(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Biodiversity Heritage Library | Children's Library | Advanced Microdevices Manuals | Linear Circuits Manuals | Supertex Manuals | Sundry Manuals | Echelon Manuals | RCA Manuals | National Semiconductor Manuals | Hewlett Packard Manuals | Signetics Manuals | Fluke Manuals | Datel Manuals | Intersil Manuals | Zilog Manuals | Maxim Manuals | Dallas Semiconductor Manuals | Temperature Manuals | SGS Manuals | Quantum Electronics Manuals | STDBus Manuals | Texas Instruments Manuals | IBM Microsoft Manuals | Grammar Analysis | Harris Manuals | Arrow Manuals | Monolithic Memories Manuals | Intel Manuals | Fault Tolerance Manuals | Johns Hopkins University Commencement | PHOIBLE Online | International Rectifier Manuals | Rectifiers scrs Triacs Manuals | Standard Microsystems Manuals | Additional Collections | Control PID Fuzzy Logic Manuals | Densitron Manuals | Philips Manuals | The Andhra Pradesh Legislative Assembly Debates | Linear Technologies Manuals | Cermetek Manuals | Miscellaneous Manuals | Hitachi Manuals | The Video Box | Communication Manuals | Scenix Manuals | Motorola Manuals | Agilent Manuals
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Dictionnaire des sciences naturelles"

Google 



This is a digital copy of a book thaï was prcscrvod for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 

to make the world's bocks discoverablc online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 

to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 

are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover. 

Marks, notations and other maiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journcy from the 

publisher to a library and finally to you. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prcvcnt abuse by commercial parties, including placing lechnical restrictions on automated querying. 
We also ask that you: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain fivm automated querying Do nol send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a laige amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attributionTht GoogX'S "watermark" you see on each file is essential for informingpcoplcabout this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are lesponsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countiies. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can'l offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps rcaders 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full icxi of ihis book on the web 

at |http: //books. google .com/l 



Google 



A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 

précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 

ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 

"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 

expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 

autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont 

trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 

du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages apparienani au domaine public et de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 
Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

A propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse fhttp: //book s .google . coïrïl 



> 




^ — r 



DICTIONNAIRE 



DES 



SCIENCES NATURELLES 



TOME XVÎIh 



GA-GJU. 



an 
y. /s 



Le nombre Jt exemplaires prescrit par la loi a été dé^ 
posé. Tous^ les exemplaires sont reyétus de la signature 
de r éditeur. 




DICTIONNAIRE 



DES 

SCIENCES NATURELLES, 

DANS LEQUEL 

ON TRAITS Ml&THODIQUEMCNT DES DIFFÉRENS ÊTRES DE LA NATURE> 
CÛNSIDÉRés SOIT EN EUX-MÊMES, DIAPRES l'ÉTAT ACTUEL DE 
VOS CONNOISSANCES , SOIT RELATIVEMENT A l'uTILIT^ Qu'eN 
PEUVENT RETIRER LA MÉDECINE, l'aGRICULTURE , LE COMMERCE 
ET LES ARTS. 

SUIVI D'UNE BIOGRAPHIE DES PLUS CÉLÈBRES 

NATURALISTES. 

Oayrage destîtié anx médecins, aux agriculteurs, aux commerçans, 
aux artistes, aux manufacturiers, et à tous ceux qui ont intérêt 
Il connût tre les productions delà nature, leurs caractères génériques 
9t spécifiques, leur lieu natal, leurs propriétés et leurs usages. 

PAïl 

Plusieurs Professeurs du Jardin du Roi , et des principales 

Écoles de Paris. 

TOME PIX'ffUlTIÈME. 




F. G. Levrault, Editeur, à STRASBOURG, 
et rue des Fossés M. le Prince, n.° 33, à PARIS. 

JjR NoRJOifT, rue de Seine, N.** 8, à PARÏS. 

1820. 



Lûte dêè Auteurs /wr -ordre de i^huiéreB. 



Physique générale, 

M. LACROIX f membre de l^Àcadëmie des 
Sciencei et profeMeur «a Collège de 
F/mce. (L.) 

Chimie, 

M. CHEVREUL, professeur aa Collège royal 
de Charlemagne. (Ci.) 

Minéralogie et Géologie, 

M. BRONGNIART, membiw de rA«adém« 
des Sciences, professcnr k U Facvlté des 
Sciepçes. (B.) 

M. BROCHANT DE VILLIERS , membre 
de l'Académie des Sciences. (B. nsV. ) 

K. DEFRANCC, mc«abr« de plasieors 
Sociétés savantes. (D. F.) 

Botanique, 

M. DESFONTAINES, membre de TAcadéaie 
4e8 Sciences. ( Dbsf.) 

M. DE JUSS{£U, membre de TAcadémie des 
Sciences, professeur au Jardin d«i Roi. (7.) 

M. MIRBEL, membre de TAcadémle des 
Sciences , professeur à la Faculté des 
Sciences. (B. M.) 

M. HENRI CASSINI , membre de la Société 
pbîlomatique de Paris, (H. Ca.S8.) 

M. LEMAN, membre de la Société pbiloma- 
tique de Paris. (Lem.) 

M. LOISELEUR DESLONGCHAMPS, 
Docteur en médecine , membre de plusieurs 
Sociétés savantes. (L. D.) 

M. MASSEY. (Mass.) ' 

M. POIRET, membre de plusieurs Sociétés 
savantes et littéraires , continufteiir de 
VEncyclopédie bounique. (Pom.) 

M. DE TTJSSAC, membre de plusieurs 
Sociétés savantes, auteur de la Flore des 
Antilles. (Da T.) 



Hoologie générale , jinatomie et 
Physiologie. 

M. G. CUVIER , mambr* e* «ecf^nv p«^ 
péloel d^rAcadémie d«sSciettC(«, pr»f. au 
Jardin du Roi, etc. (G.'C. on CV.on C.^ 

Mammifires, 

M. GEOFFROI , membre de TAcadémie des 

Oiseaux, 

M. DUMONT, mcmbMd«pli»siMn6«ttétés 
savantes. (Ca. D.) 

HepUles et Poissens. 

M. DE LACÉPÈDE, membre de TAcadémie 
des Sciences, professeur au Jardin du Roi. 
(L. L.) 

M. DUMERIL, membre de l'Académie des 
Sciences, professeur à l'École de médecine. 
(C. D.) 

M. CLOQUET, Doctenr en médecin*. (H. C.) 

Insectes. 

M. DUMÉRIL , membre de TAcadémie dft 
Sciences , professeur « TÉcole de médecine. 

(C, D.) 

Crustacés. 

M, W. E. LEACH, menAre de la Société 
royale de Londres, Correspondant du Mu- 
séum d'histoire naturelle de France. 
(W. E. L.) 

ifollusques, F'ers et Zoophytes. 

M. DE BLAINVILLE, professeur à la Faculté 
das l|ciences. (Da B.) 



M. TURPIN, naturaliste, est chargé de 
l'exécution des dessins et de la direction de 
la grawre. 



Mîtf. DE HUMBOLDT et RAMOND dounoront quelques articles aur lea objets nqujeau» 
qunis ont observés dans leurs voyages, ou sur les sujets dont ils se sont plus partrculiè- 
fcment oecnpés. M. DE CANDOLLE nons a fait la pxéme promesse. 

M. F. CUVIER est chargé de la direcUon générale de l'ouvrage, et il coopérera aax 
articles généraux de toologie et à PhillPiM dés j&ammifères. (F. C.) 



^Kgn^H^BB 



wmm 



DICTIONNAIRE 



DES 



SCIENCES NATURELLES. 



GA 

VJrA. (Omith.) Ces deux lettres expriment, dana une partie 
du Piémont, le nom du geai d'Europe, corwus glandarius, 
Linn. (Ch. D.) 

GAA-FE, GOA-FE. (Mamm,) Le premier de ces noms 
est , dit-on , en Laponie , celui du putois femelle , et le se» 
cond celui du putois mâle. (F. C.) 

GAAR. {IchikyoL) Ce nom est donné par les Espagnols au 
brochet de mer, esox belone, Linn^ Voyez Ésoce et Oafhie. 
(H. C.) ' 

GAARBON. {OrrUth.) Les Norwégîens appellent ainsi 
l'engoulevent, caprimulgus europœus, Linn. (Ch. D.) 

GAAS, GASA. (Mamm.) C'est, dit-on, le nom que l'on 
donne, au Kamtschatka, à l'ours de cette contrée. (F.C) 

GAAS. {Ornith.) Ce mot^ seul et sans épithète, corres- 
pond, en danois, à anser, oie. (Ch. D.) 

GAASPOU (Orrw'ffe.), nom danois du corlieu, scolopàx 
phœopus , Linn. (Ch. D. ) 

GABAR« ( Ornith.) Ce nom a été donné par M. Levaîllant 
(Ois. d'Afr., U i, p. 89 et pi. 33), à une espèce d'épervie.r 
18. 1 



a GAB 

décrite au tome 1 5 de ce Dictionnaire, pag. 26 , sous la dé'» 
nomination de dœdalion gahar, (Ch. D.) 

GABBIANI. ( Ornith. ) Cetti , dans ses Vccelli di Sardegna , 
pag. 291 , désigne par ce terme les goélands, que sur nos 
côtes de la mer méditerranée on appelle aussi gabians, 
(Ch. D.) 

GABBRE {Bot,)j nom donné, dans l'île de Ceilan, suivant 
Linnaeus, à uil jambosier, eugenia, dont il ne détermine pas 
l'espèce. (J.) 

GABBRO. {Min.) Nom donné par les marbriers d'Italie à 
la roche jadieone et felspatkîque qui renferme la diallage 
verte {verdé-di Corsica) , à plusieurs serpentines qui contien- 
nent aussi la diallage verte ou bronzée , et à quelques autres 
roches qui s'éloignent sensiblement de celles -r ci. Des miné- 
ralogistes avoient appliqué le même nom de gabbro à des 
serpentines ordinaires et à des amphiboles , en sorte qu'il 
étoit devenu vague et insignifiant ; mais M. de Buch l'a par- 
ticulièrement adopté peur désigner un genre de roche très- 
répandu dans la nature , qu'on rencontre sous toutes les la- 
titudes en masses notables et étendues, dont le gisement se 
rattache à celui des serpentines , et qui paroît avoir succédé 
aux schistes primitifs et précédé ceux de transition. Je reh- 
Toie tout ce qui peut rester à dire sur cette roche intéres- 
sante au mot ËUFâotiDEf.^ue MM. Haily et firongniart ont cru 
devoir substituer à celui de gabbro. (BàARD.) 

GABBRONITE. ( Min, ) Substance minérale compacte , 
blanche , verdâtre ou bleuâtre, à cassure écailleuse , qui raye 
le verre , qui résiste à l'^tion d'une pointe de fer , mais qui 
n'étincelle pas sous le briquet : elle se fond difficilement au 
c];ialumeau eu un émail blanc , et semble d'ailleurs avoir 
quelque analogie avec le felspath compacte tenace; c'étoit 
au moins l'opinion de M. Reuss, et M. Haily sembloit aussi 
la partager. Le comte de Bournon pelise différemment , car 
il dit positivement, dans son catalogue, qu'il possède deux 
échantillons de gabbronite qui offrent des traces de cristalli* 
sation telles, qu'elles ne permettent pas de considérer cette 
substance comme un felspath compacte. 

M. Jameson , en regardant le gabbronite , dans sa Minéra- 
logie , comme une simple variété de paranthine compacte , 



/ 



GAB 3 

a-i^il rencontré juste P C'est ce que nous ne pouvons point 
décider affirmativement dans Tétat actuel de nos connoissances 
sur cette Substance. 

Le gabbronite , découvert en Nôrwége par M. Schumacher, 
est associé, dans tous les échantillons qui existent dans les 
collections publiques ou particulières, à un felspath rouge- 
incarnat bien caractérisé , à de Famphibole hornblende 
verdàtre^ à du talc et à du fer oligîste, qui est quelquefois 
magnétique : il est encore très -rare. La variété bleuâtre se 
trouve à Kenlig près Arendal , et celle qui est verte à Fride- 
richsvam, où elle est disséminée dans une siénite à gros grains. 

(BaARD.) 

GABIAN. (Ornith.) Suivant Sallerne , on nomme ainsi , en 
langage provençal, le héron commun, scoLopax arcuata, 
Linn. Ce terme est également employé pour désigner les 
goélands. Voyez Gabbiani. (Ch. D. ) 

GABIER. {Ornith.) M. d'Azara décrit, sous le n.* i62<de 
ses Oiseaux du Paraguay, une espèce de contre-fnaitres , à 
laquelle il donne ce nom parce qu^elle se tient au milieu 
des arbres. Cet oiseau a du rapport avec notre poUillot ou 
chantre. (Ch. D.) ' 

GABILAN. ( Ornith. ) Suivant Barrère , Ornithologiœ speci» 
men, p. 67 , la grue ordinaire, ardea grus, Linn., porte ce 
nom en Catalogne. (Ch. D.) 

GABINA. (Ornith.) L'oiseau auquel Barrère, pag. 18, 
applique ce nom catalan, se rapporte, suivant Buffon , au 
goéland à manteau gris ou bourgmestre, larusfuscus, Ljlnn. 
(Cfl. D.) 

GABIOURNE. {Ornith.) Ce nom est donné, dans les 
Langues, contrée du Piémont, aux piegrièches que dans 
TAstesane on appelle gabiousne. Le guêpier commun, mtrops 
apiaster, Linn^, est nommé, dans ce dernier pays, gabiousna 
d' marina. (Ch. D.) 

GABÏRA. {Mamm.) Marcgrave dit que ce nom est celui 
d'un singe de Nigritie , dont la taille égale celle du renard , 
qui a la queue longue et la couleur noire. Ces détails ne 
suffisent pas pour faire reconnoitre Fespèce à laquelle ce 
singe peut appartenir; (F. C. ) 

GABON. {Ornith.) U est fait mention, dans l'Histoire gé* ' 



4 GAB 

nérale des voyages de Tabbé Prévost^ iD-4.'', t. 5, p. 58, 
d'un gros oiseau que le capitaine Stibbs a tué dans les plaines 
environnant la rivière de Gambra ,. vulgairement Gambie, 
et que ce voyageur se borne à désigner comme ayant six pieds 
de longueur entre le bec et la queue, en ajoutant que les 
Portugais le nomment gosreal, et les Mandingos gabon. 
(Ch. D.) 

GABOT. ( JchtIpyoL ) Suivant M. Bosc , c'est le nom d'un 
poisson qu'on pèche pour servir d'amorce , et qui a la pro- 
-prîété de rester trois ou quatre jours en vie hors de l'eau. 
On ignore à quel genre appartient cet animal. (H. C.) 

GABRE. (Ornith.) Le coq d'Inde est quelquefois désigné 
par ce nom, qu'on applique aussi au mâle de la perdrix. 
(Ch. D.) 

GABRTAN {Omitli,)^ dénomination provençale du plon- 
geon. (Ch. D.) 

GABUAN (Bot,)^ nom égyptien de la chrysène, chrj&an- 
themum segetum de Forskal. (J.) 

GABUB. (IchthjoL) Nous avons décrit, à l'article Esclave, 
sous la dénomination de therapon jarhua^ Cuv.<9 un poisson 
qui fréquente les rivages de l'Arabie, et que plusieurs au- 
teurs ont rangé parmi les sciènes et les holocentres. C'est 
lui que les Arabes appellent gabub. Voyez Esclave. (H. C.) 

GABITERIBA. {Bot.) Cet arbre du Brésil, cité dans le 
Recueil des voyages, est le même que le cahureiha cité pré- 
cédemment et mentionné par Pison; il est estimé, non-seu- 
lement pour le baume qui suinte de son écorce, mais encore 
pour son bois, qui est dur et pesant, très- propre pour les 
constructions. (J.) 

GABURA. {Bot.) Adanson a nommé ainsi un genre dont 
le type est la plante figurée , pi. 19, fig. 27, de VHistoria 
museorum de Diilenius. Cette figure étant celle du collema 
Jusciculare d'Acharius , on peut dire qu'Adanspn a fondé le 
premier ce genre de la famille des lichens, quoique les 
caractères qu'il lui assigne ne conviennent qu'à une partie 
de s(s espèces. 11 le place, comme plusieurs autres genres 
de lichens, dans la famille des champignons, et le carac- 
térise ainsi : Champignons charnus, comme gélatineux ou 
mucilagiueux , en buisson élevé à branches plates , terminées 



GAD 5 

fht des ëcussons hémisphériques , dont la surface supérieure 
porte des graines sphériques* Le eollemafasciculare appartient 
k la seconde section {enehylium) du genre Collema. Voyez 
ce mot. (Lem.) 

GACHET {Ornith.)y nom donné par Brisson à Thiron-» 
délie de mer à tête noire ^ slerna nigra, Linn. (Ch. D.) 

GACHIPAES {BùU)j nom que porte dans la Nouvelle- 
Grenade, suivant M. de Humboldt, une espèce de palmier 
qu'il nomme hactrîn gasîpaes, et qui a une tige trés-élevée. (J.) 

GACKE (Omith,)^ nom saxon du choucas ou petite cor- 
neille des clochers, coryusmonèdula^ Linn. (Cr. D.) 

GAD {BoL)j nom oriental de la coriandre cultivée, cité 
dans Rauwolf. (J.) 

GADDEB. ( Omith* ) C'est par ce nom que les oiseleurs de 
Londres désignent le pilet ou canard à longue queue , anas 
aeuta^ Linn. (Ch. D.) 

GADDEVIERRUSH (Omî/fc.), nom que porte ^ en La- 
ponîe, le chevalier rayé de Bufifon , tringa striata, Linn» 
(Ch. d.) 

GADDFUR ( IchthyoL) , un des noms suédois de Tépinoche , 
gasterosUus acuUatus. Voyez Gastérostée* (H. C«) 

GADE, Gadus* (IchthjoL) Dans Athénée, un poisson que 
les Grecs appeloient autrement ovoçj est désigné par le nom 
de yaSbç , nom qu'Artédi et Linnœus ont appliqué à un genre 
de poissons très-nombreux en espèces. Ce genre appartient 
k la famille des auchénoptères , et au sous-ordre des holo- 
branches jugulaires, suivant M. Duméril ; M. Cuvier le range 
parmi ses malacoptérygîens subbrachiens. C'est à lui qu'il 
faut rapporter la morue, l'églefin, le tacaud, le capelan, 
le colin , le merlan , le merlus , etc. , qui doivent être rangés 
dans différens sous- genres, mais qui présentent, avec tous 
les autres gades , des caractères communs , que nous allons 
faire connoître. 

Ces poissons, en effet, ont généralement tous le corps mé- 
diocrement alongé et lisse; lescatopes attachés sous la gorge, 
couverts d'une peau épaisse, et aiguisés en pointe ; les écailles 
nubiles et petites; les yeux latéraux; les opercules non den- 
telées; la tête sans écailles; toutes les nageoires molles; les 
■oâchoires et le devant du vomer armés de dents pointues^ 



6 GAD 

inégales, médiocres, sur plusieurs rangs, et faisant là carde 
ou la râpe; les ouïes grandes, à sept rayons. 

Presque tous, en outre, portent deux ou trois nageoires 
sur le dos, et une ou deux derrière Tanus. 

Leur nageoire caudale est distincte. • 

Leur estomac, est vaste et a des parois très -robustes, de 
znême que leur vessie aérienne , qui est très-grande et sou- 
vent dentelée sur les côtés. Ils ont de nombreux cœcums et 
un canal intestinal assez long. 

Le genre Gade , d'abord très-vaste , a été ensuite partagé 
en sections, puis démembré en plusieurs sous -genres par 
différens ichthyologistes. M. Cuvier a proposé récemment 
une division de ce genre, qui est généralement déjà adoptée, 
et suivant laquelle les Gades sont partagés en Brosmes, 
Lottes, Merlans, Merluches, Morues, Mdstelles, Phycis et , 
Raniceps. Voyez ces différens mots. (H. C) 
. GADELLES. (BoL) Dans quelques parties de la France 
on donne ce nom aux groseilles rouges. (L. D.) 

GADÈLLIER. (Bot.) C'est le nom que portent, dans quel- 
ques cantons, le groseillier rouge et le groseillier épineux. 
(L. D.) 

GADILLE. {Ornith,) L'oiseau auquel ce nom et ceux de 
gadrilît et gagriUe sont, d'après Salerne, donnés à Saumur, 
est le rouge-gorge, motacilla rubecula, Linn. (Ch. D.) 

GADIN. (Conchyi,) Adanson (Sénégal, p. 33, pi. 2) décrit 
sous ce nom une petite espèce de coquille patelliforme que 
Ton range, très -probablement à tort, parmi les véritables 
patelles, {De B.) 

GADISSE {Ornilh.)^ nom danois, suivant MuUer, de la 
sarcelle de Ferroé, anas hjyemalis, Linn. (Ch. D.) 

GADJER. {Bot.) Voyez Djyzar-hendi. (J.) 

GADO-FOWLO. {Ornith.) Stedman parle, t. 1, p. i58, 
de son Voyage à Surinam , d'un oiseau très-familier portant 
ce nom , qui signifie oiseau du bon Dieu , et dont la taille et 
le plumage se rapprochent de ceux du roitelet commun. 
Son gazouillement enchanteur, ajoute-t-il, l'a fait appeler 
rossignol de l* Amérique septentrionale. Sonnîni, qui suppose 
une faute typographique dans cette dénomination d'un oiseau 
du midi de l'Amérique > observe, d'ailleurs, qu'il ne soup* 



GAD 7 

çonne pas à quelle espèce peut se rapporter le gado-fowlo , 
qu'il n'a jamais vu dans la Guiane. (Ch. D.) 

GADOÏDE. {Ichthyol.) M. Noël, de Rouen, a donné ce 
nom spécifique à un saumon que Ton j^éche dans l'étang de 
Trouville, et M. de LacépèdeTa adopté. Linnaeus Tavoit déjà 
appliqué à un blennie , que Ton péfcfae très -communément 
toute Tannée, dit M. Risso^ dans les mers de Nice. (H. C.) 

GADOLINITÉ. {Min.) Substance minérale d'un noir 
bleuâtre, verdàtre ou brunâtre, recouverte en partie d'une 
pellicule blanche , dont la cassure vitreuse et conchoide la 
fait ressembler, au premier aspect, à l'obsidienne noire volca- 
nique. Elle est opaque jusque sur les bords, et présente tout 
au plus, dans les lames les plus minces, une teinte vert- 
sombre, quand on les place entre l'œil et la lumière. 

La gadolinite se décolore ou se réduit en gelée dans les 
acides afiPoiblîs et chauffés : placée brusquement à l'action du 
chalumeau , elle y décrépite en lançant au loin ses débris 
embrasés; mais, échauffée avec lenteur et précaution, elle 
se fond par places en se boursouflant. Elle n'est point ma- 
gnétique , mais elle attire fortement l'aiguille ou le barreau 
aimanté; placée sur un isoloir, elle acquiert l'électricité ré- 
sineuse par le frottement, et, malgré sa grande fragilité, elle 
attaque légèrement le quarz et donne quelquefois des étin- 
celles sous le choc du briquet. Fondue avec le verre de 
borax, elle le colore en jaune de topaze, et sa pesanteur spé- 
cifique est de 4,24 , ce qui est énorme pour une pierre, et 
égal à la gravité du sulfate de baryte. 

On n'a point encore rencontré la gadolinite à fétat de 
cristallisation parfaite ; mais M. Hauy s'est assuré qu'on peut 
la ramener à un prisme rhomboïdal oblique dans lequel 
l'incidence de M sur M seroit d'environ 110'', et celle de P 
sur l'arétê H d'environ iSô**. (Tableau comparatif, fig. 16.) 

MM.Vauquelin, Klaproth, Gadolin et Eckeberg ont analysé 
la gadolinite : on conclura sans doute de la dissemblance de 
leurs "résultats , que cette substance n'est pas toujours par- 
faitement dans le même état de composition, ce qui, au 
reste , n'est point sans exemple. L'yttria que renferme tou- 
jours cette substance, bien rare encore, la met au nombre 
des minéraux les plus intéressans, et sa grande pesanteur 



8 



GAD 



spécifique, jointe à la couleur jaune qu^elle communique 
au verre de borax, fait naturellement présumer que lyurium^ 
qui est ici à Tétat d^oxide , doit se rapprocher sous quelques 
points des métaux oïdinaires. 

Analyses de la gadolinite. 



Par 

y auquel! n 


Par 
RIaproth. 


Par 
Gadolin. 


Par 

Eckeberg 


35; 00 
aS.oo 

25. oo 
io.5o 

2.00 
2.00 


59.75 

21 .25 

17.50 

D.5o 

o.5o 


38. 00 
3i .00 
12.00 
19.00 


47.50 

25.00 

18.00 
4.5o 



TTitria....! 

Silice , 

Oxide noir de fer. . . . , 

Alumine . . •> 

Eau 

Oxide de manganèse. . . . 
Chaux .... 4 



M. Eckeberg a trouvé depuis , en répétant cette analyse , 
jusqu'à 4,5 de glucîne. 

Le capitaine Arrhenius découvrit la gadolinite, en 1788, 
dans un felspath blanc (peut-être ralbyte)-de la cai*rière 
d'Ytterby en Suéde , et particulièrement dans les points où 
cette substance étoit coupée par des filets de mica noir. M. 
Léonhard , dans son Manuel de minéralogie pour Tannée 1 81 5 , 
annonce que MM. Gahn et Berzelius ont trouvé, aux. environs 
de Fahlun en duéde , des gisemens nouveaux de gadolinite ; 
on en cite aussi à Brodbo, à Afvestad et à File de Bornholm, 
également en Suède. Il seroit à souhaiter que cette substance? 
devînt ^ssez commune pour qu'on pût faire quelques expé- 
riences en grand sur l'yttria qu'elle renferme abondam- 
ment, et qui semble jouir de quelques caractères très-remar- 
quables. (Brard.) 

GADOONG. {Bot.) Les babitans de Tlle de Sumatra nom- 



GMK 9 

ment ainsi, suivant Marsden , la squine qu*ils emploient pour 
le traitement des maladies vénériennes* (J.) 

GADWALL {Ormth,)j nom anglois du chipeau , anat 
strqtera , Linn. , qu'on appelle aussi gr^, ( Ck. D. ) 

GjEDAWAKA. (Bot.) Hennann et Burmann parlent d'un 
arbi:e de ce nom, que le dernier compare à un platane, pro- 
bablement parce qu'il porte des fruits sphériques et hérissés; 
mais ces fruits sont beaucoup plus petits et disposés en épis. 

(j.) 

G^EDDABA. (Bot.) Nom égyptien delà renoncule mari- 
time , suivant Forskal. A Ceilan , suivant H«rmann et Bur- 
mann, )e mioocoulier du Levant est nommé gliœdhaha* (J.) 

GjEDHUMBA. {Bot.) Voyez Ghadhaba. (J.) 

G.i^A (Bo^), nom égyptien, suivant Forskal, du lignam 
sanctum^ qui est le gayac* (J.) . 

GAELGENSICKEN ( Omith. ) , nom allemand du bruant 
commun, emheriza citrinella, Linn. (Ch. D.) 

GAELVOGEL. (Omith,) A Louvain on appelle ainsi le 
tarin commun, fringilla spinus, Linn. (Ch. D.) 

GAE-MARIL (Bot,), nom brame du muriguti des Mala- 
bares, cité par Rhéede, qui est Vhedyotis auricularia des bo- 
tanistes. (J.) 

G.i£RTNERA. (Bot.) Ce nom est consacré à la mémoire du 
botaniste célèbre qui nous a fait le mieux connoitre la for- 
mation intérieure des fruits et des graines. Schreber l'avoit 
donné au molina de Cavanilles , genre de la famille des mal- 
pighiacées, qui ne pouvoit subsister avec cette dénomina- 
tion , déjà appliquée à un autre genre , pour lequel le nom 
d'h^tage, donné par Gœrtner, a prévalu. Retz avoit aussi 
appelé gœrtnera le genre que nous avions nommé pongatium 
(parce que c'est le pongati des Malabares ) et que Geertner 
nomme sphenocUa» Un troisième gcertnera, établi par M. de 
L.amarck, qui a été adopté, tient aux rubiacées, en offrant 
néanmoins des caractères faisant exception dans cette famille. 

Giï,RTNÈRE, Gœrtnera. {Bot.) Genre de plantes monoco- 
tylédones, à fleurs complètes , monopétalées , de la famille 
des rubiacées^ de la pentandrie monogynie de Linnœus , offrant 
pour caractère essentiel : Un calice d'une seule pièce , lâche , 



so 



ÙMK 



presque 6ampanulé, accompagné de deux bractées à sa base; 
une corolle presque infundibuliforme , partagée en cinq dé- 
coupures à son limbe; cinq étamines ; un style bifide à sou 
sommet. Le fruit est une baie supérieure, à deux semences, 
muni à sa base du calice per»stant. 

La dénomination de gœrtnera avoit été employée pour la 
formation d'un autre genre, qui est Vhyptage madablota de 
Gaertner, gœrtnera racemosa de Roxburg, molina racemosa 
de Cavaçilles, que M. de Lamarck avoit d'abord mentionné 
dans TEncyclopédie sous le nom de banisteria unicapsulàris 
n.^ 5. Le gœrtnera dont il est ici question, a été établi par 
le même auteur pour une plante découverte à l'Isle-de-France 
par Commerson. 

G.fiRTNÈRE A GAINES : Gœrtnera vaginata , Encycl. , 2.' Suppl. , 
685; IlL gen,, tab. 167 : Gœrtnera longiflora, Gaert. 61s, tab. 
191. Arbre de Tlsle-de-France, dont les rameaux sont droits, 
striés, très - glabres , garnis de feuilles pétiolées, opposées, 
glabres à leurs deux* faces, coriaces, avales - lancéolées , 
acuminées, entières, longues d'environ cinq pouces, larges 
de deux , rétrécies à leur base ; les nervures simples , alter- 
nes , saillantes ; les stipules entières , en forme de gaine , 
garnies de filets roides à leur bord supérieur et tronquées. 

Les fleurs sont disposées en une belle panîcule terminale, 
très- ramifiée ; les ramifications opposées, munies chacune. à 
leur base de deux bractées lancéolées, entières. Le calice 
est presque campanule, persistant, à découpures courtes, 
ovales- aiguës; accompagné, un peu au-dessous de sa base, 
de deux petites bractées : le tube de la corolle cylindrique ; 
les découpures du limbe lancéolées , un peu aiguës , de la 
longueur du tube; les filamens courts, insérés à l'orifice du 
tube ; les anthères oblongues , obtuses , à peine saillantes ; 
l'ovaire supérieur, ovale, un peu arrondi; deux stigmates 
en tête, fort petits. Le fruit est une baie ovale, à deux 
valves, eavironnée à sa base par le calice, renfermant deux 
noix monospermes, ovales, planes d'un côté, convexes de 
l'autre. (Poir.) 

G^SS (IchthyoL)^ nom arabe d'un poisson de la mer 
Rouge, que Forskal et Linnaeus ont décrit sous le nom de 
scomber fuWo'gultatus» M* de Lacépède en a fait un caranx* 
(H. C.) 



GAG 11 

GjETHAGHORAKA. (Bot.) Le guttier, camhogia gutta^ 
est ainsi nommé à Ceîlan , suirant Burmann et Linùœus. (J.) 

GiETHANA (Bo^), espèce de millet de Ceilan, suivant 
Hermann. (J.) 

GAEY {Ornith,) ^ nom allemand du choucas, cornus mone* 
dula^ Linn. (Ch. I).) 

GJEZZ. ( Ichthjol. ) Voyez G^s. ( H. C. ) 

GAFARRON. {Ornith») Ce nom, qui s'écrit aussi gafarrou 
ou gafarru, désigne, dans la Catalogne et FArragon, le 
venturon ou serin d'Italie , fringilla citrinella , Linn« M. 
d'Azara, n.** i34, l'a appliqué à un oiseau de Buenos-Ayres , 
qu'on appelle aussi parachi, et dont la tête, la gorge et 
une partie du cou sont noires; la poitrine et le croupion 
d'un jaune foncé ; les côtés de la tête et la nuque d'un jaune 
plus pâle , les parties supérieures verdâtres , et les pennes 
des ailes et de la queue jaunes à l'origine et noires à l'ex- 
trémité. M. d'Azara regarde cet oiseau comme de la même 
espèce que le tarin ; mais Sonnini le rapporte au chardon- 
neret jaune de Bufibn^ figuré dans les planches enluminées, 
n.* 202, sous le nom de chardonneret du Canada^ /rmgi7/a 
tristisj Linn., et M. Vieillot le nomme chardonneret- oli- 
varez. (Ch. D.) 

GAFEL. (Bot.) Voyez Cafal. (J.) . 

GAFET. {ConchyL) Adanson (Sénégal, pag. 237, pi. 18) 
donne ce nom à une espèce de donace, Donax trunculus» 
(De B.) 

GAGANA. {Bot.) Le valU-wara des Malabares , ainsi 
nommé par les Brames, est regardé par M. Poiret comme 
le même que son tragia colorata, plante de da famille des 
euphorbiacées. (J.) 

GAGAR. {Ornilh,) Les oiseaux aquatiques qui portent ce 
nom au Kamtschatka , et dont Krascheninnikow cite quatre 
espèces, p&ge 5oo de sa Description de ce pays, imprimée 
à la suite du Voyage de l'abbé Chappe en Sibérie , appar- 
tiennent au genre CoVymhus. (Ch. D-.) 

GAGARO. (J5o^) Voyez Gacerf. (J.) 

GAGEA. {Bot,) On trouve sous ce nom, dans le Botan, 
Magaz., plusieurs espèces d'ornithogales présentées comme 
devant former un genre particulier. Voyez Ornithogale. 
^PoiR.) 



33 GAG 

GAGEL. {Soi.) Les Allemands nomment ainsi le piment 
royal, mjrica gale^ au rapport de C* Bauhin. (J.) 

GAGER] (BoL)^ nom brame du crotalaria laburnijotia , 
qui est le nelia^tandale^eoti du Malabar, suivant Rhéede. Le 
ga^aro ou wellia'landaU'CoU des mêmes lieux est le crotala- 
ria quinquefoUa, (J.) 

GAG£T i i ^rnithn,) * un des noms vulgaires du geai commun , 
corvus glan4arius J Linn. (€&• D.) 

GAGHA. {Omith.) Marsden cite, tom. i , p. 188 , de son 
Histoire de Sumatra , ce nom , comme étant celui d'une cor- 
neille de cette ile. (Ch* D.) 

GAG^A^DRA, GALAISA {ErpétoL) : noms italiens de» 
tortues. (H. C.) 

GAGILA ( Ornith.) , un des noms hébreux de Taigle com- 
mun ^ falco fuWus , Linn« (Ch. D.) 

GAGL (Ornith,)^ nom norwégien du cravant , anas leT" 
vicia ^ Linn., qui s'écrit aussi gauU (Ch. D.) 

GAGNEDL {Bot,) L'arbrisseau d'Abyssinie nommé ainsi 
par Bruce est le protea àbysiinica de WiUdenow. (J.) 

GAGNÔL {îchthyoL)^ synonyme de syngnathe -trompette. 
Voyez à l'article Syngnathe. ( H. C. ) 

GAGNOLLE {îchthyoL) ^ nom marseillois du syngnathe- 
hippocampe. Voyez Syngnathe. (H. C.) 

GAGOU. {Bot.) Préfontaine, dans sa Maison rustique de 
Cayenne, parle d'un grand arbre de ce nom, qu'il met au 
rang des cèdres, et que les naturels du pays emploient pour 
faire des canots. Il n'est cité par aucun autre voyageur. (J.) 

GAGUEY. {Bot.) L'arbre cité sous ce nom par Ovîedo 

est regardé par Clusius comme le même qu'un autre dont on 

lui avoit envoyé une grappe de fruits semblable à celle du 

Jieus racemosa; ce qui peut faire présumer que l'un et l'autre 

ne sont qu'une espèce de figuier. ( J. ) 

GAHAJA {IchlJ^àl.) ^ nom arabe d'un poisson que Forskal 
et Linnseus pnt rangé parmi les sciènes, sous la dénomina- 
tion de scicena spinifera, (H. G. ) 

GAHNIA. {Bot.) Genre de plantes monocotylédones , à 
fleurs glumacées , de la famille des cypéracées , de VhtxcMdrie 
monogyrUe de Linnœus , offrant pour caractère essentiel : Des 
paillettes imbriquées , fasciculées , conniventes ; plusieurs 



GAH »5 

vides et stériles 9 nz ëtamines ; un style à trois ou cinq divi- 
sions profondes ; une noix environnée à sa base par les fila* 
mens des étamines très-alongés. 

Ce genre eist rapproché des choins, tehatws , Linn. : il 
comprend des herbes à feuilles vaginales, gramini formes; 
à fleurs paniculées, la plupart originaires de la Nouvelle- 
Hollande. Il# été d'abord établi par Forster, et consacré à 
la mémoire de Henri Gahn , natif de Suède* M. de Labillar- 
diére en a découvert plusieurs espèces , qui lui ont fourni 
l'occasion de réformer en partie le caractère essentiel. Les 
principales espèces "sont : 

Gahnia des perroquets : Gahnia psittacorum, Labill. , Not^m 
HoU* , 1 , pag. 89 , tab. 1 15 ; Zelar.^ £ncycl. , SuppK Ses tiges 
sont glabres, hautes de cinq à six pieds, presque simples, à 
feuilles glabres, alternes, fort longues, linéaires, subulées, 
hérbsées en -dessus de petits aiguillons rudes, transparens; 
* les gaines fendues vers leur sommet. Les fleurs sont dispo- 
sées en une panicule terminale , touffue , serrée , longue 
de sept k huit pouces; les épillets oblongs , pédoncules, 
très -obtus; les écailles ovales, nombreuses, toutes stériles , 
excepté les deux sup'érieures ; Tune des deux fleurs herma- 
phrodite , l'autre avortée ; quatre , cinq , plus souvent six 
étamines ; les filamens planes ; les anthères oblongues , à deux 
loges; les stigmates simples, aigus. Le fruit est une noix 
ovale , acuminée par une portion du style , luisante , à une 
loge; l'enveloppe très- dure, presque osseuse, noirâtre, en- 
tourée par les filamens des étamines; une semence presque 
cylindrique , marquée de six impressions transverses , annu- 
laires; l'embryon à peine sensible; le périsperme blanchâtre, 
charnu, ombiliqué, proche duquel on distingue un globule 
d'un Jaune de soufre un peu verdàtre* Cette plante croit au 
cap Van-Diemen. 

Gahnia trifide :. Gàhma trifida , LabilL , No^. HolL , 1 , 
pag. 89, tab. 11 6. Cette espèce a des tiges simples, droites, 
très-glabres, cylindriques, hautes de deux pieds ; les feuilles 
étroites, linéaires, subulées, presque jonciformes, fort Ion* 
gués, rudes en dehors. Lespanicules sont grêles ; ses rameaux 
simples, axillaires^ soutenant chacun deux ou trois épis ova^ 
leMy presque globuleux, composé» d'épiUetf sessiles, imbri** 



\ 



14- GAH 

qués d*envlron quatre à cinq écailles presque égales, acu^ 
minées, ânement dentées en scie; une seule fertile; les fila- 
mens roussàtres, un peu épaissis vers leur base; Tovaire 
globuleux ; le style trifide ; une noix ovale , presque à trois 
faces, bleuâtre, luisante ; une semence solitaire etroussàtre. 
Cette plante a été découverte à la Nouvelle - Hollande par 
M.deLabillardiére. f 

Gahnia a haute tige : Gahma procera , Forst., iVot'. Gc/i. , 
n.^ 26; Linn. fils, SuppL, 211; Gsertn, fils, tab. i8i. Ses 
tiges sont droites, cylindriques, hautes de trois ou quatre 
pieds, très-glabres ; les feuilles linéaires , subulées ; les fleurs 
disposées en une panicule terminale, àlongée, composée 
d'épis oblongs et d'épillets munis de quatre à six écailles con- 
caves, lancéolées, acuminées ; les inférieures stériles; siic 
filamens courts; les anthères droites, linéaires, acuminées; 
Tovaire oblong ; le style bifide à son sommet; deux stigmates 
bifides, recourbés. Le fruit est une noix glabre, oblongue , 
presque anguleuse; la semence marquée de quelques impres- 
sions transverses , annulaires. Les filamens, persistans, prolon- 
gés et pendans, entourent les noix à leur base. Cette plante 
croît sur les collines à la Nouvelle-Zélande. 

Gahnia FAUX- CHOiN : Gahnia sclianoides , Forst., Prodr, , 
n.^ 169; Willd., Spec», 2, pas. 244. Cette plante a le port 
d'un, schanus. Ses tiges sont uexueuses et se terminent par 
une panicule ramifiée , composée de plusieurs épis roides , 
presque solitaires sur les pédoncules. £lle a été découverte 
par Forster à File d'Otahiti. (Foia.) 

GAHNITE. (Mm.) Nom donné par MM. Kissinger et Ber- 
zelius à la substance octaèdre qui fut trouvée par M. Gahn 
à Falun en Suède, et qui a reçu , à raison de sei principes 
constituans ou de sa forme cristalline , les noms de corindons, 
de spinelles zincifères ou même de zinc-gahnite. Voyez Zinc- 
Gahnite. Enfin, suivant M. Lucas y le comte Lobo a décrit, 
sous le même nom de gahnite, une substance trouvée dans 
le pays de Salzbourg, que M. Haiiy considère comme une 
simple variété d'idocrase. (Brard.) 

GAI. ( Bol, ) Cette plante du Japon , citée par Kaempfer , 
et dont on fait le moxa , est Vartemisia indica de Linnasus, 
M. Thunberg reporte ce nom et cette propriété à Vartemisia 



GAI i5 

vulgaris. Le nom dejamogi est aussi donné aux deux espèces* 

GAI {Ornith*)j ancien nom françois du geai, qu'on écri- 
voit aussi guai et gayon, M. Bonelli , dans son catalogue des 
oiseaux du Piémont, dit qu'on y donne aussi au geai le 
nom de gai, et qu'on appelle le casse-noix gaï d'mourUagna, 
et le rollier gaï marin* (Ch. D.) 

GAÏAC et GAYACINE. {Chim.) Le gaïaç est une sulwtancc 
d'un aspect résineux , qui exsude du guaya^um officinale , ou 
que Ton extrait de^ parties liseuses de cet arbre par le pro- 
cédé suivant. On divise le bois en bûches; on pelrce chacune 
d'elles dans le sens de leur longueur; on chauffe une de 
leurs extrémités : le gaïac fondu coule à l'extrémité opposée. 

Le gaïac est solide; sa densité est de 1,2289. Il est coloré 
en rouge , en brun , ou en vert quand il a été exposé à la fois 
au soleil et au contact de l'oxigéne : il est translucide ; il se 
liquéfie au feu. Si on chauffe le gaïac devenu vert , il perd 
sa couleur. Lorsqu'on le frotte ou qu'on le pulvérise , il répand 
une odeur balsamique. Sa saveur est d'abord légère, puis acre. 
Exposé au contact du chlore gazeux , il devient vert , bleu , 
puis brun. 

L'eau enlève 0,09 au gaïac que l'on fait digérer avec elle. 
La dissolution , d'un brun verdàtre , précipite l'alun , l'hydro- 
chlorate de protoxide. d'étain , le nitrate d'argent ; quand 
on la fait évaporer , il reste un extrait brun , qui tsi soluble 
dans Falcool et très- peu dans l'éther. 

L'alcool dissout le gaïac en totalité, et devient d'un brun 
foncé. L'eau précipite de cette dissolution la partie du gaïac 
qui est à proprement parler résineuse, et la sépare ainsi de 
celle qu'elle peut dissoudre. Le gaïac est précipité en bleu 
pâle parle chlore ^ en gris cendré par l'acide hydrochlorique, 
en vert pâle par l'acide sulfurique. L'acide nitrique foible , 
mêlé à la solution de gaïac, ne paroit pas d'abofd avoir 
d'action ; mais, au bout de quelques heures, le liquide devient 
vert, puis bleu , et enfin brun^ alors il se produit un préci- 
pité de cette couleur. La dissolution nitrique , verte ou bleue , 
donne avec l'çau des précipités de l'une ou l'autre de ces 
couleurs. 

I^e gaïac est moins soluble dans l'éther hydratique que 



i6 GAI 

dans Falcool : i5 parties d'eau raturée de potasse , et 38 d'eau 
saturée d'ammoniaque , peuvent dissoudre i partie de gaïac. 
L'acide sulfurique concentré dissout le gaïac. Si on mêle 
de l'eau à cette dissolution au moment où elle vient de s'o- 
pérer, on obtient un précipité couleur de fleurs de lilas. 

L'acide nitrique à froid le dissou^ : il se produit une 
forte effervescence. La dissolution concentrée donne beau- 
coup d'acide oxalique et une eau mère d'un jaune brun qui 
ne précipite pas la gélatine. 

loo parties de gaïac distillées ont donné : 

Eau acidulée 5,5 

Huile brune épaisse 24,5 

Huile empyreumatique. • • • 3o 
Gaz acide carbonique ^ 



é . . S 



Gaz hydrogène carburé 

Charbon ..••..••'•• 3o,5 

Perte o,5 



*i 



10O,O 

Tels sont les faits ehimiques que le gaïac a fournis à 
l'observation. M. WoUaston a reconnu le premier la colo- 
ration du gaïac en vert, lorsqu'il est exposé au soleil et au 
contact de l'oxigène. M. Hatchett a vu qu'il se conduit 
avec l'acide nitrique d'une manière un peu différente des 
résines; car celles-ci donnent, quand on les traite par cet 
acide, une substance qui précipite la gélatine, et beaucoup 
moins d'acîde oxalique. M. Brande , après M. Hatchett, 
a fait coanoitre toutes les autres propriétés du gaïac que 
nous avons exposées. Il pense que c'est en absorbant des 
quantités d'oxigène croissantes que cette substance devient 
verte, bleue et enfin brune. Suivant M. Brande, le gaiaç » 
quelque analogie avec la partie colorante verte des feuilles. 
Tomson , dans son Système de chimie , a inscrit le gaïac 
comme espèce distincte parmi les principes immédiats , d'après 
trois propriétés : i.° celle de donner o,3o de charbon à la 
distillation, tandis que les résines en donnent au plus o,i5î 
2.** celle de donner beaucoup d'acide oxalique sans substance 
astringente , lorsqu'on le traite par l'acide nitrique j 3. 
enfin , celle de devenir vert , bleu , brun par l'acide nitrique 



GAI »7 

et le chlore. Mais ^ satis Tiier précisément Texistence d'une 
espèce nouvelle de principe immédiat dans le gaïac^ nous 
ferons observer que certainement ce-principe n'a point en- 
core été étudié à l'état de pureté; qu'en conséqueiice , pour 
l'admettre définitivement, il faut faire de nouvelles expét 
riences , et commencer par isoler de la partie résineuse la 
partie qui se dissout dans l'eau. Si Ton démontre l'existence 
de ce principe , on pourra lui donner le nom de gayacine 
proposé par M. De Candolle. (Cu.) 

GAIAC DE CAYENNE. {Bot.) Les Créoles de cette colo- 
nie nomment ainsi le coumarouna d'Aublet , parce qu'ils 
remploient aux mêmes usages que le gaiac. Dans quelques 
Antilles le nom de gaiac bâtard est donné à une espèce de 
buis, qui est letricera citrifolia de Willdenow. Le plaque* 
minier, diospyros, étoit nommé guaiacum par plusieurs an- 
ciens, et ensuite guaiacana par des auteurs plus récens. 

(j.) 

GAIDEROPE ( ConchyL ) : nom signifiant pied-d'àne , sous 
lequel les anciens désignoient une espèce de coquille bivalve 
dont on fait maintenant le genre Spondyle. Voyez ce mot. 
(De B.) 

GAIDEROTHYMUM(Bo/.), herbe de Crète, mentionnée 
sous ce nom par Honorius Belli , et rapportée par C. Bauhin 
^ustachys spinosa* (J.) 

GAIGAMADOU. (Bot.) L'arbre cité sous ce nom par Pré- 
fontaine est' le même que le ieaieamadou ou voirouchi de 
Cayenne , virola d'Aublet. (J.) 

GAILLARD. {Bot.) Suivant Nicolson , le gayac est ain^i 
nommé à Saint-Domingue. (J.) 

GAILLABDA. {Bot.) Fougeroux avoit consacré ce genre 
k la na.émoire de Gaillard de Charentonneau , amateur dis'» 
tingué de la botanique. Voyez Galaadie. (J.) 

GAILLARDIE, Gai/^ardia. (Bo^) [Corymbifères , Juss. =s: 
SyTtgénésie polygamie frustranée y lÀnn.] Ce genre de plantes, 
établi par Fougeroux de Bondaroy, en 1786, dans les Mé- 
moires de l'Académie des sciences, appartient à la famille 
des synanthérées , à notre tribu naturelle des hélianthées, et 
à la section des hélianthées-héléniées, dans laquelle nous 
le plaçons auprès du tithonia, qui nous semble en différer 
18. a 



»8 GAI 

très-peu, quoique nous ne connoîssions ce dernier genre 
que par la- description de son auteur. Fougeroux a dédié la 
gaillardie à son ami, M« Gaillard de Charentonneau ^ qui 
savoit allier aux devoirs de la magistrature la culture des 
plantes et Tétude de la botanique , dont il faisoît son délas- 
sement. C'est pourquoi ce genre a reçu de son premier au- 
teur le nom très -convenable de gailîardia, et non point celui 
de gaillarda, qui est un peu baroque, ni celui de galar-- 
dia, qui est insîgni6ant. Comme il n^ À aucun motif plau- 
sible pour modifier , altérer ou changer la dénomination 
primitive du genre , nous n'adoptons pas le changement que 
M. de Lamarck a fait du nom de gaillardie en celui de go- 
lardia; nous rejetons à plus forte raison les nonrs decalonnea 
et de virgilia, donnés au même genre par &achOE et par 
THéritier. 

Voici les caractères gétiérîques que nous avons nous-méme 
observés avec beaucoup de soin sur des échantillons secs des 
deux espèces que nous décrirons. 

La dalathide est radiée , composée d'un disque multiflore , 
régulariflore , androgynîflore , et d'une couronne unisériée , 
liguliflore , neutriflore. Le périoline , supérieur aux ileurs 
du disque, est fortoé de squames paucisériées , imbtiquées, 
appliquées, cout1:es, coriaces, surmontées d'un long appen- 
dice étalé, foliacé, lancéolé. Le clinanthe est convexe et garni 
de fimbrilles subulées. Les ovaires sont oblongs et pourvus de 
très-longs poils membraneux, dressés, appliqués; leur aigrette 
est longue, composée de cinq à huit squamellules subuni- 
sériées, à peu près égales, dont la partie inférieure est paléi- 
forme , lancéolée , entière , membraneuse , trnSnervée , et dont 
la partie supérieure est "filiforme , roide, un peu barbellulée. 
Les fleurs de la couronne ont un faux-ovaire aî|ptietlé , à peu 
près semblable à l'ovaire des fieurs du disqtte; point de 
style ; la corolle à languette multinervée, parsemée de 
glandes nombreuses, très -élargie de bas en haut, partagée 
supérieurement en trois divisions oblong«es. Les corolles du 
disque ont le tube court, le limbe long à cinq divisions 
munies de longs poils articulés, colorés. Chaque style porte 
deux stigmatophores , surmontés chacun d'un long «ppendice 
subulé, hérissé de collecteurs membraneux, colorés. 



G Aï »9 

' ii est très - (^entiei de remarquer que le clinanthe des 
jgaillardia n'est point garni de squamelles, mais de fimbrilles; 
ce qui est fort différent -, quoique les botanistes s'obstinent , 
contre Tévidence^à «ionfondre ces deux sortes d'appendices* 
(Voyez notre article FimbrIlles. ) 

Gaillardie élégante : Gaillardia pulchelia > Fougen , Mém* 
de TAcad» des se, 1786; Gatardia éicolor , Lamck.^ Willd. 5 
Pers. ; CcUonnea pulcherrima, Bucboz j Virgilia helioides, FHérit* 
Cest une plante herbacée , annuelle , dont la tige, haute d'un 
pied et demi à deux pieds , est rameuse , cylindrique , striée , 
garnie de petits poilsb Ses feuilles sont éparses, sessiles, iné^ 
gales et dissemblables ; la plupart sont longues d'environ un 
pouce et demi ou deux pouces, larges d'ehviron six lignes, 
peu épaisses, oblongues, obtuses ou aiguës au sommet, pres- 
que toutes découpées sur les bords en quelques dents écartées, 
inégales , plus ou moins saillantes ; les deux faces sont par-» 
semées de petits poils. Les calathides , larges d'envirdn deux 
pouces , sont solitaires au sommet de la tige et des rameaux ^ 
qui sont nus en leur partie supérieure -, elles sont composées 
d'un disque violet, et d'une couronne , dont la partie voisine 
du disque est violette ou rougeàtre , et l'autre pftrtie jaune* 
Les squames du péricline sont bisériées, très- courtes; leurs 
appendices sont très -longs, linéaires -lancéolés, et parsemés 
de petits poils comme les feuilles ; les fimbrilles du clinanthe 
Sont épaisses, roides et courtes ; les squamellules de TaigrettC) 
au nombre de six à huit , ont la partie supérieure filiforme 
aussi longue que la partie inférieure paléiforme ; les corolles 
de la couronne ont le tube très - court et le limbe très-long , 
orné de deux couleurs; les corolles du disque ont le tube 
court, étroit, le limbe long, large, C3rlindrico- campanule, 
partagé supérieurement en cinq lobes demi-lancéolés, bordés 
de peils articulés, mo nilif ormes , et surmontés chacun ait 
sommet d'un très- long appendice filiforme, épais ^ qui pa- 
roît aussi formé d'articles arrondis ; les lobes de ces corolles, 
les poils et appendices qui les bordent, les stigmatophores, 
leurs appendices et collecteurs sont vivement colorés en 
violet. 

Nous avons observé et décrit cette belle plante dans rHei»- 
Bier de M. DcsfontaÎBes* Elle habite TAmérique septentrio- 



20 GAI 

nale. Elle fut d'abord trouvée à la Louisiane par M. le comte 
d'Essales, qui apporta ses graines en France, et les donna 
à Fougeroux, auteur du gen^e. Cultivée avec succès dans 
ce pays, pendant plusieurs années, la gailiardie élégante 
sembloit destinée à devenir l'un des ornemens de nos jar- 
dins, où elle fleurissoit depuis^ la mi -juillet jusqu'à la fin 
d'Octobre : ses premières graines mûrissoient assez pour re- 
produire l'espèce; mais malheureusement elle a disparu peu 
à peu par l'effet de l'altération de ses graines, qui ont suc- 
cessivement produit des individus de plus en plus dégénérés. 
La beauté de ses calathides résulte des deux couleurs de la 
couronne et de l'élégance, du disque , qui est due principale- 
ment aux poils et aux appendices des corolles, ainsi qu'aux 
collecteurs qui garnissent les appendices des stigmatophores. 
Nous avons cru devoir restituer à cette plante son premier 
nom de gaillardia pulchelUiy auquel M. de Lamarck a substi- 
tué très-arbitrairement celui de galardia bicolor, mal à propos 
adopté par presque tous les botanistes. 

Gaillardie rustique; GaiUardia rustica , H« Cass. L'espèce 
que nous nommons ainsi , parce qu'elle est plus robuste et 
moins belle que la précédente , a la racine vivace , produi* 
sant plusieurs tiges herbacées, simples ou ramifiées en leur 
partie inférieure, hautes d'enviroti un pied, dressées, cylin- 
driques, striées, un peu rougeàtres, dépourvues de feuilles 
en leur partie supérieure. Les feuilles sont épaisses, coriaces- 
charnueis, glauques ou d'un vert-cendré blanchâtre, traver- 
sées par une nervure médiaire également saillante sur les 
deux faces , lesquelles sont garnies , ainsi que les tiges et le» 
rameaux, de poils plus ou moins longs, épars, couchés, un 
peu roides , articulés ; elles exhalent , quand on les froisse , 
une odeur un peu aromatique. La plupart de ces feuilles 
sont très-entières; mais quelques-unes des inférieures, par- 
faitement analogues à certaines feuilles de sisymhrium tenui» 
Joliumf sont presque pinnatifides , ou découpées latéralement 
en lobes distans, irréguliers, inégaux, triangulaires; les 
feuilles radicales sont longues de quatre pouces et demi, 
larges de sept à huit lignes , pétiolées , oblongues , lancéolées , 
aiguës ; les caulinaires sont alternes, ordinairement sessiles, 
demi-amplexicaulesy longues de trois pouces, étroites. 



GAI « 

oblongues-lancéolées-aiguës, comme ciliées sur les bords de 
leur partie basilaire. Les calathides, larges d^ua pouce et 
demi tout au plus , sont solitaires au sommet des tiges et 
des rameaux , qui sont longs , garnis de feuilles en leur partie 
inférieure , nus et pédonculiformes en leur partie &upé« 
neure ; elles sont composées d'un disque violet ou rougeàtre , 
et d'une couronne d'environ dix-huit languettes glabres et 
entièrement jaunes en-dessus , ou seulement nuancées à la 
base par une très-légère teinte rougeàtre à peine sensible, 
mais hérissées en-dessous de poiJs rougeàtres. Le péricline, 
supérieur aux fleurs du disque, mais inférieur à celles de 
la couronne , est presque plane , orbiculaîre , étalé , formé 
de squames trîsériées, dont les appendices ont les bords 
rougeàtres, et sont hérissés d'une multitude de longs poils-, 
articulés j^ les fimbrilles du clinanthe sont plus longues et. 
moins épaisses que dans la gaillardie élégante ; les squamel-.; 
Iules de l'aigrette , au nombre de cinq ou six , ont , commo 
dans l'autre espèce, la partie supérieure filiforme aussi; 
longue que la partie inférieure paléiforme. Les col*QUes de^ 
la couronne ont le tube plus long et le limbe moins grand • 
que dans l'espèce précédente ; elles. sont presque entièrement- 
jaunes, criblées de glandes et parsemées de poils en-dessous: 
les corolles du disque ont le tube court, le limbe long, 
parsemé de glandes, les divisions hérissées extérieurement 
de longs poils articulés; mais les appendices de ces divisions, 
étant plus petits que dans la première espèce, se confondent 
avec les poils: les divisions de ces corolles, les poils qui les 
garnissent , les stigmatophores , avec leurs appendices et 
collecteurs, sont eolorés en violet, comme dans la première 
espèce» 

hà gaillardie rustique est cultivée au Jardin du Roi sous 
le nom de galardia pulchella : mais on se convaincra que 
eVst'une espèce bien distincte , §i on compare attentivement 
les deux descriptions qu'on vient de ]ire et que nous avons 
£adte8 sur plusieurs échantillons secs ou vivans. 11 n'est pas 
aussi certain que notre espèce soit différente de la galardia 
aristata^ décrite par Pursh dans sa Flore de l'Amérique 
septentrionale; cepeudant nous avons lieu de croire^ qu'elle 
en diffère spécifiquement, i."" Pursh attribue aux aigrettes 



~v 



^^ GAI 

de sa plante des arêtes beaucoup plus longues que dans Tes* 
pèce primitive du genre , et c'est pour cela qu'il a donné 
à la sienne le nom d'aristata ; mais les aigrettes de notre 
gaillardie rustique n'ont pas de plus longues arêtes que celles 
de la gaillardie élégante. 2.** Dans la description de Pursh 
on lit planta hinutissima , folia hirsutissima ; tandis que cette 
épithète ne peut s'appliquer qu'au péricline de notre plante, 
et non à ses autres parties. 3."^ Ce botaniste dit que sa plante 
est bisannuelle , et le jardinier de l'école de botanique nou^ 
a certifié que la nôtre étoit vivace. 4.'' Pursh ne fait aucune 
inention des feuilles pétiolées et pinnatiôdes, qui sont si 
remarquables sur notre plante. 5.** Il dit que les calathides 
sont d'un jaune orangé : d'où il parolt que le disque est à 
peu prés, dans son ensemble, de la même cpuleur que la 
couronné , ce qui n'est pas dans notre espèce, Nous pensons 
donc que la gaillardie rustique peut être considérée comme 
ilne espèce distinct^ et intermédiaire entre la plante de Fou-* 
geroux et celle de Pursh. M, Peafontaines pense également 
que notre espèce , étant vivace , diffère de celle de Fouge- 
Xoux , qui est aniiuellé. Il croit que la gaillardia rustiea, qui 
est venue d^Adgletétré , est la même que celle qui est fausse-» 
ment nommée galardia hieolor dans le Botanical Magatin^ 
Uhf 1602, et que l'auteur dit être vivace* 

Quelques autres plantes oM été décrites comme des espèces 
de gaillardie ; mais il paraît qu'elles n'appartiennent pa^ 
réellement à ce genre. La galardia Jimbriata de Michaux 
constitue le genre Leplopodaàe Nuttal; ce dernier botaniste 
rapporte la galardia acaulis de Pursh au genre AetineUa; la 
galardia amara de Rafinesque est peut-être, suivant cet Aut 
teur, un anthémis ou un heUnium ; selon WiUdenow et Per^ 
soon , la galardia lancéùlata de Michaux est la même espèce 
que la gdillardia pulchella de Fougeroux, (H* Cass^) 

GAILLET ou CAILLE- LAIT; Gaïium, Lin«, {Bot,) Genre 
de plaintes dicotylédones, de |a famille ée$ ruhiûcét$^ JU3$. , 
et de la tétrandrxe Monogynie, Linn., dont led principaux ca- 
ractères ioni les suivans : Calice nionôphylle , à quatre 
dents ; coi'crlle moiiopétale , en roue ou en cloche , à quatre 
divisions, très-f'aremént à trois; quatre étamines, et trois 
j;eulem^i|t lorsque la corolle est trifide ; ^n ovaire infé^* 



GAI a3 

rieur, sunaonté d*ua style termiaé par deux stigmates ; 
deux coques arrqpdies , accolées Tune à Tautre , mono- 
spermes, indéhiscentes et non couronnées par les dents du 
calice. 

Les gaillets sont des plantes presque toutes herbacées, à 
racines traçantes , souvent vivaces ; à tiges ordinairement té- 
tragones, garnies de feuilles ver ticillées ou en étoile à chaque 
nœud, et dont les fleurs, très-petite^, sont disposées en pa- 
mcule$ terminales , ou plus rarement axillaires , sur des pé- 
doncules rameux. Le nom de caille -lait, sous lequel ces 
plantes sont le plus ordinairement connues, leur viei^t de 
ce que Ton croyoit autrefois que leurs fleurs avoieat la pro- 
priété de faire cailler le lait; mais les expériences de Ber- 
gius, de Parmentier et 4^ M, Deyeux ont prouvé que cette 
croyance étoit une erreur. 

Les espaces ^ont nombreuses dans ce genre s les botanistes 
en co|nptept au-delà de quatre-vingts , dont envirpi) la moitié 
croit naturellement en France. Pour faciliter la distinctio{i 
de ces espèces, on les a distribuées en trois sections, dont 
lagpremière comprend les gaillets à fruits glabres, non tu* 
berculeux; la seconde renferme ceux à fruits également 
glabres, mais tuberculeux; et dans la. troisième sont placés 
ceux k fruits hérissés de poils. Mais, comme ce^ plantes ne 
présentent en général que peu d'intérêt, nou9 ne parlerons 
ici que de quelques espèces de chaque sçction. 

*^ Gaillets a fruilÊ glabres , non tuberculeux. 

fSAnxET iaune; vulgairement Vrai C^u.le-I'Ait, P£tit Mu- 
guet : Galium verum , Linn* , Spee, , 1 55 ; Gallium , Dod« , 
Pempt,f 555.' Ses tiges sont grêles, hautes de dix à quinze 
pouces , si|nples et couchées dans leur partie inférieure , di- 
visées dans la supérieure en rameaux courts , et garnies, dans 
toute leur longueur, de feuilles linéaires , glabres , verticiUées 
six à huit ensemble. Les fleurs sont très-petites, jaunes, lé^ 
gèrement odorantes, disposées par petits bouquets le long 
de la partie supérieure des tiges , et forma^nt dans leur en<« 
semble une panicule alongée et étroite. Cette plante fleurit 
en été*; elle est comvtune en France et en Europe , dans le» 
prés secs et sur les bords des bois. 



H GAI 

Les fleurs de ce caille -lait passent pour ditirëtiques , su- 
dorifiques , astringentes et antispasmodiques. On en fait au- 
jourd'hui fort peu d^ usage en médecine.' Ces mêmes fleurs 9 
et même Therbe entière , bouillies avec de Falun , sont 
propres à teindre les laines en jaune : les racines donnent 
une^ teinture rouge. Dans le comté de Chester, en Angle- 
terre 9 on met les sommités fleuries de cette plante dans le 
lait , avec de la présure , et l'on assure que c'est là ce qui 
donne un excellent goût aux fromages de ce canton. 

Gaielet Croisette , vulgairement Croisette : Çalium Cru» 
data, Scop. , FU Corn», i , pag. 100 ; Valantia cruciata, Linn., 
Spec*, 1491* Ses tiges sont grêles, simples, hautes de huit k 
douze pouces, garnies de feuilles ovales, velues, verticillées 
par quatre. Ses fleuri sont jaunes , les unes mâles, les autres 
hermaphrodites, disposées, 4ans la partie supérieure det 
tiges, en plusieurs petits bouquets axillaires. Les fruits sont 
réfléchis eh bas. Cette espèce est commune dans les bois et 
les buissons , où elle fleurit au printemps. 

La croisette a passé autrefois pour astringente et vulné^ 
raire; aujourd'hui elle n'est plus en usage* 

Gaillet fouhfre : Galium purpureum ^ Linn., Speo*, i56. Sa 
tige est très-rameuse, droite , tétragone , haute de six à douze 
pouces, garnie de feuilles linéaires , étalées, verticillées einq 
 six ensemble et hérissées de poils, ainsi que les tiges; ses 
fleurs sont petites, d'un rouge foncé, portées sur des pédon- 
cules simples. Cette plante croît ^r les collines sèches , en 
Provence et en Italie. 

Gaillet rouge : Galium ruhrum, Linn., Spec, i56; GaUum 
ruhrojlore^ CIus., Hist,, 2, pag. 175. Cette espèce ressemble 
un peu à la précédente ) mais elle en difiere par ses tiges 
plus élevées et moins rameuses, par ses feuilles plus larges, 
par ses fleurs portées sur des pédoncules rameux et divergens. 
Elle croit sur les bords des bois, en Italie. 
9 Gaillet des bois : Galium sylvaticum, Linn,^ Speo^, i5â* 
Ses tiges sont hautes de deux â trois pieds, «à peine angu- 
leuses , lisses , garnies de feuilles lancéolées , presque glau- 
ques, un peu rudes en leurs bords, et verticillées par six* 
Ses fleurs sont blanches, très-petites, portées sur des pé- 
doncules capillaires, et disposées en panicuLe terminale. 



GAI »5 

Cette plante croît dans les bois des montagnes : sa racine 
donne une belle couleur rouge. 

Gaillet BLANC : GdUum mollugo, Linn. , Spec, i55; Bull., 
Herb., t. 283. Ses tiges sont lisses, téiragones, foibles, ra- 
meuses, longues de deux k quatre pieds, garnies de feuilles 
ovales-oblongues , légèrement dentées , mucronées , disposées 
par huit en verticilles très-ouverts. Ses fleurs sont blanches , 
pédonculées , disposées en une panicule très-raaieuse et très- 
étalée. Cette espèce est fort commune dans les prés, dans 
les haies et sur les bords des bois. Ses racines donnent un 
aisez beau rouge. 

Gauxet a feuilles DE CARANCE : Gullum ruhioides ^ Linn.y 
Sfte., i52. Ses tiges sont droites, tétragones, un peu rudes, 
hautes d'un à deux pieds , garnies de feuilles lancéolées ou 
ovales -lancéolées , verticillées par quatre. Ses fleurs sont 
blanches, portées sur des pédoncules courts, et disposées en 
panicule terminale et un peu resserrée. Ce gaillet croit en 
Allemagne et en Suisse. 

Gaillet divebgent : Galium divaricatum , Lamck. , Dict. 
enc, 3, pag. 58o; Dec, Icon, plant, rar*^ i, p. a8, t. 34* 
Sa tige est grêle, droite, haute de quatre à six pouces, di- 
visée en rameaux étalés et divergens, garnis de feailioi 
linéaires, Terticillées cinq à sept ensemble. Les fleurs sont 
blanchâtres, extrêmement petites, portées, à l'extrémité de 
la tige et ^des rameaux, sur des pédoncules très-gréles , tri- 
ades ou quatrifides. Ce gaillet se trouve dans les terrains 
sablonneux : il est annuel. 

Gaillet dbs Pybénées : Galium pyrenaicum ; Linn. fils , 
SuppLy 121 ; Gouan, lUusU, 5, t. 1. Ses tiges sont longues 
de deux à trois pouces , grêles , couchées , ranaeuses , dis^ 
posées par petites touffes ayant l'aspect d'une mousse* Ses 
feuilles ^»ont linéaires, glabres, luisantes, disposées «x à sept 
à chaque verticille. Ses fleurs sont d'un blanc jaun&tre, op- 
posées et presque sessiles dans les aisselles de» feuilles supé- 
rieures. Cette plante croit dans les Pyrénées et dans les mon- 
tagnes de l'Apennin. 



26 GAI 

**^ Gaillets h fruits glabres ^ tuberculeux^ 

Gail];et 9ATARD ; Galium spurium , Linn. , Specn, i54* Ses 
tiges sont quadrangulaires , foibles, rameuses, longues d'un 
pied à un pied et demi , garnies de feuilles linéaires-lan- 
céolées, mucronées^ rudes en leurs bqrds, et verticillées 
six à sept ensemble. Les fleurs sont blanches, portées sur 
des pédoncules axiUaires, deux fois plus longs que les feuilles, 
divisés et divergens« Cette espèce est annuelle , et commune 
dans les champs et les moissons» 

Gaillet sucré : Galium saecharatum , AUion» ^ • Fl% Ped* , 
n.^ 39; Valantia aparine , Linn^, 5pee., lAgi* Ses tiges sont 
foibles, un peu couchées, longues de six à dix pouces, 
garnies de feuilles linéaires, verticillées par six ou sept, 
rudes en leurs bords. Ses fleurs sont d'un blanc îaunàtre, 
trois à quatre ensemble sur des pédoncules étalés $ il leur 
succède de gros fruits fortein^t tuberculeux* Ce gaillet est 
annuel , et se trouve dans les lieux cultivés* 

*** Gaillets à fruits hérissés de poils^ 

Gaiixet grateron ; vulgairement Graterqn, Ribble, Capei; 
A TEIGNEUX : Galium aparûie, Linn, , Spec., iSy ; Bull., Herb., 
tabr 3i5. Sa tige e$t grêle, qyadrangulaire , longue de deux; 
à quatre pieds, chargée sur «tes angles d'aspérités crochues, 
et garnie de feuilles linéaires, rudies en leurs bords, verti-^ 
cillées par six ou huit. Ses fleurs sont blanches , petites , so- 
litaires, ou deux à trois ensemble sur des pédoitcules axil- 
laires. Les fruits qui leur succèdent sont hérissés de nom-, 
breux poUs crochus. Cette, espèce «st annuelle ; oji. la trouve 
communément dans les haies, les buissoos et les lieux cuU 
tivés. 

Le grateron a été employé autrefois çn médecine comme 
incisif, apéritif, résolutif, diurétique, et même lithontrip-^ 
tique ; mais aujourd'hui , qu'on a reconnu combien peu il 
étoit efficace sous tous ces rapports, les médecins en ont 
abandonné Tusage. A Tépoque de la cherté des denrées 
coloniales , on a proposé ses graines pour remplacer le café; 
elles acquièrent, en efiet, par la torréfaction, une odeur 
et ^ne saveur analogues à celles de la .féye arabique , mais 



GAI «7 

si foibl es. qu^ elles ne peuvent en aucune manière soutenir 
la comparaison, 

Gaillet maritime ; Galium maritimum , Linn. , Mant. , 38. 
Sa tige est grêle , tétragone , couchée dans sa partie infé- 
rieure, longue de dix à quinze pouces, hérissée, ainsi que 
toute la pJante , de poil^ courts , et garnie de feuilles oblon- 
gués, verticillées par six ou huit. Ses fleurs sont rougeàtres, 
veines en dehors , portées sur des pédicellés grêles , plus 
courts que les feuilles et bifurquéSr Cette plante croît dans 
le midi de la France et en Italie. 

Gaillet tubéreux ; Galium tuberosum, Loureiro , PL Coehin,; 
i , p. 99. Ses racines sont munies d'un petit tubercule alongé , 
blanchâtre , farineux ; elles produisent des tiges simples , 
couchées, longues de quinze à dix«>huit pouces, garnies de 
feuilles loncéolées, glabres, d^une couleur glauque, verti<« 
cillées par quatre à cinq. Les fleurs sont axillaires , solitaires 
sur des pédoncules alongés ; il leur succède des fruits arron- 
dis , hérissés. Ce gaillet crof t dans les champs , à la Chine 
et à la Cochinchine. Ses tubercules cuits sont bons à manger; 
pn en retire une^ farine dont les médecins de ces contrées 
prescrivent l'usage aux phthisiques et auiç çonvalescens, 
(L. DO 

GAINE, Vagina. (Enlom.) On nomme ainsi, d'après Fa- 
bricius , une partie de la bouche dans les insectes suceurs , 
principalement chez les hémiptères et chez les diptères à 
suçoir corné. C'est le tuyau dans lequel sont renfermées les 
soies aiguës qui font en même temps FofSce de lancettes et 
de pompe hydraulique , pour faire monter jusqu'à l'œso- 
phage le liquide d(S la plaie faite à Fétre organisé par l'in- 
&ecte qui Fa piqué pour f^n nourrir. L'ensemble de la gaine 
jet des 6oi«s qu'elle contient, porte, chez les hémiptères, le 
nom de bec (rostrum). Dans les diptères sclérostomes le su* 
çoir [hauBtéUum) est le plus souvent formé de deux valyes, 
l'une antérieure et l'autre postérieure. Chez ces derniers^ let 
gaine est courbée dans Fempis , articulée dans les espèces du 
genre Myope et les conops, très-alongée et inflexible dans 
les bombyles, et au contraire molle et pliable dans les cou- 
sins. Dans les hémiptères, les dispositions les plus remar- 
ji^uables de la gaine Ou de Fétui dfx bec sont les particula^ 



»8 GAI 

rites suivantes. Elle paroît naître du front dans les xoadelges 
et les phytadelges, comme les punaises, les réduves, les pen- 
tatômes. Dans les cigales , elle semble provenir du col ; elle 
est courte dans les hydrocorées, comme les notonectes; elle 
est^ au contraire, très- longue dans les vraies cigales et dan« 
les fulgores dites porte -lanternes. (C. D.) 

GAINE (Mamm,)^ nom lapon du loup. (F. C.) 

GAINIER; Cercis, Linn. {Bot.) Genre de plantes dicoty- 
lédones , de la famille des légumineuses , Juss. , et de la dé" 
candrie monogynie^ Linn., qui offre pour caractères : Un ca- 
lice monophylle, court, campanule, ventru et à cinq dents; 
une corolle papillonacée , à cinq pétales onguiculés, dont 
Tétendard est plus petit que les ailes, qui montent au-dessus 
de lui; dix étamines à.filamens libres et distincts; un ovaire 
supérieur, linéaire-lancéolé, porté sur un petit pédicule, et 
terminé en un style courbé à son sommet ; un légume oblong , 
très-aplati, aigu , bordé sur son dos d'une aile étroite, mem- 
braneuse, et contenant plusieurs graines ovoïdes, attachées 
À sa suture supérieure. 

"Les gainiers sont des arbres à feuilles simples, alternes, 
et à fleurs ramassées en petits bouquets latéraux. On nVn 
connoît que deux espèces. 

Gainier commun ; vulgairement Arbre de Judée , Arbre 
d'amour : Cercis siUquastrum , Linn., Spec, 554 ? Duham., 
210UV. éd. , vol. 1 , p. 17 , tab. 7. Cet arbre s'élève de vingt à 
vingt-cinq pieds, et son tronc ,. revêtu d'une écorce noirâtre, 
acquiert quatre à six pieds de tour. Ses feuilles sont pétiolées , 
arrondies , échancrées en cœur à leur base , d'un vert agréable , 
glabres en-dessus et en-dessous. Ses fleurs, qui naissent avant 
les feuilles, soAi d'un rose fonc4»ct éclatant^ quelquefois 
presque blanches , pédonculées et disposées en grappes courtes 
ou en petits bouquets sur les parties latérales des branches , 
et quelquefois, sur le tronc même. Elles sont remplacées par 
des gousses planer, linéaires-lancéolées, membraneuses, con-> 
tenant huit à dix graines ovoïdes, comprimées, rougeàtres. 
Ces fruits restent attachés sur l'arbre toute l'année,' et jus- 
qu'au moment où les nouvelles fleurs se développent. 

Le gainier commun croit naturellement dans le midi de 
la France et en Italie, en Espagne, en Portugal, dans lit 



GAI 29 

Turquie d'Asie et principalement en Judée. C'est un des plus 
beaux arbres qu'on puisse cultiver pour Fornement des jar- 
dins. 11 se charge chaque printemps , à la fin d'Avril ou au 
commencement de Mai, d'une si grande quantité de fleurs ^ 
que quelquefois ses branches et ses rameaux en sont entiè- 
rement couverts, et ces fleurs conservent tout leur éclat 
pendant trois semaines. Lorsqu'elles sont passées, cet arbre 
fait un joli effet par ses grandes et belles feuilles, qui ne 
sont sujettes à être dévorées par aucun insecte ni par aucun 
quadrupède herbivore. 

Ses fleurs ont un goût piquant et assez agréable, qui fait 
qu'on les met quelquefois sur les salades , soit comme or- 
nement ,4Soît comme assaisonnement. On les confit aussi au 
vinaigre , quand elles sont en bouton , afin de les conserver , 
par ce moyen , pour l'hiver. 

Cultivé dans les jardins , cet arbre souflre bien d'être taillé 
aux ciseaux ou au croissant, et il prend facilement les diffé- 
rentes formes qu'on veut lui donner. Sous le rapport de 
l'agrément, on peut en faire des palissades, des cabinets de 
verdure , des berceaux ; et , sous un rapport utile , M. Bosc 
croit que, planté pour faire des taillis, il seroit très- propre 
à mettre en valeur de mauvaises terres, et particulièrement 
celles qui sont crayeuses. 

Le bois du gainîer est agréablement veiné de brun , de 
verdâtre et de jaune , et comme il a le grain assez fin et sus- 
ceptible de prendre un beau poli, il seroit propre à faire de 
jolis ouvrages d'ébenisterie , de tabletterie ou de tour , s'il 
acquéroit plus communément une certaine grosseur; mais, 
comme il est rare d'en trouver des échantillons propres au 
travail, les ouvriers ne l'emploient que fort peu. Ses branches 
étant flexibles , et son bois dur , on pourroit aussi en faire 
de petits cerceaux pour les barils. 

Le gainier n'est pas difficile quant au terrain ; il vient 
très-bien dans les terres sèches et légères , et il ne craint que 
celles qui sont humides et argileuses. On l'élève de graines , 
qu'on sème , au mois d'Avril , dans une terre bien labourée 
et exposée au levant et au midi. Au bout de deux ans, on 
repique le jeune plant en pépinière , et on Ty laisse , en lui 
donnant les soins convenables, jusqu'à ce qu'il soit en état 



3o GAI 

d'être mis en place à demeure , ce qui arrive quand il A 
atteint six à huit ans, selon qu'on le destine à former des 
palissades ou à être élevé en arbre. 

Gainier du Canada : Cercis canadensis, Linn. , Spec», 534* 
Cet arbre ressemble beaucoup au précédent,- il en diffère 
seulement parce que ses fleurs sont plus petites, et surtout 
. parce que ses feuilles sont en cœur , pointues à leur som- 
iDct. Ses fleurs sont d*un rose « pâle, ou quelquefois entié-' 
rement blanches, moins nombreuses que dans le gainier 
commun : elles paroissent à la même époque. Cette espèce 
croît dans FAmérique septentrionale ^ depuis la Virginie jus- 
qu'en Canada , et elle y est connue sou5 le nom de bouton 
touge. On la cultive en Europe dans les jardiiys, et on 
la traite comme Tespèce indigène : elle supporte mieux le 
froid que cette dernière , qui ne peut vivre dans le nord de 
l'Allemagne» tandis que le gainier du Canada peut y braver 
les hivers les plus rigoureux. (L. D*) 

GAIRO. {Bot,) Voyez Garail. (J») 

GAIRO {Ornith*) , dénomination lapone du goéland à man-* 
teau noir, larus mariniis, Linn. (Ch. D*) 

GAIROUTES {Bot.)j nom languedocien d'une ^eae^ la" 
Ihyrus çjiçera, suivant M» Gouan* (J.) 

GAISKE {Ornith.) , nom de la grande mouette cendrée 
en Laponie, larus canus j Linn. (Ch. D«) 

GAISSENIA. (JBot.) Sous le nom âegaûsenia vcnui,M. Rafî<>< 
nesque a établi (Jours. botan*, voL 11, pag* t68) un genre 
particulier pour le trolliuê americanus, Muhlenb., Ined,, et 
Donati, Catai. Voyez Taollius* (Poii.) 

GAISSUM, KESUM, CATHSUM (BoL) t noms arabes de 
Vabratanum des anciens, selon Daléchamps. Voy. Cath&um. (J.) 

GAITG (Orm'tTi.), nom catalan du geai commun, corvus 
glandarius f Linn. (Cflé D.) 
^ GAIVOTA. {OrrUth.) Voyez Gaviôta. (Ch* D.) 

GAJA. {Ornithm) Le geai commun, cotvus gtandarius^ 
Linn., se nomme ainsi dans le bas Montferrat. (Ch. D.) 

GAJANY, Gajanus. {Bot.) L'arbre de l'Inde que Rumph 
décrit et figure sous ce nom , est , selon M. Thunberg , Vino- 
carpu5.de Forster, genre qui a quelque affinité avec Ica 
iny^sinées. (/,) 



G AL - 3i 

GAJAPALA, NÈPALAM, WAIJAPALL {hot.) Suivant 
Hennann 9 ces noms sont donnés, dans File de Ceilan, à 
une plante quUl nomme ricin , et qui est le croton iiglium 
de Linnaeus, lequel donne la graine de Tillé, indiquée dans 
les matières médicales. (J.) 

GAJATI. {Bot.) ATernate on nomme ainsi Yœschynomene 
indiea, suivant Rumph ; c'est le eodia^janli ou cojanti dea 
habitans de Java. (J.) 

GAJOU-TUTTA. {ErpétoL) Les habitans du Bengale ap- 
pellent ainsi la couleuvre maligne de Daudin. Elle est figurée 
n.** 16, pL 161 , de THistoire naturelle des serpens du Coro- 
mandel par RusseL (H. C.) 

GAKATTE. ( Omith. ) L'oiseau auquel ce nom et celui de 
gaX:Jbof' sont donnés en Laponie, est le eolymhus septentrionalis 
de Muller , ZooL Dan, prodr*, n." i53, correspondant au 
lumme de Marteas, au lomvià de Clusius, et au grand guil*» 
lemot de Buffon, coljmbus troile^ Linn. (€h. D.) 

GAKENIA. (Bot,) Sous ce nom Heister faisoit un genre 
du cheiranthus tricuspidatus , à cause de sa silique terminée 
par trois pointes. (J.) 

GAKUS. ( Ornith, ) Aldrovande cite ce terme comme étant 
le nom persan d|i grand duc , strix hubo , linn. , que Gesner 
écrit hàkus» ( Ch. D. ) 

GALy Galius. {IchthyoL) On appelle ainsi un genre de 
poissons établi d'abord par M. de Lacépéde , et généralement 
adopté depuis par tous les ichthyologistes. Ce genre appar* 
tient à la famille des leptosomes , suivant l'auteur de la 
Zoologie analytique, et forme une des divisions secondaires 
du grand genre Vomer de M* Cuvi«r; il est facilement re- 
connoissable aux caractères suivans : 

Des dents aux mâchoires; corps et queue très^omprimés ; deux 
nageoires dorsales, bordées éC épines de chaque côté du dos; la 
première de ces deux nageoires terminée par plusieurs filamens 
très4ongs ; une membrane verticale placée transversalement au- 
dessous de la livre supérieure; catopes alongés; écailles tris^ 
petites; point d'aiguillons au devant des nageoires dorsales, ni de 
la nageoire anale. 

On distingue donc les Gals des Sélènes, en ce que celles-ci 
ont les catopes fort courtSL^ et des Vome&s proprement dits , 



32 GAL 

ej> ce que ces derniers ont toutes lés nageoires courtes et 
sans aucun prolongement. 

La seule espèce connue dans ce genre est , 

Le G AL VERDATRE : Gallus viresccns , Lacép* ; Zeus gallus , 
Linn.; Bloch , tab. 192, fig. 1. Sept iilamens prolongés à la 
première nageoire du dos, qui est très-basse; nageoire cau- 
dale fourchue; deux orifices à chaque narine; nuque trè»- 
rçlevée et un peu bombée ; ligne latérale se courbant en 
haut vers son origine, puis redescendant pour.se diriger 
ensuite vers la nageoire de la queue , sans se dévier de sa 
route. Nageoires d^un beau vert; côtés du corps argentés 
et brillans ; teinte générale verdàtre : taille d'environ sept 
pouces. 

Plusieurs voyageurs ont observé ce poisson et en ont parlé 
dans leurs relations. Tq us s'accordent à dire qu'il vit dans la 
mer des Indes, et Ruysch Ta figuré à la pi. XXXVII, fig« 2, 
de son Theatr. animaL , comme venant de ces contrées orien- 
tales. Bloch est le seul qui le suppose du Brésil, puisqu'il 
prétend avoir pris la figure qu'il en donne dans les« manus- 
crits du prince Maurice de Nassau. Au reste , comme le 
remarque M. Cuvier, c'est pour avoir mal à propos rapporté 
au gai Vaba catuaja de Marcgrave (161), que beaucoup de 
naturalistes ont cru notre poisson d'Amérique. 

La chair du gai passe pour avoir une saveur agréable. 

Gal. m. le comte de Lacépède a encore décrit , sous ce 
nom 9. un poisson des côtes d'Arabie, que Forskal a inscrit 
parmi les.scares sous la dénomination de scarus gaUus, et 
que Gmelin a ensuite appelé labrus gallus* Ce poisson passe 
pour très -venimeux, et sa chair est imprégnée de sucs dé- 
létères et mal-faisans. Voyez Osfhrombne. (H. C.) 

GAL {Ornith.)y nom, en vieux françois, du coq, que 
l'on appeloit aussi goi/, geau, gog. (Ch. D.) 

GALACTES {Chim») , combinaisons de l'acide lactique avec 
les bases. Voyez La ctates. (Ch.) 

GALACTIE, Galactia. {Bot.) Genre de plantes dicotylé- 
dones, à fleurs complètes, papillonacées , de la famille des 
légumineuses , de la diadelphie décandrie de Linna^us , ofirant 
pour caractère essentiel : Un calice k quatre dents , muni 
de deux bractées; une corolle papiUonacée , ^ cinq pétalea 



GAL 85 

oMongs; l'étendard tombant , plus large que les autres; dix 
étamines dîa^elphes; un style; un stigmate obtus» Le fruit 
est une gousse cylindrique y bivalve ^ uniloculaire , contenant 
plusieurs semences arrondies* 

Ce genre avoit d'abord été établi par Browne , dans ses 
plantes de ^la Jamaïque , sous le nom de galactia* Lînnœus 
l'avoit réuni aux clitoriam Michaux, ayant découvert, dans 
l'Amérique septentrionale, quelques autres plantes suscep* 
iîbles d'être rapportées au genre de Browne , a cru devoir 
le rétablir tel que nous le présentons ici. 

Galactie a pleurs fendantes î Gaiactia pendala, Fers. , 
Synops., a, pag* 3o2| Brown., Jam^, 298, tab. 3â, ûg, 2: 
Clitoria gaiactia, Linn. ; Phaseolus minor lactesoens , etc. , Sloan. , 
Jam» Hut*j 1 y 18a , tab. 114, fig* 4. Plante originaire de I9 
Jamaïque, dont toutes les parties sont. laiteuses, au, rapport 
de Sloane. Ses tiges sont grêles , cylindriques et grimpantes^ 
longues d'environ six pieds , garnies de feuilles composées 
de trois folioles oblongues, elliptiques, obtuses, quelquefois 
un peu échancrées à leur sommet. Les fleurs sont disposées 
en grappes droites à l'extrémité des rameaux \ chaque fleur 
pendante, composée d'un calice campanule, à quatre dents> 
accompagné de deux bractées petites et caduques , en forme 
de calice extérieur. La corolle , médiocrement papillo- 
nacée, a tousses pétales oblongs, étroits; l'étendard un peu 
plus large et tombant. Les gousses sont menues, cylindriques-^ 
^ aiguës. 

Galactib molle ; Gaiactia mollis , Mîch. , Flor* Bor> Amer, ^ 
2, pag. 61. Toute la plante est revêtue d'un duvet mou, 
épais , légèrement blanchâtre ; ses tiges sont garnies de feuilles 
alternes , composées de trois folioles ovales^, les gousses velues* 
Cette espèce a été découverte dans la Caroline par MichausC* 

Galactie glab&e : Gaiactia glabella , Mich. , FL Bor, Ameté^ 
2, pag. 61, an Ervum volubile? Walt., Carol* Cette espèce, 
recueillie dans la Nouvelle -Géorgie et la Caroline^ est presr 
que entièrement glabre. £lle est pourvue d'une racine fusi- 
forme, perpendiculaire. Ses tiges sont garnies de feuilles 
alternes, à trois folioles ovales-oblongues, légèrement échao* 
crées à leurs deux extrémités, obtuses à leur sommet. Leur 
calice est glabre* 

18. 5 



34 GAL 

Galactie soyeuss : Galactia sericea^ Pers., Synops», pi. 2 f 
page 3o2 j Clitoria phryne, Juss. , in Herh* comm. Cette 
espèce a des tiges grimpantes , pourvues de feuilles temées ; 
les folioles sont ovales, un peu émoussées, blanchâtres et 
soyeuses; les fleurs disposées en grappes axillaires; le calice 
relu, la corolle petite. Cette plante a été découverte par 
Commerson à Tile de Bourbon. L'espèce que M. Persoon a 
nommée galactia pinnala , me paroît être la même plante que 
le clitoria polyphy lia , Encycl. , Suppl. , n.** 9. Voyei Cuto&e* 
(FoiR.) 

GALACTIQUE [Acide]. {Chim.) C'est l'ancien nom de 
l'acide lactique. Voyei Lactique (Acide). (Ch.) 

GALACTIS ou GALAXIE. (Min.) C'est un des noms don- 
nés par les anciens aux pierres météoriques et aux pyrites 
radiées , qu'ils regardoient à tort comme étant des produits 
de la foudre. (Brard.) 

GALACTITË, Galactites, {Bol.) [Cinaroeéphales , Juss. = 
Syngénésie polygamie frustranée, Linn.] Ce genre de plantes, 
établi par Mœnch , en 1794 , dans sa Methodus plantas descrî" 
lendi, appartient à la famille des synanthérées , et à notre 
tribu naturelle des carduinées. Voici les caractères généri- 
ques que nous avons observés sur des individus vivans. . 

La calathide est radiée , composée d'un disque multîÛore ^ 
subrégularifiore , androgyniflore , et d'une couronne unisériée , 
ampUatiflore, neutriflore. Le péricline, inférieur aux fleurs 
du disque et ovoïde, est formé de squames imbriquées, 
appliquées, interdilatées, coriaces; les intermédiaires ovales 
et surmontées d'un très-long appendice étalé , subulé , roide, 
spinescent au sommet. Le clinanthe est planiuscule , épais*, 
charnu, garni de fimbrilles longues, inégales, libres, fili- 
formes-laminées. Les ovaires sont glabres ; leur aréole basî- 
laire n'est point oblique ; leur aréole apicilaire est couverte 
d'un plateau entouré d'un anneau qui porte l'aigrette et se 
détache spontanément : cette aigrette est longue, composée 
de squamellules'bi-trisériées, inégales, fîliformes-laminées ^ 
munies sur les deux bords de longues barbes capillaires , à 
l'exception de la partie supérieure, qui n'est que barbellulée. 
Les fleurs de la couronne sont dépourvues de faux-ovaire j 
le limbe de leur corolle est divisé jusqu'à la base en cinq 



t i 



G AL S5 

kniéres égales , longues, étroites, linéaires , étalées. Les fleurs 
du disque ont la corolle un peu obringente , et les étauiines 
entregrefiées non-seulement par les anthères ^ maïs aussi par 
les filets, qui sont pourvus de très -petites papilles éparses; 
l'appendice apicilaire de Tanthére est crochu au sommet. , 
La monadelphie des étamines est un caractère remar- 
quable, dont l'Observation ' iiyoit été négligée par Mœnch , 
par M. De CandoUe, et par tous les autres botanistes qui ont 
décrit la galactite. Nous avons également observé cette mo^ 
nadelphie dans le carduus màrianus, qui constitue le genre 
Silyhum de'Vaillant, ainsi que dans le carduus leueographus , 
qui constitue notre genre Tyrimnus; et comme les feuilles 
sont marquées de taches blanches dans le galaetites, le sify" 
hum et le tjrimnus , il en résulte un rapprochement assez 
curieux. 

< 

Galactite cotoi«neus£ : GalactUts tomenlosa , Mœnch; C^n- 
laurea galaetites , Linn. C'est une plante herbacée , annuelle , 
bisannuelle ou vivace , selon les divers auteurs , et pourvuç 
d'un suc propre laiteux; sa tige, haute d'environ un pied 
et demi, est peu rameuse, très -cotonneuse et blanchâtre; 
ses feuilles sont alternes, décurrentes sur la tige, longues, 
étroites, pinnatifides, à pinnules lancéolées, dentées, épi- 
neuses,, à face inférieure cotonneuse-, à face supérieure 
verte avec des taches blanches ,* les calathides, composées de 
fleurs purpurines ou quelquefois blanches, sont solitaires au 
sommet de rameaux pédonculiformes ; les épines de leur 
péiîcline sont longues et jaunâtres. Cette plante habite les 
Heux secs, stériles et découverts, autour de la mer Médi- 
terranée et dans les iles de cette mer : on la trouve dans 
nos provinces méridionales. C'est jusqu'à présent la seule 
espèce du genre; mais M. De CandoUe mentionne trois varié- 
tés, qu'on devra peut-être élever au rang d'espèces, quand 
elles seront mieux connues. La première a les feuilles pin- 
natifides, alternes, courtement décurrentes ; dans la seconde, 
les feuilles sont pinnatifides, alternes, larges, longuement 
décurrentes en ailes interrompues et épineuses; enfin, la 
troisième se distingue par ses feuilles presque opposées et 
presque entières. (H. Cass.^} 

GALACTITES. {Min.) Le$ naturalistes de l'antiquité pa- 



36 (iAL 

roissent avoir donné ce nom, qui signifie laiteux, à certaines 
argiles smectîques qui se délayent dbns l'eau et la rendent 
blanche comme du lait. Peut- être aussi, comme le pense 
Walerius, ce nom s'applîquoît-il encore au jaspe blanc d'I- 
talie , qui n'est varié que par quelques légers filamens roses. 
(Brard.) 

GALACTON, EUGALACTON {Bot.) : noms donnés an- 
ciennement , suivant Pline et Daléchamps , au glaux mari" 
tima, qui étoit aussi le glaus ou galas des Grecs, Therbe au 
lait des François. (J.) 

GALAGO. {Mamm.) Nom que les naturels donnent, au 
Sénégal , à un petit quadrumane , et dont M. Geoffroy-Saint- 
Hilaire a > fait un nom de genre dans lequel il comprend 
quatre ou cinq espèces, toutes originaires vraisemblablement 
des régions équatoriales de l'ancien continent. 

Les galagos ont beaucoup de la figure des makis : ce sont^ 
comme eux, des quadrumanes à tarses postérieurs très-longs, 
& tête large, à museau effilé, terminé par des narines en- 
vironnées d'un mufle , et do^t la queue très- touffue n'est pas 
prenante ; mais ils s'en distinguent par leurs tarses démésu- 
tément longs, leurs très-larges oreilles membraneuses, leurs 
grands yeux à fleur de tête , et surtout leur ièit courte et 
arrondie : cependant les galagos et les makis ont entre eux 
les plus grands rapports. 

Les galagos sont des animaux nocturnes; ils passent le 
|our cachés dans les trous des arbres qu'ils se sont choisis pour 
retraite , où ils établissent leur nid avec des herbes sèches , 
et d'où ils sortent avec le crépuscule pour satisfaire leurs be- 
soins : ils se nourrissent principalement d'insectes et de fruits, 
et ils s'accouplent à la manière des autres animaux. C'est là 
tout ce que l'on sait sur les mœurs de ces singuliers animaux , 
qu'on ne connoît que depuis fort peu de temps , et dont on 
n'a encore possédé qu'un très-petit nombre d'individus. Tous 
ceux dont l'origine est connue , venoient d'Afrique ou de 
Madagascar. 

Les galagos ont quatre incisives à la mâchoire supérieure , 
Séparées, deux à deux, par un intervalle vide au milieu, 
et elles sont verticalement implantées dans l'intermatillaire; 
immédiatement après viennent deux fortes canines triangu- 



GAL 57 

laires, et à la saite de celles-ci deux fausses molaires à une 
seule pointe. Les quatre molaires qui suivent sont de même 
forme, et garnies sur leurs couronnes de quatre tubercules 
mousses , deux au côté interne et deux au càié externe ; 
mais la première et la dernière sont plus, petites que les deux 
moyennes. A la mâchoire inférieure, on trouve six incisives, 
très-longues, très-étroites et couchées en avant : les canines 
sont épaisses et crochues, et elles sont suivies d'une fausse 
molaire , qui est suivie elle-même de quatre molaires com- 
posées comme celles de la mâchoire opposée ; seulement 
leur largeur est égale à leur longueur, tandis que dans les 
autres la largeur surpasse l'autre dimension. 

L'ouverture des narines est entourée d'un mufle; la langue 
est douce , et la bouche sans abajoues; les oreilles sont dé- 
mesurément grandes et membraneuses, et les yeux fort gros.. 
Les organes du mouvement sont semblables à ceux des makis : 
les mains ont cinq doigts avec un pouce distinct, de même 
que les pieds , au second doigt desquels on voit l'ongle pointu 
qui caractérise le même doigt chez les makis. La queue est 
très-longue, touffue et susceptible de mouvement volon»» 
taire , mais elle n'est pas prenante. On ne connoît point 
les organes de la génération. 

Les naturalistes n'ont encore décrit que trois ou quatre 
animaux que l'on puisse rapporter à ce genre. 

Le GRAND Galago ou Galago a queue touffue (Galago 
crassicaudalus , Geoff.; G. Cuvler, Règne animal, pi. i , 6g. i) 
est de la grandeur d'un lapin , et ses poils épais et sqyeux 
sont d'un gris roux ; ses oreilles ovales ont les deux tiers de- 
là longueur de la tète. Sa. patrie est ignorée. 

Le Galago du Sénégal : Galago Senegalensis , Geoff. ; Au- 
debert, Galago, pi. i. Ses oreilles sont aussi longues que sa 
tête;^on pelage est d'u|i gris roux, et sa queue est plus 
longue que son corps. 

Le Galago du Madagascar : Rat de Madagascar, Buff. , 
Suppl., 3, fig.. 20. Son pelage est roux, ses oreilles ont 
moitié moins de longueur que sa tête , et sa queue , plus 
longue que le corps, est couverte de poils courts. On voit 
combien^ette espèce ressemble à un makis. Voici, au reste, 
ce que: Buffon rapporte d'Un de ces animaux : « 11 1^ vécu 



88 GAL 

« plusieurs années chez Mad/ la comtesse de Marsan; il 
« avoit les mouvemens très-vifs, mais un cri plus foibie que 
« celui deFéaureuil et À peu près semblable; il mange aussi , 
« comme les écureuils, avec les pattes de devant, relevant 
« to queue, se dressant et grimpant aussi de même en écar» 
fc tant les jambes ; il mord assez serré et ne s'apprivoise pas : 
x< on Ta nourri d'amandes et de fruits; il ne sortoit guère 
« de sa caisse que la nuit , et il a très-bien passé les hivers 
« dans une chambre où le froid étoit tempéré par un peu 
« de feu. >> 

Galago de Demidoff ; Galago Demidojfy Fischer , Actes de 
Moscou , 1 , p. 24 , fig. 1 : à pelage roux-brun ; à museau 
noirâtre ; à oreilles moitié moins longues que la tête , et à 
queue plus longue que le corps et finissant en pinceau. Si 
cette espèce diffère réellement de la précédente , du moins 
elle lui ressemble beaucoup. 

On a aussi pensé que le Poto de Bosmann pourroit appar* 
tenir à ce genre , ce qui seroit à vérifier. Voyez Poto. (F. C.) 

GALAMBIZA. {Bot.) C-est en Hongrie le nom de l'agaric 
poivré, ag, piperalus, Linn. (Lem.) 

' GALAMCIJÉ (Bo^),.nom languedocien de l'églantier, rosa 
eglanteria, selon M« Gouan. (J.) 

GALANDE. (Bot.) On donne ce nom à une variété de 
l'amandier. (L. D.) 

GALANDER ( Ornith. ) , nom allemand de la calandre , 
alauda calandra , Linn. , qui s'écrit aussi kalender. ( Ch* D. ) 

GALANE, Chelone. {Bot.) Genre de plantes dicotylédones, 
à fleurs complètes , monopétalées , irrégulières , de la famille 
des hignoniées , de la didynamie angibspermie de Linnsus^ 
offrant pour caractère essentiel : Un calice à cinq divisions 
profondes ; .une corolle monopétale en masque et ventrue; 
quatre étamines didynames; un cinquième filament glabre 
et stérile , placé entre les deux supérieurs ; un ovaire supé- 
rieur; le style simple; le stigmate obtus. Le fruit est une 
capsule bivalve , à deux loges, renfermant un grand nombre 
de semences. 

On a séparé de ce genre , sous le nom de pentstemon , 
plusieurs espèces qui ont le cinquième filament stérile , barbu 
A sa partie supéiieure : nous en parlerons en son lieu , en 



GAL Sg 

«bservant ici qu^il faut avoir une g;rande passion pour les 
genres nouveaux pour en créer un sur un caractère aussi 
peu important et qui ne paroît influer en rien sur 1er 
autres parties de la fleur. Nous ferons aussi connoître ail- 
leurs Vourisia y Juss. , qui est le chelone ruellioides , Linn. fils » 
SuppU D'après ces réformes y il reste pour le genre Chelone 
les espèces suivantes. 

Galane GLA3BE ; Chelone glabra , Linn. Belle .espèce , qui croit 
naturellement dans plusieurs contrées de T Amérique septen* 
trionale , que Ton cultive , ainsi que la plupart des suivantes , 
comme plantes d^omement, au Jardin du Roi et ailleurs. Sa 
racine est fibreuse , épaisse , rampante ; ses tiges 9 hautes de 
trois pi(eds, glabres, cylindriques ou à peine tétragones; ses 
feuilles presque glabres , opposées , lancéolées , vertes , den- 
tées en scie , médiocrement pétiolées ; les supérieures plus 
étroites, un peu plus longues. Les fleurs sont blanches, dis- 
posées en un épi court et serré au sommet des tiges et des 
rameaux. La corolle est grosse , ventrue , ayant sa lèvre 
supérieure voûtée en dos de tortue , un peu échancrée ; 
l'inférieure légèrement triode ; les étamines et les anthères 
velues ; les capsules obtuses , contenant des semences orbi- 
culaires, bordées d'un petit feuillet membraneux» 

Cette plante fleurit dans le mois d'Août : elle veut une 
terre humide et fraîche, une situation ombragée. Elle trace 
beaucoup. On la multiplie rarement par graines, plus sou- 
vent par la séparation de ses pieds, qui se fait en automne, 
encore mieux au printemps. Quelques personnes regardent 
comme variété de l'espèce précédente le chelone obliqua, 
Linn. , qui est le chelone purpurea , Miller , digitalis mariana, 
etc. , Fluk. , Mant., 64, tab. 348, iîg. 3. Sa principale diffé- 
rence consiste dans les fleurs purpurines : assez générale- 
ment ses feuilles sont un peu plus larges, plus profondément 
dentées. 

Galane barbue: Chelone lorhata, Cavan. , Icon. rar. , 3, 
lab. 242 ; Chelone ruellioides , Andr. , Repos. , tab. 34 , non 
lÂnn.SuppL; Chelone formosa, Wendl., Ohs* 5i. Cette espèce 
se distingue par ses fleurs d'un beau rouge écarlate. Ses tiges 
•ont foihlesy glabres, cylindriques; les feuilles inférieures 
pétiolées, glabres, lancéolées, très-entières; les caulinaires 



N 



4o GAL 

sessîles, opposées; les fleurs disposées en une belle panicuïe 
terminale , alongée; ses ramifications soutiennent deux, trois 
ou quatre fleurs pëdicellées , pendantes , longues d'un pouce i 
les, divisions du calice courtes , glabres , ovales , un peu mu- 
cronées; la corolle droite, à deux lèvres; la lèvre inférieure 
à trois lobes aigus , réfléchis , chargés vers leurs bords d'une 
touffe de poils jaunâtres ; les filamens de couleur purpurine , 
courbés à leur, sommet , soutenant deux anthères accolées à 
leur base, divergentes; le style saillant. 

Cette galane croît au Mexique : c*est la plus élégante de 
toutes celles que Ton cultive , et dont les fleurs durent le 
plus long -temps. On plante les galanes par touffes, dans les 
jardins paysagers, le long des massifs, sur le bord des eaux^ 
( PoiR. ) 

GALANGA , Maranta. {Bot^ Genre de plantes monocoty* 
lédones, à fleurs irrégulières, de la famille des amomées , 
de ISL monandrie monogynie de Linnseus, offrant pour carac- 
tère essentiel : Un calice fort petit, supérieur, à trois folioles 
lancéolées; une corolle monopétale, tubuleuse à sa base; 
le limbe à* quatre ou six divisions inégales -, trois extérieures 
sembUbles , une ou trois autres plus intérieures, plus grandes ; 
une étamine; l'anthère linéaire, soudée sur une lanière sem« 
blable k une découpure de la corolle; un ovaire inférieur; 
un stylé; un stigmate trigone et courbé. Le fk'uit est une 
capsule à trois ou à une seule loge par avortement, ne con- 
tenant ordinairement qu'une seule semence dure et ridée. 

11 nous manque bien des observations sur la plupart des 
espèces qui composent ce genre , d'où résultent des incerti- 
tudes sur la place qu'elles doivent occuper, soit dans ce 
genre, soit dans ceux qui Tavoisinent. C'est ainsi que le 
maranta galanga a été placé parmi les alpinia par Willde- 
now , avec les amomum par Loureiro , etc. Deux espèces 
d^hellenia, Valha et le chinensis, Willd. , paroissent avoir de 
grands rapports avec cette espèce. Un autre galanga se trouve 
dans les hœmpferia, mais c'est une autre plante. Sans pronon- 
cer sur ces réformes, nous ferons connoître les suivantes, et 
surtout le galanga officinal^ dont il n'a pas été fait mention 
k l'article Alpinie. D'ailleurs' je crois qu'il faudra retrancher 
ie ce genre toutes les espèces dont le firuit est k trois valves » 



GÀL 4t 

i trois semences, lorsqu'elles seront' mieux connues, si tou* 
tefois celles qu'on cite comme uniloculaires sont constantes i 
et ne le sont point par avortement. 

Gaxanga officinal: Maranta galanga, Linn., Flor* med*, 
tab. 174; Alpima galanga, Willd.; Galanga major, ۥ Bauh., 
35, Clus., Exol., 211 ; Galanga, Rumph., Amb., 5, tab. 63 ; 
vulgairement le Grand Galanga. Le galanga a des racines 
épaisses, noueuses, inégales, géniculées , à peu prés de la 
grosseur d'un à deux pouces; d'un brun rougeàtré en de« 
hors , plus pâle en dedans ; d'une odeur aromatique ; ra- 
meuses, entourées de bandes circulaires, courbées comme 
par articulations , garnies en-dessous de longues fibres enfon* 
cées perpendiculairement dans la terre. Dans le petit 
galanga, galanga minor officinarum, C. Bauh., 35, qu'on re« 
gardei comme une simple variété du précédent , les racines ^ 
assez semblables à celles du grand , sont beaucoup plus pe- 
tites, à peine de la grosseur du petit doiîgt, douées d'une 
odeur aromatique plus pénétrante, d'une saveur plus pi* 
quante. 

Les tiges sont droites, très -simples, hautes d'environ six 
pieds; garnies de feuilles étroites, alternes, lancéolées, aiguës^ 
longues d'un pied et demi sur trois ou quatre pouces de 
large. Les fleurs sont blanchâtres, pédonculées, disposées en 
une grappe terminale, étroite, paniculée. Leur calice est 
petit , d'une seule pièce , à trois divisions ; la corolle mono* 
pétale , tubulée , à trois ^écoupures extérieures' réfléchies ; 
une quatrième plus grande , plus intérieure , concave , spa» 
tulée ; un filament linéaire , pétaliforme, soutenant une seule 
anthère ; le style , filiforme et montant , va placer sa partie 
supérieure dans un sillon, qui partage l'anthère en deux 
parties, formé une très-petite saillie au-dessus de l'anthère 
et 'laisse paroitre un stigmate en tête. Le fruit est une cap- 
sule presque en baie, de forme ovoïde, plus grosse qu'une 
baie de genévrier , rouge dans sa maturité. Cette plante croit 
dans les Indos orientales, aux lieux humides : on la cultivé 
aussi dans les jardins du pays , à cause de l'emploi que l'on 
lait de ses racines» 

Si l'on *en croit quelques auteurs, les Grecs anciens et mo^ 
àemes, et même les Arabes,^ n'avoient aucune connoisaance 



4a GAL 

du galanga ; cependant Spielman et Mnrray assurent que cette 
plante ne leur éfoit pas inconnue : toutefois son iotroducti/oa 
dans la matière médicale ne paroit pas remonter au-delà des 
médecins arabes. Les Indiens , et particulièrement les habi- 
tans du Malabar , font un cas très*particulier des racines da 
galanga , qulls emploient comme aliment , comme assaisonne- 
ment et comme remède. Ils les réduisent en farine, et em 
préparent , avec le suc de coco , des pains et des gâteaux , 
qu'ils mangent avec délices , et dont ils prétendent avoir 
constaté les vertus merveilleuses dans les cas d'hystérie, de 
coliques et dans les affections des voies urinaires* L'imprea- 
aion stimulante qu'excite cette racine sur l'organe du goût , 
la place, parmi les toniques , à c6té du poivre, du gingeqdbre 
et de la cannelle, dont elle se rapproche plus ou moins par sa 
manière d'agir : ainsi , elle a pu être utilement employée , 
•oit intérieurement, soit à l'extérieur, pour stimuler le 
système nerveux, provoquer l'action musculaire, exciter les 
fonctions digestives, et pour augmenter les sécrétions, par- 
ticulièrement dans les affections qui tiennent à un état d'a«- 
tonie* Cette racine, dit le docteur Chaumeton, losqu'elle 
fut expédiée pour la première fois en Europe , obtint de 
toutes parts , mais spécialement en France , cet acceuil fana- 
tique réservé à toutes les drogues qui joignent, au prestige 
de la nouveauté , le mérite de venir de loin. On soutinit 
que la racine de galanga étoit le plus précieux des aromates , 
le plus puissant des toniques : on en distilla des huiles ; on 
en fit des essences, des teintures; on en surchargea des 
préparations antiques , et on l'introduisit dans les nouvelles. 
Galanga de l'Inde: Maranta indica, Tuss., Journ. bot., 3 9 
p. 41 j Martin., Centur., tab. 89: Canna indica radice alba^ 
etc.-, SLoan. , Jam, HisL, 1 , pag. 2 53 , tab. 149 : Maranta petioUs 
gangUonosU y BriDwn, Jam.\ pag. 112. Cette plante, dit M« 
de Tussac, a été confondue jusqu'à, ce jour avec le maranta 
urundinacea : elle en diffère cependant par des caractères bien 
tranchés. Dans le maranta arundinacea de Plumier , les pétioles 
et le dessous des feuilles sont velus ; ils sont glabres dans celui 
de l'Inde. Dans ce dernier les racines prod-uisent des rejets 
charnus, longs , cylindriques , couverts d'écaillés triangulaires 
^ xampant sous terre , ayant que l'extrémité en sorte pour 



GAL 45 

repreduire de niluvelles tiges : dans la plante de Plumier les 
rejets sortent du collet de la racine, à fleùr de terre et 
constituent de suite la nouvelle tige , qui n*e$t qu'annuelle* 
Les feuilles sont glabres, ovales -lancéolées ;*du sommet des 
rameaux sortent des panicules lâches, composées de fleurs 
blanches. Les divisions du calice sont concaves, aiguës, lâi^ 
céolées; le tube de la corolle piiis long que le calice, arqué, 
ventru à sa base ; les trois divisions extérieures du limbe 
courtes, égales, ovales -acuminées; les trois intérieures plus 
grandes : deux ovales , égales ; la troisième plus petite , à deux 
lobes inégaux , sert de filament à Fanthère. Le style , soudé 
d'abord sur la corolle , est libre à sa partie supérieure. Le 
fruit consiste en une capsule ovale , presque trigone , très- 
ordinairement monosperme ; l'embryon petit , adhérent laté>- 
ralement à un périsperme grand et farineux. 

Cette espèce a été apportée des Indes orientales à la Ja- 
maïque, il y a plus d'un demi -siècle, par un capitaine an- 
glois. Elle a d'abord été cultivée sous le rapport de la curio- 
sité, et comme contrepoison des blessures faites par les flèches 
empoisonnées des sauvages. Cette propriété n'est rien moins 
que constatée; mais d'autres qualités, qu'on ne peut revo* 
^uer en doute, ont déterminé les colons de la Jamaïque k 
faire de sa culture une spéculation mei^cantile. Il en existe 
des plantations très- considérables. Quand les tiges sont de»- 
aéchées , on enlève les racines , ou plutôt les drageons suo- 
culens , longs quelquefois de plus d'un pied , sur un pouce 
ou un pouce et demi de diamètre. Ces drageons sont très- 
bons à manger bouillis et assaisonnés , comme toutes les ra- 
cines potagères; mais leur -usage le plus important est d'en 
retirer une fécule abondante, saine et nourrissante. On en 
fait une bouillie des plus agréables pour la nourriture des 
enfans : on sert également sur les tables des crèmes faites 
avec cette fécule, en y ajoutant du sucre et quelques aro-r 
mates; outre qu'elles flattent agréablement le goût, elles 
sont encore très-favorables à l'estomac. Les médecins anglois , 
même à Londres, ordonnent cette fécule à leurs malades, 
dans les cas où ils ordonnoient autrefois le sagou; ils la subs- 
tituent même au salep. Elle forme un objet important de 
commerce entre la Jamaïque et Londres, et la culture de 



44 G AL 

ee maranta augmente de jour en jour. On râpe ces racines 
dans un baquet d'eau , que Ton passe ensuite dans un filtre 
d'une toile assez claire. Après quelques heures de repos , 
on décante avet précaution Feau du baquet , et Ton trouve 
dans le fond une fécule imitant par sa blancheur la fleur 
de farine la plus belle. Le marc qui est resté sur le filtre , 
ne doit pas être rejeté : étant cuit, il sert à engraisser la 
volaille et les cochons. 

Galanqa a feuilles de bausiea: Maranta arundinaeea, Linn. ; 
Plum. 9 Gen. nov. ,16; Lamck. , UL gen, , tab. 1 9 fig. 1 . Cette 
plante, confondue d'abord avec la précédente, ainsi que 
ilous l'avons exposé, se distingue par son port, et surtout 
par les caractères de sa fleur et de son fruit. Sa racine est 
noueuse, garnie de longues fibres blanches, tendres et ranr- 
pantes,* elle produit trpis ou quatre tiges droites, effilées, 
presque de l'épaisseur du doijgt , hautes de trois ou quatre 
pieds, dures, recouvertes par les pétioles longs, membra- 
neux , roulés en gaine , velus , ainsi que la c6te des feuilles ; 
celles-ci sont amples, ovales-lancéolées, aiguës; les rameaux, 
noueux , articulés , glabres , feuilles, coudés aux articulations , 
ramifiés eux-mêmes en une panicule ample et liche , garnie 
de fleurs blanches, petites; les trois folioles du calice lan- 
céolées; la corolle presque infundibuliforme; le fruit ovoïde, 
un peu ferme , presque de la grosseur d'une olive. Elle croit 
dans l'ile de SaintrYlncent , aux lieux humides et voisins des 
ruisseaux. Les Caraïbes, au rapport d'Aublet, en mangeni 
la racine pour faire cesser les fièvres intermittentes. 

On soupçonne que le maranta lonekat d'Aublet, Gi/ian«, 3, 
n'est qu'une variété de l'espèce précédente : mais Varundinas^ 
àrum de Rumph , Amh., 4 , tab. 7 , cité en synonyme , et auquel 
paroit se rapporter le donax arundinaslrum de Loureiro , n'y 
convient que médiocrement. La plante de Rumph est plus 
grande ; elle s'élève à la hauteur de six à huit pieds. Ses 
tiges sont nues inférieurement avec des entre -nœuds fort 
longs; les rameaux amplement paniculés. D'après Aublet, 
cette plante croit dans les terres humides de Tîle de Cayenne 
et de la Guiane. Elle sert à faire des corbeilles et des ^aya^ 
ras, espèce de paniers dans lesquels les Caraïbes renferment 
leurs petits meubles. 



GAL 4f 

â 

GALAifCA DE Soiiinam; Moranta eomosa, Liiiii«y SuppL Le 
port de cette plante, le caractère de ses fruits, donnent lieu 
de soupçonner que , mieux connue , elle pourroit bien cons* 
tituer.un nouveau genre. Ses feuilles sont radicales, glabres » 
pëtiolées , semblables à celles du balisier ; sa hampe est nue , 
cylindrique , de la grosseur d'une plume de cygne , haute 
de trois pieds, soutenant un bouquet de folioles sessiles, 
réfléchies. Les fleurs sont sessiles, axillaires, ejatouréfs de 
deux rangs de bractées; ces fleurs viennent trois . ensemble : 
leur calice est supérieur, caduc, k trois folioles pétaliformes} 
le tube de la corolle presque aussi long que le calice ; le 
limbe à cinq divisions, dont quatre sont lancéolées, la cin*' 
quième bifide; le filament court, inséré sur le tube; une 
anthère droite , oblongue ; le style en massue , le stigmate 
simple. Le fruit est une capsule à trois loges , .contenait 
plusieurs semences. Cette plante croît à Surinam. 

Galanga effilé : Maranta juncea ^ Lamck. , Encycl. ; Bermut^ 
dianajuncea, etc. , Plum., Manuscr. 5 , tab. 23 et 24 ; Moranta 
arouma^ Aubl., Gui'an., 3. Sa racine est rouge, rampante, 
très-fibreuse. Ses hampes , nues , droites , effilées , hautes d^en* 
viron dix pieds, enveloppées à leur base par quelques gaines 
membraneuses , portent à leur sommet des feuilles glabres , 
ovales, aiguës, longuement pétiolées. Les fleurs sont rouges , 
presque sessiles, disposées le long des ramifications d'un 
pédoncule teripinal et couvert d'écaillés vaginales, rour 
pâtres , membraneuses , d'où sortent une ou deux fleurs. 
Leur corolle est à cinq divisions ouvertes, aiguës; le style 
un peu épais, le stigmate orbiculaire. Cette plante croît 
dans la Guiane, aux Antilles, dans les lieux marécageux et 
aquatiques. Les Caraïbes la nomment arouma ou aroman: 
ils se servent de ses tiges fendues pour faire des paniers -et 
autres meubles .utiles. 

Plumier , dans ses manuscrits (5 , tab. 21 et 2 2) , cite encore , 
sous le nom de bermudiana amplissimo cannacori folio ^ le 
moranta lutta ^ Aubl., Guian.^ ^dont la racine est fibreuse: 
elle pousse quatre ou cinq grandes feuilles droites, ovales ^ 
longues de deux pieds, larges d*ua, portées sur des pétioles 
longs de quatre pu cinq pieds. De leur centre s'élève une 
•tige droite., .nue y^haute de neuf à dix pieds, terminée par 



46 ÙkL 

quelques épis ovales ^ coniques, imbriques d'ëcailles roittsà^ 
très , d'où sort une petite fleur jaune ; le fruit est rouge ^ 
réticulé, s'ouvrant en trois valves et contenant autant d^ 
semences. Cette plante croît , aux lieux humides , dans la 
Guiane et aux Antilles : les Caraïbes la nomment caàhihoui 
ils se servent de ses tiges , coupf^es en lanières , pour faire des 
corbeilles et des paniers. ' Voyez le Maranta cachihou , Jacq. ^ 
Fragm,, tah. 69 et 70. 

Galanga a fleurs en tête ; MararUa ûapitata , FL Per, , 1 , 
pag. 5 , tab. 8. Plante du Pérou , qui croît aux lieux ombra* 
gés , dont les racines sont fibreuses , les tiges simples , pur- 
purines; les feuilles toutes radicales, longuement pétiolées ^ 
ovales-oblongues , lancéolées ; les fleurs réunies en tête , mu- 
nies de bractées d'un vert jaunâtre; le calice blanchâtre f 
le tube de la corolle un peu renflé à sa basé ; les trois dé- 
coupures extérieures du limbe blanchâtres , les intérieures 
d'un jaune fauve ; une capsule ovale , trigone , à trois valves. 
Le maranta laieralifi, FL Per.^ L c, , n'est peut-être qu'une 
variété de la même plante. 

Jacquin , dans ses Fragmenta , a figuré quelques espèces ^ 
telles que le maranta casupo , tab. 63 , fig. 4 ; Maranta casu* 
pito , tab. 64, ûg, 5 ; Maranta aUonja, tab. 71 ; Maranta arou* 
ma^ tab. 72 , 73, qui est le maranta j une ea, (Poir.) 

GALANG^ DE MARAIS. (Bot.) On donne vulgairement 
ce nom au souche t odorant , au choin marisque ,' au scirpe 
maritime, et à quelques espèces de laîches. On a aussi dé- 
signé sous ce nom la racine d'acorus et celle de l'achillée 
mille-feuille. (L. D.) 

GALANG-LAUT. {Bot.) Voyez Chritmus. (J.) 

GALANT. (Bot.) Ce nom vulgaire est donné à deux espèces 
de cestreau : l'un est le galant de jour, cestrum diurnum; 
l'autre, le galant de nuit, cestrum nocturnum, (J.) 
^ GALANT D'HIVER {Bot.), un des noms vulgaires de la 
galantine perce -neige. (L. D.) 

GALANTHUS {Bot.) , nom latin du genre Galantine* 
(L. D.) 

GALANTINE; Galanthus, Linn. {Bot.) Genre déplante» 
monocotylédones , de la famille des narcis^ées, Juss. , et de 
Thexandrit monogjnic, jbinn. ^ dont les principaux caractères 



GAL 47 

sotit les suiyanft : Calic6 nul ; une spàthe monophylle , ^'ou- 
vrant latéralement; corolle de six pétales, dont trois exté- 
rieurs oblongs, et trois intérieurs plus courts , échancrés 
en cœur ; six étamin'es plus courtes que les pétales ; ovaire 
inférieur, surmonté d'un style à stigmate simple; capsule 
ovale, à trois valves, à trois loges contenant plusieurs graines 
globuleuses. Ce genre ne renferme que Fespèce suivante. 

Galantine fbace - neiob ; vulgairement Galant d'hiver , 
Péage - NEIGE : Gdlanthut nwalisj Linn. , Spec, fyi^ ; Jacq. , 
FL Aust,, iahm 3i3. Sa racine est une bulbe tuniquée; elle 
produit deux feuilles oblongues, étroites, glauques, du mi- 
lieu desquelles naît une hampe grêle, haute de cinq à six 
ponces, terminée k son sommet par une seule fleur campa- 
nulée, pendante, portée sur un pédoncule qui sort de la 
spathe : ses pétales extérieurs sont d'un blanc de lait; les 
intérieurs plus épais et verdàtres. Cette plante erolt natu- 
rellement dans les prés et les bois des montagnes , en France^ 
en Allemagne , en Suisse , en Italie , etc. 

On cultive la galantine dans les jardins, à cause de ses 
charmantes fleurs , qui paroissent au milieu de Thiver et 
quelquefois même lorsque la terre est courette de neigei 
C'est réunie en touffe qu'elle fait le plus d'effet. Dans les 
jardins paysagers on peut la mettre aux pieds des arbres^ 
et elle y restera plusieurs années de suite sans avoir besoin 
d'aucun soin particulier. Une terre sèche et légère est celle 
qui lui convient le mieux; mais elle peut s'accommoder 
de toute autre , pourvu qu'elle ne soit pas trop humide. 
Elle se 'multiplie naturellement de graines; mais dans les 
jardins on préfère , pour la propager , se servir des cayeux 
que ses oignons produisent assez abondamment, et qu'on 
peut , à cet effet , relever tous les trois i, quatre ans. On 
en connoit une variété à fleurs doubles; mais, selon nous, 
cette plante est une de celles que la multiplication des 
pétales n'embellit pas : la galantine double a perdu toute 
l'tiégance qui faisoit le charme des fleurs de Téspèce na- 
turelle. 

Les bulbes de la perce -neige ont la propriété de provo- 
quer le vomissement; mais on n'en fait- point d'usage en 
médecine* On a attribué à ces oignons d'autres propriétés , 



48 GAL 

comme d'être ëmoUien^y résolutifs, fébrifuges : iU èont ëga« 
lement inusités sous ces rapports. Autrefois on préparoif 
dans les pharmacies une eau distillée de fleurs de perce- 
neige j qui pâssoit alors pour être utile contre la cataracte ^ 
et propre à blanchir la peau et à effacer les^ taches de rou»* 
seur. Llnsufiisance de cette préparation , dans tous jces cas^ 
Ta fait tomber en désuétude. ( L. D. ) 

GALANTINE {Bot.) ^ nom provençal et languedocien de 
Tancolie , aquiUgia vulgaris , selon Garidel et M. Gouan. (J.) 

GALARDIËNNE, GalarcUa. {Bot.) Voyez Gaillaadie. (H. 
Cass* ) 

GALARDIES, Galaràiœ. {Bot.) Dans un ouvrage publié à 
Philadelphie, en 1818, et intitulé : The Gênera qf North 
American plants, Fauteur, M. Nuttal, propose de former, 
dans la famille des synanthérées , un groupe naturel nommé 
galardics^ composé des cinq genres HeUnium, Leptopoda, Acti» 
nellaj Galardia, Balduina^ et caractérisé de la manière sui- 
vante : 

Féricline de plusieurs squames foliacées , à peu prés égales 
ou imbriquées j une couronne composée de fleurs neutres 
ou stylifères > à corolle radiante , ligulée , semi • trifide ou 
tridentée; corolles du disque à tube petit, à quatre ou cinq 
dents , et pourvues de glandes visqueuses ; clinanthe hémi- 
sphérique ou convexe , inappendiculé , ou plus rarement fim- 
brillifére, ponctué ou. très-profondément alvéolé; fruits ob« 
coniques, très -velus; aigrette de cinq à dix squamellules 
paléiformes , réunies à la base , simples ou surmontées d'une 
arête ; tige herbacée, excepté chez une espèce d^actinella, 
où elle est ligneuse ; feuilles alternes , entières , rarement 
toutes radicales; calathides terminales, pédonculées. 

Dans noire quatrième Mémoire sur la famille des synan* 
thérées, lu àTAcadémie des sciences le 11 Novembre 1816 , 
et publié dans le Journal de physique de Juillet 1817 , i^ous 
avons indiqué une division de la tribu des hélianthées en plu« 
sieurs groupes naturels, dont l'un est notre section des héliau'- 
thées-héléniées. Cette section renferme le groupe proposé 
depuis par M. Nuttal sous le nom de galardiœ; mais nos hélé- 
niées sont fondées sur des caractères beaucoup moins restric« 
ti& que les galardies du botaniste américain : c^est pourquoi 



GAL ' 49 

elles comprennent un bien plus grand nombre de genres* 
Les caractères assignés par Mé Nnttal ont rinconvéoient d*ex- 
dure du groupe, des genres qui doivent évidemment y 
entrer.^ Nous croyons aussi que le nom d'héléniées, dérivé 
d'un genre ancien et très- connu , est préférable à celui de 
galardies , dérivé d'un genre moins connu et plus moderne* 
Voyez notre article Héléniées. (H. Ca^.) 

GALARIAS. (Ichth^oL) Voyez Caixarias, dans le Suppl* 
du 6.' vol. ( H. a ) 

GALARIN (Bot.) f un- des noms vulgaires de la mâcre 
flottante. (L. D.) 

GALARIPS. (Bot.) Allioni désigne sous ce nom VaUamanâm 
de Linnœus. Voyez Allamandb. (J.) 

GA1J\.TÉADÉëS , Galateadœ. {Crutt.) Famille de crustacés 
malacostracées , macrourées, dont la quatrième paire de 
pattes est plus grande et didactyle; les cinquième, sixième 
et septième paires simples; la huitième, petite, didactyle^ 
ayant la queue formée de plus d'une pièce ; les antennes in- 
férieures,- longues, sans écailles à' leur base. 

i.** Race. Test de forme triangulaire -ovale, alongée an- 
térieurement ; troisième paire de pattes non dilatée. 

3.* Race. Test arrondi, légèrement convexe, non alongé 
antérieurement ; troisième paire de pattes dilatée intérieur 
rement , au moins à leur premier article. 

1.'* Race. 

» 
1.*' Genre. Mglée, Mgla^ 

Le deuxième article des antennes supérieures plus court, 
mandibules largement dentelées -, la troisième paire de pattes 
simple, la quatrième légèrement inégale; les doigts entiers j 
les cuisses et les crochets des cinquième , sixième et septième 
paires simples; test uni, presque droit en arrière, divisé dans 
son milieu par une suture qui se dirige un peu en arrière; 
Tabdonien et le dos lisses; queue bipartie* 

i£cLéE UNIE , yEgla lœvis. Corps couvert de petites touffes 
de poils ; queue brusquement acuminée ; mains ovales ; poignets 
garjaiis intérieurement de crêtes dentelées; bras triangulaires; 
angles supérieurs et inférieurs légèrement épineux* 
i8, 4 



6o GAL 

Galathea lœvis , Latr. , EncycL méth. , Crust. , pi. 3o8 , fig. a. 
Les seuls individus de cette espèce que j*ai vus, sont con- 
servés au Muséum d'histoire naturelle de Paris. On ne sait 
point d'où ils viennent. Les poils supérieurs du corps sont 
couleur brun sale. Le test est échancré de chaque côté an- 
térieurement. 

2.* Genre. Grimotée, Grimot<ea. 

Le deuxième article des antennes supérieures pas plus 
Qourt que le premier, claviforme à son extrémité. Mandi- 
bules dépourvues de dents; troisième paire de pattes alon- 
gëe ; les trois derniers articles foliacés ; la quatrième paire 
égale ; les doigts droits , denticulés intérieurement , aigus et 
très-recaurbés à leur extrémité ,* les cuisses des cinquième , 
sixième et septième paires de pattes épineuses en -dessous, 
leurs ongles simples ; test échancré en arrière ; le dos eu* 
taillé transversalement; bords des entaHles garnis de poils, 
se' dirigeant en avant. Abdomen entaillé et cilié comme le 
test ; queue composée de plusieurs plaques , dont les deux 
postérieures plus grandes. 

Grimotéë sociale, Grimotœa gregaria. Bec éfilé et triangu- 
laire , les angles légèrement dentelés; deux épines sur chaque 
eàié de sa base , et deux autres plus petites par derrière. La 
quatrième paire de pattes comprimée avec des tubercules 
écailleux, garnis de poils sur leurs bords; couleur rouge de 
sang, plus foncée sur la région du cœiir. 

Galathea gregaria , Fabr., Ent, syst,, ii, 473. Cette espèce 
fut découverte sous les 37" 3o' de latitude sud , par sir Joseph 
Banks, dans son voyage autour du monde avec le capitaine 
Cook. La mer en étoit tellement couverte qu'elle paroissoît 
rouge comme du sang. Les côtés internes de la quatrième 
paire de pattes sont garnis de légères ^ines. 

3.*" Genre. Galatjée, Galatea, 

Deuxième et troisième articles des antennes supérieures 
égaux ; le premier terminé par trois épines ; mandibules dé- 
pourvues de dénis ; extrémités de la troisième paire de pattes , 
ainsi que celles de leurs deux premiers articles , épineuses ; 
quatrième paire égale ; doigts dentelés à leur extrémité et 



GAL 5i 

creusés iatérieurement ; les cuisses des cinquième, sixième 
et septième paires de pattes, épineuses à leur base; ongles 
un peu épineux en -dessous; test échancré en arrière; dos 
traversé de profondes entailles, bords semés df poils dirigés 
en avant ; bec éfilé , armé de quatre piqua ns ^uc les côtés ; 
abdomen sillonné et velu comme le test ; écailles ou segmeos 
obtus latéralement; queue triangulaire, composée de plu- 
sieurs plaques, les deux postérieures plus grandes, échan- 
crées sur leurs bords, avec leurs lobes arrondis* 

Ce genre fut établi par Fabricius , en 1796. Il l'écrivit 
Galathea , au lieu de Galatea , et tous les auteurs qui lui 
ont succédé l'ont écrit comme lui. Les espèces de ce genre 
habitent les eaux profondes des côtes de l'Europe .* on les 
trouve quelquefois parmi les thalassophytes à mer baase. 
Elles ont des mouvemens très- rapides, et lorsqu'elles sont 
prises , elles agitent vivement leur abdomen contre leur poi- 
trine. 

1.® Gala-iûe porte -écailles, Galatea squamifira» Le troi- 
sième article de la troisième paire de pattes plus long que 
le premier *, quatrième paire écailleuse. Les mains épineuses 
en dehors , les poignets ( carpes? ) et les bras le sont en dedans. 

Galatea squamifera , Leach , Malac. Podoph, Britan, , tak<^ 
XXVIII, A. 

Cette espèce est très-commune sur les côtes sud -ouest de 
l'Angleterre. Elle m'a aussi été envoyée de Marseille , d^ 
Malte et de Sicile, par mes amis MM. Hitchie , Roux et 
Swainson. Ma Galatea Fabricii, figurée planche XXI du sup- 
plément à l'Encyclopédie britannique, n'est autre que l'adulte 
de cette espèce. Les jeunes ont ordimârement une lign^ 
blanchâtre. sur toute la longueur du dos. 

2." GALATéE PORTE- ÉPINES, Galotca spinifeva» Deuxième ar- 
ticle de la troisième paire de pattes plus court que le pre- 
mier; quatrième paire écailleuse , épineuse en-dessus et ^ur* 
les côtés; bras dénués de dents en dehors. 

Galatea spinifera , Leach , Malac. Podoph. Britann. , lai» 
XXVIII, B. 

Tous les auteurs .ont confondu celte e^è4^ avec le caneef 
itrigosus de Linnseus , auquel il assigne , pour caractère spécial , 
roitrum acutum septemdentatum, tandis que l'espèce que nous 



Bu GAL 

décrivons a quatre dents de chaque c6té du bec. On la 
trouve très -abondamment dans les mers d'Europe et la Mé- 
diterranée. Lorsqu'elle est vivante , le pédoncule de ses yeux , 
la partie supérieure de la coquille et de Fabdomen ^ sont 
magnifiquement colorés d'un bleu azurin ; les jeunes ont 
les pattes élégamment ornées d'anneaux rouges et blancs. 

4,* Genre. Munidée, Munida, 

Les deuxième et troisième articles des antennes supérieures 
sont égaux; le premier article armé de quatre épines; man- 
dibules dépourvues de dents ; extrémité du premier article 
de la troisième paire de pattes terminé en épine , ainsi que 
le milieu inférieur du deuxième article ; quatrième. paire de 
pattes de longueur égale , arrondie et filiforme ; doigts légè- 
rement dentelés en dedans ; un des pouces ou tous les deux 
échancrés à leur extrémité ; les cuisses des cinquième , sixième 
et septième paires de pattes, épineuses en-dessus; leurs ongles 
un peu épineux en-dessous ; testéchancré en arrière , sillonné 
transversalement sur le dos ; les sillons légèrement garnis , sur 
leurs bords , de poils dont l'extrémité se dirige en avant ; bec 
en forme d'épine , armé de deux piquans à chaque côté de 
sa base ; abdomen profondément sillonné , garni de poils 
comme le test; segmens aigus latéralement; queue carrée 
transversalement, formée de plusieurs plaques, dont les deux 
postérieures plus grandes, légèrement échancrées sur leurs 
bords ; angles des échancrures arrondis. 

MuNiDÉE RUGUEUSE , Mumda rugosa. Quatrième paire de 
pattes épineuses , surtout à l'iatériçur ; six épines au deuxième 
segment .de rabdomen,^ quatre au troisième, toutes dirigées 
en avant. 

Cette espèce est le leo de Rondelet; Yastacus Bamffius de 
Fennant. 

Galathea rugosa des auteurs; Galathea longipeda du pre- 
mier ouvrage de M. de Lamarck. Voyez MoUlc. Podoph. Brit» 
tah. XXIX. 

Le premier article de la troisième paire de pattes plus long 
que le second. Dans l'état jeune , les doigts de la quatrième 
paire sont appliqués l'un contre l'autre sur toute leur longueur, 
tandis que dans les adultes ils sont écartés à leuv base. Cette 



G AL 53 

espèce se trouve assez rarement sut les c^tes de France et 
d'Angleterre. 

Obs. N'ayant point vu les Galathea anliqua et glabra de Risso , 
non plus que la Galathea amplectens de Fabricius, dont un 
dessin, représentant les pattes postérieures plus petites, se 
trouve dans la collection de Sir Jos. Banks , je m'abstiendrai 
d'en parler. Cependant il me semble qu'on pourroit former 
deux genres de ces deux dernières espèces. 

M. Sait a découvert une belle espèce de cette race dans 
la mer Rouge. Le dessin colorié qu'il m'en a donné , n'offre 
pas assez de détails pour que je puisse assigner le genre auquel 
elle appartient. 

2.' Race. 

Les animaux de cette race ont le test si court qu'au pre- 
mier abord on les prendroit pour des brachiures , ordre dans 
lequel ils furent placés par les anciens naturalistes. Les au- 
teurs modernes les ont réunis sous le nom de Porcellane ; 
mais, en les examinant de plus près, je m'aperçois qu'ils 
doivent constituer deux genres distincts. 

5.* Genre. Pisidie, Pisidia, 

Les deuxième , troisième , quatrième et cinquième articles 
de la troisième paire de pattes, comprimés et dilatés inté* 
rieureme'nt ; le sixième alongé en triangle ; la quatrième 
paire de pattes comprimée. 

* Test, abdomen et pattes sillonnées transversalement et velues^ 

1.** Pisims vERtjE, Pisidia viridis. Les bras de la quatrième 
paire de pattes dentelés en avant et en arrière; les dents 
antérieures plus grandes et épineuses sur leurs bords exté-, 
rieurs. 

Habitation inconnue. Donnée par le chevalier de Lamarck. 
Le test et l'abdomen sont sillonnés en arrière et ciliés, comme 
dans les genres Galatée , Munidée et Grimodée , et les cuisses 
de la cinquième , si^Lième et septième patres de pattes ont 
les mêmes caractères, ainsi que les pattes de devant, mais 
moins r^liers. Ce ne peut pas être la porcellane verdâtre 
de M. de Lamarck , puisqu'il l'a décrite comme étant lisse ; ce 



H G AL 

n'est pas non plus la porcellane galathine de Bosc, pnisquHl 
lui donne pour caractère , corselet strié longitudinalement* 
Ce& deux espèces me sont inconnues. 

** Test dépourvu de sillons transverses, 

2." PismiB j)E Lamarck, Pisidia Lamarchiù Test traversé de 
lignes courtes et élevées , légèrement velu ; front peu saillant 
et canalîculé ; mains granulées ; bras squamulés antérieure- 
ment, et ayant trois dents. 

Habitation inconnue : mon cabinet. Il y a un sillon trans^ 
verso entre et derrière les yeux. 

3.° PisiDiE ASIATIQUE, Pisidia Asiatica. Test, comme dans 
la précédente, strié de lignes courtes, élevées et transver- 
sales , légèrement velu ; front un peu saillant et canaliculé ; 
mains irrégulièrement granuleuses; bras squameux , dentelés 
devant et derrière. 

Habite les mers de l'Inde ; est très -commune à l'Isle-de- 
France. Elle a aussi un sillon derrière et entre le» yeux. 

