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AMIOUTËS ItOIIAI^ES
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Iiiipriiiiriii < lie l'Insliliil , iiie .larob , M;
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LIBRAIRIE DE FIUMIA 1)11)01 FRÈRES El FILS.
COLLECTION ELZÉVlKlENNi:,
I iiI;m w l'i 111 IN- I S .
AVEC NOTES MAUGINALES. (lliAVUlîES. CARTES. PLANS. VUES, ETC.
QUINTl
HOKATII FLACCI
EPISTOLAHl M
Lini:ii iMiiMus.
AD M^CENATEM. Epist. I.
Se , abjecto rentm Indicvù
Prima' dicte mihi , summà ■^ dicende Camœnà ,
Spectatum^ satis, el donatum jam rude*, quaeris,
Maecenas, iterum antiquo me includere ludo'.
Non eadem^ estaetas, non mens. Veianiiis ', armis
I O M;ecena5 .
mihi in priinis,
quae composui .
canninibus ce-
lebrate. — 2 Ce-
lebrandtf? etiam
ÏTi ultimîs car-
minibus. — 3 Satis a populo spectnturn. De se loquilur ut de gladiature , qui s;epe
in arenam descendent. — 4 Rudis vocatur virga . qua post multa certamina gladia-
tores, postulante populo, donabanlur in sîgnum exauctorationis , liinc a sacra-
mento et exercilio gladiatoriae dîmissi. — 5 Ludo gladiatorîo , ubi gladiatores ab
lanista ad ludos exercebantur. Significat his poeta : M^cenatem ab ipso, quan-
quam seniore et niliil nisi otium quaerenle, nova carmina lyrica postulare. --
6 Non eadem mihi est œtas , atque illo tenipore, quo carmina componebam; ne-
que idem mentis propositum et studium. — 7 •Veianius, iiobilis gladiator, post
raultuspalmas, consecratis Herculi Fundano iFundis, oppido Latii , cultor armis.
tandem in agelîum se contulit. • Schol.
Au niéiitc littéraire de celte édition, revue ger.s, et chaque livre des poésies esi décoré
par M. F. Diibner, tjui a apporté aux atinota-
tions de J. Bond toutes les améliorations dé-
sirables, on a joint celui d'une exécution qui
rappelle celle des Elzévirs.
En tète de chaque édition est placée la no-
tice sur la vie d'Horace par M. Noël des Vcr-
d'une viijnette due au talent de M. liarrias.
Des exemplaires ont en outre les plans de
la villa d'Horace et des campagnes environ-
nantes , dressés par M. Uosa , et sont décorés \
(les > ues de ces campagnes , dessinées sur les |
lieux par M. Benouville.
29T.
RICH Anthony. Dictionnaire des antiquités
romaines et grecques. P., Didot, 1861,in-8,
p.XII-740, con 200Q incis., siegato
?<2^6^
•rz •:■'
DICTIONNAIRE
ANTIQUITES ROMAINE
ET GRECOUES
n
Tjpojraphie de H. Firniin Didot. — Mesnil (Eure).
DICTIONNAIRE
DES
ANTIQUITÉS ROMAINES
ET GRECQUES
ACCOMPAGNÉ DE 2,000 GRAVIJRES D'APRES I/ANTIOIE
REraÉSENTANT
TOUS LES OBJETS DE DIVERS USAGES D'ART ET D'INDUSTRIE
DES GRECS ET DES ROMAINS
PAR ANTHONY RICH
TRADUIT DE L'Al^GLAIS S l' S LA DIRECTION
DE M. GHÉRUEL
INSPECTEUR DE L 'ACADEMIE IMPERIALE DE PARIS
Segiiius irritant aniiiios deiiiissa perauKÇiii,
Quaiii qua; siint oculis subjccla fidelibiis.
(Hoii. ./. I'. 180.)
PARIS
LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET C"^
IMPRIMEIKS DE l'iNSTITL'T, 50, lU E JACOB
1861
Droits rcsurvcs
PRÉFACE DE L'AUTEUR.
Une partie considérable des matières que contient ce volume fut réunie
pour mou instruction et mon amusement personnels , pendant un séjour
de sept années dans le centre et dans le sud de l'Italie. Pour une per-
sonne qui arrive en ce pays , au sortir des études ordinaires d'une école
publique et d'un collège, et qui a en outre l'avantage de s'entendre assez
au dessin, les collections d'antiques ont naturellement un vif attrait, sans
compter l'impression qu'elles produisent comme œuvres d'art aecomplies.
L'homme versé dans la connaissance de l'antiquité y aperçoit mille par-
ticularités qui échappent à l'observateur ordinaire, qui éclairent bien
des points de ses études antérieures, et lui expliquent des choses restées
pour lui jusque-là dans un mystère complet , ou seulement entrevues
vaguement, à travers le prisme souvent trompeur de l'imagination. Lors-
qu'il observe , par exemple , les costumes représentés dans la peinture et
la sculpture, et qu'il en examine de près les détails, il découvre un grand
nombre de parties diverses, évidemment distinctes pour la forme et
l'usage , dont quelques-unes s'expliquent facilement d'elles-mêmes , et lui
remettent aussitôt à l'esprit les noms classiques qu'il ne connaissait que
par routine. Il s'en présente d'autres dont il lui semble difficile de déter-
miner le nom et l'emploi spécial. Il ne trouve pas d'abord ou les diffé-
rences précises qui les séparent d'autres parties du vêtement d'un aspect
à peu près semblable , ou les termes classiques par lesquels chacun de
ces vêtements était désigné. Il est évident néanmoins que , du moment
oîi ces différences existent dans les objets, elles étaient marquées dans la
langue du peuple qui s'en servait. Si l'on connaît déjà les différents mots,
on doit s'attendre à trouver des spécimens, pour en établir le sens, dans
les représentations de l'art. Ces découvertes une fois faites , une lumière
soudaine remplit l'esprit , dissipe les doutes , produit la conviction, et per-
met à l'observateur de dire avec une satisfaction intime : Ceci portait tel
nom, cela était employé de telle manière; je vois maintenant le sens de
tel passage , de telle allusion ou de telle expression. C'est le retour fré-
PREFACE DE L ACTECR.
qucut d'impressions pareilles qui fit naître eu moi I"iclëe de dessiner ou
de noter chaque chose que j'observais et qui pourrait servir à éclairer la
langue ou les mœurs de l'antiquité classique. Je lus sur place les auteurs ;
je consultai les nombreux ouvrages sur les antiquités qui traitent de ces
matières, et par là mes connaissances devinrent peu à peu plus exactes
et plus étendues. A la fin , le contenu de mon calepin et celui de mon
l)ortefeuille avaient à peu près les dimensions du présent volume, et ren-
l'ermaient à cette époque (car je parle d'un temps bien éloigné) une
quantité de renseignements qui eussent alors été tout à l'ait nouveaux
dans la littérature anglaise. Depuis quelques années , il est \Tai , c'a été
chez nous une disposition générale d'étudier le passé , et d'interroger
avec curiosité les coutumes des âges écoulés , que cette étude eût pour
objet notre nation ou les autres contrées ; et plusieurs érudits, anglais et
allemands, qui ont visité l'Italie ou qui y ont séjourné, se sont occupés
plus particulièrement dans leurs recherches des antiquités classiques. Mais
la plus grande partie de leurs ouvrages est consacrée à l'examen des ins-
titutions politiques de l'antiquité , et ils ont donné peu de place, en com-
paraison , aux habitudes sociales et à la vie domestique, que mon ouvrage
a spécialement pour but de décrire et de figurer aux yeux. De plus, on
n'a pas essayé jusqu'ici d'expliquer systématiquement, et mot par mot,
la langue de la littérature ancienne par les œuvres de l'art ancien. Ces
considérations m'ont porté à tenter de réunir mes fragments , espérant
qu'ils pourraient , d'une façon à la fois agréable et utile , combler les la-
cunes ou compléter les aperçais trop rapides de traités plus considéra-
bles et plus savants.
D'après ce que j'ai dit , il est facile de concevoir la nature de cet ou-
vrage : en premier lieu , fixer le sens véritable de tous les termes, tedmi-
quesou autres, désignant un objet particulier, un produit de fart, un
travail des mains qui peut tomber sous la vue. Secondement, donner une
idée nette de cet objet, eu offrant une représentation lidèle de la chose
elle-même , d'après quelque original classique , qui reproduisît les formes
que les anciens avaient l'habitude de voir, et qui fît naître dans l'esprit
les idées mêmes qu'ils concevaient. En dernier lieu , enfin, communiquer
une connaissance générale des habitudes sociales et de la vie privée dos
Homains et des Grecs, sous la forme d'un vocabulaire, où fussent conte-
nus tous les termes des artistes anciens qui se rapportent à ces matières ;
où fut réunie, comme explication, d'après les propres dessins , une série
de peintures de leurs costumes, de leurs maisons et des ustensiles des di-
verses professions, afin de nous mettre en relation intime avec les Grecs
et les Romains , et de nous les montrer, comme dans lui miroir fidèle.
PRÉFACE DK L'AUTECR. vij
SOUS leurs traits véritables et leurs aspects lamiliers. A cet effet, nous
avons ajouté à la fin du volume une Table analytique, formant un ensemble
systématique, et contenant des listes séparées de tous les mots qui se rap-
portent à un sujet donné , classés sous des chapitres distincts. De la sorte,
en renvoyant de l'ordre adopté dans cette table aux explications données
à chaque terme, tout ce qui a rapport à une question particulière se
trouve concentré sur un seul point , comme si l'on n'avait affaire qu'à un
seul article : on embrasse d'un coup d'oeil tout l'ensemble, on s'initie
en même temps aux diverses dénominations classiques qui s'y rattachent,
et aux différences ou aux analogies de celles qui ont une certaine parenté
de sens , sans être synonymes.
Nous prenons le latin comme base , de préférence au grec , pour des
raisons faciles à concevoir. Étant plus connu , il donne à l'ouvrage une
portée et un intérêt plus grands. JMais les synonymes grecs , quand leur
correspondance est bien établie, sont placés entre parenthèses à côté des
mots importants, et toute différence essentielle entre les usages des Grecs
et ceux des Romains est marquée dans le texte; un index des mots grecs
par ordre alphabétique , avec leurs synonymes latins , y est joint aussi. Il
montrera juxtaposés les termes qu'emploient dans le même cas les deux
langues, et peimettra de se reporter aussi facilement aux mots grecs que
s'ils avaient été introduits par ordre alphabétique dans le corps du volume.
Psous n'avons pas la prétention et nous n'avons jamais eu le dessein d'of-
frir une analyse aussi complète de la langue grecque que de la langue
latine ; les auteurs grecs ne sont cités non plus que dans les cas parti-
culiers où il était nécessaire d'y recourir ; mais , comme rieu d'essentiel
n'a été omis , cet omTage suffira pour mettre sur la voie d'études plus
approfondies.
