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Full text of "Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes .."

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17 

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K.lilBL. RADCI. . 



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DICTIONNAIRE 



DES 



^ SCIENCES NATUREIXES. 



TOME Lir. 



TH-TORTR. 






Le nombre d'exemplaires prescrit par ta loi a été dé- 
posé» Tous les exemplaires sont rei^étus de la signature 
de Féditeur, 




DICTIONNAIRE 



DES 



SCIENCES NATURELLES, 



DANS LEQUEL 

ON TEAITE METHODIQUEMENT DES DIFF^IENS ÂTIES DE LA NATUIB, 

coNsiDé&és son en eux-mêmes, d'apebs lètat actuel de 

NOS CGNNOISSANCES , SOIT lELATIVEMENT A L^UTILIT^ gU*EN 
PEUVENT EETIEEA LA MEDECINE, L^GEICULTUEE , LE COMMEECB 
ET LES A&TS. 

SUIVI D'UNE BIOGRAPHIE DES PLUS CÉLÈBRES 

NATURALISTES. 

Oayrage destiné aax mëdecins, aax tgricnlteiin, tox commerçant» 
aux artistes, aux manufactariers, et à tons ceux qui ont intcr^ 
à connottrelesprodactionsde la nature, leurs caractères génériqaefl 
et spécifiques, leur lieu natal, leurs propriétés et leurs usages. 

PAK 

Haàears Professeurs du Jardin du Roi , et des priDcipales 

Ecoles de Paris. 

TOME CINQUANTE QUATRIÈME. 




F. G. Levbault, Éditeur, à STRASBOURG, 

et rue de la Harpe, N.** 81, à PARIS. 
Le Normant, rue de Seine, N.° 8, à PARIS. 

1829. 



litt€ des Auteurs par ordre de Mktières. 



pj^sii/me générale. 
profMMi 



^'f^ttt «I pr»''»»»'»' •" Collège de 
Chimie. 



«I CUEVREUL , membre de rAcadëmie det 
\,Umc9t, profetsear au Collège rojal de 
t;h«rltiiugne. (Ci.) ^ 

Minéralogie et Géologie. 

BL AusAiro. BR0NGN1AB.T, membre de 
l'Acedëmie rojale des Sciences , professeur 
de Minéralogie au Jardin dn Soi. (B.) 

If. BROCHANT DE VILLIERS , membre 
de TAcadémie de< Sciences. ( B. db V. ) 

If, DEFRANCE, membre de plusieurs 
5o«iét<s savantes. (D. F.) 

Botanique* 

M. DESFONTAINES, membre de rAeadéwie 
des Sciences. ( Ussr.) 

M. DE JUSSIEU, membre de rAcadémie des 
Scieoces, professearan Jardin dn Roi. (J.) 

M. MIRBEL , membre de TAcadémie des 
Sciences , professenr à In Faculté des 
Sciences. (B. M.) 

M. HENRI CASSINI , assooié libre de rAca- 
démie det sciences , membre étranger de la 
Société Linnéenne de Londres. (H. Gass.) 

M. LEMAN , membre de U Société pbiloma- 
tiqne de Psris. (Lbh.) 

M. LOISELEUR DESLONGCHAMPS, 
Docteur en médecine , membre de plusieurs 
Sociétés savantes. (L. D.) 

M. MASSEY. (Mass.) 

M, POlRETj membre de plusieurs Sociétés 
savantes et littéraires , continuateur de 
rEncjclopédie botanique. (Pôia.) 

M. DE TUSSAG, membre de plusieurs 
Sociétés savantes, auteur de la Flore des 
Antilles. (Ds T.; 



Zoologie générale, jinatomle ei 

Physiologie. 

M. G. CUVIER, membre et secréuire pef' 
péiuel de TAcadémie des Sciences, prcr. au 
Jardin du Roi, etc. (G. C. on GV. ou C.) 

M. FLÔURENS. (F.) 

Mammifères. 

M. GEOFFROY SAINT-HILAIRE , membre 
de ^Académie des Sciences^ prof, au Jardin 
du Roi. (G.) 

Oiseaux. 

M. DUMONT Dl 8.*> CROIX, membre de 
plusieurs Sociétés savantes. (Ci. D.) 

Reptiles et Poissons. 

M. DE LACÉPÈDE, membre de l'Académie 
des Sciences, prof, an Jardin du Roi. (L. L.) 

M. DUMÉRIL, membre de rAcadémie des 
Sciences, professenr au jardin du Roi et k 
l'Kcole de médecine. (G. D.) 

M. GLOQUET, Docteur en médecine. (H. G.) 

Insectes. 

M. DUM^L, membre de TAcsdèmie des 
Sciences , professeur an jardin du Roi et à 
l'Ecole de médecine. (G. D.) 

Crustacés. 

M. W. E. LEACH, membre de la Société roy. 
de Londres, Correspond, du Muséum d'his» 
toire naturelle de France. ( W. £. L. ) 

M. A. G. DESMAREST, membre titulaire 
de rAcadémie royale de médecine , profes- 
seur à Técple royale vétérinaire d'Alfort , 
membre correspondant de Tacadémie des 
Sciences, etc. 

Mollusques, Vers et Zoophjrtes. 

M. DE BLAINVILLE , membre de PAcsdémie 
des Sciences, professeur à la Faculté des 
Sciences. (Da B.) 



M. TURPIN, naturaliste, est cbargé d« 
l'evécution des dessins et de la direction de 
la gravure 



MM. DE HUMBOLDT et RAMOND donneront quelques arUeles sur les objets nouveaux 
qu'ils ont observés dans leurs voyages, on sur les sujeU dont ils se son^t plus particuliè- 
rement occupés. M. DE GANDOLLE nous a fait la même promesse. 

M. PRÉVÔT a donné l'article Océan; M. VALENGIENNES plusieurs articles d'Orni- 
thologie ; M. DESPORTES l'article Pigeon domestique , et M. LESSON l'artide Pluvii^, 

M. F. CUVIER, membre de Tacadémie des Sciences, est cba»gé delà direction géné- 
rale de l'ouvmge, et il coopérera aux arUcles çëaéraux de zoologie et à l'histoire dee 
mammifères. ( F. G. ) 



THE 



TABLEAUX 

DES CORPS ORGANISÉS FOSSILES , 

RAPPORTÉS ADX CLASSES , OBDBES ET GROUPES D£ TERRAINS AUX- 
QUELS ILS SONT PROPRES. 



Avertissement sur ces tableaux. 

Nous ne possédons pas encore les moyens de dresser des 
listes des seuls corps organisés fossiles qui peuvent servir à 
caractériser les divers groupes de terrains; il faut donc don- 
ner des listes beaucoup plus nombreuses que celles qu*on 
pourra faire dans la suite; i*aurois dû m^*me n*omettre au- 
cune espèce: car, quelque voisine qu*une espèce paroisse 
d'une autre, nous ne savons pas encore si ces li^gères diffé- 
rences spécifiques ne suffisent pas dans beaucoup de eus )>our 
caractériser des terrains assez différens d'ailleurs. C'est pro- 
bablement par ces listes et par les moyens qu'elles offrent , 
qu'on parviendra à distinguer partout les terrains protéiques 
des terrains tritoniens : c'est au moyen de listes aussi com- 
plètes qu'il sera possible de les faire, qu'on pourra arriver à 
obtenir des caractères tirés de rapports numériques au défaut 
de caractères absolus; mais si j'avois voulu rendre ces ï\%it% 
complètes, il en seroit résulté un volume uniquement com- 
posé de noms et un dédale à ne pas s'y rtconnoitrc : c'eût été 
un travail immense et hors de proportion avec l'étendue de 
celui auquel il doit être annexé. 

Il reste d'ailleurs encore un grand nombre de notions à ac- 
quérir sur les causes qui ont pu faire varier les corps orga- 
nisés et sur la valeur de ces variations. Si la température et 
le climat, l'abondance ou la disette des alimens et leur na- 
ture ont eu une grande influence sur les genres et les espèces 
d'animaux et de végétaux qui ont pu habiter et peupler une 
54. a 



ij THE 

contrée, on sent que ces différences peuvent s'être présentées 
sous la même latitude et dans la même contrée, suivant Félé- 
vation, la position et même la nature du sol de cette contrée. 
Alors les différences des débris organiques fossiles ne résulte- 
ront pas des périodes géologiques pendant lesquelles ont vécu 
les êtres organisés dont ils proviennent, mais seulement de 
leur position géographique et physique. 

Cependant , au défaut de ces moyens efficaces , il faut 
essayer d'obtenir quelques résultats- utiles de la connoissance 
et de la comparaison des êtres organisés dont les restes sont 
enfouis dans les différentes couches de Técorce du globe. 

Or, pour fixer les idées sur ce que ces listes peuvent 
présenter de comparable et de caractéristique, j'ai marqué 
de différens signes les débris organiques compris dans ces ta- 
bleaux, suivant qu'ils m'ont paru caractériser avec plus ou 
moins de silireté les terrains auxquels on les rapporte. Ainsi : 

Le point d'exclamation (!) indique que je regarde le genre 
ou l'espèce dti corps fossile dont il précède le nom comme 
caractérisant assez bien, et d'une manière presque absolue, 
le terrain dans lequel on l'indique. 

L'astérisque simple (*) ou double (*"") indique que le genre 
Qu l'espèce de ce corps fossile paroit pouvoir entrer dans la 
liste à dresser de l'ensemble des corps organisés fossiles ca- 
ractéristiques. 

Le point d'interrogation (p) fait connoftre qu'il y a du 
doute que le corps appartienne réellement au terrain auquel 
on le rapporte, ou qu'il soit exactement de la même espèce 
que celui qu'on indique sous le même nom dans un autre ter- 
rain. 

Les espèces qui ne sont précédées d'aucun de ces signes , 
sont celles sur lesquelles il n'y a encore aucune considéra- 
tion à faire. 

Les signes particuliers à certaines listes seront expliqués en 
tête de ces listes. 

Les noms des corps organisés fossiles sans citation des au- 
teurs qui les ont décrits ou nommés n'ayant ni authenticité 
ni autorité , nous citerons toujours les naturalistes dont les 
ouvrages nous ont fourni ces exemples par les abrévations 
suivaiiies : 





THE 


B. 


= de Basferot. 


Bl. 


= de Blainvillf. 


Blum. 


= Bluuieiibach. 


BOJAN. 


= Rojanus. 


Bobs. 


=^ Bor5.on. 


Brd. 


= Brard. 


Brocc. 


= Brocchi. 


Al.Br. 


= Alexandre BrongniarL 


Ad.Br. 


= Adolphe Brongniarf. 


Bronn. 


= H. Bronn. 


Bock. 


= Buckland. 


Cuv. 


= Cuvicr. 


Dalm. 


= Dalman. 


FéR. 


= de Fërusar. 


Defr. 


= Defrance. 


Desh. 


= Deshayes. 


Gold. 


= Goldfuss. 


Lax* 


= de I«amarck. 


Lamx. 


= Lamouroux. 


G. Mant 


.= Gidéon MantcU. 


M. DE S. 


, = Marcel de Serres. 


MONTF. 


= Denys de Montfort 


MUNST. 


= C.'* Munster. 


NiLS. 


= Nilson. 


Park. 


= Parkinson. 


Prév. 


= Constant Prévost. 


Raf. 


= Rafinesque-Schmallz, 


Sow. 


= Sovverby. 


SÇHL. 


= de Schlotheim. 


Wahl. 


= Wahlenberg. 



"I 



Tableau N.° I. 



THE 



Corps organhés enfouis dans les groupes PHTTQGÊNES et 
UUMONEUX des terrains ALLUVIENS* 



Explication des ABsiviATioirs. 



Lim. = Limoneux. 

Sabl. = Sable ou sableux. 



I Tourb. = Pbjtogène tourbeux. 



NOMS 

DES CORPS ORGANISÉS. 


Spécifie, de 
qnelq. terr. 


EXEMPLES DE LIEUX 
ET observations. 


Anthropoïdes. 








^cttAtnonQ linmAin^. ..... 




lim. 

lim. nbl.. 

lim 


Guadelonpe. CsTene des mort* , prêt Dnr- 
fort , Gard. Kôstriti. 

Sur ton! le globe. Lee pins ancien* ver- 
tiges de rctpèce bnmaine. 

Cdteaa d*Écome-B«Biif , près Périguenx. 
Géorgie. 


Instmmens en silex , 

nmtrx îadn trannîtâ. . • 


jaspes , 


Casse- tête. 

Haches. 

Armures de flèche, 

Voteries CTOSsîères ..... 


elc 


MAMMirâRES. 








Cheval 




tonrb. 
lourb. . ,,. 
tourb. .... 

tonrb 

lim. tonrb. 

tonrb 

tourb 

tonrb. lim. 
tonrb 




wriPi* i st€ jK/*rnfii\ • •••..««•.••. 


Scenie. 


H onnA Ha SSranÎA. ••.•••.•...•« 


Scanie. 


^lan 


Scanir. 


CtkTf cnnunun ..•••••••••••••■ 


Scanie et partout. 
Département de la Somme. 
Scanie. 


difivrânil ••••••••••••••••••• 


A nrnrliii . , , .,, 


!Bflmffl 


Vallée du Rhin , etc. 


Castor 


Département de la Somme , etc. 


ICHTHTOLITE. 








dlun^a snTHÉiÂS . Bl» • . . * 




llIDa* • a * > . 


Rivages d'Islande. 

Atterrissement du Rh6ne à 60 mètres au< 


Mollusques. 

Wplîr <)îvAT<. - 


lim 

lim 

lim 


Cvclostomct . , M m • • ••••••• 


dessus de son niveau actuel. 


Cardium edu/e 


1 AbbevUle. 



THE Tahiao n.* n. I 

Corps organisés fouiles des groupes UMONEVX et DÉTRI* 
TIÇURS des terrains CLTSMIENS. 



EXPL. DSt ABRÎTUTIOKt. 



Lim. = Limoneux. 
Détr. = Dëtnti<|uet. 



Dëir. Tolc. = D^tritiqnei Tolcaniqnct* 
Cr. coq. = Gravier coquillier. 



NOMS 
DES CORPS onoAjtHis. 



Mamuifùjkks. 

• *Ehphas prifnigenius t Blch., C«t. 

• * Mattodon maximus , Ccr 

— angiaiidens , Cor. .... 



— jindium^ Cor. 



— Humboldtii , Crr 

— ~ mifiuius , Cw 

— tapiroiiies , C» v 

■ Mippopotamus majora Cov. 

— minuiua , Cor. , . , 

^* 'Ktàioctros iivhorhiniu y Cov. . . . 

— > leptorhinus , C«v. . . . 

— inciswua , Cot 

— viinuius , Ci'v 

Qieval foss. , Sg 0damiftcus fScut. 

*I^pir 

Tapir gigantesque. • . . • 



^per arvertensis , CaoïUT 

Daim gî^otesqne , Cor. ...;... 

Kenne d'Élanipes , Cot 

•Cerfs 

Cerf à bots gigantesques , Cov. ; 
Ceryus megaceros , Hast 



Bonifs 

Aurochs fossile , Cvr. ; Bos urus 

MerieotTierium nbiricum, BojAib. 



!*pëcific. Am 
quelq. lerr. 



lîm* mtr. . 
détr. vole, 
dtftr. lia., 
lin 



•••«•• 



lim, 

• • • 

lim 



• • • • • 



détr 

dëir. lim.. 
détr. voir. 



détr. voir.. 



lim 

détr. Tolc. 

lim. aripl.. 

détr. vole, 
lim.» a • • . • 
Itm. ..... 



EXEMPLi:S DE LIEUX 
rr cBtnvATioKt. 



Par toat raBcica coatiaeat. 

Anvorgae, Péricn. 

ÂMér. «cpieatr. Aavcrgne. 

Amériqac MpteatrioaaU , pr««cipal««i«Bl. 

Améri^e mérid.: l'éroa. Earope : Sî- 

uorre ; Das ; vsl d^Arao ; Asti. 
Amer, mérid. : Cordillèrea ; Saaia-Fé-d«- 

Bogola. 
Amer, mérid. 
Earope. 
Europe. 

Val d^Arao taper. Waltoa es Eaaes. 
Landes d« Bordeaas. 
Europe, partout y prinripalem. cm Sibérie. 

O&ford. CanstaJt , eic. 
Ibid. 

Allcmagiie : Appelabaim. 
Moistar. 

Partout. Auvergne. 
Auvergne. 
Allan en Commiugef. Vienne •• Dan- 

phiné. Chevillj. Avaray. Arbickaad, 

prêt d*Ancb , etc. 
Anvergne. 
Abbeville. 

Breugne , département dn Loi. 
Anvergne. 

Principalement « Toecideat de TEurope. 

Irlande. Eatex. Silétie. Borda da Rbin. 

Sevran , prêt Parit , etc. 
Auvergne. 

Sibérie occident, et orienL Allem. : Prntte. 

lulie. Scaaie. Amer. 
Sibérie? 



2 Taw. NVU. 



THE 



NOMS 

DES COBP8 ORGAiriSÉS. 

Feà's divers 

''Hyène fossile , Guy 

Canis 

Chien gigantesque fossile, Cor.. . 

Renard des cavernes 

Ursu* (en général) 

Ursus cultridens , .Clt.. « . 

Trogontherium Cuvieri ^ Fiscs k&. 

Porc -épie fossile, Ctv 

Castor ^ . * , 

! *Megalomx 

! *MegfUherium , Ctnr 

Pangolin giganteiqae, Ciiv. 

Beptilsi. 

Crocodile de Castelnandary, Cot. 

— de Brentfort , Co?. . . . 
Trionyx d*A varay , Cov 

Mollusques et Zoophttes. 

Natica ? Uttoralis 

Turho rugosus , Liif.i 

~- Jktoreiis , Lihn 

Murex 

— corneus , Lirm 

Buecinum imdatitni , Lmii 

Strombus pespelecani , Lihh 

Jiassa reticulaia , Lam 

FusiiS 

Patella 

T*lUna triangularis , Liaii. . . . , . 

Venus exolet i , Linn 

Ostrea edulis , Link 

Pectunculus pulvînanis , Linx. . . , 
Pecten ùlandicus , Limh 

Mjtilus edulis , LiMjr. , var 

Cardium edule^ Lmn 

— rtuticitm , Liair. , 

Mya arenaria , Limi 

— iruncata , Liwh 

Pholas cris pat a , Lmii 

Balanus miser ? LiM 

— tintinnabulum ? L*x. . . 
— ■ -siUcatus f Lam , . 



Sptfcific.de 
qaelq. terr. 

dëtr. vole, 
lim. ..... 

dtftr. Tolc.. 

lim 

lim 

àélx. vole. 

lim 

lin 

lim 

dëtr. ToIc. 

liÉi 

lim 

lis 

lim. «abl. 

lim. 

Mbl 

gr. coq. , 
P". coq. . 

gr. coq. , 
gr. Coq. . 
gr. coq. . 
gr. coq. . 

coq... 

coq, . 

coq. . 

coq. . 
gr. coq. . 
gr. coq. . 
gr. coq. . 
gr, coq, . 
gr. coq... 
gr. coq. . 
gr. coq, , 

gr. coq. . . 

gr. coq. . . 

gr. coq. . . 

gr. coq. . . 

gr. coq. . . 

gr. coq. . . 

gr. coq. . . 

gr. coq.. . . 



V- 
P- 



EXEMPLES DE LIEUX 
ET OBSERVATIONS. 



Auvergne. 

Cantudi. Fouveni, près Gray. AoTergoe. 

Auvergne. 

Avaray , près Beangencj. 

Val d'Amo. 

AuTcrgne. 

Auvergne. 

Bord de la mer d^Asof près Taganrock. 

Val d'Arno. 

Auvergne. 

Green -Briari ouest de Virginie. 

Laxan , env. de Bnëno* - Ayres , BrëiùL 

Envir. d^Alzey, liesse rhënane. 



Avaray. 

Saint-Michel en nierm. 

Nice. ( Qaoiqne aliërë, il ne diffère pas. 
de Tespèce vivante.) 

Sainl-Mjchel. 

Sainl-Mirhel,^ 

Uddevalla en Suéde., 

Cdde\alla, 

Nice. 

Saint-Michel. 

Stromsiadt en Norwëge. 

Nice. 

Uddevalla. 

Stromstadt. Uddevalla. 

2Jaint-Michel. Stromstadt. 

Nice. 

Uddevalla. 

Stromstadt. 

Uddevalla. (Variëtë on espèce non dëcriie, 
mait parfaitement semblable à celle qui 
vit dans le golfe de Christiania. ) 

Nice. 

Nice. 

UddevalU. 

Ud<ievalU. 

Uadevalla. 

Uddevalla. 

Uddevalla. 

Uddevallw. 



THE 



Tauïau N.MIî. I 



Corps organisés fossiles du groupe CL ASTIQUE 
des terrains €X.T$]III£K$. 



EXPL. DBS AIKIVIATIOSt. 

CaT. = Cavertte* à OMement. i Br. fcrr. = Brèches ferrugineoset. 
Br. o.= Brèrhci <M«euie«. i 



NOMS 

D£i CORPS ORGAllISiS. 



MAMXirilBIS. 

Eîephéis prtntigemus f Bum. . . . 

Hippopotamus « . 

Rhinocéros tichormut , Cor. . . . 

J^alœotheriufn 

Chceropotamus 

Chernl Tosaile 

?crc fossile 

*Cerf de Gibraltar, Cor 

— de Ni"ce , . 

— de Fisc 

**Aii6itvpe de lîice 

Boraf foaile , Bocku 

Ouinean foss.? M. •* S 

Jtfcnton fossile , M. ne S 

*Felû speïœa ^ Cot., Coldp. . . . 

— amiqua , Cbt. , Golbp. . . 
Graad felis des brèches , C«rr. . 
Petit felis des brèches , Cmr. . . . 

! * Hyène fossile 

Putois fossile 

Belette fossile 

Glouton 

Loup fossile 

Kenard fossile 

\* Ursus speUeus ^ on à front 

bombé, Cov 

Vrsus arctoideus 

— prise us . • 

Campagnol fossile moyen . . . . 



Spécifie, àt 
qoelq. terr. 



ca« 

cav. et br. f. 

br. o... . . . 

br. o 

cav 

cav 

hr o.. . . . . 

br. o 

br. o 

br. • 

cav 

cav 

CvVa • • ■ • • 

car 

cav 

br. o 

br. o 

cav 



cav 

cav 

cav 

cav « . 

br* o 

cav. et br. f. 

cav 

cav 

br. 



EXEMPLES DE UECX 

LT OBSSAVATIOHS. 



Rirbdale. Hntlne , Cellian de Mcttdip. 

Mnggredert Feevcat prte Gray. 
KirluUle. 
Drceaa, prêt Callew , es Drrbyib. Omlea, 

près PljBooib. Rirhdale. La Han. 
VillKramrba - l^nrajpiais. ( M. et S.) 
Viltrfraacbe-Lanragaait. (.M. et S.) 
Rirkdale. Foavcot, près Gny. Gibnilsr. 
Mrndip. 

Gibraltar. Cette. Avtibes. 
Itic*". 
Pite. 
Nice. 

Rirkdale , etc. Rôttrits. Gibraltar. (Rocn) 
MoBipellier. Villefrancbe-Laeragnsia. 
VilIrfrancbe-I^araKoais. 
ScbwartifeU. MaggeBdorf. 
Scbwarufels.* Miig|eiidoit 
Nice. 
Nice. 
Rirkdale. Maggenderf. llarc Foaveatfprès 

G/ay. Sandwicb. Weitpbalie. Kôatriti ^ 

près Leiptic, etc. 
Gaylenreetb. 
Rirkdale. 
Gayleoreutb. 
Rirkdale. Gajlenreatb. 
Sardaigne. 

Dans precque tontes les caverars à •»••- 
mens et dans les brècliet ferragine«scs* 
Camiole. Alb de Wurt., etc. 

I Corse. Sardaigne. , cl eav, Rirkdale. 



) 



a Tabl. N." m. 



THE 



NOMS 
DES CORPS OBOAHIS^. 



Campagnol fossile petit. Cor. . . 

Rat fossile . Cuv 

^Lagomjs (deux espèces) , Cmr. . 

lièvre fossile, Cor 

Lapin fossile , Cmr. 



Oiseaux. 
Ornitholithes 



Reptiles. 



Lézard 



Mollusques. 
'*H«Ux en général 



— alfira 

— htpidda 

— vermiculata 

— nentoidea 

Cyelostoma êlegans , Lam 

Pupa 

Bulimus 

Nerùiaa • 



Sp^fic. de 
qnelq. terr. 



cav. . 
cav. . 
br. o. 
car. . 
br. o. 



car. 



br. o. 



br. o. , car. 



br. o. 



br. 



br. o. 



br. 



br.o. 
br. o. 



br. o. 
br. o. 



EXEMPLES DE L1ECX 
ET OBSERVATIOS8. 



Kirkdale. 

Kirkdale. Gibraltar. 

Conc. Sardaigoe. 

Rirlidale. 

Gibraltar. Cette. Piae. 



Kirlidale, hr, o. Gibralur. (Bvcxu) 

SarâaigBc. 

Gibraltar, Corae. Cette. Vfllefraiicbe-Lau- 

raguais. 
Nice. 
Nice. 
Nice. 
Pise. 

Nice. Pite. 

Cette. Nice. Villefranebe-LauTaguais. 
Villefranrhe-Laaragiuis. 
Villcfrancbe- Lauragaais. 



THE T1BLMUN.*1V. 1 

Obserçaiions sur tes corps organisés fossiles des TERRAINS 
UiCUSTRES, compris dans les tableaux N."*' i et 6, 

11 est très^pré^mnable qu'il j a eu , Hant le« terrains tlialactiquet a« 
moins, deux formationt lacustres distinctes, c'est-à-dire que les eaux 
douces qui couTroiciit plusieurs parliez de la terre à l'époque de I4 
formation du silex mculicrc des plateaux supérieurs du bassin de Paris» 
nourri«:soicnt dans leur sein rt sur leurs bords des végétaux et des ani- 
maux dilTôrens de ceux que nourrissoient les caui douces qui couvroient 
plusieurs parties de la terre à l'époqne de la formation des terrain* 
lacustres et du g^psc italacotlicricnt. 11 est probable que ce» deux pé* 
riodes ont êté&cparces par des temps asscx Iong« et par des pbénomèiies 
géolrgiqucs assez remarquables pour que plusieurs des espèces orgaai- 
ques des terrains lacustns palxolbériens aient été détruites, et, ce qui 
est plus singulier, pour que plusieurs espèces des terrains épiljmniquet 
aient été produites. Cette différence est diflicile à saisir dans les can- 
tons assez nombreux où les deux terrains se touchent, et dans ceux non 
moins nombreux où l'un des deux n'existe pas : premièrement, parc* 
qu'il peut y aToir beaucoup d'espèces communes aux deux terrains, ou 
du moins qui ne présentent dans leurs parties solides aucune différence 
appréciable, car on sait combien il est diflieile de distinguer les espèces 
daos les coquilles lacustres et fluviatiles qui oifrent si peu de caractères 
trsncbcs ; secondement, parce que le nomhre des espèces caractéristiques 
de c\iaque terrain e<t peu con&idérablc ; troisièmement enfin, parce 
que le noiiibic et les esp^èces ne sont pas encore parfaitement dcler- 
Jiiiocs. 

Cependant, comme je viens de l'énoncer, il est très-présnmable qu'il j 
a des différences et qu'elles sont même assez nombreuses pour qu'on puisse 
un jour distinguer partout dans chaque canton les terrains épiljmniques 
des palaeothériens. Ce qui me fait soutenir cette opinion, c'est que dans 
«n canton on, à l'aide d'un terrain marin intermédiaire, on peut, sinon 
facilement au moins sûrement, distinguer ces deux terrains, on peut aussi 
trouver des diflérenees coolugiques, et par conséquent les employer avec 
sûreté pour reconnqttre chaque terrain, lorsqu'il se présente isolé. Ainsi, 
eu se bornant aux coquilles, on trouve dan» le terrain paleothérien le 
cjclosivma mumia , le Ijrmneus longiscatus , le pianorhis tens , etc., qu'on 
ne retrouve plus dans le terrain épiljmuique, tandis qu'on rencontie 
dans cclui-c4 des potamides, le planorlis cornu, le Ijmneus veutricosus ^ 
des pupa , qu'on n'a pas encore cités dans le terrain palxothérien. Mais 
c'est au bassin de Paris, dont les espèces ont été étudiées, décrites et figu- 
rées avec soin , c'est à celui de l'île de Wight et à quelques autres cantons 
très-peu nombreux que se bornent ces nioj'ens de reconnoissance. C'est 
donc pour ces bassins qu'on doit établir avec soin l'énumération des es- 
pèces propres à chaque formation lacustre, l'our cela il faut réduira 



3 TlBl. ÏV. 



THE 



considérablement le nombre des espèces Îl ciler; car à quoi serriroît 
une longue ënuniération dbs noms donnes par les géologues qui ont 
décrit des terrains d'eau douce, quand ce| noms ne sont point l'ex- 
pression d'espèces rigoureusement déterminées et comparées arec celles 
qui Tout déjà été, lorsque leur description insaisissable, quelque longue 
qu'elle soit, n'est accompagnée d'ajicune figure faite avec la pureté et 
la précision de contours qu'exigent des êtres dont les différences si lé- 
gères ne dépendent souvent que de ces contours ou de quelques pro- 
portions dans les parties. 

Tels sont les obstacles qui s'opposent h la distinction facile et sûre 
des deux formations des terrains d'eau douce dans le plus grand nom- 
bre des lieux où l'on a observé de ces terrains } aussi règne-t-il la -plus 
grande incertitude dans le choix de ces lieux, quand on veut les ap- 
pliquer comme exemple à l'une ou à l'autre des formations lacustres : 
tels sont les motifs pour lesquels les listes que je rais donner, paroi- 
tront si courtes et si incomplètes. Je ne placerai dans le tableau N*** 4 
que les corps organisés qui me paroi<;sent appartenir évidemment au 
terrain lacustre épiljmniquc) je réunirai dans le tableau N.'^G, avec 
les corps organisés du terrain palaeotbéric-n, tous ceux dont la potîtion 
géognostique est incertaine, ayant soin de les distinguer par diffërens 
•ignés. 



Corps organisés fossiles du groupe ÉPUjTMNIQUB 
des terrains THALASSIQIJES. 



EXPL. DES ABRÉV1ATI0K8. 



Cale. 
Sil. 



Calcaire. 
Silex. 



NOMS 

DSS CORPS O&OAinsÉS. 

Mollusques. 
' Çycîostoma truncattim , Bao. • . . 
* * — elegans antiijuum , At.Ba« 
*PotaTmdes Lamarckiiy Al.B».. . . 

Plançrbis rotwidatus , Bsd 

*♦ — cornu y Al.Bi. * 

— e9omphàlus , Sow. . . . 

— prevostinus f ÂL.Ba.. . . 
—^ prominens , M. be S. . . 

— compressus j M. dbS.. 
**fyrrmfus corneus , Ai..Ba 



Marn. = Marne. 
Pépér. = Pépérine. 



Spécifie, àt 
quelq. tcrr. 



•il 

cale 

■il. cale. . . 
■il. cale. . . 
•II. cale. . 

ealc. 

•il 

cale 

cale 

•il. cale. . . 



EXEMPLES DE LIEUX 
ET OBSXHVATIOWS. 



Paris. Carnetia. 

Parii. 

Paris. Aarillae. NoacUe , près dUtsoire. 

Paris. Sallnelle, dép. da Gard. Quercj. 

Paris. Isie de Wigbt. 

hle de Wigbt. 

Paris. \%\t de Wight. 

Salinelle, dép. du Gard. 

Salinelle. 

Paris. C9lle en Sicanvi». 



Toi. N- IV. 3 



DEf COUP. OROAJlllIJ. 




BXPMPLts nr urnt 


— Juiiformit , S»w 

— *,;!««,, *Ùb. 

— ^U-Jrui, B.. 

— urtira. tl.B> 


~lt. 

• il 

«1' 

«le 

.il.-p-p-.,. 

■il 

tllf. 

■îl 

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•il 


I^l, 4. Wi,t,.. 

p..;.. 

Ptrli. 

hl. U Wl^b 

P..i.. 

P..». An.«M . ia, »• p4f4>i.t. 


*Pu^mjr,n^i. AiB> 








s.u«ii<. <i<p. d> r— J. 

Moiliii. Aanrc>i. C»ll< n Sinoii. 
F.h.. 

Unn»"». I<1> '• «"ilVt. 

p.l.-t.^ 


Uoum. 

— àm/ipnm.im.t'. 

•.*j7toA« «■«*«« , A..B. 

7aa^lJlfua c»u(un<, A<3ii. 

l'sJr.R. 



- 1 TmEAjj N.'^V. THE 

Corps organisés fossiles des groupes PEOTBIQVB c£ TRITONIEN 

des terrains THALASSIQUESt 



Observations préliminaires. 

La répétition frécpiente 4es mêmes genres et des mêmes espèces, 
l'importance de rindicatlon des groupes, des terrains et des lieux où 
se trouvent ces genres et ces espèces pour qu'on puisse comparer ces 
lieux sous le rapport de la ressemblance et de la différence des débris 
organiques qu'ils renferment, sont des considérations qui m'ont engage 
à réunir dans un même tableau le plus grand' nombre de débris orga- 
niques marins des terrains thalassiqucs (tertiaires). Les indications qu'on 
va donner permettront d'appliquer à ces débris la position géolpglqpp 
qu^on croira qui leur est propre. J*ai dû omettre un grand nombre 
d'espèces; car leur énumération complète eût élevé cette liste à plus 
de quinze cents. Mes omissions ont porté sur les espèces sans caractères 
ou incertaines quant à leur détermination spéci/îque et à leur position, 
géognostique ou géographique. 

Explication des désignations géologiques et 

géographiques* 

Désjguations géologiques. 

jT. thaï. = Terrain tbalassique en général sans indication de position 

spéciale. 

Prot. gr. •= Terrain tbal. proléique; Ciès. 

Prot. mar. = Terrain ihal. protéique; Marne. 

Prot» cale. = Terrain thaï, protéique ; Calcaire. 

Prot. mol. = Terrain thaï, protéique ; Molasse » ou collines subal- 
pines. Stud. 

Tr. gr. = Terrain thaï, tritonien; Grès. 

Tr. cale, = Terrain thaï, tritonicn; Calcaire. 

Tr. gl. = Terrain thaï, tritonien; Glauconie grossière. 

Tr. mar. = Terrain thaï, tritonien; Marne. 

uinal. viç. = Analogue à l'espèce vivante. 



THE TiK. 6i.'i 

Divisions rt désignalions g^ogrtphiqun. 



BlUSIONS 


ARr.ËVIATlDNS. 


^iV"J.*b.-C. 


pmunl Angtn . l'Anion , 


Ta/-, -- Pjrii 


l>.-.4«. 






T ■ o.- 


ou nn*DI wpiiiBnloiu] d» Py- 






^;- o" 








P ■■ 


Tcnui KpMmtrloniI d.i Alpu . 








. 


** 




_ 


]>r»>ti<p». 


V™..„..rldi„..ld„AIp«... 




ViRut ifpKDtiiiiul dn A^a- 


J>/<i;i. =:PI>iH*lia 

*,/« = Bol^(;« 


P,«^«fc 



UIlHk.CoiBKdeScii 



EpiaUn foiiile , Cv 



BileiDc fo»il< 



3 Tm. N.* V. 



THE 



NOMS 

TES CORPS ORGANISA. 



Spécifie, de 
qaelq. terr. 



Squalus ( 3 espèces ) 

Trygonobatus crassicaudatus ^ Bc 

Narkohatus giganteus , fii» 

Balistes dubius , Bl. 

Tetraodon JSonckeniïy Volta • t • • 

' — hispidus y VotTA 

Diodon 

Paleobalistum orbiculaiitm , Bl.. 
Centrisciu longirostris , Bl.. .... 

— aculeatus^ Bl 

^yngnatus iyphle , Voita 

— breviculus , Bt. 

ItOptûus piscaiorius , Bl 

FistMiiaria boJcensis , Bl. 

Esox longirostris , Bl. 

— sphyrasna , Bl 

— macropierus , Bl 

Clupea mitrenoides , Bl 

— qyprinoides , Bl 

— evolans , Bl 

Mugil brevis , Bl. 

Tn'gla fyra ? Volta 

Scomber akalunga , Volta 

— tf^fnniu , Volta 

— Kldniiy Volta 

— speciosus y Volta 

(Et pliu de 6 antrei espèces.) 

Perca7 Jbrmosa ? , Lin*. , Volta.. 

(Et 3 autres encore incertaines.^ V , 

Amia indica, Volta >P'«»- «•'«•• 

Sciœna Plumieri , Volta f 

JÀajamts littjan ? , Volta. •.,... 

— ephippium , Volta. .... 
Bohicentrus calcar(/èr?y Volta. . 

— macrooephaîus , Bl. . . . 

Spams mdgaris , Bl 

(Cl plusieurs autres eqièces mal rap- 
portées à ce genre et aux espèces 
vivantes. Bu) 

Xabrus turdus , Volta 

— pvnctatus , Volta 

— rectifrons , Bl. 

Chœtodon pirmatiformis , Bb.. . . . 

— vespertilio , Bl. . . . > . . 

— substriatus , Bl. 

— snbarcuatus , Bl. 

— suxatilis , Volta 

— ehirurgus , Volta .... 

*^ subaureus , Bu 

' — papiUo , Volta 

— »elifer , Bl 

(El pins de i8 espèces tontes diffé- 
rentes des espèces vivantes. ) 

2tens platessus , Bl 

-~ rhombeus , Bl. ........... 

Piêuronec/es quadratidus ? Bilov. 

Gobius barbatus , Volta 

Blochius longirostris , Volta. . . . 
CaUiojrymus vestenœ, Volta. . . . 
Opàidium barbatum^ Voltav, . .J 



EXEMPLES 

DE LIEUX. 



Bolea. M de Blaia- 
ville n*y admet ai 
silure ni aucun au- 
tre poisson d^ 
douce. 



OBSERVATIONS. 



Analogue à la T^ritfié 
Ganelli de R isso ; 
espèce vivante. 

Analogue è Tespète 
TÎtaale. 9i.. 



Aaalogae à Tespèce 
vivaate. Bl. 



Peairétre analogue a 
Tesp. viv. Bl. 

Très-différent du Ch. 
tuwmu. Bl. 



THE 



I»ii. N.'V. i 



nms Cùttt- oiSAnaiM. 


S|.<tiB<, d. 
qu.l^. ir.. 


IXï-MPIESDK LIÈIS 


Hotu'iOtBi. 
,B.7<.,.^m., Um 


».r>lt... 

ir.ealt;'!! 
f »l 

;!::!;■' 

u. ralr . . . 
Ir. raie... 

«-(.k.... 

:::,;.■■■; 

ir.eak^... 

w!<ak... . 
U.calc... 

L Aal.;!! 
irlnlt!!.' 

t. ■*.!.'.■;! 

«.cale.... 
U.cali.!!! 

pral. ■»)" 

pr..^-.!.. 

Ir.caW.!.. 
ir.calt... 

u.olr.,.. 
pr.1 ..1.. 
L iLal.... 

LlkaC!! 


P..;.. 

P... 






Miihliia r/ami.Lui 

— j«o™»,L.. 

— (rVo-Kjfl, L.» 

'Ku-nmulùii latifat. Lin. ... . 

— ihtlJ^ria.t^là 

— f»»r(,L<m 

— m,r,mHI,rn,U,0.... 

— tlvht^a, Uaïa. ...'!!!! 

— t^Hnénca, L.H 

— rDm«./«o,«aas( 

^uricula rû«vJ,Li- 

7l»>Hf.U. juAwa, a^>^. 

J^a^arllamùr,-!-, FI. 


Far. 

Par. 

Pan., ll.nl. 

Parit 

Pa,. 

Vicral It...B.>J F«.U.O.« J, L,»i,. 

Virral. 

Par. 

Plali t«id. BanL {A>i1. .ir. i,„ rAJ,i„,) 

F... B«d. T.f. 

Par.' B..d. 
Par. Sanl. 
Baid. 

Pl.i..(l.a1.(.ri..l 

Vk«.. B«4. 

Par. Valap. ' 

Par. 

Par. 

pi.Il 

hr. VaUp. 


— icotina, jU.Ba. 

— «™«i. 1— 

— .i™«.L.. 

— Jo/arA.'Baacc. !.!!! 

— Cmillii, Diaa. 

— tVandi. Dan 


— »r>»<«af a , L.B 

— 3Vri^«,B..« 

— •rifiO.uîa, t,m.'.'... 

— ^^*iin«fti, At.Bi.... 

— TT™,Bin 


Par. 

S»ut. 

Par. 

PUia. 

B.ij. Taria. 
Btrd. Pu. 
FbiL 

L«J.' 

S». Baid. 

Boni. (Aul. Tir. dau It (olfc di Gai»(u.; 



t TiB- N.*V. 



nia CORPS oncMiish. 


SFl'tiflr.Jt 


EXEMPLES CfC iirxx 


■tfc./o,yu r..v. ■-" 

— pieuJaicalarii , D«acc. 

— OtiiiiiBIa .L.n. 

Tmc/iui r-remû'ril, l^n 

— Jmhb-iw, At.B. 

— «!««,».«= 

— paliûui, Bi.ic 

— julauui.Um. 

— ^miM,'i^.B. 

— ^«Mlù.fio» 

- Jl«B)a«.L«.....' 


D.olc..., 

1. 11..I.. , . 

.r...pr.^. 

1. Ibiu!! 

lr.nlc,... 
lr.»lc..,. 

ir.lc.... 
n'.cilc.!!. 

ir.ntr.... 

lr..ilt.,. 
If. etc.... 

ir. i>Jc.. . . 


Pir. 
P1.Î.. 

I^ri.- i-ja.. Bocd. 

V.Mdl, Burd. 

F].;.. (iii<».d. .!.•«.] 

P.r. Bord. PlaJi. t icBu. 

ToriK. 

VieiDL Bord. 

Poe. 

Bard. 

P.r! V.]„B.. 

P]-i.. (K. dlD-èr. PM d. Ti™i.) 

P.r. 

P1.L.. T^rin. B«d. 

p."ri^' 

Vir. 

Pic. Bord. 

Pir. ViUfO. 


.^mpulltila iiçulo, L.. 

— linrma , 'l.. 

— hyirida, Iji. 

— pali,;», Um 

— r<Di«inna,L.^., 

— »'u/™,-,iL.H.,.,. 

Jltlinia cwUa/a, L.. 

Ktrlm lanBidrB. !..■ 

Xaiipa i-rpaeia,h^' 

- s&Mt,.,!--. 

- ipiglciin.,. M« 

- ZZÎÎZà.L^M.'.'.'.'.'.'.'.'. 


Pt. 

V.log. 

Pir! 

P.':iI.Alp.Bgid. Viml. 

Ph. 
Pic. 

Fm. B..d. 
B.cd. 

Wc. Vi«=<. 

Fie, A=i. 

Pir. 

Vtl. 

»„ri. Pllîi. 

PU,., B.cJ, lAniloE^ ...., 







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PHrài, BMtt 










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pi.Lulr.. 


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Plr. 












Tir. R*r4. 






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P.r. 










LiM. !!. 


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J^IUrU-l,^<i»„ià«. L-, ... 


n.rtit,... 


hr. 








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Pir. Bo.^ Lh<. 








cAAan.U- 


u. «It.*. . ! 


I^r. 








n.iVfiM. U> 


.r. aie. . . . 


n.t. 








..^■-«.«.L, 


■ r nir.... 


P«f. 








■ ilffini,, Bhcc 




PhlL LiwL 












Pir. V«>t 












Pir. 










t U»l. . . . 


Aaj. n«d ImJ. 








jTWnciH.Lu 


■r.Bic.-.. 










Mrttù.,L„^ 


If. Cllt . . . 












ir. ■•It... 












tr.r.lft... 


P.ri 7Tl»Mrt. 






- 


Cùhmnaa, AuB.. 


IF.«1*.... 

pnl. nie. 


Pir. 
T..; 








A>UWa, lui 




P.r. 








iCCoeVS , I^H 










X-<»V>M/fa <«<.«., Um 




P.r. V.1.^ 






















pn>L aie.. 


T«. 






p-oiraria wulumJ- S.". 




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it.«L!.;;! 


n». 








KrsMcii/<Ma,B»C( 


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p». 

PUb. 










ir.itlc...'. 


























Pki'.. 5.;w. 










hr. 








irrcl-l—rit. Fie... 


11. ak.... 


B..d. D... 








-arte»*,B>oc( 


pr«.nk.. 


P1.1.. 







7 Tui. N.'V. 





NOMS 


Sp«ifi..d. 


EXEMPLES D 


. Llt^UX. 


DES 


CORP» OBOMlfÉS. 


q-i.!,.»... 


El OBiravA 


rroKS. 


Canctllt 


rf^;-.^-.»-^/- B-otc... 


prott.lc. 


P[.^., 








1. Ibil. . . . 










pr. c. et a. 




















u'.aW... 










w.clc.... 


B*id. 








■r.«l 








^«.^i. F.O 




*.rf. 








pr, F. tt a. 


fUi.. 3.iu<. 














DoHian 




F»LalV.! 










1. il.ll.... 








ir.ali.... 


B«il. 






«a/a/fl.B«M. 


U. aie. . . 








LlhiL... 








irroU.Buci. 












piOtHlt. 


p[>ii! 
















Pbl.. 






aro™. AuBl 


pnl.'ali!! 










P1.Ù. B=..L 




*Ciii/ÙA 




*«ir.'.' 


P.r 








protaic!. 


Bord. (AhI. .i.., Bui 


> 










■r.olc... 








m'ïl/BIB.lui 


lr.al<.... 








liiuala Bmcc 


p». «le. 


piiii. 




— iiu»f™.Aa flwco.. ...... 


proLolc.. 










pm. nlt. . 


Pliii. Ri». (AntL •■•. 


B»<c.) 








Pu. Tiiuiiit. 




!!««*« ^ttwute.I^- 




P.r. Borf. 






nAtOaitt , lui. , Bar. . 




B».J. 






Awta«.,B.occ 




V\.i,.B«*. 






PÙ/canF. *L.D» 


■r.olc... 


Vl™,!. 


[Uiirqu..it,^.) 


'CéHûdm 














p».. 










Viccii. 




- 


«-■""^ ^ •• 


lt.«k.... 


p.t. 


















u. Ole.. . 


Ptr. Vient. 








u nie... 


Pir. 










PU!.. Il.j»«. B«l. 








■r.uU.... 


P... 










B..d. Vit™. Pbit. 






aflpJ«™,L«..... 




P.f, B-rf. 










P.t. 








...€.!«.... 


P.r. Bori. 






«AiBoiiiM La». ... 


B.ult,.. 


P.r. 






Ihinra. Lm 


lr.a1c.... 


Pk. 






IKiiD», Al.B>. 


B. «k... 


H.-Alp(.. D«. 




- 




piol ir... 
ir. aie.... 


Piri 






iU-lc-ntum,^iU.. 














LoDd. ' 




- 


a-^ium,L^ 


pcOLIHt.. 


P.C. A»;. Uijfli». B« 




- 


Mi^'n^iKin.Bu».... 


pfLaic.; 


PÛ'Ù. 





Tm. R- V. 8 



™.«»«^«^ 


Vrl, 1.... 




— Iimmiralun, , A..B.., 

- ^.uux.L.. 

'MfurfM friflirrù ^ Lan. .,,.,. 


Ir.nV.... 

EE 

rr.i.ci1<.. 

pr«.wl.. 
pril.»!,. 

pr«.c.ir'. 

!'"i.r.r!" 

V.ob.... 

ir.cili..!! 
D.ale.... 

u.^'.'.'.'. 

u.aU.'.'.'. 
u.ah.'.'.'. 

(T.ixlc.... 

u'bU.!'.! 


P.r. 

Par 

Pir. !(•■«(. 

M.j«». II... Vl.«l 

P.r'. 
P... 
P.r. 

PlVi. (Il ï a f»l^ «««»«» 1-... 


— xiinttnnvut Lia 

— Jr<>mé«ttu , L.I 

7>«iû rr^irt". L- 

KmmUamargMH-, Bmic 


P.r. ViH». 

Plii.. 

P... 

Pllil. «.j. (iUl. ri.. <« U MAIlMt.) 

P.r. 

Pir. PI.». Bad. 

Ptal.. Sinit PTr.-<*r<. Bari. 


— /««w, Bu« 

_ A«,L„ 

_ to.V<n.,U. 

— JU»ldAU,Lu<. 

_ r/j««o„.,,L.. 

— ret,;ula:iu (jyrula, B.IT.J . 

— i„:plic^,m . L.-. 

— biKoAiu.Uii 

— UrnlIa.Ul, 

— rfmwa.'Lin..!.',.. 

— Mytbwu, U- 


Pir. 

Pir.' B.rd. 
B«4. Pli. L«4. 
P.r. 
P.r. 

Par! 
Plui. Bari. 

Pu! 

Bard. Vkn,. 
Par. 

Pu. B«4. 
P.>. Vkm. 
BarJ. 

PUii. Baid. 

Flail. 

Pir. TUBI. 

Bard. 

P... Bari. 



MlW» 


Sftt^.i. 


E!lE)iri.ïS DE UETÏ 


r.H ««H «M<j>uij 


T-l, Kr. 


ETC™iT^T.OSi,- 


•*'/^./. JUm. Im,.. I*»u 


p~>- »lc.. 


puà.. (i^,fci«-. «bui. i 1 -Hf. .i. ; 


>-*,'*«*,,».«,„.. 














ir, «It. . . 


■•«.B^d. T..UH. 


- iw^f>.«i,.R 


u.uli... 








Ei.lj. "'■ 




«..àlc... 




/-/■(.«.« 




Bout, 


^ÈlfmhmtmfH.M.*.^ 


p..,. <.!.., 




thi-UI, ><•■*' 


1. Ik.!. ... 






"!«!tr! 






PtT. 


«».«., *i!.ii. 


ù.atv..'.. 






u.a\r.... 


P». L«>d. 


JtAirwM »<«;>. ^'i*. 


fTM.t.\r.. 








r... 




\i, f^it'. '. '. 


Vit™,, [.;«.»). »«J, 








puimrHHl, ÂL.t 


1. lUil. ... 


VlMnt. 


^'lUnfb.U- 


I.."!..... 




JVU//..M'»'> '. 


pral. ..le'.! 












rr«"î.v. 


(knl'riw. [.U.1.,. .I«i.l.> 


«..«..//« MM-.I.'- 


ir.ul'.... 


P.r. 






Pir. 




ir. «le... 


Pir. 




ir.olr.... 


Pir. 






P«. 




r,';,",-.:: 


P.,, L»ad 




li.clr.... 


P.r. 




Ir. aie. fF. 


l'.r. Pliii. BoiJ. 


«v»*-». ■■>■ 




kid. 


fMtOntiu-Mt, h» 


ll,™1r..,. 


P.r. 


X^Wil, HlH 


|.»l.r.l.... 


Tuf. 




Pl.i.. [S™bl.ll1. 1 I'«p4™ .i«iD«,) 


nilirmiili, U» 


H. .ult,... 


P.r, 




kl. .'•!..... 


p.r. V>l.i>. 




ir. ~li... 




IHIt,»htlh<nirimÊ,lAa 




Pir. 


*• ■ •««..«l'.i.Ua 


p.iMr.ii.<>l. 


P,,.-..pl. S.I.». 


"• «MM, Don 


|.rvi..»l.. 






|ir>I.Bini. 


P», 






P>r. 






M«l,p. fcnl. 


/«««d'à. t '■.■;;::::!:: 




P.r. 


no».'», t».. 




P... 








"[■«l'r!^' 


P.r 


/■•M'mM.Ub. 


r^flw.: 


Pu. 


■ jf^^!!?'».'*'::::;:;;: 


t.ikii.!!! 


E-Hu. 


.9,Na(,i,.<h 


|.I* u.im. 


P.r. 




r»!. ».... 




««<«•». Snx , -L.. , 


<. ik*i. -.. 


S^\. luli. Kp.. T«.«. 



Tm. N.'V. lo 



— Ha. L... B»«... 



«ch/u puMiialui, L.I.... 



Tilt.. . . 

M.»lr.. 
«k... 
r..lil. I 









«,W™. B«cc...|lr. lb.l.. 



! L>«di. SiUh. (Sn>.} 



Çyjtricardîa cori/ii'opÂagv, tt 






Pl.i.. (A-1. .i..) 

(AmI. .i..) 
PUi>. LouJ. Bord. (Inml. 1 



I, Lh 

, u« 



Fir. BoM. LonJ. (Aul. n'.) 



— rWAw, I^H 

— iilamlirt. !.•■.,. 



*Oatl,ala Kallifa , Lin. 






THE 



Tau. N.*V. 12 



NOMS 
DU CORyS ORGAKlste. 

Mactrm S0nrisutcata , Lia 

— deboides , Lan 

— triangula , Baocc 

— soHda , Litm 

Erycùia lœvis , Lah 

— fUiptica , I^M 

Pamopea FaufosU , Mbm 

Mya fnmnàibtâa ? Sow 

*SoUn pagina , L&a 

— Jrugilis , Lam 

— strigilatus , Lah 

— legum^n , Lnnr 

Psmmrmubial Labordri, Bast. . . . 

Terrdo 

Fistulana Prrtonata , Lav 

— elongata , Dim 

Clavageffa corortatOy Uiai 

Asprrgillum leoganum 

Ter^brattda lisùnuata ^ Lan.... 

— ampulla , Laa 

— tri/rea?y Limi.,B*occ. 

— inconstam f Sotv.. . . 

Ctrahopodcs. 

*BaimaiS tùùmabulum ? , Lim. . . . 

— miser , Lan 

— siûcatus ? Lan 

— tesseiatiu , Sow 

— pecforatuSf Stod. (i) ... 
tyrjo/na , Lsaci 

AMUkLWU. 

Serpiila cristata^ Lam 

Spirorbia cvnoidta , La« 

Dentalium radicula , I>am 

— aprinum , L*ii 

— striatum , Lah 

•^ entalis , Lam 

SiUçuarta spinosUy La« 

— yi>raa , La« 

— angiàna , Lum. , Baocc. 

RAtOUNÈS. 

JSchifUdS monilis , Dtan 

Scutella bi/ura , Di»m 

— subrotunda , Lam 

— lenticuiaris , Lam 

* Cfypeaster Gayrnaidi^ ÀL.Ba 

— - margiTiaJus , Lam 

— altus , Lam 

— Bjchanti^ D>s« 

— stelliferuSf Lam 

— tri/obus , Dira 



Sp4ci6c. de 


EXEMPLPS DE LIfXX 


qital^. tcrr. 


rr <»B»utvATiu>t. 


tr. cale. . . 


Par. 


ir. ralr. . . . 


Par. Bord. 


tr. raie. . . . 


Bord. PlaU. 


prol. iM«l. . 


Sttiaae. ( Anal. «i«. 7 ) 


tr. raie. . . . 


Par. 


tr. ralr.. . . 


Par. Bod. 


pr.r.ctnol. 


PUi«. Bord. .SaiaM. 


prol. mol. . 


SaiMr. 


tr.c.el p.ai. 


Par. hoti. Sabac. ( A«al. viv.?> 


tr. cale. . . . 


Par. 


tr. pr. at r. 


Par. Boi4. S«iaa«. ( AmL «iv ) 


proL mol. . 


Sa Use. 


tr. raie.. . . 


Bofd. 


ir. ralr. . . . 


Par. 


tr. ralr. . . . 


Par. 


tr. ralr. . . . 


Par. 


tr. cale. . . . 


Par. Bord. 


tr. raie.. . . 


Bord. 


tr. ralr.. . . 


Par. 


prul. raie.. 


Plaù. 


tr. ralr. . . . 


Plaît. (.4iial. vit.?) 


prot. ealc. . 


Auglet. 


prot.ralc. . 


Plaie. 


prot. cale.. 


Par. PlaU. (.\Balng. vit.) 


tr. et pr. c. 


Le Lorooft , pré» NanMt. Plaia. (Aa«L viv.?) 


prot.ihal.. 


Piait. 


prot. mol. . 


S«ia»c. 


tr. cale. . . . 


D»x. 


tr. calr. . . . 


Par. On a pria quelquefois cet pctiu coipa 
Par. pour dri plaBorb«a. 


prol. mam. 


tr. ealc. . . . 


Par. 


prol. ralr.. 


riais. 


tr. pr. et r. 


Paria. Nice. Iulir. 


tr. cale. . . . 


Faria. 


tr. ealc.. . . 


Par. 


tr.calc. . . . 


Par. Aojo*. 


prut. cale. . 


Plai» 


Utbal. ... 


Anjou. 


tr. cale. . . 


Bord. 


t. tbal. ... 


Boni. Anj. 


ir. cale . . . 


Par. 


1. tbal. . . . 


Corse. Plaif. 


tr.calc. . . 


Pai. Corac. 


t. tbal. . .. 


Corat? 


tr.calc.. .. 


Da». Vicenl. Par.? 


tr. cale 


Bord. 


t. tbal. . . . 


? Un trèa-aeaikUbU de la moatagnc de* 




Diahirreta, dans l«t Alpci du Valai», piè« 




Bes , etc. 



(i) T««it les balauM que j'ai aona lea yeux appartiennent ani terrainb tbalaatiquea « et l'on 
voit 4M« c'cat li»»)oan aux protdi^aM : )« B*«a coaiioi» «ncora aucaa dea tcrraiaa inf^ricut». 



i5 ÏAst. N.°\. 



ÏHE 



as 



«9* 



NOMS 
DES COBP8 ORGANISl^. 

Cassidulus complanatus , Lan. . . 

— testudtnarius f Al.Bb.. 

Nucleolites grignonensis , Dbki. . 

Galet-Ues oonoideus , Li^x 

— bouei , McHiT 

Spatcmgus ...• 



I 



— ? 

— Parkinsonii 



— omatus f Dcri 

^sterias auranciaca ? , Stvd. . . . , 

CRUSTACÉS. 

jttelecyclus mgosus , Des» 

Leucosia Prevosliana , Dcsm. . . . 

Inachus 

Palinuriis 

Spheroma TTtangorum ^ Desm. ... 

ZOOPHTTES. (I) 

Flustra hifurcata , Desm 

Orbulites compïanata , La m 

Vactylopora cylindracfa , Là». . 

Pc Ij- tripes elongota^ De m 

Eschara grignonensis ^ Dem. . . . 
OvuUtes jfia rgaritula ^ Lam. ...» 

Ztunulites urceolata^ Lam 

jilveoliies madrepuracea , Lam. . 
Favosites 

CaryophiUia altavillensis ^ DEm.. 
Turbinolia elltpticay Al.Bs 

— crispa , Lam 

— sulcata , Lam 

— appendîcuiata , kL.^%. 
Jistrea emarciata ? , Lam 

— funesta , Ar,.Bi» 

^ea {alcym) parasùica , Lame. . 

VÉGÉTAUX. 
Gsniferes. 

Pintts corfesii\ AcBr 

— Defranrii^ Ad.Br 

Juglandécs. 

Jugîans nujctaiirinensis , Ad.Be... 

Conferves. 

Conf-Tvifes thorfceformis , Ad.Br. 
(^F.t autres espèce» «nalogues à des 
ceramittm. ) 



Spéridr. de 
quelq. tcrr. 

tr. cale. . . . 
tr. raie. . . 
Ir. c<»lc. . . . 
t. ihal. . . . 
l. thaï. . . . 
t. thaï. . . . 

t. ifaai. . . . 
(r. raie. . . 

I. thaï.? . . 

prot. mol. . 



tlial. cale, 
tr. cale. . . . 
ir. cale. . . . 
tr. cale. . . . 
prot. mar. . 



EXEMPLES DE LIEUX 
ET OBKBRVATIOHS. 






Ir. ralr.. . . 
Ir. cale. . . . 
tr. cale. . . 
tr. cale. . . . 
tr. cale . . . 
tr. cale. . . . 
tr. cale. . . 
tr. cale. . . 
Ir. caIc. . . 

t. thaï. . . . 
tr. café. . . 
tr. cale . . . 
tr. cale . . . 
prot. cale. 
Ir. cale. . . 
tr. cale. . . 
prot. cale. . 



prot. raie . 
tr. cale . . . 



t. thaï.. . . 
tr. cale . , . 



Par. No:ruioaUer. Tntnntt. 

Viciant. Trvuntt. 

Par. ('."rse. 

Viroiie. Traunst. ( Cle. Monstee.) 

Trannsl. 

Près Paieront et ciactement semblable à 
eeini qui vit dans la mer d« Sicile. 

Sardaigne. Corse. (Espèce indëtermiBée.) 

Par. et ditns les conches inférieures , renfer- 
mant du gypse , « Montmartre. 

Bassin de Saînt-Invat, C6te9 du Nord. Bord. 
(Entièrement •embl. à celui de la craie.) 

Suisse. 



Montpell. 
Par. Monta. 
Par. Montm. 
BoSra. 
Montm. 



Par. 

Par. Bord. 

Par. 

Par. 

Par. 

Par. 

Par. 

Dax. 

Anjon. Les Gl^nnt. (lit sont tpliéroldami, 

mais aucun n'est déterminé. ) 
Hauteville. Anjou. Dans les Apennins, ctc* 
Par. Montm. 
Par. 
Par. 

Plais. Vicent. H.-A1pe0. 
Par. 
Vicent. 
Plais. 



Plais. 
Par. 



Eut. de Turin. 
Bolca. 



(i) II y a certainement un bien plus grand nombre de xoophytes dans les terrains 
thalassrques ; mais Pinutilité de ne donner que des noms de genre, et l'imperfection de 
|a détermination des espèces, s'opposent k ce qu^on puisse étendre dayania^ cette liste < 



THE 



Tm. N.»V. i< 



NOMS 


Spécifie. d« 


EXEMPLES DF. LIEUX 


DXS COEP8 ORGAHUI^. 


qscl^. tcrr. 


IT OUEHVATIOM. 


Algues. 






Fueoides obtiaus , As. Ha ^ 

— LamourotueiL 

— spathulatus ......... 


> tr. cale. . . 
u.calc... . 




— Bertrand!. 




- — gOMolmnm 

— Jlabellaris 

Agardhianus 

"^ duconltoniÈ m 


Bolca, ctc- 


— turbûiatus. .......... 




— Stcmhgrtii m ....•.••• j 


• 


— — muUiûdus 


Saiccdo. Viccatia. 


ÉQUI8ÊTAC&BS. 




Equisetum bracf^yvdon , Aa.Bb. . 


tr. cale. . . . 


Par. 


FOCOKRX8. 






Tœnîopieris Bertrandi^ Ao.Ba. . . 


prot ?calc. 


Pa(a«ll«, prèa GkUap*. 


Natadu. 






CauJùates parisiensia , As.Ba. ... 

— ampt^toUtê^ Oisa. .. 

Zoêterius teniotformis , As.Ba. . . 


tr. ealc. . . 
tr. cale. . . . 


Par. 
Par. 
Sùdocdo. 


— enervis. 
Poteunophjrll' niuliiiwrvis f As.Ba. 


tr. cale. . . . 


Par. 








*Sndogemt«s ec/dnatus ^ As.Ba... 
*Flabellaria parisiensis, As.Ba... 


tr. g! 

tr. cal. . . . 


VaiUy, prêt S«iaMU. 
Par. 


Familles douteuses. 






*PfylSt0S Unearii , As.Ba ' 

_ tigrîoides . • 


tr. cale. . . 




^— tniicroftata .... •.••... 




— remUbrnùs. .'....•■... 


Par. 


-^ retusa 






"^ 


— 2ancêa • ^ 





54. 



t Tm. N.-V. THE 



DE> CORK OKa.\Slsit. 


Sii.'-c-n,-. A, 

qu<)q. 1er.. 


EXCMl^LES DE LIEUX 


— FuuJ^italanj, l).->tc,. 

— tfî.-«.«M, t.- 

UoHod^x:^ Ar^o^, ikWT.'.'.V.. 

- ^Xw, i"°«c.:::;;;: 

— IU&o/«,L.. 

— Afn^ii, H'-Bi 

— manlifir, L—. 

- fiï.«. P.r...'. ...'.'.";! 

~ n<A-mwB.L.B 

*,,««, L.. 

— ipirma. Lia 

— hjbrUa, L^ 

~ C0"«7r«™,ll.«.... 

— p„«/»,L« 

— eia,wiKi,t^:... 

— pgmra'.Lim....'.'.. 

— /..«ru, r,.» 

— Jir*'',*'- «_"■■■■ 

•jrirùa rnnOiVw. '."■ 

— iTKiiri'«-l-, 1-» 

A««« „,«(«, L.-'. ...."..! 

- (?««:/»-, l..- 

- tp;gloli,a, l..« 


ir. t.lr, .. 
.t. «le... 

proi «1... 
l..r.k.... 

..!«ic:.":! 
!.'.«!=..■;! 

lr.«lc.... 
pr«.B..«. 

Si;.-: 
r,r.r:.' 

ir. nlb. . . 


P.-;.! *-.[»... B.nl. 

V,r«i Bord. 

PI.i.. [l>a«. d-«.™.) 

Pi.!.. 

P... Dori. Pl.i.. V«Dn.. 

Bord. 
P... 

P... V.log., 

ri.i.. (N„ diiTÉnpu duii-Mi.) 

Pl.û. TurlD. B«iL 
Tuno. 

p..: WUg,. 
Vit. 

P.r.' Vilosn. V;«nl. 
P». 

r|'; M.j=a«. Ik-rO. 

pir. 

p!': li-Alp. B.,d. V,c»,. 
Virtul. 

Par. ilDcd. 

|!:r 

H^. P].i<. 

pi.r.. B«d.'(.Vn.ioBi.« >;..) 



DES COBPt OIIG>»tÉ>. 




EXFMfl.rs l>K I.IKL^ 


' Conui prhifina , Bmint 

- .i«r,'«.iuBlu 


I. UhI 

!.. nl^ p.. 

1. IB.I. . . . 

ir ail. . . . 


p.. l'iili. fi™. T.r Bori. 
T». 


_ — «ruwiiBiiltJ, l-«t 


Mm'. V.I^ 
(Cri,. 


= Kti.*.-V.:::::: 


L Ih.l. . . . 

pril. rili.. 
(r.«Fc.,. 

l.lk.1 

pral.r.t.. 

1. Ihil. '. '. 

ir. p*.i ; . 

ic! bu. '. '. . 

a.mk.'.'.'. 
ir. nie... 
ir. »]«,. . . 

'^■■- 

ir.ulc. !.' 
«.nie... 

riC: 

■r.alt.... 

lr.«lc,... 
irait... 

If. ..le.,.. 
p»1.«lt.. 


— F^iru/ij, .Lam. 

^nalar i^aïa. Boi 

'OOv-lr'rolj, Um 

A-tallariaturtino«lti . L.i. ... 

— ramil^ra, L.a 

•lW-I« ^ÙAara.L.» 

- ipi^.a,'\^m.'.... '.'.'.'.'. 


T.r'. B.ri. 
Pli il. 

P... 

S: '■" 

P-r! Boid. Lmi4. 
P>r. 

P... 


'"":^:;u:.:;::::: 


Fkr. Vicnr. 


- ^ÏSÏÏ'l'" 




— ftitumwi, Lia 


S' ÎT 


- '^^-"•■. '^''- 


^;; 


- Jît.JW.,1^. 

— »«/«.. L.» 

JfiVra rrrtrietura , Lm 

— unMaiIna. Bmm 

— IrccMtari,, r.oj.. .. 

— wnniH.Biiocc 


hr. TroHii 

T.r. 

LmL 

P.r. 

Phi.. 

V,T. 

Pt, 

Pbh, 

Pir. 

Pir. 

Phi.. 5«-.H. 

P.r. 

B»-4. Dm. 

PUi.. 



7 Tm. N.'V.. 


THE 


NOMS 


sr4ciBc.d< 


EXEMPT.KS DE LIKUK 


DO CÛM3 OHGA:<IiÉ9. 


40.I<,.I<T[. 


ÏT OWEBV*TJOBa. 




rot. «le. 


PI.., 


* - im:crn.Jï.fl..T 


1. Ib.!.... 


Hnrd,' Vlnme. 






Ptli.. S^.!». 


Bmecùaan ^.romioiJ» L.. 


1..C.1..... 




- J«ut«,i«,,l^x.... 




Pir. 




«!«!..!:! 


B.rf. [« S"",) 
















pr. c. tl m. 


Pl.i.. S.i». 




ir. ulc... 




Doàum l*UK. d«/.i.™) , B....1,. 


P«l.=.l... 


PI>Ii. 


Barpa nnili.-<-,lj.M 


>. Il»l.... 


Pu. 


Hiasa riiici-Ma, Bi>r. 






















Plilt. 










pn-Lclci! 


Pi.!.! 






pi.i.. 


- Co™™, A:..».. 


JIÎ^Lnl*," 


Tnr. 


"- anguSata , B>dcc- . - ^ - . > - 




PU il. Bor,L 






P.r 




pnLcik^l 


W.fi ï^«"'' ' ^"'^ 




îr«i^.... 




— caii««oM,L.« 


u. nie... 




— o*«îM(a , Bmucc 


pnl «le.. 


Pl>ii. 




r»l.ailc.. 






pr*™!... 


Plaii. Nies. |ÀD>]. Ti>., Bucc.) 






P»7. Traua.l. 




a.alQ.'.'.'. 


V,r. B=rJ. 








— duclisma, ttoci 




Pli il. Boid. 


— rulcam.lu.aw 










Pw. (Lo. tiiiiht. lunl clr.ulruliiii.o p.: 






Pir. 




a.ak.... 






ir.«k.... 


Pir. 




pu* (r..s . 


P>r. 


— Hma B>ui>. SiDiHi.. 


f»l...l.. 




- X^rucMm ALJ.L... 




Pir. Vinal. 


- i^^np,um la-. . 


tt«ic"!! 


P». 






PI.!.. M>;o«. ««4. 






P.., 






B.nL. Vi«Bt. Pki.. 






P.r. Bp^L 










I....1C.... 


Ptr. Buld. 


— KhixaiOa, 1*1.... 


■r.ulc... 




— (fcara, Un 


u.alc... 




— DMe/i, AL.Bm. 








p»l. jr... 










— btcahanaum Ai,B>,. 




ViHIll. 








- nw-™,L« 


p^Lmu.. 


P«. Aj.i,M.I«c.. B»nl. 


- ™n™n™,Bw«.... 


p»tak'; 


Pl^. 





THE TiiL. N.»V. 8 


nuMS 


%f^{t,..i. 


ÏXFMPLI.S or llCfX 


DEt «un ORliAniIH. 


,=,!,.«, 


■t ÙBMBÏ.TIOÏJ. 




„.„,,_ 


p.,. 




li.r.lt.. .. 


Vi™.i. B.I4. 




iril. r.lc. , 








P... ( M'«. - C. p.. .H p.|._id, - 1. 




lri<. nli. . 








IM. 




■r „!,;;!; 


P.I 


- ).&■««., L.» 


p«.«r.. 


P->. S.i»t. 






MifnH. i»i. VI.Ht 


— c<»r.,^Jab, L» 


^™. «n. 


P>r. 


- ruf.,.u^,L.n. 


».<.!,.... 


P«, 


- .,™»-,L.. 






— iiiimum, Bmm 




P>r. 


IfiftM ln/I«ù, L.I 


u.nic.... 


Pk. 


— ^ni^.nui Li>..,atgti. 


pr«.c.lc,. 


n.i.. (Il j . 5hI^. Jiam« mr. I-*K 
pinr^L. fll.n— o.) 




|>«>.»l.. 


S.iw. 




t»Lia>l.. 






r™i,.... 


P>I. Vical. 






Pbi.. 






Pt. 




rrM. '•!'.. 


Pliii. lii. (iul. W>. 4ui U N«JIUR.) 






B«d. 




u.f.U.'.'.'. 


P.I. 


— ib^viHinû, BiR 




B.KL 


I>fAii luil/ir L.m 




Pli. Plilt. BhJ. 


Jltmil/a-m-irto-1.1 Bi»ct 




PUi.. PJ..--P1. T«i.. BhI. 






B»É, n.u. (A-i. .™>..) 




L llll 






U. I. <( pi. 


vuy. Sinx. Pr-.ir'' ■«*■ 


— Jtw»,lu<c 


pnLnIc.. 






lt.(.lc.... 


P."' 




U.«k.... 


P>r. 


'FutiÉt rugeiuSt Lav^ - . ^ t. . ' . ^ , 


ir.ult.... 






tr.nl..... 


ICd. Pir. L»d. 


- W«,L. 




P>i. 




tr.alr.!!! 


P... 




II. ait.... 


P.I. 


- ,rAw//Blu.,U» 


ir.uk-... 


P«. 


- <to«IW.fi.<>CC 


«. *> pi. c 


Pl.i.. B«d. 


— r«/cutoiu (Wfr./«, B.n.). 




Bni. 


— implicinui , L.n 








ll.nli.... 




— ^»fr,«.w.Lu. 




P«. V.c™i. 






Pir. 






Pir. 


,«*«t".J™,B»r... 




Boid. ViMH. 






P». 


— rwnI2a,L.a 


u.olt.... 


Pir, B»d. 




■•.cit.... 


Ptt. Vient. 


- «DrMK.Bu. 


«.cl..... 


B«d. 




U. «If.. . . 


P«. 




n. ait.. . . 


P». 






Plii.. B.ri. 




T^LClt..' 


IHin. 


- tUb,um,Ui, 


v.ak.... 


F». Tnw. 


raiàolaria iurJlg.l,^i, Ui». 


lr.«lt.... 


brd. 




If-Ck.... 


Pu. Bori. 



9 TAUt. N.'T. 



THE 



DES COEP8 ORGANISÉ!. 

^Pyruîa JUus ^ Liim. , Bkocc 

— Jicoides {biàla^ Baocc.).»' 

— lœvigata , Laj». 

— eUuhrata 

— çondita , Al.B» 

— çlava , Ba»t 

— rusticida , Ba«t 

— Lainei , Bast 

"^Slromhus Knorri^ Al.Bb 

— Bonelli, Al.^k 

— Sortis , Al.B» 

— decussçuits ^ Dcri. 

— canalis , Al.Bs 

— bartoniensù , Sow 

■ Fteroctra radùf , Ai..Bs 

Hippocrenes macroptera , Lam. . . 

— corvina {rosteliaria , Al.B».) 
^ RosteU. pespelecani , Luoi., Bkocc. 

— pescarboiùf Al.Bb 

— JissiireUa , Lam 

SigaretiiS* canaficuiatus , Sow. . . 

HaHotis , IVI. OB S 

Çrepidûla {patella , Bbocc. ) . . . . 

— wtguiformis , Ba«t 

FissureUçt làbiata , Lam 

— sguamosa , Dbbb 

— costaHuy Debb 

, jPmqrginidq oosiata^ Lah 

— clathratq , Dibi. . . . 

^Çaîyptrea trochiformis , Lam. , . . 

— crepilud€iris , Lam. . . 

— muricata , Bbocc. . . . 

— dçformis , Lam. 

Patella elongata , Lam. 

— sulca/a , Bob» 

Cjpuius hungaricuSt Limr., Bbocc. 

— spirirostris , Lam 

Sippojdx cornucopicB y DsrB 

Chiton grignonensis, 

Ostretu bellûvacma^ Lam • 

*♦ — virgiTÙca , Lam 

— eduUna , Sow 

— Spatulata , Lam 

— pseudochama , Lam 

*— imdata , Lam 

— lijigulaia . Lam. 

— canalis y Lam 

— callijera , L»m 

— ponderosa , Scbl 

— àejbrniis , Lam 

— Jlabeîlula , Lak 

— cymbula , Lam : . . . . 

— Jbliosa , Bbocc \.... 

— çyatiUa , Lam. . . . ^ 

— longirostris , La*. . / 

— gigan/eaj Sow. 



Spécifie, de 
quelq.trrr. 

prot. cale . 
proi. mol. . 
tr. cale. . . . 
tr. cale. . . . 
tr. cale. . . . 
tr. cale. . . . 
tr. cale. . . . 
tr. cale. . . 
prot. cale. . 
t. thaï. . . . 
tr. cale. . . . 
tr. cale . . . 
tr. cale . . . 
tr. cale. . . . 
prot. ealc. . 
tr. cale. . . . 
tr, ealc. . . 
tr. cale. pr. 
t. tbal. . . . 
tr. cale. . . . 
tr. cale. . . . 
prot. cale. . 
prot. cale. . 
tr. cale. pr. 
tr. cale. . . . 
tr. cale.. . . 
tr. ealc. . . . 
tr. ealc.. . . 
tr. cale. . . . 
prot. gr... . 
tr. cale. . . . 
tr. ealc. .*. . 
tr. Cale. pr. 
tr.calc.. . . 
tr. ealc. . . . 
prot. calo. . 
prot. calo. . 
tr. ealc. . . . 
tr. cale. . . . 
tr. cale . . . 
tr. cale . . . 
p.mar.mol. 
prot. mol. . 
prof. mam. 
prot. mam. 
t. thaï. . . . 
prot. marn. 
prot. mam. 
prot. mam. 
prot. ? cale, 
tr. cale. . . . 
tr. cale. . . . 
prot. ffiê. . 
tr. cale . . . 
t. thaï. • . . 
prot. mam. 
prot. mara. 
t. tbal. . . . 



EXEMPLES DE LIEUX 
ET 0BSERVATIOIVS.* 



â9 



Plaia. (Parbiteai. acmbl#lile k Tcsp, vhr. ) 

Soute. 

Par. Traonst. 

Par. Bord. Traunat^ 

Anj. Tur. Bord. 

Bord. 

Bord. 

Bord. 

Sienne. 

Tur. Bord. 

Vieent. 

Par. 

Par. 

Par. Lond. 

Tur. 

Par. 

Vieent. [vivante ). Bord, 

Plais. ( Evactemeat aemblable à retpèce 

Vieent. 

Par. 

Lood. Bord. Par. 

Mootp. 

Plais. 

Bord. Plaia. (A|ialog. ▼tTmns.) 

Par. 

Par. 

Par. 

Par. 

Par. 

Par. Lond. 

Par. 

Par. PUis. Hoid. 

Bord. 

Par. 

Tur. 

Plais. ( SemblahU ^ r«spèce vlmnte, ) 

Par. 

Par. Valogn. 

Par. 

Par, 

Pyr.-sept. Suiase. 

Suisse. 

Par. 

Par. 

Monlp. Bord. 

Par. 

Par. 

Par. 

Mayenee. 

Par. 

Par. Bord. 

Par. 

Par. Bord. 

Bologn. 

Par. 

Par. 

Augl. Italie sept, Traunsi. 



DU ta^H UHO.tRIlis. 


,..|.|...... 


F.\E,WH W bt 1 lEtS 


~ ^-«,.,«/-. 1,.. 

- JfMrUB.rf , B.i. 

- àur^.l.»ù. ».« 

ISm» ipMolai^, !.•■ 

r-^trUm Af,rJi,a, \*m.'.'.'. .'.'.'. 

- Mr^,».. 1»» 


>. ib.l 

1. >t»l . . . 

pi.LIK.I.. 

H. ™l... . . 

ir. nie.'!.'! 
ir. ulr.... 
I>. nir. . . . 

..!«if!!!! 
li.fV.!!! 

■1..1I...,. 

prol.n'lV.! 
1r.«lr..."! 

... c, .< II. 
...«le... 

ti.àit...'. 

H. Uul. . . 

-'.« 

prot Bira. 

l.rti.1'.'; 

H.clt.... 

Ir.cJt-... 

:;;;;;,.. 

ir!»i<!!!! 

IraU.... 


&>;•«! 

iwld! 
pi'. 

pi-à, 
p... 

l'.r. 

P>T. 

PUi<. 


*^«a di/urii, L» 

— HMgUa, !..• 

- A«, L.-..II...C 


l'iàù. 

P.t, B,^. 

VU«. 

n..d. l.i. (A>^. nn.l. } 

P«r. BniJ. PfWo.-irpKBIr T«ri». T'hih. 

(D.«<„.. »« ». p» 1. i.ai..} 
T»«Hi. B.iJ. (Cw. Mnii» } 

Pu! 

P». B^. 
P... PUi^ 

P.r, 

Vient Pkû. Bwd. 

L^iX'sùM*. (Sm.} 

P.r ii.a. 
p... 

Pir. 

Pir. 

P... L..J. 

Bori. 

P... L..^J 

Pki> 


— B.Jïi/MA« , B..«. 

— tiatlima, llo 

£l-,,L..L 

Jfyiilui ri-»oiia , L.», 

— BfrfU«IîB.«I 

— A-«rf«- Ai.fi.u 

— ?J'>i«iuû i^U«. ,.!" 

-- .*«™..s.« 

— «mïi., S.b'.....'! 

— Laura,lL.lh.'.'.'.'. 



NOMS 


spfcifi^.d. 


EXEMPLES 1>E LlEirx 


CrpnrmidiàJtrtlOfta , Al.B 

— joftwa, I.— 

— ruWfu.D» 

CirA'un mV>, 'Li> 

— «ft.«™m,S.- 

- D*/^,,™ h.„ 

- a^ITb.». ' ... 

— rIaJùmic HiK. Bmoec. 

— mullldjjlalam BiibK.. 

- for^o,«n 1... ... 

r.r»A:Sri..'r!:::::: 


U.ult... 
tr.nlc... 

ic'.nif.'.!! 
ir.nk.... 
ir. pr. « f. 

ES: 
p:3:: 

Ir.Hk!... 

tr.ctk.... 
tr. a.\x.. . . 

It'.Bfci!!! 

ir.Hle.... 

p»t^v.: 
p«tii»i.. 

pnLm.L. 

iriak.;!.' 
'."«"'■■ 

p«>l.(ir„.: 
p^Lg..,.. 


P>r. 
Pir. 

r.r. 

Pir. 

F». 

P.r. Tr.».l. 

B.ri. (A«l. rt..) 

W.i.. L™*. Bnnl. {A..I. .i..) 

Suiue^ PUU. 

Soiw. 

S.!».. Fl.i.. 

Sul.«. Pl,i.. 

S.iw. Phi.. 

P.r. 

P.r. 

!•«. 

F». 

p>i. a°H. 

Pir. 


: SS'ï:-:::::::: 

— ni/oBM, Soi. 

Carh^,^a^<^lo^a,\^M 

— .Wi^w, L.. 

— »»>». L.. 


Pir. Vilifi. Boid. 
PLÛ. 8»«t. 

Pir! 

P«. B<H. Uoi. CA«1. ri..) 

P.r. 

Vi«gt. Bord. 

Pr. 
P>r. 
Ptr, 
Ptr. 

Bord. r«t«. 






— mliiala, Li». 

— ?£rr»«H,L^ 

— C«-»^«,A4.B. 


L«d. 

S.iw. 

Pu. 

Ptr. 

P*r. Sort. Un*. 

P». 

Pli. 

Ptr II«J. Vi«i.r. 
P.(. S»».. 


Z ^r,'^'-!;:;.; ;;:;;;;;; 


p.[. B«d. 
p»i. 



THE 



Tau. N.*V. 12 



NOMS 
DES COBV8 ORGAKlste. 

Mtàctra semisulcaia , LâM 

— deltoides , Lam 

— trianguia , Baocc 

— soKda , Lun 

Erycina lœvis , Lam 

— eUiptica , Lin 

Pmtopea Faujasii , Mkm 

ifya mandibiûa ? Sow 

*SoUn wagina , Lam 

— Jragilis , Las 

— strigilatus , Lam 

— legumen , Limr 

Ptmmrmobia? Labordei, Ba«t.. . . 

Terrdo 

Fistulana Perstmata , Lav 

— elongata , Dsci 

Clavagella coronata^ Dem 

AspergUlum leoganum 

Tcrebratula bisiinuata , Lah.. . . 

— ampuîla , Lam 

— vùrea ?, Limi.,Bu>cc. 

— inconttans f Sotv»' . . 

Ctrahopodes. 

*Ba2aruiS tùùmabulum ? , Limi. . . . 

— miser , Lam 

■— suicatus ? Lam 

— tesselatus , Sow 

— pei[fbraiust Stos. (>)... 
tyrfofna , Lsaci 

AvnÈLioEs. 

Serptila cristata, Lam 

Spirorbis cunoidta , Lam 

DtntaKum radicula , Lam 

— aprinum , L»m 

— striatum , Lam 

— erUalis , Lam 

Sûiçuaria spinosa^ Lam 

— lima , Lam 

— angiànOy Lum. , Baocc. 

RatounÈS. 

Schiruds monilis , DtsM 

SctUella bi/ora , Dk»m 

— subrotimda , Lam 

— leruictUaris , Lam 

* Clypeaster Gaymardi ^ Al.Bi 

•— margiTiaius , Lam 

— a//ur , Lam 

— Jtichardi, DitM 

— stelUJeruSf Lam 

— trilobus f Dbvk 



Spécifie, de 
qti«l^. tcrr. 

tr. cale. . . 
ir. calr. . . . 
tr. raie. . . . 
proi. mol. . 
tr. raie. . . . 
tr. raie.. . . 
pr.c.ctnol. 
prol. mol., 
tr.c.el p.Mi. 
tr. cale. . . . 
tr. pr. «t r. 
proL mol. . 
tr. cale. . . . 
tr. ralr. . . . 
tr. raie. . . . 
tr. calr. . . . 
tr. cale. . . . 
tr. cale . . . 
tr. raie.. . . 
prul. cale., 
tr. rak. . . . 
prol. cale. . 



prot.ralc. 
prot. cale, 
tr. et pr. c. 
prot.|kal.. 
prot. mol. . 
tr. cale. . . 



tr. cale. . . . 
prol. mam. 
tr. cale. . . . 
prol. ralr.. 
tr. pr. et r. 
tr. calr. . . . 
tr. ralr.. . . 
tr.calc. . . . 
prut. cale. . 

t. thaï. . . . 
tr. cale. . . 
I. tbal. . . . 
ir. cale. . . . 
I. tbal. . . . 
tr.calc. . . 
t. thaï. . . . 
tr.calc. . . 
tr. cale. . . . 
t. tkal. . . . 



EXEMFLPS DE LILXX 
rr 0BAEAVATI05t. 



Par. 

Far. Bord. 

Bord. PUU. 

Sttiaae. ( Anal. n'n. 7 ) 

Par. 

Par. Bocd. 

PUi*. Bord. Saiase. 

SaÎMr. 

Par. Bord. Sanac. ( AaaI. tîv. ?) 

Par. 

Par. Bord. S«tM«. ( Aaal. vW. ) 

Sa Use. 

Bofd. 

Par. 

Par. 

Par. 

Par. Bord. 

Bord. 

Par. 

Plaii. 

Plaît. (Anal, m.?) 

Auglet. 

Plain. 

Par. Plaia. (Analog. vît.) 

Le Lorooft , prèa Naatct. Plaia. (Aa«L nnj) 

Piait. 

S«is»c. 

Dax. 



On a pris quelquefois cet petits c«fpa 
pour dei plaaorbea. 



lice. 



liai» 



te. 



Par. 

Par. 

Par. 

riais. 

Paris. 

Paris. 

Par. 

Par. AojoM. 

Plais. 



Anjou. 

Bord. 

Bord. Anj. 

Par. 

Corse. Plais. 

Dax. Corac. 

Corae? 

Dav. Vicent. 

Bord. 

? Un très-MMikUbU de la moatannc des 

Diahlereu, 4ant l«t Alpes du Valais, ptè* 

Bes , etc. 



Par. 2 



(i) Tout les balanes que j'ai tona les yeux appartiennent aux terrains tbalassiques « et l^>n 
voit ^Me.c'nt lOMJoun awi protdiqaM : je B*«a c9aaois «ncor« aucaa dca terrains infc^rieut». 



i5 Tasi. N.-V. 



THE 



:t» 



NOMS 

DES COBPS ORGANISl^. 

Cassidulus complanafus , Lah. . . 

— testudinarius , Al.Bb.. 
NucleoUtes grignonertsis , Utri. . 
Galerites oonoideus , Lam 

— boud f Mvnn 

Spatangus , . . . 

— ? 

— Parkinsonii 

— omatus , Dbf« 

Asterias awanciaca ? , Stvd. . . . , 

CRUSTACÉS. 

jttelecycîus rugosus , Dbsm 

Leucosia Prevostiana , Desm. . . , 

Inachus ^ 

Palinurns 

Spheroma mangorum ^ Desm. .., 

ZOOPHYTES. (I) 

FJustra hifurcaia , Desm 

Orbulites complanata ^ La m 

Dactylopora cylindracea ^ Lâw. . 

Pclj tripes elortgata^ De m 

Eschara grignonertsis ^ DEm. . . . 
OvuUtes Tfiargarilula ^ L*»i. . . . , 

JLunuh'tes urceolata, Lam 

Alvéolites madreporacea , Lam. , 
Favosites 

CaryopfùlUa altavîUensis ^ Defe., 
Turbinolia elliptica^ Al.Bb 

— crispa , Lam 

— sulcata , Lam 

— appendicuiata , Al.B».. 
Astrea emarciata ? , Lam 

— funesta , Ar..BR '. 

^ea {aîcynn) parasiiica ^ Lame.. 

VÉGÉTAUX. 
Gsniferes. 

Pinus çortesii ^ Ao.B» 

— Defranciiy Ao.Br. 

Juglandécs. 
Jugîans nuxtaurinensis , Ad.Be... 

Conferves. 

Conf-Tvites thorfceformis , Ad.Br. 
(^Ft autres espèces 9D«Io|;ves à des 
ctramiiim.) 



I 



Sptfridr. de 
quelq. terr. 

tr. cale. . . . 
tr. raie. . . 
Ir. c^lc. . . . 
t. ihaL . . . 
l. thaï. . . . 
t. thaï. . . . 

t. ifaai. . . . 
(r. cale. . . 

t. thaï. ? . . 

prot. mol. . 

tlial. raie, 
tr. cale. . . 
Ir. cale. . . 
tr. cale . . . 
prot. mar. . 



Ir. cale. . . 
tr. cale . . . 
tr. cale. . . 
tr. cale. . . 
tr. cale . . . 
tr. cale. . . . 
tr. cale. . . 
tr. cale. .-. 
Ir. cale. . . 

t. thaï. . . . 
tr. café. . . 
tr. cale . . . 
tr. cale . . . 
prot. cale. 
Ir. cale. . . 
tr. cale. . , 
prot. cale . 



prot. cale . 
tr. cale . . . 



t. thaï.. . . 
tr. cale . . . 



EXEMPLES DE LIEUX 
ET OB8EHVATIOHS. 



I Par. Noirinootier. Tranntt. 
' Vicenl. Traunst. 
I Par. <'«»rse. 
V.-rone. Traunst. ( Cle. Momstee.) 
Trannsi. 
Près Paieront et ciactement semblable à 

celui qui vit dans la mer de Sicile. 
Sardaign». Corse. (Espèce indëtermiaée.) 
Par. et dans les concbes inférieures , renfer* 

mant du gypse , à Montmartre. 
Bassiu de Saint-Invat, C6te9 du Nord. Bord. 
(Entièrement aembl. à celui de la craie.) 
Suisse. 



Montpell. 
Par. Montas* 
Par, Montm. 
Boîca. 
Montm. 



Par. 

Par. Bord. 

Par. 

Par. 

Par. 

Par. 

Par. 

Oax. 

Anjou. Les Glc^nns. (Ils sont spliéroldauSf 

mais aucun n'est déterminé. ) 
Hauteville. Anjou. Dans les Apennins, ctc* 
Par. Montm. 
Par. 
Par. 

Plais. Vicent. H.-A1pe0. 
Par. 
Vicent. 
Plais. 



Plais. 
Par. 



Env. de Turin. 
Bolca. 



(i) II j a certainement un bien plus grand nombre de xoopbytes dans les terrain» 
tbalassrques ; mais Pinutilité de ne donner que des noms de genre, et l'imperfection de 
|a détermination dos espèces , s* opposent i ce qu^on paisse étendra dayania^ cette liste < 



THE 



Tm. N.*V. i< 



NOMS 

ses CORPS ORGAHISÛ. 

Algues. 

Fueoides obtiaus , As.H>. . , 

— lAunourouxiL . . . . 

— spathulatus 

— Bertrandi. 

/— gOMoImnm 

— Jlabellaria 

— jigardhianus . . . . . 

— dûcophorus 

— turbinaïus 

— Stembtrgii 

— multifidus , 



ÉQUISÊTAC&BS. 
Eçiâseitim bracf^yodon , Aa.Bb. . 

70U0KRX8. 
Tœniopteris Bertrandi, Ad.Bb.. . 

Natadis. 

CauJimtes parisienhs , As.Bb. . . . 

— cmtphjftoUeê ^ Dim. ., 
Zosterùes teniatforwù , As.Bs. . . 

— «nervis. 
Potamop?tyil. muliinervis , A».Bs. 

Palmiers. 

*Endogenùes ecfdnatus ^ Ao.B>... 
*Flabeilaria parisûnsùy As.Bb.. . 

FamilUs douteuses. 

*PfylBfs hnearis , Ao.Bs 

— nerioides 

— mucronata 

— renâfornàs. ,\ 

— retusa 

— spaihuJùta 

— 2ancea • 



^ 



Spécifie, dt 
i|«clq. tcrr. 



tr. cale. . . 



U.cbIc.. . . 



tr. cale . . . 



prot ? cale. 



tr. cale. . . 
tr. cale. . . . 
tr. cale. . . . 

tr. cale. . . . 



tr. g! 

tr. cal. . . . 



tr. cale. . . 



(XLMPLES DE LIEUX 
ET OBSEHVATIOlfS. 



Bolca , ctc- 



Saiccdo. Viccatia. 



Par. 



Pa(a«ll«, prêt Ckia«p«. 



Par. 
Par. 
Sulccdo. 

Par. 



Vailly, prêt S^iatasa* 
Par. 



Par. 



54. 



1 Tàbliid N.* VI. 



CoTgt OTganitéi fotiiUs du groupe PAImKOTHÉRIBIV 
det terrains THALASSIQVfiS. 



H. 1. =: Harnea Ijnmiquei. 
Cyp.. = Cïf.e. 



Noms 




EXEMPLES DE l.ltUX 


Uahhivùbei. 

• Pulmilhliiim -noyiHm, Cor. .. 
— mnAViw.Ci 


OP'- . ^ •• 

WP" 

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«H" 

S7.::;: 

M. t 

WP^ .... 
Opi. .... 

(jpfc.... 

K.:::: 

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Of .... 
STP* .... 

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K,:'::; 

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P.r. LiGni'I.Daidogiia 

pin 
Fit. 

Pir. 

iMl.pm S.i.tl>.p,,L 

Fir' 
Pir. 
P«. 
P.r, 
L. PïJ-r..Vdjlf. 

B..lb.rg.p.liB.<.i<liU.r. 
B..U«r,. 

B«t«uL, t>c».u<i.ip.mEi, 

Ars™i.„. 

P»r. 

P.f. 

P.r. 


•55ri'';ïS.,fi.::::: 

— imiirii<m,Cf 

- P*ftVB=.,&V 




— eu'wuj.Ci™. 

Cinûi pariiianiil , V.ct 

Geneu» du pWIriètei, tir. ... , 

DiMplJ. porùirrais , Ctr.,Sc.u 

EconaiidapWlrlMH.C 

Loir d» pUlrièrtj , Cdi. 




L> Gnvc, L'AgJaoii. L* QuncJ. tb«b 
Vigne, Loi-ei-Cronnt. CuulMUdMJi 
Pli. 


HKPTllJl. 

Crocodile de. plïuiÈiH , Ci^.. . . 

— dAigtaua.CnY..... 

— œnnoir , floomi 

— d<!.molM.M.C=T. ... 

«Rordeidc. pUttiircj.Cn..... 


fSsJïBundM ÉipolesauB, Ci™, , . 


UEniugm. 



Tm. n.-Ml. > 



NOMS 




EXEMPLES DK I.IEUX 

tT OUUtATIOK*. 


PoTUONIt 
lËÉta aphaluM , B.,, Cit. ..... 


p.:::: 

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M. 1. >. . . . 

in- 

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pp" 

Mil!!!!!! 

M.'i...!!! 
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...» ? 8..). N. 4. «.Tui, .-.T».. 




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Rirliniiri (Aldkkr?. 






P.i. 
Pir 




HOUMqCK 

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P.r. 
P.r. 

Stliadl'. 




1.1, 4. Wijli,. 






— impu,^. Dup..;;!!!; 


B...-il1«. 1.1. d. Wi(kl. 

iiJ* «• vri|hi. 


AS* ««mmUI, iuh. 










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ImictM. 


' BP"- 


i.»:»..r-.. 














Onhopiii» {«.ir». SMP*™). . . 
BiplÉtM («tin» . S «y*«.). . . . ; 


liSr,-rJ:r.....-" ■•""•■'■ 



3 TiBi. N.'VI. 



THE 



NOMS 
DIS C0EP8 oA^Aimis. 

YéeÉTAUx. 
Mousses. 
Musette» Toumab'i, A».Ba... 

Éqnisètacées. 
JEçufseiipn brachyodon i . . . . 

Fougères. 
FiHcUei pofybotria. ....... 

Characèes. 

Chara Lemard., Duc 

— tuberciilosa , Ltbll. . . , 

Conifères. 

Pmut pseudostrobus (Jblia) 
Taxùes ToumalU 

Liliacées. 
SmllacUes has/ata 



Palmiers. 

» " Flabellaria Lamanonis . . . 
Comptoma ? dryandrçrfoUa 

Befiila dryadum 

Carpinus macroptera 



Plantes de familles douteuses. 

**Endogenùes 

Pottcùes 

PhylUtei lœvigata 

— Geslim • 



Spécifie, de 
qaelq, terr. 



M.I. 
M.I. 



M.I. 



M.I. 



EXEMPLES DE UEUX 
ET OB8KEVATIOK8. 



Anniuan, pvèt Narbonae, 



ArmiflMii, 



AnniMcn. 



Saint-Ooen , près Paris. 

White clift, dans TUe de Wisht. 



Armicsan. 
Armisaaa. 



Armissan. 



Ail en Provence. 
AnniMan. 
ArmÎMaD. 
ArmiaMn. 



Montm. 

Aix en Provence. 

Aix. 

Air. 



THE 



Tableau N.* VU. i 



Corps organisés fossiles des Lignitks des groupes MAR!VO« 
C0AIIBOIVNBVX 9 PAjLJEOTH&aiEN et TRITO.lilElf. 



Observations. 

La potition det différent dépôts de lignite et de U mirne irgileate 
qui les accompagne ou les remplace dant les terrains thalassiquesy 
devient plus incertaine que jamais. On peut rarement rapporter avec 
certitude à des positions géologiques détermioécs les lignites dana les* 
quels on a reconnu des débris organiques. Ces motifs m'ont engagé à 
réunir dans un seul tableau tous les corps organisés des lignites du ter- 
rain thalassique; mais j'ai cherché k indiquer, au mojen des signes con- 
renas et expliqués k I* tite de ces tableaux, la position certaine ou 
présumée de chacun de ces gîtes. 

EXPL. DES ABMYIATIOlfS. 

Lign. mol. = Lignite sui«ae ou de la molasse, ou palaothérien, 
Lign. soiss. = Lignite soissonnois ou tritonien. 

M. arg. = Marne argileuse sans lignite ni désignation de formation. 
H arg. P. = Marne argileuse palsothéricnne. 

n. ai^. T. = Marne argileuse tritonicnne. 

■ i^====sg=ggggpMMge3=ag===sggsgg=Bag=gMe=gBgBggas5SBS3asg 



NOMS 

DES CORPS ORGAITTILI. 

Corps organisés non ma^ 
rins. 

MAMMiriKES. / 
Jtastodon ipigustidens , Cor 

— elephantoides » Cu rr. . . 

— latidens , Ctirr 

ffîppopoiamus f Clift 

Kliinocéros 

Tapir , Curr 

* jtnthracotherium magnum , Cinr. . 

— minus , Cot 

— minimum^ Cct. . . 

— ahaticum^ Cnr. . . 

— silUtrense , Piirrt. 
*Lophiodon da Laonnais , Cmr. . . . 

Eos , Clift 

Castor des lignites , Cot. . , 

Reptiles. 

** Crocodile d'AuteuU , Cor 

— TuJgaire , Curr 

— de Provence , Cuv. , . , 

— de Sheppey, Cur 



Spécifie, de 
qurlq. terr. 



ligD. mol., 
lign. mol., 
ligo. mol., 
lign. mol. . 
lign. moi,, 
lign. moi., 
lign. mol., 
ligo. mol . 
lign. mol. . 
? lign. ?.. . 
lign. mol.l 
lign. soitt. 
ligo. mol., 
ligo. m^.. 



lign. soits. 
ligo. mol,, 
liga. soiss. 
M. arg. T. . 



EXEMPLES DE lAYXTL 
ET OIMERVATIONS. 



Korpfaarh, près IIorg*n (Zurich), 

Irowadi (fndrs). (•) 

Ira^adi. 

fratvadi. 

&oepfnach. Ira^adi, 

lra\>adi. 

(^adibona en Toscane. 

Cadibona, 

Cadibona. 

I^b»an. 

r.aribari an Bengale. 

Départ, de TAiine. 

Irav^adi. 

Kocpfoarb, pré» Horgen, 



AuleoSI , près Paris. 

Ira'wadi. 

Mine de Mimft , cnvir. d*Aix (ProTeace). 

Sbeppej , emboucbore de la Tamise. 



(i) On Terra, dans ToaTrage dont cet article est nn eslrait, les motifs qui me font 
soupçonner que le glie des osscmcns fossiles d'Iraivaéi est analogue au terrain de lignite 
suisse on de la ao)àsse. 



a Tua. N.'Tn. 



THE 



NOMS 
DB COBP8 OB-OASlsia, 



** Leptorhynci4s y Ctirr. 

**Effiyde de Shepppj 

— de riode , Gurr. 

♦♦Tryonyx de ]*Inde , Clift. 

HOLLUSQUBS. 
^Èmtrbis rotisndaiiu , AuBr. . . . 

— reguiarù , M. db S. . . . 

— mcertua , Fi» - . . . 

— pwictatus, Fin 

— PrevostinuSf AuBi. ,. 

Pf^sa antiçua , Fia 

J^mneus longiscaius , Al.Bb 

— de Sheppey , Bao 

Paluàina virgula , Fia 

— vmcolor , Ouv., Fia. . . 

— Desmarestii , Pair 

MeJam'a tridcea. Fia 

— Sscherit At.Ba 

Malanopsis buccinoides , Fia 

— costaia , Olit. , Fi». . 

. ^mpuJlaria ^at^'astt , AtJin. . . , 

JPfgn'ta globuhu^ Fia. 

— pisiformis , Fia 

— sobrina , Fia. 

Çyrena amiqnta , Fia 

— tellàioides , Fia. 

— cuneiformis 

— Crauffbrdi 

Çyeias palustris , Stoo 

XJnio ovatuM ? Stoo 

YÉGiTAUX. 

Fongèrea. 
Peoopteris 

Conifères. 

Pinus sphœrocarpa , Ao.Ba 

— omatOf STBaNB 

— Jamib'an'Sf STtaHB 

Taxites acicidariSj AD.Ba 

— tenwJbUa ^ Ad.Br 

— dwersifoUa^ Ao.Ba 

— Langsdorftif Ad.Br 

Junipêriles brevifolia^ Ao.Ba.. . . 

— aciaifoliaj Ao.Ba.. . . 

— aliéna , Ao.Ba 

Thifyagracilis , Ao.Ba 

— Langsdoijii ^ Ao.Bk 

— graminea , Ao.Ba 

Nayades. 
PotamophyU, multinervfs ^ Ao.Ba.. 



Spécifie, de 
qnelq. terr. 

lign« mol.. 
M. «rg. T.. 
lign. mol., 
lign. mol. . 



M. ar^ ... 

lic;n. mol.? 
M. «rg.T. 
M. arg. T. 
li^. mol. 
lîgn. mol. 
lign. mol. 
M. arg.T. 
M. arg. . . 
M. arg. . . 
M. arg. T. 
M. arg. T. 
ligo. mol. 
M. aig. , . 



Bf. arg. . . 
lign. soiaa 
M. aig. . . 
M. aig. . . 
M. arg. . , 
M. arg. . . 
lign. soiaa 
lign. coisB. 
lign. mol. 
lign. mol. 
lign. mol. 



lign. mol. ? 



lign 

lign 

lign 

lign. «oias.. 

•ign 

lîgo. toiM.. 
lign. BoitB.. 

lign 

lign 

lign 

lign 

lign 

lign 



lign. Boiar.. 



EXEMPLES DE LIEIJX 
■T OBSERVATIONS. 



Iravradi. 
Sheppej. 
Irawâdi. 
Irawadi. 



SoiBBonBoU; Bagnenx , etc. , près Paris. 

BaaaÎB d'Épemay, «ia 
Césmon (Hëraiat). 
Bagneuz. Épem. 
.Bagnem. Épem. 
Par. 
E^cm. 
Par. 

laie de Sheppey. 
Épem. 
Soiaaona. 
Par. 
£pera. 
RoepCnacli. 

l^eraay. Soiaaeaa. Calaean (Jnra). Heax 
denhiîl' laie de Wigbt. Italie. Sesioe ^ etc. 
Soiasonn. 
S. Panlet (Gard). 
Épem. 
Épem. 

Bacain d*u»eraaj; Soiaaonnoia, etc.. 
Baaain de Sainte-Marguerite , prèa Dieppe. 
Soiaaoo*. 
Soiaaoaa. 
Irawadi. 
Sniaae. 
Suiaae. 



Menât , en Anveigne . 



Erxleben, prèa Uelmataedt, 

Wallsch en Bobème. 

Tribliu en Bobème. 

Meitner, près Caasel. 

Comotban en Bobème. 

EnTir. de Caasel. 

Nidda , prèa Francfort. 

Comotban. 

Comolbau. 

Smetacbna en Bobème. 

Comotban. 

Nidda. 

Perntz en Bobème. 



Mont- Ronge I prèl Pariff» 



THE 



Tabi. n/ vn. 5 



NOMS 

VB COBB8 OBOAVUà. 

Palmiers. 

fhxmeùes purmlt 

Flaheiiaria raphifbUa , Sraivs. . . 

Cocos ParkûaonU 

•— Waujasu 

— 3urtim 

M oBoootylèdoDes doattiuat. 
Maioggmiet baciUaris 

Aflwntacéet. 

C omp t on ia acvtiloha 

SaUg? 

Popuius? 

Castanea ? 

Ulmus ? 

Joglaadées. 

Jug^artê wentricosa 

— Umrigata 

Acérinées. 
Aesr LangtdorfU 

Diootjléd. de fam. incertaine. 

PkfUùes eiftamomeîfoUa 

Astres espèces indéterminées d'a- 

mentacées , d'érables , etc. .... 

Capolithes de monocotylédone* 

— de dicotjlédone • • . . 

C^qfS organisée marins, 

CtritMun* yunotum ^ 8ow 

— mtlanoide* , Sow 

Ampuilaria depressa ^ Liv. 
Qgtrea beUovaoea ^ L * w 
•- incerta* 



Spécifie, d^ 
quclq. terr. 



EXEMPLF5 DE LIEUX 
ET OBStnVATIOICt. 



La CkaitrcMC, près 1« Paj. 

Horiag, «a Tyrôl. 

Shrppej. 

LibUr, pris ColofB*. 

Wolare, pris Bmsall^^ 



Kopback. LftUar. 



ComollMa. 

Nidda. 

Nidda. 

Menai. 

Comotha». 



Nidda. 
Nidda. 



Nidda. 



i mêlé et ad' 
héffent SB 
gr. m«nio> 
ckarboan. 



Hsbi^tsuald, ftkê Csm\. 

Nidda. Meaat. 
Sheppcj. Nidda. 



Btflsia d'Éperaai. AaTcrt» prèa PobImw. 
Bagaeax , près Paris. Saiaie-Bfaifveriie , 
près Dieppe. Setssennats. BeaaveisiS/ 
Hcadeahfll, «to» 



Tuulo S.° VDL THE 

t GRBTACB ia Unalat 
PÉLA&IQÎJES. 



Corpt orgaiùtét fouilct 4> cr» 
-"-ABU 



Cr. bL = Criic kUncU. 



Gl. CT. 


= Clamonip crïje 


„. 1. 






^■OMÎ 


Sp<.-,fi<r.d. 


EXEMPLES DE UEljl . 


CB 


loara oBO*i>i»i«. 


,..1,.t«.. 


W OB»BrAT10H«. 




Hn^itu. 






CrocodU 


deMnuJoB.Cn 


cr.bl..,.: 


<«lil« Yl.lU. Cil.) 


adonâ 


de M.e.lrict( 


n. «f..., 


MiblrirbL 


»«m™ 




n. «.f. . . . 


MiemicbL Siicbn. 




POIMUW. 




P». Perp'F»». «c- 


jft!^ 




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A™i««t™i,O.M.«....... 




SpBei. 


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i..bi..;.. 


S..W.. 




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cr.bl 




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rr. l.f. , , . 


Ipibfig. <« ScHig. 




ic^a.Bc 


CT. uf. . . . 










P.r. l'slugnF. 




Z*>,«n. C.M.-r.... 


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Sp,«.. 








Ihlib.^ [S»M=1. 


Ulualùc 


KBMùàida,!^-.....'. 


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Ktdota 






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SnnC 






CF. lof. . . . 








M.gl 






^u„^rf, G,Mi«- 




Su..: 














rr. luf. , . . 














JtanitJli.S-y 








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M-ïl 






Jaww.Sdw 


M.gl 








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Bn™. Su», [i;pl<M,u,, ti. M«.0- " 








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M-gl 


R««. San. {hkaua, G. M>iT.). 




■Jliro^qu, G.MiiT. .. 




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Tiii. N.' vni. a 



yîJilîr^.'lÙam.'.'..'.'. 

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9W^ WMU9IVJ, SnÂ......... 

Orna pUaiita , S«w 

r-lalM mniiiKi^, Sa«. 

— Pa-*û«ma. G. MÙi 

J^rvlv fùm/Ja , Nii*. , . , 

JTbjmT JU>.fi. Nrt. 

cww» 4/«i.>Hf. , s^K. ! ! ! ! ! 

TV^pHa pumila , Kwi. 

CmfdU^ E^^mt-ii, g Ni... .... . 

JmcmlB roH'i^'*»» V<t.. .'.'. 

Oam rfUtilarù Làa 

- Ijimr Si, Ku. 

— tlmMUM. Sn 

— «■w/w./rf.^Bm.,','..'.'.! 

— ^«brilifiirmi., K,c , 

PKeittula J^rÛMJd 1 HÎ.^ABf . ^ , . 

*CmtaiuM Cmûri Ar^B 

— tamaitii Plia 

atytHeidtt hiiatui , Sa\. 

J-o-iapili irumma, L.m 



sp*<^n. j. 


t:XfMPLF.S IlE lIEtX 


,>.»i,...„. 


«T i,»mv*tio«^ 


t.k-lr.i.f. 


R~», P«l(u„,. 




R><K.. Su... 


M.,1..... 


Su.. 




k.p..,(s.uc;. 




tLl^»,. 


cr. M 


i:M'i>ik«?u4 (^>4lcl. 


T fcl 


Uhirlulhc.l. 




P.... «K.,i.|, cStcJr 


M.,'i.';.".': 












M. «1 


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«. t.f . . . 


K,p„,. 


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S™'. 




K.pini. 




B.l,b-T. r-iufaci. 




('..<l.k.«.(SuU<). 




B.l.kc.,. 




B-«..S... 


m. lui..,. 


Balilirri. 


n. l-f. ... 




". b.r . . . 


S.». B«jJ»<Hk. 


cr. ur ... 


W.^, B.l.b.» 


|l. cr... 


SlHL I.LM.I. 


»l. 0..... 








". \-(..\ 


K,vl,^ ■ 




K.p^. 


^l^.«,.. 


^~ p'2,. *ni«- »^i* 


il. cr..... 


X.pi^ U.IU. 




u«... ^«■. s^oc. (PnArti. Un*-. 






n. mr. . . . 


M,^,L, <S.WO- ' ''"^ ' 


.....1,1.,. 


UU .11.^. Ii<vi<^. M<dU, «K. 


cr uf. , . , 


I.J. d-l». 


tritaf!!! 


m'a,."' 


cr. lar . . . 


41.«, «.cs.*i.> 






cr. l.f. . . . 










B.IU-Î 


cr...l. ... 


B.l.fc.,C. 


..b.c. eu 


P..i.. Kow. T«n. Saii*. 


„..;.... 


S.... 


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11".. J.irT- 


p. luf.,.. 


B.I.W. CK. 




Puii. H«». Su lie. 


cr. Bf.,.'. 


B.l.b..«. 




P.r, 




Kopioi. 


«.w 





3 T«L. N.-vra. 



— lamMlàiu, sûr.. '.'.'.'... '.'.'. 

"^BgtWma ipùtoium. Son 



fima rbfnwaù, G. Mui.. 
IÇlAuJwà, D<i 

• — (.//oBlito, Son .'. .. 



THE 



— àltrmtdia, Sn- 






'IfucIrtSlArs mlula , Al.Bh. 



~ rcUTMiu, a. M..T. 

Cidarit9i wulgarxt, LdH.. , . , ^ . 



Èî 


bi". ! '. '. 


















r. 








" 




^ 


b!' 






















c 


b). . . . 



EXEMPLES De I.IE11X 



AoeUl. Polog. KuplD|i: 



■■ Scuit. ((1U-. ,ir.aluii,C.!li 





PtÎi. AielM. Sdh. 




Aiglit. SuUr. Su». 




Pirli. Hirtf. 




















ADflM. Cl..rl.lb»1. 








Arsl. Cliflolkenl, 
















P.rii. Anglil. 








Ki,hj. 



THE 



Tm. N.»Vin. 4 



i:\E«Pi.Ks dF. Lit lu 



T. Mut.... IfT. kl. 



CaiyophylUa i^'Ulua, !.«- I cr. U . 



«fi^pv^âWAt ■■ 



> TiBLEAuN.'K^. THE 

Corps orgaimét foÂtilei marim du groupe AnÉHACÉ i4S 
terrams PÉLAGIQUES. 



Cr. luf. = Craie mran. 1 La difficulx! de Aitingner netl 

Cl.conip.= Claucoaie compacta. | ment C-. groupe» a engasé i rûpéli 
Cl. sah. = Clauconle ilblruie. t !«• ■leniii'-ie rocf.Pi iju cr. ci'éUi: 



NOMS 


Sp^rilSr. de 


eXKWPLES CE LIEUX. 


DES COBl-S QflOAKlSL.. 


,-.!,. ...., 


El ODSEKVATIOBÎ. 


ICHTMItlLlTHES. 






Dcnl) et Oi. 






SfualuiauMuiicii./ G.Muir.... 


g'. Ml. . . . 




- m-^lila? eau-. 


el. nb.... 






s'.»!..,.. 










Dii^dfn'.. ......'....'..,. 






MoLLDiKOEj et ZooHura. 






Xautihu li'npUx , So- 




ROU.-D. Ill.cl,d»w.. 


- u«rf«i«ar, Sr-T. 


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Bl.i=lc.i. 


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THE 



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P,iopsU.,ria,a,l^. 

JMruHn fu^Ht , Al-B. 

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- ir»/iï<i«ki, S-w.... 

- ff.ia.n. G. >!.«. 

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n. la* . . 

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CF. laf. . . . 
cr. I>l. . , . 
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Cf. ni(. . . . 

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P..» i. Rb. K.pi.( .. S.M.. 

AiH^'i- 

Pm* 4a ». R»«.. n^ F.1k«..« 

Xlbxaar. rrru d. Bk. Fu. 

Sa» 

N, Ht™. i.g1« 

La Ht.». 

U H«<F*. La BUai. Laatlul. 

La ll«kallr. P.... A» Rk. 

Priu ia Rk. U »!•>.. SaiHI. 

1* Him. 






— «•Jn,LiB 

— »-/-«J*Ha,S.Y. 

— Bli^orirù.Sty, 

— dVJo/M.Sa» 

■IfyliMiu l.ii„m,Se,t. 

T/,^dfm r»aïa«,D... 

— r"'™.*i- 

— ùrnùAenp/iala.Ui: 

— alM., . Lu. 

— plitiail.M , Sii' 

■>.^*^Ai.B..".*::::::: 


Sa». 

MaiUFiikb 

MinlrickL 

PiFW «a Bb. U IUtn. 
P'Fli 4<. Kk. Fil. 
La tU<n. 

LaMé-Fl. 

U Hl..a. 

Saun. 

1* Hl>n. f 


JtHjANÏW rofi^j.ALB 

^OrtùolilMi InvL-ulal'a. Ll».'.'.'.'. 

Tiuulana nrrifitrrmi, G. lliir.. 
■Jbw eftfà^Wr. L... 

Salbrho-' ritiai- , L... 

AfiocrbAatapHc«i, C. M..r.. 
VioiriDi. 

Alguai. 


Blariu. prhBij»» 
L,«-E.li. (D«««b.> 

Fi.. 

Pina 4a RMu. 

lilc dAii, fil. UlodxUr 
UI*4'Aii. 



3 TiBi. N.'IXvrf. 



THE 



NOMS 
^ DES CORPS ORGANISA. , 

JFucoides tuberculosus , Ao.Ba. 
— TargioTui 



— esçualis . . 

— diffcrmis . 

— intrioatus . 



suleaiits . 
ramosus 



Cjcadâes. 
Çycadîie* Nilsonii, Ao.Bi.. 



Nayades. 

Osterùes cauUno^olia ^ As.Bi. . . 

— lineata ; 

•» bellovisana 

— elongata J 

Tableau N.° IX B. 



Spécifie, de 
qnelq. terr. 



gl. cr. 



EXEMPLES DE LIEUX 

ET OBSERVATIONS. 



Isle d'Aix. 

ï'tt Voirons , près Genève. Macigno de 
Florence. Bognor, en Sossex. 

Vernasqne, dans le Plaisantin. 

Bidacbe, près Bayonne. 

Càxe de Gènf>5. Bidache. EnTiront de Flo- 
rence et de Vienne. 

Vemasque. Génet. Florence. 

Vemasque. 



gl. «ab. 



Scanie. 



Isle d'Aix , près LaroclicUe. 
Isle d^Aix. 
Isle d'Aix. 
Isle d'Ail. 



Corps organisés fossiles lacustres du sous^groupe rBLDisir 
du groupe ARÉNACÉ des terrains PELAGIQUES. 



EXPL. DES ABBÉviATIOirs. 



Arg. T. 
Sab. f. 



Argile veldtenne. 
Sable ferragineux. 



Lig. = Lignite. 
Cr. =r Grès. 



Keptiles et Poissons. 

Crocodiles de Sassex , Cuv. . . . 

Jkfeg^loisaurus , Gnv. % 

* Iguanodon y G. Mamt 

Émyde de Sassex , Gnv 



Mollusques. 

Potamidés ? 

Melama attenuata * 

— tricarinata . . . . 
'^* Paludina Jluviorum 

— extenso 

— elongata 

**Çynena rnembranacea» . . 

Cardiwn ? turgidum . . . . 
**Çypris faba , Dis« 



sab.f. 
sab.f. 
sab. f . 
sab.f. 



VÉGÉTAUX. 

*Pecopteris reticulata, A\».Br.. . 
**Sphcenopieris Mantellit Ao.Ba. 

Clathraria I^elliy Ao.Ba 

ihrpolUhes Hfanteili, Ao.Ba... 



arg. V. 
arg. V. 
arg. V. 
arg. V. 
arg. V. 

•»« 
arg 






Forêt de Tilgate (Sussex). 
For.^ de Tilgate. 
For. de Tilgate. 
For. de Tilgate. 



Snss.' 
Sass. 
Suss. 
Sass. 
Snss. 
Sass. 
Suss. 
Snss. 
Snss. 



For. de Tilgate. Env. de Beravatt. 

For. de Tilgate. 

For. de Tilgate. 

For. de Tilgate. (Ce frait est probablement 
ceini de la plante précédente» qur se 
rapproche surtout da J^anthomea et du 
JDractena. ) 



THE TaiwhjN^X, 1 

Corps organisés fossiles du groupe éPIOUTHIQVfi des 

terrains PELAGIQUES. 



ExfL. Dit AiaiviATiont. 

Cale. p. = Calcaire milUinrporl- 

landicn. 
M. arg. liaT. = Marne argileuse ha- 

▼rieaoe. 



Cale. cor. = Calcaire ceralli^e. 
M. arg. oxf. s= Marne argileuse •&- 

fordienne. 



NOMS 

DBS CORPS OEOAKiSis. 



RZPTILBS. 

GaTÏal longirostre , Cot 

— brévirostre , Cov 

Ichihyosaurus ( espèce iodeterm. ) 
Plesiosaurus récent ior , Coaia. . . 

MOLX.USQUES et ZOOPHITKS. 

Belemmies 

NauttltdS angulusus , U'Ou 

Ammonites giganteus f Sott 

— Duncani^ S«w 

— caUovi0rui$ , Sow. . . 

— armatus , Swti .... 

— ejccavaius , Sow 

'* — tripliratus , Sot» 

— perarmatus , Sow. . . 

— iongispiniu , Sow. . . . 
Mdama headingtonensis , Sow. . . 

— stHata , Sow 

Turrùella muricata , Sow 

. Turbo muricatus , Sow 

7rochus bicoronatus , Sow 

— reticulatus , Sow 

Pterocertis Oceani^ Al.B».(i). . . . 

— ponti^ At.BB 

— pelugi^ Al.Bi^ 

Pecten lamellosus , Sow 

— Jibrosus , Sow 

**Ostrœa grœgarea , Sow 

— cristagalliy Smit» 

— Marshii ^ Sow 

** — deltoidea , Sow 

— palmetta , Sow 

lÀ/na rudis , Sow 

— proboscidea , Sow 

Phoiadomia protêt y AL.BB.(a). . . 

Puma gramdaia » Sow 

Avicula inceqvivahiê , So w 



Spécifie, de 
qa«lq. terr. 



M.arf. hav. 
M.arg. luiv. 
M.arf. bar. 
M. arg. oftf. 



Ma luctCc 
Cale. P. . . 
Cale. P... 
M. ar§. oaf. 
M. arg. 4»af. 
M.arg. otf. 
Calr. cor. 
Calr. P. 
M.arg. hav. 
M.aig. hav. 
M. arg. oxf. 
Cale. cor.. 
C^Ic. cor.. 
Calr. cor. . 
Cale. cor. 
Cale. cor. . 
M.arg. bav. 
M.arg. bav. 
M.arg. hav. 
Cale P. 
Ce. et M.otr. 
Cale. cor. 
M. arg.bav. 
M. arg. oif. 
M.arg. o«r. 
M. arg. oif. 
Cair. cor. 
Cale. P. ? . 
M.arg. bav. 
M.arg. bav. 
M. arg. okL 



EXEMPLES DE UEUX 

rr OBsmvATiovs. 



Honflevr. 
Uoalevr. 
Hoafl««r. Otford. 
Kiaicridge. HomBrvr. 



1>U d'Ail. 



Bocben d« Divat. 

Divei. 

Eimeridge. Hradiagtoa. 

Wrjmoutb. 

Weymottib. 

^^rv■ioutb (Yorkabira). 

Wejaoatb. 

HAvre. Jara. Perla da ItbAae. 

HAvre. Jara. 

HAvre. Jura. 

Ottonl. 



WeyBBOolb. 
Oiford. Eiaeridge. 
O&ford. Le HAvrc. 



Le UAvrf. 



Loix {^m de Bbé). Wcjmoutb. 
llAvre. Jura. 
Divea. Weymonib. 



(i} Décrita ao«t la Bom de iffroin^/ dana naon Mémoire sur les Caraetèrei toologitjuet 
êet formations ( Aao. dei mines, iKii , p. 554» pi- 7 » Ag. 1, a et 3^. M. d'Orbigoj a 
reconnu depuis que c^étoicnt des Ptërocères. 

(a) Dérril dans le même mémoire sous le nom de eardium protêt ( pi. 7, fig. 7). M. 
Sowerbj a fait de ces coquillesi dont l*oaveniir« est biiUanle) le genre Pholadomim. 



2 Tabi. N.'^. 



THE 



NOMS 

DES COBP8 OtiGASlSÈS 



**Pema anculoides , Sow 

Xtftilus pectinatus , Sow 

Donac&es Alduini , AL.Ba.( i /. . . . 

PhigioMtoma nbscurum , Sow. . . . 

JLutraria 09aHs Sow 

**Giypfuea dUatata^ Sow 

— qymbinU' . l^i^M 

— ineurva , Sow 

«* — pir§ula , Dira. 

^Prigoma olavellata , Sow 

— C'Stattt < Sow , 

Terebratu/a ' rmthocephala Sow. 

CJypeus cumrularis , Ssoc 

ddaris papiVosa , Pabk 

— intt-rrn dia^ Pam 

— diadema , Par» , 

CariophylUa carduus? Pabk 

— cespùosa ? Pabr. . . . 
Asireajaposa ? Smitb 

VioiTAUx. 

Cycadees. 

Bucilandia depressoy A». Ba.. . . 



Spécifie, de 
^dq. terr.' 

M. ar|^ oaf. 
Cale. cor.. 
M.arg. liâT. 
M. arg. oKf. 
C«lc. P. 
M. «rg. oif. 



EXEMPLES DE LIEUX 
KT OBSERVATIONS. 



Wejmonth. 
WeymouUi. 
Hâvr*. Jara. 



ikw. *i5« wai» WeyiBOIlul» 

M.arg. liaT. t Mortagne. Kellawaj (WUuhire). 
M. «rg. o«f. ■ 



Calr. ror. . 
M.aq;. bar. 
C. P. cor. . 

M.a.h.etC.«. 
M. arg. oxf. 
Cale. eor. . 
Cale. cor. . 
Cale. cor. 
Cale. cor. 
Cale. cor. 
Cale. cor. 
Cale. cor« 



Cale P. . . 



HAtre, etc. 

Wejmondi. 
Weynaoatk. 

WeymoBtli. 
IVcymoath. 



hie de Portland. 



(i) Oavrage cité, fig. %. 



THE 



TâiLUu N.* XI. t 



Corp$ organisés fo$$iU$ du sou s •groupe SUPRAJVRASSIQUB 
des terrains PELAGIQUES JURASSIQUES. 



EXPL. DBS ABRiVIATIOIt. 

Cale. sck. = Calcuire tchiitoide. | Mara. arg. cz Mam« argileuse. 
Cale. loop. = C-ilcaire zoophjtique. | 



^OMS 

DB8 CORPS OAOAlfIsés. 

Mammifères et Oissauz. 

Pideipht's • 

Omùholùhes ? 



Reptiles. 

**Gavialis priscus^ Scta 

** Geosaurus giganteus^ SotH. ,Cor.. 

Megalosaurus Buckiandi 

* Pterodactjflus longirostrù , Scsa. 

— brevirosiris , Ccy. . 

— gritndù , Co 

Èmyde da Jura , On 

Poissons. 
Clupea sprattiformis , Bu 

— Knorii^ Bl 

— Davilii^ Bt 

Mollusques. 

Ammonites discus ? Son 

-.- planulatus , Se il.. . . 

— eolubrinus , Rim. . . . 

Ifagitus 

BtlenuïïUes 

Turbo 



Spécifie, de 
•{uriq. lerr. 



ralr. tek. . 
cale. Bcb. . 

calr. Mh. . 
calr. srh. . 
cale. acli. . 
cale. («II. . 
cale. Bch. . 
cale. «ch. . 
cale. Kh. . 

cale. Bcli. . 
cale. acb. . 
cale. *ch. . 

ealr. «cli. . 
cale. «cil.. . I 
calc.sch.. . \ 
cale. icli. 
cale. tcb. . 



EXEMPLES DE LIEUX 
■T UBSBRVATIOKS. 



TwriteUat 



BjMtellaria. 



Patella rugosa , Son 

Modiola imbrictaa ^ Son. 

— aspera^ Sow. . . 

Unio ? 4MCiUa , Sow 

**TrichùeSt D«»» 

Pâma granulata?? Sow.. 
Trigonia clat^eNoia , Sow. 



Icale. tek. et 
mara. arg 
(cale. «cil. et 
nam. arg. ) 
cale. sck. 
cale. «cl». . 
cale acb. . 
cale. ach. . 
cale. aoop. . 
calcscb.. . 



•• 



— costaia , Sow. 



Cardiia deUùidem , Sow. . 

— lyratOf Sow. . . . 

— producia , Sow. 
**lMtraria Jurassif Al.Be. 



Mya scripta , Sow. ..*.... 

Ventu? 

Cryphœa cymbium , L*«. 

Ostrea Marshii, Sow. . . , 

• * — cristagaliifSQai. » 



cale. acb. et 
mars. arg. | 
calcb icb. . 
cale. «cb. . 
cale acb. . 
cale acb. . 

cale. ach. » 



ealc. soop. 



cale. icb. et 
auiB. arg. 



StoaetfirM. 
SioBetficId. 

MoabeiiB , pré* Boll. Eicbaladt. 

MoahciiB. Eicb«lsdt. 

*^toBetrield. EiebstMit. 

Eicb«urdt. 

Wioditcbbor, prè« EicbMaidt. 

Solenbofen , prèa EichtiKdt. 

Préa Solearc (tloai). 

Pappenbeia , prèa Eiebatrdt. 
Papprobeim. (I.rs autres ••pèeca ÎBdiqstfea 
•ont douteuses sous to«a Ica rapporta.) 

Stooesfield. 
Solenbofen. (GiaHAa)^ 

Stoaesfield. 
Stooesfield. 
Ânglet. 

Anglel. 
AagUt. 

Anglat. 

Anglet. 

Anglet. Caen. 

Vermanlon. 

La RocbalU , Pointa daa Hiaiaiea. 

Anglet. 

Anglet. 

Anglet. 

Anglet. 

Anglet. 

Lîgnj. Mena*. Pointe de plooab k La Ra- 
cbeîle. Anglet. 

Mesnil, près La Rochelle. 

Anglet. 

Environs de Caen. 

Anglet. ( 0$tr*a flah^Uoiàu , Lam. , vrai 
osir» diluÊfùniM , Lim. Cea aoais paroi»- 
sent appartaair • la niéae espèce.} 



54. 



-3 TiM. N.'XL 


THE 




NOM5 




EXEMPLES »E 'lEUX 


Oj/raa «.™™/a , Se- 


™n.. .rg. An» 


... 




.pl-S.B». ..)... 



PiceplirU SigM, Ab.B.. . , 
S/i^BH/utrii /trniemp^/loii/i 
Tœmoplcrii 1-ii/bUj 



SgltBlisra. (GlU 






THË 



TiHUo N.'Xn. I 



Corpt organait fotiiUt dei Mat'groupei MÂDIO- el INFRAJV- 
HASMQIJBS du lerrain* PÉLAGIQUES JURASSIQUES. 






Mcd. ]. = Groupe mâlioiDriHi<|ae. | Infr. )■ (. : 

lalr, j. = Groupe iDfF*juriuii|BP. | que {errugiaCBi 





WUMS 


SpfcLPr.d. 


EXIMPI.KS [lE LIEUX 


DEJ 


CURM 3«OAS1.lij. 


I-'H""- 


ïr OURR, 4T10S1. 




B»rm». 










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Ktlin. Uk.B(our t-i.Mli'' 


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JaT^^.S-w 


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A.tl.<. 




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M., .t... 


AoglBl. n^Bi.f 




cordalui, Soi> 


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a,KA.Ï, Sun- 


Irrr. ,(, ,. 


Ut-iri... 




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lofr.j.r... 


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tvila^li. Sot. 


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An|lM. nnodr, 






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dïm'il^lù, SoK 





„.,j;'"L.,*. 


Sp.'c.fir.J, 
q=cll. ,cn. 


EXF-Ml'L 


ES DE LIEUX 


— aMr«wr/iU,S«» 

— Jlatiimii ,S<>*. 


Lalr.i 

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Miibfr.'j..' 

i°t,j!-::: 

Sir 

JXcVj. 
M.«i«fr.i. 

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m! mfr, j. . 
i.tr. ).... 


A^glC. UaoJrJ. 
A.»l„, 0.»d.î. 
AogtcL Dn<.*r,. 
Augld. Disdrj. 

AWcc tV«„). J 
Aagl.L DvDdrj. 

A.gl«, AI-..«. 
Am'ïr. Durul>r. 
ADgIct. D..drj, 
Aiglo. 
Al«i (V.m3, 

A»Bl«, 

A»|tf... D-nd-r. 

AI..ct. ApiI-l 
A.,l«. K-drj. 

Anflt. Alau. 

a-bI.,. ai»c<, 

A^gWl. AlH^c. 








•CÏ>™.*«lMl-.Soi. 








JtaUtDa"" 


I.V.lliDBlK. Iiled'Aîi 






- ;sî"Si-.:;::- 




- elK-f^a. 8.W 

Oic^ia olJangm. 9*w, 

Cardilo? Di/uia.Soi'. 




- ddloid.,.. S=f. 

— ffralfl.S.B 




























JBra btiirmedia, Sow. 




Modioh uiw>'M,S»n 




-TrJeMd, II"». ; Onrw »™At- 




— niJlow.'B,»!.!. '!.!!!. 




r ::n,'":.'n:v.:;::;: 





Tut. N-* Xn. 5 



NOMS 


Sp*iftr. it 


t:;^.!™" 


Pm™ /ai . S.-. 

- JU«™, S... 


Et 

ïï:r- 

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M.«tar..î. 

»fr. i. 
Ufcj. 

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il.f..*i..*.i. 

M..i.oft.[. 

M. cti>r... 
M...i-rr.i. 

»b. i 

i.fr. j. .. 

EH: 








- «^M~«.,S.» 


*.(!«. B-T-.. 


- «Aiw^.S»- 

„ATl-«K»torf„.S.- 

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- rt-mta?b.y< 

- A,«™i,8.i. 

- dlp^pw , Stw. 

- «-/,., 3n.. 

" — »f IWM , S«> 

ruJii. sli.t (ë«:i. 


Asgl. D.^rj. Jni, Lh. fiti £■» , W. 
A.|l«. D-diT. J.«. L«. 

A^lo D.HI.J, J.n. Ur. 
Ai>»l«. DudiT. L.r 

A-Uri- 












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TiGÉTADX. (0 
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DU COBTl ORO*»Jîi». 




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n.tr.i..,. 

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THE 



TAtLiÀtr N."" Xm. I 



Corps organisai fouilet des groupes du LIAS et dm KBVFBil 

des terrains ABY8SIQUB& 



£XPL« DBS ABRiTIATIOVS* 



L. = Lias 

Or. 1. = Grès da lias. 

Ajnp. 1. = Ampëlite da lias. 



K. = Reiiper. 

Gr. k. = Grès da keuper* 



NOMS 
DXS COEP8 OROAHUis. 

RXPTILIS. 
Ichtyosaurus commimU, Délai. . 
^^ platyoéon , Dilab. . 

— tenidrottris , Dilab. 

— intermedius t Dblab. 
P2en'osaur. doUchodeirus , Coiin. 

Poissons. 
Bapediian poKtum , DitAsàcts . . 

Mollusques, etc. 

Ammonùes planorbis , So«r 

— fValcotii , Sotr. . , . 

— armulatus , Sow. . . . 

— comjmtrds , Sow. . . . 

— anguItUuSf Sow. ... 
~ gigaiaeus , Sow 

— JBirchiif Sow 

— Bechei , Sow 

— armtuiu , Sow 

— plamcosta^ Sow.. .. 

— stellaris , Sow 

— Srookii, Sow 

— Bucilamiu , Sow, . . 

— CoTQrbêori , Sow. . , . 

— JimbriatuSy Sow. . . . 

— Grenoughii, Sow. . . . 

— HenJeyi^ Sow 

— Loscombi f Sow. . . . 

— obtusus , Sow 

— heterophyîlus ^ Sow.. 
Selemmies brevis , B^ 

— apicicurvatus , Bl. . . . 
— ' giganteus , Scbl 

— pemcilltuus , Bl 

— bisulcatia , Bl 

— jialemis^ Volt» 

Hautilus intermeditts , Sow. 

— striatus , Sow 

— tnptcatus , Sow 

Trochus di^>Hcatiu , Sow 

— similis j Sow. 

— imàricaiuSf SoW* • . t •>• 



Spécifie, de 
qvclq. l«rT. 



K, 

L., 

L. 

L. 

L. 

L. 

L. 

L.. 

L.. 

L.. 

L. 

L.. 

L.. 

L.. 



L... 

L... 

L... 

L. 

L... 

L. 

L .. 

L... 

L... 

L... 

L... 

gr.I. 



L. 
L. 



L., 



EXEMPLES DE UEUX 
IT OISBTATIOTC. 



Eotre Lj««-Befb «t Ck«rB««Ui (DoiMt.). 



Ljme-B. BmioL NcWcasiU (NwlhsBk^ 
Hooflevr. 



Ljme-B. 



Ljm^-B. 
Batli. 



Charmoath. 
Ljmo'B. 
LjB«-B. 
LjBe-R* 

Ljme-K. 

Sa th. 

Anglct : Batii «t LjflM-K. 

bofea et BovxwUIer. 
Ljote-R. 
Batfa. 
Ljnae-R. 

Lyme-B. 

Alait. 

Alaia. 

Aaiberg. 

Salins. Andace (Gard). 

Caon. 

Aalen en Wurtenb. 

Anglet. AUace. 

Bath. 

AUac«. 



a Tm. N.- Xm. 



...c»'.","™™ 




'™?«v'L"r" 


Sellcir-ai CKmptttlB, Soi- 

- w/»n«a«,S=*. 

lftl<™a aritui.S-'w. 

CailMmi 


U-...... 

L. 

L. 

L, 
L. 
L. 

L '.'. 

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L 

L 

L. 

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L 

L. 

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L. 

L. 

L 

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L 

L 

L 

L. 

L. 

L 

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L 

L 












Zutrarm «nifew.S.i. 


j,...<y.„). 








41«cr. Sorboro^i eu AogliUTni. 

ADgl. 

3:; 

P.runl. r Ne piroii p>i aatict de l'ai^ 
Glaiiorg». 




- *v.™i<.,S<.«. 


— hillm,, Sew. 




- Diî/ïua«.Sa« 










Pana 7 nylHi'idl . S« w 

J'i.giauama p^u,a , Son. ... . 
— gipiMM, Sow 


A=sl«. 

Cb «ml d» «phiH dg Wïrt 
B.th. AU.». 

AheIil AIhcc, GaoJ'-l.lit.Ccii- 
Ai.gl«. AlHcr. 

L» NiDel^.ll , prèi Blln 


— scuM.Son 

— c^»™™, Sdi. 

J//T/ir fy-lcal!i,S'^ 

£chima. 

— iasak:fiTmU, M.u.. 

VÉGtTAllX. 
Sfdiilurn Mifnu™. An.B. 


L 

L 




Ufic en ScW» (Aa.Bi.;. 



THE 



Taii. N.'Xm. 3 



ROMS 
BB COAFl OWJjmfa. 

pÊCopttrU agaréhimna 

-^ Mèriam 

*ClatAropt4rii mtnisccitUs 

TmniojHtriM mttatJ 

Mmrantoidéa arenucêa , Ja«tt. . . 

Ijfcopodites pattns 

GtdmiteM NOsofài 



Cjcadèet. 

Bechii 

— Bucklandii 

*Pt€ropf^lium kmgi/bb'um 

— Jetigeri,*" 

— Mtriani- • • 

— dubÛÊirH • • • 
"^NUsonia brwns • • • • 



Spcciftc.4« 
4«cl^. Urr. 

gr.l 

!%• • • ■ 9 • • • 

{r> ■• • «^ • • 
gr. 1. et K. 

r-i 

g' 1 

F» 



L... 
L... 
K... 
gr.I. 
K... 
gr.I. 
gr.I. 



EXEMPLES DE UBUX 

R OBttaVATIONS. 



Hôr. 

N«a«w«lL 

iiôr. S«iai^Éai«uie (Vttfn}. 

Hôr. NctMwali. 

Eavir. 4a StaUfirL 

Hôr. 

Uér. 



LyflM-E. 

Ljme-B. 

NcocwtlL 

Eavir. éê Sfalffan. 

N«u«weit. 

Hor. 

Hur. 



La faaiille det Cyradën , ^i coamcncc «a Zamiut t J m domisanle. On a^j cassait 
cDovre aaoma pluie da la fcaUla des Caaifèret «i BaMWeoM daas la tornia 

(Aa. Bm.) 



54. 



1 TiiLEiu N.* XIV. 



THE 



Corpi organisés fossiles du groupe CGSÇOÏÏVDBSÎ des 

Urrains ABTSSIQUES» C 



NOMS 
DES €0BP8 onÙASlsi». 



Mollusques. 

Grand laurien , Cov. . 
Plesiosauna , J«oim. . . 
KyncboUtes 



itAmmonites nodosus , Scil. ... 
*Nautilu$ bidorsatust Scil. 



Spéciiir^de 
qnelq. terr. 



• ••••••«• 



Muetiimm olsoleium , Scbl. . . . 
Sirombàet àenticulaïus ^ Scbl. 



Venialites torqualus , Scbl 

— IceVïS , &€HL 

Patelïites mùratus , Scbl. 
Myacite» elongatus , Scbl 

— muicuioides , Schl. 

— ventricosus , Scbl 

Cardlum {jchamiles , Scbl.) stria- 

ium 

Pîagiost. {fihamites , Schl.) pimc 
iatum ............. 

— It'nealum 

itOstracites pleuronectites Iceviga- 
tus , Scii. 



• ••#••• 



*»«•••• 



-^ pleuroneciUes disci- 
tes , SciL. 



Ostrea cristata d{fformis ^ Scbl. 
Pecten {pstracites pectinites) reti- 

culatus , Scbl. . . , 

Sponàyl. {ostr. spondiioides), Scbl. 



EXEMPLES DE LIEUX 

ET OBSERVATIONS. 

/ . . 

[saure. ) 
Lanérille^ (Penl-étre voMin de TicLthyo- 

BoU en Wurtemberg. 

Lanéville et GôUiDg. ^Blcm. (Corpe qui ont 
de r«aalogie avec le* bec* de êèrhej) 

Gôidogiie. Tottlon. Le Meùner. Wartemb. 

Lanéville. 