4.* PisiDiE DE LiNN^Ers , Pisidia Linnœana. Test marqué païf 
des lignes courtes et transverses légèrement ciliées; front 
tritide, le prolongement du milieu échancré et finement 
dentelé; les mains et les bras squameux; les écailles semées 
dé grains très-fins. Habite TOcéan européen et la Médi- 
terranée. 

On ne saur oit douter que ce ne soit le véritable cancer 
fiexapus de Lînnœus , qu'il décrit expressément en ces termes : 
thorax convexiusculus , antice inter oculos trifidus , média emargi'- 
nato, chalcœ lœves {Sj}'st, nat,, i , 2040). Le dessin de Pennant est 
inexact, et faî peine à croire qu'Herbst, fig. C, tab. 47 , 
ait voulu désigner cette espèce. La description ^pie Latreille 
en donne esi excellente. -Les bras dans cette espèce sont or- 
dinairement inégaux, et le pouce du plus petit d'entre eux 
toujours échancré à son extrémité. Le cancer longicomis de 
Linna*us est supposé appartenir a ce genre, avec lequel on 
a sou vent confondu les espèces décrites j)lu8 haut. - • 

5.^ PisipiB D£ Sav, Pisidia Sivyana, Test et la quatrième 
j()aire de pattes marqués par de^ lignes courtes et transverses; 
fVont trîfide, 1^ prolongement dn milieu encore sotis«-trîfide 
6t finement grââuié. 



Habite les c6tes de la Géorgie et de la Floride dans rAmé* 
rîgue. , 

Communiqmé par mon ami M. Say , sous le nom de PmetU 
lana galathina, 

GJ* PisiDiE SOCIALE , Pisidia socia. Partie antérieure de test 
rabattre $ quatrième paire de paUes tubercuLée ; les tuber- 
cules granulés. 

Porcellana êoeiata, Say, Journ. de l'Acad. nat.d. scieac. de 
Philadelphie , i , 4Ô6» 

Habite les côtes de la Géorgie.' CoilimuBÎqué par M. 'Say. 

La PoRCELLANE Blutel , PoTCtUana Bluttlli, de M. Hissé, "t^t di| 
nombre des espèces que je n'ai point vues: d'après la des»> 
chption qu'en donne cet ingénieux auteur, \e croirois qu'elle 
appartient à ce genre. Elle habite les rochers, des côtes de 
Nice. 

La PoacELLANELONO DES ^PATTES, Forcellana longimAna, du 
même auteur, m'est aussi inconnue. 11 est probable qu'elle 
formeroit un genre particulier. 

G.* Genre. Porcellane, Porcellana, 

Le deuxième article de la troisième -paire de pattes, est 
trés*comprimé et trés-dilaté intérieurement; le troisième est 
cylindrique ; le quatrième légèrement .dilaté à Pextérieur 
vers son extrémité; le cinquième est dilaté extérieurement^ 
étroit vers le bout; le sixième a la forme d'un triangle alongé; 
la quatrième paire de pattes est très -comprimée et dilatée. . 

Poi^CEiXANS A xARÇEs riNCEs , Poroelîana platyàhele^. Test 
suborbiculaire ; front trifide; prolongement du milieu camb- 
liculé; mains oblongues ; doigts formant un triangle alongé. 
Cancer platyeheles , Pennant, ZooL Brité , IV, t. 6, jig* 125 
PorceUaiui plafycheUs ^ Lam., Syst. des anim. sans vert. , iô3. 

Le test et les pattes ont de petites lignes sipillantes et ci- 
liées; les bords extérieurs des mains sont garnis de longs 
poils. Lorsque l'animal est vivant, sa couleur est testacée- 
brune en-dessus, blanche en-dessous. ' 

Habite les rochers des bords de l'océan Européen et de la 
Méditerranée : ' fixée sous les pierres isoiée^. 
' La PoRCEULANE BéaisséE , PoretUanakirta, de- M* de Lamarck;, 
appartient pjnobablemeni à ce genre/ Je n'ai jami^is vu \sl 



«6 GAL 

PoRCELLANE PINCES * ZNiÊGALES , P. arUsocles , de M. Latreille. 
(W.E.L.) 

GALATÉE, Galatea {Cru$L)\ mal à propos nommée Gala- 
THéE , Galathea : genre de crustacés de la famille des Galatéa- 
vÉÉs, Voyez ce mot, ( W. E. L.) 

GALATÉE, Galatea, (Bot.) [Corymhifires , Juss. » Syngé- 
nésie polygamie frustranée ^ linn.] Ce sous-genlre de plantes, 
que nous avons établi dans le Bulletin de la société philo- 
matique dé Novembre 1818, appartient à la famille des 
synanthérées , à notre tribu naturelle des astérées, et au 
genre Aster. Il diffère des autres sous-rgenres par la couronne 
composée de fleurs neutres , et par le péricline de squames 
înappendiculées, appliquées, coriaces, vraiment imbriquées. 

La calathide est radiée , composée d'un disque pluriflore, 
régulariflore $ androgyniflore , et d'une couronne unisériée^ 
liguliâore , neutriflore. Le péricline , trè»-inférieur aux fleurs 
du disque et cylindracé, est formé de squames imbriquées, 
appliquées, o val es-oblon gués, subcoriaces. Le clinanthe est 
planiuscule, subalvéolé, à cloisons charnues, irrégulières, 
dentées, interrompues. Les ovaires sont oblongs, velus; leur 
aigrette est composée de squamellules nombreuses, inégales,- 
filiformes, barbellulées. Les fleurs de la couronne ont un 
faux-ovaire demi-avorté, inovulé, aigrette, le style nul ou 
demi, avorté. 

Galati^e paucitlore : Galatea paueiflora, H. Cass. ; Aster 
dracunculoidesj Lamck. , Encycl. C'est une plante herbacée , 
à racine vivace , produisant plusieurs tiges hautes de quatre 
pieds, dressées, cylindriques, striées, simples et glabres in-* 
férieurement , divisées supérieurement en rameaux un peu 
pubescens , qui forment, par leur assemblage, une panicule 
corymbiforme terminale , ornée de calathides très-nombreuses. 
Les tiges et les rameaux sont garnis d'un ^out à l'autre de 
feuilles éparses, inégales, dont les plus grandes sont longues 
de quatre pouces et demi, larges de six lignes; to^tes sont 
sessiles, étalées, oblongues- lancéolées, trinervées, à bords 
entiers , mais rudes par l'effet de denticul^ visibles à la loupe ; 
leur face inférieure est un peu ponctuée , et parsemée de très- 
jtetits poUsroides visibles a la loupe. Les calathides ont le dis- 
que jaune composé de quatre fleurs /et la couronne purpurine 



GJCL 5? 

composée de irék k ÛTi âeurs, dont U lancette est oblon- 
gue-lancéolée , à sommet très*aigii , entier ou bidentë ; le cli- 
nanthe est petit et semble pyramidal , parce qu'il ne porte 
que des demi-cloisons centrales d^alvéoles. Nous avons observé 
et décHt cette pkbte au Jardin du Moi, où elle est cultivée 
depuis très- long» temps, et où Ton ignore son, origine : elle 
constitue une espèce très-distincte , fort agréable , et remar* 
quable par le petit nombre des fleurs de chaque calathide. 

Galatèb BLANCHATRE : GolôUa conescens , H. Cass.; Aster 
canus, Willd., Sp.pl, Cette plante vivace, qui habite les 
terrains garnis d'arbiisseauic et de gramens , dans le Bannat , 
province de Hongrie, a des tiges hautes de trois pieds et 
demi , dressées, cylindriques, striées, simples inférieurement, 
divisées supérieurement en rameaux pubescens ; les tiges et 
les rameaux sont garnis de feuilles alternes, éparses, sessiles, 
étalées, oblongues-lancéolées, aigulfs au sommet, très-entières 
sur les bords, munies de trois nervures saillantes en-dessous, 
et garnies sur les deux faces de poils longs, mous, blâtt« 
châtres ] couchés , appliqués, plus rares en -dessus qu'en- 
dessous { les feuilles inférieures ont deux î>ouces de long et 
cinq lignes de large ; les supérieures sont plus petites et plus 
chargées de poils; les calathides sont nombreuses, et dispo- 
sées en grandes panicules corymbiformès terminales; elles 
sont larges de neuf lignes, composées d'un disque jaune, 
multiflore j et d'une couronné purpurine ou lilas d'environ 
dix fleurs. Cette espèce est bien distincte de toutes les autres 
par les longs poiJs dont elle lesi garnie : nous Favons décrite 
au Jardin du Roi , où on la cultive. 

Galatée ponctcée.: GaUUea punctata, H. Cass.; Aster punc- 
talus, Willd. y Sp, pL La racine est vivaee; les tiges , hautes 
de quatre pieds et demi , sont dressées , ' droites , cylindri- 
ques, un peu anguleuses, pubérulentes , ramiflées supérieu- 
rement; elles sont garnies .de feuilles éparses , sessiles, éta- 
lées , les plus grandes longues de trois pouces et demi, larges 
de cinq lignes , oblongues-lancéolées , le plus souvent un peu 
obtuses, fermes, trinervées; leurs bords sont garnis de petits 
poils roides ; leur face supérieure est parsemée d'une multi- 
tude de petites cavités porictiformés , au fond desquelles on 
aperçoit à la loupe un petit tubercule; les ealathides sont 



S8 &kh 

nombreuses , disposëel en panieutes totyttâà£Bshaï€$ ietwir 
nalea, dontJes ramifications sont pubescentes et garnies de 
petites feuilles : cbaque calàthide e»t large de quinze lignesi 
9on dbqve est multiflore , d'ab<ird jaune »' puis rougeàtrei 
ta couronne est purpurine ou liias. Cette espèce habite la^ 
Hongrie ; nous Tavons observée au Jardin du flU>i. ' 

GAirATés iNTERMÉDiAtAE î CoioUa i^termedia, H* Cass« Les 
tiges sont hautes de deut pieds , dressées , cylindriques 9 
striées y simples inférieurement » rameuses supérieurement, 
garnies de feuilles; celles-ci sont allernes, sébiles, étalées, 
longues d'un pouce quatre lignes , larges de deux lignes et 
demie, les supérieures plus petites ; toutes sont oblonguos* 
laneéolées, très - entières , ponctuées en -dessus, garnies de 
poils excessivement courts , et munies de trois nervures , dont 
les deux latiérales sont très*foibles : les calatàides., compo* 
aées d'un disque multiflore, jaune, et d'une couronne pur-» 
purine ou lilas^clair, sont nombreuses et disposées en pani* 
cules corymbiformes terminales. Cette plante est étiquettée 
asèer acris au Jardin du Roi, où nous Tavons décrite : elle 
semble intermédiaire entre la galatée ponctuée et la galatée 
roide. 

GaZiAi^e koide : Galaltd rigida, H. Cass.; Aster hinervis, 
Hort» Reg, Par.; Aster n^srisy var. ^ , Lamck. , Encycl. Plante 
toute glabre ,- à racine vivace ; tiges hautes d'un pied , un 
peu épaisses, très-roides, dressées, simples, garnies de 
feuilles d'un bout à l'autre; fewUcs éparses , sessiles , ëialéea^ 
longues de deux pouces, larges de trois lignes, linéaires- 
lancéolées , très-entières , trinervées , un. peu coriaces ; cala-» 
tkides disposées au sommet des tiges en corymbe terminal 
bien fourni et arro^ndi-, dont les ramifications sont roides et 
garnies de petites feuilles; disque jaune, multiflore ; cou^ 
ronne purpurine, composée d'une douzaine de fleurs. Nous 
avons décrit cette plante au Jardin du Roi; elle y est cul«- 
tivée depuis loug-temps , mais on ignore son origine : M« de 
Lamarck la regarde comme une simple variété de VasUr 
ûcri$. 

Gai«atbb a courqjvns ALANcifs : GoioUa aUiflara^ H. Casa. 5 
Aster UnifoHus, Willd. , 6îp. pL Cette plante est glabre, k 
l'exception des sommités, qui ^ont pai!semé^s de petits poila^^ 



GAL i^ 

les tiges sont hautes d'un pied et demi , cJ'Uàdriques, «triées f 
simples inférieurement, rameuses supérieurement^ garnies 
de feuilles noinl>reuses , rapprochées ; ces feuilles sont alternes, 
sessiles, étalées, longues d'un pouce, larges d'une ligne) leà 
supérieures progressivement plus petites ; elles sont linéaires^' 
aiguës , uninervées , poncticulées «ur les deux faces , garnie^ 
sur les bords de petites dents cartilagineuses Visibles à lir 
loupe : les calatbides, très -nombreuses, son t. disposées en.' 
coryinbes terminaux arrondis; elles sont laides de sept lignes^ 
composées d'un disque jaune , multiflore , et d'une couronne 
blanche, interrompue, pauciflore, tieutriflore : le péricliney 
très -inférieur aux fleurs du disque et subcylindracé, est 
formé de squames paucisériées, irrégulièrement' imbriquées^ 
oblongues- aiguës, uninervées, subfolîacées , les extérieures 
le plus souvent inappliquées supérieurement, les autres ap'^ 
purées ; les fleurs de la couronne ont des rudimens d'éta< 
mines , an fa^x-ovaire grêle , inovulé , le style nul ou semi'* 
avorté , la languette souvent irrégulière. Nous croyons de-* 
voir attribuer cette espèce au sous -genre GaUUea, quoique 
les squames extérieures du péricline soient inappliquées 
supérieurement : elle se distingue aussi des autres espèces 
par sa couronne blanche et par ses feuilles uninervées. £lle 
est viyace et habite l'Amérique septentrionale ; on la cultive 
au Jardin du Roi , où nous Tavons observée. 

Notre sous-genre Galatea, qui nous semble très -naturel ef 
distingué par des caractères suffîsans , doit comprendre sans 
doute plusieurs autres espèces que celles qui viennent d'être 
décrites , mais qui sont les seules que nous ayons observées 
jusqu'à présent. (H* Cass.) 

GALATHÉE. {Crust.) Voyez GAiATiE. ( W. E, L.) 

GALATHÉË. {Fo96.) M. Âisso a trouvé, dans des excara^ 
tions faites près de Nice, une espèce fossile de ce geitt*e , à la- 
quelle il a donné le nom de galatheay aiUiqua» (Risso, Hist» 
nat. des crustacés de Nice, p. 73.) 

Elle a le test bombé, garni en-dessas de neuf plaques trans- 
versales , qui se trouvent relevées sur leurs bords inférieurs 
par une ligne saillante. Sa couleur est d'iio jaune ochracé. On 
ne voit point de pattes ; mais on distingue les jplaces où elics 
éloient attachée». L'abdomen est un peu renflé. Elle a prèf 



i62 GAL 

EllUy tab. 22 , fig. 2. Dichotome ; articulations ovalès-obloit* 
■gués, arrondies aux deux extrémités. Isles de Bahama. 

4.^ La Galaxaure annelée ; Galaxaura annulata, Lamx. , 
TubuLdichot. , Esper. , tab. 6 , fig. 1,2. La tige et les rameaux 
annelés. Indes orientales. 

SJ* La Galaxaure RUGUsasB : Galaxaura ragosa, Soland. et 
£11., tab. 22, fig. 3; Corail, rugosa et TubuL fragilis, Gmel. 
'Dichotome ; les/ articulations annelées et un peu rugueuses 9 
cylindriques , aplaties au sonnnet. Mers d'Amérique. 

6.** La Galaxaure MARGiNéE; Galaxaura marginatafSolànd.et 
-£11. , tab. 22 , fig. 6. Dichotome ; rameaux subcontinus , lisses , 
'«'aplatissant et se recourbant un peu par la dessiccation. C6te5 
4les iles de ^Bahama. 

7.** La Galaxaure lapidescentb : Galaxaura lapidescens , 
Soland. et £11., tab. 21 ,fig, 9 , et tab. 22 , hg, 9. Dichotome ; 
articulations cylindriques, velues. Cap de Bonne-Espérance. 

8.^ La Galaxaure fruticuleusb ; Galaxaura fruticulosa , 
Soland. et Eli. ^ tab. 22, fig. 5. Rameaux cylindriques, con* 
tinus, jaunâtres, aigus au sommet. Côtes des iles de Bahama* 

9.^ La Galaxaure endurcie; Galaxaura indurato , Soland. et 
£11., tab. 22, fig.. 7* Dichotome; rameaux presque continus, 
cylindriques , lisses , divergens. Des mêmes mers. 

lo.*^ La Galaxaure roide; Galaxaura rigida, Lamx., Folyp. 
flex«, pL 8, fig. l^^ aB. Rameaux roides, cassans, annelés, 
velus, sans articulations. 

11.^ La Galaxaure lichenoïde ; Galaxaura liehenoides y 
Soland. et £11. , tab. 32, fig. 8. Dichotome; rameaux conti- 
nus, un peu rugueux, comprimés supérieurement. Isles de 
JBahama. 

12.** La Galaxaube sanoïde ; Galaxaura sanoides , Lamx* 
Rameaux dichotomes, filiformes, légèrement articulés, for- 
més en touffe ; grandeur, deux centimètres ; couleur gris-violet 
blaoch|Ltre. Mers de FAustralasie. (Dé B.) 

GALAXEA. ( Poljp, ) Division du genre Madrépore de 
Linnaeus, proposée par M. Ocken ( Élém. d'hist. nat. , p. 72 ) , 
et caractérisée ainsi : Tubes simples , courts ; étoiles petites , 
séparées ou réunies par l'extrépité en un cercle, mais déta- 
chées toutes d'une n;ianière distincte, et non complètement 
enfermées dans un cinMsnt. Les espèces que M, Oeken rasge 



GAL 65 

dans ce genre évidemiaent artificiel , sont divisées en quatre 
sections : la première, dont les tubes sont uniques, ne con- 
tient que le madr. cjyatkust gai, antophyllum; la deuxième, 
dont les tubes semblent bourgeonner, c'est-à-dire naissant 
supérieurement du milieu d*un autre , renferme le gai. arUo* 
pkyllites; la troisième, qui ofifre quelque ressemblance avee 
4es clous, n'en contient encore qu'une espèce, le g(d, ofg<^\ 
num, type du genre Sartinula de M. de Lamarck; et, enfin, 
la quatrième, dont les tubes semblent naître d'un seul 
point , renfermé , outre le madr, faseicularis , que M. Ocken 
nomme gaL carjophjyUites ^les madr. eespitosa , cuspidata , cfUy'-^ 
cularis, trunccUa et verrucaria: ce-'Sont des caryophyllies de 
M. de Lamarck. (De B.) 

GALAXÏA. {Bot.) Voyez Galaxie. (Poir.) 
. GALAXIAS. ( Bot. ) Daléchamps dit que quelques auteurs 
nommoient ainsi le chardon-marie , carduus marianus de Lin* 
nsus, ail^bum de Vaillant et de Gœrtner, probablemnit à 
cause des taches blanches répandues sur ses feuilles. (J.) 

GALAXIE, Galaxia. (Bof.) Genre de plantes monocotylé- 
dones, à fleurs incomplètes, de la famille des iridées, de la 
triandrie monogynie de Linnœus, qui a des rapports avec les 
bermudiènes {myrinehium) y caractérisé par une spathe uni- 
valve ; une corolle infundibuliforme ; le tube droit, long, 
filiforme, élargi à son sommet en un limbe presque cam- 
panule , régulier , à six découpures égales ; trois étamines 
plus courtes que la corolle , réunies à leur base ; un ovaire 
inférieur,' le style filiforme, à trois stigmates multifides. Le 
fruit consiste en une capsule presque cylindrique, à troii 
valves , k trois loges , contenant plusieurs semences fort 
petites. 

Ce genre a été établi par ïhunberg pour quelques plantes 
en cap de Bonne -Espérance , rapportées d'abord aux ixia. 
Leur racine est bulbeuse; les feuilles siihples, toutes radi->> 
cales; la hampe courte, presque unifiore. 

QhtAxiE A FEUILLES OVALES : Galatiià ^vaJta, Thunb. j JVd^« 
gen. , 2 , pag* 5 1 ; Iton, , CavaUé , Dissert. ^ S , tab. 189; Jacq. , 
Jcon. rar,y 2^ tab. 291 ; Lamck», lll. , tab, 568 , fig. 1 : Ixia 
gùlaxia, Li»n. , SuppL, 93. Petite plante qui s'élève à peine 
à la haaieur <i'i»A pou«« et dttià j et doitt la fleur est )aiine , 



I 



64 GAL 

trés-fugace. Sa racine est munie d'une bulbe ovale, canne-* 
lée , anguleuse , d'où sort un piîdicule grêle , long d'un demi- 
pouce , qui , arrivé à la surface de la terre , donne naissance 
à une petite touffe de feuilles radicales, nombreuses, gla- 
bres , ovales , un peu obtuses , longues d'environ un pouce y 
vaginales à leur base^ De leur centre s'élèvent une ou plu- 
sieurs fleurs, portées chacune sur une hampe nue, beau- 
coup plus courte que les feuilles, qui s-alonge un peu à me- 
sure que le fruit se développe : le tube de la corolle est 
filiforme, long de six lignes et plus. La fleur, d'après Thun- 
berg , varie du jaune au pourpre et au violet ; elle se ferme 
le soir avant quatre heures, et sa corolle se contourne ea 
se flétrissant. 

Galaxie a feuilles éteoites : Galaxia graminea, Thunb., 
No*'* gen. , 2 , pag. 5 1 , Icon. ; Jacq. , Icon, rar, , tab. 1 8 , fig. 2 ; 
Lamck. , IlL , tab. 568 , fig. 2 ; Cavan. , Dissert* , 6 , tab. 189, 
fig. 3: Ixia fugacissima , Linn. , SuppL, 94. Cette espèce, très- 
rapprochée de la précédente et aussi petite , s'en distingue 
facilement par ses feuilles , qui sont fort étroites , linéaires- 
subulées , presque filiformes , canaliculées , longues d'un 
pouce et plus, élargies et vaginales à leur base. Les fleurs 
sont très-fugaces, entièrement jaunes ou d'une teinte violette 
sur leur tube. ' 

Galaxie faux-narcisse : Gaiçucia narcûsoides, Willd.,5pec., 
3, pag. 583; Sis/rinchium narcissoides , Cavan., Dissert., 61 9 
tab. 192, fig. 3. Cette plante, d'après Willdenow, ne peu! 
appartenir aux bermudiènes , parmi lesquelles Cavanillea 
l'avoit placée, quoiqu'elle ait une spath e bivalve. Elle a le 
port d'un narcisse; mais sa fleur offre le caractère d'un 
galaxia. Ses racines sont fibreuses; sa tige droite, cylindri- 
que; les feuilles linéaires, ensîformes, à gaine renflée*. Les 
spathes renferment environ quatre fleurs inclinées. La corolle 
est blanche , en forme d'entonnoir, quelquefois rayée, tant 
en dedans qu'en dehors , de stries d'un pourpre foncé. Cette 
plante croit au détroit de Magellan. 

Le Gaiaxia ovata , . Andr. , Bat. rep^. , tab. 94 , paroît de- 
voir être distiugué de ^ la première espèce. M. Fersoon l'a 
nommé ixia eiliata, Synop», 1 , pag. 41. Sts feuilles sont plus 
alongées., ciliées k leurs, bords; la corolle jaune , trèa- 



GAL 65 

longue* Le galaxia ohseura de Cavanilles , Dîssert. , 6, tab. 
1^9 9 ^g* 4» est une plante encore très-peu connue, et qui, 
peut-être, appartient au genre Pf^ittsenia. Le galaxia fxî^e* 
foUa^ Redout. , Liliac., tab, 41 , est Vixia columnaris et varîe- 
gata, Andr. , Bot. repot,, tab. 2o3 , 211, 2i3, 260. C'est Vixia 
monaddplia, Bot. Mag., tab. 607. Le galaxia plioata, Jacq., 
est Vixia heterophyUa , Vahl, Enum. plant. Plusieurs autres 
espèces de galaxia, citées par différelis auteurs, ont été pla* 
cées dans d'autres genres. (Poin.) 

GALAXIE, Galaxias. {IchthjyoU) M. Cuvier a établi sous 
ce nom un genre de poissons daiis sa famille des ésoces, qui 
répond à une partie de celle des siagonotes de M. I)uméril^ 
et il lui a assigné les caractères suivans : 

Corps sans écailles apparentes; bouche peu fendue; des dents 
pointues et médiocres aux os palatins et' aux deux mâchoires , dont 
la supérieure a presque tout son bord formé par l^intermaxillaire; 
quelques fortes dents crochues sur la langue ; des pores sur les 
côtés de la tète. 

Le célèbre auteur de ce sous-genre des ésoces ne le com« 
pose encore que d*une seule espèce, qu'il nomme esox 
truttaceus, et qu'il croit nouvelle, à moins qu'elle né 
puisse être rapportée à I'mox argenteus, Forst. Vpyez Ésoces. 
(H. C.) 

GALAYL. (Bot.) Noili arabe du laitron commun, sonchut 
oUraceus , suivant M. Delile. Il lui donne aussi celui de 
LiBBETN , appliqué encore à d'autres plantes de la même fa- 
mille. Voyez ce mot.' (J.) 

GALBA ( Bot. ) , nom donné dans les Antilles , suivant M. 
Richard, au calaba, calophjllum. (J«) 

GALBANOPHORA. (Bot.) Necker a voulu, sous ce nom , 
séparer du bubon macedonicum, plante herbacée, le bubon 
galbanum , arbrisseau dont les graines sont comprimées , bor^- 
décÈ dans leur contour , relevées de trois côtes sur le dos , 
et duquel on croit qu'est extrait le galbanum, cité dans les 
matières médicales. (J.) ' 

GALBANUM. (Bot.) 'Gomme-résine fournie parle Bubox 
CALBANipèRE. Voycz cc mot , vol. V, p. 394. (L. D.) 

GALBERIJA {Bot.)^ espèce de vigne de Ceilan, qui est 
le cissus vitiginea de Linnœus. ( J.) 

18. 6 



se GAt 

GALBERO {Omîth,)y nom italien du loviot commun^ 
oriolua galbula , Linn. , qu^an écrit aussi gualbedro, (Cr. D*) 

GALBESSEN (Bot.), nom belge , suivant Rhéede, de 
Varia^epou du Malabar, melia azadirachta* (J*) 

GALBULA. (Ornith,) Ce nom, qui désigne le loriot com- 
mun, ainsi que celui de galgulus, a été appliqué par Mûeh- 
ring au jacamar; et Br|sson en a fait, pour ces derniers 
oiseaux, une dénomination générique, que M. Cuyier a 
adoptée. (Ch. D. ) 

GALBULES^ Galhulœ (BoU): nom que Ton donne, dans 
les pharmacies, aux cônes arrondis du cyprès. (J.) 

GALE. ( Bol. ) Ce nom , donné en latin par Tourne fort et 
Adanson au genre qui est maintenant le m^rica de linnaeus ^ 
lui a été conservé en françois. (J.) 

GALE ; Myrica, Linn. {Bot,) Genre de plantes de la fa- 
mille des amentacées , Juss. , et de la dioécie pentandrie , Linn., 
dont les fleurs mâles et les fleurs femelles sont sur des pieda 
difTérens , disposées en cbatonis imbriqués d*écailles , et 
offrent les caractères suivans : IXans chaque fleur mâle , 
quatre à six étamines attachées à la base d'une écaille ovale , 
Un peu pointue ; dans chaque fleur femelle , un ovaire at- 
taché sur Taxe commun , au même point que Técaille qui 
l'accompagne , et surmonté de deux styles déliés , a stigmate 
$imple; chaque ovaire devient un petit noyau ovoïde ou 
globuleux, à une loge, contenant une seule graine. 

Les gales sont des arbrisseaux aromatiques, à feuilles sim- 
ples , alternes , parsemées de points résineux , et à fleurs 
disposées dans les aisselles des feuilles ou au sommet des 
rameauxé On en connoft aujourd'hui une douzaine d'espèccfs , 
dont une croit naturellement dans le nord de l'Europe ; les 
autres se trouvent en Amérique , en Afrique et en Aue* 
Parmi les espèces exotiques, une seule peut supporter le 
froid qu'on éprouve en hiver dans le nord de la France; 
les autres ont besoin d'être abritées dans l'orangerie pen- 
dant la saison rigoureuse. 

Gaîé odorant : Mjrica gale, Linn., Spec*, 1453; Duham., 
nouv. éd., vol. 2, p. 194, tab. ôy. Cet arbrisseau, connu 
vulgairement sous les noms de Piment royal , de Mvrte bâ- 
tard , forme un buisson de trois à quatre pieds. Ses rameaux 



GAL 67 

ftont d^tin l)Hih rouglsitre, garnis de feuilles oblongues, 
élargies et dentées en leur partie supérieure, rétréeies à 
leur base , et portées sur de courts pétioles. Ses fleurs nais- 
sent, avant les feuilles^ sur de petits chatons sessiles, le long 
des rameaux , ovales dans les individus femelles, et obiongs, 
presque cylindriques <» dans les mâle«. Le gale odorant, croit 
naturellement dans lès endroits marécageux, en France, en 
Angleterre, ^n Hollande^ dans diverses parties du nord de 
rSurope et dans F Amérique septentrionale. 

Toutes les parties de cet arbrisseau , et surtout ses fruits, 
ont une odeur forte, un peu aromatique* Dans ies pays o4 
il est commun ^ on en met quelquefois les rameavx dans les 
armoires 9 pour donner une bonne odeur aux objets qui y 
sont renfermés et pour en écarter les teignes. On en pre- 
noit autrefois Tinfusion , ainsi qu'on fait aujourd'hui'du thé* 
Il existe même un traité composé par un médecin anglois 
pour prouver que c'étoit le véritable thé $ mais, depuis que 
celui-ci est connu en Europe, on est désabusé à ee sujet, et 
Ton a même prétendu que l'usage dû gale pouvoît être nui- 
sible et causer des maux de tête. Auîburd'huî on n'en fait 
plus d'autre usage que d'employer , dans les pays où il est 
commun, ses tiges et ses rameaux pour brûler* fi est utile, 
d'ailleurs, de conserver tet arbrisseau dans les marais, où 
il vient naturellement^ au Heu de chercher a l'en èxdrper^ 
parce qu'il absorbe le gaz hydrogène qui s'en exhale, et 
qu'il contribue ainsi à les assainir* 

Gale ciricr , vulgairement Cïrier nz la Louisiane ; Mjried 
tarifera^ Linm, Spec,^ 1463, vor. a. Dans son pays natal, 
cet arbrisseau- s'élève jusqu^à huit pieds de hauteur; en Ëu-^ 
rope i il ne forme souvent qu'un buisson de trois à quatre 
pieds. Ses rameaux sont un peu velus vers leur sommet> 
garnis de feuilles lancéolées, pointues, dentées dans leur 
partie supérieure, entières et rétréeies à leur basée Les fleui^ 
sont disposées en chatons axillaires, courts et sessiles. Les 
fruits, globuleux, de la grosseur d'un pois, recouverts d'une 
couche d'une substance grasse, grenue, et comme ^oti* 
drense^ sont ramassés sur de petites grappes latérales et ses« 
siles. Ce gale croit naturellement aux lieux humides et mA* 
récageux, dans la Louisiane, dans les.Carolines : on le 
cultive en France depuis plus de cent ans4 



«•B GAL 

Galû de Pën$yi.vani£ , rulgairement Çirier be Pensyivanee ; 
Mjrrica pensylvanioa , Duham. , nouv. éd., voL 2^ p. 190, 
tab* 55. Cette espèce n'offre aucun caractère bien tranchant; 
mais elle a un aspect différent : elle est moins élevée, forme 
.davantage le buisson ; ses feuilles sont plus larges , plus 
"molles , moins dentées et moins pointues , et les plus jeunes 
ont les bords roulés en-dessous. Le gale de Pensylvanie croit 
naturellement dans les marais de cette partie des États-Unis ^ 
et jusque dans le Canada. 

Dans le nord de la France , le cirier de la Louisiane a be- 
soin d'être abrité dans Torangerie pendant Thiver. On le 
cultive en pot et en terre de bruyère , et on le multiplie 
de graines semées sur couche et sous châssis. Le cirier de 
Pensylvanie est beaucoup plus robuste; il brave le froid de 
.nos hivers en plein air , et il réussit bien dans une terre 
ordinaire , pourvu qu'elle soit fraîche : il se multiplie de 
lui-même par les rejetons que produisent ses racines , et ce 
.moyen de multiplication est plus prompt que de l'obtenir de 
grainea qu'on» sème en pleine terre» de bruyère. 

Les fruits de ces detix gales fournissent une cire verte, avec 
laquelle on fait des bougies qui répandent , en brûlant , une 
odeur aromatique, mais qui donnent une lumière triste. 
Selon Aaynal, cette cire végétale tint pendant long-temps 
)ieu de la cire et du suif ordinaires aux premiers Européens 
qui abordèrent en Amérique. Mais, quoique ces arbrisseaux 
soient toujours très-communs dans les marais de l'Amérique, 
surtout dans la Caroline , et qu'ils rapportent une grande 
quantité de fruits qu'il seroit facile de récolter; cependant 
les habitans de ce pays paroissent avoir renoncé à s'en servir 
pour s'éclairer, parce que , selon M. Bosc, les bougies jqu'on 
en fabrique reviennent plus cher que les chandelles de suif , 
et ilai'y a plus, d'après le même auteur, que les nègres es- 
claves qui s'occupent encore à recueillir de la cire de ces 
galés, non pour en fabriquer des bougies, mais pour en 
faire tout simplement des espèces de lampions. Au reste , 
voici le procédé qu'ils emploient pour récolter cette sorte 
de cire : ils coupent les branches des| ciriers lea plus chargées 
de fruits, en séparent ces derniers, et les mettent dans des 
sacs de toile qu'ils plongent entièrement dans une chaudière 



GAL «9 

d^eau bouillante. La cire, liquéfiée parla chaleur, ne tarde 
pas à sortir à travers la toile ; elle monte à la surface de 
l'eau, 4i'où on Fenlève avec des cuillers. Duhamel dit que, 
si on ne fait bouillir les fruits que légèrement , .on obtient 
une cire jaune, ^t que' celle qu'on retire ensuite en les 
faisant bouillir de nouveau , est verte. 

En France , les gales ciriers ne sont , jusqu'à présent , cul- 
tivés que comme arbrisseaux d'agrément et de curiosité, et 
Toit n'a point encore essayé de retirer de la cire de leurs 
fruiia. (L. D.) 

GALE. {Omilh.) Ce nom et celui de galet se donnent, 
dans le midi de la France, au poulet. (Cst. D.) 

GALÉA, GALÉATULE, Echinites gaUatus. (Fom.) Luid 
et d'autres anciens oryctographes ont donné ces difierens 
noms à ceux des échinides fossiles qui portent aujourd'hui le 
nom de Galérite. Voyez ce mot. (De F.) 

GALÉA. {ConchjL) Klein {Tentam, qsL , p. 67) établit 
sous ce nom . une petite coupe générique parmi les buccins , 
pour les espèces globuleuses dont le canal est court , droit , 
échancré: ce sont maintenant des pourpres. (De B.) 

GALÉA. {Echinod») Klein avoit donné depuis long^temps 
ce nom générique aux espèces d'oursins dont M. de Lamarck 
a fait depuis son genre Anancbite. Voyez ce mot. (De B. ) 

GALEDRAGON. {Bot.) Suivant AnguiUara, cité par C, 
Bauhin , Xénocrate donnoit ce nom à la cardère , dipsacus , 
que l'on trouve dans Daléchamps sous celui de labrum Vénerie , 
lèvre de Vénus. (J.) 

GALÉDUPA. (Bot.) Nous avions réuni sous ce genre de 
M. de Lamarck le pungam de l'Hor^ malab. et le caju^gade" 
htpa de Riimph. Le premier est maintenant le pungamia de 
Lamarck , dont le second doit être séparé à cause de sa 
gousse bivalve et disperme, et de ses feuilles pennées sans 
impaire , pour devenir peut-être dans la suite un genre dis- 
tinct, lorsqu'il sera mieux connu. ( J. ) ^ 

GALÉDUPA ou PONGOLOTTE. {Bot.) Genre de plante^ 
dicotylédones, à fleurs complètes, papillonacées , de la fai 
mille des légumineuses, de la diadelphie décandrie de Unnœus, 
offirant pour caractère essentiel : Un calice court, en sou<- 
coupe, entier, tronqué obliquement; les pétales onguiculés 1 



70 G AL 

rétendard étalé à deux lobes; les ailes el la carène conni* 
ventes ; dix étamines diadelphes ,- un style courbé au sommet. 
Le fruit consiste en une gousse elliptique, plane, un peu 
arquée en faux, terminée par une petite pointe courbe, 
contenant une pu deux semences comprimées, réniformes. 

GALjâDUPA DES Indes : GaUdupa indica, Lamk. , Encyclop. ; 
Pongamia glabra, Venten. , Malm. $ Lamk., IlL gen., tab, 
6o3, fig. 1 : Dalbergia arhorea, Willd. , Spec.^ 3 , pag. 901 : 
Pongami seu Minori , Rheed. , Malab, , 6 , pag. 5 , tab. 3 ; 
vulgairement Arbre de pongolotte , Sonnerat. Arbri* des 
Indes orientales, qui s'élève à une assez grande hauteur, 
sur un tronc épais , chargé , à sa partie supérieure , de ra- 
meaux glabres, cylindriques. Ses feuilles sont alternes 9 ailées 
avec une impaire , composées de'cinq à sept folioles assez 
grandes , glabres , entières , ovales - acuminées , pétiolées ; 
la terminale plus grande que les autres. Les fleurs sont 
papillonacées , blanchâtres, odorantes, disposées en grappes 
axillaires , pédonculées , longues de quatre à cinq pouces : 
leur calice est court, d'une seule pièce, chargé de poils 
courts dans sa jeunesse ; la corolle papillonacée , composée 
de cinq pétales à onglets saillans hors du calice ; l'étendard 
large, relevé, échancré en cœur; la carène oblongue , obtuse « 
enveloppant les organes sexuels ; les ailes conniventes autour 
de la carène et de même longueur qu'elle ; les gousses sont 
elliptiques, comprimées , longues d'un pouce et demi sur un 
de large, conservant le calice à leur base. Cet arbre est 
toujours vert , et ses fleurs répandent une odeur agréable. 
Ventenat dit dans une note, que le dalbergia arborea, Willd. , 
et le synonyme de VHort, malab, paroissent différer du gfl/e- 
dupa indica par la forme du fruit et de la graine. WiUdenow 
les réunit. 

Ventenat indique deux autres espèces de galédupa sous 
le nom de pongamia, savoir : 1." le Pongamia grandijlora^ 
Venten., Hort, Mainte, 1 , pag. 28; ses feuilles sont ailées, 
Composées d'environ six paires de folioles elliptiques , obtuses , 
pubescentes ep-dessous ; elle croit daus les Indes orientales, 
a.* 'Le Pongamia sericea, Venten,, L c,, à feuilles ternées; 
les folioles oblongues , soyeuses enTdessous : elle a été décou- 
verte à Java par M? Oelahayc, ( Poiai ) 



GAL 7» 

GALÉGA. (Bot.) Ce nom, chez les anciens, a été donné 
à diverses plantes, à un orobe, à la vesce multiflore, au 
sesbau de l'Inde , que Linnspus réunissoit à son œtchynomene , et 
qui constitue maintenant le genre Seshania. Matthîole Tattri- 
buoit à la rue de chèvre , ruta capraria, qui l'a conservé. 
Quelques modernes avoient aussi jrapporté à ce genre des 
sopliora et des casses. ( J.) 

GALEGA; Galega, Linn. (Bote) Genre de plantes dyco- 
tylédones de la famille des légumineuses, Juss. , et de la dio* 
delphie déeandrie^ Linn., qui a pour caractères : Un calice 
monophylle, à cinq dents subulées, presque égales; une 
corolle papillonacée , dont l'étendard est ovale ou en cœur, 
relevé ou réfléchi , et dont les deux ailes sont oblongues , 
inclinées sur la carène^ qui est comprimée sur les c^tés ; dix 
étamines ordinairement diadelphes; un ovaire supérieur, 
oblong , terminé par un style court , montant , à stigmate un 
peu globuleux; un légume linéaire, comprimé, .un peu 
noueux, contenant plusieurs graines réniformes. 

Le genre Galéga renferme quarante et quelques espèces, 
qui toutes, excepté une seule, sont exotiques, et croissent, 
en général, dans les climats chauds. Dix à douze de ces 
plantes se trouvent particulièrement en Amérique; les autres 
appartiennent à l'Asie, aux iles de la mer des Indes, à 
TAfrique, et surtout au cap de Bonne-Espérance. Les espèces 
sont les unes herbacées, les autres frutescentes ; elles ont les 
feuilles alternes ailées avec impaire , et les fleurs disposées 
en grappes a^iUaires et terminales. Nous ne parlerons ici 
que de celles qui présentent quelque intéi'ét sous le rap- 
port de leurs propriétés , et de quelques autres qui sont cul- 
tivées dans les jardins de botanique. 

Galéga officinal j vulgairement Faux - Indigo , Lavanèse , 
Rue de chèvre; Galega officinalis y Linn., Spec., 1062. Ses 
tiges sont droites , rameuses , hautes de deux pieds ou en- 
viron, garnies de feuilles composées de quinze à dix -sept 
folioles oblongues. Ses fleurs sont bleuâtres ou purpurines, 
quelquefois blanches, pédiculées, p(sndantes , disposée^ en 
longues grappes serrées, sur des pédoncules axillaires, ou 
placées au sommet de la tige et des rameaux. Cette plante 
croît naturellement dans les prés, les bois, et les terrains 



72 GAL 

un peu rhumides , en Espagne^ en Italie, et danâ quelques 
cantons de la France. 

X Ce galéga est propre à orner les plates-bandes des grands 
parterres , et les massifs des jardins paysagers , par la ver- 
dure agréable de son feuillage , et par ses jolies fleurs, qui 
se succèdent continuellement pendant les mois de Juin , Juil- 
let et Août. On le multiplie de graines, ou plus souvent eu 
relevant les vieux pieds à Tautomne, et en les éclatant. 

Quelqlies agronomes ont préconisé cette plante pour en 
faire des prairies artificielles, et elle oflriroit sans doute 
beaucoup d'avantages par Tabondance de sa fane; mais 
elle ne paroît pas être du goût des bestiaux , qui , dans les 
pays où elle croît naturellement, la laissent sans y toucher 
dans les pâturages où elle se trouve, ou ne broutent tout 
au plus que ses plus jeunes pousses. £lle peut fournir, ditr 
on , une fécule bleue , analogue à Findigo : mais cette matière 
colorante ne paroît pas y être dans des proportions assez fa- 
vorables pour dédommager des frais de l'extraction; car^ 
dans ces derniers temps, où Ton a cherché à retirer du 
pastel un indigo indigène, on n'a pas essayé d'en obtenir 
du galéga. 

Quant aux propriétés médicinales de cette plante ^ elles ont 
été très-exaltées autrefois; car la lavanèse a passjé pour sudo- 
rifique , vermifuge , et elle a éié surtout vantée comme un 
excellent antidote dans les fièvres pestilentielles. Aujourd'hui 
les médecins n'en font plus aucun usage. Dans certains can- 
tons de l'Italie on mange ses feuilles comme herbes potagères, 
ou cuites, ou en salade. 

Galéga du Levant; Galéga orientalis, Lamck., Dict. enc. , 
a , p. 696. Ses feuilles sont composées d'environ onze folioles 
ovales ou ovales-lancéolées , larges de plus d'un pouce , sur 
un pouce et demi à deux pouces de longueur. Ses fleurs 
sont bleues, plus petites que celles de l'espèce précédente, 
disposées d'ailleurs de la même manière. Cette espèce a été 
trouvée dans le Levant , par Tournefort ; on la cultive au 
Jardin du Roi. 

Galéga rose; Galéga roua , Lamck., Dict. enc, 2 , p. 699. 
Cette espèce est un arbrisseau de quatre à cinq pieds de hau- 
teur, dont les rameaux sont grêles, garnis de feuilles com^- 



GAL 7î 

posées d'environ quinze folioles oblongues, presque gla^ 
bres. Les fleurs sont assez grandes, d'un beau rouge ou d'un 
pourpre rose, et disposées en grappes courtes. Elle est orir 
ginaire du Cap , et cultivée au Jardin du Roi. On la rentre 
dans l'orangerie pendant Thiver. 

Galéga élégant; Galegapulchella, Willd. , Spec^ , 3 , p. 1 244* 
Ses tiges sont ligneuses ;, divisées en rameaux anguleux, ve- 
lus, garnis de feuilles composées de cinq à six paires de 
folioles ovales, mucronées, rétréci es en coin à leur base, 
pubescentes en-dessous. Les fleurs sont d'un pourpre clair, 
disposées en grappes peu fournies. Il leur succède des gousses 
linéaires et pubescentes. Cette espèce croît au cap de Bonne- 
Espérance. 

Galéga soyeux ; GaUga sericea , Lamck. , Dict. enc. , 2 ^ 
p. 696. Sa tige est droite , haute de trois à quatre pieds , 
anguleuse , recouverte d'un duvet cotonneux. Ses feuilles 
sont composées d'environ quinze paires de folioles presque 
linéaires, soyeuses et blanchâtres en-dessous. Ses fleurs sont 
purpurines, avec une grande tache jaune à la baçe de l'éten- 
dard , et elles sont disposées en grappes droites et termi- 
nales. Cette plante croît naturellement dans les Antilles , et 
on la cultive à Cayenne sur toutes les habitations, parce 
qu'on en fait usage pour enivrer le poisson. 

Gauéga des Antilles ; Galega carihœa , Jacq. , Amer, , 212^ 
tab. 126. Cette espèce est un petit arbrisseau divisé en ra- 
meaux grêles , garnis de feuilles composées de quinze à dix- 
neuf folioles ovales-oblongues , mucronées. Ses fleurs sont 
panachées de rouge et de blanc, disposées en grappes axii- 
laires, peu fournies et un peu plus longues que les feuilles. 
Elle croît aux Antilles parmi les buissons : on la cultive 
au Jardin du Roi, dans la serre chaude. 

Galàga de Viaginie; Galega virginianaf Linn. , Spec*, 1062. 
Sa tige est cylindrique , presque glabre dans sa partie infé^ 
rieure , chargée de quelques poils dans la supérieure, et 
garnie de feuilles composées de dix-neuf k vingt-cinq fo- 
lioles ovales-oblongues, mucronées. Ses fleurs sont d'un rouge 
incarnat, disposées en épi serré ; leur calice est lanugineux^ 
et les légumes sont comprimés, courbés en faux et velus. 
C< galéga croit naturellement dans la Virginie et la Caro- 



( 



74 GAL 

line : il passe , dans ces pays , pour un très-bon vermifuge. 
Galéga des teinturiers; Galega tinctoria, Linn., Specm, 
io65. Ses tiges sont menues, rameuses, et elles s'élèvent 
en touffe à la hauteur de deux à trois pieds. Ses feuilles 
sont à ^treize ou quinze folioles oblongues, cunéiformes , 
glabres en-i<lessus, velues en -dessous. Ses fleurs sont pur-^ 
purines, et disposées en grappes serrées, à Textrémité des 
tiges ou dans les aisselles des feuilles. Cette plante croît aux 
lieux arides et sablonneux dans l'Inde et dans Tile de Ceilan, 
Les habitans de ce dernier pays en retirent une sorte d'indigo 
dont le bleu est peu foncé. (L. D.) 

GALÉIFORME [Pétale]. {Bot.) En forme de casque, 
comme par exemple, ceux de Taconit*. (Mass.) 

GALEJOU [Omith.), nom provençal qui , suivant M. Des* 
marest, est employé pour désigner le héron gris de Brisson, 
c'est-à-dire le bihoreau dans son jeune âge. (Ch. D.) 

GAL-EL-CHALLAZ. (Mamm,) Nom arabe, qui signifie 
chat à oreilles noires, et que Ton donne en Orient au caracal. 
Voyez Chat. (F. C.) 

GALENE. (Min,) Nom vulgaire du plomb sulfuré, par le-* 
quel on désigne ordinairement celui qui se présente en 
masses laminaire^, cuboides et brillantes, qui sert à vernir la 
poterie la plus commune , sous le nom d'alquifoux , à^arquifoux 
0u simplement de vernis , et qui est le minera^ le plus géné- 
ralement exploité comme mine de plomb , 'parce qu'il se 
présente en filons puissans, et qu'il contient jusqu'à 76 pour 
cent de plomb pur et presque toujours une certaine dose 
d'argent. 

Qn donne particulier em^ent le nom de galène argentifère à 
celle dont le grain fin approche de celui de l'acier, parce 
qu'on s'est persuadé que cette variété étoit plus riche en 
argent que celle qui est laminaire ; mais je connois d'excel- 
lens métallurgistes qui regardent cette opinion comme un 
préjugé. Voyez Plomb sulfuré. (Beard.) 

GALÈNE DE FER. {Min^) Nom donné fort mal à propos 
par d'anciens naturalistes à quelques variétés du fer oligiste, 
#t même au schéelin ferruginé. (Brard.) 

GALÈNE PALMÉE. (Min.) On a donné ce nom au plomb 
aulfuré qui est mélangé à dç l'antimoine sulfuré^ qui modifie 



GAL 75 

«a cassure et lui fait présenter des espèces de palmes. Voyez 
Plomb suiforé. (Braad.) 

GALENGANG, (Bot.) Plante de Sumatra citée par Mars- 
den , qui est employée pour les dartres. Il dit qu'elle a les 
feuilles grandes et pennées , et les fleurs jaunes. Cest peut-être 
le cassia tora, qui a les mêmes caractères et les mêmes pro- 
priétés , et que par cette raison on nomme^ à Pondichéry , 
herbe à dartres. ( J. ) 

GALENIA. {Bot.) Voyez Galibkb. (Poie.) 

GALÉOBDOLON. [Bot.) Une espècp de galeopsfs à fleurs 
jaunes, galeopsis galeohdolon de Linnaeus^ se distingue en 
outre de ses congénères par un calice divisé plus profondé- 
ment, une corolle dépourvue de ^ents latérales, à lèvre 
supérieure entière et non crénelée , à lèvre inférieure à trois 
divisions simples. Dillen en avoit fait un genre sous le nom 
de galeohdolon, adopté par Roy en , Hudson et M.DeCandolle. 
Heisterl'avoit aussi séparée sous le nom de lamiastrum; Hoth, 
sovts celui de polliehia; M. de Lamarck , sous celui de ear^ 
diaca; Necker, sous celui de p«i7op5ii. Voyez Lamium. (J.) . 

GALÉODE : GaUodes, Olivier'; Solpuga ^ Fab. {Enlom.) 
Genre d'insectes aranéides ou acères, dont les mandibules ne 
sont pas en crochets , mais en pinces plus longues que la 
moitié du corps , et dont Fabdomen ne se termine pas par 
une queue. Ces différens caractères suffisent pour distinguer 
les galéodes de toutes les aranéides, c'est-à-dire, à tête et 
corselet réunis , privées d'antennes et munies de huit pattes* 
En effet , les araignées , les mygales et les trombidies ont les 
mandibules en crochets ; les scorpions portent une sorte de 
queue formée par le prolongement de Fabdomen ; les phrynes 
et les pinces ou chélifères ont leurs palpes en pince ; enfin , 
les faucheurs ont les mandibules plus courtes que la moitié 
du corps» Les caractères des galéodes sont donc bien tran- 
chés. (Consultez l'article Aranéide, tom. II de ce Diction- 
naire, pag. 35o.) 

Ce nom de galéode , emprunté d'Aristote , TaXteoS'tiç y dési<« 
gnoit un poisson voisin des gades ; il a été donné par Olivier, en 
1 791 , à ce genre qu'il a décrit dans l'Encyclopédie méthodique. 
11 n'a cependant pas été conservé par Fabricius , qui a préféré la 
dénomination de solpuga , préposée par M. lichtenstein ^ qui 



76 GAL 

lui-même a détourné ce nom du sens que lui attribuoienf 
Pline (lib. 8, cap. 29) et Lucain {lih.^, Quis calcare tuas me'» 
tuât solpuga latebras ? ) , puisque ces deux auteurs paroissent 
désigner une sorte de fourmi dont la piqûre étbit venimeuse^ 

Pallas a donné une description et une figure exactes d'une 
espèce de ce genre , sous le nom de phalangium , dans ses 
Glanures de zoologie, cahier 9, pK 3, fig. 7, 8. et 9. On en 
trouve de très-pbonnes représentations dans une Monographie 
du genre Solpuga , par Herbst j dans le Voyage en Grèce 
de Sonnini j et M. Olivier , dans son Voyage en Perse , a 
donné des détails curieux sur ces insectes. Nous avons 
nous-méme donné une figure d'après nature du gahéode ara- 
néoïdc, dans l'Atlas de ce Dictionnaire , pi. i.'* des Aranéides , 
sous le n.** 3. 

Les galéodes n'ont encore été observés que dans les paya 
chauds, au midi de l'Europe, en Asie et en Afrique. En 
général, on redoute leurs morsures comme celles des scor- 
pions. On les croit venimeux , et on ose à peine les toucher. 
Ils ressemblent aux araignées. Leur corps est alongé , très- 
velu ^ leur corselet en cœur; l'abdomen ou le ventre annelé 
ou à segmens transversaux au nombre de neuf à douze ; huit 
pattes velues; deux grandes mandibules en pinces rappro- 
chées l'une de l'autre dans toute leur étendue, articulées 
sur une pièce mobile courte , avec lesquelles l'insecte saisit 
et divise sa proie ; les palpes sont excessivement alongés et 
ressemblent à une cinquième paire de pattes. 

Ces insectes fuient la lumière; le soir et dans l'obscurité 
ils courent très-vite : ils se nourrissent d'autres insectes, à 
peu près comme les araignées et les scorpions* 

Les principales espèces de ce genre sont les suivantes : 

i.'^Le Galéode AAANéoÏDE, Phalangium araneoidum de Pallas^ 
le même que nous avons fait figurer. 

Son «corps est velu , jaunâtre ; les mandibules soBt ciliées , 
armées de fortes dents .- c'est un insecte d'Asie. Pallas l'a 
obseiré au, nord de la mer Caspienne, et Olivier en Perse. 

2.** Le Galéode dorsal, Galéodes dorsaUs, 

Il a été observé en Espagne , et rapporté par M» le général 
Dejean et par M. Dufour. 11 est roussàtre en- dessus, noiràtrç 
en-dessous, et a les pinces et les mandibules couleur de 



GAL 77 

Touille : c'est une petite espèce qui n'a guère que six lignes 
de longueur. (C. D.) 

GALEOLA, Lour. {Bot,) Voyez Cranichis. (Poir.) 

GALÉONYME. {IchthyoL) Galien rapporte, dans un pas* 
sage de ses Œuvres , qu'un poisson du genre des galéonymes 
(e génère yttiKîSdV vel gaUonjmorum) étoit en grande estime 
chez les Romains. Cet auteur ajoute qu'on ne le trouve point 
dans la mer de la Grèce , c'est-à-dire dans la mer Méditer- 
ranée, ce qui nous porte à croire que les galéonymes des 
anciens n'étoient point nos callionymes. Gesner pense que ce 
4evoit être une espèce du genre des gades. Il est probable 
que c'est notre Cabliau. Voyez Gade et Morub^ (H. C.) 

GALÉOPE; GaUopsis, hinn. {Bot,) Genre de plantes di- 
cotylédones , de la famille des labiées , Juss. , et de la didj'- 
namie gjmnospermie , Linn. , dont les caractères sont d^avoir 
un calice monophylle, à cinq dents aiguës et épineuses; 
une corolle monopétale , à tube plus long que le calice , 
élargie insensiblement, et divisée à son limbe en deux lèvres , 
dont la supérieure en voûte arrondie, concave, légèrement 
dentelée , et l'inférieure à trois lobes , dont le moyen plus 
large , ayant une bosse de chaque G6té de sa base ; quatre 
•étamines didynam es, cachées sous la lèvre supérieure; ua 
ovaire supérieur, à quatre lobes, surmonté d*un seul style 
filiforme , bifide et à deux stigmates aigus ; quatre graines 
nues, trigones, situées au fond du calice. 

Les galéopes sont des plantes herbacées, annuelles, à tige 
quadrangulaire , à feuilles simples et opposées , et à fleurs 
axiUaires et verticillées. On en connott cinq espèces, qui 
sont toutes indigènes et qui présentent peu d'intérêt. Celles 
qu'on trouve le plus communément , sont les deux suii- 
vantes : 

Galéope lad ANE ; Galeopsis ladanum^ Linn., Spec, Sio* 
Sa tige est rameuse , pubescente , haute de six à dix pouces, 
garnie de feuilles lancéolées ou linéaires -lancéol'ées, légè- 
rement velues en -dessous, et bordées de quelques dents 
écartées. Ses fleurs sont purpurines, marquées de jaune à 
la naissance de la lèvre inférieure , et disposées par verd- 
cilles écartés; leurs calices sont velus, à dents subulées, 
épineuse et très-ouvertes. Cette espèce est commuue dans 



78 GAL 

les champs et les lieux cultivés. On la connoit vulgairement 
sous le nom d'ortie rougé, 

Galèote piquant; Galeopsis tetrahit, Linn. , Spec. , 810. Sa 
tige est hérissée de poils dirigés en bas, renflée un peu au- 
dessus de chaque nœud , garnie de feuilles oval.es*oblongues , 
hérissées et dentées en scie. Ses fleurs sont purpurines , un 
peu tachées de blanc en leur lèvre inférieure, et disposées 
par verticilles, dont les supérieurs sont trés-rapprochés. Les 
dents de leur calice sont épineuses et piquantes. Cette plante 
se trouve dans les bois humides 4 dans les haies et sur les 
bords des fossés. Les bestiaux la broutent quelquefois, lors- 
qu'elle est jeune et encore tendre ; mais plus tard ils n'en 
veulent plus. M. Bosc dit que ces deux plantes peuvent four- 
nir, par incinération, hssez de potasse pour mériter d'être 
employées sous ce rapport; autrement on n'en fait aucun 
usage. (L. D«) 

GALÉOPITHÈQUES. {Mamm.) Nom composé de deux 
mots £^ecs, qui signifie chat-^inge , et que Pallas a donné au 
genre qu'il a formé du Umur volons de Linnœus, de cet 
animal singulier des Moluques désigné par les voyageurs sous 
les noms de chat volant, de singe volant, de chien volant, etc* 

Les galéopithèques ne sont encore que des animaux tré&^ 
imparfaitement connus. Tout ce que ceux qui les ont vus 
vivans nous en apprennent , cVst qu'ils se tiennent sur les 
arbres , aux branches desquels ils s'accrochent et se su»» 
pendent par leurs pieds de derrière^; qu'ils se nourrissent 
d'insectes et peut-être de petits oiseaux ; qu'ils marchent 
sans aisance à terre, mais grimpent facilement aux arbres, 
s'élancent avec agilité de l'un à l'autre, soutenus par la mem- 
brane qui s'étend sur les côtés de leur corps ; enfin , que ce 
sont des animaux crépusculaires, c'est-à-dire qui restent 
inactifs pendant le jour , et qui agissent et pourvoient à leurs 
besoins dès que la lumière, qui fatigue leurs yeux, com- 
mence à s'affoiblir. 

Leur organisation est un peu mieux connue que leur genre 
de vie. Les divers noms qui leur ont été donnés par les 
voyageurs, et que nous venons de rapporter, indiquent 
jusqu'à un certain point leur physionomie générale. Le plus 
grand galéopithèque , le seul peut-être qui soit connu, ne 



GAL 79 

surpasse pas la. taille d^t}n jeune chat; maïs il a des propor- 
tions plus élancées , plus sveltes et qui le rapprochent des der- 
niers quadrumanes, des makis. 

Les galéopithèques se rapprochent encore des makis par 
les dents , qui offrent cependant des caractères particuliers 
très - remarquables. A la mâchoire inférieure, les incisives 
sont au nombre de six : les quatre moyennes , couchées 
tout- à -fait en avant, sont dentelées exactement comme 
un peigne; les deux externes, moins couchées que les pré- 
cédentes, sont aussi moins dentelées; elles ressemblent 
assez, sous ce rapport, à une crête de coq. Immédiatement 
après , et sans intervalle vide , viennent les molaires: la pre- 
mière est assez semblable aux fausses molaires ordinaires $ 
elle n*a qu'une pointe principale et deux racines. Celle 
qui vient après et qui n'est peut-être aussi qu'une fausse 
molaire , est déjà plus compliquée : on y remarque d'abord 
la pointe principale, en avant de laquelle se trouve une 
pointe moins élevée , et par derrière trois pointes disposées 
en triangle. Quatre molaires viennent ensuite : on remarque f 
à la première , sa partie antérieure , formée d'une pointe 
épaisse , du côté externe , garnie à sa base intérieurement de 
deux pointes plus petites, qui forment avec la grande un 
triangle ; et sa partie postérieure , formée de deux pointes 
contiguë^, une à la face interne, et l'autre à la face ex- 
terne» Les trois autres de ces molaires se ressemblent : elles 
sont fori9iées , en dehors, d'une forte pointe, et en dedans 
de deux paires de pointes plus petites, l'une antérieurement, 
l'autre postérieurement. A la mâchoire supérieure on ne 
trouve que deux incisives de la même forme que les incisives 
latérales d'en-bas ; immédiatement après vient une fausse mo«s 
laire , à deux racines , mais implantée dans Tintermaxillaire, 
comme le seroit une canine ; aussi cette dent a-t-elle quel- 
quefois reçu ce dernier nom. Une seconde fausse molaire 
suit la précédente et Jui ressemble , et une troisième , qui 
vient après , a deux pointes principales , une en avant , 
l'autre en arrière, et est très- épaisse à sa hase. Les quatre 
molaires qui suivent ont la même forme : elles se composent^ 
en dehors y de deux pointes, une antérieure, l'autre posté- 
rieure , de forme triangulaire et à base très-large , et en d^ 



8o GAL 

dans d'une seule pointe ; mais, entre celle-ci et la (àcè ki-» 
terne des deux premières on en voit deux petites, trés-minces 
et fort aiguèsJ Ces singulières dents sont des plus découpées , 
des plus tuberculeuses, de toutes celles qu'on connoît; mais 
elles sont formées sur le plan général de toutes les^ molaires 
d'insectivores , dont les dents des makis se rapprochent aussi 
singulièrement. 

Les organes du mouvement sont tout-à-fait engagés dans la 
membrane qui garnit les côtés du corps, et qui fait elle-même 
partie de ces organes. Les quatre pieds ont cinq doigts, dis- 
posés parallèlement, et garnis d'ongles longs, forts, très- 
àigus et recourbés en demi-cercle; tous les doigts sont réunis 
par la membrane, au dehors de laquelle on ne voit que les 
ongles. La queue , assez longue , est , comme les autres 
membres, engagée dans la membrane. Celle-ci nait sous le 
cou, gagne les doigts des mains, passe aux pieds, dont elle 
embrasse aussi les doigts, et arrive à l'extrémité de la queue , 
de sorte que, lorsque l'animal étend ses quatre jambes et sa 
queue , il couvre une étendue beaucoup plus grande que son. 
corps, et offre à l'air, lorsqu'il saute, une telle surface, 
proportionnément à spn poids , qu'il ne tombe qu'avec len- 
teur, et que ses sauts se prolongent fort au-delà de l'étenâue 
qu'ils auroient sans cette espèce de parachute. 

On connoît peu les sens des galéopithèques et leur éten- 
due ; et l'on ignore tout ce qui , chez ces animaux , tient à 
la génération. Leurs yeux sont grands et satUans , leur nez 
est entouré d'un mufle; leur langue est douce; lears oreilles 
ne sont pas fort étendues, et leur pelage est moelleux, épais et 
d'une apparence laineuse. Ils n'ont point de moustaches, et 
la peau de leurs mains et de leurs pieds est très -douce. Les 
mamelles sont situées sur la poitrine , et la verge est pen- 
dante. Leur canal intestinal a un g^and cœcum. * 

Les naturalistes n'ont point encore accordé de place fixe 
à ces singuliers animaux dans leur système. Linnaeut , et 
même Pallas, qui en fit un genre particulier, les oignirent 
aux makis ; M. Geoffroy-Saint-Hilaire les transporta dans le 
sous- ordre des chéiroptères, comme intermédiaires entre les 
animaux de ce sous-ordre et les makis^ M. G. Cnvier, les 
j^açantà la fin des chéiroptères, les considère comme plus 



GAL , fit 

voisins., par leur organisation, des omnivores proprement 
dits que des quadrumanes. Illiger en fait la première famille 
de son ordre des velitantiaf qui flépond aux chéiroptères de 
MM» Geoffroy et Cuvier, mais qu'il place entre les mono* 
trèmes et les omnivores. H nous semble que la véritable 
place de ces animaux, dans Tordre naturel, est celle qiiî 
les fait servir de passage entre les makis et les chéiroptères ^ 
soit qu'on les place avec Lînnaeus à la fia des premiers , ou 
avec M* Geoffroy à la tête des seconds. 

On ne connoit bien qu'une seule espèce de galéopitbèque* 

Le Galéofitheque roux : Lemur volans , Linn. -, Audebert , 
Hist. nat. des singes et des makis, pi. i. Cet animal, à peu 
près de la grandeur d'un jeune chat, est d'un beau roux vif 
aux parties supérieures du corps , et d'un roux plus pâle aux 
parties inférieures. On dit qu'il répand une odeur forte et 
désagréable , mais que sa chair est fort bonne à manger. Les 
habitans des îles Peiew le nomment olechy et ce nom propre 
lui conviendroit mieux que celui qu'il a reçu des naturalistes* 

Le Muséum du Jardin du Roi possède un petit galéopo- 
thèque , dont on ne connoît pas l'origine , et dont on a fait 
le type d'une secande espèce ; c'est 

Le GALéopiTHÈQUE VARIÉ {Galcùpithecus varias y Audebert^ 
Hist. nat. des singes et des makis , pi. a ) , qui est beaucoup 
plus petit que le précédent, et dont le pelage,, d'un brun 
sombre, est varié de quelques taches blanches sur les jambes* 
Deux taches de même couleur se trouvent aussi entre les 
yeux. On a soupçonné que ce galéopithèque n'étoit qu'un 
individu très-jeune de l'espèce précédente. 

Enfin , l'on trouve dans Seba la figure et la description*^ 
d'un galéopithèque qu'on a aussi regardé comme appartenant 
à une espèce distincte. On en a fait 

Le Galéopithèque de Ternate : Galeopithecus ternatetisis , 
Geoff.; Seba, pL 58, fig. 2 et 3. Poil d'un gris roux, serré 
et doux comme celui de la taupe, plus foncé en^dessus qu'en** 
dessous ; quelques taches blanches sur la queue« 

Il y a lieu de penser qu'on découvrira encore d'autres 

espèces de gajéop^h.èques ; car il paroît qu'on rencontre de 

ces animaux 9 si •%;pe sont des écureuils, en Asie jusque 

dans la grande Tartarie. On trouve dans les observations de 

18. 6 



8a GAL 

physique deTempereur Kong-Hi, qu'une espl^ce de rat volant 
existe dans les épaisses forêts de la Tartarie; que ses ailes ne 
sont que des peaux légèref qui vont d'un pied à l'autre , et 
se terminent à sa quene ; que cet animal ne vole qu'en s'élan- 
çant d'un arbre sur un autre plus bas , et qu'il ne peut pas 
V^ler en montant, etc. (F. C.) , 

GALEOPSIS. {Bot.) On trouve dans Daléchàmps et d'au- 
tres anciens ce nom donné à quelques espèces de tamiurriy et 
 une espèce de sauge, salvia glutinosa, Dodoens Pappliquoit 
à la grande scrophulaire. Le genre des labiées, auquel il est 
maintenant attribué, est composé d'espèces auparavant 
éparses dans les genres Vrtica, Sideritis^ etc. ( J.) 

GALEOPSIS {Bot.), nom latin du genre Galéope. (L. D.) 

GALÉORHIN. {Ichthjol.) M. de Blainville a proposé d'é- 
tablir sous ce nom un sous-genre parmi les squales de la 
plupart des ichthyologistes. Le*^ milandre et l'émissole lui 
•ervent de type. (H. C. ) 

GALEOS. {Ichtlvyol.) Dans Aristote et quelques anciens 
naturalistes grecs, le mot yethîoç semhlt désigner notre chien 
de mer. (H. C.) 

GALEOTE, Calotes. {Ichthyol.) M. Cuvier a fait, sous ce 
nom, un genre de reptiles sauriens, très-voisin dç celui des 
Agambs de Daudin, et de celui des Lofhyres de M. Duméril 
(voyez ces mots}. Il lui assigne les caractères des agames et 
des lophyres tout à la fois ; mais il le fait différer des pre- 
miers en cela, que le corps, dans les galéotes, est régulière- 
ment couvert d'écaillés disposées comme des tuiles libres et 
tranchantes sur leurs bords , souvent carénées et terminées 
en pointe , tant sur le tronc que sur les membres et sur la 
queue , qui est très-longue ; celles du milieu du dos sont re^ 
levées et comprimées en épines, et forment une crête plus ou 
moins étendue. Les galéotes n'ont point de fanon, ni de 
pores visibles aux cuisses. 

Les Galéotes ne diffèrent véritablement des Lopityiies que 
parce qu'ils n*ont point la queue comprimée et garnie d'une 
crête §ur son dos. On les distingue d'ailleurs facilement des 
Iguanes, en ce qu'ils n'ont point le palais armé de dents , 
"et des Lézards, en ce qu'ils n'offrent pôiiït'sur k-j cuisses une 
rangée de tubercules poreux. 



GAL 85 

L'espèce la mieux connue dans ce genre est, 

Le Galéote , Calâtes vulgaris : Lacerta calotes , Linn. ; 
Agama calotes, Daudin, tom. 3 , pag. 36 1 , pi. XLIII; Iguane 
ofhiomaque , LatreiMe ; Iguana eaiotes , Laurenti. Tête, aplatie 
en-dessus , très-large par-derrière , munie de gros yeux peu 
saiUans et de vastes ouvertures aux oreilles , recouverte en- 
dessus de petites écailles minces, lisses et à peu près hexa- 
gonales; quelques écailles relevées en épines et en une double 
crête au^essus des oreilles; pieds assez longs; doigts. séparés, 
grêles et armés d*ongles crochus et noirs en-dessus. 'Taille de 
dix-huit pouces environ , sur lesquels il en faut prendre -à 
peu près quatorze pour la queue seulement. Teinte générale 
d'un joli bleu clair, avec des bandes tl'ansversales blanches. 

Ce reptile habite les contrées les plus chaudes ètg- Indes 
orientales, à Ceilan, dans les Moluquj&s, où on le nomme 
caméléon , quoiqu'il change peu ses couleurs. Ses oeufs sont 
fusiformes. 

Il vit dans les maisons et plus particulièrement sur les 
toits , où il se nourrit d'insectes et surtout d'araignées.^ On 
prétend aussi que souvent il prend les petits rats et se défend 
contre les serpens. 

Suivant M. Cuvier, il faut encore rapporter à ce genre 
Vagame arUquiné de Daudin , agama versicolor, que cet auteur 
a décrit d'après un individu qui existe dans les galeries du 
Muséum d'histoire naturelle de Paris. ( H. C. ) 

GALEPENDRUM. (Bo^) Genre établi par Wiggers {HoU., 
page io8), pour y placer le fycoperdon epidendrunif Linn. , 
jolie espèce de champignons, dont Micheli {Gen,, tab. ^5, 
fig. 2 ) avoit déjà fait un genre particulier sous le nom de 
lycogala, adopté par Adanson et puis par les botanistes qui, 
comme Persoon , ont jugé que cette plante ne pouvoit pas 
rester avec les vrais lycoperdons ou vesses -loups. Voyd 
Ltcogala. (Lem.) 

GALERA. {Mamm.) Brown , dans son Histoire de la Ja- 
maïque , donne la description et la iigure d'un animal qu'il 
nomme galera, et qui paroît être le tayra de Buffbn, espèce 
du genre Glouton. Voyez ce mot. (F. C.) 

GALERAND {OnUth.)^ dénomination bretonne du butor , 
ardea stellarU, LinvïM {Cn^D.) 



84 GAL 

GALÈRE. (Arachnoderm,) Les marins désignent presque 
toujours sous ce nom la Physale et la Vélelle , parce qu'avec 
une forme ovale , pointue aux deux extrémités, ces ani- 
maux * oiSrent une crête verticale longitudinale qui semble 
une espèce de voile qui les aide à nager. 

On le' donne aussi quelquefois à la coquille de Targo- 
naute. (De B.) 

GALERE. (Chim,) C'est un fourneau employé dans les arts , 
lorsqu'on. veut chauffer à la fois plusieurs cornues. Il a ordiv 
nairemeïit la forme d'un prisme rectangulaire qui repose sur 
le 8al|>«r une de ses grandes faces. On y remarque trois capa- 
cités,, le cendrier, le foyer, et celle où Ton place les cornues. 
Le£( ouvertures du cendrier et du foyer sont à un des boutis , 
et le tu^rau de la cheminée est au bout opposé. Les cornues 
qite l'on met dans une galère , sont ordinairement en grès ; 
elles reposent sur des grilles en fer .- pour les chauffer égale-r 
ment en haut et en bas, et suffisamment, on fait une voûte 
au fourneau avec des briques que l'on joint les unes aux 
autres nu moyen d'un lut de terre. Si Ton vouloit chauffer 
des cornues de velrre dans une galère ^ il faudroit séparer du 
foyer la capacité destinée à les recevoir, au moyen d'une 
plaque de fonte ou de tôle ; mettre un demi-pouce de sable 
sur cette plaque, y placer la cornue, puis remplir les vides 
de la capacité avec du sable. Presque toujours on élève un 
petit mur de chaque côté du fourneau, parallèlement à sa 
longueur, afin de soutenir les récipiens que l'on adapte aux 
cornu es« 

Le nombre des cornues que l'on peut placer dans les four- 
neaux de ce genre est de six k douze. • 

On construit des galères qui sont circulaires. 

£n général , ces fourneaux sont employés pour les distilla-^ 
tions de plusieurs acides^ quelquefois pour des sublimations* 
(Ch.) 

GALERITA. (fio£.) Suivant C. Bauhin, Tragus donnoit ce 
nom au pétasite, tussilago petasites. (J«) 

GALERITA. {Omith.) L'oiseau désigné dans Pline (Hist. 
nat. , liv. 1 o , cbap. 49 ) par ce nom latin est le cochevis ou 
alouette hHppée , alauda cristata , Linn. Varron a écrit g^a- 
Uritusy et ce terme ayant été corrompu dans^.Gesner, où. 



G AL W 

Ton trouve galericus , Rzaczynskî {Hist. nat, Polonict, p&g. 269} 
a suivi cette version fautive , qui a été ensuite copiée par 
Brisson , etc. Il y a aussi probablement erreur dans la déno- 
mination degalerita varia, donnée par Fabricio' de.Padoue au 
jaseur, ampelis garrulus, Linn. (Ch. D.) 

GALERIÎE, Gaierita, {Entom.) Nom donné par Fabrieius 
à un genre d'insectes coléoptèi*es, de l'ordre des pentamérés, 
et de la famille des créophages ou carnassiers. C'est une es- 
pèce qu'il avoit rangée d'abord avec les carabes , et qui pa- 
roît avoir les plus grands rapports avec les brachyns, comme 
on va le voir par les caractères suivans : Éiytres durs , dis^ 
tincts, comme tronqués, couvrant un abdomen aplati; cor- 
selet plus, étroit que l'abdomen , et tête plus large que le 
corselet ; jambes de dev^t échancrées. La seule différence 
générique consiste dans la manière dont la tête est articulée 
sur le corselet ; car dans les brachyns elle est sessile ou pres- 
que sessile, tandis que dans les galérites Tocciput rétréci 
forme une sorte de col. 

La Galé&ite américaine est figurée dans l'ouvrage d'Olivier 
sur les Coléoptères, n.** 35, pi. 6, n.^ 72. Le corps est noir; 
le corselet et les pattes sont jaunes, ainsi que le premier 
anneau des antennes. Les éiytres, sillonnés, sont d'un noir 
bleuâtre , velouté. M. Bosc en a rapporté beaucoup d'échan- 
tillons des États-Unis d^Amérique. (CD.) 

GALÉRITE; Galérites, Lam. {Foss. ) Genre de la famille des 
oursins , établi par M. de Lamarck , et dont les espèces ont 
pour caractères communs : Ifue base plate sur laquelle leur 
corps sYlève en cône ou en demi- ellipsoïde ; la bouche au 
milieu de la base, et l'anus près de son bord. ( Voyee Oursin.) 
On trouve quelques espèces fossiles de ce genre dans les 
couches anciennes du calcaire compacte; mais le plus grand 
nombre provient des couches de la craie, et il paroît qu'on 
n'en rencontre pas dans les couches plus nouvelles. 

On les trouve sous deux états : dans l'un , le test , toujours 
dépourvu de ses petites pointes , s'est conservé ; et dans 
l'autre il a disparu , n'ayant laissé que son moule siliceu^« Si 
l'on vouloit signaler les espèces sur ces moules, on séroit 
exposé k commettre des erreurs; car, dans ce- dernier état, 
les dix rayons qui forment les cinq ambulacres complets, 



«6 G AL 

sont ordinairement profonds , et très-dififërens de ceux des 
individus dont le test s'est conservé. En outre, ces moules 
portent souvent à leur face inférieure dix sillons , formés par 
des pièces intérieures du test et dont celui-ci ne porte aucune 
trace à Fextérieur. En conséquence nous nous bornerons à 
parler des espèces qui ont conservé leur test. 

Gal^ritè CONIQUE ; Galerites albo ' galerus , Lmck., Anim. 
sans vert., tom. 3, p. ao; Encycl., pi. i52 , fig.5, 6; Gmel., 
p. 3 1 8 1 • Corps conique , à cinq ambulacres complets, couverts 
de très -petits tubercules; bouche centrale, anus près du 
bord. Diamètre, i6 lignes. Lieu natal 

Galérite DépRiMÉE : G(tlerites depressus , Lmck. , loc. cit, ; 
Echinus depressus ^ Gmel., p. 3 182 ; Encycl., pi. i52, fig. 7,8. 
Corps siiborbiculaire, hémisphérique, dont les cinq ambu- 
lacres sont formés par dix lignes poreuses; anus ovale et 
très-grand près du bord. Diamètre, un pouce. lieu nataK.. 

Gal^rite a six bandes : Galerites sexfasciatus , Lmck. ,i.c., 
p. 21 ; Echinus sexfasciatus^ Gmel. , p. 3i83; Encycl., pi. i53y 
fig. 12, i3i Corps orbiculaire, convexe, portant six ambu- 
lacres; anus près du bord. Diamètre, 1 8 lignes. Lieu natal... 

Quoique les figures de rEncyclopédic paroissent ne repré- 
senter que le moule intérieur de cette échinide, nous avons 
cru devoir représenter cette espèce, attendu que ses six am- 
bulacres la distinguent essentiellement de toutes les autres. 

Galérite rotulaire : Galerites rotularisj Lmck., toc. cit,; 
Encycl., p. i65, ^g. i5 — 17. Corps orbiculaire hémisphé- 
^que , portant cinq petits ambulacres formés par dix petits 
sillons; anus entre le bord et la bouche. Diamètre , 5 lignes. 
Lieu natal , le département du Gers et F Angleterre. On en 
rencontre une variété un peu plus grande dans les couches du 
calcaire compacte. 

Les figures de l'Encyclopédie citées par M. de Lamarck 
paroissent représenter deux espèces différentes. 

GaliSrite scutiforme; Galerites scutiformis^ Lmck., loc, cit,; 
dn Scilla corp. marin, tab. XI , n.* 2 , Jig. superiores ? Corps 
ovale- elliptique , convexe, à sommet excentrique, à face 
inférieure concave ; anus près du bord. Diamètre, deux 
pouces et demi. Lieu natal 

Gaejérite globuleuse : Galerites glohosus , Def. ; Farkinson , 



GAL 87 

tOQi« 3, pi. 2 , fig. 10. Corps hémisphérique, à face inférieure 
étroite et un peu bomhée; ambulacres peu marqués^ anus 
ovale dans le bord. Diamètre, vingt lignes. Lieu natal.... 
dans des couches de craie. ' 

Galérite MIXTE; Galerites mixtus, Def.* Cette espèce a beau- 
coup de rapports avec la précédente ; mais elle en diffère 
par sa face inférieure un peu aplatie , et par cinq légères 
saiUies du test aux endroits où passent les ambulacres. Dia- 
mètre, seize lignes. Lieu natal, Saint- Paul -'/rois -Châteaux 
(Drame). 

Galérite TAONQuéE; GaUrites truncatus, Def. Corps hémi- 
sphérique, orbiculaire , à ambulacres peu marqués et à face 
inférieure très-plate ; anus en-dessous ptès du bord* Diamètre , 
vingt-deux lignes. lieu natal. . • . dans la craie. 

Galérite aplatie i Galerites complanatus , Def. Corps subor^ 
biculaire , aplati , à face inférieure concave ; anus en-dessous , 
contre le bord. Diamètre , plus de trois pouces. Fossile d'Italie» 
• On trouve encore dans Touvrage de M. de Lamarck ci-dessus 
cité la description des espèces fossiles de galerites ci-après ; 
la galérite commune ^ la galérite raccourcie , la galérite fen- 
dillée, la galérite hémisphérique, la galérite conoïde, la 
galérite ovale , la galérite sémiglobe , la galérite cylindrique , 
la galérite excentrique , la galérite ombrelle et la galéfitç 
patelle. Ces deux dernières espèces spnt figurées daps l'JBq- 
cyclopédie, pi. 142 , fig. 7,8, et pi. 143 , ûg. 1,2; mais , ces 
figures ni la description n'exprimant pas où l'anus se trouve 
placé, il y a lieu de penser qu^il est situé. d^ns le sillon qui 
se trouve entre deux ambulacres à la partie supérieure , 
comme nous en conooissons des exemples sur d'autres échi- 
nides; alors celles-ci devroient être rangées dans le genre 
Nucléolite du même auteur. 

Nous pensons que Féchinite auquel nous avpns donné » 
dans cet ouvrage , le nom de clypéastre trilqbé , doit être 
regardé comme une galérite, attendu qu'ayant la bouche au 
centre, les ambulacres complets et Tanus dan$ le bord, il 
en porte tous les caractères. ( De F. ) 

GALËRO {Mamm.)y un des noms italiens du loir. (F, C.) 

GALÉRUCrrES. ( Entom. ) M, Latreille a désigné , sous ce 
nom de tribu 9 plusieurs genres de la faniille d^s cpléoptère;^ 



88 GAL 

tétramérës * phytophages , qui comprend les altîses, les galé- 
ruques, les lupères et lesadories. Voyez Phytophages. (CD.) 

GALÉRUQUE, Galeruca. (Entom.) C'est le nom d'un genre 
d'insectes coléoptères tétramérés , ou dont les tarses ont tous 
cinq articles , dont les antennes sont en fil , composées d'arti- 
culations grenues ou en chapelet, et que nous rapportons 
en conséquence à la famille des herbivores ou phytophages. 

Ce nom , dont nous ignorons l'origine , a été d'abord em- 
ployé par Geoffroy, qui avoit très-bien caractérisé ce genre 
et plusieurs autres, qu'il a séparés de celui qui, dans l'ou- 
vrage de Linnaeus , portoit le nom de chrysomela. 

Le genre des Galéruques comprend donc des coléoptères 
phytophages à corselet rebordé , légèrement aplati , à an- 
tennes en fil n'atteignant pas les deux tiers du corps , et à 
cuisses postérieures simples. 

Ces divers caractères sufi5sent pour distinguer les galéru- 
ques , d'abord des érotyles , des cassides et des chrysomèles, 
dont les antennes sont plus ou moins grossissantes , et le corps 
arrondi en demi-sphéroïde tranché par-dessous; secondement, 
des alurnes , criocères , hispesetdonacies, dont le corselet n'est 
pas rebordé; troisièmement, des clytres et des gribouris, qui 
ont le corselet convexe en tout sens; des lupères, qui ont les 
antennes au moins aussi longues que le corps, quand elles 
ne le dépassent pas ; enfin , des altîses , qui ont les^ cuisses 
postérieures renflées et propres par cela même au saut. 

Le corps des galéruques est ovale-alongé , ce en quoi il 
diffère de celui des chrysomèles, qui est arrondi; mais d'ail- 
leurs les mœurs de ces deux genres sont à peu près les 
mêmes. Sous la forme de larves, comme dans l'état adulte, 
les galéruques se nourrissent de feuilles de végétaux : elles 
vivent en famille. Leur histoire est absolument celle des chry- 
somèles , auxquelles nous invitons le lecteur de se reporter. 

Fabricius , qui écrit ce nom de genre par deux II , GalU- 
ruca, y rapporte plus de cent espèces. Nous allons faire 
connoitre les principales j et notamment celles des environs 
de Paris, 

1 ." Galéruque de ia * TANAisiE , Golcruca tanaceti, Degéer 
nous en a donné l'histoire, la description et la figure, dans 
le tome V de ses Mémoires, pag. 399, n.** 4, pi. 8, fig. 27, 



GAL «9 

fille est foute noire ; les élytres débordent l'abdomen et sont 

])ointilIées. Les femelles, à Fépoque de la ponte, ont le 

Ventre si gros , elles se trati^ent si lentement sur la terre , 

et alors leurs élytres sont proportionnellement si petites, 

qu'on les prend au premier aspect pour des meloës. Les 

larves sont noires : elles portent un mamelon vis(|ueux à ^ 

rextrémité de l'abdomen , par lequel elles s'accrochent pour 

se retenir sur les plantes , et principalement à l'époque des 

mues et de la métamorphose en nymphe , qui se desséche à 

l'air libre , comme dans les chrysoméles et les coccinelles. 

2.^ Galiâruqde de l'aune, GaUruca alni. 

Car. Violette , avec les pattes et les antennes noires, les 
élytres grésillées ou marquées irrégulièrement de points 
enfoncés. " 

3.^ Galiâruque de l'orme, Galeruca calmarien$i$, Olivier en a 
donné une très-bonne figure à la planche 5, fig. 37, de ses 
Coléoptères. Elle est d'un jaune verdàtre ; le corselet et la 
tête sont tachetés de noir ; les élytres , légèrement velus , 
portent* une raie noire vers le bord antérieur, et quelque* 
fois une autre plus courte à la base. 

Cette espèce est extrêmement commune sur l'orme ; les 
femelles sont beaucoup plus grosses que les mâles. 

4.* Gauéruque du nénuphar , GaUruca nymphœœ. C'est la 
galéruque aquatique de Geoffroy. 

Sa couleur est d'un brun clair ; le rebord saillant des ély- 
tres est îaune ; les antennes sont mélangées de noir et de 
jaune ; le dessous du corps est plus foncé. 

On trouvé la larve sur les plantes nayades, les potamo» 
getons , les sagittaires , les nénuphars, etc. Leur corps est 
comme huileux ; elles peuvent nager à la surface de l'eau , 
pour se transporter d'une plante à une autre. 

5.^ Galéruque du saule-m arceau, Galeruca capreœ. Grise, 
à antennes noires , taches noires sur le corselet et les élytres. 

6*^ Galéruque de l'osier , Galeruca vitellinœ. Bleue ou 
verte ; élytres à stries de points; anus roux. (CD.) 

GALERUS BRABANTICUS. (Bol.) Sterbeeck a représenté 
sous ce nom , dans son Theajrum fungorum, pi. 99 , fig. F, ujie 
variété du champignon du fumier, agaricus Jimetarius, Linn. / 

Voyez Œufs a l'encre. (Lem.) 



90 ' GAL 

GALET. (Min.) Galet n'est point le nom d'un minéral par- 
ticulier; c'est le mot par lequel on est convenu de désigner 
ces morceaux de silex 9 de quarz, de 'granité, de schiste 9 de 
pierres calcaires ou de toute autre roche, qu'on trouve rou- 
lés y arrondis et réunis en grande abondance , soit sur les 
bords de la mer, sur les rives des grands fleuves, ou dans 
le lit des torrens; soit dans l'intérieur des terres, et formant 
alors des amas immenses qui ont donné naissance à des col- 
lines, qui ont rempli des bas-fonds, les ont nivelés et changés 
.en vastes plaines. 

Les cailloux roulés dont la réunion A)rme le galet propre- 
ment dit , varient de grosseur et de figure à raison du trans- 
port plus ou moins long qu'ils ont souffert, ou du roulement 
plus ou moins prolongé auquel ils ont été soumis* Les diffé^ 
rentes roches ne^'usent pas précisément de la même manière. 

Les quarz produisent souvent des masses ovoïdes, pointues 
à l'une de leurs extrémités. 

Les silex perdent leurs angles et conservent leurs saillies. 
. Les porphyres , les granités se changent souvent en sphé- 
roïdes fj^guliers. 

Les schistes et les roches micacées prennent toujours la 
forme discoïde, parce qu'ils se divisent en lames ou en feuil- 
lets , et qu'ils perdent aisément les angles de leurs bords. 

Enfin, les pierres calcaires compactes s'arrondissent d'au- 
tant plus régulièrement que leur texture est plus homogène , 
et qu'elles sont plus dures et plus solides. On remarque d'ail- 
leurs que ce sont, toujours les roches les plus tenaces qui 
forment le galet , tandis que celles qui sont tendres ou gra- 
veleuses, se réduisent promptement en sable ou en vase, 
sont transportées au loin, déposées dans les espaces où l'eau, 
redevenue calme et dormante , permet à ces molécules atté- 
nuées d'obéir à leur gravité spécifique et de se précipiter 
à la longue. Saussure et d'autres géologues ont prouvé , par 
de nombreuses observations, que le galet des vallées étroites, 
situées entre de hautes montagnes , appartient toujours aux: 
roches de ces mêmes montagnes, tandis que celui des plaines 
ou des grandes vallées qui y débouchent, est étranger et pro- 
vient souvent de contrées fort éloignées. 
Je divise le galet en deux classes : 1 .^ celui qui forme le 



GAL 9» 

sol de certaJns pays et qui est étranger aux courans d'eau 
actueilement existans; je le oomme galet antique. 2.^ Celui 
qui se forme Journellement sous nos yeux aux dépens des 
roches que nous connoissons en plaee, et qui est arrondi 
et transporté par Tactioa des fleuves , des torrens ovt de la 
mer; |e le nomme galet moderne. 

Le gaiet antique têt le produit des courans de l'ancien 
monde ; c'est le monument le moins équivoque de leur ac- 
tion violente, celui dont il nous est permis de retrouver 
l'origine en remontant les longues traînées et les vastes amas 
de ces matériaux déplacés , ea comparant les roches dont ils 
sont composés avec celles qui sent restées en place , et en 
retrouvant de loin en loin les témoins immuables du passage 
impétueux de ces grandes débâcles. Le galet antique ren- 
fenne quelquefois des roches dont nous ne connoissons plus 
aucun reste en place : tel est celui qui constitue le sol de 
Lyon^ d'une partie du bassin du Rh^ne en descendant jus- 
qu'à Avignon , qui est essentiellement caractérisé par un 
quarz grenu particulier qui n'est point un grés , et dont ce 
galet est presque entièrement composé. Ce même quarz, qui 
forme i^ussî les sept huitièmes du galet de la plaine de la Crau , 
que Saussure estime à vingt lieues carrées et dont la profon- 
deur est inconnue , ne se retrouve en placé ni dans les Al^es 
ni dans les autres montagnes qui bordent le fleuve. Il paroît 
donc ^ue la masse entière en a été fracassée et que les débris 
en ont été transportés au loin. Je ne connois en France 
que le quarz de la montagne du Roule près Cherbourg qui 
ait, à la teinte près, quelque analogie de structure avec 
celui dont il s'agit ici. Je remarquerai même que le quarz 
de la Crau a dû former, comme celui ide Cherbourg, des 
bancs continus et puissans , peutȎtre aussi des montagnes 
entières , puisqu'il est de fait que tous les quarz sont purs , 
qu'ils ne paroissent point avoir été disposés en simples filons , 
et qu'ils ne portent aucun indice de la roche dans laquelle 
ils auroient été contenus. 

Parmi les nombreux exemples de galets antiques, on peut 
donc citer ceux du Lyonnois et de la Crau , et ceux du Fié* 
mont et de la Lombardie , qui se trouvent sur une étendue 
d'environ trente lieues de longueur, et qui sont d'autant 



92 GAL 

moins mélangés de sable et de terre qu'ils occupent des es- 
paces où le courant qui les transportoit devoit avoir le plus 
de vélocité, et réciproquement (Saussure, §. i3i5). Il est 
arrivé souvent que ces grands dépôts de cailloux roulés se 
sont solidifiés à Taide du sable quarzeux ou de la terre cal- 
caire qui leur sert alors comme de pâte, et qu'il en est ré- 
sulté des bancs solides et étendus , des montagnes même assez 
élevées, uniquement composées de ces roches d'alluvion qu'on 
nomme Poudding. (Voyez ce mot.) 

Le galet moderne est composé des firagmens des roches 
sillonnées par les torrens impétueux qui sapent conti- 
nuellement leurs masses, qui en entraînent les éclata de 
chute en chute, et qui finissent par les réduire en cailloux 
arrondis et mobiles : ainsi pcéparés à de longs transports , ces 
débris roulans sont livrés par les torrens aux grands fleuves, 
qui les cbarient en nombre immense jusqu'à leur embou- 
chure dans les mers, où ils sont soumis au balancement des 
ilôts et bientôt réduits à Tétat de sable ou de gravier. Cette 
action de la mer, dans les lieux où elle est continuellement 
agitée , est extrêmement rapide j nous en avons de nombreux 
exemples: ainsi, depuis long -temps on protège la jetée du 
port de Cette par des blocs de pierre qu'on, exploite près 
de là , et qu'on y lance journellement ; ces masses de 
marbre dur, que plusieurs bœufs ont peine à traîner de 
la carrière à la jetée, sont bientôt réduits par le roulis ées 
flots en galets de la grosseur du poing. Saussure a fait la 
même observation sur des masses de laves jetées dans le port 
de Catane en Sicile, par les soins du prince de Biscaris (§. 
aoâ). Enfin, dans les lieux où le littoral est bordé par dés 
roches calcaires qui renferment des rognons ^le silex, la nier, 
en battant continuellement ces substances de dureté diffé- 
rente, produit des éboulemens, ronge le calcaire, isole les 
silex , les roule continuellement sur ses bords et en forme 
un galet local. Ainsi le galet moderne se prépare journelle- 
ment avec les roches que nous connoissons en place; mais.il 
peut aussi se trouver mêlé à des roches qui nous sont in- 
connues aujourd'hui , parce que les fleuves qui le transport 
tent peuvent traverser d'anciennes alluvions et en entraîner 
les débris. 



GAL 95 

Il est donc certain , par exemple , que le .galet du Rfaône , 
vers le terme de son cours , doit être composé des roches 
des Alpes et desquarz anciens^ qu'il rencontre en sortant des 
gorges du Jura , et dont l'analogue n'est point encore trouvé. 

L'étude du galet n'est point dénuée d'intérêt, puisqu'elle 
se rattache à l'histoire des révolutions anciennes, et qu'elle 
peut aider à en tracer le cours et la direction : aussi Sau»* 
sure la recommande dans l'Agenda qui termine ses Voyages 
géologiques , et qui renferme , selon lui , le tableau général 
dés observations et des recherches dont les résultats doivent 
servir de base à la théorie de la terre. 11 veut (§. 33 12) 
qu'on observe le volume de ces galets; qu'on remarque s'il 
y en a quelques espèces qui puissent servir à caractériser un 
canton ; qu'on s'assure si le galet qui occupe les bords d'une 
rivière peut être considéré comme ayant été charrié par elle , 
ou si elle n'a fait que le mettre au jour; qu'après avoir éta- 
bli le caractère propre à celui d'un canton, on le suive 
comme à la piste , et qu'on en déduise son origine et la route 
qu'il a suivie (il. ne s'agit ici qufs du galet antique)* Enfin, 
il pense avec raison, que la considération des cailloux qui 
forment le galet, la hauteur à laquelle ils se trouvent, les 
grande^ vallées vis-à-vis desquelles ils se rencontrent 9 peu- 
vent donner des indices sur la direction , le volume e4 la 
force des courans produits par les grandes révolutions du 
globe. (BaARD.) 

GALET. {Omith.) Voyci Galû. (Ch. D.) 

GALETS, Gaka» {Entom.) Partie de la bouche dans les 
insectes de l'ordre das orthoptères, comme les grillons, et 
dans quelques névrôptères. C'est un appendice mobile «t 
articulé, appliqué sur la partie externe de la mâchoire. 
Fabricius , qui l'a distingué le premier , a établi sur son exis- 
tence la dénomination de squ ordre des ulonates. (Voyc;^ 
Orthoptèees. ) Quelques entomologistes ont traduit le mot 
latin , employé par Fabricius , par le nom françois de casque; 
mais celui que nous indiquons est adopté plus généralement. 
M. de Blainville croit que la galète existe dans la plupart des 
coléoptères : il regarde comme telle la deuxième paire de 
palpes maxillaires des coléoptères créophages. Bulletin des 
sciencesy.Mai 1820. (C.D.) . . 



94 GÀL 

^ GA££TRA* (Ornith.) Ce nom et celui de gavina sont 
donnés , en Italie , à la petite mouette cendrée , larus cine- 
rascens, Lînn», que, sur le l^ de Côme, on appelle gu- 
leder. (Ch. D.) 

GALEXJS (IchthyoL) , nom latin. VoyezMiLANDRS. (H. C.) 
GALFELSTAART {làhthyoL) , nom hollandois de la girelle- 
croissant. Voye» Girellb. (H. C.) 

GALGA-RETAMA (Bot.), nom péruvien de Vahaiia ru^ 
gosa de la Flore du Pérou. Il est nommé aussi tauecortoMccam 

(j.) 

GALGO {Mamm.), nom de notre variété de chien4evrier 
en Espagne et en Portugal. (F. G.) 

GALGULE, Galgulus, (Entom.) Nom donné par M. La- 
treille à un genre d'insectes hémijitéres , de la famille des 
hydrocorées ou rémitarses, qui ne comprend encore qu'une 
espèce de la Caroline , rapportée auparavant au genre Nau- 
coRE (voyez ce mot), dont elle diffère en ce que ses tarses 
antérieurs se terminent par deux crochets et non par un 
seul. C'est l'espèce de naucore appelée hioculata par Fabri- 
cius , qui avoit remarqué cette particularité , pedihus anticis 
liunguiculaHs^ 

Le nom de galgutus est indiqué par Pline , lih, 3^ , cap, 1 1 , 
comme celui d'un oiseau auquel se rattachoient quelques 
préjugés. On pourroit croire que c'est un rollier ou un trou- 
piale , que les Grecs nommoient t^rspoç, ( C. D« ) 

GALGULUS. {Omith,) Ce nom, que Gueneau de Mont- 
beillard , dans une note sur l'article Loriot , regarde comme 
applicable à Vaws icterus et à Voles luridus de Pline, a été 
employé* par Brîsson pour désigner génériquemeni les roi- 
liers, coracias , Linn. (Ch. D.) 

GALI. (Bot,) L'arbrisseau ainsi nommé par les Brach- 
sianes, est le benkara du Malabar^ cité par Rliéed«, lequel 
paroît devoir se rapporter à la fomille des rubiacées, dans 
la section des fruits à plusieurs longes polyspermes. Clusius , 
dans ses Exoticaj cite aussi l'indigotier sous le nom de galL 

(j.) 

GALIAN. ( îch&\yoU ) Nom d'une espèce de cyprin qui vît 
dans les ruisseaux rocailleux des environs de Gathennopolis, 
en Sibérie. S^a longueur est d'environ trois pouces. U a des 



GAL 9» 

taches brunes sur un fond olivâtre ; le dessous de son corps 
est rouge. Ses écailles sont arrondies et fortement fixées à la 
peau. (H. C.) 

GALICE (IchthyoL), un des noms de la sardine. Voyez 
Clup^e. (h. Ç.) 

GALI-DOUSA ( Bot. ) , nom brame du perin^hara des Ma-- 
labares , «fui est Velceocarpus serrata de Linnaeus. ( J. ) 

GAUÈNE, Gulenia, {Bot.) Genre de plantes dicotylédones , 
à /leurs incomplètes, de 1* famille des àtripUoées, de l'octo»- 
drie digjmie de Linnseùs, offrant pour caractère essentiel: 
Un calice à quatre découpures ; point de corolle ; huit éta- 
mines; deux styles; Fovaire supérieur; une capsule à deux 
loges , à deux semences. 

Galiène d*Afrique : Galema ufricana , Linn. , Lamck. , JIL , 
tab. 3 1 4 ; K^ali Ugnosum , etc. , Boccon. , Mus. > 1 5o , tab. 1 1 o ; 
AtripUx africana ^ etc. , Till. , Hort. Pis.^ 20 , tab. 1 5. Arbrisseau 
originaire de TAfrique, et que l'on cultive au Jardin du 
Roi. n est remarquable par ses feuilles très «étroites, vis- 
queuses dans leur jeunesse, et par ses fleurs très -petites, 
sans apparence et sans éclat. Ses tigts sont assez fortes dans 
leur vieillesse, inégales, très -rameuses, hautes d'environ 
quatre pieds. Les rameaux sont grêles , cylindriques , la plu- 
part alternes, visqueux dans leur jeunesse, couverts de poils 
écailleux, peu apparens, garnis de feuilles sessiles, linéaires, 
canaliculées , persistantes, d'un vert un peu jaunâtre , longues 
d'un ou deux pouces; les supérieures opposées* Les fleurs 
sont heri>acées, un peu blanchâtres, disposées en une pani- 
cule terminale. Leur calice est petit, concave, à quatre 
divisions oMongues; les étamines au non^re de huit, à peine 
de la longueur du calice; les anthères à deux loges; un 
ovaire arrondi , surhionté de deux styles à stigmates simples. 
Le fruit est une capsule arrondie , biloculaire , renfermant 
deux semences. 

Le galenia procumhens de Linnœus fils est une plante peu 
connue, du cap deBonne^Espérance. Ses tiges sont couchées $ 
ses feuiUes ovales , canaliculées , étalées et recourbées à leur 
sommet. (Poir.) 

GALI GNOLE (Ornî^.), nom donné au faisan par les 
Nègres du Congo et d'Angole» (Ch. D.) * 



9« GAL 

GALILëEN. (IchthyoL) Haâselquist a décrit, sous le nom 
de sparus galilœus, un poisson du lac de Génésareth en Ga« 
lilée. Linnaeus et les autres ichthyologistes ont adopté cette 
espèce , qu'on .a appelée en François spare gaUlétn, ( H. C. ) 

GALINACHE. (Ornith.) L'oiseau de la Guiane que , suivant 
Labat (Voy. du chev. Desmarchais, tom. 5, p. Sag), les Por- 
tugais nomment ainsi^, et qui est appelé marchand par les 
François de Saint-Domingue, est le vautour urubu, vuUur 
auray Lino. Voyez Galunaça. (Cb. D.) 

GALI^Ë {IchthyoL)^ un des noms sous lesquels la torpille 
est vulgairement connue. ( H. G* ) » 

GALINETOS (Bot.) , nom provençal vulgaire , suivant Ga- 
ridel, de la scorzonère laciniée. (J.) 

GAUNETTE. {Bot.) Dans le midi de la France et en Italie 
on donne ce nom à la mâche : on désigne aussi sous ce nom 
les cocrétes. ( L. D* ) 

GALING-GALING. (Bot.) Voyez Ghalberua. (J.) 

GALINOLE (Bo^), nom languedocien de la clavaire co« 
ralloide , selon M. Gouan. ( J. ) 

GALINSOGE, Galirmga. {Bot.) [Corymhifires , Juss. = 
Syngénésie polygamie superflue y Linn.] Ge genre de plantes, 
établi par Gavanilles, en 1794? dans ses Icônes et Dtscrip^ 
tiones Plantarum , appartient à la famille des synanthérées , à 
notre tribu naturelle des hélianthées, et à la section dea 
hélianthées-héléniées, car il nous paroît avoir de Taffinité 
avec les genres Schkuhria , Florestina , Hymenopappus, Quoi 
quUl en soit, voici les caractères 'génériques que nous^avotas 
observés sur des individus vivans. 

La calathide est globuleuse , courtement radiée-, compo- 
sée d'un disque multifiore, régulariflore , androgyniflore » 
et d'une couronne unisériée , interrompue , pauciflore , ligu- 
liâore, fémiDiflore. Le périoline, à peu près égal aux fleurs 
du disque et sybglobuleux , - est formé de squames subuni- 
sériées, jpiresque égales, appliquées, larges, ovales, foliacées- 
membraneuses. Le clinanthê est conoidal et garni de squa- 
melles inférieures aux fleurs, ovales, membraneuses. Les 
ovaires sont obpyramidaux , subtétragones , hispides , pourvus 
d'un bourrelet basilaire et d'un bourrelet apicilaire ; leur 
aigrette est composée de squamellules lubuaisériées, àpetr 



GAL 97 

prés égaies , paléiformes^ Hnéairea » frangées a^r les bords , 
membraneuses, à base charnue. Les fleurs de la couronne ont 
la languette courte, large, auborbiculaire , trilobée; leur 
aigrette est dîmidiée, composée de squamellules filiformes- 
laminées, à peine barbellulées» 

Gaunsoge a petites FLEURâ j Galins0ga parviflora , Cavan. , 
Willd. , Pers. C'est une plante herbacée j annueUe, haute 
d'environ deux pieds: sa tige est dre^ée , rameuse^ cylin- 
drique , glabre ; ses feuilles sont opposées , péliolées j longues 
de deux pouces, ovales, triplinervées, légèreneot dentées, 
garnies de poils rares et courts; les calatbides, portées cha- 
cune sur un pédoncule grêle , sont tantôt disposées en pani- 
cule terminale , lâche , irréguliére , tantôt situées. 4ans l'ais- 
selle des feuilles supérieures et géminées i elles sonl petites , 
composées d'un disque ^auxie et d'une . couronne blai^che de 
cinq «fleurs. Cette plante, qui habite le Pérou, efit,odit*on, 
vulnéraire et antiscorbutique. 

Cavanilles , auteur du genre GaUi^oga, en «(..décrit deu?c 
espèces, qu'il a nomméts pary'ijlora. et ti'ilobak(tm Ik.est évi-. 
dent que c'est le parvifiora qui est le 'typ£ .du genre; car, 
outre que l'auteur a placé cette.espèée en. première ligne, 
les caractères qu'il, a donnés au genre ne s'appliquent exac- 
tement qu'à elle seule. Cependant, six ans après que Cava- 
nilles a -eu publié son Galinsoga, Roth a décrit le Galtnsoga 
parviflora sous le nom de wiborgia acmella. Le wihorgia de 
Roth étant absolument le même genre que le galinsvga de 
Cavanilles pisblié long-temps ;aaip!aravant, il ne pouvoit pas. 
être adopté par les botanistes , qui tiennent à l'observation 
des règles prescrites sur. cette matière par la raison et par 
la justice. C'est pourquoi , lorsque nous eûmes observé que 
les deux espèces de galinsoga de Cavanilles n'étoient point 
congénères , nous conservàmestle nom de galinsQga au par^- 
yiftora , comme étant le type 4u genre , et nous donnâmes 
le nouveau nom générique de segalgina k la seconde espèce. < 
M. Kunth, en adoptant sur ce point nos observations, a 
voulu éviter de reconnaître que nous en étions l'auteur : 
c'est pour cela qu'il a imaginé d'appliquer* à notre soga^ 
gina le nom de galinsogeaf et au vrai galinsoga celui de 
mborgia, qui «voit été donné par Thunberg et par Mœnch k 
18. 7 



y8 GAL 

deux genres de légumineuses, avant. d'être employé par 
Rot h. 

Le genre Sogalgina , que nous avons établi dans le Bulle* 
tin de la société philomatique de Février 1818^ ,est immé- 
diatement voisin du galirf,soga, dont il diffère par la couronne 
biliguliOore , c'est-à-dire composée de fleurs à deux lan- 
guettes , par le péricline imbriqué , par le clinànthe presque 
plane, par l'aigrette phimeuse ou composée de squamellules 
filifârmes barbellées , et par les branckes du style pourvues 
d'un appendiee senû-consque glabre, prolongé en un fUet. 
pë4»icillé. ( H« Cass. ) 

GALIOTË (Bof.) 9 ^om vulgaire donné dans quelques lieux 
à -la beneke, geum urbanum, (J.) 

GALÏPIER, Galipaa. {Bot.) Genre de plantes diciotylé- 
dotoe^, à- fleurs complètes, monopétalées, dont la famille 
naturelle 'n'est pas encore déterminée, appartenait à la 
diandrle monogynie de Linnaeus , caractérisé par un calice 
tubulé , à quatre ou cinq dents.; une corolle tubulée , divisée 
à son littibe en quatre ou cinq découpures profondes; quatre 
étamines didynames, les deux plus longues ferjtUes, les deux 
autres stériles; les anthères- oblonguei^; un ovaire supérieur, 
à quatre ou cinq côtes, surmonté d'un<style et d'ua stigmate 
à quatre sillons. Le fruit inconnu. 

Gaupi£1l a trois feuilles : Galifaa Irifoliata^ Aubl» , Guian, , 
662, tab. 269; Lamk. , IlL gen,, tab*- iq; vulgairement 
I'Inga- des Caraïbes. Arbrisseau .qui s'élève à ia hauteur de 
cinq ou six pieds , sur plusieurs tiges grêles , ranteuses , cylin- 
driques, revêtues d^une écorce lisse et verte. Les feuilles 
sont alternes, pétiolées, composées de trois folioles lancéo* 
lées, vertes, glabres, entières; celle du milieu plus, grande ; 
le pétiole commun canaliculé en -dessus, bordé d'un petit 
feuillet décurrent. Les fleurs sont petites, verdàtres, peu 
npmbreuses , pédonculées , disposées en . cène au sommet 
des rameamc. Leur calice est d^une* seule pièce, à quatre 
ou cinq angles et autant de dents aiguè's; la corolle presque 
infundibuliforme ; le tube court; le limbe partagé ^ en 
quatre ou cinq découpures oblongues , aiguës, inégales; 
1^ filamens attachés au tube de la corolle ; l'ovaire ar- 
rondi. Cet acbrisseau croit dans la Guiane, sur les bords^ 



GAL 99 

de la rivière d'Orapu. Il fleurit au mois de Septembre. 

(Pont.) 
GAUPŒA. (Bot,) Voyez Galivier, (Poir.) 

GALIPOT. (Bat,) Suc résineux qui découle de quelques 
espèces d« pins, et surtout du Pin maritime. Voyez cet ar- 
ticle et Résines. (L. D.) ' 

GALISOPSIS. (Bot.) Voyez GuchOn. (J.) 

GALL D'INDI (Ornitk,) ^ nom catalan du dindon, meUa" 
gris gallo-payo , Linn. (Ch, D.) 

GALLA MAREZA (Omith.)^ nom catalan du râle d^eau , 
rallus aquaticu» , Linn. (Ch. D.) 

GALLADFS* (ConchyL) Aristote paroi t avoir désigné sous 
ee nom la chama piperata, qui est, en éfifet, toujours d'une 
blancheur éclatante. (De B.) 

GALLAIQUE. (Min.) M. de Launay pense que les anciens 
donnoient ce nom à ' une variété de fer sulfuré d'une teinte 
blanche , qui se présentoit en cubes isolés : il paroît assez 
probable que c'est la même substance que Pline a désignée 
souple nom d^androdame, (Brari^.) 

GALLARETA ( OrrUth. ) , nom espagnol des sarcelles. 

(cTa.©:) 

GALLARIAS. (lehthyol.) Voyez Qalarias. (H. C.) 

GALLATES. (Chim,) Combinaisons de Tacide gallique avec 
les bases. Voyez Galuqbe [Acide]. (Ch.) 

GALLE,, Galla, (Enlom,) On appelle ainsi une excroissance 
produite sur les végétaux par la piqûre de d^ivers insectes 
qui, pour la plupart, y déposent nn ou plusieurs œufs, dont 
naissent des larves qui vivent ^ainsî en parasites. 

Ce nom est tout-à-fait latin; on le trouve dans nine , 
Hist, natuT,y lib, 20, ikip, 20, et dans Virgile, Géorgiques, 
livre IV. La principale espèce , qvA e^t recueillie dans le 
commerce pour servir essentielieflbnt^ la teinture-, ^t qui 
provient de l'Asie mineure , contient un aeide qu^on a nommé 
gallique, et les différens sels qui proviennent de l'union de 
cet acide avec une base, prennent le nom de galUUe en. 
chimie. 

Les galles se développent sur les différentes parties des 
végétaux : sur les feuilles ou sur leurs pétioles , sur ou dans 
les fleurs , dans la queue ou le pédoncule ^Ite» fruits ou de» 



loo G AL 

fleurs; daBs les bourgeons, sur les branches, les rameaux 9 
les troncs et même les racines de beaucoup de plantes; et 
souvent une même plante , comme le chêne, est piquée dans 
ses différentes parties par autant d'espèces d'insectes divers, 
qui choisissent chacun la portion du végétal qui convient à 
la larve, de sorte qu'on connoît plus de vingt sortes de 
galles différentes seulement sur le chêne. 

Réaumur , dans ses Mémoires , a fait connoitre , décrit et 
£guré un très -grand nombre de galles : la plupart sont pro- 
duites par des espèces de cynips et de diploUpes , comme nous 
Tavons indiqué dans ces deux articles ; mais il y a beaucoup 
d'autres insectes qui en produisent : ainsi , parmi les coléop- 
tères, quelques saperdes^ «n particulier celle du peuplier, 
quelques charansons , quelques criocéres; parmi les hyménop- 
tères, beaucoup de larves d'uropristes ou de. mouches à scie, 
en particulier celles de plusieurs Unthrèdes , qui déterminent 
des excroissances de formes très- variées. 

Parmi les hémiptères, quelques espèces d''aeanthie&^ comme 
celle qui rend monstrueuses les fleurs de la germandrée ; plu- 
sieurs espèces de psylles , de pucerons , des thrips,, qui pro- 
duisent les galles des feuilles du tilleul, des saules, des peu- 
pliers, des sapins, des genévriers ; enfin , plusieurs diptères , 
tels que les scatopses et les cosmies , dont les larves se déve- 
loppent dans les tiges, les racines, les fleurs des plantes 
.cynarocéphales et crucifères , et y produisent des tumeurs ; 
ou dans les fleurs avortées du buis, des euphorbes, etc.; une 
sorte de tipule dans les fleurs du genêt. 

On a distingué les galles des végétaux en simples, qui ne 
nourrissent qu'une ou plusieurs larves dans une même 
cavité , comme dans la galle d'Alep ou des teinturiers , dans 
la galle fongueuse du chêne , dans celle en grappe de raisin, 
etc. ; en galles comp^séeH^ comme celles du bédeguar, du 
rosier , des racines du chêne , du lierre terrestre , du chardon 
hémorrhoidal. 

On désire un travail complet sur les galles : quelques au- 
teurs s'en s'ont occupés. Degéer , Réaumur , Guettard , de 
Reynier, ont déjà préparé ce travail. D'Anthoine, Bosc, 
Marchant, ont donné la description de beaucoup d'espèces. 
Mais il n'y a p^ de recherches générales sur cette partie 



GAL loi 

intéressante de ^histoire naturelle des végétaux et des in- 
sectes. # 

Les principales espèces connues sont les suivantes. 

La Galle du rosier, ou Bédeguar (voyez ce mot) : elle est 
produite par un dîplolépe ou cynips. 

La Galle fongueuse du chêne , qui nourrit le dîplolépe ter- 
minal. 

La Galle en artichaux du chêne y du dîplolépe des bourgeons, 

La Gailt en cerise du chêne , provenant de la piqûre du dî- 
plolépe des feuilles. 

La Galle du commerce, ou noix de galle, produite par le 
cynips de la galle. 

La GaUe du genêt est produite par une espèce de diptère 
voîAn des tipules, dont M. Latreille a fait le genre Ceci- 
domye» 

Les galles vésiculeuses du peupUer noir, du saule marceau, 
renferment des larves de pucerons. 

La Galle des joncs est produite par un psylle ( 

La GaUe de l'euphorbe à feuilles de cyprès, celle de huis, par 
un scatopse ;, 

La Galle de la germandrëe^ par l'acanthie à grosses antennes* 
(C. D.) 

Une variété de sauge produit dans la Perse une galle 
charnue succulente , de la grosseur d'une petite pomme , 
bonne à manger, et que l'on vend dans les marchés. Belon, 
dans son Voyage du Levant, parle d'tne autre galle, cueillie 
sur le térébinthe , que l'on récolte au printemps pour les 
mêmes usages que celle du chêne. Elle a alors la Aême 
forme que cette dernière ; mais si on la laisse su^r l'arbre , 
elle s'alonge d'un demi-pied en forme de corne. (J*)' 

GALLERIE ; Galleria, Fab. (Entom,). Nom sous lequel 
Fabricius a désigné un genre d'insectes lépidoptères, de la 
famille des séticomes , ou à antennes en soie , très- voisin de 
celui des teignes, avec lesquelles nous avons même cru de- 
voir les laisser dans la 2^ologie analytique. En effet , ces in- 
sectes , sous l'état parfait , ne portent pas leurs ailes étalées 
dans l'état de repos, mais appliquées sur les qôtés du corps, 
qu'elles embrassent comme un fourreau , en se relevant ce* 
pendant à leur extrémité libre ou postérieurement» 



r 
103 G AL 

Réaiftiiur a très -bien décrit les mœurs die ces teignes dans 
son huitième Mémoire du tome ]f[, et en a fait représenter 
les principaux détails dans la planche 19, pag. 280, du niéme 
volume. Nous en extrairons les faits que nous allons faire 
connoitre, ayant eu occasion de suivre nous-mérae, plusieurs 
xfois et pendant plusieurs années de suite , Thistoire de ces 
insectes. Il est probable que le nom de gallerie a été choisi 
par Fabricius pour indiquer Tune des particularités de la 
manière de vivre des larves de ces insectes, qui se construi- 
sent des espèces de galeries ou de tuyaux , qu'ils ne transpor- 
tent pas avec eux , mais sôus lesquels ils vivent à Fabri , 
comme les mineurs dans leurs travaux souterrains. 

La principale espèce de ce genre, qui eU la teigne de la 
cire, gallena cereana^ a été figurée par Réaumur à la planche 
indiquée, et par Hubner dans son Histoire des lépidoptères, 
planche des tei^es, n."" 2 5. JEUe est grise, avec la tête et le 
corselet plus clairs ; les ailes ont de petites taches brunes 
le long de leur bord intérieur, et elles sont comme échan- 
erées à leur extrémité , ce qui forme une sorte de crête re- 
levée en arrière. 

Les larves de ces teignes se nourrissent uniquement de la 
cire des gâteaux alvéolaires , et elles font les plus grands dé- 
gâte dans les ruches des abeilles, à tel point que souvent ces in- 
sectes indiistrieux sont obligés d'abandonner leur demeure, et 
de laisser livrés à leur dévastation les rayons préparés, pour 
recevoir le miel et iegcouvain. Leur corps, couvert d'une 
p^au molle et tendre, porte cependant quelques poils roides 
et rfres. Chaque individu a sa galerie ou son tuyau distinct » 
que rinsecte alonge à mesure qu'il veut aller en avant, de 
sorte qu*il est de ces galeries qui ont jusqu'à douze pouces 
de longueur. A la vérité , ces tuyaux sont contournés : le 
tuyau est maintenu dans sa forme cylindrique par un tissu 
de soie serré que l'insecte file ; il est recouvert en dehors 
de petits grains de cire ou des excrémens de la chenille, qui 
masquent tout-à-fait la galerie , et qui, probablement, ga- 
rantissent les chenilles qu'elle renferme de la piqûre des 
abeilles , qui doivent faire tous leurs efforts pour s>n dé- 
barrasser. Voyez Teigne. (C. D.) 

GALLEITA. {Ornith*) On nomme ainsi, à Turin /le roi- 



GAL - io5 

telet, mùtaeiUa réguUiêf Linn.; et le^ noms de gaUelto di 
maggio^ et galUtto del hosco, désignent, en italien, la huppe 
commune , upupa epops, et le jaseur, ampelis garrulus, Linn. 
(Ch.D.) 

GALIÀCOLES. (Entom.) M. La treille a désigné sous ce 
nom , qui signifie habitans des galles , une petite tribu dln- 
sectes hyménoptères, qu'il avoit d^ahord indiquée sous le nom 
de dipiolépaires. Voyez Tarticle Cynîps et NÉoTTOcaypTEs, 
(C. D.) 

GALLIGASTRE (Omith,)^ nom provençal de la poule 
d'eau commune , fulica chloropus , linn» {Cm* D.) 

GALLINA. (IchÛifoL) A I^ice, dit M. RiSso, Ton donne 
ce nom au daelylopUre pirapèdt^ espèce de poisson vol^pt. 
Voyez Dactyloftère, (H. C. ) 

GALLINA* {^Orrûth.) Çc nom latin de la poule est ap- 
pliqué, par divers auteurs, à des oiseaux de genres diffé- 
rens. Avec Tépithète de ruslica, c^'est, dans Gesner, la bé- 
casse, scqlopax ruslicola^ Linn»; avec celle de corylorum, c^est, 
chez le même auteur et chez Aldrovande , la gelinotte , Utrao 
honasia, Linn, ; avec les épithètes de sylvatica, crepitans , c'est , 
dans la -France équinoxiale de Barrère, l'agami, psophia 
crepUans, Linn. La cane-pétiére, otis tetrax , Linn., est ap* 
pelée, en italien, galiina pratajuola, et le vautour perenop-^ 
tère est nommé , dans la même langue , gailina di FaraonCf 
(Ce. do 

GÀLLINAÇA* {Orfi>ith*) Ce nom et celui de gallinaço ont 
été donnés^ par les Espagnols et les Portugais au vautour 
urubu, vultur aura, Linn« Voyez Gaunacbe et Ga|.unasse« 
(Ch. d.) 

GALLINACCIA, {Bot.) Jean-Baptiste Porta décrit sous ce 
nom le même champignon que Sterbeeck a désigné par celui de 
FioauH FAScicuLUs (voyez ce mot), et Garidel par celui d'a^ 
garicus eseuUntus, ou de barbo^ nom provençal de ce cham«- 
pignon , que nous avons dit être le boletus frondosus , Pers. , 
ou Tomosissimus , Jacg. (Ljsm.) 

GALLINACCIO, GALLUCCIO, GALUNACCI, GALLIw 
I7ACEI, ( Bot, ) Divers noms italiens de la chanterelle , aga^ 
rieuï cantharellusy Linn., champignon placé maintenant dan^ 
le genre Merulius. Cette plante est ainsi dénommée parce 



104 GAL 

que ses sommitës sont découpées et ressemblent , jusqu'à un 
certain point, à la tête d'un coq qui chante. La chanterelle 
««st proprçment le gallinaccio giallo ou gialleto et gutdlieto 
des Italiens ! il y a encore le gallinaccio bianco , qui est un 
autre champignon (voyez Girolle blanche y à Ta rti cl e Girolle). 
La chanterelle étoit autrefois un objet de commeFce en 
Italie ; on en exportoit beaucoup pour la Hollande et pour 
la Belgique. (Lem.) 

GALLINACE. (Min.) Nom donné par les Péruviens au verre 
volcanique ou obsidienne , dont on trouve des plaques taillées 
et polies, qui paroissent avoir servi de miroir dans les gi/o^i/es 
ou tombeaux des anciens habitans du pays. Sa belle couleur 
neire lui a valu le surnom de gallinace , parce qu'on Ta com- 
parée au plumage du vultur gallinœ , qui paroft être révéré 
dans ces contrées. Voyez Obsidienne. (Brard.) 

GALLINACES. {Orniih*) Les oiseaux de cet ordre habitent 
presque tous les contrées chaudes des deux continens; à 
l'exception des alectors, ils ont peu l'habitude de se per- 
cher. Quoiqu'ils n'aient point de nourriture exclusive, ils 
vivent en général de graines, et pour avaler la boisson 
qu'ils ont introduite dans leur bec , ils lèvent la tête en 
l'air; ce en quoi ils diffèrent des pigeons, qui, en plongeant 
le bec dans l'eau , boivent d'un seul trait. Ils sont pulvéra- 
teurs , c'est-à-dire qu'ils aiment à se couvrir de poussière , 
habitude dont le principal motif paroît être de se débar- 
rasser de la vermine qui les tourmente. Les sexes présentent 
de grandes différences dans leur plumage jusqu'à ce que 
les individus aient atteint un âge avancé , époque à laquelle 
les femelles se revêtent quelquefois de celui des mâles, 
qui est plus éclatant ; et dans le plus grand nombre des es- 
pèces la taille de cçlle-*là est moins forte. En comparant les 
gallinacés aux mammifères sous les rapports de la structure 
intérieure , on voit que ceux avec lesquels ils ont le plus 
d'analogie sont les ruminans. Comme eux, ils ont trois esto- 
macs successifs *. la nourriture est réunie dans le premier 
jabot , qui travaille peu , et où les grains commencent seu- 
lement à se ramollir ; la digestion s'ébauche dans le second , 
qui est glanduleux, et elle se termine dans le troisième, qui 
est très^vigourevx , et qu'on appelle gésier. Radi, Magno- 



GAL »o5 

leiti et Réaumur ont fait, sut la force digestîre de Tes- 
tomac de ces oiseaux, des expériences que Spallanzani a 
vérifiées et multipliées, et il est résulté du travail de ce 
dernier que , si la trituration , à laquelle seule Réaumur at- 
tribuoit tout le mécanime de la digestion , préparoit la ma- 
cération des alimens , Taction des sucs gastriques servoit à 
compléter l'opération ^ à laquelle les petites pierres avalées 
par les gallinacés contribuoient fort peu , si même elles 
étoient de quelque usage. La longueur du tube intestinal 
ajoute encore à l'analogie de cet ordre d'oiseaux avec les 
mammifères, auxquels on vient de les comparer. 

Le sternum osseux des gallinacés est diminué par deux 
échancrures qui sont si larges et si profondes qu'elles occupent 
presque tous ses côtés. La pointe aiguë de la fourchette ne 
•se joint que par un ligaments à sa crête tronquée ^en avant, 
et, les muscles pectoraux se trouvant ainsi afibiblis , les galli- 
nacés ont moins de facilité pour le vol , auquel ils n'ont en 
effet recours qu'après avoir d'abord essayé de se soustraire 
par leurs pieds aux dangers dont ils se. voient menacés. S^il 
n'est aucun de ces oiseaux dont le chant soit agréable , c'est 
à cause de l'extrême simplicité de leur larynx inférieur. 

' Les gallinacés sont presque tous polygames , et le désir de' 
la reproduction est plus impétueux et plus fortement ca- 
ractérisé chez eux que dans les autres' classes d'oiseaux. La 
passion de l'amour, qui les domine, est même souvent ac» 
edmpagnée d'une sorte de frénésie , et les mâles se livrent 
des combats à outrance pour la possession des femelles. 

Les alectors , c'est-à-dire ces grands gaUinacés d'Amérique 
qui n'ont pas d'éperons, et dont la queue n^est composé^ 
que de douze pennes, comme les hoccos, les pauxis, les 
guans ou jacous, les paraquas, l'hoazin, qui vivent, dans 
les bois, de bourgeons et de fruits , se perchent sur les 
arbres et y nichent ; mais les autres font par terre , avec 
quelques brins de paille ou d'herbe étalés grossièrement , 
un nid , dans lequel la femelle pond un nombre d'œufs 
considérable. Le mâle , étranger à la construction du nid et 
à l'incubation , Test également à la nourriture de la femelle 
pendant qu'elle couve , et il ne s'occupe pas davantage des 
petits , dont les yeux s'ouvrent à la lumière d^s l'instant 



Jo6 GAL 

de leur naissance^ et qui vont eux-mêmes chercher leur 
nourriture , sous la direction de la mère , qui la leur in- 
dique. 

Aucune autre espèce d^oiseaux n^ofire à Thomme plus de 
ressources pour ses besoins, ses goûts et ses jouissances. La 
chair de beaucoup de gallinacés est un mets sain et légçr, 
qui restaure les malades , et qu'en état de santé Ton savoure 
avec délices. Leurs plumes servent aussi à divers usages , et 
la conquête du dindon , de la peintade , etc. , a fait placer 
ceux à qui elle est due^ au rang des bienfaiteurs de Thuma- 
nité. 

Les caractàres extérieurs et généraux auxquels se reçon- 
noissent les gallinacés sont: un bec voûté, dont La mandibule 
inférieure a les bords* recouverts par la mandibule supé- 
rieure , et que Linns&us compare à un harpon propre à ra- 
masser les alimens; des narines en partie couvertes par une 
membrane cartilagineuse; des pieds de médiocre hauteur^ 
ou courts , et propres à la course ; des tarses arrondis , nus 
et réticulés^ ou empiumés; trois doigts devant, et un ou 
point derrière; les doigts antérieurs unis à la base par une^ 
membrane , ou totalement séparés ; le pouce , lorsqu'il 
existe, élevé de terre, ou n'y touchant que par le bout, 
etquelquefois mutique; les ongles non rétractiles, courbés, 
pointus, et rarement comprimés sur les cètés ; une queue 
composée de douze à dix -huit rectrices, et quelquefois 
presque nulle , comme le prétend M. d'Azara à i'égard des 
tinamous. 

Ces oiseaux , que Ton peut diviser en nudipèdes et plu** 
mipèdes, fournissent peu de caractères saillans pour leur 
séparation en genres. linnaeus y comprenoit, sous le nom 
de galUnœ, outre l'autruche, l'outarde et le dronte, qui 
depuis en ont été distraits; les paons, les dindons, les fai* 
sans , les marails , les hoccos , les tétras , les peintades. M. Cu- 
vier a divisé les gallinacés en sept grands genres , .savoir : 
les paons, pat^o; les dindons, meleagris; les alectors^ alector; 
les faisans, phasianus; les peintades, numida; les tétras ^ tetrao^ 
les tridactyles , hemipodius , et les tinamous , tinamus. Ses 
subdivisions dans les genres qu'il en a .cm susceptibles, sont : 
pour les jlectors, en hoccos proprem^^it dits , erax; pauxi^ 



GAL 107 

ourax; guans ou \ato\i5 ^ penelope ; parraquas , ortalida; hoazin , 
opisthoeomus : pour les faisans , en coqs , gallus ; faisans pro- 
prement dits , phasianus; et en houpifères, lophophores, cryp- 
tonix : pour les tétras, outre les coqs de bruyère, les geli- 
nottes, les lagopèdes, auxquels il conserve le nom de letrao, 
en gtLUgas , pterocles ; perdrix , ptrdix, lesquelles comprennent 
les francolins, les perdrix ordinaires, les cailles, cotumix^ et 
les colins. (Ca. D.) 

GALLINARÏA. {But.) Rumph, dans l'Hfr^.^m^,, nomme 
ainsi deux espèces de casse, cassia obtusifolia et acutifolia ^ 
dont les noms indiens signifient herbe à. la poule. Elles tirent 
ce nom de la propriété qui leur est -attribuée de guérir les 
maladies des poules, soit par Fusage intérieur, soit par Tapplî^ 
cation sur les parties souffrantes. (J. } 

GALLÎNASSE. (Ornith.) Cet oiseau, désigné dans le Dic- 
tionnaire théorique et pratique de chasse et de pèche de 
Delisle de Sales, et daps celui de FEncyelopédie méthodique , 
comme -un corbeau du Pérou , est le vautour urubu , nommé 
gaUinaza par les Espagnols , qui prononcent gallinaça , et par 
les habitans du paya, suyuntu, qu'on prononce soujountoa^ 
Voyez Galukazb. (Ch. D.) 

GALLINA2E. (Ornith.) M. Vieillot a formé des vautowrs 
urubu et aura, conférés, d'après Sonnini et M. d'Atara, 
comme deux espèces diB'érentes, un genre particulier dans 
la famille des vautours , et il lui' a appliqué , en françois , 
le nom de gallinaze, et en latin celui de catharista, dérivé 
d'un mot grec correspondant au verbe purgo , qui annonce 
des habitudes communes à l'ordre entier, plutôt qu'une 
qualité distincte. Les caractères assignés par cet auteur aux 
gallinazes sont d'avoir le bec un peu grêle, alongé, à bords 
droits; les narines simples, percées à jour, situées sur la 
partie antérieure du bec ; la tête et le cou ridés ou mame- 
lonnés, un peu poilus. Les deux espèces sont : 1.^ l'iribu 
proprement dit de M. d'Azara , n.*^ 2 , correspondant' à 
l'urubu de Bufibn, catharista urubu ^ Vieill. ; 2.^ i'acabiray, 
Azara, n.* 3 ^ ^catharista aura, Vieil!. Voyez Vautour. 
(Ch. D.) 

GALLTNE. ( IchthjyoL ) On donne vulgairement ce nom à 
plusieurs espèces de poissons du genre Trigle, mais plus par* 



»od GAL 

ticulièrement au trigle grondin et au gronau. Voyez TaiGLE. 

(H. c:) 

GALUNELLA {Bol. ) de Césalpin , Jean-Baptiste Porta et 
des Italiens. Voyez Gallinole. (Lem.) 

GALLINELLA, (Ornith.) Cetti , pag. 277, applique ce 
nom au râle d^eau, raUus aquaticus , linn. (Ch. D.) 

GALLINETTE. ( Ichthyol. ) Voyez Gallina et Galuno. 
(H. C.) 

GALLINETTO ( IchthyoL ) , Dom que Ton donne , sur la 
c6te de Nice , à l'hirondelle marine , trigla hirundo , Linn. 
Voyez Teicle, (H. C.) 

GALLINO (IchthyoL) y nom nicéen du gronau, poisson du 
genre Trigle. Voyez ce dernier mot. (H. C.) 

GALLlNOGRALLES.( Ornith.) M. deBlainviUe, dans son 
Prodrome , a proposé , pour désigner une famille d^oiseaux 
de Tordre des échassiers qui ont des rapports avec les gal- 
linacés, ce terme, composé des mots gaUinacei et grallatoresp 
(Ch. D.) 

GALLINOLE et GALLINETTE. [Bot.) Noms qu'on donne, 
en Languedoc et dans d'autres parties du midi de la France, 
aux clavaires rameuses des espèces que nous avons décrites , 
à l'article Clavaire, sous les noms de clavaires coraUoïde, 
cendrée, ametl^ste et bicolore. Ces champignons ont été ainsi 
appelés à cause de leurs sommités, semblables en quelque 
sorte à de petites crêtes de poule ou de coq , surtout dans 
la variété bicolore , qui est blanche avec les extrémités 
purpurines. En Italie on les nomme gallinella, qui signifie 
poulette. (Lem.) 

GALLINSECTES. (Entom.) Nom vulgaire des Cochenilles 
(voyez ce mot) , genre d'insectes hémiptères de notre fa- 
mille des phytadelges ou plantisuges. ' 

M. Latreille a désigné sous ce nom de gallinsectes une 
petite famille, ou plutôt une tribu de cette division, qui 
comprend les cochenilles et les kermès ou chermès, dont les 
femelles apodes se fixent sur les végétaux , et dont le corps 
se gonfle après la fécondation , pour servir d'enveloppe aux 
œufs, qui éclosent ainsi sous le cadavre de leur mère, le- 
quel simule une sorte de galle ou d'excroissance végétale. 
(C. D.) 



GAL 109 

GALLINULA. (Conchyl.) Klein {Tentam. 08tracoL,p. 56) 
fait sous ce nom un petit genre de quelques espèces dé 
strombes. ( De B* ) . 

GALLINULA (OrrUth.) y nom latin et générique, pro- 
posé par Brisson et adopté par Latham , pour les poules 
d'eau que Linnœùs n'a pas séparées des foulqueis , fulica* 
(Ch. D.) 

GALLINULE. (Omt^fi.) M. Vieillot a adopté ce term« 
françois pour désigner les poules d'eau , galUnula de Brisson 
et de Latham ; et quoique ce mût ne soit qu'un diminutif 
de poule , ïans présenter une idée particulière et propre i 
faire sur-le-champ distinguer ce groupe d'oiseaux aquatiques 
des gallinacés proprement dits, on l'auroit adopté pour éviter 
des innovations; mais., si la dénomination d'hydrogalline, 
déjà employée par M. de Lacépède, n'est pas très-régulière 
quant à son origine, elle offre au moins, en un mot alongé 
seulement d'une syllabe, Tavantage d'exprimer ce que ne 
dit point gallinule, et l'on croit devoir la préférer. Voye^ 
HvDROCAixiNE. (Ch. d.) 

GALLIQU£ [Acide]. {Chim,) Acide qu'on extrait de la 
noix de galle, et qui est caractérisé par la couleur bleue 
qu'il développe quand on le mêle avec un $é\ soluble de per- 
oxide de fer. 

Composition, 

En poids. En volume. 

Oxigène • • . • • 38,36 ... 1 
Carbone . • • • • 56,64 ... 2 
Hydrogène • • • • 5,oo .... 2 

(Berzelius.) 

Propriétés physiques* 

L'acide gallique a ordinairement la forme de petites ai- 
guilles transparentes , d'une blancheur parfaite. Il a une sa- 
veur aigre qui n'est pas sensiblement astringente. 

Propriétés chimiques. 

L'acide gallique rougit la teinture de tournesol, Richter 
estime qu'il faut 3 parties d'eau bou^U^te e( 20 d'eau froide 



iio GAL 

pour en dissoudre une diacide. L'alcool froid en dissout plus 
que l'eau ; car y si l'on roéle une solutioin alcoolique saturée 
avec de l'eau, il se produit un précipité: lorsque l'acide gal- 
lique se sépare lentement, soit de l'eau, soit de l'alcool, il 
cristallise en aiguilles soyeuses, très-brillantes ; mais, pour 
qu'il conserve sa blancheur, il ne faut pas le mettre en con» 
tact avec des papiers dont on n'auroit pas enlevé le sous- 
carbonate de chaux et le peroxide de fer avec de l'acide 
hydrochlorique. 

Il ne précipite pas la gélatine. 

L'acide sulfurique foible n'altère pas sensiblement l'acide 
gallique; mais l'acide concentré le décompose. 

L'acide nitrique , versé dans une solution d'acide gallique , 
y développe une couleur pourpre , qui bientôt passe au jaune % 
il se produit une légère odeur nitreuse : l'acide gallique est 
décomposé. 

La solution aqueuse d'acide gallique, mêlée à l'eau de' po- 
tasse concentrée, ne donne pas de précipité. I^s liqueurs 
prennent une couleur jaune, qui devient rouge pair le con- 
tact de l'oxigène. Cette couleur perd peu à peu de son inten- 
sité, et finit par passer au jaune-orangé. Si, deux heures^après 
avoir fait le mélange des liqueurs, on neutralise l'alcali ea 
excès par l'acide acétique, on observe que l'acétate de 
peroxide de fer n'y produit que quelques flocons d'un 
brun verdàtre. Au bout de vingt- quatre heures, la même 
épreuve fait connoître que tout l'acide gallique a été dé- 
composé. , ' 

La solution de soude se comporte comme celle de potasse. 

L'eau de barjrte*, ajoutée à la solution d'acide gallique, en 
sépare des âtHïons blancs, qui deviennent verts, puis bleus 
et pourpres par le contact de l'oxigène ; ils finissent par 
prendre une couleur gris -fauve : alors l'acide gallique est 
décomposé. 

Les^ eaux de strontîane 6t de chaux se comportent comme 
celle de baryte : ces trois bases ne décomposent pas i'aeide 
gallique aussi rapidement que la potasse et la soude. 

Ces expériences me conduisent à penser que , s'il existe 
réellement des gallades alcalins ( c'est-à-dire des alcalis unis 
à- l'acide gallique non altéré-), on ne peut eertainement pro-^ 



\ 



GAL »" 

duîrevces èoœposés en mêlant avec le contact de Taîr des 
solutions d'alcalis et d'acide galltque. 11 seroit important de 
savoir si ces composés existent réellement. 

La solution d'acide gallique , mêlée avec le c^bonate de 
potasse, devient Jaune, puis d'un vert foncé. A la longue 
il se dépose quelques flocons. 

L'acétate de plomb est précipité en flocons blancs par 
l'acide gallique , et en flocons jaunètres pour peu que celui- 
ci contienne cette substance que j'ai décrite , en 18 15, 
dans l'Encyclopédie (partie chimique, tom. VI, pag. a5S 
et suivantes ) , et à laquelle M. Braeonnot , qui ignoroit 
probablement mon travail, a donné le nom d'acide ella- 
gique. 

L^acétate de pepoxide de fer est précipité en bleu. Ce 
précipité, qui ai le princif»e colorant de l'encre à écrire' 
(voyez £ncre, tom. XIV, pag. 462 ), a été considéré par M. 
Proust comme du gallate de peroxid'e de fer, et par M. Ber- 
thoUet comme un mélange de charbon et d'oxide noir de 
fer. Si l'existence de la combinaison de l'acide gallique avec 
le peroxide de fer est douteuse, celle de ce même acide avec 
le protoxide de ce n^tal est certaine ; car , en mettant du 
fer avec une solution d'acide gallique sous le contact de 
l'air, il y a dégagement de gaz hydrogène, dissolution du 
fer ; la liqueur se colore en bleu dès qu'elle a le contact de 
l'oxigéne. , 

L'acide gallique , dissous dans l'eau, se décompose sponta- 
nément ; il se produit une matière brune , abondante en 
charbon. 

