y'i-.MU 1 i;. p- II. : .iliilii.ilili*; Iffi-ri/mip 
eà '••> d«*ux nal»r**s sont • ,;.i!' r:i i.t I '« li-^ ; ■■'. !«■ i-hryjKn , ou rîli''» sont 
ègalem«*nt Tislilrs. 

L^ d»-riiier cli.^.pilr'* . ri !mi <!••»• rfirnrf. r. < rn T/jir.r , a surtout élo forl 
Ittnarq*!'*, pI » fait pr:n.ip i'ir:i''H^ t.i f* ri'.!:»* Iiîlrr.uie du li\n\ Noos 
!<* ri»riT:i:riind ins ••n-i-rf :'ij\ !•* ir.i' ^'--^ *\ a'w p^u'lioh»^ues. Tes der- 
niers lr)U\er(ifil mi^^i i!"s (!>'laiU pM't'i'Mix il tis un auln* nu\nH;e de 
fta'.nn , sa \'iurett^ nnt.hr'. i >,'> jtr , ipn ii.irnl, i!i uhowr. à ^^^f^^^f^f 
en 171H). aiL-^i qui* d.iiis ses fjittr*ti"i'fM iJ,tftin!t,ijir,r . rt dans s**s nom- 
breux prn::ranwi l'H (M;i«'iT::aiil l.i nirilirme Uv*>**'« pul'!it*s par l6 
docteur llhonrant, â L'ij z.^», en 182». J. >V. 

PLATON n.'iquil n Athrnos nu dans l'ilt* d'Ku'ine, la tri>i«:iôme an- 
B^de la HT' olyinpia'Ji' 'i3f)-iJ'* , 1 1 tiiuirul la pieniirri* année de la 
108" oKmpiadr* 'Wl . Sa \i'» • !ijl»rask,« dinr uni' ptTÎodi» d»» quatre- 
vingts an<i, qui rnrri'^pnnd à t'i'pn mu* la plus nKiIlu-upMisi' di' l'tiisloire 
i'Albènes. Platon vil !• s !!••- ««îh'n lii- la u'uitp' ilu Pi'li»p*»nni^se, la 
fhse d'Alhènett par L>s.iiiin , la d"n:in.ili n •!• > di-in.i;;i^nf's (lu des 
tymiSy la corruptiou di'S cnrrnrs r('pu!i!i.-ain*'s, i'ai:randis«irn)ent me- 
ncant de l'empire macêd»nifn , et iimurul a\i'«* )•• pre^MMiiiment de 
fcatiavaige et de la ruine prnrharnc di* «^a pair.i*. Sa ji"jn(*ssr ne fut pas 
^liiiri consacrée aux éiuJ«-s pliil>«s 'plmiu' s . uuu^ aux aits et à la 

^(pBhlSocrate qui lui rt*\(*l i sa \>Maiiiin M'riiaMe. IMatnn avait 

l*fl a'atlieha A S'irrate ; il lui Tit (Môle jwsquau der- 

ependantdix annrrs. Avant d\i\(iir ronnu So- 

"«de Cratyle, disnp!»* d lliTartile. A 1 école 

' '^lidOi disoipK* de Paruiénidc d'Elée, et 

^tlls. Ualgré sa préférence pour So- 




118 PLATÛtW. 

craie, toates les doctrines le trouvaient attentif et excitaient son intérêt. 
Lui-même, avant la mort de Socrate, donna carrière à son inspiration 
personnelle. Il parait démontré qu'il écrivit le LysU à cette époqae : 
quelques critiques pensent de même, mais peut-être à tort, pour b 
Proiagoras et le Phèdre. Socrate étant mort, Platon dut fuir Athènes, 
et se relira à Mégare, où le môme Ëuclide, qui avait étudié auprès de 
Parménide et de Socrate, fondait une école nouvelle. De là , il passa à 
Cyrène, où il fréquenta Théodore le mathématicien; et enfin en Italie 
et en Sicile : il alla trois fois à la cour de Denys TAncien , et deux i 
fois à celle de Denys le Jeune. On peut consulter, à ce sujet, la ! 
seplièmç des lettres qui lui sont atlribuées, et la Vie de Dion, par Plu- | 
tarque. Le premier voyage de Platon est de Tannée 389, selon le calcul j 
des chronologistes ; le second , de 36ky et le troisième, de 361 (Foyes | 
Barthélémy, Voyage d'Anacharsis , notes xlvi et cx»ii)|^C'est dans : 
rinlervalle du premier au second voyage en Sicile, qa*il faut pla- 
cer la fondation de l'Académie , vers 380. On ne peut guère ajouter 
foi aux pérégrinations que la légende prèle à Platon , en Orient et 
jusque dans l'Inde; le voyage en Egypte seul, quoique dénaé de 
preuves, n'est pas sans vraisemblance. Platon passa les dernières an- 
nées de sa vie à l'Académie , livré à l'enseignement et à la composition 
de ses chefsnd'œuvre; il y mourut, nous l'avons dit, à l'âge de quatre- 
vingts ans. i 

Les dialogues de Platon, par un singulier bonheur, nous sont tous ji 
parvenus. Il est difficile d'en donner une classification rigoureuse. On I; 
l'a dit, chacun des grands dialogues de Platon est presque une philo- ji 
Sophie complète. Le même dialogue peut se ramener avec une égale fa- a 
cililé à des points de vue trcs-difiërents ; les plus opposés ont de nom- ^ 
breux points de contact. On pourra cependant les ranger, pour la corn- i 
modité de l'esprit, dans les catégories suivantes : , •; 

l"* Dialogues métaphysiques et dialectiques : Euthydème , ou de lâï 
Sophistique; Thééiète, ou de la Science; Cratyle, ou de la Propriété det i 
noms; le Sophiste, ou de VEtre; Parménide, ou de l'Un ; Timée, ou d$ \ 
la Nature, — 2° Dialogues moraux et politiques : Le Premier Alci- 
biade, ou de la Nature humaine; Philehe, ou du Plaisir ; Ménon, ou d$ 
la Vertu; Protagoras , ou les Sophistes; Eutyphron , ou U Saint; 
Criton , ou le Devoir d'un citoyen ; Apologie de Socrate ; Phédon, on 
de V Immortalité de Vdme; Lysis, ou de l'Amitié; Charmide, ou de la 
Sagesse ; Lâchés , ou du Courage ; le Politique , ou de la Royauté; lit 
République], ou de la Justice; les Lois. — 3® Dialogues esthétiques : Le 
Banquet, ou de V Amour ; Phèdre, ou de la Beauté ; Gorgias, ou di 
la Rhétorique; Hippias, ou du Beau; Ménexène, ou de V Oraison fu-^ 
nèbre; Ion, ou de la Poésie. Nous négligeons les dialogues, ou de nulle 
importance, ou certainement inaulhentiques. 

Il est vrai de dire , en effet , que parmi les dialogues attribués à 
Platon, quelques-uns ne sont pas de sa main ; les anciens eux-mêmes 
en convenaient, malgré le peu de sévérité de leur critique ; mais l'é- 
rudition moderne a essayé, dans ces derniers temps, de resserrer bien 
davantage le domaine propre de Platon. C'est en Allemagne qu*ontea 
lieu ces tentatives. Trois écrivains, trois savants éminents , ont pris à 
cœur ce problème de l'authenticité des dialogues de Platon, et ont 



PUTU.N. HS 

hND quepottible \t% %crupu\fs ri \t scr plirifine : Schleifr- 

lmiroém€hon è la îraéufîinn ée PlaVm , A»l Vu tî tchU de 

et Sxhrr Sur Us tçriu de Platon . >uus rouinrruDs rapi* 

I les mulUU de cr& rrrhrrrhrs. 

Il fâat d'abord roellre hors df rau»e Ips duln^vii^i un.iinmrinrnt ac- 

UD>i2.iim*ii)rnt rcjrlr?». l.r^ prpniiprs » •nt : l.i Hfpuh.t^ttf, Ir 

Twut , U Pkedon, le Banquet, U Phfdre , le tgnrgtnâ, le PruVnjnran, 

A ces diaJoinit's d unr authf-nliri'.r tvrSaine, nn |»i*iit «ijMuti-r le Ph^ltbe^ 

k TkitUtt ci le i'rntyle^ dotil t .iullp*nlintê, \e\uu > i-|irr« a le plus 

degré pn^iliie de \raiM'n)libnt'i'. Kn (>:p(iMtiiiri a c«*% dialo|;ur» 

par liMules cnUqurs, un |n>uI ri;.ilrii.ri>l rniUrr hors de rau»e« 

|ir ue raison cootrairi* : /. Kpim^nu, iàenyMlnrut, .Sicy^iA^, iînxia$, 

Àxiochms, Uipparque^ Mmui .i>liiii?» inuu-fiM!! par Ihrrk ^i liU^pktm^U 

ttaxièWÊe Aletbiade, les Htraux, W% iàiahfjufi twr la Jmstêcr , «nr la 

Tmtu, les Ep^yrammet, \es Ihj^mtv^nâ, le fetiament, W% Lettres sauf 

hfepliêiiie, dunl Bank Noulichi i authrntiriii- . 

EÂUc œs deux extr^mrs sr plarrni di\rr!« dialoi:iir<« d une plu!i ou 

■liiis grande imporUnrr, rrjftrH, pour drs rai^^m^ di\rrM*ii, par 1 un 

Mpar Taulrc de no» trois critiqu**^. Le Pretrner .ilrtbtadf ri U Theages 

tMlesdÎAloftuesqai rcuiiinviit (cmUfrux W pluiid npinisilmn. S'hieier- 

, feldier et AsI les rejellriil (nus lina. Snhrr \os conMdtTt- rmiinir 

itauemblablemenl auilirntiqiie». liiitiT, vn ^'«'nfral plu*» r>*srr\r, k-s 

Ctdot eependaol. Celle «xi-luMnii rsl imiNirtanlr |Hiur le Premier Alri- 

kfl^p auquel Je» aiicirn^i ao-ordai^nl unt* s\ ^ijn<li* \alrur, qui* le> 

^rilknn chliqwrsde 1 rrok d Alexandrie, IVimIuh, Olvinpiodure, lla- 

tefcillSy lui ont consiucrt* dc*s roniiui-ntairrs. ht* plus, loul en recon- 

ftanaant que quelques-unrs des fnrtnulrH do / Àlribiade ne i^onl pas 

kabitiielleaaPlalon,il faut dire que le fund dudiaUi^rue, qufn qu'en dise 

ftitleryeat profundeuienl plalonicion; qui* 1 iniopcndanri* t*i la pcrvin- 

lalilf de I Ame v soni furtemrnl rUhlies : i*ntin, qui- l'AUibtade peut 

èbecooiidéré comme l'iolrudurliiin du Phtdnn. l/^s diaio^'ues rejeléii 

àaoitié par Schleiermadifr » ri loul à faii par Ast, soni : l'Aptdttgte, 

kCrùam, U frand et U petit iitppia$, Vhm cl /r Memxme, >fIoa 

Ast, OB ne retruu\e pas dans le Cntnn la municre haliilurlliï de IMalun , 

fu Cii de mêler 1 idoal au rcfl ; commt* si la pros(»popêe des lois, dans 

kOiUmp n'avait rien d idéaU resl-a-din* de pt>eiiqutv, t-oiiiuieti d'ail- 

kvi Platon n'avail pas pu varier un** fu?» sa inanirn* , el déconcerter. 

Mr la richesse de ses formes, l'otroile admiration de ses rriliqurs ! 

acfcfeieniiacber suppose, de son cùle* que le Chtnn f>i un eiitreiicn réel 

àmt PUlon n'a éle que rédacteur. N'en peut-on pas dire autant de 

rEmifpkrom , du Phsdon f 

Pasaons sur ces diiïerenis dialogues, pour arri\er à ceux de plus 
gnade importance que Ast n pris spul la respiuiNabililè de rejeter : ee 
WSÊk€Etsî^pkron,lEutkgdeme,l€ Memm el len l.oiji. H faut, à vrai 
de, an Biugulier courage d'erudit [>our 61er à IM.iloii le charmant dia- 
de l'Euthydème ; le court, mais excellent dialf>^u<* de l'Eutypkron; 
hitl^omphi ppifondiïmenl platonicien, /r« /.o m, enfin, qui, malgré 
imperfections, coaronnent ailiuirablemiMil 1rs travaux politiques 
Naloii. Aat reproche à VEutypkron de terminer sans que Tauleur 
I otyoly la aaîBlelé» el de ne contenir anoane grande vérité 



i 



114 PLATON. 

s^>^*u;a(ive. M'e^t^cit {Mis avoir bien mal compris VEutypkrmi, 
u'\ j\otr ^Hi$ 'u oetle «inclusiun voilée , mais cerlaioe, que la s 
«^ aDskc»lue« qu'elle est indépendante de la volonté des dieux, el 
riouiv à leurs caprices? L'Eutypkron raine par la base la mytl 
paiouue. N'estMTe pas, pour un dialogue si court, une vérité d on< 
grande conséquence? Quant à la forme négative et ironique de t 
/^ivM . c'est faire preuve d'un sentiment bien peu platonicien q 
voir un témoignage d*inaulhenlicilé. 

Xst rejette te Ménon comme l^Eutkydème. Comment croire , 
lui, que Platon a pu définir la vertu une opinion droite {6^H 
oVst-à-dire un principe sans raison, une inspiration aveugle, sea 
à celle des poëtes, des devins et des politiques. Nous lai< 
À Socher le soin de lui répondre : « Le Ménon, dit ce critiq 
rutlncho aux autres dialogues authentiques de Platon : par le 
de lu préexistence et de Télernité des âmes, au Phèdre et au Pi 
|)ar la distinction de la science et de Topinion, au Thééiète ; 
jugement sur les grands hommes d'£tat d'Athènes, au Gorgia 
tout son contenu enfin, au Protagoras. » Il nous reste à citer le 
de Ast sur les Lois; elle n'est pas plus sérieuse. Il conteste d 
le témoignage d'Aristote, qui est formel, puisqu'il consacre un cl 
entier de la Politique à la discussion des Lois de Platon. N'est 
puéril de prétendre qa'Ari^tate a pu être trompé comme tout le : 
eu attribuant à Platon l'ouvrage d'un de ses écoliers ? En outre 
Ast, l'ouvrage n'est pas platonicien. En effet, les Lois conlredi» 
liépHÔlique, La République est la politique vraie de Platon. Li 
sont une corruption, une extension fausse des principes de la 
blique. Ajoutons que la composition des Lois est bien inférieure 
dej4 autres dialogues de Platon. Voilà les raisons de Ast conln 
theuticité des Lois/ Mais quelle étrange critique que celle qui ve 
I^Uton ait été absolument à l'abri des imperfections, des défaill 
iha dei'adences du génie ! D'ailleurs, les Lois, où la trace de la vie 
e«t sensible, contiennent d'admirables morceaux. Nous citerons 1 
ai^me livre, le cinquième et le dixième. Quant aux conlradictior 
U>u Jues , il est aisé de les lever : la République expose les principe 
bltat parfait; les Lois développent les moyens d'appliquer ces 
ciptvi 0t de réaliser cet Etat. Cette difiérence primitive explique 
JvM autres. 

t^ théorie de Socher, plus paradoxale encore que celle de As 
^ iiu Mens pins scientifique; il ne rejette pas arbitrairement et c 
mi basard les dialogues de Platon qui ne lui conviennent pas ; 
h<*ppo, oonjme tous les commentateurs impartiaux, de la diffici 
V<^^^iller la métaphysique du Parménide et du Sophiste, avec celh 
éçfHMique, il a tranché le nœud d'une manière hardie, en cont 



ih^niouMU. On sait qu'après la mort de Socrate , Platon se rc 
Mi^ttarraveo Euclide, fondateur de l'école de Mégare. 11 eut là d 
qut^nlM rapports avec les mégariquas : il subit leur influence , ei 
t^ontmoniqM la • ^àxAf Acêite influence ré<»pf 



FUTOh. tîh 

t éê Flalon, U TkttMê ; du cM 4r» «éatfiqaw, I» A'tf Airti^ (# 
pw ci If ^onMiii^. Il fiul eiMireiur aue ii c«tleo|iinMNitft So- 
«Ml 1^ aïoindrf fondrmrDltHk «emt d im balte valmr. D'wie 
die déttarrasarrail ce que l'oa peul appeler l>fté|EèM plalaai- 
% de U plu» i;rai)de diffirulié qu'elle micoolie : Platon, eaeîcl, 
lifikrilr et oliacur qac daaa U Sopkuit et U Pmimémiéê ; elle dé- 
leraii» en la lioiitaot, la vraie tb^xie de PlalM. U'aolre partielle 
, pour aiOM dire, jaillir uoe école boovoIIo, a«r laqttedo nooa ii*a- 
Mi oous oe croyuDaa%oir qoe des remeigaeoMBta épara, loooM- 
V et duot nuu» puaKadenona tout à coup troia mosomcota Ai 
er ordre. Mai» plu» Us eooieqiieiioaa de celle opinion joni mpor- 
>, plus il e^t iivrt»ftaire ou r lie ne rcpofe paa Mir k vide. Or, la 



t de Mij«*'i'.'r pixbL par la base. Toute la qoeaUoo eal dana U 
Uun ées dtM'.iiiir!» du Purmm^àe et de ccllea de In Be p mb li fi^, 
Il ne fa i adincunï crltc? eooiradidion que loua reier^e : qoand 
! 1 (#iMCur't** de» nionuoienla ne nooa prnm-'traii pas d 
a coni-iiiAiMin » faudraji-il conclure de nuire iiupuisianco à 
idicUoD ri^'lle ? Bien plus, oetir runciliation rsl possible, el, 
lifférenc'f* de formes se fait sentir a un lecteor atlenuf une doa- 
oummuiie. U ailleurs, àrh raiaon» bien fortes, quoique indircclcs, 
rseot i'h>p«ilbè^ de NM-ber. Cuament 1 écolo de Megare qoi an- 
roduit d au>si grands oiimunents, a-t-elle pu entièn!n:i*nt diapn- 
? t^ommeot œlto école n'aorail-elle pas laissé de disciplaa ca- 
*s de rapporter à leurs maîtres leurs titres lr|iitiines ri de no pas 
r ao|(nif nter à leur^t dopons la gloire d*uo génie rival ? Comment 
me supérioor qui aurait composé h PërmémUê et U SoBàùit 
il pas laissé de nom 1 Kien ne s'eipliqoo dans ortie bypntlièao : 
»lgrandi<>se, mais elle est %ide. En mumé, la fsiblevodea 
uea cle\ées contre l'aoïbenticité dea dialofrnea de Platon nona Ût 
r i|ue sur cette question , le plos sAr est de a'en rapporter on 
ai a la iradilioo; que raulonlo drsandena, d Aristoteaurloul, 
Hie noiro r^gle, et qu'il vaut mieus , aanf les eicepliona nniver- 
leni adoptées . faire à Platon la plus grande pari poasible. Les 
idictions de eertaina dialogues n'ont non qoi duive étonner t on 
riche et actif comme celui de Platon a dA plus d une laia modl- 
cs idées dans le cours d'une ai longue caméra ; la Caiblesao et 
iorité de qudquea ONivres ne doit pas étonner d'avantage : car In 
:lion continue n'appartient point i la nature hunmine. 
seconde question que soulève la critique des écrits de Platon est 
paion du temps et de l'ordre dans lequel ils ont été compoèés. Il 
ifficile d'avamer sur ces deux points autre cbose que des eonjeo- 
. Il fsut prendre d'abord pour points d'appui lea diOérentoo épo- 
de la vie de Platon. On peul aisément en discerner troia : la nre- 
I s'étend josqu'à la mort de Socrata Otl9) ; la seconde Jnsfu^i In 
lion de rAcadéoiie (vera 380>$ la troisième juM|u'A sa mort Pour 
ë*nbord queîqoes points d'une manière précise , nous considéron s 
an nutheutique la double tradition qui plaœ là eompoaMion do 
pnmm la mort doSocrale, et celle dea Loiê tout à.la f n de la vie de 
■»C*«fcdoMà peu près entre ces deui termes qu'a Neu le dévo- 
te darils platonieiens. Il est iMiOf en tsfee, 4e détenniaer 

s. 



l" 



m 

spéculative. N'est-ce pas avoir 
n'y avoir pas lu celte conclusii' 
esl absolue, qu'elle est ind^p*" 
rieare à tpiirs caprices? L'Ev 
païenne. N'est-ce pas, pour ni 
grande conséquenue? Quant 
phron , c'est faire preuve d i; 
voir un témoignage d'iaaulh 

Asl rejette U Minan con 
lui, que Platon « pa défini 
c'est-à-dire un prini'ipe san^ 
à celle des poëtes, des 
à Sopher le soin de lui xi 
ratlacUe aux autres diair 
de la préexistence et de I 
par la distinction de la 
jugement sur les grand 
tout son contenu enfin, ■• 
de Ast sur Ug Loù ; e\ 
le témoignage d'Arisloti 
entier de la PoUii^ut 
puéril de prétendre qa| 
en attribuant à Plaloa 
Ast, l'ouvrage n'est 
République. La Rt 
sont une corruption 
Hique. Ajoutons que 
des autres dialogues 
thenticité des Lou.' ' 
Platon ait été absoli 
des décadences du 
est sensible, contii 
sième livre, le 
tendues , il est ai 
Etat parfait; tes 
cipes et de réali^< 
les autres. 

La théorie de . 
en un sens pins s 
au hasard les 
frappé, couinif 
concilier lu rnétB] 
République, il g< 
l'unité de main 
nid« et le SapMÊ 
Platon. Quai 
ingéniecsQ. | 
Hégarea 
quents r«ppi 



».' '-:: 



,^ ■ %•■- 





M.ATUN. 117 

é« la raifon. Tri ^l 1p proen'-* qai t'npht m 

ioJof;i-^ui> , •'<inip<f- Muirmrnt dr ^rumn- 

, rtt , a ifu if I hii^r pm , et\at qu m dtvp- 

4ani> ion Iwltuirjblr inlrudurtioD âus mtiU de 



• lonel^fnfM à rn prolil^mn inlémMoU, 

, rt^umon» i pn-scDi lu dopim pnnoptux 

'" il'in a rc|i4rilu set idrn et »« pnDCipM 

hiriiiintirr. In onfhalnrr. In eipliqner 

is f.iiri> , Il ^a p'.arr , rr diflicik U«\wl. 

pTodain* l'iatiin toul rnlirr. I.rs t:tn\n didacliqncs* 

>*. pcu^nil >^ reMiiu*', rt ■>rlairrivtrnl en 

■ IB fraie litif, plrin d'alunilon el de pomi*, chn 

pulr à la M-K-tin* , nr |>rui (-irc vrHinH>Dt i^oli que dana 

•!'■, dan^lj iiiiiv<>lcrti)-iii>* de son inspirâlmo. 

point, d ou drpi-iid I m («Il ici me ili' (nul le (>i1^nw de 

probb'-me onu^cnt i-oiiirnirrM- de u (m-ltiodif. Le rarac- 

Je cellr mM)iod<- r^t d i-lre mliniiiirnl Narii^ , ri i la fois 

-nt tinipU. ¥.\\f rrunil lnu« \r\ pn^rJr^ dunl se serl babi- 

:npril bumain dans ses dner-et iiitoiipaliun^. On re- 

- Platon le pT<iri-ili> )ir>i|>n* de Sn-ralr ; l'ironii-. Il » aert 

l'indttcUon '<-;••,■.■;' . 1^1 dcriiiition p^t robjrt i* preH)uii 

i^dogMs; m.iiN il > njiiulf une im'thndc de diviïiun dunl il 

-'les dans U PkrJrf , (« Siiphiilt , U Puhii^M*. Il emploie la 

'iii>in,ta dMorlion. Il aitne les exemple» et les mm parai - 

• adresse mtote a rin^piraltun et ù I enlliuu>iaMne. Enfin , il 

; iver loar i loor , nu nnîr , selon le I<c>oir , looles lei brrex, 

iiiiiaveneiita, Iod« W arlifiresde riDielli|:encc. 

nJanl, telle mélhode, si \ariee dans ses procédi'*, eil limple 

n CHence. L'auljie des fai-ullés intellectuelles non* donnera le 

leceHeoDHé. 

ï, lelsa Phlon , qoatre denrée de eonuattsanees : la eoqjeetace 
thM(a{«ttc}tq«i M r^niMenl sous le nom cammuo d'opinion 
Jtraiïeànimept ïtisicim.. la rarson (.■.t<i:I. qui rnruieol b trienee 
«J. L'apiiina i'oppoM I la KieDGc : I une D a pas de princi pea, l'ao- 
crtlN ws prinrÎDes: l'one. même lorsqu'elle est « raie, ne rend paa 
parlont avec elle l'êvidenee; l'une est 
': ...>:.'^.ii,i . i:<.i,[- :' i.!iaomène,son objetiTaulre ril Qxe et 
C (uaubB 1 tiie. La dusUiictioD des deui degrés de l'opinion est 
ei k peioe marqnée; la distinction des deux dejED's 
' to : 1 un f le niaonDcmcot , déduit les ronsé- 
l'aalMt Ift raiaon aperçoit les prineijKs eax- 
' l'esprit s'élève de l'opinion à la 

linisoeiice, ou i*sun:>i; , eu eiïet, 

_^ na des vestiges de vérité , de beauté, 

,^ le KMonlrent dans les olqcis de l'opi- 

' " ' MHS snîenl rannai primitivement, et 

iHltre. De U vient qoe ponr l'Iaton 

»l «a 4» avniBs sinp)emenl,A 




Itft PLATON. 

ce qoe nous eroyons , aue la science est essentleHemêtit infolOni, tl; 
qu'elle réfide tout entière dans la raison elle-même. 

Quoique la réminiscence soit on acte parfaitement simple, elle n'apë 
lien cependant sans degrés et sans transition. D'abord elle est eptravtf 
par les impressions des sens, les b^oins do corps et tontes les faull' 
opinions dont l'éducation et les manvaises doctrines obscorcisseat \ê 
esprits. En outre ^ le monde intelligible ne peut pas être aperça M! 
entier d'un seol regard ; il a ses degrés que rintelligence doit trafeitfi 
successif ement ; et elle ne le peut pas si sa vue, naturellement uistlr 
n'est pas détour qée peu à peu des fausses lueurs qui la corrompent, é 
insensiblement familiarisée avec son véritable objet par un ensemble 
procMés qui constitue la dialectique platonicienne. 

La dialectique de Platon, fille de la méthode de Socrate, 
d'abord de l'esprit de Thomme, par la réfutation, les vaines im 
sions et les opinions fausses ; elle en dévoile les contradictions, et, 
les opposant a elles-mêmes, elle conduit rintelligence, ainsi dépoiiil 
de ses opinions les plus chères , au doute d'abord , et de là 
la conviction et a l'aveu de son ignorance. Mais cette ignorance 
le vrai commencement de la science. C'est pour produire dans l'i 
prit cette science vraie que Platon se sert de certains arlifloes 
Ton a confondus avec sa méthode même, et qui n'en sontqae 
moyens : le mythe ((a06o;), l'exemple (ir«pa^ftf{fca), initiations n 
des intelligences novices; la définition (5poc), qui découvre en 
objet de la pensée l'élément essentiel , universel, intelligible; la.M^ 
Kîon (^ta{pf<Ti;), qui sépare les idées les unes des autres, d'apris 1ev| 
différences intrinsèques *, la généralisation et la classification, qtd 
rapprochent, lesgronpent, en développent l'ordre et la biérarct 
l'hypothèse (OiroefonO» qui pose les principes; la déduction, qui expK 
les conséquences. Toutes ces opérations dialectiques ont poor 
d'aider l'âme à apercevoir le vrai en lui-même , et non plasdaDS# 
simples apparences et d'insuffisants reflets ; et sous ces procédés loT 
ques se cache la vive intuition de Tèlre absolu. Les abstractions tell 
dialectique sont des degrés qui servent à l'âme de points d'apptri po^ 
s'élever jusqu'aux essences réelles et au principe effectif et fivaol* 
toutes les essences (République, liv. vi et vu). ^. 

Voilà la méthode de Platon : suivons-en les applications et les ttw 
tats, ^ 

Au temps de Platon , toutes les doctrines philosophiques ^e résois^ 
dans deux grands systèmes : celui d'Heraclite et celui de Parméiiidi 
Ces deux écoles étaient arrivées, sur la question de la nature de l'M'^ 
à des conclusions diamétralement contraires. Heraclite rédaisaM 
nature au mouvement et au phénomène ; Parménide , an repos ab^ 
et à l'être absolument simple : l'un niait la permanence et l'unité ^^^^^ 
choses; l'autre niait la possibilité même delà pluralité et dachangetne» 
Platon se déclara contre l'une et l'autre de ces doctrines , et fil \o\ry^ 
était impossible de séparer ces différents principes. Contre Héraclitei" 
établit dans le ThéétèteqvLe\e mouvement absolu et indéfini impliqoec*^ 
tradiction ; que s'il n'y a rien de fixe, il n'y a rien de mobile; n"*" 
mouvement , dans ce système , se dévore en quelque sorte luini^0^> 
et que le phénomène se disperse dans le néant. Contre Parméoid^» 



PUTON. 1 1» 

lil, ao coolnire . daojk hSt*pMȐle, que 1 i^lre , oidcu dans ioo ab- 
IkSlraciion , n i*si pA« plu» 1 ^iiv que » 'ii oiiitrure ; que • dopouillé 
« deiernniulii'n • li erhiipK o^inntr !«■ n-'ii-i^tre lui-ni/me à la 
et au lan|:.ik'''; que relie mairittlique lUiite d>^1 encure que le 
Le Dnn-élri*. «-i'>ta dire la d.derrnre, la pluralité el le moa- 
l Sftoi lesc'inJiliuDft net'fsMirrs di* 1 r\i5il nn* \rrilablc : il (aol 
Bettrr en iiK^me lempn qup l'un • l«* simple, l'ahïolu : r>st dana 
ulialion de tes deux tornii'.s queM le sei-ret du problème des 

i, dans le s\sU*ine d«* Platon m réuniik^rni ei s'aerordi^nl lei 
nncipcN jusqu alursi ri\aux de l'un et du multiple Vo)f z U Pki^ 
fuutei rhiises socit rnnip«isi*es di* di*u\ rlrin'*iiU , le fini el Ttn- 
alon délinil 1 iniini t ;'i?:i . re qui c%{ «uscr|>liMe di* plus ou dt 

ce qui n a par k^r-niriiK* m unile, ni lixiU' , ni di'irriiiinalion : 

devenir d'Ilrraoiile. 1.4- l.iii -;i:i: est, au runlraire. un, deler- 
el porte partout .i%tv lui rrs <'arat'1rn>. (!i*% lirux priiiripi-ft na 
fc dts suppositions a rhitr^nn ^. lUo irr*>|rindt-nt ;'U\ (!eii\ de;:réi 
Hiii.iisHani'e , lopiiion rt la «««'ii'iKr . luljri d(* I ••pinifu, ce»! 
\ I objet de la M'irnre, le tlni : t t'>t l.i i«':i.tii:^o-iii*r qui noua 
scr de I opinion a la ^nt nce, et dr I iiitin: «lU l>:ki. 

eatlepreniiiT obj*-t de la ronitai««aiu-o , N* {•••mt de départ de la 
que? c'est le ph«-ii' ii,i>ne. M.un d.tn*> idUN It-s |>ltrni>i!:('i;rs, nout 

%Uf il y a quelque v\\**sr fi un rt d iiii-i.lt(|iii gm ili nnt* .iu\ phé- 
^ One fiiriiu* stable : p*ir ('\t-ii.|ili' . iii>u^ w piiii\i>ns a|N*r(*«*\oir 
itnde dr-*» rimiea LHIf^ >aiis i-< :s r\<ii i|<i v,.*-^ «>iiit !• i.li;» tirilea 
krt's>*nt-i' d une!^ul«' i*t vk^mc i hn^* , i.i \ i-juti* ; d«* rnî^iiit* poar 
•r^i fj.ilfN f>u pour l'-s ihusi'N iMinrirs, qui l> .s rrvcirni 1 exî- 
ii- 1 <'i.Mliic et lii' 1,1 lii'nii'. F.'i u< n<*ia!, ti.uti* niniiitude, re\rlDa 
aractt-re coiiini'iii. ri ii| (ificf d'un u-i'iiie n^m, tu- doit cite 
nautf* d" nom it iW r. i.u it'ri* qti .i i.i \itIu d un prinriiM* uni- 
( re^idt* t*n e!i«* , lui «- •ii:ii)nii()iii* I un le, la s|K*iilie cl la sépare 
e aulr<* n-ullitudr rf'\riui* d un autre rarai rTf el np))eU-e d'uo 
lom Vn)ez le Phni^m, ht /Jr;iii/'/i',tf^ . li\ . ^i . t> pript-ipe un 
netif est re qiif Pialoo .'ipfu lie 1 1' êe (lî^^:;, i^i%). L i(kv n'est 
'hiise que les>enr**, el , (• inu «' d.i.i:> AmnIiAi-, la (nrnii* dea 
c est il- type parfait d'tipn-> itqii»! m* fivlt*, s** rn'lèir «•( a har- 

uri certain ^'niufie dr p'ii'iiiiMirni-N. h i u il >uit que ii-s idées 
ci«'iine> m* s<*nt nui ciiient d«- Mii)pi'> i'(ini'ipli«ins df Irspril, 
'e;le?« soient \vs \rais prîor:p<*H de la sfinire M lic liiilelli^eure; 

les esM-nces niAii.» s des rhuMs, cr qu il > a de rrel , d'ctfrnel , 
Tfrpi dans 1rs ehosf.s. Or, par cria ntriise qu fllrs sont rter- 
i abHniue>, elles :ir |ieu\i*nt rê.sider dans !e< choses que pur une 
uation diffiiile a comprend rf , n:uis sans s\\ abs<irl»er tout eu- 
Elles sont Aepart'vs drs cliiiM*a» ri • \i*i'rt!t en mu, unies par de 
s rappiirts , coord-iniitM's st-ion l<-urs iit*::rès di' perfertion; elles 
I un monde à part. If moniie drs ir !i :!il'iLI«-s, qui est «lu monde 
e ce que -a raison est n l' opinion. Mais i ■ ;T:itndf des idôe» n'est 
Oinme on l'a en qut-Iqurlois, nnr m-u*. :• *»o subs!ai'r>-s dif- 
a et îndîiiduelles : c'e>t la unt: iiihT;)n la; **\\ peu profondt* du 
e de Platou. Au fond , les idée& ne m: di^un^'ienl pas les unes 



iSO 



11. 



àe9 aalret par leur labataiice : lear sobsUnce eommoi 
donne i toutes leur essence, c'est Hdée do bien. Or, • 
ridée do bien dans le système de Plalon ? Cest Dieo I 
effet, à Dieu seol ^ovent convenir les attribots de Vidée 
est au sommet des intelligibles, elle ne repose que se 
(âvvrc'OiTsv , ixxvsv) , elle est le principe de la vérité et de 
du bien , le soleil ititelligible , n'est autre cbose qae Tétr 
il est parlé dans le Sophiite, auqoel il est impossible , di 
refuser la vie, le mouvement, l'auguste et sainte intelli, 
du bien étant Dieu même, les autres idées qui se rattach 
comme à une substance commune , sont les déterminât! 
stence divine, les choses qui font de Dieu un véritable 
qu'il est avec elles (Voyez le Phèdre). Quant à la questio 
par les alexandrins, de quelles choses il y a ou il n'y a poinl 
ne pouvons la discuter ici. Bornons-nous à dire que c'est s 
une fausse extension de la doctrine platonicienne que Ton 
des idées de ce qui n'est pas effectif et ne participe pas 
côté à la perfection. Nous rejetons, par conséquent, les \é 
tions,des choses artincielles,des choses mauvaises, etc 
n'irons pas jusqu'à dire que Platon n'a pas souvent cons 
des idées réelles les choses abstraites et générales , qui 
yeux que de pures conceptions, par exemple la vitesse , 
santé , ou encore l'homme en soi , le bœuf en soi , le lit e 
là les excès do sa doctrine : il n'a pas déterminé d'une i 
samment précise la limite où il fallait s'arrêter. 

L'esprit humain , après s'être élevé par la dialectique 
jusqu'à Dieu , doit redescendre de Dieu à la nature. Ce 
partie de la philosophie des anciens , la physique. Nous ; 
que Platon compose la nature de deux principes, le fini 
d'autres termes, l'idée et la matière (oxr,). Platon est loin 
matière des notions précises : tantôt il la considère comm 
indéterminée qui prend successivement toutes les f( 
comme une sorte de vide ou d'espace (y>p%) où a lieu 
dos choses. Dans le Philèbe, il Tappelic lé plus ou le m 
dyado du grand et du petit (tô i^^t. x«l to [i.»cpov) dont 
Aristoto; enfln, dans le Sophiste, il lui donne le nom d( 
(ATI £v, et parait se le représenter comme la limite, la 
choses. On peut enfln supposer que Platon, sans être ji 
une théorie très-déterminée sur la nature de la ninlière 
à n'y voir qu'un principe négatif et logique plus qu'une 
live. Cependant, on ne peut nier qu'il n'accordAt quelqu 
stence à la tnatière. Elle agissait, scion lui, d'.iccord a\ 
organisateur pour la formation du monde : clic était en 
*a mère; Dieu, le pc>re; et 1« monde, le fils (toxo;) : c'ost 
conicicnne. Platon disait encore que toutes choses rosult 
opération do l'intelligence et de la nécossit(^.; allrihuanl 
la matière, Tintolli^^enceà la cause première et divine. I 
Platon est un dualisme moins caractérisé que celui d'y 
c'est un dualisme. Dieu n'est pas le créateur du niondi 
formateur, l'organisateur*, c'est lu) qui y met le germe < 



PLATON. iil 

Dé d^ vi^. Quelle raniu* ■ detf nniiié I>ieo à Irantfonnêr 
a créer le monde qu«* nou% habit on»? l!>st mi lionlr : car 
i^n.ct .i^ilt.'k'.tjnur^ d'après 1^ pnr<ripe du mieux 'Vn\fz 
i .1 toujours pr«*M*ntr .1 s^h >eu\ I idre du birn. qui est lui- 
if* v*N (ru\reH sur i:n mt^lrlr ahsi lu , l'irrnH, iriimiUble 

• II'* iMTff'clion , I** monrle intrlli^ibV. Ir moiidr des idi'es. 
I* s ^ui\rrdjns loiisM«sde\ri»pprM.riit«Iapli\Mqurd«' Pla- 
T«' ins|iiroe du prin(*i|i<*des r4Usr^ tinal«*«. 1 hum» quelques 
\ )>Miiiis impnrlanls : la lh«*'irie drs lUvux , la lh<*<>rir de 
TU \'>:r (!.![) s If n*rit du Timer la prcii\e du pol\ lh«*i<kme 
itrt* i7ii«' f'i tl<* fijiiniiin rsl mi irain* à IVspril |:t*ni'rji du 

A\**n , il r«t aiM* d«* \oir. par Ir pas^i^re du Timee , que 
s iliCLX II \ rst admisr que p.ir rnmplaivanrr piiur les 
il. :rf^. An fi>nd, les dieux de IMalon Mint des causf^ in- 

e tr-' h ru et le monde , qui parUri|M-nl plus que tout 
a t.atcre divine, ••( «{ui, ri|iriss.ini au\ ordres de iMeu, 
n M's disHi-inv |fMi'ii\re« inr-rtruns de la rre.ition, aux- 
iijt sti' i.i' lui |»erinrt pas de nirUre la inain san^ dernper. 
e.*:!'- e^t une deN n*u\res rreees nnmèdidlement |*ar 
s'., l'ii p'-ul le diP' • lit première de »rH(ru\re.s, parée 

plus parfaite. Ilii'u Iil iMmptisa d** deux eIrmenU, le 
tr^ , !e iririn** rt.iiil qut*tqne ehrse de di\in, et I aufre 

la na'ure diMNiliie et r«>i|Kirel!e, el Hieianp'a ces deux 
n fli's l'fiii.liihiiiMins anlhini'iiques, dfiit le mystère em- 
•rttW pxtliiijtirineniie n'interesaie que médiocrement la 
Ire t«'n>|'s. Le pptpre de I Anie est de porter ■\er elle la 
\t'ti:i'nl. 4!est elle qui ii.rut tous les animaux mortels, 

h •tpiii*' , l' t-sl-a dire lespiVe la plus excellente de toutes 
ut *>ur !a terre, participe aux choses di\ines parla rai- 
ju>lu-e. 
lascie r>[ unie à un corps, ^oit quVIIe y ait été origmai- 

* par H' (iiealfur, snjt qu'elle y mhI tomlM*r accidentelle- 
le f\[iie, par M»n commerce a\ec une substance terrestre 
lt*s t.iuics d'une preniirie naissance. Vjuui qu'il en soit, 
ntieilf'nietit distincte (!u corps : le corps participe à ce qui 
t mullipie, r^'ime à ce qui est étemel. Les obj«'ts naturels 
l les es^en«-fs éternel irs, les idées; lorsqu'elle obéit an 
e trtiulile, et n'aperroit plus rien distinctement; mais 
mcliisse de<i liens da corps, elle retrouve la pureté et la 

nature, elle se rep«isi> dans lacnnlemplatuindecequi est 
nui^nant par là qu'eli** rsl de même nature. Non-seulc- 
si autre que lo corps, ni.ii« elle lui ci>mmunde; rt comme 
râine mi^me, on peut d^'Cinir I h(»mmc ce qui se s«*rt du 
jl:.'.< ''.i.z-1. AiiiM i driie n'e^t p.is l'harmonie du corps; 
le ton , !Min de le rerp\fMr. Klle e!«l . par conséquent» cs- 
Minp!c , dinert'hl" du corps » 5uperieurc au corps, et 

Platon semble admettre une division dans rdme;earil 
s le Timre l'Ame divine , dont il place le siépc dans la ré- 
iau, et l'Ame mortelle qui réside dans le tronc; el il sub- 



lîM PLATON. 

divise y en outre ^ celte seconde âme en deax nouvelles parU^^i8,à( 
Tune y siège des passions et des affections^ réside dans la poit^rb^L 
Taotre, siège des appétits grossiers, dans le ventre , aa-de^sM^ 
diaphragme. Il admet donc en apparence trois Ames, comme I0Â4 
plus tard quelques scolastiques. Mais il faut remarquer que ^^ 
a un caractère poétique et mythique très- manifeste et avoué de " 
même; et Platon, dans le quatrième livre de la République, 
cette opinion à des termes plus philosophiques. 11 n'admet là qoj 
Ame, mais douée de puissances diverses, rinlelligence ou la ri' 
(vou;), le cœur ou le courage (Oupio;), le désir ou Tappélit (i 
TucGv). La raison se distingue de Tappélit, en s*opposanl à lui : qi 
il dit oui, elle dit non. A la raison seule appartient le droit dedr 
et de commander y elle a seule la souveraineté : Tappétit , au conti 
n'est qu'une force aveugle qui peut entraîner, mais qui n'a aocon 
pour ordonner. Quant au courage, il ne se distingue pas moins defi 
petit que de la raison. Dans le conflit de ces deux forces, le coon 
prend parti pour la raison , mais sans se confondre avec elle, pQisq|J^Kt^ 
se rencontre même chez les enfants, où la raison n'est pas encore Bé§^^ 
et y enfin, la raison commande au courage comme A l'appétit. T( 
est la théorie des facultés de l'Ame de Platon. 

Un mot encore sur un élément de TAme humaine, à laquelle Plate 
attache une grande importance, l'amour (spwç). L'amour est re] 
sente par Platon, dans le Phèdre, comme un délire; mais le 
n'est pas en soi quelque chose de mauvais : le délire, c'est Tenthoi-^j 
siasme , et Tenthousiasme est une inspiration des dieux. Ainsi le doi^ 
de prophétie est un délire, mais un délire divin. Il en est de mtoHt^j 
de l'amour. Quelle est la place de l'amour dans l'Ame humaine, et à. 
laquelle des trois fonctions de TAme doit-on le rapporter? Platon dii"^| 
tingue deux espèces d'amour : Tun grossier et terrestre, qui nas^, 
qu'à la jouissance sensible; cette partie inférieure de Tamour se raW.. 
tache évidemment à l'appétit; l'autre, noble et généreux, a pour 
objet la beauté, non la beauté corporelle, mais la beauté moratei 
intellectuelle, divine. Cet amour, compagnon inséparable de la raisoDi 
et que Platon compare à un généreux coursier dont la raison est le. 
guide, s'éveille en nous quand le monde sensible nous révèle quelqofll 
vestiges de la beauté dont l'Ame a soif par IV ssence divine de sa na-. 
ture; c'est par la réminiscence que s'opère ce réveil de Tamour, comme 
de la raison; et c'est en traversant les différents degrés de la beaotéi 
depuis !a beauté sensible et corporelle jusqu'à la beauté en soi, que l'a- 
mour accomplit sa marche, imitant, ou plutôt préparant le mouvement 
de la raison elle-même, qui s*élève aussi, comme nous Tavons vu, da 
monde sensible au monde intelligible, par Tintermédiaire des idées» 
Tel est le nMe de l'amour et de Tenthousiasme dans la psychologie et la 
métaphysique de Platon. 

La psychologie nous conduit naturellement à la morale. 

Platon établit dans lePhiltbe, par de longues et savantes analyses; 
la dilîérence du plaisir et du bion. Mais lo bien n'a pas pour lui un ct- 
ractrre exclusivement moral. Il a i.ene souvent 1 idée du bien à celle 
du bonheur. Sans doute l'élément moral prédomine dans le bien, seltA' 
Platon ; mais il n'y est pas seul, l'utile, l'avantageux s'y joint presque. 



PLATON. IfiS 

pirkHil; c'est, da reste, un Irait comman à toute la philosophie an- 
cienne. Le souverain bien comprend toujours les depx éléments du 
Ken moral et du bonheur. Quelquefois même Platon, dans le Protagoras 
juur exemple, parait confondre le bien avec l'agréable. Mais ce n'est 
pas là évidemment son opinion vraie : il faut lire dans le Gorgioê, 
dans U Philèbe, la polémique profonde qu'il institue contre la sophis- 
tique réduction du bien au plaisir. Cependant, sans confondre le bien 
avec le plaisir, Platon considère le plaisir comme un élément néces- 
saire du bien. Les deux éléments du bien sont le plaisir et l'intelli- 
gence; mais la part la meilleure est à l'intelligence et à la sagesse : 
c'est l'intelligence qui donne au mélange son caractère de bonté; car 
c'est elle qui y apporte la mesure et la règle. D ailleurs toute espèce 
de plaisir ne doit pas entrer dans le mélange auquel Platon donne le 
Dom de bien; car il y a des plaisirs mélange et des plaisirs purs. Les 
plaisirs purs ne sont pas les plaisirs les plus vifs et les plus forts , mais 
ceux auxquels ne se mêle aucune douleur, en un mot, les plaisirs sim- 
ples, tels que la vue de belles lignes, de belles figures, l'audition de 
bcttux sons , surtout les plaisirs qui s'attachent à la culture des scien- 
oei; du reste, l'idée du bien, telle qu'elle est développée dans 7e Phi- 
lèh, n'est que l'idée d'un bien relatif, mais non pas du bien en soi, 
type et principe de tous les biens. La question posée dans le Philèbe 
est celle de la vie la plus estimable et la plus avantageuse pour 
l'homme; c'est en celle-là que le mélange du plaisir est nécessaire. 
Car, pour la vie divine, Socrate répète plusieurs fois que c*est autre 
chose. Il est, d'ailleurs, de toute évidence que cette espèce de bien 
où Platon fait entrer les sciences inférieures et même les arts méca- 
niques, n'est qu'un bien relatif, le bien de l'homme. Le véritable 
bien, celui dont la justice tient son essence, celui vers lequel nous de- 
vons toujours tourner nos regards pour nous conduire avec honnêteté, 
dana la vie publique comme dans la vie privée, c'est l'idée du bien, 
qai est au sommet du monde moral , comme du monde intellectuel 
{R^bligue, liv. vi, vu). 

Cest à ce bien absolu, éternel, d'one beauté immuable, que la 
justice se rattache. La justice n'est pas, comme le prétendent les so- 
phistes, une opinion qui varie au hasard avec les temps et les lieux. 
Elle n'est pas, non plus, le droit du plus fort, ni le pouvoir de se livrer 
A toutes les passions, et l'art de les satisfaire, comme le disent Cal- 
liclès dans le Gorgias, et Thrasymaque dans la République. Il est vrai 
qu'il y a une différence entre la justice selon la loi et la justice selon 
\iL nature; mais la justice selon la nature n'est pas la vraie justice : car 
elle confond la moralité avec la force, et le bien avec la jouissance; 
elle autorise et consacre l'inégalité et l'oppression. La vraie justice n'a 
pas été créée, instituée par les lois humaines; c'est elle, au contraire, 
qui est le principe des lois humaines et qui se révèle par elles. La 
vraie justice ne fait pas de l'homme le centre de toutes choses ; elle le 
sobordonne, au contraire, comme la partie au tout. Aussi Platon fait- 
il consister le bonheur dans le rapport de l'âme avec la justice et avec 
l'ordre. De là ce principe admirable du Gorgias, qu'il est plus beau, 
qu'il est meilleur et même plus avantageux de souffrir une injustice 
qœde la commettre. L'iqjustice est le mal de l'âme, comme la justice 



124 PLATON. 

est son bien ; mais FinjasUce n'est pas an mal sans remède : le remède 
est le ch&timent. Le châtiment rétablit l'homme dans son état pri- 
mitif et naturel, c'est-à-dire dans Tordre. Le châtiment est donc on 
bien , et l'impuissance an mal; et si Tinjustice est déjà un grand mal, 
l'injustice impunie est le plus grand des maux. 

Mais la justice, quoique la plus excellente des vertus ^ n'est pas la 
vertu elle-même. Qu'est-ce que la vertu selon Platon, et quelles sont 
ses différentes parties ? Pour Socrate , son maître , la vertu est iden- 
tique à la science y le vice à l'ignorance. En effet, la différence de 
la vertu et du vice ne vient pas de ce que les uns veulent le bien, 
les autres le mal : car nul homme ne recherche volontairement et 
sciemment ce qui lui est nuisible; mais l'homme recherche le mil 
parce qu'il le prend pour le bien , et ainsi sa faute vient de son igno- 
rance. 11 est vrai que Platon paraît combattre lui-même sa théorie 
dans le Protagoras et le Ménon , en déclarant que la vertu ne peot 
pas être enseignée, et en la définissant une opinion droite; mais il faut 
observer que dans le Ménon, Platon parle de la vertu telle qu'elle est 
dans la plupart des hommes, vertu sans principe et toute d'instinct , mais 
qui n'est pas moins sûre, parce qu'elle est une sorte d'inspiration des 
dieux: une telle vertu n'a pas besoin d'enseignement, elle ne comporte 
pas l'enseignement. Mais Platon distingue la vertu vraie (àxr.Oivr. àptrx) 
et l'ombre de la vertu ( <Txià ap£Tf;). La vraie vertu repose sur l'inten- 
tion claire du bien; elle est donc la science du bien , et elle peut étfe 
enseignée comme la science même. Mais ce n'est pas une science im- 
puissante et inactive : elle est une énergie, une force; elle commande 
et détermine l'exécution. 

Platon reconnaît quatre parties principales ou quatre principaoz 
aspects de la vertu, qui est une en elle-même. Ces quatre vertus, que 
l'on a appelées plus tard vertus cardinales , sont la prudence , le cou- 
rage, la tempérance et la justice. Quant au principe de cette division, 
il est dans la psychologie de Platon. On se rappelle que Platon distin- 
guait trois facultés de l'Ame : la raison, le cœur, l'appétit. Chacune de 
ces facultés a sa vertu propre , déterminée par sa fonction. La fonction 
de la raison est d'apercevoir le vrai, et de commander aux autres 
facultés : sa vertu est la prudence (owçia). La fonction du cœur est 
d'exécuter les ordres de la raison, de renverser les obstacles , de lutter 
contre les passions qui ont leur source dans le corps; sa vertu est le 
courage (àv^pux) subordonné à la prudence. EnGn, la troisième fa- 
culté, l'appétit, est le lien par lequel l'&me tient au corps; c'est an 
compagnon nécessaire auquel il faut faire sa part, mais en le réglant 
sans cesse, une bête féroce qu'il faut nourrir sans la déchaîner ; l'ap- 
pétit est, par sa nature, soumis à la raison et au cœur : la seule verta 
dont il soit susceptible est d'être respectueusement docile aux prescrip- 
tions de la raison : c'est la tempérance (ardoscoOvr.). Quant à la justiœ 
(<^ix.atc9ûvr.), elle ne correspond pas à une faculté spéciale ; mais elle 
est l'ordre et Tharmonie des trots autres vertus; elle exprime leur 
rapport et leur proportion; elle est, entre toutes, la vertu cardinale , 
qui résume et enveloppe toutes les autres dans son unité , comafe 
I unité de l'âme contient et rassemble dans leur diversité et dans 
leurs rapports les trois forces constitutives qui la manifestent. La josliee 



PLATON. 12S 

ot donc la vertu fondamentale de l'&me. Elle tient d'one part à rAme, 
dont elle est, à proprement parler, la vraie vie, et de Tautre à l'idée du 
beîn f dont elle est la manifestation dans Tbomme : elle est donc le 
rapport de TAme à l'idée du bien. 

La justice a deux formes : elle est individuelle ou sociale, privée ou 
publique. Cela nous conduit à la politique de Platon. 

Il y a deux politiques dans Platon : Tune, idéale, absolue; Tautre, 
plus conciliante et plus pratique : la politique de la Bépublique et la 
politique des Loit, La seconde n'est d'ailleurs qu'une transformation 
de la première, et repose sur les mêmes principes. Selon Platon , la 
cité a son origine dans le besoin réciproque que les hommes ont les 
uns des autres, et les deux premières classes de la cité sont les labou- 
reurs et les artisans; à ces deux classes il en faut ajouter deux autres, 
les guerriers qui défendent l'Etat , les magistrats qui le gouvernent. Les 
deux classes inférieures ont pour fonction de travailler et d'obéir. Il ne 
parait pas qu'elles méritent l'attention spéciale du législateur : car Platon 
ne s'occupe, à proprement parler, que des guerriers et des magistrats. Le 
rAle des guerriers est de combattre l'ennemi au dehors, et d'étouffer la 
sédition au dedans. Pour être dignes de ce rôle, il leur faut un grand 
courage; mais ce courage doit être accompagné de douceur, pour 
qu'ils ne soient pas tentés de tourner contre eux-mêmes et contre 
leurs concitoyens les armes destinées aux seuls ennemis. Ce mélange 
nécessaire de qualités contraires, la douceur et la force, ne peut être 
obtenu que par une éducation qui combine avec art les deux parties 
essentielles de l'éducation des anciens, la musique et la gymnastique. 
Quant aux magistrats, leur éducation doit être surtout philosophique. 
En etteij c'est seulement lorsque les chefs de l'Etat se feront philo- 
sophes, ou lorsque les philosophes prendront le gouvernement des 
Etals, que les peuples verront approcher la fin des maux qui les désolent : 
car le philosophe connaît l'idée du bien et la justice; et, s'il est vrai- 
ment philosophe, et non en apparence, il ne se contentera pas de les 
connaître^ il les pratiquera. Aiubi se forment les magistrats. Tels sont 
les éléments de la cité de Platon. Cette cité, ainsi constituée , renferme 
toutes les vertus fondamentales que nous avons reconnues dans l'indi- 
vidu : la prudence, qui est l'attribut du magistrat; le courage, qui 
est l'attribut des guerriers ; la tempérance , qui consiste dans 1a sub- 
ordination des classes qui doivent obéir à celles qui doivent comman- 
der; enfin y la justice, ou le soin exact de chaque classe à remplir lu 
fonction qui lui est propre, et leur coopération harmonieuse à un but 
unique. L'unité, telle est la loi dernière des Etats, son bien véritable. 
liais l'unité rencontre deux obstacles insurmontables : la propriété et 
la famille ; la propriété, d'où naissent les procès, les jalousies, la 
guerre des riches et des pauvres; la famille, principe d'un incorri- 
gible égolsme. Pour réaliser l'unité , il faut abolir ces deux prin- 
cipes de division et d'hostilité. Il faut que tout soit commun : les 
biens, les femmes, les enfants. Telle est la théorie politique de la 
république. La base de la cité , ce sont les castes ; l'objet de la 
àUi, c'est l'unité; la seule unité de l'Etat, c'est la communauté. La 
communauté, si contraire aux mœurs, aux habitudes, aux préjugés 
lelaels des boounes , ne se réalisera que si le gouvernement est 



IM PLATON. 

mis entre les mains des philosophes, et si la jeuimne «A 
dons les principes de la vraie philosophie. Dans le Usiléda 
Plalon fait subir à son syslème politique de graves alléralioDk] 
principales sont rétablissement des lois civiles el pénales, la 
naissance de la propriété et de la famille , la division de l'EUl 
plus en castes, mais en classes déterminées par le cens, les 
lures conliées à 1 élection populaire. Mais chacune de ces a 
capitales est, autant que possible, corrigée par des restrictioas.| 
propriété n*appartient pas à Tindividu • mais à TEtal : elle est 
nable; elle ne peut s accroître que jusqu'à une certaine llmits;! 
mauvais effets des mariages sont atténués par rinstilotion qui à{ 
la femme d apporter une dot dans le ménage. Le caractère dà 
tique de la nouvelle cité a son contre-poids dans la loi qui foi 
classes supérieures d'assister au scrutin et laisse les classes inl 
libres de s'en abstenir. Enfm Platon , fidèle à Tesprit de la répol 
place au sommet de ce gouvernement un conseil qu'il appelle 
divin, composé de philosriphes, et à qui appartient la décision 
des affaires de l'Etat. 11 faut remarquer, parmi les grandes vaeii 
les Loi* abondent, Fidée du faire précéder les lois d'un exposé dei 
rélabiiss«'ment d'une sorte de jury, Tinstilulion des «opAronù 
pénitentiaires, pour employer une expression toute moderne, 
tinés à corriger les coupables non moins qu'à les punir. Au fond, 
prit du dialogue des Loû est toujours le même que celui de te 1^ 
blique. C'est avec regret qu'il renonce à son idéal , et il essaye toqi 
et partout, même quand il parait l'abandonner, de leressaiàrj 
quelque endroit. Son but est toujours de réaliser par des institil' 
politiques le beau moral, la verlu ; ses moyens sont d'enlever i' 
dividu tout ce dont il peut supporter la privation; songouve] 
est celui des plus sages et des meilleurs, des philosophes : en uni 
Taristocratie. Eu résumé, la politique de Platon est une critiqoedi 
politique athénienne. De là , sa prédilection pour les constitutioBS' 
Crète et de Lacédémone; de là , son infidélité trop fréquente à r«| 
de la Grèce et de l'Occident. Les excès de la démagogie le portM 
aux excès opposés : aux dangers d'une fausse égalité et d'une liM 
effrénée, à la mobilité de la multitude, à l'instabilité des lois, ilii0 
de remède que dans la soumission de tous les citoyens an jougd^ 
communauté impossible. 

L'esthétique de Plalon, dont nous dirons quelques mots en teri 
nant, est, ainsi que sa politique, dominée tout entière par des ic 
morales : ainsi , il n'admet pas que l'éloquence ou la poésie ned 
chent qu'à plaire. Dans le Gorgias, il établit que l'éloquence doit a 
un but moral et ne se faire entendre que pour défendre la justice. I 
l'Ion et dans la République, il ridiculise et flétrit la poésie qui cb 
au hasard le bien et le mal, la vertu et le vice, qui excite les passû 
efféminé lame et répand de fausses notions sur la Divinité. C'est ( 
p(»éiii() qu'il exclut de la république. Mais il ne faut pas conclure c 
qu'il renonce à l'éloquence et à la poésie ; lui-même s'est effore 
ftouK d»nn««r des modèles de ce qu'il appelle la vraie éloquence, < 
U Màna,tièn$ et dans le Pkèdrê^Om pourrait dire que l'auteur du J 
fufiê iMéprisa la poésie? } de là , le poôte lui parait un 



PLATON. an 

inspiré. L'enthonsiasDie poétique , comme l*amoar, est an délire en- 
voyé par les dieux; il est vrai et bon quand il est inspiré par le vrai 
et par le bon. Il Tant qo^il se détourne des impressions légères et fugi- 
tives, pour se laisser guider par Téternelle vérité, rimmuahle modèle 
do bcBUj le beau idéal; en on mot, «e beau primitif et incorruptible , 
dont il est dit dans le Banquet : « Ce qui seul peut donner du prix à 
cette vie, c'est le spectacle de la beauté éternelle. » Ainsi les idé^'s de 
Platon sor lart se rattachent au centre commun de sa doctrine. Es- 
thétique, politique, morale, psychologie, physique, dialectique en6n, 
tout s'explique par le système des idées, tout se réunit ou se coor- 
donne autour de l'idée du bien ou de ses émanations immédiates. 
Puisse cette esquisse rapide avoir mis en lumière cette unité profonde 
do platonisme et son harmonieux développemeol ! 

Editions de Platon : Omnia Plaioni* Opéra, in-f", Venise , 1513 : 
cette édition, la première et le fondement de toutes les autres, a été 
publiée par Musuro de Crète , sur les plus anciens manuscrits. — Pla-- 
Êoni» omnia Opéra cum commeutariis Procli in Timœum et Politica , 
in-f*, fiâle, 1534'. — Platonis Opéra quœ extant omnia^ ex nova Joan, 
Serrani interpretatione, perpetuiê ejuidem notis xUuitrata, 3 vol. in-f*, 
Paris, H. Estienne, 1378: celle édition est devenue 1 édition vul- 
gaire; c'est celle à laquelle toutes les é<iitions plus récentes se rap- 
portent. — Platonis Dialogi , grœce et latine , ex reeemione Imm, 
Beekeri, 3 t. en 8 vol. in-8-, Berlin, 1816-18. — Platonis Opéra, 
omnia recensait et commentariis instruxit Stallbaum, 12 vol. in-8°, 
Leipzig, 1827 et années suiv. — Platonis Opéra , grâce ^ recensuit et 
mànoiatione critica instruxit Schneider, in-S"", ib., 1830-33. 

Traductions de Platon : Platonis Opéra, latine, interprète MarsiHo 
FicÙÊOj in-f*, Florence, 1+83, et Venise, li91. — Piatont Werke , 
auê dem Grieckischen ùbersetzt , von F. Schleiermacher , 6 vol. in -8*, 
Berlin , 1804-10. — Le même , 6 vol. in-8% 1817-28 , avec des notes 
et des introductions remarquables. — Les Œuvres de Platon, traduites 
en français par Â. Dacier, 2 vol. in-12. Paris, 1699-1701 : ce n'est 

În'no choix de dix dialogues. — Les Dialogues de Platon, traduits 
n grec en français par Tabbé Grou, 2 vol. in-12, Anist., 1770: 
celte tradoction ne contient que huit dialogues. — Les Œuvres eom- 
fièus de Platon, traduites par V. Cousin, avec des notes et des 
arguoients, 13 vol. in-8% Paris, 1822-iO. —The Works of P lato, 
tran^lated from the greek; nioe of the Dialogues by the iate Floycr 
Sydenbam, and the remainder by Thomas Taylor, 5 vol. gr. in 4% 
Londres , t804. — Di tutte VOpei-e di Platane, Traduite in lingua vol- 
gare da Dardi Bembo, 5 vol. pet. in-12, Venise, 1601-07. 

Ouvrages servant à expliquer le texte de Platon : ScUolia in Pla- 
Umgm eœcodd, mss. primum coUegit David Ruhnkenius, in -8°, Leyde, 
1800. — Thomas Mitchdl, Index grœcitatis Platonicœ , in-8', Ox- 
ford, 1832. — Astius, Lexicon Platonicum, 3 vol. in-8% Leipzig, 
18S4-38. 

Sur la vie et les ou\Tages de Platon , consultez : Diogène Laërce, 
Fief det anciens philosophes , liv. ni. — Olympiodore, Vie de Platon, 
in-8", Amst. , 1694. — Observations sur la vie et les écrits de Platon, 
trad. de Tanglais par Morgenstem , in-8^, Leipxig, 1797. — La Vie 



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,:> PLESSING. 

.. . 'tâtx,-. iï^. Leipzig, 1816. — Socher, Sur Usa 
MuuicQ . 1810. — Ast , in-8% Leipzig , 181& 
é 'jinfM}siti<m , ete. , ln-8'', Glasgow, 17&8. 
^. .. litv to S^tatoD en général : Ressarion , In Platom 
.. . ji . ,i.i««/«w. in-r*yRome, 1469.— Georges de TrébiwM 
..,* u»ix*i^uithoi'Mm Aritoielis et Platonis, in-8% Veni 
uu>..i- L'iciu, l'heologia Platonica^m-f^^ Florence, it 
, . '; '^laio und Platonik philosophy, in-8% Londres, U 

,. , Ji .*iaiunici systematis fundamento, in-8% GœlliDg 

*^. . ^. i*iiiki'i-, À free and impartial censure of the PkU 

. .;/ . lij. '• Oxford , 1666. — G. Tennemann , System der 1 

.' 'm. o^oftJûv, k vol. in-8®, Leipzig, 1792-95. 

'..j;:io ilo la philosophie de Platon: Van Heusde, /« 

... /*{,iamicc«. 3 vol. in-8", Amst. ^ 1827-31. 

.,.. V . :i.'.uiN particuliers de la doctrine de Platon : Hoffmann, 

/'i.ii.i/M, in-8*», Munich, 1832. — Nasl, De Platonii 

:: .x.'^/iium docendi (/îa/o</ica , in-8% Stuttgard, 1787. 
• .;... 41.1.1. u- \efi'ssitudine qua amoris enihusiasmus cum diakc 
. .. '\u,.'iii l'oèijunyitur, m 8% Breslau, 1735. — Buttsledt, 

■. tti/( lanihiscentiaf in-4", Erlangen , 1761. — ScipioD Agw 

.1 ../tw Platonis, in-V, Venise, 1615. — Richter, de J 
... > '.»t./*iA. in-8% Leipzig, 1827. — Taylor, A dissertaik 

..ï doctrine of ideas , in-8*», Londres, 1788. — Trci 

.... . '\uiK*ntx de ideis et numeris doetrina ex Aristotele illugin 

M'»» » 

htldutiy der JVeltseele im Timœus des Platon (dans le 

M . A.»<,.i'i* ilo Dauh et de Creuzer). — Du même auteur : Explii 

r -.ij,.! l'iH purin mundani fabrica conflati ex elementis geome 

...*..i:. ix'èuiiumiiH, in-4', Heidelberg, 1809. — Grolefend, Plate 
....,,., , «m thrtHtiana comparalio, in-V, Gœllingue, 1720. — Hena 
/>! l'ûurèiis l'thica philoêophia {Acta philosoph,, t. m). — Jave 
iK.xi.'Mfui mnrali» philosophicœ Platonicœ, in-i*, Venise, 1531 
lit m ki'i , Poliùcorum qvœ docuerunt Plato et Aristoteles disqu 
i.tiutiititu, iu-4% Leipzig, 1824. — De Geer, Diatribe in Plati 

.■;.,i.< finiiripia, in-8", L'trecht, 1810. — Leibnitz, Dissertai 
tii'i,thuii PlatuuiM, in-4% Leipzig, 1676. 

n.uliN , l.aUreH Hur l'Atlantide, in-8**, Paris, 1805. — Frag 
SiiiiiintHiâ Hur la poésie (Mém. de VAcad, des Inscript., t. i). — 
util ttta t'ublvM politianes , théologiques de Platon ,i6., t. xxxn 
l.ii lUulhi'. \^^ Vayur, Discours de la lecture de Platon et son élàq 
.iKiiih bca Œuvres complètes y 15 vol. in-S**, Paris, 1766). P 

l*LI<:s.SI\Ci (Frédéric-Victor), né en 1752, en Saxe, mort en i 
pioli . Mur â l'université de F ' ^g, après ravoirété à KœDîgsJ 
iiumIi ai rarriôrc d'auleur - > -- ^ ^ néeuêi 

nul fl dcâ douleurs chez l 

Soâ mcillcurv travaux on 




PLOTDi lâO 

Bophfe, pIulAt que la philosophie même. Voici les litres des priocipaux 
f entre eax , tous écrits en allemand : 

Osiris et Soerale, in-S**, 1783 ; — Recherches historiques et phil(H 
wphiques sur les opinions théologiques et philosophiques des peuples les 
flus anciens, particulièrement des Grecs , in-S**, 1785; — Memnonium, 
m Essai de dévoiler les mystères de rantiquilé, 2 vol. iii-8'', 1787 ; — 
Esiais pour éclaircir '{a philosophie de L'antiquité la plus reculée , 
\ vol. în-8'', 1788-90. 

PIusicQFS hypothèses de Plessing furent vivement coulrovcrsccs à 
a fin du dernier siècle : telle, l'opinion qae les Ë^'yplicDs ont été le 
peuple primitif et le herceau de la civilisation \ telle , la conjcclare que 
Platon prenait ses idées pour des substances réelles. C. Bs. 



lî est certainement un des plus grands génies philosophi- 
ques de rantiquilé. 11 inaugure Técole d'Alexandrie, et en résume en 
loi toute la doctrine et toute la destinée; car ses successeurs , même 
les plus illustres, n'ont fait que creuser davantage les sillons qu'il avait 
tracés. Disciple de Platon et d'Aristole, philosophe ct'poëte, Ëgyplicn 
et Grec tout à la fois, Plolin réunit dans son vaste éclectisme les ten- 
dances les plus diverses , et n'en est pas moins , à force d'inspiration 
et de génie, un penseur original. Il aurait pu se passer d'érudition; ce 
n'est pas par elle qu'il a créé son système : au contraire , c'est son 
système qui, par sa vertu encyclopédique, la contraint de chercher 
un lien entre toutes les écoles et toutes les civilisations. Celte école 
d'Alexandrie, placée entre le christianisme naissant et le (paganisme 
grée et oriental qui s'écroule, résume en elle les doctrines des siècles 
passés, pour s'opposer à l'esprit nouveau avec les forces concentrées 
de tout un monde. 

Plotin est né vers Tan 205 après J.-C, à Lycopolis, dans la haute 
Egypte, n mourut la deuxième année du règne de Claude, à l'Age de 
soixante-six ans. Il avait vingt-six ans lorsque, étant entré au cours 
d*Ammonins, à Alexandrie, il s'écria : « Voilà l'homme que je cher- 
chais ! » A rage de trente-neuf ans, voulant connaître la philosophie des 
Perses et des Indiens, il se joignit à l'armée que Gordien menait contre 
la Perse; mais Gordien ayant été tué en Mésopotamie , Plolin se sauva 
i grand'pein^ à Antioche, et se rendit, l'année suivante, à Rome, 
oft il se fixa. Là, sa réputation de talent et de vertu lui attira de nom- 
breux disciples, parmi lesquels il faut compter Amélius et Porphyre. 
L'empereur Gordien le connaissait et l'aiinail; et peu s'en fallut qu'il 
ne lentit de réaliser, sous le règne et avec le secours de ce prince , le 
rêve de la république de Platon, dans une ancienne ville de la Cam- 
panie, qu'il aurait appelée Platonopolis. Nous n'avons aucun autre 
détail sur la vie de Plotin ; lui-même , dans son exaltation mystique , 
rougissant d'avoir un corps, refusa constamment, dans ses entretiens 
avec ses disciples, de leur donner des détails sur sa famille et sur son 
pays. Porphyre, qui a écrit la vie de son maître, s'est borné à recueil- 
ur quelques anecdotes bizarres, essais timides de supernaluralisme que 
les biographes de Jamblique ont aisément surpassés. Le seul trait qui 
mérite d'être rappelé, parce qu'il importe à l'intelligence de la philo- 
sophie alexandrine, c'est cette déclaration de Porphyre , que Plotin 

Y. • 



î- 



t 



150 PLOTIM. 

s'éleva souvent;^ et quatre fois pendant le temps qu'ils passèrent en- 
semble, à rinlaition extatique da premier et souverain Dieo. « Pw 
moi, ajoute Porphyre, je n'ai été uni à Dieu qu'une seule fois, à l'ige j 
de quarante-huit ans. » 

Plotin n'était pas versé seulement dans Thistoire des doctrines reli- 
gieuses et philosophiques; il savait la géométrie, l'arithmétique, lamé- - 
caniqne, la musique. 11 avait étudié l'astronomie plutôt en astrologie < 
qu'en métaphysicien: mais ayant reconnu la fausseté de plusieurs pré- \ 
dictions, il renonça a cette prétendue science, et en écrivit même II ! 
réfutation. 

Plolin était très-éloquent dans ses leçons , malgré un vice de pro- f 
nonciation , et l'absence absolue de méthode. Il ne faisait pas de dii- ^ 
cours à proprement parler, et se bornait à répondre avec beaucoup di :■ 
feu aux questions qu'on lui posait. 11 enseignait depuis dix ans quil J 
il commença ses ouvrages. La philosophie , dont il croyait avoir le en- f 
nier mot, était , à ses yeux , une inilialion. Elle était le patrimoine du 
sages, et non Théritage de l'humanité. Erennius et Origène, ses eoB- 
disciples à l'école d'Ammonius, avaient pris, ainsi que lui, l'engage- 
ment de ne pas publier la doctrine du matlre: Plotin ne se dédda i 
écrire que quand Erennius le premier, et Origène ensuite, earentt 
manqué à leur promesse. Non-seulement l'habitude d'écrire, mail ^ 
l'orthographe même lui faisait défaut; ses phrases restaient inacha» \ 
vées; ses raisonnements n'étaient qu'indiqués, et cette allure nëgllgél [ 
et abrupte ne le garantissait pas de la diflfusion. C'est la force seule de r 
la pensée qui le rend éloquent, sans aucun art. Il ne se propose pasdi ^ 
plan : tantôt il développe une doctrine qui le préoccupe, tantôt il réhia j 
un livre qui vient de paraître. Ces morceaux épars, réunis et corrigé! i 

nr Porphyre après la mort de son maître, formèrent cinquante-ooilil e 
res', divisés en six Ennéades. Même après la révision de Porphyre, 
les Enniaden ne sont qu'un recueil de dissertations philosophiques as 
tous les sujets , à travers lesquels il faut chercher, non sans difBnlIé, 
l'unité de la pensée de Plotin. 

Dans l'éclectisme le plus systématique, il y a toujours une tei- 
dance qui domine. Plotin, dont i'éclectisme est un résultat plulâl 
qu'un principe, ayant lui-même une doctrine et surtout un caraa- 
tère, ne pouvait manquer d'avoir, en histoire, une prédilection. Soi 
mattre est Platon , mais Platon largement interprété ; non pas le Plalaa 
du Premier Alcibiade et du Phédon, non pas même celui du Phèdre; h 
Platon du Timée et du Parménide. Sa pensée s'enchaîne d'abord dam 
les liens de la dialectique; comme Platon, il part de la connaissanee 
du multiple, et s'efTorce, en généralisant, de remonter à l'unité; 
comme Platon , il exagère le néant des phénomènes et de la DBlora 
sensible, et, comme lui, dans chacun des universaux qu'il atteint,! 
voit une image de l'unité absolue, et, pour ainsi dire, l'un des éche- 
lons par lesquels l'esprit s'élève à Dieu. L'armée des phénomènes qii 
composent le monde mobile, se discipline ainsi sous les yeux de Plo- 
tin, et bientôt, de loi en loi, de simplification eu simplification, il arrite 
à ces principes supérieurs, qui engendrent tous les principes, et qiif, 
rayonnant de sphère en sphère , font du monde entier la Iraductioi 
toujours logique et toujours variée d'une même parole. Hais à me- 



PLOTm. 131 

rare qn'il se sent maître du multiple y ses aspiratious vers Tunilé de- 
Tminent plus ardentes, et le dialecticien s efface devant le mystique. 
Platon, si Ton ose le dire, ne l'a conduit que jusqu'à la porte du sanc- 
tuaire. 

On sait que ce noble esprit de Platon cirrèlait là TefTort de la science. 
Sur la porte du sanctuaire il avait écrit ces paroles : « Il est difficile de 
découvrir l'aoïeur et le père du monde; et quand on l'a trouvé, il est 
impossible de le faire connnilre aux hommes. » Au delà de l'être, der- 
nier terme scientifique qu^il voulût admettre, il apercevait bien l'unité 
supérieure à l'élrp; mais il n'osait accepter ce principe, qui avait, 
pour ainsi dire . caché le monde aux yeux des éléates. La raison dont , 
après tout y la dialectique n*est que Tinstrument, le forçait à placer ce 
principe au-dessus de l'être en soi; mais elle ne poux ait ni le com- 
prendre , ni expliquer par lui l'existence et la vie du reste des idées 
et de tons les phénomènes. Ainsi toute la chaîne des déductions dialec- 
liqoes était rationnelle et ri^'oureuse, à condition de rester inachevée: 
car le dernier mot de la raison, contredisait la raison; et, d'un autre 
côté, si la raison refusait de dire ce dernier mot , non-seulement elle 
înQrmait la valeur d'un print-ipe qu'elle n'osait pas pousser à son ex- 
trême conséquence, mais elle restait sans conclusion et, par consc- 
qoen, sans véritable système. On peut voir dans le Parménide et dans 
le sixième livre de la République à quel point Platon était préoccupé 
de celle difOculté capitale. 

Comment sortir de cette diniculté, à moins de sortir de la raison^ 
Pour tout autre qu'un my>tique la difficullé était insoluble. 

La raison enprendre la dialectique ; la dialectique , poussée à son ex- 
trême conséquence, contredit la raison : Plolin en conclut que la rai- 
son n*est qu'une faculté subordonnée. Les règles de la raison cessent 
ponr lai d'être absolues; s'il n y a pas, dans l'homme, de faculté su- 
périeure à la raison, il existe cependant un moyen d'échapper à l'em 
E're des facultés, de connaître sans leur secours : ce moyen c'est 
»tase. L'extase est la participation de l'homme à rintelligence et au 
bonheur de Dieu, par la fusion complète et momentanée de la nature 
infinie et de la nature individuelle. Grâce à Texlase, Dieu, consé- 
quence suprême de la dialectique, peut tout à la fois la contredire et en 
résulter. 

Ainsi la psychologie de Plotin marche parallèlement avec sa métaphy- 
sique. Il admet les données des sens; il place au-dessus d'eux la raison 
avec les principes , les lois générales et tout le système des idées ; et 
au-dessus de lu raison il place Textase, qni nous découvre l'unité ab- 
solue pour laquelle ne sont pas faites les lois de la raison. 

Parvenus à ce point du système de Plotin, volri les trois problèmes 
qu'il faut éclaircir pour le posséder tout entier : Qu'est-ce que l'ex- 
tase? — Qu'est-ce que ce Dieu , que la raison démontre et qu'elle ne 
saurait comprendre? — Comment revenir de Dieu au monde? 

Si la raison est la plus haute faculté de 1* homme , et si elle aspire sans 
cesse à l'unité absolue qu'elle aperçoit enfin au-dessus d'elle-même , 
après avoir parcouru le champ tout entier de la dialectique , ne doit-il 
pas exister, pour l'homme même, un état plus p irfait , où . devenant 
inalogue à l'unité , il la saisisse enfin dans .?a pcifi'ction inlinic ? Ce qui 

s. 



132 PLOTIN. 

frappe la raison d'incapaciU!, c*csl m>d dualisme; elle se dislingue n^ 
ccssaireiiient de son objet; tous ses coneepu, lors mftme qu'elle oe la 
localise pas dans le monde sensible , lui sont extérieurs. De mëmcqK ! 
je dernier concept perceptible par la raison , le concept ralionnd le 
plus élevé, est une dyade, puisqu'il est au-dessous de ronité, mû 
une dyade aussi simple que la multiplicité puisse Tétre, puis^iu'il vieHt .' 
immédiatement après Tunité : de mémo la raison , parvenue aa som- \ 
met de la dialectique , est une dyarJe ena>re dans sa forme comme daai i 
son essence, maLs une dyade qui participe , aussi peu que possible, di ■ 
la multiplicité. Le dernier effort qui doit nous porter au delà rompt les 
liens de la multiplicité : Tcxtase est unification. C'est l'cxpiratioD de ) 
la multiplicité, de la conscience , de la personne; c'est l'absorption dmh 
roentaniu; de l'individuel et du mobile en Dieu. Dans cet état , l'esprit, 
uni à Dieu, n'habite plus le corps; il se dégage mùme de cette âme, ; 
que, dans l'état ordinaire, il dirige et illumine. Lccxirps devient comoM { 
un palais désert, que son maître n'habite plus, et qui ne subit ptaf |^ 
d'autres lois que celles de la nature organique. L'extase est une mort . 
anticipée, ou, disons mieux, c'est une vie anticipée : car c'est bîei !, 
surtout pour les mystiques que le mot de Platon est profondénwil [ 
vrai : « Mourir, c'est vivre! » 

Telle est la théorie de Textase; tel est le caractère^ telle est la plaee, ; 
la raison d'être, et la valeur scientifique de l'extase. Les alexandriiii \ 
sont les seuls mystiques oui lui assignent des causes et en mesurent là \_ 
portée , parce qu'ils sont les seuls qui la démontrent scientifiquement, 
et qui admettent la raison au-dessous d'elle comme le marchepied qui J 
conduit. Il reste à détenniner les causes génératrices de l'extase. Est^ | 
l'étude? ou la volonté? ou l'amour? C'est Tamour, secondé par l'élode : 
et la volonté. L'étude, en dissipant les nuages qui obscurcissent BOf \ 
esprits, nous met, pour ainsi dire, en face de l'unité; la volonté U \ 
eiïort pour échappi^r au multiple, et pour percer la dernière enveloppe 1 
sous laquelle éclate l'absolu dans sa gloire; l'amour, qui trouve enu \ 
le seul objet qui puisse le nourrir, s'élance comme une flamme brù- ' 
lante, et c'est par lui que l'unification s'accomplit. I^ vertu et la ] 
prière nous rendent dignes de ce suprême bonheur; mais la prière, ^ 
dans Plotin, n'est guère qu'une aspiration fervente, une direction 




luminisme est dans Plotin une doctrine philos^iphique, pleine de pro- 
fondeur, malgré ses excès; il ne sera plus, dans Jamoliquc, qa*aiie 



superstition. 

Le dieu de Plotin répond à tous les problèmes que Platon avait po- 
sés, et les rés^iut par toutes les solutions que Platon avait indiquée!. 
Platon avait couipris que le dernier terme de la dialectique, et es 
quelque sorte la dernière aspiration de l'esprit humain, est l'unité ab- 
solue, l'unité supérieure à l'élre; Plotin, sans hésiter, proclame ou 
l'unité absolue visX réellement le concept le plus adéquat a la véritable 
perfi!Ction de Dieu. Mais en même temps qu'il reléguait la divinité 
dans ces ina(M!Ssil>les profondeurs, d'où le mouvement et la variété 
sont bannis, Platon voyait s'ouvrir entre son dieu et le monde un in- 



PLOTIN. 155 

ftmriiîwiMe abtme; et sor le bord de cet abtme, sa pensée s'arrêtait 
cftaedanle* Toat, dans le monde, lai démontrait que le roi do monde 
A»t être intelligent et actif; tout, dans la pensée, le contraignait à 
Aeter son dîeo an-dessos de Faction et de rinlellîgence. De là , ces 
iidllations de sa doctrine , entre les rêves do Parménidt et les affir- 
Bitions da Timét, Plotin ne rêve pas, il n'hésite pas. La nécessité du 
iiea organisatenr est évidente, il l'admet. C'est le roi, le père, l'or- 

eoisaleor, la providence , le démiourgos , diea vivant et actif, dont 
fiïroe engendre toute force, dont la vie est le foyer même de toute 
lie, qni épanche sans cesse de son sein et sans cesse y rappelle les 
torrents de la vie universelle. Ce dieu, puisqu'il vit, est mobile : au- 
4fiH!is de ce dieu mobile plane un principe et, pour ainsi dire , un dieu 
ptas éleré , l'intelligence. Platon ne s'est-il pas aussi élevr* jusque-là? 
Le dieo actif qui, dans le Timée, sépare la lumière des ténèbres, et 
iMine à la matière le mouvement, est-il le même dieu qui, dans 
k Parwiénide, dans le Phèdre, et même dans le Timée, est le roi du 
Bonde intelligible y le soleil de la pensée, cette intelligence immobile, 
Ami Aristote dira, formulant à son insu la doctrine même de son 
■dire, qa'elle est la pensée de la pensée? Plotin s'élè\e, à la suite 
Ae Platon , jusqu'à cette parfaite et divine intelligence , et, sans trem- 
lier, comme Platon, à la vue de ces nécessités contradictoires, il 
ihee résolument l'intelligence immobile, qni est le premier des êtres, 
as-dessus de l'activité mobile, qui est le roi du monde multiple, 
«-dessous d'un troisième concept plus complet encore , c'est-à-dire 
Ae Fooité absolue, sup^^rieure à l'être, dont il fait le premier terme 
de la trinité divine. Ainsi ce dieu en trois h^i^ostases résoudrait tous 
la problèmes, s'il n'était pas lui-même de tous les problèmes le plus 
paod. Ls démiourgos explique et engendre la nature; Tintelligence 
résDît et domine les intelligibles, ou les idées; et l'unité couronne 
tdhii de la science et la réalité: ontologique. Mais aussitôt que ces 
Ms mots sont prononcés : l'âme du monde, l'esprit, lieu des idées, 
Tinité, sopérienrc à l'être, le mystère parait double, car ce n'est plus 
mdement la conception de l'unité qui étonne la raison, c'est ce rap- 
port de Tanité avec l'esprit, et de l'esprit avec l'ûme, ou le démiour- 
pi8| on la force. C'est cette unité supérieure à l'être, et pourtant 
énse de l'être; c'est cette intelligence immobile , principe et cause de 
rime oniverselle. 

Y a-t-il là trois dieux? La question ne peut même pas être posée. V 
»-i-il QD seul dieu, Tunilé; et au-dessous d'elle, des principes séparés? 
Ea d'antres termes, l'intelligence est-elle déjà le inotidfr? Non; car 
dors, il serait aussi difficile d'appuyer l'existence de l'intelligencp, sur 
le eooeept antécédent de l'unité, que d'appuyer le monde lui-même 
nr l'unité supérieure à l'intelligence et à 1 être. L'unité, l'intelligence 
etlaforee, ce sont, dans cet ordre, les trois hypostasesd'un seul et 
BDîque dieu. Ce dieu en trois hvpostases expliqua; la science et le 
nmide. Quant â l'expliquer lui-rnême, la raison ne le peut; elle ne 
ptot que le démontrer. Elle ne peut ni comprendre en elle-n.ème Tu- 
aité abAoIoe, ni comprendre que sur celte unité, qui ne saurait être 
aos»:, s'appuie linlelligence; ni que de rintolligcnce ur.u.f/uWft .s^jrle 

K principe du mouvement. Mais si la raison ne peut ni co'i.prr;ndrc ni 



154 PLOTIPf. 

exprimer c«s profondeurs , l'espril les saisit, dans ces éclairs d'illniDi- 
nalion surnaturelle qui le IraDsportenl au-dessus de la sphère ration* 
nelle. La Irinilé hypostatique est un philosophème, comme cons^ ' 
quence ; comme inlssiition^ c'est un mystère. 

Dieu une fois donné, il faut descendre au monde. Ici se place la \ 
théorie de TémanatioD. L'extase , la trinité et Témanalion : voilà Une 
Plotin. 

La théorie de Témanation , comme toute théorie sur l'origiDe Al |- 
monde, est fort obscure. Ce grand problème du passage de rabsolon p 
contingent et de Timmuable au mobile, n'a guère été résolu que par p 
des métaphores ^ les plus sages sont ceux qui affirment sans essayerai i> 
comprendre, et qui reconnaissent humblement que , le pouvoir de créor ?f 
n'appartenant qu'à la nature divine, il participe nécessairement le ' 
l'incompréhensibilité et de l'inefTabililé de Dieu. Ce n'est donc paseï [^ 
mot d'émanation qui peut nous éclairer sur la doctrine de Plotin; tf ** 
d'ailleurs Plotin a souvent changé d expression et de métaphore. Ta»* 
tôt c'est émanation qu'il emploie , tantôt c'est irradiation. Il se lOl 
aussi du verbe faire, de ce même verbe grec que l'on a souvent tradrik 
en français par le mot créer. Au reste, que le monde sorte de sa cauil 
par émanation y comme le contenu d'un %ase s'en échappe quand II 1 
vase est trop plein ; ou par irradiation , comme la lumière s'élance di ^ 
son foyer; ou par génération^ comme l'enfant descend de son père, ce | 
qui nous importe , ce n'est pas de comprendre l'acte m^me de la pnn ^ 
duction, puisqu'a cet égard tous nos eiïorts seraient vains; c'est d'ci !- 
connaître les caractères, de savoir, par exemple, si le monde a con- e 
mencé et s'il doit finir, s'il existe en Dieu ou hors de Dieu^ siDin f 
pouvait ne pas le faire ou le faire autrement. ^ 

Toutes les réponses de Plotin sont catégoriques. 

Qu'est-ce que Dieu? Le premier, par dtTmItion. Il ne saurait ttn 
premier et dernier; donc il n'est pas seul ; donc il n'a pas pu l'être ei 
ne le sera jamais. Ainsi le monde existe nécessairement, et il n'a ai 
commencement ni fin. 

Si Dieu était seul, il ne serait point principe : car il faut être prin- 
cipe de quelque chose; il ne serait point cause, ou du moins, ce qui est 
tout un, il ne serait que cause virtuelle. Dieu serait donc impuissant, 
ce qui est absurde; ou puissant , et n'exerçant pas sa puissance, ceqii 
est plus absurde encore. Un eiïet ne peut exister sans cause; mais nne 
cause qui ne produit pas d'eiïet, perd sa définition et sa dignité. 

Sans doute. Dieu n'est pas cause comme l'homme est cause, M 
comme toute force créée est cau^e. L'intHliper.ce, par exemple, le 
seconde hypostase divine, n'est pas cause de la troisième ; car si elle 
l'était, elle serait mobile, et elle est immuable. Kilo n'est pas cause, 
et pourtant c'est par elle qu'existe la troisicme hyposta«<e; elle en est 
le principe*. En mérne temps, elle a pour firincipc runité. L'unité 
seule, principe de tout, n'a pas de principe. Elle seule est absolue. 

Ce n'est pas seulement Dieu qui est piincipp. Tout est principe, i 
iVxception du dernier. Tout est conséquence de l'être antt cèdent, cl 
principe de l'être immédiaiement inférieur. Dans voWe chaîne im- 
mense, qui va de Dieu au chaos et à la nuit, la loi de l'érnanatinn unit 
solidement tous les chaînons, et en fait un seul et même tout. Le 



PLOTIN. 155 

fremier «M |>riiicipe el n'est pas conséqaence ^ le dernier est cods6- 
ficBce et n'est pas principe; mais entre eux toat engendre et est en> 
gendre; tout renionte vers Tunité par son principe , et descend par 
les effets vers la moltiplicité. 

Dieu produit donc le monde nécessairement, sans commencement 
ni fin. Il le produit tel qu'il est , parce que telle est la nature qu'il de» 
vait avoir. En un mol, il ne pouvait ni ne pas le faire, ni Je faire antre, 
itfieootnmés que nous sommes à tout rapporter à notre nature, nous 
melons juger de la puissance de Dieu par notre faiblesse. Nous ne 
prenons pas notre propre liberté, et, quand nous nous trompons 
elle y nous entendrions celle de Dieu ! Si Dieu pouvait faire le monde 

tfe qu'il ne Ta fait , Dieu ne serait pas libre ; mais il est libre , parce 

rli n'avait pas la possibilité de choisir. Qu'est-ce que le choix, sinon 
possibilité, entre deux routes, de prendre la moins bonne? Suppo- 
9tr qoe Dieu choisit, c'est supposer qu'il peut hésiter dans son juge- 
■EBl , on succomber dans son action ; c'est donc le supposer imparfait. 
La posabilité d'errer, on la possibilité d'échouer , infirmeraient la pnis- 
anceetypar conséquent, la liberté divine. Ploiin n est pas le seul pan- 
ftéîsle qui, voulant enehainer la poissance de créer dans les mains de 
DieOy ait HqaMM nom de liberté à cette nécessité inévitable , et con- 
miéré oodmw qd iymne à la liberté cette consécration du fatalisme. 

D œ letfe pins , pour entendre ce qui peut être entendu du système 
dcsémanatkmst qu'a savoir où ce dieu , libre, selon Plolin, par l'impos- 
âbilité de choisir, va placer ce monde. Y a-t-il quelque chose hors de 
Dieu, qui puisse devenir le réceptacle des émanations? Selon Piotin, 
Tespace n'est rien; la matière, en tant qu'elle est dans les élres, y des- 
cend en même leups que la forme, parce que chaque principe en- 
gendre ao-dessons de lui de la multiplicité, c'est-à-dire de la matière, 
cl de l'unité, c'est-à-dire la forme ou l'image du principe lui-même. 
Ainsi, rien hors Dieu, ni espace, ni matière. S'il existait quelque chose 
hors de Dieu, fût-ce même le monde créé. Dieu serait limité, ce qui est 
inpossibZe. Donc tout est en Dieu ; et c'est en lui-même qu'il produit 
btalemeot le monde. Comme rinteiligence divine est le lien des esprits, 
Time divine est le lien des corps. 

Toîlà donc le panthéisme avec tous ses caractères : le monde, pro- 
dnit fatalement, nécessaire à Dieu, sans commencement ni fin, pro- 
fondément distinct , mais non séparé de la nature divine. 

Telle est la loi qui expiicme l'origine du monde, ou , plus générale- 
■cnt, les origines de tous if êtres. Avec celle loi finit la métaphysique 
proprement dite. Si dous cherchons maintenant la loi du moif^ement, 
Dons devons, en quelque sorte, remonter le courant. Tout est expansion 
et concentration : expansion dans la génération, concentration dans le 
mouvement vital. Par ces deux lois contraires, le monde demeure in- 
définiment semblable et égal à lui-même. A peine l'être est-il engendré, 
qa'il se ment pour retourner à sa source. 

Comme tout, à l'exception du premier et du dernier, est produit et 
prodocteur, tout a aussi deux amours : l'amour des conséquences, et 
l'amour du principe; le premier, qui aiïaiblil lêtre et le rapproche du 
multiple ; le second , qui le fortifie en le simplifiant et en le ramenant à 
i'oniîé. Voilà donc la loi, la loi élerneile : tout sort de Dieu, tout re- 



156 . PLOTIN. 

tourne à Dieu. La science da monde est entière dans ces deux mois; 
le premier nous donne son origine , et le second sa destinée. Le diei 
de Plolin est aussi l'alpha et Toméga , comme celai de TEcritare. Il cA < 
le principe du mouvement , parce qu'il engendre; et la cause finale, 
parce qu'il atlire. Il n'est' pas seulement la perfection, il est le bien. Il 
n'est pas seulement le soleil des intelligences , il est le centre où a8|»* ■> 
rent tous les amours. 

Ce dieu parfait, mais nécessaire dans son essence , dans son atlri- i 
but et dans son acte ; ce dieu cause , mais qui se dégrade^ en qveiqii [ 
sorte , en prenant la qualité de cause , puisque la force active n'est qM ^ 
la troisième hypostase; ce dieu, l'idéal et l'amour du monde, eomiBe (. 
il en est le principe, mais qui pourtant ne connaît pas le monde, poî^ i 
qu'il ne peut penser sans déchoir, et que sa pensée est la pensée de h l 
pensée; ce dieu fatal, concentré en lui-mèmo, est pourtant, soivHl 
Plotin, une providence. 

Mais comment sera-t-il la providence;du monde, s*il Tignore, eli*l . 
n'est pas libre ? 

D'abord , il est libre, aux yeux de Plotin , quoiqu'il ne paisse dKWVj i 
parce que Plolin, comme Spinoza, fait consister la liberté à n'obfir] 
qu'aux lois de la nature. L'action libre, dit-il, est celle qae Ton Ml 
avec intelligence et sans contrainte. Dieu est doncGerlaintménl libre, 
car il n'a pas de matlre. Ensuite, Dieu connaît le monde, non pu 
directement , mais eu se connaissant lui-même. En effet, il estcaosa, 
cause actuelle; il se connaît tel qn'il est, c'est-à-dire comme caoïB 
actuelle; il connaît donc éminemment, sinon formellement , leseflieli 
qu'il produit, de même que par la connaissance d'an principe il Ci 
connaît éminemment, et sans raisonner, toutes les conséquences. 

Dieu étant la perfection , tout ce qu'il fait est parftdl dans son espèfll 
et selon son rang. Rien n'existe , ou ne se développe , ou ne se meil 
au hasard. Non-seulement tout être, mais dans chaque être UmI 
attribut, et même tout phénomène a une cause finale. Celte théorie 
des causes finales est longuement et habilement développée dni 
Plotin; elle le mène droit à l'optimisme ; et de même qu'après avoir 
démontré que Dieu fait fatalement ce qu'il fait, il se sert néanmoins di 
mot de providtnce, de même il lui arrive fréquemment, en développait 
son optimisme, de paraître attribuer à la volonté de Dieu ce qui en réa- 
lité ne peut être, dans ce système, attribué qu'à sa nature. Quoi uoll 
en soit, à pari celte contradiction, sa doctrine à cet égard, et mêine 
ses développements, rappellent Leibnilz. U est plein de force qoand il 
discute l'objection tirée de l'existence du mtfl. « Le mal, dit-il, n'existe 
jamais à part, il est toujours mêlé à un bien : lui-même est un bien, 
non en soi , mais par ses elTets. L'inégalité est la condition de l'ordre. 
Il est vrai, le mal est un mal si on l'isole; la laideur est laide, et non pu 
belle ; mais si tout était beau, le tout ne serait pas beau. Qu'il y ait u 
peu de mal ri''panda dans le monde, cela est un bien. » Il est plus élo- 
quent que Sénùque et tous les stoïciens dans la gu(Trre contre la doc- 
leur et contre la mort. La mort est si peu de chose, que les hommes 
s'assemblent dans leurs jours de fiHo pour s'en donner le s|)ectaele. 
Ce sont des joux descène, dit-il. Ce n'est pas notre àme qui souffre 
et qui meurt; c'est le personnage. Le devoir seul est vrai, dit-il 



PLOTIN. 157 

MMre ; le mal n'est rien : ces cris et ces sanglots dont lo inonde 
ntentii, prouvent la l&cheté hamaine^ et ne prouvent pas rcxistenco 
do mal. 

Le devoir ? Panthéiste et fataliste , Plotin devait confondre le devoir 
avec la natorc, la nature avccla nécessité. Mais il traite la liberté do 
l'homme comme il a traité la providence de Dieu : il la nie en prin- 
cipe , et il en parle comme s'il ne l'avait pas niée. Libre ou non d obôir 
à la loi , ne faut-il pas d'ailleurs que nous ayons une loi, cl que noire 
inlelligonce s'applique à la connatlre? La niorale de Plotin est la 
morale même de Platon, pure, austère, détachée du monde, invaria- 
blement appliquée ù reproduire Tidéal de la porfoclion divine. L1n- 
floenoe même du stoïcisme se fait sentir dans cette partie de la doctrine 
de Plotin; il est plus grand casuisle que Platon , et casuiste plus inexo- 
rable. Quand il a disserté en platonicien , ou plutôt en stoïcien, sur 
la prudence , le courage, la tempérance, qu'il appelle des vertus poli- 
tiques, parce qu'elles sont les vertus de l'homme considéré connue. 
citoyen du monde, il s'élève à une sphère supérieure, et là le mystique 
te retrouve. Les vertus du philosophe ne sont pas seulement ces vertus 
politiques que le vulgaire ne dépasse pas. Les vertus du philosophe. 
sont des vertus purilicalrices , initiatrices, qui nous dégagent absolu- 
ment du monde et nous préparent à l'extase. Ces vertus sont : la jus- 
tice , la science, l'amour. Pour lui, comme pour Platon, la science est 
une vertu, parce qu'elle élève l'homme et engendre l'amour. Enfin, 
an-dessus de toutes les vertus, se place, couronnement de la morale 
comme de la métaphysique , l'union avec Dieu , Icxtase. 