Dans le choix des autorités empruntées aux textes , on s'est toujours
proposé de prendre de préférence, quand la chose était possible, les mêmes
passages que ceux que les dictionnaires citent d'habitude , et de les placer
immédiatement après l'assertion qu'ils doivent confirmer, entre parenthèses
et sans interrompre le texte , de façon que le livre puisse servir à tous
• ceux qui s'intéressent aux sujets dont il traite, non-seulement par les
secours qu'il donne pour l'étude des langues , mais par les connaissances
populaires qu'il communique. Comme règle générale aussi , quand un
mot se rencontre par occasion dans un auteur appartenant à l'époque flo-
rissante de la littérature, mais que le cai'actère précis de l'objet qu'il
ilésigne est établi par des descriptions ou des inductions empruntées à
des écrits d'une époque très-postérieure, on renvoie aux deux passages : à
,run, pour constater l'emploi véritable et primitif du terme , à l'autre pour
VllJ PRÉFACE DE LAtTErR.
décider Texplicatiou propre qu'il en faut donner. Mais, pour les mots qui
se rencontrent à chaque instant et dont le sens est assez généralement
connu et admis pour n'avoir pas besoin de confirmation, on a cru suffi-
sant de citer seulement les noms de quelques-uns des meilleurs auteurs
où on les trouve, sans indiquer des passages particuliers.
Il est souvent impossible de fixer le sens exact de certains termes et le
caractère précis des objets qu'ils désignent , sans avoir recours aux détails
et aux témoignages fournis par les auteurs des périodes inférieures de la
littérature classique. De là vient qu'on s'est appuyé souvent sur les gram-
mairiens , les scholiastes et les inscriptions; on n'y a cherché ni la bonne
latinité ni les étymologies exactes ; on ne les a pas pris comme des guides
infaillibles, mais comme une source utile d'un certain prix , quand leur
témoignage est confirmé par d'autres autorités, surtout parles repré-
sentations de l'art ; car, si l'on ne veut admettre comme valables que des
preuves tirées des auteurs des meilleurs temps de la littérature , on sera
entraîné souvent par la seule absence de ces autorités à des idées aussi
fausses sur les coutumes de l'antiquité que si on admettait, par un excès
opposé, tout ce qui est écrit, sans le discuter avec une critique sévère
et impartiale. Pour citer un exemple entre beaucoup d'autres, Beckmann,
auteur d'ailleurs fort estimable , prétend, dans V Histoire des incentions,
que les presses pour étoffes ne furent découvertes qu'au dixième siècle .
parce que , comme il le dit , il n'a rencontré aucun passage où l'on fasse
mention de ces machines. Mais quand l'établissement d'un foulon fut
trouvé dans les fouilles de Pompéi ( engloutie par l'éruption du Vésuve de
Tan 79 après J.-C), on découvrit la représentation d'une presse à étoffes,
construite exactement comme celles dont on se sert aujourd'hui, parmi
d'autres peintures qui reproduisent différentes opérations du métier sur
un pilastre de l'édifice , et Ammieu Alarcellin, écrivain fort antérieur îi
la période fixée par Beckmann, puisqu'il vivait au quatrième siècle, donne
distinctement le nom de prcssorium à une machine de cette espèce.
Toutefois il ne faut pas méconnaître qu'on doit apporter une prudente
réserve et un degré convenable de scepticisme critique , pour ne point se
laisser entraîner à donner comme certain ce qui n'est que douteux et ii
avancer de pures hypothèses comme des vérités démontrées. Dans cette
conviction , je me suis imposé comme une obligation essentielle de mar-
quer tous les degrés qui m'avaient conduit à mes conclusions, citant im-
partialement les raisons et les autorités, m'elforçant de ne jamais affirmer,
à moins que je ne crusse avoir des motifs suffisants pour le faire, notant
toujours les points sur lesquels il pouvait rester des doutes, et, dans les
cas où les autorités semblaient se balancer et où les savants n'étaiept pas
PHEFACK DK L AUTEUR. I.\
d'accord, produisant Hdèlenient les arguments de part et d'autre avec
les témoignages qui les appuient.
Il n'est guère nécessaire de s'étendre sur l'avantage d'employer la
représentation des œuvres d'art comme secours pour interpréter les
textes. Une description , quand elle est assez nette et assez circonstanciée,
peut donner toute l'instruction désirable ; et pourtant les idées n'en de-
viendront que plus claires si l'on voit une représentation fidèle de la chose
elle-même. Ce qui est tracé avec la plume n'est pas plus net et plus vé-
ridique , n'emporte pas plus la conviction que ce qui est tracé avec le
pinceau ou le burin. Au contraire , l'avantage est souvent du dernier côté.
INIais, quand les deux se soutiennent, comme ici , s'éclairent réciproque-
ment, suppléant à l'insuffisance l'un de l'autre et se confirmant par
leurs témoignages mutuels, c'est alors que la peinture a tout son prix et
qu'elle présente le meilleur moyen de donner des idées exactes et d'é-
daircir des points difficiles d'une façon qui persuade immédiatement.
Prenez, par exemple, les expressions hasta amentata et hasia an-
safa, qu'on rencontre pour désigner une espèce particulière de lances :
toutes deux sont données dans les dictionnaires comme des termes syno-
nymes , quoique les notions élémentaires renfermées dans ces adjectifs
soient entièrement distinctes; le substantif awe«/MWi désigne, en effet,
un objet analogue à une lanière droite, et an.sa, quelque chose de
courbé en forme de bride ou de poignée. La langue elle-même marque
donc que les deux objets ne sont pas identiques ; mais on n'avait pu
établir la distinction d'une façon positive , et probablement on ne l'aurait
jamais fixée sans la découverte de deux dessins antiques , l'un sur un vase
grec qui présente une lance avec une courroie droite {amentum), attachée
au bois , comme le montre la gravure au mot Amentum; l'autre sur les
parois d'une tombe à Pœstum, qui nous montre une lance avec une
poignée demi-circulaire ou en forme de bride [ansa), attachée au bois ,
par laquelle on passait la main , comme on le voit dans la gravure au mot
ANSATUS. Puis , pour les analogies qui existent entre des mots de même
famille et les objets qu'ils désignent et qui , sans la connaissance des
formes qu'avaient jadis ces objets, recevraient une interprétation erronée
ou du moins imparfaite, prenez les mots latins ancon, ansa , ancile ,
anquina ., et les mots grecs 'àyxiiv, àyxûXr), ày/.or^r]. Tous renferment la
même notion élémentaire, celle d'une courbure ou d'un creux, comme
celui que produit l'articulation du coude ; et l'on s'apercevra, en se repor-
tant aux différents objets représentés sous chacun de ces mots, que cette
propriété particulière constitue dans tous un trait essentiel, quelque dif-
férents que puissent être à d'autres égards leurs formes et les usages
X PKEFACK DK L ALIEI II.
auxquels on les employait. Dans la langue de la poésie surtout , qui tire
souvent son charme de quelque épithète explicative suggérée par les
œuvres de l'art , il est évident que la beauté particulière de plusieurs
expressions sera perdue ou imparfaitement appréciée , si nous n'avons
pas une connaissance suffisante des formes que le poète avait dans
l'esprit lorsqu'il écrivait.
Quant aux gravures , qui forment le ti'ait caractéristique de ce livTe, les
principales conditions requises sont qu'elles soient tirées d'originaux au-
thentiques , exécutées avec fidélité , et assez distinctes dans les détails pour
présenter sans confusion les points particuliers qui doivent venir à l'appui
du texte.
Pour ce qui regarde ï authenticité des gravures, je puis déclarer qu'il
y en a peu dont je n'aie vu par moi-même les originaux. jMais, dans tous
les cas où un dessin a été fait de seconde main , c'est-à-dire sur un livre
ancien ou une vieille gravure , ou toutes les fois qu'il a paru possible que
la copie dont il était pris eût été exécutée inexactement ou corrigée d'une
façon quelconque; toutes les fois, en un mot, que je n'ai pu, dans les li-
mites de mes connaissances, me porter garant de la fidélité de la repro-
duction , j'ai cité l'ouvrage auquel j'empruntais la gravure , de manière h
donner pour le dessin du moins ime autorité responsable. Dans les autres
cas, j'ai cru suffisant de mentionner seulement la nature de l'œuvre qui
servait d'original à chaque gravure , peinture , statue, pierre gravée, etc.;
car je me suis toujours proposé de maintenir ce volume dans des limites
aussi restreintes que le permettait une exécution convenable de la tâche
dont je m'étais chargé. De toutes les gravures, qui représentent près de
deux mille objets différents, cinquante seulement sont prises d'autres
originaux que des modèles grecs ou romains. La moitié de ces dernières
sont dessinées d'après les antiquités de l'Egypte , et sont données sans
hésitation, parce qu'elles prouvent l'emploi familier de certains objets,
longtemps avant le commencement de l'histoire authentique en Europe;
comme nous savons combien les Grecs empruntèrent à l'Egypte , et
que nous connaissons les relations qui s'établirent entre les Romains
et ce peuple , ou peut y voir avec confiance des inventions transmises aux
âges classiques d'une période plus reculée. Douze sont reproduites d'après
les modèles employés encore aujourd'hui, principalement en Asie, en
Grèce ou en Italie : car ces pays ont conservé beaucoup de leurs mœurs
primitives , et ont gardé presque sans altération plusieiu's des usages de
leurs ancêtres. Trois sont tirées d'originaux chinois ; on les a introduites
parce qu'elles servent à expliquer certains termes , qui autrement ne sont
pas faciles à comprendre , et qui ne sont pas exactement entendus.
pui;fack dk i. autrir.
On peut remarquer que plusieurs costumes et plusieurs objets, mainte-
nant particuliers à ce peuple primitif, ont une ressemblance frappante
avec des ustensiles et des vêtements en usage aux époques classiques de la
Grèce et de l'Italie; d'ailleurs la découverte de bouteilles de porcelaine,
portant des letttres chinoises, dans plusieurs des tombes les plus anciennes
de l'Egypte, témoigne des relations établies primitivement entre ces pays.
Neuf figures seulement ne sont pas tirées d'originaux existants , mais
sont composées d'après des textes pour donner une idée claire et déter-
minée de certaines expressions qu'une figure explique plus facilement
qu'une description ; pour prévenir tout malentendu , nous avertissons le
lecteur et nous donnons le nom de l'érudit et de l'éditeur dont elles sont
l'ouvrage.
En ce qui concerne la fidélité àe l'exécution , condition essentielle dans
des travaux de ce genre , nous n'avons pas épargné nos peines pour y ar-
river. Plusieurs des dessins ont été faits sur bois, d'après des dessins ou des
esquisses exécutées par moi-même ; tous ont été corrigés sur la planche
par le dessinateur sous ma direction ou de ma main , quand cela était né-
cessaire , et par le graveur, après son travail , sur des épreuves retouchées
par moi-même ou sous mes ordres.