L'acide gallique , chauffé dans une petite cornue , se fond , 
dégage quelques vapeurs huileuses^ et il se sublime dans le 
col de la cornue des aiguilles ou des lames cristallisées, que 
l'on a prises généralement pour de l'acide gallique non altéré , 
mais qui m'ont paru différer de cet acide sous plusieurs rap« 
porta. Il reste beaucoup de charbon. 

Telle» sont les propriétés que j'ai reconnues k Facide galli- 
que extrait par le procédé que j'ai décrit, en i8i5, dans 
l'Encyclopédie , article cité. Je vais le rapporter. 



»>2 GAL 

Préparation de V acide gallique. 

On fait infuser une partie de noix de galle pulvérisée avec 
!huit parties d'eau ; on filtre dans un flacon qui ne doit en 
être rempli qu'aux trois quarts de sa capacité. On bouche 
le vase , et on l'abandonne dans une chambre dont la tempé- 
rature est de i5 à 2 5 degrés. Il se dépose d'abord un sédi- 
ment d'un gris jaunâtre , formé en grande partie d'acide ella- 
gique; il se produit ensuite des moisissures. Quand ladécom* 
position est jugée assez avancée, on expose le flacon à une 
température de 6 à o degrés ; il se précipite beaucoup de 
petites aiguilles du plus beau blanc : c'est l'acide gallique. 
On jette le liquide sur un filtre , de manière que le sédiment 
et les moisissures restent pour la plus grande partie dans le 
flacon. On recueille l'acide gallique sur le filtre , et en le 
fondant dans l'eau froide et passant la solution dans un 
papier lavé à l'acide hydrochlorique, on obtient, par l'éva-- 
poration spontanée de l'eau, de très -beaux cristaux. J'ose 
assurer que ce procédé est le plus convenable pour obtenir 
l'acide gallique. J'en expliquerai la théorie au mot Tannin. 

Usage, 

L'acide gallique pur n'est d'aucun usage. Mais cet acide , 
uni. aux autres principes de la noix de galle, est employé 
dans les laboratoires comme réactif de plusieurs substances 
métalliques, notamment du fer et du titane, et dans plu-v 
«ieurs teintures comme matière colorante. (Ch.) 

GALLITE. {Ornith:) M. d'Azara a décrit, n."* aaS et 226, 
sous les noms de petit coq et de guirayetapa , deux oiseaux 
appartenant à son ordre des Queues-rares , dont M. Vieillot a 
fait, dans la famille des Mjothères , le genre Alecirurus, carac- 
térisé par un bec plus large qu'épais , droit, conico-convexe, 
dont la mandibule supérieure est un peu crochue à la pointe 
et l'inférieure droite , et qui a les narines arrondies , située^ 
vers le milieu du becj la langue large ^ courte, et non tçr^ 
minée, en «pointe; les angles de la bouche garnis de longs^ 
poils noirs; la penne bâtarde des ailes courte et pointue;, 
la troisième rémige la plus longue de toutes ; les doigts dis- 
tribués trois en devant et un derrière; les pennes de la. 



\ 



* 

^u^iie verticales et susceptibles de l'ester relevées dans la 
première espèce, la secoade noyant que les deux rectrices 
extérieures sur un plan vertical, et rien n'annonçant si sa 
queûe est relevée comme celle de Fautre. 

Ces oiseaux sont d'un naturel tranquille et peu farouche; 
ils ne s'élèvent pas beaucoup , mais ils volent avec légèreté 
et sans secousse ; ils n'entrent pas dans les bois , et ne se 
perchent que sur les joncs et les plantes aquatiques. Quoi- 
qu'ils prennent ordinairement par terre les insectes dont ils 
se nourrissent , ils se jettent sur ceux qui passent prés d'eux. 
Quand ils sont effrayés, ou lorsqu'ils veulent dormir, ils se 
cachent si bien sous les plantes , qu'on ne peut les en faire 
sortir. M* d'Azara a toujours trouvé les mâles à d'assez grandes 
distances entre eux ; mais il a quelquefois rencontré en 
petites troupes des femelles » 9^'^^ ^ peut-être confondues 
avec des jeunes , comme on e$t d'ailleurs en droit de l'in- 
férer des inductions quïl tire ^ sur un prétendu . herma«- 
phroditisme, de la forme et de la disposition des pennes de 
la queue* 

Le Gau-itb TatcoLORts {Aleclrurus trkolor., Vieil! ♦ ) celui 
que M. d'Azara nomme petit-coq, est long de cinq pouees et 
demi; les douze pennes caudala» ont de fortes barbes, et^ 
à l'exception des deux intermédiaires, elles ont. la forme 
d'une pelle, c'est-à'^dire qu'elles s'élargissent beaucoup à 
leur extrémité, et présentent un plan vertical, comme celles 
du coq; les deux intermédiaires ont douze lignes de moins 
que celles du milieu. Le mâle a le front marbré de blanc 
et de noir ; le dessus de la tête et du cou , la queue et ses 
parties supérieures sont d'un noir profond , ainsi-qu'au demi- 
collier au bas du cou; les côtés de la tête et les parties in» 
férieures sont de couleur blanche ; le dos et le croupion 
sont cendrés; lés plumes. scapulaires et les petites ouvertures 
du dessus des ailes sont d'un beau blanc; les grandes cou- 
vertures et les rémiges sont noirâtres, avec* une bordure 
blanche ; l'iris est brun. Le bec , qui est olivâtre , a la pointe 
tirant sur le noir, et cette dernière couleur est celle du 
tarse* La femelle, dont les dimensions sont plus petites, a 
le dessus de la tête et du cou ' d'un brun noirâtre, avec 
Uiie bordure d'une teinte plus claire, le doS d'un brun 
i8. 8 



114 GAL 

tomsktre , les couvertures supérieures et les pennes alaire) 
noirâtres et finement bordées de blanchâtre. Les pennes cau- 
dales, de 1:^ même forme que celles du màle^ mais pliées en 
deux parties , présentent un enfoncement et ne se relèvent 
pas au-dessus du croupion. Le dessous du corps est, chez 
quelques femelles , d'un Mjftnc moins sale; les autres teibtes 
sont moins vives , et la gorge est brune. 

Cet oiseau se trouve entre les 26.* et 2Ô.' degrés de lati- 
tude , arrive à Buenos-Ayrés en Septembre , et en repart 
au mois de Mars -, quelques-uns restent toute l'année dans 
le pays. Le -mâle mente presque verticalement dans les 
airs , en battant viv-ement des ailes et relevant beaucoup sa 
queue ; on le prendroit alors pour un papillon. Descendu 
à environ trente-six pieds de terre, il se laisse tomber obli* 
quement pour se p^er sur quelque plante. 

La second)? espèce, que M. Vieillot ne présente pas dé- 
cidément pour tell€, et qui est le guira jyetûpa, c'est-à-dire, 
en langage guarani , l'oiseau coupeur ou en ciseaux , est 
longue de onze pouces et demi : elle a , comme le petit-coq , 
dix-neuf rémiges et douze rectrîces; Textëpieure de «haque 
côté se jcàûi, ^ans le mâle , -au-dessous des auti^s^ toutes deuit 
sont ébarbées sur dix-sept lignes de longueur, -et leur plan 
est vertical. La seconde penne , plus courte , excède de einq 
pouces 'les deux intermédiaires; tes autres sont éiagéeèy et 
toutes, fortes et roides, ont l'extrémité pointue. «L'oreille 
est couverte de plumes noires, alongées, et celles qui en- 
tourent les yeux et couvrent la base du bec , 'la gorge , ^«le 
partie du devant du cou et les autres parties iin^étii'eures , 
sont blanchies; un collier de pluikies n&ires occupe le4>as du 
«ou et le haut de la poitrine ; le dessus de la iéte et du cou 
j est noi'ràftre , le dos et le croupion sont plo^mbés; les rés^ges 
«ont brun«s , -et les grandes ootev^rtures «npérieures noires , 
avec tftf )Hséré blaïic ; les autres sont «marbrées de hhakc eê, 
de cendré) lesiteôtn&tÈisont noiràfres et termhiées de bron-i 
l'extérieupe est «»tièran«Qt noire ; ^rirîs «st brun > ^le >b«c d^ 
couleur de paitle «ècbe, «t le fsarse ooidrà^fetv. 4.a «femelle ^ 
beaucoup fdtts p^ite ^^ëie le mAle, a la tôte et lue devant 
4u cou i^nobàtipes, le d^mi-coUierd^un f^oùx sale ; le éctstn 
du corps blanc , «v*e€ un peu de rovge ^r lea îfliincs; le 



r 



GAL «>« 

(Toa , le croupion et les petites couvertures supérieures des 

ailes 9 d'un, brun rouss^tre ; les grandes couvertures plus 

foncées et bordées de rouge , 1 1 les pennes caudales noî^ 

rà très- 
Cette espèce a paru à M. d'Azàra composée de kuit à dix 

fois plus de femeÛes que de mâl^ , vu qu'il a rencontré les 

premières en bandes de plus de trente ; mais il ne dit ce-» 

pendant pas qu'il y ait polygamie parmi ces oiseaujc* 

(Cfl. D.) 

GALLITRICHUM. (Bo/.) Les anciens botanistes nommoient 

ainsi la sclarée , $alvia seUtrea , ainsi que quelques autres 

espèces du mena* gen^e. (J.) 

GAtLlTZINITE (Min.), nom donné à une variété de HtMm§ 

otidé ferrifère f en Thonnéur du prince Dimitri de Gailitsiny 

qui cultive la minéralogie* (Brari>«) 

. GALLO ( Omith* ) y nom du coq^ en espagnol et en italien» 

(Ch. D.) 
GALLON (Ichihyol,) y nom vulgaire de la tanche de mer, 

labrus tinca , Linn. M. de Lacépède en a fait son labre tMthf 

coïde. VoyetLABRS* (H. C.) 

GALLUCCIO. (Bot.) Voyfz Gallxhaccio. (LpM.) 
GALLULUS. {Ornith.) Ce terme est employé par certains 

auteun pofir désigner }0 jaaenr, onipa^ts gorralicf, Linn* 

(Ch. do 

GALLUS {Omiôi^)^ Mm la^n du coq. (Cb. D.) 
GALLUSCHEL et GJSJUSEL (Bo^), omis silésieiu de la 
chanterelle , champignon du geni^ Merulias. (Lbm.) 
GALLYaiON {9ot*)y nom grec du lis, cité par Mentsfi. 

GALMEY (Ji4ifh)y synonyinç allemand de la cidaminff. 
Voyex ZiNG oxx»é« (Brard.) 

GALONNÉ* {EfpétoL et I^hlhyoL) Ce nom spécifique a 
été donné k un S^^calb, k un |<^ar», i une Grckooilcc. 
( Voyez c^s diiférens mots. ) Nous avons parlé de la vipérç 
galonnée de IXandjn, eu cQlnlt€r Umm$e^tu$ de lini^peus, à 
l'article Élaps. ( H. C- ) 

GAUOPINA. {Boé,) Genre d^ plantes dicetylédenea, à fleurs 
complètes, monopé^ées, de la famjile des rubioieéês, et de 
la tétrandrie 4ify^ de j^nwj| , o%ant pour «^saclè'ç essen* 



ii6 GAL 

rtiel : Un calice à peine saillant ou presque nul; une corolle 
monopétale , à quatre divisions roulées 'en dehors ; quatre 
ëtamines; deux styles; le fruit inférieur, composé de deux 
semences hérissées , globuleuses. i 

Galofina fausse -cihcée : Galppina circeoides, Thunb., Nos', 
gen» , 1 ; Poir. , Encycl. , Suppl.; WiUden., Spec, i , pag. 706 : 
Anthosptrmum galopina, Thunb., Prodr. 3 2, Plante herbacée j 
du cap de Bonne-Espérance. Ses tiges sont glabres , simples^ 
cylindriques, droites, foibles, rougeàtres, hautes d'environ 
deux pieds, rarement rameuses ; les rameaux alternes, étalés; 
les feuilles opposées , pétiolées , glabres , entières , oblongues, 
aiguës, plus pâles én-dessous, longues d'un pouce et plus, ren- 
fermant,' dans leurs aisselles, d'autres. feuilles plus petites. 
Les fleurs sont opposées, disposées en une. panîcùle lâche, 
diffuse, terminale; les pédoncules et les pédicelles glabres, 
capillaires, accompagnés de bractées sétacées , opposées. 
Leur calice est à peine apparent; la corolle monopétale, 
contenant quatre étamines; les âlamens longs, capillaires ^ 
les. anthères droites, alongées; Tovaire inférieur, surmonté 
de deux styles un peu plus courts que les étamines; les 
stigmates simples; le fruit fort petit. (PoIr.) 

GALOS - PAULESi {Mamm,) Marmol, dans sa Description 
deTAfrique, rapporte que les Espagnols donnent ce nom à 
un singe couleur de chat sauvage, qui a la queue longue e;t 
le museau blanc ou noir. On a rapporté cette description 
au patas, mais sans fondement. (F. C.) 

GALPHINIE, Galphinia. (BoU) Genre de plantes dicoty- 
lédones, à fleurs complètes, polypétalées, très-rapproché tles 
malpighia (moureiller) , appartenant à la famille des malpi- 
ghiacées , et à la décandrie trigynie de Linnsus , caractérisé par 
lin calice à cinq divisions , 'piivé de glandes ; cinq pétales 
inégaux , plus ou moins onguiculés ; dix filamens libres ; un 
oyaire à trois loges. monospermes; trois styles. Le fruit n'est 
pas connu. 

Ce genre , très- peu distingué des malpighia , auxquels il 
devroit peut-être appartenir, en diffère par ses filamens libres 
et non cbnnivens à leur base , par son calice privé de glandes. 
Peut-être que les fruits, s'ils étoient connus, offriroient quel- 
que autre caractère. Ce genre a été établi par Cavanilles. Il 
se compose de trois espèces. 



G AL n? 

Galphinie GLAUQUE : Galpliinia. glduca , CuVan, ^ Icon. rar.', 
5, tab. 489; Poir. , Illust. suppl, , Xàb, 967. Arbrisseau décou- 
vert dani le Mexique , à Salvatierra et Aeambaro. II s'élève 
à'ia hauteur de six pieds, et se divise en rameaux rougeàtres^ 
cylindriques , garnis de feuilles opposées , très-médiocrement 
pétiolées, ovales ^obtuses, entières, vertes en - dessus , glau- 
ques en r dessous, souvent munies d'une petite dent à leur, 
partie inférieure. Les fleurs sont disposées eh une grappe 
terminale ; les pédicelles opposés , mutiis de petites bractées 
axiUaires, ovales -aiguës: le calice divisé en cinq découpures 
profondes, ovales, étalées; la corolle jauhe , souvent, rou- 
geàtre à son sommet ; les pétales ovales, onguiculés ; le supé* 
^ieur plus grand; les filamens libres; les anthères oblongu es, '- 
aiguës, presque sagittées, échancrées. à leur base; l'ovaire et 
les styles rouges. On distingue , dans l'intérieur de l'ovaire , 
trois loges monospermes. 

Galphinie HéaissÉE; Galphinia hirsuta, Cavan. , Icon» rar., 5 j 
p.:62. Cet arbrisseau s^élève un peu plus que le précédent: 
il présente des rameaux velus, opposés , rougeàtres , élancés, 
garnis de feuilles ovales, médiocrement p étiolées , hérissées 
à leurs deux faces. Les fleurs sont disposées en une grappe 
terminale, longue, d'un demi -pied et plus, semblable d'ail- 
leurs à celle de l'espèce précédente. Cet arbrisseau croît 
au Mexique, entre Chilpancingo eiKio-Azal. ■ \ • 

Galphinie glanduleuse; Galphinia glandulosa , Cavan. , Icon» 
rar.f 6, page 46, tab. 665. Cette espèce, découverte au 
Mf^xique, comme les deux précédentes, s'en distingue par ' 
ses. tiges et ses rameaux glabres, par ses feuilles lancéolées; 
les pétioles munis de deux glandes à leur base. ( Poir. ) 

PALUCHAT. {îchthyoU) On appelle ainsi dans les arts 
une sorte de peau verte ou grise, extrêmement dure ^ et ré- 
sistante ,- susceptible du plus beau poli , granulée , et ayant 
l'apparence d'un corps minéral renfermant' des corpuscules 
d'une teinte plus claire, dans uite pâte fonoée. On en 
connoît deux espèces , l'une à petits et l'autre à gros 
grains. ! 

Cette peau sert à couvrir les boîtes et les- étuis destinés à 
renfermer les bijoux et les petits meubles précieux* Cette k 
petits graine est fournie par la roussette, squalu$ canmlà\ 



««8 GAL 

Lînn. , poisson an genre des squales , fort commun sui* nos 
cAtes : elle est peu estimée. ' 

Long-temps on a ignoré d*où provenoit Tautrè espèce , que 
les gainiers de Paris tirent exclusivement de FAngleterre, 
et qu'ils paient fort cher. M. de (.acépède a démontré qu'elle 
étoit la dépouille d'une raie dé la mer Rouge et de celle des 
Indes; c'est la raie sephen 5 raja sêphen, Forskal. Pourquoi 
notre industrie ne s'est- 6lle^ pas encore emparée de cette 
branche de commerce P Nous savons les moyens de la faire 
prospérer, et nous l'abandonnons aux étrangers, quand nous« 
mêmes en avons le plus grand besoin. Procurons- nous donc 
dire^ement-le galucbat dont nous manquons, et allons le 
chi^cher dans les mers les plus éloignées ; il nous reviendra 
encore à meilleur marché. Voyez Pastena<;^ve et S£FH£y. 
(H. C.) ^ 

GALUGA (Bot.)^ nom malais du rocou, suirant Rumph. 

GALUNGEN, KALUNGEM. (Bo^) Seton Daléchamps, 
c'est par corruption que Serapion et les Maures nomment 
ainsi le cAUtngian des Arabes, qui est le galanga* (J.) 

GALVANI {IchihyoL)^ nom spécifique d'une ToxifXttB* 
Vbyeï ce mot. {H. C») . 

€ALVANîA. (Bat.) Genre de plantes établi par VandelH> 
Speôiirié Flor. Lms* et Bras, y pag. 16 , tab. 1 , fig. 7. Ce genre ^ 
de la famille des ruMacétt, de la pentandrie monogynie de 
linnseuS) a beaucoup de rapports avec lepa/icourea d'Au* 
blet, ainsi quWec les fsjyôothria* Il diffère du genre d'Au« 
blet par le tube de sa corolle ventru, f€rmé à son otifioej 
par les poils des filame^s^ par les anthères aèoagées , bifidea 
à ituvs deux extrémités. Le caKce est fort petit , d'une seule 
|âéoe^ à CÎ114 dents; la corolle monopéiale ; le limbe à cinq 
délroupures aig«4fs; les étamioes an nomluie de cinq ; les fila-^ 
mèms insérés à l'a base du inhé de la ooroUe, pourvus de 
puils qui ferment l'^rtiiee 4u tube i lesantkèf es à deux loges ; 
un ovaire infèriietir en oirale Jienvené ; le style filiforme ^ 
légèrement incliné, plus long que les étamines; le stigmate 
k deux divisions diveisgentés. Le fruit confeisfce en ^mû baie 
k ûnat loges) cbaqué loge imf«rme xwe semence ftx^éei 
OàHê ^ante croit au Brésil. (Tom.) 



GAM 119 

GALVEZIA. (Bot.) Dans les manuscrits de Dombey se 
trouvoit sous ce nom un genre du Pérou que nous avions 
adopté et mentionné, dans le Gênera plantarum, parmi les 
scropiiulaires ou personées. Les auteurs de la Flore ont réuni 
ce genre dans la même famille au dodartia , dont il diffère 
seulement par une corolle renflée et un stlgiiiate simple, et 
ils ont appliqué le nom de galvezia à un autre genre, décrit 
ci-aprés: ^J.) 

GALVEZIE, Galvtûa. {Bot.) Genre de plantes dicotylé- 
dones, à fleurs complètes , polypéfalées , de la famille des 
Uutrinées, de Voctandrie tétragynit de Linnspus, offrant pour 
caractère essentiel : Un calice à quatre découpures; quatre 
pétales ; huit étamines , les alternes plus courtes ; un appeau 
dice glanduleux sous les ovaires, au nombre de quatre, con^ 
niveiis; autant de styles ; quatre drupes supérieurs, renfer^ 
mant cJiai^un une Boix à une seule loge. 

Galvézie ponctuée : GaWezia punclcUa,' Prodr, Flor, Fer,, 
pag. &6j tab. 35 ; et Syst,^ pag. 97. Arbre du Chili, très-remar- 
quable, dont les feuilles répandent une odeur aromatique 
trèsragréable : elles sont opposées, médiocrement pétiolées, 
oblongues, lancéolées, dentées en scie, parsemées de points 
transparens, glabres, épaisses, coriaces, tou>ours vertes; les 
fleurs disposées en grappes paniculées, axillaires, un peu 
plus courtes que les feuilles; les ramifications opposées, com-- 
primées, garnies à leur base de petites bractées lancéolées; 
le calice divisé en quatre petites folioles ovales , caduques; 
la corolle blanche , à peine une fois plus grande que le ca- 
lice ; les pétales alongés , concaves et réfléchis ; les anthères 
ovales ; les ovaires placés sur un corps oblong , glanduleux. 
Le fruit consiste en quatre drupes ovales , en bosse , ponc- 
tués. (PoiR.) 

GAMACHE. (Omith.) Suivant Salerne, on nomme ainsi» 

dans le département de la Pordogne , la fauvette à tête 

noire, motacilla airicapiUa, Linn. (Cm. D«) 

GAMAL {Mamm.), nom hébi€u du chameau. (F. C. ) 
GAMALA {Mamm.) j nom chaldéen du <ihameau. (F. C.) 
GAMAMAH. {Omith,) Selon Gesn^ et Aldrovande, le 

pigeon porte , en Arabie , ce nom et ceux de chamamah et 

é'éuuunachm (Ca. D.) 



120 GAM 

GAMANA PERIDE. ( Bot. ) On lit dans VHistorîa plantarum 
de Rai , que ce nom est un de ceux donnés au quinquina dans 
le Pérou. (J.) 

GAMAON {Bot,), nom portugais de Tasphodéle , selon 
M. Vandelli. (J.) 

GAMARSA. (Bot.) Voyez Cogombrillos. (J,) 
GAMASE, Gamasus. (Entom,) M. Latreille a établi. sous, 
ce nom un genre d'insectes aptères, de la famille des acères , 
voisin des Irombidies , ou de celle des rhinaptères , près des 
cirons. Ce nom de gamasus est emprunté du grec. Suivant 
M. Latreille , il signitieroit agijte. Le ciron des coléoptères , 
acarus coleoptratorum de Linna^us , en est le type ; mais M. 
Latreille annonce que ce genre n'est pas encore bien cir- 
coàscrit. Voyez Mixte. (C. D.) 

GAMAT {Botn)^ nom malais du menispermum.glaucum. de 
M. de Lamarck , rapporté par M. De CandoUe à son genre 
Cocculus, (J.) 

GAMBALEVROT. (Ornith.) On nomme ainsi, dans les 
Langues, en Piémont, le pluvier gris, qui est le vanneau 
suisse en habit d'hiver, tringa heWetica , Linn. (Ch. D.) 
GAMBALIEN. (ErpétoL) Voyez Caméléon. (H. C.) 
GAMBARETfO. {Entom.) C'est le nom du taupe-grillon 
ou courtilière en Italie, à cause de sa ressemblance avec 
l'écrevisse. (C. D,) 

GAMBARUR. {ichthyol.) Voyez Demi-bec. (li. C.) 
GAMBERELLO. {Bot.) Micheli indique sous le nom italien 
de gamherello di colore aJfUmmicato , un petit agaric dont le 
chapeau , cre,usé en forme de godet, de couleur de fumée, 
est porté sur un stipe alongé, comparé ainsi à une petite 
jamJ>e , comme le signiOe le nom italien de gamherello. 
(Lem.) 

, GAMBETTE. {Omith.) Cet oiseau se rapporte au cheva- 
lier aux pieds rouges, tringa gambetta, Linn*, et totanus ca^ 
lidrlsy Bcchst. (Cu. D.) 

Gx\MB0-GO0SE. {Ornith.) C'est l'oie armée de Bufifon, 
anas gawbensis, Linn. (Ch, D.) 

GAMBRA.' {Ornith.) M. Temminck a ainsi nommé, dans 
son Histoire générale des gallinacés^ tom« 3, pag. 368 , une 
perdrix qui se trouve 5ur les bords de la rivière de Gambie 



ou Gambra , et qui estvla même que ia perdrix de rocke , 

pcrdix petrosa, Lath,' {Cb. D,) 

GAMMA. {Entom.) Ceét un nom donné à quelques espécea 
de papillons portant sur leurs ailes des lignes blanches qui 
ontla forme de cette lettre grecque9.r.QU y. Ainsi le papillon 
diurne G blanc , C album, a été nommé gamma , et la noc- 
tuelle gamma a. été, appelée- le- gannna doré* par Geoffroy. 
(C. D.) 

GAMMARQLITHË. (Foss.) C-est un des noms génériques 
qui ont été; donnés anciennement aux crustacés fossiles. 
(D. F.) . 

GAMONONG {Bol. ) , nom malais de Vhehenaster de Runfph , 
qui paroit appartenir au genre Plaqueminier. (J.) 

GAN. {OmiihJ) L'oiseau auquel on donne, sur le lac de 
Constance , ce nom et celui de ganner , est le harle vulgaire \ 
mergus mengonser, Linn. et Lath. (Ch. D.) 

GANDASULI, Hedychium, {Bot.) Genre de plantes mono- 
coiylédones, à fleurs irrégulières ^ de la famille des amomées, 
de lamonandrie monogynie <ie Linnaeus, très- rapproché ée^ 
hœmpferiaff offrant pour caractère essentiel : Un calice trés^ 
loog, tubulé, tronqué obliquement à son bord; une corolle 
monopétale, à long tube grêle : le limbe à six divisions ; 
deux très-étroites, linéaires; trois autres ovales -oblongues; 
la sixièii^ plus large , éch ancrée ;en cœur : un filament at- 
taché à Torifice du tube ; .uns. anthère longue, linéaire, 
canaliculée ; un ov-aire inférieur; le style très -long, tra- 
versant. le sillon de Fanthère; le stigmate presque en tète y 
pubescent. 

Gandascli A BOUQUETS : Hêtlyckiumcoronarium, Lamk., Dict. 
en£. , 2 , p. 6o3; Kœnig, in Retz.:, fasc, 5 , p. 73 ; Kœmpferia 
hedjchium , Lamk. , IlL gen. , tab: 1 , fig. 3 ; Gandasulium , 
Rumph., Amhoiiu, .5 , p. 176, tab» 69, fig. 3. Plante intéres- 
sante par Todeur suave de sesr. fleurs, et qui croît à Java et 
dans ia presqu'île . de Malaoca. Sa racine est ' blanchâtre^ 
presque cylindrique, horizontale, avec des cicatrices annu- 
laires, garnie de fibres filiformes ; elle produit des tiges 
droites, simples, hautes de trois pieds et plus, garnies de 
feuilles alternes, > oblongues, 'aijguës, presque sessiles, en- 
tières, vertes et glabres en -dessus, pâles en^dessous, parso- 



»«a G AN 

mets de pails longs et raires, longues d'un pi«d, Utgês d*oii 
pouce et demi, traversées par Une eôte blanche avec dei 
stries obliques , latérales et tréa- fines. 

Les fl«urs sont disposées en un épi sessile, terminal, 
ovale-oblong, un peu lâche, Qpmposé d'éeaiUes en forme de 
spathes, deux à deux , JUine plus large 9 enveloppant Fautre , 
alternes sur Taxe commun 9 vertes, glabres, oblongnes, con« 
caves, roulées en dedans à leurs bords, enveloppant deujç 
fleurs qui s'épanouissent l'une après Fautre. Ces fleurs sont 
blanches avec un peu de Jaune, et répandent une odeur 
trés-agréable : leur calice est membraneux , saillant hors des 
écaiUes, long d'un pouce , une fois plus court que le tube de 
la corolle , tronqué obliquesient àspn bord , coqqne la corolle 
des airistoloches } le tube de la corolle est grêle , long de 
deux pouces et demi , un peu courbé , légèrement renflé 
après sa sortie hors du ^lice , terminé par un limbe d'un 
pouce et demi de diamètre , ouvert , à six divisions inégales , 
trois plus intérieures. Le filament est plane, linéaire, large 
d'une ligne ; l'anthère linéaire, soudée au filament, courbée, 
longue de quatre lignes, à deux lobes canalicnlés, appliqués 
l'un sur l'autre, laissant entre eux une cavité qui donne 
passage au style. L'ovaire est petit, oblong $ le style eapil** 
laire , de la longueur de la fleur : il traverse le tube , suit le 
filament de l'étamine, et enfile la cavité longiti#inale de 
l'anthère , . formant , en sort§nt , une saillie courte que ter- 
mine le stigmate. La plante cultivée ne donne point de 
graine ; elle se multiplie par les cayeux que l'on sépare de 
ses racines. Elle fait Tornement des jardins dans les Indes 
orientales. Les jeunes- filles s'orseyat la tête de ses fleurs, à 
cause de la bonne odeur qu'elles répandent. Il seroit à désirer 
qu'on puisse la propager en Europe» (PniA«) 

GANOASULIUM. (BoU) La plante^ d.e la famiSle des 
amomées , nommée ainsi par Aumph , est Vheâ^hium de 
Kcsnig et de M. de Lamarck. Voyez GAVPAam.i. (J.) 

GANDIS (Bot, ) , un des noms donnés dans l'Inde, suivant 
Clusius, avL folium Indum ou Cadegx-zndx. Voyez ce mot* 
(J.) 

CAbIDOLA. {Bot.) On trouve, dans l'Hère* Amhmn* de 
Rumph, cité sous ce nom> le hatella^^ (J.) 



GAN »2» 

GANëBU {BoL)^ nom'japonois de la vigne sauvage , viti$ 
Mrusca, suivant M. Thunberg* (J.) 

GANEJOU. {Bot.) D'après Clusius, c'est le nom donné 
par les Hongrois .^à un champignon pernicieux , qui parott 
être le même que lefungus bomhacwê , tiguré pi. 24, BB, de 
l'ouvrage de Stèrbeeck sur les champignons, et le même 
que notre Cb AMrieKON du miiifia* Voyez cet article , Tom. VIII, 
p. 129 , et Fonce* ( Lem. } 

GANELLI. ( lehéiyol, ) A Nice , ddon M. Risso , Vàn donYie 
ce nom à la raie pécheresse. Voyex Bai^droie* (H.* C.) 

GANGA. {Omith.) On a déjà exposé dans ce Dictionnaire, 
au mot AicBiiTA^ considéré comme synonyme d'e la gran- 
doule , Ifes incertitudes qui existaient sur la véritable place 
qu'il conrénoit d'assigner k cet oiseau. Parmi les faits que 
Darluc a ciiés dans son Histoire naturelle de Provence, 
fom. 1 , pag. 557 , les plus importans sont de nature & le 
rapprocher des pigeons, puisqu^l ne poud que deux, et* 
rarement trois œufe; que les petits naicsent sans plumes, et 
que la mère leur dégorge la nourriture jusqu'à ce qu'ils 
soient ateez forts pour quitter le nid : tandis que les per- 
drix , dont la ponte est considérable , ne s'occupent pas de 
ce soin, et que leurs petits, qui vont couverts de plumes 
au moment de leur naissance , vont sur4e*champ à la re- 
cherche des alimens, qu'ils savent dès^lors se procurer eux- 
mêmeSé Les divers auteurs qui ont parlé du ganga l'ont 
néanmoins rangé assez généralement parmi les gallinacés, 
et Darluc^ n'osant trancher la difficulté, n'a vu d'autre 
moyen de te tirer d'embarriis sur ce point , que de l'appeler 
figeon-perdi^x de la Crau. 

M. Temminck, qui, dans le 3.*^ vi^ume de son Histoire gé- 
nérale des pigeons et des gallinacés, associe an ganga plusieurs 
espèces étrangères , en a &tt , «otis le nom de pteroêleê , un genre 
qu'il a placé «ntre les tétras et les perdrix -, mais , quoiqu'il 
n'ait pas été à portée d'étudier personnellement les mœur;i5 du 
premier , sans égard pour les observations de Darluc , con- 
firmées depuis par M. de Believal, de Montpellier, il at* 
tribue iHix oiseaux de ce genre une ponte de quatre à 
cinq «eufis , ei dit que les petits cottrent aussitôt après leur 
iiaiiiance* Ix méoBe iiuteur donne aussi aux gangas la Ik- 



124 GAN 

culte de cdtirir très-vite sur le sable, et il la fait résulter 
de la forme de leurs pieds, taudis que le ganga cata ou )a 
grandoule marche lentement. Quoi qu'il en soit , les divers 
naturalistes continuant de présenter les gangas comme ap-^ 
partenant à la famille. des gallinacés, malgré la forme et la 
longueur de leurs ailes, leur vol élevé et très-rapide, leur- 
ponte, la manière de boire jet d'éïevér lès petits, i&t indi- 
quant seulement des caractères propres à en faire un- genre; 
particulier, on se bornera à faire remarquer que le signe 
extérieur qui les distingue plus particulièrement des galli-' 
nacés et des pigeons, est l'élévation et la petitesse de leur 
pouce. On peut encore ajouter à ce caractère principal un- 
bec court et comprimé, dont la mandibule supérieure se 
courbe vers la pointe et dépasse rinférieur,e ; des narines 
à moitié fermées par une menibrane, et ouvertes en-des- 
sous; le tour des yeux nu, mais non de couleur rouge; la 
langue charnue, entière ; les tarses, couverts, sur la partie 
antérieure, -de plumes très-courtes; les (rois doigts antérieurs 
réunis, jusqu'à la première articulation, par une petite mem- 
brane; les 'ongles très-courts et obtus; les. ailes longues, 
étroites," pointues, et dont la première penne excède les 
autres; la queue composée de seize pennes, dont les deux 
centrales sont alongées en fils. . . ^ 

La justesse de l'application du mot œnas à ce genre pa- 
roissant encore susceptible d'être contestée, on adoptera 
ici de préférence le mot pterocles, qui n'indique qu'une par-' 
ticularité dans la forme des ailes. 

A l'exception de la grandoule, qui se trouve dans les 
contrées méridionales de l'Europe, les gangas . habitent la 
zone torride, où M. Temminck les regarde comme les re-^ 
présentans des tétras, habitans des parties septentrionales du 
globe. Leur taille est svelte, leur corps peu charnu, et leur 
chair musculeuse et fibreuse, qualités convenables pour 
des oiseaux obligés de fournir à un vol long et soutenu. 
M. Temminck en a décrit cinq espèces. . . 

Ganga cata : Pterocles setarius , Temm. ; Tetrao alchata, 
Linn. ; j^nas cata^ Vieil. Cette espèce , figurée dans les 
planches enliiminées de Bufifon , n."*' io5 et 106, est celle 
qui porte , en Arabie , les noms de fco^a, cata, chtUa, alchata}' 



G AN 1*5 

dans le midi de la France , ceux d^angel et dç gfahdoule , et 
'qui a été décrite par Brisson sous la dénomination de geli- 
notte des Pyrénées. Le mâle a , sans compter les filets de 
la queue, dix pouces six lignes, et avec eux treize pouces 
et demi; il est de la grosseur de la perdrix. Son J^ec a 
sept lignes de longueur, et quatre de hauteur à sa base; 
derrière les yeux est un petit trait noir; les joues sont d'un 
cendré jaunâtre; le dessus de la tête, le cou, le dos et 1^ 
croupion sont rayés transversalement de noir et de jaunâtre 
sur un fond d'un roux olivâtre ; les petites et les moyennes^ 
couvertures des ailes ont, sur le bord extérieur, une large 
bande oblique d'un rouge marron , et sont terminées par un 
croissant blanc , qui est bordé d'une fine raie noire ; les 
grandes couverture!^ sont d'un jaune olivâtre, et terminées 
par un croissant noir; les rémiges sont cendrées, mais la 
barbe extérieure des deux premières , qui sont effilées et 
s'alongenty dit D^rluc , comme chez Us hirondelles ^^ sont noires; 
les pennes de la queue, d'un cendré olivâtre sur les barbes 
intérieures, ont les barbes extérieures rayées de jaune et 
de noir ; les deux du milieu sont très-étroites , et se. ter- 
minent en filets noirs. La gorge est de cette dernière cou- 
leur; les côtés et le devant du cou sont d'un cendré tirant 
sur le jaune ; au devant du cou s'étend , en forme circu- 
laire, une bande noire très-étroite, et il y a, plus bas, 
une seconde bande, séparée par un espace de deux pouces, 
dont la couleur est d'un rouge orangé; le ventre, et les 
parties inférieures sont blancs. La femelle adulte , qui n'a 
point de filets à la queue , et dont les deux pennes inter- 
médiaires ne dépassent les autres que d'environ un pouce, 
diffère principalement du mâle par sa gorge blanche ; et les 
îeunes, mâles et femelles, dont la gorge est de la même cou- 
leur, se reconnoissent aux taches noires qui ne font encore 
qu'indiquer la place des colliers. 

Ces oiseaux vivent en troupe dans la plaine stérile d^e 
la Crau^ où on les trouve en tout temps; ils s'accouplent 
au mois de Mars, et pondent, en Juin, deux ou trois œufs 
sur la terre , sans y pratiquer de nid. Ils ne se laissent point 
approcher, et lorsqu'ils aperçoivent quelqu'un, ils s'envolent 
à tire-d'aile et très-haut , en poussant de grands cris. L'ari- 



i^6 GAN 

dite des plaines lès oblige , pendant les chaleurs de l'été , à 
aller , surtout le matin , se désaltérer au bord dts éira^, 
où les chasseurs les attendant k Paffbt; et Darluc prétend 
que , lorsqu'il* «tif essuyé quelque* coups de fusil , ils ne 
s'tfrêtwt* plus , et boivent en volant et rasant la surface des 
eamc. La chkir des grandoules est noire , dure , et en géné- 
ral peu estimée ; mais celle des petits cèi plus tendre , et re* 
cherchée des gourmets» 

Cette espace, que Ton trouve aussi dans les landes sté- 
riles, du côté des Pyrénées et le long des bords de la Mé^ 
diterranée, en Espagne, en Sicile, à Naples et dans tout 
Je Levant, paroi t être fort nombreuse en Perse. 

Ganoa des sABiBs OU tfNiBANDE : PUroctés arenorius , Temm»; 
Tdrao arenariu» et Perdix ealcarata, LatM , et T«^rao arenaria, 
Pallas, Nù¥* comm, Petrop, , tr 8 , p, 41 8 , tab. 19 9 et Appendiv 
de. son Voyage, pag. 53, n.^ 5i. Cet oiseau, qui est le 
dsherdk des Tartares , et que Fallas appelle poule de» $tepp€s, 
est d'une taille plus forte que celle de la perdrix ; il a douze 
k quatorze pouces de longueur, suivant les contrées qu'il 
habite : la tête et le cou cendrés; la gorge fauve, avec un 
triangle noir au milieu du cou ; le dos varié de blanc , de 
brun et de jaune*; un collier noir; la poitrine blanche, le 
ventre et l'anus noirs; les ailes atongées et trés«aigu4fs , ainsi 
que la queue; les tarses emplumés sur le devant fusqu'auic 
doigts, et verruqueux dans la partie postérieure. La fe- 
melle est d'un jaune pâle, et variée de points noirs; sa 
gorge et les autres parties inférieures ressemblent à celles 
du mâle. 

Cette espèce , qui parolt être la même que la gelinotte 
de Batfiarie dont il est parlé dans les Mémoires ie l'Aca-* 
démiie des sciences, année 1787 , a été trouvée par Pallas 
dans les déserts sablonneux des environs du Volga , ou elle 
se noiirrît de graines d'astragale. On la reneontre aussi , selon 
M. Temminck , au nord de l'AfVique , et dans l'Andalousie 
et antres provinces du midi de l'Espagne ,*oil| elle est connue 
sous le nom de eharra, La femelle dépose dans un trou , sur 
le sable , quatre ou cinq csufs , blanchâtres selon Paîlas , et 
tachetés de brun suivant la Faune arragonoise. Trois indi- 
vidus de cette etipèce ayant été vus dans le territoire d'An* 



GAN ^27 

haït , Naumann a compris cet oûeau parmi ceux de TAlle^ 
magne » et il en a dcmné la figure pi. 6 , n.*" 1 5. 

Gaj<«a a pauBiE cofifASB. ou bibaKdb ; PteroûUi hieineim'f 
Temm. , et jEnas hicincta , Vieil. Le mâle de cette cqiéce 9 
trouvée en Afrique » préi de la rivière de» Folasons^ par 
ll« LrvaiUant) qui ne l'a pas encore déerite, a deux col- 
liers de forme demi-circulaire » <|i»î jaeaioxiteiit sur le dos : sa 
longueur est de neuf pouces et demi i son liée , grêle » droit et 
. foiblement courlié, est long de neuf lignes : les ailes s'étendent 
jusqu'à l'extrémité de la queue , qui est fortement étagée^ 
ei les deux plimaes du ctotre ne sont ni subniées nî alon* 
gées, commt dans les autres espèces, il y a, à la hase du 
bec» une petite tache blancàe ; une largr bande noire s'é* 
iessà d'un œil à Tautre, mais elle est coupée au milieu 
par deux taches blanches ; les plumes du haut de la tête 
et de l'occiput, d'un rous iauoÀtre, ont une tache noi- 
ràtro sur^ le milieu; 1^ |oues^ le cou, la poitrine et les 
petites couvertures des aile$ sont d'un ceadré jaunâtre ; le 
dos, les grande» et les siMyennés couvertures sont d'un 
cendré brun , et se tennineut par une grande tache blanche 
de forme trisnguiaii^; le croupion et les cot»v«rtures de la 
queuo, tant iCflhdessus qu^eoniessotts, sont traosversalemeni; 
rajdes , ainsi que les pemes , de brun et de roux jaunâtre f 
les rémiges sont noires; la poitriiM offre deuic colliers qi4 
remontent jusqu'au dos, don4 l'un est blanc ei l'autre noir; 
le ventre H l^es autnes parties inférieures sont blanchâtres 
et finement rayées de brun ; les plumes qui recouvrent le 
devant du tame sont d'un blanc terne, et la partie posté* 
rieure du tarse, les doigts, les angles et le bec sont jau- 
nâtres. La femelle n'a ni lés colliers au iia bande frontale , 
et le haut de la tête, qati est roitssâtre, eU rayé lpQgitu« 
dinalement de noir ; les autres parties du corps présentent 
ausR quelques âifiiérTnees, et les jeunes mâles lui ressemblent 
avant leur première mue« 

Ces oiseaux, encore inconnus d^ms la ocdoint du cap de 
Bonne-Espérance , habitent en grand nombre dans les pays 
^ s'étendent vers les côtes de Guinée et d'Aogole , oii 
Us viviout par compagnies composées des parons et de la 
oouvée, îoaqa'au temps des amours, où leu|r séparation 



\ 



^a8 GAN 

«'effectue. Ils, ne prennent pas leur vol aa premier brùît J 
comme les gangas catas ; mais ils se blottissent par paire oïl 
par compagnie dans les broussailles , d^ôù Ton a beaucoup de 
peine à les foire sortir. - 

Gan^îa namaquois ou vÉLociFER : Pterocléê taehypetes , Teriim. ; 
^nas namaqua , VieilK , et Tetrao rvamaqua , Lath. Bùffon 
regarde cet oiseau comme une simple variété du ganga ccUa^ 
let M. Temminck le rapporte à la gelinotte du Sénégal, ph 
enl. , n.^ i3o, dont Latham a fait une espèce dans son Inde:t 
ornithologicus , sous la dénomination de tètrao senegalus , le- 
quel est décrit , - en double emploi , sous celle de tetrao na^ 
moqua. Au reste , la longueur du ganga dont il s'agit est de 
neuf pouces et demi' à dix pouces, sans les filets, et^ avec- 
ceux-ci , d'un: pouce et demi de-^plus. Le bec, droit, grêle et 
tré»-comprimé , est long de sept lignes, et haut seulement de 
deux à la base : en quoi il diffère de celui du ganga cata^ 
qui est plus haut, plus gros, et courbé. La gorge du mâle 
adulte est d'un beau jaune; la tète et le cou sont d'un 
cendré qui prend une teinte pourpre sur la poitrine, au 
bas de laquelle on voit deux bandes^ étroites, l'une' d'u» 
blanc pur , et l'autre d-un. cendré pourpré ; l^abdomen , les 
cuisses et les plumes anales sont d'un roux clair; les partie» 
supérieures-offîrent up mélange de cendré , de brun et d'ocre -, 
les plus longues rémiges sont- terminées par la première de 
ces couleurs, les autres sont bordées d'un blanc pur, et les^ 
deux filêtis sont noirs vers le bout j les petites plumes du *de- 
vant du tarse ^ont d'un roux.pàle. La femelle, un peu moins 
grande que le mâle , a la. gorge roussâtre ; la tête , le cou< 
et la poitrine d'un roux blanchâtre , avec des bandes brunes ^ 
longitudinales ou en forme de croissant, au centre s les parties ^ 
supérieures sont rayées transversalement de b^un noirâtre 
et à^ roux, et le ventre présente aussi des raies transver- 
sales.blanchàtres et brunes ; les .plumes abdominales et anales 
sont d'un roux clair ; les rémiges et les rectrices latérales ne 
diffèrent guère, de celles^du.màle, mais^ les filets sont un 
peu. plus courts. . - . 

Ces oispaux, dont il est souvent question dans les Voyage»^ 
de M. .Lé vaillant, comme fournissant, par leur vol, des in*^-^ 
dioes<. propres '.à annoncer, la: situation .des sources ou «ré*^ 



GAN "9 

servoirs d'eau dans les contrées désertes et arides, s'en 
éloignent au temps des pluies; Leur nourriture consiste en 
graines mûres des plantes graminées ^ auxquelles M. Tem- 
minck ajoute des insectes. Us font* dai^ des touffes d'herbe 
ou dans des broussailles ^ unetponte que le même auteur dit 
être composée de quatre ou cinq œufs d^un vert olivâtre , 
marqués d'un grand nombre de taches noires , et ressemblant 
aux œufs du vanneau d'Europe. Les Hottentots de la colo* 
nie les nomment namaquas patrys , c^est-à-dire, perdrix des 
Namaquois* 

Ganga des Indes ou qdadhubande : ¥terocles quadricinctus y 
Temm. ; Tetrao indiaus , Lath* Cet oiseau , figuré par Son- 
nerai, pL 96 de son Voyage aux Indes, sous le nom de gé* 
linotte des Indes , se trouve à la côte de Coromandel , où 
on rappelle caille de ta Chine. Le fond du plumage des deux 
sexes est d'un gris terreux et rèussâtre. Il y a, sur le front 
du màle> trois bandes, dont les deux latérales sont blanches , 
et dont l'intermédiaire est noire ; chaque plume porte une 
bande longitudinale noirâtre; les parties supérieures sont 
rayées transversalement d'C brun, de jaune et de noir; la 
poitrine offre quatre colliers demi-circulaires , dont le plus 
élevé est d'un brun mordoré , le second blanc , le troisième 
noir , et le quatrième de la même couleur que le second. 
Les colliers manquent à la femelle, et sa tête, d'un roux 
jaunâtre, n'a qu'une bande longitudinale au milieu. Les 
jei^es mâles leur ressemblent dans la première mue. 
(Ch. D.) > 

GANGART. ( Min* ) C'est le nom allemand par lequel on 
désigne les diverses substances qui accompagnent les minerais 
dans les filonsl Voyez Gangue. (Baa&d.) 

GANGFISCH. { IckthyoU } Nom que, pendant sa troisième 
année , on donne en Allemagne au oorégone de Wartmann. 
Voyez Corégone. (H. C*) - 

GANGILA (Bo^.), nom donné, suivant Margrave, par 
les habitans du Congo, au girgilion ou gergilion des Portu- 
gais du Brésil , ou gigeri de Saint-Domingue , qui est le sé- 
same, nommé aussi jugéoline. (J.) 

GANGIRAM-MURRA. (Boi.) Voyez Gigiranc. (J.) 

GANGUE. {Min.) Ce mot, pris dans son acception purement 
18. ^ 9 



i3o GAN 

minëralogîque , désigne la substance danslaqiaelie un minéral 
tristallisé , rare ou précieux , est engagé. 

La gangue des minéraux s'est formée conîointement avec 
eux; mais, comme e]Je est ordinairement moins pure et plus 
abondante , elle a rarement pu cristalliser : aussi lés gangues 
sont-elles généralement compactes ou simplement, laminaires. 
Cependant il arrive quelquefois que les substances les plus 
communes, et qui servent le plus souvent de gangue aux 
autres, sont pures et cristallisées elles-mêmes, en sorte qull 
existe un grand nombre d'échantillons où plusieurs substances 
sont associées et groupées ensemble , sans qu'il soit possible 
de déterminer quelle est celle qui fait fonction de gangue. 

On peut expliquer ces différentes dispositions entre les 
minéraux et leurs gangues , en supposant , comme cela est 
très- probable, que le fluide qui a rempli les filons où on 
les trouve, étoit sursaturé de la substance qui a formé le» 
gangues amorphes , tandis qu'il contenoit infiniment moins des 
autres matières minérales; en sorte que là gangue a rempli 
presque tout le vide sans pouvoir cristalliser , faute d'espace , 
et que les autres substances se sont ttistribuées au milieu 
d'elle et ont cristallisé régulièrement toutes les fois qu'elle» 
ont rencontré fa plus petite fissure, la piuS légère cavité. 
Voilà ce qui semble être arrivé le plus ordinairement ; car 
les fiions présentent presque toujours uhe substance commune 
et dominante qui forme la gangue proprement dite des 
minéraux métalliques ou autres qu'ils> renferment, et il ar^ve 
même très-souvent qu'ils sont remplis d'une seule et même 
substance : tels sont les filons de qtiarz. Quant aux ïhînéraux 
associés, partni lesqueb on ne distingue pas dé gahgue, il 
paroit évident qu'ils ont été déposés pat un fluide qui n'en 
étoit point saturé à Textfès, et dans un espacé qui leur a 
permis de cristalliser simultanément 9 en prenant chacun la 
forme qui appartient à leur espèce. L'art est d'ailleurs ici 
parfaitement d'abcord avec ia nature; car, toutes les fois 
qu'une dissolution saline est saturée et qu'elle ^Bt contenue 
dans un espace resserré , il n'en résulte îamais que des masses 
informes , composées de lame^ entrelacées et de cristaux con- 
fus ou ébauchés; tandis que, si la dissolution n'est pas sur- 
chargée , et qu'elle soit renfermée dans un vide assez vaste ^ 



GAN »3i 

H se produit des ciristaux parfaits, lëgèremeht entrelacés 
les uns parmi les* autres, et analogues, en eela^ -à ces 
belles cristallisations que Ton trouve daas les espèîfes de po* 
ches ou de rènflemeiis qui existent dans les fiions^ et dont 
les plus remarquables sont ceux oà l'on exploite le quarx 
hyalin , plus connu sous le nom de cristal de ttfche* 

On doit en convenir, cependant, si la gangue fi^est pas 
toujours facile à déterminer dans les échantillons de cabihet , 
il est bien rare qu*on ne puisse le JPaire sur le terrain ; car 
a arrive ordinairement que Tune des substances qui 'rem- 
plissent un filon , devient plus abondante et Inoihs pi»re que 
les autres , si ce n'est vers le milieu , du moins ànt les pa- 
rois ou dans les places les plus resserrées. 

Le quarz, là baryte sulfatée, et la chaux carbonatée la- 
mellaire , sont les trois Substances qui servent de gangue au 
plus grand noihbre de minéraux; mais il en existe une infi- 
nité d'autres qui deviennent gâkigue à leur tour , toutes les 
fois qii'eiles dominent dans un gisement , et qu'elles renfer- 
ment quelques substances rares ou cristallisées : le ifelspath , 
par exemple , qui est implanté isîir Une ganjguîe ^ iorsfqiï'il se 
présente en cristaux réguliers , est souvent gàikgue lui-même 
quand il se trouve en masse laàiellaire. Le qUate , cette gan- 
gue par excellence, au contraire, Se trouve quelquefois en 
cristaux parfaits et isolés , soit dans le marbre blanc de Car- 
rare , soit dans les gypsèis rouges et lés arragonites d'Ee^àgne 
et des Landes. Les gangues'volcaniqués offï*étit aussi de nom- 
breuses anomalies; mais, coUime elles appartiennent à un 
autre mode de formation , et qu'on n'èSt pas parfaitement 
d'accord sur l'origfne des substances cristallisées qu'îles ren- 
ferment , il seroit difficile de se rendre compte d'éà abcidens 
qu'elles présentent. 

La gangue , dans le langage dés miiiieiirs ou des métallur- 
gistes^ est la substance de hoii-vàlèûr que bôhtièiit une ma- 
tière métallique utile qui fait le but dé leurs exploitations 
ou de leurs travaux métallurgiques. Celle d'un métiie miné- 
rai est assez constante dans une même contrée , mais elle ne 
Test pas généralement : là , c'est toujours le qùarz qui sert 
de gangue aux\ninérais de plomb; ailleurs, c'est là baryte 
sulfatée ; dans un autre pays c'est la chaux carboniatée bu la 



»3:i GAN 

chaux . fluatée 9 etc. : aussi la rencontre d'une de ces subs- 
tances au jour 5 ou à la surface du terrain , peut être d'un 
heureux présage dans tel canton , et n'être d'aucune împor- 
tance pour tel autre. Les minéraux remarquables, et surtout 
les métaux , se trouvant le plus ordinairement dans les filons , 
ont presque toujours pour gangue des substances tout-à-fait 
différentes de celles qui composent la masse de la montagne 
qu'ils traversent (voyez Filon). Cependant il arrive quel- 
quefois aussi que les minerais sont disséminés dans la roche 
même -, mais on remarque , dans ce cas , qu'elle est plus ou 
moins ajitérée, et plus ou moins différente des parties qui 
Siont stériles. 

L'art de séparer complètement les minerais de leur gangue , 
comprend une suite d'opérations mécaniques et métallurgiques 
du plus grand intérêt. Dans la première série de ces travaux 
le minerai ne change que de forme et d'aspect , parce qu'on 
ne lui fait subir que des préparations qui consistent à le 
trier , à le boccarder ou piler , à le laver et cribler , et cela 
dans le but de diminuer la masse à fondre et de le dégager 
d'une substance réfractaire ; dans la seconde partie , qui 
constitue réellement l'art du métallurgiste, le minerai pré- 
paré d'avance est attaqué par le feu ou par d'autres agens, 
et il perd' non -seulement le reste de sa gangue, mais aussi 
les substances avec lesquelles il étoi-t chimiquement combiné, 
pour passer successivement de l'état de minéral à l'état de 
métal pur ou de régule* 

11 arrive quelquefois que la gangue facilite la fonte des 
minerais, soit,{Jarce qu'elle est excessivement fusible, soit 
parce qu'elle se combine avec quelque principe étranger au 
métal, et qu'elle contribue à l'épurer : telles sont les fonctions 
des pierres calcaires et de certaines argiles , de la castine et 
de Vherbue dans la fonte des minerais de fer , et telle est 
aussi l'action du quarz qu'on ajoute en assez grande propor* 
tion dans le traitepient de quelques minerais de cuivre pyri- 
teux surchargés dç fer, qu'on a grillés d'avance. 

La connoissance de la gangue des minerais fait donc partie 
essentielle de leur histoire , soit sous le point de vue géolo- 
gique, soit sous celui de l'art des mines, puisqu'elle peut 
aider dans la recherche ée& minerais , et que leur nature 



GAN ï33 

iafhie sur' leur J) réparation mécanique et sur leur tmitemeat 
métallurgique* Je ne crois pas cependant pouvoir entrer ici 
dans les détails de ces travaux :d'art ; ear on trouvera* par* 
tout ailleurs la description de» patouiUets., des éçtappoirs^ 
des boccards, des gratticoleà, dès pentes inversesry d^stiaby-* 
rinthes, des cribles, des tables dormantes^ et à percussion, 
des caisses allemandes, et celle de tous les.modes de 'grillage \ 
de distillation ou de fonte , dans lesquels on a 'égard à la 
dureté , à la pesanteur, ou à la nature p}us ou^moin^ néfrac* 
taire des gangues. (Brard*) .,..'':! i- r 

GANGUE. (Bo^) ParmentJker 9 • en. parlant des • ijidigM 
d^Afrique, dit que les Nègres du Sénégal tircofl ^'uaeipdanto 
de ce nom une fécule semblable àTindiga* II3 reitf pilent les 
sommités, et les réduisent ainsi, en pâte fine, dplit ils eom?' 
posent de petits pains qu'ils fotitséeber à Tombre. {i.} ' 

GANIAUDE. {Bot.) Voyez ÉcajejAsb. (J,) • ; 

GANIL. {Min*) Kirwa^, dan^ la. s.ecptide édJitin^n de sa 
Minéralogie. » p^ 76 9 donne ce nom à*^ne:Chaux carbooatée i 
grenue, qui paroî^ analogue à. potre chaux carbonates lente. ( 
dolomie, ou chaçx carbpnatée magnésienpe;. qui aboïifdorçq 
Angleterre, puisqu'on-s'^n sert comme de pierre àbAtir^^^ 
qui a été découverte en premier lieu sur le Saint?; Goth^di 
Voyez Chaux carbonatée léntb.. (Brard.) • . . . :l..i 

GANISCH {Bot.) ^ nom arabe du saecharum^ h^orum de 
Forskal, que Vahl rapporte au sacchfwuin^sppvtii^ufn de.]Lin-> 
nsBus. (Jr) 

GANITRE, ElœocaTpus. {Bot.) Genre de plaintes d^cptylé* 
dones, à fleurs complètes, polypét^ées, de la. famill^ des 
tiliacées^ dç la polyandrie mor^f^gj^nic de linnaBUS , offrant 
pour caractère essentiel : Un calice cpri^é , à quatre .qu c^nq 
divisions égales; quatre ou cinq .pétales p^uiculéa , ' fi^ngés^ 
i leurs. bords; quinze à vingt étaipines insérées sur }e. récep- 
tacle ; les filamens courts ; les anthères linéaires , bifides à leur 
soaimei -, un ovaire supérieur placé sur. ua disque velu 9 glan- 
d.uleux; un style; i^n stigmate simpliç. he f;*uit est u^.drupje 
globuleu^.^ ^contenant une noix osseuse f^t^ridée;» perforée, 
et coiiime crépue àrextérieur^ . . ; ^> ; . * 

Ce. genre a éprouvé plusieurs réformes asse?» in^pprjt^ntes. 
On en a i^^trancbé VeUcoçarpu^] dipera , Lîn%, .^Su^p/», et du; 



i34 , GAN 

ganitoe lien té on a séparé le dieera dentûtà de Forster et le 
ganitrus de Rumph , dont Yahl a fait , au moins 4u premier^ 
une espèce particulière, sous le nom à^elœocarpus derUala, 
IVa-pr^s les observations dé M. de Jussieu , nous réunirons à 
ce -genre le cratpeàum et Xaàtnodus de Loi;ireiro. 

GAïlItiiB pENTé EN SCIE : Êlœocorpus serrata, Linnl; Lamk., 
IlluU^f t&b. 459, fig« 1 ; Burm. , Ceyl, , tab. 40: P^rin-Kara, 
Rheeây, Mort.'matahé, 4, tab. s4. Grand arbre des Indes 
oriewC&ies, qui' Supporte une cime médiocrement étalée, 
dont les branches sont redressées, divisées en longs rameauk 
efilésiî Ltàs feuilies soiit alternes , pétiolées, ovales ou un peu 
oblohgues!/ glabres , obtusément dentées , veinées. Les fleurs 
sont blahjckes ,' disposées en grappes simples , latérales , axil-* 
làîres, solitaires, un peu lâches, au moins de la longueur 
des feuilles ; la plupart d^s fleurs à cinq divisions* Les fruits 
consistent en drupes presque ovales ou sphériques, renfer- 
mant lin noi^au dur^ à surfkce inégale, crevassée, comme 
vermoulue. Dans l'îl^ de Gei4an,'on coùflt, daas la saumure, 
lesifriiits de cet arbre avant leur maturité; on y ajoute un 
peu* d^huile d'olive , pour leur en donner le goût. 
^ ' Gamtee à feuilles EktiÈRE» : Elœùearpus ix^UgrifoUaj Lamk. , 
l&n>(iyéi*}'aH ganitrum ohtongum? RUmph, Amh*,Z^ pag. i65 , 
tab. 102. Espèce reciieîllJe àl-Isle-de-FranceparGommersonl 
Ses ramiàaux softt glabres , cylindriques , garnis vers leur 
sommet de fe'uïUes ialternes, médiocrement pétîolées , ovales- 
oblongues, obtuses, glabres, entières, un peu coriaces, mu-* 
nies à 'leur 'Surface supérieure, dans les aisselles et la bifur- 
cation des nervures, de tubercules glanduleux. Les fleurs 
sont disposées en grappes simples, axillaires , solitaires , un 
peu plus longues- que les feuilles : leur calice est divisé en 
quatre ^foHoIés- coriaces, 'lancéolées, aigiiës, un peu conca- 
ves; les pétales, au nombre de quatre, un peu plus long» 
qiie le calice, lacîiiiés ou frangés à leur sommet; vingt à 
trente étàmîhes plus courtes' que les pétales; les anthères 
oblbrtguë^ , "bifides à leur sommet* M. de Lamarck^oupçtonne 
que cfette.pliihte est la même que lé ganîtrurH' ùHongum de 
Rumph. Les fruits de cet arbre, d'^àprès ce dermei* àtitbur, 
sont'fï^ iîefcfièrdhés; cependant à Macàssar et ailleurs on 
les' vend *airi''niatche ; ils sont peu chai*nus, peu^ àubstaii- 



GAN i35 

tiels. Le bois e$i solide > durable et s'emploie dans les cons* 
tru étions. 

Ganitre a dentelures lachçs : Elceocarpus dentata, Vahlf 
Symb, , 3 , pag« 67; Dicera àen^ata^ Forst., Gen^y 80, iiib« 4o« 
Ses raimeaux sqqI cylindriques , ponctués ^ pube^eiu dans 
leur jeunesse 9 puis glabres; gairnis 4e £euiUe$ aU^irnes^, pé-» 
tiolées, oblongi^es, rétrécîQs en pointe à leur b^aj^» 14cke- 
ment dentées e? scie vers leur SAmn^et j longue^ de d«u¥ 
pouces, glabres à leurs deux faces, ei^cepté en-dessQus sue 
leurs principales nervures : les pétioles velus; les fleu^ disr 
posées en grappes axiliaires- Cette plante a été découverte 
dans 3a Nouvelle-Zélande. ^ 

Ganitile a longs féooncvles ; Elœocarptfs peduncularis , La^ 
bill. , Nov. HiflLf 2 , pag. i5. Cet arbxis^eau offre dans ses 
jQeurs des caractères particuliers qui pourroient engager à 
en fonner un gence particulier* Il s'élève à la hauteur de 
buit à dix pieds. Ses rameaux sont droits, cylindriques; se^ 
feuilles médiocrement pétioiées, opposées, rarement alter- 
aes, ou réunies trois exi verticille, lancéolées, dentées ea 

S'e, longues de deux ou trois pouces; les fleurs axiUairesy 
itaiçes ou ternées^iBoutenuespar des pédoncules fiJiformes , 
qui s'alongent à mesure que le» fruits mûrissent, çoMuis do 
deux ou quatre petites écailles caduques* Le caJice est divisé 
en quatre découpures avales-soblongiiej^ caduques ^ nn pe^ 
eiliées; quatre pétales ovales, un peu onguicifléa^ divisés auj 
sommet en trois lobes inégaux ; buit glandes en form^ d'é* 
caillas entre lesiétamines et les pétales; douze étamines cour- 
tes, un peu pileuses 9 ainsi que le 8t|yie» Le fruit est une 
capsule en forme de baie , ovale , indébi&ipente , à deux ou 
quatre sillons , avec autant de loges , chacune d'elles conte^ 
nant deux semences. M. de Labiliardière f^ découvert cette 
plante au cap Van*Diemen. 

Ganitse ru^tiqu^ ; Ekeoearpus Sjylv^ttcis , Foir. , Encycl. ; 
Adenodus t^vestris, Lour. , Flor^ CockinCé^ i, pag. 36 it Cet 
arbre , découvert par LouBeiro dans les forêts de la Cocbin-* 
chine , ne s'élève qu^à use inédiocre hauteur. Ses rameaux 
sont étalés; se» feidll^ glabces, altejfrnes,, ovales- lancéolées , 
dentées en scie ; les fleurs disposées en épis presque termi^ 
iiaux ; le calice partagé eb cinq découpures lancéolées ^ réflé» 



»36 GAN 

chies, caduques'; la coi^lle panachée de blanc et de rouge, 
h cinq pétales ovales , de la longueur du calice , à décou^ 
pures filiformes depuis leur milieu jusqu'au sommet; cinq 
glandes à deux lobes ; quinze étamines courtes ; les anthères 
oblongues , tétragones. Le fruit est un petit drupe glabre , 
ovale, oblong, monosperme. 

Ganitre des cabanes : ^Icpoearpus tectorium , Poir., Encycl. ; 
Craspedum tectorium, Lour* , Flor. Cochinc,^ i ; pag. 411. Cet 
arbre s'élève fort haut. Ses rameaux sont étalés ; ses feuilles 
ovales -oblongues, crénelées, acumînées, réfléchies à leur 
sommet; les fleurs d'un Jaune verdàtre , disposées en épis 
ramassés, presque terminaux; le calice à cinq découpures 
ovales - aiguës ; cinq pétales presque cunéiformes, obtus, 
découpés en plusieurs lanières ; cinq glandes réniformes et 
tomenteuses ; environ trente filamens courts , filiformes ; les 
anthères oblongues ; l'ovaire globuleux. Le fruit est une 
petite baie arrondie, à une seule loge, contenant plusieurs 
semences petites, arrondies.. Le bois de cet arbre entre dans 
la construction des édifices; les feuilles servent à couvrir les 

cabanes. ' fÊ' 

Ganit&e MONOcèRE ; Ekeoearpus monocera^ Cavan.^ leân. 
rar., 6, pag. 1, tab.Soi. Cette plante de l'Amérique méri- 
dionale pourroit peut-être devenir le type d'un nouveau 
genre, si son fruit 4^oit mieux connu. C'est un arbre de 
plus de vingt pieds de haut, couronné par une belle cime 
touffue. Les feuilles sont éparses, nombreuses, élargies, lan- 
céolées, un peu dentées à leur sommet, glabres, longues 
d'un pied et plus; les pétioles courts. Les fleurs sont dispo- 
sées en grappes axillaires , solitaires ; chaque fleur pédicellée , 
velue , munie de deux stipules ovales , aiguës ; le calice fer^ 
rugineux, à cinq découpures profondes, lancéolées; la co- 
rolle d'un rouge foncé , tomenteuse en dehors , à peine de 
la longueur du calice; cinq pétales épais, ovales -lancéolés, 
à déchiqu et ures capillaires ; une petite écaille orbiculaire, 
velue , à la base des filamens , et au - dessous environ dix 
glandes rudes; les étamines très-courtes, nombreuses, colo* 
rées; les anthères prolongées par un filet sétacé;. l'ovaire 
ovale, velu,. à deux loges. (Poia.) 

GAJMITAI, GAI^ITËR. (Bot.) Noms malais du Ganitre, 



/ 



GAN »37 

ganitrus , de Ruinph , arbre dont le fruit, de la grosseur d'une 
cerise , bon à manger, renferme un noyau jtrès-dur, inégal à 
sa surface , comparé pour cette raison à une fraise, recherché 
dans diverses parties de Tlnde pour faire divers colliers et 
autres omemens* («est probablement le même dont parle 
Linschot sous le nom de garni tre ^ transporté de Java à 
Bantam, où on l'échange contre des marchandises de la 
Chine. (J^) 

GANJA. {Bot,) Nom malais d-une coréte , corehorEis capsu-- 
larisy mentionnée par Rumph. Il ajoute qu'elle est aussi 
nommée r^/nium an ramitsjina^ et qu# ce nom est générale- 
ment donné aux plantes textiles. Elle est encore employée 
comme plante potagère pour la classe des esclaves ou servi- 
teurs, et nommée en cette qualité sajor hengala, Marsden, 
dans son Histoire de Sumatra , dit que le chanvre est nommé 
ganjo dans cette île , qu'on l'y cultive pour le fumer,, comme 
du tabac , et que dans cet état il est désigné sous le nom de 
hang, (J.) 

GANNET. {Ornitk») Ce nom anglois, que Bufifon rapporte 

' au goéland brun , est donné par Blumenbach , Man. d'hist. 

nat. , tom. i, pag« 274 de la tradi^rtion françoise, et par 

Montagu^ Ornithological diclionnary^ comme synonyme du 

fou de Bassan, pdecanus hassanusy Linn. (Ch. D.) 

GANNILLË {Bot,)^ nom que Ton donne, dans quelques 
cantons, à la ficaire et au populage des marais. (L. D») 

GANS {Ornith,) ^ nom allemand et flamand des ^ oies, 
auxquelles Rappliquent aussi les dénominations de Ganser et 
Ganserich, et qui portent, en espagnol, le nom de ganso, 
et en illyrien celui de gunty, (CH.tD.) 

GAJ^SBLUM {BoU) , nom donne par Adanson à la drave, 
àraha, genre de plante crucifère. (J.) 

"" GANSO (Bo^), nom japonois, suivant M. Thunberg, de 
sonpteris nervosa., genre de fougère. (J-) 

GANT DE NOTRE-DAME. {Bot.) Voyez Gantelée. (J.) 

GANTA (OriutTi.), nom catalan de la cigogne blancl^e, 
ardea cieonia , Linn. (Ch. D.) 

GANTELÉE, GANT DE NOTRE-IÎAME {Bot.) : noms an- 
ciens et vulgaires de deux campanules, eampunula trache^ 
lium^ et campanula glomtrata^ (J.) 



ï38 GAN 

GANTELINE. ( Bol. ) Voyez Clavaire coralloïde et Cluvairc 
cendré^^ à Tarticle Clavaire. (Lem«) 

GANTEUNE D'ANGLETERRE (Bot.), nom vulgaire de la 
campanule glomérulée , campanula glomerataj Linn. ( L. D.) 

GANTI. (Bot.) Racine apportée de C^ine dam les îles de ^ 
la Sonde , suivant Linschot, laquelle a quelque rapport avec 
le gingembre , et est estimée par les habitans , qui s'en ser- 
vent pour &e teindre le corps. Cet usage paroît indiquer que 
cette racine est le cure uma. (J.) 

GANTILLIER. (Bot.) Voyez Gantelée. (L, D.) 

GANTS DE NOTRE-DAME. (Bot,) On donne vulgaire- 
ment ce nom à Tancolie commune , à la digitale pourprée 
et à quelques espèces de campanules. (L. D.) 

GANUS ou GANNUS (Mamm.) , nom de Thyéne en latin 
moderne. (F. C.) 

GAR. (Bot.) Voyez Gaur. (J.) 

GARAB. (Bot.) Voyez Garb. (J.) 

GARADAH (Bp^.), nom arabe du g^mnoearpos dccandrum 
de Forskal : on le prononce aussi djarad. ( J. ) . 

GARA«DUDi (J9o£.), nom brame d'une plante cucurbi<^ 
tacée à très «gros fruit > qui est le Bela-schora du Malabar, 
Voyez ce mot. ( J.) 

GARAGAY. (Orni^Ti.) Nieremberg , qui parle de cet oiseau 
de proie de l'Amérique ,méridionale , liv. lo, chap. 67 , dit 
qu'il est de la taille du milan ; qu'il a la tête et l'extrémité- 
des ailes blanches ; que son vol est court, et son odorat 
assez subtil pour lui faire découvrir les lieux où les croco« 
diles et les tortues ont enseveli sous le sable leurs œu&, 
qu'il déterre et qu'il mange. Le même auteur ajoute qu'il 
est toujours seul , à moins qu'il ne soit suivi de vautours , 
qui, ne pouvant comme lui creuser sous le sable, cherchent 
à profiter de. ses découvertes. (Ch. D«) 

GARAGIAU. {Ornith,} Dapper, après avoir dit, dans sa 
Description de l'Afrique, pag. 385, que les alcatraces sont 
des oiseaux gris, à peu près comme les mouettes, ajoute 
que les garagiaux en diffèrent peu. Ces oiseaux sont vrai» 
semblablement les mêmes que ceux qui sont appelés par. les 
Portugais garaios, et qu'on' rapporte à la petite mouette 
cendrée , larus cinerarius , Linu. (Cb* D. J 



GAR 1S9 

GARAGOI (ConchyL)^ nom barbare , imaginé par Kumph 
et adopté par Klein {Tentam. ostracol., p. 55) pour une 
espèce de coquille qui a tous les caractères des buccins, 
mais dont la spire est turriculée. (De B.) 

GAR AIL {Bot.), nom brame de l'acacia, dit Cœur-de-* 
Saint-Thomas, mimosa seandens de Linnseus; qui est le gairo 
des Portugais, le perim-^àku^alli du 'Malabar. ( J.) 

GARAIO. (Ornith.) Voyez Garagiau. (Ch. D.) 

GARAIS, GARAS (Bot,) : noms vulgaires du fusain, 
evonymus, dans quelques lieux , suivant l'auteur du Diction-, 
naire économique. (J.) 

GARAMAN. {IchthyvL) Dans le langage nicéen, on désigne 
ainsi l'espèce de trigle que Bloch a appelée trigla pini, et 
qu'il a figurée pi. 555 de son bel ouvrage. (H, C. ) 

GARAMIT» (IththyoL) Nom arabe d'un poisson observé 
par Forskal dans la mer du Levant. Cet auteur ne le carac- 
térise que par cette seule phrase : Godus an Bleamus? an 
potius novus, nomine Salâriw ; dorso monopterygio , cyrrhh nulUs 
(Faun, jEgypL Arab*, p. 22, n.^3)p Sonnini dit qu'à Alexan^ 
drie il porte indistinctement le nom de garàmit et celai de 
garmuthf mais que ce dernier est appliqué par les habitans 
du Caire à une espèce de silure. Il est asse? remarquable 
qu'un poisson' de la mer Rougé soit connu également à Alexan^ 
drie. Quoi qu'il en soit, M. deLacépède en a fait une espèce 
du genre Blennie. (H. C.) 

GARAN {Ornith,) , nom de la grue commune, ardea grusy 
Linn. , en gallois. (Ch. D.) ^ 

GARANCE; Ruhia, Linn. (Bot,) Genre de plantes dico^ 
tylédones, qui a donné son nom à la famille des ruhiacéesj 
et qui, dans le système de Linnœus, se trouve placé dans 
la létrandrit monùgynie. Ses caractères sont les suîvans : Ca-^ 
lice très- court, à quatre dents; corolle monopétale, ^n 
cloche évasée, à quatre, et plus rarement à -cinq divisions" 
puvertés ; quatre étamines plus courtes que la corolle , et 
quelquefois cinq, quand celle-ci est quinquéfide ; un ovaire 
inférieur, globuleux, surmonté d'un style bifide à son som- 
met, et terminé par deux stigmates; deux baies globuleuses,' 
monospeztees ,. réunies ensemble, et dont une avorte assez 
fréquemment. / '' 



»4o GAR 

Les garances sont des plantes pour la plupart herbacées, 
a tiges rameuses ^ ordinairement chargées d'aspérités ; à 
feuilles simples , yerticillées quatre à six ensemble , et dont 
les fleurs sont petites, le plus souvent disposées en panicules 
terminales. On en connoît environ quinze espèces, dont 
trois croissent naturellement en France; les autres sont exo- 
tiques. Nous ne parlerons que des premières , dont une 
particulièrement offre beaucoup d'intérêt , bien plus par la 
belle couleur rouge que ses racines fournissent aux arts, et 
par le commerce considérable dont elles sont Tobjet sous ce 
rapport, qu'à cause de leurs propriétés médicinales, dont 
cependant nous dirons aussi quelque chose. 

Gaaance des teinturiers , ou tout simplement la Ga- 
AANCE : RuHa tinctorum , Linn. 9 Spec, i58; Blackw. , Herb,, 
tab. 326. Sa racine e$t vivace, longue, rampante, de la 
grosseur d'une plume à écrire , rouge en dedans et en 
dehors ; elle produit plusieurs tiges quadrangulaires , ra- 
meuses^ rudes au toucher, hautes de deux à trois pieds, 
garnies de feuilles ovales-oblongues , pointues, yerticillées 
par quatre à six , hérissées , en. leurs bords et sur leur ner- 
vure, de dents crochues. Ses fleurs sont jaunâtres, petites, 
disposées en punicule à l'extrémité des rameaux et dans 
les aisselles des feuilles supérieures ; elles paroissent en 
Juin et J^uillet. Les fruits qui leur succèdent sont des baies 
noirâtres. Cette espèce croît naturellement dans les haies et 
les buissons , surtout dans le midi de la France et de l'Eu- 
rope : on la cultive dans plusieurs cantons , à cause de la 
grande consommation qu'on en fait dans la teinture. 

Garance voyageuse; Rubia peregrinUy Linn., Spee* i58« 
Cette espèce a beaucoup de ressemblaace avec la précédente : 
mais elle en diffère par ses feuilles, qui persistent d'une année 
à l'autre; par ses fleurs plus grandes, toujours divisées en 
cinq découpures larges et ovales , à leur base, brusquement 
rétrécies à leur sommet en pointe acérée. Ses feuilles sont 
ablongues-lancéolées , cinq à six ensemble à chaque verti- 
cille. Elle croît naturellement aux environs de Paris, de Lyon , 
de Marseille* -, 

Garance luisante; Rubia lucida^ Linn., S^stj nat^,,. 12. y 
pag. 73:2. Cette plante a ses feuilles persistantes, comine 



GAR >4i 

la précédente : mais elle s'en distingue à ses tiges presque 
lisses, surtout dans leur partie inférieure ; à ses feuilles 
yerticillées seulement quatre ensemble , et plus luisantes en- 
dessus» Ses fleurs sont blanchâtres. Elle se trouve dans le 
midi de la France , dans les parties méridionales de TE^urope, 
en Barbarie , etc. 

La racine de la garance des teinturiers étant la partie 
productive de cette plante , il est essentiel de consacrer à 
sa culture un terrain qui lui soit favorable, et où il lui soit 
facile de s'étendre et de prendre le plus d'accroissement 
possible. Sous ces rapports une terre légère , et en même 
temps fraîche et substantielle , est celle qui lui convient le 
mieux. 

On a observé que la garance réussit mieux dans les champs 
où Ton vient de récolter du blé, de l'orge ou de l'avoine, 
que dans ceux qui étoient en prairies artificielles; et la 
raison en est que , la garance ayant besoin d'un terrain bien 
ameubli, elle trouve cette condition bien plutôt après la 
culture des céréales qu'autrement. 

De simples labours ne sont pas suffisans pour la terre dans 
laquelle on doit mettre de la garance; elle doit être dé- 
foncée à deux pieds de profondeur , et c'est en Novembre 
et Décembre qu'on doit s'occuper de ce travail préparatoire., 
afin de pouvoir faire ses semis ou sa plantation à la fin de 
l'hiver. 

On forme une garancière.de trois manières : i.** par le 
semis en place ; a.** par le sentis fait en pépinière pour être 
repiqué ensuite ; 3.^ par la séparation des racines tirées d'une 
plantation déjà existante. 

Les garances des pays chauds sont plus estimées que celles 
des pays froids, parce que leurs racines donnent plus de 
couleur et une couleur plus foncée. D'après cette considé- 
ration , lorsqu'on veut cultiver de la garance dans les pays 
du Nord , il est toujours plus avantageux d'en tirer les graines 
du Midi. 

Comme la graine de la garance est de nature cornée , et 
que, lorsqu'elle est trop desséchée, elle ne lève qu'au bout 
de deux ou trois ans, et même point du tout, il faut, pour 
lui conserver sa faculté germinative, lorsqu'on doit tarder 



M2 GAA 

à la semer, la faire stratiBer dans de la terre ou du sablé 
un peu humide. 

C'est en Janvier et Février qu'on sème la garance , et ses 
graines se répandent de trois manières , à la volée , en rayons 
ou en planches. Le semis à la volée a Tinconvénient de pro- 
duire une plantation souvent peu égale , trop claire en quel- 
ques endroits , trop épaisse dans d^autrea , et dans laquelle les 
binages nécessaires à son entretien sont toujours assez difficiles 
à exécuter. Cependant cette manière de faire est celle qui 
est le plus généralement pratiquée en France. Dans la se- 
conde manière de semer, au contraire, dans le semis en 
rayons , on répand les graines par lignes parallèles à la dis- 
tance d'un pied et demi à deux pieds, et Tintervalle qui 
reste entre chaque rayon donne le moyen de faire les bi- 
nages avec beaucoup de facilité , et de butter les pieds des 
plantes quand cela est nécessaire. 

Dans les pays où le semis en planches est en usage, on 
divise le champ destiné à recevoir les graines de garance 
en planches , auxquelles on donne alternativement quatre à 
six piedli de largeur : on creuse les premières d'un demi- 
pied de profondeur; la terre qui en sort est jetée sur les 
secondes, et les graines sont répandues dans les premières, 
soit à la volée , soit en rayons écartés d'un pied. Quant aux 
plates- bandes restées vides, on y sème, au printemps, des 
haricots , des pois , du maïs , etc. A l'automne de la première 
année du semis , après que les légumes ou grains de la se- 
conde plate-bande sont ^récoltés , on remplit d*&biird celle où 
est la garance , et Tannée sùiVa&te on l'élève d'uil demi-pied , 
et on ajoute de la terre sur les côtés > de manière à lui donner 
alors six pieds de largeur, en prenant la terre de la planche 
vide , qui se trouve ainsi réduite à quatre pieds. La troisième 
année, au printemps, on élève enco)*e la même plate-bande 
de quelques pouces par iin ieiutre etoijfit'iint de terre; et paT 
ce moyen les racines inférieures, par la profondeur où elles 
sont, trouvent une humidité qui les fait pousser avec vi- 
gueur, tandis que les supérieures, rencontrant une terre 
nouvelle et bien meuble , végètent également avec beaucoup 
de force , ce qui les fait multiplier en nombre et augmenter 
en volume. Cette manière de cultiver la garance est celle 



GAR , M5 

qui est pratiquée dans le Levant ^: depuis quelque temps 
elle a commencé à être mise en usage daiis quelques cantons 
de la France , et on l'applique également à la plantation en 
racines ; mais dans ce cas on commence à remplir les planches 
garnies de racines à Fautomnè de la première année de la 
plantation. 

Le semis en pépinière ne se pratique que dans les pays 
chauds, où les printemps sont souvent très-«ecs, et où le 
semis en place ne pourroit réussir que si on avoit la faci- 
lité de Tarroser par irrigation ; mais , comme cela est fort 
rare , on est forcé de semer la garance dans un terrain qui 
soit dans le voisinage des eaux , afin de Tarroser lorsque le 
temps l'exige , et on la repique ensuite , dans les terres des- 
tinées à sa culture , à peu près de la même manière que 
lorsqu'on en fait la plantation au moyen de racines tirées 
d'une ancienne garancière^ 

Pour planter la garance par cette troisième méthode, on 
a besoin , lorsqu'on détruit une vieille plantation , de ré- 
server^ les plus belles têtes des racines , et on les divise en 
éclats, de manière à ce que chaque portion ait deux à trois 
bourgeons, ou, lorsqu'on ne doit pas encore arracher sa 
-garance , «n s'en procure du plant en enlevant seulement les 
pousses latérales des plus forts pieds; mais il faut user de 
ce moyen avec beaucoup de ménagement, car il diminue 
beaucoup les produits des pieds qui ont été ainsi sevrés d'une 
partie de leun racines. 

Les racines de garance se plantent, ou dans 'des trous faits 
au plantoir, ou en rigoles faites avec la pioche où la bêche, 
et auxquelles on donne six pouces de profondeur. Il ne faut 
pas mettre moins de six pouces entre chaque pied dans les 
terrains médiocres, ou huit àxlixdans les bons, et le collet 
de chaque racine ne doit pas être recouvert de plus de 
deux pouces de terre. Comme ces racines sont très-sensibles 
au hàle, il est bon d'avoir la précaution de les tenir dans 
des paniers couverts, et, en outre, de ne les arracher qu'au 
moment de les planter et seulement ce qu'on peut en em- 
ployer dans la Journée. Dans le nord de la France , ce n'est 
qu'en Février, et même au commencement de Mars, qu'on 
pkinte la garance ; dans les pays du Midi , il faut le faire en 
Septembre et Octobre. 



'44 GAR 

Les garancières formées par la voie âe la plantation de-* 
mandent, pendant leur première année, les soins qu'on 
donne à celles provenUes de semis à leur seconde année , 
et ensuite les unes et les autres se traitent de même. Les 
premières dopnent plus iàt leur produit , mais il est moins 
bon et moins beau. On doit d'ailleurs se garder , selon M. fiosc , 
d'employer constamment ce moyen de multiplication , parce 
que, lorsqu'on le pratique trop long-temps de suite, et qu'on 
néglige de renouveler les plantis par les graines, ceux-ci 
finissent par dégénérer et par ne plus donner que des pro- 
duits très-inférieurs. 

Quant au semis de garance fait sur place , qui est vérita- 
blement la meilleure manière d'établir une garancière , voici 
comme il doit être traité. La première année il n'a besoin 
que d'être sarclé dans le courant du printemps , et d'un 
léger binage pendant l'été. Les soins qu'il exige la seconde 
année sont ui| binage au printemps, un autre en été, 
et un labour un peu profond vers la fin de l'automne. La 
culture est la même la troisième année, avec .la différence 
qu'au premier binage on butte les pieds de garance, c'est- 
à-dire qu'on recouvre de terre la base d'une partie de leurs 
tiges , pour que cela les fasse pousser avec plus de vigueur 
et fasse grossir leurs racines. 

Avant de pratiquer le second binage , on peut faire 
couper les tiges de garance pour les donner aux bestiaux, 
qui les aiment beaucoup ; mais cela ne doit pas se répéter 
plusieurs fois dans l'année , comme quelques agronomes 
l'ont conseillé, parce que la suppression des tiges et des 
feuilles , trop multipliée , empêche les racines de prendre 
autant de nourriture et d'acquérir la grosseur qui, dans la 
culture de cette plante, doit* être le principal but du cultir 
.vatçur. 

C'est à la fin de la troisième année, en Octobre et No- 
vembre , que les racines de garance ont acquis toute la gros- 
seur désirable, et qu'elles contiennent le plus de matière 
colorante ; c'est aussi à cette époque qu'il faut les faire arra- 
cher. Si l'on prolongeoit leur culture un an ou deux de 
plus, il y auroit beaucoup plus à perdre qu'à gagner. 

La meilleure manière d'arracher la garance est dy procéder 



GAR ^ 145 

à ttanchëe ouverte,' en fouillant la terre jusqu'au-dessous 
des racines* On est bien dédommagé des frais de cette opé- 
ration par le bénéfice qu'elle procure, parce qu^on enlève 
facilement toutes les racines sans en perdre une seule , ce 
qui n'arrive pas lorsqu'on se contente de fouiller simple* 
ment la terre au pied de chaque touffe, ou en employant 
la charrue ordinaire , avec laquelle on fait encore plus de 
perte, à cause du peu de profondeur à laquelle elle pé-. 
nétre. Dans un bon terrain , un pied de garance peut donner 
jusqu'à quarante livres de racines fraîches, qui diminuent 
communément par la dessiccation des six septièmes aux sept 
huitièmes. Les brins les plus gros sont toujours les plus 
riches en matière colorante. 

Aussitôt que la garance est arrachée, il faut la laver à 
grande eau, pour en détachejr toute la terre qui pourroit 
la salir ; il faut aussi l'éplucher de toutes les parties pour- 
ries-, et la faire sécher le plus rapidement qu'il est possible. 
A cet effet , on la porte dans un grenier ou hangar exposé 
à un courant d'air, mais à l'abri de la pluie, et on l'y 
laisse environ dix à douze jours, jusqu'à ce qu'elle ait 
perdu la plus^grande partie de son eau de végétation ; alors 
on l'expose au soleil si le temps est beau , ou on la met 
dans une étuve ou dans un four, après qu'on en a retiré 
le pain. Lorsque les racioes de garance sont parfaitement 
desséchées , on les conserve dans un lieu bien aéré et qui 
soit en même temps exempt d'humidité, jusqu'à ce qu'on 
les fasse réduire en poudre pour l'usage. C'est dans des 
moulins à tan qu'on leur fait subir cette préparation, dont 
les marchands s'occupent d'ailleurs beaucoup plus souvent 
que les cultivateurs* 

On donne , dans le commerce , le nom de garance 'grappe 
à la garance moulue , qui est la plus riche en principes co- 
lorans : on l'obtient en passant au tamis la poudre au mo- 
ment où elle sort du moulin. La garance robée est, au con- 
traire, la plus mauvaise espèce; elle n'est formée que des 
plus petites racines et de l'épiderme qui se détache des 
grosses lorsqu'on les vanne pour les nettoyer. 

Damboumay, d'après quelques expériences, avoit cru 
devoir conseiller d'employer pour les teintures la garance 
18. 10 



146 GAR 

fraîche; maïs M. Chaptal, dans son Nouveau traité de la. 
teinture sur coton, est d^un avis opposé, et, d'après ses ex* 
périences , il assure positivement qu'à Tétat frais les racines 
de garance ne fournissent ni autant de couleur, ni une 
couleur aussi vive et aussi solide , que lorsqu'elles sont sèches. 

Les teinturiers emploient la garance pour donner une 
couleur rouge à la laine, à la soie, et même. au coton. Ce 
rouge est très-solide , et il résiste bien à l'action de l'air et du 
soleil. On est parvenu , dans ces derniers temps , à rendre 
ce rouge très-vif, très - éclatant et approchant beaucoup 
du pourpre. Les peintres en font aussi usage, mais depuis 
peu d'années seulement ; car cela ne remonte pas à plus de 
douze ans. L'alumine est la substance que l'on fait servir 
de base à sa partie colorante. Par ce moyen , elle prend du 
corps et donne une belle couleur rose , que l'on emploie aisé^ 
ment et avec beaucoup de succès à Thuile ; aussi s'en sert-on 
géipiéralemcnt aujourd'hui de cette manière, parce qu'elle 
est beaucoup plus solide que les laques tirées de la coche- 
nille. £lle s'emploie de même pour peindre à l'aquarelle , 
où elle préseoite aussi plus de solidité que les laques ou car- 
mins tirés de la cochenille; miais elle est d'un très-difficile 
usage , et ne donne pas un aussi beau ton. 

La garance étoit à peine cultivée en France il y a cent 
soixante ans. On doit à Colbert les premiers encouragemens 
donnés à cette culture; et, en 1766, Louis XV ordonna que 
ceux qui entrçprendroient des plantations de garance dans 
des marais et autres lieux non cultivés, seroient, pendant 
vingt ans , exempts d'iippositions. Depuis les encouragemens 
donnés à la culture de cette plante, on en a formé des 
plantations dans plusieurs cantons de l'Alsace, de la Flandre, 
du Languedoc , de la Normandie , etc. ; mais elle n'est pas 
encore assez ét^çdue pour satisfaire à la grande consomma- 
tion qui ^'en fait d^ns nos manufactures : nous sommes en- 
core obligés de tirer de l'étranger une partie de la garance 
qui nou^ est nécessaire. I^ nous eii vient du Levant et sur- 
tou.t de la Hollande, et panni cette 4ernièrc c'est celle de 
Zélande qu'on estime le plus. 

La racine de garance a été. souvent employée en médecine, 
comme astringente , apéritive , diurétique et fondante. Les 



GAR 147 

âneîens formulaire^ la mettent au rang des cinq racines apë- 
rit^es mineures. Elle a été conseillée et plus "bu moins pré^ 
conisée dans les obstructions des viscères du bas^ventre^ 
dans la jaunisse , l'hydropisie , la leucorrhée , la gravelle , 
la goutte, etc.; mais il paroît que ses prétendues vertus, 
dans ces différentes maladies, avoient été considérablement 
exagérées : car aujourd'hui on la regarde comme trés-insuiii« 
santé dans tous ces cas , et les médecins de nos jours en ont 
presque entièrement abandonné Tusage* Elle a la singulière 
propriété de colorer en rouge les os des animaux auxquels 
on la donne pour nourriture ; ce qui a été constaté d!abord 
par les observations de Bélchier, de Mizauld, et ensuite 
par les expériences de Bergius, de Bezenes, de Bœhmer, 
et surtout de Duhamel. (L. D.J 

GARANCE [Petite], (Bot.), nom vulgaire de Faspérule à 
Tesquinancie. (L. D.) 

GARANNIER JAUNE {Bot.), nom provençal, suivant 
Garidel, de la giroflée jaune, cheirarUhus cheiri, (J.) 

GARAOUAN. (Bot.) Voyez Cercana. (J.) 

GARATAUK. {Omith.) Les Turcs nomment ainsi la grive 
draine, turdus visciVorus, Linn. (Ch. D.) 

GARB. {BoL) Les Maures, suivant Avicenne, nomment 
ainsi le saule pleureur ou saule du Levant, salix bahjlonica^ 
que Daléchamps nomme garab, (J.) 

GARBA , DJARBA. ( Bot. ) Ce nom est donné , dans l'Ara- 
bie et dans TÉgypte , an lunaria scabra de Forskal , qui est , 
selon M. Deli{e , la même plante que le cheiranthus farsetia 
de Linnsus. ( J. ) 

GARBA. {Omith») On donne ^ dans le bas Montferrat) ce 
nom et ceux de garbeoa, garbou , sgarbeou^ au loriot d'Europe , 
oriolus galbula , Linn. (Ch. D.) 

GARBELLA {Omith»), dénomination italienne du loriot ^ 
oriolus galbula, Linn. , qu'on appelle tiussi galbero , garbou, etc» 
(Cir-D.) 

GARBOTEAU. {lehthyol.) Voyez Garbotin. (H. C.) 

GARBOTIN. ( IchthjyoL ) Nom vulgaire du cjprinus jeses , 
de Linnœus, poisson compris dans la division des ables, faite 
dans le grand genre des cyprins. Voyez Able dans le Supplé- 
ment dtt 1 .^ volume de ce Dictionnaire^ (H* C. ) 



ï48 GAR 

GARCA ( Ormthé) , nom portugais de la grue , ardèa gruf, 
LiaUé (Ch. D.) < • 

GARCH , HANDACH ACHA , THUSF ( Bot. ) : noms arabes 
du lotier commun, lotus carniculatus ^ selon Daléchamps. (J.) 

GARCIA. ( Bot. ) Genre de plantes dicotylédones , à fleurs 
incomplètes, monoïques, polypétalées , de la famille des 
euphorhiaeées ^ et de la monoécie polyandrie de Linnaeus, dont 
le caractère essentiel consiste ,*pour les fleurs mâles y dans un 
calice à deux découpures profondes; une corolle Composée 
de dix ou onze pétales; deux glandes à la base de chaque 
£lament ; un grand nombre d'étamines : dans les fieurs femelles ^ 
un calice à deux découpures profondes; sept ou neuf pétales; 
un bourrelet glanduleux à la base de Tovaire ; un style ; un 
stigmate à trois lobes; une capsule à trois coques. 

Gaucia incuné : Garcia nulans , Vahl, Symb,, 3 , pag. lob; 
Act, soc, hist. nat, Hajn. ? pag. 218, tab. 9 ; Willd. , Spec, 4, 
pag. 492. Arbre découvert dans l'Amérique , à Tile de Sainte- 
Marthe. Ses rameaux sont alternes , cylindriques , blanchâtres 
vers leur sommet ; garnis de feuilles alternes , pétiolées , 
glabres, oblongues, acuminées, très-entières. Les fleurs sont 
au nombre de six environ , disposées presque en grappes 
vers Textrémité des rameaux; les mâles séparées des femelles 
sur des branches différentes. Dans les unes et les autres, le 
calice est profondément partagé en dix découpures; la cb- 
rblle composée de dix à onze pétales dans les fleurs mâles, 
de sept à neuf dans les femelles , tous linéaires , chargés en- 
dessous de longs poib très-épais, de couleur purpurine en- 
dessus avec des poils plus courts et plus rares ; les étamines 
nombreuses; l'ovaire, obscurément trigone, surmonté d'un 
seul style , terminé par un stigmate à trois lobes. Le fruit est 
une capsule à trois coques. (Pois.) 

GARCIANA. (Bot,) Genre de plantes observé par Lou- 
reiro dans la Cochinchine. WiUdenow le regarde comme 
congénère du phjlidrum de Gaertner, adopté par Schreber 
et Willdenow , dont il diffère seulement parce que son an- 
thère, suivant la description, est roulée en spirale. Voyez 
Fhilydrb. (J*) 

GARCINIA. {Bot,) Voyez Mangoustan. (Poir.) 

GARDE- BŒUF., (Orm'^Ti.) L'oiseau auquel ce nom est 



GAR U9 

4lonné par les Européens établis en Egypte , paroi t être Taî- 
grette ou héron-garzette , ardea garzetta^ Linn. (Ch. D.) 

GARDE r BOUTIQUE, {Ornith.) Un des noms vulgaire- 
ment donnés au martin-pécheur, alcedo ispida , linn,, d'après 
la fausse opinion que son corps , suspendu dans les magasins , 
préservoît les étoffes de laine de l'attaque des teignes et 
autres insectes destructeurs. (Ch. D.) 

GARDE -CHARRUE. {Ornith.) Salerne , pag, 2 23, cite 
cette dénomination vulgaire comme appliquée au motteux , 
motacilla anarUhe, Linn. (Ch. D.) 

GARDELLO. (Ornith,) Ce nom, et ceux de gardellin, 
gardellino , sont donnés, en Italie | au chardonneret,/rin^î^Za 
cardueUs, Linn. (Ch. D.) 

GARDÈNE, Gardénia. {Bot.) Genre de plantes dicotylé- 
dones, à fleurs complètes, monop é talées , régulières, de la 
£Eimille des rubiacées, de la pentandrie monogynie de linnœus, 
très-voisin des mussœnda et des genipa , offrant pour caractère 
essentiel : Un calice à cinq dents ou à cinq découpures; une 
eopolle infundibuliforme ; le tube alongé ; le limbe à cinq ou 
neuf divisions; cinq étamines, attachées à l'orifice du tube) 
les anthères oblongues , sessiles, quelquefois un peu saillantes ; 
un ovairç inférieur; le style filiforme; le stigmate épais et 
bifide. Le fruit consiste en une baie presque sèche , à deux 
ou quatre loges^ontenant des semences nombreuse , dispo* 
sées longitudinalement en un double rang dans chaque loge. 

Les botanistes ne sont point très - d'accord sur les espèces 
qui doivent composer ce genre. M. de Lamàrck y avoit d'a^ 
bord réuni Iqs musscpnda, qu'il en a séparés depuis dans ses 
Illustrations des genres ; mais il y a ajouté les genipa. M« 
Richard pense qu'il faut aussi y réunir les Duroia (voyez 
qe mot). Enfin , plusieurs espèces de gardénia sont renvoyées 
aux randia. 

Gardéne a large fleur : Gardénia Jlorida , Linn.; Lamk. , 
m. gen., tab. i58, ûg. i ; Ellis, Act. angl. j vol. 5}*,'tab. 23; 
Ëhret, Piot., tab, i5 : Castjopiri, Rumph, Amh., 7 , tab. 14 , 
fig. 2 ; vulgairement le Jasmin dI^^Cap. Arbrisseau très-remar- 
quable par la beauté et Fodeur très -agréable de ses fleurs. 
Il s'élève à la hauteur de quatre à six pieds, sur une tige 
droite , rameuse dans sa partie supérieure , revêtue d'unQ 



i5o GAR 

ïï 

écorce brune ou grisâtre. Les rameaux sont glabres, un pe# 
noueux ; garnis vers leur extrémité de feuilles opposées , 
quelquefois ternées, ovales , .aiguës aux deux bouts, presque 
sessiles, glabres, vertes, entières, longues de de.ux pouces 
et demi , larges d^environ un pouce , avec des stipules inter* 
médiaires , solitaires , à demi vaginales. Les fleurs sont pres- 
que sessiles , solitaires, au sommet des rameaux, blanches, 
un peu jaunâtres , d'une odeur suave ; leur calice est dé* 
coupé en cinq ou six lanières droites , linéaires , contournées ; 
la corolle un peu coriace ; le tube presque aussi long que le 
calice; le limbe de deux pouces au moins de diamètre; ses 
divisions , de cinq à neuf, planes, ovales , otituses, presque 
aussi longues que le tube. Le fr^it est une baie glabre, 
oblongue , anguleuse , couronnée par le calice , uniloculaire , 
à' cinq ou six valves : elle renferme une pulpe jaunâtre ou 
de couleur de safran, qu'on vend dans les boutiques et qu'on 
emploie pour teindre en la même eouleur. 

Cette plante est originaire des Indes orientales ; elle croit 
également au Japon , é9îB& l'île d'Amboine et au caj^ de Banne- 
Espérance : on l'y cultive à cause ée l'élégance et de la bonne 
odeur de ses fleu.rs. On la eultire atissi dans plusieurs jardins 
de l'Europe ^ dans lesquels elle a été introduite vers le milieu 
du siècle dernier. Elle conserve ses feiàlle» en hiver : quand, 
elle est soignée convenablement , elle fleurit deux fois , en 
Mai et en Septembre. On peut la cultiver en plein air dans 
le midi de la France ; mais il faut la tenir, à Pttris , dans les 
serres d'orangerie pendant Fhiver : elle exige une terre 
franche , légère , mêlée de moitié de terre de bruyère , renou- 
velée deux fois par an après la floraison. Comme cette plnnte 
ne donne jamais dC fruits dans nos jardins, on la multiplie 
par mareotte&et par boutures. Au Japon on en fait de belles 
haies vives. 

Gardèi^e &ADI gante : Gordeuia ro^iicons ^TKunb. , ¥lar» Jap, , 
tab. 20, et Dissert., n.^ 1. , tab.^ 1 y fig. 1. Cet arbuste dififère 
du précédent en ce qu'il est beaucoup plus petite par sa tige 
plus grêle, couchée, radicante à sa partie inférieure; les 
feuilles plus étroites , lancéolées ; les fleurs blaxiches , près» 
que sessiles au sommet des rameaux ; les divisions du calice 
drpites y Uncéolées^ contournées, de moitié plus court^es quç 



GAR i5i 

le tube de la corolle. Cet arbuste croît au Japon. On le cul- 
tive au Jardin du Roi. 

Gardène de Thunberg : Gardénia Thunhergia, Linn. , SuppL; 
Gardénia terticillata ^ Lamk, , Encycl., et IlL gen, , iùh, i53, 
fig. 3; Thunhergia capensis, Mont., Act, Stochholfn,, 1776 , tab. 
11 ; Berghias, Sonn., Itin. Guian. , pag. 48, tab. i7;'vulgai« 
rement la Caquepjre. Arbrisseau très-agrëable , chargé d'un 
grand nombre de belles fleurs, que Ton cultive au Jardin 
des plantes, et .que M. Sonnerat a découvert dans le^ bois 
de la Guinée et Thunberg au cap de Bbiiiië^Espéraiicé. 11 
s^éléve à la hauteur de quatre pieds et plu$ , sur une tige 
droite , chargée , à sa partie supérieure , de rameaux nom- 
breux, courts, cylyulriques, un peu pileux. Les feuilles sont 
verticillées trois ensemble à chaque nœud , inégales , vertes , 
glabres, luisantes, ovales, entières, acuminées, rétrécîes en 
pétioles, munies en-dessous de quelques poils dans raisséllé 
des nervures. Les fleurs sont sess^és , solitaires , termitiales , 
blanches , d'une odeur trés-agréable. Le calice ë^t Idng d'un 
pouce , en entonnoir , presque spathacé , à sept ou huit dé- 
coupures oblongues et spatulées ou un peu concaves à leur 
sommet , fendu d'un côté jusqu'à sa moitié ; le tùbê de la 
corolle cylindrique^ presque long de trois pouces-, le limbe 
large de deux, à neuf ou dix découpures ovales ? beuf ou 
dix anthères sessiles; rovairé couronné de tubercules nectà- 
rifères. Le fruit est une baie oblongué , à quatre loges , con- 
tenant des semehôei imbriquées , lenticulaires. 

Gaadènede Madagascar ; Gardénia MadcLgdstariensis, Lamk. , 
Encycl. Très -belle espèce, tecUeillîè par Commerson dans 
Tile de tdttdaga^sLt. Ses raïUeaux sont ligneux, glabres, 
grisâtres; ses feuilles opposées, pétiolées, glabres, coriafces, 
entières , ovales , un preu aiguës , longues de trois pouces 
sur au moins un pouce et demi de large ; les stipules lan- 
céolées ; les Ûexkfs presque sessiles , solitaires , axillaires , lon- 
gues de trois pouces et plus, couvertes en dehors d'un duyet 
cotonneux; le calice court, presque glabre; le tube très- 
long ; le limbe à cinq divisions oblongues , peu ouvertes ; les 
anthères linéaires , non saiUaiates. 

Gardène gommier : Gardénia gummifera , Linn. , SuppL , iGù(; 
Thunb. , Dissert., n.* 4, tab. 2, Cette espèce est remarquable 



i5a GAR 

par une gomme -résine, fort semblable à la gomme -élémi^ 
qui découle de ses feuilles et des crevasses de son écorce. 
Elle ressemble d'ailleurs à la gardéne à larges fleurs par la 
grandeur et la figure du limbe de sa^ corolle. Ses feuilles sont 
oblongues, obtuses, hérissées de poils, ainsi que le calice, 
très-courts , à cinq dents ; le tube de la corolle est très-long , 
filiforme, couvert de poils très f fins. Elle croît à Tile de 
Ceilan. 

Gardènë camfanulée : Gardénia Rothmannia, Linn. , Suppl^, 
pag. 16.5 ; Rothmannia capensis , Thunb. , Act, Stochholm, , 1 776 , 
pag. 65 , tab. 2. Les fleurs de cette espèce, cultivée au Jar- 
din du Roi , répandent le soir et la nuit une odeur très-suave. 
Son bois, très -dur, est employé pour (j^ire des essieux; ses 
rameaux noueux, comme articulés; lcs> feuilles opposées, 
un peu r^trécies en pétiole à leur base , oblongues , entières , 
aiguës. Les fleurs sont sessiles , solitaires , axillaires ; les dents 
du calice subulées ; la corolle glabre , infundibuliforme ; le 
limbe campanule, à cinq découpures ovales - aiguës ; cinq 
étamines non saillantes. Cet arbrisseau croît au cap de Bonne- 
Espérance. 

Gardène A LONGUES FLEURS; Gardénia longijlora, Flor, Per,, 
2 , pag. 67 , tab. 219 , fig. a, non Aiton. Cet arbrisseau , dér 
couvert dans les forêts des Andes au Pérou , a des tiges très- 
rameuses, hautes de dix à douze pieds. Les rameaux sont 
très-longs, étalés; les plus jeunes courts et tétragones; les 
feuilles médiocrement pétiolées, oblongues, lancéolées, ai- 
guës, glabres, un peu luisantes en-dessus, légèrement héris- 
sées en -dessous sur leurs veines, longues de deux pouces; 
les stipules rougeâtres , caduques et subulées ; une fleur pres- 
que sessile à l'extrémité de chaque rameau ; le calice velu , 
^ peine long d'un pouce ; la corolle blanche, très-velue en 
dehors; le tube filiforme, très -long, velu à son orifice; le 
-limbe très -ouvert; ses découpures longues d'un pouce et 
demi; les baies grandes, alongées, jaunâtres, à dix nervures 
brunes , longitudinales. Le gardénia longijlora d'Aiton , HofL 
Kew*, editf not^, , 1 , p. 368 , est une autre plante, originaire 
de Sierra-Leone , que l'on cultive au Jardin du Roi, dont 
la corolle est infundibuliforme; les découpures de son limbe 
rabattues en dçhor^ ; les feuilles oblongues. 



A 



GAR »53 

GARDk(<?E A FEUILLES SB CLUsiER : Gardénia clusiafolia, Willd. , 
Spte, , 1 , pag. 1229 ; Jacq. , Collect, append»^ pag. 37 , tab. 4 9 
ûg, 3 : Arhor jasminijloribus , etc. , Catesb., CaroL , 1 , tab. 59. 
Arbrisseau des iles de Bahama , haut d'environ cinq pieds y 
dont les tiges sont droites , rameuses à leur partie supérieure; 
les rameaux cendrés ; les feuilles glabres , médiocrement pé^ 
tiolées , coriaces , entières , en ovale renversé , obtuses ou 
un peu échancrées, rétrécies à leur base, longues de six 
pouces; les stipules larges, sessiles, triangulaires, aiguës. 
Les fleurs sont très -odorantes, terminales, pédonculées; la 
corolle coriace; le tube d'un vert pâle; les découpures du 
limbe blanches, un peu jaunàtces à leur sommet, lancéolées, 
aiguës, de la longueur du tube; les anthères sessiles, acu- 
minées. Le fruit est une baie ovale , assez grande^ contenant 
plusieurs semences planes, arrondies. 

Garoùne de la Nouvelle -Grenade : Gardénia granatensis, 
Foir. ; Gardénia parsfijlora, Kunth, in Humb., Nov, g^n-> 3, 
pag. 406, tab. 293 ; non Poir. , Encycl. Arbrisseau épineux, 
très-rameux; les rameaux pubescens dans leur jeunesse ; les 
feuilles opposées,' pétiolées, ovales-acuminées , très-entières, 
rétrécies à leur base, un peu coriaces, pubescentes, longues 
d'un pouce et demi sur huit à neuf lignes de large ; les stipu- 
les ovales-acuminées, pubescentes; six à huit fleurs sessiles ^ 
situées au sommet des rameaux ; des bractées subulées , sou- 
dées à leur base , entourant l'ovaire ; un calice campanule , 
à quatre dents , soyeux , pubescent ; la corolle blanche , pi-^ 
leuse en dehors, longue de huit à neuf lignes; son tube 
cylindrique , trois fois plus long que le calice ; les décou- 
pures du limbe lancéolées, acuminées, un peu réfléchies; 
l'ovaire pubescent ; le style saillant , pileux à sa base. Cette 
plante croît à la Nouvelle-Grenade. ' 

Gardene a petites fleurs ; Gardénia parvifiora, Poir., £nc«, 
SuppL, non Kunth. Arbrisseau des Indes orientales, dont 
les rameaux sont glabres , cendrés ; les feuilles coriaces , pé- 
tiolées, glabres, ovales, acuminées, très -entières, luisantes 
en-dessus , longues d'environ quatre pouces , larges de deux 
et plus. Les fleurs sont petites, approchant de celles des 
chiococca , disposées en petites grappes axillaires , un peu 
^uffues, très-glabres ; à peine longues d'un pouce; la corolle 



i54 GAR 

petite et blanchâtre ; les fruits globuleux , de la grosseur d'un 
pois. 

On cite plusieurs autres espèces de gardénia. Roxburg, 
dans les Plantes du Coromandel, a ligure et décrit les sui- 
vantes : Gardénia dumetorum , tab. i36; Gardénia fragrans , 
tab. i37; Gardénia latifolia, tab. i34; Gardénia spinosa, tab. 
i36 ; Gardénia uliginosa, tab. i35. On trouve dans le Botanical 
Magazin^ tab. 1904 9 le Gardénia amana, dont les tiges sont 
munies d'épines droites , situées dans Faisselle d'une feuille 
ovale, aiguè*, glabre; les fleurs terminales, solitaires; le ca- 
lice campanule, denticulé. (Poir.) 

GARDENNA. (Omith.) L'espèce de grive dont Aldro- 
vandc parle sous ce nom , est la draine , tardas viscivorus , 
Linn. (Ch, D.) 

GARDERACANTHA. (Bot.) Dans l'île deLemnos, suivant 
Dodoens, le chardon - bénit , cnicus henedictus , est ainsi 
nommé. (J.) 

GARDEROBE (Bof.), nom vulgaire donné soit à l'aurone, 
artemisia ahrotanum, soit à la santoline. (J.) 

GARDES. ( Véner, ) On donne ce nom aux ergots du cerf 
en vénerie. ( F. C. ) 

GARDIO [îchthyoL) , nom languedocien de la rosse , 
poisson d'eau douce du grand genre des cyprins* (H. C.) 

GARDON. {Ichthyol,) Voyez Able, dans le Supplément du 
1.*"^ volume, et Rosse. (H. C.) 

GARDOQUIA. {Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à 
fleurs complètes , monopétalées , irrégulières , de la famille 
des labiées , de la didynamie gymnospermie de Linnasus , frès- 
rapproché des mélisses et des sarriètes, offrant pouf carac- 
tère essentiel : Un calice tubulé, k deux lèvres, à cinq dents 
ou à cinq découpures ; une corolle tubulée , beaucoup plus 
longue que le calice , barbue à son orifice ; le limbe à deux 
lèvres; la supérieure échancrée; l'inférieure à trois lobes 
presque égaux; quatre étamines didynames, écartées entre 
elles; quatre semences au fond du calice. 

Ce genre, comme la plupart de ceux qui appartiennent 
à la famille des labiées, n'a que des caractères peu tran- 
chés. Très - rap|ïroché des mélisses et des sarriètes , il ne 
diffère des premières que par son calice à deux lèvr<es , et 



GAR i55 

des secondes par ses ëtamiiies écartées et les lobes de la 
lèvre inférieure de la corolle presque égaux. Il comprend 
des arbrisseaux, presque tous originaires du Pérou , très-ra- 
meux , à odeur forte , à feuilles entières , opposées : les fleurs 
sont jaunâtres ou de couleur incarnate, axillaires, solitaires , 
rarement verticillées , réunies deux ou trois sur le même 
pédoncule. 11 a été établi par les auteurs de la Flore du Pé- 
rou , qui en ont indiqué six espèces, mais sans autre descrip- 
tion qu'une seule phrase spécifique. M. Kunth , dans le Nov. 
gen. Humh* et BonpL , en a décrit une dixaine , qui paroissent 
presque toutes différentes de celles de la Flore du Pérou. Nous 
allons indiquer les plus remarquables. 

Gar]>oquia a petites FEcriLLEs : Gardoquia microphjrlla, Kunth, 
Noy. gen. in Humb, et Bonp. , 2 , pag. 3 1 1 • Arbrisseau de 
deux ou trois pieds, qui répand une odeur très - agréable. 
Ses rameaux sont pubescens dans lenr jeunesse ; les feuilles 
médiocrement pétiolées , ovales en cœur , obtuses , glabres , 
un peu roulées et ciliées à leurs bords et sur la nervure du 
milieu , luisantes , à peine longues d'une ligne ; les pétioles 
pileux; les fleurs solitaires, axillaires, presque longues d'un 
pouce; les pédoncules très- courts, pubescens; le calice un 
peu rude, à dix stries, à cinq dents; la corolle rougeàtre, 
presque cinq fois plus longue que le calice , pubescente en 
dehors; le tube court; l'orifice très-long; les étamines à peine 
saillantes ; les anthères réniformes , à dieux loges ; le stigmate 
bifide. 

Garboquia bicolore; Gardoquia discolor, Kunth, L c. , pag, 
3 12. Ses rameaux sont opposés, tétragones , très-nombreux, 
pubescens et blanchâtres dans leur jeunesse ; les feuilles oblon- 
gues , entières , aiguës au sommet , rétrécies en coift à leur 
base, vertes et un peu pubescentes en -dessus, soyeuses et 
blanchâtres en-dessous , à peine pétiolées ; les fleurs médio- 
crement pédoneulées , axillaires et solitaires à l'extrémité 
des rameaux ; leur calice tubulé , velu et pileux ; à dix ner- 
vures; son orifice fermé par des poils blancs ; la corolle trois 
ou quatre fois plus longue que le calice , purpurine , pubes- 
cente en dehors; les lobes du limbe arrondis, l'orifice nu; 
les filantes» glabres f quatre ovaires glabres , fort petits ; le 
^tyle filiforme et saillant ; le stigmate médiocrement bifide. 



i56 GAR 

Gardoquia a feuilles d*[f; Gardoquia taxifolia, Kunth ,l,€,, 
pag. 5 12. Arbrisseau distingué par ses feuiJles linéaires, lan- 
céolées ou oblongues, obtuses, glabres, très-entières, rétré- 
cies à lelir base , un peu ponctuées en-dessous , longues de 
quatre à cinq lignes, larges de deux; les fleurs axillaires , 
solitaires, longues d'un pouce et plus; le calice glabre , fermé 
par des poils ; la corolle rougeàtre. 

Gardoquia glabre; Gardoquia glabra^ Kunth, /. c, p. 3i3. 
Cette espèce diffère très- peu de la précédente. Ses rameaux 
sont pubescens; ses feuilles oblongues, lancéolées, aiguës à 
leurs deux extrémités , roulées à leurs bords , glabres , légè- 
rement dentées en scie , ponctuées et glanduleuses en-dessous; 
les pétioles articulés vers leur milieu ; les fleurs pubescentes , 
fermées par des poils à leur orifice. 

Gardoquia argentée; Gco'doquia argentea, Kunth, /• c*^ 
pag. 3i3. Arbrisseau chargé de rameaux très -nombreux 9 
touffus, tétragones, argentés et soyeux. Les feuilles sont près* 
que sessiles, oblongues , lancéolées, obtuses, très -entières, 
roulées à leurs bords, à nervure moyenne très -saillante, 
longues de deux ou trois lignes-, argentées et soyeuses à leurs 
deux faces ; les fleurs d'un rouge écarlate , longues d'un 
demi-pouce ; les étamines didynames ; uoe seule fertile ; les 
trois autres stériles. 

Gardoquia a feuilles de thyj^ ; Gardoquia thjrmoides , Kunth , 
L c, p. 3i4« Ses rameaux sont pubescens; ses feuilles ovales- 
aiguës , presque en cœur , roulées à leurs bords , légèrement 
dentées en scie, presque glabres en -dessus, blanchâtres et 
pubescentes en -dessous, longues de trois lignes, larges de 
deux ; les fleurs verticillées ; le calice pubesccnt , à dents 
inégales, subulées; la corolle jaunâtre, pubesceute, barbue 
à son orifice ; son limbe tacheté de pourpre- 

Gardoquia a grandes fleurs; Gardoquia grandijlor a , Kunth, 
l, c. , pag. 3 1 4 ; an Gardoquia incana, Sjyst.Jlor^ Fer, ? Arbriflseau 
de trois pieds, chargé de rameaux nombreux, pubescens dans 
leur jeunesse* Les feuilles sont ovales, presque rpndes , 
obtuses, aiguës à leur base, dentées vers leur ^mmet, légè-* 
rement pubescentes en -dessus, tomenteuses et blanchâtres 
en-dessous , longues d'un demi-pouce , larges de quatre lignes \ 
les fleurs solitaires, axillaires , longues de neuf ou dix lignes; ^ 



GAR >S7 

la corolle jaune, pubescente en dehors, barbue dans le fond 
de son orifice ; les étamines un jfeu saillantes; quatre semences 
lisses, brunes, trigones, obtuses, placées au fond du calice. 

■ 

Gardoquia tombnteuse; Gardoquia lomentosa^ Kunth, /• c, 
pag. 3 14. Espèce très- rapprochée de la précédente^ répan- 
dant une odeur aromatique. Ses tiges sont hautes de trois 
pieds, très - rameuses ; les rameaux pubescens dans leur jeu- 
nesse ; les feuilles ovales -arrondies , un peu aiguës , presque 
tronquées à leur base, roulées à leurs bords, légèrement 
dentées en scie , pubescentes en-dessus , blanches et tomen- 
teuses en-dessous , longues au plus de six. lignes ; les pédon- 
cules axillaires , chargés de deux ou trois fleurs ; le calice 
tomenteux ; la corolle de couleur incarnate , pubescente en 
dehors ; le tube court ; Torifice alongé , barbu dans le fond ; 
les lobes du limbe obtus; les semences brunes, obtuses, trian- 
gulaires. 

Gardoquia élégante; Gardoquia elegans , Kunth, L c, pag. 
3i6. Arbiisseau d'une odeur aromatique, très-rameux, haut 
de trois ou quatre pieds ; les rameaux blanchâtres et tomen* 
teux dans leur jeunesse; les feuilles rhomboïdales , presque 
rondes, obtuses, dentées en scie, pubescentes en -dessus, 
blanchâtres et tomenteuses en -dessous, coriaces, entières 
vers leur base, longues de neuf lignes, larges de huit; les 
pédoncules axillaires, chargés de deux ou trois fleurs; la 
corolle rouge, pubescente en dehors, jaune à son orifice, 
marquée de taches incarnates. 

Gardoquia mignons ; Gardoquia pulchella, Kunth , Le, pag. 
3i5. Cet arbrisseau s'élève à la hauteur de trois ou quatre 
piçds : ses rameaux sont dressés, tétragoncs, tomenteux et 
pubescens ; ses feuilles ovales ou un peu arrondies , rétrécies 
en coin à leur base , crénelées , roulées à leurs bords , un peu 
rudes en-dessus, blanchâtres et tomenteuses en-dessous, lon- 
gues de huit à neuf lignes, larges de sept; les pédoncules 
axillaires , k trois fleurs longuement pédicellées ; le calice 
tomenteux ; la corolle incarnate et ponctuée de jaune. 

Quelques autres espèces de gardoquia sont citées par les 
auteurs de la Flore du Pérou , telles que le Gardoquia striata 
à feuilles ovales, striées: Gardoquia revoluta, à feuilles très- 
petites , ovales en cœur , roiilées à leurs bords : Gardoquia 



i58 GAR 

muUiJlora; les pédoncules chargés de plusieurs fleurs ; les 
feuilles ovales, dentées en scie : Gardoquia elliptica; les pédon* 
cules presque ternes j les feuilles elliptiques , ovales , dentées 
en scie : Gardoquia phovtUa, à feuilles entières, en ovale reu'* 
versé ; les pédoncules ternes. ( Poir« ) 

GARENT- OGUEN [Bot.)^ nom donpé chez leslroquois, 
suivant le P. Lafiteau, jésuite missionnaire, au glnseng du 
Chn^LàsL^'^anax quinquefolium» (J.) 

GARESOL (Omt^Tt*), noxà arabe de la huppe, upupa 
epops^ Linn. (Ch. D») ^ 

GARFAHL, (Ornith*) Le nom qui est ainsi écrit, d'après 
Bartholin , dans le Fauna suecica de Linnœus , et qui cor* 
respond aux mots garfulh, garfugl, geirfugl et goirfugl, cités 
par Muller, Othon Fahricius, etc., est applicable au grand 
pingouin de Buffon, alca impennis^ Linn. (Ch. D.) 

GARGA (Ornith.), nom turc du casse-noix, corvus caryo* 
catactes, Linn. (Ch. D.) 

GARGANELLE {OrmtK)y nom italien de la sarcelle corn* 
mune, anas querquedula, Linn., que les Anglois appellent 
gœrganey. (Ch. D.) 

GARGANON. {Bot,) C'est, selon Mentzel, la même 
plante que le tmgium de Dioscoride , lequel est rapporté par 
C. Bauhin au boucage, pimpinella saxifraga, (J.) 

GARGIA ( OrnUh, ) , nom italien du butor , ardea stellaris , 
Linn. (Ch* D*) 

GARGOÏ (Ornith.) , nom piémontois du canard-garrot <, 
anas clangula, Linn. (Ch. D.) 

GARHOU0A. ( Ornith, ) Ce terme est donné parle P. Paulin 
de Saint-Barthelémi , tom. i , pag. 431, de son Voyage aux 
Indes orientales, comme le nom de Fépervier en langue 
samscrite. (Ch. D.) 

GARICUM ( Bo^. ) , nom arabe de Pagaric, selon Dalé- 
champs. (J. ) 

GARIDELLE {Bot.) : Garidella, Tourn., Linn. Genre de 
plantes dicotylédones , de la famille des renonculaeées , Juss« , 
et de la décandrie ttyginie, Linn., dont les principaux ca- 
ractères sont les suivans : Calice de cinq folioles ovales-oblon-»' 
gués ; corolle de cinq pétales , plus grands que le calice et à 
deux lèvres; dixétaminesj trois ovaires supérieurs, chargés 



GAR 169 

chacun d'un stigmate latéral et presque sesslle ; trois capsules 
soudées ensemble dans leur partie inférieure , et contenant 
plusieurs graines. 

Le nom de Garidella, donné par Tournefort à ce genre, 
rappelle le botaniste provençal^ J. Garidel, qui en a donné 
une bonne figure dans son Histoire des plantes qui naissent 
aux environs d'Aix. Les garidelles sont des plantes herbacées, 
à feuilles ailées et à fleurs terminales. On n'en connoit que 
dçux espèces. 

Garidelle NI6ELLTNE : Garidella nigellastrum , Linn., Spec.^ 
608; Garidella Joliis tenuissime divisis , Tourn. , Inst. , 655; 
Garid. , Aix; 2o3 , tab. 3 9. Sa tige est grêle, glabre, haute 
d'un pied ou environ , divisée dans sa partie supérieure en 
quelques rameaux effilés. Ses feuilles sont deux fois ailées , 
à découpures linéaires, aiguës; ses fleurs, mélangées de bleu, 
de rouge et de blanc, sont petites, solitaires à l'extrémité 
des rameaux ; leurs pétales ont la lèvre intérieure fort 
courte, et l'extérieure partagée en deux découpures li- 
néaires. Cette plante est annuelle , et croît naturellement 
dans les champs, en Provence, ^n Italie, et dans Tile de 
Candie. Ses semences sont un peu acres et aromatiques -, on 
n'en fait aucun usage. 

Garidelle a longs onglets ; Garidella unguicularis , Lamck. , 
Illust,, tab. 379, fig. 2. Cette espèce est caractérisée par 
ses feuilles supérieures, simples ou trifides, et. par ses pé- 
tales à onglets capillaires, saillans, une fois plus longs que 
le calice. Elle a été trouvée dans l'Orient. (L. D.) 

GARIDELLE ( Omith. ) , un des noms vulgaires du rouge- 
gorge , motacilla rubecula , lÀnn. (Ch. D.) 

GARIES. {Bot. ) On donne ce nom au chêne dans quelques 
parties de la France. (L. D.) 

GARIN {ConckyL) \ Adanson, Sénég. , p. 200, pi. 14.. 
Espèce de coquille bivalve , adhérentç , placée par Linnaeus 
parmi les huîtres, par Bruguières dan^ le genre Spondyle, et 
dont M. de Lamarck a fait son genre Plicatule. Voyez ce 
mot. (De B.) 

GARINELLO (Orni^h.), nom italien de la cresscrellÇ) 
falco tinnunculus , Linn. ( Ch. D. ) 

GARIOT (J5o^), nom vulgaire de la benoîte. (L. D.} 



»6o GAR 

GARLU. {Ornith,) Ce nom est rapporté par Gueneau de 
Montbeillard au geai à ventre jaune de Cayenne, pL enL, 
n.® 249; mais M. d'Azara, n.** 260, article Bien^et^eo ou Pmi- 
taga, observe que c'est une erreur, et suivant M. Vieillot 
c'est le tyran tictivie. (Ch. D.) 

GARMEL. {Bot.) Les Arabes donnent ce nom à une faba- 
gelle commune dans le désert , qui est le zygophyllum portu^ 
lacoides de Forskal, et, selon Vahl, lez^gophyUum simplex de 
Linnœus. Dans le pays on croit que ses feuilles, broyées dans 
l'eau et appliquées sur les yeux , font disparoftre les taies. (J.) 

GARMUTH. {IchthyoL) Voyez Garamit. (H. C.) 

GARNA. (Bot.) Voyez Dxarna. (J.) 

GARNITRB. {Bot.) Voyez Ganitri. (J.) 

GARNOT {ConchjyL); Adanson, Sénég. , p. 40, pi. 2. 
Espèce de patelle à coquille cloisonnée des anciens auteurs , 
et à laquelle M. de Lamarck a donné le nom de Crépidule. 
Voyez ce mot. (De B.) 

GARO , Aquilaria. ( Bot. ) Genre de plantes dicotylédones , 
k fleurs incomplètes , dont la famille n'est pas encore connue. 
Il ap.partient à la décandrie monogynie de Linnseus, et paroît 
se rapprocher des samyda et des anavinga. Il offre pour ca- 
ractère essentiel : Un calice turbiné, persistant; le limbe à 
cinq divisions ; point de corolle ; un anneau intérieur , imi- 
tant une corolle, attaché à l'orifice du calice, partagé à son 
sommet en dix lobes inégaux , alternes, avec lesfilamens très- 
courts des étamines; les anthères oblongues, versatiles; un 
ovaire supérieur ; point de style ; un seul stigmate. Le fruit 
consiste en une capsule ligneuse, à deux loges, à deux valves; 
deux , plus souvent une seule semence , entourée à sa base 
d'un arille spongieux. 

Garo de Malacca : Aquiloria malaccensis , Lamk., Encycl. , 
2, page 610, et 1 , page 49 î ^^^* ë^^» j t^l^* 3^^ • Aquilaria 
ovala, Cavan., Dissert. bot. ^ 7, pag. 677, tab. 224 : vulgai- 
rement Garo ou Bois d'aigle. Cet arbre croit dans les Indes 
orientales, et particulièrement à Malacca. Ses rameaux ont 
le bois blanc, tirant un peu sur le jaune ; ils sont recouverts 
d'une écorce d'un gris roussàtre , un peu chagrinée : ces ra- 
meaux sont velus vers leur sommet, garnis de feuilles alter- 
nes^ pétiolées, glabres, d'un beau vert, velues avant leur 



GAR . 161 

entier développement, ovajles-laacéolées, entières, fortement 
acuminées, longues de trois pouces et demi , Ijargesde deux, 
garnies à leurs bords de poils courts. Les fleurs sont petites, 
dépourvues de corolle; les étamines courtes, placées al^es^* 
nativement entre les lobes d'un anneau presque campanule i. 
Tovaire ovale , couronné par un stigmate siçiple , fort petit. 
Le fruit est une capsule turbinée , longue d'environ, un pouce , 
à deux loges, à deux valves ; les valves épi^ssçs , a^l^éreusQs , 
divisées par une t^loison , renfermant chacune une semence 
noire, petite, ovale, aiguë, et dont uqe avorte presque tou- 
jours. Au bas de chaque semence on. trouve un arille sous 
la forme, d'un corps spongieux* 

Garo P ofhisferme : Aquilaria ophispermum , Pqir. ; Ophisper" 
mum sinense , Lour, ^ Flor, cochinc. , i , pag. 344. Grand arbre 
de la Chine, dont les rameaux. sont étalés, garnis de feuilles 
luisantes, alternes, lancéolées, ondulées, très- entière^; les 
fleurs terminales et solitaires ; leur calice campanule., .à (;inq 
découpures ovales -alongées, égales, presque droites ; point 
de corolle.; un anneau court, tomenteux, à dix lobes, alter- 
nant avec autant d'étamines: les filamens très -courts;, les 
anthères pet^es, alongées, point versatiles; un ovaire ovale, 
comprimé; un style plus long que les étamines, soutenant un 
stigmate bifide. Le fruit est une capsule comprimée , élargie , 
lancéolée , à deux loges monospermes , s'ouvrant à leur som- 
met; les semences ovales, acuminées (munies d'u/ie aile laté- 
rale, Loureir.). (Poir.) 

GAROBUSTO* (IchihjoL) Dans le .langage languedocien 
on donne ce nom aux petitspoissons, ouiretin , que les pécheurs 
abandonnent aux pauvres sur les bords de la mer. (H. G.) 

GAROFOLI (Bo^), nom italien de l'œillet, qui paroit 
dériver du latin , caryoph^Uus , sous lequel il étoit désigné par 
Tournefort. (J. ) » 

GAROSMUS, GAROSMU^f. {Bot.) Cordus et Dodoens 
nommoient ainsi l'antserine puante, chenopodium vuWaria, 
qui est le conrùna des Toscans, suivant Césalpin. Garosmum 
signifie garum olens , ayant l'odeur du poisson nommé garus. 

(J.) 

GAROU ou GAROUETTE (Bot. ) , noms vulgaires du daphné 

garou. Quelques botanistes ont aussi adopté la première de 

18. Il 



>63 GAR 

ces dénominations comme nom François générique de tons 
les daphnés. (L. D.) 

GAROUILHE. {Bot,) dans quelques cantons, on donne 
ce nom au chêne - kiermés ; dans d'autres, c'est le maïs qui 
sfappeile ainsi. (L. D.) 

GAROUPB {Bot,) y nom vulgaire de la camelée* à trois 
coques* (L. D.) 

GAROUTTE. {Bot.) On donne ce nom , dans l'Anjou , à une 
espèce de gesse {lath^rus cicera). Voyez auffii Garou. (L. D.) 

GAROVO (Bo^), nom espagnol du caroubier, ceratonia, 
suivant Dodoens. (J.) 

GARRANIER {Bot.), un des noms vulgaires delà giroflée 
de muraille. (L. D.) 

GARROFERA. {Bot.) C'est, dans le Midi, un des noms 
que l'on donne au caroubier. (L. D.) _ ^ 

GARROT. ( Ornith. ) Ce canard ' est Vanas clangula de 
Linilsèus. (Ch. D. ) 

GARROUN. {Omith,) On donne, suivant le nouv. Dict. 
d'hist. nàt. , ce nom au \ieiix mâlè de la perdrix. (Ch. D.) 

GARRU. {Bot.) Voyez DuRÉAKÂ. (J.) 

GARRÙ. {Omilh.) Sur les cAtes du départeriient de la 
Somme, on appelle ainsi le 6oit^àttant, tringa fugnax, 
JEinn. (Ch. B.) 

GARRULUS. {Orrii^.) Ce nofm làti* est appliqué, pap 
Gesner et Aldrôvande , au rollier , et par Brisson au geai. 
(Ch. d.) 

GARRUS. {Bot.) Le houx, commun dans les bois de la 
Sainte -3amhe en Provence, y eit ain^î nommé, suivant 
Garidd. (J.) 

GARS. {Ornith,) Cé nom , qui s'écrit aussi garsz, est donné, 
en langage breton ^ à Toie domestique, ahas ansèr , Linn. 
(Ch. D.) 

GARSILHA. {Bot.) Nom portugais du ûouradi du Malabar^ 
qui est le grewia orientalis, (J.) 

GÀRSOTTE {Ornith.), uû des noms vulgaires de la sar-« 
celle commune, anas qnerquedula, Linn., qui s'écrit aussi 
garzotte^ (Ch. D.) 

GARULÉON, Qaruleum. {Bot.) [ Corjmhifères , Juss. = 
Sjngénésie polygamie nécessaire, Linn.] Le caractère essentiel 



GAR 163 

et distinctif du genrç Osteospermum est , aiasi que son Aom 
l'indique, d'avoir les péricarpes osseux, c'est-à-dire, épais 
et durs. Cependant l'espèce nommée cepru/eiim' par Jacqnin 
et pinnatifidum par l'Héritier, a les péricarpes simplement 
coriaces , c'est-à-dire minces , flexibles , élastiques , comme 
dans la plupart des synanthérées; elle diffère aussi des vrais 
calendula par la forme de ses, péricarpes; qui ne sont point 
arqués ni munis d'appendices membraneuse ou spinifdrmes, 
et des riieteorina par son disque, qui est mosculiâ^re au lieu 
d'être androgynifliore. Cette espèce doit donc être considérée 
comme le type d'un nouveau genre appartenant à la famille 
des synanthérées et à notre tribu naturelie âes caienduiées , 
dans laquelle nous le plaçons entre Vosteosp^mum et le 
meteorina. Nous le nommons garultum, et nous lui assignons 
les caractères suivans. 

Calathide radiée ; disque multiilore , réguUriflore , mascu- 
lifiore; couronne unisériée, multiâore, lignUftore j féniinî- 
flore. Péricline subcampanulé , un peu inférieur aux tleui^ 
du disque, formé de squames bisériées, ^é^es, appliquées, 
oblongues-aiguès , coriaces-foliacées ; les intérienreu plus lar- 
ges , ovales-lancéolées , membraneuses sur les bôtdj^ latéraux, 
Clinanthe convexe, inap{)en^iculé. Cypsèiûtf àe \a couronne 
obovoides-oblongues, subtriquètres, inaîgrettées; à péricarpe 
sec, coriace, mince, ridé extérieurement, couvert d'aispé- 
rités et muni de trois c6tes« Faux-ovaire» du disque oBlongs, 
comprimés, lisses, inaigi^ttés etinovulés. Corolles de la cou- 
ronne à languette longue , étroite , terminée par trois petites 
dents. Styles du disque à branches entregreffées inférieure- 
meni , libres et divergentes supérieurement , hérissées de 
collecteurs piliformes sur la face extérieure , et bordées de 
deux bourrelets stigmatiques sur la face intérieure. 

Une fleur de synanthérée peut être mâle , soit parce que 
l'ovaire est dépourvu d'ovttle, soit parce que le style est 
dépourvu de stigmate , soit par le concours de ces deux 
causes réunies. Le disque du garuieum n'est masculiflore que 
par défaut d'ovules , tandis que cblui de V osteospermum est 
masculiflore non-seulement par défaut d'ovules, mais encore 
par défaut de stigmates. 

Garl^éon visqubux : GaruUum viscosum , H. Cass. , Bull, de 



i64 GAR 

la soc. philom. , Novembre 1819; Osteospermum &œruleum , 
Jacq. ; Osteospermum pinnalifidum , THérit. C'est un arbuste 
du cap de Bonne- Espérance, haut de quatre pieds, doué 
d'une odeur analogue à celle du souci; ses rameaux sont 
•longs, simples, dressés, droits, cylindriques, et couverts, 
ainsi que les feuiUes, d^une sorte de duvet glutineux; ils 
sont garnis de feuilles alternes, étalées, longues de douze à 
quinze lignes, larges de neuf lignes, à base dilatée, semi- 
amplexicaule , presque décurrente , à partie inférieure pétio- 
liforme, la supérieure pinnatifide, à pinnules oblongues, 
incisées ou dentées. Les rameaux sont terminés par des co- 
rymbes de trois, quatre ou cinq cala thides, dont chacune 
est portée sur un long pédoncule garni de quelques bractées 
linéaireS'Subulées; les calathides, larges d'un pouce, sont 
composées d'un disque jaune et d'une couronne bleu-de-ciel. 
Cet arbuste est cultivé pour l'agréable couleur de ses cala- 
thides , qui ressemblent beaucoup à celles de l'agathée céleste ; 
.on le multiplie de boutures dans le cours de l'été, ou par 
ses graines, semées au printemps sur couche et en terrine : 
il exige une terre consistante, et 4*^ti*e garanti de la gelée 
dans l'orangerie, où on a soin de lui procui'er de la lumière 
et un air souvent renouvelé, et de le préserver de Thumidité. 
( H. Cass. ) 

GARUM, Garum. {IchthyoL) Les anciens Romains don- 
noient ce nom, ou plutôt celui de garus, à une sorte de 
.sauce, qui servoit non - seulement d'assaisonnement, mais 
encore de remède contre plusieurs maladies, et que les Grecs 
appeloient ydpoç , ou ^appoi^ suivant Diosco ride. Pline {lib, 3 1, 
cap. 7 et 8) rapporte qu'on fabrîquoit cette liqueur précieuse 
en faisant subir un commencement de putréfaction à des in- 
testins et à des débris de poissons qu'on avoit saupoudrés de 
sel, et en recueillant le fluide corrompu {sanies putrescen- 
lium) qui en sortoit; on y joignoit du laurier, du thym et 
d'autres aromates. 

Cette liqueur étoit noire , d'un aspect dégpû.tant et d'une 
odeur repoussante , comme on peut eu juger par ces deux 
vers de Martial, 

Uiiguentum fuerat, qood onyx modo parva gerebat: 
^uac, postquam olfecit Papilus, e^ce garum est. 



GAR >65 

Mais elle excitoit énergiquement Tappëtît, et pour cette 
seule raison elle fut si estimée sous les premiers empereurs, 
où on la servoit dans les repas de luxe , qu'on la payoit aussi 
cher que les parfums les plus rares. Aussi ce même Martial, 
qui fait peu de cas de l'odeur d'une sauce aussi recherchée, 
dit-il, dans une autre épigramme, 

Nobile nanc sitio laxuriosa garum , 

et nous indique , par le choix de Tëpithete , en quel grand 
honneur elle étoit. tenue chez ses contemporains. 

On employoit plus particulièrement pour la confection de 
l'assaisonnement dont il s'agit, les intestins, la téie ^ les 
ouïes, etc., de l'anchois, du maqi^ereau , et du picarel, 
sparus smaris. Il y. en atoit d'ailleurs une infinité d'espèces ; 
Dioscoride parle même d'un garum de viande, et un autre 
auteur loue celui des sauterelles. Le plus estimé étoit fait 
avec le maquereau. 