Le mysticisme de Plotin paye cependant son tribut à la faiblesse 
humaine. A force d'exalter les perfections et h* bonheur de l'extase, il 
perd UD instant le sens moral; t:t son exaltation mystique l'égaré, 
comme l'orgueil de la force égarait, h côté de lui, les stoïciens. Dans 
l'extase, dit-il^ l'homme a tous les l)iens; rien ne lui manque; il ne 
peat souffrir. Il ne sent ni la douleur ni la mort ; il ne s'inquiète mCie.e 
pas de la conduite future de ses enfants. Seulement , il ne s'agit pas 
ici da sage stoïcien proclamant que la reconnaissance est un vice, 
et plaçant au-dessus des devoirs de la fnmille l'orgueil de sa liberté 
solitaire. Le sage de Plotin, tant qu'il vit réellement, accomplit tout 
les devoirs delà société. L'extase est une interruption de la vie. 

L'extase n^st qu'une immortalité anticipée. Toute la doctrine de 
Plotin respire la spiritualité et l'immortaHlé de l'Ame. 11 n'avait pas à 
la démontrer, puisqu'elle ressort de tout son système. l\ la démontnî 
cependant, et avec une rigueur que ne désavouerait pas la critique 
moderne. Quelques mots sur la métempsychose expriment-ils une 
croyance sérieuse ? Ne sont-ils qu'un hommage rendu aux n)\thes ûr. 
Platon et aux symboles de la théologie? Dans ce courant que remon- 
tent les êtres pour retourner à leur source en vertu du principe de 
eoncentratiun, rien n'empêche de pincer la migration des âmes. Pour- 
quoi ne remonterait-on pas de sphère en sphère , selon l'efficace des 
parifîcations accomplies^ jusqu'à ce que Tcti ait entièrement triomphé 
du multiple et de l'individuel? (juoi qu'il en soit, médiate ou immé- 
dialc, l'absorption de Dieu est le terme; c'est-à-dire que, pour IMolin, 
rimmort^lité de rAme n'est pas l'immortalité de la personne. 



ist PLorcgiET 

EililiODi An Entn!aât$. Edition grecque-laliiie, «Nkl J 
arKumenlN et la Iraduriron dft Marsile ricin, In-^, Bllt,r 
uiAine, uvi-c lu dutc (le l(îlS. Trois édilions de la ti ~ ' " 
Fidii , MAftH le f^rcc; le.s uri^uoirnls seuls, dans le sec 
(puvres. Edition du sixième livre de la première fiui/oA {w 
M. VtM. Cri'uzer, in- 8', llcidelbertr, 181i. Tradpctioiidil 
Mvrn dit la troisième Ennéadt (de la \alure, de ta Seienet etÉf 
éd. l'réd. OiMiKer, dans le premier volume de ses Aufta. 
FriiniTorl el Ili-l(HI>cr(! , 1805. Traduction de la premîtrii 
d'I'.iiKelhiirdt, iSiO. V.flitinii complète, avec cotnmentaiR ■ 
et iiiilits, [NirOeuKer, Il vol. in-V, O^iTord, 1835. 

Consultez Vuclierol , Ilùloire crilique de l'école fAJtf^ 
3 vol. in-S", PuriK, I8V0. — Juleis Simon, U'utoire de l'ieoUiÈ 
dri/i, 9vol. iii-8",ib., 184.'>, — La thèse de U. DauntSHtl 
in-8", paris, 1848. 

PLOlICQIIET (Oodefroy], né h Slutlgard, en 1716, d'DL_ 
prolcitunLc rËru^idn de Fninec, niorl à Tobingue, en 1791),] 
professeur de iu^iilue ei dit m6lu physique, s'est fait remarqua 
lièreineiil par ses rETortN pour recommander la mooadologitl 
perfectionner la IokI(Iuc, en rjip|irocliant la première dti l'expè 
useeondedesinatliéniiiiiqiifH, S'étjinl rormcprincipalemeDlpii 
des œuvres de LeibniU et dit Wulf, il se proposa de rendre le 
trine plas l'ompliUe et plim cluire. Il unnon^ cette intenlioa^ 
premier Irovuil : Primaria monadulogiiK eapita [in-8% 17W; 
d'essni i|Di le fit receveur memltru de l'Académie de Berlin. 

Un autre mérite de eettïerivaiii, aussi distingué par son é 
que par s» sagadli^t c'est le stèle qu'il mit à dérendre les doetr 
pilali-s du spirilualiSDie contrit lus nniti'rialistes du xviii< siècle, 
battit énergiquement Lamctlrie eL l'Jloiiiwr-lHachine dans la 
lution de Materiaiitmo Qn-i' , n&l>, ; llobinel et ses parado 
l'équilibre du bien el du mal, sur la jjiiysiiiue des esprits, sur '. 
de la nature et suu expiiiision, dans diverses autres dissertatio 
lement pressantes (1705); lli'lvt'lius el te Mvre. de i Esprit ; ^ 
tendance de la philosopliie n^^iiunle, dans une série de traités 
plus iiiiporlants portent les litres suivants : De Cotttwgonia 
(in-4'>, 17S5) ; — Examm melelemaluiH Lockii depertonatitat 
1*760); — Diutrtatio de Uj/e eonliiiualioiiii ttu gradalionit 
17G1). — ProBidtnIttt Dei m ihii/iilare» curans t natura Dei t 
exiiructa (in-V, 1761). 

Mais il erîtiqua aussi Kant, qui, bien avant qne de publier la i 
de la miioit pur«, avait u^miili: (|iJo iu preuVk MiMotoot^iif 
scnle preuve possible de l't'>:jj|n|| dti lli ey ^Q gag « es Ob$ ^ 
ad CominiHt. E. A'ohI 
tximtnliœ Dei (ITtill). 

l'Iouequct ne se bon 
derncs du point de vue | 
reconslrnire et d'apprécier 
pie, relies de TIiuIm, d'Al 
Seitus Empiricus. Lnplupi 




PI.1TAI(V,>1'F. tSO 

f'jrrnt r^iini^ ilao» U*s i*'mmentai%tmiê ^iUiiAêuphiem m- 
, l tlrtl.l. I7S! . 

nn \ t l'i"Ur>(ii> l «I* (!t-\i*u«'r .1 I.t r^aii^aiiun d'unr idée 

( I • •' ( ■>r I.t it i.il/ •" ii« !•- l:tr^ lit* '•tirnrten^uque «fit- 

1. 1 h.i a r'-pr^ ^onlcr '• ^ iii\f r> i-I« n inl« df» prK^'^i^iliuni 

f> ;:t" ri.c'riqu* t. I ar de» fi'riiiu!r» ii dlLt*fnatiqiir& ; à 

I ^. Ir.f à 1 art di* rai^nriu-r, au 5\i:<>^:sn:o. I. .«ulror 
j'in ti cl lio /M rrA I /r rfi. m. y II <- , |e ^iri-fuDd fl Luarrr 
f: I •• lii'it , I av.iil |>rii'id'' i!aii^ iVltf \uif, drjà OU- 

•! r'.'or^ ^^l.î.i^l.(Ju•^. \K iii'q'îi't rt|io*a rrltr mlre- 
'l.ii;^ «liii .Y/ri/'i/ui r.j/«-if/ijr</i m /•.^iru iii 8*, 17G^1; 
. (! cli-ii'fu'* ri dr riu'ci'ur. fi.m** m*^ ihàiituhtimet philo^ 
\r<f ITT'i . (!*' ' tj. nif U'^v^Ht^ diil.Ht* a jim/ii'i/Crr la 
- 1 dr> rai^-nr.i iiMhïs vt kU ^ jiip-inrnl!» , lirais acul^niriit 
t..'A.i.« ^-•* •:: iirii]t*<'N l'i .iVi-Li:t]U(> , loiiMNie à ri>pr^- 
l.'rai.d*-« Iit1r< s liH |irM|f«-«jti"rN ui i\(rH*ilr>, par les pe- 
l>ri|i'i«i;.> Un piiLriiiièriN ; r.in.r!iiaiiiin |iai Ir M|;ne — , 
r /. A-r.M, jif'ur rxpr.HuT niir |ir«'|i*'MlH.n uni^rr»rllc: 
«t iou.it»!'*. lin ;:ur.iit V I.; i*l riili'-n : Nul \ire 
(idiiii r.iil V / !.. (!«* ^\^lrlI>v de irndifiraliini» Iciot 

* 

II rt'N'.i-iil i-ir.in^t-ri's ;iu f< r.d nii^in^ dt^ l.i ^M^itMM* ri loin 
> d>>i\riii jMi iiwlri*. |'Ui*^()u t'ili>> iio|HU\int ri'|jrûduirr 
I \A'M ixM!.; i:<;:.i'>-s; (•* |riM>di' fui diM iitr, li ur a lotir 
iiiè. riMis !•' i..:i'U\ rntiqui* par rrtui qui pav^ati fKiur le 
A-qiii l. I^i!ii|i4*rt. \x^ pirii>N ili* rt'tti* di^rusMoii, qui n'csl 
'i.iiHn- d.iii^ 1 liislfiirr do la lo^'iqur, furrnl rccw/llic» par 

t' (I \arit*. rtvm-qurl a rompo^ plus de \ingt volumes^ 
<> «-•ri! quVn laiiii. Sa didit n.ru f:rn^ral pure rt netle, 
•;i Mi)j:r. phiH .s-tuvTiil l'iimn* inq» rAflinrr. In incendie 
.1 iiMiS' w l'I ^c!^ li\r('^, il dfiil lui-iirriip xw fui >au\ë 
. «ausi la perle de plusirur*» niinu>eriN luUTc^sants. 
M 'e roii-piil lr> ilcriiièrt-N .inr.res de sa \ie. 
!!ot<M), //></' irr* dt la Itfjt'^ue ei Je la metaphy*iquê, 
i >'.]i\. ai. . C h». 

)VV\. (i'-l l'cri^ain nous apprend lui-m^me qo'il ^laiiori- 
P'itee, eti Hé'il<e. On n*- ni I la il.ite ppvise iii de sa nais« 
n.> ri ; iiiai^ en prui cunelure de quelques iias.^'.^e.s de sel 
:l né\ers le iiiiireu du pri'UiiiT siivli- do 1 ère elirelienne, 
:ea sa \ie ju^qtï'.t i:n i't^>Ni\.ino*. I) eiiidia snus un ivriaÏD 
j'il ne fuut pa- ednfnnilre avte dis p!ii.iis(q#he^ du mi^nie 
IDC date porliTirure. Pluiarque, qui net en seêiie dans 
Mamis, ses pariiils. et qui >'\ nul lui-niènir, n'a pas 
ttt AmDiunius. Il eite iwiihv de !ui un irait sin^'ulier: 
■nneti dit-il ,de la Manière de discerner un flatteur 
VkliMlier un ami, reprennent des éiran^'ers d une 
use. l'njnur. pat exemple, noire niaftre 
^Iqucs-uns de ses disciples a\ aient fait 
'Qa que &od propre fils fût fooetté par 



•M«| 



140 PLUTARÔUE. 

un affrancril , sous prétexte qu'il ne pouvait dfner sans vinaigre. Et 
même temps, il jeta sur nous un regard tel, que les coupables prireil 
pour eux la réprimande. » Heureusement , les leçons d'Ammoniii 
n'avaient pas toutes cette forme bizarre et cette signiflcation énig- 
matiqué. 

Plutarqoe fit le voyage dllalie, et tint école à Rome. On a prétendt 
qu'il avait été précepteur de Trajan. Suidas raconte même qu'il reçut 
de cet empereur la dignité consulaire. Cette double tradition, acceptée 
par Amyot, n'est pas confirmée par la lecture des écrits de Plutarqne, ; 
On voit seulement, au commencement de ses ÀpophtIiegmeSj qa'il coi* , 
naissait Trajan, puisqu'il lui dédie ce traité « comme un petit préseet t 
d'amitié. » Il revint, jeune encore, à Chéronce, et y remplit plosiewi < 
fonctions publiques, entre autres, celle de prêtre d'Apollon. ! 

Plutarque a composé une muUilude d'écrits, dont le catalogue a ëi 
dressé par un de ses fils, nommé Lamprias : ce sont sesVies paraUèUi^ \ 
ses Œuvres philosophiques et morales, enfin, plusieurs traités sordel j 
queiîlions de rhétorique, de musique, de médecine, de physique, d'ae- . 
tronomie, de théologie païenne, etc. Quelques-uns de ses livres se soil : 
perdus ; d'autres nous sont parvenus incomplets ^ et la critique moderM 
a contesté l'authenticité d'une partie do ceux que nous possédons : en 
doutes s'appliquent surtout à certains ouvrages trop informes et trop 
négligés, pour qu'on puisse, sans hésiter, les mettre sous le nom A 
Plutarque. Quant à ceux qui sont incontestablement de lui, il senft. 
intéressant d'en rechercher la date et d'en essayer le classement chro- 
nologique. C'est un travail pour lequel on trouverait dans Plutaraoi 
lui-même des indications précieuses. Ainsi , dans le passage m 
Apophthegmes qui contient une dédicace à Trajan , il dit : « Voici lei 
humbles prémices de mes études philosophiques.... Il est vrai quedaM 
un autre recueil j'ai écrit les vies des généraux, des législateurs etdei 
rois les plus célèbres de Rome et de la Grèce. » Ce passage prouve qM 
les Vies ont précédé les Œuvres philosophiques et morales, lly abeôi- 
coup d'autres endroits de Plutarque où il parle de ses ouvrages anté- 
rieurs ; mais ce n'est pas le lieu d'entreprendre une pareille recherdie. 
Nous ne nous arrêterons pas, non plus, à juger son mérite littéraire: 
nous préférons nous en rapporter sur ce point à Tautorité de H. YilP 
lemain, qui a consacré à Plutarque une de ses plus belles notices. 

Comme tant d'autres écrivains de l'antiquité, Plutarque a foit des 
dialogues ; c'est la forme qu'il a donnée à la plupart de ses écrits de 
philosophie morale. Dans ces dialogues, imités de Platon, il întrodiûtp 
pour varier l'intérêt, tantôt une digression mythologique: par exemple^ . 
cette description des enfers qui termine son livre des Délais de lajm^ 
tice divine, et qui rappelle le récit d'Er l'Arménien dans la Républiqm; 
tantôt des épisodes d'une grâce touchante , qui servent de cadre à sùê 
récit : tel est ce charmant passage du dialogue sur Tamour, où il raconte 
qu'à la suite de quelques démêlés avec les parents de sa femme, il B 
avec elle un voyage au mont Hélicon, pour sacrifier à l'amour et ph* 
cer sous la protection de ce dieu sa félicité conjugale. 

Plutarque n*est pas un philosophe, à proprement parler, quoiqn'S «t . 
écrit sur la philosophie autant que personne au monde , et qu'il M 
manque aucune occasion de la célébrer. C'est plutôt un agréable cou- 



PLUTARQUE. 141 

; 
pitalear, qai s'amuse à déployer sur chaque sujet >on inépuisable érn- 
dîtion y sans s'inquiéler beaucoup de la précision du langage ni de 
l'enchatuemenl rigoureux des idées. Le catalogue de ses œuvres men- 
tionne an livre sur les contradictions des stoïciens et un autre sur celles 
des épicuriens y celui-ci perdu. Il ne serait pas impossible d'en faire un 
sur les contradictions de Plutarque lui-même. Toutefois, dans celte 
prodigieuse variété d*écrils qui se rapportent à difTérents âges de la vie 
de Fanleur, et dans lesquels il était diflicile a un esprit plus littéraire 
que philosophique de ne pas se contredire plus d'une fois, il y a quelque 
chose qui domine et ne varie pas : c'est le respect do la mémoire de 
Platon. Plutarque est un disciple avoué de l'Académie; il aime à citer, 
i reproduire Platon , excepte dans ce qu'ont d'excessif et de choquant 
certaines institutions politiques de la République, et dans ce qu'a de 
trop hypothétique la théorie des idées ^ encore, sur ce dernier point, 
Plutarque défend-il Platon contre Arislotc, qu'il accuse d'avoir repris 
Platon « en revenant sur cetic matière à tout propos, et en multipliant 
la objections plus opiniâtrement que philosophiquement. » {Contre 
r^ieurien Coloiès.) 

En psychologie, Plutarque admet cinq facultés : « L'âme, dit-il, 
d'après sa division naturelle , comprend : premièrement et au degré le 
pins bas, l'âme végétative; deuxièmement, la sensitivc; troisièmement, 
rappétilivc ; quatrièmement, Tirascible; cinquièmement, la raison- 
nable, qui est le degré le plus haut de perfection. » (Sur la signification du 
moîti. — Voir aussi le traité Sur les oracles qui ont cessé,) On reconnaît 
dans ces trois dernières facultés celles qui jouent un si grand rôle dans 
le système de Platon. En théodicée, Plutarque admet, comme Platon, 
une intelligence souveraine qui, dès le commencement, a ordonné le 
monde dans un plan de sagesse et de bonté; et, au-dessous de cet 
êlre suprême, des puissances intermédiaires, des génies qui lui ser- 
mtde ministres, et qui veillent sur les difTérentes espèces d'êtres, sur 
' IVHume principalement, tt II nous reste, dit-il dans son traité du Des- 
fWj à parler de la providence divine qui comprend aussi le destin. Il 
est une première et suprême providence, qui est rintclligcncc du prc- 
Bier et souverain Dieu, ou, si vous Taimcz mieux , sa volonté bienfai- 
aote envers tous les êtres, et qui, la première, a donné àPensemble des 
dMses divines et à chacune en particulier l'ordre le plus admirable ci 
le plus parfait. La seconde providence est celle des seconds dieux, qui 
parcourent le ciel, qui règlent toutes les choses humaines, et maintien- 
neat tout ce qui est nécessaire pour la conservation et la perpétuité des 
liBfrentes espèces d'êtres. La troisième providence peut s'appeler 
no^ection des génies qui, placés auprès de la terre, observent et diri- 
Mt les actions des hommes. » 

Plutarque, on le voit, croit à l'existence d'une Divinité suprême, 
senrie, dans l'accomplissement de ses desseins providentiels, par des 
tfieux inférieurs. Quant à la mythologie païenne, il y fait souvent allu- 
sion y mais sans y croire autrement que Cicéron , Platon- et les autres 
Krands esprits de l'antiquité; et, s'il semble en accepter quelques 
i^ogmes , c'est sans doute un ménagement commandé par sa dignité 
^rdotale, peut-être aussi une fidélité d'érudit aux vieilles traditions 
le la Gri^e. Personne n'a mieux démontré que Plutarque le danger de 



U3 PLUTARQUE. 

la saperstilioa. C'est ao point qa'on le soupçouDeraît presqae d'JDcliMr 
à cette thèse favorite des sceptiques do iviii' siècle, que Tabsenceà 
religion est préférable à une religion fausse, a J'aimerais mieui,dil4 
daos un passage cité par Rousseau , qu'on dit de moi que je n'a 
jamais existé et qu'il n'y a pas de Plularque, que si on venait dire: 
Plutarque est un homme inconstant, mobile, enclin à la colère, dih 
posé à se venger ou à s'affliger à tout propos.... L'athéisme ne dooN 
pas lieu à la superstition, tandis qu'on a vu la superstition engeiuhl 
rathéisme. » (De la Superstition.] Ailleurs, dans son traité à*lm 
et Oêirit, Plutarque fait justice de ces divinités locales, grecques il 
barbares , qui ne sont que des noms divers donnés au dieu que la pli 
losophie proclame et que la superstition défigure : « Les dieux ne um 
pas autres dans un pays, et autres dans un pays différent; ils ne toj 
pas ^recs ou barbares, septentrionaux ou méridionaux ; mais, 
le soleil ou la lune, le ciel et la terre et la mer, ils sont commi 
tous , et appelés de divers noms en divers lieux. Ainsi , une même inl 
ligencequi ordonne tout le monde , et une même providence quilej 
Verne, (^t les puissances inférieures , chargées de veiller sur le tout, 
re^u différents noms et différents honneurs, selon la diversité des 
et les prêtres usent de symboles et de mystères , les uns plus obscuAj 
les auires plus clairs, pour conduire noire entendement à lacoonaK 
sance de la Divinité, non sans péril toutefois, parce que les ud8,8J|I 
dévié du droit chemin , sont tombés dans la superstition , et les auM 
fuyant la superstition , ne prennent pas garde qu'ils tombent dans l'Ut 
pieté. Il faut en cela prendre conseil de la philosophie, qui noQSgd^j 
en ces .saintes contemplations.,., » j 

Quand on compare Plutarque avec les philosophes de son teop^i ^ 
peut se demander jusqu'à quel point il a participé à ce curieux n^ïï 
vement philosophique qui préparait, par le mélange des doclrifll 
antérieures, grecques ou orientales, l'avènement de Técole aletfi 
drine. Dans leurs conjectures à cet égard, quelques historiens pi" 
à Plutarque une sorte d'éclectisme, une tentati\e de fusion eolrel 
doctrines philosophiques ou religieuses du passé. Cette assertiopj 
parait pas démontrée. Ht qu'on peut dire, c'est que Plutarque qû'^ 
cute quelquefois des mythes étrangers, particulièrement daos 
traité d'/âû et Onrie, leur applique un système d'interprétalioo 
sez hardi, qui consiste à les regarder comme des symboles, eli* 
ramener au sens des idées philosophiques de la Grèce. Sous ce rapp^^^ 
il a quelque chose de commun avec les alexandrins. SeuleDKrOlfl 
procédé que Plutarque avait employé avec mesure, et dans qoelqil 
cas particuliers, les alexandrins l'ont généralisé en rexagéraDt-M* 
marquons aussi que ces philosophes ont trouvé dans les écrits de Pv 
tarque un répertoire abondant de faits et d idées qu'ils ont plus d^ 
fois mis à profit, Proclus surtout, qui puise sans scrupule ij" 
source , et qui négligp de la nommer. (G)rnparer le traité de P^^^ 
De decem dubiiationihus circa protidentiam , avec le livre de$ AfW 
de lajuntice dicine , de Plutarque.) 

Plutarque a la réputation d'un moraliste plutôt que d'un philosop^ 
et c'est ainsi en effet qu'il faut le considérer. Sa place en moralec^' 
igàUt distance des épicuriens et des stoïciens , deux étales qu'il ^ 



FLITAHULI:. 149 

r à toar et ■\pt- \iguciir djnn ^s i-i-ril>. Thr-s 1rs «tou^u'ns, Plu- 
coodainnp l'or^un! ri h f- lir do l'-nr** ^ .irjd«>&f?i^ il rrnon\t'llc 
eux lo« raillorics Mjr lt*M]Ui'tI(*^ ^ fiait j* u<v un instant I cU.- 
de Cic^ron. Il r^pr-vb*' .ii*\ i-piiuri' i»^ îi» nlAi h» tnrnl cl !e 
d'^ li'urs maxiinos, ri ju^ju.i !.i \.ii.:U- d<* '.rurs i fT«>ri!^ piiur 
v" 1^ hnnhpur.crl iiij'.>|ui' \'H\ (]u i\s as«>.^'ni-ril à l.i \ii' huiuaiDf. 
e.Plutarqu»' na. pas iiIumii iiii>r.iîi- -u «n | ti.lu^i phit*. »jr prc- 

$\>l**nialiqu*'s. (!r«l un 'rnv.i:!! a:ll..kl't', i|Ul M* pl.iit à dis- 

ur lnuteo«[>«Vr do mij<'N, « i ijui !«*'« traita ."tu poinl di* \uo >piri- 
d*'S opiiihin^ plal<ini«'.('n:i' -^ . l(-in(f'rf-<'«» par Ki juslt-N^r do son 
•»« quciqu' r 1^ par d' -^ « ii.prcr.t f.nls à la u** rai'* ar;^t(itoliquc. 
•? tnul iv quo snti oXJhtji ii i- ■!•■ '.i \io , ^-^ \f\ .ijr* . '•o> ifinniii. 

î#vluros lui «ifTri'iii il»* ^TaiMMix ^■•'î\«-nir*. l'iularqui- , » mino 
lui-mi^nio. a\a-.l d*inné d<'^ )• •, n> .« U-<!ii . tl. « .in ..•- il ii* dit 

di* vts loçtin^ ]1 a\ail f.i;l drs Î:m«»s i|in s*- Ni-ultt.l «jn p«'u de 

iirin»'. A c<'«lo d«'.s o»cjm:S lît* ri ii ; ,jii' !i'n |i1 .s m iim-^, u | Lic« 

i\ roini:<iin^. ôos ( .ir.i>i<\i s i!>* rh t< ur. ii*«» | .ir.i.i>i\i'% out 

Iliiu^H«>au , qui l'Iail fa>l |. • .r !• > ,; û'i r . ol i- r^l Iri s-*rf uu^o- 

Ijo 1 auli-ur A KmiU a liri' de P.u'.ar pli* I'* f.-.ir.' ii\ p.is^a^M 

1 usa;:*' des \iaiid<-^, *^nii« ^ .ipi'r> • >-ir '.u il (•«* i iLil t|u uri jfu 
, qii: a\ail priiliaMtMiirnt l'.i.i '.i* «.u^i i il uic-ili r'.aiii.ili*>'. puli!ii}ui*. 
't rini*ofi\«'nit'nl do iin :!,• <»••« p i;.i!-\.t'.i s, «|ui «>< ni d .i liour» 
; n>*mtiro cl pfi'squ** l ".juri r.i. lu ii. s pir 1 .♦^•!on..nî dr la 
u» Piu'arquo Ifur .i pr-'l ■■•• , i ^ nu^r- •* m -riilfs v'-nl n r aino- 

rrcuoil 11? plus utilo, lo plus \ari«^. lo p u^ aiUuliaiil iiui ii*'U^ 
é de l'anliquilr. KIIon ..ni elt'',a\Ot* lo> V'ft, la lorluro habi- 
e quolquo^-uns di* rm^ moincurs ocriNauiN, i-t lour i>ni fnurni 
ne hourru«»o in^p.ralMii. P.ulaïqin' a d- •» O'-i s«iN p' urltiu.s lo;^ 
>ur louiez los «>ilu ili«>nN do la \io. Il ri'p n 1 «^ur 1<;uIon Ioh quos- 
oralfs uno rlarlo ou uno ^rai-o imuvi l*; il ii on osi pas ULe, 
1 plas vul^.iirr nu la plu<i inM^diliant'*, qui n aoquirro a\oo lui 
ir^l; el Laharpo i pu . d iii^ uip* U\in\ iroN-:ni*li>KTo . du ri sio, 
arque [Chutm dt litUrnlurt ancienne , lili r («idiiin' lri''.s->pjri- 
lrail<^ dont lo tilro no T'iait p.is pri>H«*nîir o'i i li.^'o , ri-i-ril Sur 
tlage. Dans un autro Iraslo .sur un «>ujot lnul aus^^i roltallu, Sur 
tn* df réprimer la odtrt , l'iularquo rou%î*»l â nnus inUTosor, 
î raconUint les mci>ons ()'.ro::.plu}aiint 1rs plnlusoplios iimmous 
' corrigor do certains drfau'.N. et que Franklin . clio/ les mo- 

a remis en prniiqnt-. «> J'ai t(iujuur> appmuvo. dil-il, les 
nenls el les vcrux do ros plniuMi) lus qui pruni*-Uaiorit d*- s'abs- 

femmes et de vin pondant un un , |>«»ur l.«>nur« r Di'U par la 
Qce. J'ai encore applaudi à lour> pri>n]Os>i-s Uf n»* pumi nioutir 
L un cerluiu temps.... Touipaiani niun àixîo a\tc oellc dos an- 
imes, et ju;;oaDt que je no lour cédais p.)> en amour pour Ihou, 
aïs d'abord prescrit do passtT qui'lquo> jours ^aus nie inoltro 
re; el après m'i^tre ainsi éprou\é pou a peu inoi-ini&mo, j'ai 
I que j'a\ais fait de grands (.ro^rès dan> la palionce. • Ani}ol 
i frappé de ce puss.i^e, qui! l'a oru ajuuU* |ar un ohrolion. 
lans le traité de la Vertu momie, IMularquo, a\oo un aduiirabli^ 
% s'ellbrce de réhabiliter les pasMuna, coiitraireinent â l'opiniao 



m PLUTARQUË. 

des stoïciens qui les sacriflaient, et de Platon loi-mÂme qui 
avait pas ménagées : « Le principe des passions y dit-il , loin de 
à l'homme du dehors, est si naturel à son être, ^a*il en fait une 
nécessaire, et qu'au lieu de chercher à le détruire, il faut le réj, 
le tourner vers des objets légitimes. La raison ne va donc pas, coi 
autrefois Lycurgue, roi de Thrace, abattre indifféremment ce qm 
passions ont d'utile avec ce qu'elles ont de dangereux ; mais, telle 
ce dieu sage et intelligent qui préside à nos jardins^ elle retrandi 
qu'il y a de sauvage et de superflu , adoucit Tâpreté de la sève, eti 
les nuits plus agréables et plus sains. Un homme qui craint de s*i 
vrcr ne jette pas son vin, il le tempère. Ainsi, pour préveni 
trouble des passions, il ne faut pas les détruire, mais les modère 
La Fontaine, dans la fable où il réfuie les stoïciens , leur a-t-il 
des raisons plus fortes et plus ingénieusement présentée» ? 

Les principales éditions des œuvres philosophiques et morales 
Plutarque sont : celle des Aides, in-P, Venise, 1509 : c*estla| 
mière édition du texte grec; celle de Henri Estienne, 13 vol. in 
Genève', 1572; celle de Reiske , in-8", Leipzig, 1777; celle 
Wyttenbach, 5 vol. in-8% Oxford, 1795-1810; et tout récemD 
celle qui a paru dans la Bibliothèque des classiques grecs de Didot. 
principales traductions françaises sont : celle d*Amyot, 6 vol. in* 
Paris, 1574' , réimprimée dans le même format, en 1784*, avec 
notes de Tabbé Brotier et plusieurs autres savants; et celle de 
cari, 17 vol. in-12, Paris, 1783; sans compter plusieurs tradacH 
partielles, entre autres celle que La Porte du Theil a faite da tr 
de la Manière de discerner un flatteur d'un ami, et du Banque 
sept sages, in-S'' y Paris, 1772. A. Di 

PLUTARQUE d'Athènes, fils de Nestorius, mérite dansP 
loire de la philosophie plus d'attention qu'il n*en a obtenu jnsqc 
C'est le chef et le principal fondateiK de cette école néoplatonid( 
d'Athènes dont Proclus fut l'interprète le plus illustre. Ce n'est ce] 
dant ni un penseur fécond, ni surtout, un penseur original. De 
tenait-il sa méthode et la doctrine qu'il enseigna à Proclus et min 
maître de Proclus, Syrianus? Etait-ce de Priscus, d'^désius ci 
Jambliqac lui-même? A cet égard , la critique ne peut offrir que dei 
ductions. Mort dans une vieillesse avancée, deux ans après l'an 
de Proclus à Athènes, c'est-à-dire Tan 436, il doit avoir vu le 
vers Tan 356 , et sa première éducation doit s'être faite à l'époqo 
florissaient les Priscus, les Chrysanthe, les Maxime d'Ephèse, les 
stathe, les uns disciples de Jamblique , les autres de son continua 
jÊdésins. Il n'est donc pas étonnant que Priscianus Lydus mette 
tarque en rapport avec Jamblique. En effet , ce renseignement, i 
leurs isolé et donné en termes vagues , acquiert un certain degi 
probabilité et de précision par cet autre, que le père de Plntar 
Nestorius , professait déjà pour les Oracles des Chaldéens le culte 
depuis , a distingué cette école jusque sous les successeurs de Pn 
(Marinus, Vita Procli.c. 9^"" ^"^a étant, ce serait Nestorius^ le « 
temporain de Jambique, i>lalar'»nA i^nî «erait le vérîl 

fondateur de cet enseign " tti 



IWEUMATOLOGIE. Uli 

naSj que ce soit le prélrc de ce nom qui pn-sidait au sacerdoce ailut- 
Ben ao temps de Valenlinirn , ou un autre personnelle , est si peu 
CODoa qu*on ne doit pas insister sur ce fuit. Nous ne poss«;dons au- 
cône autre indication sur l^s rapports de Plutarque et de Jamblique. 
Nous ne savons rien de plus précis sur ceux qu'il a entretenus avec 
Fiiscasy Eustathe ou iEdésius, quoique la communauté de leurs 
tendances y leur rencontre dans les mêmes lieux et l'activité avec 
laquelle ces défenseurs du pol^tht'isme recouvert de philosophie ser- 
Taieot leur cause ne permette pas de mettre en doute l'intimité de 
leors relations. Il est surtout inadmissible que Plutarque soit resté 
élniDger à Priscus de Thesprotie, qui fut de la société intime de Julien, 
H qui professa dans Athènes au temps du fils de Nestorius. Au sur- 
ytas, Ia doctrine de Plutarque ne laisse subsister aucun doute sur son 
arigîne philosophique. Selon Marinus, Plutarque prenait son point de 
ééparl dans Aristote; il en expliquait à ses élèves quelques traités à 
titre d'introduction à la philosophie , surt/iut le livre de CAme. Il pas- 
sait ensuite à Platon , surtout au Phédon, sans doute pour arriver enfin 
aa Timie, qu'il expliquait tout en continuant l'étude d'Aristote. Venait 
la science par excellence , c^lle des oracles chaldéens, que Plutarque 
avait enseignée à .sa ftlle A.sclépigénie , ainsi que les grandes orgies 
•o le$ mystères orphiqufrs, et la théurgie. Olle-ci , la jeune enthou- 
siissle, émule des iliidésia et des Sosipatra, l'expliquait à son tour aux 
seols élus d'entre les élèves de son père ^Marinus» Vita Procli,c, 28;, 
à la famille philosophique. En cflet, depuis les rigueurs byzantines 
|»ro\oqoées par la réaction polythéiste de Julien, t/jutes c^s idées étaient 
une tradition privée plut<)t qu'un enseignement public. Aidésius, 
d>ja, ne souffrait plus qu'on rédigeât s»*s leçons, et Plutarque ne pa- 
rait avoir toléré cet ancien usage qu'À l'égard de Proelus , qu'il traitait 
comoie un fils. Quand ce futur chef de l'école athénienne lui arriva 
d'Alexandrie, sortant des cours d'Olympiodore, l'école d'Aihènes res- 
semblait si bien à un cercle de famille, qu'il ne trouva chez Plu- 
tarque que son neveu Archiade et ce même Syrianus déjà cité, que 
le fito de Nestorius traitait de ûis spirituel et à qui il légua les deux 
jeunes ^ens , Archiade et Prr^lus. 

V&yez sur Plutarque, Fabricius, liihliothèqm grecque, liv. m, c. 05. 
— Laxnbecius,i/e BMiotheea Vindohonensi , t. vu, p. 93 et 101 sq. — 
Moffaeim, De iurbalaper Platonic. Eceletia, ^ 12, p. 762. J. M. 



le 

ndtre d'autant plus juste, que la respiration est le signe de la vie , et 
aeeompagne toujours la présence de l'âme dans le corps, comme elle 
caue quand celle-ci Ta quitté. Le mot qui exprime le souffle a donc, 
dans plusieurs langues, signifié esprit, quoiqu'en réalité la substance 
spirituelle ne ressemble en rien au mouvement de l'air que nous res- 
pirons. C'est en particulier pour cela que le mot grec pneuma, qui 
veut dire souffle, a été employé pour dire esprit , esprit substantiel, et 

Iue les Pères grecs n'expriment pas autrement la troisième personne 
e la Trioiié; i'£spnt*Sauit. C'est enfln ce mot pneuma qui , réuni aa 

V. 10 



146 PNEUMATOLOGIi:. 

mot logos, a formé le composé pneumatologie, qui signifie la coddw 
sance ou la science des esprits. 

La philosophie n'opère que sur des faits intellectuels ou des idées 
il lui est donc impossible, Quelque hardie qu'elle soit dans ses concep 
lions ontologiques, d'atleinare avec certitude, par Tobservation oa pa 
rinduction , l'existence d'un ensemble d'esprits intermédiaires, angef 
démons, etc., placés entre l'homme et Ijieu , divisés en diverses classe 
selon les fondions qu'ils ont à rcmplir,et capables de devenir les aux 
liaires bienveillants ou les ennemis implacables de Thomme. Vraie o 
fausse , la pneumalologie ne saurait être connue que par révélalioo 
elle n'appartient donc qu'aux religions, ou, si quelques philosophes n'; 
sont point restés étrangers, ils sont d'entre ceux qui ont fortemen 
marqué de mysticisme les systèmes qu'ils ont adoptés, et accepté Ici 
révélations comme moyens de parvenir à la connaissance des faits reli' 

Sieux. La philosophie proprement dite, circonscrite dans ses moyen 
e connaître, ne saurait atteindre à la démonstration d'un système dp 
pneumalologie. 

Mais le fait universel et traditionnel de la croyance du genre homaii 
àTexistence d'esprits intermédiaires ne peut échapper à la connaissance 
de la philosophie, et être soustrait à son examen. L'observation psycholo- 
gique nous fait reconnaître dans l'enfant et dans l'homme une dispositioi 
à supposer une cause intelligente partout oi!i se produit une actioBf 
même lorsque celle-ci peut être rapportée à des forces aveugles, tcllei 
que paraissent être celles de la nature. Les éclats de la foudre, le brd 
du vent dans les forêts , ont été souvent attribués par le vulgaire à dtt 
êtres surnaturels dont la science prophéliquj annonçait par ce5 pré* 
sages un avenir heureux ou malheureux. Les superstitions popalalRi 
ont attaché aux arbres, aux fleuves, aux astres, un guide intelligHl 
qui en ménageait la croissance ou en dirigeait le cours ; la poéiîe M 
sans doute emparée ensuite de ces instincts pour les revêtir de seat 
iantes couleurs; mais le fait psychologique n'en reste pas moins CM' 
stanl, et demande à être expliqué. 

LMiomme le moins exercé à la réflexion comprend instinctiveineBi 
qu'une loi n'a en soi ni Tinlelligenc^ ni la force de se mettre elle-aiêmi 
à exécution. Conception purement abstraite de re8prit,elle ne peato 
communiquer l'être qu'elle n'a pas, ni modiûer les conditions d'ext 
stence d'un objet, puisqu'elle n'est que la règle d'une action, et non am 
action. D'un autre côté, malgré nos dispositions à l'idolâtrie, etpa 
une contradiction qui n'estpas rare, il répugne à l'intelligeDce de dm 
ser Dieu, en quelque sorte, pour l'enfermer ensuite dans une moltitod 
d'actes particuliers, d'opérations individuelles auxquelles ne sauraiefl 
se prêter son unité et sa grandeur. Dans cette alternative , on conçoi 
naturellement l'idée d'êtres intermédiaires, doués du degré d'iotelligeoc 
etde pouvoir nécessaire à l'accomplissement de ces actes parliculien 
Cette induction est légitime , et si la philosophie , par la connaissais 
qu'elle a des bornes de notre raison , est obligée de reconoailr 

3 D'elle ne peut atteindre, ni à priori, ni par expérience, i*eiisleoo 
e ces esprits intermédiaires, elle doit convenir aussi qu'elle ne peu 
pas davantage en démontrer l a non-existence. 
La philosophie est donc souvent restée dans le doute sur re]^i3teoo 



PNF.l M.VTOi.nr.ii;. 1 1: 

c«priU ir Irrr?"' ii Mrr«; quelquefois rllt* a ni<*. qtkrlqurfuis rllf a 
: t-lic .1 ur tnu'.i N Ws tiiiN qu'< lie iDrîifirf'l a\i r |#Iu» «ju ILOIOS 
-.■ \trft II!! ^v^'ii ...l'ii I lupinqui'»; r«k' a uf(iru>c louk» les fuis 
s '^l Cl)' D'.rvf {a\*>r.itiir «lU li<\sliii.iR'i»' , Us ii-U^'ion^ oDl UiU- 
f.iriii''. li y .1 ci .'!•' i.iii' ^ittumai'*tu^u rtU^ieygf ri iiDf /'nnfma- 
^i/.L.a'-^./. .,ur. N'ill!» .-|ll< IIS lUliiquiT MltCC*AAl\l*m€lll lo priDci- 
.11.^ ii- i u!«r i-l «Ir 1 aiilro. 

' L (•ii**uiiMiuli'U I* ri ii^iruN€« le raracii-rc uui%rrftfl, commoni 
i'> rc.ip iii>. I • «1 1 «'{/liwMli 'Il fui) JaiiAroUle t*nlri*ri'^prilliun el 
m.iuvu:N« l>»u» «Itux M' uiulti|iliaol 1-0 unr fuulc d l'ires «ubal* 
|i.i . tifi-M hi .'. Il (ir luipul.vtuij 1*1 ^rticipenl à leur c.sM*Doe. 
I:tùi*. iiaiis la iVfM' • fl vu ^'riuTal VU «fficiilv uti paraît a«oir 
' il aUirJ que «'•-^ iJi*u& printi(ii'.H eUiieiil c^ui en pui>&afice ; 
«I.cn l''-rM* (lu uiuiiiN , uD pt'Ul iriiiri* qur I unilé dv I)iru »'é* 
-(ii'NMiik dff* laiiUipiiiisiiir de ct*> dtujL furo'k cuiilrairru, el les 
.1 (naïcs di'ui d.ius \vs liniilrfe di* leur aclidn rrciproquc. Dans 
iiah.swi* 4-1 «*n Omd*-iil. U' priiK-i|N- du iii.il a luujours élé con- 
• uihiiif .vc'inddin* , aocid«"nli*;leniriil d«-\euu c«* qu il est, et 
niii' a'j )'rii r:;^- du I» eo; la pucunialulu^'ie chrclicDDi! esl donc 
-Il c«>u.Mr\r U* plus a i i'>.vm-c di\iuti U- raraclère d'unilé au- 
ra&Miu I nI f«irii'«* dt- i ruin* p.ir ïvs condiUuiife p!k\rbulii|:iuurft de 
i:fnc«. (l(-»l la unr ihtTiT* utt* prof'-ndi* qui la diMin^ur dv l'ab- 
lali^uie di-H d KirifH sonrulul*'», iiièiue quand l'e dualisme* n'au- 
nais cxisUi dans l-iuti* n«i ru urur. Nnuii nous \ arfi'-U: ruas ub 
. Il apri*» la tnidilon judaïque i*l i-hrelieone, il ) a eu uQv époque 
>al nVxi^iail ui a 1 elal d une outik* .NuLsUikUelle, ni à oi'lui d'une 
i)D uhstraiu' , d un rapport : c e.st celle qui a précédé la cbute de 
rebelle. Ct lai-ei l'tail ne btiuj il a cuinioi^ le mal , cl il esl de- 
Mu\iii^, non dans si)n es^euee primiti\c et oc^eessaire, mais dans 
>nté iTiinini'îU*. Il n > a donc point, à prupreroeol parler, dans 
stianiMiie , un principe du mal ; mais il } a un être aeoidentel- 
mtnlunt , qui piiu>se les boinmej» à imiter se» prv\ancali()ns. 
celle d«>c(nne el U* dualiMi.e (irieiital il v a une difTerence vùible, 
laquelle nous n lu^isteron» pas. Nuuscon\iendrons néanmoins 
isloire de la cbule des ao^res rebelles se retrouve dan» les (radi- 
lie 1 Orient ; mais nou» ajuuleron» que le dualisme du bien et 
J s'y trou\e aus^i, borli san.s doute d*UDO autre ungine, et avec 
artère plus prunniiré d'une existence aliMilue. 
pDeumatolufcie reli|:ieuse consiste, du reste, dans la connaissance 
kers s\sti;nu'S d'iHrch spirituels rvels« lnt«'rmediaires entre Dieu 
oune.Notts n'exposerons pas ces di\fn» systèmes, dont la place 
IX traitais spéciaux sur les di\erses relMSMins de l'Inde, de la 
pde l'Egypte, do laGrèt^e^que le lecteur pourra consulter. Nous 
A présenttT Ici qu'une deCnition . en quelque sortq, et une 
.générale de la pneumatoiogie religieuse. 

philosoplilqup est ro(»ins étendue, elle est cepen- 

^^hie antérieure à Socrate , plus voisine du ber- 

^, s^ideutilie , s<>us plus d'un rapport, avec 

' a évidemment quelque chose de sacer- 

eors^ aussi participent-ils pour la plu- 




I>i8 PNEUMATOLOGIE. 

part h la croyant e aux esprits. Thaïes peuple l'anivers de lares il 
sibtcs; Empedocle admet que l'esprit D'existé pas seolemeoti 
rhotnme^ mais partout ailleurs. Démocrite répand dans Tair 
êtres semblables à nous , qui causent nos rêves et sont pour nous 
sources de la divination. Quoique doué d'une raison plus froide , eti 
partenant à une époque moins mystique y Socrate se complut à ( 
communications mystérieuses avec un monde supérieur et presque i 
vin. Il n*est personne qui ne connaisse le démon familier qui lediri|| 
plus d'une fois dans le cours de sa vie , et principalement à l'époq 
de sa mort. Platon ne fit pas défaut à cette partie de la doctrine dei 
maître^ et la foi aux esprits ne perdit quelque chose de son importa 
que devant l'analyse plus sévère d'Aristote. 

Dans la décadence même de la philosophie grecque , on retroi 
des traces irrécusables de la foi aux esprits. Zenon croyait qall a 
stait des lares invisibles , unis aux hommes par une commnoanté 
sentiments, et spectateurs des choses humaines ; il disait aussi quel 
âmes des gens de bien devenaient des héros (Diogène Laërce, 1 
de Zenon). Ëpicure ne niait ni les dieux ni les génies intermédiain 
mais, comme Lucrèce après lui, il en expliquait Texistence par 
lois imaginaires de sa mauvaise physique. 

De quelque manière qu'on explique les ressemblances qui eùk 
entre la doctrine néoplatonicienne d'Alexandrie et les traditions d 
listiques des juifs (Voyez la Kabbale, par M. Ad. Franck, 3* ptfi 
c. 2) y la pneumatologie joue un très-grand rôle dans le système ( 
Plotin et ses disciples tentèrent d'opposer au christianisme naiss 
( Voyez Vacherol , Histoire critique de V école d'Alexandrie , t. n, 
Berger, Thhse sur Proclus)^ comme elle occupe une très-grande pi 
dans les doctrines des hérésiarques des premiers siècles. 

La pneumatologie du moyen âge est toute chrétienne; elle se lu 
en grande partie sur les livres des noms divins et de la hiérareU^ 
teste du Pseudo-Denis l'Aréopagile. Si la philosophie s'en occupe ql 
quefois, toujours étroite, alliée de la théologie, elle la suit pasàp 
et s'arrête devant l'autorité religieuse. Une seule science, qui n'a 
manqué d'adeptes à cette époque, la philosophie hermétique, 
Talchimie, parait contenir un système de pneumatologie qu'il nest 
facile de connaître dans tous ses détails. Du reste , la croyance i 
revenants ,' aux esprits, aux démons, aux apparitions de tout g( 
est universelle alors et constitue cette pneumatologie vulgaire qc 
reproduit dans les superstitions de tous les peuples. 

La réhabilitation de Platon , à Pépoque de la renaissance, malgi 
part d'épicprisme qui s'infiltrait dans les doctrines d'alors , dispos 
nouveau -Vés esprits à l'amour de ces communications mystiques 
un monde invisible. L'exaltation des religionnaires les * 

tour dans'tettë v6?e : le protestant Jacob Boehm, en 
le métdllurgiste suédois Emmanuel; 
xviiie siècle, en France, le théosopb 
tin, son disciple, produisirent des 
couvrirent de voiles mystérieux p 
profanes. 

Nous n'entreprendrons pas de d 




POELITZ. 149 

oliiQe de oes mille systèmes , d'y chercher la part de vérité aai s'y 
■ehe foos des voiles soaveni impénétrables. Il nous sufQt d'avoir 
liooDDtUreeo quoi consiste la pneumatologie, en indiquant les traits 

K'ptax qui marquent ces croyances capricieuses dans Tbistoire de 
. ithomaio. IL B. 

rOELITZ (Charles -Henri -Louis), né en 1772, mort en 1840, 
«I Ibrt connu par ses nombreux ouvrages d*bi&loire et de politique, 
Mis il appartient aussi par une foule d'écrits philosophiques aux Ira- 
vu am nous occupent. 

Après avoir étudié à I^ipzi^;, il enseigna en 1793, à Dresde, la mo- 
nJe et l'histoire ^ de 180iùl813, le droit naturel à Wittemberg ; à 
àbrdelHlS, les sciences philosophiques et politiques à l'université 
leLeipzig. Il a laissé plus de trente ou\ru^'0!i piiilusophiques, parmi 
tafoelsoD dislingue surtout son Encycloittdie (2 voi. in-8* , iWl ) ; 
mPîdagogie['2 \o\.in'»% 18(K>,; enfin sa Poliiif^ie [1 vol. in-8% 
Ml,. L'école à laquelle il appartient est cilie de Kant, ce maître 
te il édita plusieurs ouvrages. Toutefois, Po. tilz insensiblement 
|>Ktait vers un scepticisme mitif;é qu'il appela la ntutralité. 

Eo quoi consiste ce point de vue ntutre / « Il Meuihit*, dit Poelitz , 
{hofclopédie, t. i, p. 37,, que Ton ne puivie rien hxer d'universel 
^leiai(*s des divers svstèines de philos(»|<liit', sur les rapports mu- 
ta du subjectif et de l'ot'jtH-tir, et qu'il failli' ci'iislatcr ces rap|Mjrts 
|H| ftsa}er de les expliquer, de les eoncilier, Ws laissant en dehors 
* loute démonstration et de toute réfutation.... » Kn d'autres endroits, 
2^ philosophie , anonyme et tans epithète , n'e>t autre ehos«* qu'une 
■Cwie des faits de conseienee. Tout ce qui n'est pas fait primitif de 
^e, ou tout ce qui ne dérive pas foreéinent, logiquement, d'un 
^pareil, est sujet à contestation , hypothétique, et mérite d'être 
■aioé d'une saine philosophie. Quant à ces faits mûmes, il faut les 
iMlre en se gardant de les expliquer. C. Us. 

POIRET f Pierre), théolo^'ien et philosophe mystique, naquit à 
eU le 15 avril IGiO. Ses parents, de pauvres artisans appartenant 
calvinisme, voulaient en faire un peintre. Ijc jeune Poiret fit, en 
irt t de rapides progrès dans Ictude du dessin; mais la philosophie 
Descartes s'étant emparée de son esprit dans le même temps , il 
îua le pinceau pour la mélaphvsique et la reli^^ion. 11 se rendit à 
le pour y suivre les cours de l'université; de là il vint à Ileidel- 
rg f où il embrassa le min»*»tère évangélique. Poiret fut huecessive- 
tii pasteur à Anweil et à Hambourg. Dans celte dernière ville il se 
d'amitié avec la fameuse mademoiselle Bouri;:non , rt .se livra ar- 
Din^ot à la lecture des ouvrages mystiques, i.nrsqn'en 1C88 il pu- 
a ses Principes de religion, le clerL'é de llamtiour^' lui suscita tant 
tracasseries, qu'il prit le parti de .se leiircr près de Le>de, à 
lyDsburfJ!. Cest dans cette retraite, uniquement remplie de ses tra- 
ox favoris , qu'il expira le 21 mai 1719. 

Ses ouvrages, qui dépa>M*nt le nombre de trente , ont pour objet la 
spart des mystiques anciens et contemporains. Poiret édita en dix- 
uf volumesles œuvres d'Antoinette Bourignon , en y joignant sa 



130 POIRET. 

biographie el une fervente apologie. Il s'est de même occupé de 
Bœhme, dans son Idée it ta théologie ekrél'tnne [in-8*, 19 
latin;. Il Jagesit, toutefois, \es écrils du philoiophe Uvttm iel 
obscars, qa'il n'en recommBodail qu'an petit nmnbre de page 
livres de madame Goyon firent anssi le sujet de plusieurs de se 
tés, eu particulier de ta Paix de» bonnet àinei (in-lâ, i6St) 
ses Lettra svr lei prrneipet el les caraetèrti dtt principaux t 
myetiqvet et tpiriiueh de» dentier» »iècl£t, il fait connaître Ci 
c«nt trente des principaux écrivains de son école. Il donna eni 
traduction très-libre , il est vrai , taol de la Théologie gtm 
que de l'Imitation dt Jisut-Chritt. 

En philosophie , Poiret était parti de Descaries , avec \t 
s'était entendu d'abord , ainsi que cela se voit dans son livre i 
Cogitationvm ralîonalium de Deo, anima et malo tibri quatuor ;' 
mais insensiblement il s'en éloigna pour attaquer en même len 
idée» innée» de son ancien maître , el les idée» acquîtes de Lock 
unes el aux autres il opposa sa théorie des lérités infuse», inspr 
suggérées par une lumière divine. Les ouvrages les plus imp 
oi celte théorie se trouve exposée, sont VOEconomie dicine el 
de Erwlitione totida , itiptrficiaria et falia libri très {ia-ii, 
1,'Œeonomie dicine, qui forme sept volumes in-I2 (1687), s 
pose de six parties : Economie de la création (t.ietiO;Ec 
da péché (t. III] ; Economie de rétablissement avant l'incarna 
lésuS'ChrlSt (t. IV]; Economie du rétablissement après l'inca 
de Jésus-Christ (t. v] ; Economie de k coopération de l'horoo 
l'opération de Dieu (t. vi) } Economie de la Providence onii 
(t. vu). En consultant ces deux ouvrages , l'on obtient pour i 
l'ensemble suivant. 

Il importe , avant tout , de Tixer les règles d'une bonne métt 
philosophie. Poiret en pose six : la première consiste à suivre, 
recherche de la vérilé , l'ordre convenable , c'esl-à-dire celui q 
duit an but; la seconde consiste à être siucère, surtout avec soi-i 
la troisième, en ce que chacun commence par s'instruire soi-i 
BU lieB de chercher d'aboiHI à instruire les autres ; la quatrième 
qne Ton reconnaisse combien l'homme, par sa corruption, es 
pable de saisir la vérité ; la cinquième , en ce que l'on ait recoi 
moyens d'élever sa raison en la captivant sfius robeis>ance du ( 
la sixième rè^ilc , enfin, consiste à se tenir dans un etnl enlièi 
passif à l'égard de Taclion d'niaf : Pal» Deum Deique aetti*. 

Il importe ensuite de se faire une idée jusli' des cnradères q 
tingnent et font roconnatire la vcrilé. l'oirel prend le mol de 
dans nne double acccplion : la \érilé m^itcr' 
distingue de la vérilé intérieure on iniellr 
première est U où nne chose est telie qu'i 
partout où nos Jmpn'SSÎAns, nos coneeptidl 
qui les ont produites, C.f\ accoril entre \'m 
de trois espères. Il pcnt y avoir une porT 
réelle. Mais le* vorilcji réelles , selun J 
sensible ou d'une nunireo spirituelle , pei 
toor, ou sensibles. Ëalln. elles doiven 




POIRET. ISI 

qoe DOQS iTf^von!( quand n^os possédons , non Ifs cbosct 
mais les lA^ ârs <'tius«». Or, chacunr de cr» M>rti-$ dr %é- 

n rnlPiium vpct'ul. 

il huinasn rst muni de tr>>:H fjcuUr!» dislinrlr s . ■N^>rtii*% à vt% 
»V^ d^ \^r.'^% 1 rnl" ii'l'im ni , l.i r.n^in huiuainf fl IV^iiril 
>n>n<I^n)rnl, q>i*' l'mrt l ari'<>ni|>Ji:iH' »ou\fiil d'& rpilhrlri 
'U tru d aniDi'i/ , n «-^l autre cli *«* «^Uf* la di«p«iMUiin à Ri-e- 
i[npr«''>«»!'ms du d<li >r**. I,.i r.iivm huinaintf* n r^lqur la famllé 
T d^< idc«"« ; ri-s'-n*. i)i\]n i-^l la |.iii**.iiirr dr rfc«'\oir ks in- 
di\in<*<. <!«*«> troi« c*'nrrN ilr farulli-^ M'IiI t'Mniiiin aulanl di* de- 
l'r^lTit huni.iin. Mu*» rt-« (!«*^rrs ^ont |iarf.i)lrinrnl disUorU 
ur difîcrt'ntv di- r iliirf. A:|im, la |m!Iii* di\in»* i*irlut l'acU- 
i cnrattiTiM* ]o «''<*•• tmi .un d<* l.i raiM<n : rll«' i*sl t«fUlr po*- 
qoi •»«* rafppu h'* !• |>iu« «!«■ I «*<«pril i!>\in . rV^i la M-n>aliuD ^ 
%u^>i a (N.ijr r.irai II T'- mu*- p.iH«i\ili- a!'«>Htiii*. I^i fatultr pla«-é6 
; d'>u\ • \tri^frif« , < iitri' !•- ti ■•iitlc di\in v{ \v iiMtndi* r>irpi»rel , 
rai rtornain«' ili- 1 .i« (.\.;r iiili-!I«iliir!I<* ; tiulcr.n^, U \rair pcr- 
e rbommf n'»"^l \> is 1 .n'li«n : p!i:^ il *»•• lai^M- iiiflui*nrrr ri pé- 
sqoedans lr f -ti I ii«* m.i. ;iinf.|il*iH il pm Irt- i\ m'H luurU* fund 
^ • plus il inHii'- . {Lir \ •.•- iji* n.ir'i'ii , ^ut les di'U'rinioaUuos 
u?or. 

Inu-i puj^'^anics i|i» nnîn» i'»|iril r.»rri'>pon«lriil \t\*is ordres d^ 
ou dr n^vrl.'itinns li lutiiit-n* «Iimik* , la Iuni<Ti' nalurrlU* vi 
re . rnlin r«i!iM-i]rr liiiMirrc «li* la raiMin nu dt- la plnluMii hu*. 
ièf** i-nI iitfai!!i|>*<*; la s<*riindi* ii'adinrl pa>. niui plu^. d»* duult*} 
m:u* , au roiilrairi* , «-^l inrcrlaMu* «'l v.irial U- : d«* la \ifDl 
\r (-nnnai<j^iiuv n « si plus M*irr i\uv n-ilr ilr Irxisli-noe de 
le d»*fM^»^ vu > .Il Ii'.i* rrl!»* ni(''ni«* di' noln* ppipri* rxi^lrncc ^ 
h* , i^lfi** r«'i.l:i»;:inl>, nMijs «'i.iiwnt'H «•iiiii»* rifii di-\anl l'Ktrf 
»• Oui , ^'«rri'- P«Mr»l . .iliJii*- iiiliiu dr l'r'rr, I al vilu cl mu pic 
' (!'«->l l-ii qui l's li' \i nl.il !«- i-l 1 uiiiqui* J* tun. lli-\aitt ti<i ji* 
pac . r.'<n (l'ii^ ipii* im s m-c hialilrs , Ir^ l'-tri-^ i iiitdtliouni'i» cl 

que I tiMiiMiM* >u:t 1 iilH* (le « <'s ti< l« luihUTi's , il de\ienl nU 
en, (<ii lioriiiiii* iial'irrl . i>u | hil*'Mipht'. ili« n ne M'iiiMe filus 
' h Poiret <|u«' la sfpai.tli'in iiliMilne de la ri'Ii^'um il de la philo* 
ll'e^l , dil-i! , runiiiie m I iii \iiulail fi-irrr un in-inlre de 
15 d»' ne rivar«!er qu** M«n lra\ail, sans jamais jetrr les yeux 
ipinaî. I. Mri;:inal , en eîTi'l , l'.i par.iîl «'niivliluer Tubjcl par- 
df la Diêi'lo^Mi* . r'esl-à-iliri* iMcu vl sa luinu-re. 
dre de liiiTanhie que l'niri't dalilil entre le^ raeulté.s dt> notre 
esln'tlr* unupie •jar.iiitii' , à v^ \vu\ , eontre la rorruptinn nuH 
IM que e-inlre la f.i'jsNe instiurlmn. L instruetion véritable 
fifio rfra ft S'iliilti , la ^^apii-sv r« fil'" el tiiinplèle , eoni- 
'\i'lt»|ipt lîn'iit d»'s ptii*'san«'ts ffutîammtalr* de noire 
lui'Ul s'iipi're q;i.ind lli ■iniue s'applique tiHcèrt- 
[Oix de Hii-u qui SI* t.iit t-iilrn'irc in ihuin el lior» de 
"" rais'"" **' ■■■•^"1 j.i |Tt r. • !•■ t 'Mi-liliiih du pro^irr* 

»imIi \il \\v ••«■lie siiurce finnnlMe 

Muour h allume eu noub de» que 




153 POIRET. 

nous reconnaissons rimpoissance natarelle des hommes i 
par eux-mêmes de cette source célesle. Il importe de i 
savoir solide et ioébranlable d'avec la science extérieure 
délie , eruditio tuperficiaria et fatta. Ce n'est pas à dirt 
qu'il faille rejeter celle-ci : elle est, au contraire, indis 
même que l'homme, bien que composé d'organes internes 
soin de son épidémie , cet organe extérieur ; de même qu' 
d'argent, quoique inférieure en valeur à une pièce do 
aussi son prix : ainsi en est-il de la sagesse eiléne 
estimable tant qu'elle ne fait pas négliger la culture 
spirituelle. Or, par science extérieure Poiret entend toi 
naissances qui ont la raison pour origine, les idées pour 
raisonnement pour instrument et pour ciment. Leur rési 
pelle superficiel , parce qu'il ne leur reconuall d'autre 
que la surface, c'est-à-dire le dehors , les phénomènes ; 
leur refuse tout rapport direct avec le fond et l'essence 
notions qui constituent ce savoir superAciKl ne sont que d 
reflets , des échos, des formes, de fugitives et trompe 
tandis que le savoir solide possède au fond de l'inlellige 
du cœur les types vivants des notions, les vérités mëi 
l'esprit des choses. 

Il est impossible, continue Poiret , que l'on s'arrête à 
extérieure : ou ^le tournera en science solide , ou el 
en fausse sagesse. Ce dernier cas aura lieu toutes les fois 
tentera de la simple possession des idées , sans chercha 
leurs originaux , aux vérités mêmes. On se trompe gro 
confondant les idées que la raison se fait de Dieu et des t 
avec la lumière par laquelle Dieu nous éclaire. Les ii 
raison sont à ta révélation divine ce que la tune est au f 
ces idées pour Dieu même est une idolâtrie maniTeste. i 
excès que donnent facilement les philosophes qui alTi 
mathématiques, et par conséquent la plupart des c 
exigent de toutes choses une évidence égale et pareil 
principes mathématiques. Il est cependant visible ( 
d'études ne concerne qiie le dehors el les limites des 
non leur dedans et leur fond. De^cartes a donc eu lorl 
dériver des mathématiques les éléments de la physique : 
altérer et fausser ces éléments ; c'ctitit , en quelque soi 
lois de l'organisme vivant certains phénomènes oliservé; 
mort. La physique cartésienne ne nous fuit <'iiiinatlr« 

de la nature : Stmt olutrrationf.<.... i/c at' ■ 

falia, p. 260). En général, i-etto np^lii'^ 
fort nui à la philosophie. En of couiumunn 
partout quelque chose de nécessaire , d' 
ponvoir pins rrconnatlre nulle part t 
spontané , de vraiment vivant , cette tcnil 
conduisit à nier les rapports di« i)i's.sein el 
nature et dans toules les ft'vn-s ilo Uic" 
■ Nous ne pouvons ex[ilii|ucr les lius d<e . 
seios de Dieu sont ùupéuélcables. * 




POLÉVON. fSS 

poorrioof pas davanUfre saisir Ifs raisoos et leidnaeiiis doot 
rhosi^s sont sMiilies. I>IU* négation des caiUM Bnalea \ifnl 
e ce qu'un n a pis \u omibien loi ia fin m ronfood a\er la 
H le but a\ec l'uriiHiie. Uieu »>Unt proposé de se manifeslrry 
^\eler« et ayant roo^u dans œ but le plan de l'uniiers , l'in- 
di\ine ne saurait ^(re merle et inellicaee; mais elle doit être 
réelle et effecli\e du monde . snus m forme actuelle» de telle 
ne celte forme et ce monde s'accurdent ciactement avec le 
et le plan dr l)ieu. 

ne il y a une philovnphie et une théolope ioiide, une phikn 
il uni* tbi*iiluu*ic €jUr\turr . dt* m^ine il \ a une phil(»M)pbiQ 
the tlo^ie faune, t (n* ilifTi'rence Iri^imlable , louIefoiM , se 
^ ICI : r c!il que U tlit*ii|>i,:ir rxirnrure, \i*riUl»le ri-llfl de la 
e siilidf , r>i une ; UndiN qu il y a un (rrand nombre de pbilo- 
e( de lh«i>I»^'ir» fauw s. 

tirli* c«s«Miii«*l «lu iii\Htirisiiie de pDiret , et un de^ sujets par- 
> de son fJtCcunumtf dnme t. m , , ce sont se^ \ues sur la na- 
mal. 

PU existait seul . dit INiirol, s il n'y a\ait rien en debori^ d«s 
I \ aurait [Munt de in.il. .Ni I e^MMue de llieu . ni le pur n^'ont 
HUseepiiliU's de mal. < >n lit* p<*ut pas nii^nie dire que la pOMi» 
u mal suit cimtenue dans les rnnMMK de Iheu. flans t'es eon- 
*n rlfcl , il ne sf triiu\e qu«* r** qui est rerl ; la chute de la 
E* ne |Htu\ait doiir > \ tr(iii\rr, l.i |Hissil»ililr de crtti* t-|iiili*i*tant 
lUt . iii»e .ibsfinv , i;n ri'*n. l-is rhuse^, srp.irCt s de lh»*u, ne 
n de nel , et la iitin-re.iiiie n a vas liesmn de fnndemmt p<>* 
Idis M l'un ne |N ut pas dire qui* liiru oit \«iulu le mal , on ne 
s dire daxanlaje qur le mal ait eu lieu rrfnfrr sa volonté, le 
*lanl pas une réalité rapable de limiter I a« tiun divine; par 
lient It* mal existe M'uleineiit tam la vtdonte divine. Nulle œuvre 
I, Tiul Aire réel ni* si mauvais, pas nii^me InrsquM ne participe 
core de toutes les pei frrliiins dunt i) est capable. L ne réalité 
dévtitippi* , uù , par consi*queiit', Tèlre se mêle au non-étre, 
ia2i mauvaise, fju e>l-re dtim* que le mal , puisqu*i>n ne peut 
r IVxisteiii'e '/ Il n'est rit*n de rct-l, et ct*pendant i) nVst pas pur 
Ctiuiine il n'est ni un être réel, ni un pur néant, il dmt être 
anfze de l'un a\pc l'autre. O mélange, a la vente, tant qu'il est 
par hieu, p«*ut n'clrc piis mauvais. .Mais lorsque dans ce même 
ge l'être bnrne , c'est-a-dire mol, qui en réalité ne suis rien 
oi-nu*ine , je eherche a prêter de la réalité au nranl . je diinne 
Dce à une cnntrailielion alisunle , la«)uelle constitue le m.l. A 
a que je me confiais mieux , je vois plus clain-ment qu'en moi- 
'iSans l)ieu je ne suis rien et n'ai nulle réalité. Je ne puis pas 
absence de réalité vienne de Ilieu , non : je ne suis rien 
u Je deviens mauvais , lorsque je m efforre de donner 
]*étrc à cette non -réalité, lorsque je me ligure ètn: 
moi-mllBIlpour moi-même. C Bs. 

l'ancienne Académie, né , se!t n 
ique j et mort i Alkèues , vers 




i;»4 



— A 



Tin 273 Evani *'tfv^ :3m!iP3ni». .n e -ne rnnmff ms gvnDi» j 
fmr laiP fs Hnlosoiiiiie imr ^n.TTsr mr a nirnHiisflEsliuiiiBu 

lu'l UTT"» in /iiir m \ivr\r t* uih h-xk îi "Kte Mit-ir* sw 
'W l^nr*. 'laDft ' mc^nie in î.»îii!imii* îîiî«»^iriiut: i 9f^ este 

'iw.'on^Wfté MT :-«iiî in-wu» nnart.nri »• . îTrtjniînpî > i 
'\n :l r'-'ut 'înmm»îni:« i it'-iTiiî. ii it'"t ." inrinss*rTT»îîir. vk 5? 
J'otemperim:- . rie P^»»^.ii:*! . îrar :i 7r-fTL»*r* ins. •"•irfl 
•:UL V parir lit ift Hi.nii*!:* . . * i. .u'.aii i X»a:i:m.f. ii.c* :. 
.Trti-val*îm»fn<; > i;î«<ri^«>. v.;i.« lu . % th!* zirt > >:>!< 

à restf*irûbl*:r 4 v>fi tf.ilKtt-, fA'rt':^^, '.^:. n*"/^*-: ..i ;ri "^çi'f i: 
de la \héftf\*î, W Uwhx^ ^'rVMrrj'A.'^f.r U th. csirt:? iiz* !i i 
et alUchail p^u Axtuphr^Hxi*:*: n U 'ÎJi!«^l:q'3? . q:i:;:c«? zzs 
rôle dani !•; A;«tU:ffi<;d*î ViHUtu. i. H'fHA ouvnr la \:"? d .'e^*: t «mî 
et, en «ffi^l, il pa*«t#î \tfynT avoir él^ «n des maître ds fjrdj 
crtlc /:wl«j , ^l on lui ;ittrtb(i^ r/jlU; maxime si unacid-ïc^e:!'. p 
par le» «i(ire» du l»orl»r(fje , qu«; noln; % je doit être confirme i Ii 
IlofUêU nifinfê frnufêUm fnhun fih qua» primai homîni nût^^rz f 
f i'éMrnn. th. hnihui, \\\t. »f , c. k\,. Il regardait aussi le bonheur 
une c/mv/|iJ'Tf»/!iî \\i'i:p.%%\\\x^. de la vertu (Clément d'Aleiaiidhe 
mnU», liVi II), 

VOLUtSAil Mn eiirdlfiiil iiK), r/dftbre par son habileté ei 
matie et par »ori pomrie d«? i* Anti-lMcrhcê , était un cartésien 
ItiOl , il avait fuit mii pliiloHi)|ihie au collège d'Harcourt. Ce 
ubjeetiunN tnAmeM d» »on prori'.SMeur péripaloticien quiluifire 
nattre et goûter DeNcarteH. (Juanrl le tempii fut venu de chois 
soutenir des Wxhmn , il y eut un débat entre le professeur y qui 
quelles fussent en Tbonneur de Kon enseignement , cl le jeune P 
qui les voulait en l'honueur de Deseartcs, H'oiïrail à défendr 
qoement les principes de la philosophie nouvelle, même san 
cours d*un président, hepuis longtemps, une aussi vive < 
n*avait agiter Université ut le pays latin. Par un assez singulier 
modement , l'abbé de Polignao s'engagea h soutenir deux thés 
rentes deux jours de suite : la première, en l'honneur de Desca 
seconde, en l'honneur d'Aristole. Il arrangea lui-mOine en t 
principes de Deseartes , car c'était lu première thèse cari 
dans l'Université de Paris. Kn soutenant la cause de Desca 
enchanta tout le monde le pron»ier jour; et le lendemain il < 
Aristote aux applaudissements deHj|||^aléliciens. A son r< 
Pologne, en 1098, le cardinal de ^fjf^^^ff^ pass é inr la H< 
et il avait eu plusieurs conlVrem'^ 
objections et à (pielques eilatiom 
pensée de son pooino philosophiq 
rentes reprises y et ijuehiuoi» tt^ 




POLIG.NAC. ISS 

;nai<il moarat en 17V1 . a\AOt d'fl^oir |mi l'arliever. I,'.4iifi- 
•# fol rrvtt Pl puMif par «un aini l'abhé d<- Rotbfiin el yêt to 
^ur Lt BfMu. •!•• |NHinr, fvnl en \er4 lalin», e»l di%i*é «i 
%rr> inlilulo de Votupiatt , de lnnn\ , de .Iff/mu , de .l/iffM , de 
, de Bei.Miâ, de Semii»tLué, de Uund**, de Terra et Jftfri. I^' rar- 
»nie \v \*ïu^ n^iiàf ri U* iii«(*u\ tuii^u hrilir dan» le dt*\ciup|M*inrnt 
i»tiftn« . dil Mairari ddiik M'n cluice. Le rardinal dr Ptili|:ntic 
» EDoios d eaUiuuMJuiue pour l^escartes qua Lucrèce ptmr 

e. 

<Jti>i Hoiiitut- d<* am 

Nàtun- «'•'iiiuiit . futr.i- iî>i 11-, à' ilf« u« j-vi 

Cari' «(■:*!; [iifiri. i| :■■ «• jii|.i!>:! jlmiiiin 
Cb^Ww f'fîa \\r\* V .!:;■! •!* art» Miîj«r\T: 
Ai:> •im« l^«i' .r.ï «înii-» it fiilthiiii l".-.»! 
Uuam vcn àiicunrm r&iiiu'iui iuriili^|ii«* ri*i;**nilc 

me Fonlenolle, il >ou(iDt \v plein de iK'M-arteh i-onlre If vide de 
n, rt I id*t* clair«* dt: l'iiiipulMuo cuulrc I allraction, qu'il accuse 

une quaiile iHcuite : 

lit:*'! ••«'•I ^' lili'tri^ «Liruit, <%'!irn:tt.i tiri."»!. 
11.** ']'i:'!i-ili I: iii>! :.i:.';t . ^''il iluilniii I.rli nnpUt. 
\ir(ii(*'{ii i-i'i ml itii et i.i'iii«> m i* iri"ir«* m*|!^u^ 
Pt lif ( Ari*t>>l<'l] : ^l' iiiifii liil.t r\ \ |iM-urit , 
4.jrtf«i>> tt'iMiin iiiil:itii« f]ui I •.iiii 14 ««•li'lal 
MLxhaJiRv llvll , |ilii»uqu*- « lii«Iil(* l'fuft'i lu. 

(Lib. IV, V. U^*.} 

r la ni^laphysiquo, il dt'vrioppo tnui^ les frrandsî principes carié- 
rt s"U\i'iil il n«* f.iil |>rrM|ii«' f|u«* Induire lo Stedilations en 
tjn>, Mirluiil li.in" Ir riri'iui-iin* li\r(', qui Iraite dt* r<*>pnt cl de 
iii'ffin dr I âiiii* ri du o rfi«. I.r sixit'im* li\re loul inliiT est 
r* dii di'\i*I> pfM'dit'iil f't .1 l.i ilrri-n^r di* 1 iuilnrn.ili^nii* de^bélea. 
-ini:.!il aii^'.M 1 iiillu'-nci* df M.iU't>r.iiir).i-. qii -.1 ii\ail cnn^ulU* sur 
1 d'* MfH piM'iiir , dans la maiiiiTi' dunt il i*\pli(|ue I union de 
ft du corps, t'I la nature de Li roi>on. Kn t ITi*i , c'i'M à l'acliuii 
dt* l> eu qu'il allribuc luus les iiiouvfnitMils du corps, (l'esl 
st'iilo caus*' t-niciciili' , qui iiirul ntdr«* cirps À l'uccasiun des 
(If noln* Aiiu*9 cl toute la duclricc de Mali-Lraiiche e&l pnrfai- 
. rcNUiiirC en un m'uI \crs : 

ilhii4 'iK'i^ eflii-en: pM. nn>tra vM uplire fji iilt3«. 

I.ili. V, V. \'M\i.] 

e Malebranche , il identifie la raison avec bien même : 

Lex iffitur pririi.Tva I>i*i nii*iis atqut* vii|ii[ita<t 

Et legciii lian<: iifulirt' iK-iiiu i-st andiri* lnpnMitem. 

(IjIi. i\, \. Ait.} 

«aealement Kpicuri^cl Lucrcc<*, mais aus«i llohbes, 
^ Hobbes, il oppose l'cJùslcnoe d'une loi univer- 



1 Le 



156 POLITIEN. 

selle de justice ; à Spinoza, il reproche d'avoir oonfiNidalKea 
roniverSy rarchitecte avec la maison : 

Yesana Stratonis 

Restituit commenta suisque erroribus auxit 
Omnigeni Spinoza Dei faoricator, et orbem 
Appelïare Deum , ne quis Deus imperet orbi , 
Tanquam esset domus ipsa dommn qui condidit, ansns. 

(Lib. iii,v.80^) 

A Locke, qai donte si Dieu n'aurait pas pu conférer à la matii 
faculté de penser , il répond que l'étendue est Tessence même, et: 
pas un mode de la matière ^ que tout dérive , en elle, de cette pro[ 
essentielle d*ètre étendue, ce qui exclut la possibilité même 
faculté de penser, puisqu'il n'y a aucun rapport entre la pensée j 
rétendue. 

Sans aller jusqu'à dire avecBougainville, auteur d'une traduction! 
çaise de V Anti-Lucrèce, que ce poëme ne serait désavoué ni par r 
ni par Virgile, indépendamment des difficultés vaincues, nous d< 
y reconnaître une certaine force dans la pensée et dans les argument 
comme dans l'expression. VAnti- Lucrèce l'emporte sur tous 
poèmes latins consacrés à la philosophie de Descartes, qoiavi 
paru en Hollaude, en France et en Italie. En France, Haberti 
Montmort, matlre des requêtes, avait composé, sous le titre de 
Naiura rerum , un poëme cartésien en vers latins, dontSorbière, 
l'avait lu, fait le plus grand éloge ^ mais ce poëme n'a pas été pal 
Ed Hollande, Schotanus avait mis les méditations en vers latins. 
Italie, Benoit Stay, qui a été secrétaire de plusieurs papes pour 
lettres latines, a aussi publié, en ilkkj un poëme en vers latins sorl 
philosophie de Descartes. 

On peut consulter sur le cardinal de Polignac , le Discours prélk 
naire de la traduction de Bougainville , les éloges de De Boze et 
Mairan. F. B. 

POLITIEN (Ange), ou plus exactement, Ange Cino, naquit d^ 
IhSk, à Monte-Pulciano , petite ville de Toscane, d'où il a tiré le nxntii 
de Policiano. Après avoir étudié à Florence les lettres grecques sousJeai 
Argyropyle , et les lettres latines sous Landin , il enseigna lui-même les 
unes et les autres avec de grands applaudissements, particulièrement 
à Florence. Ce fut un des plus célèbres promoteurs de la renaissance 
des éludes classiques. Il mourut comblé de gloire, à Tàge de Mans 
seulement, en ik9k. 

Sa courte carrière, remplie d'immenses travaux, appartient aosa 
par plusieurs endroits à la philosophie. Il ne commenta pas seulement 
dans ses leçons publiques, différents ouvrages d'Aristote; mais il tra- 
duisit en latin, de main de maître, le Charmide de Platon et le JlfoniM 
d'Epictète. 

Parmi les discours dePolitien, il en esl un auquel il convient de s'ar 
rêter , parce qu'il renferme une encyclopédie philosophique des con- 
naissances du temps : c'est le Panepistemon ou Savant universel. Troi 
sortes de connaissances y sont représentées comme les branches i 



IHiLITlylE. IS7 

ir !a -rit*nri' : c^ qui rsX in^pif. rr qui fil iliTfiii\#»rt , iv qui 
• iS ir^'pT <li»in i'I -1 in\< rM>>i:. I.i ihr i i»;:i«* i-'irrr^|rin'! iiii «lo- 
J-j *a\"ir i!i*;.irf ; î.i \\v •■- '-h.»' .1 ]j '•j-h-n- «J*»h i'."**»\ ij*v. 11- 
»u in\*-nli'«*4 ; la étrttMti*>H *■%{ W i(*riiir irriirriqut* Jfs «onuai^- 
a;&lc'^. Mu.iii( a la pht]«»%ii|ihi*- in^mr, rWo y r«( di«iMV rn Irois 
1* !.i pliilMHiphh* i.iliii'.i\f, •pfcîaitra ; 2" la philn^ophir 
'. arrifii'if; II* i.i phil->«n|ihi*- r.ii*'>nnablr . rafiowi/u. I.f* prr- 
nrf (it- |ihilM«i*|itiir r«*iri{ rt-('«! liutrs «korlrs dr ^'randrur^ il df 
s. ni.i'.(^ri«*l[rs iiu iriiiii.il'-rii*lli*s; par ron^<^qui*ni • If^ malh^ma- 
la |)h>«!qur, la |i«>rK -l^pir, ri mi^mr un«* |iartie d^ la meU- 
if I^ MM-oiid «r.lri- Irnilt* de^ nwrurn ; dr la, morale pri\éf , 
; iu<irtl«* doinrsliquf*. •/ii/»rii»arir«i; rnfin, ir>>ralr ci\ik, ririfù. 
i^ie t«n)t>ra^^ linis ws rii>plMfH du rai>f>nnrnienl et de la It»- 
praiTiriiiiirf , diii t*rl:q-:i'. rli*Hi«ri'|Uff". hi^lnirr, po4*tii|ue enfln. 
imiairr .triprori'l a ifn/i/H/r . I.i di.i!tH-iique a demnntrtr , la rhé- 
3 /'^r*uci 1er , ! Iiistoiir ,1 raenmirr^ ri la |ioi«liquf* a dfrerhr, 
: Li l'if '/^ Pnhiten , pir Mr.ncn», au Uiine 11 des hw^rapkiêê 
'tê de la rematMêancf. C. Ba. 

.ITIQUK. Toyr: Kt4T. 

*rs D .\<«Bi<ti^Ti, *>f>phi^le de l'êrole de liorpas, dont il parU- 
^ootenail tiiu(«*s \r> «liN-Irmfs, flurissaii |M-ndani les df-rnièrm 
du *• *!• rie a%iiiii fiolrr vrv, IM.ilf»n sup|Kise que S»eralr fi 
I, arraMe d .inne^'s, flisrnurenl enM'nible sur la rh^lonque. Au 
I où la <ii<M-u''^i>>n \.i ^ aniinrr en re^Miiid ^tre fseiièrale, Polus 
scèn** et prend l.i pl.nr de mhi niallre. Portani jusque dans 
le det>*'*l.iM** ni.ixiiiir, i|ue ri!ii«*r«^l pi*r«iinnel est la mesure de 
•n, P".UH priiu\e I rxiriifnrr de la rhétorique, en ce qu'elle 
à ror«iti'iir de -.iliNr.n/e Itms -es i-,)ririee«i, d accabler <»e^ ad\ef- 
de les faire exiler ihi im-Uir .1 iiinrt. liiM-oureur superficiel, 
bile a enrhiiliier de {.tmiicIs hm U qu a C4'n>lriiire des argunients 
, le rheti-ur sans cmi<m- rnrr cèd*- r^ipideiiienl le terrain à son 
ire, qiii leiablil. a\t'«- U> xr.its |»rincipes de la conduile hu- 
la di^'iiitt* et la moralité de 1 art. (I csi iout ce que nou& savons 
•ophisle de second ordre. 
rz it ti'frgioM de PlaioD. D. II. 

«YBE. ni^i de lAcort.is , né n Mé^alopolis en Arcadie, dans les 
es aniii*es du m' sièele :i\nnt l'»»re chrétienne, cl mort ver» 
0, apri-> iixdir fourni une carrière aussi glorieuse que longue 
s armes, d.ms la |M)litiqu** el danv les li-itres. n'a jamais été, que 
ichions, l'onsidere comme un phil»*>ophe par les historiens de la 
phie. On peut cependant, sans xisi>r au paradoxe, lui donner ici 
ice à cntê t!-'s histoririis qui, dans l'aniiquité, appliquèrent la 
phie à l'etii'le el à I interprèl.iiion des êvènrmenls humains. Nou- 
ent, en effet , Polybe liv. vi , à la suite de Platon el d'Aristote, 
lll trois formes principales du ^gouvernement de la société : la 
ihie«qiii dégénère en despotisme; raristocratie , qui dégénère 
~ ~ i; la démoeralw, qoi dégénère an ochlocratie ; non-aenle* 



i:j8 POLYBE. 

ment il marque» comiue Platon et Arislote, les lois de cette ti 
uiatiou fatale qui fait passer tour à tour les Etats des excès de V 
siou aui excès de la liberté; mais il a iutroduit, ou du moins 
introduire daos i histoire une méthode toute nouvelle, la i 
qu il appelle pragmatique, par opposition au genre plus émim 
uarratif qu avaient suivi ses prédécesseurs. Ce n est pas asse: 
Pol^be» que rhistorien soit scrupuleux dans ses recherches » < 
véridique dans ses récits, impartial dans ses jugements ; il doit 
surtout à rinstruclion du lecteur par une attentive analyse de 
de leurs causes et de leurs conséquences ; il doit éclairer ^a^ 
toutes les lumières que peut offrir Télude du passé ; il doit pré 
i'hiUDïDe d*£tat des conseils précis, de sûres directions pour la ( 
deN affaires. Avec la prolixité qui est un des caractères de soi 
Po^be insiste fréquemment sur les avantages de la métbodi 
s^estiBoe, pour ainsi dire, l'inventeur; il ne manque aucune ( 
de relever les erreurs des autres historiens, leur défaut de c 
leur complaisance à décrire les prodiges accrédités par la sup^ 
populaire, leur négligence dans la recherche des causes qui ont 
la grandeur ou amené la perte des empires. Païen fort tiède c 
croyances, ne considérant guère le culte que comme un moyen 
tenir les passions du vulgaire et d'assurer à la morale public 
utile sanction , il reconnaît pour arbitre suprême de nos desli 
Fortune, déesse capricieuse plutôt que juste , qui voit avec jalo 
trop longues prospérités de l'homme, mais qui n'aime pas, non | 
iutliger de trop longues misères. Celte divinité même, si vague 
cise que soit rimage qu'il s'en forme, il s'efforce de restreindre 
maÎDe. Il veut qu'on ne l'invoque que dans les cas extrêmes, Jo 
a épuisé toutes les explications naturelles des actions et des 
uieuts. Par exemple, quand il voit la Grèce affligée d'un décrois 
rapide de population, et manquant de bras pour la guerre comi 
l'aiirioulture y si on s'imaginait, dit-il, d'envoyer, à ce suje 
Mull^^r les oracles, et leur demander des remèdes contre le i\é 
HMait-oe pas folie évidente? Les Grecs n'ont pas besoin de s 
«bmt eux pour trouver la cause du mal : elle est dans l'orgue 
rnvnrice, dans tous les vices qui détournent l'homme d'avoir 
u)illo Ht do la nourrir. Corrigeons-nous, et nous n'aurons pas \m 
devins ni d'augures. 

Uien n'est plus sage, assurément, que cette règle de philosopb 
riquf ; rien n'est plus juste que l'application qu'en fait ici l'hislor 
|UHipi*e patrie. Mais on sent aussi tout ce qu'a d'imparfait et de sté 
ir«>Ugiou fui ne prête au Dieu souverain aucun plan , aucune pi 
dAUH le gouvernement des affaires humaines, qui ne lui suppos 
fat^ion pour sa créature ni discernement dans la répartition de 
ut ûw maux qu'il lui envoie. La même froideur s'étend aux a 
Mivautea» dout Polybe fait ressortir des leçons pour le politique, 
|l^ii4ral , ou pour le simple citoyen. Soit qu'il apprécie les faut< 
miiiiNi daaa une négociation ou dans une bataille , la cause des 
de Homo et des humiliations de la Grèce, ou les vices de l'orgai 
NilhtiiiM de Canhage^ on.reeMiiuilt partout chez lui une profoi 
jH^rience des hommes el des choses : l'élève de Philopœmen, Tai 



iMii.Msi:. i:.n 

•'i. il arin''< il> s N'i^'i 'i« . «4\.t.. i..i'U\ i^jr |KrMfiinr Ws >(^ 
*ii-.lo« Ir» alUirt*» . ^> III'.--» (»( |!4(il«-», Jéi:i» ccUi* iiM*iiiural»(e 
u *«' J<'ciJt> :•• iri«Miipli** du |>«'U|ilt*-ri>à ^iir U* ii nii^l^ |)«iirii. Il 
i'-r •-•'(H'nil.iiii •]i:i', ti.<'- r i- il.iiiH <k«*s iiiciiii-uri*» p«i^*ft, 1 iinpar- 
irli'ule dt* l*n>t»€ ri'^MMiiMi- queii^Ut-I'iis ;• i iiiUilTf*rrDi'^, rt 
i« ju;!!*!!»-!.! '|u il |M<rtr %ur \v^ rr\ iiluliiin* dnni il fui U*iiH>in, 
^ Il t-^i trop H>u\('(il que l.i iii'irjir du «imvi*». Il r%\ aiDfti qu'il 
\'«.' .1 fr'iiil*-ur «) un Lu l.i .f n îiv. un, r. 1 le% cas ou Ion 

L -nm^trui' ni \i«-lii.c tW U inauxdiiM- fm d un rnnroii. Il>ht 
i T-- i^u .i\ iiil « jiiJ'T l.i d'-f'M'li .n di'H AtlifTii^ d.iri^ Ir?» der- 
it. <. .'.r ;.i Jit'iTif »'rt i-.|ii<' « iiMtr'- U's .iriiii-« ri>iiiiiiiii*H li«. \«ii, 
1 • l!;«*, a Cl' >(!}« I , o.iii^ iiur a-^m*! îuii^ur di;:ri*«Mon »ur U*!)» 

:: M* d>'ai.iiidr i\iif\s «>nti( Ifs liuijjiii'A qui inmli-nl n* ni>in 

u«-..i*jU', il I .ivou«- lui-iii'tii» . le bc M'iMiil Di t'i*u\ qui. au 
A Irânquiliili' publiqui- , p rd ni It-ur» •-••D('itti\rn^ a fairr aV- 
tu un rui , ni ivui qui lirur r«inM'illriil il aimudunncr d anrimsfc 
ir %vn faire df nf»u%«*au\, p!u<* ulik» ju\ Duuveaux mirri^ls 
, eU'.; t'I apiiarfOiiiirol tl ranci* dans crltr rlav«r ïvs (-iU>\ra8 
ittUtjue^ a^a:«-nl j.i'li* liVii- \i-% ritt*\ du Pi*iu|jiin^%r a l*lii- 
r ii rrpr«K'lie aint«i iiiru' .« |l«- Hiljritf d tivmr llrlri 1rs ri- 
ui i^r.irli'r> ni dr Inir {i.ilin' i«'% iii.iu\ qur l'oratrur nllM-nii'ii 
iltirt*r sur l.t «imni*, m vWv u • ul lroii\e dam \c roi di* Mao*- 
\ainqui-ur clfriM'iil ri crinTi-iix. On ^iiil rnriintrnl nr'nm- 

rrfule d a^anrc . dan» mih plaiiin\«-r nir Iri t'*9Mrummê , itU«* 
e duiiriiu*, Umm* iK'ul-^trc alur» |>uur 1rs puu^rr^ rrpuMiqurik 
Ml dt. MfcxciA, :;;•»«.■% i;.ù.^iH' • .u:»u:uuiru& , *i' 1 1 \illt* qu i.iui- 
, qui* >«iul4*naifnl l'iicurr lanl île nriindh iKMitnm. Kd ^t'Ocral, 
>as sans dunleur qu nn \mi Fiii\b(* >•■ rtf^iKi^r ai fankin^nl a 
Mnn di* la lirt'cr, t\^ la (trt*t*e hi«*n d«*V(*nt*rfe nbas doul^, nu» 
iién**, enlin« il honort* dn»?» m drfailr par dt*;^ UknU di\crii et 
trllr» \i*rlu.s. ^u il «qipiiM? a la wauvaiM* fm Imp rooiniunr 
ijrei'& la iit*v<»ro tid*'iil«* ùvs Rumaina a kur parolo Vnyfz lu . 1 1, 
>n rmnpn-nd c« lêiuoi^na^*^ d uni* Ain^ lioiitt^lf. Mir qui la 
pUis d*t*uipire que tous li-s reitrels qm* p<»ut lui ini^pirer U* pa- 
i; mais, loriiquf ailleurs liv. ixiv, c. 9 • il rai*onto le fameux 
icipioD l'AfriraiD refuMOl de rendre aea compte», en déchirant 
.res à la vue df Inus , «*i répondant par une dèdaignruae ironie 
ifloes plainirs du liénal; lorsifuil dMare avoir d«N*nl *n délai! 
ne • pour rendre homuia|<(> a la ::l<Mie d'un illustre luorl, et 
iiter les |(éni*ratiuns futures aux belles aciions « » ne recoonall- 
lan» ce dernier trait la coniplaisasve d'un client intime des 

• 

a l'oriKinalité m^me it^. la Mîence pra^mtmtique , dont Polybe 
r, el&e semlilo assez conteslahle. Plus d un hislorien, avant 
ei, pour n'en citer qu'un M«ui, Thtirydide avait conçu This- 
me «D ensemble où l'explicalHin des faits devait avoir sa place 
I réoit. Poi) lie seulement accorde à cette philosophie pratique 
lin plo* ^ place qa'elke n'en avait obtenu chez ses devanciers ; 
J'ildil prâdpal ds son atAentlon et d« ses rodi^rches. Par là* 
Ira djgoe de compter parmi les ancêtres de Machiavel. A le 



160 POLYEN. 

lire y en effet, on croit souvent lire qaelqae page da Pi 
Discoure iur Tite-Lite : heoreux s'il n'annonçait Machiavel 
la finesse et la profondeur des vues, e( s'il ne lai ressemblait 
qnefois aussi par une apparente indifférence ponr les plus haal 
de la morale et de la religion. 

Consulter, pour plus de détails, sur ce sujet : Daanoa, Ci 
toire ancienne, t. xii, !'• parlie (Paris, 18^6). — M. de Vries, iêi 
Polybiipragmatica, in-S'^f Leyde, 184^. — La Préface de M J 
ehot , en tète de sa traduction française de Polybe, la meille 
plus complète qui ait paru jusqu'ici de cet historien (3 vol. in-j 
1847). E.| 

POLYEX [Polyœnus] db Lampsaque, un disciple et on 
cure, qui mourut avant son maître, et que celui-ci , dans 
ment , recommande au souvenir de la postérité philosopl\jque 
Lacrce, liv. x, § 18, 19 et 24). Cicéron nous apprend {Acadt 
c. 33; ^ Finièuê, lib. i, c. 6) quePolyen s'était d'abord fait 
comme un profond géomètre ; mais que depuis sa liaison avec 
il soutint avec ce philosophe la fausseté de la science à laqa< 
consacré la moitié de sa vie. Il n'y a rien de commun entre 
curien et l'historien du même nom, auteur des Stratagèmes. 

POLYTHÉISME. Voyez Mythologie. 

POMPOIWAGE (Pierre) est un des noms les plus connus del 
Sophie moderne. Si l'on a fort exagéré son importance en pré 
dater de lui la réforme des études spéculatives des trois f 
siècles , il faut pourtant reconnaître qu'il fut le professeur de 
Sophie le plus influent de son époque; qu'il fit pour Aristote 
Marsile Ficin avait fait pour Platon ; qu'il sépara avec une coo 
fermeté la science naturelle d'avec la tradition chrétienne ; q 
vendiqua pour la philosophie le droit de s'en tenir à la nature te 
fois que pour Vexplication d'un phénomène, si extraordinaire q 
raisse, les raisonnements naturels sont suffisants, 

Pierre Pomponazzi, Pomponace ou Pomponat, naquit à H 
d'une famille noble, le 16 septembre 1462. L'extrême petites 
taille lui fit donner le surnom de Peretto, sous lequel on conlin 
désigner même quand il fut arrivé à la célébrité. Il étudia 
decine et la philosophie à l'université de Padoue, où il fut non 
suite de bonne heure à une chaire de philosophie. Le plus illo 
ses maîtres, celui qui avait interprété avec tant de succès le dv 
stote, dans le sens d'Averrhoès, jusqu'à faire disparaître enti< 
le texte sous le commentaire, Achillini fut, dès l'abord, viven 
taqué par Pomponace. La véhémence de ces attaques , une é 
pleine de feu, un esprit subtil et brillant à la fois, une phys 
animée et piquante, un organe sonore, mais, par-dessus to 
verve féconde en plaisanteries et remarquable d'à-propos , fur 
ressources plus que suffisantes pour concilier au jeune pr< 
l'enthousiasme de la jenness<^ "^taire. Pomponace fut le 

idolâtré d'op'^ ^ d'esprit^ "^ami lesquels se tn 



POMPONACE. 161 

• I^lk^-^jéêv Seaîiger, Owlanni, AugosUo Nipbos, Speroae 
Hi^resk d> (jOfoagiK. LonqiK la gosne le lorca a quitter 

««^ retira a Ferrare, |i>otf a iMogùt, poftoot foivi thooipha- 
<«>a aadi'^jffe eucbabté. 

Bi>>.«]K qa':! pcib^, en 1516, son livre (ameoi d€ fSwm^^ 
^oM , 'jo Li MOirbai l qiK , SI l'àiDf bomaioe était individoel' 
-•:nit^ jiî fte^>o 1 E%aj^:e et Kton iT^iiàe , eSIe éeait iDortefle 

• i'.'tr.r,&»4 d ArivU/te. d après la meilleore des pbikMphics. 
> ..« il de eet <>o%ra^e, lî eût proles:é de sa filîaje sogiuttâÎMi 
)^.&(-i.«eee . et répé -é pSosieors ftMS celte déclaratioD : « La 
>» 1 .!:iî:y>flaii.lé d^ l'àiDe est. coanoïe celle de 1 imnMMialîlé 
. ■::■ ;>f->èr>r.« sur leqoeS la raisoo De peut décider ni p'jor ni 
. \r^: .eq&t. i>ieti seisl fî^eiit d/>noer la certit4ide. Pour omm, il 
Uwr.t A&giïÂlin. qoï ^aat Lieo Plaira et Ansti>tey ait cro a 

-.t y^A q-se j'j ^jOpQte M aMM-akémM^ , « il fol. par toute 
ki> c béresve , par coikséqQent , îoqoiété et per«éeiité. A Ve- 
•:,1. les xûMLe^ et ks predicaiecrs ne se lassèreot pas de le 
ZÀ '.t^*n senw>fks : ils ^>rcéreflt le patriardke de déférer aoz 
i ^ L^re iiwm;£ii&é, etceoinri, après l'avoir ODaoiiDeobeikt 

:--.':i.*i>^ iTTi^It^ox. le treot br6ler par la maio do bMrreau. 
. P :<r: ^'j>Laoer (:^t trai;é mfiias n^'OnreaseiDefil : déooooé an 

u i: V>.Aj.^j u fbt <rbaleorea%eGiefbt àtîtiAu faks de Lmi X 
:.i.i. Bi^ntr.», q^j . â*ajt c^^Lo a Padoae. Le p<>Dlife, occupé 
:>^ 'fv^^i.es q*^! contiDe&çaîeiit a s é^ver eo Ailefr^^zoe au- 
>^?L^A ei de Lfitfaer, trcKira que le et ImmèortalUati n'était 
>-.i^ L^ ^rnow/TÂ; , et îmiMsa àîtùct aux ficgaoes de 1 îoqoin- 
r^.'tcL.^v: ka p.as %i%e n'en coDtiooa pas moiiks a releotir dans 
•*^ t^t. jes cooveots, cà Poiop^oace senubtast plus dàù§irtmi 
T^sii.krqoes do Ni>rd ; mais l'impubioD qoi a%ait été donnée 

AA f ^ijv^cbes psycboloqïqaes ne fat pas ÎLlerrompoe : i 
'«1 Â* xvf siede, qoa&d lés éiéves des ooiveràîtés italiennes 
'^\ à^ïiQ^Jir on pn/e»eiir de philosophie , qoel que fût le 
. %■% pro^«sâi de iràiU:r^ ijs loi cnaient volontiers, pour 

i^'^-dîafl:p ses doctrines : c ParleaHkoos de l'iune , éeW 



if d a^Tlecrs, n'avait pa déconrairer on esjint aossi persévé- 
cr^T^iq'i^e; et enlrtlnant. Dés iSkb , Pomponace fit paraître 
%i "bâr/Â Ofj il iDît de nooTean en reCief les nocLibreoses et ra- 
.i,'r%^>;l4iVas qa'J croTatt apercevoir entre la foi reçue de 
: jfih efr.ie?jn«eibeDts officies de l'éf^fM. alors an service de 
>s <$e^x é>!T.U trastecit, 1 on ^ EmekamVamtmU cf ^e« au- 
.:,:f> de (a L\h€rU, dm Ihuiim ei d* Is Pr^/viéemee. Posapo- 
fo*. q'^aili> ans après cette potlication. fjn raconte qoe sa 
4â.£bU^:e ; do laoîas fot-dle fort sooTe&t citée par ses déte- 
r r^^MiMer I aecasatioo d'tmpiété. Le cardînai Heteole de 
£,t ;r:^rs)s<>rler ses restes â Gonzagoe. dans la sépoltore des 
de cette famille sooveraine, et loi fit ériger une statœ de 

[fsestjo!» capitales se di:vpataief>t l'atleotîMi de Pomponace , 
£t I objet ordinaire de ses cours et de ses pnMications : l'im- 



4G4 POMPONACE. 

siliOD d*QDe moralité parfaite ^d'aneverta entièrement désintén 
qui doit former la fin et le terme de tous nos efforts. Nul n*esl 
d'être savant ou artiste ; mais nul n'est dispensé de tendre y 
plus grande perfection morale que sa raison puisse concevoir. 