Weimar. Hd a^ i rg , Wurtemberg. (Ton» 
troi* da genre Ceratitps de Haah. Ainti 
il n^j anroit pa« de \riiiet ammooiles d«o« 
ce terrain, ) 

Gôtlingue, 

(ReMemble beaucoup au strombus [^ro9'' 
Ullaria] Oceani , Al.Bb. (i), da eàU 
caire itolithique supérieur du Jura,) 

Gottingnef 

Gottingue. 

Wurtemberg, 

Lunéville. 

Gôttiogue. Wurtemberg, 

Gottingue. Toulon. Gotba. 
Gottingue. 

Gôtlingue. Lunéville. Toulon. (CVst un* 
coquille très -particulière, qui n^appar» 
tient ni au genre Huître, ni à aucuo 
des genres que )e connotsse. ) 

(Ke paroit différer de la précédente qn« 
par la taille, } 

Lunéville. 

Gottingue. 

Lunéville. Gottingue. Toulon. 



(i) Sur les caractères coologiqucs dc« formations. Annales des mla«s, i8bi , tome Ç| 
pag. 570 , pL ;, fig. a. 



THE 



Tau. N.» XIV. a 



nous 






— mifgank , Stit, . . . ^ 

— r evnrinmrù^ Scn... 
*ifyttiiùeâ socMif, S«at, 



— eosta/us , S«au 

— incertua , Scil. 

— eduVJbrmis , 8ai. .... 
Tertbrtitttla 9ulgaris , Scii. . . . 

— orbiculata, Scti;. .. 

^Ene timtes UKiformis , Scil. .... 



TÉoiTArx. 
llenûpee rû Caittardoti ^ k»»^%. . 
Mknteilûf fyKndrica , As.B* 



Spérifir. dr 
qariq. Icrr. 



• •••«• 



• • • • 



EXFMPI.es de LIEt'X 
Cr OBUUVATIOKS. 



Gnuingne. L«B^«iIl«. (GK|uiUe qtt*tl ■• 
favt p«« confuadrt avec Itt lri|{onellit«t 
4c Parfciatoa , ^grmf trèa>dHff4r«af. ) 

Gûllingve. (Penrroit tr4»-bt«a lirt la )«•■• 
!§• da fHcidml.) 

Goitin|a«. 

GoUinfue. L* ■§«•! IkwNr •» Umm. 
Toalo». UatfrilU. WarUahM» (C«tt*«0t 
rertain«B«at pat ■■ M/iifai.) 

Gûiiiagae. 

Gôtlingue. 

Gotlingaf. ruaëTÎHc. 

Gôuiogvr. Lunévillc. Toulon. Wartcal». 

WnrtoBkeif. 

G«>itiiiftte. Wartembeii;. 



Laaénllc. 
Lanëvîlle. 



ifola. On pent dire qac pr«sqn« loat ^et corpt organistfa sont caraeUriuiqaat da froaf« 

ewekylîen ; ceni qu^on a naarqotft d^one actëritquc ( * ) paroîMoat la caractéritar cacora 

fVis particolièremcol. On remarquera avec M. Élie de Beaumoat , qn*on a'a eacora ra« 

«««■ dana ce terrain ni bëlemnites al ammonite*, ti aboadaas daat le lias, et qa*oa 

n'r die aacun de* prodactua qui vont «a reaconirer ea aasai graad aaaibra daaa la tar- 

nii taivast. 

Lct Tégëunx j font ea très - petit noaibre > et y ont i\é ërîdeaaoïaBt tnaipartéi par 
la coara d'caui 



3 Ti«. N." XII, 



Abb1«, Al..ce. 
Aa,l.l, Du,d^, 



CueuUea ahlanga, E 



— <D>dni>a,Ssw,.. 










THE 


Tm. N- xn. 3 




SOMS 


S|,fclBf. d< 


EKKMPIJW or LIEUX 


ED 


COtn OiOAKlttt. 


q..l4. W. 


»r OUDï^TlOSt, 


^,.,„ , 


™.S.w 


|,f,.i,f.,. 




— jsi,-M(u,'s.T.. ,.!!.!!!! 


M. «ibr>.i. 












-W. j. 




Cçro*— 








tsic.V». So" 


i.f'.i. ... 


A>itl*i. H-;™. 


- ,,ï*o«,fi.w 


i.r.,i- 




.A^u£> 


r*j/a/B, Sow 


M.Milftj. 








ii^l 




Pintan 






J>i^«« 










i.f..j. 




~ 


ptBMtal&tw. 


Wr. j.... 


Ul.< J. li.. .1 \^^,H i<i p» H. 




Jla |-W*™n£w,S«r,.,, 


M. «terri. 


lU|l«. AI.». 






J-fc. j. 






(imwJD»a,S«>. .!! 


t.f-.j. 






rf;(OM,S.B. 


M.«]»f,.. 


Aifl. Dinir^. Jun. Lx.firkCHii.nr. 




-r^lm^Mm,^,^. 


M. «iif..j. 


*.,l«. D-*.j. J.». W 




o^»Ia,S«., 


isf.. j. 








™fr. j. 






/r,«/lB , Ss*t 


»f'. 


AmI«. D.«I.,. J.r.. I*. 




o*«/*,a,S.,. 


M,«[..,.j, 


tnglM. Dui^rr, J.». Ut. 




lpi«Bi. , S^w 




Aigl,., Dui^. Luf. 






bM. i'. 














m/il . S»». 7 (Pki, 








irt^«u,S<.L.).. 




A»b«^ 


>6/rH,. 


ZODFHITO. 


■••li. i- 








&^ 




■•rr. i-... 








F(i.(iii. AI»». 




ulif luitrciilaOu 




A1.U.. 






M. a iBfi.i. 

M.«idr..i. 

M.,,i.(x.j. 














TiciTACi. (0 












£fuùf<ii' 


Faagini. 


'■^■' 


nkitlj. B~n. 


for/jj-*» 




i.f,. J. . . , 


Wfciib, 






lof,. ,-.... 

■ori. j 


s 






rù t*'iiii^^i.\\\'. 








intr. j.... 


wu»r 








taft. .... 


W^iAT 








M,, i-... 


»l.iifcj 






, pofyp^Jioii». 


i.tr.i. ... 


m,»; 








i.f,. j.... 


«lu,, 





. ttftia H.I liiiw d. Pi.dnai d'n. Utuln 



THE 



«„r"„ 


TlÉt 






™- 


S DE LIEUX 

ERïlTTOFS. 




ï;::;:;: 


Whabj. 

Biin.b.>]iii 
WhUbj. 

sîiî;: 

a- 


B-n., 





































Cjodéei. 
PlernphjrUuti PfilUar 


........ 


i-fr.j..,. 








- ««*■■ 












- FnaM. 








THE 



TAittAir N.* Xm. I 



Corps organisés fossiles des groupes du LIAS et dm KBVFBII 

des terrains ABTSSIQUB& 



£XPL« DtS ABliTIATIORt* 



L. := Lias 

Gr. 1. = Grès da lias. 

Ajnp. 1. = Ampëlite da liât. 



K. = Reiiper. 

Gr. k. = Grès da keaper. 



NOMS 
DCB CORPS ORGAHUis. 

RXPTILIS. 

Ichtyosaurus commumt, Delab. . 

— platyodon , Dilai. . 

— tenidrostris , Dblas. 

— intermedius f Dblas. 
Pîesiosaur. doUchodtinUy Coiin. 

Poissons. 
Bapedium politum , DitAsàcBi . . 

MOLLUSQURS, etc. 

A mm o n ites pJanorbia , Sow 

— PValcotii , Sow. . . . 

— armuJatus , Sow. . . . 
^ commtjnù j Sow. . , . 

— angultUtUf Sow. . . . 
~ gigonieua , Sow 

— Birchiif Sow 

— Bechei, Sow 

— armatus , Sow 

— planicosta^ Sow. . . . 
—• Mtellaris , Sow 

— Brookii, Sow 

— Bucklandtt , Sow. . . 

— CoTQràeari , Sow. . . . 

— ^mbn'aiuSf Sow. . . . 

— Grenoughiif Sow. . . . 

— HenJeyi^ Sow 

— Loscombi , Sow. . . . 

— obtusus , Sow 

^ heterophjttus f Sow.. 

Belemmies brevis , Bt. 

— apiciciarvatiu , Bl. . . . 

— gîganteus , Scbl 

— peniciUattts , Bl 

— bùulcatta , Bl. 

— jialeruis , Vovn 

Hautilus intermedius , Sow. 

— striatus , Sow 

— truncaius , Sow 

Trochus diipKcatus , Sow 

— sùnUis j Sow. 

— imbricatus ^ SoW* • . . «m 



Spécifie. d« 
q««lq. l«rT. 



K, 

L.. 

L. 

L. 

L. 

L. 

L.. 

L.. 

L., 

L.. 

L. 

L.. 

L.. 

L., 



L... 

L... 

L... 

L. 

L... 

L. 

L .. 

L... 

L... 

L... 

L... 

gr.I. 



L. 
L. 



EXEMPLES DE UEUX 
IT ORfBlTATIORt. 



Eoira Lj««-B«^ «t Ck«rB««Ui (Dvimc). 



lioofl««r. 



Ljme-B. 



Ljna^-B. 
Baïk. 



Cbaraoath. 
LjBc-B. 
LjBo-B. 
Ljme-R* 

Ljme-K. 

Sa th. 

Anglet : Batli «t LjflM-K. 

bofea et BownviU«r. 
Ljote-B. 
Batfa. 
Ljnae-B. 

Lyme-B. 

Alait. 

Alait. 

Amborg. 

Salins. Andoce (Gard). 

Caon. 

Aalen en Wurtenb. 

Anglet. AlMce. 

Batb. 

A1mc«. 



a Tju. N." Xni. 



DU CÛHfi OHCAHISÉS. 




EXEMPLES DE LIEUX 
W ©BSEHV.tTIOSS. 


Tnahuj anglîeui , Sdtt 

— ielar!Blda,Soi' 

Xtlama itrimta , Son 


L... 

L 

L. 


L,«^B.' '"■ 
I.J™.B. 

l'»oLll.f.) 
A1..n (Vnn;. 


%^ •^'■^l^""' ■ 




K 






.ABant 


J,...(V.,.,. 




L. 

L. 

L 

L 

K 

L. 

L.'. ..!.,! 

L 

L 

L 


5"- •■•■'"""— -""■■ 

AlHce. WilgolliiiB. 

Aiglec. Diinlsj. 

Pirtoul. 


Xodiola JaiA.Son 

— mima', Sii-^'.'.'.'.'.'.'.'.'. 






t 
I. 






Ptnal jj^lilaiJ^ , Soif 

— «-«w»™, S«w 




Al»c.. 

Anilol. Alun. 
An(l«. 

t. .n» d. «Fk» d. une. 
B*ib. Alun. 

A.,lel, Alucc. C<>iidcr>W». 

Aoslfl, Alutf. 

L> Nratwell, prtt Blli^ 
UCr « Scui* eA>,Bi.)- 








Tcr.braluU <..w>Ao«pA«fa? Soi.. 
- «««.Soi. 

Spinfir f*r«h^,!i,s'.r, 


L. 

K 

■ 






VïGtTAEÏ. 
Jï^W™W„W.A..B. 






i 



THE 



Tau. N.'Xm. 3 



ROMS 



pÊCopttrU agaréhimna 

-^ M§riam 

*Clathropteris mmâscaidt* • . . . 

TmniojHtriM wutata 

Mmramoidéa arenucêa , Ja«Bt. 

Z(fcopoiSies patens 

NOsomi 



Cjcadèet. 

*Zamùms Bechii 

— Buckiandii 

*Pt€rop^lium iongifbHun» 

— Jetigeri.'" 

— Mtrituù. . . 

— éubimrm • . • 
^NUsotda hrmis • • • • 



Spccfcftc.dc 
4«cl^. Urr. 

gr.l 

iv« • • • « • • • 

gr. 1. «t K. 
Sr.« 

S'» 

F» 



L... 
L... 
K... 
gr.I. 
K... 
gr.l. 
gr.l. 



EXEMPLES DE UBUX 
R oBuavATiom. 



Hôr. 

N«««w«1l 

iiâr. S«iai^Éai«ui« (Vttfn}. 

Hôr. Ncmcwffli. 

Eavir. 4a StaUfirt. 

H6r. 

U«r. 



LyflM-E. 

Ljmc-B. 

NcocwelL 

Eavir. im StaUfart 

Hor. 
Hôr* 



La faaiin* des Cyrad^ct , ^i coamcncc aa Zamius , j r»t dooiiaaBle. On ■*j camaalt 
cmc»ra aac«»a pUate dt la ÛwùUê des Goaifèret si BaBWcase daat la tanaia paciUaa. 
(Aa. Ba.) 



54. 



1 Tisiiiv N.*.XIV. 



THE 



Corps organisés fossiles du groupe CONGHTIilEIf des 



terrains ABYSSIQIHSS. 



-.> 



NOMS 
DBS CORPS OR&AVISiS. 



MOLLU8(yJK8. 

Grand saurien , Cov. . . 
PJesiosaurus f Jjkobk. . . 
RynchoUtes 



i, Ammonites nodosu* , Scit, .... 
-kNautilus bidorsatust Scbl. 






•••■■••«■ 



J^Mw/jfOm olsolelum , Scbl 

Strombiles dentîculaius , Scbl. . . 



Denlahtes torquatus , Scbl. .... 

— îaevis , Scbl 

PatellUes milratus ^ Scbl. 
Myacites elongalus , Scbl 

— mmculoides f Scbl. 

— ventricosus , Scbl 

Cardhtm {chamiles , Scbl.) stria- 

ium. 

Plagiost. (c/iamiies , Scbl.) puno 
tatitm 

— lineatum 

^Ostracites pîeuronectites lœviga- 

tus , Scbl. 



• ••••••» 



-^ pleuronectùes disci- 
ies , Scbl. 



Ostrea crîsiala d\fformis ^ Scbl, 
Pecten {pstraciles pectinites) reti- 

culatus f Scbl. . . , 

Spondyî. {pstr. spondiloides)^ Scbl. 



EXEMPLES DE LIEUX 

ET OBSERVATIONS. 

— — r ' ■ ■ 

[saure. ) 
Lunéville^ (Peufei^tre yoiùn de l^icLthjro- 

BoU en Wurtemberg. 

Lnpëville et Gôtting;. ^Blch. (CorpB qai ont 
de raoalogte avec les becs de tèrbe.) 

Gdtdogae. Toulon. Le Meûner. Wurtemb. 

Lunéville. 

Weimar. Heiikfcg, Wartemberg. (Ton» 
trois du genre Ceratitfit de Haax. Ainsi 
il n'y anroit pas de Tmiei ammoaiie* d«o« 
ce terrain. ) 

Gotlingue. 

(Ressemble beaucoup au ttromhut [rot"^ 
Ullaria'\ Oceanî , Al.Br. ( i )f do caU 
cBire f>olitbique supérieur du Jura,) 

Gotlingue^ 

Gotlingue. 

Wurtemberg. 

Lunéville. 

Gôltiague. Wurtemberg. 

Gotlingue. Toulon. Golba, 
Gotlingue. 

Gotlingue. Lunéville. Toulon. (Cest un* 
coquille très -particulière, qui n'appar- 
tient ni an genre Huître, ni à aucun 
des genres que je connoisse. ) 

(Ne paroit différer de la précédente qn« 
par la taille. } 

Lunéville. 

I Gotlingue. 

{ Luoéville. Gotlingue. Toulon, 



(i) Sur les caractères coologiqucs des formations. Annales dei misuu , i8«< , tome ^i 
pag. 570 , pL ;, fiç. a. 



THE 



Tau. N.* XïV. a 



NOMS 

oBstMrâ/namg, 



'THgonelHies pes aitf«m, bcit. . . 



— tmlgaH» , Stib . . . j> 

--T evrptrostris ^ Scwi.. 
*tfyndiie» socia/ii, Scit. 



•— eostatus . S«iU 



incertus , Scii. 



— edtiVJbrmis ^ Sml. .... 

T€r€braiula mulgafis , flcii. . . . 

— orbicu/aia, Scic .. 

^Enerrmees hNiformis , Sciu .... 



VÉGÉTAUX. 
Iftfrùpteri» CaïUardo/i , ku.Bu, . 
KnÊteWa tyKndn'ca , As.Ba 



Spérifir. dr 
qael^. lerr. 

• •••••••• 



EXFMPIUS DK I.IEfX 
Kr OBUHVATIONS. 



OùuÎBgtir. Lav#«ille. (GxiuiUe %n*il ■• 
fasi pas eenruadr* avec les triRmiclliiM 
49 Parkiasoa , fr^r* Irèt-MMrtal. ) 

GûltiBgiie. (Ponrroii |rè»-bt«« éir« b fcMM 
âfe d« fr4cM«ai. ) 

Coi|în|ue. 

Cbiiingue. La mo«i M«iaacr «• Hmm. 
TmIm. Lm^vîUc. WsrtMiWi|. (£••*•« 
rrrUineBcal pM «■ M/<ïlai. ) 

Cûilisfae. 

Côuingac 

Gottiogue. LuBëTillr 

GôuingBP. Lnoëfillc. Tovloo. Wafteaifc. 

Wariavibeff. 

Gollinfue. Wurtemberg. 



Lanéville. 



JTola. On pent dire que prcsqn* loai ^es corps organisés sont ranctrfrisliqan Am gr««p« 

tmckjï'im ; cenx qu^oa a narqaës d*an« astérisque ( * ) paroisaesl le caractériser e«c«ra 

)bs particDlièrement. On rf marquera avec M. Élir de BeanoioBt, qu'on B*a encore r«« 

«««■• dana ce terrain ni bélemnitea ni ansmonites, si abnndans dans le liaa, et q**oa 

a'r die aocun des prodnctua qui vont •• rencontrer en asse* grand nonsbre dans le 1er* 

nis tuTsat. 

Un Tëgéunx y «ont en très - petit nowbre , et y ont été éTidenmemt traMp«rtés ptf 
ki conr» d'enoi 



I Tmuv N.'XV. 



THE 



Corps organisés fossiles des groupes TUBXaâABBÊ tt 
rÈBiiaSSl des terrains ABYSSIQJJES. 



ÏIXPL. OV ABRKTIATIOirs. 

Ps. b. = Psammite bigarra. [ M. b. = Marne bigarrée. 

|C. f. p. = Calcaire fétide pënéen. ] Cale p. = Calcaire pénéen. 



NOMS 


Fp^cific de 


EXEMPLES DE XIEUX 


DIS CORPS ORGANIsis. 


•qaelq. terr. 


KT OBSERVATIONS. 


ICHTHTOLITHX. 






Chteiodon •••• 


M. b. 


Duibajoi (iL|igl«^>i 


Mollusques. 

jimmojtttes» 




Meianm'iscalala (jitrombUe,ScwL.) 


pt. b... ,^ . 


Domptail (VMfet). 


Natica 


p>. b 


Dompuil. 


PrCten uriscus.. S-cbl. . 


cbIc. p. 
P<- b. . , . . 




MytUus ediii{fbrmis , Scbl 


Dompufl. 


— sociaKs , SjCbiv , , 


P>' b. .... 


Dompuil. 


CryphcBQ îcevis , Sc»l. ,,..,.... 


Hisinberg, près OSXïvù^. (Très -voisine d« 
Yareuaia el entre le cale, .concbylie» et le 






.pummite bigarré.) 


TrtgonétUtes viâgaris, Scbi 


pt. b 


Domptail. 


^Product, aculeatJ^jgrypftttes\ Scbl. 


«le. p. . . . 


Thuringe, etc. 


— rugosus , ScHt. 


cale. p. 




* — speîuncariiu , Scbl. .... 


cale. p.,.. 


Glûclbrann. 


TerehrcUiûa aiata. 






* — paradoxe , Scbi. . , . 


cale p 


Schmerbacb, 


— laeunosaf Scbl.. . . . 


cale, p 


Sfbmerb. 


— elongata^ Scbu. .... 


"le p.... 


Sehmerb. 


— inflctta , ScBt. 


cale. p. .. 


Sehmerb. 


* -^ pglorgonatja, Scbl., , 


cale. p. . . . 


Scbmerb. 


— /orgmceOf Scbl 


cale, p 


Leimstrin « prè« Scbmalikaidc; 


Encrinttes ranwsus , Seat,. 


calc^ p 


Glikibrunn^ 


MiWporœ* 






Coralholùes eolumnarU ^ Scbl.. 






Flusira. ,.,.,.., 




Dnrham {Anclet)«. 


VjÉGiTAUX. 






Éqoisétacéef. 








P«* b. . , . . 


Wastelonne et* Marmoutier ( Bat • Rliin^ 


— Mougeotii 


pt. b 

pi. b 


Marmoutier, 


•^ remotus ............ 


WaMclonne, 







(i) Tonies «es déterminatioai sent prises des iravauK sur les végôtaux fossiles de M» 
Adoltbe Brobchiast , notamment de son traité intitulé ; Prodrome d'une hittoire des vé^ 
gétaux fosiiles f nn cafa., in-S.**, Strasbourg et Paris, Levrault, et de son Essai d*uMiê 
fier» du grès bigarré f Jkan, des se, nat | i$iif tom, i5, pag. 435} pL i5 — 7; 



THE 



Tm. N.'XV. > 



komS 


St>« Jic. ri. 


E]L[:VPI.ES l>r. UftlX. 

SI 0»!D1Ï*T10IU. 


toafHa. 


p-fc 

F"- 1' 

p'- 1- 

!"■ "i 

p.. Il- ... , 
p.. fc. , , . , 

|H. k. . . . . 

>.,VI... 
f^ ...... 

r^t 

p"-* 

P'- >- 

P'. u. — 










^■J. 


"^^ ;Jto«« "" 


KUcHtt h™*>«»*™*-. 

CmiRni. 








- mcMifi^ 


/t.<f. 


II OwnuiU ^.OHnHri, Hu». 








M-MCMJ'MOM. d»f«».. 




EcltÉwiXrV "HoT" 





1 TiBlEAO N.» XVi. 



THE 



Corps organisés fossiles du schiste BiTiJlIlINEtJX 



£sPl* DtS ikBRiTIATlOHf^ 

Lign. ^= Lignite. 



NOMS 


Spécifie, de 


EXEMPLES DE LIEUX 


DES CORPS ORGANISA. 


qaelq. terr« 

■ 


ET 0BSEaVATI0N8< 


llEFTILES. 






Monitor de Thoringe, Cutr. , . . . 


••••<.•.. 


Pays de Mansfeld. BoU^ènbonrg sur 1« 
Saaie. Gluckbrann. Memmingen, etc. 


POISSOKS. 


' 1 




Iditbyolithes en général . < 


....;.*.. 


Mines Je mftcnre db Palatinari Himmels- 




^ 


bei^. — Dans des nodules ellipsoïdes à 
Perscbweilev , près Saarbrnck» Seelield ? 
en Bavière. 


PalûBOihnss, macroph/ainium, Bt. 


.•««....« 


Mantfel.di 


— magnum , Bl 




1 Mansfeld. 


•^ inaeguijpbimt, Bl. . . . 




; Autun. 


"~ pamun « Bl « 




Ihid 


PaJdtomscum Freieslehehse , Bi. * 





snMXk%tt\At 


C?/aipetf ? Lametherii, Bl 




mû. 


JEfo*? Eislebettsù, Btr 




Jbid. 


Stromuttus miajor , Bl . t ...»,. « 




Heate. 


MotLUSQrBS. 






jAmmomtes gibbosns. . 


« 




Terêbruiuia Utcwtosa . « . » « t . » ^ 




Scbuerbacb en ïhUringei 


VifeÉTAUXi 






Vucoidês Brardn, AtotBa» . » » > 4 ^ 


^••.i.it. 


De t^rankenberg , comme ceax de Pli^ 






pinso. (Voisita des confirma carpotiUif 
hœm iloeinus ^ S c s lj ) 


■^ ietagenoides ..«...*... 


it'.iil.. 


Mansfeld* 


*- iycopodioides , . 


> . 


Ibid^ 


•— fruméntarius 


. • . i . i . . i 


Ihid. 


^* pvctinatus »•..»....».; 




Ihid. 


— tH^aius 




Ihid. 


*^ septenirionalis 


lign.? 


Hôganea en Scaniei 


*— mlsortianus 


lign. ?.... 


Ihid. 


Mosterf/es agardhiana 


lign. ?..i» 


ibidi 



THE 



taiieau n.* xvn. I 



Corps organisai fossiles du groupe HOUIIXEII des 
terrains ABYSSIQUES. 

If>Ua. Dans toate cettr énaMératloo aouf a^aTons inili4ué par Ifor bom qa« !«• m» 
f<et%- qui ae retrouvent dans un grand nombre de Imaliiéf , et qui aoal |iar coa«fq«ent 
plot caractéristiques du terrain houiUer que lei autres, nu celles qui appartienneai à det 
localités remarquables par leur ^oignemeai. Tontes «relies pour le»quellea nous n'avona 
pas cité de lieu particulier sont fréquentes dans les terrains bouillers de Fra»c« , d'Aile* 
lugne ou d'Angleterre. 



NOMS 


Spct-ifir, de 


EXEMPLES DE LIEUX 


DES CORPS ORGABlsiS. 


quelq. terr. 


IT OBSXEVATipSf. 


MVLLUSQUXS. 






Urao? 






Anondontiit ? 






"VÉGÉTAUX. 






Pkntes marines (aucune espèce). 






fiantes terresircs. 






ÉqoiséUcées. 






Mçviseium ( 2 espèces doiaeases}. 






Calamités (i2 espèces). 






— Suciovii. 






— Ciitii. 






— cannceformis. 






— pachyderma. 


• 




— approxinuxtus. 






Fougères, 






fphmmftgri* (21 espèces). 






— Jurcoia. 






— fi trie ta. 






— artemisia^oHa. 






— 4isseeta. 






— tnjbliaia/a. 






— Schlotheimii. 






— Hœninghausii. 






— Jaiifolia, 






fyclopteris orbiculan's. 






— obliqua» 






Nevropteris (ii espèces). 






— léoshii. 






•— temàfoUa. 






— flcjcuosu. 






— gigantea. 






ClosxoDtBfis Bftnviùunu « . « 




Dans les Miaat de boeille dt Tlnda et 


90mM9m^^Mf^Jb9 •^ W^' ^^^^-ff...»*.^ .....v.v 




de la MouvelU- Hollande* 


Fccopteris (46 espèces). 






— bUchnoides. 






— cyathea. 






— polymorpha. 






— açtdlina. 






— pteroidfis. 






— lonchitiea. 




• 


— gfguntea. 






— Ttervosa. 






— Vefrancii, 






•^ 4s/<i/a. . . ... ,. ^.. 


^••^ja«*a^ 


Des miaes delà NeaveUe- HoUaade^ 



2 Tm. N.» XVn. 



THE 



NOMS 
DIS CORPS OBOANIsiS. 


8pecific.de 
qaelq. terr. 


EXEMPLES DE LIEUX 
ET OBSERVATIONS. 


Peeopteris asptra, 
— XUtoni. 
>— deruata. 
Iitmehopterû BriciL 
*Odoniopieris (5 espèces ) 


. ••..«•■.. 


■ 

* 

1 

nia honiller. 
Ibid. 


"^Sigillaria (41 espèces) 

MarsUèacées. 
*SphwnopfffUwn (7 espèces ) . . . . 

Lycopodiaoées. 

Xffcopodites (zo espèces). 

— piniformis. 

— phlegmarioidet. 
SeUxginUes (2 espèces). 

*Jjepidodendron ( 34 espèces) .... 

*IttpidophyUum (5 espèces) 

*Lepidosirohus ( 4 espèces ) . .^ . . . . 


1 


IbidL 

Genre propre aa lemia houUer. 

# 

Ce Genre et tes quatre snivaas ne te Ifoa» 
rent que dans le terrain houiller. 

Ce sont les feuilles isolées des Lepido- 
dendron. 

Ces fruiti appartiennent probablensent anx 


^Cardiocarpon (5 espèces). ...... 

*Stipnaria (8 espèces). 

Palm&tn. 
yPlaheîIarîa bmmsigéUa 

Noggerathia folU>*a 


i 


Upidodendron. 

n n^est pas bien certain que ce soit une 

feuille de palmier. 
Genre trèf-diffërent des palmiers actuels. 


Zevgop?^Uites calamoides 

Caanèes; 
earmopJ^llkes Fîrkiii 

Honoco^liéd'ones douteuses.. » 

Siemiergia (3 espèces). 
Poacùes (3 espèces). 
Trigonocarpum ( 5 espèces). . . . 


■ 


tous le* palmiers- extstans.) 
Saia^George-Ghatellai8on. 

La plupart de ces firniu Tiennent de Lùp- 


Musocarpwn ( 3 espèces )...... : 

Dicotylédones. 
Aacnne bien- caractérisée. 

Plantes de classe douteuse. 
Phyltbiheca aiutrahs. 


• 


geac. 
Dei minei de la Nouvelle • Uollàttdé.- 



^jinnularia (7 espèces) 
*Asterophyllites ( 10 espèces) . . . 
^Volkmannia (3 espèces) 



) 



• ••••' 



Ces trois genres sont tons parliculien an^ 
terrain bouiller. (1) 



(1) D^oîi ii résulte qu'on n'a trouvé dans le terrain boitiller aucune plante des daasesr 
des agames | des cryptogame^ c«lluleu»es , dei phauérogames gymnospermes , de« pbané<i^ 
rogamet dicotylédones, tandis que sur environ deux cents eipèces connues il. y en a pine ^ 
de cent quatre-vingtt appartenant k la classe de» cryptogames vasculaires et une vi«gtai«r 
«ux pliMiéroyiMes monocoiylédones. (AooLPr^i BaoaoM4«T.) 



THE 



ÏABLEAr N.*» XMll. \ 



Corps organisés fossiles des groupes GALCARBITX, QUARZBVX 
et SCmSTBVX des terrains HÉMILYSIBNS. 



EXPL. DES ABRÉviATIOrVS. 



Cale. = Calcareux. 
Qnarx. = Quarzeux. 



Sellier. = SirhisUax ou traumateux. 
PhUI. = PhUladc. 



yOiMS 

DES CORPS ORGASISis. 

Mollusques, etc. 
Nautilus carinctformis , Sow. . . 
Orthoceratiles communis yf t^ni^ . 

— duplex , Wa«l.. .... 

— imbricaius , W^at. . . 

— striatuty Sofr 

— unduJatus^ Sciu . . . 

— crassi»êntrisyf kti.. . 

— gradhs ^ ^vcm.yScnx.. 

— tenxds , Wail 



IkvOStts p€rf«ctu» , WAtt... 

— imperSectus , Wail. 

CmtiariM 9 MiLL 

Auàfena Becheri, Baorni . . . 



Spécifie, de 
qaclq. lerr. 



cale 

cale. 

cale. 

cale 

cale. 

psammite ? 

cale. 

tehist. .... 
atnpëlite. . 



itSerophon tenutfascia^ 8ow.. 
— costaius , Sow 



apertus . 



Sow. 



Turbo ? {Aelic. cMenulatiUfVi kmu) 

Sfomphaius 

— alaius {helicites » WikBL.) . 

— pentaguUuui , Sow 

— psettdoguaUerianiu , (ou 

caiillus , var. , Sow.; heli- 
cùê$ GuaIienanus,Semi,) 

— maclurei {maclurùes ma^ 

gna , LscoEva) 

Cardium /byiermctâm , Sow 

hocardia?? (moule intérieur). ■ 



ctlr. . . . . 
cale. . . . . 
qaan.. . . 

pbjll. . . . 
ampëlittf. 
cale. . . , , 
c*lc. . . . . 
c«lc. . . . . 
«•le. . . , . 



cale, 
cale, 
cale. 



Astar^e? cypricardia77 



TtrébratiiUg JDurtrf$&, Dirs. . . . 
64. 



cale. 



raie. ich. . 

cale 

cale. .... 
cale 



quart, 
cale. . 
cale. . 



EXEMPLES DE LIEUX 

ET OBIBITATIOKS. 



Dublin. 

Wetterplana en WeslroKotliie. 

IbiJ. 

GoihUnil et Kentoky. 

Malmoë , prèa Ckriatiania. 

Ttarlie-Sielo , pr«« S. Péterab. Via«l, pré» 

Liés*. 
GolhUnd. 

llellcaborg m Naatwv. 
Mûsscberg en W e i twg t l hi» Christiania. 

Rornbolm. May, prit Gaen. 
Mosteberg. 
Jungby en Suède. 
May , près Caen. 
Werdan. 

Dillenbonrg, près Marboniy. 
Viiet. 
Dublin. 

Carlingford (Nord d« rirlande). 
Gotbland. (Beaucoup de re«acniblancaa«%c 

le delph. lima.) 
Argenteaa en Belgique. Vixet. 
Malmoè. Gothland. 
Namnr. Dnblin. 



ReTal. 

L^e Érié. 

Saint-Doloagbs , près Dablin< 

EnTirons de Dublin. 

Environs de Dublin. 

Mayi près Caen. ( Monle intérieur.) 

Environs de Dnblin. 

Golhlaad. 

h 



2 Tabl. N.*» XVUI. 



THE 



NOMS 

SES CQBX.i OEOABlfliS. 

Terebratula pUcatellaf Wabl.. . . 

— crumena ? Sorr 

-«- prisca , Scn. 

— ostiolaiOf SciL. ( oa 

spirifer pinguis ? ) . 

— aperturcUa , S cil. . . 

^- dubia , Dbfi 

— !■ cor 

— aspera , Schl 

— Basterotinaj Ubf. (ou 

spirifer pinguis?). 

— leniîcularis ( anornj- 

ieSj Wabl.) , 

Spirijer cuspidatus , Sow. ...... 

— pinguis f Sow 

— glaber , Sow 

— siriaius , Sow 

— ? 

— striatuSf m 

— striaiiila y Scn 

— intérmecSusiferebr.yScui'.) 



— alatus 

— I^steroliies f Schl. 



— sarcimûaius (terebr.yScuL.; 

anomites rhomboidalis^ ^bi..) 

Siropbomenes rvgosa , Raf 

— pilêopsù , Raf, . . . , 

— uwbraculunty Scbl. ((7a* 

notrema , Raf.) 



Spécifîr. de 
qaelq. (err. 



cale, 
cale, 
cale. 



cale, 
cale, 
cale. 
cale. 

cale. 



Pecian (anomileSf VfÂnu), 



Pentumerus ( anomites , Wahl. ) 

— conchidiwn , Lihh. . . 

Productus scabriuscuJus , Sow. . . 

— scoticm f Sow 

Trilobitbs. 
Calymene Blumenbachiit At.Bt.. 



— rnacrophtaîmiu . • 
-^ variolaris , Ai.Bb. 



cale. ..... 

cale. 

anipélite. . 

cale. 

cale. 

calr. 

cale 

grès. 

cale. 

cale. 

qu, et cale. 

ichist.. . .*. 
psammile.. 

«cb.calc. et 
grès terreux 

cale. 

cale. 



cale, etsch. 



cale, 
cale, 
cale. 



cale. 



cale. 



schist. 
cale. 



EXEMPLES DE LIEUX 

ET OBSERVATIONS. 

Gothland? Golha*Canal. 
Environs de Dublin. 
Bensberg. 

Elfel. 

Bensberg. 

Uuras en Irlande. 

Eifel. 

Eifel. 

Duras. 

Billingen , vers Uallcw^adeu. 

Westrogothie. Andrarum en Scanle. 

Environs de Dublin. 

Ibid. 

Ibid. 

Ibid. 

Pays de Cajnga , Éut de New-York. 

Environs de Namur. Environs de Dublin. 

Environs de Dublin. 

AUenbead en Noribnmberland. Eifel. 

Monts AlIegUanls. 
Environs de Coblence. 
Zellerfeld , efe. , au Hara. BelCsst. District 

du Maine (Amérique sepleotrionale). 
Coblence. Malmoë. MonU CtlsLilI, ÉM 

de New-York. Mossebe^. 
Rrntucki. Obio. 
Kentncki, 

Eifel. Golfe de Christiania. (Probablement 
la même espèce que la précédente. ) 

Mosseberg , Halbberg en Westrogolbie. 
Monts Catskill. 

Gothland. 

Golfe de Christiania. 

Kiskaldy en Ecosse. Vixet. 

Environs de Liège. Duras. 



Dudlej ,Worcestersh. Lebanon snrl*Ohio;, 

et Newport , près Utica , Amer. sept. 
Croniford» près DoMcldorf. É|ats-Unis. 



THE 



Tm. N.* xym. i 



VOUS 


Spécifie, de 


EXEMPLES VK LIEUX 


DES CO&PS OBCASUÊ8. 


qoelq. irrr. 


rr ounvATiOKs. 


Calymene Tnstam'f At.Bt 


Khift 


Brenvilleea CoUMJa. FaUUe. UUwua- 
dière. Bëin , prte HeasM. 


Asaphua corm'gerus , Se il 


calr. 


Eoviroat de Sa*uibPtfi«nl»o«ur|{f 


— erpansus , Wabl. 


c«lc 


Uaabyrjol , KÛMlalk «a W«alr«fMlie. 

Malaaoé. 


— candi^ruSt Al.Bb. . . . 


«le 


DmdUj, 


— Mausmamti , Âi^B. .... 


cale 


Aoaberabary. VAom ÇhUmekê). PrafM. 


— deBuchii , At.Bt 


cale 


Dyaerenpaii (paya de Gallea). 


? Brongrdariii , Dblomc ■ . 


qtuniie. . . 


May. Ncbea. Eifel. 




[ cale 


Huabyfjôl ( Saède ). Cbriaiiaou. TmU- 


— crassicauda , Wail. . . 


1 


Saelo (RiMaic), 




■ckist. .... 


Bain. 


IsoteUuM gigas et planus^ Db Kat. 


cale 


TreatoB. Caaa)elurie. 


Ogjgia Cueitardii , Al.Bb 


•diist* ard. 


Aayen. 


— Desmaresti t Al.Bb 


•ckisMard. 


Aageri. 


— f^ahleniergiif AuBa. . . 


•chiate aid. 


Asgen. 


— Smîmani , Al.Bb. (i). . . . 


tckial*. . . . 


Rive de la Mehaak , prte StUtmUàj. 


Parméaxides Tetsim, Al.B>. .... 


•di. aura. 


Obstorp, Wettragellue. 


— Jfqffii, Gouv 


•cb. aura. 


Braati, prêt Gias «a Bebé««. 


— > gîbbosus f Al.B». . , . 


cale, etich. 


Kinaekolle. 


— spinulosus t AuBb. . . 


aatpélite . . 


Aadraniai. 


— sc4*raboûi0S , Al.Bb. . 


cale 


Falkopiag (Saède). 


^çittùÊt ^û(/i>rnuSf Al.B> 


cale, et leb. 


. 




aaara. . . . 


Kinnekalle et MÔMeWig «a WatUogM^r. 


ZOOPHTTU. 






MÊcrimtm goihiandicta , Wail. . . 


cale, et qa. 


Golblaad. 


Bàmmspherifs pomum , Wabl. . 


cale 


Klaaekalle. 


— mtrantiuntt Wabu 


ealr 


Billiagea , ea Wcatregolkie. 


~ f^aMenkergiij EcmAis. 


cale 


Golfe de Cbrlaliaaia, 


Mteto »€rp€ns^ Lam. {aulopora 






GoLDr.^ 


cale 


Bensberg. Getblaad. Ghiiiliasia. 

Benaberg. 

MôtMbeif. 


^_B m7^mmÈt (tOLBV. ........ 


calr 


JUlepora (/mVepora retép. , Wabu) 


cale 


CWcMypora e*carcide$ , Lav. .... 


cale 


Chrûliaoia. GolUaad. 


— tubulosa, \*àM. 


cale 


Christiania. 


— caienuiaria , Wail. . . 


cale 


Golblaod. 


C^Iamipora polymorpha, Golb». 


cale 


Eifel. Beaaberg. Hars. 


— spongiies , GoLar. . . 


cale. 


Eiicl. Beaaberg. 


— cenficormt ( MiUe- 






pora,yfàtiu) 


cale 


Golblaad. 


FapQsùe* gothlandica, Imm 


cale, et ail. 


Slcakene - iker , Cbriatiaaia. Aafert. S.- 
Doo^aa,prèaDabUa. Eifel. BaUTia,Éut 
de Ne^-York. Moala Caukîll. 



(i) Cet 4e«z e^ècct fort raaarqoablei n*oat pva été f«kU49t, 



4 Tabi. N," XVUI. 



THE 



NOMS 
DES CORPS ORGANISÉS. 

FaposHes Bromellif Mm. . . 

— trwtcata , R^r. . . 

— ICentuiensis f'RÀ.r. 
•* boletits f Mk«. 

Columnaria sulcata , Gotoi 
thostroma incurçata^ Rai 

Tùbîpora tubultsria , Lam 

Amplexus coralloides , Sow. . . . 



Spécifie, de 
qu<flq. tcrr. 



)F. (il- ) 

ir.) • • • j 




cale, bl 



Caryophyllia ? ( Madreporites si- 

nactîs , Raf.) 

Cajyophylïa calycuîaris {madre- 
pora y Wabl.) 

— Jlexuosa , "Wa«l. . . . 

— turbinataf Wail. . . 

— stêJlaris , Wahi. . . . 

— ariiculatay Wail... 
Astrea {cyaahophyttum hesago- 

nian , Gotvr.) 

•— quadrigenriruan , Gold r. . 

— rotularis ? 

— porosa , GotD, ( madrt- 

pora irUerstriattis^ ^ui'.') 

Mastrema perUdgona , Raf 

Madrepora ananas , Waki 

Stromatopora concentricot Goldf. 

Vio^TAUX. 



FuoaUes arOi^uns, Ao.Bi.. 

— Serra f Ao.Ba. . . . 
*- circinatus , Âo.Ba. 

Calamités radiatus 

— VolUii. 

SphenoptwrU dissecta 



<illr. 
cale. 



silic. 

cale, 
cale, 
cale, 
cale, 
cale. 



ealc. 
cale, 
cale. 



cale. • 
■ilîc. . , 
ealc. . . 
ealc. . 



cale. . 
cale. . 
quan. 
fragm. 



sehiit. 



EXEMPLES DE LIEUX 

ET OBSailVATIOirs. 

Nehon. 

Contrée de Garrard en Kentucky. 
Ihid. 

Christiania, 
j Braiberg. 
Chalet de TOhio ( Amëriq. sept. ) 
Theux, près Liège. 
Sabld dans la Sarlhe. Montchalou, près 

Contaneet. Monts Catskill , Eut de Neif- 

York. 

Contrée de Garrard , Renlueky. 

Gothland. 

Ibid. 

Gothl. Eifel. Gontréede Garrard, Rentiickjr. 

Gothland. 

Ibid. 

Bensberg. 
Eifel. Beatberg. 
Irlande» 

Gothland. Eifel. 

Contrée de Garrard ', Kentnckj. 

Gtohlaod. •;.■ 

Eifel. 



Çycîopteris Jlabellata 1 sdiîst. . 

"PecopUris aspera | scliist. . 



Christiania. 

Quebeck. 

Base du Kinnekalle (Suède). 

Bitschweilef ( Haut-Rhin ). 

Zundswetler (Bade). 

Bergbaupten (Bade), et à Montrelais (Br»* 

tagne). 
Berghanpten. 
Berghaupien et Montrelaif. 



DICTIONNAIRE 



DES 



SCIENCES NATURELLES- 






THE 

Théorie de la structure de l'écorce du globe 

[Mû».)) ou des TERRAINS qui la composent» 

CHAPITRE PREMIER. 

Introduction et considérations générales. 

Lft petite partie de Fécorce du globe que nous coonoissons 
ot composée de dififéreotes substances minérales, qui, con* 
sdétées dam leur masse, constituent des Rochbs, tantôt bo- 
mofèneBf ou en ayant l'apparence, et tantôt yisiblement 
kéiérogèneê. 

Outre ces premières différences prises dans leur nature et 
èttm leur aspect, les rocbes en présentent encore d*autres 
dans leur structure et dans les corps étrangers qu'elles es- 
Teloppent , et qui sont tantôt des minéraux , tantôt des par* 
fies de corps organisés. 

L'hétérogénéité des masses ou roches composées de pln- 
sienri sortes de minéraux, n'est pas illimitée dans le nombre, 
la disposition et le rapport de parties : elle f)iit voir au con- 
traire dans ces trois sortes de relations une constance qui in- 
dique que certaines lois ont régi ces associations. 

Les différences, et surtout la présence des débris organi- 
ses qu'on obsenre dans les rocbes, prouvent , comme Ta fait 
remarquer M. Cuvier, que l'écorce de la terre n'a pas été 
fidte d*un seul jet, mais que les parties qui la composent ont 
été déposées ou fermées successivement* 

54. X 



« THE 

Ce sont les règles que cette succession a suivies , et les lois 
qui ont présidé à cette formation , que les géologues cherchent 
à découvrir. Les généralités qui paroissent résulter de Fensem- 
ble de leurs obèeihrations constituent ce que Ton appelle la 
théorie de la structure de Vécorce du glohe , expression qui a 
une tout antre signification, une tout autre valeur que 
celle de système* La théorie est le lien qu'on croit recon- 
noltre et pouvoir établir entre les fiiits ; le système est la re- 
cherche des causes éloignées qui ont produit ces faits et leur 
liaison* Dans l'une et l'autre considération il y a nécessai- 
rement quelques propositions hypothétiques; mais dans la 
théorie l'hypothèse de liaison est déduite immédiatement des 
faits connus , et il n'y auroit pas d'hypothèse , si on pouvoit 
£tre sûr de connoitre tous les faits. Dans le système on cher- 
che à lier et à expliquer les faits par des causes éloignées 
et dont on n'a que quelques indices. Les savans allemands 
ont désigné ces deux points de vue sous lesquels on étudie 
la structure du globe par deux expressions très -voisines, 
mais auxquels ils appliquent des idées assez différentes. La 
géognosie est la théorie de la structure du globe, et la géo^ 
logie en est le système. 

Il s'agit donc, pour établir cette théorie, de recken^hev 
quelles sont les roches qui composent l'écorce du flojbe^ 
daps quel ordre et dans quel rapport elles sont situéés.f quels 
sont les phénomènes ou particularités qui appartiesnctti k 
chacune d'elles, qui en constituent l'histoire natureHe^'etipi 
peuvent servir à les faire reconnoitre lorsqu'elles se piréwn* 
tent isolées* 

(Test à ces recherches et à ces résultats que doivent at 
borner l'étude et la théorie de la structure de l'écorcb îda 
globe ; si on vouloit aller plus loin et remonter aux causés 
qui ont pu produire ces phénomènes , on sortiroit tle la i^ée* 
gnosie pour entrer dans la géologie. 

Art* !*•' Terminologie. 

Pour arriver à la théorie, c'est-à-dire aux lois de la 
s(;ructure de l'écorce du globe, il faut, après avoir étudié 
séparément toutes les parties qui la composent ou qui s'j 



THE J 

reneontreot 9 réunir en plusieurs groupes les pardes qui ont 
entre elles des analogies, soit de nature, soit de structnic, 
•oil de position. Cest à ces groupes qu'on a donné les noms 
de terrains y de formations ^ de sous-formations et de roches* 

Nous devons expliquer ce que nous entendrons par ces 
flk>ts, exposer dans quel ordre nous étudierons ces groupes , 
quels sont les notifs qui nous ont fait adopter cet ordre, et 
ks diAenltés que pWfsente i Tapplication le placement de 
ces différens groupes dans les parties de l'écorce du globe 
auxquelles on croit qu'ils appartiennent. 

Le mot de TanaAitcs a une signification très-rague; on ne 
Ta pas défini deux fois de la même BUniére : tantôt il in- 
dique une réunion de roches analogues par leur composi- 
tion , ou au moins une roche principale , définie minéralogi- 
qnement , renfermant d'autres roches qui lai sont intimement 
liées, comme lorsqu'on dit terrains de gramUtdefhylladef etc. 

Dans d*autres cas on entend un ensemble de roches di- 
Yersea qui semblent liées par le caractère commun d'avoir 
été déposées à la surface du globe pendant une des grandes 
féffiodes géognostiques qu'on a cm reconnoltre dans la for- 
action des diverses parties de son écorce, comme quand on 
tôkrrwiM primitifs^ terrains secondaireê , terrains tertiaires , etc. 

JMititres fois, ce mot ne s'est plus appliqué ni à une na« 
toe dominante de roche, ni à une grande époque géognos- 
'§^ps€ i mais i un mode particulier de structure ou k une ori* 
gine particulière : ainsi il n'y a pas de géognoste qui n*em- 
ploîe Texpression de terrains de sédiment, de transport, d'ai/ir- 
non, de terrains volcanique j lacustre ^ marin, etc« 

Nons pourrions porter plus loin ces exemples des acceptions 
Variées sous lesquelles on a pris le mot de terrain , si nous 
vonlioflis en aller chercher dans la gé«>graphie physique, 
dans Fagriculture, dans l'art et l'économie des mines s mais 
ceux que nous avons puisés dans notre sujet suffisent ponr 
faire voir , ainsi que je viens de l'énoncer , que le mot de 
Terrains n'a pas reçu de définition précise , qu'il a seulement 
touîdurs voulu désigner en géognosie un grand groupe dé ro* 
ches réunies par une considération commune , tirée ou^e leur 
nature , ou de leur époque de formation , ou de leur struc- 
ture , ou de leur mgiaef 



4 THE 

* L'acception d^ ce mot reste donc libre , et M. de Bonoard f 
qai a cherché à la préciser, ne Ta pas encore tellement limî* 
tée quHl ne nous soit permis de choisir celle que nous préfé- 
rerons. 

' pr, nous considérons toutes les roches qui compétent 
récorce du globe , comme déposées par groupes qui peuvent 
être formés et réunis par des considérations d'époque ou d*ori- 
gîne toujours de plus en plus géoérafes. Le mot terrain sera 
pour nous comme pour M. de Bonnard , quoiqu'il ne Tait pas 
dit explicitement, synonyme de formation, et si nous ne 
roulions employer que ce dernier mot, nous dirions en allant 
du plus simple au plus composé, minéral, roche, 80us«for« 
mation, formation et grande formation. C'est ce dernier 
terme que nous remplacerons par l'expression de terrains» 

Ainsi, j'entendrai par Terhain, une suite de roches qui 
n'ont d'autres rapports entre elles que d'avoir été placées 
dan^ l'écorce du globe pendant une des grandes périodes , 
époques ou divisions qu'on croit avoir reconnues dans la sue» 
cession de sa structure. 

J'entendrai par formation ou groupe , la division de ces 
grandes périodes ou époques pendant lesquelles une suite de 
roches a été déposée à peu prés sous les mêmes circonstances* 
Cette similitude de circonstances se manifeste par des phé- 
nomènes de liaisons et par des propriétés communes; telles 
sont : la répétition des roches absolument la même à peu d'in-^ 
tervalles', une structure en grand à peu prés la même, une 
stratification concordante, la présence des mêmes espèces de 
corps organisés , etc. 

La sous-formation présente dans lès parties qui la composent 
les mêmes relations et ressemblances, mais d'une manière 
encore plus rapprochée : ainsi les roches diffèrent peu lea 
unes des autres , la stratification est concordante et la discor* 
dance est une exception; un grand nombre de corps organisés 
sont communs à toutes les parties de la sous-formation et aux 
diverses sous - formations voisines, etc. (La glauconie gros- 
sière est une sous - formation du calcaire grossier, la eraie 
tufau ait une sous-formation des terrains crétacés, etc. } 

Les roches sont, comme on l'a dit ailleurs, des masses mi- 
nérales , homogènes ou hétérogènes , formées par voie de cris* 



THE » 

ftllûationi de sëdimeiit ou d*agrégation mécanique qui com- 
tituent les sous-fornuitioiis , les formations et les terrains de 
rtfcorce do globe* 

Abt. a* Géognosie comparée. 

CeadéBnitions établies , voyons k quoi on reconnoltra Tordre 
de tuccession dans les formations et sous- formations, Tiden- 
tilë des formations et terrains dans des parties de la terre 
éloignées Tune de Tautre, et par conséquent Tuniformité 
presque complète de la structure principale de Técorce du 
globe dans toutes ses parties. 

Ou bien la terre et son écorce se sont solidifiées en une 

seule nmase et en un seul moment, comme le feroit une 

aasfe d*e8u trouble dont la température , amenée un peu au- 

dcwous de zéro, se géleroit sur-le-champ par le plus léget 

choc, ou bien les différentes parties qui composent Técorce 

de 1a terre sont entrées de diverses manières et successÎTe- 

■ent diins sa formation. Or, la stratification des parties gros- 

aèrea agrégées mécaniquement, et la présence des nombreux 

débris organiques ^ font nécessairement admettre, les unes: 

fteneora dépôts distincts, et les autres plusieurs génération, 

ctpsreoDséquent,une longue succession de siècles et d*opéra* 

fîaBS.£lles prouvent, comme nous Tavons rappelé plus havt, 

foe rëcorce du globe ne peut être le résultat d'une solldifi- 

estioa instantanée; mais que cette écorce s*est formée par 

parties et successivement. 

U fiiut donc maintenant chercher à distinguer ces diverses 
parties et a déterminer Tordre dans lequel elles ont concouru 
à la TomuKîon du globe. 

n est impossible , dans Tétat actuel de la science , d'éta- 
blir «oe série certaine de succession de terrains , formations 
et vocàes pour tout le globe. On connoit trop imparfaite- 
méat la plupart des pays extra - européens pour y suivre 
cette snccession. D'ailleurs, quoiqu'il soit présumable qu'elle 
est partout la même, au moins dans ses grandes divisions, 
cette loi n'est pas encore reconnue, et peut-être n'existe-t- 
elle pas. 

Il semble donc convenable de n'établir cette succession que 
pour des pays o& Ton puisse présumer que la superposition est 



« THE 

bien connue. On pourra tlors établir une série de proche en 
proche 9 depuis les roches les plus supérieures jusqu'aux plus 
profondes* Or, cette série ne doit pas être considérée cojaame 
prise sur un seul point et sur un seul percement vertical , 
mais comme résultant de plusieurs lignes verticales placées 
daiof différens lieux et se rattachant ensemble par des terrains 
communs, inférieurs dans les uns et supérieurs dans les autres. 

Cette série servira comme de règle ou de module , auquel 
on tâchera de rapporter la structure des autres parties du 
globe, et de même qu'on compare en anatoinie la structure 
de tous les animaux à celle de l'espèce humaine , malgré 
les différences notables que montrent certains animaux, et 
même malgré l'absence , au moins en apparence , de certaios 
organes , de même on comparera tous les terrains de la terre 
à une suite de terrains admis comme type ou module, et 
qu'on pourra regarder comme terrain classique. 

On sait qu'en anatomie on arrive k la comparaison d'or- 
ganes au moyen des fonctions, de leur connexion et de leurs 
rapports : en géologie on y parviendra aussi par divers moyens; 
tantôt par la nature des roches et des minéraux, tantôt. par 
fi| rapports ordinaires de ces roches et minéraux ientre eux; 
tantôt', en fin, par l'étude des débris de corps organiaëa qu*elles 
renferment. 

Malgré les moyens que nous employons pour suivre lui ordre 
par série, comme étant le plus simple et le plus clair pour i'é» 
tude de la struct^jre de l'écorce du globe, il reste encore des 
parties de cette écorce qu'il est très-difficile de. faire rentrer 
dans cet ordre, et même qui y échappent tout- à- fait, soit 
parce qu'on n'a aucune donnée certaine ou pourlca rècon- 
noitre ou pour déterminer leur position^ soit parce ^qu'elles 
se sont réellement présentées plusieurs fois dans la aérie, et 
par conséquent à des époques différente^, soit parce qu'elles 
ont été brisées, renversées, bouleversées et dérangées ainot 
de leur ordre sériai, soit enfin parce qu'elles ne sont pas 
réellement en séries , ayant comme coupé toutes les roches 
superposées , ou en ayant troublé Tordre et par leur intro- 
duction et par les dérangemens, brisemens ou renverseméns 
que cette introduction peut y avoir causés. 

n est possible, enfin, que l'ordre sériai de l'occident do 



THE 7 

TEurope ne loil pas le même que celui de Torient de Ift 
même cootrée, que Tordre sériai de l'Europe ne soit pM le 
même que celui de l'Asie , que celui*ci soit différent de eelui 
de rAmériquci ete. 11 est également possible que Tonirt 
sériai , étant le même entre les grands groupés de termina 
et leura grandes divisions, soit différent >dans ses subdivisiooa 
pnr continent , contrée et même grand bassin 9 etc. 

Du moment où Ton est obligé d'admettre que les terraiaa 
se «ont formés successivement, ou au moins par parties dia» 
tinctes, on devra distinguer deux modes esuntieU de disposi/îoii^ 

Ou bien ila se sont déposés et étendus ks uns au^diêêuê des 
amtreê, ou bien ils se sont formés leu une k oéié des oelrtf. 
■ Daiu le premier cas ils ont été nécessairement dépoiéi les 
uns npréa les autres , et ce so|it les terrains que nous appe- 
Idns en s^rte. 

Dnna le second cas ils sont horg de Urie^ et dans ce cas Ils 
penYent avoir été formés ou à la même époque géognostiqvei 
om 1 des époques différentes. 

i.Or, lea époques gépgnostiques sont tris-différentes des épo- 
ques chronologiques; la succession des temps établit lesao- 
coadcs, tandis qu'elle n'est rien pour les premières, qui sont 
fondées sur l'apparition des grands phénomènes ou des graa- 
éa catastrophes qui limitent une période géognostique. 

Je crois qu'on doit entendre par période géognostique 9 tout 
le tcnapa pendapt lequel les niémes phénomènes géognosti* 
fBca oot jeu lieu à la surfece de la terre* Ces périodes peu- 
vent A¥oir été oii de plusieurs siècles , ou seulement de quel- 
ques années ; ainsi l'espace de temps pendant lequel le gra- 
nité s'est montré de toutes parts k la surface de la terre, 
accompfgné des. minéraux qu'il renferme , est une période 
géognostique remarquable. 

.Cetni pendant lequel les trilobites ont vécu avec les autres 
êtres organisés contemporaiiis, tandis que le calcaire argileux 
et schisteux, noirâtre, bitumineux, etc., se déposoit, est 
une autre période géognostique , dont la durée de la vie des 
trilobites, si on la connoissoit, combinée avec le nombre des 
générations enfouies , si on pou voit les distinguer , pourroît 
indiquer grossièrement la durée. 
Nous avons un autre exemple remarquable d'une graride 



« THE 

période gëognosiîque dans Tétat de repos oà se trouve Tëcorce 
du globe, depuis que les contioens actuels ont reçu leur» 
formes. et leurs limites, que la mer a pris son niveau et Fat* 
mospbère sa température; depuis que les animaux et les 
végétaux qui peuplent la mer ou qui vivent à la surface de 
la terre, paroissent toujours k peu prés les mêmes, etc.; cet 
état de repos que constatent' touteé les observations, toutes 
les notions historiques, constitue la dernière période géognos* . 
tique^ dont le commencement date au moins de quatre mille 
ans, çt qui peut avoir encore une longue suite de siècles. 

De même que nous ignorons si les séries des dififérens ter- 
rains sont les mêmes sur tout le globe, de même nous ne 
savons pas si les périodes géognostiques se sont étendues éga* 
lement, et dans le même temps, sur toute la surface de la 
terre ; par exemple, si , tandis que les ammonites et les béiem- 
nites avoient cessé de vivre et la craie de paraître en Europe ^ . 
pour être remplacés parles çérites et le calcaire grossier, les 
premiers mollusques céphalopodes et la craie ne continuoieni- 
pas les uns à vivre et les autres à se déposer dans Flnde ou 
dans r Amérique. 

5* ^i**" Caractères et disposition générale des 

terrains en série. 

Le caractère le plus général de ces terrains est d'être êtn^ 
tifié, non pas seulement en petit et dans quelque partie, 
mais en grand et sur une grande étendue; de se présenter 
ainsi sur toutes les parties du globe où on a pu les observer 
et les reconnoître pour être les mêmes , par les moyens que 
nous avons indiqués^ c'est-à-dire, par leur nature minéralo* 
gique, et par la ressemblance générique et spécifique des- 
débris organiques qu'ils renferment. ; 

Leur stratification n'est déterminée que par le parallélisme 
prolongé et étendu des fissures qui divisent leur masse; car 
elle n'est pas toujours rectiligue et horizontale ; bien au GOft«. 
traire, les lits, couches ou strates qui les divisent sont souvent, 
et très-obliques et très-sinueux. 

La structure dominante des terrains en série est compacte 
ou grossière ; on voit que les roches qui les composent oot • 
généralement été formées plutôt par voie mécanique que paii 



THE 9 

▼•Se diimigoe, pIutAt par sédiment ou agrégation que par 
dlflioliition et cristallisation. 

Cependant quelques-unes des roches qui entrent dans la 
composition de ces terrains « offrent une texture cristalline 
qui indique une cristallisation confuse; telles sont les gypses, 
les enlcairet saccaroïdes , les eurites, les amphibolites , les 
mJCTiBchistes , etc. Dans ce cas, si la stratification est obli- 
térée^ c'est plutôt par des ondulations nombreuses et des 
replis que par des fissures. 

Les terrains en séries , étant généralement stratifiés, offrent 
dans leur structure en grand des divisions, modifications et 
eirconatances qui servent encore à les distinguer des terrains 
hors de série. 

Leurs subdivisions portent les noms de bancs, de couches, 
de lits et de feuillets , suivant leur puissance et leur nature. 
Les feuillets {Schiehte) sont des divisions des couches(F/6*fz), 
et eelles-ei peuvent être considérées comme des divisions des 
baaes. On donne généralement le nom de lits (Loger) aux 
■atières de nature différente qui sont interposées en strati- 
fication concordante entre des couches, lorsque ces matières 
le présentent d'une manière continue sous une grande éten- 
die et avec un parallélisme sensible de leurs deux surfaeeib 
Âmû on dit un lit de pyrite dans le micaschiste, un lit de 
Aouille dans des couches de psammite, un lit de fer hy- 
drozidé oolilhique entre des bancs ou des couches de cal- 
caire compacte, etc. 

Les masses minérales, différentes par leur nature des ter- 
rains qui les renferment, et qu'on rencontre dans les terrains 
stratifiés, doivent entrer aussi dans la série de leurs couches ^ 
lorsqu'elles paroissent avoir été déposées en même temps 
qu'elles ; elles s'y présentent quelquefois en amas irréguliers 
on grossièrement lenticulaires, qu'on désigne sous le nom 
û*mma$ eovffhéi {tiegende Sioeh). 

Ce sont , avec les débris organiques et les minéraux dissé- 
minés » les seub corps ou masses étrangères qui appartiennent 
à la formation des terrains en série. Les amas droits, filons 
et veines qu'on y observe ont une tout autre origine, et ap- 
partiennent plutôt 9 comme on va le voir, aux terrains bon 
de série» 



10 THE 

Lti Urrains en série seront eonùdétéê sëparéoienty et for- 
meront Tune des deux grandes divisions des terrains qui en- 
trent dana la composition de l'écorce du globe. Comme leur 
stratification indique qu^ls ont été formés dans une masse li* 
quide , que d^autres particularités indiquent que ce liquidé 
étoit d*une nature analogue à Teau de la mer , nous les ap-> 
pellerons, arec la plupart des géologues modernes, Tisbains 
araATiFiés ou neptuniens* 

5* 9* Caractères et disposition générale des terrains 

hors, de série. 

Ces terrains se présentent en général en masses puissantes , 
qui ne font voir aucune stratification distincte , et par con- 
séquent aueun indice de dépôts, au moins sur une certaine 
étendue. Lorsqu^on y reconnolt quelques fissures de stratifi- 
cation , cette structure n'est que locale. 

Leurs masses ne sont cependant pas sans divisions, mais 
les fissures qui les traversent se dirigent dans tous les ^$€9$ : 
elles les séparent en grandes parties polyédriques, soit irré- 
gulières, soit prismatoïdes. 

Leur texture est souvent cristalline , et lors même qu'ellç 
est compacte, on y remarque une densité et des j^rties cris*- 
tallines qui indiquent que les élémens de ces masses u^Qnii 
point été suspendus dans un liquide, qu'ils ne se sopt pas 
déposés comme un sédiment , ni réunis par voie d'agrégatipa 
mécanique; mais qu'ils ont été tenus à Tétat eomme fondu 
ou pâteux , et qu'ils se sont solidifiés par voie ou dç rfl)roi- 
dissement ou de cristallisation confuse. 

Ces terrains se présentent tantôt en grandes niasses, em. 
montagnes même , et d'une manière indépendante, au-dessus 
des terrains en série , comme s'ils s'étoient épanchés sur ey^i 
tantôt en plus petites parties, qui ont pénétré ^us différentes 
formes et dans diverses circonstances dans les terr^ps W 
série. 

Ils y formiyit des masses droites ou traversantes, des. filoM 
ou des veines. 

Ib semblent avoir brisé et comme soulevé les terrains stra* 
tifiés pour s'^élever ensuite au«dessus d'eux , s'épanpher k leur 
surface , les envelopper et les faire quelquefois entièrement 



THE »» 

disparoftrc en les coumnl de U masse énonne en étendue , 
éfMÛsseur et hauteur , de leurs roches. 

Les roches qui composent 1rs terrains hors de série , que 
nous appellerons aussi terrains massifs, sont particulièrement 
tons les filons et amas dioits ( stelende Stock) , pierreux et mé> 
talliquesy tels que le cuivre pyriteux, le fer oxidulé et oli* 
giste; et parmi les roches ce sont principalement les dolo* 
mies , les serpentines et ophiolites, surtout les porphyres , mé- 
laphyresy ophites, varioHtes, spililes , trachytes, téphrines, 
stigmites, basanites, dolérites, vaRites, et peut«étre les gn* 
nitcs, protogynes, syénites, dioritcs* 

Les Urrain* hors de série formeront la seconde considéra* 
tion principale, sous laquelle nous étudierons la structure 
de Fëeorce du globe. Nous les nommerons Terraiks MASUrs 
on TrrnoNiBHS , parce qu'ils semblent avoir soulevé les autres 
terrains. 

Amt. 3. Principes de classification et de dénominaiiom 

des terrainsm 

5* !•*' Principales divisions. 

Les différentes sortes de terrains qui composent Pécoree 
im globe étant ainsi classées sous deux points de vue diff^ 
rcns, nous devons examiner, Tun après Tautre, les ternini 
de chacune de ces grandes classes. 

L*brdre qu*il convient de suivre dans cet examea ne doit 
pas être plus arbitraire que le choix des circonstances qui 
nons ont (ait reconnoltre les caractères des deux divisions: 
il doit être celui de la succession des dépôts dans les tcfmins 
stratifiés , et celui des coulées ou épanchemens dans les ter» 
nins mmiis. 

Mais cet ordre, dans le premier cas, et encore bien plus 
dnna le second , est très-difficile à reconnoltre ; bous en avons 
dSt.les raisons. Nous ne devons donc opérer que d*approcher 
An la vérité, sans pouvoir prétendre encore In découvrir 
complètement. 

On peut examiner ces séries par denx voies opposées : par 
Tune on procède du membre le plus ancien au membre Je 
plus nouveau , et prenant pour premier membre la partie de 



" THE 

récorce du globe au-dessous de laquelle on eroit n'avoir pas 
encore pénétré, on appelle cette partie terrains primitifo^ H 
ob va en remontant, en donnant aux groupes qui les suivent 
les noms de terrains secondaires et tertiaires. 

Par l'autre voie on part de la surface de la terre 9 de la 
couche que tous ses caractères signalent comme devant être 
la plus superficielle , et en s'enfonçant aussi profondément 
qu'il est possible dans l'écorce du globe , on décrit de haut 
en bas les diverses parties stratifiées de cette écorce à mesure 
qu'elles se présentent. 

On ne peut plus donner à ces membres de la série strati<* 
ûét les noms de primaires ou primitifs, secondaires, ter- 
tiaires, etc.; il faut au contraire éviter de leur appliquer 
aucun nom hypothétique. Or, dans le cas actuel^ les noms 
numératifs expriment des hypothèses; on doit donc chercher 
à désigner ces terrains par des noms simples, univoques, qui 
indiquent leur propriété la plus visible, la plus caractéris- 
tique et la plus constante; mais il ne faut pas avoir la pré- 
tention d'indiquer toutes les propriétés, ni même d'en indi- 
quer une qui soit absolue, c'est-à-dire sans aucune exception* 
Cette prétention est impossible à réaliser ; il suffit que le nom 
rappelle la propriété la plus générale , la plus inhérente aux 
terrains, et par conséquent la plus constante, ou même qu'il 
n'en rappelle aucune, mais qu'il puisse être employé dans 
toutes les théories qui pourroient être proposées dans la suite | 
sans éire en contradiction avec aucune de ces théories. 

Tels sont les principes d'après lesquels nous avona établi 
Jes dénominations employées dans le tableau des grandes di« 
visions des terrains, et même dans les subdivisions de ce ta» 
bleau. 

On a fait voir plus haut , d'une manière générale , 1 «^ les 
causes qui ne permettoient pas de ^'assurer si Tordre des séries 
de terrains et de leurs subdivisions étoit le même sur toi 
la terre ; 2.'* celles qui faisoient présumer que cet ordre n'4 
pas constant, au moins dans ses subdivisions; 3.^ enfin, céfll 
qui avoient dû le déranger et même l'intervertir. 

Il faut bien cependant suivre un ordre linéaire dans l'expo- 
sition et des généralités qui appartiennent à chaque sorte de 
terrains j et des phénomènes qu'ils présentent^ Cet ordre ii« 




THE X» 

néftire ne sera pas choisi arbitrairement, mais il sera pris dans 
les lieax où la superposition se sera présentée de la manièro 
la plus claire, et faute de lieux qui présentent cette évidence 
ou cette réunion de circonstances, il sera établi d*après la 
théorie résultant des présomptions les plus vraisemblables et 
les ploa généralement admises; enfin , il sera fondé sur la né- 
cessité où Ton est de réunir sous un même titre ou sous un 
■éme point de vue tous les phénomènes qui doivent être 
rsssemblés pour faire l'histoire d'un terrain, d'une formation 
ou d*uoe roche. 

Ainsi on ne prétend pas que le tableau dans lequel on 
présente les roches des terrains clysmiens, réunies en groupes, 
formations et terrains, ni que Tordre dans lequel on a placé 
la série de ces roches, soient ni les mêmes dans tous les lieux, 
ai constans dans le même lieu ; mais on a seulement vouln 
dire que c'étoit le tableau de Tordre qui approchoit le plus 
de la rériié des superpositions, et qui étoit le plus favorable 
k l'exposition des phénomènes relatifs aux terrains clysmiens 
et aux groiipes de roches qui les composent. 

La considération des terrains hors de série ou terrains mas» 
sils est indépendante de Tordre d'apparition des différentes 
foehca i la surface du globe. Cette considération , qui est 
aaintcnant assex généralement reçue , n'empêche pas qu'on 
ae eherelie 1 rapporter chaque masse de terrains hors de 
sérié à une époque correspondante au dépôt des roches stra- 
tifiéea des terrains en séries. 

M* Boue, qui a admis implicitement la division des terrains 
en série sous le nom de terrains stratifiés ou neptuniens , et 
des terrains hors de série sous celui de terrains massifs on 
plntoniens , dans le savant tableau de classification des ter» 
raina qu'il a publié en Août 1837 , a essayé de rapprocher les 
époques de dépôts de\ premiers des époques d'apparition des 
seconds , en les énumérant de front. Mais tout en rendant 
fifffSce aux nombreuses observations de Tauteur dont ce ta- 
ipiNips si complet est le résultat , aux heureux rapprochemens 
qiéSL a faits, ye crois pouvoir dire avec quelque fondement 
que l'étude en est difiScile. 

Ce neseroit pas un motif suffisant pour chercher à présenter 
le tableau des terrains d'une autre manière que ce^profond géo-. 



U THE 

logue, si cette difficulté étoit une conséquence Dëcessaire des 
nombreuses vérités qu'il auroit reconnues. Mais nous ne pou- 
Yons pas encore admettre que ces rapprochemens soient tous 
exacts; car, sUl en étoit ainsi, les terrains massifs ou pluto-» 
9iens rentreroieut dans les séries ; s'il étoit prouvé que le gra* 
ni te de TErEgebirge, étant venu après le calcaire de trann^ 
lion 9 a été recouvert comme lui par le grès rouge où le 
calcaire à encrines, il faudroit les introduire dans la série 
des terrains 9 ce qui seroit beaucoup plus simple et plus clairj 
et ce qui pourra peut-être se faire un jour. 

Mais cette conséquence est entourée de tant d'ineertitude, 
elle demande tant de discussion , qu'elle ne m'a par paru 
susceptible d'être introduite directement et même dogma- 
tiquement dans un tableau continu de la superposition des 
terrains. 

J'ai donc préféré traiter séparément et les terrains géné- 
ralement stratifiés et les terrains massifs, sans cependant rë- 
noncer, comme on le verra , à nommer ces derniers dans leur 
place au milieu des séries , quand cette place est bien déter* 
minée ou seulement raisonnablement présumée. Mon ordre 
ne diffère pour ainsi dire de celui de M. Boue, que parce 
que j'ai mis à la suite de deux chapitres séparés ce qn^l a 
mis en regard ; je crois avoir évité par là des répétitions trop 
fréquentes de la même roche , et je me suis donné plut de 
latitude pour développer et discuter les motift de la place 
donnée à chaque terrain et à chaque roche. 

Abandonnons maintenant cette manière de considérer la 
stfNicture en grand de l'écorce du globe , considération qui 
tient aux divers modes suivis par la nature pour former cette 
écorce, et abordons une considération d'un tout antre ordre, 
celle qui est relative à la succession chronologique de ses 
diverses parties ou aux périodes et époques géogoostiques. 

D'après ce que j'ai dit plus haut , on sait ce que j'enteads 
par ces deux expressions appliquées à la géognosie ; il m9 
semble qu'une des premières divisions d'époques, une des 
plus importantes, est celle qui sépare les phénomènes géolo- 
giques en deux grandes périodes, quoiqu'il s'en faille de 
beaucoup qu'elle les partage en deux parties égales. 



THE »5 

"L'ane dé ces périodei, dont nous ne connoissons ni le corn- 
ikencement , du moins pour ce qui concerne Pécorce du 
flobe, seulobfet de notre étude, ni la durée même approxi- 
matÎTe , renferme toutes les roches , terrains et phénomènes 
antérieurs à la dernière réyolution du glohe; k celle qui a 
placé la mer dans le bsssin qa>lle occupe depuis les tempe 
les plus reculés, qui a donné leur forme à nos continens et 
qni est antérieure i toutes les notions historiques ; c'e^t celle 
que fappelie la période êatitmitnne. 

L'antre période renferme toutes les productions de rocheis 
et de terrains, tous les phénomènes géologiques qui se sont 
présentés à la surface du globe depuis la terminaison de la 
période satnfnienne; ceux, enfin, qui se passent encore de 
nos jonn, je la nomme période jovienne ou d'aujourd'hui. 

Elles ont toutes deux produit des terrains en série et des 
iermioa hors de série ; mais cette division n'est pas asset im- 
portante dans la période jovienne pour l'y introduire. 

Dmau l'oMre chronologique de ces périodes, la période sa« 
tunienne devroit être traitée la première ; mais nous avons 
préféré étudier les terrains tels qu'ils se présentent à nous 
quand bous pénétrons dans l'écorce du globe. Nous en con- 
■ni ss on s la fin, sans en connoftre le commencement* En 
allaiat en haut en bas, les premières roches resteront ton» 
jeun les premières; en allant de bas en haut, les roches que 
sioaa appellerio'ns maintenant les premières , pourroient bien 
daaa la suite prendre une dénomination numérique bien plus 
avancée dans cet ordre. 

Ainsi , peur être conséquent à ce principe , nous comme»* 
ceroos par la période jovienne. 

Léfe motifii des principales divisions présentées dans le ta- 
bleau .général des terrains qui précède les tableaux des détails 
d€ cèaque classe, seront exposés et développés à l^artide de 
chaeiine de ces clsfnes et de ces terrains. 

$• 2. Nomenclature géologique* 

Tout le monde convient que la feiomenclature géologique 
est dans un état de désordre qui introduit souvent de Tem- 
iMirras et de lobscurité dans Tétude de cette science et de 



>6 THE 

rincertitude dans ses résultats* Les descriptioaa ëtanl msAnê 
claires, les objets sont plus difficiles k comparer; leurs éiS^ 
renées ou leurs ressemblances moins sensibles ^ et les eonsé* 
quences qu'on pourroit en tirer , sont ou inaperçues ov in- 
certaines. Personne cependant n*a osé introduire dans cette 
science une nomenclature plus ré^llére et fondée sur des 
principes qui pussent la rendre durable. 

Une nomenclature n'est durable que lorsqu'elle est à peu 
prés insignificative. J'ai donné ailleurs de nombreuses preuret 
de ce principe ; mais une nomenclature absolument imignifi' 
eative est difficile à retenir : la mémoire n'a pas de prise sur des 
mots qui, encore peu usités, ne se rattachent à rien. Quand lAi 
mot a passé dans l'usage général , il n'est plus nécessaire qu'il 
signifie quelque chose ; mais si, avant ce moment, un nom in* 
significatif est aux prises avec un nom significatif, ce dernier, . 
quelque faux qu'il soit, l'emportera loog-temps, et peut-être 
même toujours, sur le premier* Il en est de même d'un mot 
univoque ; quelque défectueux qu'il soit , il prévaudra presque 
toujours sur un nom composé de plusieurs mots , quelle que 
soit d'ailleurs l'exactitude de ce nom. 

- Ces principes rappelés, il s'agissoit de les appliquer à la 
géologie. Il eût fallu faire une refonte presque complète de 
la nomenclature : je ne m'en sub senti ni le courage ^ di Ict 
moyens, ni le droit. J'ai donc tâché de l'améliorer, en rem- 
plaçant par des expressions simples et choisies d'après les 
principes précédens , les dénominations trop longues , trop 
vagues ou trop fausses. J'ai laissé tels qu'ils sont, les mots qui 
ne m'ont pas paru avoir ces défauts d'une manière trop eko- 
quante. 

Je n'ai point changé les noms pour en mettre de meillenrt 
à leur place; je me suis toujours prononcé contre cette pi^ 
tendue amélioration ,, qui n'auroit p)ui de terme. J'ai cherché 
à représenter par des noms simples des définitions longuet et 
cependant incomplètes, parce que si on eût voulu les rendre 
complètes , il eût fallu les faire encore plus longues. 

Le piincipe fondamental delà nomenclature de géologie» 
tel que je le conçois, tel que je l'ai entendu souvent poser 
par les géologues qui ont le plus réfléchi sur ce sujet ( et je 
dois citer surtout M. d'Omalius d'Halloy) , c'est que les noms 



THE 17 

qui iodiquentdet temins, c'est-i-dire des associations de mi- 
aéraux , roches et ci rcon stances qui out entre elles une grande 
liaison géologique; c^est que ces noms, dîs-je, soient différent 
démons oryctognostiques qui indiquent des minéraux et des 
rocbea considérées minéralogie] ucnient. C'étoit au reste le 
4frincipe delà nomenclature géologique de Fécole de Wemer; 
mais cette école elle-même s'en est écartée , et, hors d'elle , 
on l'a encore bien plus abandonné. 

C*est ce principe qui a fuit donner par M* d*Aubuisson le 
nom de traumate au terrain désigné par les géologues de 
Freyberg sous celui de grauwaeke ; qui a fait donner par M. 
d'Oipaliusle nom depéné^nau terrain qui renferme les roches 
nommées géognostiquement zeehstfin et iodtliegende. Mais on a 
employé bientôt ces noms géologiques comme noms minéralo- 
giques. Ainsi on a voulu que le zechstein fût un calcaire corn* 
pacte y et pas autre chose; que le todtliegende fût une roche 
d'agrégation, etc. 

Si on cherche à se rendre compte du vrai motif qui a fait 
abandonner ce principe et mêler ainsi deux nomenclatures 
qui doivent marcher d*une manière toujours distincte, on 
verra que c*est la crainte de multiplier les noms, d*avoir l'air 
de changer une science de faits et de théorie en une sèche 
nomenclature. C'est Tabus qu'on a fait ailleurs de 1$ multi- 
plication des noms et de leurs changemens, qui a empêcha 
de faire,. en géologie, un usage utile et convenable de cette 
règle* On va voir en effet, par Tessai que j'ai tenté de son ap* 
plication aux terrains parisiens, combien il faudroit créer de 
noms pour désigner les divers terrains qui composent l'écorce 
du globe, si on vouloit être conséquent aux principes* 

Les terrains sont , comme on l'a dit , des associations de 
roches qui ont pour caractère d'avoir été formées à peu près 
à la même époque et dfamir une position déterminée p|r 
rapport à d'autres associations. Ce sont là les seuls caractères 
distincti£i des terrains : il n'y a donc pas de roche essentielle ; 
il i^y a paa même de restes organiques essentiels propres à les 
caractériser; deux assooiations de roches et de fossiles appar- 
teaant évidemment au même terrain , peuvent n'avoir pas uir v^ 

fossile, paa une roche qui leur soit commune. (Le terrain 
d'eau douce est tantôt entièrement calcaire , avec des cyclosi- 
54- 2 



i8 THE 

tomes et des paludines, et tantôt entièrement siliceux, BVte 
des llmnées, des pot^ides, etc.) 

On doit donc désigner les terrains par des noqis qui ne 
puissent être celui d^une roche. Cette méthode 9 bien em« 
ployée I ne permettroit plus de confondre les noms de roches 
et les noms de terrains; elle permettrpit de définir le terraiif 
aussi longuement qu'on le croiroit nécessaire , et ferait dis- 
p^roitre ces contradictions de noms avec la chose, comme 
celui de grès , appliqué à toutes les roches arénacées , ceux 
de terrain houiller sans houille , de calcaire grossier à des ter- 
rains dans lesquels on ne trouve aucun lit de cette roche , 
etc.y ou qui, renfermant bien d'autres roches et d'autres cal- 
caires que du calcaire grossier, devroient être nommées ^«rram 
ealcaréo' marnO' sableux t si on vouloit indiquer leur composi- 
tion parce nom, qui n'est plus un nom» mais une phrase des- 
criptive, etc. Cette considération , qui a frappé également 
M. d'Omaliusd'Halloy, m'a engagé à proposer le nom de terrain 
protéique pour désigner ce groupe de terrains de l'ordre des 
thalassiens , qui est principalement composé de calcaire, de 
marnes diverses et de grès, renfermant des cérites , des fusus, 
des lucines, des tellines, .etc., placé au-dessus du gypse, 
etc. Les noms de terrains plusiaques, Lritoniens, palœothériens y 
jurassiques, eonchjliens , pénéens , de lyas, keupér^ etc. ont été 
faits d'après le même principe. Mais, par les motifs' que j'ai 
exposés plus haut , )e n'ai pas osé en porter plus loin l'appli- 
cation, et j'ai respecté beaucoup de noms significatifs, ou 
trop généralement admis, ou trop peu importans, pour être 
changés* Quand j'ai été forcé de laisser des noms de roches 
aux classes, ordres, formations ou groupes de terrain , je les 
ai toujours pris adjectivement, ainsi que l'a fait M. d'Omalius 
d'Halloy ; tandis que les roches énumérées dans le tableau , 
ont dû. toujours porter les noms déjà connus et définis miné- 
•Tafogiqueraent de ùcb roches et minerais. 

Un autre motif qui auroit dû me porter plus hardiment k 
rejeter tous les noms simples ou composés de roches, même 
pris adjectivement, pour désigner des terrains, c'est le retour' 
de ces mêmes roches et groupes dans des terrains différeift# 
Ainsi, lorsqu^on désigne un groupe par le nom de mamo- 
sableux,- ou de calcaire, ou de élastique, il faut ajouter le nom 



THE 19 

du terrain, pour le distinguer du même groupe qui se ren* 
contre dans d'autres terrains : cela alonge tellement les phrases 
des descriptions , qu'on préfère aune telle périphrase lo nom 
le plus étrange. 

Cest pour éviter ce double inconvénient que )*ai préféré 
le nom de prtUéique m celui de marno*$ahUux ou ierrain mtf» 
xinimftritur; celui dVpio/i7/ii^u(, à celui d*argi7o«caieaîre; celui 
de ^ntofiitfTi. à celui de ealcaréo^ahUax ou de calcaire grossier» 
etc. Ces mêmes associations pouvant se rencontrer dans d'au* 
très terrains , il eût fallu toujours y ajouter les noms des ter» 
rains , tels que Ihalauien , pélagien , etc. ; tandis que ceux de 
protéiqce , tritonien , etc., peuvent aller seuls, sans avoir 1 
craindre la confusion. 

J'aurob désiré faire disparottre également , et par les 
mêmes motifs, les noms de marno - charbonneux ^ argile m» 
hUux, etc, qui ne s'entendent bien qu'avec Taddition du mot 
Ûtalasiique; de élastique , qui s'applique tantôt aux terraina 
abyasiques , tantôt aux terrains hémil3rsiens , etc. Mais l'ai 
craint l'introduction d'un trop grand nombre d^expressions 
nouTclles dont la nécessité ne seroit pas suffisamment motivée* 

J'ai adopté pour les roches les noms introduits dans ma 
CUuâifioation nûneralogique des roelies, publiée en 1827, et Je 
croit «voir éprouvé la commodité de cette classification et de' 
ion application. Le nom seul remplace une longue dé6nition , 
qu'il eAt été nécessaire de rappeler chaque fois qu'il eût fallu 
mentionner la roche, et il la remplace avec une uniforaûté 
et une précision qu'on ne peut attendre d'une définition dont 
Ica termes varient suivant la mémoire, le temps et les cir- 
constances où se trouw celui qui veut l'employer* 

CHAPITRE 11^ 

Tableaux et dii^eloppemens des caractères des neuf 

classes de terrains. 



La classification gëognostique des différentes rochci ou 
nasses minérales qui entrent dans la composition de l'écorce 
du globe , est , de toutes les classifications du domaine de l'his- 
toire naturelle , celle qui variera le moins , qui irif toujours 
en ae perfectionnant! et qui finira par atteindre sa limite de 



20 THE 

perfection; car ici lés matières à classer le sont déjà, il ne 
s'agit que de reconnottre Tordre dans lequel elles sont placées^ 
Cest le but vers lequel tendent tous les géologues, et lef 
grandes différences qu*on remarquera entré les classifications 
géologiques de 1780 , celles de 1^10 et celles de ce moment, 
ne résultent pas de la manière de voir des naturalistes qui 
les ont établies, mais seulement de l*èrreur dans laqilblle on 
étoit sur les choses ; car, dès que cette erreur est redressée et 
que sa rectificatibn est admise , il faut aussi en admettre les 
conséquences. 

Les géologues du même temps, également instruits de 
toutes les observations faites jusqu'à eux, ne peuvent différer 
que par la manière de prendre la série de bas en haut ou 
dé haut en bas, et par les groupes qu'ils établiront dans cette 
série; mais ses élémens resteront toujours les mêmes, et dans 
Tordre résultant de l'observation. Une partie de cette série 
pourra seule pendant long-temps apporter quelques diveir- 
genrces dans les résultats ; c'est celle qui est relative à ces ter- 
rains massifs ou typhoniens qui sont venus à travers tous les 
autress'intercaler à différentes époques au milieu des membres 
de la série des terrains stratifiés. 

Ces réflexions font connoitre la cause de l'espice d'unifor- 
mité qui règne dans les classifications géologiques , au moins 
dans leur division principale. On ne peut en effet faire du 
nouveau dans une telle classification que par ignorance , er- 
reur ou hypothèse sans fondement. 

Malgré cette uniformité , conséquence nécessaire de la ma- 
tière exatninée, on reconnoîtra déjà deux époques et deux 
systèmes assez différens dans la classification géologique ; la 
première est celle de Werner et de sa nombreuse et savante 
école. C'est sur les bases de la classification géologique de ce 
célèbre professeur , que MM. Reuss , Karsten , Leonhard , 
Rop et Merk, d^' Heim, etc., ont établi les leurs. 

Quelques géologues de la même époque s'en sont un peu 
écartés ; mais seulement dans la formation des groupes y tels 
sont: MM. de Hof, Hausâiann, de Raumer, etc. 

Les géologues anglois ont d'abord suivi le même système 
général en plaçant tous les terrains en série ; mais ils ont ap- 
porté d'heureuses rectifications dans la formation des groupes.. 



THE «i 

et surtout dtns ceux qui composent les terrains de sédiment. 

Mais c^est de i^introduction d*une toute nouvelle classe de 
ternln , de celle qu*oa nomme terrains massifs, ou soulevés » 
ou piutoniqufs, que date la seconde et nouvelle éregéologî* 
que; elle est toute récente. M. de fiuch en a fourni Tidée prin- 
cipale, MM.de Humboldt, Keferstein, Boue, font saisie, et 
ce dernier surtout nous semble Tavoir appliquée dans tous êes 
développemens. 

C'est aussi celle qui est la base de la division des terrains 
en deux grandes classes, que j'ai suivie : quiint aux bases de 
Tordre sériai que j*ai adoptées dans Texposilion des divers 
l^roupes de terrains qui composent Técorce du globe, elles 
avoient déjà été posées dès 1 8 1 3 , dans le cours de géognosie que 
je fis alors à la faculté des sciences, et en 1814 dans mon Mé- 
moire sur le Cotcntin : le tableau que je présente n*est que 
le développement de celui que j'avois exposé à cette époque ; 
mais ce développement a éprouvé de grands changemens par 
les connoissances qui ont été acquises depuis lors sur la struc- 
ture du globe, par les observations que )*ai eu occasion de 
faire, et surtout par les secours que j'ai trouvés dans les ta- 
bleaux du même genre , publiés successivement par MM. 
Buckland , de Humboldt , de Bonnard , Philipps et Conybeare , 
et tout récemment par M. Boue. 

Le tableau des terrains publié par ce dernier en 1827, m'a 
surtout été du plus grand secours par sa richesse en faits, 
résultats et rapprochemens nouveaux et toujours aussi inté- 
ressans qu'utiles , lors même qu'ils ne seroient pas tous défi- 
nitivement admis. Mais on ne peut blâmer un géologue de 
hasarder des rapprochemens j c'est, comme je l'ai déjà dit et 
ici et ailleurs, sa seule voie expérimentale } car, n'étant point 
le maitre des circonstances, n'ayant aucun moyen de décou- 
vrir la vérité par des expériences, il faut qu'il attende que 
Poccasion de vérifier ses conjectures se présente, soit à lui, 
soit à d'autres. Toutes ces présoo^ptions hasardées par des 
hommes sages et judicieux observateurs, sont pour ainsi dire 
des expériences commencées qu'ils n'ont pu terminer, et qu'ils 
laissent à continuer aux savans qui suivent la même carrière. 

Les tableaux suivans ofifrent Fénumération des classes, or- 
dres et groupes dans lesquels j'ai cru devoir diviser les ter- 



" THE 

raina qui entrent dans la composition de Tëcorce du globe« 

Cet classés sont présentées presque isolément dans le pre« 
snier tablean , dont y ai déjà publié Tébaucbe dans ma Classi- 
fication minéralogique des roches. Elles sont ensuite déve- 
loppées dans les autres et subdivisées en ordres, groupes ou 
formations, exposant dans Tordre le plus ordinaire ou le plus 
vraisemblable de superposition pour les terrains en série , et 
d'apparition pour les terrains hors de série, les roches et 
minéraux qui entrent dans la osôm position de ces groupes ou 
fonnfttions, ou qui s'y rencontrent le plus ordinairement. 

Pour ne point surcharger ce& tableaux de détails difficiles 
à saisir et à suivre, et qu'on ne peut souvent pas suffisamment 
motiver, je me sois borné à indiquer la synonymie la plus 
ordinaire dans les principales langues employées par les géo- 
logues. 

Lorsque cette synonymie a eu besoin d'être expliquée ou 
développée , je l'ai fait à l'article de chaqve terrain. J'ai éga- 
lement renvoyé les exemples à la suite de l'exposé des carac- 
tères géognostiques de chaque formation. Je me suis contenté 
d'en indiquer quelques-uns dans la troisième colonne, uni- 
quement pour préciser l'idée qu'on doit prendre de chaque 
groupe. 

Je n'ai point eu l'intention de donner l'énumération de 
tous les lieux où se présente le terrain ou la roche en ques- 
tion , mais seulement de prouver par des exemples choisis 
dans mes propres observations ^ lorsque je l'ai pu , ou dans 
les sources les plus authentiques, que les généralités carac- 
téristiques établies à l'article de chaque terrain , ne sont 
pas fondées sur des présomptions ou de vagues et trompeurs 
souvenirs ; mais qu'elles peuvent être appuyées sur des faits. 
Il né. reste plus alors qu'à savoir si les faits ont été bien 
observés, s'ils ne sont pas des exceptions dues à des circons- 
tances locales, etc.; ce sont certainement des sources d'er- 
reurs, qu'il ne m'a pas été possible d'éviter; mais en pre- 
nant le moins possible aux auteurs qui n'ont pas vu par eux- 
mêmes, j'aurai au moins évité de propager des erreurs^ 
D'ailleurs, j'ai eu soin de citer mes sources et mes autorités, 
lorsque l'exemple donné n'étoit pas devenu ce qu'on appelle 
elaasiquew 



THE (P.".) 1 

TABLEAU GÉNÉRAL DES DIVISIONS, CLASSES ET 

ORDRES DES TERRAINS. 



méhH 



Mé 



NOMS 
DES CLASSES ET DES ORDRES. 



SYNONYMIE. 



DEFINmoR 

KT CARACIWI» 



PÉRIODE JOVIENNE » c'est-à-dire de l*époque actuelle » ou 

terrains pobtdiluvieus. 



ï.'*CL TKR&AIN8 ALLUVIBNS.. 
n.*CL TERRAINS LY8ISNS 



m.* CL TBRRAINS FTROOtNES. 
P. yOUCAHIQUU 



P, vmjoùoêiqm... 
P. ATMosraiaiQuxs 



allu^um. 




pêt truupoct «t MdioMiit. 

qui oat M dÎMom et for* 
mes par Toto chioûqacb 

fonnét par l'actioD âa (Sm 
■ drs volcaaa actuels. 

c*ett-à-4iira par ii 
tkw 



terrains pseodo^rolcajiiqaes.. . . 
pierres météoriques. 

PÉRIODE SATURNIENNE, c'est-à-dire aoeienne, antérieure à la 

dernière révolution du globe* 

1.'* Considérât iott. TBRRAINS STRATIFIÉS ou NEPTiJiVIBifS. 

iy.« CL TERRAINS CLYSMIENS. . dilmnum 

y.< CL TERRAINS IZÂMISNS.. . . de sédiment 

Iz. THALAUIQi'ES sup*Tienrs ; terrains lertiairf>s> 

moyens ; terrains secondaires. 

inférieurs 

terrains de transition complètes. . 



tz. PliLAOlQUXS 

IZ. ABY8SIQUE8 

VI.< CL TERRAINS HtMILYSIENS 



VU.« CL TERRAINS AGALTSIENS. 

A. ÉPIZOÏQUES 



A. arpozoïQuta 



terrains primordiaux 

terrains de transition cristallisés. 



terrains primitifs. 






par transpott ou allorkm* 
l»rincipaleni. par aédiiiMiit. 
c*e-t- à-dire da la oser. 

de la haute mer. 

de rancienile mw. 

formés en partie par woié 
de sédiment , en partit 
par Toie chimique. 

eniieremeni dîsaoos et crif- 
talliaès. 

supérieurs à des terrains qni 
rrnfpnne.it des débris de 
corps organllét. 

inférieurs à ions les terrains 
connus , qui renferment 
des corps orpnisés. 



2.* Considération. TERRAINS MASSIFS ou TYPHONIENS. 

terrains d'épanchement. 



Yin.«CL TERR. PLUTONIQUES.. 

P. OSAHrrolDBS. 
P. OFHIOLITHIQUZS. 

P. xvTRrriQU» 

Pk TBACHTTIQUES. 

IX.« CL TERR. VULCANIQUE8. . . 



V. TRAPPiSIfS. 
Y. LAVigUES. . 



54* 



porpbyritiqaes , etc 

terrains Tolcaniqnes anciens. . . . 



sortis hors de la terre aree 
indices de liquéfaction. 

une pâte enveloppant des 
cristauz. 

portant des signes érideiK 
de liqoé&ction ignée. 

liquéfaction pAteuse. 

liquéfaction fluide. 

■ a*" 



9 



THE 



CXASSE5 



GROUPES 

ou 
VOBIfAT. 



ROCHES 
n 

MUfKRAUX. 




SYNONYMIE. 



EXEMPLES 

ET 

OBSERVATIONS. 



PÉRIODE JOVŒNNE ( actuelle 

ijiUuçium (BocKL.). 
Neuere JtUuçial-BU 
*. .« dungen (BouÉ). 



). 



1. Humus 

a. Tourbes herbacées 



3. Tourbes ligneuses. 
^ Limoneux 



Limon marneux 



sableux, 
vaseux. . 



Fer titanifère aréaacë 



3* Caillouteux 

Gravier 

Galets 



Blocs 

II. TERRAINS LYS1ENS. 

1» CilLCAIRES. 

Stalactites 



Travertin (moderne). 



Incrustans, 



Pisolithes 

Ârragonite fibreuM 
A* SlUCEUX. 

Silex nectique 

Silice gélatineuse., 
f AUophane. 



Terre végétale. 



Forêts sous-marines. 



Terre franche. 



Rirag.de la mer.Dnnci. 



Détritiques(i>'OMALii;i) 

Sable de rivière 

Cailloux roulés. 

Par la nier 

Par les torrens. . . . 
Transp. par les glaces. 



Stalagmites.jra/^.fin/er. 



Hollande.Bohème.'Val- 
lée de la Somme* 

Morlaix. Frith of Ta/« 

Deltas du Nil, du Rhio, 
duRh6ne,du Gange^ 
de l'Amasbone. 

Base des poteries grot^ 
sières des Indous, 
des Egyptiens, etc. 

Embouch. de la Seine, 
à Honfleur. 

Rivag. de Naples. 
S.-Qnay ( cAtes du N.)i 

Sable cale, de la Seine* 

Rivages de Normandie. 

Litde rAdour,dnDrac« 

Moraines. Source d« 
l'Arve. 



Des voûtes (aqueduc de 
Main tenon ), des et- 
ves , des cavernes. 

Env. de Rome. Messine. 
Czegled en Hongrie. 
Lac de BasLie. 

S.-All7re. Arcneil. 
S.-Philippe. 

Vichy. Carlsb. S.-Phil. 

S.-Nectaire(Anvergae}. 

Islande. Lancerotte. 
Eaux miner. Montdor. 



THE 



KT 

MAOU. 



GROUPES 
lOBMAT. 



ROCllEâ 

IT 

MurtoAUX. 



3, Salins et Acipks. 

Acide sulfurique • 

Acide muriatique 

Acide carbonique.. . 



SYNONYMIE. 



Acide borique 

Alun. 

Natron 

Nilre 

ReuMin 

Selmarin pulvérulent. 

? — lacustre 

Eaux minérales en général. 

4. Inflammables. 

Soufre par voie aqueuse. . 
Gaz hydrogène des saUcs. 
Bitume 

5. Métalliques. 

Pjrit. des eaux minérales. 

Sulfate de cuirre, de fer. 

Fer phosphaté pulvérulent 

Fer limoneux 

III. TERRAINS PYROCÈNES. 
1. Volcaniques. 

Soufre sublimé. 

Sélénium 

Arsenic, ctc • 

Muriate de cuivre 

Acide borique 

«• PHLOGOSII^UES 

Thermantide 

Selammoniac 9 elc 

Fer aciércux 

Fer phosphaté 

^ Atmosphériques 

Fer natif. 
Péridot, tic. 



Sulfate de soudp 



Fontaines brûlantes. 



Fer azuré. 



ou des solfatares . . . 



PseudoYolcaniques. 
PcrcetlanjaspU . . . • 



Pierr«s météoriques. 




IT 



Java. 

Le Vésuve. 

Garr. de Paria. ViiMf 
de lignitci de Prov. 
Voisin, des volcans. 

Lagonis de Toac. Milo. 

Egypte. 
Indes. 

Montmartre. Smvoi^ 
Indea. Perte* 
Egypte. 



Enghien. Aix-la-Chap. 
Modenois. Isère. 
Gabian» MonVZibio. 

Chaudesaîgues* 
Chessy. Cnença. 
Lim. de la rir. de Caen. 
Lusace. Lac Balaton. 



Lipari. Islande. 

Stromboli. 

Vésuve. 

Vésuve. 

Stromboli. 

Bohème. 

Saint- Etienne (Loire)» 

Laboviche (Allier). 

Labouiche. 



THE 



CLASSES 

xr 

TSHEAnni. 



GROUPES 

ou 
rORMAT. 



ROCHES 

»T 

MINéBAUX. 



SYNOXYMIE. 



EXEMPLES 

rr 

OBSKRVA'nONS. 



Dilucium ; terrains ao- 
tédiluviens. 



PERIODE SATURNIENIVE. 

TERRAINS NEPTUrVIENS. 

iV. TERRAINS CLYSMIENS 

1. Limoneux. 

Ifimon argilo«sableux 

Limon argilo-tourbeux.. . 
à* Détritij^ues. 

Galets 



Poudingues. 
Blocs erratiques. 



Gravier coquillier 
f'alun coquillier . 

3. Clastii^ues 



Terr. détritiques (d'O- 
MALius d'Halloy).. 



dvemes à ossemens. 
Brèches osseuses^ . . . 



Partie du crag des An- 
glais (J. OcftlVOTERs;. . 

( c'est-à-dire composes 
de fragiiiciis.) 



Brèches ferrugineuses 
4* Plusiai^ues 



Gravier stannifére. 
Gravier métallifère 
Gravier gemmifère . 
Fer pisolithique. . , 

T. TERRAINS YZÉMIENS . 



1. Terr. yzém. THALASSIQX7ES. . 



1« Tmal. ÉPiLTMNiquES 

1. Calcaire travertin 

Calcaire doucréttooné. 



(c'est-à-dire riches, 
opulens.) 

Etain de lavage 

Sable aurifère 

Cascalho 

Min. de fer d'alluvion. 

Terr. de sédiin. , secon- 
daires et tcrtiaircfi. 

Terr. de sédiment supé- 
rieurs , ou terrains 
tertiaires. 

Terr.lacustres, ou d'eau 
douce supérieurs. 



Val d'Ame. 

Serran, au N. de Paris. 



Plaine de Boulogne, Pa- 
ris. La Crau en Pror. 



Westphalie. Holstein. 
Jura. 

Uddevalla. S. -Michel 
(Charente inf.).>ice. 

Bassin de la Loire inf. 



Kirkdale. Geilenreutb. 

Cette. Gibraltar. Aa- 
tibcs. 

Lucel,etc., dans leJura. 
Kropp en Carniolc. 



Bohème. Gornouailles. 
Brésil. Afrique. Sibérie. 
Brésil. Indes. 
Jura. H.*-Saàne. Berry. 



TraTertin ancien des 
environs de Rome et 
de Sienne. 



I 



CLASSES 


GROUPES 


ROCHES 


BT 


oo 


ET 


TERRAIIIS. 


FOVMAT. 


mniuiAux. 



Calcaire marneux. 
Marne calcaire. . . 
Marne argileuse. . 
2. Calcaire siliceux. 
Silex meulière. . . 



Silex résinite. . . . 
Silex pjromaque. 

9. Tbai. PROTLiqUBS .. 



1. Grès blanc protèique 

Fer sablonneux ... 

2. Gompholite 



Poudingue. 
X Macigno molasse 

Bitume 

4. Calcaire moellon 
Marnes marines. . 



3. Ta AL. PAL^OTHÉRIENS 



1. Lignite suisse 



2. Marnes lymniques.. 

Xylolithe siliceux . 
Cèlcstrne compacte, 

3. Gypse grossier 

Manganèse terne.. 
Silex c<^rnë 

4. Calcaire siliceux. . . . 

Silex ménilite 

Silex résinite. .... 
Silex nectique .... 
Calcaire spatbique. 

. Magnésite 

Silex corne , 



THE 



SYKOITTMIE. 



S 

m 



OMBRVATIOm. 



• 



Ion tcrr. mar. sup. Par* 
tie du rra^desAngl. 



Nageljlue , 



ou tcrr. lacustr. inféiv, 
ou srcondterr. d'eau 
douce. 



Buis pétrifié 



ou palaeotkérien 



Isle deWîghi.lIoDgrie. 
BaMin de Piiris. As* 

▼ergne. 

Bassin de Paria. Lam- 
««••ii. 

Plateau deMontreail, 
près Paris. 



Fontainebleau. 

Meudon. 

La Drame. Suisse. Salft- 
bourg. 

Lausanne. Bonpas. 

Dardagny. 

Hérault. Pes«*nat. 

Montmartre. Collines 
subapennines. 



RœpfnacYi ,prètHorge« 
( Zurich ). Lobsana 
(Alsace). UœringCTy 
roi). Hongrie. 

Pantin. 

Montmartre. 

Paris. 

Montmartre. Aix. 

Montmartre. 

Montmartre. Aix. 

Champigny. Crécy. 

Ménilmontant. 

Orléans. 

Saint -Onen. > 

Champigny. 

Coulommiers. 

aaUiielU (Gard), 



THE 



C3UA96E9 

nr 



GROUPES 

ov 
VOBXAT. 



ROCHES 
wankBiAVT. 



4. Th AL. TRITONIENS 

1. Grèi blanc tritonien 

' Grès lustré, 
a. Calcaire tritonien . . . 
Marne calcaire . . • . 



SYNONYMIE. 



OU calcaréo- sableux., 
ou marin moyen 

Calcaire grossier .... 



Marne argileuse J 

Silex corné 

Glàuconie grossière. .... 
Lignite 

5. Thal. marno-charbonneux. 

Argile fîguline 

Marne argileuse 

Sable marneux 

Lignite soissonnois 

Snccin 

Cypte... 

Pjrite 

Webftérite. ., 

Photpborite 

6« Tbal. argilo-sableux. 

Sable quarzeux 

Argile plastique 

Pyrite 

^p»e 

7* TaiL. CLASTIl^UES. 

Poudingue 

S. TXRR. TZÉM. PÉLAGIQUES . . . 
1* PiLAO. CRÉTACÉS. 

I. Craie blanche 



London clajr. 



Silex pyromaque. 
Fer pjriteiix. 

Célestine 

a* Craie tufau 



Calcaire grossier . . . 



ou de sédiment moyen. 

Chaïk et Upperckalk* 
Scaglia^ 



EXEMPLES 

OBSXHVATIOV8. 



Grejrçhalk, Chalkmar- 
ie j Malm-Rock 



Silex corné. • I Chert, 



Bassin de Paris. 
Beanchamp» - 

Paris. Bord. Hérault. 
Bassin de Londres. 

Centillj, près Paris. 
Chantilly. Issy. Gand. 
Mont-Rouge. 

Forêt de Dreux. 

Auteuil(Par.).Sheppey. 

Marly, près Paris. 

Aisne. 

Soissons. Gisors. 

Auteuil. 

Aateuil. Soissons. 

Paris. Neivhayen. 

Paris. 

Serres. 

Issy.Oreux.Monterean. 

Issy. 

Houdan. 

Nemours. 



Meudon. Rouen. Sut- 
sex. Yicentin. 



Meudon. 

Périg. Essex. Comté de 
la Mark. Strehle | 
prêt Dresde. 



THE 



GIjASSES 

rr 
ISBEAms. 



GROUPES 

ov 
rOBMAT. 



ROCHES 

IT 

MiNiitArx. 



n 

3 



i 



Macigno crayeux. . . 
3. Glauconie crayeuse 



Silex corne. 

Phosphate de fer 

GlaucoTiie compacte 

Marne bleue de la glauc. . 



Argile nmectite 

Barytine « 

S. PZLAC. ARÉNACéS. 

1. Glauconie sableuse 



Fer pliospiiaté 

Pyrites. 

2. Sable ferrugineux marin . . 

Quarz. 
Silex corne. 
Calcédoinr. 

3. Lignite de Pile d^Aix .... 

Succinite 

3. PZLÀG. VELDIENS. 

1. Argile veldienne 

Marne veldienne. 
X^ignite yeldien 

2. Sable ferrugineux lacustre.. 

Fer hydroxidë sablonneux 

Grès 

OcKre. 

Tripoli 

3. Cale lumachelle purbëcUen 

3. PCLAC ÉPIOUTHIQUES 

i. Calcaire portlandien. . . • 



SYNOITYMIE. 



Firettone 

Uppergreensmnd^To u r- 
tia. Planerkafk . . • . 



Gauit ou Galt j blue 
Marie 



cr 
OBSBVATlOirs. 



Reigate. 

Talencienn. L« Hâvrt. 

Hant-Bovlonoit. 
Mont des Fit (Savoie). 

Folkstone. Cambridge. 

Nutfield. 

Nutfield. 



Greensënd inférieur. 
Quel,. Ç«.JeriW- 1 ^, j^j^ ^^ 

stein (Boui). Bunter\ ^i , .^ \ ^\ 

Mpe„andsUin (Ut- ( *«' (Ard«»"«»> 

TIHC). J 

Le Hàrre. 



Shankiinsand, 



Résine succinique . . . 

fVeëld elay, Oak-iree 
clajr, Tesiworth eiay. 



Iron-sand» ffasting^s- 
sand, 

Tilgate beds 



Purbêck-limesi .,S z dcw. 

Oolithe snpër. Vpper 
oolitie sjrsi, (Cortb.) 

Portland stone 



Isle d'Àiz. Pointe de 
Recbignar. 



Isle d*Aiz (Charente 
inférieure). 



SaMez.Saraey.Btt-BoiM 
lonois. Beauvait. 

(Avec peeopieris). 8iu- 
lex. Beauvait. 



Sust. étang dea 5 bon- 
des, an Bliaon (Indre). 

Amberg. 
Sussex. Parbecl(. 



Portl. Crisnez en BobL 
Hena^<|BfTille. 



/*■ .#■ 



THE 



GBOVIPES 



•V 




ROCHES 



f Crè« carpathique (Bouk) 
8itci corné. 
Barjtinr. 
^ Marne argileuse hâvrienne. 

lif^ite. 
Pjrite. 
Gypse. 
Câlc. lunaeli. vir^laire.. 



STUO^mUE. 



Ftisck (Stob.)- 



OBUAVATIOVS. 



Kimmeridge chjr .... 



3f Calcaire corallique. 



Sable ocrem. 



4« Marne oxfordienne. 



on à grjrpkmm, virgmia 



Middle oolitic sjrstem, 
(CoHTB.) Coral-rag. . 



Calcareous grit. 



Oxford clay 



FlaliWr^ Apennin. Li- 
gurie(avec fncoides). 



Cap U Hère an Havre. 
Honfleor. Bélesme. 



Marne calc9ir« 


Kelloway - ^ock. Elue 




clay y ou à grjrphœa 


Pyrite. 


dilatata. 


Otdac . .... .... ... 




4* PiLâO. JÛRASSI^^UES 


JLower oolilie system. 


J., Sdpbajukamiques. 


(COKYB.) 


1. Calcaire schistoïde, 


Schiefer-Kalk ; Corn- 




brash» 


Oolitlie filicifère' .... 


. 


• 

Calcaire lithographique . . . 


JForeit marble ....... 


Flnorite • 




a. Calcaire zoophy tique 


Cale, à polypiers 


Tartufite. 




Marne argileuse jurassique. 


Bradfort clay. 


4. MÉDIOJUBAMIQUKS. 




3. Calcaire compacte commun. 


Calcaire de Caen.... 


Oolithe miliaire 


Great oolithe. Dichter 


' 


Jurakalkmit jBohneri 


Fer hydrox. oolith. comp. 





Havre. Héconrt. Dou- 
deanville.BeuTreui 1, 
près BeauTais. Le R o- 
cher, près La Ro* 
chelle. 

Oxford même. Bou]o« 
nois. Hortagne. 

Entre Mamers et Bé« 
lesme. 

Marne de Dives et de 
BCamers.Marquise en 
Boulenois. Oxfordt 



Oxford. 



Mamers (roir le tabi, 
n.* II). 

Solenhofeo, Eichstsdl^ 
Stonesfield. 

y illedonx , près La Ro-^ 
chellct 

Amberg.Li§nj(MeaseX 
Caen. Argentan. 



Caeut 

fiathf ArgeaUu< Bou« 
lonois. C^eii. 



THE 



CLASSES 



GROUPES 

OD 

FOAlfAT. 



ROCHES 
MlNKllAUX. 



Marne calcaire jurassique. 
Marne tmectique. 

4. Dolomie jurassique . . . . 

C IXTEAJDRASSIQUSS. 

5. Calcaire compacte 



8tipitet. 



SYNONYMIE. 



Dichter Jura-Kalk mit 
Dolomit. (Db [>i)ch). 



Houille des cjcadéet. 



Oolithe ferrugineuse... 

Fer hydroxidé. 

Barjtine. 
Galène .... « 



3. Tbrr. tzém. ABTSSIQUES. 
!• Abtss. dc Lias 



1. Grés du lias, 



Anthracite 



Fer hjdroxidë compacte. 

'Wayellite 

Arragonite. 
ji. Cale, marneux à graphites . 
Lignite. 
Pyrites. 
Blende. 

Plomb phospliatë 

Galène 

Dolomie spathique. 

Silex 

Gypse 



Eisenschùssige Oolith. 
ou à grjphœa cjm- 
bium 



ou liassique (d'Omal.). 
Cale. 4 grrp. arcuata» 
Mergeikaik (BouÉ.) 

Quadersandstein{ H u m - 
iolot). Sandstein des 
GrjrphUenkalktteins. . 



Gryyhœa arcuata, . . 



EXEMPLES 

■T 

OBffBEVATIOm. 

Port en Tessin. 

Amibes. EnëgOkPegai 

Franconie , eoTiro: 
d'EichstrdL 

Neueweii(Dire).Tnii 
by. Brora. Larxat 
environs de Milbi 
(Oufrurot). 

Bayeux. 
Lariac. 



54. 



Maisières , prêt Y 
(OvERnAusKir). A 
len,Taliéedu?lecL] 

(Alixrti ). 

Alpes du col de Balra 
de firiançon (Élixi 
Beacmort). 

La Youlte. 

Palatinat ( Boni ). 

Salins. Alais. Avalloi 
Asuel. Mirecourt. 
Wurtemberg. 



Wilseck. Pressât. 
Avallon. 

Amberg* 
Anduze. 

a*» 



no 



THE 



CLASSES 

■T 



GROUPES 

ou 
lORMAT. 



BOCHES 

ET 



Cëlestîne 

Barjtine 

Pbosphorite qaaneox. 
3. Ampëlite alumineux 



Macipio solide ? 

§• Avfts. DU Keupbr 

Grés impressionne. . . . 

Marnes keupriques. 

Stipites.. 



Argile figuline. . . 
Calcaire marneux. 
Gypse strié 



Selmarin rupestre. 

Karstênite 

Glaubêrile . . . . 



9« ÀBra». CONCBTUEN^. 

Calcaire conchylien. 



Calcaire mamenx. 

Quan tijalin • . . 

Galène 

Gypae, 

Selmarin f«pestre. 



Calcaire fétide 

Calcaire 4 Encrines.. 
Dolomie oelitkiqae P. 

Célesdae 

Silex 



SYNONYMIE. 



Ataunhmlliger Mergel- 
sch iefer 

Sandiger Mergelkalk. 



Marnes irisées 



Houille du lias, houille 
descjcad. et du grès 
bigarré 



Topferleimetu . 
Nmgelkalk. 

Vpper red marie and 
STF*'^ 



Mmsekeikmli. Hmmch- 
grmmer Aiaiibf eia-Mca. 



SiiMkÂma 



KÊmckwmcke. 



EXEMPLES 

BT 

OBSERYATIOMS. 



^■879 P^* Metz. 

Whitby. 

Amberg. 

Wbilby. 

Durrhelm. Vigy. 
Bidacke P 



Tic. Bâle. CemoiiTal 
( Doubs ). Corée lie 
(llaute^aône). Mire- 
court (Vosges). 



Diirrbeim. Emboncb. 
de la Lées. 

Yic. Bade. Wortemb. 

Yic. Sais. 

Salxboui^. Tic. 



Meurtbe. Tonlon. Gôt* 
tingne. 

Pyrvont (Boui)L 
PyrflMnt. 



Oirrbeiaa, Rotbweily 
Heilbronn^etCi, dant 
leYTnrtemberg (Air 

• KBTl). 

Octérode^an Hars. 

;. Gôttingne> 



THE 



11 



CLASSES 

ST 

XHRAntS. 



GROUPES 

oc 

roaMAT. 



ROCHES 

rr 
MiyiRAUX. 



I 



4* Abtm. pobci liens. 



1. Psammite bigarrée 
Grès bigarré . . . 



Lignite. 

Slacigno oolitbique* . . . 

Fer bjdroxidé lithoïde. 

Smectite ^ 

Dolomie en rognoas. . . 

2. Marne bigarrée 

Gjpte strié 

Soufre 

Fer hjdroxidé. 

3 . Selmarin 



Poudingue. 



5. AlYSf. PÉNÉEMS. 



1. Gypse strié.... 

2. Calcaire fétide. 



3. Dolomie pénéenne 



SYNONYMIE. 



Terr. du grèi bigarré. 
BunterSandstein. Gyp- 
seous red sandstone, 
lied marie et new red 
sandstone. 



Rogensiein. 



Calcaire alpin. Zech- 
stein. Magnesian li- 
mestone. 



Stinkstein. Stinkkalk . 
Magnesian limestone. . 
Bitterkalk 



— conapacte 

-— globuleuse.... 

-— cellnleuse. . . . 

Arragonite 

Calcaire celluleux.. • . 



Marne cendrée 

4. Calcaire pénéen 

Calcaire compacte fin. 

Ferbydroxidéet man- 
ganèse • .;. 



Zelligerkalk. 



Hohlenkalk. Rauhkalk, 
Hauchwucke. Rauh' 
stein 

jische. Eartjr-dolomite 



Zechsiein. Compact li- 
mestone 



EXEMPLES 

ET 

OBSnvATIOin. 



Avec plantes : Yotget. 
"Watselonne. Domp- 
tail , entre Bain et 
Fontenois.Tobingtie. 

Harz. llsenburg. Wer- 
nigerode. 

Yorkskbire. 

Furbacb. 

Salzsée. Nottingbamtli. 

Roqueraine et Decise. 

Gallicie. 

Vie. Wieliczka. Wur- 
temberg. 

Vie. Souliz. Bàle. Ya- 
lorsine P 



Mantfeld. Nottingh. 



Figeat.Freyburg.Yori- 
sbire. 



YVbitebaTcn. 



TamowÎB. Tburinge# 
Tburinge. Ourbam. 
La Hetse. 

Durbam. 

Scbmalkalde. 



19 






THE 




TBEAIVI. 


GROUPES 

on 
VOBMAT. 


ROCHES 

BT 

UlviRAXJX. 


SYNONYMIE. 


EXEMPLES 

rr 

OB8KJIVATIOH8* 


• 


Gai 
Cal 


ène. 

aminé . ........ 




BHopesnct. 











Barytine. 
. Schiste bitumineux. 



CuiYre bitumineux 
Mercure bitumineux 
Ampëlite alumineui. 

6» AbT8S> rudimentairbs* 

1. Arkose molaire 




-— milialre. . . 
a. Psëphite rougeâtre 
3. Arkose granitoïde. 



Calcaire tpathique. 

Flnorite 

Barytine 

Chrome oxidé. . . . . , 

Manganèse 

Fer oligiste ....... 

Galène 

Blende. 

Cinabre .«.. 

Malachite 

Calamine. 



7. AbTSS. XNTRJTIJ2UE8. 



1 . Mimophyre 

2. Eurite amphibolique 



3. Porphyre 

Spilite , 

Argilophyre... 

4. Mélaphyre. . . • . , 

5. Trappite. , 

S» Abyss. rouiller. 
1. Arkose miliaire . 



Millstone grit. ; grès 
Tosgien. •••• 

TVeissliegende. 

Rothe Todtlîegende . . 
Lower red tandstone* . 

Millstone grit 



Chaudfontaine. 

Mansfeld. Durh. Ban- 
niskirk.Connecticut 

Hesse* 

Ydria. 



Hoër. Baccarat. Ram- 
benrilliers. 

ÎHesse. Toulon. Coutan- 
ces. Halle. Felsbei^. 

Aubenas. Waldshut. 
WaldshuL 



Feldsteinporphjrr (en 
partie). 



Romanesche. Remilly. 
Les Ecouchets. 
Romanesche. 
Waldshut. 
Remilly. . 

Palatinat. 
Chessy. 



Roche noire 

Djrke de JVhinstone 



Millstone grit. 



Autun. 

Col du Chardonnet 
(de Baum.) 

Feltberg. Halle. 

Harz. 

Flohe en Saxe. 

Litry. 

Ecosse* 

S.-£tienne (Loire). 



THE 



iS 



MX 

XIBBAIV8. 



oaouPES 

OD 

rOBMAT. 



ROCHES 

■T 

MiniRAVX. 



SYNONYMIE. 



a-Crés blanc. 



3. Psammite commun 

4. Poudingue psammitique . . 

5. Phyllade pailleté nciiitre. . 

— — rougeâtre. 

6. Argile schisteuse 

Fer carbonate lithoide. 



Bitame 

7. Houille filicifére 

Pjritef. 

Galène 

Blende , 

Qaarz. 

Calcaire tpatbique. 
B. Antbracite. , 



Grèf houiller, 



ShaU. 



Schieferthom, 



Coal measures. 



9^ AbTSS. GA&B03IIFÂRES 



I . Schiste argileux* 

Ampëlite alumineux.. 
a. Calcaire carbonifère . . 



Fer oxidë et hydrate. 

Antbracite 

3. Psammite rougeâtre. , 



TL TERIiAmS HEMILYSIENS . . . 



1. HÉM. CALCAREUX 



1. Cale, compacte mëtallifére. 
— — sublamellaire 

Marbre noir bitumineux. 
Calcaire noir fétide. 



Antbracifèret (d'Om.) 
Terrain de transition 
sup. des géol. angl.; 
grès rouge ancien. 

Schiste alumineux.. . . 
Mountain limestone» . . 



Old red sandstone, . . . 



S.-C ^orgf^hat^Uisoa 
(Maine et Loire). 

Hurdingen. 

Clifton. 



Anfileterre. Silétie. 8. 
Etienne. 

Shroptbire. 



Decixe. Darbarn.- 
Dudlej. 



Fresne, départeoi. 4m. 
Nord. GlamorgaA. 
PensjlTaaie. 



Liège. 

Bristol, Nortbvmbc^ 
land.Glaagow.Liége. 

Province de Namur. 

Scbônebeck. 

Mendip , HereCordab. 



ou tcrr. de transition 
serai'compacte. 

ou cale, de transition 
moyen des géologues 
anglois. 

Mountain limesione. . . P«diey. Christiania. 
^ , . . „ { Ecausines.AnEert.Cou- 

Calcaire a Encrines.. J . ^ ^ 

f tances. 

Castletoa. 



>4 



THE 



GROUPES 


ROCHES 


oo 


■T 


lomnAT. 


UtStBJkVX 



S. ? Dolomie fétide. 

Galène 

Blende 

Cinabre P 

Fer carbonate 

Flnorite 

3. Spilite îootique et Porphyre 

(en rccouviement) 

Fer oligiste (en amas droit 
ou filon). 

Jaspe et pbtanite 

4. pMacigno solide et compacte 

t. Heu. FRAGMENTEUX 

i.Ânagënite variée. 

a. Psammlte rougeâtre 

Scbitte argileux ferrugin. 
(Porphyre.) 

3. Hiv. uvarzevx 

1. Grés pourpre. 

a. Quarzite rougeâtre. 

— blanchâtre. ..... 

4« HXV. SCHISTEUX 



SYNONYMIE. 



EXEBfPLES 

ET 

OBSXRVATIOH8. 



Grobkornige Grau- 
^^acke 



1. Psammité schistoïde 
a. Phyllade paiUetëe. . 



— quarzeux 

â. Schiste ardoise.. . . 

— toticulé . , . 

-r* carbure.... 

Fhtanite... 



Jaspe 

4. Amp^lite alumineux. 



-^ graphique .... 
Anthracite. 
Calcaire sublamellaire 



Jùngere Grauwacke . . 



ou traumatiques ; tcrr. 
de transition ancien. 
( Géol. angl.) 



Matlock(BouÉ). 
Derbysbirc. 

Angers, Namur. 
Han. 



Harz.^ 

Apennins. 1 

LaHaie longue.Angen. 

Cassel. Clausthal. 
Sundewoldt(Norw^e). r 



Sandewoldt. 

May. Givet. 
Cherbourg. Cayuga. 



^ 



Niyelle. 

Bain. Gararnie Dil- 
lenboarç. ^ 

Beaucousé. 

Angers. Meuse. Coslar. 

Ottfalise. 

Vallée de Louron. 

Claustbal. TalLée de^ 
l'Arboust. «^ 

Apennins. Clausthal. ^ 

Andrarum. Eckeber^*^ 
Hny. 

VatteTillc. k|i 

Tourmalet. 



THE 



ift 



CLASSES 

■T 



<»i0in>ES 

voniAT. 



ROCHES 

BT 

mHÉmAtrz. 



Dolomie compacte . . 
Galène argentifère. 
Blende. 
Pjrile. 
5. HiM. TAL2UEUX 



1. Calschiste vein^ 

— amygdalin . . 
Anthracite. 

2. Stëaschiste porphyroïde. 

— noduleux ., ., 

Quanite , 

Chlorite tchittoïde. 

3. Schiste luisant « • . . 

Calcaire tpathiqae* 

4. Phyllade satina. 

— maclifère .... 



Graphite 

Fer oxidulë. 

Fer oligiate. 

Galène argentifère. 

Blende. 

Cuivre pyritenx. . . . 

m. TERKAINS AGALYSIENS... 



Terrains primordiaux. 
Kristallische , etc. Ge^ 
hilde (Bout;. Gang' 
gebirge. 
1. Terr. ACAL. ÉPIZOIQUES. 

1. ACAL. CALCIj^UES. 

I . Calcaire saccaroïde 

^ Ophicalce grenue 

3. Calciphyre felspathique 

Gypte saccaroïde. . 

4. Calschiste granitellin . , 

Minéraux disséminés dans ce groupe, 
Qnarz hyalin. (Carrare. ; Idociase. ( Lobo. 

l^pSatUs.(Acher. GmImi.) Condndil». ( 



STIIONTIIIE. 



Terrain de transition 
ancien desgéol. angl. 
Talkige Formation» 

(KEreasTO 



■T 

▼ATfOn, 



V 



Ratingea. 
Uar». 



Yall^ de Lonron. 

Feateoburg(Har»).Wil- 
denfels. 

Tarentaise P 

Cherbourg. 

Ihid. 



Cherboarg. Albeagai^ 



Tourm. Gripp. Schaea- 
bepg. 

Cnmberland. 



S.-Bel. 



Gambo. Carrare. 
Newbary (Éuta-Uait). 
Col dn Bonhonune» 
Yal Canaria, 
Harz. 



) 



.) 



i6 






THE 




CLASSES 


GROUPES 
■ on 
FOBMAT. 


ROCHES 

KT 

MINÉRAUX. 


SYNONYMIE. 


EXEMPLES 

BT 

1 

OBflEVATKHi». 


'#- *- 







GreiiAt pjTDpe. 

'Wemérite grosanlaire. 

Sahlite. (Malq'oë. Nerr-Yorfc.) 

Épidote ? 

Mica. 

PhosphoTÎte. 



Orammathe. ( MalsjoS. ) 

felspath. 

Fer oxidulé. 

Pyrites. 

Graphite. (Carrare. Gambo. ) 

Cobalt gris. (Tonaberg.) 



fi* AgAL. MAGNÉSIj^UES . . . 

1. Stëaschiste rude 

— stëatiteux 

2. Talc chloritique 

Gipolin 



Taîkschiefer, 



Pescy. 

Saint -Bel. 

Corse. 

Pyrénées. Simplon. 



Minéraux disséminés dans ce groupe. 



Galène. (Peiey.) 
Oc natif. 
Caiyre natif. 
Cuivre pyrite. 
Cuivre gris. 
Mispickel. 
Pyritea. 
"Set oxidulé. 
— chrbmaté. 
Qnarz hyalia. 

3. Agal. amphiboliqubs 

1. Amphibolite. 

2. Diorite schistoïde. 

— sélagite. 



Bmcite. 

Phosphorite. 

Dolomie spathiqne. 

Toonualioe. 

Disthène. 

Actinote. 

Grenats almandins. ( Goado. ) 

Orthose , etc. 

Triclasite ? 

Diallage. 



Uehergangsgrùnstein., 



Minéraux disséminés dans ce groupe. 



Grenats. 
Épidote. 
Pyrites. 

4- Agal. phylladiques .....*,. 
Phyllade satiné 

— , pétrosiliceux.. 

— maclifére 

— staurotique 



Fer titane. 

Sphène. 

Hyperstène. 

Urthonschiefer, 
KUlas 



Marejol. 

Baireuth. Nantes. 
Coray. Pensylvanic. 



Minéraux disséminés dans ce groupe. 
Made. Staiirotlde. Dipyre. .Pyrite. Antluacita, 



THE 



»T 



ASSÊS 

■T 


GROUPES 

oa 

VQBMAT. 


ROCHES 

rr 
MIXÛIAUX. 


STNOflYMIE. 


EXEMPLES 

BT 


S. Tbrr. AGAL. HYPOZOÏQUES. 4 . 

5. Agai,. micaci2U£S 

1. Micaschiste. 

Scbiste luisant. 

Quarz hjâlin. 

Fer oligiste. 

Fer hjdroxidë compacte. 

Pyrites. 

2. Hvalomicte ^ranitoïde. 


Terrains primitifs. Ur- 
gebtrge. 

G limmersehiefen 


Bovrboii-Yendée. 


Gréisem. 


Scklackenwald* 




1 

schistoïde . . • . i 




Florac. 



Minéraux disséminés dans ce groupe. 



Colnmbium. 

Molybdène. 

Titane rothile. 

Elain oxidé. 

Schéelin femigineox. 

Mispickel. 

Pyrites. (S«i»i-M«rcd.) 

Fer oxidolé. (l'iémost.) 

G>balt g;ris. (Skattenid.) 

Or natif. (Adelfon.) 

Quarz hyalin et en dmse&. 


G>rindon. 

Toamuline. (Piriac) 

Disthéne. (Saisl-Goihatd.) 

Grenats. (Presque partoal.) 

Béryl aigaennarine. 

Béryl émerande. (SabbMTf. Gaaaair.) 

Fluorite. 

Phosphorite. 

Felspath. (Ceria.) 

Épidote. 

Amphibole. (ObemieteailMl.) 


6. A CAL. QUARZIi^UES. 

1. Ouarzite hvalin 


QuarzfeU 

Grès flexible; Gehnk- 

ÛWtrE.m ........... 


Brésil. 


Aaiéthjste en d ruses . . . 
Ita.coluniite. .. ..«.....•. 


Br^il. 




Brésil , près Yilla- 
Ricca. 

Brésil. 


Topaze en d ruses. 
5. Sidërocriste 


Eisenglimm ersckiefer. 


Or natif 


Brésil. Cocaeii. 


Fer oxidiilti ......... 




nid. 


Pyrite. 
Diamant ? ? 






Actinote. 






7. AgAI.. GNSI8SIS2UES. 

Gneiss. 

I^^ufîtf ■cnîstoïde ....... 


fVeissstein • 


Freyberg.. 
Laufcnburg. 


Oranîte .. ............ 




Kaolin 




Passav. Saint- Yrieiz. 



it 



THE 



^Jr^*^^^^ 



OftOUPES 



ou 



lOCHES 
MnrtRAUx. 



Amphibolite schistoïde . . 
Calcaire saccaroïde 

Fer oxidalë compacte. 

Graphite 

Minéraux disséminés dans ce groupe. 
Molybdène solforé. (G>lnni]»o. ) 



SYNONYMIE. 



Bormhlendesehiefer. , 



^ 



SÎBiploil. 

Simplon. Malsjoê. 
Taberg. Dannemora. 
Pastau. 



pyrite. (Engebirge.) 

7er ozidiilé. ( Coromaudel. ) 

itaxa oxidé. ( Mariesbe^. ) 

Titane rotldle. 

Cobalt gris. (Tonaberg.) 

Grenalt. 

Zixoon. (Pic d*Adain.) 



Gi<d)ertite. (Taberg.) 

Tooimaline. ( Zillerdial. ) 

Êpidote. (MoBt- Blase) 

Disthène. ( Fidttelgebiige. ) 

Cordièrite. ( BodenauJa . ) 

Béryl aiguë- marine. (Maine , Am^. sept.) 

Tlnorite. 

Gadolinite (TttrU.) 



TERRAINS TTPHONœm. 

Vra. TERR. PLUTONIQUES 



i. Pluton. GRAKrromES. 
1. Granité plutonien 



— porphyroïde 
Pegmatite 
Kaolin 



ou d'épanchein. Mas- 
sive oder plutonische 
Gehitde^ Boui. 



Erzgebirge.BourgognC 
Ecosse. Norwége. 

Predaixo. 

Geyer. 

S.-Yricix. Gambo. Aaej 
près Schneebei|;. 

Minéraux disséminés ou en druses dans ce groupe» 




Topaze. 

Qnarz hyalin. 

Tourmaline. 

Cymophane. 

Zircon. 

Cordièrite. 



Épidote. 

Grenats. 

Jamesonite. 

Béryl. 

Pinite. 

Phosphorite. 



Lépidolite. 
Pétalite. 
Tripbane. 

Molybdène solfuré. 
Schéelin wolfirain, . 
Titano ruthile. 



Étain oxidé. 
Graphite. 
Fer o«id«lé. 



Protogyne | | Pormenax an Montbl. 



Minéraux disséminés dans ce groupe"^ 



Sphène. 
3. Syënite granitoïde. . , 

— zirconienne, 
Diorite granitoïde . . . 

— orbiculaire . . 
Sëlagice 



Talc. 



Chlorite. 



Pinite. 

Vosges. Erzgebirge. 
Norwége. 
Coutanees. 
Corse. 
Felsberg (Darmstadt]^- 



^ 



Minéraux disséminés dans ce groupe. 
Grenat Pinite. Hypersiène, DLiUage. Zircon. Titane sphène. Molybdène. 



THE 



«9 



GftOUPES 

ov 




ROCHES 

ET 

MIHIÎRAUX. 



2. Pmjt. entritiques 

I. Porphyre 



Mëlaphyre 

Eurite porphyroïde 

Ophite. 

Yariolite 

2. Trapitc 



SYNOKYMIE. 



Trapp'PoTphyr 



EXEMFLEt 

■T 

OBâEBVATIOSt. 



Se and in av. Totges. Let- 
terel. 

Mont • Tonnerre. B«* 
ru m. 

Kirdalen. 

Saulieu. 

Tarare. 



Minéraux disséminés dans ce groupe. 

Grenats. Manganèse. Pyritas. 

Épidota. Fer ozidé. 



3. Plut. 0PHI0LITHIQUE8 
1. Ophiolite. ...» 



2. Euphotide 

3. Ophicalce veiné 

Calcaire lamellaire. 
Jaape 




Minéraux disséminés dans ce groupe. 



Idocrase. 
Felspaâi. 
Amphibole. 
Asbètte. 



SahHte. 
DiaHage. 
Chrysopnue. 
Anagonite. 



Chrome oxidé. 
Manganèse. 
Fer duromaté. 
— oxidolé. 



Les Apennins. 

Rocbe l'Abeille. Zc- 
blitz. 

Corse. RecbetU. Pràta. 
Génea. Levaaeriu 

Toscane, CrarigQola. 



Cuivre natif. 
— pyritenx. (MaaU* 



4. Magnésite . . 

Oiobertite . 

Calcédoine et ailex. 
Sahlite contipàcte. 

5. Dolomie. 

Tourmaline. 

Rëaigar. 

Corindon. 

4. Plut. TltACHTTIQUES. 
1 . Trachy te , 



Domite 

a, Pumite aTgilophyre. 



Alunite 




Baldissëro. Yallecas* 



S.-Gotbard. 



Thonporphjrr 
jélaunstein. . ^ 



Cantal. Montdor. Dra* 
chenfels. 

Puy-de-Dâme. 

Cantal. 

Tulfa. Montdor. Hong. 



?^ 



THE 



r 



GROUPES 

oo 
FOBlfAT. 



ROCHES 

■T 

MINÉRAnX. 



3. Eurite compacte 

4. Perlite poiphyrique. 

Stigmite. 

5. Brecciole trachytique. 

Brecciole pumique.. 



SYNONYMIE* 



Klingstein 



■■* 



EXEBIPLES 

■T 

OBSERVATIOirS. 



La Sanadoire* 



Hongrie. 



Minéraux disséminés dans l'un ou Vautre groupe. 



Mica. (CanUl.) 

Amphibole. ( Montdor. ) 

Pyioxènc ? 

Feispath vitreux. 

Katrolite. 

ZircoD. 

Qtiarz hyalite. 

Haûyne. ( SeptmonUgne*. ) 

Corindon. ( nracbenfels. ) 

Sonfre. (Momdor.) 

IX. TERRAmS VULCANIQUES . . . 
1. VULC. TRAPPÉENS. 

. I. Basanite 

Basalte 

Mélaphjre 

Trachjte 



Grenats. 

Silex résinite. 

Silex opale. (Hongrie.) 

Spinelle. 

Mésotjrpe. 

Tellure. ( twmsylTanie. ) 

Fer oli|!;iste ( Pny - de • Déme. ) 

Titane sphène. ( Drachenfel*. ) 

Or. ( Hongrie. ) 



Eurite sonore, 

a. Spilite 

3. Dolërite 



4. Vakite. 



Pyrites. 

ou de fusion. Volcani- 
ques anciens. 



Klingstein • 

Ani^ gd aloïd.Tba Jj/one 
Grûnstein, Duckstein. . 



5. Pëpërine 

6. Brecciole , 

7. Marne trappëenne j • • • I Mittelgebirg.Graciosa. 



AnvergncËcoMe. Saie« 
Bohème. Yicentin. 

Tabago. Martinique. 

Plat, de TAngle (Mont- 
dor). 

Sanadoire (Auvergne). 

Canaries. Eigg (Hébr.). 

Meistier (Hesse). Salis- 
bur^r-Craig. 

Auvergne. Sûbeibcn- 
berg" (Saxe). 

( Yalnera (Vicentin). Vi- 
terbe. 






Minéraux disséminés. 

Pyroxène augite. 

Péridot olivine. 

Amphibole #choiliqne. (Montpellier.) 

Pelspatb. 

Fer titane. 

Amphi^ene. (Aquapcndeate.) 

Titane sphène. 

Mica ? 



Minéraux en nodules^ drus es , eie» 

Célestine. 
Barytiue. 
Anagcmite. 
Calcaire spathiqae. 
Cnivre 'natif. 



Mésotype et toutes les zéo- 

lithes. 
Prehnite. 
Chabasie. 
Q. améthiste. 



Q. hyalite. 
Agathes. 
Jaspes. 
Silex réslnite. 
Harmotome. 



Cnivre résinite. 
Chlorite baldogiè». 
SphaBrosidérit& 
Bitoxne. 



THE «S 

ARTICXiE PREMKR. 

PÉRIODE JOYIENNE ou ACTUELLE. ' 

On vient de yoir qu*on peut séparer tous les terrains, Us 
roches et les phénomènes géognostiquesdont se compote Vhl*- 
tiDire naturelle du globe terrestre en deux grandes périodes, 
dont il est peut-être difficile d*é(ahlir les limites prêches dans 
tous les lieux et dans toutes les circonstances ; mais dont on 
peut cependant fonder la distinction sur des bases beaucoup 
plus naturelles et par conséquent beaucoup plus solides que 
celles qui seroient prises dans une distinction arbitraire* 

Nous avons désigné ces deux grandes périodes par les non;8 
de postdiluvienne ou Jovienne, et d'antédiluvienne ou Satua- 

MENNE. * 

Nous plaçons dans la période jovienne ou postdiluvience 
tous les terrains, roches ou phénomènes appartenant a Thiâ- 
toire physique de la terre , qui sont postérieurs aux demièri'S 
et grandes révolutions que Técorce du globe a éprouvées , 
à celles qui ont mis les continens et les mers dans Fétat 
où ils sont depuis que Jes hommes ont pu apprendre k les 



1 TeirmÎDt pastdiLuTÎens, phénomènes contemporains des temps his- 
toriques, etc. 

3 Cet dénominations injthologîquei, d'accord avec celles dt Tvlca- 
nienne, plutouienne^ neptnniennr, que 1rs géologues ont déjà adoptées, 
oQt pour but de représenter par des expressions vagues et presque la~ 
signifiantes, indépendantes de toute hypothèse et m£me de toute théc- 
rie, de représenter, di«-)c, des circonstances, caractères ou défiaitionf 
qu'il faudroit exprimer loogueiiient pour qu'elles fussent clairet et Traies, 
et q«i sont susceptibles d'être modifiées à mesure que des faits nonteaux 
Tiennent en imposer la nécessité* C'est une des applications dn système 
de nomenclature dont j'ai déjà exposé les motifs et les principes dans 
plusieurs occasions. On voit, par exemple, que les expressions pottdi* 
luTÎenne et antédiluTicnne semblent exprimer d'une manière beaucoap 
trop sjsléraatique des différences et des caractères qui, dans leur déve- 
loppement, sont susceptibles de beaucoup d'objections, et par consé- 
quent de beaucoup de discussions, lorsqu'on veut prendre ces expressions 
à la lettre; cependant nous n'avons pas osé en^plorer snns oc% sjno- 
iijmes les noma que nous proposons. 



«4 THE 

eoonoitre et à transmettre -cette connoissance par la tradi- 
tion ou par l'histoire écrite. 

La période antédiluvienne ou saturnienne s'est donc l^er- 
minée k l'époque où les continens ont pris leur structure in- 
térieure, leur forme et leur hauteur actuelle, et la période 
jovienne ou postdiluvienne a commencé dés cette époque. 