Aujourd'hui l'emploi du garum est abandonné en. Italie; 
mais en Turquie et aux Indes on en fait encore usage. A 
Constantinople les aubergistes en usent pour conserver les 
poissons cuits qui n'ont point été consommés dans la journée. 

On se servoit aussi beaucoup du garum comme d'un médi- 
cament. Il passoit pour détersif et antiseptique; aussi recom- 
mandoit-on de laver avec cette liqueur les ulcères gangré^ 
neux. Enfin on en a fait un antilyssique , et on orclonnoit 
d'en appliquer sur les morsures faites par des animaux en.- 
rages. (H. C.) 

GARUNDO-PALA. (BoL) Nom brame d'un arbrisseau, , 
qui est le natsjatam du Malabar , et que Linnseus , d'après 
Commelin , confondoit avec celui qui fournit la câpre du 
Levant. Cette opinion n'est point confirmée par les botanistes 
modernes, qui ont rejeté ce synonyme de son menispetmum 
cocculus, faisant partie du genre Cocculus de M. De Can- 
doUe. (J.) 

GARVANE ou GARVANCE (Bof.), nom V4ilgaire , donné 
dans quelques cantons de lai France à la ciserole téte-de- 
belier ou pois chiche (J.) 

GAR VIES {IchthyoL) J nom par lequel on désigne la sarw 
dine àKinkardine. (H. Ç.) 



i66 . GAR 

GARVOCK (lehthyoL ) , nom de la sardine 'à ïnvemess en 
Ecosse. (H. C.) 

GARYOPH YLLATA. ( Bitt. ) Chez plusieurs auteurs anciens 
on trouve ainsi écrite la plante nommée plus généralement 
caryophyllata , maintenant geum , la benoîte. C'est la gariqfi' 
lata de Césalpin. Le nom garyojihyllata est encqre donné par 
Daléchamps et d'autres à la saxifrage ordinaire, saxifraga 
rotundifolia, (J. ) 

GARYOPHYLLUM- {Bot.) L'arbre ainsi nommé par Pline 
est jiigé par Clusius être Le même que son anomum quorum- 
dam; mais la figure qu'il donne de sa plante, est absolument 
conforme à celle de Plukenet ( 1. 155, fig. 3 ) , rapportée au 
mjfrtus acris de Swartz , qui est une plante des îles d'Ame* 
rique , conséquemment inconnue à Pline. On seroit plus 
porté à croire que son garyophylUan , qui a les fruits petits 
et spbériques , est la cannelle giroflée, myrtus caryophyllata, 
originaire de Ceîlan. (J.) 

GARZA ( Ornith.) ^ nom espagnol du héron , ardea. ( Ch. D. ) 

GARZETTË. {Ornith.) Cet oiseau , le même que l'aigrette, 
jçst Vardea gartetta, Linn. (Ch. D.) 

. GAS ou GASH {Orniih,)^ noms languedociens du geai, 
corms glandariui, Linn. (Ch. D.) 

GASAR. (ConchyL) C'est sous ce nom qu'Adanson (Sénég. , 
p. 196, pi. )4) donne la figure et surtout une excellente 
description de l'huître des arbres ou parasite. Voyez Hi^rriiE. 
(DeB.) 

GASCANEL, GASCANET, GASCON {Ichtlvyol.) : noms 
vulgaires du caranx trachure , earanx trachurus. Voyez Ca- 
KANX. (H1 C. ) 

GASCHVE {Bot,) J nom arabe de Vipomena trijiora de 
Forskal, qui croit dans l'Egypte. (J.) 

GASCON {îéhtlLyoU) Voyez Gascanel. (H. C.) 

GASELLE {Mamm,')^ nonrtîré de l'arabe Gazal. Voyez ce 
mot. (F. C.) 

GA5I-ALCHALEB. {Bot») Voyez Chasi-attraleb. fJ.) 

GASIOR (Omiklx.)j nom polonois ^e l'oie domestique^ 
anas ansery Linn. (Cb. D.) 

GASOTTO {Ornit}u)j nom italiea de la grive draine, 
êurdus viscWorus , Linn. ( Ch. D.) 



GAS 167 

GÀSTA (lehthyoL)^ un des nombreux noms par lesquels 
la sardine est désignée. Voyez Clupée. (H. C.) 

GASTAUDELLO. {Ichthjyol.) A Nice l'on appelle ainsi le 
scombrésoce campérien , dit M. Rîsso. Voyez Scombrésoce. 
(H. C), 

GASTÉROPELECUS. {Ichtkyol. ) Voyet Seepe et Sternicle. 
(H. C.) ^ 

GASTÉROMYCïENS , Gasteromjrci. {Bot.) Voyez Gastro- 

MYCIENS. (LeM.) 

GASTEROPLÈQUE. (IcUhfoL) Gronou a établi sous le 
nom de gasUroplecus un genre de poissons des mers d'Amé- 
rique, dont le ventre est trés-tranchant et dont il n'a point 
aperçu les ca topes; Linnsus, qui les a aperçus, a placé ce 
poisson parmi les dupées, sous les doubles noms de clupea 
êternicla et de clupêa simaé Fallas, lui ayant reconnu une 
seconde nageoire dorsale adipeuse, Ta fait entrer dans le genre 
Salmo, sous l'appellation de talmo gasteropUcus. M. de Lacé- 
pède l'a laissé parmi les dupées sous le nom de dupée feinte. 
Voyez Sternicle. (H. C.) 

GASTÉROPODES {Makicoz.)^ mot hybride. Voyez Gastro- 
roDEs. ( De B. ) 

GASTÉROSTÉE, Gasterosteus. {Ichthyol.) Les ichthyolo- 
gistes ont appelé de ce nom, tiré du grec, ya/lnû, venter, et 
ùffjioV') os, un genre de poissons qui appartient à la famille 
des astractosomes , et dont toutes les espèces ont des catopes 
qui semblent formés uniquement d'un aiguillon mnbile, ar- 
ticulé sur un sternum osseux à l'aide d'un crochet particu- 
lier. Ce genre , établi primitivement par Artédi , conservé 
et augmenté par Linnseus , subdivisé en plusieurs autres par 
MM. de Lacépède et Cuvier, est facile à recbnnoître aux 
caractères suivans, outre celui qu'indique son nom lui-même: 

Point de fausses nageoires derrière les nageoires du dos et de 
l'anus; nageoire dorsale unique, aiguillonnée; écailles Usses; os 
du bassin formant entre les catopes up, bouclier pointu en arrière, ' 
et remontant par deux apophyses de chaque côté; une carène de 
chaque côté de la queue. 

On distinguera done aisément les GASTéROSTéss des S.combres, 
des Trachinotes , des Scombéromores, des ScombéroÏdes , qui 
OQ^ des fausses nageoires derrière celles du dos et de l'anus; 



ï68 GAS 

des Centronqtes et des CiCsioMOREs ; qui ont plus de quatre 
rayons à chaque catope ; des Lépisacanthes , qui ont les 
écailles très-épineuses; des Céphalacanthes , des Casions, des 
Caranxomores, qui ont leur nageoire dorsale sans aiguillons; 
et, enfin, des Pomatomes, des Cei^tropodes, des Carànx et 
des IsTiopHOREs, qui ont deux nageoires du dos. Voyez ^ 
Atractosomes , dans le Supplément du 3.* volume de ce 
Dictionnaire. ^ 

Les espèces connues dans ce genre sont peu nombreuses 
et présentent toutes de petites dimensions. 

L'Éfinoche, Epinarde ou Escharde : Gasterosteus acuUatus, 
Linn. ; filoch ,. 63, fîg. S. Tête tronquée antérieurement; 
touche grande ; mâchoires également avancées ; yeux sail- 
lans ; iris argenté : ligne latérale recouverte de plaques os- 
seuses transversales , qui forment de chaque côté une espèce 
de cuirasse ; trois aiguillons alongés et isolés Fun de l'autre . 
en avant, de la nageoire di; dos : taille de trois pouces et 
demi au plus. . , 

Ce poisson a la partie supérieure de son corjps d'un brun 
verdàtre et parsemée de petits points noirs'; l'inférieure 
brille de l'éclat de l'argent; sa gorge et sa poitrine montrent 
souvent celui du rubis ; ses nageoires sont d'un jaune doré. 
Sa chair est fade et sans aucune saveur. Son foie est très- 
volumineux et trilobé. 11 n'y a point de cœcum près du 
pylore. 

L'épinoche, qu'on trouve à peu près par toute l'Europe, 
dans les ruisseaux , où elle vit en troupes nombreuses , et 
quelquefois à l'embouchure des fleuves dont le cours est 
lent, est l'un des plus petits poissons que l'on connoisse. Elle 
dépose, au printemps, ses œufs sur les plantes aquatiques, 
qui les maintiennent à une distance assez rapprochée de la 
surface des eaux pour qu'il leur soit permis d'éprouver 
l'influence bienfaisante des rayons du soleil. Elle nage avec 
vitesse quand le temps est beau et serein ; mais, lorsque le 
ciel est couvert, elle se ti^nt en repos et se laisse prendre 
aisément. 

. Elle se nourrit de vers, de chrysalides, d'insectes aqua- 
tiques, de petits poissons qui viennent d'éclore. Les aiguil- 
lons dont son dos est armé, le bouclier et les lames qui re- 



■ GAS >69 

vêtent son corps, les épines de ses .çatopes la mettent à Pabrî 
des attaques des ennemis que sa petite taille semble devoir 
lui attirer. Malheur au poisson inexpérimenté et vorace qui 
Fengloutit dans sa gueule ! Elle s'y arrête en redressant ses 
épines, et venge ainsi sa mort par elle-même. 

Des vers intestinaux habitent communément Tintérieur 
du corps de cet animal. Une espèce de binocle, que Geoffroy 
a décrite dans son Histoire des insectes des environs de Paris , 
le tourmente aussi, en s'attachant fortement à son corps 
pour le sucer. 

Dans plusieurs contrées on pêche les épinoches, afin de 
les répandre par milliers dans les champs , où elles servent 
d'engrais, ou pour nourrir , dans les basses-cours, des canards, 
des oies, des cochons, et d'auti^s animaux domestiques. On 
en retire aussi , par expression , une huile bonne à brûler : 
c'est ce qui ari^e en particulier dans les environs de 
Dantzîck. f 

L'Épinochette : Gosterosteus pungitius , Linn. ; filoch , S3 , 4« 
Neuf ou dix aiguillons sur le dos; point de plaques sur les 
côtés du corps; écailles peu visibles; dos jaune; ventre ar- 
genté. Taille d'environ vingt lignes. 

L'épinochette est le plus petit de nos poissons d'eau douce. 
Elle vit en troupes nombreuses dans les lacs et dans les mers 
de l'Europe, en particulier dans la Baltique. Au printemp^V 
elle fréquente les embouchures des fleuves, et M. Noël l'a 
vue dans la Seine jusqu'à Quillebosuf. 

Les pécheurs n'en font aucun cas et la rejettent comme 
inutile. 

Le docteur Mitchill, de New -York, a fait connoitre ré- 
cemment deux gastérostées d'Amérique, sous les noms de 
gosterosteus hiaculeatus , et de gosterosteus quodratus : le peu 
de particularités qu'offrent ces deux poissons nous oblige à 
ne point nous y arrêter. (H. C.) 

GASTÉROSTÉE DU JAPON. {IchtkyoL) Voyez Upisa- 
CANTHE. (H. G;) 

GASTÉROSTÉE PILOTE. {Jchtkyol.) Voyez Centrqnote. 
(H. C.) . 

GASTÉROSTÉE SPINAGHIE. (Ich%o/.) Voyez Gastré. 
(H. C.) 



î7o^ GAS 

GASTERUPirON. (Entom.) M. Latrcille avoit désigné sous 
ce nom de genre celui que M. Fabricîus a formé sous le 
nom de FoENE (voyez ce mot). Ce sont des hyménoptères 
entomotilles, à abdomen comprimé en faucille, inséré sur le 
dos du corselet, et dont la tête est portée sur une sorte de 
cou. (C. D.) 

GASTON, Gastonia. {Bot.) Genre de plantes dicotylédones, 
à fleurs polypétalées , irrégjuliéres, de la famille des araliacées , 
de la doàécandrie doàécagynie de Linnaeus, offrant pour carac- 
tère essentiel : Un calice court , à bords entiers ; cinq , plus 
souvent six pétales élargis à leur base; dix ou douze étami- 
nés, deux en face de chaque pétale; un ovaire inférieur, 
surmonté de dix à douze styles fort petits, réunis à leur base; 
une capsule à dix ou douze loges. 

Ce genre a été consacré par Commerson à la mémoire de 
Gaston , duc d'Orléans, frère de Louis Xlj^, à qui Ton doit 
rétablissement d'un jardin de botaniqle à Blois , dont il 
donna la direction à Morison , qu^il favorisa dans ses travaux. 

Gaston a écoacs spongieuse: Gastonia spongiosa, Commers. , 
Herb. mss. et Icon.; Lamk. , Encycl. , vol. 2; vulgairement 
Bois d'épongb. Grand arbre , revêtu d'une écorce spongieuse 
et noirâtre, chargé de rameaux épais, fragiles, marqués, 
après la chute des feuilles, de larges cicatrices. Les feuilles 
sont situées à Textrémité des^ rameaux, éparses ou rappro- 
chées, ailées ordinairement avec une impaire , composées de 
trois ou quatre paires de folioles fermes, épaisses, ovales, 
sessilés, glabres, obtuses, très-entières, d'un noir rougeàtre 
en-dessus, de couleur pâle en-dessous, larges d'environ deux 
pouces. Les fleurs naissent en grappes latérales et rameuses ; 
Içs dernières ramifications soutiennent des ombelles à rayons 
divergens, uniÛores, longs d'un pouce, sans involucre. Ces 
fleurs sont d'une couleur un peu ferrugineuse; leur calice est 
court, d'une seule pièce et comme tronqué à son bord; les 
pétales lancéolés, attachés au bord intérieur du calice, courbés 
en dehors, concaves àle^r sommet; dix à douze étamines dis- 
posées en couronne autour du pistil; les filamens courts , subu- 
lés; les anthères jaunâtres, striées. Le fruit, vu très- jeune, 
paroît être une capsule couronnée par le rebord du calice , 
et divisée intérieurement en douze loges. Cette plante croit 



GAS -i?! 

dans les bois, aux îles de France et de Bourbon. Elle fleurit, 
dans le courant du mois de Janvier* (Poir.) 

GASTRÉ, Spinachia. (IchthyoL) M. Cuvier a donné ce 
nom à un genre de poissons qu^il a séparé des gastérostées 
de Linnaeus, et qui appartîendroit à la famille des atracto- 
somes , sans la disposition de ses catopes. 11 lui assigne les 
caractères suivans: 

, Catopes abdominaux; ligne latérale armée comme dans les ca- 
ranx) corps alongé; épines dorsales nombreuses. 

On ne connoît qu^une espèce dans ce genre , c'est 

La Spinachie : Spinachia vulgaris, N. ; Gasterosteus spina^ 
chia, Lînn.; filoch, 53, i. Quinze aiguillons au-devant de 
la nageoire du dos; des lames dures sur les côtés du corps; 
museau tubulé; ouverture de la bouche petite; opercules 
ciselées en rayons ; nageoire caudale arrondie. Taille de six 
à sept pouces. Dos jaune; ventre argenté. 

Les spinachies ne fréquentent poinMes eaux douces; elles 
abondent dans la mer du Nord et dans la Baltique , et sont 
très-communes sur les côtes de la Hollande en particulier. 
Elles vivent de vers, d'inse<;tes , de petits crustacés. Les 
pauvres se nourrissent de leur chair, qui fournit une assez 
grande quantité d'huile bonne à brûler, et avec laquelle on 
fume les terres. (H. C.) 

GASTRIPIER; Gastriiium, Palis. {Bot.) Genre de plantes 
monocotylédones , de la famille des graminées^ Juss. , et de 
la triandrie digjnie, Linn. , dont les principaux caractères 
sont les suivans : Calice de deux glumes ventrues en leur 
partie inférieure, contenant une seule fleur à deux balles 
trois fois plus courtes que les glumes; Fextérieure à trois'ou 
quatre dents , et .chargée d'une arête au-dessous de son som- 
met; Fintérieure bidentée : trois étamiiies, un ovaire supé- 
rieur, surmonté de deux styles courts, à stigmates velus ; une 
seule graine. Ce genre ne i^enferme qu'une seule espèce. 

Gastbidier lendigère : Gastridium lendigerum , Desf. , H. 
R. P. , i8i5,p. i3; Gastridium australe ^ Palis., Agrost., 21, 
tab. 6, fig. 6; Mïlium lendigerum, Linn. , Spec, 91 ; Schreb. , 
Grammy 14, tab. 23, fig. 3. Sa racine, fibreuse, annuelle, 
produit plusieurs chaumes droits , hauts de six pouces à un 
pied , garnis de quelques feuilles linéaires , et terminés par 



172 G AS 

des fleurs nombreuses, d'un vert clair, disposées en une 
panicule resserrée et ayant la forme d'un épi. Cette plante 
se trouve , dans les moissons , en France et dans le midi de 
l'Europe. (L. D.) 

GASTRIDIUM. (Bot.) Les plantes cryptogames de la fa- 
mille des algues, que Lyngbye met dans ce genre, avoient 
été placées autrefois dans les genres Ulva et Confer^a de 
Linnaeus, et puis par Lamouroux dans les genres qu'il a 
nommés Dumontia , Gigartina et Ul*^a, 

^^yngbye caractérise ainsi -ce genre : Fronde cylindrique , 
tubuleuse , rameuse ou simple , gélatineuse , quelquefois 
offrant des contractions ou resserremens qui la font paroître 
comme articulée.; graines nues, plongées dans la substance 
des petites ramifications. 

Ces caractères sont, à peu de chose près, les mêmes que 
ceux fixés par M. Lamouroux au genre Dumontia. La seule 
diS'érence seroît dans les espèces d'articulations qu'ofi'rent 
ces plantes, articulations qui sont quelquefois très- renflées 
et ventrues, ce qui a fait donner à ce genre son nom de 
gastridium y dérivé d'un mot grec qui signifie ventricule. Ce 
genre est peu naturel , si Ton consent à y rapporter à la fois 
Y ulva incrassata , Flor. Dan. ( dumontia , Lamx. ) , les fucus 
clawellosus et kaliformis , Turn. {gigartinœ, Lamx.), et V ulva 
luhrwa, Turn. 

Lyngbye rapporte à ce genre huit espèces d'algues ma- 
rines : voici la description des plus remarquables. 

1 .** Espèces à fronde rameuse, 

Gastridium filiforme : Gastridium filiforme , Lyngb. , Tent,, 
hydroph., page 68, tab. 17 ; Ulva fliformis , Flor, Dan., tab. 
1480, fig. 2; Vlva purpurascens y EngL Bot,, tab. 641. Fronde 
cylindrique ou comprimée, presque égale en diamètre, ra- 
meuse; rameaux épars, presque simples, alongés, U|i peu 
écartés. 

1 .^ Variété. A rameaux cylindriques , renflés vers leur extré- 
mité : c'est V'ulva incrassata, Flor* Dan. , tab. 6 £[3 ; le conferva 
Jistulosa^ Roth; le dumontia incrassata, Lamx. 

2.* Variétés A rameaux simples : c'est VuWa spongiformis , 
Flor. Dan. y tab. -763 , fig. 2. 



GAS »73 

. 3/ Variété. Plus grande, rugueuse, à rameaux peu nom- 
breux et très-siniples. ^^ 

4.* Variété. De couleur blonde. 

Ces diverses variétés croissent clans TOcéan , fixées aux 
pierres : elles forment des touffos longues de six à sept pouces* 
' Gastridium purpdrin; Gastridium purpurascens j Lyngb. ^ /, ۥ 
Fronde filiforme , rameuse ; rameaux et leurs divisions dis- 
tiques, presque opposés; dernières ramifications pennées, 
à découpures fines et opposées. Cette plante, présumée être 
YuWa purpùrascenê , Huds. , croît sur les côtes de Feroë , atta- 
chée jaux rochers et aux plantes marines : elle forme des 
toufies plus pu moins denses et longues de cinq à sept pouces. 

A cette première, division appartiennent les /îfci/5 clavello^ 
sus et kalliformis , TuTn. (Voyez Gigartina.) 

2.^ Espèces à fronde simple, 

. Gastridium opuntia ; Gastridium opuntia , Lyngb. , /. c. p, 7 1 ^ 
tab. 18. Fronde cylindrique, lancéolée, atténuée à la base, 
réticulée, lorsqu'on la regarde avec la loupe^ Cette espèce 
est parasite et croît, en été, sur les plantes marines des 
côtes de la Norwéjge. Ses frondes olivâtres ont d'un à trois 
pouce&de longueur: elles sont membraneuses, très-délicates, 
molles et. agréablement réticulées par un réseau à miail hexa- 
gone, caractère qui semble devoir faire rentrer cette plante 
dans le genre Dyctiotam 

.GAStTRiDiUM ovale; Go^tridium ovale, Lyngb., /. c, p. 72, 
tab. 18. Fronde verte, simple, tubuleuse, oviforme ou 
ovale-enflée y très-tenace par rapport à sa petitesse , remplie 
d'unç masse aqueuse. Cette plante, de la grosseur d'un pois, 
ou de deux à trois lignes de longueur, a été observée, sur 
les côtes de Feroë , adhérente ' aux rochers baignés par la 
mer. Elle s'éloigne beaucoup des espèces de ce genre que 
nous venons de décrire, et se rapproche infiniment àe& 
ulva nostoch et bullata, Decand., ainsi que des genres Rit^jc- 
laria et Endosperma, On trouve dans File Sainte - Croix une 
espèce très -voisine , peut-être la même ; mais elle a la gros^ 
seur d'un œuf de pigeon. 

Lyngbye rapporte à cette division les ulva lubrica^ Roth ^ 
et cylindrica, W^^^nberg, Flor, Lap*, tab. ^o, fig. 1. La 



ï74 , G AS 

première espèce est le ruvuUwia lubrica de la Flore Françoise , 
2.* édit. , et la seconde le rivularia cjlindrica de Hooker , Iter 
JsZ. , p. 71, 82 et 271. (Lem.) 

GASTROBRANCHE, Gastrohranchus. {Ichthyol.) Bloch 9 
donné ce nom à un genre de poissons que MM. de Lacé-: 
pède et Cuvier ont adopté et auquel on n^a encore rapporté > 
que deux espèces. L'une d'elles a servi à ^• le professeur 
Puméril à l'établissement d'un nouveau genre dans la famille 
des cyclostomes, et l'autre constitue le genre Myxine de 
Linnœus. Nous avons décrit la première à l'article Ettatrème ; 
c'est le goêtrobranche Dombey de M. de Lacépède : nous par- 
lerons de la seconde , qui est le gastrobranchus cacus de Rlocb , 
au motMvxiNE. Voyez aussi Cyclostomes. (H. C.) 

GASTROCHÈNE. {Foss.) Voyez Fiotu la ne fossile. (D.F.) 
GASTROCHŒNE, Gastrochtena. {McUacoz.) Genre de mol- 
lusques acéphales, de notre famille des pyloridées , de celles 
des enfermés de M. Cuvier, d^s pholadaires, Lmck., établi par 
Spengler, et admis, parla plupart des zoologistes modernes, 
pour quelques espèces de pholades dont la coquille n'offre 
aucune trace de dents à la charnière, qui est linéaire et 
marginale, et dont les valves, égales, triangulaires, sont 
extrêmement bâillante», surtout vew l'une des extrémités. 
L'on ajoute que l'animal diffère beaucoup de celui des 
pholades, en ce que les bords de son manteau ne sont pas 
réunis inférieurement , et que les devrx longs tubes qui ter- 
minent le corps, quoique fort extensibles, peuvenf rentrer 
entièrement dans là coquille. M, de LaUiarck dit qtre c'est 
par la grande ouverture fomiée par Fécartement des valves 
que sortent ces tubes, tandis que, Suivant M. Cuvier, et 
avec plus de raison ce nous semble, le nranteau est percé 
de ce. côté pour laisser sortir le pied, qui paroît être fort 
petit. Alors les tubes sortiroient du c6té de la pointe de la 
coquille, comme cela a lieu dans les pholades. Quoi qu'il 
en soit, toutes les espèces de ce genre virent dans la subs- 
tance des madrépores , et sont pal* coiiséqtrent térébrantes. 
M. de Lamarck compte trois espèces de gastrochoenes : 
1.** La G. CUNEIFORME; G. cuneiformis ^ Sprengl. , No^'. acL 
Dan,, 2 , fig. 8 — 1 1 ; Pholas hians, Gmel.; Chemnitz, Conch,, 
tab, 17a, û^. 1678— 1681. Petite coquille , d'un blanc gri^ 



GAS >75 

sâtre, en forme de coin, mince, presque pellucide , avec des 
stries transverses arquées. > 

Dans les roches ealcaires des îles de France, et d'Amérique. 

2J* La G. MYTiLoÏDB; G. mytiloides^ Lmck. Coquifie ovale; 
les valves ornées de rugosités tra&sverscs brunes et distinguées 
par un. espace longitudinal en f onne de- pyn«iide« 

Isle- de- France. 

S.** La G. MODiOLiNB : G. modiolina, Lmck.; Mjya dubia, 
Pennant, Zool.BriL, 4, pi. 44, fig. 19. Très-petite coquille y* 
extrêmement fragile , avec les sommets saiilans avant la base, 
qui se trouve sur les côtes d'Angleterre et sur celle de la 
Rochelle. 

M. Cuvier croît aussi devoir distinguer de la G. cunéiforme 
ou ^u Ph. hians de Chemnitz, la coquille que cet auteur a 
figurée sous le n.® 1681 , et dont les sommets sont presque 
médians. M. d« Lamarck ne paroît pas être de cette opinion. 
(DeB.) 

GASTRODIA. (Bot.) Ce genre, établi par M. Rob.Browm, 
Prodr. Nov, HolL, 1 , pag. 53o, s'éloigne peu des limodorum» 
(Voyez LiMODORE.) Il paroît se rapprocher du limvdorum epU 
fogium de Swartz. Son caractère consiste dans une corolle 
tubulée, d'une seule pièce, divisée en six lobes, le sixième 
en forme de lèvre libre , détachée , onguiculée , inclinée sui^ 
le corps du pistil ; celui-ci est alongé, concave à son som- 
met, épaissi antérieurement à Tendroit du stigmate; un|^ 
anthère mobile, terminale, caduque, à deux loges rappro« 
chées; les masses du pollen composées de particules angu- 
leuses, qui se séparent avec élasticité. 

M. Brown n'en cite qu'une seule espèce , sous le nom de 
gastroàia sesamoides, dont les racines sont charnues , rameuses , 
articulées; la hampe garnie d'écaiUes vaginales, courtes, al- 
ternes ; les fleurs disposées en grappes étalées ; la corolle 
Hanche ou jaunâtre , assez semblable à celle du sésame. Cette 
plante , qui exigeroit d'autres détails pour être mieux connue ^ 
croit à la Nouvelle-Hollande sur les racines des arbres. Les 
pétales, réunis et soudés à la partie inférieure, représentent 
une corolle monopétaie, tubulée. Considérée sous ce rapport, 
cette plante peut être distinguée des limodorum, ainsi quç 
l'a fait M. Brown* (Pou.) 



176 . GAS 

GASTROLOBIUM. {Bat.) Genre de plantes dicotylédones , 
k fleurs complètes , papillonacées , de la famille des légumi" 
jyeu&es , à'c la décandrie monogynie de Linnœus, qui a des rap- 
ports avec le sclerothamnus , offrant pour caractère essentiel : 
Un calice à deux lèvres, à cinq divisions, non accompagné 
de bractées; une corolle papillonacée ; les pétales presque 
tous de la même longueur; dix étamines libres; un ovaire 
pédîcellé , à deux ovules , surmonté d'un style subulé., ascen- 
dant et d'un stigmate simple. Le fruit est une gousse yentrue. 

Gastrolobium a deux lobes; Gastrolobium bilobum, Robert 
Brown, in Ait. edit. nov., vol. 5, pag. 16. Plante décou^veirte 
sur les côtes de la Nouvelle-Hollande. Ses tiges sont ligneuses; 
ses rameaux garnis de feuilles alternes, à deux lobes, longues' 
d'un pouce, émoussées à leur sommet, soyeuses à leur )ace 
inférieure ; les lobes arrondis ; une pointe mucronée , plus 
, courte que les lobes ; les gousses ventrues , pédicellées dans le - 
calice ; le pédicelle de la longueur du tube du calice. (Poir.) 

GASTROMYCIENS , Gastromjci et GasUromyci. ( Bot. ) 
Deuxième ordrie de la famille des champignons dans la mé- 
thode de Link. Les champignons qui le constituent , sont glo- 
buleux ou sphéroïdes, composés d'une membrane {sporaiv» 
gium, -Link) qui contient des séminules nues. Cet ordre est 
8ul)divisé en huit séries: 

1.^ Les MiJcii>éEs; 
' 2.^ Les SoLiBéEs; 

3.*" Les DlVERSISPORÉES j 

4.** Les Flocconnées; / 

5.** Les Mycétodéens; 

6.^ Les CoMPOsiTÉEs ; 

7.° Les Rhanthisporées ; 

8." Les SoLiDo - Grumosées. (Voyez ces articles.) 
' L'établissement de l'ordre des gastromyciens est dû à Will- 
denow ; il a reçu depuis lui de très-grands développemens , 
surtout -de la part de Link, et de T. F. L. Nées ab £senbeck, 
dans .son Radix piantarum mycetoidearum. (Lem.) 
, GASTRO PLACE, Gas^ropiax. {Mcdacoz.) Genre de mol- 
lusques de la famille des laplysies ou de l'ordre des Mono- 
jPLEUROBRANCHEs de M. dc BlainviUc , et de celui des Tecti- 
BRANCHEs dc M. Cuvier, établi par le premier pour un animal 



GAS 177 

fott siiiguUelr qu'il a obsenré, décttit et figuré àans la Col-* 
lection du Muséum brîtanniqfue , faveur qu*il doit à Famitié 
de M. le docteur Leach* L'extrait de son travail a été publié 
dans le Bulletin par la Société philôitfatiqi^e , année 1819^ 
p. 178. Les caractères de ce genre sont t Corps ovalaire^ 
adhérent en -dessus ? très- déprimé ^ pourvu inférieurement 
d'un large disque musculaire ou pied, dépassant de toutes 
parts le manteau , qui( est à peiue malfquéy une sorte d'en* 
tonnoir en avant , au fond duquel est la bouche et deux 
tentacules buccaux en. forme de crête et pédicules ; deux: 
tentacules supérieurs fendus et lamdleux à l'intérieur $ 
branchies nombreuses et formant un long cordon qui occupe 
tout le c6té antérieur et droit d'un sîiloh qui sépare le corps 
du pied; anus à la partie postérieure du cordon branchial; 
les deux sexes sur le même individu et dont les oriûces 
distiacts communiquent entre eux par un slUon' extérieur; 
coquille non symétrique , tout-à«4k|t plate* en-dessus comme 
en-dessous , à bp^rds irréguliers, à tom,met à peine 'visible et 
excentrique, adhérente sous la partie gauche du pied. " 
On ne connoît encore qu\iti:e - seule espèce de ce genre ^ 
que M« de filaisMrilie a proposé de nommer le G. tdbgilcu-* 
LEDx, O* tuîftrculosttSé Sa coquiHâ seule a été figurée par 
Chemnitz, sbus le noni de potella umhraculaj et les niar«> 
chauds la désignent comnuiiiément<pa^ la dénomination de 
parasol ûhijiois» Comme là définition donnée' plus haut pa- 
roltra sans, doute fort singulière , laou^^lons donner la des* 
cription de l'animal tel que nous l'avons vu en lion é&t de 
conservation dans Vnhmolr'Lt corps est fortIRrge, déprimé^ 
presque rond, un peu pointu en aUrière et fot'tement 
échancré en avant dans la ligne médiane : «ssez épais au 
milieu du dos^ qui est tout-il-fait plane, ii s'amincit*^ eu à 
peu jusqu'aux bords, en -sorte q«e ses côtés sont en talus* 
Larpurtie moyenne ou plate, formant le dos proprement dit , 
n'étoit couverte que par une peau blanche, molle, mince, 
et qui sans dpute étoit garantie de l'action des corps'tncté^ 
rieurs d'une manière qiHelecmque r en ^fftf^ œite espèce d'é* 
lévation étoil circonscrite par une bande musculaire, au 
bord de lagueile étpit la partie libre du manteau^ très-peu 
saillante , fort mince #t déclarée évidemment d'une raamèrt 
18. ja 



\ 



178 GAS 

fort irrégulh^re. Au-delà de ce bord libre, le dessus de 
l'animal est cehii du pied j et il est couvert d'une très-grande 
quantité de tubercules de différentes grosseurs ; mais , entre 
le manteau et le bord du dessus du pied se trouve un large 
espace ou sillon dont la peau étoit lisse, et dans la partie 
antérieupe* et latérale droite duquel se trouve une longue 
série de branchies nombreuses en forme de pyramide épaisse 
et que ce^qui restoit des bords^du manteau étoit bien loin de 
pouvoir recouvrir. A la partie antérieure du dos du pied 
est un autre large sillon, partant à angle droit du premier, 
qui va se terminer dans l'échancrure marginale dont il a 
été parlé plus haut. Au point d'embranchement des deux^ 
aillions se voit à droite et à gauche un organe de forme sin- 
gulière, roulé en cornet, et dont l'intérieur est tapissé par 
une mambrane finement plissée : c'est* l'aaalogilie de ce qu'on 
nomme les tentacules supérieurs des laplysies. En avant et 
dans le sillon antérieur est un gros bourrelet communiquant, 
au moyen d'une fente assez courte, avec un erifice, termi- 
naison "de l'appareil Amélie de la génération. L'échancrure 
marginale antérieure conduit dans un large entonnoir , dont 
le bord «épais est fendillé. Dans sa partie la plus profonde se 
trouve un gros mamelon saillant avec une fente verticale 
pour la bouche, et de chaquç cMé une sorte de arête ou 
d'appendice cutané, assez irrégulièrement dentelé dans son 
contour et attaché seulement par une espèce de pédicule 
qui occupe à peu près le milieu d'un des longs bords : ce 
aont les tentacules bttccatr^.* Enfin, toute la partie inférieure 
de ce singulieAnbllusque^ est* lbrmée#par un disque muscu- 
laire énorma, tout- à- fait plat, bMnc , iîsse , absolument 
comme dans fts mollusqtres gastropodes; mais, ce qui est le 
j^lus singulier , c'est que tout ie c/)rté droit , et même une 
grande partie du milieu êe ce pied, étoit recouvert par un 
disque crétacé ou une coquille tout-à-fait plate , composée, 
comàie à l'ordinaire , de couches appliquée^ les* une» contre 
les autres, et ^laqueUe adhèrent évidemment et très-forte- 
ment les fibres mltsculafirés du pied , qui se troùvoîent au- 
dessous. * ' 

Quant à la structure intérieure, M. de Blainville a trouvé 
beaucoup d% rapports aVec celle de la laplysie; la jaiasse bue- 



CAS 1^9 

c'ale très- forte est pourvue de ses muscles et d^une plaque 
dentaire linguale ^ et de glandes salivaires. L*œsophage, fort 
court , se dilate presque aussitôt en un vaste estomae mem-* 
braneux , enveloppé dans le lobe postérieùi' «t le plus volu* 
mineux du foie , qui y verse la bile par quatre ouvertures. 
Le canal intestinal est large ; après deux ou trois courbures 
il va se terminer en arriére de la férié branchiale par un 
orifîce flottant. Les branchies sont bordées par une grosse 
veine, dans laquelle se termine successivement chaque veine 
branchiale ; le cœur , formé ^ comme à Tordinaîre ^ di'une 
oreillette *oh arrive la veine branchiale , et d^un ventricule 
d'où sortent les deux aortes , se trouve situé presque trans^ 
versalement un peu en avant de la moitié antérieure du dos« 
Quant aux organes d^. la génération 9 ils sont presque sem- 
^ blaMes à ceux des lap)ysics. Le cerveau , situé comme de 
coutume , est composé de trois ganglions symétriques de 
chaque côté ; de» deux antérieurs naissent les nerfs antérieurs^ 
et du troisième l'anneau sous^œsophagien» 

On ne connof K rien sur les mœurs de cet animal vivant 
dans les mers de la Chine) mais, d'après la position extré*^ 
mement animale de la coqttiUe, il e^t difficile de conce-> 
voir comment il ponrroit ramper. Aussi M. de Blainville, 
sîappuyant sur ce que le dos^ couvert d'une peau extré« 
mement mince , a dû aus^i être n|is à l'abri de l'action des 
corps extérieurs, a supposé que ce Inolkisqve étoit, pour 
ainsi dire, compris entre deux corps protecteurs , l'un infé- 
rieur , ou la coquille, et l'autre supérieur, qui pourroiC 
être ou une sorte de valve extrêmement mince et adhérente 
connne dans les anomies, ou même quelque rocher : hypo^ 
thèse que peut encore étayer la cavité au fond de laquelle 
est la bouche, et vers lamelle .les tentacules pédicules poui>* 
Toient , par leur mouvement , déterminer l'arrivée des subs** 
tancés nulritives. ( De B. ) 

GA8TfilOPOÇES , Gastropoda, ( Malacoz. ) Dénomination, 
que M. G. Cuvier, dans ses premiers travaux sur la classifi« 
cation des animaux mollusques, a substituée à celle de limaces 
de Pallas^ et surtout à celle de repentia , qu'avoit employée 
Poli pour désigner toutes les espèces de moUu^aes'^ nus ou 
conchifères» qui rampent sur le ventre à la manière dei 



i«o GAS 

limaces. C'est dans sa Méthode la troisième classe des mtA* 
lusques , comme on pourra le voir à Tartic^e Malacologie, .où 
nous en donnerons l'analyse. 

M. de Lamarck, qui emploie aussi cette dénomination, 
quoique d'une manière moins importante , , la restreint aux 
mollusques dont le plan musculaire locomoteur occupe toute 
la partie inférieure du ventre, ou Tabdomen, donnant celle 
de Thacbélipodes aux espèces chez lesquelles il est attaché par 
une sorte de pédicule sous le cou, comme dans les coquillages 
spiriyalves. 

Dans notre manière de voir, ce mot n'indique plus qu'un 
caractère d'ordre, et souvent même de genre seulement: 
il indique que l'organe de la locomotion occupe toute la 
face inférieure de l'abdomen. (De B.) 

GASZ. {Ornithf} L'oie domestique, anas anser, Linn*, 
est ainsi appelée dans la Fri^e. (Ch. D.) 

GAT, KAT (£o^.), noms arabes du cathM de Forskal, qui 
est une espèce de ctla$tru$ , selon Vahl. (J.) 

GATA ( Mamm,) , nom de la chatte domestique en por* 
tugais. (F. C) 

GATA. {IchthjroL ) Les Espagnols | d'après Parra, donnent 
ce nom à un chien de mçr que M. Schneider appelle iqualus 
punctatusm (H. C. ) 

GATAF , RACHAT. ( Bot. ) Dans l'Egypte on nomme ainsi 
Vatriplex glauca, suivant Forskal. (J.) 

GATALES{BoL)^ un des noms grecs de l'astragale, sui- 
vant Mentzel. (J.) 

GAT AN. {Conchyi.) Adanson (Sénég., p. 235 , pi. 17 ) en 
fait une espèce de chame; Gmelin, une espèce de solensous 
le nom de solen vespertinus. (De B.) 

GATANGI£R {Ichth^ol.) , pom marseillois de la roussette, 
squalus canicula^ Linn. Voyez Roussette. (H. C.) 

GATBA. {Bot,) Ce nom et celui d'eddrœjsi sont di^nnés 
dans l'Arabie, suivant Forskal, à la herse, trihulus terrestris, 
et celui de hotaba , à son trihulus hexandrus , que M. Delile 
nomme trihulus a/o^its. Celui-ci cite encore po^r le premier le 
nom de Wiarchoum'cl-nageh dans la haute Egypte, et de kcnjssa^ 
koul dans la Nubie. Four la même Rauwolf cite le nom arabe 
haseçk, et Daléchamps ceux de ha&aoh et haserh. ( J.) 



"\ 



GAT i8t 

GATEAU (EntomJ) Dn nomtne ainsi les plaques formées 
par l'accoieinent des alvéoles horizontales des abeilles, et qui 
sont simples et verticales dans les gâteaux dés guêpes. Voyes 
Abeille a miel et Guêpe. (C. D.) 

GATEAU FEUILLETÉ ( ConchyL ) , nom marchand du 
ehama Làzàrus, ( De B* ) 

GATEAUX DE LOUP. {Bot.) Voyez Cèpes pinaux (Tome 
VII, page 401) et Pinau moyen. (LEMé) 

GATERIN (ichthyolJ) , nom arabe d'un poisson que Fors- 
kal et'Linnsus ont placé parmi les sciénes. C'est l'holocentre 
gaterin des ichthyologistes moderaes. Voyez - Holocentrb* 
(H. C.) * 

GATI - ËGËR , GAATI^ ÉGER ( Mamm. ) , noms hongrdîs 
du rat d'eau. Voyez Campagnol. (F. C. ) 

GATIFE(Bo^), nom arabe de l'œillet d'Inde, tagetesi^ 
suivant Fdr&kal. M. Delile le mnnme qatifih, (J.) 

GATILIER; Vittx^ Lmn. (Bot,) Genre de plantes de la 
famille des verhénacées , Juss. , et de la diàypximie angio' 
spermie, Linn. ^ qui a pour caractère ? Un calice monophylle, 
^ court, campanule, à cin^ dents inégales; une corolle mo- 
nopétale, à fube plus long que le calice ^ et à limbe un peu 
bilabié, partagé en cinq divisions très -inégales; quatre éta- 
mines didynames; un ovaire supérieur, arrondi, surmonté 
d'un style filiforme , terminé par deux stigmates ; un petit 
drupe un peu. sec, contenant Un osselet à quatre loges 
monospermes. 

Les gatiliers sont des arbres ou des arbrisseaux à feuilles 
opposées , communément digîtées ou ternées , rarement 
simples, et à fleurs souvent disposées en panicules teimi- 
nales- ou axillaires. On en connoît environ vingt espèces 
propres aux pays chauds des diverses parties du globe ; une 
seule d'elles croît naturellement dans les parties méridio* 
nales de l'Europe. 

Gatilieh commun : Vitex agnits eastus , Linn., Spee»^ S90; 
Dubam., nouv. éd., vol. 6, pag. ii5^ tab. 35. Cette es« 
pèce^. connue vulgairement sous les noms d^agnus castus, 
d'arbre au poivre, est un arbrisseau de dix à douze pieda 
de haut, dont les jeunes rameaux sont effilés, pubescens, 
légèrement tétragones , garnis de feuilles pétiolées, com<» 



i8» GAT 

pQsées le plua souvent de sept, quelquefois, mais plus 
rarement , de cî#q folioles lancéolées , entières , glabres et 
d'iin vert foncé 'en-dessus , couvertes en-dessous d^un duvet 
court, serré et grisâtre. Ses fleurs sont bleuâtres, quelque- 
fois rougeàtres, ou tOut-à-fait blanches, réunies plusieurs 
ensemble par petits groupes opposés , presque sessiles , un 
peu écariés, et disposées, en grappes interrompues, au som- 
met des rameaux ou 'dans les aisselles des feuilles supérieures. 
Les fruits qui leur succèdent sont globuleux , à peine de la 
grosseur d'un grain de poivre; ils ont une saveur acre et 
aromatique : on leur donne communément, dans les pays 
où ils viennent naturellement, les noms de poivre sauvage, 
de petit' poivre. Le gatiHer commun se trouve sur les bords 
des rivières et dans les lieux humides du midi de la France, 
en Italie, en Sicile. 

Les anciens avoient donné le nom à'àgnus castas à cet 
arbrisseau , parce qu'ils lui croyoient la propriété d'éteindre 
les désirs amoureux ; mais ils étoient évidemment dans Ter- 
reur : car la saveur àere et arolnatique de toutes ses parties, 
et Thuile volatile qu'elles contiennent , annoncent bien plu- 
tôt qu'elles sont douées d'une faculté excitante, et, sous ce 
rapport,* elles pottrroieat bien plutôt allumer les passions 
qu'elles ne seroient propres à les éteindre. 

Gatilier DÉcoDPé ; Vitex incisa, Lamck., Dict. enc. , 2, 
p. 613. Cette espèce a le même port que la précédente, 
mais elle en diffère d'ailleurs, parce qu^elle s'élève moitié 
moins ; parce que ses rameaux ne sont pas pubescens ; parce 
que ses feuilles ne sont composées que de trois à cinq fo- 
lioles lancéolées, profondément incisées ou presque pinnatî- 
fides, et parce que ses fleurs sont plus petites, disposées par 
étages, plusdistinctementpédonculées. Ses fleurs sont bleuâtres 
ou blanchâtres. Cet arbrisseau passe pour être originaire de 
la Chine. 

Les deux gatiliers que nous venons de décrire sont les 
seules espèces de ce genre qui soient cultivées en pleine 
terre dans les jardins. Fleurissant en Août et Septembre , quel- 
quefois même encore en Octobre, lorsque leur floraison a été 
retardée, ils sont très-propres, par cette raison, à servir à 
l'ornement des jardins , dans lesquels les fleurs sont rares à 



GAT i83 

• ^ 

cette époque. Ces deux arbijéseaux «^accouimodçnt de toute 
sorte de terre, pourvu qu'elle soit un peu humide , ou au 
moins pas trop sèche , et ils viennent mieux à une expo- 
sition un peu ombragée qu'at> grasd soleil. Ils ne craignent 
J>a8 le. froid , à moins qu'il œ devienne trés-rigoureux ; et 
encore si, dans ce cas, il arrive que leurs tiges et leurs ra- 
meaux se trouvent frappés par de fortes gelées, ces parties sont 
ordinairement les seules qui périssieint, et les r£u:ines re- 
poussent, au printeînps suivant, de nouvelles tiges qui ont 
bientôt réparé le dommage. 

Les gatiliers se multiplieiit bten de graines, qu^on peu^ se* 
mer en pleine terre, à la fin d'Avril, et à Texposition du 
midi ou du levant, ou mieux dans des terrines sur^ couche 
et sous châssis; mais, comme le plant qui en provient ne 
croît que lentement, les jardiniers préfèrent le plus sou- 
vent les multiplier de marcottes ou de boutures y %ui viennent 
plus rapidement. (L. D.) , 

GATO (Mamm*), houbl espagnol et portugi^xs du chat do« 
mestique. ( F. C-) . ► 

GATTAIR ( Omitk. ) , nom arabe ipiî , suivant Forskal 
(Descript. animaUumj etc., pag. 5, n."* lo), est donné, eA 
Egypte, à une sarcelle, anas gattair ^ Gmel. (Ch. D.) 

GATTE {Ichthyol,)^ synonyme de feinte, espèce de poisson 
du genre Clupée, et que Ton a désignée sous le nom scienti- 
fique àe clupenfaUax. Voyez Clu^. (H. C.) 

GATTENHOFFIA^ (Bot.) Necker a divisé les calendula de 
linnœus en trois genres, sons les noms de calendula, gattuen^ 
hoffia et lestibodea. Les deux derniera ne nous paroissent pas 
pouvoir être distingué^^ et ils se trouvent compris l'un et 
l'autre dans notre ge^ire Meteorina. Voyez ce mot et Dimor- 

PHOTBECA. (H. CasS.) 

GATllLIBRS , Gatiliçiu {JBa^. ) A ce nom , donné d'abord 
à une famille déplantes dont le gattilier, vUex, fait partie, 
on a substitué celui de VERséNAcéss , qia^a paru préférable , soit 
parée que la verveine, verbena, de la même famille, estplull 
connue 6t plus ^nombreuse en espèces <, soit parce quç son 
nom est plus facile à changer en adjectif: ce qui est Con- 
forme au priacipe actuel , assez généralement adopté , qui fait 
préférer pour nom d'une famille celui de son ^nre le plua 



1Ô4 GAT 

connu, le ]iliis considérable, le pi va propre a recevoir, iiae 

teiîninaison adjective. (J. ) 

GATTO- {IchthyoL) A Nice, selon M. Risso, on appelle 
ainsi une espèce de chien de mer, le squalus stellaris de 
linnaeus. On y nomme aussi gatto defoant une autre espèce 
du même genre , que M. Risso désigne sous le nom de squale 
nicéen, (H. C. ) 

GATTO. (Mamm.) Les Italiens donnent ce nom au chat 
domestique. (F. G*) , 

GATTOLARO* (Bot.) Séguier dit que Toq,^ nomme ainsi 
le plaqueminier , diospj^ros^ aux environ^ de Vérone. ( J.) 

GATTORUGIJSE (IchthjoL) , nom spécifique d'un blennie 
qu'on appelle en François c0(|uiUade. G'est le bUnnius gatUy- 
Tugincy lAnn. (H, C.) 

GATT-VISGH* {IchÛiyoU) Les voyageurs hollandois ont 
souvent donné le même nom à des poissons d'espèces Mififé- 
rentes. G'est ainsi que Tholooeolre pirapixanga a été appelé 
l^ar eux gatt'vUch , quoique ce nom soit aussi appliqué à 
d'autres animaux. Voyez Holocentre. (H. C.) 

GATUONË {BqL\j^ nom africain du laitron, cité dans la 
table d'Adanson* (H. Gass*) 

GATYONE , Gatyona, {Bot.) [ Chicoracées , Juss, «: Sjmgé- 
nésie polj^gamie égale, Linn.] Ce genre de plantes, que nous 
avons proposé dans le RuUetin de la société philomatique 
de Novembre 1818, appartient à la fami|^ des synanthérées 
et à la tribu naturelle de$ Jactucées , dans laquelle nous le 
plaçons immédiatement auprès de no^re genre JSemauchenes , 
dont il diifère peu ; il a aussi b^ycoup d'affinité avec les crépis , 
les barJchausia et les picris, 

La calathide est incouronnée, radiatiforme , multiflore, 
fissiflorc^ androgyniflore. Le péricline , égal aux, fleurs, cen- 
trales, et globuleux inférieurement ,^ est formé de squames 
unisériées , égales , linéaires , embrassantes , accompagnées i 
}a base de quelques petites sçuames surnuméraires, épar^es? 
subulées. Le clinanthe est plane , alvéolé, à cloisons charnues, 
denticulées. Les cypsèles intérieures sont cylind racées, atté- 
nuées supérieurement en un col court, et nuinies de côtes 
longitudinales arrondies, striées transversalement ; les cyp- 
sèles margioales sont très-lisses 3 et munies sur la face inté- 



GAU i85 

Heure d'une aile longitudinale membraneuse. Les aigrettes 
sqnt composées de squamellules inégales , filiformes y barbel- 
lulées. Les corolles sont glabriuscules. 

Gattone globclifère : Gatyona glohulifera, H. Cass. , Bull* 
de la soc. philom. , Novembre 1818 ; Picris glohulifera, Desf. , 
T^Jbl. de Téc. de bot., 2.' édit.; Crépis dioscoridis? Linn. , 
Decand. C'est une plante herbacée , haute d'un à deux pieds : 
sa tige est rameuse , cylindrique , glabre , à partie supérieure 
dépourvue de feuilles, et divisée en lon^ rameaux nus , grêles, 
simples ou bifurques ; ses feuilles sont alternes, sessiles, semi» 
amplexicaules , glabres; les inférieures sont longues de six 
pouces, subspatulées , pétioliformes inférieurement , obovalet 
supérieurement, irrégulièrement sinuées-^ dentées; les supé* 
rieures sont progressivement plus courtes , sessiles , obovales- 
oblongues, sagittées à la base, sinuées-dentées; les calathides 
sont solitaires au sommet de la tige et des rameaux; leur 
péricline est blanchâtre, subtomenteux ; leurs fleurs sont 
jaunes, rougeàtres en-dessous: après la chute des corolles, 
les calathides deviennent globuleuses, ce qui a valu à cette 
espèce le nom de globulifère. Elle est cultivée au Jardin du 
Roi , où nous avons étudié ses caractères génériques et spé^ 
cifiques. 

Vahl ayant assuré à M. Desfontaines que cette plante étoit 
le vrai crej^is Dioscoridis de Linneeus , M. De CandoUe Fa dé- 
crite et figurée sous ce nom dans la Flore françobe et dans 
ses Icônes plantarum Çalliœ rariorum. (H. Cass.) 

GAU (Ornith,)^ vieux nom françois, qu'on écrivoît aussi 
geoM , et en Lorraine gea , pour désigner le coq , gallusm 
(Ch. D.) 

GAUCA-GAUCU {Ornith.)^ dénomination fautive de 
l'oiseau déent par Marcgrave sous le nom de guaca guacu. 
(Ch. D.) 

GAUCHE -FER. {Bot.) Les Provençaux , suivant Garidel, 
nomment ainsi la souci des vignes, cal^ndula anfensis» ( J.) 

GAUDE. (BoL) On sait que la plante qui porte commu- 
nément ce nom , et que l'on emploie pour les teintures jaunes, 
est le iMteola de Tournefort, reseda luteola de Linnœus. Elle 
étoit aussi nommée dans .quelques lieux herbe aux juift, 
parce que^ à l'épogue.où les juifs n'éloient que tolérés dans les 



186 GAU 

Tilles y on les forçait trop l'igoureusement k porter pour 
«gne distinctif un dhapeau jaune teint avec cette plante. 
Dans la Bresse, une partie de la Bourgogne et quelques 
autres provinces méridionales on nomme aussi gaude le maïs 
ou blé de Turquie, zea, dont les graines donnent une farine 
jaune f employée pour engraisser les volailles, et même pour 
faire une bouillie propre à la nourriture des hommes et ^ 
surtout des enfans. ( J. ) 

GAUDINIE, Gaudirda* (Bot,) Genre de plantes établi, dans 
la famille des graminées, par M. Palisot de Beauvois (Agrost.^ 
^5 , tab. 19, fig. 5), aux dépens de quelques espèces d'a- 
voine, et dont les principaux caractères sont les suivans : 
Calice de deux glumcs inégales , obtuses , contenant neuf k 
onze fleurs composées chacune de deux balles , dont Fexté- 
rieure est bidentée à son sommet» et chargée, un peu au- 
dessus de sa partie moyenne ,^ d'une arête tortillée , et dont 
l'intérieure est à deux ou quatre dents. Les principales es- 
pèces rapportées à ce nouveau genre par M. Palisot vont les 
avena fragilis et plamculmism ( L. D« ) 

GAUDRON ou GOUDRON. (Bot.) Voyez ce dernier mot. 
(L. D.) 

GAUfRE ( ConchjL ) , nom marchand du murex anus. 
(De B.) 

• GAUFRE ROULÉE. ( Conchyl. ) Dénomination que les 
marchands 'de coquilles emploient quelquefois pour désigner 
le huila lignaria, dont M. Denys de Monfort a fait son genre 
Scaphandre. (De B.) 
. GAUL. {Omith,) Voyez Gagl. (Ch. D.) 

GAULO ( Orrn^Ti. ) , dénomination italienne du guêpier , 
merops apiaster, linn. (Çh. D.) 

GAULTHÉRIE, GauUheria. (Bot.) Genre de plantes dico^ 
tylédones, à fleurs complètes, monopétalées, régulières, de 
la famille des éticinées , de la déeandrie monogynie de Linnœus , 
offrant pour caractère essentiel: Un calice campanule, à cinq 
divisions , entouré de deux bractées en forme d'écaillés ; une ' 
corolle ovale , à limbe réfléchi ; dix étamines insérées au fond 
de la corolle ; les filamens souvent velus ; les anthères bifur- 
quées à leur sommet; dix écailles entre lesfilamens, des éta- 
mines, entourant l'ovaire; un style; ui^ stigmate obtus. Le 



GAÙ î8t 

fruit est une papsule à cinq loges, a cinq vaires, recouverte 
par le calice coloré et succulent $ plusieurs semences dures , 
anguleuses. 

Ce genre a éprouvé plusieurs réformes* LinnsBUs a fait 
entrer, dans le caractère essentiel du gauUkeriale calice co*- 
loré et succulent. N M. Rob. Brown, dans Texposition de ces 
caractères', exclut de ce genre toutes les espèces dont le 
calice est ainsi constitué , et les pl^ce parmi les andromeda* 
Quelques autres espèces , moins Jt>ien connues , ont été néur 
nies, par différens auteurs, aux epigeia, aux arhutus, aux 
vaccinium, etc. (Voyez Ëpigée, Arbousier, Brossée, etc-} 

Gâuithérie COUCHÉE : Gaultkeria procumhens , Linn. ; Lamk»^ 
JU, gen,, tab. 367; Dirham., Arbr*, tab. ii3; vulgairement 
Palommier. Petit arbuste , dont les tiges sont longues de six 
fi huit pouces, lisses et couchées; les rameaux courts, nom* 
breux , légèrement pubescens , garnis de feuilles presque 
sessiles, alternes, ovales- mucronées, lâchement dentées en 
scie , vertes , souvent teintes de pourpre à leur base , longue^ 
d'un pouce. Les fleurs sont rouges, pédonculées, axillaires 
et pendantes, souvent réunies en bouquets de trois à cinq 
fleurs : les calices pourprés à leur base ; la corolle, trois et 
quatre fois plus grande , ovalfc , resserrée à son orifice , quel* 
quef ois blanchâtre : les fruits d'un rouge pourpre. 

Cet- arbuste croit en grande abondance dans l'Amérique 
septentrionale. Cultiva dans nos jardins , il se plaît dans les 
plates -bandes de terre de bruyère exposées au nord. Il 
fleurit pendant une partie de Tannée , et peut remplacer le 
buis en bordures dans les localités qui lui conviennent. C'est 
assez généralement par le moyen de ses rejets , toujours très- 
nombreux , qu'on le multiplie : on peut le faire également 
par ses graines , qui mûrissent fort bien dans le climat de 
Paris. Il faut les semer peu après leur récolte, autrepient 
elles ne leveroient que la seconde ou la troisième année* 
Le plant qu'elles fournissent , se relève }sl seconde année ; il 
doit être placé à six pouces de distance en pépinière , dans 
une terre de bruyère , humectée par des arrosemens fréquent 
en. été : deux ans après, les pieds seront assez forts pourétr^ 
mis en place. Cette plante craint plus la cha^ur que le froid% 
On la tient en toufles épaisses pour lui donner, plus d^appa** 



»88 GAU 

rence» Ses feuilles desséchées acquièrent une odeur arema^ 
tique ; les habitans du Canada les boivent en infusion comme 
du thé. 

Gavvtbûkie droite ; GâuUheria «recto, Vent, , Jard. de Cels , 
pag. et tab. 5. Cette espèce, originaire du Perçu, est une 
acquisition faite depuis environ trente ans ; mais , plus dëii« 
cate que la première , elle veut être élevée en pots pour la 
rentrer pendant Fhiver dan» la serre d^orangerie. C'est un 
arbrisseau d'environ un pied et demi de hauteur , velu , très» 
rameux , glanduleux et visqueux , particulièrement sur les 
jeunes pousses et sur les grappes de fleurs : les rameaux sont 
garnis à leur base d'écaillés d'un rouge vif et de feuilles 
pétiolées , ovales , presque glabres , mucronées , longues d'un 
pouce et demi, un peu blanchâtres, parsemées souvent de 
poib/errugineux. Les fleurs sont disposées en grappes droites , 
solitaires; les pédîcelles recourbés , munis à leur base de deux 
bractées courtes , linéaires ; le calice d'un rouge vif, à cinq 
dents aiguës; la corolle pentagone, en grelot, d'un rouge 
éclatant , insérée, sur .un disque glanduleux , à cinq dents , 
muni à sa base de cinq glandes. Le fruit est une capsule glo- 
buleuse, en baie, à cinq loges polyspermes; les semences 
attachées , dans chaque loge , à un placenta central et 
charnu. 

GACLTHéRiB A.FEtTiLLEs DE BUIS; Gàultheria huxi/olia ^yViïïd, , 
Noi^. j4et. BeroL , 4. Arbrisseau découvert sur les hautes mon* 
tagnes des environs de Caracas. Ses tiges se divisent en ra- 
meaux droits, alternés, cylindriques, hérissés de poils courts, 
garnis de feuilles alternes , pétiolées , assez semblables à celles 
du buis, ovales -arrondies, dentées à leur contour, glabres 
en -dessus, rudes et ponctuées en -dessous. Les fleurs sont 
solitaires , axillaires , pédonculées ; les pédoncules unifiores. 

GACLTHiaiE A FEUILLES RUDES; Gaultheria scahra, WiUden., 
Nov, Act. BeroL , L c. Arbrisseau dont les feuilles se conser- 
vent vertes toute l'année. Il se distingue du précédent par 
ses fleurs disposées en grappes axillaires , pourvues de brac- 
tées^ Ses feuilles sont ovales, échancrées en cœur, aiguè's, 
dentées à leur contour, rudes au toucher. Le calice devient 
une baie noirâtre. Cette plante croît aux mêmes lieux que 
la précédente. 



GAU >89 

Gaulthébib ODoaANTB; Goultheria odorata, Willden., L c» 
Cette espéce.croit sur les hautes montagnes de Caracas ; elle 
répand une odeur assez agréable. Ses rameaux sont garnis 
de feuilles alternes, médiocrement pétioiées, en ovale ren- 
vei^é, obtuses, dentées en scie à leurs bords, glabres en- 
dessus, rudes et ponctuées en-dessous; les fleurs disposées en 
grappes terminales, pourvues de bractées. 

Gaultréiub bisfioe; GauUheria hispida, Bro wn , IVot^. HoU*, 
1, pag. 559; an Andromedà rupestris^ Forst. ? Ses tiges sont 
droites; seê rameaux hispides; ses feuilles oblougues-lancéo« • 
lées ; pileuses en-dessous et sur leur pétiole. Les fleurs sont 
disposées en grappes axillaires et terminales, plus courtes 
que les feuilles; le pédoncule commun et les pédicelles pu* 
bescens; les calices se convertissent en baies sur le fruit: 
ils sont glabres , ainsi que les ovaires. Cette plante croit à la 
Nouvelle- Hollande. 

G^ULTBéaiE sCBAixoN ; GauUheria schailon , Pursh , Florm 
Amer*, 1 , pag. a 85. Arbrisseau toujours vert, chargé de ra- 
meaux glabres , cylindriques , verruqueux , pubèscens et fer- 
rugineux dans leur jeunesse. Les feuilles sont alternes, à 
peine pétioiées, ovales, souvent presque en cœur à leur base^ 
coriaces , acuminées , denticulées , glabres à leurs deux faces. 
Les fleurs sont blanches , unilatérales , rougeàtres , pubes* 
centes , disposées en grappes simples , axillaires et terminales ; 
les pédicelles munis de deux bractées lancéolées; la corolle 
urcéolée , presque formée à son limbe , tridentée. Le fruit 
est une baie charnue, purpurine, presque globuleuse, hé- 
rissée, à demi divisée en cinqv valves; les loges polyspermes; 
les semences ovales, presques trigones. Cette plante croît 
sur les bords de la rivière Columba , dans TAmérique septen- 
trionale. (Poia.) 

GAULTKO. (Bo^) Au Chili on nomme ainsi, suivant' les 
auteurs de la Flore du P-érou , le molina racemosa, espèce d'un 
gifenre de la famille des composées , qui devra être assimilé 
au haceharis. Les feuilles de cette espèce sont employées au 
Chili pour teindre en noir. (J.) 

GAUR, GAR (fiot.) : noms arabes du laurier ordinaire, 
selon paléchamps* Matthiole les cite aussi pour le fragon oit 
kurier Alexandrin, ru9eu$» (J.) 



?9û ÙAV 

GAUR {Ornithé)j nom d'une espèce de bru&nt, emheriza 
asiatica, La th. (Ck. D.) 

GAUR A. {Bot,) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs 
complètes, p olyp étalées , régulières, de la famille des onâ^ 
graires, de Voctanârie monogynie de Linnasus, offrant jpour 
caractère essentiel : Un calice alongé , cylindrique; le limbe 
à quatre découpures réfléchies; quatre pétales onguiculés, 
ascendans et rangée d'un seul côté ; huit étamines; les anthères 
oblongues , vacillantes ; un ovaire inférieur; le style filiforme*; 
le stigmate à quatre lobes. Le fruit est une capsule ovale , 
tétragone , striée , à quatre loges , dont trois avortent très- 
aouvent^ et ne conservent qu'une semence nue, oblongue, 
angulaire. 

Gauaa bisannuel : Goura hiennis , Linn. ; Lamck. , IlL gen, ^ 
lab. 281 ; Act* Holm,, 17S6, pag. 232 , tab. Ô; Giseke, Icon*^ 
fasc, 1 , n.° 8 ; Curtis, Magaz*, tab. 689 : I^simackia chc^ 
mœnerio similis , etc., Pluken., tab. 4^3 9 ^g« ^* Plante herba- 
cée ,, qui s'élève à la hauteur de quatre ou cinq pied$ sur 
plusieurs tiges droites , velues , un peu rameuses , garnies , 
dans toute leur longueur, de feuilles alternes, nombreuses, 
sessiles, lancéolées , vertes, un peu luisantes*, presque glabres , 
douces au toucher , bordées de dents rares* l^s ileurs sont 

< 

d'un rouge tendre ou légèrement purpurines, disposées, à 
l'extrémité des rameaux, en petits bouquets serrés, presque 
en corymbe; les découpures du calite caduques; les filàmens 
un peu moins longs que les pétales, accompagnés chacun 
d'une glande située à leur base; les capsules ovales, turbi-» 
nées, quadrangulaires. 

Cette plante croît dans If^ Virginie , la Pensylvanie et la 
Caroline , sur le bord des bois, dans des terrains frais : elle 
est depuis long-temps cultivée d^ns les jardins, dont elle fait 
la décoration. Lorsqu'on veut en obtenir une végétation vi- 
goureuse , il faut l'élever dans un sol un peu humide et om» 
bragé; aussi réussit -elle mieux dans les jardins paysagers., 
où elle se resème souvent d'elle - même , que dans les par«> 
terres et les écoles de botanique : elle fleurit vers la fin de 
l'été ; les gelées né lui sont point contraires. Ses graines de* 
mandent à être misas en terre aussitôt qu'elles sont récoltées , 
et en place , autant que possible. Lorsque l'automne ae pro- 



GAU . »9» 

longe , elles lèvent .de suite , et fleurissent Tannée suivante; 
Dans le cas contraire, elles ne lèvent qu'au printemps, et 
ne fleurissent que Tannée d'après. Lorsqu'on les cultive dans 
des terrains secs et découverts, des arrosemens leur sônl^ 
nécessaires pendant les sécheresses. (Bosc, Dictionnaire d'a-^ 
griculture de TEncyclopédie. ) 

Gaura a feuilles ÉTROITES; Gauva angusHfolia , Mich. , Fton 
Bar. Amer,, i , pag. 226. Cette espèce a beaucoup de rap- 
ports avec la précédente : elle en diffère par ses feuilles 
plus nombreuses, plus étroites, linéaires, glabres à leurs 
deux faces, aiguës, ondulées ou sinnées à leurs bords. Les 
fleurs sont distantes, disposées en un épi terminal; la corolle 
une fois plus petite que celle de la première espèce ; les 
fruits alongés, tétragones , légèrement blanchâtres, aigus à 
leurs deux extrémités. Cette espèce a été cultivée pendant 
plusieurs années, au Jardin du Roi, de graines récoltées par 
M. Bosc dans la Caroline; mais elle* n'a pas pu être propagée, 
ses fruits n'ayant pu arriver à maturité avant les gelées. Elle 
croit dans les sables humides^ et s'y fait remarquer par l'élé- 
gance de son port. 

Gaura ligneux; Gaura firuticosa , Jacq. , Icon, rar., 3, tab* 
457. Cette plante se distingue du gaura hennis par ses' tiges 
ligneuses, par ses rameaux très-étalés , par ses feuilles étroites, 
linéaires- lancéolées, glabres, dentîculées- ou sinuées à leurs 
bords. Les fleurs sont pédicellées, disposées en petites grappes 
terminales ; la corolle rougeàtre , très-petite ; les découpures 
de son limbe filiformes ; les fruits glabres , ovales , presque 
sessiles. Elle croît dans l'Am^ique méridionale. On la cuU 
tive au Jardin dii Roi. Elle passe Thiver en pleine terre; 
mais-, comme elle ne donne pas toujours de bonnes graines: 
i) est prudent d'en conserver quelques pieds en pots , pour 
les rentrer dans l'orangerie , et en assurer la conservation ; 
au reste , comme elle est viVace , on peut la multiplier tiu* 
tant que l'on veut de boutures faites sur couche et sous 
châssis; elles s'enracinent avec la plus grande facilité. 

Gaura a flburs changeantes > Gaura mutahilis , Cavan. , 
Jcon. rar.y 3, tab.' 2 58 r Œnothera anomala, Curtis, Botan» 
Magaz,, tab. 388. Espèce tt*ès-rtemarquable par le singulier 
changement qui s'opère dans ses fleurs immédiatement après 



>9» GAU 

que la fëcondation a été effectuée ; de Jaunis qu'elles ëtoient^ 
elles deviennent rouges. Ses tiges sont ligneuses, pubescen tes; 
ses rameaux diffus, élancés; les feuilles médiocrement pé« 
tîolées , ovales , un peu pileuses , à peine longues d'un pouce , 
médiocrement dentées, aiguës, un peu mucronées k leur 
sommet ; les fleurs presque sessiles , disposées en un épi court} 
la corolle assez grande ; les pétales un peu orbiculaires , en 
eroix, et non rangés du même c6té; les fruits ovales, ses» ^ 
siles , un peu pubescens et^ cendrés. Elle croit à la Nouvelle- 
Espagne. 

Le gaura tenotheriflora , Zucc. , Observ* &ot. , n.*' 65, qui 
est le gaura eanescens des jardiniers, me paroît être qu'une 
variété de l'espèce précédente* Sa tige est plus roide, pres- 
que herbacée; un duvet mou recouvre toute la plante; ses 
feuilles sont irrégulièrement ternées en verti cilles. 

Gau&a a trois pjéTALEs : Gdura tripetala , Cavan. , Jcore. rar* , 
4, tab. 396, fi g. 1 : Gaura hexandra y Orteg. , Decad. Autre 
espèce , qui se distingue par sa corolle composée seulement 
de trois pétales avec six étamines. Ses l'ameaux sont grêles , 
pubescens, un peu anguleux ; ses feuilles étroites , lancéolées , 
presque glabres, légèrement dentées, aigu èfs , longues d'un 
pouce et demi , rétrécies en pétioles à leur base ; les fleur» 
sessiles ^ distantes , disposées en un long épi grêle , terminal i 
la corolle petite, d'un rouge écarlate; le stigmate triflde. 
Les fruits sont courts , ovales , aigus , à trois côtes saillantes* 
Cette plante a été découverte au Mexique. On la cultive au ' 
Jardin du Roi : elle est vivace , mais elle exige la serre d'o<» 
rangerie dans les temps froids. 

Gaura de la Chine ; Gaura chinensis , Lour» , Flor* cochinc, , 
1 , pag. 276. Arbrisseau originaire de la Chine, à tige droite ^ 
grêle, hispide, haute d'un pied, tétragone, médiocrement- 
rameuse ; les rameaux ascendans ; les feuilles opposées , ses-* 
siles, lancéolées /fTentées en scie; l^s fleurs jaunes, presque 
terminales, disposées en épis, droits; les fiolioles du calice 
^guë^f réfléchies; quatre pétales ovales, courbés, puis re« 
dressés; les fllamens courts; les anthères dsoite»,. alongées; 
un stigmate -sessile. Le frust est rude, ovale', un peu arrondi: 
il ne renferme qu'une semence assez petite. 

Gauaa a fleurs ÉCAÂLAtes 'f Gaura eoecinta , Fursh ^ Flor^ 



GAV 195 

Aaitr.y s,vpag. ^33. Cette espèce ^ recueillie dans la Loui- 
^ane, est pubescente et soyeuse sur toutes ses parties. Ses 
tiges soat herbacées; &es feuilles linéaires -lancéolées, légère- 
ment denticulées \ ses- fleurs disposées en un épi touffu ; la 
corolle est à peu près de la longueur, du calice 9 li'un rouge 
écarlate; le stigmate .presque entier. (Poir.) 

GAUR£. {Min.) Dans une partie du 4épartement du 
Rhône, et particulièrement dansJes montagnes du ci-devant 
Beaujolois , on donne le nom de goure- au granité tendre et 
désagrégé , qui peut se laisser attaquer par le pic ; ce sont 
ces gaures qui forment, là et ailleurs , les graviers ou sables 
granitiques qui recouvrent la rpche solide et qui se chan^ 
gent par la culture en terre végétale. On s'en sert aussi pour 
la composition du mortier commun. (Brard. ) 

GAUTEREAU (Omith,) , un des noms vulgaires du geaî, 
connus glandarius, Linn. (Ch. D.) 

GAVARON. ( IchÛijoL ) Sur la côte de Nice , Von donne 
ce nom aux jeunes individus du picarel, fparus smaris, Linn. 
Voyeï PiCAaf L. ( H. C. ) 

. GAVIA. {Omith.) Ce nom latin est, dans Brisson, la dé- 
nomination générique des mouettes ou mauves , larus , Linn* 
(Ch. D.) 

GAVIAL- (ErpéM*) M. Clavier a donné ce nom, qui n'ap- 
partenoit d'abord qu'à, une espèce de saurien, à une divi- 
sion du grand genre Crocoque des auteurs , qui se trouve 
ain^i partagé en trois sections, Içs Caïmans, les Crocodiles 
proprement dits, et les Gavials. 

Ceux-ci , qui présentent tous les caractères communs aux 
sauriens de la famille des jironectes et aux crocodiles en 
géi\éral , ont des particularités de çp|iformation propres à leâ 
faire reconnoîtjre au premier £oup d'œil* 

Ainsi leur museau est rétréci , cylindrique ^ extrêmement alongé 
et un peu renflé OM^hout; la longueur du crâne fait à peine le 
cinquième de la longueur totale de la tète, heurs dents , presque 
égales , sont au nombre de vingt-^inq à vingt-^ept de chaque côté 
en bas, et de vingt^sept à vingt^huil en haut; les . deux premières 
et les deux quatrièmes de la mâchoire inférieure passent dans de$ 
échancrures de la supérieure et non point dans des trous. Le 
crâne a de grands trqus derrière les yeux , et les pieds de der* 
18. i3 



*94 GAV 

1 

fière sont dentelés et palmés, comme ceux des crocodihê propre^ 
ment dits. 

On n'a encore' observé des gavials que dans les contrées les 
plus chaudes de l'ancien Continent. Le premiei^ auteur qui 
ait parlé db ces animaux est le peintre angloîs Edwards, qui 
en décrivit, en 1756, dans le tom. 49 des Philosoph, Transact*^ 
un individu sortant de l'œuf, et qu'il annonça comme venant 
de la c6te d'Afrique. Gronou , en 1763 , en a décrit un autre, 
qui faisoit partie de son cabinet, et Merck a parlé d'un troi- 
sième, en 1786 {Hessische Beytrâge ^ H, i,p. 73). Mais tous 
ces individus étoient petits, et l^urs descriptions, manifeste- 
ment trop courtes, auroient été peu utiles, sans celle, aussi 
complète qu'exacte, d'un individu long de douze pieds , qu'a 
publiée M. le comte de Lacépède, avec les mesures et la 
figure. C'est lui qui, le premier, a donné à l'espèce le nom 
indien de Gaviai* 

Ce sous-genre ne renferme encore que deux espèces; savoir : 

Le GRAND Gavial : Crooodilus longirostris , Schneider ; Lo" 
certa gangetica^ Gmelin. Tête très -large en arrière; table 
supérieure du crâne formant, derrière les orbites, un rec- 
tangle plus large que iotig d'un tiers ; orbites aussi plus larges 
que longues et très- écartées l'une de l'autre; trous du crâne 
plus grands que dans aucune autre espèce, et peu rétrécis 
vers leur fond; vingt -cinq dents de chaque o6té en bas^ 
vingt^huiten haut .* en tout cent six dents. Jbongueur<lu bec 
i, celle du corps :: 1 : 7? ; deux petits écussons seulement 
derrière le crâne , suivis de quatre rangées transversales qui 
se continuent avec celles du dos. 

Le grand gavial habite le Gange, et probablement les 
fleuves voisins, comme le Buram-Pouter. Il ne se nourrit que 
de poissons, et quoiqu'il parvienne à une taille gigantesque, 
il n'est point dangereux pour les hommes. 

M. de Lacépède a observé, dans la collection du Muséum 
d'histoire naturelle de Paris, une portion de la mâchoire 
d'un gavial des Grandes- Indes qui devoit avoir trente pieds 
dix pouces de longueur, et qui présentoit par conséquent 
des dimensions peu communes. 

i Le méuie naturaliste croit que c>st à cette espèce qu'il 
faut rapporter les crocodiles vus sur les bords du Gange , par 



GAV >95 

Taremier,* depuis Toutipour jusqu^au bourg d'Acérat. Mais 
ce grand fleuve d'Asie est aussi Iiabité par une quantité pro- 
digieuse de crocodilesr vulgaire», comme le dit M. Cuvier, 
fait que n'ignoroient pas les ancie&s ( ÉHen, lib, Xll, c. 41 ), 
et que vient de vériiier M. de Fichtel, habile naturaliste, 
attaché au cabinet de Tempereur d'Autriche. 

Le PETIT Gavial ; Croeodilus tenuirostris , Ctiv» Crâne plu» 
long et moins large , à proportion du museau , que dans 
Tespéce précédente ; table supérieure du crâne formant un 
earré derrière les orbites, qui sont plus longues que large», 
et peu écartées ; trous du crâne rétrécis dans leur fond ; Ion- 
gueur du bec étant à celle du corps :: 1 17 ; nuque armée 
derrière le crâne de deux paires d'écussons ovales; ensuite 
de quatre rangées transversales d'écaillés carénée» ; dix- huit 
bandes darsales. 

On ne sait encore à quelle taille peut parvenir ce gavial, 
ni quel pays il habite, quoiqu'on le soupçonne d'Afrique. 

Ces deux reptiles ont été fort bien figurés par Faujas de 
Saint-Fond, dans son Histoire de la Montagne de Saint- Pierre, 
pi. 46 et 43. 

On vient de détrire aussi tout récemm^t , dans I9 sixième 
livraison àe% Animales générales des sciences physiques, pu- 
bliées à Bruxelles, deux espèces de sauriens qui semblent 
établir le passage du sous-genre des gavtab à cetui des cro» 
oodiie» proprement dit». (H. C* ) 

GAVIAL. {Foss.) On trouve à l'état fossile des débris de 
cette espèee de crocodile. Voyez Reptiles fossiles. (D. F.) 

GAVIAL. {îchthfoL) Nom spécifique d'un poisson du genre 
Lépisostée : c^est le lepisosUus ga^fial de Lacépède, etVesox 
asseus de Linnœus. 11 a été figuré par Bloch, pi. 690, et par 
Catesbi , Caroi«, t. 2 , pi. 5o. Voyez LÉrisostés etÉsocE. (Hi C.) 

GAVIAN {Ornith,)y nom donné, dans Belon, à la mouette 
tridactyle ou' kutgeghef, larus tndactjylus , Lion. (Ch. D.) 

GAVIAON {Ornitk,}^ nom que, suivant Marcgrave {Hist. 
rerum natural. BrasiL , pag. 211), les Portugais du Brésil 
donnent au caracara. (Ch. D.) 

GAVI-GAVI {Ornith.) , dénomination par laquelle, sui- 
vant Cetti, pag. 255 , on désigne, en Sardaigne, le vanneau 
commun, tringa van^Uus,, Linn. (Ch. D.) 



19^ GAV 

GAVINA. {Omith,) On désigne^ en Italie, par ce nom et 
par celui de galetra, la petite mouette cendrée, larus eine», 
rarius, Linn. (Ch. D.) 

GAVTON {Omith»), nom portugais du caracara. Voyez 
Gaviaon. (Ch. D.) 

GAVIOTA. (Ornith,) Ce nom, qui est écrit goii^oto dans 
Marcgrave, pag. 2o5 , s^ applique au guaca guacu du même 
auteur, lequel correspond à la mouette d'hiver, larus h^her^ 
nusj Linn. (Ch. D.) 

GAVOUÉ. (Omith.) Cet oiseau, qui se nomme, en lan^. 
gage provençal, chic gavotte, est Vemheriza provineialis de 
Linnœus et de Latham. (Ch. D.) 

GAWRON {Ornith*), nom polonois du frenx, corvus fru-^, 
gilegus. (Ch. D.) 

GAYAC , Guajaoum. {Bot.) Genre de plantes dicotylédones , 
à fleurs complètes, polypétalées , régulières, de la famille des 
rutacées , de la décandrie monogynie de Linnaeus , offrant pour 
caractère essentiel : Un calice à cinq divisions inégales et pro* 
fondes; cinq pétales onguiculés, insérés sur le réceptacle ; dix 
étamines; un ovaire supérieur, un peu pédicellé, surmonté 
d'un style simple et d'un stigmate aigu. Le fruit est une cap- 
sule anguleuse , de deux h^ cinq loges , comprimée à ses 
angles ; une semence* osseuse dans chaque loge. 

Ce genre comprend des arbres exotiques, à feuilles oppo». 
sées , ailées , sans impaire ; les fleurs sont faseicnlées vers 
l'extrémité des rameaux; les pédicelles uniflores; il leur 
succède des capsules courtes , anguleuses. Ces arbres ont un 
bois très- dur; il est employé, à cause de cette qualité, à 
construire, dans les lies, des roues et des dents de moulin à 
sucre , â fabriquer des manches d'outils , des boules et autres 
ustensiles. Il est surtout très-recherché pour faire les pjoulies 
dont on se sert sur les vaisseaux. Comme, à raison de sa 
dureté , il est susceptible de recevoir un beau poli , les me*» 
nuisiers, les tourneurs, les ébénistes en font de très -beaux 
meubles. 

La découverte du gayac est presque aussi ancienne que 
celle de l'Amérique. Au rapport de l'Écluse , un naturel de 
Saint-Domingue, qui exerçoit la médecine dans cette ile^ 
révéla à un Espagnol attaqué du mal vénérien, les pro-? 



GAY 197 

priëtës du bois de gàyac, dont la réputation passa rapidement 
du nouveau dans l'ancien continent. L'Écluse en a donné une 
assez bonne figure , avec la description extraite de Monardes; , 
mais la connoîssance exacte de ses fleurs est due au P. Plu- 
mier, qui 41 formé du gayac un genre particulier. Le .bois 
passe pour un assez bon sudorifique : on lui a d'abord attri* 
bué quelques succès pour guérir la maladie vénérienne ; 
mais Ja confiance dans ses vertus a peu à peu disparu. Il 
est même reconnu aujourd'hui que , s'il peut ^tre utile dans 
les trailemens, ce n'est qu'à la suite de l'emploi du mer- 
cure ; qu'il agit alors uniquement comme sudorifique , quand 
le traitement mereuriel a'été poussé un peu trop loin, et que 
l'on peut aussi sûrement obtenir les mêmes tfie\& par une 
décoction de réglisse. Ce même bois, et surtout sa résine ^ 
ont été encore employés dans les rhumatismes chroniques, 
la sciatique , les anciens catarrhes ; on y a eu recours quel- 
quefois contre les dartres et autres affections cutanées re- 
belles. L'huile essentielle que fournit le gayac e^X appliquée 
quelquefois avec succès sur les dents cariées. Il paroit que 
les deux espèces que je vais faire connoitre , sont douées 
l'une et l'autv e des mêmes propriétés. 

Gayac officinal : Guajaeum officinale , linn. ; Lamk. , IlL 
gen,y tàb. 342; Pluken. , tab. 35, fig. 4; Glus., Exot,, 3i4, 
leon* Cet arbre s'élève à une grande hauteur, mais il croît 
trè»-lentement. Son bois est dur, compact, résineux, À!\xn 
brun jaunâtre , d'une saveur amère ou aromatique ; sets ra- 
meaux glabres, comme articulés; ses feuilles opposées, ailées 
sans impaire, composées de quatre ou six folioles sessilesL^ 
vertes, glabres, ovales -entières, obtuses, un peu épaisses, 
opposées, longues d'un pouce et demi, larges d'un pouce* 
Les fleurs sont bleues , pédonculées , presque en ombelles au 
sommet des rameaux; les pédoncules simples, un peu velus, 
ainsi que les calices; les étamines au nombre de dix; les 
filamens élargis V«^ leur base. Le fruit est une capsule 
charnue , presque en cœur , à deux angles un peu compri- 
més sur les côtés, tronquée à son sommet avec une petite 
pointe courbe d'un jaune rougeâtre : une semence dure, 
^de la grosseur d'une olive ; l'autre avortée , ainsi qu'une des 
deux loges. 



19» GAY 

Cet arbre croît à S^iint-Dmtinigue , à la Jamaïque ^ etc. ; il 
y est dcventi rare , parce qu'on Ta coupé partout sansmesure, 
et sans penser que la lenteur de sa croissance devoit Ten i^îre 
disparoître un jour. On peut juger, d'après cela, quels doi- 
vent être les progrès de son accroissement dans nos serres 
d'Europe î aussi, quelques soins que l'on apporte à'sa cul- 
ture , à peine , dît M. Bosc , les vieux pieds gagnent-ils une 
ligne de hauteur et un huitième de ligne de grosseur par 
en. Il n'y a d'ailleurs aucun autre moyen de le multiplier 
que le semis de ses graines, tirées de son pays natal, et se»" 
mées chacune dans un pot sur couche et sous châssis , ou 
mieux dans une bâche à bonne tannée. Arrivé* à quelques 
années d'âge, le gayac ne demande d'autres soî'ns que de le 
tenir constamment à la température la plus élevée , de lui 
donner des arrosemens légers en hiver et plus abondans en 
été , et de renouveler la terre tous les ans ou tous les deux 
ans : la serpette doit Rarement le toucher, 

Gayac a feuilles de lentisque : Guajaeum sanetum , Linn. ; 
Commel. , Hort, , i , tab. 88 ; Pluken. , tab. 94 , ôg. 4 ; vul- 
gairement le Bois sAmT. Arbre des mêmes contrées que le 
précédent, mais moins élevé. Son bois est de couleur de 
buis,' également dur et pesant ; son écorce épaisse, noirâtre 
en dehors, parsemée de taches grises, pâle en dedans; les 
rameaux un peu noueux; les feuilles opposées, ailées sans 
impaire , composées de quatre ou cinq paires de folioles 
ovales -oblongu es', émoussées, mucronées à leur sommet, 
vertes, glabres à leurs deux faces, longues de neuf à dix 
lignes , larges de trois ou quatre. Les fleurs sont bleuâtres , 
pédonculées, disposées au sommet des rameaux en fascicules 
ombelliformes peu garnis ; les pétilles oblongs, obtus, ongui- 
culés , presque denticulés à leurs bords $ l'ovaire turbiné , 
un peu pédîcelié, à quatre angles tranchans; le stylé court. 
Le fruit est tétragone, comme celui du fusain, à quatre 
loges , contenant chacune une semence ovale , rouge , osseuse. 
Cette plante croit dans l'île de Saint-Domingue, au Mexique, 
à Porto-Ricco, etc. 

On cite encore deux espèces de gayac, mais bien moins 
connues. L'une est le guajaxium verticale , Orteg., Deoad., 93. 
Ses feuilles sont composées de cinq paires de folioles ovales^ 



OAY 199 

oblottgpes, médiocreioent ncuminées; lé$ fleurs sont }>leues ; 
les pétâtes munis d'onglets contournés; les fruits turbines, 
pédicellés; les seioiences. suspendues dans les loges par un 
petit -pédicule : elle croit à la Nouvelle -Espagne. L'autre 
espèce est le guajac^m, dubium , observé par Forster dans 
File de Tpngatabu , à feuilles conjuguées , oblongues , lancéo* 
lées. Quant au guajacum qfrum de Linn^us ^ il a été reconnu 
que cette plante appartenoit aux légumineuses , et qu'elle 
devoit être rapportée au genre ^cTio^/ia. Voyez SconE* (Poir.) 

GAYAC DES ALLEMANDS- {Bot.) C'est le frêne élevé. 
(L. D.) 

GAYAPIN (JBo^.), nom vulgaire du genêt anglois. (L. D.) 

GAYLUSSACIA. {B^t*) Genre d^ plantes dicotylédones» 
k fleurs complètes, m<)nopétalées , régulières, de la famille 
des éricinéesy de la décandrie^monogyme de Uiinœus , rappro- 
ché du thibaudia, et dont le caractère essentiel consiste dans 
un calice adhérent k l'ovaij^ei SQp.limbe à cinq découpures : 
une corolle tubulée , ventrue à sa base ; le limbe à cinq divi- 
sions égales : dix ét^mû^es non saillantes , insérées sur le limbe 
du calice; l«s anthères di;oites, à deux loges, s'ouvrant en 
dedans longitu^inalement, prolongées en deux tubes égaux » 
percées d'un pore à leur sommet; un ovaire inférieur, à 
dix loges monospermes; un style; un stigmate en tête com- 
primée. Le fruit est im drupe presque globuleux, entouré 
j>ar le calice , à dix loges ; une semence dans chaque loge. 

Ce genre a été consacré à M. Gay-Lussac, chiçiiste très- 
distingué de TAcadémie des sciences de Paris. Il se rappro- 
che beaucoup du thibaudia, dont il diffère essentiellement 
par le nombre double des loges de ses fruits, et par une 
seule/semence dans chaque loge. Il ne renferme que la seule 
espèce suivante, découverte par MM. Humboldt et Bonpland 
dans l'Amérique méridionale , proche Santa» Fe de Bogotam 

Gayldssacia a feuilles de buis; Kunth, mHumb. etBonp., 
Nov, gen»^ d, p. 276 , tab. 267 : Thibaudia glandulosa, Humb», 
KtL hist,, p. 6o2. Arbrisseau chargé de rameaux nombreux , 
bruns, glabres , cylindriques , hispides dans leur jeunesse , gar- 
nis de feuilles éparses , médiocrement pétiolées, rapprochées , 
oblongues , elliptiques , arrondies à leurs deux extrémités, en- 
tières , coriaces , pubescentes à leurs deux faces , parsemées 



^o^ GAY 

en-dessous de très -petites glandes terminées par une glande 
brune et comprimée , longues de six à huit lignes , larges de 
trois ou quatre. . Les fleurs sont disposées au sommet des ra- 
meaux en grappes presque fasciculées , simples , presque 
longues d'un pouce : les pédoncules et .pédicelles hispides et 
pileux; une bractée à la base de chaque pédicelle; deux 
autres un peu au-^lessus, opposées, pubescentes. 

Le calice est chargé de poils glanduleux i ses découpures 
ovales , égales , presque acuminées ; la corolle au moins qua- 
tre fois plus longue que le calice, d'un rouge écarlate^ 
pubescente en dehors; les divisions de son limbe ovales, 
aiguës ; les filamens rouges, ciliés et pubescens à leurs bords. 
Le fruit est un drupe presque globuleux , un peu hispide , 
à dix stries anguleuses , à peine de la grosseur d'un pois , à 
dix loges monospermes ; les semences lenticulaires , un peu 
brunes. (Poib.) . 

GAYO {Orjiilh,), nom espagnol du geai, qu'on appeloit 
aussi, en vieux françois^ gajre et gayon, (Ch. D.) 

GAYO -COLORADO. (Bot.) Voyez Guayo-colorad9. (J.) 

GAZ. {Min,) Puisqu'on a rangé l'air et Veau au nombre 
des espèces minérales, ou parmi les corps inorganisés qui 
se trouvent naturellement sur la terre , on doit nécessaire* 
ment y joindre les gaz qui y existent tout formés aussi, et 
qui manifestent leur présence par quelques phénomènes re- 
marquables ; en laissant toutefois à la chimie et à la physique 
le soin d'en compléter l'histoire , et se renfermant scrupu- 
leusement ici dans le domaine de la minéralogie et de la 
géologie. 

Gaz oxigène et azote. Le mélange de o,ai d'oxigène, 
de 0,78 d'azote et d'une très^petite dose de gaz acide carbo- 
nique et d'hydrogène, compose Tair atmosphérique que nous 
respirons, qui enveloppe la terre d'une couche de treize 
lieues et demie d'épaisseur environ , qui paroît bleue dans 
sa partie la plus élevée, et dont le poids, au niveau de la 
mer, fait équilibre à trente -deux pieds d'eau, dans les 
pompes aspirantes à vingt -huit pouces de mercure dans le 
baromètre : cet air, qui est compressible et dilatable, qui 
peut seul entretenir la vie, la végétation et la combustion, 
et dont apu» consommons chacun environ trente pieds cubes 



• GAZ 201 

par heure (Marie de Saint-Ursin } , a reçu le nom d'air ou 
d'atmosphère. ( Voyez Air et Atmosphère. ) 

Gaz acide CXkboniqve. Ce gaz , qui est composé de 27,7 
parties de. carbone et de 72^3 d'oxigène, est un des plus 
lourds de tous les fluides élastiques ; il peut se verser d'un 
vase daD« un autre à' la manière d'un liquide; il éteint la 
lumière et la vie, en s' opposant à la combustion et en pro- 
duisant l'asphyxie. Il est inodore , et les réactifs qui font 
connof tre sa présence , lors même qu'il est en très - petites 
proportions , sont l'eau de chaux , de baryte et de siron* 
tiane, et, mieux encore, une dissolution de sous -acétate de 
plomb. 

Le gaz acide carbonique se dégage de l'intérieur de la 
terre , et s'amasse . dans des cavernes naturelles ou creusées 
de main d'homme, dans lesquelles l'air extérieur ne peut 
pénétrer. Quand il rencontre de l'eau , il sy dissout , la rend 
aigrelette et lui procure quelquefois la faculté de mousser* 
Les lieux les plus célèbres où ce gaz a été , reconnu , et où il 
produit <^es effets remarquables, sont : 

!•** La grotte du chien, sur le bord du lac Agnano , près 
^ouzzole, dans le royaume de Naples. C'est une petite exca- 
vation de quatre pieds de large sur dix de longueur, dont 
là hauteur est inégale, et qui^a été creusée, ainsi que le 
pense M. Breislak, dans l'intention de rechercher de la 
pouzzolane, mais qu'on a abandonnée à cause du mauvais 
air qu'elle renferme. Cette grotte étoit célèbre dans Tanti- 
qùité; Pline en fait mention, et Ton rapporte que Tibère y. 
fit enfermer deux esclaves, qui y périrent. 11 paroît donc 
que le gaz méphitique étoit alors plus abondant qu'aujour» 
d'hui , puisque dans Tét^t actuel il ne forme qu'une couche 
peu épaisse sur le sol, et qu'il faut y plonger la tête de 
l'animal qui sert à l'expérience , pour qu'il soit frappé d'as- 
phyxie^ ce. qui a lieu après quelques minutes : mais on lé 
rappelle à la vie en le jetant dans le lac, ou tout simplement 
en l'exposant à l'air extérieur; car l'eau du lac n'a aucune 
vertu particulière, elle n'agit que par sa fraîcheur. Comme 
on se sert ordinairement d'un chien pour faire l'expérience 
devant les étrangers , la grotte en a pris le nom. 

M* Breislak s'est assuré que la température de la couche 



«02 GAZ 

méphitique est pitisélevëe que celle delà couche supérieure; 
car le thermomètre marquoit treize à quinze degrés dans Tair 
respirable, et s'élevoit à vingt -un et vingt-deux quand on 
le ploDgeoit dans la couche de gaz acide carbonique. Enfin, 
cette couche inférieure devient visible à l'œil quand on y 
éteint un flambeau, parce que la fumée se mêle au gaz, 
s'étend avec lui ef semble s'écouler lentement au dehors. 
Il existe en Italie beaucoup d'autres grottes qui renferment 
également du gaz acide carbonique, et particulièrement aux 
environs de Bolsena et au duché de Castro, dans les états 
romains ; mais celle de Pouzzole est la plus connue. 

2.® La grotte de Pjrmont^ en Westphalie, renferme habi- 
tuellement aussi du gaz acide carbonique ; mais la quantité 
en varie suivant l'état de l'atmosphère et la direction du 
vent : ainsi l'on a remarqué que , dans un assez beau temps 9 
la couche a deux ou trois pieds d'épaisseur , qu'elle s'élève 
beaucoup plus dans un temps chaud et ealme , à l'approche 
d'un orage >et par un vent d'est, tandis qu'on n'en trouve 
pas le plus léger indice dans les temps pluvieux et quand 
le y eut souffle de l'ouest. (Voyez Marcard, Description de 
Pyrmont.) 

^3.^ Les puits de la pouU, à Neyrac, département de l'Ar- 
dèche , sont .trois petites excavations de quelques pieds de 
profondeur seulement, qui étoient connues depuis long* 
temps en Vivarais, mais qui n'ont été signalées aux natura- 
listes qu'à l'époque où Faujas publia son bel ouvrage sur les 
volcans éteints, et où il reconnut la propriété délétère du 
gaz qui remplit ces trous, en y asphyxiant une poule. Beau- 
coup de naturalistes les ont visitées depuis, et j'y ai moi-même 
asphyxié des grenouilles. Il existe ^ tout auprès des puits , 
une sourqe abondante , qui forme une mare, d'où il s'élève 
une infinité de bulles gazeuses qui viennent crever à sa sur- 
face. Cette eau va se jeter dans l'Ardèche , qui cottle au bas 
de Neyrac ; elle y agglutine tous les cailloux et en forme une 
digue naturelle , fort solide , qu'on est obligé de briser de 
temps à autre. 

Il seroit aisé d'augmenter le nombre des exemples de ces 
grottes méphitiques, car il en existe beaucoup d'autres; 
mais on a remarqué , sans pouvoir expliquer l'origine de ce 



GAZ 3o5 

gaz d*une manière satisfaisante, qu'il. ne se reilcontre.que 
dans les terrains- volcaniques , dans les terrains calcaires se- ^ 
condaires, et jamais dans les terrains primitifs» On j^ourroit 
objecter , il est vrai ^ qu'il existe plusieurs sources d'eau 
chargées de ce même gaz, qui sortent du sein des roches 
granitiques^ mais elles. peuvent, malgré cela, provenir ori- 
ginairement de l'un de ces deux terrains, où elles auroient 
tencontré le gaz acide qu'elles contiennent. (Voyez Eaux 

GAZEUSES. ) 

Les grottes qui renferment cette espèce de gaz qu'on 
nomme assez ordinairement moffetie, étoient connues des 
anciens sous le nom de méphitis ', et Ton présume même que 
les antres oii les Sybilles rendoient leurs oracles, renTer- 
moient quelques gaz dont l'action altéroit les traits et l'ex- 
pression de la figure ide ces femmes soi-disant inspirées* 
Telle étoit surtout celle qui prophétisoit près de la ville de 
Cumes en Campanie, où les moffe ttes et les grottes sont si 
communes. 

Le gaz acide carbonique se trouve souvent dans les mines 
mal aérées et surtout dans les houillères': il manifeste sa 
présence en éteignant les lumières et en rendant la respira- 
tion des hommes excessivement pénible; heureux quand il 
permet de fuir les lieux qu'il infecte , et qu'il n'est point 
aa^z abondant pour produire l'asphyxie. Il augmente sen- 
siblement d'intensité quand le temps est chaud et orageuk , 
et quand le vent suit une certaine direction. 
• On se débarrasse de cette ntofFette , qui n'est pas celle 
qu'on redoute le plus dans les travaux souterraius , soit par 
un courant d'air que l'on produit par deux percemens inéga- 
lement élevés , qui ont leur orifice au jour ; soit par des 
conduits ou tuyaux qui partent du fond des travaux et qui 
vont aboutir sons la grille d'un foyer extérieur , dont on ferme 
hermétiquement le cendrier et la porte , afin qu'il ne reçoive 
point d'autre air que celui qui lui est apporté par ces con- 
duits. ( 
' Gaz hydrogène carbonié. Ce gaz, qui est composé, d'après 
14. Berthollet, de soixante- quinze parties de carbone et de 
vingt-cinq d'hydrogène, est spécifiquement plus pesant que 
l'hydrogène pur ; son odeur est désagréable , et il n'est point 



204 GAZ 

propre à la respiration, quoiqu'il brûle avec une flammr 
blanche quand il est pur, et avec une flamme bleue quand 
il est mélangé avec l'oxigéne. 

Les feux naturels, les fontaines inOammables et les ter- 
rains ardens, dont les voyageurs, les géographes et les bis* 
tpriens font mention , en exagérant souvent leur importance 
et leurs effets , sont dus à des dégagemens continuels de cette 
combinaison gazeuse, qui s'enflamment accidentellement et 
qu'on rallume quand elles s'éteignent* 

Les salses ou volcans d'air dégagent ce gaz continuellement 
aussi ; mais , soit qu'il contienne trop de* carbone , d'acide 
carbonique ou d'eau , son inflammation est plus rare que 
dans le gisement précédent. 

Enfin, le grisou des mineurs, ou ce gaz qui se produit 
spontanément dans les exploitations de houille, et qui dé- 
tonne avec fracas lorsqu'il est en contact avec une lumière , 
est encore Fhydrogène carboné mêlé à une petite dose d'a- 
zote et d'acide carbonique. 

Nous allons examiner rapidement ces trois gisemens. 

1 J* Hydrogène carboné des Jeux naturels et des fontaines ardentes* 
Les feux de Pietra mala, sur la route de Bologne à Florence, 
et de Barigazzo , près Modène , sont les plus connus de ceux 
qui existent en Europe : ils ont été visités et décrits par 
Spallanzani ; mais M. Menard , après les avoir étudiés à son 
tour„ ena donné nouvellement la description avec l'inten- 
tion d'en constater l'état, afin qu'on pût le comparer un jour 
et s'^assurer s'ils ont conservé leur énergie ou s'ils en ont ac-* 
quis davantage. 

Il résulte des observations du voyageur françois ( et l'on 
peut compter sur leur extrême exactitude) , 

Qu'en 181 3 et 1814 Taliment de ces feux étoit le gaz hy- 
drogène carboné pur; 

Qu'il passoit à travers le sol , sans qu'il y eût à sa surface 
ni fentes ni crevasses ; 

Que l'émanation en étoit lente , paisible et continuelle ; 

Que le gaz prenoit feu, lorsqu'on Tallumoit, sans pro«- 
duire de détonation, mais seulement un bruit de flammes 
légères ; 

Que , parmi ces flammes , les unes étoient bleues et visibles 



GAZ »oi 

seulement la ntiît, et les autres blanches, jaunâtres ou rou-> 
geàtres, hautes de six pieds et visibles le jour, comme le 
sont celles liu bois ou de la paille ; . 

Que ces flammes ne produisoient point de fumée, mais 
qu'elles déposoient à la longue sur les pierres une espèce 
de suie noire ; . 

Que l'odeur de ces feux étoit celle de l'hydrogène jointe 
a quelque chose dp suffocant qui n'avoit rien de commun 
avcjc l'odeur du pétrole; 

Que leur chaleur se faisoît sentir d'assez loin , consommoit 
promptemènt les corps combustibles , calcinoit la pierre cal-» 
caire à la longue , et cuisoit les terres argileuses à la manière 
des briques, en les rougissant , et s'opposoit , par conséquent , 
à toute espèce de végétation dans un certain rayon ; 

Que le vent ne pouvoit les éteindre , ou du moins que 
la chaleur du sol suffîsoit pour les enflammer de nouveau^ 
et presque sans interruption ; 

Qu'enfin tout sembloit prouver que la source du gaz étoit 
située à une grande profondeur , et que les dilférens feux , 
qui sont au nombre de huit à Barigazzo, quoique assex 
éloignés les uns de»^ autres, ont une origine commune et 
communiquent les uns avec les autres. 

Ce que M. Menard a observé en' Italie , peut s'appliquer 
plus ou moins exactement à tous les feux naturels connus ^ 
car ils présentent presque tous les mêmes phénomènes, d'une 
manière plus ou moins apparente, suivant le degré d'abon- 
danee de la source gazeuse qui les alimente : on peut d'ail- 
leurs prendre ceux-ci pour exemple ; car il paroît qu'ils sont 
doués d'une grande énergie , puisque Spallanzani assure qu'un 
nommé Michel - Angiolo Turini construisit, à Barigazzo, un 
petit four à chaux dans la plaine des feux, et qu'il étoit 
encore en activité en 1794. Au reste , on a utilisé depuis 
long- temps des feux analogues qui existent dans la pénia- 
sule d'Abscheron en Perse , à trob milles de la mer Caspienne; 
puisqu'on y a établi un caravansérail, habité par des prê- 
tres indiens, adorateurs du feu, des Guèbres, qui, avec le 
seul secours des flammes de l'hydrogène sortant du sol , 
cuisent leurs alimens dans des vases adaptés exactement sur 
des trous faits exprès ^ et calcinent de la pierre calcaîre 



»«>« GAZ 

en Tentassant dans des fosses, o& elle se trovve parfaite- 
ment cuite au bout de trois jours. A Tégard des fontaines 
ardentes, elles ne sont autre chose que des lieux analogues 
aux précédens , mais qui sont recouverts d'eau stagnante ou 
d'eau vive , à travers laquelle il s'émane du gaz hydrogène 
carboné , qui brûle à sa surface sans que l'eau y participe 
en rien ; et cela est si positif et si certain, que l'on connoît 
de ces fontaines brûlantes qui sont à sec une partie de 
l'année , et d'où le gaz s'échappe et brûle toujours. Telle eal 
celle des environs de Grenoble, qui étoit comptée au nom* 
bre des sept merveilles de la province* 

Les feux naturels et les fontaines brûlaûtes étoient connus 
ée$ anciens; Pline en cite un grand nombre, et Ton en con-* 
hoît aujourd'hui dans plusieurs contvées fort éloignées les 
unes des autres : mais il est très-probable , ainsi que le pense 
M. Menard , qu'il existe beaucoup de ces émanations» que le 
hazard n'a point encore allumées et qui sont par conséquent 
invisibles pour nous. On croit avoir remarqué que la roche 
d*oii le gaz hydrogène carboné s'échappe ordinairement^ eal 
un calcaire schisteux argilo - marneux , qui passe par une 
addition de sable micacé à une espèce de Grauvtnicke, qu'on 
appelle macigno dans les Apennins.^ 

2.^ hydrogène carboné des salses ou volcans d'air» Le gise- 
ment de ce gaz dans les salses diffère beaucoup en apparence 
de celui qui donne naissance aux feux niiturcls et aux fon^ 
taines ardentes ; mais , si nous en croyons M. 'Menard , à qui 
nous devons encore la dernière et la pieilleure descrip- 
tion des salses du Modénois, il existeroit, au contraire, la 
plu<^ grande analogie entre ces phénomènes, où Tair inflam* 
mable joue le principal r6le. Dans le- premier cas» il sort 
directement du sol ou traverse simplement une eau plus 
ou moins claire ; dans le second , c'est-à«dire dans les salses , 
il est obligé de franchir une couche argil.euse, une vase phis 
ou moins visqueuse, qui entrave son cours , le forc&quelqueb 
fob à s'accumuler , ce qui occasionne les crises et les espèces 
d'éruptions qui sont propres aux salses et qui sont toujours 

- - - ' - -- , 

1 Menard, Noiiyelle description des feux naturels de Pietra mala, 
etc.. Journal de fhjs., t. 85, 1617. 



GAZ 207 

précédées d'un calme parfait et menaçant. Il est probable 
aussi que c'est à la difficulté que le gaz éprouve à parvenir 
au jour qu'on peut attribuer son mélange avec Peau et Tacide 
carbonique qui entrave son inflammation. En effet , elle n^a 
lieu que dans les grandes crises, et cet hydrogène refuse 
même de s'embraser par le contact d'un corps allumé , ce qui 
avoit trompé Dolomieu lorsqull examina la grande salse de 
Macaluha en Sicile, et lui. avoit fait croire qu'elle ne déga- 
geoit que du gaz acide carbonique. Au l'esté , si Ton excepte 
la présence du sel et du pétrole , qui paroissent essentielle* 
ment attachés aux salses , et qui ne se voient point ordinai- 
rement dans les feux naturels, on peut dire avec M. Menard 
qu'on pourroit changer une salse en fontaine ardente , si on 
la débarrassoit de la couche argileuse qui la couvre, et réci- 
proquement une fontaine brûlante en salse, si Ton rendoit 
son eau épaisse et pâteuse par une addition d'argile ; car , dans 
le»salse9, l'hydrogène carboné est toujours accompagné de 
cette espèce particulière de bitume , et l'argile est toujours 
délayée dans de l'eau salée. Dans les grandes éruptions de 
ces volcans d'air, ainsi qu'on les appelle assez improprement, 
il sort quelquefois du bourbier des fragmens d'un calcaire 
gris , veiné de blanc , quelques pyrites non altérées , et des 
morceau jc de fer et de manganèse oxidée.' 

11 existe dés salses en Italie, en Sicile, en Crimée, en 
Perse , au nord de Backa , à Java , à l'extrémité nord de 
^Amérique méridionale, etc. (Voyez Salses.) 

3.*^ Hydrogène earhoné des mines ou grisou. L'hydrogène 
carboné qui infecte les mines, es'i presque toujours mêlé 
à une certaine dose d*azote ou d'acide carbonique , qui le 
rend moins combustible que celui des feux naturels; cent 
pouces cubes de ce gaz pèsent dix -neuf grains et demi, et 
c'est particulièrement dans les houillères qu'il se rencontre. 
ht grisou sort de la houille avec un léger bruissement , non- 
seulement quand elle est en place , mais encore quand elle 
en est détachée : il se produit quelquefois à la surface des 
tailles avec une telle abondance qu'on peut adapter des 



1 Menard^ Description de» taltet duModénois; Journal de phyii4{«e^ 
ATril^ 1818. 



ao 



à GAZ 



tuyaux sur les places ou souffleurs d*où il sert , et le conduire 
au jour dans des boyaux de cuir, d'où il s'échappe en produi- 
sant un jet sensible qu'on peut allumer. Ce sont particulière- 
ment les houilles très-bitumineuses , grasses et friables , qui 
laissent transsuder la plus grande quantité d'hydrogène car- 
boné, et je ferai remarquer, à ce sujet, que ce sont préci- 
sèment là les qualités qui en produisent le moins à la distil- 
lation et qui sont les moins propres à alimenter les thermo- 
lampes* On a observé que le grisou augmente d'intensité à 
l'approche des failles et . des changemens que la couche 
éprouve dans sa puissance ,* quelquefois même il devient 
visible et se présente, dit -on, sous la forpie d'espèces de 
bulles ou ballons enveloppés de légères pellicules, que l'on 
compare à des toiles d'araignées , et que les mineurs s'em- 
pressent d'écraser entre leurs niâins avant qu'ils ne par^ 
viennent sur les lilmières, oii ils feroient explosion. 

Toutes les fois que le grisou s'accumule dans une partie 
des travaux où l'air est stagnant, et qu'il parvient à former 
plus du treizième de la masse ^ il devient susceptible de s'al- 
lumer à l'approche des lumières , et de produire dés explo- 
sions qui brûlent les ouvriers et qui bouleversent les travaux. 
On cite les mines de Newcastle et de Whitehaven en Angle- 
terre , et celles des environs de. Mons çt de liége en Belgique^ 
comme étant très-sujettes au grisou. 

On parvient à se préserver des effets terribles de ce gav 
inflammable , en établissant dans les travaux un courant d'air 
qui rase et qui balaye la surface des tailles ou. d^s pcrriions 
de la couche qu'on attaque, et qui l'eqtraîne au dehors avec 
lui en le noyant dans sa masse. Mais ce moyen , qui est bien 
certainement le meilleur de tous, puisqu'il détruit à chaque 
instant la cause du danger, n'est praticable que dans une 
exploitation déjà fort avancée , qui est pourvue de plusieurs 
oriÇces au joui* et qui se communiquent intérieurement ; car, 
dans une expli^itation nouvelle , on est réduit à brâler le 
gaz, pour ainsi dire, à mesure qu'il se produit, afin qu'il ne 
puisse point s'amasser; ce qui sûrement n'est pas sans danger, 
ainsi que plusieurs événemens l'ont prouvé. On avoit ima- 
giné en Angleterre de remplacer les lampes par une espèce 
de' meule d'acier^ qui frottoit contre des silex et qui produi- 



GAZ «09 

doit une lueur suffisante, à la rigueui*, polir le travail , màifl 
qui n'étoit point parfaitement exempte d'allumer le gaz. 

La lanterne de toile métallique de M. Davy semble 
propre à prévenir tous les dangers *. elle permet de porter 
de la lumière au milieu même de Thydrogéne carboné y 
sans crainte d'explosion, ce qui est fondé sur la propriété 
singulière que ce célèbre chimiste a découverte, savoir ^ 
que les explosions du gaz inflammable des mines ne peuvent 
franchir les diaphragmes qui sont percés de trous dont le 
diamètre n'est qu'égal à leur profondeur* Cette heureuse 
découverte est un service rendu à l'humanité, pubque l'ex- 
périence prouve déjà que non -seulement cette lampe poi^ 
tative prévient les explosions dans les mines où elles étoient 
les plus fréquentes , mais qu'elle consonune , en éclairant l'on- 
vrier , le gaz meurtrier dont il est entouré. On peut consuU 
ter la description et la figure de cet appareil ingénieux dans 
le tome I.**^ des Annales des mines, et les expériences qui 
ont été faites par M. fiaillet pour . s'assurer de ses bons 
effets. 

Gaz hydrogène sulfuré ou gaz hépatiqueé L'odeur infecte de 
ce gaz , qui se manifeste assez dans les œufs couvés , le fait 
aisément reconnoître partout où on le rencontre* Il est com- 
posé, d'après M. Thenard, de 70,667 de soufre et de 29,143 
d'hydrogène : il rougit la teinture de tournesol à la manière 
des acides, brûle avec une flamme bleuâtre', et dépose du 
soufre sur les parois du vase dans lequel on fait l'expé- 
rience ; mais il est impropre à la respiration et à la combus- 
tion. Sa pesanteur varie à raison de la quantité du soufre 
qu'il contient, ainsi que la facilité que l'on éprouve à le 
dissoudre dans l'eau froide ; car , plus il est soufré , plus il 
est soluble : aussi le trouve-t-on dans toutes les eaux ther- 
males sulfureuses , telles que celles de Barège. Il existe aussi , 
k Fétat gazeux , dans plusieurs gisemens particuliers , et entre 
autres dans une portion de la grande galerie d'entrée dc$ 
salines de Bex en Suisse. 

Gaz hydrogène phosphore. La propriété particulière de ce 
gaz, de s'enflammer au simple contact de l'air, a fait pré- 
sumer, avec assez de raison, que les feux follets , les ardenâ 
et les Jiambards , qui se dégagent des marais et des cime- 
i9. 14 



3'» GAZ 

tiéres , et qiii Font la terreur des geas de Ib campagne , sont 
des émanations de gaz hydrogène phosphore qui brûlent et 
voltigent en Tair. 

Telles sont les combinaisons gazeuses qui se trouvent 
toutes formées dans la nature , et les diffërens rôles qu'elles 
Y jouent. Les gaz %^x sont combinés dans les minéraux 9 et 
qui ne peuvent en être séparés que par Fanalyse , sont du 
ressort de la chimie. (Brard.) 

GAZ et VAPEURS. (C/iim.) On partage les fluides élas- 
tiques ou aéri formes en deux classes , les gaz et les vapeurs* 

he^ gaz ne se liquéfient pas, lorsqu'ils sont soumis à la 
pression la plus forte que nous pouvons produire , ou lors* 
qu'ils sont exposés à une température de 20 degrés an moins 
au-dessous de zéro; les vapeurs, au contraire, dans les 
mêmes circonstances , prennent Tétat liquide ou solide. 

Nous ferons obseryer que c'est improprement que le mot 
gai a été employé comme synonyme de fluide aériforme : 
ainsi, au lieu de vapeur aqueuse, on a dit quelquefois à 
tort gaz aqueux. 

Nous allons examiner les propriétés générales les plus re- 
marquables des gaz et des vapeurs; nous exposerons ensuite 
les propriétés caractéristiques c^e chaque espèce de gaz , et 
leis procédés qu'on emploie pour les séparer , quand iis sont 
mêlés. 



1." DIVISION. 



Des gaz et des vapeurs considérés sous le rapport de 
leurs propriétés générales les plus remarquables. 

Naturç* 

Les gaz et les vapeurs sont simples ou composés. 

Oxigène; 

Gaz simples : \ Chlore? 

Azote; 

flydrpgène. « 



Gas composés :< 



dyànogène ; 
Ammoniaque ; 
Acide hydrosulfuriq. 
Hydrogène pro tophos- 

phuré; 
Hydrogène perphos^ 

phuréj 
Hydr* protocarburé j 
Hydrog. percarburéj 
Hydrog. arseniqué; 
Acide hydro- telluri-' 
que. ' 



Vapeurs simples : 



Vapeurs composées: 



GA2 

Oxide de chlore ; 
Protoxide d'azote ; 
Deutoxide, d* azote; 
Acide sulfureux ; 
Oxide de carbone; 
Acide carbonique; 
Acide chloroxicarbo- 

nique ; 
Acide hydrochloriq* ; 
Acide hydriodique ; 
Acide phtoroborique î 
Acide phtorosiliciq. ; 

Iode; 
Soufre ; 
Phosp)iore ; 
Arsenic ; 
Tellure ; 
Mercure ; 
Zinc; 
Potassium, etc« 

£au; 

Acide suif u ri que; 

Acide nîtreux ; 

Adde arsenieux; 

Acide chloro4>phosphoriqiie y 

Acide bydrocyanique ; 

Sulfure de carbone; 

Alcool ; 

Éther hydrati(|ue; 

Éther ehlorurique ; 

Éther hydrochlorique ; 

Éther nitreux; 

Éther hydriodique ; 

Essence de térébenthine ; 

Indigo p etc« 



1 Nous ne eomprenons pas ici l'hydrogène ^otassi<$, p«rce qut Veiàv» 
4eii<« oo« ^1» partit pmt^iéai^tiipie^ 



^la GAZ 

Élasticité. 

a) Élasticité des gaz» 

Les particules des^gaz, loin d'être soumises à la cohésion , 
sont au contraire animées d'une force répulsive qui tend à 
les écarter incessamment les unes des autres , au moins dans 
les limites de Tatmosphère que nous pouvons atteindre. Si 
nous concevons une colonne d'air en repof dont la base 
s^appuie sur la partie solide du globe , la couche la plus infé- 
jrieure de cette colonne ne sera immobile que parce que les 
couches supérieures, la pressant en vertu de leur poids, s*op- 
poseront à son extension. Mais , si la pression diminue , les 
particules de la première couche s'écarteront jusqu'à ce que 
FafiToiblissement de leur élasticité ait compensé la diminution 
de la pression. Boyle et Mariotte , ayant recherché le rapport 
qui existe entre le volume de l'air et la pression qu'il sup- 
porte , ont vu que les volumes d'une masse d'air , pour une 
même température, étaient en raison inverse de la pression, et 
qu'en conséquence l'élasticité à température égale croissait pro^ 
portionnellemerit à la ^>ensité, et que l'une de ces choses pouvait 
servir de mesure à l'autre. Cette loi est applicable à tous les 
gaz secs. 

b) Élasticité des vapeurs* 

Ainsi que celles des gaz , leurs particules sont libres de toute 
cohésion , et ont une tendance à s'écarter les unes des autres; 
mais il y a cette différence que , si l'on prend un espace sa- 
turé d'une vapeur quelconque à une température déterminée., 
on pourra réduire cet espace à la moitié, au tiers, au quart, 
etc., sans augmenter l'élasticité de la vapeur. On observera 
seulement qu'il se liquéfiera une quantité de vapeur propor- 
tionnelle à la quantité dont l'espace aura été diminué. II 
est évident, d'après ce qui précède, que si l'on réduit à la 
moitié, au tiers, au quart, etc., un espace rempli d'un gaz , 
on doublera, triplera, quadruplera, etc., son élasticité pre- 
mière. C'est en cela surtout que les gaz diffèrent des va- 
peurs; mais nous ferons observer que les vapeurs suivent* la 
même loi que les g^z, lorsque les pressions différentes aux- 



GAZ a»5 

quelles on les soumet ^ sont inférieures à celle qui est néces- 
saire pour les liquéfier. 

On mesure l'élasticité des fluides aériformes, pu, comme 
on le dit encore, leur tension, par le poids de la colonne 
de mercure qui est nécessaire pour les maintenir dans l'es- 
pace qu'ils occupent à lUnstant où on les considère. 

§. 3. . 
Dilatabilité. 

Les gaz et les vapeurs suivent la même loi dans leucs dila- 
tations. Ainsi , 1 volume d'un gaz sec , i volume de vapeur 
à zéro, occupent, à loo , 1,376 , la pression restant la même ^ 
d'après les expériences de M. Gay-Lussac ; et comme les dila- 
tations sont égales pour chaque degré , il s'en suit que pour 
un degré centigrade la dilatation est de 0,00376 ou -tîTcT ^^ 
volume à zéro. 

Pow^oir réfringent des gaz et des vapeurs. 

Les gaz et les vapeurs ont à des degrés difTérens le pouvoir 
de réfracter la lumière qui les traverse. Nous allons pré* 
senter un tableau des pouvoirs réfringens des gaz pour la 
température de zéro et la pression de o°',76, d'après les ex- 
périences de MM. Biot et Arago. 



Nature des gaz. 



Air 

Oxigène • • • 

Azote ..•..•••... 

Hydrogène .•.••••• 

Ammoniaque. 

Acide carbonique '. 

Hydrogène carburé 

Hydrogène plus carburé que le 
précédent. 

Acide bydrocMorique. • • 



Oentité do gai, 


PoaToirs réfringeni 


celle de Tair étant 


des gas , celui de 


ranitë. 


Fatr étant i. 


1 ,00000 


1,00000 


1,10359 


0,86161 


0,96913 


1,03408 


0,07321 


6,6i436 


0,69669 


2,16861 


1,61961 


1,00476 


0,67072 


2,09270 


0,68826 


1,81860 . 


1,24740 


1,19626 



2ï4 GAZ 

S'il est permis de tirer quelques coiisëqûences de ce tAbleau 
et de quelques autres expériences qtie l'on a faites sur 1<! 
inême sujet, on verra, 

i,** Que Foxigène, qui jouit éminelnilient de la propriété 
comburente , a un pouvoir réfringent très-foible. 

n^ Que Thydrogène , qui est combustible, en a un très- 
considérable , et qu'il paroît naturel d'attribuer pour la plus 
gratide partie le pouvoir réfringent de l'ammoniaque , ainsi 
que celui des résines et des huiles , à l'hydrogène qui entre 
/dans leur composition. 

3.** Que le pouvoir réfringent d'un mélange gazeux est la 
somme àe^ pouvoirs réfringens de ses élémens, . 

4,** Qu'il paroît en être de même pour quelques combinai* 
sons dont les élémens n'ont pas contracté une forte Union : 
, exemple , l'ammoniaque, 

h!* Que, dans les combinaisons où les élémens ont éprouvé 
une grande contraction , le pouvoir réfringent n'est pas pro» 
portionnel î^ celui des élémens ; exemple : l'eau^ a plus de 
pouvoir réfringent que n'en a le mélange de i volume d'oxi- 
gène et de 2 d'hydrogène. 

6,** Que la conversion d'un liquide en vapeur afïbîblît son 
pouvoir réfringent; car il résulte des expériences de MM. 
Arago et Petit que le sulfuré de carbone, qui a un pouvoir 
téfringent un peu plus grand que 5 à l'état li^tiide, en a un 
qiii ne surpasse pas 2 quand il est réduit en vapeur. 

7.** Que le carbone , réduit à l'état gazeux par sa combi- 
liaison avec Toxigéne ou l'hydrogène , a un pouvoir réfrin- 
gent trés-foible, en comparaison de celui qu'il possède à l'état 
4e diamant. 

8.** Que la réfraction observée dans une masse d'air hu- 
mide est sensiblement la même que si l'air étoit sec , U 
pression et la température é^nt égales : ce résultat e^i dû à 
ce que l'excès du pouvoir réfringent de la vapeur sur celui 
de l'air 9 les densités étant égales, est compensé dans le mér 
lange par 1^ diminution de la densité de la vapeur. 

§.'5/ 
Couleurs des fluides aérif armes, 

n n^exîste qu'un petit nombre de iltiides aériforihes qui 
spient colorés; ce soht : 



GAZ 

1.* Le chlore, qui est d'un jaune verdâtre. 



3lS 



2.*^ Son oxide, qui a une. couleur semblable 9 mais plus 
brillante. 

3.° La vapeur nitrpuse, qui est d'un rouge orangé. 

4." La vapeur d'iode , qui est violette. 

5.** La vapeur de soufre, qui est d*un jaune orangé. 

6.® La vapeur de potassium , qui paroît être verte ? 

7.** La vapeur d'indigo , qui ressemble k ceije de l'iode. 

Les autres fluides aériformes ne sont pas 5 à proprement 
parler, colorés, au moins par tralismission. Si la voûte céleste 
est bleue, cela e&t dû, suivant Saussure, non pas à des 
rayons que l'air transmet , mais à des rayons qu'il réfléchit. 

§.6. 
Densités, 



NOMS 



BK0 



FLUIDES ÉLASTIQUES. 



Aîr 

Gai bydriodique ,,, 

— fluorique silice ,,.,,,.,. 

— cbloroxicarbonique , 

Cblore ,. , 

Oside de chlore 

Gaa fluoborique. ,,,,..,,.,,, 

— sttlfurAm , 

Cyanogène 

Protoxide d^azote 

Acide carbonique , , , . . 

G»* hftlfochlarri^e > . . . . 

— bydrosulfurique , 

— oxigene ,,.,,,.,,, 

Denioxide d>xote 

Hydrogène percarburé. ,,,,,,. 
Gaz azote 

— oxid* de carbone. . « 

Hydrogène phospbnré ........ 

Gai ammoniacal 

Hydrogèae proie- carbnré 

— — arsénié . , , , , 



Cb 




(t. 




K 





"1 






m 


l^ 




3 " 


H 


Z. a 


M> 


•0 <o 


(■ 


• ►. 




•* H 






s> 


^-i 


5- 


9 



B 



I . 0000 
4.44^0 

3.5n35 



4.4188 



a. 4700 



a. 3709 
9. 19)0 
1.8064 
r. 5a64 
I . 5 I 96 
i,a474 
1.1912 
I . io36 
i.o388 



i».ao7» 
1 . 80 1 1 
t.Saèp 



0.9(591 
0.9569 

o. 8y G 

0.5967 

o. 555o 
0.5390 



3.3894 
a . 43 I 6 

a.3i44 



•0 
*. • S. 

3 » * 

p • c 

s i ?' 

ils- 

BCi 

• B « 
« o 



Gram. 

5-77IÎ) 
4.64a3 



«* M S. 

sec 
2 c " 
5 •» 

Cl. ^M ' 

-^ î» B 
•O B 

5-0 w 

e »•- 
•^ e 



3.ao88 



I .a5o5 
1.1766 

■ .o364 
0.9784 



.9678 



0.5943 
o. 56a4 



I 



3 . 0800 
a. 8489 

a. 3467 
.g^Sa 

•974» 
.6ao5 
.5475 
.4337 
.3495 



.«690 

. i3oa 

0.775a 
o. ^aïo 
0.687a 



5. 7535 

4>4°3* 
3.1459 

3 . 0066 



NOMS 



DES 



OBSERVATEURS. 



•.«6:4 

a. 3398 
1.97*58 



i.6«4'> 

i.5%88 



1.3464 
I . a y I o 



3673 



o. 7791 
o. 7306 



Gay-Lussac. 

Jobn Davy. 

Le même. 

Gay-Lussac et Tbënard. 

Gay-Lussac. 

Jobn Davy, 

Dary. 

Gay-Lassac. 

CoHn. 

Biot et Ara»o. 

Les mêmes. 

Tbënard et Gay-Lussac. 

Biot et Arago. 

Bërard. 

Tbtîodore de Saussure. 

Arago fi Biot. 

Cruicksbancks. 

Davy. 

Biot et Arago. 

Tomson. 

TromsdurlT. 



di6 



GAZ 





s-B-a= 


'-^ 


e 






Aj 




•••••• 


>• «1 M. 






K 

i 

S' « 





S o< 
3 e <• 

g." c|: 


3 e S* 




NOMS 


H 




^î^S 


NOMS 




r? 


4 


?s^ 


n? 


- 




•o " 


wt- 


"2 

» 2" • 


s s 3 




DCS 




• 

A 


•31^ 


fi's- 


DIS 


FLUIDES lÉLASTlQUES. 




• 


9 e H 

( 1 Qi 


9 •• 


OBSERVATEURS. 




3 


• B ^ 


^iv» 






S 




■ -« 


o> 






i" 




A' 


B» 


■ 








w «» 










Gram. 






Gax liydrogène ;....... 


o.oyBî 


8.619^ 

• • • • • t 


. 095 1 


II. 1976 


Arago et Biot. 


Vapeur dMode ...,,.,,,,,... 


GaT-Lu8«ac. 


— — d^ëther bydriodique . . . 


5 4749 


7.1H4 


Le même. 


—V -^ d*flMence de tërëbenthioe 


5. oiou 


• ••••• 


6.5ia4 




Le même. 


— — d'hydr. percarb. de cblore 


3.4434 


3.4484 


4.4733 


4.4798 


Goilin et Robiqnet. 


■^ — nitreuse 




3.1764 


•••••• 

3.4357 


4-1365 


Gay-Lussac. 
Le même. 


— — de sulfure de carbone , , 


a. 644: 


m- — d'ëtber inirurique 


a. 5ë6o 


à 


3.3595 




Le même. 


— — d''éther hydrocblorique. 


a. 419 




1.8837 




Tbënard. 


— -^ diacide chloro-cyanique 




a. I ii3 


«••••• 


3.7438 


Gay-Lussac. 


■^ — d^alcool absolu 


1 .6i33 


1 . 6o3o 


3 . 0958 


3.0835 


Le même. 


••- — d'acide bydro-cyaniqne. 


o.947(; 


o.()36o 


I .a3io 


1.3 160 


Le même. 


.1 d'eau 


0.6935 


o.6a5o 
o.'4i6o 


0.8100 


0.8119 
0.5404 


Le même. 


1^ — dç carbone , 


Le mêmV' 









Cette table a été publiée par M. Gay-Lussac , dans le »•" 
volume des Annales de chimie et de physique. Depuis, MM. 
Berzelius et Oulong ont déterminé la densité de plusieurs 
|[az : ils ont trouvé pour 

Uhydrogène 0^0685 

L'oxigène i,io32 

L'acide carbonique.. .... 1,6260 

3.' DIVISION. 



§. 



er 



Composition en volumes de différentes espèces de combinai'' 
sons dont les élémens peu^jçnt être réduits à F état gazeux» 

. Volume Proportion en Tolome 

4elacoinbinai$on' des démens 

Clilore. Oxigène. 

Oxide de chlore %• i i 1 

Acide chloreux ' a^ 1 5 

Acide chlorique'.. .«...»... • x 1 7 



1 Acide des mariâtes oi^igéoës, a Ddcoarert par le comte Stadio». 



GAZ 



Proportion enTokme 



Protoxide d'azote . • i 

Deutoxide d'azote i 

Acide hyponitreux • x 

Acide nitreux. ••••• x 

Acide nitrique x 

Acide sulfureux i 

Acide sulfurique ••••••• x 



Volame 
de là combinaison. des élémens. 

Azote. Oxigènc 
t 
1 T 



Oxide de carbone. 
Acide carbonique 



Acide chloroxicarbonique • « • • 

Acide hydriodique • • ; 

Cyanogène 

Ammoniaque •••• 

Acide, hydrosulfurique 



Hydrogène protocarburë. 
Hydrogène percarburé. . 



Vapeur d'eau 



Vapeur d'alcool. • • 1 

Vapeur d'éther hydratîque • • . 

Vapeur d'acide hydro-cyanique 

Vapeur d'acide chloro-cyaniq. 

Vapeur d'éther chiorurique. • • 

Vapeur d'éther hydrochlorique 



1 
1 
1 

Soufre. 

* 
1 

Carbone. 

1 
% 

T 



2 

ai 

Oxîgène. 
1 
5 

Oxigène* 

a 
1 



Oxide de carbone. Chlore. 



Hydrogène. 



1 

Iode. 



Azote. 

1 
Azote. 



Soufre. 






Carbone. 
1 
Hydrofène. 

Hydrogène. 

Hydrogène. Carbone. 

* 
2 

a 

Hydrogène. Oxigène. 

Hydr. percarb. Eau. 

1 1 

2 1 

Hydrogène. Cyanog. 

t I 

T T 

Cyanogène. Chlore. 

■» T 
Hydr. percarb. Chlore. 

1 1 

Hydr, percarb» Hydrochlor. 

l l 



»i8 GAZ 

Propriétés caractéristiques de chaque espèce de gaz. 



!.'• SECTION. 



Gaz qui rallument la bougie qu'on vient d'éteindre, si la mèehe 
contient encore quelques particules eharhonneuses en ignition, 

a) Sans détonation, 

Oxigène, 

Incolore , inodore , sans action sur les réactifs colorés ; le 
seul propre à Tentretien de la vie des animaux. Absorbable 
eh totalité par les hydrosulfates et les sulfures hydrogénés. 
Solidifié en totalité, et en dégageant une vive lumière, 
quand on le fait passer bulle à bulle dans une cloche étroite 
pleine de mercure où Ton a mis un petit morceau de phos- 
phore que Ton a chauffé ensuite extérieurement. A froid , 
sans action sur le phosphore et Farsenic qu'on y projette ; 
un volume mêlé à deux volumes d^hydrogéne ne détone point 
quand On expose le mélange au soleil. 

Protoxide â^azote^ 
Incolore , inodore ; saveur légèrement siitrée; éané action sur 
Jes réactifs colorés; n'éprouve pas de changement de la part 
del'oxigène. Quand on enflamme un mélange dé i volume de 
ce gaz avec i volume d'hydrogène , on obtient de l'eau , et 7 vo- 
lume d'azote , si la décomposition du protoxide est complète* 

h)' Avec détonation.^ 

Oxide de chlore ( préparé par Tacîde SUlAirique et le chlorîte 

de potasse). 

Jaune orangé verdâtre foncé ; détruit la couleur du tour- 
nesol, sans la rougir préalablement; à 100 degrés il détone 
en dégageant de la lumière ;. un volume produit J volume 
de chlore et i volume d'oxigène ; assez soluble dans l'eau ; 
absorbé par l'eau de potasse. 

r\ • • 

1 II peut arriyef que la bougîc â'éteigAè au lïionient de la détoAa» 
tion; mais, si on la plonge dans le gaz après qu'il a détoné^ la bougie 
se rallumera si sa mèche contient quelques particules embrasées. 



GAZ 219 

2.* SECTION. 

Gaz qui, quand ils ont le contact de l'air, s'enflamment y soi^ 
spontanément, soit lorsqu'on y plonge une bougieé 

A. Gaz qui sont sans action sur les réactifs colorés. 

Hydrogène perphosphuré» 

Incolore j s'enflâmitie dés (j^ii'il a le èontaicl de Faif ) pro- 
duit de l'eau et de Taclde phosphoriqtie. Le chlore Feu* 
flamme : il $e produit de Facide hjdrothlorîque et de Fa* 
cid0 chlorOpho^phofique , di le chlore est en excès. 

Hydrogène protophosphuré. 

Incolore ; odeur d'ail ; ne s'enflamme point à la tempéra* 
ture ordinaire , quand il est en contact avec Fair ; s'enflamme 
quand il est échanfi*é, produit de Feau et de l'acide phos> 
phorique. 

Hydrogène arseniqué. 

Incolore ; odeur nauséabonde , extrêmement forte , qui 
n'est point alliacée; très -délétère. Sa flatnme est bleuâtre: 
s'il brûle lentement dans une petite doche, il dépose une 
matière brune, qui paroît être de Fhydrufè d'arsenic. Il est 
etiflammé par le chlore ; il se produit du ehlôrtire d'arse- 
nic et de l'acide hydrochlorique. Si le produit de sa com- 
bustion ett agité avec de l'eau , et que le chlore ne soit pas 
en excès , on obtient une dissolution diacide hydrochlorique 
et d'acide arsenieux', qui précipite en jaune par l'acide 
hydrosulfurique. 

Hydrogène* 

Quand il est bien pur, il est inodore ; il peut rester quelque 
temps d'ans une cloche débouchée dont l'ouverture est en en- 
bas : quand on le mêle avec un volume d'oxigène égal au 
sien et qu'on enflamme le mélange dans un eudiomètre, il 
reste la moitié dé Foxîgène employé, c'est-à-dire j- volume, 
he produit de la combustion est de l'eau. 

Oxide de carbone. 

Presque inodore-, brûle avec une flamme bleue : le proï 
^uit est de l'acide carbonique qui précipite Feau de chaux, 



\ 



â«o GAZ 

Un volume dé ce gaz, mêlé avec un volume d'oxîgène dans 
un eudiométre placé sur le .mercure, se réduit par Fin- 
flammatîon à i { volume. En traitant ce résidu par Feau de 
potasse , on absorbe i volume d'acide carbonique , et il reste 
i volume d'oxigéne. 

Hydrogène percarluré. 

Odeur légère ; incolore; brûle avec une'flaitime blanche, 
en produisant de Feau et de Facide carbonique. Pour le 
brûler complètement dans un eudiométre à mercure , il faut 
pour 1 volume de gaz 5 volumes d'oxigène ', il se produit 2 
volumes d'acide carbonique, et une quantité d'eau repré- 
sentée par 2 volumes d'hydrogène et 1 volume d'oxigène. 
Pour opérer cette combustion sans danger , il faut mêler S 
volumes d'oxigène à 1 volume de gaz. 

Un volume de chlore , mêlé à un volume d'hydrogène per- 
carburé , produit de l'éther chl'orurique. 

Hydrogène protocarburé. 

Incolore; légère odeur; inflammable; flamme moins volu- 
mineuse que celle du précédent. Il exige, pour sa combus- 
tion, 2 volumes d'oxigène : le produit de la combustion est 

I volume d'acide carbonique et une quantité d'eau repré- 
sentée par 2 volumes d'hydrogène et . 1 volume d'oxigène* 

II ne forme pas d'éther chlorurique , quand on le mêle aveo 
son volume de chlore. 

B. Gaz <fui agissent sur les réactifs colorés à la manière 

a) des alcalis. 

Gaz ammoniaque. 

Verdit la teinture de violette , bleuit celle d'hématine ; 
c'est le seul gaz dont la dissolution aqueuse agisse sur les 
réactifs colorés comme un alcali. Odeur forte. Il répand des 
fumées blanches très - épaisses , quand on le mêle avec des 
gaz acides, notamment avec le gaz hydrochlorique. Pour 
qu'il puisse s'enflammer par le contact de la bougie, il faut 
le mêler avec cinq fois son volume d'air , ou , ce qui vaut 
mieux, avec les trois quarts de son volume d'oxigène. 



GAZ aai 

b) Des acides. 

Gaz acide hydrosulfuriqae. 

Incolore ; odeur d'œufs pourris : noircit les traits que Ton 
a tracés sur du papier avec une solution d'acétate de plomb ; 
est absorbé par Feau et la potasse ; rougit la teinture de tour- 
nesol et finit par la décolorer. Sa solution aqueuse , mêlée à 
Tacide sulfureux, dépose du soufre. Enflammé dans une 
cloche étroite , il se produit de Teau et de Facide sulfureux ; 
une portion de soufre échappe à la combustion et se préci* 
pite sur les parois de la cloche. 

Gaz acide J^dro^tellurique. 

Incolore ; odeur analogue à celle des œufs pourris : rougit 
la teinture de tournesol ; absorbable par Teau et la potasse. 
Quand on Tagite avec une solution de chlore, on obtient 
une liqueur qui précipite en blanc lorsqu'on y verse du 
sous- carbonate de soude. 

Cyanogène. 

Odeur forte et pénétrante; brûle avec une flamme vio- 
lette et en produisant de l'acide carbonique : sa solution dans 
l'eau de potasse , mêlée à un acide , puis à des sulfates de 
proloxide et de peroxide de fer, forme du bleu de Prusse. 
Il rougit légèrement la teinture de tournesol. 

3.' SECTION. 

Gaz qui éteignent la bougie qu* on j^ plonge ^ et qui ne, sont pas 

susceptibles de s'enflammer, 

A*' Gaz qui sont sans action sur les réactifs colorés , et qui ne sont 

pas absorbés par Peau de potasse. 

Azote» 

Inodore , incolore ; impropre à l'entretien de la vie , sans 
être délétère ; éteint les bougies , ne précipite pas l'eau de 
chaux;, mêlé avec 2,5 fois son volume d'oxigèn^e, et électrisé 
dans une cloche de verre posée sur le mercure et dans la- 
quelle il y a de la potasse ou de la chaux., il produit de 
l'acide nitrique. 



922 GAZ 

Incolore ; mais , dés qu'il a le contact 4e Tair , il produit 
une vapeur rouge -orangée, qui est de l'acide nitreux. Ce 
dernier est caractérisé non -seulement par sa couleur, ihais 
encore par son odeur extrêmement pénéti*ante et irritante^ 
Le deutoxide d'azote est insoluble dans l'eau. Lorsqu'on y 
plonge du phosphore allumé , celui-ci » loin de s'éteindre ^ 
brûle avec une activité extrême. 