Tel est le point de vue général de Pomponace : il nous ex| 
pourquoi ce philosophe peut être disculpé du reproche dhypoc 
pourquoi il parait à ia fois reconnaître Tempire ûf. la religion , et i 
mer pour la science naturelle une sphère d action indépendante et pi 
Il nous explique de même les solutions auxquelles Pomponace ; 
sur les trois questions auxquelles il a consacré ses trois princ 
ouvrages. 

Commençons par celle qui excite le plus vivement Tinlérêt, 
mortalité de Tàme. Elle est rapprochée d'abord par Pomponace 
question de savoir si le monde est éternel on s'il a été créé. Des r 
naturelles , dit-il y ne sauraient résoudre ni Tune ni l'autre ; 
toutes les deux ont dû être résolues négativement par Aristot 
philosophe ne pouvait admettre ni la création de Tàme ni son in 
talité. Toutefois Pomponace ne pousse pas ses doutes aussi loin qi 
stote. S'il croit devoir poser en fait que le corps de l homme et so; 
sont étroitement unis, non comme le mouvant et le mû, mais c 
la matière et la forme ; — le mouvant et le mû ne sont pas plus éi 
ment liés ensemble que les bœufs et le chariot auquel ils sont at 
il n'en conclut pourtant pas que l'âme ait besoin du corps comi 
son sujet. Il pense seulement que l'âme raisonnable ne pourra 
exister sans corps, parce qu'elle ne peut pas se passer d'un obje 
son activité {de ImmortalUate, c. 9). Cette opinion tient à ce que 
ponace regarde la raison universelle comme un être indépendani 
matière que possèdent les intelligences motrices des astres y et q 
pas besoin de corps pour penser; tandis que 1 âme animale et 
végétative, bien qu'elles cachent aussi un élément iminatériel c 
divisible, étendent leur activité sur le corps entier, et, par ( 
quent, ont besoin du corps comme de leur sujet et de leur ohjt 
fois. Entre cette raison universelle ou supérieure et ces âmes 
rieures, se trouve cette sorte d'intelligence qui a besoin du corps 
pas comme d'un sujet , mais cependant comme d'un objet : cet 
telligence est celle de Ibomme , laquelle , suivant Aristole , est 
de s'attacher aux images fournies par les sens et 1 imagination , ( 
faire l'objet de ses méditations. Il s'ensuit que l'âme humaine n 
pas exister sans corps. Il en paraît résulter aussi que le corps 
sujet à la mort, l'âme doive être mortelle. Voilà ce que Tordre 
versel des choses semble décider sur l'immortalité de nos âme 
même temps , Pomponace pense qu'il est nécessaire de lier ce ( 
mortel et ce qui est immortel par un milieu .par un intermédiai 
serait l'âme humaine ; mais a-t-il le droit d'en conclure que cett 
est mortelle ? Il est plus pressant lorsque , s'appuyant encoi 
l'expérience, il soutient que notre raison spéculative ne peut con 
l'universel que dans le parlicuUr* et a besoia des sens et de 
gination pour se n^présente*' lilHiliar & JmimSI wrétend < 
raison pratique, pour prod 
prits vitaux et du sang , et 



i\jI.''. r'osl-î-diro *irs ^• r rj-* N«.!' ; a'lu*«Ji' I « -j-ril tiuinain 
•\ «II-' r • n ti n'.i d-rii- .ri -un»' ^p- * tr-'» ^-'ii . t i.nn .i\ir \v rurp^. 
**ruTenl i ir|H.r»-I .1 \ «!■ nU- i.r j». ul .i.'ir. nr. I.i \olunli' v>i 
oiïjiho «••! if.'ii f] nnpiT 1- iiîi«i Ifs f »«••■«» «îi* niilro ri'rps ri dr 
!••*. Htii» i|»'\iiTï«ir««i't <?■ f.i* li V f.if.i ik il util* piiiosir.rt* finiiii- 
]ti.»n'l 1 in^trui! •■ni lirjH.rrl n'ixi^iir.t filiis' \h'u\ «-••(M-lu«ions 
ntff.l l'i : 1- .l'i ••:•'• j ru; Ti' •! .«î^'u. î'.'mif « *>t fij^irlrili* ; 
iii*qu ilii* |..irtii-ij»4* j-.>i;ii a un n r!.i:i: j * ;r t Of 'a 1 i>r 1 a^^urte 
^•r^tl, I '.!i- t^' r> !. t.\' :: fiit rt II! I r«'|rt-ii l'iil iiiiii orlt !liv - - 
[■h. n*«'j-h.' !»<• \ I u! n- 1: ci« ihlpr M [ ■•UT Hi n'Hlrr riiiiiniirtalité, 
jr. i^pltT j -ir î.i f"i *■■ îîf! •■ un i1«»»*i:m' r«^\i*'f.... Jr (Tiii«k4viinmt* 
, i'"!!rt!u» liMniiin*. I •• •}'!•■ j»' iif |iiii^ i*r nr»- riiiniiii* |*tiilii«4i|ihc 
iip ^.i\.inl. A i«-n.- sn'iiti .(1 H H I M irn rrp>nd.t : - Il f.uil ah- 
''■i!,|"n n I- • n t.inl ijn f.'iTuMii* et !•* l«nVir t-n l.inl qiit* |itiiti>- 
Y.\ iitli' p'.r»' ir.trr.i- .i\.t:l un '«•n- Ir'-^-M-r mx , |miiw|ui* I^ 
rit* li-n>'\i ni S-'iu « i' I'>n. ii'r.ilr*' ars .i\aril la pulilu-almii 
•/' ff\m' rinfii'itr , a\.i:i mr'-l.é'riTu' la 1! rlr.n»" d A*rrrh»M»s 
•'M <]u*' «'♦■jli' li .\'i'\.i!:ij[r d \pl.r»»«iisi* , ii-l!»» (|ui Oh'^ri^'ri.iit 
.1! tt' lU" Il r.ii^iin uiM\i-r^ri.i' .lU^^i l>i*'ti (|u«* o'll<* qui • n- 
!a riv rîa* '•• d«' \'.\v.,o m Iim-Jui'I •• . «i ;i\.i:i .un"»! J a\aiiri* rr- 
»'N rii;ii*!iï*'"n«» df I* •: ;•■::, l'f. 

I N'T! i-<îi* riniiii ri i' \'- ! 'urifi.-nt.iit pmirlanl P<imp<inar**btMU- 

iii"» qu»' ivltii i.i- l.i !;|.. rî»' ni-i.i!i-. in pu- fn«-i' duqufl MUil'iiit 

\rïiail du n:\Mn- •!•• I'!"'i!.ilhi-r ♦/< /■"«ff». , ili. ni. r. 7 : • Isla 

n(, (iir-i' . ']u I' iiir pr''i!.unl . qua* iih' aujusliant, qna- iiif in- 

rt ;ii«.inufii r><M'iiil. ut \i-ra *>il int<'rpr« iali>> faliula* Pronn*- 

11 di.Eîi *lud»l •an »»'irr;p'rf vnrrn Ji»\i, ruin rrlfj:a\il Jupilrr 

^-\ttii>-a. m q'ia i-ir>li' .i<>Nidu«- p.tM'it \ui:'irfni nKli-nli'in rjus 

irinifiil . "1 1 tt'iinn.i' n «'«l pa^ Id t»\ s'\\ ■ >t r^rLi\f J'un di'Nlin 

■ , p'Mil li »''lr'' r»'^;»"n^aMr .' r"Miiirfnt p«'U'-on lui iiiipulrr m*s 

>.'N \jf»'K ' Va si II \«ii\ inip'Tii'U^t' dr la I •»n%.'ifni 1" priH'Iauie 

• d»* n"iri' viil'inti* i-l u'-lr-- p*^[i'»n«» ihiIiN*. rnrtirnrnl la pr«ivi- 

! •ri.n«H«'i»'nrr di» Ihi-u pi ii\i'nl-'l.»"» * .n-inrdtT iIMt l'Ilrs?... 

li.m'* N'qii'-1 puTîipMii.iri' di*«iilf t»'N iiui'^ih'iiN i>l r«»lui d'un 

'. 11 i-xp i-f 1»'N ri'Hull.ils di-s phdnsiiphi's srv di*\aiu'iiT!« a\«v 

id»* (l.irt*' . cl dr\rlip)>i' :i\i-r pri'ri*>Min Ich diflit'uid'S où ils so 

jarri»»^!'» : il rn-'iilri' uîm- ^.liz uiU', uijr lii.i'»sc f xlraordinairi's, 

ani t>'Uii-N Ht rif<» dt' «>nlwlinit«>. ii.ai** plnsrnrorf m su^cilant de 

> fiS j< rtinn*». Apri'Na\fiir Ci-nduil aiiis> son Irrlrur à traders un 

l.ih\riiiUi(* dt' r.iÎM'riN i-<>iitrairi's t-t i-ontradirtnirrs, v{ au^- 

1 lui W vtitin rnl t\v l'iiinTliUidi* . il tiiiil par a\f>U(T qu'il no 

lurun 5\strnit» salisfai^ai.l , ii.ai> qu il m- Miuii.t-I a\rr mn- 

la diTtriiit' dp 1 K-jtt^i*. piinipunatc part d nli(>rd di* la mdion 

» du */r%/in . qui i-iin-i*lr ;i iTuirr qut' Ir* ntnemfntr futurs sont 

\en. IJur dcxicnt crUf iH^iinn, se di-iiiaiidt'-l-il, s'il } a une 

rovidenrp, ou omoro >i la \nlnntè humaini' fst lilire? S'il y a 

fidfncc supr^nio qui L'ouxrrm* tnui sciu\('iainrnirrit et runnalt 

Uihleinenljc drslin fsl ncl fl ahM.lu.yil > a pitur Ihoniinoun 

^'lul n'est pas soumis nu dotin ; du inoin>,tout ce quiosl 

échappe i rcmpire du destin. Maû la protidênee exchêt 



404 POMPONACE. 

silion d'une moralité parfaite, d'une vertu entièrement désintéressée, 
qui doit former la fin et le terme de tous nos efforts. Nul n*est lena 
d'être savant ou artiste ; mais nul n'est dispensé de tendre vers la 
plus grande perfection morale que sa raison puisse concevoir. 

Tel est le point de vue général de Pomponace : il nous explique 
pourquoi ce philosophe peut être disculpé du reproche d'hypocrisie; 
pourquoi il paraît à la fois reconnaître Tempire de. la religion, et récla- 
mer pour la science naturelle une sphère d'action indépendante et propre. 
Il nous explique de même les solutions auxquelles Pomponace arrive 
sur les trois questions auxquelles il a consacré ses trois principaux 
ouvrages. 

Commençons par celle qui excite le plus vivement Pinlérêt, Tim- 
mortalité de Tàme. Elle est rapprochée d'abord par Pomponace de la 
question de savoir si le monde est éternel ou s'il a été créé. Des raisons 
naturelles, dit-il, ne sauraient résoudre ni l'une ni l'autre; mais 
toutes les deux ont dû être résolues négativement par Aristote : ce 
philosophe ne pouvait admettre ni la création de Tàme ni son immor- 
talité. Toutefois Pomponace ne pousse pas ses doutes aussi loin qu'An- 
stote. S'il croit devoir poser en fait que le corps de l'homme et son âme 
sont étroitement unis, non comme le mouvant et le mû, mais comme 
la matière et la forme ; — le mouvant el le mû ne sont pas plus étroite- 
ment liés ensemble que les bœufs et le chariot auquel ils sont attelés : 
il n'en conclut pourtant pas que l'âme ait besoin du corps comme de 
son sujet. Il pense seulement que l'âme raisonnable ne pourrait pas 
exister sans corps, parce qu'elle ne peut pas se passer d'un objet pour 
son activité {de Immortalitate, c. 9). Cette opinion tient à ce que Pom- 
ponace regarde la raison universelle comme un être indépendant de la 
matière que possèdent les intelligences motrices des astres , et qui n'a 
pas besoin de corps pour penser^ tandis que l'âme animale et l'âme 
végétative, bien qu'elles cachent aussi un élément immatériel ou in- 
divisible , étendent leur activité sur le corps entier , et , par consé- 
quent, ont besoin du corps comme de leur sujet et de leur objet à la 
fois. Entre celte raison universelle ou supérieure et ces âmes infé- 
rieures, se trouve cette sorte d'intelligence qui a besoin du corps, non 
pas comme d'un sujet , mais cependant comme d'un objet : cette in- 
telligence est celle de Thomme, laquelle, suivant Aristole , est forcée 
. de s'attacher aux images fournies par les sens et l'imagination, et d'en 
faire l'objet de ses méditations. Il s'ensuit que l'âme humaine ne peut 
pas exister sans corps. Il en paraît résulter aussi que le corps étant 
sujet à la mort, l'âme doive être mortelle. Voilà ce que l'ordre uni- 
versel des choses semble décider sur l'immortalité de nos âmes. En 
même temps , Pomponace pense qu'il est nécessaire de lier ce qui est 
mortel et ce qui est immortel par un milieu^ par un intermédiaire qui 
serait l'âme humaine ; mais a-t-il le droit d'en conclure que cette âme 
est mortelle? Il est plus pressant lorsque, s'appuyant encore sur 
l'expérience, il soutient que notre raison spéculative ne peut connaître 
l'universel que dans le particulier, et a besoin des sens et de l'ima- 
gination pour se représenter le particulier ; lorsqu'il prétend que la 
raison pratique, pour produire un acte quelconque, a besoin des es- 
prits vitaux et du sang, et ainsi ne saurait rien faire sans l'objet de 



IV)MhiNAt:E. ir:, 

frtle ar'i*it»\r'o*t-.vdirr ^irs '.■ r rj t, N-/* j .i'î^».Jf 1 1 ^j.r.l tiuiiuin 
D^ pfuî «J«»n«' ri'Ti •■! n.i d'-nt- .l'i un»* *»•■ * H'-» *«»ri . • t.'-n .i\ri- h* rurp^. 
^n* ins'ru'rrnl • ■r|H'r**! a \i:..rili* t.** jh ul .«jir. «ir . ].i *i*!ijnl*' f^l 
ce qui :1oniiri«* n'i *1«'il il fiiini-r !■ iil«* I»-* f »i»«» lî-- iiiitrt" ri-rp»» ri dr 
D'Ire âmr. nin- fl*-\ifnfirMi*t •?■ r.i* 1 1 * f im ^ ii i . 'ii- piiiH..,,(:ce iloiiii- 
D jtnc^ qudri'] I in^triiiM-n! r«r|"-rrl rit \i<.ti ri pMjs ' I^»mj\ ■-•iirlu^iuns 
se prevnlefjl iii : 1- ,vt ^*h> j ru; p- 1 1 .i! ». u, r.iîT.i* « «t iiiurlrlN* ; 
cai^, piii'tqu i'll«* p.'irlirijw jt>>;'.. a un ■ • r'.-.i. p r t ilt- 'a i nr i l'i^^ai.re 
df I uni\rrM'l . !'!!•■ 1*1 r» !■ t:\i r: mt t! ir | r'{Ti n t-nl iidii orl*-!lf. -- - 
2^ Si I^ phiici-iiphf n** \ • 11'. ri» i. d* «hltT m | 'tir i.i ii«nln- 1 iiiiiiii>rlalité, 
li f.iul I 41'* fplff l'.ir I.t f"i I î: f •■ iiii il»i^'f:if p^\ ••'■•.... Jr i rn-s rornrin* 
chr»*lif n , rotnriH» Imniiii*'. !•• «j'if jf u»- pM<» «r "ifi- inimiK* philnHnphr 
<« c>>nim<» M\.int. A n-ll*- ^"''1*1 -n II m r.i im rr)- ndt ; «^ Il f.iul ati- 
vudri* PornjM'n.ii»' »'n f.inl q'i !.-•::. ii.r it !•■ l»nV» r » ri l.inl qiit» pliilo- 
v»ph<». ■ Kl rvXW p'.«t-ir.tir:f .\.i:i i:ri v. ijs tr-H-it-r f MX . piiiM|ut* le 
ff-nn'o de B-n»*\iril !»'»iu »î l."»ri. q .tr-' .ir.s .l^.llll I.1 Mililu-jlmii 
du Ii\p» li^ immf'rtniit'itf , .■i'..i.i ruf 1 .•■■fii- I.i ,î * ir.rp' d A\rrrliiM's 
aov*i bien qu«* ri'llf» li .\'«'\ sï.drr il \p!.f !•:"»•• . ri-.îi- i|ui t>ii«ri^Vi.iil 
I imriMirlfil.tf d«* l.i r.ii*>'in nii!%i tm*!.»- .iu^^i t-i< h i)i]>' rt-lli' i|iii • n- 
s^ipnail la in^ria':!»* d«' r.'<i:ii- m 1im lu--! •• . *■{ ,i\.i:l .i:ii'»i d .i\.iiiri' rr- 
jrou^'' U's rnnrlii«'"in«» «l»* I* •: : ■■'::.i' •■. 

L'* pr ihlt'fin-dr Iinirn rî 1' '••• i i.rfi.-p.i.iil l'iiïirl.in! I* >tnp'in.(r«»biMU- 

c^-Qp ln'>ll)^ qut' ivhiii.t' !•! !.l" :(•• rn- i.i.< . • 11 )>:i- i-r.' •* 'liii{iit-t Hurl'H«l 

il seMU^cnail du iiixtln- •!•• \*i' i'.* itpi* »/^ /■'»»/•.. 1». m. i*. 7 : ■ l^la 

:r>(ur sunt, dtt-\( . qui- riM- prtii.diil .qu:i- i:.i' MUjiisii.nrl, qn.i' iiif in- 

.v>DiDem f'I iii^'.'inurii r<<i<l>iht. i:l \>t.i «il iiit*-r|'ri (.ili> f.itiul.i- i'rniiic- 

tha-i • qiiJ dtjHi *>tudi'l t- iiM «^'irrip-ri- ijri>-tii Jum. iiiin rrirc.ixil JupihT 

10 rup<* Sr\lhii\i. in qu.i crAr .r**i«lui- jmtiI \ui'-:rfiii phIi nlriii i-jiiS 

''^■r. » l'ornnif^nl , »»i 1 h "imi.' n ---t pii« li! ri*. *» il • •'. r^rk-xi- d un dr>iin 

lofl^Xible, pi'ut il •'•Ip- ri**:"iîj^.iî II- ' liiMinii'iit p'Mi'-«i!i lui iinpulcr m's 

^^rtUN el s«'> \ir#'s' VA »»i 1 1 vi.jx :r!i|it'rii'U*>t' «li* l.i • ■•îivH-ni •• pPK'liiiiiC 

li liberté d»* iiMtP» \ii|inlt' ••' n"1r*- ri-s[i"n* lî'iiiti*. l'nrniiii ni t«i pp)\i- 

'l»*ni'0 ri I •irnniM'it'ni'** il»' hii-ii |.iu\«'ni-» \.*-^ * .ifi i'rili r a\ri' i'l!r%?... 

L'esprit d.ins It-qu*-! l*Mî!i|nii.ir«" diM nli* 1 1*» qiii-*:i"n'» r^l rrlui d'un 

^'^^plique. Il l'.xpM»!' les nsiiîl.iîs «Ji-s )liil"^<>ph*'« hi-s df'\aii('ifr> a\«*c 

'ir.e i-'r.indp rlifrl»* . el di'xrhpi'»* ;i\i'i' ppuiomn If^ dirii« uMi's où ils se 

»ont eiiibarr:is''i'N ; il nv-nlP- uîh* » rj: .ii'r, uih* lii.» **«i' ^xtraurdinairesy 

^naxan^'nnl l<«uli's s«rlfs d»'»'«»liiii'irjH. n,,tis pliisi-Li-Mp- m su^nlanlde 

JOUvelIfSol'j'Tlions. AprrNa\Mir i-'iiduil iiiiis. ^*>u în-u-iira lra\('r> UQ 

mrnense lativnnlhn df r.ti^onv u niTinn-s «t rMiiii.uiiriniri*»», el au^- 

nentH en lui le .M-nliirent df l'inriTlitiidr . il tiinl p.ir a\t»ui-r qu'il no 

:ODnalt aucun sxslènie ^^ali^f.n-'.ii.l , nais qu il m- s'un.rl u\rf run- 

ianct* à la durlrinf de l Ku'Ii^f. Pi'ii pHnai-f pari d :i|h rd dr la nnlioQ 

)rdinairf du de*titî . qui inn^i^N" ;• rruTr quf Ir* r\*ufVirhU future tout 

înèritahtff. Our dfVienl rfllf nnimn, se drn>ani!f-l-il . s'\\ } a une 

Ji\ine ppixidenre, ou emore >i la xulcinle bun aiiif esl lihre? S'il y a 

me pn)xidenre snpri^nie qui U'Mixfrnf tciul M'UXfiainep'rnl el runnall 

Aul infciitliblenM'nlJf dt slin fst Prl cl al.M>lu.yil \ a p«)ur Ihomnieun 

ibre arbitre, tout n'c^t pas soumis nu df>lin; duniuin>,toul ce quiesl 

m notre pouvoir cchapiie à rempire du destin. Maù la pmridinee exclui 






lGf> POMPONÀCE. 

la liberté , et la liberté exclut et la providence et le destin. On a divcr- 
seuieut essayé de faire cesser qelle iDCompatibUilé profonde.: les ou, 
appuyés sur le sentiment , ont adjmis la liberté et nié la proyidencc; 
les autres ont tout ensemble accordé la providence et la liberté , en Ifor 
assignant des sphères 4ifférentes : à la providence la lune , à la lil«rté 
et à se^ hasards le Q)on4e ^ublunaire et ses accidents. Un Icpi^iJin^ 
parti n'exclut pas du règae de la providence tout ce qui arrive ai^rli 
terre 9 c'est-à-dire tout ce qui esi détermin,é par Tinfluence des aftrei 
et par celle de la divinité qui régit les astres ; mais ce pai-ti distingue 
deux sortes d'événements terrestres et sublunaires: ceux qui jdépea- 
denl directement de^ lois immuables de la nature , et par conséquent 
de la providence qui a établi et qui exécute ces lois; puis, cejpx qu 
n'ont plus de rapport avec la providence, mais qui sont accidenleb; 
c'est-a-dire conçus et produits par la seule liberté de l'homme. Cette 
distinction y par laquelle la providence générale est admise el la provir 
dence spéciale rejelée, doit être repoussée par les philosophes chré- 
tiens^ obligés de croire aussi à une providence spéciale et particulière, i 
L'opinion chrétienne et Topjnion stoïcienne semblent à Pooiponace ap- 
procher le plus de la vérité. La première, cependant, lui donne troiy 
doutes importants : premièrement, le christianisme prescrit d'affran- 
chir de Terreur el du vice tout homme qui s'eht trompé ou égaré ; or. 1 
pourquoi Dieu, étant tout-puissant et ayant prévu de toute éternité j 
toutes les fautes des hommes, ne les déli\re-t-il pqs de leurs imperfecr r 
tions? Pourquoi, en omettant cela, Dieu ne pèche-t-il pas , tandis que / 
cette omission même constitue un péché cbezlbonime? En second ' 
lieu , Dieu non-seulement ne retient pas les bonunes de malfaire, ^ 
mais lès entoure de toutes les séductions propres à les entraîner aa 
mal. Leur volonté est faible el corron>pue, leur intelligeqce aveugle; 
les vices et les voluptés les environnent; la vertu est tourmentée, per- 
sécutée; la méchanceté honorée et triomphante. EpHn, on peut conice- 
voir comme possible un monde où il n'y aurait que des gen§ de bien, 
tandis que dans le monde actuel les méchants sont en majprité. Ponr- 
qupi la Divinité, prévoyant tout , n'a-t-elle pas préféré l'autre combir 
naison comme plus favorable à la perfection humaine?... lUais leploi 
grand inconvénient de l'opinion chrétienne, selon Pomponace, est 
qu'elle nous soumet entièrement à la fatalité à laquelle elle prétend nons 
soustraire, et qu'elle se contredit elle-même. D'un côté, elle établit 
que Dieu opère tout avec certitude, que rien ne s'effectue sans saco(»pé- 
ration , qqe toutes choses sont instruments de Di^'u; d'un autre côté, 
elle déclare qu'il dépend de l'homme de vouloir ou de ne pas vouloir. 
Voilà pourquoi Pomponace re^^rde comme plqs raisonnable la doctrine 
des stoïciens, selon lesquels tout est nécessaire par suite de la provi- 
dence divine. Si les stoïciens funl de Dieu la source du mal et de celte 
confusion qui est le propre de notre univers , ils rendent probable aussi 
l'idée que la perfection du tout exige une pareille confusion , un pareil 
assemblage de tous les contrastes imaginables. Notre condition pré- 
sente est telle que le mal même y semble nécessaire à l'existence da 
bien; qu'il semble l'un des plus énergiques éléments du progrès hu- 
n^ain, çonpme de la nature universelle. Que si ensuite Pomponace 
*^oi^le qu'il faiit néanmoiïis ^-ejeter la nécessité des stoïciens , parce que 



PORDAGE. 46T 

la rrjptte « et qu il fjot prefrrrr la df«»ion dr l'Ficlur ani opi- 
aioas de notre imfiarUiIe râiM«>ii . il n al>uM» yis le lecteur . qui de%iDe 
aumnil m pn»priiMitn fiotir i-rit^ dininiir. 

Dan^ I ou\r.i«;i* de Ifirumialufmhut, teu •// nalurnftum fffetwmm mé» 
miramàmy$m rawu, Fompi narr nr (•rii|Mi«i* dr reiii|il.irrr la (ni d«n« 
ka rffeis inira«-ulfu& drs«»priis |uir une n).ini< n pio^ rai!»onnablfl* . par 
arile qai nr «uppna^ ptiur k^ |>li«*iMtmrffirik tl^ Ij n ilarr, m nannlti-us 
fa'ib paraii^enl, que d«-s niUM*% naiurfit*-^ > il ^\\s\r ét% rataana ^rm- 
hiaMea« ries ne nnui i»b •!;•■ A*- c-nnr** aux •l«'niiin>. ■ il arrail ndhiila 
cl abMirde. dii-il p. iii . «je n^epriM-r ir ^imM*- ri \^ naiurri pnvr 
IVcnunr a un in%i%itili' d^'ii la rrji iii* nr iimiih r«i ir-ir.iniie par aurtine 
piVibaftHliie M) hI«*. • l'iKir |iriiii\ri rpi il lie «•^ur.il % H\oir ë influences 
orra les ni dr pn^li^-i*^ i \Hrf%-\ pjr le* r«k;i-il«, il ronin^'nce |uir in« 
Vaquer lauii'nii'«t An<ti*ii*, i|i:i n n^.ul p.i% a<lini% fl«|ui ne runna^sMiil 
pa» \r\ démon*. >t-lun li'« |irii.i^e« di' te ptr.lii^ ;>!'*. (iiiil ('%riiefiipnl 
terrestre peut èxt*- raineiH* m %i«i-ni^iiie, i-nn in<* il.iii» u*s pniprielé^ et 
Sfs elfi-t*. à I action dt-^ c-or|is «'«*le\l•^. |r iSmi «le pro|ilietir que |ins« 
lUenl certain» h'imnie^ \ieiil lie riij|hifr<«'i* ili'« .isire^, et . |iar roiise- 
qoeol, du reirulatrur fin iiMunff Mili-r.il , hifii . et ii« n \n\> il une Imisiifl 
iocompreheUMlile a\ee urn f-*-|int<» ii inri-i.N il iiu tiiurx.ihleii. Ijp don 
dedi\inatiun lient a um- irri.Mn«'di<>|ii-^i'iiiii ihi « (tift<k.rrl!r<«-i au murs 
lAlarel de*» eîeiin'ntk, et «e (-• urs lui-iitiiiif iie|N'ii(l ilr« rinileH qui in- 
fluant direrteinrnt sur (««tre ;'|fi|i«*. Il h \ a flnin' |i<iinl de miraehi , 
H par là on i ntend dr^ e%i-iieii)i*iii^ alivniinrnt nnilraiies a l nrdre de 
h nature et ûrs rorps re v>\vs, 1 nu't'ftM^ l*<>liipfiii«re. afirès rrtte pro« 
ileMion de foi nalurah^lr . ailitple \r% pniliLV- de Moi^e.du tjirisl pI 
éi loof ceux que | Ki!-l^• a\ait in%e!klis du dmi des iiiirarU*%. Il fallait , 
dit-il . po«ir la nai-^^aiice ri la durée drs reii^'inris. de re» iiilrr\enlionH 
t^Jitrdordi lia ires de la part de lu Ihxinile; il fal .iil des iiiir.i(-|e!i ; de telle 
bçon que IHn p*-ul nit^ine nredireleur lin prothainr uu% reli|!ion9 où il 
&e s'tipère plu» de |:r(»ilii.i*s. 

Il nous seinlile inulile de faire \nir qu>* les pnruipes v|M*ciilatifH de 
Piifnpntiace ciiridiiiviietit nu d-\ aient rtniduirt* au >enNUtiliMne cl au 
inat4Tia!isine. Par la il iiiertli- d être considère niinine le principal 
fondateur de ce que Ion appe'uit au \\t* Merle I imle de Boln^ine. 
Noos fitenins cumine defe; st-ur^ un coiitinualeur^ de INimpcinHce, 
!Hj:on Piirta nu Purtius , de Naples, priife^M'ur h I'ikc, et auteur de 
deuK écrits liilelt-inent cup^'Un d-WiN 1 e>pnt de son iniillre , l'un Ih re- 
mm maiuralium prinripu» . I aiitri- i/r Anima ri mn^ie AMiPrina 1551 : ; 
l.dzare li^inanim, Ju.rs-(.e>.ir N-.iliUf-r. J.it-i)u«-N /.dirrlla. et enfin 
(>sar 4'.reiii"nin, que i on aivu^'ait d'axiâr di>niie an priid'*nl rompru- 
mis de Piinponace srr I upptiMti«in de la <*rienie pliiluMiphique et de la 
foi ealtiMÛipie, 1 expression la n mns equi\(M|iie et la moins di:: ne d'un 
sage vtritaLle : Intus ut iibei , funs ut inoru r«f. C. Bs. 

PORDAtîK Jejin , inéd«^in et nalnnilis'e nn|ilsis du XTir sIMe, 
né a Londres «-n lii-J5, cl mnrl d.nis la iihm e \ille • n 16<I8, appariipnt 
à l'hisloire du mysticisn e par un ouvr.i^'e inirii!»' Meiupfty»iqye divine 
€i vmiabU. Il fiil lour à tour le n iitti e et I l'I* ^e oe la taiiieuiH* JeHiiin^ 
Leade, la fondalricu de la aoaiefi du J^kitûdelpkiê , société êublie sur 



lGf> POMPONA£E. 

la liberté , et la liberté exclut et la providence et le destin. On a 
seuieut essayé de faire cesser qelie iocompatibiliié profonde : les 
appuyés sur le sentirnent , odI en^'xs la liberté et nié la provù 
lesaulres ont tout enseiY)Më accordé la providence et la liberté, i 
assignant des sphères différentes : à la providence la lune , à la 
et à ses hasards le i^on^e ^ublunaire et ses accidents. Un Iro 
parti n'exclut pas du règae dé la providence tout ce qui arrive 
terre y c'est-à-dire tout ce qui e^t déteroiin,é par Tinfluence des 
et par celle de la divinité qui régit les a5tre3 j mais ce parti dûs 
deux sortes d'événeqients terrestres et sublunaires : ceux qui x 
dent directement de^ lois immuables de la nature , et par cons 
de la providence qui a établi et qui exécute ces lois; puis, ce 
n*ont plus de rapport avec la providence, mais qui sont accid* 
c'est-a-dire conçus et produits par la seule liberté de l'homme 
distinction , par laquelle la providence gén<frale est admise et la 
dence spéciale rejetée , doit être repoussée par les philosophes 
tiens, obligés de croire aussi à une providence spéciale et partie 
L'opinion chrétienne et lopjnion stoïcienne semblent à Pompon 
procher le plus de la vérité. La première, crpondanl, lui donr 
doutes importants : premièrement, le christianisme prescrit d*. 
chir de Terreur et du vice tout homme qui s'eiit trompé ou égai 

t pourquoi Dieu^ étant tout-puissant et ayant prévu de toute é 
outes les fautes des hommes, ne les déli\re-t-il pas de leurs imj 
tions? Pourquoi, en omettant cela, Dieu ne pèche-t-il pas , lanc 
cette omission même constitue un péché chez l'homme? En 
lieu, pieu pon-seulement ne retient pas les hommes de nu 
mais les entoure de toutes les séductions propres à les entrai 
mal. Leur volonté est faible et corron>puc, leur intelligence a> 
les vices et les voluptés les environnent 3 la vertu est tourmenté* 
sécutée; la méchanceté honorée et triomphante. EpHn, on peut 
voir comme possible un monde où il n y aurait qqe dos gens de 
tandis que dans le monde actuel les méchants sont en majorité. 
quoi la Divinité, prévoyant tout , n'a-t-elle pas préforé l'antre 
naison comme plus favorable à la perfection humaine?... mam 
grand inconvénient de l'opinion chrétienne, selon Pompnnat 
qu*elle nous soumet entièrement à la fatalité à laquelle elle prctoi 
soustraire, et qu'elle se contredit elle-même. D'un côté, elle 
que Dieu opère tout avec certitude, que rien ne s'elTectuo sans sa 
ration , qqe toutes choses sont instruments de Diou; d'un autr 
elle déclare qu'il dépend de l'homme de vouloir pu de ne pas > 
Voilà pourquoi Pomponace regarde comme plqs rcusonnahle la d 
des stoïciens, selon lesquels tout est nécessaire par suite de \ô 
dence divin^. Si les stoïciens font do Dieu la source du mal et c 
confusiop qui est le propre de notre univers , ils rendent probab 
ridée que la perfection du tout exige une paroitle confusion , ur 
assemblage de tous les contrastes imaginat)Ies. N(»ire condili< 
sçnle est telle que le mal même y semble néiessaire à Texistt 
bien; qu'il semble l'un des plqs énergiques éléments du progi 
n^ain, çonpme de la nature universelle, Qum^ si ensuite Punî 
^o^le qtj'jl' faut néanmoins rejeter la nécessité des stoïciens , pa: 



PORDAGE. 16T 

la ttylle , et qu ;1 fjui firffrnr Ij dfci^iciD dr IF.irlise mi opi- 
■loas de notre im|Mirf«il^ râivn . il n atiu^ |ij« le Irrtrur , qui devine 
Mttemttïi M pni|iriisjiin iiO'ir rrltr «liM-lrini'. 

Ilan^ I ou\r.ikV tif /nr'inrfj/n.ni/iff . iry i// niirMra^uni fffetwmm mé» 

mùrc mé mrmm rauui , F«iiii|m tbit m* |irii|Mi«i* dr mii|il.irrr ia Uw dnn« 

fcipflelf RiirAtulru^ dr%iftfirii\ |uir unr i>).inii n pîOH rai^onDabli* . par 

«4ie q«i IM- ^ufipnfer piiur lrH||iiMi<»nirfirs tl*- l.i n iUrr« m naneilii-us 

fi'iU pardi^t^fit. qu«* dis riiu«i-% naiiin-iU-^ > il r\\s\e ét% rataNift <^'*ni- 

Uable», rira n^ nnu» ob *&:?• il* c-r'iiri* au\ itmiiMii». ■ Il trrail ndhiile 

cl abMirdr , iiii-il p. ±i\ . ijp n.epn^* r ir \iMti«- ri \^ nalurrl pnnr 

ncnunr a un in%i«itil«' (}>i'it U n-a iii* n«* i.iuin i*«| frtr.in'ie p.ir aurtine 

pn«baliiliie s^^ mI*-. m l'unr pri>u\ri (|ii il iir «<«ur. il % u«iHr ë innui'iim 

anale» ni lir pntlitjr* i {nt*-^ har ir« r^iiil^, il ronim''ticr p.ir m- 

tw|uer lauh-nii'i! Ari«lii(«-, iri.i n «i^.iil p.i« H<iiiii% ri (|ui nr ninna'kMiit 

fk> Xrséemom». >t-Uin )•<• piii;ri;r«> ilr n* |ili;.ii\ ;»(•-. ^>(il *'%i*tieni^nt 

Icrrfsirr prui t^ip- rainfi.r m Hm-nti^in^. «.n: nif \\.\us %r« pnipnelê^ ri 

K&rtfrl», à I action df« 4-iirp% ivii-^t'%. Xa* kUwx %\v priiptiriie que |in»« 

làienl rrrlaiii^ h«>mnir« iinil «Ir 1 ii.i1<ii-r i-i* il^-s ii^lrrs, «-i . par «oiise- 

fMmt • du re^iila4rur (f u innriili- »hii-r.il . lh>-ii . ri ii< ii |ij> li unr haiftiiD 

iDC*<nipn'h«'tl«lti|i* airr iir« ««pnl^ n ii<m i.s i • un nmri.iliii'h. fjp don 

fc divination lient a uni- it ri.'inrf1i<>p>"^i'.iiri il>i mipH. rrl!i-M-i au murs 
iAliirrj de^ eiriiii-nl». ri • «* «' ur« Itii^iin iim* (lr|N'i.il Av^ «-iniir*» qui in- 
fluent dirri-ti'iiirnt sur lo'r*' :'liitf'. Il ii \ a «Imii- p<iiiri «Ir mtrachê , 
il par la on i otmd dts rMiiiMiit'iiN hUs*ï •inn-ni riihir.irir« a I ordie «Ir 
fa nature et deN i-nrps n- ••>{»•>. Iniiiffm^ l*i>n)p<tiiirr. «ipri*^ trlir pro- 
CeMion de fui nalurjli*>l'- . ai1«>ptr {rs prtHk'c» iW .M(ii^*'.du iJirisi rt 
d* loui Vi'ux quf 1 Kl'I'x .tx.iil m%«**klis (lu ildU i\vs iiiir.i''lr«>. Il fallait, 
dil-il . pdMT U nai^Hatiiv ri iii ijnn-i* îles rrji.'MiiiH. dr i-vs iiitfr\rntionH 
extMOPlniairrs de la pari «li' la Ihxinili* ; il f.ii .iii ilr^ riiir^K-irft ; de Irlte 
bçon qiir I iiii p«ul nit''tii** iinMirr leur lin pnuhjiiir hu\ rrli^iun» où il 
be i'Mpt*re piu» «le |T(i>ti;.i->. 

li uuu» Mfinlilr inulili* dt* f.tire \nir qu** lr% pr:n(i|>rs v|NTiilatifH de 
Pompciiiace ('«niiluiviii'ni mi ii-\.iifiil roiKluiff au >riisUiiliMnr vi au 
inatiTia!isine. P.ir la il innili- d rlr** i-orisulrri* oiiiiinr Ir principal 
friùdaleur de ee que Ion Hpf»* ail au \M' ^irrlr lio-lr de lti>lnffne. 
Mous eitfruns rumrnr (irfr- ^fur^ dU i-diiitnu.iU'urs de l^llnp(lnH^e9 
^ij.un Piirttf nu piirtiUN. de Nipirs, prufr^si-ur î'i l'i^e, rt aulriir de 
deui èeril» liilrli-inrnl rm-^'u^ il'iii> I r>prit de sun iniilirr . l'un Ih re- 
mm maiuralium prinrifm» , I aiilir lir .-tnima ri mti.it hniviif^a I5iil ; 
L^zari* l>*inanirii, Ju t s i.r^.ir N.iliut r. J.ii-i)ut % /.ttiri-lla. ri enfin 
Osar <!rei:t'-nin, qur i on a'vu^.nt u .i\<>ir d<'iine an priid»Mi runipro- 
mis de P tnipnnace srr I it|>pii^iliiin tW lii «nenu* plii!(>s«iphique et de la 
foi ealtinliqiir, I ^xprt•^slflll ia n ^ln^ rquixitqur cl la muiuii di;:iie don 
Mge vtriiaLle : Inîta ui iibtl , (une uî uwni ttt, (^ B:». 

PilRDAt;!-: Jean . inr^ierin ri nalnrali'>'e iin|ilBis du itii« isJMe, 
Dé a Londres rn l(j'J5. cl m^ri d.m^ la ini-ii r \>île «n 16tlH, appaiiient 
à riiisl'iirr du ntvsiifiSî! e pir un iiu^r.»u*r int» iiî" 3/r/r*/»Ay»i^w* tiirtht 
ei veriiabie. Il fui luur a tour le n atiir rl I l'I* ^t* ue ta laini'i.iH- Jrriiine 
Leade, la fondulncc de la aoeirfa du l^kxMtlfktê , buciête eublie dur 



1G8 PORDAGE. 

Iç plan même dont le principal préceplear de Pordage, Jacob Boebm, 
avait donné la première idée. Elle avait pour objet le calle de Soplm,- 
ou de la sagesse ^ dont Tadoration de Marie ne devait offrir qu'une im- 
parfaite image. 

Pordage est on des partisans les plus éminents du théosophe aile- .] 
mand. 11 prétendait que des révélations personnelles de la part de Diei 
lui avaient conseillé de regarder la doctrine de Boebm comme la vé- 
rité divise. Pour répandre sur celte doctrine de nouvelles lumières, 
il publia en langue anglaise , outre sa Métaphysique divine, plnsienn 
écrits, tels qu'une Théologie mystique, et un livre intitulé Sophie, 
écrits qui furent traduits en plusieurs langues et qui passèrent depuis, 
parmi les mystiques, pour dignes d*ètre placés à côté des prodnctiou 
de Boebm. Les expressions de Tadmiration la plus vive peignent Fen- 
tbousiasme de Pordage pour le divin Boehm, pour ce génie éekire 
d'en haut. Loin de lui la pensée de le jamais contredire ; un tel soupçoi 
l'affligerait profondément. Il n'a d'autre dessein que de l'expliquer, que 
de le mettre à la portée d'un plus grand nombre d'adeptes(t. i", liv. n, . 
c. 5). Ainsi que Boebm , il a des apparitions et des révélations, mais 
il les décrit avec plus de précision ^ avec une certaine netteté britan- 
nique dont le cordonnier de Gorlitz ne s'était jamais avisé. 

Il assure positivement qu'il ne décrira et ne racontera que ce qoe 
Dieu lui-même aura appris à son esprit , en l'enlevant à son corps pour 
le transporter en sa sainte présence (t. i", liv. i, c. 1). 

Toutefois, ses ouvrages démentent cette assurance. En les parcoa-> 
rant^ on s'aperçoit aussitôt que ses principales doctrines sont empruntées 
aux philosophes d'Alexandrie et a la Kabbale; que ses visions ne sont 
que des jeux d'une imagination échauffée; qu'enfin elles diffèrent sur 
plusieurs points essentiels d'avec les enseignements de Boehm. L'Es- 
prit, ou le Père de l'éternité, dit Pordage, a produit et tiré de loi- 
même sa propre éternité, et par conséquent, s'est donné à lui-même • 
un commencement et une fin, puisqu'il était d'abord sans commence- 
ment et sans fin.... Cette production ^ celte expansion en commence- 
ment et en fin, c'est la sagesse divine : elle peut se représenter sous la 
forme d'un œil qui se développe graduellement.... D'autres images 
doivent figurer les perfections divines , et en les employant , Pordage 
ne fait encore que reproduire les métaphores familières aux platoni- 
ciens grecs et juifs. Il en est de même pour la manière dont il essaye 
d'expliquer l'origine du mouvement, de retendue, de la sensibilité, de 
la raison; cette origine commune, qui n'est autre cbose que TEsprit 
même. 

Il y a du mouvemen4;, dit-il ; le mouvement est un fait : il y a donc 
aussi une force motrice. Mouvoir, c'est agir; être mû, c'est souffrir. 
La force motrice est donc ce qui agit ; le corps mis en mouvement est 
donc quelque cbose qui souffre. Or, agir et souffrir sont opposés l'un 
à l'autre, et ne peuvent coexister ensemble. Par conséquent, la force 
motrice et le corps mû sont deux choses essentiellement et numéri- 
quement distinctes. Le corps mû, ou le passif, est évidemment la ma- 
tière; par conséquent, la force motrice esl immatérielle en même 
temps que substantielle , c'est-à-dire un esprit. Un esprit est donc une 
force mouvante y une pure activité^ merus actus. 



PORDAGE. I(» 

oat où il T • on^ arti^il^ pn^luil^ ftar on pnnripr intime, il y 

> Mt : «isns: un rspnX \il. Mms 1.i «uh^i il tlmt y a%<>ir dirrclidn 

el <bp'iilanef\ ri ain^i un f^i'nt a de la \iili>nle ; nnf U\*Tt \oliinl^, 

i)u il ne saurait élrr dirip* qur |>ar soi-m^nir lit enfin il doit y 

\r la »fnMbrilt-, pëfve qu'il nV!»t pinnt d^ \ie (•û il n'> ail nulle 

lile; ri ainM un esprit rst douf de len^ibilite. La volonté et la furn^ 

, reip«Tienre 1 atte&le . nnl bien dr% depres divers, depuis les 

ntes ft<Tti'S dV'tres spirituels jusqu'aux plantes et aux minéraux « 

M>nt pa« exempts de sensibilité. 

e«prit df'it .i%oir aussi de l'étendue, de la pra\il<^, parte qtie 
»gtst«inre est inmn(>'%nble sans l'attribut de I étendue : point d'é- 
', point d'i'Mre. Il ne suit pa« de la. Inulrfnis . que l'esprit soit 
le. L'indi\iHibiliie e»t iiibérente. au e«>nlraire , a l'upite de sub* 

• unité abvilue dont rien ne |N*ut se retr/inrher. Si l'on dit que 
lue contient une partie a rôie d une autre |>arti«*, et quVlle est 
Illisible, on suppose seulnnent re qui est en question, tm fib<*it 
;>erfertitin de noire raison . qui e*l forrèe de m* reprêHeiter I f- 

• comme une sueeessuin iiu luxtn^Misilinn de partie*». Kn m i. IV- 
est absolument simple et parfaitement «'laire. et par conséquent 
t se définir. 

prit a\ant de l'étendue e^t cipable de se répandre, de rayonner 
de V'i : le propre de 1 esprit est de produire des emanalif<ns et 
lu\es spirituels. I.a \ie a crri de p.irtirulier, qu'elle se inuliiplie 
and : 1 esprit, à plu*» furte raivtn , ne révèle par cette qualiie. la- 
alte^te \ entablement m-h rner^irs cachées et sa \aleur interne, 
int irradie des forces . ilu iiiiiu\ement . d** la luoii^re. 
^nsibiiite, ou rex|M*rienc«' iiiiinediate, nV^t ntitre chose que la 
tion de l'influence esM*ntielle rt particulière d'un objrt présent. 
y a des obj*-ts spirituels, des ariires, des demon^, Difu enhn. Il 
ne qu'il V ait aussi des M*ns intérieurs p«tur cnniinltre ces objets, 
uoi il n'\ aurait pas de n-Litinn ron\rnable entre loljit et le 
lais les sens, unis à l'entendemi-nl et a la \oInnté, ne furment 
Mre unique, un esprit cniiiplet ; c'est-à-dire qui* mius a\iins en 
lusieurs esprit^, autant d'esprits que la connaissance peut a%oir 
s diiïêrents. tntis sortes d c^piits enfin : \isib1es et extérieurs , 
les et intérieurs, di\ins rt surnaturels. Ainsi nous B\ons un triple 
une i^me triple : une .\me naturelle pour ce monde . une Ame 
|ue piiur le monde des anpes. une âme di\ine pour goûter Oieu 
influences. 

'onction de l'entendement ou de la rai«on con^i^te ù recevoir 
mbiner des imajres et des repréM*ntatinns d'ubjrts absents , non- 
ent cnrporels, iiiaiH aussi spirituels, liette faculté n'a donc an- 
ri^inaiitê. aucune .spfintaneite : à l'epird des objets mêmes, elle 
ilement aveu^'le, parce qu elle ne It-s sent et no les ex{MTimcnte 
; parce qu'elle n'en subit fias 1 action M\nnte et réelle. 
»s sont les propositions le« plus un pur tan tes de la Meiaphytique 
Il serait inutile de montrer combien elles ont d'aflinité a\ec les 
•es analogues des mystiques antérieurs. Elles furent néan- 
commeDlées à leur tour en différents pays : en Angleterre , 
iliteemeiil par Jeanne Leade ; en Allemagne , par un élève de 



«70 PORPHYRE. 

madame Guyoo , le comte de lieliernieh , longtemps miautn 
Prusse en France. C. Ai, 

PORPHYRE, kl chef de Tëcole néoplatODieieDDe après PI 
naquit à Tyr ou près de Tyr, en 232, et porta longtemps le nooi< 
lialkhy c'eat-à-dire B^i. C'est à tort que quelques auteurs Toat 
juif et Tofll fait nattre à Batoes ou on Baianée. Son éducation fut 
des Grecs d'Orien(. Adolescent, il entendit Origène (probabl 
disciple d*Ainmonius Saccas). Agé de vingt ans, il visila Rooie 
y voir Plotin. Mais nous Vy retrouvons près de lui de S63 à 
Dans l'intervalle il avait acquis une instruction presque eneyclo] 
que^et Lon^in, dans Athènes, l'avait initié au platonisme, mais nos 
néoplatonisme. II y eut lutte entre lui et Si>s nouveaux condisci| 
avant qu'il se rendit; mais, une fois pénétré de IVsprit nouveau, il 
lança bientôt le renom d'Amélius, en quelque sorte le second de Pic 
Vers 266 pourtant, Kaisi d'un arcès d'humeur noire, il faillit se d< 
la mort. Plotin devina ce projet de suicide, et Tenvo} a se guérii 
en respirant un autre air, en S\(*'\\g. Porphyre ne le revit plus, et 
revint à Rome que vers 273, au moins trois ans après sa mort. Ai 
lius s'étanl fixé en Syrie, Porphyre fut alors considéré comnoe le 
cesseur de Plotin. A notre avis, l'école néoplatonicienne se trouva 
tôt fractionnée en deux branches : Torientale, où Amélius tenait 
premier rang; Toccidentale, dont Porphyre était le chef. La 
mière était plus mystique, plus inspirée de Numénius, plus portée il 
théurifsie} cVst elle qui devait finir par l'emporter. Porphyre 
pendant un temps à celte tendance, puis enfin capitula. Mais, métil| 
alors, on ne lui sut que peu de gré de cette adhésion tardive et frij 
toujours sembla trop tiède. Dans l'âge suivant, on rappelle le phi' 
tophe, tandis que ses rivaux sont qualifiés de merveillevx, de divip; 
de son temps même, sans doute, commencèrent ces difl'érences d'ay^J 
prédation. On lui connaît, entre autres disciples, Jamhlique etTbâhi 
dore d'Asinc; et peut-être vit-il bien avant sa mort le premier devenir 
son antagoniste. Il avait décidé plusieurs adeptes à se vouer, sousacf 
auspices, à Tabstinence pythagoricienne; plus d'un, parmi ceux-d, 
trahit son vœu. Il quitta Rome et passa depuis lors presque toute a 
vie en Sicile. C'est là sans doute qu'il se maria , vers 268, à la veuvf 
d'un de ses amis. Il fit aussi un séjour à Carihage; et une missioDi 
relative à quelques débats entre les chrétiens de Sicile et rhellénisine, 
le retint au moins un an et demi dans le voisinage du sénat ou d'uB 
des augustes. Il ne faut pas croire qu'il ait jamais habité Nicomédie, 
bien moins encore qu'il y soit devenu favori de Galérius. Nul dootCi 
pourtant, que son nom n'ait été célèhre dans celte cour antichrétienne. 
Tout se préparait pour une gu^^rre à mort entre les deux cultes rivaux. 
Le grand ouvrajj;e de Porphyre contre les ehréliem (de 290 a 300) en fol 
presque le signal; ce fut un événement politique. On ne fit plus qiM 
le répéter ou le copier : Celse était elTacé; trois év<)ques ou docteun 
s'appliquèrent à le réfuter; le f/a7«/è///6 d'Hiéroclès en était l'abrégé. 
S'il est vraiycotnine le prétend Eunape, que le >énal de Home fit dres- 
ser a Porpliyre une statue, ce ne put être qu'à roccasion de cet as^aa' 

livré à ueuj^ en c|ui l'on voyait les ennemis de i £iut j et i on ne a'étoo' 



POBPIIYRE. I7f 

i% qa'vn pru plus Urd fe rbrulumiMor %Mnqu^or ait àérrtié la 
là^m du CtfUJ «ju\r«|cr Hîjkii luut pnur i'«ii^Miiir. L'uo y ri*u»Ht. 
)rpb>rf ni* «il p.u rrlU* pruinripliun. II rùl ^ir u«ici^rnaii <• rn 
■launiC lié»-à#:i* pourUul ; rt l'uu Mil qu a Mn&aiiU el di& «m 
r«H U l'itf d€ Pi«iin, 

MiqMAle «u ]MiiK«nlr iiii«ra|:ni qu il Ijii^niiI , %iii|:t IraïUal 
re, et »cirncrt, d«* iualM*ri-ft liftriairr^ ; huit ou di& ruuli ni »iir 
-U niixifb^ W> iM-iilr uu \TvuU -dt u\ uuifc» Miil r&cluM%roirul 
filiu|ur$. 

uu^cra pla» Km» IrHii'rf!^ (!i»!» plu% r^ marquabirt , noUmii.ml 
k qui II util ptiH rit* (.t-niu*. (^i» df-riurrk «>u«raierft, jimiiI» à dr» 
nU ■>Mi iioii.brrux, pirutcMiiil di- rn-nn^ULirr ro piiriir In 

* de P«>r|>li>rr . rxi*' pU* pour Ki iiii-iaplijbMqijr cl U llirudurv, 
|ilr«lr^, il eM tiMl>lv qu il a \.irir. 

PioUo li M* li'ffHd, l'iii'iaiii un Ifiiififty d troi% h>|N»^lift»^» Mi- 

• I éirr^ I lult'l liCi'iii'cf, I .'ifii'- . J4i^!iaiil lurtriaih s il faut ptarrr 
1 au-dt'^^u^ Oii^uii* d*' l*i pirmiiTr Ii>p«»sUm' irl hn , irl nm^éeià 

. ce » 'n-tlrt aiileni*ur u i ri<f. qui r*'«ii*Mi« ni a^MK Miu%inl 
. Là' fjil «'*»! qur parfi'ii il lis JiMn ^'ur lrr<i-nplU*iiiriil. !.•» nnn- 
èru'ur a t rin* i*^l rrrtr^ aulrr ih >''t' i|ui' l'iMrr, ri lui r»i iiu|i^- 

aU-J'iU f^l l!ll lAllInl HU-d«l.i Jf l'ili rll.f:i lii I* . lil|l*nl .lU ilrlà 

i; tfl l'Olio, |HiiM|u'ii iiiiiiHiii I I II firê, «iriui'Ili'Uiiiit il adttiH 
t^Tr , |iuiH<|iir jf i-<[i rlii- (lrt»"ri2«- il liifi iiii- I l'Iriv liai» m l-il 
>iiiM' ririiielii*iiif|il «a liifT^n h i* fl qiiain* di-^n*» .' li'iki dtiul. ux , 
li fait y U l'onUiiiiii li«n lit- M*rail iri qui* d onlrr >ri'<iiidaiii'. 
quand li <lil h'intjmrnî Utà prtnrtfitâ , fïivi >iiitpiiriii> : ■ |«r 
f UiiiqiiL* ili* luiiikiri», 4* rfel II* /irrr de la Inude i/ifr//ififr.V 

• un l'tuuip li'Ul iii'uvrnu htiu\if. i*ur|ili)ri- ntiM'l plukirura 
! rointiicn dunr / !u pii.^ Iiaul** <*!»! I m/r'/i^i/'f /liiiiniiiciil qua* 

\v» aiilru^ / l.a |>rriiiii-ri' livpDftla*!* hc iii'iini.r /'rr«/ ii'ii«ii.«-iil 
t'fit II'» luri'N '.' 

l'i.iiiiH'ii'iUi'» iiianq ii*nl, ii.iiiMli\er.v'h t'iiuiri^LiiiiTk periiirllPiil 

« 1" f)ii .! .KiriirUatt Irt'iH In^iiis. n \'v\tu\nv dt SuiiiciiiuH . 

11*^, dr Tlit'iMliiri! d Ai^ii'*'; si* qu'il îc*» rarurlm^iiil roiniiii- 

par Sr» rpitlp-lrN d infrf/i;/i(f/r, iHletleriuelie .:i:x , inI^/Zi* 

iHitlUciyttie; 3'' qun c i'»l lui qui, le* pri-iiiicr, cnioln^a m 
ri4liun>. IJiiaiil (iu& ni'irik, .lux rôlrs di* rh;tqui* h\pi'sU»i! dam 
Jt*^, lu n'ixiiti uiit* iiuvriiiudf il aulanl plut» ):i.iiidtf que, iiiÙiiih 

\(in'h*'N(* ijt* 1.1 liii' If iiiinjii" , liiut 11 t's\ |i i> r!...r. 

'11.1111 ni il y i*ui un tfn p^ i ù l'ufph\re ii>' \ii\ail dans U pn- 
>p>mt:iM* qui* 1 élii*-un , i>u U fixT^atl a I iin.i' dile âiiif h>|ii*r- 
.1*, I' lilir i\c démiurge o rHt-a-dirt* , fi'liiii Piulin lui-iii^iiie, 
cl auteur du monde , o'i entin il pla^aii dan^ l'inlrlIiKtiin* la 
dt*) idi't'ft dilt^ itumdtyme uu lUddt'U* du tnoHd$ , et p«ir auil« le 
penif , el auUiZ'Mu x^'-.W-^it ({i» t ***^^ niun l'indique» ^at 
vaiil de la Mtr qu'il se donne à lui-mùnu*, qu'il puibe en iui- 

on sail au«^si 1" qu'il a qualiCiê I iiitrilÎLvnro de dénùurpe; 
a plai é dans W tli*niiur*:c 1 uutuzoon il le iiaradiitme . 
vuitre prupu^aiou «al i^mbigue. LaUce à l'Aïue, eai-ce à l'in^ 



^ 172 PORPHYRE. 

lelligence qa*elle reconnaît la fonction du démiurge? Mais, dai 
deux cas , elle contredit en partie le premier système. Si c'est 
qui possède Tautozoon et le paradigme , les id(^s ne sont dont 
dans Tintelligence. Ou bien, comment y sont-elles? Et si c*esl 
telligence, quel est le rôle de TAme? elle n'est donc pins qu'an 
cosmique, diffuse par tout le corps du monde et ranimant, mai 
condition de s'absorber en lui ? et le rôle d'&me hypercosmiq 
passe-t-il pas à Tintelligence ? 

Quand on voit ces variations, au moins apparentes; quand on : 
ce nom de père donné ailleurs à une première hypostase; qoa 
songe que Porphyre, en commentant le Timée, distingue le p 
l'auteur (itcivitt.;) ; quand on voit les trois démiurges, chez les 
philosophes cités plus haut, se distinguer en ce que l'un est , l'au 
le troisième aperçoit rintelligible; ou encore en ce que l'un veut, 1 
conçoit, le troisième opèr^ le monde, il devient présumable que 
phyre a pu faire de toute deuxième hypostase le démiurge, de 
troisième l'auteur, de toute première le père (Dieu ayant en 
monde, comme le père a son fils avant la génération). Ainsi le i 
serait en chaque hypostase, mais dans la première à l'étal latent 
la deuxième à l'état de plan , dans la troisième à l'état réel. En d\ 
termes, l'intelligence prend à l'être et fournit à l'âme Féléme 
monde; l'être la possédait, mais l'enfouissait en quelque sorte -, 
la façonne. 

On sait que, quoique les mots d'antériorité, de postériorité n 
nent souvent à propos des hypostases , il n'y a là qu'une antéi 
logique : les trois hypostases sont contemporaines entre elles et 
Vau'delà ; et pour les néoplatoniciens , le monde a toujours été. 
phyre démontre avec force son éternité, qu'au reste il ne m 
pas éternité, parce que l'éternité, pour lui, c'est la plénitude de I 
et non l'absence de commencement et de fin. Le monde n'est pai 
fait, il a une cause; il n'est donc pas éternel dans le sens que 
phyre attache à ce mot; il Test, même pour lui, dans le sens où 
le prenons. 

Déplus, le monde n^étant qu'un phénomène, un paraître, 
tingue quatre degrés de possession de l'être : l"" la pleine possessi 
l'entéléi'hie; S^" et S° la possession par participation supérieure et 
rieure; k"" la participation simple , qui n'est qu'une apparence 
trois hypostases, sans doute, les trois premiers degrés ; au mon< 
quatrième. 

Au-dessous même dcioe monde, déjà si bas, vient la matière 
Porphyre, comme pour Plotin, c'est, dans toute la force du tern 
non-être, n ayant plus même l'apparence de Têtre, et distinct do 
être supérieur à l'être, qui déborde Têtre et auquel on ferait tort 
ne voyait en lui que l'être dans toute sa plénitude. Dans celui-là , 
manque d*être; dans celui-ci se trouve autre chose et plus que \é 

Toute vile qu'est la matière, Porphyre lui donne pourtant, sai 
apercevoir, un lôle immense; c'est elle qu'il dote de Valtérité, à 
rite qu1l refuse, par conséquent, à rintelligence et à Tâme (ou qi 
moins, ne parait s'y trouver que virtuellement). Plotin , au oonli 
montre l'être, la première hypostase, comme ayant déjàen elh 



l*tl!UMIM(L. 173 

Eût-on rcfuM* d aller ju^^ur Li, on rùt \tu du nïoiiis la pUciT 
» diMix .inlr>*«». .\u««i lt*H |iri|ii«nphfs sulivt|u<-nU niil-iN re- 
a Por;'h>ro d .ivMir iiiifrprr:i- l'.alun iat 1 reprit d Af'i^iote; 
, fn tf-ii*-!, h iidmi'lUit |>js Uf ro^lricliun 4 la mii |il.rilf do 
enii' *^\ dv 1 ifit*']!i;:.tji«*. 

i«'n d iiii'.n*^ fNi:iitH I !:• Ti' , ^.«r • ■! iili* . li • - si\ .1 c* \\'* ronnlia- 
deu\ .rand^ pliiln%i)p|i*-« Or | jt.i'ijui'*'; il h riri\i( «riil :i\r<'^ 
p-'ijr I r 'ij\rr qu au f-nd i* h dt*ui diMiriDes ne ditTiTrnl pa^ : 
jJiii.H^.'if*, iiuiiN iji|t* fl .iiiîri'^ a^aifiii di'ja vduîu pri<ij\rr • el 
('h;. r«* r.i* i)'*«.iil pd^ plus n-u^kir que ses pri'dix'C»svurs a faire 
i» M-r.' ii*'*nii'nl. 

IfLiiN (il* la lhriiln;;if dt* l'nrpli^rr no ^i»nt qu imparfailrment 

Kl.f* r^\ plus rirho qiir iv.lo dr l'.flin; rllr ) t>l n.mri*» que crlle 

p!al ini' I' n% itrirnlaiix. Outn* Irs du'ux ni>itii>l(i^'iqur^ i-t 1rs 

outil* !«*^ dli'ilX nu demnni . qui pri*Mdt*lll au\ fiirr**s df* la 

•ou s 1* u ii\ à nrchnnîet ou p'ji«vimv« . il rn admet qui prrsi- 

i rrl i'.pinN entre les di**u\ el n iU*>. miU!^ leti ni>U)s d on^rjei ar- 

. p rt.iut au «'lel nos dnns et iitis prirre». rupp«itLiiit \i'rs nous 

d*: i.i cr.u'e. Il > a plu^; il adiut-t i!r«» étmtmi funr^tr», ti>us re- 

un chi f qui r^l le (:hiiip du inal. v\ que. dans >u Phit^'tnfhte dt$ 

il derl.ip* le n.t^me qu lli't-.ttt* de er% fsenies nirrhanl^Jes unsi 

hat*t nu.r nn*€t^ les |>iii.ssnl li.iiis W> eurpN i>u elles ne \pu- 

it entrer, et tes \ efiliniiei.t, pu s les effarent, «es rnlr.ilnent 

les autres s atlaeli'-i.: .1 piiui^uiire les animaux. Au re^te, 1rs 

des denittiis sont f^tl . u-d''s^ 'Us de 1 Ame. Il rxplique les le- 

hul^airi-s par des a.iiv'Ties 1h plus Miu\ent arliitraires et qu'rD 

voudrait C(>ordi>iiiier ti>ules m un s\sti*nie. Ii r«-rtinnalt ,ce 

koquait en dnule dans la Leiire a Anftom la puissance dca 

Ds théurpques. eu ee >ens au in*iin^ qu elle» peu\enl attirer et 

*r les \rrtuiidi\ine«. 

ychoto^iede Porphyre dilTère |h*u de celle de Plulin. Nousnote- 
«ndanl quelques di\er;:eiii rs. (!t..:q«ie .lit<r tiuuiaine.dit-il, ne 
iD a\eL* l'Ame uni\ervlle, et {Hiuiiant re^t une Auie entière 
I \ie propre, el subissant îles iiiMiiiiirahuns. produisant des 
xquelles l'Ame uni\ersel!e n a pas part. Sa nuis>anee , e'est-à- 
iit de sa sortie du iioin de l'Aine uni\erselle, est une ehule. Pour 
emonle à Ilieu il faut des piatiques s-iinle« que nul peuple n a 
parfulement« dont les (^haldivns et les juifs ont apprin-hé. Le 
vent 9 les Anies vont de sphère en sphère , parrourant ainsi en 
Ue ans le cercle de la nécessité. Sur cette terre même , elles 
ploMeare corps; mais une fois qu'elles ont atteint un 
9 clin ne descendent pluK dans celui des animaux. Ce 
I Ta va pins haut y des démons funestes qui viennent ainsi 
riain. Celle-ci 9 m reite, se fait son corps à elle-même, 

die le gouverne el l'anime » mais qu elle 

eUe feite qodqne temps attachée A Tea- 

vpn qu'elle a voala qnilter. 

iivi— i eoneepUon par l'allenlion 

km nne foroM A la modifk-a- 

p«r la mémoire. 




474 PORPHYRE. 

La mémoire noue sert d*autant mieux que les impressions sont ] 
fortes; et la force de celks-ci dépend de celle de l'attention. 1) y ad 
mémoires : la souvenance, simple conservatrice des impressiony 
réminiscence, par laquelle on les rappelle à volonté. Dans loos k9< 
même pour arriver à la simple impression , lame est active : c 
pas d'impression sans attention. 

Supérieure à tout cela, la raison aperçoit les vérités absolues, 
les appliquait; , produit le raisonnement et la dialectique; elle est i 
raison interne (èv^àORToç) et raison produite au dehors (^rpo^cpixo;) 
raison y dans oe premier rôle, est moins une face de Tâme qu'une i 
vidualisation du suprême entendement, du vcO;; et lame, à ce p 
de vue, devient un intermédiaire entre Tuniversalité intelligente-ii 
ligible, ou voO<, et la totalité des divisibles, qui est la matière. 

La raison pourtant n'est pas encore le mode le plus élevé de i 
nattre. La connaissance par excellence a lien sans acte de l'intelligi 
(9èv<nh^cK)r-par l'extase, analogue à la vision qu'on éprouve dan 
sommeil» Car, dit Porphyre, la connaissance a lieu à tous les de. 
de l'être y n}ais bien différemment: elle se déploie, dans les végél 
séminalem$nt , dans les corps (animés) imaginellement , dans l'âme 
tiontieltement y dans l'intelligence inteUectuellement, dans l'au-delà 
intêUecttieliementei eureesentiellement. Il ne doute pas que les anim 
aient un langage. 

La morale de Porphyre est très-pure , très-élevée ; mais elle toi 
quelquefois dans les excès du mysticisme. A côté du libre arbitre 
admet qu'une intervention particulière de Dieu agit souvent sur la 
lonté pour nous porter au bien ; c'est admettre en germe l'idée d 
grâce. Il recommande la prière; mais en termes que Jambliqo 
d'autres trouvent froids et insuffisants.. La vie entière doit tendi 
nous simplifier, à purifier l'âme, à dompter le corps, à tueries] 
sions. Celles-ci ^l'appartiennent qu'au corps, l'âme ne les a pas. ? 
n'insisterons pas sur les quatre degrés de vertus que désignent 
épithètes de civiles, contemplatives, psychiques, paradigmatique 
exemplaires ; elles sont déjà chez Plolin , et toute l'école les adn 
mais il faut remarquer avec quel soin il prescrit la douceur à Té, 
même des esclaves. La piété envers les dieux est également un de^ 
mais r œuvre pie par excellence , c'est de vaincre le corps, c'est c 
dépouiller de cette tunique qui gène et fausse Pâme. Quant aux e 
menîes matérielles du culte, il conseille les offrundes, il tolère lei 
orifices, maispas de sacrifices sanglants : les démons funestes seul 
aiment et les provoquent. Par suite aussi de cette horreur du san 
exalte l'abstinence pythagoricienne; il ne la déclare pas obliga 
pour tous y mais- tout sage doit se l'imposer; et il irait volontiers 
loin. 

Ce qu'on connatt de la logique de Porphyre n'offre rien d'orig 
Plotin avait effacé de la liste des catégories l'espace et le temps ; 
rétablit. 

Ce qui reste des quinze livres de Porphyre, contre les chréti 
nous fait comprefMire et le renom et la haine qui s'attachèrent à 
teur. C*est l'Ancien et le Nouveau Testament à la main qu'il ii 
roge, qu'il attaque et qi»'il persifle ses adversaires. 11 excelle da 



PORPIÎYRF. 17,-, 

k itii rni^ rf «!•• lï'**.!!* 1» • i: !•• a\i»'r T-ip^onrn l.i |l»b> • n- 

ir '«r'- '••.•* p'iiiii' I r i|ii 1 ji..t'ii iii ■ r !:%• ri l•'tl^:f• , ini'ir.i- 
t4i . • '. ( .II' ' iii>- .1 .1 i II. |ïf>n i.i n l-i>- lit* «fs .irt;ii|i ev\s 

or':. 1.-^ ..\iiK m il \ M. Ml I •] ^1 .il ]> s ^.. ■•|ih'-|ii-s tir 

[ «'.« I 1 hiil .1 pi -ii^iT , p ir !j I' * {• r .i»iiii •]#•« I xv^ ••! tft's 
^ .e \> ■. "ï r .i\.i.l ifù r fv l'iTil Vff s |i»'i .i\.iiil fiii'rf • re , fn-nr 
.»r . Mirr- •■ii'-n runin* A'.'i v\, % Ki*i(i^iir'<* . *iir.' piMini- 
ii fi . .irf|iiMi-ii^ . i*t I .-ii>ii|iirc iiiiiif 1 .is fl l'i h n'i'iiiii filiis 

■ >■ «• •■ *• • I.» •■ «J'.*' : ••Uh *«if:.li.« s If'-ji |.orl**!^ 4 iTi'irP Irtuir 
' , ..« i-ril.(^ jf I. !^u I iiui*. 

/. •: I l'ur^. il %r iiiiiriin* ^^uririix i\p !'hi^l"iro; M l'hi^t'iir^ 
iiii<Mi|flij-' m |Mffiirulii*r '(Il it rtf% oMiirilmiu. iion-««Miiff> inl 
V 't 'f# i^ittitm r\ pi>ar r»*i|i* d«* i'ytkaymf . iii.iis p>iur l<*i^ iiHlira- 
nl I Ui*-nl «^fnr» v« t iiiiiii.i'fit.urt h jhur Hl.itun. 
i.ti . il fdut rf*t-onti.iiiri' iiiiris l*<ir{ih\rr un ».^nif* é^minm^nieol 
»<i.i;.e, un n'ri\jiin, un (ivi r^^fii, iin i>!>il«i;«it;ii#. un ^.i%'«nl, 
li»4.( tvia un phili'ftiiphi* . m^i^ imn un phiinMiplif rff> pn mit-r 
.aiH i.fMi un pi-ii^iir fi.i*r;:ii|i:i-, oritrinai. Il «h mI loiil, il lri»ii%e 
4*j } ^n ; ri il «ir^ tjri:ôl n t.imi' . .irili'ii il \i»'flrii( i*finrhi«*r. 
r por ndiun*. .■ ^«'t:! !.i Im-iuii* i^'n MiiVii-««'H, «t it \ii«i.ir«iii i-n 
ilNinaJiMt* 1*1 iMirle n I ii.i ri'fltili«-, il ^r Ui^^i* i nlr.iIntT un 
4nn. Il n'i-ki pii.H «-ISM7 i/rind pniir i-nnlniir l«« ini>n\i*ni«*nl 
appn»iivf. au piu^. f|u .t iiii'ilu* . ri il n'.i p m n* ipi i i. m ir.nl 
4ti.i'i* (Hiur lii-i 'U\r r If p-hmî Mi|H'rii*iir nu ^ • p<*r«* t.i i* n ma 
louft leh »\«ii*nifH. il iinr un rV>.i' i-xh«t.(ii'I «l.iriH | hi^imn* iIm 
•ri*''* **. iKiK'f f|ii'il m ipiiiil n«*ni(i»nl nr l^:* p^ !i* ùi v< . ipin— 
T^iiqu*'. au pi ml c|ii il lallu'. Ir nn'lln* hur^ilr Cfinihai , le n*- 
I iiru\ii*nif r«inir |»niir t|iii' ri*iir :rn<l.:i ('«* in»inphi)l. 
I \r% inivrrs p-ir«*iii«*nl irtfniir^s nu «M*nii!iiiu**« li" Porphvrv», 

Ii'1iip.«-ri'ii> '|i>(* li-N (iiif-'li' iif /l'iffirr iyu«-4 i-l | Anirf tint ntfwtihe» 
1517 • lii i kronntjirnj»it%e , U*s i'**mv*fnia\rfi /mr llnBmt*t liiq% 
■rilUîi. • un f nfy»inrnimie , in.irlH*!*- , «"r /f« HnrnmMtMfUrg tir 
f'<%Ah^ W.ii i^.O/ff/ij. I. iii.«l\'iirH. |li*KI . - r.iriiii ii-^iiii\n'S 
f^ f)i^ (nieuiMil. fil pn*niii'ri* .i;:tii-. W ir.niH f onlre Ira rhrrftent. 
i*ii9i»9t»f»kte tlatit /^« nrnc'M '%iiiKl-d«*u\ livi<s aujounl hiii 
, |pk Sf»mê dfw litnur , ou I .lî-f/orùinr eijtfptim tt <fi-rr i1i»ImiiI 

iry, la l'if «Ir pMtUn (l.iis l«* Piotin dt* Kmn. m-f^, liAli*. 
liiijJilHiii de i>#'U/rr, :i %"l. iî«-V'. nxfuril, IMÎl'i. l. i", % lii.tns 
ii me l'di ion d'* m HMu'it r lur tjrtrtjut d<* fr*«lMitiii^ , fi une 
» p/itlntnphtque iMi iiiMlif livn*>. dnnl il ne imius r* ^If que je 

• minuit* I If àr i*yî*tagnrf in-i*. Anisl. • 1707. eiiitinn 
lu} ^ . - n:i iiil iiux fi'U%ri*k «*\rluM\em* ni phiicmiptrqueji, niiu!% 

re^Tt'ltrr ri-nes qui aunfUfnl r(e le^ ptuc irnpnrtunl* s, l«-> i-mn- 
es sur le Tifn^f , sur /^ Stif,hi*tf p ^ur /r l'huebr; le liAiié i/et 
M, rrlui rfr l'.lfftf , le Hrlnur th i éme è Ihm , l'exe^si^se île* 
iet vi fie l H^rmtnin. Kn rt-vandie, iiniis iivnns Us ,4phnmnf^ 
«y ou Inlrodmrttnn it CUtijtnmn en l^ti* de tiHiles l<*^ ediiinffis 
es d Arifitiile ; I Kxrmct ptnr drmamlf» fi par répftttntt nnr ie$ 
Û9 'in-fS Vt*niM\ 1566 , le Irailé tir l'.ihtiknfmee m-H', Kuiiie, 
m ùi-i*9 Cantorbery , MiS5 , avec les Àpkurmm, inoios bomie 



17G POSIDONIUS. 

que celle d'Ulrccht, 1769, in-4**) , la Lettre à Marcella, réeemuK 
retrouvée par Mai (in-8", Milan , 1816), la Lettre à Anebon (dans 
Pœmander de Venise, in-f", 1483). Val. P. 

POSIDOXIUS. Ce philosophe naquit à Apamée, en Syrie, 
deuxième année de la 161' olympiade, c'est-à-dire , 135 ans avai 
J.-G. , et mourut à Rhodes, îigé de quatre-vingt-cinq ans, 50 ai 
avant Tère chrétienne. Le long séjour qu'il fît à Rhodes le fit soi 
nommer le Rhodien. 

Ce fut à Rhodes que Posidonius reçut la visite de Pompée, raconli 
en ces termes par Cicéron dans ses Tumculanes (liv. ii, c. 25) : «Pou 
pée répétait souvent qu'étant venu à Rhodes, lors de son départ de Syrii 
il avait voulu entendre Posidonins ; mais que, le sachant très-soulTrai 
de la goutte, il avait voulu au moins voir un philosophe aussi cclèbr 
Après ravoir salué, et lui avoir adressé les félicitations dues à sa n 
nommée , il ajouta qu'il regrettait vivement de ne pouvoir rentenâi 
Tu le peux , répondit le philosophe ; car je ferai en sorte que la de 
leur corporelle ne soit pas cause qu'un si grand homme soit inutil 
ment venu me voir. Alors, bien que tourmenté par une vive soufîraDC 
il se mit à disserter tranquillement, et avec une grande abondance 
langage, sur ce sujet, qu'il n'y a de bon que ce qui est honnête. I 
comme la goutte le faisait cruellement souffrir, il dit à plusieurs rep 
ses : « douleur, ta ne peux rien sur mon Ame; si vive que tuso 
« je ne confesserai jamais que tu es un mal. « 

Cicéron, qui raconte cette entrevue, avait assisté lui-même s 
leçons de Posidonius, pendant un long séjour qu'il ût à Rhodes, 1 
de son voyage en Grèce et en Asie. Dans le de Natura deorum (lib. 
il donne à Posidonius le titre d'ami, familiaris noster; et, dans 
même traité (lib. i), il le mentionne parmi les philosophes dont 
reçu les leçons. 

Posidonius se rattache, par son mattre Panœtius, à l'école si 
cienne, et, en l'absence de ses écrits, qui ne sont point arrivés j 
qu'à nous, il est permis de supposer qu'il a adopté les doctrines 
cette école sur Dieu , sur Tàme, sur la nature. Toutefois, à rexeo 
de Pansetius et de Zenon de Tarse , nous le voyons se séparer 
premiers stoïciens sur la question de savoir comment le monde \ 
périr. Ceux-ci avaient pensé que, de même que le monde a 
produit par le feu , alors que se dégagèrent du sein de la mati 
primitive les quatre éléments avec lesquels Dieu forma toutes chos 
de même, c'est par le feu qu'il doit périr un jour. Cette combusli< 
ou résolution du monde par le feu à Tétat de matière primiti 
ijATHipûat; Toû xGfff&oQ, 8 été rejetée par Posidonius. 

Les méditations de Posidonius portaient principalement sur la i 
raie et la physique. 

Tout ce que nous connaissons de la morale de Posidonius résulti 
quelques courts passages de Cicéron^ dans ses traités de Fato et de 
ficiis. Dans le de Fato (lib. m et ly ) , Cicéron reproche à Posidoi 
des opinions fatalî« !0*il aeeuse d'absurdité. Toutefois, il se r 

pelle o^'^ a de ses maîtres ; et un sentiment 

' le souvenir de leurs anciennes r 



(!.j.lli:i>ll.< I.t, IkII.IO' 

;i I ..I *'i|»-r«*..t.>>n . ■',■■ 
■■■jI ii.jiin-. '.■• "-iiU' ■ 
a-iil M- |i-'niiHlr>*il<- ■■ 
••r iIjUi !■■ ffitU -If 
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' ri'iNHidrt*; df m^im 



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'I li-'i»'- .lUiiiii i-it.lr.' ijui .lit I'-' V vhM^rr 

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I il>-oi'>|HT.itl (!•■ r.iin- 1111 i'<>r|i% q<ii 

1" l'.iDJ-tiii" .1 tvnl I ^l -1 rfiiiar- 

Ûe . qui,- periHiane u>- s >■>( pi-ruiis d ailu-viT ci- qu'il j 1.ii>m- d'in- 



pkt. . 

ua» k «•vond passaitr li\. i . i-. 'i5 . liii-i-run iiifiitiniiiK- ■■•«idn- 
t connue avant donnr unr riiiiiiii-r.iti-ti d<-« iuti^ ■■nnir.nit-'. à la 
knliuD el à U trmiKTamr. ■On iwiurfjil iH-uli'tif, -lit I ituteur 
et Officiit, M> dfoiandrr m o'Ui- rittiiiiiuiuiul<-, i|ui i-st ■•iilii-rf[i!fnl 
forme s U Dalure , doit ^tri> \>tfU-Tif a b iiiiidtTiilion n ji U l<>ui|itf> 
K. Je ne le pense fM; car il > ii là dt-s aHi^ iHli-tiM'iit li<>i)l<-u\ et 
MienI immoraux , que k- sà^ir nv se \fy |H-iiiieltriiil j.iiiiuio, ulors 
ne qu'il a'afcirait du salul de la ^irir. 1'iimi1<i»iu> l'ti a Lut umt 
{oe enamérabon; maii quelqurs-unt miiI li-lIciiiiHt mr^mrs, irlle- 
it obsctees, que je niuprais de li*< nodiini-r. 
ja wlrcs travau de Puûdoniu» ne roppttrleoi ii la météont-ipie, 
ie . i 11 pbyâquc gL'niJTale , et «e trouvent , nu rappo rt de 




478 POSIDONIUS. 

batlii cette opinion, et Cléomède, au livre ii de son traité inlli 
KwxXmtj 68«*?i* T«> ji.eTe«pt«v {Théorie circulaire des phénomènet céleste 
kii emprunte les i*efK>t)soë qnW fait aux épieurieiis. En ce qui cone«>r 
la grandeur apparente des astres, Posidonius estimait, avec raîsoi 
quVIle dépend du milieu à travers lequel nous les voyons. Il parai 
du reste, d'après le témoignage de Cléomède, que Posidonius an 
essayé de calculer la grandeur réelle du soleil. 11 avait observé, ei 
plus vraisemblablement, il avait entendu dire quà Syène, soosli 
tropique di Cancer, on ne voit à midi, le jour du solstice, aacoM 
ombre dans un diamètre de trois cents stades; d'où il conclut que II 
diamètre du soleil doit être de trois cents myriades de stades, cesK/' 
inàire environ de 150,000 lieues. Quant au calcul qui Ta coudait à M 
rés«i44at, ikhis avouons ne le comprendre que très-imparfaitemeot. Ol 
caicil se compose de deux éléments, à savoir : le principe d'où part 
Tastronome, et la conséquence qu'il en déduit. Or, quel estceprii* 
eipe? C'est qu'à Syène , sous le tropique du Cancer, on ne voit i midlir 
le joor du solstice, aucune ombre dans un diamètre de trois gM 
stades, c*est-àdire de quinze lieues. Maintenant, en supposant ,.01 
qui nous paraît fort douteux, que ce principe expérimental résultH 
d'observations faites avec une rigoureuse exactitude, quelle connexiot 
Posidonius a-t-il pu établir entre cet espace de quinze lieues, onk 
trois cents stades, laissé sans ombre, et la longueur de trois eenH 
nyriades de stades, ou de 150,000 lieues , qu'il attribue au diamètn 
du soleil? Encore un conn. cette connexion nous échappe. Remar- 
quons, toutefois, que, nonobstant les erreur^ de calcul où eslton>U 
Posidonius, c'était déjà , pour son époque , un très-grand progrès qM 
de diercher à déterminer mathématiquement la grandeur du soleiL 
Moins de deux siècles séparent Posidonius d'Epicure. Or, ce deroid 
en était encore à dire que le soleil n'est pas en réatilé plus grand qa'i 
ne nous apparaît ; et voici que Posidonius entreprend de démontra 
malhénatiquement, non-seulement qu il est plus grand en réalité qu'a 
apparence ; non-seulement qu'il est plus grand que le Péloponèse 
comme avait dit jadis Âuaxagore; mais encore que sa grosseur es 
énorme, puisque, en partant avec Posidonius d'un diamètre é 
150,009 41eues, on arrive par le calcul à une circonférence d'enviroi 
450,000 lieues. Il^st bien entendu que Terreur commise par Posido 
nkis, quant à la mesure du diamètre du soleil, doit en entraîner un 
aatre en ce qui concerne la mesure de la circonférence de cet astr« 
et que si, pour le diamètre, c'est 319,000 lieues environ qu'il fan 
ardmettpe è la place de 150^000, ce sera pour la circonférence le cbiffr 
de 957,000 lieues, et non pas celui de 450,000, qui sera l'expressia 
de la mesure véritable. 

De vaème qu'il avait essayé de déterminer par le calcul la granden 
d« soleil., Posidonius avait cherché également à déterminer celle de I 
terpe. An rapport de Strabon , de toutes les mesures^ celle qai fait 1 
terre la plus petite est «elle de Posidonius; mais ce que ne ditiM 
Sirftbon , -c-est qu'elle est en même temps la plus exacte. En effet, Po 
sidonius, d'après le témoignage de Slrabon, attribue à la terre un coi 
tour de 190,000 stades, ce qui équivaut , à pou près, à 9,000 lieues 
Or y ce chiffre est précisément celui qui est admis par la cosmographi 



POSIDO.MLS. 179 

-. l'n.Ti.i* 1 * \ n-^'^i' Il \i rr.rfllf dr li cirvuiéUrmi^e IrrrrMre. 

■t I' •«! ; i.iii-M .i[ii\<-.i tiii fr«ii ui .lu^M f\at-| '.' Miiui 

I ^-i .* Il .- 'j • ..-'i tiui. il iiiii- ) .ir(. •! I ...iJ'* «1 un i|uirl df rrrcle, 
>. r .1 -^ ...lik.ir i!- ii( Li.i- i-l Mi* ^ f'.rvc ou fk at'.ii^V par 

j ■ I. : '. . «i -«i <- (lail. ii.i «tjfi r sur -j I» rri' I iiilrrxdlle qu il 

t ■ ..ti. |- • «l'K- Il |A«i!Hil.uii dt- 1 1 1 fil** ili^iiptii de o-lle 
. I : I ..^ .. i.ii i>s rfii.^i a r • Hurt r f*\d«"i*i:ici)l ii- i'fiili»tjr du 
> Il I i' «i •■ . .1. • i.tUi *\u il i.t- i.iii'i , l'uur «fij, que ii.ulii|ilii r la 
, 'li^i* - ; .ir M- r.it ;.>>rl di* 1 1 |t.iriir ii.f*«>ur«' «* ■ \é t'irrunii'ri'iice 

.1 • - . t • •i.Miif >•* !• I. I»- >.ii.l lit' ,ÀÀ) iHtrliih iiu dr^if.!i. 
'i'- i!i II • :•' )•■ «vail l'.if t' fi* iiiiiiiiif tfij (ri;.|is tir l'o>iioinuH? 

I • • •:•- U> 1 uuitiit» kutlâviub , la qut-Hiion i!4 do»ljiic<* a dc- 

• if «f..i:t «ii.| ruiilr il l'it^idontus m*» oalruth kur la lerandrur 
. I. lui • i.(iriiiil«* I luM'*ur^ aulir\ iilri's riuorr, i-l riiln* dUlrcâ 

i|u>' . <». 1 r |ii.ilf".r i'«t IjjI iiatiii* , r I >l d rau^r de 1 Cfialilr des 
i'^ [iU:U . .il -lidu qu a:ii^. la rluirur diuriH* a li* Ifiiifin dt* s« 

• l r.i- H .ii'ruiuuli- \t.i^ iKiiiiLe aux Ir- \i qut*^. Ilelle idi*e ii r^ 
u .1 1 1 t'i'ifi.l.iiii d > ;Mi!.,iri* ijui'iqui's <1« %i-i<jpiM*rui-iiLN , el d a* 

ir « ftîf di i'U'i.Ui-i.iN:i di* r.i'iii'fii' aii\ tr<'piqur^ n'e*»! pasB 
•', • 'i li 1 litu, |tiir I liai ui. lîi^drtix li.'|<ii|i«rfe alUTiiaine- 
U>' |j"L<iarjt 11 s ?ii'i*> lli^iiN qui lilriitlrlil l'I lo Irub DlolÀ qui 
I l.ll.i- î. t' I ru\ .- H .^lii f. 

'iiiij^ li a p.i« •-..ti> M Uiriiiuil qin'lqurs i<l('e& »iir certaiiis 
tirliiiiirr» il'* i.t s.ifiu>', il |iarail a\oir ele l'auleur de luul 
(:.•- ttH'.ri'ii'iiM }iii' . <l"iil iiii pi'iil M* faire une idée d »\}Tè^ un 
li'j .\\i*- Il (N- l'I .\(j/urf dit dïtux ; rar ijccmn, aiiiM que 
\iiit« l'iat .1 piiH li.iiil , a%.ii( l'itiiipu* i'uMHufiiufk au nuiiibre 
.aiui'^ . il il t'«l lit'H-iiri'tAalili- i|Utf le >>»lt*iiie aatrtinoniique 
pjr (.iirri>rt n i-ïiI i-icin* qui- r«'tiii du |iliiluMq4ti' de Hhiidea. 
;»';qu*-^-i.ii^ i:> » pniii i|ia(i\ r!iv;i'*iilH d<>ul ce M^lëaie se coo- 
!ti- -r<'ii !• '..irilr I auiiri* .vilain* ri>iiiriir i-iiiii|i(JM*e de IruiM eent 
-('ih>{ j lurs tl un quart. Il parle l'usuile de» phaM'» de la 
111» d**N iiiiiinf fiHuU des cioq eluilfs qu un 'ûipelie errantes. 
i*s ce» p'-n<Mlc» di\crMa ae C4jin|iii«e une ^irande revululion 
eoniiTt :> 1 l< .l'-^. et qai s'appi'tle la ^«rande année. Coui- 
v-t-f..r .' i.fHt une grandi qui-^li<(n . ajouu* 1 autour du dt 
dtnrum , lu.ii» un ne peut douter que ertle durée ne .voit flxe 
;iiin**e. Kl tiu'erun itjnute car eliei lui tuute devcriptitm cos* 

II ^ue ab<iulil a (l«-5 ('oiiriiiMiins phiIuMipliique», : a 4>lui qui 
q'i un ordre au>M aiiuiirtliie el un.H*»i iinmiiable p4'ul Mihsister 
c* ùuie • ne nianquerail-il pas lui nit^ine d âiii>* el de ruiMin ? 
ue a ëii* iininuiee par les (îree» ï7s:*'..i, eesi-a-dire provi- 
I Kt ailleurs, dans le Snmje de Sc^pton, (iicerun , prolmble* 
leore s: unie par son nïuilre PuNidonius , parle en ces lermes 
lie la< lee et de» eloili-s : a 4lViail ee eercle qui se fait remar- 
'mi les étoiles par sa blaneheur eelalante, et que \nus iionioiez 
rtée ou de lait . a l'cxeinple ile> lîreo. Ile celle po.sitiun , je 
contempler bien des nier\eille^, pai exemple , des etuiles que 

\uvez jaiiK.iS li ii'i , el qai suni d'une grandeur qbc uuus n'a- 

11. 



180 POSSIBLE. 

vioDS jamais soupçonnée. La pins petite, qui est la dernière du 
plus voisine de la terre, ne brille que d'une lumière emprunté 
aux étoiles , ce sont des globes dont la grosseur Temporle ( 
coup sur celle de la terre. » On voit , par ces deux passages , 
sidoniuSy le maître de Cicéron, s'était fait des idées assez exac 
son temps, de la durée de Tannée solaire, des mouvements de 
de leur distance de la terre , de la distinction entre ceux qui b 
leur propre lumière et ceux qui ne brillent que d'une lumière 
tée. Les cinq étoiles que Cicéron appelle errantes sont les cinq 
connues de son temps , et non point des comètes. C'est prob; 
la lune qui est désignée par ces mots : « La plus petite étoile, ( 
dernière du ciel et la plus voisine de la terre ; » et Cicéro 
d'ajouter qu'elle ne brille que d'une lumière empruntée, j 
rencontre, dans le dernier de ces deux passages, quelques 
semblent faire entendre que Cicéron , ou plutôt Posidonius, av 
çonné la précession des équinoxes. On sait, eu effet, quel 
de réquinoxe ne sont pas fixes sur l'écliptique , qu'ils se me 
sens inverse du soleil, et que le point d'équinoxe parcourt un 
soixante-douze ans et Técliptique en deux mille six cents ai 
période de deux mille six cents ans ne serait-elle pas ce que 
nius aurait plus ou moins distinctement conçu , quand, par l'o 
son disciple, il parle de la grande révolution qui comprend t 
autres ? 

C'est à Faction des astres que Posidonius, au rapport de 
attribue le phénomène des marées. 11 dit que les mouvement 
céan suivent le^ mouvements du ciel , et qu'ils ont , comme 
une période diurne, mensuelle et annuelle. 

Posidonius avait construit une sphère céleste à rimilation 
d'Archimède. Cicéron en fait la description au li\re ii du trait 
tura deorum : « Celte sphère, dit-il, que Posidonius a conslr 
produit fidèlement par ses mouvements ceux qu'opèrent chac 
dans le ciel, le soleil , la lune et les cinq planètt^. » 

On peut consulter sur Posidonius : Delambre, Histoire de l 
mie ancienne, aux articles Cléomède, Strabon, Posidonius, 
— James Bake, Posidonii Rhodii reliquiœ^ accedit Wyttenbi 
notatio , in-8% Leyde , 1810. C 

POSSIBLE. Quand nous affirmons qu'une chose est { 
nous voulons dire que la chose dont nous énonçons seuleme 
est, par sa nature , munie de toutes les conditions nécessai 
qu'elle puisse être réalisée. Ainsi, nous aftirnions qu'un a 
possible , parce que nous pouvons rapprocher de l'idée d' 
fait d'arbres visibles, tangibles, qui prouve qu'il y a dans 1 
tous les éléments qui concourent à produire re.xisîtMice d'arbr 
nous affirmons, au contraire, qu'il est iinpossinlo do ne pas 
parce que nous reconnaissons que les données finies de h 
l'homme ne comportent pas que nous puissions la prolonger 
d^uu terme fixé. La possibilité est donc le rapport affirmât if en 
d'un objet et la réalité , V existence de cet objet ; l'impossible es 
port n^atif entre les mêmes termes. 



l'OSSIIil.E. ISI 

apptiqoor< r^< n«iiinn< (!>i p^i^«ih!<» M •!•* l'impfKcible h deux 
d''îj«'i*. AUX i^lrr* • • .r.v f.'it*. N 'Uh (lisons f|U un l'-trr r!^l 
'. t ii'i-* )••* (•••'» q'h" i «-x: ■ri-Tri- Tit.'i* ffi Hinntrr la r**alili*, ou 
f] :•• î- * I -1^ <:•• Il I l'vr^ ii ii« f.ui r> i i..iltrt* I cti^lrnci* di-s 

•ifi j r îiN I?: ;i..**:l.:i' ij m^ Ii' imh r.-rlr...ri». Ua.iiit ati\ f»iU 
^ n u^ A\ pl:«|t.iri« 1 1 II t!t* .ifl:rm.ili<iii «•(: l.i nn^ni^* nrcatmn , 
ô* i|» '.x * ri* * :• * »:• * i|ip.irtii'nrirnl .i»i jm*»—* pi à I hi^loirr; 
•'* .r :■ irli»Ti:'-nt .1 i^- u-T -'l .ni\ rin.i'- 'iir s, 
'•"•j»rj'^ l'i- ! j.j r-i . 'I ilu I» k^.lir lî.i?»^ los f.nlH mhI |ui<^« « 
.r* . * ni lri*-n"ii îr ij\. Iri-^-x.irM-», !!•• nu.inrr^ niultiplii*tH( 
!•* a ili^^'iru^'T I •■ ';iii f.iii *\r.v , ij.m^ iinr fnule de ras. In 
iiips ijf p(i««i[ !■ t ! ,î .!■ {.. «...S.!!' ii.it H rrl liplrr s%* kiaUncrnl , 
* j" t\*". t\uv.*\Mc .i'!« 'p!»" .1 !.i I « r'itiHlf hi»'"ru|t.o. Tfl rst li» ra- 
if* jiîjt'ir:»-!»!-* ij»- ! Jj •' :r»-. ^iii"!« ti»iij*iur^. i!u moins fr<*(|u<*in- 
•■ p -^-.Mr . n-M!::. n -^ . ■ -l p'iis f.ii-i!i» .1 cl*-liTminor dans k 
II' d.tTi^ I .i\*-rir, il! • !i) •■U'- Ifs nr^^Mn^ttiniTs du pa«v* mmiI 
i''«i il rn Lrr.i!:'1»' t'ir'»- 1 MiMi*»» , t.ui'i'n ifu une p.irli^ drs 
. r.ii iH^.Tirr* j" rjr i- 1 •:ri' jm «.sri.li- un f.i;'. *iii |ilt'nirnl |»rr\u et 
r.l- •• . n r\i*!iMi'. p.i^ i-rii r*- , • l «psi' !••> .lulrrn , dr|N*ndanl lo 
Vi-r.t îi^ !.â îjîp- \- 'f.'- '!• ^ .1' ^■^lr*, !.•■ siur.ip*nt «Mrr drirr- 
i .i\.in«'*. I-' r^ij'!'* i!' ^ :■ »■■•.''*, ijr* |ii^^ii<iis. di's rriinlr«», des 
f •|m *"ni I im:'- . ii.:r l.i plm-.irl. prii\*-nt rxiTi-i-r sur 

uri'- inTM^-n 1.- -^in'- , •■ Ui:»-iij»-i!i ••iir If jH«s*iMt* im Tim- 

:!•• r!i \t'rtii <i - 1 1 ;':• .' - i)'>iih ;iftiri;uin«» "U nnim ni^ns le plus 
•" • n! 1.1 I» '"mI ; . • -• . i-\|'rr:' lu-r . N":i ipii- ni'Us afTirmions 
.!.■ iii's rir' * . * ! !;■!•■ n- ji*» .iflii!i:iMT,H rrlle àvs fails ; rVsl 
ri'iM^ n-ii*» ir ohi- <n^ *\.it\** Ws jnji-niiMit^ iiftiniKilifs uioin% fa- 
illi' li.iiiH I- s jii^' 1: iti % n* LMlif^ : r.ir nnus a\nns, dans le 
I .i- , I •xp-ri» Il •• p ■ r ï! '1* t'îi't'T : '*T la rnnrlusmn (|Ui 
<!«■ t l'Xf^tfiK*' A ! I p>i^oi!>i.i!i- i-^l l.i pUiN li'LMtimi*. M.'iiN quand 
;r«inH ipif 1 l'xi^l* i.i'i' •!•' N-l rtn*. on l.i pr>>-lurlinn dr li*i fail 
*-*:{ It' . i-'»"»l .jf-rs ipi.- u 11% i->iiiriiris pîii-» Hiiu\(*nt Ir risquo de 
rnpt'r : f.*r iw ni.'i'.'ii' «j'i*' p.ir rxp«*rii»n« o, fl I •'Xjiérii'ni'e ne 
tyit* ]i* rir.>iiti>>n<« :ii-!|iI1>n liii pM<^^it •< fl di* 1 iinpiiv^ibli* , 
'•{iiprcn^ ni I iih^t fii-i- df'^ di iinri N dt* ! i ^rirnre futun* . d« ni 
i\i*r1> s .1 \i*iiir ni' p«'uvt ut ni:inqurr tli* ii'\i*U'r de.s mndilmns 
ti.h't' (pu n<>ns wint .n 'urlli-nii-nl in^'ofsnucs. Ainsi, a\anl la 
ti' tins rv.K'liincN :i \.'ip« ':r, on rt;;.iid.iil l'nninii' ini|ios.sil>ti* de 
n\i-(' 1.1 \ii«'^Ni> qut* 1 < Il a iiUrinlr drftiiis. (>IU* aftirmatinn 
rl'iîiti- «lait ti'L'itinii* . ii ol \r«ii. ma s l<>'ilini(' pour l'épuque, 
un*» manHTr alinnlui*. 