Celle-ci est déterminée parla connoissance que Thistoire, 
|a tradition ou les moquinens nous donnent de Tétat de la 
terre depuis la naissance du genre humain. Tous les terrains 
qui renferment des indices de la présence de Thomme, soit 
dans les restes ou débris de son espèce, soit dans les vestiges 
de ses arts ou de son industrie , appartiennent à cette période 
et la caractérisent d'une manière positive. 

Tous les phénomènes chimiques et géologiques qui ont eu 
lieu à la surface du globe depuis la création de Tespèce hu- 
maine, appartiennent également à cette période. On a, pour 
les y placer, deux moyens : premièrement , les témoignages his- 
toriques, lorsqu'ils peuvent être invoqués ; secondement, les 
connexions évidentes de ces phénomènes avec des restes de 
l'espèce humaine ou avec des débris des objets de son in- 
dustrie. 

Ainsi la période jovienne est définie par deux caractères: 
1.** tout ce qui est évidemment postérieur à la structure et 
à la forme actuelle des continens, c'est-à-dire ce qui a pu se 
passer à la surface de la terre, sans qu'on soit obligé d'ad- 
mettre, pour l'expliquer, des causes puissantes qu'on ne voit 
régner nulle part depuis les temps historiques^, ou sans qu'il 
ait dû en résulter des changemens qui n'auroient pu se faire 
dans un lieu sans une grande influence sur tout le reste du. 
globe, et sans avoir laissé des traces de leur présence dans 
l'histoire ou dans les monumens humains; a." tout ce qui est 
contemporain de l'espèce humaine et dont la contemporanéité 
est prouvée, soit par des documens historiques, soit par la 
connexion intime des phénomènes -avec des indices certains 
de la présence de l'espèce humaine*. 

Tous les phénomènes géologiques qui jusqu'à présent ne 
peuvent être conçus sans le secours de forces que nous ne 
voyons plus agir nulle part dans la nature terrestre , et sans 
des changemens qui auroient dû avoir une influence gêné- 



THE »5 

raie sur fonte la terre, doivent sagement être placés dans 
la période saturnienne ou antédiluvienne, jusqu^à ce que des 
connoissances historiques ou physiques nouvelles nous aient 
appria qu'ils sont postérieurs à Tépoque jovienne. 

Procéder autrement, ce seroit devancer les théories par 
des hypothèses. 

Maia nous devons appliquer ici ce que nous avons dit plus 
haut sur la coïncidence des époques géognostiques et des épo- 
ques chronologiques^. 

Quoiqu'il soit assez présumable que la période jovienne ait 
eommencé à peu prés au même moment ' sur toute la sur- 
face de la terre, il est cependant possible qu'il y ait eu & 
cet égard de grandes dififérences sur les diverses parties du 
globe; que la tranquillité géognostique se soit établie, par 
exemple, beaucoup plus tôt en Asie qu'en Amérique, et que 
ce continent ait été par conséquent déjà cultivable et ha- 
bitable, tandis que la tourmente géologique agitoit encore, 
et pendant plusieurs siècles , des parties de l'Amérique ; 
qu'il s'y produisoit encore des montagnes, des filons, etc.; 
qu*il s'élevoit peut - être encore des parties immenses de ce 
continent du fcHid des mers; car, excepté le niveau de 
rOcémo , qui n'a pu changer dans un lieu sans changer par- 
tout , rien ne force d'admettre que la formation des terrains 
sons-marins, des élévations de continent, des sublimations, 
des filons métalliques, etc., ait dû cesser en même temps 
sur toute la surface du globe. Il seroit dans Fétat actuel de 
nos connoissances aussi hypothétique d^admettre cette uni- 
formité de phénomènes que de la nier. 

Mais cette incertitude dVpoques chronologiques ne change 

rien à la distinction des époques et périodes géognostiques 

jovienne et saturnienne : elles resteront tout aussi distinctes, 

tout aussi bien caractérisées en Amérique qu'en Asie, lors 
- — ■ I 

1 11 ne faut pas prendre iri le mot moment dans l'acception rct- 
treinte qu'on lui donne ordinairenieni; Jl faut, au contraire, lui donner 
l'amplitude que demandent tous les grands phéuomènes de la nature: 
ainsi, lorsqu'une tempête, un orage, une cruption volcanique finit 9 
quoiqu'on puisse dire que le phénomène général a fini vers telle épo- 
que du mois ou tel moment de la journée, on sait fort bien que les 
pKénomènet partiaux n'ont pas tous fini au uième iottant. 



^6 THE 

même qu'il seroit prouvé qu^elles auroient commencé à plu- 
sieurs siècles de distance Tune de l'autre dans les deux con- 
tinens. 

Ce qu'il y a d'aussi sûr, d'aussi bien prouvé qu^une vérité 
de ce genre puisse l'être, c'est que depuis les temps histori- 
ques les plus reculés on n'a aucun exemple authentique de 
grands phénomènes géologiques, tel qu'un abaissement de la 
mçr, une formation de couches sous-marines, étendue et 
puissante ; qu'on ne peut citer aucune^/ormation d'une éten- 
due seulement de quelques myriamètres de terrains de gra- 
nité, de calcaire saccaroïde , même de porphyre, de g3rpse, 
etc. ; aucune couche sous-marine ou sous-lacustre de calcaire 
compacte , renfermant des débris organiques réellement pé- 
trifiés, c'est-à-dire dont la nature chimique, dont même la 
texture cristalline ait changé ; aucune formation de veine ou 
filon métallique, eic» 

On ne connoft aucun phénomène de ce genre d'une éten- 
due proportionnelle k Técorce du globe , ni même compara- 
ble aux plus petits phénomènes du même genre de la période 
saturnienne. Tout ce que Ton cite d'analogue s'est montré 
sur une si petite échelle , qu'on ne peut réellement en com- 
parer les causes et les résultats avec les mêmes phénomènes 
de cette période. Plusieurs de ces citations sont apogryphes; 
celles qui sont relatives à des faits bien constatés montrent 
dans ces faits ou des différences de circonstances et d'origine, 
ou une exiguïté qui les rend incomparables avec ceux qu'on 
nous présente comme leur étant analogues dans l'ancien monde. 

Nous concluons de ces considérations que depuis les temps 
historiques les plus reculés , l'écorce du globe, dans toute son 
étendue, dans toutes les parties qui ont pu être soumises à 
l'observation immédiate ou médiate des hommes , est , malgré 
les volcans, les sources d'eaux minérales incrustantes, quel- 
ques concrétions sablonneuses et calcaires, etc. , dans un état 
de repos et de tranquillité entièrement différent de l'état 
àe fermentation^ chimique qui a produit dans la période sa- 

1 J'entends par ce mot l'état de mouTemcnt violent et rapide où dé- 
voient être des élémens chimiques abondans , qui se trouvoient en pré- 
sence et qui dévoient faire contribuer à ce mouvement les parties de 
1 ccorce du globe déjà formées et solidifiées. 



THE =7 

turnieone les couches de calcaire , deschUte, de gnebt, de 
houille 9 les pétrificationa siliceuses, pjriteuses, etc.; qui a 
•onlevë lea I^rrënëes « les Alpes , etc^ qui a produit les fiions 
d'Europe et d'Amérique , et les a remplis de barytine , dt 
floor, de quarz, de sulfure d'argent, de cuirre, de plonb, 
de sine , etc.^ 

C'est eet état de repos qui constitue l'époque jovienne et 
qui s'est continué pendant cette période. 

Ce repos n'est pas absolu -, mais les phénomènes géologiques 
qui se font encore voir sont si foibles en comparaison de ceux 
que noua venons d'indiquer, qu'ils n''oi^ jamais qu'une in* 
fluence locale trés-circonscrite* Quelques-uns peuvent nous 
nppeler les grands phénomènes de la période précédente 
et même nous faire entrevoir leurs causes* Or , ce sont pré- 
cisément ces phénomènes , ainsi que les roches et terrains 
qai en sont le résultat, que nous allons décrire comme ap- 
psrtenant à cette période et en constituant l'histoire géolo- 
fîque. 

La période jovienne présente, comme la saturnienne, deux 
ordres de phénomènes géologiques très-difiérens , mais dont 
rimportanee est inverse dans ces deux périodes* 

Les uns ont donné naissance à des terrains produits par 
voie mécanique, et principalement par l'action des eaux ac- 
tvellts. C'est pour ainsi dire la suite en petit du même phé- 
Boraine qui a agi si puissamment pendant et vers la fin de 
la période saturnienne* Cette action a formé et forme en- 
core les terrains qu'on appelle d'alluvion ou de transport, 
et que je désignerai avec les géognostes anglois , «qui les ont 
li bien distingués ' , par le nom généralement admis de /er- 
roins alluviens. 

Les autres, beaucoup plus restreints dans cette période que 
dans la précédente, résultant d'une véritable action chimi- 
que , ont produit ou amené hjia surface de la terre , ou dans 
quelques parties internes de son écorce, difTérens corps en- 



1 Yojez les distinctions si claires et fondée* sur des raisonnemens 
ansti justes que sages, que MM. Buckland, Phillips, Gonji'beare, 8edg> 
wich, etc., ont établies entre le» terrains alluvicns et les terrains d'une 
formation antérieure. 



.8 THE 

fièrement dus à cette action. Ce sont en général des phéno* 
mènes aussi limités dans cette période qu*ib ont en de puis- 
sance dans la précédente. Il faut même se méfier de rorigine 
encore trè^-incertaine de plusieurs substances minérales qu*on 
attribue k la période actuelle. 

Les minéraux, roches et terrains de la période jovienney 
n'offrant souvent aucune chronologie certaine, surtout dans 
la formation de la seconde série de corps, ne peuvent être 
présentés dans un ordre qui résnlteroit de la chronologie des 
formations. Celui fue nous suivrons dans le tableau des pro- 
duits de cette secoue section sera donc purement minera-* 
logique. 

L*action chimique complète est nécessairement accompagnée 
d'un écartement des molécules des corps, qui leur permet de 
se mouvoir facilement et qu*on appelle dissolution. Cette 
dissolution ou écartement des parties peut être opérée ou par 
un liquide (c'est le phénomène qui porte plus particuliè- 
rement le nom de dissolution), ou par la chaleur (c'est ce 
qui produit la fusion ou la vaporisation). Nous donnerons 
le nom de terrains ly siens ^ c'est-à-dire dissous, aux minéraux 
ou roches produits par cette voie, et le nom de terrain* fy* 
rogines, aux .couches, roches ou minéraux formés oa altérés 
par l'action-'désa^égeante du feu. Mais l'action qui a pro- 
duit ces derniers terrains pendant les temps historiques pa- 
roissant être la continuation des mêmes phénomènes de la 
période saturnienne, nous ne séparerons pas l'histoire des 
terrains volcaniques saturniens de celle des terrains volca- 
niques actuels, et nous les placerons toutes deax dans celle 
des terrains massifs. 

I." CLASSE. TERRAINS ALLUVIENS. » 

Ces dépôts sont les plus superficiels de tous les terrains ^ 
ies parties. qui les composent portent ordinairement l'em- 
preinte évidente d'un délaissement des eaux, plutôt par dé- 
pôt tranquille que par transport violent. Us se trouvent sou- 
vent dans la même position que les terrains dus à une même 

1 Jttluçium , BuGKL., Seogw* — i>''ettere Atluvial-Bildwigeny Bovi. 



THE »9 

cause, mais appartenant à la période saturnienne, et il est 
trés-diffiGile d'établir la ligne de démarcation qui résulte uni- 
quement de Tépoque de leur formation. Cependant Tobser- 
Tstion prouve, et M. Sedgwîch a très-bien établi ce fait, qu*il 
j a dans le plus grand nombre des cas des moyens sûrs pour 
diitioguer ces dépôts des terrains du même genre qui appap» 
tiennent à la période saturnienne. 

tfis terrains alluviens se forment ou plutôt se déposent tous 
les Jours* Ils ont enveloppé et continuent d'envelopper les 
restes des animauf qui vivent encore à la surface du sol qu'ils 
eontribuent i former; ils les réunissent quelquefois avec des 
débris d'animaux qui ne s*y trouvent plus, mais qui y ont vécu 
depuis la dénudation des continens, et qui n'ont disparu que 
pir le fait ou delà civilisation, ou de quelques circonstances 
locales. Ces débris de végétaux et d^an imaux y son t à peine alté- 
rés, mais seulement ou noircis ou calcinés, suivant les influen- 
ces auxquelles ils ont été soumis. On trouve dans ces terrains 
des restes de l'espèce humaine , des débris de ses monumens , 
de ses arts , de ses ustensiles. C'est dans ces terrains qu*oa 
trouve ces silex, ces jaspes, ces trappites^ ces quan et plu- 
nenis antres pierres dures taillées en coin, en hache, en 
arMvre de flèche ou de lance , instrumens tranchans faits 
parles premiers hommes qui ont habité le pays. Ces armes 
et ces instrumens sont semblables à ceux que font encore les 
peuples sauvages de l'Amérique et des lies où la civilisation 
et son industrie ne se sont pas encore développées. Ce sont les 
premiers indices de la présence de Thoaune, ceux qu'on 
troiBTe enfouis en assez grande quantité et k une assez grande 
profondeur, pour qu'on puisse leur attribuer la plus grande 
ancienneté; mais tous les terrains qui les renferment sont 
des terrains meubles qu'on n*a encore vu nulle part recou- 
rerts de couches solides , pas même de calcaire concrétionné» 
abondant et étendu , quoique cela dût être dans quelques 
lîeuz; c'est une circonstance assez rare pour que je ne puisse 
en eiter aucun exemple. 

On peut reconnoitre dans ces terrains trois sortes de for- 
mations ou groupes de roches qui offrent chacun des circons- 
tances qui leur sont propres et que je vais tâcher de faire 
ressortir. Ces groupes ne paroissent pas avoir d'antérioriié 



3o THE 

marquée les uns sur les autres , par conséquent Tordre dan^ 
lequel je vais les présenter est absolument arbitraire. ' 

!.•' Gr. TERR. ALLUT. PHYTOGÈNES. 

Ils se composent de l'accumulation des matières solides qui 
résultent de la destruction des végétaux ou de celles des dé* 
bris de végétaux dans des fonds de lacs ou de vallées, sur des 
côtes ou même sur des pentes de montagnes «sses élevées; 
débris qui s'y conservent en entier ou seulement' en partie^ 
ce sont : • 

1. L'Humus ou terre végétale, dont la foible épaisseur sur 
toute la terre et même dans les lieux où la végétation est 
la plus active , offre un des argumens les plus puissans en 
fkveur du peu d'ancienneté de l'état actuel de la surface du 
globe. ' 

3. Les Tou&BES BERBAcéEs , composécs principalement de 
végétaux beri)acés , renfermant quelquefois des arbres ou 
autres végétaux ligneux et des débris des arts bumains, 
d'animaux de marécages et de forêts, non - seulement des 
mêmes espèces que celles qui vivent encore dans le pajrs, 
mais encore d'espèces connues ailleurs, qui n'habitent plus sue 
les lieux et qui semblent même avoir entièrement disparu. 
Telles sont dans les tourbes de la Somme lès débris de castor 
qu'on y a trouvés; dans celles d'Irlande, les cornes d'un eerf 
gigantesque qu'on ne connoft plus en Europe. 

Le limon argileux ou sableux les accompagne ordinaire- 
ment et les recouvre quelquefois en partie. 

Les terrains de tourbes herbacées sont tantôt situés daaft le 
fond de vallées larges et peu inclinées, et tantôt dans des 
vallées et même dans des vallons étroits et assez élevés. La 
condition qui parott être essentielle à la formation de la 
tourbe, c'est que le sol ne soit pas perméable et que Feaii 
qui le couvre ne soit ni complètement stagnante ni trop 
rapidement renouvelée ; que les végétaux ne i^j pourrissent 
pas, mais puissent y éprouver un mode particulier de con- 
servation analogue au tannage. Parmi les végétaux trés-va- 

I O. V* Lvc, Lettres sur l'homme 'Ct les montagnes, tome 11, lettre- 



THE îi 

ijéft qui entrent dans la composition de ces tourbes, on doit 
remarquer comme y étant plus fréquens et plus abondans : des 
conferves, le sphagnum palustre , les prèles, les ehara^ les eno* 
phoramy les carex, notamment le carex cespUosa^ le iehanttê 
uigrieant, des graminées à tiges rampantes et souterraines, 
des feuilles, même des conifères, et quelquefois, mais seu- 
lemeDt dans quelques circonstances particulières, des plantes 



3* Les TooBBEs UCNBUSKS , entièrement ou presque entii^ 
remenC composées de troncs ou de branches d*arbres , de ra* 
mttuuLf de végétaux ligneux» 

Cet tourbes ligneuses se sont présentées plusieurs fois sur 
les rivages de la mer, comme enfouies dans le sable et ion 
aîvcMt actuellement inférieur aux plus basses marées. On 
ae doit pas en conclure qu^elles soient antérieures aux temps 
historiques et à Tétat de repos actuel de la mer, ni que la 
aier ae soit élevée depuis l'enfouissement de ces tourbes li* 
gaenses; mais que le terrain meuble et spongieux qui les a 
leçncs , s'est tassé et affaissé , ce qui est , comme on sait , le 
propre de ces sortes de terrains. (Voyez Todxbe.) 

!!.• Gr. TERR. ALLUV. LIMONEUX. 

Ssae composent de limons argileux, marneux ou sablonneux, 
soil séparés, soit réunis; les premiers sont souvent colorés 
en aoilP ou en brun par des matières végétales, presque car- 
bonisées , résultant de la destruction complète des végétaux» 
C'est par cette circonstance , qui entraîne avec eU^ beaucoup 
d'autres conséquences, et par lenr position , que les terrains 
allHYiens limoneux diffèrent essentiellement des phytogènes 
toarbeux; ils ont quelquefois la même position, mais il est 
rare qu'ils s'y trouvent en même quantité. L'un Kemporte 
presque toujours de beaucoup sur l'autre. C'est dans les val- 
lées larges, traversées par des grands cours d'eau; c'est au 
confluent de ces cours d'eau ; c'est surtout à leur embou- 
chure dans la mer, que se montrent, dans foute leur prédo- 
miBiaée, et presque toujours sans tourbe herbacée, les ter- 
rains limoneux ; les circonstances dans lesquelles iis se forment 
so^t précisément celles qui ne permettroient pas aux végé- 
taux de se maintenir dans l'état de conservation particulière 



3a THE 

qui produit les tourbières , et celles-ci ne se présentent ordi- 
nairement que dans des lieux et des positions où les eaux peu 
agitées, ne tenant en suspension aucun fimon, favorisent 
dans les végétaux l'altération particulière qui forme la tourbe. 

Les débris organiques des terrains alluviens que renferment 
les terrains limoneux de la période jovienne , sont de même 
nature et de même origine que ceux que renferment les 
tourbes; mais ils y sont plus rares et moins bien conservés. 
C'est , enfin , dans ces terrains qu'on a trouv.é des bateaux 
presque entiers , qui , par leur forme et leur mode de cons- 
truction , indiquent des peuples encore éloignés de la civili- 
sation, et à peu près dans la position sociale où sont les peu* 
plades sauvages de la mer du Sud et des deux Amériques* 

CVst aussi dans ces terrains qu'on a découvert des restes 
de construction d'une époque connue et qui ont pu fournir 
une sorte de chronomètre du temps qu'il leur a fallu pour 
acquérir une épaisseur déterminée. 

Les terrains limoneux couvrent le fond des vallées , leurs 
parties les plus larges , les espèces de renflemens qu'elles 
présentent, surtout à leur grande ouverture, soit dans les 
plaines y soit dans la mer; ils en nivellent le fond sur une 
étendue et d'une manière très- remarquable par son unifor- 
mité; ils forment , enfin , aux embouchures du Nil, du Gange, 
du Hbin, du Rhône, de l'Amazone, de TOhio, et de tous 
les grands fleuves de la terre, ces vastes atterrissemenvqu'on 
appelle des delta, par comparaison avec celui du Nil; ils 
pénètrent jusque dans la mer, en recouvrent le fond vers les 
côtes, rélèvent au niveau de sa surface et prolongeant ainsiles 
côtes basses dans la mer, semblent faire reculer cette niasse 
d'eau et faire rentrer dans l'intérieur des terres les villes 
bâties primitivement sur les rivages. 

Enfin , il s'exhale souvent des terrains limoneux , lors même 
qu'on ne les remue par aucune fouille, des émanations mal- 
saines, même pestilentielles, que ne produisent jamais les 
terrains tourbeux. ( Voyez Limon. ) 

On peut donner le nom de Limon marneux, Limon sableux^ 
Limon vaseux, Limon noir, aux différentes roches, toujour»^. 
désagrégées ou plutôt non agrégées qui le composent, suivait 
que l'un des corps ou des propriétés indiquées par ce nipm y 



THE 35 

ctt dominant ; le teul minerai qui t*y montre quelquefois en 
petits amas, est le fer tltanifère arénacë. 

Les dunes ou monticules de sable qui se forment par Fae- 
tion des vents sur les côtes sablonneuses et qui avancent même 
conaidéralilement dans les terres , appartiennent à cette classe 
de terrains. 

III.* Gr, TERR. ALLUV. CAILLOUTEUX. 

Ce terrain, quand il appartient à la période jovienne, se 
compose de cailloux, depuis ceux qui, par leur petitesse, 
constituent ce qu'on appelle gTavier^ jusqu'à ceux qui, attei- 
gaant au plus la grosseur d'un œuf, portent plus particulière- 
ment le nom de galets ' ; mais il faut s'arrêter a cette mesure 
dans ce qui appartient aux terrains joviens des cours d'eau; 
ceux des rivages de la mer peuvent se présenter soos un 
Tolume beaucoup plus considérable. 

C'est dans les vallées étroites , c'est aussi dans le lit et sur 
les bords des cours d'eau qui traversent des plaines et des 
vallées larges qu'est situé le terrain alluvien dont nous trai- 
tons. On ne doit pas l'aller chercher au-delà des limites des 
pins hautes eaux des temps actuels , et dès qu'on dépasse ce 
niveau^ la grosseur des fragmens ou cailloux, la nature des 
débris organiques qui les accompagnent, change et indique 
nne époque beaucoup plus ancienne , une force beaucoup plus 
poisHinte dans le cours d'eau , et par conséquent un volume 
d'eau incompatible avec l'état actuel du sol, des cultures, des 
luUbitations et des monumens les plus anciens; il indique enfin 
des phénomènes presque contemporains de la dernière ou des 
dernières grandes révolutions de la surface de la terre. * 

C*est ici que sont en contact immédiat les terrains joviens 
et les terrains saturniens ; mais quoique mêlés ensemble dans 

1 I^e nom de cailloux n'entraîne pat nëcettairement arec Ini l'idée 
de pierre arrondie par le transport, et semble indiquer que les pierres 
Bomméet ainsi sont de l'espèce du silex on du quars; on est obligd 
d'ajoeter Tëpithète de roulés, pour désigner les cailloux de transport. 
Notre mot de galet ^ qui s'applique aux minëranx de tonte sorte, arron- 
dis par les roulis de» flot« marins, lacustres ou fluTÎatiles, me parott 
plms convenable. Je Templotrai toujours dans cette acception. 

a Tojes sur Taction des eaux actuelles k la snrface de la terre, la 
partie qui concerne cette conaidération à l'articl^ Kao de ce Dictionnaire. 

S4* 3 



34 THE 

quelques points de contact, il est encore possible de les recon- 
noître; la simple réflexion faite sur ce que Ton voit, suffît 
pour conduire à cette distinction. Ainsi , quand sur les bords 
d'un fleuve tranquille , comme la Seine au-dessous de Paris, 
on voit une plaine composée de graviers, de galett et de 
blocs, ainsi que cela s^observe si facilement dans la plaine 
de Boulogne, on peut admettre que les gravier», et même 
que les galets ovulaires, ont été amenés par les hautes eaux 
de la Seine , qui atteignent quelquefois ce niveau ;. mais quand 
a^u milieu de ce gravier et de ces galets on rencontre des 
bloes péponaires et métriques de grés, jde calcaire siliceux, 
de poudingue silicieux , on juge sans beaucoup d'hésitation , 
que p6 fleuve n^a jamais pu, dans son état actuel, aller 
arracher, même dans ses plus hautes crues , ces blocs aux 
ieJrrains de grés ou de calcaire siliceux d'où ils viennent, 
et qui sont situés à une grande distance de la plaine où on 
les trouve ; car il lui faudroit une puissance de transmissioa 
qui suppose une hauteur et une masse d*eau incompatibles 
avec Tétat connu de temps immémorial de la vallée de la 
Seine dans le bassin de Paris, état lié avec une multitude 
d'autres circonstances de géographie physique. 

Le gravier et les galets des terrains alluviens sont donc 
proportionnés par leur nature , leur origine et leur grosseur, 
à la force de transmission la plus puissante que puisse acqué- 
rir le cours d'eau dans ses plus hautes crues connues ou pré^ 
sumables , et Içs galets et blocs des terrains clysmiens aeront 
ceux qui par leur volume n'auroient pu être transportés sans 
admettre une masse d'eau dont on ne pourroit trouver l'ori- 
gine sans admettre en même temps des causes jpuissantes et 
générales qui, ayant dû agir sur presque toute la surface dn 
globe , supposent une révolution géologique et par conséquent 
la cause que nous admettons. 

Il n'y a pas que les eaux qui transportent des galets ou 
cailloux; les glaces des glaciers qui descendent des pentes et 
des cols des hautes montagnes charrient sur elles et poussent 
devant elles des masses ou blocs de rochers quelquefois très- 
considérables; elles les accumulent dans les vallées où elles 
aboutissent , et s'en forment une espèce de rempart qu'an 
nomme moraine» 



TIIE SS 

li/CLASSE, TERRAINS LYSIENS.» 

J*ai delà dît quel étuit le caractère de ces productîoai 
min^slts modernes, dont quelques-unes étoient quelquePoîs 
aMciabondantes pour former de vrais terrains dans Taeccp- 
tion vulgaire de ce mot. 

1. FoRM. CALCAIRES. 
Cest-à-dire priiicipalcnienl calcaires. 

Ce sont les calcaires concrélionnés en stalactites et stalag- 
mites, en pisolithes, en travertins modernes ; ce, sont les 
calcaires incrustans qui se sont formés ou dé| osés depuis les 
temps historiques, et qui se déposent encore, suit dans les 
cavernes, grottes ou autres cavités de la terre, soit au fond 
de certaines eaux, soit à la surface du sol. 

Tous les calcaires concrétionnés ont été dissous dans les 
eaux j les uns dans les eaux froides à Taide J'un excès d*a* 
dàe carbonique, les autres dans les eaux thermales au moyen 
du gaz hydrogène sulfuré. 

Les premiers se forment en rrénéral plus lentement, et c*est 
à cette cause qu'il faut rapporter les ^tala 'tites et stalagmites 
des cavernes et grottes calcaires, cl les incrustations qui en- 
veloppent 1^ corps plongés dans ci s eauv. 

Le nombre des cavernes à stalactites est si considérable, 
qoe nous ne saurions à quel exemple donner la préférence; 
celui des eaux incrustantes Test beaucoup moins. Nous ren* 
voyons pour les exemples aux articles Calcai&e coNcajâriONi^ 
et Stalactite. 

liais cette formation en calcaire concrétion né offre une 
considération plus importante et entièrement relative à notre 

objet* 

Ce terrain , et pour ainsi dire la même masse de calcaire 
concrétionné , peut appartenir en partie à la période satur- 
nienne et en partie à la période jovienne ; car les parties 
de la surface du globe abandonnées par les hautes eaux 
fluviatileSy lacustres et marines n'ont pas été aussitôt habi- 
tées par les hommes : des animaux d^spéces actuellement 
uconnues y ont précédé l'espèce humaine, et paroisse nC 



1 G'ett-à-dire , fornivs par Toic âc diuolation cbîniiqut. 



36 THE 

même avoir élé détruits avant que les hommes aient paru 
sur le même sol. Cependant le sol n^étoit plus sous Teau , 
par conséquent les stalactites pouvoient déjà se former dans 
le9 cavités calcaires, et elles s'y formoient en effet *vjk^ la 
dernière catastrophe qui a fait périr les animaux donx on 
trouve les ossemens sans qu*ils y soient jamais accompagnés 
de ceux de l'espèce humaine. 

Par conséquent une partie des stalactites des cavernes du 
calcaire jurassique, une partie du travertin de Tltalie, de 
la Hongrie, de l'Amérique» est très-probablement antérieure 
à Vépoqwç géologique actuelle ou Jovienne. Mais dans Fim- 
po^bilité où l'on est de les distinguer, et par conséquent 
de les séparer nettement, nous les laissons ensemble. 

Cependant il est des cas où cette séparation est indiquée , 
et d'autres où elle-même est parfaitement claire. 

Le premier est celui du Travertiiï des états romains. Les 
architectes et constructeurs savent très-bien distinguer le tra^ 
vertin ancien ou inférieur, celui qui par sa compacité et 
sa soUdité est le seul qu'on puisse employer convenablement 
dans les constructions; ils savent, dis- je, le distinguer du 
travertin moderne, qui ne possède pas les mêmes qualités. 
Mais cette distinction n'est que relative , et ne nous apprend 
pas si le travertin déclaré ancien est antérieur aux temps 
historiques et de l'époque où les eaux, même les eaux fluvia- 
tiles, étoient à une élévation qui ne pourroit se concilier arec 
l'état actuel des continens et des monumens des hommes, 
ou si ces travertins ne sont seulement que des plus anciens 
temps de la période actuelle ou jovienne. ' 

Le second cas ne laisse point d'incertitude , et les traver- 
tins qui s'y trouvent doivent évidemment être reportés a 
Fépoque saturnienne. 

C'est lorsqu'ils sont situés à une élévation et dans une po- 
sition telle que les eaux actuelles ne peuvent les y avoir 
déposées , et qu'il faille admettre une hauteur des eaux sta- 
gnantes ou courantes absolument incompatible avec l'état 



1 M. de Buch avoit déjà fait remarquer que les eaux douces auz*- 
quellea ëtoit dû ce travertin , avoieat dû être contenues à 25 mètres 
att'desstts du nirean de la mer. 



THE 5? 

actuel des eaux , tels sont les travertins de la colline de Colle 
sur la mute de Sienne à Volterra. ■ 

Ainsi y après les calcaires eoncrétionnés en stalactites et 
stalagmites des cavernes ; après les calcaires incrustans d*un 
grand nombre de sources, depuis celles d'Arcueil et de 
Sèvres près Paris, de Bernouville près Gisors,. de Saint- 
Allyre en Auvergne , jusqu*à celle de Guancavelica dans 
l'Amérique méridionale , et celle de Java dans TOcéan orien- 
tal, viennent , comme exemples authentiques de terrains 
calcaires joviens ou des temps actuels, les Travertins dos 
pUines de Tivoli à Test de Rome, les dépôts du Teverone 
à Tivoli même, formant dans la vallée un barrage remar- 
quable qui produit les belles cascades de ce lieu si célèbre 
sous les rapports historiques et pittoresques; les dépôts de 
Terni, au confluent du Velino et de la Nera, dus à la même 
cause et produisant le même barrage et des cascades non 
Boins belles; ceux de Saint -Philippe en Toscane , qui ont 
âevé dans une vallée primordiale une véritable colline cou-p 
rerte de Jardins , de plantations et d'habitations. * 

Noua ajouterons À ces exemples de terrains calcaires récens : 
- 1/ Le Tra ve rt ij* qui couvre le fond et les environs d'ifn 
lac d'oà se dégage avec abondance du gaz hydrogène sulfuré 
à droite de la route de Sirang à Batavia dans Pile de Java.' 

3.* ' Celui qui se forme dans les marais de la grande pUine 
de Hongrie, et qui devient assez solide pour servir de pierres 
à b&tir: toutes les maisons de Czegled en sont construites. 4 

1 VoycB Im d^eloppement de cet faits rt de leur tliëorie , et de 
cens qui peuvent être rapporlét k la luéuie époque, dant la Dcecrip- 
tion géologique des terrain de Paris (édiiion de 1822» p- 3ia et tuiv. , 
et DOtamment page 3 17), où se trouve U description du travertin élevé 
de Colle. Cest en voyant dans le même lieu le travertin moderne ci 
le travertin ancien, et en observant d'où le premier tire son origine, 
qaè f*ai été conduit ( pag. 319 ) i regarder les eaux sortant de Tinté* 
rieur de U terre, chargées de matières pierrenset en dissolution, comme 
une dea causes qui ont produit la plus grande partie des terrains cal* 
cairea compactes, soit d'eau douce, soit même marins. 

a Yoyea la description géognostiqu» de ces lieux dans l'onrrage cîtû 
plus haut, page 3 14 et 3 16. 

3 Al XL, Tojage en Chine. 

4 BuiDABTy Yojage en Hongrie, tom. 2, page 3&1. 



53 THE 

Ce trarertîn enveloppe des planorbes et d'autres coquilles^ 
qui y ont conservé leur test presque «ans altération, circons- 
tance qui établil une assez grande différence entre les cal- 
caires lacustres ioviens oj des temps actuels , et les calcaires 
lacustres saturniens ou antérieurs aux temps historiques. 

SJ* Le calcaire de m^me origine, de même nature, ren- 
fermant aussi une grande quantité de coquilles et végétaux 
lacustres, qui se forme journellement au fond du lacBakie, 
comté de Fo rfarshire en Ecosse. ' 

Ces exemples, qu'on pourroit multiplier, roajis qui suffisent 
pour établir ce premier mode de formation , ne nous mon- 
trent que des terrains formés dans l'eau douce. 

Dans quelques circonstances . qui paraissent plus rares , pro- 
bablement parce que Tobservation en est beaucoup plus dif- 
ficile, des concrétions dues également à une pirécipitation de 
calcaire des eaux qui le tenoient en dissolution , ont eu lieu dans 
la mer, ont agrégé le sable qui en couvrait le fond et ont enve- 
loppé les corps organisés qui pouvoient s'y trouver. Tels sont: 

1.** Les agrégations et concrétions si connues, si .souvent 
citées , qui se foraient dans la Méditerranée sur la côte de 
âicile, en face de Messine, et qu'on n'hésite pas à attribuer 
maintenant à la cause locale que nous venons d'indiquer. 
Il faut, dit Spallanzani, dix à douze ans pour que le sable 
de cette c6te , qui consiste en grains de qu^rz , de felspath , 
d'amphibole , de mica, etc., ait acquis, par le ciment calcaire 
qui agrège ces -parties, la dureté nécessaire pour servir à faire 
des meules de moulins. Cette roche est évidemment de for- 
mation nouvelle, et on y a même quelquefois trouvé des 
parties d'instrumens à l'usage des hommes. 

2,^ Une roche à peu près semblable qui se forme, suivant 
M. John Davy , sur la côte de Colombo à Negombo dans l'île 
de Ccilan. La formation est plus rapide et plus abondante 
dans les lieux où la mer est généralement plus agitée. 

3.^ La pierre calcaire sableuse, à texture grossière, mais 
d'une consistance solide, qui sur la côte du vent de Tfle de 

1 M. Ltbll , On a récent formation of freshwaler iimestone in For" 
fars\irey etc., Transact. de la soc. géolog. de Londres , seconde série ^ 
vol. 2, pag. 73. L*auteur a très -bien fait ressortir ics ressemblances et 
les dijQfércnces des travcrtio^ modernes et dçs trayertint anciens. 



THE 39 

la Guadeloupe, au parage nommé le Moule ou le Mole, ac- 
compagnoit et enveloppoil le squelette de Caraïbe qu^oo y a 
trouvé et qu^on a voulu faire regarder momeotanémeut comme 
«n véritable an thropolife , ou comme un homme pétrifié dans 
des couches solides continues et de Tépoque saturnienne. 

Cette pierre, dont les parties grossières sont composées 
non-seulement de petits grains de calcaire compacte , mais 
de petits coraux, de petites coquilles, fait voir pour ciment 
de ses parties, à un œil exercé, un enduit ou incrustation cal- 
caire qui a lié tous ces grains et qui indique le calcaire pré- 
cipité de quelques eaux d'une source minérale sous-marine.' 

Il est probable qu'il y a bien d*autres exemples de ces 
faits : nous ne les possédons pas ; mais nous répéterons ici ce 
que nous avons fait remarquer ailleurs*, c*est que la plu- 
part de ces sources , si abondantes en calcaire, sortent presque 
toutes de terrains calcaires situés dans le voisinage d^m ieT» 
rain volcanique : les deux derniers exemples qu*on vient de 
rapporter, confirment cette généralité. 

' Les PisoLiTBEs, ou concrétions calcaires sphéroïdales, dont la 
grosseur varie depuis celle d*un grain de millet jusqu'à celle 
d'un gros pois, sont la plupart des produits de Tépoque 
aetuelle et sont évidemment formés par la précipitation du 
calcaire tenu en dissolution dans certaines eaux minérales 
au moyen de l'acide carbonique ou du gaz hydrogène sulfuré. 
Les mêmes eaux qui à Tivoli, à Terni, à Vichy, à Carlsbad, 
etc., déposent du calcaire concrétionné stratiforme, produi- 
sent également des pisolithes. 

L'AasAGOiiiTB paroft aussi appartenir dans certaines circons- 
tances à cette époque. On a un exemple de petites veines 
de calcaire fibreux , d'aspect soyeux, ayant tous les caractère» 
de l'arragonite , qui a rempli les fissures d'un ciment antique 
attribué aux Romains aux bains de Saint- Nectaire en Au- 
vergne, et qui semble avoir ouvert ces fissures pour s'y in- 
troduire par cette force d'efflorescence capillaire que l'on voit 



1 J*ai émit cette opinion, en 1814, dans la nota qui accompagne 
l'extrait du mémoire de M. Keeuig, Sur le» squelettes humains de la 
Guadeloupe. (Bull, des scieuc. par la soc. philom., 1814, p. i4<).) 

2 Pescriplioq gëologiqne dfs environs du Paris, p. Iti;. 



40 THE 

agir si puissammeot dans la nature et dans les laboratoires/* 

2. FoRM. SILICEUSES. 

Elles sont beaucoup plus rares que les calcaireii; on en s 
cependant plusieurs exemples authentiques, et, quoique si- 
tuées en général dans des pays et noéme dans des terrains vol- 
caniques , les formations siliceuses actuelles sont bien d'ori- 
gine aqueuse. 

Des concrétions cylindroïdes et comme coralloïdes, sili- 
ceuses, d'un petit volume, égalant à peine la grosseur d'une 
plume d'oie et souvent plus petites, tapissent quelques grandes 
cavités des laves poreuses de l'isle- de -France et de l'île de 
Bourbon. Il n'est pas évident qu'elles soient de formation jo- 
yienne , mais on peut le présumer par la nature et l'origine 
connue des laves, et surtout par l'identité de leur nature et 
de leur structure concrétionnée : i." avec les concrétions sili« 
ceuses stalactiformes, que les vapeurs d'eau bouillante dé- 
posent, suivant M. de Buch, sur les parois du cratère du 
volcan de l'île de Lancerotte, l'une des Canaries; 2.* avec la 
silice déposée sous cette même forme de concrétions en ci 
grande quantité par les geysers ou jets d'eau bouillante de 
l'Islande ; jets violens, qui ont tapissé leurs canaux et qui ont 
couvert tout le terrain qui en borde l'ouverture , d'une couche 
étendue et épaisse de silex concrétionné, à texture poreuse 
et à structure ondoyante. 

Enfin , la silice , à l'état comme gélatineux ou floconneux , 
se dépose dans les bassins et réservoirs de certaines eaux mi- 
nérales, dont la température, le dégagement, ne sont ni aussi 
hauts, ni aussi violens que les jets d'Islande, et qui sourdent 
dans des pays très- éloignés de volcans en activité et même 
de terrains volcaniques proprement dits : telles sont les eaux 
minérales du Montdor, qui, d'après M. Berthier, contiennent 
de la silice gélatineuse qu'elles déposent en concrétion dam 
les canaux où elles coulent; telles sont celles des sources 
chaudes de Poorgootha dans l'Inde, dont le résidu solide con- 
tient, d'après M. Turner, 0,2 3 de silice. 



1 Je ne puis dire qu'est-ce qui a fait le premier cette obserration 
mais je tiens ce ^e j'fn sais de M* Huot et de M. de Laiser* 



THE 4« 

Ob prétnme que Fallophane, ce mélange d*hydrate de 
silice et d'hydrate d'alumioe , qui se présente en enduit ou 
concrétion dans quelques filons, est de formation récente et 
produit par une sorte d*exsudation. 

3. FoaM. ACTOES et SAUNES. 

Ce sont, parmi les phénomènes et produits géologiques )o* 
rieos , les plus fréquens et les plus variés. 

On doit y placer les eaux minérales s*épanchant à la sur* 
Uee de la terre et y répandant les sels nombreux et variés 
qu'elles renferment * ; mais dans ce cas il ne paroit pas qu'il 
y ait formation de ces corps; il est probable que ces seb ou 
leurs élémens ont été pris dans les entrailles de la terre , déjà 
formés & une époque ancienne : leur épanchement à sa sur* 
face appartient seul à l'époque actuelle. 

Il n*en est pas ainsi du NATRONCt du Borax, qui se forment 
dana des eaux lacustres placées dans certaines conditions; 
de l'ALuir, qui effleurit à la surface ou dans les fissures des am- 
pélites; du Nitre, qui se forme perpétuellement sous nos yeux 
à la surface de certains terrains d'une grande étendue; du 
RxussjN (sulfate de soude); de I'Epsomite (sulfate de magnésie), 
qui se montre aussi en eflOiorescences sur certaines roches 
calcaires ou certains schistes pyriteux; enfin , du Selmarinv 
qui paroit se former en efflorcKence avec les sels précédens 
sans qu'on puisse être parfaitement sûr du fait, ni l'expli- 
quer en admettant qu'il soit constaté. 

Tons ces sels efflorescens, qui par cela même ne sont que su- 
perficiels, sont des espèces minérales qui se forment joumelle- 
aienty et qui appartiennent par conséquent aux modifications 
qu'éprouve l'écorce de la terre dans les temps actuels et dans 
la période géologique que nous appelons jovienne. 

Les acides naturels ne paraissent pas se former dans les 

lieux où ils se montrent; ils l'ont été dans les entrailles de 

la terre , et n'appartiennent aux phénomènes et à l'époque 

jovienne qu'en se montrant h sa surface. 

Tels sont : 1' Acide sulfureux des pays et terrains volcaniques « 

1 Toyes, pour le d^feloppemcnt des esemplet* U partie de.l'artiele 
Eau de ce Oictioanaire ^ qui traite det eeoi raioéralee, toiu.XlY, p. yS. 



45 THE 

l'AcrDE suLFURiQVE des eaux qui découlent de ces terrains-, et 
dont on connoft des exemples remarquables dans rAmérîque 
méridionale et dans Die de Java; TAaDE muhiatique, plus 
rare que les précédens , et dont le dégagement actuel a été 
bien constaté au Vésuve par M. Gimbemat et dans plusieurs 
autres volcans; TAcide carbonique, qui se présente dans tant 
de lieux différens et souvent en si. grande quantité dans les 
terrains calcaires moyens et supérieurs, lorsqu'ils recouvrent 
des lits de lignites (les environs de Paris, les environs des 
mines de lignites de Provence); dans le voisinage et jusqu'au 
sein des terrains volcaniques, etc. 

Enfin, FAcide bortqve de formation actuelle par voie de su- 
blimation aqueuse dans les vapeurs d'eau bouillante des I^- 
gonis en Toscane; dans celles du volcan de Stromboli, etc. 
Ce n'est point un corps qui s'est dégagé à l'époque satur** 
nienne et qu'on va chercher dans les fentes 011 il se seroît alors 
déposé : c'est un dégagement perpétuel qui renouvellie sans 
cesse le dépôt de cet acide , lorsqu'on Vst enlevé, 

4. FoRM. DE CORPS INFLAMMABLES. 

Les corps combustibles, en prenant ce mot dans son accep- 
tion vulgaire et générale , qui se déposent ou se dégagent 
encore dans les couches du globe ou à sa surface même par 
l'effet du feu des volcans, sont peu nombreux : ce sont le 
soufre, le sélénium , l'arsenic , le gaz hydrogène et le bitume 
pétrole. 

Parmi les corps qui , en raison de leur solidité, peuvent 
s'accumuler dant les lieux où ils se dégagent , le Soufre est 
le plus abondant; mais , "en réunissant tout celui que dégagent 
les volcans, et celui qui se dépose des eaux, sa production 
actuelle paroit encore de beaucoup inférieure à celle qui a 
eu lieu dans la période saturnienne. Quand on compare la 
quantité de soufre sublimé qu'on recueille dans les cratères 
des volcans, dans les terres, fissures et celiulosités des solfa- 
tares, avec celle qu'on extrait des terrains de sédiment satur- 
niens et avec celle qu'on extrait et qu'on peut extraire des cou- 
ches de pyrites des terrains de sédiment moyens et supérieurs, 
on voit combien la quantité de ce combustible encore produite 
de nos jours , est foible en comparaison de celle qui étoit dé- 



THE 43 

ptgée dam les tempt Mturnieos lea plus voisins de Fépoque 
féogoottique actuelle , et par conséquent combien s'est aflbibU 
le pliéBomène qui s'est maintenu avec le plus d^activitë dans 
cette dernière époque. 

Aioai, l'origine du soufre qu'on met dans le commerce 
peut être attribuée, dans le point de vue que nous poursui- 
Tons, A deux époques différentes: celle de la période jovienne 
el celle de la période saturnienne. 

On ne peut rapporter avec certitude à la première que les 
Biniires et exploitations de la solfatare de Pouzzole, des Iles 
Upari, de l'Islande, et c'est ici qu'est la plus abondante pro- 
duction de-ce combuitible; de la Guadeloupe, de quelques 
antres îles des Antilles et de quelques lies volcaniques de la 
mer du Sud. 

Les terrains d'époque saturnienne qui fournissent du soufre, 
qvi le fournissent en abondance , sont au contraire innom« 
brablcs, même en n'y comprenant pas les pyrites. Ainsi, pour 
n'en citer que quelques-uns dont l'authenticité et la célé- 
brité soient connues, on a en Italie les environs de Césène, 
de Peretta , ete. , et tous les terrains de sédiment des pentes 
orientales et occidentales des Apennins; en Sicile, des ter- 
nina anaîlognes aux précédens et renfermant des bancs de 
soafre très* étendus, de plusieurs mètres d'épaisseur; en Es- 
pagne, les mines des terrains de sédiment deConilla, près 
Cadix ^ celles d'Arragon , etc., qui renferment une abondance 
de sonfre ielle , qu'elle suffît à la consommation du pnys. En 
Suisse > près Bex ; en Autriche; en Carinthie, et en Russie, 
sar les bords du Volga , le soufre recueilli et mis dans le com- 
merce vient aussi de terrains de la période saturnienne. 

On peut dire que la production du soufre, qui s'est con- 
tinuée dans la période géognostique actunlleMst presque uni- 
quement celle de la' formation volcanique, ^^ormation nep- 
tnnîenne ou aqueuse du soufre a presque entièrement cessé; 
il n'en est resté que ce qui étoit pour ainsi dire utile pour 
nous donner une idée de la manière dont la nature procédait 
dans les époques reculées. On peut croire que les dépôts de 
sonfre venoient alors , comme les dépôts calcaires , de sources 
minérales qui tenaient ce combustible en dissolution au moyen- 
du gas hydrogène. On a un exemple de cette fijniine et de ce 



44 .THE 

mode de 4ép6i k la porte de Paris, au village nommé Enghien, 
situé au nord de cette ville , dans la vallée de Montmorency; 
Feau qui sort de terre dans ce lieu, étant froide, tient en 
dissolution une petite quantité de soufre, qa*elle laisse préct* 
piter dés qu'elle coule librement à la surface du soL Le même 
dépôt de soufre se montre dans les eaux thermales d'Aix-la- 
Chapelle , d*Aix en Savoie , de Balaruc , de Tivoli. Si ces eaux 
étoient plus chargées de soufre, qu'elles fussent plus abon- 
dantes, elles couvriraient le sol d'un dépôt de ce combus- 
tible qui pourroit être bientôt recouvert lui-même de dépôts 
marneux, gypseux , etc. ', et comme il est présumable que cela 
s'est fait dans les terrains que j'ai cités aux époques géognos- 
tiques anciennes , où tous les phénomènes géologiques se pas» 
soient dans des dimensions centuples de celles qu'ils présen-» 
tent aujourd'hui. 

I«e SéLiÉNiDM et I'Aesemc ne se montrent guères actuelle- 
ment qu'engagés dans le soufre des terrains volcaniques; ces 
corps , et surtout le premier , y sont rares et en petite quan- 
tité en comparaison de leur fréquence , surtout de celle de 
l'arsenic , dans les terrains des époques saturniennes. 

Le Gas hydrogène , ou k peu prés pur , on carboné , ou 
sulfuré, est encore une des productions géognostiques des 
temps actuels. Je ne parle pas de celui qui se forme dans les 
lieux marécageux, il n'est pas du domaine de la géogmide; 
mais de celui qui se dégage constamment, on au moins très- 
fréquemment, de plusieurs terrains qui n'ont aucun carac- 
tère volcanique. Tels sont les phénomènes qu'on désigne en 
Italie sous les noms de feu de kirigaito, de pietra wuUa, etc.; 
en France, dans le département de l'Isère, sous celui de fou* 
taioe ardente. 

Une autre clame 4e phénomènes nommés salses, et qu'on 
observe non-seo^nent en Italie, au pied des Apennins^ et 
en Sicile, mais encore' dans l'Asie, etc. , est accompagnée d'un 
dégagement constant de gaz hydrogène. ( Voyei Salses.) - 

Le Bitume, si abondant dans certaines couches des terrains 

I PAtrin a émis la ni^nie id«e, en disant que le scmfie dm dméké d'Ur- 
kin M9oit été formé pmr U voie humide, c^est-à-dire dépesé dmns U sein 
de U terre psr i^e enmx minéraies* 



THE Ai 

de iédiment , taot en combinAiMn dam la houille qu'en mé* 
laage dans des calcaires, des sables ou des marnes, si abon- 
dait k la suriace du soi ou des eaux dans quelques pays, ne 
pHPolt se former réellement nulle part sous nos yeux. Si ce 
phéf oméne a encore lieu , c*est dans les entrailles de la terre; 
maia il continue de s'épancher à la surface du sol dans plu* 
sienn endroits, et même quelquefois en quantité assez notablet 
il enveloppe les sables et les autres substances qui couvrent 
le. soi dans ces lieux et contribue ainsi k modifier, mais 
bien foiblement, quelques points de la surface du globe. Tels 
sont les sources ou épanchemens de bitume pur ou mêlé d*eaa 
de Gabian^ prés Béziers; des »al$es et des sources di» paya 
de Mojdéne , principalement du mont Zibio; celui qui accom- 
pagne , dans les maremmes de Sienne, aux lieux dits Lagoniê, 
le dégagement d*eau en vapeur , chargée d'acide borique ; 
celui qui nage sur les eaux de la rivière qui se jette dans 
FEuphrate et sur celles du lac Asphaltique en Judée ; celui 
qui couvre quelquefois les eaux de la mer prés des lies du 
cap Vert, de Tile de la Trinité et de la plupart des parages 
voisins de montagnes ou de terrains volcaniques. 

5. FoBM. MÉTALLIQUES et MÉTALLIFÈRES. 

La formation réelle et naturelle, c'est-a-dire non aidée des 
secours de l'art, de ces corps, dans les temps actuels, est 
encore plus rare, plus foible et plus incertaine , que celle des 
corps précédens. 

Il n'y a pas de doute qu'il se forme dans les galeries des 
mines ok on exploite des pyrites de fer et de cuivre, des 
sulfates de ces métaux, qui recouvrent d'une couche plus 
ou moins épaisse de ces sels k l'état d'e£9orescence , d'enduit 
spongieux et même de cristaux, les parois, boisages et murail- 
lemeas de ces cavités ; mais on voit que l'exploitation a eu 
quelque influence sur ces formations si petites et si fugaces. 

On peut citer comme exemples de ces produits joviens les 
mines de Chessy , prés Lyon ; celles des environs de Cuença 
en Espagne ; celle de Silberberg , à Bodenmaïs en Bavière , 
où on trouve de beaux cristaux de sulfate de fer groupés sur 
les pyrites magnétiques et sur le boisage de la mine. 

I^ formation actuelle des Ftsites çst un fait beaucoup plut 



46 THE 

douteux , et on ne peut en citer qu'un petit nombre d'exem- 
ples qui aient quelque authenticité. 

M. Deslongcbamps a recueilli et reocnnu pour être une py^ 
rite , ou sulfure de fer , bien caractérisée par son aspect et 
sa composition , des dépôts rubigineux celluieux, ayant dan' 
leur cassure la texture et Féclat des pyrites , qui te forment 
dans les canaux oh coule l'eau minérale de Chaud esaignes'y 
au Cantal. 

M. Covelli a remarqué qu'il s'étoit formé au Vésave , en 
1824, un sulfure de fer noir, qui paroissoit être une espèce 
nouvelle , dont la composition seroit FS' , et la forme un 
prisme rhomboidal oblique. 

Enfin , on a cru reconnoître, dans les véritables tourbes, c'est- 
à-dire dans les tourbes superficielles de formation actuelle , 
qu'il faut bien se garder de confondre avec le lignite friable 
et pyriteux , auquel on a aussi donné le nom de tourbe pyri* 
teuse; on a cru reconnoître, dis-je, dans les tourbes du Bat-^ 
Boulenois de cette formation , un lit mince et sablofineux , in- 
terposé dans ces tourbes et contenant des pyrites. Ce fait j 
rapporté par M. Rozet , demande à être examiné de nouveau. 
Ce seroit, k maconooissance, le seul exemple réel de pyrite 
dans la tourbe proprement dite. (Voyez Tourbe.) 

Le Fer azdré, ou phosphate de fer pulvérulent, est nn 
des minerais de formation récente des plus remarquablet , 
non par la quantité, maisparTévidence de la formation , dans 
les temps actuels, d^un minerai dont la production n'est pas 
aussi facile à obtenir ni à expliquer que celle des sulfates. 
On ne peut douter cependant de cette formation jovienne) 
quand on voit les racines des plantes et des arbres qui péné- 
trent dans la vase de certains marais, être enveloppées, 
comme dans un étui, par un cylindre de ce fer azuré. 

Le Fer limoneux (Raseneisensteîn) est regardé comme de 
formation de sédimcfnt actuel. On assure que celui qu'on re- 
tire du fond de certains marais,' où il accompagne même la 
tourbe (lac Balaton , Hanoyre ^ Lusace, etc.), s'y reforme 
au bout d'un. certain temps, et qu'on peut l'extraire ainsi 
plusieurs fois. Ce fait ne me paroft pas constaté avec toute 
l'exactitude désirable. 

Mais ce qu'il y a de certain sous le rapport de l'influence de 



THE 47 

l'oxide de fer aur la fonaatlon actuelle des roches , c^est 
la propriété qu'a cet hydroxide d'agréger les cailloux d'une 
manière trësrsolide. J'ai sous les yeux des anneaux de fer y 
des' pointes de pilotis i qui sont entourés d'un poudingue à 
eîmeiit ferrugineux assez dur pour être scié et poli. 

£/oxide <le fer produit le même effet sur le sable voisin de» 
racinea qui pénétrent dans les sablonnières; il l'agrège en 
cylindre tréa-solide , qui sert comme d'étui à ces racines. J*ai' 
également des exemples évidens de cette formation récente, 
et, dam ce cas-ci» la cause qui a accumulé l'oxide de fer à 
l'entour de la racine , au point d'en faire le ciment solide de 
cette espèce de roche sableuse , est assez difficile k assigner 



^1 



Tels sont les phénomènes géologiques de nature chimique 
qui, différens de ceux qu'on peut attribuer à l'aciion volca- 
nique , se montrent encore de nos jours dans l'écorce du globe 
ou i sa surface* Il n'est pas nécessaire de faire remarquer de 
nouveau combien ils sont foibles, circonscrits 9 pour ainsi dire 
imperceptibles, en comparaison de ceux qui ont produit les 
roches les moins étendues et les plus récentes des terrains 
saturniens ou antédiluviens. 

Nous avons vu , dans le premier article , combien les ac- 
tions, mécaniques de la même période, qui pouvoient modi' 
fier la surface de la terre , avoient peu de puissance, en com- 
paraison de celle qu'on est forcé d'accorder à l'action méca^ 
nique antédiluvienne , qui a produit les grands phénomènes 
que npus allons indiquer. 

Mais avant d'arriver à cette période, je dois examiner les 
hypothèses qu'on a proposées dans ces derniers temps , pour 
faire admettre que les phénomènes saturniens se continuoient 
encore au fond des mers , dans les cavités de l'écorce du 
globe y retraites encore impénétrables , où le génie peut cons- 

1 On cite dot crisUius de.qu^rz dans des boit fostilet; mais ce Boln 
appartient k la formation des ligniies, qui est bien évidemment de Vé* 
poque saturnienne. Les pjritcs qu'on dit se trourer abondnmmt^nt dans 
les tourbes, doivent être rapportes aux lignites soissonoîs. La découverte, 
racontée par Trebra et si souvent répétée, de pièces de monnoies trouvées 
dans nn silex en bâchant un jardin , est un fait isolé, qui peut résulter 
d'observations incomplètes ou décevantes, etc. 



48 THE 

tniire tous les édifices qui lui plaisent , sans craindre que la 
pesante et lente main de T expérience aille les y détruire. 

On a donc prétendu qu'il se.formoit encore au fond des 
mers des terrains de sédiment et d'agrégation semblables , par 
exemple , k nos terrains de calcaire grossier du bassin de 
Pans. On a cité à Tappui de cette supposition les terrains 
d'agrégation qui se forment en effet sous la mer, prés de 
quelques pays volcaniques; mais on n'a pas pris garde à la 
différence des circonstances , à celle - de la grandeur des 
échelles et à celle des r^ultats. On a voulu comparer les pe- 
tits dépôts de Messine, de Java, etc., au calcaire groaner, 
qui, dans le seul bassin de Paris, présente une puissance de 
3o à 40 métrés , et une étendue de 5o à 60 myriamétres 
carrés. On a eu alors recours aux suppositions par analogie. 

Mais ce n'est pas à nous à prouve^ ce qui ne se fait pas 
au fond de la mer ; nous n'avons que de foibles moyens pour 
user d'un tel argument; d'ailleurs, il est de règle que c'est k 
celui qui affirme à prouver^ ainsi pour établir que le sol actuel 
a pu se former peu à peu, et qu'il continue de se former 
encore de la même manière au fond de la mer, mais seule- 
ment un peu plus lentement, il faut nous faire voir que dans 
un grand nombre de parages le fond des mers a depuis d^x 
k trois mille ans changé de nature et d'habitans : or , quel- 
que foible et lent que fût ce dernier changement, ou en 
auroit des preuves ou au moins des indications; cependant 
on n'en apporte aucune autre que celles que nous avons 
mentionnées ; tandis que nous avons dans le cas actuel , 
non pas des preuves négatives (il n'y auroit qu'une inves- 
tigation complète du fond de la mer qui en pourroit donnei^ 
de telles), mais quelques faits qui semblent indiquer que dans 
presque toutes les circonstances où on a pu connoitre le fond 
de la mer actuelle à des époques très -reculées, on l'a tou- 
jours trouvé dans le même état. Nous avons déjà indiqué 
quelques-uns de ces faits dans notre Essai géognostique sur 
le sol parisien ' ; c'est le cas de les rappeler ici. 

Ainsi , depuis qu'on pêche des perles sur les côtes de Cei- 
lan et dans le golfe Persique, depuis environ trois cents ans 

1 Edition de 16227 F* 3^9 *^ *^ note. 



THE 49 

qtOL^ùn en pèche ûèm le golfe de Mexique et sur lei parages 
orientaux et occidentaux de cette partie de rAmérique, on 
m*m pas remarqué ni qu'aucune couche pierreuse fût Tenue 
rccouyrir ces coquilles, en altérer ou modifier les espèces» 
jd, en rderant le fond delà mer , rendre le métier de pion- 
gepr plus facile et plus sûr. 

Les huîtres qu'on pêche depuis un temps immémorial dans 
la baie de Cancale, celles que les Romains tiroient de diffié^ 
lens parages de la Méditerranée , ê^ sont toujours trouvées : si 
ka pécheurs ont été obligés quelquefois de changer un peu 
le lieu de leur pèche , ce n'est pas parce que le sol du pre- 
mier endroit avoit changé de nature , de hauteur et d'habi- 
tana $ mais parce qu'ude pèche trop active en avoit diminué 
momentanéDient le oombre. Jamais on n'a remarqué que lea 
bancs d'huîtres aient été recouverts de couche pierreuse, ou 
qu'ils se soient rapprochés de la surface de la mer. Cependant 
on sait que ces coquilles vivent non loin des côtes et de 
l'cai^achifre des fieu¥e$. ■ 

Ce que îe viens de dire des huttres et des hyrondes à 
perlesy s'applique également au corail ; c*est toujoun sur lea 
mêmes côtes, à une profondeur dont les limites paroisseni 
déterminées, que les pécheurs de corail de la Méditerranée 
vont chercher ce zoophyte précieux, et on remarque cepen- 
dant qoe c*est dans une mer dont les bords et le fond sont 
courerts de volcans , dans un lieu (le détroit de Messine) où 
Foa cite un des rares exemples authentiques d'une formation 
de pierre par agrégation de sable , que se fait le plus aboa- 



1 Cette p«nBftneiice est d'autant plut frappante ^'oa a remarqué que 
éa Bonveanx banca d'hnitret t'établÎMoient avec une grande fadlité 
len^e lea circonttanœa faToriioicnt raccumulation de cet inollaaqmef . 
Ueat ddfendu'aus ëquipaget qui tont en ttation dana lat radet de jeter 
à la qaer let coquillct des huttret que l'on mange à bord, parce que 
lea bjdrographet ont reconnu que cet accumulationt de coquillet, por- 
tant quelquefoit les germes de jeunet buitret, donnoient lieu à de non- 
Yesnm banct d'hullret qui rendoient le mouillage moint facile et moins 
sâr, en eonpant les cables des ancres. Je tiena ce fait, et ce que je dia- 
pins baa sur la constance des fonds reconnus par le soudage, de M* 
Beantemps-Beauprd, ingénieur hydrographe en chef* 

«4» 4 



5o THE 

damment, et aussi depuis un temps immémorial, la pêche 
du corail. 

Il y a trop peu de temps qu'on mesure exactement la prc^- 
fondeur des mers et qu'on détermine avec quelque précision 
la nature du food par les sondages, pour que ces élémens 
de nos recherches puissent être très-exacts* Mais au défkut 
d'exactitude ils offrent une circonstance tris -importante à 
notre sujet, c'est d'avoir toujours lieu dans des' bas - fonds 
peu éloignés des côtes, surtout à Tembouchure des fleuves. 
On ne voit cependant pas qu'aucun ingénieur hydrographe 
ail annoncé qu'au lieu d'un sable mobile trouvé à telle pro- 
fondeur, dans tel parage, on j ait reconnu, au bout. de 
quelques centaines d'années , une roche solide à une moin- 
dre profondeur. 

•Comme on. n'a aucune observation authentioue qui , en 
faisant connoitre une formation de roche seulement aussi 
puissante que la petite butte gypseuse de Montmartre et le 
petit coteau calcaire de Passy , puisse être apportée en preuve 
de la production d'un terrain solide dans la mer à peu die 
distance des côtes, on a dit que c'étoit/dans les profondeurs 
de l'Océan que se formoient de nouveaux terrains et de nou- 
velles montagnes. 

m.* CLASSE. TERRAINS PYROGÈNES. 

Je ne mentionne cette classe que pour n'omettre aucone 
des principales divisions du tableau des terrains j mais, 'ainsi 
que îe l'ai déjà dit, les terrains pyrogènes actuels se lient par 
des nuances si insensibles avec les terrains pyrogénes anciens 
ou vulçaniques, qu'on ne peut pas exposer leurs caractères 
et leur histoire dans deux articles entièrement séparés. J'en 
présenterai donc les caractères principaux à la suite de la 
IX»* classe, et j'en développerai l'histoire à l'article Volcans. 

ARTICIiE n. 

PÉRIODE SATl BNIENNE. ' 

Engrenant cette période de sa fin et remontant dans les 
siècles, elle s'étend depuis l'époque où a cessé la révolution 

1 Où antédiluvienne. 



THE fil 

qui a donné aux continens la forme qu41s nou« présentent, 
qui a placé Ja mer dans son bassin actuel , jusqu'à celle de 
]a consolidation de Fécorce du globe. 

Nous coonoissons probablement la plupart des roches cl 
des minéraux formés pendant cette période; nous avons, par 
leur résultai, une idée des grandes catastrophes qui ê'y sont 
passées; mais nous ne pouvons nous faire aucune idée précise 
des causes qui les ont amenées, des phénomènes de tous les 
genres qui doivent les avoir accompagnées, et du spectacle 
que de tels phénomènes ont dû produire. 

Il reste bien dans là période jovienne quelques reatiges de 
ces actions , quelques indices de ces causes-, mais, ainsi qu*oa 
vient de le voir, ils sont si foibles , si restreints, quUls ûe peu- 
vent donner aucune notion précise de la manière ddnt se sont 
formés les granités, les gnt^iss, les schistes luisans et même le 
calcaire saccaroïdc; roches composées , les unes de criétàux 
différens. comme mêlés les uns dans les autres et cependant 
trèa-netlemeiit séparés, de cristaux tous insolubles dans les 
liquides qui se montrent actuellement a la surface du globe, 
mais d^un aspect et d*une nature telle qu'on ne peut admettre 
qu'ils aient été dissous par la voie ignée ) les autres déniasses 
cristallisées, homogènes , mais presque aussi indissolubles dans 
les agens actuellement connus que les masses hétérogènes pré- 
cédentes. 

C'est pendant cette période que les fentes dH montagnes 
se sont remplies de cristaux métalliques et pierreux , remar- 
quables par leur abondance, leur volume et leur netteté. 
C'est pendant les derniers temps, c'est presque a la veille 
de l'époque jovienne, que les cavités des montagnes se sont 
tapissées de cristaux de barytine , de câestine , etc. : tous 
corps indissolubles dans les agens connus êi qui annoncent 
cependant par leur grosseur et leur régularité une dissolu- 
tion complète , facile , abondante et tranquille. 

C'est pendant la période saturnienne et à toutes les époques 
de cette f^urbulente période, que la plupart des montagnes 
ont été.éliJTées, que les couches ont été soulevées, inclinées, 
courbées et brisées , de manière à cacher encore, mieux par 
ce désordre l'ordre qui avoit pu régner dans leur formation. 

C'est en6n pei^nt cette longue période que tant de rac^ 



5» THE 

d'êtres organkës ont été successivement créées et détruites, 
ou tellement cachées, qu'on n'en voit plus que les débris ; et 
pour que tout contribue à la séparer nettement de ta période 
jovienne, à lui imprimer tous les genres de caractères dis- 
tinctifs, il s'est établi entre ces deux période» une différence 
d'autant plus remarquable, qu'elle parolt étre«absolument 
indépendante de celle qui pouvoit naître de la fermentation 
chimique , qui semble s'être éteinte^à l'époque jo vienne : cette 
différence est celle qui résulte de la comparaison des êtres or- 
ganisés, dont les générations sont disposées de telle manière 
qu'à peine trouve-t*on, sur le monde actuel, quelques-unes 
des espèces qui peu ploient le monde ancien. 

Les produits minéraux de la période saturnienne , si variés 
de nature et d'aspect, ont besoin, pour être bien connus, 
d'être considérés sous deux points de vue et séparés en deux 
divisions. 

La première doit renfermer les roches qui se sont déposées 
sur la surface de la terre , sans offrir d'autre considération 
que l'ordre successilT de leur dépôt : c'est ce que nous appe- 
lons, comme on Ta défà dit, les terrains en série ou stratifiés* 

La seconde réunit les roches qui se présentent en masse 
immense, sans aucune indication de stratification, et qui ont 
été amenées à la surface de la terre par une force qui les fai- 
soit sortir de son sein ^ tels sont les granités , les syénites , les 
porphyres, etc. 

C'est donc dans cette période que nous établirons les deux 
divisions annoncées plus haut sous le titre de i /^ et 2.* Côn** 
sidéra titfn. 

1.'* Considération. 

TERRAINS EN SÉRIE ou STRATIFIÉS, 
ou TBIUiAmS NEPTCNIENS. 

On ne rappellera pas ce qui a été dit sur cette manière 
de considérer les roches ou terrains qui entrent dans, la com- 
position de l'écorce du globe. Le tableau général, des classes 
de terrains et les tableaux particuliers de chaque classe , font 
connoitre les divisions et subdivisions de ces terrains , dont 
la synonymie, les caractères et la position vont être succes- 
sivement présentés et développés. 



THE M 

IV.* CLASSE. TERRAINS CLYSMŒNS» 
ou TERRAINS DILUVIENS. 

Ces terrains tont les plus superficiels de toutes les roches 
de Fëpoque saturnienne; ils portent aussi Tempreinte ëri- 
dente d*un délaissement des eaux ; mais plutôt par transport 
riolent que par dépôt tranquille. 

Leurs parties sont quelquefois volumineuses; leilrs rocbes 
tont le plus souvent foniAées par voie d*agrégation ; elles 
sont rarement homogènes, même i rœil, et leur texture est 
grossière. Cependant leurs parties sont quelquefois liées par 
une base ou ciment formé par voie chimique ou de dissolu* 
tion (les poudingues , brèches osseuses), et quelquefois aussi 
elles résultent entièrement de ce mode de formation (traver- 
tins et calcaires concrétionnés anciens , etc. ). 

Les roches d*agrégation en masse , ou ayant quelquefois 
Tapparence de couches, qui composent ces terrains, se dis- 
tinguent des autres roches d'agrégation qui leur ressemblent et 
qui se trouvent dans d*autres terrains , en ce quVlles ne sont 
jamais placées sous de vraies couches solides, tout au plus les 
trouve- 1- on quelquefois recouvertes par un dépôt foible- 
mcnt agrégé de sable ou de limon de la période jovienne, ou 
par une sorte d^enduit de travertin moderne , ou , enfin , par 
des laves. 

Ces terrains , considérés sous le point de vue géognostique 
sous lequel nous les classons, sont très -difficiles à distinguer 
dans leur point de contact des terrains de la période jovienne, 
dont Forigine est analogue. 

Les terrains clysmiens, aux signes qui appartiennent à tous 

I C*eflt-à-dire, d'inondation , parce que la ntëjeure pmrtie de cet ter- 
raiaa est évidemment le prodoit dn transport et du dépôt mécaaiqno 
des eaux. 

Syn. Terrains de transport , d'allaTion , d'atterriseement, dilnvieai, 
»B Bomi. ; Dilmpium, Bockim, Sbdw., etc.; jémfgeschwemmtts Gehirgt, 
KBVjiasT.; jéeiiere jHlm^iml-BUdungûn, Boui. M. Keferstein y réunit sont 
le nom de jàngstes Flots, les terrains lacustres, calcaires, tilicenx, 
meulières, etc., dont le dépôt nous semble dû à une tout autre cause. 
Sous le nom de terrains maatosootiques M. d'Çhnalius a compris nos 
iemins cljsmieiM «t les thalassiques. 



»4 THE 

les terrains d'inon dation, de transport ou d^alluvion Joignent 
le caractère particulier de se présenter sous des circonstances 
qui doivent nécessairement faire admettre de grandes diffé- 
rences sous le rapport des formes , des élévations, des masses 
et de la puissance de Teau , entre la surface de la terre à 
J'époque où ces terrains ont été déposés , et cette surface à 
l'époque actuelle. 

Tantôt c'ett dans leur position que se trouvent ces carac- 
tères* Les terrains clysmiens se présentent, soit à des éléva- 
tions, soit* à des distances où aucun cours d'eau , mu par 
les forces actuelles les plus violentes, ne pourroit arriver. 

m 

Tantôt c'est par le volume et la nature des débris et des 
masses qui les composent que ces terrains se distinguent; en 
effet, elles sont d'un tel volume qu'aucun cours d'eau actuel 
u'auroit pu les transporter, et d'une telle nature qu'on ne 
peut les attribuer aux roches du sol sur lequel elles se trou- 
vent, et qui auroient été dégagées par un cours d'eau des ma- 
tières désagrégeables qui les environnent; on est donc forcé 
d'admettre que ces masses ont leur origine à de grandes dis- 
tances du lieu où on les voit, et qu'elles y ont été amenées par 
une force dont on ne connoit plus, dans la nature actuelle, 
dVxemples applicables aux lieux et*aux objets de Tobservation. 

Tantôt , en6n , c'est par la nature des débris organiques 
qu'ils renferment que ces terrains se distinguent des terrains 
joviens de même structure. Ainsi, quelle que soit la position 
de ces terrains , par rapport aux cours d'eau qui peuvent les 
avoir transportés, s'ils renferment des restes ou débris de corps 
organisés , soit animaux , soit végétaux , qu'on ne connoisse plus 
vivans à la surface du globe ou dont les analogues , s'ils en ont, 
ce qui est rare et incertain, vivent dans des climats et sous des 
latitudes très-différentes de celles où se trouve le terrain qiii 
les enveloppe; s'ils les renferment en quantité telle qu'on 
ne puisse attribuer leur présence à des circonstances fortuites.^ 
on doit rapporter encore, d'après nos principes, ces ter- 
rains à l'époque saturnienne ou antédiluvienne. 

Tels sont les terrains limoneux qui , dans le val d'Arno et 
à une hauteur que l'Arno dans ses crues pourroit encore 
recouvrir, renferment des ossemcns d'éjéphans, d'hippopo- 
tames, etc. ; tel esi celui qui r sur les plateaux des collines 



THE Si 

subapeoDioes, dans les plaines et sur les plateaux des eavi- 
pons de Paris , à une hauteur que les eaux courantes actuelles 
n'ont jamais pu atteindre , renferme des ossemens des mêmes 
genres et des portions de palmiers. 

Si, au contraire, ces débris organiques, végétaux ou aoi» 
maux j peuvent provenir dVtres qui vivent encore à la sur- 
face du globe et même dans les parages où se voient ces dé» 
brisj mais s'ils sont réunis dans une position telle qu'aucune 
circonstance géologique ou physique connue dans le mondf 
actuel n^ait pu les placer dans cette position , les terraiof 
qu'ils constituent appartiennent encore aux terrains clys» 
miens saturniens. 

Tels sont les amas de coquilles marines et même de co- 
quilles Suviatiles ou lacustres, absolument semblables à celles 
qui vivent dans le pays, qu'on voit en France, à Saint^Michol 
en Lhermes; en Suède, à Uddevallaj en Toscane, à Colle, ete., 
et qui sont placés à une élévation à laquelle ni la mer ni les 
cours d*eau actuels n'auroient pu les porter. 

On sent, d'après les règles que nous avons cru reconooitre, 
les «onséquences que nous en avons déduites et les principe 
que nous avons posés, que ces terrains ne doivent renfermer 
'«ueuD reste, aucun débris de Tespèce humaine ni de sesarts. 
C'est, en efifet, ce que l'observation a généralement constaté. 
Les anomalies ou exceptions qu'on a cru remarquer , sonttrès- 
peu nombreuses et demandent à être appréciées. OnconçoU 
facilement combien de circonstances peuvent introduire dnns 
un terrain superBciel , meuble et peu épais, des corps qui Itfi 
sont étrangers ( combien il têt difficile d'assigner dans une 
telle sorte de terrain les limites qui séparent la partie satur- 
nienne de la partie jovienne, etc.; on sent, enfin , que cette 
séparation des débris organiques antédiluviens et -des débris 
humains, n'est pas uniquement fondée sur les rapports ob- 
servés dans la position des terrains alluviens et des terrains 
clysmîens, ni sur ceux des débris organiques qu'ils renfer- 
ment, mais sur l'ensemble des phénomènes qui indiquent que 
la race humaine n'existoit pas à la surface du globe lors de 
la dernière révolution qui a dénudé nos continens et leur 
a donné les formes et les limites qu'on leur connoit depuis 
les temps historiques les plus reculés. 



« THE 

tlûmê eompléieronê ce que nous avons à dire tar ces ter- 
niaê^ eu éounérant les groupes de roches et même les roeh«i 
q^^m peflt y distinguer. Nous allons y retrouyer plosieurs des 
foeW» qui se sont déjà présentées dans les terrains joTÎens , 
et nons sommet obligés de les désigner de la même manière. 

!.•' Cr. TERR. CI.YSM. LIMONEUX." 

Composés de parties meubles , trés-atténuées , déposées en 
tMfmens ordinairement horisontaux ^ quelquefois cependant 
comme se pénétrant par les amincissemens de leur bord , etc. 

On y remarque deux roches ou plut6t deux compositions 
principales. 

!• Limon Aaoii.o*SABLBcx. 

9. LiMOif AROILO-TOURBBOX, c'est-à-diro , mêlé de parties 
végétales, dont les unes ont conservé leur forme, tandis qne 
les autres sont entièrement décomposées. 

l^es caractères minéralogîques et chinuques de ces limons 
diffèrent peu de ceux que nous avons exposés en parlant de 
la même roche dans les terrains joviens; nous devons seule* 
ment teire remarquer, ou qu*il n'y a pas de vraie tourtie 
dans les terrains clysmiens, c^est-à*dire, de la tourbe ayant 
tous les caractères et propriétés de celle qui est exploitée' 
pour les uMges économiques et que nous avons caractérisée 
ailleurs, ou bien qu*on a confondu jusqu'à présenties tourbes 
de ces deux époques. 

Ce qu*il y a d'asseï bien déterminé a ce sujet, c*est que 
lis limons tourbeux saturniens sont généralement très -peu 
abondans en parties végétales et très -mélangés de limons ai^ 
gilenx ou sableux proprement dits ; mais il faut toujours se 
garder de les confondre avec les lignites friables, nommés im- 
proprement lo«r^/»^*l€a«ey et que nous examinerons plus bas.* 

a Oa a dëî4 t« coaiVien il esl <lificile, daat t*cUt acUiel de la 
tcitace^ 4e disùn^uer \t% tourbes «ctaellet oe jorienaes des tourbes 
aacîraaee o« saturnîeBQes y et m^me de quelques liguites saper6cielt. 
$11 y e des pjrrites dens le tourbe propreoieat dite, c'ett-è-dire dans 
lee dêpMts de débris de Y^êtaux berbac^ supérieurs i toutes les for» 
■Mtîons^ il est présumable que ce sera daus les tourbes aucieuaes. Cest 
•a efet à ces tourbes que M. Boue attribue des ppitcs et de U sélë« 



THE «7 

s* Gr. TERK. CLY8M. DÉTRITIQUES. 

Ce lemin se compose de trois sortes de roches ou de trois 
groupes de débris, qui présentent des considérations irés-dif* 
férentes et demandent des développemens particuliers. 

1. Galets et Poudingcbs. 

Peu de roches sont plus répandues que celles-ci { non- 
seulement il faut saroir distinguer les galets et poudin- 
gnes des terrains clysmiens de ceux des terrains alluviena, 
ce que nous avons déjà cherché à faire ; mais il faut aussi 
les distinguer « et surtout les poudingues, d*une roche de 
même sorte qui fait partie du terrain de sédiment supé- 
rieur, terrain bien plus ancien. Ces poudingues qui appa^ 
tiennent à une époque très - éloignée , sont dus a des causes 
semblables à celles qui ont produit les galets et poudingues 
des terrains cljsmiens. Cette distinction est quelquefois d'au- 
tant plus difficile à faire que les deux terrains, composés près* 
que des mêmes roches, sont immédiatement posés Tun sur 
Fautre. Nous voulons parler des anagénites, des gompho- 
lites, etc. 

Les galets et poudingues des terrains clysmienssont composés 
de débris arrondis de diverses roches , dont la grosseur varie 
depuis la pisaire jusqu^à Fovulaire, trés-peu au-delà. 

Ils sont étendus en plaines immenses, ou relevés en collines 
ordinairement arrondies; tantôt ils remplissent de larges val- 
lées en s*élevant sur les coteaux à des hauteurs que ne peuvent f 
atteindre les eaux actuelles; tantôt ils recouvrent des pla- 
teaux également supérieurs aux plus hautes crues des eaux et 
indépendans de tout cours d'eau. Leur puissance ou épaisseur 
est très ' variable ; quelquefois seulement de quelques déci- 
mètres, comme aux environs de Paris et dans quelques parties 
de la Suède, notamment de la Scanîe; quelquefois aussi ac- 
quérant une épaisseur qui va depuis vingt à vingt-cinq mètres 
(su pied des Apennins) jusqu'à cent mètres (dans la plaine 

nite; mai* il cite let rivet de U Baltique, etc., où il j a et det tovvbet 
joriennea et det lignites friables. Des obtervatlont ultérieures, faites 
avec l'intention de reconnottre cet différences, rendront ces séparations 
plus claires. 



»8 THE 

de la Crau en Provence)» et lyéme cinq cenb mètres, tant 
dans cette même partie de 1» France que dans la vallée du 
P6, canton de la Doire, etc. 

Les roches qui les composent sont tantôt toutes k peu prés 
de même nature et de celle des minéraux durs des terrains 
que recouvrent ces galets , ce qui indique qu*ils ne viennent 
pas de loin ( les galets et poudingues siliceux de toute la 
Normandie); tantôt ces poudingues sont composés de roches 
variées et dont les analogues se montrent dans les chaînes de 
montagnes au pied desquelles ces débris ont été accumulés 
(les plaines et collines de la Provence). 

Ces terrains renferment quelques substances pierreuses ou 
minérales, qui paroissent avoir été arrachées des mêmes ter- 
rains qu*eux et transportées avec eux ; mais c'est ici qu'il faut 
birn prendre garde de les confondre avec des terrains meu-^ 
Mes, peut-être également de transport, maïs probablement 
d*unc origine différente de ceux dont il eH question ici. 
Nous parlerons plus bas de ces terrains meubles qui renfer- 
ment avec des galets ou cailloux roulés des sables ferrifères, 
aurifères, plalinifères, gemmifères, etc. 

Un nuire caractère des terrains clysmiens qui ont précédé 
Imméd internent Tépoque jo vienne, c'est de n'être recouverts 
pnr aucune couche de roche solide, du moins sous une puis* 
Mince et dans une étendue propres à faire distinguer un recou- 
vrement constant et général, -d*un phénomène local etcircons* 
rril. Or cecnructoreme paroit être un de ceux qui distinguent 
Ir plus elTirarement ces derniers terrains clysmiens de^ terrains 
meubles aurifères, qui sont à peu près de la même époque. 

;i. Blocs krratiqves. 

On désigne sous ce nom les blocs énormes de roches dont 
la dimension est péponaire dans les plus foibles et polymé* 
trique dans les plus forts, et qui sont répandus, en plus ou 
moins grande quantité, sur des plaines, sur des pentes et 
même sur dos crclos de montagues dont le sol est d*une na- 
ture» tout- à- fait dilTéronto do celle de ces blocs. 

CVst un des phénomènes les plus frappans, les plus généraux 
ri 1rs pins iucipiicablo;^ de la géologie; les naturalistes ont 
ehrrrh(* «vco ardeur et à déterminer le lieu originaire de ces 



THE h 

bloGS, et à découvrir quelle cause a pu les transporter ainsi au 
loin. 

Les blocs erratiques différent des galets par leur grosseur 
toujours încomparablemenl plus forte, ce qui suppose une 
cause de transmission bien plus puissante et probablement 
très-différente; par lenr^pacement , cdr rarement ils se taiu« 
cheot. Ils sont, comqse leur nom Tindique, épars sur les 
champs , mais rarement isolés; ib sont au contraire très-sou« 
vent réunis par groupes et comme accumulés dans certains 
points. Cette disposition est très- claire aux environs de Ge* 
nève.' ; elle se voit aussi dans les plaines de la AVestphalie, 
dans la Zélande , dans la Suède, etc. : tantôt ils sont placés suv un 
sol dur , qui ne montre point d^autres roches de transport quo 
ets bloca (les pentes des montagnes et les plateaux dans les 
Alpes et dans le Jura ) ; tantôt ils sont comme enfouis dans 
un sable fin H qui n'a rien de commun ayec leur nature el 
leur origioe.( les plaines de la Westphalie). Ils ont souvent , 
il est vrai, les angles et les arêtes émoussés et comme arron- 
dis; mais ils ne sont pas roulés et présentent dans beaucoup 
d'antres cas des arêtes et des angles vifs dont l'aspect éloigne 
tonte idée de roulis (au Salève, etc., d'après Pictet, Deluc, 
neveu, etc.). Les roches hétérogènes ou homogènes, auxquelles 
on peut les rapporter, appartiennent presque toutes aux ter- 
rains ngalysiens (primitifs) ou aux terrains hémilysiens (de 
transition). Ce sont donc eh général des granités, des proto« 
gyneSf des syénites, des euphotîdes, des amphibolites, des 
diorites,desstéaschistes, des basanites, des trappites, des quar* 
zites, des grès^ des dolomies, des calcaires saccaroides et com- 
pactes, des marbres, des lucuUites, des aphanites, etc. 

Ce qu*il y a d'assez constant et en même temps d^assct re* 
marquable, c'est que ces roches anciennes sont posées sur des 
terrains qu'on considère comme beaucoup plus nouveaux quo 
ceux auxquels elles appartiennent. Cette circonstance place 
Bécessai rement à une époque postérieure k la formation de 

• ■ Il I I I ■ f I ■ ■ 

1 3. A. DcLOC, neveu , Mémoire sur le phénomène des grandes pierres 
primiîicës alpines, dîstrîhuêes par groupes dans te lac âe Cenh;e , etc.; 
Aîémoîrfs «le 1* Soc de pl^Jf. de Genève^ lu rn iO-jÔ, publié en i8?;/ 
Ti.!. 3, 2.' part. 



6o THE 

ces terrains nouveaux , la cause riolente qui les a trans* 
portée^* 

Une autre circonstance non moins remarquable est leur 
position souvent très-éloignée de toute chaîne de montagnes 
on de collines, de tout terrain composé des roches d'où ces 
liloes pourroient tirer leur origine , ^ dont ils sont séparés où 
par des plaines immenses ou par des.valléeâ considérables, 
on bien, enfin, par des bras de mer larges et profonds» 

On A reconnu ce phénomène dans un grand nombre de 
lieux, dans le nouveau comme dans l'ancien continent, et s'il 
parolt plus fréquent en Europe ^ et surtout dans l'Europe bo* 
Téale, cela résulte en grande partie de ce qu'on a eu plus 
d'occasion de l'y observer et de l'y étudier. 

Ces observations et ces études n'ont encore conduit a au- 
cune solution claire et par conséquent k aucune explication 
certaine dé ce grand prpbléme géologique. 

:Les exemples que nous allons citer vont faire eonnoftre 
les observations et les faits d'où ont été tirées les généralités 
que nous venons d'exposer , et la théorie qui en résultera. 

C'est au pied occidental des Alpes , principalement sur les 
pentes orientales du Jura qui regardent cette grande chaîne 
et qui en sont séparées par la large et longue vallée de l'Aar, 
qu'ont été faites les premières et les plus curieuses observa- 
tions sur le volume , l'abondance et la position de cet blocs 
erratiques. C'est là qu'on a vu , sur Itê crêtes calcairea du 
Jura, à plus de cinq cents mètres d'élévation au-dessus de 
la vallée, dans les petits vallons qui séparent ces crêtes et qui 
sont comme encaissés dans de hautes murailles de rochers (ce 
qu'on observe très-bien dans les vais de Travers et de Saint- 
Imier) des amas considérables de blocs énormes, ayant quelque- 
fois douse mètres de longueur et sept d'épaisseur, de granités 
et de plusieurs autres roches que nous avons nonunées. Ils 
sont toujours à la surface du sol, tout au plus sous la terre 
végétale ou dans le sable de transport qui le recouvre ; mais 
jamais dans aucune roche , pas même dans cet agrégat de 
cailloux roulés qu'on nomme gompholite {Nagelflue). Les 
blocs de chaque canton sont assez semblables entre eux et 
diffèrent de ceux des autres cantons; il n'y a que dans la grande 
vallée de l'Aar qu'ils se confondent. 



THE «i 

Ceiten examinant avectoin la nature dominante des roches 
de chaque groupe des Alpes, en remontant toutes cesTalléet, 
recherchant avec attention le corps principal d*oh cet blocs 
étoient partis, au moyen des irainardê qu'ils avoient laissés 
sur leur route , que Escher et M. de Buch sout parvenus à 
reconnottre que leur source , ou du moins celle de la plupart 
d>ntre eux, étoit dans les hautes montagnes situées k Tori- 
giae des vallées qui débouchoient dans les bassins dont ces 
blocs couvroient les pentes ou le milieu. Ils ont vu que leur 
sature s*accordoit avec celle des roches fondamentales de ces 
montagnes i ainsi les blocs du bassin du Rhin sont semblables 
aux roches des Grisons ; ceux de la vallée du lac de Zurich 
et de la Limmat sont des débris des roches des montagnes de 
Glarisi ceux du bassin de la Reuss viennent des roches des 
sources de cette rivière ; enfin, les blocs des bassins de TAar 
et du Jura viennent des hautes montagnes du canton de 
Berne, etc. 

Les blocs sont généralement plus nombreux sur les collines 
elisur les pentes qui sont opposées à l'embouchure de la grande 
vallée principale ; et dans le Jura, c'est dans les endroits situés 
vis-4Mris l'axe et l'embouchure de ces vallées que les blocs sont 
placés le plus haut, jusqu'à 1200 mètres au-dessus du niveau 
de la mer. 

Mais, entre les points élevés d'où ces blocs sont partis et 
leur position actuelle, non-seulement ils ont eu une grande 
distance à franchir, mais encore il a fallu qu'ils traversassent 
la vallée de l'Aar ou au moins son ftpf ce, et qu'ils remon- 
tassent par-dessus les crêtes orientales'' du Jura, ou pour s'y 
placer , ou pour retomber dans les petits vallons qui les sépa- 
rent. Escher fait cependant remarquer, qu'on ne les trouve 
îamais dans ces petits vallons inférieurs, si ce n'est dans les 
endroits où la chaîne du Jura semble avoir été rompue, et 
lorsque cette rupture se présente au débouché des vallées 
des Alpes. 

C'est déjà beaucoup de savoir d'où viennent ces blocs et de 

le savoir avec t^ute la certitude désirable ; mais on a voulu 

savoir aussi comment iU avoient été portés si loin de leur ori- 

I gine , malgré les vallées et les collines qui séparent le lieu de 

\ leur arrivée de celui de leur départ. On a proposé un grand 



Ca THE 

nombre d'hypothèses , que notre plan ne nous permet ni de 
présenter avec le développement nécessaire, ni de discuter. 
Les plus remarquables sont : i.° celle de Deluc, qui pensoit 
que ces blocs avoient été lancés dans les airs par la même 
force qui avoit soulevé les Alpes, et qu'ils étoient retombés 
à une pins ou moins grande distance , suivant la puissance de 
iîetit. force et sa direction ; 'a.** celle de MM. de Buch , Escher, 
etc. j qui admettent une débâcle immense, entraînant ces 
blocs jusqu'au pied du Jura , et leur faisant remonter la pente 
au moyen de Timpulsion qu'ils avoient reçue , comme on voit 
la boule d'un joueur remonter un tertre de gazoq ; 3.^ d'au- 
tres ont pensé que ces blocs, presque tous de roches de tran- 
sition, étoient les restes d'un manteau de ces roches, plus 
nouveUes que le calcaire du Jura, et par conséquent beau- 
coup plus nouvelles qu'on ne l'admet communément, qoi 
avoit été détruit en ne laissant que ces témoins de son 
existence dans ces Ijeux ; 4*° Dolomieu supposoit que les som- 
inels des Alpes étoient autrefois continus avec ceux du Jura 
par un plan incliné- qui a été entamé par la même révolution 
^ui a fait rouler ces blocs des sommets des Alpes sur les pla- 
teaux et dans les vallons du Jura; 5.** Venturi a cherché à 
expliquer leur transpoft des sommets des Alpes dans les val- 
lées du Pô, en les faisant arriver sur des espèces de radeaux 
die glace; 6.^ d'autres ont soulevé le Jura , autrefois au niveau 
'du pied de Alpes, et ont soulevé avec lui les blocs qui 
-avoient roulé sur cette plaine calcaire ; 7.** enfin , M. de 
'Buch, développant sa première théorie et l'étendant même 
aux phénomènes spéciaux, pense que la dispersion des blocs 
est nne suite du phénomène du soulèvement des Alpea, pos- 
térieur k la formation des terrains tertiaires ou Tune des der- 
nières catastrophes, si ce n'est la dernière de la période sa- 
turnienne. Cette opinion vient puissamment à l'appui decelle 
qnè j'ai émise sur l'époque des terrains plusiaques et des 
brèches ferrugineuses. 

Nous le répétons, on ne peut, dans ce tableau général des 
terrains, discuter ces hypothèses. Les diflficultés que la plu- 
part d'entre elles laissent inexplicables, seront facilement 
saisies et le seront d'autant plus aisément que, le phénomène 
«étant général , il est présumable que la cause l'étbit ausêi. 



THE 65 

Or, OB vâ Toir dam d^autres pays des faits et des circons- 
tances qui ne sont compatibles avec aucune de ces théories. 
.- Les plaines sablonneuses de la Westphalie , du Hanovre , 
du Holstein, de la Séelande, du Mecklenbourg, du Brande- 
bourg i les rivages et les plaines de la Poméranie , de la Prusse 
et d'une partie de la Pologne , trés-avancées dans les terres, 
entre Varsovie et Grodno, et par conséquent toutes les terres 
basses généralement planes et sablonneuses qui bordent la 
mer Baltique et même la mer d'Allemagne , depuis TEms et 
le Weser jusqu'à la Dwina et même à la Neva (on en cite 
aux environs de Saint-Pétersbourg. Strancwats) , sont cou- 
vertes de ces blocs de distance en distance; car ils n*y sont 
pas également répandus, ils sont rassemblés dans certains es- 
paces, et forment au milieu de ces vastes étendues de sables 
et de bruyères des groupes bien distincts , dont la forme gé- 
nérale est celle d*uoe ellipse irrégulière, qui auroit son grand 
axe dirigé à peu près du nord au sud , on vers la mer Bal- 
tique. EnGn, ils sont, dit M- ScbuUz, plus abondans sur les 
hauteurs que dans les vallées. 

' Ces blocs , quelquefois très- volumineux , sont plus ou moins 
engagea* dans le sable: quelques-uns sont même entièrement 
enfouis da'ns le sable qui est au*dessous des tourbes, ainsi 
qn'on Tobserve dans POslfrise, aux environs de Groningue. 
Comme les pierres sont rares dans ces cantons et qu'on ne 
trouve pas, sur de grands espaces , d'autres pierres de cons- 
truction , on va les chercher à la sonde. Ce sont en général 
des granités, des syéniles et les autres roches de cristallisation 
que nous avons nommées; on y rencontre^ suivant les lieux, 
des grès, itt porpbjrres, qui se présentent en galets roulés 
idr les dunes des bords de la mer ; on y trouve aussi , et sur- 
tout du cMé de ROnigsberg et de Reval, des blocs de calcaire 
compacte , qu'on recherche avec empressement, qn*on extrait 
etqu*on exploite pour en faire de la chaux. Ces calcaires, 
comme je Tai déjà fait remarquer ailleurs ', renferment des 
dâbris organiques d*orthocératites, de trilobites , etc. , qui ca- 
ractérisent non -seulement les terrains de transition, mais 
ceux de Suède et de Norwége en particulier. 

■■■ * ' ' ' ' " ■ 

1 Hist. natar. des cratucét foMiln, an toi. in-l»*, Paris, i8sa, p. Go. 



/ 



«4 THE 

Ca rochei granltoïdet , qu'on aToit d'abord attrîbttëcs àti 
Han, comme étant le groupe de montagnes primitiTef le plnf 
Toiiin de cet plaines , ont au contraire la plus grande rcasem*. 
blance avec celles de la Suède, et contiennent les mêmes 
créées minérales qu'elles , notamment la wernerite. Elles 
présentent les mêmes roehes , telles que le porphyre d^f- 
dalcn , les calcaires de transition des lies de Gothland et d*CE« 
land (Hausmanv )• Ilparott donc présumable, comme le pense 
rillustre géologue que îe viens de citer, que ces blocs vien- 
nent de la presqu'île Scandinave, et qu'ils ont été transportés 
dans une direction du nord-est au sud-ouest. La mer Baltique, 
ce large et profond vallon , qui les sépare de leur origine , 
est pour eux ce que la vallée de l'Aar est pour les blocs du 
Jura. Quand on aura trouvé la cause qui a fait franchir cette 
yallée par les blocs venant des Alpes, on pourra probable- 
ment l'employer pour expliquer le transport des roches de 
la Scandinavie en Poméranie , etc. , malgré la vallée de la 
mer Baltique. 

Ces lieux ne sont pas les seuls qui soient couverts de blocs 
erratiques ; mais ce sont les plus remarquables à cause de l'es- 
pèce de barrière qui les sépare de leur terrain originaire. 

La plupart des collines de terrains de sédiment* moyens et 
même supérieurs qui s'élèvent au pied des Alpes, soit du 
eôté de la France , soit du côté de l'Italie , présentent vers 
leur sommet de ces blocs volumineux , engagés souvent dans 
le sable granitique et les galets qui les recouvrent; c'est ce 
que Ton observe sur la colline de Supergue , près Turin $ 
c'est ce que Ton voit sur les plateaux calcaires de la vallée 
de Gresivaudan , dans le département de l'Isère, qui sont cou- 
verts dans quelques endroits , suivaot l'observation de M. 
Héricart de Thury « de blocs de granité et de marbré de trao^ 
sition dont on ne conooit pas l'origine. Dans ces deux cas 
des vallées séparent, comme dans les exemples précédens, le 
lieu élevé où sont les blocs de celui d*oii ils vienoent. 

Nous avons dit que le sol sableux du Holslein et de la Sée- 
lande étoit, dans un grand nombre de points, couvert de 
blocs erratiques d'un volume considérable. Quand on tra- 
verse le Sund pour entrer en Suède par la Scanie , ou ne 
perd pas de vue un instant la traînée de ces blocs. Le sol de 



THE «$ 

la Scanie en est couvert, Gomme celui de la Sëelande, et cet 
amas de débris de montagnes, comme les ont appelés presque 
tonê les voyageurs qui en ont été frappés en pafcourant la 
Suède, se continuent bien au-delà de la Scanie et couvrent 
plusieurs parties des provinces suédoises. Ils sont si abondanS| 
principalement en Smaland , qu'ils sont accumulés les uns sur 
les autres et s*y élèvent en collines d'une forme particulière , 
auxquelles les géographes suédois ont donné le nom de 6$e'f 
et qui montrent une constante direction du nord-nord-eit aa 
and-aad-ouest , sur une étendue très-considérable et avec ua 
parallélisme fort remarquable. On voit donc que les blocs er* 
lallquesde la Westphalie , de la Poméranie, du Holstein , de la 
Séclande, etc., deviennent plusfréquens, plus nombreux , plus 
serrés, mais pas plus volumineux , à mesure qu'on s^approche 
du lieu quiparoit être évidemment celui de leur origine* On 
diroitque les montagnes granitiques , syénttiques, de calcaire 
compacte , basses et arrondies, de la partie méridionale de la 
Suède, ont été comme démantelées par une cause violente, 
et qu'elles ont couvert de leurs débris les collines basses des 
terrains de sédiment. 

On ne trouve presque plus de ces blocs sur les collines de 
granité et de gneiss au midi de la Suède, mais on croit aper- 
cevoir les traces de la force qui les a emportés. Les collines 
granijtiques sont creusées sur leurs flancs et sur leur sommet 
àe sillons à peu près horizontaux, arrondis dans leur fond et 
polis, comme si des masses dures et sphéroidales les eussent 
formés par leur poids et leur dureté, en glissant dessus. 

Voila donc les blocs nuls ou très-rares sur les montagnes 
d*où ils paroissent venir, et très- communs sur les terrains 
nouveaux et meubles , situés à une grande distance de ces 
montagnes et séparés déciles par un bras de mer profond et 
très-large dans plusieurs points. 

Ce phénomène ne paroit pas borné aux montagnes des 
Alpes de la Scandinavie : il se représente dans plusieurs autres 
lieux , et si les exemples dans d autres parties du globe sont 



1 Toyes, pour pluf de détails sur cet terrains clytmieat eo Suède, 
la notice que j'ai publiée dans les AanaLea de» tcitncw natttiijiU^, 
1828, tom. 14, pag. 1, pi. 1. 

54. ( 



« THE 

moins nombreux et moins bien connus, cela tient à Tétude 
toute récente de la science à laquelle il se rattache. 

Une grande partie des provinces de Norfolk, de Sufiblk , 
les sommets des collines du Derbyshire , qui dominent le 
Gheshire, Heldemess sur la côte orientale de TYorkshire^ 
présentent des blocs semblables à ceux de l'Allemagne; mais, 
parmi ces blocs de l'Angleterre , les uns viennent de Contrées 
éloignées et probablement de la Scandinavie , et ils sont en 
général arrondis ; les autres viennent des montagnes de l'An- 
gleterre , et , quoique de roches beaucoup plus tendres que 
les précédens , leurs arêtes et leurs angles sont conservés. M. 
Sedg^^'ich , auquel on doit la connoissance de ces faits , a 
aussi remarqué , dans le Westmoreland et le Cumberland , 
ces sillons à surface polie , dont il a été fait mention plus haut. ' 

On cite des blocs de granité de 4 à 12 mètres sur les 
lieux les plus élevés de l'Islande , île entièrement volcanique 
et très-éloignée de tout pays granitique (Povelsen). Si le fait 
est vrai et exact , c'est un des argumens les plus puissans en 
faveur de la singulière hypothèse de Deluc. 

On en cite aussi sur les montagnes du Fotosi, au-dessus de 
X^ima. et on ne connoit de granité en place que dans le Tu- 
euman , à plus de quatre cents lieues de là. 

Les généralités ou la théorie qu'on peut déduire des obser- 
vations recueillies sur les blocs erratiques, est déjà assez re- 
marquable, quoique ce phénomène n'ait été étudié avec suite 
que depuis une trentaine d'années. 

Nous les récapitulerons ici : 

1.^ On sait quelles sont les montagnes qui ont fourni les 
grands et célèbres amas de blocs erratiques des Alpes et des 
plaines de Poméranie, etc. 

2." Les roches dont ces blocs proviennent, appartiennent 
toutes aux terrains primordiaux , tant de cristallisation que 
de sédiment. 

3.** Ces blocs sont souvent situés loin des lieux de leur 
origine, et ils en sont même séparés par des vallées pro- 
fondes , très-larges, enfin, par des mers. 



1 Seccwich^ On the orif^. of alluçial and diluvial formation* jinn, of 
philosopTij i Apr, und Jufy i8a5. 



THE 67 

4** tjk posîtîon de ces blocs fait connoitre Tépoque géolo- 
gique ou sVst passé le grand phénomène qui en a opéré le 
fransporL Cette époque doit être postérieure ou au plus con- 
temporaine à la foroiation des terrains de sédiment supérieur, 
pni8qn*on n'a jamais tu aucun de ces blocs enveloppé dans 
let roches de ce terrain, et qu'ils sont supérieurs à Targile 
plastique, à la molasse et au gompbolite {^agelflue), 

5.** 11 a fallu que la force de transmission fût très-puissante 
pour transporter au loin des blocs de plus de quinse cents 
mètres cubes. 

S. GaAviEa coqciluer. 

Je désigne sous ce nom un terrain fort remarquable, qui 
a^a cependant pas attiré TattentioM des géognostes autant 
qu'il en est digne; car à peine en est-tl fait mention dans les 
ouvrages généraux de géognosie, même les plus détaillés. 

Ce sont ces amas de débris de coquilles, de sable et même 
de eoquiUes entières, qui sont à peine altérées dans leur soli- 
dité, leur texture et même leur couleur, appartenant à des 
espèces évidemment semblables en tout aux coquilles qui 
vivent dans la mer actuelle , et qui se trouvent cependant ji 
une élévation supérieure à celle des plus hautes marées, ai* 
dées dans leur ascension des vents les plus violens. 

Si de tels amas ne sVtoient montrés que sur un ou deux 
points de la surface du globe, on pourroit en attribuer la 
cause à quelques circonstances locales ou à quelques phéno- 
mènes particuliers. 

Mais le$ géologues, après avoir remarqué ces amas dans 
^e^ques parties de J'Europe, doivent être frappés de les 
retrouver, dans une multitude de lieux, accompagnés de cir- 
eonstaiices de position et de hanteur , qui sont dans tous 
«es lieux à peu près les mêmes. 

C*e8t sur les cAtes de la Charente inférieure et de la VeiH 
dée, dans le lieu nommé la butte de Saint-Michel, près de 
Saint-Michel en THerm , que ce phénomène a été signalé, en 
1814, pour la première fois et avec toutes ses circonstances y 
par M Fleuriau de Bellevue. 

M. de Buch avoit à la vérité indiqué un phénomène sem* 
blable , tant en Norwége, qu'à Uddevalla en Suède, sur les 



«« THE 

limites de la Norwëge ; mais cette indicatîoB avoit passé 
presque inaperçue, jusqu'au moment ôii la description des 
amas de Saint-Michel, publiée par M. Fleuriau de.Bellevue, 
me frappa par la ressemblance qu'elle établissoit entre elle 
et celle de Norwëge, et m'engagea dés-lors à la faire remar- 
quer, dans l'extrait que je donnai du Mémoire de M. de Bel- 
levuè dans le Bulletin des sciences de la société philomati- 
que (1814, P« 78)9 et même à lui comparer plusieurs obser- 
rations de phénomènes semblables faites sur les côtes de la 
Méditerranée, en Asie, etc. 

Les collines qui sont couronnées par cet amas de coquilles 
sont au nombre de trois : elles sont situées à six kilomètres 
des bords de la mer; elles ont une longueur d'environ neuf 
cents mètres, et leur sommet est élevé de quinze mètres au- 
dessus du niveau des plus hautes marées* 

Ces collines sont entièrement composées de coquilles ma^ 
rines ayant encore leur texture solide et leurs couleurs pro- 
pres. Elles appartiennent toutes aux espèces qui vivent ac- 
tuellement dans la mer qui baigne ces côtes. Ce sont prin- 
cipalement Voâlrea eduli$, Vanomia ephippiunif le pecten «an- 
guineua , le modiola barbcUa , le murex imhrieatus , le hueeinum 
reticulatum, et un turho qui ne paroit pas avoir été décrit et 
qui est nommé sur les lieux guignette de Sart. 

Ces coquilles 00 1 la plupart encore leurs deux valves réu- 
nies; elles sont disposées entre elles comme leurs espèces 
analogues le sont dans la mer, et même agglutinées, comme 
on Ta observé dans les bancs d'huîtres. 

Ce fait et ce terrain ne sont cependant pas uniques, et 
ils paroissent avoir les plus grands rappprts avec ceux qui ont 
été observés dans quelques autres lieux. 

M.Risso a fait connoitre', dans la presqu'île de Saint-Hos- 
pice près Nice, une formation qui ressemble beaucoup à 
celle des côtes de la Vendée: il a observé à dix-sept mètres 
au-dessus du niveau de la Méditerranée, un terrain composé 
d'uii sable calcaire renfermant une très- grande quantité de 
coquilles à peine altérées et presque toutes parfaitement sem- 
blables a celles qui vivent actuellement dans cette mer. 



1 Nouveau Bull, des scienc.| Um. 3| i8i3, p. 339. 



THE «9 

M. Olivier* a ru prés de Maïta , dans la presqu'île eomprite 
entre raellespont et le golfe de Saros , un grès tendre' qui 
dans Fanse de Sestos porte, k plus de sept -mètres au-dessus 
du niveau de la mer, un banc assez épais de coquilles ma- 
rines, dont les espèces analogues vivent dans la Méditerranée* 
M. Olivier nomme parmi ces coquilles Voilrta etUiU$ , les «enat 
ehione et eaneelUUm, le solen iMiginaj le ^«cenurm retieulaimm^ 
le eerUkium vulgare, etc. On voit encore sur la côte d*Asie, 
au-delà de la colline d*Abydos et dans la plaine, les mêmes 
coquilles que celles du banc de Sestos. 

Brocchi cite , auprès de Catane en Sicile , des roches cal- 
caires qui , placées sur des laves descendues de l'Etna et si* 
tuées maintenant à environ dix mètres au-dessus du niveau 
de la mer, sont percées par le modiola lUhophagay et cou* 
vertes de serpules et d'autres coquilles dont les analogues 
vivent sur les côtes de Sicile. 

On connoit quelques faits semblables dans les Iles britan- 
niques. M. Adanson a remarqué sur les bords du lac LoaMnd , 
en Ecosse, à sept mètres au-dessus du niveau de la mer,' dans 
une argile brune qui est recouverte de gravier, un grand 
nombre de coquilles marines des côtes écossaises. Il cite les 
suivantes : nerita glaitcina , eârdium edult , venus striaimla , 
peeten obsoletug , balanug communié , echinmê têtulenius , etc. 

M. Boue indique sur les bords du Forth en Ecosse des co- 
quilles marines analogues à celles qui vivent encore dans ces 
mêmes parages : parmi lesquelles sont Voitrta edulis , le mf- 
Ubiê eduliê, le eardium edule*, le lurbo liilortus , le donax iru$^ 
eaiuliti^ le patella vulgaris^ toutes coquilles très-communes et 
dont la détermination ne peut être douteuse* 
■ Le capitaine lAtkej a fait la même observation à peu près 
dans les mêmes lieux, mais sur la rive gauche de la Clyde. 
Ces coquilles sont toutes à un niveau qui s'étend depuis douse 
îusqu^à quatre mètres environ au-dessus des plus hautes mers. 

1 Tojage en Turquie, tome 2, page 41. 

M On tait que le eardium , dëiignë Tulgairenient sont It nom de pé* 
toncle , peut vïrre dans des eaux sanmâtret, et peut-être même dans des 
eans compliétement douces ; mais les coquilles essentiellement marinee 
qui lui sont associées ici , doirent faire regarder cet dépôts comme des 
délaâssemcns de la mer. 



70 THE 

La Norwëge et la Suéde ont présenté les exemples les plus 
remarquables de ces délaissemens de la mer à une hauteur 
intiniment supérieure à celles des phis hautes et des plus 
violente^ marées. Qn les observe sur les côtes et sur les par- 
ties peu éloignées de la mer ; premièrement sur les bords du 
Figu^elv, dans la partie boréale de la !Norwége : les coquilles 
sont situées, suivant 'StrOm, à plus de cent cinquante mètres 
au*dessus du niveau de la mer; elles sont généralement bri- 
sées ^ et ensuite à Luroë, Tromsoë, etc., plus .vers le sud : 
dans ce dernier lieu elles ne sont élevées que de quatre à sept 
mètres au-dessus de la mer ; puis enfin dans les environs de 
Prontheim* 

Le second gite remarquable est en Suède, sur la c6te occi« 
dentale, dans la province de Gotheborg, prés de la petite 
ville d'Uddevalla. 

Des coquilles marines, ne paroiSsan ta voir éprouvé d'autre 
altération que celle qui résulte d'une longue exposition à 
Vair et aux météores atmosphériques, sont accumulées dans 
une petite baie bordée de rochers de gneiss en tas et mon-* 
ceau3( tellement considérables, que dans ce lieu et dans quel-» 
ques poitits des environs qui lui ressemblent, on vient, de- 
puis un temps immémorial,' chercher ces coquilles dans des 
petits tombereaux pour en sabler les routes. 

L'amas principal de Fanse d'Uddevalla s'élève au milieu 
des rochers de gneiss jusqu'à environ soixante-dix mètres au- 
dessus du niveau de la mer. 

Toutes ces coquilles sont semblables à celles de la mer ac- 
tuelle i elles sont presque entièrement exemptes de mélange 
terreux; et quoiqu'il y en ait beaucoup de brisées, comme 
cela se voit sur tous les rivages, il y en a cependant un bien 
plus grand nombre d'entières. Enfin, j'ai trouvé, en 1894, 
sous les rochers de gneiss du sommet de cette colline des ba« 
lanes qui y étoient encore adhérens.* 

Ainsi, non-seulement la mer est arrivée à cette hauteur 
et y a déposé toutes les coquilles qui y sont accumulées, 



I On IrouTera le dëvelopperaent de ce fait et les conséquences qua 
je omis qu'oa peut en tirer, dant un m^uioire que je publierai in- 
cestamupieat sur c« si^jet intërestant* 



THE 7« 

mais encore elle y a sëjourDé assez long- temps, pour que 
'des balanes aient pu y prendre tout leur développemenL 

Dans l'Amérique méridionale, sur la côte de Valparaiso, 
on trouve à environ quarante mètres au-dessus du niveau a^ 
tuel de rOcéan un banc entier de la coquille remarquable 
qu'on nomme çonchplepas et qui vit précisément dans ces pa- 
Taget. 

Tels sont les fajts qui établissent que la mer actuelle a bai- 
gné des terres qui sont élevées depuis un mètre jusqu'à 
soijuinte-dix mètres au moins et qu'elle y a séjourné asset long- 
temps pour que plusieurs générations de ses mollusques s'y 
soient succédé. 

3* Gr. TERR. CLY8M. CLASTIQUES. 

Ce groupe offre avec le précédent d'une part des rapports 
et de l'autre des différences fort renurquables. Ces dernières 
sont même telles que sans les rapports d'époque, et peut-être 
de causes déformation, il devroit être placé dans une classe 
de considérations tout -à -fait distincte* 

Il présente dans sa position et dans scb parties tous les cai* 
ractères de fracture. C'est dans des fentes ouvertes ou dans 
des canaux ouverts probablement par une même cause-, au 
milieu de roches très-solides, que se sont acumulées les 
parties presque toujoun fracturées qui constituent les (rois 
sortes de roches qui remplissent des fissures dans le phéno- 
mène des Ba&CH£s osseuses et des BaàcHBS fbajidcineds£S| et 
des cavités souterraines en forme de canaux dans celui des 

CAVBaVBS A OSSEMENS. 

La position de ces débris de roches et de corps organiques^ 
et l'espèce de ceux-ci, indiquent une même époque géognos- 
tique et une époque qui est peut-être contemporaine de celle 
du transport des blocs erratiques et de très-peu antérieure 
k celle du gravier coquillier antédUuvien. Ce sont, s'il est 
permis de s'exprimer ainsi, les trois dernières convulsions de 
î'écqrce de la terre; celles après lesquelles elle est entrée 
dans l'état de repos, non pas absolu, mais dominant, dans 
lequel nous la connoissons« 

Les fissures qui renferment les brèches osseuses et les ca- 
vernes k ossemensi senties unes et les autres onvertes dans 



7» THE 

♦ ■ ■ . " . 

des terrains calcaires , généralement de Tëpoque du calcaire 
jurassique. 

Je n*en connols que dans les roches calcaires : il y en a 
fort peu dans des plus anciennes que le calcaire jurassique 
et fort peu aussi dans les calcaires plus modernes. 

Ce n'est pas que ces roches n'existassent à la surface du . 
globe à l'époque de l'ouverture de ces cavités ou au moins 
de leur remplissage; mais il est présumable qu'en raison de 
leur position, de leur structure et de leur texture, elles ne 
se prétoient pas aussi aisément que le calcaire jurassique à 
l'ouverture ou au creusemeïit de ces cavités. 

Comme ces deux sortes de cavités ont entre elles la plus 
grande analogie, nous devons en examiner les caractères 
communs avant d'en faire connoftre les particularités. 

Elles sont généralement ouvertes , comme nous venons de 
le dire, dans le calcaire jurassique. Les brèches osseuses sont 
dans des fissures irrégulières, qui traversent les couches et 
qui ne s'étendent pas très- loin. Les cavernes à ossemens en 
diffèrent par leur étendue souvent prolongée à plusieurs cen- 
taines de mètres , par leurs sinuosités , leurs rétrécissemens et 
leurs renfiemens, qui forment quelquefois d'immenses cavi- 
tés. Mais des fentes à brèches aux cavernes à ossemens , il y a, 
comme nous le verrons , des transitions tellement insensibles, 
que la distinction en devient aussi difiScile qu'arbitraire. 

Dans les unes et les autres, et cette circonstance doit être 
soigneusement notée, les parois sont comme bosselées, creu- 
sées de dépression peu profondes, arrondies dans leur fond, 
sur leurs angles et sur leurs arêtes, non pas comme si un 
corps solide les eût usées , mais comme si un liquide dissol- 
vant les eût traversées et corrodées , en sorte que les parois 
opposées n'offrent jamais des saillies correspondantes, comme 
le seroient celles d'une fente résultant d'une fracture fraî- 
che i mais elles montrent au contraire les rétrécissemens et les 
évasemens que je viens d'indiquer. 

La roche clastique, c'est-à-dire , formée de débris qui les 
remplit, est composée en général d*un sable plus calcaire 
que siliceux , et quelquefois limoneux , agrégé souvent très- 
solidement par un ciment calcaire. Cette roche est tantôt 
grise ou sans couleur dominante, et tantôt rougeàtre, teinte 



THE 7* 

picifae conitante dans les bréchet; elle enreloppe det fnig» 
nens non roulés et quelquefois aussi des fragmens roulés de 
eaictire eompaete et de différentes roches , et des débris 
organiques d^espéces , de genres et de classes même tréa» 
diflëfenSy depuis des coquilles (et ce sont toujours des co- 
quilles non marines) jusqu'aux mammifières les plussieoiblables 
*! ceux qui vivent actuellement à la surface du globe. 

Ces cavités, soit les fissures des brèches, soit les cavernes 
à ossemens, »oût toujours en communication avec la surface 
'de la terre. Je ne sache pas qu'on en ait encore cité une 
-sevle» dont Touverture ait été fermée par un terrain en 
couches solides, pas même, du moins entièrement, par dca 
-laves anciennes. ' 

Enfin, du calcaire concrétionné, des stalactites et stalag* 
-mites, recouvrent ou enveloppent ces roches élastiques; quel- 
-qvefois elles pénètrent dans leurs cavités , quelquefois lenm 
fragmens font partie de la brèche à ossemens , et cette dis* 
porition est y comme on va le voir, aussi propre aux fissures 
à oasemens qu'aux cavernes. 

Tels sont les principaux caractères de ce groupe de tei^ 
■Tains. 

Nous allons examiner maintenant les circonstances qni sont 
particulières à chacune de seê manières d'être. 

!• Cavernes a ossemens. 

Les cavernes sont des cavités souterraines sinueuses, offrant, 
dans leur prolongement, des évasemens et des rétrécissemena 
nombreux , dont les parois, qui ne sont jamais paraUèlea, 
-paroissent comme usées et même corrodées par le passage d'na 
courant de matières érosantes. Tantôt elles sont creusées vers 
le sommet des montagnes ou sur des plateaux, et alors leur 
direction principale estordinairement verticale: on les appelle 
plus particulièrement puits; tantôt elles partent de la base 
ou du milieu d'une coUine et pénètrent dans son intérieur et 
presque toujours s'y enfoncent en s'approfondissant. (Voyes, 
au mot Cavebnb, le développement de ces caractères.) 

■ ' I I I I II I ■■■ Il I ^— ——■»!■■ — 

1 J'entendt par ce mot tonte' roche ^i a été liqnM^ par le fen et 
•fai a eculéi 



74 THE 

Ces cavités laissent rarement voir à nu la roche presque 
toujours calcaire dans laquelle elles ont été creusées : elles 
sont plus ou moins remplies de deux sortes de roches de na- 
ture et dWigine bien différentes ; ce sont : 

1.* Des matières terreuses peu solides, quelquefois entiè- 
rement meubles, mêlées de débris de roches et d'ossemens, 
qui , dans la classe des cavernes qui nous occupent ^ en rem- 
plissent Its parties inférieures. 

2.*^ Des concrétions calcaires cristallines, nommées stalac- 
tites- et stalagmites, qui pendent de la voûte , tapissent les pa- 
rois et recouvrent d*une croûte plus ou moins épaisse le ter- 
rain meuble précédent. 

On voit déjà dans la triple disposition de Térosion à pai^- 
ties arrondies des paroia , des stalactites et de Tagrégat pierreux 
et ossifére, la plus grande analogie entre les cavernes à osse- 
mens et les brèches asseuses. M. Marcel de Serre et M. Ber- 
trand' GesUn , chacun de leur côté, ont réuni des faits qui étu- 
blissent cette analpgie. Le premier a fait voir par la compa- 
raison des roches , et surtout par celle des débris organiques 
reafermés dans les brèches et dans les cavernes du midi de 
la France, que la même catastrophe, ayant eu lieu à peu près 
à la !méme époque géegnostique, avoit entraîné dans les ca- 
vités des fentes et des cavernes les ossemens d'animaux qui, 
liés par le limon ferrugineux qui les accompagne, remplis- 
sent ces cavités en tout ou en partie. 

On reconnott également dans cette disposition trois opéra- 
tions, qui se sont faites a trois époques différentes : premiè- 
rement l'ouverture de la caverne, faite à une époque peut- 
être de beaucoup antérieure à son remplissage , et probable- 
ment par des causes très- différentes ^ secondement, le rem- 
Jilissage des cavités inférieures par Tintroduction de terrains 
meubles à ossemens ou de cette véritable brèche osseuse ; en 
troisième lieu, le dépôt du calcaire ooncrétionné , qui est 
Tenu recouvrir la> voûte, ics parois, le sol iméme et par consé- 
quent la brèche Mseuse^ans tous les endroits où elle se trouve. 

Nous n'avons rien autre chose à ajouter à ce que nous avons 
dit sur le creusement de ces cavernes, que de rejeter Topi- 
nion que nous avions émise alors , avec la plupart des natu- 
ralistes, sur Tinfluence de l'eau pure dans ce creusement. 



THE 75 

Nous arons an contraire fait voir depuis la rédaction de cet 
article, au mot Eau, que l'eau pure n*avoit pas pu produire 
un tel eifet. 

Nous devons examiner avec plus de détail le terrain d'agréé 
gatîon de remplissage. 

Qa remarque qu'il est généralement -composé d'un limon 
ai^ilo- marneux et sableux, quelquefois pénétré d'une ma- 
tière anionle, et qu'il renferme, à peu prés également ditté- 
fldnét, des galets, des éclats de roches, du gravier et des 
Oisemens d'animaux plutôt carnassiers qu'herbivores, dont 
on trouvera l'énumération dans les tableaux. 

Les animaux que cette éiiumératîon fait connottre, ne sont 
pas en nombre égal dans les cavernes; il s'en faut de beau- 
eovp : les neuf douiiémes appartiennent a des ours , prés de 
deux douzièmes appartiennent à l'hyène; le douzième restant 
sa eooipose des os des autres espèces énumérées. 

Les éléphans, rhinocéros, chevaux, bœufs, aurochs, tapiii, 
sâ-eonaus dans les terrains de limon d'atterrissement antédi- 
luvien, sont au contraire très-rares dans les cavernes; tan- 
dis que les carnassiers cités plus haut comme faisant les onze 
dottzîèmes des animaux des cavernes, sont très-rares dans les 
terrains d'atterrissement. Néanmoins, comme ils ne s'exclueat 
pas absolument, il est suffisamment prouvé, ainsi que le fait ob- 
server M. Cuvier, qu'ils ont vécu ensemble dans le même pays. 

Les ossemens n'y sont jamab réunis en un squelette entier, 
nais séparés et dispersés. Ils sont souvent brisés, jamais usés 
par un frottement de roulis, tuut au plus le sont-ils sur une 
de leurs faces, ce qui indique qu'ils ont été exposés dans leur 
plaee à la cause érodante. Quelques-uns semblent avoir été 
brisés 'OU entamés par la dent d'un animal carnassier; les dé- 
bris de roches, soit anguleux, soit arrondis en galets, sont 
aiélés sans ordre avec les os dans la masse générale. 

Cette brèche osseuse remplit, comme nous l'avons dit', les 
earités, et surtout les cavités les plua basses des carêmes; sa 
surfoce est généralement horizontale , ce qui lui donne l'ap- 
parence d'une masse sédimenteuse épaisse, tenue en suspen- 

1 Et coiunie le font si bico roir lei belles codpet que M. 'Buciland 
apidlyliéee des plus célèbres carcrnet à otsemeas. 



7« THE 

sion dans un liquide et qui , en s^introduîsant dans la cayerae , 
en a rempli toutes les cavités inférieures. 

Néanmoins on observe quelquefois , sur le sol horizontal de 
la caverne y des amas assez élevés, composés de masses angu- 
leuses de calcaires liés par le ciment rougeàtre , semblable à 
celui du sol , recouverts et liés de nouveau par des stalactites , 
et renfermant beaucoup d'ossemens. 

Des ouvertures qui se montrent quelquefois au plafond de 
la caverne et qui communiquent avec la surface du sol, 
peuvent faire présumer que les amas de roches, les oa et le 
limon rougeàtre , se sont introduits en partie par ces ovver» 
tures. ( Bertrand - Geslin. ) 

Les oê y sont a peine altérés ; ils ne montrent pas ces in- 
crustations de calcaire concrétionné qu'on voit sur quelques* 
unes des brèches osseuses jusque dans la cavité des os longs. 

Le calcaire concrétionné pend en stalactite à la voûte et 
recouvre en stalagmite les parois et le soi. Il est de forma- 
tion très-modeme et continue à se former, et même, dans 
certaines cavernes » avec une grande rapidité* 

Il est beaucoup plus rare de trouver des portions brisées 
de stalactites dans la brèche osseuse des cavernes que dans les 
brèches osseuses des fentes. 

Tels sont les faits principaux et les plus caractéristiquci 
des cavernes à ossemens; comme on n'en a jamais trouvé de 
Téellement fermées dans aucun terrain à couches, quelque 
moderne qu'il soit, on peut dire que les brèches des cavemei 
appartiennent, comme celle des fentes, à la dernière révolu- 
tion du globe, et par conséquent à l'époque des terrains clyft- 
miens , dans laquelle nous les plaçons avec les brèches osseuses ; 
rapprochement déjà indiqué par M. Cuvier dans le résumé 
placé à la fin du 4.* volume des Ossemens fossiles* 

Nous allons donner une indication des principales cavernes 
à ossemens. 

Nous commencerons par l'Allemagne , comme étant le pre- 
mier pajTS où on les ait observées et étudiées avec beaucoup de 

soin. ' 

— - - ■ . . 

1 Je n'aurois pu espérer de faire mieux dans cette ënumération eo faiiant 
tutrfment que M. Cafier;^ anni rerra-t-on facilement que cette partie 



THE 77 

Li cayeroe du Baumann, dans le pays de Blankenbourf ^ 
au nord de Rubeland , sur les dernières pentes orientales du 
Han, et celle de Biel , qui lui est opposée : on y remarque , 
daoff la première , cinq k six renflemens ou grottes , qui com- ' 
muniquent entre elles par des passages fort étroits; la seconde 
te présente comme un long canal très- sinueux, maia à peu 
prèi d*un égal diamètre. 

La caverne de Scratxpeld , non loin d*Osterode et sur la 
dernière pente méridionale du Han : elle est creusée dana 
un calcaire gris -jaunâtre, peu dense, qui ressemble un peu 
à la craie tufau , mais qui me paroi t appartenir à la forma* 
tien jurassique. On y compte aussi cinq à six grottes, égale- 
ment séparées par des passages très-étroits* Le calcaire juras- 
aiqoedans lequel elle est creusée, renferme une asseï grande 
quantité de carbonate de magnésie.' 

: Les cavernes de Moggendoef, dans le pays de Baireuth^ 
en Franconie, parmi lesquelles la plus remarquable est celle 
de Gailenreuth, sur la rive gauche de la Wiesent. Son entrée 
est percée dans un rocher vertical; on y compte au moins six 
chambres ou cavités principales, qui vont en s'enfonçant dana 
le corps de la montagne ; elles ne communiquent entre elles 
qne par des ouvertures très-étroites et trop étroites même pour 
que les animaux dont les ossemens sont accumulés dans Tune 
de ces grottes, aient pu y passer. Les os qu'on y trouve si abon- 
damment, appartiennent à des espèces fort nombreuses de 
qnadmpèdes , presque tous carnassiers. On y trouve aussi , 
mêlés avec les os , des galets évidemment roulés d'un mari>re 
bleuâtre , semblable à celui des brèches osseuses de Gibraltar 
et Dalmatie. 

Outre cette caverne, la plus remarquable, on en connoU 
dans la même colline un très-grand nombre, qui sont dési- 
gnées par les noms de Schœnestein , Brunnenstein, Holeberg, 
Wiserloch, Geissloch, Wunderhœhle , Klausstein ou Rabea- 

de l'histoire des cavemef est presque entièrement eitraite de son grand 
ouvrage sur les Ossemens fossiles, édit. de 1823» t. 4, p. agi. 

1 J'ai visite cette caverne en 181a, et, quoiqu'on en ait retiré de- 
puis bien long-temps tous les ossemens qui peuvent être facilemaut ex-k 
traita, j'ai pu encore trouver des dents caracUristiquea d'oun. 



?8 THE 

steîn, Kuhloch, Zaholoch, Schneîderloch , Rewig, etc. Les 
os qu'on y trouve appartiennent généralement aux espèces 
d'animaux énumérés au tableau ; mais ce qu'elles offrent de 
très- remarquable, c'est que, diaprés MM. RosenmUUer et 
Buckland, les cavernes qui sont dans les collines au nord de 
la Wiesent n'ont pas un seul fragment d'os, tandis que celles 
du sud en sont remplies. ' 

La caverne de Gr.QcRSBRUNpr, dans le bailliage d'AUenstein ,. 
entre le Harz et la Franconie , n'ayant encore donné que des 
os d'ours. 

Les collines qui renferment toutes ces cavernes ont, depuis 
les Crâpachs jusqu'au Harz, une certaine continuité. 

Les suivantes n'y sont pas liées d*une manière aussi évidente» 

En Westphaue. Celles de Kluterhœhle, prèsd'Oldeiiforde, 
et de Siindwich, près d'iserloln, dans le comté de la Mark* 

Les cavernes d'AnELSBEnc en Carniole , célèbres depuis long- 
temps parleur immense étendue, par les amas et cours d'eau 
qui sy trouvent , n'avoient pas montré d'ossemens fossiles jus- 
qu'en 1816, que M. le chevalier de Lœwengreif découvrit une 
cavité fort étendue, oubliée depuis peut-être deux cents ans, 
et dans laquelle on a trouvé beaucoup d'ossemens d'ours; 
mais dernièrement M. Bertrand-Geslin en a trouvé dès l'en-i 
trée même de la caverne, en fouillant au-dessous de la croûte 
de stalactite rougeâtre qui la recouvre , puis dans un amas 
assez élevé au-dessus du sol et composé de fragmens anguleux 
de calcaire, réu nis par des concrétions calcaires, ce qui indi- 
queroit, comme on l'a exposé plus haut, que les ossemens 
j ont été amenés, avec les fragmens calcaires et qu'ils sont 
tombés avec eux dans les parties de la caverne où Ton voit 
eb mélange , par des puits ou fissures à peu près verticales , 
aboutissant à la surface du sol. ' 

En Hongrie, sur les pentes méridionales des monts Crapachs, 
011 on les^ connoit sous le nom de grottes des dragons. Les ce 
appartiennent au grand ours des cavernes. 

L'Angleterre vient après l'Allemagne dans l'ordre chrono- 
logique de la reconnoissance des caveraes à ossemens : elles y 
sont. bien moins nombreuses. 

1 Bertrand-CeilÎD f Aan. des se., nat., t. 7, p. 458. 



THE 79 

La' plus célèbre est celle de Kirkdale , dans la partie orien- 
tale du comté d'York, à vingt-cinq milles au nord-est d'York 9 
elle a acquis cette célébrité par le grand et beau travail qu'elle 
a fait sortir des mains de M. Buckland * : la découverte est 
toute récente, puisqu'elle ne date que de 1821. Son ouver- 
▼erture est à environ trente-trois mètres au-dessus du fond de 
la vallée de Pickering ; elle est creusée dans un calcaire qu'on 
rapporte aux assises moyennes de calcaire jurassique. Les os- 
semens d'animaux qu'on y a trouvés et que M. Buckland a dé» 
crits et figurés, indiquent environ vingt-un espèces; ce sont: 

Des hyènes appartenant à la même espèce que celle d'Allemagne 
ei formant le plus grand nombre; tigre, loup , renard , belette, 
éléphant, rhinocéros, hippopotame, cheval, bœufs , cerfs, 
lapins, campagnols, rats. 

S'il y a des os d'ours , ils y sont en très-petite quantité. 

Tous ces os sont brisés et quelques-uns semblent avoir été 
rongés et foire voir l'empreinte des dents qui les ont fractu- 
rés ; mais ils ne sont pas roulés. M. Buckland a trouvé dans 
le terrain qui les enveloppe des parties cylindroïdes qu'il 
regarde comme étant parfaitement semblables aux excrémens 
4ea hyènes. 

Les chambres de cette caverne , disposées entre dles eomme 
dans toutes les autres cavernes , sont aussi tapissées et même 
obstruées par des stalactites. 

On a découvert depuis cette époque trois autres cavernes 
à oasemens dans le même pays. 

A Oreston, près Plymouth : on ne trouva d'abord que des 
os de rhinocéros dans une cavité d'un calcaire eompacte qui 
paroissoit fermée de toutes parts , et qui s'est présentée 
comme un puissant argument contre la position ordinairo 
des ossemens d'animaux vertébrés. Mais bientôt on découvrit 
dans le même endroit une vingtaine de cavernes qui com- 
muniquoient ensemble et avec la surface du sol par des es- 
pèces de puits , et qui renfermoient du limon , des galets et des 
ossemens de chevaux, de bœufs, de cerfs, d'hyènes, d'ours 
et de loups. 

1 heliquim dUwiamt, etf., vn toI. in •4.'*, Londrei, 182$, av«c 27 



Bo THE 

En creusant un puits, en 182a , dans une mine de plomb 
de Callow, prés de Wirksworth en Derbyshire, on décou* 
vrit une caverne remplie de limon , d^ossemens de bœufs, de 
eerfa, de rhinocéros. Cette caverne diffère des autres par la 
nature du calcaire dans lequel elle a été creusée. Celui-ci 
appartient au calciure de transition supérieur , dit calcaire 
métallifère. 

La caverne de Goat, à Pavîland, sur les cotes de la mer, 
à 15** de Swansea, dans le Glamorgan. On y a trouvé dfs os-, 
semens de cerfs, d'éléphans, dans le limon qui forme ordi- 
nairement le fond de ces cavernes. 

Il paroît qu'on n*a point remarqué de stalactites dans ces 
trois, dernières cavernes, qui sont situées dans un calcaire gér 
néralement plus ancien que celui des cavernes d'AUemaguei, 

En 1825 on a encore découvert une caverne à ossemens 
près du bourg de Banwell, dans le comté de Sommerset. Elle 
est située dans un calcaire compacte de transition supérieur 
{mountain limestone) ^ qui fait partie du groupe de montagnes 
nommées les Mendipp hills. Les ossemens mélésdefragmensdu 
calcaire de la> montagne y sont engagés dans un limon argi- 
leux, rougeâtre, qui semble élre entré dans la caverne par 
des puits naturels^ placés au-dessus des amas les plus ahon- 
dans. Les ossemens observés appartenoient à deux espèces de 
ruminans à cornes, à une de ruminans à bois et à deux 
de carnassiers. (BertrandGeilin.) 

On a cru jusqu'à ces derniers temps qu'il n'y avoit point de 
cavernes à ossemens en France; mais depuis que M. Buck- 
land a attiré Fattention des géologues sur ce sujet intéressant, 
depuis qu'il a fait connoître la position générale des ossemens 
dans les cavernes, et qu'il a fait voir qu'il falloit aller les 
chercher sous les stalactites, qui forment sur le sol une croûte 
quelquefois très^épaisse , on en a découvert plusieurs. Il a 
montré lui-nrême, en pratiquant ce mode de recherches, 
que la caverne d'Osselles , prés Besançon , visitée depui» bien 
des siècles, et dans laqueUe on ne soupçonnoit pas d'os fos- 
siles, en renfermoit abondamment sous ses croûtes de sta7 
lactites. Cette caverne a cela de particulier, qu'elle n'a fourni 
jusqu'à présent que dtfS os d'ours. 

M. Thirria a découvert en 1827 , et par la même méthode^ 



THE «I 

dans le département de la Haute-Saône, par conséquent dans 
la même chaîne de collines, deux cavernes à ossemens, 
celles d*Échinoi et de Peuvent. 

On a trouvé vers la même époque une caverne trés-ricbe 
en ossemens d'une multitude d'espèces d'animaux, à Lunel* 
riel, près Montpellier* M. Marcel de Serres en a donné vne 
très^bonne description. Ce même naturaliste a reconnu dans 
le midi de la France plusieurs autres cavernes à ossemens, i 
Saint-Antoine, à Saint-Julien, près Montpellier, etc. 

M. Tournai, de Narbonne , a fait connoftre une caverne à 
ossemens non moins remarquable que les précédentes pour les 
espèees d'animaux qu'elle renferme. 

Toutes ces cavernes sont creusées dans le calcaire juras- 
tique. Elles présentent les mêmes formes, intérieures , les 
mêmes dispositions générales que celles d'Allemagne et d'An* 
fleterrej elles sont tapissées et presque obstruées par les sta- 
lactites, et contiennent à peu près les mêmes espèces d'ani- 
maux, dont les os brisés, mêlés avec des galets, forment une 
brèche i ciment limono - calcaire , qui remplit les parties 
creuses et inférieures de ces cavernes , en offrant vers le sol 
une surface ou plancher assez horizontal. 

Enfin M. J. de la Noue vient de trouver des ossemens d'ouit 
dans le sol argileux de la caverne dite le trou de Granville^ 
près Bliremont , dans le département de la Dordogne. On 
avoit très-bien décrit cette caverne remarquable pour l'éten- 
due et le jMmbre de ses caveaux ramifiés , et on avoit dit 
qu*elle nerenfermoit pas d' ossemens; mais on les y trouve vers 
les parties les plus enfoncées, enfouis dans l'argile rougeAtre. 

On connoit aussi des cavernes à ossemens dans l'Amérique 
septentrionale. M. Bigsby a décrit celle du territoire de La- 
nark, dans le Canada, supérieur. Le sol est couvert de .débris 
de calcaire granulaire brun, semblable à celui du terrain où 
est creusée cette caverne, qui forme , avec les ossemens, une 
espèce de brèche semblable à celle que M* Bertrand*Getlîn 
a remarquée dans la caverne d'Adelsberg. 

a» B&ÀCHES OSSEUSES* 

Ce sont des roches d*agrégations , composées, comme il 
vient d'être dit, d'un enduit calcaréo-sablonneux, ordinaire- 
54. 6 



8a THE 

ment ocracé, qui enveloppe des débris de dîffërenfes roches 
et des ossemens plutôt brisés qu'entiers de différentes espèces 
d'animaux vertébrés. 

La p&te de la brèche est souvent assez dure, quelquefois 
très*friable; elle est tantôt plus marneuse que sablonneuse, 
tantôt plus calcaire ou sablonneuse que marneuse* 

Les cavités qui étoient restées dans cette roche, et les ca- 
vités des os , sont souvent enduites ou remplies de calcaire 
concrétîonné* Ce calcdire pénétre quelquefois la pâte de la 
roche , en cimente les parties et leur donne alors une assez 
grande solidité. 

Outre les os on y trouve des coquilles, qui sont toujours 
terrestres , fluviatiles et lacustres. 

Les espèces d^animaux dont elles enveloppent les ossemens, 
sont extrêmement nombreuses et appartiennent à des classes 
très -différentes les unes des autres. Nous donnons, d'après 
M* Cuvier, dans le tableau n.* 3 , Ténumération des débris or- 
ganiques qu'on a observés dans ces brèches. 

Ces singulières brèches présentent, relativement à leur 
position , deux circonstances remarquables : elles sont situées 
principalement et presque uniquement sur les rives des con- 
tinens et des îles de la Méditerranée, se ressemblant d'ailleurs 
par leur nature, leur structure, leur couleur et leur gisement. 

Elles remplissent toutes, en totalité ou en partie, des fentes 
plus ou moins larges, plus ou moins étendues, ouvertes dans 
le calcaire des bords de ce bassin. Ce calcaire compacte ap* 
partient ordinairement au terrain de sédiment moyen et 
presque toujours à la formation jurassique. 

Quoique le tableau des corps organisés des brèches Os- 
seuses indique tous les lieux où on en a trouvé, il convient 
d*énumérer de nouveau ces lieux dans l'ordre géographique, 
afin de faire ressortir ce qu'ils présentent de remarquable 
en différence ou en ressemblanct. 

Gibraltar. Ce rocher, autant que je puisse le juger par 
sa forme, l'inclinaison et la disposition de ses couches, la 
description qu*on en a donnée et les échantillons qu'on en a 
rapportées, appartient au calcaire jurassique compacte fin. Il 
est creusé de cavernes remplies de stalactites, traversées de 
fentes à peu près perpendiculaires aux couches, remplies de 



THE «S 

la Inrèehe osseuse, rou^Atre, plus ou moins fortement cimen- 
tée par une infiltration calcaire. Cette brèche est formée de 
fragmens de calcaire compacte et de calcaire grenu, presque 
saccaroïde, et de débris d'ossemens. On y trouve quelques co- 
quilles terrestres et notamment Vhelix algira? La brèche et 
les ossemens montrent dans leurs cavités des concrétions de 
calcaire spathique. 

Cette en Languedoc. Ce rocher est de calcaire compacte 
gris de fumée, qui ressemble beaucoup à celui que les Alle- 
mands nomment Zechttein, et qui seroit, par conséquent^ 
d'une formation plus ancienne que le calcaire jurassique* U 
est traversé de veines de calcaire spathique et ouvert par des 
fissures a peu près verticales , remplies de la brèche à osse* 
mens d^un jaune d*ocre foncé : il renferme aussi des débrii 
anguleux de calcaire lamellaire bleuâtre; mais on n*y a vu 
aucun débris d'animal marin. Les assertions opposées parois- 
sent être erronnées. 