B. Gaz qui ont d* P action sur les réactifs colorés , et qui sont 

absorbés par Veau d» potasse. 

Chlore. 

J^une-verdàtre ; odeur fort^ et désagréable ; trés-délétère : 
il jaunit 1^ teinture de tournesol, décolore pçUe de violette ^ 
etc.j le phosphore, T^rs^iiip, qu'on y plonge à froid, s'en* 
flammeut. Le mélange de volumes égaux de chlore et d'hy- 
drogène détone quand il est exposé au soleil. 

Acide sulfureux. 

Incolore ; odeur du soufre qui brûle : rougit le tournesol. 
Absorbé par l'eau. Absorbé par le borax cristallisé qui ^ 
été réduit en petits morceaux. Mêlé avec le gaz acide hydro- 
sulfurique humide, il y a décomposition des deux acides; il 
se produit de l'eau , et il se dépose du soufre. 

Acide carbonique. 

Presque inodore; n'a qu'une foible action sur la teinture 
de tournesol , et surtout sur le papier coloré avec cette ma- 
tière ; impropre à la combustion , k la respiration : l'eau en 
ftb$Pr})e un vo}umfî égal au sien; prédpUç V^^vl de chaux* Çi? 
précipité, flocopueux ^àhQfi^ se r^upit jsusuite en petits 
grains qui, recueillis etséchés, font une vive effervescence 
avec l'acide acétique. 

Acide chloroxicarhoniq^e* 

Incolore ; odeur trèsofo^tp ; rougit fortiem^ut le papier de 
tournesçl; mis ça qontacf; avec de l'e^^, i| d^ppn^pose ce 
liquide çtiji se produit dje l'i^cide hydrpchlorique et de l'acide 
carbonique : s'il y a assez d'eau , les deux acides sont dissous^ 



GAZ aaJ 

Vil n'y eaa qu'une très-petite quantité, raçidehydrocnlorique 
l'est seul. Quand on y chauffe de l'antimoine ou du zinc , le 
chlore s'unit aux âiétaux : il reste un volume d'oxide de car- 
bone égal au volume de l'acide chloroxicarbonique. Qu^nd on 
le chauffe avec Foxide de zinc , on obtient un chlorure et un 
volume d'acide carbonique égal au volume du gaz primitif. 
Un volume de ce gaz absorbe quatre volumes d'ammoniaque. 
Le sel peut être sublimé dans le gaz sulfureux^ sans éprouver 

de décomposition. 

Acide hydrochlorique. 

Incolore ; odeur forte ; rougit fortement le papier de tour- 
nesol; répand des fumées blanches quand il a le contact de 
l'air ; impropre à la respiration et à la combustion ; très- 
soluble dans l'eau : la solution précipite le nitrate d'argent en 
un chlorure qui est insoluble dans l'acide pitriquç , mais qui 
se dissout bien dans l'ammoniaque ; la solution d'acide }iydro- 
chlorique mise en contact avec le peroxyde de manganèse , 
donne lieu à un dégagement de chlore. 

Acide hydriodique. 

Incolore; odeur forte; rougit le papier de tournesol; très- 
soluble dans l'eau; répand des fumées blanches dans l'air. 
Xe chlore en précipite de l'iode. 

Acide phtorohprique. 

Odeur très-forte ; impropre à la rçspiraliop et à la çonibu*. 
tion; répandant des fumées exe essivepi^nt épaisses quai^id il 
a le contact de l'air : quand on y plongç unç bande de pa- 
pier, sur-le-champ celle-ci noircit, p^rcç que di* charbon 
est mis à nu. 

Acide phtorosilicique,0 

Odeur forte; impropre à la respiration et à la combustion; 
dès qu'il a le contât d# l'ça^, ij sç dépysç d^ }a ^iUce à 
l'état de gelée. , > 

3/ DIVISION. 

De ranaljsç des mélanges gazçuy* 

La première chose à faire, lorsqu'on veut examiner la 
composition d'un mélange gazeux , c'est d'en introduire une 
quantité déterminée, loo volumes par exemple, dans une 



«24 GAZ 

cloche à mercure , et de les y agiter avec 5 volumes d'une 
forte solution de potasse à l'alcool. S'il y a une absorption , 
on la notera. 

A* Les gaz non absorbés pourront être , 

1.* Oxigène; 

a.** Azote; 

3.** Protoxide d'azote ; 

4.** Deutoxide d'azote; 

5."" Oxide de carbone; 

6.® Hydrogène; 

7." Hydrogène protocarburë et percarburé ; 

8.® Hydrogène protophosphuré etperphosphuré; 

9." Hydrogène arseniqué. 

B* Les gaz absorbés pourront être, 

!.• Chlore; 

2.* Oxide de chlore; 

3.* Cyanogène; 

4.* Ammoniaque ' ; 

5.** Acide carbonique; 

6.^ Acide sulfureux ; 

7.* Acide phtoroborique ; 

8.* Acide phtorosilicique; 

9.* Acide chloroxicarbonique; 

10.* Acide hydrochlorique ; 

11.® Acide hydriodique; 

12.* Acide hydrosulfurique ; 

i3.** Acide hydrotellurique. 

Observatiovs.JX y a plusieurs gaz qui ne peuvent exister 
ensemble dans un même mélange ; nous allons les citer. 

Gaz du premier groupe ^ qui ne peuvent exister ensemble aux 

températures ordinaires* 

1." V oxigène ne peut exister avec 
le deutoxide d'azote; résultat : acide nitreux; 



1 L'ammoniaque n'est absorliëe dans U po Usst que par Teau qui 
tient celle-ci en ditsolation. 



GAZ i^2i 

Vhyirogine petphasphuré ; résultat! ^*^ ' , 

(acide phosphotique ; 

Vl^drogène phosphuré, dans le cas où la pression du gaz est 

peu considérable. 

a.® Leprotoxide d'azote ne peut exister avec 

i azote 9 
eau 5 
acide phosp borique* 

S.*" Le deutoxide d^aiote ne peut exister avec 
Voxigène. 

4«'* Vlfiydrogène perphosphuré ne peut exister avec 
Voxigène , le pretoxide d'azote* 

Gaz du second groupe^ qui ne peuvent exister ensemlle» 

1.^ Le chlore ne peut exister avec 
le cyanogène et Veau ? 

i azote ) 
acide bydrochlorique, qui s^unit.à 
une portion d'ammoniaque j 

Tacide suZ/ureuar et Feau : résultat I ^, , ?, '. 

(acide bydrocblonque } 

•M -j i.f j • j- ai* 4 (acide bydrocblorique , 

V acide hydnodique : TésmtSLtl ^ 1,. , 

*^ . liode ou chlorure d'iode i 

Vacide hydrosuif uriâue : Tês\XltaLt{^ f ,, j * i. 

•^ ^ :i ' (soufre ou chlorure qe sôûfrej 

rflcid«?iydrote^ianVttc; résultat) ,\ ^ ,, j l ,i 

•^ ^ (tellure ou chlorure de teliiire* 

a,' Voxide de chlore ne peut exister probablement avec aucun 
des gaz dont la présence exclut celle dû chlore , parce que les 
élémens de Toxide de chlore ne sont que très*foiblem€nt Uni!» 

3.** Le cyanogène ne peut exister avec 
le chlore et Veau ? 
V ammoniaque; 
Vaeide hydrosuljutique et YeaUé 

4*" Vammormque ne peut exister avec 
le chlore; 
le cyanogène i 
Voxide de chlore ? . 

i8. i5 



5*6 GAZ 

vol«mM 

aucun des gaz\^^^ ammoniacaux; tous f d'acide phto-^ 
acide5; résultat «ont solides , excepté roborique • i i 

( ceux formés ( d'ammoniaq. 2 3 

5,* U acide carbonique ne peut exister avec 
V ammoniaque, 

6,** V acide sulfureux ne peut exister avec 
le chlore et Veau; 
Vcxide de chlore et Veau ? 
Yammoniaque ; 

Ieau, 
iode, 
soufre; 



eau, 



Vaciie hydrosulfurique ; résultat) 

l soufre. 

5*** V acide phtorohorique ne peut exister avec 
Vamm,oniaquem 

6,** U acide phtorosilicique ne peut exister avec 

Yammoniaque, 

7.** Uaeide chloroxicarhonique ne peut exister avec 
Yammoniaque^ 

8.** JJ acide hjydrochlorique ne peut exister avec 
Yammoniaque ; 
Yoxide de chlore, . 

9.^ Uaeide hydriodique ne peut exister avec 
le chlore; 
Yoxide de chlore F 
ïanmiàniaque ; 
Yacide sulfureux. 

10,** Uaeide hjrdrosutfuriqtte ne peut exitter avec 
Je chlore et Veau; 
Yoxide de chlore? 
Yammoniaque ; 
Yacide sulfureux, 

11.^ Uaeide hydrotellurique ne petit exister avec 
le chlore; 
Yoxide de chlore? 
Yammoniaque; 
Yacide sulfureux? 



GAZ . 227 

Gaz pris dans Us àeût groupes ^ qui ne peuvent exister ensemble 

aux températures ordinaires, 

iJ* Le deutoxide d*azote ne peut exister avec 
Voxide de chlore ? 
le chlore et Yeaué 

2.^ Voxide de carbone ne peut exister avec 
le chlore exposé au soleil; résx^U^t : acide chloroxicarbonîque. 

3.** Vhydrogène ne peut exister avec 
\t chlore exposé au soleil; résultat: acide hydi'ocbloriquej 
Yoxide de chlore P 

4*^ Vhydrogène perparburé ne peut exister avec 
le chlore; résultat : éther chlôrurique* 

5.* Vhydrogène phosphuré ne peut exister avec 

i acide hydrochlorique , 
le chlore; résultat? chlarure de phosphore ou acide chloro- 

' phosphorique. 
Voxide de chlore t 
V acide hydriodique; résultat: composé solide , cristallin. 

6.** Vhydrogène arseniqué ne peut exister avec 

le chlor.; résultat j "^'^'^ hydrochlorique , 

l chlorure d'arsenic; 

Voxide de chlore ? 

7.' Le chlore ne peut exister avec 

le deutoxide d'azote et Veau ; 

Voxide de carbone et Vhydrogène^ exposés au soleil j 

Vhydrogène percarburé ; 

Vhydrogène phosphuré ; 

Vhydrogène arseniqué. 

Moyens de reconnottre les gaz cjui constituent un mélange 

insoluble 4^^^ Veau de potasse. 

Reconnottre l'oxîgène. 

Faire passer le mé)lmige dans une clpche pleinj^ de. mercure ; 
y introduire ensuite un papier bleu de tournesol humide, 
puis du deutoxide d'^^ote : le papier bUu deviendra rouge , 
et y si l'oxigène e^t en quantité su£9saftte ^ le^ gaz sis coloreront 
en orangé. 



228 GAZ 

Les sulfures hydrogénés absorbent Foxigène. 

Quand Toxîgène n^est pas en grande quantité dans un 
mélange , et que celui-ci est humide , le phosphore y répand 
des fumées blanches. 

Reconnoitre le deutoxide d'azote, ( 

Opérer comme précédemment; seulem^ent, au lieu de faire 
passer du deutoxide d'azote dans le mélange , y introduire de 
Toxigène. 

On peut encore , en agitant le mélange avec une solution 

de sulfate ou d'hydrochlorate de protoxide de fer, absorber 

le deutoxide d'azote : dans ce cas la solution devient brune. 
f 

Reconnoitre le protoxide d'azote, 

M. Thenard prescrit d'agiter pendant dix à douze minutes 
une assez grande quantité de gaz avec le quart de son volume 
d'eau ; de remplir de <;ette eau une grande fiole , à laquelle 
on adapte un tube courbé, dont l'ouverture s'engage sous une 
cloche pleine de mercure: par l'élévation de la température, 
le protoxide d'azote, qui a pu se dissoudre dans l'eau, s'en 
dégage ; on, le reconnoît ensuite au moyen de la bougie. 

Reconnoitre l'hydrogène carburé. 

Si le mélange contient une quantité notable d'hydrogène 
percarburé, le chlore que l'on y fera passer produira de 
l'étherchlorurique, qui apparoitrasous forme de gouttelettes. 
S'il est en moindre quantité, ou si c'est de l'hydrogène pro- 
tocarburé , le souTre qu'on fera sublimer dans le mélange en 
précipitera du charbon. 

Reconnoitre Vkydrogène phosphuré. 

Si l'hydrogène est saturé de phosphore, et s'il est en 
quantité notable dans le mélange, il prendra feu dès qu'il 
aura le contact de l'oxigène. S'il n'est qu'en petite quantité , 
ou si l'hydrogène n'est pas saturé de phosphore , l'odeur 
pourra le faire reconnoître , ou mieux encore l'une ou l'autre 
des expériences suivantes. 

1 ,** On agitera le gaz dans un flacon avec de Feau de 
chlore ; il ^e produira de l'acide hydrochlorique et de l'acide 
phosphorique : en faisant concentrer le liquide ^ on obtien- 



GAZ 329 

dra un résidu sirupeux acide, qui, saturé parrammoniaque, 
précipitera le nitrate d'argent en jaune-serin. 

2/ En supposant que le mélange ne contienne ni oxigène, 
ni protoxide, ni deutoxide d'azote, on fera passer le mé- 
lange dans une petite cloche de verre courbe pleine de mer- 
cure ; on y portera o^,o3 de potassium, au moyen d'une tige 
de fer ; puis on chauffera (on aura soin d'employer un excès 
dé gaz ) t le potassium se convertira en un phosphure brun. 
On videra la cloche du gaz qu'elle contient; on y fera passer 
de l'eau : il se dégagera aussitôt de l'hydrogène phosphure. 
(Thenard.) 

L'hydrogène phosphure, gardé sur l'eau, laisse précipiter 
dé petits flocons rougeàtres. 

Keconnoitre l'hydrogène arseniqué. 

S'il est en quantité notable, il sera facile à reconnoître par 
la propriété qu'il a de déposer une matière d'un brun marron 
lorsqu'on plonge une bougie allumée dans une cloche rem- 
plie du mélange. S'il n'est pas en quantité suffisante , on peut 
le traiter, 1.** comme on a traité l'hydrogène phosphure, par 
l'eau de chlore ; dans ce cas on obtient de l'acide arsénieux 
ou de l'acide arsenique en dissolution dans l'eau .* 2.° si le 
mélange ne contient pas d'oxigène et d'oxide d'azote , M. 
Thenard conseille de le traiter par le potassium; on obtient 
alors un arseniure de potassium, qui, étant traité par l'eau, 
donne du gaz hydrogène arsenique et des flocons d'hydrure 
d'arsenic. 

Quant à l'azote, à l'hydrogène, à l'oxide de carbone, 
nous ne dirons rien ici des moyens de les reconnoître, parce 
que ces moyens exigent trop de manipulations. Nous les 
renverrons à la suite de cet article. 

Des moyens de reconnoître les gaz qui constituent un 
mélange soluble dans la potasse^ 

Keconnoitre le chlore. 

Couleur jaune verdàtre , s'il tst en quantité notable : il dé- 
truira la couleur du tournesol , attaquera le mercure ; celui- 
ci deviendra irisé, puis brun ou gris : en traitant cette ma- 
tière par réau de potasse , filtrant la liqueur , la saturant 



23o GAZ 

d'acide nitrique , on obtiendra , en la mêlant avec le nitrate 
d'argent, un précipité insoluble dans Tacide nitrique et so- 
}uble dans Tammoniaque. (Thenard.) 

Reconnoitre l'oxide de chlore. 

Couleur jaune verdàtre , s'il est en quantité suffisante ; 
sans action sur le mercure, sur une feuille de cuivre; mais 
si^on le chauffe , il se réduit en oxigëne , et en chlore qui 
attaque le mercure* Si on le chauffe avec la,,feuille de cuivre, 
celle-ci peut être enflammée, si le gaz est en quantité suffi* 
(ante. 

KeoonnoUre le cyanogène» 

La solution de^^otasse qu'on a mise en contact avec le 
mélange produit du bleu de Prusse ^ lorsqu'on la mêle , i •"* à de 
l'acide sulfurique, 3.^ à une solution de sulfates de protoxide 
et de peroxide de fer ; mais, pour être certain de l'existence du 
cyanogène dans le mélange , il est nécessaire d'avoir absorbé 
préalablement la vapeur d'acide hydrocyanique qui pourroit 
^^Y trouver^ au moyen du peroxide de mercure. 

Keconnoitre V ammoniaque. 

Parmi les gaz solubles dans Peau de potasse , il n'y en a 
aucun qui puisse être mêlé avec Pammoniaque. On recon** 
noît ce gaz, !•** à la propriété qu'il a d'être absorbé par Peau , 
et de donner à celle-ci la faculté de faire revenir au bleu 
la teinture de tournesol rougie par un acide , et de rendre 
Phématine pourpre ou bleue ; 2.** aux fumées blanches 
épaisses qu'il donne quand on le met en contact avec du 
gaz hydrochlorique. 

Reconnoitre Vaciàe sulfureuxm 

A son odeur , à la propriété qu'a sa solution alcaline de 
précipiter le sulfate de cuivre en sulfite de cuivre et de potasse, 
jaune, qui devient rouge quand on Pexpose dans Peau à une 
température de loo degrés; enfin, à sa propriété d'être ab- 
sorbé par le borax et de foriner avec l'excès de base de ce 
sel un sulfite qui , étant chauffé avec du charbon , se réduit 
en sulfure : ce dernier est facile à reconnoître par sa saveur 
d'çiçidç hydro5ulfurique* 



GAZ «3t 

ReconnoUre l'acide phtorohorique. 

Une petite bande de papier qu'on y plonge , donne lieu 
à une fumée blanche, puis elle est réduite en charbon. Le 
premier phénomène seulement peut être produit par les gaz 
hydroçhlorique , hydriodique etjphtoro-siliciquè. (Thenard.) 

ReconnoUre l'aeide phtorosilicique. 

Mis en contact avec l'eau , il dépose des flocons gélatînepx 
blancs. * 

Reconni)itre l'acide hydrochlorique, 

L'absorber par des fra^ens de borax; dissoudre ensuite 
le borax dans l'eau et mêler la solution au nitrate d'argent : 
s'il y avoit dans le mélange de l'acide hydrochlorique , on 
obtiendroit un précipité de chlorure d'argent, qui est inso- 
luble dans un excès d'acide nitrique , et qui est soluble dans 
l'ammoniaque. (Thenard.) 

Reconnoihre l'acide hydriodique. 

Le chlore fait passer ce gaz au violet , et il en précipite 
de l'iode. Cet acide est absorbé par le borax, comme le pré- 
cédent ; mais la solution du borax forme , avec le nitrate 
d'argent, un précipité qui diffère du chlorure d'argent, en 
ce qu'il est insoluble dans l'ammoniaque. 

ReconnoUre l'acide chloroxicarhonique. 

Il faut avant tout absorber le chlore , l'oxide de chlore , 
l'acide hydrochlorique et les autres acides puissans que le 
mélange pourroit contenir: pour cela, i.** on ajoute au mé- 
lange du gaz iiydrochlorique , afin de convertir l'oxide de 
chlore en chlore et en eau; 2.** on absorbe le chlore par le 
mercure, 3.° Tacide hydrochlorique et les acides puissans par 
le borax j ensuite on absorbe le gaz acide chloroxicarbonique 
par Talcool. En mêlant cette solution avec de l'eau chaude , 
on obtient du gaz acide carbonique et une liqueur qui pré- 
cipite le nitrate d'argent en chlorure. (Thenard.) 

ReconnoUre l'acide hydrosulfurique^ 

Le mélange exhalera l'odeur des œufs pourris ,, et lors- 
qu'on y plongera des papiers imprégnés d'acétate de plomb ^ 
de sulfate de cuivre , ceux-ci se coloreront en brun. 



43a GAZ 

ReeonnôUre Vacidc hydrotellurtqué. 

Après avoir traité le mélange par le borax, raleool et 
Facétate de plomb, afin d'absorber Tacide hydrochlorique 
et les autres acides puissans, Tacide chloroxicarbonique , 
Tacide hydrosulfurique , on obtiendra un résidu ayant Todeur 
des œufs pourris, et qui sera soluble en tout ou en partie 
dans la potasse. Cette solution, traitée par le chlore en ex- 
cès , précipitera ensuite de l'oxide de tellure quand on y 
versera du carbonate de potasse, et du sulfure de tellure 
noir quand on y versera de Fhydrosulfate de potasse. (Thenard.) 

* 

Keeonnoitre l'acide carbonique. 

Il faut traiter le mélange par l'acide hydrochlorique , le 
mercure, le borax, Talcool; puis mêler le résidu à de Feau, 
de baryte : on obtiendra , s'il y a de Facide carbonique , un 
précipité qui fera effervescence avec Facide acétique foible. 

analyse de plusieurs mélanges gazeux^ 

En donnant ici les moyens d'analyser plusieurs mélanges 
gazeux , nous ne prétendons pas offrir à nos lecteurs un 
traité systématique de ce genre d'analyse ; nous voulons seu* 
lement présenter quelques exemples que nous choisissons 
parmi les analyses qu'on a le plus souvent occasion de faire. 
Les personnes qui voudroient avoir des détails plus amples 
sur cet objet , les trouveront dans le quatrième volume de 
la Chimie de M. Thenard. 

L'exemple que nous donnerons d'abord , est celui de l'ana- 
lyse de Fair atmosphérique, ou plutôt d'un mélange d'oxi- 
gène et d'azote ; parce que cette analyse est uqe des plus 
simplet que l'on puisse faire , parce que c'est la première qui 
ait été essayée , et que c'est à son occasion que l'on a inventé 
ces instrumens si ingénieux qu'on a nommés Eudiomètres 
(voyez ce mot) et dont l'usage a été ensuite étendu à l'ana- 
lyse de tous les mélanges gazeux. Ces premiers travaux sont 
si important dans l'histoire de la science ,' que nous les pré* 
çenteronsi à peu près dans l'ordre historique, en faisant con^ 
noître les différens moyens quç Fqp a mis çn usage pouJf 
analyser Fair, 



GAZ ?5S 

Nous examinerons ensuite les procédés qu*oii peut em- 
ployer pour analyser , 

Un mélange d'oxîgéne et d'hydrogène ; 

Un mélange d'oxide de carbone et d'hydrogène carburé; 

Un mélange de chlore et d'un gaz soluble ou insoluble 
dans la potasse ; 

Un mélange d'acide carbonique et d'un gaz acide absor- 
bable par. le borax ; 

Un mélange d'acide hydrosulfurique et d'un gaz acide ab« 
corbable par le borax ; 

Un mélange d'acide carbonique et hydrosulfurique ; 

Un mélange d'oxigène , d'azote , d'acide carbonique , d'hy- 
drogène et d'hydrogène carburé ; 

Un mélange semblable au précédent, qui çontiendroit en 
outre de l'oxide de carbone. 



1.*' ARTICLE. 



jinàlyse d'un mélange d'oxigène et d'azote* 

Tous les procédés que l'on emploie pour arriver à ce but ^ 
se réduisent à absorber l'oxigène au moyen d'un corps com? 
bustible qui s'y combine ^ et à l'isoler ainsi de l'azote auquel 
il est mêlé. Les principales substances dont on a fait usage 
pour cet objet 7 sont, i,^ le gaz nitreuxj 2,^ le mélange de 
deux parties de fer et d'une partie de soufre , les sulfures 
bydrogénés et les hydrosulfates solubles ; 5.'' le gaz hydrogène; 
4*^ le phosphore. 

1.^ Le gaz nitreux, Landriani, guidé par les expériences 
de Priestley, imagina le premier, en 1775, un instrument 
auquel il donna le nom d'eudipmètre , dont l'objet étpit de 
faire connoître la diminution de volume que l'air éprouve 
de la part du gaznitreux aidé du contact de l'eau. Magellan, 
Gerardin , et surtout Fontana , inventèrent de nouveaux eu- 
diomètres à gdz nitreux, Frîestley, logenhousz, Lavoisier, 
Scherer, M. Humboldt, M. Dalton et M. Gay-Lussac, s'occu- 
pèrent successivement de chercher la proportion qu'il ^avoit 
entre l'absorption produite par le mélange de l'oxigène et 
du gaz nitreux , et le volume de l'oxigène absorbé : ils arri- 
vèrent tous à des proportions différentes. Aujourd'hui le gaz 
'Jiitreux n'est plus employé comme moyen eudiométrique , 



«34 GAZ 

les causes d'erreurs auxquelles il dottne Heu étant trop nom- 
breuses et trop difBciles à éviter» 

2.^ Mélange de deux parties de limaille de fer et une partie 
de soufre, humecté; sulfure hydrogéné de potasse; hydrosulfate 
dépotasse. Schéele ût, dans le mois de Janvier 1778, l'ana- 
lyse de Fair au moyen d'un mélange de deux parties de 
limaille de fer et d'une partie de soufre humecté : il conclut 
de ses expériences, que 100 volumes d'air contenoient 
presque constamment 27 volumes d'oxigéne ; dès 1777 , 
il étoit arrivé au même résultat en faisant usage du sulfure 
hydrogéné de potasse. Depuis Schéele , plusieurs physiciens 
ont employé ce dernier composé; tel est surtout M» Marti. 
Ce chimiste a fait voir, en 1790, que le sulfure absorboit 
non -seulement de l'oxigéne, mais encore de l'azote; que, 
cependant, l'on pouvoit faire assez exactement l'analyse de 
l'air , en employant une dissolution de sulfure de potasse 
dans l'eau qui avoit été préalablement saturée de gaz azote. 
M. BerthoUet, ayant repris ce sujet plus tard, dit que le 
sulfure n'absorboit point l'azote ; qu'en conséquence il pou- 
voit être employé comme moyen eudiométrique. En i8o5 , 
MM, Gay-Lussac et Humboldt observèrent que la solution du 
sulfure que l'on avoit fait chauffer , absorboit^ outre l'oxigène , 
une certaine quantité d'azote , qui étoit égale à celle que 
la chaleur avoit chatoée de la solution $ que cette quantité 
d'azote étoit d'ailleurs moindre que celle qui auroit pu être 
absorbée par l'eau delà dissolution à l'état de pureté que l'on 
auroit fait préalablement bouillir; que l'on pouvoit absorber 
l'oxigène de l'air, sans absorber l'azote, en employant une 
dissolution de sulfure faite à froid. Ces physiciens firent re- 
marquer que , si M. BerthoUet n'avoit point eu d'absorption 
d'azote , c'est qu'il avoit opéré avec une solution de sulfure 
qui étoit dans cette dernière condition. 

Pour faire l'analyse de l'air par un sulfure hydrogéné, 
il faut dissoudre à froid du sulfure de potasse dans l'eau, 
filtrer la liqueur , et faire passer un volume connu d'air 
dans une cloche graduée remplie de la dissolution. Si l'on 
opéroit sur le lÀercure, ce métal se sulfureroit prompte- 
ment, surtout si l'on vouloit accélérer l'opération en agitant 
la cloche. Ce moyen eudiométrique est peu employé, h cause 



GAZ «3S 

àu temps qu'il exige et des variations de rolume qiii peu-* 
vent survetiir dans Tair qu'on analyse, par les changemens 
de température et de pression de l'atmosphère. 

3.** Le gaz hydrogène." En 1778, M. Volta prescrivit la 
combustion de Thydrogéne pour connoitre le degré de pu- 
reté de Fair ; il imagina un eudiométre au moyen duquel y 
après avoir introduit des volumes connus d'air et d'hydro* 
gène dans cet instrument , et après avoir enflammé le mé« 
lange par rétincelle électrique , il pouvoit déterminer le 
rappol*t qu'il y avoit entre le volume du résidu de la combus- 
tion et le volume des deux gaz avant la combustion. En 1800^ 
MM. Gay-Lussaç et Humboldt, après avoir examiné diffé- 
rens moyens eudiométriques, et observé que, toutes les fois 
que l'oxigène et Thydrogène gazeux s'unissent par l'étin- 
celle électrique , c'est toujours dans le rapport de 1 à 2 , 
donnèrent à ce moyen eudiométrique la préférence sur tous 
les autres. L'eudiomètre à gaz inflammable a cela d'avanta^ 
geux , qu'il peut servir non^eulement à l'analyse d'un mé- 
lange qui contient de l'oxigène ou de l'hydrogène libre ^ 
mais encore à déterminer la proportion des élémeils de tout 
gaz composé qui est susceptible d'être enflammé par l'étin- 
celle électrique quand il est mêlé à l'oxigène. 

L'instrument dont on fait usage maintenant pour ces 
analyses, est infiniment plus simple que celui de Volta. 
C'est un cylindre de verre creux, très- épais , fermé è son 
sommet par une virole de fer , à laquelle est fixée extérieu- 
rement une petite tige surmontée d'une boule de même 
métal : ce cylindre est ouvert à sa base; mais cette ouver-' 
ture est susceptible de se fermer au moyen d'une pièce de 
fer que l'on a légèrement creusée , et dans la cavité de la- 
quelle est un écrou qui s'applique à un pas de vis pratiqué 
sur un cercle en fer qui est mastiqué extérieurement au 
cylindre. Lorsqu'on veut se servir de cet instrument, on le 
remplit de mercure; on y introduit, au moyen d'une petite 
cloche graduée , les gaz que l'on veut analyser ; puis on fait 
glisser dans Fintérieur un gros fil de fer roulé en spirale et 
garni d'une boule à son extrémité supérieure: cette boule 
doit être placée à une ligne environ du plan de fer qui 
termine le cylindre* On ferme ensuite l'extrémité inférieure 



aM GAZ 

de ce dernier avec la pièce de fer dont nous avons parle 
plus haut ; enfin , on touche la boule de la virole avec le 
plateau d'un électrophore chargé, ou bien encore avec le 
bouton d'une bouteille de Leyde : aussitôt il éclate une 
étincelle dans l'intérieur du cylindre , qui détermine une 
inflammation , si le mélange gazeux en est susceptible par sa 
nature et la proportion de ses principes. On dévisse ensuite 
la pièce de. fer, on retire le fil de fer du cylindre , et on 
fait passer le résidu gazeux dans la cloche graduée. En di- 
visant le volume qui a disparu par 3, on a le volume de 
l'oxigène contenu dans le mélange , dans la supposition que 
ce mélange étoit formé d'oxigène et d'azote , et que le volume 
d'hydrogène qu'on y avoit mêlé étoit suffisant pour absorber 
tout l'oxigène. Dans le cas où un mélange ne contiendroit 
pas assez d'oxigène pour enflammer l'hydrogène , il faudroit 
prendre 5 volumes de mélange, 5 volumes d'hydrogène et 
1,5 volume d'oxigène. 

4.° Le phosphore. En 1775, Lavaisier , ayant examiné sa 
combustion en vase clos , observa qu'il réduisoit l'air à en- 
viron les quatre cinquièmes de son volume. En 1791 , M. 
Seguin^ qui avoit coopéré à beaucoup d'expériences de La- 
voisier., et qui avoit eu l'occasion d'observer dans ces expé- 
riences la forte action du phosphore légèrement échaufifé sur 
le gaz oxigène , proposa ce corps comme moyen eudiomé- 
trique. 11 faisoit passer dans une cloche de verre d'un pouce 
de diamètre sur huit ou dix pouces de hauteur, un petit 
morceau de phosphore , l'y faisoit fondre , en approchant 
du sommet de la cloche un charbon ardent; ensuite il y 
introduisoit bulle à bulle un volume d'air déterminé au 
moyen d'une petite cloche graduée. La combustion une fois 
opérée , il faisoit repasser dans la cloche graduée le résidu 
de l'opération , et voyoit par là combien il y avoit eu d'oxi- 
gène solidifié par le phosphore. On peut encore se servir 
d'u^ tube de verre fermé à son extrémité, de o™,oi6 de dia- 
mètre, pour opérer la combustion du phosphore par l'oxi- 
gène d'un mélange qu'on veut analyser. 

La combustion vive du phosphore est un très-bon moyen 
de connoitre la proportion d'oxigène non combiné qui est 
contenu dans un mélange ; mais il ne faut point en /aire 



'GAZ 237 

ttsage' si ce mélange contient un gaz qui puisse être enflammé 
lors de la combustion du phosphore. 

La combustïon lente du phosphore , dans une atmosphère 
humide, a été proposée pour l'analyse de Tair ; mais, pour 
que ce procédé soit applicable à l'analyse de tous les mélanges 
d'oxigéne et d'azote , il faut que le premier ne fasse pas plus 
d'un tiers du mélange. 

La combustion lente du phosphore peut encore servir à 
déterminer la proportion d'oxigéne contenu dans un mélange 
qui seroît susceptible d'être allumé par la combustion rapide 
du phosphore : dans ce cas , si la proportion trop forte de 
l'oxigène s'opposoit à la combustion Lente du phosphore , il 
fàudroif introduire dans le mélange un volume connu de 
gaz azote. 



2/ ARTICLE. 



Anafyse d'un mélange d'oxigéne et d'hydrogène. 

On en fera passer 1 00 mesures dans un eudiométre à 
mercure , et on essaiera de faire détoner. 
Il peut arriver : 

a) Qu'il j ait détonation. Il faut alors mesurer le résidu, 
et voir s'il est formé d'oxigèiïe ou d^hydrogëne ; ensuite sous- 
traire ce résidu des 100 mesures introduites dans l'eu dio- 
mètre. En appelant D la différence, ^ D représentera l'oxi- 
gène et f^D l'hydrogène qui ont été brûlés. , 

S'il n'y avoit pas de résidu , le mélange seroit formé en 
volume de 5 d'oxigéne et de f d'hydrogène. 

b) S'il n'y avoit pas détonation, cela prouveroit que l'un 
des gaz est à l'autre dans une proportion trop forte pour 
qu'il y ait combinaison : dès-lors il faudroit reconnoître , au 
moyen de la bougie , la nature du gaz en excès ; il faudroit 
ajouter une quantité connue de l'autre gaz, afin d'avoir un 
mélange détonant. 

Dans le cas^où l'oxigène est mêlé à une grande quantité 
d'hydrogène, on peut en déterminer la propoHion par la 
combustion lente , et même par la combustion rapide du 
phosphore : dans le premier cas il faut que les parois de la 
cloche soient humectées. Les sulfures hydrogénés , qui absor- 
bent l'oxigène à l'exclusion de l'hydrogène, peuvent être 



338 GAZ 

encore employés pour faire l'analysé du mélange dont nous 
parlons.^ 

3«" ARTICLE* 

Analyse d'un mélange d*oxide de carbone et de gaz hydrogène 

carburé* 

L'analyse d'un pareil mélange exige nécessairement la con^ 
noissance du poids du gaz quW analyse : conséquemment , 
avant de procéder à l'analyse , il est nécessaire de déterminer 
la densité du mélange ; avec cette donnée on peut détermi- 
ner le poids d'un volume donné du gaz évalué en fractions 
de litre , puisque le poids d'un litre d'air sec est connu. 

1.^ on a une cloche d'un petit diamètre divisée en cent!-* 
mètres cubiques ; chaque centimètre est divisé en dix: parties* 
On fait passer dans cette cloche dix centimètres cubes du 
mélange , dont on a déterminé le poids par le calcul. Dési- 
gnons ce poids par A, On transvase le gaz dans un eudio- 
mètre sur le mercure ; on y ajoute quarante centimètres 
d'oxigène , dont le poids est S: on enflamme les gaz par l'étii^- 
celle électrique. 

2.^ On fait passer le résidu de la combustion dans la cloche 
graduée ; on note le volume , et on voit la quantité dont les 
gaz ont diminSié ; on absorbe l'acide carbonique par un petit 
morceau de potasse humectée; quand l'absorption a cessé, on 
note le volume du résidu gazeux : connoissant le volume 
de l'acide carbonique absorbé , on en connoît le poids , puis^ 
qu'on sait ce que pèse le litre d'acide carbonique. Avec cette 
donnée on a le poids C du carbone et le poids B' de l'oxigène 
auquel C s'est combiné. 

5.^ On fait passer un petit morceau de phosphore dans 
une cloche de verre mince de o,™oi5 environ de diamètre ^ 
remplie de mercure j quand on a fondu le phosphore au 
moyen d'une lampe à alcool ou d'un charbon , on fait passer 
bulle à bulle le résidu gazeux (2). Si tout le gaz combustible 
a été brûlé, et si l'oxigène étoit pur, l'absorption du gaz 
par le phosphore sera complète. En soustra^aiit de B, poid;i 
de l'oxigène , le poids B" du volume de l'oxigène. qui étoit en 
excès h Ia c<u&lt^stion, on a le poids Bf" de l'oxigène étranger 
au mélange ^inâamçiable, qui a été employé pour brûler Çje 
dernier. 



GAZ a59 

« 

Les expériences précédentes fournissent toutes les données 
nécessaires pour déterminer la composition du mélange ; en 
effet, on connoît 

A poids du gaz , c^ est-a-dire , | C poids du carbone ; • 

la somme des poids de sesj O poids de l'oxigéne ; 
élémens : ' \H poids de Vhydrogène ; 

B! poids de Toxigène qui s*est uni à C; 

B'" poids de l'oxigéne ^v^A a j en eau E^ 
absorbé pour être converti ( en acide carbonique ( C-4-B' )• 

Il est évident que {A-^-^B'") = (C-t-B') -H E. 

( C H- Jî') étant connu, on a E^C-^-HJB"') — (C-HB'). 

' (le poids de l'hydrogène H, 

E donne, par deux propor-^t le poids de l'oxigéne B- qu'elle 
^'^^^^ ( contient. 

On fait la somme de {B' -^B^) ; on en retranche B'" ; la 
différence est l'oxigéne O contenu dans A. 

Si l'on calcule la quantité de carbone à laquelle O se com« 
bine pour former de l'oxide de carbone, le reste du carbone 
est la quantité qui étoit unie à l'hydrogène. 

4.* ARTICLE. 

Analyse d'un mélange de chlore et d^un des gaz suivons : 
Oxide de chlore; 
Acide carbonique; 
Aeide sulfureux; 
Acide phtorohorique ; 
Aeide phtorosilicique ; 
Acide chloroxicarbomque; 
Acide l^droohlorique» 

En agitant un volume connu de ces g^z avec le mercure, 
le chlore seul est absorbé : Ja diminu|i»n de volume fait 
donc connoître le volume du chlore qui éjtoit mêlé à l'autre 
.gaz« 

Ce même procédé pourroit être employé pour séparer le 
chlore qui s(eroit mêlé k u.Yi g»z i^oduhte dao^ In potasse» 



440 GAZ 

5/ ARTICIE* 

Analyse à*un mélange de gaz acide carlonique et d'un des gaz 

suivans : 

Acide sulfureux; 

Acide h^drochlorique; 

Acide hydriodique ; 

Acide phtorobori^ue ; 

Acide phtorosillciipte» 
On introduit le mélange dans une cloche pleine de mer* 
cure, et bn y fait passer ensuite des fragmens de borax, qui 
sont sans action sur le gaz acide carbonique ^ et qui absorbent 
le gaz auquel il est mêlé« 

6." ARTICLE. 

Analyse d'un mélange de gaz acide hydrosulfurique et d'un dcê 

gaz suivans : 
Acide hydrochlorique ; 
Acide hydriodique ; 
Acide phtorohorique ; 
Acide phtorosilicique. 
On la fait, comme la précédente , avec le borajc, qui n'ab- 
sorbe pas le gaz hydrosulfurique. 

7.* ARTICLE. 

Analyse d'un mélange de gaz hydrosulfurique et d'acide 

. carbonique* 

£n agitant un volume connu de ces gaz avec l'acétate acide 
de plomb , l'acide hydrosulfurique est absorbé ; il se produit 
de l'eau et un sulfure de plonib : le résidu gazeupc tht l'acide 
carbonique. 

8.* ARTICLE* 

Analyse d'un mélange d'oxigène^ diacide carbonique y d'azote, 

d^hydrogène et d'hydrogène carburé* 

a) On absorbera l'oxigène par le phosphore légèremenf 
échauffé : dans ce dernier cas il est bien nécessaire d'observer 
si la combustion du phosphore ne détermine pas Finflamma- 
tion de l'hydrogène. Lorsque la proportion de l'oxigène 
n'excède pas un; tiers du mélange , on peut absorber l'oxigène 



v 



GAZ . «41 

en mettant les gaz ^en contact avec un cylindre, de phos- 
phore dans une cloche humectée qui repose sur le mercure. 

b) On absorbera Tacide carbonique par une solution con- 
centrée de potassé. 

Observation importante. On pourroit employer , pour absor- 
ber Foxîgène , une solution de sulfure hydrogéné de potasse 
faîte à froid ; dans ce cas il faudroit, avant de mettre le mé- 
lange en contact avec le sulfure, en séparer Facide carbo- 
nique au moyen de la potasse : lorsqu'au contraire on fait 
usage du phosphore , il faut commencer par absorber l'oxi- 
gène avant Facide carbonique. 

c) Le mélange^ privé d'oxigèneet d'acide carbonique, sera 
mêlé dans Feudiomëtre même à une quantité d'oxîgéne A 
plus que suffisante pour brûler complètement Fhydrogëne 
et Fhydrogéne carburé. Qn fera détoner, et on notera la 
contraction. 

d) On absorbera ' ensuite Facide carbonique produit par 
Feau de potasse concentrée. Le volume absorbé donnera la 
quantité de carboné , et la quantité A' d'oxigène qui a été 
nécessaire pour brûler ce carbone. 

e) On fera ensuite passer bulle à bulle le résidu gazeux 
dans une cloche de verre pleine de mercure, où Fon aura 

^chauffé un petit morceau de phosphore ; tout Foxigène en 
excès à celui qui a brûlé les gaz combustibles , sera absorbé : 
nous désignerons cet excès par ^A"; le gaz qui restera , sera 
Fazote. 

' /) Maintenant, pour déterminer la quantité d'hydrogène , ' 
il suffira de soustraire d^A la quantité A' Hr- A" ; la diffé- 
rence A'" représentera la quantité d'oxigène qui a été em- 
ployée il brûler un volume d'hydrogène qui est le doubla 
du volume à^A"\ 

Observation, Si dans l'opération (c) la quantité^ d'oxigène 
ajoutée au gaz ne pouvoit.en déterminer la combustion, 
parce qu'il y auroit trop de gaz non combustible, il faudroit 
ajouter une quantité B d^hydrogène suffisante pour déler- ' 
miner Finflammation ; après Fopération , on retraneheroit 
cette quantité A d« la quantité d*Ikyd#»gèfte trouvée ]^at> le 
calcul (/). 

18. 16 



à42 GAZ 

g.* ARTICLE. 

Analysai â^un mélange semblable au précédent , qui contiéndroit 

en outre de l'oxide de carbone. 

Après avoir déterminé la proportion de Toxigène et de 
Facide carbonique par les procédés exposés dans rarticle 
précédent, on prendra la densité du mélange privé de ces 
deux gaz;' on en fera détoner un poids connu dans reudio- 
mètre à mercure avec un poids également connu- d'oxigéne; 
on déterminera le poids de l'acide carbonique produit, puis 
celui de Toxigéne en excès à la combustion , et enfin le poids 
de Tazote. Avec ces données il sera facile de calculer la pro- 
portion des élémens du mélange, si on se rappelle la ma- 
nière dont on a procédé pour déterminer la proportion d'un 
mélange d'oxide de carbone et d'bydrogène carburé. (Ch.) 

GAZ ACIDE ACÉTIQUE {Chim.) , dénomination qu'on a 
appliquée improprement à la vapeur ^ de l'acide acétique. 
(Ch.) 

GAZ ACIDE CARBONIQUE. {Chim.) C'est la combinaison 
à l'état gazeux du carbone avec la plus forte quantité d'oxi- 
gène à laquelle il peut se combiner. Voyez Carbonique 
[Acide], tome VII, page 62. (Ch«) 

GAZ ACIDE CRAYEUX. (Chim.) A l'époque où l'on igno- 
roit la nature du gaz acide carbonique que l'on retiroitdu 
carbonate de chaux ^ soit par la chaleur, soit par des acides, 
Bucquet donna à ce fluide aériforme le nom de gaz crayeux. 
(Ch.) 

GAZ ACIDE FLUORIQUE. ( Ckim. ) C'est le nom que l'on 
a donné improprement à la vapeur de l'acide hydrophto- 
rlque. (Ch.) 

GAZ ACIDE MARIN. {Chim.) C'est le gaz acide hydro- 
chlorique. (Ch.) 

GAZ ACIDE MARIN DÉPHLOGISTIQUÉ. ( Chim. ) C'est 
le chlore. (Ch.) 

GAZ ACIDE MURIATIQUE. {Chim,) C'est le' gaz acide hy- 
drochlorique. (Ch.) 

GAZ ACIDE MURIATIQUE OXIGÉNÉ. (Chim.) C'est le 
nom que Ton a donné au chlore , lorsqu'on le considéroit 
comme un composé d'acide muxiatique et d'oxigène. (Ch.) 



GAZ 243 

GAZ ACIDE NITREÙX, {Chim.) Depuis que M. Duloug 
-A démontré que Taqide nitréux pur étoit liquide jusqu'à la 
température de 2% degrés, on a remplacé l'expression de gaz 
acide nitreux par celle de vapeur acide nitreuse. Si on 
observe souvent un fluide, aériforme fortement colpr^ en 
rouge par de l'acide nitreux , et qui ne peut être liquéfié par 
la pression à la température .ordinaire , cela tient à ce que 
la vapeur nitreuse est mêlée à un gaz permanent. (Ch. ) 
.. GAZ.ACIPE. PRUSSIQUE. {Chim.) Cette dénomination 
doit être remplacée par celle de vapeur hydroc^anique, (Ch.) 
. GAZ ACIDE SPATHIQUE. {Chim.) Cette dénomination a 
.été employée improprement pour désignei^ la vapeur dg i^acide 
hydrophjtorique. (Ch.) 

. GAZ ACIDE SULFUREUX. {Chim.) C'est la seule combi- 
naison connue, du soufre avec l'oxig^ne qui soit gazeuse et 
acide. ( Ch. ) 

GAZ AÉRIEN. {Chim.) Quelques personnes ont employé 
.cette expression pour désigner l'air atmosphérique. (Ch.) 

GAZ ALCALIN. ( Chim, ) C'est le plus ancien nom du gaz 
ammoniaque. (Ch.) 

GAZ AMMONIAC, GAZ AMMONIACAL, actuellement 
.GAZ AMMONIAQUE {Chim.) : noms que l'on a donnés à 
la combinaison qui est formée de trois volumes d'hydrogène 
jet d'un volitme d'azote condensés en deux volum.es. (Ch. ) 
, GAZ AZOTE {Chim*) y nom donné à un des ga? de l'atmos** 
p.hère, qui n'a pas, comme l'oxigène, la propriété d'entre- 
tenir la respiration des animaux. Voyez Azote. (Ch.) 

GAZ AZOTE PHOSPHURÉ. {Chim.) II. est démontré au- 
jourd'hui que le gaz qui a reçu ce nom, n'est qu'un, mélaug^ 
d'azote et de vapeur de phosphore; (Ch.) 

GAZ AZOTE SULFURÉ. {Chim.) M. Gîmberiiat et, depuis, 
M. Monheim , avoien.t annoncé l'existence d'une combinaison 
d'azote et dC: soufre dans plusieurs eaux minérales : on sait 
aujourd'hui que cette combinaison est encore iuconnue , et 
.que le prétendu gaz azote sulfuré qu'on a retiré de' ces eaux, 
n^étoit qu'un mélange de gaz azote et d'acide hydrosulfu- 
,rique. (Ch.) 

GAZ DÉPHLOGISTIQUÉ (.CJwm.), nom donné à Toxigène 
par Priestliçy. (Ch.) 



244 GAZ 

GAZ DEUTOXIDE D'AZOTE {Chim.): combinaison formée 
d'un volume d'oxîgéne et d'un volume d'azote, sans conden- 
sation apparente. Voyez Azote, Supplém. du Tom. III. (Ch.) 

GAZ HÉPATIQUE (Chim,): ancienne dénomination de 
l'hydrogène sulfuré, ou plutôt de Tacide hydrosulfurique. 
Hépatique est dérivé du mot liépar, que l'on appliquoit au 
sulfure de potasse et de soude. ( Ch. ) 

GAZ HYDROGÈNE {Chim.) : corps simple , qui est natu- 
rellement à l'état gazeux quand il est libre de toute combi-- 
naispn. Voyez Hydrogène. (Ch.) 

GAZ HYDROGÈNE ARSÉNIÉ, ARSENIQUÉ , ARSE- 
NIUIVi& {Chim.) : ^mbinaison gazeuse de l'hydrogène avec 
l'arsenic. Voyez Arsenic, Supplément du Tome III. (Ch.) 

GAZ HYDROGÈNE CARBONÉ ou CARBURÉ. {Chim.) 
Combinaison gazeuse du carbone avec l'hydrogène. 11 en 
existe au moins deux: l'une au minimum de carbone, qu'on 
appelle gaz hydrogène protocarhuré ; l'autre au maximum de 
carbone , que l'on appelle gaz hydrogène percarhuré. Voyez 
Hydrogène. (Ch.) 

GAZ HYDROGÈNE PHOSPHORE ou PHOSPHURÉ. [Chim.) 
On compte généralement deux combinaisons d'hydrogène et 
de phosphore : l'hydrogène saturé de phosphore , qu'on ap- 
pelle gaz hydrogène perphosphuré , et l'hydrogène au minimum, 
de phosphore, que l'on appelle gaz hydrogène prbtophosphuré. 
Le premier se distingue du second en ce qu'il s'euilamme 
spontanément quand il a le contact de Pair , tandis que le 
second a besoin d'être échauffé. (Ch.) 

GAZ HYDROGENE SULFURÉ. {Chim.) C'est le gai acide 
hydrosulfurique. (Ch.) 

GAZ HYDROGÈNE TELLURE. {Chim.) C'est le gai acide 
hydroteilurique. (Ch.) 

GAZ INFLAMMABLE. ( Chim. ) C'est le plus ancien nom 
du gaz hydrogène ; cependant il faut savoir qu'il a été donne 
quelquefois à des gaz qui ne sont pas àç l'hydrogéné pur , 
mais des combinaisons de cet élément av«c d'autres corps 
inflammables. (Ch.) 

GAZ INFLAMMABLE DES MARAIS. {Chim.) C'est le gae 
qui se dégage des marais ou des eaux stagnantes où ^il y a. 
des matières végétales en décomposition. C'est un mélange 



GAZ ^5 

ordinairement formé de 86 de gaz hydrogène protocarburé 
et de 14 de gaz azote. (Ch.) 

GAZ MÉPHITIQUE. (Cfcim.)C'es^ l'acide carbonique. (Ch.) 

GAZ NITREUX. (Chim.) C'est le gaz deutoxide d'azote. 
(Ch.) 

GAZ NITROGENE (Qw'rn.), nom que Fourcroy avoit pro- 
posé de donner à l'azote, parce que celui*ci produit l'acide 
du nitre en se combinant à l'oxigène. (Ch.) 

GAZ NITRO^MURIATIQUE. {Chim.) Nom que l'on a donné 
à l'émanation de Teau régale. Elle e&i essentiellement compo- 
sée de chlijre et d'acide nitreux en vapeur. ( Ch.) 

GAZ OLiÉIGENE. ( Chim. ) Fourcroy avoit proposé de 
donner ce nom au gaz hydrogène percarburé , qui a la pro* 
priété de former l'éther chlorurique , doiit l'aspect est hui* 
leux, lorsqu'on le mde avec un volume de chlore égal au 
sien. (Ch.) 

GAZ OXIDULE D'AZOTE, {Chim.) C'est le protoxide d'a- 
zote. (Ch.) 

GAZ OXIGÈNE. ( Chim, ) Corps simple , éminemment com- 
burent, qui est toujours gazeux lorsqu'il est libre de toute 
combinaison. Voyez Oxigènë. (Ch») 

GAZ PERMANENS. {Chim.) Plusieurs auteurs ont donné 
au mot gaz la même ext]?nsion qu'à l'expression Jluides aéri- 
formas. En conséquence ils ont divisé les gaz en non ferma^ 
nenSy ce sont les vapeurs; et en gaz permanens, ce sont les 
fluides aériformes que nous avons appelés simplement ga%p 
(Ch.) 

GAZ PROTOXIDE D'AZOTE {Chim.) : combinaison d'un 
volume d'oxigène et de deux volumes d'azote , condensés en 
deux volumes. Voyez Azote , Supplément du Tome III. (Ch.) 

GAZAL {Mamm,)j nom qui, dit-on, est générique chez 
les Arabes pour désigner plusieurs espèces d'antilopes. Voyez 
Gazelle. (F. C.) 

GAZALIBU {Bot.)j nom arabe de l'ivraie, lolium, suivant 
Avicenne et Matthiole , cités par Mentzel. ( J. ) 

GAZANÉ {Ichthjol,), nom qtie l'on donne, à Marseille, au 
syngnathe tuyau , sjyngnalhus pelagicus , que l'on appelle 4 
Nice cavao, dit M. Kisso. Voyez Syngnathe. (H. C.) 

GAZANIE, Gazdnia. {Bot,) [Cor^mbifires , Juss. = S^ngé^ 



I ■ 



246 GAZ 

nésie polygamie frustranée f Linii.] Ce genre de pluntes , ëlablî 
par Gœrtner, en 1791 , dans le second volume de son traité 
sur les fruits, appartiient à la famille des synanthérées , à 
notre tribu naturelle des arctotidées , et à la section des 
arctotidées-gortëriées, dans laquelle nous le plaçons immé- 
diatement auprès de notre genre Melanchrysum , qui en 
diffère cependant par plusieurs caractères très - essentiels. 
Voici les caractères génériques du gazahia, que nous ne 
connoissons que par la description et la figure données par 
Gartner. 

La calatliide est radiée, composée d'un disque multiflore, 
régulariflore , androgyniflore, et d'une couronne unisériée, 
liguliflore, neutriflore. Le péricline est campanule, plécb- 
lépidë, formé de squames nombreuses, paucisériées, imbri-> 
quées, oblongues<- lancéolée^, foliacées, entregreffées infé-» 
rieurement, libres supérieurement. Le clinanthe est plane, 
alvéolé, à cloisons garnies de courtes fimbrilles pîliformes. 
Les ovaires sont obpyramidaux , tétragones, glabres; leur 
aigrette est longue , caduque , fauve , composée -de squamel- 
Iules très - nombreuses , entregreffées à la base , filiformes , 
excessivement capillaires, et absolument inappendiculées. 
Les fleurs de la couronne ont un faux -ovaire demi-avorté 
et inaigrétté j leur corolle a le tube nul ou presque nul, 
et la languette très-longue, lancéolée, bidentée. 

Gazxnie de G>ertner , Gazania Gcertneri ; Gazania rigens , 
Gaertn. , de FrucL et sem, plant, , tom. 2, pag. 461 , tab. lyS , 
fig. 2; Mussinia speciosa, WiHd., 5p. p/.; Gorteria rigens, ^, 
Tfiunb. , Act, Hû/n. , 4, pag. 4, tab. 4, fig. 1. C'est une 
plante herbacée, annuelle; sa racine est divisée, fibreuse; 
il n'y a point de tige proprement dite ; les feuilles sont toutes 
radicales , vertes et légèrement pubescentes en-dessus , blan- 
ches et tomenteuses en-dessous, à bords roulés en -dessous; 
les unes sont indivises , linéaires-lancéolées , les autres pinna- 
tifides , à divisions linéaires -lancéolées, très - entières ; les 
calathides sont solitaires au sommet de liampes ou pédon- 
cules radicaux, deux fois plus longs que les feuilles et pubes- 
cens; leur péricline est cylindracé, pubescent, denté; les 
corolles de la couronne sont oblongues- lancéolées, jaunes, 
avec une bande obscuire sur le milieu de leur face infé- 



GAZ «47 

rlteure, et une tache noire à la base de. la face supérieure. 
Cette plante . habite la région du cap de Bonne -Espérance, 
comme toutes les autres arctotidées : on la trouve dans les 
terrains sablonneux , prés Grœne-Kloof et Swartland. "Will- 
denow, dont nous traduisons la description, et qui a vu la 
plante sèche, dit qu'elle diffère du vrai gorteria rigens par 
le port, par la structure du pérîcline, par la tige nulle, 
par la racine annuelle. £n effet, le gorteria rigens est une 
plante ligneuse , pourvue de véritables tiges , et sescalathides 
sont portées, non sur des hampes, mais sur des pédoncules 
situés au sommet des tiges. M. de Lamarck a donné , dans 
ses Illusïrationes generum, spus le titré de Gazania, la figure 
d'une plante offrant une hampe , ou un long pédoncule , 
terminé par une calathide, et des feuilles lancéolées, très- 
entières , comme p étiolées : ,mais les figures de M. de La- 
marck , représentant les caractères génériques du gazania, 
ne sont qu'une servile copie des figures de Gaertner, ce qui 
nous fait, craindre que l'auteur des Illusïrationes n'ait négligé 
de vérifier ces caractères sur sa plante , de sorte qu'il a pu 
faire dessiner, sous le nom de gazania, le vrai gorteria rigens , 
qui n'est pas du même genre. 

La ressemblance extérieure du gazania Gasrtneri avec le 
gorteria rigens a produit plusieurs erreurs, qui ont déjà 
beaucoup embrouillé la nomenclature en cette partie, et 
qu'il importe de s^g^aler et de redresser, pour faire cesser 
la confusion qui en résulte. Gaertner , auteur du genre Gof 
zania, a très -bien observé, décrit et figuré ses caractères 
génériques; mais il a fait une erreur de synonymie, en dér 
clarant que la plante sur laquelle il les observoit , étoit le 
gorteria rigens de Linnœus. Long-temps après Gaertner, Will- 
denow a reproduit, probablement sans le savoir, le genre 
Gazania sous le nouveau nom de mussinia, et il l'a très- 
imparfaitement caractérisé : mais, plus exact sur la synonymie , 
il a bien distingué le vrai gorteria rigens de Linnaeus, qui 
ne peut pas être rapporté au gazania ou mussinia, et il l'a 
laissé dans le geure Gorteria. Il est indubitable que le gaza^ 
nia de Gœrtner est au nombre des six espèces rapportées 
par Willdenow au mussinia, et il nous semble infiniment 
probable que c'est le mussinia specioSia. Cependant la des- 



^48 " GAZ 

crîption dt Willdenow semble indiquer un pèrîclinc de 
squames unîsériées, égales, tandis que la plante de Oœrtner 
a le péricline formé~de squames paucisériées , inégales : mais 
Willdenow, observant un échantillon sec , a put se tromper 
sur ce caractère , assez variable d'ailleurs dans quelques 
plantes analogues au gazania ou mussinia; et en supposant 
que Willdeno^v n'ait commis aucune erreur, la différence 
que nous remarquons suffiroit peut-être pour établir que 
sa plante est une autre espèce que celle de Gaprtner, mais il 
n^en seroit pas moins constant que le ihussinia est le même 
genre que le gazania, M. Robert Brown n'a pas remarqué 
Terreur de synonymie commise par Gaertner, non plus que 
l'identité du gazania et du mussinia, reconnue par M. de 
Jussieu dans ses Mémoires sur les synanthérées , publiés dans 
les 6.', y.* et 8/ volumes des Annales du muséum d'histoire 
naturelle ; mais il a imaginé , contre toute vraisemblance , 
que cet observateur si exact avoit commis les plus grossières 
erreurs dans sa description et dans sa figure du gazania : en 
conséquence il a présenté, en i8i5, dans la seconde édition 
de VHortus Kewensis d'Aiton , un genre Gazania comme étant 
celui de Gaertner , mais avec des caractères tout différens, 
et applicables au vrai gorteria rigens, sur lequel M. Brown 
les a décrits, tandis que Gaertner avoit observé une plante 
d*un autre genre. Nous avons pensé que , le gazania de Gaert- 
ner étant beaucoup plus ancien que le mussinia de Willde- 
now , qui est absolument le même genre , le premier nom 
devoit être conservé de préférence au second. Nous avons 
été convaincu surtout qu'il falloit bien se garder, en. con- 
servant le nom de gazania ^ de changer, comme M. Brown, 
les caractères assignés par Gaertner à ce genre , pour en subs- 
tituer tl'autrés fournis par une plante étrangère au genre 
dont il s'agit et inconnue à l'auteur de ce genre. C'est pour- 
quoi, considérant que le gorteria personnata est l'espèce primi- 
tive et îe vrai type du genre Gorteria, comme Gaertner Ta 
judicieusement remarqué, et que le gorteria rigens n'est point 
réellement congénère de cette première espèce, nous avons 
proposé , dans le Bulletin de la société philomatique de Jan- 
vier 1817, le genre Melanchrysum , ayant pour type le gor* 
teria rigens et présentant les caractères suivans. 



GAZ ^ ^49 

GalàtHide radiée ; dia^que multiflore, régulariilore , andro- 
gyniflore; couronne unisériée, liguliflore, neutriflore. Pérî- 
cline supérieur aux fleurs du disque , cylindracé, plécolépide ; 
formé desquames bî-trisériées^ un peu inégales, imbri'quées , 
entièrement entregreffées , mais surmontées d'un appendice 
libre, étalé, linéaire ou lancéolé, foliacé. Clinanthe épais ,> 
charnu , à face supérieure conique, alvéolée, à face inférieure 
creusée d'une cavité où s'insère le pédoncule. Ovaires tout 
couverts de longs poils capillaires, mous, appliqués, dressés 
et s'élevant plus haut que Taigrette ; aigrette composée de 
squamellules nombreuses, bisériées, un peu inégales, lon- 
gues, laminées, membraneuses, linéaires-subulées, finement 
denticulées en scie sur les bords. Fleurs de la couronne à 
faux-ovaire nul , à style nul , à corolle formée d'un long tube 
et d'une très- grande languette bidentée au sommet. 

£n comparant les caractères génériques du gazania et ceux 
du mtlanchrysum , on voit que ces deux genres diffèrent, 
1 .^ par le clinanthe plane et fimbrillé en-dessus , point creusé 
en -dessous, dans le gazania, conique et sans fimbrilles en- 
dessns, creusé d'une cavité en-dessous^ dansle melanchrysum ; 
2*" par les ovaires glabres dans le gazania, tout couverts de 
poils excessivement longs dans le melanehrysum ; 3.^ par les 
squamellules de l'aigrette , capillaires et inappendiculées dans 
le gazania, laminées et denticulées dans le melanchrysum ; 
4.** par les fleurs de la couronne pourvues d'un faux-ovaire 
et dépourvues de tube dans le gazania, dépourvues de faux** 
ovaire et pourvues d'un tube dans le melanchrysum. M. Brown 
n'avoit sûrement pas remarqué ces différences, quand il a 
supposé que le gorteria rigens de Willdenow étoit le type 
du genre Gazania de Gaertner. 

Les genres Gazania et Melanchrysum diffèrent du genre 
Gorteria j limité comme il doit 'l'être, principalement en ce 
que les ovaires du gortetia sont inaigrettés. Voyez notre ar* 
ticle^^GoRTERiA. (H. Ca'ss.) 

GAZAR-SJOETANI. {Bot,) Voyez Cheleœ. (J.) 

GAZÉ.^ {Entom,) C'est le nom que Geoffroy a donné au 
papillon de Taube-épine, papilio cratœgi , dont les ailes sont 
presque dépourvues d'écaillés, et ressemblent ainsi à une gaze 
légère et gommée. (CD.) 



^5o GAZ 

GÂZEITÉ {Chim.) : propriété qu'ont certaines. substances 
d'être à l'état gazeux. ( Ch. ) 

GAZELLE (Mamm»), nom dérivé du mot arabe Gazal> 
(voyez ce mot), et par lequel les naturalistes désignent plus 
particulièrement I'Antilofe cori,n£ , ou ^V Antilope kevel , et 
qu'on emploie même quelquefois génériquement comme sy- 
nonyme d'ANTiLOPE. (Voyez ces différens noms.) 

On Ta joint à d'autres mots, pour désigner d'autres animaux : 

La Gazelle COMMUNE est la Côrine; 

La Gazelle a bourse , le Saïga ; 

La Gazelle a cornes droites, TOrix; 

La Gazelle bleue, TAntilope bleue; 

La Gazelle du bézoard est une Chèvre. Voyez ces divers 
noms. (F. G.) 

GAZIEH. (Bot.) Voyez Fetueh. (J.) 

GAZOLA (Orni^Ti.), nom portugais du butor, ardea slclr 
loris, Linn. ('Ch. D.) 

GAZOMÈTRES. {Chim.) Appareils destinés à contenir et 
à mesurer des volumes de gaz plus ou moins considérables. 
Nous renvoyons aux ouvrages de chimie la description de 
ces appareils , qui exige nécessairement des figures pour être 
bien comprise. (Ch.) 

GAZON D'ANGLETERRE ( Bot. ) , nom vulgaire de la 
saxifrage hypnoïde. (L. D.) 

GAZON DE MONTAGNE, GAZON D'ESPAGNE (Bo^) : 
noms vulgaires sous lesquels on désigne communément le 
statice armeria, (L. D.) 

GAZON D'OLYMPE (Bo^), nom vulgaire du statice arme- 
ria, qui croît sur les berges, et que l'on cultive en bordure 
dans les jardins. (J.) 

GAZON DU PARNASSE (Bot.), nom qui est commun à 
la parnassie des marais et au muguet à deux feuilles. (L. D.) 

GAZON TURC. {Bot.) C'est la saxifrage hypnoïde. (L. D.) 

GAZOUL. {Bot. ) Adanson , trouvant le genre Ficoïde , Fi- 
coides de Tournefort, mesembrjanthemum de Linnaeus, trop 
nombreux en espèces , a voulu le subdiviser en quatre 
genres. 11 a rangé sous son me&emhrjum toutes celles qui ont 
beaucoup vd'étamines, cinq styles et un fruit à cinq loges; 
sous le vo&sia, celles qui dififérent des précédentes par le 



GEÀ «5i 

noiâbre des'styles élevé de huit à quinze, et des loges du 
fruit , à quinze : il a nommé mannetia, celles qui n^ont que dix 
à ^ingt étamines, quatre styles et quatre loges, et gazoul, les 
espèces munies de dix à douze étamines , de cinq styles et de 
dix loges. Necker , admettant les mêmes genres , nomme le 
premier mesembryanthus , le second abryarUhemum^ le troisième 
Tiy cteranthu s. Il indique de plus des espèces à étamines nom- 
breuses, à stigmate .sessile divisé en cin<j[ lobes, et à fruit 
quinquéloculaii^e 9 dont il forme son nouveau genre G^r^iciiiia. 
Voyez Ghasul. (J.) 

GAZZA. (Ornith.) L'oiseau qui porte, en Italie, ce nom 
et ceux de gazzara^ gazzola, gazzuola, est la pie commune, 
coTifus pica , Linn. ( Ch. D. ) 

GAZZOLI. (Bot.) Suivant Seguier, près de Vérone on 
donne ce nom slxl potamogeton petfoliaium , très-abondant dans 
le fleuve Mincio. (J-) 

GEA. {Omith.) Voyez Gau. (Ch. D.) 

GEAI. {Omith.) On a exposé, au mot Corbeau , les motifs 
' qui ont déterminé à diviser le genre Corvus , et à appliquer, 
avec Brisson , la dénomination de garrulus aux geais, quoi- 
qu'ils ne possèdent pas de caractères qui puissent les faire 
' nettement distinguer. Les seules différences qu'on ait re- 
marquées jusqu'à présent entre eux et les corbeaux propre- 
ment dits, sont, que leur bec est plus court; que la mandi- 
))ule supérieure , dont l'arête est plus mousse, a une. petite 
échancrure vers le bout, qui s'incline brusquement 5 que la 
queue, souvent carrée ou arrondie, s'alonge peu, même 
lorsqu'elle est étagée, et que les plumes, lâches, soyeuses et 
effilées, qui couvrent le front et le sommet de la tête, se re»- 
lèvent en forme de huppe à la volonté de l'animal. 

Les geais,' pétulans, criai^ds et curieux , sont attirés par le 
moindre bruit extraordinaire ; mais ils fuient à l'aspect du 
danger. Ils ne marchent que par sauts , et se nourrissent de 
graines, de baies, de noix et d'insectes. Ils se plaisent 
dans les bois, et font leur nid sur les arbres; dans l'automne, 
ils se réunissent en familles. Plusieurs espèces sont séden- 
taires , et d'autres voyagent dans l'arrière-saison. 

M. Levaillant propose de distribuer les geais en deux 
sections, dont la première comprendroit ceux de l'anelen 



^52 GEA 

continent, qui ont, en général, les tarses plus courts; et 
la seconde ceux du nouveau monde , qui les ont plus alon- 
gés. C'est ainsi qu'on en va distribuer les espèces. 

Geais de V ancien continent. 

Geai commun: Garrulus glandarius, Vieill. ; Connus garrulu$y 
Gmel. et Lath, , pL enl. de Buffon , n*. 4815 de Lewin , t. 2 , 
|i.* 38; de Donovan, tom. 1, n." 2; de George Graves, 
tom. I ; et surtout de Levaillant, Oiseaux de paradis, n.*^ 40. 
Cet oiseau, dont la longueur est d'environ treize pouces, 
Fenvergure de vingt-un pouces, et le poids de sept onces, 
a le bec de couleur de corne foncée, la langue membra- 
neuse , noire et fourchue ; les côtés de la bouche ofifrent 
des moustaches noires. Le fond du plumage est d'un gris 
vineux et varié de taches longitudinales, noir sur le tou* 
pet, plus clair aux parties inférieures, et méine blanc sous 
la queue. Les pennes primaires de Paile sont noirâtres, 
bordées de gris, et les pennes secondaires noires et blanches; 
l'aile bâtarde est rayée transversalement de bleu très-foncé 
et de bleu d'azur beaucoup plus clair ; la queue , coupée 
carrément , est cendrée à son origine , et noire dans le reste 
de son étendue. Les couleurs roussàtres du mâle sont plus 
'vives que celles àt% femelles , et les plumes de la tête sont 
plus longues , ce qui la fait paroître plus grosse. Les jeunes 
ont, dans leur premier âge, du bleu sur le haut des bor*- 
dures blanches des pennes alaires et à la naissance de la 
queue , ce que Ton ne voit plus dans un âge avancé , et ce 
qui, suivant M. Levaillant, est d'autant plus remarquable 
que les jeunes oiseaux ont toujours en moins les couleurs 
les plus éclatantes des vieux. 

On rencontre quelquefois des geais blancs ou jaunâtres 
et dont l'iris est rouge , comme chez les albinos , ce qui 
prouve que ce changement de couleur, qui toutefois ne 
9'étend pas aux plumes azurées des ailes, provient d'une 
pltération accidentelle et de la même nature. Tels sont les 
individus dont on trouve la figure dans l'Histoire naturelle 
des oiseaux d^Angleterre , par Donovan, tom. 2, pi. 34, et 
dans les Oiseaux de paradis de M. Levaillant, pi. 41. Ce 
d»rni^r naturaliste a vu, dans l'état de domesticité, un in« 



I 



GEA . «55 

dividu qui étoit noirâtre; et sur ce qu'on lui a dit que cet 
oiseau ne vivoit presque que de chenevis, il observe que 
cette graine huileuse produit le même effet sur d'autre^, 
et notamment sur les moineaux, lorsqu'on la leur donne 
pour toute nourriture. 

Pline parle aussi de geais ou pies à cinq doigts ; mais 
ils n'ont jamais dû être considérés comme formant une race 
particulière; et cette monstruosité, qui s'est également ren- 
contrée chez des poules , .sera provenue de la surabondance 
des molécules organiques que l'état de domesticité procu- 
roit aux deux espèces mieux nourries. 

Les geais ordinaires sont répandus dans presque toutes les 
contrées de l'Europe, où il^ se nourrissent, en été, de 
sorbes, de groseilles, de cerises, d'insectes. 

Quoique les bois soient leur demeure ordinaire, ils les 
quittent' souvent pour faire des excursions dans les champs 
ensemencés de pois et de fèves, où ils font beaucoup de 
dégâts , et dans les jardins , où ils détruisent les fruits mûrs/ 
On prétend qu'ils mangent aussi les œufs, et mêm.e les pe- 
tits d'autres oiseaux. En hiver, ils vivent de glands et de 
noix, qu'ils ont ramassés et déposés dans le creux des arbres, 
d'où ils ne sortent eux-mêmes que pendant les jours plus 
doux qui tempèrent quelquefois la rigueur de cette saison. 
Leur bec , qui a l'apparence d'un coin arrondi , leur donne 
les moyens de fendre les noix et les glands non encore 
partagés d'eux-mêmes; mais ils ne peuvent casser les noi* 
settes entières, à moins qu'elles niaient été percées par un 
ver , cas dans lequel , en les assujettissant sous les pieds , ils 
parviennent à en briser la coque. Leur instinct les porte à 
entasser les autres dans des trous d'arbres , ou à les enfouir 
dans quelque terrier abandonné , où l'humidité fait rompre 
la coque en gonflant l'amande. Les observations faites par 
Queneau de Montbeillard sur la manière dont les geais 
captifs dépouillent le calice des œillets , pour mettre la 
graine à découvert avant de la manger, rendent peu pro- 
ba}>le le fait articulé par Belon , qu'ils avalent les noisettes 
et les châtaignes tout entières. Leur estomac est , d'ailleurs , 
d'une bien moindre consistance que le gésier des sranif» 
Toret* 



a56 GEA 

sur une grosse branche, on froue très - légèrement , pour 
faire approcher un oiseau quelconque, qui, en voyant la 
chouette, jette un cri d'effroi, et fait accourir les geais, 
les grives, les merles d'alentour. On ne doit sortir de la 
cachette où Ton s'est placé que quand ces oiseaux sont 
presque tous englui^ et tombés par terre ; car il ne seroit 
plus possible de les attirer sous le même arbre , si on les 
avoit épouvantés par le moindre bruit. A défaut de chouette 
ou de petite chevêche en vie , on en emploie une empaillée. 
On prend aussi des geais à la pipée , à la fossette , aux 
abreuvoirs , au saut , k la répenelie. On peut encore attirer 
les geais sur un arbre chargé de gluaux, en attachant \tn 
-geai sur le dos et le faisant crier ; mais il ne faut pas croire , 
comme des auteurs l'ont supposé, que, dans cette attitude , 
les geais du voisinage s'approchent assez du patient pour 
que celui-ci les serre avec les pattes et mette l'oiseleur à 
portée de les prendre à la main. On ne doit pas accorder 
plus de confiance aux résultats supposés du placoment d'un 
plat d'huile dans un lieu fréquenté par les geais, où ceux- 
ci , venant se mirer dans le vase , s'imbiberoient assez les 
ailes pour ne plus pouvoir s'envoler. 

Les femmes ont , dans un temps , fait usage , pour orner 
leurs vétemens , -des plumes azurées qui recouvrent les 
grandes pennes alaires des geais, et cette mode a dû causer 
une grande destruction dans l'espèce j mais elle s'est bientôt 
éclipsée comme tant d'autres. 

Geai boréal : Garrulus infaustua , Vieill. ; Connus sihiricus , 
Gmel. ; Coryus infaustus , Lath. ; Corwus russicus , S. G. Gihelin. 
Cet oiseau , long de dix à onze pouces , et . dont la queue 
est arrondie , a été long-temps confondu avec le merle de 
roche ; il est figuré, dans les planches enluminées de Buffon, 
n/ 608 , sous le nom de geai de Sibérie^ dans le 'Muséum 
Carlsonianum de Sparrman , Fûsc, 4, pi. 76, et dans les 
Oiseaux de paradis de Levaillant , pi. 47 , sous la dénomi- 
nation* de geai orangé. H a la tête huppée et noirâtre ; le 
front, les joues et la gorge, d'un blanc sale; le dessus du 
corps et les deux pennes centrales de la queue d'un cendré 
brun , et les autres rousses , ainsi que le croupion , le ventre 
et le dessous du corps. Le bec et les pieds sont noirâtres. 



\ 



'• / 



GEA afi; 

Un le trouve dans les. parties septentrionales de TEurope, 
telles que le Danemarck, la Suède, la Pologne, la Russie, là 
Norwège, où il habite les bois et les buissons, et il ne vient 
pas dans les contrées tempérées. 

M. Levaillant, qui a proposé les deux sections ci-dessus 
indiquées pour les geais, avoue que, par la longueur de 
ses tarses, le geai boréal déroge à cett€ distribution; mais, 
comme ce n^est pas uniquement sous ces rapports qu'on Fa 
adoptée , et que parmi les geais de l'ancien continent ce- 
lui-ci est le seul qui appartienne à l'Europe , on a cru le 
devoir laisser à cette place. 

Geai longdp ou a collier blanc ; Garrulus galerie ulatus , 
Cuv. On ne connoît de cette espèce qu'un individu envoyé 
de l'île de Java k M. Temminck , qui le conserve dans son 
cabinet , où M. Levaillant a fait' prendire le dessin de la 
planche 42 de ses Oiseaux de paradis. Ce geai a la queue 
ample et étagée dans les quatre premières pennes de cjiaque 
côté; son bec et ses pieds, d'un brun noirâtre, sont conr 
formés comme ceux du geai d'Europe. On voit sur la tête* 
une huppe dont deux plumes sont bien plus longues que 
les autres, et, à Texception d'un colUer blanc qui entoure 
la nuque et les côtés du cou , le reste du plumage est en« 
tièrement noir. 

Geai a joues blanches : Garrulus auritus , Vieill. , et Connus 
auritus, Gmel. , Lath., Daud. Sonnerat, qui a donné une 
figure de cet oiseau, pi. 107 de son Voyage aux Indes, 
l'a décrit le premier sous le nom de petit geai de la Chine ^ 
à cause de sa taille inférieure d'un tiers à celle du geai 
commun, et M. Levaillant lui a su&stitué, pag. i25 et 
pi. 43 du t. 1." dé'ses Oiseaux de paradis , la dénomination de 
geai à joues blanches , qui est plus convenable , si 00 ne lui 
préfère, d'après Daudin (Traité d'Ornith., tom. 2, p. 260)^ 
celle de geai à oreilles blanches» Les dix pennes de sa queue 
sont de longueur inégale , et présentent une forme ar- 
rondie. Une large plaque blanche , qui part de l'œil , couvre 
les joues et les oreilles; et les plumes du front, que Son- 
nerat dit être, de la même couleur, sont présentées par 
M. Levaillant comme ayant seulement leur ektréipité d'un 
Ibleu pâle. Le dessus de la tête, le cou et le haut de la 
i8* , 17 



jss av 



gorge sônf noirâtres,- le dos, le cronpion, les scapulâîres^ 
la poitrine et le ventre , d'un gris terreitx et olivâtre ; les 
grandes pennes des ailes et de la queue brunes. Le bec est 
noir, et les pieds sont bruns. 

Latham , après avoir décrit ce geai, pag. &3 du premier 
supplément à son Synopsis , dit quelques mots sur une autre 
espèce qu'il a vue dans le cabinet du docteur Fothergill , 
et qu'il croit avoir été aussi envoyée de la Chine : il la nomme 
cornus purpurascens , dans VIndex ornith», et elle est appelée, 
dans le Nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle, geai à 
tête pourprée^ Le dessus du corps est d'un roux pâle , le des- 
sous jaune; la queue ^ assez longue, est noire, ainsi que les 
ailes j les pieds sont de couleur de chair. 

Geais du nouveau continent. 

Geai blîtu : Garrulus cristatus , Vieiil. , pi. 2 Sg d'Edwards , 629 
'de Bufibn , et 46 de Levaillant. Cette espèce, de l'Amérique 
septentrionale , à environ onze pouces de longueur. Le bleu 
domine sur la huppe et sur le plumage supérieur, où l'on 
remarque aussi une teinte purpurine; il est eoupé, sur les 
pennes alaires et caudales, par des raies transversales noires, 
qui sont plus prononcées, sur le centre de* la queue et l'ex- 
trémité des ailes ,^ et il Test plus encore par la bordure 
blanche de la première , et les taches de la même cou- 
leur qui sont dispersées sur la seconde; le tour des yeux 
est également blanc, ainsi que la gorge, qui est entourée 
d'une bande noire remontant jusqu'à la nuque. La poitrine 
est d'un gris vineux , qui diminue d'intensité sur les parties 
inférieures, dont les dernières sont toùt-à-fait blanches; le 
bec et les pieds sont d*uii noir plombé. Les plumes, suscep»- 
tibles d'être relevées, sont moins longues chez la femelle, 
et ses couleurs sont moins vives. 

Ces geais , auxquels Pennant attribue une belle voix , font 
seulement entendre des cris moins ranques que ceux de 
leurs congénères. Ils habitent le Canada, la Caroline; et 
les individus qui, à l'automne, se retirent des contrées 
boréales pour s'avancfer vers le sud , passent en Pensylvanie 
par troupes nombreuses^ Ils vivent de châtaignes, de glands, 
de vers, et mangent^ dit-oiî, de petits serpens; ils causent 



GEA a5^ 

de grands ravages dans les champs de maïs. Ils placent leur 
nid dans les lieux couverts et humides, et leur ponte con- 
siste en quatre ou cinq œufs de couleur olive , tachetés de 
gris noirâtre. 

M. Vieillot regarde comme une espèce particulière sou 
geai azurin , garrulus cyaneus , qui habite les mêmes lieux ^ 
mais qui est d'une plus petite taille', n'a pas d'aigrette Sur 
la tête, et dont le plumage entier est d'un bleu d'azur. Le 
même auteur présente aussi comme une espèce distincte son 
geai gris-bleu , garrulus cœrulescens , qui se ttoUve dans les 
États-Unis d'Amérique, et dont les parties supérieures 'sont 
variées de gris et de bleu ; les pennes alaires et éaudales de 
cette dernière couleur, et les parties inférieures d'un gris 
roux; mais il n'en a vu qu'un individu, et il soupçonne 
lui-même que c'étoit un jeune ou une femelle de l'azurin. 

Geai brun : Garrulus fuscus , Vieill. ; Corvus canâdensis , Gmel. 
et Lath. Cet oiseau, qui se trouve à la Êaie d'Hudson, à 
Terre-Neuve et en d'autres parties de la côte occidentale 
du nord de l'Amérique , est figuré dans les planches enlu- 
minées de Buffon, sous le n.° 63o, avec la dénomination de 
geai brun du Canada. Il a beaucoup de ressemblance avec 
le geai commun ; mais il en diffère par la forme de sa queue, 
qui est étagée , et par sa taille , qui n'est que de dix pouces. 
L'oiseau que M* Levaillant a fait peindre , pi* 48 , cous le 
nom de geai brun-roux, et que M. Cuvîer présente coihme 
une variété de celui de BufiTon , diffère du premier en ce 
qu'il a la queue carrée; mais la description ne fait pas 
mention de ce caractère , qui suffiroit pour détruire l'iden- 
tité d'espèce : et l'on se bornera à observer ici , relativement 
au plumage , que le geai de M. Levaillant a le derrière du 
cou, le manteau, le dos et les pennes caudales intermédiaires 
d'un brun terreux clair; les pennes latérales et les couver- 
tures inférieures de la queue , les moyennes et les grandes 
couvertures des ailes, le croupion et les flancs, roux; les 
pennes alaires d'un brun noir, avec une bordure rousse; 
la gorge blanche ; le bec , les pieds et les ongles bruns. Ce 
geai vit dans les forêts, et pendai^t l'hiver il approche des 
habitations, où il cause les mêmes dommages que les nôtres; 
à défaut de grains, il se nourrit d'algues, de vermisseaux 



26o ' GEA 

• et de chair.. Il fait sur les pins un nid dans lequel la fe* 
melle pond des œufs de couleur bleue. 

Geai de Steller ; Garrulus Steîleri, Vieill. , et Corvus Stelleri, 
^ Gmel. , Lath., Daud. Cette espèce n'est pas décrite de la 
même manière par les divers naturalistes. Suivant Daudin, elle 
auroit quinze pouces de longueur, et la tête seulement un 
peu huppée; M. Vieillot la présente comme longue seule- 
ment de treize pouces et demi, et ayant une huppe de 
près de deux pouces de hauteur. Le premier ajoute que son 
plumage est noirâtre » que les ailes sont bleues .et ont des 
stries transversales noirâtres, et que la queue, également 
bleue, longue et cunéiforme, offre des lignes noires effacées 
sur les pennes intermédiaires. Suivant M. Vieillot, le même 
corbeau a le dessus du corps d'un noir pourpré, inclinant au 
yert sur le croupion ; les couvertures des ailes mélangées de 
noir brunâtre et de bleu foncé ; les pennes secondaires de cette 
delrnière couleur, avec plusieurs raies transversales noires; 
les pennes primaires de la même teinte, et bordées à l'exté- 
rieur de vert bleu ; le devant du cou et la poitrine noi- 
râtres, et les parties inférieures d'un bleu pâle ; les pennes 
caudales longues de cinq pouces et demi, et un peu ar- 
rondies, d'un bleu foncé, avec les tiges noires. Le même 
auteur dit^que le geai de Steller se trouve dans l'Amérique 
du r^ord ; et, selon Daudin et Sonnini, il habite \ers la baie 
de Nootka ersur les côtes du canal du Roi George. D'une 
autre part, M. Cuvier renvoie, pour le geai de Steller, à 
la planche 44 de M. Lcvaiilant, qui représente son geai 
bleu-verdin, et M. Vieillot fait de cejt oiseau son graculus 
melanogaster , qu'il décrit séparément, comme ayant la iéte^ 
le cou et la poitrine mélangés de bleu et de vert, qui se 
fondent dans un brun clair; le croupion et le ventre noirs ; 
les ailes et la queue blçues, avec des rares noires;. le bec 
et les pieds jaunâtres. M. Levaillant ne lève point les incer- 
titudes qui résultent du rapprochement de son geai bleu- 
verdin , envoyé de la mer du Sud , et plus petit même que 
le geai bleu d'Amérique dont Bartram fait mention, avec 
celui auquel on donne treize pouces et demi et même quinze 
pouces de longueur. Tout porte donc à croire qu'il y a ici 
une confusion d'espèces. 



GEA 261 

Mauduyt , Bufibn et Daudin ont décrit , sous le nom de 
Geai du Pérou, Cornus peruvianus j Lafli. , pL enl. , n.** 686, 
respèce qui a été figurée depuis par M. Levaillant, pi. 46, 
avec la dénomination de geai péruvien. Cet oiseau , de la. 
taille du geai blanc, et dont la queue est longue et étagëe, 
a le front et les côtés de la bouche d'un bleu d'azur; le 
haut de la ièiCy qui se boursoufle en forme de huppe, les 
joues et les côtA du cou blancs ; la nuque , le dessus du 
corps et des ailes, et les six pennes intermédiaires de la 
queue, verts; la gorge et le devant du cou noirs; les six 
pennes latérales de la queue, la poitrine et le dessous du 
corps jaunes ; le bec et les pieds d'un noir brun^ Cet oiseau* 
se trouve dans l'Amérique méridionale. 

Brovvn a figuré , pi. i o de ses Illustrations de zoologie , 
un oisean qu'il a nommé choucas de Surinam, et décrit comme 
ayant la taille d'une corneille ordinaire et la teinte gêné-»- 
raie du plumage d'un vert bleu et foncé. C'est le corvus 
surinamensis , ou geai vert de Gmeltn ; le confus arg^rophthal- 
m«5, ou geai de Carthagène de Latham , et geai œil-d'ar-- 
gent de Daudin : mais, de l'aveu de M. Vieillot, cet oiseau 
seroit vraisemblablement placé d'une manière plus conve- 
nable avec les choucas qu'avec les geais. 

On a donné de pareilles dénominations à des oiseaux 
auxquels elles appartiennent encore moins : telles sont 
celles de geai d'Auvergne, de montagne, du Limousin, d'Es^ 
pagne, au casse -noix; de geai d* Alsace et de Strasbourg, au 
roilier commun; de geai de Bohfme, au jaseur; de geai de 
hataille, au gros -bec d'Europe. On appelle encore quel- 
quefois' la huppe geai huppé, et le cormoran nigaud geai à- 
pieds palmés, (Ch. D.) 

GÉANT. {Bot.) Le docteur Paulet donne ce nom à Yaga- 
ricus giganteus , Schœlfer, Fung, Bas',, tab. 84. Il nomme 
Géant blanc Vagaricus giganteus de Leysser et de Willdenow. 
Ce dernier champignon est de couleur blanche , et remarqua- 
ble par la grandeur de son chapeau , qui a un pied de dia- 
mètre. Le premier est de couleur jaunâtre; il a un chapeau' 
d'un diamètre beaucoup plus petit. Ces champignons crois- 
sent en Bavière et en Prusse. (Lem.) 

GÉANT. {Ornith.) L'oiseau auquel ce nom est donné dans 



2^2 GEA 

les Voyages de Léguât (Amsterdam, 1708,, tom. 2, pag. 72), 
paroit être le flammant, pJianicopterus ruber , Linn. (Ch.D.) 

GÉANTHRAX. {Min,) M. Tondi a adopté ce nom, dans son 
Tableau synoptique d'orëognosie, ou Connoissance des mon^' 
tagnes et des roches, pour désigner Vanthraeite, J^ucas, Ta- 
bleau des espèces minérales, 2,^ partie. (Bhard.) 

GEASTER. {Bot,) Micheli à établi sous ce nom le genre 
de champignons décrit ci-après à Tarticle -#eastrum. (Lem.) 

GEASTEROIDES. {Bot.) Battara {Fung. Arim., iàb. 29, 
fîg. 168 ). représente sous ce nom un champignon voisin des. 
vesses-loups , que Paul et nomme vesses-loups à têtes et à piliers , 
et qu'il rapporte au lycoper^n coronatum, SchaefiV {Bav., 
pi. 182) et au iycoperdon fenestratum , Batsch {Elem,^ tabl. 
29, ûg, 166); mais ce botaniste confond ici plusieurs espèces. 
En effet, le iycoperdon coronatum, Schaeff. , est le même que 
le geastrum rufescens , Pers. , Sjrn, , Son péridium est sessile ; 
et le Iycoperdon fenestratum , Batsch , est une variété du 
geastrum quadrijidum , Pers. , Sjyn, , dont le péridium est 
siipité. Il paroît que le geasteroides (ou geastraides , comme 
récrit Adanson) est une monstruosité de ce dernier cham- 
pignon ; c'est le fungus anthropomorphus de Seger et une es- 
pèce de carpoholus ppur Adanson. Voyez ANTHnoFOMOiirHiTEs 
et Geastrum. (Lem.) 

GÉASTRE. {Bot.) Voyez Geastrum. 
. GEA.STROIDES.'(5o^.) Voyez GeASTEROibEs. (Lem.) 

GEASTRUM {Bot.)-, vulgairement Vesse-loup étoilée , 
Géastre. Champignons très-voisins des lyeoperdons ou vesse- 
loups^ avec lesquels même ils ont été long-temps réunis ^ et 
qui en diffèrent par leur structure très -remarquable. 

Ils sont globuleux et composés d'un péridium contenu 
dans une enveloppe qui, à la maturité du champignon, 
fie divine par le sommet en plusieurs lanières coriaces 
qu rayons qui s'étalent horizontalement à terre , ou se re- 
courbent en-dessous en soulevant la plante. Le péridium, 
situé dans le centre de cette collerette , est sessile ou stipité , 
et s'ouvre au sommet par un orifice , qui tantôt est une 
simple déchirure 9 et tantôt une ouverture bordée de eik. 
L'intérieur contient une poussière fine , brune , entremêlée 
^e fllamens épars et, peu distincts, qui s'échappe soiis l(^ 
forme de fumée, comme dans les vesses-loups. 



GEA 3€5 

Les géastrum croissent à terre. C'est après les pluies de 
Tautomne que ces champignons curieux se montrent. Ils 
sont d'abord enfoncés ; mais petit à petit ils sortent de terre 9 
et dans leur maturité complète ils sont quelquefois déta- 
chés de terre et soutenus sur les lanières de leur enveloppe 
externe: celle-ci est sensible aux variations de la température 
de l'air; elle se contracte ou s'étale selon qu^ Tatmosphère 
est sèche ou bien humide. Quelques botanistes pensent que 
cette enveloppe extérieure des géastrum doit être ^considérée 
comme une sorte de volva, différente cependant^duvolvadea 
amanites et du volva des phallus ou satyres* Ëntrf? cette en* 
veloppe et le péridium on observe quelquefois une seconde en- 
veloppe très-mince , très-fugace et peu apparente ; c'est elle 
que M. De C^ndolle regarde comme le véritable voWa, Cette 
enveloppe a b^eaucoup d'analogie avec celle qu'on observe 
dans le genre Bovista (voyez Bovistjs)^ et que Palisot-Beau^ 
vois prend pour l'épiderme du péridium. Un examen scru- 
puleux fera découvrir sans doute cette seconde enveloppe 
dans toutes les espèces de géastrum, et naus n^ croyons pas 
qu'elle soit exclusive aux seules espèces dont M. Des vaux 
a cru devoir faire, à cause de cela, un genr^. distinct , celui 
qu'il a nommé pUcastoma» Il est même à remarque^ que^sup 
les dix espèces environ connues de géastrum 9 ^x sont rap- 
portées aux pleco s toma ^ et que les autres espièces, lesquelles 
restent dans le géastrum, offrent aussi cette seconde .envç» 
loppe, de ^'aveu même de l'auteur du genre PlecoHomar h^ 
différence seroit seulement dans la régularité ou l'irr^gula.- 
rité avec laquelle cette enveloppe se déchire j or, ^ jcaracr 
tère est d'une grande variabilité et ne peut pas caractérjiser 
les deux genres Plecostoma et Géastrum, Nous suivons en ^ela 
l'opinion de M. Persoon , qui , dans son Traité sur les eham-f 
pignons comestibles, persiste à ne point diviser le géastrum , 
genre dont le premier établissement est dû à Micheli. Ce 
naturaliste l'avoit désigné par geasta-f dénomination grecque ^ 
qui, eomme cplle de géastrum, signifie terre et étoile, ou 
mieux étoile terrestre : la forme de cej» champignons et leuf 
manière de croître justifient l'application de ces dénomina*^ 
étions. 

Lesj^fpècesde ce genre , quoique peunQinbrçusesi sontdiffî- 



^64 GEA 

ciles à caractë|riser. M. Desvaux a cherché à eh ëfablîi^ plusieurs 
nouvelles; mais il nous semble que ces espèces ont été fon- 
dées seulement sur des figures et non pas sur les objets réels, 
et Ton ssAt quel est le degré de confiance- qu'on doit, en 
cryptogamie , accorder aux figures ; d'ailleurs , ce botaniste 
n'ayant point donné les phrases spécifiques, nous ne savons 
sur quels fondemens il a pu établir certaines espèces, consi- 
dérées jusqu'ici comme de simples variétés d'autres espèces 
très -connues. Linnœus a confondu plusieurs, de ces espèces 
dans son Lycopefdon stellatum, ce que Woodward a démontré 
un des premiers. 

Parmi les dix ou douze espèces connues, et qui presque 
toutes croissent en Europe , nous ferons remarquer les sui- 
vantes. 

§. 1." Përidium sessile, s'ouvrant au sommet par une simple 
^ déchirure, ' — Geastrum, Desv. 

GEASTRUM HYGROMÉTRIQUE : Geastrum hjygrometricum, Pers. , 
Sy.nops.fung,, p. i35; Journ. bot., 2, p. i36; Decand. , FI. 
fr., n.**72o; hycoperdon stcllatum, Bull., Champ., tab. 258; 
la Vesse-de^loup étoilée ou VÉtoilede terre, Paul., Champ., 2 , 
p.- 447 , .pi. 202v, fig. 1. Collerette d'un brun roussâtre, divisée 
en six, sept et même huit lanières; péridium sessile,^ marqué 
de stries élevées et réticulées ; ouverture arrondie , point 
striée. 

Ce champignon croît en automne dans les bois sablonneux, 
et paroît après les grandes pluies. Il est d'abord assez pro- 
fondément enfoncé en terre , . mais son enveloppe ou colle- 
rette le soulève en s'épanouissant. Cette collerette étale ses 
lanières autour du péridium , en formant une étoile qui a 
jusqu'à deux pouces et demi de diamètre. Les lanières finis- 
sent par se rouler sur elles-mêmes de dedans en dehors et par 
leur pointe; par ce mouvement elles font sortir de terre ce 
champignon , et même l'en séparent entièrement ; alors le 
péridium représente un petit globe porté sur un piédestal. 
Ce qu'il y a de remarquable , c'est que ce phénomène , pro- 
duit par la sécheresse , est détruit par l'humidité ; alors les la* 
nières se déroulent et reprennent leur position horizontale. 

Bolton, Buliiard, etc., ont observé entre la collerette et 



GEA 265 

le péridium une seconde enveloppe mince, membraneuse 
et rameuse. 

J'ai trouvé cette plante dans les bois de Romainville, près 
Paris, où l'indique Bulliard. 

Géastrum brun* marron : Geastrum hadium, Pers. , Joum. 
bot. , 2 , p« 27 ; Lycoperdon stellatum , Bull. , Champ., pL 471 , 
fi g. M'S, Collerette à cinq ou six rayons courts de couleur 
de marron obscur , quelquefois grisâtre. Cette espèce , de 
moitié plus petite que la précédente, a été découverte par 
Bulliard au bois de Boulogne , prés Paris , où elle est assez 
commune en automne. Ce botaniste la considérait comme 
une variété de l'espèce précédente ; mais il paroît avoir con- 
fondu quatre espèces sous le nom de lycoperdon stellutum , 
et d'après M. Desvaux la même erreur auroit été commise 
par M. Persoon. (Voyez Journ. bot., vol. 2, p. 101.) 

Geastrum roux : Geastrum rufescens, Pers. ; ScbaBfif. , Fung,^ 
tab. 182; Schmid., tab. 45. Collerette rousse ou brun-rous- 
sàtre, à six ou sept rayons; péridium sessile , glabre , de cou- 
leur beaucoup plus pâle; orifice un peu cilié ou denté. 

Cette espèce croît dans les bois de sapins : c'est une des 
plus grandes du genre. Lorsque sa collerette est étalée , elle 
a jusqu'à quatre pouces et demi de diamètre. Il en existe 
une variété beaucoup plus petite, figurée par Schmidel (pi. 
5o, fig. 1 — 3). Il paroît que la figure 4, de la planche 100 
de l'ouvrage de Micheli, se rapporte à la grande variété. 

Ce geastrum seroit pourvu d'une enveloppe ou d'un ré- 
seau entre la collerette et le péridium , selon M. Desvaux , 
qui ne veut pas que cette espèce soit le lycope^don stellatum , 
Bull. , pi. 471 , fig. L, ainsi que l'a cru M. De CandoUe. Cette 
dernière plante est dépourvue du réseau ci-dessus : c'est le 
geastrum castaneum, Desv. 

§. 2. Péridium stipité; orifice plissé ou. pectine, — 

Plecostoma , Desv. 

^ « 

Geastrum couronné : Geastrum coronatum , var. A , Pers. , 
Sjyn, fung, , i32 ; Schmid. , Je, pi. 46. 'Collerette à sept et 
huit rayons brunâtres , granuleux en dehors ; péridium 
globuleux, stipité, à disque plane , ouverture alongée en cône. 

Cette espèce croît en Italie , en Allemagne , et probable- 



»fi6 GEA 

ment en France. Elle atteint plus de cinq pouces de dia*- 
mètre. Elle est de couleur brune ou de bistre. 

GÉASTftUM NAIN : Geostrum nanum , Pers. , Journ. bot. , 2 , 
pag. lij , pL 2, fig. 3; Geostrum striatum, Decand. , FI. fr. , 
n.* 7 1 8 ; Ljyeoperdon stellatum , var. B , Wood w. ; Geostrum 
coronatum, B, Fers., Syn,fung,, i32 ; Vesse^de-loup en voûte, 
colletée? PauL, Champ. , 2 , p. 448 , pi. 202 , fig. 4. Collerette 
de six à huit rayons, d'un gris brun; péridium sphérique, 
stipité , bord de rprifice alongé en cône pointu , strié , garni 
de cils alongés. 

Cette espèce, la plus petite du genre, n'a qu'un pouce 
«t demi de dianiètre lorsqu'elle est étalée. Ellle croit sur la 
terre dans les lieux secs. On la rencontre assez fréquemment 
à Fontainebleau. 

Géastrum multifide ou pectine : Geosfrum pectip»atiim , Pers. , 
Synaps. fung., p. i32 ; Journ. bot., 2, p. 27 , pi. 2, fîg. 4; 
Schmid., Icon, , t^b. 37, fig. 11 à i4; Lycoperdon forni" 
eatunij Bryant, Hist* ace, iycoperdon, fig. 12, i3, 14» 16, 
17 ; Geostrum muUifidum? Dccand. , FI. fr. , n.** 717. Collerette 
k sept ou huit rayons multifides, concaves et bruns; péri^ 
dium sphérique , de couleur de bistre , atténué à ses deux 
pôles, plissé, ponctué et porté sur un stipe le plus souvent 
sillonné ,* orifice alongé en cône, frangé ou cilié sur le bord. 

Cette espèce croît dans les bois de sapins. Elle a près de 
deux pouces dans son plus grand développement.. 

Géastrum quadrifide: Geostrum quadrifidum, Pers., Synops. 
fung,, i33; SchœfF. , Fung. , tab. i85 ; Schmid., Icon.j tab. 
37 , fig. 1 ; V esse^de-loup à tête et à pilier, Paul., Champ. , 1 , 
p. 65o; Vesse-de-loup à voûte et à pilier, Paul., L c. ^ 2, p. 44^ > 
pi. 202 , ûg, 5 et 6. Collerette à quatre découpures , se divisant 
en deux membranes ; l'inférieure irrégulière , concave , appli- 
quée sur la terre ; l'autre , plus régulière , soulevant un péri- 
dium stipité , globuleux , brunâtre , terminé par un orifice 
arrondi, proéminent, cilié ou frangé. 

Cette espèce très-singulière croît dans les bois de sapins^ 
Il paroît que c'est elle , si toutefois on ne confond pas plu- 
sieurs espèces en une seule, qui est le Geasteroides de Battara^ 
{Voyez ce mot.) 

Mf Persoon rapporte à cette espèce le Iycoperdon firpestra^ 



GEB »^7 

bim de Batsch, et il en écarte le lyeoperdon fornicatum Huas, y 
"Woodw, , Scha&fif. , qu'il y avoit d'abord rapporté. 

Selon Faulet , cette plante est la même que celle que Seger 
a fait connoître le premier dan» les Mémoires des curieux de 
la nalure , mais sous un nom et avec une figure aftpables4'cn 
donner une idée peu juste , ayant fait représenter , sous le 
titre de Fungus anthropomorphos , un groupe de ces plantes qui , 
comme des hommes, semblent se tenir par la koaia, ont des 
bras, des cuisses , des jambes, et jusqu'aux traita de la figure 
bumaine. Dans un autre endroit du même ouvrage on le 
trouve sous le titre de Champignon représentant l'agneau pascal , 
etc. La figure qu'en a donnée Seger , en représente plusieurs 
qui avoient pri^ naissance l'un à côté de l'autre; nl^ais l'ima- 
gination en a détruit toute la vérité. Dans les figures bizarres 
de Seger le péridium forme la tète , son stipc le col , les 
quatre découpures de la membrane, supérieure représentent 
les bras et les épaules , et les quatre sections de la membrane 
inférieure les hanches et les cuisses. L'imagination du dessi- 
nateur ou de l'auteur à ajouté, à une de ces figures, un nez , 
une bouche et des yeux. (Lem.) 

GEATCHEIER {Ormth.}^ nom de l'alouette chez les Ko- 
riaques. (Ch. D.) 

GEAU. ( Ornith. ) Voyez Gal. (Ch. D.) 

GEBEL HENDY. (Bot.) Ce nom arabe est celui du datisca 
cannahina^ dont les graines sont employées dans l'Egypte 
comme émétiques. (J*) / 

GEBETIBOBOCA. (Bot.), nom caraïbe d'un angrec, epi- 
dendrum secundum , tiré de l'herbier de Suria». (J. ) 

GÉBIÉE ; Gehia, Leach. {Crust.) Les crustacés que M, 
Leach a réunis sous ce nom de genre, appartiennent aux 
Décapodes à longue queue ou Maciloures (voyez ces mots) , 
et ne diffèrent des écrevisses qu'en ce que le pédonculie des 
'antennes latérales n'a point de saillies en forme d'écaillés ou 
d'épines, et que la lame des appendices natatoires du boujt 
de la.qiieue n'est que d'une seule pièce ; et ils se distin- 
guent des Taiessines par la fonpe presque triangulaire, et 
non. linéaire, des feuillets du bout de la queue. 

On ne connolt encore avec certitude que deux espécies d? 
j;éblécs, et toutes, deux habitent nos mçvs* 



3€8 GEB 

La GÉBiàE ÉTOiLÉE {Gehia stellata, Leach ; Thalassyma littO" 
ralis, Risso) a un peu moins.de deux pouces de longueur; 
»es pinces sont velues et garnies d'une forte arête eti- dessus; 
les dentelures des doigts sont peu sensibles. Sa couleur est 
d'un vert ss^ luisant, et le corselet uni et rougeàtre. 

L'organisation de ce crustacé lui donne des habitudes par- 
ticulières, comme le rapporte M. Risso. Il se tapisse pendant 
le jour dans des trous qu'il se creuse sur le rivage , et il n'en 
sort que la nliit pour chercher sa nourriture. Aussitôt qu^on 
s'approche, il i*élance à l'eau et nage par élans, au moyen 
de sa queue, qu'il détend avec force, après l'avoir repliée 
sous son abdomen. Cet animal se nourrit de. néréides et d'aré- 
nicoles, et il est très -recherché par les pécheurs comme 
appât. En Juin et Juillet, la femelle est pleine d'œufs, qui 
sont verdâtres. i 

La Gébiée DELTtJRE ; Gebia deltura, Leach , MalcLc. Brit, , t. 3 1 , 
fig. 9 et lo. Corps long de deux pouces, blanchâtre, lavé de 
rouge clair en quelques parties; Pince des serres unie, avec 
des poils disposés en lignes en -dessus et en -dessous. Dents 
assez fortes au côté interne des doigts. Pouce tubercule. Deux 
côtes sur la pièce du milieu de la nageoire caudale, réunies 
à leur base par une ligne élevée. Œûfi rougeâtres. - 

M. Risso parle encore d'iin thalassine rouge-carmin, avec 
l'abdomen d'un blanc nacré ; mais il ne le regarde que 
comme une. variété de son riverain. "^ 

GEBOSCON. (BoU) Un des noms grecs anciens de l'ail, 
cité par Ruellius, avec celui d'elaphoboscoriy n^entionné pré- 
céfiemment pour quelques plantes ombellifères. ( J.) 

GÉCARCIN; Gecarcinus^ Leach. {Crust,) Genre séparé de 
la nombreuse famille des Crabes par M. ^Leach , et qui ~a 
pour caractères : le test en forme de cœur , largement tron- 
qué en arrière; les pieds -mâchoires extérieur^ écartés l'un 
de l'autre , et la deuxième paire des pieds plus courte que 
les suivantes. 

Les gécarcins sont des crustacés de l'Amérique méridio- 
nale, dont plusieurs voyageurs ont beaucoup parlé à cause 
de leurs singulières mœurs. M. Latreille ( Règne animal, 
par M. G. Cuvier) dit en deux mots ce que ces animaux, 
sous ce rapport, offrent de plus vraisemblable» Ils passent, 



GEC ï69 

dit-il, la plus grande partie de leur vie à terre, se cachant 
dans des trous et ne sortant que le soir. Il y es a qui se 
tiennent dans les cimetières. Une fois par année , lorsqu^ik 
veulent faire leur ponte , ils se rassemblent en bandes nom- 
breuses, et suivent la direction la plus courte jusqu'à la mer, 
sans s'embarrasser des obstacles. Après la ponte ils reviennent 
très-affoiblis. On dit qu'ils bouchent leur terrier pendant la 
mue ; lorsqu'ils l'ont subie et qu'ils sont encore mous , on les 
appelle boursières , et on estime beaucoup leur chair, qui 
cependant est quelquefois empoisonnée. On attribue cette 
qualité au fruit du mancenillier. 

Le Gboarcin tourlourou : Gecarcinus rulicola; Cancer rif- 
ticola^ Linn., Herbst, Cane, tab. 3 , iig. 36, et tab. 20, fîg. 
116. Test d*un rouge de sang foncé^j impression dorsale en 
forme de H, se prolongeant jusque près des yeux; carpe 
denté au côté interne ; les tarses ayant six arêtes. 

Le GéCAHCiN BouRj^EAU*: Gecarcinus camifex; Cancer cami^ 

fex y Herbst, tab. 41 , fig. i. Test jaunâtre ou coupé de lignes 

purpurines, l'impression dorsale ne se prolongeant pas jusque 

près des yeux; carpe ayant une petite dent ^u côté interne, 

et les tarses quatre arêtes. 

M. Latreille indique encore deux gécarcins, le fouisseur 
et le guanhumi. 

GECARCIN. ( ¥oss, ) On voit dans le cabinet de la Monnoie 
9i dans la collection de M* de Drée des débris fossiles d'une 
espèce de ce genre, à laquelle M. Desmarest a donné le nom 
de gécarcin-trois-épines , gecarcinus trispinosus» 

Ce fossile est de la couleur et de la grosseur d'une châ- 
taigne. Saforfie, en cœur, est tronquée postérieurement; Je 
bord antérieur n'est point tranchant .- on aperçoit latérale- 
ment une petite fossette où l'œil, qui sans doute étoit pé- 
doncule, devoit être logé dans le repos. La carapace est lé- 
gèrement chagrinée, et- présente des lignes qui désignent ses 
dijQTérentes régions; les angles latéraux et antérieurs sont 
mousses, légèrement renflés, séparés de la r;égion de' l'esto- 
mac par une ligne sinueuse. On y voit trois épines, dont la 
plus forte est celle du milieu. 

La queue des mâles est fort étroite et composée de six 
pièces. Le plastron est divisé en cinq parties , et creusé d'ui:^ 



V 



270 GEC 

sillon irés^ëtroit et très-profond pour recevoir la queue. Le» 
trois pièces antérieures du plastron sont les plus grandes, là 
première surtout. La dernière pièce de la pince est renflée , 
et porte quelques tubercules au côté extérieur. On remarque 
sur cette pièce une épine à la partie antérieure de Tarticu- 
l'ation qui Tunit avec la précédente. On ignore où ces fossiles 
ont été trouvés. (D. F.) 

GËCEID. (Ornith,) Ce nom désigne, dans Gesner, l'a- 
louette cochevis, alauda cristata, Linn. (Ch. D.) 

GECKO (ErpétoL) : Gecko, Daudin ; Stellio , Schneider; 
Ascalaboles , Cuvier. On a donné ce nom à un genre de rep- 
tiles sauriens de la famille des eumérodes , lequel renferme 
u%k grand nombre d'espèces répandues dans les pays chauds 
des deux Continens. Leur conformation singulière, leur air 
triste et lourd , leur ressemblance avec les crapauds et les 
salamandres , les ont fait haïr et redouter, et ne permettent 
point aux naturalistes de les confondre avec les sauriens des 
autres genres de la famille des eumérodes. 

Les geckos ont un caractère distînctif qui les rapproche un 
peu des anolis : leurs doigts sont élargis sur toute leur lon- 
gueur, ou au moins à leur extrémité, et garnis en -dessous 
d'écaillés ou de replis de la peau très-réguliers ; ces doigts 
sont d'ailleurs presque égaux. 

Ces reptiles n'offrent point la forme élancée des lézards, 
forme que nous retrouvons dans les anolis ; ils sont recou'- 
noissables aux caractères génériques suivans : 

Tête très^aplatic ; corps déprimé; peau chagrinée en^^ssus de 
très 'petites écailles grenues^ parmi lesquelles sont soufrent des 
tubercules plus gros, et couverte en^dessous d'écaillés un peu 
moins petites , plates et imbriquées; langue épaisse , charnue, non 
extensible; jeux grands, à pupille très-variable suivant l'intensité 
de la lumière; tympan un peu renfoncé; mâchoires garnies tout 
autour d'une tangée de très -petites dents serrées; paupières très' 
courtes; quelquefois des pores aux cuisses ; queue garnie de plis 
circulaires; ongles rétractiles aux quatre pieds, et conservant, 
comme ceux des chats, leur tranchant et leur pointe; marche 
lourde et rampante, ' 

On trouve les geckos dans l'Amérique méridionale, en 
Afrique et aux Indes. Les naturalistes les ont partagés en 



GEG 271 

plusieurs familles , et M. Cuvier les a dernièrement divisés 
en Platydactjles , en Hémidactyles ^ en Thécadactyles , en Pfyo-- 
dactyles et en Phy Hures, 

Nous allons successivement examiner les principales espèces 
de ce genre , en les rapportant à des groupes distincts. 

§. I.*' Geckos manquant d'ongles aux pouces seulement, et de 
pores au'devant de l'anus et aux cuisses; dessous des doigts 
garni d'écaillés transs^ersales , partagées par un sillon longitu^ 
dinal profond ou l'ongle peut se cacher entièrement ; doigls 
élargis sur toute leur longueur, (Thécadactyles, Cuyier.) 

Le Gecko lisse: Gecko lœvis, Daudin ; Stellio perfoliatus ^ 
Schneider } Lacerta rapicauda , Gmelin. La peau est couverte 
partout d'une multitude de très-petites écailles , qui la ren^ 
dent lisse et comme satinée , et qui sont un peu plus distinctes 
et comme arrondies sous le ventre et sous la queue ; celle-ci 
est légèrement conique et presque égale à la longueur du 
corps de Tanimal, qui est ordinairement de huit à dix 
pouces. Le corps est trapu ; les membres sont gros et courts , 
et munis chacun de cinq larges doigts à peine demi -palmés 
k leur basé , arrondis* et munis en -dessus d'un ongle très- 
court, saillant et recouvert par de petites écailles, en sorte 
que chaque extrémité des doigts a trois côtés, et ressemble 
znéme, en petit, à une capsule de tulipe, dit Daudin. 

Ce gecko est gris, marbré de brun en -dessus; sa queue, 
naturellement longue et entourée de plis, comme à l'ordi* 
naire, se casse très- aisément et repousse alors, en prenant 
la forme d'une petite rave. Ce sont ces monstruosités acciden* 
telles qui lui ont fait donner par plusieurs naturalistes mo* 
dernes le nom de gecko rapicauda. Il habite Surinam et les 
Antilles , où il paroît é^re désigné , ausii bien qu'une espèce 
de scinque , sous le nom caraïbe de mahouia. 

Le Gecko de Surinam ; Gecko surinamensis , Daudin. La peau 
de cette espèce est comme chagrinée et entièrement cou^^ 
verte d'écaillés uniformes, d'un très-petit volume, et un peu 
plus grandes sous la queue et le ventre. Il n'y a aucun tu*- 
hercule sur le corps, et la queue, longue et cylindrique, est 
dépourvue de verticilles. 

La forme de ce saurien est asset élancée; il a le corps 



272 GEÇ 

svelte et moins large que la tête, qui est elle-même assez 
alongée. Tous les membres sont amincis i chaque pied est 
muni de cinq .doigts. 

La teinte générale est d'un cendVé pâle; toute la partie 
supérieure du corps est marquée de petites gouttelettes bru- 
nâtres et comme effacées. Derrière chaque œil est une bande 
étroite d'un jaune pâle , bordée des deux côtés d'un trait brun 
un peu effacé. Cette bande se prolonge au - dessus des bras 
sur les flancs , et s'efface insensiblement au-delà des cuisses. 
Le ventre est blanchâtre. La queue a quelques bandes brunes 
en-dessus, avec une très -large raie de la même teinte sur 
son milieu. 

Le gecko de Surinam a été rapporté de la colonie de ce 
nom par le voyageur Levaillant j on en doit la première 
description à feu Ûaudifi. 

Suivant M. Cuvier , le gecko squalidus d'Hermann doit ap- 
partenir à cette même division. 

§. II. Gecltos à doigts élargis sur toute leur longueur, garnis en- 
dessous d'écaillés transversales , et jprivés d^ongles au nombre 
. de trois sur cinq au moins; pas de pores aux cuisses le plus 
souvent, (Pf.ATYDACTYLEs, Cuvicr.) 

Le Gecko sans ongles; Gecko inunguis , Cuvier. Peau cou- 
verte de tubercules; pas* de pores aux cuisses: dos violet; 
ventre blanc ; une ligne noire sur les flancs. Pas d'ongles du 
tout ; pouces très-petits. 

De risle-de-France. 

Le Gecko ocellé; Gecko ocellatus^ Oppel. Peau couverte 
de tubercules; pas d'ongles; pas de pores aux cuisses; pouces 
très-petits. Teinte générale grise; des taches œillées brunes, 
à n^ilieu blanc. 

De l'Isle-de-France. 

Le Gecko céPÉDiEN ; Gecko cepedianus, Pérou. Teinte géné« 
raie aurore , marbrée de bleu ; une ligne blanche le long de 
chaque flanc : des pores aux cuisses ; pas d'ongles ; pouces 
très-petits. ^ 

De risle-de-France. 

Ces trois espèces sont figurées à la 5.*^ planche dePouvKige 
dp M. Cuvier sur le Règne animal. 



GEC 273 

Le Geitje; Lacerta geitje, SparmanD. Queue courte, lan- 
céolée , fort pointue , presque aussi épaisse dans son milieu 
que le corps de Tanimal, qui est sans écailles , tacheté de 
noir en -dessus et blanc en -dessous , avec douze ou qua- 
torze papilles sur le bord de la mâchoire inférieure ; cinq 
doigts à chaque pied; des pores aux cuisses; pas d^ongles 
du tout. 

Ce gecko habite le cap de Bonne -Espérance , où on le 
regarde comme très-venimeux. On y assure en effet que sa 
morsure produit une sorte de lèpre terrible qui se termine 
presque toujours par la mort , et que les effets ne s'en mani- 
festent qu'au bout d'un an ou de six mois au plus tàU Néan- 
moins, dit Sparmann, dans son Voyage au cap de Bonne- 
Espérance , quoiqu'on voie fréquemment cet animal au prin- 
tenips près de Gorée-river et en d'autres lieux, on n'entend 
point parler souvent de maladies causées par sa blessure. 

Les habitans assurèrent au voyageur suédois que, près de 
Sitsikamma, l'animal se nichoit ordinairement dans les co- 
quilles vides de la bulla achatina. 

La queue de ce reptile se détache et tombe au moindre 
choc. Ses mouvemens sont lents. 

Le Gecko dfs murailles : Gecho fascicularis , Daudin; le 
Gechote, Lacépède ; Lacertus facetanus , Aldrovandi ; Lacerta 
mauritanica et Lacerta turcica , Gmelin ; Gecko muricatus , 
Laurenti. Pas d'ongles aux pouces, aux deuxièmes et aux cin- 
quièmes doigts de tous les pieds; point de pores aux cuisses; 
tête rude; tout le dessus du corps semé de tubercules poin- 
tus , formés chacun de trois, ou quatre tubercules squami- 
formes, plus petits et rapprochés ; queue courte , cylindrique; 
un pli longitudinal au bas des flancs, sur les côtés du ventre; 
les écailles du ventre, de la gorge, du dessous de la queue, 
petites, pentagonales et légèrement imbriquées ; anus trans- 
versal et précédé par une rangée de quarante -cinq grains 
poreux : teinte générale d'un gris cendré , avec les doigts et 
les écailles fasciculées brunâtres. Taille de quatre à cinq 
pouces. 

Cet animal hideux , qui se cache dans les trous des mu- 
railles et les tas de pierre», se recouvrant le corps de pous- 
sière et d'ordures, habite tout autour de la mer Méditerranée, 
18. . iB 



274 GEC 

et jusqu'e'n t^rovénce et en Languedoc, où il est cômïntfîï^ 
dît Olivier, et où il porte le nom de Tarenle, nom qui a été 
aussi donné au stellion et à un lézard vert, et qui se rap» 
proche de celui de terrenloUij par lequel les Italiens le dé« 
àignent* 

Lé gecko des fnurailles recherche la chaleur et fuit les 
lieiia bas et humides; aussi le trouve-t-on fréquemment sous 
les toîts deh masures et des vieille» maisons, où il passe 
rhiver sânà cie'pendant tomber dans Un état d^engourdissem^ent 
complet. Dès les premiers jours du printemps il sort de sa 
retraite c^t va s^ réchauffer au soleil ; mais au moindre bruit 
ou lorsqu^il vit pleuvoir il rentre dans sou trou. 

Cet animal^ assez agile, se liourrit d'insectes, et se cram* 
ponhe facilement ittik murailles à Taide dé ses ongles cro* 
chus et des écaillés qui {garnissent le detoods de ses doigts ; 
aussi le' voit-on quelquefois marcher dans une position ren- 
versée le long des plafonds des appartemens, ûu demeurer 
long-temps immobile sous les voûtes des, églises , ainsi que 
Ta observé Olivier. On a dit,- mais à tort^ qu'il étoit veni- 
meux. Il ne jette aucun cii. 

§• IIL Geckos à doigU élargis sut toute leur longueur, gatnis 
en-dessous d'écaillés transversales ; pouces seulement prives d'on^ 
gles ; une rangée de pores au-devant de Vanus* 

Le Gëcko a GonTTEXETTEs ; Gecko guliatus, Daud. Des tuber-- 
cules arrondis et peu saillans sont répandus sur le dessus du 
corps, dont la teinte rousse est semée de taches rondes et 
blanches. Le dessous de la queue, qui est courte, arrondie, 
pointue et munie à sa base de six larges anneaux, est garni 
d'écaillés carrées et imbriquées ; il est d'ailleurs , comme lé 
ventre , d'un blanc jaunâtre sans aucune tache. Taille de huit 
â neuf pouces. 

La couleur des taches est sujette à varier dans cette espèces 
quelques individus les ont d'un bleu clair ; chez d'autres elles 
«ont jaunâtres. 

Ce gecko existe dans tout l'Archipel des Indes. Seba , qui 
Ta figuré dans le tome I.*^ de son grand ouvrage, et qui lui 
a consacré la planche CVIII , le fait venir de Ceilan , et dit 
que c'est à lui particulièrement que l'on donne le nom de 



GEC «75 

gecko pat onomatopée , à cause de son ctî ; mais ^ bien au* 
paravant , Bontius en avoît dit autant d'une espèce de Java* 

Le Gfcko a bandes blanches : Gecko vittatus , Houttuyn f 
Daudin; Lacerta vittata, Gmelin; Lacerta ùnîstriata, Shaw* 
Tête un peu aplatie, large vers les tempes; museau arrondi 
et déprimé; yeux ronds, assez grands, peu bombés; tfne 
rangée de petites plaques carrées autour des mâchoires; une 
multitude de très -petites écailles rondes, bombées, comme 
tuberculeuses, de deux grosseurs différentes, irrégulière-^ 
ment disposées entre elles , recouvrant tout le dessous de 
l'animal , de ses membres , dé sa queue , ses côtés } sa gorge ; 
queue mince , arrondie , formée de trente - deux à trente^* 
quatre anneaux, dont les écailles sont petites^ nombreuse^ 
et disposées sur plusieurs rangées transversales ; deux ou trois 
grains arrondis derrière chaque coin de Tpuverture de l'anus; 
membres amincis, un peu alongés , munis chacun de cinq 
doigts, armés, à l'exception du pouce, d'ongles crochu^^ 
placés sur la dernière phalange et la dépassant à peine. 

Ce gecko est roussàtre en-dessus et blanchâtre en-dessous; 
on voit sur son dos une bande longitudinale blanche , Large 
de deux lignes , laquelle se bifurque sur la tète et sur la ra- 
cine de la queue : cette dernière partie est annelée de blanc. 

Ce reptile habite plusieurs iles de l'Océaa indien , Java et 
Sumatra en particulier* A Amboine il se tient sur l'arbre 
nommé pandang de rivage, et voilà ce qui l'a fait appeler 
lui-même lézard de pandang dans ce dernier pays. 

C'est à la division des geckos comprenant le lézard de pan- 
dang dont nous parlons, que M. Cuvier rapporte l'ano/û 
sputateur de Daudin. Voyez l'article Anous dans le Supplé- 
ment du second volume de ce Dictionnaire. Nous y avons 
donn^ quelques détail^ sur cet animal remarquable. 

§. IV. GecIcQs ayant la ia»e des doigts garnie d'un disque ovale , 

formé en-dessous par un double rang d'écaillés en chevron ; 

cinq ongles à tous les pieds; une rangée de pores de chaque 

côté de Vanus ; le dessous de la queue revêtu de larges plaques» 

(HÉMIDACTYÏ.ES, Cuvicr.) 

Le Gecko a tujsacijuës ratBDJiss; GecJco triedrus, Daudin* 
Dix-huit rangées longitudinales de tiibercules trièdres eipy* 



2-6 GEC 

ramîdaux sur le dos et les flancs; six rangées semblables sur 
la 'base de la queue, et quatre seulement sur le reste de 
cette partie,' peau couverte d'ëcailles hexagonales, plus 
marquées sous le ventre qu'ailleurs ; cinquante plaques trans- 
versales , lisses, étroites sous la queue; sous chaque cuisse 
unï rangée longitudinale de huit écailles, marquées dans 
leur centre d'un pore roux, oblong et un peu saillant; teinte 
g'^nérale d'un jaune pâle un peu sale; une tache brune ob- 
longue, entre deux taches blanchâtres alongées , derrière 
chaque œil; une multitude de petits points noirâtres sur le 
dos, avec quelques nuages bruns qui s'étendent sur l'occi- 
put; âei taches arrondies et blanchâtres sur les flancs; pieds 
courts; doigts séparés, alongés. Taille de sept à huit pouces. 

On ne sait dans quel pays vit ce saurien , que Daudin a 
décrit le premier , et qui paroît être le même animal que 
le stellio mauritanicus de Schneider. Le stellio pkityurus du 
même auteur en est aussi fort voisin. 

Le Tokaie; Gecko tuberculosus , Daudin. Tout le dessus du 
corps couvert d'écaillés infiniment nombreuses, très-petites, 
et parsemées de tubercules épars, assez rapprochés , gros , 
arrondis et pointus, mais sans facettes, comme dans l'espèce 
précédente ; une rangée de pores sous chaque cuisse : couleur 
, générale d'un brun clair, avec quelques taches d'une teinte 
marron , disposées deux à deux sur le dos et d'une forme 
irrégulière; un trait brun derrière chaque œil. Taille d'un 
pied« 

Ce gecko habite Siam , et est appelé tohaie par les Malais , 
à cause du cri qu'il fait entendre et que ce mot semble re- 
présenter. Perrault en avoit parlé, lortg-temps avant Daudin, 
dans ses Mémoires sur les animaux y 3.* partie, pi. 67. 

Le Gecko a queue épineuse : Gecho spinicajjda , Daudin; 
Gecko aculeatus y Houttuyn. Tête large , aplatie; museau ar- 
rondi; dos, dessous de la tête et dessertis de la queue couverts 
d'un nombre infini de très-petites écailles rondes , parmi les- 
quelles ou en voit quelques-unes un peu plus grosses et 
éparses sur le dos, tandis qu'on aperçoit des épines sur la 
base de la queue : dessous du corps et des membres revêtu 
d'écaillés arrondies ou rhomboid*ales, imbriquées, lisses et 
disposées sur des lignes obliques , cdmme réticulées entre 



GEC 277 

elles ; une rangée de pores sous chaque cuisse ; queue arron- 
die , presque aussi longue que le corps, munie à sa base de 
trois larges anneaux; cuisses assez grosses; bras et jambes 
amincis; ventre volumineux : teinte générale d'un gris cen- 
dré sale en-dessus, d'un gris jaunâtre en-dessous; des teintes 
rembrunies sur le dos : ongles petits , apparens et crochus. 
Taille de six à huit pouces. 

Paudin rapporte provisoirement à cette espèce le gecko 
venimeux des Indes , dont parlent Bontius et Valentin , et 
dont les habitans de Java sç servent pour empoisonner leurs 
flèches. Le premier de ces observateurs écrit ^que la morsure 
de ce hideux reptile est tellement dangereuse que, si la 
partie affectée n*est point retranchée ou brûlée , on meurt 
en peu d'heures. Son urine, dit-il aussi, est un poison de« 
plus corrosifs; son sang, et sa salive, jaune et épaisse, sont 
regardés de même comme des venins mortels. 

M. Cuvier place encore dans cette division , sous le nom 
de Gecko de Java , un reptile qui ne paroît différer du tokaie 
que parce quïl est plus lisse, et qui, selon Bontius, a été 
nommé gecko, par imitation de son cri. Il habite autour de 
Batavia dans des lieux humides ou de vieux troncs d'arbres, 
et pénétre dans les maisons^ où on l'a en horreur, parce 
qu'on le croît venimeux. 

Ç, V. Gechos ayant les bouts des doigts seulement dilatés en 
plaques, dont le dessous est strié en éventail; les ongles placés 
dans une fissure pratiquée au milieu de cette plaque, fort cro' 
chus et ne manquant à aucun doigt, (Ptyodactyles , Cuvier.) 

Le Gecko des maisons : Gecko lobatus, Geoffroy Saint-Hi- 
laire ; Gecko teres , Laurenti; Lacerta gecko , Hasselquist, Lin- 
nœus, Gmelin; Stellio Hasselquistii , Schneider; Gecko perlatus , 
Houttuyn. Corps déprimé, large et trapu, lisse, d'un gris 
roussâtre piqueté de brun ; écailles et tubercules très-petits ; 
doigts libres; queue ronde; anus transversal, avec trois petits 
tubercules à chaque coin; une rangée de grains poreux sous 
les cuisses. Taille d'un pied au plus. 

Cette espèce est commune dans les lieux humides et som- 
bres des maisons des divers pays qui bordent la mer' Médi- 
terranée au midi et à l'orient, en Egypte, en Arabie, en 



y 



37» GEC 

Syrie, en Barbarie, d'où elle ^^èH ensuite répandue dans 
diverses contrées de l'Europe méridionale. Au Caire on 
Bomme le gecko des maisons ahou burs (père de la lèpre), 
parce qu'on prétend qu'il donne ce mal en empoisonnant 
avec ses pieds les alimens et surtout les salaisons, qu'il aime 
2>eaucoup. Quand il marche sur la peau , il y fait naître des 
rougeurs , mais peut-être seulement à cause de l'acuité de 
ses ongles, dit M. Cuvîer. 

Sa voix ressemble au coassement des grenouilles. Son cri 
peut être, dit-on, rendu par les syllabes gec-ho. Linnœus le 
. compare à la strideur d'une belette. 

Les anciens auteurs, en parlant de ce reptile, ont du reste 
attaché trop d'importance aux fables que débitent les Levant 
îtîns sur son compte *. Bontiu6 , par exemple , a eu tort de 
dire que le gecko peut imprimer ses dents sur les corps 
durs , même sur l'acier ; il ne les a même point assez fortes 
pour percer la peau» 
^ Ce n'est ni par sa morsure , ' ni par sa salive , ni par son 
urine , que cet animai est nuisible. Hasselquist a remarqué 
que le venin est exhalé par les lobules des doigts. Cet au- 
teur, en 1760, a vu au Caire deux femmes et une fille qui 
^rent sur Jle point de mourir pour avoir mangé du fromage 
sur lequel cet animal avoit marché. Une autre fois il vit la 
.main d'un homme qui avoit voulu saisir un gecko, se cou<» 
vrir k l'instant de pustules rouges, enflammées et accompa- 
gnées d'une démangeaison pareille à celle que cause la pi-r 
qûre de Fortie, 

On assure que les chats poursuivent le gecko et s'en nour- 
rissent. On l'écarté des^ cuisines en Egypte en y conservant 
beaucoup d'ail. Lui-même se nourrit d'insectes. Ses œufs 
ont le volume d'une noisette. 

Le Gecko porphyre; Gecko porphyreus^ Daudin. Petit et 
svelte, d'un roux brun marbré en-dessus, et parsemé d'une 
certaine quantité de très -petites taches rondes ^ pâles et 
éparses sur les flancs , le dos et les membres , d'un blanc 
roussàtre en -dessous. Ce gecko habite diverses pafties de 
l'Amérique méridionale, principalement {'île de Saint- Dov 
mingue. 

Daudin , qui l'a décrit le premier , l'a confondii k toft ^y^ 



GEE 



279 



le mahoya des Antilles , dont Le Romain parle à Tarticle Lézard 
de l'Encyclopédie de Diderot. 

M. Cuvier rapporte à sa section des ptyodactyles quelques 
sauriens dont M. Duméril a fait un genre sous le nom 
d'UaopLATE. (Voyez ce mot.) 

Les Phyllures sont des geckos qui n'ont point les doigU 
élargis. (H* C. ) 

GECKO IDE, Geekoides. [ErpétoL) Dans son Voyage aux 
terres australes (tom. 1 , pag. 406), Pérou propose l'établis- 
scment d'un genre de ce nom dans la famille des reptiles 
sauriens. Il y place , comme type , le gecko platurus de Shaw , 
que Ton trouve dans les marais des environs du port Jackson» 
L.es caractères qu'il assigne à ce nouveau genre , sont les sui^r 
vans: 

Doigts grêles , alongés , très-eàmprimés latérulement et dé^pour-» 
vus des folioles qui caractérisent les geckos; queue lancéolée. 

Le geckoïde de Pérou a le corps très -plat, la tête fort 
grosse , les yeux saillans , la pupille linéaire et verticale. Il 
0e nourrit d'insectes aquatiques. Sa queuç se diétache avec 
ia plus grande facilité et pour peu qu'on y touehe, Voyes 
Gecko. (H. C.) 

GECKOTË {ErpétoL)^ nom d'une espèce de gecko du sous*- 
genre des platydactyles. (H. C.) 

GECKOTIENS. (ErpétoL) M. Cuvier a établi sous ce nom 
une famille de reptiles sauriens. Elle est formée par le seul 
genre Gecko. Voyez ce mot. (H. C.) 

GEDEMALCHER. {Ornith.) C'est, en norwégien, l'engou- 
levent, caprimulgus europœus , Linn», qu'on appelle en aile* 
xnand Geissmelker» ( Ch. D.) 

GEDWAR. {Bot,) La zédoaîre est ainsi nommée par Clu- 
fiius. 11 dit encore ailleurs que c'est le geiduar apporté ie la 
Chine dans l'Inde. (J.) 

GEECK A. ( Ornith. ) , nom que porte , en Laponie , le 
coucou , cuculus canorus , linn. ( Cfl. D. ] 

GEELGORDST {Ornith.)^ terme qui , suivant Aldrovande, 
désigne le bruant commun, emheriza citrinella, Linn. (Ch. D.) 

GEELICHEN, GEELOBRCHEN {Bot.) ; noms de la chan- 
terelle , champignon du ^eote MeraUns, à Meissen^ en Saxe 9 
4?t en Prusse^ (Leh.) 



58o GEE 

GEERIA. (Bot.) Necker substitue ce nom à celui de 
enourea^ donné par Aublet à wn de ses genres qui p^oît_ 
appartenir à la famille des sapindées , et dont aucune raison 
ne peut motiver le changement de dénomination. (,J.) 

GEERING - LANDA. (Bot.) La plante légumineuse qui 
porte ce nom à Sumatra, paroit être un cniquier, guilan- 
dina, dont les graines nommées geering (c'est-à-dire petits 
grelots) font du bruit dans leur cosse^. L'expression landa/ 
qui signifie hérisson, .paroit provenir de ce que la cosse ou 
gousse est trés-chargée d'aspérités. (J.) 

GEGEBANNA {Bot.) , nom japonois de Vastragalus sinicus^ 
cité par M, Thunberg. (J.) 

GEGLER {Ornith»), un des noms que, suivant Frisch , les 
Allemands donnent au pinson des Ardennes, fringilla morUi- 
fringilla, Linn. (Ch. D.) 

GEGUERS , GI AVERS, JEVERS (Bot,) : noms arabes du 
millet, panicum miliaceum , selon Daléchamps. Ces noms dif- 
fèrent de celui de dokhn, cité pour la même plante par M. 
Delile , et qui a quelque rapport avec celui de dochon, men- 
tionné par Daléchamps pour le panis , panicum italieum. 
Nous faisons ici cette observation , parce que précédem- 
ment nous avions appliqué., par inadvertance, le nom de 
dochon au millet; ce qu'il faut rectifier. Voyez Dochon. (J.) 

GEHAJA. {IckthjoL) Voyez Gahaja. (H. C.) 
.GEHLÉNJTE. (Min.) JNom donné, en mémoire du chimiste 
Gehlen , à une substance minérale trouvée nouvellement 
près Salzbourg en Bavière , qui se présente en cristaux ré- 
guliers, noyés dans une gangue de calcaire spathique, et que 
M. Léman considère' comme une simple variété de son espèce 
jamesonite, espèce qui réunit ce que les minéralogistes avoient 
désigné successivement par les noms d^andalousite et-de fel' 
spath apjre» M. Cordier en fait une idocrase. Voyez JAMSsor 
niTE. (Braud. ) 

GEHŒRNTER WELS {îchthyoU) , nom aUemand de l'agé- 
néiose armé. (H. C. ) 

GEHUPH, COBBAM. {Bot.) LVbre de l'île dp Taprœ. 
bane (probablement Sumatra), cité sous ces noms par Da- 
léchamps et C. Bauhin, n'a été rapporté jusqu'à. présent à 
aucun genre connu. 11 porte des fruits sphériqups as^^z grosi 



GEI a8i 

contenant une noix monosperme , dont Tamande fournit, par 
expression , une huile fort estimée par les naturels du pays 
pour diverses maladies. (J.) 

GEIDUAR. (Bot.) Voyez Gedwar. (J*) 

GEIER (Ornith,), nom générique des vautours en langue 
allemande, dans laquelle le gypaète est appelé Geieradler, 
(Ch. D.) 

GEÏRAN. (Mamm.) Gemelli Careri donne ce nom à une 
antilope du cçntre de l'Asie, qui est ïantilope guUurosa de 
Pallas. Ce nom s'écrit encore Dsheren et Tzeiran. Voyez ces 
mots et Antilope. (F. C.) 

GEIRFUGL. ( Ornith. ) Ce nom islandois est donné , sui- 
vant O. F. Millier, au harle vulgaire, mergus mer ganser ^ 
Linn.*, et au grand pingouin, alca impennis , Linn. ( Ch. D.) 

GEISSE, GEISS, GEIT , GEID , GET, GEYSE {Mamm.), 
noms de la chèvre domestique dans les langues d'origine 
germanique. (F. C. ) ' 

GEISSORHïZA. (Bot.) Genre de plantes monoco.tylédones, 
à fleurs incomplètes, très-voisin des ixia, de la famille des 
iridées , de la triandrie monogynie de Linnaeus , oflFrant pour 
caractère essentiel : Une spathe bivalve ; une corolle mono- 
pétale; le tube droit, un peu renflé à son orifice; le limbe 
à six division^ égales, étalées; trois étamines droites; un 
style incliné, à trois stigmates un peu élargis, crépus et 
frangés à leur^ bords. Le fruit consiste en une capsule sca- 
rieuse, ovale -trigone, contenant un grand nombre de se- 
Qiences fort petites* 

Le genre îxia est composé d'espèces si nombreuses qu'on 
a essayé de les distribuer en plusieurs genres; à la vérit/^ , les 
caractères qui les distinguent sont bien foibles : dans le gci*- 
sorhiza, ils sont particulièrement établis sur le tube de la 
corolle et sur les stigmates membraneux et frangéib Les prin- ' 
cipales espèces à y rapporter, toutes originaires du cap de 
Bonne-Espérancp , sopt : 

Gexssorhiza de la roche : Geissorhiza rochensis, Bot, Magaz», 
tab. 698 , swi ixia; Ixia radians, Thunb., in Weber; Vahl , 
Enum,, pL 3, pag« 75. Ses racines sont bulbeuses; ses tiges 
droites, presque simples, grêles, flcxueuses, hautes de quatre 

à §ix |)Quce3 7 tern^iftées par une seule fleuj» Les feuilles fili- 



:i8a ' GEI 

formes, à deux stries, plus courtes que lf?s tiges, vaginales, 
renflées ^leur gaine. Le limbe de \sl corolle est J)leu , marqué ' 
dans son milieu d'un cercle blanc, de couleur purpurine à 
la base avec une tache plus foncée ; la spathe de la longueur 
du tube. 

Geissorhiza ukilatérale : Geissorhiza secunda, Bot. M/igaz, , 
tab. iio5; Ixia seeunda, Thunb. , Diss, et Bot, Magaz,, S^j, 
Cette espèce est pourvue d'une bulbe dure, de la grosseur 
d'un pois. Ses tiges sont droites, velues, cylindriques, près* 
que simples, aVticulées, hautes de huit à dix pouces; les 
feuilles linéaires, ensiformes, droites, glabres, nerveuses, 
plus courtes que les tiges; les fleurs droites, petites, alternes, 
sessiles, violettes ou bleuâtres, toutes tournées du même 
côté, disposées, au nombre de quatre à six , en un épi penché 
;sur un axe courbé entre chaque fleur presque en demi- 
cercle ; les deux valves de la spathe oblôngues, inégales, 
une fois plus longues que le tube de la corolle. 