^ndaniMii-nt di» fi'lt** mpu^siliiliiô qu'on m» |>eul jnslomenl if- 
ut* par rappiirl .1 un • tiit d<ii;ii* do la sru-nre, ei qui ne saurail 
ntrnuf dans «^a ri;:nriir. ^1 l'^n fait inlerxfnir lu provision d'un 
ntifiquf pins axann*. il > a iiis^i anv an'n* impossibilité qu'on 
rmer tant qu'on sp maintient dans Ifs limites de I expérience, 
1 ne saurait ItMre a\er autant d«* i-i>nM-qiience topique lorsque 
lorel intervient dans lu cruxance. Telle est la négation de la 



.■;r.. 

.s, h.iris 



, ■> r>'^iilli' «II- 1 1 


M.'rïhïrTv'i- 


... 'sriltti.m<. 
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■IT:illSllllL!tlC|l' . 


. ,-, :.-.|,-s, i..ns, 

, » ■ ■:'!i' i-rrljdnli' iirii 


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■ .„ , .-^ ;it1iHnil'i/'"i. '•'!<' 
. .■ .»,ii!i..ris hi'silcr ;i \in><-\^i 
•i.i.s 1 ifii srillit |Kis ilo ini'-i 


,1,-. ,|nil 1-1 !. 
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.. , ,,.,i.lii lii siiiilt- il un ma 


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., ^.i.if-n pIuK ii|>|>riil<'iii|i , III 
.,,.M-.'.i <\<- l:i sliilillili- (li'S l<iis < 

,■ ,!.• riiDTiinic; n'|n'iiiiuiil 


i"f.i,i I|.'„ rmilr 



Il U|)S. 



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, ml iiiirpiiictil cmi'iruiin's, 
iii-«iu.'lle pri'sciili- it;iiis m-n \<ro::iv-. niv Miitc ■: 
1 i'\|i('TiemT iiiiiiM-lh- ;'i rrv|MTi.>iii'.- p,i-s'T. dr, - 

>.ii, iii^mc tliins lit -iji'iici- :iiit,Tiii> iii.'lir.^t 

<iii« (l('-i-isive crifori' Imsiino I.' mii imlnr.'l i-^l iino .■: 



^ .■x[irirniinl ainsi, notii smi 

1.-.. Il 'S li-R SUlUTsIilinns; 1 

.';!,■ ilrliiiirt iivci' lii in-i'i'isinu |il 
lit \.-iii>ns (jVlatilir. 



/^ l,.:il ,i:iiiL.riscr ! 
. 1,1 n,^li.„ illl ,.. 



l,-.i-litl>|>-' '■' ' 

i,„,MM--Ki:..i.:. 



. !■ 



I ri 






., i,M,l-in>i.s.llH.-<iilmv.l..v; . ... 

„- ; ntnilralm-mlloiirs. I .'.-.r ;'■. l..,ii- j.s .;r • .-i ■ ■., .. . ■> 

-.1 lit l.'.iiiiri', à caiisede ws i^M-nes, puiiiri-i'nin', .r'''.' in 
viiw, rrif.iiiié à Vj||P|HKlWI»6i3ÉfcWa dcvani I mnniMimn ■ 
villi), i)<'i'Iiiréia|^H^^^^2j^H^rr«lritmi'.>iL il M^iia de i 
CoiiïtanliiiopIâil^^Bl^ll^^lBMfrt^^ reMnlapporlan 




d^ D«irbmi\ rt î- ^ru\ ri. Il: .*rnf«. Milh^or^ric^fn^nl pniir 
r.^vr--.«i, |ii II. I I !• » ' l ;.•«>. I • i-r* ii( iti.t* r ■ |» irâtiori ilr 

Jl' ' • ^ ;'.! ■ :i : ; < : ■ i l •!• imc: vi .111 u i 1 M«- rrr ifilr qii il .itall 

n- f. \{f f! rf .1 p.- « • Il ITiii^. il ^ r'-!r u '..i W% rnfMrtqu iin a%ail 

i^- r r< : r- • t • : . 1 1 ^i- ri ;ir.i dan« Ir motiii«lri«- dr SUinl- 

:^«-( * If 1'^ . i ti it ru:: ffi^a mnin- qnHqur« mt%raff^fk. || y 

i.^ I) «•jîtM.trt- I ihl . apr^ atuir. f1r|iuii M rrlrailr , rdifi'é 

livr ..'• % ■:#■ l*<i«i< i «iifit niTiJirrux ; i\ »r r.ipfi'irlml à dM taj^ti 
ji*iii| !• . <1 lriH!"irt". *:•• ih^liiLii*. i!«» ilrnii fiiAinr. Ine partie 
^.««irr'-« dix r<-\«Ti*'« iiiii i-rt*hi \'>n% .r% nia!ht*unk dr M \ir. In 
,1 •Ir»' * '..!**«■ j-.ïriî I iH iiwit:'-sdt» pl.i*<iMi|ihie prnprrnirfit dilr: 
lui 'lui .1 p> ur til'f* /'^ rir/>ii rrrriF r,>nr'iriita iibr% ^uatmor, 
"f ri; !•■ «I if I H ,1 iiiti% m if-irir^T V-r,\ Mift'^ammrnl mn- 
iTj«i* fiifi r.t ti'N f>r ' - iix's ph:! «-opluqiir^ dr rr «a%anl boaioif ; 

:•• *#»< ft'»»- iM\'»' nu-. I •• .iiiTiV jMMiil ili» j\ttM\ «irrMer. 

■ r i' ■ ■■ '^ ,1.. Il II *: i ii^jrrr a prr^rnirr, IcIIm que 

\ ..•'•• r , I' * iiT' \ * «iu rhii^liuninrir . riitprnntfc*! à la 
'. a .1 i>li. i<^ 'ihif. I. ri^I lii 1) .iluinl 1 imitp du inonda, en la 
*' r • .■ l-- li.' hit II . MM *« ni r*l • t p> iil ^in- If lirn d«" sf% parlim 
■ - I * * ji ■ iiv'^ i\M il .1: : r*»» I ii^i;i«i' fjt I i-iisioncr dt» Ilicu 
ni i"r«". .. i •■; • "•■ •:■ rt-r» ii-^iiiiri- , r.- fru i, ni>u\Piiu j»inir 
•"I i ■ ' I ♦i'» , «1 Ml •■ ' 1 1 •!: M ••l'"!. !ii«* «'l inlt'tiiL'i'f'l*' ; rIN s iiflt 
j %. »■• itf:i;iN il'- I ,[.f .*■'% iTulfs , i-l %i\u\ ;iii!>iirti liiii rlomm- 
.1 H *.MH f ii;s •:!• ;h.'> • |.|i:f. ll:i il \ vs\ (IriiiHi.trr pnr 1 lin- 
•t* •■•] • -l li ir . '.I ri" iii" * ••:!•' rrrf'" riii'-ini^ti «•, p.ir la lirre^Mll^ 
•fi.l' r !!•- !• ur. I' ■: i ifil< . ..''isrr ilili i-rl.iti* illilis ^fft n-tixrM. par 
nit'ii ' ! i 'J- 1- !■' •!•■* I ••iii"' '», vU\ Il .ij'iul»» à ri'Hi-nniiiilt'ralionA 

* ni* *'ir !■•■ «l'i I .1: yt- Ir !•'•• tultutvrtg $f parère, ihfu » Uê 
f k I.'- « ■• 1 , 1 1 »■• lîii'!' l- *r% prrii«i-% di» !V\i*lfnrp d itri^ rauftp 

•• I .ir (}•"< .•ri.u'iiM.'o «TT priii'h'* a la pti\«»rf|iii* iiiM^inairr dp 
iik l't t \\\'.*' M'it-r.i'- iS s iiii[i lin* plirs iiii.i;.'i .lire riiri>re IlifU 
ti^i'l-r- i ':;i!i»* MM *i\ «'II.!' i'«ii j ' , i'nf'-riiiiiiil !r* nnq rorps fl«f- 
I * r). Til :! ' r-iit' 1 mIi li*; r csl iTmir la I lilir de lit'fl que? l'ciftlel 
np. ■ I- t-ri". t ifTiifM-rïl. 
•• . :,.!. • ] Il (It'N allriliuts d** lliru , rt la faii pro- 

I . ;'i- f'ii •ni-:.ili«Mi J'ihIi ei nppiirlun<*. que l<>ute l'essenre ditine 

• I •■. Il l'-iii'Hiriii* 1.1 f riii^lf* qu on nt* lui repruchcde ne parler 
ùlr'.t'iiu «jut* rii'.i'nio un piiltrait dr^ qualités, des \erluft d un 
, fi li Hi'xriiM* l'h di^iifil qui', ml srxpniiic dans un langage 
p'prNiirl p.)^ Kl M'rr..ihli' iiiUire de llifii, c'est qu il n'en a pas 
. i'\ q li rnl fiine d»' m- *er\ir de la liihJiie hutraine. 

•> ri 'I- ••xpo^il. :n iii N adrijiuls d • llit'u . le de\rl(ippeinent de la 
•■ lut iiiMie l'.itTM'M.tif ri.t'u I !''-:'iriit .t la dciininsiration dudogine 
I ni e. Il II I II . pp'iil'- : s^ ii.iiin% de t|uin7<* i-sprrr» de preuves , 
.*f t'niiirunli'es a la |l. I i^i pli.e « \v> aulrek tirées des rhiiieR 
» diiutr*'s. eiii-m'e, I iii •-! % diiiis 1rs livrt'S de Mid»e , dans le 
l|daiis la K.ilit»j!e. La i|Miri7iêir.c, eiifin, est formée par une in- 
m vertu de liiqueile 1 iiuleur, lappnuliant quelques textes de 
■B« Movainc Maliumet de cuntratliclioa , et Cait sortir la Tri- 



182 POSTEL. 

pn^siliilil^ app1i(|ni^p nnx rails TcunrAH (^omtne miracolfax par 
(ruililiiins relifçipunps dfs paupU'u. Dhrx cp c-iir, il rstrrl difll 
d'élublir, au iium (le nés cotivii:ij«ns ('HrlH'ulirn's H if. son fxpérii' 
propre , le poinl où cesne lu possibilité, où nfjmirienre l'imposMliili 
C8r il manque ont ba'^e commune aax jutiRmcnls de cfîle tsft 
Laqupfilion des Tuils qui semblent .s'être aicimplis en àebnnittl 
nalurelles connues par l'expérience, ne peut donc (Ire traitée n 
dédain que par des esprits superficiels, car elle se trouve à la net 
de toutes Ifs croyances et réKulto de l'idée d'intervention divine,! 
laquelle reposent toutes les religions. 

En général, nous ne pouvons di'-clarer absolument impossiblnf 
les Tuils et les êtres dont les conditions d'existence sont controriiclnr 
avec des principes d'une cerliludn universelle et aksolue. Ainsi, i 
nous dirait en vain qae Dieu e''t injuste , t|u'il est fini , qu'il l'i 

Îas tout-puisiant) comme il y aurait ici coulriitliclion formelle ni 
idée de Dieu et les attributs fini, injuitt, i|ue nous arfinnenniM 
lui , nons ne pourrions hésiter à prorlumcr impossibles de senililibl 
rapports. Mais il n'en serait pas do mi^me si l'on nous alfimiuil qi*! 
homme sans aucune connaissance médicHic, et par la seule verti 
•a parnie, a rendu la santé à un malade. Siids doute l'expérin 
nous autorise le plus aoiivent à révoquer en doute, au moint jl 
qo'à un examen plus approfondi , un fuit qui cntitnd't it qi( 
nous apprend de In stabilité des lois de In n'itiire et des limiln 
la puissance de l'bomme; cependant rexpérienre ne nous iJl<<i 
pas à une néf;alion absolue , purée que les principe» qu'elle nou* I 
connalire simt purement enipiriqne.s , ce que prouve Ibi^lniredt 
science, puisqu'elle présente dans ses profères une suite de d<^nM 
donnés par l'expérience nouvelb; à l'cxpérienre pu'-w''*'. Or. si \'nj 
riencn n'a pas , même duns la M-ience, um; autorité inébmnlahlp.t 
doit Être moinn décisive encore lorsque le surnaliirel est in^O'gué rooi 
élément de la croyam^ï. 

En nous exprimant ainsi, nous sommes loin d'autoriser tonlM 
crédulités, toutes les superstitions; unis la notion du pn<«ilil( 
saurait être définie avec la précision pUilost^pbique , sans lu Ji^tiKli 
que nous venons d'établir. II. B. 

POSTEL rtîuillnnme] , né, le 35 mars 1.^10, à lliirenlnn, Hini 
diocèse d'AvrHnrbes, fut un des hommes les plus saviinls du x»i' "** 
Orphelin de bonne lieure , ni la maladie ni lu misère ne reiii{riV'liM 
de sati>f»ire son f;oûl pour l'étude, ij't iauRoes 'le i (Irierl liih" 
surtout «00 piieniiiit, et, dans un voysitc en A'^i'* Mini^orp^i '<i8f* 
il fortifia et 'li'ïi'loppa la eunnaissam-e qu'il en u\-ui [ji 
livres. Nommé pur Tiiinnjis 1", en I.Viî), profesS'-ur a 
ques et de lun;;ues orientales im eollë^e de FrflD'^ef ti 
viedans le repos et laMillliredrs 11' " " ^— 

ne l'eût entraîné ailleura. Tour A U 
saint l(^nuee, à cause d 
vile, réfugié ft V ' 
ville , déclara iiu 
CoDstaaUiMjrit} f 



r 



POSTEL. 185 



de nombreux et prt^rieax manuscrits. Malheareu^ement ponr 
kySesrèverieSy qa*il natuindonnnil pas, créèrent une complication de 

• dreoDSiancesqai le condamnèrent de nouveau a la vie erranle qu*il avait 
, déjà menée. Rentré à Paris en 15G2, il y rétracta les erreurs qu*0D avait 
^ cm pouvoir lui reprocher , et se retira dans le monastère de Saint- 
. IbrtiD-des-Ctiamps, où il composa encore quelques ouvrages. 11 y 
.MorotlcG septembre 1b81, après avoir^ depuis sa retraite, édifié 
letreligieQX par sa piété sincère et sa vie studieuse. 

• Les ouvrages de Postel sont nombreux ; ils se rapportent à des sujets 
i» iiogoistique , d'histoire, de théologie, de droit même. Une partie 
•OBt consacrés aux rêveries qui firent tous les malbeurs de sa vie. Un 
ml peut être classé parmi les ouvrages de philosophie proprement dite : 
Ifcst celai qui a pour litre De orbis Urrœ concordia libri quatuor. 
Lmlyse rapide que nous allons en donner fera suffisamment con«> 
laltre quels furent les principes philosophiques de ce savant homme; 
e reste de ses rêves mystiques ne mérite point de nous arrêter. 

Le premier de ces quatre livres est consacrée présenter, telles que 
es concevait Tauleur , les prenves du christianisme , empruntées à la 
laison et à la philosophie, il établit d abord l'unité du monde , en la 
budant sur celle de Dieu , qui seul est et peut être le lien de ses parties 
xntraires. Les preuves qu'il apporte ensuite de Texistence de Dieu 
Mmvaient être, àTépoque de la renaissance, le fruit, nouveau pour 
tos contemporains , dune érudition étendue et intelligente; elles ont 
», depuis, le temps de courir les écoles, et sont aujourd'hui élémen- 
iiires dans nos coui^ de philosophie. Dieu y est démontré par Tim- 
pnissaoce où est la matière de s'être créée elle-même, par la nécessité 
i*nD premier moteur, par l'intelligence qui éclate dans ses œuvres, par 
le consentement général des peuples, etc. 11 ajoute à ces considérations 
qoelques mots sur ce qu'il appelle les substancei séparées. Dieu, (es 
>»9» et les démons , et complète ses preuves de l'existence d'une cause 
première par des arguments empruntés à la physique imaginaire de 
>€D temps et à une science des nombres plus imaginaire encore. Dieu 
y est considéré comme un sixième corps, enfermant les cinq corps élé- 
mentaires dont il forme l'unité; c'est encore là l'idée de lien que Postel 

• développée précédemment. 

Il passe ensuite à rexp(>>ition des attributs de Dieu, et la fait pro- 
^r de cette énonciation juste et opportune, que toute l'essence divine 
^lacluelle. Il témoigne la crainte qu'on ne lui reproche de ne parler 
^ ces attributs que comme on parlerait des qualités, des vertus d'un 
iiomme, et il s'excuse en disant que, s'il s'exprime dans un langage 
Vpi ne reproduit pas la véritable nature de Dieu, c'est qu'il n'en a pas 
^aoire, et qu'il est forcé de se servir de la longue humaine. 

Après celte exposition des attributs do Dieu , le développement de la 
doctrine chrétienne l'amenait naturellement à la démonstration du dogme 
fe la Tiiniié. 11 n'en apporte pas moins de quinze espèces de preuves , 
^ unes empruntées à la philosophie , les autres tirées des choses 
''eé-s, d'autres, encorre, puisées dans les livres de Moïse, dans le 
I^almud, dans la Kabbale. La quinzième, enfin, est formée par une in- 
juclion en vertu de laquelle l'auteur, rapprochant quelques textes de 
Alcoran , convainc Mahomet de contradiction , et fait sortir la Tri- 



484 POSTEL. 

nité de son dogme unitaire. Au terme de ses dém( 
s'adresse aux mahométans avec les expressions les plu: 
« Vous êtes, leur dit-il, une partie de nous-mêmes, qu 
de nous y qui a péri ; » il les appelle à la foi eu la Trinit< 
iout 06 qu'il a dit précédemment. 

Jusque-là il regarde les philosophes comme partageant 
Texistence de Dieu ^ mais, dans ce qui va suivre, il en 
un grand nombre pour adversaires. Il s*agit, en effet, 
monde est éternel ou créé, s'il a commencé, s il doit fini 
pas sur ce point moins de cinq opinions distinctes : la p 
que le monde n'a point eu de commencement et n'aura 
la seconde reconnaît qu'il a commencé, mais non qu'il 
troisième lui refuse un commencement, mais lui assig; 
quatrième lui attribue un commencement et une fin ; 
celle que Postel entreprend de défendre, celle que noi 
christianisme, c'est que le monde a commencé, qu'il 
mais qu'il sera transformé. 

Il prouve que le monde a été créé , en partie, par les ; 
lesquels il a démontré Texistence de Dieu ; mais il y ajout 
ration peu commune, tirée des principes de la logique de 
Les quatre éléments qui forment le monde se détruisent ] 
mutuelle; Peau, l'air surtout, périssent dévorés par le ( 
dérations géologiques fondées sur la présence des coquille 
tagnes, le souvenir du déluge, prouvent qu'il y eut un lem 
d'eau sur le globe était moins considérable qu'elle ne k 
de ce grand cataclysme. Or, si le monde était éternel , 
ments y seraient toujours en même quantité , et dans des 
stamment semblables. Si donc la masse d'eau a élé plus 
l'époque du déluge qu'elle ne l'avait été auparavant et qi 
depuis; si l'air absorbé par le feu est remplacé chaque j 
nouveau , c'est que la cause créatrice de l'univers crée, 
ser, une quantité de chaque élément égale à celle qui \h 
volutions ordinaires des êtres; et s'il est nécessaire que 
que instant pour soutenir Texistence de l'univers, c'esi 
qui l'a créé une première fois : l'univers a donc eu i 
ment. 

Sans doute cette démonstration ne satisfera pas ce 
puyant sur les principes de la physique contemporaine, 
masse de chaque élément est toujours la même dans l'un 
y subissent seulement des transformations qui en réduisi 
mentent passagèrement le volume apparent; mais ca^ 
parce que cette preuve appartient à un système de physi 
que le système généralement admis, que nous avons ju 
la faire connaître. 

Il n'est pas beaucoup plus heureux dans les coni}: 
emprunte à la physique de son temps, pour faire corn 
ment le monde a été créé de rien. Il rejette surtout loi 
que l'on pourrait supposer qu'il admet une matière coéle 
soumise à son action ordonnatrice, mais indépendante d 
créatrice. Aussi, pour lui, nier que le monde ait été créé 



POSTEL. i«ù 

* e chose qa^afSrmer réternilé de la Ina!:^^e; la question ainsi po- 

' 'nous ne pouvons que reconnaître la vérité de la solution. 

ti réfuie ensuite les philosophes qui, admettant l'existence de Dieu, 
^ crbient pas qu'il s'abaisse au détail des choses humaines, et nient, 
AT conséquent, la Providence. 11 fait remarquer que, dans la simpli- 
^ de son acte éternel , la divine Providence n'éprouve ni fatigue ni 
.(ération , et ne saurait être comparée aux êtres que nous connais- 
ses par l'intermédiaire des sens, êtres matériels et essentiellement 
imités, dont l'existence ne se prolongerait pas sans la présence d'une 
r.Tce conservatrice qui n'est que l'action de Dieu lui-même. 

Noos ne nous arrêterons pas à ce que dit Postel de l'existence et de 
ta nature des substances séparées [svbitantiœ separalœ) , c'est-à-dire 
des anges et des démons; non que les arguments sur lesquels il s'ap- 
puie soient absolument sans valeur aux yeux de la philosophie; il en 
emprunte, au contraire, quelques-uns à la raison, et même à Aristote; 
mais parce que, nonobstant leur origine philosophique, ils nous ont 
paru peu concluants. Les idées qu'il développe sur la nature de l'homme 
et sur Je but proposé à sa vie par le Créateur sont conformes a la 
croyance chrétienne de la chute originelle, et se lient naturellemeni 
aux dogmes de l'incarnation et de la rédemption. 

Il rentre dans la philosophie par la question de Timmortalité de 
l'àme. Le premier adversaire auquel il répond , c'est la doctrine stoï- 
cienne, pour laquelle le but de l'homme est, non l'immortalité, 
mais la pratique de la vertu dans ceiiv vie. Il établit en principe que 
toute action tend à son accomplissement, qui engendre le repos; qu'elle 
a, par conséquent, pour but ultérieur le repos; et, alléguant que la 
vertu est une action , il en conclut qu'elle est le moyen de parvenir à 
UD but déterminé , mais qu'elle ne saurait être ce but. Il montre que 
les faits sont d'accord avec ce qu'il avance , puisque nous voyons les 
hommes vertueux sacriûer tout à leur désir d'immortalité. Ses autres 
preuves sont empruntées , 1° à la nature des facultés de l'âme, qui 
ne sauraient être le résultat d'une combinaison des éléments ; â^* à 
1 accomplissement nécessaire de la justice de Dieu, qui n'atteindrait pas 
les coupables si l'homme mourait tout entier avec son corps ; 3° à la 
constitution de l'univers, à la bonté di\ine , aux conditions du péché, 
et à d'autres arguments encore faibles ou insufûsànts , mais qui , re- 
pris par une analyse plus profonde que celle de Tauteur, et rattachés 
à une unité plus élevée, auraient une portée qu'on ne leur sqjai çonne 
même pas dans les ouvrages de Postel. 

Nous ne dirons rien du second livre, consacré tout entier à la réfu- 
tation de la doctrine de Mahomet ; mais le troisième livre mérite de 
nous arrêter plus longtemps. 

Le xvi' siècle fut une époque d'activité singulière pour les esprits ; 
et , s'il fut rarement heureux dans ses projets de réforme , plusieurs 
des grandes intelligences qui en firent la gloire s'honorèrent parla seule 
pensée de chercher de meilleures méthodes d'investigation , et de do- 
miner la science par des principes plus généraux et plus vrais : Postel 
fut de ce nombre. Malgré !e* respect qu'il professait pour le droit ro- 
main y il était frappé de ce que les passions des hommes , leur igno- 
rance , la multitude des interprétations avaient fait , en quelque sorte, 



18G POSTEL 

périr la science do droit dans de vaines ar^nties. T1 se |n 
résumer les règles imiiiUHbles de la jiislire dans un cerlair 
d'axiomes empruntés à la sHf;»'sse do Ions les temps el de 
peuples, et qui fussent comme le code universel de ThumaniU 
ainsi que la tentative dont nous avons fait honneur à Tin 
milieu du xvii*' siècle , fut précédée, cent ans auparavant, 
de Poste!. C'était aux sources de la philosophie , e fontib 
iophiœ, qu*il voulait puiser les principes du droit commun de 
idée assurément nouvelle a une époque où la tradition , la 
les conventions locales divisaient le droit, et opposaient | 
justice à elle-même. 

Il reconnaît deux sources de droil. Il trouve la première d 
cessité, qui , saisissant les hommes au milieu de leur faihl 
leur isolement , les force à reciercher la protection mutuelle 
garantit la réunion en société ; il place la seconde dans la 
en Dieu, dont l'idée, en Tabsence de la connaissance du v 
uattde l'admiration, de l'amour, de la crainte. Ce droit re 
humain , tout à la fois, est celui que connurent les païens. 
an droit né, chez les peuples modernes, des lumières du chri: 
il n'en est pas moins consacré par la sainteté des croyances 
du genre humain. Postel le considère sous trois aspects : le 
turel ♦ exclusivement fondé sur la nature ; le droil des « 
modifie le droit naturel par l'intervention de la raison , dar 
de la durée et de l'individualité de chaque peuple; le droit 
résulte des mœurs, des coutumes, des lois particulières a 
chez chacune des nations. Ainsi la constitution même du , 
main, telle qu'elle a été établie par la Providence, est W 
droit dans son expression la plus complète. 

Il semble qu'après avoir analysé le droit , tpl qu'il put ( 
par les peuples de l'antiquité , Postel eût ôd opposer à cetl 
notion plus parfaite de la justice et des devoirs , éclairée pj 
mières du christianisme. M n'en est rirn néanmoins. Son 
livre est consacrée développer les moyens et les arguments pî 
un prince , zélé pour le triomphe de la vérité , pourrait a 
idolâtres , les mahométans et les autres infidèles à croire 
gion de Jésus-Christ. 

Dans la partie de son ouvrage où il a traité des principes f 
taux et des sources du droit, Postel s'est surtout inspiré dej 
moraux de Cicéron. C'est un rapprochement analogue à celui 
avons déjà fait à l'occasion de la doctrine de Grotius. Ce sen 
éternelle du grand orateur de Home , d'avoir popularisé, par 
de son style et la richesse des développeuienls qu'il leur 
les principes de la morale antique. Quiconque voudra const 
manière certaine l'étal de la science morale à la venue de Jés 
devra le chercher dans le de Officiis , dans le de Finibns bi 
malorum, dans la République, les Lois et les autres ouvraj 
sophiques de Cicéron. C'est à celle source que Postel , comi 
part des érudits de son siècle , a puisé la part de philosopl 
introduite dans ses ouvrages. S'il en est réSbltt ittie ta 1 
pas Deuf^ Tauteur a faU némmnlâê^l^ ■* i 



e Mf.ii'fi/'* rt rf nr ir n^'if'- iiri ir irffniH . miii^ piii««nnl . il a 

U .i\« If I J" f • ?••■ *■ M • î' ■!•• . f* II,.. «1 'in.ilf H»' *^* I «ifii iiift- 
I «ir^ « Ml ïi.H«.it t .-« • . t t* r- { ;.• r • « . i i. « ■ ni il.llu lir , Uiuis 

f\ Cl » 1 .1' .»• . ■:•• i.f \ h. • *• I ^n- 1 1 !)•• 1.1 r--h,:ioii, 
\»< N'Tiii»-*» «-iri'i ib rti- ; muw.ij^ "!•• |'"-%it I iiwnl pour lilre : 
t*rra rt.nmttiia n^'rt ^ii'ify'r, r%| un«* i-dilmn mi\^ rial^ ft 

I d ini|irii> rtjr. |it M m : 1 in m vlr 1 iTi'r** ui.r nulr** pl'aî^- 
f, h 1 •• , Oii'Tiii . l'ii'i Hn i>«'tii i-i n^iitii r, sur In dflaiU dr* 

lN>%lri , un «»u\r.a'«* i-u!i>'u\ iSj I*. lir^h.tlona. II. B. 

rrL.IT •]«• f'^**nititum . tr.ïifi • 'i"ii li'li-riiïi' du (irtc «>t'j« : 

«t d(-r!i iikIi . On .1; (••■ !•' i>:ii«i . it .i{irr« Ari^lntf ikrn^rrt 
ifff, ii\. I. r. in . uijr {ir I "Hlmn qui II B pas rnror^ #!«■ 
'«» »-l q « , |m i.l-i'iri" . ! •• r *• r.» j m n'*, 11 mis qu nn r*l n-prn- 
•d lit'. :d--r !•■• ^r Ip t '*« 11 dr I.i (l!M-u^«iiri, nu qui «r pr^**iil<* 
n rr»ri.iil»'"i- II' 1 ••ii*- .xw \\ un rrï.iiii «.idn* d m! e*. quosqu** 
fiuiHspi'i^ pis l'ii )> Il !«T urii» pi« u»f» djn**"!!', •. • *l \*M\{**fn\é' 
••ti»' * jni !•■ Inri . q-i'- I jifiii nfl . »»•• di* I A:ir p.inill /Irr a 
/'"j/N 'If lit* .il r.i:*' !i ) iiri' : 1 i-nt n dir«« qu il ru* rnul \\^\ ce 
iHtt -pi.;<li* d** d*':it •iioiniiMih , ii),n^ qui! I** i'titi«>i«lrr«' funnu* 
••|ii»'n ■■' n-i ■ *si:r" il* I »i«ln' uiiiitT^i-l , i|ui t\n\\% .i|i|N'I1i* au 
li.if l'N . Il d ■ Il *••'!* h!ili' , l'I riïi'iH |-'i;hihi* ili*K !k;i«Tilirr« au 
••\«i.r. Il » xi^l-', ■■ i^M'iir i»f» ^Mii, un»* dilTi-ririrr rrilrr un pos- 
'le Iiv;i il!i i it»"* 1rs r .*, «1 l Ar.^lnl*' 'm/'I fupru . qu'un 

H ji*^ iv'iir s<ii-iiir ■!•• d'-iiMiiWfrs, flr<i i h'>^*'^ qui p<<urriiipni 
]<j'itn !• *« idri.i'l .i\'r I .isH*Miiinit*ni di* n-lui n qui i>n les iip- 
r^\ ui •' h\)iMîi >si- ijni* l'iiii fait. B J.I* pfi«iiil.il, Hii «'onlraïK. 
i \< d*' pi.n* ron^' iii'>n . quniqMi' iiou^ ««>\Mis m n%piil hors 

II d'tfiiii-r upf d' rr.'hs r:«li' m dirn'ti*, p<*nl ^Irr ruulf>lL' daus 
«ion (*'. ntr s riiitiM q'.i»* |<itr I l'iiM-udiie di*^ hlrrit. 

IMfl\ Il \ii\^^T«nr. • Il y .1 p"n d«» l*»lpp« , dil Piojfrnr 

li^. I. •; :!l , «in'- i-i-iIp *i»i'<-»'qnO m r- ,t r:: u::-! r fui 

■^r P'»' npiri d' \>\;ifdrip , :»qi|. I 4|i"ii*!'»*,iil W^ d> rlrihp^ qui 

nt r<.i'\inii dun^ rli qnr i'it,!it. ■ i.'r^x ^\\r n» lrmiiiL*nai!f* 

p'irnt qiM" pMl:iii nn ;i •l- rii.».«d»"'p- «*•»!■ n •' !•' !• !«djili*nr dp la 

r'.]»' qiii t II" pir ii;ii's ^n'i ««i-in Plf'iii , |*»'rph>n», l'nrliîS, cl 

iliifi;»* -^itn t'\i>tiMH'f' jiioi|t]':iii ri ilji'u du *i* ^'irrli' d»* D'-ln* en». 

dnîn* !••' piil;i!i'« n ? \ 'i"^ ! ■ (-iif ijut* :i-' il \«'i u. ri que sa\i'ns- 

••1 d'M 'rm*'? Ti'l!» s *.Mn! Ii-* d'-ux qin'-'i'*r.'» :i \q•li•l!^^ nous 

"î»'»nd «•. îlvan! d rxMr..n»'r ^1 rii'-nr' nr i.u» n lui a fjiil #»^l 

fjtianl nii l»";ip«i où jj Tmi pVii-pr li \!.- iji» |*iilaiiii«n , n»»us 

l'ond inin^ awx p'im vajn'*^ ssiiî-»» * im»"». |' n y a r«i*n à lirrr 

IfS do I)iM:.'rnp Ijirfo*. pU'«>'pi>' ii^m- ii-- h .rj.im's p;is pfi «Uol 

d'une tnan-rre jinTis.' I",!^- di» ol hîN^'ri- n. On lit d;ins l'«'r- 

%$dêPîùiiH y r. 9;qU'* Ip<p6rp<. on mmiriuit, r^rommindaicnl 

|aUà Plôtin, eK que* dp cp n»mSrp. {-, rv>-:, élail Pnlamon. 

^«rt dans le nombre den |ht« s. ri non des pnfanU. qu'il 

rferphjre ajoute que IMotin ^ phiKaii à entendre 

T iigpMIninphir nevveile dnni il jeiail ira fcndp- 



188 POUILLY. 

ments. Dans ce cas, Potamon serait plus âgé qae Plotin et ap| 
drait à la fin du ii* et au commencement du m'' siècle de notre 

Mais voici une troisième version qui contredit absolument 1 
précédentes. D'après Suidas (aux mots Acoedi; et noTapiov) , Pota 
rait vécu sous Auguste et serait né quelque temps avant ce 
Quelques critiques, substituant arbitrairement au nom d'Augu 
d'Alexandre, ont placé Potamon les uns sous le règne d'AI 
Sévère , les autres sous celui d'Alexandre le Grand. De ces ai 
opposées, la plus probable est, sans contredit, celle de Porphy 
si Potamon , par le temps et le lieu où il a vécu , a pu être en 
avec Plotin , en devons-nous conclure qu'il a été son maître 
c'est à lui qu'appartient la gloire d'avoir fondé l'école d'AIe 
D'abord l'idée de l'éclectisme , la pensée que la vérité est 
mêlée à l'erreur, qu'elle est divisée en quelque sorte entre tou 
tèmes, et qu'il s'agit seulement pour le sage, pour le vrai phi 
de recueillir ses membres épars ; cette pensée n'était pas n( 
l'époque dont nous parlons : on la rencontre chez Philon, chez 
de l'Eglise, chez Plutarque, Galien, Cicéron ; elle était, pour a 
le fond de tous les esprits en dehors de l'école sceptique. Ënsui 
était la doctrine de Potamon? Nous ne la connaissons aujoun 
par un très-court passage de Diogène Laërce , ainsi conçu : 
parut que le critérium de la vérité comprend , d'une part, le 
même qui dirige le jugement, c'est-a-dire la raison (rb T<7ep.cvt)c( 
l'autre, le moyen dont se sert la faculté de juger, à savoir 1 
sentation fidèle des objets (w àxpiêe<TTaTr,v (pavTaaîav). Quant a 
cipes de toutes choses , il en distinguait quatre : la matière, h 
l'action UoÉr.aiv) et le lieu (to'wov) ; car tout ce qui est a été fait 
que chose et par quelqu'un , existe d'une certaine manière et 
part. La fin à laquelle il veut que tout soit rapporté, c'est une 
faite qui renferme toute vertu , et d'où ne sont pas exclus I 
corporels et extérieurs. » Nous voyons, par ces lignes, que 
n'a touché qu a trois points : la logique, la morale et la physi 
les deux premiers, il a essayé de concilier ensemble le stoïcisn 
picurisme. Sur le dernier, il s'en tient aux quatre principes d' 
On n'imagine rien de plus incomplet, de plus grossièrement 
ciel, surtout de plus contraire tant à Tesprit qu'à la lettre de 
Sophie platonicienne ; comment une telle doctrine aurait-ell( 
venir le germe du néoplatonisme alexandrin? 

Potamon avait composé deux ouvrages , dont Tun , ent 
perdu , était un commentaire sur le Timée de Platon ; de l'a 
titulé Traité des éléments (2TGivei«<Ti;) , il ne nous reste que le 
cité par Diogène Laërce. — On peut consulter sur Potamon. 
ner, Dissertatio de Potamonis Alexandrini philosophia, in-i**, 
1745. 

POÎJILLY (Louis-Jean Levbsque de) , né à Reims en 
mourut le k mars 1750. De bonne heure, le goût des science.* 
méditation s'annonça en lui. A vingt-deux ans, il essaya ui 
position des principes, fort nouveaux alors, de la philosophie 
de Newton. Il renonça ensuite aux mathématiques pour se 1 



IMUII-I.Y. IWI 

ità dfs Mu'Im phtlo»*i(hiqac« et liUiTairfs, H fut ir^u membre 
jftiur dr% liiM'ri|t.i •!)% ri lU-lif^-l filffs l'D 1722. Main «it-ji le 
\ail fdt..ut- «j <^inlf. I*".:r I.i r*fjiri'. it parrnurul !•• n.Mi de 
:e . pui^ I Ap-'I* Irrr*- < u .: \i«iU, ftr.ir auln-^ (NTiMiiina;:!-!» , 
n^bri'kt* l'I N:-\\liii. N>'i: ii<>- . a -x:! nl^ur m Iraiiri*. ln-ule- 
it-râl dr ht'iiiis. i! ^-;:i..i .1 ^«n aiiiii;t..sirjli *ii par d«*s aiiirliitra- 
ir> viiAn Ai'^^tUivu'is (1 iii Un luNitaiilH d^* ci'Uo \ill«* gardent 
uj •;:r«i iiui !r ««•u\«'(r.r. 

cn^ain. riin;tiii;»4>r.iin di* V.-iU\rn.ir^-ii*'s, mai% peu rrlrbre 
>hil"«M .|i", tiM-rr.i* p'iirl.iii'. ii:m' pian* liaiis 1 hiNlotri* de la 
lue par la prit i^t<>ii , |,i ni-llrl<- dt* m'% id*-**^, par la doui'eur 
s li r.i--^ ijii I. I H«.i_\ .1 ij.' ri';--i:j'!ri*. par la r!.irli* fir mi^ rrrilSy 
l p.r '1 T>**fi^«-f' qui di>:iiii.«' lîaii^ li* muI «•ii\ra*:i- dt« lui dont 
•ns •! i.'iUn -«vuiht it*i. l.i- li\r(- 1*^1 sa //i">rir «i^i tenitmemts 
I. Il fui p .li-i*' •! ntHfrd viUh la furmi* d un** i.tUre a loni Ko* 
f, clui-^ un r«vii*'il di* i!i\iT^ rrrits t»ur l.t:!:«iiir. rain.lir, U 
, .a \: (2;ti*. Icb M*iilii!i«*nlH .;^'rra!<ii*<^, 1 r^pril ci le i*«i*ur , 

-//rr fi A* ''.tn'jhriJ.f «-ut ilu suri****» , d les aiiiis de 1 auteur 
r«*iit d'i-n ri-pri'iidre l>'s id*'i-^ ^oiis un** f tii.!* plus M-ri* um* el 

H*, li ri'tlî dirit* H.. Il |i\ri*, i-t . a\ic* di-s ai)dith*ii« lioiiitirruM*!!, 

d»' lr'ii\i*au v^mh ii- i.in* ipiii .1 i-i.iimt\»* d«pu:s, in-M , lie- 

•7; PafiN, I7|M il t7i*.l 1 lu* .lulri* rdilion f>.l pudlire m 

n jt-^i'i-iln* ans a:>r< s i.i rii<>rl d^* I autiMir. lM:i« n lie derinëre, 

>l tiitJj lUis i'* lir :ii ; -^* u l'iii' i;l l'^» pi'liM'fs \ ttiil plu« de d«*- 

jcnt ; il* >1>1«' f^i .ui'^M plu^ rijulier, plus iIiâIk*; uiaisi , en 
*. il a piT'Si tir. ; 11 «!•* <«a \i\aril«'. 

re di'N Hffi'.i'f'h- nir «V» sfHitmtittt tiijrruhlfi sf di\isr en M\ 
i : 

Iheitfif d*'N M'iiiiinriiS i*nI du m^me L'«'nri- ipii: le.s M'iencea 
maHi'"iialH|urN ; 

I plaisir alltu'lp* a 1 exeinn* di'> faculles; 
!S olijcl.s qui .viiil a;:ri*abli's par eux-mêmes, sdiI aux sons, 
sprii ; 

I'a;.'r«'menl des luftis ulilt-s; 
: l'auU'ur des M'iitiN.i-nls .'i;:irahles; 
I plaiMr ulliirhe a la \<-rlii. 

'e de tv^ rliapâtreN indi>|ui* â lui m'uI 1 enMMiiblede |j |N*ns<^ de 
, le miiii u d idt'es , |Miur ainsi dire, où sun i-spril se meut, le 
t de sa phi'ovj|iliif. «ininici* la plupjrl des pInlMS-ipheM de cette 

Le\'stiii' de l'iiiii!;\ m* elierelii* qu'un^* eliuse dans lu \ie : la 
us&i fatii**, au^si d>Ui*e qur irnssiiiie. Kl e'(*sl dans ee but qu'il 
*la iial'iie humaine, qu'il «iltser\e \f> di\ers ini>u\emenls, leH 
eondili n*^. W^ ui\fTse^ m.anei's di* la pasMnii. Il elait persuadé 
eu! torl d Kpit'ure t-^i d a\'»ii- li.irnr 1 ainhiiion huuMine à une 
[rossière , el de n'aMiir pis uim^Ii* >uniHaiiimenl sur le prix et 
edes plaisir^ de i e^iiiii. Il \wuiail lui'llre i*n liiiiiitrc le p!ai*-ir 
lia vertu, ri. fKir eel atntrd du bien et du bunli^'ur, l'îidiT 1*'S 
f d'une moral'* exacU* et douce a la loih. 

î n'est pas nouveau; et si Lc\e.s4Ue de Puudly n avuil eu 



190 PREDESTINATION. 

que cette pensée, on l'eût facilement oublié comme (nnl d'antm. 
ea ureusunl sud idée, il rencontre une veine originale qui , vg u à 
surtout, n'est pas sans mérite. C'était l'époque où l'esprit d'abservili 
eommeoc^it d'èlre appliqué avec succès aux sL-iences nelurellet. 
{frand nom de Newloii sortait déjà de la foule avec éolal. Lçvesqn 
Pouilly conçut l'idée foioielle d'abandonner cet esprit sy^lénialiiii 
qui jusqu'alors avait doiniité <lan'i ks recherches drs philosophes, et 
soumettre ces reirhcrehes à la pure observalion des faits. Sou idép,<|i 
expose explicileinenl , est que, dans cette voie, la théorie àa sea\ia 
(ft pur ce mot il entendait tous les phénomènes internes) est su.so 
lible d uQi- certitude pjreille à celle des sciences naturelles, qu'il 
pelle phggico-mathématiijue». 

Or, c est la première fois au xviii" siècle que nous renconlroDSC 
idée expri[iiëe d'une manière aussi formelle et aussi ilécisive; car, 
elle est en germe dans BufQer, elle ay est pas avec cette idéed' 
cerlitude analof^ue à celle des sciences naturelles. Les écossais seu 
plus lard, à dater deReid, ont repris celle pensée. 

Comment Levesquc de Pouilly mit-il à exécution son idée? Cl 
autre chose. En parlant des plaisirs attachés à l'exercice de nos I 
cultes, etc., il montre une science psychologique bien imparfaite, i 
observation est souvent superfietelle. Uais ce qui est remarquiU 
c'est qu'il essaye de temps en temps des descriptions psychologiqi 
telles que les entendait Jouffioy. Il expose les faits a\ec clarté, ti 
simplicité j il essaye de les analyser, et rencontre de la sorte des n 
souvent intéressantes. 4 

lÀ est, selon nous, le vrai mérite du livre de Levesquede PoaiBH 
C'était, qu'on nous passe le mot, un bon exemple plutdt qu'un liH^ 
savant et profond. j 

(Juand on le lit avec attention, on ne peut d'ailleurs s'empéiH 
d'éire frappé de la faiblease ei de la légèreté de la philosophie d( 
l'agrément et du plai^i^, qui était le fond de celte société aristocm 
tique des Boliu{:broko, des Helvciius, des Gibbon, etc.; société cbil* 
niante , heuieu^iC , paisible , qui ne voyait pas le càté sérieux de la sid 
' el qui prenait pour :in temps de plaisir et de repos ce qui est un teoipl 
de labeurs el d'épreuves. P. II. 

PRÉDESTIXATIOX. LeniotjjrWMrirto((onnppar;ientàlalaiigii' 
Ifaéologiqtie plulAt qu'au vocalmlaire de la philosophie ; mais comoK 
nous lui reconnaissons une acci'ption distincte, el qu'il désigne unordr 
d'idées voisines de certaines questions philosophiques, nous alloV 
déterminer cette acception et en discuter l'étendue, sans empiéter tri 
le domaine des croyances révélées. Ce mot a un sens analogue à celB 
de fatalisme , mais plus restreint : c'est une sorte de faliili.snie appli' 
que à l'individu. Cependant, lorsque l'on considère que le fatalisme tf 
sartout la négation du libr^j^MX^i gj VV^ libre arbitre e' 
tient qu'à l'homme; qu'rf""" *' ■*" 
porter qn'à lui , m 
mol diltércnl p'iii' 
moins, que l'on se u 
qoi les distingue. 




PR£|)i:STi.NATl(|.>. 101 

funlunu rnirjfn** m %\\*\ \i\*t dr 1 .iliM-ni-«* lie l»uir 

* . 4« I I' M. i."» I « o*.. frl! • II* . * I 'f' l-t i]ii!iH Uii •* stniit* 

. li-'H..!!*'' i!'* 1 ifi»!- •! '<■< f . i.t' If ••* i.u ii.tii «!•'. I.i" f.r.ilioinr 

t (•!•- Il ''liu! 'Il ll<- •' lu t-f..»* «{'il* !•"« f.liU ltMllf% .1 I tll- 

^i •inii' • • hli-ri«i«- 'idi.^ if .' àl.i..«;x«i*. i*i»ti,ii.f uni* u\r*' |i,ir- 

if.t. MUf I ;• !■ t'î» »• • '•' ' '• ?' •'■ •■ l'ïlll * Il prt'tii'»!'* (l'MiQ 

I iii^*, liiiiJii». \» ï\ \é. I «J .• . !i ik.cirru^r , .in f«ila!i«ti.f. 
•1 .: "r ! t ii':i- ••- ! t . *> .. • ; . i ;. • ifsiiii.uinii , une \iï^' 

tii-i*. qiii «xt l'r • lin ^«-i.*-! Il .1 i jiifin'ii ur ; l'i'Uf iliîT- 

■1'» U "«"U ■'. 1^* f'U ^» I •* « ;•!• .'I .•* «I j.i :••!% .1 IruM'iiiMc 

. Ih , qi.t-l^ «|-,j i.s «■ • i.i , .; •« u»i« i^iii »•- |»r*Miiii'«i*iii tl.iiit 

- iJi-> i II ivk ; l.i |itf ;• > .1 j'.: .(i h*' ^ .i)i! \.'\- i hah.lUfilf- 

■ iiM*(i.!*i«' rr«u' .1' ' I- 1.1 \f' ■!•- 1 iiii.xiji) ••Il If .tii |.rr- 

» fci.iilt' . . i «• - '.' *. t ".■ -■•• .s .11. i«.i tf , il *.... 

|t4» i|ui' S' > ••• ( t « •> ^.'. \w -« i«l I fi' «i «'.tiit*« , t\\\v ii'i liU 

al l*'^ •->' |iM-(Ji*«t l.i ; !• lif' i!i y If ./ .'«fi ;/. .u ^ .tf|rtt{Ut' 4 

( iM' b ii}';i«i>|ui- \t .!.'. .tt \ l.i.>'. Il 1*1 \r.ii •( . I. \ a !•'« uiiip 

'•(:Vf{>^'lii'*' - «m: { Li-^.'i.l* li' Ii<*li:lj''k '^vu l.iil\ lif l.i \ !•• 

I' • '.' fit' |:'-ii'«- 1 i* \\i* iil j:i ■ :«•'« |< >i •:•-> l-.iis i[ .1 U*'\(iit>*ii' 

'i-iJ>*H ii.i'N .ti]«<ki :•.•:! <| ..• Itit . I î "«i iii ;.i • r>' .< «iû ! ««n- 

; '.iiM-; !a \ ;■ !•■ '• i ""i [•■' li» Miin* , !• ■<> lr'\ l'i\ «.l «f > 4 »i-!» 
. :' ..1 uti «-il*- ^ir jt-^lil! *> a\i'i* Id ll.t^llii* Di^- 

' ri-:li' ;;t>iirf. N 'Un mjii.i o .?» rrii** iiii'uhM*i|i*i*iii'«r i mais 
■1 •• Mil , li 11 fil n-^l*' |»iu iiiuiii^ «i.ii ({lie Wi «fAl 1« yn» 

j ■ ,.•• iirflt ilifMlfi '/I. 

■si fiatitifi l'.sl • iil!> I- (idi.> lt* (!i>ii;iiiii* à*' la lIif-i'IoL'i'' t'I dr tA 

'i-iii*iiiif (iir ('•' :• iN<».i^i' ijf naiiil l*«i^il dan^ s'in tlyUrt dwj- 

r. ^lif . ^ 2 I • l liO . « I.' U\ i|u II .1 .- hlit.o ij i!iA .sa près- 

ii-H .1 ,\\\^^\ pr*-'i' ^ iii<-'«. I <iiir f'r*' t'iiij!ii'uif> a i iiuaicc' lio 

m «|uM l>il l'oiiif • ii-rf !• u«'lfur^ fr«Tf>. Kl rfu\ i]u il « pii*- 

1 i* ^ a «lU'^'^à .ip|ii l«-^. li l'-s a jii»! j(i^ilii>. «l ii'iix qu il u 

Il > a fii.'^Hi ;.l-'iiiit>. • i K.li^t*. il>ir-> >tt viu'i^"'' |»ral:qiir , 

pr:x H.iin •! «i 1«jI1' ir « •* *\\ il n a il i'XiI.n f ri (] ab.V'lu duiis 

•^ ; (-iii.> li'H VI r;i N >>irlif'N (lt viii M'ui n'vr.l pa;» iiiiiit* ivlU* 

*-\ Hitti\i !,i , p,ir uu r^i'rii d «ijip imIiuu tiilli. i'.i* a jusUber, 

h'ittlu !•' do;:;iie d'* l.i pri*dfsiiii4i..in a\fr un é\'\v qui lu* 

iTi* il la lii>'ili* Uinr.ilf qu«* et* qu li iiii lallail dr \ic |»i>ur 

e 11 1^ -Il If ut**. Il t'sl ^rai qu»* >aiiil Au;.'><>lin. pnsM* pur les 

Sk'S iid\t'rsa:r*'N • n a\.iil pii*> (••ujouii ^ufti>iuimi(*til nii*- 

rearUtre , •*( «'H n- y- \\a\\ > allfiiin* a re qu** iviix qui >e 

ylusivciueiil It'h dfii'ii.H' iii*« lie la i:râri' lie iiiism'iiI pas eu 

H iMl ce qu'flle a\an df f.i\tti,.blf p-'Hr rux , uni* sriu- 

■é. La réiurnie dii i«r sn'i I*- ^>' n «Mira «»-irlijut liuèlt: 

(caiinaliuu : Luther en {\x\ le di'fritv ur faiialiiiUf , 

dans le zèle de >a puleouique. L**." lufM.i ^ 

^ avaieul dirige û oonduiU; de TEgii 



192 ' PRÉDESTINATION. 

catholique se firent apercevoir sur quelques points de la commi 
protestante ; mais comme l'Eglise ealliolique avait rencontré leii 
ciples de saint Augustin , et , plus tard , Jansénius et ses 
les théologiens iniligcs de la réforme se heurtèrent contre les 
distes, qui déclarèrer.t que les élus sont prédestinés au salut, qoe 
prédestination est gratuite, cVst-à-dire qu'elle ne peut être m^ 
par rhomme, et qu'elle sauve sans que les bonnes œuvres y ai^ 
sans que les mauvaises en empêchent TefTet. Tel est le dernier 
la doctrine de la prédestination ; et Ton voit facilement par quelle 
son nous avons dit que la prédestination se rapportait au terme 
de la vie de Thomme, et non au détail de ses actions^ puisqu'elles i 
déclarées inditférentes. 

La controverse élevée entre les théologiens roule donc, non pas 
le principe en lui-même, mais sur le plus ou le moins d'extensioij 
lui donner, sur les conditions de son accord avec le libre arbitre. Ne 
ne prétendons en aucune manière entrer dans cette polémique, 
déclarer pour tel ou tel des adversaires ; la question théologique et 
ligieuse demeure complètement étrangère à ce qui nous reste à 
Nous devions seulement déterminer le sens du mot prédestination,] 
distinguer de celui de fatalisme, avant de le soumettre à Tappréciat 
des jugements de la raison et de la philosophie. La question 
nous , dégagée de Télément théologique, se pose donc dans les teî 
suivants : « Les lumières de la raison conduisent-elles à admettre qi 
l'homme est prédestiné par un décret de Dieu à la récompense 
au châtiment dans une autre vie ? » 1 

La réponse affirmative à cette question serait tout simplement l'rf* 
firmation du fatalisme : car on ne peut comprendre la prédestinatioi 
à la récompense ou au châtiment , sans admettre au préalable II 
préordination fatale des actes qui les ont amenés. Or, la doctrine A 
fatalisme a déjà été discutée et réfutée dans ce Dictionnaire , et doqi 
y renvoyons le lecteur, les arguments par lesquels on prouve l'errea 
des fatalistes étant les mêmes que ceux que nous pourrions opposer 
la doctrine de la prédestination. 

Mais nous avons vu que le dernier mot de la doctrine de la pr< 
destination dans les sectes les plus exclusives, ce qui la distingue vé 
ritablement de la fatalité , c'est la prédestination au bonhear ou a 
malheur dans l'autre vie, sans considération aucune des actes accon 
plis dans celle-ci. Le fatalisme est du moins , dans son erreur, con8< 
quent avec lui-même. S'il admet le bonheur ou le malheur coma 
nécessités pour l'homme après sa mort , il admet pendant sa vie m 
égale nécessité pour les actes dont le bonheur ou le malheur seroi 
les suites inévitables. Mais que dire de Tinconséquence d'une doctrii 
qui , sans nier la liberté , et par conséquent le mérite et le démé 
rite dans les actes moraux de la vie de 1 homme , le prédestine arbi 
trairement à la récompense ou au chùtiment éternels , sans égal 
pour ses vertus et pour ses vic^s?... Voici l'explication de ceV 
singularité. 

Il n'y a guère que l'Eglise catholique dont la sagesse ait dtéi 
dogme de la prédestination ce qu'il a d'exclusif et de choquant. Pli 
sieurs des sectes issues de son sein ont^ à l'exemple de Luther dtf 



l'Ut'liLTKKMI.NATIn.N. 1«ir, 

e jppirtit-iil e^'aii'iiiiMil au\ r'I<f:i"iis «je rAiiii>{Uilr , J l'rlIrH 

, el 1 i«i.irn:smo rn |url rrjl.^r 1 j^liiifl ^jn^ alt»-hu.ili«*n. Kllfs 

r^ ilfijjm^ ^ur If 'i'i;:n)r univrrvrl mv rhuli" prinitii\i* par 

I horniiifl" a rritraltii* il.ins tin iiiAllM-ur tiirnti* «1 |»itHli*nt^ lniit 
e\ \iHri riiiiinifl*ril Irurs dorlf ur^ r.iHorinrnl . tou^ ii*^ homnirs 
iiiwN. ri, riitniij*' l«'ls, junirniiMit fl •liTiiflt^ini'til rund .riines. 
wrici*rdf df IhiMi \ru\ lut*» m nrr.ii-hrr qur<i)urH-un> .1 celle 
Ij-m m^nlfi» , r f^l a rlli' qti il appartient dr k» rhuiMr, el 

d'*m^arf-nl diinn I.1 pronTriplmn 11 «tiil |H)tnl a .se pLiindre de 
{•Trncr , ui 4 rn rlit-ri h«*r lr% tnoliN . rar elle ne M*rail |ioiDl 
'r graim grat\$ Jttia , dis«*nl-il% , i^i «*IIf prenail en conMdera 
mt-rilt"» pffvinnH* Ars rlu*. 

ne rapprlnns ce^ dtMaiU que pour lurn rarartrnser la dn«*lrinf 
red«*Mi nation . trlli* qii t-llr a vie adniiM* piir ses dffenM'ur» 
1. Il noiK Hi>rail f.iriif dm ni'inlrrr la faiMr<(sr. es fai^nnl 

* qti^. ni^nir étant flfIrniHP la rhtitr dr rhnmnii*, il rs\ de 
■ de Dirii drn \iiuloir. A\er touti* sa puiManre ri loul M)n 
la ri'tiabiîilatHin Inal rtituTr. 

* p^'ul runnatlri* fn drl^il la d«H'tnnt* de la prt-<|cHlinalion sans 
runnais^anre drs n(imhn*UM*% rf»nlrfi\('rM*s ?«ur la prAre ; 
nii M lf*nc travail in«»pire de l'rliM^rnf iiirnt , l'artirU* du />ie- 

e iheoiftqti^me de lii*r|:i«*r, au uiol Prtdfttinaiion , fournir.! Nur 
i le» luiuii*res fcufliNaiileft. II. R. 

DETERlII.XATIf »\. Vnyez Fatalisie el PiKM.irvrE. 

DI(IA1IK\T [Pnrtiicamfntum^. CesX le nom sou» lequel on 

II autrefois les» cuiryurtei Vttyez ce mol . 

JHCIAT \ Prœtiiratum , de prœdieare . dire ou affirmer one 
une autre; en frr«H' nirr-'.:-.,-*!»-. ou »irry.:r a«\ Oii appelle 
jte idée, mmI qurlie rrpresi'ntf une substance <>u une qualité, 
,t être nie«* ou aflirmei* d'une autre ; en un mut , toute idée 
?. Par exemple, dans ces d»-u\ pn^p^isitionn : |*h-rre est un 
; l'homme est un animal; homme , animal sfint des prédicats, 
^uent, le inéine mot , qui es\ pr(*dieal dan» un cas, \h*uX de- 
jjel dans un autre. Aux trrmes de la dflinition de I ivole, le 
t , « c e^t ce qui p(*ut i^ir«' dit de plusieurs ehtiHCH. muI que Ion 
nne louU's c«*s choses sim.% un méine nom . smi qu'on les con- 
•éparément. • l'num aptum ftnrdtrari de mulîis, vnirocf et di- 
iinsi l'i'itv d'animiil . ou d'animal raisonnable s'applique aussi 
tous les hommes réunis Sf>us une même dénomination, qu'à 
et à l^lul, pris indi\iilucllempnt. On \oit qu'il v a une diiïé- 
«Ire un prédicat et un aitribut. Le premier de ces deux termes 
on sens purement logique 'unirerâaU logicHm), déterminé par la 
|a'il occupe dans la pn)position; voilà pourquoi il s'applique în- 

i à une substance ou à une qualité. I^ se4*ond , au con- 

meUphysique et invariable ; il exprime toujours une 
one qualité d'un certain ordre (Koyr: Attribiti}. 



494 PRÉEXISTENCE. 

— On touve aassi chez les anciens logiciens le mot préHônhh ({ 
dicabile) pour désigner toule idée susceplible de seryir de pi 
mais c'est exactement la mèmç cbose : il s*agit toqjoQrsd'Qnv' 
générale servant à déterminer une idée particulière. Ce sont ceii 
générales que Porphyre , dans son Introduction aux Ca^ofifa, 
rapportées à cinq chefs : le genre, l'espèce , la différeaeeileir 
lités propres , Taccident. 

PRÉEXISTENCE. Toyez^ Métumps^TCbose et Platon. 

PRÉJUGÉ [de prœ, d'avance, et de judicare, juger, juger à% 
yance; en allen^and, Vorurtheilesi composé de la mèuM 9iaDière].fl 
terme, sans synonyme dans les langues anciennes, a appartenu d'aM 
à la jurisprudence : il servait à désigner soit une cause jugée d'avii^ 

Sar la nalure des faits produits au jour, soit un arrêt rendu Mj^ravii 
ans Mnç quQ$Uon semblable à celle qu'on avait a décider. TraBfipd 
ensuite par analogie dans la langue philosophique , il y a coosiiî 
depuis le xyu' siècle la même siguification : celle d'un jugement^ 
nous prononçons, ou plutôt que nous acceptons sans examen, et eoiÉ 
déré par cela même comme erroné ^ celle d'une opinion à la fois irrf 
fléchie et fausse , à laquelle qous sommes aussi attachés qu'aux ^éM 
Les pli^ évidentes* Il y a, en effet, un double caractère à considéN 
daps les préjugés : l'irréflexion et lerreuE. Un grand nombre de m 
jugemeuts sont irréfléchis sans être faux, et d'autres parfoilemeot CQi 
vaincus de fausseté ont été précédés d'un examen approfondi. Tool 
erreur u'est donc pas un préjugé > le champ de la première est pli 
vaste que celui du second , et c'est à tort que plusieurs philosophes li 
ont confondu^. Mais toujours est-il qu'un préjugé est un jugenen 
c'estàdire qu il repose sur certains principes, sur certaines noâifl 
générales , ce qui suftit pour le distinguer de ces sentiments pureme 
personnels qu on désigne sous, le nom de préoentions, 

£st-il vrai, est-il possible même, comme le prétend Bacon , (p'U 
ait des préjugés natiirels, ou , pour nous servir de ses expression 
des idoles de la tribu , c'est-à-dire des erreurs nées avec nous et iitf 
parables de notre espèce ? Si des erreurs de ce genre existaient, no 
n'aurions certainement aucun moyen de les reconnaître, puisqa'el 
seraient conformer aux, lois de notre intelligence , et que plus nooS' 
({onsidérerions , plus nous serions forcés de nous y attacher oomoie ^ 
vérité même. Ce qui distingue, en effet, l'erreur de la vérité, e 
uniquement que celle-ci: est d'accord et celle-là en opposition avec 
lois générales et invariables de notre naiure f l'Qne nous représenlc 
santé et l'autre la maladie de lesprit. 

Mais s*il n'y a pas d'erreurs naturelles dans le sens propre du s» 
il y a des dispositions naturelles qui , détournées de leur but ou dé' 
loppées avec excès , et maintenues dans cette direction vicieuse p»! 
force de Thabitude, peuvent nous conduire à accepter sans examea 
Qpiqions les plus fausses ou à nous y arrêter comme à des vérités p 
iMiè<res. Ce sont ces dispositions qui engendrent tous nospréjugésy 

Jour être juste, c^st à elles qu'il faut rapporter tout ce que dit B» 
eSi erreurs inséparables de notre existence. On peut les ramener à d< 



PREJIGE. IS» 

s : là conQjDce qur dvus «lun^iian» D >s Kintii.>ljî(^ . cl celle 
•%uos ni i.ou!»-ii.i^ihi**^ il* vniuuvui dr 1 auiurii^ ri a lui df 
roprr, i u, r«* qui c ol qu uiii* ^«U-UMjn de VdUi{MiT-yï*>ytc, 
tvuu «rdi'Uli* pour luul rr qui itnui tuu&b** d«* l'rr» ; ri*fin , 
ue foriiM!* qu «'llr^ v* ULiriifi'iklriil, I aLiKy^liuo ri U fHrr^jQOA- 
it-2 cr^drui |irincipc% dans dr ju>lr> luiitli!!, i!» M'ninl f^a- 
■«i(-u\ d I h niinr , l> tnnUiLuiTiiiil JAn> ucic cufL-uir iiir^ure 
.' l.<;ii[.i iiii lit inli-ilivlun ri iiiora:. \x vnliin« ni dr fauliTiie , 

D d«-\it-iiJri ht U lijsr dr luulr vdui'*iliun .dr luulr diMripiiur, 

j'M.uti. iJi* i>'Ul Aiium-riifuirni «i, pjr ton m- qui* (il. dr (oui 
. I. aiii ur-pr-'prr , Ir ^r^llnJrIll pi-r^'i'niH'l , la cnijrianrc m 
i*U-r>>iit ln-u^ri' dr li-duratiou, frronl surijr dr ntiuitaux 
fjr«v> ifu riî*'» a r^rulrt'S m inius rt n<ju.s frruot \\\tt de 
rr \\* Miisi n>iU^ iMilur de» aulrr». Laih^ci, au cunlrairr, ers 
Di^ipeâ si dr^rlupprr mu» ri-MslaOrr rt sao» cuntp'ilr ^ jj-tu- 
'i.e nou) l«>diMuii» liiul a l'hrure, la pui.v»aiirr dr 1 halî.lude, 
i !K' dL-t'haJnrr aus^ilôl lous I1-2» jinju^r» qui ub^rurciMCOl 
•ni.iiu : pr^ju^'o dr kfilr, dr DuUunaiilr , dr prufe^tun • de 
ui'',el iru& qui naiNsrul dai.N la bulitudr du rabinrt. Ëo 

(.tiii uor dr Li'N ii.ai.i(lii-.^ dr n>ilrr pau\rr rsprrr, on rriun- 
I pfiiir liU un r\. ivi d dhin-CtiLun nu un rM'.ô.s de pie^onip- 
; p. UN ^luvcnl, ''i I irah,:*' qui' rriit OiiraiHsr, tous îc» dfUX 
A.ii«>i. djn> ! s );>j(i^'-a «Ir m lir , qu i\ faut liiru «li^lingurr 

nV'.rUMS, pu sifur l.i rrlipi'ii) ri«-«r rt unit Wh Auir». lan- 
aDiil.diur le^ abai-tv ri ir> dtviM- ; dan» lc> prCju^c* Je set'lCy 
v\ .1.» Lirn au prnuirr ran^ 1 influenctr de 1 cd uval ion el de 
'.m uu liia! < 'Mipri^r; iiAa.» 1 dn)our pi t'pri: cl inùuic rurguril 
M sa p..ii-«r. .N'U*» nr kuufTroa» pa> \uluijtM.*r»qu'iin penM; au- 
ie n<ju» .sur d^*» Mijets dUh^i L;ra\(*s, rt u nous ne p4iu\uQS 
ir \f-h«;ran(.-t* inaliri«:ilr dr ceux qui prrnnral celle li lier té, 
Jr«iuiurujf:*'iius p.ir la perkua^ion qu'il» n ont aucune dr dos 

n^t» qua]iLr.s. d«* u%ts pui»Mi:(-«'» inlnirure* , miu> ruuipltf 
nUqui li*»alleudi*nt dan* unr auirr \ir. La inéxne remarque 
aux prrju^r» iniliiique» el socuux, a«eo cvUe dtflîrrrucr que 
uprt y jour le piiDci|ial rôle, ri que iVducaLon , Ibabitude, 
i\iiej^ uy \tennrnl ma'SM fiouv-ordre. Coiumeul se refuser à 
! t.ri'> ani-4r|p qut* la luîlioo à liiqut^Jle 00 appartient est la pre- 
horidr ; (|ue la riduse où Ion est né, qur la profession qu'on 
urvu qu un y truu\e beaucoup d avanla^'e.s , est la plus belle, 
neuMs la plus utile de louU-!»? Ces vaniles en commun sont 
irni les plus enivraules, parée quellrs ont un certain air 
jblir , el, luin d en ruuj^ir, 00 ies cn^e en \erlus. 
ijp's d ôro'r nr >onl que des prèuccuptâltons et des habitudes 

rarement ils p^n^trent dans 1rs cuMirs et s'élèvrnt entre 
les. On s rst iiccoutuiaé , dans une sphère déterminée, i 
N'as certains prinrt|>es , à y rapporter toutes ses idées, l'es- 
is la hlirrie de s m pa&ser un instant , il ne comprend pas 
orle pas qu'ils soient nus en qurstioo , il les considère en 
rie comme une parue de lui-même, s'il ne s'y absorbe pas 

iS. 



196 PRÉJUGÉ. 

Enfin /sur les préjugés qui nous viennent de nous-mêmes, qi 
sent dans Télude et la méditation solitaire, nous ne pouvons 
faire que de laisser parler Malebranche. « Il y a, dit-il {Rechei 
la vérité, liv. ii, 2* partie, c. 7), trois sortes de personnes qi 
pliquent à Tétude. Les uns s*entêtent mal à propos de quelque 
ou de quelque science inutile ou fausse ; les autres se préocco 
leurs propres fantaisies; enfin ^ les derniers^ qui viennent d'oi 
des deux autres , sont ceux qui s'imaginent connaître tout ce ( 
être connU; et qui, persuadés qu'ils ne savent rien avec ce 
concluent généralement qu'on ne peut rien savoir avec évid( 
regardent toutes les choses qu'on leur dit comme de simpl 
nions. 

« II est facile de voir que tous les défauts de ces trois sortes 
sonnes dépendent des propriétés de l'imagination y qu'on a ex 
dans les chapitres précédents , et que tout cela ne leur arrive 
des préjugés qui leur bouchent l'esprit, et qui ne leur pei 
pas d'apercevoir d'autres objets que ceux de leur préoccupa 
peut dire que leurs préjugée font dans leur esprit ce que les o 
des princes font à l'égard de leurs maîtres : car, de même que 
sonnes ne permettent autant qu'ils peuvent qu'à ceux qui s( 
leurs intérêts ou qui ne peuvent les déposséder de leur faveur, 
1er à leurs maîtres^ ainsi les préjugés de ceux-ci ne permet 
que leur esprit regarde fixement les idées des objets , toutes 
sans mélange; mais ils les déguisent, ils les couvrent de leurs 
et il les lui présentent ainsi toutes masquées , de sorte qu'il 
difficile qu'il se détrompe et reconnaisse ses erreurs.» 

Après avoir décrit le mal, il serait très-utile, sans doute, d' 
le remède, et la chose serait bien aisée, si nous en croyons le 
Reid. «Il n'est pas toujours facile, dit ce philsophe (OEuv 
plètes, traduites par M. Jouffroy, t. v, p. 182), étant donné- 
îadie quî'afilige le corps, de déterminer le remède qui lui c 
Il n'en est pas de même des désordres de l'entendement : dan 
grand nombre de cas, le mal indique le remède; il suffit de c 
l'un pour apercevoir l'autre. » Mais nous sommes très-éloign 
optimisme : car les préjugés ne tiennent pas seulement à 
leurs véritables racines sont dans. ^ cœur, c'est-à-dire dans 
sionS; et dans la plus intraitable Ai toutes, l'orgueil. Quand 
guéri le genre humain de l'orgueil, ce jour-là on aura détru 
grand nombre et les plus funestes de ses préjugés. Cependa 
juste de dire que les préjugés, comme les erreurs d'une autre 
s'usent peu à peu les uns contre les autres , et deviennent roo 
faisants à mesure que les hommes , admis à une plus grande 
liberté , ont plus de relations entre eux. 

Sur les préjugés , en général , on lira avec intérêt le chapi 
livre lY de V Essai sur Ventendement humain, de Locke ; et sur 
jugés particuliers des gens d'étude la 2'' partie du livre ii d 
cherche de la vérité, de Malebranche. — Dumarsais {OEuvt 
plètes, t. Yi, in-8% Paris, 1797), a publié un Essai sur les i 
mais, loin de nous offrir une analyse et une réfutation des er 
ce genre, ce livre en est plutôt un parfait modèle. L'auteur^ 



ftfelr^^ * ^^ ^ . Wa .'p^M- 



PRKMONTVAL. |«7 

)Ds contre \n prfju^f^ |Ni]itjqu«*^ et religieux p semblf oq- 

0\TVAL AnJrr.pii'rrr Li lit »i , ne i-n 1716 â Chirf nton, 

1 rcirhre <»oi > le nmii de Prem^miral , nuni qu'il a\ait piif 
e ffifiii de l.i n\M^' u I .iii rncîlf. ou 1 un a\m\ voulu le forcer 
a ttii'iil'v'ie ■ u .a juii'>|<ruiii ii«v . au Iku i!ej^ «neiires rxaclrs. 
ith'' ddn> I'.iri>, i. % \ lil rtii:arqijrr a ^i: ^t-quatre ans , en 
•n «''-urs df II .iihi-ii .il:qur». fr« quml*' ou prAnc \>ùt une 
htr*ur> di'N dru\ m \> %. Ih^hmlf yar un |/«-re qui a\;iit ruo- 
•h(irr> r U p-"!iti-lri*' . ri ai*rat>if de dettes, il m* réfugia en 
r*iii-\'*, et > rfilrjli. I a\t^' lui uiit* de m*^ e«*iiliêre». ilcfiui^ee 
, la tii!e de I hal>Mr iiinaiiu irii aslmnonif Pip*on d O^ar^is. 
N (}•* l*J^H) rraiiiH, in\ii\i- par un bierifaitrur anonyme qui 
ene.ie. a\a l ai-J'* ^.i fuili-. A lUle . il >e fit protestant en 
\s t|iii* vi i''>[i.(i.i;:[ir d i-va^mn qu il \en4i1t d èp<iUM*r. Aprè^ 
fji»-.HUi»> aiiiii**- f II >ué«»»i-, i*n Allf'nKi,:ne, vn Hollande, il 
ÎT.'j:* .t |i«Tiiii , «Il Hi fiiume . |H r!M.i.tir iii-^-spiriturlIe et 
ii!'-. •l'-\int Itritn-t li*- ! 1 1>« u^i- du |>rii.i •- ll«'nri. Ni'|ilt-ni<nt 
ir If pfini'i*. I*ri-iii<>{il\.i! t-l.il l.l uim- iii.ii-uii d rduratiuii, et 
f!f\f<« di^liii);ui*<> . ili t.l .1 ^t' pi.ii^.iii I l'urfanl trop 11 \anter 
:• ^. U'i.u a I AiMil'i n iiiplqui ^ m. .in .iprrs ^oii arri\re en 
\ ri..iiii:r'«l.i. 'ii-^ .•- •l'-i-wl . Mit* iliiiihir li'iHlanrr : il «-ntiqua 
>mI«' \i\avili- Il I l..! ■■*"! Il-»' '!•• Wiilf ri .•• sl\ II* des refuf.ii'Sy 
.iiil .iin^t. .1 ■'>''•- >:u riii- lu d un iiirl^i|i)i>«u'ieii indepeiidaiit , 
puriste II I iiriii|'l.ll>'. I. •■rdin.iirr \irl.iiie df se.s lilAnies et 
i!frtiN, fiil I "Mi.i > . Il iiH (iiiiiine i-rlui-ci ne rep<indit que 
A\*- i-l ili^-iH- .%..'iii-«-, I*rtii.(int\til M* pril n admirer F« r- 
j\ra<:e mi i! .i\.ia n li^ijiM* <>«'s irnsuri % ^'raniiiiatuMles, le 
[ rt,ntrt la r,,rTuf fn-n tir la lantjur frar\''a\te eu .AlUmagnr , 
l>riiil t-ii Vf} Iri: |is. M. IIS la querrlir avait if\rle rlie/ Pre- 
Hi 4iiJi>'Ur-|ri[rt* \ii !• nt , urif \aiiitr irnlalile •>t inquiète, 
ur ^<i|llrl-lll^.ill1t' . < ai.^'iijiii* , |iaiad('\,ilf'. qu'un tmi tran- 
jil t-iii-'irr y\u> If./.irrt- i l \i\ii\ (Itrtiiile a sup|Hirter. Quuique 
t iat'i>r.rii\, il' lii.k'lii Ii.atit irli aili.ait les pirers dr rourtc 
r.u,MJl d'une n.ainir»' impt-lut-use des rsqui"*«'e.s rapides sur 
délai lies, it ilrhitail avec fi*u de!l petits diSCOUfS , qui ne 

il pas de \i;:u*-ur, mais mj rrxajjéruti'n mm plus ne fai- 
t'f.iut : il appelait vv ^l'nre des jintie/t'itinns et dis derla^ 
u<^^i, riialiirt- lanl d aniH-e.s mrisarrer.s ;i Irludertâ la uièdi- 
a-l-il laisse qu'uiîi" f-'iiii' inmlicrenle d^* disserlaluinHècour- 
i»iiit d'(i-u\ri' arhi'\ee capaLle de lui allirer 1 adiniraliun de 
i'. 

ai qu'il mourut d.»i»i la furre de l'àp^N 'î*'?* l*6i; <*t sa mort 
10 rii'Uvelle pri-u\e de son raraettre \iolent. Se re^'ardaiit 
meilleur rrn\uin fraisais de I Allt-ma^'ise. il se rro\ait natu- 
désigne pour la iliaire d'eloqu* née que Frédéric II allait 
ierlnu lors^^u il apprit que le rui I avait destinée è Toussaint. 
Sèvre ^ur-ie-cLcimp , cl expira quelques jours après, le 3 sep- 



i9é ptti^omrvAL. 

Les tet&êgfui^ Id monogamie (3 vol. in-8% 1793), qu'il ataîlf 
en Hollande, dans lesquelles îl prouvait pifcr toutes séries de r 
d*autorités et d^exemples, que la pluralité des femmes nuit à I 
pofitfqbe, aiïtaiit qu'efle est contraife à la religion véritable, 
attribuées i sa femme; mftî$ elles portent tous les caractères ( 
tioguent le style de Prémoi^tval. 

Ses Pefiêéei sur Id liberté (in-S^, 1750), spécialement 
contre l'école de Leibmtz, sont piquantes et curieuses, mais i 
lent éè sopbismes et de paradoxes , comine Ta prouvé Hend( 
run de ses adversaires. 

Son traité du Bakatd ioui t empire de la Protidettee (in-8*, 
dont le titré ingénieux annonce le dessein souvent formé de < 
des opinions extrêmes sur le gouvernement du monde, est ui 
estimable, plus matbéMatiqué que philosophique; et lesconln 
nombreuses que Béguelin y à relevées, n'ont pas empêché 
géomètfes de le citer avec éloge'. 

Son Diogène de d*Alerhbert , ou Diogène décent (2 vol. in-S"* 
ce censeur que d'Alembert avait souhaité à son sîècle, mais qi 
désiré plils retend que fe cynique d'Athènes, respire une misa 
hautaine, aussi peu faite pour guérir les hommes que pour leu 

Ses Vues philosophigueê (2 vol. in-8*, 1756), forment un r 
morceaux pour la plupart lus fl rAcadémie de Beflin , et dont 1 
trop variés n'appartiennent pas tous à la philosophie. 

Philosophe, Prémontval peut être considéré sotis detix 
comme polémiste dans ses perpétuelles Protestations, comme 
tique dans ses béclaraiions sans On. En tant que polémiste, il : 
sans relâche à deux sortes d'ennemis, aux pieux disciples d 
et abx athées de toutes les nuances. Après avoir harcelé les p 
qui passaient pour les antagonistes les plus ardents de l'ath^ 
poursuit les autres avec le même acharnement, aGn de prouv 
peut plaider la cause de l)ieù tout en combattant celle de Leit 

En qualité de dogmaliqtie , {^remontrai s'attache successif 

Suaire objets : l"" à déduire Texistence et la nature de Dieu < 
e l'élre et dé l'inRni, fondements de Tontologie; 2"" à prouve 
pendance de chaque être en particulier, comme de tout l'un 
en même temps leur dépendance i l'égard de Dieu ; 3*" à comb 
hypothèse nouvelle sur la communication de l'âme avec le 
ce qu'il appelle la psychoàratie; k"" à remplacer Tontologie 
des écoles par un catalogue invariable des pensées primitives e 
mentales. 

Suivons-te, dans ce double rAle, qu'il ne remplit pas entiè 
quoiqu'il ne manquât ni d'idées originales ni de sagacité : 
patience qui lui faisait défaut principalement. 

Le tort qu'il reprot^he le plus souvent aux wolGens, c^est l'i 
déBnitions; et ce reproche était fondé. Mais, t^rémontval Tex 
lorsqu'il chicanait WoU, par exemple, sur la définition du mol 
chose (Mémoire de Tannée 1754), comme si cette définition n 
pas être forcément identique, tl poussait trop loin aussi l'esprit 
sition , en aecùsabt le principe de la raison suffisante et la 1 
continuité de conduire infailliblement an fotalisme (antre lléi 



PR^ONTYAI.. (M 

nk ), Il ne mi|enrt pa% , p<ifi««/ p«r cr rnénif reprit , de M>a- 
' U diOiDriion liMbruliirtine àv% \ér\\t% en nécfssairrs et con- 
eUit uoe hv|>>Ot^»r miidfni«Mb>. 

•emcfii aui ailiri^ , il h ippliqur loor à Inor à W réfuter ft à 
rtir. Il rrprochr am théiMr^ ordin.iirr^, non-^olfin* nt dp ne 
rùtmtnUr I ■ihPitmr. niBi% dVn ^Ir^ raa%r, rn a\Ai.i;.int des 
»i peu confornir^ i la «.unie i(1r«* dr Ih* o , ri en pre^^iilant la 
orioQi a\t*r leii ailr.NuU de la pui««anre rr^alrire. Si l>ieu r^i 
, • il fail U*ytes rhntr» de rien . pfiurquni laif»e-t-il 1 urti%rrs 
a millp %iivi. à mMkriiAiit * Prrninnti.il ii(*nipre%«e dr^nc de 
r a la iiolii»n de mii^r rrealrii-r rr'lr de lj n<^re^s>lA rt de 
dance des indi%iiluH. I.r\ eire% iiimpl*-» . il appiHIe irla, d'uD 
-oUiliqur, \'&$nir iiiii%er»e'l<*. Kn AiJmntant (^ prini'i|N* de 

déclare »etran%pnrlpr \n|fiiiiftirrfnent sur Irlrrrain qu'm'ru- 

alht^^ ; niiiis, r rsi |.fiiir Inir ni'^nlrer qu^ U tr.^me on p*1 
rer«iniialirr un dieu inr<niii!riit parfAii , sn^i* ei ln-n, une di\i- 
nt^X qu nmi-tir «1 ili«ni4^. îVvsX \ oifité qui d it «>cr\ir de 
le à une tMtt.rhtirtf , ldi|Mfllr, aux >rux dr I auteur, nii^rite 
rf la plarr cjr la thttuitrt* , rnn irr d*» In théuln^tf. 
rtu dr lajfiff . ii.ul (V 1)111 rst «ii)i>'t:iiirr, eu i^'rr simpfe, est 
e , a Imijour^rie #'l *i rji (nujniirs. |l«* l.i.ronlirur PrrriHintial, 
Y d'une i^^fiifr (Mfi.p't'Mr p< nr \r% ^trrs qui n iri.pliqiieril pai 
linn ; atMualili- d un ii tirii »upri^n)r ri sM\y i1'-;:rf*s. qui rsl la 
es iniliiidu«, di'^ ri'iN rt dr^ pn^siM«'<, qui i^l If tnul . l'uni- 

rt roffinirii'/r d«M tX^rs. Or, m 1rs noms dinl('llif{<*iic'e, de 
inre, dr puis^arur , nr «nnt p.i< dru ni<>N \id«'S de sens, il 
voir une iritrilu-t'nrr rri.t inillii>n« dr Uns plus grande que 
^rWnn; unr |iii-n\rirKnrr i-rnl mill'(>n«> dr Tnls plus étendue 

dr TilUK, jninlrsii un** pui«^nnor pro|Hir(itinnfe , soit dans le 
il hors (lu k'Irilir qui' nous hiibiions. Il y a riiirini û parii r que, 
iriete iiiRiimient infinir de 1 oinmludr des t^lres , il y a un 
II. 

re, se trr.uvant au souverain dr^rri^, est uniqur. Son éternité 
f m^me dr ntitn* rlrrnitr : rliaqur instant de son esListenre a 
n^'ite infiiiir ei Tirnir unr ^iiTnitf* rn extension, non en buc- 
Ot«Mre riiiiii , on |H'ut ! app»lrr IIh'U. 

re qur Prrrnont\:il nommait la lhfoî*»Qit de Vétre, « unr chaîne 
le l'être jusqu'à Diru. « (Jutiqur cas qu il rn fit, il rssaya 

de prouver In rmlitr dr la notion di\inr par unr autre %oie 
par la penȎr de I infini ' 1758'. hr toulr^ parN s'olTrr a nous, 
m être infiniment infini; IVssrnce du n-rl rt du p4»sitir, c'est 
le nc^^'nlif, l'imparfait , %nilri le fini. Si le Irrme d'être û un 
sonnaille, il doit sr runfiindrr H\rr l'iilre d infini ; et puis- 
!oncrption indi«>prnsnti'r à I reprit humain correspond nièces* 
it i un objet rrel , IVspril humain nr peut he passer de Diea, 
réahté nVst plus rrelîe que la divinité. 
m el l'autre de ces (*s*>ais, l*rrniont\i)l «e flattait d'avoir donné 
nalisme plus dr consisiance. Il \iiu!uit lui donner plus de spi- 

cett<'ekpressîJ»n? 



par sa piyekoeralie. (Qu'entend- il par 

alIVMiive enlre I €ire liDple , ou notre Ame^ t\ d'autrei 



200 PRESCIENCE. 

êtres y soit analogues à notre âme, et par conséquent spiritiNl 
ayant en commun avec elle la simplicité de leur roatiëEre. L'an 
corps agissent et réagissent manifestement Tun sur Tautre; n 
cette action réciproque est naturelle et réelle , elle est loin d*èli 
sique. Lorsqu'on dit : TAme agit sur le corps réellement , et le coi 
réellement sur l'àme, on veut dire qu'il arrive dans le corps dei 
gements qui ont leur cause et leur raison dans les modi6cat 
rame y et non dans les états précédents du corps y ni dans Tin 
tion d'un troisième être différent de Tàme et du corps y tel qo' 
— ou bien y Ton veut dire qu il arrive dans Tàme des changeai 
ont leur cause et leur raison dans les modifications du corps, 
dans les états précédents de rame, ni dans l'intervention d'un ti 
être différent du corps et de rame, tel que Dieu. La mutuelle ii 
des deux substances n'est donc point une influence pbysiquc 
une influence entre des êtres simples. 

Telle est Thypolbèse qui doit délrôner Vinflux physique , le 
occasionnelles et V, harmonie préétablie. C'est à cette dernière i 
tion que la psychocratie ressemble le plus. Dans l'une et dan 
opinion , tout se passe entre des êtres simples ; toutefois y da 
de Leibnitz y les êtres simples sont à peu près passifs y puis 
font qu'éprouver des changements harmoniques entre eux , 
ments que l'âme humaine éprouve à son tour, parce qu'elle esi 
simple. Psychocratie signifie empire de l'âme sur la multitud 
simples , mais d'ordre inférieur, dont le corps est composé, 
danty comment ces êtres d'une nature inférieure influent-ils se 
leur maîtresse ? Prémontval oublie de nous en instruire. Son h; 
n'a donc point d'avantages sur les conjectures rivales. 

Ce n'était pas, non plus, une suffisante solution que cette 
d'un Alphabet des pensées humaines , plusieurs fois recomme 
Prémontval , et que nous avons décrite en parlant des tra 
Lambert. Cet alphabet, suivi d'un Syllabaire et d'un DictU 
devait consister dans la réunion de tous les termes qui ne 
s'expliquer par d'autres, de toutes les notions indécomposables 
ductibles, de toutes les conceptions indéfinissables et, par cod! 
primitives et universelles. On y joindrait , afin d'épuiser une i 
portante matière , leurs opposés^ leurs annexes , leurs sym 
et l'on formerait ainsi la liste des éléments de l'esprit huma 
liste y évidemment , n'était qu^une imitation des catégories d' 
comme elle devait être la contre-partie des tableaux ontologii 
wolfiens, et comme elle peut avoir concouru à préparer les 
auxquelles Kant soumit les formes de l'entendement. 

Il est curieux de remarquer, en terminant . que Prémont 
ambitionné ce titre de Copernic de la philosophie , que Kant 
vingt ans après. Par sa psychocratie, le mathématicien de Bei 
prétendu faire tourner le corps et le monde autour de l'esprit 
l'astronome de Thorn avait fait tourner la terre et les corps 
.autour du soleil. C 

^>''^^^SCIE1VCE. Tout est pour nous mystère dans la natur 
â^i^evM P§âijPÇ ^^^^ *^^ attributs de Dieu qui , considéré 



PRESIJENCE. Wl 

notre Cniblr inlHIiirpfirr. Ilai^ lobftcurité r«tlooblf . et nous 
?iimfn^ drs mfins quand il fjul paiirr de crllr oocilMiiMDer 
i infAilliblf que Ihfu a 4r% cb4>M^ fulurr», rn on mol. de m 
. AuUnl il r»l n 4iiifr»ir qur U prr»ciro€r t%i un des atlri- 
eu , Autant il nou» r^i di'lîrilr de comprendre comment elle 
r, rl« p.-ir suite, dr Ia ri>n«'ilirr a«fc d autre» ventes certaines, 
emrnt a\rr la librrti* dr Ihonmie, AindemenI de Tordre 

entior. Nous nous proposons premh^remenl de démonirer 
l>re\oil 1 avenir; en Mx*iind lieu , de délenniner, autant que 
omm^nt il le prr\<Mt ; rnlin . de priio%er que la prescience de 
pa^ incontpatibie a\iT l.i lilirrte de I hnmme. 
Dte cette diM-uvkinD . nous niarrhon« a ta lumière d'on seul 
ka\"ir que l>ieu est l>lre parfait, ou, |iour mieux dire, la 

niénie. I abvitut* et inbnie {perfection, tiumme on la de- 
leurs Voyez IsiriM, hui . re prinnpe a ses racines dans la 
n inètuv de noire intrllip^nn*. K»!kj\un» d en dérouler les 
;es. 

qui ron\irnt k la |ierfrr'.ii'n ron\irnt à Ilieu; tnut ce qui 
1 (erfertiiin est inlininienl «lisl^nl de U [lerfertion elle«niéme 

(*iit iiifiiu'ne de lln-ii. Il ^uit dr l.i que Hiru doit ^Ire une 
»* ; sinon . où srr.iit ^a oi^'nili-' l.e tirratt-iir toniberait au- 
■ la rreature. Ijifiiir.«* «lit un iiiirien.il rrs^rniblerait à un 
Joniii. il résulte i-iit-orr du iiit-ine priiici|M* que rien ne [>eul 

a rintrlliu'''n('(' •iivine. I> n est pa.s asM*z |Niur rlle de la 
Ti|i èle du preM'iit et du passe, il \ faut ajouter la presi'ieiice 
. t!"nte«trK-\ou<» la presnenre divine? Vous mettez en |N*ril 
I tlf plus n-rliiin •-! fie p uss^icre. Si Iheu ne connaît pas ra%e- 
ii lit siTut il la |>ro\id«'!»i'e dt* 1 humnnile dont il i^mire les 
rs .' > il la ;:iiu\t*riit*, r **%t au Jour le jour, comme un roi 
, s'il diri;!e Ir iiioiidf , r est eoniiiie un |'ili>te a\eUfcledont le 
Ite à 1 a\onlure a\aht d<* m* briM*r l'vntre des ecueils in- 

happer à ce sorite, |ieul-elre ilira-t-on qu'il est absurde de 
|ue la connais«<ince i] un objet pnvi^de eet objet lui-même ; 
•ute nf*c(»ssite . Il* rno'Jèle existe u\aot l'image » et que, par 
t, la presnence est irii|NiNsilile. Nous ;ivouons qu'elle lest à 
', mais 1 hurnaniti* eiir-ni^me ne commet pas l'erreur de 
Dieu à sa ressemblance. Elle admet que Dieu a la connais- 
(lioses futures; elle admet même que c*ertains hommes ont 
è.'T en son nom , et de là vient que tous les peuples ont eu 
prt'les de lu venir : ici des prophètes, là des aupures, ailleurs 
s. ht sur quoi repose cotte croyance universelle? Sur cette 
e la prescience n'a rien d'impossible, et qu'une prétention 
«bourde serait celle d assiisner des liornes à l'infini. 
i»voii?» avoir démontré la prescieni e divine ; essayons d'en dé- 
les cararlères. Ici , les difficultés abondent. De tous les altri- 
ieu, la prescience est peut-être le plus éloifcné de noire na- 
lus essenlK'lieiiipnt et le plus exclusivement divin. Que I un 
la sageh.se infinie , l'homme la conçoit s'il ne peut la com- 
parée que lui-même est doué d'une certaine sageiie el qu'il a 



tOS , PRESCIENCE. 

ridée de l'ioBni ; il conçoit même la toote-paissance par la paiMM 
bornée dont il dispose. Mais nul de dods ne sait re que e*eit qvl 
prescience, parce que nul de nous n'est doué de ta faculté de ffiiiiiÉÉ 
ravwiir. Nous ie devinons, il est vrai, i nos risques et péri(fc;M 
nous le â^nirons à l'imaf^ du présent et du passé; nous en ttisoDMi 
comme d'une probabilité .* Jamais nous n'en avons une conbusMli 
directe et véritable. Celui qui dit d'un homme d'honneur qu'il ne<Mf 
mettra pas une Iftchelé, dit souvent vrai , mais peut aurai dire fatail 
dans les deux cas, ne fait après tout qu'une induction. Les savants 11 
crivent une éclipse future; en ont-ils la prescience? En aticoneMI 
nière. Quand on connaît les lois des phénomènes astronomiques, ild 
fkcile de raisonner d*après ces lois; mais raisonner ce n'est pas savoir 
au contraire, c'est ignorer et supplé^^r par industrie à la vuedireri 
qu'on voudrait avoir et qu'on n'a pas. On a si ppu cette vue diredj 
qu'on ne Mt que s'appuyer sur une supposition. Tout manqua par I 
base s'il est dsiit le moindre chnngement aux lois ordinaires de la il 
ture. Le jour oui sera le dernier du monde, tous les astronomeil 
trouveront en défaut. 

Ayant i nous faire une idée de la prescience , gardons-nous de liai 
giner d'après nos inductions hasardées que nous décorons, mal àprtj 
pos , du nom de prévoyance. Nulle faculté humaine n*est ranalogtiel 
la préscience divine. Entre cette prescience infaillible et notre fiaii 
prévoyance, il n'y a absolument rien de commun. Mais si nous nepoÉ 
vons dire c^ qu'est la prescience, nous savons du moins ce qu'elle pv 

Eas, ce qu'elle ne peut pas être. Elle ne peut pas ^tre incertaine, «iHl 
>ieu pourrait se tromper, il se tromperait peut-être, et l'erreui, inêii 
possible, est incompatible avec la perfection. En second lieu, la pnf 
cience ne peut pas être indirecte : car si Dieu ne connaissait l'averi 
que par un détour^ qu'an moyen d'un intermédiaire qoelconqueil 
s'ensuivrait qu'il l'aurait ignoré, ne fût-ce qu'un instant. Dieuirtl 
donc s'mstruisant d'un jour à l'autre, se perfectionnant à la manîM 
de rhomme; il ne serait donc ni infini ni parfais. Qu'on ne TooM 
pas, toute prévision de l'avenir tirée de la considération desanléeé 
dents, tout procédé réfléchi , tout raisonnement soit inductif soit dédli 
tif,tout tâtonnement comme tout effort sont à jamais exclus delaprrt 
cience divine. 

D'après cela, ce qu'il y a d^analogue à cette prescience , ce ne »■ 
pas nos prévisions toujours indirectes et souvent fautives; ce sont 0O 

Serceplions et , parmi elles , les plus claires , les plus spontatiM 
lisons mieux : les faits divins n'ont d'analogues que les faits divlB 
eux-mêmes. Si vous savez comment Dieu connaît le présent, c'esl^ 
la même manière qd'il connaît Tavenir. Le phénomène dont la eaos 
est encore à nattre et qui ne se produira que dans plusieurs mill^ 
d'années. Dieu le voit et le contemple par avance; dès mainteDS^j^ 
et de toute éternité, il le perçoit en son temps et en son lieu, '{/| 
constate par anticipation comme le constatera après sa prodoctioDl|J 
telligence bornée qu'arrêle l'insurraonlable barrière de l'avenir. Q^ 
ques grands docteurs enseignent que Texislence de Dieu n'^UJ 
successive comme celle des créatures, que, pour Dieu , il n'y ap^ 
de Muips qui s'écoule, (loitit de passé el point d'avenir j maia un f i^ 



flilipMépflfl. fHte dnrlrin^, r^trrinff» à la manière é<mX Dîea 
■Mh Iff chfHT^ , noo«ft«mMf d uiir ini<<nlr%tab!f \fii\é. (lui, loot 
MpmrDf-ii qn'un pr^i^rnl ^trrnrf; inai4 r«*la ne Mpnifle fias que 
ht foflfimdf Ira dUrrt nmorni^ dr la dur^ et n*Ale arbilrairenent 
lMnvflt9 Affeii. Il vi.ildan^ I a%enir re qui e«l d.iDs l'a%enir. et dant 
fÊsaé fe qui e^l dan« le p.i\«^. IV* *^»T\f qu\i pârt«*r ripuireusement , 
MDff« qui s^ rend pr^v*nt .1 re qui n e«l \ Iu« rt à re qui n'est pas 
icnff, «pecialeur de ra\rnir auquel il a^^tMr dif\% If* Ininiain de« âges, 
me rcei! ^êistt «tes nbjrtu h di^ianre, teti.nin inévitable ri infaillihle 
R. tttts effort , enibr j^^e lr<i irmp« et l<*s espaces d'un seul et même 

On demandera mamtenAnt mninn-nt h^ea peut être témoin de re 
i n'est pa« enrore. N(»u* dritiinilrri ns k n^'lre l^ur mmmenl l'esprit 
^fV^ffiBie se re^inrle a vo t]Mi n>»t p'us. Si qu-'lqtir intrlli);rnee 
lit bornée au pr^^epl . la ronn.n^vinre ilu pi«»<.é tl rvWr de !'a\enir 
i irraient md< dnuie ei;.i'«»trrnt ini'\p'u-.ihlr<. I..1 mi^m«>ire que 
teiBiPe posu^fe lui rs\ plu^ Ur il.rr*' , HMi* n r^l p'ul »*lri' pas moins 
*hei îeu*e qur la J'P'mh nri- qu 1! nr j" s*- ifi' | .i»». Kt î»i !'i»n dit que 
*pt«sé offre du mn.n< un p'iiiit d jf<i m :\ ) ini* llip lire , m re qu'il 
IdfiprminA par sa pr<*!<*riiifiri n.i*Tî.i', j'* rJ-p'in-lr.i! qu'». uan< la na- 
R^ des rhf*e*, ra\(*iiir \^'r*^\ f-.»»» ii nm* dt*lfrniir> que If* pa%<é, 
lnq*ie, s'il e*t ab^ilnnii ni icriaui qiif m* qin .1 v'r a iM<*, il n»* r«*st 
K moins qiip re qui d< it rire vra il <rni dr !•!!«• «t trltr man'irre. 
ïil^nent. «.irhant rr qui a f'\^ , n"»in lun rcin^ re qui di'it ^Ire; pos- 
Manl U rr êmoirè, ni-n* n-anquori^ «ie la prr^iîrnrr , de sorte que 
Wf la diffèrrnre est rp. iiou«i n ^riie*. An fnnd, n-* r'imparai*»on< ei- 
fclOPfjt elles le my^i^re de la prr*i'irtïir diviiw? N«ius ne le rrnynDS 
U;nous (ien«on« rr.iMne que iv i!:_\wt#-rr est aliMiMnneni inexpliralde. 
l'is le rais^'iineniriil \i'tiH iiipn^f d autres \(Tilt^<i que drs %*êrllés 
iirfs et ce serait être biru pMi phiti)N'>fili«* que de sVtnnner qtie tout 
itipoor nous un m)Mi^rr dans ta natun- tlivii r. 
^^t^nt le* d:ftirulli*s que s ul'^\e le dojui'' dr la pre<rirnre. Tes 
iBcaltés sont à peu prî^s ins.>!iili]fs iiirsqiri.n ne s*pare pas du sujet 
il Of'Os orfiipe 1rs innoiiibr.ihlrs qtiestitins phi'osnphiqurs cl thêo- 
V'<|ttf5 qui sT rattnrheiil nu qu'on _\ pi-ut ratt.irhrr. Nnus d*Vlarons 
Ws en tenir J la stricte qurstmn dr la pr^srimei-, rt nous interdire 
*l autre trrrain que relui dr la pure pliilo^opliie. Mrnie a\rr res 
Wriclion*, il n-ste enrure ilrux sortes de qurstinn^ i résoudre. C'est 
** première difTirulté de conri!irr la prrsriencr di\ine airi* la liberté 
pOMior: e'en est unr autre de la ronciher a\rr la justice et la sa(;esse 
'»»nes. S'uin la première difficulté. 