Quant à la précision et à la clarté des détails, il faut prendre en consi-
dération les proportions réduites des dessins qui, dans un ouvrage d'uti-
lité et non de luxe , et oii les figures abondent comme ici , deviennent une
condition nécessaire. Cependant, toutes réduites qu'elles sont , si le lecteur
veut seulement prendre la peine d'examiner de près les particularités
désignées par le texte à son attention, il trouvera que nos gravures man-
quent rarement d'expliquer ce qu'elles ont à expliquer, sinon au pre-
mier coup d'oeil , du moins après un peu de pratique et quand l'esprit
s'est familiarisé avec les points précis et distincts qu'on veut lui faire
étudier. INIais, toutes les fois qu'il m'a semblé qu'on distinguait mal, soit
par défaut de précision dans le dessin , soit par la confusion résultant de
lignes inutiles , j'ai cité quelque autre gravure où une représentation du
même objet est dcrnée sur une plus grande échelle ou avec plus de per-
fection , et où ou ic voit plus distinctement.
En choisissant les gravures, j'ai eu constamment pour but d'introduire
les moins vulgaires et les moins rebattues, de préférence à celles qu'on peut
trouver ou auxquelles ou renvoie d'habitude dans d'autres ouvrages qui
touchent à des sujets analogues : de cette façon , la somme des autorités
empruntées à la peinture , et formant un fonds commun auquel on peut
se reporter utilement , est à la fois plus variée et plus considérable. Mais,
dans les cas où il n'existe qu'un spécimen connu, il n'y a pas d'autre al-
Xij PKlîFACE DE L AITEIR.
ternative que de le reproduire; ou bien , lorsque entre plusieurs il en est
un plus complet et plus déterminé dans les détails , qui fournit une Ogure
meilleure et plus satisfaisante que tous les autres , comme ce qu'on ap-
pelle un locus classieux en littérature, j'ai senti qu'il fallait le donner de
préférence. Chaque dessin , en effet , est ici un commentaire pratique
du sens des mots , adressé à l'esprit par la vue , et non pas une gravure
d'agrément, destinée à embellir une page d'impression.
DICTIONNAIRE
ANTIQUITES ROMAINES
ABACULUS (àêaxîffxoi;). Petit carreau
ou cube de verre , ou d'une composition
imitant la pierre, peint de différentes cou-
leurs et employé comme pièce de mar-
queterie dans les pavés de mosaïque
(Plin. Hist. Nat. XXVI, 67; Moschus
ap. 'Alhen. V, 4 1 ). La gravure représente
une partie de l'ancien pavé de mosaïque
de l'église de S. Croce in Geriisalemme ,
à Rome.
ABACUS (xga?). Généralement, table
rectangulaire de pierre, de marbre, de
poterie, etc.; on donne aussi ce nom,
dans un sens plus particulier, à divers
autres objets qui ont la forme d'une ta-
blette plane.
1. Une tablette employée dans des
opérations d'arithmétique et faite pour
calculer par dizaines : semblable à celle
dont se servent encore les Chinois (Davis,
China, ch. 1 9) , et qu'on appelle commu-
nément la table de Pythagore. La gravure
représente un original publié pour la pre-
mière fois par Velser {Histor. Aiigustan.).
Il est divisé en compartiments par des
rainures parallèles qui le traversent : dans
chacune est introduit un certain nombre
de chevilles avec un bouton à chaque ex-
trémité, pour qu'elles puissent se mouvoir
le long des rainures sans en sortir. Les
chiffres représentés par les chevilles dans
chaque rainure sont marqués sur la rai-
nure même : les plus longues, au bas,
désignent les unités; les plus courtes, au
haut, les décimales.
Une table couverte de sable était em-
ployée pour le même usage : les lignes
étaient tracées pareillement sur le sable,
et , au lieu de chevilles , on se servait de
cailloux pour faire les calculs (Pers. Sut. 1 ,
131). Cette table était désignée par le
même nom, aussi bien que la table dont se
servaient les géomètres pour tracer leurs
figures (Apul. Apol. p. 429 Varior.).
2. Une table de jeu , partagée de la
même façon en com-
partiments , servait
pour un des anciens
jeux de hasard et
de calcul : probable-
ment, celui qui se
rapproche le plus de
notre trictrac , le In-
dus duodecini scri-
ptoriim, ou le jeu des
douze lignes (Caryst.
ap. Athen. x, 4G).
La gravure représente un original en
marbre, de l'ère chrétienne , trouvé dans
des fouilles à Rome. On remarquera qu'il
I
2
est (li\ isé, comme nos triclracs, en quatre
tables séparées par des lignes entrecroi-
sées de chatpie côté , et que chaque côté
lui-même est divisé en douze comparti-
ments, par le même nonihre de lignes,
d'où vient le nom de duodecim sci-ipla.
L'inégalité des lignes sur lesqiu'Ues se
mouvaient les pièces et des intervalles
qui les séparent , tenait à la nécessité de
laisser assez de place pour une inscription
grecque qui, dans l'original, couvre le
centre, mais qu'on a omise dans la plan-
che pour plus de commodité. En voici le
sens, suivant la traduction de Saumaise :
« A ceux qui jouent ainsi aux dés, Jésus-
Christ donne cissistance et victoire lors-
qu'ils écrivent son nom avec les dés. »
La tahle ici figurée était emplovée dans
un jeu mêlé de hasard et de calcul , tel
que notre trictrac : c'est ce que prou-
vent les lignes tracées sur sa surface, qui
forment les points sur lesquels les jetons
se mouvaient ; c'est ce que prouve aussi
l'inscription qui implique que le tléplace-
ment des jetons était déterminé d'abord
par le hasard d'un coup de dé. Le nom
d'al/aciis était celui qui convenait le
mieux à la table employée pour un tel
jeu : cela est visible par la nature de sa
surface divisée en lignes parallèles et res-
semblant exactement pour l'aspect à la
table à compter; cela est encore visible
par cette circonstance que c'était en réa-
lité une table sur laquelle on comptait
des chiffres. En effet, on v additionnait
les chiffres amenés par le dé pour déter-
miner le déj)lacement des jetons. Voir
l'épigramme grecque citée par le docteur
Hyde, et Christie {^.4ncicnt greek games,
p. 42), oii un jeu semblable est décrit en
détail.
3. On appelle aussi ahacus la table de
jeu employée dans un autre jeu de calcul
fort ancien, le Indus lutriinciiloriim ;mA\i
elle se rapproche plus de nos échiquiers
et de nos damiers (Macr. Sat. i, 5).
Quoique de pareils jeux remontent à une
très-liaute antiquité etcpi'ils soient repré-
sentés à la fois par les artistes égyptiens
et par les artistes grecs , cependant on n'a
pu établir la manière précise dont la sur-
face de la table était divisée. En effet,
elle est toujours présentée de profil et
l'on ne voit que les hommes et non la
face de la table. Voyez Latki.xcili, Ta-
bula , LatRUKCI LAHIA.
4. IS ahacus était encore un buffet
pour exposer la vaisselle d'argent , les
vases à boire, et les ustensiles de table
dans le tridinium ou salle à manger
(Cic. T'err.w, IG ; Juveu. 111, 204; Plin.
H. N. xxxvii, G). La figure, copiée d'a-
près une lampe d'argile, représente un de
ces buffets avec l'argenterie qui le cou-
vre. Il se compose de deux tables, l'in-
férieure supportée par deux i)ieds, et la
supérieure par un pied en console, qui
repose sur la table inférieure. Les buffets
du genre le plus simple étaient de mar-
bre, et les plus précieux de bronze; la
surface en était quelquefois percée de
trous pour recevoir les vases qui se ter-
minaient en pointe ou par une base
étroite, et qui, par conséquent, ne pou-
vaient se tenir debout. C'est là, à ce qu'il
semble, linlerprétation la plus naturelle
de multlplices cavernœ dans un passage
de Sidoine Apollinaire [Carin. xvil, 7,8);
car le terme dont on se sert pour marquer
qu'on étale de la vaisselle sur un buffet
est e.rponere (Petr. Sat. 73) , et il serait
employé à tort si, d'après le sens reçu,
ces cavernœ étaient des compartiments,
comme les cases d'un cabinet où l'argen-
terie serait plutôt cachée qu'étalée.
6. Une table de marbre employée pour
revêtir les parois d'une chambre (Plin.
H. N. XXXV, 1). Quelquefois toute la
surface de la paroi était couverte de ces
tailles, comme on le voit dans un appar-
tement du palais de Didon , d'après le
Virgile du Vatican; quelquefois on n'y
appliquait que des «.-aissons ou des pan-
ABACCS.
nCtiiix comme ornement ; et comme l'ex-
travagance est ordinairement accompa-
gnée lie manvais goût, de temps en temps
le marbre lui-même était peint (Plin.
H. N. XXXIII, 50) ; quelquefois enfin un
revêtement de stuc ou de ciment blanc et
dur, f(iii pouvait recevoir un très-grand
poli, était détacbé par la scie de la paroi
d'une vieille maison et appliqué comme
abactis au lieu de marbre. Voyez, dans
Vitruve, VII, 3, 10, un passage que Bec-
ker, dans son Gai lus, p. 23, n. 11 de la
traduction anglaise, applique aux buffets,
mais évidemment à tort.
C. Une tablette carrée que les premiers
constructeurs plaçaient sur la tète de
leurs colonnes de bois : ils ménageaient
ainsi une large surface plate pour rece-
voir la poutre qui supportait le toit, et
ils préparèrent ainsi la création des cha-
piteaux (Yitr. IV, 1,11).
11 est à croire que cette simple tablette
resta pendant une assez longue période
l'unique chapiteau ; et dans l'ordre do-
rique, le plus ancien et le plus simple
des ordres grecs, elle ne perdit jamais son
caractère original ; mais elle demeura
encore, avec l'unique addition d'un autre
membre plus petit {V échinas) , la partie
proéminente et la plus imposante du cha-
piteau. L'invention d'ordres d'architec-
ture plus riches modifia la grandeur, la
forme et le caractère de Yalmctts, quoi(pie
le nom se conservât toujours et s'appli-
quât au couronnement de tout chapi-
teau. Ces variétés sont expliquées et
éclaircies tout au long , au mot Capitu-
LUSI.
La figure représente une de ces tom-
bes sculptées dans le roc à Beni-Hassan ,
que M. Georges Wilkinson fait remonter
.\BOLLA. 3
jusqu'à 17 iO avant J.-C. Elle est tout à
fait curieuse pour les traces primitives
qu'elle a conservées de ce style de cons-
truction que le travail , l'art et le rafline-
ment des Grecs perfectionnèrent peu à
peu et embellirent juscpi'à ce qu'il arri-
vât à la plus parfaite de toutes les cons-
tructions, le temple dorique. Il n'y a là
ni base ni plinthe; les colonnes sont can-
nelées ; le chapiteau se compose d'un
simple abacits; une seule poutre ou ar-
chitrave forme l'entablement et supporte
une sorte de corniche sculptée qui pré-
tend imiter un toit de roseaux : et comme
il n'y a pas de frise (zophoriis) entre elle
et l'architrave, nous pouvons la rapporter
par induction à une période où les bâti-
ments étaient seulement couverts par un
toit extérieur l^tectum) , sans soflite ou
plafond (cu'lum); car les poutres qui
formaient le j)lafond se montraient exté-
rieurement par cette partie qu'on appela
dans la suite une frise. Voy. ZopiiORUS.