On a également reconnu des brèches osseuses à ciment 
rougeàtre, à Bittarques et Vendarques, dans le département 
de l'Hérault ; à Pexenaz, même département; à Anduse et 
a Saint-Hippoiyte, département du Gard; à Aix, départe- 
ment des Bouches-du-RhAne; à Villefranche-Lauraguais, 
dana la Haute- Garonne ; près de Perpignan, dans les Pyrér 
nées orientales. Ces cinq dernières ont un ciment grisâtre; 
i Villefranche , dans le département de l'Aveyron , ellet 
renferment des débris de pachydermes* ■ 
'. A Antibes, le calcaire qui renferme les brèches appar- 
tient à la formation jurassique; mais il est grenu, presque 
•accaroïde, et ressemble beaucoup à la dolomie grenue* Il 
contient en effet une quantité assez notable de magnésie. Sa 
atratificatioii est très-distincte. Ses couches sont très- inclinées 
et semblent £tre tombées dans le bassin de la Méditerranée* 
La tête des couches est ouverte par des fissures verticales très- 
distinctes, qui sont remplies de la brèche osseuse à ciment 
calcaréo- ferrugineux ; le tout paroit avoir une disposition 
simple et régiilière, parce que rien, comme à Cette et comme 
à Gibraltar, n'est venu déranger cette disposition , resserrée 



1 Makcxl 9K SiBMES, Ano. dci te. nat.) t. 9yptg. ao9« 



«4 THE 

d'ailleurs sur un très -petit espace en ce qui concerne' là 
brèche osseuse , très-étendue, au contraire, si on ne considère 
que les fentes de ces montagnes et leur remplissage par une 
roche d'agrégation calcaréo -sablonneuse et ferrugineuse. 

Je n'y ai vu aucune coquille , et je ne sache pas qu'on y 
en ait trouvé. ■ 

La brèche de Nice offre une même disposition dans un 
calcaire semblable , et on voit encore la même chose dans celle 
de Villefranche. Ce sont, dans ces trois endroits assez voisins 
les uns des autres pour qu'on puisse les considérer comme 
des parties d'une même montagne, malgré le vallon du Var 
qui les sépare, des calcaires jurassiques, tantôt compactes, 
fins; d*une couleur jaunâtre, tantôt grenus et grisâtres. Un 
calcaire concrétionné à texture cristalline tapisse ou remplit 
plus ou moins complètement les cavités de ces brèclies. 

11 ne paroit pas qu'elles aient plus que la précédente admis 
des coquilles marines dans leur formation -, mais le dépôt 
de coquilles marines semblables à celles de la mer actuelle , 
qu'-on trouve au-dessus de Nice , à une hauteur de vingt-cinq 
mètres environ, peut très-bien avoir fourni aux fissures qui 
renferment ces brèches, mais postérieui*ement à leur forma- 
tion , quelques coquilles, qui y auroient été entraînées par 
des causes indéterminées. Au reste , la présence de ces co- 
quilles dans le gite même des brèches est elle-même très- 
incertaine. 

Les brèches d'Uliveto , près Fise , par conséquent toujours 
sur la côte septentrionale de la Méditerranée, sont de même 
dans des fissures d'un calcaire blanchâtre et grenu, accom- 
pagnées de calcaire spathique. Leur ciment est rouge&tre; 
elles sont composées de fragmens de la roche qui les ren- 
ferme, et d'ossemens très -brisés. M. Cuvier les a visités, et 
y a vu la brèche rougeàtrt traversant la masse calcaire de la 
montagne en divers sens , comme s'il y avoit eu des cavernes et 
des fentes que celte brèche auroit remplies après coup. Ces petites 
cavités sont tapissées de calcaire spathique. Les os y sont ac- 
compagnés de coquilles terrestres. 



1 Yojez la description plas détaillée et la figure qne j'ai donnée de 
cette brèche, Ajin« des. ic. n&t., 1Ô289 Août. 



THE «5 

Le cap Palinure , dans le royaume de Naples, présente 
une réunion d'ossemens dans une grotte qui est creusée i 
Textrémité du petit rameau de montagne qui descend de 
TApennin dans cet endroit. Celte circonstance semble établir 
une nouvelle liaison entre les brèches et les cavernes à oste» 
mens. La pâte est grise ou brune. Les fragmens d*os sont méléi 
il des fragmens de calcaire Jurassique gris et saccaroïde* 

En CoBSB, à quelque distance au nord de Bastia, à près 
de deux cents mètres au-dessus du niveau de la mer, ae 
présentent des brèches osseuses dans un ciment rougeAtrje 9 
■remplissant plusieurs fentes qui traversent le calcaire bleuâtre 
ou blanchâtre dont la masse de la montagne est composée* 
Outk*e les ossemens brisés, on y voit des fragmens de calcaire 
aaccaroïde. Le tout lié souvent par du calcaire concrétionné* 

A Cagliari, en Sabdaicne, le ciment de la brèche est ter* 
reux et friable, et les débris d'ossemens, qui appartiennent 
ici à de petites espèces, sont plus abondans que le ciment. 
On y observe des fragmens de calcaire concrétionné blan* 
chMre. Les os appartiennent presque tous à un campagàlol 
qui ne se trouve plus en Sardaigne. 

En Sicile. Les brèches osseuses dé Maridolce près Palerme: 
leur position géognostique est peu connue , et elles ont autant 
d'analogie avec les grottes à ossemens qu'avec les brèches. 

En Dalmatib. Les brèches osseuses sont éparses sur diffé- 
rens points et occupent toute la côte de la Dalmatie véni- 
tienne : leur ciment est rougeâtre et ferrugineux; elles reiBiH 
plissent de grandes fentes verticales et horizontales (dit Fortis); 
chaque amas est incrusté de calcaire concrétionné (stalactite) 
rougeâtre, et Tintérieur des os creux est rempli de calcailre 
apathique. Ce même ciment rougeâtre et concrétionné enve* 
loppe une grande quantité d'éclats de marbre dont les angles 
sont ' conservés^ On ne voit dans ces brèches aucun vestige 
de' corps marins. 

Les brèches osseuses de Cerîgo montrent aussi un ciment 
assez dur, rougeâtre; mais on n'a point de notions précises 
sur leur gisement. 

Les os fossiles de Concud , près Teruel en Aragon, offrent, 
d'après la description de Bowles, quelque imparfaite qu'elle 
soit, une assez grande ressemblance de gisement avec les au- 



86 THE 

très brèches par la couleur rougeâtre du ciment qui les lie, 
pa» les parties pierreuses et les coquilles terrestres et fluvia- 
tiles qui les accompaguenU 

Les brèches osseuses du V^bonais et de Ronca peuvent très- 
bien porter ce nom, diaprés la manière dont les portions d*os 
et de fragmens de calcaire compacte jurassique sont réunies 
dans un ciment rougeâtre , qui a beaucoup de ressemblance 
avec les brecciules volcaniques de ces mêmes lieux, que j^ai 
décrits aijleurs ', et dont les parties sont liées par une con- 
crétion calcaire cristalline , mais elles se trouvent éparses ou 
même enfoncées dans des cavités caverneuses, et non pas dans 
des fissures ou fentes coupant les couches, comme celles qu'on 
a décrites en parlant d'Antibes. Ces brèches osseuses font en- 
core avec celles de Dalmatie, du cap Palinure, etc., le pas- 
sage des brèches aux cavernes. 

. 3. Brèches, feriiugineuses. 

, Je désigne sous ce nom des brèches qui ont la même dis- 
position, la même structure que les brèches osseuses, et 
qui n'en diffèrent que parce que leur ciment est plus ferru- 
gineux, et qu'elles renferment souvent une si grande quantité 
de minerai de fer hydroxidé pisiforme, qu'elles fournissent 
un des minerais de fer le meilleur et le plus riche. 

Ces brèches remplissent des fissures, des fentes et même des 
cavernes. Ces cavités communiquent toujours avec la surface 
du sol; elles sont ouvertes dans différentes roches calcaires, 
mais principalement dans les assises du calcaire jurassique^ 
elles ne sont recouvertes par aucune roche en couches, tout 
au plus par des terrains alluviens ; elles ont donc avec les 
brèches osseuses, tant des fissures que des cavernes, la plus 
grande analog'e de forme et de position, et probablement 
d'époque de formation. 11 ne manquoit pour établir leur res- 
semblance complète que d'y reconnoitre des ossemens ayant 
appartenu aux animaux des cavernes. M. Schubler* indique 
des dents de mastodonte, de rhinocéros, etc., dans les mines 

1 Mémoire sur les terrnins de sédiment supérieur et caIcaréo-trap« 
péen du Vicentin, i vol. in-4.**, Paris, 1823, pag. 6. 

2 Darn Alberti : Die Gebirge des Kônigreichs Wûrlembetg , etc. 
Stftttgart, 1836, pag. 3oa. 



THE «7 

de fer pùiforme superficielles de Salmandingen , sur les hau* 
leurs de l'Alb du Wurtemberg, et M. Necker-Saussure a re- 
connu des os et des dents d''ursus spelœus^ dans les mines de 
fer de même formation de la Carniole, etc. Leurs parois sem- 
blent aroir été, ainsi que celles de ces cavité, comme corro- 
dés par un liquide dissolvant . et le fer pisiforme qu*eUes ren- 
ferment, et qui se présente quelquefois en nodules beaucoup 
plus volumineux, semble avoir été formé à la manière dea 
pisolithes de Carlsbad , Vichy , etc., et avoir été produit par 
une cause géologique analogue. 

Ces brècbes se remarquent principalement dans les col- 
lines et plateaux jurassiques des environs de fiàle , de Delé- 
mont, de Lucel, du canton d^Arau, etc.* 

4.* Gr. TERR. CLYSM. PLUSIAQUES.' 

J*ai beaucoup hésité à rapporter à Tépoque géognostique 
des terrains clysmiens , à une époque qui paroit si récente , 
des terrains renfermant des minéraux qui , par leur nature 
et leurs propriétés si simples et si tranchées, paroissent avoir 
été formés dans des temps et par des moyens qui nous sen» 
blent aussi inconnus qu'inconcevables; des minéraux qui ae 
trouvent cependant en quantité assez considérable pour être 
Tobjet d'exploitations lucratives et durables. 

J*ai d'autant plus hésité, que des géologues distingués par 
leur savoir, leurs observations et leur génie , ou n*ont fait 
aucune mention de ces terrains dans les tableaux de fei 



1 Toyez la notice détaillée que j'ai publiée anr ce ên]%\ daat lei 
Aon. det ae. natur., t. 14, avec deux pUnchet qui repréteatent la brè« 
eke otaettse d'Anlibcf et les brècbef ferruginensea de Lnccl, etc. -On y 
treavera développé les faits et relations sur lesquels j'appuie cet rap- 
prochemens. 

2 C'est'A-dire riches. Dans le système de nomenclatnre triviale et ce< 
ractérUtique , mais non significative , que j'ai adopté, on ne poQfoit 
guère trouver un nom général pour désigner cet terrains, qni fût plat 
qualificatif que celui-ci. En effet, c'est de ce terrain que t'extraient 
toutes let matièret que let hommet considèrent comme le tigne, et quel- 
quet-nnt même comme la tonrce det richestet. Let diamans , les pierres 
précieuses les plus estimées, «saphirs, spinelle, etc. y Ter et le platine, 
viennent y comme on ?a le voir, de ce terrain. 



88 THE 

tion qu'ils ont publies , ou ont indique dans une fout autre 
position les métaux qui s'y trouvent et qui ne se sont encore 
trouvés que là. 

Mais il ne faut pas être ébloui par la présence des saphirs , 
des spinelles , des zircons, desdiamans, dé Tor, de Té tain , 
du platine , dans ces terrains ; il ne faut même pas être trop 
préoccupé par la circonstance fort singulière, en effet , que 
les diamans et le platine ne se sont point encore rencontrés 
ailleurs : il faut, pour placer ces terrains dans leur vraie po- 
sition géognostique , ne considérer que deux circonstances , 
mais deux circonstances importantes. La première , c'est 
(qu'au ciin des corps qu'on vient de nommer n'est ici dans sa 
position originaire ; qu'il ne fait pas partie d'une couche so- 
lide; qu'il n'est pas cristallisé dans les cavités d'une roche , 
mais que tous ces minéraux en grains ou en cristaux, aussi 
émoussés que leur dureté a pu le permettre, sont disséminés 
dans un terrain meuble* Secondement , et cette circonstance 
est la plus importante pour fixer l'époque du dépôt de ce 
terrain meuble , c^est qu'il n'est jamais recouvert par aucune 
couche de teirain de sédiment, qu'on doive ou qu'on puisse 
Apporter à une époque antérieure à la formation des ter- 
rains de sédiment supérieurs, ni même à une époque aussi 
ancienne que ces terrains, si toutefois on peut asseoir une 
règle précise d'après 1» description qu'on en possède. 

Les terrains clysmiens plusiaques sont des terrains généra* 
lement meubles ou foiblement agrégés, composés de matières 
terreuses , de sables et graviers fins et même de galets au plus 
ovulaires;'ils admettent quelquefois des galets et des débris 
plus volumineux; mais ces parties y sont plus rares, plus dis- 
séminées, et ne font pas, par leur agrégation , partie cons- 
tituante des terrains; elles n'y sont, pour ainsi dire, qu'ad- 
ventices, comme quelques masses que nous allons indiquer. 
' JjSi base de cette agrégation est en général un sable quar- 
zeux très-ferrugtneux. 

Ces terrains se présentent en dépôts souvent épais , quel- 
quefois très-vastes , tantôt remplissant le fond des vallées lar- 
ges et peu inclinées, tantôt s'étendant sur des plaines ou des 
plateaux considérables et même assez élevés, tantôt, enfin , 
couvrant des dos ou des pentes très-peu inclinées de collines 



THE «9 

pev &eréeê. (Les lavages d'ëuio [Seifawf^erl] de TEngebirge 
en Saxe, de Bohème « de Coraouailles , etc.) 

Ils sont composés généralement de galets de quan hyalin- 
laiteux, d'améthisles, de ja^pe, de phtanite, de trappite, de 
fer oxidé, limoneux et argileux très- impur; de fer titane, 
sablonneux, qu^on nomme menakanite, de graviers graniti* 
ques et quaneux. 

Ils renferment des grains ou cristaux à arêtes ëmoussëet , 
des corindons téiésies de toutes les couleurs, quelques corin- 
dons adamantins, desspinelles, des cymophanes , des topâtes, 
des zircons hyacinthes et des zircons jargons, enfin des dia* 
mans, mais jusqu'à présent dans trois seuls points, dans Tlnde, 
à Bornéo et dans le Brésil. 

Ils contiennent, mais toujours en grains ou paillettes, de 
l'or, quelquefois assez abondamment; ils contiennent aussi 
du platine et les métaux qui raccompagnent , mais seule- 
ment dans l'Amérique méridionale, et en Asie au pied des 
monts Ourals , du titane ruthile et de Fanatase (au Brésil) , 
du fer oxidulé, du fer oligiste, du fer hydroxidé pisiforme, 
de l'ëtain oxidé. 

Les galets et débris ovulaires et même céphalaires qu!on 
y troave quelquefois, appartiennent à la syénite, au diorite , 
au trappite. 

Suivant que les minéraux précieux que l'on connoît sous 
la dénomination vulgaire de gemmes ou que les métaux pré- 
cieux y sont dominans, on peut les distinguer en terrains pln- 
sîaques gemmifères ou métallifères ; mais cette distinctipn 
ne paroft avoir rien d'essentiel : aussi ne la développerais -je 
pas davantage. 

Ces terrains sont très -répandus sur la surface du globe ; 
mais ils n'ont été remarqués et décrits que dans les lieux où 
ils renferment des matières minérales recherchées par leur 
valeur. 

Nous en citerons plusieurs non-seulement comme étant cé- 
lèbres par les minéraux précieux qu'ils fournissent , mais 
aussi pour donner des exemples des faits d'où on a déduit les 
généralités caractéristiques de ces terrains. 

Le Gravier stamnifère paroft avoir une disposition un peu 
différente de celle des autres sables métallifères, et demande 



90 THE 

à être considéré particulièrement. 11 en di£fère surtout en ce 
qu'il est situé sur des croupes ou des plateaux de montagnes, 
et presque toujours sur le granité ou peu éloigné de cette 
roche et des filops et gîtes d'étain qu'elle renferme, en sorte 
qu'on peut reconnoitre sans incertitude le site originaire du 
métal principal. 

En France , le terrain meuble qu'on a nommé d'a/Zuwiof» , 
des bords de la mer, prés Piriac , dans le département de la 
Loire inférieure , a montré dans un gravier granitique de 
nombreux grains et galets d'étain oxidé , accompagné de fer 
titane , de corindon , de zircon , de grenats , de cymophane 
et de quelques paillettes d'or. Il est placé tantôt sur le gra- 
nité , qui contient plus loin des filons d'étain , et tantôt sur 
le terrain schisteux qui le recouvre. 

En Cornouailles , également au-dessus du terrain primitif 
qui renferme les filons d'étain, se trouve un sable granitique 
stamnifére, qui recouvre en dépj^ts de 2 à 20 mètres les parties 
de collines peu inclinées, et le sol des vallées qui sont au 
pied de ces collines. Ces dépôts appartiennent si évidemment 
au terrain clysmien, qu'on trouve dans les parties supérieures 
des ossemens de mammifères. 

L'étain de lavage de Saxe (Seifenwerlc) est connu depuis 
long-temps, et a une position à peu prés semblable à celles 
qu'on vient de citer. 

Un fait fort remarquable, c'est que la plus grande partie de 
l'étain de la presqu'île de l'Inde vient de terrains clysmiens , 
dont les principaux sont situés prés de Salergore et de Péra. 
Il paroît y être accompagné d'argile et de minerai de fer ar- 
gileux. 

Enfin , dans l'Amérique méridionale , à Paraopeba , dans 
la capitainerie de Minas-Geraës , on cite de même un terrain 
sableux staqinifére. 

On voit par ces exemples que ces terrains ne renferment 
jpas autant de minéraux variés que ceux qui constituent en 
général les sables plusiaques , et dont nous allons donner 
quelques exemples, mais qu'ils présentent cependant asses 
de circonstances communes aux deux terrains pour être rap- 
portés à la même époque. 

Les Ghaviers et Sabuu AOaiF&aEs des rivières d'Europe ne 



THE 9t 

ioof antre chose que des parties lavëes des terrains clysmiens 
métallifères, qui couvrent le sol des vallées et des plaines que 
ees rivières traversent. Ce lavage a enlevé une partie des 
matières terreuteê qui composent ce terrain. CVst doue par* 
ticulièrement dans les lieux où il est assez riche pour être 
exploité et lavé, qu*on doit Tétudier, pour voir comment il 
est composé. 

En Asie, au pied desmontsOurals, dans les environs d^Éka^ 
terinebourg, etc. C'est un terrain meuble assez puissant, com* 
posé de sable et de limon marneux, dans lequel Tor est dis» 
séminé et qui renferme aussi du platine sur plusieurs points* 
On n*jr a pas encore découvert de diamans, mais if con* 
tient beaucoup de pierres gemmes différentes, des morceaux 
de lignites, du fer limoneux, des galets de granité , de si* 
lex corné, d'agate, etc. 11 n'est placé sous aucune couche 
solide ; il n'est recouvert que par du limon tourbeux , qui 
renferme dans quelques endroits des ouemens de mammiflresm 
Enfin par des tourbes et des terrains d'allnvion. 

Le Gaavieh gemmipàae à diamans de l'Inde offre à peu près 
les mêmes dispositions, si ce n'est qu'étant plus ferrugineux, 
il acquiert quelquefois assez de solidité pour qu'on soit obligé 
de le briser; mais, quelque puissant qu'il soit, il n'est recou- 
vert par aucun terrain en couche. 

Les Terrains pluâiaques aurifères de l'Afrique occidentale 
sembleraient, au premier aspect, présenter quelques excep* 
tioni à cette règle , car on est obligé de creuser des puits de 
5 à 4 mètres de profondeur pour arriver à l'or; mais ces puits 
ne traversent que des dépôts de gravier, c'est-à-dire des par- 
ties des mêmes terrains qui, plus superficielles, ne renfeN 
ment pas le métal pesant, qui paroît s'être réuni plus abon- 
damment dans les parties inférieures de ce terrain meuble. 
C'est ici qu'on voit un exemple bien déterminé de la pré- 
sence des galets ovulaires et céphalaires, et du sable ferru- 
gineux, caractéristique de ces terrains. 

Ces mêmes terrains , mais beaucoup plus riches en espèces 
minérales Tariées , couvrent des vallées et des plateaux bas 
dans les parties septentrionales et montueuses du Brésil , de 
la Colombie. Ils renferment les diamans, l'or et le platine, 
qu'on exploite dans ces régions de l'Amérique méridionale. 



9* THE 

Eofio, de» ferrains semblables et ë^lenent aQrif(fa«s ont 
été reeonnnê dans la CaroliDe sepfentriooale. 

Ces exemples ' non» paroissent saffisans pour confirmer ce 
que nous arons annoncé au commencemeni de cet article , 
e*est que tous ces terraios plnsîaques appartiennent à Fépoque 
des terraios eJjmniens et ne sont pas des parties simplement 
désagrégées et non déplacées de couches on roches solides , 
dépendant de formations ou terrains plus anciens. 

Fea PisiFOBSfE. 11 ne faut pas confondre le minerai de fer 
qoe je rapporte à cette formation , arec un minerai égale- 
ment nommé pisiforme {Bohfierz), mais que f appelle ooliiki' 
que^ pour le distinguer essentiellement de celui dont il s*agit 
ici , et qui est en petits grains , au plus de la grosseur du mil- 
let , interposés en lits dans les assises ou couches moyennes , 
et surtout inférieur du calcaire jurassique , etc. 

Le fer pisiforme de l'époque clysmienne est toujours su- 
perficiel ou tout au plus recouirerty soit par des terrains al- 
luviens, soit par des roches également clysmiennes. 11 est gé- 
néralement en grains sphéroïdaux ou nodulaires plus gros que 
le fer oolithique : c'est du fer hydroxidé. Il accompagne quel^ 
quefois, comme on vient de le voir, les graviers métallifères 
et même les gemmiféres, que j'attribue à la même époque, et 
qui sont presque toujours ferrugineux. Quelquefois aussi, et 
c'est le cas où il se fait remarquer par lui-même, il fait la 
partie dominante du sol, n*étant accompagné que d'argile, 
de marne ou de limon argileux et ferrugineux. 11 r^osplit 
seul ou mélangé les cavités superficielles du sol, pénètre dans 
%t% ^cavités ouvertes , et y forme les brèches ferrugineuses 
plus ou moins riches eo métal, et que je viens d'indiquer. 
Il ne paroit renfermer nulle. part aucune coquille marine 
qu*on puisse regarder évidemment comme de la même épo- 
que que lui. 

11 n'y a de difi*érc;nce entre les brèches ferrugineuses et le 
fer pisiforme dont je parle ici spécialement ,. que parce que 
celui-ci est considéré comme étant étendu en dépôts plus ou 
moins' puissans, placés à des hauteurs différentes, et absolu-» 

. 1 On peut en voir let dëveloppemcns aux articles Diahaut , Ga et 
Platiite. 



THE 95 

m^Bt dans la même position et les mêmes circoostonces géo- 
logiques que les graviers métallifères. 

Les minerais supérieurs, superficiels et pisiformes du Jura, 
tant François que suisse , du Berry , de Bréniguel dans le Lot- 
et-Garonne, et d*une multitude d^au très lieux, me paroissent 
appartenir à cette époque géognostique $ mais je ne dois y 
rapporter avec certitude que ceux que j*ai vus et décrits 
dans la notice que j*ai citée plus haut , à l'occasion des brè- 
ches ferrugineuses. 

Le fer pisiforme diffère un peu des autres graviers plu- 
siaques, en ce qu'il ne doit pas sa forme sphéroïdale au trans- 
port ,. mais à une ac|ion chimique , qui a accompagné ou 
précédé de très-près Tépoque 011 il a été étendu à la surface 
du sol voisin du lieu où il s'étoit formé. 

V.' CLASSE. TERRAINS YZÉMIENS » 
ou DE SÉDIMENT. 3 

Cette partie étendue et puissante de Fécorce du globe, 
offre en grand , et même sous de petits volumes , une struc- 
ture clairement stratifiée. Les terrains que cette classe ren- 
ferme présentent tous , de la manière la plus nette , ce ca- 
ractère de structure qui ne se voit dans aucun autre avec 
la même évidence : ce sont les terrains en couche, et par 
conséquent en série, les plus sûrs, les moins embarrasséf 
d'exceptions et d'anomalies. 

Les roches non stratifiées qui s'y montrent quelquefois, ou 
bien y sont rares et très- restreintes, comme le gypse et quel- 
ques dolomies, ou bien elles diffèrent entièrement des roches 
stratifiées, comme les ophiolites et les porphyres, par leur 
mode de formation et même par leur position : c'est ce qu'on 
examinera à l'article de ces roches. 

. Les roches qui appartiennent évidemment à cette classe de 
terrain, montrent, dans leur texture et dans leur structure, 

1 La plus grande masse de ces terrains est produite par des sëdiniens 
mécaniques. Ils renferment anssi des roches cristallisées (le gypoe^ la 
dolomie, le selmarin^ etc.); mais elles j sont en trës-petile quantité. 

a Terrains secondaires et tertiaires, terrains de sédiment, Fiott-Gt' 
hirg§. 



S4 THE 

sauf les exceptions, du gypse, de la dolomie, du selmarin; 
un mode de formation par voie mécanique, c*est-à-dire, 
que la plus forte masse des parties qui les composent n*a 
point été tenue en dissolution chimique. Ces parties n'ont 
été que suspendues dans un liquide qui les a déposées plus 
ou moins lentement , suivant leur ténuité. 

Quoique le plus grand nombre des roches des terrains 3rzé- 
miens ait été produit par sédiment , il en est quelques-* 
unes qui , comme on vient de le dire , ont été faites par 'Voie 
de dissolution et de précipitation, ou par tout autre procédé 
chimique, et d'autres, comme les gompholites, les poudin- 
guesy les brèches et le pséphite, qui ont été faites par voie 
de transport. 

C'est dans ces terrains, et fortement engagés dans leurs ro- 
ches, que se voient le plus de débris organiques, surtout de'la 
classe des mollusques testacés. La présence de ces débris nous 
fournira un moyen commode et sûr de reconnoitre ces ter- 
rains et leurs diverses parties, et par conséquent de mettre 
dans la place qui leur convient, celles de leurs roches qu'on 
trouve isolées. 

Nous venons de dîre que les terrains yzémiens formoient 
une des plus puissantes parties de l'écorce du globe. Les roches 
qui entrent dans leur composition sont très -nombreuses, 
très-variées, susceptibles de présenter des considérations im- 
portantes et très-différentes les unes dps autres; il faut donc , 
pour mettre plus de clarté dans leur histoire, chercher à les 
séparer en plusieurs grands groupes ou ordres, et leur as- 
signer des limites. 

Ces limites ne seront pas arbitraires; elles seront fondées 
sur les indices des grands changemens qui ont eu lieu à la 
surface du globe à différentes époques, et qui ont eu chaque 
fois deux sortes d'influences, souvent très- distinctes. 

L'une se manifeste par une cessation générale, et non pas 
Uniquement lociile, du parallélisme des couches, et par un 
changement notable dans leur nature et plus encore dans 
leur texture. 

L'autre s'est fait sentir sur les êtres organisés qui vivoient 
à ces époques à la surface du globe ou dans les mers; elle 
paroit avoir eu pour résultat de détruire certaines espèces 



THE gi 

et de modifier ou même de changer entièrement celles qui 
ont reçu après ces grands événemens géologiques. 

Nous nous bornons à diviser en trois ordres le système en- 
tier des terrains yzëmiens. On pourra peut-être dans la suite, 
en se fondant sur les principes de division que nous venons 
de présenter, augmenter le nombre de ces divisions; mais 
jusqu'à présent elles peuvent suffire, et on devra remarquer 
qu*eii n'attachant point une valeur absolue aux caractères 
qu'on va leur attribuer, ces ordres de terrain se distinguent 
assez nettement les uns des autres par une réunion considé- 
rable de caractères importans. 



!.«' 



ORDRE. TERRAINS YZÉMIENS THALASSIQDES 
ou DE SÉDIMENT SUPÉRIEUR. 



Ils s'étendent depuis les dernières formations de sédiment 
antédiluviennes jusqu'à la craie exclusivement : ils ne com- 
prennent ni les terrains alluviens ni les terrains clysmiens. 

Leur mode de formation est presque entièrement mécani- 
que , souvent même à sédiment grossier. Il n^y a , dans ces 
terrains, de roches formées par voie de dissolution, que le 
travertin, la meulière et les autres silex, et le gypse. 

Les débris organiques qu'ils renferment, et surtout l'ab- 
sence, jusqu'à présent sans exception, de plusieurs genres et 
d'un grand nombre d'espèces d'animaux, caractérisent par- 
fidtement cette époque géognostique. 

Ces débris caractéristiques, qui ne sont pas indistinctement 
répandus dans toutes les parties de ce terrain, appartiennent 

1 On deléimer.Je profère ces ëpiihètes presque insignifiantes, et qu'on 
n'a par conséquent aucune raison de discuter et de changer, aux noms 
adjectifs ou numériques qui indiquent des époques ou des positions, 
telles que tertiaires ou supérieures. Cependant en j voyant des terraint 
laenstrct, on pourra encore critiquer celui'^i , si on oublie qu'on n*a pat 
•a pour objet de dire tout en un mot, mais seulement d'indiquer la 
nature principale et dominante des groupes qui composent ce terrain 
^sentiellement marin. 

Voyez ce que j'ai dit sur la nomenclature géologique à la fin de 
Vintroduciîi^n. 

S/n, Terrains tertiaires. Mtrgêlkalk de Uor. 



s>6 THE 

aux genres et espèces d'animaux désignés aux tableaux n*** 4 , 
5, 6 et 7. 

Des mammifères , principalement des pachydermes et des 
carnassiers, des oiseaux; des cétacées, des reptiles de tous 
les ordres, mais plus particulièrement des chéloniens, des 
poissons, des crustacés, quelques insectes fort rarement, et 
parmi les zoophytes, des fongies et des orbilolites. 

Parmi les mollusques testacés, les genres de coquilles que 
Ton désigne vulgairement par Tépithète de littorales, notam- 
ment des cérites, fuseaux, cythérées, arches, nummulites, 
et enfin une multitude de genres et d'espèces, qui montent à 
plus de douze cent§ connus, en sorte que les caractères né- 
gatifs sont plus faciles à exprimer que les positifs ; mais ils ne 
sont jamais que présumés ; une seule observation peut, d*un 
moment à l'autre, leur enlever toute leur valeur. 

Néanmoins on n'a trouvé jusqu'à présent, dans ce terrain, 
en position naturelle, c'est-à-dire, comme y ayant vécu, au- 
cun trilubite, orthocératite, productus, spirifer, inocérame, 
catillus, ammonite, bélemnite, quoique ces derniers testacés 
soient si abondans dans le terrain immédiatement inférieur 
à celui-ci. 

Les végétaux fossiles offrent des caractères qui n'ont pas 
moins de valeur ; aussi les phyllites ou feuilles de dicotylé- 
dons, les tiges de palmiers, les fruits des différens genres de 
cette famille, y sont communs, et plusieurs ne se trouvent 
guère que dans cette division des terrains yzémiens, tandis 
que les fougères véritables y sont très-rares , et on n'y a encore 
vu aucune tige de calamité, de lycopodites, de cycadées, etc. 

Ce terrain est nettement stratifié en couches et bancs; 
on y voit rarement des lits. La stratification de ses diverses 
parties est en général parallèle et horizontale. 

Il ne forme que des collines, des monticules et des plateaux 
peu élevés , dont le plus haut niveau ne paroit pas dépasser 
trois cents mètres , dans ce qu W peut appeler sa position 
normale; car dans quelques cas il paroit avoir été porté jus- 
qu'à deux mille cinq cents mètres. 

Les pentes de ces collines sont généralement douces, et 
quand elles présentent des terrasses ou des escarpements , ils 
jont peu hauts. 



THE 97 

Le femin thalassique est répandu sur tout le globe ; cepen- 
dant OD n'en connott encore que peu d'exemples authenti- 
ques en Amérique et en Asie. 11 ne couvre jamais une grande 
étendue de pays sans interruption. Il est plutôt disposé par 
lies on par bassins. Le bassin de Paris, celui de Londres, les 
collines subapennines, offrent des exemples tranchés de ces 
terrains dans leur plus grande étendue. 

Les terrains thalassiques sont généralement calcaires, sa- 
bleux et marneux ; ils ne renferment aucun véritable gîte de 
minéral exploitable ; ils ne contiennent même au-dessus des 
argiles plastiques aucun sulfure métallique en quantité no- 
table. 

Le peu de minerai pyriteux et ferrugineux que ces argiles 
renferment, y est disséminé en nodules ou petits lits inter- 
rompus\ On n'y voit aucune sorte de 61ons, spit pierreux, 
soit métalliques ; mais ces terrains contiennent entre quel- 
ques-unes de leurs assises, et dans certaines localités, des lits 
de combustible fossile, qui appartiennent constamment aux 
b'gnites. 

Il 7 a dans ces terrains quelques assures assez étendues', des 
canaux ou puits verticaux et quelques cavernes ; mais ces ca- 
vités y sont rares. 

ljie% corps organisés fossiles ^ notamment les mollusques ie^ 
tacés, y sont assez généralement disposés par lits continus, 
composés quelquefois d'une espèce dominante. Tantôt ce sont 
des cythérées, comme dans les marnes du gypse , tantôt des 
huftres, des cérites, des lucines, des corbules, des |urri- 
telles, des nummulites, etc. 

he% coquilles y sont ce qu'on nomme calcinées. Quelquefois 
aussi elles y sont pétrifiées en silex ; mais c'est plutôt leur 
noyau que leur test qui a pris cette nature. 

Telles sont les considérations générales qu'offre le système 
entier dis terrains yzémiens supérieurs. 

Le tableau que nous en donnons et dont nous allons dis- 
cuter les diverses parties, fait connoitre la suite des forma- 
tions ou groupes de roches et des roches que nous attri- 
buons à ce terrain , et l'ordre de superposition qu'elles affec- 
tent le plus ordinairement. 

54. 7 



98 THE 

En examinant par groupes et succestivement lesrocbes qui 
entrent dans la composition des terrains yzëmiens supérieurs , 
je ne prétends pas établir ni que ces groupes soient toujours 
composés des roches dont nous les formons, ni.que ces roches 
y soient toujours disposées dans le même ordre, ni que les 
groupes eux-mêmes se suivent partout dans Tordre où on les 
a placés ici ; nous disons seulement que ce sont les associations 
et Tordre qui se sont présentés le plus ordinairement. 

i." Gr. TERRALN8 ÉPILYMNIQUES. ' 

Il est difficile d'établir la limite précise qui sépare la partie 
saturnienne de ce terrain souvent composée de calcaire con- 
crétionné, de la partie jovienne du terrain de même nature 
et de même texture. Cette distinction est même absolument 
impossible dans quelques circonstances; c'est le cas de tous 
les corps et de tous les phénomènes naturels. Il y a partout 
des transitions insensibles, qui, par cela même qu'elles sont 
générales, ne peuvent être apportées en objection contre au- 
cune division. 

Le terrain lacustre supérieur e^i le plus nouveau des ter- 
rains yzémiens; il n'est récouvert que par des terrains allu- 
vieus ou clysmiens, et jamais par aucun terrain marin de sé- 
diment. Il se confond donc quelquefois dans %t% limites ou 
parties supérieures aVec les terrains alluviens limoneux. 

Dans les pays où il y a entre ce terrain lacustre et celui 
que nous appelons moyen , ou palsothéried , un terrain marin 
(quelle qu*en soit Torigine ou la cause), les limites inférieures 
du terrain épilymnique sont faciles à déterminer. Tout ter- 
rain lacustre supérieur à ce dépôt marin ou seulement au 
gypse à ossemens appartient à cette formation. Mais dans 
les Jîeux beaucoup plus nombreux, où ce dépôt de séparation 
n^existe pas, le terrain épilymnique passe au terrain palœo- 
thérien et se confond aisément avec lui. On n'a d'autre ca- 
ractère pour Ten distinguer, que celui qui se tire de la nature 

1 Terrains lacustres stipérieurs; Vpper fresh IVaterformation ; Ter- 
tiare Susswasser-Bildung , Boue j Jûngsie Susswasser-Kalkhildung , Kb- 
FEASTBiR. Ce géologue la place parmi les terrains d'alluvion; nous ne 
pouvons admettre celte manière de voir. 



THE 99 

des débris organiques et de celle des roches; encore ce der- 
nier caractère est-il trés-peu tranché. 

i^ terrain épilymnique montre deux natures de roches, 
qui sont souvent mêlées, mais que nous considérerons sépa- 
rément; ce sont des calcaires marneux avec des marnes argL> 
leusesou calcaires, et des roches siliceuses. 

CALCAïas TRAYEHTIN , OU cslcairc concrétionné , à grain 
fin, presque compacte, blanc ou jaunâtre; c'est le travertin 
ancien ; 

Calcaire coNcaiiTiONNé, laminaire ou lamellaire (stalactites 
et stalagmites )• 

Ce sont, parmi les calcaires de ces variétés, ceux qui in* 
diquent par leur position qu'ils ont été formés avant l'époque 
jovienne ou actuelle. 

Il y en a peu d'exemples authentiques. 

Les travertins et concrétions de Colle prés Sienne, par leur 
position vers le sommet d'une colline beaucoup trop élevée 
pour être jamais inondée par la crue des eaux actuelles, et qui 
ne présente aucune source incrustante supérieure, peuvent 
être regardés comme un exemple de ces calcaires. 

Les calcaires lacustres supérieurs au sable et par conséquent 
au gypse des bassins de Paris doivent y être également rapportés. 

Le Calcaire marveux, la Marne calcaire et la Marne 
ARGILEUSE HifiTérent peu ; cependant le premier ne renferme 
presque point*d'argile, mais il se désagrège facilement à l'air. 
Le second est encore plus désagrégeable et renferme de l'ar- 
gile; dans le troisième il y a plus d'argile que de calcaire: 
c'est la roche argileuse qui accompagne ordinairement les 
silex meulières. 

Le calcaire travertin et le calcaire marneux lacustre se 
font reconnoitre par une circonstance qui ne manque pres- 
que jamais, quelque compactes qu*ils soient. On y remarque 
des cavités tubulaires très-déliées, quelquefois sinueuses, in- 
terrompues, qui sont assez généralement perpendiculaires aux 
surfaces de stratification , et à peu près parallèles entre elles ; 
elles ressemblent aux canaux que laisseroient , dans une ma- 
tière visqueuse, des bulles de gaz qui les traverseroient. Ces 
cavités :.ont quelquefois couvertes d'un enduit verdàtre, ou 
remplie de marne friable. 



100 THE 

Les autres roches de cette formation sont ou entièrement 
siliceuses ou trés-chargées de silice; ce sont: 

Le Calcaire siliceux , mélange des deux, peu abondant et 
mal caractérisé dans le terrain supérieur; 

Le Silex mecuère, roche dominante et caractéristique de 
ce terrain dans le bassin de Paris. 

11 est en bancs irréguliers, interrompus, brisés, engagés 
dans de la marne argileuse et dans du sable marneux. On 
peut en reconnoitre deux modifications, dont la position est 
constamment la même: Tune, compacte et supérieure, montre 
les tubulures sinueuses que nous avons déjà signalées dans 
le c«alraire marnrux, et renferme de nombreux Jébris et 
moules de coquilles lacustres. Les moules de ces coquilles et 
même leur test sont siliceux;; leurs cavités sont quelquefois 
tapissées de petits cristaux de quarz, ce qui indique dissolu- 
.tion complète de la matière siliceuse. 

L'autre, poreuse et inférieure, est plus rouge4tre que la 
première et généralement dépourvue de débris organiques. 

M. Constant Prévost a très-bien établi que la meulière com- 
pacte à coquilles devoit s'être formée plus particulièrement sur 
le bord des espèces de bassins au fond desquels toute la masse 
de meulière s est déposée , et que la meulière poreuse avoit 
occupé le fond de ce bassin à une profondeur et dans des cir- 
constances qui n'avoient pu permettre à des êtres organisés, 
ou de vivre, ou d'être conservés. Toutes deux ont été for- 
mées par bancs continus , mais interrompus , ou par masses , 
soit ovulaires soit lenticulaires, placées à peu près sur le même 
plan et [disposées avec une sorte de régularité. Les fragment 
qui se présentent maintenant, et le désordre qui semble ré- 
gner dans ce dépôt, sont une suite de fractures et d'affaisse- 
ment postérieurs à leur formation, et dûs au tassement et au 
peu de solidité de la masse marneuse qui les renferme. 

Silex fyromaque Fr résinite. Les premiers diffèrent assez de 
ceux de la craie, pour qu'un observateur habitué à les voir 
sache les distinguer, mais pas assez pour que ces différences 
puissent être facilement exprimées. Les seconds sont rares et 
en général moins bien caractérisés que dans le terrain infé- 
rieur. 



THE loï 

Telles sont les roches qui romposent le terrain lacustre su- 
périeur ou épilymnique ; mais ce terrain vsi encore mieux 
caractérisé par les débris organiques qu'il renferme , tant dans 
ses roches calcaires que dans ses roches siliceuses. (Voyez 
le tableau n.* 4.) 

Les mammifères et autres animaux vertébrés de Tancien 
monde, dont les débris se trouvent dans les parties limoneuses 
et élastiques des terrains clysmiens, peuvent aussi se ren- 
contrer dans les roches calcaires et marneuses des terrains 
épilymniques. 

Ils s'y trouvent associés avec les coquilles lacustres et ter- 
restres, qui, se rencontrant bien plus abondamment dans ces 
terrains et qui même s'y rencontrant plus souvent seules, 
peuvent servir plus efiScacement à les caractériser. 

Les débris de végétaux y sont peut-être encore plus carac* 
téristiques que les dépouilles animales; car les espèces qu*on 
trouve dans ces terrains ne se sont pas encore montrés dans 
les terrains lacustres inférieurs. ' 

Les exemples qu*on peut donner avec certitude de ces ter« 
rains et que nous avons déjà indiqués ailleurs sont* : 

En F&ANCB. Sur la plupart des plateaux du bassin de Paris, 
et hors de ce bassin : près d'Épernoù , dans les environs d*Ë- 
tampes; de Saint- Arnoud ; de Soissons; à Passy sur Eure; à 
Cinq-Mars-la-Pile, près de Langeais, en Touraine : les silex 
meulières y sont translucides et renferment des coquilles la- 
custres. Près de Montpellier , les coquilles , parmi lesquelles se 
trouvent un grand nombre d'hélix, diffèrent k peine de celles 
qui vivent encore à Saiinelle , dans le département du Gard , 

1 L'énumération donnée au tabtrnu n.* 4, résulte il u travail sur lesTé- 
gétaux fossiles, publié par M. Adolphe Brongnîart,Méni. du Mus. d'hist. 
natar. de Paris, vol. 8, pag. 23o, pi. 1 1 et pi. 14; De^cript. géolog. des 
terrains de Paris, par MM. Cuvier et Alexandre Brongniart, édition de 
1833, pi. 8, 10 et 1 1. 

a Nons avon^ cité et décrit un grand nombre de terrains lacu/.tres 
dans la Description géologique des terrains de Paris, édit. de 182a, 
pag. 274 et 295 i 320. Nous avons fait ressortir leurs particularités, et 
nous avons discuté les caractères qui peuvent faire attribuer les unes 
aux terrains Uoustites' supérieurs, et les autres aux terrains lacuslrct 
moyens. 



lo» THE 

OÙ paroîssenf se présenter, comme près de Paris, les deux ter- 
rains lacustres; TAuvergne et le Cantal, la Ha u te- Loire, T Al- 
lier, le Cher, Hodre, Loire-et-Cher , la Sarthe, le Loiret, 
le Basiberg dans te Bas -Rhin, etc. 

En Suisse. Le vallon du Locle, près Neuchâtel, dans le 
Jura: le terrain d'Œningen , près du lac de Constance : on y 
trouve desanodonfes. 

En Anclbtfree. A Tile de Wight, où les deux terrains la- 
custres se présentent assez distinctement. 

En Allemagne. A Ursprung près d'Ulm ; en Thuringe ; près 
Vienne en Autriche; en Hongrie, dans un grand nombre de 
lieux. 

En Itaue. Aux environs de Sienne, de Rome , etc. : près de 
cette dernière ville il est difficile d*assigner la limite qui sé- 
pare le travertin antédiluvien de celui qui se forme actuel- 
lement. 

2.* Gr. TERRAINS PROTÉIQUES ' 

ou MARNO- SABLEUX -MARINS. 

Ce terrain, dont nous prenons le type dans le bassin de 
Paris , est pour nous d*unc sous-époque géognostique et d'une 
origine entièrement différente de celui qui le précède et de 
celui qui le suit. Il en diffère par tous les caractères tirés de 
la nature des roches et de celle des débris organiques qu'il 
renferme. 

Dans les lieux que nous choisissons pour termes de compa- 
raison, et sur lesquels nous devons prendre les principaux 
caractères de ce terrain , ses limites sont bien déterminées. 
C'est supérieurement le terrain lacustre, et c'est inférieure^ 
ment encore un terrain lacustre. Or, comme le terrain marno- 
sableux renferme principalement des débris de corps marins, 
il se termine nettement aux points où les corps marins dis- 



I Produits par U mer, maie aans qu'on puisse toujours les rèconnoitre 
aisëment et les distinguer des tritoniens. 

Sjrn, Terrains marins supérieurs. — Crag of Suffolk, Norfolk; Béigi' 
hot'sand. — Molasse- oder Postpaleotherium-Mergelformationy RiF. 
— - Zweite tertiàre Sandsteiti' und Kaikformation , Boni* — > Calcalr* 
moellon, Maacel ob Skkkes. 



THE io3 

paroissent pour être eotiérement remplacés par des corps 
terrestres ou lacustres. 

En prenant le bassin de Paris pour type de ce terrain » on 
y reconnoit les roches suivantes, qui se suivent de haut en 
bas dans Tordre où nous les nommons. 

!• Grés blanc. Cest un grès, dans Tacception minëralogi* 
que de ce mot, tantôt blanc et pur (Fontainebleau, Ne* 
mours, butte d*Aumont), tantôt rougeâtre ou jaunâtre, fer* 
rug^ineux et un peu micacé, et se présentant plutôt à Tétat de 
sable qu'à celui de roche solide ( Meudon , FeugueroUe , 
Montmartre , Romainyille , etc. ). 

Il renferme en minéraux et roches subordonnés : 

Du Fer sablonneux, en rognons daps les parties supérieures 
(hauteur de Viroflay , Montmartre, Pantin, etc.); 

Du manganèse Urne en enduit ou en deodrifes profondes 
(Belloy, département de Seine- et-Oise)i 

Et de nombreuses coquilles marines de diflTérens genres oa 
espèces, dont on ne voit que les moules: il est extrêmement 
rare que le test soit conservé. Comme ces coquilles diffèrent 
sourent de celles des marnes qui suivent ce grès, nous de- 
vons en indiquer particulièrement les espèces caractéristiques. 
Il est assez difficile d'établir cette détermination avec exac- 
titude, à cause de la circonstance si commune de la destruc- 
tion du test.* 

Ces corps marins sont disséminés sans ordre dans les parties 
supérieures du grès. Il est fort remarquable que dans le plus 
grand nombre des lieux où on les observe, près Paris, aucun 
n'ait conservé son test , pas même Vostreajlahellula , quoique 
les huîtres le perdent rarement. Mais la place de ce test est 
restée en cavité dans le grès , et en asset bon état pour qu'on 
puisse obtenir, en le moulant en cire, une empreinte sus- 
ceptible d'être déterminée avec exactitude. Le test a donc 
existé pendant quelque temps dans le grès et a ensuite été dis- 
sous ; les parties calcaires ont étési complètement enlevées , que 
le grès ne fait que très-rarement effervescence avec les acides. 

1 Yojea le tableau n.^S, qui renferme les corps organisés fosùles 
marins de tout le terrain thalassi que, mais arec l'indication des groupes 
auxquels chaque espèce peut être rapportée. 



104 THE 

A une plus grande distance de Paris , du c6té de Com- 
piègne, etc., les coquilles du grès , si toutefois elles appar- 
tiennent à ce terrain, ont conservé leur test. 

2- GoMPHOLiTE' ET POUDINGUE. Lcs terrains protëîques ont 
une très- grande extension. Nous Tavions soupçonné dés 1 822* ; 
nous avions même hasardé d'y introduire la molasse de Suisse, 
terrain immense en étendue et en puissance, et par con- 
séquent les agrégats non moins ihimenses qui la surmontent. 
Ce rapprochement a été confirmé de la manière la plus flat- 
teuse pour nous , par le travail le plus complet et le plus satis- 
faisant qu*on puisse faire sur ces terrains ^. M.Studera établi, 
parla réunion des preuves géognostiqu es de toute nature, que 
la molasse dont il sera question plus bas,appartenoit aux ter- 
rains marins supérieurs au gypse. Le gompholite me parolt 
être en Suisse , en Bavière , etc. , dans une position analogue 
à notre grès marin supérieur ou grès blanc. Je serai fort em- 
barrassé de dire, dans Pétat actuel de la science, s*ils sont 
exactement contemporains , et s'ils ne le sont pas , lequel a 
été déposé avant Pautre. £n commeiiçant par le grès blanc, 
je n'ai eu pour objet que de présenter la première la roche 
qui fait partie du pays que j'ai pris pour type des terrains 
thalassiques. 

Le gompholite est placé sur la molasse ou fait partie de la 
molasse, comme les poudingues siliceux sont placés sur nos 
grès marins supérieurs et en font partie. 11 n'y a de diffé- 
rence entre ces deux agrégats que celle de la nature des ro- 
ches roulées qui les forment, et leur puissance. Ces différen- 
ces sont de peu d*importance en géologie; mais la position, 
qui est dans ces roches presque le seul et vrai caractère 
géognostique, est la même. 

I Nagelflue des Suisses. Voyez à Particle Roches, tome XLYI, p. i36, 
les caractères distinctifs de ces roches et de toutes celles qui seront 
simplement mentionnées dans la suite de ce tableau. 

a Description géognostique des environs de Paris, 182a*, pag. 186 et 
187, in-4.'* La nature des corps organisés renfermés dans cette roche 
suffit pour établir entre elle et notre terrain marin supérieur au gypse 
de nombreuses analogies, etc. 

3 Monographie der Molasse, par B. Siuoea, 1 vol. in-Ô.^'Berney i8a5. 



THE io5 

Dans le bassin de Paris et dans le sol de diverses parties 
de la France, tant vers le Nord que vers TOuest, de véri* 
tables poudingues, dans Tacception niinëralogique de ce mot, 
c'est-à-dire des agrégats de galets de silex avec du ciment si* 
liceux, recouvrent le grés en lits plus ou moins puissans, et 
se lient même avec lui ( Romainviiie , Sanois). 11 ne faut 
pas confondre ces poudingues, qui sont au-dessus du grés, 
avec ceux dont nous parlerons plus bas. Or nous regardona 
le poudingue supérieur au grès comme analogue au gom- 
pholite de Suisse. Ils sont à nos foibles collines et à nos silex 
de la craie ce que les gompholites de Suisse, etc., sont aux 
montagnes alpines et à leurs roches granitoïdes. 

Ce dernier' agrégat se présente en collines et montagnes 
d*une étendue , d'une puissance et d'une hauteur prodigieu« 
ses ; elles, semblent indiquer une origine et des causes vio- 
lentes, qui s'accordent peu avec l'idée qu'on s'est faite pen- 
dant long-temps de la formation récente et de transport des 
terrains de sédiment supérieurs. 11 a fallu reconnoitre les rap- 
ports de ces roches élastiques avec les terrains qu'elles re- 
couvrent, ce qui a offert de grandes dilficuhés; il a fallu re- 
marquer qu'elles ne sont elles-mêmes jamais recouvertes par 
d'autres roches que par les terrains alluviens et cly^miens, 
le terrain épilymnique et quelques parties très -supérieures 
do terrain protéique, pour présumer d'abord et s'assurer en- 
suite que ces énormes masses n'étoient pas antérieures à l'é- 
poque des terrains de sédiment supérieurs; mais elles pou- 
voient leur être postérieures et appartenir aux terrains clys-^ 
miens caillouteux. Ce que nous avons dit sur la position de 
ces terrains, constamment supérieurs à tout dépôt, ne per- 
met pas de les confondre avec les roches élastiques des ter- 
rains thalassiques ou de sédiment supérieurs. 

Far conséquent les gompholites polygéniques de la Suisse , 
les gompholites monogénîques de Salzbourg, des départemens 
de la Drôme, des Basses- AlpeS , etc., appartiennent à la der- 
nière époque marine des terrains de sédiment supérieurs. 
Ils recouvrent, dans plusieurs cas, les roches sableuses, 
telles que le macîgno molasse ; quelquefois aussi ils en sont 
recouverts : par conséquent il paroît qu'ils ont alterné avec 
elles, du moins d'après le récit des naturalistes qui les ont 



io6 THE 

observés; car, pour moi, je ne les ai vus que supérieurs. 

Ces roches sont solides , et tellement solides , qu'elles se 
taillent nettement et peuvent recevoir le poli* 

Elles ne renferment d'ailleurs aucun minéral ni aucun mé- 
tal; elles enveloppent quelquefois des débris organiques qui , 
malgré leur état imparfait de conservation , peuvent être em* 
pluyés utilement pour établir l'époque de leur formation par 
rapport aux autres parties des terrains yzémiens .supérieurs. 

Enfin, elles sont accompagnées de deux roches ou parties 
coquiiliéres que M.Studer nomme le Gris coquillier et le Nor 
gelflue coquillier y renfermant, le premier un grand nombre 
de coquilles assez entières, et le second, des débris de co- 
quilles dispersées sans ordre dans la masse de ce gompholite. 
On n'en voit souvent que les moules, comme dans les pou- 
diqgues supérieurs du grés de Montmartre, de Romainville, 
etc. ; mais ces moules sont tapissés de calcaire spathique , ce 
qui indique que la formation de ces poudingues n'a pas été tota- 
lement privée de l'influence de l'action chimique. Nous re- 
viendrons sur le grès en parlant de la molasse. 

Les exemples que je viens de donner , suffisent pour faire 
connoltre de quelle roche j'ai entendu parler. Les exemples 
de détails se trouveront dans les ouvrages cités, et surtout 
dans le grand travail de M. Studer. ' 

3. Magigko molasse. Cette roche, qui est composée de 
sable , de calcaire, d'un peu d'argile et de mica, avec une 
texture grenue, lâche et une consistance presque friable', 
a souvent la plus grande ressemblance avec les psammites 
des terrains de traumate {Grauivache) , et montre dans sa com- 
position , sa texture et sa solidité, des variations assez nom- 
breuses : elle ne se présente pas dans le bassin de Paris pro- 
prement dit , mais elle forme dans la Suisse et dans plusieurs 
parties de l'Europe méridionale des terrains puissans , éten- 
dus, composés d'assises très-ëpaisses , qi^elquefois peu distinc- 
tes, qui renferment peu de corps étrangers. 



1 Oavrage cité, pag. 106, 10g, 111 , etc. 

2 Yojez sa spécification, tom. XXTII de ce Dictionnaire, au mot 
Macigso ; et ma Classification minérahgi^ue des roches, page ia8. 



THE ï<>7 

On y trouYe, comme roches subordonnées, du grès co- 
quillier, du calcaire fétide, de la marne argileuse et des no« 
doles calcaires plus durs que le reste de la roche, et qu'on 
nomme en Suisse Knauer» Ils sont disposes en assises paral- 
lèles « mais interrompues , et renferment une assez grande 
proportion de carbonate de chaux '• On y trouve aussi des 
ligoites en lits souvent très-puissans, très -étend us et accom- 
pagnés de lits plus minces de marne calcaire dure. Comme 
ces lits se présentent aussi dans d'autres lieux, et qu*il n*j 
a paa encore pour nous des moyens assurés de les distinguer , 
nous y reviendrons plus bas. 

Les minéraux disséminés dans cette roche sont très- peu 
nombreux ; j'y ai vu du calcaire spathiqoe très-bien cristal- 
lisé (près Vevay). On y cite du gypse sélénite. 

hcÈ débris organiques qu'elle renferme sont ordinaire- 
ment des coquilles marines , dans ses parties supérieures et 
moyennes, puis des lignites , des coquilles lacustres, des 
feuilles de palmier, etc., dans ses parties inférieures. 

Xavois déjà rapporté , comme je viens de le dire plus haut , la 
molasse de Suisse aux terrains de sédiment marins, supérieurs 
ao gjrpse; mais je Pavois fait avec quelque hésitation. Je n'en 
doute plus maintenant, depuis que M. Studer a admis et 
prouvé ces rapprochera ens. Le grès marin supérieur , la mo- 
lasse, le calcaire moellon, les marnes marines, soit isolés soit 
réunis deux à deux, représentent tout le terrain marin su- 
périeur au calcaire grossier ou le groupe protéique. 

En nous arrêtant , dans la description de la Molasse , k la 
partie marine, nous y remarquerons, avec M. Studer, trois 
roches particulières: le grès coquillier, la molasse propre- 

1 M. Bronner en a fait l'anslyte , que M. Studer a insérée dans son 
•avrage (fag. 98): 

Carbonate de chaux 45,a 

Oside de fer.« 5,8 

Silice 37,0 

Argile 3,9 

Potasse et Perte s,3 

£an 5,a 



99^4 



• 



io8 THE 

ment dite et le calcaire fétide; mais ce dernier appartenant 
au dépôt de lignite , il ne doit pas en être fait mention ici. 

Le Ghkh C0QUILLIEE9 composé de sable -quarzeux , cimenté 
par nn carbonate de chaux , qui paroit provenir des coquilles 
nombreuses qu*il renferme , contient en outre un grand 
nombre de grains d*un noir verdâtre et une substance ver- 
dàtre qui le traverse en veinules. M. Bronner a examiné 
cette matière assez remarquable dans cette position géognos- 
tique, et lui a« trouvé une composition non moins remar- 
quable qui la rapproche tout- à -fait du phosphate de chaux 
ferrifére et de la glauconîe crayeuse. • 

Les corps organisés fossiles qu'il renferme, et qui sont in- 
diqués au tableau n.° 5, sont en général beaucoup de coquilles 
marines bivalves, dont on ne voit souvent que les noyaux 
et les fragmens. Les univalves sont rares en comparaison , ce 
qui offre une analogie fort remarquable avec ce que M. Marcel 
de Serres a observé dans le calcaire moellon des environs de 
Montpellier. On ne connoit dans le grès coquillier aucun 
débris organique qui ait pu appartenir à des êtres terrestres 
ou lacustres, ou aux terrains de craie. 

Le grès coquillier de la molasse est très-nettement stratifié 
et forme toujours les couches ou assises supérieures de la 
molasse. ( Argovie, entre Zofingen et Regensberg; au Buchel« 
berg , où il atteint une élévation de 676*° au - dessus de 
rOcéan. ) « 

La Molasse qui forme la roche dominante du terrain qui 
porte son nom , et qui lui donne ses caractères , ne demande 
plus à être considérée que sons le rapport de ses pétrifications » 
de sa puissance , de son étendue et de ses variétés. 

M. Studer a épuisé tout ce qu'il y a à dire sur ses pétri* 
fications, et ses résultats , d'un l^^en plus grand poids que 
ceux que j'avois tirés de mes rapides observations, cenfirmeirl 
pleinement ce que j'avois présumé et annoncé dans l'édition 
de 1822 de la Description géognostique du terrain de Paris 
(pag. 186 , S.*'). Il n'y a point de coquilles lacustres au mt- 
lieu même de la molasse. Toutes les coquilles sont marines 
et analogues en général aux espèces du grès supérieur de 

1 Stubir, ouvrage cité, pag. 96 et auivantes. 



THE 109 

nos collines gypseuses, des collines subapennines, décrites 
par firocchi , et des collines des environs de Vienne, décrites 
par M. Constant Prévost. Lors même qu'on en trouveroit 
quelques-unes, leur présence pourroit s'expliquer très-natu« 
Tellement par les considérations sur les mélanges exposées ail- 
leurs* Les feuilles de palmiers et d'autres arbres de la carrière 
de molasse de Bergère , prés de Lausanne , paraissent avoir 
été enveloppées dans cette roche parla cause que nous avons 
admise dans ces considérations. D'ailleurs il ne faut pas ou- 
blier que nous allons trouver des lignites lacustres: dans la 
partie inférieure de la molasse. 

On ne peut citer avec certitude aucune bélemnite, ammo- 
nite, térébratule, ni aucun autre débris organique marin des 
terrains crétacés ou jurassiques : on n*y connott pas même 
de nummulites (pag. 389). M. Studer discute beaucoup mieux 
que je n'avois pu le faire les prétendues exceptions à cette 
régie, et fait voir le peu de confiance qu'on doit donner aux 
faits qui semblent opposés à cette généralité ' : il admet la 
présence de la mer et son séjour sur place ; il se fonde (pag. 
246) sur ce que presque toutes les coquilles fossiles de la 
molasse appartiennent à des espèces qui vivent dans le sable 
ou qui sont adhérentes aux écueils , et que leur présence 
démontre qu'elles ont vécu et se sont propagées dans la place où 
on les trouve. 

Les exemples des terrains protéiques , et. notamment de 
ceux qui sont plus particulièrement composés de cette roche, 
seront présentés à la fin de l'histoire des roches qui les com- 
posent. 

4. Calcaire mofxlon *. C'est un calcaire généralement sa- 

1 Noos ne pouvons entrer dans les détails de ce travail d'ërudilion 
et de critique. Si on veut apprécier les motifs de M. Studer, «l faut 
les lire dans Touvrage original, pag. 246 — 252. 

s J'adopte cette dénomination proposée par M. Marcel de Serres, 
m&Ss je ne puis adopter qu'il 7 ait dans ce qu'il a publié à ce sujet 
antre chose de noureau que ce -nom et l'observation de la puissance 
de ce calcaire beaucoup plus considérable dans le midi de la France 
qu'aux environs de Pari«. On développera cette assertion à la fin de 
l'article des terrains thalassiques, parce qu'on en appréciera mieux la 
valeur lorsqu'on aura vu les faits qui prouvent que nous avons reconnu 



i.o THE 

bleux , rare et tris-peu puissant dans le bassin de Paris , et 
qui manque quelquefois entièrement comme calcaire ; mais 
qui est presque toujours représenté comme formation marine 
par les lits plus ou moins épais et constans de coquilles ma- 
rines qui surmontent presque toujours le grès précédent. 
Lorsque ce calcaire existe, ou bien il se présente d*une ma- 
nière non douteuse avec les caractères calcaires prédomi- 
nans , comme à Nanteuil-le-Haudouin , près Paris ' ; aux envi- 
rons de Montpellier; au Loroux, près Nantes, etc.; ou bien 
il est m^é d'une quantité de sable assez considérable , comme 
dans les collines subapennines, les parties supérieures de la 
molasse de la Suisse, etc. (Voyez plus bas Fénumération des 
lieux où se présente Tensemble des terrains protéiques. ) 

Ce qu'il oflTre de remarquable, en outre de sa grande épais- 
seur, aux environs de Montpellier, c'est la présence et la réu- 
nion des ossemens des terrains clysmiens et du groupe palaeo- 
thérien. La présence de débris de mammifères terrestres, 
non-seulement dans un terrain marin , mais couverts même 
de corps marins, a déjà été observée en Italie, près Castelar- 
cuato , dans un terrain marin supérieur, analogue à celui 
dont il est ici question*: il ne reste donc de particulier dans 
celui de Montpellier que la présence des débris d'animaux 
qu'on croyoit plus anciens que ces terrains , le palœotherium 
et le lophiodon. On cherchera à l'article de la TnéoRiE des 
terrains thalassiques comment on peut se rendre compte de 
ces faits. 

5. Marnes marines* Elles sont tantôt calcaires, tantôt argi- 
leuses , en lits peu puissans , et caractérisées marines par les 
coquilles qu'elles renferment. 

Elles sont quelquefois tellement calcaires, qu'elles passent, 
dans certains points, à L'état de calcaire compacte, fin , propre 

et établi depuis long- temps rezistence d'un calcaire grossier au-dessus 
des terrains d'eau douce moyens. 

i Descript. gëolog. des enr. de Paris, ëdit. de 1822, pag 53 et 55, 
Ia6 et 365. Il y a cependant quelque doute sur l'application de cet 
exemple au groupe protéique. M.Lagrave vient de les angmenter par 
ses observations conj^ignées dans le Précis de statistique sur le canioa 
de Nanteuil-le-Haudouin (Annuaire du dép. de l'Oise, idag, pa|p. 14)* 



THE >'» 

à U lithographie. ( Montmartre , Mouligaon , plateau de 
Montmorency, etc.) 

JOani d*autre8 lieux et dans d'autres circonstances , elles sont 
ou très-argileuses, ou très-sablonneuses. 

Quoique peu distantes du grès précédent, elles montrent 
souyent un ensemble de coquilles assez différentes, tout en 
cdnsenrant des espèces communes aux deux roches. Nous 
indiquons aussi dans le tableau n.** S celles qui nous ont paru . 
les plus caractéristiques. Ces coquilles sont souvent brisées , 
comme pilées , mais le tét est presque toujours conservé. 

Les huîtres sont, comme on le remarquera, nombreuses 
dans la marne argileuse et rares dans le grès. C'est encore 
comme elles se trouvent dans la nature. Mais on doit observer 
qu'elles sont par lits, qu'elles sont adhérentes les unes aux 
autres, ou adhérentes aux lits des calcaires compactes, inter- 
posés dans cette marne; qu'elles sont presque toutes entières 
et bivalves ' ; qu'il y a très- peu d'autres coquilles avec elles t 
toutes circonstances qui indiquent, si même elles ne le prou- 
vent pas , qu'elles ont vécu dans les lieux où on les trouve. 

Comme il est très-difficile , ainsi que je l'ai dit plus haut , 
de distinguer ce terrain marin supérieur au gypse du ter- 
rain marin qui lui est inférieur, les exemples de la présence 
de ce terrain hors du bassin de Paris sont souvent incertains. 
Nous tenterons cependant d'en indiquer quelques-uns, ne fût- 
ce que pour donner plus de poids aux généralités , en mon- 
trant qu'elles résultent de faits observé» dans plusieurs bassins. 

Avant de citer ces exemples , je dois présenter le tableau 
des caractères dbtlnctifs qui me semblent pouvoir servir à 
faire distinguer le terrain protéique du terrain tritonien. 

Ce terrain est principalement quarzo- sableux et ferrugi- 
neux, surtout dans ses parties moyennes. 

On y voit beaucoup de galets de silex et de grès dans ses 
parties supérieures. Ces galets sont quelquefois mêlés avec 
les moules des coquilles mentionnées plus haut. 

Ces coquilles consistent principalement en cérites cordon- 

1 Celte disposition est très-claire, et par coosëqnent très-frappante, 
sor les grandes huîtres, ostrea pseudo-chama , qu'on trouve dans la 
marne argileuse au moulin de P<Mitct, au-dessus de Pontchartrain. 



112 THE 

nées, en ciihérées ^ peetunculus puhinatus , oslrea Jlahellula , et 
peu d'autres petites huîtres. 

II renferme daus ses parties infërieures beaucoup de pail- 
lettes de* mica. 

C'est aussi dans cette partie que se voient des ]its de marne 
argileuse et calcaire , renfermant des espèces d'huîtres très- 
noinbreuses et souvent très-grosses, ostrea pseudo'chama ^ hip^ 
pop us- j etc. 

• On y connoit des os de cétacés ^ notamment de lamantin ; 
des clypëastres; mais peu d'autres échinites, peu de madré- 
pores ^ point de nunimulités. 

On peut rapporter à cette partie miarine et supérieure du 
terrain de sédiment supérieur : 

Le bassin du Loroux, près Nantes. 

Le territoire de Banyuls des Aspres, sur la rive gauche du 
Tech (Pyrénées orientales); de Nissan, entre Narbonne et 
Bézier; le Boutonnet, près Montpellier. 

Bonpas , près d'Avignon , qui conduit , par nuances insen- 
sibles, à rapporter lemacigno molasse de la Suisse au terrain 
marno-sableux marin. 

' La colline de Highgate, près Londres, et la partie supé- 
rieure de Headenhill, dans Tiie de Wight. 

Le Lochenberg . près Burgdorf , aux environs de Berne,.etc. 

Les collines subapennines , depuis Asti en Piémont, jus- 
qu'à Monte- Leone en Calabre. Elles présentent vers leur som- 
met le sable ff'rrugineux. les galets, les huîtres et ossemens 
d'animaux terrestres, couverts (]e corps marins, qui prouvent 
que la mer a recouvert ces ossemens terrestres pendant assez 
long- temps pour que les huîtres et les balanes qui y adhè- 
rent aient pu s'y développer. . 

Les environs de Bonifacio en Corse. 

Les environs devienne en Autriche , d'après M. C- Prévost. 
En Hongrie, entre les rivières de Gran et dlpoly , d'après 
M* Beudant. 

3/ Gr. TERRAINS PALiEOTHÉRIENS. ' 

C'est le terrain lacustre le plus étc'ndu, le mieux et le plus 
) PAL/BOTHÉaiEirs, parce que les Palaotherium et les autres pachy- 



THE iiî 

consfamment bien caractéri«é; c'est celui auquel je rapporte 
tous les terraiosde cette origine qui ne sont pas éviHeinnient 
placés au<-dessus d*un terrain mamo-sableux marin ou qu^au* 
cune circonstance ne peut y Taire placer avec certitude. 

Qocique nous prenions principalement les caractères de 
ce terrain dans le bassin de Paris, on va voir que, sauf quel* 
quet particularités , on en retrouve les caractères généraux 
dans presque toutes les parties de TEurope où on Va reconnu. 

Cette formation n*a point toujours, comme dans le bassin 
de Paris, des limites supérieures claires et déterminées par 
un terrain marin ^ quelle qu'' en soit l'origine; elle est quelquefois 
superficielle ou simplement recouverte « soit par des terrains 
cljsmiens, soit par des terrains pyrogènes (le Puy-en-Vélay , 
FAuvergne, le Cantal). 

Ses limites inférieures sont partout fort nettement pronon- 
cées: c'est , ou le terrain tritonien (grès , calcaire grossier, etc.), 
qui est un terrain marin, ou des roches plus anciennes. 

Sa texture, tantôt sédimenteuse , tantôt en grande partie 
cristalline, indique un mode de formation au moins autant 
par voie chimique que par voie de sédiment. Si la partie 
qu'on observe n*est pas entièrement le produit d*une préci- 
pitation chimique, il est rare qu'elle n'offre pas tous les ca- 
ractères d'une dissolution préalable, au moins partielle, car, 
outre sa texture quelquefois concrétionnée et même cristal- 
line ( le gypse ) , outre ses couches et nodules siliceux , ses 
roches renferment des cavités tapissées de cristaux de calcaire 
spatbique très -volumineux, de quarz très - gros et très- lim- 
pide, et de concrétions d'agate calcédonieuse (à Mouron, une 
Ueue avant Coulommiers, département de Seine-et-Marne, 
où cette disposition est aussi claire que brillante) : caractères 
qui indiquent une dissolution préalable et complète de calcaire 
et de silice, et qui éloignent l'idée de tout sédiment mécanique 
au milieu d'une masse d'eaû abondante et agitée, qui, loin 



derme* de cette famille le /ont reconnottre partout , quelle que soit la 
nature de la roche qui Ifs renferme. 

Syn. Seconds terrains dVaii douce ou lacuntrci inférieur!. — Pariser 
Gypâ oder minière Suiswasser- Formation, KirinsT.— JW/rvoi/fr-J^i/- 
iung des ersien Urtiaren Kalkes, Boo^. 

54. « 



ti4 THE 

de permettre de telles cristallisations , auroit dû s'y opposer f 
en étendant considérablement la dissolution , etc. 

Ce terrain présente donc , dans la nature et la structure 
des roches et deè minéraux qui le composent, tous les ca- 
ractères d*une formation propre, presque entièrement chi- 
mique I résultant de la cristallisation sur place d'une disso- 
lution saturée de sulfate de chaux, de sulfate de strontiane, 
de carbonate de chaux, de silicate de magnésie, mêlée de 
quelques dépôts sédimenteux de marnes argileuses et calcaires. 

Mais c'est par les débris organiques, venant tous d'ani- 
maux ou de végétaux, soit terrestres, soit lacustres ou fluvia- 
tiles , que ce terrain se fait reconnoltre et se distingue de 
tous les autres. 

Nous présentons dans le tableau n.^ 6 la liste de ceux qu'on 
j Si reconnus et qu'on a déterminés avec précision. On y 
retrouvera plusieurs des espèces déjà nommées au terrain 
épîlymnique , soit parce que les espèces appartiennent en 
effet aux deux terrains, soit parce qu'on n*a pas toujours pu 
distinguer clairement ces deux terrains , qui ont une mjême 



onpine. 



Tous les débris organiques trouvés dans ces terrains , appar- 
tiennent donc évidemment à des êtres dont les genres analogues 
vivent actuellement à la surface de la terre ou dans les eaux 
douces. Je ne sache pas qu'on ait encore rencontré dans 
le milieu de ces masses, c^est- à-dire dans celles qui sont loin 
du contact avec les terrains marins inférieurs et supérieurs , 
aucun débris de mollusques, de poissons, de cétacés ou de 
reptiles marins, aucun madrépore, aucun fucus. 

Le terrain palsothérien est clairement stratifié, au moins 
dans ses parties supérieures et marneuses. Sa stratification 
est généralement horizontale, parallèle, et à couches peu 
épaisses. Ses parties massives, lorsqu'il en présente, offrent 
quelquefois (dans le gypse à ossemens), une division prisma- 
toide, et souvent (dans le calcaire siliceux) des cavités ir- 
régulîères, sinueuses. Dans ce dernier cas la stratification est 
peu nette. 

II forme, ou des plaines basses, étendues, ou des plateaux 
peu élevés, à surface plane et abords et peutes rapides, ou, 
enfin, des collines ou plutôt des buttes coniques* 



THE »'5 

> Son plus haut niveau ne nous est pas encore bien connu ; 
mais il ne parolt pas dépasser de deux cents mètres celui de 
l'Océan. 

Ce terrain, et principalement ses parties marneuses et cal- 
caires, est fort répandu à la surface du globe; mais il ne se 
présente jamais sans coupures ou interruption sur une grande 
étendue de pays. Les terrains lacustres palœothériens tou- 
îours circonscrits offrent des formations morcelées par baa- 
ainsy plateaux ou buttes. 

Ils ne renferment aucun filon ni veine métallique, mais 
quelques petits amas de fer hydraté , de manganèse terne 
(Montmartre), quelques dépôts de lignites peu puissans, si 
même ils appartiennent réellement k ce terrain. 

On y voit quelquefois de grandes fissures ou fentes , et même 
quelques cavités assez étendues pour être considérées comme 
des cavernes. Ces circonstances, bien caractérisées, sont fort 
rares. 

i Les pentes des plateaux et des collines qui appartiennent 
k cet ordre de terrain, sont quelquefois couvertes de débris 
et grosblocs,résultantdela dislocation de ses propres couches. 

Les roches qui entrent dans la composition de ce terr/iin, 
sont en général calcaires et siliceuses. Les premières domi- 
nent : la magnésie y est abondante; les sulfates de chaux 
et de strontiane s*y présentent souvent : on y connoit du 
soufre à nu ; mais s*il y a des sulfures métalliques, ils y sont 
tellement rares, que je n'en puis citer aucun exemple authen- 
tique. 

Les roches qui le composent sont dans Tordre de super- 
position le plus général et le plus probable : 

1 • LiGKITES SUISSES on DE LA MoLASSE. A mCSUrC qUC leS 

couches de la terre sont mieux étudiées, qu'elles sont exa- 
minées avec une sorte de minutie souvent fatigante et pour 
l'observateur et pour le lecteur, mais si efficace pour con- 
duire avec sûreté aux généralisations; à mesure qu'elles sont 
examinées ainsi par dçs hommes différens dans des pays dif- 
férens, la science géologique fait des progrès qui consistent 
à distinguer ce qui étoit confondu, à mettre à leur ju-ste place 
géologique les roches qu'on avoit réunies sous des rapports 



n« THE 

minëralogiques et zoologiques; rapports les plus sûrs qu^on 
puisse employer tant que les rapports géologiques ue sontpas 
bien connus. 

Les roches du terrains, ou même les lits subordonnés de 
combustible fossile, qu'on appelle lignite^ sont tout-à-fait 
dan» ce cas. Autrefois ils étoient confondus avec les charbons 
de terre. J'ai cherché avec M. Voigt à les en distinguer claire- 
ment ; mais je n'avois encore reconnu qu'un seul gîte ou qu'une 
seule formation de ces charbons fosjiles : maintenant on peut, 
sans craindre de passer à l'extrémité opposée, en reconnoftre 
au moins quatre , qu'ion verra à leur placé respective dans le ta* 
bleau dés terrains , sous les dénominations de lignite de Suisse, 
lignite parisien , lignite soissonnoîs , lignite de Tile d'Aix , etc. ; 
ce ne sont peut-être pas les seuls, et il est possible que les 
lignites de Provence fassent un cinquième dépôt, à placer 
entre les lignites soissonnoîs et le lignite de Tf le d'Aix. Tous 
n^ont pas la même importance , et ceux qui en ont le plus , 
comme les lignites suisse et soissonnoîs , ne la conservent pas 
dans tous les pays. 

Ils se ressemblent tellement que cette circonstance est une 
des principales causes de leur réunion en un seul groupe. Il 
n'y a souvent que leur position qui puisse faire établir entre 
eux de telles différences géognostiques. 

Cette difficulté , d'où résulte nécessairement de l'incertitude 
dans la détermination de leur époque de formation , lorsqu'ils 
ne sont pas interposés dans des terrains connus, m'a engagé 
à réunir en un seul groupe, sous le nom de mamo - charbon- 
neux , tous les lignites des terrains thalassiques , afin d'en faire 
mieux ressortir les ressemblances et les différences en lès dé- 
crivant ensemble. Je me bornerai donc à nommer à chaque 
terrain et à caractériser brièvement le gîte de lignite qu'on 
y trouve. L'établissement du gîte de lignite que je propose 
de distinguer sous le nom de lignite suisse, me parott naturel 
et propre à faire disparoitre les difficultés qu'on trouvoit 
dans la position de ce lignite, surtout dans la nature des 
corps organisés qu'il renferme, lorsqu'on vouloit les rappor- 
ter aux lignites soissonnoîs ou de l'argile plastique. 

Ces lignites sont évidemment placés sous la molasse ou 
dans les assises les plua inférieures de cette roche du groupe 



THE ii7 

protëîque; mais cette roche est marine, et les lignites, aimi 
que les roches marneuses, au milieu desquelles ils sont, nt 
présentent que des corps organisés terrestres ou lacustres» 
lis n^ont donc pas été primitivement déposés ou formés dans 
le sein de la mer. 

En examinant ces corps d^une manière non-seulement gé- 
nérale, mais même spéciale, on voit qu'ils ont beaucoup plus 
de rapports avec les corps organisés du groupe palasothérien, 
également d'origine lacustre, qu*avec aucune autre formai 
tion. Il parott donc quMls ont été déposés, comme le groupe 
palaeothérien , dans une eau douce , et que ce dépôt a eu 
lieu à peu près à la même époque géognostique que les ter- 
rains palaeothériens. On sait qu'un des moyens les plus sûrs, et 
peut-être le seul, de déterminer les époques géognostiques , 
c'est la succession des générations semblables. Ces lignites 
sont . d'ailleurs placés , comme le groupe palceothérien , au- 
dessous d'un terrain marin protéique; et, dans les circons* 
tances où on a pu voir, ou au moins présumer, quel étoit le 
terrain qu'ils recouvroient , on a cru reconnoitre d'abord un 
terrain lacustre plus ou moins épais, ensuite un terrain de 
calcaire grossier ou tritonien. 

Maintenant , si nous comparons ces lignites avec le terrain 
palfleothérien , sous le rapport des corps organisés fossiles , 
nous saisirons mieux les analogies et les différences. 

On a reconnu dans les lignites suisses des débris de mammi- 
fères , ce qu'on n'a pas encore observé dans les lignites sois^ 
sonnois, tels que nous les supposons placés '• Les uns sont des 
animaux de genres et d'espèces voisins des grands mammifères 
des terrains clysmiens (le nuutodon angustider^s ,le rhinocéros, 
un castor); les autres sont des animaux qui , sans être entière- 
ment semblables à ceux du gypse , ont cependant plus d'ana- 
logie avec ces anciens animaux qu'avec ceux des terrains clys- 
miens. Quelques-uns même sont communs aux lignites suisses 
ou au moins k leurs analogues d'Alsace et d'Italie , et aux ter- 
rains lacustres du groupe palaeothérien. Parmi les premiers on 

1 Nom avons lieu de pr^umer que plusieurs des lignites soissonnois 
sont d'une époque beaucoup plus nouvelle que nous le pensions , et qu'ils 
sont différens des lignites de l'argile plastiques 



ii8 THE 

doit compter les arUhracotherium des lignites de Toscane et 
d*Al$ace , dont une espèce , Vanthracotherium velacum , s'est 
présentée dans les marnes lymniques du Puy-en-Vélay. Parmi 
les seconils, on doit remarquer le lophiodon, qui se trouve 
dans le lignite du Laonois et dans les marnes lymniques de 
Soissons, d^Argenton , d'Issel, et le palœotherium isselanum, 
qui lie les marnes de ce lieu avec celles d'Argenton , comme 
ces dernières sont liées aux marnes lymniques du gypse par 
d'autres rapports géologiques. 

On remarquera Tanalogie zoologique de ces genres aVecles 
palœotherium et anoplotherium. 

Parmi les végétaux qui paroissent avoir vécu sur le même 
sol et dans le même temps où se sont déposés les lignites suisses , 
les marnes lymniques et même le gypse, on doit remarquer 
le Jlabellaria Schlotheimii , dans le lignite de Hœriog et dans la 
molasse de Lausanne ; lejiabellaria lamanonis, dans les marnes 
lymniques d*Aix; Vendogenites bacillaris, dans les lignites de 
Kœpfnach et de Lobsann, et un endogénite, dans les marnes 
lymniques de Montmartre. 

.Les lignites suisses forment des lits quelquefois très -puis- 
sans, alternant avec des marnes calcaires et des calcaires bi- 
tumineux et fétides , qui sont pétris de coquilles lacustres , 
se présentant quelquefois isolées , c'est-à-dire sans lignite. 

Les lignites que je rapporte à cette formation , sont .- 

£n France , le lignite de Lobsann près Wissembourg , en 
Alsace, qui est au milieu d'un terrain de marne lacustre, et 
qui a , comme le fait remarquer M. Voitz, la plus grande 
analogie avec legite de Ksepfnach. Le même terrain renferme, 
dans le Sundgau, du gypse que le même géologue compare 
à celui du Puy-en-Vélay. » 

En Suisse, les couches de lignites de Vevay , Lausanne , 
Kaepfnach près Horgen , d'Ugg , etc. 

En Italie, celles de Cadibona, dans le golfe de Gênes, où se 
sont trouvés des ossemens d'animaux voisins des mastodontes, 
tt que M. Cuvier a décrits sous le nom à^anthracotherium. 

Le gîte de charbon minéral de Hœring en Tyrol appartient 
■■■ .111 ' ■■ I , ■ I .11 

1 Celui de 6ouxTill«r est encore trop probiéiuati^ue pour que je 
puisse le rapporter aux lignites suisses. 



THE 119 

au même groupe de roches du terrain thalassique. Le gompho- 
iîle qui le recouvre, les calcaires marneux, les cyclades.et 
phylli tes qui raccompagnent , les coquilles fluviatiles , lym«> 
nées, planorbes, etc, , qui se montrent et dans le calcaire bi- 
tumineux qui raccompagne, et dans le lignite pici forme lui- 
même , établissent entre ce gtte , celui de Vevay , de Horgeo, 
etc. , une ressemblance complète et frappante. Si ces derniers 
appartiennent aux terrains thalassiques, comme je ne puis en 
douter , celui de Hœring ne peut en être séparé. 

Je présume que des débris de mammifères et de reptiles , 
trouvés non-seulement fossiles , mais pétrifiés, sur les rives 
de rirravadi, dans Tlnde , appartiennent à cette formation. 
Je les ai placés en conséquence dans le tableau des corps or- 
ganisés fossiles des lignites. 

2. Marnes lyhviques. Elles sont en général plus calcaires 
qu^argileuses , blanchâtres, jaunâtres ou verdâtres; elles ren- 
ferment plusieurs des espèces de mollusques testacés com- 
pris dans le tableau qu'on a donné de ces corps orgnnliés; 
elles renferment aussi des débris de végétaux terrestres (des 
palmiers), et c'est dans cette position qu'on doit placer les 
dépôts de lignites qu'on peut attribuer à ce terrain. 

Elles sont supérieures ou inférieures au gypse, ou aller* 
nent avec lui. 

Cest dans ces marnes, soit supérieures soit inférieures au 
gypse, qu*on trouve la célestine (sulfate de strontiane), tant 
compacte que grenue , en nodules ellipsoïdes ou lenticulaires , 
clobonnés , et dont les fissures sont quelquefois couvertes de 
célestine aciculaire. 

3. Gypse grossier on PALiEOTHÉRiEN. Il est jaunâtre pâle ; sa 
texture ai lamellaire , quelquefois un peu fibreuse ; il est mêlé 
de calcaire, et forme tantôt des lits minces, alternant avec les 
marnes lymniques, tantôt des masses stratifiées, k couehes 
épaisses, divisées en prismes irréguliers par des fissures per» 
pendiculaires, à la stratification. 

Il renferme , dans ses parties marneuses , du soufre con- 
crétionné (Montmartre), du manganèse terne, en petites 
plaques ondulées, et dans sa masse même, du $ilex corné en 
nodules ellipsoïdes. 



«2* THE 

Il ne prësenfe guère en débris organiques que des osse- 
mens. On n'y rencontre que très-rarement des coquilles ^ des 
insectes et des végétaux. 

4. Calcaire siliceux. Il est gris pâle^ gris foncé, gris jau- 
nâtre, blanc jaunâtre, à grains tellement fins, à texture telle- 
ment dense que plusieurs échantillons de ce calcaire (à La- 
chapelle, prés Crecy, à Test de Paris), \u8 isolément, ne se 
distinguent pas au premier aspect du calcaire compacte fin 
du Jura. 

Il- est mêlé de silice dans des proportions et d'une manière 
très> variables. Quelquefois la silice y est également répandue, 
invisible, et ne se manifeste que par la dureté qu'elle donne au 
calcaire et par le résidu qu'elle laisse par l'action des acides; 
plus souvent elle s'y montre, sous forme de silex, en amas 
ramifiés, veinés ou veinules, se croisant sous toute sorte de 
directions, en concrétions calcédonieuses, agathines ou ias«- 
poïdes, tapissant les cavités nombreuses que présente ce cal- 
caire, enfin, donnant l'idée d'un mélange agité de dépôt cal- 
caire-vaseux et de silice gélatineuse. 

Dans cet état ce calcaire ne présente pas de stratification 
distincte, au contraire il offre Taspect de masses irréguliéres 
et comme brisées, empâtées dans un ciment de marne cal- 
caire. 

Les roches et minéraux qui accompagnent le calcaire si- 
liceux comme roche principale , sont le quarz hyalin , l'a- 
gathé, la calcédoine, le silex résinite, le silex ménilite, le 
ailpx nectique , le calcaire spathique , la marne argileuse 
feuilletée, le silex corné et enfin la Magnésite plastique et 

ÏEUILtETÉE. 

^Exemples du groupe pâl^othèrien. 

Je rapporterai à ce groupe , comme je l'ai dit au com- 
mencement de son histoire, tons les terrains lacustres qui ne 
sont pas évidemment placés au-dessus d'un terrain marin qu'on 
puisse regarder comme de même époque que le groupe pro- 
téique ou marno -sableux. 

Ainsi,' en France et dans le bassin de Paris, presque tous 
les pays plats, soit plaines, soit plateaux, qui à l'est de cette 
ville s'étendent des environs de Luzarche au nord , vers 



THE laî 

Arpajon et Fontainebleau au sud , et jusqu^à Coulbmmien à 
Vest, offrent toutes les variétés de ce terrain. C*est à Cou- 
lommiers que se voit la magnésife plastique, qui a été citée 
plus haut comme en faisant partie. ' 

Au Puy-en-Vélay, où Ton voit avec les terrains lacustres 
et les coquilles qui les caractérisent , des amas de gypse , des 
squelettes de palseothérium.* 

A Aix , en Provence, c*est le second point où le gypse 
paroisse se présenter comme à Montmartre. M. Marcel de 
SerrQs vient d*y reconnoitre des débris d*inscctes très-nom* 
breux et fort remarquables. 

Les autres exemples de terrains lacustres que Je rais citer ^^ 
ne renferment pas de gypse , ou ne le présentent qu'en cria» 
taux disséminés* 

On connoit encore en France le terrain palaeothérien , k 
Bemos, dans le département des Landes, dans un très-grand 
nombre de lieux aux environs de Montpellier; dans le dé- 
partement du Gard , prés d'Alais ; à Salinelles , près de Som- 
mières, etc. C'est dans ce dernier lieu que s'est présentée la 
magnésite dans une situation analogue à celle que nous lui' 
avons reconnue près Coulommiers. ^ 

Dans la vallée de la Sorgue , près Vaucluse; auprès d'Agen» 
M. de Férussac le rapporte à la seconde formation* 

Dans l'Auvergne et le Cantal, où il se présente en bancs 
puiaaans , renfermant des silex , au-dessous des roches volca-^ 
niques de ces pays ^ ; dans le département de l'Allier , aux 
environs de Gannat et à Vichy; dans le département du Cher , 
entre Mehun et Quincy (il renferme des calcaires et des silex 
résinites, remarquables par leur belle couleur rouge carminé); 
à Argenton, dans le département de l'Indre, où il renferme 
de nombreux débris de squelettes de lophiodon et d'autres 
mammifères de genres actuellement inconnus; dans le dé- 
partement du Loiret, aux environs d'Orléans, où il présente 

1 Descript. géologique des environs de Paris, édit. de 182a, pag. ao5. 
Ânn. des min., 182a, pag. 291. 

2 BEAT&AifD'RovXj Description. 

3 Ann. des mines, 1622, page do2. 

4 Mém. sur les terrains d eau douce ; Ann. du Hnsénro dliist. nat. de 
Paris, tome i5, page 388. 



iM tHE 

i peu près les mêmes circonstances; à Bouxwiller, au pied 
du Bastberg , dans le département du Bas «Rhin. 

En Angleterre, dans l'ile de Wîght, où les deux terrains 
d'eau douce, si bien décrits par M. Webster, sont parfaite* 
ment distincts. 

Dans le Jura et en Suisse les terrains lacustres offrent une 
déposition particulière : ils sont généralement plus nettement 
stratiâés et dépourvus de ces tubulures sinueuses qui les ca- 
nctérisent ordinairement; tel est celui du vallon du Locle, 
près Neufcbàtel; d'Œningen, près du lac de Constance* 

On en a découvert aussi un très-grand nombre en Allemagne, 
et ceux-ci ne manquent d*aucun des caractères qui appar- 
tiennent à cette sorte de terrain; tels sont ceux d'Urspring, 
près d'Ulm ; des cantons au sud de Vienne , de la Thuringe, etc. 

En Hongrie, à Nagy-Vasory, contrée de Balaton ; au Blocks- 
berg, près Bude , où M. Beudant a reconnu ces terrains , avec 
Tensemble de tous les caractères qu'ils présentent aux en- 
virons de Paris. 

L'Italie méridionale, depuis Sienne et les confins de la 
Toscane, jusqu'auprès deTarente, montre des étendues con- 
sidérables de ce terrain , qui a ici un caractère particulier de 
nouveauté ; mais qui offre les caractères communs de texture 
dense, de tubulures sinueuses, de coquilles et végétaux la- 
custres, qui appartieniient en général aux terrains d'eau douce. 
Les exemples sont trop nombreux pour que je les énumère 
ici; on les trouvera décrits avec détails dans la Description 
féognostique des terrains de Paris. ' 

Théorie des terrains lacustres ou d'eau douce* 

Ces terrains , à peine soupçonnés il y a vingt ans, sont re- 
connus maintenant, ainsi qu'on vient de le voir dans un 
grand nombre de lieux. Ils ne présentent dans tous ces lieux 
qu'un seul caractère qui leur soit commun , sans exception : 
c'est de renfermer exclusivement des débris de corps organi- 
sés qui sont semblables à ceux qui , vivant actuellement à 
la surface de la terre ou dans les eaux douces^ ne vivent 
pas également , généralement et naturellement dans la mer 

1 IB^ition de 1822, pages 3 12 et «air. 



THE "$ 

•a les eaux salées ; yoili ce qui constitue la règle, la géoé- 
raiité, le premier point de la théorie, celui d*oii il faut 
partir, d'après ce qui me semble être les lois ordinaires ^e 
la logique. 

C'est ce caractère qui constitue pour moi le vrai terrain 
laemêire, celui qui a dû s* être formé dans ou sous des eaux 
douces. 

On a reconnu ensuite d'autres terrains qui contiennent aussi 
des débris organiques terrestres ou lacustres , souvent même 
très -abondamment; mais souvent aussi ces corps, ou bien 
soDt mêlés avec des productions marines (le terrain de Weis- 
senau, près Mayence), ou bien ils alternent avec des lits qui 
renferment plus ou moins de débris marins (les lignites sois- 
sonnois, etc., peut-être les houilles). 

Delà deux divisions de terrains lacustres, et dans chacune 
de ces divisions deux sortes différentes , qui indiquent an» 
tant de modes ou de circonstances différentes de formation. 

La première division des terrains lacustres renferme ceux 
qui indiquent , par le caractère presque absolu de la pré- 
sence sans mélange de corps non marins, qu'ils ont été dé- 
posés dans des eaux non marines. Ce dépôt paroit avoir été 
ikit dans deux circonstances assez différentes. 

Dans la première , les roches qui constituent ce terrain mon- 
trent une stratification imparfaite ou très- irrégulière , une 
texture compacte ou même cristalline, et renferment des mi- 
néraux qui ont été évidemment dissous , tels que du caloaire 
spathique, du silex pyromaque, du quarz hyalin, du gypse 
on lamellaire ou sous forme de cristaux , et jusqu'à de la mé- 
sotype '. Ils montrent une multitude de tubulures et de petites 
cavités cylindroïdes , souvent parallèles, souvent bifurquées, 
toujours sinueuses, qui, comme jeFai dit dans d'autres écrits , 
semblent indiquer le passage d'un gaz à travers nne masse 
molle et un peu visqueuse. Les coquilles et autres débris or- 
ganiques d'eau douce qu'ils renferment, y sont dispersés 

1 En Auvergne, auPuj dit de la Piquette, trouTë par M. le comte de 
Laizer:)'ai reconnu dans les curienx échantillons, qui n'ont été remis 
par cet amateur distingué, des cristaux hien caractérisés de mésotjpe 
et d'apnph^rliitc, tapissant les cavités d«?s indusia tuhulata et des autref 
débris organiques qui composent ce calcaire^ 



i24 THE 

sans ordre, mais ils y sont plus entiers 9 rarement - même 
écrasés. Je n'y connois aucune coquille bivalve, comme si ces 
mollusques , toujours confinés dans le fond ou sur le sol , 
n'avoient pu vivre dans une eau trop saturée de matières 
terreuses et salines; tandis que les lymnées et les planorJ>es 
«voient pu, en s'élevant vers les rives ou vers la surface, 
échapper à cette influence. 

Ce sont pour moi des terrains lacustres de cristallisation 
confuse, mêlés souvent , il est vrai , de parties sédimenteuses , 
mais bien certainement dus à un précipité chimique de cal- 
caire et de silex dans une eau douce qui tenoit ces matières 
en dissolution au moyen, soit de Facide carbonique , soit du 
gaz hydrogène sulfuré, soit d'un tout autre agent. 

Les terrains lacustres de meulière des plateaux du bassin 
de Paris (qui sont supra-protéiques) ; les terrains lacustres de 
calcaire siliceux de Champigny, Septeuil, etc. (qui sont in- 
tra-protéiques) ; ceux des départemens de la Nièvre, du 
Cantal, de TAuvergne, d'Ulm, etc., me paroîssent résulter 
la plupart de ce mode de formation. Je ne sache pas qu'on ait 
encore cité dans ces terrains un seul débris authentique d'un 
animal ou d'un végétal exclusivement marin. 

Le terrain laqustre qui se forme au fond du lac de Bakie 
en Ecosse , et celui q.ui se forme par un autre agent de dis- 
solution, au fond du lac de Tartari, entre Rome et Tivoli, 
sont des exemples et même des preuves actuelles et évidentes 
de cet ancien mode de formation. 

C'est là le vrai terrain lacustre ou d'eau douce. 
La seconde sorte de terrain lacustre est également vraie, 
c'est-à-dire pure de mélange; mais c'est, celui qui présente 
dans sa structure en grand une stratification mince, très-ré- 
gulière, une texture plutôt grossière ou d'agrégation, que 
compacte ou de cristallisation, dans lequel on pe voit presque 
aucune substance minérale cristalline , à peine quelques silex 
en lits (vallon du Locle), mais surtout point de ces tubu- 
lures ou canaux sinueux , si fréquens dans les premiers : les 
coquilles y sont la plupart écrasées , et c'est dans ces terrains 
qu'on a renconnu pour la première fois des coquilles bivalyes 
d'eau douce. ( Œningen , Aix en Provence , etc.) 

Ceux-ci paroissent avoir été faits par voie mécanique. On 



THE "5 

peat te figurer assez bien leur formation , en admettant que 
des cours d*eau chargés de matières calcaires et m^me sili- 
ceuses , précipitées de leur eau ou enlevées au sol de leur Ut 
ou de leurs rires, les ont déposées dans des lacs ou grands amas 
d*eaa douce, en enveloppant les corps organisés qui y ri- 
Toient, et formant sur le fond de ces lacs d*eau douce des 
sédimens stratifiés horizontalement '• Ces terrains ne renfer* 
ment en général que des débris de corps organisés terrestres 
•u d'eau douce; mais on conçoit qu41s pourroieot avoir en- 
veloppé quelques débris d*uoe autre origine. 

La seconde division de terrains , qui renferment des débris 
d^animaux et végétaux d*eau douce , mêlés ou alternant avec 
des débris marins, me semble avoir une tout autre origine, 
n y eo a encore de deux sortes : les premiers sont compo- 
sés de lits assez régulièrement stratifiés de matière charbon- 
neuse, d'argile, de marne renfermant des animaux et végé- 
taux lacustres, et alternant une ou plusieurs fois avec des 
couches de calcaire, de sable ou de marnes qui contiennent 
des restes d'animaux marins. Ces restes sont en général assez 
entiers, quoiqu'en contact quelquefois avec des galets. 
- Les terrains de cette sorte paroissent avoir été formés dans 
des marécages d'eau douce, à peu de distance desmers , et avoir 
été recouverts une ou plusieurs fois par les eaux marines et 
par leurs produits, soit qu'ils aient glissé sous ces eaux et se 
soient étendus sur la grève ou sur les galets qui la composent, 
soit que ces eaux aient monté et les aient recouverts ; cir- 
constance très-importante , mais étrangère à la question ac- 
tuelle (les lignites soissonnois et peut-être aussi les lignites de 
la molasse et même la houille filicifère ). 

Cette théorie s'accorde assez bien avec l'épaisseur souvent 
considérable de ces dépôts, et avec l'alternance des débris ma- 
rins et des débris lacustres dans les lignites ; elle explique les 
mélanges dans les points de contact entre le terrain maréca- 
geux et le terrain marin qui l'a recouvert. 

Les terrains de la seconde sorte ne sont pas réellement des 
terrains lacustres ou d'eau douce ; ils sont composés de roches 

t J'ai dëjà ébauché ceUe théorie daas les addUiona k la Descriptign 
féologi^ue dês environs de. Paris , édit. de iSaa,p. J19. 



"6 THE 

d'agrégation très • grossières , sableuses , marneuses et cal- 
caires , formées souvent d'une multitude de débris de coquilles 
marines. Leur stratification est assez sensible , assez puissante ; 
ils ont , enfin , tous les caractères du calcaire grossier, et ils 
n'en diffèrent que parce qu'ils renferment un assez grand 
nombre de coquilles d'eau douce et terrestres, et même des 
produits végétaux , tels que des fruits, des fragmens de lignite 
de même origine. Sans la présence notable de ces débris, on 
n'auroit pas été tenté de les rapporter aux terrains lacustres, 
auxquels ils n'appartiennent réellement pas. La théorie la 
plus simple montre que ces terrains ont été formés sous des 
eaux marines, non loin des rivages et à l'embouchure des 
cours d'eau qui amenoient dans la mer les animaux et les 
végétaux terrestres, fiuviatiles ou lacustres, qui vivoient dans 
ces cours d'eau , dans les marécages qu'ils traversoient ou sur 
leurs rives. 

Les collines de Weissenau , prés May en ce, et celles des en vi- 
rons de Francfort, offrent un des exemples les plus frappans de 
cette sorte de terrain. On peut dire que le calcaire grossier 
des environs de Paris, avec les petits lits de productions la» 
eustres ou terrestres qu'il renferme, et les coquilles d'eau 
douce qu'on voit quelquefois disséminées dans ses couches , 
est encore un exemple moins frappant, mais non moins vrai 
et non moins instructif de cette- formation. 

Ainsi l'observation attentive de ces terrains y fait recon- 
noitre quatre modes dîfférens de formation ; une théorie dé- 
duite de' ces observations conduit assez simplement aux causes 
qui doivent avoir produit les différences qu'on remarque dans 
ces quatre sortes de terrains. 

4* Or. TERRAINS TRITONIENS ' 

ou CALCARÉO-SABLEUX. 

n pourroit prendre ce dernier nom de la nature domi- 
nante des roches qui le composent. 



1 Ce nom peut ne rien signifier; mais si on veut, pour le retenir 
plus facilement, le lier avec quelques idées qui soient en rapport avec 
les principaux caractères de ces terrains, on se rappellera que c'e«t le 
nom d'an fils de Neptune, c'est- à- dire 'un terrain marin porteur de 



THE >«7 

ScB limitet, tant supérieures qu^infërieures , sont difficiles 
à éUblir. 

Lorsqu'il est recouvert par le terrain palieotbérien , sa limite 
ivpéricure est claire} mais lorsque ce terrain lacustre n*existe 
paa, il se confond , sans qu'il soit possible de trouver la ligne 
de séparation, avec le terrain protéique (marno- sableux su» 
périeur), également marin ( c'est le cas des collines suba- 
pennines). Ses limites inférieures sont l'argile plastique et 
sea lignites , lorsqu'ils existent et qu'on peut les distinguer su* 
rement des marnes argileuses et des lignites qui lui sont inter» 
posés; mais lorsque ce groupe argileux n'existe pas, la craie 
ou les roches plus anciennes forment ses limites inférieures» 
. La texture et le mode de formation de ce groupe me pa* 
roissent être ses caractères les plus tranchés et les plus impor- 
tans ; car ils dépendent des circonstances physiques deTépoque 
géognostique pendant laquelle ce terrain a été déposé; ila 
l'accompagnent sur toutes les parties du globe où on l'a re^ 
connu , et ils ont puissamment contribué à le faire recdUnoltre» 

Ce groupe de roches a été essentiellement formé par voie 
mécanique ou de sédiment et même de sédiment grossier. Sa 
texture est grenue , grossière, souvent lâche, et sa consistance 
friable. 

Cependant, et comme pour faire voir qu'il n'est pas ter- 
rain de transport , mais qu'il a été déposé sur le lieu où on 
le trouve, il montre , dans ses assises supérieures, des roches 
et minéraux quarzeux et calcaires de cristallisation ( le gréa 
luisant de Beauchamps; le quan hyalin et le calcaire spathi- 
que inverse de Neuiily, etc.). Il montre dans ses parties 
moyennes des silex cornés, qui remplacent des coquilles ma* 
rines ou qui ont été déposés en nodules aplatb (Sèvres, Gen- 
tilly) ; mais ces parties, formées par voie chimique , sont très- 
petites en comparaison de la masse sédimenteuse* 

Les débris organiques qu'il renferme fournissent un autre 
caractère tranché et constant de ce groupe : c'est le gtte d'une 
multitude d'espèces de coquilles marines, dont le nombre 

conques ou cors marins, c'est-à«dire très-abondant en coquilles marinta 
turbinëes : Cërites, Buccins, Murex, etc. 
Sjrn, Formation du premier calçairt tertiaire. (A. Bovi.) 



"8 THE 

dépasse de beaucoup 1200 et dontrensemble rappelle celui 
des genres et des espèces qui habitent actuellement les mers. 

Le nombre des espèces (|e coquilles est trop conndérable 
pour qu'on puisse en donnetrënumération comme caractères 
nous devons nous contenter d'indiquer les genres qui ne se 
sont pA» encore trouvés dans les terrains inférieurs, et quel- 
ques-nus des principaux genres de ces. derniers terrains, qu'on 
, n'a pas encore reconnus dans le groupe principal des teiTaina 
jiémieBi supérieurs. Les tableaux publiés par M. Defrance , 
et qu'on peut consulter au mot PéraiPiCATioN , nous fourni- 
ront tous les élémens de celui que nous présentons comme 
caractéristique de ce terrain à la suite du tableau n.** B» 

Ilvenferme en outre des poissons en grand nombre, quel- 
ques reptiles marins « qui y sont très-rares, des cétacés; mais 
jusqu'à présent on n'y a trouvé aucun débris de mammifère 
terrestre ni d'oiseau , ou du moins les indications rares qu'on 
en donne sont encore très -incertain es. 

On voit, que les caractères zoologiques de ces terrains sont 
plus négatifs que positifs , et que par conséquent ils ne sont 
bons que pour le taoment actuel. 

Le groupe càlcaréo-sableux est stratifié d'une manière très- 
distincte; ses bancs sont puissans et sa stratification esthori- 
lontaie dans les pajrs de plaine éloignés des chaînes de mon- 
tagnes et des terrains pyrogènes. 

11 forme des plaines, des plateaux ou des collines alongées 
en pente douce vers la base, plus rapide vers le sommet. 

Ce groupe est répandu sur une grande partie de l'Europe; 
il y foi me des terrains assez étendus, mais cependant limités 
et même morcelés par bassins et plateaux. 

Il ne renferme dans ses trois premières roches ni filon , ni 
veine, ni amas, soit métallique, soit pyriteux, sbit pierreux, 
à l'exception des druses de quarz et de calcaire spathique 
mentionnées plus haut. De l'autre part, ce caractère négatif, 
qui souffre peut-être quelques exceptions ; mais qui en offre 
ai peu que je ne puis en citer aucun exemple authentique, 
n'est propre qu'aux trois premières roches; il cesse à la der- 
nière , à celle qui est désignée sous le nom d'argile plastique. 

Il présente dans ses diverses parties., mais plutôt dans les 
supérieures et les inférieures que dans les moyennes, des 



THE 129 

galets de silex, de calcaire ou d'autres rorhes, tantôt isolés, 
épàTB ou eo amas peu étendus (les galets siliceuA du grès de 
Beanchamps, ceux de la glaucooie grossière de Chun illy, 
etc.), tantôt en accumulations immenses dans toutes leurs 
dimensions, par conséquent des portions considérables de 
roche élastique ou de transport , désignée sous les noms de 
poudingue ou de gompholite. 

Enfin, on y observe quelquefois de grandes ravîtes, ayant 
la forme tantôt de IJssures perpendiculaires aux courlics , ou de 
carernes qui s*y enfoncent ; mais qui sont très-peu profondes 
et qui n*ont par conséquent presque point dVtendue^ tantôt 
de puits, c'est-à-dire de cavités cylindroides presque verticales, 
aoit vides et ouvertes jusqu^à la surface du sol , suit fermées 
ayant de parvenir à cette surface et remplies de marnes sa- 
blonneuses, de cailloux et de diverses autres matières de 
transport. 

I>7ous plaçons aussi au nombre des accidens ou circonstances 
accidentelles, c'est-à-dire non propres à la généralité de ces 
terrains, les débris de corps organisés non marins qu'on y 
trouve quelquefois mêlés avec les débris marins qui lui appar- 
tiennent en propre; tels sont les bois pétrifiés ou à Tétat de 
lignite fibreux, les coquilles lacustres, fluviatilcs ou terres- 
tres, qu'on a rencontrés dans quelques endroits (à Weissenau 
près Mayence, à Meudon, à Montrouge, etc.). On a vu à la 
théorie des terrains lacustres, comment on peut se rendre 
compte d'une manière simple et conforme à l'observation, 
de la présence de ces corps fluviatilcs et terrestres au milieu 
d'un terrain essentiellement marin. 

Les roches qui entrent dans la composition de ce groupe, 
soit comme roches essentielles, suit comme roches subordon- 
nées , et les minéraux qui s^ trouvent, sont les suivans , 
sur lesquelles il nous reste peu d'observations à faire. 

!• Gbks blanc ou TRiTONiEN cf Orès LUSTRÉ. C'cst un grès sub- 
ordonné au calcaire grossier, qui se montre eu < ouches plus ou 
moins puissantes et plus ou moins pures dans les parties supé- 
rieures du groupe tritonien ou cali^aréo-sableux, qui t(»uche 
même au terrain lacustre palaeothérlen et qui semble dans quel- 
ques cas avoir été le fond sablonneux de la mer et être devenu 
54. 9 



i3o THE 

ensuite le fond sablonneux des eaux douces, lorsque celles-ci 
ont remplacé les eaux salées; car c'est dans ce point de con- 
tact que les productions organiques des deux milieux se trou- 
vent mêlés (à Beauchamps, prés Pontoise , etc.)'. C'est dans 
cette partie sableuse et quarzeuse de ce groupe que se montre 
le plus évidemment Faction chimique et cristalline qui a en- 
core eu de rinfluence. Le grés est souvent luisant; ses fissures 
sont tapissées de petits cristaux de quarz, etc. 

2. Calcairb grossier ou TRiTONiEN. Rochc calcairc , à tex- 
ture grenu e , lâche , im pure , mêlée de marne ocreuse , de sable , 
etc., présentant des assises très-distinctes, nombreuses, plus ou 
liioins puissantes, en stratification ordinairement horizontale, 
offrant de nombreuses variétés de texture , depuis la plus fine et 
la plus compacte ( dans les pierres qu'on nomme clicart , liais 
et roche) ^ jusqu*à la plus grossière (dans celles qu'on appelle 
lambourde )• 

Les roches subordonnées sont, dans les parties supérieures, 
le silex corné , en lits minces , interrompus ( Gentilly ), et les 
marnes calcaire et argileuse, avec quelques lits de lignite; 
et dans les parties inférieures, la glauconie grossière, roche 
mélangée, composée de calcaire grossier et de silicate de fér 
terreux, vert et granulaire. 

Les minéraux disséminés que renferme le calcaire grossier 
sont, principalement dans les assises supérieures , le fiuorite 
en très-petits cristaux cubiques, le quarz hyalin prisme, le 
calcaire spathique ; et dans les assises inférieures , le fer chlo- 
riteux granulaire. 

On sait que le calcaire grossier est la pierre dont on se sert 
dans les constructions de Paris; que cette piVrre à bâtir des Pa* 
risiens porte, suivant sa grosseur et ses qualités, les noms de 
pierre d'appareil, pierre de taille , moellon y etc. 



1 On Yoit que toutes ces règles sont déduites de ce quis*obser?e dans 
le bassin de Paris, que Ton a pris, ainsi que j'en ai prévenu plusieurs 
fois, pour le modèle ou tjpe comparatif des terrains yzémiens supérieurs, 
parce qu'il a été décrit le plus complètement comme tel, et que je le 
connois mieux qu'aucun autre. Je ferai ressortir plus bas les points de 
ressemblance et de différence que présentent les mêmes terrains dans 
d'autres lieux. 



THE i5i 

5/ Cr. TERRAINS MARNO -CHARBONNEUX. 

J'avoîs réuni autrefois ce groupe de roches avec Targile 
plastique, parce que ces deux dépôts sont généralement in- 
férieurs au calcaire grossier et souvent placés ininiédiatement 
Tunsur Fautre. Cependant favois dès-lors élevé des doutes sur 
la simultanéité de leur formation , et j^avois comme pressenti 
leur séparation ultérieure.' 

Mais, d'une part, de nouvelles observations, fuites aux en- 
virons de Paris par M. Desnoyer, ayant prouvé qu'ils peuvent 
être séparés Tun de l'autre par des bancs assez puissans de 
calcaire grossier, et de l'autre part, la considération des 
débris organiques, si abondans dans le dépôt marno-charbon- 
neux, et, au contraire, si rares dans l'argile plastique, si 
même il y en a , conduisent à >éparer ces deux dépôts plus 
complètement qu'on ne Tavoit fait jusqu'à présent. 

Nous allons donc considérer le dépôt niarno-charbonneux 
d'une manière indépendante du déj>ôt argilo-sableux. , 

Le groupe Marno- CHARBONNEUX, qu'il ne faut pas con- 
fondre avec le lignite suisse, parott former un dépôt tantôt 
subordonné au calcaire grossier, et tantôt principal et indé- 
pendant de ce calcaire, qui ne s'y montre pas on qui n*y 
oecupe qu'une position très -secondaire (les lignites de Pro- 
Tcnce ). 

Il est généralement situé dans les parties inférieures du ter- 
rain calcaire, et quelquefois tout- à-fait au-dessous de cette 
roche; quelquefois aussi il est placé au milieu de ses couches 
(lignites de Montrouge). 

Quoique ce terrain soit d'une texture principalement sé- 
dimenteuse, et qu'il soit par conséquent le produit d'une 
précipitation mécanique, néanmoins il recèle aes minéraux, 
des drnses, même des roches, qui résultent d'une précipita- 
tion évidemment chimique. 

Il est stratiâé d'une manière très -distincte en lits ordi- 
nairement peu épais, mais qui se présentent , dans d'autres 
circonstances, avec une puissance considérable. 

1 Descr. géologique des enTÎronsde Paris, i8aa; De Vargile plastique ^ 
etc., pag. 19, où les deux bancs d'argile lont déjà assez cUireioent dis- 
tingués. 



ii2 THE 

Cependant ils n*influent pas sur la forme ektërietfre dn 
sol qui les renferme , et ne se montrent jamais sur une grande 
étendue de terrain sans être interrompus. 
' L'ensemble des roches dénommées au tableau , c'est-à-4ire 
Targile, le sable, et surtout le lignite, dans tous ses états, 
est un des caractères les plus tranchés de ce terrain. Les dé- 
bris organiques offrent un autre ordre de caractères, sur le- 
quel on reviendra plus bas. On doit se contenter d'indiquer 
que, d'une part, des coquilles lacustres, et parmi celles -ei 
les cyrènes et les mélanopsides , et de l'autre , que des co- 
quilles marines , notamment des huîtres et des cérites, of- 
frent assez constamment dans ce terrain une succession ou 
alternance de lits fort remarquable. 

Les roches et minéraux qui se présentent dans ce groupe, 
tantôt tous ensemble , tantôt indépendamment les uns des 
autres, sont: 

L'Argile fio-tjline, qui ne diffère que très-peu de l'argile 
plastique, qu'on va trouver plus bas, est cependant moins 
plastique, plus fragmentaire, même moins pure, et par con- 
séquent moins réfractaire que l'argile plastique. 

Des Marnes, qui sont toujours argileuses et qui ne parois- 
sent être' que l'argile précédente, mêlée d'un peu de calcaire. 

Le Sable, et même quelquefois du grès quarzeux, très-blanc 
et très-puissant. 

Enfin le Lignite soissonnois dans toutes ses variétés, depuis 
le fibreux, qui ressemble à du bois à peine altéré, jusqu'au 
jayet, dans lequel le bois est devenu noir et très-dense. 

Ce terrain renferme des minéraux disséminés. 

Le SucciN , dans presque tous les lieux où on observe ce 
terrain. 

Le gypse en cristaux limpides et assez volumineux. 

La webstérite^ en rognons mamelonnés , à texture compacte y 
et la webstérite oolithique , dont le nom indique la struc* 
ture. * ! 

Le phosphorite terreux, brunâtre, en rognons cylindroïdes, 
mêlé ou accompagné de phusphate de fer ( Auteuil). 

La célestine {sironiistne sulfatée) , en petits cristaux implantés. 
. Le quarz hyalin, en petits cristaux limpides, tantôt dans le 
sol et tantôt dans le lignite lui-même. 



THE i35 

Enfin 9 des p^iles, qni semblent être d'autant plus abon* 
dautes , que les lits qui les renferment sont plus voisins du 
fond de la formation ou plus prés de la surface de la craie. 
Ces pyrites sont quelquefois , mais très-rarement , accompa- 
gnées de célestine. 

Les débris organiques qui s*y trouvent, appartenant, les 
uns à des corps marins , les autres à des êtres qui ont vécu 
dans les eaux doui-es et à la surface de la terre, doivent .être 
présentés dans deux tableaux distincts: le premier renfermera 
les débrii de corps organisés lacustres , fluviatiles ou ter* 
restres; le second , les débris de corps marins qui ne te tiou- 
vent ordinairement que dans les couches supérieures* 

On remarquera combien les corps marins sont peu nom- 
breux en espèces , en comparaison des animaux et des végé- 
taux terrestres et lacustres. On remarquera également qu*oi^ 
n'a encore trouvé dans ce dépôt ni confervet, ni algues. 

Exemples du groupe mjrno-chârbonneux. 

Dans le bassin de Paris et non loin de cette ville. 

A Marly, du sable, des coquilles brisées, des indices de 
lignite et de résine fossile. — Dans la plaine de Bagneux, au 
milieu des couches de calcaire grossier , avec les coquilles 
qui accompagnent ordinairement cette roche. (C. PaévosT.) — 
Les environs de Soissons, de Reims, d'Épernay, où le sable» 
Ici coquilles fluviatiles et marines , le lignite .pyriteux , le 
succin, sont très-abondans , tandis que Targile plastique pro- 
prement dite est à peine distincte. 

Les dépôts puissans, abondans et multipliés de lignite, ac- 
compagnés de sable , de marne argileuse , de beaucoup de; 
coquilles lacustres , des départemens de la Dr6me , de Pior 
lenc près d'Orange, de Sisteron et Forcalquier , de Saint- 
Fmilet près du pont Saint-Esprit, de Voreppes dans le dé- 
partement de risère, et surtout ceux des environs d'Aix , de 
I4arseille et de Toulon. 

£n Angleterre , ceux deTiledeSheppey, à l'embouchure de 
la Tamise , si riches en fruits fossiles pyriteux ; et les argiles 
bleues, mêlées de succin , de Highgate et de Brentford , près 
X^ondres ? 

En Allemagne , tous les gites puiaiaos de lignites inférieurs 



i34 THE 

aux terrains basaltiques, et notamment ceux du mont Meîs- 
ner et de l'Habîchtswald en Hesse, de Tœplitz et de Putcheris, 
de Carlsbad ; et enfin ]es marnes argileuses, mêlées de sable 
et riches en suocin , des rives de la mer Baltique , du côté 
de Kœnigsberg. 

6/ Gr. TERRAINS ARGILO-SABLEUX. 

1. Sable quarzedx; 2. Argile plastique. Malgré leur contact 
presque immédiat, il n'est pas reconnu avec toute certitude 
que l'&rgile plastique et son sable appartiennent à la même for- 
mation que le lignite soissonnois^ ni même que Tun et Tautre 
ne dpivent être plus nettement séparés du calcaire grossier 
que ne le présente le tableau que je dételoppe. 

Cet avertissement s'oppose à ce qu'il résulte aucune erreur 
réelle de leur rapprochement provisoire. 

L'argile plastique, telle que je Tai définie ailleurs*, oc- 
cupe constamment, du moins je n'ai pas d'exemples du con- 
traire , la partie la plus inférieure des terrains de sédiment 
supérieurs. Elle est ou immédiatement posée sur la craie , et, 
dansée cas, sa liaison avec le terrain de sédinlent supérieur 
est évidente, ou bien, celle-ci n'existant pas, elle est placée 
sur des terrains inférieurs à la craie, et alors il n'est pas sûr 
qu'elle appartienne à ce premier ordre des terrains de sé- 
diment. 

Ces deux roches réunies, formant lesous-groupe que nous 
examinons, présentent les caractères sUivans : 

Leur mode de formation est en grande partie sédimenfeuse ; 
mais c'est un sédiment fin et tellement pur, pour ce qui con- 
cerne l'argile plastique, qu'on peut soupçonner que Inaction 
chimique qui va se manifester d'une manière évidente par 
d'autres phénomènes , a eu de l'influence sur ces dépôts. 
Néanmoins le sable quarzeux qui l'accompagne , et qui dans 
beaucoup de cas est grossier, indique un dépôt mécanique. 

La stratification est peu distincte et même très-incertaine 
dans la plupart des lieux où on peut observer clairement les 
argiles plastiques. Ce sont plutôt des amas couchés sur des 



I Doser, eéologique des environs de Paris, édition de 1822 , pag. 18 j 
et Classification minera logique des roches^ Paris, 1827^ pag. 60. 



THE i35 

surfaces de roches et dans les bassins que peuvent présenter 
ces surfaces. L'inégalité d'épaisseur d'un même gite d*argile 
dans ses diverses parties indique cette dispesilion. 

Le sable quarzeux recouvre ces dépôts ou alterne quelque- 
fois avec eux. 

L'argile plastique ne paroit renfermer, au milieu même de 
sa masse, aucun débris organique ; et la règle que nous avons 
cru reconnoltre et que nous avons énoncée il y a long-temps « 
a été plutôt confirmée qu'infirmée par les observations qui 
ont été laites depuis. Les débris organiques qu'on a attribués 
à l'argile plastique , appartiennent ordinairement aux argiles 
figulines, qui forment au*dessus d'elle un dépôt supérieur , 
distinct en tout, et indépendant des argiles plastiques pro* 
p rement dites. 

Mais cette argile enveloppe souvent et des tristaux de gypse, 
soit isolés, soit groupés, et des nodules de pyrites affectant 
dififérentes formes. Ce sont les seuls minerais qu'on puisse lui 
attribuer avec certitude. 

Enfin , il paroft que l'argile plastique , considérée comme 
espèce minérale , se présente dans une autre situation miné- 
ralogique, et que plusieurs dépôts de cette argile, que j'a- 
vois cru pouvoir placer dans les terrains yzémiens supérieurs 
à la craie , sont au contraire situés au-dessous de cette roche. 

Cette nouvelle vue réduit ainsi qu'il suit les exemples 
qu^on peut citer avec quelque certitude d'argile plastique su- 
périeure à la craie. 

Exemples du groupe jbgilo-sjbuewx. 

Dans le bassin de Paris : 

Les environs du village d'Abondant , sur les lisières de la 
forêt de Dreux. — A Condé , près Houdan. — A Gentilly, 
Arcue;! , Vauvres , Issy , Meudon , au sud de Paris ; à Au- 
teuil, à l'ouest. — A Noyer, sur la route de Gisors à Rouen. 
— A Moret, près Fontainebleau. — Dans les environs de Mon* 
tereau. 

Dans les lieux suivans, la position de l'argile plastique au- 
dessus de la craie est moins évidente. 

A Andennes et dans d'autres lieux des environs de Namur. 
•— Aux environs de Cologne. 



i36 THE 

'Dans le bassin de Londres. 

En Allemagne , Grossalmerode en Hesse , d*oii se fîre Tar- 
gile plastique employée à la fabrication des creusets célèbres 
de ce pays. 

Il paroit bien prouvé maintenant, parles observations de 
MM.-Pacy, Jules Desnoyer, etc., que Targile plastique de 
Saveignies , a l'ouest et.au nord-ouest de Beauvais, et celle 
de Forges en Normandie, appartiennent à une folrmation plus 
profonde et qui- est inférieure à la craie. 

• • • 

7> Gr. TERRAINS CLASTiQUES. 

Ce petit groupe est peut-être très-répandu sur Ja terre; 
mais les roches, ou plutôt la roche presque unique qui le 
compose , ressemble tant aux roches élastiques ou de trans- 
port des .autres terrains; il présente lui-même, dans ses rap- 
ports de posftion , dans les débris minéraux et organiques qu'il 
renferme rarement, si peu de caractères distinctifs, qu'on 
est obligé d'en restreindre considérablement l'histoire, faute 
de trouver dés moyens de l'étendre avec quelque certitude 
â plusieurs pays, et par conséquent d'en offrir plusieurs 
exemples. Je l'aurois même passé entièrement sous silence, 
si je n'avois trouvé, dans les poudingues siliceux des bords 
du Loing, entre Nemours et Chàteaulaudon , un exemple 
de cette roche, qui me paroît avoir une position bien déter- 
minée et différente de celle du gompholite {Nagelflue) de la 
Suisse, etc. Mais auquel de ces groupes élastiques faut -il 
rapporter une multitude de terrains également composés de 
cailloux roulés , plus siliceux que calcaires, qu'on rencontre 
dans des pays dont le sol appartient aux terrains crétacés 
ou à ceux qui le suivent ou le précèdent presque immédia- 
tement P C'est à quoi il m'est impossible de répondre avec 
certitude dans Fétat actuel de la géognosie, et ce qu'il ne 
m'est pas permis de discuter avec les développemens néces- 
saires dans ce tableau. 

Je me contenterai donc de dire que je placerai, dans le 
groupe élastique des terrains thalassiques triloniens y les terrains 
composés de débris arrondis qui, par leur position supérieure 
aux terrains crétacés, ne peuvent être placés dans les terrains 
clastiques des terrains pélagiques, et, par leur position infé- 



THE 1Î7 

Heure aux terrains thalassiques palœothëriens, ne peuvent 
être réunis avec les gompholites du groupe proU'ique. 

Tels sont : les poudingues inférieurs au calcaire grossier 
de la Morlaye , département de FOise ; ceux des environs de 
Nemours, de Moret, évidemment placés entre la craie et le 
calcaire lacustre palœothérien. 

n. ORDRE. TERRAINS YZÉMTENS PÉLAGIQUES' 
ou TERRAINS DE SÉDIMENT MOYENS. * 

Leur limite supérieure est déterminée avec assez de préci- 
sion; ils partent de dessous les terrains de sédiment supé- 
rieurs ou de la craie , lorsque cette roche existe, ou de toute 
autre roche qui lui est inférieure, et s*étendent jusqu'au lias 
exclusivement. 

Ces limites sont fondées, ainsi qu'on va le voir, sur les ca- 
ractères que Ton regarde comme les plus importans en géo- 
logie : les rapports de ktratiOcation et les espèces de corps or- 
ganisés fossiles. 

La texture généralement compacte de ces terrains, leur as- 
pect mat et terreux, leur structure si constamment stratifiée, 
indiquent un mode de format ion presque entièrement mécanique 
ou par voie de sédiment. C'est un des grands groupes de ter- 
rains dans lequel il y a le moins de roches et même de mi- 
néraux cristallisés. C'est par les espèces de corps organisés 
dont ce terrain renferme les débris fossiles, qu'il se distingue 
essentiellement et même facilement des terrains de sédiment 
supérieurs, et encore assez bien, quoique d'une manière beau- 
coup moins tranchée, des terrains de sédiment inférieurs ; 
car il renferme un très -grand nombre de genres qu'on n'a 
pas encore reconnus dans les terrains supérieurs , tandis qu'il 

1 Oa de la haute- mer. Toj» ce qui ett dit an sujet de cet dëoo- 
mi nations à la note sur les terrains de sédiment supérieurs on jrtémiens 
thalassiques, 

2 Terrains secondaire» ( en partie), »ï Humboldt. — Terrains ammo- 
nenx(en partie), d'Omalios d'Hallot. — Supermedical-Order (en ^irtie)^ 
Phil. CoifTBEARB. — Partie des 6.*, 7.* et 8.' ordres de la 3.* classe, Flotz- 
gebirg.e de M. BouÉ — Jiingeres Flôtigebirge et une partie dn Min- 
ières Flôtzgebirge, Keferwt. 



i38 THE 

ne su distingue des inférieurs que par des espèces ou par quel- 
ques genres peu éloignés les uns des autres. 

Nous ne devons indiquer, parmi les caractères généraux 
des terrains yzémiens pélagiques, que les corps organisés fos- 
siles qui le caractérisent : on aura une énumération plus com- 
plète et plus détaillée des corps fossiles qu'ils renferment, en 
réunissant dans un même tableau ceux que nous désignerons 
comme propres à chacun des groupes de roches qui compo- 
sent ce terrain. 

Les corps organisés, animaux et végétaux, dont les débris 
paroissent particuliers à ce terrain et qui peuvent être employés 
pour le caractériser, appartiennent tous à des êtres marins; 
aussi n'y voit -on ni mammifères terrestres ou fluviatîles, ni 
oiseaux, ni végétaux terrestres, ou du moins ne les voit -on 
jamais en assez grande quantité et dans une position telle 
qu'on puisse en conclure que les roches de ces terrains ont 
fait partie de la surface du sol, ou ont été formés dans des 
amas d'eau douce. 

C'est donc aux reptiles et aux reptiles sauriens principale- 
ment que commence rénumération des animaux vertébrés qu'on 
connoit dans ce terrain ; lespoissonsy sont rares et mal détermi- 
nés. Mais la plupart des corps organisés qu'il renferme appar- 
tiennent aâx mollusques. Parmi les plus caractéristiques on y si- 
gnale d'abord les bélemnites, puis un nombre prodigieux d'am- 
monites et d'autres céphalopodes , de térébratules , de trigo- 
nies; parmi les échinites, les ananchites paroissent être le 
genre caractéristique, et parmi les zoophytes, lès marsupites. 
Il y ft peu de végétaux, et ce sont en général des fucoïdes. 

Ces terrains sont essentiellement stratifiés; leurs couches 
et assises sont souvent nombreuses et peu puissantes, plus 
souvent inclinées qu'horizontales , souvent même très-ondu- 
lées ou même pliées : leur stratification est presque toujours 
contrastante avec celle des couches du terrain de sédiment 
supérieur et bien plus encore avec celle du lias, et c'est, 
comme on Ta dit plus haut, un des motifs de séparation de 
ce terrain d'avec celui dont le lias fait partie. 

Ils forment des montagnes très - élevées , à dos arrondi, k 
pentes roides ; mais presque toujours beaucoup plus roides 
d'un côté que de l'autre. 



THE i39 

Us présentent les plateaux, les collines, et surtout les ter« 
Fasses les mieux caractérisées et les plus étendues. 

Ils donnent naissance à des cours d*eau nombreux et déjà 
trés-abondans à Irurs sources. Le plus haut niveau de ces 
fercains peut être porté à environ 1800 mètres au-dessus de 
rOcéan. C*est une formation trés-répandue , beaucoup plus 
distincte cependant en Europe, en Asie et dansquelquespar- 
tics deTAfrique que dans. le nouveau continent : elle n'est pas 
précisément enveloppante, mais elle couvre quelquefois sans 
interruption de grandes étendues de pays. 

La nature des roches dominantes dans ce terrain est le cal- 
caire et la marne argileuse; il y a peu de roches siliceuses, 
soit à Tétat de silex , soit à Tétat de grès. 

Ce terrain est ainsi très -pauvre en minerais métalliques, 
et encore ces minerais ne s*y présentent jamais en filons, veines 
ou amas : ils y sont ou disséminés, ou en nodules, ou en lits 
subordonnés. 

Le fer est le seul métal qui s'y trouve abondamment à Tétat 
de fer hydroxidé , soit compacte , soit concrétionné , soit ooli- 
thique. 

On y a trouvé quelques amas ou lits de combustibles char-* 
bonneux , mais ils y sont rares et pourvus de caractères mi- 
néralogiques et géologiques bien diiférens de ceux que pré- 
sente la houille filicifère. 

Les accidens géologiques les plus remarquables, et ceux qui 
paraissent comme plus particuliers à ces terrains qu'à aucun 
autre, ce sont les cavernes profondes, étendues, sinueuses, 
qu'ils présentent en grand nombre dans tous les lieux où 
on les a observés. Ces cavernes ou cavités souterraines se di- 
rigent dans tous les sens , depuis l'horizontal jusqu'au ver- 
tical. 

Les dépressions, fissures et fentes, qui ne sont pour ainsi 
dire que des modifications du phénomène des cavernes, sont 
également très-nombreuses dans ces terrains, et elles sont sou* 
vent remplies de roches cbstiques, de brèches osseuses et de 
minerai de fer pisolithique, bien différent du fer oolithique, 
interposé dans les couches mêmes de ce terrain» 

Les roches qui composent cet ordre de terrains sont peu 
variées : elles peuvent être réunies en quatre groupes princi- 



140 THE 

paux , dont on v» faire connoitre les caractères particuliers 
et les parties composantes. 

I.- Gr. TERRAINS PÉLAGIQUES CRÉTACÉS.' 

Les roches que nous réunissons sous ce titre, sont essentiel* 
lement calcaires. Cette espèce minérale y tsi dominante , 
quelquefois même assez pure , et lorsque la silice, sous forme 
de sable, s'y introduit en quantité notable, ce groupe passe 
au suivant et y passe par des nuances insensibles. 

11 est complètement de formation sédimenteuse ; il n'offre 
presque rien de cristallin ; cependant la finesse de ses parties 
et rhomogéaéité de sa texture pourroient faire présumer que 
la craief est due à un précipité chimique. Sa stratification est 
quelquefois peu caractérisée; il se présente alors comme une 
masse puissante, divisée par des fissures assez nombreuses, 
qui, en s'écartant plus ou moins de la verticale, se joignent 
et séparent cette masse en grandes parties presque pyrami- 
dales et irréguliéres. Mais si de» fissures de stratification ho- 
rizontales et parallèles n'indiquent pas d'une, manière ^ire 
un dépôt opéré successivement , les silex qui se montrent dans 
ces masses en lits nombreux et parallèles, ne laissent aucun 
doute sur ce mode de formation. 

Les terrain^ crétacés se présentent en général sous la forme 
de plateaux élevés à bords verticaux ou de monticules arrondis 
peu élevés , k pentes roides ; ils couvrent souvent une très- 
grande étendue de pays et ne renferment ordinairement ni 
cavernes ni cours d'eau, mais des fentes ouvertes assez larges: 
on n'y rencontre guère en minerai que des pyrites. 

C'est surtout 'par les pétrifications que ce groupe se dis- 
tingue du suivant. Ces corps organisés fossiles ne s'y trouvent 
pas également répandus; quelques-uns appartiennent plus 
spécialement à certaines roches de ce groupe qu'à d'autres. 

1. Craie BLANCHE'. C'est la plus pure, la plus blanche, et 
celle dont la stratification est la moins distincte; elle ren- 
ferme : 

1 Craie. — Terrains de craie de la série calcaire , de Boicraao. •*- 
Jf^eisser-Jurakalk j HACSMAiiif. — Scaglia des Italiens. 

2 Uper'Chalk j db la BàcBi. — Erdigt Mreide, A. fioci. 



THE »4i 

Des SiLBx PYEOMAQDEs cu Hodulcs & contouFS arroiidis , dis- 
posés en lits parallèles , mais interrompus ; 

Des Pybitbs, en petits nodules cristallisés, disséminés dans 
la masse ; 

La CéLBSTiNB (strontiane sulfatée], en cristaux implantés ou 
idans les fissures du silex pyromaque ou même sur les parois 
de celles de la craie (Meudon). 

2. CjaAiE TUFAU ' • Craie grise ou craie moyenne grise , sa- 
bleuse, micacée et friable . renfermant , en nodules soit épars , 
soit disposés en lits interrompus : 

Des SiLEX COBNÉS. * 

Du Macigno caAYE€x ^y roche plus ou moins solide , résultant 
d'un mélange de sable, de craie et de mica. 11 se trouve en 
quantité trés-variablc dans presque tous les terrains de craie 
tufau , mais notamment à Ryegate en Surrey ; à Bonne-Fon- 
taine , près Laflèche, dans le département de la Sarthe. 

3* Glauconie cratsuse^ , à pâte de craie blanche ou grise, 
reafermant une multitude de grains verts de silicate de fer, 
on fcr ehloriteux granulaire; 

Des silex cornés, en lits subordonnés et interrompus; 

Du phosphate de fer et de chaux ^ mêlé de pyrites, en no- 
dules disséminés. 

Il paroft qu'on rencontre quelquefois au milieu de ce groupe 
une couche subordonnée de marne argileuse^, riche en pé- 
trifications, dont les espèces sont communes à la craie tufau 
et à la glauconie sableuse. Le gtte de Folkslone , près Douvres, 
appartient à ce dépôt subordonné. L'énumération des coquilles 
caraetéristiques de ce lit subordonné sera comprise dans celle 
des corps organisés fossiles des glauconies. 



i Mergeiige oder grobe Kreidt , A. Bouf. — Grejrchalk. — Chalk- 
Marie. — Malm, 
a Chert, 

3 Firestone des Anglois. 

4 Faisant partie tantôt du grejrchalk des Aogloii, tantôt du green- 
sand.'— f'&urtia, — Chiorilische Kreide, Bouz. — Pianerkalk, — ' Upptr 
gre^n-smad , Gohtb. 

5 On la nomiùe gault on galt dans les environs d< Cambridge, f t les 
géologues anglois lui ont coatarvé ce nom» 



14» THE 

Les corps organises fossiles de ce groupe de terrain, quoi- 
que moins nombreux que ceux des terrains supérieurs, sont 
encore très-mu Itipiiës. Les genres, et surtout les espèces, dif- 
fèrtnt considérablement des précédens et encore plus des corps 
qui vivent actuellement à la surface du globe. Nous donuons 
eu tableau n.** 8 Ténumération d'un grand nombre d'entrt* 
eux , pris parmi les plus communs et les plus caractéristiques. 

Exemples du groupe crût ace. 

Les exemples <ie ce groupe sont tellement nombreux, que 
nous devons nous contenter d'indiquer les suivans, comme 
appartenant avec plus de certitude qu'aucun autre à ce 
groupe particulier. 

En France. Dans le bassin de Paris, et auprès de cette 
ville, à Meudon, Bougival, et sur ses limites en allant du 
sud à Touest par l'est et le nord , Montereau , Compiègne , 
Gisors, Mantes, Laroche - Guyon , etc.; une partie des dé- 
partemens du Nord , du Pas-de-Calais, de la Somme, de 
l'Oise, de l'Aine et de la Seine inférieure ; dans le Calvados, 
Honfltur et Pont-l'Évéque ; dans l'Orne , Lisieux et l'Aigle ; 
dans l'Eure -et- Loire, Loir-et-Cher, le Loiret , Indre-et- 
Loire, et dans 1 Indre, près du Blanc ; dans l'Yonne, aux en- 
virons de Joigny, et dans la Dordogne, aux environs de Pé- 
rlgueux. Dans ce dernier lieu on ne voit presque que de la 
craie tufau. 

En Angleterre, principalement sur les côtes de Sussex, les 
comtés de Norfolk, d'Herdfort, etc. 

L'ile de Mœns; les environs de Faxoè*, en Séelande; la 
Scanie; les environs de Grodno, en Lithuanie, et de Krze- 
meniec, en Volhynie, etc. 

h^% autres pays et lieux que l'on cite souvent comme for- 
més de craie, me semblent appartenir plutôt au groupe 
suivant. 

2." Gr. TERR. PÉLAG. ARÉNACÉS. * 

Les roches qui composent ce groupe sont assez généralement 
disposées dans l'ordre que présente la liste insérée au tableau 



1 Jnferior green-sand. — Grûner Sandstein , A. BouÉ, qui y rapporte 
le hunier Alpensandslein d'e Umncsa et une partie du Quadersandstein 



THE 145 

général. Néanmoins il y a, suivant les lieux, une grande 
variation dans la présence , la nature , la prédominance , et 
même dans la succession de détail de ces roches. 

het limites de ce groupe, tant supérieures qu^inférieures, 
sont vagues, et il n'est bien caractérisé que par acê roches 
moyennes et ses pétrifications. 

Ce terrain est presque entièrement de formation mécani- 
que : il est même composé de parties grossières; cependant 
on reconnoît encore dans ses pétrifications siliceuses et dans 
quelques géodes quarzeuses des indices de Taction chimique. 

La stratification y est souvent peu sensible et ne se mani- 
feste que par les nodules de silex et Talternance des roches 
différentes eu des parties plus dures qui le composent. (Bia- 
rits, près Bayonne.) 

Il est rarement superficiel , et par conséquent nUmprime 
aucune forme caractéristique aux pays qui le. renferment* 
Cependant, à raison de sa texture grossière, de sa friabilité, 
de sa désagrégation facile, ce terrain ne forme jamais ces 
etcarpemens à pic ou à falaises , qui sont propres au groupe 
précédent. 

1. Glauconie sableuse. Elle est riche enpjrites, mais pauvre 
en toute autre espèce de minerai. Ces pyrites et les autres 
minéraux qui s*y trouvent, y sont disséminés en parties ou 
noyaux épars. Le fer phosphaté s*y présente en noyaux avel- 
laires ou ovulaires verdàtres, mêlés de phosphorite et de py- 
rite. (Wissant en Picardie; côtes de Calais, de Douvres, 
etc.) 

Elle renferme, ou dans sa masse même, ou dans ses parties 
inférieures, des dépôts de combustible charbonneux, qui ap- 
partiennent aux lignites. 

Comme c'est dans File d'Aix, département de la Charente, 
que ce dépôt est le mieux caractérisé, nous l'avons désigné 
par le nom de lignite de Vile (TAix \ 11 a moins de puissance, 
d^étendue, de continuité, que le lignite suisse et que le lignite 

m : i II» ■ 

des Allemands. — Grèt et tables vertt et ferrugineux, grès secondairt 
k ligniie, ds Humsoldt. —-Encore le tourtia? des environs de Yalen- 
ciennes. 

1 Tojes l'article LioniTi, dans ce Dictionnaire. 



144 THE 

soiflsonnois ou des argiles plastiques ; tous les débris organiques 
qui raccompagnent sont marins. On y trouve aussi une matière 
résineuse , analogue au succin ; mais elle est moins dure , moins 
transparente, rarement d*un beau jaune, quelquefois brune , 
ne renfermant point ou presque point d'acide succinique. 

2. Argile vbldienne*. Entre cette partie plus calcaire que 
sablonneuse du groupe arénacé et le sable ferrugineux on 
â remarqué, d*abord en Angleterre, une roche ou dép^t ar- 
gileux, très -puissant, dont la position précise a été le su- 
jet de grandes discussions entre les géologues anglais : c^est 
l'argile qu'ils ont nommée IVeali clajr, du nom du canton y 
qu'elle furme dans les provinces de Sussex et de Kent. Il 
paroit qu'on trouve des analogues de cette argile sur le con- 
tinent , ce qui indique que ce n'est pas un dépôt purement 
accidentel et local. 