,Qtw Dieu, dit -on, prévoie 1rs [ hénnmenes de la nature, rien 
^t plus S'mple , puisque r'rst lui qui 1rs a produits ; mais si sa 
'^ienre Inrailhlile s'étend aux Tulures drlrrminations drs htmimes, 
>«DSQit qu'au moment d*at.'ir nous ne p<iu\on^ nous déterminer aa- 
J^ntque Dieu In pré\u. Nou^i nous ransullon^s, il est \rai, nous dé- 
^^sa\ec maturité, nous rro\on«i m^ine choisir entre le pour et 
'<^tr^. Vaine illusion, profonde errrur I Après un peu d'a(;itations, 
JW U nir par se conformer à la pré\isi()n divine , comme l'eau qui se 
Htttadaiu on vase reprend à la fin sa position d'équilibre. De detix 



204 PRESCIENCE. 

choses Tune : ou Dieu prévoit infailliblement nos déterminatioDS h 
turcs ^ et alors elles ne sont pas libres; ou elles sont libres, etakM 
il ne les prévoit pas infailliblement. On donne à choisir : CicéroBi I 
premier, si nous ne nous trompons, qui se soit nettement posé ce fn 
blême, sacrifie résolument la prescience à la liberté. Au xyi* siècle 
les stoïciens en ont fait autant; d'autres tiennent peu à la liberté, i 
la sacrifient à la prescience. Pourquoi citer des noms lorsqu'on sail^ 
le fatalisme religieux, sortant des écoles, a remué le monde, a pesé n 
la vie et les destinées des nations. « Ce qui est écrit est écrit,» dit t 
musulman. A ces paroles, il s'exaltait jadis d'un fanatisme aveoglij 
aujourd'hui il se laisse tomber dans une torpeur stupide. 

Un seul mot suffit pour écarter de la discussion ces doctrines ei« 
trêmes. Notre liberté est un fait; la contester et la démontrer soot^ 
lement impossibles; nous la sentons, nous la voyons. La pr 
a été prouvée par des arguments solides; elle est donc certaine, 
bitable. Or, entre deux vérités certaines , il ne peut y avoir que 
contradictions apparentes. Nulle vérité, en effet , n'est l'opposée d'i 
autre, sinon elles ne seraient pas toutes deux des vérités; c'est 
qui en prouve le principe de contradiction. Il ne s'agit donc que de 
concilier entre elles. Si cette conciliation nous est impossible, csf 
cluons-en que notre intelligence a des bornes et que certaines véril| 
nous surpassent; mais ne cessons pas de tenir fortement les deux boÉl 
de la chaîne dont nous n'apercevons pas les anneaux intermédiainsl 
car, sacrifier une vérité à une autre , c'est nier la vérité , c'est abodil 
à une erreur. 

La science ne reconnaît de doctrines sérieuses que celles qui essMf4 
de sauver, en les conciliant, la prescience divine et la liberté bumaiM 
Ces doctrines sont nombreuses; la plupart sont célèbres. Essayons fi 
les apprécier en quelques mots. 

Certains théologiens, disciples prétendus de saint Augustin, parMi 
de ce principe, que la liberté actuelle de Thomme n'est pas celle do^ 
jouissait avant le péché. Avant le péché, disent-ils, l'homme posséda 
la volonté et , de plus, le pouvoir d'en disposer en l'appliquant à i4 
gré au bien ou au mal , en un mot le pouvoir de choisir. Depuis le pli 
ché, l'homme reste borné à la puissance de vouloir, puissance indéM 
minée que Dieu dirige et tourne à son gré, pour raccomplissemeotdl 
ses desseins. La liberté consistant dans la volonté que la prescieocei 
nous Ole pas , on trouve que cette prescience et cette liberté ne se U 
point obstacle. Nous en convenons. Mais la difficulté n'est pas deosi 
cilier la prescience avec une liberté de fantaisie, imaginée enf|M 
cette conciliation même. Il s'agit de la concilier avec la vraie liM 
humaine. Or, celle-là n'est pas seulement une volonté vague etifidét 
nie, une puissance générale de vouloir. La conscience atteste qoePii 
prenons un parti lorsqu'il dépendrait de nous d'en prendre unaol^j 
que nous commençons tel acte pouvant ne pas le commencer, qoePti 
le continuons pouvant l'interrompre, que nous l'achevons poi^ 
l'anéantir. Le problème subsiste donc tout entier. 

Une autre doctrine est celle de la contcmpération ou de la soavilt* 
de la délectation, qu'on appelle victorieuse. Les partisans deoe syslW 
reconnaissent toute la liberté humaine; mais, pour être vraiment M 



PMKSCIKMK. e05 

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* Il'Vll»! "Tï> «i»* rh •■;',. !• *î Ti! . :î *.iM .i\f r i-rrl îi.iji» |f 

:» r. "iH ilt'irrn.ini r I n r î.^'-'j .1 ?i •■ . 1' iJi*} ■*•■ l»'^ hImi'Is , 
n '-^jirii r«'il.i.:i'* |.«i.* *. " . n i :t' «'ii ii >!'•• • tiur ccr- 
iir'* . ii.iii* i'ti\.r"rir)«' d»* i.ir.l «! .'.rr i.'n . n'jus Ht-iiinî p.ir 
ir::i'* . «jiii- l.i \". «'.If •"•l »• '«t.'i' I-ujI i-ti rr^t irit lilir»*. 
". r* r»"*i»'î'T, lîi.ij* I. M* u" r«»>'."r^ jn*. I>.ru pr<*\«i.l dnn» 
!:••■*. p.iP*»' «]'i'i! Il 'js > i|»'li'r!Triii- j »r s"n innu«'iii-p \u'- 
!■< «»-iil .1 I .i\.inii', I ■•iij"ji' I:"']'» Ki\.in^ is un rnf.iiit ^'ruir- 
. r«f n*"*i*''T.i j».iH .1 II *rli!r!i.in «Jf •••ji*If|iifs fri.iii(Jisf»%. 
V î T in* *i «'••l!'* inlSn'ii'*'" fli\'nf si iiMid a Ioijn \v> acXrs 
^ir'* ••\i*»'[»!i «Il . "U M'ul'-rjifnl .iii\ ai'li*»» «iinforiii''* a la 

• Miii'l ju'' p.irli iinf li-n pn-nni' . "n n n^niutit i|ii a de> 
'■•* M ! inîl !• nri' di\ir.»' rs\ ri**itr''inl*' .ni U»nni»^ arimn^, 
•■\'. l |M* I'"* !i .iu\.ii»i'* , i't «• rn r*l fut dt" %« prr^ripiir^. 
».,,..j,.,. ,.^| ji'nt-r.i!»* , 011 [ r»'*lr a l>n"ii un fAi» initi;.'nr*, r»-lui 
ir \n r11.1l ilifiî il J'-vii-nl If prinnpr ri priil-rire la taumv 
is rniMiii* (l.iMH I .intn* . mh M»' .1 1.1 \rrtu t'iul «fin tnrrilr; 
ri'Til»' fit'ul il > .i\"ir .1 "•• laiNMT vainrro p.ir un attrait in- 
'.in* i:ri i\is . i*n[!iiiir dans I .luln* rntin, il ny a plu!>» de 

\iTit.il.îi*. plu!« •!•' rnnn.u^'ianrr dinvli» ri inimodialr d«'s 
l'ntr, in.i's un-" i*tiir!ai**ar;rt' r.iis<>nni*i*, un^ mncluMoii dè- 
■»*«^airi"m«*nl d- i*'Tl.iin''^ pn-inisM-s. 

!• d'H'îri'K n'Mj^ N.-riil.lr i'nl.i('li**i*du in^ino di'fant : r'rsl cvWr 
rv ni >ynn«* ■ m i-MiiiJiiinjnH'.'. Il i-hI au poii\i)rr dr HifO, dil- 
in»»r «»-^ in«»p r !li«»n«» ft m*^ ;:r;Vi*s «-n Iflli-s rircdnstani'f.s i*l 
<^un*<)ii i! !iii ;>i.ijt. Or. il n •"«t pas un spul hi'mniP qni , pris 
i> et li iiis li'iii* Hiiu.iiion '1 •sj.rit , n<* d(M\r litirfmenl se de- 
lur l»*I parti , p'M]r\ii tyi*' \h*'\i lui donn<* t't* cpii lui est n^- 
ur ajir. linnnai^vint sis pr(>|iri*s dt*ss«*iiis,|liru sait do toute 

qijp chaque liiiMiiiii* d<»l f.iir** pu rons«*<(tifiici* de re qui! 
'ro^, et (■ f*st nin^'i qn il i^ri-M'it inraillihlftiM'iil nus artes libres 
eur nlrr dr Nur lilMTir. U.ms ivlt*- ilurtrinf, la presrimre 
^t qu<* mi*diali' (*t rninliliiinn*'!*. Or. tnulr rondition , tout 
ire sont incoinpatiliic*' «i\iv la nalun* de j'Klre parfait et 

1 dernier système , erlui de la premotinn nu de In prédéler- 
iQfMqtie, »\sl«Miii*fa!iteii\ piiurl«*qnel les tfiiiiiii.sles ont roni- 
Bd BoHSUet pn^te l'erltit et l'autorile d«* son nom. I> 
pO!if sur ce prineipe.que tout re qui est, m quelque nin- 
goitt doit Dëcessniierpfnt \enir de Dumi ; sans quoi la rrea- 
■ne sorte d'indépendanee , la puiss<inee infinie serait limitée 
Irwhrenelle D'exislerait plus. Par con*iêquent, la créature 

EKea, non-seulement en ce qu elle est et en ce qu'elle 
Mtomen ten ce qu'elle sera heureuse ou nialheureuso 
rode fera de m liberté; mais encore en ce que Dieu 
ifté même, en ce qu'il en décrète et en produit tous 
lie intégranlH de ses desseins étemels. AiuM s'ex- 
dlvtae. Dieu connaît à l'avance non actes libres 



206 PRESCIENCE. 

parce qu*il sait à Tavance ce qu'il opérera lui-aième. Si qoelqn 
n*avail pas sa cause daus la velouté divine, non-seulemeot 
pourrait la prévoir, mais il Tiguorerait uoe fois produite, p; 
rStre parfait ne recevant rien du dehors, rien ne peut lui él 
que lui -même et ce qu'il produit. 

Sans aucun doute , dans la doclrioe de la prédélerminalion p 
ce grand mystère de la prescience divine nWre plus la moio 
culte; mais que fait-on de la liberté humaine , et comment 
que Dieu décrète et qu*il opère peuvent-ils s* appeler encore 
lihres de la créature? C'est ici que triomphent les partisans 
doctrine, dans leur pensée du moins. Nos actes libres que D 
crélés restent libres, disent-ils, précisément parce qu*il les a 
libres. Il veut de toute éternité que nous accomplissions tel a( 
il veut que ce soit librement que nous l'accomplissions. Le 
Dieu y loin de ruiner noire liberté , en est la cause et le fundi 
faut entendre ici Bossuet lui-même : 

« Le propre de Dieu , dit-il , c -est de vouloir ; et en voulant 
dans chaque chose et dans chaque acte ce que cette chose c 
sera et doit être. Et comme il ne répugne pas à notre choix < 
détermination de se faire par notre volonté, puisqu'au conti 
est sa nature ^ il ne lui répugne pas, non plus, de se faire par 1 
de Dieu qui le veut et la fera être, telle qu elle serait si elle i 
dait que de nous.... Car, à parler proprement, rélat de n 
c'est d'èlre tout ce que Dieu veut que nous soyons. Ainsi, j 
homme ce qui est homme, et corps ce qui est corps, et pem 
est pensée, et passion ce qui est passion, et action ce qui e; 
et nécessaire ce qui est nécessaire, et libre ce qui est libre, ( 
acte et en exercice ce qui est libre en acte et en exercice : 
ainsi qu'il fait tout ce qu'il lui plaît dans le ciel et dans la leri 
dans sa seule volonté suprême est la raison à priori de tout ce 

Voila de grandes paroles, mais ces paroles sont-elles vra 
doute, c'est une vérité, que la créature tient de son aulei 
qu'elle est et tout ce qu'elle peut ; et , en ce sens , Dieu , caust 
trice de noire liberté, est la cause indirecte de tous nosact 
Mais, ces actes eux-mêmes, il n'y a que nous qui puission 
duire, car il est de l'essence de tout acte libre d'être conçu 
entrepris, exécuté par un seul et même être, de n'avoir qu'i 
même être .pour auteur et pour agent. Si Dieu créait noc 
comme il crée tout notre être, c'en serait fait des actes libre 
liberté de 1 homme. Dieu , dit-on , en voulant nos actes les ve 
donc ils le sont. Etrange argument ! si le dieu des thomiste 
ielle^s choses, il tornbe au-dessous de i humanité qui du moin 
rien que 4e raisonnable. Dieu ne peut vouloir que les rayons 
ne soient plus égaux, queies corps oessent d'être impénétrabh 
quoi ? Paroe qu'un corp^ se detipissaul par son impénéirai 
cercle par l'égalité de 4eiBqs rsyons, l'un et l'autre ne sont pi 
sapprime les GondilÛNis -de leur existence. U ea est ainsi de 1 
Comme Diea ne &ii-fAS fla'une cbose, reslaoi ellefOnAme , soilt 
temps soB Qonifêm'p ii ;pe ImiI pas;, wi^ flus,qiie oosafit 

i'îLi 8001 voiOiwMr Jwi mmUéMmm #• MmJî h mi . Pw, i 



PRESCIENCE. BOT 

îMosIciUMe , qvr Dif o m rnnnall que loi-néiM H c« qo'il 
I pourqooi en ft^rait-il aifiM ! Ilteo rrMP-l-il d éire loat-p«i»- 

quil Ht produil «Warle* dool il r»i U cau^ prrmi^e, oiaig 
me dirccl« ' AuUnl vaudrait dire qu il n eftliDlini qu a la cud- 
xtsitT tral, el prorUmer It* diru md« monde et »aD»€AU»alilé 
rs phikiiopliri aorient . Il»-u rnv drs éirr% rapabir» de se df^ 
par rui-in^ine«. àtû éirf« pmitefiiea f^itt a um mafce; sa 
fk e»t-elte amoindrir ? ou • parre que lea arln amimp:i& par 

ne sont qu iiidirertnnent I elfrt de sa volonté , toutirndra-W 
si pHift digne dt lui de \r% ^tnl^T%'T que de lea connaître ? 4>ln 
pouible. BntHiet, |irn«ant plnniier le t>ealeur. a d<inr dé* 
créature; il s'nt trompe sur 1rs %rau rapporta de llieo el de 

lul ronman de toute* rei docinnei , c'e»l de ne tenir auenn 

*% faiU et de ne pas drtinir Im rdranèreiiesfientieis de la pren- 

II ne. Il a ete ot^ihli qur iHro ne peut prévoir a la manière de 

par vtiie d indarlmn p\ àt IAiMinem«nl. Il faut que m prrn» 

\ unr pmvplp'f. <iirtr'.i* rt in.iiit iiti*. uni* ^rit-i.fe rrrjle de 

>r, a il en est ainv, P'in-fteulri! <*nt la prescience iii« me rt 

liumame ne miiiI point inromlishlr^, mais il nous semble 

e«»nn lient il rlleH-m^ri.f% rt sans eff>»rt. Kn rffct , laeitndilion 

Pienc*- dirrcli' rt \*'ri!.il !>■, r est dt* m* in«idWer sur sim objet « 

• #"l d«' Ir rrpriMiijirr .i\n' *ia prii|irf* niilurr ri m*s r.ir.iotiT<*s 

L'inienip>nrt' tjm connaît rd\f nir àM{ franchir l'inirr voile des 

! rendre prévenir aux e%enrmenl«rninrf , b*s cimstiiiiT à telle 

qn lit seront a tr-lr autre , U% obsrrvrr de loin ooHNnf elle 

près; uns qinii , il n y a (f^aa de vne directe ni de prévision 

fhn (Y sperlurlr de Idienir a-l-il pour elTei de Iransformcr 

le rendre faLi! i-e qni 9u>raii hbrr , d eiM-halner de» résolniions 

sent indepeiKl<inle«i ? linmme la seir née du preaeni eonklate 

« la Acirnce dr ra%i'i)ir run^iate ce qui sera, l'une et l'outre 

«iinees par leani fiNj^ts. ei-es douent Ic4 rendre tris qu ils 

kcle libre que |lif>u prévint est emiime l'aclr libre que la con- 

llef'te. l>lui-ci est libre, l'autre le sera, %oils tout ee qœ 

Mm'Inre. Mais nos ad\rniairi-A raisonnent difKTenimenl. Les 

es de rhoinrne, diiM-nl-ilH, «mt pré«n<i avee crriitude, donc 

1 pas libres. Ktran(!e confusion ! Ffrlal et rtrtaim sonl-ilsdes 
ss svnonvmesT La certitude d'un acte futur a-l-elle une \9îUi 

m m 

«a la eeriitode d'un a«'te présent ou d'un acte pansé, el le 
spectateur est-tl la eonditon d un acte libre T Voila puurtanl 
«puie iDHie l'objeetion que nous combattons, 
■tensenl lu prescience dt\ine n'enlè%e pas à mm actes futurs 
lép BUis die n*a même aucune influence sur leur certitude. 
I prévuie uu ne pré\oie pas nos aeir» libres, if eut impossible 
IBMI puu, s'il est vrai qu'ils doivent être. Présente, passée ou 
kni|ae chose porte en elle-ménie el indépendamment de toute 
aorte de Béreanlé conditionnelle qui dérive de sa na- 
«^Ukt que Peipression de son individualité. Il est vrai 
■o el aéuasonirey que ce qui a été a été , que ee qui 
* fÊk Ml être aeea, elseea avee tel ctrnelère, de 



208 PREVOST. 

telle façon et non d'une autre. On croit que la certitude de nos actM 
futurs leur vient de la prescience divine ; on se trompe. Présenti pv 
avance à cette prescience infaillible , nos actes sont exactement cse 
qu'ils seraient sans elle. Même sous ce rapport, la prescience necrée 
rien , elle ne fait que constater ce qui est dans la nature des choses. 

Un dernier mot sur ce sujet. Cette sorte de nécessité inhérente i 
chaque événement, appliquée aux actes de la Divinité, leur imprimele 
caractère de certitude anticipée dont elle marquait les actes de rhomiii& 
Si Dieu ne doit pas accomplir tel acte, il est impossible qu'il TaccoiiH 
plisse; s'il doit l'accomplir, il est impossible qu'il ne l'accomplisse paL ! 
Sur ce fondement, essayera -t-on aussi de prouver que Dieu n'est pu ' 
libre? Poursuivra-t-on jusque dans le ciel la liberté qu'on a déjà chat* 
sée de la terre? N'admettra-t-on que des causes fatales, c'est-à-din 
des effets sans causes, qu'un univers sans providence, sans bulmoral» 
sans dignité, sans raison d'existence ? Ce serait pour tant d'absordilÉ 
qu'on aurait maintenu une confusion d'idées déplorables et posé ai 
principe faux , que tout acte futur , s'il n'est douteux, n'est qu'un acH 
fatal. 

Sur le sujet que nous avons traité, on peut consulter saint AugDSti% 
Traité de l'esprit et de la lettre. — Bossuet, Traité du libre arèiM. 
— Leibnitz, Théodicée. — Fénelon, Existence de Dieu. — Jouffroy^ 
Cours de droit naturel, D. H. 

PREVOST (Pierre) naquit à Genève , le 3 mars 1751 , d'AbrahM 
Prévost , pasteur et principal du collège , homme distingué par sa voêr 

destieautantque par son savoir. Aprèsavoir étudié la théologie et iedroilù 
à cèté des lettres et des sciences , il accepta une place de préceptnr 
en Hollande, où il pouvait non-seulement s'instruire auprès dripnnir 
humanistes de Leyde, les Huhnkeniuset lesWalckenat^r, mais goAler 
le fils de l'un d'eux, le philosophe HemsterhuyS;» qui venait de ps- 
blier ses premiers écrits. Un voyage en Angleterre suivit le séjour es 
Hollande et ouvrit de nouveaux horizons au curieux Genevois. D'As- 
gleterre il vint à Paris, et eut pour élève Benjamin Delessert. Prevot 
fut l'instituteur que l'auteur d* Emile avait conseillé de choisir, un malM 
doux, attentif et d'une patience invincible. Cependant Rousseau , qil 
connut alors et qui l'aima , reconnut en lui non-seulement un homiM^ 
bon et vertueux , mais un savant aussi judicieux que solide. Le mooér 
lettré de Paris apprit bientôt aussi à le connaître par une exacte Ira*- 
duction d'Euripide (1770;, à laquelle succédèrent, vingt ans plus tari^ 
d'intéressantes études sur la philosophie du tragique grcfc (1808,. CdlB 
version le recommanda à Frédéric 11 , qui lui fit offrir une positioB 
devenue vacante par la mort de Sulzer. £n 1780, Prévost se rôitt 
à Berlin comme professeur à TEcole militaire et comme membre es 
l'Académie. Il s'y lia intimement avec trois académiciens dont te 
commerce journalier lui fut également utile : I helléniste Bitaubé,ir 
géomètre La^runge et le philosophe Mcrian. 

Son séjour en Prusse ne fut pourtant que de quatre ans. Etant tÊè 
voir ses parents en 178Jh, il n'çut du conseil de Genève l'oiïred'vc 
chaire de littérature qu'il accepta, au grand déplaisir de Frédéfie- 
Cette chaire, il l'échangea, en 1703, contre celle de philosophie, i it- 



PREVOST. 209 

• 

S Ile il joignit y en 1810, l'enseignement de la physique générale, 
clivilé qu'il développa dans Tuniversilé genevoise lient du prodige. 
Hon-seulenjent il mena de front des cours de philologie, de philosophie 
el de sciences naturelles , mais il prit une part considérable à Tadmi- 
DÎstration des écoles et des afTaires publiques. 11 fut longtemps un des 
l^slateurs» un des négociateurs de sa pairie. II concourut, de plus, à la 
lâaclion d'un grand nombre de journaux littéraires cl scientifiques y 
particulièrement des Annales de chimie el de physique , el de la JJi- 
Uioîhèque universelle que les frères Pictet avaient fondée. 11 traduisit 
grand nombre d*ouvrages célèbres ; il en composa lui-môme qui ne 
nquèrent pas d'importance ni de succès. C était un savant presque 
loiversel , qui , sans se montrer inventeur, était doué d'une rare sa- 
gacité. C'est ainsi que, dans la théorie du calorique rayonnant, il de- 
vina des lois conGrmées plus tai'd par l'expérience. Une dialectique 
terrée, une précision parfois un peu sèche, une douce ironie qui rap- 

ele le lecteur assidu de Platon et de Xénophon , forment les traits 
plus essentiels de son slyle. GriUce à ces dons divers, tous appuyés 
sur une admirable mémoire, il cultiva avec patience et bonheur, à coté 
de la philosophie , la physique, l'économie politique , la littérature an- 
denne , jusqu'au jour de sa mort, qui arriva le 8 avril 18.')9. 

La réputation de Prévost est duc à ses traductions autant qu'à 
ses travaux personnels et originaux. Par les premières , il a con- 
couru à faire connaître ou apprécier sur le continent Adam Smith ^ 
H. Blair , Bell , Malthus , Dugald Slewart, son ami et son corres- 
pondant. Rien donc de plus naturel que le crédit dont il jouissait dans 
les Sociétés royales de Londres el d'Edimbourg. D'autres acadénnes 
l'honorèrent de son afQliation , les unes a cause de son ouvrage Sur 
torigine des forces magnétiques, les autres à cause de son travail Sur 
f influence des signes relativement à la formation des idées , d^autres en- 
core a cause de ses Essais de philosophie (2 vol. in-8*', 1804). 

L'enseignement philosophique , dans Tuniversilé de Genève , lui eut 
des obligations particulières pendant près d'un demi-siècle. Cet ensei- 
gnement n'avait cessé d'être très-remarquable depuis la fm du 
XTM* siècle; Prévost le rendit encore plus solide el plus complet. Les 
maîtres, s(*s devanciers, avaient toujours tenu la philosophie dans un 
rapport intime avec les sciences naturelles et exactes, les lettres el la 
religion. Prévost maintint cette triple alliance, et même il la fortifia par 
des re.ssources empruntées aux autres nations. Son mérite consiste à 
avoir, d'une part, affermi davantage la méthode d'observation appli- 
quée à la nature de l'homme; d'autre part, rattaché l'expérience à 
.l'histoire de la philosophie, à ce qu'il appelait les meilleures autorités. 

Le philosophe , dit Prévost dans ses Essais de philosophie , étudie la 
aalore; là nature des corps est l'objet de la physique ; celle de l'esprit 
est l'objet de la métaphysique. Il n'y a qu'une manière d'étudier la 
nalnre : c'est de l'observer. Toutefois, Tobservaleur se peut placer à 
deux points de vue ; il peut considérer l'espèce dans les procédés les plus 
généraux de l'intelligence, comme on étudie les procédés de l'instinct 
animal ; il peut analyst r ensuite l'esprit humain d'une manière indi- 
viduelle , classer ses facultés et suivre par ordre les phénomènes qui 
l'y rapportent. En analysant l'esprit humain, on arrive a reconnaître 

v. U 



210 PREVOST. 

trois facaltés distinctes : la sensibilité , Tintelligence, la volonté.^ 
philosophie ratiotiîielle se composera donc de trois parties : seraHl 
et sentiment y raison et raisonnement y volonté et action ; en d'iiH 
termes^ psychologie, logique et morale. L'expérience individuelle at| 
source ordinaire des connaissances philosophiques ; car le philoflarij 
est avant tout le naturaliste de l'esprit humain, le physicien de rtS 
Cependant l'observation de soi-même est insufûsante : il y faut joinll 
les expériences d'autrui, les travaux des hommes savants et iogéDiegl 
ces travaux qu'il serait peu sage de rejeter, lorsqu'ils diffèrent de g 
idées. Attendons qu'ils aient subi TépreuVe du temps ^ et éproavoi 
les par nous-mêmes. 

Les autorités auxquelles il a recours, Prévost les partage en t^ 

classes : l^école écossaise, l'école française , l'école allemande. Lap 

mière a ses sympathies les plus vives et les plus constantespl lui reoi 

nail l'avantage d'avoir surtout contribué au perfectionnement de 

morale, et de s'être éclairée des lumières de la physiologie^ mais il 

reproche aussi d'avoir détaché des études spéculatives la logique, c'c 

à-dire la branche à laquelle il attachait le plus grand prix. L'école fri 

çaise commence pour lui à Descartes et à Malebranche , dont il i 

av*»c peine la métaphysique mêlée à une physique vicieuse^ elles'i 

rcio à Destutt de Tracy et à Maine de Birau; et elle lui offre pour < 

rnclère commun la netteté d'investigation et d'expression. Condillac 

ses disciples lui paraissent à tort réduire toutes les opérations deTâi 

à la seule sensibilité, se permettant de prendre ce mot tour à toori 

propre et au figuré, et manquant ainsi à la précision, cette premii 

loi du langage philosophique. En disant: « Penser, c'est sentir des sa 

sations, des souvenirs, des rapports^ » ils donnent au mot sentir n 

extension fâcheuse. Tous ces actes de la pensée se passant au dedii 

de nous, sont des modifications de nous-mêmes dont nous avons 

conscience*, mais il ne s'ensuit pas que tous soient des sensatiom 

comme le prouve la division même qu'on en fait. Aussi Prévost pei 

che-t-il moins vers Condillac que vers Charles Bonnjet, son compatriot 

Quant à l'école allemande, à laquelle il assigne trois chefs, Leibnil 

Wolf et Kant, elle lui inspire moins d'intérêt. La doctrine de Kantsi 

tout lui semble peu faite pour se répandre en Europe. Il convient, tool 

fois, que le philosophe de Kœnigsberg a montré mieux que persou 

que nos sensations et nos jugements revêtent nécessairement la fon 

de notre esprit, se modelant sur les linéaments et s'encadrant daosl 

catégories de notre esprit , dépendant enfin de notre constitution pi 

mitive, de notre organisation intellectuelle. Prévost désire, d'ailleur 

qu'en critiquant la philosophie de Kant on distingue ce qui lui est pr 

pre , et ce qu'elle s'est appropriée {Essais de philosophie, 1. 1''^ p. hZ 

suiv. — Traduction des Essais philosophiques d'Adam Smith, 1 1 

p. 263 et suiv. ). 

Celui des philosophes écossais dont il se rapproche le plus, c\ 
Dugald Stev^art. Aussi le cite-t-il maintes fois dans ses Essais. Ava 
que de connatlre les écrits de Slewart, il était pourtant arrivé, sur 
plupart des points, par lui-même, à des conclusions analogues. L'û 
fluence prolongée de Mérian et d'autres penseurs, qu'il avait conn 
en Prusse^ peut suffisamment expliquer celle ressemblance. 




PRICE. ail 

atail, en HTel. cnlrrirna dr^ rrldUons avec ses anii de 
jMi, èfftb ton rrt'jr a driit-^t'; rt rr'.ii- ri*rri^|Hin« lance \alulau 
si%dol |ilu«i'Mir% rnf*tr. >ireft tr*"» -i-um* u\ ou lri*s-inMniclifi. 
Boe MYie d i.'lu«^-«» >ur .r i ali*ui drs |r> i/.i!i:Lb-H , ruri^iili*r(^ m lui- 
fl ÔÂtis ws .i(>{i lijiii D^ au irain fort à.i, a la \.ilrur tlii l^moi- 
, à 1 i'>liinati lU oo« i.r;^«*?t p,ir ir% i îT''.^. rU-.. |*r«*%nKi fiurnil 
l'AcMiemi<* pru^^it-nm* un lr.i\.ii rli'i.f)*i >vr .fs mtt/tfJti fmpînyett 
emittgn^r ia m* rjiV, Mirli* ar jp.iraî •- •- • n(r*' U iiinralc df ;mif- 
1^. ia IU<tr.il'* li' itntifn^nl t{ l.i iiiuri.** J ' //-Ti'iirr ; pUi^ Uli /ffftfl 
Wu yriHCipf dit f'fî*i.rarii^ i]u il rii\.«. ^t «uri •■«%i\«*[i mt ilans leur 
Hk mecamvfuf il iJ.iiih Irur l'.ir'.;!* Itfft-i'.f . il qu il suit taniAl dans 
IV» lieos a%n' i itDa^ni.ili 'ii . laii'.ût u.iii^ .* ift *-il' t^ ^ur .^s ««r^'anes 
btljumuie, »ur sa M-!i»itiililc. <>ur j<i r.nHtD. ^-J^ viii p.aj^ir i*l S4^i) 

fiaa» uu autre iiifitin-rt* "ii il •-•MN/iarr <'r'-(i;iifrni<* i/^i ti.iofwf^itifrfr- 
|nral« 'liicj II •Hf'jwj ITs.l . pjr i.it ;i<irt .1 1 a'lmini<ktr»i:j"ri i:»*neralt* 
|h Goaiiiv» cl au\ |'rii!«i|H-> <irs <!.\i-r^r\ ••(•l^r.ilioii*« ivi>ii(in.;qiin« , 
bf\Okl » «innoiiir i]«*ja i*('iiiiiii* U- 1\\^* ipU* il«* Mi.itli «*t lit* M.i]thu4. Sc!i 
Indes d ri'oDcitiiii* (^ l.t.'jur, .1(1 riote. hf (loi\i'nt pa> i.kU!! oci'uprr 
B, parce qu oli**s iif m* m ni Luèrc fiiii;:iii*i's drs d'Clrint s de I eeulc 
itesuL^e. 

Si^r.iS'n* enct-Tf. p.irir.i ^i-s tra\.iii\ i)itni-li"«. un ««inrapr <^jrale- 
kot eo\ii>4* a lieriin. •-' ini.tuif fjuei ^art rrfnifjttfi twr t àme Au- 
^iMt 1HI>2 . 11 > parai: .1 l.i :"In rniiiiiic |it!\N.. it-n *•{ rniiMiu* InL'icirn, 
I lAchani d r\piiqu*-i i-"ii.ii.fiil cv ipii- K.iiil ii|t| r'uitt Ifs T* rmrs fi 
Suri de 1 intuiUoii. \f ii\.iii ^•' n'trniiNiT it y'i.Wrn.irid.in^ 1 rcholle fixe 
ES&OD» el d''s riiul'ur^, iJ.t:.^ !•- <ii)'i!ilr linni.urif di* i "lii** el di* la \ue, 
S la sorr*^.ssi«>n ri lir la «iiii. t.i.iii'iii*. l*\(hAtf(>re «l Ni*N%ton s't troa- 
M habilement rappr- 1 li-<» «If K ml. 

(jnanl a ^s /.'j<tfii •!> y ^i.* •••/ -^i^, qui rrstrroni à kion dmit le prin- 
ipal fondi*nirnt di- si ri*it"[Mn*f p(iil"snphi(|ue. il *>orait diffirilr dru 
SD&er ii'i ubi' aiial\*'i* rir:ipit''.*». l;ini iK vnil rrili::*»^ avrr tiri«*vclO ri 
Micisico. Hi>rnonN-iiuus a ui.r indicnliMn M'nin'ain- df^ mali<*rr> qu'iU 
MUennent. Li' Inn.o ptcmirr ps{ uri(* «.n'i/y^r «/^jr furtiUet dr Cftprii. 
,'capnl hismaiii y esl cou^idt^ré , d almrd, d.in< ses proivdf^ Irs plus 
léneraax, resl-a-oire au niiliru dr la iiatiirp el du ini>i)d«* animal, 
dan^ la soi.elr liuniaino; il IV^t riiHn!i<- dans 1rs rli-inents de la 
, la wnsalioti rt la raison ; il I «*sl iMifîn dans sps facultés ai-tives, 
dlesi qui servent ou ronslilurnt la \oliinti-. I.«* scrond lume est intitule 
Lafi^we» et parcourt les articles sul\ant^ : la \rriti* et .ses caractères, 
aairthode i-l ses app!icati»ns. l'erreur et ses remèdes, lie même vo- 
isme renferme quelquf s opuscules de Indique de l'an des maîtres de 
Prévost, (joorices Le Sa-jv , dont il a écrit la vie et exposé les opinions 
laas on fort volume, publié en 1KII5. 

La vie de Prévost même a été trop rapidement rsqnHsée par an de 
Ks nombreux élè\i.*s, te botaninle Ile (*.andolle, dans \à Bibliothèque 
WÊrnerHlU de Genève , année 1 839. C 



PRICE (Richard , philosophe anglais , né en 17S3 , à Tplon , 
le pays de tiallea, morl en 1791. Il recul une solide instruction 

14. 



212 PRICE. 

par les soins de son père, membre d'une congrégation 
livra avec la plus grande ardeur à l'étude des math< 
philosophie et de la théologie. Devenu plus lard min 
soutint avec Prieslley la doctrine des unitaires , en d 
publiait sur les matières de politique et de ûnances i 
qui émurent vivement l'opinion. Polémiste infatigal 
trouve mêlé à toutes les grandes controverses de c 
reconnaissance des services qu'il avait rendus à la ca 
dance,le congrès américain l'invita à venir fixer s 
Etats-Unis. Lord Shelburne , premier ministre, l'app» 
qualité de secrétaire particulier. Pitt le consulta et lu 
on , en partie, ses plans de réforme financière. Priée . 
avec enthousiasme les premiers triomphes de la révc 
et se montra toujours l'un des plus intrépides défen 
principes de la liberté civile et religieuse. 11 ne défendi 
d'ardeur la cause de la liberté morale en philosophie 
teste son premier ouvrage, à la date de 1758 : Revu 
questions et difficultés en morale {Review of the prvici^ 
difficulties in moral (in-8°, Londres, 1758), et la pol 
à soutenir contre Priestley, son ami, sur les questions 
et de la nécessité. C'est sous ce rapport, et seulemeD 
sophe, que nous avons à le faire connaître. 

Le problème de l'origine des idées est le problè 
de la philosophie au xvur siècle. On sait quelle s 
point la doctrine de Locke, et comment les philoso 
après lui demeurèrent fidèles à la solution qu'il en ava 
Hutcheson , adversaire déclaré de l'égoïsme de Hol 
pouvoir mieux le combattre qu'en demandant à la senf 
riglne de l'idée de bien et de mal , de juste et d'ioju! 
la faisait dépendre des perceptions d'un certain sens 
rai, comme les idées que nous avons des corps ei de 
physiques dépendent du toucher, de la vue, de Touïe, 
goût. Ce fut contre cette hypothèse que Price vint prot 
et réclamer , au nom de la raison dont Locke et ses 
méconnu , sinon nié formellement le rôle et la portée. 
bilité, ni l'intelligence empirique ne sauraient rendre « 
nos idées. Il en est dont on chercherait vainement à ( 
sence dans l'esprit humain par la seule intervention de 
secondaires. D'où viennent, par exemple, les notions 
pace, de cause? Sont-elles le produit de la sensation o 
opérant sur les données que la sensation aurait préalab 
Il est également impossible de le supposer, à moins d' 
tères et la vraie nature de ces notions fondamentales. 1 
sultat de généralisations successives, elles sont imraédi 
avec toute TautoritéqiM leur est propre. Ce n'est pas 
les fonde ni qui en mesure la valeur et la portée -, e 
contraire, de règle à l'expérience, elles en sont l'anléci 
la condition formelle. Toute celle polémique de Price ( 
de Locke est des plus solides : il en dévoile avec unt 
rieare les côtés faibles, et distingue le premier dans la 



l'mESTLE\ ils 

l'ji 1.1 cM-iHijtiîrn' . I un ti /TP'ri , ! .lulr^ «i f^tfUnnn : 

1- r I :^r «l I M^ t\ 'Il !<r:i«'iit .irii **ili!r a ) ot-^fr^atiiin ; 
:• i. I...1 ^ I !: i: "ti.* r-'-. •■{ ini*- .1 r.i-*f'n ^t-uîr f»«'ijl 

■!î •"• ? * ■ "'.i! •'• !r M\' lî - '.• rn niTr-i» pir m lia^. On 
I .' t. ^ ti i|'.r .]:••■ ihi 1 !• Il • i I !<*• •' 'Ju ii.al Kiini dm 
: . ■" !. !.:" •<:•-. % |>'«'\if'iinnit u« h ) « m |''.i-iris d un 

r: • . i.l I • M- r.u\ AUd\o^\xv a r>'lui àt-s M*n^ p'>y* 

1 •; i.'fS .i\i-. |.' i: ..'.ili- r^tcrirur. llut«-|ir>on a mn- 

. !!.. • . H if, * .1.^!;: . •*, I idi-f lii^ir.i' il^-^ii-^» rld«» \frlU. 

.1 } ■■..'i'- ijM «Il N l:t .1 *uilr,rl. inriiit.r i\c ers ilt»u\ 
:j : • *'. |. ;jH .iji'' iii-îil ijui» II" |irrn ht, i! a rni qm» Ij 
I • I .r • :i r*!:-.:»' «n • jiîr. M>ii^ .» «jr^l lilfi* rr ij'Jl 

■î' ■- 1- \ ." I ' .. \'%T i ••!.! ^tïjf I !• tMl'Hr-* • Kl |H>iir(|iif»i Ir 
\ ; : . •: •■ l- i' ..liîri*. j nir.u'-il il** n- iiirr^'-rlrux 
:.:<■•■■ . I '.■'■■ Il- r . il»' l.i\U'*.«S*l »:.■*. il»* I 'nl'»'al i*| 

l- " r*" r.\ " .. I •'■i-fl i|'n !• s |»«'i', i'«. I.'" i^W**** tir l>irn 
■ • •. il .'.'.'. *■ r '.'. «i ri- fr.tpj'. ••* lin iî./ii.i- r.ir.irhTr 
'. ''.'■ !■ .'i.\.! ■. !•■ •!•'•■ fiM' l'sl ili\.l:i:ïi!r , it l'fur i*n 

: ^ . :■■ i: '. i! ■ ■» '!'■ .»^^.' i. r.ur-', i.»* »• ni ri nr piMi\rnl 

; I !.■* i f . ■• I tji' , 1 ; ,i> 11. 

* f. • I.- :...■■. i «]••■ Tif. '■«!•■ Pi :•••'. I.:i p.iili^ iTi'.iquP 
>;; '. i ] - I ; rl.iiil". rniiiiM* iii I .i \ii. Htinnl .i la 
•■ , r. ; ■ !.i.i:. T- !rs r .r.'.iifîi's d*" I ulif df l«H'n J\»H' 

.1. r. îj'n' «l'if ('•■lli' iiii'**, iiKil^n* di'H ivxo'plions 

• Ir ■ .\'- ■ _■ ■■: 'Til •■'-• ." Imis \rs h'Miriir^ ; i|ii riN* v^i 
';'■ , • i ..<■ .:•-. i; li' fi'ti-l rrii'or*' l.i litM-rU* humain** 

i.'>!i^ i!' ^ ' i' .i.^'.^ . ( l ifi i.i*riiiiiir aii'^i ii'H « tiidilions 
. « :. ] «- '.-•'h' I '.•!■* i .i|'|ir<'ri,iiMn dt'H jrli'N iiiiiFdUX. 
. ir' ' u\ .1 1 • filo r.iî I; i'..s!«». d-rsl il « ^t !•• j'Ius ïvTnu* 
\\\i\' ■*.'• !■• l'ii Aï -■■'•• rn* ; in.iiN >nn |iriiirj|i«il lilre 
iit'l ir> ««r-t l> nj ui •« «] .i\(iir niiiituillu I i'iii|iiri«iiiH* dp 
I ir I • .1 I .•::•• r ii'-^ N > lliinri^'N iiiurali*^ qui rrjw- 
•> ■!< r.ij'-> N <li* .1 «t ir> il:"ii «ai du M'nlinit^nt. 
ii:--!.^ *\'' !.i |iii.. '*"i«h;'', ri JoutTrov , t'i'urt dr droit 

A. 1«. 

k' J-'*'i'h . iih\s:« lon fl rliimist*» ôminmt, llu'olnpi^n 
■ I II 17.i:< .; I l'iiîlir.'wl . aux pri\lriins di» Li'pds, nmrl 
■\ , t\nt\{ !• |i Tf « !ail iii.inlMnd. rt jpfuirliMKiit àla 
*. ^f ii\!.-i (1 .li nril .i\t'r |t.i*>sion :i IVludo drs iantfucs, 

' i'!i»'l.r«'U. Au ^"r'ir lii* s«'sr!.i«M*s, il fui noinmo mi- 
f r'ii_':»'j.:»iMn .i Nf-.lli:ii!.-M.»Tk«'l. «'H SulFu'Ii, Pi, an 

II.iî:»! iw." k . r lîjif d«' i;1ji -^l- r; rniii»» I»'s *oins de son 
i-.'. r.! |i;'s .: 1 a •li\:lr di» rrl i «^p:!'. inî.ili;:al»I»'. Il réso- 

1 1;.. j.-ii- III :ii »!i' 1.1 j«uiip»»M', 1 1 s mvupa df iinmhreax 
il'iri , di' *":r:» ■!•'• . df pit||ii>]*ip, i\r llii'(ilt>;;iP, d liis- 
.s rifn-liMiiN (îf jir •i'"ss»»ijr à I ;i«Mdémic dis^idfnlr df 
en snriil apn*»* un srj'iur i'p >ppl années , pour nllrr 
<, où il n'iiril 11 dsriM'liiin d'une ronprÔKnluïn dp dissi- 



212 PRICE. 

par les soins de son père, membre d'une congrégation calviniste ^ e 
livra avec la plus grande ardeur à l'étude des mathématiques , (H^ 
philosophie et de la théologie. Devenu plus tard minisire dissidf 
soutint avec Prieslley la doctrine des unitaires , en même temp 
publiait sur les matières de politique et de ûnances une foule d'e^^i^ 
qui émurent vivement Topinion. Polémiste infatigable , son lop^'!' 
trouve mêlé à toutes les grandes controverses de cette époque, ei 
reconnaissance des services qu'il avait rendus à la cause de Tindép^^ 
dance , le congrès américain l'invita à venir fixer sa résidence in 
Etats-Unis. Lord Shelburne , premier ministre, l'appela près de luis 
qualité de secrétaire particulier. Pilt le consulta et lui emprunta^ d 
on , en partie, ses plans de réforme financière. Priée, enfin, accueip 
avec enthousiasme les premiers triomphes de la révolution français^) 
et se montra toujours l'un des plus intrépides défenseurs des gra# 
principes de la liberté civile et religieuse. Il ne défendit pas avec mo^ 
d'ardeur la cause de la liberté morale en philosophie, ainsi que l'I 
teste son premier ouvrage, à la date de 1758 : Revue des principai 
questions et difficultés en morale {Review of the principal questions al 
difficulties in moral (in-8°, Londres, 1758), et la polémique qu'il fi 
à soutenir contre Priestley, son ami, sur les questions du matérialisu 
et de la nécessité. C'est sous ce rapport, et seulement comme phil 
sophe, que nous avons à le faire connaître. 

Le problème de l'origine des idées est le problème fondamenl 
de la philosophie au xviir siècle. On sait quelle avait été sur 
point la doctrine de Locke , et comment les philosophes qui vinre 
après lui demeurèrent fidèles à la solution qu'il en avait donnée. Aini 
Hutcheson , adversaire déclaré de l'égoisme de Uobbes, n'avait c 
pouvoir mieux le combattre qu'en demandant à la sensibilité même V 
rigine de l'idée de bien et de mal , de juste et d'injuste. Cette idée, 
la faisait dépendre des perceptions d'un certain sens nommé seiis m 
rai, comme les idées que nous avons des corps et de leurs propriél 
physiques dépendent du loucher, de la vue, de l'ouïe, de l'odorat et 
goût. Ce fut contre cette hypothèse que Price vint protester à son loi 
et réclamer, au nom de la raison dont Locke et ses disciples avaie 
méconnu , sinon nié formellement le rôle et la portée. Or, ni la sens 
bilité , ni l'intelligence empirique ne sauraient rendre compte de tout 
nos idées. Il en est dont on chercherait vainement à expliquer la pr 
sence dans l'esprit humain par la seule intervention de ces deux facult 
secondaires. D'où viennent , par exemple, les notions de temps, d'e 
pace, de cause? Sont-elles le produit de la sensation ou de la réflexit 
opérant sur les données que la sensation aurait préalablement fournie; 
Il est également impossible de le supposer, à moins d'altérer les cars 
tères et la vraie nature de ces notions fondamentales. Loin d'être le r 
sultat de généralisations successives , elles sont immédiatement perçu 
avec toute Tautoritéqui leur est propre. Ce n'est pas l'expérience q 
les fonde ni qui en mesure la valeur et la portée -, elles servent , î 
contraire, de règle à l'expérience, elles en sont ranléeédent logique 
la condition formelle. Toute cette polémique de Price contre la théor 
de Locke est des plus solides : il en dévoile avec une sagacité sop 
rieure les côtés faibles, et distingue le premier dans la connaissance 1 



%l 



i: 



l'RIESTLEY. ir> 

ni'^nts qui 1.1 r^^'H^litiirn'. . I un u /riffri , I .lulr^ «i ;-iif^i-ion ; 
ImuI r\t» TiTur il (• K* il ••••itrniiMil .ifvi ssiliîi* .1 I fi)iHcr\a'.iiin ; 
i.i*»* »'*'cr''l, ih.i.N !:■ Il i: "II* r»"*! «l «pi»' l.i r.n^ftn ^ruîr j»«-ul 

■ 

'ih''*i «îii ^t n«» ::ï«fr.il »-' Ir in" <!• »• '• r^ ni-ni'i- pir vi ta^iv On 

.i\'*>- Wuu |p-«<[i i]<.r i I i« •• liu \ Mil • l 1 !•!• •■ 'jii II. al ^onl cj^ft 

1} 1"» ; II..!.'» • tï r.i'" «.ur..^ |>''*\ifiinrBl 4i*> )« m l'ii •tis d un 

'-ii<» mit ri.i- •! '1:1 i «''tii*' ^•■r.nt .inaln(;ur n rflui cii's m'Iih pliy- 

iriN I ii<« i.*;';>«>rS .i\t'i' N* i:.ii:j1i' r\!rrii*ur. lliiti-h^Min a con- 

;j\ {lin n>'i!i* * ••> Iri '»iîi*l!i • '•», î Miv rm'ir.»' il»- \iri* i*ld»' \*tIij, 

^•ï ri I.i ]v*tv' qui l'h H lit .1 *iiil«».»'l. roiiiiM* t\c r«'> «IfUX 

II' s.T'itii *-^l ]* U'k app ir«'!il i|(j*' If pr»*!! HT, ii a tru qut* la 

•• Hrifli^iit |i • ir «Il r»n«::i' ru • |i!i'. M.ii% .i ijiï*»| lilri* rr ij'ji 

jii *.i'ri'« iji \i» I «ir.i:'. Il pir ••■!.! ^-'tji "îi u'itoiri» ' Kl |»'«iirr|nMi Ir 

.:i, a 1 1 \i .liT"! ti." i..«.i*. .m'iri', j lur-n'-il ij»» r** tii(-rv«-i.lriix 

' LfN d' î»n- «•" '.u ••«!:i li'T . <î'* ii \ii'*. •!•• I 'i.\ •!•• I'«l"'al ri 

Mtil li'Ul'*> rr .iti\ * .1 I ^lï'i-l ij'Ji !•■* |M*:r r.. I.'"» nliT^ ijr |'H»n 

, li»' ju*lf i-l d M yi>\*' *-r-!.! il '!!«• fr.«|iT- ••* «în rijrini- r.ir.irliTr 

.ji-iui* »l d»' r- ..iii\*t-. !.•• ■!■:•■! :i!ii' i^i iii \ inrihii* , it Priii' rn 

.»• i«'H l'If'H . iri.ir'; il' • * d'- .«-îir i; iPir-, !;•• «»'irilrl in* |.i'ii\rnl 

lits ('iiiiri {•'.i--n*> ti f.} , i» I •!»■ 1 1 r.ii*- II. 

*t d iii* *' n »riM îiî ..• . ) i di». Tiij»* ilf I': ;«••*. I.a |»;itlir rritiqup 

• î ■ 'U^'^'Up 1.1 !•!>> I ;<irl.iril«-, rin?irî.i' •■ii I a \ii. nnaiil .i la 

_'!i". il;-; .1' , l*rn" • rf.iin:- :•• !»s v .r.Jfli'irs dr I jdti' dr I.H'fl a\f»f 

•Il II il.itiifii-. Il II. 'Il' II" q'n* olli' uli- '. ïn.d;:r«' divs rxi-rplintiii 

•^. Hf rilr »U\i' rj.vi'l t'Iil •■*.«/ l"Us 1rs hMinriirs ; qu l'iU' I'nI 

••, ;i|isi'.u»' , « i'.i-:.«l" i!f. II d'ffihi riu-nn' ia liluTlr liumain»* 
H id>jnii«»ii'» •l'"'» !.i'. »IiM''- . 1 1 di tiTiniiii' an M li'> r •iidilions 
»»> il»* î .. i"ii'pii«»*" iii»'iil !■'. 'i' i .ippri'i'i.ili«iii d«'H ai'lt'N ïii'Taux. 
.t , il ap; artit-hl a 1 • i-'i'.c rai- is i\Mf , d-Ll si * ^\ !•' plus frrinr 
.iî;l au \MM' su- If rn Aï -V'î* rri' ; iiiaiN >nn pniu'ipiil lilrc 
i"ii dt* riii*t"irf- M-ra l> nj '\ir^ il .i\nir ri»inl«itllu 1 rtnpiriMiir dp 
l ruiiif pir rrla iin'-iiif li'U'.'-^ 1* s lli»Mn-s inoralfs (jui niM)- 
i*> H. i]!i*s dnniift'H ilir !.i siii-..iiii.n nu du M'htiiiu*nt. 
Ips |i;Hinrn'n> ili- la pli:: "^i-plu-, l'I Joutlmy , Cnurt dr tirait 
. II. A. H. 

STLIIV 'Josrph . pli) s;, ion ri chinîi«it<» rniinrnt. lh''olnpi^n 
phf, ntTii 17.i:>a l"ii!dlii:i'l , aux rii\iri»ns d«' Ij-od^, niorl 

l'ri«*>'li'} , dont If |i-rf ifail iii.irrliand, rt app.-irlriiait âla 
.lUini^'.f. >f liMîi d aloni a\fr passion a IVludo drs laniiues, 
n.fnl il- iliflir»*». Aii M'r»îr tii' srsria^^i's, il fui noininc mi- 
iiip fiil.lf rf.niTf.Mtmn .i Nffdli.nï.-M.nkff . »'n SutFn k, ri. un 
l.ird. ;i Ilaiiiplwi' k, r- Mi'f «If r.liisl'T; Hiai^ j.'s -nins do son 

no >iiMisii:.i;l p:^N .i I a-li\:lf tlo n'I fspjil inl.iti-aMr. Il rôso- 
itiurr a I ni-i-iL'n'iii' ni 'If 1.» j"iiin»ssf , 1 1 s mnip i t\r nninhreux 
If hllfralurf • JJf >nfii-rs. do pnliiiquf , dp lli.'dlMfri»», d his- 
laip- divs firnrlions df pr «ffsspur à 1 af;wlôir.n' dis^idi-nlr de 
Ion. il en snrlil aprfs un .s«''j'iur l'o sopl annfr»* . p^iur nllrr 
à I-efds, DÛ il n'pril la direilmn d'une rnnprôiralnm do dissi- 



214 PRIESTLEY. 

dents. L'œcasion d'exercer son zèle ne lai manqua pas. De vives 
troverses s'étaient engagées en Angleterre sur les points les pins 
cats de la théologie chrétienne ^ Priestley s'y jeta avec son ai 
accoutumée, et défendit la cause des socioiens. Du reste, uneji 
célébrité s'attachait dès lors à son nom : des expériences et des d< 
vertes du plus haut intérêt en physique et en chimie avaient attiré suri 
Taitention du monde savant. La publication d'une histoire de Télectrid 

Îui parut en 1767 , lui avait ouvert les portes de la Société royale 
.ondres. Franklin , Watson , Priée, comptaient au nombre de ses 
Une nouvelle théorie de la vision, des travaux importants sur T 
phlogistique (Toxygène de Lavoisier) avaient enfin mis le comble à 
renommée comme physicien et chimiste du premier ordre. Appelé 
de lord Shelbnme , depuis marquis de Lansdown , en qualité de bil 
thécaire^ Priestley quitta Leeds pour se rendre à cette honorable il 
tation ; mais Textréme indépendance de son caractère et de son 
ne lui permit pas d'occuper longtemps ce poste qu'il résigna pour 
retirer à Birmingham. Nommé pasteur de la principale église dissidcDl 
de cette ville ^ il reprit avec plus de passion que jamais ses contre 
verses théologiques, et publia livres sur livres dans l'intérêt de ~ 
doctrine des unitaires. Partisan déclaré de la liberté religieuse , Pi 
ley ne se montra pas moins intrépide défenseur de la liberté politique.' 
An moment où la révolution française venait d'éclater, il en soutint 
les principes avec une rare énergie dans une série de lettres familier* 
aux habitants de Birmingham. Ces lettres, en réponse aux réflexioi 
de Burke, eurent un immense retentissement de l'autre côté du détroit| 
et lui valurent chez nous le titre de citoyen français, et de membre m 
la Convention. Il ne tarda pas à expier cet honneur. En 1791 sa maison 
fut pillée et brûlée dans une émeute. Chassé de Birmingham , il dut se 
réfugier à Londres, où il obtint la place de ministre de la congrégation ' 
d'Hackney, que la mort de son ami Price venait de laisser vacante.'" 
Mais il avait soulevé contre lui trop de rancunes et d'animosités par 
son ardent prosélytisme politique et religieux, de nouvelles persécu- 
tions l'atteignirent dans sa retraite , et il fut obligé d'aller demander ^ 
un asile aux Etats-Unis. Il y mourut en 180&. \ 

Les œuvres de Priestley forment environ 70 volumes. On y trouve 
des traités sur presque toutes les branches des connaissances humaines. 
Sans parler de ses grands travaux en physique et en chimie , qui de- 
meureront toujours son principal titre à l'attention de la postérité, il a 
composé des livres de linguistique^ une grammaire anglaise, un Coun 
d'éducation, ùes Tablettes biographiques <, un Estai sur la nature é^ 
premiers principes du gomernement, une foule de pamphlets, de bro* 
chures théologiques et politiques, et de nombreux ouvrages sur l'his- 
toire du christianisme et de ses dogmes. Enfin, et c'est sous ce dernier 
point de vue que nous avons à le considérer, Priestley prit une part 
assez active aux débats philosophiques de son temps. Noos mentionne* 
rons spécialement sa controverse avec les principaux représentants de 
l'école écossaise, pois avec Hume et Price. Quelques indications ra- 
pides suffiront pour en donner une idée. 

Priestley combattit d'abord la doctrine générale de Reid , de Beattie 
et d'Oswald {an Examinaiion ofReid's inquiry into tlie human mind, 



PRIESTLEY il5 

liir^i fMff^ on fAf nfffirrf ami i>irniiM''ififv n^ f nrf A , Ottralfê 
tltoerm,m*tn ê^f\$f . !.• * i' ■i«-".i..r * 'ju:! W-ur n'Ir****^ pfii\f ni »e 
Bprrnr.nir il *u:!. A *• n .tv *. linri- '•'.* liiit R-^itm u îa %r*ir 
rde *.i M-i'T.<v* . ri f.. : lî- 1 î If i.« I * • })..•■ (il* ^n rark'. < n la 
flUnt a I jul-inli- iin ^ ih rn.i.ihuii. < •- ii •■«>t pi;^, \\m\> relU* 
îhrM». I.i rai*' n .;ii. jm.;''. it .1 * I * jiir • 11 .'1:1 i!i'i •!•» Au liru li tf'la- 
B «x^î-'n-r !!•• rfitjfi.i **.iri r*» i '.isp 1* • 1 1 <M.n.» *. riu*' iirfuvrronl 

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D^f». 0:1 w» rin!«*nli* il n. li'i h-r d«- l«»:;lr îî .i!n . m quelqu** *'»r1^, 
ffo^iilif aj h.i^.ir»! un»* f'i(i'«» <!•■ jiiu'^m»'r!* f]u un diTofr du lilrf 
ril^ |»rf m I •' rr ^. Iiii s r<'nrl.iri.i'r:t.i'<^^ d»* i irt»-.!ip;inr<«, crf»)ar.m 
'[i\f« da Lr-'nn* humain. On rfl.il rit A:n«i .«"U« un .lulrr n'im \t% 
•* ocrullrs du n oyn .'•;«•, .i\fr ri*Mc •■«»ul»' tlifTirciiro qu'on 
nrir ?u nv-nd** moral rr (jtii «» nj ; ';.jM.iit j-f'-ri-'lrminriil au 
ph>*iqu'». Hr<*f, !•' d^Tfiit'r !::•'. iji** «•••.. hv.u* m rat I.i iiftf.iliun 
d** la M'i' n«v; il« ont «ni l.i •'•inp' !«• r ri |ar !•• f.ul l's I.i drlriii- 
pR intp^anl .i I l'^pril rnriif'n' .lu'.inl •! .«r.jfli's «!•■ T'i , l»s *n^r- 
1** p!ii« nu ii.r«'.rs f. rj'li •'* i!ti *! u^ mi!.!' un. A «•* ••fili<îiii' t:»Tr- 
PnrftlIo\ a\.iit joint rpp' ';ii« <» il •ii!- ^ s::r l.i \.i'iMr '!•'«» prrii^d 
[irilL.'jli'' \\i' I .'il':»- ; Ml i .1 > II* il«- Il .'■ r :\\ *Ti •■. T r'p"ni!i^ on 
it >P^ Hf^htrrhet $ar hi VknU'fr rf t fjnt /iMiy*«iiifi"rM rfititwg 

i*jn d'-'- an* tirs «î'irtr.ri'* 1! Il ii'.'''\ , Tr. ••«''.!■'> ^' fitir.l mi\«t!«*- 
i.^n^ ni i i:\r.iL'»' !■; \).' *-*' «ii» iil-Nt. î *i!'»' ^'■• i-i '|r:'I*iii *'inl 
^'•■pMix p •in:^. A: '• ^ .i^" r in\' | •■ '. •» •Î'-mx r» v!*-^ f..:::.i: l'n- 
■• l.i f'-tl'*' !•• »li" N- V. ''in , .1 ^ »\' r I m'i 1! i •• f ii;l i :»* .i-ir-filn* 
f» r iii*i'H (ji: î; t 1 .» ;ii'. i>^* .|ii. |i -ur r- r"!ii' v^v \ '*• lî-** | !i*'no- 

li l'xji i'1î:i r ; "J 'i : • 11 i!- .1 r.j ; ■ r'* r : «» iM^ni'"* 1 IT» l*» nu\ 

r !ii* H, |»r,.*ri\ s , Il ri'*- <i rl.-l> r i|rji- i ni. «1 n** I.i iMlurr de 
)i* , • •^'. lîî.f ii'-j" r--! lîMT «*•• •« !J frj II. ' il- Il f! .i'« T\' iji' . i-l ^p^- 
Mïl «lu f'rM'.'ii. I.i-, ;irjiiM I'?.' Il' ; ; m -■■• t '.i"p i-..ni.!i'» \-*UT 
II»» ayiîi'» !»■*». Il lîiiiNi^'.r: .1 *■.'.. .'.i «l- rr • r;ti- iiiii-r »t'u\ que 
r il *!i*\i"'"!'r«'^ l^^'l■ l»» 1 ! .^ il- ir»- !:"••'■ i». ' > i! \ a\ail on 
fl;l-il, un*- ,'i!:m* iii.iv.itt ri» .!■ , iiii i : inip»' •!•■ !.« I •■r;M-i', dl^ljni*t 
rp'i . f'IiiH if r «rj-i aj T'T » h "I.!:'. «îii !■ r:' •• «!•• ••.1 di««Milulion • 

f.nMi!ti* «îp p» !is'r. «l'I irr.t^-i't* d* ^ fT.lra\t'^ ipii l:i ;;»^npnl , dc- 
p inanif-' !»*r .i\fr i-r'ai; ■ r. l'^l !■ i*"iitr ..ir»- qui a liru. I.* s 
n^ p.ir II *«pi«ll»'* ••*' r»" •■!•' I.i \ji', \"\\i s afT.il.i:»^aiil n\rv rllo, 
■unenl quanM «'lîi' hrt'iiil . t»u plu'.nl cm «•• n«-.ii' dr l.i rrvMitinn 
«•s a la r«***-iiinn iU* I .iiiîri- ..!:i%' firvrait-Mp , iI.ids Imiti* li\' •»- 
conrluro di» I al1anr:iiis«>*n>i'ni •iin-« s^if lii-s f.i îiIi.'i dr 1 .V. • rl 
r di^'parili'*!! lînaii* a I i'pii.-i'ii:»nl «'l a l.i tr:"rl di* 1 .'inn' ilii*- 

La sinip!;r!lr d'* l'.'tiiîi'. riiliii , | irait riilitri^nn'iit invu pj'ihlo 
i muîlipîn'jii' drs iii'li's d"nl nu \ful qu'»l!f vil !•' -njii 1.! In 
■ IVn»Hilry s'iHTiip» i'n»«'ii!r di' n*p«'frlri' aux ••hj^rti-rj* •inT'i, 
t lui, do la I".iMs«»o nlf»« ijii'i 11 v f,iil ;:f'n' ra'f nu ni d*' ; n..!uro 
Dati'Ti' . dr ^'i «. Uvt's v\ i|.' s"s pinpr;.'îrN. nuand ■• iirrîind 

Htïr iri'oîi.p iIi1jj1i:i- rjihr.Li- I i,>r.' I\ '*'"':ji'.' li • !.i i-. j • '■ il la 
•lion d»* la pj'M'^r'' , un 'fulila' qin* roîlo i*s<pnfc i:"IJn «-' ' • "m- 
li de qurj dr«nl liinilt-r !•• nom'-ri» d.*H ph»''nnini'n-N r.i «'11'' «si 
R de prufiuire, siirlc»ul lorsque res p!i«»noinènos n'flppa:.' *M'nl 



SIA PRINCIPES. 

Jamais que dans un rapport étroit et constant avec d'antres qui tt 
pendent évidemment du corps? Mais c'est principalement aux tbéolii 
^icns que Priesticy avait à cœur de répondre. Grand érudit, veni 
dans la connaissance de l'hébreu, il oppose à ses adversaires le teiM 
mémo des livres saints qui témoignent bien plutôt , à son gré, de II 
matérialité que de la spiritualité de TAme. Dans Thypothèse de la soi 
ritualité , le dogme de la résurrection ne se conçoit plus^ ou il entrai» 
avec soi Pexistencc d'un purgatoire (il ne faut pas oublier que Prieslief 
est dissident et qu'il s'adresse à des théologiens de l'Eglise anglicane) 
<^t encore n'a-t-on pas résolu toutes les difiicultés que la question soo 
lève. Si l'Ame survit au corps, en cfTet, ou la sanction rémunératoii 
et pénale se trouve immédiatement appliquée, et la résurrection e 
inutile; ou bien il faut que l'Ame perde la pensée pour ne la recou\Ti 
qu'au jour du jugement, ce qui n'est pas moins contradictoire. Avec! 
matérialisme, toutes ces impossibilités disparaissent; il coupe court 
une fouie de questions autrement insolubles , telles que la question d< 
rapports du corps et de Tâme , et de l'immortalité des animaux. Prie 
tw l'adopte donc comme plus conforme aux données de l'expérieno 
delà raison et de la foi. 

C'est par des motifs analogues que Prieslley soutint contre Priée 
doctrine du déterminisme (the Doctrine of phUosophical necessity Ulu 
iraUd). On connaît son procédé ordinaire d'argumentation par voie < 
raisonnement : il met deux thèses en présence, et sans presque se* 
cuper des faits invoqués a l'appui de l'une ou de lautre, il compa 
les conséquences qui en résultent, et se prononce suivant qu'elles co 
cordent ou ne concordent pas avec d'autres vérités préalableme 
établies, ou supposées telles. Ainsi, dans celte question de déterm 
nisme, Priesticy combat la liberté, parce qu'elle lui parait en oppos 
tion avec la science infinie et la providence de Dion. 11 lui semble ei 
core que le système du libre arbitre, rompant la chaîne nécessaire d 
effets et des causes, tient toujours Ihonnne incertain dans l'attente» 
l'avenir, et le pousse par cela même à l'indifférence et au désespoi 
£t c^mmc le dêtenninisme , enlln , remet aux mains de Dieu le se 
des créatures , que Dieu ne peut vouloir absolument le mal d'aucui 
d'elles, parce qu'il est absolument bon, Priesticy se prononce en f 
veur do celte hypothèse qui , dans son opinion , autorise et sauvegan 
pour l'éternité nos plus chères espérances de bonheur. 

La liberté, du reste, n'eut jamais de plus fervent apologiste. Il 
défendit avec passion , avec éloquence contre le scepticisme de Hun 
{LftUrs to a phUosophical unbelitvcr) , et ne cessa de la réclamer soi 
toutes ses formes, civile, politique et reîipjie.use [an Essay on ihe fr 
prineiples of goveniment , and on ihe nature ofpoliticai , civil and r 
ijyious (ibrriy\ Toute sa vie fut d'accord avec ses doctrines. Il n'e 
jamais qu'une passion, celle du bien, de la vérité; noble cause 
laquelle il eut la force de sairifier ce qui tient le plus au cœur ( 
Thomme, ses projugés nationaux et reiijiioux. A. B. 

PR1X<^1PES [do printipium , i:^*;. commencement]. Nos jug 
meuts et les objets auxquels ils se rapporient peuvent se diviser en dei 
grandes classe;^ : les uns ptwsèdenl par eux-mêmes la certitude 



PRINCIPES. 217 

née que Dnu« Ifur ■ttnhuon^ ; !•*< auliv< n^ «nnl ffu'an^ di-ri\a- 
nt extrosiiin d un jij;:^ni«'iit nu d un •■!;• t iirtt-r.riir. t! i*«t aax 
rs qoc nous d"nnnii^ !•• n^ir»» ilo/rin^i^*« , pu.»* fjM . !h frn. |i^nt 
i.#»r r.inj dan^ !ut!Mtrs ii ...tii* r.i'lr»' [ff. ■*•••■ . | nni* qu»» le* 

I k'i rh'»M»% noti^ n*|rt h. nt«-nl n-rui: %• iino rlul: »• ij««n'. i!-» ft»r- 
» riiiiinii*nr(-::.t tit. hu i*lT l. !•• in l ;rir^i;./ a «i* ilmil. •• m'Ph : 
liqu^ a Id fois A ce f|M* imiiH iK'ii^or « 1 1 a i •* qui v^\ il um* nia- 
%i'Jont^, d un*' nianit-P' n** ••"•air»'. \. «xin::.^ !'»i!p rxi^'i-ncp 

ronnai^sanc'- '\ur nou^ ^m ini-^ fj-nts d .i«Ii:.»*l!rr *.in* la sup- 
\ d un»' r\i'»trr. "•• *'U d un* ri«iîn.ii* an-T aiiti-nrurr. Ajd^i . nous 
F'^aH-nn'iil qur Iht'u v^{ II' |irini-:p*' d - I um^rr^. 1 àii.r U* pnn- 

' Is f»r-li^f, tt t|U«* If'N m lllM'll:alli]U«*s uni {Milir |iMl:i .{»^S \c% 

s tX li's di tn.ilJ-r.-. 

.1 \u*iï\ qu 'Il .1 il-^l'fi^'U'* t (il d .tt»«<rd di'UX v^\»i'\u-^ di* ]irin- 

|»*s p" inr.pl ■^ lit* a r îiîm •»" ■fui» prtnrtf fi r* ijut»trfr*i\ v\ lr< 

i*> di* i • \''*l» r- ■• ffu •'if I »'••' '.*• , «tu, V » n.c !• •» ii|p»ilt' la 
.;Ui* ar«'!IiJli'î'- , l-^ |''i!i- ;|' «* f •i;.^.* M '■■«! prini:p«'* rrrlt. \ 
il •'Ir-' iiî.iivl ■!.!.• a iiîi ^irii'; •.•:.- irri-ri.-i! al "•' , i! h i**l pas 
d»' \':r ij'ii" r«-N d i.\ »■■ f'. ^ li i : in :| »■ • • M i:i^« paraMr^ dr 
turo : «ar r<*ii iTjini n'.lt-iT.'ir'- ..-: t- it t n *^ rli<iM-H, s.tiiiti par ]•*% 
; \f>% j !:;i*iii":i's î * pus h- . . s^ ; r- >. ■:•' i.i M •• ii.*i I; ::»'f:'-i' .' Iloni- 
par f \«'ir;p!«', Tf l:''ii h r . "i.ri*'..!" .-r I'' 1 1 c m-'* di* I t:ni«f*r« , 
ri»* s^il pas n* q*:-- *■ • -î «|u t.n** si.|.M ni"*' ri uni* «musi ï 1) un 
•".'••, l'tfsij i ii|i a n ■• m ii I uii.MT^.i Ar il la nti'i-^ri* d«' t-vs 
r.iniî.t'î.l i;r pa* •'■ app1nïu«r a I r\i*'<'Tir.' il u !a nnliirr des 
i]is>»'r:'iiiil !• *• I t:.' Il .1 ru li-ii : laiil i .iiia!\si* rsi n^ i*i*s*>airo 
il humain ]*f*".T *•• » riiTri'iîrr! On pnil dii' f;ur 1rs iirnrns. i«ii 

, sr * îjl M •,■!.; "^ jP-si;!!!' i"\rlll*.*rnirnl drs principrs lîr 1 r\i- 

#-1 i»'s ii.oliTi.' s i;. N I r::.«ipiH d*- I ir 'fiii.nssanro. I.rs f rriiM«*rs 
iirnl ;i >a\« ir d «mi \ii i.l r«:i.:\i*r.s r* il'* i|!i>i| i| m* (-•.|ii|iii«>r ; 1rs 
*e do:nani!rnt t\u* !s m. ni !• -^ «v.n r:.ts v\ !••% Ihin dr la priisfr, rt 
• a!eur n<'us pnu\i*ii> \ .iUa« Lrr pjr r.ip|Hirl aux ul-jK.s qu ils 
nl^'nt. 

charuno dr rrs doux rspr«-'s d'* j rinripi^s, il faul oXîiininrr si 
s il le> r|p-si *, Kl ;.'ii jii:;rnirn's ri 1rs (dij«*l> qui *r prfsfnlrnl 

nom, f'M *»<>nl \i'ril.iljlriiii-i:l dipriirs, MU s ils no l'onl nvii i|up 
!ipar;:!snn ; s*.! i-^l i!::p issi! |i* ili* ronre\oir qut Iqut* cliosp qui 

II aDl« rirur dans I rxi^lt* rirt» ou dans In pl*n^:^'^*• ri sl-a-fîjre 
re un pius htinl dr;:r* di* rrrlilndr, de m-vTsMir, dr ^i-nt*ra- 
I s'ils n uni ('iNnu la pri'inl'' qnr par rnppnrt a d auln-s jnce- 

à d aulrrs idjrts, n tiiiis (-•■ I.iui^, inouiN ^'"nt'raux . iiioin*» n**- 
»s; en d iiuln-s ii»rrin*s, li Tinl disiin;:ii'T rnln» I»'s promiers 
PS oi 1rs [Tinrip's s'Tond im-s , l-s pnr.r.p ■> .'ilisrilu*^ ri 1rs prin- 
idaMf.s, lf*s prinrip s drs \''rili'S nir- ss^ ri»> d mix drs \rrités 
:pnU»s. Par r\i :ii'!»», 1rs pr» iiiism-s û un sxlininsnir, uni' fnis ac- 
»« sont d"s prinrt|ir> par rapport a 1 1 ri>nrîii«i ^n qu'rllrs rrnf*T- 
niais elli's [>^rd n' r*» iiin* dr\ant drs prop-isiimus pins pMU'rnli'S, 
>ul devant rrlio .sur laquelN* rrpi'sr la rrriiluflr du rai>(.nnrnif*nt 
ne. On dira d<* nx^rni' que laUrarlion <>! Ir prinri|>o qui fait 
ir les aslros, que loxytftrno et rhydmprne sont les principes de 






216 PRINCIPES. 

jamais que dans un rapport étroit et constant avec d*aalres qd 
pendent évidemment du corps? Mais c'est principalement aux tM 
giens que Priestley avait à cœur de répondre. Grand érudit, vi 
dans la connaissance de l'hébreu , il oppose à ses adversaires le 
même des livres saints qui témoignent bien plutôt , à son gré, de 
matérialité que de la spiritualité de Tâme. Dans Thypothèse de]a^ii^^^ 
ritualité , le dogme de la résurrection ne se conçoit plus^ ou il entr; ' 
avec soi Texistence d'un purgatoire (il ne faut pas oublier que Pri 
est dissident et qu'il s'adresse à des Ihéologiens de l'Eglise anglicane) 
et encore n'a-t-on pas résolu toutes les difticultés que la question soo 
lève. Si r&me survit au corps, en effet, ou la sanction rémunéraloi 
et pénale se trouve immédiatement appliquée, et la résurrection 
inutile; ou bien il faut que l'âme perde la pensée pour ne la recou 
qu'au jour du jugement, ce qui n'est pas moins contradictoire. Avec le 
matérialisme, toutes ces impossibilités disparaissent; il coupe court' 
une foule de questions autrement insolubles, telles que la question d 
rapports du corps et de l'âme , et de l'immortalité des animaux. Pri< 
tte l'adopte donc comme plus conforme aux données de l'expérienoe, 
delà raison et de la foi. 

C'est par des motifs analogues que Priestley soutint contre Price li 
doctrine du déterminisme (/Âc Doctrine of philosophical necessity tWui- 
trated). On connaît son procédé ordinaire d'argumentation par voie de 
raisonnement : il met deux thèses en présence, et sans presque s'oc- 
cuper des faits invoqués à l'appui de l'une ou de l'autre, il compare 
les conséquences qui en résultent, et se prononce suivant qu'elles con- 
cordent ou ne concordent pas avec d'autres vérités préalablement - 
établies, ou supposées telles. Ainsi, dans celte question de détermi- 
nisme, Priestley combat la liberté, parce qu'elle lui parait en opposi- 
tion avec la science infinie et la providence de Dieu. Il lui semble en- 
core que le système du libre arbitre, rompant la chaîne nécessaire des 
effets et des causes , tient toujours 1 homme incertain dans l'attente de 
l'avenir, et le pousse par cela même à l'indifférence et au désespoir. 
Et comme le déterminisme , enfin , remet aux mains de Dieu le sort 
des créatures, que Dieu ne peut vouloir absolument le mal d'aucune 
d'elles, parce qu'il est absolument bon, Priestley se prononce en fa- 
veur de celte hypothèse qui , dans son opinion , autorise et sauvegarde 
pour l'éternité nos plus chères espérances de bonheur. 

La liberté, du reste, n'eut jamais de plus fervent apologiste. Il la 
défendit avec passion , avec éloquence contre le scepticisme de Hume 
{Letterg to a philosophical unbeliever) , et ne cessa de la réclamer sous 
toutes ses formes, civile, politique et religieuse {an Essay on ihe ûrst 
principles of govemment , and on tke nature of2)olitical , civil and re- 
iigious libertij). Toute sa vie fut d'accord avec ses doctrines. Il n'eut 
jamais qu'une passion, celle du bien, de la vérité; noble cause à 
laquelle il eut la force de sacriCer ce qui tient le plus au cœur de 
l'homme, ses préjugés nationaux et religieux. A. B. 

PRINCIPES [àe prineipium , i-^yr,, commencement]. Nos juge- 
ments et les objets auxquels ils se rapportent peuvent se diviser en deux 
grandes classes : les uns possèdent par eux-mêmes la certitude et 



PRINCIPES 317 

rf qof DMK l^ur aUnbuon^ ; I» s .iiitro« nr »nnl qu'an'' ()« ri\.i- 
f f\l^n«.ntn d un jtjt'»'mt-iit o« «J un . ! ;. i ;«r.t* r fur. •' ••*! nnx 
qur nous il>>nnori^ !•■ n-iTTi i!f / nn**!^/! , pir- ■• 'jm .!* fm jw-nl 
rr r.«Pj iJ.iriN i llr:n^r^ il ..ii.^ r,"lf'- j-'r*!* . | .ir i •• q'i** \vs 
!•*% ih'^'H iit'ii* r'*(ri *• r.l»*iil rn»i.r i* uiif rh.il: •• li.-ri'. i'* fiT- 
ï""i;iiiM'rni :;.f îjI. |.i; i-ir l, !•■ ni *. jtit 'i^^ a i »• «i'iu: •■ ^s-ws • 
lu'* .1 Li r'.H .1 Cl' «l'.f i.'-.i^ jwri»"? H 1 1 .1 I ■• qui i-^l li LiH- riia- 
J»*nt^ , (i un-' n..iTijiTt' n»- •■^^-rr»-; i ixi:.:..^ »■ ntr rxiss on' 
onnai*sinf»" «juo \\**\\^ * ir in««» f..r" i * •! .i«Ii .-llrp mh* la *up- 
; uT>' «•xjoîi'î. ■•• I \ i\ un- i*"i:ii.iiH .iii'i- .iii'.i-i"uri'. Aiii^i . nous 
:aii Mil iil «jni" I»:iti • *l !•• pri'H ;•• d • ! iin'.\iTN. I .ii;.«' If pnn- 
ll |i''li*«'. «l 'l'J" l'-" l!i illii*i:.alp{u«-s niit I . tîr |iM«:i .J>'*s Ir»» 

fX N-H lii-lii.ilj- f.'. 

\i'-n! qu 'Il a lî -vri^'U" l 'il lî .il" rij ili-nx i-sjuvi^ lif» | rin- 

^ p lîir.pi^ lîi" .1 I îiîi.i ^- ïjii' ^ir I Pi ^1^ l'f ri yjinir/|iii| fl !i»s 

ô»' i I \>l' 11- '• /'fil ••! I /*•' -.'é ,Mii,i-.« f:.^- !• s .i| |i« i!i' lil 

;.■■ ^t'i-iiunii'' . '■■* \'"''- '] ^ ! •Il-*'' 't '•■•» l'rsfiiifM's trr',t, \ 

• t' ■ ..î .iitI •!.!.■ il liT; • il" -■: ■■ T.''!: ■ i! .il i*. A \^ r*^\ ]>As 
:•• \ ;r ij'ii- Ifs (! ».\ - »■ * .: r : H' i * ■ r.î !:■• |'.tr.th!i* i|p 

,T*- I .ir iiili.ir.i [|l ;iV' ;!. .1 ..■; !- it ! C ' • ! "m ^ , s.li'-n J'.iF |i-S 

•■^ ■ jf'iij":i''» 1 ' ;■■ll^ I. ■*'.:. ■:•■ !.. 'i • n '. , j." ■■■ .' linTii- 
if iX'ir.jiî*', p- lï-'r « ! : . ^•.ii»!.»" .v i* ) < i im •* i!«' 1 i:ni\i-rs , 
•■ *.iiî |i.iN rf fj". • I • -'. •? . '.!;•■ ^-'.l *l rsi»- il urîi' imu*^* / Il un 
•■. .'.i«-qii«'n .1 |i ■ :i: n i (IIj.mt^.i li* i t l.i i;« »•• •>-;i' t\f ffs 

:: T.'.»'!.l lil- |...' ■•• .i{ I '.•i»i»r .i I rxi-''T.i-'' il a '.i nnluri' «!ps 
■;••-::•«. iril \., ^' ^ *.-.■' u i «-u li"ii : l.iri! I .in-ilv*»!' r^t ih ii-H^.nri* 

h'^rtMiii ji'i':r -• i :•. n r dn*! On [•••'i'. il i.- f;n.' Ii's ai'iri>, m 

-•■ •■ !il II -iM.; ■ ; r »-';;i' i-\i ]uv%iTiirni il'» |irinri|ii"N «If 1 ixi- 
•l !•■* ii.'uliTii' ^ i:- H I r: r i;,i * i|. Il I r.i ■ ^^.tnrr. ïjs j-rfiiMirs 
•Til .1 >ii\' jr •: '.'1 ^j- Il i'':i.:\- In i-' li ■ *\'i \ \\ »«•' i- i:;;n'»i'; !■ s 

(lr:!jnn'!t-ii'. qU''^ *• ni ;•■<« • ■ n •■: ''» i'. !■ n !•>!% di* l.i |"-ri*.ii', i*l 
leur iious |Miii\i.ii« \ .ilt.n l.iT jMr r.iji'i.rt aux dIji'In qu iIh 

'!iiUMini* dr ers di'ux f^p»"- ^ li'* | nnrip-*, il f.iul rx;iiiiinr*r si 

♦ l liN rl.'tHrs, ^i !-s j'i:.'i'iiirn'N *'\ Ifs idiifls qni *f pri-^riilf ni 
on:, i-n vjnl xcnlalilf inn l di^'ip's, nu .s ils nf \'t*u{ r« ru ipif 
[)ar;i'>''T. ; s'.! «'>l iî;:p ■•'«•»! !■• d'- rnnrf\oir qut-lquf rln"*** qui 

cinl*ii*"uT ian»» 1 i*\i«*l«inv nu dans la fii'n^fi», r « "^l-a-ilinî 
1 un filu^ liHil di'::r ' di» rrrliludf, df ni ••« '»^îlf . dr u* in'ra- 
«iN n uni • ! '• r^'i la prinntf qiir par r.-ip:nr( .1 d aulp s juup- 

d aiili'N ••■ j-N, I. inn»» C'* î.iiii^ . ni'im^ ;: nfr.iuN . n.iun-» iif- 
; en d iiulr-N ti'in.r*. il f.iul di'^lnï:;!:"!- rnlp* l^s pn-iniors 
I r-l 1rs ; liin-;: ■ s Hi-rund «lirs, l"s pri' i*.p n al.sr.lus 1 1 li's prin- 
iMTn . i'** prj:;iM;i s di'* \tiIi*s n'-r- s*a p'h ri ii-lx d.-'s xiTités 
nlf*. l'.i:' «A : ' ••. I»" pT' nns^is u un ^^)^^LM^'I.»^ i:nf f««is ac- 
MHil d «» [irt: f ;:i' N r .ir ranpurl a 1 1 niiniii^i n qu'i l'i's P'nf'T- 
nis fîlî'N p-T'! '.' «■•' lilp' lil \aiil dis pnip i^Minn»» pi-:s tfi'ruTali s. 
Id^xartl ii'lif .'!ir laquillf ri p"M' la irrijludi' du r.ii^«.niirnïfnl 
>. On dira d** nirmi* qur 1 JiltrnrlKUi r>l le prinr jk* qui fait 
le» astres, t\no I Dxyp.'nr* el I hydnifzrno sonl U^ pnncip*»s df 



jlft 



PRINCIPES. 



l'ran, inoiiaft ces pi^li^iMluit principes n aient rien de néceaa 
d'iih^'ilH. Iji ■îi'ifnroî i« .■ilonKlfmps .anorps . eî I' 'D i;onçoil faci; 
fju'i-n fdi-iint lin nouveau piîs -lie iitiissi» es lesoudre dans ai 
l'ipA <.ii{ipri'>iir. 

(^s priiifipM appnrnjs<'<>nt à noire espril ie 'nverses noauièr 
iU ne srtni cinnoN qii après ips laits ■>! irs lîonï^quences qui en i 
Innl; 'in nnns pn avnrts une cannai.' s milice .inlirieure ; ou ils se 
irent (Inn'i (ps fjijis mêmes, tniit en les domir-anl l'X en garilan 
rnr.ieliTPS diMinr.ls. De ià Irois sortes île scieni'es. puisqu'il o"; 
A" «'■i'-nec» sans primipes, cesl-n-dire sans i-ertiludc et sans 
i" les wienr^s nftturelles on physii|nes : i" tes sciences mal 
liqnes; .t" les sctpneps philosophiques. En ellet, les princip< 
re'liprchenl !ps spîenees nainrplles , eesl-à-dire les lois , les éli 
pt les ToroeA dont Tensemble conslitne l'univers; ees principes n 
veni iViro flt^eouverls qne p«r «ne ohservation labiirieuse de ti 
ruils, rlirectpment on itxliree.iemenl appréciables à nos sens. Par 
pl«, c'est par le» phénomènes de i'éleclricilé , du magnétisme 
rhiiip (l"s enrprt, que nous nons rai.<;ons nne idée du Uuide éleo 
mitirrti^tiqitp, el de la Tu rce appelée pesanteur. Les malhêmatiqi: 
iditiniire. déliutent par leurs principes : car il est évident qoe 
riniii'uis et li-s n^iinmes n'ont rien de commun avec lexperien 
clHTfliiTaJt en vain dans la nalnre quelque chose qui ressi'i:,bl< 
poiiil.i'Minclitcnr droite, A un Iriançle.pnrrHJI, à Dncarrépart'ail;( 
d'iiif iKijnl Idlisrrviition qui nous donne l'idée de ces ihoses. C 
pii-î. tiini plim, piir cIIp qui- nous vivons que la lisine droile est 
rouri rlHMiin d'un poiiii l'i ini iMitri, r.t que doux quantités éjrales 
iM^^nii- (r'>isii'-!nr sont ('■iri'lcs mire elles : car l'i'palilé parfaite, l 
(Iroilr u'i-xi'jinit pus ailieMi'.t qui' dans notre esprit, Enûn.Iespri 
sur l''Ki|iif|s reposent les wiciK-s idiilnsophiques, par exemple 
ri : loiit re qui (■(iniuieiui' d'e\isl''r a nne rause; tout phénoir" 
rnp|ii>rte ii un l'-lre un ii nui' sulislanie, nous sont dnnrés imn' 
ineiil livre leurs riiraetères rtisljnrlifs, e'esl-n-dire la nécc^fil^ 
niver^nlile, dans l.-s Taiis de enn-irieniv. Ili- nV>[ que par moi 
NHJs re qui ne pusse linrs de rimi et au-dessuB de moi. Je ue in'c 
moi ni^nip que par Iti i-nnseii' 
eevfiir queje pense, nniis s.ivuir 
fnuvie eiilie nui pensi-e el nuni i 
le priiieipe universel el nn-es^nii 
Klitis ji> no p>-nse pas nnu« npir, 
Innieieii ni(*ine temps done qne 
je nrapert:<u'« eouune une eati.se. 
nin prepre puissance, je deeouvi 
h\ enusi'i'l do l'elV.i. 

l>e ees lio^s séries de prtit 
s.'uls meiiii'iil ee nom ibf 
que souli ils no snpiMseul 
S.'Hl -.'U'ills :\ ,!,■. ,Mn.lili 
sens, si n.w I.Aeuil.-. onjiJ 
si )i) i.Mite. en (ii'n.-iMl. 
i>iHlaius s il V a iiuo orrtii 




PBINCIPrs. 



S19 



lîl'rl' -l- \iS-"' ^1 .1 '■■r-l:-. «■! i-^ fi't ■■«* ni'tiK* rfr 
i- < IU->-. i1< '] .. . ■;■■ (■ r j.*. t.- - M [,ls ti- l'iirf* i"o- 
(■ f. •■ tj'ii .« ]> ■:: ■■! :■ l ■!■■ r-« vir- > •- q!!.-*!.'!!» it d»- rf- 

r,„ . :■.:: . i, .1: :,: •; - . t, ■••■• . r I .t - .:rTiH ft.-ti.irr . la 

■ !. i;-i ;;. '. . .-l ■- ■■ ;':.l-':-iil ..;;■;■■■ I.i s .- H-'- .'.rs 

■■v: I'hm'*'ii 111» . Ml - •■ •■•it ■ (T ■[. .^iii-.ri psI \ru,r. 1' tic 

ii.« i iil n > .1 1 .1* ••■■ ]■'■ ■••• yur !».■■ i» n^ l'.iriii-uluTe 

•-; i]ii un- *■;• 1 j1-'.' iti-'ri'-. »i i!!»- n-i-n-hil n »'n hul. 

* ( p* il'i un »\»l-ri (■ I- in\'.f\ .k ]liv' ' clii' ■ pur riin>f- 

I "' I' FM r , >iir tf jH ml . » dro ri'r.«:<]< ration" '!<' diTini- 

irnn..i.-1'r-iniis !ik |.rir< ipr» [sr rapc-ri à rin'i'lip^ncc. 

.-.' .-t l■.•l|t^•' ■- I.<ti1.'Ti il" lli-n l<:.|- - \.-1l^n^•■/ H 1,1 f OU 

n •'.-• !..jiiiiii' .1 il.' j.-> li..:..L"i-, \'-\i: l'i. * ..(■■|_'- d" xom 



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*iu> n-niitilri'J'. lii^ml mi;- l- pr lilifiir le plus •■\v\f de 



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iil!ir.-|i.i,il.iiii-i 



* pli l""T-hi'pn"i il.- l'an- 

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lîniiPS. rnli Iiir nous 



liw-I 



nar'pir, -.ni tiiirlml p iir hM ';■■ •!• .■ itMmr !•' prnnpi- ile 
" . AriMnti-.cn rlirnlinnl .i r.-i-i.ntfr ;iu\ pi.-miirs 

Hoil n qtiilrr : U r.m-- iivlrup. I.i piium- (irai.', la 
l^boutti h Un*f»'i..n li-t. :il.- b 'i-iotuT nictrplij- 
IfcBt rn (lucUifii et l'ii ^ .iirr..-it..iil ii niic .iMt!\«r 

*- V rin'rU'--'i irii'iri'ri-. ;.li->iilit à i;fi sv- 

. Il c-( d-ui- im- 

■i:iiix (("i "n' rté 

to|ui(]o'i>ii i>; rititri'iliiis Ifi (i'>nri»s 

gdioii lie J..iiirrcï . oti In lur- i" 

Qiianl ail Traitf lU* rrrilt* J'ir- 

taiplGt de psychologie. 




ato PBiscus. 

PlUSCIîS DE MoLOMi, ou (le Thesprotie, philosophe néotihl» 
iiiciini , llririHKuJl vcirs le milieu da v° siècle de notre ère. Il était Jii 
H|)Io d' j'Mi^siuH , et f>n (lislin(;ua par ce ^cul fuit, qD'il repoouili 
tlii^iirKiii i-t luH prnlii|ues .supcrstitii^uses qui envahissaient alors l'énli 
«l'Alrxiiriilric. Koiiiipti ( Vitat mpitiuorun») csl le seul historien de l'i 
tjiliiili^ ([ui iiouN ait Imiisinis «un nom. X. 

l*IIIVATIO\ InTipKTicJ. Ce mot désigne, dans la doctrine d'Aii- 
Mtiili!, ce i|n<! l'Iiilun cl k'H lilfialcs appelaient non-itre (tô (t>i £v), eltl 
i|iH^ r»ii nniniiie v.ix f!t>ii6nil limitation chez les philosophes modenut, 

Ij's (^Irnti'H pnStondaieiit que la privation est le néant même ; c" 
ilinnit l'arin(^tiiilc , <■ li^ lum-Âlrc n'ost pas. m 

IMiiton , sVli'vntil eiititre orlte ehinicriqne doctrine qni exalte \'l 
parrail en iiiniit lo iiiiiridc, prouve dans le Sopkitte qae la privalita 
(lu ui>u iMre) n'est piiiiil lo ni^iitil; qun les £trfs finis qui peuplent la 
iiiiiiidc ne .saurait'til avoir, comme Dieu , la plénitude de l'être.'; qa'ilf 
Ailum', rn li'nr iiiilurc. iuiperrivtitin, ;tn>arii)(i;qu'encesensoDp«tA 
dire qu'ils no sont ps; que pourlanl ils existent et, en tant qo'ili 1 
Ittirliviin'nt des iiléf» qui xoiU Dieu nu^iiio , possèdent une réalité pos-^ 
liv*'. quoique empruiiti'e. I.n matière est ainsi réduite à l'élément d*- j 
^tttif d«>s 1-hii.sos. lti)|H'rrivtion , limite, mal, privation, nécessité, nii- -.- 
tièiv. sont, [Hiiir IHalon, des termes synonymes; le uon-èlre corres- ■ 
ptuiil A t'idee toKiiluc de (/i-frrmiHdti'oH, Les idées sont des limilatiou 
de Dieu , piin-i' quo rlmeum* d'elles riexprimo qu'une perfection par- 
Itollc de la imliiri' diviiu- . i-l à leur lour, les élres linis. ne possédml 
qu'iiiii' l'.iilili- ptirl lie l;i l'iTfiviii'ti eiinteiiue dans les iJttfj sont de» , 
limiLiliL'iii di- cis cssein-fs uIimIc,';. Ko un mol , la privation , le non- 
èiii>, t-ii M- iiiiMani tui\ littYv . tviislilue le iiioudo sensîhie ; elle n'a de 
plmv en Dieu qu'au re*;.ird d-- imu-; , en l;uit niu> nous le concevons , 
eoituue siiiuve umniio îles ('■/ 'i» et di-s iit'.itiir.'s ; nuis . considéré es 
lui mè.iie. Dieu i.mIim- Ut pk-tuUulo iibwluo d.- 



AiiKliUe n'tioiiïM' la d.vtriiio 


lerijioîi. Il 


lui ri.'iiroelie ^Pkyâiqat, 


li\. 1, 1-. 7, !> , V.t.ii-hi,uiH,-. li\ 


l\. M, Mi' 


■;i\i'iri-oiifondulapri»- 


fii'W. qui esl le n.m étiv eu -i.'!. 


l U /".rf:,-..r. 


qui ,l.-M,iilnon-èl.-«»' 


Ciiienli'l'ciiu-iil. » t'i- qui ivnsliUi 


• ii'iii éifi- fi- 


1 , dit ArUlole , c' *es^«^ 


iiiatiôiv in-lin'l!i-[in'ii[ u'véUii- .r 


lle furuii" tU 


tUHteit , aotaer'w;!^ 


firiiw do« .uilii-i loiiiii-i .in'i-Iîi- 


eiV pu r«.-« 


^^biiUck^^J 


li'UiiVs qu( v'iil l^■^ liinili-» cMii 


Tien de ctu 




iXkH h'Ttwa iiili>'iin\li,iiu-s /«.'as 


'-.',■»,. U 


^^^^^^M^^^^H 


1,-vuiiiio l'ijli'u r^illiriiu-, mu- y\n 


V no^atwn 


^^^^^^^^^^^^H 


peut lo J< (v«ic t:ile n c>t |m>s. ". 


1 ('lus. uni 


^^^^^^^^^^^^H 


que kV qui it ihik fiirine , in.ti^ ol! 


est U pal 


^^^^^^^^^^^^H 


Iruiivs; et eomtno de^xTit l.i !i> 


^^^^^^^^^^^^H 


t'.TIIl.-S pMSSlllll'.1. \A llliltl^U- .lc\ 


•ni ttWld^ 


^^^^^^^^^^^^H 


et n'est à vrai diiv m 1 u» »t 1 


•Il If», Ltt 




«isi la l'uiiiifj.' ii.<ii.':i.M-sil' 






deleriimiiv, ia-i-iII.- iiiliv l.i | 






et dcleriiiiiioiii 1 ol.'ihhi,- uv 






D'ailK'urs, xi !.. i..,.:,.^.o J 






une puissiiiiiv iHii'.tbit' Ji> 







PROBAIIILITI.. m 

[<iTWt.on fi «•■ {. rtr \rr> l'iru. Mjti la mali^Tf , 
.1 . ■ ■..•,Mi . ^Iili.ji..- J ;.i I (n..*i' n i'.r I l'Ir., Il . »l.,l|r 
■ . ■ i!f , m I < i:. Il- I. ■ K; •: ■ ,:■ j-Jifr Jiu 



:- ..ii... , 


;.- /V.i..ït,.U.,.r.!.. 


" -i'-' 


..i:'r.- ;.i l: ..: ■.. ..I,.[railp 


.-:...îl. 




-.;uti,.i.i 


.1, 1' --ih;»' !(:.■■ Il- qui rir*l 




. ...t ■!■•<.!■ iTivr 'If riin tj 


■ :.l l-r, 1 


l. ■! \T--l-. roMflif Intll |« 


,l.-,.u....i 




; li..ri.ii^.- 


11. .t.- -J. <>ul>ljriv*i irnit 


!l'I.-.i IJI 


i- i..v'alin.rfi.l.-:!...f.!r.int 


■ 1.1 .« !.- 


il-i i«î.nis. n- s)ur.».l J>lrf 


i:-f;.; 


■r«-|i- -!■■ I*lit..iÉ i..rH|ui1 


■ . .'. Il i. 