ABOLLA. Manteau fait de toile mise
en double (Serv. ad Virg. JEn. \, 421),
et attaché par une bro-
che sous le cou ou au haut
de l'épaule. Ce vêtement
était jjorté dans l'origine
par les soldats, comme on
le voit dans la gravure
prise de la colonne Tra-
jane. Les habitants des
villes s'en servirent au
lien du costume civil (la
toge), pendant les pério-
des de troubles on d'in-
vasion étrangère (Varr.
ap. Non. s. •)•.). Dans la suite, l'usage en
ACATICM.
devint plus commun, et toutes les classes
s'en servirent comme d'une partie du cos-
tume ordinaire (Juv. iv, 7G; Suet. Cal.
35). II ne différait pas matériellement du
sagitm, mais l'étoffe en était plus fine, et
il était moins ample. Aussi Martial rc-
commande-t-il aux voleurs de ne pas por-
ter une aholla, parce qu'elle n'était pas
assez large pour cacher sous ses pans les
objets dérobés (Mart. Ep. yiii, 48).
2. Aholla major. C'était une large
couverture dont s'enveloppaient les phi-
losophes grecs, plus particulièrement les
Cyniques, qui, comme ils ne portaient pas
d'autre vêtement de dessous ,
jetaient autour d'eux pour la
décence une pièce d'éloffe fort
ample (Mart. Ep. iv, 53).
De là vient que l'expression
facinus majoris abotlw (Juv.
Sat. III, 115) veut dire un
crime commis par un philoso-
phe grec. Le vêtement est
mis pour la personne qui le
porte ; de même que notre
phrase « la longue robe »
s'applique à tous ceux qui sui-
vent la carrière du droit. La figure repré-
sente Heraclite d'après une pif rre gravée.
ABSIS ou APSIS. Enceinte demi-cir-
culaire qui terminait toute chambre rec-
tangulaire, et qui formait ce qu'on ap-
pelle vulgairement alcôve (Plin. Ep. il,
17, 18). Ou pratiquait ordinairement un
enfoncement de cette espèce dans les
cours de justice {l>asiHc:v),\)o\\v avoir une
place convenable qui reçût les sièges des
juges; il en était quelquefois de même
dans les temples : c'était alors comme
une niche pour la statue de la divinité
à qui était consacré l'édifice. On le voit
par la figure qui montre, telle qu'elle sub-
siste maintenant, Yabsis du temple de
Rome et de Vénus, bâti par l'empereur
Hadrien. Comparez aussi la figure au mot
Adytum, où l'on voit le plan d'une par-
tie d'édifice toute semblable.
ACAPNA, se. Ligna (â)caTcva; poét.
5avà, xâyxava). Expression empruntée
à la langue grecque et désignant le bois
à brûler qui a subi une préparation pour
l'empêcher de fumer quand il est placé
sur le feu. On préparait ce bois de trois
façons différentes : 1° en enlevant l'é-
corce, puis en le plongeant longtemps
dans l'eau, et en le faisant enfin complè-
tement sécher avant de s'en servir
(Theophr. Hist. Plant, xv, 10) : l'effet
de ce procédé est maintenant bien connu,
car on a éprouvé que le bois transporté
par eau sur des trains brûle plus vive-
ment et répand moins de fumée que ce-
lui qu'on amène simplement par terre ;
2" en le plongeant dans l'huile ou dans
la lie d'huile , ou en versant de l'huile à
sa surface (Cato, R. R. 130; Plin. Hist.
Nat. XV, 8); 3" en le faisant sécher et
durcir au feu jusqu'à ce qu'il eût perdu
la plus grande partie de son humidité,
mais sans le réduire entièrement à l'état
de charbon. Cette dernière espèce de
bois s'appelait aussi du nom particulier
de coda ou coctilia (Mart. Ep. XIII , 15).
2. Acapnou mel. Miel pris de la ruche
sans enfumer les a])eilles ; on le regardait
comme la meilleure sorte de miel (Co-
lum. VI, 33, 2; Plin. H. N. XI, 15).
ACATIUM (àxâtiov). Petit vaisseau,
mais bon voilier, appartenant à la classe
des vaisseaux nommés actuarix , c'est-à-
dire qu'on manœuvrait aussi bien à la
rame qu'à la voile. II était plus particu-
lièrement employé par les pirates grecs
(Thucyd. iv, G7), muni et armé d'un
bec (rostriim) : la poupe en était arron-
die et courbée en dedans (indexa;
Plin. Hist. Nat. ix, 49), forme très-
commune dans la marine des anciens ,
comme on le verra par plusieurs gravu-
res dans le cours de ce livre (Voy. Ac-
TUARUS, Apiiractus). 11 est donc tout à
fait probable que les différences caracté-
ristiques de ces vaisseaux consistaient
plus tlans la nature de leur gréement que
dans la forme de la coque (Voy. n° 2).
2. Le même mot s'employait aussi en
parlant du gréement d'un vaisseau ; quel-
quefols il désignait une voile, quelque-
fois un mât ; mais quelle voile ou quel
mât , on ne le voit nulle part. Xéno-
plion (Hi'lleii. VI, 2, 27) parle des acatia
comme de voiles, mais par opposition aux
voiles plus larges; Hésychius et Isidore
(Orig. XIX, 3, 3), au contraire, prétendent
que Vacatium était la plus large voile
du vaisseau et s'attachait au grand mât;
tandis que Julius Pollux (1, 91) et Hé-
sychius, dans un autre passage , affirment
que ce n'était point du tout une voile,
mais un màt , et le plus gros ou le grand
niât. Parmi toutes ces opinions contrai-
res, une seule chose est certaine, c'est
que Vacatium était spécialement inventé
pour naviguer rapidement avec des vents
doux. Si l'on peut hasarder une conjec-
ture, toute la difficulté disparaîtrait en
admettant que ce mot désignait à la fois
et le màt et la voile qui lui est propre ; que
c'était un màt gréé à la façon de ceux des
pirates, à qui ce nom était spécialement
attrihué : par exemple, un màt plus haut
et i)his léger que ceux qu'on employait
hahituellement , muni aussi de voiles plus
petites, prohablement d'un hunier au-
dessus de la grande voile, qui aurait été
plus commode pour la manœuvre, et
meilleur pour naviguer par un beau
temps , que le pesant màt ordinaire avec
sa vergue gênante. Ainsi Iphicrate , dans
le passage de Xéuophon auquel nous avons
déjà renvoyé, arma ses vaisseaux de la
sorte pour être prêt dans toute conjonc-
ture. 11 laissa derrière lui les larges voi-
les ordinaires (xà (AsyâXa la-rta), par
conséquent les mâts pesants auxquels
elles étaient suspendues, et munit ses na-
vires de mâts et de voiles (àxaxîoi;) tels
([ue ceux dont se servaient les pirates
pour leurs vaisseaux, parce qu'il obtenait
ainsi une marche plus rapide et qu'il fal-
lait moins de in-as pour la manœuvre, en
; cas qu'il fût forcé d'en venir à un enga-
gement.
ACCENSUS. Officier civil attaché au
service de plusieurs magistrats romains,
les consuls, les préleurs et les gouver-
neurs de provinces (Varr. L. L. vu,
68; Liv. m, 33). Il était généralement
l'affranchi de la personne qu'il servait
(Cic. ad Quint. Fr. I, 1 , 4), et son de-
voir était de convoquer le peuple aux
assemldées, d'appeler devant le tribunal
les parties engagées dans un procès, d'y
maintenir l'ordre (Cic. /. c. 7), et de
proclamer l'heure au lever du soleil , à
midi et au coucher du soleil (Plin. H.
JV. VII, 60).
2. Les AcCENSi militaires étaient, dans
l'origine, un corps de soldats surnumé-
raires destinés à remplir les vides que
pouvaient causer dans les légions la mort
ou d'autres accidents (Festus s. ■v. yid-
censi) ; mais, dans la suite, on en forma
un corps séparé, appartenant à la levis
armatiira ou aux troupes armées à la lé-
gère , et relégué parmi celles qui occu-
paient le dernier rang. Ils étaient choisis
dans la cinquième classe du cens de Ser-
vius (Liv. I, 43), n'avaient ni armure
ni armes offensives , à proprement par-
ler, mais combattaient du mieux qu'ils
pouvaient de leurs poings et avec des
pierres, WK^«« et lapidihiis depitgnahant
(A'arr. ap. Non v. Decuriones) , précisé-
ment comme on le voit dans la figure ci-
jointe, prise de la colonne Trajane. Sur
le champ de bataille, ils étaient postés à
l'arrière-garde de toute l'armée et for-
maient la dernière ligne derrière les Ro-
rarii, d'oii l'on pouvait les porter en
avant pour diriger des attaques selon que
l'occasion le demandait (Liv. viil, 8
et 10).
ACCINCTUS. Dans un sens général,
ceint, équipé, ou muni de tout. Mais le
mot s'appli([ue plus spécialement aux sol-
dats , et alors il implique que le soldat a
ceint son épée ou, en d'autres termes,
qu'il est armé comme doit l'être un sol-
ACCUBITALIA.
ACCCBO.
dut de service , ainsi qu'on le voit dans la
figure prise de la colonne Trajane, et pla-
cée à droite dans la gravure. De là, mi-
les non accinctiis signifie un soldat saus
son épée ou, pour ainsi dire, sans ses ar-
mes de côté, que, sous un système relâ-
ché de discipline, on était quand on était
employé à des travaux de campagne, à
des fortifications, etc. Les soldats les
mettaient alors en faisceau sur le sol,
avec leurs boucliers et leurs casques à
côté, comme le montre la figure placée
à gauche de la gravure et prise aussi de
la colonne Trajane. Sous une discipline
sévère, uu pareil usage n'était pas toléré;
on ne mettait de coté que le bouclier et
le casque, mais le soldat était toujours
accinctiis ou armé de l'épée ( Tac.
Ann. XI, 18; Veget. Mil. m, 8).
ACCUBITALIA. Diverses pièces d'un
lit ou d'une couche pour les repas, com-
prenant les coussins ou les oreillers, les
matelas, le couvre-pied, comme on le
voit dans les deux figures suivantes (Ya-
lerian aj). IveheW. Claiicl. 14).
ACCUBITIO. L'action de se coucher
près de la table (Cic. Scnect. 13), com-
me elle est décrite au mot AcciBO.