Cette roche est souvent une véritable argile et non une 
marne : elle ne fait point e£fervescence , du moins dans les 
parties qui ne sont point mêlées de débris de coquilles; elle 
est infusible au feu de porcelaine. Elle a donc les mêmes ca- 
ractères que Targile plastique supérieure à la craie, et sert 
aux mêmes usages. 

. Nous devons cependant la désigner par un nom géologique 
différent , pour indiquer sa position, et conservant celui que 
lui ont donné les géologues anglois des lieux oh ils l'ont ob- 
servé, nous la nommerons argile plastique veldienne , ou plus 
brièvement argile veldienne , d'autant plus que nous ne sommes 
pas sûr que toutes soient plastiques, c'est-à-dire non cal- 
caires et infusibles. 

Une circonstance fort remarquable et sur laquelle il ne 
paroit plus possible d'élever de doutes, c'est que ce dép6t 
argileux ne renferme que des débris organiques d'eau douce. 

Dans le département de l'Oise, à l'ouest- nord -ouest de 
Beauvais, cette argile est brunâtre, bitumineuse, avec des 
empreintes de végétaux qu'on a pris pour des fougères ana- 
logues à celles du terrain houiller, mais qui ont été reconnus 
pour appartenir à un genre différent, nommé Pecopteris. M. 
Mantell décrit l'espèce sous le nom de Pecopteris reticuLataJ 

1 Jf^eald clajr, — Hastings-sand , elc , des géologues aogloi«. 



THE 148 

Dans ce même département de la Normandie on pourroit 
rapporter à l'argile veldienne, Targile plastique deSaveignies, 
cl dans le département de la Seine-inférieure, celle de Forge.' 

3. Sable feeedginecx. Ce groupe arénacé, dans ses parties 
inférieures, est presque entièrement sablonneux -, ensuite il 
devient très -ferrugineux et enveloppe même de nombreux 
nodules, souvent cloisonnés, de minerai de fer limoneux. 

On place aussi dans ce groupe , et vers ses parties infé- 
rieures, un grès {tilgaU bed$) qui ne renferme en Angleterre 
que des débris d'animaux lacustres et un dépôt de silice pul* 
vérulente, jaunâtre et brunâtre, qu'on désigne sous le nom 
de tripolL 11 renferme quelquefois un peu de calcaire et des 
noyaux de silex corné. On donne pour exemple de cette ro- 
che dans le terrain arénacé , Amberg en Bavière , et le Teu* 
toburger-Wald. 

Les matières minérales qui composent ce groupe sont donc 
essentiellement de la glauconie sableuse, du sable quarzeuz , 
de l'argile, du bois fossile charbonneux, et du fer bydroxidé» 
Ces deux dernières circonstances contribuent à 6 ter à cette 
craie inférieure la couleur blanche ou blanchâtre qui appar- 
tient ordinairement à la supérieure , et à lui donner une 
couleur grisâtre, jaunâtre, ferrugineuse, verdàtre , vert som- 
bre et même noire. (Biaritz, près Bayonne ; Folkstone; Réthel| 
dans les Ardennes; la montagne des Fis, en Savoie, etc.) 

On y cite aussi de la barytine. 

On peut placer dans ce groupe, et principalement dans le 
voisinage des couches de sable ferrugineux, la plupart des 
gîtes d'ocre que Ton connolt, tant en France qu'en Angle- 
terre, aux environs d*Oxford, et aussi , suivant les géologues 
anglois, l'argile smectique ou terre à foulon, qu'on exploite 
à Woburn dans le Bedfordshire , et à Nutfield près de Rye^ 

gâte en Surrey. 

4. Calcaire lumachblle porbeckien. Cette quatrième roche 
du sous-groupe veldien est un calcaire compacte susceptible 
de poli, et rempli de coquilles univalves qui ont la plus 

m 

1 r^ous plaçons ces argiles au-dessons de la craie, d*après l'opinion 
de M. d'Omalius d'HalIûy et les observations de MM. Passj, Jules Des- 
nojers, etc. 

54. ^^ 



146 THE 

grande ressemblance avec le paludina vivipara. Ce marbre, 
observé d*abord dans Tile de Purbeck , offroit une roche calr 
cêîre lacustre qui étoit comme isolée ; mais de nouvelles ob- 
servations ont fait disparoitre cette anomalie , en montrant 
que ce marbre étoit le même qye celui de Sussex. M. de la 
Sèche , en Vy réunissant dans la seconde édition de son Ta- 
bleau géologique, a éclairci une observation que M. Cony- 
beare régardoit dans le temps comme incomplète. 

lïous avons dit que c'étoit par ses corps organisés fossiles 
que ce groupe de roche se distinguoit essentiellement des 
gjjtres. Nous donnons (tableau n.* 9) l'énumération de ses 
fossiles caractéristiques. 

On auroit pu préciser davantage cette liste , en la subdi- 
visant, pour en appliquer les différentes parties aux roches 
auxquelles elles sont plus particulièrement propres; mais, 
outre que de tels détails ne sont pas de nature à entrer 
dans cet article , il seroit possible qu'une telle subdivision fût 
plus spécieuse qu'exacte ; car il n'y a pas de doute que plu- 
sieurs espèces se trouvent dans des terrains dififérens , ce 
dont on s'assurera aîs^pient, en comparant cette liste avec 
celle des corps organisés fossiles de la craie blanche. 

Cependant la considération du dép6t argileux et calcaire 
qui $^y trouve comme intercalé, et qui renferme presque uni- 
quement des débris de corps organisés lacustres, nous enga- 
gera à présenter séparément la liste des animaux et des vé- 
gétaux qui se rapportent à ce sous-groupe, dont Targile vel- 
dienne , le sable ferrugineux et le calcaire lumachelle pur- 
heckien sont les roches principales. ' 

Exemples du groupe jrènacé. 

Les mêmes lieux présentent souvent la craie blanche , réunie 
avec le terrain arénacé. Nous allons cherchera choisir pour 
exemple ceux dans lesquels ce dernier terrain est dominant. 

1 Yoyez au sujet de ce 8ous-groupe remarquable et des terrains qui 
ie composent, ce qu'en ont écrit MM. Webster, Fittok, db L4 Bèchk, 
et dernièrement M. Gid. Mantbll, dans son ouvrage intitulé : lUustr, 
ofthe geologjr of Sussex , 1 toI. in-4.*, 1827. — M. P. J.Mabtiv, Geo- 
iog. ment, on a part of Jf^est - Sussex j etc., i vol. in-4.*, 1828. — M. 
MuBCHisoN, Essai géol. sur rextrciu. N. O. du Sussex, Trans, de la soc» 
géçl. j 2.* sér., vol. 2 , p. 97. 



THE 147 

En Faanci. Le terrain crétacé de File d'Aîx et de Tembou- 
chure de la Charente. II commence à la glaucooie. On y voit, 
comttie appartenant au groupe arénacé , le sable ferrugi- 
neux ; «- la glauconie sableuse, qui paroit alterner avec lui et 
même lui être quelquefois inférieur ; — la marne veldienne 
avec ses nodules de succin résineux et ses morceaux de U« 
gnite, mêlés de bois siliciûé, dont les cavités, autrefois per- 
cées par des larves , sont remplies d^agates. 

La silice a eu dans le terrain arénacé de ce lieu une très- 
grande influence, car presque tous les corps organisés fos- 
siles sont changés en silex ou en agate ; tels sont parmi lia 
zoophjtes : des turbinolies , da astrées , des madrépores ; parmi 
les coquilles : les dicérates P ou caprices ( caprina advena , 
D^OaBiGNY ) ; Ics Oitrca pectinata , les pecttn quinqueeotUUus ; on 
y voit même des nodules de silice, à rayons divergens, q«t 
ont la forme de pyrites sphéroïdales radiées* 

Pria de Valenciennes et de Mons, immédiatement au-des- 
sos des terrains houillers : c'est la roche nommée lourtiaj qui 
est la glauconie crayeuse , trèt-bien caractérisée. Auversmes- 
nil ^ vallée de Saint - Germain , département de TOrne ; les 
environs du Blanc et du Bli^on , dans le département de Tln- 
dre; Réthel, dans les Ardennes; le cap de la Hève, près du 
Havre; Dives, près Caen; la côte de Biaritz, près Bayonne^ 
la Perte du Rh6ne, près Bellegarde. 

En Angleibeee. Folkstone, dans le Kent; Brighton, eH 
Sussex, où se trouve le groupe arénacé proprement dit et lê 
sou*-groupe veldien , etc. 

Les environs de Moscou présentent la même ammonite et 
plusieurs des coquilles qu*on connoit à Folkstone et à RétheL 

Dans les Alpes de Savoie. La chaîne du Buet, comprenant 
les montagnes des Fis, de Sales, etc '. La glauconie est portée 
ici ^à une élévation remarquable vers le sommet des Alpes : 
elle est compacte et noire. * 

i Hait point U montagne des DiablereU, prêt Bex. Je ne pense pat 
qu'on puisse rapporter la conche coquillière de cette montagne k la 
craie, ainsi que M. Keferstein Ta proposé ; mais bien an calcaire grossier. 

2 Voyez à ce sujet la Description géologique des enrirons de Paris, 
édit. de i8a2,page98, et mon Mémoire sur les caractères soologiques 
éeê fornuitions, Annales des mines, 1821 , tom- 6, pag. 537. « 



148 THE 

En Allemagne. Les roches escarpées dites Teufelsmauer , 
Regenstàn^ dans le Harz, prés d'Halberstadt, Quedlînburg, 
Goslar, etc. En Westphalie, près Paderborn , Unna, Dort- 
jnund , etc. ; en Bavière , les environs d'Amberg ; ici le groupe 
arénacé se confond avec le calcaire jurassique par ses co- 
quilles, toutes siliceuses. Prés Brunn, en Moravie, etc. 

3.* Gr, TERR. PÉLAG. ÉPIOLITHIQUES." 

Ce groupe , composé d'un grand nombre de roches , comme 
le fait voir le tableau , est peu important, car il manque dans 
un grand nombre de terrains jurassiques, recouvert immé- 
diatement par les terrains crétacés. Ses limites sont difficiles 
à assigner. On ne sait si l'on doit rattacher ses roches mal 
caractérisées, soit aux terrains crétacés, soit , comme le pense 
M* Buckland , aux terrains jurassiques, ou s'il mérite de former 
un groupe à part. 

Nous posons, avec les géognostes anglois qui ont cité 
plusieurs exemples de ce terrain, sa limite supérieure au 
table ferrugineux , et sa limite inférieure à la marne oxfor- 
dienne inclusivement. Son mode de formation est entière- 
ment mécanique : il est très-distinctement stratiâé, à assises 
nombreuses et peu puissantes; il a peu d'étendue. Les miné- 
raux qu'on y trouve, en le prenant dans toute son épais- 
seur, sont des silex cornés, des pyrites, du gypse, de la ba* 
lytine, des lignites en morceaux épars ; il renferme aussi , dans 
une de ses couches subordonnées, la marne oxfordienne, des 
nodules sphéroïdaux de calcaire bitumineux ou argileux, 
compacte, divisé en plusieurs parties prismatiques, et que 
les géologues anglois ont nommés septaria. 

Il est peu répandu, et nous n'en connnoissons d'exemples 
authentiques qu'en Angleterre et en France. On ne le cite 
point dans le reste de l'Europe. 

1 C'est un terrain presque innomminé: il est décrit, défini même, mais 
jamais nommé : ce sont les marnes bleues supérieures de M. Constant 
Prévost, par opposition i celles du lias, qui sont inférieures à rooliihe; 
c'est Vupper oolitic système de M. Conjbeare , ou Toolitlie supérieure. J*ai 
cherché à' rendre cette phrase caractéristique, dont on ne peut faire 
un adjectif, par l'expression univoque d'épioolithique, et par contrac- 
tion, épiolUhi^ue. 



THE 149 

C'est par deux caractères que ce terrain se distingue des 
autres : i."" par Tabondance des couches de marne calcaire et 
argileuse qui le composent; a.** par ses corps organisés fossiles. 

1 • Le CALCAïaB miuaire portlanoien , du nom de Die de Port- 
land, où il est très-caractérisé , abondant, et exploité pour la 
construction des monumens de Londres, est composé en gé- 
néral de petits grains oolithiques miliaires. Il paroit être ca- 
ractérisé par Vammoniles triplieatus. Il renferme des lits inter- 
rompus de silex corné. 

Nous ne connoissons encore sur le continent aucune roche 
calcaire qu*on puisse rapporter avec certitude à ces deux 
roches, quoique plusieurs calcaires de la Charente inférieure 
semblent avoir beaucoup d'analogie avec elles. 

2. La Marne argileuse havrienne parott être analogue à 
celle de Kiemmeridge. Vostrea deltoidea, coquille très -bien 
caractérisée, qui se trouve dans Tun et Tautre lieu, paroit 
établir clairement cette analogie , qui est augmentée par la 
présence des trigonies. 

3. Le Calcaire que nous appelons Cosaluque*, pour signaler 
le grand nombre de productions marines qu'il renferme, pa- 
roit se retrouver au cap de la Héve , près le Havre, au-dessous 
de la marne argileuse précédente, comme aux environs d'Ox- 
ford ; mais, au lieu des madrépores très-abondans dans ce 
dernier lieu , il présente, au Havre, ainsi qu'à Hécourt, à 
Doudeau ville , à Beuvreil dans les environs de Beauvais, un 
grand nombre de petites gryphées [gryphœa virgula^ Defe.) , 
et Vostrea gregarea , qui se trouve en Angleterre dans le cal- 
caire de ce groupe. Les gryphées engagées dans un calcaire 
compacte a grain fin et polissable , forment la lumachelle 
que nous avons nommée virgulaire. 

4* La Marne oxfordienne nous paroît assez difficile à re- 
trouver avec certitude dans le terrain pélagien épiolithique 
de France. Ses beaux cristaux de sélénite n'offrent pas un ca- 
ractère assez particulier pour la faire reconnoitre dans les 
marnes argileuses inférieures du cap de la Héve, qui en ren- 
ferment aussi. 

1 Coral'vag des géologues atiglois. 



aSo THE 

4/ Gr. TERR. PÉLAG. JURASSIQUES. ' 

Ce groupe , remarquable par son étendue en toutes dimen- 
aîons, par son importance, par la ressemblance de ses carac- 
tères dans tous les pajs , est cependant mal limité tant supé- 
rieurement qu^nférieurement. Ses limites sont posées arti- 
ficiellement, et on ne peut pas encore déterminer clairement 
la séparation des couches qui ont été produites ou déposées 
à des époques géognostiques et dans des circonstances diffé- 
rentes. 

Nous adoptons , pour le moment , le mode de limitation 
suivante : 

Pour limite supérieure , les marnes argileuses et calcaires du 
groupe épiolithique. Nous sommes conduit à cette opinion 
par Tobservation qu'aucun sommet élevé du groupe complet, 
volumineux, trës-étendu du terrain jurassique, dans le Jura 
même , n'est recouvert par ce terrain , ce qui semble indi- 
quer : premièrement , que ne s'étant pas déposé à la même 
époque que lui et comme à sa suite , il n'est point un membre 
inhérent de ce grand corps de roches calcaires; secondement, 
que, s'il s'est déposé dans plusieurs lieux au-dessus du groupe 
jurassique , il s'en est séparé facilement et complètement dans 
d'autres lieux, ce qui paroit établir entre ces deux groupes 
une ligne de séparation plus facile , et par conséquent natu- 
relle. 

La limitation inférieure , fixée au lias , me paroit encore 
plus tranchée , et n^e semble très-bien établie par la nature 
différente des roches composantes et par celle des minéraux 
^'elle renferme. Le groupe jurassique, tel que nous le défi- 
nissons , ne contient aucun minerai métallique , tandis qu'ils 
sont assez abondans dans le lias. Les corps organisés fossiles 
de ce dernier sont presque tous différens de ceux du système 

1 Sourent aussi calcaire oolithi^ue moyen ou principal (great oolithé)', 
mais ce nom de terrains jurassiques nous paroit préférable, parce qu'il 
est plus général , qu'il indique un terrain compose de différentes roches, 
ce trourant dans une position gcognostique analogue à celle de la ckaine 
du Jura. — Lower oolitic Sj^stem, Cokyb. — Oolite formation , db la 
BàcHE. Nous ne la commençons qu'au Cornhrash. — Jurakalk, A. Boui, 
moins le lias; et jusqu'au Mergelthon de Honileur. Je vais développer 
les motifs de ces restrictions. 



THE i'« 

ooGtbîque ; eii6a , la stratification est quelquefois contras- 
tante. NoTuS reviendrons sor cette comparaison à Tarticle du 

UOirn 

Ce terrain , sauf quelques veines ou quelques druses de cal« 
Caire spathique, est entièrement de formation mécanique. La. 
nature dominante de ses roches est calcaire. Ce calcaire ap- 
partient en général aux variétés de calcaire compacte que fai 
définies ailleurs, et que i*ai désignées sous les noms de calcaire 
compacte commun et de calcaire compacte Jin , hlane et jaunâtre* 

Il est nettement stratifié; les couches sont trés-multipliée». 
La stratification n*est horizontale que lorsque le terrain est 
en plaine ou en plateaux éloignés des terrains granitoides. 

Malgré Thomogénéité de ce calcaire dans la plupart de ses 
variétés, malgré sa compacité, il est rarement susceptible de 
donner des masses d'une grande étendue; et sa couleur étant 
généralement pâle et incertaine , on n'y exploite presque a»> 
cun marbre. 

Les collines et montagnes qui dépendent de ce terrain ont 
en général une forme bien déterminée. Elles présentent des 
pentes souvent trés-roides d'un côté, qui offrent des escar- 
pemens successifs d'une assez grande élévation, dus à la tête 
des couches qui , s'înclinant d'une manière plus ou moins 
rapide de l'autre c6té, offrent des plans inclinés souvent d'une 
grande étendue. 

Quelquefois aussi le terrain jurassique s'élève en masses k 
stratification peu inclinées , terminées par des plateaux ra- 
rement horizontaux et creusés de vallées p€u profondes. 

Cette disposition est si générale , et surtout si frappante dans 
la chaîne du Jura proprement dite , qu'il suffît de la citer 
pdup exemple. 

Leis couches sont quelquiffois presque verticales, et sem- 
blent, dans quelques cas, s'être appuyées, en prenant cette 
portion , contré les extrémités coupées à pic de couches pres- 
que horizontales. (Le Salève présente un exeifiple de cette 
disposition.) 

Ce terrain s'élève à une assez grande hauteur. Le plus haut 
niveau d'un terrain jurassique bien déterminé , est celui de 
la Dole, dans le Jura. Il est de 1,700 mètres au-dessus du 
niveau de la mer. 



i52 THE 

Le terrain jurassique , cette partie principale du terrain 
pélagique , a une grande généralité et couvre des pays d^une 
étendue considérable. Cependant on ne peut le regarder 
comme une formation enveloppante, car il y a de vastes pays, 
tels. que la Scai^dinavie ' , la Pologne , etc., qui paroissent en 
être entièrement ou presque entièrement dépourvus. 

Je ne connois d*au très gîtes de minerai ni d'autres métaux 
dans ce terrain que du fer hydroxidé oolithique, ocreuxou 
compacte , du manganèse lithoïde et terreux ( à Thivier , 
près Périgueux; à TOiselière, près de Cullan, département 
du Cher ) et des pyrites dans les marues argileuses qui sépa- 
rent les principales assises et quelquefois dans le calcaire lui- 
ynéme (près d'Arau). Quoique ce caractère des terrains ju- 
rassiques soit négatif, il a presque la valeur d'un caractère 
positif, par l'examen que j'ai pu faire d'un grand nombre de 
suites de foches de ces terrains et par l'assentiment presque 
général des géologues. 

C'est par les cavernes ou autres cavités étendues et nom- 
breuses qui le percent, et par ses pétrifications encore plus 
nombreuses en genres et en espèces, que ce terrain se dis- 
tingue particulièrement. 

Les premières présentent l'image de canaux irrégulièrement 
renflés et rétrécis, qui serpentent au milieu de ses couches, 
en les suivant ou les traversant dans toutes sortes de direc- 
tions. Ces cavités ont donné autrefois passage à des cours d'eau 
puissans, comme le prouvent l'aspect de leurs parois et les 
matières de transport qu'on trouve dans le fond de ces ca- 
vernes et sur lés saillies des rochers qui en forment les parois. 
Enfin , plusieurs donnent encore passage à ces cours d'eau. 
Les sources de l'Orbe , etc. , dans le Jura , celle de la Sorgue, 
à Vaucluse, sont des preuves frappantes de cette ancienne 
destination des cavernes. 

Les débris . organiques fossiles sont tellement nombreux , 
que cette considération suffîroit seule pour rendre difficile de 



1 J'ai va de Toolitlie de l'île de Cothlande qui JÊfoh avoir tous les 
caractères de l'oolitlie jurassique; mais de pareils échantillons ne peu- 
vent servir qu'à faire présumer et rechercher la présence d'un ter-* 



rain. 



THE '55 

donner une énumëration complète de toutes les espèces de 
ces corps que Ton a observées dans le groupe jurassique. 

Mais le plus grand nombre de ces espèces est resté indéter- 
miné. Leur connexion intime avec la roche, la perte de leur 
tét pour les coquilles, rendent les échantillons presque tou- 
jours incomplets et indéterminables. Néanmoins nous ébau- 
cherons cette énumératîon en prenant pour noyau celle que 
MM. Philipps et Conybearc ont donnée. 

Les subdivisions du terrain pélagique juras&ique qui peu* 
vent être bonnes et claires pour un pays, ne me semblent 
pas encore établies d*une manière assez générale pour être 
appliquées à tous les terrains jurassiques connus même en 
Europe. Cependant celles que nous avons indiquées dans le 
tableau ont été assez exactement observées, en Angleterre, 
en France et dans quelques parties de TAllemagne, pour être 
admises dans ce qu*elles ont de principal. J'ai cru utile de 
diviser ce groupe en troîs sous- groupes, que j'ai cherché à 
désigner par des noms qu*on puisse prendre adjectivement, 
et qui soient indépendans de toute opinion particulière et 
de foute circonstance locale. Ces divisions, déjà indiquées 
dans le groupe jurassique sous les noms de grande ooUthe^ 
d'oolilhe inférieure j sont plutôt qualifiées que nommées par 
ces expressions. 

i.« Sous-ffT. TERB. PI^.LAG. SUPBAJURASSIQVES. * 

1. Calcaire SGHiSTOÏDE* est généralement supérieur, plus 
compacte et moins oolithique que les autres. 11 paroit que 
presque tous les calcaires compactes fins, qu'on nomme pierre 
lithographique ^ k cause de leur usage, se trouvent dans cette 
division des terrains jurassiques. Les carrières des environs de 
Pappenheim et de Solenhofen , près d'Eichstœdt en Franconie , 
royaume de Bavière, qui fournissent presque toute FEurope 
de cette pierre, en sont un exemple bien connu. 

Un autre exemple non moins remarquable est fourni par 
les carrières de Stonesfîeld, dans le comté d'Oxford, en An- 
gleterre. 

Ces lieux ont fait connoftre les corps organisés fossiles qui 

1 Lower ooiithe System. Phi t.. et Cokyb. 

a Schieferka/k. — Cornbrash , Fovest marble. 



,'54 THE 

paraissent apparfenir plus particulièrement à ces assises su- 
périeure» du terrain jurassique , et qui sont aussi remarqua- 
bles par leur nombre que par leurs espèces. Nous donnons la 
liste de ceux qui nous semblent les.plus caractéristiques, dans 
le tableau n.*" 1 1 • 

2. Calcaire zooPHTTiQUE. Au-deaious, et peut-être sans 
distinction précise et constante , a.e trouve un calcaire sou- 
vent rempli de zoophytes fossiles, et que les géologues Fran- 
çois qui Tont observé en Normandie, ont nommé ca/caire ^ 
polypiers. Il renferme en outre un assez grand nombre de co- 
quilles, indiquées au tableau déjà mentionné. 

Il contient aussi ce bois fossile pétrifié en calcaire, auquel 
on a donné le nom de tartufUe, etc. (Port-en-Bessin , Calvados.) 

Quoique cette division supérieure du groupe jurassique 
présente peu d^oolithe , elle n^en est cependant pas entière- 
ment dépourvue. C'est à ce groupe que paroit appartenir 
Toolithe mitiaire, qui montre des empreintes et des restes de 
végétaux, notamment de fîlîcites (Mamers, département de 
la Sarthe). Nous en avons indiqué les principales espèces dans 
le tableau n.^ 1 1 des corps organisés fossiles de ce groupe. 

2.« Sous'gr. TERH. PÉLAG. MÊDIOJURASSIQIJES» 

Partout 0)1 on a observé ce sous- groupe, il a présenté des 
couches puissantes et nombreuses d*oolithe miliaire et can- 
nabîne généralement blanche, grise ou même brune (dans le 
Jura même, vers Glovelin, vers Delémont; au nord -est d'A- 
rau, etc.). Il se compose principalement des roches suivantes: 

3. Calcaire cobipacte commuait souvent fragmentaire et 
généralement d'un blanc ou d'un gris -jaunâtre pâle ; c'est 
«a couleur dominante : il est néanmoins quelquefois rougeàtre , 
brunâtre , gris-noirâtre ou même bleuâtre. 11 alterne avec des 
couches puissantes de marne argileuse, qui sont elles-mêmes 
composées de lits interrompus de nodules de marne calcaire, 
et qui enveloppent plus de coquilles que le calcaire. On y 
trouve aussi des lits de quelques décimètres de puissance de 
marne calcaire, pétrie déminerai de ferhydroxidéoolithique 
à oolithe miliaire , et remplis de coquilles fossiles diverses; 
deux circonstances qui ne sont point à négliger , car îl y a 



THE i55 

daps le Jura deux gttes de minerai de fer tout-à-fait distincts, , 
qui appartiennent à des époques géologiques très-différentes , 
et qui diffèrent par les circonstances de position , de grosseur 
des oolithes , et de la présence ou de Tabsence des corps or- 
ganisés fossiles. ■ 

L'OouTHE MiLiAiRE, c*ett la seconde roche dominante de 
ce sous -groupe; elle est quelquefois entièrement siliceuse. 
C'est néanmoins une circonstance peu commune. M. Fabre Ta 
observée à Bruère, près Saint-Amand, dans les environs de 
Bourges, et M. J. de la Noue dans les environs de Nontron 
(Dordogne). 

4. DoLOMiE JURASSIQUE. Au-dcssous OU dans le terrain mé- 
dîojurassique, mais bien certainement au-dessous du calcaire 
schistoïde , se présente, dans un très «grand nombre de pays 
dont le terrain pélagique jurassique forme le sol principal , 
une masse plus ou moins puissante de dolomie grenue , jau- 
nâtre, grisâtre cfu blanchâtre. C'est la première fois que cette 
roche se montre dans les couches de Técorce do globe , en 
allant de sa surface dans sa profondeur. Cette dolomie, sur 
laquelle M. de Buch a appelé Tattention des géologues par des 
faits si nouveaux , des observations ingénieuses et une théo- 
rie hardie, fait voir, en Franconie, sa position précise entre 
le calcaire schistoïde et le calcaire compacte , qui appartient, 
par sa pétrifications, à la formation jurassique. 

Cette roche , qui est un composé de carbonate de chaux 
et de carbonate de magnésie, a constamment une structure ou 
grenue ou sublamelliforme , presque compacte. Elle est gé- 
néralement criblée d'une multitude de petites cayités qui 
sont tapissées de cristaux appartenant au rhomboïde pri- 
mitif de la dolomie. Elle est ordinairement friable et sans 
indice distinct de stratification continue; mais elle présente 
souvent des masses divisées par de nombreuses fissures verti- 
cales. Cette double disposition donne aux montagnes et aux 
rochers qui en sont composés , quand ils sont volumineux , 

élevés et isolés, un aspect de ruines qui est fort remarquable. 

_ . I II ^ 

I Yojres ce qui a été dit plus haut du minerai de fer hjdroxidé pisi- 
forme, aux TsKaAiirs cltsmiztts, hrhches ferrugineuses , 3.* groupe, et 
TEMlàilis PLU8IAQUKS, 4/ groupe. 



iS6 THE 

M. de Buch signale deux autres circonstances géognosti- 
ques particulières à cette dolomie. Premièrement elle ne 
renferme en général que très-peu de débris organiques. Néan- 
moins je crois devoir faire observer que la plupart des ro- 
ches qui , dans le Jura, paroissent en offrir la structure, mon- 
trent en même temps qu'elles sont originaires de masses plus 
ou moins volumineuses de madrépores. Le calcaire madrépo- 
rique du cap Saint -Hospice, près Nice, en est un exemple 
remarquable. Secondement, c'est dans cette roche que sont 
creusées presque toutes les cavernes du Jura. 

Exemples de la dolomie jurassique. 

En France. Le calcaire dans lequel sont ouvertes les fentes 
des brèches osseuses d'Antibes. 

ljt% rochers madréporiques du cap Saint-Hospice, près Nice. 

Nalzen, dans les Pyrénées. (Boue.) 

Port-en-Bessin, près Bayeux (Calvados). 

En Italie. Vallée de la Brenta , vers En ego. Dolomie blan- 
che ; la surface des fissures t%i couverte de cristaux nacrés. 

Le rocher de Terracine , dans les Etats-Romains , vers son 
milieu. 

Pays allemands. Tous les environs d'Eichstaedt en Franconîc. 
En masse non stratifiée, souvent saillante à la surface du sol, 
recouvrant un calcaire compacte à pétrifications d'ammonite y 
etc. , recouvert par le calcaire schistoïde compacte , riche en 
pétrifications de Solenhofen. Pegnitz. 

La roche des parois de la caverne à ossemens de Scharfeld , 
près d'Osterode. La plus friable et la plus blanche est celle 
qui confient le plus de carbonate de magnésie. 

Les environs d'Ulm, de Ratisbonne, de Njckolsburg, dans 
la partie sud-ouest de FAutriche. (Boue.) 

Les environs d'Ofen et de Bakune en Hongrie. 

Cuba, entre le Potrero de Jaruco, et le port du Batabaro; 
au Mexique, plateau de Chilparrugo. (Humboldt.) 

3 « Sous-ir, TERB. PÉLAG. INFRAJlJRASSIQUES. 

5. Calcaire compacte et Oolithe ferrugineuse. Ces deux 
roches sont souvent tellement liées, tellement confondues, 
qu'il n'est ni possible ni nécessaire de les considérer séparé- 



THE »57 

ment ; elles sont ordinairement séparées des calcaires jurassi- 
ques supérieurs et moyens par la dolomie et par des couches 
de calcaire compacte, renfermant VammonUes planulUe* de 
Schlotheim (environs d'Eichstœdt en Franconie); mais la sé- 
paration de ce sous- groupe d*avec le terrain médiojurassique 
n'est pas toujours trés-claire, et alors il ne s'en distingue 
qu'assez difficilement , les corps organisés qu'il renferme 
étant presque tous de même espèce que ceux des couches ju- 
rassiques supérieures. Ses caractères les plus constans et les 
plus généraux sont, de renfermer des lits et des grains de 
minéral de fer hydroxidé oolithique , au milieu même de 
l'oolithe et des débris organiques qu'elle enveloppe en grand 
nombre (les environs de Bayeux, dans le Calvados). 

C*est aussi dans ce terrain que commence à se présenter la 
barytine, qui devient d'autant plus abondante, qu'on pénètre 
plus avant dans les couches delà terre. 

Cette roche est réunie par plusieurs géologues ( MM. A. 
Boue, de Humboldt, etc.), sous le nom d'oolithefisrrugineuse 
{ âsenschilssige Oolithen), au groupe du lias qui va suivre; 
mais j'ai cru devoir la rapporter au groupe jurassique. 

Suivant les géologues anglois, d'après les observations faites 
dans le département du Calvados, et surtout d'après celles 
que j'ai faites, avec M. Charbaut, dans les environs de Sa- 
lins, département de la Meurthe, la différence très-notable 
qu'il y a entre la série des corps organisés dont elle renferme 
les débris , et celle des débris organiques du lias , paroit 
établir entre ces deux roches des différences bien plus re- 
marquables ou d'une valeur beaucoup plus grande qu'entre 
cette oolithe inférieure et la grande oolithe. On se convaincra 
de la réalité de ces différences en comparant le tableau des 
corps organisés de chacune de ces trois roches. 

Les exemples du terrain jurassique que j'ai donnés dans le 
discours sont suffisans. Ce groupe est trop commun pour qu'il 
soit nécessaire d'en citer davantage. 

C'est à cette époque ou à ce sous-groupe que parott devoir 
se rapporter le principal dépAt jurassique de combustible 
charbonneux fossile, qu'on a regardé quelquefois comme un 
lignite, plus souvent comme une houille, et qu'on a décrit 
sous le nom de houille du calcaire ; mais il n'est ni l'un ni 



iS8 THE 

Faotre. Il est dû â une yégéutioa tont-à-fait diflTérente , eom* 
yotée priocipalement de cjcadées ■ , et que nous désignerons 
par le nom de siipUes , nom général de la tige des cycas, comme 
oons arotts noouné Ugniles les combustibles fossiles qui résul- 
tent de l'enfouissement des végétaux ligneux dicotylédons. 

Nous allons retrouTCr on dépôt semblable, dû a la même 
sorte de végétation , dans le terrain de Kenper ; mais celui 
du terrain infrajurassique paroît le plus coasidérable. 

Les exemples les plus remarquables des stipites de ce sous* 
groupe sont ceux de Whitby dans le Yorkshire et de Brora. 
Le cbarbon fossile exploité à Bomholm paroît appartenir à 
cette époque. 

EL* ORDRE. TERRAINS YZÉMIENS ABYSSIQUES ' 
ou TERRAINS DE SÉDIMENT INFÉRIEURS.^ 

' Le système de roches et de couches qui se présente au* 
dessous du groupe infrajurassique et de l'oolithe ferrugineuse^ 
quand elle en fait partie, montre tous les caractères qui in- 
diquent une période ' géognostique très-dififérente de celle 
pendant laquelle se sont déposés les terrains pélagiques. 

Ces terrains, que je nomme abyssîques, s^étendenf depuis 
le Lias inclusivement jusqu'au terrain hémilysien ou calcaire 
de transition exclusivement. 

Leur texture est ou entièrement compacte, sédimenteuse 
et même grossière (le lias, les calcaires, marnes, psammites 
et grès), ou entièrement cristalline (le gypse, le selmarin); 
par conséquent leur mode de formation est ou entièrement 
mécanique, ou entièrement chimique; rarement y trouve*t-on 
des roches qui résultent de Tinfluence de cette double action ; 
les roches cristallines qu'on vient de nommer sont formées 
des minéraux nommés salins et dissolubles dans Peau. Par con- 
séquent le mode de formation dominant dans ces terrains est 

1 Adolphe Baokcriakt, Prodrome des végétaux fossiles, i vol. in-8.% 
1828, LevrauU,p. 19Ô; et Considération sur la végétation fossile, etc. 
(Ann. des se. nat., Nov. 1828). 

2 Ou des abîmes de la mer, de Tancienne mer. 

3 Terrain* secondaires, terrains alpins. Depuis le lias on partie infé- 
rieure de la formation du Jura jusqu'au terrain houilier ou erste Fiôtz- 
^andstein'Formation de M. Bocé inclusivement. 



THE »59 

mécanique. Ce sont donc encore des terrains plus yzànùau 
que lysiemi. 

Ils sont essentiellement et clairement stratifiés; mais leur 
stratification est souvent oblique, courbée, même sinueuse et 
contournée. 

lies terrains abjrssiques couvrent des pays d'une grande 
étendue et sont connus sur toutes les parties du globe : ils 
forment des montagnes peu hautes , à croupes généralement 
arrondies et qui offrent quelquefois des escarpemens asset 
élevés, lorsqu'elles sont composées de grès ou de psammite. 

Il y a entre les nombreux débris organiques qu'ils renfer- 
ment et ceux des terrains pélagiques des différences d'un 
ordre trés-élevé ; néanmoins on trouve parmi les mollusques 
et les végétaux quelques espèces qui paroissent être communes 
aux deux 'classes. 

C'est dans ces terrains que se montre pour la première fois, 
en allant de bas en haut, la génération des reptiles. On n'y 
connoît aucun indice de mammifères ni d'oiseaux; on n'y 
cite pas non plus le moindre vestige de trilobites. 

C'est aussi -dans ce terrain que commencent à parottre, en 
allant de haut en bas, les métaux proprement dits, et cette 
circonstance est une de celles qui motivent le mieux la distinc- 
tion que Je leur accorde. Mais ces métaux et les espèces mi- 
nérales qui les accompagnent ne s'y présentent qu'en taches » 
grains, nodules ou petits amas disséminés et même assez rares , 
et jamais en filons réels. 

11 me paroi t présumable qu'à l'exception des gypses gros* 
siers des terrains thalassiques , la plupart des autres, surtout 
les gypses striés, qui sont accompagnés de beaucoup de 
marne argileuse, variée de couleur, appartiennent à la pé- 
riode géognostique des terrains abyssiques. On ne trouve guère 
au-dessus et au-dessous que du gypse sélénite, et parmi les 
gypses réputés de transition , les uns ,• tel que celui de Bex , 
sont décidément reconnus pour appartenir aux terrains 
abyssiques, et les autres, tels que ceux du val Cararia, etc., 
suivront probablement le sort des Alpes et seront, comme 
elles, ramcaiées à une époque géognostique beaucoup plus 
récente que celle qu'on leur attribuoit. 

L'ordre dans lequel nous présentons les groupes de rochea 



i6o THE 

^et même les roches qui composent ees terrains, estasses exac- 
tement conforme k celui dans lequel se succèdent ses diverses 
parties. 

1." Gr, TERR. ABYSS. DU LIAS.' 

Au-dessous de foolithe infrajurassique des terrains péla- 
giques se trouve, dans l'Allemagne occidentale, dans toute 
la France, dans l'Angleterre, et peut-être encore ailleurs, 
un groupe de terrain tout- à- fait distinct du précédent par 
tous ses caractères minéralogiqùes, et surtout par les généra- 
tions organiques qui vivoient dans les mers et sur la terre 
à répoque de sa formation : ces différences m'ont paru si 
nombreuses, si importantes et même si tranchées, que j'ai 
cru pouvoir placer ici la ligne qui sépare les terrains abys- 
siques des groupes dont l'ensemble forme les terrains péla- 
giques. 

Le lias proprement dit , premier groupe des terrains abys- 
siques, s'étend jusqu'aux marnes bigarrées ou Keuper, et n'en 
est pas nettement séparé. 

Son mode de formation est presque entièrement mécanique. 
Cependant les lamelles cristallines qu'il fait voir, les miné- 
raux cristallins qu'il renferme, indiquent l'influence de Faction 
chimique ou de cristallisation. 

La texture de la roche , soit qu'on l'observe dans le cal- 
caire et les marnes qui la composent principalement, soit 
qu'on l'observe dans les roches arénacées qui s'y rencontrent, 
est grossière ou terreuse. 

Il est nettement stratifié , et sa stratification en assises gé- 
néralement peu puissantes est souvent plus droite que con- 
tournée; première différence entre lui et le calcaire juras- 
sique. 

Cette stratification est tantôt horizontale et tantôt forte- 
ment inclinée, et c'est ici que se présente, dans le lias du 
Jura , le caractère géologique regardé comme de première 
valeur pour établir des époques différentes de formation. Le< 

1 Nom technique des carriers anjglois. M. d'Oraalius d'Halloj, tenant 
à' donner des noms adjectifs à tous les terrains , propose Uasitjue, — 
Calcaire à gryphites arquées. — Marnes bleues inférieures* — Lias ovL 
Mergelkalky fioux» 



THE 161 

ronchei de lits sont rarement en 8trati6cation concordante 
arec celle du calcaire lurassique , et, comme le fait obsenrer 
M. Charbaut % cette concordance est une exception , tandis que 
la stratification contrastante est la règle. Cette disposition 
peut s'observer dans plusieurs parties du Jura , mais notam- 
ment et très-facilement à la butte de Pimont , au nord-est de 
Lons-le»Saulnier 9 où les marnes de Toolithe infrajurassique 
sont placées en stratification horizontale sur les têtes des cou- 
ches de lias, qui est en stratification inclinée de moins de 45% 

Cette disposition , si elle étoit isolée, pourroit être attri- 
buée à un accident, mais elle se présente, avec moins d'évi^ 
dence , il est vrai , dans un grand nombre de points du Jura 
moyen, ce qui fait dire à M. Charbaut que le lias étoit formé 
depui» long^temps et déjà renverU lorsque le calcaire oolithiqut 
est venu se déposer sur lui. 

Le nivellement présente un autre caractère, d'une valeur 
presque égale au précédent. Le sommet de quelques collines 
ou buttes de lias est quelquefois plus élevé que les couches 
du calcaire oolithique , qui lui sont cependant évidemment 
supérieures dans l'ordre de la chronologie géognustique. 

On a dit que le lias se présentoit en Europe sur un très-grand 
nombre de points. 11 n'y est pas toujours recouvert de cal* 
caire oolithique; il paroit que celui du département du Gard 
est absolument dégagé de ce terrain et a été déposé d'une ma- 
nière tout-àrfait indépendante. 

J'ai fait remarquer plus haut que c'est dans les terrains 
abyssiques que se montrent les premiers gîtes métalliques 
de plomb, de zinc sulfuré, etc., et de quelle manière ils s'y 
montrent : le lias ne renferme ces métaux que rarement et en 
petite quantité; mais, enfin, il en contient, tandis que je 
n'en ai jamais vu , et je ne sache pas qu'aucun géologue en 
ait encore cité dans le calcaire oolithique. Cette circonstance 
est importante; elle indique des phénomènes géognostiques 
trè»-différens entre les deux ordres de terrain , et fournit un 
des plus puissans argumens en faveur de leur séparation pro- 
noncée. 

Il n'y a pas de houille proprement dite dans le lias, tel que 

i Ann. de» mines, lom. i3, 1826, pag. 177 «t suiv. 
54. il 



i6a THE 

nous le connoîssons jusqu'à présent ; ce sont des lîgnîtes qui 
font accompagnés quelquefois de débris de végétaux trés-sem- 
blables aux fougères des houilles ; mais ils sont en lits peu puis- 
saii<) et ne donnent qu^un combustible d'assez mauvaise qualité. 

Mais c'est dans le système général des débris organiques 
animaux que se présentent encore des différences aussi tran* 
chées qu'importantes; on les appréciera facilement en com- 
parant les listes des débris organiques des oolithes jurassiques 
du terrain pélagien , avec celles du lias des terrains abyssiques. 
' On voit d'sLboTd que les coquilles caractéristiques de ce 
groupe sont Tammoni^M Bucklandiy leplagiostoma gigarUeum^ le 
gryphœa atcuata'de Lamarck. 

On remarquera ensuite que parmi les reptiles il n'y a plus 
de crocodiles dans le lias , et que les espèces d'Ichtyosaures ^t 
de Plésiosaures , seuls genres qu'on y indique ^ sont dififérentes 
de celles des terrains pélagiques. 

Parmi dix-huit espèces d'ammonites du terrain pélagique et 
dix-neuf du lias, il n'y a que quatre espèces communes aux 
deux terrains. 

Parmi les autres coquilles, tant univalves que bivalves, dont 
quatre-vingt-cinq espèces déterminées appartiennent aux ter- 
rains pélagiques et vingt-huit au lias, il n'y a guère que sept 
espèces désignées comme étant communes aux deux terrains. 
Plusieurs genres qui se trouvent dans un terrain , ne se sont 
pas rencontrés dans l'autre; ainsi, les Trigonies, les Pinnes, 
et peut-être bien d'autres genres , que l'état imparfait de la 
eonchyliologie fossile n'a pas permis de déterminer et qui 
sont assez aboiid ans dans les terrains pélagiques, n'ont pas en- 
core été cités dans le lias, tandis que celui-ci renferme des 
gryphées , des spirifères , des pentamères, des hyppopodiums , 
qu'on ne trouve plus dans les terrains supérieurs. 

On voit donc, ainsi que je l'ai annoncé, que les caractères 
géognostiques ou de stratification , minéralogiques et zoolo- 
giques, se réunissent pour établir entre le lias , premier 
groupe des terrains abyssiques, et les terrains pélagiques des 
différences essentielles, de première valeur, qui me semblent 
suffisantes pour placer entre ces terrains une ligne de sépara- 
tion de la catégorie des ordres beaucoup plus prononcée que 
celles qui séparent les siiQples groupes de roches. 



THE >65 

groupe des terrains abyssiques qui est désigné par le 
nom de lias, renferme en roches subordonnées un grés , un cal- 
caire marneux, qui est le calcaire à gryphites proprement dit, 
et un ampélite alumineux. 

1. Gbès du lias. 11 ne paroît pas avoir de position bien déter- 
minée : il est tantôt supérieur au calcaire , et tantôt interpesé 
en bancs entre les couches de marnes, et descend même dans 
le groupe suivant; il a reçu aussi le nom de grès à carreau 
{QuadersandsUin) , et a été confondu souvent avec le grés dea 
glauconies crayeuses et sableuses, et même avec le grés bigarré; 
mais sa position, quand on peut Tobserver, et les débris de 
végétaux, quand il s'en présente , peuvent servir à le distin* 
guer. Ce grés passe quelquefois au psammite et même aux 
arkoses, c'est surtout lorsque le lias recouvre presque im- 
médiatement le terrain primordial. Il renferme quelquefois 
de petits lits de charbon fossile qui est k Tétat d'anthracite 
(col du Chardonnet) , du minerai de fer hydroxidé compacte 
(la Voulte). 

3. Calcaire marnedx. C'est le calcaire à gryphite arquée 
{gryphœa arcuata^ Lam.; gryphœa incurva^ Sow.). C'est dans 
cette roche que se trouve le plus grand nombre d'espèces de 
coquilles et d'espèces de minéraux; le tableau les fait con- 
noftre. On remarquera qu'on y cite encore du sulfate de ba- 
ryte , qu'on y indique le silex comme y étant fort rare. Ces 
minéraux se trouvent aussi dans le grès. 

5. Ampiâlitb aldmineux. Cette roche se présente dans plu- 
sieurs terrains, et surfout dans les terrains inférieurs à ce- 
lui-ci , mais on ne peut se refuser à la reconnoltre dans les 
schistes argileux, bitumineux et pyriteux, qui, à Whitby et 
dans quelques autres lieux , fournissent de l'alun. On y rap- 
porte aussi l'ampélite alumineux avec gypse d'Amberg, qui 
renferme en outre delà célestine d^Arau. (BoDé.) 

2.* Gr. TERR. ABYSS. DU KEUPER. " 
Ce groupe, établi par M. Charbaut et ensuite parles géo- 

1 Nom technique des mineur» de TAllemagne occidentale. — M. 
d*Omalius d'HalIoy propose d'appeler ce terrain keuprique, —Marnes 
iriféet, Charbaut ; Marnes bigarrées, qu'il ne faut pas confondre avec 
celles du grès. 



i64 THE 

logues allemands, sous le nom univoque de Reuper, est cons- 
tamment inférieur au premier ; il s'y lie néanmoins par des 
roches et des pétrifications communes : il renferme plus de 
roches argileuses et marneuses que d'autres. 11 est surtout re-* 
marquable parce que c'est le gite principal et le plus ordi- 
naire du gypse strié, et du selmarin rupestre. Il paroit que 
c'est dans ce groupe ,' lors même qu'il ne renferme pas de 
selmarin rupestre, que prennent naissance les sources salées, 
b^ucoup plus fréquentes que le selmarin i c'est donc lui qui 
renferme les marnes salées proprement dites {Salzthon). 

Il contient, en roches subordonnées, un grès avec des em- 
preintes végétales, des argiles employées pour la poterie, du 
calcaire presque compacte en bancs peu épais, du calcaire 
lumachelle, des marnes bitumineuses, qui renferment des 
atipites tantôt en lits peu puissans , tantôt en nodules, et, 
presque toujours au-dessus du gypse , du selmarin rupestre. 
Le gypse et le sel sont plus abondans dans ses parties infé- 
rieures que^dans Be$ supérieures. 

Les grès qu'il renferme , et qui sont ordinairement mêlés 
d'argile ou même de marnes, qui passent par conséquent à la 
roche que j'ai définie sou^ le nom de macîgno, présentent, 
dans divers lieux d'Allemagne , des empreintes et des restes 
de végétaux'. C'est le second dépôt de stipite, en allant de 
haut en bas. 

On remarque souvent dans les terrains de lias et de keuper 
des enfoncemens en forme d'entonnoirs, qui se sont formés 
dans ces terrains et qui continuent à se former encore. M. 
Charbaut, qui a fait cette observation , les attribue avec beau- 
coup de vraisemblance à la dissolution du gypse et du selmarin, 
qui s'opère toujours par le passage des eaux souterraines. 

Exemples des terrains de lias et de keuper. 
France. Tous les environs de Salins , au sud du fort Belin , 

I Je ne crois pat qu'on puisse rapporter à ce groupe les arkoses xné' 
tallifères que j'ai décrites ailleurs, ni par conséquent les nids métalli- 
ques, etc., qu'elles renferment aux Ecouchets, en Bourgogne, etc., et 
que cite M. Boue : je crois les arkoses de ces localités, et celles qui 
leur ressemblent, de beaucoup inférieures au keuper, et quelquefois 
même aux deux autres groupes des terrains abj'ssiques. 



THE >65 

à la descente de MoutaiDe, au sud de Salins, ete. : avec son 
ieuper et son gypse. 

Lons-le-Saulnier, au nord-ouest : avec célestine et dëp6t de 
lignite. <— Vie , Gemonval, Corcelle , offrant le second dépôt 
de stipite mentionné plus haut. — Environs d*Alab, Sauvage, 
Anduze, etc.: avec lignite et ampélite, gypse strié, etc. — 
Environs de Lyon , Saint - Cyr au Montdor : avec rognons 
de fer hydroxîdé compacte et olîgiste métalloïde; et au sud 
de Chessy. — Environs de Castellane , Au vit t avec gypse et 
iignites. — A Saint-Amaad, département du Cher: avec gry-» 
phœa cymhium? -^ Dans le département de l'Yonne, au nord- 
ouest d'Avallon: avec taches de galène, barytine, etc.; et i 
l'est d'Avallon. (De Bonnaro.) — En Normandie, Longean, 
Blaye, à l'ouest de Bayeux: avec trichites, Iignites. — Dans 
les Ardennes, à Flize , entre Metz et Sedan ; à Warcq, prés de 
Mézière. — Dans la Moselle, à Vigy près Metz: avec nodules 
de fer hydroxidé compacte , renfermant de la célestine ; dans 
les environs de Montmédy, etc. 

En Suisse. A Asuel , dans le bassin de la Lâche ; dans les 
environs d'Arau. — A Neuewelt, prés de Bàle : avec les mar- 
nes irisées, schisteuses, solides, remplies d'empreintes vé- 
gétales, énumérées au tableau des corps organisés fossiles, et 
qui placent ce dépôt charbonneux parmi les stipites. 

En Ancleterre. A Whitby , dans l'Yorkshire; dans la partie 
inférieure de cette côte : avec les pyrites, la barytine , le jayet, 
l'ampélite alumineux ; Charmouth et Lyme- régis en Dorset- 
shire; Westbury-Cliff en Glocestershire , etc. 

11 est possible que le charbon minéral de l'île deBomholm, 
qui me parolt être un lignite, celui d'Hôganes, et les végé- 
taux fossiles de HOr en Scanie , appartiennent aux terrains 
de lias; mais spécialement à la partie sableuse de ce groupe, 
à celle qui est désignée dans le tableau sous le nom de grès 
du lias, et dans laquelle on reconnoit, comme à Bornholm, 
des végétaux , quelques coquilles et du fer hydroxidé. 
'^ On peut donner pour exemple du keuper ou marnes 
irisées du lias, renfermant le gypse et le selmarin, presque 
tous les gi tes connus de l'est de la France , dans lès dépar- 
temens de la Meuse, du Jura, etc., et en Allemagne les 
dépôts de ce sel en Tyrol^ Salzbourg, etc., et même ceux du 



"^ 



>66 THE 

royaume de Wurtemberg et du pays de Bade, quoiqu'ils 
soient plus particulièrement situés dans le calcaire conchylien ^ 
terrain immédiatement inférieur au lias. 

Mais un exemple des plus remarquables des terrains de lias, 
est celui que nous donnent les couches non primitives dans 
Tacception vulgaire de ce mot, qui sont comprises entre le 
l^ont'BIanc, le mont Rose, le mont Viso et le mont Pelvoux 
dans rOisans,- notamment au Petit- cœur dans le vallon de 
Naves prés Moutier, et au col du Chardonnet, au nord de 
Briançon ; couches qui se lient avec celles du même terrain 
déjà reconnues à Digne, Castellane, Sisteron, etc., en Pro- 
vence. 

Le terrain de lias dans les Hautes- Alpes avoit déjà été 
indiqué par MM. Buckland et Keferstein , et reconnu par M. 
Bakewell. Mais M. Élie de Beaumont ' en a déterminé la pré- 
sence certaine et la position au moyen des caractères zoolo- 
giques des bélemnites, des ammonites, etc.; il a fait connoitre 
exactement son étendue, ses singuliers rapports, sa stratifica- 
tion concordante , et enfin Taltemance de ces roches , dans 
lés lieux qu'on vient de citer, avec des lits de schistes ar-< 
gîleux, de calschistes, de grès?, etc., qui renferment des 
débris de végétaux des mêmes espèces que celles qui forment 
dans leur entier les dépôts houillers. 

3^ Gr. TERR. ABYSS. CONCHYLIEN.* 

Ce groupe du terrain abyssique est un de ceux qui man-^ 
quent le plus souvent : on ne le connoit ni en Angleterre, 
ni dans le nord de la France et de TAllemagne, et ce n'est 
même que depuis peu de temps qu'on l'a reconnu d'une ma- 
nière indubitable dans le midi et dans l'est de la France. 

Mais il est caractérisé d'une manière très - tranchée par la 
nature de son calcaire, par l'absence de toute matière métal- 
lique et par le grand nombre de débris organiques qu'il ren-^ 
ferme. 
- Ses limites sont' établies avec assez de précision par deux 

ï Ann. des se. nat., t. 14, 1828, Juin, et tom. iS, 1828, Décembre, 
pag. 353. 

3 Muschelkalk , Zechstein de plusieurs géologues de rAlIemagne më- 
ridionale. — Rauckgrauer Kalk de Mërian. 



THE 167 

groupes dont les roches sont d^une nature tout- à-fait diffé» 
rente de celles qui lui sont propres : les marnes du keuper 
en dessus et les roches siliceuses du grès bigarré en dessous. 

1. Calcaire conchylien. Sa texture est entièrement com- 
pacte, et par conséquent son mode de formation enlièrement 
mécanique, cette texture indique un sédiment fin et tnin« 
quille. Il est nettement stratifié, toujours trop profondément 
engagé dans d*autres roches pour imprimer une forme parti- 
culière au sol qui le recouvre. 

C'est un groupe de roches qui se présente en général sous 
une étendue très-limitée. 

Les débris organiques qu'il renferme sont, ainsi qu'on Ta 
annoncé au commencement de cet article , nombreux et ca- 
ractéristiques par les différences très-tranchées qu'ils ont avec 
les fossiles des autres groupes de ce terrain. Le tableau les 
fait connoître autant que cela est possible dans Tétat actuel 
de nos connoissances en zoologie fossile. 

C'est une chose digne de. remarque, que cette génération 
rassemblée dans un terrain très -peu puissant, qui, d'une 
part, est presque entièrement dififérente de celles qui se pré- 
sentent immédiatement avant ou après elle dans les terrains 
supérieurs et inférieurs, et qui, de l'autre, est presque entiè- 
rement composée des mêmes êtres organisés et dans les parties 
méridionales de la France et dans les parties septentrionales 
de l'Allemagne. 

Le terrain conchylien renferme comme roches subordon- 
nées: 

Du calcaire marneux qui contient lui-même quelques cria* 
taux disséminés de quarz hyalin et quelques taches de galène ; 

Du gypse strié; 

Du selmarin rupestre et ses marnes argileuses (àDurheim, 
"Wimpfen, etc., en Wurtemberg; à Sulz, Rothweil, etc., 
dans la vallée du Neckar). 

Le tableau indique d'autres roches et minéraux sur lesquels 
nous n'avons aucune observation particulière à présenter. 

Exemples du terrain conchyuen. 

En France. Près Toulon, le cap de Seine et le pied du 
mont Faron. Tous les caractères minéralogiques et toologi- 



i68 THE 

quel de ce calcaire y sont réunis et présentent une identité 
remarquable avec ceux des autres lieux que nous allons citer. 

Dans le département de la Meurthe, à Rehainvilier , prés 
Lunévilie: ayec des os de crocodiles; et à Wissembourg. 

A Aubenas en Vivarais , immédiatement sur Farkose. 

En Allemagne. Au pied du Meisner en Hesse. — A Elze, 
dans le pays d^Hanorre. — Au Heinberg , prés Gœttingue. 
— Prés de Gotha. — Dans le Harz, à Blankenbourg. 

A Pyrmont, avec encrinites, célestine, arragonite, quarz 
et même gaiéne. (Bouii. ) 

Dans le Wurtemberg, prés de Bade, et dans la vallée du 
Neckar, à Durheim, Roth^yeil, Heilbronn. 

4.* Gr. TERR. ABYSS. PŒCILIEN. ' 

Cest un terrain composé principalement de grés brunâtre 
ou rougeàtre, de psammite bigarré, de macigno oolithique, 
de marne bigarrée et des autres roches énumérées au tableau 
des terrains. 

Ses limites, tant supérieures qu'inférieures, sont peu fixes: 
la position la plus ordinaire de sa masse principale est celle 
que nous lui avons assignée dans le tableau; mais il paroit 
que le calcaire conchylien , et même une partie du gypse et 
du selmarin du keuper, s'y montrant quelquefois comme roche 
subordonnée, étendent ses limites supérieures au-dessus du 
terrain après lequel nous le plaçons, et qu'inférieurement il 
se confond si bien avec les pséphites, Tarkose et les psam- 
mites rougeàtres des terrains houillers , surtout lorsque le cal- 
caire pénéen n'existe pas, qu'il est très -difficile d'assigner 
avec précision ses limites inférieures. Il renferme peu de 
débris organiques, et ceux-ci, qui sont généralement des 

1 II faut éviter nuUiit qu'il est potsible de confondre les roches qui 
entrent dans U composition d'un terrain avec le terrain lai-mème. Le 
nom de grès bigmrré^ qu'on a donné à ce terrain, entraîne toujours 
UTec lui l'idée d'une roche qnanente , qui peut cependant ne pas s'y 
trouver. Le nom que nous proposons d'y substituer, rappellera le ca* 
ruct^re de coloration tariez, qui u fait donner le nom de bunter , va- 
rié^ bigarré, aux roches de ce terrain , et par extension au terrain lui- 
wème. — Bmmier Smmdsteim des géologues allemands. *- Gjpseous red" 
im m itt^mê ci rtd-mmrU des géologues angloù. 



THE i6j 

régétanx , paroissent se retrouver dans les terrains inférieurs 
et supérieurs à ce terrain ; aussi trouVe-t-on dans les ouvrages 
des géologues une grande dissidence d'opinions sur sa posi- 
tion et ses limites. 

Le terrain pœcilien est de formation presque entièrement 
sédimenteuse et même souvent élastique , renfermant des 
galets de roches quarzeuses, ou autres, enveloppés soit im- 
médiatement dans le grès, soit dans les marnes qui raccom- 
pagnent ou le pénètrent. A peine présente-t-il , dans quelques 
couches subordonnées et dans quelques masses minérales dis- 
séminées, des indices de Taction de dissolution. 

Il est en général très -nettement stratifié, à stratification 
droite et souvent k peu de chose près horizontale ; ses assises 
sont quelquefois divisées en grands parallélipipèdes ou en 
rhomboïdes irréguliers, par des fissures perpendiculaires ou 
obliques à leur surface. 

11 forme plut6t des collines ou des plateaux que des mon- 
tagnes, dont les pentes sont ordinairement douces et très« 
désagrégées ; ce qui résulte et du peu d^adhérence des par- 
ties qui composent les roches de cette formation et de la fa- 
cile altération que Peau fait éprouveraux marnes ferrugineuses, 
au gypse et au selmarin , qui entrent souvent dans la compo- 
sition de ce terrain. Ces pentes sont souvent profondément 
ravinées par les eaux. 

Ce terrain est très- répandu à la surface du globe, et peut 
être considéré comme une formation générale et presque en- 
veloppante. 

Les minéraux et minerais métalliques qui s*y trouvent , j 
sont disposés en lits, amas, druses et nodules, et jamais en 
filons; cependant, si on a soin de distinguer le terrain pœcilien 
proprement dit des terrains d'arkose, le nombre des miné- 
raux qu*il renferme est de beaucoup restreint. 

On y trouve comme roches en lits ou couches subordon- 
nées : 

1 • Le Grès et le Psammite bigarras , qui se suppléent et 
même se confondent. C'est la roche principale du terrain 
renfermant le Macigno ooutbiqcb, Pancienne oolithe, autre- 
fois la seule connue {Rogenstein des géologues allemands); 



«70 THE 

c'est un macîgno très-bien caractérisé, formant une dés cou- 
ches subordonnées du grès bigarré du Harz et du pays de 
Mansfeld. 

Des Sbiectites ou argile à foulon (Raddle pits , près Braîth- 
weel, etc., Conyseare). 

2. Les Marnes bigarrées % avec leur gypse strié, qui con- 
tribuent à le faire distinguer des autres grès rouges (Roque- 
vaire en Provence; Decise dans la Nièvre j Neuewelt près de 
Bàle, Mérian). 

3. Le Selmarin rupestre (au Spessart, dans la partie orien- 
tale du Wurtemberg ; en Souabe : dans le pays de Bade , etc.). 

Du LiGiiiTE en petits lits ou petits amas disséminés, pro- 
venant pent-éfre des fougères et arbres conifères dont on 
voit de nombreuses et belles empreintes dans le grès bigarré 
(dans les environs de Wasselonne, de Soultz-aux-bains , etc., 
en Alsace , près de Bàle , de Tubingue , etc. ). 

On y cite aussi de la dolomie spathique. (Booé.) 

Le Fer , dont la présence est indiquée par la couleur sou- 
vent très-rouge de'cette roche et par la marne d'un rouge foncé, 
qui remplit ses cavités ou alterne avec elle, s'y présente aussi 
en lits ou en amas puissans à Tétat de fer hydroxidé lithoïde 
(dans les environs des lacs Salziger et SUsser, près de Halle, 
où le grès bigarré est un psammite schistoïde rougeâtre très- 
bien caractérisé; dans le Lot, Dufresnoy). 

Enfin ^ la céiestine, la barytine, le manganèse et peut-être 
le fer oxidulé sablonneux. 

Le soufre ( en Gallicie , Boue ) en druses et petites taches 
lamellaires paroit s'y rencontrer aussi ; c'çst avec le gypse et 
le selmarin le seul minéral de formation cristalline qu'on 
y cite avec certitude. 

Quant aux autres minéraux et minerais que M. Boue y 
place, tels que le plomb, le cuivre, le cobalt (à Bieiberg, à 
Marmarosch , à Chessy , à Recoaro) , je présume, d'après ce que 
i'ai vu dans les deux derniers lieux , que ces terrains métalii- 

1 Qu'il ne faut pas confondre avec les marnes irisées du keuper. 
Pour éviter cette confusion , on devroit appeler les premières marnes 
keupriques et ceilespci marnes pœciliennes.- 



THE >7» 

fères sont mieux placés plus bas dans la formation des ar- 
koses* ; tandis que les exemples pris à Bastèue et dans des ter* 
rains semblables à celui-ci (en Espagne; dans le Holstein, à 
Lunebourg , où Ton cite le quan , la glaubérite, le gypse , 
l'arragonite, la boracite, le pétrole, etc.), paroissent avoir 
plus de rapports avec le keuper par leurs circonstances de 
roclies et déposition qu'avec le grés bigarré proprement dit.* 
Au reste, celte différence dans la position à assigner aux mi- 
néraux et roches que je viens de citer, a très -peu d'impor- 
tance, d'après ce que j'ai dit en commençant sur Tincerti- 
tude des limites du terrain pœcilien. 

Exemples du terrain poecilien. 

L'incertitude qui rè^ne souvent dans la détermination entre 
le grès bigarré et le grès rouge , lorsque ces roches ne sont 
pas immédiatement accompagnées de celles qui contribuent 
à établir leur différence; la position comme roche subordon- 
née du grè$ bigarré dans les deuxième et troisième groupes, 
rendent assez difficile de donner des exemples authentiques 
de ce terrain.^ 

En France. Entre Brignolles et Fréjus. — Dans les Vosges, 
à Wasselonne, près Bruyères, avec végétaux fîliciformes (Moo- 
geot). — A Soultz-aux-bains près Strasbourg. — Près de Vie , 
avec des végétaux filiciformes (B.). — Près d'Aubenas, lié à 
Tarkose du même lieu. 

Pays allemands. Rheinfelden, sur les bords du Rhin, aa 

1 M. Conybeare parotc «dmettre cette opinion, p. 281 — 287. 

2 m. Dufresnoj confirme cette dernière présomption parles observa- 
tions qu*il vient de présenter, Ann. des Mines, 1827, t. 2, p. 377. 11 place 
même ces terrains encore plus hauts, puisqu'il les met au-dessus du 
lias. 

3 Nous avons encore recours à l'utile et savant tableau de M. Boue, 
et je note d'un (B.) les exemples qut je donne sur son autorité; néan- 
moins je dois faire observer qu'il a réuni au grès bigarré des terrains 
([ai me paroissent généralement plus anciens, et que je citerai plus bas 
au terrain d'arkose. 

Quant à la réunion du macigno solide des Italiens k cette roche, je 
rais très-disposé à l'admettre, ce qui porteroit les opbiolitfBs à une époque 
encore bien plus nouvelle que celle que je leur ai assignée. 



•7» THE 

pied de la forêt Noire; Pyrmont. — Le Harz , à Usenbour^, 
^. Wernigerode, avec le macîgno oolithique ; à Eisleben. - — En 
liesse, le plateau de Kaufungerwald , à Test de Cassel; les 
environs de Marbourg , tous le basalte. — Les environs de 
Heidelberg (Leonhard). — Le terrain entre les lacs de Sal- 
zîger et SUsser, prés de Halle en Saxe. 

Angleterre. Dans le terrain salifére des environs de Nor- 
^vich , en Chestershire. Il est rouge dans les assises supérieures, 
et renferme des galets de quarz et du grés blanchâtre dans les 
parties inférieures; qu^nd il renferme du gypse, c'est princi- 
palement dans ses parties supérieures. 

£n6n, dans un si grand nombre de lieux en Angleterre, 
en Allemagne et en France , qu'une plus longue énumération 
seroit presque sans terme et inutile. 

M. Boue cite des exemples de grés bigarré, avec gypse et 
selmarin , dans la Castiile et dans la Manche. Il rapporte aussi 
à ce terrain les couches puissantes de selmarin rupestre de 
Wieliczka et de Bochnia , en y réunissant les couches qui ren- 
ferment des lignites, des coquilles et des semences. Il y rap- 
porte également le macigno et la pietra serena et forte des Ita- 
liens. On verra à l'article des terrains hémilysiens calcaires 
combien ce dernier rapprochement est encore incertain. 

5.* Groupe. TERR. ABYSS. PÉNÉENS. ' 

Le terrain pœcilien est une espèce d'horizon géognostique, 
pour nous servir de l'heureuse expression de M. de Humboldt ^ 
qui oscille dans un grand espace entre le lias et le terrain 
pénéen , mais qui ne s'est jamais montré au-dessous de celui- 
ci. Ce terrain calcaire et les roches qui l'accompagnent sont 
donc limités supérieurement par le grés bigarré du terrain 
pœcilien, qui ne qianque presque jamais. 

Sa limite inférieure est bien plus difficile à déterminer. Si 
on le place au-dessus du schiste bitumineux métallifère , qui 
paroît avoir une origine si différente de celle du calcaire pé- 



1 Nom donne par M. d'Omalius d'Halloj au calcaire dominant dans 
ce terrain. — Zechstein des mineurs allemands. — Calcaire alpin des 
géologues françois et allemands* — Magnesian limestone des Anglois* 



THE »7» 

oëen , oii réduit cette formation à une bien foible dimen- 
tion. Si on Tétend jusqu'au terrain houiller, on y comprend 
et ces schistes bitumineux, et un terrain élastique (lespsé* 
phites) 9 qui indiquent, par leur nature et leur structure, des 
causes et une époque de formation bien différentes de celles 
de ces terrains. 

Dans cette incertitude , nous adopterons la limitation un 
peu arbitraire du plus grand nombre des géologues , en com- 
prenant le schiste bitumineux métallifère dans le terrain pé- 
néen ; nous placerons donc au-dessous de ce schiste et avant le 
pséphite , la limite inférieure de ce terrain. 

Le mode principal de formation de ces terrains est encore 
mécanique, et par conséquent les roches qui le composent 
ont une texture compacte, sédi menteuse ou même grossière, 
plutôt que cristalline. Cependant Tinfluence de Faction chi« 
mique ou de dissolution s^y fait sentir beaucoup plus puissam- 
ment que dans les terrains supérieurs. Elle se manifeste par 
la texture grenue de la dolomie abondante dans ce terrain , 
et par les sulfures de plomb , de cuivre , de zinc , de fer, 
de mercure, etc., qui s'y rencontrent fréquemment. 

Tantôt ce terrain est non-seulement clairement stratifié , 
mais sa structure en grand est même fissile ; tantôt , au con- 
traire , il n'offre aucun indice de stratification , et c'est sur- 
tout lorsqu'il est principalement composé de dolomie. Il est 
alors divisé par des fissures presque verticales ou par des 
cayitéf sinueuses , nombreuses , de forme et d'étendue très- 
diverses. Dans le premier cas, il n'imprime au sol aucune 
forme extérieure particulière'. Dans le second cas, il donne 
lieu à des collines ou montagnes à cône pointu , à pente très- 
roide , comme déchirées par de nombreuses et profondes 
fissures verticales (le Langkofel, vallée de Grtfden en Tyrol, 
décrit et figuré par M. de Buch )• * 

Ce terrain , quoiqu'assez répandu pour être considér^^omme 
une formation générale , n'a cependant pas l'étendue et la 
continuité des terrains jurassiques et pœciliens. 



1 Nous Yerrons cependant plus bas que le terrain pënéen d«s «QTi' 
tùnê d'Eislebea a une forme extérieure assez remarquable. 



«74 ' THE 

Les mmërais qu'il renferme y présentent une disposition 
Irés-diffërente , suivant qu'ils appartiennent aux premiers ou 
aux seconds systèmes de roches de ce terrain. Dans les uns 
ils sont en petits amas , en druses et même en liions; dans les 
autres ils sont en lits ou disséminés. 

Enfin on rencontre dans les roches calcaires de ce groupe 
des cavernes assez vastes ( les KalkichloUen du Harz et du pied 
du Thuringerwald sont creusées dans la partie calcaire de 
ce terrain ). 

Cest surtout par les espèces et les genres de corps organisés 
qu'il renferme que ce terrain se distingue des autres. Cette 
distinction seroit même plus précise, si Ton vouloit attribuer 
à deux groupes distincts les deux principales sortes de roches 
qui le composent; car les pétrifications de chacune de ces sor- 
tes sont non-seulement différentes de toutes celles des terrains 
supérieurs et inférieurs, mais elles sont encore très-différentes 
Tune de l'autre; ce qui nous force d'en renvoyer l'indication 
à l'article des roches qu'elles caractérisent. On doit seulement 
faire remarquer que c'est dans ce terrain que se présentent, 
en allant de bas en haut , les premières générations d'ani- 
maux vertébrés ( si en effet le phyllade ichthyophore de 
Claris n'est pas de transition , comme tout porte à le croire). 

Le terrain pénéen est quelquefois traversé, coupé et même 
dérangé par des filons, qui sont d'ailleurs assez rares, et qui 
|> résentent des reaScmens et des étranglemens fort singuliers; 
ils ne renferment guère que des minerais de cuivre, de co- 
balt et de bismuth natif. 

Les roches qui composent le terrain pénéen , énumérëes au 
tableau , doivent être séparées en deux divisions , fondées 
aussi bien sur leur nature que sur leur position. Les unes sont 
calcaires et souvent magnésiennes ; les autres sont schisteuses 
et sout^ent bitumineuses. 

• Ce ti^leau , comme tous ceux que nous avons présentés , 
éïïre l'énumération complète de toutes les roches qui entrent 
dans la composition du terrain; mais il en manque souvent 
plusieurs , et c'est surtout le cas dans le terrain en question : 
il est même fort rare qu'il soit complet. 

Le terrain pénéen se compose de cinq ou six roches prin- 
cipales, qui en renferment elles-mêmes plusieurs subordoà- 



THE J75 

aëes. Parmi les premières « les plus conslanfes sont la dolo* 
mie, le calcaire compacte et le schiste bitumineux* ■ 

L'ordre dans lequel elles se présentent le plus ordinaire- 
ment en Saxe, est celui qui a été suivi dans le tableau. 

1. Le Gtfse sTRié, quelquefois accompagné de selmarin. 

3. Le Calcaire fétide , grisâtre , à texture fissile , k struc- 
ture quelquefois sublamellaire. 

Il est incertain pour moi que ce gypse et ce selmarin soient 
différens de ceux du terrain pœcilien, qui est à si peu de dis- 
tance de cette formation. On voit dans toutes les descriptions 
que ce gypse, même celui qui est désigné comme ancien, 
est toujours placé au-dessus du calcaire caractéristique de ce 
groupe. II renferme, comme le précédent, des cristaux de 
quarz. Le calcaire fétide qui l'accompagne paroit lui être 
intimement lié, et appartenir par conséquent, comme lui, 
au groupe précédent. 

3. La DoLOMiE FéNÉENNE, quî entre dans ce groupe, et qui 
est si bien caractérisée en Angleterre et en France, où elle 
remplace presque entièrement ce calcaire , peut être repré- 
sentée en Allemagne par le calcaire celluleux et la marne cert" 
itée. On remarquera qu'en Angleterre , et en France à Fi- 
geac dans le Lot et à Cartigny dans le Calvados, où elle re- 
couvre une roche sableuse qui paroît avoir la nature et la 
position des pséphites, cette dolomie se pMiente. tant6t avec 
une texture assez compacte, et tantôt avè<5 une texture ter- 
reuse et même pulvérulente. 

La Marne cendrée {Asche) est une circonstance assez re- 
marquable et particulière aux terrains du pays de Mansfeld 
et de Thuringe. On y a trouvé des fragmens de calcaire fé- 
tide et de lignite. Elle s'endurcit quelquefois et prend, en 
Allemagne, le nom de Rauchstein. Les géologues de ce pays 
y admettent la présence du bitume, ce qui lui est commun 

1 Nous prenons le tjpc de comparaison de ce calcaire et de ses roches 
•ttbordonnées en Allemagne, et notamment dans le pays de Mansfeld, 
où il a ëtë si bien étudié et décrit par MM. Freiesleben, Uttinger, d« 
Hoff, etc. Nous tâcherons d'j rapporter les terrains des antres pajs que 
nous considérons comme analogues. 



»76 THE 

arec le calcaire ou dolomie des Allgaws, entre la Suisse et 
la Souabe, nommé par M. Uttinger, Hoekgebtrgê'Kalkêiem, 
Cette mafîire terreuse est elle-même une dolomie. 

La dolomie ^ et le 'calcaire celluléux , qui n'en est peut-être 
qu'une yariété impure, se montrent avec une couleur, un 
aspect et même une structure très- différente. La première 
est souvent schistoïde, radiée et globuleuse , ou botryoïde; 
le second est souvent mêlé d'ocre, d'argile , etc. : l'une et 
l'autre sont souvent bréchiformes. 

4* Le Calcaire vûnAev proprement dit (le ZeehsUin des 
mineurs allemands )• Il offre un grand nombre de caractères 
qui le distinguent minéralogiquement de la dolomie précé- 
dente, sans cependant l'en séparer nettement. 

C'est une roche calcaire compacte , à texture dense et très- 
fine; à cassure facile et conchoïde; de couleurs variant du 
gris de fumée au brun rougeàtre, toujours plus foncées que 
celles du calcaire jurassique, mais moins que celles du cal- 
caire bémilysien; renfermant des cavités plus ou moins nom- 
breuses et plus ou moins étendues. Sa stratification est quel- 
quefois claire et en couches minces (dans la Uesse) ; quelque- 
fois elle est obscure , et elle se présente alors en masses puis- 
santes (dans les Allgaws, Uttinger ) ; tantôt elle est à décou- 
vert à la surface du sol, y formant des collines assez élevées 
et à pentes roides; tantôt, enfermée soùs d'autres couches, 
elle n'imprime au sol aucune forme particulière. 

Ce calcaire contient peu de pétrifications ; mais celles qu'il 
renferme sont assez différentes des autres corps organisés fos- 
siles, pour servir à4e caractériser. 

Les tableaux n.^ i5 et 16, composés principalement des élé- 
mens fournis par M. de Schlotheim , donnent Tindioation des 
débris organiques qui appartiennent au terrain pénéen. Ces 
corpsi en général très-altérés et comme liés avec la roche elle- 
même , indiquent qu'ils ont été soumis à une violente pression. 

Ce calcaire renferme quelquefois des gîtes assez abondans 
de minerais , qui y sont plutôt en amas qu'en filons ; ce sont : 

Du Fer hydroxidé en couches et du Fer carbonate spa- 
TBiQDB, du Manganèse terne, principalement dans le calcaire 
çelluleux. (A Schmalkalde.) 



THE in 

De la galène , en petites masses dissëmioées* 

De la calamine , en grands dépôts ou amas de forme irrégtt- 

lière* 
Quelques filons métallifères traversent ce terrain. A Biebers 

en Hesse , des filons de barytine à renflemens , contenant 

principalement du eohalt gri$j du M«mift/i, du cui^^re natif, 

àuftr earbonaléf etc. 



5. Schiste bituminbux. C'est une roche. asseï peu rariée et 
qui ne renferme même d'autres roches subordonnées que d« 
l'ampélite. 

Il est noir ou d'un noir grisâtre, très -fissile; êes fissures 
de stratification sont souvent ondoyantes ; ce qui rend la sur- 
face de ce schiste comme gaufrée ; il est marneux, c'est-i- 
dire qu'il renferme du calcaire et qu'il fait effervescence; 
il. a néanmoins une texture grenue, cristalline, un éclat 
soyeux , qui indique une dissolution préalable et la cristal* 
lisation confuse d'un de ses ingrédiens ; il est pénétré d'une 
multitude de petits grains de pyrite et de cuivre sulfuré, 
quelquefois visibles, mais quelquefois aussi tellement petits, 
qu'ils sont indiscernables, loo parties He ce schiste donnent 
3 parties de cuivre foiblement argentifère. 
- Il forme un lit souvent très-mince, présentant de nombreux 
ressauts et de fréquens étranglemens. 

■ Les minerais qu'il renferme, soit de cette manière, soit 
en amas ou en petits lits plus distincts, sont, outre ceux que 
je viens d'indiquer; des minerais de mercure (car je pré- 
sume que le gite de mercure d'Idria en Carniole, et peut- 
être aussi ceux du Palatinat, appartiennent à ce terrain) ; des 
pyrites de fer qui , par leur présence dans une roche schisteuse 
et bitumineuse, et par leur facile décomposition, constituetit 
un des ampélites alumineux ou mines d'alun. 

Les corps organisés fossiles de ce schiste du terrain pénéen 
sont très-di£rérens de ceux des calcaires du même terrain* 
Nous en donnons la liste. 

On remarquera la frappante ressemblance qu'il y a entre 
cette petite couche de l'écorce du globe dans des contrées 
si éloignées l'une de l'autre, et ensuite la singulière circons- 
tance zoologique qui a placé à cette époque géologique, dans 
54. la 



»7« THE 

cet contrées, des genres de poissons qui diffèrent autant de 
tous eeux que l'on connoit, qu'ils se ressemblent entre eux. 
Plusieurs de ces poissons pourroient appartenir «à des genres 
qui vivent ordinairement dans les eaux douces ; mais d'autres 
sont plus généralement marins, et d'ailleurs les autres débris 
organiques , tant mollusques que végétaux , concourent à 
faire présumer que ces terrains ont été formés dans le fond 
des eaux marines, et en ont enveloppé les habitans. 

Les terrains pénéens calcaires et schisteux me paroissent 
si différens que je crois devoir en présenter les exemples sé- 
parément. 

Exemples de terrains pênêens calcaires. 

FRANCE. Mercuer, prés d'Aubenas : calcaire gris foncé , ana- 
logue au calcaire pénéen , avec taches de galène; il est sur Tar* 
kose', le calcaire qui le suit, a beaucoup des caractères de 
la dolomie. * 

A Figeac, ce sont la dolomie, la calamine et sa position, 
qui lui donnent les caractères du terrain pénéen* 

A Sauxais, dans la Vienne. Une dolomie jaunâtre, sub- 
compacte , celluleuse , bréchiforme , avec de nombreuses 
taches de galène , et des coquilles turbinées , à peu près 
comme à Géra. 

AujSMAGNE. Sur les bords méridionaux du Harz, à Wal« 
kenried , Grund , etc. , avec le gypse , la dolomie bréchiforme ; 
dans la Thuringe , à Limstein , près Schmalkalden , où la dolo- 
mie est remplie d'une térébratule grosse comme une graine de 



t Mëmoire tur l'arkoie (Ann. des ic. nat , Juin, 1826 , tom. 8, pi. 25). 
Je doiltois «Ion que ce calcaire fûtsapërieur à Tarkose. Je n'en doute 
plua^maintenant ; mais je doute que les coquilles (ammonites et peclen), 
que je lui iaitribue, lui appartiennent réellement. On Toit^ P^g^ ^^9 
^jam je ne les ai pas recueillies dans le lieu même. 
% Dta essais analytiques 7 ont indiqué : 

Carbonate de chaux 63 

Carbonate de magnésie 19 

Silice !• 

Fer et alumine 3. 



THE 17? 

cliaiiTre, espèce dont je neconnois pas de description ; à Glttcks- 
brunn, Gén, dans la principauté de Reuss, où se sont pré- 
•èntés les prodiiettfs aeuleatuê^ pris pour des gryphëes. Les co- 
quilles turbinées , mais indéterminables , qui se voient dans 
la dolomie celluleuse de Géra , établissent sa ressemblanec 
avec la dolomie de Sauxais. 

A Bieber , prés d*Hanau , et a Riegelsdorf en Hesse , il y 
a des filons cobaltifères. — A Freyburg , dolomie ocracée cel- 
lalaire.*-^ ASangershauseo , calcaire compacte, gris de fumée , 
avec taches de cuivre sulfuré , etc. 

£n SuissB, à Rheinfelden et Waldsbut, au-dessus de Far- 
kose. 

En SuésiE , à Tarnowita et à Nackel, où fc présentent , 
dans Tordre ordinaire, le calcaire ou dolomie celluleuse 
{RauehsMUilce) j avec fer hydroxidé et silex corné-, et un cal- 
caire pénéen , renfermant de la galèhe , de la calamine* 

Le gtte de calamine, remarquable par sa puissance, et 
qu'on appelle de la vieille montagne, k Moresnet, près d'Aix- 
la-Chapelle , me paroit appartenir au calcaire du terrain pé- 
néen par tous BCB caractères II ne présente aucune stratifi- 
cation , aucun corps organisé ; il renferme du fer hydroxidé, 
du sine oxidé dans différens états; la dolomie brunâtre, gre- 
nue, etc. ; et à peu de distance, presque dans le même arron- 
dissement géognostique , c'est-À-dire à Chaud fontaine, prés 
de Liège , etc., se présente encore cette même dolomie avec 
Ja barytine concrétionnée , etc. M. d*Omalius place CegHe-cé- 
lébre dans le calcaire carbonifère , et probablement son opU 
nioil est plus fondée que la mienne. 

L'Angleterre présente de nombreux exemples dé ce teN^ 
^ain , dans lequel domine, ainsi qu*on Ta dit, et d'une 
manière très -frappante , la dolomie jaunâtk'e, grenue,' com- 
pacte, cellulaire, botryoïde, schistoïde, renfermant, comme 
dans le continent européen, de la calaminé, delà blende, 
de la galène en petits nodules : dans FYorkshire , dans les 
collines de Meudip , les calcaires de Nottingham et de Dur* 
ham. . Il renferme en outre des nodules de fer hématite , 
des veines de barytine , entre Ferrybridge et York , à Bram- 
ham , Moor, etc., et de l'arragonite à Whitehaven.' 

Les couches de Sunderland , de Nottingham , de Durham | 




tU THE 

lastt ^ ce temû p^Bécm . f m^oc ttmia«n placé en. stnt»- 
ieskfîs* cMrtraHaafr sor le Icrraîa i— rfTTrr . et ciMpew^ de 
ffrtti|»e t0«t0 les roc&cs qse M. Sc^^iek rcfwde 

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Bé»I de Catofce et de Sjscki prcs Ziaaf»B. am Mcxiqve , et 
eevx de C&ofa et de Psueo , mi Pérosy fenreneal mn caicûre 
al^ o« pénéen , il fiiodroit «mblicr complétcarat U sî^i- 
fimios de ce der&ier ■< 



ExempUê de ierrams Fhtimms scmisteux. 

A Muie, prés âlgiofnukj , a deax liencs nord d^AutoD. On n'y 
eonnolt encore qoe le schiste bitnmineux et le paUothrissmm 
tnœquUohmm; en sorte qo*on n*a que ce seul caractère pour 
le rapporter an schiste bitumineux des terraÎDS pén^ns. 

Dans la Hcsse , le pajs de llansfeld , le Voigtland » etc. , 
asemples classiques de ces terrains , ainsi qu*on Ta dit. 

An Huggel , etc. , dans la principauté d^Osnabruck. 

On observe à Goldberg en Silésie , un calcaire semblable 
an péttéen , alternant avec du schbte bitumineux cuivreux. 
(lfA!fàs«) 

Le terrain d*Idria« en Carniole, qui renferme les mines 
de mercure , paroit avoir la plus grande analogie avec le ter- 
rain pénéen. On remarque que le calcaire j est compacte , fin , 
d'an gris de fumée, à cassure conchoïde, et qu^il ne ren- 
ferme aucune pétrification ; les dépôts métalliques y sont 
abondans et réunis en espèces de paquets. On y remarque f 
comme dans le calcaire pénéen , une grande rareté de pétri- 
fications. On retrouve dans le schiste bitumineux et le mer- 
cure disséminé dans ce schiste , les analogues du cuivre du 
ichiste bitumineux de la Hesse; on y retrouve jusqu'aux li- 
gnites d*une espèce particulière , aux pyrites et aux coquilles 
qui ont quelque ressemblance avec le productus rugosus ou 
êpelunoariui. 

On a reconnu dans les schistes marneux des environs de 
Thickleyi etc., dans le comté de Durham, des empreintes 



THE ï«i 

végétales et quelques espèces de poissons qui paroissent identi* 
ques avec ceux du schiste cuivreux d'Allemagne. (Seocwick.) 

Ces exemples, pris en Europe, doivent nous suffire; mais 
il convient de faire observer qu'une rocbe asses semblable, 
quant à sa nature, au schiste marneux- bitumineyx, et ab* 
solument semblable, quant aux poissons qu'elle renferme, 
s^est présentée dans l'Amérique septentrionale, à Westfield, 
dans le Connecticut* 

C'est un fait de» plus remarquables et des plus importans 
pour prouver Finfluence des mêmes causes sur les phéno- 
mènes géologiques dans les lieux les plus éloignés. 

6.% 7.* et 8.* Gr. du TERRAIN ABYSSIQUE. 

Observolions préliminaires sur ces groupes • 

Au-dessous du terrain précédent se présente l'un ou l'autre 
des groupes suivans , sans qu'on puisse assigner exactement 
la position géologique de chacun d*eux. L'ordre dans lequel 
nous les plaçons dans le tableau général n'indique donc pas 
une série constante de ces mêmes terrains , mais seulement 
celle qui semble la plus ordinaire. 

Ainsi , on trouve entre les terrains pénéens et les granité»- 
gneiss, tantôt une série de roches rudimentaires, sans Tac- 
cession ni de la houille, ni d'aucune autre sorte de roche; 
tantôt le terrain houiller se présente presque immédiatement, 
excluant ainsi toute autre roche. 

Enfin, dans d'autres lieux, au-dessous de ce même terrain, 
et avant qu'on ait atteint les roches de cristallisation, on 
est obligé de traverser une série de roches, les unes demi- 
«;ristallisées , telles que le calcaire, le schiste, les phyllades, 
etc.; les autres entièrement cristallines, telles que les por- 
phyres, les eurites , les diorites, les syénites, etc. 

Les roches rudimentaires , les charbonneuses et les demi- 
cristallisées , étant en général formées par voie de sédiment, 
sont en série. Les roches cristallisées n'indiquant aucune stra- 
tification , sont hors de série. Ce n'est donc que des premières 
qu'il sera question ici. Nous nous contenterons pour le mo- 
ment de nommer les autres. 



J«^ THE 

Cette coBttdénHioa aoss force ^emwhMgtr celte série de 
jméht3 qui est ntaée eatre les terraias pëikéeiis et les terrains 
a^ijsieiis , d'une nanlire on peu difTérente de celle sous 
laquelle nous ayons examiné les antres terruns, et d*exposer 
d^abord, dans le tableau ci -contre, les séries principales 
^bVUcs présentent suivant les lieux , ensuite de réunir, sous 
différens caractères ou titres, les éléaiens coaununs de ces sé- 
ries, de manière à en faire une seule , dans laquelle cepen- 
dant Tordre le plus ordinaire de ces élémens sera conservé 
autant qu'il est possible. 

La première série est la plus nmple , celle qui conduit le 
plus rapidement au granité -gneiss, ou terrain primitif, en 
admettant que cette roche est la plus ancienne des roches 
connues. 

La seconde est aussi très-simple , la houille ^ant à peine 
recouverte et placée immédiatement sur le granité. 

Dans la troisième, qui conduit encore au granité presque 
sans intermédiaire , il y a un plus grand nombre de roches. 

Dans les quatrième et cinquième on n*arrive qu'aux ter- 
rains nommés vulgairement ierrains de transition j et on ne sait 
pas si le granité manque, ou s'il est situé au-dessous de ces 
terrains , à une distance telle des terrains anthraciques, qu'au- 
cun travail d'exploitation , aucun escarpement , -n'ont pu 
le faire coonoilre. 

On voit dans les tableaux particuliers de ces séries sur 
quelles observations elles sont fondées. Si ces observations ne 
sont pas complètes ou exactes, les conséquences fausses que 
nous en aurons tirées ne peuvent être rapportées qu'à cette 
cause d'erreurs; erreurs qui ne peuvent pas non plus être 
imputées aux observateurs, mais seulement aux circonstances 
indépendantes d'eux, qui n'ont pu leur permettre de les ren- 
dre ni plus complètes ni plus précises. 

Comme il n'est pas possible de traiter de front ces cinq 
séries différentes, je les réunirai en une seule série continue, 
dans laquelle je tâcherai de suivre l'ordre le plus ordinaire, 
sans cependant établir par là que cet ordre soit constant. 



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6.* Gr. TERK. ABYSSIQUES RUDIMENTAIRES. 

Ce groupe est généralement et même quelquefois unique- 
ment composé de débris : de là son nom. 

Il s'élend tantôt des terrains pénéens au groupe houiller , 
tantôt des mêmes points de départ jusqu'aux terrains agaly- 
siens , avec lesquels il se lie. Dans ce second cas il renferme 
quelquefois des roches entritiques et carbonifères plus ou 
moins développées; quelquefois aussi il ne renferme aucune 
de ces roches. C'est le cas le plus simple : c'est celui que nous 
allons examiner , afin de caractériser avec clarté le groupe 
ru dim en taire. 

Quoique ce nom indique un mode de formation essentiel- 
lement mécanique , ce terrain montre cependant de nombreux 
tignes de l'influence chimique ou de dissolution dans les pe- 
tites masses de minéraux cristallisés qu'il renferme disséminées, 
et dans les druses cristallines qu'on y rencontre. 

Il est stratifié, mais sa stratification est obscure ou en bancs 
puissans. 

11 forme des collines quelquefois assez élevées. Dans d'au- 
tres cas U est seulement adossé à la base ou placé au sommet 
de collines formées d'autres roches. Il présente en général 
peu d'étendue, quoique très-fréquent sur presque toutes les 
parties du globe. 

Il ne; renferme que très-rarement des débris organiques. Je 
ne sache pas qu'on y ait vu d'autres corps que des portions 
de végétaux qui paroissent appartenir aux mêmes genres que 
ceux du terrain houiller. 

Il est quelquefois très-riche en minerais métalliques , qui 
y sont disposés, ou en taches, ou en nodules, ou en druses, 
ou en amas couchés , mais jamais en filons. Ce sont , en métaux : 
de la galène et d'autres minerais de plomb , de la blende , des 
pyrites, du cuivre carbonate, du mercure sulfuré, du fer oli- 
giste , de la calamine ^ du manganèse métalloïde et terne, du 
chrome oxidé ; et en substances minérales : du calcaire spa- 
thique, de la barytine, du fiuorite. 

Ces substances minérales pierreuses et métalliques se trou- 
vent presque exclusivement dans les arkoses molaire et grani- 
toïde ^ quelquefois dans Tarkose miliaire, peut-être jamais 
dans le pséphite. 



THE i« 

Exemples du groupe nuDiMEtrrjJjŒ de éerraùu 

JBYSSIQUES. 

Faancb. Les environs d*Aubenas, prés du village de Mer- 
cuer, département deTAveyron. C*est une arkose commune 
et miliaire , sans métaux , placée immédiatement sur le gra- 
nité. ■ 

Remilly, département de la C6te-d'or : immédiatement sur 
le granité, avec barytine et galène.* 

Dans les environs d'Avallon et dans d'autres parties du dé- 
partement de l'Yonne. C'est encore Tarkose commune , immé- 
diatement sur le granité, avec fer oxidé, fluorite, galène et 
barytine, qui pénètrent en filons dans le granité.' 

Anteyrac, Blavosy, Brive, dans les environs du Puy-en- 
Vélay. Arkose commune , immédiatement sur le granité i 
avec pyrites. ' 

La montagne des Écouch ets , près Couches (Sa6ne-et-Loire). 
C'est Tarkose granitoïde, avec oxide de chrome, immédiate- 
ment sur le granité. 

Romanècbe, près Màcon. Arkose granitoïde, avec amas puis- 
sans de manganèse et barytine, immédiatement sur le gra- 
nité, dans lequel elle pénètre. (DeBonnaro.) 

Chessy, près Lyon. Le terrain abyssique rûdimentaire tti 
composé principalement d'arkose tant commune que miliaire, 
accompagnée de roches argiloides et de quelques masses de 
trappite feispathique; il est remarquable par les minerais de 
cuivre oxidulé, malachite , azuré, etc., qu'il renferme. Il 
est placé immédiatement sur un stéachiste. 

Le cap Cépet, près Toulon, présente la réunion des roches 
les plus caractéristiques de ce groupe et de quelques-unes àe» 
suivans. 

Vallées du* Rhin et contrées voisines. — Au pied oriental 

1 Mëm. sur Tarkose, Ann. des te. naL, 1826, tom.d, pK 25, £g. 2 et 3. 

U Ihid.^ fig. 1. 

3 De Borhako. Notice géognostiqne sur quelques parties de la Bour- 
gogne; Ann. des se nat., tom. 3, pi. 28 ; Ann. des min., tom. 10, pag. 
195 et 427, pi. 6 et 7. 

La coupe théorique et les coupes spéciales d'où elle est déduite, ne 
laissent aucun doute sur cette superposition immédiate. 



iS6 THE 

des Vosges, près de Saltz, de Bruyère, etc. Psammile rou- 
geàtre, avec galets de quarz (grés vosgien, Voltz), et arkose 
granitoïde sur le granité. ( Voltz.) 

Si'issE. Canton de Schafhouse. Waldshut, an pied de la 
Forét-Noire. Le terrain rudimentaire est composé d^arkose , 
d'argile sableuse, et rempli de druses de quarz , de fluorite, de 
calcaire , de nodules de fer olîgiste terreux et de cuivre ma- 
lachite '. 11 est placé immédiatement sous le calcaire pénéen 

* et sur le granite-gneiss. 

Les mines de mercure du Palatinat, à Obermoschel, dans 
la montagne de Langsberg, au Mont-Tonnerre , semblent pré- 
senter la réunion du groupe pénéen et du groupe rudimen- 
taire des terrains abyssiques. 

Je ne connois pas d'exemple authentique de ce groupe' 
parmi les terrains abyssiques inférieurs de TAngleterre. La 
quatrième série, qui est prise principalement des îles Bri- 
tanniques , n'indique en effet aucune roche rudimentaire 
évidente ou dominante. 

7.* Gr. TERRAINS ABYSSIQUES ENTRITIQUES* 

Ce groupe e^i composé d'une classe de roches qui se pré- 
sente pour la première fois depuis que nous nous appro- 
fondissons dans les couches du globe. Ces roches sont presque 
toutes le résultat, non pas d'un sédiment ou dépôt, mais d'une 
cristallisation confuse. Quoique placées au milieu des terrains 
dont les diverses couches sont disposées par série , elles ne 
peuvent entrer dans cette série ; elles semblent s'être intro- 
duites au milieu d'elles, et ne diffèrent des autres exemples 
de ces mêmes roches, évidemment hors de série, que parce 
que la place de celles-ci est , dans beaucoup de cas, claire- 
ment déterminée. Nous ne ferons donc que noter la place de 
ces terrains , sans entrer dans aucun détail sur ses diverses 

• particularités. 

Le terrain ainsi composé de roches à pâte, dans laquelle 
sont comme enveloppés des cristaux de felspath et d'autres 

1 Ann. des se. nat. , loc. cit,, p. 29. La présence de la malachite est 
une circonstance qui confirme la situation que j'ai assignée pins haut ik 
Tarkose cuprifère de Chessy. 



THE i«7 

fspéeet, est ordinairement situé entre les psëphites on les ar- 
koses mtliaires qui le recouvrent, et le terrain anthraciqne 
ou les psammites rougeâtres qu4i recouvre. 

Il faut que ce groupe de roches présente cette position pour 
constituer le terrain entritique abyssique. Je n*y connois pas 
de débris organiques évidens. ' 

Le tableau des roches qui composent ce terrain et les exem- 
ples que j*ai donnés suffisent pour compléter ce que j'ai a en 
dire actuellement. On fera seulenient remarquer que, dans 
ce groupe , le mimophyre e$t au porphyre ce que Tarkose 
granitoide est au granité ou au gneiss dans le groupe rudimen* 
taire , et qu'en général les pséphites accompagnent plus sou- 
vent ce groupe , en le recouvrant , que les arkoses. 

Exemples du groupe entritique des terrains 

JBYSSIQUES. 

Les exemples de ce groupe sont beaucoup plus rares que 
ceux des deux autres. 

France. Mpntagne de Montjeu , au sud d'Autun : mimophyre 
pétrosiliceux , grisâtre , rougeàtre , avec silex corné , bary- 
tine 9 etc. ; il passe à Tarkose et est placé sur le granité. 

Il est probable qu'une partie des roches rudimentbires de la 
montagne de l'Esterel , qui surmontent les porphyres , appar- 
tient aux terrains abyssiques. 

. C'est principalement en Allemagne que se présentent le 
plus d'exemples de ce groupe. 

Dans la partie orientale du Wurtemberg, à Feldsberg : le 
pséphite , traversé des filons qui se continucfnt dans le gneiss et 
le granité, recouvre le porphyre placé lui-même dans plu- 
sieurs lieux sur le terrain houiller. (A. Boui.) 
-Dans le cercle de la Saale, près de Morl (DeBucb); à 
Giebichenstein , prés de Halle , etc. : le pséphite rougeàtre , 
rempli de débris de porphyre, recouvre cette roche, sous 
laquelle on va exploiter des couches de houille; c'est une 
dci positions les plus claires de ce terrain. 

Dans le Han, le pséphite rougeàtre , recouvrant ou accom- 

1 Les ftpiUtei zooti^urti dn Harv pàroitsent appartenir k un terrain 
plus ancien. 



iS8 THE 

pagnant des spilites, det tnppitet et do pôrp&yrr fovgeàfr^y 
forme, k Netzberge prés dllefeld, et près de Neustadt dam 
les environs de Hohenstein , le groupe entritiqve qui recouvre 
le groupe anthracique du même lieu. 

6.* Gr. TERRAIN ABTS61QCE HOUILLER. 

Ce groupe, par son importance, tes caractères si nombreux 
et cependant si constans, et toutes ses particularités, mérite- 
roi t peut-être d*étre placé dans un rang plus élevé et plus 
isolé, si son association si fréquente avec les ark.oses et les 
psammites des groupes précédens , et ses passages si insensi- 
bles à ces groupes, ne Vy lioit d^une manière pour ainsi dire 
inséparable. 

Sa position, et par conséquent ses limites, paroissent 
être variables, mais néanmoins elles ne le sont que dans des 
termes assignables; le tableau des cinq séries indique ces li- 
mites : on voit que supérieurement il ne s^éléve jamais au- 
dessus des pséphites , et qu^inférieurement il termine les ter- 
rains abyssiques , en se plaçant immédiatement sur les terrains 
agalysiens ou sur les terrains hémiljrsiens. L'oscillation de ses 
limites paroit consister en ce que tantôt il est séparé du ps<^ 
phite et du terrain pénéen par des roches entritiques, et tan- 
tôt en ce qu'il alterne avec les Calcaires compactes, sur les-' 
quels, en d*autres lieux, il est situé. 

Les roches qui composent le groupe des terrains houillers 
indiquent la plupart un mode de formation presque en- 
tièrement mécanique. La houille seule, par sa nature, son 
homogénéité, son clivage presque rhomboïdal, et par la pré- 
sence de quelques minéraux et de quelques métaux cristallisés, 
indique rinfluence de Faction chimique. 

Les terrains houillers sont essentiellement et nettemeot 
strati6és; les couches , bancs et lits qui les composent, sont 
multipliés, étendus, parallèles, quoique souvent ondulés, si- 
nueux, courbes, plies, brisés, présentant des renflemens, 
des étranglemens. Il paroît que dans quelques contrées la 
houille est disposée en véritables amas couchés. Telles sont 
les houilles du Creusot en Bourgogne, d'Aubin dansl'Aveyron , 
etc. La stratification de ce terrain est presque toujours con- 
trastante avec celle des terrains inférieurs au groupe , et 



THE >89 

avec des terrains rudimen (aires et pénëens qui lui sont supé- 
rieurs. Elle est souvent coupée et dérangée par des fissures 
fortement inclinées sur le plan moyen des couches ou par des 
fentes remplies ou de roches ciastiques , ou de roches cristal- 
lisées probablement par fusion. 

. Le groupe houiller est presque toujours enfoncé même 
assez profondément dans les couches de Técorce du globe; il 
n^mprime donc aucune forme particulière aux inégalités de 
la surface du sol qui le surmonte. On remarque seulement qu'il 
a une forme générale assez constante, qui est celle d'un ber* 
ceau dont la concavité est supérieure, et dont la partie con- 
vexe semble se mouler sur le fond des vallées anciennes et 
comme intérieures, que ce terrain a remplies. 

£n général, il est plutôt inférieur que supérieur au niveau 
de la mer , quoiqu'il y ait en Amérique des exemples de ce 
groupe situés à une grande élévation. 

« Le terrain anthracique se présente sur tout le globe, mais 
avec de grandes différences sous le rapport de la fréquence, 
de rétendue et de la puissance des couches , suivant les lati- 
tudes. Ainsi on en connolt beaucoup plus d'exemples dans 
les régions tempérées et froides que sous les tropiques. C'est 
un terrain morcelé par bassins. 

Les roches de la formation houillère dé l'époque abys- 
sique ont entre elles sur toute la terre une ressemblance re- 
marquable par sa constance : il n'y a peut-être pas d'exemple 
plus frappant de la généralité des phénomènes géologiques, 
que la ressemblance complète qu'on trouve entre les roches 
dtt terrain houiller de toute l'Europe, de la mer du sud et 
de l'Amérique. 

Ces roches sont, comme on le voit dans le tableau: 

1. Des Arkoses mujatres ordinairement supérieures , tantôt 
grisâtres, tantôt rougeâtres{ 

2. Du Grés pur dans la vraie acception de ce mot; 

3. Des PsAMMiTES COMMUNS ordinairement brunâtres et pres- 
que noirs, quelquefois bitumineux; 

4. Un Poudingue psammitiqus , composé souvent de gros 
galets de quarz et se trouvant en bancs quelquefois très-puissans 
depuis les parties les plus supérieures jusqu'aux parties les 
plus inférieures du terrain houiller. 



i9« THE 

i. Des Phtlladks vaxllbtèïïb^ qui ne diffèrent des roches 
précédentes que p^r plus d'argile et moins de sable : elles sont 
brunâtres 9 rougeàtre», verdàtres ou bigarrées; 

6. Des Argiles schisteuses, qui ne différent des phyllades 
que par l'absence presque complète du sable visible et du mica , 
et qui diffèrent du schiste, parce qu'elles sont délayables tlans 
Feau : elles sont généralement grises ou noirâtres; 

7. La Houille riLiciFÈas* 

Un vrai scfhiste argileux, sans apparence de mica (Litrj, 
dans le Calvados}.; mais il est immédiatement sous la houille 
et appartient probablement au groupe snivaiit. 

Telles sont les roches qui recouvrent la bouille Ott qui al- 
ternent avec ses lits. 

Le nombre des lits de houille dans un même lieu est quel- 
quefois considérable et va au-delà de quarante. 

Les minéraux sont: 

Le Calcaire spathique en veines , en enduit et même eh 
• cristaux implantés dans les fissures. 

La D0L0MIE spathique en cristaux rhomboïdanx, implantés 
dans les cavités ou sur les surfaces des fissures (lé Lardin , Dor- 
dogne ; Montrelais , prés. Nantes ). 

La Barytine en nids disséminés dans le schiste argileux des 
mines d'Anzin (P. de Saint-Brice) , circonstance très- rare, et en 
nodules laminaires dans les filons ou failles de la mine de 
Nev^rcastle sur Tyne en Northumberland. 

Le Qdarz btalin en veines et même en cristaux assez volu- 
mineux, mais seulement dans les filons (ou failles) à Flumb- 
terie près Liège. Je ne connois point d'exemple authentique 
de silex, ni d'agate, dans les terrains de houille proprement 
dits. On cite à Montrelais un pétrosilex jaspoïde et céroïde 
jtrès-siliceux , en lits ou nodules lenticulaires. 

Je n'ai pas non plus d'exemple de la présence dans les ter- 
rains houillers de ces minéraux si abondans dans les terrains 
supérieurs ou inférieurs, tels que le fluorite, le phosphorite, 
le gypse, la célestine , etc. On dit qu'il sort des mines de 
l<7orthumberland des sources d'eau salée? 

Les minerais métalliques sont des Pyrites disséminées en 
amas dans presque tout le groupe, mais plutôt dans les roches 
charbonneuses et bitumineuses et dans la houille elle-même, 



THE 19» 

ipie dans les roches sableuses, et , ce qui est assez remarquable,' 
presque jamais sur les tiges, ni sur les feuilles des végétaux 
qui raccompagnent, mais assez souvent dam ces tiges, qui 
sont comme fistulaires et dopt tout Tintërieur est pyriteux. 

Des Sels résultant de la décomposition de ces pyrites. Cest 
tantôt du sulfate d'alumine et du sulfate de fér, et tantôt du 
sulfate de magnésie* 

Du Fee carbonate utboïde en très- grande abondance, disposé 
en petits lits interrompus ou plutôt en nodules ellipsoïdes, 
aplatis , de préférence dans les phyllades et les argiles schis- 
teuses : ces nodules sont souvent accompagnés de débris abon- 
dans de végétaux; ils sont quelquefois sphéroïdaux , cloisonnes, 
accompagnés de coquilles bivalves et renfermant dans leur 
centre des petits amas cristallins de blende (dans la houille 
de Dudley en Angleterre). Ils sont de formation contempo- 
raine et plus abondans dans la partie supérieure du terrain 
bouiller que dans ses parties inférieures* 

La Galène et quelquefois un peu de Blende en petits amas 
on petites veines, engagée dans la houille même, mais plutôt 
dans les parties inférieures que dans les supérieures (à Décise , 
dans le dé{)artement de la Nièvre). Il y en a des exemples 
remarquables dans la partie occidentale du terrain houiller 
du Northumberland et de Durham, où la galène est la con- 
tinuation des filons du calcaire inférieur; elle s'exploite aussi 
jusque dans Tarkose miliaire {millstone grit). 

Le Bitume, presque pur, découle quelquefois delà houille 
ou du fer carbonate , qui lui est associé , et pénètre le psaoH 
mite de la formation (Madeley en Shropshire) , dans le phyl- 
lade (shale) en Derbyshire* On croit avoir remarqué qu'il ini*» 
prègne principalement la roche supérieure à la houille, et r»«- 
rement celles qui lui sont inférieures* 

lise dégage beaucoup de gazh^drogine carboné des couches 
de houille : ce gaz paroit être comme engagé dans les fissures 
de la houille et être mis en liberté par rexploitation* 

8. L'Akthkacite l'accompagne aussi quelquefois et même la 
remplace entièrement* On a observé que ce charbon presque 
pur est toujours situé dans le voisin|ge de ces filons de basalte 
qui traversent les terrains honillers dans plusieurs lieux de 
l'Europe* On trouve auèsi , plus abondamment dans certaines 



Ï92 THE 

minet que dans d'autres (Geislautem , près Saarbruck; Bru- 
chen, entre Hombourg et Coussel, près Mayence), une an- 
tliracite que les minéralo|[istes allemands ont nommée rainer 
raUscheHolzkohle, et que je désigne par le nom d^ anthracite 
pmlvérin. 

Outre ces roches, ces minéraux et ces minerais de la for- 
mation , on y rencontre encore des roches d-une tout autre 
nature et d'une tout autre origine , qui traversent ou pé- 
nètrent le terrain houiller; ce sont des porphyres, desméla- 
phjrres, des eurites, des basanites et des trappites; ils déran- 
gent les couches et altèrent souvent la houille* 

Enfin , des fentes ou de simples fissures coupent les couches 
dé roches du terrain houiller, interrompent et dérangent ces 
couches, et y produisent ce qu'on appelle assez généralement 
des failles, 

' Les corps organisés fossiles du groupe houiller sont nom- 
breux et caractéristiques : ce sont en grande partie des dé- 
bris de végétaux ou même des végétaux entiers des familles 
des prèles , des fougères , des lycopodiacées. 

Nous en donnons Ténumération au tableau n.** 17. 

On remarque que ces végétaux y sont le plus ordinairement 
couchés, qu'ils n'y sont ni très-brisés, puisqu'on cite dans la 
mine de fiorchum des tiges entières de plus de vingt mètres 
de longueur, ni très- froissés , puisqu'on voit souvent des 
feuilles de fougère, de plus de trente-six décimètres carrés, bien 
expalmées et presque sans plis. On remarque que les folioles de 
fougère sont presque toujours adhérentes à la roche par leur 
face inférieure. Enfin, quelquefois l'e végétal y a conservé son 
intégrité, sa flexibilité, et semble n'avoir été que fortement 
desséché : telles sont les feuilles de fougère et de plantes- mo- 
nocotylédones que M. firard a reconnues dans les houillères 
de la Vézère , département de la Dordogne. 

On sait qu'il y a de nombreux exemples de ces tiges qui 
traversent, dans une position verticale, plusieurs couches de 
roches du terrain. - 

Lès débris fossiles d'animaux y sont au contraire très-rares» 

On cite dans l'argile scl^teuse et dans le psammite de Coal- 
brook-Dale, des ammonites, des ortbocères, des térébratules 
et des unio» Avant d'admettre que lés premières coquilles 



THE is5 

soient bien certainement dans la formation, il faut de non- 
Telles et scrupuleusea.recherches. Quant ^ux coquilles bivaU 
Tes j qu'on peut rapporter aux unio et aux anodontes , co* 
quilles lacustres,, et même aux modîoles, je ne puis en douter s 
fai vu ce» premières dans des lits d'argile schisteuse et bitu- 
mineuse et dephyllade pailleté, qui alternoierU avec la houille 
de la mine dite Perey'main''Colliery des environs de New- 
castle en Northumberland. Elles s'y présentent à trois re- 
prises dans les couches n.*^ 20, a6 et 40 de cette mine. Je 
les ai également reçues du terrain houiiler prés Liégr ; ces 
dernières sont associées dans le même morceau avec les filicitet 
propres à ce terrain* La ressemblance que montrent ces co* 
quilles et le schiste qui les renferme avec les mêmes. .objets 
en Angleterre , est frappante. Quant aux modioles , fe ne puis 
non plus douter de leur position dans le terrain houiiler. M» 
Tbomson , qui me les a envoyées, dit qu'elles. se trouvent 
entre. les lits de fer carbonate lithoïde qui gisent au-dessous 
du cinquième Ht de houille près de. Glasgow; mais, outse 
qu'on connolt des coquilles de la famille des moules qui sont 
flnviatiles, rien n'assure que celles-ci, malgré leur forme 
extérieure si nette, appartiennent aux modioles. On doitse 
défier de ces formes depuis qu'on a vu les unio du Wabacb, 
dans l'Amérique septentrionale , revêtir les formes des tri* 
^nies, des avicoles, des arches, etc. 

Enfin , on connott encore des coquilles semblables à des 
unio dans le fer carbonate, lithoïde du terrain houilleiB de 
Falkirk en Ecosse. . ^ 

Exemples du groupe houiiler du terrain 

JBYSSXQUE. ' "''' 

Le nombre des terrains houillers e%i trop considérable, les 
exemples en sont trop généralement connus pour qu'il soit 
nécessaire d'en citer ; je ne ferai donc mention à ce para- 
graphe que de ceux qui offrent quelque particularité, et ce 
seront même des exemples pris plutM dans les différens modes 
de gisement que dans divers pays. 

i.^ Groupe houiiler recouvert par êés terrains pélagiques et 
placé sur des terrains hémil^siens^ 

En France, dans le département du Nord, depuis Condé 

64. i5 




cette 
Le tensui kuHcr fgwfmmitmt dit ■*•&« rien 
Je feffimiier 9 « ce ■"iot, Tcn n ^mtûm ûJërievre , des 
flHMMi mmftê CMiidérabke, #«k andé et d^ue ténacité 
teaMrffquaibles, ^«i teadilest réndtcr de bob pénétrés de 
MiMBe ei eepeadaai pétrifiés es silex. Ae-dcMoiis se pré- 
êemiemi des reelies drat les «Bes soat des wamphyrcs brec- 
eUAmttê f inrtnécs de Teiscs de calcédoiMe ; les autres des 
•fffleplijrres, renfermamt des nodnlcs aTellaaaires de bary- 
Hue f reebes qoi povmieat se rapporter à la formation 
deiarkoses^ et enfin, mais dans un senl point, et comme 
une iKume Csisant saillie dans le terrain boniller sans ce- 
pendant le traverser, un mélapbjrre bien caractérisé. Ce 
ferralo repose en gisement transgressif, suivant M. Hérault, 
êur le quarzite bémiljrsîen à trilobites. 

Dans les contrées de Durham et de Northumberlahd , la fbr- 
Uistlon de bouille, placée sur le calcaire compacte métalli- 
lèf6f reçoit des filons de galène dans sa partie inférieure, 



I C# nfff^nhltmtnt ne Jj^roît pas diffërer de celai que M. Hérault 
éiMïi i»nif9 »ttHti roche et te grès rouge ancien/ II paroît que c'est aussi 
yo\i\n\m d« M' Aou4, qui cite Cartigny, et à la dolomie et au Rothe 



THE 195 

est traversée de filons de trappîte et de basanite , et est re^ 
couverte , près de Sunderland , par la dolomie grenue iaar 
nâtre. 

Dans le Glamorgan, partie méridionale du pays detiallca» 
la houille, en couches concaves, est sur le calcaire compacte 
Biétallifére. 

La mine de houille de Vedrîn, prés de Namur , est placaéc 
sur le calcaire métallifère ; mais les filons de plomb que re&v 
ferme ce calcaire s*arrêtent au terrain houilier et n'y pér 
nètrent pas , comme dans les exemples pris en Angleterre 
(Boubsnel). 

Dans le comté de la Mark, au Harz, en Saxe , à Zwickait, 
à Planitz, à Braunsdorf , le terrain houilier est sur le groupe 
traumatique qui fait partie des terrains hémily siens. 

a.* Groupe houilier, placé dans les terrains de porphyre, et 

notamment au-dessous» 

J'en ai déjà cité quelques exemples (au Feldsberg, dans le 
cercle de la Saale; au Han, etc.) à l'occasion du groupe 
entritique; on doit y ajouter les mines du Thuringerwald , 
celles de Schweidnitz en Silésie, celles de Tharand, de Zwi- 
ckau, de Schônfeld, de Post-Chappel en Saxe, oik le terrain 
hoviller semble encaissé dans le porphyre; celles de Fitthe, 
entre Freiberg et Schemnitz , également en Saxe , où le ter* 
pain houilier est recouvert et accompagné d'un argilophyre 
et d'un mimophyre entièrement semblables à ceux de Litry, 
Ce qu'on a dit de cette mine et ce qu'on va dire des basa* 
nites, argilophyres et mélaphyres qui accompagnent le gite 
de houille à Noyant, à Figeac, dans le nord de l'Angleterre, 
etc., doit faire ajouter ces exemples à ceux des mines dans 
lesquelles le terrain houilier et le terrain entritique sont as- 
sociés. 

3.^ Groupe houilier, plané sous le. terrain de hasanite et de 
trappîte, ou traversé par des fiions de ces roches» 

A Noyant , département de l'Allier , et à Figeac , départe- 
ment du Lot ; la roche est un mélaphyre. Le terrain houilier 
de Noyant est placé immédiatement sur le granité. 

Dans les comtés de Northumberland et de Durham , des 



«5< THE 

filons de basanite traTenent le terrain houiller et, rers les 
■lonto Chéyiot, semblent s^étendre au-dessus de lui. Le trap- 
pite felspathique qui forme filon (ou dyke) dans la mine de 
Bolam, près Newcastle, ne diffère di| mélaphyre de Figéac 
et de Litry que par sapàte, qui est un peu moins compacte^ 
flUAis plus grenue ou lamellaire. La même disposition s*eb- 
terve dans le sud de l'Ecosse, aux environs d'Edimbourg, 
contrée riche en faits relatif aux rapports des terrains de 
porphyre, de basanite , de spilite, etc. , avec le terrain houiller, 
Mtoh l'influence du terrain pyrogéne est si bien prouvée par 
le changement de la houille en anthracite dans les parties 
inférieures. 

4.* Groupe houiUer^ placé immédiatement sur les terrains 
agalysiens de gneiss, de granité, etc. 

A Saint- George Chatelaison, département de Maine-et- 
Loire , la houille repose immédiatement sur du gneiss et du 
micaschiste. Ce n'est que depuis peu qu'on y a trouvé, comme 
dans les autres terrains houillers, de nombreuses empreintes 
de filicites. 

La plupart des mines de houille du département de la Loire , 
k Rive de Gier , Saint-Étienne , etc. , reposent sur le granité 
et sur le gneiss, le micaschiste^ le stéaschiste et même, dit- 
on, sur l'ophiolite. Celle de Fins, dans l'Allier, est précisé- 
ment dans un bassin ou vallon de granité. Elle est recouverte , 
dans quelques points , par le terrain thalassique de Moulins , 
qui est composé en grande partie de calcaire lacustre et d'ar- 
gile plastique ( Jules Gdillemin ). 

$.^ Lieux et circonstances divers. 

Dans la Ruhr , à Dortmund , Essen , Borchum , on remarque 
des tiges couchées de plus de i5 à 20 mètres, et qu'on peut 
suivre dans certaines galeries sans y apercevoir, pendant i3 
i 14 mètres, la moindre solution de continuité, et sans ce- 
pendant atteindre leur extrémité naturelle. 

On sait qu'on a reconnu à la Nouvelle -Hollande et à la 
terre de Diémen des terrains houillers semblables à ceux des 
continen&de TEurope. L'analogie a frappé les colons qui les ont 
découverts, et ils ont donné le nom de Newcastle à la mine 



THE 197 

qui est sur la rivière Hunter, entré le cap Hove et le port 
Stephens. On a reocontré à environ 3o mètres dé profondeur 
un lit de houille d*un mètre, traversé par des filons de trap- 
pite accompagné de grès, qui alterne avec du calcaire renfer* 
mant du minerai de fer et présentant des débris de végétaux 
appartenant aux filicites. 

Dans TAmérique septentrionale, dans la contrée de Ches- 
terfîeld, à 14 milles à TO. S. O. de Richmond , en Virginie, 
on a reconnu un terrain bouiller placé sur le granité : ce ter- 
rain est, comme en Europe , composé de psammite, de phyl- 
lades, et accompagné de filicites couchées et vertical eis , de 
minerai de fer, etc.: une roche de basanite ou de dolérite 
semble avoir eu une action assez puissante sur un schiste bi- 
tumineux , auquel elle paroit avoir donné une structure ba- 
cillaire. 

A Zanesville , sur la rivière de Mushingum , ajffluent de 
rOhio , et à Pittsburg. 

£n Pensylvanie, à Wilkesbarre et surlaSchuyskill, près de 
Philadelphie , et à Rhode-Island , le groupe houiller ne con- 
tient que de Panthracite compacte ; mais toutes les circons- 
tances géologiques de ce groupe, relatives aux psammites^ 
grès, filicites, etc., sont les mêmes qu^en Europe. 

Théorie des terrains houillers. 

La théorie des terrains houillers qui me paroit la plus 
vraisemblable, quoique proposée bien. avant que la géologie 
ait acquis tous les faits qu'elle possède et tous les beaux et 
curieux résultats qu'ils ont amenés, est celle de Deluc. Il 
est très-présumable que les terrains de houille filicifère ont 
eu leur première origine sur les terres foiblement élevées 
au-dessus de la mer ; que ces espèces de tourbières de 
Pancien monde ont été placées sous les eaux marines, soit 
en y coulant à la manière des tourbes actuelles, soit parce 
que les eaux de la mer sont venues les submerger. Dans Punè 
ou l'autre de ces submersions on conçoit que ces amas de 
végétaux ont dû être recouverts par les sables ou terrains 
meubles que les cours d'eaux, soit descendans, soit ascen- 
dans, y ont amenés , et que si ces masses d*eau étoient chargées 
de matières minérales terreuses, acides ou métalliques, ou 



198 THE 

que si elles ëtoîent élevées à une haute température , eomme 
semble Tiadiquer l'état des houilles et les minéraux qui les 
accompagnent^ elles ne pouvoîent permettre le développe- 
ment d'aucun corps vivant , et ne doivent par conséquent 
avoir laissé ilans ces sables aucun indice organique de leur 
nature. 

La première formation de la houille et de ses lits hors des 
eaux marines paroit être mise hors de doute par Tobservation 
des débris organiques qui la composent : on n^ connoit que 
des végétaux terrestres ou lacustres; on ne cite dans la houille 
ou dans les roches houillères proprement dites aucune co- 
quille, aucun poisson d*origine évidemment marine: presque 
tous les naturalistes observateurs s^accordent sur ce point 
important. ■ 

Si , comme tout porte à le croire , il sortoit de Tintérieur 
de la terre des masses fondues ou dissoutes , soit de roches 
porphyritiques , soit .de carbonate de chaux , ces matières 
ont pu se placer sur le sol recouvert par les premiers lits de 
houille 9 ou entre ces lits, eu sur ces lits. De là Talternance 
du calcaire, qui, étant dissous , n'a pu sortir en masse pâteuse 
et former au milieu des baucs de houHle de larges et longs 
filons (dykes), conrme Tout fuit les porphyres, lesspilites, 
les trappites , les basanîtes. 

Cette théorie paroît s'accorder assez bien avec les faits et 
en être , comme toute bonne théorie , le résultat ou la liaison* 
Ainsi les seules coquilles qu'on ait encore observées dans les 
couches de houille, paroissent être des unio ou coquilles la- 
custres, parce que, appartenant au sol tourbeux et maréca- 
geux où croissoient les végétaux des houilles , elles ont pu y 
vivre, n'étant pas exposées à l'action chimique des eaux qui 

bût amené les psammites et les calcaires , et dans lesquelles 

— • 

1 Je n'ignore pas les faits apportée comme établissant le contraire 
fle cette assertion (BouÉ, Zeitschrift de Leonhard, 1827, p. 49, etc.); 
maifl outre qu'ils sont loin d'être authentiques sons le rapport de la 
véritable habitation des coquilles citées et de leur réelle position dans 
la houille dont il est ici question, il ne faut pas confondre arec les 
lit* de houille formés sur terre ou dans les marécages, les couches de 
calcaire marin qui pouvoient être déposées entre c«s lits à mesure 
Qu'ils entroient dans les eaux marines. 



THE .99 

se sont épanchés les porphyres , les spilites et tous les miné- 
raux qu'elles renferment. 

Si ces roches sont moins étendues, et par conséquent moins 
ordinairement et moins clairement interposées entre les cou- 
ches de houille, c'est qu*en raison de leur nature pâteuse 
elles n'ont pu être suspendues dans Teau et être transportées 
au loin par le liquide marin. Si, au contraire, le calcaire 
compacte sublamelleux se montre en couches alternatives 
avec la houille et les psammites, c'est qu'à raison de sa sus- 
pension facile dans l'eau il a pu se répandre au loin et for- 
mer, en se précipitant, des bancs de calcaire alternant avec 
les houilles , qui continuoient d'être amenées de la terre ferme 
sur le sol de la mer. 

L'expalmation des feuilles de végétaux, et notamment des 
fougères , ordinairement adhérentes à leurs tiges , fortement 
implantées dans le sol , s'accorde fort bien avec l'immersion 
du sol tourbeux sous les eaux marines ou l'invasion de celles- 
ci sur ce sol. Cette immersion , qui a dû être lente et pres- 
que tranquille , comme l'établissent la conservation et l'ex- 
palmation de ces végétaux, soit qu'elle ait eu lieu par glis- 
sement du sol dans la mer , ou par affaissement du sol sous 
la mer, ou par invasion de la mer sur le sol , s'accorde éga- 
lement bien avec l'observation que j'ai faite à Saint- Etienne' 
et avec celles qui ont été faites ailleurs , de la position ver- 
ticale d'un grand nombre de tiges au-dessus des lits de houille 
et traversant les couches de psammites qui les recouvrent. 
On ne peut refuser d'admettre que l'eau de la mer agitée 
par les phénomènes qui se passoient sur son fond ou dans son 
sein , n'ait tenu en suspension les débris des roches composées 
de quarz, de felspath et de mica, 6t n'ait amené sur ce sol 
tourbeux les élémens qui composent ce sable. Celui-ci, en se 
déposant entre les tiges encore debout , les a dans quelques 
lieux garantis de l'effet du mouvement latéral des eaux qui 
tendoit à les coucher. 

Aussi cette théorie qui, ainsi que je viens de le dire, n'est 
que le développement de celle du célèbre Deluc, lie asses 



i AnnaL det minet, i8ai , hc» cit. 



300 THE 

bien les principales circonstances et dispositions des terrains 
anthraciques de l'époque abyssique. 

L'action et Tinfluence d'une grande chaleur émanant du 
sein de la terre avec les roches fondues ou pâteuses qui sor- 
toient par ses fissures, est indiquée par Tétat de la houille 
dans le voisinage de ces masses de roches. On sait que la 
bouille qui est en contact avec les filons ou murs- ( dykes) 
de basanites ou de trappites qui la traversent, que celle qui 
s'approche des masses porphyriques est moins bitumineuse 
que les autres , que même elle ne Test plus du tout , et 
qu'en perdant son bitume et en passant à l'état d'anthracite, 
elle a pris une texture comme vitreuse (les anthracites de 
Wilkesbarre en Amérique) ou une structure bacillaire (les 
anthracites du voisinage des dykes en Ecosse). 

Cette chaleur du sol, agissant sur les parties inférieures du 
lit de houille , explique pourquoi on ne trouve pas ordinai- 
rement de bitume dans les couches calcaires inférieures à la 
bouille , tandis que les couches supérieures en sont souvent 
fbrieinent imprégnées^ 

- Les émanations minérales sont indiquées par la galène ou 
là' blende qui pénétre la houille, et aussi, selon moi, par la 
silice, qui en lie et durcit quelquefois tellement certaines 
masses qu'elles acquièrent la dureté du quarz (à Litry). 

La nature du liquide qui recouvrolt la houille est égale- 
ment indiquée par les lits ou nodules ellipsoïdes de fer car- 
bonate compacte , remplis quelquefois de cristaux , et qui 
se trouvent presque constamment au milieu même du dépôt 
bouiller* La présence constante de ce minéral , dont la quan- 
tité est très-variable, doit faire présumer que le liquide sous 
lequel la houille se déposoit étoit d'une nature propre à 
tenir en dissolution cette grande quantité de fer carbonate ; 
car la position de ce minerai de fer en couche horizontale 
ne peut pas être attribuée, comme celle de la galène, qui 
est en petits filons ou veines, à une sublimation ignée : il 
faut qu'il y ait eu ici dissolution liquide préalable et préci- 
pitation chimique. 

D'autres considérations générales peuvent être déduites de 
la nature des végétaux qui composent les terrains houillers, 
et de la position géographique propre à ces espèces; mais ces 



THE 201 

cpnsidérations sont plus intimement liées avec la botanique 
qu'avec la géologie, et seront préaentéçs avec les dévelop* 
pemens nécessaires par M. Adolphe Brongniart, à Farticle 
des V^céTAUx fossiles. 

9.* Gr. TERRAINS ABYSSIQUES CARBONIFÈRES' 

et GRÈS ROUGE ANCIEN.* 

' C'est uniquement d*après Topinion ^ qui est d*un grand 
poids pour moi, des géologues anglois et de M. d'Omalius 
d?HalIoy , que je place les roches de ce petit sous-groupe dans 
les terrains abyssiques, et que je les sépare des terrains hémi* 
lysiens, avec'lesquels elles ont tant de rapports. 

' J^avoue que je ne vois rien de décisif ni dans leur position 
géognostique ni dans leurs caractères géologiques, pour les en 
distinguer. Je ne puis donc que copier ce qu^en disent les géo- 
logues d'Angleterre et ce qui.paroit être admis par plusieurs 
des' géologues du continent qui ont visité les îles Britanniques* 
Je n'assure pas qu'il n'y ait pas ici double emploi entre le 
calcaire , qui , suivant les géologues anglois, alterne quelque- 
fois avec la houille, mais qui lui est plus souvent inférieur, 
et le groupe calcareux des terrains hémilysiens, qui se trouve 
aussi immédiatement au-dessous de la houille. 

La présence du charbon, des bitumes, des substances mé- 
talliques, ne peut être un caractère suffisant pour les distin- 
guer, car tous ces corps se trouvent dans le groupe calca- 
reux du terrain suivant. Il n'y aura donc que l'observation 
sûre «t plusieurs fois répétée d'une stratification contrastante 
et une association différente et constante de corps organisée 
différens dans chacun de ces. groupes , qui pourroit établir 
entre eux une différence réelle. Or, en examinant la liste 
des débris organiques que MM. Phillips et Conybeare attri- 
buent à ce calcaire , on voit , comme ils l'observent très- 

1 Carhoniferous on mountain limestone, Phill. et ComrBEAfiE , et Terrain 
de transition supérieur. — Terrains anthraufères de M. d'Om alius d'Hal> 
LOY. La ressemblance trop complète de ce nom arec celui A* anthracite 
en a rendu la véritable acception si difficilevà saisir par plusieurs per- 
sonnes, que j'ai été engagé à le remplacer par Texpression équivalente 
de èarhoniferes. 

z Old red sandstone , Cohyb. 



»o» THE 

bien eux-mêmes , les mêmes genres et à peu près les mêmes 
espèces, sauf quelques ammonites qu'on ne connoit pas encore 
avec certitude, dans le vrai calcaire hémilysien : d'ailleurs 
ce sont, comme dans le calcaire, des orthocères, des conu- 
laires , des évomphales , des spirifères , des productus, des 
encrinites, des caryophillites , etc. , et jusqu'à des trilobites , 
mais d^cspéces incertaines et indéterminées. 

Les exemples que je Vais citer, d'après les géologues an- 
glois et d*après les échantillons que j'ai sous les yeux et que je 
tiens d'eux et de MM. de Beaumont et Dufresnoy , feront 
ressortir les différences qui peuvent être indiquées par ces 
moyens. 

Le tableau fait connoitre la série la plus ordinaire des ro- 
ches qui composent ce groupe incertain. Ce sont, comme on 
voit : 

1 . L'Ampélite alumineux , et le Schiste argileux , qui 
n*en est probablement qu'uile modification ; 

9. Le Calcaire carbonifère , avec ses couches ou amas de 
minerais de fer et d'anthracite. On assure qu'il est réellement 
interposé entre les lits de houille, à la Rochette, près Liège, 
où il renferme une coquille discoïde , semblable au nautiLus 
cenlralis, Sow. , coquille bien différente de celles que ren- 
ferme le calcaire sublamellaire du terrain hémilysien. 

3. Le PsAMMiTE ROUGEATRE. C'est le terrain que les géolo- 
gues anglois nomment old red sandstone, et que nous ne pou- 
vons désigner que par les noms ou de grès rouge ancien ou 
de psammite rougeâtre^ suivant qu'il est composé de l'une ou 
de l'autre de ces roches. Il vient, suivant eux, immédiate- 
ment au-dessous du calcaire précédent, dans les comtés 
d'Héreford , de Brecon , dans les collines de Mendip et de 
Sommerset. 

Exemples du groupe cjrbonifebe des terrains 

jéBVSSIQUES. 

IsLEs Britanniques. Isle d'Arran : calcaire compacte, gris 
de fumée , avec en troques ; psammites schistoïdes pourprés , 
&yec productus scoticus et poudingue psammitique. — Clifton, 
près Bristol : calcaire compacte, fétide et sublamellaire » avec 
spirifer piriguis et entroque; calcaire compacte marbré^ avec 



THE aoS 

caiyophillîe , dans le terrain de grès rouge , sur le terrain de 
transition j dit M. Bakewell. — D'A^lenhead, dans le Northum* 
berland: calcaire sublamellaire, avec caryophyllie, térébra- 
tule P produclus; calcaire sublamellaire, taché de rouge , avec 
entroques; calcaire compacte , terne , fétide, etc. — De Foo* 
lowe,au nord d'Ashford en Derbyshire : calcaires compactes 
divers, avec phtanite en lits, renfermant des entroques et 
filons de galène, à Bakewell, etc. 

De Kilpatrick , etc. , prés Glasgow. Si ce calcaire éï les 
précédens appartiennent aux terrains abyssiques , il n^est pas 
possible d'en séparer celui de Saint-Doolas, prés Dublin , qui 
renferme les mêmes productus , les mêmes spirifer^ les mémet 
ëvomphales, le$ mêmes entroques, et celui de Clontarf, que 
Kirwan a nommé calp , et qui est traversé par des filons de 
calcaire spathique, remplis de galène et de blende. 

^ous présenterons, comme exemple plus particulier degrés 
rouge ancien, qui est au-dessous : le psamroite rougeâtre schis- 
f oïde d'Héreford , de Lugge Bridge , dans le Glamorgan , au sud 
du pays de Galles. — L'arkose commune grisâtre et rougeâtre, 
avec nodules de psammite schistoïde, de la carrière de Tree- 
£lms, près Héreford.'-^Le pséphite rougeâtre, le psammite 
Bchistoïde également rougeâtre, le poudingue psammîtique 
rougeâtre de Brecon ^ dans la même contrée* 

Belgique. Dans les provinces du Hainaut et de Namur, et 
dans plusieurs autres parties des Ardeones, le terrain car- 
bonifère est composé de calcaire sublamellaire noirâtre (les 
marbres de Namur, celui des carrières près Mons, qu'on appelle 
si improprement petit granité) , de schiste argileux, d'ampé- 
lite alumineux, de psammite et de poudingue. 

Le calcaire est coloré en noir , non par du bitume , mais 
par du charbon, comme Fa fait remarquer M. Bouesnel, et 
c'est d'après cette particularité que M. d*Omalius le nommoit 
anthraxifère. 11 renferme du phtanite, du fluorite violet; des 
produc^i/s , spirifères , évomphales; des lits ^ amas et veines de 
fer oxidé et de fer hydraté, etc. 

La roche schisteuse est tantôt du schiste argileux bien ca- 
ractérisé, tantôt de Tampélile alumineux, pétri de coquilles 
discoïdes qui m'ont paru voisines des naulites et d'autres dé- 
bris organiques indéterminables (mines d'alun de Fl5ne, etc., 



*o4 THE 

près Liëge). Ces schistes sont inférieurs à la houille; ils re- 
courreat le calcaire ou alternent avec lui. (Ovenbausen.) 

VI/ CLASSE. TERRAINS HÉMILYSIENS » 
ou TERRAINS DE TRANSITION SEMI - COMPACTE. » 

A mesure qu*on s'enfonce dans Técorce du globe, les strates 
qui la composent se montrent et plus fréquemment et sur 
une plus grande étendue ; mais leur position relative est 
plus difficile à reconnoitre et même plus incertaine. Les ter- 
rains dont nous allons parler se mêlent avec les suivons 
d'une manière encore plus constante et plus complète que 
ceux dont on vient de présenter les caractères. Cette con- 
sidération m'a engagé à caractériser les terrains hémiljrsiens 
par le mode général de leur structure. Leur nom ne doit pas 
être pris, plus qu'aucun nom , dans un êens absolu, précis , ex- 
clusif; il n*indique, non pas leur manière d'être constante, 
nais leur manière d'être la plus ordinaire, leur caractère do- 
minant. On verra le développement et la preuve de cette in- 
fluence des deux voies de formation , la mécanique et la chi- 
mique, dans l'énumération des roches qui composent ces 
terrains et des nombreux minéraux qu'ils renferment» 

Si on admet que ces terrains ne sont point distinctement 
séparés de ceux qui les précèdent et qui les recouvrent, on 
sera obligé dé convenir paiement qu'on ne peut leur assigner 
des limites naturelles et précises ; et si on reconnoit qu'il n'y 
a point d'ordre constant dans la succession de leurs roches , 
on pourra admettre que l'ordre le plus clair dans lequel on 
puisse présenter l'histoire de ces roches ou en généraliser 
les caractères par le classement, est celui de leur groupe- 
ment par nature de l'espèce minérale dominante. On verra 
que ce groupement,- artificiel seulement parce qu'il n'est pas 
pris d^ns les rapports essentiels de la géognosie , qui sont les 
circonstances et l'ordre de formation; on verra, dis-)é, que 
ce mode de groupement n'intervertit ces rapports qu'assez ra- 

• 

1 Formes en partie par voie de sédimeDt, en partie par Toie de dis- 
solution chimique. 

a Teri^ains de transition; terrains intermédiaires; terrains primordiaux; 
Uebergangs - Gebîrge, 



THE ^oS 

rement : or , quel que fût l'ordre qu'on eût choisi , il me 
semble qu'on n'eût pu aller par une série continue et cdas- 
tante des terrains yzémiens aux terrains agaljrsiens; limites 
entre lesquelles îe place, avec presque tous les géologues ^ 
les terrains hémilysiens. 

Les roches qui composent ces terrains ont donc une texture 
tantôt presque entièrement compacte, tan tût presque entière' 
ment lamelleuse , mais plus souvent intermédiaire entre ces 
deux textures. 

Elles sont encore clairement stratifiées ; mais leur stratifi- 
cation est souvent très -inclinée, très-dérangée et à couches 
fort épaisses , et c'est alors qu'elle est claire ; ou à parties minces, 
presque feuilletées, ondulées, contournées, et c'est alors aussi 
qu'elle devient obscure , et que ces terrains se rapprochent 
des agalysiens et même se confondent avec eux* 

La limite inférieure de ces terrains est aussi la plus diffi- 
cile à assigner. La limite supérieure ne le seroit pas moins, 
si on n'avoit un caractère assez tranché, et dont la netteté 
ne dérive pas d'une définition artificielle et arbitraire ; mais, 
au contraire , d'un des moyens les plus naturels d'établir les 
époques géognbstiques, c'est celui qui est fourni par les gé- 
nérations d'êtres organisés, qui ont vécu pendant certaines pé- 
riodes et qui ont disparu à l'époque où un-grand phénomène 
géologique est venu apporter dans le climat ou la nature 
des fluides où ils vivaient , des cfaangemens tels que les mi- 
lieux n'étoient plus appropriés à leur organisation. 

Je donnerai dans le tablieau la liste des corps organisés 
qui paroissent propres à cette sous-période géognostiqve , et 
par conséquent aux terrains qui b^ sont formés; mais je .dois 
en extraire ceux qui me semblent pouvoir à eux seuls, par 
leur présence dans ces terrains et par leur absence dans les 
autres, caractériser les terrains hémilysiens. 

Parmi les caractères négatifs, c'est l'absence des animaux 
vertébrés'. Les caractères positifs sont tirés de la présence 



1 Les ardoises de Claris paroissent être une exception par les pois- 
sons qu'ils renferment; mais les dernières observations portent k croire 
que ce terrain est beaucoup plus nouveau que les itnrains ditt de tran^ 
silion. 



âo6 THE 

de certains animaux des classas des crustacés, des mollusques 
et des zoophytes. 

Ces êtres sont, en première ligne 9 les Irilobites, et peut- 
être sans exception toute cette grande famille : c'est la seule 
famille que nous puissions encore présenter comme apparte- 
nant exclusivement aux terrains hémilysiens. 