-.1 r..ïff II'.' ■> i 1-^ '.-'iitc 






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f.ju.i hf,. ■: liH.Ti . ni 




•1 »■■ .: ; _■••■ •'. ■ )«'Tff rtion 


!.■■ -;■.■.■ 


'i .1 I'. "l; I..1I- 1 itil|'T(>-i*- 



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lulu;r |iri%.ili\'- ilil iii.il, :i|T>'i f,ut:\ 

.-..[I .jrr.i ..■■:!.!■ r ..l...-ur, Vm% \.-\- 

. I,»M'. M-noilU-^ ; jf 

iliir.l!f.i.-if..r|is.... 

. i:.; r'.. .i\< r S' : li "• • l|]|>.in'.ltl<<ll« , il îfir llt)|'nn.<- 

:■ ■ |. ir l'Ur iii-rti-' |irii;rri' : iii d'-nr l.i njiiditu 

1 ■:.:-iir.lii r.inl'.ti>: !■• |-.<'iiir. ilt- l.i M-rludu iui>- 

;.:. .l.'lii..-i;i.-'!ui;:'.l.;I.-. 

■■!;.■■ i:i .111- f H'.- 1* r'i .lUnl'Ui- li.' 1,1 iicrf-'i-lmn aux 
r. Uli'' ji. [[■.■li..[j;i':.:lr.- (fcir L'ir ic.riit.Mtr- t<rit>rf. ■ 
.i-.f. l::.i,< M«f fii .hU,U h.'U, l-ijjrll..';^!-:!!; 

.:,»■.».. Au. II. 

ri:. N.-I-- Ir.i;! r .tl^ d.ltlS (Vt .\t\w\i- <ltr ll>'ll\ v.rli-s 

•: l.i |-r<l<it<i;:l.' i|Li'i'ii .i;i[K-lli- m-ahrinutiiur , el (|ui 
rv;Liii,Ll,.i[i jiiiiii'TiiJi' (l<-> r)iiii."-:i, <-[ 'l'une .luIrc 
e couipurli- i]uii>'tiii-n( uii>- li'Ur rtjlunt.Kn , i-t ijur 
rvb^tiiiitr yliil-i-fliîquf , gtarce 
m a l'idft- iiu^ n«ui n )ii^ f•ll^ inï lic l'unlrc 
'e qut i^il à lu TuiK l'un^iut: et !•■ tiirinc de 

'idér df Li prihabililé m^ilhviiia- 

' ^ du f'n fortuil; cl wllf-ci, 

rckulle (le l'idrêque nnu» 

, de Id êotiJarilé i-t de l'iii- 




^4 HfOBABILllt. 

içfi/éj$ pHT VtitykfU^u^ pour r^tptîUtr T^véDcrment injp'^bl^ : t 
U'ditti^ Vnhprii f/m*yni à yriori la rnimu p'Mt la^|tj^lk l'é^é 
n'4rnv<? pas), <îl ! <:Apém««;^ f/i:iU:rvi<;ril '|u«î pour iihuUrmtT w 

l>«: Uihut^.f iorM|»j'ijri*î rj/h^rn; <^ï»t r*'.u( hu\r^M par an corps a 
Vé'.^\ttu*Mf «n v<trlu 'J<; i'/^iXi'ï^th iu*U'\Mity4u\fti de ia préM:!*'*; > 
«i<î «^iîlNî ♦ipfj'îr*; <;« l<;i ÎMîM <1«î i'<:î»pa<:^;, il ^;,sl pliy-.iquf;n.':nl iri»p 
il li ;jrriv<« p;i«> qu<;, î;ur le fiofnl>n; inliiii d^; dircctiOiis dont i 
cliof|ijijfit <^}>l MifM:<f ptlbl<; , !<?;» rauv;» rnotncf:» lui sii'Til pr«:c 
donri/; r«ll<j qui va paHM:r par Uî <;crilr'; df; la sphcrc. Kn convr 
on i'idrn<:l riinp'/:/;iMlit*'^physi'|ii(M]u<;lasph('rc ne pn;nno p'isu 
vt^riit'.til dt; rotiilioti h\it dU;-rn^;nif; <;n fn<;mr; temps qu'un n.ou 
d't tiiii:«)l»tion. M l'irnoulhion <^;tail rommuniquéc par un ^rtr^: 
|i;mil qui viiAl a cm résultat, mais avec den sens d'une perfeelion 
il henjtl encore phy.siquernent itnt>o.ssitile qu'il en vint n }jot 
queliit qij<; fiU hon adresse , la direction de In force irnpul.si\ 
hutiordonn^-e y enlre de c'.rtaines liniiles d'écart ^ à des cat 
d/qieiidanlcH de ^a volonté et de son intelligence; et, pour | 
la dii«'clion dévie du centre de la sphère, le ntouvenient fl 
lion doit M! produire, ()n expliquerait de la inAnie manière 1 
iiitjilité physique admise par tout le monde , de mettre un côni 
en équiiihre sur sa pointe, quoique l'équilibre soit mathém.itif 
pos^dde \ et l'on ieiail des raisonnements analogues dans tou> 
eilés. 

AInhi qu'on vient de l'expliquer, l'événement physiquement 
hihli) ^'.elui qui , de fait, n'arrive pus, et sur l'apparition duquel 
iléraihonnahh: de compter tant qu'on n'embrasse qu'un nom 
d'i'prruven OU d'css'iis, c'esl-ii-dire tant ()u'on reste dans les cr 
de ia pratique et de rcxpérimce possible; est l'événement qu 
assimiler a l'exlrarlion d'une, houle blanche par un agent : 
quand l'urne renl'erme une seule boule blanche pour une in 
houleH noires; en d'autres termes, c'est l'événement qui n\i 
chuni'A favorable pour une inlinité de chances coitlraires. M 
donné te nom de pnihahiUt» mathéinaliqtte à la fraction (pii c\ 
rapport entre le nombie des chances favorables à un é\énein 
nombre total des eham*es ; en conséquence, on peut dire plus 
ment, dans le langage ref;u «les géomètres, (pic révéneinenl 
(luoment imjiiissihli^ est celui dont la probabilité nialhémaliqui 
Uniment pctile, ou tiuiibe au-dessous de toute fraction, si p«'ti 
ht HujipoM*. Il'un autre ciUé, il résulte de la théorie malheiiiat 
4MimbinaiMi|isque, qtH*lle (|ue suit la probabilité m«itheiiiati> 
événement A, dans une épreuve aléatoire, si l'on répète un In 
nombre de hus la nu>nu' épreuve, le rapport entre h* ikui 
éprcu\es qui auu'^ncnt revenement A et le nombre total îles i 
doit ditférer IrtVs-peu de ht proltabilité de re\énement A ou 
poil constant entre le nombre des chaiices qui lui siUit l'a\«rat 
niimbre total des chances pour cliaque cpreu\e en partu'ulier. 
peut accruitrt^ indelluimenl I * numliie des e|ireu>es, on fera i 
itidcllniment et l'on rendra aussi petite t|u'on le \oudra la pn 
que la ditfetvuce dch d«u\ rapports dépasse une quantité de 



PROUAHILITt. ta 

iVlIf Mil ; rt 1 '0 M* ra|i|irin h* ra .iinsi de plus en plus des cas 

ibilitf pl]\ <>iqu(* (*:li'% ti>iil a i h>*iarf. 

!•* i tnj.i-'* nj'-tir'UX 'loi r>>it\.tril .iii\ \i-rr.i-'i abstraites fi 

iit*H ni.tlh«-i::.it '{Ut"» fl >!•- ii !:.• ;.i[ Ii\m<]ui*. UDf rhoM? rsl 

.'•.i I !!i- :.•' i t-*i j».i% il li V .1 |..i* ■:«■ iiivri*> d»* iH»s>iliilit4^ ou 

;!'.!. t»- Mji^, «Î i:.-* •" ri!r«- il< % f.i."'» jl.\«».q';r*» il Jr* rra'.itfs 

*Ij* -»► ti"* !■ " *t :iH. ! r-'ij'ji* «!•"* f.uî* ■ : {hi'iion » iirs rtinirairt's 

• •;■..!'-"' «î»- *« I r il...'- tl ^ |i «îu.Tiil f'iïi t î.Mij.t lit s«i" Il 
.:.■.." li* î ■r'.u;'.- H lîi- • it'.uip'h r iijM'.s «anaM^'N *'{ iiiilr}M h- 
..r.*' '-(■:• u\'' .1 1 .ititr*- . .imi- d .iirr<*s cauMs uu r<if)diti«ins 
•* \ i. T>'j.^^ !i'. '. • !.*••:?.! !•■ i|»% •■(•rcU\*'s , lî r«t haturt-i d»* r»'- 
r. { ! ■ : -■ • tp- • ri :i i iloU' •! ur.*- Ii.ihiji tt- d autai l \A\i> f;r.iiid«* 
'.liiTi- . Kl] • - r: I!.'- I '.(i.l >1 .lUf.ii.l |>!u^ |'<i>^dile, df fait mu ph\ - 
,1. {u .1 sr r-{r •:!..'. plu^ ^u\i*nt dans UD grand nmiitre 

• «. I.i I t-iImI'...'.- ri..i'.hi*[ii.il:{ut' «ii'\h*iil alors la iiirsurodo la 
r^ j.K*jH'jue, ri I uth* di* v*'> I \[ir*-<><>hiit p« ul rlr<' \ir\^o \totàT 

. a\.ilil.ij«* d • ri l.i'-ii, •• *■%{ d ifulii] .•T li*'l(eO)ri)t l l'ii^trliff 
*p >rt i]iii n<* t:i-rit pi-» a n 'lu- i:..iini-rf d«- jupT (>u d>* s^^nlir, 
•i un ir<<JiviiJu a î .iijtrf . 1:1.11^ ijiji <>ijti«;H;r t*nlr<* li*!« rhumes 
Ta: ;• rt ;ii>- la u.itiiri* ri a:riti< n! il i}ijr 1 ••|i<«i*r\atiiinmanift*sU* 
.. * ••: r''n\.% •••■ r« [■••l«"i.l .•"•N» / | ••\.t « <»:i,| i»: mt Ii"* un* par l»-.s 
. .^ !'-^ f!!^' l^ du" .t •!■ •» • iij-»» *» f rli.î' •» il irr'v'Jli»ri-H , e{ p-mr 
j » .îitr.i.r»' »rj «v.î r.'«- !i p. ri •! .: l'm fiit , >i prlili* qu rlln 
. ,.,->. -s ri',.Mil." r» ^ t ! r iis'..ii;;f N. im. i.-.- i •'].! .'irrivr .sans ci*" si' 
•ir*' 'i» *» ph- ij"ii;''iji " i.alui'i^ •■'» df* f.iil* "■■«i.ujx. 
î .: .i;i* p.i'» «-.xai l •!•■ ilir.-. a\ri- Hune. • qu*» If hasard nVsl que 
.«■»■ -li hn\ï> siirnri «N d»^ \irilaMi s rausr.s; a «lU , a\»T Ijiplare, 
. pr"l-ilii!ilf r*l r'!aîi\f «n p.irln- a n»N mniMissaniTS , en 
Il ilr'* un rai.-f : - d»- ^nrli* qm», priur Uhr iiili-îii^'riioe .supè- 
ui * iurail d»rii'*'' r Inus-* lr% i ausrs tl rn *ui\ri' tous les elTrls, 
r dt-^ [•r(>|i,it>,ii'.r<« ii..iitii*i:;.iti pii-^ s i'\an<uirait.faute d ntijrt. 
iti'.ii' iii**\ iW ha t*ird II indi>|iii' [mh uih' rau>r sotistanliHU* , 
'.' idi'e: l'i'rit* idn' i-«* (■•■l.«' iii* l.t l'niiihin.iiMin rnln* pIuM«'ur.s 
% di' r.'iij^rs MU d«' f.i !<> qiii «•■ dt'\« l'ipp-nt (h.niii) dans «a mtic 
.nd«-p'*nd.iiiin i-nl irs lhh ^\^ s .-iulri>. I i.f iiil* hu'i ni*r .su|m-- 
1 hiiitiiit' n<* •LtTiTi'r.iil 'if i li-iii.iii*' .1 ri't tu-trd qu i-n rt* qu rtu' 
>t'r.iit iifiiiN M*u\i*iil ipii' lui. mu ut<''(i:i* . si 1 un \rut , ne m; 
ail jiiiiaiN dans l'usa^^f tic nlli- •I41111M1* dt* la raison. Klli* nr 
is exp'iM'f.i n :.Mrd-r r »iui\u' inil<'fH-ndanl«*sd«*s vm-s quis'in- 
it réi'll»' ri«'nl, mu , par i* 'iilri-, a m* ni:urer di*N Ihun di' >oiida- 
*€ d^'s iMUSf.s r^oliiMnenl iiidi'pi*ndanl«*>. l'jlf frrail a\i'r une 
inde .sùrrtë, ou ni^nit* a\*^\: une «-xurliludi' rijnureUM', la part 
BDl au bavard dans le de\i'lnppt in*-nl siitvt smI tl> > pli('niiiiii'iii'<>. 
reii capable d'asM;:niT à yiv^n lt*s rt'^ultals du l'uncuurs de 
■dépendantes, dans di*s ras uu nnus sMrntii('> (dili^t.s de rc- 
k l'expérience , à cau.s<* de rinipiTftvlnin de di;S Iheuries et de 
■MCBla itientinqaes. En un moi, elle piiuss<*rait plus loin que 
■||M|penii mieux la théorie de ces rapports mathématiques, 
"il do hasard, et qu** l'expérieDce ou I obser\ation 
Dl M Uni que lois de la nature , aussi bien en ce 

is 



296 PROBABILITÉ. 

qui concerne les actes réfléchis de^|ètres libres, qn^en ce qui tientia 
des forces mécaniques ou aux délerminations fatales de l*appélil et 
rîDstinct. 

A la vérité y les géomèlres ont appliqué leur Ihéorîe des cbanca 
des Combinaisons à deux ordres de questions bien distinctes , et qi 
ont parfois mal à propos confondues : à des questions de pou 
qui ont une valeur tout objective, ainsi qu'on vient de l'expliquer 
à des quesixons ôe probabiUté , dans le sens vulgaire du mot, qai 
en effet relatives en partie à nos connaissances , en partie à notre i 
rance. Quand nous disons que la probabilité mathématique d'am 
on sonnez au jeu de trictrac est la fraction ^ , nous pouvons avoir 
Vne un jugement de possibilité; et alors cela signifie que si les dés 
parfaitement réguliers et homogènes , de manière qu'il n*y ail ao 
toison prise dans leur stracture physique pour qu'une face soitam 
iïe préférence à l'autre , le nombre des sonnez amenés dans an 
nombre de coups, par des forces impulsives dont la direction, v 
d*nn coup à l'antre, est absolument indépendante des points i 
snr les faces, sera sensiblement un -r^ du nombre total des coups, 
nous pouvons aussi avoir en vue un jugement de simple probabi 
et alors il suffit que nous ignorions si lesdés sont réguliers ou noD, 
dans quel sens agissent les irrégularités de structure, si elles exis 
pour que nous n'ayons aucune raison de supposer qu'une face 
rattra plutôt que l'autre. Alors l'apparition du sonnez, pour laquelle 
n'y a qu'une combinaison sur trente-six, sera moins probable rel 
vement à nous que celle du point deux et as, en faveur.de laq 
nous comptons deux combinaisons , suivant que l'as se trouve sor 
dé ou sur l'autre : bien que ce dernier événement soit peut-être ph; 
quement moins possible, ou même impossible. Si un joueur parie 
sonnez et un autre pour deux et as, il n y aura pas moyen de 
leurs enjeux autrement que dans le rapport d'un à deux, et l'éq 
sera satisfaite par ce règlement, aussi bien qu'elle pourrait l'être 
Ton était certain d'une parfaite égalité de structure; tandis qœ 
même règlement sérail inique de la part de l'arbitre qui saurait 
les dés sont pipés et en quel sens. 

En général, si, dans Tetat d'imperfection de nos connaissances, norf 
n'avons aucune raison de supposer qu'une combinaison arrive plusfii^ 
cilement qu'une autre, quoique, en réalité, ces combinaisons soiefli 
autant d'événements dont les possibilités physiques ont pour mesorî 
des fractions inégales; et, si nous entendons par probabilité d*nn év& 
nement le rapport entre le nombre des combinaisons qui lui sont favtr 
râbles et le nombre total des combinaisons que l'imperfection de noi 
connaissances nous fait ranger sur la même ligne, cette probabilirf 
cessera d'exprimer un rapport subsistant réellement et objectivemflri 
entre les ehoses; elle prendra un caractère purement subjectif, et sa 
susceptible de varier d'un individu à un autre, selon le degré de â 
connaissances. Elle aura encore une valeur maihématique, en ce seU 
qu'elle pourra et que même elle devra servir à fixer les conditions d'ril 
pari ou de tout autre marché aléatoire. Elle aura de plus cette vaT"^ 

f^ratique y d'offrir une règle de conduite propre à nous déterminer 
'absence de tonte autre raison déterminante) dans des cas o& il 



PROBABILITÉ. 2^7 

îF?meDt prendre on parti. Mais ce ne sont point là les impor- 
pp!xà*.kjr.5, daris Tordre des phéBomèoes nalarels, que noos 
:irs rcrtoQl en vae , en rappelant ici les vrais principes de la 
i^î pr Lîliii^és m^lhémaliquesy et en diseuULlles idées fon- 
s.'> '4 lu oer.e théorie procède. 
pfZ'tjtiliît phiioiophl^ue. P.yjr mieox préciser les idées, noas 

15 c'èb'-rd a d^sex^'fïjplt-s fictifs, atslrails, mais très-simpies. 
:is doLC qu'urfr granieur scj-lte a varier, soit susceptible de 

!rs %â!*:srs exprimées par !a suite des nombres de 1 à 10000, 
i^â'Tr ol >^r\at:or2S ca mesures consécutives de celte grandeor 
:LLi quatre nombres, l^rls que : 

23, 100, 400, 1600, 

CLe progression régnlière, et dont la régularité consiste en ce 
qu^ LOu.bre esi le quadruple du précédent : on sera très-porté 
qi CD tel résultat n'est p'>:Dt fortuit; qui! d a pas été amené 
: 'i^-era'.ion C':mparf.b!e a quatre tirage-s fdiis au hasard dans 
:r *:zl coLtiencrait 10.000 billets, sur chacun desquels sérail 
. .LG^s nombres de 1 à 10,000; mais qj'il indique, aa con- 
->s s'.eace de quelque loi r'gj;:ère dans la variation de la 
-r ci5^r\ée, en correspondance a\ec Tordre de succession des 

;-3iîre nombres amenés par l'observa'.i'^rj pourraient offrir, an 

à pro^'ress on r i.quù-, uis^ au ire ioi ariihmélique quel .-onque. 
rri.'i:'. f-rrr.^r, par exeu.ple, quatre termes duLC progression 
q -r..e la. d.ffçrer.ce d un terme au <ui\aDt serait coLSiante, on 
Vm-rs pr.s COLS -cul: Vrment dans ia sér:*» des nombres carrés ; 

r:.' ''.re i!^ pourraient appartenir à l'nce di^s séries des nombres 
3:p:r'..e c>j^.q';es. triinjuldires , pvrairijddux , etc. Il va plus 
. -s: b.erj i:jipor*.ant à rerjiarquer. , les aigébri^tes n'ont pas de 

tézioalrer qjon p^ul ioujoirs ass'gner une loi mathématique 
De une iriûr.ilé de lois mathématiques oiiï'-rtntes les ulcs des 

q^i i.enl en Ire eîies l-?s valeurs successi\ement aîi.enées, qael 
...: ie nombre, et quelques irrégularités que présente, au pre- 
-..p d œù , le tableau de ces \ù!eur5 consécutives. 
>irUnt hi !oi mathéma-ique à !a\]ue!le ii faut recourir pour lier 
j\ .cs nombres observés était d'une expression de plus en plos 
^■^, il devie&draiî de mo.ns en moins probable, «-n l'absence 

iit'e ini.ce. qu* îa succes^i n de ces nombres n>>t pas refTet 
^rd, c'e-ït-a-dire de causes ir^iépendunles. d'nt chacune aurait 

chaque observat.on p^ir.icu.icre : tandis que, lorsque la loi 
K?^ pir sa sîmpl.cité, lî nous répagne d'admettre que les va- 
^ariACiàièr^s soient sans liaison entre eiïes, et que le hasard ait 
i:ca ao rappro hement or s-r%é. 

&, en q-uOi cons^ïte préc2sé:X'enl la simplicité d'une loi? Coiii- 
a*3iparer et ech-lonner, sous ce rdpport. les lois infiniment 
fr q-je î esprit est capable de concevoir et auxquelles, lo:s]u*il 
!3e nombres, i! est possible d assgner une expression malhôriia- 

Teîie loi peut paraître plus sioiple qu'une autre à certains 
>9 et moins simple lorsqu'on les envisage toutes deux d'oo point 



238 PROBABILITÉ. 

de vue différent. Dans l'expression de Tune n'entreront qa'an i 
nombre de termes ou de signes d'opérations; mais, d'un auti 
ces opérations seront d'un ordre plus élevé ; el ainsi de suite. 

Pour qu'on pût réduire à la probabilité mathématique le ji 
de probabilité fondé sur le caractère de simplicité que présente 
observée, entre tant d'autres qui auraient pu se présenter aus 
si la loi prétendue n'était qu'un fait résultant de la combinai: 
taite de causes sans liaison entre elles, il faudrait premièremei 
fût à même de faire deux catégories tranchées, l'une des lois i 
simples, l'autre des lois auxquelles ce caractère de simplicité 
vient pas. Il faudrait, en second lieu , qu'on fût autorisé à m( 
la même ligne toutes celles qu'on aurait rangées dans la méc 
gorie, et, par exemple, que toutes les lois réputées simples 
simples au même degré. Il faudrait, en dernier lieu , que Je no 
lois fût limité dans chaque catégorie; ou bien, si les nombres 
de part et d'autre illimités, il faudrait que, tandis qu'ils croisse 
finiment, leur rapport tendît vers une limite finie et assignable, 
il arrive pour les cas auxquels s'applique le calcul des probabil 
thématiques. Mais aucune de ces suppositions n'est admissible 
conséquence , par une triple raison , la réduction dont il s'agit ( 
réputée radicalement impossible. 

Lorsqu'à l'inspection d'une suite de valeurs numériques , o 
ainsi qu'il a été expliqué plus haut, on a choisi, entre TinfiniU 
mathématiques susceptibles de les relier, celle qui nous frappe 
par sa simplicité, et qu'ensuite des observations ultérieures i 
d'autres valeurs soumises à la même loi , la probabilité qi 
marche régulière des observations n'est pas l'effet du hasard 
demment en croissant avec le nombre des observations nouvi 
même elle devient bientôt telle, qu'il ne reste plus à cet é 
moindre doute à tout esprit raisonnable. Si, au contraire, la 
suraée ne se soutient pas dans les résultats des observations do 
il faudra bien l'abandonner pour la suite , et reconnaître qu 
gouverne pas l'ensemble de la série; mais il ne résultera ps 
nécessairement que la régularité affectée par les observations 
dentés soit l'effet d'un pur hasard : car on conçoit très-bien 
causes constantes et régulières agissent pour une portion de 
et non pour le surplus. L'une et l'autre hypothèse auront lei 
habilités respectives; seulement, pour les raisons déjà indiqua 
probabilités ne seront pas de la nature de celles qu'on peut en 
comparer numériquement. 

Il pourrait aussi se faire que la loi simple dont nous sommes 
à la vue du tableau des observations s'appliquât non pas préci 
aux valeurs observées, mais à d'autres valeurs qui en son 
voisines. L'idée qui viendrait alors , c'est que les effets régulier 
cause constante et principale se compliquent des effets de 
accessoires et perturbatrices, qui peuvent elles-mêmes étr^ se 
à des lois régulières , constantes pour toute la série des valears 
vées, ou varier irrégulièrement et fortuitement d'une valent à 
Mais la prot^abilité qu'il en est ainsi se lie évidemment à la into 
de Texistence d'une loi régulière dans le cap «^"^ 



PnOBAIHI.ITÉ. 

li!udt*r»^ f!'iil»ord , ^t rIV n** Murail , plus qur crlle-là , rom- 
n^ r%jlu.iiiiin nun)t-r:^ui*. 

/■rr. N ni»f* |Mn%vnl r»xi'lir uno r«rn»' ^v- mr'nqiie que cfr- 
r l^ <ii* r»iil I :u»» * 'iiti'T'. >in»|H.H«n* û-i r que di\ p^unts 
i'!r»* l *fr\»* I- ti;n •• .li'.i'ït t\r p'*i : tns J tm point iihiImI^ 
.m . ••! qL»' ri'^ t:i\ | ■ .i.u *.• irMUM-hl .1) ; if l« n r .1 ur o nronn- 
\$- i-t-r '•• «'ij II i * îri \ AS. .1 .iiîii.t'/ri' •]!.• ii"i" l'iiiuiili'iirr 
iïe ft>r*.ii.t. •! •; ■ •- ■<- iiil ) .•' lu* ii . iiu r [.'.r.iir**. qur li* pciinl 
«l a««ii/'l:t .1 rS-iTirc ^ur i** pi.in uii*' ' ..mi*- i :ri- i!»ii:f . S les dm 
• r.iri.i'-nî f'irî j»'i, «itr % 1 n ^n* eu d-ir»"* 1 initr»*, d'une nr- 
«-!• <if « • ri !t' t "ii\' i .i!' • ■ •Til tr.ici»- . • n atTihu' r.iit Ifs érarU 
'•■i.r^ il "li*ir\.il ••Il ■Il .1 il- ^ r.ui*i N |.f-rli.rtMti:r^% ri M*ron- 
■I .'■'! !]'.•' (!«■ ri'ii> lii t r il 1 A*r qu uuv rai.v ri>:uliêrt* diri|!e 
•r:.» ni «il* M l- •*. 

. it-' I lui • r Mir Tin»' » .rri«i.f.r''Iiii* i\r i-iT-lf, Ir* |K*inl*> ob- 

■•"•.i.'-ni iiri •■r. ij- s ^ur ui.»- r.ri[is -, ^m i.n«" fiarAl)nii* , sur 
:'.• *['• l'iifli-N i:i\if*i*, ^ii*i j.'i! i* iîi'.'i' rn>iilH'iriitiqiie- 

;.r ;i"« ; •[ l'.i'li •' ..1 l!i<' I .•• |.-<i s • n •• • [,« i^ii > u |f« ut toU/UfK 

*iT |-.ir 1" -» I' i.s i.|-.r\i-'», q.il qi. I h - il ir n'iriiliff . une 

|. I .li'î • -. ^ïi*.-. |,:.' . s .1 M., iji '.m; .r. Il .1':. •• .ili |iif*. qijni>|UC 

iT' 1 1.\* ::.'-nl <!• • r.: [• r i*- !:■ ! 1 >- !:• ^*'.\ i > 1 1 iii- ni I iiuirc d«* 

[•••H, v\ iji* M* ir- \i\r %is^\,j. ,;.!• il.iijN M II îr.iii* a auriuii* loi 

• 

I ilili'.i- qut* li-N {i'II.Ih <k<inl di^'^rntin^ sur lo phin d'afin h dfs 
'N n^Milii-ri's <!• |f'ii(Jr.i «lniii- dr la sinipiu'.lè (;u un atU ihiiera 
rlir I .ir j.iqu* l!i' ••11 |it ul I«*n nvii-r , ^ml i-xarlriiriii • vut en 
i-t'rîaitiH iTarN. lir. a-^ iz^niutU rs ^.i%i*nt i»ii'm que toule rlas- 

il>s .ijnt'H. d aprt's ji-ur >iiii|«!ii'iii* . vs{ p us nu m<Mn$ arttfl- 
art) traiT'*. Il n'e^l il>in« pa*» inisNiM.*, pnnr les raiMins drjà 
«>, qu*' l'i'lt** pr'ib.itiiiui' t'iiiiiporlf uni* fx.i.untii n nunierique , 
v!li' qui rt'NU.t** df 1.1 diNliiiitiMM di > rh.iiiros ra\oraljlf5 ou 
> a la pr"lurli<in t un i-v>'n«-iMrnl. 

j'ir^qu»* Kfp:<T i-iil lri»ii\«* q«i ««n pny^aii repré«'enler le mnu- 
1*> plaijrl' N, m adiiii-ltaiil i|u i'll<'> di'rri\i'nl des ellipM*s dont 
nivup** un tl«'H f<>\iT*», cl qu il eul pnqiMM* de >uh<>tituer retio 
•n i:i-(*rii«-lriquf aux riiinhinaiMins di* niou^rnienls nreuluiret, 
ntriquf* il r/'f-yr/fji , dtinl ie^ ustronumeN avaient fait u^^aïKc 
Ul ::uid»-s qu iK étaient par l'idée d'une certaine |>erferli(in 

au ei'rrie. et qui de\ail nirreN|>i)ndre a la perfection des 
êle^tes , sa nou\i'lli* li\ (lOititS** ne re|Nisjil elle-nit^nie que sur 

la perft*elion ou de la Minplinlr de 1 ellipse, d'où naissaient 
propriétés remarquables qui axaient dû attirer l'altentioD ei 
la sa^'aeité des fcé(tm«*tres iinmediatemenl apr^s les propriétés 
e. Ed effet, le tracé elliptique ne p(iu\ait relier lensemble des 
ions astronomiques que d*iine manière approchée, tant à canie 
srs dont les obserxations mêmes étaient nécessairement affec- 
*«■ raison des forces perturbatnres qui allèreDl sensiblement 
'^ eUiptîqne. Une courbe oxale , qui diiïère peu d'un cercle , 
«Kûni d'one ellipse cboi&ie convenablement; mais» 
cUipliqne comme une loi de la nature, il 



2S0 PROBABILITE. 

fallait partir de l'idée que la nature suit de préférence des lois s 
comme celles qui nous guident dans nos conceplions abstraites; 
lait trouver, dans la contemplation des rapports mathématique 
motifs de préférer, comme plus simple, Ihypothèse du mon\en 
liptique à celle des mouvements circulaires conibinés. Or, de to 
il ne pouvait résulter que des inductions philosophiques plus ou 
probables, et dont la probabilité n*était nullement assignable ei 
bres, jusqu^à ce que la théorie newtonienne, en donnant à h 
raison du mouvement elliptique et des perturbations qui Fal 
eût mis hors de toute contestation sérieuse la découverte de Ki 
ses droits à une gloire impérissable. 

En général , une théorie scienliGque quelconque, imaginée p 
lier un certain nombre de faits trouvés par l'observation , peut 
similéeà la courbe que Ton trace d'après une définition malhéni 
en s'imposant la condition de l'a faire passer par on certain noD 
points donnés d'avance. Le jugement que la raison porte sur h 
objective de cette théorie est un jugement probable, dont la p 
lité tient d'une part à la simplicité de la formule théorique, 
part au nombre de faits ou de groupes de faits qu'elle relie : l< 
groupe devant comprendre touâ les faits qui sont une suite les 
autres, ou qui s'expliquent déjà les uns par les autres, indépi 
ment de l'hypothèse théorique. S'il faut compliquer la formule 
sure que de nouveaux faits se révèlent à l'observation, elle de' 
moins en moins probable, en tant que loi de la nature, ou en t 
l'esprit y attacherait une valeur objective ; ce n'est bientôt plo 
échafaudage artificiel qui croule enfin, lorsque, par un sun 
complication, elle perd même l'utilité d'un système artificie 
d'aider le travail de la pensée et de diriger les recherches. Si, 
traire , les faits acquis à l'observation postérieurement à la ce 
tion de l'hypothèse sont reliés par elle aussi bien que les faits 
servi à la construire; si surtout des faits prévus comme conï^é» 
de l'hypothèse reçoivent des observations postérieures une co 
tion éclatante, la probabilité de l'hypothèse peut aller jusqu'à 
ser aucune place au doute dans tout esprit suffisamment éclain 
tronomie nous en fournit le plus magnifique exemple dans la 
newtonienne de la gravitation , qui a permis de calculer avec 
minutieuse exactitude les mouvements des corps célestes j qui ; 
compte jusqu'ici de toutes leurs irrégularités apparentes; qui e 
prévoir plusieurs avant que l'observation ne les eût démêlées , 
indiqué à l'observateur les régions du ciel où il devait chercher 
très inaperQas. 

Cet accord soutenu n'emporte cependant pas une démonstral 
melle, comme celles qui servent à établir les vérités géoméiriq 
ne réduirait pas à l'absurde le sophiste à qui il plairait de mettr 
accord sur le compte du basard. L'accord observé n'emporte 
probabilité, mais une probabilité comparable à celle de levé 
réputé physiquement certain, ou dont le contraire est réputé 
quement impossible , en prenant ces termes dans le sens qui a 
pliqii^éplus haut; et i| serait contre la nature des choses qu' 
physique pût être établie d'une autre manière. 



PROBABIUTE. »l 

I pa« df qui*«tmn '!•■ |ih\«. jn^ i|'ii no «oi( propre à nooi foor- 

i jpr«'s avutf |ir;s i!f '. ji' .1 la |ri'*<ki.i't ainii'«}.li**riqii«* ordi- 

«ijiin.i'ii'- suii-f %•» \*v ' i.t i.i n .i^M' ij «iir riiVriiirr lUns DD 

. .1 d»'^ jir»*H*.i,r* df ij.'ux , tir tr :*. ■Ji- ifiulr*-... , Uf d>& al- 

^ i ri l' u\«r.i a\w \'' \ ùii •■ «i-- I t'i'- M j**i» d ait « *l d* \i'i u 

I lî.» M la «.'■ : .1 , !•■ 1 •.'*. '.* «J'.'ri.... il- d>\it*a r d'' ir qu'il 

.îi\t II i-i.t. li I si 1 1; t . .( ijni- I r «is!r un*' ht ft»rt iin|M>ri.ih!c9 
ciuux«-rli* t si altr.) u* i- .1 M.ir: ..;•- 1 u .1 Ii«>)Ie, el que oi-US 
II» >• u« il' r '•*' dt- ••, <ii- M.i- i '.II*. A !•! r>i:uriir , 1rs di\ riipc- 
d.'^HTN lu- di-iM !,.rr'- fil }■ .s iT'ii" ; 1 ; 'lur d * prp«si«»n* in- 
'e*. j«ir •xi": ;■ ■• î 'jT .1 |r«*s. n .'.■ d» u\ ..Iii'.n*| hi-rr» ri 
■ jj^* ii.'i.l '\ur i.'-uh |. r'rr>«i.H i-ii .tMiMiiitr.t qui' «i-ltr !• i *>i)t»- 
l-'ulr'N !•■« \,i!i iifs •!•' !.i !•'• «% •Il d'cfi»* <i (ji\ aln.t s|-kit*rt*S| 
:ii>''i:i {•. rj! '• ;: 1 1 \ \ .(:« qi .tin i«ni* ' XI»- r.*M«'t' bf p« ul rfiUi- 
p'i ^i]-i :i {i i!' «iir t.rir : t.i 'v iN- \.i * iir^ . tAlidi» que li* ntiiii- 
i j.iTi.r;i'i"^ , *i ^r If: î 1} 1 ." •-■1,1 -l r ••.•••^^.i.fffiirnl liiti. Ur, cf 
lî .:.i!'.i îii II 1»: r.i". . f î.i ' 1 1* t r l fui '•• *ur rr q«;i-, dan^» iVx- 
r.!'- qi. i.fi \it r.l '\f i .fid t)-.i r . !•■ > li 'i\ d»*« p> inU de r('|ièr6 
r»- jî H i\v \.% : ji-*^.- î: I" -.r !» *j«n !• n >.i \i*r.î i-.i':iiii exiHTintm- 
.!i*ij •!« Il rirr r ii«. ,• !•- • • ii-.ii* f.i i .lu h.iMrd . car U r*ii«OD 
, ti- < liiir r.iisxii \t oo.: .•■ I I :r«- !• s imum-^ qut . d une |art, foiil 
\al'Ui s d «lî.i- ::.!•«»••»;.»/• usi* *rl- Il !••* |tr''«i^!«»ns , •»♦ ies rir- 
« q^.. . •] .iU-rr I .ir- , ni.t •!• (• riii i.i* i intm^.li* li»' («i |M*^aI.tl'ur 
if i2- .;i Irrrr il ii !i j'^^e '!•' !.i «*<>iu |,i* almo*^! lier que, d uù 
%a rJr d*- i.t I r*^- n atii)0^|ili''rit|iii'. Il f.iudr.nl dniir, piiur 
l.i !• «ilic lit* de I II d«i< ti4»n, Mdii « Mre d'un cnif que la lui qui 
NM ii> ;iu\ \iiluiii4N prend, p (ir cerU'iies wU-ur^ des prev- 
t : r:i.i' iri'd-aimp r . ri »e mii pi qijt* sans rassuii apparerilfl 
\- liiii.i-> i[iîi-rnii'di.iii>-<». Il f.tiiili.iii i-n milrr sup(Nis« r qne le 
att (••!i.r«T. pUiNiMiis fi'i^ i!«> «i.iif , p.irii.i un nirnilire infini 
s, pii'i 1^' ii.i-i t «ur 1 1 '• I s p ur !r^qijr .!*-<> 1,1 Un fii qur^linD 
r* f-r:: (' r ii<>:ii.:«- ri ^iM.pir. 1^ i-si t-i- qur îa raiNtiD n»* Mturaii 
; «'I il i «'Il l-i-i\>- I)!!' Il* n<<i: l'ff de di\ e\|Mrieiiefi» est irouf- 
li f.i. d j '. 1^ I ^p.it-' r ptii.N iire^'uliêri-ri t-nl, i) n ) aura qu'à 
«-> (•■niii-s d*' i t'i«*iiip:i*. Ou .irnxera l«iuj«iui*> a un eabuù lin- 
I pi se sur i ne \r\\f yr* l>.tlii!ilé. que la r.uv n ne eundcrvert 
iiidre duuir, f n <i'«-pil d** l<»uie olijt'eUnn v^phi^lique. 
«iUs iiiainlenan: qu ■ s\iu^^^*' d étendre la 1«m df Manotle an 
n deçi des liunti-N de j fxp«'iienre. par !'&• iiipli' a des pre^- 
onzi' . d<iu/r alir.D^pli' îen , nu au rili->ur« à des pn'Ssjfina 
\ iitiifdixii ii.e • . aux huit uixièuies di* la | resMuii Htniohphé'" 
>era fUi-iire un»* indueliun, el iii^me une induelmn lrè>-per- 
' il .s'-rail eni'iire iiifinimenl (X'U pr- hahie que le hniîard eA| 
xp*'*nt'iire prieiviiieiil iiux p<»iiiii» i>ù la lui e&|>^rin)enlée ci^sia 
le ph-'iiMii.rne. Mais, de> qu'un m- ptaet* à une dislanre finît 
*s t-xtii-.'i.i's de Teiperienet' . il n i si plus inliniment peu pro* 
^ la li'i n i-prnuxe |ius d'ail* Tnlu'n M-ri>iMe, Im n qu'il >vi{ en- 
• priibaliie . ipiatid la di>ianie €h\ f>el.ie , que la li i m* M'Uiirn- 
L luoiiui a\ec une appruxiiuaUiw irès-gnuMle. £n gêner al , la 



234 PROBLEME. 

des degrés divers , à la coDceplioD Ihéoriqae des phénomènes, ronitéi 
la symétrie , l'élégance et la beaulé. 

La probabilité mathématique se prend en deux sens, ainsi que Doai 
Tavons expliqué dans la première partie de cet article : objeclivement, 
en tant que mesurant la possibilité physique des événements cl leor 
fréquence relative ; subjectivement , en tant que rournissunt une cer- 
taine mesure de nos connaissances actuelles sur les causes et les oir- 
constances de la production des événements ; el cette seconde ac- 
cepHon a incomparablement moins d'importance que l'autre. La pro- 
babilité philosophique repose , sans doute , sur une notion générale 
et généralemeni vraie de ce que les choses doivent être ; mais f dans < 
chaque application , elle doit changer avec l'état de nos connaissaaceii I 
et par suite elle est néccssaireinenl empreinte de subjectivité. j 

L'idée de l'unité , de la simplicité dans Téc^momie des lois natn- 
relies est une conception de la raison , qui reste immuatde daoïb 
passage d'une théorie n une autre , soit que nos connaissances pos- 
tives et empiriques s'étendent ou se restreignent ; mais , en roéne 
temps, nous comprenons que , réduits dans notre rôle d'observaleun 
à n'apercevoir que des fragments de l'ordre général , nous sommet 
grandement exposés à nous méprendre dans les applications parlielkl 
que nous faisons de cette idée régulatrice. Quand il ne reste qui | 
quelques vestiges d'un vaste édifice, l'architecte qui en tente la rei- 1 
tauration peut aisément st* m«*prendre sur les inductions qu'il ei ■ 
tire quant au plan général de rédiflce. Il fera passer un mur par ua j 
certain nombre de témoini dont l'alignement ne lui semblera pu 
pouvoir être raisonnablement mis sur le compte des rencontres for- 
tuites ; tandis que si d'autres vestiges viennent à être mis au jour, M 
se verra forcé de chtingiT le plan de la restauration primitive , et l'il 
reconnaîtra que Talignement observé est l'clfet du hasard : non qui 
les fragments subsistants n'aient toujours fait purlie d'un système H 
d'un plan régulier, mais en ce sens que les détails du plan n'avaieat 
nullement été coordonnés en vue de l'alignement observé. Le^ frag- 
ments observés étaient comme les extrémités d'autant de rbafnooi 
qui se rattachent h un anneau commun , mais qui ne se relient pli 
immédiatement entre eux, et qui, dès lors, doivent être réputé! 
indépendants les uns des antres dans tout ce qui n'est pas une suite 
nécessaire d( s liens qui les rattachent à l'anneau commun. A. C. 

PROBLEME [T:aoCxy.ji« , de «poe«).)A) , proposer , mettre en avant oi 
en question.] On appelle ainsi non pas une simple question, mais M 

Jnestion obscure, sur laqu> Ile on n'a que des données incomplèleSiÇt 
ont l'examen peut conduire à des résultats opposés; ou , comme di- 
sent les logiciens, c'est une proposition qui peut être soutenue ou cotS" 
battue par des raiscms également plausibles , au moins tant qu'oe 
n'est pas entré dans le fond des choses. 

On peut diviser les problèmes, comme les sciences mêmes ou les A* 
verses branches de connaissances auxquelles ils se rapportent, ci 
problèmes physiques, métaphysiques, logiques, moraux, rnalbéfoa* 
tiques, historiques, littéraires, et4*.. Aristote, dans son traité des fe* 
piques (liv. I, c. 9; , se coaleote de les ramener sous trois cheCi: M 



PHOBABIMTK. 

>a^ .iffirriMifis qui» I»» l^»î.ps n'»*nlrp pan ilan^ l.i (J^flnilmn df 

r»*p *•■ , f'U *iir iî:.»* il.i ■:»•■ «l'i j-h«n«iii ••iif , roriiiiif' daiik 

» I.i i-'^sArî» ur l^rri^-^lr»* j-ri* j»iur ••\ii: j-lr, nu mit uni* in- 

l!:.i!"_'J'* .1 ri!» * i|i,«" I !■ ^-n'tt.l .1 .lltr» * i".l^ ii« j I I it»* ; l'..ilS 

'. \i.i> -!:r»- :;:\i r**'. » î.l i'.i*- 1 j! ■!ii«i.' !. j r- xi-ii'. d liin- pan i.!t* 

I 

l'U* !•■•* jlij'!!!! I.S q'i»' li .ll> \iT. !is lii- \ lo^T t!l rr\ui', I Vs- 

I rt'» •!•' p -1! t I .ir \' .•• il«* «î'i: -i.^'r.i j'-n , 1 1 innu* iur^qu il 
\.\l ïT au if.i'ori-n •■ il«- ;:• mh i inr . ■ u il»- f.iin* ^irlir, par un 
Tîî'-ni t^ii fnrn.i'. l.i r'»i. iu^i'-n <!«■* pr» ii i*"*»'». M.n*, t.iinîi'» cjup 
id»' .!«■ iniv par I.i Xin' df i.i di-ii . i.^lr.i*.- i\ '• -wj'ii» i-^î f'\r el 
, n . 'îi:.tr.a!!l p.*"* d»' iiuaiir*'* i.i di- d< ^: • •«. •• * .lUire ji.|;i ii.i-nl 
«••n . «pu pn>di)il. ^•••isdi* ('irî.iii«-« fii:il ii* hn. iiiit* o rliUidr 
'■ii\:'î "Il ifj» hr 'ij'.'!' '• , d.ir* d .luln*"* ».is fit» iiirin* qii .i drt 
'• * •:'.:! \' r;t • ii ^ .tîl.i.t '"^.inl [ ir i.u.ii.ivs iiid;<'<-i'rn.iMi « , ei 

pr •: .? : .îi- *!.!•■. ii\i' . \.ir .i! •• . *}".' p.irS i* i \i !iit Ii* dmitc 
'If îi* ■• ••■ rlil'i !■• •«.« ,' ■ '/ 1* . ';iii d'a'i'ii «» '.• \*> u af par.ill plus 
:: !• i:'.'- r:.M:r \.i' il.r l-- . • - • i* ijui- i ■ m* r."r!ii' - U" "a pn>l-a' 
! ■* ; f.'pjt* , j. ir. •■ '|ii «i; îi'fiî ■. 1 I \' ri:» •• ili* *• Tr famlU' 
r»* p iT !.i'|U't!r II ■iN r -is r- i.'l.i;^ r"iii|jl*- ilf 1 ««rilrt- ri di* lu 

!i * ,-*..». ^. |,o *i I.!:; I 1,1 iiil.fi.s dt' M*Il.|djl»îfH pri't'.il I ili'S 
:••/ * ." 'Il -rir ■ N r i * T fmI îfs ; i! lïftiTii' U»* ah-r" mi jn^li- 
■•\ .t!i • * ir.**l'raii!.il<'' " pi "ii .ipp«-.l»- #/r *eti* » i'wmuti. I.nr m|ii il 
f| "liî l . li'j tj'i I s .ijip !';:•• .1 «Il s !«iijrN di-!iraU . il n appar 
.iU\ :ri'> 1!; .' I.l • ^ iXim-'S. nu r i'iim* i! [••-iil i uii^tiliiiT un 
du . :.:#'. Il i.r •« .ipf!! {Ui* pin *>i-uli'iii<'nt u la pfiur>uiii' des 
i ha'«jr«' pli\M"pio »'l .u.;nj»i*, mais t\ la p« h»*ri lu- il* r* rapp<>rls 
«il r*- ■•■ni !'• "')*li*!in- ]•■* \iTili-s a|i«tr.iit*'*> • l piirriiit'nl inlfl- 
I-f j» :i.«!rf lui-n:rri;«' ri «"^l . !»• p!uN suu\ri.l , -juul ■ dans 
''..j.il.' rjN «p:«' jiar d»*^ pr- lalniris i!ii ^'i un* d«* • • ;!••% dnLl n(»us 
h I , i(iii lui f'irtt pf''^^' iitir la \ir.li' iIup Ip-i* a\aiit qu'il II ail 
lui d"nn*T p.ir (JfdMr'.i-iii 1 i-Nidi-im* drti.i>iiKtrati\p , et u I iin- 
us (vltt* V'ruir a t'ius Ifs r>priN rapahlfs d i-inbru>ser nnc se- 
isoiin^mriiU ri;:nuriu\. 

'r>|iatiilil<^ idiiloviplii'ii.f se rattarho , roiiirn** la probubilit^ 
tUqui' . a la nidmn du ha<>.ird et do rmdrpendanro d«'S rauM*s. 
• |i>i ii'*us piiral! siinpl'*, inii*u\ ollr nous srinble balisfairo à la 
1 i\r pImt s\slffi-a!i'ju»inri!t dos fails épars . d'inlroduir*^ 
ails la di\i tmU* ; plus n<ius sominos portas â adtnoltro qur n-tle 
jui»f d»* hmIiU* obj*'«"li\«» ; quVMi* n rsi pas >iinuU'o par rflFel 
rours de imuspn qui. l'ii a^'Ksnnl d'uin* maniî^rr indé|M*ndtfnte 
|ui' fait isulf, aurah'iit dnunô liiMi fortuiirmrnt à la coordina- 
in'iiU*. Mais, d'nutr«* p.irt. la probabilitr pliilusophique dilTère 
lfrr!(>nt de la probabiliit* r!..itii»'rnatiqui* , en n* qu'elle n*esi 
clib!«*en nombres : non |>'>inl a cause di* l'imperfeciion acluellfi 
nnnuis^^auces dans la snence d«-s nrtrnltres, mai» en hoI et par 
e propre. Il n'y a lii u ni d<' nniubrer les lois pussibU-s , ni 
helonner rornnie des ;:ran(leurs, pur rapijort à cette propriété 
S qui coDStiiu': leur degré de simplicité , €t qui donne , dans 



236 PROCLUS. 

chez un grammairien; puis il se rendit à Alexandrie , où il étodiik 
langue latine sous Orion et Téloquence sous Léonas. De retour i 
Alexandrie, après un court voyage à Byzance, il entendit Olyo- 
piodore et le mathématicien Héron. C'est dans Técole d'OIympiodon 
qu'il apprit à fond la philosophie d'Aristote. Le désir de connaitR 
Platon le conduisit de là dans Técole d'Athènes, où il eut pour mahrei 
Syrianus et le vieux Plutarque, qui, tout cassé par Tûge, se reinl 
pour lui à enseigner. Proclus, à peine âgé de vingt ans, avait d^ 
embrassé la vie pythagoricienne; et comme Syrianus et Plntarqoi 
s'unissaient pour lui reprocher ses austérités : « Que mon corps IM 
mène jusqu'où je veux aller , leur dit-il , et puis qu'il meure. » 

Plutarque mourut deux ans après, laissant une fille, AsclépigéDiCf 
par laquelle Proclus fut initié dans la connaissance des oracles cbal' 
déens et de la théurgie. Il vécut dès lors dans l'intimité de Syrianu, 
auquel il succéda au bout de quelques années dans la direction ê 
l'école d'Athènes. 

Dès ce moment, son histoire n'offre plus d'autre événement qu'il 
exil volontaire auquel il se condamna pour échapper à la malveillii|l 
de ses ennemis. 11 passa une année en Asie, occupé de l'étude (' 
anciens rites, et rentra dans Athènes, où il mourut en &85, sanss'éM 
marié et sans avoir occupé aucun emploi, assez honteux, commet 
paraît, de prolonger sa vie , en dépit d^me prédiction qu'il avait faita ^ 
au delà de soixante et dix ans. 

Parmi les ouvrages de Proclus qui nous sont parvenus, les plosifr 
portants sont : les Eléments de théologie , la Théologie selon Platon, 
le Commentaire sur le Timée, et le Commentaire sur le Parménidt» 

Voici la triple base de la philosophie de Proclus : Texistence do pi^ 
fait, éternelle, absolue; celle du monde, empruntée, éphémèrejl 
l'homme, entre ces deux pôles de toute pensée et de toute vie, entratM 1 
vers la terre par les passions et les besoins du corps, ramené à Dictj 
par la philosophie , par la théurgie , par l'extase. ] 

On ne peut ni nier ni démontrer l'existence de Dieu et celle dil 
monde. Nous percevons le monde par nos sens, et nous voyons Dieil 
dans notre raison. Le monde ne peut exister sans Dieu : car , étant ia-j 
parfait, il a besoin d'un auteur et d'une cause finale. Dieu n'a put 
besoin du monde pour être, mais il en a besoin pour être détermiâé 
actif, intelligible. Le monde est nécessaire non pas à l'existence il 
Dieu, mais à sa splendeur. 

Qu'est-ce que Dieu? Nous pouvons arrivera lui de deux manièfef*' 
par on effort énergique de la pensée repliée sur elle-même, on pirli 
contemplation du monde. Si nous interrogeons la pensée spéculatitei 
Dieu est pour elle l'unité absolue ; mais si nous le cherchons daitfk 
monde, nous l'y trouvons comme cause et comme fin, et, par coBsi- 
quent,il est esprit. Un esprit ne peut exister que dans une àme.IiT 
a donc en Dieu trois hypostases : l'un, l'esprit et l'âme. 

L'un n'est pas cause: car s'il l'était, il serait mobile et actif. IlD'ei^ 
pas l'intelligence : car l'intelligence la plus parfaite, qui est lapetfft 
parfaite, se comprenant parfaitement elle-même comme objet parfut'i 
la pensée, pensante et pensée tout à la fois, est double dans sa foroe» 
quoique unique dans son essence. N'étant pas l'inteHigence , il œ p^ 









PROCLUS. 



257 



être l'intelligible, poisqae la première inlelligence est nécessairement 
k premier intelligible, selon la profonde formule d'Arislolc : « La 
pensée est la pensée de la pensée. » S'il n'est pas intelligible, il n'a pas 
d'essence; il n'est pas Tétre. Supérieur au mouvement, à la cause, à 
la pensée ; à rintelligence^ àrélrc: tel est l'an, incompréhensible, 
inefiable^ dépouillé de tout, parce que aucune des conceptions hu- 
maines ne peut lui être appliquée ; mais source de tout^ parce que sans 
loi la cause éternelle elle-même ne serait pas. Au-dessous de l'un , 
est l'esprit, qui est rintelligence , l'intelligible, l'être; au-dessous de 
l'esprit est l'âme, qui est l'intelligence discursive, la vie et la cause. 
Dé ces trois byposlases de Dieu, la première est 1 unité, la seconde 
possède l'unité , la troisième participe de l'unité. 

Si la théologie de Proclus se bornait à ces données , elle ne diffé- 
rerait pas sensiblement de celle de Plolin. Cependant elle en diffère, 
rt surtout en ce point que, pénétré de la nécessité d'exclure de l'unité 
tout ce qui implique mouvement et division , Plotin ne consent qu'à 
regret à placer en Dieu la faculté créatrice, et ne la place que dans la 
troisième hypostase; tandis que Proclus, comprenant mieux la nature 
le la dialectique, fait l'unité ineffable sans la faire vide, et reconnaît 
loe, si elle n'est pas cause aux conditions sous lesquelles notre esprit 
fionçoit la cause, elle n'en est pas moins, de toute nécessité, pour la 
seconde et la troisième hypostase, ce que ces byposlases sont à leur 
tour pour le monde. Ainsi s'efface la dernière trace d'éléatisme dans 
Pécule d'Alexandrie. Quand Malebranche a dit plus tard que Dieu a 
tien voulu prendre la condition basse et humiliante de créateur, il a 
été plus près de Plotin que de Proclus. 

De cette conception nouvelle sur la nature de la cause première , il 
résulte que Proclus donne quelquefois à Tun le nom de père, et qu'il 
attribue, comme Platon, à rintelligence divine la qualité d'organisa- 
leur du monde, que Plolin ne plaçait que dans la troisième hypostase. 

Voilà donc une différence établie entre la qualité de père du monde 
et celle d'organisateur du monde. Le père est principalement la source 
de l'être, et l'organisateur est la source de l'élre et de Tharmonie, la 
providence. Mais il ne faut pas oublier que la production et Torganisa- 
tion du monde, quoique rapportées à deux hypostases différentes, 
dépendent du même dieu et de la même action divine. C'est le dieu un 
et triple de Técole d'Alexandrie, à la fois simple et divisé, unique 
comme dieu, multiple dans ses byposlases. Ces divisions mêmes se 
multiplient encore dans Proclus; et si son dieu est d'abord une Irinité, 
comme celui de Plotin , chaque terme de cette trinilé donne lien à une 
nouvelle analyse , et la trinité deviendra ennéade. 

Ces analyses, poussées à l'excès, donnent à tout système alexan- 
drin TappareBce d'un ensemble de conceptions dialectiques, n'abou- 
tissant pas à des réalités distinctes. Dans Proclus, surtout, l'ana- 
lyse est poussée si loin, quMl semble impc^sible d'y saisir des monades. 
Il faut pourtant , même par fidélité, s'arrêter aux divisions les plus 
importantes et, au fond, les plus persistantes. Il est très-vrai que, 
SOQS la dialectique de Proclus, chaque hypostase de la trinité se divise 
■CD trinités nouvelles ; mais il est vrai surtout qu'après avoir parcouru 
cette ennéade, en la modifiant plusieurs fois dans le cours de ses 



*. 






938 PItOCLUS. 

écrits , Proclos revient sans cesse i la Irinité de PJotin , et y 
fermemeot, comme à la forme la plus incontestable et ia pins 
soble de la nature divine. 

De même que Proclus plaue dans l'esprit l'altribulion oo ta fi 
d'urgnnisateur, il v place l'ëlre en soi , ou l'iinirnal en soi, ou V 
paradigme, c'est-à-dire Tensemble des idées contenues, sousfu 
système , dans une seule idée , qui est la niilure même de IVspri 
sidéré, non comme intelligent, mais comme iotelligiblp. El de 
que le père , existant dans l'unilé sous une forme incfiable,! 
l'organisateur qui n'est, dans la seconde liyposlase, que la pi 
arrivée à une forme délemiinée et iiilelli(;iblc; le parartigme n'e: 
que la première appartiion , dans l'ordre de l'inlelligible, de l'i' 
intelligible, inelfuble, enfiTmée duus l'un. Fénelon n'a pas di 
chose, lorsque, avec moins de sublililé dans lits termes, il a 
que la nature corijorelle elle-même était comprise d'uni- foçon 
prëhcnsible , dans la nature du créateur, quoique le créateur fût 
sairement un et immatériel. 

I>e ce que l'inlelligibilité du paradigme et delà cause con 
seulement h la seconde byposlase, il suit que Ifs spéculalii 
l'orijjine du monde ne peuvent ni ne doivent remonter au delà. I 
donc pas le père qu'on étudie, c'est l'organisaleur; el, dans 
des idées , ce d'ckI pus l'un ineiïiible , antérieur el supérieur à 
c'est le premier intelligible, ou le paradigme. 

La première spéculation sur l'organisateur a pour but de dt 
nor si l'intelligence organise ou produit toujours. Il est clair 
organise toujours, puisque le monde organis<^ n'a ni commen 
ni lin. 

Od doit se demander ensuite si son artion sur I» monde est 
saire ou volontaire. Dans la pensée de Plolin, pour lequel les né 
de Is dialCL-lique avaient une valeur absolue. Dieu ne pouvant 
au monde , ni l'aimer sans déchoir, agissait sur lui siins le savi 
action était donc nécessaire; mais Proclus ayant, comme nous 
montré, mieux saisi la nature de lu dialectique, son dieu en ^ 
sant lui-même, se pense tel qu'il est, c'est-à-dire comme ca 
celte cause qu'il pense, il la pense aussi telle q'i'ellc est, ces 
actuelle et ai'tuellement déterminée par la lolulilé de ses etTel: 
peut donc, sans sonir de lui, cunnullrc le monde; il peut, il d( 
nnitre et aimer le monde, sans cesser de se connaître ou de 
uniquement. Donc, l'action de Dieu sur le monde est inlellit 
volontaire. 

Seulement, dans la peur de paraître considérer la produci 
monde comme i;ontingenlç,a'îl est produit volootairt-menl, il i 
Proclus de démontrer qu^BMigine du monde doit être nlliibi 
nature de Dieu el non J^^B^^lé de J)icu. Celle contradic 

feut être expliquée q^^^^^^HHaunkuot nohnlë, 
homme, implique cf 
Dieu est libre; el noi 
ne peut faillir. 

Proclus , qui repré; 
le mysticisme arrivé à 




PROCLT.'S. 230 

d>tri»nfr dan< la p!i\rhn1n;n^. Il ^n démontre l'impor- 
prooViinl qu'il e%X in«*-ns«* «j «-ludirr \r \'ttri*s , qui n >^t qur le 
Mmralp cl di* néjli^fr I y.uc, l.i pirMinn** inrin**. Si t\*tu% \ouion!i 
JtoB^re noire df^tinif*. riMnnit-rir'nis par ilfirrniii rr mt-n* nature, 
Ih iiculles V nos ri* iH tu in «I. t\*»s a^pirtilmn^. I.'bommr vs\ un liiil: rar 
iae conn^tl t't >r rfilcilul. Pirtu* in'.i>'r.intf il cxi{ i !.!'.•• f]u syUèoie 
p Bood^, il e^l au^si d.in« \r mi'ntl*' un ^\^it*nii' .1 ptrt, un niicro- 
>nus |iou\'>ns ((itif a Iniir «bt-rclirr Ij \^r\{i' il.ins le prand 
âàtks le peiil nii*ndi* , cir p-ur 1 un il p<*ur 1 aulr»* il d'} a quuD 

;e. 

La |>«Tch«>l •tfif de PriM-lus a p uf p> u.t dr drparl o'ile dériniùoD, 
Mprun ce a Piatno el a 1*1 lin • I.'li«riir:.r ■ «t uii** .im** qui se sert 
r^ ciifpft. ■ (ifi Unti\r il«-j.i i!.iri« it-itt f irniu<*- . A^n- la diMinrlmn 
blAmc: el du corp», r4(-.i\ai' Ji- \ ittur el la »ulHjrdinaliun de la 
HlK-re. 

Proclsi^ di*i:mDlre a\^c ^\\i\*v.i-o U- J» ^*iiie (i«' '.1 di^lUii*U>>n de l'Ame 
ftdu corps. bt< n luin li ii^imi l^ s un i!u •-•■iiiintrit' du m p^ . pnur at- 
■ÉBdrt la perfi*cUHn diihl i-iii* r*>l 1 .ipat<l- . i Am** U* Irairii* après mii 
iMBlue ttn ultfeUi'le v\ un eitiirim. ji:^|ii a 1 •* '|u f.î** I a:l msi*. fati^'aé, 
lM»pte, réduit au o^anl.ri qa.-. |iir .a iit«>ri il i.i dr^irui ii-'ii du curpii, 
rikait eo quelque bi»rl(* ri'iudqiti* 1 1 r> ii"uv«*!r h.i p'opre mo. 

Cependant « m le corps est 1 1 niK-iui d«* I nnit*, ri s I Im esx un ob- 
Haclêy il n'en re»ulle pas que 1 .i:iif puis^* dliMilnm* ni s- pjs^rr du 
os d'un curps. 1^' nit'Uir que I espril uv prul i-ln* que dans une 
, DM Alite ne p4*ul èlie que dans un rurps. Aprrs la \ie. dci!a(*és 
deeecorpa iirouier, nnus a\«»ns un «Mrps inrorruplitiie. impalpiililr, à 
k loi^ neee^saire ri nuisihlr a 1 .iin*- , n..iis su {m ncur aux ttMiiD^ , aux 
■ûièreset à la cidutili* du corps physique. 

L'âme eal Minpie ph>siqufMifnl ; nielaph>siqnrmt'nl • elfe eiit, 
Wmmt tout rire a I exception fie l'un • une farine daim une matière ; 
• celle lèraie eat elle-m^me ine<a(ih>siqueini*nt conçu«* eninme iinpli- 
fnnIinNa ekments», ka^mr : 1 cssrnce , le n.cuit* t-l leili\iT«. L>«- 
eat I être nièine, la reahle hy|M»siatiqu«".rofnniuniqiief a ehaque 
le par rhyp«Mtaiie Aup("rii*urr . qui en est la cause rflicicnie , en 
dv principe de» cmanatuMis. 1^ nièiru* est luniie. l'idenlitè 
. „-Jée par cette rêaltle hyp'i'^titiqiic; rlli* est ee qui facilite ro|iéra- 
te par laquelle l'e^pril rapp<irti cflti* realile au ci-nre; le di%ers 
i*cU pas le multiple indélini. puisqu alurs il «le conl«inilrail avec la 
Mièra; il rat le uiuliiple denni. la différence s|Hciliqu**. Le m^me 
illadivmiont les éléments Indiques de Inaaeni-e, qui est une réalité 

y et cette reaiile uielaph\Mqve eat rendue phvsique par 

•vae la matière. 

-Irfinpbyaîque est bien ssablile, et l'nn doit reconnaître que 

tkippe anus cet fiirni nies prétentieuses est à peu près 

Vrocloa est plOA heureux cl plus clair dans la partie 

fM Irailè des facullcs de innie. 

aoQS deux classes : les facultés vitales OQ mo 
MelIcctQelles. 
ta représentent à peu près TAme végélalive. Ce 




240 PROCLUS. 

sont elles qui animent notre corps, même lorsque l'esprit < 
absorbé par Textase. 

Les facultés intellectuelles comprennent la raison , la co 
la volonté. Mais ces trois facultés elles-mêmes envelopper 
hiérarchie de facultés secondaires. 

Ainsi I au dernier rang de la conscience est la scnsali 
gendre le désir et Tamour sensible^ et qu^accompagne Vum 
fentaisie. L'opinion s'élève plus haut, et nous conduit au ra 
et à la science, qui déjà appartiennent à la raison et suppo; 
vention delà volonté. Enfin, le terme de nos efforts intellec 
réminiscence, qui est la raison elle-même sous la forme h 

Ici commence , au-dessus de la raison et de la science , 1 
mysticisme : Tamour pur, la pensée pure, l'extase, l'uniû 

L'objet propre de l'extase, c'est la conception de l'un, 
peut atteindre la troisième hypostase divine, elle peut pro 
vidence; mais nous atteignons l'un par l'extase seule. C'esl 
l'un étant supérieur à l'être, ne peut être ni exprimé, r 
connu. L'appréhension de l'un par l'extase semble néga 
qu'elle est, au contraire, le plus positif des actes; de mér 
semble nu et dépouillé lorsqu'il commence à rayonner a 
dialectique, quoiqu'en réalité il soit le père, et, par conséq 
dans sa plénitude. Les lois de la raison expirent donc née 
dans l'extase, parce que les lois de l'être expirent dan 
l'extase; et comme les lois mêmes par lesquelles nous nouf 
à notre genre disparaissent, les phénomènes qui caractéri: 
dividas ne peuvent subsister. De là l'expiration passagère 
sonne en même temps que de la raison dans l'union e 
l'âme avec Dieu. 

La théorie de l'activité, de la liberté et de la volonté^ e* 
dans Proclus, si Ton s'en tient à la surface. Il pose Tactivit 
loi de tout notre développement : elle est double , fatale ei 
pour toutes les fonctions essentiellement vitales qu'accompi 
corps et notre esprit, maîtresse d'elle-même, et, par cons< 
lontaire et libre pour les actions humaines, c'est-à-dire 
celles qui nous servent à atteindre non la destinée coin mu 
manité comme genre, mais notre destinée particulière c 
vidus. Ainsi tout à la fois nous sommes menés et nous no 
Notre corps croît, respire et vit, notre âme souiïre, peu 
vertu de lois générales, et par une force qui est en nou 
pendre de nous dans son essence; mais , de plus, nous us 
force, nous la déloumong d'un objet, nous l'appliquons i 
nous en augmentons ou nous en diminuons l'énergie, no 
donnons les résultats, nous en combinons les efTorls dans 
gulier, en vertu de déterminations autonomes qui const 
liberté et nôtre personnalité. Proclus démontre par la consc 
le plan de l'univers que cette liberté existe; il prouve qu' 
cessaire pour fonder le méçl^ et le démérite, et que, par ( 
elle est un des titres de la ffrandenr humaine. Rien de mien 
et toute cette doctrine PmwM^flRft A 

Mais puisque la p 7 fii 



I 



PIîMCLlS. «41 

.;".• •■ •'"• . ' î ji-^'j'jf" I -'Xi-i^' «si I'i-I/aI , il faul hicn 

• \ \ :.' '\n' r- i'iv«!..' iil , • l «|u i! y «iil Uni» i-on- 

.:: i" .*.• '.A r.i . •■>^.'i* i!«' i.i î..iîiirf *•{ d«* 1 in^linrl. «|li 

: > , .1 . . :î'- li- ! i \" r^ i.i.'- l.'jr ,.iiii.-, qu» i-^l «Ji*j i plus 

..l ■.!.•■ .1 .'.:« I.- ■ H..*,! . r i.Hf .j'.i li, 1- .Jt l'iiit'nlit'u'dljnn 

. '. Î!!'.- .' '. l'^'.'i**. :i^. 1 .i:.t i|U«* (• ■:> «••l'idti-^ djpN 

I •!-• ; . I.* « ./ s I f-i.! :r. l'I ai:.l<'% .liii r(ta!i\t-inri.l 

• ' ' ' '. i .r . ■■ .r |''.r. l.i Iil-rt»- \ lUt riiiriix qu»* l.i 

r ; *• . j .ir . i. i! .•.'.•.♦•• «!•■ !.i \rrlii, |i.ir !j jirpTi' ri |Ktr 

t. .» : .'» * ■ !. • * • ..^i ^ .1 1 1 \t.iM' v\ a 1 uiiili" , Di 1.1 

. ^' is.r i.r >uh*i*l-rit . el il h _\ a (ilu& 

: • . I I. 'o i: i!. Mi'* .111 ii*-;:ri' iDf«'iirur |>ar l'in- 

. ■- li.jr.- »i.j.. [Miir p.ir I il. I .i|>.uili- ijr faillir. 

•. . I •:. :■ I I..1 i î • rît- .i !•■ i: tii r *orl «ii;»* la raiMiii 

.' !. • *'. : i !.!■ • . !ii I 'I. l.tiMi* •■ , I- if !•*! Mil" rd>»nn(v. 

^ " :.î 1 ;■ • H .iii , ,r.»i !• r»- fi* r,i r.il dt' îriir ii.}^lji'i»iiii* 

'..ff '■ li. fi'» .1 ^l" rtr.rj'-fi Il.i-t.i} )i\ H|<|U^. 
• i.S • xjiri'n'-H Hi.r 1.1 il M Ir iii- i:. .r-i'i* il** Vt>h lus , on 

s . • - : . '. . 'j .1 • >'. \ t.il . f-l I .i[i{[t ri.l'l'-n du f.llt , 

. I.«\'. ■ ■;..■:.• I. • I ..f ^/ri'T .i I.! •:'.••, il |nius- 

'. : -:•• ■!■ . ' \ iil.ilî li . • ..-• 1 1 ^îj"! 'ud . *ïf iin^nio . dans 

.. • '• !: '-..l '■■ I ii'».fi;f «!'■ Il r.i!*iifi. *'\ tii.'cndri* uiu* 

..' !■: :;•■>•■ . i;:.iis d>ilil I SIW ur.ili'f ll.allifur r*l de 

':• «^ 1 . :. M." Ml»" 1. • iffur di' l*r"iluH «si di- r<*f;ardrr 

:•■ ; • ! ! • II"!! s !|» rifMir • fllf i'\.iliat:iii i-\t.iliqu(* , f|ui 

.1 t.i.H !i . ; .1 !.i liÎM-rN-. 1. Ii«*iiiii!«* |muI v\ dicl m.* |kt- 

- « I • •'.:!. Il liiiti .uiii' il rlrr rai^>r.M.ili!t' t-l Jihre; mais 

^ ri r. «l .. «n '^nil.ul, o* sit.i.I j nur di-.h"»ir. 

. I \- *' 1. -j;!! ri-iiil fil il'* I aiiinur du Im-ri, impossible 
!. .1 •! .!-.!. Il i:!'.jIi!«- . !•■ o.n'rilii'c aiM* ri nalurpl, 
.'• • -^i i.li' .1 i:i- fil di- ! • \! i^r , r* ri^lilu*' lin rtat di' pfr* 
> .; • n* M 1 i.i %• ilii diftii i!'*. fi'^iill.il d uni* luth* \iclo- 
' :•• ! 1.^ !iN I' ;. *î:.ni's a •■'.«■ lU* m» lr<i!np« r sur I nri^'ini* 
!•■ i) .iiiM-r !•' 1 .'Il • t il'' I - \'>uliiir. IN <iii allrilMir â la 
' I {•r.-'ii- iv i|ui *'^{ >urtiiul 11' ri'sull.it di* la \<i|rinto ri 

! N I, ni j'.i^ iimins tri»î!ipi-N ^ur !•• r.iriirl»*n' de cri 

•:: 1 ij-: .niii- p ..i'.^*'. I. tlT- [t i-laiil If >i,:ni* urdinaire de 
!.l • ; 1 ijii*' la \>>'<>!ilt' p'TisHait au in'»Mii>nl do shd triom- 
:• ] .-tiiil. iMi HUjpriiii.int l.i rfM^l.iiii'i'. cllf a du intime 
. > :î rî ; f-l l.i \ii! 'nti* flanl la rirnu* la pluM complèle» 
r'> '. I p!iis ili'\il«>ppiv, (»u , M ! >>n \('iit. la moins rnve- 
•' l.lr*'. il> ont (TU i|Ut*, la où il n'\ avait ni choix , ni 
I p.ir I- <iiM-(|Mfiit \nliintr, il n'> a\ail pas librrté. 
'h«-i-^ ninralt'N sn[ii fMdi'ntos. l.o m>^ticisme, fn subor- 
sun, ir.rt au d^^sus d'i-llo, non pas Dieu, comme il le 
sonMnx lit indl\idui'I sans aurunr règle; cl en préférant 
tatiquf a la IiIhtIi', il \a à l'inarlion. 
Ky Irs c<inM*r|ui'n(vs ne sont pas moins fatales. Proclas 
lerté de Dieu p\ la providence avoc force; mais il place 
I dans la seconde bypostaso. Dans l'unilé , où il n'y a 

16 



242 PRODICUS. 

qa'uD amonr et qa'an concept , si même on peat employer ces noU 
^ns contradictioD , il n*y a ni choix ^ ni volonté , ni liberté; et Tun n'et 



est que plus parfait. De telle sorte que la providence existe, mais à 
rang, comme une supériorité relative sur le reste des hypostases; elk 
père y qui est Tun, est étranger à la volonté et à la liberté. Ainsi b 
panthéisme subsiste ^ parce qu'après avoir vu la grandeur de la provh 
dence, Proclus n'a pas compris qu'il n'y avait rien au-dessus. 

Voyez un mémoire de M. Berger : Proclva, exposition de ta à» 
irine, Paris, 1840; un mémoire de M. Jules Simon : Du Commentm 
de Proclus sur le Timée de Platon, Paris, 1839; le tome m de YHih 
foire critique de l'école d'Alexandrie, par M. Vacherot ; et le tome i 
de ï Histoire de l'école d'Alexandrie, par M. Jules Simon. J. S. 

PRODICUS DE Céos florissait à la fin du V siècle avant notn 
ère. Formé à l'école de Protagaras^ admiré de ses concitoyens que 
charmait sa vive éloquence, il reçut d'eux Thonorablc mission d'alla 
à Athènes défendre leurs intérêts. Prodicus vit là surtout une occasiM 
de fortune. Il parla en public , éblouit la jeunesse athénienne, exigei 
bientôt de ses auditeurs un salaire^ et fit de l'enseignement de la jeo- 
Dcsse une industrie et un métier. Jamais entreprise de commerce M 
fut mieux entendue. Prodicus avait par toute la Grèce ses courtieii 
chargés de lui amener les enfants des familles riches , et il n'en spéca* 
lait pas moins sur ceux des familles pauvres. Ses leçons étaient à la 
portée de toutes les fortunes, comme certaines denrées des marcbaodi 
sans conscience. Il en faisait de toute qualité , et par conséquent de tout 1 
prix, sur un même sujet: pour les pauvres, des leçons à une drachme;! 
pour les riches, à cinquante drachmes par tôle; à chacun de la scieAOi| 
proportionnellement à ses déboursés et de la vérité pour son argeoL 
Dans Platon, Socrate dit plaisamment qu'il pourrait peut-être expliquer 
la nature des noms s'il avait entendu les leçons de Prodicus à cinquante i 
drfl^çhmes par téte^ mais qu'il n'en peut rien dire , n'ayant reçu que la 
leçon à une drachme. Socrate , en effet, avait été disciple de Prodicus, 
ainsi qu'Euripide, Théramène et Isocrale. Cet homme, âpre augaio, 
saiis moralité, sans consistance, qui dépensait en plaisirs les sommei 
immenses qu'il gagnait sans beaucoup de peine, déclamait pourtant 
fort bien sur la vertu. Toute l'antiquité cite de lui le bel apologue 
d'Hercule adolescent qui, sollicité par deux divinités conlraireSi la 
Vertu et la Volupté, se donne à la première et parvient ainsi à Timmor- 
taillé. Image fidèle de la vie, admirable tableau que Lucien a reproduit 
et dont la peinture s*est emparée, mais qui, pour notre sophiste^ n'é- 
tàjt qu*un texte à amplification. 

Prodicus a pourtant rendu quelques services ; se piquant déparier 
sur toutes sortes de matières et sans préparation, il avait été condoit 
ji upe classification qui était celle des lieux communs si célèbres dans 
les écoles des rhéteurs. Esprit subtil, il s'était étudié à distinguer les 
^^a^ces dans la signification des mots ; parleur habile et loajoon 
applaudi, il avait réduit en préceptes l'art qu'il pratiquait si bien; k 
là, le traité des Synonymes et celui de la Rhétorique. Il ne nooieu 
feste absolument rien. 

Prodicus enseigna que les dieux étaient un produit de notre recoo- 



PROGRES. 245 

naissance, qai divinisait les objets qni nous sont utiles. Autant eût 
valu dire qu'ils étaient nés de la crainte ou des combinaisons de la 

Klitique. Dans un cas comme dans Taulre , c'était nier les dieux, 
îjà Aristophane, défenseur vigilant des mœurs nationales, ennemi 
de tontes les nouveautés, avait, dans les Nuées et dans les Oiseaux, 
jeté le ridicule sur Prodicus et sur ses doctrines. Traduit en justice 
et convaincu d'athéisme , il fut condamné à boire la ciguë. Etrange 
effet des passions populaires ! Socrate et Prodicus , un déiste et un 
athée , un sage et un sophiste , succomhent sous une accusation 
jBemblable et meurent du même poison ! Déjà Topinion publique les 
avait confondus pendant leur vie. La multitude disait : <c Plus sage que 
Prodicus, » pour marquer une sagesse impossible, vers le temps où 
l'oracle de Delphes déclarait que Socrate était le plus sage des hommes. 
JLa différence ne commence que pour la postérité. \ 

Les principaux auteurs à consulter sont les dialogues de Platon, 
particulièrement le Ménen, le Cratyle et le Grand Bippias. — 
Toyez aussi Xénophon, Mémoires, liv. ii, et Philostrate, Vies des so- 
phisies. D. H. 

PROGRÈS [de pro, en avant, et gressus, marche, marche pn 
avant]. Employé d'abord dans le langage ordinaire, tantôt au propre 
«l tantôt au Gguré, avec une signification générale et commune, ce 
mot, dans la langue philosopliique du xix® siècle, est devenu comme 
un nom propre par lequel on désigne la marche de la société, du genre 
humain pris en masse, vers un degré de plus en plus élevé de perfection 
et de bonheur, vers un développement de plus en plus complet de 
toutes ses facultés, vers une amélioralion indéfinie de ses œuvres. 
Entendu dans ce sens, le progrès suppose nécessairement la per- 
Jectibilité : car il n'est que cette faculté même mise en action, ou 
traduite en faits dans Thisloire. S il est vrai que Thumanilé passe du 
mal au bien, de l'ignorance à la science, de la barbarie à la civili- 
sation, c'est parce qu'elle est capable de ce mouvement, ou que la 
nature l'a rendue perfectible. Mais , dans Tordre moral , comme dans 
l'ordre physique, ce n'est pas autrement que par les effets qu'on dé- 
couvre les causes, ou par les actes qu'on peut constater la puissance. 
Nous aurons donc prouvé la perfectibilité humaine, si nous réussissons 
à démontrer le progrès , et toutes les observations que nous pourrons 
faire sur celui-ci s'appliqueront aussi à celle-là. 

1*. Le progrès, tel que nous venons de le définir d'après l'usage 
même du mot; le progrès, considéré comme une loi générale de notre 
espèce, comme un fait essentiel de la nature humaine, est une idée 
complètement moderne, à laquelle, ainsi que nous le verrons bientôt, 
on peut assigner avec précision une date et un lieu de naissance. En 
effet, plus on remonte dans l'antiquité, plus on voit dominer dans les 
esprits une idée diamétralement opposée, celle de la corruption, de la 
décadence du genre humain et de l'univers tout entier, troublé par ses 
désordres et entraîné dans sa ruine. Philosophes , poètes , législateurs 
religieux, tous tiennent à peu près le même langage; tous font en- 
tendre les mêmes plainles sur la déchéance de l'homme et sur l'ac- 
croissement de ses vices, de ses crimes, de ses misères; « plaintes 

16. 



244 PROGRÈS. 

aussi anciennes que rhistoirci dit Kant, et même que la poés 
a précédé Thisloire ; aussi anciennes que le plus ancien de I 
poëmes. » A écouler les échos de ces temps , rien ne manquait 
espèce , sortant des mains de la Divinité ; mais , depuis le jour 
a été livrée à elle-même , elle n*a pas cessé de dégénérer et de < 
niquer son mal à toute la nature. 

C'est la tradition de l'âge d'or^ accompagnée de son corolla 
parable, le dogme de la chute, et que Ton trouve , sous une f 
sous une autre, dans les croyances religieuses et les idées poét 
tous les peuples de l'antiquité. Il y en a qui, allant encore p 
ont regardé la naissance même de l'homme, son apparitio! 
terre, son union avec le corps, comme une déchéance, et c 
dans le ciel, au milieu d'un monde incorruptible, l'âge de so 
cence et de son bonheur. C'est à ce point de vue surtout que 
peut être appelé « un ange tombé qui se souvient du ciel. » C 
a traversé successivement l'Inde, la Perse, la Judée, la Grèce 
gnoslique, les différentes écoles d'Alexandrie; on la reconna 
ment dans le dogme oriental de l'émanation et dans la doctrio 
nicienne de la réminiscence. 

Cependant, lorsqu'on pénètre plus au fond de ces tradili 
unes philosophiques , les autres religieuses, on ne les trouve p 
éloignées qu'on le pensait d'abord des idées de progrès et de 
bilité. A quelle condition, en effet, l'homme est-il perfeC 
quelle condition peut-il avoir et la faculté et le désir d'avanci 
condition de savoir vers quel but doit tendre sa marche, et d'à' 
les yeux un idéal avec lequel il puisse se comparer, qui lui a 
ce qu'il a déjà fait et ce qui lui reste encore à faire. Cet idéal 
ciens l'ont placé dans le passé, tandis que les modernes le plac 
l'avenir. Il n'est personne qui n'ait entendu citer ces parc 
réformateur célèbre : « L'âge d'or , qu'une aveut^le tradition 
jusqu'ici dans le passé, est devant nous. » Nous ajoulerons 
est la loi de l'esprit humain : la plupart des idées fondamei 
notre raison, surtout celles qui appartiennent à la morale et à 
physique, avant d'être conçues en elles-mêmes, sous leur for 
traite, se présentent à notre imagination sous des traits plus p; 
comme des êtres vivants, ou des faits déjà accomplis. Quant 
sultatfl, il ne faut pas se faire illusion, ils restent à peu prh les 
soit que le modèle accompli dont nous cherchons à approchei 
sente au début ou au terme de notre carrière. C'est ce mo 
même qu'il faut considérer, non la place qu'il occupe aux deu 
mités du temps. Aussi est-il facile de se convaincre que les 
^urs, les philosophes, les moralistes de l'antiquité, et qu 
ceux des temps modernes , quand ils évoquent devant leurs co 
rains le souvenir des aïeux, quand ils proposent pour exei 
piété, la vertu, la sagesse des anciens temps, sapientia major 
vrent presque toujours une voie nouvelle et, sous prétexta 
tourner au passé, s'avancent hardiment vers l'avenir. C'est 
qui est commun à presque tous les réformateurs de cette épo 
formateurs de la religion , de la société ou de la science, de s< 
pour des auteurs de restaurations. Il y a aussi des réformate 



PROr.RKS. »i5 

■ 

Aut en [•'liliqa^ et en ph:î'^<tph>«*, qui, ditlAipnant cf nias- 
nn^nit* harùiinent îi'iir^ «Ir^M^iriH. Au rt«lo. ronimrnl IVit- 
n uur.iit-ii pu altrindr** il.ms 1 .iutii]u:li' à rrilr haute ri\ili- 
n"ii^ ni- rr^^^^n^ «i adn.irrr, m, inalkTf t'iUtrs 1rs lradili«»ns 
»*•.!>• nt ^ur ^«-s pa^, il n a\.iil t>l*ri au d'-^ir de marcher co 

!•• ^« *>irp.|«MT lu iîh'îî;»*. 

Lin* I .»\»-nir , r I -l .i-iJirt' dans le prn::ri»*, ri, par ronsf- 
^ VI p''[ir»' p»*rf'". !ili!!iti*, n a thttir jutiAi^ manque au iienre 
M H li s • si f • riii;f ) |. n ilu t*'infis a\m\\ qu <■!!(* pas<^Al de l'io- 
1 tii'.r.iru'* n«-i*, et quClli- i i-sOl d i^tre un nbM*ur M*ntinien( 
lir uiH* idi'i' . un [•riiinp** philt>^iip)iiquf, ri nous oseri<iii!i 
'«' tifif ntitimi 'Su ^t'iis rniiirnu[i. (!r(if ijir, ni»usrhfrrhernn!i 
â il r»v 'im.iI'.P* .i\.int !•• \iir spile. <!i-*l ILimn qui l'ex- 
I.i I ii*-ii*Ti î is li \u> I" liirr iiirrnr d un de vs pnnripaux 
■' tK^ y r /fui"-' uni nh :9\remff\t ff /^irniriy dtrine and 
I *'. -.i-iîT'- h%t ; f- 71 ^« tî lit tu* tinrm^ftit 'if* tr^en^ei divines 
t. I. ■iXî.ui' • "i j .-îî ■.'.•fil ni iii;;nf du l Iri' : r.ir il n pour 
..\. ir iln***!- ; iii\i : i.- ri' d-- ri"s i ••un.i.-^.inrfs arluellrs, de 
Im •■ • H II .titi \j}.' !.i |<.is .1 !.i li.t'iif i!r ■'• Il ur (»hjfi ou à la 
i.i i..iluri*: i|ii>* 1 1 ^;«i!t hiii!: m. f.iiil<' 1! .i\i<ir sui\i la luinne 
tr u\-: N-u • "V'i.i .«'1 •!. Imt lii- s.i i.trr;'if il à I enlnV du 
l'i lî *"l rfpi" :• I « I. ii:«! r j-.ir I iti'lij»lri»' l'I pir la >r!rnre. 
, •! îiis ^'"h !h*'- tif * lir ,'.j tiftff'i^ fi' I ,irlii* , *] '2 , priifi*^«ie 
;•.!.:• II. .iii I: >> !.^ lu.i^l .fu\ ^«'l^lll l's n^lnrrllrs, cl drs iip[li- 
• iii ♦•Il p'iil itr- ! ï'iîir I»' pi rfi'i ïiDnnenii ni d»'s arU. Parl.mt 
.i-r*i s i|ii il .1 f.i.ii>s m )<l)\sM|ut'. ■ elli's ni nnl fait voir, dil- 
.1 (Hi^H.li'f ij.' p.ir\t'i):r a drs ci.nnai^sanres qui soient fort 
\i«'. i-l i|ii .iu liru di* i-i*tti* [ihilMMipliii* s|N*ruKili\e qu'on en- 
!«. li>s rii li-s, un ni pi'ul lri>u\i'r unr pratique par laquelle, 
,1 la fitrrt* i-t IrN ai*iii<ns du f«-u • i\v 1 (MU . de l'air, des 
s rii-ui l'I d<* tnus !i*s .lutres «''-rps qui nmis en^imnnent , 
n« Iriih'Til ijui' n *i:« l'iiiiii.iis^iiiis )i'> iii\i*rN mélicrs de 
Us, iii.'is 1» s p^Mirn »i-N i':r.p!ii> iT on riii^iiir fa^MU à tous 
.iiixqiii'ls iN Nil pr'>|irr^. ri ain^i n>iu> n^n'tre cninmc 
pii^M-s^iurn df la n.ii'iri*. > 11 f^pop* surtout dans l'avenir 
l'iii**. l'I I «iii N rlMiwii* l'iMUi'iiup iiMiinsdu rt'^ve d** (jindorcet 
irlatiti' ph\s|<|ui* di' I lioiiiiiir, lnrM(u'i>n a lu cette phrase : 
> [Miurr;nl r\iMiiplrr d une infiniie de nialadies tant du corps 
•prit, ft iiièiiir aussi pi*ul-4^lrr de l'afTaihlissement de la vieil- 
n a\ail asMV. dr cnniiaissamv de l«*urs rausos et de tous les 
nnt l.i n.iture nous a fii>ur\us. ■ Mais le nrinripe du proprî^ 
au \^ii' Mi'cle d inti*r prêle plu*, eluquenl et plus hardi que 
haeun se rap|>elle eetlf admiraldi* pen*^ée, primitivement 
dt!n> la préface du Traite du ride, que « non-seulement 
s li<imn)e> s'a\anre de jour en jour dans les seirnces, mais 
?s hoininf*s ensenilde y fnnt un eonlinui'l profirrs, à mesure 
ers \ieiltit, parce que la m^me chose arrive dans la suc- 
s homiiit's ({ue dans les A^'es dilTt-rents d'un particulier; de 
toute la suite di\s hommes , (lendant le cours de tant de siè- 
ètre considérée comme un môme homme qui subsiste tou- 



246 PROGRES. 

jours et qai apprend coDtinoellemeDt. D'où ]*od voit avec oombic 
justice Dous respectons l'antiquité dans le^ philosophes : car, 
la vieillesse est i'Àge le plus distant de l'eufaoce, qui ne voit 
vieillesse de cet homme universel ne doit pas être cherchée d 
temps proches de sa naissance , mais dans ceux qui en sont 
éloi^'ués! etc. » Quoique beaucoup moins célèbres, parce qui 
du langapp et de la gloire de Pascal a txtut efTaeé • ces lignes de 
branche {Recherche de la vérité, liv. ii, 2' partie, c. 5) ne se 
non plus , indignes d*élre citées : « En matière de théoiogieoD 
mer l'antiquité, parce qu'on doit aim^r la\érité, et que la v 
trouve dans l'antiquité; il faut que toute curiosilé cesse l^rsqu" 
une fois la vérité. Mais, en matière de philosophie, on doit, i 
traire, aimer la nouveauté, par la même raiison qu'il faut toujoui 
la vérité, qu'il faut la chercher , et qu'il faut a\nir sans ces<^ ( 
riosilé pour elle. Si l'on croyait qu'Aristote et Platon fus>ent 
blés y il ne faudrait peul-êlre s'appliquer qu'à les entendre; 
raison ne permet pas qu'on le croie. La raison veut, au contra 
nous les jugions plus ignorants que les nouveaux philosophe: 
que, dans le même temps où nous vivons, le monde est plus i 
deux mille ans, et qu'il a plus d'expérience que dans le temp^ d' 
et de Platon, comme on l'a déjà dit; et que les nouveaux phil 
peuvent savoir toutes les vérités que les anciens nous ont lais 
en trouver encore plusieurs autres. » 

Toutefois y il faut bien le remarquer, chez tous ces phiIos( 
n'est que>lion que de la perfectibilité intellectuelle ou du progi 
sidéré dans la philosophie et dans les sdences ; on les eût bi 
pris, et non moins scandalisés, en donoaut à leur principe le? 
qu'il leçut dans les deux siècles suivants. Déjà Leibnilz. p 
quelque façon sur la limite du xvii' et du xviir siècle, n'ente 
le projirès à la njanière de ses devanciers; il en fait un simple e< 
de sa fameuse Ini ih continuité, c'est-à-dire un principe mélap 
qui embrasse tous les êtres et l'univers lul-niêine , con^idr? 
son ensemble. On sait, en effet , que pour l'auteur de la Tiu\ 
de la Motiadologie lunivers se compose de monades, c'est-à 
substances simples e( incorruptibles, véritables atomes spiril 
pointi métaphysiques , dont 1 activité est l'essence , et qui , cr 
cnscmbln avec des qualités diverses et un même désir de les é 
ne peuvent, sous les apparences de la génération et de la mort 
développer et se perfectionner indéfiniment. Les dmes raisonna 
humaines, quoique douées de qualités supérieures, telles que 
scit nc<^ et la liberté; quoique formant dans funiversaliié des < 
ordre à part, que Leibnitz appelle la cité de Dieu ; les Âmes hi 
sunl soumises à la même loi : elles n'ont pas toujours été ni n 
runl pas loujrjurs ce qu'elles sont aujourd'hui. D'abord dépour 
sentiment el de conscience , elles ont passé à Télat d'Ames <en 
puis se sont éievé^fs à la dignité d'Ames raisonnables; et riei 
pèche quR, sans dépouiller leur nature morale, qui , unef lis ce 
De peut plus s« perdre, elles ne soient réservées à de nouveau 
loppements. a || se peut, dit. Leibnitz {tUsais de thtodicée, ; 
i|u'avi!c lu temps , le };enrc humain parvienne à une plus gran 



m^j£-^ . _.«• 



PROCHES. Î47 

|af et\\r que nout p«tu\on<k n'^us imaniner prét^nlcmml. ■ 
r>* (iniu (M* d* lr4ii«r>iriniiii.iiN &|»pli>]ué aa monde ph>ftiqiie 
u m<indf mor^i , e{ iinp':i|u«ii( iluii% I un et l'aulre U pîrfeii- 
*% ^Ire». que i'.hjrlei^ li-innrl a ^ilîe plu» Urd Min ft}fclèmc de 
S'O; mai^ re n esl pas de ce p^nnl de \ue , c'e^l dan* le rcrclc 
]•* Ihunianit^ rtje i.iu« Ifs '«ii^qui > ^ml compris» ftcieacrt, 
««, induslri*". M •rur'k, ri\ili<iat:i)n . bien-i^lre, que le profirfaa 
>riH,.iu \M\i' siiVlf*. par la irmeralii^ des e^priU. Alors, ce 
^ Mfnplc-mrnl une idi*«* pliilnv'iiliique; c'est presque une rali- 
NH| , fji* r.iut-il pas n>iu% di*ni<indrr de produire des aulohléa» 
uJnit riiiT pr«>w|i]i- |. us 1rs ^.TAmls n«in)< de cette epoqoe: 
le. Tur^fiit, r>>n<liirri-t. rn Krame; I^ftSin^;, Kanl, Schiller, 
a jn»' ; Pruril l*rn*slli-\ vn Anpirterre. 
1anl,|.ariiii l'u^ rrs efri\.ii[ih, il>*enadeu«, Left&iDg M 
'I . dans lfsi|ui;H .M-n<li!i* «r rninir d une iranière p!uf com- 
»'u<* \i\v )j f'ii dii wiii' «•'•rif daii% la |NrffViihililè humaine. 

dans Mil) \h\\{ l.\r( lit l Kducatuin du grnrt humaim p b'efct fait 
i'ipn!air«* du pr i:rt <> n ii|;i« ui nu ^plrlluel . et (londoreet do 
iia!iTii-I «l MT..i!. Lit i-fTrt , \< u I la iN-ni^e du plnloioph* al- 
id(*leir-i*ui r*^^u[iiff (•.ir ri..«il.ii:ii* de Mari, dans M>n ouvrairedir 
jne '»' partir, r. 1" • !.• ssn.t: viuiirnl, dans imn A'Mai $mr 
"H li'i gftirf /iiirri'itri . *\iu» 1rs ri-^iHatiiins rfiipeuseï ont toa- 

priip<irii<>iiiifrs :)u\ lu[iiii*ri*s qui eiisliiicnl â l'époque où ces 
Dn i'iil paru. I. Anrrih Tf*?tUnienl , l'KvanKile, el, mus plu- 
ippiris, j.i (•-'• nraiixi), rlAnnl, M*l<in leur temps, parfaite- 

harmt>nii* .i\i r |f pr> izri-s des esprits; el peut-^lre, suivant 
nes-ri'UM a la \ri\W d'un ili'Vrlnpiieiiient du chrutianisme qni 
•Ta «lartH un inrrrt*' fi'\iT Uitik 1rs ra\ons épars, et qui no«s 
»er liaris la rrlipntn plusi que la morale , plu» que le bonheur , 
la ('liiliiMijhii', plus qut' If S4*nlirnent m^nie , puisque chacun 
'■lis «>fTa iiultipiii' par ^a rexiiMn n\f^r les antres, m Au fond, 
i(- i\r LfSHJnj; p^( i.i Mirrnr ()!:•■ «'p1 e qu'Ainaury de ('harlrea, 
' Hin iM l'I I aMif Jit.i- liiin riisf'i^'nau*nt au un' M*'rle. Selos 
urs ilii rniiMMi .i.'f. df iih^iim* que la Im de 1 K«an|{ile a suo- 
n>'i*'nt)i> jni . fl 1 ■ r.'-.-iif di- Ihi'U le FiU à relui de Um'U le Pèrei 
■. l'Kwiii::.ii* dt' Jf*Mis-l]|irisl doit Aire dêlrAné à i^on tour par 
!e tUrnrl , le ciillf du FiU nu du Vrrln^. par celui de TE^prit 
iK'Ur. Ou.inl a i!iii.d>>m't, Son E*»iuii*f d'un tableau Aille- 
/'f'-'/r* • ,ir l'f<i,iit humtitn Vi'iffz I anal\«»e que nous en avons 
t. I" ili* ri* ItiTiifil , p. .'mi ri hui\. nou« fait espérer pour 

ni*n->eiia'iiiriit que riiurnanilê «era plus heureuse* plui 

plus lihri* . plus unie, riuiis que li*» bornes oiémei delà vie 
piiurrnril r«'(-uliT indrliniini'nt. 

du pr'^'ii's, iransnu!»e minine un héritasse du iyiii* aa 
11* , n'a j.iiiiiiis eomplê de plus nomb'eux, de plu^ illustrée^ al 
ifdrnis ilffcnHuirs que pendant ers cinquante derniérea an* 

Alieirui^Mii*. Firhie, Si'lieMinK, II* ifel ; en France, une foula 
*ns, di' publiristes, d hoinmes d Klal, de lilléraieort, dephi- 
, duot la plupart \i\ent encore , et dont les autres sont tiup 
loos pour avoir besoin d'âlre citéâ. Déjà cette idée n'appartient 



248 PROGRES. 

plus exclasivement à la philosophie et à la science; elle est i 
une conviction on une sorte de foi populaire , entretenue et 1 
chaque jour par les mille organes de la presse , propagée pari 
canaux de la vie publique. Mais, à cause de cela même, pei 
nous sommes obligés d'ajouter qu'à aucune époque elle n'enc< 
pins d'erreurs, ne servit de prétexte à de plus chimériques do< 
a de plus périlleuses tentatives, etn*eutplus besoin d*étre r 
déBnie. Il faut donc qu'après avoir parlé seulement de Tidée 
grès et des développements successifs qu'elle a reçus , nous ( 
rions le progrès en lui-même , comme un fait général ou un 
Pespèce humaine^ en déterminant autant que possible ses limi 
sphère. 

2*. Nier le progrès d'une manière générale, absolue, est a\ 
possible que de nier l'histoire : car, comment faire un pas dai 
toire , pourvu qu'on y embrasse tout le genre humain , sans y 
trer une conquête de l'une ou l'autre des diverses facultés, de 
l'autre des différents principes dont le développement commui 
le nom de civilisation? Qui oserait soutenir, par exemple, 
sciences mathématiques et physiques, la géométrie, Tastr 
l'histoire naturelle, toutes les connaissances, enûn, qui ont pc 
le monde extérieur, n'ont rien gagné depuis Thaïes et Pytha^ 
seulement depuis la renaissance des lettres au xyi^" siècle jus( 
jours? Qui pourrait fermer les yeux à la lumière éclatante que 
vation et le calcul viennent répandre chaque jour, tant sur le: 
les plus imperceptibles, que sur l'ensemble de l'univers, ou sur 
infinis dont parle Pascal? Ce n'est pas, non plus, l'érudition pu 
prenant dans son sein la philologie, l'archéologie, l'histoire 
ment dite^ qu'on peut accuser d'immobilité. Les découvertes ol 
depuis un siècle seulement, par les travaux de cet ordre, le 
ments précieux arrachés à la poussière, les antiques symboles d( 
de leurs voiles, les langues retrouvées après des siècles d'oubi 
quoi enorgueillir l'intelligence et étonner l'imagination. £st-c 
dustrie qu'on voudra contester le chemin qu'elle a fait , les m 
cpi'elle a produites coup sur coup , le temps et la dignité qu'el! 
à la vie humaine par la suppression des distances , la rapidit< 
œuvres et la substitution, dans les travaux matériels, du ser 
éléments à celui de nos bras? La somme du bien-être, quoi c 
dit, s'est accrue avec ces résultats , la richesse est mieux et p 
sée^ la misère perd tous les jours de son empire en mèm 
qu'elle diminue d'intensité. 