ACCUBITUM. Espèce particulière de
couche employée pour les repas , et qu'on
substitua sous l'empire au Icctits tricli-
niaris (Schol. Vet. ad Juv. Sat. v, 17 ;
Lamprid. Elagah. 19). La forme particu-
lière de ce meuijle n'est décrite nulle part ;
mais, comme les mots acciiho, acciimbo,
accitbitiis, dans leur signification précise,
ne se rapportent qu'à une seule per-
sonne , il est assez raisonnable d'en con-
clure que ïacctiùitiim était un sofa fait
pour recevoir une personne seule; de
plus , la gravure ci-jointe , prise d'un an-
cien marbre romain ( Symeoni , Epitafft
anficlii, p. 51; Lioue, 1558), prouve
qu'on se servait de sofas de ce genre dans
les repas. Il est facile de comprendre la
raison qui les fit introduire : on voulait
qu'un nomlire quelconque d'hôtes pût
participer commodément au festin par
l'addition de sofas supplémentaires (Lam-
prid. yilex. Sev. 34); taudis que le lec-
tiis tridinarius ne pouvait recevoir que
neuf personnes.
ACCUBITUS, même sens qu'AccuBl-
TIO (Stat. .4ch. I, 109).
ACCUBO (y.aTay.>i'.vo|xat). Être cou-
ché à table , position adoptée d'ordinaire
par les anciens à leurs repas. Cette pos-
ture, comme on le voit clairement dans
la figure prise du Virgile de Vatican , te-
nait le milieu entre se coucher tout à fait
et s'asseoir : les jambes et la partie in-
férieure du corps étaient étendues de
toute leur longueur sur un sofa, pendant
que la partie supérieure du corps était lé-
gèrement élevée et supportée sur le coude
gauche , qui reposait sur un oreiller : le
bras droit et la main droite étaient ainsi
laissés libres , pour qu'ils pussent s'éten-
dre et prendre la nourriture.
Quant à la manière de disposer les
sofas, les questions de préséance et la po-
sition des différentes places, voy. le mot
Lectcs triclixarius.
Pendant la dernière période de l'his-
toire romaine , les hommes et les femmes
ACCUMBO.
ACKTABLLl'M.
prenaient ensemble leurs repas, étemlus
sur des lits; mais les Grecs considé-
raient une telle posture comme indé-
cente pour des femmes; aussi leurs fem-
mes étaient-elles assises à une taille séparée
ou à l'extrémité de la couche, sur la([uelle
les honunes seuls s'étendaient, comme
on peut le voir dans la figure prise d'un
marbre grec du Musée de Vérone re-
présentant un repas de funérailles (cœ/ia
WximeMIÉM
ferai is). Les mêmes habitudes régnaient
aussi chez les Romains avant la corrup-
tion des mœurs, résultat de l'opulence
et de la conquête.
ACCUSIBO. Ce mot désigne propre-
ment l'action de prendre place à une
couche ipii sert aux repas , par opposi-
tion à accii/io, qui se dit d'une personne
déjà étendue. 11 ne s'applique qu'à une
seule personne, et se distingue de c/is-
cumbo, qui s'applique à plusieurs per-
sonnes ou à la compagnie entière. Mais
ces différences ne sont pas toujours ob-
servées.
ACERRA (>'.êavwTpU). Petite boite
carrée avec un couvercle {arca turalis,
Serv. ad Virg. ^«. y, 745), qui con-
tenait l'encens
dont on se ser-
vait pour le sa-
crifice i^Acerra
tiiris custos ,
Ov. Met. XIII,
703 ; Hor. Od.
III, 8, 2). La
figure est prise
d'un bas-relief du musée du Capitole à
Rome , sur lequel sont sculptés plusieurs
ustensiles em|)loyés j)our les sacrifices.
L'encens lui-même n'était pas brûlé
dans Yacerra; mais la boîte était portée
à l'autel par un assistant
du prêtre, comme on le
voit dans la figure ci-join-
te, prise d'un lias-relief à
Home. L'assistant porte la
Itoite dans la main gau-
che, un vase pour verser
les libations de vin (capis)
dans la main droite, et
la peau d'une victime sur
le bras gauche. Quand on
voulait se servir de l'en-
cens, on le prenait dans
cette boite et on le répan-
dait sur l'autel brûlant : d'où l'expression
liliare accira (Ov. Pont, iv, 8, 39; Pers.
Sat.n, 6).
2. Suivant Festiis [s. -v.) on donnait
aussi le même nom à un petit autel por-
tatif placé devant les morts et sur lequel
on brûlait de l'euceus. Voyez la gravure
au mot AnA ïitricrema, et comparez
Cic. Le^. II. 24.
ACERSECOMES(à/4eprfex6|j.riç). Litté-
ralement, qui porte des cheveux longs
et flottants, et, par extension, personne
jeune ou efféminée (Juv. Sat. vili, 128) ;
car l'habitude de porter
ses cheveux sans les cou-
per, était regardée comme
indigne d'un homme par
les Romains , et ils ne l'a-
doptaient que pour les
jeunes esclaves qui ser-
vaient à table (on en voit
un exemple au mot PiN-
cerna), ou pour les jeu-
nes garçons (caniilli) qui
assistaient les prêtres à
l'autel, comme dans la
gravure ci-jointe, qui est
prise du Virgile du Vati-
can et représente un de ces assistants.
ACETABILUM (o^Oêacpov). Vinaigrier
ou plutôt coupe remplie de vinaigre que
les anciens avaient l'habitude de placer
sur leurs tables à manger pour'y tremper
leur pain (Isidor. Oris:^. xx, 4,12; Apic.
viil, 7; Llp. Dio-, \xi\, 2, 20). Nous
n'avons pas de preuve directe que ce vase
8
ACRATOPHORtJM.
fiit employé ; nous sommes réduits à l'in-
duction tirée de son nom grec qui veut
dire littéralement vase de vinaigre à
tremper. Le modèle de fine argile rouge ,
représenté ici , est au . .
musée de TSapIes et est
indubitablement un mo-
dèle de ces coupes, car
au bas on lit inscrit le
mot ôÇwêaçov (Panoflva,
Rechercltes sur les véri-
tables noms des vases grecs).
2. Gobelet employé par les escamo-
teurs de la classe appelée maintenant
joueurs de gobelet , pour exécuter le tour
de la muscade (Sen. Ep. 45). C'était
un tour d'escamotage très-usité chez les
Grecs et chez les Romains, et exécuté
exactement de la même façon qu'aujour-
d'hui (Alciphron, Ep. III, 20, où le pro-
cédé est décrit dans tous ses détails).
Le joueur de gobelets était appelé ij^riço-
xXe'TtTr,; ou ij/riÇOTiaîxTri; chez les Grecs
(Athen. I, 34 ; Suidas). Les Romains n'ont
pas laissé de nom particulier; on ne
trouve que le nom commun à tous les
faiseurs de tours de passe-passe , prœsti-
giator (Seneca, /. c. ).
3. Mesure de capacité pour les ma-
tières sèches, contenant le quart d'une
hémine (Plin. H. N. XXI. 109).
ACICL'LA , diminutif de acus : comme
ce mot s'applique à l'épingle que les fem-
mes portaient dans leurs cheveux (Acrs,
2), il faut entendre le diminutif comme
exprimant plutôt l'infériorité de la ma-
tière que la petitesse de l'objet : car ces
sortes d'ornements étaient faits de bois et
d'os, aussi bien que d'ivoire et de métaux
précieux (Cod. Theodos. m, 16, 1).
ACINACES (à/.ivâî'.r'iç). Poignard court
et droit, propre aux Per-
ses, aux Mèdes et aux Scy-
thes (Hor. Od. I, 27, 5;
Curt. III, 3,18); on le por-
tait suspendu à lui bau-
drier qui entourait la cein-
ture : il venait pendre ainsi
contre la cuisse droite (Val.
Flac. VI, 701; Flor. iv,
11, 3), comme on le voit
dans la gravure prise d'un bas-relief trouvé
parmi les ruines de Persépolis. L'aciiiaces
n'était pas une épe'e, mais un poignard;
car on le portait en même temps que
l'épée, mais du côté opposé du corps,
comme il est facile de le voir sur le Perse
blessé dans la célèbre mosaïque Pom-
péienne , représentée au mot Brac^.
Comme le dessin est une réduction , il
n'est pas fort en saillie; mais on en voit
la poignée sur le côté droit, tandis que
l'épée est suspendue par un baudrier (bal-
teus) au côté gauche.
ACISCULUS. Petit /7/c, employé prin-
cipalement par les maçons et les tailleurs
de pierre : d'un bout , il a une extrémité
assezgrosse, comme le marteau, et de l'au-
tre une pointe recourbée ou
pic. Il est représenté sur plu-
sieurs monnaies de la famille
Yalérienne, avec le nom au bas :
c'est d'une de ces médailles que
nous avons pris notre modèle (Quintil.
VI, 3,53).
ACLIS ou ACLYS. Arme massive em-
ployée par les Osques et quelques nations
étrangères , mais non par les Grecs ou les
Romains (Virg. Ailn. vi, 730; Sil. Ital.
III, 3G3). Il semble que c'était une sorte
de harpon : car l'aclis se composait d'un
bâton gros et court , armé de pointes et
attaché à une coriie, de sorte qu'on pou-
vait le retirer à soi après l'avoir lancé
(Serv. ad Virg. /. c); mais Servius ne
connaissait cette arme que par tradition :
ou en avait abandonné l'usage longtemps
avant son époque.
ACRATOPHORIM (àxoaTo?6pov ).
Terme grec, introduit dans la langue la-
tine dès le temps de Varron (Varr. R. R.
1,8,5; Cic. Fin. m, 4), et employé pour
désigner le vase dans lecpiel on plaçait sur
la table du vin pur et sans mélange {Pol-
lu.r, VI, 99). Aussi ce mot était-il quelque-
fois opposé à crafer, vase plus grand, em-
ployé pour le même usage , mais conte-
nant du vin et de l'eau déjà mêlés. La
figure est prise d'un vase de marbre
(Buonarotti, T'asi di
Vetro, p. 31 ) , poi-
tant une inscription
qui le dédie à Syl-
vain, et orné d'une
guirlande de feuilles de vigne. Ce vase
correspond exactement pour la forme à
ACROPODIUM.
deux autres dessinés par les artistes de
Pompéi , dont l'un est placé aux pieds
d'une statue de Bacchus (Mus. Borh. vu,
66), l'autre dans les mains du dieu Acra-
tus (Mus. Borb. vu, G2), et qui, rap-
prochés, suffisent pleinement pour en
déterminer la forme.
ACROPODIUM. Mot tiré du grec, quoi-
que on ne le trouve dans aucun auteur
grec : la signification exacte n'est pas fa-
cile à déterminer. 11 est probable qu'il
désigne la plinthe basse et carrée que l'on
voit d'ordinaire sous les pieds d'une sta-.
tue de marbre (Hyg. Fab.
88) , comme dans la figure
qui représente la statue de
Junon placée au-devant
d'un temple, d'après le Vir-
gile du Vatican. Cet acro-
podiiim faisait partie inté-
gi'ante de la statue elle-
même; mais il servait aussi
comme d'une sorte de pié-
destal ou podium (6!.x.po^
TtôSiov) pour supporter la
statue, quand elle était
placée dans une position
élevée , ou sur une base ré-
gulière construite à cette intention, com-
me on le voit dans cette figure.