Geissorhiza sétacée : Geissorhiza setacea, Bot,, Magaz, , i loS; 
Ixia setacea, Thunb., Dûs., n.** i3; Ses tiges sont droites, 
filiformes, en" zigzag, rouges, glabres, longues de deux ou 
trois pouces, presque nues; les feuilles très-étroites, linéaires, 
aiguës , plus courtes que les tiges radicales , au nombre de 
.deux ou trois; les spathes vertes , striées , de la longueur du 
tube de la corolle ; les trois divisons extérieures du limbe 
rayées de rouge en dehors, blanches en dedans; les trois 
intérieures tout-à-fait blanches. Vixia suhlutea, Lamk.,£nc., 
n.** 8, pourroit bien être une des nombreuses variétés de 
cette espèce. 

Geissorhiza a dodble gtampe : Geissorhiza geminata, Bot, 
Magaz,, l,c,; Ixia geminata ^ Vahl, Enum,, 2, pag. 68; Ixia 
ohtusata, Bot, Magaz, ^ tab. 67 a. >Ses tiges ou ses hampes sont 
anguleuses à leur partie supérieure , munies , un peu au- 
diessus de leur base , d'une articulation entourée par la gaine 
d'une feuille, de laquelle sort un rameau en forme de 
hampe , un peu plus court que la hampe principale : d'où il 
résulte que cette plante paroit avoir deux hampes. Les feuilles , 
au nombre de trois eu quatre , sont toutes radicales , étroites, 
linéaires, beaucoup plus courtes que les hampes; les fleurs 
jaunàtr^is, distantes , longues d'un pouce ; les spathes vertes f 



GEI 283 

lancéolées 9 longues d*un demi-pouce; le tube de la corolle 
aussi long que Jes spath es; les divisions du" limbe lancéolées , 
aiguës ; les trois extérieures rougeàtres en dehors. 

Geissorhiza basse : Geissorhiza humilis, Thunb.. Diss,, n/49 
suh ixia. Cette plante est pourvue d'une bulbe de la gros* 
seur d'une noisette , profondément enfoncée dans la terre; 
sa hampe est droite , nue , filiforme , haute de quatre à sept 
pouces ; deux ou trois feuilles radicales , droites , glabres , 
linéaires, sillonnées, plus longues que la hampe; les ileurs, 
au nombre de trois à huit , disposées en grappe unilatérale , 
sur un axe en zigzag ; la corolle jaune , d'un blanc roussàtre 
ou couleur de chair. 

Geissorhiza a fleurs de scille : Geissorhiza scillaris , Lamk. , 
Dict. , sub ixia* An Ixia pentandra ? Linn. , SuppL Espèce très<- 
élégante , remarquable par la ressemblance de ses fleurs avee 
celles de plusieurs scilles. Sa tige est droite, cylindrique, 
simple ou rameuse, haute de huit à dix pouces; ses rameaux 
un peu en zigzag; les feuilles étroites, ensiformes, droites, 
plus courtes que les tiges , à quatre ou cinq nervures ; les 
fleurs alternes, nombreuses, sessiles, disposées en longs épis 
terminaux d'un pourpre violet, mêlé d'un peu de jaune; 
le limbe ouvert en étoile ; les spathes courtes, ^mem'bra^ 
neuses, souvent purpurines à leur sommet; l'extérieure tri- 
dentée, l'intérieure bifide; le tube grêle, de la longueur de 
la spathe; les anthères très-longues, tronquées à leur extré«> 
mité ; les stigmates en crochet. 

Geissorhiza hérissée; Geissorhiza hirta, Thunb., Diss* , 
n.^ 6, suh ixia. Cette plante s'élève à la hauteur de sept à 
neuf pouces sur une tige droite , simple où rameuse , 
glabre , cylindrique , un peu courbée en zigzag. Les feuilles 
sont linéaires , ensiformes , droites , pileuses , striées , uq 
peu moins longues que la tige; les fleurs alternes, sessiles, 
tournées d'un seul côté, disposées, au nombre de trois à cinq, 
en un épi penché, sur un axe arqué entre chaque fleur; 1^ 
corolle d'un pourpre bleuâtre; son tube plus court que la 
^pathe ; celle-ci est à deux valves oblongues , entières^ Vixia 
inflexa, Laroche 9 diffèri? à peine de cette espèce. 

Geissorhiza a FKUitLEs courtes : Geissorhiza excisa, Botp 
Mfigaz,f l, p.; I;çia excisa. lÀfxn, ^ Buppî.^ p2 ^ Thuub., Diss., 



\ 



284 ■ CxEI 

n.° 24 9 tab. 1. Cette espèce^ distinguée par ses feuilles 
courtes et par le tube alongé de sa corolle , s'élève très-peu. 
Ses tiges sont droites, glabres, menues, un peu flexueuses , 
hautes d'-environ trois pouces; ses feuilles, toutes radicales, 
sont planes, glabres, ovales -pblongues, presque obtuses, 
deux ou trois fois plus courtes que la tige, ordinairement au 
nombre de deux, séparées Tune de l'autre comme une feuille 
I fendue en deux : il existe quelquefois une feuille courte et 
vaginale dans la partie moye^jne de la tige. Les fleurs sont 
blanches ou rougeàtres , purpurines en dehors, alternes, 
sessiles, unilatérales; la spathe verdàtre, obtuse;^ le tube de 
la corolle au moins une fois plus long que la spathe ; son 
limbe plus court que le tube. (Poir.) 

GEISSODEA {Bot,)j c'est-à-dire, en forme de tuiles, en 
grec. C'est ainsi que Ventenat a nommé la troisième section 
du genre Lichen de Linnseus, dont il faisoit un genre par- 
ticulier. Les espèces se font remarquer par leur expansion 
adhérente, foliacée, à découpures imbriquées, libres vers 
la circonférence ; les sculelles sont sessiles ou légèrement 
stipitécs. Les lichens stellarls, omphalodes ^ saxatilis , parietinus j 
Linn.; et les lichens conspersus, Ach. , et corrugatus, Smith., 
furent rapportés au geissodea par Ventenat. Dans le Pro- 
drome d'Acharius, ces lichens font partie de la tj-ibu qu'il 
désigne par imbricaria , et dont M. De CandoUe a fait, sous 
la même dénomination , un genre distinct ; maintenant Acha- 
riusles a transportés dans son genre Pabmelia. Voyez ce mot. 
(Lem.) 

GEISZ-VOGEL. (Or/iii/i.) L'oiseau connu sous ce nom 
en Silésie est le courlis commun , scolopax arcuata, Linn. 
(Ch. D.) ' 

GEITCHOGATCHI. {Ornitji,) Les oiseaux aquatiques que 
Kraschenninikow indique sous ce nom et sous celui de 
geichogatchi , ^ont des espèces de canards qu'on appelle, 
en Russie, selezni et swlazi, (-Ch. D.) 

GEITJE. (Erpét,) Sparmann a décrit , sous le nom de lacerta 
geitje, un saurien qui passe pour très -venimeux au cap de 
Bonne - Espérance , contrée dans laquelle on le trouve. Sa 
morsure, a-t-on dit dans le pays à ce voyageur, produit 
une lèpre presque constapiment mortelle, mais seulement 



■ GEL ^ 285 

après six mois ou un an de souffrances , et lorsque tout le 
corps s'est déjà partagé en lambeaux. Ce lézard appartient 
au genre des geckos , et à la division de ces reptiles que 
M. Cuvier a nommée Platy dactyles. Voyez Gecko et Platy- 

DACTYLE. ( H. C. ) 

GEITOAIR {Ornith.)j nom koriaque d'une espèce d'oie, 
suivant Kraschenniniko^v. (Ch. D.) 

GÉITOHALE. (Min.) M. Wild propose de donner ce nom, 
qui veut dire voisin du sel, à notre chaux sulfatine spatliique, 
qui se trouve en effet dans les salines, maiis non pas exclusi- 
vement. Cette substance est déjà connue sous les noms de 
spath cubique y de muriacite, d'anhydrite , de chaux sulfatée an- 
hydre, de chaux sulfatine. Voyez Chaux sulfatine. (Brard.) 

GEKATCHITCHIR. {Omith.) Ce nom kouril, cité par 
Kraschenninikow comme correspondant au stariki des 
Russes, est probablement applicable à l'espèce de pingouin 
nommée par Lînnœus alca psittacula, (Ch. D.) 

GEKRŒNTES. (Ornith.) Gesner donne ce terme comme 
désignant, en allemand , le troglodyte, motacilla troglodytes , 
Linn. (Ch. D. ) 

GEKROSSTEÏN ou GEKRŒSESTEIN. (Mm.) Les mineurs 
allemands donnent ce nom à la baryte sulfatée concrétion- 
née qu'on a^trouvée d'abord dans les salines de Wieliczka 
en Pologne , et ensuite en Saxe et en Derbyshire : c'est la 
pierre de trippes des anciens minéralogistes (voyez Baryte 
sulfatée concrétionnée^). Suivant Stutz, le même nom alle- 
mand a été donné' à une chaux sulfatée qui présente aussi 
des stries et des dessins contournés. (Brard.) 

GELA. (J5of.), Genre de plantes établi parLoureiro, dans 
la Flore de la Cochinchine. Il paroît devoir être réuni au 
ximenia , dont il diffère cependant par ses pétales entièrement 
lisses y son stigmate bifide, ses feuilles opposées. (J.) 

GELALA-ITAM {Bot.) , nom malais de l'arbre de corail, 
erythrina indica de Lamarck. ( J. ) 

GELAPO {Bot,), un des noms anciens du jalap. (J.) 

GÈhASlE y Gelasia, {Bot») [Chicoracées , Juss. = Syngénésie 
polygamie égale, Linn.] Ce genre de plantes, que nous avons 
proposé dans le Bulletin de la société philomatique de Mars 
iBi8^ appartient à la famille des synanthérées, et à la tribu 



»ic ' GEL 

naturelle de$ lactucécs, daûs laquelle nous le plaçons Immé- 
diatement auprès du scorzonera, dont il dififère par le péri- 
cline subbisérié , à squames extérieure^ longuement appen- 
diculées ^ par la corolle glabre , et surtout par Taigrette , qui 
n^est point plumcuse* 

La calathide est incourônnée , radiatiforme , multiflore, 
fissiflore, androgyniflore. Le péricline, égal aux fleurs mar-^ 
ginales , est formé de squames bi-trisériées : les extérieu;res 
beaucoup plus courtes , ovales , appliquées , coriaces , sur- 
montées d'un très-long appendice filiforme, inappliqué] les 
Intérieures ovales- oblongues, appliquées, presque inappen* 
diculées^ Le clinantbe est plane, inappendiculé , ponctué. 
Les ovaires sont cylindriques, incoUifères, munis de côtes 
striées transversalement, et d'un bourrelet apicilaire } leur 
aigrette est. irrégulière , composée de squamellules très* iné- 
gales, filiformes, épaisses, 4)arbellulées. Les corolles sont 
glabres. 

Gélasie velue : Gelasia villosa^ H. CsLSS*;- Scorzonera villosa, 
Scop., Flor, Carn* C'est une pla^ite herbacée, dont la tige, 
haute d'environ deux pieds, est rameuse, cylindrique^ épaisse^ 
striée « garnie de longs poils mous; les feuilles sont alternes, 
aessiles, demi«-amplexicaules, dressées , longues d'envirdn huit 
pouces , larges de quatre lignes à la base , étrécies de bas en 
haut, presque filiformes supérieurement, très -entières sur 
les bords, garnies sur les deux faces de lofi|;s poils mous, 
épars, et munies de plusieurs nervures simples, parallèles; 
les' calathides ^ composées de fleurs jaunes , sont grandes et 
solitaires au sommet de la tige et des rameaux , qui sont dé* 
pourvus de feuilles en leur partie supérieure ; les përiclines 
sont velus , comme les rameaux qui leur tiçaneat lieu dç 
pédoncule. Nous avons observé et décrit cette plante ^ dans 
l'herbier de M. D^sfontaines , sur des échantillons provenant 
du Jardin du Roi. Il est probable que c'est la même espèce 
qui, sous le nom de scorzonera viUo$a, est imparfaitement 
décrite et fort mal figurée dan^ ia Flora CarnioUcM. de Sco- 
poli, où il est dit qu'elle habite auK eavirons de Trieste. 
(H.Cass-; 

GÉLASlMfi,* Gelasimus, Latr. {Crust.) Genre de crus^tacés 
décapodes de la famille des brackyures, voisin des Ocypooes , 



GEL 2S7 

des 6oNEPtACEs et des IJcas (voyez ces mots). Il diffère des 
premiers par les antennes, lès yeux et les proportions rela- 
tives des pieds; des seconds, parle troisiéoie article despieds**^ 
mâchoires extérieurs, et des troisièmes, par la forme du testé 
En effet, les gélasimes ont le test en forme de trapèze, lés 
pieds -màclioires extérieurs rapprochés Tun de l'autre , et 
leur troisième article à Textrémité latérale et supérieure de 
celui qui le précède. Les quatre antennes sont découvertes 
et distinctes, les latérales cétacées. Les yeux sont situés à 
l'extrémité d'un pédicule grêle, prolongé jusqu'aux angles 
extérieurs du test , et reçu dans une fossette longue et 
linéaire. Les pieds diminuant graduellement de longueur » 
à partir de la seconde paire 5 mais un des caractères les 
plus remarquables des gélasimes est la grandeur dispropor-'^ 
tionnée d'une de leurs serres , l^autre restant ordinairement 
très- petite* 

Ces crustacés habitent près des ri^vages et les pays chauds. 
On en connoît surtout trois espèces* 

La GéiÂSiME MARACOANi j Gelosima maracoani > Herbst , 
Cane, tàhé 1 , figé 1. Test chagriné, deux dépressions linéaires 
dans le sens de la longueur du test ; corps jaune rougeàtre. 
Il se trouve à Cayc;nne et au BrésiL 

La Gélasime combattante ; Gtlasima pugilatot; Ocjpode pU" 
gilatorj Bosc^ ïest uni, ponctué, fond gris, une tache vio- 
lette en avant, et en arrière des lignes noires disposées paral- 
lèlement. Cette espèce se forme , en très-grand nombre , des ^ 
terriers ) qui sont cylindriques et très-profonds* Les mâles 
se distinguent des femelles par des couleurs plus fortes , une 
taille moindre, et une queue triangulaire. Les femelles 
portent des <eufsdèsle mais de Février. Pendafit l'hiver cette 
gélasime reste engourdie au fond, de ses terriens. £Iie se 
trouve dans la, Caroline. 

La GéLASiM^ AFfE(.ANT£i Gelastitia ^ocans; Cautcer voûûns , 
Degéeï, Insé, t. 7^ p«43o9 pi. 26, ûg* 12. Test uni «vec son 
bord antérieur terminé en pointe ; corps jautte pàle>, ]>oiictué 
de rouxé M* Bosc ^ vu , dans la Caroline , eette espèce se 
jeter en foule sur les eharogne« pour les dévorer. Le nom -ée 
vocana lui a été donné parce qu^on la voit souvent élever sa 
grosse pince , comme pour avertir, pour appeler. 



288 OEL 

GELASON. (Bot,) C'est, suivant Adanson, le nom celtique 
dii diotis mariUma , Desf. (H. Cass.) 

GELATINA. {Bot.) Genre proposé par M. Rafinesque- 
Schmaltz pour placer quelques champignons d^une substance 
gélatineuse , sans forme déterminée, naissant sur le bois, et 
qui se trouvent dans plusieurs parties de l'Amérique septen- 
trionale. M. Rafinesque en désigne plusieurs espèces sous les 
noms de fatidissima , lutea, rubra, alha, (-Lem.) 

GELATINARIA. {Bot,) Roussel, dans sa Flore du Calva- 
dos, établit sous ce nom un genre de plantes cryptogames 
de la famille des algues , qui a pour type le cori/èrva gelor' 
tinosa, Linn. C'est le même que celui appelé par les hoià-- 
nisies batrachospermum, (Lem.) ' 

GÉLATliNE. {Chim.) Substance formée de 
Oxigène..*. 2*7,207 

Azote 16,998 

Carbone. . . . 47,881 

Hydrogène . . 7,91 4- ( Gay-Lussac et Thenard.) 

•' Proprie les physiques. 

Elle est solide , plus dense que Teau , sans couleur, inodore , 
insipide. 

Propriétés chimiques. 

a) Cas où la gélatine agit par attraction résultante. 

Exposée dans une atmosphère humide , elle ^absorbe un 
peu d'eau. 

A froid , elle ne se dissout pas ou que très-peu dans Peau , 
si ses particules sont très- cohérentes; à 100 degrés elle s'y 
dissout bien. Lorsque cette solution est assez concentrée , 
elle se prend en gel^e par le refroidissement; c'est de là que 
lui vient le nom de gélatine. 

Cette propriété est due , sans doute , à ce que , la gélatine 
étant beaucoup plus solublé à chaud qu'à froid, par le re- 
froidissement elle se sépare en grande -partie de l'eau à 
l'état solide ; mais cette matière solide est si divisée qu'elle 
enveloppe entre sts particules l'eau * qui la tenoit en disso- 

1 Cette eau contient la gélatine qu'elle est susceptible de dissoudre 
à froid. 



GEL «8« 

« 

hitioiiy et Sa fbrce de icohésion est si fbibleque le liquide 
y reste interpose. 

La solution aqueuse de gélatine n*a aucune action sur le$ 
couleurs végétales t si la solution de colle de poisson rougit 
le tournesol, et si celle de colle forte agit comme un alcali 
sur l'hématine ^ cela dépend de substances étrangères à la 
gélatine* 

Leê acides et les alcalis , qui sont assez étendus d^ eau pour 
ne pas changer, la composition de la gélatine, ne la précipi» 
tent pas de sa dissolution. 

Un assez grand nombre de sels la précipitent ^ iMitaaiaeat 
ceux qui ont une saveur très-astringente,- comme Thydro* 
chlorate d'iridium ' y le nitrate de mercure *• Ces précipités 
sont formés de gélatine , de la base du sel , et certainement 
aussi de l'acide qui étoit uni à jcette dernière ; mais nous 
ignorons si Tacide est à la base dans le mépe rapport que 
dans le seL 

M. Mérimée a observé que le persulfate de fer la précipi* 
toit. En constatant ce fait , nous avons remarqué que le pré* 
cîpité égoutté pouvoit être redissous par Peau bouillante y et 
que Tammoniaque ajoutée à la dissolution n'en précipitoit 
pas ou que très -peu de peroxide de fer^ même au bout de 
vingt-quatre heures, ce qui prouve évidemment que la gela* 
tine a de Faction sur cette base. 

. M. Mérimée a encore observé que Falun épaissit la solu- 
tion de gélatine, et que le mélange redevient parfaitement 
limpide lorsqu'on y ajoute de l'eau. 

L'hématine , la noix de galle et les matières végétales solu« 
blés dans l'eau , qui ont une saveur astringente , précipitent 
la gélatine en formant avec elle des composés plus ou moins 
insolubles. On a généralement attribué la précipitation de 
la gélatine, par les substances astringentes, à un principe 
immédiat que l'on a nommé tannin ; mais, comme l'existence 
d'un pareil principe est loin d^être démontrée , nous revien- 
drons sur ce sujet "au mot Substances astringentes'» 

L'amer de Velter, et les substances que M. Hatchett A 

i Vauquelia< 

a Thornsoft. 

18* 19 



•90 GEL 

• 

AoaiméM tOMiins artificiels, préoipitcot la gélatine en s^ttnîs* 
sant avec elle. Nous en parlerons au mot SuhitaHces aêtiin^ 
gêrUtà artiJlûieUe$. 

Le< huiles , l'éther et Talcool concentré ne dissolvent pas 
kl gélatine ftéche. 

Lofiqu*oÀ verse de Talcoôl dans une solution aqueuée de 
gélatine , il s'y fait un précipité, qui est de la gélatine. Quelle 
que soit la quantité d'alcool, il reste toujours une quantité 
notable de matière en dissolution. Le précipité est redisftous 
quand on ajoute de l'eai^ au mélange des deux liquides. 

b) Cas où la gélatine agit par affinité élémentaire. 

Lorsqu'on fait passer du chlore dans une solution de géla- 
tine , ou lorsqu'on mêle celle-ci avec de Feau de chlore , il 
fte produit des flocoAs blancs , qui finissent par se réunir en 
filamens soyeux, élastiques. Ce précipité est insipide; il 
rougit légèrement le tournesol; il ne se dissout pas dans 
l'eau et Talcool .* quand on l'abandonne plusieurs jours à 
luKméme , il s'en sépare du chlore. Les alcalis le dissolvent ; 
une portion de ces bases devient chlorure. M. Bouillon- La- 
grange a considéré cette substance comme de la gélatine 
oxigénée. Depuis , M. Thenârd Va. examinée , et l'a considérée 
eomme un composé de chlore, d'acide hydrochlorique et 
de gélatine probablement altérée. 

L'acide nitrique favorise la dissolution de la gélatine sèche 
dans l'eau ; mais il finit par la Convertir en plusieurs com- 
posés, notamment en acide oxalique. 

L'acide sulfuriqtie concentré exerce snr la gélatine une 
action extrêmement reâiarquable , dont M^ Braconnot a fait 
eonnoître le résultat. Il mit 12 grammes de gélatine en 
macération avec 24 grammes d'acide sullVirique concentré. 
Au bout de vingt-quatre heures la liqueur n'étoit pa& sensi- 
blement colorée; il y ajouta un décilitre d'eau, et fit bouillir, 
pendant cinq heures, en ayant soin de remplacer Teaù qui 
se vaporisoit : il satura l'excèis d'acide par la craie ; filtra , 
fit concentrer la liqueur, et l'abandonna ensuite à elle-même. 
Il obtint, !•• des cristaux sucrés; 2.* un Uquidè sirupeux incHs- 
tallisahle. 



GEL Û94 

Cf4êtaux êk^fiiih, ' 

Ils &t>nt Sdtls t^tihH grenue du prîémaliquei leui* suTeo» 
Mt douce et sucrée , à p«ift prés comme eelle dm 4Mi«re 4t 
iraisin. 

Ils sont un peu plus solubles dans Teau que le Sucre de 
iait. L'alcool bouillant, même fbible ,"11^ les dissout pas. 

Ils ne sont pas. susceptibles d^ëprouvejr la fermentalioii 
alcoolique. Cette propriété nous empêche d'adopter le nom 
de Sttcre de gélatine que M. Braconnot leur a donné , parce 
que les espèces qui forment le genre Sucre ont pour caraet- 
tère principal de produire de Talcool lorsqu'elles sont placée^ 
dans des circonstances convenables. (Vo/ezSucAfi, etFfiaMEN* 
^ATum ALCOOLIQUE, l'om* i6 , pag. 4404) 
. Lorsqu'on les soumet à la, distillation , on obtient Uo su- 
blimé blanc et un produit ammoniacal : c'est une preuve 
f u-'ils contiennent de l'azote : cette composition les diAtingue 
encore des espèces du genre Sucre > qui sont dépourvi^/sa dp 
eet élément. 

A froid , l'acide nitrique ae les dissout pas Ou que très*peu ; 
à chaud ) la solution a lieu sans efifervescence et sans produo^ 
tion diacide nitreui^* En faisant évaporer doucement l'excès 
diacide nitrique , on obtient un résidu plus pesant que les cris- 
taux employés. M. Braoo&nist le considère eotome une com- 
binaison d'âeide nittique et de la mbstance des cr|staujt^ il 
t'appelle aciâê nitrèrBatchéHqyt* 

L'acide nitro - sacctiarique oHstallIse en prismes ineolortl 
qui ressemblent aux cristaux de sulfate de soude :'il a une 
saveur acide et légèrement «uctée ; il eet très^-soluble diin 
l'eau. Exposé au feu , il se boursoufla* beaucoup ti fuse 
obscurément en exhalant une rapeur piquante. 

Il formé deuic comhiMûsiénê Avec la p^lusit; l'une est atèc 
excès d'aeide , et l'autre est neutre : tontes .deux ctîstalliie&t 
en aiguilles et détonent fkt la chaleur» 

Il forme avec l&tihaiiiô un sel qui* crietoUise dn prismes fins^ 
qui n*est pas déliqueBoent, «t q«i ttksé quand un 2e jette Sur 
un charb6n ardent. 

Ilfotmè àvte lu ¥ntLgné$iB U-à éel 4ê6qM09t>$tii , qui^ exposi 
Âu feu , se fùnû , se boursoufie $ (Wse et laisse un résidu Spon* 
gieux brun^ 



«9» GEL^ 

ïl forme as^tc l'oxiàt de plomb jaune un compose dont la 
solution , incristallisable , se réduit , par la concentration , en 
tme substance de consistance mucilagineuse , qui détone forte* 
ment par la chaleur. 

^ Liquide, iirupeux inùristallisakle. 

Ce liquide contenoît, i.^ de la matière sucrée cristaUisahlf; 
2^ une matière peu azotée ^ pi'écîpitable par la noix de galle^, 
qui s'opposoit à ce que la précédente pût cristalliser; 3.° de 
V ammoniaque , qu'on en dégageoît par la potasse; 4.** une ma- 
tière nouvelle que M. Braconnot appelle leucine. 

Lorsqu'on traite le liquide sirupeux par l'alcool foîble et 
bouillant, il n'y a qu'une petite quantité de matière dissoute: 
la solution , filtrée chaude, laisse précipiter par le refroidisse- 
ment un sédiment blanchâtre , formé de matière suerée criS" 
iaUisahte et de leueine. La liqueur, séparée du sédiment et 
concentrée , a une odeur de miel et de la tendance à cris- 
talliser. Quant à la portion du liquide sirupeux indissoute 
par l'alcool , elle a une saveur sucrée et en même temps celle 
du bouillon. 

Propriétés de la leucine. 

Là leucine «st blanche, pulvérulente : on peut Tobteoir en 
cristaux grenus, ou en petits cristaux, qui se réunissent sous 
la forme des moules de bouton qui ont un rebord à la cir-: 
conférence , et un point ou une dépression au centre. 

Elle a le goût du bouillon : chauffée dans une petite 
cornue, elle se fond, répand une i^deur de viande grillée 9 
se sublime en partie sous la forme de petits cristaux blancs , 
grenus, opaques, et il se produit un liquide ammoniacal. 

Elle se dissout dans l'eau : elle n'est pas précipitée par la 
noix de galle et par le sous-acétate de plomb ; le nitrate de 
mercure paroît être la seule dissolution métallique qui puis|se 
le précipiter ; la liqueur séparée du précipité est rose. 

La leucine se dissout dans l'acide nitrique. La solution, 
exposée au feu , ne produit qu'une très-légère effervescence , 
sans qu'il se fbrme d'acide nitreux. Le. résidu est entière- 
ment formé d'un acide particulier que M. Braconnot regarde 
cximme un composé de leucine et d'acide nitrique , et qu'il 



GEL *95 

Appelle en conséquence ocîde nitro^ucique. Cet aciHe $ê dit- 
Bout dans Teau et peut cristalliser en fines aiguilles diver- 
gentes presque incolores : il forme , avec les bases , des sels 
différens, dès nitro-saccharates, mais qui fusent ou détonent 
eomme eux par l'action^ de la chaleur. 

Je ferai observer', relativement aux acides nitro-saccha- 
rique et nitro-leucique, que je crois avoir le premier 
découvert une substance organique qui , en se combinant à 
l'acide nitrique , forme un acide particulier^ (Vojrex , au mot 
Indigo, ce qui est relatif à Faction de Facide nitrii|ue Sur 
cette substance , et en particulier sur Vamerau minimum ittiçiié 
nitrique , qui devient amer de Velter en se combinant à ce^ 
acide. ) 

Quand on expose la gélatine au feu , elle se fond , noircit , 
exhale une odeur de corne, se réduit en eau, en huile 
empyreumatique , en acide acétique , en ammoniaque , en 
gaz acide carbonique et hydrogène carburé, et en un diar* 
bon azoté qui est difficile à incinérer. 

La gélatine, dissoute dans l'eau et abandonnée à elle-même 
dans une température de i5 à 26 degrés, devient acide, se 
moisit , et finit par se décomposer entièrement , en exhalant 
une odeur trés-fétide» La gélatine , réduite en gelée , se dé- 
conipose également, si elle n'est pas exposée à un air sec» 
On observe que la gelée de gélatine qui s'altère^ perd de^ 
sa consistance, et qu'un liquide s'en sépare. 
' L'alcool que l'on a mis en contact à chaud avec la gélatine , 
tient en dissolution une matière grasse, que M. Berzelius 
considère comme un produit delà décomposition de la gélatine. 

a * « 

Prépatdlion de la gélatine et de la colle forte. 

Gélatine» 

' La gâatine la plus pure qu'il est possible de se procurer, - 
se prépare de la manière suivante : on prend de l'ich^Ti^o- 
eollt ou colle de poisson ( c*est la vessie natatoire de plusieurs 
poissons des mers du Nord , particulièrement celle du grand 
esturgeon , dont on a enlevé la membrane extérieure ( voyez 
Ichthyocoile}; on la déroule et on la coupe en très -petits 
morceaux; on la fait bouillir dans Feàu, Fresque toute la 



1^4 GEL 

vmtî^re e$i dissoute \ on £ltre la liqueur bouillante : quan^ 
I4 Solution est fermée de a k 3 parties de i^ktine pour 
300 d*eau bouillante, elle se prend en gelée parle refroi<r 
dissement ) en faisapt sécher cette gelée à Fétuve, après 
ravoir mise dans des assiettes de porcelaine, on obtieat pour 
résidu la > platine sèche. Cette substance contient un peu 
d'acide , car sa solution rougit légèrement le tournesol. 

Colle forte. 

On prend des peaux , des rognures de peau:ii: ^op tannées, 
des ôreillea de veau, de bœuf, de mouton, etc.; on les fait 
tréihper pendant au moins viRgt-quatre heures dans Teau: 
quand elles sont humectées,' on les retire de Teau, on lea 
laisse égoutter , on les lave , et ensuite on les fait macérer 
dans de Peau de chaux plus ou moins ibible. On les ei^ 
^retire, on les lave de nouveau ^ puis an les met, avec un 
peu d'eau, dans une grande chaudière de cuivre placée 
sur un fourneau en maçonnerie : on chauffe doucement, 
et on finit par porter te liquide à Tébuilition. Les Ma- 
tières animales se dissolvent pou à peu ; il se produit de^ 
^cumes qu'on enlève : quand tout est dissous, on peut, eu 
a^out^nt de l'alun au de la chaux en poudra « ^^^^T 1^ 
Répart des substances dont la présence dans li^ colle «9 
diminueroit la transparence. Lorsqu'on juge la liqueur sufl^ 
samment cuite , ce qui deœs^fide treize heures de feu envir 
ron , on la tire dç la cha^udière ^ pour l» passer iKUpédi^te- 
çpi.ent dans des mannes d'osier» c^u da^s une tocte de crîjp» 
La liqueur» ainsi filtrée, est reçue dan& une cuve de boi», 
où elle s'éclaircit par un repos de quelques heures. On la 
décante , on la £»it concentjper » on l'écume et on la tn^nsvase 
dans des moules ou boites de bois humectées : par le refroi- 
dissement la colle se prend en gelée. Après vingt- quatre 
h.eures, on détache li^ geX^e des parois du msiMle avec un 
couteau à, deux tranchant, dpnt on a moivillé la t^Moe; oa 
JUxise I4 g^lée en plusieujçs morceaux ; on lei^ enlève du 
v^oule un à un avec Ia main o«v avec i^ne p^J^ette ; on les met 
nqr ^ne plaml^e bori^ovitaLç a l'extrémité de Jl«q|Mel)« &'élèv« 
Vtertlcal,en^ei)ij^ uni? petite pl^cli^e çoi^tre j)aqi|elle le n^oi^ceaii 
de gelée «l'^^puie par unç d^ ses faeos refti^wles. Au w^y^e^ 



4^un fil d«. fer on ûxvU^ çç ({eroier €n tftn^*» faiiffUo»tales, 
que ron porte epsuit^ dam uo séchoir ^h btngAïf > eduvert 
€t garni de rideaux des deux côtés» Là on pose let Iranckc» 
sur un filet à pécbeur tendu, et on les, y retoitrne de temps 
en temps , afin qu'elles se dessèchent également et qu'ellea 
ne contractent pas .d'adhésion avec le filet* ^ 

ha. belle colle est rousse ou d'un brui^ roux $ elle n'est 
point tachée; elle a peu d'odeur ; elle a une cassure bril- 
lante ; elle se gonfle beaucoup dans l'eau froide , lorsqu'on 
J'y tient plongée. Sî on l'en retire au bout de quatre jours, 
et si on la fait sécher, elle doit revenir à son poids primitif* 
M. Bostock estime que la colle forte contient io,5 d^eau 
pour loe. , 

.Ce qu'on nelmme colle de Flandre, est une colle préparéV" 
avec pïus de soin que la colle forte ordinaire, ou que la 
colle forte d*Angleterrç : elle n'est pas aussi propre que cette 
dernière à coller le boîs. Cest aVee celle-là qu*on prépare la 
colle à bouche: ponr cehi on la fait fondre dans un p^u d^eau; 
on ajoute à la solution quatre onces de sucre ^candi par livre 
de colle ; on cuit un pen , el on coule la solution dans de^ 
moules, 0^1 elle se prend en gelée. 

La colle des doreurs, des peintres, se prépare avec des 
peaux d'anguilles, ou bien encore avec du parchemin, du 
euir Manc , des peaux de chat, de lapin, etc. 

Les colles fortes préparées par cçs procédés sont alcali oes 
à l'hématine : c'est ppur cette raison que les substances astrin- 
gentes foibles , qui précipitent la eolle de poisson , ne préci- 
pitent pas les colles fortes de leur solution aqueuse. 

Les colles fbrtes ont souvent une odeur très-désagréabîe , 
qu'elles communiquent au papier ^ à la peinture à la colle, 
enfin , aux corps qu'on y incorpore ou sur lesquels on les ap- 
pliq«e. CeUe propnéléest eue, aîast fue fe l'ai découvert, 
à un acide volatil qui est produit ' par la décomposition 
spontanée des substances géftailineuses , quand «eH«S'ei séjour- 
lùent trop long-temps dans l'eau avant d'élue souaiisos à l'ac- 
tion de ce liquide bouillant. 

Lorsqu'on fait macérer les os dans l'aeide hyclroehlovique 
k 4 degrés , suivant le procédé de Hérissant, on dissout I» 
pastie inorganique de l'os, et lie tîssv organ^ue reste indis- 



a9« GÉL 

aouft ea canseprant la forme de l'os. En traitant ce ûssa par 
l'eau bouillante, on peut faire une colle excellente, ainai 
que M* Darcet l'a prouvé. Nous ferons observer que Tacide 
bydroclilorique dissout un peu ^e tissu organique avec la 
partie terreuse. 

Sur la gélatine entfisagée comme principe immédiat 

des animaux. 

Plusieurs chimistes ont regardé la gélatine comme un 
principe immédiat des parties solides des animaux, qui ^e 
dissolvent dans Teau bouillante en tout ou en partie, et 
qui donnent à ce liquide la faculté de se prendre en gelée 
])^r le refroidissement : Fourcroy et M. Bostock Tout mise au 
nombre des principes du sang, et en général de tous les 
liquides animaux qui ont la propriété de précipiter par l'in- 
f^ision de noix de galle , quand ils ont été préalablement exp 
posés à l'action de la chaleur pour coaguler l'albumine 
qu'ils pouvoient contenir. Aujourd'hui on admet assez géné- 
ralement que la gélatine n'est point un principe immédiat;, 
qu'elle t%i le résultat d'un changement de composition que 
la peau, le tissu organique des os, les tendons, etc., éprou- 
vent lorsqu'on les fait bouillir dans l'eau: l'on admet de plus, 
que la précipitation ^n flocons de plusieurs liquides animaux 
igfiélés à une infusion de noix de galle, n'est pas un caractère 
8ufi5sant pour conclure l'existence delà gélatine, parce que 
l'albumine , étendue d'eau , ne se coagule pas par la chaleur , 
et qu'elle a , ainsi qu'un grand nombre de substances , la 
propriété d'être précipitée par la noix de galle. 

Usages^ 

La colle de poissan est. employée dans les pharmacies, et 
dans les o£5ce8 pour faire des gelées de table. 
. La gélatine est un des principaux aUmens de nature ani- 
male : elle se trouve dans la viande bouillie , dans le bouil- 
lon, etc. 

Les différentes vaipiétés de colle forte sont employées poi|r 
faire adhérer de petites pièces de bois, pour faire de forts 
cartons i eUet sont un des ingrédiena de la peinture 4 Ui eoUe; 



6 EL a 97 

elles sont employées peur clarifier lés vins : dans ce cas elles 
paroissent souvent agir en déterminant le dépôt de substances 
astringentes qui, par la tendance qu'elles ont k se déposer 
des liquides qui les ont dissoutes ^ peuvent altérer la trans- 
parence de ces derniers. 

£h chimie, la gélatine a été employée pour reconnoître 
l'existence des Substances astringentes. Voyez ces mots. (Ch.) 

GÉLATINEUSES [Plantes], {Bot.) La plupart des végé- 
taux sont ligneux ou herbacés. 11 y en a qui ont la consis- 
tance du cuir ou de la corne ( plusieurs fucus) , du liège 
( plusieurs champignons ) , d'une écume ( spumaria muci" 
Uigc), etc. On nomme gélatineuses les plantes qui. Comme 
la tremelle , par exemple , ont la consistance d'une gelée. 
( Mass. ) 

GÉLATINEUX. (Bot.) Paulet donne ce nom à deux cham- 
pignons , qu'il distingue par gélatineux à soies et par gélati' 
neux papille* Ces deux espèces, de consistance de 6orte gelée 
et diaphanes, forment a elles seules les deux familles des 
agarics gélatineux unis et des agarics gélatineux à papilles , qui 
constituent le genr£ que Paulet désigne sous le nom d^agaric' 
gelée. 

Le Gélatineux a soies (Paul. , Trait. ,2 , p. 96 , pi. 1 1 , fig. 1) 
est encore appelé par Paulet agaric gélatineux à bandes. Cette 
plante est la même que Vauricularia tremelloides de fiuUiard , 
et que le thelephora mesenterica de Persoon. La surface infé* 
rieure de ce champignon est couverte de poils ou de soies ^ 
l'autre surface est marquée de sillons profonds. 
' Le Gélatineux a papilles ( Paul. , Trait. 9 2 , p. 97 9 pL 1 1 9 
fig. 2?) est la même plante que V agaric épineux en gelét 
de Paulet, et que Vhydnutn geUUinosum de Schsefier-(Fiing. 
Bav,, tab. 144, 1 46 } , Aicquin , Persoon, etc. Ce champignon 
est remarquable par sa consistance gélatineuse et demi-trans- 
parente. Sa surface inférieure est garnie de papilles coni- 
ques. (Lbm.) 

GÉLATINEUX {Ichthyol.)^ nom d'une espèce de cyclop- 
tère décrite par Pallas , et que M. Cuvier rapporte au genre 
LiPARis. Voyez ce Inot* ( H. C. ) 

GELBENECH. (Bot.) Suivant Anguillara , cité par C. 
Bauhin, la gratiole est no;mxïée groHa Dei x^ et sa graine gel^ 



»98 GEI* 

lêMch on papaver spimwtm» C^iU pbnte t$i encoro Veuptum 
Urium mesue, et le Ummsiifm d^ Cordus , diffénmt d'ua autre 
eup^toire de Metuè') qui e^i V^hiUea agertUum, (J.) 

QELiBING {Omith.)^ nom allemand du loriot cevianun, 
oriolus ^alhula , Linn. (Ch. D. ) 

G£LBUM5. {Bot,) Suivant C* BautuLq, ancieonemeqt on 
iiomn\eit ainsi > dans quelque^lieu^i, les o6nes #pliérifii«< du 
cyprès. (J.) 

G£li>]NG ( Mamm* ) » nom ^ii^^loi^ d« eheval bong? q. ( F» C. ) 

GELÉE, {Ckim.) Ce mot a pluaiewrs ncceplion». Il df» 
rigoe, i**" la te9ipérat«re de Veau swUde : a«^ le produit de 
la eon^élation qui i»'est opé^é^ dans e^ptaines eîrqonitanees ; 
p'e«t daaâi oe •eo« qu'on dit la gelét hkvnht : S."" Télat que 
des substances très -'dififéren tes par leur nature prennent «, 
lorsque j ayant été diaioules dana un liquide , ^let s^en séparent 
k Télat solide , en retenant entre leurs particules tout le dis* 
solvant, Qu au moins une pattie, qui leur donne Taspecl 
de la glace; exemple > silice en gelée, alumine en gelée , etic. 
(Cn.) 

GELÉE MINÉRALE. (Min.) On ne connaît point encore 
de minéraux gélatineux dans la nature ; aussi cette ancienne 
dénomination étoitTelle trési-inexacte , quand on rappKquoit 
a â^M swJMtances farineuses, que Thunidité intérieure des 
mines pouvoit lûen ramollir , changer en pâte ou en beuîUie 
claire , mais ^vais on véritable gtlée» 

Les minéralogistes ne recetBnoisarnl auJMird'kui de gMtt 
minérales que eeUes qisi se prodoisest dans les aoidee, quand 
on y {ait séjpurner la poussiése àes différentes variétés de 
wiéso,typs, etc. (Brard.) 

GELÉE VÉGÉTALE ou GÉLATINE VÉeÇTAUB. {Ckim.) 
On appelle ainsi une substance exjfcraite dfa végétaux, à lar 
quelle ott a donné pour caractère de se prendre em gelée 
lorsqu'elle se sépare de Feiui oh eUe esl; tenue en dissoitition, 
comme cela arrive à la gélatine , qu'on prépare en faisant 
bouillir ^anS l'eau plusieurs maliières animales, titrant le 
liquide et le laissant refroidir* (Voyez Gù^tine.) 

Nous allons décrire par ordre chronologique les différentes 
observations que l'on a faites sur les stibstances qu'on a 
appelées gelée végétale. Nous adopterons eette expression de 



préfër€xiçe à celle de •gélatine végélai^ , parce ^u'on pDvr*» 
roit croipe qu'il y a quelque anitlogie de luiture eat^e ce» 
substances et la gélatine qu'on olitient des matières, apimalesy. 

Gelée des tamarins, 

M. Vàuqu(^in, après avoir retiré de la pulpe des tarna* 
rins macérés dans Tean, i.^dtt mucilage, '2.* du sucre, 3.* 
de Tacide tartarique pur, 4.** du surt^rtrate de potasse, 
6/ de Tacide citrique, 6.® de l'acide malique, traita cette 
pulpe par Peau bouillante i la liqueur, passée dans un linge 
serré , $e prit en une masse brune tremblante , qui se sépara , 
1 •^' en un liquide tenant en dissolution du mucilage et du 
surtart^te de potasse; 2.° en une getée molle , demi-transpa- 
rente. 

La gérée des tamarins ne se dissout qu'en très-petite quan>- 
tité dans l'eau froide ; elle se dissout entièreinent dans l'eau 
bouillante : la solution »e prend en gelée par le refi^Qi^lisseo 
ment. M. Vauquelin dit qu'une ébullition s.ufiis!am«le^t pro- 
longée de la solution lui fait perdre cette propriété eVparott 
convertir la gelée en lUuciiage. C'est, suivant lui, ce qui 
arrive lo^qu'on fait des gelées de fruits, si, n'ayant pas 
mis assez de sucre pour absorber une certaine quantité d'eau 
du fruit, 6b veut suppléer à l'action du sucre ^paar llévapo* 
mtlon de l'eau. 

Geiée dfi Ick cass€. 

M. Vauquelin a obtenu cette gelée en épuisant par l'eau 
chaude de la pulpe de casse; passant le lavage dans un tamis, 
puis dans un filtre de papier; te faisant concentrer ; enlevant 
une pellicule deghiten'; abandonnant à elle-même la liqueur 
coneentrée au quart de son volunie primitif. Far }e refVoi- 
éiaBemeni la gelée s^est solidifiée : o^ l'a oviae sur un filtre; 
poî» ^ l'a pr««ée, afin de ta séparer du liquide qu'elle r«- 
teiftût. 

La. géWe de casse «st peu soluble dans l'eau froide ; elle se 
âi^^Ul iFèsri^^ dana l'eau )>ouillante : la solution se prend 

Wf T«i'«f'' M i »« 1 W f i m i ff i III n « II. tu ■ » I I ■ .Il I ., I ■ ,1 I I ■ I ■ 

1 C'est' pyobttVtvment la sti41>stancc qne Fourcyoy » prisse pour âfi 
ra-lbumine végétale,. , " 



Seè GEL 

en gelée par le refroîcliasement; elle t*unit facileme&t à la 
j)ota8se et à la soude. L'acide nitrique la convertit en acide 
oxalique sans en dégager d'azote. 

La gelée de casse ne paroit pas contenir d'azote ; car, en 
la distillant, elle donne beaucoup de gaz acide carbonique 
et inflammable, beaucoup d'acide pyro- acétique, trés-peu 
d'huile , et des traces d'ammoniaque. 

' / Gelée du lichen islandicus. 

M* Berzelius a traité le lichen de la ntanière suivante pour 
en reconnoltre la nature : 

/ En faisant évaporer Peau , 

(acide galUque; . I traitant le rësidu par l'ai- 

40 gramm. de\"rop sucré ; l ««•* ' <>« ^'^^^'' !'-«* 

lichen ont été h^Éer d'un jaune ] W%«*; !• '/^P ^^^^^> 

. , . , I ^i«:«. I r«i»*«r a un jaune elair: 

épuisés par / clair; / J ^ 

*« 1 ï \ A*4»aM4;r !*-«« A ^^ fauant évaporer Fal- 

reauà2odeg,;l«^ractif brun; ] , ^ . . ^ *^ 

. f. L...4..*» ^^««<«..^ I cool a siccité , et en repre- 
Teau avoit dis- /surtartr. de potasse ; I J / 

— ^ - I A -^ i.^ j^ L^ I nant le résidu par leauj 

80us2«',i8 de /tartrate dechaux; f ., 

' Ivi.ajii. I Vacide galligue et le sirop 

i phosphate de chaux;! ,. ^ „ 

V I sont disisous, et ramer ne 

V l'est pas. 

Le lichen épuisépar l'eau froide/ L'alcali a enlevé la portion 

a été traité à quatre reprises, àl d'amer qui étoit restée dans 

la température de ao degrés, par j le lichen , -^t peut-être un 

1; liv. d'eau chaque fois, tenant< peu de gelée. En faisant éva- 

1 gr.^ de carbonate de potasse l porer cette solution , l'amer 

cristallisé; l'eau alcalîsée conte- 1 se décompose par la réaction 

noH 2^,8a de matière végétale. \ de l'alcali. 

Us 35 grammes de lichen ontf ^* P"*"'" ^^*«* "'^*- 
m épuisés par l'eau bouiUante.l "»•'"* *'«** P™ " K^W* P"^« 
On employoit deux livresd'eau\ «froidi»»"»»»*- Les quatre 
d«>s chaque traitement. On en) ^vagesavoientdusou.20«,49 
a feit quatre. \ «** ««»** •*<**'j '»"«»«. Ber- 

Les lavages ont ét« passés «« «li«"PPelleJîf««te<i«^««fc«»> 
travers d'un Unge. Il estresté sur/ •^* "'** d'une gomme fermée 

celui-ci i4«,a8 de résidu. P*"" »'*«»1^" ««"^ dépen. 

\ de la gelée. 



GEL 3oi 

tMcool bouillant, appliqué au lichen épuisé par Teau 
alcalisée , 11% dissous qu'une petite quantité de cire colorée 
en vert. M. Benelius appelle le résidu squeUUeféeulaeé* 

Gtlét ou fécule de lichen. 

Quand on a sufiSsainment lavé le lichen à Teau froide et 
à l'eau alcalisée, oik peut obtenir une gelée qui n'est pres- 
que pas colorée. 

Cette gelée 9 abandonnée à elle-ménve , se contracte et se 
sépare ainsi de l'eau qu'elle retenoit entre se% particules : 
en cela elle diffère de la gélatine animale, qui, une fois 
prise en gelée ^ n-'éprouve pas de contraction sensible. 

La gelée de lichen est presque insipide; elle a seulement 
un àrriére-goût analogue à Todeur qui s'exhale du lichen 
qu'on fait bouillir dans l'eau. 

La gelée se réduit par une dessiccation lente en une masse 
noire, très-dure, qui présente une cassure vitreuse. Cette^ 
masse se gonfle dans l'eau froide .sans se dissoudre ; elle se 
dissout , au contraire , dans l'eau bouillante , excepté le peu 
de matière colorante qu'elle retenoit : la solution se coagule 
par le refroidissement en une gelée blanche, opaque. L'eau 
d'où la gelée s'est séparée, n'en retient presque pas en 
dissolution. 

La solution de gelée évaporée se couvre de pellicules, qui 
ae sont autre chose que de la gelée altérée. Cette solution 
est précipitée par l'infusion de noix de galle. 

La solution de carbonate de potasse n'a pas plus d'action 
sur la gelée que l'eau pure ; la potasse caustique la dissout 
même à froid. Cette solution n'est pas précipitée par les 
acides. 

L'acide nitrique , mis dans une cornue en digestion avec la 
gelée desséchée, la dissout; elle perd sa viscosité, et il, reste 
au fond de la cornue une poudre brune qui disparoit à 'la 
longue : en augmentant la température , l'acide nitrique est 
décomposé ; il se produit un peu d'acide oxalique , qui ne 
devient pas brun par la concentration du liquide, -ainsi que 
cela arrive au sucre traité par l'acide nitrique. Il ne se pro- 
duit pas d'acide laccholactique , ainsi que cela \ lieu pour 
les gommes. 



y 



) 



So2 GEL 

Le chlore qu'on fait passer dans une solution de fèHii 9 
la décolore si elle est colorée , mais ne lui fait pas éprouyer 
d'autrt?s changemens ; elle se coagule bomme aupararant. 

3 ^ de gelée distillée ont donné ,1)2 ^,95 d'un liquide aqueux 
d'une odeur désagréable, sur lequel il y avoit quelques 
gouttes d^une huile brune épaisse'; ce produit ne oofitenoit pas 
sensiblement d'ammoniaque ; 2) des gat aoide carbonique ^ 
oxide de carbone, et un peu d'hydrogène pfotocarburé; 3) 
1 * d'un charbon spongieux, facile à incinérer : il laissoit 0,1 S 
de cendres formées de carbonate de^chauK, de phosphate 
de chaux, d'oxide de fer et d'un peu dé silice. 

M. Berzelilis , ayant fémèf que lés plus «grafides analogies 
ent^e les propriétés de la gelée de lichen et l'amidon , a fkit 
les expériences que nous allons rapporter pour lès rendre 
encore plus sensibles. Il a pris trois solutions , également 
concentrée^, de gelée, de sagou et d'amidon; il lés a mêlées 
avec les réactifs suirans à la température de 5o degrés. > 
'* a) L'acétate d^alumine ne précipite aucune des dissolutions. 

b) Le sulfate de fer , idem, 

c) Le nitrate de protoxide de tnercnre y fcit un précipité 
blanc très4éger. 

d) Le sous^àcétate de plomfb les précipite toufeis les trois 
en blanc ; au bout d'une heure , le précipité est déposé et le 
liquidle* surnageant est parfaitement clair. 

' e) L'infusit^n de noix de galle les précipite en blanc 011 
blanc -jaunâtre; les précipités sont' redîssous par l'eau bouil- 
lante ; ils reparoissent quand les liqueurs se refroidissent. 

/) Les solutions de sagou et de gelée, abanâ#nnées à elles* 
niémes, se conservent asset lx>âg-temps sans acquérir de ^^u* 
vais goût ni de mauvaise odeur; seulement elles se moisissent* 
D'après toutes lés obser\'ations que nous venons d'exposer , 
M. Ber^eHus considère la gelée comme une modification de 
la fécule , ou pliit6t de Famidon , et ce qui appuie cette 
opinion , xi'tst que nous avons observé ((vic l'iode , qui fôrine 
avec l'amidon une belle couleur bleue , colore pareillement 
la solution de gelée de lichen. 



GEL SoS 

.... ' , 

Siégé U usage de la gelée végétale^ 

Quelle que soit ropinion que I'dq adopte sur la nature 
de la gelée , soit comme principe immédiat et particulier , 
soit comme modification de Famîdon^ ^u de la gomme', 
il n*en est pas moins vrai que cette substance est très-répan- 
due dans les végétaux: elle se trouve, en outre des substances 
dont npus avons déjà parlé, dans tous les fruits dont on fait 
des gelées ; je l'ai rencontrée dans les baies du viburnum 
opulus en quantité notable. . 

La gelée végétale est éminemment nutritive quand elle est 
mêlée, au sucre et à des substances acides, aromatiques; en 
un inot, à des corps qui en relèvent l'insipidité et qui en 
facilitent la digestion. La gelée dé lichen est prescrite , 
comme mueilagineuse, adoucissante et nutritive dans plu* 
sieurs maladies» (Ch.) 

GELÉE VÉGÉTALE, {Bot.) Ce nom a été donné par quel- 
ques agriculteurs aux espèces de nostocs, de rivulaires et 
de collema. (Lem. ) , 

GELiDIUM. (Bot.) Genre de plantes marines, établi par 
M. Lamouroux dans la famille des algues, et qui faisoit au- 
trefois partie du genre Pucim de Linnaeus. Ce genre appar- 
tient à Tordre des floridées de Lamouroux : il est caractérisé 
par sa fructification , qui consiste en des tubercules presque 
opaques, oblongs, situés sur les rameaux et à leurs extré- 
mités, comjposés d'un amas de petites capsules. 

Les gelidium sont des plantes cornées, très-découpées, de 
tormç très- élégante et ornées de couleurs vives. C* est parmi 
ellts qu*Qn trouve, selon M. Lamouroux, les espèces si re- 
cherchées par plusieurs peuples de l!Asie et des côtes orien- 
tales de l'Afrique, qui s'en nourrissent ou qui êû font usage 
dans }es sauces pour leur donner ^de la Consistance , ou pour 
modifier la saveur acre et brûlante des épiceries. Ce même 
naturaliste assure que les fameux nids de salanganes , dont 
les Chinois et les Asiatiques sont si friands , et qu'ils paient 

1 ftef^i&litis. 



8o4 GEL 

au poids -de For , sont composés d'espèces de gelidittm , aiiuii 
qu'il s'en est assuré. Ces plantes se réduisent dans leur vieil- 
lesse en une espèce .de gelée qui flotte à la surfad; de la 
mer, mélangée avec d'autres débris de corps marins; les 
hirondelles salanganes vont recueillir cette écume gélatineuse 
et en construisent leurs nids. On a vu des fils de cette ma- 
tière visqueuse pendant au bec de ces oiseaux. Latham et 
George Stounton sont de l'opinion que ces nids sont l'ou* 
vrage de plusieurs espèces d'hirondelles , et non de l'hiron- 
delle Comestible {Hirundo escuUnta^ Linn.). Quoi qu'il en 
soit, nous avons observé plusieurs de ces nids, et nous f 
avons reconnu des débris de plantes marines du genre que 
nous traitons , mais en trop mauvais état pour permettre 
d'en déterminer les espèces, probablement différentes de 
celles du même genre qui sont cpnnues. On peut lire, à l'ar- 
ticle Hirondelle , les diverses opinions émises sur la nature 
de ces fameux nids , le délice des gourmets de l'Inde. 

Ce genre se rapproche des genres Gigartina et Plocamium» 
Il diffère du premier , parce que ses tubercules fructifères 
sont entièrement opaques, et que ceux dts gigartina sont 
opaques seulement dans le centre : la même différence existe 
par rapport au ptocamium; mais dans ce dernier genre les 
dernières ramifications sont cloisonnées. Comme ces diffé- 
rences sont assez légères, elles justifient en quelque sorte 
M. Agardh d'avoir fait des gelidium et des gigartina deux 
tribus dans son genre Spharçcoceus , et Lyngbye , d'avoir 
porté dans le genre Gelidium quelques-unes des espèces de 
gigartina de Lamouroux , et notamment le gigartina pygmaa. 
(Lamx. , £ss., tab. 4, fig. 12, 1 3.) 

Nous ferons remarquer les espèces suivantes parmi celles 
que l'on rapporte , et qui sont au nombre d'une vingtaine. 
Ces espèces sont en général difficiles à caractériser. 

Geudiom coRNé : Gelidium comeum, Lamx.; Fucus cotneus , 
Turn., Hist.; Decand. , FI. fr., n.* 74; Stackh. , Ner^ Brit,^ 
p. 61 , tab. 12; Nereideay Stackh. Plante cartilagineuse, un 
peu brillante, d'un rouge plus ou moins violet, quelquefois 
verdàtre, k tige étroite, comprimée, longue d'un à troift 
pouces , divisée en rameaux opposés , très - découpés , à dé- 
coupures également opposées ^ sur le même plan. Cette espèce , 



GEL 3o5 

qui varie beaucoup) , est commune dans }'Ooéan et dans la 
Méditerranée. 

Gelibium £N massue : Gelidium claycUum , Lamx. ; Fucus 
clavatus ; .L^mXé j Dissert. , ,pag. 22 , pi. 22 , fig. 1,2; IJWCk 
filiformis y F/. Dan,, tab. 949» Fucus cœspitosus , Decunà, , FI. 
f r* 9 ii.^«48 {non Stackh. ex Lamx.). Petite plante d^un pouce 
et demi de longueur , capiliacée , brïHie , rameuse, à rameaux 
très-étalés; les derniers de tous renûés en une petite gousse 
alongée en forme de massue obtuse ^ remplie de petits 
grains. 

Cette espèce croît en touffes serrées sur le sable et sur les 
rocbers de l'Océan. Elle n'est pas rare au Havre et ailleurs sur 
nos côtes. 

Gelidium versicolor : Gelidium versicolor, Lamx. ; .Fucus 
versicohr et çapensis, GmeL, Fucus, tab. 17 , fîg. 1,2; Fucus 
cartilagineus , Lin^., Poir. Grande plante de deux ou trois 
pieds de longueur, cartilagineuse, demi-transparente, ver- 
bicolore , purpurine, jaunâtre ou verdàtre à la fois j tige tr«s- 
rameuse, comprimée, et à ramifications plusieurs fois ailées 
et alternes sur le même planj les derniers rameaux courts, 
dentiformes ou renflés en forme de gousses. 

Cette belle espèce , une des plus intéressantes de la famille 
des algues, croit abondamment au cap de Bonne-Espérance. 
Dans rOcéan elle s'attache aux rochers. Elle se trouve aussi^ 
quoique fort rarement, sur les côtes d'Europe : nous en pos- 
sédons un échantillon recueilli sur les cotas de France. 

On fait avec^le gelidium versicolor des tableaux d'une 
grande élégance , qui servent à orner le cabinet du botaniste 
comme celui de l'homme du monde. 11 suffît pour cela de 
laver plusieurs fois dans l'eau douce la plante , apssi^ôt qu'oa 
Ta retirée de la mer; on lui enlève ainsi les sels.déliquescens 
qui la recouvrent : p^uis on la dessèche, après l'avoir étalée 
convenablement dans du papier et en la comprimant; on 
rapplique ensuite sur du papier blanc , et on l'y fixe à l'aide 
d'une eau gommée ou bien avec du fil. 

Gelidium corne- de- cerk : Gelidium coronopifolium , Lamx»j 

Fucus coronopifolius , Turn. , Fucus , tab. 122 ^ Stackh. , JV«r. 

Brit.y Uh. 14 ; Esper , Fucus ^ tab. i38} Lamx. , Dissert., talv 

33; Sphœrococcus coronopifolius j Agardh, Sjrnops^, pagje 3o« 

la. ao 



5o6 GÈL 

Plante comprimée, plane, longue de troid à cinq poUccfi^ 
très -rameuse , plusieurs fois dichotome; ramifications écar- 
tées, multifides, un peu embrouillées vers les extrémités; 
tubercules fructifères, sphérîques , mucronés, portés sur des 
pédicelles écartés, terminaux» 

Cette espèce, très-commune daUs l'Océan et dans la Mé- 
diterranée ) varie beaucoup dans la longueur de ses dernière» 
ramifiéetions : elle est rougeâtre ou jaunâtre , et forme quel- 
quefois des touffes serrées que Ton trouve sur la plage, où 
elle est re jetée par la mer pendant les tempêtes. 

On trouve toutes ces espèces sur les côtes de France, ainsi 
que les gelidium setaceum , Poir. ; concalenatum , Lamx. ( Lem<) 

CELINE (Ornit}i,)y nom que Ton donne , en plusieurs en- 
droits, à la poule commune. (Ch« D.) 

GELINETTE, ( Omith, ) Cette dénomination Vulgaire de la 
gelinotte s*applique aussi à la poule d'eau , et l'on appelle 
encore petite gelinotte le merle dominicain de la Chine, 
turdus Uucocèphalus , LinUè, dout la connoissance est due à 
Sonnera t. ( Cm D» ) 

GELINOTTE. (Ornith^) )L.es oiseaux connus sous ce nom 
forment une section du genre Tétras. Voyez ce mot. 
(Ch. D*) 

GELONAé (Bot,) Adanson désigne sous ce nom un genre 
qu'il établit dans la famille des chaiÈpignons et aux dépens 
du genre Agaricus, Linn. 11 y ramène les espèces dont le 
chapeau est porté sur un stîpe latéral ou même sessile : dans 
le nombre de ses espèces se trouve le gelons des Italiens et 
Vagaric de l'aune (voyez Fonce) , dont Pries vient de faire 
un genre particulier sous le nom de sehizophyllus^ (Lem.) 

GELONE. {Bot.) L'un des noms italiens d^un champignon 
comestible qui paroît être Vagaricus umhilicatus, Scop., ou 
l'une de ses variétés : il s'appelle aussi terrena, cardela, ra^ 
gagni , selon Micheli* Voyez Peuflière. (Lem*) 

GELONIUM. {Bot.) Gartner a décrit et figuré sous ce 
nom, t. i3ç), un fruit à deux loges et à deux graines, entou- 
rées à demi par Un arille , privées de périsperme et ayant 
les lobes de l'embryon contournés à la manière des sapin- 
dées. Ce fruit a une grande affinité avec celui du eupania^ 
genre de la même famille, et n'en, diffère que par le nombre 



GEL 5o7 

ûe ses loges, réduit à deux, probablement par suite d'un 
avortement. M. du Petit-Thouars , dans ses Plantes de Mada* 
gascar, décrit sous le même nom un arbre qui paroît appar* 
tenir à la méine famille, et peut être aussi un cupania; mais 
il admet dans la fleur cinq écailles extérieures , ce qui infirma 
un ^peu ^analogie. Un autre ^elonium de MM. Roxbourg et 
Willdenow est absolument différent , et appartient aux eu- 
phorbiacées : c'est celui que les botanistes ont conservé soua 
ce nom. (J.) 

GELONIUM. {Bot, ) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs 
incomplètes, dioïques, de la famille des euphorbiacées ^ de la 
dioécie icosandrie de Linnœus , caractérisé par des fleurs dioï«> 
ques t daps les fleurs mâles , un calice à cinq folioles ; point 
de corolle; douze étamines et plus : dans les.fleurs femelles, 
un calice comme dans les fleurs mâles; un ovaire supérieur; 
point de style ; trois stigmates déchiquetés. Le fruit est une 
capsule supérieure , à trois loges , à trois valves ; une semence 
dans chaque loge. 

Ce genre comprend des al*brcs ou arbrisseaux exotiques^ 
à feuilles alternes, à fleurs axillaires, presque en ombelle» 

Gelonium a feuilles elliptiques; Gelonium hifarium, Willd., 
Spec, 4, pag. 83 1. Arbre ou arbrisseau des Indes orientales , 
dont les rameaux sont cylindriques , couverts d'une écorce 
cendrée et gai^is de feuilles alternes, pétiolées, elliptiques, 
longues de trois à cinq pouces, luisantes, entières, d'un vert 
gaien- dessus; plus pâles, un peu jaunâtres et veinées en- 
dessous ; un peu inégales et rétrécies à leur base , obtuses et 
mucronées à leur sommet ; entourées , avant leur développe- 
ment, d'une stipule caduque, qui laisse, à la base du pé- 
tiole , une impression en forme d'anneau , comme dans les 
poivres, les figuiers, etc. Les fleurs sont axillaires, réunies, 
environ au nombre de six, en une sorte d'ombelle sessile; 
les folioles de leur calice sont obtuses , concaves , inégales ; 
les filamens filiformes; les anthè'res oblongues , à deux loges. 

Gelonfum a feuilles lancéolées; Gelonium lanceélatum, 
Willd., U c. Ses tiges sont chargées de rameaux alternes, 
cylindriques, de couleur cendrée; garnis de feuilles médio- 
crement pétiolées , alternes, glabres, oblongues- lancéolées, 
coriaces , longues de deux ou trois pouces , rétrécies à leur 



I 



?o8 GEL 

base, entières, obtuses à leur sommet, luisantes, <1'Ub vert 
foncé en - dessus , plus pâles en - dessous. Les calices renfer- 
ment environ trente étapines, à anthères droites, ovales: 
le calice des fleurs femelles est à cinq folioles ovales, se re- 
couvrant l'une Tautrè; Tovaire ovale, à six angles; point de 
style ; trois stigmates bifides. Le fruit est une capsule à trois 
coques, à trois loges, et autant de semences. Cette espèce 
a été découverte dans les Indes orientales. (Foin.) 

GELOTOPHYLLIS. (BoU) Pline, dans son 24.' livre, cha- 
pitre 17 , parle d'une plante de ce nom qui croît sur les bords 
du BorjTsthène , et Dodoens pense que c'est une renoncule , 
ranunculus illyricus, (J.) 

GELSEMINUM. {Bot.) Quelques anciens donnoient in- 
différemment ce nom et celui de jasminum aux diverses es- 
pèces de jasmin. Cornu ti , dans son ouvrage sur les plantes 
du Canada, Tappliquoit à un bignonia, nommé en françois 
jasmin de Virginie, maintenant réuni au recoma* Çloane 
s'en servoit pour désigner la griffe de chat, hignonia unguis 
cati ; il étoit employépar Catesby pour un autre arbrisseau 
grimpant , hignonia sempervirens de Linnasus , dont le carac- 
tère s'éloigne du genre Bignonia , et même de la famille des 
bignoniées, pour passer dans celle des apocinées, sous le 
nom de gelsemium, dérivé du nom primitif. (J«) 

GËLSEMJUM. {Bot.) Genre de plantes dicotylédones , à 
fleurs complètes, monopétalées, très-rapproché de la famille 
des opociWe^, de Isl pentandrie monogynie de Unnaeus, offrant 
pour caractère essentiel *. Un calice à cinq divisions profon- 
des; une corolle infundibuliforme ; le limbe à cinq lobes 
étalés, un peu inégaux : cinq étamines; un ovaire supérieur; 
un style; un stigmate trifide ; une capsule comprimée, à deux 
loges , à deux valves ; les semences planes ^ attachées au bord 
rentrant des valves. 

Ce genre avoit d'abord été confondu avec les hignones : 
il est évident qu'il en est également éloigné par son caractère 
générique et par ses rapports avec la famine des apocinées. 
Il comprend des arbustes exotiques, à feuilles opposées, à 
fleurs axillaires, presque solitaires. On n'en cite qu'une 
seule espèce. 

Gelsemium luisant : Gelsemiiim nitidum, Mich. , Flor, Amer, y 



GEfc îog 

1 , pag. 120; Bignonia sempen'irens , Linn. ; Fluk. , tah. 112, 
fig. 6; Catesb.\ CaroL, 1 , tab. 53 ; vulgairement Jasmin odo- 
KANT de la Caroline, Jasmin jaune de Virginie. Arbrisseau 
fort élégant, à longues tiges sarmenteuses , qui, s'entortillent 
autour des arbres qui les avoisinent , et se répandent sur les 
buissons et les arbrisseaux. Elles parviennent souvent à de 
grandes hauteurs. Ses feuilFes sont opposées, médiocrement 
pétiolées, simple», toujours vertes, lancéolées , aiguè*s, très- 
entières, luisantes, glabres à leurs deux faces, longues d'en- 
viro|i deux pouces, larges de huit à dix lignes. Les fleurs 
sont jaunes, axillaires, opposées, longues d'un pouce et 
plus , à peine pédonculées : .elles répandent au loin une odeur 
très-agréable. Leur calice est court , à cinq découpures pro- 
fondes, lancéolées; la corolle ample, en forme d'entonnoir, 
divisée à son limbe en cinq iobes presque égaux ; les filament 
des étamines insérés dans le fond de la corolle , beaucoup 
plus courts que le tube; les anthères droites, oblongues, 
obtuses à leurs deux extrémités; l'ovaire un peu comprimé; 
le style filiforme , plus long que le tube de la corolle , ter- 
miné par trois stigmates courts , filiformes , divei'gens. Le 
fruit est une capsule ovale- oblongue , un peu cotnprimée, 
sillonnée dans son milieu, à deux loges, ressemblant à deux 
follicnles , à deux valves saillantes en carène , rentrantes à 
leurs bords, contenant plusieurs semences planes, imbH- 
quées , membraneuses à leur sommet , attachées au bord des 
valves. 

Cette plante croît dans tes bois humides de la Caroline et 
de la Virginie. Jusqu'à présent ce joli arbuste n'a pu être 
multiplié dans nos jardins que par des semences tirées de son 
lieu natal. £n couvrant son pied de litière et ses brancHes 
de paillassons, elle peut passer l'hiver en pleine terre , par- 
ticulièrement dans les départemens du midi ; autrement if 
faut l'abriter dans la serre tempérée : en pleine terre , elle 
doit être placée contre un mur , en bonne exposition ; si on 
la conserve en pot, il lui faut un treillage ou au moins un 
tuteur. (PoiR.) ' , 

GELSOMERO. (Bot.) Dans le grand Recueil des Voyages 
par Th. de Bi*y, Pîgafetta parle d'une écorce de ce nom qui , 
dans le royaume de Congo et dans divers lieux de l'Inde, 



3io SEL 

est employée comme monnoie ; mais il ne dit rien qui puisse 
faire connoître Farbre produisant cette écorce. Il ne faut 
pas le confondre avec le gelsomoro des Italiens, qui est le 
mûrier. (J.) 

GELVE ( Ornilh, ) , nom turc du butor , ardea slellaris , 
Linn. (Ch. D.) 

GEMAL (Mamm*)^ un des noms arabes du chameau. (F. C.) 

GËMARS ou JUMAR. {Mamm.) Voyez ce dernier mot. 
(F. C.) 

GEMDEH. (Bot.) Voyez Dxamde. (J.) 

GEMELLA. (Bot.) Le genre que Loureiro a fait sous ce 
nom, a la plus grande affinité avec Vaporetica de Forster, et 
tous deux doivent être réunis à Vornitrophe, auquel se rat- 
tachent également le schmidelia de Linnœus ou usubis de Bur- 
mann, Vallophyllus de Linnseus, le cominia de P. Brown, 
dont . LinnaBUs faisoit un rhusy et probablement encore le 
rhus cobhe de ce dernier, suivant l'observation de Swartz.(J.) 

GEMEN. (Bot.) Voyez Gezir. (J.) 

GEMER-EL-BAHR. (Oi^nith.) Ce nom égyptien, qui si- 
gnifie chameau d'eau, désigne le pélican, pelecanus onocro~ 
talus, Linn. (Ch. D.) 

GEMEZ, MUZ [BoL) : noms du bananier, musa, dans la 
Mauritanie. On peut présumer que Tétymologie du nom latin 
en dérive. Prosper Alpin le nomme mauz; c*est le mauzo du 
voyageur The ve t. (J.) 

GEMINALIS {Bot,^, un des noms donnés, suivant Paie- 
champs et Ruellius , à Vhorminum de Dioscoride , auquel se 
rapportent Tormin ordinaire , salwia horminum , et la sclarée 
sauvage, salvia sjlvestris, (J.) 

GÉMINÉS {Bot^) , naissant deux ensemble du même lieu ou 
sur le même support. Les feuilles du pin sauvage, de IWrojia 
^elladonna, du galanthus nwalis; les fleurs de la vesce cultivée, 
du teuçrium scordium^ etc., sont géminées. (Mass.) 

GEMMATION, Gemmatio. {Bot.) Linnœus désigne par ce 
mot la nature 'diverse des enveloppes qui composent le bou* 
ton, gemma, c'est-à-dire les rudimens de la nouvelle pousse* 
On entend aussi par ce mot, tantôt Tensemble des bourgeona 
(boutons), tantôt leur disposition générale, taptôt Tépoque 
de leur épanouissement* (Mass«} 



GEB} 3ii 

GEMME ORIENTALE, (Min,) Les ancîeos donnoient )e 
nom de gemmes à tout^^es pierres précieuses qui se faisoient 
rechercher par leur ^^Itéj leur brillant éclat, l^urs vives 
couleurs, et qui 8eimm>ient réunir {e plus de perfections 
MUS le plus petit volume possible. Pour désigner ce même 
groupe , nons avons employé la dénomination de pierres Jines ; 
mais on a conservé, au moins dans le langage familier, le 
nom de gemme orientale aux différentes variétés de saphir^ 
que les joailliers désignent sous les noms de saphir blanc » 
saphir bleu , de rubis oriental , de topaze orientale , d'émé-^ 
raude orientale, etc. , que M. Haily avoit nommées te'Z^sie avant 
que M. de Bournon eût dépiontré l'identité de Cjstte espèce 
ayec le corindon et qu'on eût adopté ce derpier pour no^i 
Spécifique, Yoy^z Tii^ÉsiE et Corindon-télésie. (Brarp.) 

GEMMULARIA. {Bot. =: Crypt.) M. Rafinesque-Schipal^ 
prétend qu'il n'y a aucune espèce de tru£fe {tu^er) dans les 
Etats-Unis, et que tout ce qu'on a pris pour tel appartient 
k des racines tubéreuses , ou bien aux genres Sclerotium , ' 
Vperhiza, et k celui qu'i} nomme Gemmularia, et qu^il caracv. 
térise ainsi : Champignon souterrain 9 tubéreux , à épiderme 
distinct, couvert à une époque de petits gemmules repro<^ 
ductifs qui s'en détachent ; intiéneu^ charnu , hon^ogène t 
crevassé sanjs veines. 

M. Rafinesque-Schmalz indique deux espèces: 

1.^ Gemmularia léviuscule, Gemmularia Ui^iuscula; Rafin., 
Journ. phys. , Août 1819. Obtus, alongé, presque lisse, ui| 
peu boe^elé, blapc inté)rieu|:ei|ient; épiderm^^ minc6, foiis- 
sàtre, 

2p^ Gemmularia rugueux, Gemmularia rugosa; Raf. , l, c. 
Obtus , multiflore , bosselé , Hanp if^térifmriçn^ent ; épiderme 
épais, coriace, rayé de brun* 

Ces deux plantes croissant en Virginie, dans leKentucky, ' 
etc. On leur donne, ainsi qu'à toutes les prétendues truffes | 
le nom de tuckahye ^ qui ^ignifiç pain d^ns |a langue den na<r 
turels. (Lem,) ^ 

GEMMULE, Gemfnulap (fio^) La pluipule de l'embryon, 
invisible ou à peine visible dans certaines graines, est très* 
apparente dan^ d'autres, dans la fève, par exemple. On y 
distingue les rudimens de )a jeune tige ou la tigellei liiqu^Ui; 



3i2 j^EM 

est ferminëe par un petit bouton de feuilles. Cest ce petit 
bouton qu'on nomme gemmule. (^|^0 

GËMSE. ( Mamm. ) Nom alIeni^B du chamois. Kolb , 
dans sa Description du cap de Bonne- Espérance, donne ce 
nom à une antilope d'une toute autre espèce que le chamois 
proprement dit, mais qu'il est impossible de déterminer par 
le peu qu'il en rapporte. (F. C.) 

GENAM ( Bot. ) , nom brame du pee-amerdu des Malabàres , 
qui est le menispermum malabaricum de M. de Lamarck , téuni 
par M. De Candolle à son genre Cocculus, (J.) 

GENCIVE. (ConchyL) Quelques auteurs donnent ce nom, 
encore quelquefois employé à une espèce de nérite, la nerita 
peloTorUa, plus connue sous le nom de Dent saignante. (De B») 

GENDA-PURA (Bo^), nom malais de Fabelmosch , feitw- 
ci/5 ûM?nosc?iMs, suivant Rumph. (J. ) 

GENDARUSSA {Bot,) , nom malais du jasticia gendafussa 
de linnsBus. (J.) 

GENEPI. {Bot.) Ce nom est donné à plusieurs plantes 
améres , aromatiques , faisant partie des genres Aehillea et 
Artemisia, qui entrent dans les vulnéraires suisses. Les aehillea 
atratd, nana et mç$ehata, sont de ce nombre, surtout la der- 
Biiére, qui est, selon Haller, le vrai genepî. Parmi lés arte- 
misia on distingue Vartemisia umbelliformis , que le même auteur 
nomme, son genepi blanc ; Vartemisia spicata, qui est son 
genepi noir, et les artemisia glacialis et rupestris^ qui sont 
encore des genepi. (J.) - % 

GENERAL (Conch^l.) , nom françois spécifique d'une 
espèce de coquille du genre Cône, Conus generalis, (DeR. ) 

GÉNÉRALE [Ombelle]. (Bot,) Lorsque l'ombelle est com- 
posée (carotte, panais), l'ensemble des rayons primaires porte 
le nom d'ombelle générale, et l'ensemble des rayons secon- 
daires qui terminent chaque rayon primaire , porte le nom 
d'ombellule. 

De même on donne le nom d'involucre général aux brac- 
tées placées à la base de l'ombelle composée , et celui d'in- 
volucré particulier 6u invtylucelle , aux bractées placées à la 
base âes ombellules. (Mass.) 

GÉNÉRIQUE [Nom, Caractère]. (Bot.) Voyez Théorie 

fON'l>AMEP^ÀtE. (MaSS.^ 



GEN 5i5 

GENESIPHYLLA. (Bot.) Sous ce nom générique l'Héritier 
a séparé le phyllarUhus speciosa de Swartz de son genre pri- « 
mitif , parce que ses trois £lets d'étamines sont réunis à leur 
base , au lieu d'être simplement rapprochés. Voyez Xylophyl- 

LUM. (J.) 

• GENEST. ( Bote ) Ce nom françois , réservé maintenant au 
genista de Linnseus, a été vulgairement donné aussi à plusieurs 
arbrisseaux de la famille des légumineuses , mais de genres 
différens, lesquels sont distingués par des surnoms. Ainsi on 
nomme genest à balai, le spartium scoparium; genest d'Espagne , 
le spartium junceum ; genest des teinturiers , le genista tinc^ 
toria ; genest épineux , en France , le joncmarin , ulex; et le 
spartium scorpias , en Amérique , suivant Aublet et. Nicolson , 
le parhinsonia CLCuleata, On trouve sous le nom de genistà 
qfricana des sophora, des horhonia, des aspalathus; sous celui 
de genista œthiopica, d'autres aspalathus ; souS celui de genista 
capensis , un psoralea. ( J. ) ' ' 

GENESTIÈRES, GENESTADES. (Boh) Voyez Ajonc. (J.> 

GENESTROLE-(jBo^), nom vulgaire du genest des tein- 
turiers, genista tinctoria y employé pour teindre en jaune. (J.) 

GENÊT; Genista^ Lamck. (Bot,) Genre de plantes de la 
famille des légumineuses , Juss. , et de la diadelphie décandrie^ 
Lion. , dont les principaux caractères sont les suivans : Ca- 
lice monophylle, campanule, à deux lèvres, dont la supé- 
rieure à deux dents, et l'inférieure à trois; corolle papilîo- 
nacée , à étendard relevé ou ' réfléchi en - dessus , à deux 
ailes oblongues et divergente* , et k carène pendante , ne 
recouvrant pas les organes sexuels; dix étamines à fîlamens 
réunis en un seul corps ; un ovaire supérieur ovale ou 
oblong^ à style relevé et à stigmate velu d'un côté; un lé- 
gume ovale ou oblong , contenant une ou plusieurs graines. 

A l'exemple de MM. de Lamàrck, de Jussieu, et autres 
botanistes modernes, nous comprenons ici sous le nom de 
genêt la plupart des plantes que Linnseus avoit séparées en 
deux genres sous les noms de genista et de spartium , mais 
qui*, comme l'a remarqué M. de Lamarck, offrent entre, 
elles trop peu de différences pour qu'on puisse y trouver 
des caractères snfl[îsans pour les diviser en deux genres dis- 
tincts. En faisant cette réforme, M. de Lamarck a d'ailleurs 



y 



3i4 GEN 

cru devoir exclure de son genre ùenèt quelques gemsta et 
9partium de Linnapus, pour les reporter dans le genre Cytise y 
avec lequel ils lui ont paru avoir plus de rapports : tels 
èont les genista canariensis , linifoliu et candicans , et les spar- 
tium spinosum, cj^tisoides et supranubium» Ainsi réformé, le 
^enre Genêt contenoit, il y a environ trente ans, lorsque 
M. de Lamarck le décrivit, vingt-six espèces; aujourd'hui 
on en compte une soixantaine, dont prè^ de la moitié croît 
naturellement en France, et dont les autres habitent en 
général les climats tempérés de Tancien continent. Ces plantes 
sont des arbrisseaux ou des arbustes à feuilles alternes , Je plus 
souvent simples , et à fleurs disposées de diverses maniéres« 
^ous nous bornerons ici à parler de quelques espèces , parmi 
lesquelles nous citerons surtout celles qui ont quelque utilité^ 

** Espèces a rameaux dépourvus d'épines. 

Genêt jonciforme, vulgairement Genêt d'Espagne j Geni&ta, 
junsea , Lamck., Dict. enc. , 2 , p. 617 ; Nouv. Dubam^ 2, 
p. 70, tab. 22; Spartium junceum, Linn. , «Spec, 995« Arbris- 
seau de huit à dix pieds de haut, dont les rameaux noinbreusc 
sont grêles , jonciformes, garnis d'un petit nombre de feuilles 
ëparses, quelquefois presque opposées, lancéolées, glabres, 
d'un vert gai , et qui se terminent par une grappe de fleurs 
grandes , jaunes , d'un bel aspect et d'une odeur fort agréable; 
leurs calices sont membraneux , à deux lèvres presque en« 
tières. Les légumes soj^t alongés, aplatis et yelus. Cette 
espèce croît naturellement sur les collines et dans les lieux 
secs, en Italie, en Espagne, en Portugal et dan$ le midi 
de la France. On la cultiva fréquemment dans les pfirterres 
et les jardins paysagers ; elle commence à fleurir eb Juin, 
et ses fleurs se succèdent souvent pendant une grande paiti^ 
de l'été. Prenant assez facilement les différentes forme* qu'on 
veut lui donner, on peut la tailler en boule ou en faire 
des palissades : elle se multiplie de graines qu'il faut semep 
au printemps dans une terre légère, bien labourée, et ex<« 
posée au levant. Les jeunes arbrisseaux venus de ce semis 
sont bons à mettre en place au bout de deux ans» On en 
a obtenu une v,ariété à fleurs doubles, qu'on multiplie en 
la greffant sur l'espèce commune» 



GEN 3»5 

Les fleurs du genêt d'Espagne passent pour être purga- 
tives , apéritives et diurétiques ; mais on n'en fait point 
usage en médecine. Les abeilles. les recherchent beaucoup, 
ainsi que celles des autres espèces de ce genre. Les oiseaux 
de basse-cour et les perdrix en aiment beaucoup les graines. 
On peut faire des liens avec les jeunes rameaux , comme avec 
l'osier, et l'on pourroit aussi s'en servir pour faire de me- 
nus ouvrages de vannerie. 

Bans les Cévennes^ et principalement aux environs de 
Lodéve , on cultive , depuis un temps immémorial , le genêt 
d'Espagne , soit pour en retirer une sorte de filasse qui , dans 
le pays , est employée à faire de la , toile , soit pour servir 
de nourriture aux moutons et aux chèvres. Cet arbrisseau 
réussit dans les terres sablonneuses, ef dans les terrains les 
plus arides, qui paroîtroient voués à une stérilité éternelle; 
Les. rameaux du genêt destinés à donner de la filasse se ré- 
coltent au mois d'Août; on les ïnet en petites bottes qu'on 
fait d'abord sécher et qu'on' met ensuite rouir dans la terre, 
après les avoir fait tremper dans l'eau pendant quelques 
heures , et en les arrosant une fois chaque jour, jusqu'au 
huitième ou neuvième, qu'on les retire de terre pour les 
l»ver à grande eau , les battre , les faire sécher de nouveau , 
et les serrer jusqu'à l'hiver. Dans cette saison , lorsque les 
travaux d'agriculture sont suspendus, on s'occupe de retirer 
la filasse des rameaux du genêt, et cette filasse, après avoir 
été filée , est employée à fabriquer de la toile qui suffit aux 
besoins du ménage de plusieurs milliers de familles de ce 
pays. Cette toile est grossière, parce que, n'étant pas un 
objet de commerce , les procédés pour préparer la filasse dç 
genêt et ceux pour la filer n'ont point été perfectionnés; 
mais il est probable qu'on pourroit les améliorer. Au reste , 
le fil de genêt est inférieur en force à celui du chanvre. 

Dans le même pays , les feuilles et les jeunes rameaux de 
ce genêt sont, pendant l'hiver, la principale nourriture des 
moutons et des chèvres. On les leur fait paître sur pljice 
quand le temps est beau , et autrement on en coupe les 
rameaux pour les leur porter à la maison. Cette nourriture, 
très-précieuse pour ces animayx pendant la mauvaise saison , 
a cependant un inconvénient ; c^est que , lorsqu'elle leur est 



««6 GE?r 

continuée trop long-temps et trop exclusivement, et sur* 
tout lorsqu'ils mangent les graines de la plante , elle leur 
cause une inflammation des voies urinaires, maladie qu'on 
guérit facilement par des boissons rafraîchissantes et surtout 
par un changement de nourriture. 

Genêt a balais ou Genêt commun : Genista scojparia^ Lamck. , 
Dict. enc. , 2, p. 62?; Spartium seoparium, Linn.<, 995. Ar- 
brisseau n'ayant communément que trois à cinq pieds de 
hauteur, mais pouvant s'élever beaucoup davantage quand 
on le laisse croître en liberté. Ses jeûnes rameaux sont effilés, 
cylindriques, trés-flexibles , chargés de denx angles saillans, 
et garnis de feuilles légèrement velues : les inférieures pé- 
tiolées et composées de trois folioles ovales-oblongues , pu- 
bescentes ; les supérieures simplet , presque sessiles et ovales- 
lancéolées. Les fleurs sont grandes, d'un beau jaune d'or, 
queljguefois blanches, solitaires dans les aisselles des feuilles, 
mais formant , par leur rapprochement dans la partie supé- 
rieure d^s rameaux, une sorte de grappe; leur calice est 
membraneux , à deux lèvres arrondies , à peine dentées à 
leur sommet. Les légumes sont oblongs, aplatis, velus siir 
leurs sutures. Cet arbrisseau est commun dans les bois et 
les lieux incultes, en France , en Allemagne, en Angleterre, 
en Espagne, etc. 11 fleurit en Mai et Juin. 

Les sommités , les feuilles et les graines du genêt commua 
sont apéritives, diurétiques et purgatives : les fleuts sont 
même, dit-on, émétiques; mais le vinaigre leur fait perdre 
cette propriété. Dans certains pays, et principalement en 
Belgiqiie, on fait confire les boutons des fleurs dans le sel 
et le vinaigre , pour les servir sur les tables comme les 
câpres. 

En faisant rouir les jeunes rameaux de ce genêt, on en 
retire une filasse dont on peut fabriquer du fil , des cordes 
et de la toile grossière; c'est ce qu'on fait aux environs de 
Pise. Les vaches , les brebis et les chèvçes les broutent volon- 
tiers ; on cultive même la plante dans quelques cantons, p^our 
la leiir donner ainsi comme fpurrage, ou pour leur en faire 
de la litière. Il y a des endroits où les rameaux sont em- 
ployés pour le tannage des cuirs , et ailleurs on les brûle 
pour retirer de la potasse de leurs cendres , ou pour les 



GEN 3i7 

xépaiidre sur les terres. Les volailles en aiment beaucoup 
les graines. 

Mais, laalgré toutes ces propriétés, le genêt à balais est 
généralement regardé^ comme de pjeu de valeu/; le plu9 
sftivent on ne s'en sert que pour brûler , et on l'abandonne 
presque partout à la classe indigente. Les pauvres dles cam- 
pagnes vont le couper dans les bois , ce qui fait qu'on ne le 
voit jamais s'élever ; mais, quand on le laisse venir en liberté , 
surtout dans les terrains qui lui conviennent, dans ceux 
qui sont schisteux , -pa^ exemple, où il se plaft le mieux, 
il peut atteindre à la hauteur d'un petit arbre. C'est ainsi 
que M. Bosc en a vu dans les montagnes de la Galice, en 
Espagne , avoir vingt à trente pieds de hauteur. 

Geistêt MULTiFLoiiE : Gerdsta multiflora , Nouv. Duham. , 2 , 
,p. 76,1. 23; Genista alhcLy Lamck. , Dict. enc, 2, p. 623. 
Sa tige est droite, haute de quatre à six pieds, ou plus; 
ses jeunes rameaux sont efiilés, striés, soyeux, garnis de 
feuilles blanchâtres , peu nombreuses, la plupart composées 
de trois folioles lancéolées. Ses fleurs sont blanches, soli- 
taires, disposées dans presque toute la longuieur des ra*- 
meaux; leur calice est court, un peu tronqué, et à deux 
lobes« Cette espèce est originaire* du Portugal; elle fleurit 
en Juin. Le joli e£Pet qu'elle produit lorsqu'elle est en fleur ^ 
la fait cultiver depuis quelque^ temps dans les jardins. ' £Ue 
supporte bie^i , en pleine 'terre, les hivers du climat de Paris» 

Genêt furgatip ou Genêt griot : Genista purgans^ Lamck., 
Diet. enc. , 2, p. 617 ; Spartium purgans, Linn., Syst, nat, 
éd. i3 , pag. 474. Ses tiges sont hautes d'un pied et demi 
à deux pieds, divisées en rameaux nombreux ^ eflilés, pu* 
bescens, garnis de feuilles linéaires-lancéolées , également 
pubescentes, surtout en-dessous. Ses fleurs sont de grandeur 
médiocre, d'un jaune pâle, portées sur de courts péddn- 
cules par petits groupes de trois à quatre ensemble , et dis- 
posées le long des rami^aux en une sorte de grappe inter- 
rompue; leurs calices sont velus, à cinq dents inégales asses 
profondes. Les légumes sont courts, aplatis, velus, et n« 
eontiennent qu'une à deux graines. Cet arbrisseau croit 
sur les montagnes du midi de la France et des parties mérir 
dionales de l'Europe. • * 



5i8 GEN 

J. Bauhîn paroît être le premier qui ait donné à cette 
espèce Tépithète de purgans, ce qui doit faire croire qu'elle 
a été employée autrefois comme purgative, quoique cet 
auteur n'en dise d'ailleurs ribn. La grande quantité de 
fleurs dont ses rameaux se couvrent en Juin et Juillet, 
rend ce genêt trés*propre à être placé dans les jardins d'a- 
grément. * . 

Genêt des teintumeiis , vulgairement Genestiioi.e : Gemsta 

tinctoria, Linn*^ Speo», 998 ; Tinctorius flos , Fuchs, Hist*^ 8o8. 
Cette espèce ne forme le plus souvent qu'un arbuste haut 
d'un à deux pieds , divisé dès sa base en rameaux nombreux , 
effilés , striés , glabres , garnis de feuilles lancéolées , presque 
sessiles , légèrement ciliées en leurs bords. Ses fleurs sont 
assez petites, disposées, au sommet des rameaux, en grappes 
-longues d'environ deux pouces ; leur calice est glabre , à cinq 
dents peu inégales. Les légumes sont oblongs, très-§iabres. 
Cet arbuste se trouve sur les collines, dans les pâturages 
secs et sur les bords des bois ; il fleurit en Juin et Juillet. 
Les diflerentes parties du genêt des teinturiers, et surtout 
les fleurs et les fruits, sont indiqués comme émétiqûes et 
purgatifs ; mais ils sont hors d'usage. On employoit autrefois 
ses sommités fleuries pour teindre en jaune; on s'en. sert 
très^rarement aujourd'hui, parce qu^on leur préfère la gaud"e, 
qui fournit la même couleur, mais plus solide. 

Genêt de Sibérie : Genista sihirica, Linn., Manl., 671 ; 
Jacq. , Hort, Vind., 2, t. 190. Cette espèce ne diffère de la 
précédente que parce qu'elle est plus grande , plus droite. 
Le grand nombre, de petites grappes de fleurs qui terminent 
ses branches et ses petits rameaux, lui donnent un aspect 
des 'plus agréables. On la cultive pour cette raison dans 
les jardins d'agrément. 

Genêt herbacé : Genista sagittalis, Linn. , Spec, 998 ; Jacq., 
Fier. AusL , t. 209. Sa tige est rameuse dès la base , divisée 
en rameaux herbacés , longs seulement de cinq à huit pouces, 
chargés d'ailes foliacées , et garnis de quelques feuilles ses- 
siles, ovales-lancéolées, légèrement pubescentes. Ses fleurs 
sont assez petites, jaunes, disposées en. un épi terminal; leur 
. calice est velu , à deux lèvres et à cinq dents inégales. Les 
légumes sont ovales-oblongs, aplatis, .velus. Cette espèce 



GEN - 3i9 

est commune sût les collines et aux bords des bois ; ses 
fleurs paroissent en Mai et Juin. Elle est propre à mettre 
dans les gazons de& jardins paysagers. Les bestiaux la broutent 
volontiers. 

Genêt sphého carpe : Genista sphœrocarpos , Lamck., Dict* 
enc. , 2 9 p. 616. Arbrisseau de trois à cinq pieds de haut, 
divisé en beaucoup de rameaux très -effilés, striés, d'im 
vert blanchâtre, garnis, dans leur jeunesse, de quelques 
feuilles oblongues, velues, tombant de bonne heure. Ses 
fleurs sont d'un jaune foncé , très-petites, disposées en grappes 
courtes, mais npmbreuses, le long des rameaux, et souvent 
<deux ensemble sur le même point; leur calice est membra- 
neux , à cinq dents , dont les trois inférieures très-rapf»> 
prochées. Les légumes sont globuleux et ne contiennent 
qu'une seule graine. Ce genêt croît naturellement dans les 
parties méridionales de r£urope, et on le cultive dans les 
jardins. 

*•* Espèces à rameaux garnis etepines. 

'Genêt t>* Angleterre : Genista angliea, Linn. , Spec.j 999 î 
Flor. Dan,, tab. 619- Petit arbrisseau qui nV guère plus d'un 
pied de haut , et dont les rameaux sont diffus , d'un rouge 
brun, garais d'épines simples, et chargés de feuilles linéaires- 
lancéolées, glabres, portées sur de courts pétioles. Ses fleurs 
«ont assez petites , disposées en grappes courtes, dont le pé- 
•doncule commun e&i chargé de feuilles ovales. Les calices sont 
à deux lèvres , ^ont l'inférieure à trois dents plus longues 
-que celles de la supérieure. Les légumes sont obiongs, reil- 
flés, glabres. Cette «spèce croit en France et en Angleterre, 
dans les lieux humides 'des bois : elle fleurit en Avril et 
Mai. 

Genêt d'Aixemai&ne ; Gtni^a germanica, Linn. , Spec., 999. 
Arbuste d'un pied à un pied et demi de haut, dont les 
4iges sont munies de nombreuses épines k trofs pointes; le 
reste de la plante et les jeunes rameaux sont pubescens. 
Ses feuilles sont ovales^lanoéolées , presque sessiles, et les 
fleurs, jaunes, forn^ent, au sommet des rameaux, de petites 
grappes-, dont la réunion présente une sorte de panîcule. 
XiC calice est à cx&q dents profondes > peu inégales» Les lé» 



3.0 GEN 

gume^ sont courts , un peu renflés et velus. Cet arbuste croit 
dans les lieux sablonneux et au bord des bois , en France y^n 
Allemagne, en Suisse, etc. : il fleurit en Juin et Juillet, 

Genêt d'Espagne ; Genista hispanica , Linn. , nSpec. , 999» 
Celui-ci est un petit arbuste qui n*a guère plus d'un pied 
de haut. Ses rameaux , difl'us , étalés , munis d'épijies com- 
posées, sont velus dans leur jeunesse, et garnis de feuilles 
lancéolées, également velues; ils sont termànés par six à 
douze fleurs jaunes, assez petites, presque rapprochées en 
tête. Les dents du calice sont beaucoup plus courtes que 
dans les deux espèces précédentes. Les* légumes sont courts , 
peu renflés et légèrement velus. Cette espèce croit sur les 
collines et les lieux pierreux , dans le midi de la France et 
de l'Europe .* elle fleurit en Mai. (L. D.) 
GENET. (Afûmm.) Voyez GENErrc. (F. C.) 
GENÊT ÉPINEUX (Bot.), nom vulgaire de Tajonç. (L.D.) 
GENETTA, GENETHA. {Mamm.) Voyez Genette. (F. C.) 
GENETTE {Bot.), un des noms vulgaires sous lesquels on 
désigne querquefois le Narcisse des poètes. ^(L. D.) 

GENETTE. {Mamm,) Buflbn conjecture que ce nom vient 
de ce que l'animal qui le porte se rencontre , en Espagne 
principalement , dans les terrains couverts de geatéfs. Quoi 
qu'il en soit, il s'est étendu de l'espèce qui l'avoit reçue, à 
toutes celles qui ont avec celle-ci des rapports génériques. 
En effet, les genettes constituent un groupe naturel, mais 
assez rapproché des civettes pour ne foi^mer qu'une subdivi- 
sion de ce genre. Ce sont de pelits animaux de la grandeur 
des fouines, assez. bas sur jambes, dont le corps est trè»- 
effilé, et qui, par là, ont dû être considérés comme, des 
/espèces de martes, av^t que leur organisation fût mieux 
connue ; i;nais elles ont des dents semblables à celles des 
civettes: ce ne sont plus que à€,^ animaux deipi-carnas- 
«iers, qu'on peut au$si bien nourrir de pain et.de lait que 
de viande } mai^.qui cependant vivent de proie dans leur état 
de nature. Leur mâchoire supérieure a deux molaires tu- 
berculeuses, une carnassière très -épaisse, et trois fausses 
;iuoIair es. supérieures; leur màchoirj& inférieure a une mo^ 
laif e tuberculeuse , une carnassière semblable à celle de 
la, màcb^iri^ opposée , et quatre fausses molaires. Ih ont en 



GEN 3»i 

outre deux canines à chaque mâchoire et six incisives* 
Chacun de leurs pieds a cinq doigts à trois phalanges, excepté 
le pouce , qui n'en a que deux ; les trois <[oigts moyens sont 
les plus longs, et celui du milieu les surpasse tous. Ces doigts 
sont armés d'ongles à demi rétractiles et fort aigus , et la 
queue, toujours trés->longue, n'est point prenante* La verge 
des mâles est dirigée en arriére , et le vagin des femelles est 
semblable à celui des chats ; mais de chaque côté se trouvent 
deux.glandes assez grosses et saillantes, qui forment comme 
une sorte de poche. Ces .glandes produisent une matière 
onctueuse et odorante. Ce sont des animaux nocturnes : leur 
prunelle est semblable à celle du chat domestique ; leurs na- 
rines sont entourées d'un muffle ; leur langue est couverte de 
papilles cornées: leurs oreilles sont ellipttiques, et ont le petit 
lobule qui s'observe aux oreilles des chiens et des chats,- de 
longues moustaches garnissent leurs lèvres, et ils oi^t des poils 
soyeux et laineux. 

On n'est pas d'accor^ sur le nombre d'espèces qu'on doit 
distinguer dans ce groupe ; il est vraisemblable qu'on l'a 
trop multiplié. 

La Genette; Vwerra genelta, Linn. , BufiT., tom. 9, pi. 36. 
D'un pied de longueur environ, et de quatre spouces. et demi 
de hauteur. Sa queue a huit pouces. Le fond de son pelage 
est d'un cendré jaunâtre , et il est varié de taches noires et 
pleines, longues sur le cou et les épaules, et arrondies sur 
les côtés du corps et sur les membres; le long du dos elles 
forment une ligne presque continue. La queue est entourée 
de dix à onze anneaux noirâtres. Les parties inférieures du 
corps sont grises , si^ns taches, ainsi que la tête et le devant 
des pattes; la partie postérieure de celle-ci est noire, et il 
en est de même du museau et des lèvres en arrière des na-* 
rines ; le bout de la lèvre supérieure est blanc , et l'on voit 
une tache de cette couleur au-dessus de l'œil et une au- 
dessous. On assure que cette jespèce se tient dans le voisinage 
des petites i^ivières et des lieu^ bas , et qu'elle s'apprivoise 
facilement. Belon en a vu à Constantinople qui faisoient 
l'office de chats. Leur gestation est de quatre mois , et leurs 
petits naissent avec les mêmes couleurs que les adultes. Cette 
espèce est extrêmement répandue ; elle se trouve en France , 
18. 21 



3m gen 

en Espagne , en Barbarie ^ au cap de Bonne -Espérance , et 
conséquemment dans toute l'Afrique r aussi M. G. Cuvier 
pense-t-il qu^ll faut lui rapporter le chat musqué da Cap , 
la civette de Malaca de Sonnerat,* le chat du Cap de Forster^ 
le chat bbaam de Vosmaer, etc. 

La Fossanne; Viverra fossa, Linn. ^ Buff», tom* i3 , pi. so, 
a beaucoup de ressemblance avec la genette : elle a presque 
sa taille et ses taches ; mais celles-ci sont roussesau lieu d'être 
noires. Les uns disent que les glandes qui entourent les parties 
génitales répandent une forte odeur de musc , et d'autres le 
nient. C'est , au reste , un animal qui n'est encore que très* 
peu connu ; il se trouve à Madagascar (d'où il a quelquefois 
reçu le nom de genette de Madagascar) et, à ce qu'il paroît, 
dans toutes les Indes orientales. 

La Genette de l'Inde; Civetta indica, Geoff. Cet animal a 
été rapporté de J'Inde par Sonnerat, et se trouve actuelle- 
ment dans les galeries du Muséum d'histoire naturelle. Il a 
de quinze à seize pouces de longueur. Tout le dessus de son 
corps est d'un blanc sale, marqué de taches et de lignes 
brunes; deux de ces lignes se voient de chaque c6té du cou, 
et deux autres sous la gorge , qui forment une sorte de col- 
lier. Le dessous du corps et la gorge sont d'un blanc gri- 
sâtre; la queue est annelée de brun et de blanc; les pattes 
sont brunes , et les oreilles noires postérieurement. 

La Genette A BANDfiAU ; CiveUafasciata, Geoff. M. Geoffroy- 
Saint-Hilaire^ a encore fait une espèce distincte d'un individu 
conservé dans les collections du Muséum , et dont la patrie 
est inconnue. Son pelage est Jaunâtre, rayé et tacheté de brun 
clair, comme celui des précédentes; mais il a au-dessus de 
chaque œil un bandeau d'un blanc jaunâtre que l'on distingue 
nettement. Le museau est noir : au-dessus du nez s'étend 
une raie noire qui se prolonge entre les deux yeux et qui 
est accompagnée de deux lignes blanches; les oreilles sont 
noires. Le dessous du ventre est d'un blanc grisâtre ; les 
jambes et les cuisses sont noires. La queue , qui est touffue , 
n'a d'anneaux noirs et jaunâtres que dans le' premier tiers 
de sa longueur; le reste est noir. 

La Genette rayée de l'Inde; Viverraf(ùciata, Gmel; , Buff. , 
Suppl. , tom. 7 , pi. 56. C'est encore k Sonnerat que Ton 



GËN 8^5 

doit éei atiimal, qu'il nommoit chat sativagë dé l^Inde, et 
kj[ue Bufibn a figuré et décrit sous le nom de putois rayé de 
l^Inde. M* G*Cvvîer suppose qu'il doit être rapporté aux ge- 
iiettes, et quoique cette conjecture ne puisse pas être véri- 
fiée, puisqu^on ne possède plus cet animal et qu'il n'a été 
que fort imparfaitement décrit^ nous rapporterons ce qu'en 
dit Biiffon. <!^Cet animal, qui habite la côte de CorOmandel, 
a quinze pouces de longueur du bout du museau à l'anus; 
6a grosseur approche de cell^ dé nos pUtoisé La tête , qui 
a quati^e pouces du nez à l'occiput, est d'une eouleur brune 
mêlée de fauve ; l'oi'bite de l'œil est très -grande et bordée 
de brun ', la distance du bout du museau à l'angle antérieui* 
de l^œil , est de dix lignes , et celle de l'angle postérieur à 
l'oreille est de quatorze lignes; le tour des yeux, le dessous 
du nez et les joues sont d'uuHauve pâle; le bout du nez et 
les naseaux sont noirs ^ ainsi que les moustaches et les poils 
flu-deissus desyeux. L'oreille est plate , ronde et de la forme 
de celle des putois ; elle est nue , et il y a seulement quel^ 
ques poils blanchâtres autour du conduit auditif. Six larges 
bandes noires s'étendent sui^ le corps depuis roccipUt jus-' 
qu'au-dessus du croupion, et ces bandes noires sont séparées 
les unes des autres alternativement par cinq longues bandes 
blanchâtres et plus étroites. Le dessous dé la mâchoire infé<> 
rleure est fauVe très-pâle , de même que la face intérieure 
des {ambes de devant: la face extérieure du bras est bi'une, 
knélangée de blanô sale i la face externe des jambes de der- 
rière ^st brUne, mêlée d'un peu de fauve et de blanc gris ; 
les cuisses et les jambes de derrière ont la face interne 
blanche et en quelques endroits fauve pâle ; tout le dessous 
du ventre est d'un blanc sale : le plus grand poil de. dessus 
le corps a huit lignesi La queue ^ longue de neuf pouces , 
finit en pointe ; elle est couverte de poils bruns mêlés de 
fauve , eomme le dessus de l'occiput. Les pieds sont longs -^ 
surtout ceux de derrière; Car ceux de devant ont, y com^ 
pris l'ongle, seize lignes de longueur, et ceux de derrière 
Vingt-une lignes. Les cinq doigts de chaque pied sont cou« 
Verts de poils blanchâtres et bruns; les ongles des pieds de 
devant ont trois lignes , ceux des pieds de derrière quatre 
lignes.» (F. C.) 



524 . GEN 

GENÈVRÈ. {Bot.) Voyez Genévrieh. (L. t).) 

GENÉVRIER, Juniperus. (Bot.) Genre de plantes dico- 
tylédones, de la famille des conifères, Juss<, et de la dioécie 
monadelpliie f Linn. ^ dont les fleurs sont le plus souvent dioï* 
ques, quelquefois monoïques, et dont les princîipaux carac- 
tères sont les suivans : Fleurs mâles, disposées en petits cha- 
tons ovoïdes ou arrondis , et composées d^écailles en bouclier, 
opposées deux à deux ou trois à trois sur un axe ; anthères 
à une loge, sessiles sous chaque écaille, ou nues au sommet 
du chaton. Fleurs femelles, composées d'un petit nombre 
d'écaillés opposées ou ternées, chaque écaille portant deux 
ovaires à sa base; après la fécondation, les /écailles se sou- 
dent ensemble , s'épaississent, et forment un fruit globuleux, 
un peu charnu , bacciforme , contenant' un ou plusieurs 
noyaux osseux, à une loge mpnosperme. 

Les genévriers sont des arbres ou des arbrisseaux résineux ^ 
à rameaux alternes et à feuilles simples, petites, toujours 
vertes, nombreuses, rapprochées, opposées ou verticillécs , 
ou imbriquées , et' dont les fleurs sont disposées en petits 
chatons axillaires. Ils croissent, en général^ dans les climats 
tempérés ou un peu froids de l'ancien continent; quelques- 
uns sont originaires de l'Amérique. On en compte. aujour- 
d'hui plus de vingt espèces , parmi lesquelles nous citerons 
seulement les plus remarquables. 

Genévrihr commun : Juniperus communis, Linn., Spec, 1470; 
Lois, in î^ov* Duham»^ 6, p. 46, tab. i5, fig. 1. Dans les 
pays chauds, cette espèce, qu'on désigne encore sous le 
nom- vulgaire de genièvre, s'élève quelquefois en arbre à 
la hauteur de vingt pieds ou plus; mais, dans les pays du 
Nord, elle ne forme, le plus souvent , qu'un arbrisseau 
touffu , à rameaux diffus , ayant rarement plus de six 
ou huit pieds. Ses rameaux sont garnis de feuilles opposées 
trois à trois, sessiles, linéaires, glabres, très-aiguè's et pi- 
quantes. Les fleurs mâles et les fleurs femelles naissent dans 
les aisselles des feuilles , sur des pieds différens : les pre- 
mières sont de petits chatons ovales-alongés, presque sessiles, 
composés de douze à quinze écailles en bouclier , pédi- 
cellées, portant à leur face interne cinq à sept anthères ; 
les chatons femelles sont très-petits , verdàtres, terminés à 



GEN 3a5 

leur sommet par trois pointes. Les fruits sent globuleux, 
presque sessiles, moitié plus courts ^quç la longueur des 
feuilles, d'un viole^ bleuâtre lors de leur maturité, qui 
n'a lieu qu'au bout de deux ans : ils contiennent chacun 
deux à trois noyaux ovales- triangulaires , un peu aigus. Le 
genévrier commun croît en Europe , dans les lieux incultes 
et pierreux, sur les coteaux calcaires : on le trouve aussi 
en Sibérie. 

■ Toutes les parties de cet arbrisseau , et surtout ses fruits, 
ont une odeur résineuse et aromatique qui se développe 
principalement lorsqu'on les brûle. On a cru pendant long- 
temps que la résine qui découle de son tronc étoit la san- 
daraque qui est employée pour faire du vernis, et qui, ré- 
duite en poudre et appliquée sur le papier, l'empêche de 
boire, lorsqu'on a été obligé de le gratter et que l'on veut 
écrire aux mêmes places; mais on sait aujourd'hui que 
cette dernière substance résineuse est produite par le thuya 
articulé, qui croit en Barbarie et dans le royaume de Maroc. 

Dans les pays où ^e genévrier est commun , les gens de 
la campagne l'emploient pour chauffer leurs, fours; dans 
eeux où il croît à la hauteur d'un petit arbre, on en fait 
des seaux, de la boissellerie , des échalas, qui sont d'une 
longue 'durée : on l'emploie aussi pour de petits ouvrages 
de tour et de marqueterie. Son bois est rougeàtre, agréa- 
blement veiné; il a le grain fin, et prend un beau poli s 
il exhale, lorsqu'on le travaille, une odeur agréable et 
légèrement balsamique. 

On fait, avec le genévrier, des rideaux de verdure, qui 
sont très-épais et très-serrés, quand on a soin de les tailler 
régulièrement. Ces espèces de palissades peuvent aussi ser- 
vir comme haies de clôture. 

Dans les pays montagneux , les fruits du genévrier , qu'on 
nomme communément baies de genièvre, sont une grande 
ressource pour les pauvres , qui en font une liqueur fer- 
mentée appelée g^nevrette et qui fait leur boisson ordi<« 
naire. Les Lapons boivent la décoction des baies (Je genièvre 
dans de l'eau , comme ailleurs on prend du thé. Dans le 
nord de l'Europe , on emploie une grande quantité de ces 
baies pour faire ce qu'on appelle Veau^dc-vic de genièvre* 



- 336 GEN 

Les marins font un grand usage de cette liqueur dans leura 
voyages. 

Quelques quadrupèdes et plusieurs espèces d'oiseaux , suiv 
tout les merles et les grives, sont friands des baie^ de ge-t 
nièvre. Ces fruits ont une 'saveur sucrée et un peu âcrej 
ils exhalent, quand on les brûle, une odeur aromatique 
forte et pénétrante. On croyoit . autrefois qu'ils avoient la 
propriété de purifier Tair des miasmes putrides et conta* 
gieux ; mais ils ne foi^t , lorsqu'on le^ brûle , que masquer 
la mauvaise odeur. 

On emploie les baies de genièyre en médecine* Leur in* 
fusion théiformje donne du ton à l'estomac et aux intestins, 
active la transpiration cutanée , et paroît surtgut augmenter 
la sécrétion xles urines. Sous ce dernier rapport, leur Qsage 
est trèfrputile da'ns les affections des voies urinaires qui ont 
pour cause la foiblessc des reins et de la vessie, ou la 
présence de petits graviers dans les mêmes organes. Dans 
, les pharmacies, on prépare avec ces fruits un extrait qui 
est tonique, stomachique et antiscorbutique. Le ratafîat 
qu'on compose en faisant infuser des baies de genièvre 
dans de l'eau-de-vie, et en ajoutant du sirop de sucre à 
l'infusion,, est une bonne liqueur, dont l'usage est salutaire 
pour faciliter la digestion et empêcher les flatuosités. 

Genévrier oxycèdre ; Jufiiperus oxicedrds^ Linn,, Spec, 
1470; Lois, in Now^ Duham., 6, pag. 47, tab, i5, fig. 2, 
Cette espèce, appelée vulgairement Code dans le midi de 
la France, aies plus grands rapports avec la précédente; 
^nais elle en diifèrç constamment par ses fruits deux ou 
trois fpis plus gros, d'une couleur roussâtre , contenant des 
noyaux renflés à leur basi? , comprimés à leur partie supé» 
rieure , tronqués et un peu ëchancrés à leur sommet , aveq 
une petite pointe dans le milieu de l'échancrure. Elle croît 
naturellement dans les lieux secs et arides du midi de la 
France , en Espagne , dans le Levant , en Barbarie , et elle est 
aussi commune dans ç^s cpiitrées que la première espèce 
Ycst dans le Nord. 

Le bois du genévrier oxycèdre répand, lorsqu'on le brûle, 
une odeuï* très-forte , e^ on en retire un liquide brunâtre , 
l^uUçuxy inflammable I ajrawt ype odeur ré^ipeusf appro* 



GEN 3»7 

chant de celle du goudron, mais plus désagréable* Cette 
liqueur, connue sous le nom d'huile ie cadcj s'obtient, en 
été, en faisant brûler par un bout les branches fraîche* 
ment coupées , et en recevanl dans un vase la matièris qui 
découle par Tautre eittrémité. L'huile de cade a une saveur 
i&cre et même caustique; elle est einployée dans là médev 
cine vétérinaire , pour la guérison des ulcères des chevaux , 
et contre la gale des moutons, £n Provence , le peuple 
s'en sert aussi pour faire des friction^ ^ur rèstomao et le 
bas-ventre des enfans qui ont des vers, et cela Içur en fait 
souvent rendre , soit par le haut soit par Iç b{is. 

Genévrier a gros fruit : Juniperus drupaeea, LabiU. , lo, 
planta Syr,,,dec, 2, p, 14, tab.' 8. Cette espèce est remar« 
quable par la grosseur de son fruit, qi^i est oblong, régu-* 
Uèrement sillonné, du volume d'une noix ordinaire, et 
d'une couleur bleue, E^le croit en Syrie, où les b,abitans 
du pays mangent son fruit. Elle ft été cultivée $• il Y f( 
quelques années, chez M, Ccls. 

Genévrier de Phénicie : Juniperus phanieea ,^ hïnn, j Spee.^ 
Î471; Lois, in Novp Duham,^ 6, p? 47, 1 *» i?- Le genévrieu 
de Phénicie est un arbrisseau dont la tige , changée de 
rameaux, nombreux , disposés en pyramide , est haute d^ 
douze à quinze pieds^ Ses jeunes rameaux sont grêles, re-f 
couverts en entier dé feuiUes très^t^etites, ovales, ob^ 
tuses, un peu charnues, opposées trois k^ trois, exacte^ 
ment appliquées sur la surface dés Vameaux, et imbri-< 
quées les unes sur les autres. Les ^eurs mâles et le$ fleuri} 
femelles sont souvent réunies sur les mêmes pieds, plus xe^^ 
rement séparées sur deê individus différens* Les pi*emière9 
forment de petits chatons ovoïdes, trèsruoinbreux , portée 
sur de courts pédoncules feuilles et disposés latéralement 
le long des rameaux, Les fleur? femelles , sort qu'elles 
naissent sur le inéme pied , soit qu'elles viennent §UT ni^ 
antre individu , sont aussi portées 8u|* de^ pédoncule^ garnie 
de feuiUes imbriquées; mais elles sont beaucoup moins 
pombreuseSf Les fruits qui leur succèdent sont gros comme 
des pois, roussàtres à l'époque de leur maturité, qui n'a 
lieu qu'au bout de deux ans : ils contiennent ordinaire^ 
ment neuf osselets ovales ^ irrégulier* ? légèrement Ppmpi'ÎB 



3a8 GEN 

rdés et un peu anguleux. Cette espèce croit naturellement 
dans le midi de la France, en Espagne, en Italie, en Bar- 
barie et dans l'Orient ; on la cultive dans les jardins : elle 
résiste bien au froid des hiyçrs les plus rigoureux du cli- 
mat de Paris, quoiqu'elle soit originaire de pays beaucoup 
plus chauds. Son bois est dur et noueux; ses fruits servent 
de nourriture à plusieurs espèces d'oiseaux, surtout aux 
griyes et aux merles, et à certains quadrupèdes, comme 
les martres et les renards. ^ 

Genévrier de Lycie jJuniperus lycia, Linn. , Spec, i^fi» 
Ce genévrier a tant de rapports avec le précédent qu'il ne 
paroit en être qu'une variété i il en diffère seulement parce 
que ses fruits sont une fois plus gros : il se trouve de même 
dans les pays du Midi. Linnœus avoit avancé que l'encens 
qu'on brûle dans les églises étoit produit par cette espèce; 
d'autres ont cru qu'il l'étoit par le juniperus thurifera ; on 
sait aujourd'hui , d'après les renseignemens fournis par le 
docteur Roxburgh , que cette résine précieuse est le pro- 
duit d'un arbre nommé , par qet auteur , hrossi^allia dentûta. 

Genévrier &abine : Juniperus sahina, Linn., iSpeCy 1472 î 
Bull., Herb. , t. 139. Cet arbrisseau , connu vulgairement sous 
le tiom. de sabine, s'élève à la hauteur de dix à douze pieds. 
Ses jeunes rameaux sont, comme dans les deux espèces pré- 
cédentes , entièrement recouverts de feuilles ovales , oppo- 
sées , un peu aiguës, convexes sur le dos. Les fleurs mâles 
et les fleurs femelles sont séparées sur des individus diffé- 
rens. Les fruits qui succèdent aux dernières sont ovales-ar- 
rondis, d'un bleu foncé et presque noirâtre, de la grosseur 
d'un grain de groseilles : ils ne contiennent ordinairement 
qu'un petit osselet ovale, un peu comprimé. La sàbine croit 
en Espagne, en Italie, dans le Levant, et en France, dans 
les montagnes du Dauphiné et de la Provence : elle est cul- 
tivée dans les jardins. On en connoît deux variétés : la pre- 
mière, plus élevée, appelée sabine mâle; et la seconde, 
qui forme un arbrisseau beaucoup plus bas, nommée Sa- 
bine femellCt 

Cette espèce fait un joli effet dans les jardins paysagers ; 
on peut en faire. des rideaux de verdure,, parce qu'elle 
supporte bien la tonte auic ciseaux* £Ue se multipÙe de 



GEN 3^9 

boutures plus facilement que toute autre espèce, ce qui 
fait que rarement von< se donne la j^elne de l'élever de 

graines. 

La Sabine est employée en.médecine : ses feuilles ont une 
odeur résineuse et aromatique très-pénétrante , et leur saveur 
est fortement- amère ; leur infusion , prise intérieurement , 
et même leur application sur le bas-ventre, agissent éga- 
lement, dit-on, comme vermifuges. Cette même infusion 
aqueuse, et toutes les autres préparations qu'on en peut 
faire, ont beaucoup d'action sur l'utérus, et passent pour 
être de puissans emméuagogues ; on assure même qu'à une 
dose un peu forte elles peuvent produire l'avortement , ce 
qui doit mettre en garde sur la manière de les administrer. 

Les maquignons allemands font, dit-on, prendre de la 
Sabine à leurs, chevaux, pour leuk* donner de l'ardeur. Les 
Baschkirs, peuples de la Russie , lui attribuent une grande 
vertu contre les sortilèges , et ils on (< bien soin d'en suspendre 
de petites branches au-dessus des portes de leurs maisons. 

Genévriee de Virginie : Juniperus virginianaj Linn., Spec^y^ 
3471; Mich. , Arb. amer., 3, p. 42, pi. 6. Cette espèce, 
connue en Amérique sous le nom de cèdre rouge y ressemble 
presque en tous points à la sabine; mais elle en diffère 
sensiblemejdt sous le rapport de son élévation : elle forme 
un arbre de quarante à quarante - cinq pieds de hauteur. 
On la trouve dans plusieurs parties des États-Unis et au 
Mexûttie , principalement dans le voisinage de la: mer. On 
la cimive en France depuis environ soixante ans. Les arbres 
de cette espèce font un bel effet par Ja verdure perpétuelle 
et la délicatesse de leur feuillage. Au printemps , dans le 
moment de la floraison , les pieds mâles paroissent tout jaunes , 
à cause de ia grande abondance de fleurs dont ils sont cou- 
verts, et des nuages de poussière fécondante qui s'en échap- 
pent : pendant l'hiver , les pieds femelles prennent un aspect 
particulier , par la grande quantité de fruits d'un bleu foncé 
dont il^ sont chargés, et qui se conservent sur les arbres 
jusqu'au retour de la belle saison. 

Le nom de cèdre rouge , que porte ce genévrier en Amé- 
rique, lui vient de la couleur dont son bois est dans le 
cœur. Ce bois est 'odorant, fort et léger; il a le grain fin, 



33o GEW 

«erré , et il a une ijualîtë précieuse , èelle d'être d'une t»èft- 
longue durée. Cet arAre diminue rapidement de grosseur de 
la base au sommet , ce qui le rend peu propre à faire des 
pièces de charpente d'une certaine longueur. Il a d'ailleurs 
l'inconvénient de croître très-lentement : Kalm a compté 
188 couches annuelles sur un tronc qui n'avoit que i3 pouces 
de diamètre, et 260 sur un autre de 18 pouces. 

Dans tous les ports des États-Unis on emploie beaucoup 
de bois de cèdre rouge pour la charpente ^supérieure des 
vaisseaux. Dans les villes et dans les campagnes , on en fait 
des pieux et des palissades pour la clôture des cours et des 
jardins ; on s'en sert pour faire les tuyaux souterrains destinés à 
la conduite des eaux; on en fabrique aussi de petits ouvrages 
de boissellerie , des meubles, des boiseries, dont Todeur 
pénétrante , mais pourtant agréable , éloigne les insectçs. 

Genévaier des Bermudes ; Juniperus jhermudiaita , Linn., 
Spec, 1471. Celui-ci est un arbre de quarante à: cinquante 
pieds, dont les rameaux sont redressés et rapprochés de la 
tige. Ses feuilles sont subulées , aiguës , verticillées par trois 
ou par quatre, étalées dans les jeunes individus , courtes et 
imbriquées dans ceux qui sont^ plus âgés. Les fruits sont d'un 
rouge pourpre. Cette espèce croît dans les îles Bermudes : 
Iç^ habitans en construisent des bateaux légers qui durent 
très-long-temps. Son bois est léger , tendre , d'un brun clair 
ou rougeâtre. C'étoit avec lui seul qu'on faisoit autrefois les 
enveloppes des crayons fins,* .maû|, depuis qu'ii est ^pvenu 
rare , on lui substitue le plus souvent celui du genévrier de 
Virginie, qui est beaucoup plus commun. 

Genévrier THURiFÈRE ; Juniperus thurifera, Linn., Spec, i47i« 
Cette espèce s'élève de vingt-cinq à trente pieds de haut; ses 
feuilles sont linéaires, aiguës, opposées^ deux à deu>c, et im<- 
briquées sur quatre côtés ; ses fruits sont très-gros , noirs lors 
de leur maturité. Elle croît en Espagne et en Portugal, Ce 
genévrier ne produit point l'encens , comme ^l'indique l'épi-» 
thète de thun/tra. 

Genévrier élevé ; Juniperus excelsa, WiUd. , Spec^, 4? p- Ô52, 
Ce genévrier a beaucoup de rapports avec la sabine; mais 
c'est un arbre de quarante à cinquante pieds d'élévation. 
Ses feuilles sont opposées, un peu obtuses, marquées sut 



' &EN 55 1 

leur dos d'un point glanduleux, imbriquées sur quatre rangs; 
les plus jeunes aiguës, ternées, étalées. Les fruits sont petits 
et noirs. Cet arbre croît vers les bords de la mer Ca^ienne 
et dans la Tauride : on le cultive au Jardin du Koi. 

Tous les genévriers se multiplient de graines : plusieursf 
espédes réussissent bien de marcottes, et ménie de boutures; 
mais les pieds qui viennent de semis sont toujours plus vi^ 
gouréux et plus droits. Les graines doivent être ^semées en 
automne , le plus tôt possible après leur maturité , parce que, 
lorsqu'on les garde jusqu'au printemps, elles germent plu^ 
difficilement. Excepté le genévrier des Bermudes, qui a be-» 
soin d'être mis en serre pendant l'hiver, toutes les autres 
espèces peuvent être élevées et cultivées en pleine terre 
dans le climat de Paris, ( L. D. ) 

GENGES. {Ornith,) Gesner , qui parle de cet oiseau 
diaprés Easis 9 sj? borne h dire que sa chair est astringente, 
{ Ch. D. ) 

GENGIBIL (Bo/.), nom arabe et turc du gingembre^ (J,) 

GENGLIN {Idhlhjrol.) , un des noms des jeunes meuniers, 
cyprinus jeses , Linn, Voyez Ablje , dans le Supplément du 
1.*' volume de ce Dictionnaire, (H, C, ) 

GENIBRE {Bot,)j nom provençal du genévrier. (J,) 

GENICHELLA. (Bot.) Dodoens rapporte ce nom y donné 
par quelques auteurs au scpau-de-Salomon , pofygonatum, (J.) 

GENicULARIA, {Bot.) Ce genre, fondé par Roussel (FL 
du Calv.), comprend les espèces de çhantransia géniculées, 
qui ne sont point munies d'un axe central comme les espèces 
qui constituent le genre Lemanea de Bory de Saint-Vincent. 
Ce genre seroit donc le chq.ntrarisia ^ Pec. , moins celui que 
nous venons de cîter^ (Lem,) 

GENICULARIS ( Bot. ) , nom ancien , donné par les Ro- 
mains, suivant Ruellius, à la coquelourde des jardins, agro^ 
fitemma coronaria, que d'autres nomment aussi geranopodion 
.et corymbion, La valériane est aussi nommée genicuiaris, sui- 
vant Dodoens. ( J,) 

GÉNICULE , Geniàulatus (Bot.) : articulé et fléchi en genou 
k Farticulation. La tige de la spergule^ du géranium sanguU 
ntuirty etc, ; les racines de la gratiole, etc.; le pédoncule du 
pelargoninm , etc.; les filets des étamines du mahemiay etCfi 



33* GEN 

le style du geum urhanum, etc.; Taréte de l'avoine, ftcm^ 
sont génieulés, ^Ma^s.) 

GENIÈVRE. (BoC) C'est le nom qu'on donne au fruit 
du genévrier commun, ou quelquefois à cette espèce elle- 
même. Voyez Genévbier. (L. D.) 

GENIOSTOME, Geniostoma, {Bot,) Genre de plantes dico* 
iylédones, à fleurs complètes, mo nopé talées , de la famille 
des apocinées, de Isl pentandrie monogjnie de LinnsBus, offrant 
pour caractère essentiel : Un calice à cinq divisions ; une 
corolle monopétale , tubulée , barbue à son orifice ; le limbe 
k cinq divisions : cinq étamines situées à Torifice de la co-< 
roUe , alternes avec ses lobes *. un ovaire supérieur; un style; 
un stigmate sillonné. Le fruit est une capsule oblongue , à 
deux loges , contenant dans chaque loge plusieurs semences 
attachées à un placenta filiforme. 

Geniostome de roche : Geniostoma rupé^tris , Forst. , t^ov,gen, , 
24, tab. 12 , et Frodr., n.° 104; Lamk. , IlL gen,, tab. i35. 
Plante des îles de la mer du Sud , découverte pai" Forster ^ 
et dont nous ne connoissons. encore que le caractère du 
genre. Sa fleur est pourvue d'un calice supérieur, à cinq 
divisions aiguës : la corolle est d'une seule pièce , tubulée , 
plus longue que le calice. Son tube s'élargit insensiblement 
en un limbe ouvert, partagé en cinq lobes munis de troi» 
dents; celle du milieu plus grande : cinq étamines, dont les 
filamens sont très - courts , insérés à l'orifice de la corolle , 
terminés par des anthères oblongues et' saillantes ; un ovaire 
supérieur, ovale , surmonté d'un style plus long que le tube 
de la corolle^ soutenant un stigmate épais, cylindrique , obtus 
et sillonné. Le fruit consiste en une capsule oblongue, bilo- 
culaire , renfermant dans chaque loge plusieurs semences 
presque anguleuses , attachées L un placenta filiforme. 
(Poia.) 

GENIPAT. {Bot.) L'arbre cité sous ce nom parThevet ne 
peut être autre que le genipayer, genipa, puisque la pulpe 
du fruit de l'un et de Tautre noircit les parties delà peau sur 
lesquelles on l'applique. Cette propriété fait donner le même 
nom dans la Guiane, .suivant Aublet, au fruit de plusieurs 
espèces de costus , dont on tire une couleur noire employée 
pour écrire et pour teindre les fils. (J*) 



GEN • m 

GENIPAYER, Genipa. {Bot.) Genrte de plantes dicotylé- 
dones, à fleurs complètes, ïnonopétalées , de la famille des 
rubiaeées, de là pentandrie monogynie de Linnaeus, très-rap-- 
proche des gardénia, offrant pour caractère essentiel : Un 
calice entier à cinq petites dents ; une corolle infundibuli* 
forme; le limbe à cinq grandes divisions étalées; cinq an^ 
thères presque sessiles et saillantes à Torifice du tube ; un 
ovaire inférieur; un style; le stigoiate en tête ; une baie assez 
grosse , k deux ou quatre loges , contenant chacune plusieurs 
semences. 

Ce genre, peu distingué des gardénia, si ce n'est peut-être 
par ses baies charnues^ y a été réuni par plusieurs auteurs; 
d'autres l'ont conservé.» 11 se compose des deux espèces sui- 
vantes. 

GÈNiPAYER d'Am6riqu.e : Génipa americana, Linn. ; Burm. in 
Plum. , Amer,, tab. i36; Janipha, Marcgr. , Bras,, 92 ; Janiha, 
Pis., Bras,, i38: Gardénia genipa, Willd. , Spec, , 1 , p. 1228^ 
Swartz, Ohs., 84. Arbre de trente-six à quarante pieds d'élé- 
vation. 5oxi tronc est épais; il soutient une cime ample , 
étalée , garnie de feuilles grandes et nombreuses^ qui pro- 
curent un ombrage agréable. Le bois est d'un gris de perle ; 
son écorce grisâtre, ridée et raboteuse; les branches, très- 
étalées, sont chargées, par intervalle, de rai^eaux presque 
vert^cillés , et vers leur sommet de feuilles presque sessiles , 
grandes, lancéolées, entières, opposées, réunies par touffes, 
vertes, glabres à leurs deux faces , larges d'environ trois 
pouces sur près d'un pied de longueur. Les fleurs naissent 
en bouquets au sommet des rameaux, d^une odeur agréable, 
d'abord blanches , puis d'un .blanc >aunâtre , d'environ un 
pouce et demi de diamètre , portées sur des pédoncules 
courts , rameux , un^eu pédoncules : leur calice est presque 
tronqué à ses bords, à cinq dents peu sensibles; la corolle 
presque en roue ; le tube court ; le limbe très - ouvert , à 
cinq découpures profondes, ovales, aiguës; lesifilamens très- 
courts, subulés, attachés à l'orifîce ehi tube, réfléchis sur 
le limbe , entre ses divisions ; les anthères oblongues , point 
'conniventes; l'ovaire ovale, surmonté d'un style- simple, et 
d'un stigmate ovale -oblong ou en massue, saillant hors du 
tube de la corolle* Le fjcuit est une grosse ^àie charnue, 



ovale , rëtrécîe en pointe à ses deux extrémités , tt*on({iiée êi 
ombiliquée à son sommet^ un peu pubescente, d*un vert 
blanchâtre , de la grosseur d^une orange , revêtue d'une 
ëcorce charnue , contenant tine piilpe blanchâtre , aigre-" 
lette, et nti suc qui teint eii violet- briln ou noirâtre tout 
ce qu'il toiiche : elle se divise en deux loges, renfermant 
chacune plusieurs semences comprimées , anguleuses , nichéej^ 
dans la pulpe. 

Cet arbre crott aux Antilles et dans < l^Àmérique méridio- 
nale : il fleurit en Juin , et porte des fruits mûrs vers la fin 
de Tété ; au mois de Décembre il perd Utie grande partie 
de ses feuilles* Les Indiens mangent ses baies lorsqu'elles 
Sont mûres; elles sont très - rafraîchissantes , et apaisent la 
soif. Ce fruit est astringent ; la teinture qu'on en obtient est 
trés-fugace. Le bois prend un assez beau poli; on en fait 
des montures de fusils , et quand il est vieux , on le recher^» 
che pour faire des brancards. 

Genipayer cahuto ; Genipa caruto , Kunth in Humb. et BonpI. , 
Nof. gen^y 3 , pag. 407. Arbre d*environ vingt pieds , dont les 
rameaux sont glabres, cylindriques; les feuilles opposées, 
j)resque sessiles , en ovale renversé , obtuses , rétrécies à leui* 
base, veinées, presque membraneuses, glabres en -dessus, 
brunes , pubescentes en-dessous, longues de neuf à dix pouces, 
larges de cinq ; les stipules caduques. Les fleurs sont termi-^ 
nales, pédonculées, au nombre de deux ou trois sur chaque 
pédoncule , soutenues par des pédicelles longs d'un pouce ^ 
accompagnées de deux ou trois bfactées ovales, fort petites^ 
Le calice est tronqué, campanule^ glabre, à cinq dents peil 
marquées: la corolle blanche, en soucoupe; le tube court, 
élargi , soyeux tant en dedans qu'en dehons ; le limbe à cinq 
lou six découpures oblongues, obtuses, joyeuses; cinq du six 
anthères sessiles , linéaires , saillantes ; le pollen cendré ; le 
style non saillant; le stigmate jaune ^ épais« Le fruit est une 
baie ovale -oblongue, charnue, couronnée par le calice^ 
bonne à manger, divisée en quatre loges, renfermant cha- 
cune plusieurs semences. Cet arbre a été découvert par MM^ 
Humboldt et Bonpland sur les bords de l'Orénoqiïe. Les na-« 
turels du pays retirent du suc de ses fruits une couleur noirif 
qu'ils appliquent par tachas sur leur visage* (Poia.) 



GËN S35 

GjÉMPL (Sot,) Les habîtans des montagnes donnent le 
nom de gënipi à diverses plantes de la famille des syhan* 
thérées , qui croissent dans ces régions : ainsi , par la dénomi-^ 
nation de gënipi hlanc , ils ont coutume de désigner les artC" 
misia rupestris et glacialis , les achilUa nana et moschata; celle 
de gënipi noir désigne Vartemisia spieata, et le gënipi joMne 
i^st le senecio incanus, (H. Cass. ) 

GENISSE (Mamm,) y nom de la vache dans sa seconde 
année. (F. C.) 

GENISTA. {Bot.) Voyez Genêt. (L,D.) 
. 'GENISTA-SPARTIUM. (Bp^) Tournefort et ses prédéces- 
seurs désîgnoient sous ce nom tous les genests épineux dis-* 
perses par Linnseus dans les genres Vlexj Genista^ Spartium 
et Anthyllis, (J.) 

GÉNISTELLE ( Bot* ) , nom vulgaire du genêt herbacé* 
(L.D.) 

GENISTOÏDES, {Bot.) Mœnch a voulu, sous ce nom, sé- 
parer les espèces ^e genista à calice bilabié de celles qui 
Font unilobé, à lobe terminé par cinq dents. Il attribue 
aussi à ^on genre une gousse linéaire polysperme et des fleurs 
en épi. Le même rétablit le genistella de Tournefort , nommé 
par Linnasus genista sagitlalis , caractérisé par Fétendard de 
la corolle plus long que les ailes et la carène, par la division 
de celle-ci en deux pétales , et par une gousse linéaire , lisse , 
contenant quatre à six graines. On peut ajouter que les tiges 
sont aplaties , à bords très-minces et presque membraneux. 
Ce genre avoit été antérieurement restitué par Adanson sous 
le nom de chamœspartium, Mœnch sépare encore le genista 
germanica sous le nom de scorpius , auquel il attribue un ca- 
lice bilabié, une carène partagée en deux, plus longue que 
Tétendard et les ailes , et des étamines monadelphes. Ces 
divers changemens n'ont point encore été adoptés. (J.) 

GENITALIS {Bot.) y un des noms anciens du glayeul, sui- 
vant Ruellius. (J.) 

GENOPLESIUM DE BAVER {Bot.) : Genop^lesiunt Baveri , 
Rob. Brown, Nov. HoU.j i , pag. 319 j Ferdin. Baver,, Icon. 
Fiante de la Nouvelle- Hollande, dont M. R. Brown a formé 
nn genre particulier de la famille des orchidëes , de la gynan^ 
drie monogynie de Linnseus, très-rapproché àe^ prasophyUum , 



5ÎS GEN 

dont le cûTAtière essentiel consisté dans nuù coirone itès^ 
irrégulière, presque en masque } les pétales supérieurs rappr<i« 
chés en casque ^ dont deux intérieurs adhérens -, les deux 
latéraux inégaux à leurs côtés; la^évre ascendante, entière, 
onguiculée , point éperonnée ; la colonne de la . fructification 
B demi bifide , sans déeoupures latérales; une anthère paral- 
lèle au stigmate* 

Les racines sont bulbeuses ; les tiges ou hampes simples , 
très-ordinairement pourvues d'une seule feuille à leur base: 
les fleurs sont disposées en un épi terminal; les pétales pos- 
térieurs de la corpUe plus longs que les autres , étalés ; les 
intérieurs connivens au-dessous de la colonne ; la lèvre en 
forme de, capuchon à sa base. (Poir.) • . 

GENORIA. (Bot.) Voyez Ginore. (Poir.) 

GENOSIRIS. {$ot,) Genre de plantes monocotylédones, 
à JQeurs incomplètes, monopétalées , de la famille des iridées, 
de la triandrie manogynie de Linnâéus, très - rapproché des 
pàtersonia, offrant pour caractère essentiel .- Une corolle mo" 
nopétale, tubulée, trifide à son limbe; point de calice; trois 
étamines ; les filamens non connivens ; un ovaire inférieur ; 
\in style; trois. stigmates cylindriques., obtus; une capsule à 
trois valves. 

M. Rob. Brown rapporte le genosiris a son genre Pater* 
Sonia; cependant, à en juger d'après les caractères que M. de 
Labillardière lui attribue , on voit qu'il difière des pàtersonia 
par sa corolle à trois et non à six divisions , par les filamens 
des étamines séparés et non connivens. Ou n'en cite qu'une 
seule espèce. 

Genosiris fragile î Genosiris fragilis , Labill. , Noy* HolL , 
1 , page i3, tab. 9; Pàtersonia glauca , Rob. Bro\yn ,, Not^. 
HolL, 1 , pag. 3o4. Cette plante est pourvue de racines tube* 
reuses , composées de filamens roides , épais , presque simples. 
Les feuilles sont vaginales à leur base, comprimées, linéaires, 
aiguës , finement striées , nues sur leur carène et à leur base , 
un peu convexes ou roulées sur elles» mêmes, environnées 
extérieurement par d'autres feuilles beaucoup plus courtes 
et plus larges, les extérieures semblables à des écailles: de 
•leur centre s'élèvent des hampes filiformes , glabres , presque 
à 4eux 'angles, quatre fois plus. cpurtes que les feuilles; elles 



GEN ■ iif 

se terminent pai^une spathe à deux folioles striées , coriaces 9 
renfermaDt trois à cinq fleurs* Chaque fleur sort d'une pe-* 
tite pBillette un peu plus courte $ lancéolée, d'un roux clair* 
Le tube de la corolle est cylindrique j le limbe à trois dé- 
coupures ovales , très-fragiles, de couleur bleue; les fllamens 
des étamines très-courts, insérés à l'orifice du tube, opposés 
aux découpures de la corolle; les anthères rapprochées, sail« 
lantes, oblongues, à deux lobes; l'ovaire inférieur et oblong $ 
le style saillant , cylindrique ; trois stigmates obtus. . Le fruit 
est une capsule oblongue, rétrécie à sa base, à trois loges , 
à trois valves, chaque valve divisée par une cloison : plusieurs 
semences ovales, un peu noirâtres, attachées à un réceptacle 
presque filiforme, libre à l'époque de la maturité* L'embryon 
est presque globuleux , fort petit , situé proche l'ombilic , avec 
un périsperme corné* Cette plante a été découverte par M. 
de Labillardière à la Nouvelle^ Hollande. (Poib.) 