Viennent ensuite les orthocératites , au moins un grand 
nombre d'espèces de ce genre , les bellerophes , les évomphales , 
les spirifères, des productus , etc., des espèces particulières 
d'encrines ou crinoïdes , en si grand nombre qu'on a donné 
le nom de calcaire à encrines à la roche calcaire qui fait 
partie de ce terrain. Il n'en est pas de même des végétaux: 
d'abord ils sont rares dans les terrains hémilysiens; ensuite 
ceux qu*on y trouve n'indiquent aucune espèce qui soit par- 
ticulièrc à ce terrain , et essentiellement différente de celles 
qui se trouvent dans les terrains postérieurs : ce n'est guère 
que le groupe schisteux qui en présente , et ce sont en gé- 
néral des fucoïdes et des fougères, semblables à celles du ter- 
rain houiller ; cependant on en a reconnu dernièrement dans 
un pétrosîlex qui est la base d'un porphyre. 

Les espèces minérales qui se trouvent dominantes dans un 
groupe, ne sont pas cependant particulières à ce groupe ; elles 
se retrouvent souvent dans la plupart des autres , mais sou- 
vent aussi en moindre quantité. Ainsi , l'anthracite et le gra- 
phite, qui appartiennent plus particulièrement au groupe 
schisteux, se retrouvent, mais en plus petite quantité, dans 
le ^i*oupe culcareux. La galène appartient à presque tous 
les groupes, quoique plus fréquente et plus abondante dans 
les groupes calcareux et schisteux que dans les autres. 

!.•' Gr. TERRAINS HÉMILYSIENS CALCAREUX' 

OU CALCAIRE DE TRANSITION. 

Là plupart des roches qui composent ce groupe, ont de si 
grands rapports de toutes les sortes avec celles qui terminent 
les terrains abyssiques , elles s'y lient si intimement , qu'il ne 
jD^est pas possible , tant d'après ce que j'ai vu , que d'après 

«i»^—— ^— — ■— — ^^^— — ^■^— — '^— ^^'^— — ' ' — ■^— ^^— »— — ^— ^— 

1 C'est-à-dire, aboadant ea roches calcsiïres, Bergkalk- JF'ormation, 
KirxAST.; Mountain limestone\ Gëol. angl. 



THE ao7 

ce qu^en dirent les géognostes, de distinguer clairement le 
calcaire carbonifère et le grés rouge ancien des terrains abjs» 
siques, du calcaire compacte métallifère et du pséphite ac* 
compagnant les porphyres, qui forment les parties les plus 
supérieures du terrain hémilysien. 

La liste des roches fait voir clairement que le calcaire est 
dominant. Les géognostes ne placent au milieu d'elles que 
quelques anagénites, psammites, quarzites et pbyllades des 
autres groupes; mais alors elles y sont subordonnées. Néan- 
moins cette introduction des roches des autres 'groupes suffit 
pour rendre les limites de celui -ci tout -à -fait incertaines. 

Comme ce groupe renferme plus de roches homogènes que 
d'hétérogènes, il présente d'une manière très -sensible, dans 
la texture de ses calcaires , l'empreinte du double mode de 
formation , par voie chimique et par yoie de sédiment. 

Sa 5trati6cation est nette et puissante , quelquefois peu dé- 
rangée , et par conséquent presque horizontale. Il forme des 
montagnes à lui seul; mais elles sont en général peu élevées^ 
au plus huit cents mètres ' , et ce sont aussi plutôt des pla- 
teaux élevés que de véritables montagnes. 

Ce groupe renferme des métaux et quelques minéraux sa- 
liformes , qui y sont plutôt disposés en amas, en druse ou en 
veine , qu'en véritable filon : c'est le gite le plus. ordinaire 
-du fluorite, de la galène, de la blende : c'est ce qui lui a 
fait donner par le3 géologues anglois le nom de calcaire mé^ 
taUifèrt. 

Il renferme aussi beaucoup de matière charbonneuse et bi- 
tumineuse , et ses roches calcaires répandent souvent, par le 
choc ou parle frottement, une odeur désagréable, soit de gaz 
bydrogène sulfuré , soit de bitume ; toutes circonstances qui 
concourent à le confondre avee le calcaire carbonifère de 

f 

•la classe précédente. » 

Mais c'est par ses débris organiques qu'il se distingue de 
tout les autres terrains et même des autres groupes des ter- 
rains hémilysiens. C'est celui qui renferme le plus de pétrir 

1 11 n'est nullement prouré que les montagnes calcaires des Pyrénées, 
de deux mille mètres d'éléyation, et qa'ou regard* <piiim« de tranai* 
lion, appartiennent à cette classe de terrain.. 



308 THE 

fications et qui renferme même presque tontes les pétrifica- 
tions de cette classe. Nous en donnons Ténumération au ta« 
bleau n.°i8*, en indiquant les roches où quelques espèces se 
trouvent- plus particulièrement. 

1. L^ Calcaire compacte sublamellaike et utrJtLListKE est 
généralement gris foncé , quelquefois presque noir; les facettes 
lamellaires dont il se montre rempli , indiquent presque tou- 
jours la place des tiges ou articulations de crinoïdes , dont ce 
calcaire semble être pétri (les Écaussînes, près Mons). 

Il contient souvent aussi du bitume ou même du charbon 
disséminé et comme fondu dans sa masse ; alors il est noir et 
presque toujours fétide. 

a. La DoLOBOS, qui raccompagne ou même le remplace, par- 
ticipe presque toujours de ses qualités (Matlock en Derbyshir e). 

3. Des Spilites et Porphyres , roches cristallisées, massives, 
d^origîne plutonique , et dont nous parlerons à leur lieu , 
accompagnent ce groupe , s'introduisent dans ses masses en 
amas droits ou couchés , ou en recouvremens , et semblent 
s'identifier coniiplétement avec lui, en enveloppant les débris 
d'encrines caractéristiques de ce groupe (telle est la spilite 
zootique du Harz). 

Le Jaspe et le Silex corné , noirâtre, passant au PHTANrrE, 
sont les variété&de quarz subordonnées à ce calcaire. Ces silex 
renferment aussi les encrines ( environs de Liège , de Hamm) 
et les trilobites (Amérique septentrionale), qui appartien- 
nent à cette période géognostique. 

1. Exemples du groupe cajucareux* 

France. On peut citer, comme exemples authentiques de 
ce groupe , aux environs de Chalonne et d'Angers (Maine-et^ 
Loire ) ^ le lieu dit les Fourneaux , où se trouvent un calcaire 
compacte , fin , blanc , scbistoïde , et un calcaire sublamel- 
laire , noirâtre , avec les carybphyllies , et les cristaux de 
calcaire spathique et defluorite bleu, qu'il renferme presque 
toujours. — Dans le Cotentin , Montchatou , près Coutances , 
remarquable par tes évomphales et ses caryophyllies ; Néhou , 
près de Valogne, connu par ses trilobites, ses spiriféres et ses 
caryophyllies. 



THE ao9 

IsLB9 Britanniques. En Westmorelaod il y a un macigno 
compacte qut a beaucoup de ressemblance avec celui dei^ 
environs de Florence ; il est accompagné de calp et d*un cal- 
caire sublamellaire rempli de caryophyllies. (Bakeweu*) 

Dudley , dans le Worcestershire. C*est le type du calcaire 
des terrains hëmilysiens, celui auquel les trilobites donnent, 
le caractère zoologique que nous regardons jusqu^à présent 
comme un caractère presque absolu de ces terrains. L'asso- 
ciation de certaines térébratules, de turbinolies et de caryo- 
phyllies, de rtUpora semblables à ceux de Suède et à ceux 
des terrains précédens , établit entre ces terrains la plus 
grande analogie. 

Belgique et Pays-Bas. Le groupe calcareux. est ici prédo- 
minant. Les marbres noirs et noirâtres sublamellaii'ejl des 
Écaussines prés Mons, des environs de Namur , de Gemmapes; 
les calcaires grisâtres sublamellaires d'Argenteau, de Chokiçr. 
et de Viset , près de Liège et de Tuy , sont riches en prodactuêf 
^piri^r, ^vomphales, caryophyllies, etc. .' 

Allemagne* Le Harz présente tous les groupes des terrains 
hémilysiens. La marche que j'ai adoptée me forcera donc de 
citer cette terre classique à chacun de ces groupes ; mais en. 
même temps elle confirmera la généralité de leur ordre.de 
superposition. Ainsi les calcaires compactes fins d'Altenau , . 
schistoïdes et carbonifères de Schulenberg, ferrugineux, et 
passant au spilite lootique du Polsterberg , sublamellaires 
et à encrinites de Schulenberg , sublamellaires gris , remplis , 
de caryophyllies, d'astrées, etc. , des environs de Grund; les 
calcaires marbres et lamellaires, grisâtres, rougeàtres, ren* 
fermant des lits de minerai de fer accompagné de jaspe ferru- 
gineux {Eisenkieset) j de Lerbach, Kamschlacken , Rubeland, 
près de Blankenburg, Polsterberg, etc., sont des- exemples 
frappans du groupe calcareux supérieur aux autres groupes. 

Italie. Calcaire compacte fin , schiste marneux et macigno 
solide et compacte 9 dans diverses parties des Apennins, no- 
tamment aux environs de Florence, de Fiumalbo, dans le 
Modénois, à Pietra-Mala, à la Roehetta , dans le golfe de 

1 G est à M. Allou, ingénieur des mines, qut je doie U connoistance 
df cet exemple. 

54- 14 



ai» THE 

la Spezzia , où il est accompagné de jaspe et recouvert par des 
ophiolites. Il n'a pas montré assez de pétrification caractéris- 
tique pour que Fépoque de ce terrain puisse être regardée 
comme parfaitement déterminée. 

On peut présumer que le calcaire marbre de Porto-Venere , 
iur le cap occidental du golfe de la Spezzia, appartient aussi 
aux terrains hémilysiens. 

Scandinavie. Les exemples de ce groupe y sont aussi nom- 
breux que remarquables par leur caractère et leur position. 
Il faut néanmoins les distinguer en deux sortes. 

1.*^ Les calcaires blanchâtres, «iblamellaires ou compacte» 
fins,' et les calcaires compactes noirs qui renferment des lits 
ou des nodules de silex corné, et très-rarement des pétrifica- 
tions, qui sont ordinairement des entroques; quelques-uns 
ont une stnicture à peine stratifiée, et présentent, comme 
les terrains agalysiens, auxquels ils passent, de Fépidote, des 
grenats, etc. — ASwang8trand,entreDrammen et Christiania. 
— A Rotangen , dans le golfe de Drammen. — A Vettakul- 
len, près Christiania. Celui-ci est sublamellaire; il renferme 
des nodules épidotiques, et est cependant clairement et même 
horizontalement stratifié. 

2.® Les calcaires compactes communs, tantM noirs, même 
charbonneux, tantôt grisâtres ou rougeàtres, clairement stra- 
tifiés, alternant avec des schistes marneux et des silex cornés, 
et renfermant les corps organisés fosÂles des terrains hémi- 
Ijrsîens, formant,, en Norwége, le sol de Malmoèfn, de Mal- 
moë-Kalven et de plusieurs autres fies et plages du golfe 
de Christiania, de Porsgrund enTellemark, deStoivoën dans 
leTUrifiord. 

En Suède, dans Die de Gothland , dans la Westrogothie 
près de Motala, de Linkbping, à Leaby près de Falkdping, 
au MOseberg, et à Vesterplana au pied du KinnekuUe, en 
"Westrogothie, etc. 

Russie. A Koschelewa, près Tzarskoë- Ssélo , non loin de 
Saint-Pétersbourg. C'est une glauconie sublamellaire, qui 
renferme, outre Vasaphus comigerus, d'autres trilobites très- 
savamment décrits par M. de Rasoumowski et par M. Stche- 
gloff , et les terébratules, spirifères, échinosphérites qui carac- 
térisent partout les terrains hémilysiens. 



THE atx 

Ami^hiquë sËFîBtvtRioNALE. ÉtatS'-Unîs. On retrouve sur les 
bords du lac Champlata le calcaire carbonifère, avec une co- 
quille turbinée, discoïde, que M. Lcsueur a nommée maclu«> 
rite, et que je regarde comme voisine des évomphales de 
Sowerby; au sud du lac Ontario un calcaire sublamellaire 
grisâtre avec entroques, spirifères et orthocératitcs ; dans les 
collines prés d'Hudson, un semblable calcaire, quelquefois 
noir, carbonifère et renfermant des trilobites; et dans les 
monts CatskilU état de New* York , ce même calcaire, accom** 
pagné d^jn grès ferrugineux comme au Harz, pétri de spi- 
rifères, de productus^ d*entroques, et renfermant, comme 
en Norwége , des ampuUaires, des favosltes, des calymènes* 

2/ G^. TERîi. HÉMii. FRAGMENTEUX. * 

Ainsi que je Tai dit au commencement de l'histoire de 
cette classe de terrains, les roches qui les composent ne pa-* 
missent avoir suivi aucun ordre chronologique dans leur for- 
mation et leur dépôt; il faut donc les réunir par groupes | 
Considérés plutôt sous le rapport de leur structure et nature 
minéralogique que de leur position. Je réunis sous ce groupe 
toutes les roches des terrains hémilysiens qui présentent une 
structure résultant de Tagrégation de débris plus ou moins 
volumineux. 

Ces roches forment des terrains souvent et très-étendus et 
très-puissans, placés plus ordinairement sous le groupe cal^ 
caréeux que sur lui ou dans lui, mais accompagnant les trois 
autres groupes, et cependant plus ordinairement le troisième 
et le quatrième que le cinquième , ce qui motive la place 
que je lui ai donnée dans le tableau. 

Malgré la structure évidemment d^agrégation des parties 
souvent très - volumineuses qui constituent ce groupe^ ses 
roches montrent encore avec la même évidence le signe de 
l'action chimique ou de la dissolution qui m'a fait établir lA 
classe des terrains hémilysiens* Cette influence se manifeste 
dans les roches conglomérées par la nature du ciment qui en 
réunit les parties et qui est très-dur, rempli de lamelles cris' 
tallines , ordinairement calcaire, ou entièrement siliceux* Un 

^ ^ ■ ■ • ■ > ■ r I ' i I ' '1 I " ■ II. I 11 

t C'e«l'à-dire abondant en 4«bris eu en roches composées <le débris^ 



ai« THE 

autre signe encore plus sensible de cette action chimique , 
ce sotit lés filons et les veines qui traversent ou coupent soui 
toutes les directions ces roches , qui traversent même les 
débris, soit anguleux, soit roulés, qui les composent, et qui 
sont remplies de minéraux cristallisés, ordinairement de cal- 
caire spathique , quelquefois de quarz hyalin , et quelquefois 
aussi de galène, de blende, de fer carbonate spathique et 
d'autres minerais métalliques. 

Les roches homogènes ou hétérogènes qui ont fourni les 
élémens des roches fragmenteuses de ce groupe appartien- 
nent ou aux autres groupes du terrain hémilysien , ou 
aux roches des terrains agalysiens , dont la formation est an-i 
térieure à celle des terrains hémilysiens. Ce sont donc en 
général des quarz, des phtanites, des phyllades, des calcaires 
saccaroïdes ou des calcaires marbres, des fragmens d'ophio- 
lites et de stéaschistes , des parties de schistes luisans ou de 
schistes argileux , dont la masse se montre quelquefob en lits 
ou couches subordonnées, presque intacte, au milieu même 
des anagénites , des psammites rougeàtres et schistoïdes qui 
composent ce groupe. 

Quoique le groupe fragmenteux se montre sous une éten- 
due et sous une puissance asisez considérables, il ne compose 
pas néanmoins à lui seul des montagnes qui aient un carac- 
tère particulier, et par conséquent il n'imprime que très-ra- 
rement au sol une forme distinctive. Dans ce dernier cas, les 
collines ou plateaux qui appartiennent à ce groupe offrent 
une stratification très-peu nette , et plutôt des masses éten- 
dues, arrondies, avec des escarpemens comme arrondis sur 
leur arête. Cette disposition est très*sensible dans plusieurs 
parties des Vosges et du Harz, . 

Mais la manière d'être la plus ordinaire de ce groupe, 
surtout lorsqu'il est plus spécialement composé d'anagénites, 
c'est de se montrer en couches subordonnées dans le groupe 
schisteux. 

JExempies du groupe fragmenteux.- 

Lés exemples de ce groupe isolé sont rares, et nous ne 
pouvous en citer aucun qui ne puisse être regardé comtne 
roche subordonnée des autres groupes. 



THE »i3 

En France, à Cusset, sur les bords du Slchon, près de 
Vichy; ce sont des poudingues jaspiques ou des anagénites 
calcaires liés avec le groupe schisteux. Au lieu dit la Haye- 
longue , prés d'Angers : c'est une anagénite jaspique et pétro- 
siliceuse. 

Allemagne. Dans le Harz, principalement tous ces anagé- 
nites que les géologues allemands nomment grobkomige Grau- 
waclce, et qui sont placés à Zellerfeld, à Clausthal, etc., 
entre les grés et les psammites. 

En Scandinavie. A Sundewold , au nord de Christiania, 
on voit un poudingue quarzeux lié avec le groupe éminem- 
ment quarzeux de grés pourpré du même lieu* 

3." Gr. TERR. HÉMIL. QUARZEUX. ' 

Il en est de ce groupe des terrains hémilysiens comme des 
précédens : sans avoir de position bien déterminée , il se trouve 
cependant plus ordinairement dans la.place que nous lui don- 
nons que dans toute autre. 

C'est un terrain peu varié, qui semble , au premier aspect, 
résulter entièrement d'une formation par voie mécanique; 
mais quand on examine les grés et les' quatzites qui en sont 
une des parties principales, on y reconnoît, surtout dans ces 
derniers , une densité et une texture subcristalline qui n'appar-' 
tiennent pas en général aux roches de même nature, formées 
par voie d'agrégation ; enfin, on remarque. que ces grés, sou- 
vent homogènes, sont tapissés, tant sur leurs fissures que sur 
les parois de leurs cavités drusiques, de cristaux de quarz hyalin. 

Ces roches quarzeuses ne sont pas toujours homogènes ; 
c'est cependant leur manière d'être la plu^ habituelle, et 
c'est une des premières différences qu'on remarque entre, ce 
terrain et le groupe des arkoses du terrain précédent. Lors- 
qu'elles renferment des minéraux étrangers, ce sont ordinai- 
rement des marnes et argiles rougeàtres, quelques hyalo- 
mictes, qui y sont ou en nids ou en lits subordonnés ; du 
mica, du felspafh, qui s'y montrent disséminés en petites par- 
ties et comme composant la roche elle-même* 
--- - " - 

1 C'est-à-dire abondant en roches siliceuses. 

Jungere Grauwacke ou rotker Uehprgangs-Sahdftein. (A. Bovf . ) 



«14 THE 

C'est aussi et surtout par les débris organiques qu'elles en- 
veloppent quelquefois , que ces roches quarzeuses se distin- 
guent encore de celles des terrains supérieurs ; car ce sont 
toujours des espèces des genres qui appartiennent aux ter- 
rains hémilysiens : tels que trilobites , productus , etc. ( dans 
les grés et quarzites de May, près Caen; de Cayuga, dans 
^Amérique septentrionale, etc.); 

Quoique les roches de ce groupe soient souvent en cou- 
ches subordonnées dans les terrains hémilysiens , néanmoins 
tlles se montrent aussi quelquefois d'une manière presque 
indépendante; elles forment alors des collines peu élevées, 
quelquefois même de simples plateaux à structure nettement 
{itratiiiée, dont les couches droites, mais plus ou moins incli- 
nées, produisent parleur relèvement des montagnes à pentes 
roides d'un côté , et k escarpemens abruptes ou en forme 
d'escalier de l'autre côté (la montagne du Roure, près Cher- 
bourg , etc. ). 

Ce groupe ne renferme presque point d'autres minéraux 
étrangers que ceux que je viens de nommer. Je n'y con- 
nois ni filons, ni amas de minerais métalliques, ni même 
^ucun minerai en drtises ou en grains disséminés ^ ; mais il 
fst fréquemment accompagné de porphyres et d'autres ro- 
xhes entritiqu^s, qui tantôt le recouvrent de la manière la 
plus distincte ( Sundwbid , au nord de Christiania ) , et tan* 
tôt le traversent en amas droits ou même en filons. 

M, Boue fait remarquer qu'il est d'autant plus étendu et 
•puissant, que ces roches sont plus abondantes (1-Écosse, la 
Norwége , etc. ) , et qu'il est au contraire très-restreint dans 
les contrées où les roches entritiqués né se montrent, pour 
pinsi dire, qu'en petites masses, comme dans les Pyrénées. 

Cette règle paroit s'appliquer plus con8tamm£nt et plus 
{exactement au grès pourpré qu'au qîiarzite* Les exemples 
qu'on va donner semblent du moins l'indiquer. 



i Je ne sais ii on ne trouvera pas dans la suite de nombreuses ex- 
ceptions à cette généralité, qui n'est bonne que pour le monient actuel 
«t pour l'Europe; car, si le grès flexible du Brésil appartient à ce 
croupe, il apporter^ une première exoeption ^ cette règle. 



THE «i5 

Exemples du groupe qvaiubxux. 

France. A May, près Caen : quarzite rougeâtre et rosaire; 
poudingue, avec trilobitei, térébratules, peelen^ conularia et 
fer sablonneux , et dans uA calcaire charbonneux qui rac- 
compagne, à Feugueroles, corps articulé, que Linné et Wah- 
lenberg ont nommé graptolithe *• —Aux pieds de la montagne 
du Roure, près Cherbourg: quarzite assez pur. 

Pays-Bas et Belgique; Ciney, près Namur; Abentheuer , 
Asbach, dans le Hundsruck, etc. Grès à entroques et à stro- 
phomènes, comme ceux du Harz, etc. Chamoy, prè$ Givetr 
-des quarzites rougeàtres. 

IsLEs Britanniques. Grès pourpré , poudiUgiies psammiti- 
ques, avec nids d^argile ocreuse rouge ^ fine. 

Eu Ecosse , lie d'Arrau. 

Allemagne. Bingen , etc; , prè^ Mayence. C'est bien un 
quarzite de ce groupe et non un grès rouge du terrain abys- 
sique. Ses fissures sont souvent tapissées de quarz hyalin.—^ 
Dans les environs d*Aschafienbourgi — Partie moyenne de la 
Bohème. — Dans le Harz^ entre le Brocken et Ilsenburg, pour 
le quarzite Sans coquilles , et au Ramelsberg, à Schalk , à Eibin- 
gerode , etc. , pour le grès à ehcrines , spirifères , nautiles P etc. 

Scandinavie. En Suède , près de Téglise d'Andrarum en 
Scahie : grès blanc et quarzite inférieurs aux ampélites; — 
Au pied du Kinnekulle en Westrogothie : c*est un grès dans 
la stricte acception de ce nom. 

Sundewold , au nord de Christiania. Terrain de grès pour- 
pré, composé de macigno brun et rouge , de brèche a base de 
macigno solide et à fragmens de schiste, de psammite pour- 
pré, de poudingue psammitique, de poudingue siliceux, al- 
ternant avec des lits de marne argileuse rougeâtre, inférieurs 
au trappite et au porphyre brun-rouge.— Holmstrand , vers 
sa base; 

Amérique septentrionale. Ëtat^tJnîs. On peut rapporter à 
ce groupe le grès ferrugineux des environs d'Utica^ vallée 
de la Mohawk , et celui de la partie occidentale des Allé^ 



1 C'est à M. De$lonçcKamp , de Caen, que je doit U connoiuance de 
te fait. 



«i6 THE 

ghanis et des monts Cabkill; lequarzîte brunâtre de Belfast, 
dans le district du Maine; le grès blanc du pays de Cajni^a , 
dans rÉtat de New-York, tous pétris d'encrines, despirifères, 
de productus, de trilobites , et tellement semblables aux ro- 
ches européennes des mêmes terrains , qu'il faut souvent le 
secours de l'étiquette de localité pour les distinguer. 

4/ Gr. TERRAINS HÉMILYSIENS SCHISTEUX * 

OU TRAUMATEUX. 

C'est le groupe fondamental du terrain hémilysien, celui 
qui distingue le plus clairement ce terrain des terrains supé- 
rieurs ou de sédiment; mais qui ne le distingue pas aussi bien 
des terrains de cristallisation qu'on nomme vulgairement 
primitifs. 

Il renferme plusieurs des roches des autres groupes, no- 
tamment des anagénites , des grés , des quarzites et des phyl- 
lades, mais peu de calcaire et peu de stéaschiste. 

Le mode de formation par dissolution et cristallisation 
commence à dominer dans ce groupe , tant dans les roches 
qui le composent , lors même qu'elles sont formées de parties 
fragmentaires agrégées, que ds^ns les minéraux et métaux qui 
y sont disséminés en parties cristallines, qui le traversent en 
veines, qui tapissent les parois des fissures ou qui y sont réu- 
.nies en amas. 

Néanmoins il est constamment et souvent très -nettement 
stratidé; mais sa stratification est presque toujours fortement 
inclinée ou même ondulée et contournée. Il constitue à lui 
seul des terrains trés-étendus , des collines et des montagnes 
très-élevées. On porte à plus de 2000 mètres son maximum 
d'élévation. 

C'est un des terrains les plus riches en minéraux, et sur- 
tout en gites métallifères. Ils y sont tantôt en veines, tantôt 
en filons, quelquefois en amas couchés et même en lits, près- 

1 Où les roches schisteuses et argileuses sont dominantes. On pourroit 
aussi le nommer groupe iraumaieux , parce qu'il renferme le terrain de 
traumate, dénomination scientifique et très-convenable , par laquelle 
M. d'Aubuisson remplace le nom de Grauwacke des ouvriers mineurs 
allemands. 

JEltere Grauwacken-Format ion (A. Dodé}. 



THE a'7 

que jamais dissémines dans Tin teneur même de la roche. Ce- 
pendant ces minéraux ne se présentent pas indistinctement 
dans toutes les roches de ce groupe; c'est principalement dans 
lesphyllades, les psammites schistoïdes, les calcaires et les do- 
lomjes compactes, qu'ils sont le plus abondans. Parmi les mi- 
néraux pierreux, ce sont en général des calcaires et de Tar- 
ragonite spathiques, des fluorites plus rares que dans le cal- 
caire, de la barytine; et parmi les minerais, du fer carbonate 
spathique, du fer oligiste trés-abondammeut, de la blende, 
de la galène argentifère. C'est un des principaux gttes de 
cette dernière substance, qui y est souvent accompagnée de 
quelques minerais d'argent proprement dits, de pyrites de fer 
et de cuivre, de cuivre carbonate, etc. 

. Les corps organisés fossiles y sont beaucoup moins nom- 
breux que dans le groupe calcaire, mais ils appartiennent 
fous aux genres qui caractérisent les terrains hémilysiens. Ce 
sont, parmi les trilobifes, des ogygies, des calymènes de Tris- 
tan , des paradoxites et des agnostes ; parmi les mollusques , 
quelques orthocératites fort rares et d'une détermination très- 
incertaine, des graptolitbes, quelques térébràtuies , des pleu- 
robranches ou posidonia (Bronn), etc. 

Enfin , parmi les végétaux on ne trouve pas de genre qui 
n'appartienne également au terrain houiller et peu d* espèces 
qui ne s'y rencontrent. Cette circonstance établit d'une ma- 
nière assez remarquable la liaison de ces terrains entre eux. 

Le tableau fait connottre les nombreuses roches qui entrent 
dans la composition de ce groupe, soit comme roches prin- 
cipales, soit comme couches subordonnées. Les exemples que 
je vais prendre dans quelques contrées feront connoître ce 
qu'il y a de plus particulier à savoir sur chacune de ces roches. 

On n'y verra pas cité le phyllade pailleté de Claris , parce 
qu'il est maintenant très-incertain que ce terrain appartienne 
k la classe des hémilysiens. C'est M. Keferstein qui a avancé 
cette opinion. 

Exemples du groupe traumateux. 

France. Ils sont bien plus nombreux que les autres , parce 
qu'ils constituent en général la masse des terrains hémilysiens. 
lati schistes ardoises des environs d'Angers sont à çc terrain , 



-'8 THE 

parleurs triJobttes ( ogjrgia Guettardi), ce que les enyironi dé 
Dudley sont aux ealcaires. A ce caractère si tranché se joi- 
gnent toutes les autres particularités deè terrains hémilysiens 
schisteux y le quareite brun verdàtre, à Beaucouzé, les phyl- 
lades divers , traversés de filons de phtanite rougeàtre , de 
quarz rempli de fer bligiste, etc., recouverts ou accompagnés 
de quarzite grenu, etc. — Dans les environs de Rennes, à 
Bain et à la Hunaudiére; c*est un phyllade micacé, passant au 
sléaschiste, renfermant le calyméne de Tristan et une coquille 
discoïde qui a beaucoup de ressemblance avec les nautiles et 
avec celle qui accompagne, en Irlande, près de Saint-Doolas*, 
les spirifèrcs et les évotnphales , en Norwége , les trilobites, 
etc. — A Vatteville j prés Cherbourg : ampélite graphique , 
avec empreintes de pleurobrânche ? ( Posidonia Becheri , 
Bronn}.. — A Houville-les-Mines , dans le Colentin, où les 
calyménes de Tristan se trouvent avec des coquilles bival- 
ves indéterminées. Au pied du château de Falaise, etc. -— 
Plusieurs parties des Pyrénées françoises appartiennent à ce 
groupe; mais il faut avoir un grand soin de ne pas les con- 
fondre avec les terrains plutoniques, qui peuvent les accom- 
pagner souvent et presque s'y mêler , et avec les terrains izé- 
miens pélagiques, qui paroisseot les recouvrir immédiate- 
ment dans quelques points. 

Je crois qu'il existe de puissantes masses de montagnes, 
appartenant au terrain hémilysien schisteux , dans les lieux 
suivans: Vers le col du Tourmalet et les bases du Pic-du-Midi : 
calcaire compacte noir, carbonifère, avec grenats-mélanites, 
alternant avec des lità.de quarzite; calcaire saccaroïde gri- 
sâtre; point de débris organiques. — Barèges : schiste carburé, 
schiste argileux, avec lits de phtdnite. — Montperdu , Ga- 
varnie , Marboré. Ces montagnes et ces lieux n'appartien- 
nent pas entièrement au groupe schisteux, ni même au ter- 
rain hémilysien. La considération combinée des roches et 
des débris organiques qu'elles renferment , indique des 
terrains dififérens , dans lesquels celles dont il est ici ques- 
tion ne jouent qu'un rôle très -secondaire. Je trouve entre 
ces montagnes (et je me borne ici aux tours de Marboré), 
depuis leur sommet jusqu'à leur base ^ les plus grandes res- 
semblances avec la montagne des Fis en Savoie. Ainsi des 



THE ^'Hj 

schistes carbures, avec des lits de phtanîte et du phyllade 
pailleté trés-tissile (au port de Gavarnie) formeroient la 
base de ces montagnes et seroieot peut-être les seules roches 
qui, dans ce groupe, appartinssent aux terrains hémilysieus ; 
ensuite, et dans les mêmes lieux , sont du phyllade pailleté , 
du psammite schistoïde très- micacé, renfermant des em- 
preintes de feuilles et même des tiges, qui, malgré leur état 
d'altération , offrent aux yeux des naturalistes qui ont eu 
Souvent occasion d*é(udier ces empreintes en meilleur état, 
tous les caractères du terrain houiller ûlicifère. 

Au Montperdu et aux tours de Marboré, qui en sont une 
dépendance ^ se présentent un calcaire noir , carbure-sableux , 
micacé , une sorte de macigno solide, dans lequel on a re- 
connu des débris de mollusques et de zoophytes , des caryo- 
phyllies, des ananchites? des nummulites, des fragmens de 
cardium P qui me semblent devoir le faire rapporter aux 
terrains crétacés. 

Les Pays-Bas et la Belgique, où domine souvent le groupe 
calcareux -, renferment aussi des terrains schbteux hémily- 
siens. On y rapporte Tampélite alumineux à strophomène de 
Huy , le phyllade feuilleté rougeàtre, renfermant des pro- 
ductus et des encrines de Charnoy près Givet; le psammite 
schistoïde alternant, près Nivelle , avec le calcaire noirâtre 
^ublamellaire. 

Allemagne. Les environs de Ratingen, au nord-est et non 
loin de Dusseldorf , sont fort remarquables par la réunion 
de toutes les circonstances caractéristiques du terrain hémi- 
lysîen. Un schiste ou phyllade argilo- ferrugineux rempli de 
spirifer et de ces caryophyliies , que M. Sowerb^ a décrits 
sous le nom d^ampUxus coralloides et renfermant dut caly- 
mènes , un calcaire blanc , friable , et un calcaire sublamel- 
laire grisâtre, pétri de productus scahriusoulus , scolicus^ etc., 
et d'évomphales. Les couches sont presque verticales, mais 
les caryophyliies qui les traversent perpendiculairement à 
leur stratification, prouvent qu'elles qnt été déposées hori- 
zontalement et ensuite renversées. Ce calcaire est accom- 
pagné et peut-être recouvert par une dolomie cellulaire et 
même caverneuse, dont les cavités sont tapissées de dolomie 
rhomboidale , d'arragonite acieulaire. 



THE 

Le Harz nous offre des exemples encore plus élémentaires 
de la position de ce groupe et des roches qui le composent; 
tels sont les schistes argileux et ardoises, lesphyllades divers 
et les alternances de psammite et de phyllade de Goslar, de 
Ciauslhal et de ses environs ; les psammites schistoïdes rou- 
geàtres et grisâtres du Galgenberg prés Clausthal ; les schistes 
argilo-ferrugineux, renfermantdespro(iiic/tf<,de Wissemback 
près Dillenbourg; les phyllades pailletés avec calymène de 
Tristan, de Riesenbecke ; ceux qui contiennent des pleur 
robranches ( posidom'a Becheri^ H. Bronn), des environs de 
Clausthal et de Dillenbourg, etc. 

Ces psammites schistoïdes enveloppent quelquefois des dé- 
bris de tiges végétales qui ont la plus grande ressemblance 
avec celles du terrain houiller. On sait qu*ils sont traver- 
sés par des filons de calcaire spathique métallifère , renfer- 
mant principalement des sulfures de plomb argentifère , de 
fer, de cuivre, etc. 

Scandinavie. Le terrain traumateux est généralement com 
posé d*ampéiite alumineux , avec des lits ou des .nodules de 
calcaire charbonneux, et renferme plusieurs trilobites des 
genres Agnoste et Paradoxite, cités dans cette contrée. 

A Andrarura en Scanie , à Honsaker , au pied du Kinne- 
kulie; dans les environs de Falkôping; au Hunneberg, près 
Vénersborg; dans Tile de Bornholm. 

En Norwége, ce groupe est plus rare, et je ne puis citer, 
avec M. de Buch, que la base de TËkeberg, à Test de Chris- 
tiania. 

0/ Gr. TERR. HÉMIL. TALQUEUX* ' 

Ce groupe est aussi difficile à limiter, surtout dans ses rap- 
ports avec les terrains agalysiens, que le groupe calcareux, qui 
est au commencement des terrains hémilysiens, a été difficile 
à distinguer du calcaire carbonifère du terrain abyssique* 

Il se lie même avec les formations massives ou plutoniques, 
car sa stratification est souvent obscure et par conséquent in- 
certaine , et sa nature talqueuse rapproche plusieurs de ses 

1 C'c9t>à-dire abondant en roches talqueuses çt magnésiennes. 
7alk- , Quars' und Thonschiefer-Formaiion (A. Boue), -t Taikige Forma- 
tion (Kefsrst). 



THE 221 

roches des ophiolites, qui appartiennent sans aucun doute 
aux formations hors de série. 

On juge d'après ceci que le mode de formation de ce 
groupe est beaucoup plus chimique que mécanique, et qu*il 
ne présente plus d'indice de ce dernier mode que dans sa 
texture quelquefois compacte et dans quelques parties frag- 
mentaires que ses roches eiireloppent. 

D'ailleurs il possède en général cette sorte de stra'tification 
k feuillets minces, onduleux, contournés même, qui indique 
une action simultanée de la cristallisation confuse et de la 
stratification sédimenteuse. Ce n'est donc pas, comme dans le 
groupe précédent, par des veines et lamelles cristallines, dues 
à une sorte d'infiltration d'une matière dissoute , qu'il rap- 
pelle l'action chimique, mais bien par Fensemble de sa tex- 
ture, qui montre une dissolution presque complète de toutes 
les parties. 

Ce groupe constitue rarement le sol des plaines ou des 
plateaux; il s'élève presque toujours en collines ou montagnes 
tantôt à sommets pointus et arêtes aiguës, tantôt a croupes 
assez arrondies , mais dont les flancs sont presque toujours dé- 
chirés par de profonds sillons, qu'on ne peut appeler des ra- 
vins, car ils ne doivent ni leur existenee ni leur forme aux 
cours d'eau. Ces montagnes atteignent une hauteur dont on 
évalue le maximum à plus de 3ooo mètres. 

C'est un terrain des plus répandus à la surface du globe , 
un de ceux qui couvrent les plus grandes étendues de cette 
surface. 

Il ne renferme, tel que je le suppose composé, aucune 
pétrification , et il n'y auroit par conséquent aucun motif 
pour le placer parmi les terrains hémilysiens au-dessus des 
agalysiens hypozoïques, s'il n'altemoit quelquefois avec des 
roches schisteuses du groupe précédent, qui en contiennent , 
ou s'il ne montrait par l'inclinaison de sa stratification qu'il 
est supérieur à plusieurs des roches de ce groupe ; ce qui 
sera prouvé par les exemples qu'on donnera, et qui rappel- 
leront des lieux et des roches déjà nommés au groupe pré- 
cédent. 

Les minéraux pierreux et métalliques sont encore plus 
abondans dans ce groupe que dans le schisteux. Mais les mi- 



222 THE 

nëraîs y sont très-rarement en veînes ou en filons ; ils y ont untf 
tout autre disposition et se présentent ordinairement ou en 
reines comme anastomosées, en plexus, ou en masses droites 
et comme traversantes, sorte de gUe que les mineurs alle- 
mands désirent par Texprcssion de Stockiverk ou de ètehtndt 
Stock* £nfin ils sont aussi , et même assez souvent , en amas 
couchés entre les feuillets de l»stratification , et ils y for- 
ment comme de grandes masses lenticulaires aloogées. C^est 
ce que les mineurs allemands nomment liegende Stock, expres- 
sion que nous rendons par celle d'amas couchés. 

Les principaux minéraux et minerais qui se présentent ainsi 
dans ce groupe, sont: 

Le quarz grenu et la chlorite schistoïde , dans le stéaschiste 
noduleux. — Le calcaire spathique et la dolomie spathique 
et grenue, avec idocrase, etc. — La karsténiteP -^ Le gra* 
phite. — L'anthracite , dans le calschiste veiné. — Le fer ait* 
giste, le fer oxidulé magnétique, tantôt en lits ou en amas^ 
et tantôt en cristaux disséminés. — La galène argentifère et 
les minerais d'argent qui l'accompagnent, et quelquefois avec 
de l'or natif. (Zillerthal en Tyrol.) — La blende. — Le cuivre 
pjrriteux. — Le fer pyriteux aurifère. 

Exemples du groupe talqueux* 

France. Cherbourg. Stéachiste noduleux et schiste luisant 
pétris ensemble. 

Je crois pouvoir rapporter à ce groupe ^ comme exemple 
des phyllade et schiste satinés maclifères qui en font partie^ 
les roches de cette espèce qu'on trouve si abondamment dans 
les HautesrPyrénées ,. aux environs du Pic-du-Midi, et notam" 
ment an col du Tourmalet, vers Gripp. 
. JsLEs Britanniques. Les collines de Malven, dans le Glooes- 
tershire , offrent le stéaschiste associé à des roches granitoïdes« 
Les environs de Keswig en Cumberland font voir des schistes 
et des phyliades maclifères , comme à Baireuth et aux Pyré*- 
nées. Ce sont ces roches qui renferment le graphite ^ et ce 
minéral semble même quelquefois en faire partie. On y re* 
connoit en outre de nombreuses variétés de stéaschiste* 

Italie. La côte de Gènes , dans les environs d'Oneille^ 
d*Albenga, de Finale et de Noli, tous lieux où le terrain f 



THE "3 

ëvidemtnent stnitifié et appartenant encore à la division des 
terrains en série , oifre la réunion presque complète de tous 
les groupes des terrains hémilysiens. 

Allemagne. Il y a dans cette partie de TEurope , comme 
dans celle que je viens de citer, de nombreux terrains ophio- 
lithiques et talqueux. La difficulté n^est donc pas de trouver 
des exemples de ces terrains , mais de distinguer ceux qui 
appartiennent aux terrains hémilysieDS de ceux qui ont été 
formés tout autrement ou à une autre époque. 

Or, )e ne vois d'exemple authentique du groupe talqueux 
au milieu des terrains hémilysiens que la roche que j'ai nom- 
mée pj^p h i^ePverdà^f, et que les géologues allemands appellent 
BUUterstein (le Koriem des ouvriers), elle alterne avec les 
spilites entre le groupe schisteux et le groupe calcareux , 
près d*Elbingerode au Harz ; et, comme passage de ce groupe 
au calcaire, le calschiste amygdalin verdàtre, rougeâtrc et 
mêlé de ces deux couleurs, de Festenburg au Harz , de Wil- 
denfels en Saxe , etc. 

Les phyllades satinés maclifères , semblables à ceux des 
Pyrénées et appartenant probablement « comme eux , aux 
terrains hémilysiens les plus anciens , se rencontrent aussi en 
Saxe, près de Schnéeberg. 

Alpes. Un des exemples les plus caractérisés de ce groupe, 
un des mieux connus par les travaux de M. Brochant de 
Villiers , est celui que présentent les Alpes de Savoie , et sur- 
tout de Tarentaise. On y rencontre toutes les roches talqueuscs 
et stéaschisteuses , évidemment stratifiées, appartenant par 
conséquent à cette série, et ayant, par cela et par leur tex- 
ture cristalline , tout-à-fait l'apparence de ce qu'on regarde 
comme roches primitives ; mais elles alternent avec des cal- 
caires marbres qui renferment des débris organiques, et cetle 
circonstance seule les distingue des terrains agal3-siens pro- 
prement dits. * 

1 L'étade suivie que M. Elie de Beaumont Tient de faire de plusieurs 
parties des Alpes du Dauphiné et de la Provence, les faits curieux 
qu'elle lui a fait connoitre, et les résultats singuliers auxquels ces rc- 
cherches l'ont mené, conduiroient à faire regarder les terrains de la 
Tarentaise et une grande partie des Alpes comme formés à une période 
géognostique beaucoup plus récente que celle dans laquelle on plac.o 



«24 THE 

Le^oupe talqueux parottétre ou plus rare ou moins connu 
en Amérique , où il est probablement confondu avec les 
terrains plutoniques et avec les terrains agalysiens. C'est pour 
éviter les doubles emplois et les erreurs qui peuvent résulter 
de cette incertitude de détermination, que je n'ai pas voulu 
multiplier les exemples, en donnant ceux dont la position ne 
pouvoit être établie que par un développement de preuves 
trop étendu pour trouver place ici. 

VIT/ CLASSE. TERRAINS AGALYSIENS 
ou TERRAINS PRIjMORD. DE CRISTALUSATION. ^ 

L'incertitude de la position des terrains qu'on a appelés 
si long- temps terrains primitifs^ parce qu'on croyoit être sûr 
que les roches qui les composent étoient inférieures et par 
conséquent antérieures à toutes les autres, m'a engagé à les 
désigner par une expression moins positive, mais qui indique 
cependant une de leurs propriétés les plus frappantes, celle 
de n'offrir que des roches évidemment formées par voie de 
cristallisa tiou confuse , sauf ensuite à examiner dans quelle 
position ces roches sont par rapport aux autres. 

Tel est donc le premier caractère des terrains agalysîens; 
mais comme ce caractère ne leur est pas uniquement propre , 
qu'il se présente dans des roches qui paroissent avoir une 
tout autre origine, il a fallu en joindre un autre, qui, fondé 
sur leur structure, fit présumer cette différence d'origine ^ 

les terrains vulgairement nommés de transition, et à les faire remonter 
jusqu'à rëpoque du lias. Nous avons exposé plus haut quelques-unes des 
observatious sur lesquelles cette opinion est fondée ; mais ion admission 
ne change rien à notre manière de dénommer les terrains, et c'est là 
l'avantage de nos principes de nomenclature. Ce seront toujonn des ter- 
rains, formés en grande partie par voie de dissolution , kémifysiens , 
et composés principalement de roches à base de talc, constituant par 
conséquent le groupe talqueux» Il faudra seulement placer ce groupe 
beaucoup plus haut dans la série des terrains et roches rangés par 
ordre de chronologie géologique, 

1 Terrains primitifs proprement dits, en partie. — Terrains primor- 
diaux en partie, s'Omal. d'Halt.. — Krjrstallische Schiefer^ oder geschictf 
tête , oder neptunische Gehilde , A. Boue. — Ganggebirge en partie, 

KZFEMT. 



THE 3-5 

c^est la fttratification évidente de ces terrains, caractère en 
général très-distinct et qui les place dans la première divisioo^ 
dans celle des terrains, en série* 

Or , pour être conséquent à ce principe , il a faUu nç 
placer dans cette classe que les roches évidemment et cons- 
tamment stratifiées , ce qui a considérablement réduit le nom- 
bre de celles qu'on attribuoit aux terrains primitifs. 

Il a été reconnu que plusieurs des roches et même des 
groupes de roches qui avoient ce caractère de structure ^ 
étoient situées sur d'autres roches, d'une texture beaucoup 
moins cristalline , quelquefois même compacte ^ mais qui 
ofiroient , dans la présence des débris organiques qu'elles rcn- 
fermoient , une différence bien plus importante^ Il aété néces- 
saire de distinguer les groupes de roches qui se sont montrés 
dans cette position , de ceux au-dessous desquels on n'a jamaia 
découvert aucun débris organique; de là la distinction en deux 
ordres des terrains agalysiens *. les épixoïqueSj au-dessoua dea* 
quels on connoit des roches à. débris organiques, et les hypo» 
zoïques , au-dessous desquels on n'a jamais pénétré et qui sont 
jusqu'à présent inférieurs non -seulement à. tous les débris 
organiques, mais même à toutes les roches connues. 

La distinction entre ces deux ordres est souvent impossible. 
On ne doit placer dans le premier que les cantons dont les 
roches cristallisées recouvrent évidemment d'autres roches 
qui renferment des débris organiques; on doit placer dans le 
second, toutes celles donton neconnott pas la position. Il n'y a ; 
d'ailleurs aucun caractère minéralogique dont on puisse s'ai- 
der pour distinguer les roches de ces deux époques^ certaine- 
ment très-différentes. 

Il me paroi t donc très - diflBcile d'établir un ordre com*^ 
plétement satisfaisant dans la distribution de. ces roches. 

La classification géologique la plus naturelle, celle qui est le 
but de la science , doit avoir pour résultat de faire connott^e 
deux choses: premièrement l'ordre chronologique dans lequel 
les différentes parties de ces terrains ont paru à la surface du 
globe, ou , ce qui revient à peu. près au même, celui dans 
lequel ils se sont recouverts; car» quoi qu'on en dise, les mo- 
numens de la nature ne sont pas comme ceux des hommes; 
et il est quelques cas où l-étage supérieur pourroit bien avoir 
64. iS 



«a6 THE 

été fait avant Finférieur : on en verra quelques preuves^ 
Cette vue conduit à la seconde considération, qui est relative 
au procédé suivi par la nature dans la formation de ces roches 
et des terrains qu'elles composent. On juge par ce simple 
aperçu de quelle importance est cette seconde considération 
dans la question des terrains agalysiens. 

Or, les roches cristallisées qui entrent dans la composition 
de fécorce du globe, considérées uniquement sous le rapport 
de leur texture et par conséquent de leur, mode de forma- 
tion, ont certainement été formées par des voies et dans des 
cireoflstatiees très-dififérentes* 

Les unes, évidemment dissoutes dans un liquide proba- 
blement aqu«ux, se présentent dans toutes les contrées de 
récorce du globe plutôt comme ^ couches subordonnées que 
comme terrains : ce sont quelques calcaires , des gypses , le 
telmarin , etc. Il en a déjà été question , et ce ne sont pas ces 
roches toujours accompagnées de roches compactes qui doi- 
vent entrer dans la classe des terrains agalysiens ou terrains 
cristallisés par excellence, dont nons traitons ici. 

Mais parmi ceux-ci on peut reconnoitre trois modes de for- 
mation. Dans le premier , les roches offrent^ avec une texture 
cristalline évidente, une structure stratifiée en grand, qui 
aepeut guère laisser douter qu'après avoir été dissoutes dans 
un liquide, elles n'en aient été séparées par voie de pré- 
cipitation et de cristallisation confuse , ou , comme on le 
dit maintenant, par voie neptunienne : ce sont les terrains 
agaiysiens Uratifiés ; dans le second , les roches présentent une 
texture cristallîtfe non moins évidente , mais on n'y dé- 
couvre aucun indice de stratification ni en petit , kii en 
grand. Il est difficile de croire qu'elles' aient été diooutes 
et formées dans un liquide à la manière des premières; oa 
peut présumer qu'elles ont été dans un jétat pâteux qui a 
dû donner par sa consolidation des masses cristallines, sans 
aucune trace de stratification : ce sont les terrains agafysiens 
massifs^ 

Etffin , dans te troisième mode de formation , le terrain cris- 
tallisé^résente , avec les caractères de formation du second , 
des indices plus ou moins développés de l'action ignée , et 
par conséquent d^une formation par voie de fusion et de 



THE a«r 

cristallisation par refroidissement : ce sont les /erratns agafy»^ 
siens yyrogènes. 

Il s^en faut beaucoup qu'on puisse amener ce» questions 
à des solutions aussi simples et aussi précises* 

Les terrains agalysiens stratifiés, les massifs etlespyrogènes*, 
passent des uns aux antres par des nuances insensibles. Cha- 
cun d'eux passe même aux terrains de sédiment-, et leur po« 
sicion est souvent encore plus obscure, encore plus ineer* 
taine que leur mode de formation. 

L'ordre minéralogique , quoique plus artificiel, quoique 
rompant souvent de véritables rapports naturels , quoique 
présentant lui-même bien des points d'hésitation, m'a paru 
le plus simple, par conséq«ent le plus clair. 

Tel est le principe que j'ai cru devoir adopter et qui m'a 
dirigé dans la disposition dn tableau des roches qui composent 
lès terrains agaljsiens et les terrains massifs* 

Quant à la subdivision des terrains agalysiens en épizoYqnes 
et hypozoïques , elle ne peui être établie qtie pour les lieux 
où cette pontion des terrains est connue avec certitude; elle 
ne peut s'appliquer aux roches qui composent ces terrains; 
car ces roches, prises isolément , n'offrent point, comme celles 
qui renferment des débris organiques, d'indice de leur po- 
sition dans récorce du globe* Les tableaux ne présentent 
donc que l'énumération des roches qu'on a vues, ne fAt-ce 
qu'unefois, superposées à des 'terrains- renfermant des débris 
organiques* Ils montrent beaucoup de roches communes auic 
deux divisions, parce qu'on a dû rappeler dans le second ta- 
bleau toutes les' roches de même sorte au-dessous desquelles ' 
on n'a encore vu aucune sorte de roche k débris organique^ 

Ces roches sont énumérées dsins l'ordre qu'on présume éti^ 
le plus général, en allant des plus superficielles aux ph» 
profondes. 

Entre ces roches sont Interposées été roches de sédiment 
et de demi-cristallisation , renfermant des débris organiques* 
On y voit aussi des portions de roches massives qui les ont 
soulevées , brisées , et qui ont quelquefois même pénétré entre 
elles, soit en masse droite {sUhende Stôefes), soit en amas , 
couchés {liegende Slëeke')* 

La. division que j'ai établie entre les roches épizoïques et 



•a» THE 

les roches hypoxoïques , est, comme je Tai dit, tres-incer^ 
laine. 

Cette circonstance m'engage à réunir sous un même titre 
toutes les considérations relatives aux terrains agalysiens, et 
à ae les diviser que dans les exemples. 

Les terrains agaly^ens stratifiés s'étendent depuis les groupes 
quarzeux , schisteux et talqueiix des terrains hémilysiens , dans 
lesquels ils entrent quelquefois par leurs roches de quarzite , 
de phyllade et de stéaschiste , jusqu'aux parties les plus infé- 
rieures de l'écorce du globe qui soient connues. 

Comme leur nom l'indique, leur mode de formation est 
entièrement de dissolution; à peine renferment -ils quelques 
débris de leurs propret roches, quelques lits ou amas com- 
pactes. 

Ils sont essentiellement stratifiés; leur stratification est en 
général peu puissante, et leur structure en grand passe à la 
fissile et à la feuilletée. Elle est généralement inclinée , quel- 
quefois presque verticale. 

Les bancs , lits et feuillets sont rarement plans : ils sont au 
contraire souvent ondulés , quelquefois même comme plissés 
et tordus. Les lames cristallines de mica et les petits lits 
de quarz hyalin, qui se trouvent dans les plis les plus aigus, 
sont plies, contournés, mais point brisés (Simplon, vers le 
sommet; montagne deMindi, au Finistère, etc.). 

Ils ne renferment aucun débris organique , mais ils sont 
riches en minéraux pierreux et métalliques. Une multitude 
d'espèces de ces deux grandes divisions ne se présentent que 
dans ces terrains; les minéraux combustibles charbonneux y 
sont au contraire très- rares. 

* Çs» terrains constituent des pays immenses, des chaînes de 
montagnes entières , ou au moins des parties très-étendoes de 
ces chaînes , formant après les terrains massifs les montagnes 
les plus élevées du globe. Ces montagnes et les collines qui 
appartiennent à cette même classe, présentent ordinairement 
des crêtes élevées, aiguës, dentelées, et sur leurs flancs des 
sillons nombreux, étroits, déchirés et profonds. 

Le^T$ masses ne renferment ordinairement ni cavernes, ni 
canaux , mais elles sont assez souvent divisées par des fissures 
Tarement entièrement vides , et beaucoup plus souvent ta- 



THE «9 

pissées et remplies de» minéraux et métaux qu^on mentionne 
dans le tableau de ces terrains. Les fissures, qu'elles soient 
pleines ou vides , sont tantôt simples et /isses régulièrement 
prolongées dans une même direction , qui n'est presque jamais 
celle de la stratification, tantôt multiples et se croisant dans 
diverses directions. On les appelle filons et veines : le nom de 
veines s'applique plus ordinairement aux petites fissures. Lors- 
qu'elles se ramifient et se crojsent sous toutes sortes de direc- 
tions , on leur donne le nom dep^exiis et réseaux de filons (quel' 
que fois Stockwerke)', enfin, plusieurs de ces minéraux pierreux 
et métalliques forment, au milieu des roches qui composent 
ces terrains , des espèces d'amas lenticulaires parallèles à la 
stratification , qu'on nomme aussi amas couchés ( Uegendê 
Stocke)^ mais qui ont certainement une forme générale et une 
origine dififérente des gîtes que j'ai déjà indiqués sous ce nom. 
Le tableau fait voir que les roches qui composent ces ter- 
rains sont presque toutes hétérogènes, et c'est aussi parmi 
les minéraux adventices ou accessoires à leur composition 
principale que se trouvent un grand nombre des espèces 
que nous avons nommées, et dont on désigne alors la ma- 
nière d'être, en disant qu'elles s'y trouvent disséminées. 

L" ORDRE. TERR. AGALYSIENS ÉPIZOÏQUES. 

Les groupes de roches que je vais présenter sont beaucoup 
plu lot fondés sur les rapports minéralogiques que sur la posi- 
tion géologique; mais, je le répète. encore, il n'y a pas de 
série géologique réelle dans les terrains agalysiens, et toutes 
ces roches s'y présentent sans aucun ordre reconnu. Il ne 
s'agit que de faire l'histoire spéciale de chacune d'elles, de 
son association et de sa position relative la plus fréquente. 

1." Gr. TERRAINS AGALYSIENS CALGIQUES. ' 
Ce groupe présente le Calcaire comme terrain^ indépendant 



1 Comme pluti«un groupes des deux classes de terrains hémiljsieAs 
et «galysiens sont composes des mêmes roches, j'ai été obligé de leur 
donner le même nom; mais j'ai cherché k indî(|ner leur différence de 
position par la différence des désinences : les groupes des terrains hémi- 
lysiens prennent la terminaison en eux ^ et ceux det terrains agâlysiene- 
}a. terminaison en i^ues. 



a3o THE 

dant les lerraÎDS agalysiens; nouâ reverrons plus bas le Cal- 
caire comme couche subordonnée dans la division hypozoîque 
de ces terrains, 

1 • Le CAiCAnus SACCAHOmE lui appartient , et comme ce cal- 
caire 8*ert présenté, ainsi qu'on l'a vu à l'article des terrains 
hémilysiens , accompagfné en même temps de minéraux des ter- 
rains primordiaux (Tépidote) et de débris organiques (des 
encrines) , il est possible que la masse principale de ce groupe 
soit plus souvent supérieure qu'inférieure aux débris orga- 
niques. 

Ainsi , le calcaire saccaroïde des Pyrénées ( à Cambo , pays 
basque), celui de Carrare, etc., qui se présentent d'une ma- 
nière indépendante et dans une position indéterminée, appar* 
tiennent aux terrains agalysiens, sans. qu'il soit possible de 
dire avec sûreté à laquelle des deux divisions dé ce terrain 
t)n peut les rapporter. 

. Le CiFOUN , qui n*est qu'une modi6cation du calcaire sacca* 
rbïde, l'accompagne très -souvent. 

2. L'Ophîcalce grenue. La strati6cation incertaine de cette 
roche fait présumer qu'elle appartient plutôt aux terrains 
massifs de dolomie qu'aux terrains stralifiés. 

Ces terrains de calcaire indépendant constituent des mon- 
tagnes entières et même des groupes de montagnes, dont les 
formes sont parfaitement celles que nous avons reconnues aux 
terrains agalysiens; mais cette circonstance est rare, et Car- 
rare en est l'exemple le plus frappant. 

3. Le Calciphtre felspathique du col du Bonhomme dans 
le Mont-Blanc , seul exemple que l'on ait encore d'un calcaire 
presque compacté qui renferme des petits cristaux de fel- 
spath. 

Le Gypse sacca&oïde, comme roche subordonnée dans les 
terrains épizoïques des Alpes, du Valais (val Qanaria), de 
Savoie et d'Isoverde, prés Gênes, et dans les terrains hypo- 
Eeïques du Mont-Ceais, etc. (d'après le Synopsis àe M. Boue). 

4. Le Calschiste granitellin, mélange de schiste et de cal- 
caire d'aspect cristalUn , avec un enduit talqueux verdàtre , 
que relève la couleur rougeàtre qui est souvent propre à cette 
roche. 



THE aSi 

Elle appartient tout aussi bien a un groupe du terrain 
agalysien qu'au dernier des terrains hémil]r$îens , et parolt 
«évidemment superposée à des terrains à débris organiques* 

2." Gr. TERR. ACAL- MAGNÉSIQUES. 

Celui qui appartient aux terrains stratifiés et qui se dis- 
tingue quelquefois très-difficilement du groupe ophioliteux 
des terrains massifs , ne se compose que des roches indiquées 
au tableau. 

Presque tous les Stéaschistes composent ce groupe: dans leJT 
uns les minéraux qui lui sont attribués y sont enfermés en 
petits amas ou couches; tels sont, dans le stéachiste rude 
(Pesey en Savoie), la galène, le cuivre gris; dans le stéa- 
schise chloriteux du Var , le fer chromé , etc. Dans d'autres 
ils se présentent disséminés; tels sont, dans les stéaschistes 
stéatiteux et chloritiques, dans le talc laminaire, etc, , les gre- 
nats (Trasquerra et Gondo sur le versant oriental du Sinij>lon)„ 
les pyrites, le fer oxidulé, la triclasite, la phosphorite, la 
dolomie spathique , le disthène , la tourmaline. 

Le CipOLiN est également engagé dans ce groupe comme 
roche subordonnée. (Barège, dans les Pyrénées.) 

L'Ophicalcb gaenue paroît aussi lui appartenir. ( Newbury 
en Massachussets , Nevvhaven en Connecticut.) 

3/ Gr. TERR. ACAL. AMPHIBOLIQUIS. 

On ne peut y placer que les roches à base d^amphibole qui 
sont stratifiées; c*est ua des premiers groupes des roches 
cristallisées qui aient été retirés des terrains primitifs pour 
être placés dans les terrains de transition , sous le nom de 
Uebergangtgrîinslein. Il n*y a donc pas à hésiter sur la place 
a donner à ce groupe de roches^ dont on retrouvera des va- 
riétés dans les terrains massifs. 

On n^y connoit que les roches suivantes : 

1. UAmphibolite ; 

2. La DioiUTE SCHISTOÏDE , la DiORiTE siLAGiTE, ^t Ics mi- 
néraux qui sont désignés au tableau. 

4* Gr. TERR. ACAL. PHYLLADIQUES. 

Je ne vois rien qui puisse le distinguer efficacement du 
groupe schisteux &es terrains hémilysiensi si ce n'est qu*il 



334 THE 

appartient peut-être aux terrains hypotoïquet, et qu^il a 
une texture plus fine, plus éloignée de la sédîmenteuse , et 
un éelat plus soyeux* 

Pbyllade satiné (rougeâtre très -brillant sur le granité de 
Uaréjolprés Mende). 

n renferme de Fanthracite, des macles (Burkhartswalde , 
en Saxe;.Gefrees près Bayreuth, où il se rapproche du schiste 
argileux) , du dipyre , des staurotides (à Coray, dans le Finis- 
tère; en Pensylvanie) ; enfin, c'est la roche qui se rapproche 
le plus des micaschistes par sa texture cristalline et par 
l'abondance du mica» 

Ces phyllades sont souvent traversés par des veines ou des 
filons très -réguliers de quarz , de cuivre sulfuré, d'étain 
oxidé, etc. Le killas des mineurs de Comouailles appartient 
à ce groupe et probablement à sa position hypozoïque* 

11/ ORDRE. TERR. AGAL. HYPOZOÎQUES- 

Les groupes suivans et les roches qui les composent comme 
essentielles ou comme subordonnées, sont regardés comme 
s^élant montrés jusqu'à présent inférieurs, ou plusieurs fois, 
ou même toujours, à toutes les roches qui renferment des 
débris organiques. 

On remarquera que ce caractère n'a rien de positif. Non- 
seulement il résulte d'une observation négative, c*est-à-dire 
de ce que dans tous les lieux où Ton a observé ces roches 
on n'a vu ni pu présumer au-dessous d'elles aucune roche à 
débris organiques ; mais encore on peut ajouter que c'est un 
caractère par défaut; car, comme on n'a jamais pénétré au- 
dessous de ces roches, on n'a aucune donnée pour affirmer 
qu'elles ne recouvrent pas une écorce de l'ancienne terre, 
renfermant, comme l'écorce actuelle , les débris des corps or- 
ganiques qui l'avoient habitée. 

Ainsi rien ne peut nous conduire à admettre qu'il n'y a 
aucune roche à débris organiques au-dessous des groupes de 
roches que nous nommons hypozoïques , et nous devons rap- 
peler que cette expression n'est vraie que par rapport aux 
fossiles organiques que nous connoisaous actuellement dans 
l'écorce du globe. 



THE aSS 

« 5.* Gr. TERR. AGAL. MIGAGIQUES. 

En g^ëral le mica est beaucoup plus abondant dans les 
roches du second ordre que dans celles dn premier* Il est ici 
dominant. 

1. Le Micaschiste a jusqu'à présent été considéré comme 
s'étant toujours présenté au-dessous des terrains à débris orga- 
niques , et comme ayant toujours offert une texture com- 
plètement cristalline. 

Il renferme en couches subordonnées le quarz hyalin , le 
schiste luisant, etc. 

Parmi les minéraux indiqués au tableau comme se trou- 
vant plus particulièrement dans le micaschiste, on doit re- 
marquer le fer oligiste et le fer hydroxidé compacte, qui s^y 
présentent en amas couchés ( la Vergue des Loges près Bour- 
bon-Vendée); le titane ruthile, la tourmaline, le disthàne, 
les grenats, le béryl aigue-marine, et notamment Féme- 
raude de Tancien continent, en prismes disséminés (à Cosseir, 
en Arabie; au pied de TAlpe deSattel, vallée de Haubach, 
dans le Pinzgau, en Salzbourg); les pyrites, qui, par leur 
décomposition, s^altèrent d^une manière très - particulière 
(dans le micaschiste brun et quelquefois blanc, à mica verdà- 
tre de Brunswick , district du Maine, États-Unis d'Amérique). 

2 • L'Htalomicte , q^ii n'est pour ainsi dire qu'un micaschiste 
plus quarzeux(hyalomicteschistoïde» Florac, dans la Lozère). 
L'hyalomicte granitoïde est la gangue assez ordinaire de l'é- 
tain ; presque toutes les mines de ce métal sont accompagnées 
de cette roche. 

6.* Gr, TERR. AGAL. QUARZIQUES. 

Il se présente rarement en Europe d'une manière indépen* 
dante; mais il paroft qu'il forme dans l'Amérique méridio- 
nale , et notamment dans le centre de ce continent, des mon- 
tagnes ou chaînes de montagnes entières très- remarquables 
par le grand nombre de. minéraux et de métaux précieux 
qu'elles renferment disséminés ou implantés dans des cavités 
ou druses plus nombreuses en général dans ce groupe que 
dans les précédens. 

1. Le QuAEZiTE itYAJJSj qui est pour moi la désignation 



»34 THE 

• ••«•• • 

abrégée des quan ea roche , peut être re^t^rdé côigme uae 
modification de Thyaloinicte ou comme une roche Subor- 
donnée dans le terrain de micaschiste. Cependant cette roche 
prend au Brésdl un accroissement considérable j forme des 
terrains presque indépendans, dont quelques parties donnent 
ce quarzîte grenu qu'on a nommé grès flexible , et que' M. 
Eschwege a décrit sous le nom local de itadolumite. Il paroft 
que c'est dans ses cavités que se trouvent les druses d*amé- 
tbystes et celles qui sont tapissées de topaze. 

2. Le SiDÉROCRiSTE {EisengUmmerschiefer)» C'est une roche 
fort remarquable, parce que le fer oligiste et même le fer 
oxidulé en font partie constituante essentielle. Elle est au 
Brésil essentiellement stratifiée, et c'est au milieu de ses lits 
que se présente Tor natif en parties aplaties et disséminées, 
et que M. Eschwege soupçonne le gite primitif des diamans. 

Cette supposition s'accorde assez bien avec la nature ferru- 
gineuse et la qualité quarzeuse du terrain plusiaque gemmi- 
fére. 

7/ Gr. TERR. ACAL. GNEISSIQUES. ' 

Voici un des terrains le plus abondamment répandus à la 
surface du globe. Des contrées entières en sont presque en- 
tièrement formées. Il est composé, comme le granité, de fel- 
spath , de mica et souvent de quarz : il n*en diffère donc que 
par la structure stratifiée ; mais cette structure , lorsqu'elle 
est claire, dominante sur un grand espace, ne permet pas 
de confondre cette roche avec le granité ; car elle indique 
un mode de formation tout-à-fait différent, et qui ne peut 
s'accorder avec celui qu'on est dans beaucoup de cas forcé 
d'admettre pour le granité qui peut avoir été formé par 
fusion pâteuse et consolidation cristalline -, tandis que cette 
dernière voie paroit incompatible avec la structure du gneiss. 

1 . Le Gneiss est la roche stratifiée la plus ancienne ; au-des- 
sous d'elle sont des masses inconnues ou des roches non stra- 
tifiées. Il atteint une élévation pfus* considérable qu'aucune 



1 C'est-à-dire où le gneiss et les roches qui ont «Tec lui de Tanalogie 
■ont* dominantes. 



THE ^55 

autre roche de la nléme classe. Il est traversé de filons qui 
tantôt sont nettement séparés de la roche (calcaire spathique 
dans le gneiss pyriteux de Kongsberg), et tantôt semblent s^ unir 
avec elle et s'y fondre. Sa stratification n'est pas toujoun 
très-nette, parce que ses feuilles sont minces et contournées; 
mais sa structure, en petit comme en grand, est essentielle* 
ment fissile. 

Mon objet ne peut pas être de présenter dans ce tableau 
des terrains l'histoire du gneiss plus en détail que celle des 
autres roches; je dois donc me contenter de faire r^sortirses 
principales particularités géologiques. 

Les espèces minérales qu'il renferme ou disséminées ou^ dans 
les filons qui le traversent, ne diffèrent pas beaucoup de celles 
que contiennent les micaschistes et leurs roches subordon- 
nées. 

On remarque dans le gneiss proprement dit des grenats 
disséminé^, des pyrites en petits lits (Kongsberg). 

Les filons sont assez généralement composés de quarz hya* 
lin, de pétrosilex, de calcaire spathique, de ftr carbonate 
spathique, de barytine. Ces filons renferinent de la galène à 
grains fins, du cuivre sulfuré, du cuivre gris, de l'argent 
natif, etc.; de la blende plus rarement. 

Les *roches subordonnées au gneiss sont : 

Le Micaschiste lui-même. 

L'£uRjTE scBisToÏDB , qui paroit avoir quelques minéraux 
particuliers, tels que le disthène, les grenats (Langenberg, 
Hartmannsdorf en Saxe; vers Algaby au Simplon). 

Le Grakite peut ^'y trouver et s'y montre en efiet; mais 
on remarquera qu'en attribuant au granité un mode de 
formation tout-à-£sît différent de celui du gneiss , cela ne 
permet plus de le comparer avec cette roche sous le rapport 
de l'ancienneté , établi par l'ordre de superposition. Il est 
alors comme roche subordonnée dans le groupe gneissique , 
et y prend quelquefois un développement tel qu'on ne sait 
plus si on doit regarder les terrains que composent ces deux 
roches comme appartenant au gneiss ou au granité. 

L'Amphibolitb schistoïde, d'une structure cristalline très* 
nette, très-brillante, ce qui la fait un peu différer de celle 
qui appartient aux terrains hémilysiens et aux terrains typbo- 



236 THE 

mens (KoDgsbi^rg; Malsj5 en Vermeland ; vers le sommet du 
SîmploD }• 

Le Stéascbiste. 

Le Caix:aire saccaroïde, ou plutôt le cipolia en lit ou 
couche, alternant avec le goeîss et étant par conséquent et 
évidemment de la même époque que lui. Cest la manière 
d*étre la plus ordinaire du calcaire hypozoïque des terrains 
agalysiens. En outre, le calcaire lamellaire eu saccaroïde en 
bancs subordonnés est rarement pur: il est au contraire mêlé 
d'un grand nombre de minéraux, dont j*ai indiqué les princi- 
paux au tableau de ce groupe. Ils y sont disséminés en grains 
ou réunis en paquets. Cette disposition nous explique pourquoi 
les carrières de beaux marbres statuaires offrant cette roche 
sans altération , en grande masse et d*une manière continue, 
sont si rares. En parlant du calcaire saccaroïde en terrains 
indépendans, nous n*avons pu citer que Carrare, quelques 
parties des Pyrénées, etc., tandis qu'ici les exemples sont si 
kbondans qu'on pourroit en remplir plusieurs pages. 

Exemples, Le sommet du Simplon : toutes les roches subor- 
données au gneiss s*y présentent réunies d'une manière très- 
remarquable. 

La plupart des gites de minerais de Suède , tels que le co« 
balt en cristaux disséminés dans le calcaire à Tunaberg, la 
galène argentifère de Sabla en veines dans un calcaire sac- 
caroïde et dans un ophicalce, les carrières de pierres à Chaux 
de MalsjO et GulIsjO dans le Vermeland , qui renferment de 
la sahlite, de la grammatite, de la parantine , etc., apparr 
tiennent à cette disposition des calcaires en couches subor- 
données dans les groupes micacique et gneissique des terrains 
agalysiens. Il y a à Sainte-Marie-aux-mines dans les Vosges, 
au milieu du terrain de gneiss, une couche de calcaire la- 
mellaire mêlée de sahlite , etc., qui a la plus complète ana- 
logie avec celle de Vermeland que je viens de citer. J'ai vu 
Tune et l'autre. — Le gite si remarquable de Glentilt , en 
Ecosse, décrit par M. Macculloch> paroit être absolument dans 
la même position; — Le fameux minerai de fer de Danne- 
mora, en Uplande, avec tous les minéraux si variés qui l'ac- 
compagnent, est engagé dans un calcaire saccaroïde, tantôt 
blanc , ce qui est rare y tantôt brun et mangauésifère , qui 



THE a37 

peut être rapporté à cette époque , à moins qa*on ne le consi- 
dère comme un amas droit dans un terrain de granité. 

La Saxe présente encore de nombreux exemples de cette 
disposition. 

3/ Considération* 

TERRAINS HORS DE SÉRIE ou MASSIFS, 
ou TERRAINS TTPttONIENS. ' 

Nous venons de quitter les roches ou terrains stratiGés les 
plus profonds qu'on conooisse , et de terminer Texamen de 
toutes les zones qui composent cette mince enveloppe du 
globe. Nous «vous déjà dit que cette enveloppe n*étoit pas 
uniquement composée de ces xones parallèles , et nous avons 
même été obligé d'indiquer quelquefois des roches qui sem- 
blent n'en point faire partie et en interrompre la continuité 
même assez fréquemment. 

Ce sont ces roches, que nous devons maintenant examiner. 

Nous ne pouvons encore , et beaucoup moins ici qu'ailleurs, 
suivre dans leur histoire l'ordre de leur superposition , puis- 
qu'elles ne sont pas superposées. Nous ne pouvons pas non 
plus suivre Tordre chronologique de leur apparition à la sur- 
face du globe ; car il n'est pas sûr que les différentes espèces 
de roches qui composent ces terrains se toient constamment 
suivies dans le même ordre, ni que la même roche ait p&ni 
à la même époque géognostique sur toute la terre. 

Ces considérations me décident à classer ces terrains ^ians 
l'ordre minéralogique, à grouper ensemble ceux qui se trou- 
vent le plus souvent ensemble et à placer ees gt^upes dans 
Tordre d'apparition qu'on est le plus disposé à admettre. 

Je suivrai une marche inverse de celle que fai adoptée 
pour présenter la série des terrains neptuniens. Je chercherai 
k remonter des profondeurs où nous sommes arrivés à la fin 
du précédent article , vers la surface du globe. Une circons* 
tance m'y décide : elle est presque seule, mais elle est im- 

1 Tjphon est un des priocipapx géant qui on% touIu fscalader le ciel 
en entassant les montagnea les unea aa-detsas des autres, et qui, ense- 
veli dans les entrailles de la terre, tend «nçore k en tottlever Técof^. 

JUassiçe oder vulkanische J^ormati^ftien. KirsafTsiii. * 



a3« THE 

portante; ^estlt. liaûoii ialime du gneûi et du granité ^ cest 
la ressemblance de nature, de fonne , de position du groupe 
grAnitoïde des terrains tjrphoniens avec les derniers groupes 
des terrains agaljsiens. 

On a donné au §• 2 de l'article 2 de l'introduction les 
caractères des terrains massifs ou hors de série; nous ne de- 
vons donc pas revenir sur les caractères généraux. de ces 
terrains , mais seulement sur ceux qui sont propres à chaque 
ordre et à chaque groupe. 

Vin/ CLASSE- TERRAEîS PLUTONIQUES 
ou D'ÉPANCHEMENT. » 

Cette classe de terrains est en grande partie composée de 
roches à structure cristalline, qui ne diffèrent de cdlea des 
terrains agalysiens que parce qu'elles ne sont pas stratifiées. . 

Leur mode de formation est donc entièrement chimique. 

Leur texture cristalline est généralement compacte , et il 
n'y a parmi elles que quelques roches qui présentent ces ca- 
vités ou iMursouflures qui indiquent un état de fusion. C'est 
donc principalement leur position , leur influence ^ur les 
roches avec lesquelles ils -sont en contact et leur passage in- 
sensible à des roches qui ont évidemment éprouvé l'action 
du feu, qui font présumer que ces terraina ont éprouvé une 
aorte de liquidité pâteuse. 

Ils s'étendent, en allant de bas en haut, depuis les terraina 
agalysiens les plus profonds, ou le dessous du gneiss,. jus- 
qu'au-dessus de la craie, ou aux parties inférieures des ter- 
rains thalassiques. 

Les roches . qui les composent n'atteignent pas toutes ces 
deux limites. 

Le groupe granitoïde est celui qui part de plus bas et qui 
monte le moins haut; le groupe trachytique parolt s'étendre 
jusqu'aux limites que nous venons de désigner comme étant 
les plus élevées , et m^e les dépasser. 

Les terrains platoniques montrent dans leur structure en 

I Ces lorrains, sortis des entrailles de la terre, semblent, dans hean- 
coup de circonstances , s*étre épanchés à sa surface. 
Massiçe bder jjlutonischt Gebilde* Bocz. ' 



THE «39 

grand, tantôt des parties tout-à-fait irrëguliéres , tantôt des 
parties prismatoïdes. 

Ils forment de grandes masses sans stratification , à surfaces 
quelquefois comme arrondies, mamelonnées mêmes; mais ils 
ne présentent jamais de réelles coulées. 

Ce terrain couvre des étendues considérables de pays , forme 
des montagnes et chaînes de montagnes d*aspect différent, et 
quelquefois d'une très-grande élévation , suivant les groupes 
de roches qui les composent. 

C'est un des terrains qui présentent la plus grande unifor- 
mité , tant dans leur ensemble que dans leurs parties , sur 
toute la surface du globe. 

C'est aussi celui qui renferme le plus d'espèces minérales 
et le plus de métaux; mais ses groupes diffèrent beaucoup 
les uns des autres par cette circonstance et par la manière 
dont ces corps s'y présentent» 

On n'y rencontre ni grandes fissures étendues et vides , ni 
cavernes. 

Il ne contient aucun débris organique. 

Toutes ces circoustances s'accordent très- bien avee l'idée 
qu'on peut se faire de masses cristallisées confusément. 

i." Gr. TERR. PLUT. GRA'NITOiD£& 

Ce groupe est très-naturel , car les roches qui le composent 
se ressemblent tant par leur structure et la nature de leurs 
parties qu'on les a pendant long-temps confondues ensemble, 
et que c'est encore avec quelques difficultés qu'on parvient 
à les distinguer. 

Le feispath en est le principe dominant; la structure cris- 
talline y est parfaitement développée. Ce groupe se présente 
en masses d'une étendue et d'un volume considérables , for* 
mant des montagnes entières, des plateaux, des chafnes 
même, dont les contours sont plus arrondis, plus mame- 
lonnés que ceux des terrains qui appartiennent aux autres 
groupes. Il n'offre aucun indice de stratification réelle, mais 
des fissures souvent nombreuses et presque toujours très- 
irrégulièrement disposées. Ces fissures ressemblent aux félurçs 
qui traversent certaines grandes masses vitreuses de compo- 
sition plus terreuse qu'alcaline, et qui, adhérant aux parois 



>4«i THE 

des vases où elles ont été fondues, ne peuvent obéir à la 
retraite de refroidissement qu'en se divisant en parties frag- 
mentaires. 

Le Granité ëtoit regardé autrefois comme la roche la plus 
ancienne; mais on remarqua bientôt qu*eUe n'étoit pas ce* 
pendant toujours la plus inférieure fit qu'elle recouvroit des 
gneiss, des micaschistes, même des schistes dits primitifs. Alors 
on distingua deux kgts de granité , et on s^fforça'de trouver 
des caractères dans la grosseur dii grain , Fabondance du 
quan, Tabsence de certains métaux , la couleur même , pour 
distinguer le granité primitif de celui qui étoit postérieur 
au schiste. Notre manière de considérer cette roche , d'a- 
près les observations récentes et les vues des géognostes mo- 
dernes, semble éclaircir un peu cette question, en dbtin- 
guant deux origines de granités : l'une , roche subordonnée 
nu terrain neptunien et faisant partie du gneiss , et Tautre 
d'origine typhonienne, toujours massive, s'élevant de dessous 
le gneiss et peut-être encore d'une bien plus grande profon- 
deur, pour s'épancher sur les différentes surfaces du globe, et 
même pour pénétrer, en les soulevant , jusque dans Finter- 
valle des roches stratifiées, déposées avant sa sortie. 

Le premier granité ne peut se trouver que dans le gneiss 
et tout au pli|s dans le micaschiste , puisqu'il ne semble en 
différer que par son mode de structure cristalline. Le second, 
an contraire, celui dont on va donner l'histoire abrégée , 
peut se présenter sur plusieurs groupes des terrains neptu- 
niens. 

1. Le G&A19ITE , roche principale du groupe auquel il 
donne son nom , se présente aussi , comme on l'a dit pins haut, 
dans les terrains stratifiés, où il fait partie des roches de gneiss; 
mais il parott avoir une tout autre origine que celui dont il est 
question ici. Cependant on ne peut trouver encore de ca- 
ractères propres à faire distinguer le granité commun- nep- 
tunien du granité commun plutonien , lorsque ces roches se 
présentent hors de leur position; néanmoins la variété de 
Gaanite nommée porphyroÏde paroit appartenir exclusive- 
ment à la division des terrains massifs. 

Le Granité plutonien se montre depuis les plus grandes 



THE ^41 

profondeurs connues jusqu'à une élévation de plus de douze 
cents mètres au-dessus du niveau de la mer, depuis le dei« 
sous du gneiss jusque dans le grès bigarré; non pas qu^on Tait 
toujours et clairement vu en recouvrement sur les roches 
inférieures à celle-ci ; mais parce qu'une roche d'agrégatioa 
qui paroît être une suite et une dépendance du granité (l'ar- 
kose granitoide), et qui se lie intimement- avec lui, se lie 
également avec le lias et le calcaire à gryphites supérieur à 
ce grès.' 

Outre les montagnes, plateaux et autres masaet immenses 
qu'il présente à la surface de la terre, sur une étendue et 
avec une indépendance qui ne permettent point de déterminer 
ses rapports avec les autres roches, on le cite encore ea 
amas droits, en espèces d'énormes filons traversant des ter- 
rains stratifiés de schistes et de traumate (en Bavière : en 
Saxe; la, roéhe de topaze; à Rozena en Moravie, avec iépi- 
dolithe; en Ecosse, Bohème, Finlande ^ dans les Pyrénées, 
etc., Boué), et ea amas couchés sur des terrains hémilysiens, 
schisteux et calcaire enzoïque (Ersgebirge en Saxe, D^ Bon- 
NAEO. Ecosse ; Norwége). — M. Boué place dans cette position 
le granitç stannifère du Zinnwald en Bohème, celui de Ba^ 
veno, qu'il attribue, même à l'époque de la formation des 
terrains houillers. Enfin , on rapporte à la formation du liât , 
comme je l'ai fait présumer plus haut, mais par une autre 
considération, le granité porphyroïde, qui, dans les, environs 
de Predazzo, s'élève en pilier ou masse droiie {Kegel oder 
ste/iender 5/ocJb) au-dessus du lias. 

• Ces résultats^ d'observations si différentes et si difficiles à 
faire, que Ton a eu tant de peine à admettre séparément, 
acquièrent par leuf réunion une grande force et conduisent 
fi faire reconnoitre que le granité plutonien, et notamment 
le porphyroïde , a paru à plusieurs époques à la surface de 
la terre , en recouvrant à chaque époque une partie des ter- 
rains qui formoient alors la surface extérieure de la croûte 
du globe. 

11 paroit donc s'être épanché sur 1» terre, d'abord :' 

1 De Borstaed, Mémoire sur lec levains de Bourgogne, et. mon Mé* 
moire sur les arkoses, Abu. des sc>^naL, 1826, L ô, p. 157. 

54. 16 



Ma THE 

Après les terrains hëmilysiens schisteux (Erzgebirge , près 
Dresde) et calcareux (Norwége) ; 

Ensuite, après les terrains abyssiques houillers; 

Enfin, après le grès bigarré et jusque dans Tépoque du 
lias. (Predaezo; Bourgogne.) 

Le Pbgmatitb et le Kaoun ne doivent être considérés que 
comme des roches subordonnées an granité. L*un et Fautre 
paroissent appartenir aux plus anciennes époques ou forma- 
tions de granité. La structure très-laminaire du febpath dans 
le pegmatite et le voisinage des roches granitoïdes-ferrugi- 
iieuses y paroiiseAt avoir eu quelque influence sur la décom- 
position du felspath en kaolin. Les principaux gttes de kaolin 
connus présentent cette double circonstance. ( Saint -Yrieix, 
près Limoges; Cambo» près Bayonne; les Pieux, près Cher- 
bourg; Aue, près Schnéeberg, etCr) 

Le granité, tant le commun que le porphyroïde, renferme 
pen de métaux : ils y sont en veines ou petits filons souvent 
intimement liés avec les roches. Ils sont quelqueifois très-bien 
réglés , mais assez ordinairement peu puissans. 

Mous avons donné au tableau Vénumération des principaux 
minéraux et métaux qui se trouvent dans le granité. Presque 
toHM ces minéraux sont ou disséminés, ou en veines, ou en 
eriëtaux implantés dans quelques cavités : e*est ainsi que se 
présentent les beaux cristaux de quan hyalin de Savoie , du 
Vallais , de Madagascar , etc. 

L'absence de quelques: minéraux ou au moins leur rareté 
li'est pas moins remarquable que la présence constante de 
quelques autres : ainsi l'or natif, l'argent natif, le cuivre 
pyriteux, les pyrites ordinaires, le calcaire spathique, si 
même il s'y trouve jamais, les grenats, etc., sont fort rares 
dans le granité , tandis que le titane ruthile, l'étain, l'orane, 
le fer arsenical , le molybdène , le wolfram , la tourmaline , 
le b^l , etc. , A^j présentent assez communément* 

2. La Protogtne, qui ne diffère du granité que parla pré- 
sence du talc, appartient peut-être tout autant aux terrains 
stratifiés qu'aux terrains massifs; cependant sa stratification , 
quoique plus sensible que dans les granités, est encore très- 
ioiparfaite, et sa position la rapproche tellement des granités 



THE 243 

ëpizoïques , qu^on croit devoir la placer plutAt parmi les ter- 
rains typhoniens que dans les terrains j^eptuniens. 

Ses circonstances de texture, déstructure, même de forme 
extérieure, sont à peu près les mêmes que dans le grnnite; 
seulement elle paroît former des montagnes plus hautes et 
plus aiguës (le Montblanc et la plupart des aiguilles qui rac- 
compagnent). 

3. La Sténite, encore plus semblable au granité pa^ sa tex- 
ture, est de toutes les roches du groupe granitoïde Celle qui 
a la structure la plus cristalline et la plus massive , et dont la 
position au-dessus des terrains hëmilysiens schisteux et calcu- 
reux enzoïques soit la moins contestée. 

Elle passe au DioarrE et celui-ci à la S^lagite par des nuan- 
ces si insensibles, que nous ne pourrions faire distinguer ces ro- 
ches que par des détails d'exemples locaux et des circonstances 
légères qui ne peuvent trouver place ici. Mais la syénite pré- 
sente très-rarement des traces de stratification (Flamenville, 
près Cherbourg) , et on n'y connott pas de variétés schistoides , 
tandis que le diorite en offre qui ne peuvent être douteuses. 

L'embarras de distinguer ces roches est, comme on Ta dit, 
une preuve des rapports naturels qui lient entre elles celles 
qui composent ce groupe. 

Les circonstances tirées de la présence des métaux en filons 
et de celle des minéraux ,^ sont aussi à peu près les mêmes 
dans ces trois roches. Elles en renferment en général encore 
moins que le granité , et et sont plus particulièrement ceux 
qui sont énumérés au tableau. On doit faire remarquer que 
le titane sphène est tellement constant dans ce groupe , qu'on 
le donne comme un caractère empirique propre à le faire 
reconnottre. Le zircon est encore un minéral assez remar- 
quable dans quelques syénites, qui en ont pris leur nom 
( syénite zirconienne de Norwége ) ; on le trouve également 
dans cette même roche en Groenland et en Sibérie. 

Les mêmes époques de formation et les mêmes lieux que 
nous avons cités comme exemples de la superposition du gra* 
nite sur les roches hémilysiennes enzoïques, et même sur des 
terrains yzémiens , offrent d'une manière encore plus évidente 
la syénite dans cette position. On la voit même sortir^ sous 



«44 THE 

forme de gros filons ou de puissantes masses droites , du miliev 
<les couches de ce\ terrains. Les fies et rives du golfe de 
Christiania, tout près de cette ville, en montrent des exem- 
ples nombreux et frappans. 

Exemples du groupe grjnitoYde. 

Toute la terre en est couverte. Le choix .et la description 
des exemples choisis feroîent seuls un ouvrage. Je me con- 
tenterai de prendre pour exemples quelques-uns de ceux que 
j'ai vus- ou que fai sous les yeux. 

La Corse, avec ses protogynes, ses diorites orbiculaires , 
<es . pyromérides globaîres , ses euphotides , etc. , offre la 
réunion de tous les groupes des terrains plutoniques» les gra- 
oitoïdes néanmoins paroissent dominer* 

Les montagnes des environs de Limoges et de Saint-Yrieix , 
malgré la réalité de la stratification du gneiss et de la diorite 
achistoide qui s'y présentent, montrent, dans les carrières de 
kaolin même , un exemple de la manière dont toutes les par- 
ties des roches granitoïdes ont été comme pétries et mêlées. 

On voit sur la côte du Cotentin , de Cherbourg aux Pieux, 
une syénite granitoïde dont la composition , la couleur , la 
texture et la disposition ont la plus grande ressemblance 
avec celles de Drammen en Norwége. 11 y a dans ce même 
lien, et surtout un peu plus loin, à Touest, près de Chatel- 
audrun, des masses puissantes de trappite dans ce granité 
syénitique, comme dans les parties de la Scandinavie que 
l'ai citées. La ressemblance des roches, tant principales qu'ac- 
cessoires, est à s'y méprendre. 

Dans les Vosges , dont la structure générale a été si bien 
exposée par M. Voltz ■ , le groupe granitoïde est dominant , 
mais il l'emporte de peu sur l'entritique. 11 renferme les plus 
belles syénites qu'on puisse citer avec celles de Norwége, 
d'Egypte et de Syrie. 

Les syénites du Hare , leur mélange ( au Rehberggraben , 
etc.) avec des trappites ou des eurites (HornfeU), rappellent 
toujours la même disposition de ces roches entre elles dans 
toutes les parties de la terre. 

1 Aperçu de la topographie minéral ogi que de T Alsace, un cahier de 
66 pages; Strasbourg, i8a8> 



THE *45 

Les pegmatites du Stoclciverk de Geyer, lès syënites des 
bords de TEIbe , entre Zehren et Meissen , et celles de la 
vallée de la MUglitz , au sud-est de Dresde, différent un peu 
des précédentes en se rapprochant de celles de Scandinavie 
de la manière la plus frappante* Nous nWons pas besoin de 
rappeler que MM. de Raumer et de Bonnard ont prouvé 
qu^elles recouvrent aussi des terrains analogues. 

La Bohème , à Carlsbad ; la Hongrie , dans divers lieux 
( Hodritz , etc. ) , offrent des exemples de ces terrains massifs 
de syénite, de protogyne, de diorite. 

La Norwége présente des exemples célèbres de ces roches 
granitoïdes typhoniennes. — A Brambokamp en Hadeland ': 
diorite granitoïde, avec pyrite; disposition fort remarquable* 
décrite par M. Keilau. A Rotangen, près d'Holmstrand , et à 
Drammen , vers Solberg : syénite rougeàtre très-caractérisée ; 
quelques cavités drusiques présentent des cristaux de felspalh 
et de quarz, comme à Baveno. A Laurwig, Friederichswam : 
syénite zirconienne, si célèbre par les beaux zircons qu'elle 
renferme, avec éléolithe. — Il n'y a dans ces roches aucune 
trace de stratification ; les collines ressemblent à de groa tu- 
bercules de la surface du globe ; un grand nombre d'entrt 
elles est' traversé par des filons de trappite (Vasbotten)* 

2.* Gr. terr: plut ENTRITIQUE. ' 

Pendant long -temps on a regardé les roches qui compO'*' 
sent ce groupe comme primitives. Mais ce sont cependant les 
premières, parmi les roches dures cristallisées, que l'on ait 
sorties de cette classe. 

Ce groupe est aussi naturel que le précédent. Ses roches 
se mêlent, se pénètrent, passent des unes aux autres par des 
nuances nombreuses. Les variolites elles-mêmes, qui semblent 
s'éloigner le plus des autres , passent en Corse et ailleurs au 
porphyre rouge, lorsqu'elles sont rouges, et à l'ophyte, tors» 
qu'elles sont verdàtres. 

Le mode de formation est moins nettement cristallin dans 
ces roches que dans celles du groupe précédent. Il faut plus 

1 Composé de roches dont la p4te est comme lardëe de eristanx ou 
pétrie de nodules et de parties cristallisées confasémenti 



246 THE 

d^attcnlîon, surtout quand elles ont pris par un commence- 
ment d'altération une texture terreuse, pour s^assurer qu'il 
n'y a rien de sédimenteux. 

L'histoire générale de ce groupe convient donc a peu prés 
complètement k presque toutes les roches qui le composent. 

Le groupe entritique , dont il a été déjà fait mention , 
comme 7/ groupe 9 à l'article des terrains abyssiques et tout 
pris du groupe houiller, s'étend sur un bien plus grand espace 
dan) la série des terrains qui composent Técorce du globe. 

Il tire son origine sans aucun doute des couches de la terre 
inférieure au gneiss et au micaschiste , puisqu'il traverse ces 
roches anciennes en grands et puissans filons; le gneiss, à 
Schwartzenteich , Rothfurth , prés Freyberg , et le micaschiste , 
à Marienberg. Mais il semble néanmoins postérieur au gneiss, 
tandis que le granité , même le granité massif, est antérieur 
à cette roche, qui peut, par sa nature bien déterminée et 
par sa position simple, servir comme de terme de départ à 
toutes les formations. 

On peut donc concevoir à peu prés comme il suit cette 
différence entre la position des roches à leur source ou point 
de départ, et leur position de formation ou d'épanchement 
à la surface du globe; nous aurons plus bas de nombreuses 
occasions de faire l'application de cette régie. 

En admettant, avec presque tous les géologues modernes , 
que la plupart des filons, et surtout les filons de roches, 
viennent d'en bas , il faut aussi admettre que la source des 
matières qui composent ces filons , est inférieure à la roche 
qu'ils traversent. Or, comme des filons de porphyre traver- 
sent le gneiss , il faut reconnoître que la masse, ou au moins 
les matériaux des porphyres, sont au-dessous du gneiss. 

Mais il ne paroit pas que cette roche se soit étendue à la 
surface de la terre , qu'elle y «it formé terrain avant le dé- 
pôt du gneiss, car je ne connois pas d*exemple d'un terrain 
de gneiss bien caractérisé , placé évidemment sur un terrain 
de vrai porphyre. 

Il n'en est pas ainsi dn granité. Quoique cette roche soit 
souvent intimement mêlée avec le gneiss, qu'elle le traverse 
même en filons , on admet que le gneiss est, dans plusieurs cas , 
évidemment superposé au granité. 



THE 547 

Ainsi le groupe entritique paroft ne s'être étendu à la sur- 
face de la terre que lorsque le gneiss et probablement le mi- 
caschiste , peut-être encore d'autres roches, avoient déjà 
formé la partie inférieure de Técorce du globe. 

Telles sont les limites inférieures du groupe entritique , 
suivant Tacception qu*on doit donner, dans le cas actuel, 
au mot de limite; en ne plaçait dans le groupe entritique 
plutonique que les roches auxquelles on a donné le plus 
généralement les noms de porphyres, de mélaph^res^d^eariles 
porphyroï'des , etc., roches qui ne renferment que des cristaux 
pu nodules de felspath sans augite. 

Les limites supérieures du groupe entritique ainsi caracté- 
risé ne sont peut -être pas plus élevées que celles du granité et 
de la syénite ; mais, si on y comprend les roches trappéennes, 
alors ce groupe monte jusqu'au-dessus de la craie, et il se 
confond, dans cette partie, avec quelques roches trachytiques 
ou trappéennes des terrains pyroïdes. J'ai cherché à éviter 
cette confusion , et je crois que les limites que j'assigne à ce 
groupe sont plus naturelles, ainsi que les développemens sui- 
vans vont le prouver. 

En cherchant les différentes époques géognostiqaes aux» 
quelles le véritable groupe entritique a paru , et pendant 
lesquelles il s'est épanché à la surface du globe , on croit pou^ 
voir établir les époques d'apparition suivantes. 

La première , qui , comme on vient de le dire » fc^rme la 
limite inférieure, paroit avoir eu lieu immédiatement après 
le dépôt des micaschistes et des schistes satinés et même ar- 
gileux (Erzgebirge, Bohème, Ecosse). 

La seconde époque seroit celle des terrains hémilysîen , en- 
zoïque, calcaire , schisteux , phylladien et psammitique (en 
Angleterre, au Harzp en Transylvanie). 

La troisième apparition du groupe entritique , si toutefois 
elle diffère réellement de la seconde, auroit eu lieu à l'époque 
des terrains carbonifères, et se confondroit, s^lon moi, avec 
celle des terrains houillers ; elle présenteroit , avec de vérita* 
blés porphyres, des mélaphyres, des e u rites porphyroïdes, des 
argilophyres , quelquefois disposés en couches, d'autres fois 
en masses droites , remplies de fragmens : circonstances qui 
indiquent assez clairement une sorte d'exubération du bas ea 



34» . THE 

haut. J'tii déjà parlé de ces roches et de leur position dans 
le terrain abyssique houiller. Ce sont les mêmes que je Vap- 
pelle ici , et je n'ai aucun exemple remarquable à ajouter à 
ceux qui ont été déjà cités à cet article. 

Les spilites agatiféres et quelques trappites ont accompagné 
avec une grande abondance ces dernières époques du groupe 
entritique , et lient le terrain plutonique avec le terrain py- 
rolde k un tel point, qu'on ne sait où en placer les limites. 

Cest aussi, suivant moi, la dernière émission des véritables 
porph3rres, c'est-à-dire de roches à ciment coloré renfermant 
abondamment du felspath et point ou très- peu d'angite, mi- 
néral des terrains pyroïdes. 

Les Opbites et Variolites, et autres roches de ce groupe, 
sont sans importance et peuvent être considérés comme de 
simples modi6cations de structure des roches fondamentales ; 
elles n'impriment aucun caractère particulier aux terrains 
entrîtiques. 

Les pays et montagnes qui appartiennent au groupe entri- 
tique ont un tout autre aspect que ceux qui ne renferment 
que des granités. D'abord ces pays sont toujours beaucoup 
moins étendus; ce sont même assez souvent des terrains ou 
formations morcelés. Les montagnes moins hautes ne sont 
ni arrondies , ni déchirées , mais plutôt coniques , avec de 
singulières dépressions sur leur flanc (dans les environs de 
Sauliau). Ils forment aussi des plateaux convexes avec des 
bords escarpés et étages. 

. La structure en grand est massive , c'est le caractère de 
ces terrains; mais ces masses se divisent en prismes, en pla- 
ques ou en sphéroïdes, à la manière des basaltes (Fierfeld, 
près Creutznach, dans le Mont-Tonnerre). 

Le groupe entritique présente peu de minéraux disséminés. 
On n'y cite guère que des grenats P de l'amphibole qu'on prend 
quelquefois pour du pyroxène, de Fépidote, du calcaire spa- 
thique en petites lames , des pyrites rares et en nodules y de 
l'agate , du jaspe , de la chlorite. Il paroît cependant renfermer 
quelques filons ou plutôt des veines qui contiennent des mi- 
néraux et des minerais peu nombreux et peu abondàns. Tels 
sont le quarz, la barytine, le fer hydroxidé compacte et le 
fer oligiste, des manganèses ternes et même du mercure. . 



THE ■ 249 

On a appliqué le nom de porphyre à tant de roches de 
nature différente, qui n*ont de commun entre elles que la 
structure, qu'il est probable qu'on doit rapporter aux tra- 
chytes beaucoup de mines qu'on disoit autrefois être exploi- 
tées dans le porphyre. 

Exemples du groupe entritique» 

Ils sont trop nombreux et trop évidens pour en multiplier 
les exemples; je me contenterai de citer ceux que fai vus 
ou sur lesquels j*ai quelques notions particulières. 

Montagnes de Lesterel, prés Fréjus : amas remarquable de 
monticules , qui rappelle plusieurs parties de. la Norwége* 
Les porphyres et presque toutes les roches du groupe entri- 
tique, sauf Tophite , s'y présentent. 

Entre Rouane et Saint -Symphorien i porphyre quaneux, 
rougeàtre. La montagne de Tarare offre d'autres porphyres 
verdàtres , associés avec des trappites , etc. 

Entre Saulieu et Lucenay , prés Chisey : buttes de por- 
phyres quarzeux brun -rouges et d'eurite porphyroïde ver- 
dàtre , présentant les formes extérieures que j'ai indiquées 
dans les caractères généraux de ce groupe. 

Le Mont^Tonnerre , dans une grande partie de son éten- 
due, mais principalement du côté de Creutznach, présente 
un exemple frappant de la disposition du groupe entritique 
dans ieû porphyres, ses mélaphyres, etc. 

Recoaro en Vicentin : porphyre ? rougeàtre , traversé de 
filons de trappite et de spilite , comme à Basrum en Norwége. 

Schio, val d'Orco : porphyre brun et amygdaloïde gris- 
vert pâle. 

Les porphyres brun-rouges et quarzeux de Morl, près de 
Halle en Saxe, ne différent de ceux de Lyon, de Saulieu, 
que parce qu'ils renferment du kaolin; ceux de Chemnits s'en 
éloignent un peu en passant aux eurites et aux argilophyres. 

En Scandinavie, aux environs de Christiania, Tifholms- 
udd'en, Sundewold, WettakuUen, Bœrum : porphyre brun- 
rouge, avec épidote, traversé de filons de trappite. 

3.' Gr. TERR. PLUT. OPHIOLITHIQUE. 

Ce groupe est un des mieux caractérisés par sa nature^ 

54. ;i6* 



.50 THE 

9a structure, ses formes, sa position , ses roches et toutes ses 
circonstances géologiques, de tous ceux qui entrent dans la 
composition de Férorce du glx)bc. 

Cependant, comme toutes les roches, il passe par des 
nuances insensibles au .groupe talqueux et magnésique du 
terrain stratifié, mais c^est plutAt par sa nature que par sa 
structure j car ce dernier caractère est des plus tranchés dans 
le groupe ophiolithîque. 

Toutes les roches qui le composent ont une structure mas- 
sive , en petit comme en grand ; aucune n'indique même de 
tendance à la stratification. Ce sont des terrains qui ne sont 
pas tout-à-fait sans fissures ou divisions ; mais ces fissures sont 
ou droites et presque verticales (dans ladolomie), ou croisées 
et anastomosées dans toutes les directions ( l'ophiolite , la 
magnésite)., ou bien, enfin, elles sont rares, et la roche a 
une compacité et une solidité assez remarquables ( Teupho- 
tide). 

IjL texture est souvent aussi compacte que cristalline , ce 
qui ietteroit quelque incertitude sur le mode de formation 
de ces roches, si la structure que nous venons de décrire 
nVloignoit toute idée de sédiment. 

Les limites de ce groupe sont à peu prés les mêmes que 
ceux du groupe entritique. Cependant je doute qu'il des- 
cende aussi bas et qu'il se présente intercalé dans les terrains 
agalysiens stratifiés. C*est principalement aux .terrains hémi- 
lysiens calcareux et schisteux qu'est sa Ihnite inférieure ,- sa 
limite supérieure m'est inconnue , car il est fort rare de voir 
aucune des roches de ce terrain distinctement recouverte par 
une autre roche. 

Le groupe ophiolitîque ne renferme pas. de filons : les miné- 
raux qu'on y cite y sont ou disséminés ou en veines nom- 
breuses, anastomosées. Les roches qui composent ce groupe 
se rencontrent tantôt isolément et tantôt réunies, mais ordi« 
nairement elles forment les sous -groupes suivans : 

i,"* Les Ofhiolites diverses et a.^ I'ëufhotide, qui se pré^ 
sentent sous les plus grandes étendues, formant des montagnes 
et des cantons entiers et ordinairement assez nettement sé- 
parés (les Apennins de la Ligurie), et quelquefois de simplet 
monticulesL^la roche l'Abeille prés Limoges), 



THE »5i 

3/ L^Ophicalce. Les ophiolites et les euphotides passent à 
cette roche par des nuances insensibles; j'en ai donné des 
preuves ailleurs , et aucun fait n'est venu infirmer le rap- 
prochement que j'ai établi entre le marbre vert de mer ou 
polzei^era de Gènes , et les ophiolites souvent calcaires de la 
Toscane. 

4.'' La Magnésite et la Giobertite qui raccompagne souvent 
et qui n'en diffère pas géologiquement , sont moins répan- 
dues et forment des monticules moins étendus (Casteliamonte , 
aux environs de Turin )• 

6.** La Dolomie, que nous associons à ce groupe ,paroft avoir 
en effet une même origine et être de. la même époque. Elle 
forme aussi des monticules isolés, mais il est assez di£5cile 
de distinguer ces dolomiesnon stratifiées des dolomies à peine 
stratifiées, dont on a déjà parlé dans deux occasions, et on 
remarquera que nous n'avons presque aucun exemple authen^^ 
tique à en citer. Il est néanmoins présumable pour nous que 
toutes les dolomies dites primitives, celle du Saint-Gothard, 
etc., pourroient être rapportées à ce groupe. 
. Ce groupe renferme peu de minéraux; les plus remarqua- 
bles, ceux qui paroissent lui appartenir plus spécialement^ 
sont : la diallagCj Vidocrase, la sahlUe, VasbeslCj le chrome. 

Exemples du groupe ophiolithique. 

France. La roche l'Abeille , prés Limoges : petit monticule 
arrondi d'ophiolite , avec veines d'asbeste et grains de fer 
oxidulé. — Lourdes, Hautes-Pyrénées : disposition semblable. 

Italie. Golfe de la Spezzia ; Cravignola, près Rochetta, en- 
virons de Florence ; Prato, Monte-Ferrato , Imprunetta, etc., 
et au Nord près Pietra mala : collines d'ophiolite , sur l'eupho- 
tide et le jaspe, le tout superposé au macigno compacte ; elles 
renferment du calcaire 8pathique,de la diallage, dufelspath 
compacte , du manganèse terne , jaspoïde , et quelquefois de 
l'ophicalce veiné (montagne Santa Maria). . 

Environs de Gènes, Monte Ramazzo : montagnes d'ophio* 
lîte pétrie dans quelques parties de pyrites , qui forment un en- 
duit bronzé sur toutes les sortes d'amandes dont cette roche 
est formée; elle renferme en outre de -Vraies amygdaloïdes, 
du silex résinite, etc,. . 



2S2 THE 

A Layazera^ au nard de Gènes : ophicalce veiné (marbre 
dit vert de mer), que je rapporte à ce groupe; ce rappro- 
chement est confirmé par Fophîcalce de Santa Maria, prés 
Florence, qui est entre Pophiolite et le jaspe. 

Castellamonte et Baldissero , près Turin : collines d'ophio- 
lite , de magnésite et de giobertite , avec veines de calcédoine 
et de résinite , et nodules de sahlile compacte ' ? 

On a en ANGLETEaas les belles ophîolites du cap Lizard en 
Cornouaîlles; celles de Porlsoy en Ecosse. 

En Allemagne, celle de Zëblitz. 

Espagne. Vallecas , près Madrid : magnésite plastique , avec 
cristaux de calcaire, veines et nodules de calcédoine, comme 
à Castellamonte ? 

AMéRiQCESEFTENTaioNALE. Lcscnvirons de New-Haven, dans 
le Connecticut , qui montrent un ophicalce semblable à celui 
des environs de Gênes. 

A.' Gr. TERR. PLUT. TRACHYTIQUES. 

Il y a presque autant de motifs pour placer ce groupe 
dans les terrains vulcaoiques que dans les plutoniques. II 
présente, comme les premiers, des indices de l'action du 
feu et même de l'action liquéfiante de cet agent : il la pré- 
sente au moins aussi bien que plusieurs roches que tout le 
monde place maintenant sans hésiter parmi les produits 
yulcaniques ( les basanite , doiérite , leucostine , stigmite ) ; 
mab il montre aussi , dans quelques cas, la texture ou com- 
pacte ou cristalline ( les argilophyre , eurite, résinite) des 
autres roches plutoniques, et passe tellement au groupe en- 
tritique, par les mélaphyres, les eurites porpbyroïdes , etc.^ 
et au groupe granitoïde, par le diorite, qu'on ne sait à quelle 
classe le réunir. Ce groupe montre de la manière la plus évi- 
dente comment il est quelquefois impossible de tirer une ligne 
de démarcation précise entre les corps qui paroissent, au 
premier aspect, les plus dissemblables; car il -est certain que 
le groupe trachytique ne permet pas de séparer nettement 
et clairement celui qui renferme les granités et les pegmatites 
de celui qui renferme les basanites, les stigmites, les pumites. 

1 AuD. des mines, 1821, t. VI, p. 177, pi. 3, fig. 4. 



THE a53 

Cette difficulté, qui n>st relative qu^à la distinction mi- 
néralogique des groupes , c'est-à-dire aux circonstances de 
nature et structure qui constituent leurs caractères minéra- 
logiques , n'est ni la seule ni la plus importante. Les rapports 
géologiques sont encore plus difficiles à établir. 

Il y a dans la division des roches massives trois questions à 
résoudre : dans quelles couches de la terre ont-elles pris leur 
source ou origine P à quelle époque géognostique se soot-elles 
épanchées à la surface du globe ? quels sont les terrains qui 
se sont déposés ou épanchés après eux P 

La première recherche, toute théorique, ne peut être 
traitée ici ; les deux dernières constituent ce que nous avons 
nommé les limites inférieures et supérieures des terrains ou 
formations. 

Or les limites inférieures des terrains de trachytes, après 
avoir été pendant long-temps presque . inconnues et beau- 
coup discutées, sont maintenant assez bien déterminées. 

Ces roches paroissent s'être épanchées à la surface du globe 
après la formation de la craie, en même temps que les ter- 
rains thalassiqnes et peut-être même après Fépoque tritonienne 
de ces terrains. 

Ce qui paroit établir ces faits , c'est la superposition évi- 
dente des trachytes des monts euganéens , sur un calcaire 
schistoïde rougeàtre , qui , malgré sa différence extérieure 
d'avec la craie blanche , m'a paru , par ses autres caractères 
xninéralogiques et par ses caractères loologiques, appartenir 
à cette époque. Ce rapprochement est maintepant assez gé- 
néralement admis. Le trachyte d' Arqua , dans ce groupe de 
montagnes et dans plusieurs autres points , est évidemment 
superposé au calcaire. 

On a vu le trachyte superposé à des roches plus anciennes 
(aux syénites , en Hongrie , au Mexique ; aux traumates , dans le 
Siebengebirge, sur les bords du Rhin ). Si cette superposition 
eût été observée avant celle de la craie , elle auroit pu faire 
attribuer au trachyte une formation ou limite inférieure 
beaucoup plus ancienne; mais depuis qu'on a vu cette roche 
au-dessus des terrains pélagiques, on ne peut tirer de sa po- 
sition sur ces terrains inférieurs que deux conséquences : 
ou bien le trachyte s*est épanché à la surface du globe à 



253* THE 

plusieurs reprises ; ou bien à Tépoque de son épanchement 
général les terrains anciens cités plus haut nVtoient recou- 
verts d*aucune autre roche. 

La présence des roches du groupe trachytique , soit étendu 
sur des terrains agalysiens ou hémilysiens, soiten masse droite 
dans ces terrains , force d'admettre que leur source ou origine 
est au moins inférieure à ces terrains. 

Parmi les terrains typhoniens, le groupe trachytique est 
considéré comme postérieur au groupe entritique et comme 
étant antérieur au groupe trappéen ou tout au plus son con- 
temporain.' 

Ce groupe de roches, dans lequel le trachyte est presque 
toujours dominant , forme des montagnes assez régulièrement 
coniques et en forme de dôme, tantôt isolées, tantôt réunies 
en groupe. Dans ce dernier cas elles présentent quelquefois 
des sommets aplatis , et, soit sur leur flanc , soit dans les val- 
lons qui les traversent, des escarpemens presque verticaux* 

On n'y voit que très-rarement des indices d'une stratifica- 
tion imparfaite, et ce n-est guère que dans les argilophyres , 
roches qui dépendent de ce groupe , que cette disposition 
se présente (Pas-de-Compain au Cantal). Les terrains trachy- 
tiques, au contraire, sont divisés en parties prismatoïdes très- 
irrégulières par des fissures à peu près verticales ; quelquefois ' 
cependant ces fissures ont une sorte de régularité qui produit 
dans les masses des parties prismatiques ou des parties cy- 
lindroïques droites, composées de tones parallèles à l'axe, etc. 

Cette structure et la texture désignent un mode de forma- 
tion plutôt par voie de ramollissement et de refroidissement 
que par voie de fusion ; et lorsque la texture vitreuse semble 
indiquer cette voie (dans les rétinites) , la présence de l'eau 
force à la rejeter. 

Ces roches poreuses ou très -fissurées sont généralement 
sèches. On n'y voit aucune source. 



I L'alternance du trachjte et du basalte, au mont Dore, semble 
établir cette contemporanéité; mais la plupart de ces roches sont nom- 
Aiées si vaguement, si arbitrairement, qu'on ne peut pas souvent être 
sûr que celles que plusieurs géologues nomment porphyre, trachyte , 
basalte f «oient bien ces roches dans l'acception quç nous leur donnoas. 



THE aS4 

II paroît que ce groupe forme , au moins en partie , la masse 
des plus hautes montagnes du globe ( dans les Cordillères des 
Andes). 

Les minéraux qu'il renferme y sont ou dissémines ou en 
veinules anastomosées (les résinites opales ^ les minerais mé- 
tallifères); quelquefois en petits lits ou en petits amas (les 
silex résinites et les rétinites); quelquefois en enduits (Phya- 
lite); quelquefois, enfin, en Téritablea filons multipliés et 
parallèles (l'alunite, à la Tolfa, etc.). 

Les roches qui entrent dans la composition de ce groupe, 
sont, comme on le voit au tableau : 

1. Le Trachyte proprement dit, qui renferme presque tous 
les minéraux nommés. 

La DoMiTE, qui en diffère à peine. 

2. UArgilophtre , qui n*est souvent qu*un porphyre ou 
qu'un eurite porphyroïde altéré et passant même au kaolin 
et à la cimolite. 

3. L'EuRiTE compacte, granitoïde et schisto'ide, qui pré-- 
sente souvent une division tabulaire très-remarquable, et qui, 
par sa compacité, sa texture, sa grande fusibilité, se rappro- 
che autant du groupe entritique que du groupe trachytique. 

Les trachytes sont le gite principal et le plus ordinaire dès 
opales et des alunites. Ils renferment sans aucun doute des 
minerais aurifères; mais, comme le fait observer M. Beu- 
dant, ces minerais tirent leur origine du terrain inférieur au 
trachyte; ils semblent avoir été entraînés par cette roche lors 
de son élévation , et sont plutôt engagés dans ses fissures que 
disposés en amas ou en filons. 

Les exemples répartis dans ce paragraphe et les minéraux 
cités au tableau suffisent a notre objet. 

IX.*' CLASSE. TERRAINS VULCANIQUES 
ou DE FUSION. 

On est conduit par des nuances insensibles à ces derniers 
terrains, dont certaines roches sont cependant ^i bien con- 
nues, si clairement caractérisées comme produites par Faction 
du feu, que personne ne révoque en doute leur origine ignée. 



354» THE 

Mais il y a dans les terrains précëdens des roches qui ressem- 
blent tant à certains basanites et stigmites des terrains vulca- 
niques, qu'on ne sait où tirer la limite entre les groupes de 
cette classe et ceux de la précédente. Nous avons éprouvé 
cette hésitation dés le commencement de ces tableaux , et 
elle se présente avec plus de force encore dans cette der- 
nière classe. 

Les terrains pyrogènes volcaniques ont pour caractère pré- 
cis et tranché d'être encore en formation. Les vulcaniques 
n'en diffèrent , dans bien des cas , que parce qu'ils ont cessé 
d'être en action depuis le commencement de la période jo- 
vienne. C'est , comme dans presque toutes les limites géolo- 
giques, un caractère chronologique qui les sépare. 

Ainsi les terrains vulcaniques ont pour premier caractère 
de partager le repos actuel de tous les produite de la période 
saturnienne. Ils ne sont recouverts par aucune roche solide; 
tout au plus le sont-ils par quelques parties de terrains clys- 
miens. Dans un assez grand nombre de positions, leur forme, 
leur surface, semblent aussi intactes, aussi fraîches, que s'ils 
yen oient de sortir du sein de la terre. 

Leur séparation des terrains volcaniques, et par consé- 
quent la place de deux terrains si semblables en tout dans 
deux périodes différentes , n'est fondée que sur la présomption 
de leur extinction ou de la fin de leur action au commen- 
cement de la période jovienne. 

Il faut donc d'autres caractères pour distinguer les terrains 
vulcaniques des terrains pyrogènes volcaniques. Il n'y en a pas 
de précis , mais la réunion de beaucoup de probabilités équi- 
vaut presque à une certitude. 

Ainsi les terrains pyrogènes sans activité , connus depuis 
les temps historiques et qui sont placés au milieu des terres , 
appartiennent en général aux terrains vulcaniques. Ceux-ci 
ne recouvrent jamais aucun des terrains allu viens. 

Enfin , et c'est ici que sont les plus notables caractères dif- 
férentiels, caractères q\ii suffîroient seuls pour les distinguer, 
s'ils se présentoient toujours, on trouve dans les terrains 
vulcaniques «un certain nombre de roches qu'on n'a pas en- 
core vues dans les terrains volcaniques actuels. 

Ainsi tout le groupe trappéen est dans ce cas; et dans le 



THE 355 

groupe lavique il est encore' quelques roches qui caracté- 
risent ces anciens terrains pyrogénes. 

Les terrains pyrogènes vulcaniques et volcaniques, c'est-à- 
dire tant anciens qu'actuels , doivent être , dans rensemble 
de leurs phénomènes et dans le détail de leurs roches, le 
sujet d'un article spécial. Nous devons nous contenter, pour 
compléter ce tableau des terrains , de donner les caractères 
des deux groupes qui composent les terrains vulcaniques , 
sans entrer dans aucun détail sur chacun d'eux , réservant 
ces détails pour l'article Volcans. (Voyez ce mot.) 

La position des terrains vulcaniques est assez remarquable. 
Malgré leur ancienneté, malgré leurs caractères minéralogi- 
ques d'origine si complètement chimique en comparaison de 
la texture grosnère , et même d'agrégation si généralement 
dominante dans les terrains thalassiques , il paroft que l'épan* 
chement des terrains vulcaniques a été postérieur à la for- 
mation de tous les groupes de ce terrain. Le dernier de ces 
groupes, l'épilymnique, est encore inférieur, no^i-sèulement 
au groupe lavique des terrains vulcaniques , mais même aux 
dernières productions du groupe trappéen. 

Les trappites , dolérites, les spilites même, qu'on trouve 
interposées au milieu des roches de terrains beaucoup plus 
anciens , n'infirment pas cette règle ; car n'oublions pas que 
les terrains massifs ou typhoniens ne sont pas le produit d'un 
précipité chimique ou d'un dépôt mécanique qui a eu lieu 
dans une masse de fluide: ils viennent du bas en haut; ils 
ont dû ouvrir toutes lefs couches de la terre qui recouvrent 
leur source ou leur foyer, pour gagner la surface du globe, 
et, dans ce passage , ils ont pu ou demeurer sous des cou- 
ches qu'ils n'ont pas eu la puissance d'ouvrir et de traverser, 
ou s'infiltrer entre des assises de ces couches. Quaod on a 
pu voir les coupes des terrains où se sont passés ces singuliers 
phénomènes ' , on a reconnu les preuves matérielles de ces 

I MM. Naumana et Keilau en ont présenté un grand nombre pour 
la ^orwëge, et M. Macculloch pour diverses parties de l'Ecosse. Il en 
est un surtout à Stirliogcastle , Jont cet illustre géologue a donné la 
figure (Transact. géol.^ tom. 2, p!. la et i3), qui offre, de la manière la 
plus évidente, un exemple du soulè?tment ^t de rintromiisioa dont j« 
parle. 



«55 ♦ THE 

intercalalions, qu'une théorie sage pouvoit porter à admettre , 
mais qui sont établies maintenant d'une manière bien plus 
solide^ puisque la nature même nous lésa montrées avec tant 
d'éridence dans des circonstances qui ne paroissent plus aussi 
nres depuis qu'on a su les observer et les évaluer. 

Malgré la présence des trappites , des basanites , des 
•pilites , au milieu des terrains hémilysiens calcareux ou 
schisteux , au milieu même des terrains agalysiens ( en 
Ecosse, au Harz, en Norwége, au Puy-en-Véiay , etc.)) je 
place , (Taprès les principes de géologie que j*ai admis sur 
la détermination des limites de chaque terrain ; je place , dis- 
je 9 la limite inférieure des terrains vulcaniques au-dessus des 
terrains tfaalassiques , sans exception , c'est-à-dire que ces der- 
liien terrains étoient déposés ou se déposoientà Tépoque où 
les terrains vulcaniques s'épan choient. 

Leur limite supérieure 9 c'est-à-dire l'époque géognostique où 
l'épanchenient de ces terrains a cessé, ou bien celle à laquelle 
il a été interrompu par des phénomènes géologiques assez 
imporlans pour apporter de grands changemens à la surface 
du globe , me paroit être celle des terrains clysmiçns. Ces 
deux événemens semblent en effet avoir pu être en cor- 
rélation. Il est présumable, comme je l'ai dit à l'article de ces 
terrains, que les débris de toutes espèces, roches, limons, 
ossemens, cailloux, qui les composent, ont été formés et en- 
traînés par une grande éruption liquide, due, soit au soulè- 
vement, soit à l'affaissement des couchesde l'écorce du globe: 
or il est assez naturel de penser qu'un phénomène aussi puis- 
sant, aussi général, a dû éteindre ou au moins changer la 
plupart des foyers volcaniques qui étoient alors en activité. 

L'époque des terrains vulcaniques . objet principal de ce 
tableau ,. étant déterminée par la position de ses limites in- 
férieures et supérieures, je n'en pousserai pas plus loin l'exa- 
men ; ces terrains devant faire, comme je l'ai dit, l'objet d'un 
article particulier. 

Je dois seulement faire remarquer que leur forme exté- 
rieure est souvent très-différente de celle des volcans actuels; 
que pour quelques-uns , comme ceux de l'Auvergne , des bords 
du Rhin , de la Bohème, et<;. , qui montrent encore les cônes 
et même les dépressions cratérîforines , formes ordinaires des 



THE »5G 

ierrains volcaniques , un bien plus grand nombre présentent 
des formes différentes, telles que celles de longues collines et 
de grands plateaux. Ces formes indiquent des épanchemens 
plus considérables, ayant eu lieu plutôt sur des lignes que par 
des ouvertures cylindroïdes , comme celles des volcans actuels». 

Je ferai encore remarquer que dans les terrains vulcani* 
ques le groupe trappéen est bien plus commun que le groupe 
lavique, et que dans celui-ci les leucostines, les stigmites, 
les pépérines, sont plus fréquentes que les téphrines et les 
pumites, tandis que ces dernières roches forment, avec les 
hasani tes scoriacées, les téphrines pyroxéoîqoes, arophigéni- 
ques et scoriacées, et quelques pépérines grisâtres, la masse 
principale des terrains volcaniques actuels. 

On voit aussi parla comparaison des minéraux renfermés 
dans les roches des deux groupes vulcaniques, avec ceux que 
présentent les tefrains pyrogènes.de Tépoque actuelle , com- 
bien les premières sont riches en espèces minérales qui ne se 
trouvent plus ou ne se trouvent qu*en très-petite quantité 
dans les roches volcaniques actuelles ; et je ne comprends 
^as dans Ténumération des premières tous ces minéraux 
qu'on trouve dans les roches agalysiennes .rejetées autrefois 
par les volcans (telles q«e celles de la Somma au Vésuve), 
parce que je ne les considère pas comme appartenant aux 
terrains dont je trace les caractères* 

Enfin, il est une autre considération très • importante à 
faire, et dont la première vue est due à Dolomieu. Quoique 
la plupart des terrains vulcaniques aient été éteints par la ca- 
tastrophe clysmienne, il paroit cependant que quelques-uns 
ont repris de l'activité après cette catastrophe, ou que d'au- 
tres volcans se sont établis dans le même lieu; de là le soin 
qu'il faut mettre pour distinguer dans un volcan actuel ce 
qui appartient au terrain vulcanique de ce qui est dû aux 
éruptions joviennes. C'est ainsi que la base de r£tna, que 
celle des volcans des Cordillères, sont probablement d'une 
époque géologique bien di^fférentede leur sommet, ou au moins 
des parties qui recouvrent cette base, et qui se font recon- 
noitre par leur position et par la nature de leurs roches et 
de leurs minéraux comme appartenant à la période jovienne. 



a56» THE 

Nous sommes partis de la surface de la terre, des terrains 
les plus superficiels et les plus nouveaux , pour nous eiffoncer 
le plus profondément possible dans Técorce du globe. Si on 
compare la profondeur à laquelle nous sommes parvenus avec 
la longueur du rayon de la terre , on verra que nous en 
avons à peine effleuré la surface, et qu'une rayure d'épingle 
sur le vernis qui enduit les globes terrestres de diniension 
ordinaire, est bien plus profonde que les cavités les ^lus basses 
dans lesquelles on soit arrivé* Nous avons vu cependant com- 
bien cette mince pellicule de la terre nous avoit fourni de 
faits variés et iotéreasans, susccptîbies de donner lieu aux 
plus hautes conceptions, comme de fournir les matériaux les 
plus nombreux et les plus importans aux arts utiles , aux 
sciences et aux arts d'agrément. 

Nous avons suivi , pour ainsi dire , de couches en couches 
les roches singulières qui ont été poussées et élancées de des- 
sous cette écorce de la terre, que nous sommes loin d'avoir 
percée, jusqu'à la surface du globe. 

La tâche que nous nous sommes donnée de rassembler ces 
faits , de les rapprocher, pour essayer de les comparer plus 
facilement et de les lier entre eux par quelques déductions 
théoriques , est remplie. On pourroit vouloir remonter plus 
haut et demander une théorie commune pour tous ces faits, 
mais ils ne nous paroissent ni assez nombreux, ni assez bien 
connus , ni avoir encore été rapprochés sous un assez grand 
nombre de points de vue , pour qu'une telle théorie ne devint 
pas une hypothèse ou un système général de. géologie. Si quel- 
ques personnes se croient assez avancées dans la connoissance 
des phénomènes géologiques de la nature, ou douées d'im gé- 
nie assez pénétrant et assez audacieux pour créer la terre avec 
le petit nombre de matériaux que nous possédons y je leur 
abandonne cette brillante entreprise : je ne m-e sens ni les 
moyens ni la force de construire un édifice aussi hardi et peut- 
être aussi peu durable. ' ( B. ) 



1 Cet article e^t un extrait, très-ëtendu à la vëHtë, d*nn écrit' publié 
•iparëluent chez F. C. Letrault , intitulé : Tableau des terrains, ou 
Estai sur la structure de la {lartie conuue de la terre, i vol. in-Ô.** 



THE 257 

THEPHIS. (Bot.) Ce nom grec de la renouëe, cité par 
Mentzel , est écrit telphis par Ruellius. Adanson remploya 
pour désigner Vatraphaxis unduîata de Linnœus, dont il fait 
un genre à cause de son calice à divisions égales. Voyex Stbm- 

PHIS. (J. ) 

THEPSO. (BoL) Nom g^ec de la terre-noix, bunium^ cité 
par Mentzel. ( J. ) 

THËRAPHOSES. (Enlom.) Nom d'une tribu établie par 
M. Walkenaër , dans son tableau des aranéides, pour désigner 
les genres dont les mâchoires et les mandibules sont dirigées 
en ayant , avec Ponglet replié en dessous. Tel est en particu- 
lier le genre Mygale.. (C. D.) 

THÉRATE. ( Entom, ) M. Latreille appelle ainsi un genre 
de coléoptères créophages, pour y placer les cieindelcc labiaUi, 
Jiavilahris etfasciata de Fabricius, dont les palpes maxillaires 
internes manquent et sont remplacés par un appendice en 
forme d'épine. Ce sont des insectes propres aux iles de la mer 
du Sud. (CD.) 

THÉRÉBINTACÉES. (Boi.) Voyez TàafoiNTAcéEs, t. LUI , 
p. 120. (J. ) 

THEREBINTARlA. ( Bot. ) Daléchamps dit que Dllfius , 
auteur ancien , nommoit ainsi le scrophMlaria aquatiea, parce 
qu'elle avoit , suivant lui , une faculté semblable aux vertus 
de la térébenthine. (J.) 

THÉRÉBINTE. (Bot.) Voyez TÉRésiNTHE. (L.D.) 

THERENIABIN , TRUNGIBIN. (Bot.) Noms arabes , men- 
tionnés par Rauwolf , de la manne recueillie dans les déserts 
de PArabie sur Palhagi, hed^sarum alhagi de Unnœus, que 
les Maures nomment agul et alguL Cette manne est aussi ra^ 
massée sur ce sous-arbrisseau dans la Perse , où on la nomme 
trunschibin eitrunseibaL Voyez aussi Terniabin et Txanscbibil, 
pour faire concorder le témoignage de Belli avec celui dé 
Rauwolf. (J.) 

THÉRÈSE JAUNE. {Omith.) Ce bruant du Mexique, em- 
heriza mexicana, Linn., approche beaucoup, parle plumage, 
de notre bruant commun. (Ch. D.) 

THERESI A , Neck. {Bot.) C'est le même genre que le Knowl- 
THONiA. Voyez ce mot. (Poia.) 

THÉRÈVE , Thert¥a. ( Entom. ) Qenre d'insectes à deux 
54. 17 






358 THE 

aîles, de la famille des chëtoloxes ou latërisétes, caractérisé 
par les notes suivantes : Corps court, large, épais, velu , à 
ventre déprimé, obtus; à tête grosse, large, à bouche ren- 
flée; à antennes courtes, de trois articles, dont le dernier 
porte une soie à sa base; à ailes épaisses, colorées, dépassant 
a peine Tabdomen , à cuillerons formant une sorte d*écaille 
voûtée , renflée et ciliée. 

Fabrîcius, en constituant ce genre, lui a appliqué le nom 
par lequel M. Latreille avoit désigné ses bibionsy autre déno- 
mination, déjà employée par Geoffroy , pour indiquer le genre 
qu'il a appelé Hirtée* Toutes ces dîflérences de noms sont vé- 
ritablement une calamité pour la science. 11 faut donc con- 
signer à regret toutes ces transitions arbitraires , pour mettre 
fur la voie des recherches et de l'histoire de la science. 

L'étymologie , suivant M. Latreille^ qui a le premier indi- 
qué ce nom, convenoit, dit- il, à ses bibions, quoique nous 
les ayons toujours rencontrés sur des fl^eurs. Mais il les croit 
chasseurs d'animaux , et en effet le mot •d'ifpfc/Tffç signifie vena- 
lor. D'un autre c6té le mot Srtiftvç donne l'idée d'un bouclier, 
d'un écusson, d'un cuilleron (clypeus, seutum)^ et d'après la 
forme de récaille voûtée qui recouvre le balancier , le nom 
paroi troit mieux appliqué. 

Nous avons fait représenter une espèce de ce genre sous^ 
le n.^ 6 de la planche 49 de l'atlas de ce Dictionnaire. 

Pour bien désigner ce genre, nous renvoyons au tableau 
synoptique de la famille des chétoloxes. 

Fabricius en décrit quatorze espèces, mais on n'en trouve 
que trois ou quatre aux environs de Paris; encore y sont- 
elles rares. Telles sont les suivantes. 

1. THÉaàvE sous-ENGAÎNANTE : T/i. subcoUoptroUi. 

Panzer l'a figurée dans le 74.' cahier de sa Faune allemand e^ 
dans les planches i3 et 14. 

Car, Corselet noir; ailes épaisses, cendrées, avec deux 
bandes brunes, cendrées. 

C'est le conops subcoleoptratus de Linné. 

2. THÉaàvE HÉMiprèBE, Th, hemipterdm 

Car» Corselet velu , à bords roux ; ailes cendrées , opaques , 
tachetées de jaune et de brun. 

3v Thé&ève CRAssiFENNE, T/i. CTOssiptnnis* 



THE 959 

Cest celle que nous avons fait figurer sur la planche 49* 

Car. Corselet brun, à bords plus pâles ; abdomen jaune, 
à dos brun; ailes brunes, à milieu jaunâtre. 

JVous avons trouvé constamment ces insectes isolés sur Jes 
fleurs des ombelliféres dans les bois. (CD.) 

THERIACARTA. (Bot.) Il est difficile de déterminer quelle 
est la plante nommée par Césalpin ononis lœvis, ayant une 
odeur approchant de celle de la thériaque; ce qui lui a fait 
donner, dans la Toscane, le nom de Iheriacaria. Mentzel et 
Adanson citent encore un theriaoalis de Montalbanus, qui 
est, suivant le premier, le thlaspi officinale ou raphanus rusti' 
canusy cochlearia armoracia de Linnœus. (J.) 

THÉRIDION , Theridium. ( ErUom. ) M. Walckenaër a 
nommé ainsi un genre d^araignées qu'il a placées parmi les 
rétitéles. Voyez Tarticle Araignée, tome II de ce Diction- 
naire, page 332 et suivantes, les n.^' i5, 16, 17, 18 et 19. 
(CD.) 

THERMANTIDE. (Min.) Hatiy a donné ce nom a des 
roches homogènes, qui doivent leur dureté et leur âpreté à 
Faction du feu , mais non pas exclusivement à celui des vol« 
cans. Il nomme le tripoli , ihermarUide tripoléenne; le jaspe- 
porcelaine de Werner, thermantide jaspoïde. Voyez Taipou 

et PORCELLANITE. (B.) 

THERMES. {Entom.) Voyez Termes. (Desm.) 
THERMIA. {Bot.) Voyez Thermopsis. (Poir.) 
THERMOMÈTRE. (Phjys.) Instrument qui sert à mesurer 
les changemens de Température (voyez ce mot)* Le premier 
de ce genre fut inventé vers la fin du 16.' siècle, ou au 
commencement du ly.', par Corneille DrebbeL Pour s'en 
faire une idée, il faut concevoir un baromètre à cuvette 
dont le tube n'ait pas été purgé d*air, et soit terminé par 
une boule (voyez Baromètre). On voit que la chaleur, dila« 
tant cet air, fait baisser le mercure dans le tube; il remonte, 
au 6on traire , lorsque Pair est condensé dans la partie supé- 
rieure : mais, pour que Pinstrument donne une indication 
précise , il faut que le mercure du tube ne descende pas au>^ 
dessous du niveau de celui de la cuvette, et ne monte pas 
jusqu'à la boule. Dans le thermomètre de Drebbel, au lieu 
de mercure, c'étoit une liqueur colorée, et l'on n'en avoxt 



afio THE 

fait entrer dans le tube que la quantité nécessaire pour sa- 
tisfaire aux deux conditions énoncées ci -dessus. 

On voit par cette description que les variations de la pres- 
sion de Tàir extérieur sur la surface de la cuvette inâuoient 
SUT rinstrument de Drebbel en même temps que les varia- 
iions de la température, et que par conséquent il ne pouvoit 
faire connoître exactement ces dernières. On renonça donc 
bientôt à cette construction. L'Académie del ciment» (de Tex- 
périence) imagina d'enfermer dans un tube une portion d'un 
liquide susceptible de se dilater très-sensiblement, et qui ne 
rcmplissoit pas le tube. 

En scellant l'extrémité supérieure de ce tube , on écartoit 
rinâuence des changemens de pression de l'atmosphère; mais 
ce n'étoit pas encore assez pour former des instrumens com- 
parables entre eux; il falloit partir de termes fixes, et, dans 
l'intervalle , obtenir des divisions corresponda:ntes. Amontons 
trouva d'abord que la température de l'eau bouillante , dans 
un vase ouvert , étoit au moins sensiblement constante. Mais 
ce n'étoit encore là qu'un seul terme ; pour former les divi- 
sions au-dessous de ce terme, Amontons, qui se servoit des 
changemens de volume de l'air, marquoit les changemens dus 
à des pressions déterminées. Réaumur revint à l'emploi d'un 
liquide ; il choisit l'esprit de vin porté à un degré connu de 
concentration ; partant ensuite du volume , auquel cet esprit 
de vin est réduit par la congélation artificielle de l'eau, il 
marqua sur le tube , par des moyens très -ingénieux , des 
espaces comprenant des volumes égaux : espaces qui seroi'ent 
de même longueur, si l'intérieur du tube étoit bien cylindri- 
que ( ou exactement calibré )« Il prit ensuite pour une de 
ses divisions la millième partie de la capacité delà boule, 
et détermina la dilatation qu'éprouvoit l'alcool porté au degré 
de chaleur qui précède immédiatement son ébullition. Par 
des expériences réitérées , il trouva qu'à Tétât déconcentra- 
tion où il employoit ce liquide , son volume augmentoit alors 
4e Ôo millièmes. Telle est l'origine de l'intervalle de o à 80 
degrés, regardé ensuite conune le fondement de la division 
des thermomètres : il ne répondoit pas d'abord à l'espace 
compris entre le terme de la glace fondante et celui de 
l'ébullition de l'eau. 



THE 26» 

On s'aperçut bientôt que ce thermomètre n^ëtoit pas tou- 
jours exact. D'abord Talcool, entrant en ébuUition avant 
l^eau , n'a pas une dilatation uniforme dans les tempéra- 
tures un peu élevées; car il est reconnu aujourd'hui que les 
variations de volume des corps, dues à celles de la chaleur, 
sont inégales prés des termes où ces corps passent de Tétat 
solide à l'état liquide, ou de celui-ci à Tétat de vapeur élas- 
tique, et réciproquement; d'un autre eôté le terme inférieur 
adopté par Réaumur, étant la congélation artificielle de 
Teau , n'est pas bien constant. 

Newton avoit mieux fait dès 1701, en indiquant sur le 
thermomètre qu'il avoit construit avec de l'huile de lin , les 
points correspondans à la neige fondante et à Feau en ébul- 
lition. Ses divisions étoient aussi fondées sur le rapport du 
volume primitif du liquide avec le volume acquis par la 
température éprouvée. La détermination de ce rapport pou- 
voit être curieuse en elle-même; mais elle étoit superflue 
pour la construction de l'instrument, quand on connoîssoit- 
deux termes fixes assez éloignés l'un de l'autre et de ceux 
auxquels le liquide contenu dans le tube change, d'état. Ces 
conditions furent complètement remplies quand on eut subs- 
titué à l'alcool, le mercure, qui ne bout qu'à une tempéra- 
ture fort élevée , et ne passe à l'état solide que bien après la 
congélation de Teau. 11 n'y eut plus alors qu'à plonger le 
même tube dans la neige ou la glace fondante, et dans un vast 
d'eau mis ensuite en ébuUition , pour obtenir les points cor- 
respondans aux deux termes fixes. Cela fait, si Tintérieur du 
tube avoit été exactement cylindrique , il auroit suffi de diviser 
en parties égales l'intervalle compris entre ces points, et de 
continuer les divisions au-dessous de celui de la glace fondante* 

Quant à la sensibilité du thermomètre, c'est-à-dire à la 
grandeur des divisions, il est visible qu'elle dépend du rap- 
port entre la capacité de la beule et celle du tube; plus ce 
dernier sera étroit, plus la même dilatation ou la même 
condensation y occupera de place. On obtiendra donc des 
divisions très- grandes, en joignant à une boule d'un assez 
grand diamètre un tube fort étroit. Quelquefois on substitue 
à la boule, soit un tuyau roulé en spirale, soit un cylindre 
fprt alongé, parce que la petitesse de la surface de la boule, 



^62 THE 

par rapport à son volume, fait que le liquide qu'elle con- 
tient n'éprouve que lentement Faction de la température 
extérieure, tandis que, sous les deux autres formes, ce même 
liquide se présente à cette action avec peu d'épaisseur et 
avec une grande surface. 

Dans cette construclion , ramenée à Tétat le plus simple , 
la division en 80 parties ne répondoit plus à rien de réel ; 
ce n*étoit qu'une convention arbitraire qu'on a pu remplacer 
par toute autre; et lorsqu'on on a réformé le système métri- 
que (voyez à l'article P£santeob, tome XXXIX, p. 177), la 
division centésimale a obtenu la préférence. 

Il seroit assez inutile d'entrer ici dans le détail de toutes 
Itb précautions nécessaires pour construire un bon thermo- 
mètre ; elles sont exposées avec soin dams le plus grand nom- 
bre des traités de physique, et demandent des manipulations 
délicates, qu'il faut nécessairement avoir vues pour les prati- 
quer; je me bornerai donc à indiquer les conditions qu'elles 
•doivent remplir : 

i,° S'assurer que le tube est exactement calibré, ou y sup- 
pléer, en déterminant les longueurs qui répondent à des ca- 
pacités égales, ce qui se fait de plusieurs manières, dont la 
plus simple consiste à promener, dans toute la longueur du 
tube, une petite portion de liquide, et à marquer les es- 
paces qu'elle occupe dans chacune de ses positions; 

2.° A bien purger le mercure d'air par une ébullition pré- 
paratoire (voyez Baromètre) ; mais il n'est pas nécessaire de 
chasser absolument l'air qui peut rester dans la partie supé- 
rieure du tube, parce qu'étant, par soà élasticité, beaucoup 
plus compressible que le liquide, il met bien peu d'obstacle 
à la dilatation de celui-ci; 

3.° Il faut que la neige ou la glace soient exactement au 
passage de l'état solide à l'état liquide, ce qui aura lieu si 
elles sont bien abreuvées d'eau produite par leur fusion , et 
si la température extérieure est au-dessus de ce point; 

4.^ Il faut tenir compte de l'état du baromètre, car on a 
vu à son article que la pressioi^ de l'atmosphère influoit 
sur Tébullition de l'eau : et pour avoir un terme constant, il 
faut ramener le résultat de l'observation à ce qu'il seroit pour 
vue pression moyenne de 76 centimètres (environ 2 8 pouces). 