ACROTERIA (à>ipwxripta). Piédestal
placé au sommet et aux angles d'un
fronton pour supporter des statues (Vitr.
I :im
m, 5, 12). On le faisait souvent sans base
ou sans corniche , comme dans la figure.
ACTUÂRIOLUM, diminutif de actua-
riiis. Petit bateau ou vaisseau découvert,
poussé par des rames qui ne dépassaient
jamais le chiffre de dix-huit ; le bateau
qui transporta Cicéron (Ep. ad Jtfic.
XVI , 3) en avait dix : on ajoutait quelque-
fois une voile quand le vent était favora-
ble (Scheffer, 3IiL A' av. ii, 2). La figure
est tirée d'une miniature du Virgile du
Vatican.
ACTUARIUS. Naves actuariœ, ou sim-
plement acttiariœ. Vaisseaux découverts ,
manœuvres à l'aviron et à la voile , par
opposition aux navires marchands ou
vaisseaux à voile , onerariœ (Sisenna ap.
Non s. V.; Cic. ad Att. v, 9). A pro-
prement parler, ce n'étaient pas des vais-
seaux de guerre de première classe ou
vaisseaux de ligne , mais on les employait
dans tous les cas qui demandaient de la
promptitude, comme paquejjots, comme
transports (Liv. XXV, 30), ou pour res-
ter en observation : c'étaient les vaisseaux
des pirates (Sallust. Fragm. ap. Non.
/. c), et ils n'étaient jamais munis de
moins de dix-huit rames (Scheffer, Mil.
Nav. II , 2). La gravure est tirée du Vir-
gile du Vatican.
2. Jctitarii, sténographes qui recueil-
laient les discours prononcés dans le sénat
ou les assemblées publiques (Suet. Jid.
56).
3. Sous l'empire, officiers qui tenaient
les comptes du commissariat des vivres,
recevaient des fournisseurs les approvi-
sionnements pour l'usage de l'armée, et
les distribuaient en rations aux troupes
(Ammian. XX, 6, 9; xxv, 10, 17 ; Aurel.
Vict. Cxs. 33).
ACUS (àxEŒTpa , pcXôvo , f açî;). Le
mot acus semble avoir désigné à la fois
une épingle pour attacher et une aiguille
pour coudre : on le trouve employé dans
les deux sens (Cic. Milo, 24; Celsus,
1.
10
ADORATIO.
VU, IG; Ovid. Met. m, 23). La gravure
repiéseute une boî-
te d'épingles trou-
Aee à Pompci et une
aiguille à coudre
d'à peu près 3 cen-
tim. de long, de la
même ville.
2. Aciis comatoria ou crinalis. Grosse
épingle, longue de plusieurs centimètres,
faite d'or, d'argent, de bronze, d'ivoire
ou de bois, que les femmes avaient l'ha-
bitude de passer dans leurs cheveux der-
rière la tète, quand ils avaient été tressés
et relevés , pour les maintenir : habitude
conservée encore dans plusieurs parties
de l'Italie (Petr. Sat. 21; Mart. Ep.
II, G6; XIV, 24; Apul. 3/f/. viii, p. 161,
T'arior.). La gravure est prise du frag-
ment d'une statue de la
galerie ducale à Floren-
ce; elle montre com-
ment on portait ces é-
pingles à cheveux. On a
découvert à Pompéi et
ailleurs un grand nom-
bre de modèles de dif-
férentes matières , et ornés de dessins de
fantaisie : ils sont gravés dans le Museo
Borbonico (is, 16) et dans Guasco {Délie
Oriiatrici , p. 4G).
3. Ardillon d'une broche ou d'une
boucle faite précisément de la même fa-
çon <[ue les nôtres, comme on le voit
dans les gravures^ copiées toutes
ciens originaux (Valerian. aj>. Tr
Claiul. 14).
4. Aiguille employée pour ar-
ranger les lampes à huile et sus-
pendue habituellement par une
chaîne à la lampe , comme on le
pratique encore en Italie. La gra-
vure est copiée d'une lampe de
bronze trouvée dans des fouilles à
Pompéi , et l'on voit une partie de
la chaîne à laquelle l'aiguille est
suspendue. Cette aiguille servait à
d'an-
ebell.
tirer et à allonger la mèche quand elle se
consumait dans le bec : Et producit acti
stupas liiimove carentes (N irg. Moret. II).
6. Plantoir dont on se servait pour
les vignes (Pallad. I, 43, 2).
6. Sonde de chirurgien, selon Furla-
netto, s. V.; mais il ne cite aucune au-
torité ancienne , et le terme propre pour
cet instrument était specUliim.
ADJIISSARIUS, se. equus (àvaêà-
TT);). Étalon gardé spécialement pour la
propagation de l'espèce; comme les an-
ciens montaient ordinairement ou atta-
chaient à leurs voitures des chevaux en-
tiers, on ne permettait de commerce avec
les juments qu'à ceux qu'on gardait spé-
cialement dans cette intention (Varro,
R. R.ii,l,\; Columell. vi,27, 3).
2. Ce mot s'appliquait aussi à d'au-
tres animaux , et entre autres aux ânes.
(Varro, iî./?., ii,8, 3; Pallad., iv, 14,2.)
ADORATIO (Trpoaxûvr,-!!:, Soph. El.
137 4), L'acte d'adoration, témoignage de
vénération rendu par les passants à toute
personne ou à tout objet auxquels ils
voulaient montrer un extrême respect.
L'adoration s'exprimait par l'attitude et
les mouvements du corps : le corps était
légèrement incliné en avant et les ge-
noux courbés à demi, pendant que la
main droite touchait l'objet révéré , l'au-
tel, la statue, etc.; la gauche était éle-
vée vers la bouche (ados, d'où vient le
terme (ï adoration) , et on la baisait en
l'agitant vers l'objet qu'on voulait ho-
norer (Plin. H. N. xxviii, 5; xxix,
20 ; Apul. Met. iv, p. 83, f'arior.; JpoU
p. 49g). Les principaux mouvements do
cette pantomime sont clairement indi-.
qués dans la gravure, prise d'une pierre
gravée dans Gorlœus ( Dactyliothec. p. il,
u. 63).
ADULATIO.
11
ADULATIO (upoaxuvYjai;, Herod. i,
134,). La manière la plus vile de témoi-
gner sa vénération, comme on le faisait
chez les Perses et les autres races orien-
tales, en prosternant son corps et en cour-
bant la tète jusqu'à terre (Liv. IX, 18;
XXX, 16; Suet. Vitell. 2; Curt. viii,
5). Voyez la représentation ci-jointe d'une
pierre précieuse (Gorlœus, Dactyliotliec.
II , 3'JG) , on un adorateur accomplit l'acte
de Yadulatio devant le dieu Auuhis. Les
poètes latins le désignaient aussi par des
expressions comme, pi-ociimhere, se pros-
terner (Til)ul. I, 2, 85), ou promis ado-
rare, adorer en se courbant vers la
terre (Juv. Sat. VI, 48).
ADYEKSAUIA, se. scripta. Journal
ou calepin, dans lequel ou consignait
provisoirement des comptes ou des notes
])our les transcrire ensuite dans un grand
livre ou un journal régulier (Cic. pro
Rose, Coin. 2).
ADYTLM (âôuTov). Chambre particu-
lière ou secrète dans un temple, d'où
tout le monde, excepté les prêtres qui
officiaient , était sévèrement exclu (Cws.
B. C. m, 105; Virg. Mn. vi, 98).
Uadytum était distinct de la cella : on
le voit par un passage de Lucaiu {Phars.
V, 141-161, où la prêtresse, craignant
les crises violentes qu'elle aurait à su-
bir des stimulants qu'on la forçait de
prendre dans sa chambre secrète pour
l'agiter comme dans l'inspiration prophé-
tique (pavens adyti penetrale rcmoti
fatidicum, redouiaul la prophétique re-
traite du sanctuaire secret) , s'arrête
dans l'enceinle du temple et refuse de
pénétrer dans Vadjtum ou l'antre {an-
iriim) , comme Lucain l'appelle . il faut
l'emploi de la force pour l'y pousser.
Une chambre de cette sorte est représen-
tée dans cette portion de la gravure ci-
jointe (pii est située derrière Vahsis cir-
culaire (l'absis est "marquée d'une teinte
plus foncée que le reste) , et qui commu-
nique avec le corps de l'édifice par deux
portes, une de chaque côté. Le tout re-
présente le plan d'un petit temple dori-
que, existant jadis près du théâtre de
Marcellus, à Rome, sur l'emplacement
duquel s'élève maintenant l'église de
S. Nicola in Carcere. Il est copié de
l'ouvrage de Labacco, qui le visita au
seizième siècle (Libro delV Arcliitettura,
Rome, 1558).
On construisait ces parties du temple
pour permettre aux prêtres de tromper
les hdèles par des réponses prophéti-
ques, des miracles, et toute espèce d'ef-
fets surnaturels, et de cacher en même
temps les agents qui les produisaient. Il
n'y en avait pas, par conséquent dans
tous les temples, mais seulement dans
les temples célèbres par des oracles ou
par la représentation des mystères. C'est
ce qui explique pourquoi on rencontre
si rarement de telles pièces dans le plan
des anciens temples qui sont restés de-
bout. Les ruines d'un ancien temple à
.41 ha Fucentis, dans le pays des Marses
(aujourd'hui Alba sur le lac de Fucino),
prouvent amplement que la ligure insé-
rée ici peut être regardée comme un
lidèle spécimen de l'ancien adjtiim.
L'intérieur de cet édifice avait encore sa
forme primitive et était parfaitement
coiiser\ é quand il fut visité par l'auteur.
La manière dont il est construit ne dif-
fère que légèrement du modèle que nous
avons donné : la chambre secrète n'est
pas placée derrière Yabsis, mais cons-
truite au-dessous. Une partie de cette
chambre s'enfonce , en quelque sorte , au-
dessous du pavé du corps principal du
12
temple (ce/Za), et l'autre s'élève au-dessus.
Celle-ci devait apparaître alors aux ado-
rateurs réunis dans le temple seulement
comme un soubassement occupant la
portion inférieure de Vaf>sis et destinée
à tenir dans une position élevée la sta-
tue de la divinité dont l'édifice portait
le nom. Ce sanctuaire , d'ailleurs, n'avait
ni porte ui communication visihle qui
ouvrit sur le corps du temple. On n'y
entrait que par la porte dérobée d'une
enceinte fermée de murs, s\ir les derriè-
res de l'édifice : c'était par là que les
prêtres s'introduisaient avec leurs machi-
nes, sans être vus ni reconnus. Mais il
est un fait remarquable, un fait qui
prouve sans réplique la destination de
Vadrtiim : c'est qu'on y trouve une quan-
tité de tubes ou de conduits creusés
dans les murs qui communiquent de ce
réduit avec l'intérieur du temple , qui
aboutissent aux différentes parties des
parvis de la cella, et qui permettent ainsi
à une voix de se faire entendre dans
tout endroit du temple pendant que la
personne et la place d'où part la voix
restent cachées.
jEDES [Domus, Tesiplum].
jEDICULA. Sanctuaire , tabernacle ou
dais , avec un fronton que supportent des
colonnes, construit dans la cella d'un
temple et sous lequel la
statue du dieu était pla-
cée. — Quadrigx iiiau-
ratse in Capitolio positx
in cella Jovis supra fa-
stigiiim œdiculœ (Liv.