GENOT ( ConchjL ) ; Adanson , Sénégal , pag. 1 45 , pi. 9* 
Gmelin en fait son voluta sanguisuga j mais très-probablement 
à tort; car cette coquille^ a évidemment plus de rapports 
avec certaines espèces de cônes qu'avec les volutes. (Dr B.) 

GENOIJILLÉ. \Bot.) Voyex Gjéniculé. (Mass.) 

GENOUILLET {Bou) , nom vulgaire , suivant M. Bosc , du 
sceau-de-Salomon, polygona^tum^ ou muguet anguleux. (J.) 

GENRE. {^BoU) Voyez. Théorie fondame^ale. (Mass.) 

GENS- EN G* {Bot.) Voyez Ginsen. (Poia.) 

GENSIN. {BoL) M* Thunberg cite sous ce nom japonois 
une plante qu'il croit être un c.orc}f>orus. Mentzel parle d'une 
racine du Japon, nommée gensing, qu'il range parmi les 
mandragores. On ne confondra pas ces plantes avec le vrai 
ginseng, espèce de.panax, que l'on écrit aussi quelquefois 
genseng» (J*) 

GENTARUBIA. (Ornith,) On nomme ainsi, en Sardaigne^ 
leûaïunkanij" ffharUcopterus ruber, Linn. (Ch. D. ) 

GENTE. {Ornitlu) C& terme est donné, dans le N^ouveau 
Dictionnaire d'histoire . naturelle , comme un des noms vul* 
gaires de la cigogne blan<;he, ardea ciconia, Linn. ( Ch* D.) 

GENTIANE, Gentiana, Linn. (£o^) Genre de plantes dico- 
tylédones, qui a donné son nom à la famille des gerUianées^ 
et que Linnaîus place dans sa pentandric digynie, Sci princi'* 



538 GËN 

j^aux caractères &ont les Suivans : Caliéé ttkbnoptkylle 9 ayant 
\opdmaifeinent son bord découpé en cinq lobes ou cinq dents ^ 
ou quelquefob plus , rarement membraneux , fendu liiférale-* 
filent -, et seulement trifide ou quadrifide ; corolle monopé' 
f aie , tubuleuse à sa base , un peu campanulée ou infondi-» 
)»uIiforme^ ayant son limbe partagé en cinq lobes ^ plus ra- 
rement en (juatire ^ six ou dix ; cinq étamines , on en même 
nombre que les divisions du limbe; ovaire supérieur, fusî* 
forme , anguleirx , aminci à son somment, et terminé par deux 
stigmates arrondis; capsule oblongue ^ fourchue ou bifide 
en 93 partie supérieure , à une seule loge , qui s^uvre en 
deux Valves , et contient des graines nombreuses , souvent 
ièntoUfées d^un rebord membraneux et portées sur les bords 
ireï>%rans des valves. 

TotitéH les espèces de ce genre sont des plantes herbacées » 
4 fe'uillt^^ simples , sessiles et opposées , et à fleurs terminales 
^u axiliaii^'eis^ solitaires ou fasciculées. 

Jb Bauhin-, attribuant, d'après Pline, la découverte de la 
gentîaûé ^t de Ms propriétés médicales à Gentius, toi d'il* 
lyrie , q\iî lui dtdnna son nom , ne manque pas de faire l^loge 
de ce prince^ t^t regrette les simples et utiles délassemens 
des mis de l'antiquité qui honoroieht Fétude de la nature 
et de la médecine en s'y Uvmnt. Mais que deviennent ces 
réflexions, quand on apprend dans Tite-Lrve que Gentius 
fut un prince sanSr mœurs comme sans capacité, détesté de 
ses sujets ^ meurtriei^ de son propre frère , et qui causa par 
ses vices la perte de son royaume et celle de stt ikmille, 
traînée avec lut dans Rome^ à lA suite d'ttncliatr de triomphe? 

Les gentianes , dont ùA compté 8tf)(»urd^h:ûî tnrrton cent 
espècfcs^ se plaisent, en général:, dans im climats £h)ids; plu- 
sieurs d'entre elles ne croissent même que sur les plus hautes 
montagifes du globe ^ et fusque dans le voisinage dei neiges 
éternelles^ Le plus grand nombre de celles que sotis con« 
noistfotts est propre amc montagnes «Ipines de l'Europe; 
d^antres ont été trouvées dans la Sibérie ov dans les contrées 
froides de l'Asie ; quelques-unes habitent l'Amérique septen-* 
trionale^ MM. de Humbold et Bonpland en ont trouvé quinze 
espèces nouvelles dans les hautes montagnes du Pérou et dii 
teexique / et une seule a été observée jusqu'à présent dans 



GEN 539 

la Nouvelle-Hollatide. Ces plantes sont remarquables par la 
beauté et l'élégance de leurs fleurs, autant que par' la ri- 
chesse et la variété de leurs couleurs, La coroUe de plusieurs 
espèces donne toutes les nuances de bleu , depuis le plus 
bel indigo jusqu'à Tat^ur céleste; c^e de plusieurs autres 
offre di£réjr>eate8 teintes de rouge, de pourpre, de rose; 
dans quelques-unes c'est la couleur de l'or, ou un jaune plus 
ou moins foncé; dans beaucoup de rariét^, enfin, c'est 
un blanc plus ou moins pur. La nature auroit tout fait pour 
les gentianes , si elle eût donné un doux parfum à leurs 
jBeurs ; mais elle le leur a refusé. 

Transportées des montagnes qui les ont vues naître dans 
nos jardins , ces plantes y languissent ordinairement ; on ne 
réussit qu'avec peine à en cultiver quelques espèces, en 
les. plaçant à l'ombre et au nord , dans du terreau de bruyère. 
C'est moins le froid que les hivers trop humides qui leur 
sont contraires. 

L'amertume des gentianes ne permet pas aux animaux 
herbivores de s'en nourrir, et on les trouve toujours en» 
tières dans les pâturages. Linnœus , dans le Pan suecus 
{Ankin, acad,) y met cependant la gentiane «amarelie au 
nombre des plantes dont les brebis se nourrissent. 

Les espèces étant trop nombreuses dans ce genre pour 
les rapporter toutes ici, nous nous bornerons à parler des 
plus remarquables, et surtout de celles qui, sous le 3fap- 
port de leurs propriétés , méritent d'être connues, 

• Corolles ^uinque/idesy rarement quadrifide^^ presque 

campanuîées* ' 

GaiifTtANE JAUNE OU GRANDE Gentiane S Otiitiûmo. taUa , Linn»y 
«Spec, 329; GerUiana^ Glus., Hist», 5ii. Sa racihe est vi- 
vace , épaisse , alongée , jaunâtre ; jelle produit une lige 
simple ^ haute de trois pieds , garnie de feuilles ovales , 
glabres , nerveuses , sessiles et connées à leur base. Ses fleurs 
sont jaunes, nombreuses, disposes par faisceaux opposés 
dans les aisselles des feuilles supérieures, et comme rer- 
ticillées; leur corolle est profondément découpée et étalée 
en roue. Cette plante croît en France, da«s les Alpes, les 



340 GEN 

Pyrénées, les Vosges, les Cévennes , aii Mont-d'Or et aii 
Puy de Dôme d'Auvergne , et dans les montagnes ' alpines 
de la Suisse , de Fltalie ^ de l'Allemagne , etc. 

La célébrité de la grande gentiane comme médicament^ 
et surtout comme fébrifuge , remonte jusqu'à l'antiquité* 
Avant la découverte du quinquina^ la grande gentiane 
étoit regardée comme un des meilleurs remèdes qu'on pût 
employer dans le traitement des fièvres intermittentes* 
Notre sol ne produit point, en effet, de plante plus émi- 
nemment amére et tonique ; et malgré tout ce qu'on a dit 
des vertus des écorces de saule, de marronier d'Inde, de 
putiet , et des propriétés de la camomille , de la benoîte, etc. y 
la gentiane paroît être celle de toutes nos plantes indigènes 
qui se rapproche le plus du quinquina par ses qualités, et, 
par conséquent, la plus propre à le remplacer dans tous les 
cas où l'on ne pourroit s'en procurer. 

La partie de cette plante qu'on emploie en médecine est 
la racine , et c'est ordinairement à l'état de dessiccation qu'on 
en fait usage. Cette racine a une saveur extrêmement amère , 
dont le goût reste long-temps affecté. Dans toutes les maladies 
qui ont pour symptôme une débilité plus ou moins marquée 
des voies digestives, la gentiane, en infusion, en poud|*e 
ou en opiat , produit toujours un très-bon effet : on l'em- 
ploie aussi avec avantage dans les flux atoniques, les en- 
go rgemens des viscères de l'abdomen, l'hydropisie , le scor- 
but, les scrofules, les affections vermineuses. 

Dans les maladies chroniques, où l'action des toniques 
doit être employée avec modération , on donne la gentiane 
par petites doses , pour en continuer long-temps l'usage. 
Ainsi sa poudre se prescrit depuis six jÉSqu'à vingt-quatre 
grains, et la décoction depuis un scrupule jusqu'à un gros. 
Mais, dans les fièvres intermittentes et dans celles de mauvais 
caractère, où il faut agir plus fortement et plus prompte- 
ment, on administre la gentiane en poudre depuis un demi- 
gros jusqu'à deux gros, qu'on répète deux à trois fois par 
jour. C'est ainsi qu'à cette ' dernière dose nous avons plu- 
sieurs fois guéri des fièvres intermittentes aussi bien qu'avec 
le quinquina, surtout en associaint la gentiane avec la valé- 
riane. % 



OEN - 341 

Appliquée à rextërieur , la racine de gentiane en poudre , 
ou sa décoction , sont encore un des meilleurs moyens de 
remplacer le quinquina sur les plaies gangreneuses et de 
mauvais caractère. 

Cette racine , coupée par morceaux et macérée dans Feau y 
fermente bientôt, et donne, par la distillation, une liqueur 
alcoolique trés^forte et trés-pénétrante ; mais cette eau-de* 
vie, en usage dans les Alpes et dans les Pyrénées, conserve 
toujourr quelque chose de l'amertume de la' plante, et af- 
fecte la gorge d'une manière désagréable. Les entrepreneurs 
d^une fabrique d'eau-de»vie de gentiane établie aux environs 
de Lausanne paroissent néanmoins avoir trouvé le moyen 
de perfectionner cette liqueur et d'en corriger les défauts 
ordinaires. 

La ressemblance assez marquée des feuilles naissantes de 
la grande gentiane avec celles de l'ellébore blanc , a causé 
plus d'une fois des méprises funestes. Un des hommes qui , 
dans le seizième siècle, se livrèrent avec le plus d'ardeur, 
à l'étude des plantes d'Europe, Lobel, raconte qu'il pensa 
lui-niéme être victime d'^ne semblable erreur. {Adv, stirp^, 
.p. i3o.) 

Gentiane fourguée : ùentiana pupurea^ Linn», Spec, 3a 9$ 
Flor^ Dan., t. 5o. La tige de cette espèce est haute d'un 
pied et demi à deux pieds , garnie de quatre à cinq paires 
de feuilles ovales, glabres et nerveuses* Ses fleurs sont 
portées sur de courts pédoncules, disposées en deux verti« 
cilles, dont l'inférieur est peu garni, et le supérieur forme 
vLMk gros bouquet terminal ; la corolle est grande , campa- 
nulée, pourpre, marquée intérieurement de quelques points 
plus foncés. Cette gentiane croit dans les Alpes , les Pyré- 
nées, les montagnes de la Suisse, de la Norwége. 

Gentiane PONcrnés : GerUiana punctata , Linn., Spee,, 329; 
Jacq. , Flor. Aust.^ t. 2S, Cette plante est moins grande que 
la précédente , et elle en diffère , d'ailleum , par ses feuilles 
plus pointues , par ses fleurs plus petites , parsemées en de- 
dans et en dehors d'un grand nombre de points bruns, par 
leur calice plus court, à cinq ou six dents inégales» £lle 
croît dans les Alpes, les Pyrénées, et dans les montagnes 
de la Suisse , du Tyrol , de l'Autriche , etc. Les racines de 



34a GEN 

cette espèce et de la précédente ont une amertûihe. encore 
plus forte que celles de la gentiane jaune, et leurs pro*» 
priétés doivent être regardée» comme identiques, ù elles 
ne sont même plus énergiques; Villars les a employées 
toutes les deux avec beattcoup de succès contre les fièvres 
intermittentes. Baxiis les pharmacies d'Allemagne et dans 
celles du Nord , c'est la gentiane pourpre qui est la plus 
généralement usitée. 

Gentiane i>es mabais : GerUiana pneumonan4key Linn. , 5pec. » 
33o; Flor, Dan,, t. 269. Sa tige est haute d'un pied, grêle, 
rougeàitre , garnie de feuilles lancéolées-linéaires , ua peu 
connées à leur base. Ses fleurs sont grandes, campanulées, 
d'un bleu superbe , portées sur de courts pédoncules au somr 
met de la tige , et dans les aisselles des feuilles supérieures* 
Cette plante se trouve dans les prés humides et marécageux, 
en France, en Allemagne, en Italie, en Suède, en Russie, 
en Sibérie, etc. £Ue n'a qu'une amertume foible et asses 
agréable. En Rusne , le peuple l'emploie contre répUepsie. 

Gentiane ckoisette : Gentianacruciatay Linn., Sp«c., 334; 
Jacq., Flor, Au$t., t. 37:j. Sa racine produit ordinairement 
plusieurs tiges un peu couchées à leur base , Jiongues de six 
à huit pouces, garnies de feuilles ianoéolées, dont chaque 
paire forme une gaine lâche ; ses âeurs sont d'un bleu foncé, 
tubuléea, peu campanulées, à quatre divisions, presque 
sessiles, disposées par verticilles au sommet de la tige ^u 
dans les aisselles des feuilles supérieure». Cette plante croît 
dans les lieux montueux et découverts , en France , en Suisse 9 
en Allemagne, en Hongrie, en Russie, en Sibérie. La ra^* 
cine de la gentiane croisette est douée d'une ^rie amertume 
qui laisse sur l'organe du goût une impression durable* On 
la prend inlérijeurement , en Suisse, contre lea fièvres in- 
termittentes , et en l'emploie extérieurement sur les vieux 
ulcères. Quelques auteurs l'ont recommandée, .fraîche et con- 
tuse , appliquée en forme de cataplasme sur le bas-veiktre , 
comme un très^bon vioy^n contre les vers inteètinaax. 

Gentiane a ïige courte: GerUiana aeauUâ, Linn*, Spec» , 
33o$ Jacq. , Flor. Aust., t. 3 36. Cette plante se présente aoua 
des aspects fort oifiTérens , selon la nature du sol, du olimat, 
et ^on l'âge j ce qui produit des variétés plus ou moioa 



GEN 54» 

remarquables, que quelques auiçuTs ont prises pour dea 
espèces^istÎBctes. Sa raeîue^ coinposée de fibres menues, 
produit plusieurs feuilles ovales-lancéolées, sessiles, glabrçs, 
luisanles , étalées en rosette* Du milieu de ces feuilles s'élève 
une tige souvent plus courte que la fleur, quelquefois éga}e 
à elle, d'autres fois plua longue, et, enfin, presque nulle 
dans une variété qui se tirouve «ur les sommeU des Aipef^ 
Cette tige est garnie, dans sa partie moyenne, d*une paire 
de feuilles, et elle est terminée par une fleur longue de dix« 
huit lignes à deux pouces, d'un beau bleu foncé, marquée 
intérieurement de cinq bandes d'un jaune clair el parie** 
mées de points violets* Cette plante croît dans les Alpes, les 
Pyrénées, et les montagnes alpines de l'Italie, de 1^ 3ui^e, 
de l'Autricbe , etc, £lle est trés-amère« Villar^ a emplpyé 
avec avantage son infusion vineuse ojjl aqueuse pour remé? 
dier à la foiblesse qui a lieu pendant les eonvale§ce|ice|i 
pénibles et laiiguissantes. Dans quelques partîeai de TÀUcn 
magne, les paysans se servent 4e ^es fleurs, pendant le tempift. 
de Fàques, pour teindre en bleu de^ œuf# destinélîf d'^pré^ 
un ancien usage , à être distribués h la ieunease.t Ce|te es« 
pèce est celle qu'on trouve le plus fréquemment 4slv* \h 
jardins , où elle fleurit en Avril* Dans les Alpes , ses fleuri 
ne s'épanouissent qu'en M^ > Juin PU Juillet , ^elgn lei ]iau« 
teurs ou elle se trpuvet 

*^* Corolles quinqué- a décemfide^^ infondihuUformes^ 

Gewtianb FniNTANièRE j GerUiuna verna , Linn, , Spec^ 55 1 , Sa 
i^cine produit pluaieurs tiges couchées à leur base , hautes 
de deux pouces, terminées par une seule fleur, doilt h eor 
roUe est d'un beau bleu , à tube grêle , et à limbe divisé 
en cinq découpures ovales, aiguës. Les feuilles sont ovales» 
lancéolées; les unea ramassées en rosette a la base des tiges, 
et les autres disposées par deux à trois paires dans la lon-i* 
gueur de ces mêmes tiges* Cette plainte croît sur les mon* 
tagnes alpines de la France , de la Suisse , de l'Italie , de 
l'Allemagne, etc. "Eïle présente beaucoup de variétés, qui 
ont fourni matière à quelques auteurs de la diviser en plu- 
sieurs espèces, selon que sea feuilles sont plus larges ou plua 

étroites 9 $es ti^^i plus tenseç pu plus élevées -, mgi» tMtei 



^344 GEN ^ 

les variations qu*on observe dans les diffërens individus de 
cette plante, paroissent tenir aux n^êmes influences qui font 
varier la gentiane à tige cotirte. Haller dit avoir préparé 
une très-belle couleur, bleue sans doute, avec le suc des 
fleurs de la gentiana verna. Cette espèce est cultivée dans 
quelques jardins, où elle donne des variétés à fleurs pâles,, 
et même presque blanches. On Tobtient difficilement de 
graines, ainsi que la précédente, et il vaut mieux, pour se 
procurer ces, plantes, les faire venir vivantes des Alpes. 

Gentiane des Pyrénées : Gentiana pyrenaica , Linn. , ManL , 
55; Gouan, Illust.^ 7, tab. 2 ,-fig. 2. Cette espèce a beau- 
coup de rapports avec la gentiane printanière; mais elle 
en diffère par ses feuilles en général plus étroites , et surtout 
parce que le limbe de sa corolle est partagé en dix décou- 
pures altelrnativement grandes et petites. Elle croît sur le 
mont Laurent! , dans les Pyrénées. 

Gentiane des neiges : Gentiana nii^alis , linn. 9 Spec, 35 2 { 
Flor.Dani, t. 17. Sa racine estannueUe, assez grêle; elle 
produit une tige simple ou peu rameuse, garnie de feuilles 
ovales dians le bas de la plante, et "lancéolées dans sa partie 
supérieure. Ses fleurs sont solitaires; terminales, quiiiqué- 
fides, d'un bleu vif. Cette espèce croît sur les montagnes 
alpines, en France, en Suisse, en Autriche , en Laponie, etc. 

Gentiane «utriculeuse ; Gentiana utrieuloéa, Linn., Spec, 
^32. Sa racine est annuelle, et produit une tige rameuse, 
haute de cinq à six poyces , garnie à sa base d'une rosette 
de feuilles ovales, et, dans sa longueur*, de feuilles plus 
alongées et plus étroites. Ses fleurs sont solitaires au sommet 
de la tige et des rameaux, d'une belle couleur bleue, re- 
inarquables par leur calice renflé, pliesé- el comme ailé. 
Cette plante croît dans les ,pàturages des mantagnes, en 
France , en Suisse , en Italie , en Allemagne , etc» 



i 



**** Corolles quadri- ou qmrtquejides ^ ayant t'entréé 
de leur tube ou les botds de leur Itmhe franges, 
ou ciliés» 

r ' ' 

'"■ Gentiane d'Allemagne; Gentiana germamûa,Willd,^ Spee»^ 

) , f^ )^46t Sa racine çst aunueUt et produit tiïie tige ra< 



5GEN 545 

meuse , haute de cinq à six pouces, garnie de feuilles ovales- 
lancéolées : se» fleurs sont violettes , terminales ou axillaires ; 
elles ont le tube de leur corolle assez large , garni d'appen- 
dices barbus , et leur limbe est partagé en cinq découpures. 
Cette espèce croît sur les collines et dans les pâturages secs, 
en France, en Allemagne, etc. 

Gentiane ctli^e : Gentiana eiliaia, Linn. , Spee^ ,- 334; J^cq., 
Flor.Aust,, t. 1 13. Sa racine est vivace; elle produit une tige 
simple ou peu rameuse, haute de six à huit pouces, garnie 
de feuilles lancéolées ou lancéolées-linéaires; ses fleurs sont 
solitaires à l'extrémité de la tige ou des rameaux , grandes , 
bleues , et à limbe partagé en quatre découpures dentées et 
ciliées en leurs bords. Cette; plante croit aux pieds des 
montagnes, en France* en Italie, en Suisse, en Allemagne. 
<L,D.) 

GENTIANE BLANCHE. (Bd^), nem vulgaire du laser à 
feuilles larges. (L. D.) 

GENTIANÉëS. (Bot.) Famille de plantes à laquelle la gen- 
tiane donné son nom, et qui fait partie de la classe deis-hypo- 
cûrollées ou mc^iopétales à corolle insérée sous l'ovaire. Elle 
n , eomme toute cette série , un calice monophylle ou mono- 
sépale , ordinairement partagé en plusieurs lobes. La corolle 
est tubulée , régulière ; les divisions de son limbe sont -égales en 
nombre à celles du caHce et alternes avec elles. On éonipte 
autant 4'^tamines -insérées k son tube entre ses divisions : 
leurs anthères sont insérées par le milieu sur l'extrémité des 
filets. L'ovaire libre , surmonté d'un style et d'un ou deux 
stigmates (de deux ^tyles dans le mitrtola}^ devient une cap- 
sule, rarement un peu charnue, s'ouvrant dans sa longueur 
en deuit valves, dont les bords rentrans sont tàntôi repliés 
en spirale «sur eux*mêmes|i, tantôt dirigés en ligne: droite, l'un 
vers l'autre, pour former ensemble tine cloison. Dans le pre- 
mier cas, la capsule, est uniloculaire ^ dans le .second, elle 
est partagée en deux loges difiérentes ou en deux capsules 
uniLoculaires , appliquées l'ufie contre l'autre , - et s'ouvrant 
du c6té intérieur dans le point de leur contact. Les graines 
sont nombreuses et menues, attachées sur les bords renflés 
des valves, qui^ dans la capsule à deux loges, se réunissent 
en W réceptacle central. L'embryon, contenu dansées graines; 



«46 GEN 

£t observé par Gmtîner ^ ^st droU, presque cylindrique^ 
placé au centre d'un pérîsperme charnu, et muni d'une ra« 
dicule longue , dirigée vers le bile ou Tombilic de la gnaine. 

Les plantes de cette famille sont des hertiesy ou rapement 
dessous-arbrisseaux. Leuri feuilles sont toujours opposées, 
ordinairement entières et sessiies* Les deux supérieures, plus 
petites, sont souvent «xapproohées des fleurs terminales sou& 
forme de biraptées* 

I^ famiU^ peut être subdlviié^ en trois^ section»? dans là 
premi^e, caractérisée par une capsule uniloculaire , sonl 
}es genres Gentiana., Erythr^a de Reneaulme et de M. Richard $ 
een/aureUa de Michaux; Ko^iria^CoKtou&ead'Aublet ouPicriiim 
de Scbreber ï Chhra, Saifertia dont le Fraient de Walther est 
tBongénérOf 

A la seconde section , dont la capsule simple a deux loges ^ 
$f rattachent les genres C»<rMhi2jf« de Necker {gentiana heUm 
roclita de Linnieus ) ; Exacum et Sehoça qui se confondent 
ensemble ; JMUnthu9, Ta»hia d'Aublet ou Myrmeeitt deSchre* 
ber; Sa&<Uiad'Adaiison9 ÇkirowUy Nigrina^ 

Une capsule didyme^ cm composée de deux accolées en« 
semble , désigne une troisième section » dont le spîgeliiit et le 
mitreola font partie. 

A la luite des gentianées oa« placé les genres Po^oiia d'An*, 
blet ou Vicanira de Schreber, Villarêia de Michaux, ^nop-^ 
^«r<i« d<^ M. Labillardière y qui paroiscant tenir ^ mUieu 
entre elles et les apocinées. (J.) 

GENTIANELLA, {Bot.) Delarbre et Barckhauaen séparent 
du genre G^ntiona, sous ce nom, le geiUiami eiUaUt, distin* 
gué par une corolle en soucoupe à quatre divisions frangéea 
aur les bords et velues dans leur milieu intérieur* C'est le 
même genxe détaché qui est nommé ffroêsopetalum par Fra:« 
lich ^t hippi^n par Sebmidt» Cluslut nommoit gentianelU^ 
une autre espé<;e , qui est le gcnUamt aculis t c'est le même 
genre que Reneaulme nommoit thyUioiti&, et Barchbausen 
eiminalis , qui est caractérisé pAr une corolle en cloche à cinq 
diyisîons , plus longue que sa tige , et par des anthères con*» 
nées. ( J. ) 

GENTIANELLE ; Exacum, Linn,, WiUd, (Bot.) Genre de 
plantes dicotylédones, de la famille ûcb g$ntianées , Juss«, el 



GEN *47 

«le Ift téiri&ndrU monogfme, linn-, dont Içs principaux carac- 
tères sont les suivans : Calice persistant à quatre divisions ^ 
eoroUe mouopétale , infondibulifomie, ou hyppcratérifome > 
à limbe divisé en quatre découpures ; quatre étamines atta^ 
çhées au tube de la corolle; un ovaire supérieur, ovale ou 
oblonj;, surmonté d^un style a stigai^ale épais et à deu^ 
lobes ; capsule ovale ou obloufue , un peu oomprimée , 91^ 
lonaée de cliaque côté , à deux loges contenant plusieurs 
graines* Les divisions du caUce, de la corolle, etlesétami«^ 
sont quelquefois au nombre de cinq. 

Les gentianelles sent des bei^ies presque toutes annuelles V 
k feuilles simples, opposées, et à fleurs axillaires ou teF<^ 
ipinales : on en connoit aujourd'hui une vingtaine d'espèces 9 
pour la plupart exotiques, et ne présentant aucun intérêt 
sous le rapport de leurs propriétés* D'après cela ^ nous ne 
parlerons .iei que des deux suivantes, qui croissent natu-^ 
rellement en France. 

GaNtiANEiui TtorojaM^ : Exaeum filiforme , Willd., 5p€e», 1 ^ 
p. 638 ; GerUianà fiU/ormis , linn. , Spee,, , 535 ; Centaurium 
paluitre luttant mnmum^ Vaili., JBo^ Fat. ^ tab» 6^ fig* 3. Sa 
tige, est gt^le, baute de deux à six pouees au plus, gaioie 
de feuilles sewiles, lancéolées-linéaires, écartées, et commu- 
nément divisée en rameaux filiform'es, terminés chacun 
par une petite fleur jaune , dont les divisions de la corolle 
sont ouvertes, et dont le, caliee est à quatre dents aiguës« 
Cette plante se trouve dans les lieux où Teau a séfourné 
rjiiver., et au bord des étangs* 

GjENTiANBixa NAiK£ : Exûcum pnêiUum , Decand. , Flor. fr* , 
n*^ 2785 ; Gehtiana pusilla, Lamck. , Dict. , 2, p. 646; Chi" 
ronia inaperia, Willd* , Speç», 1 , p. 1069 ; Centaurium palustre 
mmimum^ Jlore irtftptrto, Yaill., Bot, Paris» , tab. 6, fig. 2* 
Sa tige est haute de deux à trois pouces, divisée dès sa 
base en rameaux dichotomes, garnis de feuilles oblongues, 
sessiles. Ses fleurs so^i petites , d'un blanc jaun^re , portées 
sur de courts pédoncules à l'extrémité des rameaux ou dans 
les aisselles ^des feuilles ; leur calice est a quatre divisions 
profondes , et le limbe de la corolle est fermé* Cette espèce 
se trouve dans les endroits où Teau a séjourné pendant 
rhiver. (L. D.) 



54» GEN 

' GENTIANOÏDES. ( Bot.) La plante des environs ée Buenos^ 
Aires, que Feuillée désigne sous ce nom, est le geniiana 
sessiUs de Reichard , qui n^est pas mentionné dans ce genre 
par Willdenow, (J.) 

GENTILHOMME. ( Omiàh. ) Le haye-sule , auquel les Écos.* 
sois donnent le nom de gerUleman, gentilhomme, et dont il 
est question dans THistoire naturelle de Norvrége, de Pon-^ 
toppidan , édition angloise , tom. 2 , pag. 76 , a été regardé 
par Buffon (tom. 9, in-A*"*» pag* 4^0) et par d*autres au- 
teurs, comme une espèce de mouette ou de goéland; mais, 
qtioique Tévéque de Berghen en ait d4>nné iine description 
peu exacte, la grande étendue de Tenvergure et la forme 
du bec, recourbé à sa pointe,' sembloîent devoir suffire pour 
faire remarquer l'inconvenance du rapprochement. En com- 
parant la figure de Pontoppidan , quelque- mauvaise qu'elle 
soit, à celle du fou, qu'on trouve dans Bufibnlui-taiéme, 
tom. 8, pi. 29 , on reconnoît aisément une analogie que ne 
sauroit détruire la prétendue crête dont la télé est couronnée 
dans la première. L'oiseau dont il s'agit est .le- fou de Bassan , 
pelecanus bassknus , Linn. ; et les synonymies d'Othon F&bri- 
cins {Fauna groerdandica , pag. 91 , n.** 69 ) et d*Othon-Fréd. 
KuUer {ZooL Dan* prodr,<f p. 18, n.^ 1/^9.) ne laissent à^cet 
égard aucun doute. Peut-être la supposition d'une crête aura 
eu pour cause l*état où se sera trouvée , dans iHndîvidu qui 
aura servi au descripteur et au dessinii4eàr ,/la peau nue qiii 
entoure les yeuTi du fou ; et Thabitade de suivre^ à l'époque 
de leur apparition , les harengs , dont cet oiseau est très- 
avide, présente un nouveau signe d'identité Avec le même 
oiseau. 

Le Jean^an^Ghent , ou Jean^e^Gand des navigateurs hollan- 
dois au Spitzberg, dont on fait mention^ dans le Receuil des 
voyages au nord, tom 2^, pdg. liô, et que Bufifon, à l'en- 
droit cité, rapproche aussi des goélands et surtout du man- 
teau noir, est encore le même oiseau que le gentilhomme, 
have'Sule , ou si/Za d'Hoier , et sula hassana deBrxsson. (Ch.D.) 

GENTIS. {Bot.) Mentzel cite ce nom parmi ceux qui 
étoient donnés anciennement à la gentiane ; et les deux tirent 
leur origine de Gentius , roi d'IUyrie, qui , le premier , a fait 
connoître cette plante* (J.) 



GEO Î49 

céocÔRtSES. {ËnU>m.) M. Latreille a employé ce nom, 
qui signifie punaises de terre , pour désigner une famille 
d'insectes hémiptères à demi-élytres croisées ouhétéroptéres, 
pour les distinguer des^ punaisés aquatiques j qu'il nomme 
Hydrocorises.' Voyez Rhinostomes et Zoao^lges. (C. D.) 

GÉODES* (Min,) Les géodes sont des sphéroïdes siliceux, 
dont le centre offre un vide plus ou moins grand , qui est 
hérissé de cristaux de quarz. Ces espèces de coques pierreu- 
ses, qui se trouvent souvent engagées, au milieu des roches 
l^s plus étrangères à leur nature, en sont cependant contem- 
poraines; car il me paroît assez difficile d'admettre qu'elles 
aient été^ formées après coup et par infiltration , comme le 
pensent cependant quelques naturalistes distingués. 

Je prends pour type les géodes d'agate, et particulière- 
ment celles qu'on trouve dans les environs d'Oberstein dans le 
Falatinat. Les roches qui constituent ces montagnes , et par- 
ticulièrement le Gallienherg, sur l'origine desquelles les mi- 
néralogistes ne sont point d'accord , renferment une multi- 
tude de noyaux d'agat^ , qui s'en détachent facilement , et 
qui sont tellement isolés et tellement circonscrits qu'ils 
écartent toute idée d'infiltration. Les agates les plus volu- 
mineuses sont celles qui renferment ordinairement des géo- 
des, c'est-à-dire des vides tapissés de cristaux; les plus 
petites , au contraire , sont presque toujours solides ou pleines 
dans «toute leur épaisseur : mais, pour tout ce qui tient aux 
accidens de cristallisation , l'on retrouve , dans l'un et l'autre 
cas , une conformité parfaite avec les phénomènes de la cris- 
tallisation artificielle. Si l'on suppose, en effet, que toutes 
les p\|Eice9qui sont Qccupées maintenant par les agates aient 
été remplies dans l'origine par. un fluide qui tenoit la subs- 
tance siliceuse et les principes colorans en dissolution , on 
trouyei^a que la couche extérieure ou la croûte des géodes 
est le -produit de la précipitation des molécules les plus gros^ 
sières, qui étoient simplement tenues en suspension; qu'en 
allant vers le centre, ou du dehors au dedans, on trouve 
ordinairement des couches plus pures et plus transparentes , 
jusqu'au point , enfin , où le liquide , dégagé d'une grande 
partie des substances qui le saturoient à l'excès, a permis 
aux molécules ~ qu'il contenoit encore , de se rapprocher à 



S5o GËO 

loisir et d'àfiecter 1^ fdfities régulières qui sôtkt ptoptei k 
leur espèce , et avec «Tautant plus de perfection que l'espace 
du vide est plus étendu. On remarque même dans les agates 
pleines, qui n'ont pti donner naissance k des géodes 5 que la 
substance qui occupe le centre et qui a été formée la der-- 
nière est souvent transparente , vitreuse , cristalline , et qu'on 
y distingue des aiguilles Convergentes , qui sont des ébauches 
de cristaux. On sent bien qu'une foule de eauses acciden-» 
telles peuvent apporter nombre d^xceptions à cette marche; 
mais, si la nature s'en écarte souvent, il n'en est pas moins 
vrai qu'elle la suit plus souvent encore* 

J'ai remarqué à Oberstein, dans le beau gisement des 
agates du Gallienberg , en brisant un grand nombre de géodes ^ 
que, toutes les fois que le liquide avoit tenu en dissolution 
quelques substances étrangères aux agates, elles avoient cris- 
tallisé vers la fin et même après que la géode quarzeuse 
avoit été terminée : telles sont les aiguilles de titane qui 
se font remarquer dans l'intérieur des cristaux de quart, les 
paillettes de manganèse qui ornent leur surface-, les cubes 
de chabasie qui s'y sont groupés, et', mieux encore, cette 
chaux carbonatée brune , dont un criital solitaire traverse 
tout le vide de la géode et semble jeté au hasard tout à 
travers les pyramides d'améthyste. 

Les calcédoines globuleuses qui sont creuses dans lenr 
intérieur , qui renferment quelquefois une goutte d'eau bmh 
bile; les enhydrôê , enfin, sont encore des géodes qui pré- 
sentent en petit les mêmes modifications que celles que nous 
venons de décrire : en effet, ces corps ovoïdes sont engagés 
dans une roche tout-à-fait étrangère à leur natuA ; ils s'ea 
détachent avec facilité ; leur épaisseur varie comme leur vo- 
lume , qui n'excède cependant guères un pouce ou dix-huit 
lignes de diamètre. Elles sont souvent creuses , mais on en 
trouve beaucoup aussi qui sont absolument solides et qui 
présentent seulement à leur centre des indices de cristallisa- 
tion quarzeuse. Quant à celles qui sont de véritables géodes , 
leur intérieur est tapissé de très-petites pointes cristallines , 
qui sont les pyramides des cristaux de quarz , dont le prisme 
forme l'épaisseur totale de la coque ou seulement une partie 
de cette espèce de voûte. C'est au milieu de ces géodes qu'il 



se t)roulre quelquefois ëîMbi'e uile petite quà^titité d^èau , qui 
se meut dans le vide comme le Kquide d'un niveau k bulle, 
et qui devient visible à l'œil si répaisseur de la calcédoiâe 
permet d'en polir la surfaee. FAujas fait temarqticr qu'il 
arrive souvent que ces coqtieâF ite sont fortiiées que par l'as-» 
semblage des dristaux de quaT2, de âorfe qu*en polissant 
leurs bases on met leurs sutures à découvert, et que feau 
intérieure s'échappe ett suintant par ses légères fissures. 
C'est pour cette raison que les enhydifes persistantes sont 
extrêmement rares et qu'elles sont très -recherchées par les 
amateurs. On les trouve particulièremeiit dans les volcans 
éteints du Vicentin, à MoMe-Tondô , Moiïte«(}ftlda, Monte<- 
Berico, Monte-Maï^, San^Ploriiaio , et dans le^ ilcs Féro6*| 
i|ui sont aussi volcaniques. ' 

Les agates creuses d'Obersteîn et les enhydres du Vîcen- 
fîn sont des géodes par excellence; et quoique cette déno<* 
mination ait été appliquée à tous les échantillons: de minéra-> 
logie qui présentent une cavité tapissée de cristaux , je ne 
crois pas qu'il soit juste de Fétendre aux fissures ou aux 
espèces de poches a cristaux qui se trouvent dans les filons 
et même au milieu des roches calcaires, non plus qu'aux sîlôx 
des eraies, qui doivent souvent leurs formes et leurs cavités 
aux animaux marins qu'ils ont remplacés et dont ils conser- 
vent encore les traces ou les empreintes. Je distingue, enfin, 
aussi des géodes proprement dites, les cavités des laves , qui 
ont reçu par infiltration évidente quelques sûbstanees étran- 
j;ères qui s'y sont cristallisées çà et fà sans former des coques 
«u des glabules entiers. ( Bbard. ) 

GÉODïEy Geodia. {Spong,) Nouveau genre de corps orga- 
nisés fort rapprochés de certaines épouges , et encore^ mîeusil 
des faux alcyons , établi par M. de Lamarck pour trne seulf 
espèce^ qu'il regarde comme inédite et qui existe dans son 
eabipet. Les caractères qu'on peut assigner à ce genre sont: 
Corps libre ? polymorphe , tubériforme , creux et vide , 
charnu dans l'état frais , ferme et dur dans l'état sec , par- 
semé de pores enfoncés , épars dans toute sa circonférence , 
si <:e n'est dans un espace isolé et orbiculaire où existe un 



■MIMMMMMta 



i. Faiïjas , Classification f et proâùiu voicani<{iKes.. 



35a GEO 

amas de trous en forme de cellules^ La seule espèce de ee 
genre ^ que M. de Lamarck nomme la GéODiE bosselée , G. gib* 
herosa, est décrite, Ann« du Mus« 9 1 9 p« 234. Sa forme est stt" 
Tondie, et elle est couverte de tumeurs et de tubercules iné« 
gaux. £lle est composée d'une chair qui empâte des fibres 
extrêmement fines* M. de Lamarck croit qu'elle vient des 
mers de la Guiane. (De B. ) 

GEODbRUM. {Bot.) Genre de plantes monocotylédones, 
à fleurs incomplètes, irrégulières, de la famille des orchi^ 
déesy de la gynandrie diandrie de Linnaeus, offrant pour carac-^ 
tère essentiel : Une corolle à six pétales , cinq semblables et. 
presque unilatéraux , le sixième en forme de capuchon , ven** 
tru , souvent éperonné à. sa base , et non articulé avec ïa 
colonne des organes sexuels; une»étamiue à deux lobes ; le 
pollen distribué en deux paquets avec un petit lobe en 
arrière. Le fruit est une capsule uniloculaire ; les semences 
nombreuses. 

Ce genre comprend quelques espèces placées d'abord parmi 
les malaxis ou les limodorum» On distingue les suivantes : 

Geodorum fou&pre : Geodorum purpureum, Rob. Brown in 
Ait. , Hort, Kew., edit, nov.;lÀmodorum nutans^ Roxb. , Corom«, 
1 , pag. 53 y tab. 40 : Malaxis nutans , Willd. , Spec^ 4 , pag* 93« 
Très -belle espèce, découverte par Roxburg sur la côte du 
Coromandel. Ses racines sont munies de bulbes arrondies , 
au nombre de deux ou trois,, placées Tune au-dessus de 
l'autre, garnies en -dessous de fibres charnues; les feuilles 
inférieures sont vaginales à leur base, puis élargies, ovales, 
longues de huit à dix pouces , larges de cinq , entières , aiguës, 
traversées par cinq nervures j les hampes , beaucoup plus 
longues que les feuilles, sont garnies dans toute leur lon- 
gueur de gaines alternes , aiguës ; les fleurs disposées , k 
l'extrémité des hampes , en un épi pendant , long de 
quatre pouces , chargé de fleurs nombreuses , éparses, presque 
sessiles, assez grandes 3 la lèvre ou le pétale inférieur ovale, 
aigu. 

Geodorum dilaté : Geodorum dilatatum, Ait., Hort* Kew,,^ 
L c; Limodorum recurwum ySwartz , No^> acte Ups*, G , pag. 79; 
Koxb. , Corom, y 1, pag. 33, tab. 39. Cette espèce a des 
bulbes charnues , striées , assez grosses ; elles produisent de 



GEO m 

grandes feuilles $ presque toutes radicales 9 élargies , nerveuses » 
lancéolées , un peu aiguës , une fois plus longues que les. ham-* 
pes ,* celles-ci sont courtes, simples, cylindriques, envelop^ 
pées d^écailles alternes , vaginales. Les fleurs sont disposées en 
une grappe courte , terniinale, un peu globuleuse , fortement 
recourbée i ces fleurs sont nombreuses , pédicellées , presque 
en ombelle: la corolle blanche, un peu jaunâtre; les pétales 
égaux , ovales , lancéolés ; la lèvre ou le pétale inférieur élargi , 
arrondi, unpeu crénelé à son sommet, muni d'un éperon 
très-court. Cette plante a été découverte dans les Inçle» 
orientales. Andrew, dans son Botan, Repos», tab. 626 ^ en a 
£guré une autre espèce, sous le nom de geodorum citrinum* 
(PoiR.) 

GEOFFRjEA. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones « à 
fleurs complètes, papillonacées ^ de la famille des ^gi/mi* 
neuses, de la diadelphie décandrie de Linnaeus , offrant pour 
caractère essentiel: Un calice à cinq découpures, une co- 
rolle papillonacée ; les ailes et la carène- presque égales;, 
dix étamines diadelphes ; un style ; un drupe ovale , marqué 
d'un sillon de chaque côté, renfermant un noyau bivalve ^ 
monosperme. 

Ce genre comprend des arbres ou arbustes à feuilles ailées 
avec une impaire ; les rameaux sont nus ou armés d'épines , 
les fleurs disposées en grappes paniculées* 11 faut ajouter à 
ce gepre ,• comme espèce, Vandiraroùemosa, rangé parmi les 
geoffrœa. Lamck. , IlL gen^ , tab* 604 , fig. 1 • (Voyez Angelzn.) 

GEOFFRiEA ÉPINEUX : Gcoffrœa ^pinosa /Willden., Spéc*, 3 f 
pag* 1139; Lamck. , IlL gen,^ tab. 604, fig. 3; Jacqt, Slirp* 
Amer., tab. 180, fig. 6a: Umari, Encycl. , vol. 8; Ulmari , 
Marcgr. , Bras^, 121. Arbre d'environ douze à quinze pieds 
de haut, garni.de rameaux diffus , presque en buisson ). 
armés de quelques épines subulées, souvent longues d'un 
pouce; les feuilles ailées, composées d'environ sept paires 
de folioles oblongu es, opposées, entières ,. glabres , obtuses* 
Les fleurs sont d'un blanc sale ou jaunâtre , d'une odeur un 
peu désagréable , disposées en grappes simples , touffues ^ 
axillaires, longues de trois à quatre pouces; le calice cam- 
panule , comprimé et anguleux à un de ses côtés , divisé en : 
cinq découpures presque égales i les deux supérieures diver« 
18. a3 



354 GEO 

génies , un peu arrondies , aiguës ; les trois inférîeureis plus 
profondes, ovales -lancéolées, acuminées; la corolle un peu 
plus longue que le calice : le fruit est un drupe assez sem- 
blable à celui de Tamandier , d'un jaune verdâtre ; Técorce 
légèrement tomenteuse , renfermant une pulpe molle, douce , 
un peu jaunâtre, d'une odeur désagréable; un noyau forte- 
ment adhérent à la pulpe , et renfermant une amande blan- 
châtre , d'une saveur astringente. Cet arbre croit au milieu 
des grandes forêts, dans les terrains sablonneux peu distans 
des côtes maritimes , à la Jamaïque et dans les environs de 
Carthagène. 

GsoFFRiCA SANS ÉPINES: Gcoffrœa inermis, Swartz, Prodr., 
ao6, et FL Ind, occid,, 3, pag. i255; Wright, Act, AngL, 
1777, vol. 67 , tab. 10. Arbre d^une médiocre grandeur, re- 
vêtu d'une écorce un peu glauque et cendrée; ses rameaux 
sont lisses , étalés . cylindriques • dépourvus d'épines ; les 
feuilles ailées, presque longues d'un pied , composées de cinq 
k huit paires de folioles coriaces, ovales-lancéolées, glabres y 
entières, acuminées, pédicellées; deux stipules axillaires-à 
la base du pétiole commun; deux autres subulées a la base 
des folioles. Les fleurs sont très -nombreuses, disposées en 
une ample panicule droite, terminale, très-rameuse; le ca- 
lice urcéolé , pubescent, un peu rouillé, à cinq dents droites, 
courtes, aiguës, presque égales; la corolle purpurine; l'éten- 
dard échancré , arrondi , onguiculé , ,un peu denticulé à ses 
bords ; les ailes conniventes à leur sommet avec de petites 
dents latérales. Le fruit est pédicellé , orbiculaire, un peu 
dur, uniloculaire. Cette espèce croit à la Jamaïque, sur le 
bord des fleuves , à Porto - Ricco , etc. 

Geoffraa TOMENTEUSE; Geoffrœa tomentosa, Poir. , Encycl. 
suppl. Espèce découverte au Sénégal par M. Roussillon. Ses 
rameaux sont épais, cylindriques, un peu comprimés , irré- 
gulièrement anguleux à leur partie supérieure ; revêtus d'un 
duvet tomenteux, cendré ou jaunâtre ; garnis de feuilles 
éparses, fort longues, ailées avec une impaire, composées 
de neuf à onze folioles distantes , presque sessiles , membra- 
neuses, ovales -lancéolées, longues de deux ou trois pouces 
sur environ un pouce de large, vertes, glabres en -dessus, 
un peu jaunâtres et tomenteuses en-dessous, entières, obtu- 



GEO 355 

ses : les pétioles pubescens , renflés et presque calleux à leur 
base. Les fleut*s sont disposées en grappes latérales, presque 
simples , longues de quatre à six pouces , couvertes d'un du* 
vet tomenteux : chaque fleur pédicellée , un peu inclinée ; 
leur calice velu , urcéolé , à cinq dents courtes ; les pétales 
presque égaux. 

Geoffr^a a feuilles ÉMousséEs : Geoffreea rètusa , Poir» , 
£ncycl. ; Lamck. , IlL gen.,'tàb. 604, fig. 2, a,bf etc. Cette 
plante a été observée à Cayenne par M. Richard. Ses rameaux 
sont glabres, cylindriques, garnis de feuilles ailées, compo-» 
séesde onze à treize folioles opposées, pédicellées, coriaces, 
ovales, presque elliptiques, un peu arrondies à leur base^ 
fortement émoussées et souvent échançrées à leur sommet , 
longues d'environ deux pouces sur un de large, glabres, 
vertes, luisantes en-dessus, d'un brun cendré en-dessous, 
à nervures simples , saillantes en-dessous. Les fleurs sont dis- 
posées en une panicule droite , terminale , assez ample , com-*> 
posées de grappes éparses, très-serrées, chargées de fleurs 
nombreuses; leur calice un peu campanule, à cinq dents 
presque égales; les pétales de même longueur; l'ovaire ob* 
long, pédicellé, aigu à ses deux extrémités; le style forte-* 
ment recourbé; le stigmate aigu. 

Le Geoffrœa surinamensis , "Willden* , Spec, 3, pag. iiSo^ 
est une espèce peu connue , qui me paroît très -rapprochée 
du geoffrœa retusa. Ses rameaux sont sans épines; ses feuillet 
ailées , composées de folioles ovales - oblongues , obtuses , 
échançrées ; la carène composée de deux pétales. Elle croit 
à Surinam. (Poir.) 

GEOFFROY {Ichthyol,), nom spécifiquie d'un crénîlabre 
décrit par M. Rîsso et rangé par lui dans le genre Lutjan. 
Voyez Criénilabre. (H. C.) 

GEOFFROY. {Ornith.) Cet oiseau du Sénégal est un de ceux 
dont on doit la connoissance à M. Geoffroy de Villeneuve, 
et M. Levaillantle lui a dédié en le décrivant, tom» 2 , p. 90, 
de son Ornithologie d'Afrique, où il l'a fait figurer dans 
son jeune âge, et dans son état parfait, pi. 80 et 8i. La dé- 
pouille de plusieurs individus existe dans le muséum d'his- 
.toire naturelle de Paris et dans d'autres cabinets ; et , 
4'après le crochet très-marqué qu'on observe au bec de 



35(5 GEO 

cet oiseaa , vers Textrëmité de la mandibule supérieure y 
des naturalistes Font placé parmi les pie-grièches. C'est le 
lamus plumatus de Sfaaw, et M. Cuvier l'indique comme 
pouvant former, avec le manicup de Bufifon , pipra oibifronij^ 
Gmel. , qui n'a de commun avec les manakins qu'une réunion 
des deux doigts externes un peu plus prolongé^ qu'à l'ordi- 
naire , une section distinguée par un bec droit et grêle , et 
par une huppe formée. de plumes redressées. 

M* Levaillant , qui a examiné un assez grand nombre d'in- 
dividus de la première de ces espèces , pense que les mœurs 
en doivent être bien différentes de celles des pie-grièches, 
et que les oiseanx dont il s'agit vivent en troupes, comme 
les étourneaux, et se nourrissent de la même manière, en 
cherchant leur pâture dans les lieux humides , où la couche 
terreuse qu'il a trouvée sur le bec de plusieurs lui a fait 
présumer qu'ils Tenfonçoient pour en retirer des vers et 
d'autres insectes. La forme droite et alongée du bec, dont 
les côtés sont aplatis, lui a aussi paru établir d'autres dif- 
férences génériques avec les pie-grièches , et ce sont ces 
considérations qui auront sans doute déterminé M. Vieillot 
à former de cet oiseau un genre particulier sous le nom 
de prionops, en ïrançois ha godais , quoique ce dernier terme 
fût déjà consacré à désigner un pigeon mondain. 

Quoi qu'il en soit , les caractères assignés par MM. Vieillot 
et Levaillant à ce genre, dans lequel le manicup n'est pas 
compris, consistent dans un bec à base large, aplatie en- 
dessous , et garnie en-dessus de plumes dirigées en devant , 
tendu et très-comprimé par les côtés; la mandibule supé- 
rieure échancrée et crochue vers le bout; l'inférieure re- 
troussée et amincie à la pointe ; les narines obloogues , cou- 
vertes de plumes , dont une partie se hérisse sur le front ; 
les paupières larges et déchiquetées en forme de dentelures 
qui se rabattent autour de l'œil ; les ailes à penne bâtarde 
courte, et la deuxième rémige la plus longue. 

Le Bagadais Geoffroy, Prionops Geoffroii, Vieil!., est de 
la taille d'une grive : le bec est noir; les paupières spnt 
jaunes , ainsi que les pieds et les ongles. La tête est ornée 
d'une huppe niolle , qui se re>ette en arrière , et ,qu\' pa- 
roît à M. Levaillant devoir se relever à volonté ; les plumeR 



GEO 557 

dé cette huppe, du capistrum et des joues, sont blanches } 
celles qui couvrent là tête et les oreilles, sont d'un noir 
tirant sur le gris; la gorge, le cou, la poitrine, les flancs 
et le dessous des ailes et dje la queue, sont d'un blanc de 
neige ; le manteau , les scapulaires et les ailes , sont d'un 
noir à reflets bleuâtres, à Texception d'une large bande 
blanche qui fait partie des grandes couvertures; les deux 
pennes extérieures de la queue sont de cette dernière cou- 
leur, et les autres deviennent de plus en plus noires à me- 
sure qu'elles se rapprochent du centre. Les femelles se recon- 
noissent à des teintes plus cendrées , à une huppe plus pe- 
tite, et à des paupières moins larges. (Ch. Ù.) 
' GEOGLOSSUM, Geoglosse. {Bot.) Les espèces de ce genre 
de la famille des champignons, établi par M. Persoon , 
avoient été comprises par les botanistes dans le genre Clavaria, 
dont elles difiTèrent par leur forme aplatie , dilatée vers le 
sôtfimet, qui peut être considéré comme une sorte de cha- 
peau en forme de petite massue comprimée ou de langue, 
qui se confond avec le stipe , et dans lequel on observe des 
utricules distinctes. 

Ces champignons sont charnus, simples ou fourchus, et 
croissent en automne , à terre ou sur le terreau formé par 
les arbres pourris , dans les jardins , les pâturages , les bois , 
etc. 'Le nom générique de geoglossum {terre et langue, en grec) 
rappelle leur forme et leur habitation. Les individus sont 
ordinairement épars; quelquefois, cependant, on en trouve 
une grande quantité réunie sur un très -petit espace. Le 
nombre des espèces est de sept , selon M. Persoon ; mais Linck , 
Fries , etc. , ont augmenté ce nombre , soit par la découverte 
de nouvelles espèces, soit en démontrant que quelques autres 
espèces de clavaria dévoient y être ramenées. Le nombre de» 
espèces peut être porté à quatorze. Linck a légèrement mo- 
difié les caractères de ce genre , et il en résulte que dans 
quelques espèces lé chapeau et le stipe sont distincts. 

Un très-petit nombre d'espèces ont été observées en France , 
et presque toutes dans le Kord. Les deux suivantes sont les 
plus communes. 

Geoglossum langue-de-serfent . : Geùglossum glahrum, Fers., 
S>ynop, , 608 ; Clayaria ophioglouoidcs , Linn. p Decand. , FI. 



358 GEO 

Jr. 9 n."* 265; Bull. , Champ., pag. 195, lab. 372 : Langue de 
serpent, Paulet , Trait. , 2, pag. 439, pi* 196, fig. 2; Vaill., 
Par. , pi. 7 , fig. 3. Cette espèce a la forme d'une langue de 
serpent, tantôt simple, tantôt fourchue, le plus souvent con« 
tournée et creusée en spirale. Elle a deux ou trois pouces 
de longueur sur deux ou trois lignes de largeur. Sa couleur 
extérieure est le noir ou le noir brunâtre; mais elle est 
blanchâtre à Tinférieur. Sa consist^ince est sèche et sa sur- 
face parfaitement glabre, caractère distinctif entre cette 
plante et la suivante ; Ton observe a> sa surface une poussière 
noire très -fine, qui tombe d'elle-même lorsqu'on pose le 
champignon sur une glace. 

Cette plante est commune en autonine aux environs de 
Paris : elle croît à terre ; nous l'avons aussi observée sur de 
vieilles poutres pourries de la machine de Marly , et sur des 
souches décomposées du sorbier des oiseleurs. Dans les prai- 
ries tourbeuses du Hartz , on en trouve une variété noire ,■ 
remarquable par la longueur de son stipe, distinctement 
^cailleux. 

Geoglossum velu : Geoglossum hirsutum, Pers. , Synops,, 608 ; 
Clayaria ophioglossoides , Sowerb., Fung., pi. 83. Cette espèce 
est très -voisine de la précédente; elle s'en distingue par sa. 
surface velue : elle est noire ; croit en tou£fes ; elle est com- 
primée et unie à son extrémité : dans une variété elle est 
arrondie et plissée. Cette espèce se trouve dans les bois et 
les prairies. (Lem.) 

GÉOGNOSIE. (Min.) La géognosie a proprement pour 
objet la connoissance du globe terrestre, c'est-à-dire, delà 
nature , de la disposition et de tous les accidens des masses 
minérales dont il est formé. 

Cette science naquit seulement avec Saussure, Pallas,. 
Wemer, Dolomieu, Faujas, Spallanzani. Elle se distingue 
ainsi de la géologie, dont les systèmes remontent aux pre- 
miers âges de la civilisation. 

Le mot géognosie, sorti de l'école allemaode, commence 
à remplacer en France celui de géologie, dont l'application 
ç$i moins précise. Voyez Terre , Terrains , Gisemens. (Brard.) 

GÉOGRAPHIE. (Conchyl.) On trouve quelquefois désigné 
$ous ce nom le cône Saocaro pp Soie. Voyez Cônp* (D^ B») 



GEO 559 

GÉOGRAPHIE BOTANIQUE. (Bo^). On désigne sous le 
nom de géographie hotanique Fétude méthodique des .faits 
relatifs à la distribution des végétaux sur le globe, et des 
lois plus ou moins générales qu'on en peut déduire. Cette 
branche des connoissances humaines n'a pu exciter l'atten- 
tion des observateurs que depuis que la géographie et la 
botanique, enrichies par un grand nombre de faits, ont su 
s'élever à des idées générales. Les anciens naturalistes avoient 
fort négligé l'étude et même l'indication des patries des 
plantes. Linnaeus est le premier qui ait pensé à les indiquer 
dans les auvrages généraux ; il est le premier qui ait donné 
et le précepte et le modèle de la manière de rédiger Les 
Flores ; il est le premier surtout qui ait distingué avec soin 
les habitations , c'est-à-dire les pays dans le:>quels les plantes 
croissent , et les stations , c'est-à-dire la nature particulière des 
localités dans lesquelles elles ont coutume de se développer. 
C'est donc de Linnaeus que sont réellement sorties les pre* 
mières idées de géographie botanique. 

Depuis cette époque, tous les botanistes ont indiqué avec 
plus de , précision la patrie des plantes, et quelques-uns 
même ont fait.de cette étude l'objet de leurs recherches spé- 
ciales. Ainsi Giraud - Soulâvie , dans son Histoire naturelle^ de 
la France méridionale, publiée en 1783, et Bernardin de 
Saint-Pierre , dans ses élégantes Études de la nature , ont pré- 
senté à cet égard quelques considérations intéressantes, mais 
dépourvues de cette exactitude qui fixe l'attention des sa- 
vans et qui seule constate la vérité. M. Link', en 1789, a 
fait connoître les plantes qui lui paroissent propres aux ter- 
rains calcaires. M. Stromeyer', en 1800, a présenté sur la 
géographie botanique le plan d'un travail qui fait connoître 
toute l'étendue de la science, et qui fait regretter qu'elle 
n'ait pas été étudiée plus tôt. M. Lavy^, en 1801 , a classé les 
plantes du Piémont relativement à leur ordre géographique. 



1 Liak, Flora Gœttingensis spécimen; ïn-dS Gœttinga, 1789. ^ 

2 Stromejer, Commentatio sistens hiêtoria vegetabilium geographicât 
spécimen; in-8.^ Gœttingœ , 1800. , 

3 Lavy, Staiiones planiarum Pedemontio indigenarum } in -8,^ Tau- 
rini^ 1801. 



36o . GEO 

'M« Kielmah', en 1804, a publié (fuelques observations in- 
téressantes sur la végétation des Alpes. J'ai moi-même, puis- 
que Tordre chronologique me force à me citer ici, exposé 
d'une manière abrégée , dans la Flore française ', quelques 
observations générales déduites de Tétude des plantes de 
France, et j'ai, depuis, ajouté à cette base quelques détails 
ultérieurs, soit dans les rapports de mes voyages^, soit dans 
l'article Géographie botanique et agricole du Dictionnaire d'a- 
griculture^, soit enfin dans le 3/ volume des Mémoires 
de la société d'Arcueil, publié en 1817. M. Bossi a fait k la 
Lombardie l'application de la méthode que j'avois proposée 
pour la France^. Mais l'ouvrage le plus précieux que nous 
possédions sur la géographie des plantes, le seul^ peut-être, 
qui l'ait fait entrevoir dans toute ^on étendue, est la Géo- 
graphie des plantes que M. de Humboldt a publiée dans son 
Tableau physique des régions équatoriales^, auquel on doit 
joindre quelques développemens insérés dans ses élégans Ta-, 
bleaux de la nature 7 ;- ouvrages remarquables par le grand 
nombre de faits qu'ils font connoître , et par leur heureuse 
liaison avec les lois les plus importantes des sciences physi- 
ques. Dés^lors la géographie botanique prit une marche plus 
assurée. M^ Wahienberg, dans sa Flore de Laponie^, et en- 
suite dans ses Essais sur la végétation de^ la Suisse 9 et des 
monts Carpathes'°^ a développé l'histoire générale des vé* 

g^taux de ces trois pays avec une sagacité remarquable. 

.* ' ' ' ■ ■ I ■ ■ ' ■ I I , ■■ I I , II..- ■-, .1 . . 

1 Rielman, Dissertatio de vegetatione in regionihus Alpinisy in-(5.* 
Tuhingœ, 1804. 

2 Flore françoise> 3.* ëdilion, i8o5, vol, 2, p. i , avec une carte 
géographique, 

3 Rapports des voyages botaniques et agronomiques dans les dépar- 
temens de la France, imprimés parmi ceux de la Société d'agriculture 
de Paris; 1808 — 1814. 

4 Dictionnaire d'agriculture, chez Déterville, à Paris, 6 vol. , 1809. 

5 Giornale délia società d'incoragemento del regno d'Italia , n.** 7. 
d Essai sur la géographie des plantes; i vol. in-4.", Paris, 1807. 

7 Tableaux de la nature, traduits par Ëjries ; a vol. in-i^ Paris, 
i8o8. ^ ' 

8 Flora Laponica, a vol. in- 12. Berolini, 1812. 

- 9 De vegetaiiùne et climate Hehetié tenmmen} int>Q.* Tiguri, 181 3, 
4 Flora Çarpathorum principalium i in-8.* Gœttingœ, 1814. 



GEO 56» 

M. Robert Brown a fait connoître plusieurs généraUtës pi- 
quantes sur la géographie botanique de la Nouvelle - Hol* 
lande ' et de la partie d'Afrique voisine du Congo ', et a , dans 
ses divers Mémoires, comme c'est le propre de son talent y 
ouvert aux botanistes une nouvelle toute. M. Schouw^ a 
cherché à démêler , au milieu des faits nombreux et divers 
qui semblenJt se contredire , si Ton pouvoit admettre que 
chaque espèce de plante eût pris naissance dans un seul lieu ; 
il prépare , sur la géographie des plantes de Fltalie , un travail 
que les botanistes attendent avec impatience. M. Boué^ a 
publié quelques considération« utiles sur la manière d'étu- 
dier la Flore d'un pays donné , et les a appuyées sur l'exemple 
de l'Ecosse. M. Winqh^ a fait un travail presque analogue sur 
quelques parties de l'Angleterre. M. Léopold de Buch , après 
avoir indiqué , dans son Voyage en Norwége , plusieurs faits 
curieux de géographie botanique , a public un travail très- 
intéressant sur la distribution des plantes dans les îles Ca- 
naries^, résultat de ses propres recherches et de celles de 
son ami Chr. Smith 7 dont la botanique a pleuré depuis la 
mort misérable. Enfin , M. de Humboldt a recueilli, avec son 
talent ordinaire , tout ce que l'on connott sur les bases de la 
géographie des plantes, et, en le combinant avec ses propres 
recherches, en a tracé, dans les Prolégomènes de la Flore 
d'Amérique 7 , le tableau le plus fidèle et le plus brillant. 

A ces divers ouvrages il faut, pour avoir une idée com- 
plète de l'état actuel de nos connoissances , joindre cette 
multitude immense de notes relatives à la patrie des plantes 

' ' ■ I I I I I I I I r II -■ ■ . III II I I I ...^i^»^^—— 

1 General geographicai remarks on the botany of Terra australis ; 
in-4.^ London, 1814. 

2, Observations on the herbarium collected bjrprof, Chr. Smith, in 
the viciniiy of Congo; in-4.** London, 1818. 

3 De seâibus plantarum originariis seciio prima. Haçniœ , 1816, in-8.* 

4 De methodo F/oram cujusdam regionis conducendi ; in-8.^ Edin^ 
burgi , 1817. 

5 Essai on the geographicai distribution of plants through thé^cpun^ 
ties of Northumberland, <etcrj in-8,® New-Castle , iQ\Q. 

6 jillgemeine Uehersicht der Flora auf den Canarischen Insein. 
Berlin, 1819; in -4.° 

7 Hnmboldt^ Bonpland, et Kunth , T{o9a plantarum gênera et species 
jimeritm , etc.; în-4.^ Paris, 101 5 et suir. 



36î GEO 

qu'on trouve ëparsës dans les écrits des voyageurs , dans les 
collections des naturalistes , dans les Flores et les ouvrages 
généraux de botanique^ poserai peut-être encore ajouter ici, 
que , par~la manière dont j'ai récapitulé ces notes dans le 
Système universel du règne végétal , elles deviendront plus 
utiles dans l'avenir à l'étude de la distribution des plantes 
Bur le globe. 

ITels sont les ouvrages qui constituent la bibliothèque de 
la géographie botanique , et dont cet article doit être le ré- 
sumé : j'y joindrai les considérations qui m'ont été fournies 
par l'examen attentif que j'ai fait, pendant sept années de 
voyages en France, de la distribution des plantes sur le sol 
qui nous entoure. 

Je me propose de publier sous peu la statistique végétale 
de la France , qui contiendra , entre autres résultats de mes 
voyages, l'ensemble des faits observés sur la distribution des 
plantes sauvages et cultivées sur la surface de la France. 
L'article actuel peut être considéré comme l'introduction de 
cet ouvrage. 

Toute la science me paroî^ se classer sous trois chefs gé- 
néraux : 

1.** L'influence que les élémens extérieurs exercent sur les 
végétaux, et les modifications qui résultent, pour chaque 
espèce , du besoin qu'elle a de chaque substance , ou des 
moyens ,par lesquels elle peut échapper à son action ; 

3.** Les conséquences qui résultent de ces données géné- 
rales pour l'étude des stations ; ' 

3.^ L'examen des habitations des plantes , et les consé^ 
quences qu^ en résultent relativement à l'ensemble de la 
science, 

i/*PARTiî. Influence des élémens ou agens extérieurs 

sur les végétaux. 

Nous devons examiner ici l'influence de la température , 
de la lumière , de l'eau , du sol et de l'atmosphère, et ne 
pas perdre de vue que , quoique pour la clarté de l'expo- 
sition nous devions les séparer, elles agissent cependant près* 
que toutes à la fois. 



GEO 365 

I 

* • 

A. Influence de la température. 

De toutes ces influences la plus prononcée est la tempéra- 
ture* Cette action est tellement claire qu'elle est connue de 
fout le monde , et qu'en l'analysant je ne puis que classer 
des faits la plupart triviaux. 

La température influe sur les végétaux , ou par une action 
purement physique sur leurs liquides et leurs solides ^ ou 
par une action physiologique sur leur force vitale. 

Considérée dans son action purement physique , la tempé- 
rature dilate ou condense les parties des plantes , comme celles 
de tous les corps. L'influence sur les solides est peu mani- 
feste ; celle sur les liquides est tellement évidente, qu*on peut 
établir en principe que l'action physique de la température 
sur les végétaux ou les parties de végétaux est sensiblement 
proportionnée à la quantité de liquides aqueux qu'ils ren- 
ferment. Ainsi , les organes qui ne renferment point de 
liquides, sont comme insensibles aux extrêmes du froid et 
du chaud : tels sont les bois à leur état parfait, et les graines 
complètement mûres. De là vient que les graines peuvent 
être transportées par des causes occasionelles dans des cli<^ 
mats entièrement dififérens des leurs , et y conservent leur 
vie là où les plantes elles-mêmes périroient. 

Mais , pour analyser les effets de la température sur les 
liquides des végétaux , il faut distinguer ceux qui sont hors 
du végétal et destinés à y pénétrer , et ceux qui sont déjà 
introduits dans son tissu. 

Toutes les matières dont les végétaux se nourrissent, sont 
ou de l'eau , ou des substances dissoutes ou suspendues dans 
l'eau. Si la température est au-dessous deja congélation, 
l'eau , devenue solide , ne peut pénétrer dans le tissu , et la 
végétation est suspendue : si la température est trop élevée , 
Je terrain se dessèche et ne fournit plus d'alimens. Ia pre- 
mière cause de stéfilité s'observe au p61e et dans les hautes 
montagnes; la seconde, dans les lieux très -chauds. Mais l'ac* 
tion de la temipérature est très-sensible à la surface du sol , 
et l'est moins à une certaine profondeur: d'où il résulte, 
i."" que, dans un terrain donné, les plantes à racines profondes 
résistent mieux aux extrêmes de la température que celles & 



364 GEO X 

racines superficielles ; 2.* qu'une plante donnée résiste mieux 
aux extrêmes de la température dans un terrain plus com- 
pacte, ou moins bon conducteur du calorique, ou moins 
doué de la faculté rayonnante , que dans un sol ou trop léger 
ou bon conducteur, ou rayonnant fortement le calorique. 
S."" La nature des plantes et celle du sol étant données , les 
plantes résistent mieux au froid dans une atmosphère sèche , 
et à la chaleur dans une atmosphère humide. 

Quant aux liquides renfermés dans le tissu même du vé- 
gétal, ils sont soumis aux lois générales de la physique. Le 
froid peut les atteindre au point de les congeler; et comme 
cette congélation est toujours accompagnée de dilatation , 
celle-ci , lorsqu'elle est brusque , rompt les parois des cel- 
lules ou des vaisseaux , et détermine ainsi la mort partielle 
des plantes. Si, au contraire, la chaleur est extrême, elle 
détermine une trop forte évaporation , d'où suit la flétrissure 
et le dessèchement. Voyons par quels mécanismes les plantes 
peuvent plus ou moins résister à ces effets. 

Leur résistance contre la congélation se fonde sur la marche 
de leur nutrition. Leurs racines sont plongée^ dans un sol 
dont la température est en hiver plus chaude que celle de 
rair : elles absorbent donc , quoiqu'en petite quantité , un 
liquide qui , en s'introduisant dans leur tissu , tend à le ré- 
' chauffer au point que Tintérieur des gros arbres est en gé- 
néral au même degré de température que celle indiquée par 
un thermomètre placé à la profondeur moyenne de leurs 
racines. Cette action s^étend jusqu'aux sommités, parce que 
les liquideis ne se communiquent pas leur chaleur de molé- 
cule à molécule , et qu'ils ne peuvent la transmettre qu'avec 
lenteur aux substances ligneuses et mauvaises conductrices qui 
les entourent. Il s'établit ainsi une lutte entre le froid exté- 
rieur de l'atmosphère et la chaleur interne de la sève. Les 
différences d'un arbre à l'autre tiennent essentiellement à la 
facilité plus ou moins grande avec laquelle la chaleur de 
celle-ci peut se dispenser. Ainsi, 1.**, plus le nombre deç 
couches interposées et distinctes par des zones d'air captif 
^era grand entre l'aubier ( qui , renfermant plus d'humidité^ 
est plus susceptible de gel ) et l'extérieur , plus les arbres 
pourront résister au froid : c'est ainsi que les vieux arbres 



GEO 365 

résistent mieux au froid que les jeunes* ; c'est ainsi que les 
bouleaux, dont Fécorce présente un grand nombre d'épi« 
dermes superposés , résistent à des froids étonnans ; c'est 
ainsi que la plupart des arbres monocotylédones , étant privés 
d'écorce^ vivent moins bien dans les climats froids que les 
dicotylédones; c'est ainsi que les jeunes pousses résistent bien 
mieux au froid lorsque , dans leur premier développement , 
elles sont abritées par des bourgeons écailleux que lors- 
qu'elles sont à nu , etc. 

2.® Plus les couches extérieures sont dépourvues d'eau et 
abondamment munies de matières charbonneuses ou i^ési-* 
neuses, plus aussi les végétaux résistent au froid : ainsi les 
plantes grasses gèlent assez facilement; ainsi les conifères 
résistent à des froids très- vifs, tandis que Jes arbres ver(s 
non résineux gèlent à des degrés de froid peu intenses; 
ainsi les jeunes pousses, imbibées d'eau au printemps, gèlent à 
des dégrés de froid qu'elles supportent en automne,, lors- 
qu'elles sont moins aqueuses; ainsi les arbres gèlent moins 
facilement après un été bien chaud, qui a, comme disent 
les jardiniers , parfaitement aoûté leurs pousses, qu'après un 
été froid et pluvieux , où les pousses n'ont pas acquis toute 
leur dureté. 

Toutes ces causes combinées, soit entre elles, soit avec 
l'état particulier de chaque organe, soit avec la nature du 
tissu intime de chaque végétal , expliquent assez bien la 
4l^ver8ité d'action d'un même degré de froid sur des végé- 
taux divers. Si nous examinons de la même manière l'action 
d'une température trop élevée, nous verrons que certains 
végétaux, tels que les bois très-durs, y résistent, parce que, 
renfermant peu de sucs aqueux, ils offrent peu de matière 
à évaporer; d'autres, comme les plantes grasses, parce 
qu'elles sont douées d'un très-petit nombre d'organes évapo- 
ratoires; d'autres, comme les herbes des lieux humides, 
parce qu'elles pompent promptement une quantité d'eau 
suffisante pour suppléer aux effets de l'évaporation. 



1 L'azédarach, jeune, gèle sonveivt, à Montpellier, à 3 ou 4 degrés 
et je Tai tu, plus âgé, supporter san» périr un froid de i5* (therm. 
ceatigr;') dans U jardin botanique de Genève. 



366 GEO 

Quoique ce soit par des causes très -complexes que les 
végétaux résistent aux actions extrêmes du froid et du chaud , 
et que par leur réunion on pût peut-être expliquer com- 
plètement pourquoi telle plante gèle là où une autre très- 
semblable ne gèle pas; il seroit, je pense, impossible d*ex- 
pliquer , par ces simples considérations de physique , pour- 
quoi , entre les limites mêmes où la végétation est possible , 
des plantes différentes requièrent des degrés de chaleur diffé- 
rens , en sorte que telle graine germe à 6 ou 6**, et que telle 
autre en exigera 20 ou 3o pour se développer. Cette diversité, 
qu'on retrouve dans l#^s animaux , doit, très- probablement , 
dans les deux règnes organiques, être rapportée àTintensité 
de l'excitabilité de la fibre ou du tissu de chaque espèce. Le 
' problème se complique donc de causes physiques appréciables 
et de causes physiologiques que nous sommes obligés d^ad- 
mettre , quoique nous ne puissions en rendre compta avec la 
même précision. 

L'influence de la température sur la géographie des plantes 
doit être étudiée sous trois points de vue : i.** la tempéra- 
ture moyenne de l'année ; 2." les extrêmes de la température, 
soit en froid , soit en chaud ; 3.° la distributiqn de la tempé^ 
rature dans les dififérens mois de Tannée. 

La température moyenne, qui pendant long-temps a été 
l'objet presque unique des physiciens, est en réalité la donnée 
la moins importante pour la géographie des plantes : à ne la 
considérer que comme une indication vague , elle est d'un 
emploi assez commode ; mais la même température moyenne 
peut être déterminée par des circonstances tellement dififé- 
rei^tes , que les conséquences et les analogies qu'on en vou- 
droit déduire sur la végétation , seroient très-erronées. 

On tire des résultats plus bornés, mais plus exacts, de l'é- 
tude des points extrêmes de la température : ainsi toute 
localité qui , ne fût-ce que dp loin en loin , présente ou un 
froid ou une chaleur d'une certaine intensité , ne peut pré- 
senter à l'état sauvage les végétaux incapables de supporter 
ce degré extrême. Lorsque ces températures exagérées ne 
reviennent qu'à de longs intervalles , l'homme peut mainte- 
iiir dans le pays la culture d'un végétal qui ne sauroit s^y 
maintenir sauvage , soit parce que , à chaque fois qu'il est 



GEO - 367 

détruit par la rigueur exagérée de la saî$on^ il le rétablît 
par des graines ou des plantes tirées de pays plus tempérés; 
soit parce que, dans ces momens critiques, il l'abrite contre 
rintempérie de Tair; soit, enfin, parce que Tagriculteur ne 
demande pas toujours aux plantes qu'il cultive de porter des 
graines fertiles. C'est ainsi que la vigne , l'olivier et la plupart 
de nos plantes cultivées végètent très-bien pour notre usage 
dans des climats dont il seroit impossible qu'elles supportassent 
les hivers, si elles étaient livrées à elles-mêmes : c'est une 
des causes qui établit une différence absolue entre la géo- 
graphie agricole et la géographie botanique. 

Dans cette. dernière, qui nous occupe essentiellement ici, 
les plantes ne peuvent s'établir à demeure dans un pays 
que lorsque ce pays ne présente pas, même de loin en loin, 
des causes de destruction complète. Ainsi, quelle que soit la 
température moyenne, une plante ne peut vivre sauvage 
dans un climat où, ne fût-ce que tous les vingt ans, elle 
viendroit à geler ; ou , si quelques graines y sont portées par 
des causes accidentelles , elles n'ont jamais le temps de s^ 
établir d'une manière fixe. Les plantes annuelles ^ qui n'ont 
d'autre moyen de réproduction que leurs graines , sont com- 
plètement exclues de toute localité où une intempérie quel*^ 
conque peut, ou les tuer, ou seulement empêcher la pro* 
duction de leurs graines: aussi sont-elles exclusivement bor- 
nées aux régions tempérées. Les végétaux vivaces peuvent 
encore vivre sauvages dans des climats qui ne leur permettent 
pas toujours de produii^e des graines ^ celles qui sont douées 
de moyens particuliers de réproduction par les racines, 
peuvent vivre même dans des climats où elles ne sauroient 
presque jamais donner des graines fertiles. 

Sous ces divers rapports, et sous plusieurs autres, la dis-^ 
tribu tion de la température dans les mois de l'année est la 
partie la plus importante de cette étude. 

11 est des climats éminemment uniformes, dans lesquels 
une certaine température moyenne est produite par un hiver 
doux et un été frais : tels sont en général tous les pay^ 
maritimes ; ce qui tient à ce que leur température est con- 
tinuellement ramenée près dç la moyenne par la mer, ce 
vaste réservoir de température constante , qui les rafraîchit 



568 GEO 

Vétéet les réchauffe Thiver : telles sont encore , sans qu^on eu 
connoisse bien les raisons, les parties occidentales des deux 
continens de rhémisphére boréal, et,jusques à un certain 
point , la presque-totalité de Thémisphére austral. Au con- 
traire, une même température moyenne peut être produite 
par la combinaison d'hivers très ^ froids avec dés étés très* 
chaudi» : c^est ce qu'on observe dans les pays continentaux 
comparés aux pays maritimes , dans les parties orientales des 
continens comparées aux occidentales, dans rhémisphére 
boréal comparé à rhémisphére austral. 

Les plantes annuelles , qui ont absolument besoin de cha« 
leur pendant l'été pour mûrir leurs graines, et qui peuvent 
passer l'hiver endormies , pour ainsi dire , à l'état de graines 
et indifférentes au froid de l'hiver, préfèrent les climats de 
la seconde série ; les plantes vivaces , qui peuvent mieux se 
passer de mûrir leurs graines, et qui redoutent les' grands 
froids de l'hiver , préfèrent ceux de la première. Parmi 
celles-ci, les plantes qui perdent leurs feuilles s'accommo- 
dent mieux des climats inégaux , et les plantes toujours 
vertes préfèrent les climats égaux. 

Si de ces données générales on descend dans les détails , 
on concevra facilement comment la température de chaque 
saison- en particulier, comment la durée de la chaleur dans 
certaines époques de l'année ou de la journée (durée que nos 
tableaux météorologiques ne représentent que d'une manière 
imparfaite), peuvent exclure tel ou tel végétal de chaque 
localité. Je n'ai pu , pressé par l'espace , indiquer ici que les 
principes et la marche du raisonnement : ceux qui voudront 
étudier ce sujet curieux d'une manière approfondie , doivent 
lire et méditer le beau travail de M. de Humboldt sur les 
lignes isothermes , inséré dans le 3.^ volume des Mémoires 
de la «ociété d'Arcueil. 

B. Influence de la lumière. 

L'influence de la lumière solaire sur la végétation^ est 
presque aussi importante que celle de la température , et , 
quoiqu'elle influe un peu moins que la précédente sur la 
distribution géographique des végétaux, elle mérite cepen- 
dant une mention très-particulière. 



GEO 8«9 

La lumière est l'agtat 4ui opère le. plus grand ndmbre d^i 
)>iiéiioiitéoes delà vie végétaleé i*^ Elle détermine une grande 
partie de Tabsorptioii de la séye; le& plantes pompant peu 
d'humidité pendant la nuit et à- Tobscurité. :is»^ fiUe.éétesr^ 
miine complètement réinanàtion aqueuse de» parties vertes 
des plantes { celles-ci n'exhalent pjoint ou presque pointd'eau 
pendant la nuit ou. à Fobscurîté^ tandis que cette exhalaison 
est très* coiisiderable.de joui* et surtout aux rayonsr dlireots 
du soleil. S 4^ La lumière détermine , sin<in absolument jl4»s 
tous les cas , au moins dans presque tous «eux qu'<on eoii^^lt 
Uen et qui nous int^essent le pius{ la lUmièfe diJtermiiMIi 
dis- je ) dans le parenchyme des parties vertes, la décomp^-' 
aition de Taade carbonique , et conséquemment la fixation 4u 
carbone dans les végétaux , la coloration des parties vertes , 
le degré de leut consistance .et de leu? alongament , rinte9i-< 
site des propriétés sensibles, et, enfin, la direction €efiUi-' 
al^uts organes* 4*^ Elle est une des causes principales » et 
peut-^tre l'Unique, deamouvemens siuguMers connu^ sous^^ 
nom de sommeil des feuiUcfs et des fleurs» 5»** Pendant Taft^ 
aenoe de la lumière les parties vertes absoi;bent une certaine 
quantité de gas oxigèue, déterminée pour chacune d'ellfs 
dans un temps donné* 

Quoique ces diverses influences s'exercent sur presque toi|s 
tes. végétaux, eUes ne s'exercent pas sur toutes les espèots 
au même degré, et c'est de cette diversité m^me que nait 
le besoin .qu'a chaque végétal d'une dose particulière, de 
lumière» > 

A considérer le globe dans sa totaUlé > }a lumière est en 

moyenne plus également répartie que la chaleur; mais 'elle 

. offre des disparates importantes dans son mode de rép.#rtition4 

..Pans les pays située près de l'équateur, une lumière intense, 

parce qu'elle agit plus perpendiculaireinent , éclaire les xégé-* 

taux à peu près également toute l'année pendant douze heured 

.chaque jour. A mesure qu'on s'éloigne de l'équateur et qu'op 

«s'approche du pMe^ l'intensité des rayons devenus plus obli-- 

.ques va en diminuant; mais, par la distribution de ces rayons ^ 

laNlumière manque presque complètement pendant rtiiver|> 

.où l'absence de végétation la rendroit presque inutile auart 

^plantes, et est j^resque continue* pendant la durée de.la v^|« 

loi • «4 



370 GEO 

tation , de sorte que sa c%rntinuité bompense en tout ou en 
partie son intensité. Quoiiqne les conséquences de la conti- 
nuité de la lumière n'aient pas encore été suffisamment étu- 
diées , on voit déjà , diaprés cette donnée générale , qu'in- 
dépetodamnient de ce tfui tient i la température , les plantes 
qui perdent leurs feuilles peuvent mieux supporter lés pays 
•eptentrionaux , et que celles à végéintiom continue doivent 
avoir un pitis grand besoin des régions méridionales; Les 
-j^lânies dont les feuilles et les fleurs conservent habituelle- 
-Ibient la nréme position , peuvent vivre dans les climats du 
Bdrà , où la lumière est presque continue en été; tandis que 
c^^t dans les climats méridionaux qu^on trouve et qu'on doit 
trouver les espèces qui sont remarquables par le sommeil et 
le réveil alternatif de leurs feuilles jOu de leurs fleurs , mou- 
vement qui >est en rapport «vec raltemative des jours et 
des nuits. 

Dans les pays slCttés an niyean de la mer , les rayons solaires 
ne parviennent stut végétaux qu'aPu travers d'une épaisse 
atmosphère, qui éteint, pour ainsi dire, une partie de leur 
éclat ; à mesure que Ton s'élève sur les' sommités des mon-^ 
tagnes, l'action de ces rayd^ns est plus 'intense, parce que 
l'atmosphère est moins épaisse : d'où il résulte que , sous chaque 
latitude donnée , les espèces q'ui ont besoin en proportion 
de plus de lumière que de chaletir, doivent occuper le 
sommet des montagnes , et celles qui veulent plus de chaleur 
que de lumière doivent demeurer dans les plaines. Tous ceux 
qui ont tenté de cultiver les plantes des Alpes dans les plaines , 
savent combien il est difficile d'imiter cett^e station et de leur 
donner de là clarté sans trop de chaleur. 

Enfin , d'ans chaque pays déterminé , les plantes se distri- 
buent entre les diverses localités, d'après le besoin ' qu'elles 
ont d'une certaine quantité de lumière, et le point auquel 
chacune d'elles peut, sans trop ^ouffHr, supporter un certain 
degré d'obscurité. Ainsi, toutes les plantes à feuilles très- 
aqueuses , qui ont besoin de beaucoup d'évaporatinn ; imites 
les plantes grasses gui , ayant très«peu d'organes évaporatoires , 
ont besoin d'un stimulant pour déterminer sûrement leur 
action ; toutes celleis qui sont d'un tissu très-abondant en car- 
bone , ou qui ont des sues très-résineux ou huileux, ou qui 



GEO 371 

offrent une grande étendue de surfaces vertes , etc. , ont be« 
soin de beaucoup de lumière et se trouvent dans les Ueusa 
découverts : les autres, selon qu'elles s'écartent davantage de 
ces conditions , vivent ou à l'ombre légère des buissons , ou» 
k celle plus forte des baies ou des murs , ou à celle dcA forêts 
(qui varient entre elles selon la nature des arbres) , ou , commet 
le font certains champignons, dans les cavernes etàrobscurité 
totale. On a encore peu étudié les végétaux relativement k 
la dose de lumière dont ils ont besoin ; mais je ne doute p^ii 
qu'il n'y ait, à cet égard, de grandes diversités, et qu^c^ll^ 
ae puissent expliquer celles des stations : ainsi j'ai vu d^^ 
fimgéres r»ter vertes dans 69s caves où les autr« pl^nfei^ 
étoient toutes étiolées; ainsi j'ai vu la lumière artiftcîftUe. 
des lampes produire des effets très^dlvers sîir difiéreiis végé-> 
taux exposés à son action. Ce sujet seroit digne des reçber* 
cbes de quelcfues observateurs exacts* Les époques même ok 
une certaine. dosé delaunièrc parvienl aux végétauip, quoi* 
que moiiM variables que ce qui tient k U ^çmpérature, pré- 
sentent encore quelque intérêt. Ain$i , par exeoiple , les 
mousses et les aibustes teujoui» verts , comme 1^ boux ^ qui 
végètent prineifalf ment jcn hiver » vivent très^bieii dans le^ 
forêts d'arbres qui perdant leurs feuilles , où ne pourroi^af 
vivre des piaules qui végètent suj^taut pendant Tété. 

r 

C. Influtnfiê de Veau* 

Tout le monde connoit l'absolue nécessité de Feau pomr (^ 
végétation, et les pby«ip}iagist^s 9^ stfQut, ^ pet égard, dislin- 
gnés du vulgailW ,, qjif p^rjce qi»iç quelqM^s^ns, te)s.que ya^. 
Helmont , ont fi» l'art d'^xsgérer enepre un effet si puissant. 
Si nous nous biS!jr>n90s d'abord à re>;a^ea de l'eau en tout 
que. faisant partiie du ^ï ^i-mêm<^ 9 »ous savona qu'elife est 
le véhicule univef>«l qui ^porte aux végétaux to|is leurs 
alimens, et qu'elle-mê^^ie fait partie de la nourriture qui se 
fixe, dans les plantes et accroit leurs parties solides. Sous ce 
double rapport les végétdVi^ p^wç^t différer , et quant à la 
quantité absolue d'eau qu'ils acqui^urent, et quant au mode 
de son absorpUçn , et quant au bt^soin qu'a chaque espèce 
de trouver certaines, mitàktu di^spvt^ da^* l*f «» HX^^Vi^ 



37» GEO 

ab8ori»e. Montrons, en peu de mots^ Tiaflttènce de ces diffé* 
rinces sur la géographie botanique. 

La quantité diverse de l'eau absorbée par chaque espèce 
ofire lë^ disparates les plus prononcées, et chacun sait que. 
c'est une des causes qui influent le plus puissamment sur la 
distribution topographiqtie des végétaux. 

Ceux qui ont besoin d'absorber une grande quantité d'eau, 
savoir , ceux à tissu lâche et spongieux ; ceux qui ont des 
feuilles larges, molles et surtout munies d'un grand nombre 
ûe pores corticaux ; ceux qui ne portent que peu du point de 
poils à leur superficie ; ceux dont la végétation est rapide ; cei^r 
qui forment peu de -matériaux huileux ou résineux;, ceux 
dont les parties ne sont pas susceptibles d!ètre altérées ou 
corrompues par l'humidité ; ceux , enfin , dont les raeines 
sont très-nombreuses , ont en général besoin d'absorber beau- 
coup d'eau et ne peuvent vivre que-dans des lieux où ils en 
trouvent naturellement une grande proportion. . * 
" Ceux, au contraire, qui ont le tissu serré et compacte, 
qui ont les feuilles petites , dures ou munies d'un petit Éora-/ 
bre de pores ; ceux qui ont beaucoup de poils ; ceux dont 
la végétation est lente; ceux qui forment d^ms le cours de 
leur végétation beaucoup de matériaux huileux^ou j^ineux ; 
ceux dont le tissu est suscep'til^e d'être altéré ou corrompu 
par trop d'humidité; ceux, enfin, dont les racines sont peu 
nombreuses , ont besoin d'une petite .quantité d'eau et choi- 
sissent de préférence pour leur station naturelle les lieux les 
plus secs. 

Le degré d'action de chacune des causes que |e viens d'énu- 
mérer , et leur combinaison mutuelle , déCemnnent po«r 
chaque espèce le besoin d'une quantité d'eaif à jfcu'pTèê dé- 
terminée. Mais , quelque compliquées que'^soivnt ces causes^ 
il faut encore lès combiner avec d'autres : -ainsi , plus la tem- 
pérafture est' élevée ^ et' plus -la. lumière est-intense dans une 
époque et un lieu doniiés;' plus aussi, toutes choses étant d'ail- 
leurs égales, les plantes ont beiM>in d'absorber une>plus grande 
quantité d'eau , parce qu'elles en combinent et en éliminent 
davantage» De là vient le besoin -qti'pnt «certaines plantes de 
trouver plus ou moins d'eau à certaines «époques de leur vie^ 
ou dans certaines localités , ou dans certains modes de culture. 



GEO 37$ 

Si )é suivois dans les détoils cette marche de raisonnement, 
je pourrois* montrer assez clairement comment les végétaux, 
par des causes diverses , ont besoin d'une quantité d'eau dé- 
terminée , et , par conséquent , doivent prospérer chacun dans 
■la localité qui-répond>à ses besoins. Mais «les exemples sont 
ctrop faciles à trouver pour qu'il vaille la peine de les. pré- 
senter À l'attention du lecteur. Lès conséquences mêmes dés 
lois générales que je viens d'indiquer, sont généralement !co a- 
•nues : ainsi on sait que les plantes à racines profondes pros- 
pèrent mieux dans les pays sujets à de longues sécheresses, 
^arce que le fond de. la terre végétale présente toujours ua 
-pieu d'humidité; celles à racines très^uperficielles ne peuvent 
Tivore^ue dans des climats où l'humidité est plus continue , etc. 
- ' Mais la nature de l'eau absorbée par les plantes présente 
encore de grandes diverâtés: moins l'eau est chargée de prin- 
cipes nutritifs, plus il est nécessaire que les végétaux en 
absorbent dans un temps donné pour sufiSre à leur nourri- 
ture ; plus 9 au contraire , l'eau est chargée de principes qui 
altèrent sa fluidité ou sa transparence , et qui , en tant que 
molécules solides, tendent à obstruer l'orifice des pores ou 
à gêner l'absorption par leur- viscosité , moins aussi les végé- 
taux en absorbent dans un temps donné. 
* • La nature même des molécules dissoutes ou suspendues 
dans l'eau influe beaucoup sur la distribution topographique 
àes plantes. Ces matières dissoutes sont : 1.® de l'acide car- 
bonique-, 2.*^ de l'air atmosphérique; 3.** des matières solùbles, 
végétales ou animales; 4.** des principes alcalins on terreux. 
On' conçoit facilement que , quoique les besoins spéciaux des 
piantes soient beaucoup moins diiférens que ceux deS' ani- 
maux comparés entre eux, il doit y avoir à cet égard des 
diversités remarquables. Quoique cet objet ait été moins 
étudié que les autres parties de la physiologie végétale , on 
peut déjà entrevoir bien des faits qui s^y rapportent : ainsi , 
les végétaux dont le tissu doit contenir beaucoup de carbone, 
téis que les arbres à bois dur, redoutent plus que d'autres 
les eaux extrêmement pures et qui renferment peu de gaz 
acide carbonique. - 

< Les filantes qui présentent beaucoup de matières azotées 
dans leur composition chimique , telles que les crucifères et 



574 GEO 

Iles champignon», recherchent de prëfiSrence les terrains i^i 
renferment beaucoup de inatières animales en solution ; les 
plantes qui présentent à leur analyse chimi({ue une quantité 
potable de certaines substances terreuses , teUes que la silice 
^ans les monocotjlédones , le gyps dans les légumineuses, 
ètt. , ont besoin d^en trouver dans le sol où elles croissent, 
)et, s'il en manque , Fagriculteur a soin d'en a|outer artifî» 
ciellement. Les espèces qui offrent , lonqu'on les brûle , une 
^antité de substances alcalines plus considérable qu'à For* 
dinaire , ne peuvent vivre que là où ces matières sont ac- 
cumulées : ainsi , toutes celles qui ont un besoin absolu de 
carbonate de soude, ne peuvent prospérer que'près de la mer 
ou des sources salées ; qudbques-unes peuvent suppléer à ce 
iiesoin de leur nature par l'absorption du carbonate de po- 
tasse, et alors elles peuvent vivre indifféremment près et 
loin de la mer. Ainsi la nature diverse des matières dis- 
«outes dans les eaux est évidemment une des nombreuses 
causes qui déterminent les stations des espèces végétales. 

Jusqu'ici je n'ai examiné Feau qu'en tant qu'elle est destinée 
i être' absorbée par les plantes; mais Teau agit encore sous un 
«utre rapport : lorsqu'elle est amassée en quantité plus con- 
sidérable que la plante ne peut en absorber , elle réagit sur 
son tissu, et- tend à le décomposer, à le dissoudre ou à le 
corrompre. Parmi les plantes qui ont besoin d'absorber une 
l^nde quantité d'eau , il en est qui ne peuvent pas résister 
long-temps à cette action, pour ainsi dire, extérieure de 
l'eau accumulée : ainsi , les plantes à racines très-charnues , 
comme les bulbes succulentes ou les racines bulbeuses du pro- 
iea argentea y ou les tubercules charnus des cyclamens , sont 
ûaset facilement altérés par l'humidité, et ces plantes ne 
peuvent vivre par conséquent dans des lieux aquatiques ou 
marécageux. Au contraire, les tiges et les feuilles de cer- 
taines plantes sont naturellement douées de moyens par les- 
quels elles peuvent résister à l'action de l'eau extérieure. 
Ainsi, les unes ont la faculté de sécréter une matière vis- 
queuse qui les enveloppe et les protège contre l'eau ; c'est 
ce qu*on voit très-bien dans les hatrachospermum^ par exemple : 
d^autres, telles que plusieurs potamogëtons , suintent à leur 
superficie une espèce de vernis qui empêche l'eau de les 



GEO 375 

|f»ttç)ier, piquia^tpoturks.en d^femlfe» précisément comme. 
Fhuile doot sont enduites les plumes des oiseaux aquatiques. 
Enfin, les plantes monoco^lédone^ , dojit H su^rface présente 
un tissu cemarquablement siliceux et par conséquent très- 
peu. alt^raMe par r^umidité) restent n)ieux que les dicp-^ 
tyMàçu€9ik ractioQ de l'eau extérieur;^» Au9^ YPyon^-npus 
un plus grand nombre de plantes aquatiques parnd Ifs mor 
AOÇotyl.Mone^ que parmi les dicotylé^oi^eji; ay^i certaines 
j^lantes, mime charnues, telles que les aloès, peuvent vivre 
plusieurs «otois. sous Te^u sans en être sensiblement «Itérées* 

Me seroit-il permis de faire remarquer ici, ep passant» que 
c'est à cause de cette quantité 4e silice et tie c?.tte inalté« 
rabilité qiti en est la suite , que la plupart Àes pituples du 
mond^ ont choisi des monocotylédonea pour ç^Mfvrir l$uvs 
maisons? Les septentrioz^aux ont employé ]q pbau^ie ^'l^près; 
le même principe\par lequel les peuples des tropiques em- 
ploient les feuilles des palmiers. 

Ce que [e viens de dire de l'eau accumulée i VéUt de 
liquide autour des racines ou. des feuilles des pUutea,' sefoil 
applica)>le, avec de légères modifications, 4 l'cnu dissQUttt 
pu suspendue dans Tair : c'est ,ce que nous verrons tgut à 
Theure, en pariant de l'influence de l'atmosphère ; mais je 
dois auparavant dire quelques mots de Tinfluence du sol* 

D. Influence du soL '^ * 

Cette influence est peut-être plus compliqu^^ encore qu^ 
toutes les précédentes ; on peut cependant la réduire à trois 
considérations principales. 

1*^ Le sol sert de point d'appui au¥ Yégét#u;x , et pdP 
conséquent sa consistance doit lui donner» SQMS ce rapport, 
une aptitude particulière pour soutenir, plus qu moins bien, 
des plantes douées de formes diverses. Ainsi , les terrains de 
#able très-mobile ne peuvent servir de point d^^ppui qu'aux 
végétaux ou assez bas et couchés pour que le vent ne les 
renverse pas, ou aux arbres munis de racines asse« profondes 
et assez ramifiées pour les fixer dans cette matrice mobile ; 
encore ces deux effets seront-ils modifiés dans leurs résultats 
s^lon qu'il s'agira de pays plus ou moins sujets a l'action 
impétueuse des yentfij selon qu'il s'agira d'arbres qui vivenf 



376 GÉO 

naturellement isojës, pu de ceux qui,' croissant en soeiétës 
nombreuses, se protègent réciproquement. 

Les régies inverses se trouvent vraies 'pour les terrains 
compactes : les plantes à petites racines peuvent y être suffi- 
samment fixées , et celles-là seules peuvent y vivre ; car les 
racines très-grandes ne sauroient pénétrer dans- des terrains 
trop tenaces. 

Enfin , les deux termes extrêmes de eeite série présentent 
également des terrains stériles : les sables trop jnobiles ,' ou 
les eaux trop courantes ; les argiles trop compactes , ou les 
rochers trop durs, sont*, par des causes inverses, presque 
entièrement' dépourvus de végétation. 

2.^ La nature chimique des terres ou des pierres qui com- 
posent le terrain, influe aussi sur le choix des végétaux^ qui 
peuvent le peupler ou y prospérer; mais c'est ici encore un 
effet qui, quoiqu'en apparence simple, est en réalité- très- 
complexe. 

Les différentes te^rres agissent sur la végétation par des 
circonstances physiques , ainsi , par exemple , selon qu'elles 
sont plus ou moins douées de la force hygroscopiqùe , ou, en 
d'autres termes , selon qu'elles absorbent l'eau ambiante^plus 
ou moins facilement, qu'elles la retiennent avec plu^ ou 
moins de force , ou l'abandonnent plus ou moins facilement. 
Les plantes qui exi^nt plus ou moins d'humidité, peuvent 
prospère^ dans tel ou tel terrain ; mais cet effet, évident en 
lui-même , se complique avec d'autres circonstances : ainsi , 
Kirwan a montré par l'analyse comparée des terres réputées 
^onnes pour le froment dans divers pays, qu'elles contiennent 
d'autant plus de silice que le climat est plus sujet à la pluie, 
d'autant plqs d'alumine que le climat est moins pluvieux ; 
ou , en d'autres termes, que le terrain , pour être bon' pour 
un végétal donné, doit être plus hygroscopiqùe dans un 
climat sec, moins hygroscopiqùe dans un climat humide : 
d'où résulte éiridemment que, dans des localités différentes, 
on peut trouver les mêmes espèces de végétaux ' dans des 
terrains différens. ' 

5.^ Chaque nature de roche a un certain degré de téna- 
cité et une certaine disposition à se déliter ou à se pulvé- 
liser ; de Ik résulte la facilité plus Ou moins gi'ande de cer<* 



\ 



^ GEO 577 

tâios terrains à être formés ou de saMe ou dé grayier, et à 
être composés de fragmens de forme où de grandeur à peu 
près déterminée. Certains végétaux, par les causer cindessus 
indiquées , pourront préférer tel ou tel de ces. sables ^u de 
ces graviers; mais la nature propre de la roche n'agit ici 
que médiatement : ainsi , lorsqu'on rencontre des roches 
calcaires qui se délitent comme les schistes argileux, on y 
troove les mêmes espèces de végétaux. Les deux cénstdéra- 
tions que je, viens d'indiquer sont très-particulièreibent ap- 
plicables aux lichens des rochers. 

- 4*° Les roches, selon leur couleur ou leur nature, sont 
plus susceptibles d'être réchauffées par les rayons directs du 
soleil , et , par conséquent , elles peuvent un peu modifier 
la température d'un lieu donné; par conséquent aussi in- 
fluer , quoique légèrement , sur le choix des plantes suscep- 
tibles d'y prospérer. 

Mais^ indépendamment de toutes ces causes physiques, la 
nature chimique des roches'a->^^lle une influence sur les végé- 
taux? On ne peut, sans doute, le nier absolument ; mais on 
doit convenir que cette action a été en général fort exagérée. 
11 faut remarquer, en efiRet, que les plantes ne vivent pas en 
général sur le roc pur , mais dans un détritus de ces mêmes 
roches ; que les roches d'un pays même assez borné présen- 
tent souvent des natures très-diverses; que la terre végétale 
n'est pas seulement formée par les roches qui l'entourent 
immédiatement, mais encore par le mélange des molécules 
terreuses chariées par les eaux, transportées par les vents 
et déposées dans un lieu donné par les débris des animaux 
ou des végétaux qui y ont vécu précédemment. • H résulte 
de toutes ces causes que les terres végétales difflèrent beau- 
coup moins entre elles que les roches qui leur servent de 
support, et que la plupart des plantes trouvent dans la plu- 
part des terrains les alimens terreux qui leur sont néces- 
saires ; aussi , après sept années de voyages en France , j'ai 
"ûtd par trouver presque toutes les plantes naissant sponta- 
nément dans presque tous les terrains minéralogiques. Lors- 
qu'il s'agit d'une localité peu étendue et par conséquent 
•d'un même climat , on tjrouve bien quelquefois certaines 
plantes qui s'arrêtent à la limite d'un terrain; mais, lorsqu'on 



S7« GEO 

étend ses recherches sur un espace plus étendu , on volt 
souvent cette méuie plante vivre,, sous un climat différent^ 
dans ce terrain qu^elle dédaignoit ailleurs. Je pourrois enter 
une foule d'exemples à Tappui de ces diverses assertions : 
ainsi en dit qne le buis ne croit que dans les terrains cal-* 
eaires, et il est vrai qu^il parott les préfiérer; mais je Tai 
trouvé en abondance dans les schistes argilo- calcaires dtê 
Tyrénétê, et il n'est complètement exclu ni deê granités de 
la Bretagne , ni des terrains voleaniques de rAuvergne. Oa 
dit que le châtaignier ne croit point dans les pajrs calcaires , 
et il y est en effet plus rare qu'ailleurs; cependant çn trouve 
de beaux châtaigniers des deux côtés du lac de Genève, aq 
pied des montagnes calcaires du Jura et du Chablais. M. Car« 
radoria trouvé, par des expériences de laboratoire, que la 
magnésie pure est un poison pour la plupart des plantes; 
et M. Dunal, seyant été, à ma demande, visiter un point 
des environs de Lunel où le sol présent^ une grande quen* 
tité de 'magnésie presque pure , y a trouvé les mêmes plantes 
que dans le calcaire environnant^ et leurs racines prospé* 
roient dans les fentes de cette roche magnésienne. Sans nier 
donc entièrement l'influence de la nature chimique des terres 
(et j'ai, plus haut, en parlant des matières dissoutes dansTeau, 
cité quelques exemples qui la prouvent) , je pense qu'elle ne 
doit jamais être séparée des influences purement physiques, 
et qu'on lui a en général attribué une importance exagérée* 

E. Influence de ^atmosphère» 

Plus nous avançons dans la carrière que nous nous sommes 
proposée , plus nous trouvons que tout est compliqué» qu'au» 
cun effet ne peut être produit par une cause unique, qu'aux 
cun agent n'opère d'une manière simple. Ainsi l'atmosphère 
peut agir ou simultanément ou séparément par sa composition 
,accidentelle , c'est-à-dire par l'eau et les autres matières 
qu'elle renferme , suspendues ou dissoutes ; pa^ son mouvcr 
ment, par sa transparence et par sa densité. Je ne parle pas * 
de sa composition primitive , car les expériences les plus 
exactes ont prouvé que les proportions d'asote et d'oxigène 
sont constamment les mêmes dans l'atmosphère; mais de» 
maiières qui, n'en font pas partie intégrante et nécessaire^ 



GEO »79 

s'y mêlent dans certainftlieuxy et la retadent plas ou moiiit 
propre a certaines espèces de Végétaux. Ainsi, comme ccift 
a lieu dans certaines grattés ou certaines mines , les qUantitéi 
de gaz acide carbonique ou d'hydrogène peuvent être assct 
considérables pour empêcher la végétation» de toutes let 
plantes', ou pour ne permettre que celle de quelques-unes y 
0U plus robustes, ou plus avides de ces substances. Aitisl 
Fair chargé des émanations salines de la mer nuit à certains 
végétaux , et favorisé au contraire le développement de oeoxi 
qui ont besoin de carbonate de soude , comme on le voit 
dans les vallées du midi de TEurope, où Ton trouve des 
plantes maritimes, et où Ton peut cultiver de la soude à une 
grande distance de la mer , pourvu qu'elles soient ouvertes 
de son côté et exposées au vent, marin* 

Mais ces effets divers sont bornés à des localités peu éten- 
dues; l'influence la plus générale que l'atmosphère exerce 
sous le rapport des substances qu'elle renferme , e$t son in^ 
fluence hygroscopique. Elle est habituelle^nent chargée. d'eau, 
ou invisible et simplement appréciable par l'hygromètre , oa 
visible et à l'état de vapeur. On n'a encore qu'un petit nombre 
d'observations ou d'expériences exactes ptmr connoîtr^, i.° si 
ces deux états de l'eau atmosphérique agissent d'une manière 
bien différente sur les végétaux; 2.^ pour détermii^er l'in- 
fluence sur les plantes d'une certaine quantité habituelle ou 
momentanée, continue ou variable, d'humidité atiiiosphé<« 
ri que. Les expériences, un Ma, vagues il est vrai, des culti* 
vateurs , et les observations oMjtîtes de la distrUiution des 
plantes sur le globe, tendent àr^rouver que cette iikfluence 
est assez importante : tel végétal prospère mieux , à égal de- 
gré'de température, dans un air modérément humide; tel 
autre dans un air très-humide ou très^ec. C'est uiie des cir- 
constances que la culture en plein air ne peut point imiter , 
que la culture des serres n'imite que d'une manière impar-^ 
faite , et qui influe , par conséquept , sur les difficultés que 
nous éprouvons à tran^orter les végétaux d'un pays dans 
l'autre. Par conséquent , elle doit agir aussi sur la géographie 
des planties , et mérite plus d'attention que les voyageurs ne 
lui en ont accordé jusqu'ici; C'est en partie à cette cause que 
li^at ia aSérfnfifi de la végétation des pays maritimes et jies 



5«o GEQ 

pays continentaux, des montagnes et des plaines, etc. Les 
breuillards empêchent la fécondation des fleurs, et, par con- 
séquent, telle plante ne pourroit prospérer habituellement 
dans un climat qui séroit trop souvent nébuleux àTépoque 
de sa floraison. . 

L'influence de l'agitation de Tair est bien connue dans les 
ea)i extrêmes, mais n'a pas encore été appréciée dans les 
détails* Tout le. monde sait que les vents trop impétueux 
brisent ou déracinent les arbres, et leur efi'et est grave 
dans les pays oii ces accidens sont intenses ou fréquens; 
il Test d'autant plus que la nature du sol est plus sa- 
blonneuse, et qu'il â'agit d'arbres à tiges plus élevées, à 
branches plus ramifiées , à bois plus fragile , à feuilles plus 
larges , à fruits plus gros. Mais la stagnation absolue de l'air 
paroit aussi nuisible à la végétation : déjà plusieurs jardiniers 
avoient observé qu!on se tronve bien d'établir un peu de 
mouvement dans l'air des serres ; et récemment M. Knight a 
prouvé que des arbres retenus immobiles croissent moins 
dans un temps donné que ceux qui sont soumis à l'action 
du vent. Quoiqu'on n'ait point encore assez apprécié cet 
effet pour savoir .s'il agit sur la distribution des végétaux, 
je ne crois pas devoir le passer entièrement sous silence. 
« Mais,, de toutes les influences de l'atmosphère , la plus 
difficile peut- être à réduire à sa véritable valeur est raetîon 
de sa densité, ou, ce qui est la même chose, Tiiîfluence de 
la hauteur absolue sur la viigétation. J'ai déjà cherché à 
analyser cette influence 4lM* hauteur dans un Mémoire^ 
qui fait partie du troisièn^ volume de <ieux de la société 
d'Arcueil , et je me bornerai à indiquer les bases générales 
du phénomène. 

> : La hauteur peut agir sur les végétaux , parce qu'elle a 
une action très-prononcée, et sur la température, et sur l'in- 
tensité de la lumière solaire , et sur l'humidité ambiante, et 
sur la rareté de l'air atmosphérique. 

' .A mesure qu'on s'élève dans l'atmosphère, la tén^érature 
va. en diminuant, d'après des lois . aujourd'hui assez bien 
connues des physiciens, et qui paroissènt dépendre de ce 
que l'air ^ rare a plus de capacité pour la chaleur que l'air 
dense. Les faits qui. prouvent que l'abaissement de la tem- 



GEO 38i 

fétaitMTe dans les hautes montagnes estime des éaUaes qui inJ^ 
fiueat le plus st|r la distribution des végétaux , sont les^^uivans. 

i."" La fixité de. la croissance naturelle de chaque plante 
À une élévation déterminée au-de!»us du niveau de la me^, 
est d'autant plus grande qu'il s'agit de payv plus voisins 
de l'équateur , d'autant moindre qu'il s'agit de pays plus tem* 
p^rés : ce qui tient k ce que , plus on s'éloigne ile l'équa- 
teur, plus l'exposition d'un lieu donné a d'influence sur sa 
température, 

. 2 .^ Dans les pays tempérés , comme la France , par exemple i 
les plantes qui sont peu affectées par la température et qui 
croissent à toutes les latitudes , croissent aussi à toutes lès 
hauteurs où le terrain n'est pas couvert de neiges éternelles» 
depuis le niveau de la mer jusqu'au sommet des montagnes. 
J'ai recueilli environ: sept cents exemples de cette loi: ainsi 
la bruyère conkmune , le genévrier; le bouleau , etc. , croissent 
indifféremment au niveau de la mer et à 5ooo mètres de 
hauteur. 

. 3.° Si des plantes qui, sçlon leur constitution ; redou- 
tent une température trop chaude ou irop froide , croisk- 
sent à des ' latitudes diverses, on observe que c'est à des 
hauteurs teUes que l'effet de l'élévation puisse compenser, 
celui de la latitude : ainsi , les pliantes des plaines du Nord 
tnroissent dans le Midi sur les imontagnes. ^ \ 

• 4.^ Les plantes cultivées en ;grand suivent des Ipisiiout-i*» 
fait correspondantes aux précédentes : celles qu'on cultivé k 
tuutes latitudes , végètent aussi à toutes hauteurs ^celles qu'on 
ne trouve qu'à des .laiitudes déterminées , s'arrêtent aussi à 
dès-hauteurs proportîoiùielles : la pomme dc^térre , qui vieni 
si bien dans nos plaines, se cultive; au Chili, jusqu'à -SBoù 
mètres d'élévation ; l'olivier, qui n'atteint uulle part 44"* dé 
latitude, ne s^élève pas au-dessus de 400 utièfres de hauteur* 

5.^ L'élévation au-dessus du niveau de la mfr établit, dans 
la comparaison de la température des saisons, des effets asséi 
analogues à ceux qui résultent de la distance de l'équateur, 
•de sorte que les eSeis sur la v^tatten en sont d'autant plus 
analogues , dans les deux cas. >. - - ^ 

A mesure qu'on s'élève dans une ligne v^ieale ,~^il. résulte 
de la diminution de la densité de l'air , que Xlntenaité de la 



382 GEO 

lumière solaire va en au^entant : cet effet est représenté 
dans la ligne des distances à Féquateur, parce que la conti* 
nuité de la lumière pendant la durée de la yégéiation est 
d'autant plus grande qu'il s'agit d'une latitude plus élevée. 

A mesure qu'on s'élève dans les montagnes, on voit l'hy- 
gromètre, par sa marche descendante, annoncer que Fhu- 
midité de l'air va en diminuant : le même effet général ^ 
lieu à mesure qu'on va de l'équateur au p61e. 

Dans les montagnes couvertes de neiges étemelles et oà 
les plantes sont arrosées habituellement avec de Tean glacée, 
celles qui craignent les températures trop chaudes peuvent 
vivre à des hauteurs inférieures à cellies que , sous la même 
latitude , elles supportent lorsqu'elles ne sont pas arrosées 
par de l'eau de neige. 

Il semble donc que , aous tous ces rapports , l'espèce de 
fixité des plantes à de certaines hauteurs tient éminemment 
à l'abaissement de la température d'iqprès l'élévation. Le 
seul point de vue , purement théorique , d'après lequel en 
pourrolt croire que la rareté de Tâir a par elle-même une 
action directe sur la végétation, c'est le besoin qu'ont les vé- 
gétaux d'absoii^r une quantité plus ou moins grande de gax 
oxigéne pendant la nuit par leurs parties vert^ , et |our et 
nuit par leurs .parties colorées* Il n'est pas douteux qu?il y 
auroit un terme d'élévation où l'atmosphère , devenue trop 
rare ^^ né présenteront pas assei. d'air pour satisfaire à ce be- 
soin 'des plantes; mais partout les montagnes se trouvent 
aouvertés de neige avant que cet effet devienne sensible. 
Aussi voyons-nous les plantes qui dut besoin de la plus 
grande dose, d'oxigène,. tout comme belles qui ont besoin de 
la -moindre , croîlre indifféremment dans les plaines et dans , 
les "montagnes. Si cette influence entre donc pour quelque 
chose dans la station des plantes à certaines hauteurs, elle 
ne me paroi t pas appréciable au milieu de l'influence pré- 
dominante dé la tenkpératurede la lumière et de l'humidité. 

La' diminution de la pression de l'air peut encore , selon 
M. de:Humbaidt, agir en £ecvorisantct en augihentant l'éva- 
poration. Cet effet est certain en théoeie; mais îene con- 
ttois pas deihoyeits, dans ka connoissances actuellea, pour en 
appiBéaieviriafiuenoe réelle. . 



GEO 385 

Pour prouver^ comhieii j dans lesi diiMUs tempérés , Fin^ 
fiueiice.de la imuteur est moindre qu*on ne pourroit le 
croire , fai coté, dans une suite ie tableaux qui font partie 
du Mémoire cité plus haut, les maxima et minima des hau- 
teurs où )'ai trouvé une même espèce de plantes. Ces ta*- 
bleaux, où j'ai presque toujours négligé à dessein les exem* 
pies où la diflPérence ne va pas à miUe mètres, prouvent 
que l'influence des hauteurs est beaucoup moins grande quhu 
ne l'avoit cru. 

3/ Partie. Des stations. 

■ > 

If nus venona^d'aaaljfse^ l'influence ^énésale des agens exté- 
rieurs sur les végétavx, et tl'énirevoir comHicsit la structure 
propre à chaque. plante, combinée avec cette influence gé- 
nérale, détermine pmir chaque e^èce, ou la possibilité de 
vivre dans un lien déterminé , ou sa plus grande prospérité 
dans une cerùdtne- looaflité. Nous devoois maintenant appli- 
quer ces données généi^^les aux stations et aux habitations 
des plan:tes« C'est sûr cette distinctioii fondamentale que me 
semblent reposer tous les mojens de mettre quelque exacti* 
.tude dans la généralisation des fliits connus» . 

On exprime par le terme de station^ la natnre spéciale 
de la IcMcalité dans laquelle chaque espèce a eoutume^dC' croî- 
tre, et par celui ^hahiiationy l'indàsation générale du pays où 
elle croit naturellement. Le terme de station est essentielies- 
ment relatif au dimat, au terrain il'un lieu donné; crint 
d'habitation est plus relatif aux circonstMaces géographiques 
et même géologiques. La station de la salicorne est dans les 
marais salés, celle de la renoncule aquatique est dans les 
eaux douces et stagnantes ) l'hahétntioii de ces detoc piantes 
est en Europe , celle du tulipier dahs TAménique septen- 
trionale. L'étude des stattons est , pour Hiasi dire^ la topiigra^ 
phie, et celle ëes habitations la géographie botanique. 

La confusion de ces deux efosses d'idées est une- des causes 
^pn ont le plus retardé la science , et qui Tout empêchée d'ac* 
quérir ^elque exactitude. Kous vojronsIxésMévidemmeBtque 
dans «ae région bornée les plantes, se- éûtribuesit nnique<- 
anent parle besaia que. chacune d'eliesa, d'a^ès s»atmHrture, 
dtç certainea eombinaisdns 'des snîiîcjua «à .«aile doi^ vivre. 



iH , GEO 

L^m^e emtfc déUÉBmeA^tlùJé les îiaUtatioiis ? CW iin# 
des questions fondamentales de la seience , et même pour Ik 
discussion des faits il importe de ne .pas confondre ceux qui 
sont relatifs à ces deux classes d^idées. Nous nous bornerona 
d'abord à Texamen des stations des plantes d'une même ré- 
gion. Les lois relatives aux stations parotssent applicables à 
toutes les régions; mais on ne doit comparer que les exem^ 
pies réellement-comparables^ c'e$t->»^ire; déduits d'une même 
région. 

^ Toutes les plantes d^un pays , toutes celles d'un lieu donné ^ 
sont dans un état de guerre les unes relativénrent aux autres* 
Toutes sont douées de moyens de réproductioB et de niftri^ 
tion plus ou mains efficaces. Les premières qui 's'étaUissent 
par hasard dans une localité donnée , tendent ^' par cela même 
qu'elles occupent l'espace , à en exel»re le» autres espèces : 
les plus grandes étouffent les plus petites; les plus vivace» 
remplacent celles dont la durée est plua courte; les plus fé^ 
çoodes s'emparent graduellement de l'espace que ponrroient 
occuper celles qui se multiplient plus difficilement* 

Dans cette lutte perpétuelle il se passe deux phénomènes 
principaux, i.*" Certaines planés , d'après leur organisation; ^ 
-ont besoin de eeriaines conditions d'«exkteitce t l'une ne peut 
pas. vivre là oii elle ne ' trouvé > pas une certaine quantité 
d'eau salée ; l'autre , là ou elle n'a pas , à .telle époque de 
ratifiée, telle quantité d'eau ou telle intensité de lumière 
«olaire , etc. .11 résulte de oé besoin de certaines circonstance»^ 
^que certaines plantes ne. peuvent pas se développer dans 
4;ertaînes localités : première cauae de la distribution locale 
àts végétaux. 2*^ Les conditions -d' existence de chaque espèce 
ine sont pas rigoureusement .fixes , mais admettent une cer- 
taine, latitude entre des limites.. On- pourvoit, pour chaque 
espèce, déterminer le. point qui convient le mieux ii. sa na^ 
ture, relativement.àladose de chaleur, de lumière, d'hum»- 
'4ité , etc. , qu'elle doit recevoir pour être dans le plu» grand 
^iegré de prospérité possible: ce poisût une fois déterminé't 
•.on ne. tarde pas à reconnoître que chaque espèce peut s'en 
écarter en plus ou en moins dans des limites quelconques* 
Lom(4iie ces limites sont très-rapproahées,'la plante est plu» 
délicate ; .elle ne peut yivce que:. dans. lin petit nbmbEse tde 



/ 

I 

\ 

V 

/ 



localités, et né peut, p&r lé mé^e motif ^ lii se natui'alisèi' àii 
loin ni se t;ultiver'faM:iilemexit : telles sont, par exemple, les 
bruyères^ les pinguiculaf^ les hrunia, .etc. Lorsque ces lî** 
mites sont larges «t plus elles sont larges, plus aussi la plante 
est robuste ; plus elle peut. vivi'e dans des localités diverses^ 
plus aussi élite est facile à cultiver et à naturaliser au loin t 
telles, sont la plupart .des. graminées*, les plantains, les cen* 
taujrées, etc. On trouve tous les degrés de délicatesse ou de 
force entre ces deux extrêmes^ . , . 

Màis^ à mesure que la localité dans laquelle une planté 
se développe est plus contraire à sa nature , à mesure aussi 
elle y. croit plusfoible; de sorte que telle espèce,. le àareif 
arenaria^ je suppose, qui, dans un terrain sablonneux acquière 
tout sqn développement et étouffe toutes ses voisiiaies., pourra 
bien dans un. terrain compacte être à son tour étouffée pai^ 
ces. mêmes espèces qu'elle auroit domptées dans. son sol de 
prédilection* Ce que le terrain produit dans l'exemple que 
je viens de citer, pourroit être, dans d'autres cas faciles à 
remal*quer, produit par la. température^ la lumière, Teau 
ou l'atmosphère f bien plus, les mêmes plantes , dans les mômes 
localités, luttent les unes avec les autres^ et avec des succès 
différens selon leur àge^ Ainsi , dans la culture des dunes des 
landes , on sème pêle-mêle du genêt et du pin : le genêt , qui 
pousse très- rapidement , domine et protège les jeunes pins^ 
et quand il se»trouve trop serré, H les étouffe quelquefois ^ 
le pin , lorsqu'il^ échappe à ce danger , grandit plus que les 
genêts, il les dépasse ejt finit par les étouffer à son tour* Le 
même effet peut être produit par des maladies ou des 
accidens, par la uature diverse des couches de- terre.à diffé« 
rentes profondeurs, par les intempéries plus dangereuses 
pour une espèce que pour l'autre, et enfin par l'action de 
l'homme* . x 

On peut conclure de ces faits, que Je ftie contente d^n^ 
diquer, vju que la plupart sont très- bien connus; on petite 
dis- je, conolure que dans chaque. localité, parmi les plantes 
qui y- sont semées naturellement et qui peuvent réellement 
y vivre, celles qui y prospèrent davantage tendent à,s'em« 
parer de V^space et à. ça- exclure celles qui y sont plus 
languissantjcs i . seconde caiuife de la distribution locale des 



386 GEO 

végétaux^ et de la tendance naturelle de chaGBii d'eux à 
vivre dans le terrain qui lui convient le mieux. 

Ouf eut facilement, décès eornsidérationsgéiiérales, déduire 
TexpUcation d'an fait observé dés long-temps, mais plus mé- 
thodiquement par M* de Humèoldt , savoir , qu'il est des espèces 
dont on trouve le plus souvent les individus épars et égrenés 9 
«t d'autres, qu'on a nommées plantes sociales y dont les indi- 
vidus naissent rapprochés et comm^ en sociétés nombreuses. 
Ainsi , pour citer des extrêmes de ces deux manières de vivre , 
le cjrprifedium càtceolus ou l'orchîs hircina .vit presque tou- 
jours isolé , tandis que les bruyères de l'ouest , les rhodo- 
dendrons des Alpes, les potamogétons , etc. 9 vivent le plus 
souvent en sociétés nombreutos. Cet effet est dû à des causes 
diverses. Ainsi, lorsqu'un terrain donné est4'une nature tel- 
lement particulière qu'il convient très-bien à certaines es- 
pèces et mal à la plupart des autres, celles qui y prospèrent 
finissent par s'en emparer entièrement* C'est ainsi qu'on 
trouve des plantes sociales dans tons les terrains spéciaux : 
telles sont Velimus arenarius dans les sables , les sphagnum dans 
les lieux tourbeux , les rhododendrons sur les pentes levées 
des Alpes , les bruyères dans les landes , etc. Toutes ces 
plantes sont sociales , parce qu'elles ne vivent que dans des 
localités déterminées. 

Au contraire , lorsqu'un terrain convient, au même degré 9 
à un grand nombre de végétaux différéns, ceux-ci luttent 
ensemble , à forces égales , pour s'y établir , et y vivent alors 
mélangées. C'est ainsi que dans nos terrains cultivés toutes 
les mauvaises herbes prospèrent péle-méle lorsqu'on leur en 
laisse la liberté; c'est ainsi que les foréte des régions fertiles 
des tropiques présentent un mélange dé plusieurs arbres , 
tandis que celles des pays tempérés, moins favorisées du cli- 
mat ,! présentent d'ordinaire une essence dominante. 

Enfin , les es^ces éiiiinemment robustes, qui par cela 
même sont le plus souvent dispersées, deviennent quelque- 
fois sociales : c'est ce qui a lieu , par exemple , dans les ti:ès* 
mauvais terrains, oii ces plantes robustes peuvent vivre, tandis 
que toutes les autres périssent ; c'est ainsi que les individus de 
Veryngiiim cumpestre sont égrenés dans certains paf|l, et vivent 
souvent^n sociétés dans les sables à demi fixésdii bord des mers. 



GEO 3^7. 

A ces causes générales , déduites du mode de nutritiéu , il 
faut joindre les causes qui dépendent de la réproduction ^es 
plantes : celles qui se propagent par des racines, des tiges 
ou des jets rampant , comme la piloselle; celles qui produisent 
un grand nonU>r.e de graines , et dont les graines pe peuvent 
pas être facilem^ait emportées au loin par les vents , viv4^i|t 
plus rapprochées entre elles >que celles d'organisation ana- 
logue d'ailleurs , mais^ à ^graines peu nombreuses ou tris- 
volatiles. ' 

La disposition ou le^ r^approchemcnt des indivtdlas xl'une 
mêific espèce est 4one une copséque»c« immédiate de la 
théorie générale des alations, telle que nous l^fLYons déve- 
loppée c4rde;ss.us. 

L.a classification des stations des plantes, qui, à la ma- 
nière dont elle est exposée djans la plupart des livres , semble 
fort simple? , efl^ en réalité fort com2>tiqujée et p£u saisceptible 
-d'une exactitude rigoureuse. Nous av4Mis vu, dans là pre- 
mière p^irtÀe ,de cet article, combien^ une seule des ci«- 
•.constances qui influent sur la, végétation présente 4e modi- 
fications, la plupart simultanées : or , une atatioa est une 
espjèce de résultat moy^en produit par la combinaison variée 
et inégale 4e toutes ces circenatances : ainsi, nn piarais est 
différent de lui-même ,^ selon qu'il est alim«nté d'eau d>oucie 
ou d'eau salée ^ qu'il est sur un sol d'argUe au sur du sable, 
dans la plaine pu sur .une montagne , dans un eliipat chaud 
ou froid , etc. Quoique cette difficulté soit évidente , il existe 
cependant des doojaées générales dans les stations , de sort^ 
qu'il est utile de les .distinguer , lors même qu'on ne peut l^ 
faire *vec riguenr* 

Voici les classes qui .par oissest les moins incertaines , savoir : 

•1.° hes plantes maritimes on salines, c'est-à-dire celles qui, 
sacs croître plongées dans l'eau salée et sans flotter à sa sui^- 
face, ont cependaut besoin de vivre près des eaux salées 
pour en absorber une 4»or4ion joécessaire à leur nourriture. 
Il faut distinguer ici Cielles qui, comme la salicorne, vivent 
dans les marais ^alés^ et t^ pturoissejut absorber des matières 
salines par leurs racines et leurs fexiidies ; celles .qui , sem- 
blables w^rocctlla fiiciformis , vivent sur les rocs exposés a 
l'air marin ; et ne semblent absorber que par leurs feuilles ^ 



388 GEO 

et| enfin, .les plantes, telles que Veryngium campestre, qui 
n'ont pas besoin d'eau salée , mais qui vivent sur les bords 
de la mer comme ailleurs , parce qu'elles sont assez robustes 
pour ne pas^trop redouter l'action du sel. 

a.* lies plantes marines, appelées récemment thalassiophytes 
par' M. Lamouroux, qui croissent , ou plongées dans Teau 
salée, ou flottantes à sa surface. Ces plantes se distribuent 
dans le fond de la mer ou des eaux salées, d'après le degré 
de salure de l'eau ; d'après le degré habituel de son agita- 
tion , la continuité ou l'intermittence de leur immersion ,. le 
degré de ténacité du sol , et peut-être l'intensité de la lumière. 

3.^ Les plantes aquatiques, qui vivent plongées dans les 
eaux douces, soit entièrement immergées, comme les con- 
ferves; soit flottantes à la surface, comme les stratiotes; soit 
fixées dans le sol par leurs racines, avec le feuillage dads 
l'eau, comme plusieurs potamogétons ; soit enracinées dans 
le sol , et venant ou flotter à la surface , comme les nym- 
phaay ou s'élever au-dessus de la surface, comme Valisma 
plantago. Cette dernière sous-division se rapproche beaucoup 
de la classe suivante. 

4."* Les plantes = des marais d'eau douce et des lieux très- 
humides, parmi lesquelles on doit distinguer principalement 
celles des terrains tpurbeux, des prairies marécageuses, du 
bord des eaux courantes; et, enfin, celles des terrains 
inondés pendant l'hiver et. plus ou moins desséchés pendant 
l'été. 

S,"* Les plantes des prairies et des pâturages, dans l'étude 
desquelles il faut distinguer celles qui , par leur réunion so- 
ciale , soit naturelle , soit artificielle , forment le fond de la 
prairie, et celles qui croissent entre elles avec plus- ou moins 
de fréquence et de facilité. Ces plantes des prairies ne dif- 
fèrent que par le degré d'humidité de celles des prairies 
marécageuses. 

6/" Les plantes des terrains cultivés» Cette classe est tout-à- 
fait due à l'action de l'homme : les plantes qui crqissent dans 
nos terres cultivées soni celles qui , dans l'état sauvage , se 
plaisent dans les terrains légers et substantiels ; plusieurs 
d'entre elles ont été transportées ^d'un pays- à l'autre avec 
les graines mêmes des plantes cultivées. Celles qu'on trouve 



GEO .389 

dans les chainps , les vignes et les jardins , quoique souvent 
les mêmes, présentent souvent aussi un choix particulier 
déterminé par le mode de culture. 

7.** Les plantes des rochers, desquelles on passe, par des 
nuances insensibles, à celles des murailles, des lieux ro- 
cailleux et pierreux, et jusques à celles des graviers, qui^ à 
mesure que la masse des fragmens va en diminuant, nous 
conduisent, par de nombreuses nuances, jusqu'à la classe sui* 
Vante. L'étude des plantes des rochers présente des diver- 
sités remarquables , d'après la nature propre de chaque roche. 
. . 8.*" Les plantes des sables ou des terrains très-meubles, 
pour la classification desquelles on éprouve quelque diffi- 
culté : car celles des sables maritimes se confondent avec 
. les plantes salines ; celles des terrains meubles avec les espèces 
des terrains cultivés; et celles des sables grossiers ne différent 
pas de celles des graviers. 

9*^ Les plantes des lieux stériles, k raison de ce qu'ils sont 
trop compactes ^ comme le sont les terrains argileux, oû ceux 
dont la superficie se durcit par la sécheresse ou la chaleur, 
du ceux qui sont fortement tassés par l'homme ou les ani- 
maux. Cette classe hétérogène renferme des végétaux pftu 
tranchés. 

. 10.^ Les plantes des décombres, ou qui naissent voisines 

des habitations humaines : ces espèces, en petit nombre, 

semblent déterminées dans le clibix de leur station , les unes 

par le besoin qu'elles ont des sels nitreux , d'autres peut-être 

/ par le besoin de matières azotées. 

1 1 .® Les plantes des forêts , parmi l^esquelles il faut distin- 
guer les arbres qui, par leur réunion, composent la forêt, 
et les végétaux qui peuvent avec plus bu moins de facilité 
croître sous leur abri. Parmi les végétaux habitans des bois, 
leur. distribution dians des forêts de diverses essences se dé- 
termine d'après le degré d'obscurité plus ou moins grand 
cpie chaque espèce peut supporter, soit toute l'année, comme 
dans les forêts d'arbres verts; soit pendant tout l'été, dans 
les forêts d'arbres qui perdent leurs feuilles. 

12.® Les plantes des buissons et des kaies. Les arbustes qui 
composent eette station, diffèrent des végétaux des forêts par 
leurs moindres dimensions et par la légèreté de leur cm- 



390 GEO 

brage ? les cs(>è€es qui croîssent entre eux sont plus parti- 
culièrement les herbes grimpantes. 

13.** Les plantes souterraines, qui vivent, soit dans les ca- 
vernes plus ou moins obscures, comme les bjrsttuâ; soit dans 
le sein même de la terre , comme les truffes* Ces .plantes 
peuvent se passer de Taction de la lumière, et plusieurs 
d'entre elles ne peuvent même la supporter* Les espèces qui 
naissent dans les cavités des vieux troncs , oiit de grands rap- 
ports avec celles des cavernes. 

1 4**' Les plantes des montagnes , parmi lesqlielles on pour-- 
roit admettl*e comme sous-divisions toutes les autres stations. 
On a coutume de classer comme plantes montagnardes celles 
qui , dans nos climats , ne se trouvent qu'à une hauteur ab- 
solul^ de plus de Sôo mètres ; mais cette limite est tout-à-fait 
arbitraire. La division la plus importante à établir parmi 
les plantes montagnardes, est celle des esp^es qui croissent 
dans les montagnes alpines où la neige persiste pendadt tout 
l'été, et où rarrose&ent est non -seulement continu^ mais 
d'autant plus abondant et plus froid qu'il fait plus cbaud ; 
et des ei^èces qui croissent dans les molitagnes dépo»llées 
de neige pendant Tété, et où, pal* conséquent, l'arrose- 
ment cesse au moment où il seroit le plus nécessaire. Ces 
dernières sont évidemment plus robustes que lés pretnières , 
et sont beaucoup plus faciles à soumettre à la culture. 

}5.^ hes pllàiïies parasites ^ e'est^à-dire , qui sont dépouirvues 
de la faculté^ dU de pdmpler leur noutHtuve du sol, ou 
de l'élaborer complètement, et (|ui né peuvent vivre qu'en 
absorbant la sève d'un autre végétal .* on en trouve^ dans 
toutes les stations précédentes. On doit distinguer parini les 
plantes parasites t i*"" celles qui naissent à la surface des vé^ 
gétaux , et sy implantent pour vivre à leurs dépens , telles 
que le gui et la cuscute; et a,° les pavsaitea ihtestfnes, qui 
se développent dans l'intérieur même dés plantes vivantes , et 
percent le plus souvent Tépiderme pour parôitre au déhor*, 
telles qu^ les urédos et les âscidium. 

i6.* Les plAuies Juusses-parasiith ^ e'eèi-à-^dirl! , ^ui vivent 
ou sur des végétaux morts ou sur des végétaux vivans,.mais 
sans en pomper la sève. Cette classe , qili a souvent été con«» 
fondue avec la pi^cédente , préftente trois sious-cijîvisions asset 



GEO 391 

distinctes. La première, qui se rapproche des vraies p8ra<» 
sites, comprend des plantes cryptogames,, dont les germes , 
apportés probablement pendant Faele de la végétation , se 
développent à Tépoque où .soit la plante, soit Fergane qui 
la recèle , commence à dépérir , et qui vivent de sa substance 
pendant son agonie ou après sa mort ; telles sont les némas-< 
pores et plusieurs sphéries : ce sont de fausses parasites în* 
iestinêSé La seconde comprend des végétaux, soit crypto*^ 
games, comme les lichens et les mousses^ soit phanérogames^ 
comme les épidendritms , qui yiycni sut les arbres vivans 
sans pomper leur sève , et en se nourrissant ou de Thuiaidité 
superficielle de Fécorce , ou de celle de Fair : ce sont de 
fausses -parasites superficielles; pluneurs peuvent vivre sur 
les rochers, les arbres morts ou le sol. La troisième com-> 
prend les fausser-parasites accidentelle», comme le sont leâ 
lierbes qu'on^ voit naître çk et la dans lesi carvîtés deê 
troncs. 

Ces seiie classes admettent assez tolérablement la totalité 
des végétaux connus; mais, comme ftn ai prévenu, elles ne 
doivent point être considérées d'une manière rigooreosr. Les 
unes se rapportent à Finfluence du sol , d'autres à ccUo de 
l'eau , d'autres à celle de l'air ou de la lumière ^ et dans 
chacune d'elles on a pris un élémei^ prédomînimt pour 
tese de la division , et on a négligé momentanément téus 
les autres. Cette méthode est peu logiques mais on esf 
forcé de s'en contenter là où des causes trèi-nombreuses se 
compliquent ensemble. 

L'influence de la température , quoique t»è»>puissaiite sur 
les végétaux , a été négligée dans la clasttfication. des sta- 
tions; nous la verrons, au contrure, teniir le premier l'âng 
dans le peu qui est appréciable pour nons dans la théorie 
des habitations , dont nous allons maintenant flous oeeuper. 

3.' Partie. Deé haiitûUôns. 

Si Fétude des stations nous a déjà présenté bien des partie» 
vagues et peu susceptibles d'appréciations vigoureuses ^ celle 
Ats habitations nous ofl^e cette incertitude à un degté plus 
éminent encore* Une partie du phénomène de la distribution 



39» GEO 

des végétaux dans les pays divers, paraît bien tenir à Fiti- 
flaence appréciable ^de la température ;■ mais il est encore 
une partie de faits qui échappe à toutes les théories actuelles , 
parce qu'elle, se lie à Forigine même des . êtres organisés , 
c'esUà<-dire au sujet le plus obscur de la philosophie natu- 
l^elle. • 

Tous ou presque tous les végétaux, livrés à eux-mêmes ^ 
tendent à occuper sur le globe un espace déterminé; c'est- la 
détermination des lois d'après lesquelles se fait cette circons* 
cription végétale , qui constitue Pétude des habitations. Si 
Pon se contente de connoissances relatives aux espèces , pa 
peut assez bien déterminer^ pour chacune d'elles, les limites 
en latitude, en longitude et en hauteur, qu'elle n'apasodu- 
tume de franchir. La collection de ces faits: de détail est «la 
base de la science. * Lorsqu'on les aura tous réunis avec exâç-* 
tilude , peut-être en pourrait-on déduire des lois générales* et 
rigoureuses ; mais nous ne connoissons probablement .pas la 
moitié des espèces du globe, et parmi celles que .nous con- 
noissons .ii en est à peine la moitié dont l'habitation soit 
déterminée avec précision* Les généralités que nous- tentons 
d'établir en ce moment , sont donc évidemment provisoires } 
mais elles tendent, tout imparfaites qu'elles sont, à fkire 
eonnoitre l'ensemble de la végétation , et à diriger les voya- 
geurs dans le choix de leurs observations ultérieures : c'est 
aous ;ce doublq rapport qu'elles ont déjà un .intérêt réel. : « 

LHnfluence de la température est -manifeste lorsque l'on 
compare la nature, le nombre et le choix des végétaux qui 
oroissent dans les pays divers, à différentes latitudes et* à 
différentes hauteurs. Cette influence paroit plus grande eh- 
qorf ' lorsqu'on réfléchit que ces élémens se compensent de 
TOanière .à procurer aux individus d'une même espèce une 
température à peu près semblable dans les localités diverses 
où elle se. trouve. 11 se passe ici le même phénomène que 
pour les stations; savoir, quç les espèces délicates, qui ont 
bçsoin d'une température bien déterminée (soit quant à l'in- 
tensité , ^ soit quant à l'époque) , n'habitent que dans un 
seul pays, tandis que les espèces plus robustes, qui s'aM:com« 
j|XQ<^ent de divera> degrés de froid et de chaud-, peuvent^ 
r^nçontror à des distances très-considérables^ X^a température 



GEO 503 

des^ eaux présentant de moindres diversités que celles de 
Fair , il est probable que les plantes aquatiques doivent être , 
moins que toutes les autres, bornées à un climat déterminé: 
c'est aussi ce que les botanistes > croient avoir observé; nràis 
}e ne suis pas bien certain que ce résultat probable soit fondé 
3ur des comparaisons assez nombreuses et asseï^ exactes. 
' Le nombre des espèces diverses d'un espace donné va en 
augmentant à mesure qu'on avance vers les pays chauds , et 
en diminuant vers les pays froids. Cette loi est évidente dans 
les montagnes y qui ont bien moins de plantes 4 leur sommet 
qu'à leur base; mais plusieurs autres causes concourent avec 
la tenipérature pour produire ce résultat, qui est plus clair 
en comparant les pays soumis à des latitudes diverses. Ainsi 
M. de Humboldt compte 4000 espèces seulement dans l'Anié- 
rique tempérée et iSooo dans l'Amérique équinoxiale entre 
les tropiques, i5oo dans l'Asie tempérée et 45oo dans l'Asie 
équinoxiale. Ces nombres ne peuvent être que très-approxi- 
matifs , yn que les dififérens pays sont très - inégalement 
connus. 