Au progrès matériel, industriel et scientifique, nous somme: 
d'ajouter le progrès social ^ c'est-à-dire le perfectionnement d( 
tutions, des lois, des mœurs et des relations sur lesquelles r 
société humaine. Ce n'est plus la force qui gouverne le monc 
l'intelligence, et quelque chose de plus élevé encore que Tintel 
la justice et l'humanité. La guerre n'est plus la dernière rai 
nations et des rois. Par le développement de l'industrie , du co 
et des sciences, les vieilles animosités, les rivalités traditionnel 
dent à s'effacer de peuple à peuple pour céder la place à des r 
plus utiles et plus douces. Déjà l'Europe ne forme presque plus 



PROCRKS. 910 

i^ratinn. l.>«rla%a;:<* a di*;>arii de \esus \ts pav% ri\ilis^.<i, H 
t\iîf*, ^l.iti:i«* «Irpui^ un cirri.r *!•'! !r i Ki 7 qi:<*.qiirs nations, 
ri.l.» J. trjiirr;ili»T rf.--/ ! u\* \ \rs aulr»-*. I. t-c-iiilé ri\tlt* rst 
.!r iî«* '.i liU'rl»' i*i\.!«', tl»' 1.1 !i!.«Tti- P-lipTitUM-, do 1 c^Mlilé 
^j!i. ! '* . "Il d'- I €i!i l.ti [i de 1-' tic aiiti |iit* iu\ |uit*', di* oMIe 
rs i*"»iîri* i..i*iirr «|ui s .i|{M' .ut Ir drml il .*If:is*r. Kn ni^nif 

I- I !i-f d'* I.i jU^t.i I* f.i;l tr;> ri.pliiT |>is| ,1 |i«-il l itiH N'H drnlls. 

ri.; •:•■ 1 Iturii.uiitr .lit iii il inuli'H It^ i-'-irii's. iir.'uf* au ch'I, les 
u\ ^u{i|i!i.'t'<* i|ui d«-^h iri>rt'nt N's icii p^ | a^«**^ l't qui nnt eu 
r • !T« l d'" |-'r\iTlir <j!i»» di« c**Tr\^'*r !• s h- inmr?», vinl i'f:al*î- 
'^if '.^ par nus l'n^ »••. pir n«iH fim 'irs ;■ l'iui- jwjiir !»■% plus 
r.rt.i-«. 1.1 p'-iii«* dt> i!i>>rl iit'\if*nt i'h.ii]i]>- j iiir nnt* r-\rt-pti(in 
. !.• "* fui'» snnl d»* lill»^ iiaturi*. f|»ril *. '\ .1 j 1* ili« >\sîfr .r ni 
J*» |ii:ti *\ni pu.^*!' !f*H .ilti'r T «lU Ifi "ÎMur-tr; ii faut !••$ 
^1 I n .ii'i-f'pti' Ihi^li-iri'. II \ .1 {lus, l.i p-li^'i'iM nit^in«*. <'n la 
ml ilii ; "Tit dt' \u<- !•■ |iIun cr'.li'Htnxf, mihIi!!- rins.trrrr. dann 
iro •!t'ti*riiii[if-i- , l'iiifi l.i rliii'.i' i-t 1.1 K-h.itiiittiliiih , ] idff du 
Ni- \'i\ I ns-n'>iis |i is . •Il • [X''\ , liditlAlrif pn-i •• I»t l.i \« •■ ilii'U 
îM *•{ .1 ri-\i'j'i'ifi f.iilf .MX !• Truri l.is' 1". lîi- ri*\«''.itiiin 1» iM- 
iriffr:iMir«* .1 i»I'i' ijni .1 1 u M'i,*!- p-mr ii-ïi-rpri '•■ ' I..1 n-\ola- 
l'.i^i' n .1 l-«'lli' pi^ • '■ t\' \' ii i-fi'!- p,»r !is i r- | lui» % mn j^uc- 
; •l ••iilm . liiiil 1 Ai.i l'-ii Ii-^i.i!: *'i.\ Il r»lil p.. s t-t-iîMdcrc par 
\if I hri'lit-nnf* . •■ '• ? •• un-' fi^iiP' fin N'ujvi.ni ' 
f «Fi ■' ipii' !•• pr. jr- - « *l lin fil! inn)nl'-^i.tt>!i* df !.i n.ilurr 
. il !:■ f lUl p.is iTtiifi- ipj il ^11. t iiiliin . qu'il h 1 !tii< Iti* iii i> ^Ws 

-* . i| i":l pllls^'" i|,.l!: .'• I l.l » .ll«iri' «1rs l'iinvi'* il \vs prif r;f»os 

î.' !.i r.ii^'il. MiMîit .111- diTiiHT* , il n»' ['• iil qu ili r'f lidrf 

r;:["\' r 1»* .i[.p!M'.j!i .:.k , n-. l.s pri-«>-nli'i n*m:s uni- rirnu- p!us 

'. \u iN iii'hl»'. Il .11'» Il n 1rs .ilîiTfr i]i 1rs sfpt.riiiifT. Kn Ui*'»- 

a I -»•■ dmili' srra I^mj i:rs îr pl«is iniirt 1 l.-îf.ii d'un | "inl à 

. I!ri iii'ir.ii'*. I hiinnrîi" pas^rr.i '••rj-'iT^ .i\ ii.l ! utiîr; litis in- 

rr-* p.issiMiiN siTiinl tmij urs ••li;:u'»> df rr îi*r a if* iS-\i>ir<. 

ipli\^iqu«', la (MUso M*ra liMiimirs siip**ri>un^ a IrlTil; i-l si 

••si «piui* d»' iil.rrli' ri il'inl-'l ijriin* , a plus f.»rtr r.iisun llit*u 

un ('-tn* iitl«'lii/rnt rt Min*. (! « si pn'i'JM'inrnt pniir rrla qui* la 

sique, roMiiiif ri'ius l'avons dmMin'n* aillturs. nr prut pré- 

uïio rarrn'TP au*»^i rt» fidui* que los autres sricnrrs; car elle ne 

qui» d'-> pri-iiii»Ts pniif pf»s di» la rai.son. Au^m fai;l-il rt*niar- 

' li's s\sti*iiirs qii r;|r ,1 n.is au jnur n*i>nt pa«» luMuroup \arië 

it pas tri'*s.nMii:lirfi]\ : qu il n'\ a plus rn prrsi'inr I uni* de 

iiunt' linnnr rt un» ni.iiivaiM' ini*lapli>Mqui', qui srnibknt 

il a\'iir dit It'iir d<Tn!< r tutti. Il no parait pas, n«in plus, quA 

i-s s'iii liiiiiiitf* dans II* ilfirnaino dos hoaux-arts. N'nus ne 

las q'i»' !i sculplur»*. I ari'liilfi-iuro, ol mt^iiio la pnosio mo- 

Oi«*nl supt-ri» urrs .1 la srulpluro, à rari'liili'rlure , à la poi^ie 

. I,.i raisiin «n **^t f.n lio a i*rinrf\nir : rima^'inatinn um* fois 

lu |j« :nl dr p 'U\<tir MiiiltT par la parnli* i»u par lo travail des 

■ qu t'Ilo riiM.-'i't i-iain inonty s>-mj>li* ilautant niioax rôflôi'hir 

% Source l't mhmIi'-Ii* du hrau , qu'cll** rn est plus pros el qu'elle 

senti l'actiou porsonnolle do riinnime. Il y a aussi dans l'ordre 



850 PROPOSITION. 

indostriel et dans le domaine des arts utiles des lois qu'on 
sapprimer, des limites qu'on ne peut franchir, parce qu'elles s 
la nature des choses. Ainsi , la vie de Thomme ayant un tei 
suppose, à son tour, une altération successive de nos orgai 
cette altération fatale venant se joindre l'action directe des o 
térieurs^ quiconque viendrait nous promettre l'immortalité 
inonde , ou un moyen de nous soustraire à la maladie et à Ti 
peut être hardiment traité d'utopiste. Pourquoi donc en serait 
ment dans Tordre social ? Pourquoi serait-il permis d'espérer 
de choses où Thomme échapperait complètement aux conséqu 
sa liberté, ou il n'y aurait plus ni vices, ni passions , ni ci 
souffrances, ni misères; où le bien et le mal , Taclivlté et la 
l'incurie et la prudence, l'égoïsme et le dévouement, cess 
produire des résultais tout opposés; où tous, fatalement é 
même degré d'intelligence , de moralité, de sanlé, de forc< 
confondus dans le même bonheur? C'est à de pareils trai 
dislingue l'utopie : le progrès ne sort pas de la réalité ; il n 
rien aux lois et aux facultés que la nature nous m donnée; 
promet que le développement dans les limites qu'elles apport 
elles. 

PROPOSITION. L'esprit ne saurait percevoir un objet 
manière d'être qui le caractérise, ni une manière d'être sans 
en qui elle réside. L'être et son attribut lui apparaissent d'al 
dans la réalité par un lien invisible ; puis , par un effort d'abs 
nous considérons séparément chacune des parties de ce ra| 
nous distinguons les trois termes qui le composent : l'objet, 1 
et le rapport de la qualité à l'objet. 

Toute pensée véritable se traduit donc par l'attribution d' 
nière d'être déterminée à un être quelconque : c'est ce qu'on 
jugement. El le jugeminl, à son tour, ne peut êlre énoncé 
sujet qui désigne Vétre, un attribut qui exprime la manière c 
un verbe qui marque le lien de Vattribut avec son sujet. La 
de ces trois termes constitue la proposition qui peut être dé 
noneiation, la forme logique du jugement. Nous disons la forme 
car tel est le point de vue sous lequel nous considérons ici h 
sition, recherchant, dans les lois générales qui la régissent, 
mêmes de la pensée, et laissant à la syntaxe particulière de 
langue les modifications grammaticales qu'y peut subir l expre 
jugement. 

On distingue d'ordinaire, dans les propositions, la quantité, 
lité , la relation, la modalité. 

Quantité. — Une fois Tatlribut donné, on peut Taffirmer d' 
qui ait plus ou moins d'extension; selon que le sujel exprime 
la pluralité, la totalité, la quantité de la proposition varie : elk 
inaividuelle, particulière ou générale. 

Qualité, — Lorsque, au contraire, on envisage la compn 
de l'attribut par rapport au sujet , selon qu'on l'afTirme plus o 
du sujet, la qualité de la proposition varie. On affirme tantôt c 
tribut convient entièrenSeat âa siyet> tantôt qu'il ne lui conv 



PROPOSITION. SI 

r^ mtmnif , tanlAl qu'il n^ lui rAn%init pat, «*t b propo- 
de%ifnt tour à tfiur j'firniiiii\i*, iimiUli^t*, oa nritalive. 
narquoo^, tuolrrui^, i|Uf la nr^'jUon, oo la limilalioo, port^ 
irs ea r^alit^ sur l'attribulioo , Mn^^ qu^ le \trhr d^ U prupo^i- 
ttiii^ CTM^r d afiîrinrr Ifii^lriirr. >ck''lir nu punitif, laltnbul 
■joon afbroie dv kujel , car cV^t la t n^nce de luuU propo- 

• 

alion. — Lorsque I on compare le sujet el l'allnbul pour déUr- 

quel e«l, en %erlu de l«*ur nature réciproque, le rapport qui 

leur union ; l^r^qu on rrchm-he à qu<«l tiire 1 attnbul est affirmé 

|el, on lruu%e qui! \t^uX rxwirr i*ntre ce% deux termes Irui» 

de relations di itère nli-.s. srUtn que I atlrihut e%t renferme djn< 

injtion du ^njrt, rfiiuiiie I iirriderit <iu if phénomène dan^ U sui»- 

*\ ou que 1 allribut est dep«*n(1ant du Mijet, oimme i rffrt d^ la 

qui It* priiduit, Ij omM-qurnce du principe; ou entin qu'il jf a 

•nciXe d jcii«'n entri* \v> dtMi\ ti-riff*^. S*us ce libre (H»inl de \uit, 

a di»tin^uc les prup<iM'.inns en eateg'irtques , Ayp«fiAclif mm et i/u- 

rf#. 

dalitt. — Enfin , lorsqu'on et.imme le rapport qui unit les deux 
> df* la pp'poMiinn . M*lii[i 1.1 \.iliiir (|u v attache lesprit, on 
rque qu»* ce rapport p**ut «^tn* aflirni** rtimnte une Ii)p4ithè^ « une 
possibilité, ou comtiie un MUipIr fjit, qui est ri qui pourrait ne 
Ire , ou comme qnrlque chose de nccessaire et qui ne |ieut pas 
is être. I)i* là tr»iH snrte> de pruprisilions inndalrs, po«fi6fr«p 
igentes ^ nerestattfi : Kant Irs ap|M'lle pntLIemahqufS , autrlo- 
I el apodwttijuiM , ft primant la même idée sous d autres noms. 
a« na%on«i considère jusf|u'ici que la prnpoMtitin « i m|i /r » celle 
* f'jrme umqu^niint d'un sujet , d un \i'rlN* et d'un attribut. Il y 
iSJ des propftsitionH rumpuiifeM : elles Siinl de deux sortes pies 
où un seul al tribut e*t aflinne de plusieurs sujets, les autres 
i^if'urs attributs sont afi.rn.i'H d un sujet unii^ue. Il faut se garder 
nfondre le* propositions r'fWpUu-rt iww 1rs n^wp^Mm, 
e prnpo^iti'in, f|iioi(|U(' swiipif , c v<»t-a-dire n'a\itnt qu'un sujet et 
attribut, peut rire roinplr\f , si ce sujet unique ou cet attribut 
e, ou m^ni** l'un et lauin*. sont des termes complexes , c'est-i- 
ontenant plusieurs nlreNdistiiietes. 

'squ'on fait a\i'f- nicMne suji'l et intime attnbul des propositions 
^nles ?»elon la çuon/i/r ou la ^ufi/ifr, celles qui s'oppiisent a la 
n qualitt et en quanlttr s>Mit ditrs i^untrndictoires, et elles s'ex- 
{ necrsfeiiirenienl, ne pou\ant j.im.'*is i^lre ni \ raies m fausses 
ible. Si elles dilTèrer.l en quantité seulement • il n'y a pas d'op- 
un véritable, lumilc et la ptunilile n riant que drs cas parlicu- 
'{y pour aiiisi dire, den conorquriices de la Intatite. 
>lli sdilTèrenl en (|ualité seulement , celles qui s'opposent . si elles 
Dnner>rlles, s^^nt dites cnntraireu , et si ri Ses sont particulières, 
ntrairtê. Ile là deux règles opposées : 1rs contraxru ne peuvent 
vraies ensemble, mais peu\rnt iMre toutes deux fausses; sani 
leiooDtradicloires seraient vraies. Les tubconirains peuvent être 
I Mf fimhlr ^ mais ne peuvent toul«*s deux ùlre fausses, sans quoi 
seraient toutes deux fausses. 



PROPOSITION. 

Changer le sujet d'une proposition en attribut j et Tattribat en i 
sans que la proposition cesse d*ètre vraie ^ c'est ce qu'on appdle 
rer la conversion d'une proposition. 

Comme l'essence de toute proposition affirmative, c'est que V 
but s'y trouve restreint dans sa compréhension, étant borné aa 
exclusivement; si l'on veut que l'attribut devienne sujet , il fa 
conserver cette restriction y c'est-à-dire le particulariser dans li 
version des universelles affirmatives, et le convertir sansaddit 
changement dans les particulières affirmatives, lui donnant simpl 
la marque de particularité qui était attachée au sujet primitif. 

Dans les propositions négatives , au contraire , l'attribut est i 
sujet dans toute l'extension qu'a ce sujet dans la proposition 
donc qu'on affirmera la séparation totale des deux termes , da 
universelles négatives , la conversion pure et simple sera toujoo 
gitime; et toute conversion des particulières négatives sera i 
sible, car le fait seul de la conversion rendrait universel , par la 
tîon, ce qui était particulier. 

Ainsi se retrouvent toutes les lois de la pensée dans le jugeme 
en est l'expression directe, et par là, la théorie de la propositi 
la base même de la logique, et trouve sa place dans tous les f 
systèmes de philosophie. 

Platon , sans avoir écrit sur ce sujet un traité spécial , comme 
baxvttftcd'Aristote, a cependant une théorie de la proposition qi 
sort clairement de Tensemble de sa doctrine et de quelques pa 
significatifs du Cratyle, du Sophiste, du Théétete, et de la Répul 
Cet humble détail de la logique lui fournit l'occasion d'entrer ài 
plus hautes considérations de la métaphysique, et de réfuter le: 
systèmes opposés de l'école ionienne et de l'école d'Elée. 

Dans le Cratyle, considérant les éléments de la proposition, le 
dont se compose le discours, « il n'importe, dit-il , qu'une cho 
exprimée par tel ou tel assemblage de syllabes, pourvu que â 
mot domine toujours l'essence de la chose qu'il représente.... S 
toutes choses changeaient sans cesse, comme le prétendent les 
sophes ioniens, ou si tout était un et immobile, comme le veuh 
éléates , aucune manière d'être ne pouvant être fixée ni détero 
il n'y aurait ni jugement ni discours possible.» 

Dans le Sophiste, Platon s'occupe de la combinaison des mo 
la proposition elle-même , et réfute une seconde fois l'école d 
« Les signes qui représentent ce qui est au moyen de la voix, 
dit-il , au nombre de deux : le verbe, signe représentatif des ac 
et le nom , signe vocal servant à désigner ceux qui font ou sut 
les actions exprimées par le verbe. Or, des noms seuls prononcé 
verbes, ou des verbes sans noms ne forment point un discoui 
n'expriment ni l'action, ni l'inaction, ni l'être, ni le non-être. Ui 
les, ils s'associent, se combinent, et forment la proposition q 
l'élément du discours. » 

Dans le Théétete, Plat< t les ioniens au sujet de la pr 

tion comme il les a comi [Je CratyU, au sujet des mot 

la proposition est formé ^>^ neut rien 

mer si les objets dési 



pnopiisiTloN. i';r> 

iMfs à la pfns<rf ; d** u<riiii- , m 1 nn r.'.^iKTlr uih* ()i«'m* Uuiiii 
fl. un'.-''*, j un aulri', i-i m > h ju^'Cii.riiU» porU'^ sur U> < li'rv<i 
>ao» r).\M' . il h v>\ |i.i> ii<- { rM|ioMliiiii di ili* CMiiiiai»«iiic<: 

m 

, D'iUâ tri»o\«iiis d.ii««» /'i /•'/ ••^•^^:ff liv. %i II' l'ournnntiiii iii 
"••rit* plat'iiii 'iriini* ilt- i.i pi -ii •«il««ii:. !• \ a Ipiis MTifH *[*• 
\> lU {■ri'pi'>.Lii>tiH . r- ::ui->'- il > a U".^ liiuu^rftifiils UihSiim N 
n.-M-** liuiiiaiiic <Iah^ I ■ru\rr di* la *M|i'iii«'. Au |-reriiit'i d^-^ri* 
iti.(.*/i.|-ii^ , i|ui i-\< i II* I 11 hi.UN , par irs I •ntraditliMii.s du 
H'Xi>:ti.i* , It* MiU\i (i.r 1 1 itfif^ di-H niff» • u\if\{ir> ijaiiN iiii 
i\H'r\ ur, r<irri*^j''»(.«]' !il !• ^ / f "/"tiii4i#M« *'*n»jtci%*nA.t*, ^\\u\tWs 
m;n di'tit h>iU> lirt>ii%. |h'ui 1.1 \it* uriliii.i ri' . lir^ oiiiiluMon;» 
it pr> t»j|iic N. I.' ^'-nt 11 H sritif s (|u .iii'i.l \iMi.ii rt-ritnriailrr 
L^ ; •' • ^l )*ouri{iii>i \\> Hiii.i l<init>«-s iJaiM U- M'r|»lii'iMitr. Au 

i>„-r" ■!'' I.l liuiitrt tfUe , .1 l.i f ririiNifi-i ii<v , ipii ilrha.sM* 1a 
u ii."ii'Ji* v*n>it>ii* ri ri<-\i' 1 1 «>}'r.l a la i'i'ii'>i-tii|i..iliiiii dim'tr 
f inrri"*;Miii'l»':.l U'** jujfmn :t *ih»ul%tt^ i|i|f ; iriîr.ii^'i'iu'i- >;l|^|l 
inluiLin'i i:j.i:i< iliali' . • i ip.i -i'i'Xfiil iji* il »;if<» j iniju .lu prin- 
'l'rii»' nu Hi,iji 1 •i)'i-!iui*> l iiàl- > IIS iilci'îi. Kiili:i , I r^pril rvdrA- 
l'ftti' H^.(]rrr ilivii.i* lii > i.ii • ^ .1.: iinindt' li'iri->trr pnur l'expli- 
* W MT'Ur^ lirs lii 1,1.- 1-* s. i.s.li 1-.. A tv Irms.i'iiir iliyrr dr la 
Ui' r«irri-spund' i.l N- • yr y .^tU^n* • r'jir« qui fxpiiiinhi Ji* ra|i- 
laiii»* df> rh '*' ■» ..• !■ »ir {>..ii- .|>'*. r • si .i-ilni* *i\v%r li in» 
d«jfil L'ilc» pjrlM;n-iil. il d'iM (-iic> i'Ui|iiuiririil U*ur ri'aiiic 

iT«*. 

. ir»»^ sorli «» •!•' ji!*»; '.sii.i.; V, 'i-^ |>ri'i:ii'''rrN >»ihl :■. fN'ini* di».'nc!i 
m ; « .■• ic^ dilT'-ii 11!» '.• M:.t h il'-nl «'iii'^» ^i- i<iin|iiiM ni ofTrral 
,f Ili4 . li.lbiii- ; !• •• »■ I.- • «^ I.l «"hl pas, .1 ( l'ijrt'Ulrlil parliT , 
«i^ili.ilt^, IliillN <{U> Iifii- il i< I ils : r.ii t'rt-s ^i* rrsul\ent« 

«1 d'r<', ii.iii^ uiir idii.'i'. - {» Il ! ii.luih.'ii <i.<iii> ri I .ininualion 
II- Jf I r-s«'iii-r nrrrs a n- • l iii.(..(i.ililr ; us fli-mii-ns , rnfiri , 

ti-lil la pPipii^llluli rtrllr. '.I .' i| .1- |'i.itn[| 1.1 i.hr'ilt. \'x 11 i.sl 

rai^i'ii 'pi il a ri'ilu.l !•' i i. • ii.- il a iIi u\ l* m .i-^ *\a\\^ /r Nu- 
savoir !•' fi"ni . ri Ir r*tht 'uijfitf, uu i allr;: iil fsl roiiilir.i* 
ert»*' rff' .' uu\ >i'U\ i|i' i*!.itiiii, 1 nn ih' .saur.iii lim' des rhusrM 
'tUti Âf'ttI ; «•!!• s ,tftifiinrni saiis i*i'*sr, ri |i vitIm* «iljiH'iir, 
raclinii il du iintnir , l'xpiiiiir aduiiiaMi-Uiciil t*(* ncour!» in- 
i^ Ikiidi\:du, de la « riatiin* i|iii nt* p«'ut m* .suftire , à Vtdef 
urlici|K*, bauii jaiiiai.s p'aliMT luulc la |M:rfi'i'liiiii qui h'\ trouve 

I 

. ft 

est la Ihêorie de Platon : pr<>fiind(*, en tant i{u'rllc rapporU* û 
9<>lu Iwulo rt*alitè, loulc rciiiludt* : car nul i-iu* fini nt* pi'ui 
»D M*: >•! raison d'ôlrt*; oxr >m\o, m I.liiI qu dit* p retond i-x- 
e ii.oi.'ir àirltifi, sans !• M*iMur> df 1 cxprrirnce, t*l MMuLIe 
I que Inutcs les pri)pnsii,ip|i> peuvent m* dnluin* d une propo- 
iqoe, al)>olu«', univorM'île, ri'wli'c par um* inluiiion boudaïue 
liale au S'iunnt-l de la diahriique. Sur le priMnirr poinl, Ari- 
»^té infcneur a Plalon, qu'il altaquo sians ébranler l'autorile 
; sur II* «>ct'(ind, sa critique est aussi profonde que lép- 
fKlaiirabicinent les erreurs de sou maître , et eomble l.-s 



256 PROPOSITION. 

ridée abstraite de je, sans savoir que ce je n'est autre que moi-mtai 
existant avec ma personnalité que j'affirme. Puis, comparant ces dMl 
idées, j'apercevrais entre elles un rapport de convenance, et j'an 
merais enfin que je convient à existence, et, par conséquent, m 
j^existe. 

Kant distingue deux grandes classes de propositions : tantôt le 
port unit l'attribut avec le sujet comme inhérent à la nature même 
sujet; tantôt il ajoute à la notion du sujet une notion qui n'y 
point contenue. Il appelle analytiques les propositions qui tirent I 
des termes de la proposition de l'autre terme ; synthétiques celles 
unissent deux termes qui ne sont pas naturellement joints roo 
l'aulrc. 11 nomme aussi les premières explicative»^, parce qu'elles 
font que développer une notion acquise, sans l'augmenter d'une m 
nouvelle; et les secondes extensives, parce quelles ajoutent à une 
naissance donnée une connaissance nouvelle. Les propositions a 
tiques sont par leur nature même des jugements à priori, car 
dérivent toutes d'un axiome fondamental, \e principe de contradû 
en tant qu'elles affirment le même du même. Les propositions ty 
tiques peuvent être empruntées à Texpérience ou à la raison; elles ij 
ronl donc les unes à priori, les autres à posteriori. 

D'où vient que les philosophes se sont engagés dans des dise 
stériles et interminables sur la légitimité de ces diverses sortes de 
positions : les uns voulant proscrire toutes les notions de Texpéri 
en donnant tout à la raison^ les autres faisant dériver toutes nos 
de l'expérience sensible ; ceux-ci cherchant dans le fait seul de la 
ralité le critérium de la certitude d'une propsoition ; ceux-là rati 
à un principe absolu des vérités qui ne pouvaient en être déduites? 

C'est que tous ont pris, pour les objets tels qu'ils existent dans 
réalité , les formes sous lesquelles ils aiïeclent notre sensibilité (pi 
mènes) , f t les formes sous lesquelles notre raison les conçoit 
mène»). Ni les unes ni les autres ne peuvent nous donner la i 
objective : on ne peut isoler les noumènes des phénomènes , et 
ter l'objet connu hors de la pensée pour en faire un être existant 
soi , sans détruire toute connaissance. Ainsi s'évanouissent les 
distinctions de sensualisme et d'idéalisme : toute proposition em 
sa certitude aux formes, aux lois subjectives de l'esprit hamaiD 
applique à tout ce qu'il conçoit sa propre constitution. Tous nos 
temius jugements , à priori et à posteriori , sont des fonctions de i 
tendement humain. L'homme, la nature, Dieu, ne sont théori 
que des créations de Ttn/efh'^ence; leur attribuer une réalité 
hors de la raison , c'est être dupe d'une illusion et d'une cbimèni 
généralité , la nécessité d'une notion n'est point un caractère qi' 
emprunte des objets qu'elle représente, c'est une forme que loi 
pose la nature de l'esprit humain. 

Fichte procède à la fois de Kant et de Descartes , en tant qu'il 
son point de départ dans la personnalité humaine; mais il repr 
Descartes d'avoir trouvé dans le Cogito , ergo sum une proposition 
lue en ce sens qu'elle ne dérive d'aucune autre, mais qui ne ooi 
pas en elle toutes les propositions possibles, comme un principe 
tient ses conséquences. Or, il faut pour fondement à la logique 



PROPOSITION. 257 

ion qoi pi^ff nie ro cararlf-rr. Kanl % i-im^no Hrairtnrni dr la 
if ncr rn rhf rrhanl son p«int d«* d«-parl dan< IV^pnl huDuin . 

rrcnnnahrr crlU- c^rtiludi* atiw>!ui*, qu'il n^ \cul arrurder 
ircisiofi!» df la raiv<n praLquf*. <> que l^^s^'artes ei Kanl n'ont 
Mii\ant Kichlf.x f*^( iiu**. romoK* le mnt n r\\ |<as tant qu il n'a 
iwienre de mïi , «ii tTii.r.i, inl relli* |>riftt.Hiii >ri j^ «uij , i^n se 
ui-mi'me , le m"i se fjil, v crée . il de\ienl par «^oi . || %«* fait 
' el s»*n efTvl Inul erM<mlf!i*. I*e l.i |t* rarartrir \iaiiij<-iiL i\h- 
crtle pnip<)Mliun prrniii-re re n r%l pas NeuU'mcnl un j^jt- 
e«kt un acte p*n<T.iletir dr I •-in- iiu^^i hit-n que do la |m'DH'(*. 

. n*ius arn^on.^ a la derfiitTe, ri |Mui-i'ire à la plus rtran^r 
entatt\eH, puur idi.*niili«*r la |««-iiv-r •■{ U rêalile. Kanl a reauta 
cme en nianl îa leaiile, qu il rrduil a di*s ii\p(iihèM*s de outre 
ment. Ile^el , ^ulisliluaiit a <*•* M-*-pt.riHni«* idéaliste le pan- 

idrali&le . relaMil la reaiite |i<iur 1 idrnlilier àwv la pt^n>oe : 
D la plus k'enerali- e%l IcHtrore de Inut re qui esl ; h-s idées ne 
I les reprrsenlations lii^'ique<i deselpisi*», nia:;^ leur e^M-nee, leur 
/i^tre. La liigiqu*- de lle^rt-l est dune »a mi*lapli\«ique elle-ini^me. 
; prndait par l'e\iiiutinn de la nntvtm uHmfrtflU , qm est 1 idée 
p. le penre atjM<!u et su|ierieur ou t'Ul e%l «Mucenlre vn puis- 
\jt jugement eM 1 aele par Irqurl m* de«r|iip|M*, si* di-termine la 
Émtztrtellf : ce n e^i pa.H seulement une o{rraliijn lii^itjue. e'e.st 
reateur, qui. en afiîruiant l'existence de Irl nu tel ^Ire indisi- 
arrarhe à 1 indeli*rniiiiatHin uu il était enchaîné. P.ir ce ju^'c- 
l'étre en général de^ieiii un i'tre dilini que j'app«*lle lv*mm€; 
c en |:eneral de\ii-nl Athmit», i'WUniinx en p*néral dc\K*nt 
. Par le jo^reinenl , enlio , 1 indi\iduf 1 e>l lire du général coiuuie 
e du tout. 

deviennent , dans cette théorie hizarre , tous les jui;ements >yn- 
cs, tous ceuk qui expriment un état uu un fait aecidenlel '! Ileçel 
ose le nom de jugement* , et leur consacre le nom de prupuâi- 
^a proposition n est donc plus l'expression du ju.:ement • mais 
'ment imparfait , defeeliieux. Mais en limitant, en déterminant 
m par le jugem^^nt , 1 rspnl a fait une sorti* {ValienaluiH de la 

Il n'en a pu aller mir une {larlio qu'à la cfindition de nier le 
de là une contradiction mvessaire entre la nofi'on et U'jugemini, 
est la thète^ et l'autre est \ antithèse. L'esprit, frappe de cette 
liction, la détruit en niant la négation qu'il \ient de priKluirc, 
liloant à la notitm unirerselle ce qu'il en avait Si*pare . r'eit lu 
ie, OQ conclmsion , qui recomplète enfin la nntimi divompirtée, 
rentrer toutes choses dans V identité première dont elles rtait-nt 
. Par ce dernier mouvement de la pens«*e , le jugement retourne 
lé primitive, qui, d'ahstraite qu'elle était alors, est devenue 
li par celle évolation. Kt c'est la ce que llep'l nomme le iyUn- 

EdéBnition plus arbitraire encore, s il est possible, que 
Le syllogisme de lle^iel est Vunite neceuaire de la 
lij if iif jugenuntê gui y tont contenue. 
■■■ 4nnges systèmes, que Ion jugerait avec trop dt; 
■Ménil que leurs conséquences, la loiriquc a 
MUdisnt étroitement à la nature m*}me des 

17 



3S8 PROPRIETE. 

dioses la nécesiitë logiqae, dont on ébranlait l'antorité en la sépin 
de la nécessité réelle. Anx erreurs qoi déBgurent ces doctrinei i 
centes, survit une pensée vrsùe et profonde, le principe de l'ideU 
des lois qui régissent l'esprit homain, et de la logique divine qui H 
le monde. As. H. 

PROPRIÉTÉ. L'nsageaattaché à ce motdeux sens très-diffém 
an sens métBpbysiqDe et un sens moral. Selon le sens métapbjsiq 
propriété est à peu près synonyme de qualité. Mais on distingue di 
sortes de qnalilés : celles qui constituent l'essence même de cha 
diose , et dont il est impossible de faire abstraction en pensant à a 
chose; et celles qui dérivent de celles-ci , ou qui du moins la snp 
sent. C'est aux qualités de cette dernière espèce qu'on donne te i 
de propriété», tandis que les premières s'appellent des attrifmU. AL 
l'étendue dans les corps, l'unité dans l'espril, sont des attrlbvli 
divisibilité, la dilatabilité, etc., sont des propriétés. Une propriéb 
distingue aussi d'une faculté, en ce que celle-ci, supposant l'interv 
tion de la volonté et de l'intelligence, ne peut se dire que de l'etp 
La raison, la liberté, la sensibilité même, sont des facoltés, non 

Propriétés. Pris dans son acception morale, le mot propriété s'applii 
on objet dont nous pouvons jouir et disposer à notre gré , et si 
pose, par conséquent, dans l'homme en général, un droit d'oset 
cette façon de certaines choses , c'est-à-dire le droit de propriété. C 
ce droit, si vivement contesté aujourd'hui par certaines sectes et c 
tains partis politiques , que nous allons essayer de démontrer , au n 
des lois éternelles de la justice et de la raison. 

Du droit de propriété. Toutes les raisons qu'on peut alléguer en 
veur de ce droit sont rigoureusement contenues dans les trois pro, 
sitions suivantes : 1° La propriété est une conséquence nécessaire d( 
liberté , ou plntét elle est la liberté même considérée sons une de 
formes et dans une de ses conditions les plus essentielles; 2*lap 
priété est une conséquence nécessaire et une condition de la famill 
3* la propriété est une condition de la civilisation et de la société 
général. Nous insisterons plus particulièrement sur la première de i 
propositions, parce qu'elle renferme le fondement de la propriét 
considérée comme un droit de la nature humaine , taudis que les de 
autres n'en expriment que les conséquences. 

1*. Nous ne sommes nullement opposés à ceux qui pensent que 
droit de propriété se fonde sur te travail. Mais le travail loi-mém 
qu'est-ce qui le rend sacré? qu'est-ce qui lui donne cette vertu d'as 
miter, en quelque sorte, l'œuvre à l'ouvrier, et de rendre invîolal 
anx autres tout ce qui a été produit par mes mains ? Pas antre cbi 

Îue la liberté, ou le droit absola qoe j'ai aar ma personne. DÎH 
oQc suT-\e-chainp que la prHg|lMU|^i)a liberté. En eITH , tt 
libre , c'est avoir la possessHj^^^^^^^^HfeVsl avoir l'usage de : 
fïicultâs et de ses force3)j^^^^^^^^^^^_corps , de son iir'~' 
gence et de ses o 
vent>& telle œan 
sous la seule cig 
focalléS; 




PROPRIETK. 2r>9 

r(N\Tr A laqueMi* j^ 9e« ni mn^arr^^ , que. les n-«illats qn'iln 
Ils et rr^% m que l*)iie «..rlr m'af^p^rti^^nnenC .tu n.fm*» ti'.re : 
■«oltaf!^ !!•• *<inl . en \eri^è. qu'on pr^iioTipener l. qn une ei- 
• m'ii-m^me. J .n ajoute à vaa pet*^*nnr tout ce qui est la con- 
•non arii%ili' . àr m.in iii<fla^tne . ér ma pre\o%.inp».' , de mon 
Je me iTtrou\e moi-m^me, n*er |.» ilrvî inhérent à mon 
l^ul re qui e*t «orti •J*' m «n in'olli.'^rr fi de mm mains. 
z X'Mis en ÎA t rrtie f «rull»» iW di*|N«H*»r d^** frui'< de m^n ir.i- 
I* !*••» pmp»Vh#'r**7 p.ir là m^medi^ n.iltre , \'»ai m'i*mpVlierei 
du;ri* ■ rar j^ n** x-nidrii |»*i« me ronsum'-r à nn !.il>rur dont 
sera pas perm;"» 'J** j«'Uir; \ «on m priijvVhrriv il »*er de ire^ 
omme je IVn.er.d*. *»!i hen , %ou. ferez |»is rruMri' rn me 
m ri\ sffwf m.i'p'r^" nvM , p'«ur d .l'ilrr»* qu- j niir m m , nu 
e« fi-rrM et de mr^ nioxon^ nalur^!". iMns !e> ijfux «ms , j ai 
. Iit»erle, je suis i-srla\e , je nr m njiparlii'ni pa>j, pirre que 
I app.irtienl. 

>ntre i«el ar^'nment une olj-rlion e^.1 Hevée par l-iu^ len sy%- 
stiles à Ifl proprièt<^. et :i laquelle il f.mt que noii^ rt^fkmdinns 
•rd - rar toute la diffiruft^"* eM l;i. On dit qu i! n'y .1 aucune 
»» dans 1 a*s niil.ili'>n que nous \nul'n> ei.il-iir entre la lit»erlc 
rïètr, pn!p» le dp'il qur nous axuris *»r m-lre jj«Ts#»:ï!:e ou If* 
fîC'iMes d- n! r!|e <hI douée et relui qu D'^U"» rrxendiqiiMhs 
"î '«e^ qui or.l vf.j.i I .irtii*n de vvs f.iri.îtrs. >[filre |HT'»'inne , 
les. r.ns (irpcines S'iiit ri>m|1etemrnl a nuus; niai> , dans la 
. SI subtile. «>i ^(iiritu-lle quVn la buppoM* , et en udir.ittanl 
ail I as d'autre courre que relie que nous rccnnnaisMins puur 
il va louj'^'Ur* dent rho^e» à considérer : la matière pre- 
1 1>* iravni! nu la f.icnn. Par exemple, pour faire une statue, 
u . un lixre  pi Ils fr'rte raison . de.s ou\ra^e.s plus valpiiiri'.s , 
1.1s ns<(.7 du tni\iil de r.irti^^te el deTauleur; il faut aussi une 
jtn en pui^*e renxoir I enippinie, el qni, sous la forme prc- 
't nn |iiir d< n di* l.i r:.i;nrc. >i le travail est » nous . la mali«*rc 
du dnniiiine coti rnun ; tlie a|q»nrlienl iv«iU'iiienl à h'US, 
air que nous respnnns, nniin.e la luinh re qui nous l'clairc, 
ine n a le droit de s'en .i: pmpricr e\e!uM\eim*[il la moindre 
Ce même principe, adopt*.* cunime un axiome par toutes le» 
inman;sl'*s, nn l'appli pie parlii'ulièrenicnl à la propriété du 
a terre qui n'>us n* urrit, cl d*où nous lirons les autres lua- 
Botre QsagG. La terre, dil-ftn, est le palrimuine commun du 
Nnio; Hlf nous a été donnée A tous a\ec la \ie , et nous ap- 
AQ même titre; elle est notre mère, notre nourrice , notre ba- 
ItOQS: il est donc ahsnlument contraire aux lois de la justice 
que qoelques-UDS la possèdent à l'exclusion de leurs 

I poor être très-ancienne y car elle remonte jusqu'aux 

« rère chrétienne, et a été reproduite depuis ce 

tai formesy n'en est pas plus holide. Sans doute, il 

"^^lerer à ta jouissance commune nn bien naturel 

^de ni préparation ni travail , et qui se prèle à 

•lemple, une source d'eau p on bois qu'une 

17, 




260 PROPRIÉTÉ. 

tribu sauvage aurait rencontré sor an sol vierge. Mais il n'y au 
usurpation à s'attribuer det objets qui . tant qu'ils restent di 
domaine commun et n'ont pas été transformés par le travail , jk 
utiles & personne. Ainsi , à quoi aurait servi ce morceau de bois 
je me suis fait un bâton , ou bien un arc et des flèches , et qne 
sonne avant moi n'avait songé à employer ? A quoi auraient sert 
plumes d'oiseau dont je me suis fait un vêtement, ce tronc d' 
que j'ai creusé en canot7 A quoi serviraient-ils encore si ma 
dustrie ne s'en était emparée ? De même , celui qui a réussi à dm 
un cheval sauvage , à apprivoiser un bœuf abandonné à l'état d 
tore, et qui, en ayant fait sa propriété, a Bni par élever des 
peaux, peut-on dire qu'il ait rien enlevé à ses semblables? To 
contraire , il les a enrichis en leur apprenant l'usage de ces pr< 
serviteurs, et en versant sur eux le superflu des biens qu'il et 
tirés. Il n'en est pas autrement de la terre. Sans doute, la terre 
pas une matière inerte qui emprunte toute sa valeur au trav 
l'homme; on ne peut pas compter pour rien les fruits qu'elle p 
spontanément , le gibier qui peuple les forêts vierges , le poiss> 
lacs et des rivières; mais nous connaissons aujourd'hui les misé 
sauvage qui tire toute sa subsistance de ces biens naturels; 
savons ce qu'il faut penser de ces prétendus droits de cA(uf«j de 
' de rueillette, ie pâture, qu'on accuse la propriété d'avoir usurp 
l'espèce humaine. Il n'est pas un homme civilisé, si malbeurenx 
le suppose , qui , mis en demeure de choisir avec une parfaite co 
sauce des deux états , ne préférât mille fois sa condition à celle 
dance tant vantée, à cette communauté dans les bois. Nous 
donc de la terre ce que nous avons dit du marbre , da bois et à 
les matériaux qu'elle porte dans son sein ou à sa surface : cel 
s'en attribue nne partie ponr la cultiver ne fait aucun tort à ses 
blahles; il a droit non-seulement aux fruits qu'il a tirés du sol 
au sol même qu'il a fécondé, et qui a acquis entre ses mains, : 
soc de sa charrue, arrosé de ses sueurs, une valeur intrinsèqu 
n'avait pas, ou ce qu'on appelle, dans le langage économique 
plus-oalue; enfin ce qu'il a pris à la vie sauvage et à ses épt 
tables misères , il le rend au centuple à la civilisation. On a fai 
remarque, qu'il faut une lieue carrée environ pour nourrir un s; 
des produits de la chasse, tandis que le même espace de terrai 
vensblemenl cutlivé suffit à la subsistance de mille habitants. 

Ainsi, toute espèce de propriété, soit celle des choses inani 
soit celle des êtres vivants, soit la propriété mobilière, soit ia pn 
foncière, se justifie également par la liberté, ou, comme on d 
communément, par le travail. Le travail, c'est la libertéj la li 
c'est l'homme lui-même; et il ue saurait venir à l'esprit d 
homme sensé de contester ce droit, ainsi présenté dans son ca 
absolu. Mais qui veut la fiUi veut les moyens ; qui veut les préa 
veut les conséquent-es. CtfÔHye travail ne peut s'exercer que i 
matière, parce que I ho^^^^bui'UDe poissance de transforo 
non de création, il es^^^^^^^|[^^^J|||gm^_de loi refuse 
de ces deux choses si 
sans U propriété. 




PROPRIÉTK. 9RI 

^nant fsl-il \tdi que la propnHè a tnrort ane autre liase 
nDcipf SI e%idrnl. m iDronU*%Uble ri m inconCnfé dont noiu 
iil oftafK*? Fant-ii admettre*, a%fc un certain nombre de jons- 
•s rt dr philosophes, ce qu'un a appelé le tfroif d€ premier oe- 
N<Mis sommes loin de le penser; mms crn\nns, au nintraire, 
ireU-ndu droit, loin de aer«ir la propriété, ne fait que 1 ébranler 
urcir. Kn eflrt, ou le droit de premier dcrupanl n'a abaolo- 
icun >ens, ou il si^mifle ceci : qu il n y a pas encore de droit 
le droit arqui.s par nos s«*mlilables sur un olijri dont nous pra- 
ftsrftsKtn |Njur la pren>ii*re fuis Mais i*ette idée , toute néfs.itivo» 
rien fonder. I/ab«4*ni-e du droit d autrui ne suffit pas à établir 
il faut donc qurlque rhtiM* de plus; il me faut un lilre réel, et 
n e»t pds aill**urs que dans ma lilierte. i/u«af!e de ma liberté « 
nfnl aux choses, se manifeste de deux manières : ou par le 
ou par 1 oct-iipatiun. iMns le preroi«*r ras, mon droit e*t mani- 
Dmme nous \ ruons de le démontrer; dans le second, il ne l'est 
ns : car , s\ j m juisc a propf»s de me fixer ici plutôt qa'aillenre , 
t'^SfT ce mnrri-.iu de buis et de h* ^'arder dans ma main • qui 
* forcer â chjn.-er de place ou d attiliide, sans |)orter atteinte 
lerli* mdniduellr ; O qu on nnii.ii.i' le droit de premier occo- 
pst donc abs«)lum**nt rivri s.ins la liU-rtf, ri, a\ec la liberté , 
ni inutile : car 1'* !:.iMiif droit c|iii* ji* réclame p<iur moi, la même 
ionl je fais u>ti;:«*, jf ^uin olili;:f de l'accorder aux autres; ce 
lent a dire qur {K-rsonne ne fieut éln* force à abandonner la 
1 il occupe. (Juanl a ces paroles de t jceron 'de Fintbms, lib. iiip 
que le monde e>t ctiinme un théâtre puhlic dont les places 
'unent a ceux qui les ont prises : QuetnadmodMm theatmm, 
tmmune /il • recie îamen i/iri poteit ejus es$e eum iormm quem 
occyparit ; il faut les prendre pour ce qu'elles sont , c*est-à-* 
nr une figure de rhétorique. Encore cette comparaison roan* 
Ile totalement de justesse : car on ne peut pas disposer pour 
don siê|{e au théâtre, comme on dispose de son bien; et l'on 
letlrait a personne d v (nrcupcr deux ou trois places à la fois, 
|ue nos propneles ne sont pas toujours proportiunnées A nos 
. C'est ce que n'a pas manqué de remarquer l'auteur du mé- 
'Ju^eft^ce que ia propriété:^ 

ropriétè et lu liberté sont si étroitement unies entre elles , 
ont toujours eu les mêmes destinées , qu'elles ont toujours été 
les et sacrifiées ensemble et dans les mêmes proportions. Ainsi, 
plupart des Etats de 1 1 trient, ou I escla\age politique existe 
Qte sa force , il n'y a pas d'autre propriétaire que le prince ou la 
sminante. ■ Le brahmane , disent les Lui» de Atanou, est la 
irde tout ce qui existe; tout ce qui* le monde renferme est la 
té du brahmane ; c'est par la (:ènérositè du brahmane que les 
hoDiiiies jouissent des biens de ce monde. ■ Le même droit que 
ayons ici attribué au prêtre se trouve encore aujourd'hui entre 
tas di la plupart des souverains de l'Asie. En (irèce , ce n'est ni 
sacerdotal, mais TEtat, qui a un pouvoir souverain 
sur la famille et sur l'individu. Ou voit les 
Il d'aecord snr ce point avec les législa- 



9SS PBOPRIÉTÉ. 

teura. Platon, qui demande la «ommaDsolé, Aristote, qiH|ii 

Eropriélé iadividueile , racoauaiiMat tout deux à l'Etat le droi 
tir l'ua où l'tuilre de «es systèmes. A Home.où iomatml Ici { 
fiiffiillec, le chef de chaqne famille, le patarftimUimM, est le» 
prtétaire, et réuoilà m titre le droit de disposer des lioifi, de la i 
MmHM, de Hi enbou et de ms petits-enfanls. Plu lard , sons 
pejrMn, la propriété, saoi écLapper coœplétemeat i l'Etat, ■ 
auajjfla davantage et approche de plas en plas du droit nati 
mAme rapport entre l'état dn persoDoea et cdni des biens i' 
dan* l'histoire niodenie, Soos le règne de la féodalité, Is pn 
comme la liberté, est un privilège atlacbri à la naissance. Elb 
de la con(|uète et se trouve lont entière entre les mains do se 
le defcendunt dea conquérants. En principe de droit féodal, les 
Mt propriétaire originaire de tons les biens silaés dans le resso 
souveraineté ; les sujets ne les tiennent que de sa libéralité , soi 
Hrva de lui en foire hommage et de reoevoir a chaque muta 
institution nouvelle. Avec la monarchie ah&olue renaît la i 
orientale , • que le roi est le seigneur universel de toutes les le 
sont dans le royaume. > — ■ Les rois, dit Louis X.1V (t. ii, p. 9 
OËMvrti), sont seigneurs absolus, et ont naturellement la dis 
pleine et libre de tous les biens qui sont possédés, aussi bien 
gens d'Eglise que par les séculiers, pour en user en lontco 
sa(;es économea. > Enfin , la révolution française et les inii 
qui l'ont suivie , en fondant la liberté dans Tordre civil et polili' 
aussi fondé la propriété sur ses véritables bases, l)e toutes les 
lulions qui se sont succédé en France, c'est peut-itre celle ' 
qui l'a le mieux déflnie par ces mots : ■ Le droit de propriété i 
qui appartient i tout ciloyen de jouir et de disposer à son gn 
biens , de ses revenus , du fruil de ion travail et de ion indvitt 
Nous venons d'établir par le raisonnement et par l'histoire 
propriété est une conséquence nécessaire de la liberté; nous o 
pas de peine è déinonlrer qu'elle n'est pas moins nécessai 
famille. 

3*. La famille, comme nous l'avons fait voir dans un artit 
niol (Koyu ce Recueil, t, u, p. 87 etsuiv.), est formée de deo 
principaux : le lien conjugal et celai qui unit les parents avec I 
fanls, Ëhbien, que l'on supprime la propriété, ces deuxliei 
détruits l'un et l'autre. Ce qui donne, indépendamment des i 
qui en sont issus, le plus d« force et de durée à ruoioa des ' 
«'est sans contredit leur dÉfrij^mt mutuel, les sacriQces q 
foni , par devoir ou par 1^|^Hk^WHMIIE^ d» '^"^ '^' 
existence; le souci que ^ 
dans l'avenir comme dai 
la fortune, lu femme à It 
franchir mutucllcmeut d 
plus d'aisanoe , ntin il e 
cilude qu'ils porlcnt I 
tans la propriété, 
Toueinenlvilqi 
celai qiù «n^ 




PROPRIÉTÉ. 

itlarh^Dt aotant par Ir hirn qa'ilt font qof par r^lii 
? > «>ia e^t Mirtoul vrai au fo>rr domfiliqot* • où l'na 
tant plUH l'on a I aolrr qu on a ploi betoio l'an de 
pas dan» \ts p\m% bnllanlrs rondilion<d^ fortune qu'on 
K'^« Ws \»\ns hrurruk, parr^ qu on y a moins Ki^M>in, ci 
ï ts{ moins ornip^ ] un de i autre. Ou ■rn%erail-il donc 
»ocial ou le friirt di-s personnes resterai! enli^reinent, 
lif>n des rhn4«-s, au poiMoir de b rommanaut^ ? oA 
Il tout et rharfie dr pourvoir à tout , ne laisserait à la 
»' d autre ^'arantir m d juin* rai«on d'être qu'un amour 
n çndx fufiiiir, inrapaLle de r^isler au moindre souffle 
main*»* 7 

i>n« s appliquent rneore bien mirux an fondement le 
> la fnnii 11* , aux ^ntimrnts, aux devoirs rMproones 
i*« rnfAnt^. (> qui fait df* la paternité un des earscteres 
1- ni 1 hnmmc piii««e ^tr«» rp\^lu, re n>M pas l'aetion 
jr un ^îre «•emMalile à M>i et de continuer Tespfce; 
<« eM rnmmunr n\rc Is hruir : ce sont les oblipaliofis , 
•t la sittintinn purement mnrnle qu'elle apporte avec 
« doivent a l«'urs enfants de \ ciller à leur etisience, de 
li'urs lM-wiin«. de d^\elnppcr tnnles leurs farult^s^de 
les rondiiire . de les dirifier dan*^ cette \ie à laquelle 
è<. «'t (II* ji's pourvoir de tous les moyens et des con- 
s^aire* pnur s y conduire eut-m^nncs, p*>ur s'v plaire 
(ihle. (> que le de\iiir et la raison coDimandent, le 
y\ que 1,1 nature l'a fait, l'exipc et y ajoute encore. 
nous continuer dans nos enfants, nous voulons qu'ils 
nous. Sur eui se cuncenlrenl toutes nos espérances, 
•it lin , tnus nos SOUCIS et toutt*s nos craintes; c'est 
•i!s dédirons les liunneurs , la puissance, la fortune; 
lUs travaillons, que nous lullnns, que nous alTronlons 
l 1rs |»orils. l/nmnur qu'ils nous inspirent fait la 
(le notre volnpli^ et de nos n'uvrcs. Biais de toutes 
t (11* tous ces devoirs , que n(»us reste-t-il , une fois 
Mihstituee n la proprii^lé? Ce n'est plus nous, c'est la 
se d<* ceux à qui nous avons donné le jour; c'est elle 
co^sairem«nt de leur entretien , de leur éducation, de 
nous enlève toutes nos oblipnttons en nous Atanl per- 
moyens de \i^ remplir; et le même acte par lequel 
nos (iblicaiions détruit aussi tous les sentiments de la 
*z les parents que cbez les enfants : car, sans la pro- 
lienfaits, plus de sacrifices , plus de dévouement, par- 
onnaissance. Sans la propriété , point de responsabilité 
aitorité d*Ho part , pas de respect de l'autre , pas 
|Mr ni à recevoir, pas de commerce enlre les Ames , 



fc^^"^[j 



té A la famille , nous nous prononçons par II 

"^éc de ce droit ; nous distinguons la pro- 

tt les jurisconsultes, de la simple posscs- 

Inîl} l'autre, c'est le fait. Or, cW da 



964 PROPRIÉTÉ. 

droit qae noas parlons; et ce droit n*existe pas, oa il coi 
culte de disposer à notre gré des choses qui nous appi 
faculté de les donner j de les aliéner j de les iransmetlr 
de plus juste que cette déOnition qu'en a donnée le droit 
uiendi et abuiendi re 9ua quatenus juris ratio patitur; « 
et d'abuser de son bien autant que le comporte la natu 
Si Ton admet le droit de donation et de transmission y 
noble manière de jouir des choses y il faut nécessairen 
l'hérédité y non comme un droit dans la personne qui béi 
celle qui transmet. 

S**. La propriété ainsi comprise, c'est-à-dire reconnu 
n'est pas seulement une des bases de la famille ; ell 
des instruments les plus puissants , une des conditions 1 
tielles de la civilisation. Que faut-il entendre, en effet, pj 
La civilisation , c'est la société elle-même, à son express 
nérale et la plus élevée-, c'est le développement de lou 
et de toutes les relations humaines , manifesté par le pn 
des sciences, des lettres, de l'industrie, du bien-être. C 
ment et l'expérience se réunissent pour nous apprendre q 
priété, ce mouvement devient impossible. Qu'on supprin 
le droit, non-seulement de consommer, mais de conser 
1er et de transmettre les fruits de son travail, et, par < 
créer, de multiplier les richesses ; que chacun soit tenu d 
subsistance, sans pouvoir profiter des labeurs de ses ] 
qui arrivera : obligés de songer aux étroites nécessité 
courbés sous le poids d'un travail matériel et pénible , n 
sir, ni le droit de songer à l'avenir, tous resteront ab; 
niveau , toutes les générations tourneront dans le même 
rance et de misère, s'épuiseront à recommencer sans fin 
Les arts, les sciences, les lettres n'auront pas le temps de i 
abandonnés } les sources des plus vives et des plus pi 
seront immédiatement taries. Il a fallu la fortune d'i 
Grand pour recueillir les trésors de science et d'érudilic 
au génie d'Aristote; il a fallu la prospérité et la grande 
procura à Athènes pour que le ciseau de Phidias créât toi 
il a fallu la fortune des Médicis pour payer les œuvres d 
Michel-Ange, et fonder des académies à Florence; i 
et la puissance du règne de Louis XIV pour que la Frai 
rir au xtu* siècle, avec la domination politique, la do 
lectuelle de l'Europe. 

Mais que parlons-nous de peinture , de sculpture, de p 
Sophie, de tout ce luxe de la pensée et de l'imaginatioi 
certainement, la vie serait sans dignité et sans écls 
besoin ne se fait pas immédiatement sentir ? L'indust 
celle qui répond aux premières nécessités de notre exis 
nous procure nos vêtements, nos aliments, nos meubh 
ments de travail ; l'industrie ne saurait se développer n 
bienfaits , les rendre accessibles à tous , sans le secours < 
accumulées que, dans la langue de l'économie politique, 
capitaux. Dans l'ordre industriel comme dans l'ordre 



PKOpRiKTK. ans 

rtmr^ roAUnt ch«»r. ljr< moindrM pfrffclionnrm^nU 

i*s , lf% plus lr^vrr% ainclioritinns dans noCrv f iistrooe 
rit' arhrtr% pjr unr lun^'ur i^uitr d>»sais, d^ tUonne- 
ri.**^ sArnlirr«. Or. minnirnl cfs Mrrifirrft sfrairnt-ils 
\iM.iil d .i\jnr^ drs fiirfunrs prrpjr^s à \rs ftupportrr? 
,\* nU'MTs ff-rairnl-iU prolitrr 1 humanilo des fraiU de 

n > ii\.iil d«*s rapilalisli»% a»M*f nrhrs pour appliquer 
iH l'i \vs >ounirltrr a une expérience deriM\e, c rsl-à- 
jiii* L'r.inil«> ffvhi'litr ' Kn effrt, r>st un a\inme d'ëco- 
•|u «Il proJiiiNjnt pra , nn priNluil mai el rhèrement ; 
r.iii«*ri<« «><• l*u\ l't) ;:rand . plu<« il y a d<* \alrur dans les 
iiio is r'ùit'nl. Ma.iili'njnt. dira-l-^m que la furtune 

«'Il flirt* .1 r«-H iJi-|N*nsos tnul au»si birn el mieux encore 
p.irhrulitTrs .' \)M\ drmandiTons qurllc sera la source 
luMi |u**,rMinriirnl elle aur.i pu st former en l'ab^^noe 
iLiiiH ilu travail . Jo la LlnTle, inM*|iarable dr la pro- 
rrl |NTM)nnpl , drs afToclnms de la famille .' Mais «hup- 
\i^lt*. qu une l-.ijuettt* mapique la fait descendre du 
)>iiirs int >>iitrsLil(if qut* '•f'^ risqurn cl les a\enturts que 
|i.irlu-u!iiT *«'iiil s«*\t*r«'mrnl inlcrdiis a 1 Klat. l/tlal a 
lin* ilf M-ilIcT a ^a scrunlc, à son indè|N*ndancc , au 

pi'rS'i (.••itrii'mfiit de s'*si ini^tilulions \vs plu» evsen- 
la faiultnii K* dniil lie m* faire entrepreneur d 'industrie 
daii^ i|i* {tiTilleuM'*» s|Nvulalions. 
la tni*'.Mf que la propriété sort aux pro;;rès des sciences, 
luslriei-i du bienMMre.elle contribue aussi aux progrès 
1 • 'F lire , de la vh'i.ibilite. 1^ faim es»! mauvaise conseik- 
[H'i-te : 9htile*uada famés. Au contraire , le (ra\ail , l'in- 
I-*' qui en e^l le fruit et la seule faculté de l'acquérir, 
ie a v-s prupn*s >eux . l'altaebent à son pays et à sa Ca- 
'iil !e srntiiiienl de sa dif^nitè, contiennent ses passions, 
« lialiiludes et mi^rissetit sa raison. 
'la II II iJirri'tcment le droit de propriété par les raisons 
s dt* de\elnpp<*r , nous poumons en fournir une preuve 
a rfrulation de tous les !%\ sternes compris suus le nom 
mais le sujet e>t assez vaste pour avoir besoin d*èlre 
ni. 

IX auteurs cju'on [>eut consulter sur la propriété, consi- 
ie \ue philosophique, sont les suivants : pour la pro- 
'• PnUiuiuf , liv. Il, c. h. — tlicéron • Tuscul. , lib. ii, 
Vinibu*. lih. III, c. âU. — SiMièqtie, de Btnffciii. 
finuternement ririf , c. 5. — Reid, UEutrti compiêUê, 
I. Jouiïroy, t. M y p. W\. — M. l'Iousin, Philf»»**pkie 
i:J' Wi^on; Justice et charité , m- 12, Paris, IHW. — 
de In Pruprielè , d'après le ( tnie cirii , in-12, ib. , 
Thirrs^ de la Propriété, in - 12 , ih. • 18i8. — 
• Communisme ju (je par i histoire , in*12, ib. , 1818. 
oprièté : Mably, de la Législation , dans ses Œuvres 
-J. Kou&sean,*/>ijicoiir< fur l'économe politique ; Con* 
wpmtn sur rmé§alM eu coMbltoni. — MoreHj, Code 



t66 PROTAGORAS. 

de la nature. — Prondhon, Qu*e$t<û quê la fropriM? i« 
moires y in-lS» Paris, 1848. 

PROTAGORAS. Ce sophiste naquit à Âbdère , à une é 
n'a jamais élé déterminée d'une manière bien précise. Diogèi 
son biographe, se contente de dire qu'il était dans la force de 
la 8fc* olympiade (kkk ans avant J.-C). Démocrite vivait i 
un Jour que Protagoras apportait de la campagne à la ville i 
de bois fort pesante , Démocrite le rencontra , et fut ém< 

KMsédé tout géométrique suivant lequel il avait disposé so 
s ce jour , il le prit en amitié , et Protagoras, devenu m\ 
tour, allait dans les villes et les bourgades des environs 
enseigner aux jeunes gens la grammaire. Cependant il s'adoi 
à l'étude de la physique, qui était alors l'élude dominante, 
il se sentit capable d'aller étaler dans Athènes son savoir i 
quence. Il y trouva beaucoup d'admirateurs, parmi lesqueh 
qui fut séduit, comme tant d'autres, par la singularité de se 
et par la douceur de son éloquence. Protagoras partit d'Ail 
aller se faire connaître dans les principales villes de la Gi 
recueillir tout à la fois de la gloire et des richesses; car il t 
ses auditeurs le prix de cent mines. Il passa ensuite en Si 
séjourna assez longtemps, et de là en Italie, où il donna d( 
citoyens de Thnrium. Puis il revint à Athènes , où son sec 
ne fut pas de longue durée. Un jour que , dans la maison d' 
ou, selon d'autres, dans celle de Mégaclès, ou , suivant d'< 
core, dans le Lycée, il lut, ou fit lire par son disciple Archaj 
traité sur les dieux , il fut accusé d'impiété , condamné , < 
quitter Athènes. Ses livres furent brùiés sur la place publiq 
que, par toute la ville , un héraut eut fait commandement è 
les possédaient de les apporter. Chassé d'Athènes, Protagora: 
port de Philostrate, voulut se rendre en Sicile; mais le vaisse 
traosporlait fit naufrage. D'autres disent que Protagoras mo 
dant la traversée. Il avait atteint l'âge de soixante et dix ai 

Diogène Laerce nous a conservé les titres des différents ou 
Protagoras. Ces ouvrages eurent pour objet tout à la fois la ri 
la dialectique, la logique, la morale. Nous allons parcourir si 
ment chacune de ces divisions. 

Et d'abord , en ce qui concerne la rhétorique et la di( 
Protagoras nous offre le même caractère que tous les sophis 
voir : l'alliance des formes oratoires les plus élégantes et de: 
les plus captieuses. Au rapport de Dio<;ène Laërce et de ( 
(InstiU araU, liv. m), il s'était principalement attaché à c( 
de la rhétorique qui concerne le mécanisme du discours ; né 
il n'avait pas entièrement négligé Tinvention : car il passe 
premier qui ait travaillé à réduire en art ce qu'en termes de r 
on appelle les lieux commune, Protagorag rerum illustriu\ 
tatar, qui deinde eommumi loci appellati ntntj dit Cicéron, 
BruÊui, Il fut encore le premier qui divisa le discours en quatr 
à savoir : la requête , rinterrogatioii , la réponse, le précepte, 
dosa riiétorique, ProtaeovM frinil intmenr um dialectiq 



nOTAGORAS. tB7 

éliil éludié à M poonroir de •ophiunct ei d'enlhymèiiMt 
it'Ui D>a «oqIod* pour preuve que l'aMcdole iui%aDle. Il 
lia MUire que le tephiUe rfcUiDâit 4'E%alhlus» md diiciple. 
•oudit : • Si je proM%e au jsfie que je m te duii rieo, lu 
I p parce que j aurai icagoé loa cause. Si, au oooiraire» je 
rou\er » je ue le devrai nen uoo plus » paroe qu'aiora lu ue 

uiis eu eUl de Mipner mea came» de%ant les jugea. » A quoi 
repartit : • Bien au coutraife , dans l'une el Inutre hy po- 
'àh tenu de nie pa>er : car ai lu penuudea au\ jugea que 
I» rien , lu Muraa ton étal, M ainsi lu devrua lae lenir ce 

pron» pour cela. Si • au contraire, lu ne peux convainae 
I Mraa aindanne, el li faudra bien que tu nie pa>ea. • 
uc nous aa\onft de la logique de Prulagoraa su rapfiorlu à 
le la cortilude, et nous donnr la mesure de son seeptioaiiie. 
• l)io{j«*De Lacne rapporte qu'un des Irailrsde Prolagoras 
s l«^uri ctunnirn^ait en ces termes : L'komm$ eti Im me* 
M ekoêfs , de ctUtê f Ml mml m lURf f u tiiu «cnif » ri de ttilm 
pas fil fanl pi'tiU» ne «onl puj. Ce qui \eul dire, en d'an- 
, que les chi^kcs ne sont que r« qu'elles paraïuent à cbaeun 
qu ainsi ihacuo de nous n'a point d autre juge i écouter, 
A ou ii'eftt |)As, que iMin «>piniun individuelle. Alimi jméi-' 



wrm ul, dit Ciceron .Acudem., Iiv. ii, c. 47) , quijmîei id 
m eue qund cuitfyt ritiemtur, Sekius Êropificus ilfypoiffP' 

1» c. 32i »eipriine en ternies anaioieues. • Prolagoras, 
Dd que 1 honiuie est la mesure de toutes choses, el par 
iiend la n*icle suivant laquelle on doit juger. De sorte que 
*k paroles n\ que l'homme eal le eriir rium ou la r^gle de la 
la fausseté drs rtioses. • El plus loin ^t6id. ^ : « On %oil donc 
Protuf'orak, I homme est la rè|:le de venlé de toutes les 
fxisleot; que, selon lui, toutes les cboaes qui paraissent 
i existent par cela 5ful, et que celles qui ne sont aperçues 
des hommes n'i'\istent en aucune manière. • C'est celle 
Platon combat dans le Tluetètê. Tbéelèle , l'adversaire de 
ni d avancer que la science n'est autre chose que la seosa- 
mois servent de point de dépari à Socrate pour expoaer el 
1 même tempïi li^ idées de Prolagoras. Si la sensation est la 
fctc Pialon, il ne faut plus altribuer l'înlelligenoe à l'homme 
i tous les élres doués de sensation, aux plus inflmes des 
e plus, comme la fcensation eal bornée au moment actuel, 
science, il n'y a plus pour l'homme d'aulre connaissanoe 
1 présent. Déplus encore, la sensation variant d'homme 
;, même dans le même homme, étant dilTérenIc d'elle-même 
. à l'autre , si elle est la science , il n'y a plus d'unité dans 
la; la même chose est vraie pour l'un, fausse pour 1 autre, 
ise tout A la fois pour le même homme , suivant que d'un 
nuire il eal différemment aflecté. Et alors qoe deviennent 

Caux? EnOn, avec le vrai el le faux s'évanouissent, par 
aanloguea, le bien et le mal. 

m di ProUgurna sur le principe de la eertilnde resleraîl 
MliafaianDle, ai on ne le mllaehail à aofi véritable 



268 PROTAGORAS. 

aniécédent. Or, cet antécédent, c'est 1b croyance qoe l'Amen'* 
sensation. Protagoras est donc cooséquent à lai-mème en na 
que l'homme est la mesare de toutes choses. D'une peycbol<^ 
sualiste devait découler nécessairement une logique sceptiqne. 
Le Protagoras et le Théitite de Platon nous font connaître 1 
raie du sophiste abdéritain. Dans le premier de ces deux diil 
Platon introduit un jeune Athénien , Hippocrate , qui vent s'il 
à ses leçons, Uais , la vertu étant la base de tout enseignemei 
crate, qui se trouve là présente! qoi accompagne Hippocrate, 
pelle Protagoras sur le caractère et l'essence de la vertu , et enti 
de prouver son unité réelle , malgré la diversité de ses maniresl 
comme, par exemple, la science, la justice, la tempérance, I 
teté, tandis que Protagoras s'ingénie à établir que c'est de l'ei 
de ces vertus particulières et distinctes que résulte la vertu. C 
saisit parfaitement la diCTérence des deux doctrines : dans celle 
crate, le bien en soi, le devoir, considéré absolument, préexi 
diverses espèces de vertus , et c'est de lui que celles-ci emp 
leur existence et leur caractère; tandis que dans la doctrine < 
tagores,la vertu n'est, en quelque sorte , qu'une' dénominat 
nérique, une appellation commune de la justice, de la scienct 
tempérance, delà sainteté, et n'a plus ainsi qu'une unité pi 
Bomioale. «Toutes ces vertus, dit-il, sont des parties de la ver 
comme les parties de l'or, qui sont semblables entre elles et 
dont elles font partie, mais comme les parties du visage , qui c 
du tout auquel elles appartiennent , et aussi entre elles, ayant ( 
leur caractère propre. ■ Néanmoins, celte discussion et les terni 
lesquels elle est établie prouvent que Protagoras, au jugemen 
de Platon , ne niait pas formellement toute vertu ; et Platon, 
même dialogue, met dans sa bouche une réplique qui ne peu! 
aucun doute à cet égard , lorsque Socrate , lui demandant si 
dans les plaisirs est un bien, et vivre dans la douleur un mal, 
fait répondre: <• Oui, ponrvu qu'on ne goûle que des plaisii 
nétes. ■ 11 est vrai que , dans son Théélèle , Platon prête à Pro 
des opinions beaucoup moins acceptables : s Pour le juste et l'i 
le saint et l'impie , tee partUan» assurent que rien de tout cela 
sa nature nne essence qni lui soit propre , et que l'opinion qi 
un Etat s'en forme devient vraie par cela seul, et pour toutb 
qu'elle dure. Et ceux mêmes qui, sur le reste, ne sont pas toi 
de l'avis de Protagoras. «utiimt ici ta doclrin». > Comment c 
ces deux passages de Platon? Il n'y a qu'un seul moyen , à noti 
c'est de dire qoe, dans son Protagorat, Platon a rapporté 
nions du sophiste d'Abdère telles que celui-ci les professait; 
blement ; tandis que, dans son Thééiéie , Platon a imposé aux c 
psychologiq^ues et logiques de Protagoras leurs véritables consci 
£n effet, la où il n'y a nijvai ni faux aLsoVuoitnt. ï" ^^ 
saurait y avoir ci tiù'n^HBMt soi. C'^ep ce même sec 
prononce Âristole [3/d^^^^t liv. ulk. QV. • VroU^t 
que l'homme est lu moi 
chaqae chose est réela 
dividuellemeut î d'oill 




PROTACiOKAS. :dlK) 

fnlre le biro ri Ir mal • ri 1^« aulrci^ ch««M'N dr«i^nérs par 
»po^s \^ uDf au\ autres. • A>n»i. hirn qu'Ariiitod* n «ifcuji^ 
ra« à .lUiiir furmfilf inrnt t'^uli- chMiiuliun rntro W bii-n et 
:naî<* rr|H*ndanl la roofu^ifii du juUe i-t di* t'injusli* i-nninid 
inM-qucDcc ine\ilalili* dr iv prii.cipe: Vhvanmt rst la meture 

d** l*riit.ip>ras n^ir I i*\i<»ti-[iro it l.i niliir'* do l.i lh\inili* 
r«ur:-<*^ tuul i*ntii*rr dans (|jii(|u>s .••irn i{iii* riio liiii^rm* 
|Ui par.ii^M lil a\iiir apparSenu •• i un di* m"^ n rils. Au ttijei 
f n^ /fine "irifir i'i/# «onf "M l'Wf nr tnnt j.ut. iittn lirâ rh"tts 
Il luttter hi tfUfihtin dtim U tinut^, a "jr'.ir, lu diffiruitr tir 
r l'fi rtturte *iiiref tir la nr hutaatnf. I*..it ii, ilaits /r Ihefiele, 
*rol.i.'(ir.is fi\ lies tiTiiirs trii.l a fait i "iif'iriii'-s aii\ puroick 
« p'ir lhik''lli* l«.ii-rrr : « Voifi !«• que Itiills rrpondrail 
■ 'Il «]Ui'lf]U un d<* st'H |*ai liions : fgentrru.r tnftinîê ou riri/- 
discnurtz autt n mlfe ui«r, el rom mêliez U* littux de la 
/i« qtir mi*i , dunt tue* errtti ,jf latt*r de rùie *'îh extitent 
ttteitt /"M. •• (jrrron de .\*tl. def-mm, Uh. i. r. 12 ri '2»\ 

qui* rrpi't>T !.i l'ilalH'D di* lh< ;:rii'.'. 

phj^iqut'dp Proî.i^riiras î»'.uvi>r«îi* a\rc si*s .luln^^ di)OlriD€S, 
louNi'ii iHiU\on«' j'i;;iT p.ir qui l<iur.s Ii^'iii*sidrN-\lus Kinpi- 
/i/p. Puirh., :.!.. I . r. H'I . >ui\iiiil Ppita^'oran, i: n y a poinl 
ati^i luf . ri (oUh I'-^ l'Iijt-tN qui* nos m*iis ikiu.s ri*pn*M-ntent 
laiits iiiii>**-i.l «laiiM K* in<iiiii*i]l ini^iin*, par rapport à rharun 
i> qui* ii->(iN \\'> aptTr«*\iin**. (i rsl sur ii* Idinii-riient qu'il 
I* iiiou\i-!iti-nt vA le primipr p-iirral drs rho^rs , v\ que 
■N qui* nous (inu^ rrpri's«'iiluns .s<>ni produits par h s difTé- 
'nunali'ins ijf* iv innu\eriu*nt i*l | ar l'-s iiirlan^i's riVipro- 
•l.ijriras , i]il i-iii-nri* S*\lus, pn-ti-nd qui* la iiiatifTC esl 
|Ui', roiiinii* cili* srrouli* rfirilinurlli'iai*nl , il s'opi-re dr> 
ur n'inplar<*r iv qui .s f si rroult*. • Op, ir s\.stt**i]ic n'rlait 

1 dans la pliilit^nplm* ^Torquo. Nous y re<*iiiinaissiin!« sans 
liiiii* d llt^rarlitt* , riiihinf* ratlrsli* d a.lirurs r\prt*>M*mri)t 
du Theetfle, qui altnliui* la iiirmo npininn a Kuipi*dfji'le 

iT.i] . a tiju.> U's pri*Riu*rs phiNi^oplu's de lalirèco, Par- 
■pl". 

fxiN rlirliiriqut* f( di.iUvtiqup, In^'ique ri morale, psycho- 
\^.|wr-« 1.1 pliilosopliit* de IVotii;:onLs olTrc, ù (ra\rr^ la 

il>- ^- s p.irlirs • uni* rrmarquahltf uniti; , el ron.stilue un 
Il l iiil >Vn('halni*. Sa thi'odiree f( sa morali* di'ri\enl dt* sa 
'!:n;t' irllr-ci dr sa ps\i'liiilo^'ie el de sa pli\sique. Si l'dme 
Ui'ti' ilans les sensations, si sa\oir e'esl senlir, il faut hieii 
U** CfiieJusion, qu'il n'esl rien de pi*rnianenl cl d'iuiniuable. 
ip'ncedi* eliaeun de nous, el, à plus furte raison, rien d uni- 
decoiiiniun, entre les di\erM*s in tell ip- nées. Mais si 1 homme 
rede tnute> ehoses, en d autres Irrnirs, s il n'y a d'aulrc 
juger du \rai que ee qu'il en semble L eliaeuD , il n'y a plus 
'•même, d ab^duinent vrai; el l'on aboutit irrésistiblement 
HMes où rhaeun a sa vérité, et où, par conséquent, il 
bé : la vérité étant une ou oessaol d'être. Mais où riea 



268 PROTAGORAS. 

antécédent. Or , cet antécédent , c'est la croyance que l'âme ii'< 
sensation. Protagoras est donc conséquent à Ini-méme en m 
que rhomme est la mesure de toutes choses. D'une psychologi 
sualiste devait découler nécessairement une logique sceptique. 
Le Protagoras et le Théétète de Platon nous font connaître 
raie du sophiste abdéritain. Dans le premier de ces deux dial 
Platon introduit un jeune Athénien , Hippocrate , qui veut s'il 
à ses leçons. Mais, la vertu étant la base de tout enseignemei 
crate, qui se trouve là présent et qui accompagne Hippocrate 
pelle Protagoras sur le caractère et l'essence de la vertu , et enti 
de prouver son unité réelle , malgré la diversité de ses manifesl 
comme, par exemple, la science, la justice, la tempérance, I 
teté , tandis que Protagoras s'ingénie à établir que c'est de 1 ei 
de ces vertus particulières et distinctes que résulte la vertu. C 
saisit parfaitement la différence des deux doctrines : dans celle 
crate, le bien en soi, le devoir, considéré absolument, préexi 
diverses espèces de vertus, et c'est de lui que celles-ci emp 
leur existence et leur caractère; tandis que dans la doctrine < 
tagoras,la vertu n'est, en quelque sorte, qu'une dénominat 
nérique, une appellation commune de la justice, de la scienc< 
tempérance, delà sainteté, et n'a plus ainsi qu'une unité pi 
nominale. « Toutes ces vertus, dit-il , sont des parties de la ver 
comme les parties de l'or, qui sont semblables entre elles et 
dont elles font partie , mais comme les parties du visage , qui c 
du tout auquel elles appartiennent, et aussi entre elles, ayante 
leur caractère propre. » Néanmoins, cette discussion et les tem 
lesquels elle est établie prouvent que Protagoras , au jugemen 
de Platon , ne niait pas formellement toute vertu ; et Platon, 
même dialogue , met dans sa bouche une réplique qui ne peui 
aucun doute à cet égard , lorsque Socrate , lui demandant si 
dans les plaisirs est un bien, et vivre dans la douleur un mal, 
fait répondre : a Oui, pourvu qu'on ne goûte que des plaisii 
nètes. » 11 est vrai que, dans son Théétète, Platon prêteàPro 
des opinions beaucoup moins acceptables : « Pour le juste et 1 i 
le saint et l'impie , ses partisans assurent que rien de tout cela 
sa nature une essence qui lui soit propre , et que l'opinion q 
un Etat s'en forme devient vraie par cela seul , et pour tout h 
qu'elle dure. Et ceux mêmes qui, sur le reste, ne sont pas toi 
de l'avis de Protagoras, suivent ici sa doctrine, » Comment c 
ces deux passages de Platon? Il n'y a qu'un seul moyen , à noU 
c'est de dire que, dans son Protagoras, Platon a rapporté 
nions du sophiste d'Abdère telles que celui-ci les professait ( 
blement ; tandis que, dans son Théétète, Platon a imposé aux d 
psychologiques et logiques de Protagoras leurs véritables conséq 
En effet , là où il n'y a ni vrai ni faux absolument , là aus 
saurait y avoir ni bien ni mal en soi. C'est en ce même sens 
prononce Aristote { Métaphysique y liv. ii, c. 6) : « Protagon 
que rhomme est la mesure de toutes choses ; ce qui revient à < 
chaque chose est réellement ce qu'elle apparaît à chacun de n 
dividuellement ; d'où résulte une inévitable confusion entre 



PROTACiOKAS. ^yi} 

is« entre le bien et le mal* ri lr« autres rhnw'^ dr*i^nèes par 
» opposes li*s uni au\ aulrr^. • Aill»i. Inen qu'Ari»tulr n arcuM» 
i{:orx« d aUiîir furinriirnirni l(<ul«* iii!^lini*liitn vnitv l«* birn et 
1 signale cependant U ruofuMiin du ju«te et di* l'injuM«» mninw 
? CitnMH|ueDce ine\iUMc do iv priiicipe: l'h*jmm€ rsi (a mfture 

ion di* Protapira^ %iir lr\i%tirirc it !.i naliir»* rl«^ la |li\inili* 
f* ri*«ur:'.e«* luut rnticrr dans c|ui i(]ui s :.»i.i-h i{Ui< i ;(o |i ••^•nr 
el qui paraivs4'nt a\i<ir app«irti*nu a 1 \\i\ dr .ws r« rit<^. .4u mjet 
', jf ne /fifif inrtur i'i/# gnnl »»u â'tif uf «i»nf /.f/i. ilxfn tU» rh"its 
'Ht ci liituer ta ifuettutn tiuHt U dout^, u "ir'<kr, ia dtlftrulte de 
f ft la rtiurtê durer de la ne humante, iVat ii. \\^\s le IheeteU, 
r rrota.'nr.is en tirs t«Tni<-s tru.t a faii i •'n/<iriii'-% aii\ panilo^ 
i*vs pir Ihi (!• nt' l«.ii'rri' : « Vniri ir qui- M'Iih rr|jiiiidrait 
as ou qurlqu un d*' srs |*arl|Hans : Urntteu.r enfanta u%% riri/- 
•UJ dtÂC'iurez auit a mtte «nr, et mu* mêliez l^» dteujr de la 
mi/iff que mni , diinâ me* erntt ,je huttr de rt\\f •'iln extâteni 
'ej-iàtent pat, ■ liiivrnn de .\al. de^mm, IiIj. i, f, 12 ri :!II 
iif*re qur rrprti*r la cilati«in do lM< ;:i-nr*. 
1.1 ph\ «iqui* (1<* i*rii!ai;iiras ^'arrurilr a\rr %vs autri*s di)ClriDes, 
i<* nûU!««-n i»rju\(Mi^ j*i;:tT par qii< l\ur*t Ii^nos dr N \tu» Kmpi- 
fpe,ttfp. Pyrrk., !.!•. i . i*. .'S'i . >ui\ant frulA^'uras. i! n y a p<jint 
ro ah>«<lut*. ri («lUs les oliji is qur uns sous nuus roprosi-nlont 
\istants naiH««*i.t 'laiis lo inoiiiont iiii^iiu', par rapport à chacun 
tois que n•>u^ 1rs apcrcr\on«. (i o>t sur iv tuniJfmrnt qu'il 
ic le niou\i'!iirnt o^l I<* principo p*nrral dcschr>^os. v{ que 
'Iros que nous nou^ ropri*M'ritans .smil pruduiLs par lisdifTê- 
■(orniinati<»ns d'* co iiiou\on)ont ot \ ar \rs niolanp'.s nViprci- 
[*r<itau'nras , dit i-rii-oro S'\lus, proh-nd que la uiatiôre est 
t qu<*, coniino oilo s ôroulo c'ii)tinucllrm«*nl , il s'opi-re dr» 
puur rruiplac**r co qui sesiivouU*. • Hp, w s\^tômc nVtait 
Pau dans la plulosophio firocquo. Nuu*^ y ro«*« m naissons sans 
jo.'lnn*' d II<^raclite « comiii.-o l'atti-sto d a.îlours oxprosscmont 
::•' du Theetete , qui altnhuo la nit'mo opinion a KuiiN-diK-lc* 
encrai , à tous les premiers plnlu^ophos de la tîrèco, l*ar- 

XCt'pl'*. 

la f>'is rlii'tiiri(|uc ot di.ilectiquo, Inu'ique et morale, psycho- 
ph\-:<|ii(*, la pliilosophio do l*rota:;oras oITre, ù lra\crs la 
iti* do >• s parties , une ri*marquaMir unito , et constitue un 

«ju t lUt sVnchaine. Sa t|p-«<dii'eo 1 1 sa mr>ra!o dori\enl do sa 
comme (ollo-ci di* sa ps\choIopie cl do >a pli\sique. Si l'Ame 
PDlitTo dans les sensations, m sa\oir c'est sonlir, i! faut Inon 
cotte cnciusion, qu'il n'est rien de piTmanent et d'immuable 
ellip'ncodo chacun de nous, et, à plus fiTle raison, rien d uni- 
m de commun, entre les di\erM's intelli^i iices. Mais si 1 homme 
sure de (outON choses, en d autres termes, s il n'\ a d'autre 
ir ju^er du \rai que ce qu'il en seinblo i, chacun , il n'y a plus 
cela même, d'ahMilument \rai; et l'on aboutit irrésistiblement 
. de choses où chacun a sa vénlé, et où, par conséquent , il 
s de vérité : la vérité étant une ou oe^îsaQt d'être. Mais où riea 



372 PSYCHOLOGIE. 

fali. L'anteor y expose encore, par la bouche d'un de ses pena 
avec une crédnlilé qui ne semble pas feinte , certaines VNtai | 
Itères aux démons. 

Depuis longtemps publié, mais avec négligence, ce dialogue 
récemment , dans H. Boissonade, an éditeur hatile et consc 
(Nuremberg, 1838). Le célèbre pbilologoe, qui s'est depa 
temps donné pour tâche d'esliomer tous les livres grecs d 
JDSqn'ici , à tort ou à raison , par les éditeurs , nous a, c 
fait cODualIre plusieurs opuseules inédits de Psellus qui achi 
peindre an vif le caractère du célèbre polygrapbe : ce sont < 
abrégés de grammaire, de tactique, d'histoire naturelle , des i 
tions scolastiqaes de la dernière pnérililé, comme l'éloge dt 
et de la puuaise , des allocutions à ses élèves pour les encoi 
U'avail, ou pour les réprimander d'èlre venus trop tard À sa cla 
enfin neuf lettres, dont l'élégance maniérée rappelle à la 
mauvais goût qui régnait alors dans la littérature byzantine 
que nous avons vu régner plus tard , en France , dans la « 
précieuses. M. Boissonade nous a aussi donné, dans ses 
grœea (t. m , p. 200) , un ouvrage inédit , en vers politii 
Psellus, sur la grammaire. 

Les Qutêtvmt divtrtt* n'ont été imprimées qu'nne fois , et 
traduction latine, par J.-A. Fabricins, au tome v de sa £tJ 
grecque [édition originale). Quant aux autres écrits de Psel 
sieurs ne nous sont connus que par des traductions latines 
même dont le texte grec a été publié auraient besoin d'être r 
l'exactitude que la critique met aujourd'hui à ces sortes de 
En outre, il reste encore de ce fécond écrivain des onvrag< 
ment inédits. Une édition complète de tous les ouvrages d 
serait désirable , sans doute; elle épargnerait beaucoup d'ei 
amateurs de l'antiquité, qui sont forcés, pour le connaître, ( 
péniblement bien des bibliothèques. Je n'ose croire , toute 
l'aperçu qu'on vient de lire encourage beaucoup un futur éd 
attendant que cet éditeur se présente et réalise cette difficile i 
devra chercher la liste des nombreux opuscules de Psellu 
Lexique bibliographique de Hoffmann, et de plus amples d 
sa biographie , soit daos la diatribe de L. Allalius, de Pselli 
au tome v de la Bibliothèque grecque de Fabricius (éditi 
itale), soit dans l'édition de cette même Bibtioihègue par Haï 
p. 41-97 , où l'on renvoie aux autres biographes qui ont 
Psellus. 

Il n'est pas inutile d'observer, en terminant, que Michel 
été. quelqueîoisconfandtt avec Michel d'Ephèsc, duul nous 
soolies sur quelques ouviM^'ArisIole. 

PSyCIIOLOGIi 

l'âme, science de l't 
qui a pour objet la 
en elles-mêmes et 61 a J 
autres branches de 11 
Mule, mais à sou print 




PSYMItiLiMilK. ÛIZ 

n à sTA fjrulu^ |tr<vri*iii' ni diti-.^. ir.aiS «iu\ Ims qui I* <; 
. aut liu^ i]u < ! i*s -.: i\r(il M* |ir< (•'<• r, aui it!>j«l« i)-.i'ii!i . 
uUtvndri'. I*.ir 1 1 . la (i«\i li<<!i>'ii' ••irii^M* Lrrr^^airriin'iit la 
\ii*ot i intriidu ' eu !•' )>r(-uii(T ( lia{iilrt* ili- h phiix^opliii* 
F'* : i ^in«' «{ui ^ ' ■•tiii.iil i*l «^ • ! M-r\'* i i.*'-ri.ri].<' .1 1 .uJi* ilf la 
•* . Cf 11 rst pa^ ..uiri* ili«>^* i|ui- 11..1 (H*rH«<iini* . cf u r^l \**%s 
%«« (]u«* nx'i riiii : iiTi- Jaiit la ^(»h'-rr (]•■ iiicn r\i^lr[iiv|iritpri*. 
no >ais pas d .1: • il c|ui* ji* sui^ ft ili* qut 11«* iialiiro ji* mils, 
.lin qui'ji' l'Iii'ii l.i-rai aiiri*iiu\rir d ••11 j>* \irn«, uù je \aiN, v^. 
-I» fjirt.', l'r qu'- j'- puis .v.i\tjir, quriii* plai'o je tiens dans 

n dt* la ps\rhi >!'■;: :i* v^\ àsscz nou\«*au : car ro n'est qu'à U 
«r s)i'«'l(* , si nus rrrhiTi h< s n*" n*iUs trompent pas, qu un 
i'* al'riiund. ap; • •- (•••! !i*niu^, 1 inM*ri\it pi>ur la pmnii're fois 
u'i dr vs iU\|. • s . 4 -. . ■ î . h'tc*9l de h'iminti l'frftrtinnf, 
'tu, tir,, in 8 . .M irlniur^', i.V.NI. Mais la m-kuiv qui- ce nom 
-^l aL«7ii anciriii:- x\\i%' la plui-'^ipliie : lar t-lii* ii'< >l que ta 
If- rii/'cnc, rnnM i> ri f iLins sun rl^'inrnl !•* plus indisiK-nsaMe, 
ir** dans !i>N fa< >:!'• ^ dont 1 !!i- i-sl nLli;:*^' di* fain* Us«ij:e , dans 
j.-'s '1 où '!■ r«[j!rf l «i auxquels *•■ raiii-iii-iit l- «s m-s ré*ui- 
il p'fHHiliii* , «Il cfTi-t. df m* p.is a|N*ri-i'viiir t«iut un s\H(riiit* 
Jiqne, toute urt'- thi i-ric di* I.i nature il dis faculti-s dr 1 .\inf, 
> i:i»*nt di- I ml' ii.'-iiii-. d-ms \v\ >\Nti*ini's de l*\lha;;nr«'. dr 
Jt' , de |)t*niiM-rii'- . d l-'.ni{M-d n-Ii* , d Anaxajur'' '.' Huant \ 
ce n e>t i»as an his.ird. i-l rninnie par surprise, qu'il a admis 
do^Mc ; il a neliriii. ni mdii|ue son tdiji-l el siin prinri|ic vK l'a 
? comme la liasi* de inut** nvlirrclie pliil«js4iphique en ap- 
alKird Ihonune à la connaissance de lui-mi'-iije. Aprt'M lu. , 
\atiuns ps\cliiil(i^'iques prennent de plusen plus de placi* «jans 
^phie , i^i il ne MT.tit pas diftîcile de recueillir dans IMaton, 
stote.chez I«-s i'pu-urii*ns , les stoïciens, les alexandrins, les 
^s« autant de curps de d<N*trine parfailemenl di<»tinctN où les 
le 1 Ani«' hiiiiiaiiie «iinl M*rupuleusi-ini*nt anal\s4vs v\ riassirs. 
ne que Sicralf .ivait priM-Iônii'** d.ins l'antiquité, Ih'M'artes la 
a dans les triiifis m<'di*rnrs, en lui donnant li*\id«'neo et la 
I d'un axKiiiir dr preunietrie. Par le rng%tn,erjn fum, nu en 
l que la c(insrii*nee est le si*ul fondement sur lequel repose la 
■ de notre rxislence , «'t par suite celle des autres î^tres , il a 
ohsor\ation de soi-mrme , de lanaUsf* de la |M'ns^ , \v début 
re et la partie la plus essentielle de la plnl<isophie. Eneiïet, 
aadra celte anaU se. autant vaudront les cons<'qu«*nces qt:i* 
pourrons tirer relati\eiiient à iMeu, à la nature, a la subsl im-e 
I èlre^à la On qui ni'Us est prnpusée, puisq;ip de tout* % i-es 
Mue savons absciluihciit n**n que par h s idées qtii sont «-n 
^irte connaissaiice (pii iiou^ a\<>n« de iftp* pn pr** pensi-e. 
prit-elle dès ce incmient un ess*«r aupara\ant 
Dent s'en assurer par lesu'uvres de Malel)ranchp, 
'^, de Locke, de Berkeley , de Hume; mais ce 
S dernier siècle, principalement en Allemagne 
^ Kânt ei celle de Reid, qu'elle est devenue 

18 



272 



PSYCHOLOGIE. 



bli. L'auteur y expose eacore, par la bouche d'an de ses , ^ 
avec une crédDlité quL ne semble pas feinte, certaines iiu 
lières aux démoos. ancM 

Depuis longtemps publié, mais avec négligence, c s : la 
récemment , dans H. BoisEonade, un éditeor bab' .L , sans 
(Nuremberg, 1838). Le célèbre pbîlologae, q< 3I chacniK 
temps donné pour tâche d'exbnmer tous les ' 
jusqu'ici , à tort ou à raison , par les éditer et les consK 
fait couoattre plusieurs opuscules inédits de T oas se prés 
peindre au vif le caractère dn célèbre pol;gr jaissaoces qu 
abrégés de grammaire, de tactique, d'histoir ..ji à des codo 
tions scolastiques de la dernière puérilité . : ,isycbologie for 
et de la punaise , des alioculiona à ses é' ^ peut se confoi 
travail, ou pour les réprimander d'Atn vp -^oDscriptioa el l' 
enfin neuf lettres, dont l'élégance ma- ^i^es ou les fai 
mauvais goût qui régnait alors dans I' ,uel elle les doit 
que nous avons vu r^ner plus tard , ^ are usage, et comi 
précieuses. M. Boissooade nous a ^ iaffire également à 
grœea (t. m , p. 300) , un ouvre ^riu)ns n'ont pas élé 
Psellus, sur la grammaire. "^ entière, contestables 

Les Queilùmt divenu n'ont él ^ur gaide que le bas 
traduction latine, par J.-A. Fn ~,,„^«ieot, dans la prop 
grecque (édition originale). Qur 



sieurs ne nous sont connus qi' 
même dont le texle grec a 
l'exactitude que la critique 
En oulre, il reste encore 
ment inédits. Une éditi<^[ 
serait désirable , sans do 1 
nmaleurs de l'antiquité, 
péniblement bien des 
l'aperçu qu'on vienl d 
atlendant que cet étli 
devra chercber la H 
Lexique bibliograp'' 
sa biographie 
au tome v de 
nale), soit diK 
p. 41-97, <m 
Psellus. 

Il n'est pas 
élé quelqueft 
scolies sur 



-î^n de notre temps e 
ihsiim-R de la nature 



K'ses qui 



, telles 



ton , expiic 

.-i-^oi; par les propriété 

^Dalurelks, cultivées 

^ qni, placée en quelqu 

-«Ulion avec elle , est H 

son domaine. C'est la 

_organiquesdans le coi 

i absorber dans son sei 

"^ballue avec beaucoup 

-, \, ligilimité el de ladisl 

'h\ïé dans les iN'owueaua 

. . des Sciences morales e\ 

oeite créature éminente 

- n'en disconvient pas; nu 

en deux autres, lu 

ile. En vain le senl 

lusuneformeouso 

vain ce senti doC' 




1 



PSTCUOLOGIE. S75 

'^^ di* prh . Df prés^Dle nrn qai le 

-nom^im qu'on rapp^^rU i lAm**; 

' f^rr partii'u'irry ri * ) \oir 

^Car, dift* (|ii il» »tin( d une 

■' *iiii WM ijfs ph«*n«im(*nr% 

g <«ili^ f|«'% fohriitins , qui n ru 

.1 Ni f.i^'iiri , â un** nic^mi* lin. 

i' :ii«i'iir Jitni U's fum liitQ^ sonl 1rs 

^ ' ^ , .« vr iiirr , r!lrs ne «ont loules 

' .1* unilc . f)ui , SMi.H poino t\c n'î^Uc 

^ il uni' *i-ul»» ri uiiiqu*' M*n'ni'*', U 

A ' plit'iiH '.«-n'-s qu'un rap|Nirtr à 1 iini» 

jno^r.iph»' ; I in.jmft.jn«*i' cl la \dri«'U* 

b*^l«*r ti (Tlli* ujiino^raphir on irilrnH 

.H plus «11- rjivi»ii dr IVrip-r vu ^cionct* 

iO aulri' foiirli<iii. !.•■ dctlnuLli'mrnl do la 

K auUi'«i, la ph>Hhi!ii;:ir ri lu p«>i*hiilof:ir, 

tf'tlrs, n.ais n'.i pt'iiil dr fundeniml \ciitabie 

»li'.:ii*. qu'ji qu un fas^r, nV^lcl ne Mra jamais 

i»*niv dt* i hniiiinr. • 

iibj*'rliiin , un ^raiiJ nunthrr <li* faits .sont li.il«i- 

iU si^'n.ili- la drpi'iHlauiv qui i*\isle rnlrc \fs prc- 

,''i di* I àinr ri Ir.s foucliun> ur^juiqui'». l>lU*s-ct 

•rs , a(T.iilt!irs . supprimées ; les marnes accidenU ^c 

us i'Pu\-\A. r» or|;.ine de muinsi nous enU*\c tout un 

'. de sennaliuns. Cerlainesi maladies nous Atrnl la mé- 

lutres la rais'Ui ; et sans la raison que de\ieDt la \olonlc '( 

1^ appcjfins 1 t^prit a son enfance , sa jeunesse, sa maluntê, 

ud" roinnio le corps, et , par conséquent , comme la vie du 

\:uv la sonimc d*'s funrtions que nous ol>ser\ uns en lui. Ili* 

rand numliri* de nns riinnaih^aoces et de ni>% alTeclions . des 

re seuMliililc et de noire mtcllifcence, ne peuvent pas plus »e 

|U ils ne |N-uvcnl r]ii>lrr sans le corps, c'esl-à-din* qu ils se 

toujours H quelque ohjcl matériel, à quelque fait e&lcrieur, 

tour, suppoNe Iintt'rvention des sens. (lumment, en « iïi-t, 

le la pcrccpliun et de la sensalion sans penser aux chox's 

X quajiii*.s physiques et aux corps que nous avons perçus 

t, par conM'quenl, aux (ir|;anes qui nous (iDt servi d'inslru- 

iintrnant si Ton songe que la perception du monde sensible 

utes nos autres c^jnnaissances, et que la sensalion est anlè- 

lOS sentirornls , n est-on pas autorisé à généraliser celle 

1 , et à dire du sujet ce que nous disons des phènumènes , à 

Tesprii comme absolument iwapable de s'observer lui- 

D célèbre physiologiste de ce siècle et un des ennemis les 

Is de la psychologie, Broussais, a surtout été frappé de celle 

U De pouvait comprendre, disait- il, ces expérimentateurs 

espèce qui se fermeot les yeux el les oreilles pour 

fabord qye doos ii*«vods pas à trailer ki , qaoiqne 

18. 