THE «63 

Avec les précautions qu'on emploie aujourd'hui, on cons- 
truit (les thermomètres qui reviennent au même point, dans 
les mêmes circonstances , et , partant de points correspondans , 
s'accordent entre eux, du moins à trés-peU près. Il y a ce- 
pendant encore des causes d'erreurs qu'il paroit bien difficile 
d'éviter. Le verre qui contient le liquide est lui-même sus- 
ceptible de condensation et de dilatation. Dans le premier 
cas, qui est celui du refroidissement, la capacité du tube 
et de la boule diminuant, le liquide paroît plus élevé qu'il 
ne le seroit si les parois du rase où il est renfermé ne 
s'éloient pas resserrées. L'effet absolument contraire a lieu 
qunnd une augmentation de chaleur dilate à la fois le mer- 
cure et son enveloppe de verre. On n'observe donc en réa- 
lité que la différence entre le changement du volume du li- 
quide et celui de la capacité de son enveloppe. Cette me- 
sure seroit suffisante si le second changement étoit toujours 
proportionnel au premier. On a déterminé la.^ilatation du 
verre mis sous la forme de bâtons ou de verges, c'est-à-dire, 
réduit à peu près à une seule dimension, et Ton en a con- 
clu la dilatation qui en résulte dans le volume ou la capacité 
des vases composés de cette matière. On voit, dans les trai- 
tés de physique de M. Bîot, que, depuis le terme de la glace 
fondante jusqu'à celui de l'eau en ébullition , le meraure se 
dilate de g^, ou un peu moins de ,7 de son volume primitif, 
mais que ce changement ne paroit plus que de ^ dans une 
enveloppe de verre. ' 

MM. Gay-Lussac, Arago et d'autres physiciens ont remar- 
qué que, lorsqu'on plongeoit de nouveau dans la glace fon- 
dante, un thermomètre construit depuis long-temps, le mer- 
cure ne descendoit pas à la marque faite alors sur le tube, 
en sorte que le nouveau point de o se trouvoit plus élevé 
que l'ancien. 

Cela arrive-t-il à cause que le mercure a augmenté de vo- 

,lume par de l'air tenu en dissolution, ou parce qu'avec le 

temps la boule s*est contractée sur elle-même ? C'est ce que 

l'on is^nore ; mais le fait bien constaté montre la nécessité 



i MM. Dttloûg et Petit ont trouré pour cei nombres 77-^ cl -V. 



864 ÏHE 

de vérifier assez souvent les points fondamentaux de Téchelle 
du thermomètre. 

J'ai déjà indiqué pourquoi le mercure devoit être employé 
préférablement à Tesprit de vin pour la construction des 
thermomètres. J'ajouterai que , dans le siècle passé , il avoit 
été soumis par Deluc à de nombreuses épreuves, desquelles 
il résulte que sa marche est très-égale dans toute l'étendue de 
l'échelle ordinaire. Cette recherche a été reprise depuis par 
M. Gay-Lussac et ensuite par MM. Dulong et Petit; ils ont 
comparé la dilatation du mercure avec celle de Fair, qui a 
été trouvée très-égale., et ils ont reconnu que depuis le terme 
de Tébullition de l'eau jusqu'à S 6*^ au-dessous de zéro (divi- 
sion centésimale), les changemens de volume de l'air et du 
mercure se correspondent parfaitement. 

11 est facile maintenant de déterminer à fort peu près la 
marche des thermomètres construits avec d*autres liquides. 

Far exemj^e, ayant placé un thermomètre à Talcool et un 
bon thermomètre à mercure . dans un vase contenant de l'eau , 
qu'on échauffera de plus en plus, et marquant sur le tube du 
premier thermomètre les degrés indiqués par le second , des 
espaces égaux sur l'échelle de celui-ci répondront à des es- 
paces inégaux sur celle de l'autre. Pour les degrés au-des- 
sous de zéro, on emploira des refroidissemens soit naturels, 
soit artificiels, suivant les circonstances. Si Ton se bornoit à 
comparer les mêmes thermomètres , pour obtenir deux points 
seulement de Téchelle de celui qui est formé d'alcool, et 
qu'on divisât l'intervalle de ces points en parties égales, les 
thermomètres ne marcheroient plus ensemble dans ces divi- 
sions. Ce n'est donc qu'en se servant du thermomètre à mer- 
cure , ou en y rapportant d'une manière exacte les- indica- 
tions des autres thermomètres, qu'on peut donner quelque 
sûreté à l'observation des températures. 

En variant les principes de construction et la forme des 
thermomètres, on leur a aussi donné diverses graduations, 
qu'il faut savoir ramener les unes aux autres. Celles dont on 
fait encore usage sont au nombre de trois, savoir : deux 
dont le zéro est placé au terme de la glace fondante, et dont 
l'une, qu'on attribue mal à propos à Réaumur (pag. 260), 
comprend 80 degrés depuis ce terme jusqu'à celui de l'eau 



THE a65 

bouillante, et l'autre en contient loo dans le même inter- 
valle ; la troisième graduation est celle du thermomètre de 
Farenheit, employée par les Anglois et les Allemands. Ce 
physicien a construit son thermomètre en mercure; mais au 
lieu de faire partir sa division du terme de la glace fondante, 
il a placé le zéro au point qui correspond au froid produit 
par un mélange de ^ce et de sel ammoniac, et il a mis 
212 degrés depuis ce point jusqu-à celui de Tébullition de 
Teau , ce qui donne à peu près 32 degrés pour le point de 
la glace fondante ; mais comme cette dernière tempéra- 
ture est plus constante que celle que Farenheit avoit prise 
pourpoint de départ, on y a fixé invariablement le 32.* 
degré, et de là jusqu'au terme de l'eau bouillante, il en reste 
i8o°. Avec ces données on traduit sans peine les indica- 
tions de l'une quelconque de ces trois échelles dans les deux 
autres. 

Pour passer de l'échelle dite Réaumur à l'échelle centi- 
grade , il suffit d'augmenter de V le nombre donné. Si Ton a, 
par exemple , 32^ de Réaumur, on en prend {, qui est 8, et 
en l'ajoutnnt à 32, on trouve 40*^ de la division centésimale. 

Pour revenir de celle-ci à la première, il faut retrancher j 
au nombre donné. Dans l'exemple précédent, le 5.' de 40 
est 8, et en le retranchant, on retombe sur 32**. 

Lorsque Tindication est exprimée dans l'échelle de Faren- 
heit, il faut d'abord prendre la différence entre le nombre 
donné et 32 , afin de partir du zéro des deux autres échelles; 
cela fait, comme iBo*" de cette division répondent à 80^ de 
celle de Réaumur, et à 100 de la division centésimale, il 
s'ensuit que le degré de la première est les j',^, ou les ~, 
ou enfin les f du degré de la seconde, et les jf-Ô , ou les 7; , 
ou les I de celui de la troisième. 

Ainsi donc, pour convertir un nombre de degrés de Faren- 
heit en degrés de Réaumur, il faut multiplier le premier par 
4 , et prendre le 9.* du produit. Soit , pour exemple, 69 degrés 
de la division de Farenheit à convertir dans celle de Réaumur; 
en étant d'abord 32, il reste 27, qui, multipliés par 4, don- 
nent 108, et divisant ensuite par 9, on trouve 12 pour ré- 
sultat. 

Four passer à l'échelle centigrade, il auroit fallu multiplier 



a66 THE 

27 par Sj alors le produit i35, divisé par 9, auroit donné i5 
degrés centésimaux.' 

. Pour rendre plus facile la détermination des variations 
diurnes de la température, on a inventé des thermomètres 
propres à indiquer la plus grande et la plus petite hauteur 
à laquelle le liquide s* est élevé dans l'intervalle de temps 
écoulé entre deux observations. Voici ti*n des moyens les plus 
simples d'atteindre ce but : que l'on conçoive un thermo- 
mètre à mercure, dans lequel un petit cylindre de fer repose 
sur la surface du fluide. Lorsque ce tube sera couché hori- 
zontalement , le cylindre de fer sera poussé par le mercure 
jusqu'à Fendroit de la plus grande dilatation, et il y restera 
après la retraite du liquide : on connoîtra donc ainsi jusqu'où 
la température s'est élevée. Voilà pour déterminer le maxi- 
mum. Pour obtenir le minimum , c'est un thermomètre d'al- 
cool qu'il faut employer, et un cylindre d'émail. Le tube 
étant placé horizontalement, et le cylindre afiQeurant Textré- 
mité du liquide dans lequel il est entièrement plongé , si ce 
liquide se retire, il entraîne avec lui le cylindre, mais il le 
laisse en place quand il revient, parce qu'il passe alors dans 
le vide qui reste entre le cylindre et les parois du tube t on a 
donc ainsi le point le plus bas auquel s'est arrêté le liquide. 
11 faut dire cependant que ce dernier instrument est beau- 
coup moins sûr que le premier; le petit cylindre d'émail ne 
marche pas toujours bien. 

M. Autherford, qui est l'inventeur de ces procédés, a réuni 
les deux thermomètres en un seul instrument, dont la dispo- 
sition permet de leur faire prendre la situation verticale. 

M. Gay-Lussac a construit aussi un thermomètre pour dé- 
terminer le minimum de la température ; il le destine spécia- 
lement à faire connoître celle des eaux profondes. {Traité 
élémentaire de physique, par M. Despretz, 2." édit. , p. 774*) 

Nous avons encore à parler d'une sorte de thermomètre , 

I II est évident que la hauteur du theroiomètre cesse d'être appré- 
ciable, lorsque le liquide ne forme pas une masse continue, ce qui ar- 
riye quelquefois; mais on j remédie en attachant à la partie supérieure 
du thermomètre tine fîccUe et le faisant tourner avec rapidité; la force 
centrifuge qui nait de ce mouvement, réunit les parties du liquide qui 
étoient séparées. 



THE S67 

imaginé à peu près en même temps par MM. Rumfort et Leslie, 
nommé par i*un thermoscope , et thermomètre différentiel par Fau- 
tre : il y a bien quelques petites différences danà les détails de 
la construction , mais le principe et Tusage sont les mêmes. Cet 
instrument consiste dans un tube composé de trois parties, 
dont les deux extrêmes sont rélevées perpendiculairement 
sur celle du milieu, et sont terminées par deux boules. La 
branche intermédiaire renferme un liquide coloré, qui est 
déplacé toutes les fois que la température de Fair contenu 
dans les boules n'est pns la même. Quand une de ces boules 
est échauffée , le liquide est poussé vers Tautre. Voilà tout 
ee qu'on peut dire ici de cet instrument, qui sert à cons- 
tater la différence de température de deux points peu éloi- 
gnés Fun de l'autre. Comme c'est la dilatation de Tair qui le 
fait marcher, il est plus sensible que les autres* 

Les liquides ne sont pas les seules substances propres à 
faire des thermomètres ; on a employé aussi les métaux. L'ins- 
trument construit par feu M. Bréguet , étant le plus remar- 
quable de ce genre , sera le seul dont je ferai mention. Il est 
fondé sur le changement de ligure qu'éprouve une lame for- 
mée en appliquant l*une sur l'autre, deux lames de métaux 
différens, par exemple, de cuivre et de fer. Si cette lame 
est droite au moment de sa construction , et que la tem- 
pérature vienne ensuite à augmenter, le cuivre, étant plus 
dilatable que le fer, prendra plus d^extension, et la lame se 
courbera de manière que la concavité sera du c6té du fer. 
Elle se seroit trouvée du côté du cuivre, s'il y avoit eu re- 
froidissement. 

Pour augmenter ces changemens , M. Bréguet a roulé en spi- 
rale une lame qu'il a composée de trois autres , savoir : une 
d'argent, une d'or et une de platine; celle d^or est destinée 
à réunir les deux autres pour prévenir les ruptures que pour- 
roit occasioner la trop grande différence de leurs dilatabilités* 
L'assemblage passé au laminoir a été réduit à l'épaisseur d'un 
Bo.*' de millimètre, et à si peu de volume qu'il obéit presque 
instantanément à toutes les variations de température. La 
lame étant fixée par l'une de ses extrémités, l'autre fait mou- 
voir une aiguille qui indique, sur le cadran, des espaces 
correspondans à la quantité dont la spirale se tord ou ^ dé- 



268 THE 

tord alternativement. La comparaison de sa marche avec 
celle d'un bon thermomètre à mercure donnera la gradua- 
tion de ce cadran. Cet instrument mérite d'être suivi; car, 
outre sa sensibilité, il est le plus portatif des thermomètres: 
il n'occupe pas plus de place qu'une petite montre. 

L'échelle des thermomètres construits en mercure, quoique 
plus étendue vers le haut que celle des thermomètres d*al- 
cool, ne va pas encore très-loin, parce que le premier de 
ces liquides entre en ébullition à environ 3 60 degrés centé- 
simaux; et bien avant ce point sa marche cesse d'être ré- 
gulière: elle est plus rapide' que celle du thermomètre à air, 
auquel MM. Dulong et Petit l'ont comparé. Pour aller au- 
delà , et apprécier les degrés de chaleur qu'on obtient dans 
les fourneaux où l'on cuit la porcelaine, dans ceux des ver- 
reries, des forges, etc., on a recours aux p^romètres ; mais 
tous ceux qu'on a construits jusqu'ici , n'ont pas encore donné 
des résultats bien satisfaisans. 

La première idée a été d'employer la dilatation des mé- 
taux. Une barre de (er plongée dans un foyer, et dont une 
extrémité soit arrêtée par un obstacle inébranlable, s'alon- 
gera par Tautre extrémité , en raison de la chaleur qu'elle 
éprouvera; et si cette extrémité appuie contre la petite 
branche d'un levier, l'autre branche décrira sur un cadran 
des espaces qui pourront être très - sensibles. Mais comment 
s'assurer de la fixité du point d'appui dans un foyer bien ar- 
dent? Comment prévenir Toxidation de la barre qui change 
la marche de la dilatation ? €e sont sans doute ces causes 
qui ont empêché qu'on ne tirât un bon parti de cette es- 
pèce de pyromètre. 

On se sert plus communément aujourd'hui de celui que 
Wedgwood a imaginé d'après la propriété qu'a l'argile de 
se contracter de plus en plus par l'élévation de la tempéra- 
ture (voyez Argile, tom. 111, p. 4). De petits cylindres de 
cette terre convenablement préparée, sont placés entre deux 
règles inclinées l'une vers l'autre, et s'arrêtent à l'endroit oh 
la distance de ces règles est égale au diamètre des cylindres. 
On met ensuite ces cylindres dans le foyer dont on veut 
connoître la température, et lorsqu'on les a retirés, on les 
replace entre les règles dont nous venons de parler; mais 



THE S69 

comme ils se sont contractés, ils s*avancént plus loin du côté 
vers lequel ces règles s^approchent. Des divisions marquées 
sur le bord de ces mêmes régies donnent la mesure du retrait 
de l'argile. 

Ce qu'on vient de lire suffit pour faire connoitre Fusage 
de ce pyromètre dans la comparaison des températures très- 
élevées ; mais les physiciens demandent plus : ils voudroient 
assigner les rapports de ces températures avec celles que 
marquent les thermomètres, en liant la suite de celles-ci avec 
les autres. Newton Tavoit essayé; par son thermomètre formé 
d'huile de lin , il a voit assigné la température de Fétain fon- 
dant, et comparant ensuite les temps qu'un fer rouge era- 
ployoit à revenir à des températures de moins en moins 
élevées, jusqu'à celle-là, il détermina les rapports insérés 
dans sa table , qui va jusqu'à la chaleur «( d'un charln\n ar- 
« dent dans un petit feu fait avec du charbon de terre qui 
« n'a pas été soufflé. ^ 

Depuis l'on a essayé de combiner l'échelle du thermomètre 
à mercure avec celle du pj^omètre de Wedgwood. L'on voit, 
dans la Physique mécanique de M. Fischer, traduite par M« 
Biot (pag. 79 de la 5/ édition) , une suite de températures 
depuis la congélation du mercure jusqu'à la fusion de la 
fonte de fer. 

Le premier et le dernier nombre de cette table, rapportés 
à la division centésimale , sont 40 degrés au-dessous de zéro 
et 9970 au-dessus. Le zéro du pyromètre de "Wegdwood est 
placé à la température du fer qui paroit rouge au jour , ex-> 
primée par 5 80 degrés. La fusion de la fonte de fer répood 
à i3o degrés de ce pyromètre. On trouve une autre table du 
même genre dans les ÉUmens de physique de M. Pouillet (t. 1, 
p. 3i7 ) ; elle diffère beaucoup de celle que je viens de citer, 
et ne s'accorde pas non plus avec quelques déterminations de 
ce genre, rapportées dans le Traité élémentaire dephjrsique de 
M. Despretz (p. 98 de la 2/ édit.). Il y a donc encore beaucoup 
d'incertitude sur ce sujet , et tout porte à croire que les éva- 
luations des hautes températures pèchent par excès. (L. C.) 

THERMOMETRUM VIVUM. {Ichthjyol.) Quelques écrivains, 
Clauder entre autres , ont donné ce nom au misgume fossile, 
y oyez MisGURNE. ( H. C. ) 



«70 THE 

THERMOPSIS. (BoL) Genre de plantes dicotylédones, à 
fleurs complètes, papilionacëes , delà famille deslégumineases, 
de la décandrie monogjmie de Linnœus, ofifrant pour caractère 
essentiel : Un calice persistant , alongé , à demi divisé en 
cinq découpures, presque à deux lèvres, couvexe à sa partie 
postérieure , rétrécie à sa base ; la corolle papilionacée ; les 
pétales presque égaux en longueur ; Tétendard réfléchi à ses 
côtés; la carène obtuse; dix étamines persistantes; les filamens 
libres ; un ovaire supérieur ; un style ; une gousse linéaire , com- 
primée, polysperme. 

Xheem opsis LANcéoLé : Thermopsiê lanceolata , Ait. , Hort. Keiv. , 
édit, nov. , 3 , pag. 3 ; Sophota lupinoides , Pall. , Ait, ,119, tab. 2 ; 
Podalyrialupinoides, Willd»^ Spec, 2 , pag. 604 ; Thermia, Nut- 
tal, Amer» Cette plante a, dans sou port, Paspect d*un lupin. 
Ses tiges sont herbacées, slriées, un peu velues, principale- 
ment à leur partie supérieure , divisées en rameaux garnis de 
feuilles alternes, pétiolées, ternées, composées de folioles lon- 
gues d'un pouce et plus, étroites, oblongues, lancéolées, ellip- 
tiques, obtuses, un peu inégales, légèrement velues, princi- 
palement à leur face inférieure ; le pétiole court , pubescent , 
muni à sa base de deux grandes stipules sessiles^ assez sembla- 
bles aux folioles. Les fleurs sont disposées en un épi droit, 
terminal, rapprochées presque en verticilles, ordinairement 
au nombre de trois à chaque verticille ; les pédicelles sont 
courts, uniflores, un peu velus, garnis chacun à sa base 
d'une bractée ovale, velue, presque semblable aux stipules; 
le calice est un peu campanule , k cinq divisions; la supérieure 
plus petite que les autres. La corolle est jaune, ayant Péten- 
dard presque aussi long que les ailes; la carène composée de 
deuxr pétales obtus ; les filamens sont libres , un peu incli- 
nés, plus courts que la carène; Povaire est oblong, velu; il 
lui succède une gousse renflée et pubescente. Cette plante 
croit au Kamtschatka. (Poia. ) 

THERMOS. {Bot.) Mentzel et Adanson citent ce nom grec 
ancien du lupin. (J.) 

THERMOSCOPE. {Phjs.) Voyez Thermomètre, tom. LIV, 
page 267 de ce volume. (L. C.) 

THERMUTIS. {Bot.) Ce nom grec, cité par Ruellius et 
Mentzel, appartient, selon le premier, kVocymoides de Dios- 



THE =7» 

corlde, nomme aussi ocimastrum, qui est un lychnis de Tour- 
nefort, Ijychnis dioica de Linnaeus. Un autre ocymoides ou oci" 
maslrurriy trés-dilférent, e&i Vacinoi des Grecs et de Dioscoride, 
clinopodium de C. Baubin et de Tournefort, thymus acinos 
de Linnaeus. (J.) 

THËRMUTIS. {Bot.) Genre de la famille des champignons, 
fondé par Pries sur des plantes qui avoient été placées dans 
les genres Collema, Dematium et Scytonema, Le Thermutis est 
caractérisé par son thallus un peu pulvérulent, formé de 
£brcs lâches, irrégulièrement entrelacées, intérieurement 
annulées, opaques et se noircissant; par les conceptacles ou 
excipules propres, enfoncés dans le thallus, orbiculaires, 
marginés, sessiles, dont le disque change un peu d'appa- 
rence par suite du développement des fibres annulées conte- 
nues dans Fintérieur, avec les séminules en masses. Ces fila- 
mens internes paroissent manquer dans le genre Cœnogonium, 
Ehrh. et Pries, avec lequel le Thermutis a une très- grande 
affinité. Ces genres font partie de la tribu des cœnogoniés de 
la grande cohorte des byssacées de Pries, qui représente les 
champignons byssoïdes des auteurs. Ce genre a pour type le 
collemavelutinum, Acb. Pries annonce que ce genre comprend 
plusieurs espèces. Elles croissent sur les pierres, à terre, 
dans les lieux humides, et n'ont été trouvées jusqu'ici que 
dans le Nord. (Lem.) 

THERNE. (Ornith.) En islandois, pierre garin. (Ch. D.) 

THEROPHONOS. {Bot.) Voyez Theuphonos. (J.) 

THERUMBROS. {Bot.) Voyez Thymiatitis. (J.) 

THESCE. {Bot.) Voyez Cyclaminus. (J.) 

THÉSÉ. {Bot.) Voyez Secorineca. (Poir.) 

THÉSÉE. {Entom.) Nom donné à un papillon de la divi- 
sion des chevaliers troyens à ailes supérieures brunes, et dont 
les inférieures portent neuf croissans ou taches rouges ponc- 
tuées de blanc. C'est une espèce de Sumatra, figurée par Cra- 
mer, pi. 180, fig. B. (C. D.) 

THESION; Thesium , Linn. {Bot.) Genre de plantes dico- 
tylédones apétales, de la famille des éléagnées, Juss., et de 
la pentandrie monogynie , Linn., qui présente pour caractères : 
Un calice monophylle, partagé en cinq découpures ovales, 
colorées à leur intérieur et un peu ouvertes; point de co- 



^72 THE 

Tolle; cinq ëtamînes à fîlamens subulés, courts , opposes aux 
divisions du calice, insérés à leur base, terminés par des 
.anthères arrondies; un ovaire infère ou adhérent à la base du 
calice, surmonté- d'un style de la longueur des étamines et 
chargé d'un stigmate obtus; une capsule globuleuse, à une 
seule loge, qui ne s'ouvre pas naturellement et qui ne con- 
tient qu^une graine arrondie. 

I^s thésions sont des plantes herbacées ou ligneuses , & 
feuilles entières , éparses ou alternes, et dont les fleurs, or- 
dinairement placées dans les aisselles des feuilles, forment 
des espèces de grappes plus ou moins fournies. On en con- 
noit vingt-cinq espèces , parmi lesquelles cinq appartiennent 
à l'Europe; toutes les autres sont exotiques , et le plus grand 
nombre d*entre elles est naturel au cap de Bonne-Espérance. 

* Tiges herbacées* 

Thésion a feuilles de lin; Thesium linoph^Uum ^ Linn., 
Specj Soi. Sa racine estvivace; elle produit plusieurs tiges 
menues, anguleuses, longues de quatre à dix pouces et même 
plus, garnies de feuilles linéaires plus ou moins étroites, très- 
glabres, ainsi que toute la plante. Ses fleurs sont petites, 
verdâtres , pédonculées , munies de trois bractées à leur base 
et disposées, dans la partie supérieure des tiges, en grappes 
plus ou moins rameuses; leur calice est court, campanule et 
à ciilq découpures. Cette plante varie à tiges couchées ou 
redressées, et à grappes de fleurs simples ou paniculées, 
d'où quelques auteurs ont pris occasion de se servir de ces 
différences accidentelles pour former plusieurs espèces, aux- 
quelles ils ont donné les noms de, thesium humifusum^ de Th, 
intermtdium ^ de Th.pratense et de T/i. montanum. Mais aucune 
de ces prétendues espèces n'offre de caractères constans , et 
c'est tout au plus s'il faut les distinguer comme variétés. Le 
thésion à feuilles de lin croit naturellement sur les collines 
découvertes et dans les prés secs et montueux en France, en 
Europe, dans plusieurs parties de l'Asie et dans l'Afrique 
septentrionale. 

TuésioN DES Alpes : Thesium alpinum , Linn., Spec, ^ Soi } 
Jacq. , F/, aust,, t. 416. Cette espèce ressemble beaucoup à 
la .précédente ; mais elle en diffère parce que ses fleurs ont 



THE »75 

leur calice un peu plus aloogé, presque cylindrique et seule- 
ment à quatre divisions. Cette plante croit dans les liep'x 
mon tu eux en France , dans le reste de TËurope et dans l€^ 
nord de TAfrique. 

** Tiges ligneuses. 

Thésion scabre; Thesium scahrum^ Linn., Spec^^ 3o9. Set 
tiges sont droites, légèrement striées, hautes de huit à dix 
pieds, divisées, dans leur partie supérieure, en rameaux 
nombreux , simples , garnis de feuilles subulées 4 triangulaireS| 
trés-rudes en leurs bords, sessiles, très -rapprochées les unes 
des autres et comme verticillées. Les fleurs sont rassemblées 
en forme de tête à l'extrémité d'un pédoncule alongé et tei^- 
minal. Leur calice est turbiné , à cinq découpures aiguës , 
chargées vers leur sommet d'un duvet blanchâtre, assez épak. 
Cette espèce croit au cap de Bonne -Espérance. 

Thésion PANiCDLÉ ; Thcsium pamc u latum , Linn.^ Mant. , Si* 
Ses tiges sont médiocrement ligneuses, divisées en un grand 
nombre de rameaux diffus, anguleux, garnis de feuilles li- 
néaires-lancéolées , très-petites , éloignées les unes des autres. 
Ses fleurs sont fort petites, pédonculées, axillaires çt dispo- 
sées, dans leur ensemble, en panicule étalée. Cette plante 
croît au cap de -Bonne -Espérance. (L. D.) 

THESKE, THESCE. (Bot.) Noms grec et égyptien du eycla- 
men, cité par Ruellius et Mentzel , selon lesquels il est en- 
core nommé Iriumphalites ou triphaliUs, d'après 21oroastre. (J.) 

THESPEZI A. (Bot.) Corréa de la Serra (Ann. du Mus. de Par. , 
99 pAg^ ^9^9 ^^' ^^9 ^6* ^) ^ présenté comme genre, d'après 
l'analyse du fruit, une espèce d'hi^i'soiis (ketmie)» Vhibiscus 
populneusy Linn. Ce fruit est une capsule charnue , presque 
globuleuse, presque pentagone , ombiliquée au sommet, ter- 
minée par le rudiment du style çn pointe. L'écorce est cor 
riace, épaisse; l'intérieur divisé en cinq loges; chacune d'elles 
partagée par une cloison mince | membraneuse; cinq autres 
cloisons alternes, qu'on ne distingue qu'à la base du fruit; 
dans chaque loge quatre semences ovales, acuminées, cou- 
vertes d'un léger duvet jaunâtre et soyeux; l'embryoa hori- 
zontal, de la grandeur des semences; les cotylédons foliacés, 
parsemés de glandes vésiçuleuses ; la radicule blanche , cylinr 
54. *8 



à74 THE 

drique ; le péritpenne mince , membiUDeux, un peu charnii, 
i^^teodaiit entre les eotylédons. 

Thbspezia a feuilles de PEVPLIE& : Thespczia populnta j Corr», 
loe* ciL; Malvaviseus populnéus ^ Gsertn., De fruet*^ tab. i35; 
Hibiscus populneuê^ Lînn.; Bupariti^ Ahéed., Malah,, i ^ tab. 
29 ; Novella liUorea, Rumph. , Amb,, 2 , tab. 74 ; vulgairement 
le PoLCB^ Arbre toujours vert , médiocrement élevé, et dont 
le tronc , épais et rameux , soutient une cime dense , arron- 
die, garnie d'un beau feuillage , presque semblable à celui 
du tilleul par son port. Son écorce est tendre, souple et 
fibreuse ; ses rameaux glabres, cylindriques, chargés, ainsi 
'^e les bourgeons et les Jeunes feuilles, de petites écailles 
"Oibienlaires, ferrugineuses. Les feuilles sont alternes, pétio- 
lées, en cœur, glabres, arrondies, acuminées, très-entières; 
les -pédoncules sont axillaires, solitaires, uniflores, presque 
delà longueur des pétioles. Les fleurs sont assez grandes, 
campanulées, jaunâtres, avec un fond pourpre; les pétales 
arrondis au sommet , un peu arqués ou projetés d'un côté ; le 
tsalice est double i Fintérieur d'une seule pièce , hémisphéri- 
que, tronqué à son bord , avec cinq-dents très-petites ; le ca- 
lice extérieur à trois folioles linéaires, aiguës , caduques. Cette 
plante crott dans les Indes orientales-, dans la partie australe 
de la Chine, à l'Isle- de -France et à celle d'Otaïti. (Poir«) 

THETHIS. {Mamm.) Nom d'une petite espèce de kanguroo, 
découverte par M. de Bougainville , et qui se distingue des 
antres par un pelage brun , plus ùtnve a la nuque , et par une 
raie blanchâtre oblique sur la cuisse. (F. C.) 

THÉnS. {Foss.) M. Sowerby, qui a signalé ce genre fos- 
sile, lui a assigné les caractères suivans : Coquille bivalve, 
équi^alve, subéquiUUérale, plut ou moins orbiculairé et convexe ^ 
à ligament marginal ; trois à quatre petites dents pointues sur la 
ehamière ; la ligne de V attaché ou du manteau? est marquée 
par un iinus profond , qui s'étend jusque pris du sommet : deux 
petites impressions musculaires arrondies se trouvent loin de la 
eharnière; le ligament est extérieur, (Sovr., Min, conch.j tom. 
6, pag. 19.) 

Tketis major, Sow., loo» cit., pi. 5] 5, fîg. 1-^4. Coquille 
convexe, orbiculairé, à bord postérieur un peu anguleux, 
et à sommets pointus. Longueur, un pouce et demi. Fossile 



THI ^75 

de Blackdown et des environs de Devins , en Angleterre. 

Thetis minor , Sow. , loc, cit, , même pi. , fig. 5 et 6 ; Venm^ 
Mantell., GeoL ofSusseXf^g. 73, n.** 1:1, Coquille gibbeute, 
aussi large que longue, et à bord postérieur arrondi. Cette 
espèce est moins grande que celle ci-dessus , et on la trouve 
dans le sable vert à Parham et dans Tile de Wight, ea 
Angleterre. ( D. F. ) 

THÉTYS. {Malacoz,) Quelques autieurs écrivent ainsi le nom 
du genre Téth ys de Linné. Voyez ce mot. (De B. ) 

THEUTIE. {IchthyoL ) Nom françois donné par Daubentoa 
et Haiiy au genre Theutis de Linnœus. (H. C.) 

THËUTIS. {IchlhyoL) Linnsus avoit donné ce nom au 
genre de poissons que Bloch a depuis appelé AcANTHuas. 
Voyez ce mot. (H. C. ) 

THËVEIIA. {Bot,) Ce nom avoit été donné primitivement 
par Linnœus, dansTHor/. Cliff., au genre Ahouai de Plumier 
et de Tournefort , ensuite il Va réuni à son Cerbera; mais 
celui-ci ayant un fruit composé, dans le cerbtra manghes, de 
deux ovaires accoUés, dont un avorte souvent, et leTkeyetia 
n'ayant qu'un ovaire , ce dernier genre a été rétabli dans une 
section distincte, et on lui réunit le cerbera ahouai et le oer- 
hera thevetia. Suivant Adanson ces deux espèces doivent en* 
core former deux genres distincts; il ^omme Ahouai le pre* 
mier , qui a un fruit uniloculaire , contenant un osselet , et son 
Thevetia est indiqué avec un fruit biloculaire , à loges conte- 
nant quelques graines. ( J.) 

THEXIMON. [Bot.) Voyez Teuximon. (J.) 

THEYLO. (Omith.) Ce nom islandois, qui s'écrit aussi 
heylo, désigne le pluvier gui^nard , eharadrius morineUus^ 
Linn. (Ch. D.) 

THI A. {Crust.) Genre de crustacés décapodes brachyures, 
établi par M. Leach , et dont nous avons fait connoftre les 
caractères dans, l'article Malacostracés, tome XXVIII , page 
214, de ce Dictionnaire. (Desm.) 

THIARE BATARDE. {Conchyl.) Nom marchand de la 
voluta pertusa^ Linn. (De B. ) 

THIARE ÉFISCOPALE; Mi>a«pi5copaiij, Lamk. (Coneh.) 
C'est la voluta episcopalis , Linn. ( De B. ) 

THIARE FLUVl ATILE. ( CojnchyL ) C'est le nom que let 



"76 THI 

marchaDdâ de coquilles donnent encore quelquefois à une 
espèce de mélanie des sooiogistes modernes, M. amarula, 
Lamk. 

- On trouve dans les anciens catalogues les noms de Thiare 
flnviaiile, papyracée, ventrue et épineuse, pour variétés de 
la même coquille. ( De B. ) 

THIARE PAPALE. ( Conchyl. ) Nom spécifique d'une es- 
pèce commune de mitre, M. papalis, Lamk.; Voluta papalis, 
Linn. (De B. ) 

• THIBAUDIA. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones , à fleurs 
complètes, monopétalées , de la famille des éricées, de la 
déeandrie moriogynit de Linnœus, très -voisin des vaccinîuia , 
offrant pour caractère essentiel : Un calice adhérent avec 
l'ovaire; son limbe libre, à cinq dents; une corolle tubu- 
leuse, ventrue à sa base ; le limbe à cinq lobes ; dix étamines 
insérées sur le calice, non saillantes; les anthères oblongues, 
uutiques, prolongées au sommet en deux tubes; un ovaire 
inférieur; un style; un stigmate en tête; une baie à cinq 
loges, recouverte par le calice ; les loges polyspermes. 

Thibaudia a flbu&s nombreuses ; Thibauàiajlorihunda^lknnihj 
in Humb. et BonpL, fiov. g^*» 3 , page 269, tab. 264. Cette 
plante a des rameaux glabres , cylindriques, cendrés, garnis 
de feuilles éparses, médiocrement pétiolées, lancéolées, acu- 
minées, très-entières, glabres, coriaces, longues de cinq ou 
six pouces. Les fleurs sont disposées en grappes ax illair es , soli- 
taires, presque longues de deux pouces; les pédicelles longs de 
quatre lignes ; le calice est glabre, à cinq petites dents ovales, 
aiguës ; la corolle tubulée , d'un rouge écarlate , longue de 
huit lignes, renflée à sa base; le limbe à cinq lobes ovales, 
obtus, égaux; les anthères sont très-longues, linéaires, bifides à 
leur base jusque vers le milieu ; l'ovaire est un peu globuleux , 
charnu, à cinq loges polyspermes. Cette plante croit aux 
lieux montagneux dans la Nouvelle-Grenade, proche la ville 
de Santa -Fé de Bogota. 

Thibaudia a longues feuilles; Thibaudia longifolia , Kunth , 
lae. cit. Cette espèce est pourvue de rameaux pentagones , 
très-glabres, de couleur cendrée. Les feuilles sont éparses, 
pétiolées, oblongues , lancéolées , acuminées, obtuses k leur 
base, très- entières, nerveuses , réticulées, à trois ou cinq 



THI 277 

nervures saillantes, glabres à leurs deux faces, lon{;ues d'en- 
viron sept pouces, larges de douze ou quinze lignes; les pé- 
tioles épais , cylindriques, d'un brun noirâtre , longs d^un 
demi-pouce. Les fleurs sont disposées en grappes axillaires, 
une fois plus courtes que les feuilles, de la. même forme et 
grandeur que celles de l'espèce précédente. Cette plante croit 
dans les Andes de Quindiu, proche La Séja. 

Thiraudia a feuilles en cœuh. ; Thibaudia cordifolia^ Kuoth , 
loc. cit., tab. 2 55. Arbrisseau dont les rameaux sont épars, 
cylindriques, vernissés dans leur jeunesse , les feuilles éparses, 
trés-rapprochées , pétiolées , ovales , obtuses , en cœur à leur 
base , coriaces, très -entières, à cinq ou sept nervui-es, gla- 
bres à leurs deux faces, luisantes en dessus, longues d'un 
pouce et demi, larges de neuf ou dix .lignes; les |;rappes 
axillairesr, solitaires, sessiles,. situées au sommet des rameaux , 
un peu plus longues^ que les feuilles, accompagnées de plu- 
sieurs bractées imbriquées , presque orbiculaires, entières et 
un peu ondulées à leurs bords; le calice est glabre, à cinq 
dents ovales, aiguës, étalées; la corolle ventrue, tubulée, 
pubescente en dehors, divisée à son limbe, en quatre, cinq 
ou six lobes courts ; les filamens sont ciliés, un peu eonfluens 
à leur base; les anthères glabres, bifides, mutiques, très-Ion-, 
gués , à deux loges; Fovaire à demi globuleux ; le fruit à cinq 
ou six loges polyspermes. Cette plante croit dans les Andes 
delà Nouvelle- Grenade. 

Thiraudia des rochers; Tliibaudia rupestris, Kunth , locp cilm 
Cet arbrisseau a des rameaux cylindriques , un peu striés^ 
pubescens, de couleur brune. Les feuilles sont éparses, .pé- 
tiolées, lancéolées, un peu obtuses, aiguës à leur base, gla- 
bres à leur face supérieure, pubescentes en dessous, parti- 
culièrement sur la nervure du milieu, quelquefois entière- 
ment glabres , longues de trois pouces , larges de dix ou douze 
lignes; les pétioles épais, un peu pubescens, longs de deux 
ou trois ligues; les grappes solitaires, axillaires» longues de 
trois ou quatre pouces; les fruits portés sur un pédicelle 
épais, pubescent, long de sept ou huit lignes. Ce^ fruits sont 
autant de baies. presque globuleuses, revêtues du calice per- 
sistant, couronnées par le limbe à. cinq dents, très-glabres, 
de la grosseur des fruits du prunier épineux , à cinq ou neuf 



278 THI 

loges, remplies d'un grand nombre de semences fort petites, 
luisantes, oblongues, anguleuses. Cette plante crott dans la 
rïouvelle-Grenade, à Paramo di Saraguru , proche Loxa et 
Alto de PuUa. 

TniBArDiAA G&ANDEs FEUILLES ; ThibaudiamacrophjUa yKunih^ 
loc. cit. Arbrisseau d'environ douze pieds , dont les rameaux 
sont glabres, lisses, cylindriques, de couleur brune ; les feuilles 
éparses , médiocrement pétiolées , ovales , lancéolées , acumi- 
nées, très-entières, arrondies à leur base, réticulées, à cinq 
nervures saillantes en dessous ; glabres , coriaces , longues de 
huit ou neuf pouces ; larges d*envîron un pouce et demi ; les 
grappes sont solitaires, axillaires, presque sessiles, munies 
à la base des pédicelles de très-petites bractées courtes , ovales, 
concaves, aiguës; ie calice est rougeâtre, à cinq dents cour- 
tes, aiguës; la corolle blanche, tubulée, rouge et ventrue 
à sa base, très<glabre; ses lobes sont ovales, oblongs, obtus, 
réfléchis. Le fruit est une baie globuleuse, à cinq loges poly- 
spermes. Cette plante croit dans les Andes, proche Pindamon 
et Palache. ( Poi&. ) 

THIDEAR. {BoL) Nom hébreu de Tonne , suivant Mentzel. 

THIEBAUTIA. {BoL) Genre déplantes monocotylédon es, à 
fleurs incomplètes, de la famille des orchidées^ de la gynandrie 
digynie de Linnasus, ofifrant pour caractère essentiel : Une 
corolle à cinq pétales dressés , étalés , persistans ; un sixième 
pétale en lèvre, non éperonné, à trois lobes, recourbé au 
sommet, rélevé en côte en dessus, vers la base; une anthère 
operculée , k deux loges, caduque, bordée à la base anté- 
rieure de la lèvre supérieure du stigmate. 

Thiebautia NERVEUSE; Thiebautid nervosa , Colla , Hort, ripul, , 
pag. 139. Cette plante est pourvue d'un tubercule orbiculaire , 
d'où sortent, à sa partie inférieure, des racines à fibres char- 
nues; il s*en élève une hampe très-simple, presque nne, 
longue d'un pied ; les feuilles sont toutes radicales, nerveuses, 
ensîformes, de la longueur des hampes. Les fleurs sont dis- 
posées en une grappe terminale ; les pédoncules accompagnés 
de petites bractées en écailles vaginales, lancéolées, très- 
courtes; la corolle est d'un pourpre foncé, persistante, à cinq 
pétales disposés sur deux rangs; les trois pétales extérieurs 



THI ^J9 

inégaux ; le supérieur dressé , lancéolé; les inférieurs obliques, 
ovales- lancéolés, recourbés, couvrant les organes sexuels; la 
lèvre ou le sixième pétale e$t partagé en trois Idbes, réfléchi 
au sommet, de la longueur des pétales extérieurs, trois fois 
plus large, muni au-dessus de sa base de côtes jaunâtres , sail- 
lantes, ondulées; les lobes latéraux sont entiers. Celui du niio 
lieu est échancré; l'ovaire est inférieur, il se prolonge en un 
style charnu, arqué, prismatique, terminé par un stigmate à 
deux lèvres ; la supérieure, recouvre une anthère sessile , oper'^ 
culée , à deux loges. Le pollen est globuleux ; la capsule prisr 
matique, à trois valves, à une seule loge, s'ouvrant par ses 
angles ; les semences sont nombreuses. 

Cette plante croît aux Antilles. C'est la même que le linuh' 
dorum purpureum, Lamk., Encycl., n.** i , figuré sous le nom 
de Serapias dans les lUust. des genres, tab. 728 , fig. 3, que 
M. Colla a converti en genre. (Poir.) 

THIEN-PHAO. (Bot.) Selon Loureiro, son solanum hiflo- 
rum est ainsi nommé à la Cocbinchine. (J. ) 

THIL. THILAGAA. (l?o^) Suivant Mentzel, ces noms arabes 
sont donnés aux gramens en général. (J.) 

THILACHIUM (^o^), Lour., Flor. Coeh.^ 418. Ce genre, 
établi par Loureiro , appartient aux eapparis de Linné. Voyes 
Câprier. (Poir.) 

THILCO. (Bot.) Nom que porte au Chili , suivant Feuillée, 
le fuchsia coccinea, petit arbrisseau qui fait maintenant un 
des ornemens de nos orangeries. (J.) 

THILl. (Omtth.) Ce nom, qui est aussi écrit chili dans 
Molina (turdus Ihilius), désigne la même grive que celui de 
tillL Elle est décrite sous le met Meble, au tome XXX de' 
ce Dictionnaire , page 148 , et Molina observe à cet égard , 
page a3o, que la femelle est effectivement de couleur grise, 
raison qui a porté Linné à lui donner le nom de turdus 
plumheus, mais que le mâle est tout noir, à l'exception d'une 
tache blanche qu'il a sous les ailes , et que sa queue est cunéi- 
forine. L'auteur ajoute qu'il fait son nid sur les arbres roisins 
des rivières, avec du limon détrempé; que son chant est doux 
et sonore , et que sa chair a une odeur forte et désagréable. 
(Ch. D.) 

THILICRANIA. {Bot.) La plante désignée sous ce aom 



980 THI 

grec par Thëôphraste , est rapportée par €•• Bfluhin au cor** 
nouiller sanguio. (J.) 

THIM. {Bot.) Voyez Thym. (L. D.) 

THÏMELÉE. {Bot.) Voycï Tbyuelèe. (L, D.) 

THIOTHIO, QUIOQUIO, {Bot.) Voyei Avoiea. (J.) 

THIRSÉ. {Erpét.) Voyez Tykbè. (H. C.) 

THIUM. {Bot.) Un des noms anciens de l'astragale, cité 
par Ruellius. Mentzel récrit Tiom. Voyez ce mot. (J.) 

THLAQUATZIN. {Mamm.) C'est le nom mexicain et géné- 
rique des sarigues. ( Lesson.) 

THLASPL {Bot.) Ce nom ancien , donné à diverses plantes 
crucifères, remonte jusqu'à Diosconde, et des auteurs ont 
tsru que son thlaspi étoit le lepidium perfoliatum. Il a été 
donné à d'autres lepidium , à des iberis , des draba^ à un ^t5- 
cutella, un myagrum^ au eoehlearià armoracia ^ k Vanastatica 
hierochuntica. Tournefort avoit un genre Thlaspi, adopté aussi 
par Linnœus, qui en a séparé les espèces à pétales inégaux, 
reportées à son iberis. ( J.) 

THLASPI. {Bot.) Voyez Ib^ride et Taboubet. (L. D.) 

THLASPI FAUX* {Bot.) C'est la lunaire. (L. D.) 
. THLASPI DES JARDINIERS- {Bot.) Nom vulgaire de l'ibé- 
ride en ombelle et de quelques autres espèces du même genre 
cultivées dans les jardins. ( L. D.) 

THLASPI JAUNE. {Bot.) C'est l'alysse jaune. (L. D.) 

THLASPI DE MONTAGNE. {Bot.) C'est Pibéride amère. 
( Lem. ) 

THLASPIDIUM. {Bot.) Ce genre de crucifères, fait par 
Tournefort et auquel Adanson conservoit le même nom, es't 
làlunetière, biscutella de Linnœus. Quelques iberis ont aussi 
été nommés thlaspidium par Rivin et Dillen. Tragus donnoit 
à Falliaire , erysimum alliaria, Iç nom de thlaspidium cor- 
nUtum. (J.) 

THLASPIOÏDES. {Bot.) C'est ainsi que Barrère désigne le 
dodonœa viscosa dans sa Flore équinoxiale. Les fruits de cette 
plante imitent, dans leur forme, celle des fruits du thlaspi 
des champs ou tabouret. (Lem.) 

THOA. {Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs in- 
complètes , monoïques , de la famille des urticées^ de la monoécie 
polyandrie de Linnaeus, offrant pour caractère essentiel : Des 



THO «8« 

fleurs monoïques; point de calice ni de corolle; un grand 
nombre d'étamines dans les fleurs mâles, situées à chaque 
nœud d'un épi; les anthères globuleuses « dans les fleurs fe- 
melles, deux ovaires à la base de Tépi des fleurs màles; point 
de siyfe apparent; trois ou quatre stigmates; une capsule 
ovale, à une seule loge , munie sous son écorce de poiU 
soyeux et piquans ; une seule semence. 

Thoa piquant : Thoa urens , AubU , Guian. , 2 , tab. 336 ; Lamk«, 
IIL gen,, tab. 784. Arbrisseau d*une grosseurmédiocre , dont 
la tige est noueuse, un peu souple, revêtue d'une écorce 
glabre, d'où s'écoule une sorte de gomme assez abondante. 
Les branches sont pliantes, noueuses, sarmenteuses; les ra- 
meaux opposés, glabres, noueux j dichotomes à leur sommet, 
munis à chaque nœud de deux feuilles opposées, ovales, 
pétiolées, très- entières, longues de deux ou trois pouces et 
plus, larges d'environ deux pouces, glabres; aiguës, veinées, 
réticulées, quelquefois un peu ondulées à leur contour; les 
pétioles courts. 

Les fleurs sont monoïques , disposées en épis simples, grêles, 
alongés, situés dans l'aisseile des feuilles supérieures, à l'ex- 
trémité des rameaux et dans leur bifurcation. L'axe de l'épi 
est divisé par articulations et par des nœuds renflés en cœur. 
A chaque nœud, excepté aux deux inférieurs, sont placées 
les fleurs mâles, uniquement composées d'étamines nombreu- 
ses, dont les fllamens sont courts; les anthères petites; globu- 
leuses ; il n'y a point de calice ni de corolle. Les fleurs fe.melles 
sont au nombre de deux, opposées , situées au nœud inférieur 
de l'épi : elles n*ont ni calice, ni corolle; elles offrent cha- 
cune un ovaire sessile , sans style apparent, surmonté die trois 
ou quatre stigmates. Le fruit est une capsule de la forme d'une 
olive, mais au moins une fois plus grosse, glabre, un peu mu- 
cronée à son sommet, légèrement échancréeàsa base au point 
d'attache; son écorce est garnie en dedans de poila soyeux et 
piquans : il n'y a qu'une seule loge indéhiscente ; une semence 
ovale, oblongue, bonne à manger. Cet arbuste, que les Galibis 
nomment thoa, croît dans les forêts de la Guiane. 

Lorsque l'on entame , dit Aublet , l' écorce et les branches 
de cet arbrisseau , il en suinte une liqueur claire et visqueuse 
qui , en se desséchant , forme une gomme transparente. On en 



a8a THO 

trouve souvent des morceaux attaches au tronc et aux branches. 
Lorsqu'on coupe les troncs et les grosses branches, il en dé- 
coule abondamment une liqueur aqueuse , claire et transpa- 
rente, que Ton peut boire dans le besoin , faute d*eau ; elle n*a 
aucun goût. Si Ton enlève la première écorre de la capsule, 
on trouve une substance sèche, composée de poils roides, 
couchés, qui se détachent facilement les uns des autres, et 
pour peu qu'il en tombe sur la peau , ils causent une grande 
démangeaison. Sous cette substance est une coque fragile, qui 
contient une amande àdeuxcotylédons,dont lapeau est rous- 
sâtre. Cette amande, bouillie ou grillée, est bonne à manger. 
Les maràils, espèce de coq d'Inde, et les hocos se nourris^ 
sent de ce fruit, qu'ils avalent tout entier. (Poir.) 

THOA , Thoa. {Pof^p.) Genre établi par Lamouroux (Po- 
lyp. Ûex. , p. 210) parmi les nombreuses espèces de sertulaires 
de Linné et même de M. de Lamarck , pour une ou deux dont 
la tige et même une partie des rameaux sont composés de 
tubes nombreux , entrelacés, et dont les loges polypifères pa- 
roissent être à l'extrémité de ces tubes, ce qui rapproche ce 
genre des Tubulaires: aussi Pallas plaçoit-il la seconde espèce 
de thoa de Lamouroux dans ce dernier genre, sous le nom 
de Tuhularia ramea» Le» seules espèces de thoa connues jus- 
qu'ici, sont: 

La T. halucine: T. halueina; SertuL halueinaj Linn., Gmel. , 
p. 3^48, n.*^8; EUis, Corallin,j p. 32, n.** i5, tab. 10, fig.a, 
AjB, C. Polypier rameux , pinné , à rameaux alternes , à 
denticules tubiformes, bîarticulées; à ovaires ovales -irrégu- 
liers et solitaires. 

Des mers d'Europe, où elle vit fixée sur les pierres , les 
coquilles, mais point sur les plantes marines. 

1^ T. DE Savigny: t. Savignii ; Tuhularia ramea, Linn. , 
Gmel. , p. 383i , n.*^ 10; Lamouroux, Polyp. flex», pL 6 , 
fig. 2 a, B, C. Polypier peu rameux, composé de rameaux 
et de ramules alternes , avec des ovaires réunis en grappes 
et rarement isolés. 

De la Méditerranée. 

Ce genre Thoa a été établi aussi par M. Oken sous le nom 
à'HaUtium. (DeB.) 
* THOMASIA. {Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs 



THO 485 

polype talées , de la famille des buttnériaeées (Rob. Brown), 
de la pentandrie monogynie de Linnœus; offrant pour carac« 
tère essentiel : Un calice persistant, campanule, entouré d'un 
involucre à trois divisions; cinq pétales fort petits, en forme 
d*écailles, quelquefois nuls; cinq étamines; les filamens soU'» 
vent connivens k leur base, quelquefois cinq autres filamens 
stériles; les anthères à deux loges, s'ouvrant par une fente 
de chaque côté; un ovaire supérieur; un style; une capsulé 
à trois valves ; les cloisons formées par le bord rentrant des 
valves , à trois loges ; une ou trois semences dans chaque loge* 

Thomasia ruRFTTRiNE : Thomasia purpurea, Gay , Monbgr» 
des Lasiop. , page 22, tab. 6, fig. S^-iS; LatiopeUUutn pttrm 
pureum, Ait., Hort. Kew.j 1 , edit.nov.^ 2, page 36. Arbris- 
seau à peine d'un pied de haut, foible, médiocrement ra« 
meux; sa tige est glabre, verdàtre ; ^es rameaux sont grêles^ 
étalés, hérissés d'un duvet court, ferrugineux; ses feuilles al- 
ternes, médiocrement pétiolées, linéaires, elliptiques, molles, 
en cœur k leur base, obtuses au sommet, hérissées en des- 
sous de poils en étoile , lâches, distans, jaunâtres ; les grappes 
sont opposées aux feuilles, très-peu garnies; le pédoncule 
est tomenteux, ferrugineux, nu en partie; les fleurs sont un 
peu inclinées, situées vers le sommet du pédoncule, unila- 
térales, pédicéllées; les stipules plus longues que les pétioles; 
la bractée ou Tinvolucre qui accompagne le calice est persis* 
tant , de même grandeur que lui , à trois divisions réfléchies, 
glabres, linéaires; celle d»mxlleu est un peu plus grande ; le ca- 
lice est d'un pourpre violet , campanule , hérissé sur le dos; les 
divisions en sont ovales, un peu aiguës; il y a cinq pétales cnnéi-^ 
formes, en forme d'écaillés, de couleur purpurine; cinq fila- 
mens fertiles , un peu connivens à leur base; point de stériles ; 
les anthères soiit d'un pourpre foncé; l'ovaire estpresque sessile; 
la capsule est sphéroïde, à trois ou quatre sillons profonds, 
ponctuée et tuberculée , à trois loges souvent monospermes 
par avortement. Cette plante croit à la Nouvelle -Hollande. 

Thomasia feuillée; Thomasia folio$a , Gay, loc. ciL^ tab. 7. 
Arbrisseau très-rameux , chargé de feuilles et de fleurs nom«- 
breuses. Les feuilles sont alternes, pétiblées, à peine lon- 
gues d'un pouce, d'un vert obscur, plus pâles en dessous, 
hérissées à leurs deux faces de poils distans, ferrugineux, en 



2^84 THO 

éCotie y sînuëes k Itfun bords en lobes obtus, opposes ; les sti- 
pules fort petites, hérissées, linéaires-Uocéolécs; les grappes 
sont opposées aux feuilles, presque de la même longueur, 
très-étalées , souvent réfléchies, à deux ou cinq fleurs; les 
fiédoncuies hérissés de poils ferrugineux ; les pédicelles his- 
pides, munies au sommet et à la. base de bractées linéaires, 
filiA^rmes; Tinvolucre à .trois divisions ovales, lancéolées} 
rinfermédiaire un peu plus longue et plus large; le calice 
presque glabre, un peu hérissé sur le 4os; ses découpures 
ovales, un peu aiguës; il n'y a point de corolle ;'les filament 
sont un pjeH connivens à leur base ; tous fertiles ; Tovaire est 
tessîle et fort petit. Cette plante crott à la Nouvelle-Hollande. 
■ Tbomasia a FBUiLLBs db morbllb : Tkomasia êolanacea^ Gay, 
loe. cit. t tab. 6 , fig. i — 7. Cet arbrisseau s'élève à la hau- 
teur de sept ou huit pieds. Son tronc est glabre, cendré, 
chargé de rameaux en désordre , hérissés de poils ferrugineux. 
Les feuilles sont alternes, pétiolées, ovales, oblongues, si- 
nuées, anguleuses , longues d'un à quatre pouces, larges d^un 
ou deux ; les stipules foliacées, pétiolées, élargies, en forme 
de rein, hispides, ainsi que les feuilles; les grappes sont op- 
posées aux feuilles, redressées, étalées, chargées de quatre 
ou cinq fleurs ; les pédoncules tomenteux on pubescens, ainsi 
qne les pédicelles; les bractées solitaires, subulées, sétacées 
et caduques; Tinvolucre tti à trois , rarement à cinq divisions 
réfléchies, une fois plus courtes que le calice; celui-ci est 
campanule » imitant une corolle mélangée de rose et de blanc, 
pubescent à ses deux faces; il y a cinq pétales d'un pourpre 
foncé, en forme d'écaillés ; cinq étamines fertiles; les 61amens 
de couleur purpurine , connivens a leur base ; cinq autres M^ 
rilcs; Tovaire est sessile ; la capsule est sphéroïde, tomenteuse , 
à trois côtes. Cette plante croit à la Nouvelle -Hollande. 

Thom ASiA A T&ois FOUOLEs : Tkomasia IriphylLa , Gay , loe, cit. ; 
Lasiopelaluin Iriphyllum , Labili. , JVof. HolL , 1 ,. page 63 , 
tab. b8. Arbrisseau de trois ou quatre pieds, dont les ra- 
meaux sont très- nombreux , tomenteux ou pubescens yen 
leur sommet, garnis de feuilles pétiolées , alternes, temées, 
les deux latérales plus petites, en cœur; l'intermédiaire lon- 
gue d'un pouce et plus, obtuse kses deux extrémités, échan- 
crée à sa base, hérissée de poils en étoile, trés-abondans , si- 



THO a8S 

nuée ou médiocrement lobée; les grappes sont simples, dret* 
sées, opposées aux feuilles, longues d'un- ou «deux pouces, 
chargées de trois ou quatre fleurs unilatérales; le pédonculç 
hispide , légèrement tome.nteux; les pédicelles garnis de brae* 
tées aiongées , caduques ; l'involucre est k trois divisions li» 
néaires, lancéolées, un peu obtuses, de la longueur du ca* 
lice; celui-ci est presque campanule, à cinq divisions ovales; 
il n'y a point de corolle; cinq étamines fertiles; cinq auti«s 
filamens stériles et plus courts; les anthères sont glauques, 
ovales, à deux loges; la capsule est globuleuse , à trois sillons, - 
à trois valves, à trois loges; quatre ou six semences dans cha* 
que loge, quelquefois moins. Cette plante croit à la Nou- 
velle r Hollande, dans la terre Van- Leuwin. 

Thomasia a feuilles de chêne : Thomasia quereifilia, Gay, 
loc. cit.; Lasiopetalum quereifolium , Andr., Bot, repos, ^ t, 45^» 
Bot, Magaz,t tab. 1485. Arbrisseau fort petit, dont les ra- 
meaux sont hérissés de poils ferrugineux. Les stipules sont 
foliacées, pétiolées, réniformes, à trois nervures, parsemées 
de poils courts, distans, en étoile, ainsi que les feuilles; 
celles-ci sont alternes, pétiolées, divisées en lobes presque 
semblables à ceux de Vacer monspessulanus , quelquefois seule- 
ment à trois lobes; les grappes sont dressées, souvent une 
fois plus longues que les feuilles; les pédicelles hispides, 
accompagnés de bractées ovales ou linéaires-lancéolées, quel- 
quefois réniformes, hérissées sur le dos; Tinvolucre est à trois 
divisions gréfléchi es, lancéolées ; la division intermédiaire "est 
plus longue et plus large que les latérales; le calice est de cou- 
leur purpurine , hérissé sur le dos de quelques poils en étoile; 
il n'y a point de corolle; cinq filamens fertiles, inégaux, 
connivens à leur base ; cinq autres stériles, de moitié plus 
courts ; les anthères sont ovales-oblongues; l'ovaire est sessile; 
la capsule sphéroïde , à trois côtes, hérissée de poils en étoile. 
Cette plante croit au cap de Bonne -Espérance. 

M. Gay, qui a formé ce genre de plusieurs espèces de (o- 
siopetalum , comme on vient de le voir , y a joint un autre 
genre sous le nom de Sermgia, pour une autre espèce de 
lasiop€talum* Comme cet article n'a point été mentionné en 
son lieu , nous croyons devoir le rappeler ici. 

Seringia a feuilles platbs : Stringia platyphylla^ Gay, Mém, 



2se ^ THO 

■lonogr. des Ladapi , page i3 y tab. i et a ; Ldsiapetalum ar» 
foretccru , Ait., HorLKew», ediL nov. , 2 , pag^ 36. Ce genre a 
pour caractère : Un calice qui se dessèche sur le fruit ; point 
de corolle; dix filanens subulés; cinq pourvus d*antlières, 
qui s'ouvrent sur le dos^ cinq autres stériles; cinq ovajres 
libres; autant de styles ; cinq capsules bivalves, renfermant 
deux ou trois semences. Cette plante est un arbrisseau de 
quatre ou cinq pieds; ses rameaux sont lâches, flexibles, 
étalés , couverts d'un duvet court, ferrugineux, un peu com- 
primés vers le sommet; les feuilles alternes, médiocrement 
pétiolées, ovales - lancéolées , anguleuses et dentées à leur 
contour, longues de quatre ou six pouces, larges de trois 
ou cinq, presque glabres, d'un vert obscur en dessus, pâks 
en dessous, tomenteuses et ferrugineuses sur leurs nervures; 
les stipules entières, lancéolées; les fleurs petites, disposées 
en une cime opposée aux feuilles ; le calice est semblable à 
une corolle, jaunâtre ; ses divisions sont arquées , réfléchies , lé- 
gèrement pubescentes; il n'y a point de corolle; lesfilamens 
sont égaux, subulés, un peu plus courts que les ovaires, qui 
entourent fortement les cinq filamens stériles ; les cinq cap- 
sules sont comprimées, rudes , tomenteuses. Cette plante croit 
sur les côtes orientales de la Nouvelle -Hollande* (Poia.) 
. THQMMA. (Bot.) Voyez Fleur de Saint-Thomas. ( J.) 

THOMER. {Bot.) Voyez Thamab. (J.> 

THOMISE , Thomisus. (Entom.) Nom donné par M. Walcke- 
naër et adopté par M. Latreille pour désigner un genre établi 
parmi les araignées vulgairement appelées araignées crahes. 
Telles sont les espèces- que nous avons décrites tous les n.*^*38, 
39 et 40. (C. D.) 

THOMSONITE. ( Min. ) C'est à M. Brooàe que l'on doit la 
connoissance de ce minéral, encore peu répandu dans les 
collections, qui ne s'est offert jusqu'ici que dans une seule 
localité , et dont la détermination spécifique laisse beaucoup 
à désirer *• 11 lui a donné le nom de thornsonite^ adopté par 
tous les minéralogistes en l'honneur du célèbre chimiste 
qui , le premier , en a fait connoître la véritable composi- 
tion. A en juger par le résultat de son analyse, que M. 

1 Toyex le tome 16 deê Annales de philosophie, page igS. 



THO 287 

Benelitia a confirmé depuis , on ne peut douter que la thom* 
sonite ne constitue bien réeliement une nouvelle eapèce ; 
maU il reste encore des incertitudes sur la nature du ayaleaic 
cristallin auquel ses cristaux doivent être rapportés. 

La thomsonite eat une substance blanche, vitreuse ^ trans- 
parente ou au moins translucide , d*une dureté médiocre et 
facile à casser. 

£lle s'offre sous la forme de prismes plus ou moini mo* 
difîés par des facettes sur les bords et sur les angles, et tut» 
ceptibles de clivage dans trois directions perpendiculaires 
entre elles. Suivant M. Beudant, la forme primitive de ces 
cristaux seroit le prisme droit à bases carrées , dont la hau- 
teur et le côté sont comme les nombres 22 et 3i* M. Brooke 
pense, au contraire, qu'ils dérivent d'un prisme droit rhom- 
boïdal de 90^ 40' et 89^ 20' ; et cette opinion a été adoptée 
par MM. Mohs, Haidinger et Phillips. Le clivage parallèle 
aux pans est d'une grande netteté ; la cassure est inégale ; 
êon éclat est vitreux et passe à l'éclat nacré. 

La thomsonite est fragile ; sa dureté est supérieure à celle 
du fluorite, et presque égale à celle de l'apatite; sa pesail- 
teur spécifique est de 2,37. (Brooke.) 

Elle se boursoufle au chalumeau et donne de l'eau par la 
calcination. Par un feu prolongé , elle devient opaque et d'un 
blanc de neige , sans se fondre : elle est soluble en gelée dans 
l'acide nitrique. 

Composition, =» 6ASi -H CaSi -f- 1 5 Aq. (Beudant. ) 



•S^B 


1 1 


ù 


1 






• 






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• 

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09 


0,20 


-8 

e 

« 


• 


i3,oo 


• 


36,8o 


3 1,36 


i5,4o 


0,00 


0,60 


ThomsoU' 


38,3o 


3o,30 


i3,54 


4^3 


0,40 


0,00 


i3,oo 


BeneUns. 



1. ThomsoniU cristallisée» En prismes quadrangulaires, mo- 
difiés sur les arêtes longitudinales par une ou plusieurs fa- 
cettes, et sur les bords de la base par une seule face, in- 
clinée sur le pan adjacent de 12 5** 22'. 



a8« , THO 

Ces cristaux sont ordinairement implantés par une de leurs 
extrémités sur leur gangue. Souvent ils se réunissent en rayon- 
junt autour d'un centre , et composent ainsi des groupes fia- 
belliformes ou des masses basilaires , à structure radiée. 

2. Thonuonite compacte. En masses amorphes, offrant des 
passages à la variété précédente. 

La thomsonite n'a encore été trouvée que dans une seule 
localité, à Kilpatricken Ecosse, dans des roches trappéenoes; 
elle y est accompagnée de prehnite. (Delafosse.)- 

THON, Thynnus, {îéhthyoL) Aux dépens du grand genre 
des Scombres de Linnœus et des autres ichthyologîstes , M. 
Cuvier a formé sous ce nom un genre de poissons qui ap- 
partient à sa cinquième famille des acantboptérygiens qu à 
celle des scombéroïdes, et qu'il faut rapportera celle des atrac- 
tosomes parmi les holobranches thoraciques de M. Duméril. 

Les caractères de ce genre sont les suivans : 
- Squelette osseux; des fausses nageoires très^distinetes à la suite 
de la nageoire anale et de la seconde nageoire dorsale, qui est 
hrès'rapprochée de la première et la touche mèm^ souvent; corps 
couvert partout de petites écailles , épais , arrondi , fusiformè; 
branchies complètes; catopes thoraciques; point d^ aiguillons au 
devant de la première nageoire dorsale; une carène saillante à 
chacun des côtés de la queue; une rangée de dents à chaque ma' 
choire; nageoires pectorales ordinaires, 

11 devient donc ainsi facile de distinguer les Thons des 
Maquereaux, chez lesquels les nageoires dorsales sont écar- 
tées; des SCOMBÉROÏDES , des GASTÉROSTéES , des CeNTRO NOTES , 

des Atropcs, des CySsioMOREs, des Céphalacanthes, des Lé- 
FisACANTHEs, des CiEsioNs ct dcs Caranxomores , qui n*ont 
qu'une seule nageoire dorsale; des Trachinotes, chez les- 
quels les nageoires du dos sont précédées d'aiguillons; des 
Germons, qui ont les nageoires pectorales extraordinairemen t 
longues; des Pom atomes , des Centropodes, des Caranx, des 
Pasteurs, des Sérioles et des Istiophores, qui n'ont point de 
fausses nageoires sur le dos ou sous la queue. (Voyez ces 
différens noms de genres, et ATRACTosoMEsdansle Supplément 
du tome 111 de ce Dictionnaire. ) 

En général, les thons ont Tintestin ample et l'estomac en 
cul-de-sac ; leurs cœcums sont nombreux. 



THO t8.j 

Ils vivent en grandes trdnpes et donnent lieu à des péchas 
très- productives. Parmi eux, nous citerons: ■ 

Le Thon commun : Thjrnnus vulgaris; Seomhtr Ûi^nits; 
Linnœus. Huit ou neuf fausses nageoires au-dessus et au-det- 
sous de la queue; corps très-alongé; tête petite; onlgros; 
ouverture de la bouche très*large ; mâchoire inférieure plu» 
avancée que la supérieure; dents aiguès ; langue courte et lisse; 
ori6ce des branchies très-grand ; écailles minces et foiblement 
attachées; nageoire de la queue très-étendue et en croissant. 

Les couleurs qui distinguent ce poisson ne sont pas très- 
variées ; mais elles sont agréables et briUantes. Son dos à lu 
nuance de Tacier poli ; celle de l'argent éclate sur son ventre, 
sur ses flancs et à la surface de son iris, dont la circonfé- 
rence est dorée. Toutes ses nageoires sont jaunes , à Tex- 
ception toutefois de la première dorsale, des catopes et dé 
'la caudale, qui sont d'un gris plus ou moins foncé. 

Les thons présentent communément des dimensions consi- 
dérables; aussi Pline et les autres auteurs anciens les ran- 
gée! ent-ils parmi les poissons les plus remarquables par leur 
volume. Le naturaliste romain affirme qu'on en a vu du 
poids de quinie talens; ce qui, à l'évaluation la plus basse 
et d'après Paneton , équivaudroit à six cent soixante- quinze 
de nos livres, et certains individus, mesurés par des observa- 
teurs modernes, ont présenté une taille de dix pieds et un 
poids de cent dix à cent vingt livres environ. Pennant, par 
exemple, a décrit un thon de sept pieds dix pouces de lon- 
gueur sur cinq pieds sept pouces de* circonférence et du. 
poids de quatre cent soixante livres. Le père Cetti assure 
que les thons du poids de mille livres ne sont pas très- rares 
en Sardaigne, et que Ton y en a pris quelquefois d'énormes 
et qui ne pesoient pas moins de dix-huit cents livres» 

Il n'est donc pas étonnant de voir ces animaux consommer 
une grande quantité de nourriture et annoncer une grande 
voracité. On les voit se jeter avec vivacité sur les dupées, 
les exocets, les maquereaux et même les jeunes individus de 
leur espèce, et se gorger goulûment de diverses espèces d'al- 
gues, comme pour tromper une faim dévorante. 

D'un autre côté, les requins, les renards de mer et plu- 
sieurs grands squales, ainsi que les xq>hias, sont, pour les 
54. 19 



a^o THO 

thons, des ennemis dangereux et que n'arrête poîiit leur 
réunion en troupes nombreuses. Ils sont également tourmentés 
par les piqûres des calyges et des géroflées, qui les rendent 
furieux, de la même manière que Tinsecte ailé des déserta 
brûlans de l'Afrique agité, irrite les panthères, les tigres 
et les lions, et devient pour eux un véritable fléau , malgré 
sa petitesse et sa foiblesse apparente. Pline connoissoit ce 
fkit; car il rapporte qu'un animal^ dont il compare le vo- 
lume à celui d'une araignée et la figure à celle du scorpion , 
se -fixe, se cramponne avec force auprès ou au-dessous des na- 
geoires pectorales du thon , le pique dje son aiguillon et lui 
cause une douleur si vive , qu'il le livre à une sorte de dé- 
lire, sous Tinfluence duquel il bondit avec violence au-des- 
sus de la surface des eaux , s'agite en tous sens, et excédé, 
égaré, transporté de rage, s'élanee sur le rivage ou sur le 
pont des vaisseaux , où il ne tarde point à succomber. 

Hi torti stlmulis incursant navihus altis, - 
Et sœpè in terram saliunt è gurgUe vasto. 
In tanto volvunt luctantia membra dolore, 

Opmih. 
On trouve le thon dans presque toutes les mers chaudes 
ou tempérées de l'Europe, de TAsie, de l'Afrique et de l'A- 
mérique ; mais il n'est point également commun dans toutes 
les saisons, ni dans toutes les portions de mer qu'il fréquente. 
Il entre dans la mer Méditerranée une quantité prodi- 
gieuse de thons par le détroit de Gibraltar. Ces poissons se 
divisent en deux troupes : Tune cherche les côtes d'Afrique \ 
l'autre, les rivages de l'Europe. Ceux-ci se répandent dans 
les mers de France, de Ligurie, d'Espagne et dans le canal 
de Piombino ; passant ensuite entre l'Ile d'Elbe et la Corse, 
ils viennent frayer sur les c6tes de Sardaigne. Les autres, 
après avoir longé les rives africaines, remontent dans la mer 
Noire , pour y déposer leurs œufs ou les féconder : ils sui- 
vent alors, dit-on, la rive droite du Bosphore, tandis qu'en 
revenant ils n*abandonnent point sa rive gauche; ee qui a 
fait iirancer à quelques anciens naturalistes que les thons 
voyoient plus clair de l'œil droit que du gauche : opinion 
déjà professée par Aristote et modifiée par Pline, qui ajoute 
aux assertions de ses devanciers, que dans le Bosphore, au- 



THO ag» 

près de Chalcédoiney il existe un rocher d*un blanc si écla- 
tant, qu'il effraie ces poissons et les force à se jeter du côté 
de Byzance. Depuis long-^temps déjà Tournefort a fait justice 
de ces erreurs* 

I/abbé Fortis assure aussi que les thons parcourent ea, 
grandes troupes les canaux voisins de TSle de Morter, sur les 
côtes de la Dalmatie. Beaucoup de ces poissons y passent 
niéuierhiver , particulièrement sur les bas-fonds, près du ha- 
meau de Ramina, où il y avoit autrefois des salines. 

En général, ils interrompent leurs voyages aux approches 
du froid et pour plusieurs mois , se retirant , a6n d'y passer 
l'hiver, dans les endroits où la mer a le plus de profondeur, 
et, de préférence, au-dessus des fonds limoneux. 

Les thons, outre les migrations périodiques et régulières 
dont il vient d'être question , entreprennent quelquefois des 
courses vagabondes, soit pour fuir un ennemi el éviter un 
danger, soit pour poursuivre une proie et apaiser une faim 
dévorante. L'espace alors ne semble point les arrêter ; ils 
franchissent avec une facilité merveilleuse les' golfes et les 
mers intérieures, et parcourent sans reUche des centaines dé 
lieues au sein de rimmense Océan. 

Souvent, durant leur traversée d'Europe en Amérique ou 
d'Amérique en Europe , les marins voient des thons accom* 
pagner leurs vaisseaux pendant plus de quarante fours de 
suite. C'est un fait que confirme Thibault de Çhauvalon dans 
son Voyage à la Martinique. 

Cette habitude qu'ont les poissons dont nous parlons de 
s'approcher des navires, peut bien tenir à la facilité avec 
laquelle ils se procurent leur nourriture au milieu des dé- 
bris de substances alimentaires que l'on jette à la mer. Mais, 
comme Ta noté Commerson, un autre motif paroît les re- 
tenir encore dans ce voisinage , au moins au milieu des mer* 
chaudes de l'Asie, de l'Afrique et de TAmérique, où les 
flots de lumière, versés à la surface de l'onde, les ébloui»^ 
sent, où les rayons ardèns du soleil des tropiques les fati- 
guent. Une escad^re est alors pour eux un abri flottant, qui 
leur prête son ombre tutélaire, et ils en obtiennent le même 
secours qii^ celui que leur offrent les rivages escarpés, les 
rochers avs^cés ^ les promontoires élevés. 



^9^ THO 

Diaprés la connoûsance que l'on a acquise des habitudes 
du thon, du genre de nourriture qu'il préfère, de sa vora- 
cité extrême, de l'audace avec laquelle il brave les dangers, 
de la frayeur que lui inspirent certains objets , de la 
périodicité d'une partie de ses courses , de la durée de ses 
migrations, on a choisi avec avantage, et depuis un teofips 
immémorial déjà , les époques, les endroits et les moyens les 
plus propres à lui déclarer une guerre productive. 

La pêche de ce poisson remonte au moins au siècle d'Aris- 
tote; car ce philosophe nous apprend que de son temps on 
la faiaoit aux portes de Byzance , sur l'emplacement de la- 
quelle est élevée Constantinople. Athénée et Oppien , qui 
écrivoient dans le second siècle de notre ère, en font égale- 
ment mention. Le premier rapporte qu'après avoir retiré 
leurs filets, les pêcheurs, ses contemporains, immoloient un 
thon à Neptune, auquel ils avoient déjà, du reste, avant 
de conunencer la pêche, offert un sacrifice du même genre , 
destinéà éloigner le xiphias, ennemi dangereux de nos poissons. 

Au rapport d'Athénée encore, on ne pêchoit le thon, dans 
l'Hellespont, la Propontide et le Pont-Euxin, que depuis le 
commencement du printemps jusque vers la fin de Tautomne. 
Du temps de Rondelet, c'est-à-dire dans le a 6.* siècle, c*étoit 
au printemps, en automne, et quelquefois en été, qu'on pre- 
noit une grande quantité de thons près des côtes d'Espagne , 
et surtout vers le détroit de Gibraltar. 

Depuis le tremblement de terre de 1 744 , lès thons parois- 
sent se diriger plus spécialement vers la côte d'Afrique, 
quoique , à Tissue de l'hiver , ils abondent encore sur les rî^ 
vages signalés par Rondelet. Ainsi on en pfend en quantité 
à Conil, à sept lieues de Cadix, ce qui appelle en cet en- 
droit une multitude de spectateurs , et ce qui valoit autre- 
fois, suivant Guys, l'auteur des Lettres sur la Grèce , au duc 
de Médina Sidonia une rente annuelle de 80,000 ducats, 
malgré l'infériorité de ces thons d^Espagne par rapport aux 
nôtres , qui sont et moins gros et plus délicats. 

Dans le golfe de Gascogne , en Espagne et en France , vers 
les Pyrénées occidentales, on s'occupe de la pêche des thons 
depuis les premiers jours d'Avril jusqu'en Octobre. 

Dans les autres contrées de la France on prévoit par l'ar* 



THO 295 

rivée des maquereaux celle des tkoni, qui les poursuivent 
pour en faire leur proie. 

Leur animosité contre ces poissons est en effet si marquée 
et si connue, que, pour les attirer dans un piège, il suffit 
de leur présenter un leurre qui imite même grossièrement 
la forme du maquereau. 

Uardeur avec laquelle ils chassent aussi les sardines 9 a 
conduit les pécheurs à un résultat analogue. C'est ainsi que , 
dans les environs de Bayonne , un bateau à roile tratae à sa 
suite des lignes, dont les hameçons sont garnb d'un petit sac 
de toile en forme de sardine , et ramène, à chaque course, 
plus de <^ent cinquante thons. 

Il existe du reste un grand 'nombre d,e manières de pécher 
le thon, et parmi elles on distingue la péehe au doigt, à la 
canne ^ au libouret^ au grand couple , au thonaire et à la ma^ 
drague, 

La première se fait avec une ligne de la longueur de 12 
à i5 brasses, tenue à la main, et d'une grosseur proportion- 
née au poids et au volume du poisson. Elle a lieu pendant 
la nuit , et est exécutée par deux hommes montés sur un 
léger bateau. 

La pèche à la canne consiste à attacher au bout d*uirc^ 
perche une ligne garnie , qu'on retire promptement dès 
que ranimai a mordu à Tappàt. Cette perche doit être fa- 
briquée d'un bois élastique et léger, de coudrier ou de saule, 
par exemple, auquel on devroit encore préférer celui du mi- 
cocoulier. Quant à là ligne , elle doit être composée d'une 
forte corde ou d'un assemblage de crins bien choisis, bien 
noués et teints en vert glauque* 

Le libouret est composé d'une corde ou ligne principale, 
à l'extrémité de laquelle est suspendu un poids de plomb , et qui 
passe au travers d'un morceau de bois qui tourne librement 
autour d'elle entre deux nanids, et auquel tient une autre 
ligne, garnie de plusieurs cordelettes armées d'hameçons, et 
de diverses longueurs, pour ne point se mêler les unes dans 
les autres, et avoir la faculté de se diriger cà et là, suivant 
le cours de l'eau. 

Avec cette espèce d'instrument, la pêche se fait à Tancre, 
et avec Taide de trois pêcheurs seulement* 



«94 THO 

Le ^rand couple des Basques est assez analogue au libouret , 
mais ou n*exécute ce genre de pèche que sur des barques 
montées de huit à dix hommes. 

En Provence on appelle thonaire^ un filet qui présente deux 
variétés : 

1.** Le thonaire de poste ou sédentaire ; 

2,^ La courantille ou thonaire dérivant. 

Le premier est composé de trois pièces de filet jointes les 
unes au bout des autres, et ayant chacune 8o brasses , ce 
qui fait que le filet entier en a deux dent quarante, et offre . 
une chute de 6 brasses. Le bas de ce filet n'est pas plombé |. 
mais on attache, de dix en dix brasses, à la corde qui le 
borde, des cablières du poids de lo à 12 livres chaeune; sa 
tête est soutenue par 160 flottes de liège , distribuées à une 
brasse et demie les unes des autres. On rétablit, un tout à 
la côte et Fautre au large, d*abord en ligne droite, ensuite 
on lui fait décrire un crochet. 

Le bout qui tient à la terre est fixe par un grapin de fer 
du poids de cent livres environ ; le reste flotte au gré Ju 
courant. Comme les thons suivent ordinairement les cAtes , 
lorsqu'ils rencontrent le filet , ils le côtoient dans sa longueur, 
et quand ils sont parvenus au contour de Textrémité, ils s^ef- 
farouchent, s'agitent et s'embarrassent eux-mêmes dans les 
mailles. 

. Quant à la courantille, elle est abandonnée à elle-même et 
dérive au gré du courant. Plus longue que le filet précédent 
et sans cablières au pied , devant représenter une sorte de 
panse ou de bourse, elle se jette en ligne droite, de manière 
à ce que le courant puisse la prendre de plein et l'entraîner. 
Un bateau, monté par quatre hommes, la tire par une de 
ses extrémités et souvent on ne la relève qu'à deux ou trois 
lieues de l'endroit où on l'avoit lancée à la mer. 

En Provence et dans le golfe de Messine, cette pêche n'est 
permise que depuis le milieu de Juin jusqu'au commencement 
d^Avril. 

La pêche principale des thons est celle dite à la madrague, 

pour l'accomplissement de laquelle il faut des parcs entiers, 

^ des appartemens , des chambres, le tout construit au fond de 

la mer, exécuté en cloisons et en filets, que soutiennent des 



THO agS 

flottes de liège étendues au moyen d'un lest de pierres main- 
tenues par des cordes, dont une extrémité est attachée à la 
iéie du filet, et l'autre amarrée à une ancre* 

Cest, sans contredit, jusqu'à présent, la plus savante et 
la plus parfaite de toutes les pèches qu'a inventées Findustrie 
des hommes. 

Elle est presque exclusivement en usage sur les côtes de 
Gènes, de Marseille et de Sardaigne, tandis que la thonaîre 
est plus usitée sur celles de Calabre et de Sicile. 

La ville de Martigues , suivant Pitton , réclame l'honneur 
de l'avoir inventée. 

Une madrague est destinée a arrêter les grandes troupes 
de thons au moment oii ils abandonnent les rivages pour vo- 
guer en pleine mer, et, dans ee but, on établit entre la rive 
^et la grande enceinte une allée de ehëisey que les thons sui- 
vent, en passant de chambre en chambre, de compartiment 
en compartiment, jusqu'au corpon ou corpouj qu'on appelle 
aussi la chambre de mort. 

Four les contraindre à se rassembler dans ce dernier asile , 
on les presse et on les pousse à l'aide d'un filet long de plus 
de vingt brasses , tendu derrière eux au moyen de deux ba- 
teaux, que Ton dirige vers le corpou, autour duquel arrivent 
en même temps plusieurs barques avec des pécheurs qui , sou- 
levant les filets, ramènent les poissons près de la surface de 
l'eau , où on les saisit et où on les enlève avec des crocs, comme 
on peut le voir dans le beau tableau de Joseph Vernet, qui 
décore les salles de notre Musée à Paris. 

On accourt à cette pêche comme à une fête, et on la fait 
au son des instrumens de musique. C'est en e£fet un spectacle 
curieux, comme l'ont dit Duhamel >et de Lacépède, que de 
voir ainsi entassés dans un petit espace sept ou huit cents 
poissons, dont quelques-uns pèsent cent cinquante livres; 
d'être témoin du combat qui s'établit entre eux et les pê- 
cheurs; des efforts que font les uns pour s'échapper ou te dé- 
fendre; de la légèreté et de l'activité des autres pour atta- 
quer , et cela au sein d'un horizon sans bornes , dans un air 
pur et doux, sous un ciel éclatant des feux d'un soleil vivi- 
fiant et réfléchi par des flots qu'agite mollement le souffle du 
séphir. 



•96 THO 

Quoi qû*il en soit , le produit de la pèche du thon , amené 
à terre dans des barques, est sur-le-champ déposé dans de 
grandes halles couvertes, après toutefois qu'on a tranché la 
tête à chacun des poissons qui en font partie et que Ton sus- 
pend sur la même ligne et par la queue au moyen d*un lacet 
de grosse corde. 

Là , en un instant , les chairs sont séparées en six parties 
différentes et dont chacune doit être soumise à un genre 
spécial de salaison. 

Les œufs et le foie sont salés à part de la même façon que 
la BoTARGCE (voyez ce mot) et mis ensuite à la presse. 

Le produit annuel de nos madragues de Provence doit être 
considérable , puisqu'Azuni évalue à un million celui des pê- 
cheries de Sardaigne , dans lesquelles , selon Cetti , on ne 
prend pas moins de 46,000 thons année commune. 

Ce fait devient croyable quand on le rapproche de ce que 
dit Quiqueran de Beaujeii , suivant lequel on a , de son temps, 
pris à Marseille, et en un seul jour, jusqu'à huit mille thons. 

La chair du thon est trés-savoureuse et très-délicate; aussi, 
depuis un temps immémorial , la reoherche-t-on sur les tables 
bien servies. Elle a beaucoup de rapports avec celle du 
veau. La tête et les parois du ventre sont du reste les mor- 
ceaux qu'on préfère aujourd'hui , comme on le fiiisoit déjà 
chez les anciens maîtres du monde. 

Comme celle de la Morue (voyez ce mot) , on la mange 
fraîche , salée ou mari née. C'est sous cette dernière forme 
qu'on la mange ordinairement à Paris , tandis qu'en Italie , 
en Espagne et en Turquie, le thon salé est très -commun, 
et faisoit autrefois, sous le nom de Ûionincy un objet de 
commerce très*- connu en France. 

Il paroit que chez les anciens on donnoit aux thons diffé- 
rens noms, selon leur âge et leur volume. Aristote, par 
exemple, rapporte qu'au sortir de l'œuf, on les appeloit 
cxofJhXtç et avj^tJ^ç-^ qu'au printemps suivant, on les nom- 
moit 7niXatfjiuJ)tç ^ et que ce n'étoit que Tannée d'ensuite qu'on 
les désignoit sous la dénomination de Biivvoi ou de OtivpiS^ç. 

La Bonite: Thynnus sarda, N.; Scomhersarda, Bloch. Sept 
fausses nageoires au-dessous et six au-dessus de la queue. Dos 
bleu ; rayé obliquement de noir. 



THO a97 

Ce poisson , qu'il ne faut pas confondre avec le êhomber 
alalunga de Gmelin, est a^fpelé àlalunga par les habîtans de 
la Sardaigne. 11 vit dans la Méditerranée comme le thon. Sa 
voracité est excessive. Il ne devient pas aussi gros que le 
thon, mais sa chair est plus blanche et plus délicate. A 
Malte on Testime beaucoup, 

La Bonite rayée : Tkynnus pelarnySj N»; Scomher pelamys , 
Linn. Huit petites nageoires au»dessus et sept au-dessous de 
la queue; dos bleu, marqué de quelques raies, qui se pro- 
longent Jongitudinalement sur les flancs; quatre raies longi- 
tudinales et noires sur le ventre, qui brille de la teinte de 
Targent; catopes bruns; nageoire anale nacrée; intérieur de 
la bouche noirâtre; iris, dessous de la tête et langue, comme 
dorés. 

Ce poisson parvient à la taille dVnviron deux pieds. On 
le rencontre dans le grand Océan, aussi bien que dans Tocéan 
Atlantique; mais on ne le voit communément que dans les 
environs de la zone torride. 

Sa chair est fort estimée. 

Le BoNiTOL : Thjynnus mediterraneus ; Scomher mediterraneus , 
Rondelet^ Dos bleu , marqué de larges bandes transverses 
noirâtres; six ou sept fausses nageoires ; dents fortes et 
pointues, tandis que celles des espèces précédentes sont fort 
petites. 

Moins gros que le thon, il vit dans l'Océan et la Médi- - 
terranée. 

Le scomhre Commersonien de feu de Laeépéde; le Wingt' 
ram de Russell; le scomber guUatus de Schneider; le scombé^ 
romore Plumier de feu de Lacépède , et le scomher maculatug 
de Mitchill, doivent être rapportés au genre Thon. (H. C.) 

THONNO. {Ichthjrol.) Les Italiens nomment ainsi le thon. 
(H. C.) 

THONSCHIEFER. (Mîn.) C'est un nom purement allemand , 
c'est-à-dire, qui n'a subi aucune altération, et qu'on em- 
ploie souvent dans des ouvrages françois, quoique notre nom 
de Schiste argileux y réponde parfaitement. Voyez ce mot. 
(B.) 

THONYM. {IchthyoL) Nom hollandois du Thon. Voyez ce 
mot. (H. C.) 



acjS THO 

THOR ou TOR. (Omith.) Ces nom»* désignent la tourterelle 
en hébreux. (Dbsm.) 

THOR et THOR A. (Mamm.) Noms chaldéena qui, au rap« 
port de quelques anciens auteurs , désignent le taureau. 
Peut-être le mot tkur en est-il synonyme. (Desm. ) 

THORA , TORA. (Bot.) La plante ainsi nommée par Ges- 
ner et d'autres anciens , est le ranunçulus thora de Linnsus. 
(J.) 

THORA -PiERU. {Bot.) Nom malabare, cité par Rhéede, 
du cajan , eytisus cajan de Linnseus, cajan d*Adanson, caja- 
nus de MM. De Candolle et Kunth. (J.) 

THORACINS. {Ichthyol.) Voyez Thoraciques. (H. C. ) 

THORACIQUES. (Ichihyol.) On donne ce nom aux pois- 
sons osseuse dont les catopes sont implantés immédiatement 
sous les nageoires pectorales. Suivant la classi6cation imagi- 
née par M. le professeur Duméril , ils constituent un sous- 
ordre dans le grand ordre *des holobranches. 

Le sous-ordre des thoraciques peut être ainsi caractérisé: 

Branchies complètes; catopes distiiietSj insérés sous les na- 
geoires pectorales. 

Il renferme plusieurs familles importantes, de la disposi- 
tion desquelles on. pourra prendre une idée dans le tableau 

suivant* 

Sous-ordre des Thoraciques* ^êm 

. , - ( latëraav Lsitaso 

(pretqae Mm haut %U9 leag ; ye»» i 

•t«ag<^ en ferme 4« lame • Prr*tos 

Îépioevses oa denieléet . . Acurrtc 
MBsëpioet Bideatelares. Lciot«« 

mâdioirae milUmles , owOTset OcriofT 

ea sëoëml feri greMe CimtLo 

■afMÎre d« Am tth» - loasne Lohi«i« 

F*' l les pectorale* i fael^aee tayoaa isolés DscTTti 

Îrosean •« plas gros a« miliea Atiact» 
irémift soaidea. . . . .^ PLicovo 

Voyez ces divers noms de familles, et Holobranches. (H. C.) 

THORACIQUES. {Oust.) Nom donné par M. de Blaia- 

ville , dans sa Méthode de classification des animaux , au 

groupe entier des crustacés décapodes proprement dits. 

(Desm.) 



^irès-mtoce 



i 



eompfimé ; 
remarquable 



THO :^99 

THORACIQUES ou STERNOXES. {Eniom.) Noms sous les- 
quels nous avons désigné une famille d'insectes coléoptères 
pentamérés, qui comprend les taupins, les buprestes et au- 
tres genres voisins, remarquables parleur sternum saillant et 
parla forme de leur corselet. Voyez Sterniôbs. (CD.) 

THORAX : Thorax f Pectut. {Anal, eomp.) On appelle ainsi, 
dans la généralité des animaux vertébrés , la cavité qui ren- 
ferme les principaux organes de la respiration et de la cir- 
culation. 

Dans THoMME cette cavité , de forme conolde , un peu 
aplatie antérieurement, placée au devant de la région dor- 
sale de la colonne vertébrale , est composée d'os et de carti- 
lages unis par des ligamens. 

Le Sternum^ sur la ligne moyenne et en avant, et douze 
côtes de chaque côté, forment la poitrine avec les douze «^€r- 
tèbres dorsales^ qui en occupent la partie postérieure, sui- 
vant en arrière lu ligne médiane comme le sternum ki par- 
court en avant entre. les deux clavicules et les cartilages des 
sept paires de vraies côtes , lesquelles représentent des arcs, Mas- 
tiques obliqAiement placés entre le rachis immobile et qui 
4cvient Thypomochiion ou point d'appui de leurs mouve- 
mens, et le sternum, qui jouit d'une certaine mobilité. 

Sur le squelette, la base du cône que représeate lé thorax 
jest en bas , excepté chez quelques femmes , où l'usage des 
corps de baleine a beaucoup rétréci sa partie inférieure et 
où la poitrine est alors renflée au milieu. Cette figure est 
fort différente de celle que l'on observe lorsque la cavité est 
recouverte de ses parties molles et en rapport avec les épaules; 
car, dans ce cas, la portion la plus large semble être située 
en haut. 

En général, la cavité du thorax est symétrique, c'esft-à*^ire 
parfaitement semblable à droite et à gaucihe : elle est aussi 
habituellement moins développée chez la femme que dans 
l'homme. 

Latéralement se$ parois offrent une série de onxe inter* 
valles obliques qui séparent les cotes les unes des autres et 
qui ont la même obliquité que ces os. Ils sont occupés par les 
muscles intercostaux. 

Le sommet du thorax circonscrit un espace vide et ova* 



3oo THO 

laife Irtimrenalemenl, par lequel pavent la tndiëe-artnpe, 
raesophage et les artères , les nerfs et les Tcines tfoi Tont de 
la poitrine aux membres thoracîques et à la tête, on qui, 
de ces parties, descendent dans la poitrine. 

Sa base, très-étendue, surtout transverulement , offre en 
ayant une échancrure considérable , au milieu de laqweiie est 
l'appendice xipboïde. 

L*axe de cette cavité est oblique de baut en bas et d'arrière 
en arant , en sorte qu*une li^e qui monteroit rerticalement 
du centre de sa base ne sortiroit point par le milieu de son 
sommet et viendroit percer la partie sopérieure du sternum. 

Sur le squelette encore la bantenr de la poitrine poioit 
bien plus marquée qu'elle ne ïett sur le corps reréta de ses 
parties molles, parce que, dans ce dernier état, le aiuscle 
diapbragme remonte asses baut dans son intérieur. Tons ses 
diamètres antéro-postérienrs et transverses sont d*aotant pins 
grands qu'on les mesure plus inférieurement. 

Ses dimensions présentent des variétés individuelles excc»> 
sivement nombreuses^ elles en offrent ausn de très-graadcs 
sous le double rapport et des iiges et des sexes. 
• • La bantenr de cette portion du tronc est , par exciaple , 
moindre chei la femme que cbez Tbomme. 

Ces différences ne sont pas moins ^andes si Ton examine 
comparativement le fœtus, Fenfiint, ladulte et le vieillard. 

Dans le fœtus la poitrine est trè»-convexe en avant en rai- 
son du volume considérable que présentent , à cette époque 
de Fexistence , le cœur et le thymus , tandis qu'elle est ré- 
trécie de gauche à droite, à cause du peu de développement 
des poumons. 

Mais , une fois que Fenfant a vu le jour» il s*opère une 
révolution subite dans Féteudue de son thorax, révolution 
qui tient à ce que les poumons, iusque4à resserrés sur eux- 
mêmes et refoulés dans un petit espace , admettant Fair dans 
leur tissu , doublant et triplent même leur volume , et for- 
cent ainsi à s'écarter les parois de la cavité qui les renferme. 

Vers Fépoque de la puberté, les côtes acquièrent plus de 
solidité et les cartilages stemo-costaux plus de densité , ce qui 
rend naturellement un peu moins libres les mouvcmeas des 
parois dm thorax. 



THO 3oi 

Chez l'adulte le sternum , quî^ durant renfance, ëtôit com- 
posé d une série de pièces isolées, ne forme plus qu'un seul 
ou deux os tout au plus, en même temps que le tissu des 
côtes , surchargé de phosphates terreux , devient par degrés 
de plus en plus cassant. On voit aussi très -souvent, sinon 
constamment , les cartilages de prolongement des côtes s'os- 
si6er , soit à Textérieur , par des plaques ou lames irrégu- 
Hères, très-compactes, soit à Tintérieur, par des points gra- 
niformes plus ou moins multipliés. 

Dans la femme les phénomènes de ce changement de tissu 
se manifestent bien moins vite et bien moins complètement 
que chez Thomme. 

. Les côtes de celle-là sont en général plus droites que celles 
de celui-ci, ce qui fait que la cage du thorax est habituel- 
lement plus étroite. 

La poitrine des Animaux mammifères autres que l'homme , 
varie considérablement sous le rapport de sa configuration. 
Dans ceux qui ne sont point clavicules, comme Tëléphant et 
le lamantin, elle est en général comprimée par les côtés, et 
le sternum forme en devant une saillie plus ou moins mar- 
quée. 

Dans les carnassiers et les paresseux, comme l'aï, le tho- 
rax est extrêmement alongé. 

Du reste, il est chez tous composé d'un sternum et de côUs* 

Le nombre et la figure de celles-ci sont sujets à de grandes 
variations, suivant. les familles auxquelles appartiennent les 
mammifères soumis à notre investigation. 

L'orang-outang et le pongo en ont douze, sept vertébro- 
stemalés, etcinq astemales, comme l'homme. 

Le saï en a treize, neuf des premières et quatre des secondes 
seulement. 

Dans les autres quadrumanes le nombre des côtes ne s'élève 
pas au-delà dé quinze et ne descend pas au-dessous de douze. 

On en compte quinze dans le hérisson et dans le phoque, 
mais le premier n'en offre, comme notre espèce, que sept 
vertébro-sternales, tandis que le second n'en présente pas 
moins de dix. 

Chez les carnassiers vermiformes le thorax est quelquefois 
limité sur les côtés par dix-neuf paires de ces os, qui, dans 



3o< THO 

Toun, le glouton) le raton, le loutre > ne sont pas en plus 
grand nombre que quatorze. 

Le lion , le ehai et le loup , sont munis chacun de treize 

« 

paires de c6tes, dont neuf sont vertébro-stemales, et quatre 
seulement asternales. 

Parmi les herbivores, Fhippopotame en possède quinze , 
sept vraies et huit fausses, et le tamanoir seize, dont dÎK vraies. 
Le cheval c*n a dix-huit, huit vraies et dix fausses; le rhino- 
céros dix-neuf, sept vraies et douze fausses; Téléphant vingt, 
sept Traies et treize fausses, etc. 

Parmi les cétacés , le dauphin et le marsouin en présentent 
six vraies et sept fausses, à droite et à gauche. 

Celui des animaux qui en offre le plus, est Tunau, qui 
en a vingt-trois de chaque c6té, et cependant Faï, qui en est 
voisin à tant d^autres rapports, n*a que huit paires de côtes 
vertébro-stemales et huit paires de c6tes asternales, ce qui 
réduit leur nombre à seize de chaque côté, tout en le por- 
tant au-delà de quatorze, indiqué naguère par Daubenton. 

Dans les carnassiers vermiformes les côtes sont communé- 
ment étroites, tandis que chez les herbivores, et surtout chez 
les ruminans, comme le bœuf, le chameau, la chèvre, ou 
chez les solipèdes, comme le cheval et Fane, elles sont larges 
et épaisses. Il en est de même dans le rhinocéros, Faï, Fêlé- 
phant et Fhippopotame , et leur largeur est telle dans le four- 
milier didactyle, qu'tlles sont placées en recouvrement les 
unes au-dessus des autres, comme les tuiles d*un toit. Cette 
dernière disposition doit augmenter de beaucoup la solidité 
des parois du thorax. 

L'éléphant a les côtes moins courbées, et plus amincies vers 
le bas, que celles d^aucun autre grand mammifère. 

Dans le rhinocéros les côtes de la première paire sont sou- 
dées ensemble vers le bas. 

Chez le grand mastodonte, cet animal fossile voisin des 
éléphans, ce colosse des mammifères quadrupèdes, que nos 
continens ne nourrissent plus aujourd'hui, les côtes, minces 
près du cartilage , sont épaisses vers le dos , et leurs six pre- 
mières paires sont très -fortes, en comparaison des autres, 
qui deviennent très-courtes aussi à proportion , ce qui a fait, 
avec justesse, conclure a M. Cuvier que Féléphant devoit 
avoir le ventre plus volumineux. 



THO 3oî 

Dans le tapir d'Amérique, où Ton compte de dix- neuf à 
vingt paires de côtes, ces os sont tous grêles et arrondis sur 
la plus grande partie de leur longueur. 

Dans tous les tatous, et spécialement dans Tencoubert et 
dans les cachicames , la première côte est d'Une largeur extra* 
ordinaire. 

Chez les cachicames, en particulier , les sept ou huit der- 
nières des onze côtes qui exbtentsont creusées en demi-canal 
et ont le bord postérieur saillant. Leurs parties stemftles s*o»« 
sifient et s'articulent les unes avec les autres, de la deuxième 
à la cinquième, par des petites apophyses , et dans les sui- 
vantes, par une grande portion de leurs bords. 

Dans les monotrèmes la moitié sternale des vraies côtes est 
ossifiée comme leur moitié rachidienne, et est unie k celle-, 
ci par un cartilage. 

Les côtes des phoques et de Totarie du Cap sont anguleuses 
plutôt que plates , et minces en comparaison de celles des 
lamantins , qui sont singulièrement grosses et épaisses, et qui , 
aussi couvexes en dedans qu'en dehors, disposition unique 
chez les mammifères, ont leurs deux bords arrondis. . 

Dans le dauphin la partie sternale des côtes est ossiûée. 

Le narwal , ainsi que nous l'apprend M. Scoresby , a six 
paires de vraies côtes et six paires de fausses côtea, toutes 
également assez grêles. 

Dans les baleines, les quatre dernières et les deux premières 
de^ quinze paires de côtes qui existent, n'atteignent point le 
corps des vertèbres qui leur répondent et ne s'attachent qu'aux 
apophyses transverses. 

Quand il s'agit des mammifères , le mot de sternum est , pour 
les anatomistes qui s'adonnent à la philosophie de la science, 
un nom collectif qui s'applique à un ensemble de pièces dont 
est formée la partie inférieure du thorax, et destinées, d'une 
part , à gouverner le mécanisme des parois de cette cavité , 
de l'autre, à défendre contre le contact des corps extérieurs 
l'important laboratoire des phénomènes chimiques de la res- 
piratipn. 

Tout sternum, dans les animaux de cette classe, est, en 
effet, formé par une suite de pièces osseuses placées à la file 
les unes des autres sur la ligne médiane et le plus ordinai« 
remeut au nombre de neuf. 



3o4 THO 

Loi!sque le thorax est porté à ton plus grand développe* 
ment en longueur, ces pièces sont toutes impaires. 

Lorsque , au contraire , cette carité est aussi large , aussi 
ample que possible , elles peuvent , quoiqu'en série , être 
accouplées deux à deux, comme dans romithorinque, qui 
se rapproche en cela des reptiles. 

C'est dans les phoques , qui se distinguent d^ailleurs des 
autres mammifères par un plus long coffre pectoral , que cette 
espèce d'appareil se montre avec le plus de simplicité et que 
les pièces qui le composent semblent présenter le plus d'ho- 
mogénéité, la dernière seulement- étant et plus longue et plus 
grêle que les autres. En avant de la première on observe 
une proéminence pointue , qui reste cartilagineuse dans les 
phoques , mais qui s'ossifie dans les otaries. 

On retrouve également neuf pièces dans Iç sternum des 
lions, des tigres, des léopards, des lynx, des panthères et 
de la plupart des carnassiers, de même que dans celui des 
paresseux. 

Dans les animaux à sabots , le cochon , le cheval , l'élé- 
phant, le rhinocéros, l'àne, le tapir, on ne trouve que six 
à sept 08 sfemaux , la poitrine étant plus courte d*avan-t en 
arrière que dans les précédens. Chez tous , en outre , les deux 
dernières pièces, qu'on a désignées récemment sous la déno' 
minatîon de xiphisternaux ^ sont placées côte à côte. 

L'orang-outang et le pongo ont un sternum large à peu 
près comme celui de l'homme. Les autres quadrumanes ont 
cet os étroit et composé de sept à huit pièces. 

Les chéiroptères, la roussette en particulier, ont un ster- 
num étroit, surmonté antérieurement d'une carène élevée et 
terminée, danU le même sens^ en une sorte de T, sur les 
branches duquel viennent se poser les clavicules. 

Dans le tamanoir et le tamandua, chacun des os du ster- 
num a une espèce de double corps, une partie cylindrique 
au dedans de la poitrine, et une partie comprimée vers le 
dehors. Les cartilages de prolongement des côtes, complète- 
ment ossifiés, s'articulent' par deux têtes distinctes < chacun 
avec )Ces deux parties. 

Dans les pangolins on compte huit os slernaux aplatis $ les 
trois avant -derniers sont placés transversalement, et le der- 



THO 5o5 

nier, très-long, cylindrique et bifurqué, te termine en deux 
fortes cordes fibreuses, qui aident beaucoup ces animaux à 
se ployer en boule. 

Dans le dauphin et Thypéroodon , dont on conserve un 
squelette au Musée du Collège royal des chirurgiens de Lon- 
dres, le sternum n*est composé que de trois pièces uniquement. 

Celui des cachalots et des baleines n*a pas encore pu être 
soumis à un examen approfondi. 

Le thorax des Oiseaux, quoique formé simplement par 
les côtes et le sternum , comme chez les mammifères, est ce- 
pendant beaucoup plus étendu proportionnellement que chez 
ceux-ci. Cela tient à ce que le sternum a d'autres dimensions 
et d'autres formes; car le nombre des côtes est ici générale? 
ment moindre, et les espèces- qui, comme le caaoar de Java , 
en présentent le plus , n'en ont jamais que onze paires. L'au- 
truche même en a neuf seulement, et le casoar de la Nou- 
velle-Hollande n'en possède que huit. 

Les côtes , dans les oiseaux , sont caractérisées par plusieurs 
particularités et ne sont pas situées de la même manière que 
dans les mammifères. 

Les côtes asternales ou fausses, par exemple, précèdent 
le plus communément les autres, quoiqu'il y en ait aussi 
quelquefois en arrière, comme sur le casoar de Java, chez 
lequel, sur les onze côtes que présente chacun des côtés de 
son thorax , il y a quatre asternales en avant, trois asternales 
en arrière, et quatre vertébro-stemales moyennes. 

L'extrémité rachidienne de ces os est bifurquée; l'une de 
ces branches porte sur le corps d'une seule vertèbre dorsale ^ 
et l'autre sur son apophyse transverse. Leur extrémité ster- 
nale s'articule avec une lame osseuse , comprimée , qui rem- 
place le cartilage sterno-costal des mammifères. Elle fait avec 
cette portion osseuse un angle obtus , dont la piartie saillante 
tst dirigée en arrière. 

' La région moyenne du bord postérieur de chacune des côtes 
vertébro-stemales porte une apophyse aplatie, dirigée obli- 
quement en aMère et enbaut, au-dessus de la côte qui suit, 
de manière que tous ces os prennent des points d'appui les 
uns sur les autres. Ces apophyses sont surtout développées 
dans les espèces destinées à un vol très-élevé et très-prolbngë: 

54. 20 



3o6 THO 

duks la plupart des rapaces, Tépenrier en particulier , cha« 
cane d* elles occupe presque deux espaces intercostaux. Chez 
le plus grand nombre des passereaux, teb que la pie, et des 
^llinarés, tels que Ja perdrix, le coq de bruyères, le faisan, 
la caille, elles n'en occupent plus qu'un et paroissent plus 
foibles : le casoar de la Nouvelle-Hollande en est même tout- 
à-fait privé, 

Daus les rapaces, et en particulier dans Taigle de mer, 
dansle hibou et quelques au Ires oiseaux, les côtes sont creuses 
et remplies d*un air qu'elles reçoivent par plusieurs trous vi- 
sibles en dedans de la cavité du thorax* 

Le sternum des oiseaux est très-large et presque carré : il 
est fort peu épais et recouvre non -seulement le thorax j mais 
encore une grande partie de Fabdomen. 

Sa face antérieure , convexe, porte, sur la ligne moyenne, 
dans tous les oiseaux qui volent , une eréte très -saillante et 
en forme de carène, ce qui -Fa fait généralement comparer 
à la quille d^un navire. Son extrémité antérieure est comme 
tronquée pour recevoir latéralement les deux grosses clavi- 
cules; la postérieure est fort amincie et se trouve percée de 
trous ou d*échancrures profondes, destinées à rendre Fos plus 
léger. Quelquefois aussi elle est tronquée comme rantërieure 
et porte deux angles plus ou moins alongés , ainsi que cela 
a lieu dans Tépervier, ou même trois, ainsi qu*on Tobserve 
dans le jacana et le martin-pêcheur. 

Cet os, chei les oiseaux, est ordinairement composé de 
cinq pièces : une moyenne , de laquelle fait partie la carène; 
deux latérales antérieures pour rattache des côtes, et deux 
latérales postérieures en forme d*anscs pour Textension de sa 
surface. Le plus ou moins d*ossi6cation de ces dernières dé- 
note le plus ou moins de vigueur des oiseaux pour le vol, 
L*étendue du sternum et le volume de sa crête moyenne 
permettent aux muscles abaisseurs de Taile de se fixer sur 
de larges surlaces, et doivent varier suivant le genre de vie 
des oiseaux. Ainsi, dans Tautruche et le casoar, par exem- 
ple, qui ne volent point, cet os se rapproche de ce qu'il est 
dans rhomme : il n*a point de crête, mais il est large et courbé» 
comme un bouclier d*une forme à peu près ovale, et d'une 
grande épaisseur. Il manque aussi des ouvertures que nous 



THO 3o7 

venons d'indiquer comme propres à en diminuer la pesan- 
teur. Dans les oiseaux de proie, au contraire, qui volent beau- 
coup, il est trés-concave, trés-mince et surmonté d'une crête 
très-prononcée, et dans Taigle de mer, au rapport de P, Cam- 
per, il est même creux et rempli d'air, ce qui le rend des 
plus légers. 

Dans la grue et dans quelques autres oiseaux du même 
ordre ou de celui des palmipèdes, le sternum, fort étroit, 
entièrement osseux, loge, dans son épaisseur, une portion 
de la trachée-artère. 

Les cinq pièces dont le sternum des oiseaux est composé 
originairement, c'est-à-dire dans les très -jeunes individus, 
ont été considérées récemment comme des os distincts et ont 
même reçu des noms particuliers. Celle qui porte la carène 
est VenlO'Sternal de M. le professeur Geoffroy ; les deux laté- 
rales antérieures sont ses hyo-stetnaux ^ et les deux latérales 
postérieures ses hjypo-sternaux. Cette disposition est reconnue 
de tous les observateurs; mais j*avoue n'avoir pas été austi 
heureux que notre savant collaburateur, toutes les fois qu'il 
s'est agi de reconnoCtre son épisternalf qu'il suppose exister 
en avant de Tento-sternal, entre les articulations des os co- 
racoidiens, et qui n'est qu'une apophyse de cet ento-stemaly 
généralement fourchue dans les passereaux. De même ses 
xiphisternaux , dont ilcherche les analogues dans la premi^e 
et la dernière pièce du sternum des chéloniens, ne me pa- 
roissent être que deux prolongemens cartilagineux, qui» 
dans les jeunes sujets, s'étendent en arrière de l'ento-siernal* 
Il n'existe point de suture entre eux et celui*ci, et le savant 
observateur que nous venons de citer n'a vu encore l'épister^ 
nal isolé que sur un jeune rouge-gorge. 

Nous avons déjà fait connoitre les particularités qui dis- 
tinguent le thorax des Reptiles, et ce qu'il faut penser de la 
disposition de cette cavité dans les Poissons ( voyez tome 
XLIl, pag. iSs et suiv. , et tome XLV, pag. 180 et suiv.)« 
Nous n'y reviendrons point ici* 

Tout ce qui concerne le Thorax des Insectes a été exposé, 
par M. Duméril, à l'article Insectes. Voyez ce mot. (H. C.) 

THORAX ou CORSELET. {Entom.) On appelle ainsi la 
partie du tronc des insectes qui est comprise entre la tête et 



So8 THO 

rabdomen ou le ventre. C'est sur le thorax et «es diverse» 
régions que les trois paires de pattes et les ailes sont articulées 
et mobiles. Trois segmens ou portions principales constituent 
cette région du corps, mais elles ne sont pas constamment 
trés-distinctes; le mode de jonction des trois pattes de chaque 
côté en indique seulement la présence. On a donné à ces 
trois segmens les noms de prolhorax , mésothorax et mélathorax. 
On distingue dans le thorax la partie supérieure, que Ton 
nomme dos du corselet; les bords qui sont sur les côtés et la 
région inférieure, à laquelle on donne plus particulièrement 
le nom de poitrine , dont la ligne moyenne , plus ou moins 
saillante et prolongée , est appelée sternum. Voyez, pour plus 
de détails , Tarticle Insectes, tome XXIII, pag. 436. (C. D.) 

THORAX» (ConchyL) Nom employé autrefois pour dési- 
gner la petite coquille du genre Porcelaine qui servoit , dît« 
on, de monnoie en Guinée, C monetaf Linn.; le cauris ou 
hauris. (De B.) j^ 

THORE. ( Bot.) On donne vulgairement ce nom à un aco- 
nit et à une renoncule. ( L. D. ) 

THORÉA. {Bot.) Genre de plantes de la famille des al- 
gues, qui fait partie de l'ordre des confervoîdes , division 
des batrachospermées , dans la méthode d'Agardh. Ces plantes 
sont en effet confervoîdes. Elles se distinguent de tous les 
autres genres par leurs filamens solides, point articulés, fili- 
formes, muqueux , rameux , hérissés d'une multitude de filets 
semblables à des cils courts, fins, articulés^ et qui forment un 
duvet sur toutes les parties du végétal : Agardh les considère 
comme des rameaux simples. Ce genre , établi par M. Bory 
de Saint- Vincent, a été adopté par les naturalistes. Il se rap- 
proche du Batrachospermum et du Draparnaldia , et surtout du 
premier, dont Taffinité a été indiquée par l'auteur même du 
genre. Les espèces du genre Thorea sont des plantes aquati- 
ques qui se plaisent dans les eaux douces et courantes; elles 
sont faciles à reconnoitre par leur forme élégante et leur 
mouvement vermiforme. Elles sont d'un noir verdàtre, d'un 
pourpre violet ou même vertes. On n'en distingue qu'un petit 
nombre ; et M. Bory de Saint- Vincent en décrit quatre dans son 
mémoire sur ce genre, inséré dans les Annales du Muséum d'his- 
toire naturelle de Paris, vol. 12 , p. 126, qui se trouvent 



THO 309 

consignées dans le Systema algarum d'Agardh, et réduites à 
deux dans le Sjystema de Curi Sprengel. Ces plantes ne pré- 
sentent aucun organe qu^on puisse présumer être la fructifi- 
cation, et différent essentiellement en cela des Batrachosper" 
mum, avec lesquels M. De Candolle avoit réuni l'espèce prio- 
cipale. 

1. Le Thoréa TRÈs-aAMEUx : Thorea ramosissima y Bory, 
Ann. du Mus., 12, pag. 1269 pL 18, fîg. 1 ; Berlin, Magaz,f 
]do8, pL 6, fig. 1 ; Turpin , atlas de ce Dictionnaire, cahier 
5o , pi. 10, fîg. 2 ; Agardb , SysU alg, , pag. 56; Spreng., 
Sjyst, , 5 , pag. 370; Thorea Lehmanni , Hornem., in Flor. 
Dan. y pi. 1694, fîg. 1 ; Batrachospermum hispidum, Decand.y 
FI or. franc. , 2 , pag. 60 j Conferva hirsata , Thore , Chlor» 
Land, , p. /l|4o. Filamens trés-rameux, à rameaux courts, 
d'un vert noir, mais qui par la dessiccation deviennent vio- 
lacés. Plusieurs de ces filamens naissent d'une petite plaque 
fixée sur les corps plongés dans les nvières et les eaux cou- 
rantes , sur les racines des arbres , les pierres et les parois des 
bateaux, sur les pieux, etc., et s'y développent jusqu'au 
point d'atteindre plusieurs pieds de longueur. Cette plante a 
été trouvée d'abord par M* Thore dansl'Adour, et il l'a fait 
eonnoitre , le premieif , dans le Magasin encyclopédique , 
vol. 6 , pag. 598, sous le nom de conferva hispida. On l'a dé- 
couverte ensuite dans un grand nombre de rivières , en 
France. Nous FavQns récoltée en grande quantité dans la 
Seine, adhérente aux bateaux et aux racines des arbres. Elle 
a été observée dans plusieurs parties de l'Allemagne, dans le 
Rhin, etc. Quand on étale cette plante sur du papier, on 
voit qu'elle est entièrement recouverte de cils qui lui don« 
nent l'aspect velu. Dans la variété qui croit dans l'Adour, les 
cils sont plus grands et les rameaux plus épais. Dans la variété 
parisienne les filamens sont beaucoup plus grêles et les cils 
plus fins; la plante est aussi d'un violet noirâtre. On cite 
d'autres variétés de cette espèce. 

On trouvera dans le mémoire de M. Bory de Saint-Vin- 
cent la note des expériences chimiques faites sur la nature 
de cette plante, et d'après lesquelles l'auteur conclut que le 
Tiiorea se rapproche des plantes qu'on a nommées aniinalisées, 

2. Le Thorea viouicé: Tkorea violac^a , Bory, /. e., pi. id,, 



3io THO 

lig« 2 , et Berlin, Afagaz, , 1806 , pL 6 , fig. 2 ; Turpia , atlas 
de ce Dictionnaire, cah. 5o, pi. lo^fig. 5; Agardh , 5^s/.« 
/. c; Conf. JUxuosa , Bory , Voy. aux quatre iles d'Afrique 9 2 , 
p. 336; Curt Sprengel, loc. cit., p. 370. Filamens trés-loogs , 
presque ou tout-à-fait simples et d'un violet pourpré. Cette 
espèce a été recueillie par M. Bory de Saint- Vincent dans 
Feau pure , froide et rapide des sources de la rivière des 
Remparts, torrent de Fila de Bourbon. £)le adhëroit appli- 
quée contre des rochers de laves. A sa base on observe de 
petits bourgeons qui semblent être des rameaux avortés. La 
plante vivante est d'un violet pourpre , ce qui la distingue 
de la précédente, laquelle, dans le même état, est d'un vert 
obscur. 

3« Le Thoréa VERT : Thorea viridis , Bory, loc, cit.^ fîg. 3; 
Turpin, atlas de ce Dictionnaire, cah. 5o,pL )o, fig. 1. Fila- 
mens rameux, d*iin vert-pomme vif, plus courts que dans 
l'espèce précédente , couverts d'un duvet plus long. Cette 
espèce brunit avec Tàge. Sa patrie n'est pas connue. 

4* Le Thoréa plume; Thorea pluma , Bory, loc. cit,^ ^g* 4* 
Cette espèce s'éloigne beaucoup des précédentes par sa ma- 
nière de croître et par sa structure , et il peut très-bien se 
faire qu'elle ne puisse rester dans ce genre. Ses filamens sont 
d'un blanc de neige, en forme de plume, avec les rameaux 
alongés, d'un gris noirâtre. Cette plante, qui a l'apparence 
d*un mueor, croit sur le lichen salazinus , Bory, à File de 
Bourbon. 

Nous citerons encore une espèce de ce genre, qui pourra 
&'en éloigner : elle a été trouvée par M. Gaudichaud dans la 
mer, aux lies Marianes; c'est le Thorea viridisy Agardh , Syst. 
Elle est rameuse et d'un vert olive. (Lem.) 

THORINE. (CTiim.) M. Berselius avoit donné ce nom à une 
base salifiable, analogue aux bases terreuses, qu'il croyoit 
d'une nature pirticulière. En 1825 il reconnut que la tho- 
rine étoit un phosphate d'yttria. (Ch.) 

THORNBOCK. [ichthjyoL) Un des noms anglois de la raie 
hoMclée. Voyfx Raie. (H. C.) 

THORPATH. {Bot.) Nom ancien africain du raifort, cité 
par Menlzel. Il fait aussi mention , ainsi que Ruellius, du 
thorpaOuadoe des Carthaginois, qu'il croit être Fapios de Dios- 



THO Su 

coride. Cet apios est une plante laiteuse et à racine tubé- 
reuse , suivant cet ancien auteur. Pour cette raisoa les uns 
ont cru que c^étoit un tithymale à racine tubéreuse; les au- 
tres ont donné plus justement ce nom à une plante légumi- 
neuse également tubéreuse et doniiant du lait, dont Boè'r- 
haave faisoit son apios, adopté d'abord par Linnsus, ensuite 
reporté par lui à son glycinay et plus récemment rétabli par 
plusieurs modernes. (J. ) 

THORYBETRON. {Bol.) Voyez DoBYPFraoN. ( J.) 

THOS. (Mo/fim; ) Les anciens donnoient ce nom à un mam- 
mifère carnassier , qui paroit devoir être rapporté à Fespèce 
du chacal. (Dbsm.) 

THOTTEA. {Bot.) Genre établi par Rottboll {Nov. aet. Dan. , 
2, pag. 53o, tab. 2), auquel il attribue pour caractère essen- 
tiel : Une corolle monopétale , supérieure ; son limbe partagé 
en trois lobes ; peint de calice ; un réceptacle tronqué , en 
rayon; un stigmate sessile au centre de» rayons; des étaminet 
nombreuses, insérées sur le réceptacle; une silique à quatre 
angles. (Poia.) 

THOUAROU. {Orhith.) Le sterne noddi est ainsi nommé 
à la Guiane , selon le rapport de Barrère. (Dbsm.) 

THOUARSE. {Bot.) VoycE Thuabea. (Foie.) 

THOUIN. {îchthyol.) Nom spécifique d*un RhinObate. 
Voyez ce mot. (H. C.) 

THOUINIA. {Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs 
complètes , polypétalées , de Ja famille des sapindées , de 
Yoctandrie monogyme de Linnsus , offrant pour caractère es- 
sentiel : Un calice persistant, à quatre divisions profondes; 
quatre pétales velus en dedans ; huit étamines ; un .ovaire 
supérieur; un style; trois stigmates; trois capsules réunies à 
la base du style , monospermes , se séparant au sommet, sur- 
montées d'une aile membraneuse. 

Deux autres genres avoient déjà été établis sous le nom de 
Thouima, mais ils n'ont .pu être acceptés , soit parce qu'ils 
appartenoient dé^à comme espèces à d'autres genres, soit 
parce qu'ils étoient connus sous d'autres noms : c'est ainsi 
que le Thouinia de Thunberg et de Swartz s'est trouvé être 
une espèce de chionanlhus , et le Thouinia de Smith , un hum* 
hertià de M. de Lamarck. M. Poiteau, îalouj: également jde 



3i* THO 

jrendre hommage au savant distingué dont il a reçu , comme 
.tant d'autres, des preuves de bienveillance et de bonté, a 
rappelé un nom chéri pour l'appliquer à ua nouveau genre, 
qu'il a découvert dans F Amérique. 

.' Tbouinia a feuilles simples ^ Thouinia êimplicifolia , Poit. , 
in Annal. Mus. Par* , 3 , page 71 , tab. 6. Arbrisseau composé 
d*un grand nombre de tiges simples, roides, arquées, Ion* 
gués de huit ou quinze pieds, souvent soutenues par le.« ar- 
brisseaux qui les avoisinent. Le bois est très-dur ; les feuilles 
sont alternes, pétiolées, roides , lancéolées, aiguës , glabres , 
dentées en scie, réticulées et un peu tomenteuses en dessous^ 
longues de trois ou cinq pouces, larges de deuxr Le» fleurs 
•ont petites, blanchâtres, disposées en épis axillaires, plus 
courts que les feuilles; le calice est campanule, persistant, à 
quatre divisions profondes , concaves, ovales, obtuses; deux 
opposées plus étroites; la corolle est plus longue que le calice; 
les pétales sont cunéiformes, concaves , garnis d*une touffe de 
poils vers le milieu de leur côté inférieur, insérés à la base 
extérieure d*un bourrelet glanduleux , à quatre lobes ; les fila* 
mens sont de la longueur des pétales; Tovaire supérieur est à 
trois faces; le style droit , persistant, terminé par trois stig* 
mates subulés, étalés» Le fruit est composé de trois capsules 
attachées à la base du style, terminées par une aile mem» 
braneuse, renfermant une semence ovale, insérée à la base 
de la. loge, recouverte d'une seule tunique, composée d^m 
embryon, dont la radicule est subulée, dirigée vers la base ; 
les deux cotylédons sont inégalement repliés vers la radicule. 
Cette plante crottà File de Saint-Domingue. 

- Thouinia a feuilles tèrnées ; Thouinia trifoUata^ Poit., loc, 
êiu , et vol. 5 , tab. 12^4 Arbre dont les rameaux sont chargés 
de feuilles alternes, pétiolées, ternées; les folioles en ovale 
renversé, glabres, dentées, luisantes en dessus et sillonnées 
par des nervures saillantes en dessous, munies à chaque angle 
d'une petite touffe de poils; la foliole terminale, étant plus 
grande que les deux autres , est longue de trois ou quatre 
pouces. Les fleurs sont disposées comme dans l'espèce pré- 
cédente et leur ressemblent; les pétales ont la forme de spa- 
tule. Cette plante croit à Saint-Domingue. 

Thouinia a feuilles ailées; T^oi/iniapinnato, Turp. , Ann. 



THO 3i3 

du Mus. de Paris , 5 , p. 401 , fab. 26. Arbre de moyenne taille , 
terminé par iine tête arrondie, composée de rameaux diffus, 
garnis de feuilles alternes, ailées; ces failles compoaées d'une 
à trois paires de folioles opposées , ovales-oblongues, glabres, 
coriaces, luisantes, entières, un peu échancrées au sommet; lon- 
gues de deux ou trois pouces. Les fleurs so^nt blanches , petites , 
nombreuses , disposées en une panicule terminale. Les divi- 
sions du calice sont profondes, ovales, oblongues, inégales; 
les pétales concaves, soyeux , cunéiformes, onguiculés, mu- 
nis vers leur base d'un appendice à deux lobes ; les jûlamens 
de la longueur des pétales, soyeux à leur base, entourés d'un 
bourrelet glanduleux ; lesanihéres droites, ovales; Tovaire est 
à trois faces; le stigmate médiocrement bifide; le fruit assez 
gros, composé de trois capsules monospermes, indéhiscentes, 
terminées chacune par une aile membraneuse, longue de plus 
d'un pouce. Cette plante croît à Saint-Domingue. 

Thocinia a dix Staminés : Thouinia decandra, Humb. et 
BonpL, PL œquin.^ 1 , page 198, tab. 56; Poir., ///. gen,, 
SuppL, tab. 943. Arbre de quinze ou vingt pieds, dont les 
rameaux sont glabres, étalés, inclinés, chargés à leup.extré-* 
mité de feuilles alternes, pétiolées, longues de six ou dix 
pouces, ailées sans impaire, composées de quatre ou six 
paires de folioles pédicellées, longues de deux ou trois 
pouces; larges de huit lignes, membraneuses, lancéolées, 
glabres, dentées, d'un vert tendre. Les fleurs sont disposées 
en une panicule terminale, petites, sesslles, nombreuses, 
d*un blanc pâle. Les folioles du calice sont lancéolées, plus 
courtes que la corolle ; les pétales glabres, oblongs; il y a dix 
étamines insérées sur un disque placé sous le pistil ; les an* 
théres sont à deux loges , et ^'ouvrent latéralement; Tovaire est 
triangulaire; le stigmate trifide. Le fruit est composé de trois 
capsules ovales, monospermés, réunies par leur base, diver- 
gentes, terminées par une aile oblongue, membraneuse; les se- 
mences sont lenticulaires. Cette plante croit sur les bords de la 
mer du Sud, dans les environs de la ville d'Acapulco. (Poir.) 

THOUR. {Mamnt,) Voyez Th ta, (Desm.) 

THO US. {Mamm-.) Le thous ou thos des anciens {Thoes^ 
Pline , liv. 8 , ch. 34) , paroit être le chacal. (Desm. ) 

THOUYOU. ( Ornith. ) Ce nom est une abréviation du 



Si4 THO 

mot thouyoufou par lequel le jabiru est désigné à la Guiane. 
Il ne faut pas le confpDdre avec celui de touyou^ qui dé- 
signe le nandu ou autruche à trois doigts , des terres Magel- 
laniques. Voyez Touyou et Nandd. (Desm.) 

THOVAYLE. {Bot.) Voyez Ma^re de dios. (J.) 

THRACIE, nracia. {Conchyl.) Genre de coquilles ëUbll 
par le docteur Leach pour quelques espèces qui se groupent 
autour du mya puheêceiu de Linné, et que nous avons ainsi 
caractérisé, Tauteur ne l'ayant pas fait,^da moins à notre 
connoissance .* Coquiltè mince , bombée , ovale , inéquivalve , 
inéquilatérale , à sommets bien marqués, un peu recourbés 
en avant; charnière dissemblable; une échancrure anguleuse, 
un peu profonde, et en avant une callosité nymphale , étroite, 
pour rinsertion d*un ligament externe sur la valve droite; 
correspondant à un cuilleron ou avance plus prononcée et 
deux plis obliques de la valve gauche; deux impressions mus- 
culaires petites, distantes ; Tantérieure très-abaissée et réunie 
à la postérieure par une ligule palléale assez rentrée en arriére. 

Nous avons caractérisé ce genre d'après une assez grande 
coqtiille que nous avons vue chez M. Deshayes. Elle est toute 
blanche, fort mince, un peu irrégulière, comme vésicu- 
léuse; elle a été figurée, atlas de ce Dictionnaire, pi. 76, 
fig. 7 , sous le nom de Thracie corbuloide , T, corhuLoidea» 
J'ignore sa patrie. 11 me paroit qu'elle n'étoit pas complète 
et qu'il lui manquoit une sorte de petite pièce calcaire trans- 
verse, soutenant, pour ainsi dire, le ligament, comme on en 
voit dans Vanatina mjalis de M. de Lamarck. Alors ce genre 
rentrera dans une petite famille, à laquelle M. Deshayes 
donne le nom d'Ostéodesnie* 

Quant à la seconde espèce , que nous avons rapportée à ce 
genre sous le nom de T. pubescens, M. Leach la rapporte au 
mya pubescens de Linné , nom qui n'existe cependant pas dans 
cet auteur, ou du moins dans l'édition de Gemlin. (De B.) 

THRAN* (JchthyoL) Presque tous les peuples de l'Europe 
boréale s*accordent à nommer ainsi Vhuile de baleine et Vhuile 
de poissons indififéremment. 

Le thran clair est celui que l'on tire, par expression, de 
la graisse non bouillie. 

Le thran brun vient de la graisse bouillie. 



THR 3.5 

Le thran le plus estimé est celui qui dégoutte des foies des 
eahéliaux^ des chiens marins et d^autres grands poissons. Aussi, 
dit Anderson , les Islandois ont-ils grand soin d^amasser ces 
foies dans des tonneaux , où ils les abandonnent k eux-mêmes 
pendant environ six semaines, au bout duquel temps ils re- 
cueillent rhuile qui surnage. 

Les Norwégiens , lorsqu'il fendent les dorschs et les cabé- 
liaux, pour en faire du Stockfisch ^ exposent au grand air 
les foies de ces poissons et en laissent distiller le thran , qu'ils 
recueillent avec soin , en quoi ils sont imités sur le banc 
de Terre-Neuve par les pécheurs françois. (H. C.) 

THRASI. (Bot.) Voyez Trasi. (J.) 

THR ASIE, Thrasia* {Bot,) Genre de plantes monocotylé- 
dones, à fleurs glumacées, de la famille des graminées ^ de 
la Iriandrie digynie de Linnaeus, oflPrant pour caractère essen- 
tiel : Un calice à deux fleurs, dont une stérile; la valve su- 
périeure du calice à deux découpures profondes, munies 
chacune au-dessous du sommet d^une arête courte ; la vulve 
inférieure entière, mutique; trois étamines; deux styles en 
pinceau ; une semence enveloppée par les valves. 

Thrasie FAUx-FASPALE ; Thrasîa paspaLoides . Kunth , mHumb. 
et Bonpl. , Nov. gen,j i , page 120, tab. 59. Cette plante a 
le port du paapalum platicaule. Ses tiges sont droites, glabres, 
rameuses, longues d'un pied et demi, velues à leurs nœuds; 
les feuilles planes, linéaires, pubescentes à leurs deux ex- 
trémités; lesgaînes glabres , munies à leur orifice d*uiie mem- 
brane obtuse, ciliée; les épis sont solitaires, terminaux, sou-' 
vent au nombre de trois, situés dans les gaines des fenilies 
supérieures ; les pédoncules très -longs; le rachis est glabre, 
concave, membraneux, cilié à ses bords, long de deux pouces; 
les épillets sont sessiles, solitaires, biflqres, unilatéraux ; les 
valves calicinales inégales, membraneuses; la supérieure est 
partajgée presque jusqu'à sa base en deux découpures lancéo- 
lées , aigutfs , à trois ner vu ces , ciliées et pileuses sur leur carène 
et au sommet , pourvues chacune un peu au-dessous, d'une arête; 
courte ; la valve inférieure est chargée de longs poils jaunâtres ; 
les valves de la corolle sont velues et ciliées au sommet; la 
fleur mâle n^a qu'une seule valve fort longue; les semences 
sont libres, obloogues, obtuàes, enveloppées par les valves. 



5i6 THR 

Cette plante croit sur les bords de rOrënoque, aux lieux 
inondés, dans Tile Panumana. (Poia. ) 

THRATTA. {lehthjol.) Voyez Tritta. (H. C.) 

THRAUPIS. (Ornith,) Ce nom , qu'on trouve dans les au* 
teurs de IVpoque de la renaissance des lettres , et qui est 
hybride du latin et du grec , a été employé par eux pour dc- 
sîj^er plusieurs petits passereaux de notre pays : tels que le 
tarin, le verdier et le ciiardonneret. (Dbsm.) 

THREE-BEARDETEAD. (Jch^h.) Voyez Whistlefish. (H.C.) 

THRELKELDIA. (Bol.) Rob. Brown, Noy. Ho//., i , page 
409. Genre de plantes dicotylédones, à fleurs incomplètes, 
de la famille des alriplicées , de la triandrie monogiynie de 
Linnstis, offrant poui* caractère essentiel : Un calice urcéolé, 
persistant, muni de trois écailles membraneuses en dedans 
du bord tronqué ; trois étamines placées sur le réceptacle , 
opposées aux écailles; un drupe en forme de baie, produit 
par le calice; une semence ovale. 

Ce genre a été établi par M. Rob. Brown pour un arbuste 
de la Nouvelle-Hollande , qui nous est peu connu , qu*il nomme 
ilirelheldia diffusa. Ses tiges sont glabres; ses rameaux diffus, 
garnis de feuilles alternes, à demi cylindriques, glabres à 
leurs deux faces, entières. X^es fleurs sont sessiles, solitaires, 
situées dans Faisselle des feuilles , dépourvues de brâetées; 
elles renferment trois étamines; un ovaire supérieur , qui se 
convertît en un drupe monospetme. (Poir*) 

THRICHECUS. (Mamm.) Nom latin, donné par Linné au 
genre des amphibies qui renferme le morse. (Dbsm.) 

THRIDACIA, XERANTHES. (Bot.) Noms anciens donnés 
à la mandragore, suivant Ruellius. (J. ) 

THRIDACINE. {Bot.) C. Bauhin croit que la plante ainsi 
nommée par Galion est la laitue scarole , dont la càte des 
feuilles est épineuse en dessous dans Pétat sauvage. (J.) 

THRIDAX. {Bot.) Ce nom grec, donné primitivement à 
une laitue, suivant Menlzel, est maintenant celui d'une autre 
plante composée, Iridax de Linnœus. (J. ) 

THRINACE, Thrinax. {Bot.) Genre de plantes monocofy- 
lédônes, à fleurs incomplètes, de la famille des palmiers y de 
Vhexandrie monogynie de Linnaeus , oflrant pour caractère es- 
sentiel : Un calice monophylle, à six dents; point de eo* 



THR Si 7 

■ * 

rolle; six examines libres; un ovaire supérieur; un style; un 
stigmate creusé en entounoir et oblique* Le^ fruit est une 
baie monosperme , couverte d'écaillés. 

Thrinace a petites FLEuas : Thrinax parvîfioray Swart., F/« 
înd. occid.j i, page 614 ; Willd., 5pec., a, p^ge 202; Co» 
rjpha palmacea, etc.; R. Brown , Jam,, page 190. Ses tiges 
sont droites, épaisses, cylindriques, très -simples, hautes 
depuis dix jusqu'à vingt pieds, dépourvues d'épines, cou- 
ronnées à leur sommet par une cime composée de feuilles 
nombreuses , très-amples , plissées en éventail , glabres , à dé^ 
coupures roides, lancéolées, à longs pétioles glabres, sans 
épines, comprimés, plus longs que. les feuilles, grêles, flexi- 
bles , pendans. Les fleurs sont disposées en très-longues grappes 
paniculécs, redressées, très -rameuses, longues de deux ou 
trois pieds; chaque fleur est pédicellée , composée d'un calice 
entier, d une seule pièce , muni de six dents à son orifice; ii 
n'y a point de corolle; les étamines sont au nombre de sixf 
l'ovaire est libre ; les styles sont surmontés d'un stigmate en eni- 
tonnoir et oblique. Le fruit est une baie écailleuse, nere'nfer- 
mantqu'uneseule semence. Cette plante croits.ur les côtesarides 
.et maritimes de la Jamaïque et à la Nouvelle-Espagne. (Poir.) 

THRINCIA. {Bot,) Genre de plantes dicotylédones, à fleum 
composées, de }'ordre des serai "Jlosculeuses , de la syngénésie 
polygamie égale de Linnœus, offrant pour caractère essentiels 
Un involucre composé de deux ou trois rangs de folioles iné- 
gales, imbriquées; la. corolle formée uniquement de demi- 
fleurons tous hermaphrodites et fertiles ; cinq étamines syn- 
génèses; un style; le stigmate bifide; le réceptacle nu, pono> 
tué ; les semences du centre chargées d'une, aigrette médio^ 
crement pédicellée, composée de poils plumeux et inégaux^ 
cette aigrette est courte et avortée dans les semences de la 
circonférence, renfermées chacune dans une écaille du calice^ 

Quelques espèces de leonlodon^ à'hyoserisj et autres, dont 
•la place étoit douteuse, d'après les caractères de leur fruc* 
.tification , ont servi à I9 formation du genre que nous pré» 
sentons ici. 

Thringie HÉRisséB : Thrincia hirta, Roth, CataL hot», 1 , p« 

98; LeorUodon hirturriy Linn. ; He^pnois hirta, Smith, FloiTm 

.brit, ; Hyoseris'tarazaeoidesj loLtak», Encyd.; C. Bauh., Froâu, 



5.8 THR 

p. 63. Cette plante a des racines composées d'un grand nom- 
bre de fibres simples, cylindriques, qui partent d'une souche 
commune : elles produisent des feuilles toutes radicales, ob- 
longues,' étroites, siuuées ou dentées, quelquefois presque 
pinnatifides, d'autres entières, parsemées de poils simples, 
quelquefois bifurquées ou trifurquées au sommet. Du centre 
fies feuilles s*é1èvent plusieurs hampes droites, cylindriques, 
simples, presque glabres, terminées par uue fleur jaune, 
inclinée avant son épanouissement. L'involucre ou le calice 
commun est glabre , caliculé à sa base. Les semences son t oblon- 
gues, rudes, un peu aiguës; celles du centre munies d'une 
aigrette de poils ptumeux,* qui est nulle aux semences de la 
circonférence. Cette plante croit dans les champs, sur le bord 
des chemins, aux lieux secs et pierreux. 

Thrincie HisPiDB : Thrincia hispida^ Roth, loc. cit,; Hyoseris 
taraxacoides , Vill. , Dauph. , 3, tab. ^5; Leontodon saxatile, 

I^mk., Encycl. Il y a si peu de différence entre cette espèce 
et la précédente, qu'il est facile de les confondre, et que peut- 
être elles ne sont que deux variétés de la même plante; mais 
celle-ci est annuelle, tandis que la première est vivace. Les 
poils sont plus nombreux et toujours bifurques, particulière- 
ment sur les folioles du calice, qui d'ailleurs n'est point caliculé, 
comme celui de l'espèce précédente. Cette plante croit aux 
lieux pierreux et sablonneux du Oauphiné, du' Piémont, etc. 

THRIPOPHAGE. (Ornith.) Charleton donne le nom de tkri- 
pophagos (mangeur de vermisseaux ou dinsectes) comme 
l'un des synonymes du grimpereau de notre pays. (De&m.) 

THRIPS. {Entom,) Nom d'un genre d'insectes hémiptères, 
ibrmant à lui seul un groupe ou une petite famille que nous 
avons indiquée sous les noms de vésitarses ou de physapodes. 

Ce nom , employé d'abord par Linnaeus , a été par lui 
emprunté d'Aristote, qui désignoit ainsi, Opi^l/, un pe^i^ in- 
secte, un vermisseau. 

Ce genre est très-facile à distinguer de tous ceux du même 
ordre des hémiptères par les caractères suivans, qui sont eu 
même temps ceux de la famille : les ailes supérieures sont 
coriaces et croisées; ce en quoi il dififère de tous les genres 
voisins des cigales et des pucerons , qui n'ont pas les ailes 
croisées et qui les ont le plus souvent transparentes et mem- 



THR 3i9 

braneuses. Les ailes supérieures ou les deznî-élytres croisées 
sont en outre très -étroites et linéaires, tandis qu'elles sont 
larges dans tous les insectes que Ton désigne ordinairement 
sous le nom de punaises terrestres ou aquatiques. 

On peut donc caractériser les thrips par les notes suivantes , 
que Ton distinguera sur la planche 56 de Fatlas de ce Dic- 
tionnaire, n.° 1 bis* 

Corps alongé, à élytres plans, étroits, croisés, couchéf 
sur le dos dans Tétat d« repos; antennes de huit articles, 
de la longueur de la tête et du corselet; bec excessivement 
court; pattes courtes , à deux articles, dont le dernier 
forme comme une vésicule. 