On peut atteindre à une précision un peu plus grande, en 
comparant-, sous d'autres rapports, lé choix des végétaux du 
Iford et du Midi. £n général, si l'on part des régions tempé- 
rées, on voit évidemment, 

1.^ Que le nombre proportionnel des plantes dicotylédones- 
va en augmentant à mesure que l'on approche de l'équateur ^ 
et en diminuant vers le pôle ; 

2.^ Que le nonibre des acotylédones ou cellulaires sait une 
règle inverse, c'est-à-dire qu'il va en 'augmentant vers le 
p61e, et en diminuant vers l'équateur; 

3.^ Que celui des monocotylédones , parmi lesquelles je 
comprends les fougères, souffre peu de variations, compa- 
rativement aux deux classes précédentes , et forme- environ 
un sixième de la Flore totale de chaque pays, comme du 
inonde entier. 

Ces trois propositions peuvent se déduire du tableau sui- 
vant. 



i9i 



GEO 



S.*' TdbUaUy indiquant le nomhre proportionnel des trois grandes 
classes de végétaux dans divers pays* 



Laponie. Lâtit. bor. 66 -^ 69*. 

D'après M. Wablenberg. Nombre total des plantes, 1087. 

Dicotylédones • 340 

Mônecotylëdones 186 

Àcetjlëdones 5S7 

Islande. LnU bor. 63 — 67*. 

D'après M. Hooker : nombre total 642. 

Dfeotylédonet %B^ 

Monocotylëdones * i35 

▲cotylédones 266 

AUemttgm. Lalit. bor. 45 •«- 54**. 

PrincipcUmtfHtL d'après M. Hoffmann : nombre total , BÔSo^^ 

Dicotylédones. * 1466 

Monocotjlédones * 483 

Acotylédones **...... é 1 700 

France^ Latit. bor. 4a — 5i*. 

D*après la Flore fraaçmse et le Sapplëment : 

Nombre total 5966. 

Dicotylédones 2997 

Monocotylëdones 798 

Acotylédones 2171 

Èarharie. Lat. bor. 34 — 37% 

D'après M. Desfontaines : nombre total ^^77* 

Dicotylédones 1 aoo 

lionovotylédones di6 

Acotylédones '^^^ 

Egypte. Latit. bor. 24*-*- Sa®. 

D'après M. Délille : nombre total 

Dicotylédones. 

Mpnocotylédones 

Acotylédones. . •• 



61 

io3o. 

776 

19a 

6a 



SsitkU 
comme 

3 



liftf 



1 
1 
I 



1 
1 
1 



1 
1 
1 



1 
i 
I 



1 
1 
1 



6 

a 



: 3 



5 






a 
7% 



1% 
5 

26 



16 



* Ce nombre est plus fort que celui de Hoffmann , parce que j'ai 
supputé les graminées d'après la partie publiée de la Flore deM.Scbrader. 

*^ Ce nombre j>aroit au-dessous de la Térité. Je n'ai pu noter les 
algues et les champignons que par approximation. 

*** Ce nombre est aurdessous de la vérité. L'auteur s'est nnoins occupé 
de cryptogames quo du reste du règne végétal. 



GEO M 

Jamaïque, Latit. bor.-i8\ 

D'aprit M. Liinaii .* nombre tolal i335« ii>itèjitDié«*a* 

Dicotylé^oses < . », 60*1 1 i 1 % 

Monocotjlédones 41a 115% 

' ' Acofylédéaea tsa 1 : 11 

Guianefrançôiêe. Latit. bor. 1 — 4*. 

D*après Aublet : nombre total laog. 

Dicotylëdoves 960 ^ • ^ 'A 

Monocotjlédonea 226 1 I 6 

•Âcotjlédones*** a3 1 l Sj 

Amérique équinoxiaie entre les tropiquet. 

D'après M. deHnmboldt : total des espèces observéet-i4t6«. 

, Picotjlédones « . 3al6 t l 1% 

f Monocotylédones • • • 664 1 16% 

Acotyjédones » a8o 1 . 1 i5 

Nouvelle' Hollande. Latit. austr. 10-— 43^ 
D'après M. Rob. Browh : total des espèces connue^, 4160. 

Dicotylédones 3900 1 '•}*/, 

Monocotylédones • 860 1 : 4 % 

Acotylédones 400 1 ? 10 

Tristan àa Cunha* Latit. austr. 37^. 
D après MM. du Petit -Thonars et Dugald - Cbarmicbael. 

Total des espèces 1 13. 

Dicotylédones 18 1 :6 

Monocotylédones. 37 1 13 

Acotylédones • . 58 1 la 

Glohe , dans sa totalité. 

D'après M. Persoon^ en i8o5 et 1806. 

Total des espèces 27000. 

Dicotylédones 17670 1 : 1 % 

Monocotylédones • . 456.0 1 : 5 y,o 

Acotylédones^ environ -4770 1 l ^%o 

On les Dicotylédones font du nombre total environ % 

Monocotylédones • % 

Acotylédones */g 

Ce genre de caleuls ne peut pas être fort enaet » 1 •"* parce 
qu'on y compare des Flores faites d'après de» principes divers 
et avec un soin inégal; 2^^ parce que les aeo^lédones sdnt 
beaucoup moins bien connues que les deux autres classes , et 
manqueiit même complètement dans plusieurs Flores. 

Sikis ce dernier rapport on atteint à un« précision plus 



59« GEO 

grande en eomparant seulement les reports numériques des 
dicotylédones et des monocotylédones* Cest dans ce but que 
sont rédigés les deux tableaux suivans. 

2«* Tahleau f^indiquaTU le nombre Âes dicotylédones et des mono^ 
eotylédones dans diverses Flores non consignées dans le premier 
tableau. 

États 'Unis de l'Amérique septenÈrionale. 

O'aprèg M. Punk : Yasculaires 2891 

Dicotylédonet aaSd 

Monocotylëdonet •......••.. 638 

Isles Britanniques. 

D'après Mi Smith : Yasculaires i4l)5 

Dicotylédones * . 1078 

Monocotylédones V ' * ^^7 

Suisse» 

D'après Haller. . . . Tascahiires 1713 

Dicotylédones l3i5 

Monocotylédones. 897 

Venise. 

D*après M.'Moricand : Yasculaires 757 

Dico^lédones • 568 

Monocotylédones. ' . >d^ 

Crimée et Caucase, 
D*après M. MarscKall de Bieberstein : 

Yasculaires • 2418 

Dicotylédones < 2000 

Monocotylédones * 4i3 

« 

Royaume de NapUs. 

ï>'après M. ' Tenore : Yasculaires ^ 2537 \ 

Dicotylédones ', 2001 

Monocotylédones 536 

Jsles Canaries, 

D'après l'ouvrage et les notes manuscrites de M. de Bucli. 

Yasculaires 37 1 , ou, en comptant les plantes acclimatées, 533 

Dicotylédones .... 3o8 • Jv . 419 

' Monocotylédones... 63 • 114 

SainU'HéUne {ile de). 

D'après M. Roxburgli : Yasculaires . . , 61 

Dicotylédones 3 1 

Monocotylédones. 3o 

■-'I II M I I I ■!■ I I. I . ■ I II .m 

* lies fougères sent colDap^ées d'après «ne note fournie par M. Stet en. 



GEO 



'97 



S.^ Tat^au. Nombres proporlionnels de$ monùûofylédones tt àeê 
dicotylédones y tels quHls résultent des deux tableaux précédens. 

iJ* Classe. Cûntinens ou îles voisinas des continens. 



Monocot. sonttnx dicotyl. 
conma 



Laponie. . . » Ut. 66 — 69* lat. moy. 67*,3o' 



Islande 

Isles Britanniques. . . . 

Allemagne • . 

Suisse 

France • . . 

Venise- 

Royaume de Naples . . 
Etats-unis d'Amérique. 

Barbarie 

Nouvelle -Hollande.. . 

Isles Canaries 

Egypte 

Guiane françdise. . . . 



63 — 67* 
5o — 59* 

45 — 54* 

46 — 48* 
42 — 5i' 
45 — 46'* 
38 — 42* 

31 — 47" 
34 — 37° 

10 — 43'* 

28- 3o° 

24 — 32'' 



65*» 

54^30' 

49^30» 

46',3o* 
45*,27' 

39V 
35^3o' 
34«* 
29° 

28*» 
2^30' 



100 
100 
100 
100 
100 
100 
100 
100 
100 
100 
100 
100 
100 
100 
100 



i83 
170 
265 
3 04 
33 1 
375 
3oo 
392 
353 

379 

337 

490 
404 
424 

493 



100 

100 
160 



194 
io3 

49 



1—4" — 
Amérilque éqpinoxiale entre les tropiques.. . . o' 

2.' Classe. Isles éloignées des Icontînens. 

Jamaïque lat. bor. 18** 

Sainte -Hëlène.. ., lat. austr. i5°55' . . 

Tristan da Gunba lat. austr. 37** . . . 

Il résulte des tableaux précédens, que, 

1.^ Si l'on se borne aux continens ou aux grandes îles trés- 
voisînes des continens, le nombre des monocotylédones, com- 
paré aux dicotylédones, va en augmentant vers le pôle et 
en diminuant vers Téquateur , avec assez de régularité. 

2.** Dans les iles éloignées des continens lé nombre propor- 
tionnel des dicotylédones est plus petit que leur latitude ne 
paroît le comporter. Ainsi , dans la Jamaïque , où selbn l'a- 
nalogie la proportion devroit être =1:4, elle se trouve 
être =1 : 1,94; à Sainte-Hélène, où la proportion devroit être 
aussi à peu près =1:4, elle se trouve =:i:i,o3j à Tristan 
da Cunha, où la proportion devroit être =i:3,6, elle se 
trouve =1 .'0,49. 

Ce double résultat, et surtout le dernier , pourroit tenir 
en partie à ce que les monocotylédones ont généralement 



* Moyenne des lieux su^sammeat explorés. 



'9^ CEO 

besoin df plus 4*^n|if<tité ^ue lesdicotyliédo^es : aussi Toyon^ 
nous les r^^ons très-sèches , comme les Ç^oai*ies , la Crimée , le 
royaume deNaples, présenter moins de monocotylédones que 
Tanalogié de leur latitude ne l'indique , tandis que la Guiane, 
les environs de Venise , qui sont fort humides , en ont un peu 
plus que la moyenne des pays situés aux mêmes latitudes* 

Des caleuls analogues , qu'il seroit trop long de rap- 
porter en détail, montrent que le nombre des arbres, qui, 
proportionnellement aux herbes , est très -petit près du 
^p61e , va s^ns cesse en augmentant à mesure qu'on approche 
de l'équateur, et comme le plus grand nombre des arbre* 
appartient à la classe des dicotylédones , ce résultat est tout- 
à-fait conforme aux précédens. Pour donner une idée de 
cette disproportion, je dirai qu'on compte en Laponie ii 
arbres et 24 arbustes qui s'élèvent au-dessus de deux pieds : 
on trouve en France 74 espèces d'arbres sauvages et 196 ar- 
bustes s'.élevant au-dessus de deux pieds. La Flore de la 
Guiane , pays mal connu , mais situé sous les tropiques , 
offre 225 arbres et un nombre très-grand d'arbrisseaux , c'est- 
à-dire que la proportion des arbres à la totalité de la végé- 
tation est en Laponie. • ^«^ , 

en France ^„ , 

à la Guiane ^^. 

Ce plus grand nombre de végétaux ligneux qu'on observe 
dans les pays chauds, se retrouve même en comparant la 
distribution sur le globe des espèces de chaque famille. Ainsi 
lès fougères en arbre ne vivent que sous les tropiques : les 
palmiers , qu'on peut regarder comme des liliacées en arbre , 
ne sortent guère de cette zone .* les malvacées fournissent , 
sous les tropiques , les plus grands arbres du monde, et ne 
présentent que des herbes dans les pays les plus septentrio- 
naux ou elles parviennent ; on en peut dire autant des ru- 
biacées, des composées, etc. 

Jusqu'ici nous voyons la végétation de la zone tempérée 
t^nir le milieu entre celle de la zone glaciale et de la zone 
torride; mais il est un poi^t de vue sous lequel elle présente 
un caractère qui lui est propre , c'est qu'elle est la patrie 
de prédilection des herbes annuelles et bisannuelles. Ainsi , 
en né^igeant les acQtylédpa^s., la Laponie ne pressente que 



GEO S99 

$€ espèces d'herbes , qui ne Iraciifient qu'une senle fois; on 
n'en connolt à la Guiane que 73, et la France en compte 
1073:. de sorte qu'en comparant ces nombres absolus avec 
la totalité des végétaux de chaque pays , on trouve que le 
nombre pitoportionnel des plantes annuelles est en Laponie 
A^ y à la Guiane ^, , en France au-delà de i^. Les extrêmes 
de la température produisent ici des effets analogues : les 
herbes délicates ne peuvent réussir que dans ces heureuses 
cônes tempérées où l'homme 9 qtfi à bien des égards est l'un 
des êtres les plus délicats de la nature , a lui-même éminem- 
ment prospéré; ce n'est que dans ces fortunés climats que 
l'œil est récréé chaque printemps par cette verdure nouvelle 
dont la fraîcheur est inconnue et aux habitans de la zone 
polaire , et à ceux qui vivent sous le soleil brûlant de l'é- 
quateur. 

Ce que nous venons d'esquisser pour les classes, on devra 
le faire un jour pour toutes les familles ; mais la plupart des 
Flores étrangères sont encore trop incomplètes pour qu'on 
puisse donner une grande importance aux résultats qu'on 
obtiendroit aujourd'hui de recherches longues et minutieuses 
à faire sur des documens imparfaits. M. de Humboldt a tenté 
ce beau travail pour quelques grandes familles, et a lui- 
snême consigné les résultats curieux auxquels il est parvenu , 
dans un article qu'il a bien voulu me communiquer et qui 
se trouvera à la suite de celui-ci : ceux qui désireront pour« 
Buivre ce genre de recherches autant que le comporte l'état 
actuel de la science, devront aussi étudier avec soin et les 
ProJégomènes du grand ouvrage botanique de M. de Hum- 
])oldt , et les notes de géographie botanique qu'il a placées 
à la fin des principales familles des plantes , et les Mémoires 
de M. Brown sur la Nouvelle-Hollande et le Congo , que j'ai 
déjà cités plus haut* L'espace me manque pour donner ici 
tous les faits de. détail; je m'attache surtout à faire connoître 
la marche du raisonnement qui me parott propre à la science 
que quelques botanistes philosophes travaillent à créer. 

Toutes les lois que, selon la précision des documens, nous 
venons d'établir avec plus ou moins de probabilité sur la dis- 
tribution des plantes, relativement aux degrés de latitude , 
on devroit les chercher rc^aitivement aux hauteurs absolues 



400 tîEO 

au-*detetia.de la mer; mais le nombre des plàntéâ dont VhâL^ 
bitation a été constatée sous ce rapport, est trop borné pou/ 
oser l'entreprendre : on peut déjà cependant entrevoir guc 
les mêmes lois s*y représentent avec assez de précision. Lei 
classes, les familles ou les genres qui s'approchent le plus 
du pôle, tendent à s'élever plus haut sur les montagnes, 
tandis que celles qui restent dans les zones voisines de l'équa- 
teur sont aussi celles. qui dans les pays tempérés restent dans 
les plaines* A mesure qu'on avance vers l'équateur, on re-* 
trouve sur les montagnes un choix de végétaux analogues ^ 
quant aux. genres et aux familles, À ceux des plantes des 
pays tempérés; et comme les montagnes des pays équinoxiaux 
sont plus hautes que les nôtres, on y retrouve même des 
plantes de genres et de familles analogues à nos . plantes 
montagnardes. 

Mais, quoique la latitude et la hauteur soient les causes 
dominantes de la température. moyenne d'un lieu, il est en« 
core d'autres causes que j'ai indiquées plus haut, et qui. in-* 
.fluent principalement sur la distribution de la chaleur dans 
les diverses époques de l'année : tels sont le voisinage ou la 
distance de la mer, la forme générale des ^ontinens , la di« 
rection des vents, .etc. Ces causes modifient continuellement 
les résultats précédens, et établissent de certains rapports de 
végétation entre des localités éloignées* 

Pour achever ce qui est relatif à cette espèce d'arithmé-^ 
tique botanique, comme l'appelle M. de. Huraboldt, et. pour 
montrer jusqu'à quel point çlle peut .peindre l'aspect général 
de la végétation des pays divers, je dirai encore qu'on a tiré 
quelque parti de la comparaison du nombre proportionnel 
des espèces et des genres d'un pays.. Plus le nombre moyen 
des espèces de chaque genre ou de chaque. famille est bpfrné^ 
plus l'aspect de la végétation présente de variété; plus, au 
contraire , ce nombre est grand , plus le coup d'œil du pays 
présente de monotonie dans les formes. Le tableau suivaiit 
fait connoître ces résultats pour quelques pays ; mais il est 
nécessaire de faire observer ici combien peu ces résultats 
offrent de certitude réelle. Ils sont , en effet , modifiés, par la- 
tendance plus ou moins grande des auteurs à diviser, davan^ 
tage les genres , ou à. distinguer plus d'espèces; ils le souit 



(tÊO 4ôi 

f^ùtùfe if>ar cette autre cîrconstaiicâ) que, danà léft payé 
souvent étudiés, les espèces ont été toutes distinguées , tandiê 
qu'on confond plus souvent les unes avec les auti^ lors» 
qu'il est question de plantes étrangètres» Au milieu des in* 
certitudes de ce genre de calcul , il est difficile de ne paa 
iremarquer que c'est dans les iles isolées que le nombre dea 
espèces de chaque genre est proportionnellement le plus 
]petit : fait que je me borne à consignejr ici , en attendant tles 
IréSttltats plus exacts* 

4** Tableau. Nombre ptopùrtionnei de$ genres et ies espèces 

de divers pays^ 

Ëi]pèG«i. Onirel. MofettM d«i ctpAcM |^iâ^ ftAfti 

JPratic 6966 83o * *i% 

▲Uemmgne ».»*.! • 4(^00 . « . . * 608 \.\\ .2 6 yi 

Cap ( 10.* classe du 

Prodr. de Thunb.) i3od . . . 4 . s65 . 4 i . . . « . . t « 5 

États •unis. 4. «... . a89i *« . . . . 739 *. 4 

liaponie ...«.«. 4 . « • 1 087 . . i . . 320 ...» » 3 '/d 

Isles Britanniques*. 1485 *» .... 4^8 ..... 4 â % 

Barbarie iS^^ K04 « . ..; i 3 ^^ 

Islande . « 4 4 . 4 * 4 1 1 64^1 .*.... Aii ..;.....;.) 3 

Jamaïque 4 . . i335 » i . . ^ . 604 ...-....•.■.» a % 

Egypte 44 io3o ^ . . i , ■ 426 . »..«.»... . ii */^ 

Cùiane 1209 566 t..» ^% 

Tristan da Oucha. . ii3 4...* &$ »...4..**i.* a 

SaiAte- Hélène 61* 35 i. 1% 

Canariet.. 4 37i*..4.i itiâ 4..4> 1 ^7* 

J'ai cherché 4 prouver jusqu'ici que les habitations consi* 
dérées dans leur ensemble paroissent déterminées par la tem* 
pérature. Sans doute, il faut combiner avec elle les consi- 
.dérations déduites des stations \ car il est clair que \ plus un 
pays sera sablonneux $ plus on y trouvera de plantes des sables ^ 
etc» Mais, lors même que l'on donne à ces causes toute U 
latitude qu'on peut leur atfribuer, peut-on parvenir à rendre 
complètement raison des faits les mieux connus? C'est ce 
dont je doute, et ce qui exige une nouvelle discussion. 



I» J m il ■■■ *■■ ifa — Mil fc ■■■II. I» 



* Les nombres marquél d'un astérisque té rapportent Aus pUnt<)i 
vascttlaires seulement* ^ . 

l8* fl6 



4oa GEO 

J[l nfi pejroii peut-étr£ pas difficile de trouvei' deux points 
^ajKU jfes ^ta(»-iJj^i5 et r^u,rope, pu. dans rAmérique et TA- 
fy^qfïç ^|ij^9^al^, qi^i pr-és^entent toutes les méfues circons- 
IfipQ^ji^ ^Yfiî^ 9 ^nç 4«éme iefupéjrature , fine jpiéme hau- 
Jifi.^r, up. mé^e 9pl^ ^i^ dpse égsà^ d'Juuçid^té; c^pendfnt, 
fff^«W? ^W^9 psCiuMto 40W ^*# vég^taïAïf ^eroi^nt diifférens 
4a.9« ^s de^ ioc^li^ s^uafflaii^s : ou pc^M'^oi^^i^i^ tcouver 
fipfi jcf rt^9^ f^Alçgie 4'^l^iP^^ «^t np^e de .str^ture entre 
les plantes de ces deux localités supposé^; m^i^ ce «^eroient 
en général des espèces différentes. Il semble donc que d!au- 
tres çitcoBstances que celles qui déterminent aujourd'hui 
les stations, ont influé sur l^s habitations. Avant de discuter 
.çet^e /};(iestion.9 établissons d'abord les faits indépendamment 
de toute théorie* 

Lorsqiie Ton compare entre elles les diverses parties du 
monde séparées par de vastes mers , çn trouve de grandes 
différences dans le choix des végétaux ; mais il y en a aussi 
quelque^.uns de communs. S'il s'agit de Thémisphère boréal , 
on trouve de ces espèces communes à plusieurs régions, prin- 
cipalement vers le pôle , où tous ces pa^s aie réunissent ou se 
rapprochent beaucpjup. Qa en retrovy.e encorc.çàje.t.U dans le 
reste dQ9 deux continens,; mais, si r4>B £Eiit abstraction des 
espèces qui paroissent avoir été transportées par l'homme , leur 
nombre va toujours en diminuant à mesure qu'on approche des 
régions australes , où la distance des continens devient plus 
grande : ainsi, sur 2891 espèces phanérogames décrites par 
Fursh dans les Etats-Unis, on en trouve 385 qui se retrouvent 
dans 'l'Europe boréale ou tempérée, et sur ce nombre , comme 
l'observe 'M. de Humboldt , il en estf4usieurs qu'il est difficile 
de croire tl*ansportées par l'homme ; telles sont le satyrium 
i>iride^ Je hetula nana^ etc. Au contraire, MM. de Humboldt 
et Bpnpiand n'ont trouvé , daas tous leurs voyages dans l'A- 
mérique équinoxiale , qu'en^i^n viogt-quatiie espè^^s (toutes 
cyporacées ou graminées) qui fussent «omiQUoes à l'Amé- 
rique et à quelque paH»e dèrancien monde. Le nombre des 
acotyl'édones commun aux deujc continens est plus considé- 
rable {autant d<u moins -que la d ifficu l t é xle distin g u e r les 
esp^s diuis .cette (4ass/e peripet de Vj^ffi^n^er ). M^is les 
proportions paroissent les mêmes y c'est-à-dire ,qu*il y a plus 



GEO 4tt5 

d^espèces communes aux deux couti&ens vers le nord que 
vers le sud^ 

Si l'on compare la Nouvelle-Hollande avfec l'Europe , op. 
trouve, d'api^s M. iBrown, que sur 4100 espèces connues 
4aiis, cette terre australe il j en a 166 qui lui sont communes 
avec l'Europe. Sur cp nombre, i5 sont dicotylédones, 5t 
jnonocotylédones, et 119 acofylédones. Parmi les deux pre- 
mières dasses, il en est plusieurs qu'on peut soupçonner 
avoir été transportées <par l'homme -, mais il en est quelque»» 
unes, telles que les potamogétons , sur lesquelles ce soupçon 
paroîtroit peu fondé. 

Le nombre des .espèces communes aux parties de Fan- 
cien continent foprt éloi^ées les unes des autres est peut- 
être un peu plus considérable .q^e dans les deux exemples que 
je viens de citer; mais il est encore très4>orné : il faut en effet 
se défier beaucoup , dansles rechercàesde ce genre , des^Florea 
un peu anciennes; ce n'est que deppis .quelques années que 
les botani^es <Hxt senti toute l'importance de cette question, 
et ont appoi4é à l'examen ée .ces plantes dites communes 
& divem pays une suffisante attention. Les premiers voyar 
geurs croyoient 4au)ours retrouver^ dans les pays kântainb 
les plantes 4e ieur patrie , et se plaisoient à leur en don^ner 
les noms. Dès qu'ils en ont rapporté des échantillons en Eu*» 
rppe , l'illusicm js'est dissipée pour le plus grand nombre : ' 
lorsque la vue des.écl^antillons secs a laissé encore des doutes» 
la culture dans les jardins a contribué à .les lever , et il reste 
aujourd'hui (sauf les plantes transportées par l'influence de 
l'homme) un l>ien petit nombre d'espèces phanérogames 
communes à des continens divers. Ainsi , la Nouvelle>-HoU 
lande a ^ , l'Amérique équinoxiale .^3^ de ses espèces com* 
munes avec l'Europe^ et moins encore avec le re^te du monde. 

Avant d'attacher quelque degré d'importance à ce petit 
nombre d'espèces communes à des régions fort éloignées , il 
convient d'examiner quels sont lea divers moyens par lesquels 
les graines peuvent se transporter d'un pays dans un antre. ^ 

S'il s'agit d'un transport de proche en proche , il suffît 
que les circonstances nécessaires . à la vie de l'espèce ne 
soient pas interrompues y ou, en d^autres termes, qu'il né 
se rencontre pas sur la route des espaces dans lesquels la 



4«4 GEO 

végétation de telle ou telle espèce devient impossible* Ces 
barrières naturelles au transport des plantes sont de divecs 
genres. 

1 «^ Les mers sont des obstacles à la propagation des plantes 
d'autant plus puissans qu'elles sont plus étendues. Ainsi les 
plantes des lies participent à la végétation, des contînens 
dont elles sont , voisines , à peu près en proportion inverse 
de leur distance : par exemple , en faisant, exception dçs 
•végétaux évidemment naturalisés, on trouve que, sur 1485 
végétaux vasculaires qui croissent dans les îles britanniques , 
il n'y en a que 4? ou >;^ qui n'aient pas encore été rer 
trouvées en France ; sur 533 espèces, les îles. Canaries en 
offrent 3 10, soit environ *S^^j qui n'ont pas été re^ouvées 
<ur le continent d'Afrique , et la Flore de Sainte-Hélène 
présente à' peine deux ou trois espèces qui aient été re- 
(trouvées dans l'un des deux continens voisins* Les mers ar- 
rêtent le transport des plantes par leur étendue et par l'iii- 
:fluence délétère de l'eau salée sur les graines soumises à son 
action. Ainsi les graines du lodoieeades îles Sechelles, trans- 
portées, par les courans aux Maldives, comme l'a vu M. La- 
J)illardière , ou celles du mimosa seandens et du doUcho$ 
ttrenSy transportées des Antilles aux Hébrides, comme jo^ 
l'ai appris de M. Louis Necker , arrivent dans ces pays loin-r 
tains privées de la faculté de germer. Mais, quand nous avons 
des exemples prouvés de graines transportées régulièrement 
à de telles distances, quand nous avons de fortes probabilités 
pour croire que l'action délétère de l'eau salée n'agit pas au 
même degré sur toutes les graines , quand nous voyons les 
lies offrir si souvent des végétaux semblables a ceux des. 
côtes voisines, pouvons-nous douter qu'un certain nombre 
d'espèces ne puissent avoir été et être ainsi transportées par 
la mer d'une région à l'autre , et prospérer , lorsque les 
plantes y rencontrent un climat conforme à leurs besoins ? 
Ce transport, qui est très-difficile quand les mers sont très^ 
vastes, devient plus facile lorsqu'il se trouve entre deux 
continens quelques séries 'd'iles qui servent aux graines 
eomme de point» d'étapes : c'est ainsi que les îles Aleutiennes 
établissent nne communication, entre le nofd de l'Asie et de 
l'Amérique; aussi presque toutes les plantea recueillies jtis^ 



GEO 4« 

q^uès à présent dans ceriles sont du nombre des espèces com^ 
taïunes à l'ancien et au nouveau continent. 

Il est des mers qui semblent avoir moins que les autres* 
arrêté le passage des végétaux; telle est, par exemple, la mer ' 
Méditerranée, qui présente sur ses deux bords une végéta- 
tion presque semblable : sur 1677 espèces observées par M** 
Desfontaines en Barbarie , il y en a seulement 5eo environ , 
soit à peine ^ , qui n'aient pas été retrouvées en Europe. Ce ' 
phénomène peut tenir ou à la multitude des îles qui sont 
dispersées dans cette mer, ou à ce qu'elle est depuis plusv 
long^temps que toute autre parcourue par les navigateurs , 
ou peut-être à ce qu'elle a dû son origine à quelque irruption» 
de l'océan postérieure à l'origine de la végétation. 

2.*' La seconde sorte de limites naturelles pour le transport* 
des végétaux est déterminée par les déserts assez vastes et . 
assez eontinus pour que les graines ne puissent être qu'avec 
peine transportées d'un côté à l'autre : c'est ainsi que les 
sables arides et brûlans du Sahara offrent une barrière 
presque impossible à franchir , et établissent une grande dif- ' 
férence entre les végétaux des deux parties de PAfrique' 
séparées par le désert. Hors les plantes transportées évidem« 
ment par l'homme, on peut à peine trouver dans la Flore 
atlantique quelques espèces qui aient été observées au Sénégal. 
Les steppes salés de l'Asie occidentale produisent un effet" 
analogue , mais d'une manière moins prononcée , parce qu'ils 
sont plus interrompus, et moins générale, parce qu'il est 
un certain nombre d'espèces végétales qui peuvent encore* 
vivre dans cette eau saumàtre. 

3.^ Une troisième sorte de limites est déterminée par les* 
grandes chaînes de montagnes : celles-ci peuvent influer , ou 
parce qu'étant couvertes de neiges éternelles elles offrent' 
un obstacle à la propagation des graines , ou parce que la ' 
différence brusque de tçmpérature déterminée par leur élé- 
vation empêche certaines espèces de se propager d'un cbté 
k l'autre. Mais il faut remarquer que ce genre de limites' 
est très-imparfait, comparé aux deux précédens. Les chaîner* 
de montagnes sont toujours coupées par des fissures plus ou ' 
moins profondes , qui permettent aux plantes de s'étendre ' 
d'un côté à l'autre : ainsi on remarque très^bien en France • 



4o6 GEO 

que quelques plantes du Midi s'échappent au travers der 
gorges des Alpes ou des Cevennes, et se trouvent sur le re- 
vers septentrional de ces deux chaînes , principalement 
dans les lieux où elles sont plus basses ou plus interrompues. 

* Enfin , tout obstacle continu à la végétation d'une espèce 
quelconque Tempèche de s'étendre dans une certaine di- 
rection : un grand marais est une limite pour les plantes qui 
craignent l'eau ; une grande forêt, pour celles qui craignent 
l'ombre ; un changemeni de latitude ou d'élévation , pour 
celles qui oraigneȎ le froid. 

Les plantes' sont 9. à des degrés inégaux , dt^usées de la faculté 
de fiMiachir ceà limkes, et il* importe beaucoup , pour la ques* 
tion qui nous ooeupe , de prendre une idée générale de ces 
moyens de tranaporH , sort naturels , soit factices. 

1»^ Les raouvemens dtà eaux transportent fréquemment 
les graines des plantes* riveraines ; j'en ar déjà dit quelques 
mots- en parlant de celles que les courans de 11» mer charient 
afrec eut. : mai^ les rivières produisent oét effet d'une ma- 
n2è)*e ph» sûre ^ parce que l'eau douce nuit moins que l'eau^ 
salée à la, fecuité germinative ; ainsi on voit souvent des 
planfeè alpine» se développer le long du cours des rivières 
qiii' descendent des^ Alpes.. 

. Mais* , en donnant à ce transport des graines par- les eaux 
tovie Fîmportanee possible, on ne peut guères expliquer 
comment les graines* dies plantes aquatiqsues peuvent s'être 
transportées d'un Basiiin dans un autre. Comment , par 
eseemple, l'aldrovanda peut- il se trouver dans le batisin du 
P6 et dans celui du Rhône P, Si ces faits étoiest rares, on 
poérroit admettre quelques catises> accidentelles ; mais les 
plantes aquatiques, qaî^ moins que tontes Ids^ autres, peu- 
vent être tr^ansportéespar le vent, l'homme ou les animaux, 
sont In plupart dispersées dans diverses régions. Ce fait ne 
serbit-il point une conséquence et une preuve nouvelle des 
inondations- ou déluges^ qui , en recouvrant d'eau utte partie 
quelconque des terres , ont pu jadis transporter et- déposer 
çà et là les graines èes plantes aquatiques.? Il est difficile de 
comprendire autrement l'existence des poissons et autres ani« 
maux d'éaii douce dans des lacs privés de tonte comimi- 
nicatio^ entre eux r et la même explicntion, en s'apj^qimnt 



GEO 40^ 

aux deux régnes organises, devient pin% piùlMAt jltfùr Puif 
et pour l'autre , et moins gigantesque télAiitéBieni aii fait 
spécial auquel je l'avois d'abord appliq^uéé. 

Ainsi les eaux, soit dans leur état ffctiiél ,'^t' dantf détf 
états anciei^ dont d'autres phétaotnèâeâ^ atl'éMei&f la rétlitê , 
contribuent à expliquer la dispersioii de' <îé^taiiies espèces 
de plantes. 

2."* L'atmosphère peut flU8»i cotiffibUrér au tûéûte phénô^ 
mène : nous en avons la preuve dil<e<^6 dam ceï>foitll?i tréitt*' 
bes, gui transportent quelquefois à de grande» àisisihôés? dtiÊ 
graines de végétaux divers ; nous voyén^ tttHs lé^ jtfiii^s^les 
vents transporter ça et là les grailles qui , par l€Ur j^êtit^e, 
ou par les ailes et les aigrettes dorir elléS sont iflUài^ , se 
prêtent facilement à leur action. Mai», diltk^^ leè'faità dé^ ce 
genre , tellement triviadx que pertsc^iine n^ sdif^ k Véé tùh^ 
tester, il en ^t d'autres qui doivent petlt-étfe^ se râpfNif^teï* i 
la même cause. Les graines ou geilnès deè eryptbganlAs s'ont' 
d'une dimension si petite et d'un pdids si lé^éi* 9 (}INf itous* 
les voyons emportés dans l'air , comtrie ce^ iUdléi[^lës^ de^ 
poussière impalpable qui flottent satià ce«£i(^ dffns^ VstM\)&^ 
phère. On peut concevoir que ces grâitfes' sotit aiitlrï' tl^n^' 
portées à d'immenses distances , sans' que' eëtté* Hyp&ihèèief 
contrarie les lois de la physique ni mêthè éeUè âéê sitUplea^ 
j^robabilités. Ainsi les vents qui souffleut Idngf- i^fihpè' dknsP 
de certaines directions , devront traniportéf flVéc éû^ tét^ 
taines espèces de cryptogames ; j'oàerois j^te^que' été dter 
«m exemple : la cè^te de Bretagne est haBitiieH^tile%t lia'ttué^ 
par les yeûia de sud-Oueist , et j'ai itoixyé sur lêâ al'bi^s de^ 
la promenade de Quimpér-Corentin deux liehens {îésiietd^ 
erùcata ëtlepJ^sciaJlai^cans) qui n'avoiént eiicarèf été tTout^â^ 
c|u'à la Jamaïque et qu'on ne retrouve point dahèr k^ rîèsVddt? 
la France. 

S.** Les animaux doncourent encore aii transport des grailles^ 
d'une région dans l'autre. Les sémeniïeï qui , cottimé lé xan^ 
ihium spinosum ou le gàlitiM aparine, sont mufiiëii de crocHets 
ôu de piquans , s'attachent aux poils' dëi aiiimàux , ef sont 
ainsi chariées hors de leur terre natale ; celles qui se th>tt* 
v^enl entourées par àes péricarpe^ charnus 9 dont certains 
oiseaux font leur noturiture , restent souvent à l'effet de la' 



4o8 GEO 

digestion 9 et sont semées. çà et là avec les-esEcrëmens de ces 
oiseaux : la manière dont les grives sèment le gui, peut 
donner un exemple de ce fait. Les migrations des oiseaux , à 
des distances considérables, et même au travers des mers, 
peuvent, dans quelques cas, transporter desgraâpeS'au loin. 

4.'' Enfin , rhomme joue un rôle si important et si actif 
sur le globe, qu*il en modifie continuellement la surface, 
et que son action , soit volontaire, soit involontaire, se fait 
sentir sur la plupart des corps de la nature. Il s'est répandu 
dans le monde entier, et a transpcrrté partout avec lui les 
végétaux qu'il cultive pour ses besoins. Lorsque Tintroduction 
de ces cultures est récente , on n'a point de doute sur leur 
origine; mais, lorsqu'elle est ancienne, on ignore la vraie 
patrie de ces plantes nourricières. Ainsi personne ne con- 
teste l'origine américaine du maïs ou de la pomme de terre, 
non plus que l'origine dans l'ancien monde du café ou du 
froment. Mais il est certains objets cultivés de très-ancienne 
date entre les tropiques, tels, par exemple, que le bananier, 
dont l'origine n'est pas avérée : tantôt l'un des continens Fa. 
fourni à l'autre ; tantôt tous les deux possédoient des espèces 
analogues, qui se confondent aujourd'hui sous le nom de 
variétés. On peut voir, dans le beau Mémoire de M. Brown 
sur les plantes du Congo , par quel genre de raisonnemeos 
^t d'analogies on peut démêler la vérité relativement k ces 
anciennes naturalisations. 

Parmi celles qui sont plus récentes , il en est encore de 
difficiles à constater : c'est ainsi que les Nègres arrachés de 
l'Afrique par l'avide activité des Européens et transportés 
dans las colonies américaines , y ont porté avec eux quelquea- 
-nns des arbres fruitiers et des végétaux utiles de lenr pa- 
trie I c'iest ainsi que nous avons vu de nos jours des armées 
porter çà et là des graines et des procédés de culture d'une . 
ext^mité de l'Europe à l'autre, et nous. montrer ainsi com- 
ment dans des temps plus anciens le$ conquêtes d'Alexandre, 
les expéditions lointaines des Romains et ensuite les croisadça. 
ont pu transporter plusieurs végétaux d'une, partie du monde» 
4 l'autre. 

Mais,^ outre les plantes qu'il cultive, l'homme en charie 
«^ps cQs$e nvec lui| qu'il répand sans ç'^u» douter et quelque*** 



GEO 409 

foiS'xonfre son gré dans le inonde entier : ainsi toutes les 
mauvaises herbes qui croissent au milieu de nos céréales et 
.que peut-être nous avons reçues d'Asie avec elles , nous les 
avons nous-mêmes introduites dans toutes les parties du globe; 
ainsi, avec^les blés de Barbarie ,* les habitans du midi de 
r£urope sèment depuis plusieurs siècles les plantes d'Alger 
et de Tunis ; ainsi , avec les laines et les cotons de l'Orient 
où de la Barbarie, on apporte fréquemment en France des 
. graines de plantes exotiques, dont quelques-unes se natura^ 
lisent. J'en citerai un exemple frappant. Il est à la porte de 
Montpellier une prairie consacrée à faire sécher lès kines 
étrangères après quVlies ont été lavées : il ne se passe presque 
point d'année qu'on ne trouve dans ce pré aux laines des plan- 
tes étrangères naturalisées; j'y ai cueilli la psoralea paîœstina, 
Vhypericum crispum, le cerUaurea parviflora, etc. On voit de 
méme^ dans quelques villes maritimes, les plantes étrangères 
naturalisées par les lests des batimens : Bonamy en cite plu- 
sieurs semées de cette manière dans les environs de Nantes; 
le. datura stramonium , le senebiera pinnatifida , etc. , pourroient' 
bien avoir été introduits en Europe de cette manière. 
Enfin, les jardins de botanique , où l'on réunit tant de végé-- 
taux divers , deviennent autant de centres de naturalisation r 
ainsi Verigeron canadehse , le phytolacca decandra, etc., qui 
paroissent en être sortis , sont aujourd'hui plus communs en 
Europe' que bien des plantes indigènes ; ainsi nous avons 
vu dernièrement, aux portes de Genève, le veronica Jiliformis 
se naturaliser autour d'un jardin particulier de botanique. 

Dans nos pays anciennement civilisés, médiocrement favo- 
rables À la végétation et sans cesse débarrassés des plantes' 
inutiles . par Fagriculture , ces sortes de naturalisation de 
hasard ne se font qu'avec lenteur, et* un grand nombre de 
plantes ainsi propagées périssent sans postérité; mais dans les 
pays chauds et mal cultivés ces naturalisations deviennent < 
très-faciles* Ainsi M. Burchell a vu le chenopodium ambro^ 
sieides, qu'il avoit lui«méme semé dans un point de Tile Sainte- 
Hélène, se» multiplier en quatre ans au point d'y^tre une 
des mauvaises herbes les plus communes. On trouve une 
pveuve expérimentale de ces naturalisations que l'homme 
fiut à son insçu , dans la comparaison même des plantes qui 



4io GEO 

seretrouTent à de grandes distances : ainsi, dans la Nouvelle- 
Hollande, dans r Amérique, au cap de Bonne -Espéraupe, on 
trouve plus d^espèces originaires d'Europe que d^aucune autre 
partie du monde ; d^oii Ton voi# qu^ Tin^uence de rhomme 
remporte dans ce cas sur celle des causes pu^^meftt physiques. 
hei pays dans lesquels on aborde pour la^ première fois , ne 
présentent en général qye les espèces vérKaèlemenC indi<» 
gAnes, et, à mesure que les relations de commerce se mul- 
tiplient, on voit s'accroître le nombre des plante» euro* 
péenues ou communes à divers continens. Hâtoiis -> noua 
donc , pendant' qu'il en est temps encore, de faire lé9 Flores 
exactes des pays lointains ; recommandons surtout aux vo^a*- 
geurs celles des îles peu fréquentées par les Européens : c'est 
dans leur étude que doit se trouver la solution d'une foule 
de questions de géographie végétale. 

Si l'on réfléchit maintenant à l'action perpétuelle des qua* 
tre causes de transport de graines que je viens d'indiquer, 
les eaux, les vents, les animaux et l'homme, on trouvera , 
je pense, qu'elles sont bien suffisantes pour expliquer ce 
petit nombre de végétaux qu'on retrouve semblables dans 
dés continens divers. La première s'applique particuliè- 
rement aux plantes 8<|uatiques, la seconde aux cryptogame», 
les deux dernières aux phanérogames ordinaires* Leur action ,. 
/lente, simultanée, continue et inaperçue, tend sans cesse à 
transporter lés plantes en tous sens, et celles-ci se natura* 
lisent là où elles rencontrent des circonstances favorables ^ 
leur existence. 

De l'ensemble de ces faits on peut donc déduire qu'il 
existe des régions botaniques : je désigne sous ce nom dea 
espaces quelconques qui, si l'on fait exception des espèces 
introduites, offrent un certain nombre de pltfntes qui leur 
sont particulières et qu'on pourroit nommer véritablement 
aborigines^ Les plantes d'une ré^oh s'y distribuent, d'après 
leur nature , dans les localités qui leur conviennent , et elles 
tendent avec plus ou moins d'énergie à dépasser leurs li- 
mites et à se répandre dans le monde entier; mais rilessont la 
plupart arrêtées, ou par des mers , où par des déserts, ou par 
des changemens de température , ou seulement parce qu'ellea 
viennent à rencontrer des espaces déjà occupés par les 



/ 



GEO 4>* 

plantes d'une autre région. Il y a donc -des régîôiis parfai- 
tement <:ii'con5crite8 et déterminées; il en est d'autres qu'on 
ne peut apprécier que par un certain ensemble ou une 
certaine masse de végétaux communs. 

î^ous sommes encore loin de pouvoir appliquer ces prin- 
cipes avec quelque exactitude ; mais on peut cependant déjà 
entrevoir quelqiïés-unes de ces régions de manière à éveiller 
sûr ces recherches Tattentioii des voyag^nrt. Voici à peu 
prés celles qui se présentent à moi dans Tétat actuel de nos 
cbnnoissan^es. 

1.** La Té^&a h^erboréenne y qui comprend les extrémités 
boréales de l'Asie, de l'Europe et de l'Amérique, et qui se 
confond trop itvec la suivante. 

*' 2.' La -région européenne^ qui comprend toute PEuropc 
moyenne, sauf le^ parties vaîsines du p61e, et celles qui en- 
tburent la Méditerranée: elle s'étend à l'est jusqu'à peu près 
aux mànis Altaï. 

3.^ La région sibérienne^ où je comprends les grands pla- 
teaux de la Sibérie et de la Tartarîe. 

• /\/* La^égion méditerranéenne, qui comprend tout le bassin 
géographique de la Méditerranée; savoir : la partie d'Afrique 
én-deçà du Sahara , et la partie d'Europe qui est abritée du 
nord par une chaîne plus ou moins continue de montagnes. 

■ 6.** La région orientale, ainsi désignée relativement à l'Eu- 
rope australe , et qui comprend les pays voisins de la mer 
Noire et de la mer Caspienne. 

' €.** L'Inde avec son archipel. 

' y.^ La Chine, la Cochinchine et le Japon. 

• 6.** La Nouvelle- Hollande» 

• g.*' Le cap de Bonne-Espérance, ou l'extrémité australe de 
l'Afrique , hors des tropiques. 

lo."* L'Abyssinie, la Nubie et les c6tes du Mosambique, 
0ur lesquelles on manque de documens sufiisans. 

• 11.** Les environs du Congo, du Sénégal et du Niger, ou 
l'Afrique équinoxiale et occidentale. 

3 2.** Les* fies Canaries 

13.**^ Les États-Unis de l'Amérique septentrionale.' 
' i4-** La côte ouest de l'Amérique boréale lempérée- 
»5#* Les Antilles; 



/ 



♦la GEO 

i6.^ Le Mexique* 

17.^ La partie de 1* Amérique méridionale située entre le» 
tropiques. 

18.** Le Chili. 

1 9.^ Le Brésil austral et Buénos-A3nrès. 

d o.". Les terres Magella niques. 

Enfin, il faudroit joindre à cette indication générale cha-> 
cune des îles qui est assez écartée de tout autre continent- 
pour présenter un choix de végétaux qui lui^ est propre. 

Les botanistes savent ^u'cn général les pjlantes de -ces vingt , 
régions sont différentes les unes des autres, de sorte que, 
lorsqu^on trouve dans les écrits des voyageurs des plantes de 
l'une de ces régions qu'on dit avoir été retrouvées dans une 
autre, on doit, avant d'admettre cette proposition, étudier 
les échantillons venus des deux ^ays avec un soin tout par-- 
ticulier. A ne considérer cette division du globe que comme 
une précaution dans la synonymie et la détermination des, 
espèces, elle auroit déjà quelque utilité; mais elle sert sur- 
tout a pouvoir exprimer sous une forme un peu plus générale^ 
la multitude immense des faits relatifs aux patries de^plantes» 

Parmi les phénomènes généraux que présente Fbabitation. 
des plantes, il en est un qui me paroit plus inexplicable, 
encore que tous les autres : c'est qu'il est certains genres , 
certaines familles, dont toutes les espèces croissent dans un 
seul pays (je les appellerai, par analogie avec le langage- 
médical, genres endémiques) ^ et d'autres dont les espèces sont 
réparties sur le monde entier (je les appellerai, par un 
motif analogue, genres sporadiques). Ainsi, quoique très-nom- 
breuses, toutes les espèces des genres H^rmanriia^ Manulea, 
Borbonia^ Clwytia, Antholiza, Gorteria, etc., sont originaires 
du cap de Bonne-Espérance; celles de Banksia, de Styphelia, 
de Goodeniaj etc., de la Nouvelle -Hollande ; celles de M u- 
tisiaf de Cinchona, de Fuchsia , de Cactus j de TiUandsia, etc. ,» 
de l'Amérique équatoriale : tandis qu'au contraice .la plu- 
part des genres ont d(^s espèces qui croissent spontanément 
dans des pays très-divers. Quelques familles mêmes semblent 
aSecter certaines régions : ainsi les hespéridées sont toutes 
de rinde ou de la Chine; les labiatiflores, de FAmérique mé- 
ridionale ; les épacridées , de l'Australasie. Mais rien ne pà- 



GEO 41Î 

toit cependant bien régulier dam cette disposition des espèces 
SUT le jglobe. Ainsi, par exemple , nous possédons en Europe 
certaines espèces de genres très-nombreux , et dont toutes 
les autres espèces sont originaires de quelque autre région* 
Toutes les passiflora habitent l'Amérique, sauf une, décou* 
yerte il y a peu de temps dans l'extrémité australe de l'Afrique 
-par M. Burchell. Tous les mesemhryarUhemum habitent le cap 
^e Bonne-Espérance, excepté les M. noàifiorum et copticum, 
qu'on trouve en Corse et en Barbarie; tous les ixia, excepté 
Vixia hulhocodium , commun sur nos côtes méridionales ; tous 
les gladiolusj excepté le gUuUolus communis, si commun dans 
nos moissons; toutes les bruyères, au nombre de deux ou 
trois cents espèces, excepté cinq^ à six qu'on trouve en Eu<- 
rope; presque toutes les oxalis, excepté trois espèces sau* 
yages en France et quelques-unes en Amérique. Ces espèces 
-égrenées , qu'on comparerolt volontiers à des soldats séparés 
de leurs régimens, ont été les causes pour lesquelles les bo- 
^nistes ont pendant si long-temps négligé l'étude des ordres 
naturels : il falloit que la botanique exotique fût très-avancée 
pour qu'on pût reconnoitre leurs affinités ; car elles sem- 
bloient échapper à toutes les règles , lorsque ces règles n'é^ 
toient établies que sur les familles européennes. Au reste ^ 
cette disposition plus ou moins régulière des espèces et des 
familles sur le globe est un fait avéré , mais qu'il est aufour-* 
d'hui tout-à-fait impossible de réduire à quelque théorie* 
Un autre fait assez remarquable qtii se présente dans la comr 
paraison des régions , c'est que certains pays qui n'offrent 
point ou presque point d'espèces semblables , donnent nais* 
sance à des espèces analogues , c'est-à-dire appartenant aux 
mêmes genres. Ainsi, par exemple, les États-Unis d^Amé* 
rique présentent nn grand nombre de genres semblables à 
ceux de l'ancien continent *. tantôt les espèces sont partagées 
entre les États-Unis et l'Europe, comme, par exemple, -datis 
les genres Fraxinut, Populus,^ Pinu», Tilia; tantôt entre les 
États-Unis et l'Asie, comme dans les genres Juglam, Ma-' 
gnolia^ VUis; quelquefois entre les trois régions, comme 
pour les genres Acer, Salix, Dtlphinium , etc. Ce phénomène 
se présente d'une manière plus, piquante lorsqu'il s'agit d« 
|[f arcs très-peu^ nçmbçeu^ en> espyèces : ainsi ^ par exomple, 



4i4 GEO 

nous ne connoisMns, dans le monde entier, que deux Iiqu£- 
damburs, deux panax, deux platanes^, deux stUUn^la, deux 
plahera; Tune des espèces de chaque genre habite F Asie 
orientale , l'autre T Amérique septentrionale : nous ne cou- 
noissons que deux majarUhtmum , deux valUsneria , deux 
oshya, deux châtaigniers, deux hipophae, l'une des espèces 
en Europe , l'autre aux États-Uhis : nous ne coanoissons que 
trois espacées de hrix^ de carpinus, de troUius, l'une en £u«- 
rope , la seconde en Sibérie , la troisième aux États-Unis^ 
Ce que je viens de dire des trois régions principales de la 
partie tempérée de l'hémisphère boréal , est également vrai 
des trois régions équatoriales ; ainsi on trouve entre les 
tropiques , en Asie , en Afrique et en Amérique , des espèces 
analogues , mais jamais semblables entre elles : par exemple , 
les espèces des genres Cratœva, Bertiera, Elasis^ etc. , sont par- 
tagées entre l'Amérique et l'Afiique équatoriales ; celles des 
genres Sagus, SirophrarUhu» , etc«, entre l'Asie et. l'Afrique 
équatoriales ; celles des genres Psychotria, Bégonia, etc. , entre 
l'Amérique et l'Asie équatoriale; celles des genres Melastoma, 
Stercuda^Jussieuay entre les trois régions équatoriales. Nous ne 
connoissons dansle monde entier que deux c^imu4, l'undansla 
région méditerranéenne , l'autre au Mexique ; deux sphenoclea, 
l'un au Malabar, l'autre au Mexique; deux melolhria, l'un en 
Guinée, l'autre aux Antilles; deux gyrocarpus, l'un dans l'Inde , 
l'autre aux Antilles; deux sauvageûa, l'un à Cayenne , l'autre 
à Madagascar, etc. La même analogie s'aperçoit aussi entre 
les régions de l'hémisphère austral, mais d'une manière 
moins marquée, soit parce que les mers en occupent une 
partie proportionnément plus grande y soit surtout parce que 
nous connoissons moins les détails dp leur Jbotanique locale. 
Si nous comparons les régions analogues .des deux hémi&<- 
phères , nous y trouverons de mjême quelque» rapports asses 
remarquables : ainsi, les espèces des gendres CaXtha, Empe^ 
trum, etc., se trouvent dans les parties les plus froiides des 
deux , hémisphères , et manquent dans tout l'espace inter- 
médiaire; les espèces des genres OxalU^ Pass^inaf etc., se 
trouvent dans les Tégions tempérées des deux hémisphères , 
et mf^oqueni dana les espaces intermédiaires ; les hypoxU 
offrent même ceci ile singulier , qu'une partie des espèce» 



GEO 4x5 

croît dans la région tempéréie austral^ de l'ancien monde j et 
l'autre $eulemeiii dans lar^ipn teia^iéréf boréale du nouveau* 

Enfin , certaines riions prfiseuteiU .des analogies plus par* 
ticulière^ encore , et qpue j.e ^iroi$«V9»jlo!aiîers plus mystérieuses. 
Par i^'fifBplff , certains g^i^r^ ^f^fe nombreux en espèces sont 
part^agés entre le c^p de fio9ne-£sp^rance et le cap de Van» 
Di^en; tels sont le^pçZorgipn^my les profoa, etc. La région 
ides Çaisiaries et celle 4e ^Surope oCrenit un grand nombre 
de genres semblables , ipfiis qui ont cette particularité que 
les espèces herbacées sont en Europe, et les espèces ligneuses 
aux Çaiàaries : ainsi, on ti^uve dans cette région des son- 
chus, des prenarUhes, des eonyfilvuhs , dcs echiiim, qui sont 
des arbriss.eaMx et pr^que .des arbres ; Vils de Sainte*Hélène y 
dont les Ibréto spot des espèces de sçlid^go, est, sous ce 
^apport, analogue aMX CajEiaries. 

II seyible au premier coup d'oeil , et cette idée est si sé^ 
duisiantfs qu'elle^ presqy^ populaire» que ces espèces sont 
les mêmes que le^ nMre^, devemies ligneuses par. leur se* 
jour dams un climat chaud ; maïs il n'en est rien : les espèces 
ligneuses des Canaries restent lignei^es .dans nos climats plus 
froids; nos espèces hçrbiiicées fks d^iennent point ligneuses 
dans les pays chauds , ou du moil9S celles qui en sont légè-» 
rement susceptibles ne le deviennent pas plus aux Canaries 
qu'ailleurs. Observons» en effet, pour laire mieux sentir 
ce caractère particulier de la végétation d.es Canaries^ que 
d'autres répons également chaudes ont de même des espèces 
communes avec l'Euiiope , mais qui y sont herbacées comme 
ches nous : ^nsi, l#s sanchus et les eahmm d'Egypte^ les 
coiwolvuUts d'jÉgypte et de l'Inde , sont heii>aeés et non li* 
gneux cQimme aux Canari^^s. Ces rappprts de certains pays 
les iiAS avf c les autres tie/iiient sans doute à des ' ressem* 
blamces d^ localités quiçj|^efois appréciables, quelquefois 
inconnues; mais, même dans ce dernier cas, elles peuvent 
servir de guides dans les naturalî^iionç. Au reste , tout ce 
^ue pon^ venons de dire de^ régions ce doit s'entendre que 
des plantas sauvages; car, difi qpe hs graines d'une espèce 
trouvent , où que ce soit , jun clim^ fit iin l^r^ain convena* 
blfs, .eU^s p^^uveoit s'y dév«lp|>per cfH^m^ dans leiir^el na- 
tal- Ce fait JMm am^i^ â Vidi» déjà iadiquét plus ^ut, 



4» 6 GÈO 

savoir, que les stations tiennent' uniquement à des cattsej 
physiques agissant actuellement, et que les habitations pour» 
roient bien avoir été en partie déterminées par des causes 
géologiques qui n^xistenti plus- aujourd'hui. Dans cette hy^- 
pothése on concevroit facilement- pourquoi certaines plantes 
ne se. trouvent jamais sauvages dans des lieux où elles viea* 
nent parfaitement dés qu'on les y apporte. Mais cette 
théorie participe, il faut l'avouer, à l'incertitude de toutes 
les idées relatives à^ l'état ancien de notre globe et à l'ori- 
gine primitive des êtres organisés. 

Sous le premier rapport , on pourroit se demander , avec 
quelques .physiciens, si les parties les plus élevées du globe, 
ayant été les premières découverte3 par les eaux, n'ont pas 
dû être les preniiéres peuplées de végétaux, et servir comme 
de centres d'où les plantes se seroient dispersées de tous côtés* 
Cette hypothèse seroit assez d'accord avec Vidée des régions; 
mais la différence de tempéi^ture des plaines et des mon*^ 
tagnes, aussi bien que la circonstance, observée plus haut, 
que certaines chaînes de montagnes semblent plutôt servir 
de limites que de centres de végétation , empêche de pouvoir 
donner trop d'importante à cette idée , que le célèbre Wili'^ 
denow paroissoit avoir adniise. 

Dira-t*>on , avec quelques' autres naturalistes, que les ter^ 
rains primitifs ontidû les premiers se couvrir de végétaux, 
ceux-ci ayant dû précéder le développement des animaux ^ 
et par conséquent la forpiation des terrains secondaires ? 
Dans cette idée, les parties primitives du globe devroient 
être les centres des régions; mais^ outre' qu'il est. difficile de 
reconnoitre des traces de cette dispersion, il est très-douteux 
que les espèces de plantes qui végètent aujourd'hui soient 
les mêmes que celles qui ont dû exister avant les terrains 
secondaires, et dont nous trouv<)ns des empreintes ou des 
débris dans ces terrains. Cette étude curieuse , commencée 
il y a peu de temps, au moins avec quelque exactitude, par 
M. de Sternberg, et que M. Adolphe firongniart, tout jeune 
qu'il est, paroît déjà destiné à perfectionner; cette étude, 
dis-je, semble indiquer que nos espèces végétales sont diffé' 
rentes des espèces antédiluviennes, et que par conséquent il 
y a eu développement d'une nouvfiile végétation depuis 1^ 
formation des terrains secondaires. 



Que sefoit-K^e, si de ces considérations ]iui*eztient géolo'* 
giques notis passions à celles qui tiennent aux bases, et }t 
dirois volontiers à la métaphysique de Thistoire naturelle ? 
Toute la théorie de la géographie botanique reposa sur l'idée 
que Ton se fait de Forigîne des êtres organisés et de la peiv 
inahence des espèces. Je n'entreprendrai point djs discutet 
ici ces deux questions fondamentales et peut-être insolubles; 
mais je ne puis me dispenser de faire remarquer leurs rap-- 
pol*ts avec Tétude de la distribution des végétauXé 

Tout l'article qu'on vient de lire est rédigé en Suivat^f 
Fopinion que les espèces des êtres organisés sont perma-* 
neiites , et que tont individu vivant provient d'un autre 
être semblable à lui .* j'ai cherché à montrer qu'^n suivant 
cette opinion , à laquelle tous les faits certains nous conduis* 
sent, et qu'on n'attaque qu'en combinant les conséquences 
de faits douteux ou ambigus, on pouvoit se rendre raison 
de la plus grande partie de la géographie des plantes. Que 
si l'on vient à dire que la permanence des espèces n'est pas 
prouvée , je répondrai qu'elle l'est au moins dans certaines 
limites : si l'on vient à trouver que deux ou trois plantes 
voisines , prises pour des espèces , sont des variétés ^ nous 
étendrons «eulement les bornes qui circonscrivent telle ou 
telle espèce ; mais l'idée même d'espèce n'en sera pas altérée» 
De ce que les botanistes ont quelquefois admis trop d'espèces , 
parce qu'ils ont mis trop d'importance à des caractères dé* 
duits des parties les plus visibles, mais les mains essentielles ^ 
des organes de la végétation , peut-on raisonnablement con^ 
çlure que les organes de la fructification participent à la 
même incertitude , et qu'il n'existe pas d'espèces fixes P Je ne 
le pense pas, et je ne vois pas que ceux- mêmes qui sou- 
tiennent ces idées, se conduisent d'après elles. La plupart 
sont obligés de convenir qu'au moins dans les êtres d'orgaai* 
sation compliquée , lorsqu'une fois les types des espèces sont 
fixés, ils sont constans dans des limites données: c'est ce 
qu'on, observe dans tous les êtres des deux règnes organisés 
dont l'anatomie est bien connue. Mais quelle preuve a-t-^on 
qu'il en soit autrement dans les êtres à organes moins distincts 
et moins bien connus P On auroit facilement soutenu , avant 
Hedwig j qu'il n'existoit point d'espèces constantes dans les 



4i8 GEO 

mousses : aujourd'hui on est obligé de se rejeter dans les cham- 
pignons, dans les algues, pour citer des exemples qu'6n ne 
puisse pas arguer d'erreur dès le premier examen. Singulière 
logique que celle où Ton néglige à dessein les conséquences 
de tous les faits bien connus, pour établir les théories générales 
sur des faits mal connus et bornés à un petit nombre d'êtres ! 

L'identité plus fréquente des cryptogames , dans divers pays 
éloignés , a paru un argument en faveur de leur production 
par les élémens extérieurs; mais nous avons vu qu'on peut 
l'expliquer par l'agitation permanente de l'atmosphère ; et les 
partisans des formations spontanées me sembleroient , au con- 
traire , dans l'impossibilité d'expliquer le fait général et in- 
contestable , qu'un grand nombre d'espèces bien déterminées 
ne se trouvent que dans une région , et ne se rencontrent pas 
sauvages dans des pays où toutes les circonstances leur sont 
favorables et où elles vivent très-bien lorsqu'on les y sème. 

Jusqu'à présent les variétés des végétaux paroissent se ranger 
sous deux chefs généraux : celles qui sont produites par les 
élémens extérieurs actuels et qui sont modifiables par des 
circonstances contraires , et celles qui sont formées par Fhy- 
bridité et que les circonstances extérieures ne paroissent pas 
altérer. Les différences constantes des végétaux nés dans 
diverses régions ne semblent se rapporter ni à l'une ni à 
l'autre de ces classes : on ne peut les attribuer aux circons- 
tances externes , car d'autres circonstances ne les détruisent 
pas; on ne peut les attribuer à l'hybridité, car l'hybridîté 
ou le croisement des races suppose nécessairement le rap- 
prochement des êtres analogues. Je comprends très -bien, 
quoique je ne partage pas complètement cette opinion, 
je comprends et j'admets, dans quelques cas, que, dans 
un pays où se trouvent rapprochées plusieurs espèces des 
mêmes genres, il peut se former des espèces hybrides, ;et je 
sens qu'on peut expliquer par là le grand nombre d'espèces 
de certains genres qu'on trouve dans certaines régions; mais 
je ne conçois pas comment on pourroit soutenir la même 
explication pour des espèces qui vivent naturellement à de 
grandes distances. Si les trpis mélèzes connus dans le monde 
vivoient dans les mêmes lieux, je pourrois croire que l'un 
d'eux est le produit du croisement des deux autres; mais 






GEO 419 

je ne sauirois admettre que, par exemple, Tespéce de Sibé» 
rie ait été produite par le croisement de celles d'Europe et 
d^Amérique. Je vois donc qu'il existe , dans les êtres organisés, 
des dififérences permanentes qui ne peuvent être rapportées 
à aucune des causes actuelles de variations } ce sont ces diffé*^ 
rences qui constituent les espèces : ces espèces sont distribuées 
sur le globe en partie d'après des lois qu'on peut immédiate^ 
ment déduire de la combinaison des lois connues de la phy- 
siologie et de la physique , en partie d'après les lois qui parois- 
sent tenir à l'origine des choses et qui nous sont inconnues. 

Tel est, en résumé, le point où la géographie botanique 
est obligée de s'arrêter. Ne perdons pas de vue que cette 
science n'a pu commencer que lorsque l'étude des espèces 
a été assez avancée pour lui fournir des faits nombreux et 
constatés , et que , d'un autre c6té , il importe de l'étudier 
beaucoup , afin d'en fixer les bases avant que les rapports de 
commerce , les naturalisations , les voyages , les cultures dans 
les jardins , aient achevé de confondre toutes les régions les 
unes avec les autres, et quelquefois même aient lié les 
espèces entre elles par des productions intermédiaires. 

Four donner une idée , et du degré réel de confiance qu'on 
peut accorder aux résultats des connoissances' acquises au- 
jourd'hui , et du nombre des espèces qui restent à découvrir 
pour pouvoir établir la géographie des plantes sur la con* 
noissance réelle des espèces, je terminerai cet article en 
rappelant un calcul approximatif,^ que j'ai mentionné aiU 
leurs S sur le nombre proportionnel des espèces connues et 
de otlles qui restent à découvrir sur le globe* 

Le catalogue Iç plus complet du régne végétal que nous 
possédions aujourd'hui , VEnchiridium de M. Persoon , con- 
tient 31,000 espèces, sans compter les cryptogames, qu'on 
peut estimer à 6ooo. Depuis lors les grands ouvrages de 
MM. Brown , de Humboldt , Pursh , etc., en ont fait connoitre 
plusieurs milliers , et il existe , dans Içs collections des natu« 
ralisteijS, un nombre très-considérable de plantes qui, quoi- 
que non décrites , ne peuvent pas être considérées comme 
inconnues* Pour avoir une idée approximative du nombre 

I Bibliotk. unir. 4et science» , toI. 6, p. 119» 



420 GEÔ 

total des espèces , soit décrites , soit rëiinies dans les collée** 
tions , î^ai compaf é le nombre des espèces des familles dont 
j'ai été en dernier lieu appelé à faire des monographies , avec 
le nombre que les mêmes genres présentent dans Persoon ; 
roici le résultat de cette comparaison* 

Dans persoon^ Dans leSyst. univ. 

Kenoncu lacées 268 5o^ 

Dilléniacées ai 90 

Magnoliacées ...... 21 87 

Anonacëes 44 to5 

MeniAperméea 87 ...... 80 

Berbéridées 23 5o 

Podophjllées 4 ...... 6 

Nymphaeacées ..*... i5 ...... 3o 

PapaT^racéet 27 ...... 53 

Fumariacëea. ...... 32 49 

Crucifères 604 970 

Gapparidées 70 2i5 

1064 ^194 

Si divers botanistes faisoîent dènc simultanément le même 
travail sur tontes les familles du règne végétal , les 27,000 
espèces indiquées dans Touvrage de Persoon se trouveroient 
portées à 56,ooo. Il n'est, en effet, nullement probable qu'il 
y ait eu dans les livres et dans les collections modernes plus 
d'augmentations dans ces douze familles que dans toutes les 
autres ; la plus grande portion de ce calcul repose même sur 
deux familles européennes et qu'on croyoit des mieux con- 
nues. En me bornant à dire que le nombre des espèces dé- 
erites ou observées dans les collections est de 56, 0.00 , je suis 
probablement au - dessous et non au - dessus de la vérité. 

Mais quelle proportion du nombre réel des végétauf dn 
globe représentent ces cinquante-six mille espèces déjà ac- 
quise» pour la science ? Si Ton calcule que c'est depuis trente 
ans que le plus grand nombre a été recueilli ; si l'on com- 
pare le nombre proportionnel des espèces européennes et 
étrangères; si , enfin, l'on cherche à se faire une idée de l'é- 
tendue des pays peu ou point parcourus par les botanistes 
et du nombre des végétaux qu'ils doivent renfermer , on ar- 
rive par ces voies diverses à ce même résultat , qu'il est 
probable que nous n'avons encore recueilli que la moitié des 
végétaux du globe , et que par conséquent le nombre total des 
espèces peut être évalué entre iio^ooo et ii^o,ooo : nombre 



GEO 4" 

immense 9 qui tend à prouver Tadmirable fécondité de la na- 
ture ; qui démontre la nécessité de perfectionner , autant que 
possible , les méthodes de classification naturelle; qui doit , en- 
fin , montrer aux voyageurs et aux botanistes qu'il reste beau- 
coup à recueillir et à observer dans tous les pays du monde, v 

On voit par ce qui précède , que les lois de la géographie 
botanique ne sont guères établies que sur la connoissance 
souvent incomplète d'un quart des végétaux du globe. Ce 
nombre , tout borné qu'il est , peut suffire pour donner une 
idée de la théorie des stations , parce que l'étude d'une 
seule région suffit pour expliquer une foule de faits com- 
muns à toutes; mais, quant-à la théorie des habitations ^ 
nous avons besoin de recherches nombreuses et exactes. Les 
travaux qui^ pour l'avancement de cette partie de la science, 
me paroissent les plus dignes d'être recommandés aux obser- 
vateurs, sont les suivans. 

I^ importe d'abord de multiplier les Flores locales dans 
diiférens points du globe , en ayant soin de mettre .plus de 
précision , qu'on ne l'a fait généralement , aux limites géo- 
graphiques de l'espace dont on décrit la végétation , aux 
élévations absolues auxquelles les plantes vivent dans di>- 
verses localités , et à l'état habituel des milieux ou élémens 
qui peuvent influer sur la végétation. 

Les Flores des îles offrent en particulier un intérêt réel , 
soit par les bizarreries qu'elles présentent , soit parce que 
le travail, étant circonscrit , peut être fait avec exactitude* 

Il importe que les voyageurs ne se contentent pas seule- 
ment de noter qu'ils ont trouvé telle espèce connue dans 
tels lieux , mais qu'ils rapportent des échantillons qui puis- 
sent en constater l'identité. Il est encore à désirer qu'ils 
notent avec soin les circonstances locales qui peuvent faire 
présumer si l'espèce est réellement indigène, ou si elle 9, 
été naturalisée ; si elle vit en société ou éparse , si elle est 
abondante ou rare dans le pays : en un mot , des détails 
précis et variés sur les stations et les habitations des plantes 
sont absolument nécessaires pour donner une marche plus cer- 
taine à la géographie botanique. J'ose recommander tes recher? 
ches aux voyageurs .: il est, je le répète ^ instant de les faire 
avant que la civilisation ait trop changé la surface du globe* 



422 GEO 

Quant aux botanistes sédentaires, leur rAIe pour Tavance- 
ment dç la géographie botanique est de comparer tous les 
résultats obtenus par les voyageurs , pour en déduire les géné- 
ralités. 11 seroit fort précieux, pour faciliter ce travail, que 
quelque savant exact et laborieux voulût bien compulser 
toutes les Flores déjà publiées, et les ranger dans Tordre des 
familles naturelles, afin de pouvoir profiter , sans trop de 
perte de temps, des documens déjà acquis par la laborieuse 
activité des naturalistes. Je ne doute point qu*un pareil tra* 
vail ne fasse naître dans l'esprit de celui qui Fentreprendroit 
une foule d'idées nouvelles et de rapprochemeus ingénieux. 
' Il seroit encore singulièrement utile et à ce genre de re- 
cherches, et à plusieurs autres branches des sciences, qu'il 
«e publiât enfin un résumé exact et complet des çonnois- 
sances acquises sur l'état actuel de la géographie physique 
/et de cette partie de la physique générale qui fait réelle- 
ment partie de la géographie. Assez long -temps, dans les 
livres élémentaires consacrés à cette étude , nous n'avons vu 
que les divisions politiques et les travaux des hommes; il est 
temps que nous possédions quelque recueil , soit méthodique , 
soit même alphabétique , sui* la nature même des pays divers. 
Si , eli formant ces vœux , je pouvois déterminer quelque 
savant à exétuter ces travaux , j'aurois sans doute plus con- 
tribué à l'avancement de la géographie botanique que par l'es- 
quisse bien imparfaite que je viens d'en présenter. (DeCand.} 



Sur les lois que Von ohserve dans la distribution des 
formes végétales s par Alexandre de Humboldt, ' 

Les rapports numériques des formes végétales peuvent 
éire considérés de deux nfanières très-distinctes. Si Ton 
étudie les plantes, groupées par familles naturelles, sans 
avoir égard à leur distribution géographique , on demande 
qjuels sont les types d'organisation d'après lesquels lé plus 
grand nombre d'espèces sont formées? Y a-t-il plus ^de Glu- 

■ 1 Cet article est tire de la seconde éditiou^ inédite j de ta Géographie 
de» plantes de M, de Hivobûldt. . 



GEO 425 

mktéeB que de Composées sur le globe P ces deux tribus de 
végétaux font-elles ensemble le quart des Phanérogames ? quel 
^st le rapport des Monocotylédonées aux Dicotylédonées P Ce 
sont là des questions de phytologie générale , de la science 
qui examine l'organisation des végétaux et leur enchaîne- 
ment mutuel* Si Ton envisage les espèces qu'on a réunies 
d'après Tanalogie de leur forme, non d'une manière abstraite, 
mais selon leurs rapports climatériques ou leur distribution 
sur la surface du globe , les questions que l'on se propose 
offrant un Intérêt beaucoup plus varié. Quelles sont )es 
familles de plantes qui dominent sur les autres Phanéro* 
games plus dans la zone torride que sous le cercle polaire ? 
les Composées sont-elles plus nombreuses , soit à la même la- 
titude géographique , soit sur une même bande isotherme , 
dans le nouveau continent que dans l'ancien P Les types qui 
dominent moins en avançant de Téquateur au pôle, suivent- 
ils la même loi de décroissement à mesure qu'on s'élève vers 
le sommet des montagnes équatoriales ? Les rapports des fa- 
milles entre elles ne varient-ils pas sur des lignes isothermes 
de même dénomination, dans les zones tempérées au nord 
et au sud de l'équateurP Ces <[uestions appartiennent à la 
géographie des végétaux proprement dite; elles se lient aux 
problèmes les plus importalis qu'offrent la météorologie et 
la physique du globe en général. De la prépondérance de 
certaines familles de plaintes dépend aussi le caractère du 
paysage, l'aspect d'une nature riante ou majestueuse. L'abon- 
danee des Graminées qui forment de vastes savanes, celle 
des Palmiers ou des Conifères , ont influé puissamment sur 
l'état social des peuples-, sur leurs mœurs, et lé développe- 
ment plus ou moins lent des arts industriels. 

£n étudiant la distribution géograpl^ûe des formes, 'on 
•peut s'arrêter aux espèces , aux genres et aux familles na- 
turelles (Humboldt, Prolog, in JSoif, Gen,, tom. I, p- XIII , 
LI et 33). Souvent une seule espèce de plantes, surtout 
parmi celles que j'ai appelées sociales , couvre une vaste 
étendue de pays. Telles sont, dans le nord, les bruyères et 
les forêts de pins ; dans l'Amérique équinoxiale , les réunions 
de Cactus , de Croton, de Bambusa et de Brathys de la même 
espèce. 11 est curieux d'examiner ces rapports de multiplica» 



424 GEO 

iion et de développement organique : on peut demander 
quelle espèce , sous une zone donnée , produit le plus d'in- 
diyidus ; on peut indiquer les familles aulcquelles y sous dif- 
férens climats , appartiennent les espèces qui dominent sur 
les autres. Notre imagination est singulièrement frappée de 
la prépondérance de certaines plantes que Ton considère à 
cause de leur facile reproduction, et du grand nombre d'in^ 
dividus qui offrent les ukètaes caractères spéciûques , comme 
les plantes les plus vulgaires de telle ou telle zone. Dans une 
région boréale où les Composées et les Fougères sont aux 
Phanérogame^ dans les rapports de i : i3 et de^i : 26 (c'est- 
à-dire, où Ton trouve ces rapports en divisant le nombre 
total des Phanérogames par le nombre des espèces de Com- 
posées et de Fougères), une seule espèce de fougères peut 
occuper dix fois autant de terrain que toutes les espèces 
de Composées ensemble. Dans ce cas, les Fougères dominent 
sur les Composées par la masse, par le nombre des individus 
appartenant aux mêmes espèces de Fteris ou de Polypo- 
dium ; mais elles ne dominent pas , si Ton compare à la 
somme totale des espèces de Phanérogames les formes diffé- 
rentes qu'offrent les deux groupes de Fougères et de Com- 
posées. Comme la multiplication de toutes les espèces ne 
suit pas les mêmes lois, comme toutes ne produisent pas 
le même nombre ^individus y les quotiens obtenus en divi- 
^nt le nombre total des Phanérogames par le nombre des 
espèces des différentes familles ne décident pas seuls de 
l'aspect , je dirois presque du genre de monotonie de la 
nature dans les différentes régions du globe. Si le voyageur 
est frappé de la répétition fréquente des mêmes espèces, de. 
la vue de celles qui dominent par leur masse , il ne Test pas 
moins de la rareté des individus de quelques autres espèces 
utiles à la société humaine. Dans les régions où les Rubiacées, 
les Légumineuses ou les Térébinthacées composent des forêts, 
on est surpris de voir combien sont rares les troncs de certaines 
espèces de Cincbona , d'Hsematoxylum et de Baumiers. 

En s'arrétant aux espèces, on peut aussi, sans avoir égard 
jt leur multiplication et au nombre plus ou moins grand 
des individus, comparer sous chaque zone , d'une manière 
absolue, les espèces qui appartiennent à différentes familles. 



GEO 4>5 

Cette comparaison intéressante a été faite 4an) le grand 
:Ottvri^e de M,. De Candolle {Regni vegtlabiliâ Systema JV^ 
larœy U i, p. 128, 396, 439, 464^ 610). M, Kunth l'a 
tentée sur plus . de 3 S 00 Composées déjà connues jusqu'à 
ce jour. (Nov. gen., t. 4, p. 238). Elle n'indique pas quelle 
famille domine au même degré sur les autres Phanérogames 
indigènes, soit parla masse des individus, soit par le nombrç 
des espèces ; mais elle offre les rapports numériques entre 1er 
espèces d'une même famille appartenant à difierens pays. 
Les résultats de cette méthode sont généralement plus précis, 
parce qu'on les obtient sans évaluer la masse totale des 
Phanérogames, après s'être livré avec soin à l'étude de 
quelques familles isolées. Les formes les plus variées, des 
Fougères , par exemple , se trouvent sous les tropiques ; 
c'est dans les régions montueuses, tempérées, humides et 
ombragées de la région équatoriale , que la famille àts Fou- 
gères renferme le plus d'espèces. Dans la sone tempérée, 
il y en a moins que sous les tropiques ; leur nombre ab- 
solu diminue encore en avançant vers le pèle .* mais comme 
la région froide,, par exei^ple, la Laponie, nourrit des e»- 
pèces de Fougères qui 'résistent plus au froid que la grande 
masse des Phanérogames, les Fougères, par le nombre des 
espèces, dominent plus sur les autres plantes en Laponie 
qu'en France et en Allemagne. Les rapports numériques 
qu'offre le tableau que j'ai publié dans mes Prolegomena de 
distributione geographica plantarum, et qui reparoît ici per- 
fectionné par les grands travaux de M. Robert Brown , dif- 
fèrent entièrement des rapports que donne la comparaison 
absolue des espèces qui végètent sous les zones diverses. La 
variation qu'on observe en se portant de Téquateur aux pôles , 
n'est par conséquent pas la même dans les résultats des deux 
méUiodes. Dans celle des fractions que nous suivons, M. Brown 
et moi , il y a deux variables , puisqu'en changeant de latitude , 
ou plutôt de zone isotherme , on ne voit pas varier le nombre 
total des Phanérogames dans le même rapport que le nombre 
des espèces qui constituent une même famille. 

Lorsque des espèces ou des individus de même forme qui se 
reproduisent d'après des loi? constantes , on passe aux divi- 
sions de la méthode naturelle qui sont des abstractions diyer» 



«26 GEO 

sefnerU gMduées, oii'peut s'arrêter aixx genres, aux famille , 
ou à des sections plus générales encore. Il 7 a quelques genres 
et quelques familles qui appartiennent exclusivement à de 
certaines zones, k une réunion particulière de conditions 
elimatériques ; mais il 7 a un plus grand nombre de. genres 
et de familles qui ont des représentans sous toutes les zones 
et à toutes les hauteurs. Les premières recherches qui ont 
été tentées sur la distribution géographique des formes, 
celles de M. Treviranus, publiées dans son ingénieux ou- 
vrage de Biologie (tom. 2, pag. 47, 63, 83, 129), ont eu 
pour objet la répartition des genres sur le globe. Cette 
méthode est moins propre à présenter des résultats généraux , 
que celle qui compare le nombre des^ espèces de chaque fa- 
mille ou des grands groupes d'une même faniille à la messe 
totale des Phanérogames. Dans la zone glaciale , la variété 
des formes génériques ne diminue pas au même degré que 
la variété des espèces : on y trouve plus de genres dans un 
moindre nombre d'espèces (De Candolle, Théorie élément. , 
p. 1 90 ; Humboldt , Nova gen, , tom. 1 , pag. XVII et L ).. Il en 
est presque de même sur le sommet des hautes montagnes , qui 
reçoivent des colons d'un grand nombre de genres que nous 
croyons appartenir exclusivement à la végétation des plaines. 
J'ai cru devoir indiquer les points de vue différens sous 
lesquels on peut envisager les lois dé la distribution deè 
végétaux.. C'est en les* confondant que Ton croit trouver 
d^ contradictions qui ne sont qu'apparentes, et que l'o^n 
attribue à tort à Tincertitude* des observations ( Berliner 
Jahrhiicher der Gewâchshande , Bâ, 1, p. 18, 21, 3o). Lors- 
qu'on se sert des expressions suivantes : <c cette forme ou 
« cette famille se perd vers la zone glaciale; elle a sa vé- 
« ritaWe patrie sous tel ou tel parallèle; c'est une forme 
« australe; elle aboilde dans la zone tempérée; ^ il faut 
énoncer expressément si l'on considère le nombre absolu 
des espèces , leur fréquence absolue croissante ou décrois- 
sante avec les latitudes , ou si l'on parle des familles qui do- 
minent, au même degré, sur le reste des plantes phanéro- 
games. Ces expressions sont justes ; elles offrent un sens 
précis , si l'on distingue les différentes méthodes d'après 
lesquelles on peut étudier la variété des formes. L'île de 



VrEO 4^7 

Cuba (pour citer ub exemple aûsrtpgue et tifé de l'écoùoiniè 
politique) renferme beaucoup plus d'individus de race afri- 
caine que la Martinique ; et cependant la masse de ces indî* 
vidus domine bien plus sur le nombre des bhincs dans cette 
dernière île que dans celle de Cuba. 

Les progrès rapides qu'a faits la géographie des plantes de- 
puis douze ans , par les travaux réunis de MM. Brown ; Wah- 
lenberg, De Candolle, Léopôld dëBuch, Pari'ôt, Ramond, 
ScbouVv et Hornemahn , sont dus , en grande partie; aux avan- 
tages de la méthode naturelle de M. de Jussieui En suivant 9 je 
ne dirai pas les classifications artificielles du système sexuel , 
mais les familles établies d'après des principes vagues et erronés 
(^Dumosœ,' C&rydûles , Oleraeeœ), on Hé reconnôît plus les 
grandes lois physiques dans la distribution des végétaux* sur 
le globe. C'est M. Robert Brown qui ; dans un 'mémoire cé- 
lèbre sur la végétation de la Nouvelle-Hollande, a fait con- 
«oltre le premier les véritables rapports entre lés grandes divi- 
sions du règne végétal , les Acotylédonées , les Monocotylédo- 
nées et les Dicotylédonées (Brown, daûs Flihder's voyage ta 
Terra australis, tom. 2 , p. 638 ; et Ohsen^* sjsL et geographical 
en the herhar, ofthe Congo, p. 3). J'ai essayé, en 18 1 5 , de suivre 
ce genre de recherches, eh l'étendant aux dîfférens ordres 
bu familles naturelles. La physique du globe a ses élerhenè 
numériques, .comme le isystème'du monde, et l'on ne pair*- 
viendra que par lelB travaux réunis des botanistes voyageurs 
à reconnoître.les véritables lois* de la diétributibn des végé- 
taux. Il ne s'agit pas seulement de grouper des faits; il faut, 
pour obtenir des- appro:i^imations plus précises (et nous ne 
prétendons donner que des approximations), discuter les cir- 
eoiistances diverses sous lesquelles les observations ont été 
faites. Je pense, comme M. Brown , qu'on doit préférer , en 
général, aux calculs faits sur les inventaires incomplets dé 
toutes les plantes publiées , lés exemples tirés de pays considéra- 
blement éteiidus, et dont la Flore est bien connue, tels que 
la France , l'Angleterre, l'Allemagne et la Laponié. Il seroit à 
désirer qu'on eût déjà une' Flore complète de deux terrains 
de 20,000 lieues carrées , dépourvus de hautes montagnes et 
de plateaux , et situés entre les tropiques dans l'ancien et le 
nQuveâU'Siende* Jusqu'à ce que ce vœu soit accompli, il 



4aô GEO 

faut se contenter des graitds herbiers formes par des voya- 
geurs qui ont séjourné dans les deux hémisphères* Les habita- 
tions des plantes sont si vaguement et si incorrectement in- 
diquées dans les vastes compilations connues sous les noms 
de Systema vegetahilium et de Species plantarum , qu'il seroit 
trés-dangereux de s'en servir d'une manière exclusive. Je n'ai 
employé ces inventaires que subsidiairement , pour contrôler 
et modifier un peu les résultats obtenus par les Flores et les 
herbiers partiels» Le nombre des plantes équinoxiales que 
nous avons rapportées en Europe , M. Bonpland et moi , et 
dont notre savant collaborateur, M. Kunth, aura bientôt 
terminé la publication, est peut-être numériquement plus 
grand qu'aucun des herbiers formés entre les tropiques : mais 
Il se compose de végétaux des plaines et des plateaux élevés 
ies Andes, Les végétaux alpins y sont même beaucoup plus 
considérables que dans les Flores de la France , de l'Angleterre 
et des Indes, qui réunissent aussi les productions de différens 
climats appartenant à une même latitude. En France, le nom- 
bre des espèces qui végètent exclusivement au-dessus de 5oo 
toises de hauteur , ne paroît être qUe ^ de la masse entière des 
Phanérogames (De Cand. , dans les Mém, d'Arcueil, t. 3 , p. 295). 
Il sera utile de considérer un j our la végétation des tropiques 
et celle de la région tempérée , entre les parallèles de 40^ et 
de 5o*, d'après deux méthodes différentes, soit en cherchant 
les rapports numériques dans l'ensemble des plaines et des 
montagnes qu'offre la nature sur une grande étendue de 
pays , soit en -déterminant ces rapports dans les plaines seules 
de la zone tempérée et de la zone torride. Comme nos her* 
biers sont les seuls qui font connoître , d'après un nivelle^ 
ment barométrique , pour plus de 4000 plantes de la région 
équinoxiale , la hauteur de chaque station au-dessus du niveau 
de la mer , on pourra , lorsque notre ouvrage des Nova 
gênera sera terminé , rectifier les rapports numériques du ta- 
bleau que je publie aujourd'hui, en défalquant des 4000 Pha- 
nérogames que M. kunth a .employés à ce travail ( ProUgom. ^ 
pag. XVI ) les plantes qui croissent au-dessus de mille toises » 
et en divisant le nombre total des plantes non alpines de 
chaque famille par celui des végétaux qui viennent dans les 
régions froides et tempérées de l'Amérique équinoxiale. Cette 



(xÉO 4a* 

manière d'opërei* doit afifbcter le pîiis , eomme nous le ver- 
tons tantôt , les familles qui ont des espèces alpines très-nom* 
breuses^ par exemple, les Graminées et les Composées. A 
looo toises d'élévation, la température moyenne de l'air est 
encore, sur le' dos des Andes équàtoriales, de 17* cent., égale 
à celle du mois de Juillet à Paris. Quoique sur le plateau 
des Cordillères on trouve la même température annuelle 
que dans les hautes latitudes (parce que la ligne isotherme de 
8"*, par exemple, est la trace marquée dans 'les plaines par 
rintersection de la surface isotherme de 8^ avec la surface du 
sphéroïde terrestre), il ne faut pas trop généraliser ces 
analogies des climats tempérés . des montagnes équatoriales 
avec les basses régions de la tone circompolaire. Ces ana- 
logies sont ipoins grandes qu'on ne le pense ; elles sont mo- 
difiées par riniluence de la distribution partielle de la cha- 
leur dans les différentes parties de l'année (Pro^eg. , p. LIV, 
et mon Mémoire sur les lignes isothermes; p. i37). Les quo' 
tiens ne changent pas toujours en montant de la plaine vers ^ 
les montagnes, ^e la même manière qu'ils changent en ap^ 
prochant du pôle : c'est le cas des Monocotylédonées consi- 
dérées en général; c'est le cas des Fougères et des Composées* 
{Proleg.^ pag. LI et LII; Brown, on Congo y pag. 6.) 

On peut d'ailleurs remarquer que le développement des 
végétaux de différentes familles et la distribution des for- 
mes ne dépendent ni des latitudes géographiques seules, ni 
même des latitudes isothermes; mais que les quotiens ne 
sont pas toujours semblables sur une même ligne isotherme 
de la zone tempérée , dans les plaines de l'Amérique et de 
l'ancien continent. Il existe sous les tropiques une diffé- 
rence très - remarquable entre l'Amérique, Tlnde et les 
côtes occidentales de l'Afrique. La distribution des êtres 
organisés sur le globe dépend non -^seulement de circons- 
tances climatériques très -compliquées; mais aussi de causes 
géologiques qui nous sont entièrement inconnues , parce 
qu'elles ont rapport au premier état de notre planète. Les 
grands Pachydermes manquent aujourd'hui dans le nouveau 
monde , quand nous les trouvons encore abondamment , 
sous des climats analogues, en Afrique et en Asie. Dans 
la Eone équiaoxiale de l'Afrique la famiiie des FalmiêFS 



j 



/ 



43o GEO 

est bien peu aoiii]»reu8e , comparée au grand nombre à^&f 
pèces de TAmérique méridionale. Ces différences 9 loin de 
nous détourner de la recherche des lois de la nature, doi- 
vent nouç exciter à étudier ces lois dans toutes leurs com- 
plications. Les lignes d'égale chaleur ne suivent pas les paral- 
lèles à Téquateur j elles. ont, comme j'ai tâché de le prouver 
ailleurs, des sommets convexes et des^omme^ concaves, qui sont 
distribués tr^^égulièrement sur le globe, et forment diffé- 
rens systèmes le long des côtes orientales et occidentales des 
deux mondes, au centre des con^iqens et^dansla proximité 
des grands bassins de^ viers. U est probable que , lorsque des 
physiciens^botanistes apront piircouru une plus va&te étendue 
du globe , . on trouvera que souvent les lignes des . maxima 
d'agroupement ( Jeis lignes tirées par les points où les fractions 
son^ réduites, au dénoniinateur le plus, petit) dévient dea 
lignes isothernies. £n diyisant le globe par bandes longitu- 
dinales, copiprises entre deux méridiens , et en en comparant 
les rapports numjériques sous les mêmes .latitudes isothermes , 
on reconnoîtra l'existence de différens systèmes d'agroupement. 
Déjà , dans l'état actuel de no& connoissances , nou3 pouvons 
distinguer quatre systèmes de végétation , ceux du nouveau 
continent , de l'Afrique occidentale , de l'Inde et de la Nou« 
velle-Hollande. pe ménie que , malgré l'accroissement régu- 
lier de la chaleur moyenne, du pôle à J'équateur , le maximjimr 
de chaleur n'est- pas identique dans, les différentes riions 
par différens degrés de longitude , il existe aussi des lieux 
où certaines familles atteignent un développement plus grand 
que partout ailleurs : c'est le cas de la famille des Composées 
dans la. région tempérée de l'Amérique du nord, et surtout à 
l'extrémité australe de l'Afrique. Ces accun^ulations partielles 
déterminent la physionomie 4e la végétation r Qt sont ce que 
l'on appelle vaguement les traits caractéristiques du paysage* 
'Dans.toutelazone iempérée les Glumacées et les Composées 
font ens.emble plus d'un quart des Phanérogames. U résulte de 
ces mêmes recherches,. que les formes. des êtres organisés se 
trouvent dans une dépendance mutuelle. L* unité de la nature 
est telle, que les formes se sont limitées les. unes > les autres 
d'après des lois constantes et immuables. Lorsqu'on connoît sur 
un point quelconque du globe le nombre d'espèo^qu'offre une 



GEO 4S1 

grande famille (p. ex. , celle des Glumacées 9 des Composées oui 
des Légumineuses), on peut évaluer avec beaucoup de proba-^ 
bilité, et le nombre total des plantes phanérogames, et le 
nombre des espèces qui composent les autres familles végétales. 
C'est ainsi qu^en connoissant , sous la zone tempérée j le nombre 
des Cypéracées ou des Composées, on peut deviner celui des 
Graminées ou des Légumineuses. Ces évaluations nous font 
voir dans quelles tribus de végétaux les Flores, d'un pays sont 
encore incomplètes : elles sont d'autant moins incertaines que 
l'on évite de confondre les quotiens qui appartiennent à diffé- 
rens systèmes de végétation. Le travail que j'ai tenté sur les 
plantes, sera sans d6ute appliqué un jour avec succès aux dif- 
férentes classes des animaux vertébrés. Dans les zones tempé- 
rées il y a près de cinq fois autant d^oiseaux que de mammi^ 
fères , et ceux-ci augmentent beaucoup moins vers l'équateuc 
que les oiseaux et les reptiles. 

La géographie des plantes peut être considérée comme une 
partie de la physique du glohe. Si les lois qu'a suivies la. na* 
ture dans la distribution des formes végétales étoient beau<f . 
coup plus compliquées encore qu'elles ne le paroîssent au 
premier abord, il ne faudroit pas moins les soumettre à des 
recherches exactes. On n'a pas abandonné le tracé des 
cartes lorsqu'on s'est aperçu des sinuosités des fleuves et de 
la forme irrégulière des côtes. Les lois du magtiétisme se 
sont manifestées à l'homme dès que l'on a commencé à tracer 
les lignes d'égale déclinaison et d'égale inclinaison , et que 
l'on a comparé un grand nombre d'observations qui parois^ 
soient d'abord contradictoires. Ce seroit oublier la marche 
par laquelle les sciences physiques se sont élevées progrès»' 
sivemènt à des résultats certains , que de broîre qu'il n'est 
pas encore temps de chercher les élémens numériques de la 
géographie des plantes. Dans l'étude d'un phénomène com-» 
pliqué; on commence par un aperçu général des conditions, 
qui déterminent ou modifient le phénomène ; mais , après J 

avoir découvert de certains rapports , on trouve que les pr^ 
miers résultats auxquels on s'est arrêté, ne sont pas assez dé- 
gagés des^nfluences locales : c'est alors qu^on modifie et cor- 
rige les élémens numériques, qu'on reconnoît de la régularité 
dans les effets mêmes des perturjtMtiQi^s partiçUçs. ï^ cri* 



4»a GEO 

tique s'exerce sur tout ce qui a été annoncé prématurément 
comme' un résultat général , et cet esprit de critique , une 
fois excité , favorise la recherche de la vérité et accélère le 
progrès des connoissances humaines* ^ 



AcoTYL^DONéEs. Plântcs cryptogames (Champignons^ Lichens, 
Mousses et Fougères); Agames celluleuses et vasculaires de 
M. De Candolle. En i^éunissant les plantes des plaines et celles 
des montagnes , nous en avons trouvé sous les tropiques -^ ; 
mais leur nombre doit être beaucoup plus grand. M. Brown 
a rendu très-probable que dans la zone torride le rapport ' 
est pour les plaines >;^ , pour les montagnes i^ ( Congo y p- 5 )• 
Sous la zone tempérée , les Agames sont généralement aux 
ï%anérogames comme 1:2; dans la zone glaciale , elles attei- 
gnent le même nombre , et le surpassent souvent de beaucoup. 
En séparant les Agames en trois groupes, on observe que 
les Fougères sont plus fréquentes (le dénominateur de la frac- 
tion étant plus petit) dans la zone glaciale que dans la zone 
tempérée {BerL Jûhrh., JB. 1 , p. 32 )• De même les Lichens 
et les Mousses augmentent vers la zone glaciale. La distri* 
butîon géographique des Fougères dépend de la réunion 
de circonstances locales d'ombre, d'humidité et de chaleur 
tempérée* Leur maximum (c'est-à-dire le lieu où le déno- 
minateur de la, fraction normale du groupe devient le plus 
petit possible) se trouve dans les parties montagneuses des 
tropiques , surtout dans des îles de peu d'étendue , où le rap- 
port s'élève à -^ et au-delà. £n ne séparant pas les plaines 
et les montagnes, M. Brown trouvé pour les Fougères de la 
zone torride <o*^n Arabie , dans l'Inde , dans la Nouvelle-Hol- 
lande et dans l'Afrique occidentale (entre les tropiques), il y 
a<6 : nos herbiers d'Amérique ne donnent que ^g ; ma^s les 
Fougères sont rares dans les vallées très-larges et les plateaux 
arides des Andes, où nous avons été forcés de séîoumer long- 
temps {Congo , pag. 43 , eîNoy, gen,^ tom./i , pag. 33). Dasa 

la zone tempérée, les Fougères sont i^^'; en France -î^, ; en 

■ 

i Dans cet article , les fractions ^ , i^^ , -if , indiquent le rapport 
entre les espèces d'une famille et la somme des Phanérogames qui végètent 
dans le même pays. Les abréviations Trop., Temp., Glac, désignent 
les trois sonet> torride'^ tempérée et glaciale. 



GEO 433 

Allemagne, d'^plrès des recherches récentes , J^, {Bd^L Jahrh., 
•^•^9 P^g« 36}* I^c^ groupe des Fougères est extrêmement 
rare dans TAtlas, et manque presque entièrement en Egypte» 
Sous la zone glaciale, les fougères paroîs&ent s'élever à >|}. 

MoNocoTTLÉDON^Es. Le dénominateur devient progressive»* 
ment plus petit en allant de l'équateur vers le 63/ de latitude 
nord ; il augmente de nouveau dans des régions plus bp« 
réaies encore, sur la côte du Groenland, où les Graminées 
sont très > rares. ( Congo ^, pag.io). Le rapport varie de 
H^^ H d*'** le* différentes parties des tropiques* Sur -SSSo 
Phanérogames de FAmérique équinoxiale que nous avons 
trouvées, M. Bonpland et moi, en fleur et en fruit, il y » 
&54 Mon ocotylédo nées et 3226 Dicotylédonées : donc la grande 
division des Monocotylédonées seroit ^ des Phanérogames* 
D'après M. Brown, ce rapport esè dans l'ancien continent 
(dans rinde, dans l'Afrique équinoxiale et dans la Nouvelle*' 
Hollande ), ^* Sous la lone tempérée, on trouve i^ (France 
1:4^; Allemagne , 1 : 4-^ ; Amérique boréale , d'après Pursh , 
1:4^); Royaume de Naples, 1:4^; Suisse, i:^>^i Islea 
britanniques, 1 : i^)* Sous là zone glaciale, i^» 

GtCMAcéEs (les trois famiUes d es Joncacées, des Cypéracées 
et des Graminées, réunies).= Trop. , >„.'^Temp. , «^«-'«GZac. , ^* 

L'augmentation vers le nord est due aux Joncacées et aux 
Cypéracées, qui sont beaucoup plus rares, relativement aux 
autres Phanérogames, sous les zones tempérées et sous la zone 
torride.'.Ën comparant entre elles les çspèces appartenant aux 
trois familles, on trouve que les Graminées, les Cypéracées et 
les Joncacées sont sous les tropiques comme 2 5 ,' 7 , i ; dans la 
région tempéré^ de l'ancien continent^ comme 7, 5, 1; soua 
le cercle polaire, comme 2^ , 2^, i. Il y a en La^onie au- 
tant de Graminées que de Cypéracées : de là vers l'équateur 
les Cypéracées et les Joncacées diminueiat beaucoup plus que* 
les Graminées; la forme des. Joncacées, se perd presque entiè- 
rement sous les tropiques (Nof. gen,, T. I.% p. 240 )• 

Joncacées seules. = Trop*, >^^% — Tetnp», l^* — Glac, , ^^ 
(Allemagne, '^^ ; France, ^g). 

OypéTQfiées seules. =?: Trop» Amérique , à peine ^^ ; Afri- 
que Qc/cidentale , ^ ; Inde, >^^ ; Nciuvelle - Hollande , -i^^ 
( Congo , p. 9 ).— Temp», peut-être ^ (Allemagne , >,^ j France , 
18. a8 



AU GEO 

toujours d'après les travaux âe M. De Candoliê, ^j\ Dane- 
marck, >^). -— Glac*, ^. C'est le rap]port trouvé en Laponie 
et au Kamtschatka. 

Graminées seules. = Trop. J'ai admis jusqu'ici >;^* M. 
Browa trouve pour l'Afrique occidentale ^r. 9 pour l'Inde ^. 
(Congo, p. 41).. M. Hornemann s'arrête pour cette même 
partie de l'Afrique k ^„ {De indole plant, Guineensium , 1819, 
p. lo). — Temp* Alleraa^e, -^3; France, -î^j. — Glae., ^. 

CoxrosÉEs. £n confondant les plantes des plaines avec 
celles des montagnes, nous avons trouvé dans l'Amérique 
équiaoxiale ^ et ^ ; mais, sur 534 Composées de nos hér- 
itiers, il n'y en a que 94 qui végètent depuis les plaines 
jusqu'à 5oo toises ( hautet^ à laquelle la température 
moyenne est encore de 21**, 8 ; égale celle du Caire , d'Alger 
et de l'ile de Madère )• Depuis les plaines équatoriales jus- 
qu'à 1000 toises de hauteur (où régne encore la température 
moyenne de Naples), nous avons recueilli 265 Composées. 
Ce dernier résultat donne le rapport des Composées , dans les 
régions de l'Amérique équinoxiale au-dessous de 1000 toises, 
de ^ à >;;. Ce résultat est très-remarquable, puisqu'il prouve 
qu'entre les tropiques, dans la région très-basse et très-«haude 
du nouveau continent il y a moins de Composées, dans les 
régions subalpines et tempérées plus de Composées , que sous 
les mêmes conditions dans l'ancien monde. M. Brovvn trouve 
pour le Rio -Congo et Sierra- Leone ^ ^3; pour l'Inde et la 
Nouvelle -Hollande, ^^ {Congo, p. 36; Nov. g«»i> t. IV, 
p. 359). Quant à la zone tempérée, les Composées font en 
Amérique ^ (c'est peut-être aussi dans l'Amérique équi- 
noxiale le rapport des Composées des très -hautes montagnes 
à toute la nasse des Phanérogames alpins); au cap de Bonne- 
Errance, ^; en France, -^ (proprement i^j); en Alle- 
magne, ^. Sous la eone glaciale les Composées sont, en 
Laponie, ^, ; au Kamtschatha , >,^* (Hornemann, p. 18; 
BerL jahrh*, B* /, p. 29.) 

L.é<ïu MINEUSES. = Trop. Amérique, i^, i Itiàe, ij; Nou- 
velle-Hollande , ^ î Afrique occidentale , 1% {Congo, p. 10). 
— Temp. France , >,q 5 Allemagne, ^^^ ; Amérique boréale , >i^ ; 
Sibérie, ^^ {BerL Jahrh^, B* I, p. 22). — Glac, ^^5. 

Labiées. =s Trop., !^^. — Temp. Amérique boréale , <;; ; Al- 



GEO . 43S 

lemdgné, 3^; France, ^4. — Glac,, ^,. La rareté des Labiées 
et des Crucifères dans la zone tempérée du nouveau conti* 
nent est un phénomène très-remarquabte. 

MALVAcéBs* = Trop, Amérique, ^^î Inde et Afrique oc* 
eidentale, ^ {Congo, p* 9); dans la seule côte de Guinée » 
^^ (Hornemann, p. 20). — Temp.y l^, — Ùlac.^ o. 

Crucifères. ;=: Presque point sous les tropiques, en faisant 
abstraction des montagnes au-dessus de 1200 à 1700 toisei 
( "Nov* gen. , p. 16). France , ^5 ; Allemagne , ^« ; Amérique 
boréale, ^. 

RuBiAcÉEs. Sans diviser la famille en plusieurs sections^ 
on trouve pour les tropiques , en Amérique ^g , dans l'A- 
frique occidentale i^^ ; pour la zone tempérée , en Allé- 
magne ^^ , en France ^^ ; pour la zone glaciale , en Laponie 
«^^ M. Brpwn sépare la grande famille des Rubiacées ea 
deux groupes qui offrent des rapports climatériques trèf» 
distincts. Le groupe des Stellatce sans stipules interposées ap- 
partient principalement à la zone tempérée : il manque 
presque entre les tropiques, excepté sur le sommet des mon- 
tagnes* Le>groupe des Rubiacées à feuilles opposées et à sti- 
pules appartient très-particulièrement à la région équinoxiale* 
M* Kunth a divisé la grande famille des Rubiacées en huit 
groupes, dont un seul, celui des Cofféacées, renferme dans 
nos herbiers un tiers de toutes les Rubiacées de TAmériqué 
équinoxiale. (JVoc. gen.', t* III, p. 341.) 

EuPHORBiACéEs. = Trqp. Amérique , >^^ ; Inde et Nouvelle* 
Hollande, ^j^ ; Afrique occidentale, ^j {Congo, p. 2 5).— 
Temp* France, ^^; Allemagne, -^op.— Glac, Laponie ^* 

Ëricinées et R0SA6ES. = Trop, Amérique, i^j^. — ^ Temp, 
France, ^.^5 ; Allemagne, ^; Amérique boréale,-^, — Glac* 
Laponie, -^5. 

' Amentacées. = Trop. Amérique, ^«©•""T'cmp. France , 
Allemagne , >, ; Amérique boréale , ^5. — Glac, Laponie , ^ 

Ombellifères. = Presque point sous les tropiques au-dessous 
de 1200 toises; mais, en comptant dans FAmérique équi- 
noxiale les plaines et les hautes montagnes, >i^ : sous la zone 
tempérée beaucoup plus dans l'ancien que dans le nouveau 
continent. France, ^ ; Amérique boréale, ^,; Laponie, i^« 

En, comparant les deux mondes, on trouve en général 



50 f 
ao* 



436 GEO 

dans le nouveau , sous la zone équatoriale, moii^s de Cypé« 
racées et de Rubiaeëes, et plus de Composées; sous la zone 
tempérée, moins de Labiées et de Crucifères, et plus de 
Composées, d'Éricinécs et d'Amentacées , que dans les zones 
correspondantes de l'ancien monde. Les familles qui aug- 
mentent de l'équateur vers le pôle (selon ^a méthode des frac- 
tions ) , sont les Glumacées , les Ericinées eit les Amentacées ; 
les familles qui diminuent du pôle vers Féquateur, sont les 
Légumineuses, les Rubiacëes, les Euphorbiacées et les. Mal- 
vacées ; les familles qui semblent atteindre le maximum sous 
la zone tempérée, sont les Composées, les Labiées, les Om- 
bellifères et les Crucifères. 

^ J'ai réuni les résultats principaux de ce travail dans un 
seul tableau ; mais j*engage les physiciens à recourir aux 
éclaircissemens sur les diverses familles , chaque fois que les 
nombres partiels leur paroissent douteux. Les quotiens des 
tropiques sont modifiés de telle manière qu^ils ont rapport aux 
régions dont la température moyenne est de 28'' à 20** (deo à 
760 toises de hauteur). Les quptiens de la zone tempérée 
sont adaptés à la partie centrale de cette zone, entre i3** et 
10*^ de température moyenne. Dans la zone glaciale la tem- 
pérature moyenne est de 0° à i**. A ce tableau des quotiens 
ou des fractions , qui indique les rapports de chaque famille 
à la masse totale des phanérogames, on pourroit ajouter un 
tableau dans lequel seroient comparés entre eux les nombres 
absolus des espèces. Nous en donnerons ici un fragment qui 
n'embrasse que les zones tempérées et glaciales. 

France. Amérique boréale. Laponie. 

Glumacées 460 365 , , . , 17.4 

Composées 490 454 .... 33 

Légumineuses 23o 148 .... 14 

Crucifères. ...... 190 46 ... . 22 

' Qmbellifères 170 5o . . . . .9 

Caryophyllées 165 ..... . 40 ... . 29 

Labiées 149 78 ... . '7 

Khinaatbées 147 79 .... 17 < 

A^^i^^^c^^s . ^ . . . . 69 ii3 . . • . a3 

Ces nombres absolus sont tirés des ouvrages de MM. De Can- 
doUe , Pursh et Wahlenberg. La masse des plantes décrites 
eaCrance est à Cjelle de T Amérique boréale dans le rapport 
de -i^: i; k celle de Laponie , dans le rapport dey:!. 



RAPHIË BOTANIQUE (page 456). 




GEO 437 

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. (Mm.) La géographie physique 
ne connoît aucune division artificielle , aucune démarcation 
politique; la terre, Tair et Feau lui appartiennent. Elle es- 
quisse à grands traits la figure des contlnens, des îles, des 
montagnes, des volcans, des vallées, des plateaux et- des 
plaines; elle décrit la nature du sol ou du roc; elle trace les 
régions pluj ou moins élevées , par rapport avec leurs latitudes , 
où les êtres organisés disparoissent en touchant à la zone 
des neiges permanentes ; elle compare l'étendue des mers 
avec celle des continens et des iles; elle suit les contours 
de l'Océan , étudie ses phénomènes, pénètre dans les médi- 
terranées et les golfes , en en sondant les profondeurs ; elle 
accompagne les fleuves de leur source à leur embouchure; 
et calcule les atterrissemens qu41s forment et qu'ils augmen- 
tent sans cesse; elle observe et explique les vents. Placée sur 
les sommets glacés des Andes ou des Alpes, dont elle mesuré 
la hauteur immense, elle dessine l'embranchement des chaînes- 
de montagnes qui leur sont subordonnées, et les groupes éloi- 
gnés qui s'y rattachent; elle indique leurs escarpemens, Ici 
feux qui les embrasent, lettrs profondes coupures, les tor- 
ren&qui s'y précipitent, les lacs enfermés dans leurs enfon* 
cemens, et les sources qui jaillissent de toutes parts. L'uni<*> 
formité du désert annonce d'autres scènes , d'autres phéno- 
mènes : la science les décrit ou les explique. Les régions 
polaires, enfin , où la terre disparoit sous les glaces, où lA 
mer se hérisse de montagnes mobiles, où le ciel s*embras6 
d'une brillante aurore étrangère au soleil , se tracent par elle 
en traits incertains, conformes au doute et au voile épais qui 
couvrent ces extrémités du monde* ' (Brard. )• 

GëOLO (Bot.) , nom de l'yèble , aux environs de Vérone, 
suivant Séguier. (J.) 

GÉOLOGIE. {Min,) Science qui, ainsi que la géognosie, 
a pour objet la connoi^ance de la terre ; mais, comme on 
a plus souvent présenté sous ce nom des théories a^rbitraires 
que des généralités déduites de l'observation , le mot de géo» 



1 Bergmann , Géogr. phjsique ; Httaiboldt^ Tableaux de la nature > 
Vues des Cordillières^ etc.; Malte-Brun^ Préci« de la géographie uni* 
tcrselle» tom. 2, p. 169^ etc. 



4Î8 GEO 

logie, aujourd'hui, se joint assez communément dansTesprit 
à l'idée d'hypothèses et de. suppositions gratuites. Voyes 
Terre , Terrains. 

GÉOMÉTRIQUE (Erpét.etlchthjrol.), nom spécifique d'une 
Tortue et d'un Holacanthe, Voyez ces mots. (H. G.) 

GÉONOMA. (Bot,) Genre de plantes monocotylédones^, à 
fleurs incomplètes , monoïques , de la famille des palmiers , 
de la monoécie monadelphie de Linnsus, qui a des rapports 
avec les alfonsia, et présente pour caractère essentiel i Une 
«patbe universelle, double , bivalve , contenant des fleurs mo- 
poiques; les mâles offrant uûe corolle à six divisions pro^ 
fondes , les trois extéi'ieures en forme de calice ; six étamines; 
les filamens réunis en cylindre : dans les fleurs femelles, la 
corolle comme dans les fleurs mâles ; un ovaire supérieur; le 
style latéral; le stigmate à deux lobes. Le fruit >est un drupe 
sec , monosperme. 

Géonoma a ssviLLEs AILÉES ; Geonoma pinruUifi'ons , Willd. ^ 
Spec*, 4 , pag* 593. Arbre découvert dans les forêts des hautes 
montagnes, aux environs de Caracas, dans TAmérique méri- 
dionale : il s'élève à la hauteur de quinze pieds sur un tronc 
grêle , simple , lisse , d'un pouce d'épaisseur. Trappe conti- 
nuellemeut par les vents, et surchargé de feuilles, il se 
courbç très -souvent sur la terre, où il prend de nouv^les 
;racinei, et produit de son extrémité un nouveau tronc de 
même longueur, et ainsi de suite. Ses feuilles «ont ailées, 
à pinnule's irrégulières, un peu plissées, rongées » leur som«! 
meU La spathe est double , bivalve , cunéiforme , un peu 
comprimée , longue de trois pouces ; le spadice est long de 
quinze pouces, rameux à son sommet; les ramifications cylfn« 
driques , portant sept à neuf épis 8lternes> cylindriques , 
longs de trois pouces; les fleurs réuniei au nombre de trois 
dans une fossette du rachis de l'épi, deux mâles et une fe- 
melle» Lq fruit est un drupe sec, fibreux, de la grosseur 
d*un poisi contenant une noix globuleuse, presque noi* 
râlre. 

GéoKOMA A FBtilxss SIMPLES j Gtonoma simplicifrons , WîUd, , 
Spec.^ 4, pag.^ 694. Cette espèce croît aux mêmes lieux que 
la précédente : elle en est très -distincte par son tronc tou* 
}(jurs droit) haut de dix pieds ^ d'un poiice d'épaisseur. Ses 



GEO 4S» 

feuilles sont simples, longues d'un pied, en forme de coin 9 
acuminëes à leur base, partagées à leur somntet en deux 
portions divergentes, soutenues par de très -longs pétioles; 
la spathe £st double , à deux valves ; le spadice porte ii son 
sommet trois ou quatre épis cylindriques ; les fleurs située^ 
comme dans respècè précédente. ( Poir. ) 

GEOPHILA. (BoU) Nom donné par Bergeret à un genre 
voisin dti colchique , qui arVoit été précédemment nommé 
merendera par M. Ramond , et que Picot La Peyrouse réunit 
au bulbocodium de Linnœus , dont il dififôre cependant • par 
ses trois styles. ( J. } 

GÉOPHILE. {Entom*) Ce nom, qui signifie qui aime la 
terre , a servi à M. Leach pour désigner un genre de scolo-^ 
pendres à pattes très-nombreuses , dont les postérieures sont 
plus longues que les autres, et qui de plus sont aveugles» 
Voyez Aftèri^, Myriapopes et Scoi.ofendr& (CD.) 

GEOPHONUS (Coiic^L), nom latin du genre Géofoneu 
(DèB.) 

GÉOPONE, Geophonus. {Conchjrl^) Petit genre de coquiiiet 
presque microscopiques, d'une ligne au plus, établi par M* 
Denys de Monfort (ÇonobyU systém., vol. 1 , p. 18) pour 
une espèce vivant dans la mer Méditerranée , où elle. &• 
tl*ouve au milieu des plantes marines, et que Von Ficht^al 
çt Von MoU {Test, micr,., pag/ 66, tab. 10, fîg. 6, 9) ont 
nommée nauiilus macellus* M. Denys de Monfort, qui la 
ponsme la Géoponb jaune, à cause de sa couleur, lui donna 
pour caractère , qu'étant enroulée verticalement, mais non 
tout-à-fait symétriquement^ sans que la ^ire soit visible, et 
sans vjombilic , la cloison qui en forme la terminaison est 
percée de six trous placés dans une série longitudinale 
d'avant en arriére ; il paroît en outoe qu'elle est cloisonnée. 
(De B.) , 

GëORGIA. (Bùt^) Ëhrhart avt>it donné ce nom générique 
au mnium pellucidum, Linn., mousse qui se fait "remarquer 
piur son péristome sipiple, à quatre dents pyramidales. Ce 
genre a été conservé , mais sous le nom nde letrapkh , qui 
rappelle 1^ structure du péristome. (Lem.) 

GÉORGINE, Georgina. (Bat,) [Corymhifires , Susa.^sSyngé* 
tiéiie polygamie Jrustranée, linn.] Cf genre de plantc^s, éta-^ 



44ô GEO 

bli par Cavanilles, en 1791 9 dans ses Iconts et Dtècriptioneg- 
PlarUarutn, appartient à la famille des synanthérées , à notre* 
tribu naturelle des hélianthées, et à la section des hélian- 
fhées-coréopsidées. L'auteur du genre lui avoit donné le nom 
dé dahlia : mais, comme Thunberg avoit précédemment em- 
ployé ce même nom pour désigner un genre de la famille 
des urticées, Willdenow a nommé le genre de CaVanilies 
Ceorgina, en l'honneur dé Georgi , botaniste russe. Voici le^ 
caractères génériques que nous avons observés sur un grand 
nombre d'individus vivans. 

La calathide est radiée, composée d'un disque multifiore, 
régulariflore , ândrogyniflore , et d'une couronne uuisériée , 
liguliflore , neutriilore. Le périclinè est double : l'intérieur , 
ou vrai périclinè, supérieur aux fleurs du disque, campa- 
nule, formé d'environ huit squames très-libres, unisériées, 
égales, appliquées, ovales-oblongues, obtuses, membraneuses, 
i basé coriace -charnue-, l'extérieur, involucriforme , plus 
court, formé de cinq à huit squames bractéî formes , unisé- 
riées , égales, étalées ou réfléchies, ovales-lancéolées , souvent 
comme pétiolées, foliacées* Le clinanthe est plan , garni dé 
squamelles égales aux fleurs, larges, planes, ovales- oblon- 
gués , obtuses , membraneuses. Les ovaires sont obcompri- 
nés , munis d'un bourrelet basilaire et d'un bourrelet apici* 
laire : leur aigrette est ordinairement nulle; mais souvent 
on observe deux petits rudimens de squamellule», en- forme 
de protubérances arrondies ou coniques, situées sur les deux 
angles du bourrelet apicilaire , et quelquefois ces rudiment 
sont très-développés, en forme d^ squamellules continues au 
bourrelet , épaisses , charnues , inégales, irrégulières , varia- 
bles , ^simples ou divisées , cylindracées , anguleuses ou lami- 
nées. Les fleurs dé la couronne, au nombre de huit environ , 
sont pourvues d'un faux -ovaire absolument semblable aux 
vrais ovaires du disque, et contenant comme eux un ovule; 
mais le style et son stigmate sont toujours mal conformés , 
imparfaits , semi^avortés ou même toui-à-fait nuls : la corolle 
a le tube court, et la languette large, elliptique, tridentée 
au sommet, veloutée en-* dessus, munie en- dessous de plu* 
sieurs nervures , dont deux plus fortes. 

£n comparant Jes caqftctères ique nous venons de d^crir» 



Wec céfiicdu genre Coreopsis, que nous avons, décrits à là 
page 420 du tome X de ce* Dictionnaire, nous ne trouvons 
aucune différence qui puisse suffire à la distinction des deux 
genres. Les autres botanistes croient trouver trois différences 
•essentielles, len ce que, suivant eux^ le péricline intérieur 
^t plécolépide , les ovaii^es sont inaigrettés , et la couronne • 
de la calathide estféminiflore , dans le georgina; tandis que, 
dans le coreopsis., le péricline intérieur est chorisolépide , 
les ovaires sont surmontées de deux cornes ou arêtes, et la 
couronne de la calafthide est neutriflore. Cest une triple 
erreur. Les squames du péricline intérieur sont parfaitement 
libres jusqu'à la base dans le georgina, aussi bien que dans 
le coreopsis. Les vrais coreopsis ont souvent Faigrette nulle y 
comme le georgina, et l'ovaire du georgina est souvent sur- 
monté de deux cornes plus ou moins développées et fort 
•analogues à celles des vrais coreopsis. Quant au sexe des fleurs 
de la couronne , nous avons toujours trouvé le stigmate de 
oes fleurs nul ou imparfait dans toutes les calathides de 
georgina que nous avons examinées ; cependant , comme ces 
mêmes fleurs ont Tovaire bien conformé et pourvu d'un 
ovule, il est possible que, dans le pays où la plante est in- 
digène , et dans les Circonstances favorables à sa fructifica- 
tion , le stigmate se développe suffisamment pour que la 
fécondation s'opère , et qu'ainsi la couronne devienne fémi- 
nifiore. Quoi qu'il en soit, en éliminant du genre Coreopsis 
les espaces dont nous avons composé notre -genre Pterophyton, . 
Je coreopsis peut être caractérisé et limité avec exactitude, 
et ce genre doit comprendre au nombre de ses espèces If 
georgina de Willdenow 011 dakliaûe Oavanâtles; C'est pour- 
quoi nous allons, décrire cette plante sous le ^nom de co- 
réopside géorgine. 

CoRiéopsiDB GÉORGINE : Co/eopsis G«orgi/ia , H« . Cass. ; G^f- 
gina variahilisy Kunth , Nov, gen, et Sp. pLj in-fbl., tom. 4, 
pag. 191 ; Georgina •superjUia et frustranea, Decand. , Ann. d|i 
Mus.; Georgina ' vàriahms ei coccinea; W'illd.^ HùrU BeroL ; 
Georgina pyrpyrea,, rosea et >co<fûinea , Willd. , 5p. pL ; Dahlia 
pmruUa, rosea et coccinea, Cavan., Icon. et Descriptm plant. 
Cette belle plante herbacée, originaire du Mexique, a la 
raciae vîvaêe , compoiée de foisceaux de tubepcutes hoiiioa- 



443 GEO 

ttLvm 9 oblongs , amincù aux deux bouts , longs dVmviron ua 
deini-pi«d, La tige , qui s'élève îusqu*>À «environ six pieds, 
est dressée , rameuse , cylindrique , épaisse , dure 9 - tantôt 
nue, tantôt couverte d'une poudre gfauque, tantôt parsemée 
^e petits poils* Les /'euilles sont opposées , oonnées, grandes, 
une ou deux fois pennées avec impaire ; à pétiole commun ^ 
nu ou aiïé ; à folioles opposées , sessUes ou pétiolées , ovales , 
pointues, dentées, tantôt glabres, tantôt plus ou moins pu^ 
bescentes» Les calathides, composées d'un disque |aune et 
d'une couronne de couleur variable , sont solitaires au som* 
met de longs rameaux simples, nus , grêles, pédonculiformes: 
l?lles fleurissent dans nos jardins depuis la fin de Juillet jus- 
qu'aux premières gelées, et se font remarquer parleur gran- 
deur et leurs couleurs agréables. 

I^ culture a produit plusieurs variétés de géorgine , qui 
se rapportent touie# à deux races principales , et que nous 
^ allons signaler brièvement. 

CoaéopsiDE GioRGiNB NUE : Coreopm Geotgina nuda, H. Cass« ; 
Georgina iuperfluay Decand.; Georgina variahilUj Willd. Cette 
première race, qui sans doute a donné naissance à la seconde 9 
se compose de plantes plus élevées et plus robustes ; les tîges 
sont nues, c'est-à-dire quelles ne sont point couvertes 
d'une poudre glauque, mais elles .sont souyent rougeàtres, 
et quelquefois garnies de petits poils , surtout vers le som- 
met; les feuilles sont moins divisées, plus grandes et d*un 
vert foncé ; enfin , les fleurs de la couronne sont pourvues 
d'un style plus ou moins développé,, quoique toujours im* 
parfait. 

On rapporte à cette race : i."" la. géorgine rougf, dont les 
languettes sont proportionnément plus larges et plus eojirtes 
que dans toutes les autres variétés; a*** la géorgine pourpre ^ 
dont les languettes sont plus longues que dans la précédente; 
S."* la ^orginê lilasy dont les languettes sont, plus longues 
que dans toulies les autres variétés, et dont les sommités, des 
tiges sont presque toujours un peu veluetf: cette variété pa- 
roi t être la plu9 rustique de toutei^; 4*** la géorgine pàU, plus 
petite que ,les précédentes., à larijgnett^s. d'ûù rose pâle , 
moi^s longues et moins étalées que dans la géorgine lilas , 
S."* la géodogine iannàhre., bien distinele de touti^ les autres 



GEO 445 

vanëtés de cette race par la couleur de sa couronne el 
par sa stature moins élevée. 

^CojiforsiDE GéoRGiNE TQVDKÉE : Çoreppsisgforginapruinasa^ 
H. Cass» ; Georgina Jrustranea j Decand^; Georgina coecineaf 
WiUd. Le$ variétés qui dépendent de cette race sont plua 
basses , plus délicates et d'un vert plus clair 9 que les variétés 
de la race précédente ; Içs tiges sont couvertes d'une potidre 
glauque; les fouilles sent beaucoup plus petites et plus divl^ 
fiées ; le style csst tout -à- fait avorté dans les fleurs de la 
couronne. 

Cette race comprend : j.^ la géorgine écarlaie, dont les cala-» 
thides sont assez grandes, à couronne de couleur ponceau** 
orangé; 2.^ la géorgine safranée, dont les calathides sont de 
moitié plus petites, à couronne de couleur de feu -orangé 
plus clair; 3.° la géorgine jaune , à calathides aussi petites 
que dans la précédente variété , mais à couronne d'un jaune 
pur. ' , > 

Cavanilles, qui., Je premier, nous a fait conjioître le» 
géorgines , avoit cru pouvoir en distinguer trois espèces.: 
'Willdenow les adopta d'abojpd ; mais ensuite il les réduisit 
à deux , qu'il caractérisa principalement par la tige nue dana 
la première , poudrée dans la seconde. M. De CandoUe crut 
co^ifirmer les deux espèces de Willdenow, en ajoutant que y 
dans la première , les fleurs de la couronne étoient femelles., 
et que dans la seconde elles étoient neutres. M. Ktinth a re^ 
connu, aussi bien que nous, que toutes les géorgines avoic»it 
la couronne neutriflore, et, comme nous, il a pensé que les 
prétendues espèces de Cavanilles , et même celles de Will^ 
denow , n'étoient que des variétés d'une seule et n^ém;e es^ 
pèce. Il cite à l'appui de cette opinion une observation im* 
portante de M. Lelieur, qui a obtenu la géorgine poudrée 
en semant des graines de géorgine nue. Dûment -^.Courset 
avoit depuis long^temps énoncé la même opinion. 

Les racines tubéreuses des- géorgines peuvent fournir un 
aliment valubre , mais d'ilne saveur peu agréable j selon MM. 
De Candolle et DumoB^Courset , qui en ont mangé après les 
avoir fait bouillir ou cuire sous la cendre. Cependant on 
dit qul& les bàbîtans du Mexique les mangent ayec plaisir ,« 
et M» Thiébaut de Berneaud prétend que leur substance 



444 GEO 

farineuse et sucrée , préparée de diverses manières , est un 
aliment agréable et délicat: il ajoute que les feuilles peuvenff 
servir de fourrage et dVngrais, et que la racine plaît beau- 
coup aux chevaux, aux bœufs et aux moutons. Mw De Can- 
dolle dit, au contraire, que les chevaux et les vaches refusent 
d*en manger. En attendant que de nouvelles épreuves iiient 
résolu ces questions , il nous paroit probable que les qualités 
des racines dont il s*agit sont analogues a celles des racines 
du topinambour {heliarUhus tuherosus, Linn. ); et il est cer- 
tain que jusqu'à présent la plus grande utilité des géorgînes 
est de concourir avec avantage à la richesse et à la variété 
des ornemens de nos jardins. 

On reproduit et multiplie ces plantes par le semis des 
graines ou par la division des racines : niais les graines ne 
mûrissent pas toujours^ bien dans notre climat ; celles de$ 
géorgines poudrées surtout sont presque toujours impar&ites : 
ainsi la division des racines est le mojjien le plus sûr. Au mois 
de Mars, on sépare les différens faisceaux de tubercules dont 
se compose la racine , de manière qu'un petit morceau de la 
racin'e principale reste attaché à chaque faisceau ; on plante 
chacun de ces faisceaux dans un grand vase rempli d'une 
terre substantielle et consistante , /composée de terre franche 
mêlée avec de la terre de couches; on arrose, et on place 
les vases dans une serre chaude ou tempérée , ou même dans 
iine bonne orangerie. Quand les atteintes du froid ne sont 
plus à craindre, c'est-à-dire au cc^mmencêmené de Juin, on 
transplante les géorgines le long d'un mur exposé au midi , 
dans une plate «bande large de trois pieds, défoncée jnsqulà 
un pied et demi de profondeur, et remplie d'une terre sem- 
blable à celle des vases. Il faut les arroser fréquemment 
pendant leur croissance, en évitant toutefois de leur donner 
une humidité trop grande ou stagnante. Au lâois d'Octobre 
on coupe les tiges un peu au-dessus de leur'base , on déterre 
les racines, on les nettoie, et on les conserve pendant l'hiver 
dans un lieu où la gelée ne puisse les atteindre, en les cou- 
vrant de sable bien sec. Dans nos départemens méridionaux 
lesgéorgines peuvent demeurer toute l'année en pleine terre , 
au moyen d'une cpuverture de litière sèche pendant les gelées* 
(H. Cass.) 



GEO . 44^ 

. \ GÉORISSE. f^Entom.) N091 donné par M. Latfeille à ua 
genre de petits coléoptères à cinq articles, voisins des bir- 
rhes^ dont une espèce & été décrite par PaykuU , et ensuite 
par Fabricius sous le nom de Pimelia pygmœa. Ce petit co- 
léoptère , n'étant pas hétéroméré , ne pouvoit en effet rester 
parmi les pimélies; mais, si M. Latreille a voulu indiquer 
par ce nom que Tinsecte fouit la terre , il auroit dû récrire 
ainsi , Géorysse, comme il Ta voit fait pour le genre Orysse 
parmi les uropristes. (ۥ D.) 

GÉQTRICHUM. {Bot.) Champignons formée de filamens 
cloisonnés, rameux, couchés, entremêlés et composant de 
petites touffes ou flocons. Sur ses filamens sont dispersés des 
séminules ou sporidies ovales, tronquées ^ leurs deux extré- 
mités. Ce dernier caractère distingue seulement ce genre de 
celui Appelé sporolriehum^ Tous les deux ont été établis par 
Linck, et font partie de la série des byssoïdées" d^ns l'ordre 
des mucédinéeêj dans la méthode adoptée par ce botaniste 
prussien. 

Géoteichum blanc ; • Geotrichum eandidum, Linck, BerL 
Magaz. , 3 , p. 7 , pi. 1 , fig. 26. C'est la seule espèce de ce 
genre : elle croit à teire dans les bruyères et les bois arides. 
Elle forme sur la terre de petites taches blanches, coton- 
neuses ou granuleuses. Il est probable que Linck a observé 
cette plante en Allemagne. (Lem.) 

. GÉOTRUPE , Geotrupes. {ErUom. ) Genre d'insectes coléop- 
tères à cinq articles à tous les tarses , ou pentamérés , de la 
famille des lamellicornes ou pétalocères. 

C'est M. Latreille qui a le premier emprunté ce nom de 
deux mots grecs, yn, la terre , et. rgtnreiui je perce, je per^ 
fore , ou du mot yuêgu^oç , fossoyeur ^ et il y avoit rapporté 
une division du genre Scarabée , déjà indiquée dans les au- 
teurs , dont le prolongement du front, qui recouvre la bou- 
che ou le chaperon ^ est large , quadrilatère et rhombordal , 
dont les pattes de devant offrent une jambe aplatie et .den- 
telée, et qui ont un écusson. distinct entre les élytre^; mais 
Fabricius , en adoptant le nom , l'a transporté au genre Sca- 
rabée de M. Latreille, et, comme pour augmenter la diôi- 
culté déjà si grande, de la synonymie ,, il a pris le nom de 
géotrupe pour désigner le genre Scarabée. Ainsi les scarabées 



446 GEO 

de fâbrîcius sont nos géotmpes ou ceux de M. Latreîlltf f 
et les géotrnpes de M« Fabncius sont nos scarahées. (Voyqt 
PéTALOcèaEa.) • * 

Voici* les caractères naturels du genre Gëotrupe : Co^rps 
arrondi 9 court, très* convexe ; tête distincte, à chaperon 
avancé, carré ou rhomboïdal; à antennes courtes ou de la 
longueur de la- tête au plus , in^rées sous le chaperon en 
masse lamellée ; corselet arrondi , plus court que Fabdomen ; 
écusson arrondi , distinct â la base dés élytres , qui dépassent 
Fabdomeii et. qui Fembrassent en-dessous sur les côtés; pattes 
courtes , à hanches larges , à cuisses comprimées ; toutes les 
jambes aplaties, tranchantes et dentelées en dehors; tarse» 
à cinq articles , très-petits , à peine distincts aux pattes anté- 
rieures. ' . 

Il est facile de distinguer ce genre d^avec tous ceux de la 
même famille des pétâlocères , d*aprés la forme et Fétendue 
du chaperon , qui est très-court et à peiné distinct dans les 
trox et les scarabées ; qui n'est pas en croissant comme dans 
lefs aphodies et les bousiers, ni CQupé carrément comme 
dans les hannetons, les cétoines et les trichies, tandis que 
les géoù*upes Font en losange ou rhomboïdal. 

Les géotrupes, ainsi que leur nom Findique, percent la 
terre sons la forme d'insectes parfaits ; ils la creusent ainsi 
sous les bouses et les matières excrémentitielles des solipèdes 
et des ruminans, pour y entraîner des portions de ces ma- 
tières^ au milieu desquelles ils déposent leui's œufs, d'oui 
proviennent des larves en tout semblables à celles des bou- 
siers et des autres pétâlocères. Leur corps est blanc , mou , 
courbé en arc; Fextrém^té du ventre est obtuse, repliée en- 
dessous ; la tête seule est cornée , avec des mâchoires et des 
mandibules bien distinctes ; les pattes sont courtes et termi- 
nées chacune par un crochet unique. 

Les géotrupes volent principalement le isoir , comme les 
hannetons) mais, comme ils ne se posent jamaia sur les arbres 
et qu'au contraire ils se dirigent principalement y ers les ma- 
tières stercorale*, ils volent très-bas, souvent à fleur déterre; 
ils font beaucoup de bruit', parce que leur vol est lourd , 
et , comme il a lieu presque toujours en ligne droite , Fin- 
secte semble n'avoir pas la faculté de se détourner et il 



GEO 44r 

vient souvent se heurter sur les obstacles qui «'opposent à 
sa route directe; et c'est peut-être à cause de oe qu'ils se 
jettent ainsi sur le corps de rhomme, que cette sorte de 
mal-adresse a passé en proverbe et que l'on dit , étourdi comme 
un searabée ou comme un hunruton* 

Les principales espèces de ce genre sont les suivantes : 

1 •*" GtOTKVT^ tYPBOÉB OU PHALANGISTE ; G. tjTpkœus , LinU. 

( Voyez dans Tatlas dé ce Dictionnaire le n.* i de la planche 
des coléoptères pétalocères.) 

Geoffroy en a donné une figure à la planche i , n.^ 3 , du 
tome i /' de THistoire des insectes des environs de Paris , et 
Olivier, planche n.^ 7 , 52. 

Car. Noir; corselet k trois pointes dirigées en avant : très* 
longues dans le mâle et dépassant la tête, surtout les latérales; 
beaucoup plus courtes dans la femelle. 

Cet insecte est noir, quelquefois d'un brun rougeàtre; 
les élytres sont striées. Le nom de phalangiste lui a été donné 
par Geoffroy , parce que dans le mâle les pointes saillantes 
du corselet, dirigées en avant, lui donnent quelque rapport 
avec les piques des phalanges macédoniennes. 11 9% trouve 
dans les bouses des prairies sèches. 

GéoTRUPE STERCOAAIRE ; G* stercororius. C'est le grand pilu- 
laire de Geoffroy, qui a donné une très-bonne description 
de cette espèce , fort commune aux environs de Paris , où le 
peuple rappelle fouille - merde q-ol mère à poux , à cause du 
grand nombre de cirons dont il est souvent couvert. 

Panzer en a donné une bonne fignre, planche 23 du 2/ 
cahier de sa Faune d'Allemagne. 

Car^ Noir bronzé ou bleuâtre en-dessus : à élytres striées ; cor« 
self t lisse et brillant d*un noir verdàtre , cuivreux en-dessous. 

C'est à tort que Geoffroy indique cette espèce comme 
celle qu'adoroieat les Égyptiens; on^oit évidemment, dans 
leurs hiéroglyphes et sur les cachets , la représentation d*un 
bousier du sous-genre des ateuches , que nous avons décrit 
sous le n»^ 1 5 : c'est aussi à tort qu'il le désigne sous le nom 
de pilulaire. Cette espèce ne /dépose pas ses œufs dans les 
boules de fiente, comme le font la plupart des bousiers ateu- 
ches , 0ont les pattes de derrière facilitent?, par leur alonge- 
nent, cette sorte de manosuvre et ie transport» : 



44» GEO 

3."* GéoTÀtn^E fnqntaMnier ^ G. vernalù* C'éet le petit pilU" 
laire de Geoffroy. 

Il est d^in bleu foncé rougeàtre ; ses élytres sont brillantes^ 
polies , sans stries enfoncées. 

4."" GéoTRUFE sylvatique; g. syliuUieuê* Il ressemble au 
stercoraire ; mais sa couleur est pins bleue, et ^ ses élytres 
offrent, entre les stries, des- rides qui semblent les grésiller 
ou les raccornir. 

Sa larve se développe principalement dans le détritus au 
la sorte de bouillie que produi,t la putréfaction des gros 
bolets ou champignons poreux des bois ; voilà pourquoi on 
l'a désignée sous le nom de géotrupe des fpréts. 

Fabriciiis a rapporté dix -sept espèces à ce genre de sca- 
rabées* (C. D.) 

GÉOTRUPINES. {ErUom.) M. Latreille avoit indiqué sons 
ce nomi de famille les deux genres Lettre et Géotrupe. Voyez 

PéTALOOèllES. (CD.) 

GEPALO. (Bot.) Les habitans de la côte de Canara, dans 
la presqu'île de Tlnde, nomment ainsi , au rapport de CIu- 
sius, so^nucleus moluccanus, qui paroi t être le crotonmo" 
luccanum» (J.) > 

G£R pZIKA (Ornit/i.), nom polonois de l'oie sauvage , 
unasy anser, Linn. (Ce. D.) 

GËB.ABIB (OrrUth.) y nom arabe du corbeau, oorvus coraxi 
Linn. (Ch. D.) 

GERAPYEH. (Omiûi.) On appelle ainsi, en Egyipte, la 
cresserelle , /alco tinnunculus , Linn. (Cr. D.) 

GÉRANIACEES. {Bot.) Cette famille de plantes, placée 
parmi les hypopétalées , ou polypétales à étamines insérées 
çaus l'ovaire , est composée presque uniquement d'un seul 
genre ancien, le géranium, qui, conséquemment, lui donne 
son nom. Mais ce genre est tellement nombreux en espèces, 
qui à'élèvent à près de trois cents, que pour la facilité de 
l'étude on s'est décidé à le partager en trojs, assez bien distin- 
gués. Les caractères communs à ces genres ou à cette famille , 
outre ceux déjà indiqués, consistent dans un calice divisé 
profondément en cinq lobes égaux ^alternes' avec cinq pé- 
tées qui sont égaux ou inégaux : les étamines, en nombre 
double ou plus rarement égal à celui des pétales j et iasé^ 



' GE