XXXV, 41). « Quadriges
dorés , placés au Capitole
dans la chapelle de Jupiter au-dessus du
faite du tabernacle. » La gravure repré-
sente la statue de Jupiter sous un taber-
nacle dans le Capitole, ainsi que le dé-
crit Tite-Live dans le passage cité , et elle
est tirée d'une médaille frappée eu l'hon-
neur de la vestale jElia Quirina.
2. Petit cabinet fait de
bois, sur le modèle d'un tem-
ple, où les images des ancê-
tres (imagines majorum), les
lares et les divinités tutélaires
étaient conser\és et placés .
dans de grandes cases autour n™""?
de l'atrium (Petr. Sat. 29). La figure est
copiée d'un bas-relief du musée Britan-
nique et représente une sedicula où est
placée l'image de Protésilas (Comparez
Ovid. Her. XIII, 120-158).
-EDITUUS, .-EDITIMUS, ou /EDITU-
MUS (vao?û),a?, lepoçûXa?, vetoxôpo;).
Gardien chargé de la surveillance d'un
temple (Varro, L. L. viii, 12; Gell. xii,
10). 11 en avait les clefs, l'ouvrait aux heu-
res marquées (Liv. xxx, 17), en surveil-
lait le jjalay.ige et le nettoyage (Eurip./o«.
80-150), et servait de
guide aux étrangers,
leur expliquant les ra-
retés et les œuvres d'art
que l'édifice contenait
(Pliu. XXXVI, 4, 10).
Cet emploi était hono-
rable (.Serv. ad Virg.
^n. IX, 648). C'était
une place de confiance
et qui entraînait avec
elle une grande respon-
sabilité. L'importance
de Yeedifuiis paraît -
par le style et le vêtement de la figure ci-
jointe, qui donne un rare modèle de
Ysedituus grec, pris d'un bas-relief à
Dresde. Son ministère est indiqué par
le balai de feuilles de laurier dont on se
servait pour balayer le temple de Delphes
(Eurip. Ion. L c).
jEGIS (atyi;). Le premier sens de ce
mot est peau de chèvre; les habitants
primitifs de la Grèce se servaient de ces
peaux , aussi bien que des peaux des au-
tres animaux , pour se vêtir et protéger
leur corps. Naturellemeut on devait por-
^OLIPIL.E.
13
ter cette peau sur le dos et l'attacher par
les pattes de devant sur la poitrine, pour
couvrir ces deux parties du corps, comme
on le voit par la statue de Juno Lanuvina,
au musée du Vatican (Yisconti, Mus. Pio
Clem. II , tav. 21). Ainsi se forma le type
original de l'égide comme la portaient Ju-
piter et Minerve, faite de la peau de la
chèvre Amalthée, qui avait allaité Jupiter
dans son enfance (Hygin. Astron. il , 13).
La gravure représente une figure de
Minerve prise d'une lampe d'argile (mais
imitée d'un type fort ancien) : comme
jious l'avons dit ci-dessus , l'égide qu'elle
porte lui couvre la poitrine et lui tombe
derrière le dos jusqu'aux genoux. Les ser-
pents de la tète de la Gorgone qui y sont
attachés forment une frange autour des
bords ; c'est ainsi qu'Homère (//. il , 448)
décrit les franges de l'égide de Jupiter.
2. Comme un pareil manteau formait
un accessoire gênant dans une statue du
style idéal de la sculpture grecque , il fut
transformé par les artistes de cette na-
tion en une cuirasse
petite et élégante, cou-
verte d'écaillés pour
imiter une armure , et
décorée au centre d'u-
ne tète de Gorgone,
comme dans la figure
de Minerve que nous
donnons, aussi d'après
une lampe d'argile.
Par suite , on employa le mot a'o^w'pour
désigner la cuirasse d'une divinité, mais
plus particulièrement celle de Jupiter et
de Minerve, par opposition à lorica ou la
cuirasse des mortels (Ovid. Met. VI, 79) ;
II, 755; Serv. ad Virg. Ain. viii, 435).
3. A une épo-
que ultérieure , on
employa le même
mot pour désigner
la cuirasse ordi-
naire portée par des
personnes de dis-
tinction, tels que les
rois de Macédoine
et les empereurs
romains , quand
elle était décorée
par devant de l'ima-
ge d'une tète de Gorgone (Mart. Ep. vil ,
1 ) ; ils adoptèrent cet ornement entre tous
les autres, en signe du caractère et de
l'autorité divinequ'ils s'arrogeaient, com-
me on le voit dans le modèle, pris d'une
statue romaine.
4. Traduire œgis par bouclier, c'est
introduire une idée tout à fait éloignée
du sens vrai et original du mot; car
presque toutes les figures qui portent une
peau de chèvre sur la poitrine , dans les
œuvres de l'art antique, sont aussi mu-
nies d'un bouclier bien distinct; et les
passages où l'on suppose qu'il est fait al-
hision à une arme défensive de la nature
du bouclier, ou sont équivoques, ou peu-
vent s'entendre avec une égale vérité du
large manteau de peau de chèvre que
nous avons donné dans notre première
gravure. Il était facile, en effet, de rame-
ner ce manteau sur le bras gauche ; il le
protégeait alors comme un bouclier, de
la même façon que les Athéniens se ser-
vaient de leurs chlamydes (Voy. Clvpea-
TUS, Culamyde), et ainsi qu'on le voit
dans la figure ci-jointe, qui est prise d'une
très-ancienne statue de Minerve , au mu-
sée royal de Naples.
jflNEATOR. Nom cpii s'appliquait à
tous les musiciens qui se servaient d'ins-
truments de cuivre ou qui jouaient d'un
des instruments à vent employés dans
l'armée, aux jeux publics, ou dans les
cérémonies religieuses. Ce nom compre-
nait les Buccinatores , les Cornicines
et les Tubicines (Suet. Jul. 32; Amm.
Marc. XXIV, 4, 22).
iïOLIPIL.î: ou .EOLIPYL^. Vases
de métal, à étroit orifice , qu'on remplis-
sait d'eau et qu'on plaçait sur le feu pour
u
.1 QlIPODIUM.
expliquer l'origine et la nature du vent à
l'aide de la vapeur qui s'v produisait
(Vitr. I, fi, 2).
.«QLIPONDIUM (<7r,zw!xa^.
Poids qui fait équilibre ou poids
mobile attaché à une romaine
(statera) et à une balance (//-
bra, Vitruv. x, 3, 4). Ou en
a trouvé un grand nombre à
Pompéi et ailleurs, faits pour
la plupart de bronze et avec des
dessins de fantaisie, tels que le
modèle que nous donnons ici
et qui est pris d'un original de
Pompéi.
.«RARIOI. Trésor public à Rome,
distingué du trésor particulier des empe-
reurs (fiscus) : on y déposait le produit
des revenus annuels, les comptes publics,
les décrets du sénat et les étendards des
légions (Cic. Leg. m , 4 ; Tac. yliin. m,
51; Liv. III, 69). Sous la république,
c'était le temple de Saturne qui servait
de trésor.
2. JErarhim sarictius, lieu dépendant
du trésor public , où on gardait l'argent
et les trésors acquis par la conquête, et
les sommes payées par le^ esclaves pour
leur affranchissement (ai/rum vicesima-
riiim) : on ne l'ouvrait jamais que dans
les circonstances importantes (Liv. XXYII,
10. Cf. Quintil. X, 3, 3).
3. JErarhim militare. La caisse de
l'armée, trésor distinct, établi par Au-
guste , pour subvenir aux dépenses de
l'armée. On le forma en imposant quel-
ques nouvelles taxes (Suet. Octav. 49).
jÎIRO. Panier pour le sable, fait d'o-
sier, de jonc ou de laiche (Plin. H. N.
XXVI, 21 ; Yitruv. v,
12, 15). On le repré-
sente fréquemment
comme employé par
les soldats dans les
tranchées , les fortifi-
cations et les travaux
ordinaires d'une cam-
pagne. La figure ci-
jointe est tirée de la
colonne Trajane. Ce mot n'était toutefois
qu'un terme de conversation employé par
le commun du peuple ou dans le langage
familier (Donat. ad Ter. Phorm. l, 2, ' '2).
iERUCA. Brillante couleur verte,
composée artificiellement jiour imiter le
vert de gris naturel (œrugo) qui vient au
bronze par le temps {Yitruv. vu, 12;
Plin. H. y. XXXIV, 2G) : ce dernier
décrit les différents procédés pour com-
poser cette couleur, mais il l'appelle
xrugo.
.-ERUGO (tô; •/aXy.oO). La brillante
rouille verte qui vient au bronze par le
temps, distinguée de la rouille brune du
fer (ferrugo, rubigo, Cic. Tusc. IV,
14). Plus le bronze vieillit, plus la cou-
leur devient brillante et belle, et l'on
estime que la valeur du métal en est
augmentée. C'est pour cela qu'une statue
fort ancienne était mise par les anciens
bien au-dessus d'une statue récemment
coulée (Winck. Storia délie Arti, vil ,
2, 10).
^Rl'SCATOR. Charlatan, imposteur
qui mendie ou qui fait fortune en abusant
de la crédulité des autres (Aul. Gell.
XIV, 1, 2; cf. IX, 2, 2).
iES THERMARUM. Cloche de métal,
suspendue dans les bains pulilics , par
laquelle on annonçait au public quand
l'eau chaude pour les bains était prête
(Mart. Ep. xiv, 163).
La gravure reproduit deux de ces ius-
truments , pris d'une ancienne peinture
qui représente des bains : ils sont sus-
pendus aux fenêtres (Bianchini, Instru-
ment. Mus. T'et., tav. vil, n" 8).
AGASO l'iTtT^oxôu.o;). Esclave attaché
aux écuries, (jui harnachait les chevaux,
les amenait et les tenait jusqu'à ce que
AGATHOD^MON.
15
son maître les moulât : palefrenier ou
•valet d'écurie (Liv. xun, 5; Pliu. H.
N. XXXV, 40, ■ 29). La figure ci-jointe
est tirée du Virt^ile du Vatican.
2. Ce mot désigne aussi quelquefois
ceux qui sont chargés du soin d'autres
animaux, comme les ânes (Apul. Met.
VI, p. 121, Farior.). On l'appliquait
même dans un sens plus général à tous
les esclaves de la classe inférieure (Hor.
Sat. II, 8, 72).
AGÂTHOD.ÏMON ( àyaeoSaîpiwv ).
Mot grec pour désigner un bon esprit ou
un ange gardien : le terme latin est ge-
jiius; voir ce mot ("Lamprid. Elagah.