â7i PSYCHOLOGIE. 

une science toat à fait distincte ; et c'est encore beanoonp pi 
qu elle a é^é reconnue dans l'enseignement à sa place i^^giiime 
son véiitable nom. Conrormément à une traJition trè>-anciei 
philosophiCi avant ce!a, ne comprenait que trois parues : la 1( 
la métaphysique et la morale , auxquelles se mèlaiect , sans c 
sans méthode, les obser\ations psychologiques dont chacane 
sciencv'S élail oblijrée d'emprunter ses prmcipts. 

Après la déîinitÏMn que nous \enons de donner et les CAD>:dé 
historiques qui la justifient , plusieurs questioos se presto 
l'esprit. 1* Quand on la compare, soit aux cosnaissaDces qui c 
sent le domaine propre de la philosophie, soi\ à des cocrài: 
étraDgère», à la physiologie, pir exemple, la psycholog.e iorva 
une science véritablement à part et qui ne peut se confond: 
aucune autre? 2* Quelle est l'étendue, la circon^crpiionet Ton 
tion de celte science? Quels sont les problèmes ou les faits 
embrasse, et quel est l'ordre dans lequel e!'e les dot di? 
3* Quelle est la méthode dont elle doit faire usage, et ojmTiei 
méthode doit-ele être employée pour suffire ega-'emeot à Iji 
parties de la science? Tant que ces questions n'ont pas é«é re 
la psychologie et la philosophie tout entière , cont^estables da 
existence méaie, n'ont pour règle et pour guide que le haiard 
allons essayer de les traiter successivement, dans la pro(hjrlJ 
nous impose Ka nature de ce Recuei!. 

i\ Il faut rendre cette justice à la raison de noire temps et ac 




Ayioi^;wwrf de Siraton, exp!::ji 
phénomènes de la sensibilité et de îa pensée por es pr^prirtes ge 
de îa matière. Mais parmi les sciences na^ar-eu-es. cu.Uvees ai:] :• 
avec tant de succès, il y en a une '\n:. pliv.*^ rn q je' que ty, 
près de r^ime et coa>'.a:ii"^ent ea rela..:c avfc e.:<c, esî ':rès-p 
ia re\eadiquer oo:nu:e uae partie de s.::: drzijLi-e. Cesl !i phy: 
ou la science de la vie ei des focjîi:tis or^iHL :j^-:s iizs "e corps'h 
CeUe prétention de la physiologie à ab>:r:er iijis s.:a sein '.dp 
kxsTie a été très-bien exi-V-sée et v'orba:*:ie ivfc :^i:::c2? ie ;o. 
M. Joaffroy, ij.::s soa ir:ea::;fe LU i^i !^/4.:i«i:.' i: U \z i.ujiVwrw 
p^ckoi'^-^iif <i ù ijf ^y ««.■». y i^ .9u:..e iiiis .cis -V:"*':^-'.!hrm-'.-j 
le t. XI Jes Mvi^^sru ù ■*\i:':Lj,jfri,ii ù.i St\in.n^ r**..: "•z.'.i.i r. Ç'i-'.it 
< Que Ihoiuuie. d; M. Jou*r.y , ^-«e-a^e or^d.ur'f ezizecr.* i:. 
Tooiet d"tt'.ie science Sp-eouJe. :l zri i Si.-.;:.':rii ;vii; r..i:i \i 
Sv.-ieu*v puisjs^i.-ei;iurje:i;eu*, se saiiô;»;^^: ec irii i^'rtr^, :.-. ;:h} = 
et la p;>\choli.^e, ^oùàce -^ue i :a a-c*.cs',-:. Ez. -i •,i .e s.:r. iLeL 
doub.e ua:ur>f dans rbomiae ip^dri.;-:" s..-;^ :z-i :". r^-z : z s : -s -2 
dans Les opiuioas de tous "es pe'^;:.es ; ez %jli :■: s-ei^^rr»; se 
j'.var dans là scieuv-e, y a-t-ù in:n:ii j.:-. i-s . ::'^ if .-leiie surcL .is:, 
plus puiSiSAul v^ue toutes Ws cb;-:\::.: :c>, : ;* i-.-.. ifzz-ir. f : ec va:: 
revu du cbris^iaoïsriie La ccoscv.-i^ac jf "a -j. . ^; i-es pius i 
esi^^rits qui aLcateU'ie *a navin? h-z:jL-':\ :t;. -? ie la sc:e2-.v; 
j\>u:s <UvVïe**u\ \i!ii\ d*; î:«eia>:»;-;: ::;.x ■::■>, c-e s^fCiiûien 



PSVaiOLOGlE. S7S 

nataiY hamaine, éludi^r dr prh, Df prés^ole nni qoi le 

I 5 trtiu\f bien luutt^ phrnum^im qu'on rapports i l'âin^; 
l'aatori^ à Us adriliurr a un ^\t^ parlii-ulier, ri * ) %uir 
pqu*unf d^ fiinrhitfift âe la \ir. Car, diri* qu il» ttjnl d une 
cuW. et n>»l rit*n a\anrf r qui n^" M:iit >tm irs ph**nitmèiir% 
itrr fnii>-(ion, qu? nnl au«M Irurs rata''lrro% priiprf%. Ost do 
lé D.^ine qiip r^ullr la di\rr%it^ dr« funclHins , qui dVu 
; pa^ Hioin^ loutis, rharun«> à sa fa^*i>ii , à un** mèmr fin. 
j \i** r«t un** ; rV^t un iii^ranifmr diinl Ws intwiuiQs sont 1rs 

ce Uirr. Inurs Mini ^iralr^i a et liUr, f!lf!i ne «onl luules 
mrotH d une »ruV ri nit^mr unilr , qui , ««iu> pnnc dr n'^lic 
iM*, 1i>il ri'ftiT loij«>i d'une M*uk et uniqu*- M-irnr**, U 
la iLitufi* humAirii*. I.f\ phrno'rirn'*% qu'on r4p|K>rU* à 1 im^ 
•\fnir ro('j«-l d'une monographie ; 1 irripfirtjnt'e ri la \arii*lè 
noni^nr^ peu^rnl pri^ler à vvWv u<»nn^r«phic on mlrriH 
; mais il n*\ a pj« plus dr raiM>n de ]>ri|:rr en nrience 
p (^Ui^ rolli* di* Inutr aulrr fonrlmn. I>* dMoublenienl de la 
l'homm** en d**u\ aulrr<, U ph\M>iliipe el la p«>cholopc, 
lrtiu\rr Ap% prrlrttr«. n.ais n'a p<jin( de fondenienl \éMtabîe 
JiU' ; la p^)rhi)!(>.;ii\quiii qu'un fa&Ae, n'rftlet ne sera jamais 
l^ilrede la sririirr dr i hnmmt*. • 

ji de crlte o|»j**(*li«in . un ^raiiJ noinhre di* faiU M>nl h.iLi- 
l c.tê^. Mo M^'p.ili* Ij df-p* liiUui't* qui eii»le enlrc k» prc- 
icnftm^ni's de I .Wne ri 1rs funcliun.s orfianique». Olli*9»-ci 
Irnublèes , aiïuiMies . supprinu-ef ; les niâmes accidenU hc 
il dans rru\-i:i. l'ri uri;ane de moins nous enlè\e tout un 
^s el de sen<iati«>n.i. Cerlaine^ maladies nuus Aleol la mé- 
d'autres la raison ; et sans la raison que de\ienl la \oîonté ? 
us appelons 1 o^-tiI a son enfance , sa jeune.v)»r , sa maturité, 
tud'* (-oinnii^ le corp^, el , par consêquenl , comine la \ie du 
uiuv la Mjnimr d**» funi'lions que nous ol>ser\on.s en lui. IV 
rran'l nitmlin* de pns ronnais^unces el de no« alTectiuns , des 
tre vnMtniitê cl de iiotreint«'IIi|{ence, ne peu\fnl pas plus sn 
qu lUne |H'U\rnt rxi>li*r &an» le corps, c'esl-à-dire qu lU se 
t toujours a qwlque ot'jrt matériel, à quelque fait e&lerieur, 
3 tour, supp^iNe rinU*r\enlion des sens. Comment, en liTcl, 
dp la perc«-ptii>n el de la sensation sans penser aux chox'S 
u\ quajit«*.N pli\Mi]ue«k et aux corps que nous avons perçus 
pl. par conM'quent , aux or^ane^ qui nous cnl ser\i d'instru- 
laintfnanl si l'tm son^e que la perception du monde sensible 
>ules nos autres omnaissances, el que la sensation est aiilé- 
Do> sentimrnts , n'esl-ijn pas autorisé â t;ent*ralisrr celle 
•n • et à dire du stiji-i ce que nous disons des phéni^mènes , à 
* l'espril Comme îihMiluinenl iiM-apable de s'observer lui- 
,'n célèbre physiologiste de ce siècle el un des ennemis les 
ils de la psw-'holopie, Broussais, a surtout été frappé de celle 

II ne pouvait comprendre, disait- il» ces expérimenlaleurs 
ovelle espèce qui se fermenl les )eHX el les oreilles pour 

HtU€T» 

larqnera d'abord que dow n'avons pas à Irailer ki , qaoiqne 

«8. 



PSYCHOLOGIE. 275 

S; 1/99 i ses facoltés {»ropremeDl dites^ mais aox lois qoi les 
HSîCl . anx fins qu'elles doivent se proposer, aux objets qa>:ies 
wmi aUeÉadre. Par là , la psychologie occape Déoessaîreukent la 
<£ ôçrîeùiYin{Todu^:::'jn oa le premier chapitre de la philosophie 
. «B!&r^ : l'âme qui se connaît et s'obser\e elie-méme à l'aide de la 
BKÛTjts. oe n'est pas antre chose que ma personne , ce n'est pas 
« cbotse que ukà considéré dans la sphère de mon existence propre, 
s }s ne sais pas d'aLcrd qoe je sois et de quelle natare je snis, 
t ta Tain que je chercherai à décoaTrir d'oà je viens, oà je Tais, ce 
je dûs Cajre, ce qoe je pois saToir, quelle place je tiens dans 



m scflu de la psTcfaoIogîe est assez nouTean : car ce n'est qu*à la 
Al XTT* siède , si nos recherches ne nous trompent pas , qu'un 
worv^ht aSeokand, appelé Goc!enius,rin5criTit pour la première fois 
Iftf d'oEi de ses ou\T.^£:es : ^'^ijzr^.x, koe tii de kominU perfectkme, 
tm, 9rîM, tu,, in-S', Maibourg, id90. Mais la science que ce nom 
gfie est acsâ ancienne que la philosophie : car eUe n'est que la 
UftçliKr même, considérée dans son élément le plus indispensable, 
l-indâre dans les facultés dont elle est obligée de faire nsaige , dans 
|K2iCpes d'où découlect et auxquels se ramènent tons ses résuî- 
. Yjëirû possible, en effet, de ne pas apercevoir toat un système 
El»'.4cC3que, toute ooe xhéoTÏe de la nature et des facoltés de l'âme, 
KB;AJ^ï2>eot de rint^.iîgence. dans les systèmes de Pythagore, de 
DéBâde , de hémocTÏi^ , d'JEmpédcfcle , d'Anaxagore ? Quant à 
latte, ee n'est pas au hasard, et comoie par surprime, qu'il a admis 
Bf<iK4ogie ; il a nettement indiqué son objet et son principe et l'a 
meise cxMDme la base de toute recherche philosophique en ap- 
■I d'àt^jrà l'homme à la connaissance de lui-même. Après lo. , 
iàfisiTatîoDS psycfao3(^]ques prennent de plus en plus de place dans 
k^:ea^lât, et il ne serait pas difficile de recueillir dans Platon, 
i ArûSote, diez les épicuriens, les stoîdens, les alexandrins, les 
<i|MCJ, autant de corps de doctrine parfaitement distincts où les 
Ikà de l'âme humaine sont scrupuleusement analysées et classées. 
^mr7*!l^f que Socrale avait proclamée dans l'antiquité. Descartes la 
BBveila dans les temps modernes, en lui donnant l'évidence et la 
^Ibmi d'on axiome de géométrie. Par le cogiio , ergo ntm , on en 
tflnml que la conscience est le seul fondement sur lequel repose la 
itede de notre existence , et par soite celle des antres élres , il a 
4e ToLtservation de soi-même , de l'analyse de la pensée , le débat 
et la partie la plus essentielle de la philosophie. En effet , 
Tandra cette analyse, antant vaudront les conséquences qce 
I pourrons tirer relativetrient à Dieo, à la natare, â la suhs'asce 
ç être , â la fin qui nous est proposée , paisq je de tontes ces 
s DC savons absoluir^ent rien qoe par U.s idées qui sont en 
^f i|«e par la connaissàL-^e qa^ Loias aYvn* ce L'.îre propre pens-ïe. 
iB la psychologie pril-eJe d^ ce moment an ess^.r aopara^ant 
, comme on peut s'en a^sarer par les œuvres de Malebranche, 
M, de Leibnitz, de L/jcke, de Berkeley, de Home; maisœ 
m aère qa*a la fin du demîer sièc!e, principalement en Allemagne 
^Ecosse, dans l'école de Kant et celle de Reid, qu'elle est derenue 

T. 18 



, parnneM 

irae: coTiM 
coDKieoceM 
ne je Mil, ij 



«T8 PSYCHOLOGIE. 

voir que je 8Dis; je le sais par un seDtiment dîreoti pVDDe 
ception immédiate et icséparabie de mon exislence péme: car, 
moi, éire et savoir que je suis, mon esistence et ma coDtcieiifc 
tm fait identique. Or , il ne m'e^l pas donné de savoir que je sait, . 
que je sache, en tnènie temps, de quelle nature jeauis. LaooilicieM| 
c'est la pensée; je nie connais donc nëoessairemenl comme dpN 
pensant. En même temps que je pense, j'agis, je veux, je Km;, 
me connais donc comme un Aire sensible , actif et libre. Excepté pi 
les rapports de l'esprit et du corps, terrain commun aux deuxscieu 
la psychologie n'a donc aucun besoin de la physiolo^e ; el , lonlti I 
fois que celle-ci a voulu usurper ses attributions , elle a été obligés 
se créer d'abord , tant bien que mal , un système psychologique. 

La place de la psychologie n'est pas moins distincte dans le cer 
même de la philosophie, quand on la compare aux autres partiel 
cette science. Tenons-nous-en , pour un instant , à la division 1* p 
ancienne et la plus répandue , à celle qui réduit toute la pbilosopb 
la logique, à la morale et à la métaphysique. Il est bien évidente 
chacune de ces trois branches de connais-sences s'appuie sur cerU 
^its, sur certains principes qui ne peuvent être puisés que daoi 
conscience, ou, ce qui est la même chose, qui ne peuvent être coasU 

?ne par l'observation intérieure, parce qu'ils n'appartiennent qi 
esprit humain. Ainsi , la logique , en donnant des règles à l'iate 
fence , en lui enseignant les moyens de trouver la vérité et d'écbapi 
l'erreur, suppose nécessairement l'intelligence déjà connue dans i 
facnllés, ses lois et ses principales opérations. Ue même, la man 
est incapable de nons montrer ce qu'exige de nous, dans toulei I 
situations de la vie. le principe du devoir , si elle n'admet i'&bori fi 
ce principe exisie tians noire Ame; que nous sommes des êtres librai 
capables non -seulement de discerner, mais de choisir entre lebiea i 
le mal, et poussés vers l'un , détournés de l'autre , par le SËUtimet 
EnQn la métaphysique pepeut rien nous apprendre de la nature et i 
l'existence des êtres, de leurs causes, de leurs principes, de IfH 
rapports, qui ne soit une application, el, par conséquent, ne çnppa 
pne dpalys» très-apprafondie des potions premières de la rsi^o. 
p'agtt donc simplement de savoir si l'observation de nos facultés loU 
jectuçlles et porales doit être partagée entre ces trois sciences, on 
elle doit faire l'objet d'une science à part , d'une quatrième P"*^ '^ 
philosophie, destinée à servir aux autres de base elâ'inttmOw 
commune, Âéduite à ces termes, la quRsiion est blent&l réiQiM:! 
i)DS diverses facultés, réunies dans un être dont l'uDWÉeil lep""^ 
altrihut , sont de leur nature inséparables , et ne. peusetiV oi « e^°' 
pi être étudiées l'nne sans l'autre. Cette vérité peuvÈU» "f**; 
comme le premier et le plus imf ™i résultai de V *loto**5ii 
IqgiquQ : c'est pour l'avoir ma Im^ilT" 

dans la plupart des hypothî — «-— J 

f, La psychologie uqa | 

W présente la seconds qm 

est la division et l'organia 

l'ordre de ses parties? 

Suivant Kant, la psych 



PSTCnOLOGIE. 279 

[Aofie empirique , qui a p^ur objK U% ph^Domènr <« du 
trattit n Iditc de la kuli«iji.«'** a Uquf*àîr \\% m* rAppf>r- 
ri* de I Jiije, dr Dt^lrr (tri* ^piriiuet \ et îa p«\ihi>ii^ric 
i^t S4'uitin^Ml dr la <»ub>Ui.ce de nt<lti* Alrr, dr la 
■ 1 iMiiiiiiitul to di* I âme, at>ftirji'lioD fdilr d** luus les 
(>jri*c» par Irur l'tjrt, cr% âtu\ pàVUes dr l.i scirnce 
.- >n« par la u.rlli Me ou par la facullt* qu'elles met- 
[tjt^que 1 uni* uni apprllo qu'à la cunkcioniv, a&M- 
a un MUS |idrtii-u!it*r, ri 1 autre qu'a la rai»'in. Nou<i 
1 < \ist*- pj» ddii** notre npinion dr di\ifcioD plus mal 
-i.i. Ni \vs pht-nuuii-nr% dont se rnmpOM* nuire e&t* 
. ni'.rr \.r mirilnlui Ile rt mcralr* iii* pt'U\rnl he 

• I rii.i;|M> rlain Itqur! lU rr%idriil . >aii% l.i tau»*" d^nl 
• •lif i.tu^r i>u ir l'r.iii ipi- nr |H*u\rnl î^lrr mn^u» 
[.• >. I>i <]!]•. I >'.i^ii li . tn rlTi t ' (Jui 1 I nI 1 <<lijrl \rri- 
•* 'iui- ij w* l'oHiMiiis (]i- ijriiit.r ' i!r n'r^t piis I «inir ro 

• r. r.-! :.• t il , i I sl-.i-«Ii(i' un rlrr abMrait uuqud n^us 
.i.ù.'i- «{'11' p.ir uni* Miilr de rai^Minnriiirnl!» , i-l dont 
* I ri ifiii'» tjsi iiiH' hltT plu^ itu uiutns \A^ur ; r est. uu 
.1 V .1 <i'' )»luN )ir«s df Ui'UH, dr \ùu> iiartu'uluT et de 
Ijiis nxirr II LUtii^^aiirr, nt'lrr p^TMHine rllr-ni^me, 
l'MiiM- i.ou^ l.i\ni:s ilrja niuarqur pins liiiul , r'i >t 
:•■ f{i]i- iiifUH >.ii«i<««"nN, par unr uprrrepliun ininir- 
1 l*n:i>{-.if ri ih(li\iHiltlr ^ nuuft ne faisons pas inlrru-u- 
.«im* ;.i |M'nsi*r sup|M)sr un ^Ire pensant » la \olonté 
, j>' p ijH,- il jr \>-u& ; donc je suis : niait la nic^nie 
•nMii-i.ir qui ai-o«fUipaf:ue chacune de mespeniees, 
M n«alii'U>, ihai'un drs actes dr ma volonté* oiap- 
>tMiiiiiir unr personne, comme une cause , comme 
i t'i M'UMUlr, toujours le nii^me au milieu deschaDge- 
«linrr. il ne faut donc pas faire deux parts, l'une puur 
irr pour I rxiK'rieni r ; il n y a de place ici que pour 

pour une r\|M*rience p.irliculièrc, celle de la con- 
i-n de laquelle uous saisissons à la fois le principe et 
' ri 1rs uclrs, 1 «Mre et ses qualités. (Ju on es>a\e de 
ii\ i-lenimis de notre existence entre deux facultêg 
par }«uitr entre drux scienc«-s, on aura d'un c6té 
les, c est à-dire de \aiDes hipotlièses, une acolaslique 
lire, des faits sami cause, sans raison d'être , un gn»- 

lychologie soil une seule science, dont l'expérieDcei 
tooDa de la deûnir , est Ionique fondement, il est ce- 
l'y Caire trois parts, ou de considérer la personne ho- 



ES- 



■■ p e c ii prÎMÉpuox : le premier est celoi des pheno- 

I MMons ou dont nous sommes les auteurs, 

fB nous; le second est celui des faeuUfi oq 

*io. 4ci pouvoirs particuliers, au mo\en drs- 

'^Muels se partugi ot les diverses espèces 

I celui du flioî, éluctié en lui-n>éme , 

'4aiUlé, sa persoDoalité , dans son 



880 PSYCHOLOGIE. 

existence comme être et comme cause. Evidemment, ces tro 
sont inséparables, comme nous l'avons démontré pins haut; 
les connaissons pas, et ne pouvons pas concevoir qu'elles 
l'une sans l'autre. Cependant elles nons présentent de profon' 
reuces, et il faut absolnment qu'on les dislingue, si l'on vent s 
la clarté de l'analyse et de la science aux confuses Inenrs du s 
mun. Ia personne humaine, le moi, n'est pas nne collection i 
tions, comme l'afSrmait Condillac; ou d'impressions et d'idéet 
le pensait Hume-, ou, selon la supposition de Kant, la consc 
accompagne tontes nos pensées : c'est véritablement un él 
force, une cause qui a son existence propre et absolument in 
D'un antre cdté, entre la personne humaine, considérée i 
unité, et les phénomènes innombrables, les modes fugitifs don 
le principe, il y a, non pas une idée, une pure abstraction de 
mais nn fait intermédiaire , la distinction des pouvoirs ou de: 
de l'Ame. Comment, en effet, si mes facultés n'ont rien de 
n'y a pas dans notre être des aptitudes diverses , des disposi 
effaçables et comme des organes spirituels, nous expliquer 
renées qni existent entre ces trois faits généraux et cons 
mariés ensemble: sentir, penser , vouloir ? Mais nous répé 
ces matières appartiennent toutes également à l'observation, 
ne dépassent pas la portée de la conscience, aidée par l'ac 
Les objets qne nous venons d'indiquer : les pbénomè. 
facultés et le principe même, le fond identique de l'Ame hui 
du moi, voilà ce qui constitue le domaine propre de la psyc 
son patrimoine, en quelque sorte inaliénable. Là, elle est cl 
là, elle suffit à elle-même, et est en droit de repousser tonti 
étranger ; là aussi elle ne rencontre que des vérités générale 
voulons dire sans exception et vraiment dignes de former uoe 
car la nature de l'esprit humain est la même chez tous les t: 
Hais nous avons parlé d'un terrain commun entre la psycbolof 
physiologie, à savoir: les rapports de l'flme et du corps, o 
nous exprimer plus exactement, de l'Ame et de la vie. Ce 
aucune des deux sciences n'est autorisée à le négliger. Aa ph 
comme au médecin il importe de savoir quelle influence récip 
nature a établie entre les divers états de l'organisation , comn 

3ui résultent de l'Age, du tempérament, de la santé, db lar 
climat, de la race , et les différents développements de dos 
intellectuelles el morales. C'estdans cette sphère d'observatio 
rencontre les questions si attachantes du sommeil , des rêV( 
léthargie, de la folie, de l'hallucination, de l'âme âeabêteE 
psychologie des animaux; quest'oiu usez mri étudiées y^^ 
sent, parce qu'elles l'ont été WÉÉpS^^OC^Wlim VSf' 
en général par le cété qui rep '" " 

A cette branche accessoire 
cbologie, nous eu joindrons i 
ce que nons appellerons la pa 
certains p hé do mènes de l'Ame 
dioaire de la vie, et ne se proi 
hommes, même quand iU ' 




rSYCIKiLoUlK. S8I 

î:*M*fr»'. '1 • !'\'.a*' . î : T ."■ li. i*!:.--, ju S4.iir.nar:i!>u- 
!isii).- .ifii::.i'. n :• l jj- ^.-.î !■ j;]!.. ; •• «]!ïi.îi iîi>.^ne 
.1 •■!•• iii..u'in<' \ ur fi inîr** i ■inj-*.»» iji* it-rlain^ f.ulîi 
:••]■;• r»' « ••«» fiiN rxiHîn.l-il^, nui iiu tinn'.' rt «iMs 
.f:t-j!* ' \ •|ur!:i-'» f.ii-ti!li"s .i|i|>jrtit'nn*'nt-iN ' Huellos 
. îi'jr* Il s, l-ur in?^u»n«*t' **ur \vs f.irulli^s nrdinairrs? 

ir* N.iîi'» • \; «T. •■!».■•'. Mil a un*» pratique <*lr<nli' qui 

i ."î-riH «M -î'-i in.i'ix jifijMqu»'^, un n<» p«iurr4i pas 

! r-- ^l•^. F. .»••« !io \i* snT\\ p.in il.i\ .ir.t 1;:^ par une 

l--* * f N. Mr. i""V:î!ic rVrs if tiTt'^M-nt rni''iri' lnon 

■ ' j :' *.'.li n . i! 1^1 iriip' ^*i!il'" (|u • !!rs m* pa.^*>riil dr 

■:.' ■ I '\' li'ilojii» i-.^inri.*' n"ij^ x^^n^ns de li» faire. 

.■ ! •■-'. ^'fi lîijfl. il»' 'iH'l!' N |Mrli«'s !•!!*• sj» mnip^i^e, 

::'. * î! ;"ii'" *"îi iiiiif'p'-nil.iiii'i' ntnirni* srn'riiv, neuf 

- ■ I î.'p'r:!'- 1.1 il'Tn:' r-- iIm»'»»!:':! qîiil nf'Un T*'s\t* a 

!■ .1 î-.'lh-.!'- ps\rh"N»p:i'|ii»'. F.n r(T»l, puisqut* la 

-l ri».'M'- •■"'«•■filLi-.fll.rnl tir I.i ph\*l'il pli', l'I ijli»' id 

r*' i\i i:. y:\ >1 •>!>«iT\.ili -ii Vmi a f.i.-t indt'pi>n<lant , 

• . •■ f i:l !>,ij«* Il "^l p.i»» c"i'!li' ijni l'Xpliqiii* 11» ilnlnns 

I \"i; i»;».- j ti I'--» |i.i*si ris, la r.iisi)n par Ws *^vt\s ^ 

|iir ■!••- f r.<"* ".iiis irit»'llif.vnrr, i-n un iiittt «-i'e re- 

:•■ • rii; :r'. |M»'. !• un auln» rnl»', l'iinjme rlle t"»l aianl 

il ■ l».. r\ l'-.'-n . «•"îiiiiif rlîp *ai«iil h la fuis, par la pcr- 

l'-^r--. !•■ f.nl lî l.i t-au-^f . !»■ sujrl ri Irs phên(»m^ni*s , 

:;• i-i i'«'"'.ri' parlu'uli'T, la pcr>«»nru' que rclli' raiMin 

îi%Ni* I ..mIiiiu'IiI la ni»*lliM<Ji» radunnrllo ou sptvulîi- 

î- .pli- j. ir ili- liii-l:'»n fl n»' n^pose quf sur des idées 

i i!:r»- sur «li's li\p'»llii''s"H. \^i ps\(*hiil<de a donr u 

qui f!'- pi'iil rlrt* mtifiinduf a\rr aurun«* autre. Sans 

\; ••ri'fiii' qu'illf i'in[iriiiil«* Imis m**» résultais ; mais, 

■i:s il.-j I dit. a uni" expi-rit-mv à |)arl, «mi grnrrig , 

'•ij^litrit' îi'Mn' r\i%lriHf rst donné a la fois, p(»ur 

Tr i-t ilisiin;;iii* ]iar 1 analyse. l/n>u\re de déduelion 

pr<<;Mirni-nl p.trli'r. que dans les auln*s parties de la 

fst II n* qui inarqiif- à la pM'rlio|ii;!if son ran^ parmi 

('•' qui nniis nmntre rinipMssii.iliii* d«' la >ult>tituerà 

iilovphii» iiiiil rntiére. l'^yrr, pnur plus de détails, 

e, p. 77-8V. 

ter tout ee qui a été écrit sur la psychologie , nous 
it d'indiquer ici quelques oiivrai^rs historiques, en 
rj|W ces difTérenten histnircs di* la psxrholn^ie lais- 
d se distinfruenl à pcun* d'une histoire ^.'énérale 
, l/wforifl aniinit huntawr, in -H", Paris, 
1 €Oi9kêe\tnre ^iir^rh irh le dru Su ht y f fit h If , 
" uninir, iii*tnire ties âmtn df» tu mime» 
K — Schnid Charlcs-t;hréti«»n- 
m général, en télé de la Psy- 




S83 PTOLÉHËE. 

ekoloûié tmpirUpu, fn-8*, léna , 1791-96 ; Magatî» pti/eko 
3 vol. in-8*, ib., 1796 (ail.)- — Haass, Sur la premieri eu 
ekotogiqtut chez la Grtei, dans ]e tome i" du Wagatin ptyeh 
de Schmid. — Caras (Frédéric-Aogusle], Rittoire de laptyc 
in-S*, Leipzig, 180S (ali.). C'est l'oavrage le plui complet dea 
mais OD y \taaie moioi uae hiitoire de la psycbolt^ie qo'o 
d'analyses des oavrages qui traitent de cette science. 

PTOLËHÉE (Claude) , le célèbre astronome d'AIexandr 
les travaux scientiBqaes ont doré quarante ans, depuis le m 
règne d'Adrien jusqu'aux premières années du règne de Mar 
AntODio , s'est montré philosophe dans plusieurs de ses ouvrt 
même temps que mathématicien et physicien, et il nous rest 
un opuscule purement philosophique Sur te critérium tl la fat 
minante. Les doctrines conteuues dans cet opuscule remarq 
peu connu ont plus d'une auaiogie avec celles du médecin 
contemporain de Ptoiémée, mais plus jeune que lui d'une v 
d'années. Il est aisé d'y reconnaître no mélange éclectique d 
trines d'Aristote, des stoïciens, d'Hippocrate et de Platon; m 
forment pourtant un ensemble original , qui est le résultat des 
lions de l'illustre astronome. Ces doctrines paraissent remon 
études de son adolescence et avoir présidé à tonte sa carrière 
Bque.sans avoir subi elles-mêmes aucune modiûcation capi 
les entrevoit au commencement de la Grande compoiition nu 
ti^ue en treize livres, œuvre de sa jeunesse, où il embrasse l'i 
mie dans son ensemble; ou les trouve exposées dans le trait* 
eriterium , àoal la date ne peut être Qxée; on les retrouve ap| 
dans les Barmoniquet, traite en trois livres sur la théorie malhé; 
des sons musicaux, ouvrage de sa vieillesse, iolerrompu, dil- 
sa mort. Dans le préambule de la Grande eompotition , outre q 
aperçus métaphysiques, Ptoiémée Tait connaître ses vues si 
semble des sciences, les motifs de sa préréreoce pour les ma 
tiques , et le plan de ses études pour toute sa vie. Dans le trail< 
erKmum, il expose sa théorie des facultés ÎDlellecluelles» de I 
et de la légitimité des connaissances humaines , de la métbodi 
UBqne, de la nature de l'Ame, et des relations de l'âme avec 
ganes. Dans quelques cbopitrea des ffnrmnniqMe» C'"-.^' ''' 
et liv. m, c. 3 et 6), il aupliou î fll.co ntplète sa psychoioB 
méthode, se-s vues sur l'onloloj^ dflBda e,l Biu ' 

sciences. Parmi ses ouvrages p' 
iu Elémentt eooeernaient la m 
Le traité de la Peeanteur parall 
rimental.et le peu qu'où en citf 
en cinq livres, dont il existe 
une traduction arabe où le pri 
plus de succis , malgré la ^rai 
lile hyputhè.'ie platonici" 
allant se combiner ave 
objtrls. Un opuscule p 
gtkunëtrie pure {(jui 




FTOLfiMlÏE. fPB 

t U êommt MMl moin» dt inu droit» , m rtmtomltrml , m m 
t), ri UB Irail^ ie ini^otiuiiiririr m rumpria ilui b Grmiiét 
m. Lj Mttm^tifM» de PiulémM, ro iro» li«rrt, m prrdiw. 
irmnd» eamposiliam . nou» imiu de lui quelquci BMlm oo- 
runuoûiiiu:*, M^uir ; Lt» Uyfotkttu «I tfum»u 4*4 flamiUa, 
aMMMf/f( •VK te CtfMMi cirMwJof rf M* W« reu , cl 17»- 
i i'anubr , eu gTK , le flamufktr» et i'Àn»lrm»u àânt gae 
Uttoc. Noui ri^DU «luiu rn |[rec m AfftrUiaiu du fxM, 
kreunpaKiir île pr«dii-liuiu nieteorDliitiiqiiei , cl m Gn- 
B hml li\rrt , I UB de >e» |*ln remaniMble* ovtragrft. C't*l 
dra erilifiurs modi rae> ont roDtPtté l'iuthmliiilé d« tn 
'•i- ftt(|ui.-s. nlr> rt coiuinrBln par Ira anctriift. .Noua atona 
■lu'ii «M tfuatrt» lirru, aiaoïu-l riHD|>lel dulruioliw, rt k« 
rumis, ou >'ryif , qui rn aont un exUaiijsun Imle Ulro- 
ir If» (/KiyHfi ^« fit rit r>t |>rrtlu. Itan* »e» llmrmmiiftUÊ 
c. !> , il y (c'^rc Okideuiaii'Ul a quclqura piiULipek de Ib 
jKralilivu*^ rtpiiM-c lUu» la (.'timpiuiliam tm ^ualrt Urrm 
1 vt U -Trlrkl Ir va*lpiDiriiiblfdr>uu\raf!ekdrPtijlrniee. 
I^Mf flcBdup di* ta |ihiliiktj^liie duu» pirili Ir^k-ulile • doa- 
r elle i-liiluMiphic i» une imporutici' rn-lk-. Ij>« liisti>ru>li* 
Miphii; liint iirtiliKi-:*; I editiuii uiiii(ue de I ouviat:e principal 
l<>uv« eipuM-c Tkt fort t<ir<>, t'I li'i autre* trilrt pliiluav- 
nutrr auteur >uiil r4irriii<-ul ■ la di^pauLion des philooiiphit. 
jUfteiiieBt, pliiuieal piincipal de tuulc pruée arien 1 1 Uq ue , 
.Sur U erittnuia, dikliii)tuc riotrileci , qui est jui:e ; les 
k'Xil 1 in>lruiiii'Bt dunt il m.* aerl puur ju|ier; le laiMaBC- 
isl U lui kUiv4Ul laquelle il ju(;e j les faila arusiblea, qui 
nrr du iuiiriiii'ut, et U connaiNMOC« de l« «énU. qui est 
ju^rd.enl. Kii tiulre, il compare au drlilwré di-a ju||ei le 
•'iieur de I Aine , et au prononce du juffenienl le Uii»ia(tB 
dik il rerti.irquc quv L >ru«aliuii e( 1 intrllerl »onl le» deux 
<ii tout le rp»l'- drprud . et dont il s's|iit atanl luul de dé- 
rôle. Suivant l'iiili>iiiei>, la M>nMlt<iu, mds aucune cuopè- 
ucun aclf antenrur di- 1 inirllri-l, atteint imtnediaktnrnl et 
iiuc, avrc une n-rtilude rnlière, tes plirnum^DU MP»ibles 
^rlesqurlk leïll^t[dnr^M>nt a(.'luell*-uirnl aderléc, mai» noD 
tQi-nti&ea, m kurk qualités permurnieh. La teasabun tw 
toaucqu^ij: i.. ^i> iui ..t^^ijaduna m quelle ne peut nous 
(TuIb, ta uiiWdO tli» plii-iiiiuièoese»! tfansniise à [intellect, 
BiBDi cllei >truli-iiieDt la méinuire et l'unaginaliM 
■atioD pr<-*.rnte. EDkuile l'iulHIrcl , aide de 
Uiuo . juK>' di^t scouiiuns divrrkes pruduiiet 
1^ iMiip» >ti(Ii-rentk kur un méine urgane, ou 
1 divers; par ct^ sentaUonif il 
i qualitra pi-rsisUnles, et i) prévoit 
" par hcs médiiatioDi propret 
■ aux duDBérs de la teBsaliun. 
rtaiMi iMniirei^ d'élre des 
ÎM iBOs ors téflMHKnages 
MMBlinni «t lei objett 




LKMKE. 2K.S 

I II.'.' . 't : a'. I inl I e fIClitud* r. i^.'.i; . * 

I I ir ..:.'• .:..; .irf.iiir n><u» Mtnl Cis 
!a ii'l. Il >iu i«riii* parfait , tt ri'U%»il 

Ir.i.lt' . «n ().iH%.irit . !a i|u«\«kli>>n du lar:- 
I uii*- ii:i)- rLiiii •■ lP'H-«i'ca*nJair«* , dii;^i 

r • ù' • •'i!ii*' . ^uflit |i!''iiirihi-nl a lit 

i .: .j^'i- •-\;i;iir, i|i:i rm|jli'ir d< a 
t ! • î. .il. fi ; M.ai^ o* dt-roirr, imaj:e du 
:.. jU' : .• <> :.• ti-jijs aiquiM'S, p<iur%u <](:•■ 
.\ >{-.i II ut'-i.l. Mr. Mii\aol lui, U |iru- 
..: \'ii.>:.i 11)^1. lu ii\i*. I^'N iniiLs primi- 

\\ [-!•- il f>>:i.i.inii-iital * . mil dû éln* 

; .-<>; ii^ . .i\.iLl d .i\*'ir rU* ri\ui p^r 

h- .li » ««^ .:• 1 iihl %'W di'ltTiniiiiv.i p r 

Il «1 H i-iiiihdrr. "l«»ul «lia M'il f.i,i 
. !• ! I i..i'.(<r<*. «-l a\rr di\«'r^i'<'. KLi\urit 

■ -. l.i.N'iiii- ^iiiit \riiu^ !(*> !i>'iNlalei:r.i 

^ :• -.• N, LiiidiH i(u<- la struir ri'^Ic pri- 
■ :.■.:•■. 

. ■ - ij" IM .'.-niiv vur ranat\M* drs fa- 
li.' :li'd<' l'ii p'iirral i't »ur W lan^rap-. 

h.iiil >ur ia iialun' du sujvl pensaut, d 

!.l <{iit' 1 âm** rst inrt>rporrIkaii M*ns i!i*. 
M t miIm* •.iiu> la vnsiUiin rVst-â di:i* 

a'i '>'-iiH di' i*ru\ i|ui ap|N'l!rht r^r/a m* 

(' t^ \ ■!» *■ i'*l-a-din' d«*s sb iriciih : s* i- 

i!' II. ''s. Mai> rr (|ii il ne peut prriiù •' 

v-^K \\i ijUi-Htinn di' >a\iiir M la NuhMai.ti* 

I |i.irli< ^ «^i :iili!ali!is (lU analfiL'iifsà l'r!!- <« 

|>'..|.-i!jr. , rtiiiiiiii* la plupart divs N!ni- 

Ht.-. >ai\.iiil lui, 1 Ariii* M' distiiiffuc û^s 

iN s Us If*! m'ii.h; mais, oiitnrni* eux, l'N* 

* •'. iiiM-iM«'>, .si\(iir: de tnus Ir» rlr- 

r)-ii> •' di' prnpiirtiiin ri surtout do di>ii 
\\\ . <{(ii ri'iiHtitu»- Mul la partie la iiji:!- 
' , 1 àiiii' est 11* pnni*ip(* di'N iiiou\(*m< pts 
« o^t rljt' , «'t iii'ii la iiinssT du corps. f\u\ 
i la murt. I Aiiu*. à rause do .sa .suidilit*-, 
un \aM' • «'t ri'tourni* aux <^lomcnts dniil 
donc inipliritriiiont la per.Ni>tanro du la 
I mort. Suivant lui, parmi Irs ôlcmrnls 
ceux qui contionnrnt le plus dr malièr^' 
lODl le plus passifs. Le Tu < l l'air sf':.t 
Muib à la fuis. LVlhcr, exempt de (oui 
par eseelleDce. Or , on nomme spé- 



284 PTOLÉMÉE. 

eux-mêmes ) c'est loi qui remarque que les sens peuvent être afliBi 
diversement par des objets semblables, et semblablement par des od^ 
divers; c'est lui qui rectifie les conclusions instinctives de la sensa^ 
en démêlant, soit dans les organes, soit dans les objets externesT 
causes des erreurs commises , et en contrôlant alors le témoignage c ' 
sens par celui d'un autre sens qui échappe à la même cause d^'^n'^ 
00 bien en employant pour la même observation , avec des précaatF' 
plus grandes, les mêmes organes mieux disposés , ou les organes j^ 
autre homme. L'intellect peut donc s'appliquer aux mêmes objetai*^^ 
la sensation , mais postérieurement , d'une manière différente et p 
on autre résultat plus élevé. En outre , Tintellect a son objet proP 
consistant en certaines notions universelles qu'il atteint immédi^ 
ment et avec certitude, mais toujours à propos de la sensation prést;* 
ou passée, savoir : par sa faculté spéculative, les notions d'idenlitir' 
de diversité, d'égalité ou d'inégalité > de ressemblance ou ' 
blance; et par sa faculté pratique, les notions de convenau^v, 
disconvenance avec la nature des choses. C'est à l'aide de ces net 
qu'il interprète les sensations , et qu'il compare les objets entre 
Ainsi , les notions complexes des objets s'acquièrent par le conc 
des sens qui nous mettent en rapport avec la réalité sensible; de la 
moire^ qui a son point de départ dans la sensation, mais qui va au 
et conduit aux notions générales ; de l'imagination , qui , par assim 
tion ou par combinaison, forme des notions de choses qui n'ont ja 
été senties; et enfin de l'intellect, qui atteint les notions univers 
et qui , avec elles , prononce ses jugements sur les données sensibles. 
Les brutes n'ont que la sensation, la mémoire et l'imaginati 
L'homme seul a de plus la raison (X070O7 discours interne de l'ài 

Îmr lequel nous développons et nous discernons ce qui était caché 
a mémoire. En puissance, l'intellect et I9 sensation ne sont ni ai 
rieurs ni postérieurs Tun à l'autre; mais, en acte, le développe 
de la sensation précède celui de l'intellect. Chez les animaux, le dé^ 
loppement de l'intellect s'arrête au premier pas , et chez eux le dé4 
loppement de la faculté de sentir est plus ou moins lent et pluS' 
moins complet, suivant les espèces. Les animaux les plus parfaits se 
ceux qui atteignent le plus lentement la perfection qui leur est propre. 
Dans l'homme, le langage intérieur de rintellecl peut procéder si 
raisonnementet sans méthode; alors l'intellect n'arrive qu'à des 0; 
nions (^o^ai), à des conjectures ((txaaiaO- Mais lorsqu'au contraire 
procède avec art, par des distinctions et des comparaisons métli 
diques , fondées sur lés différences et les ressemblances des obje 
alors il arrive à la science (l7riaTTÎp.Yi), à la compréhension (xaTàXr.^^i;). I 
Finduction il s'élève des choses particulières aux universaux, a 
espèces et aux genres les plus élevés ; et par la déduction il redesce 
des universaux , des genres et des espèces aux choses particulier 
Ayant établi ainsi, entre toutes les notions, un cercle de relations ii 
muables, il retrouve dans les objets particuliers l'accord avec les pri 
cipes généraux fournis par l'induction. C'est donc dansM'intellect qu'* 
le critérium de la sensation. Celle-ci n'atteint que les accidents fugil 
de la matière; l'intellect atteint les idées générales (et^Yi), par lesquel 
la matière est déterminée à être telle chose plutôt que telle autre, 



PTOLKMKE. 2H.S 

9, qui dtf-trnnînent \es inou\finrnU. La stumIiod ne donne 

}'tH}*rtê --. -..!•;«;.: ; 1 inti'tlivt jKiinl 1 tsaclilude -. . s^.*:!; , 

i| .«*, .s hotjuii lit' U rirru.aiiir iiiiiiarfjiU* n«>u& \u*nl cks 

il*-i.rrl M*ul rn tirr Ia niili«»ii tlu i-i-rcir parfait, ri rcu^Ml 

>iit^ d id rt-atiNcr à 1 aide tlu ooh.paN Icyr: Itvi Harmoniqutê . 

m 

»f Sur le rritrrium IrailT. en pasHjnt . la f|u<*»liiin du lar.- 
'\\}«-\ il n .iU.ii'ht* f|u UD<* im|M>rLiui !■ lr«-s-««'ciindairt* , aii.^i 
i*-\:nrrjii rh'n t\\ivu (•l>%«*r\aiit Irs d'-^iip-nr'-s d<* miii ^t\!.-. 
ui. Itr lan^.ik't* inlrrii** dr VMnr ..• . ^ut\i\ |il'-ini-ni«-ul a la 
m*' dt'N «'h"V^, i-l II* lai ^'j^'f rxii-riu*, i|iii «'iii|jli>!r dt» 
«t qu iiu >i|i«laivf .1 la iiii*tli;ali«'n ; mai<» ci* dtTDirr, inia^v du 
itrrni'. srrl a rtiiiHiiuniquiT IfN iii'tiuiiN arqiiiM*s , |»<>ur\u <|'.:*' 
'■•.(•Ml ritiit(iri^ d*' i'cux qui itMUlnit. Or. >ui\ant lui . la in*»- 
\ 'an.'.ip* a itr |iriii)i(i\i*n)i'it( instinrli\t*. 1^-?» in-'U prinn- 
.^ Irur Mfrnitiraii'n propre et fniiiIaiiH-nlal-- , mil dû l'irc 
• iiH i iiiipri HNi.iH dfs pa^Muns . a\ant d a\i>ir rlr ri-^*us p.i 
Pui<« • i* s M^'iiirn'atiiiiiH aivi s^iirf-s mit rti* dt-lrriniiiiv.s p i- 
i'>, a r.iii^i* du Ih-miih di' *» fUtrlidri*. 1 nul rrl.i M*»t fi.'. 
ijriit, par 1 iiiipu'*«K'n dr I.i nalurr.rt a\i*i- diirr*».*!*, M«i\ui.t 
rr di*s dilTi ri iiU pi'Uplrs. Kn^uitc MHit \riiUH lr> ii-f.'isialour.'» 
I', qui 'Il iiot trui't' îri nv'irs, tandis t(Ui* la struî«' n-^lc |<n- 
t dt' X* fain* l'ompri-ndrc. 

vjfit lt*H \ui\s pr.ni'ipali'N di* Plnïrini'o «^ur ! an;i!\M' d«'N fa- 
•'iii*rtufllf> , sur la nj(*lhf)d(* m ^rnrral et .sur Ir lan^'j^'i-. 
is t inlcrru^-er inainli-nant .sur la nature du sujet pi*nsant, (t 
.1 Nrii'nri' rlU'-mrini'. 

•I' Sur If rrtierium dit que rAin<* rst inrurpnrrllo an >rns l'.r 
appf'Ilrnt cnrif ci* qui tituilx* miu.s la .sins.ilinn r't'sl-a diii- 
iirirn^ , c\ rurpcrrlli* au .M'ns de «tu.\ qui ap|H*l!rht n^rpë c* 
pat'!'' d artiuu et de pas^iun crst-à-din^ d«*s >t>ii-ii*n.s : s' i- 
i- • si la une qursliun di* uihIn. Mais iv qu il ne pi'ut prcini •■ 
qiii'^liiin de mois, e est In question de saimr m la sulistai.. •* 
»t n!i ii>indi\isili|ei>n parties M'iiihlahlrsou analti^'nesà n!!- % 
>ur i-^lle qtieNtiiin, Plolemée , eomnie la plupart des s'.i.i- 
iif ttcmenl inalêrialiste. Suivant lui, lAnie m* di>tin^'ue d* > 
•r qu file Me tnMiNe pas snus les !k*ns; mais, rmiiine eux, e'!'* 
•«' ij •■'.i-ments r!i-ndus et diiiMhles, si\(iir: de ti>us les eic< 
rr'rps a\ee une diiïerenee de pniportiiin et surtout de diii 
un i-!éiiient plus suhlil , qui eonstilui* seul la partie la lia il - 
; âme. Pendant la \ie, l'Ame est le prineipe des iimuxemi fis 
t externes du eorps; e est elle , et non la nia.sse du corps. ';hi 
p«'nse . i-lqui veut. A la mort, l'Ame, à cause de .sa suîtliiit'-, 
du eorps comme d'un \ase, et retourne aux étt'ineiits di'iit 
rin*-!*. Ptoléinée nie doni' implieitement la persistance di- la 
lie liu::i:iini* après la mort. Suivant lui. parmi les êlêmrnls 
la t*Tri' et l'eau soiiteeux qui contiennent le plus de mulirfi* 
ème \oitim>', et qui sont le plus passifs. L' f'U • t l'an* .s<>:.t 
les; i\> >ont actifs et passifs à la fuis. L'éthcfy exempt de lout 
:nt, est l'clcmcnt actif par excellence. Or, on nomaiu spc- 



286 PTOLEMEE. 

dalement mrpice qui est matériel et inactir; âme, ce qui se meni 
corps doit donc ne composer princi paiement de terre et dVaa, et I 
prinripalemml d'air, de ko et d'étber. Dans 1rs âmps elTes-œémt 
; a des partfrs de diverses natures . solvant les élémenls dont cil 
composent. La partie temilive de t'dme , élant purement passive, 
être formée de terre ei d>au ; la partie douée de la force tTimpiilt 
étant active et passive, doit élre composée d'air et de ftu , pI el 
subdivise en partie eoncupiicrRte , Tonnée sarloot d'air , el en p 
iraeeible, formée sarloal de feo. La partie intelleetueile , une el b< 
g^ne , est formée d élber et purement active. L'Ame se mêle d'ai 
prus au corps, qu'il 7 a en lui plus de cbaud et d'btimide , pt d'ai 
moins, qu'il ; a en lui plus de sec et de froid. C'est pourquoi , da 
corps , les parties cfaaades et bnmides , telles que la chair et le n 
sont celles qui contiennent le plus d'flme; et les pnriies froides r 
ches, telles que les os et les nerft (c'est-à-dire, sans doute, Us tendx 
sont (-elles qui en contiennent le moins. Les qualités et les teinf 
menls du corps influent sur les facultés de l'âme, parce que les org 
sont peD perméables à l'âme, et obéissent difficilement à son in 
sion, quand ils sont trop compactes et difficiles à mouvoir. 

On juge quel est le siège des diverses parties de l'âme, d'nnei 
d'après la convenance ; d'autre part, d'après l'observation des ré| 
du corps, oà les eflbris acti^ et passifs des diverses facultés de l'âr 
font seniir. C'est ainsi que l'on devine et que l'on constate que 
inteUeetwelle , formée d'élher, est dans le cerveau; quel'ilme conc 
etnte, formée d'air, est dans le bas-ventre; que l'dnie iraictb 
ignée est dans le cœur et dans les viscères voisins, et que l'fime i 
ttoe, fermée de terre et d'eau, répandue dans toutes les parties cbai 
et sanguines, y produit le toucher, el, localisée dans les organe: 
ciaux des autres sens , y produit leurs seni^alions spéciales. Telle 
en ce qui concerne la division de l'âme, la doctrine de Plolémée ( 
sée dans le traité Svr le critérium. Remarquons cependant que 
lesflarmont^HM (iiv, III, c. 5), Ptolémée appliqae les nombres! 
eaux à deux divisions ternaires de l'âme, dont l'une est celle de P 
adoptée aussi par Galien , et dont l'autre est empruntée à la do 
des stoïciens. 

Ensuite, il s'agit d'établir la subordination des parties de 
Suivant Ptolémée (5iir lecriterium), ta direction des forces bami 
un dooble but : vivre et vivre bien. L'intellect seuV noos ta*t ^''^^ 
el eo même temps il contribue à nous faire vivre ; à ec doubv 
c'fsl à l'intellect et au cerveau qu'appartient l'hcgémov'j ^"^' 
lence, la direction suprême (TgjMÉJk«i); c"e.a\. o^ssiiatts 
veau qu'est le point de départJ^^^Btaigéa&rï)\nca 
semeoœ. Mais il y a autanl d^^^^^Hl subQL\\etnf 
de l'âme. En ce qui concerne ^^^^^^V" *^^ ^^'L 
partage principalement entre^^^^^^^ws ^^«t*^^ 
blessé, l'âme s'échappe avec ^^^^^^^^— — 
veau est blessé, l'âme s'ecbapi 
vant Ptolémée et beaucoup de il 
La mort causée par img|B dul 
récoDlement du aoof^^^^ 




PTOLÊMÉE. »7 

cw ic r A roue àt% trou pariirs solMltfniet de VkM le vcmid 
en cr qai ronrerne Ir frirn rirr#, re ti€ M'rail ni a Ij i^artie ira»- 
D A la partie ronrupiM-rnlr, niai-s j la pjrlir ^eDMli^e, ou, puur 
. dire, à deux desrinq %rn^ : a la «uo i*t a lnuie, qui, placera p'ua 
|oe ir% autres %€ns <*i |ilu« pn^ du r<*r\rau, pr^lroi a rtniriletl 
jDTour» p«>ur ( oiiirinpîrr Ws chos* s e\ (luur l'D ju^rr, •*! qui ftt*ulea, 
!• li'iO» dr ra{;rc.i|i r rt du dt-«a^rr.«b.r. j-ii^nciil \rs noIntOft du 
rt du latd ddO^ 1^^ forini'% muni r d^n^ Ir^ mh s, dan^ Se^ oiiiuve- 
relrair» •.'ooini** djn% \r% a« tj^iiH liiiriia.nc^. (In or duil pa% t'eion- 
1 é^ïbs cria, que I a^lroDuu.r Pioiea«cc ail \tulu tcriic auaai aur 
[ue ci sur la musique. 

Aienaiit « di*maiMl'»os - lui ses \-utf*^ iréui-ralfi» iur la science 
^e com^miinn mnihemattifue ^ pr* aiiilul** . Il cuininrnce par 
' la d. si 1 1. cl ion de lAêCitrcf piahqut , d.iii% U>|url.r on prul faire 
ogr^s par Icxrrniv rt I hatiiiudi'. ^Jtjs o>iiii.ii»sani'c rcnerbie , 
la irirnrr tptculaùn , dan» iaquclli' on pi^ul faiicr dt-s pru|crès , 
ocunr ai'plication rnipinqur*, par la DiedtUUun s«*ult*. Il ^'appuie 
utorilé d AriMoti* p<iur di\i«rr la micm'** ftpèrtiLli\e rn «cirnra 
me , en trtenet maihfmnttque , ri en êcit^ct dtê choêti «^irmci. 
:i est la bcirncr du prrnurr nmUur in\i^ibli* ri luiumbilc. La 
e ph)s:qur n»l laM'irnri' di*N qualiU**» maUTirlli-fkrl rhan^canlr», 
produisent surtoul dan*» 1rs t^lrr» ptTi'^'^ablrs cl ftukiluoairrii. La 
e malbôuuUque e>l la m'huit drs qualilr» qui nmcriu^nl lesi 
ï el les mou\rinrniH dr lran>Uliuu , la si-irncr dr la lifrurc, dr U 
lé, de ta aiinililude« du li*mps , du liru, rir. La «l'icncr nialhr* 
le est iniermedijire rnlrr \cs di'ux auins. En cflrl, d'unr part, 
»ut s'acqurrir snil par lesi Mrn.^alion>, soil sans rlien; d'autre 
elle prul s appliquer soil aux iMrts murlrU, miiI aux éirrs un- 
is 'aux aslrfs, : rllo m* priait* aux ilianieruirnU drs ùires qui 
enl, i't en qui pourtant il > a des idées in>cp.'irables de ces étrrs; 
quVIIr s'apphqur aux étrrs qui nr rhanirirul pas aux astres;, 
A invariablr roniDir eux. Sui\unt Piuliuirr, Irs deux autres 
i de la Si-irnrr »pt*culati\r appartirnnrul pi u loi a la coitjeciure 
&; qu à la comprehtnsum âcienltfique ftaTK..r;.: iTiiTr.ift'.«ijiT ,, sa- 
la ihéoldgie , a cause dr l lUMsiliililr el dr 1 incuniprrhrnsibilitc 
) ubjrl ; el la pb\siqur,à rauso de 1 in>labili:e cl do 1 i»bsrunlts 
natièrr. Ih' là \ienl, dit Ptuiruiée, que l**s pbiloMipbrs ne p«*u\enl 
•rder sur cr^ deux sririR'es. Lrh niutUcniatiqurs seules, quand on 
iorte une uirlbodc sé%rrr, procurrul unr runnai.ssance indubi- 
f parce qur les démonstrations s y foui par 1rs procédés infail- 
de 1 arilbiiiéliqur cl de la crornétne. 
ses rtudrs, Plilrrure drclare qu il s'rsl posr doux règles de 
: 1** DK*ttre de 1 harmonie dans ses actions ri jusque dans ses 
de manière à nr jamais perdre de \ue la brautê de l'ordre ; 
' |ner tout entier à l'élude drs sciences spi^culalives, el surloul 
malhémaiique. Il s*irfforce, dit-iL d'embrasser oetle 
' re , en s*allacbanl surtout à la partie qui concerne les 
'lestes, c'est-'à-dtrr 1rs astres et leurs mouvements; 
%nL toujours de la même manière, la science qui 
^ £tra évidenln, régulière et launnaMe; oe qui 



288 PTOLÉMÉE. 

est le propre de la véritable science. D'ailleurs , elle vient en ai 
théologie , c'est-à-dire à la science de Yénergie immuable et 8 
de toute matière (xopiaTr.)* En effet, la science qui se rapproche 
de la théologie, c'est Tastronomie, puisqu'elle a pour objet le 
vements de substances mues et motrices à la fois , mais étern 
exemptes de changements , bien que capables d'affecter les se 
mathématiques viennent aussi en aide à la physique^ car les pn 
de la substance matérielle se manifestent par la manière de i 
le mouvement de translation : par exemple, riucorruptibilité si 
feste par le mouvement circulaire, la corruptibilité par le mou 
en ligne droite, le lourd et le passif par le mouvement centri 
léger et l'actif par le mouvement centrifuge. Enfin , les mathén 
sont utiles pour la science pratique, par exemple pour la moi 
présentant dans les êtres divins (dans les astres) le modèle de 
et de la régularité. En outre , Ptoléméc trouve dans la théorie 
malique des sons musicaux le symbole des différentes vertus n 
dont il donne une classification fondée sur la division platoi 
de rame {Harmoniques, liv. m, c. 5). Les mathématiques, 
lui , ne s'arrêtent pas uniquement à la contemplation pure, 
quelques-uns, dit-il, le prétendent; il faut qu'elles arrivent: 
monstration, en employant l'art du raisonnement, les obseï 
et les instruments; enfin, il faut qu'elles descendent aux appi 
pratiques. Les mathématiques sont entièrement du ressort de 
son ; mais, outre la raison spéculative (xo^o; Oecosûv) , qui trouve 
il y a la raison active (xô^c; èvc{>'Yûv), qui le réalise dans l'intell 
et la raûon modifiante (xc-foc iaVUiù^)^ qui le réalise au dehors 
assimilant la matière {Harmoniques, liv. m, c. 3). 

Pour déterminer le but propre de la science spéculative , Pto 
recours à la doctrine d'Aristote sur les quatre principes ; mais 
ces principes à trois, la matière, la forme et le mouvement , pai 
identifie expressément la /îna/i^d avec la forme. Quant au mou\ 
il l'identifie avec la cause, et il distingue trois espèces de causes 
qui concernent la nature et \ existence seulement, celles qui 
nent la raison et Y existence bonne , et celles qui concernent 
Veanstence bonne et éternelle. Suivant lui , l'objet de la science 
lative est de montrer que les œuvres de la nature sont fait 
raison, avec art, en vue du bien, et non au hasard. Mais la 
lation doit se mettre d'accord avec l'expérience. Les hypothè 
tionnelles doivent être fondées sur les observations , qui ne ] 
jamais être que grossièrement approximatives; la raison les 
d'après la considération du bien , et les élève à l'exactitude , 
ne pouvaient atteindre par elles-mêmes {Harmoniques ,\vs . i, c 

Comme on le voit, Ptolémée, bien qu'il soit matérialiste ei 
concerne la question de k nature de Tâme, et bien qu'il exa 
peu la part des sens en ce qui concerne la question de l'orig 
idées, est cependant bien loin d'être sensualiste par sa méthode 
tifique, et d'y faire la part de la raison trop petite. Au contraii 
fait trop aisément des conceptions générales qui ne sont ni exig 
la raison , ni suffisamment motivées par l'expérience; il ne d^ 
l'observation qu'un aperçu grossier des choses^ ei il ne d 



PTOLÛIÉE. i89 

Mode «*à la spécolâlioo à yn<fh , uhês laquelle il fait plier le» 
aU de 1 olMenalioo. Il ne miI p«« de «lurlle r\arlitu(jr cri* ri-- 
I soBl siiicepUble»^ quand on «rntourf dr% preraulniii^ ron\e* 
I, qoand on emploir «li* Inin» in^trumi'ots. rt «urtmil qu^nd , 

a\oir répèlé un isranJ non. Lie di- 1»ïs uw im'm r i |iM'r%jLon , 
rend une mo\enue «*nlrc 1rs rr%u:'..it% ••liti'nus. Kii d'^lroriMii.ir , 
née, coinine Ldpljiv, ne di-n;jndi* a \ «•! «•«rvaii* n i)ut* i** n>>nilir«* 
aaees struiernenl ne«-r»!kjiif , ri <j« u.ai.i!- I «ul !•- n-^ti' »u t .1 rui 
'matique. Mais \v talrul dr rui!rii.< f. |a.' Irqurl il cruil |iuu\uir 
1er et recliti«*r 1 e\|Nrii*iii'r , •|>pt«li- m aMe di' r.iu>!N-H h\po- 
;• qu'il e^SAVi* Vdiiit'inriii dr diniuiiir*T. («ar «-\riii|i!f, irllfs de 
obilile abMiiue de la Icrrr ri di* m iHi^mun ju injii.l iriilral de 
tr!»; et de fau& princi^H**» . duui il v^x fun r dr s «rart« r lui-nn^uic 
>u moiDÂ pour oU*ir à 1 e\idruoe dr» uLMT\j;i>in!». |iar exemple , 
lacipes de I uniformiti* dt*s niou\euirnl!i i*t-ie>les, df la nmilarito 
te éc9 orbites, et de li*ur i-oDicnlnrile, |irinii|'«*^ dunl il «^ tnarle 
îinploi des eicentriques , deA rquanU , tl dr*» r|iir}rlcft a\rc lrur& 
les. Au coalraire, le calcul de LapUcc :» appuie umijunut ni >ur une 
périmentaleoirul dcmonln-e, sur la lui d< I allrai tii>n utii\rr>e.lr. 
lire, pour dèlerminer en détail cbacun dr^ mou\i'ni< nU r«*,i-«tt*5(, 
. que le calcul s'appii ]ue a des d'Hiucrs r\{iriiinriilali-« : l.aplace 
;oes données au ino.hdre nombre (Misoiblr . uim> il \rul ({Ur rha- 
soit établie par desobMri.iliun*» lrt'!*-prri'iM s ci Ur« n*Mi.br«-u^e>. 
née prend, pour ctaMir iliaqur ili>iiiii r, le i:iii..l-rr d tiliv r\ ji.iin^ 
rment oéccMaire, coniti.i* s il 1 lail >\»t dr i r\ùt Mudc dr rluiruni* 
i, et il choisit arlilicii'ux'niriil crlîrs ^ui >e pn-ltMil Ir iit.iux à 
rtrine préconçue; qucîqu«*ft os nii-me il Mippu^t* lii-ti\«-nit ni drâ 
batiODS qu'il na pas faites l'^yr: larlidr l*tuitu%€f, ri'dip- |)tir 
ibre, dans la Bwgraphif unttmflU de MuliauJ , il un article 

Biot y dans le Jtâumai dts $avauii , juilli-t I8«7 . Plulciiue a 
nalbé puissaoïoicnt I aslrunonnc .iirijuc; il la pnciM'c et 
, il l'a enrichie en qurl((uc.s (huhIs : lllal^• m d auln-s pfiiiK, il 
ssé les résultais de» obM■r\a!loIl^ d Uippaniuc. I) aprt'> i aii.:l\M* 
dente de la philosophie de Pt-ilrmcc, un pTUl \oir que U.s niciiti-s 
défauts de suo a ^Ir un*» une >'c\pliqucnl par les innilcs cl les de- 
de sa méthode philuM'pliit|ue. 

lous reste à indiquer N-n ediliuns de ceux des oii\rap-s de Tlo- 
I qui intéressent la pli>liMiphie. Le Irailr 11... -.-^ A,,-r-,:.é as-. 
u.'.^ a éti* public fil r:rcc cl en lai m , avec Viit^rription de ('a- 
. par l'astronume Isinat-l Uoul.iau, ii;-»*, à Parl^, en l(i4î:l. I«a 
ction latine de ce inéiiie traite par Uoulliau a cli ini|«riinef :i pjil , 
rme année, in-V , à La lla\c. - \Valli'« a piili.:c lc> y/#j/i«ioi.i- 

en grec et en latin , in-'»", a Ox^rd, en ltH2; cl ce n.rii.«' i.u- 
! a été réimprimé , en ^rcc cl en lutin , daii> le ti»iiie m di n Ojuttt 
ewMiica de Watlis, 3 %ul. in-f , Oxfiird. t(i!l'J. --La inamU 
uition mathématique , dont il cxi>t'* plusieurs lr»diicli(iii> latines 
inéeSy a été publu**? deux fuis in grec , .saxoir : in-i ", à iUle , 1 11 
y mis traduction et sans no;es , mais a\ec le crnimcntaire dr 
<* ^a un volume à part; cl un |h:u plus cnrrcclei..ciil à Pari>, p.ir 
f 1813-1815, en 2 \ul. in-i", uxcc ur.e traductun 



S90 PUFENDORF. 

Arançaise tri»AatîTe : il ne faat se fier qn'aa texte grée. En 
premier livra Maiement de la Grande eompoiitûm avait é 
en grec, avec la tradocUoD latine de Rei ohold, à Wittembers , 

TH.-I 

PUFEinmRF. La première partie da ini- siècle vil les 
sortis de la réforme chercher dans les livres saials l'origiD< 
les droits, et mâme trop soavent la juslificatioD de bien des c 
La révolation d'Anglelerre, comme les excès des anabapl 
caractérisée surtout par ces interprétations fanatiques de la 
de l'Evangile. Grotins était mort quatre ans avant Charles 
vain protestant, favorable à la nouvelle communion , il se 
néanmoîDS comme jarisconsnite à la philosophie, et, plus 
aatre, il dut sentir le besoin d'élever le principe du droit . 
des caprices farouches d'une multitude qui avait déjà cou 
regarder comme inspirés du ciel ses plus criminels mou 
Mais , à cblé de ces désordres , et sans s'élever à des 
abstraits, encore peu familiers aux intelligences, le respecl 
saints livres et le droit de les interpréter étaient restés purs et 
chcE un grand nombre de savants réformés. Il était donc nal 
quelqnes-nns d'entre enx, en l'absence de principes admis s 
tradiction, espérassent trouver dans la parole de Dieu des vér 
quelles ils ne croyaient pas rencontrer ane sufilsanle garant: 
lieu des incertitudes de la raison. 

De ce nombre fut Jean Selden (158!k-16Si), jurisconsulte 
connu par son opposition, quelquefois peu équitable, au gouvi 
de Charles I". Il coordonna en un syslcme, et presque en un 
lois établies par Moïse dans ses livres inspirés, sans néanmoin 
contre la raison et la sacrifier aux livres saints. Dans son ou' 
vanl, mais confus, de Jure naltirati et gentium , juxta liii 
Hthraormn, il distingue ce qui appartient au droit naturel e 
des gens en général, tels qu'ils étaient pratiqués et connu 
peuples avant la mission de Moïse, du droit positif particulier 
tion juive, exprimé dans les institutions de son législateur. Il i 
ta part qui appartient sur ce point aux lumières naturelles de I. 
mais, persuadé que Dieu a communiqué toutes les connaisse 
cessaircs à son peuple de prédilection, il aime à croire que 1 
sophes les plus recommandablcs de l'antiquité sont venus s' 
i cette école sainte, et il accumule les preuves qui lui paraisseï 
hors de doute les emprunts faits par Pythagore et par Pic 
sources mêmes de la sagesse hébraïque. Il inclinait donc à de 
droit des grns noe base ihéologique, niiiis il y inclinait san 
sion, tandis qu'à l'autre extrémité da mouvement des esprits. 
spéculation philosophique, ^^MMlia(« Uobbes fanilail I 
rapports sociaux sur l'atîlit^^^^^HRlt l^^Ddriue ilu dn 
force et de l'autorité absoIq^^^^^^gg^^^l^staDm ( 
fendorf, rattachant à sonfl 
philosophie, en développaT 

Sous le titre d'êtres i 
l'origiae, et comme 1 




PUPKNIXNIP. IM 

^T% H Im Mlfniit dr« homnir^. Il Ifar doAne ptivr m- 
l»r>ur bol d introduira 1 ordrr ri la b^aui^ dAn« la %h> ha- 

I I nidf 4r n*A ^lrr« m^Taui qor liieu r^v'^ l'uM|r^ de la 
l'inr. rt lui |irr«rrit dr« licimm. l.'hoDini*- m* trouve na- 
111111% Â rt^ rapports, \<'rilablr ift«|jlalioD dr llirg , d*a- 
-orHilion^ L'rneralr^ d«> la vh-iH^ homainr dont il hit 

II nft>**.*.rv'»' . fn*ui»r par \r% rnndili'inn parliruli^mi «oos 
l nr . l*-i!r% quo \r r.in^ cHriipo fwir stk fainillr. If ma- 
rnili*. Ir» nhh^alinns d** fiU, dr miji-l, df citoyen, etc..., 
qui produi^fnt \m\s rrriains droits, ft enpfadrvnt cer- 

T.il pt^firra), Aiiqu'^l l*nf«*ndorf dnnnf le nom dXat de 
Mirtf* nin^i rrrt.iin% dmits rt certaine do%nini àt% hommm 
<^ It'N autres , drtrrnnnH p:«r la rr\M*mlilaDre de Irur na- 
p'-tir^tj lient diin^ ImXes li*s Kitaalmns. Or,de l'oolili nu de 
rrs t\e\oirs . du rr^prrt ou du mrpris de ers droiU nais- 
tH mrirjiit (ipiK^^é^ àrs soc\vXr% : la paix rt la poerre. 
, PtatA ne vmt |>oint al m>Iu5, et la pierre elle-m^nie a ses 

('•raux . h l'ôlat df purs rapports, ne ^odI pas les seuls. 
Tni n-pre«riiiès effirarcmont dan« l'.irtion sociale, il faut 
l îriirs inlrrpr^tr^ dans d*** ^trrs ri^rh, substanticN, daos 
>u d«'N r^'union^ d iDfnmrs qui prennent alurs la qualifi* 

uo \t*% rapport^ qui ronstituent les lois morales des ^tres 

• pani' qu«» I>ipu )•*% a instituas; de in^me 1rs lois qui ré- 
ttc n fxiTilcnl que par 1 iniititution des personnes morales 
!u dp»il. rt auxqnellrs inronihe le de\oir d'imposer cer- 
, rorlaines «•hlrjjalion*. Tflle est l'idre que Pufendorf sr 
r , qu'il drtimt une iptahle en rrrîu dr taquette tm peut 
rh*,ff iffjtlnufmettt rt nrtr un effet moral liv. i, r. I^. A 
•h (lu p< u\(>ir il niuute i.i drfiiiitinn du droit: qualité mO" 
Uflte f'fi a (rgilnnement quelque autorité sur let pertimnei, 

M i/< ifrtatnrn rhmrt . on hten en rertu de qu"i \l noui tit 
'i-'#r ulii supra ; ft relit* di* Vobliyatinn : qualité mnrale 
qtir*tf un eut nulteint , par une nérattte murale p à faire, 
'tllJrtr quelque r/r^cr ul)i suprO;. 

l les lia^s sur lesquelles notre auteur se préparc à faire 
e s\slènie(lu ilnul de la nature et des gens, 
rineipes , qui sont pnur lui le fruit de ses méditations et de 
t dtml l.i xêrite n'est pu<% douteuse* n ses \eu.\, il a heNoin 
r lu cnnnaissanrr eertaine dans le {lenre liuiiiain. Il est 
a traiter de la certitude des M-ienres morales. Il la trouve 
les prnréd«'*s de la démonstration logique, dont il em- 
[{Icà et les éléments a Aristote. et la poursuit jusque dans 
ne de la morale , dont il oppose la certitude à l'incertitode 
delà politique. 

* "nalfcré la marche vraiment philosophique de ses dé- 

"^faihlit en cet endroit, et abandonne mal à propos 
te el d absolu dans son poiol de départ , lorsqu'il 

19. 



ImiOrfie IrAttartivt t fl M liurt w fier qn'ta Inte g^ 
pnniier Vtnt MatooMSt d6 Im^Gramée eomfotUUm avait él 
«B gno^ avao lalndMtioB lâliiia de Baolioldy à Wiltflmb^ 

PUFEKDORP. La première partie da xm* siècle vit les < 
aorlis de la réforme chercher dans les livres saints Torigioe 
les droits, et même trop souvent la justification de bien des an 
La révélation d'Angleterre, comme les excès des anabapti 
caractérisée sortent par ces interprétations fttnatiqoes de la 
de rEvan§^. GroUos était mort quatre ans avant Charles I 
Vttin protestant , hviMrable à la nouvelle communion , il se i 
néanmoins comme jurisconsulte à la philosophie , et , plus 
antre, il dut sentir le besoin d'élever le principe du droit i 
des caprices fiurooches d'une multitude qui avait déjà com 
regarder comme inspirés du del ses plus criminels mou 
Maïs y à cAté de ces désordres, et sans s'élevur à des 
abstraits, encore peu familiers aux intelligences, Ib respect 
aanotts livres et le droit de les interpréter étaient restés purs et 
cbes un grand nombre de savants réformés. Il était donc nat 
que^ues-nns d'entre eux , en l'absence de principes admis s 
tradiction, espérassent trouver dans la parole de Dieu des véri 
unelles ils ne croyaient pas rencontrer une sQfBsante garanti 
nen des incotitudes de la raison. 

De ce nombre fat Jean Selden (158<k-16S4), jurisconsulte 
eonnu par son opposition, quelquefois peu ^oitable, au gouvc 
de Quirles I**. D coordonna en un système, et presque en un 
Ms établies par Moïse dans ses livres inspiriés, sans néanmoins 
contre la raison et la sacrifier aux livres saints. Dans son oai 
vaut, mais conftis, de Jure naimraU et gentium,juxta dis 
Hehraantm, il distingue ce qui appartient au droit naturel et 
des gens en général » tels qu'ils étaient pratiqués et connu 
I>euples avant la mission de Moïse, du droit positif particulier 
fion juive, exprimé dans les institutions de son législateur. Il i 
la part qui appartient sur ce point aux lumières naturelles de h 
midis, persuadé que Dieu a communiqué toutes les connaissa 
cessaires à son peuple de prédilection, il aime à croire que li 
aopbes les plus reoommandables de l'antiquité sont venus s' 
A cette éoole sainte, et il accumule les preuves qui lui paraisse] 
hors de doute les emprunts faits par Pythagore et par Ph 
fourœs mêmes de la sagesse hébraïque. Il inclinait donc à d< 
dnrit des gens une base théologtaue, mais 11 y inclinait sac 
sion, tandis qu'à l'autre extrémité du mouvement des esprits 
spéculation philosophiaue , le sensoaliste Hobbes fondait 
rapports sociaux sur I utilité y et en tirait la doctrine du dr 
foroe et de l'autorité absolue. Ce fat dans ces circonstances 
fendorf, rattachant à son toar Télode du droit des gens à cel 
philosophie, en développa les principes selon Tesprit de Groti 

Sous le titre d'êtres moraux (entia moralia) , Pufendorf < 
l'oiigine, ^ eomme base de son système, les idées dos rapi 



PUFKNDORP. IM 

9 Bnn H Im Mltmit dr« homnir^. Il Wvr doAne ptivr •«- 
. H pour bat d introduira I ordrr n U b«*auti^ d.in« la \ii* ha- 
r»l à I aide ûe n-n èXrrA inr*rauY qar tiiru rri;lr l'iiMff^ de la 
riOTmr, et lui firr«rril ér% iKiinr». I.'hnii.ni*- m* lrou%f na* 
m snumi4 * cru rapports, ^rritabl^ inMitotion dr Ihru , d*a*- 
k» o>nditinn^ L'«'nrra)r« àr la vH*if l^ hamainr dont il fait 
r«-* M nai**.^rr«' . rn^uitr \*ar 1r* ronf1iii-«n«i parlirulK-rm *oiw 
» i! r«t ni*. I**i!«*% qao Ir r.in,: cnrupi* |i.ir «a faimPe, k na- 
palrrnitc. I*^ nbli^alion^ d«» fil*, dr *iijrt, de rilnycn, rtr..., 
'au\ qui produisent l'fus rrrlains droits, et enpendrrnt cer- 
l'ir*. 

it n:nral planerai, anqu'^l Tufendorf donne le nom délai de 
rrirn|Kir1e ain^i i'rrtain% droil» et rert.iin^ di*\oini den bnmmen 
n\ers 1rs autres, dêlerniine^ p!«r la rrsM*nili!anre de kur na- 
ui les p'>ur«iji\ent dan* t<lute^ Ws MtaalioriH. ( Ir, de I uulili nu de 
le de re^ de\f>irs . du respect nu du mépris de rrs droits nais- 
; états morani dpposr^ des soeirtés : l.i pnix rt la pueiTP. 
deux étals ne sont point al solu», et la pjcire elle-m^ine a ses 

r% moraux . h l'état de purs rapport*, ne sont pas les .«euK. 
!s ^o:ent repré*enle< eflirarrmrnl dan* I .irtinn soriale, il faut 
:i\i'nt leurs interprètes dans d*-^ ^tres reeN, sulislantieU, dans 
ries ou de<% réunion* d li'mim'*.s qui prennent nlurs la qualifi- 
personnes ninr:i!es. 

ne que les rapport ^ qui ronslitnent les loi* morales de* êtres 
l qu«' parre que hieu IfS a institués; de même les lois qui ré- 
* K'.it* n existent que par I mytitution de* perMinnes morales 
Tl du drnit, et auxquelles inronit>e le de\fijr il imposer rer- 
^•l»**, rertaines f»Mrj;alion*. Ti'lle est lidi-e que Pufendorf ar 
>ifr'.ir. qu'il di'lirnt une ijtiahte en rrrtu de InqueUr **n peut 
t'jtif rhufr tejitifnemfnt fi nrer un effet iriurrf/ li\. I, r. l . A 
hitifu du pt u%('ir il fli>iUlr l.i dellnilinn du dru\t : qualité n\o~ 
' inquflte ofi a (fyittwement qiietque autnrttè iur fe* perti^nneB, 
*e.*tt' n de rrrtainft rK***f . t*u fnen en vertu de qw-i 1/ nous est 
lie rhttte \\\i\ supra ; et rrllc de \'*ibiitfat\nn : qualité mtirale 
ie l'iqur*lf ttn e*t osltfutt , par une nertsttte murate , à faire , 
iU fiuffnr quelque chf<e uhi supra.. 

Minl les liH^i^s sur l)*<«qiieties notre auteur se préparc à faire 
oui le s\<^tèmedu dri»it d«* la nature et des pens. 
es principes , qui vint p^ur lui le fruit de ses méditalinnset de 
*<, et dont II \èri'ie n'est pa<% doutetis«- «^ 5rs\eux, il a fx'sfùn 
luver la counalNsaiire rertaine dans le fzrnre humain. Il est 
duit a traiter de la c*^rlilude de* M'ieni-es mnral«'s. Il la trouve 
lan^ le* ppirédês de la démonstralion logique, dont il em- 
•H r»*;.''e% et les cléments à Aristote, et la poursuit jusque dans 

mtViu' de la morale , d«mt il oppose la certitude à l'incertitude 
mes de la politique. 

inms, malcré la marche vraiment philosophique de ses dé- 
, Pufen'lorf fa^lilil en cet endr(»it, et abandonne mal à propos 
jr a de aolide ci d absolu dans son point de dépari , lorsqu'il 

19. 



29S PUFEiNDORF. 

pose en principe qu'il n'y a rien de jaste on d'injoste avant toal 
tation , égalisant ainsi la qualité morale des actions sous on 
uniforme d'indiiïérence avant que Diea ou le législateur hur 
soit prononcé. Il y a là , et certainement Pufendorf s'en cro; 
éloigné , quelque apparence d'affinité avec le système de Ho 
est vrai que les lois positives qui régissent les diverses natioi 
posent aucun devoir avant d*ètre , et qu'elles ne sont qu'aprè 
législateur a prononcé; mais on ne peut comparer Dieu à ces 
leurs humains , soumis à tous les procédés de notre existence 
attendre qu'il prononne , à une époque déterminée du temps 
éternelles de la morale qui résultent nécessairement delanat 
a attribuée aux choses. Ainsi , la force que Pufendorf donne a 
en le faisant sortir de la morale, il l'ôterait à la morale en la U 

Juelque sorte relever de l'arbitraire du législateur. Si Grotiu: 
te aussi explicite que son disciple dans son exposition, il 
moins « après Cicéron , plus intelligent défenseur du principe a 
la justice et du droit ; et c'est à tort que Pufendorf le blâme ; liv. 
d'avoir soutenu que la loi ne constitue pas la justice des actioi 
suppose déjà existante et supérieure à elle cette justice même. 
Il y a encore une autre observation a faire sur cette opinioE 
fendorfy c'est que si elle est fondée jusqu'à un certain point, 
s'agit de quelques détails des législations particulières au: 

!»eunlcs , il n'en saurait être de même dans les rapports d 
enuorf étudie do préférence les principes , puisque le dro 
national n'agit qu'entre des pouvoirs indépendants les uns des a 
ne se fonde que sur la science, trop souvent individuelle et ar 
et sur les traditions diplomatiques des peuples • sans qu'un poi 
un conseil supérieur intervienne par des décisions. Raison de p 
que le jurisconsulte philosophe n'ébranle pas lui-même les b 
lesquelles seules peut reposer avec sécurité l'editice qu'il est ; 
construire. 

Nous n'entrerons point dans les détails . quolqiiofois oiseu: 
quefois plus subtils que vrais, a l'aide desquels Pufendorf de 
les OiMisidérations morales auxquelles il rattache îa doclriue d 
Et quant aux autres parties de lomraize, a.î-jessous des p 
géuc^raux que nous \enons dana'xser se tromer.t des ques;i: 
Ucuîières de droit qui ne sont point de notre Soje;. 

Il est donc facile d "assigner À Piî'eni^r:' x» \or.:aMe p\-je 
semence dn droit naturel, li se ratlacl.e c\.i;t:v.:v.er.t à rir::;u> 
son disoipiC, maljire le de.<iAcoor.i qaeii.i-.s axsIis s:*:r.ji ï* v'., 
sur un p(\.nt înpiMlar.t. i", est xtaï. r-,:..s .u i*:;:»:.-.: ::.' t 
la manière moins ahslraitc <: mo::-.s r^. .::•.: e ie\y river : 
rites analogues, plus qce r-Ans la f»c.r.s:\- i .•^-•.i.i'*rf. Gr:.r 
fernie et moins eieve que iîri-;;«s. i, Ir s.:rrÂSS3 p.^r '.-: ii\ 
«"ïcnl et la nié)hj>de de son CA7os.i..'.T. s:.f:-...:.:j.ie . ti ii:; ; 
oela même, nn utile pr(:'pairi.:e,-r 6c Sr. .^iXL'irrr. 1. s5 ciSLi 
Selden en ce qnM n a poml adn-.is, (^ù n a du m:;.r,s lLzl,> q 
un très-f>eijt n.v;t.re de cas, des éléments empruntes ik U 

e! H la irAdii.i»>n sfii;\>c; "' "" diftiiQ^^Qr ^ plus de Hol)bes« 

1 obscr \'a lion q ne i: om 



PYRRIION. 

la oiorale H la morale i la \olonlê de Dieo . il tend i opp4*ser 
p^% fi tes el dr% rnotift dei^intrmseih d arlioo aui ooDctlilioBi 
aux calcaU \analilef dr I interél pri\^. 
Puf^ndorf était ne, le8jan\ifT 16:ii. à Dippoldswald . dau 
où son père exerçait les fonrtiiin« de pasteur. L>tade de la 
f fot, de tontes le« études aoiquelles il le li%ra • celle poor 
montra le plus d ardeur. t>tle disposiUon explique , en partie 
l'applration qu il fit de% principes de cette science à letode 
1 s y essaya dè^ son premier oa\rafee KlewêentM et jurûpru^ 
fTêtlU , qui lui menla I estime de I elet*teur palatin tlharlet- 
pnnce eri|!ea pour lui. â llndrilierir. la première chaire de 
e] et de droit de» ^'ens. S in ii\re Je .S'rafii impeni ^trmaniti 
>sa tous les \i<-es de la con^titutnm de rAllcma|;ne\ et des 
H dr>nt eilr «'lait le résultat, irrita contre lui la rour de 
l quelques autre<« princes intéresse» an ffafii çvo. Il poar%Qt 
* pfrvinnrile m acceptant, en l(î70. la rliaire de droit na- 
ini\er^i'«- d<* l.und . en S*anie. que r.haries \| lui ofTraiL 
u il puhlia • en IfîTi, son prand traite Jm Ihoit à* la nature 
. Ap|M*y a StfN-k'ilin en qualité de secrétaire d Klat et d his- 
(^. il I rn\it rn l.itm 1 hi^ti'ire c«inteiii|Miraiiie de la Sutiie, el. 
Vite (Je I rifvleur de Itratidt-lMiur,:, Kredertc-liuillaunie • qui 
\eiiir a heriiri dan^ re Iml. Il \ iimurut le M «icUibre tG*J^. 

■ 

r.iL'e |irint'i|ial rs\ i rrit l'n latin et a |Kiur titre : ih Jure Nd- 
nfiMiii lihn kV*. 1^ meillfurr rdition est celle de l^ipzif?, 
n'ific rariMmm . a 0"lil, Mttêotrio . :K \ol. m- 4*. Il a clé 
françiis a\ec iKMurDup de smn et d utiles observations par 
.On a de celte traduction plusieurs Itelles éditions. Nouscite- 
lU'Uii*Trelledel.iindres,:i\fi|.in-^%17iU. Les autres ouvrages 
»rf qui se rap|Kirtent a l'élude philosophique du droit sont : 
juhtpmdffitur naturaht methtttio malhemaiica , premier 
liKTlrine ; — de Offiru» httmîn îm ac cinJ /i6ri duo, résumé de son 
afse;--et deux eiTils |>oloiniques : Spécimen controteniamm 
xturale; — A'rti wand%ca^ réponse aux attaques dont ses prùl- 
nt été l'objet de la |iart du professeur Beckmann. II. B. 



flO.\,PYRRIIO>ISME, ECOLE PYRRIIOXIEXXE. 

qui a donné son nom à une des écoles les plus célèbres de 

, nnquit à Klis, où il florivsait vers l'an 3U)a\ant Jésus- 

's deux seuls faits certains de sa>ie, c'est qu'il voyagea 

znie de son maître Anaxarque, i la suite de l'expediiioo 

re le Grand , et que , de retour dans sa patrie , il reçut 

isdu sacerdoce de l'esliuie de ses concitoyens. Voilà la part 

Qs la biographie de Pyrrhon; tout le reste n*est qu'une sorte 

où il faut moins chercher le caractère réel de ce person- 

impression que son étrange système avait laissée de lui dans 

on populaire. On le représente comme pratiquant, avec une 

raisemblable, la maxime sceptique de l'indifférence absolue, 

«A^ ne craignant rien, répétant sans cesse ce passage dllo- 

^ naissent et tombent les feuilles des arbres , ainsi les 

ils. » llans une traversée qu'il fil sur mer, il s'éleva 



iU-i 



PYRRHON, 



uih^ UMupiHe. Vovani ses compagnons saisis de crainte et de trisi 
il les pn.i , (1 un air tranquille , de regarder un ponrcean qui è\A\ 
«iqai Mian^.rail à son urdinuire : «Voilà, leur dit-il, quelle doiti 
1 niMiiMbililo du sa^e. » 

l.aixhuns» là les légendes, et essayons de ressaisir les traits un 
iiidiViH de (ol hoiiunu extraordinaire qui n'écrivit pas une ligne,' 
qu apivs \in^t siècias ou n'a pas oublié ; de cet homme qoi le 
eouMul ei put ^^u sérieux l'idée sceptique , et la marqua si fort 
ile son eiiipivinltt, qu'aujourd'hui encore elle porte son nom et 

Pviiluui niininenca ses études philosophiques parla lectorede 
iiuh'iilo. Il s'uUaeha ensuite à l'école de Mégare et à c«lle des 
idiisiivs , dont i» diuliTtiquo stérile le dégoûta du raisonnement etdel 
seiriieo. 

l'iitiKoe dt^H livre» et des écoles , Pyrrhon voulut lire dans le 
li\ir du monde , et , comme Descartes plus tard, il n'y recueillit 
l'nuvilitudn. 

lin intiMir en (ir(V.fl , il y retrouva ce qu'il y avait laissé : au licv 
piiiii'i|uvs ll\eM, l'orgueil et la lutte des systèmes, et partout, au 
on apiiarenee, la ruison en guerre avec la raison. Platon était 
lAïadennis quo la Torle main du maître ne retenait plus snr ses 
\iii!«rh pentes, dérivait vers le pythagorisme. Arislole fatiguait de 
iihiniHuiH lAeuilémie aiïaiblie, et lui-même parvenait à peine à d(' 
niiM d ohshiiéM eontradicteurs. A côté de ces grandes écoles, les 
ni4|ne?i flaljiirnt le scandale de leur extravagant rigorisme , tandis^ 
h^ (liseipleM d'Arislippe, fort peu épris de l'austérité, s'abandc 
liaient niolloment ù la vie avec les sens pour guide et le plaisir 

htiu.s.*toli*. 

\ t|iii Nd lier? où se prendre dans cette universelle variété? 
h'onver la HaKeMNft? dans Tafflrmation ? dans la négation? dans 
aulie pHi'li Y (le troisième parti, Pyrrhon a Thonneur de l'avoir coi 
heaiietiiip de bons esprits avaient douté avant Pyrrhon ; mais 
loiitio avant lui n'avait élevé le doute au rang d'une méthode. 
Hltiiio des philosophes est moins dans les idées qu'ils prennent 
diapeaii, que dans l'emploi qu'ils en savent faire. Pyrrhon conçut 
pieiitier l'idiV du doute régulier et systématique ; et si la force lui mr 
qiia pour l'iirganiser fortement, il sut, du moins, l'exprimer avec 
iielUMe Miipérieure. 

Hiiivant Pyrrhon , aussitôt que la raison entreprend de percer 



nt>sl(Nres qui l'environnent , elle s'em 
(Hihtradieloires où 11 lui est égalema 
(huent qu'il y a une vérité absolue 
llqueM proprement dits } les autres 
leNquels sont encore des dogmatiq 
doux nnrtis donne ses raisons , et < 

Iireniiere alternative? on y trouve la 
a Neeonde ? même lutte • même co. 
absurde et de plus co' d qi 

olle-niême avec tout ^^i 

leM deux alternativefi fli 





entre deux alteroalii 
lie de se fixer, 
philosopl 
sont leAi 
Natifs, 
lent. • 
UcUc 

•y 



PYRRHON. 
de iMicf ëMi. Om Cure ? Pynboo répoad : S'abitaiir» 

4ira-i-oo , il ctl impoMilile àr * aUtenir eo iMle» chotcs. 
Qw^ertel Ml le coinbl«* de 1 eilfa%â|KaBce ; car «il dcHle de 
I aftMt refule ; fl * il »'afliniK • \oiU le doulcar qui, malgré 
l«>ule ploa et m condamne à I alBrmaUoa , c efti-â-dire à la 

lluO. 

nrr aian • c>tl • Ml«>n doqs « ne pat entendre Vi^xxi pyr« 
p. lli>ù \irDt (flU" •«:;/ f dfft cootradictifinft de la raiM>n , 
u» «.•;•••. Mdift ••(! M* reiironlrr rrtir t.?. lit;;? ebt-elle uoi- 
tYrlainenient n«in : rlk* %*%{ loul riilH*rr dan» le domaine det 
i^urfï • i )f «s . r «»l-a-dirr drt r>M-ni-rs , dr» ia|i(ioi1» ri dea 
b!e^ d«'» Hrr%. Ma» quant aui purr^^ intprr»Mon» de fili- 
aux fait» interne» , rllr n ) |M^iirlrr |»js. En un mot , lî'd 
1% d'appliquer a une rrolf de I antiquité une terni inolofcie 
lerne , le doute p\ rrhonien rs| tnut entier dani la i>ph^re de 
; il n'atteint pas la re^iun de la conscience et de la aubjeo- 

soit l.i la doctrine a%ou^ d«* I école pyrrhonienne, c'esl ce qui 
idrmmenl de \inf:l |>a!ksa^'e>d«'risifHdrN-\tusKnipirirus,ron- 
inenkcnt par Ih)»i:rnel^i'rri* Sextus, l/v/^ifvf». /'yrrA., Iib. i, 
I; ÀdrenuM Maihtm. . p lk:i, e«lil. Henri Kstienne. — llio- 
rce , liv. IX , p. 2fii. e«lil. MeiiAfse . Kt m l'on doutait que 
trine fût drja dans l*\rrlion • %(»u'i un leinoipnu^e qui tran« 
1 queslinn. Pvrrlmn admettait positivement un critérium ; 
im , (****st 1 upp.ir«*nre, r-. •,«•-.>*■•-* Ilio^eène Lai'rce , liv. ii, 
. Or. que sifrnilie re crileriuin de >Mlé dam la doctrine 

par exreilenre ? est-ce un critérium abM»lu au sens où un 
te eût pu ludmeltre .' il est trop clair que non. Il s'afiil 

un «Titcriurn pumnenl subjcrtif. Pyrrhon doute absolument 
» qui dépasse la conscience ; mais coin me 1'} rrhon n'est pas 
te 9 il ne doute pas de son doute , il ne doute pas de la 
e. 

it est capital ; ne craignons pas d'y insister encore. Les sens 
e la nature est pleine ds vie et de mouvement ; Parm^nide 

que le mouvement et la vie sont impossibles : voilà l'anli'* 
pias et Protapiras le résolvent en disant, l'un : ■ Il n'est paa 
y ait du mouvement ; il n'est pas vrai , non plua , que le moo- 
D\\ impossible , car rien n'est vrai. ■ L'autre : ■ Il est vrai 
du mouvement ; il est également vrai qu'il n'y en a paa, ear 
vrai. » Pyrrhon , témoin de ce conQil , en prend acte , el 
; simplement , v^iv cat^n. 

lie pas , il ne donte pas que le mouvement n*apparaisse aux 
let un fait. H ne ide pas , il ne doute pas que la démonstra- 

Enénide ne semble inétatable à Tentendemenl : c*e8t un autre 
îe pas , enfin , il ne doute pas que les solutions de Prota- 
tf^f^.a n .lient l'air d'Atre contradictoires : c'est encore un 
"^e , un fait qui est au-dessus de la négation 
'nanty y a-t-il du mouvement, absolument 
i-i-il paa î il en doale. Le monvemenl 



296 PYRRHON. 

est-il toot ensemble et n*est-il pas ? il en donte encore. Et méI 
Pyirhon évite la contradiction : car que le mie] paraisse tantôt ta 
et tantôt amer, il n*y a là que deux apparences successives; ilft*j 
pas de contradiction. La contradiction commence quand onveotp 
noncer absolument sur la douceur ou Tamertume du miel; et là, i 
vant Pyrrhon , elle est , ou du moins elle paraît inévitable. 

Qn on le remarque bien. Pyrrhon ne dédoit pas Tiitaxt. de 11 
possibilité absolue de nier ou d'af6rmer, comme on déduit une coi 
quence de ses prémisses. Il ne lui attribue pas une valeur absolv 
objective. Ce seraient là deux contradictions y puisqu'il n'admet ni 
légitimité du raisonnement, ni l'existence absolue de quoi que ce po 
être. Pyrrhon exprime un fait , et rien de plus ; une simple ap 
rcncc y et non pas une déduction logique ; et Pyrrhon n'admet pa 
réalité absolue de cette apparence , il la donne comme subjective ei 
1 affirme qu'en tant que subjective. En elle-même et absoloa 
parlant y est-elle quelque chose ? Pyrrhon ne le nie pas, mais il 
l'affirme pas ; il n'en sait rien. Tel est le vrai caractère, telle est l'es 
portée de ViT,K.yr, pyrrhonienne, si généralement mal comprise. 

Cette iircyr< lî'est pas seulement une règle spéculative , c'est ew 
un principe' pratique. En eiïet, l'jrcx^» ^° préservant de la codI 
diction , donne à l'âme la paix et la sérénité, à^radeta, àTapaikC 
qui cherche à des problèmes insolubles une solution dogmatiqae,! 
tive ou négative y se tourmente de sa chimère. Le douteur, le 
pyrrhonien , est au-dessus des orages ; il n'est pas insensible à lie 
leur et au plaisir, mais il les subit avec calme , parce qu'où son es 
doute son cœur est indifférent. 

En deux mots, Pyrrhon part des antinomies de la raison spéc 
tive , (xvTiecai; Tûv xo^uv, ct il arrive, en les constatant, à W^tèh i&à 
L'cù^fv uàx>xv, dans la science, c'est le doute , j?;cxt. ; dans la vie, 
l'indifférence , àràeeia. 

Est-il possible maintenant de confondre celte doctrine avec cel1( 
sophistes ? Et, d'abord, qu'y a-t-il de commun entre ces rhéteoR 
criés et sans foi , qui faisaient de la philosophie un vil traGc, et l'ho 
grave et sérieux j le sage respecté qu'Elis porta à la dignité de g 
prêtre, qu'Athènes voulut adopter parmi ses enfants? Lesdocl 
ne se ressemblent pas plus que les caractères. Certes, s'il est oi 
phiste habile et qu'on puisse être tenté de rapprocher de Pyrr 
c'est Protagoras. Tous deux admettent l'apparence pour crite 
de la science et de la vie. Mais si l'analogie est dans les mots , co 
la différence est dans les choses , y a-t-il rien au monde de plus 
traire à la réforme pyrrhonienne que cette tranchante et hautaine 
mule où Protagoras est tout entier : a L'homme est la mesure de t 
choses ! » Les sceptiques, loin d'adopter cette maxime , la repou 
de toutes leurs forces (Sextus Empiricus, Hyfotyp. Pyrrh., liv. i, c 
Ajoutez que les livres de Protagoras étaient pleins d'affirmations doj 
tiques comme celles-ci : Les apparences contradictoires ont leur r 
commune dans la fluidité de la matière , uXn ^mani. La matière t 
écoulement perpétuel de phén '^ * ellr ' " ^éa im i 
rences nouvelles aux apparu 
On dira que ce système coi 



PTTHAGORE. «T 

«ola est le dofrmatuaie en d-lire , il n'nt toojoon pan k» 
f. 

ra-t-no , enfin , qoe let Mi-histe^ nuif nt leurs propres n^- 
pt , par cooieqoent , n affirnuiient pas plus que 1rs pyrrbo- 
e Meirodore de llhio , par eiemplr , »oulenai