Ces insectes sont, en général, très- petits: ils atteignent 
au plus deux lignes de longueur ; on les rencontre ordinai- 
rement dans les fleurs sous les trois états de larves, de nym- 
phes motiles, avec des rudimens d-ailes, et d'insectes parfaits ; 
ils ont à peu prés le port et les habitudes des staphylins, leur 
vivacité et la faculté de redresser l'abdomen et d'en porter 
l'extrémité libre vers la iète en marchant ainsi recourbés : il 
paroît que les pelotes vésiculeuses de leurs tarses leur donnent 
le moyen d'adhérer aux surfaces les plus lisses. 

Le Thrips vessie -pied, Thrips physapus. 

C'est celui que nous avons fait figurer : il est noir; cepen- 
dant ses ailes sont presque transparentes ; elles sont bordéef 
de poils ou de cils assez. longs. 

On le trouve sur les fleurs flosculeuses et composées, prin- 
cipalement sur celles des scabieuses ; mais aussi sur beaucoup 
d'autres. Fabricius dit que c'est cet insecte qui rend mons- 
trueuses les fleurs du.lotier cornu, qui se gonflent et ne s'é- 
panouissent pas. Il dit aussi qu'il rend stériles les fleurs du 
seigle^; que sa larve est rosée blanchâtre. 

Thrips du GENévRiBa , Th. juniperina. 

Degéer l'a fait connoitre dans les Actes de Stockholm, en 
1744 : il est brun, avec, les ailes blanches, d'un blanc de 
neige et opaque ; il se trouve dans les galles des boutons de 
genévrier ; on dit qu'il saute. GeofiFroy le figure pi. 7 , n.' 6. 

Thrips rayé, Th,fasciata. 

Car. Brun ; élytres à bandes transversales, noires et blanches. 
Geoffroy Ta décrit, tome 1 , page 385. (C. D.) 



3*0 THR 

THKISSA. {lehihyoL) Voyez Alose et Caillsu tassa&t , ainsi 
que Clupée et Clupanodon. (H. C.) 

. THRJSSEy Thrissa, {IclUhj^oL), M. Cuvier a ainsi appelé 
un genre de poissons osseux holobranches de la famille des 
gjmnopomes , et reconnoissablc aux caractères suivans : 

Rayons des nageoires pectorales réunis ; opercules lisses , sans 
écailles; os maxillaires supérieurs bien dentés et se prolongeant en 
pointes libres au-delà de la mâchoire inférieure ; ventre caréné, 
dentelé et presque droit ; nageoire anale unde à la nageoire 
eaadale. 

Ce genre , que M. de Lacépéde avoit désigné sous la déno- 
mination de Myste (voyez Gymnopombs), se distingue par 
ce dernier caractère de tous les autres genres de la famille. 

Il ne renferme encore qu^une espèce , c^est : 

Le Thsissb myste: Thrissa mystus ^ Nob.; Clupea mystus ^ 
Linn. ; Clupea mystax , Schneider. — Nageoire caudale lao* 
céolée ; corps ensiforme ; teinte générale blanche; dos foncé. 

De la mer des Indes. (H. C.) 

THR1XP£RM£, Tïirixpèrmum. {Bot.) Genre de plantes 
monocoiylédones, à fleurs incomplètes, de la famille des or^- 
chidées , de la gynandrie diandrie de Linnseus , ofifrant pour 
caractère essentiel : Cinq pétales droits, linéaires, subulés, 
presque égaux; le sixième ou la lèvre, inférieur, trifide; le 
supérieur à deux lobes , ovale, saillant ; point de calice; une 
étamine ; l'anthère operculée , à deux lobes; un ovaire infé- 
rieur; le style épais, soudé à la base du sixième pétale; une 
capsule à trois angles, à trois valves, à une seule loge; les 
semences nombreuses, très- petites. 

Thsixpermb centipède; Thrixpermum centipeda , Lour., Flor, 
Cochin.y 2, p. 635. Plante parasite, rampante au pied des 
arbres, dont les racines sont courtes, simples; les tiges lon- 
gues, comprimées , vivaces, garnies de feuilles vaginales fort 
petites, linéaires* lancéolées, glabres à leurs deux faces, en- 
tières, réOéchies en dehors. Les fleurs sont disposées latéra- 
lement en épis droits , en forme de chaton : elles n'ont point 
de calice , mais chaque fleur est munie à sa base d'une petite 
écaille aiguë. La corolle est composée de cinq pétales oblongs, 
linéaires, subulés, presque égaux; le sixième est adhérent au 
réceptacle , situé entre les deux pétales inférieurs , divisé en 



THR in 

deux lobes : nnfériear a trois dirisiont ; ' les deux latérales 
sont courtes, obtuses; celle du milieu est ascendante, conî* 
que, plus aloDgée;'lc lobe extérieur entier , orale, saîllanf, 
plus long que les pétales inférieurs* • L*éUiniine est pourvue 
d'un filament court, filiforme, inséré sur le pistil , iermini 
par une anthère ovale, operculée, à deux lobes; Tovaiio 
filiforme; la capsule oblongUe^à trois faces, à: .trois angles, 
à trois valves, à une seule loge, contenant des semencei 
longues , très - fines , presque semblables à des poils. Çett« 
plante croît à la Cochinchine; ellje rampe au pied des arbres 

( POIR. ) 

THROSQUE, Throsùus. (Entom.) Genre ainsi nommé ipav 
M. Latreille dans Tordre des insectes coléoptères pentamérésf 
et dans la famille des thoracîques ou sternoxes. 

Ce nom dethrosque est tiré du verbe grec BfOffKSy qui 
signifie , je saute» 

On n'a jusqu'ici rapporté à ce genre qu'une seule espèce^ 
nommée d'abord par Linnseus elater dermatoides , dont Fabri- 
cius avoit fait ensuite .un dermeste et que Kugelan a appelé 
Trixagus, 

Dans l'état actuel de la science le genre Throsque peut 
être distingué, ainsi qu'il suit, de ceux de la même . famille x 
ses antennes sont dentelées à l'extrémité ^ où elles formept 
une petite masse de trois articles; le corselet offre deuxpointet 
en arrière, comme dans lestaupins, ainsi que le sternum, au 
moins pour sa partie antérieure; l'avant^dernier article des 
torses est. à deux lobes {\ojvz l'article Stesnoxbs) : ainsi c'est 
un taupin, excepté par la forme des antennes; aussi Olivier 
l'avoit-il nommé elater otavicornis* Nous- l'avons fait figurer 
dans l'atlas de ce Dictionnaire, pi. 8^ n.^ 3 , sous le^oom àe 

Throsque dermestoîde. Il vit sur le chêne ; il est brun ^ plua 
clair en dessous; ses élytres sont sillonnés par des stries e^ 
longueur de points enfoncés. (Ce D.) 

THRUSH. {Ornith.) Nom par lequel les Angjois dési^neàt 
les. grives. (Dbsm.) 

THRUSH-ORANGË-BRËA^TËD. (Ornith.) Sous ce Mom 
Lewin a figuré, pi. 6 de ses Oiseaux de la Nouvelle-Hol- 
lande, le muscicapa pectoraUs de Latham ^ . ou pachyoephala 
pectoralis d'Horsfield etde Yigoniis* (Ch^ D. et L«) 
54. 21 



V 

ê- 

U2 THR 

THRYAIXIS. (Bot.) ThéoplifMte et Pline citent ce nom 
grec ancien pour on vêrhatemm, et Mentzel fait la même cita- 
tion d'apris Dîescoiide; mais de plut, il la cite encore pour 
vn boucage, pimfineUa; linniroi t'en sert pour dëfigner un 
genre fert éloigné , appartenant k la famsUe des. malpighia- 
oèes.(JO 

THRYALLIS. ( B^. ) Genre de plantes dicotylédones , & 
ienrs complètes , poljp^talées , rfgnlièfea, de la finnitte des 
maij^hiaeéUf de la àécanirit mcnogjrme de linniMM, offrant 
pour caractère essentiel : Un calice persistant , à cinf divisions 
profondes; cinq pétales égaux; dix étamines; les anthères ar- 
s^ndiet; nn ovaire snpérieur; nn style; nn stigmate simple; 
vne capsule à trois loges ^ presque à trois coques mono- 
spermes. 

Thsyallis do BtLÉaxL : ThryaUis hra$iHeiui$, linn., 5p«; Frir- 
Heueent herha Pisonis , Marcgr. , BrasiL , pag. 97 , 6g. 5. Ar- 
buste peu élevé, dont la tige se divise en rameaux glabres, 
cylindriques, articulés, garnis de feuilles opposées, pétio- 
lécs, ovales, glabres, entières, munies k la base des pétioles 
de stipules sétacées. Les fleurs sont terminales , disposées en 
une grappe simple, longue dVnviron un pied , placée dans la 
bifurcation des rameaux ; les pédicelles accompagnés i leur 
base de petites bractées sétacées , très-courtes* Les fleurs sont 
petites, jaunâtres^; elles ont le calice partagé en cinq décou- 
pures profondes , droites , lancéolées ; les pétales arrondis , très- 
ouverts; les étamines plus longues que le calice ; un ovaire ob- 
tus, surmonté d'un style filiformCi de la longueur des étamines. 
Le fruit est une capsule à trois ^es, à trois angles ^ à trois 
loges, qui se séparei^t presque en trois coques, renfermant cha- 
cune une semence glabre , ovale, obtuse à la base, recourbée 
et mucronée au sommet. Cette plante erott au Brésil. (Poib.) 

THRYAS. {Bot.) Nom grec ancien de V^imedium, sui- 
vant Ruellius et Mentzeh (J.) 

THRYOCEPHALUM. (Bol.) Genre de Forster, qui paroît 
être la même plante que le hyllingia morhocephala. Voyez Ri£- 
imoB. (Poia.) 

lURYOTHORE ; Thryolhoruê, VieiU. {Ornith.) Sous ce nom 
IL Vieillot a formé un genre pour recevoir des petits oi- 
seaux^ quine se distinguent presque point des fauvettes et des 



THU 5s5 

troglodytes, dont ils semblent éire le chaînon intermédiaire. 
Les thryothores sont véritablement des petites Fauvbttbs 
(voyez ce mot), qui vivent au Brésil, au Paraguay et dans 
la Guiane, grimpent sur les plantes aquatiques, et qui ont 
une livrée peu variée dans les diverses espèces; elles se rap- 
prochent des troglodytes par la forme des ailes , le port de 
la queue et les raies transversales qui se dessinent sur les 
rémiges et les rectrices/mais leur bec est plus robuste, plus 
épais à la base, plus ou moins arqué, et leur pouce est tou- 
jours plus long que le doigt interne. Voyez THoqlodyie. 
(Ch. D. et Lesson») 

THRYSANTHE, Tkrysanûiui. (Bot.) Genre de plantes de 
la famille des légumineuses , établi par Elliot sur le gVyeine 
frutescens , Lina. , et qu^on trouve indiqué dans le second 
volume du J^ournal des sciences naturelles de Philadelphie. 
Nuttal ( Gen. ofpL , ^ , p. 1 1 5 ) avoit déjà formé de ce glycine 
le type de son PVistêria, Ce genre n'est pas admis par les 
botanistes* (Lem.) 

THUAREA. {Bot.) Genre de plantes monocotylédones, à 
fleurs glîi'macées, de la famille des gramiviéei, âe lu polygamie 
monoécie de Linnœus^ offrant pour caractère essentiel : Des 
fleurs polygames; les épillets unilatéraux composés de deux 
fleurs, Tune hermaphrodite, Tautre mâle; dans la première 
les valves de la corolle, fort grêles, dures, coriaces, muti- 
ques , renferment trois étamines et deux styles , à stigmates 
en pinceau; la fleur mâle est semblable, mais ne contient 
que des étamines. 

TsuASEA SAB MENTEUSE : THuatea sarmentosa^ Péri., Sjmopê., 
1, p. iio; Pal. Beauv. , AgrosL, p. 127, tab. sa, fig. 9; Mir 
erothuareia^ Pet. Thouars , No^, gtn. Màdag», n* 9 ; Tbouassb, 
Encycl. Graminée très-remarquable , dont les tiges sont raïA- 
pantes et sarmenteuses, garnies de feuilles alternes, tomen- 
teuses , disposées sur deux rangs opposés. Les fleurs sont poly- 
games, réunies sur un épi ierminal, dont le rachis, membra- 
neux , se roule sur lui-même et tombe. L'épillet à la base de 
Tépi est le seul polygame; il contient deux fleurs , Tune ber- 
maphrodite, Fantre mâle; tous les autres ne renferment que 
deux fleurs mâles. Le calice est k deux valves; celles de la 
corolle sont dures , coriaces, ovales, mutiques; les étamines 



Su THU 

aoaf ÊM nombre de trois ; Toraire est courbé en bec , sormonté 
de deux ttjrlcf y a ftigoMUet en pinceau; la semence dans les 
▼aires durcies; le rachis se replie, se durcit, et les épiUefs 
s'enfoncent dans la terre comme les fruits de Varaehis , j ger- 
cent et produisent de nourelles plantes. Cette graminée croit 
dans le sable , à Tile de MadiJgascar ^ où elle a été découverte 
par M. du Petit-Thouars. (Poia.) 

THUFUTYTLlNGfL {OmUk.) Olads menUonne sous ce nom 
«a oiseau des régions arctiques , qui paroît être le fringiUm 
l âf f oniea ^ type du nouveau genre Pleelrophanes. Les Groên- 
landois le connoîssent sous le nom de nardsarmiutûkj suivant 
Fabricius. (Ch. D.tt Lesson.) 

THUIA. {Bot. ) Voyez Thova. ( Lem. ) 

THUILÉE. {Erpét,) Un des noms delà tortue caret, que 
quelques ouvrages présentent avec cette orthographe vicieuse. 
Voyes CHÉLON^e. (H. C.) 

THULITE. {Min.) Cest une substance encore peu connue, 
que Ton s*est empressé de nommer et d^ériger en espèce, 
avant d*avoir fait 1* essai de sa composition chimique. Les ca- 
fmeteres qu'on lui assigne ne suffisent pas pour la distinguer 
du silicate de manganèse, analysé et décrit par M. Henri 
Rose : c'est une substance laminaire, d'un rouge de rose, 
•k cassure vitreuse, d'une dureté inférieure à celle du quan, 
-et se clivant, suivant M. Brooke, dans deux directions dif- 
férentes, parallèlement aux pans d'un prisme quadrangu- 
laire de 93'' 3o' et 87'' 3o : elle se trouve à Suhland en Telle- 
mark, dans la partie méridionale de la Norwége, où elle est 
accompagnée de quarz, de fluorite et d'idocrase cuprifère. 

(DELAFOaSE%) 

THUM, CHAUM, CH[AIRIN. {Bot.) Daléchamps cite ces 
noms arabes de Tail. (J. ) 

THUMERSTEIN. (Min.) C est le nom allemand du minéral 
•qn'HaOy et les minéralogistes françois nomment AxwnE. 
Voyes ce mot. ('B. ) 

THUMITE. {Min.) Cest une altération du mot Thumet- 
-sUm'f nom. que les Allemands donneot à FAxinite* Voyez ce 
-mot.<B.) 

THUMMAM. {Bot.) Voyes Temam, (J.) 

THUMORAH. ( Bot, ] Voyez Tbamaa. ( J.) 



THUN , THUNFISCH. ( lehthyol.) Nom* anemands du Thof. 
Voyez ce mot. (H. C. ) 

THUNBERG. {Ichthyol.) Nom spécifique d'un labre. Voyex 
ee mot. (H. C.) 

THUNBERGIA. (Bol.) Genre de plantes dicotylédones , à 
fleurs complètes, monopétalées , delà famille des aeanthaeécs, 
de la didynamie angiospermie de Linnseus, offrant pour carac* 
tére essentiel : Un calice double, Textérieur à deux folioles 
rintérieur plus court , à douze divisions profondes , subuléet 
une corolle campanulée; le limbe à cinq lobes inégaux 
quatre étamines didynames; un ovaire supérieur; un «tyle 
terminé par un stigmate à deux lobes; une capsule en bec^ 
à deux loges; deux semences dans chaque loge. 

Il existoit un autr6 genre du même nom , décrit dana les 
Act. Holm,, 1773, p. 2&2, t^b. 11 , sous le nom de Thunhtrgia 
capensis : il a été depuis reconnu pour appartenir aux gar- 
dénia. Cest le gardénia ihunhergia, Willd., Spec» 

Thunbergib ou Cap : Thunbergia capensis^ Linn. fils, SuppU, 
2192; Lamk. , lU» gen.y tab. 649, fig. 1; Retz, Aet, Lond., p. 
i63 , Icon, Cette plante a des tiges diffuses, herbacées, me* 
nues, quadrangulaires, hérissées de poils courts, garnies de 
feuilles opposées, presque sessiles, d*une grandeur médiocre, 
un peu élargies, très -entières, presque obtuses, glabres en 
dessus, un peu velues en dessous, ciliées à leur contour. Les 
fieurs soDt solitaires, situées dans Faisselle des feuilles supé- 
rieures , qui leur servent de bractées, soutenues par des 
pédoncules simples, uniilores,. velus, presque filiformes, 
beaucoup plus longs que les feuilles. Le calice est double; 
l'extérieur composé de deux folioles concaves, lancéolées, 
aiguë's , hérissées de poils un peu rudes; le calice intérieur 
très-court, divisé en douze découpures très-étroites, subulées. 
La corolle est presque campanulée, de couleur jaune; le tube 
un peu plus long que le calice extérieur; le limbç divisé en 
cinq lobe» égaux , très- obtus, presque arrondis, rétrécis en 
forme d*étrang1ement à leur base; les filamens des étamines 
insérés sur le tube de la corolle, terminés par des anthères 
ovales ; le style plus court que le tube de la corolle. Le fruit 
est une capsule globuleuse, courbée en bec d'oiaeau, à deux 
loges, qui s'ouvrent dans Uair Jongueu^r, : chaque loge con* 



U6 T^ 

tient deux semences convexes, en forme de rein, un peu 
ridées. Cette plante croit au cap de Bonne-Espérance. 

TsuNasaciE odoraivté : Thunhergia firagrans ^ Willd., Specy 
3 , pag. 588 ; Lamk., IlL gen,^ tab. 649 , fîg. 2 ; Roxb., Cor., 
Vypag. 47, tab. 67$ Andr.,Bo^ repos. , tab. isB. Cette espèce 
a des tiges ligneuses, glabres, cylindriques, grimpantes: elle 
reiiembie beaucoup, par son port, au convoltmlus êepium* 
Ses feuilles sont opposées, pétiolées, obloogues, lancéolées; 
ftcnminées, un peu échancrées en cœur à U base, munies 
de denx oreillettes imguleuses, glabres, un peu oignes, en- 
fSèrts ; les pétioles cylindriques , plus courts que les feuilles. 
Les fleonsont opposées, solitaires, axillaires;-les pédoncules 
glabres, cylindriques, nniflores, plus courts que les feuilles : 
le calice extérieur glabre, à deux folioles concaves, oblon- 
gués, acnminées; la corolle presque camp^ulée; le tube de 
la longueur du calice extérieur; |e limbe partagé en cinq 
lobes élargis, quelquefois un peu échancré au sommet, trcs" 
ofttsf , rétrécis en onglet à leur base. Cette plante crott dan^ 
les Indes orientales, le long des fleuves, pamû les bronsi- 
9»iUes. On la cultive dans quelques jardins de l'Europe (Poib.) 

THUNSERGiEN. (InhÛiyoL) Noifn spécifique d*un Plotose. 
Voyes ce mot. (M. C*) 

THUimEI^-fimD. (Ornîeb.) Le$ Anglais, établis à la Nou- 
Telle-Gailifs dii Sud, ont ()fonné le nom de thundfr'bird ou 
oiseau "toofierre, au turdus guUaraUi de Latham,»du genre 
^aéhyc€^)uda df M. Swaînson. (Ca. D. et L.) 

TUUNNUS. (îehthyol.) Un des noms donnés ap thon paa 
les latîtts. (H. C.) 

IHUR. {Mamm*) Ce nom, employé par les anciens, dé* 
signe un boMif sauvage de Pologne , qui parott ne plus exister 
dans ce pays* M- G« Cuyier le considère comme der&fit -être 
rapporté à f espèce du buffle , tjt M. Dfsmoulins pense 4[u'fl 
désignent une grande espèce de bœuf, à fi^nt plat ^ dont nous 
ne trouvons plus auiourd'()« que quelque^ ossemens épairâ 
4ans le lit des grands fleuves. (Desm.) 

THURARIA. { Bot. ) Genre de plante^ dicotylédones , k 
fleurs complètes , monopétalées , Irés-rapproché de la famille 
des êolanétf^ de la âéêondrit, monogymie d^ Linnœus^ offrant 
pour cafactèfe ei;8ontiel : Ua caKecf tiibuleux ^persistante i^ne 



•PHU s>7 

coroHe xnonopëtale , infeadibnlîfbrmey une £bif plot longue 
que le calice; le linbe «atier ; dix étaminet non saillantM'; 
un ovaire supërieur; -âeox s^es; une eapsule à deaxlogetf 
deux semences. 

M. de Juasieu regarde ee genre , établi par Motina, rtnnnit 
très- voisin du €odw% , «i n»éaie il n'en est pas congénère* 

THu&AaiA DU 08212; Tkamwi ëhiUnsh, MoUna, Hiil. nal^ 
du Chili , pag* i55. Aitoisaean dont les liges sont nombrenseï , 
cylindriques, rameuses, de couleur cendrée, hautes d'environ 
quatre pieds, qui diftiticnt, des Rentes do leur ^ëcoree, nne 
résine abondante , aaseï semèlabte à i^ODcens. Les feuilles tonl 
alternes , pétiolées , rèides, ovales , très-entières , «uc^lenleti 
rudes au ionehcr, longues de iqtatre pouces. Les fleurs sont 
petites, terminales, pédoneuléM, munies d^n calice tiibnlév 
La corolle est monopétale-) é^mm lâune verdàtre^ en foott 
d'entonnoir, une fiais plus longue ^e le caKce, enlîère & 
son Ihnbe : elle renforme dtk étamines ëgaics, filiformes ^ 
plus courtes que la corolle , «ayant les anthères i «deux logai^ 
les ovaires sont oblongs; les deux «tyles sélacés, plus longs qnt 
la corolle ; la capsule «ft .•sphérique , à -deux loges , à demi 
semences bnmos «t aiongées. Cette |(lanrte croit au Chili. 

Pendant Yé^ la résine suinte à travers l'écovee de oet mv 
brisseau. On la récolte tous la iomede grains ou de larmes f 
d^utt blanc transparent, qui a'aAtaebent le long des btnnohos» 
La récolte s'en fait en antenne, lorsque les feniUcs comnién*- 
cent à tomber ; elle a un goût fort amer; mais roMleur •Wfilt 
aromaêique. i Poia. ) . 

THU&NTAAGER. (UlUhyoL) Un des noms allemand» 4e 
l'ostracion obameau de mer* Voyez Cofras , tem. VL , p« M^. 
(H. C) 

THiîNEiON fni THUliUS. (ftfamvu) Ces noms «ne paeoiaient 
étee que det:^aoa3rmeaée Tnva, Voyes ce mot» (Itov.) 

THUSAI , ÎEUSAI. [Jht.) Noms permns du flis de Peme, 
^llariA peniga, ouiinant MentaeL (i*.) 

HiUSir. {£<ift.) Voyet GAacn. (1.) 

TnVT. {Bot.) Voyei TOT. (J.j 

THUYA, i^ot.) Genre de plantes dleotylëdonet , à flenas 
incomplètes , monoïques, de ta famiHe des opmèfttes^ de la 
mono^ie monadêlphi$ de lAansras^ ojBBrant pnor 4Bàractère 



5*8 THU 

casentiel: Des fleun^monoïquet; les mâles disposées en forme 
de bouclier , en chatons ovales , composés d'écaillés imbri- 
quées sur quatre rangs; soua chaque écaille quatre anthères 
presque sessiles, à une loge, attachées vers l'ei^trémité du 
piédicelle; dans les fleurs femelles des écailles ovales, persis- 
tantes, munies d'un tubercule oUid'un crochet un peu au-des» 
SOBS du sommet; deux ovaireaaeus^ chaque écaille, recou- 
vrant denx semences très-souvent pourvues d'une aile mem^ 
Iwaneuse* 

- Les thuya «e cap lirocheat. beaucoup des genévj^iers et plus 
particulièrement des cyprès pan leur ^■fructification; mais dans 
cea derniers les cônes sont globuletix, formés «par Fagréga^ 
taon d'éoailles épaisses , en téie. de clou , tandis que dans les 
fh'uyB elles sont ovales , munies d'un tif hercule ou d'un' cro- 
chet un peu aui-dessQus du sommet. Le; nom de -thuya vient 
du mot grée &u» (je 5acr(/îa), parce que son bois, qui exhale 
en brûlant une odeur aromatique y étoit- employé dans les 
sacrifices comme le véritable «nceiis (ikui ), qui a la même 
étjonologie. Qn a donné en fraiiçoia»leiipm'd*AiiBa£'pB vis au 
Ékuya^ à cause de sa. verdure perpétuelle. 

Les thuya 9 une seule espèce, .eyceptée,- sont tous « origi« 
naînes de l'Amérique ou des Imles, d'où vient qu*il y a, dans 
les auteurs du. seizième siècle, beaucoup de confusion dans 
l'appliealion qu'ils ont fait du nQiii)tbttya« Daléchampscdécrit 
piMMfiurs genévriers sous ce nomiîien compte quatre espèces i 
iijpaffoit néanmoins que la seule» qu'il coonût, étoitlo^ha^a 
occiderUalis, cultivé depuis long-temps dans les îfirdina des rois 
de finance, à Fontainebleau. Comnketles botanistes du siècle 
iàfàt nous parlons vouloient absolument trouver- dans Pline 
ou Théophraste la description d'arbres ou de plantes aouveot 
originaires de ^Amérique , il en est 'résulté les méprises et 
les erreurs sana nombre que l'on trouve dans leurs ouvrages» 
JFj^aubin a donné l'histoire du thuya d^Occident ou arbre de 
vie; mais il a |udicieusement observé que le nom d'orèrede 
vie étoit donné, dans son temps » à des arbres de toutes les 
contrées : il a pensé que c'étoit d'une espèce de thuya dont 
Jaiieain a voulu parler, quand il a dit que Cléopatre po$sé- 
doit les^meubles les plus somptueux, faits avec l'ivoire et It 
^}»ii(^^'Cetteb assertion est plus que douteuse, 4 moins que ce 



THU 3s9 

ne soit le thuya artieulatay obsenré pat M» Desfonfaioes sur 
les montagnes de l'Atlas, qui avoisinent le. royaume d'Al- 
ger, mais qui, à ce qu'il paroit, étoit inconnu aux anciens; 
d'où il suit encore que-îè thuya de Théophraste ne peut ap* 
partenir à aucune espèce de l'Amérique ^ quoique plusieurs 
auteurs Vy aient rapporté; Le- thuya de Théophraste étoit un 
grand arbre, que nous ne connoissons pas,.et qui croissoit 
naturellement aux environs du temple de Jupiter Ammos 
et dans la Cyrénaïque* , Théophraste dit' qu'il ressemble au 
cyprès sauvagç, que son bois est d'une très -longue durée, 
qu'on en faisoit des poutres, des statues et divers ouvrages- 
d'un grand prix. Il est également fait mention dans l'Odyssée 
du thuya ^ ou mieux thuja, liv. 5, lorsque Mercure se rend 
chez Calypso : à l'entrée de sa:grotte étoientdes brasiers su- 
perbes, d'où s'exhaloit un parfum de cèdre et de thuy» qui- 
embaumoit l'air. 

Thuya du Canada : Thuya oecidenlaUê j linn. , 6pee.; LamlUj 
IlL geri., tab. 787, fig. 1 ; Duham.-, Arbr., tab. 90; Gœrtn., 
Ihfruct,^ tab. 91* Arbre d'un aspect fort agréable, qui s'é- 
lève, dans son pays natal, depuis trente jusqu'à- quarante 
pieds. Son tronc est droit, revêtu d'une écorce brune et 
gercée, très -rameux; les rameaux, surtout dans leur jeu*> 
liesse, ont la forme d'un éventail, et, quoiqu'écartés du 
tronc, leur ensemble forme la pyramide : ils sont d'aiUeuTS 
d'un jaune rougeàtre, très-glabres, couverts de feuilles planes, 
imbriquées, courtes, un peu obtuses, appliquées contre l«s 
tiges, épaisses, enibrme d'écaillés, en bosse, sur le dos, d'un 
lieau vert foncé, plus vif en. hiver. Let fleurs sont monè'i^ 
<;^ues; les mÀles situées à l'extrémité des jeunes rameaux, réu- 
nies en chatons ovales, écailleux; les femelles forment ui^ 
cône ovale, situé comme les précédentes, composé d'éoaiiles 
oblongues , très^lisses , obtuses au sommet ; les- semences pla>^ 
cées à la base des écailles, environnéea d'une aila membra- 
neuse, échancrée tant au sommet qu'à la > base* Cet arbre 
croit au Canada , dan» les autres contrées de l'Amérique s^h 
tentrionale, aux lieux bumides,et sur lea.colUnes le long 
des rivières* 

Cet arbre fut introduit en France ^t cultiyé dan$ le Jar« 
liin iroyol de FonUuneblew ^ «ous4e rèfue de FffMffois I**" JX 



35o THU 

résiste très-bien aux froids les plus ngoureux; les hiren de 
1789 , 181 5 et 1820 ne lui ont Diit aucun tort. Son bois passe 
pour tncorruptible , trés-proptv a être employé à Pair ou en 
terre , dans les Henx humides. On remploie au Canada pour 
palissader les fiortifi cations , pour faire des clôtures de jardin. 
Conone il est Uant et léger , on en lait des courbes de ba- 
teauK: il est très- bon aussi pour le chauffage; les jeunes 
branches servent à faire des balais. 11 répand une mauvaise 
odeur quand on le traraille; on lui attribue une verln sudo- 
rifique et Ton en applique les feuines mêlées avec de la graisse 
■vr les parties du corps affectées de rhumatisme. Il sort de 
cet arbre des grains d'une résine Jaune et transparente comme 
le eopal ; nuiis cette résine n'est point dure , et en la brélant 
elle répand une odeur de galipot. Lorsque cet arbre fut 
connu «n France , on lui donna le nom d^ arbre de paraît, 
avec celui é*arhre de vie^ k cause de Todeor pénétrante et 
aromatiqne qui s'échappe de ses feuilles quand on les froisse , 
et aussi, comme nous l'avons dit, parce qu'il conserve son 
feuittage pendant l'hiver. On multiplie cette espèce, ainsi 
q«e les autres, de graines, qu'il faut semer k Toaibre et au 
frais, vers le commencemeat du printemps , dansdn terreau 
léger et bien divisé, tel que celui de bruyère : ils reprennent 
égalenient deiwwtupe. On peut transplanter ce thuya du Ca- 
nada , même à un âge aifnacé , presque «veis «utaat de succès 
qu'à sa «or^ de la pépinière : il souifM la taille sans incon- 
viénieot. On s'en servoît autreibâ pour l^raement des jar- 
dins, et il prenoit sous le ciseau différentes figures, sui- 
vant 4e caprice et Icf goût du 'moment ; mais on s'aperçut que 
des arbre* mutilés par le >ièr né pouvoient plus offiir ces 
formes naturelles et variées, cet abandon gmcieux, dont la 
nalNH^ a embeiti toutes ses productions. Au lieu de les planter 
parmi 'les leurs ou nutaw d'an parterre , on les a réservés 
pour les boaqoefs , parmi les autres arbres verts, oà sis for- 
ment , avec les sapins, une des bases des 1>oBquets d*hiver. On 
pAit aussi ^en servir avec succès pour former des aAiris ^ 
rt des pa liss a des «ou^ours vef<tes, -^'on 4ond aux eiaennx. 

ThdVa oe la Chtnb: Thuya orientalis , Linn. , Spee.; Lamk., 
JU. gm., «tab. 787, fig. a ; Ga»r<n., 4a)>. 91. Cet arbre diffère^ 
du y réo ^ ^g i ri far son port et pér les drilles -de ses «toes 



THU 33i 

pointues et recourbées en hameçon* Ordinairement il s'élève 
moins et ne parvient guère qu*k la hauteur de quinze ou 
vingt pieds. Son tronc est droit, un peu raboteux, de cou- 
leur brune. Ses rameaux, au lieu d*éire étalés et peadana, 
sont redressés, et forment avec les tiges un angle aigu. Les 
feuilles sont nombreuses, imbriquées, jtrès glabres, d'un beau 
vert, surtout en hiver , épaisses, ovales, obrondes, un peu 
aiguës , très - serrées , souvent un peu tubercnlées aur leur 
carène , très -peu odorantes. Les fleurs mâles aont réunies en 
un chaton court, un peu arrondi^ composé d^écailles aiguës, 
placées sur quatre rangs ; les fleurs femelles forment un cha- 
ton presque rond; les écailles aiguës, courbées en hameçon 
au sommet. Les écailles, k l'époque de la maturité, ê'éptm* 
sîssent, deviennent raboteuses et s*ouvrent dans leur lon- 
gueur: chacune d'elles renferme deux semences nues, ovales, 
un peu anguleuses, d'un brun rougeàtre. Cette plante croît 
à la Chine et dans les Indes orientales. 

Cet arbre est très -utile pour former des rideau de ver- 
dure le long des murs que Ton veut masquer. Son bois, qui 
est fort dur, résiste long- temps à l'humidité : on en fait de 
très-bons pieux. Il est plus agréable à la vue que le précé- 
dent; aussi est-ce lui que l'on préfère pour mettre sur let 
consoles et les cheminées des appartemens pendant l'hiver. Il 
s'en fait à Paris une consommation d'autant plus grande, que 
•es pieds meurent toujours dans l'année , par défaut d'air , d'aiv 
rosement, etc. Il craint beaucoup les gelées, d'où vient qu'il 
est rare d'en voir beaucoup de vieux pieds tlans les jardiqs 
paysagers, quoiqu'on en plante fréquemment. 

Thuva AKncvj.t : Thuya articmlata , Desf. , Flor. atlant. , 2 , 
pag. 353, tab. 362; Duham., édît. nouv., 3, tab. 5; Vahl, 
Symb.f 2 , tab. 48 ; Sliaw, Afr. spee. , u.* 184 , Iton, Cet arbre 
n'est quelquefois qu^un arbrisseau peu élevé ; quelquefois il, 
parvient à la hauteur de «quince «u vingt pieds, lorsqu'il 
crott dans un sol plus favorable. Sou tronc a de huit à quime 
pouces de diamètre : il «e divise en rameaux étalés, onyéfiM 
ppeM]ue «n angle droit; ses ramifieaîiofis «ont nfnnbreuses, 
fragiles, comprimées, vertes, ai^culéet, Mriées; les articu- 
lations élargies à leur partie sopéKeure. Les lèailles sont fart 
petites, droites, iaéf^las, mucroBéca au «oiMpet^ qi^àti^r-^ 



33, THU 

net» m chaque rcrtieille , imiiiies à leur bMC de fort fietitcs 
glandes à peine risibles. Les fleurs mâles sont disposées en 
as. cône nn pea incliné, petit 9 ovale, légèrement tétragone, 
comp<Mé d*écailles disposées sor quatre rangs , au nombre de 
quatre à cliaque rang, pédicellées, d*un îaone pâle, en forme 
de bouclier* Les fleunfpnelles sont solitaires, situées à Fextré- 
mité des rameaux, formant un c6ne tétragone, à angles obtus , 
arec quatre écailles ligneuses, épaisses, en forme de cœur, 
ereusées longitudinalement à leur face extérieure , convexes en 
dedans, s'ouvrant de leur base à leur sommet ; les deux pins 
grandes opposées , portant seules des semences ; les deux an- 
Ires écailles stériles, plus petites; les semences petites, mu- 
nies à leurs bords d'une aile membraneuse. Cette plante croît 
en Barbarie, sur le mont Atlas , et dans le royaume de Maroc. 

D'après les observations de MM. Desfontaines et Brousson- 
net, cet arbre produit la résine connue dans le counuerce sous 
le nom de sandaraquê^ qui existe sous la forme de larmes 
claires, luisantes, presque transparentes, d'un blanc jau- 
nâtre. En la faisant dissoudre dans Tesprit de vin , elle four- 
nit un vernis assez tendre et qui s'égratigne aisément. Ré- 
duite en poudre fine , elle sert k vernir le papier, à lui 
donner plus de consistance , à Tempécher de boire , surtout 
lorsqu'on a été obligé de le gratter pour enlever l'écriture. 
« Le thuya articulé, dît M. Desfontaines, ne pourroit être 
« cultivé que dans le midi de la France. J'en ai vu des forêts 
« dans les montagnes du royaume d'Alger qui avoisinent celui 
t de Maroc. Les plus jeunes individus n'avoient guère- que 
« huit à neuf mètres de hauteur sur un mètre de. circonfé- 
« rence ; mais Broussonnet m'a assuré qu'il en avoit vu de plus 
« grands à Maroc. Son fruit n'a que quatre écailles^ dont 
« deux sont dépourvues de graines. Le bois, qui e$t fort 
« compacte, pourroit être employé utilement.^ 

Thuya austral; Thuya australis , Desf.., Catal. ; Poir., £nc. , 
Suppl. Cette espèce a- des rapports avec le thuya, articulata: 
elle en difiere par son port , par la finesse de s;es derniers 
rameaux , par ses branches très-lisses , cylindriques , de couleur 
cendrée. Les rameaux, sont étalés, anguleux, irrégulîers, 
charges d'un grand nombre d'autres plus petits, touffus, fili- 
formes» articulés, anguleux^ trè$- fragiles; les articulations 



THY 335 

très-courtes et nombreuses , assez semblables à celles des prèles^ 
sans autres feuilles qu'une petite écaille très-courte, aiguë, 
au sommet de chaque articulation. Cette plante est cultivée 
au Jardin du Roi : elle est originaire des Terres australes* 

(POIR.) 

THYASSIRE, Thjas^sira. (Conchyl.) Genre établi par Leach 
pour des coquilles qui entrent, à ce quHl paroU, dans le 
genre Amphidesme de M. de Lamarck, et qui p^r consé- 
quent n'a pas été adoptée (De B.) 

THYLACINEU {Mamm.) C'est sous ce nom que. M. Tem- 
minck a fait un genre du didelphe cynocéphale de Harris. 

Le thylacine a huit incisives supérieures et six inférieures; 
deux canines et quatorze màchelières à chaque mâchoire, 
et ce qui caractérise celles-ci, c'est que les carnassières sont 
au nombre de trois de chaque côté des deux mâchoires t on 
sait que tous les autres carnassiers n'ont qu'une seule car- 
nassière de chaque côté de leurs i||âchoires. Les pieds anté- 
rieurs ont cinq doigts et les postérieurs quatre, armés d'on- 
gles fouisseurs. La queue est longue et comprimée sur les 
•côtés. Les organes génitaux ressemblent à ceux des sarigues , 
et l'on n'a point de notions sur les organes des sens. La .seule 
espèce connue est le 

Thylacine cynocéphale : ThyL eynocephalui ; Th. Harriiui, 
Temm. ^ Mon. de Mam. , t. i , p. 63 , pi. 7 , fig. 1 , a t 3 et 4? 
J)idelphus cynocephaÎMS , Harris, Trans* linn», tom^ 9, pi. i^» 
Il est de la taille du loup , mais beaucoup plus bas suc pattes 1 
gris -brun jaunâtre en dessus, avec des bandes transversales 
noires sur la Croupe, au nombre de seize , blanc - grisâtre en 
dessous. De la Nouvelle-Hollande et de la terre de Diémen. 
On le trouve près de la mer, et il fait son habitation d«ns les 
fentes et les excavations des rochers. (F. C.) 

THYLACIS. [Mamm.) Nom proposé sans succès par Illiger^ 
pour remplacer celui de perameles, que M. Geoffroy a créé 
pour désigner un genre de mammifères marsupiaux^cama»- 
siers de la Nouvelle -Hollande. (Dbsm.) 

THYLACITES. (Efitom.) M- Germar, et par-.suite M. 
Schœnherr, ont ainsi nommé un genre d'insectes coléoptères » 
de la famille des rhînocères ou des charansons, à antetines 
coudées^ à bec court. (Voyesà la fin de l'article RBiNOcka», 



534 THY 

Je gntrt n* 46.) C^ nom siptifie en grée, en formé de ttc. 
Il Cil fort nombreux en espèccB et tnbdlTité en êcpt sons- 
genres. (C. D.) 

THYLACmS. {Bot.) Renemnlme, qui dirâoit le Gentiana 
en plusieurs genres, désignoit sous ce nom les espèces telles 
que le gentiana aeauUs , à tige très-basse , k corolle campami- 
lée et à cinq lobes, et à antbères réunies. (J.) 

THYLACIUM. (Bot.) Un des noms grecs anciens du pavot 
cultivé, cité par Rnellius et Ment:el. (J.) 

THYM; Tl^rmMSj linn. (Boi.) Genre de plantes dicotylé- 
dones monopétales, Juss., et de la Diàjnamh gjrmno^ermiej 
linn., dont les principaux caractères sont d*avoir : Un ca- 
lice monophylle, tobulé, fermé à son orifice par des poils, 
et divisé en deux lèvres, dont la supérieure à trois dents et 
rinférieure à deux; une corolle monopétale, à deux lèvres, 
la supérieure plane et échancrée, Finférieure plus longue, à 
trois lobes, dont celui du milieu plus large; quatre éta- 
mines didynames , à filamens un peu courbés ; un ovaire su- 
père, a quatre lobes, surmonté d*un style filiforme, terminé 
par un stigmate bifide; quatre petites graines nues, placées 
au fond du calice persistant et resserré à son orifice. 

Les thyms sont de petites plantes herbacées on des arbustes, 
à feuilles nmples, opposées, parsemées de glandes, et à 
fieurs rassemblées le plus souvent eu verticilles axillaires ou 
en têtes terminales. On en connoit maintenant plus de soixante 
e^èces. 

* Fleurs resserrées en tête» 

Tbtu de Numibib; Thymus namîdicirs. Foi r.,Voj. enBarb., 
2, pag. 187. Cette e^ce est un petit arbuste, haut de cinq à 
six pouces, qui se divise dès sa base en branches et en ra- 
meaux nombreux, garnis de feuilles linéaires, glabres, pres- 
que sessilcs, plus longues que les entrenœuds. Les fleurs sont 
petites, purpurines, réunies à Textrémité des rameaux en 
épis courts, épais, et formant la tête; leur calice est très- 
yelu. Cette plante croit dans les lieux arides et pierreux, en 
Barbarie. 

TflTM Txàs-VELU; Thpnui hinutUsimus , Potr. , Dlct. encyc, 
s7 9 pag. 65o* Ses tiges sont redressées, ligoeuses, peu éle- 



THY i55 

vées, glabres, divisées en rameaux nombreux, presque fasci* 
culés, garnis de feuilles ovales-laneéolées, presque sessiles, 
parsemées de poils rudes , blanchâtres et renflés à leur base. 
Les fleurs sont légère^ient purpurines, disposées, àFextré- 
mité des rameaux , en épis courts, très-velus, tooffi^ 
resserrés en tête. Cette espèce est originaire du Levant* 

'^^ Fleurs disposées en tête lâche ou en verticilles 

formant Vépu 

Thym serpolet : vulgairement Serpolet, PiLfALET , Thtm sau- 
vage; Thymus safyllum, Linn., Spee*^ BaS^^ Sa racine est 
menue, fibreuse, rampante, vivace; elle produit des tiges 
grêles, ligneuses inférieurement, couchées et étalées , divisées 
en rameaux nombreux, ordinairement redressés, hauts de 
deux à quatre pouces, et s'élevant quelquefois jusqu'à un 
pied^ dans certaines variétés. Ses feuilles sont petites, ovales, 
rétrécies en un court pétiole, glabres ou velues, souvent 
ciliées en leurs bords. Ses fleurs sont d^une couleur purpu* 
rine, disposées en épis oblongs, ou quelquefois rapprochées 
en tête à Textrémité des rameaux. Cette espèce est com- 
mune sur les coteaux exposés au soleil « sur les pelouses et 
aux bords des bois. 

Toutes les parties du serpolet ont une odeur pénétrante et 
agréablement aromatique ; elles sont toniques et excitantes. 
C'est principalement des sommités fleuries dont on fait usage 
en infusion théiforme; on les emploie avec avantage dans 
les débilités gastriques et intestinales, les affections spasmo- 
diques, les rhumes anciens , les catarrhes chroniques, Fasthme, 
2a coqueluche, etc. Le serpolet communique un bon goût 
à la chair des moutons qui le broutent. 

Thym commun i Tlyrmus vulgarisj Lion., 5pec., 826. Ses 
figes sont ligneuses , hautes de huit pouces à un pied , divi- 
sées en rameaux nombreux, redressés, garnis de feuilles 
ovales, souvent roulées en leurs bords, plus ou moins char- 
gées d'un duvet court qui les rend d'un vert cendré, surtout 
en dessous. Ses fleurs sont blanchâtres oé légèrement pur- 
purines , disposées par verticilles rapprochés , au sommet 
des rameaux, en épis courts. Cette plante est commune sur 
les collines sèches, dans le midi de la France et de FEuropei 



5W THY 

OB la culiire dans les jardins, oit soirreot ellesè-iiinltftpKe 
dMle-méme ; on en fait principalement des bordures* 

Le ihym commun, a une odeur plus forte et plus pëné* 
trante que le serpolet. On en retire, par la distillation , une 
Jwile essentielle qui s'emploie quelquefois par gouttes, pour 
mettre sur les dents cariées et douloureuses; cette huile a 
aussi été conseillée, mêlée dans un véhicule convenable, 
contre les coliques venteuses et la suppression des régies; 
mais il convient de n'en faire- usage qu'avec beaucoup de 
ménagement, à cause de sa grande acre té. C'est dans les 
cuisines qu'on se sert le plus souvent du tbym , pour relever 
li-Mveur des mets. Le thym du mont Hjmette étoit renommé 
chez les Grecs , qui Temployolent ccmime assaisonnement. 
Le miel du. mont Hymette étoit aussi très- estimé: il devoit 
son parfum au tbym. ££fectivement le miel que les abeilles 
récoltent sur les fleurs de cette plante est excellent, et sous 
ce rapport il est avantageux d'en planter, quand^on a beau-, 
coup de ruches. 

^* Fleurs disposées en verticilles dislincts et écartés* 

Thym des champs, vulgairement petit Basiuc sauvage; 
Thymui aoinosj Linn. , Spec.^ 826. Sa racine est annuelle, 
divisée en fibres nombreuses, menues; elle produit une, ou 
plus conmiunément plusieurs tiges souvent couchées à leur 
base, ensuite redressées, simples ou peu rameuses, pubes- 
centes, garnies de feuilles ovales, glabres, entières ou légè- 
rement dentées. Ses fleurs sont purpurines, verticillées,-or- 
dinairement six ensemble dans les aisselles des. feuilles, et 
disposées dans la moitié ou les deux tiers de la partie supé- 
rieure des tiges. Leur calice est strié, hérissé. de poils. courts 
et renflé à sa base. Cette espèce est assez commune dans les 
lieux secs et un peu arides, sur les collines, en France et 
dans d'autres contrées de l'Europe. 

Thym des Alpes; Thymus alpinus , Linn., Spec. , 826. Cette 
espèce.a les plus grands rapports avec le thym des champs; 
mais on l'en distingue facilement, parce que ses racines. sont 
vivaces, que ses feuilles sont plus larges, et que ses fleurs 
sont deux ou trois fois plus grandes.. £iie croit dans les lieux 



THY 557 

pierreux des montages de la France, de la Suiase, de TAl- 
lemagae, et de plusieurs autres parties de FËurope. 

**** Pédoncules axillaires portant une à trois fleurs. 

Thym de CoasB; Thymus eorsicus, Pers., Syrwps,^ 2 , p. i3i« 
Ses tiges sont velues , rampantes , longues de deux à quatre 
pouces, garnies de feuilles arrondies, un peu aiguës, cou- 
vertes de poils, très-entières et entourées d*un rebord carti- 
lagineux. Les fleurs^ sont purpurines, presque. tessiles, oppo» 
sées et terminales , disposées le plus souvent , au nombre de 
quatre seulement, au sommet des rameaux. Le calice eal 
strié, hispide, k cinq dents presque égales et colorées. La 
corolle est une fois plus longue que le calice , un peu velue 
extérieurement, ayant la lèvre supérieure écbancrée, et l'in- 
férieure à trois lobes arrondis. Cette plante croit sur les 
montagnes de Tile de Corse et dans les Pyrénées* 

Thym poivaé : Thymus piptrella ^ Linn., Systm veget.j p. 4S3; 
AUion, FL Ped.j n.* 81 , t. Sy, 6g. 3. Ses tiges sont un peu 
ligneuses, divisées, presque dès leur base, en rameatnt 
étalés, grêles, redressés dans leur partie supérieure, longs 
de quatre à cinq pouces, garnis de feuilles ovales, presque 
aessiles, à peu près glabres. Ses fleurs sont purpurines, por<» 
tées, dans les aisselles des feuilles supérieures, sur des pé- 
doncules quelquefois simples , souvent divisés en deux .4 
trois pédicelles, terminés chacun par une fleur. Cette espèc^ 
croit sur les rochers et les collines incultes, en Italie, ea 
£spagne et en Barbarie. (L.D.) 

THYM. (Ichthyol.) Voyez Trymallb. (H. C.) 

THYM BLANC* (Bot.) Nom vulgaire de la germandrée de 
montagne. (L. D.) 

THYM DE CRÊTE. (Bot.) Cest sous ce nom qu'est connu 
le satureia capilata. (J.) 

THYM DE SAVANNES. (Bot.) Nicolson cite à Saint-Do- 
mingue, sous ce nom, le tumera» (J.) 

THYMALLË. {lehlhyoL) Nom spéci6que d'un corégone. 
(H. C.) 

THYMALLË LARGE. {IchthjyoL) Bloch appelle ainsi le 
eorégone large. Voyez Corégonx. (H. C«) 

54. sta 



m THY 

THYliCALLOS. {IchthyoL) MLien a appelé dvfsMX^iOç notre 
Giymalle. V^ycz Co&écoKE. (H.C.) 

THYMALLUS, THYMALUS, THYMUS, {lehûiyol.) Non» 
latins du TnrMAUJU ( H. C. ) 

THYMALON , THYMON. {Bot.) Noms grecs de l'if, taxui , 
iiuivant Mentzel. Ruellius l'écrit thymi^n. (J.) 

THYMALUS. {Entom.) M. Latreille a proposé ce nom nou- 
Teau, qui est celui d*un poisson, ponr désigner un genre 
d'inseotet coléoptères pentamérés, de lafknrfllt des hélocéres, 
■et qui correspond k celui que Fabrieios a nommé jvellîs. Il y 
rapporte les espèces que cet auteur nomme Umhata , grassaf 
firmginea. (C. D.) 

THYMBRA; Thymhra, Linn. (Bot.) Genre de plantes di- 
cotylédones monopétales, de la famille des lahiées, Jnas., et 
de la Didynamie gymnospermie , Linn., dont Ics^ principaux 
caractères sont d'avoir : Un calice oonophylle , presque 
cylindrique, à deux lèvres, muni en dehors d'une rangée de 
poils s^r ses deux bords; une corolle monopétale, à deux 
lèvres, dont la supérieure est bifide, et rinférienre i trois 
découpures presque égales ; quatre ét^mines didynames ; un 
evaire à quatre lobes , surmonté d'un style filiforme , semi- 
bifide; 'quatre graines nues au fond du calice persistant. 

Les thymbras sont des plantes un peu ligneuses , ou de pe- 
tits arbustes à feuilles opposées et à fleurs disposées par ver- 
ticilles on rapprochées en épi. On en eonnolt quatre espèces. 

THYMBRA EN 1ÉFI; Thymbra spioUa ^ Linn., Sp,^ 796. Sa tige 
est ligneuse , rameuse , haute de six à huit pouces , garnie de 
feuilles linéaires - lancéolées , ponctuées, les supérieures ci-^ 
liées. Ses fleurs sont purpurines , disposées en verticilles serrés, 
approchés en épi t)blong et terminal. Cette espèce croit 
sur les montagnes en Italie et dans le Levant. Elle a une 
odeur forte et pénétrante. 

Thymbaa VERTiciLLÉ; Thymhra verticUloUi j Linn.,5pee.| 796. 
Cette espèce ne diffère de la précédente que parce que ses 
verticilles de fleurs sont plus prononcés et plus distincts. Elle 
croit dans les environs de Niée et dans le midi de l'Europe. 
{L.D.) 

THYMBRE* (Bot.) Zoroastre nommoît ainsi la coloquinte, 
suivant Ruellius. (J.) 



THY »9 

TH YMEL.^|£A. ( Bot. ) Dçs rapports exjtërieurt , tans égard 
au^ vrais caractères de la ûeur ou du fruit , ont fkit donner 
ce nom à des plantes de familles très- différentes » à ufi gio- 
bulariay un toHrnêfçrtiaf un emodea, un selago, un el^ffhrtia, 
•un stTumpJia* 11 étoit consacré plus généralement, par les 
anciens et ensuite par Tournefort, à un genre apétale, que 
Linnsiis, en supprimant le nom 9 a partagé en deux, le Da^hne 
et le Passerinaj appartenant, avec quelque^ autres genres , i 
une même famille à laquelle on donne le nom de tlyymélées , 
pour rappeler au moins la dénomination ancienne dç eiçs 
genres , qui sont les types de cette famille. Les noms substi- 
tués par Linnoeus avoient été donnés antérieurement par dfs 
anciens à un ruscus et à un lin. (J,) 

THYMÉLÉ£S. (Bot.) On a conservé à cette famille le nom 
doDué par Toqrnefort à son gçnre principal , auquel Linn^us 
a substitué celui de Dçphne. JSUe fait partie de la clas9e des 
péristaminée^ ou dicotylédones apétales, à étamines inaérées 
au calipe* Son caFactèrç général est formé de la réunion des 
•uiyaQS^ 

Un calice tubulé , non adhérent à Tovaire , divisé à son 
liinbe en plusieurs lobes imbriqués dans la préfiçraison j sui- 
vant Tobseryation de M* Brown. Da^S quelques genres Tpri- 
£ce du calice est garni d'écaillés intériei^res en nombre 
•égal k SC9 divisions et imitant une corolle polypétale. Les 
étamipes, a filets distincts et insérés au tube du calice , 
sont tantôt opposées i se$ lobes et en nombre ég&l» tantôt 
en nombre double , dont la moitié est alterne avec eu^, 
tantôt plus rarement en fiombre moindre que celui des 
lobes. Un ovaire simple 9 npn adhérent, contenant un seul 
Qvule pendant ; style unique 9 surmonté d'un stigmate ordinal* 
ment simple. Le fruit est un péricarpe indéhiscent 9 tantôt 
charnu , tantôt plus souvent très-mince , recouTiant une ^eule 
graine nue ep apparence .et doi^t H pavQlt être le tégwnent 
extérieur» Cette graine, at4M:Mf I^U sqmmft de /Ht loge> est 
ooQséqucmmeot icnverséff et peod^nte, (/eni^iyon, à radi- 
cule droite et montante» est d#Qué de pépismrimf» ^ mnî^s 
qu'on ne prenne pour tel une #ubstaiice blanche qui ; dans 
quelques genres 9 tapisse sur deux points opposés le tégi^- 
ment iatérieut de la graine* Les tiges font herbacées ou Xm> 



I40 THY 

ment plus sourent des sous-arbrisseaux. Les feuilles' sont sim- 
ples, ordinairement alternes. Les fleurs sont axiUaires ou ter- 
minales, folitaires ou plusieurs rapprochées. 

On rapporte à cette famille le Dirca , le Cansjera de Jus- 
sieu , le Lagetta du même , réuni peut-être à tort au genre 
Ddphne par Swartz; les genres Daphne^ Passerina^ Pimelea de 
Banb et Gœrtner; Stellera, Struthiola^ Laehnea^ Dais, Dnt- 
p^e$ de Banks j Gnidia, Arjona de CavaniUes. (J.) 

THYMIATITIS , XYLOPETALON. (Bot.) Noms grecs an- 
eiensde la quinte-feuille , suivant Ruellius et Mentzel. Celui-ci 
cite encore pour la même ceux de therumhroi , d'après A etius, 
de theomestron, d'après Hermolaus, et de Iheheotiiy d'après C. 
Bauhin. (J.) 

THYMIFOLIA. ( BoL ) J. Bauhin nommoit ainsi la petite 
salicaire, Ijrthrum hyuopifoUa de Linnasus. ( J.) 

THYMION, THYMON. {Bot.) Voyei Thtmalon. ( J.) 

THYMO. ( îéhtkyol. ) Voyez Thymalle. ( H. C. ) 

THYMOPHYLLE, Thymophylla. {Bot.) Genre de la fiunille 
des iynanthérées , établi par Lagasca; il le place dans l'ordre 
des eorymhifires de J^ssieu, dans la ^ngénésie polygamie égale 
de Linnœus. Ce genre est caractérisé ainsi*. Calice monophyUe, 
campanule , denté, multiflore ; réceptacle nu ; aigrette com- 
posée de cinq écailles tronquées et courtes. 

Le Thymophylla setifera , Lag. , Gen, , p. 25 , seule espèce 
de ce genre , est un sous-arbrisseau à rameaux presque fili- 
formes , articulés , garnis d'un grand nombre de feuilles op- 
posées, sessiles , presque sétacées et tomenteuses; les pédon- 
cules sont terminaux, un peu relus, roides, longs dé deux 
pouces , uniflores et garnis d'une ou de deux petites feuillii» 
'Le calice a sa surface pulvérulente et-tomenteuse; lesfl^Éfis 
sont purpurines. La Nouvelle-Espagne est la patrie de cette 
plante. (Lem*.) 

THYMUM LÀPIDEUM. ( Polyp. ) Pallas ( Eleneh. xooph. , 
p. ^27 ) tnte cette dénomination de Théophraste ( Hist, pL, 
iîK 4» eop. 8) comme synonyme de son madrepora murioUa^ 
M. (ûfrotonoidet des auteurs modernes. (De B.) 

THYMUS. {Bot.) Ce nom latin du thym a été donné aussi 
' i d'autres plantes labiées, à des euhila, à des saturéia; et ces 
' dernières ont aussi reçu celui dé thjnnum» (J.) 



THY 841 

THYMUS. (Ichthyol.) Voyez Thymaile. (H.C.) 

THYNNUSt ( Entom.) Nom donoé par Fabricius à ua genre 
d*insectes hyménoptères, voisin des scolies, qui ne comprend 
qu'une espèce de la Nouvelle» Hollande. (C. D.) 

THYNNUS. {IchthjyoL) Voyez Thunnus. (H. O.) 

THYONE. ( Actinoz. ) Genre d^holothuries éUbli par If. 
Oken ( Manuel de zoolog. , tom. 1 , pag. 55 1 ) pour VH*fiuu9 
de Linné etGmelin, et qu'il caractérise ainsi : Tentacules dët 
bras très-gros; col rétréci; point de cercle de dents P Yoyet 
Holothurie. (DeB.) 

THYOU. ( OrnitK) C'est un des noms du traquet^ rapportés 
par Selon. (Desm.) 

THYOURRE. (îehthyoU) Nom du CENTaoPOMB-Loyr dans 
les parages qui avoisinent Bayonne. ( Desm. ) 

THYREOCORIS. {Entom.) Nom donné par Schrank aa 
genre d'insectes qui a été nommé Pentatoma par Olivier , et 
scutellére par MM. de Lamarck et Latreille. (Desm.) 

THYRÉOPHORE, Thp-eophora. (Enlom.) M. Meigen a dér 
signé sous ce nom, tiré du grec, et qui signifie porte-écusson , 
un petit genre d'insectes à deux ailes, qui comprend entre 
autfes la mouche cynophile, dont l'écusson est prolongé ef 
terminé par deux pointes. (C. D. ) 

THYRIDE, Thyris. {Entom») M. Hoffmansegg a désigné 
sous ce nom une espèce de sphinx , qui est le /eneâtrinus de 
Fabricius. Ses ailes sont portées presque horizontalement 
écartées; elles sont .tout- à -fait dépourvues d'écaillés on 
vitrées. M. Dupouchel Ta trouvé aux environs de Paris* 
(C. D.) 

THYRSE. (^0/. } Fleurs disposées en panicule serrée , de 
forme ovale ; exemples : lilas , troène , marronier d'Inde , 
etc. (Mass.) 

THYRSINE. (Bot.) Gleditsch désigne sous ce nom l'hypo* 
ciste, hypocistis de Xournefort, cytinus de Linn^us, dont le 
caractère , réformé par Cavanilles , , nous a fait reconnoitr» 
que le phelypea de Thunberg ou hypolepis de M. Persoon est 
du même genre* 

Une autre plante, plus anciennement connue sous le nom 
grec thyrsine, suivant Mentzel, est l'oro(anch.« oaryophjrllala 
de LinnsBUS. (J.) 



«4* THY 

THYRSION. (Bût.) Un des nons grecs ^ficieos do thym, 
fOÎTJUit Ruellius et Menlccl, qui citent le même pour le eo- 
iênance» (/•) 

THYSANOMItRIUM. {Bot.) Genre de la famille des monsses^ 
établi par Schwfiegricben sut uoe espèce recueillie à là Gua- 
deloupe par Richaird^ Les caractères génériques qu'il lui assi- 
gne étant les mêmes que ceux du Campylopus déBridel , il lui 
' a été réuni. M. Amott, qui approuve cette réunion , préfère 
le nom de Thesanomitrium k celui de Cam^yrtapus. Voyez Toe-^ 
TtEv. ( Lem. ) 

THYSANUS. ( Bot. ) Gehre ât plantes dicotylédones , à 
fleurs complètes, polypétalées , régulières, de la famille deè 
féréhitUàeées , de la décandrie tétragynie de Linnseus, offrant 
pour caractère essentiel : Un Calice coloré, persistant, à cinq 
divisions profondes: cinq pétales rapprochés en forme de 
cloche; dix étamines; lés filaméûs courts; les anthères arron- 
dies, à deux loges; un ovai^e supérieur, à quatre faces; quatre 
styles insérés latéralement aux quatre angles de Fovaire; 
quatre stigmates légèrement bifides; quatre drupes lanugi- 
neux; dans chaque drupe nn noyau, entouré à sa partie su- 
périeure d'un atillt toage , charnu , frangé à ses bords. 

Ce genre tire son nom du grec, tusanos (frange) , k cause 
df la tonique ou arille des semences frangé à ses bords. C'est 
à tôtt que Willdeno^ a rapporté ce genre à VAjrlàfitkus. 

TuirSANOs palala; Thysanus pdlakLy Lour. , FI. Coeh., page 
1149. Ai^brîssèau dont la tige est droite , cylindrique , divisée 
fn rameaux glabres, touffus, étalés, sans épines, garnis de 
feuilles ailées , composées de dix paires de (blioles glabres, 
^blongues^ entières. Les fleurs sont latérales, disposées ep 
grappes pédonculé^s ^ axillaires ; le calice est coloré en rouge , 
a cinq divisions concaves , lancéolées , pileuses, très-oùvertes ; 
te Cdtollé blanche , à pétales de la longueur du calice. Le 
fruit Consiàte Cn quatre drupes oblottgs , I*eleyé4 en bcisse, 
eobrbéé à leur sommet , revétuS d^une éCdk^ee lànilginéiise , 
s'Ouvrait latépalemCût , renfermant Cheéu^i uil tiôyau ovèle» 
oblong, très-lisse et nue à sa partie inférieure ^ enveloppé à 
sa partie supérieure d'un arille rouge, chàrâu, frangé à ses 
bords. Celte plante croit dans les forêts, à la Coehinchitie. 
(PoiR.) 



THY 34J 

THYSANOTHE, Thysanothus. (Bol.) Genre de plantes no- 
nocoty lédones , à fleurs incomplètes, de la famille des û$pho* 
déléesy de Vhexandrie monogynie y offrant pdur caractère es* 
sentiel: Une corolle persistante, à six découpures profondes, 
étalées; les intérieures plus larges; point de ealice; six éta- 
mines inclinées, rarement trois) un ovaire supérieur; un 
style ; un stigmate ; une capsule à trois loges, à trois valves, 
partagées par une cloison ; deux semences dans chaque loge; 
Tune droite, l'autre pendante. 

Les espèces renfermées dans ce genre sont pourvues de 
racines fibreuses , ou composées de bulbes charnues , fascicu- 
lées , comme dans les asphodèles. Les feuilles sont étroites, li- 
néaires, souvent canaliculées, quelquefois courtes ou fili- 
formes; les fleurs terminales en ombelle, rarement éparses; 
les pédicelles articulés dans leur milieu ; les divisions de la 
corolle bleues en dedans, verdàtresen dehors; les intérieures 
plus larges ; leur limbe frangé par des eils articulés ; les an- 
thères purpurines, à deux loges; la valve extérieure des loges 
plus alongée; les filamens insérés ou sur le réceptacle ou k 
la base de la corolle; Tovaire surmonté d'un style filiforme, 
incliné, terminé par un stigmate fort petit; une capsule 
recouverte par la corolle desséchée ; les semences noirâtres, 
attachées au bord intérieur de chaque loge» quelquefois ré- 
trécies en forme de pédicelle ; le périsperme épais , charnu ; 
l'embryon excentrique P Ce genre , établi par M. R» Brown , 
contient au moins une vingtaine d'espèces. Nous ne citerons 
que les plus remarquables* 

'^ JFieurs à six étamines. 

m 

TuYSANOTHE TUAixEux ; Thjrsûnolhus tubtro^us, Rob. Brown , 
Nof". HolU^ 1 , page a8s« Cette plante a des racines compo- 
sées de bulbes fasciculées , pédicellées ; les feuilles sont ra- 
dicales , canaliculées , lâches , glabres ; de leur centre s^élère 
une hampe lisse , cylindrique, paniculée à sa partie supé- 
rieure , garnie de feuilles un peu plus courtes. Les fleurs sont 
disposées en ombelles k deux oa trois fleura; les anthères 
inégales. Cette plante croit à la Nouvelle-Hollande. Dans le 
thy$anolhus Uanihtrus , Rob. Brown , he, cit. , les tac in es sont 
également composées de bulbes fasciculées; les feuilles .radî* 




vMnwwfv fiRiimv wNV kp nvwiic ci 

fié /jfwH «^ «lie e»fiiilr #raJe, à fmb fiB«», 

f^fiêgié^ fut 4êê ékmmmi àatm dbsqvr W^ dei 

HfnUfêf UUàuieêf nmfàtrt^f ûm€WÊ€mt 

M^i k iê7erfê VM'Leowifl, daw la NMTcDe-HollBBdr. 

^ Fleurs à trois éiamimesm 





l'ttf^/^Ptnnk mtWÊiPvanzi Th^sanoàiMS mmUifUfrus ^Bi^Bi 
léSi SU* b^ fêeiueê ioni fibrenfcs ; les feuillet radicales li- 
néêiftfêf un peu piano, uo peu rodes à lenri bordb; la 
tUimpê Hi ififê^impUf liiêe , cylindrique , de la longuear des 
ffffêiitê'fn rofnhflle chargée de plusieufs fleurs; les pédicelles 
êtnêi êfiieuUêêi f articulation inférieure est à peine de la lon- 

Înimr il ru hrssiéifi. Dans le thy$anothus hiipidulus , R. Brown . 
rf« êU,f Iri mcinci sont également fibreuses; les feuilles radi- 
illlf*» aoflipfltnécsy fillformeé, hérissées de poils de toutes parts; 
li hiiiipiF fil un peu rude, très-simple, longue d'un pouce, 



TIA 345 

plus courte que les feuilles ; Tombelle peu garnie de fleurs. 
Ces plantes croissent à la Nouvelle -Hollande. 

TflYSANOTHE TRI AN DES : Thysanothus Iriandrus , Rob. Brown f 
loc, cit, ; Omithogalum triandrum y Labill., Nof* HoU* , i , page 
84 , tab. 1 lo. Cette espèce s'élève à la hauteur de six à sept 
pouces. Ses racines sont médiocrement tubéreuses; ses feuilles 
toutes radicales, étroites, linéaires, alongées, rudes, un peu 
charnues, légèrement striées; les hampes sont comprimées^, 
de la longueur des feuilles, rudes à leur partie inférieure » 
terminées par des pédoncules presque de même longueur, 
glabres, u ni flores , cylindiîques , articulés, munis à leur 
base de bractées courtes , ovales , lancéolées ; les trois pé- 
tales intérieurs ciliés, pourpres en dedans; les trois étaminea 
opposées à ces pétales. Cette plante croit à la Terre Via» 
Leuwin , dans la Nouvelle - Hollande. (Poia. ) 

THYSANOURES. (Enlom.) Ce nom, tiré du grec, •dt/s-^t^oc , 

frange y et Spee, queue ^ ou queue frangée ^ a été donné par M. 

La treille au premier ordre de la première section de la classe 

des insectes. Il y rapporte les podures et les forbicines, dont 

il forme deux familles. Voyes NéMocass. (C. D.) 

THYSSELINUM. (Bot.) La plante ombellifère ainsi nom- 
mée par Pline, est, suivant C. Bauhin , celle que Linnœus 
désigne sous le nom de selinum sylvestre, (J.) 

TIAIBI. (Mamm.) Voyes Taiibi. (Dbsm.) 

TIAILI. ( Bot.) Les Otailiens donnent ce nom i un arbre 
que Cook appeloit le plane , et qui est le noyer de bancoul 
ou Valeurites trilohata. Les naturels font avec ses noix un noir 
de fumée employé pour le tatouage , et ils en rc;jtirent 
une huile, avec laquelle ils se frottent seulement les che- 
veux. ( Lesson. ) 

TIALON. {Bot») Nom égyptien du lis, suivant Ruellius et 
Mentzel. (J.) 

TIARELLE, Tiarella. {Bot.) Genre de plantes dicotylé- 
dones, à fleurs complètes, polypétalées, régulières, de la 
famille des $ax\fragée$^ de la déeandrie àigymia de Linnsens, 
offrant pour caractère essentiel : Un calice persistant, à cinq 
divisions profondes; cinq pétales insérés sur le calice; dix 
étamines plus longues que la corolle , insérées sur le calice ; 
un ovaire supérieur , biide^ deux styles courts ; les stig- 



54^ TIA 

mate» simples; une capsule à une seule loge, k denx valver 
inégales ; plusieurs semences. 

TiARELLE A FEUILLES EN CŒUa : Tiorella cordi/oUaf Linn», 
5pec.; Lamk. , IIL gen», U^h. 3jS; Herrn., Parad*, tab. i3o. 
Cet4e plante a des racines vivaees et rampantes, qfui s'éten- 
dent au loin dans la terre ; elles produisent plusieurs tiges 
droites, presque nues, fort grêles, à peine pubescentes, 
hautes de quatre ou six pouces ; des racines sortent plusieurs 
feuilles simples, à longs pétioles , larges, presque ovales, en 
cœur, plus ou moins lobées, d'un vert clair, inégalement 
dentées k leur contour; les dents acuminées-; les pétioles 
grêles, longs d'environ trois pouces; quelquefois une ou deux 
petites feuilles alternes, situées vers le milieu des tiges. Les 
fleurs sont disposées en grappes terminales; les pédicelles* 
alternes, uniflores, à peine plus longs que les fleurs* Le ca- 
lice est court, très-glabre, à divisions ovales, aiguës; la co- 
rolle blanche , à pétales lancéolés , une fois plus longs que 
le calice; les étamîfies sont plus longues que la corolle; les 
anthères petites , arrondies. Le fruit est une capsule à deux 
valves inégales, droites, comprimées, alguîb, à une seule- 
loge , coiltenant des semences ovales , luisantes. Cette plante 
croit dans les contrées méridionales de l'Amérique, au Ca-^ 
*ada et sur les monts Alleghanys. 

TiARELLE TRIFOLIÉE : Tiarella tHfoliatû , Linn. , Sp€ù.$ Willd., 
SpeCf 2, page 659. Cette plante a des tiges droites, hautes 
d'environ un demi-pied, presque filiformes, cylindriques, 
rudes , pileuses , un peu canaliculées à un de leurs c6tés. 
iiCs feuilles sont ternées , pétiolées , radicales , peu nom- 
breuses , composées de trois folioles angaleuses , dentées 
en scie , un peu rhomboïdales k leur milieu , trapézifor« 
mes k leurs côtés, couvertes de poils roides; deux autres 
feuilles plus petites; Tune vers le haut de la tige; l'autre 
vers sa base. Les fleurs sont disposées en une grappe ter- 
ininale, longue de six pouces, composée de quelques petits 
lèprymbes alternes ; leur calice est presque campanule, per- 
filtant, à cinq découpures; la corolle blanche, à pétales 
|kvales , à peine plus longs que le calice ; les filamena sont 
subniés, plus longs que la corolle; les anthères petites, «rron- 
(fiei ; la capsule , plus longue que le calice , a deux ralves 



TIA 347 

inégales. Cette plante èrott dans les contrées septentrionales 
de FAsie, 

TiARELLE BiTERNÉE ; Tiavella hitemata^ Vent. , Jard. de Mahn. 9 
tab. 54. Cette espèce a des tiges droites, simples, 6stuleusei. 
cylindriques, un peu pubescentes, garnies de trois ou quatre 
grandes feuilles alternes, deux fois ternëes, presque glabres, 
d'un vert gai, luisantes en dessus, un peu pubescentes ea 
dessous; les pétioles sont pubescéns, trés-Iongsjles folioles pé- 
dicellées, très-grandes, ovales-oblongues , aiguës, échancréet 
à la base, incisées ou lobées, quelquefois cinq folioles au 
lieu de trois; les dentelures arrondies, surmontées d'une 
pointe courte. Les fleurs sont axillaires et feuillées; elles for- 
ment par leur ensemble une ample panicule très-làche, com* 
posée d*un grand nombre de grappes alternes, fort grêles; 
leur axe parsemé de poils granuleux, muni de bractées très* 
courtes, lancéolées, aiguës, jaunâtres, persistantes; le calice 
est glabre, d'un jaune de soufre ; la corolle d'un jaune p&ie, à 
pétales linéaires, obtus; les étamines sont deux fois pi us longues 
que la corolle ; les anthères à quatre sillons ; la capsule a deux 
Valves à deux loges ; les semences sont linéaires, nombreuses, 
fort petites, adhérentes par leur partie moyenne à des pla- 
centas filiformes, d'abord coniMBens avec le bord'intérieuf 
des valves, qui ensuite devieniMR libres. Cette plante croft 
dans l'Amérique septentrionale. 

TiARELLE DE Menzie ; Tiartlla Menziesii^ Pursh. , Flor, Amer.^ 
I9 P^gc ^i3« Cette plante a des tiges droites, longues d'un 
pied et plus. Les feuilles sont ovales, en cœur, aiguës à leur 
sommet, dentées et lobées à leur contour; les lobes courts; 
les feuilles caulinaires alternes et distantes. Les fleurs sont 
disposées en grappes filiformes, presque en épij le calice est 
tubulé. Cette plante croit dans l'Amérique septentrionale. 
( PoiR. ) 

TIARIDIUM. (BoL) Genre de plantes dicotylédones, a 
fleurs complètes, monopétalées, de la famille des borraginéesi 
de la pentandrie monog^nie de Linnœus, offrant pour cara^ 
tère essentiel: Un calice persistant, à cinq divisions; unf^ 
corolle hypocratériforme; le tube anguleux, peu à peu resr 
serré vers son qrifice; le limbe Ondulé, à cinq ràyqns; einq 
étamines non saillantes; un ovaire supérieur, k quatre lobes | 



M TIA 

un style tm-court;an stigmate en tête; quatre noix conni- 
ventes, à deux loges, fermées à leur base; la log.e dorsale 
noiiosperme ; celle an -dessous vide. 

TiARiDiUM vt l*1nde : Ttoridium indieum^ Lehm., Borrag.^ 
14 ; Blum. 9 Fl^javmf 846; Heliatropium indieum^ Linn., Spec.» 
187 ; Bot. Mag., tab. 1837 ; Pluken., Phylogr., 246, fig. 4. Sa 
racine est fusiforme , rameuse ; sa tige herbacée » haute d'un 
ou deux pieds , rode et velue. Les feuilles sont presque oppo- 
sées, ovales, presque eo cœur, aiguës, ondulées à leur con- 
tour, ridées, courantes sur le pétiole, longues de trois pou- 
' ces ; les épis terminaux , solitaires ; les fleurs sessiles; un calice 
court , à cinq divisions profondes , inégales , lancéolées , acu- 
minées; Je tube de la corolle blanc, anguleux, une fois plus 
long que le calice ; les lobes du limbe courts, obtus, de cou- 
leur lilas ; les filamens adhérens au tube presque dans toute 
leur longueur; les anthères presque sagittées; le stigmate d^Qn 
blanc jaunâtre; quatre noix ovales, acuminées. Cette plante 
croit dans les Indes orientales; elle est très*' commune a^x. 
lieux incultes , parmi les décombres. 

TiAaiDiuM VELOUTE: Tioridium veUitinum, Lehm., /oc. cit.; 
Blum., FL jav.j 846; Rbéed., Hort. malab.^ 10, tab. 48 P Cette 
plante a des tiges pileuses ,^rbacées et rameuses. Ses feuilles 
•ont presque opposées, pSblées, ovales, un peu obtuses, 
épaisses, ridées , molles , légèrement crénelées , tomenteuses et 
veloutées. Les épis sont latéraux et terminaux, très-velus, longs 
d'environ trois pouces; les fleurs sessiles, alternes, disposées 
sur deux rangs; le calice à cinq divisions linéaires; le tube 
delà corolle un peu plus long que le calice, velu en dehors; 
quatre noix presque glabres , soudées à leur base. G ettte plante 
croit aux mêmes lieux que la précédente. 

TiARiDiuM ALONoé ; Tiaridium elongatum , Lehm., loe» eilm 
Cette espèce a des tiges renversées, ligneuses à leu( base, 
puis herbacées, hérissées. Les feuilles sont alternes, pétiolées, 
' rhomboïdales , lancéolées , acuminées , rétrécies sur le pétiole , 
médiocrement crénelées à leurs bords , ridées , rayées en des- 
sus, hérissées en dessous, longues de deux ou trois pouces. 
Leê épis sont pédoncules, latéraux et terminaux, solitaires, 
très -longs; les pédoncules chargés de poils étalés; les fleurs 
;, alternes, disposées sur deux rangs* Le calice est par- 



TIB 349 

fagé en cinq découpures linéaires ^ recourbées ; la corolle en 
soucoupe ; le tube filiforme , trois fois plus long que le calice, 
trés-velu en dehors; son orifice resserré, à cinq rayons; le 
limbe à cinq angles; les quatre noix sont glabres, acuminées^ 
brunes et luisantes. Cette plante croU au Brésil , dans les ter- 
rains sablonneux. (PoiR.) 

TIATIA. {Omith,) C'est une des dénominations vulgaires 
de la litorne , espèce de grive. Vojrez le mot Merle. (Desm.) 

TIBBUTHU. (Bol.) Voyez Tubbuthd. (J.) 

TIBCADI. (Bot.) Voyez DiPCADi. (J.) 

TIBÉRON. {Iththyol.) Voyez Tibdron. (H. C.) 

TIBIA ou jambe dans LES INSECTES. (Entom.) Voye» 
Jambe, et, à Tarticle Insectes, le premier alinéa de la page 
440 , tome XXIII. (CD.) 

TIBIANE, Tibiana. (Polyp.) Genre établi par M. de La- 
marck, dans la nouvelle édition de ses Animaux sans vertèbres ^ 
tom. 2 , pag. 1 84^ et adopté par Lamouroux , Polyp. flex. , 
jpag. 217, pour quelques corps organisés que Ton ne connott 
encore que desséchés et qui paroissent avoir plusieurs rap- 
ports avec les tubulariées. La dénomination de Tibiane, que 
M. de Laraarck a substituée à celle de Sacculine^ qu'il avoit 
d*abord donnée à ce genre, rappelle, dit-on, quelque res- 
semblance avec certaines ûùies; comparaison qui n'est rien 
moins qu'évidente. Quoi qu'il en soit , voici là, caractérisa 
•tique de ce genre , que je n'ai pas encore observé moi-même : 
Polypier assez peu phytoïde , fistuleux ou tubuleux , mem» 
•braneux ou corné, composé de rameaux régulièrement flé- 
-chis en zigzag , avec des cellules h ouvertures arrondies, pro- 
longeant chaque angle du tube et par conséquent alternes. 
D'après cette définition, qui comprend tout ce qu'on sait sur 
ces corps organisés , il est assez diflîcile de juger de leurs rap- 
ports d'une manière un peu rationnelle. M. de Lamarck place 
ce genre entre ses dichotomaires et ses acétabules, qui font 
des corallines , tandis que lamouroux en fait le premier 
genre de ses tubulariées , ce qui nous semble plus naturel. 

On ne connoît encore que deux espèces de tibiane , venant 
'probablement Tune et l'autre des mers de l'Australasie. 

La T. FAScicuLéE: T . fasciculcUa , de Lamk., Le, n.'^2, et 
Lamx., Polyp. flex», pL 7 , fig. 3 a. Polypier eomposé de plu- 



35o TIB 

sieurs tubes ou rameaux réunis infërieurement , séparés su- 
périeurement , fléchis en zi^ag , et portant les cellules i 
chaque angle : couleur fauve-brun. 

De la collection du Stadthouder, et maintenant de celle 
du Muséum. 

La TifiiANE RAMsnsE; T.ramosa, ià,^ ib., n.** i. Polypier formé 
par un tube membraneux , subflexueux , rameux à la partie 
supérieure, avec des cellules assez proéminantes et sacci- 
formes , à ouverture supérieure ou horizontale : couleur 
blanche. 

Rapportée des mers de la Nouvelle-Hollande par MM. Pé- 
ron et Lesueur. M. Lamouroux doute que ce soit une véri- 
ble tibiane. ( De B. ) 

TIBOUCHINA. {Bol.) Genre de plantes dicotylédones, à 
fleurs complètes, polypétalées , régulières, de la famille des 
méla$t0mdes , de la déoandrie monogynit de Lipnaeus, offrant 
pour caractère essentiel : Un calice persistant, tubuleux, 
écailleux à sa superficie; le limbe à cinq lobes; quatre ou 
six écailles imbriquées , opposées en croix autour du calice ; 
cinq pétales; dix étamines; les anthères à deux cornes k leur 
base ; un ovaire supérieur; un style ; tme capsule à cinq loges, 
à cinq valves, enveloppée par le calice. 

TifioucaiNA EDOE : Tihouchina aspera^ Aubl., Guian», i, 
t. 177 ; MeU^itoma tihouchina^ Encycl., 4, pag. 49, Arbrisseau 
dont presque toutes les parties sont couvertes d'iispérités ou 
de très -petites écailles roides, pointues. Les tiges sont tétra- 
gones, rameuses, cassantes, hautes de deux ou trois pieds, 
garnies de feuilles pétiolées, ovales -lancéolées, eutiéres, 
sèches, coriaces, lisses en dessus, marquées, àk^ leur base, 
de cinq nervures saillantes en dessous, réunies par dea veines 
transverses peu apparentes, longues d'environ deux pouces, 
larges de huit ou neuf lignes. Les fleurs sont presque termi- 
sialçs, axillaires, formant de petites panicules ou des co- 
rymbes pfu garuis, munis aux dernières ramific^tiqus de 
bractées ovales. Le calice est tubulé, à divisions )aneéQlé^;Ies 
pétales sont ovpïdes , de couleur purpurin? $ les anthères plon- 
gées; l'ovaire k%i supérieur, oblong, couvert dç petite lames 
aiguës t il se cpuvertit en une capsule à cinq loges 9 s*ouvrant 
f0 cioq ralvc» i \9$ 8em«iicc9 sput «ombreuses , fpr t menues. Cet 



TIC 35i 

arbre croît à la Guiane. Toutei ses parties exhalent une odeur 
-aromatique assez agréable. On estime ses fleurs, prises en 
infusion , pour les maux de poitrine , parftieulièrement dans 
les toux sèches. (Poir.) 

TIBOURBOU. (BoL) Arbre deCayenne, ainsi nommé par 
les Galibis, rapporté par Aublet à son genre Apciba^ appar- 
tenant à la famille des tiltacées. (J.) 

TIBULUS. (Bot.) Suivant Daléchamps, Pline nommoit ainsi 
le pin mugho* Adanson l'indique comme un nom italien* 

<J.) 

TIBURIN. {Ichûijol.) Voyez Tibubon* (H. C.) 

TIBURO. {IchtfyoL) Nom latin du pantouflier. Voyez Zr- 

CÈNE. ( H. C. ) 

TIBURON. {IchlhyoL) Un des noms du requin. Voyez Car* 

CHARIAS. (H. C.) 

TIBURONE. ( IchthyoL ) Quelques auteurs , Marcgrave et 
Nieremberg, entre autres , ont ainsi appelé le requin* Voyez 
Carcharias. (h. c. ) 

TIBUS. (BotJ) Nom égyptien , cité par Ruellius, du êiratioU* 
de Dioscoride, que Prosper Alpin croit être une plante aqua- 
tique, nomiàée par les botanistes pis^ia itraliotes^ Ce seroit 
plutôt le itratiotes ahidei, suivant Pinterprétation de Dodo^ns 
et de Mentzel. (J.) 

TICANTO. (Bot.) Ce nom brame, cité par Rhéede, est 
employé par Adanson pour distinguer du genre Guilandinaj 
dans les légumineuses , le gMilandina panicuUUa de M. de La- 
marck , qui a les étamines diadelphes et la gousse courte , 
Bionosperme* (J.) 

TICH. {Bot.) M. Caillaud cite ce nom arabe d'une conyze, 
trouvée par lui à Dongolat , près du Nil, et que M. Delile 
nomme oonyza dongolensis» (J.) 

TICHACH. (Mamm.) Nom par lequel les Tschuwaches dé- 
signent les poulains ou jeunes ehevaux. (Desm.) 

TICHODROME. (Omiûi.) Voyez Écheiwte. (Ch.D,) 

TICHURI. ( Momm. ) Nom de la marte mink en Finla«de< 

(DCSM.) 

TICORËË, Ticoréa. {BoQ Genre de plantes dicotylédones , 
à fleurs complètes, polypétalées, de la famille des rutacéesi 
(Aug. S* Hil.) , de la monadelgiki^ ptntandrU de UnnœuSji eJBTrant 



«a TIC 

povr eMwmtîète eHeaticI : Un eaHce à daq desto; cinq pé- 
tftlei rapprocbét en forme d'entonnoir ; cinq éfaniincs ; let filft- 
meiit réunis, nipprackét en tobe; un orûre «n péricn r; nu 
fffle; un stigmate; noe capsule k àmq loges. 

TiooeAb f^db: Tieoremfeiida, AnbL, Guian., s , tali. S77; 
Caran* , Diti., 7, tab« 906. Arbrisseau qui B^éàère k la kau- 
teur de dix ou douie pieds sur une tige droite et forte, qui 
se divise en rameaux alternes, étalés, rerêtna d*une écorce 
Tcrte, trés-lisse. Les feuilles sont alternes, temécs; les pé- 
tioles très-longs; les folioles orales-lancéolées, très-grandes, 
pédicellées, vertes, molles, glabres , entières, aiguCi, ré- 
Irécies a leur base , longues d'un pied et plus , larges de 
quatre pouces ; la foliole terminale plus grande que les an- 
tres. Les fleurs naissent à Textrémité des rameaux : elles sont 
axillaires , disposées en grappes panîculécs , presque en co- 
rjrmbe ; le pédoncule commun long de plus d^un pied , divisé 
en ramifications chargées de fleurs sessiles , alternes. Le calice 
est glabre, évasé, terminé par cinq dents courtes, ovales, 
«n peu mucronées; la corolle blanche; les péiales étroits, 
longs d'un ponce , concaves dans leur longueur , attachés au 
fend du calice, adhérens inférieurement par leurs bords; les 
filamens réunis en un tube membraneux , divisé au sommet 
en cinq dents aiguës , terminées chacune par une anthère ob^ 
longue, à deux loges; Tovaireâ cinq c6tes arrondies; le stjle 
simple ; le stigmate arrondi. Le fruit consiste en une capsule 
i cinq loges. Cet arbrisseau croit à la Guiane, dans les forêts 
de Caux. Ses feuilles , écrasées entre les doigts, répandent une 
odeur désagréable , approchantde celle de la pomme épineuse 
( stramonium )• 

M. De Candolle a publié quelques autres espèces de licorca 
dans les Mémoires du Muséum de Paris, vol. 9, pag. 145, tel 
que le ticorea pedicellata^ tab. 1 , qui parolt différer de la 
plante d*AubIet par ses corjrmbes à douze ou quinze fleurs, 
au lieu de cinq à six; par ses fleurs pédicellées le long des 
rameaux et non sessiles. Les feuilles sont composées de trois 
folioles presque sessiles. Dans le ticorea longiflora, Dec, /O0. 
cit., tab. 2 , les feuilles sont également ternées; les deux fo- 
lioles latérales médiocrement pédicellées, un peu échancrées 
à leur base; celle du milieu très-longue; les pétioles pubes- 



TIC 355 

cens. Les oorymbes sont compotes d'environ quinze k vingt 
ÛeuTs , sessiles le long des rameaux ; les pétales au moins dix 
fois plus longs que le calice* Ces plantes croissent dans la 
Guiane. 

M. Auguste de Saint-Hilaire a également mentionné , dans 
les mêmes Mémoires , vol. lo, pag. 291 , iîg. D, deux espèces 
observées à Rio-Janeiro. Le tioorea jasminijiora est un arbris- 
seau de sept à huit pieds. Ses feuilles sont lancéolées , acumi- 
nées, rétrécies en pétiole à leur base ; les panicules lâches; la 
corolle est blanche, infundibuliforme , longue d'un pouce et 
plus ; le tube velu intérieurement» les étamines sont au nombre 
de cinq à huit, dont trois ou six souvent stériles , placées au 
sommet des dents d'un tube pentagone , en cupule, formé 
par la réunion des £lamens ; Tovaire a cinq lobes, hes indi- 
gènes boivent le suc qui 'Sort des feuilles pour se guérir* de 
la maladie qu'ils nomment hohcLs et les Européens framboesia* 
Le ticorea fêbrifuga n'est peut-être qu'une variété de l'espèce 
précédente : il en dififère par sa tige souvent arborescente ; 
par ses panicules plus resserrées ; par les fleurs une fois plus 
courtes; par plusieurs bractées presque foliacées; par le style 
plus saillant. L'écorce de cet arbrisseau est très-amère, as- 
tringente, puissamment fébrifuge. (Poib.) 

TIC -TIC. (OrnUh.) Ce nom est donné à deux espèces d'oi- 
seaux: Tun, qui appartient au genre des ToDisas (voyez ce 
mot), et l'autre à celui (les Moucherolles de M. Vieillot» 
Ce dernier , qui est le grand figuier de Madagas c ar de Bria- 
son, est rangé par Buffon avec les merles, et par Latham 
avec les gobe-mouches {muscieapa madagascaremis)', aussi eat« 
il difficile de le classer définitivement. Sa taille est celle de 
l'alouette ; son plumage est vert-olive partout, si ce n'est sur 
la poitrine , où l'on voit du jaune verdàtre , et sur la gorge , 
où le jaune est pur. (Djesm.) 

TICTIVI. (Ornith.) Le prince de Neuwied dit qu'on nomme 
lictiyi, au Brésil, le bentavi ou lanius pitangua^ qui semble 
articuler très- nettement ce mot, qu'il répète sans cesse. 
( Lesson. ) 

TICTIVIE. {Ormth,) M. Vieillot rapporte ce nom à une es« 
pèce de tyran, qui est sans doute le même oiseau que celui 
dont il est fait mention dans l'artide précédent. (Desm.) 
64. 25 



354 TIE 

TIE. (Boi*) Les ProTeaçavic donnent ce nom, MtÎTant G«- 
ridel , mnx pins qui ' pénsêcnt par auite de svrabmidaiice de 
sucs rétinenx épaism , qui s^opposent à la libre drcalatioa 
de la sève. Leurs rameaux , dans cet état, dit - il , pcsTenl 
senrir de torches lorsqn^iJs sont enflammés : c^est pour cda 
aussi qn*on les noame tœdiu ( J. } 

TIEGBRERZ. (Mût.) C'est encore un nom allemand qu'on 
a employé tantôt sans traduction , tantôt en le rendant par 
rexpressiott de mine d'argent Hgrétm II paroit qu'on a appli^ 
que ce nom à deux substances bien différentes. Dans le pre- 
mier c'est réellement un minerai d'ai^gcnt sulfuré, grenu, 
disséminé en taches noires dans des gangues de diversea na» 
tnres* Dans le second cas on a nommé ainsi une roche à 
base de Arlspath, grenue, blanchâtre, avec de larges taches 
noires , également grenues , qui sont dues à de l'amphibole 
presque compacte ainsi disposé. (B.) 

TIEN. {Mamm.) Ce nom est donné par Erxleben comme 
une désignation tartare de Téeureuil commun. (Dbsm.) 

TIERAN ou TTEBS-ANS. {Mamm.) Les sangliers âgés de 
trait ans sont ainsi appelés par les chasseurs des Pays-Bas. 
(Desk.) 

TIERCE. ( BoL ) Nom vulgaire dans F Anjou , suivant M. 
Desvaux, de la circée, eircœa Uttetiana» (J.) 

TIERCELET. [OmUh.) Le mâle de Tespèce de l'épervier 
est appelé vulgairement tiercelet, ainsi que celui de l'au* 
tour ; mais ce nom peut également convenir aux mâles de 
toutes les autres espèces d'oiseaux de proie , parce que leur 
taille est ordinairement d'un tiers plus petite que celle des 
femelles. (Desm.) 

TIERS. [Omiàt») Belon donne ce nom comme un de ceux 
qui se rapportent à l'espèce du harle à manteau noir, et il 
est aussi appliqué a une variété de la sarcelle ordinaire. 
(Dbsm.) 

TIEVEL» {Iclitkyok) Un des noms allemands du dobule. 
(H. C.) 

TIFA. {Mollusq.) C'est le nom que portent à Rotouma, ile 
de la mer du Sud , léi valves de l'huître on aronde â perles. 
(Lbsson. )' 

TIFPAH. {Bot.) Nom arabe du pommier, «selon Delile. 



TIG 58» 

Dalëchamps le nomme lufa^ tufahà» Forskal cite le même, 
qu*il écrit tyffahh^ pour le pommier naio, pyrus nana* (J*) 

TIFLEH. {Bot^) Nom arabe du laurose ou laurier roie, 
nerium, selon Delile. Forskal l'écrit iijlœ. (J.) 

TIGAEÉE, Tigarea. {Bot.) Genre de plantes dicot^rlédoses , 
à fleurs incomplètes , dioïques , de la famille des diUéniaeées , de 
la dioécie polyandrie de Linnœus, offrant pour caractère essen- 
tiel : Des fleurs dioïques i un calice à quatre ou cinq divi- 
sions; autant de pétales : dajis les fleurs mâles un grand nombre 
d'étamines; un ovaire stérile; dans les fleurs femelles plusieurs 
étamines stériles : un seul ovaire ; un style ; une capsule à 
deux valves; une seule semence* 

Wilidenow a réuni ce genre aux letraceraf dont il est en 
efifet très -voisin ; mais, pour admettre cette réunion, il fan^ 
droit que Tobservation puisse nous apprendre que les fleurs 
ne sont dioïques que par avortement, que plusieurs des par- 
ties qui manquent dans certains individus, sont restituées dans 
d'autres. N^ayant encore rien de positif sur ces faits, les/t« 
garea se distingueront desUtracera par leurs fleurs dioïques, 
par un seul ovaire, un seul style, et par une capsule bivalve ^ 
monosperme. Le port des espèces est d'ailleurs le même que 
celui des utraeera , ayant des tiges sarmenteuses , des feuilles 
munies de stipules. 

TicARÉE A FEUILLES RU DBS : Tigarca asperaj Aubl., Guian., 
2, tab. 35o;r Lamk., IlL gen.y tab. 826; Rhiniumj Schreb.y 
Gen,; Tetracera.aspera^ Willd«, âpec, 3, pag. I3i4^. Arbria* 
seau dont la tige est sarmenteuse et rameuse : elle s'élève 
jusque sur la cin^e des plus grands arbres , d'où pendent ses 
rameaux prolongés jusqu'à terre; ils sont très^rudes, âpre» 
au toucher, garnis de feuilles alternes, médiocrement pétio« 
lées, un peu ovales , ondulés à leurs bords» chagrinées eflcou" 
vertes a leurs deux faces de poils roides et crochus, longues 
d'environ trois pouces et demi , sur trois de large; les pédoies 
offrent à leur base des poils caducs* Les fleurs aont dtoY- 
ques, disposées en petites grappes axiilaires* Le calice est 
d'une seule pièce, à quatre ou cinq divisions concaves, ai- 
guës; la corolle blanche , à quatre ou cinq- pétales concaves , 
arrondis , insérés par un onglet entre les divisions du calice* 
Les étamines sont nombreuses, placées au fond du calice ; les 



iS6 TIG 

filameos courts; les aoUiérct îaoncs, à deux lobes ; un pistil 
qui arorte. Les fleors femelles ont un calice et une corolle 
cornac dans les fleun ailes; des filaaens sans anthères; un 
oraire arrondi , soraonté d*un stjle terainé par un aligmate 
large, obtus. Le fruit est une capsule sèche , roussitre^rudean 
toucher, arec le calice persistant , s'ourrant en deux Tâlres,* 
nne seule semence. Cette plante croit dans File de Cayenoe. 

Les Créoles ont donnée cette plante le nom de tiane rouge, 
k cause de la couleur que prend m décoction: elle passe dans 
le pays pour un bon remède dans les maladies Ténériennes. 
On. rencontre quelquefois cet arbrisseau en tt grande quan- 
tité dans les bois , qu'il est impossible de les parcourir ma 
être déchiré par Vâpreté de ses rameaux et de ses feuilles, 
et surtout ans être arrêté par rentrelacement de ses branches 
et de ses rameaux. 

TiGABÉB A FEUILLES DERTÉEs : TigoTta d tn iata , AubL , lœ, 
cit., tab. 35 1 ; Tttraeera tomenloui^ Willd., Spee., loe. ciL 
D*après Aublet , cet arbrisseau ressemble au précédent par ses 
fleurs et par ses fruits; il en diffère par ses tiges, qui sont 
velues; par êCê branches, qui sont lisses et plus grosses; psr 
ses feuilles ovales, dentées, terminées par u.ne longue pointe: 
elles sont glabres à leur face supérieure, vertes, revêtues 
en dessous d^un duvet soyeux et tomenteux , longues d'envi- 
ron cinq pouces, sur deux pouces et demi de large. Cet ar- 
brisseau croit dans les bois à Cayenne. Les Créoles le nom- 
ment liane rouge j conune le précédent, et l'emploient aux 
mêmes usages. (Pois.) 

TIGAS , TUGAS. (Bot.) Camelli , dont les descriptions sont 
. recueillies dans l'ouvrage de Rai , parle d'un grand arbre 
de ce nom dans les Philippines, dont le tronc, cylindrique, 
atteint le diamètre de dix à douze pieds. Son bois est com- 
pacte, pesant, et si dur qu'il résiste à l'action de la scie et 
d'autres instrumens, d'où lui vient son nom vulgaire. Ses 
fruits, disposés en grappes, renferment trois noyaux. Cet 
.-arbre est encore nommé tongon ou tongo , daos quelques autres 
lieux des Philippines. (J.) 

TIGE. {Bot,) La tige part du même point que la racine; 
mais elle s'alonge en sens inverse ; tandis que la première 
descend vers le centre de la terre , l'autre s'élève vers le ciel. 



TIG 557 

La ligne de jonction de ces deux parties, qui est indiquée 
par le plan superficiel du sol , est le collet de la plante. Il 
ne faut pas le confondre avec le collet de TEmbayon. (Voyez 
ce mpt. ) 

La tige est le caudex ascendant développé : elle porte, 
soit médiatement , soit immédiatement, les feuilles, les bou« 
tons, les fleurs et les fruits. Ses divisions sont des branches; 
ses subdivisions sont des rameaux* 

Sans parler des champignons , de^ lichens et autres végé- 
taux d^un ordre inférieur, il seroit facile de citer un grand 
nombre d'espèces dépourvues de tige, d'autant plus que lei 
botanistes ne confondent jamais avec cet organe les supports 
particuliers des fleurs. (Voyez Hampe. } 

On distingue quatre espèces, de tiges : le tronc, qui appar- 
tient aux arbres dicotylédons ; lestipe, qui caractérisées 
arbres monocotylédons ; le chaume , propre aux graminées ,i 
et les tiges proprement dites, qu'on ne peut nommer tronc , 
stipe ou chaume. Le nombre en est considérable et varié : 
elles sont herbacées ou ligneuses ; elles rampent ; elles grim- 
pent ou s'élèvent verticalement sans appui : elles sont pres- 
que toujours flexibles, ramifiées; leur bois est formé de 
couches dans les dicotylédons et de filets dans les iponpco- 
tylédons. (Voyez Tronc, Stifb, Chaume.) 

Organisation des tiges dicotylédones. On divise le (issu des 
tiges dicotylédones en trois parties anatomiques : i.^ l'ex- 
terne ou rÉcoacE, composée de la substance ou enveloppe 
herbacée des couches corticales et du liber;. 9** la moyenne 
ou Corps ligneux, qui comprend Faubier, le boi^ et les in- 
sertions ou rayons médullaires; S.*" 1^ centrale ou la M^ 
nuLLAiRE, laquelle t%i formée de Tétui médullaire et de la 
moelle. ( Voyez tous ces mots. ) 

Ces parties, présentées comme distinctes, ne sont point 
séparées dans la nature. Il existe entre elles, au contraire, 
une parfaite connexion, et on ne les isole que par l'analyse 
mécanique ou par la macération qui détruit certaines por- 
tions du tissu et n'attaque point les autres. Le tronc est formé 
en réalité d'un seul et même tissu cellulaire,, do^t l'épiderme 
fait la limite. 

Toutes les modifications possibles de ce tissu ne se renconr 



5S8 TIG 

trcnt pas dans la mène tige. Beaucoup d^espèces a^ont point 
de eouches eorticaies ; plusieurs ont un bois et un aubier si 
semblables en apparence, qu'on ne saurait les distinguer; 
quelques-uns sont privés d'insertions médullaires. Le n^rio- 
fhjlUim , herbe aquatique dicotylédone, est absolument privé 
de moelle. 

Dévtioppement H erais$€tmce dm troue. Pour éclairer Tordre 
des développemeos , prenons l'arbre des sa naissance et soi* 
▼ont- le dans ses progrès. 

Arant la germination , la substance de la plumule n*offre en 
grande partie qu'un tissu délicat et régulier. On y découvre 
des traees mucilagineuses de cambium, premiers; linéamens 
du tissu» que la nutrition doit rendre un jour plus apparens. 
- La germination commence : des trachées, des fausses tra- 
chées, des vaisseaux poreux, s'ouvrent autour de la moelle 
et constituent l'étui médullaire. Un réseau de cellules alon- 
gées, qui reçoit dans ses mailles des cellules plus courtes, 
se produit a la super6cie de l'étui et constitue une couche, 
dont la partie interne est de Faubier et rexterne du liber. 
L'aubier acquiert de Jour en jour plus de ténacité ; les pa- 
rois des cellules s*épai5sissent ; de gros vaisseaux , dont Is 
formation semble due au retrait des parties environnantes, 
la parcourent dans toute son étendue. Alors ce n'est plus 
une couche d'aubier, c'est une couche de bois. 

A mesure que l'aubier, devenu plus compacte et moins 
épais, se sépare du liber, et que celui-ci, par le dévelop- 
pement de son tissu, devient plus ample, le cambium , ce 
mucilage organisé , ce tissu cellulaire fluide , s'accumuie 
entre l'aubier et le liber et forme une couche régénératnce 
nouvelle, dont la partie qui touche a l'aubier ae convertit 
en aubier et augmente le bois, et celle qui touche au liber, 
se convertit en liber et régénère Técorce à mesure que la 
partie extérieure , soumise au contact de l'air et de la lu- 
mière, se désorganise. A cette couche de cambium en suc- 
cède une troisième , qui éprouve les mêmes modifications. 
Une quatrième vient ensuite, puis une cinquième, puis une 
sixième, etc., et les feuillets du liber et du bois vont, se 
multipliant de cette manière, jusqu'à ce que la mort mette 
fin à l'épaississement du tronc. 



TIG 35, 

Chaque couche ligneuse est d^ordinairë le prodoit de la 
végétation d'une année ; par conséquent, plus un arbre sera 
TÎeux, plus le nombre de ses couches sera considérable, et 
puisque Ton compte quelquefois plusieurs centaines de 
couches à la base du tronc, tandis qu'on n'en trouve jamais 
qu'une à l'extrémité des branches, il est clair que chaque 
couche ne s'étend pas dans tonte la longueur de Tarbre , que 
la base du tronc réunit toutes les couches qui se sont organi- 
sées depuis la germination , et que Textrémité des branches 
ne renferme sous son écorce que le prolongement de la 
couche annuelle. 

Cette observation conduit à expliqi^er Faccroissemest en 
hauteur : une graine d'arbre germe ; la jeune tige ae montre 
et prolonge sa croissance jusqu'à ce que la couche ligueuse 
soit endurcie. Cette couche forme alors un o6ne alongé. 
Une couche nouvelle s'organise autour de la prenûère, et se 
développant avec le bouton qui termine la tige , elle forme 
un c6ne ligneux beaucoup plus alongé que celui qu'elle re- 
couvre. Une troisième couche se développe et dépasse la 
seconde; elle est dépassée à son tour par une quatrième, 
qui, elle-même, est recouverte par une cinquième, etc. 
Chacun de ces cônes marque la croissance d'une annéjr. Après 
cent ans de végétation, il y a cent cônes emboîtés les uns 
dans les autres, et les espaces compris entre les sommets de 
ces cônes indiquent la succession et Talongement des pousses 
annuelles. 

Une herbe est organisée de même que la pousse anauelle 
d'un arbre. On y trouve l' écorce , le corps ligneux et la moelle. 

Organisadon des tiges des monoeotylédons. Les tiges des mo»- 
nocotylédons ne sont pas organisées de ménie que celles des 
dicotylédons. M. Desfontaines, le premier, en a marqué 
la différence, et cette découverte, qui éclaire à la fois la 
physiologie végétale et la botanique, est considérée comme 
fune des plus importantes que Ton ait encore faites sur la 
structure interne des végétaux. 

Les monocotylédons ont rarement une écorce distincte du 
reste du tissu. Ils n'offrent point de liber, d'aubier, de bois 
disposé en couches concentriques ; ils n'ont point de rayons 
médullaires, et leur moelle , au iieu d'être resserrée dans un 



3^0 TIG 

caoal m centre de la tige, s'étend presque {impi^à la cir- 
conférence. Leur bois est divisé en filets mmmbreux» Ces 
filets , distribués dans le tissu médullaire avec plus ou 
moins de symétrie, parcourent la tige dans sa longueur et 
se réunissent de loin en loin , de façon qu*ils composent des 
réseaux, analogues a ceux des dicotylédons, mais incompa- 
rablement plus lâches. Des trachées, des fausses trachées ou 
des vaisseaux poreux , accompagnent chaque filet ligneux et 
portent la sève dans le végétal. . 

En mettant en parallèle cette organisation et celle des 
dicotylédons , on verra que la différence essentielle est dans 
la grandeur des mailles des réseaux ligneux* Cette seule 
modification organique suffit pour changer la marche des dé- 
veloppemens. Chaque filet des monocotylédons, c* est-à-dire , 
chaque branche de leurs réseaux n'étant point comprimée 
par les autres branches, végète séparément; ainsi le tiisa 
qui s'organise à la superficie de tout le corps ligneux dans 
les dicotylédons se produit autour de chaque filet dans les 
monocotylédons*. Les filets méine s^ multiplient, et ces 
nouvelles branches des réseaux ligneux naissent surtout au 
centre, où la place ne manque pas, tandis que les réseaux 
des dicotylédons s'accroissent vers la circonférence , entre 
l'enveloppe herbacée et le corps ligneux, seul endroit où 
la végétation puisse prendre de Tessor. De là vient que les 
dicoty]iédons ont un tissu plus lâche à la circonférence qu'au 
centre , et qu'en {général l'inverse a lieu pour les monoco* 
tylédons. 

Quand on fkit une ligature au tronc d'un arbre dicotylé^ 
don , ou qu'une plante grimpante ligneuse le serre dans ses 
replis, la nouvelle couche, fortement comprimée, se renfle 
en bourrelet au-dessus du lien; mais les ligatures et les 
plantes grimpantes ne font pas naître de bourrelet sur les 
stîpes, parce que raccroissement du réseau ligneux $*y fait 
au centre* On moptre au Muséum d'histoire naturelle un 
grand tronçon de palmier, embrassé parles branches vigou-r 
reuses d'un bauhinia , et quoique la pression ait été puissante, 
il ne paroît sur le slipe aucyn indice de bourrelet. 

D^i^eloppement des tigef des monocofylédons. Voyons en pre^ 

mîe^ lieu cominent naU et se développe le $|ipe. Prepofis le4 



TIG 3«« 

palmiers pour exemple. Je suppose que nous ayons semé , 
dans des circonstances favorables, une graine de dattier ou 
de caryota , ou de chamctTOfi : la germination commence ; 
Textrémité supérieure du cotylédon se gonfle et reste engagée 
dans le périsperme, qu^elle absorbe insensiblement ; Fextré- 
mité inférieure pousse en avant la radicule et la plumuley 
et fait tomber Tembryotége; la radicule descend dans la 
terre j la plumule perce la coléoptile et monte vers le ciel. 
hts feuilles , d'abord plissées sur elles-mêmes et engainées les 
unes dans les autres, se déploient, se multiplient^ se grou- 
pent en gerbe à la surface de la terre. Les anciennes, re- 
poussées à la circonférence par les nouvelles, se détachent; 
mais leurs bases se soutiennent et forment un anneautsolide, 
qui est Torigine du stipe. Les nouvelles vieillissent à leur 
tour; elles cèdent la place à de plus jeunes; elles tombent 
comme les précédentes et laissent un second anneau au-dessus 
du premier. Une suite d'anneaux semblables se produit par 
les évolutions successives du bourgeon terminal. Le stipe, 
couronné de set feuilles, s'élève en colonne , sans que sa base 
grossisse, parce que tous les développemens sefontau centre, 
et que la circonférence , composée de filets nombreux et en- 
durcis, retient les parties intérieures. La végétation de la 
plupart des autres palmiers offre les mêmes phénomènes. 

De même que la succession des développemens est écrite 
pour ainsi dire sur la coupe transversale du tronc des di* 
eotylédons par les zones concentriques , de même aussi elle 
est écrite à la superficie du stipe des palmiers par les cica- 
trices circulaires que produit la chute des feuilles; mais ces 
cicatrices s'effacent à la longue , et le stipe de beaucoup <ie 
palmiers devient très -lisse en vieillissant. 

Les stipes du dracœna^ des aloës, des ^'vcca, diffèrent de 
ceux des palmiers en ce qu'ils ont une double végétation. 
Ils croissent en longueur par le développement des filets du 
eentre , et en épaisseur par le développement des filets de la 
eirconférence. Il arrive même qu'après un certain temps les 
filets de la circonférence se soudent les uns aux autres et 
composent par leur réunion une sorte de couche ligneuse. 
Ils produisent des branches, mais peu nombreuses et sans 
aucun prdre déterminé. Leurs bourgeons , en se développant, 



S«* TIG 

aloBgeat la tî^e on U branche de même que les bourgeons 
des dicotylédoBS. 

Lei asper^, les rmsemsj les saiilsx, les £airorea, les lom* 
nmsj etc., doot les ti^es sont grêles , flexibles, et aourent 
sarateotenscs, oat nneécorce, vue double Wgétation et des 
braoches disposées avec replanté. 

Les chames sont dépoonros d*écorce. Leor Tdgétotion est 
simple conme celle des paloûets; leofs nenids sont solides; 
leors entrcDonids on articles, qni offrent prcsqne tonjoun 
nne {rai|^e lacune centrale , semblent sortir les nns des 
antres, à la façon des tnbes d*nne lunette d^approebe. Cbaqve 
fenîUe part d*un noeud, dans lequel se fait la séparation des 
filetSy dbnt les uns produisent la feuille et les autres la partie 
supérieure de la ti^. 

Les rotangs, que les caractères de leur fleur et de leur 
fruit confondent arec les palmiers , poussent des touffes de 
fleuilles à la surfrce de la terre, de même que les stipes 
n a ii sa n s. Du milieu de ces feuilles partent des fêta articulés 
et feuiDés coaune les chaumes , et souples, sarmentenx , srim- 
pans comme la tige des «ntlojr et des «^tvai. Les rotnngs ont 
une régétation simple : ib s*alongent prodigieusement et res- 
tent trcs-gréles. On a mesuré des tiges de deux cents mètres 
de longueur, qui n*anraient au plus que la gros seu r du pouce. 

Certaines fougères de FAmérique méridionale déreloppent 
un Téritable stipe couronné de feuilles , et s'éièrent aussi 
haut que nos arbres de moyenne grandeur. Ainsi , quoiqae 
les fougères différent in6niment par leur fructification des 
monocotylédons pbénogames , la physiologie déco u v r e dans 
les espèces arborescentes un lien naturel entre les mrbres 
mooocotylédons et les végétaux d*un ordre inférieur. Mits., 
Elém. (Ma5s.) 

TIGELKIO. {Boi.) Nom îavaooîs, cité par Burmann , du se- 
ueeio pseudochina» ( J. ) 

TIGELLE. (Bot.) Rudiment de la tige dans la graine. El!e 

est Tisible araot la germination dans le tropœotmm mmjms , le 

faka , le ntlmmho^ etc.; elle est invisible avant la germination 

dans le pinsi , YaUimm , etc. La tigelle est terminée par un 

petit bouton nommé gemmule. (ILiss.) 

TIGER-ILTIS. ( Mammu) Ce nom , qui paroit signifier marte 



TIG S65 

tigrée^ est employé daDsles Voyages de Pallas, pour désigner 
le pérouasca {mustela sarmatica) ^ espèce de marte dont le 
pelage est en effet agréablement varié ou tigré de noir et 
de fauve. (Desm.) 

TIGIEGA. {Ichthyol.) A Malte on appelle ainsi le gumau. 
Voyez Tricle. (H. C. ) 

TIGNA. {Bot,) Nom péruvien du conyza genistelloides de 
M. de Lamarck, trouvé au Pérou par Joseph de Jussleu. (J.) 

TIGNAMICA. {Bot.) Nom donné dans quelques lieux de 
la Toscane, suivant Césalpin, au gnaphalium $tœcha$* {3,) 

TIGRE. {Mamm, ) Ce nom, qui signifie chez les Indous 

Jlèche ou jat^eloty est celui du plus grand mammifère du genre 

des Chats , remarquable par les bandes noires transverses et 

bien symétriques qui se trouvent disposées sur le fond fauve 

de sa robe , tant sur le corps que sur le cou et les membres. 

Il a été aussi attribué, avec des épithètes particulières, à 
plusieurs autres grands carnassiers du même genre : ainsi le 
tigre d* Amérique, le tigre du Brésil ou le tigre de la Guiane, 
sont le jaguar; le tigre barbet ou le tigre frisé de Brisson , est 
le guépard, qui semble être le même animal que le tigre-loup 
de Kolbe ; ce dernier nom a été aussi appliqué à Fhyène ; les 
phoques à pelage varié de taches brunes sur un fond clair ont 
été nommés tigres marins; le tigre noir d*Amérique est une 
variété du jaguar, et le tigre noir de Java estlefelU mêlas de 
Pérou ; le tigre des Iroquois , le tigre rouge et le tig^re pol- 
tron sont autant de dénominations du couguar; enfin le nom 
de tigre-chat ou de chat tigré est appliqué à diverses petites 
espèces, telles que le serval, l'ocelot, le margay, le chat 
sauvage, une variété du chat domestique, etc. 

Le vrai tigre est désigné souvent en françois par les noms 
de grand tigre et de tigre royal. Voyez l'article Chat. (Desm.) 

TIGRE. (Erpét,) Nom spécifique d'un Python. Voyez ce mot. 
(H. C.) 

TIGRE. {Conchyl.) Nom spécifique d'une espèce de cône, 
C litleratusj et d'une espèce de porcelaine, cyp, tigris, ainsi 
nommées à cause des taches orbiculaires noires dont elle$ 
sont ornées sur un fond blanc. ( De B. ) 

TIGRE, TIGRÉE. {Ichthyol.) Noms spécifiques d'une Rous» 
SETTE. Voyez ce mot. (H. C.) 



564 TIG 

TIGRE-PUCE. {Entom.) M. LatreiUe dit, que ce nom tuK 
gaire désigne un insecte de couleur grise , qui attaque les 
feuilles des arbres fruitiers, et qu'il soupçonne être un hé- 
miptére du geure Tingis. (Desm.) 

TIGRE -PUNAISE. {Enlom.) Geoffroy a ainsi nommé une 
espèce d'acanthie, que nous avons décrite sous le n.*^ i3, 
tome 1/^9 page 104. Fabricius Fa rangée dans le genre Tingis, 
en lui conservant le nom spéci6que de clavieornis, (C. D..) 

TIGRÉ. {lehthyoL) Nom spécifique d'un holocentre , décrit 
dans ce Dictionnaire, tome XXI , page 288 , et d'un tétrodon, 
dont il sera question plus tard. (H. C.) 

TIGRÉ. {Ichthyol.) Nom spécifique d'un Coffee. Voyez ce 
mot. ( H. C. ) 

TIGRESSE. (Mamm.) Nom de la femelle du tigre. (Desm.) 

TIGRI-FOWLO. (Ornilh.) Nom donné par les babiUns 
de la Guiane, suivant Stedman, tom. 1, p. 186 de la traduc- 
tion françoise, à Foiseau tigre, espèce de héron. (Ch. D.) 

TIGRIDIA. (Bol.) Voyez Ferearia. (Poia.) 

TIGRIE. {Omith,) Nom piémontais du corvus caryoeacUs 
de Linné, du genre Nucifraga de Brisson. (Ch. D. et Lesson.) 

TIGRIS. {Mamm.) Nom latin du tigre. (Desm.) 

TIGRIS. {ConchyL) Genre de coquilles proposé par Klein 
{Oêtracod., p. 4i ) pour les espèces univalves, obtuses, ré- 
gulières, à ouverture arrondie, ombiliquée, qui offrent au- 
dessus d'une couche nacrée des taches noires , régulièrement 
disposées, sur un fond ébumé; c'est-à-dire pour le turbo pica. 
(De B.) 

TIGUAR. (Bot.) Nom du turbith sur la côte de Canara 
dansTInde, suivant Hernandez. (J.) 

TIHO. (Bot.) C'est le nom que les habitans d'Oualan don- 
nent aux fleurs d'un pancratium. Ils les portent dans un trou 
qu'ils pratiquent dans leurs oreilles^ afin d'en recevoir sans 
cesse le parfum. (Lesson.) 

TH. {Bot.) On donne ce nom à Otaïti à la racine d'un ma- 
ranta, qui est employée par les naturels à préparer une sorte 
de tafia. Ils font fermenter le suc mucoso-sucré qu'elle con- 
tient et le soumettent à la distillation pour en obtenir l'al- 
cool. Les procédés qu'ils emploient leur ont été donnés par 
des matelots européens. ( Lesson. } 



TIL 365 

TUÉ cl TIJÈ GUACU. (Omith.) Noms spécifiques de deux 
Manakins. Voyez ce mot. (Desm.) 

TUÉ PIRANGA. {Omith.) Nom du jacapa et du cardinal 
de Brisson, au Brésil. (Desm.) 

TIKAGUSIK. {Mamm,) CestTuxie des dénominations groën* 
landoises du physétère microps de feu de Lacépéde. (Desm.) 

TIKANTO d'Adanson. (Bot.) Voyez Ticanto. (Lem.) 

TIKLIN. {Ornith.) Une espèce de râle des Philippines est 
ainsi nommée dans sa patrie, et les naturalistes en ont fait 
son nom spécifique. (Ch. D. et Lesson.) 

TIKOUS. ( Mamm. ) Les Malais donnent ce nom à plusieurs 
espèces du genre Rat, répandues dans les îles de PEst. (Lesson.) 

TILAM. (Bot.) Nom du mentha fxtida de Burmann dana 
Pile de Java. (J. ) 

TILASON. ( Bot. ) Un des noms arabes de la grande jou- 
barbe, sempernvum ^ cité par Daléchamps. (J.) 

TILCUETZPALLIN. ( Erpit. ) Hemandez a parlé sous ce 
nom d*un gros lézard de la Nouvelle • Espagne , qui paroit 
être un sauve -garde. (H.C.) 

TÏLCUETZPALLINE. [Erpét.) Voyez Tejuguacu. (H. C.) 

TILÉSIE. (Foss.) Dans le terrain à polypiers des environs 
de Caen on trouve un polypier fossile que Lamouroux a 
regardé comme devant constituer un genre particulier, et 
auquel il a assigné les caractères suivans: Polypier pierreux, 
ejUndrique , rameux, tortueux, verruqueux; pores ou cdlules 
petits , réunis en paquets ou en groupes polymorphes , saillans et 
couvrant en grande partie le polypier: intervalle entre les groupes 
lisse et sans pores. ( Lamx. , Exp. met h. des genres de Pord. des 
polyp., pag. 42.) 

TiuêsiE tortueuse : Tilesia distorta , Lamx. , loo. cit. , tab« 
74 , fig. 5 et 6 V atlas de ce Dictionnaire, pi. de fossiles. 
Polypier à rameaux courts et tronqués; pores ou cellules à 
ouverture parfaitement ronde. Grandeur, un pouce et demi. 
Diamètre des rameaux, deux lignes. Il paroît qu'on ne con- 
noit qu'une seule espèce de ce genre. (D. F.) 

TILIA. (Bot.) Voyez Tilleul. ( Lem. ) 

TIUACÉES. (Bot.) Cette famille de plantes, à laquelle le 
tilleul, tilia^ donne son nom , appartient à la classe des hy- 
popétalées ou dicotylédoni polypétales » à étamines insérées 



3GG TIL 

sous le pîstiL Nous Tavlons primitirement composée de trois 
sections ; mais en observant que la seconde constituoit seule 
les véritables tiliacées, et que les deux autres, rapprochées 
pour le moment, pouvoient dans la suite en être séparées. 
£n effet, il a été reconnu que la première, ayant, comme 
les malvacées, les filets d*étamines réunis, et, comme les 
vraies tiliacées, un embryon périspermé, devoit former entre 
elles une famille intermédiaire , dont YHermannia éioit le 
type, et à laquelle nous avons donné le nom de hermanniées 
(Mém. du Mus. d^hist. nat. , i , 242). Cette nouvelle famille, 
enrichie de plusieurs genres à fruit périspermé , mal rapportés 
aux malvacées, a été ensuite subdivisée en plusieurs sections ou 
familles, dont nous ne nous occuperons point dans le présent 
article. 

La troisième section, caractérisée comme la seconde par 
des éfaaiines à filets distincts et* par un embryon périspermé, 
en difféi'oit par Tunité de loge dans le fruit, et c'est principa- 
lement sur ce caractère que M. Kunth a fondé sa nouvelle 
famille des bixinées , dont il sera question plus bas. 

Nous devons examiner d*abord la section qui renfenkie 
les genres à fruits multiloculaires , celle des vraies tiliacées, 
dont MM. Kunth et De Candolle ont tracé le caractère fondé 
sur la réunion des suivans. 

Un calice à quatre , ou plus ordinairement à cinq divi- 
sions profondes, ou divisé en autant de sépales à préfioraison 
valvaire. Pétales en nombre égal (manquant rarement), al- 
ternes avec le calice, insérés au support de l'ovaire. Étamines 
en nombre indéfini ou quelquefois défini , ayant la même 
insertion; filets distincts; anthères arrondies ou oblongucs, 
biloculaires , s'ouvrant du c6té intérieur. Ovaire simple, 
libre, ordinairement pluriloculaire , sessile ou stipité , entouré 
souvent à sa base de quatre ou cinq glandes opposées aux 
pétales ou remplacées quelquefois par autant d'écaillés ; un 
ou plusieurs ovules, dans chaque loge de l'ovaire ; style simple 
ou rarement nul ; stigmate simple ou plus souvent diviâé. 
Fruit capsulaire ou charnu , ordinairement multiloculaîre , à 
loges polyspermes , dont quelques-unes avortent souvent; 
l'embryon des graines, entouré d'un périspermé charnu, est 



TIL 367 

droit, à radicule dirigée vers leur point d*attache, à lobes 
plans et foliacés. 

Les plantes de cette famille ou section sont des arbres ou 
arbrisseaux, plus rarement des herbes. Les feuilles sont sim- 
ples, alternes et stipulées. Les fleurs sont hermaphrodites, por- 
tées sur des pédoncules ordinairement axillaires et multiflores* 

Les caractères indiqués déterminent la place des tiliacéet 
dans la classe des hypopétalées, à la suite des hermanniées, 
dont Tembryon est également périspermé, mais qui différent 
principalement par la réunion de leurs filets d'étamines. 

Nous rapportions ici primitivement les genres Anlichoruê, 
Corchorus^ HeUocarpos , Sparmannia , Triumfetla, Sloaneaj 
Apeiba^ Muntingla^ Grema, Tilia, avec quelques autres, re- 
portés plus récemment à des familles différentes. Dans les 
Mémoires du Musée, 5, page 244 9 bous ajoutions les genres 
Colona de Cavanilles ou Columbia de Persoon , Diplophractum 
de M. Desfontaines, Honéken^a^ Espéra et Luhta de Willde** 
now. M. Kunth , qui concentre dans cette section la vraie, 
famille des tiliacées , admet la même série de genres, à, 
Texception des trois derniers : ceux-ci sont adoptés avec tous, 
les autres par M. De CandoUe , dans son Prodromus , 1 , page 
3o3 , qui ajoute à cette série VAbatia de la Flore du Pérou , 
et place à la suite, avec doute, les genres Ahlania d'Aublet, 
Gjrastemon de M. Desfontaines , Çhristiana de M. Bro\vn , 
Alegria de la Flore du Mexique, Vatica de Linnsus, TVik^ 
stromia de. M. Schrader, Bcrrya de Roxburg ; VEspera et le 
Luhea, cités plus haut, font partie de cette dernière réunioà.. 

Il a été dit plus haut que M. Kunth avoit séparé des tilia- 
cées leur troisième section ancienne , pour en former une 
famille des bixinées, que nous rappellerons ici pour qu'elle ne 
soit pas omise dans ce Recueil : plusieurs caractères lui sont 
communs avec les tiliacées. Il la distingue particulièrement 
par le nombre des parties du calice , qui s'élève quelquefois 
Jusqu'à sept, et dont la préfforaison n'est pas uniforme; par 
les pétales au nombre de cinq, ou plus souvent nuls; parle 
nombre toujours indéfini des étamines insérées sous l'ovaire 
ou sur un disque occupant le fond de la fleur; par un ovaire 
toujours sestile et surtout uniloculaire, muni intérieurement 



ZC8 TIL 

de quelques placentaires pariétaux , ovulîféres, et dcvenaiit 
une capsule ou une baie ; Tune et Tautre également unllocu- 
laires et polyspermes sur des placentaires pariétaux. 

On voit ici que la principale différence consiste dana ces 
derniers caractères. Si un .nouvel examen prouvoit que dans 
Tovaire les placentaires pariétaux ont pu être rapprochés 
dans le centre de la loge, au point de contracter presque un 
eodtact; si Ton pensoit que ce rapprochement a pu simuler 
ainsi une pluralité de loges , laquelle, dans la maturité, au- 
roit disparu par suite de la rétraction de ces placentaires, on 
trouveroit peut-être moins grande la différence indiquée j et 
on finîroit par conclure que , si ce ne sont pas deux sections 
d'une même famille , ce sont au moins deux familles très-voi- 
sines. M. Kunth ne paroit pas combattre cette conséquence. 

Nous avions placé dans cette division le Bixa , le Laetia et 
le Banara, Il les admet également, et y joint le Proehia de 
P. Browne , le Ludia de Commerson , le Patrisia de Richard , 
ou Rjania de Vahl, et VAhatia de la Flore du Pérou. Il re- 
connoft en même temps que Ton trouve dans quelques-uns 
de ces genres des exceptions au caractère général de la série, 
surtout dans Tinsertion des étamines, qui, réputées hypo- 
gynes dans les vraies bixinées, sont dans le Prookia et le Ludia 
portées au fond de la fleur sur un disque qui paroit adhé- 
rent en partie au calice. Cette apparence d^insertion péri- 
gyne nous Justifie presque d^avoir placé primitivement le 
Proehia dans une section des rosacées, et le Ludia a leur 
suite près de^rHoma/inm devenu plus récemment le type 
d'une nouvelle fSlmille, indiquée par M. Brown. On retrouve 
dans le Prodromus de M. De CandoUe la famille des bixinées, 
avec le même caractère général et les mêmes genres , à Tex- 
ception deVAhatia, quHl reporte aux tiiiacées, et du Patiisia^ 
qu'il croit plus voisin des flacurtianées, mentionnées plus bas, 
-et il ajoute aux genres admis, VAzara de la Flore du Pérou. 
Mais cet auteur diffère dans sa classification de la famille, 
qu'il place près des capparidées et loin des tiiiacées , à cause 
de l'identité dans le fruit ordinairement uniloculaire et dans 
l'insertion pariétale des graines. Il est suivi en ce point par 
M. de Saint-Hilaire , qui, dans les Mémoires du Musée , tom. 14, 
page 134, présente un projet de distribution des familles à 



TIL 369 

corolle polypétale. L'opinion de ces deux savans doit dans 
beaucoup de cas faire autorité; cependant nous ne pouvons, 
pour .le moment, renoncer à croire que notre ancienne 
série, qui , à la suite des crucifères et des cappari(|ées , place 
immédiatement les sapindées, est plus naturelle,, et que les 
familles qui les suivent jusqu'aux hypéricées exclusivement, 
forment avec elles un groupe qui pourra bien être augmenté , 
mais non décomposé. Cette conviction est plus fondée sur 
la structure intérieure de la graine qile sur son point d'at" 
tache dans le fruit. Comme de plus la distribution de M* 
Kunth , en cette partie , est conforme à la nôtre, cet assen- 
timent tend à la fortifier. 

Il existe iin genre, le Placurtia de Commèrson, qtie nous 
avons placé d'abord dans les tilîacées, en reconnoissant néan^^ 
moins qu'il différoit en plusieurs points* M« Poiteau , décri*^ 
vant son nouveau genre Rumea (Mém* du Mus., 1, p. 261), 
le rapprochoit du Flacurtia, en observant, le premier, que 
ces deux genres dévoient constituer un nouvelle famille, à 
laquelle se joindrait peut-être le Stigmarota de Loureiro, 
quand il seroit mieux connu. Nous avons rappelé cette ob- 
servation dans le même Recueil (5, page 246), et adopté 
son opinion en la fondant principalement sur l'absence d'une' 
corolle , la séparation des organes sexuels et la présence d'un 
disque staminifére« Nous ajoutions encore que peut -^ être on 
pourroit y joindre les genres Mauneiaâe M. duPetit-Thouars^ 
Phoberos de Loureiro, et Thamnia de P. Browne* M* D« 
Caudoile, dans son Prodromus^ 1 , page 2 05, a établi c«tte 
famille sous le nom de flacon rtianées , qu'il attribuoit à Ri- 
chard ; mais il la présentoit différemnient , avec l'addition de 
plusieurs genres polypétales et hermaphrodites. Nous croyons 
devoir consigner dans cet article le (Caractère général qu'il- 
lui assigne. 

Un calice divisé en quatre à sept parties^ avec lesquelles 
sont alternes autant de pétales, manquant quelquefois ; éta- 
mines insérées sous l'ovaire en nombre égal ou double, ou 
plus considérable ; quelquefois plusieurs de leurs filets sté^ 
riles ayant la forme d'écaillés; ovaire simple et libre, sur* 
monté d^un style ( quelquefois nul ) ^ terminé par plusieurs 
64. 34 



570 TIL 

stigmates ; fruit uniloculaire , ianibt charnu , indéhiscent , 
tantôt capsulaîre , s'ouvrant en quatre ou cinq valves , tapis- 
sées intérieurement d'une pulpe mince ; quelques graines 
enveloppées de cette pulpe desséchée, attachées à un placen- 
taire, sortant du milieu de chaque valve; embryon droit, 
entouré d*un pérîsperme charnu ; la radicule dirigée vers 
Tombilic de la graine ; les lobes plans et foliacés ; tiges 
ligneuses; feuilles simples,' alternes, non stipulées; fleurs 
portées sur des pédoncules axillaires, multiflores, quelque- 
fois diclines. 

M. De Candolle subdivise cette famille en quatre sections. 
Dans la première, qu'il nomme les patrisiées, les fleurs sont 
hermaphrodites, apétales; le calice intérieurement coloré; les 
étamines indéfinies ; le fruit charnu ou capsulaire. Il y rapporte 
le seul genre Patrisia, subdivisé en deux. M. Kunth en a fait 
une bixinée ; nous le placions dans les tiliacées, parce que de 
plus nous y observions des stipules linéaires, qui ne subsistent 
qu'à la base des jeunes feuilles* 

La seconde section , celle des vraies flacurtiées, qui a dei 
fleurs dioïques apétales, des étamines indéfinies et un fruit 
charnu, renferme seulement les genres Flacurtia, Rumea et 
Stigmarota, cités précédemment. 

Dans la section des kiggelariées, qui est la troisième , sont 
placés. les genres Kiggelaria^^Melicytus de Forster, et Hydno' 
corpus de Gcertner, qui ont des fleurs dioïques par avorte- 
ment, des pétales existans, des étamines en nombre défini, 
et un fruit à demi charnu , s'ouvrant dans la maturité. 

La quatrième section contient le seul genre Erithrosper^ 
mum de MM. du Petit-Thouars et de Lamarek , distingué par 
des fleurs hermaphrodites , des pétales et des étamines au 
nombre de cinq à sept, et un fruit charnu , indéhisceqt. 

Comme plusieurs des genres ici réunis ne sont pas con- 
nus parfaitement, leur rapprochement peut n'être pas défi- 
nitif et être susceptible d'une nouvelle vérification. Il faut 
seulement observer que l'objection faite précédemment contre 
le placement des bixinées près des capparidées, est la même 
contre l'admission des flacurtianées entre ces deux familles, 
puisqu'elles n'ont pas, comme les capparidées, un embryon sans 
périspenne , à radicule repliée sur les lobes. 



TIL 371 

Avant de terminer cet article , nous devons parler de quel- 
ques genres qui nbus paroissoient avoir de Taffinité avec les 
tiliacées, et que nous proposions (Ann. du Mus., 11 , p. 933) 
de placer à la suite dans une section particulière ou dans une 
famille distincte , ayant pour caractères propres des anthères 
alongées et droites , ouvertes par des pores terminaux , et des 
pétales ordinairement frangés ou lobés. Ces genres sont le 
Vallea de Mutis , le Trieuspidaria de la Flore du Pérou , le Vatita 
de Linnseus , cité plus haut, et surtout VElœocarpus de Bur- 
mann et Linnseus, auquel on réunissoit les genres Dieera de 
Forster, Adenodus de Loureiro , Vaieria de Lionseus, et dont 
Gaertner avoit détaché le Ganitrus de Rumph. Les mêmes ont . 
été en partie reproduits plus tard (Mém. du Mus., 5, p, 245) 
avec l'addition du Blondea de Richard et du Craspedum de 
Loureiro; mais nous distinguions alors YElœocarpMs et le Go- 
nitrus , dont le fruit est une noix recouverte d'un brou , des au-* 
très genres, qui ont le fruit capsulaire ou simplement charnu y 
en laissant entrevoir la possibilité d'en faire une famille dis- 
tincte. 

£lle a été établie, sous le nom d'élaeocarpées, par M. De 
Candolle {Prod,^ 1, p. 519), qui n*a point séparé ces genres 
et qui le premier en a tracé le caractère général, que nous 
présenterons encore ici, pour qu'il ne manque pas dans ce 
Dictionnaire. , 

Calice divisé en quatre ou cinq sépales à préfloraison yal- 
vaire, alternes avec autant de pétales hyppgjnes, dont le 
sommet est lobé ou frangé; quinze à vingt étamines à fileft 
libres, à anthères oblongues, minces, biloculaires, dont les 
loges s'ouvrent supérieurement par un pore ; ovaire plurilo- 
culaire, porté sur un disque glanduleux; style unique; plu- 
sieurs graines dans chaque loge; embryon droit, à lobes plans 
et foliacés , entouré d'un périsperme charnu. Tiges élevées 
en ai:brisseau ou en arbre; feuilles simples, alternes. 

L'auteur rapproche cette famille des tiliacées et il y rap« 
porte 1^ 'genres Elœocarpus, dont, selon lui, le Canilrus et 
V Adenodus restent congénères; Dieera, auquel il réunit le Cras^ 
pedum; Trieuspidaria; et il afoute le Decadia de Loureiro,! 
dont le fruit est un brou recouvrant une noix, et deux genret 
nouveaux créés par lui, Aceratium, à fruit inconnu ^ et Frie* 



57» TIL 

êia^ à fruit en baie, dififérentdu Frinia de M* Sprengel, qu'il 
croit être le Crolonopsis de Michaux. 

Le caractère du fruit n*est pas énoncé dans cette famille ^ 
probablement parce qu*il n'est pas le même dans tous les genres^ 
et que la structure des anthères et des pétales non entiers a 
paru offrir un signe plus important. Nous n'osons contredire 
cette préférence , parce que nous ne connoissons pas assez 
plusieurs des genres cités, et que leurs caractères, tracés par 
les auteurs d*une manière incomplète, ont besoin d^étre plus 
détaillés et vérifiés de nouveau par M. De CandoUe lorsqu^ii 
en trouvera Toçcasion. ( J. ) 

TlUGUERTA. {Erpél.) Nom spécifique d'un LézAao. Voyct 
ce mot. (H. C. ) 

TIUGUGU. (£rpé^) Nom spécifique d'un Scinqck. Voyez 
ce mot. ( H. C. ) 

TILIN. ( ConchyL) C'est dans Adanson (Sénégal, pag. 91, 
pi. 6 ) le nom vulgaire du conus mereator , Linn. ( Dn B«) 

TlUNGONI. {Erpét.) Voyez Tilicugc. (H. C.) 

TILLANDSIA. [Bot.) Voyez Caiagate. (Poir.) 

TILLAU. (Bot.) On donne ce nom au tilleul des bois, qui 
a les feuilles plus petites que l'espèce cultivée et qui croît 
suis culture : c'est le tUlot des Provençaux. (J.) 

TILLDRA. {OrmA.) Nom islandois de l'huitrier. (Desm.) 

TILLE , Tillus, ( Entom. ) Olivier a désigné sous ce nom , 
emprunté du grec , r/M^ , f arrache , un genre d-'insectes 
coléoptères pentamérés, que nous rapportons à la famille 
des perce- bois ou térédyles. 

Quoique ce nom ait été adopté par plusieurs auteurs , il a 
donné lieu à des difficultés très- grandes. Nous ne pouvons 
les faire comprendre qu*en retraçant l'histoire de l'emploi de 
ce nom. 

Olivier , qui l'a introduit , n'a pas mis beaucoup d'impor- 
tance à son étymologie. Il a voulu seulement faire distinguer 
dTabord l'insecte que Linnaeus avoit appelé cîuy^omela tlonr 
gâta , et qu'ensuite Fabricius avoit rangé dans *1^ genre 
hagria. 

Plusieurs auteurs , entre autres Illiger , l'avoient rangé dans 
le genre Clerus ; or , les véritables clairons sont hétéro- 
mérésy au moins ceux qui ont reçu primitivement ce nom 



TIL 575 

de Geoffroy , car Linnaeus les appeloit attélabes : c'est Oli- 
vier qui les a distingués en séparant les tilles, qui sont pen- 
tamérés. 

Depuis, Fabricius a partagé les clairons en six genres : i.^ 
le G. Taichodes, qui comprend les espèces nommées apiarius^ 
ahearius , bifasciatus, octopunctatus , etc.; 2.* le G«Clerus, quî 
rapproche les espèces du genre dont nous allons parler , 
telles que celles qui avoient été appelées mutillarius^ formica^ 
rius, maculatus, etc.; 3." le G. Tillus, qui réunît Velongatus, 
le serraticomis ,Vamhulans , etc. ; 4.* le G. Corynetes ou Néchobie 
de M. La treille, telles que les violaceus, sanguinicollis , rufi- 
pe$; 5.*^ le G. Notoxe, comme le mollis et plusieurs autres 
espèces étrangères; 6.** le G. Anthicus , auquel ir rapporte 
toutes les petites espèces de méloës de Linnaeus, la cucuUe 
de Geoffroy, qu'il avoit précédemment rangée, avec quel- 
que raison, avec les notoxes, au moins quant à Tétymologie. 

Tel est Tétat de la science. Nous avons réuni dans cet article 
le genre Clerus de Fabricius avec celui qu'il nomme Tillus , 
en lui conservant ce dernier nom , et dont voici les carac- 
tères essentiels t 

Corps arrondi ; corselet plus étroit en arrière que la base 
des élytres, recevant la tête comme dans un capuchon; an- 
tennes grossissant insensiblement. 

Ces insectes vivent sur le tronc des arbres. M. Latreîlle dit 
que leurs larves se nourrissent de celles des vrillettes, parce 
qu'il les croit du même genre que celles des clairons. Voici 
les espèces principales. 

1. Tille mdtillaire^ Tillus mutillarius. 

C'est l'espèce que nous avons fait figurer dans l'atlas de ce 
Dictionnaire , pi. 8 , n.** 5 bis. 

Car. Noir; élytres à trois bandes blanches, fauve» à la 
base ; abdomen rougeàtre. 

On le trouve sur le tronc des chênes. L'étranglement qu'offre 
son corselet et la couleur rougeàtre du milieu du corps lui