28; Inscript, ay. Yisconti, Mus. Pio
Clem. t. I,p. 163).
AGEA. Passage ou couloir par lequel
le maître d'équipage (hortator) commu-
niquait avec les rameurs (Isidor. Orig.
XIX, 2,4; Ennius, ap. Isidor. /. c). On
appelait aussi ce passage aditus dans un
langage moins technique (Ovid. Met.
III, G23).
AGGER (x<''!Jia)> En général, toute
chose qu'on amoncelle {quod adgerititr)
pour remplir un vide ou pour former un
tas, ou de terre, ou de bois, ou de décom-
bres ; on en a dérivé les sens plus particu-
liers qui suivent :
1. Retranchement ou rempart artifi-
ciel dont les Romains entouraient leur
camp ou les positions qu'ils voulaient oc-
cuper un certain temps pendant la
guerre. C'était ordinairement une vasle
levée de terre , surmontée de palissades
(î'a//«/w), et protégée extérieurement
par une tranchée (fossa), qui n'était
autre chose que toute l'étendue de ter-
rain creusée pour foimer Vagger. Lors-
que la nature du sol ne permettait pas
fie faire une levée de terre , on avait re-
cours à d'autres matériaux faciles à
trouver; Vagger était alors construit
d'une enceinte de troncs d'arbres qu'on
remplissait de broussailles, etc., comme
on le voit dans la gravure , prise de la
colonne Trajane. Le sommet en est cou-
vert par un vallum ou palissade et une ga-
lerie de planches qui doit proléger les sol-
dats. La ligure fera comprendre tout il'a-
bordje sens des passages où il est dit que
Vagger fut brûlé (Cres. Bell. Civ. II, 14).
2. Agger murorum (Virg. JEti. X.
14). Levée sur laquelle étaient bâtis les
murs et les tours d'une ville fortifiée :
elle servait aussi comme d'un rempart
011 se postait la garnison pour défendre
la j)lace. Elle était formée de terre entas-
sée de la façon que nous avons décrite
tout à l'heure; mais de plus elle était
revêtue de maçonnerie et l'on y montait
de l'intérieur par un escalier, comme on
le voit dans la gravure, qui donne une
section de l'agger et des murailles sub-
sistant encore à Pompéi , avec une des
tours en partie restaurée.
3. Terrasse de terre, de bois, ou d'au-
tres matériaux communs partout, élevée
contre les murailles d'une ville assiégée :
elle servait à porter les batteries de siège
(tonne Ht a belHca)&\. à mettre les assaillants
de niveau avec les remparts. Comme les
parallèles dans la guerre moderne, on la
commençait à quelque distance des murs
16
AGI>A.
AGITATOH.
de la ville, puis on comblait de plus en
plus l'intervalle jusqu'à ce qu'on les attei-
gnit ; c'est ce que signifient les expres-
sions telles que agger promotus ad iir-
bem (Liv. v, 7).
, ^- ^o ger vix, projtremeut la c/iattssée,
c'esf-à-dire le milieu d'une rue ou d'un
grand chemin, destiné à la circulation des
voitures et du bétail ; Yiig. ^«. y, 27 3j :
elle était pavée de pierres assujetties avec
du ciment, qu'on posait sur plusieurs cou-
ches de décombres (Vov. Via), et légè-
rement élevée au centre. Cette partie°de
la chaussée figurait alors une surface el-
liptique, comme on le voit dans le plan
ci-joint , présentant une coupe du pavage
de la via Sacra qui menait au temple de
Jupiter Latialis. Le plan sur lequel elle
était construite explique pourquoi cette
partie du chemin fut appelée agger (Serv.
«(Z Virg. /. c; Isidor. Orig. xv, 16,
î) ; ce mot s'emploie néanmoins quelque-
fois, dans un sens plus général, comme
synonyme de via; ainsi on trouve Aure-
l'tus agger au lieu de T'ia Aurélia (Ru-
til. Itiner. 39).
6. Levée artificielle ou digue sur les
l)ords d'une rivière, pour défendre le
pays des inondations (Virg. Mu. ii,
496) ; et aussi rel)ord en maçonnerie qui
formait le quai d'un port et auquel on
attachait les vaisseaux (Ovid. Met. xv,
«90; Trist. m, 9, 13 . La gravure
représente une digue de pierres brutes
éle\ée au confluent de deux rivières, d'a-
près le modèle de la colonne Trajane.
AGI>'A. Châssis ou œil auquel est at-
taché le fléau d'une balance et dans] le-
quel le curseur vertical (examen, lig'ula)
oscille pour montrer la correspondance
exacte de l'objet pesé avec le poids que
le plateau opposé contient (Festus, s. v.;
Tertull. ad Hermog. 41). On voit Va-
gina et le curseur fixés perpendiculaire-
ment au centre du fléau dans la gravure,
qui est prise d'un original en bronze
(Caylus, IV, 96, 4).
AGITATOR. En général celui qui met
une chose en mouvement ; mais ce mot
s'applique plus spécialement à ceux qui
poussent le bétail, et dans les cas parti-
liers qui suivent :
1 . Agitator aselli (ôvYi),5CTïi;), un ânier
(Virg. Georg. i, 273). D'après une
lampe d'argile que possédait primitive-
ment Fabretti (Col. Traj. Addend. p.
ult.). '
2. Agitator equoritm (fivt'oyoz), cocher
AGITATBIX.
17
ou conducteur qui menait une autre per-
sonne dans une voiture , que ce fût ou
non un char de guerre ( Virg. JEn. il,
476). La figure est tirée d'une terre cuite
qui représente Paris enlevant Hélène
(Winck. Mon. ïned. 117 ).
3. Quand on emploie le mot ag'itator
seul , sans autre terme qui en modifie ou
en détermine le sens , c'est un conducteur
aux courses de chars du Cirque (Plant.
Men. I, 2, 50; Suet. Nero, 22). Yoy.
AuRiGA. La gravure est prise d'une lampe
en terre cuite que possédait primitive-
ment Bartoli.
AGITATRIX. Femme qui met quelque
chose en mouvement : de là, sylvarum
agitatrix, chasseresse qui i)at les bois et
les taillis (Arnob. iv, 22), épithète par-
ticulière de Diane, déesse de la chasse.
Elle est ainsi représentée dans la figure
ci-jointe d'après une lampe en terre cuite
qui faisait partie primitivement de la
collection de Bartoli.
AGMINALIS, se. equus. Cheval de
somme qui suit une armée pour porter
les armes, l'équipement, le bagage. La
figure , tirée de la colonne Trajaue, montre
un de ces animaux chargés des boucliers
et des casques des soldats romains (Dig.
60,4,18,§21;Cod. Theodos. 8, 5,6).
AGOLUM. Longue baguette terminée
en pointe , dont se servaient les conduc-
teurs de bestiaux et les pâtres romains
pour chasser devant eux le bétail . (Festus,
s. v.) Les pâtres de la campagne ro-
maine se servent aujourd'hui d'un ins-
trument semblable : il est fait d'un reje-
ton droit du cactier à raquette et rap-
pelle tout à fait la figure que nous don-
nons d'après une peinture de Pompéi.
AGONOTHETA (àyoavoeéirY);)- Prési-
dent des jeux publics en Grèce : c'était
toujours un personnage éminent, dont la
fonction était de terminer les discussions,
de proclamer les vainqueurs et de décer-
ner les prix (Spart. Hadr. 13 ).
AGRIMENSORES. Arpenteurs (Amm.
Marc. XIX, 11, 8). Corps formé en col-
lège par les empereurs romains et payé
par l'État.
AHENUM. Proprement diaïuVth-e ou
marmite pour faire chauffer de l'eau ,
qu'on suspendait au-dessus du feu, par
opposition à la casserole (cacabus) où
l'on faisait bouillir la viande ou les légu-
18
mes et qu'on plaçait sur le feu (Paul.
Di^r, 33, 7, 18; Serv.
flf/Virg. ^n. I, 213); ^
cependant eclte distinc-
tion n'est pas toujours
observée. L'œil au som-
met de l'anse de la chau-
dière est destiné à rece-
voir le crochet auquel
on la suspendait.
2. Chaudière qui contenait l'eau pour
les bains (Vilruv. v, 10, 1 ). Elles étaient
toujours au nombre de trois, disposées
dans un ordre ingénieux qui économisait
le bois. La plus grande, qui contenait
l'eau chaude {caUlarhim), était placée
immédiatement au-des-
sus du fourneau, dont la
bouche est indiquée par
l'ouverture carrée qu'on "^
voit au bas de la figure ^l
ci-jointe ; sur cette chau- _ !
dière en était placée une 3
seconde ( tepidarhtm ) , ~^
qui , à cause de la dis- " rTnir
tance plus grande du feu ,
ne recevait qu'une chaleur tempérée et
qui, par conséquent, contenait une eau
moins chaude; la dernière de toutes
{frigidariutii) recevait directement l'eau
froide de la citerne. Ainsi , quand l'eau
chaude était tirée de la chaudière infé-
rieure, l'espace vide était immédiatement
occui)é par une eau qui avait acquis déjà
un certain degré de chaleur, et la seconde
était remplie de nouveau par l'eau froide
de la chaudière supérieure. Toute cette
disposition devient très-claire par la fi-
gine qui montre les trois bouilloires des
bains île Pompéi , telles que les a res-
taurées M. W. Gell d'après les empreintes
que leurs foimes avaient laissées dans le
mortier de la muraille où elles étaient
scellées.
ALA. Aile d'un oiseau, et de là, en
raison de sa ressemblance , la barbe atta-
chée au bois d'une flèche pour guider et
soutenir son vol dans l'air (Virg. JFm.
IX, 578). La ligure représente une flèche
grecque trouvée dans l'Attique.
2. Vaste pièce des maisons romaines
qui avaient de l'étendue et de la magni-
ficence. Il y avait généralement deux
alœ , une de chaque côlé de X atrium , mu-
nies de sièges et fermées par des ri-
deaux. Si nous nous en ra|iporloiis aux
ressemblances avec les maisonsde la Tur-
quie moderne , qui ont précisément dans
leurs galeries deux pièces semblables, fer-
mées de rideaux et pourvues de divans ,
les rt/a? étaient faites pour que le maître
de la maison put y recevoir les visiteurs
et jouir de la conversation de ses con-
naissances. On voit la place des a/a? dans
le plan de la maison de Pansa (Voy. Do-
MUS), où elles sont marquées G G. On
a une perspective de leur intérieur dans
la ligure ci-dessus , qui est une restaura-
tion de Vatritan de la maison de Salluste
à Pompéi ; on entre dans les alac de cette
maison par deux larges portes situées au
fond de la chambre, à droite et à gauche,
et dont les rideaux sont tirés.
3. Dans de vastes constructions, telles
qu'une basilique ou un temple étrusque,
qui étaient partagées par des rangées de
colonnes en inie nef centrale et deux ai-
les latérales comme nos églises (le grand
temple de Prestum donne un spécimen
de cette distribution; voy. aussi la gra-
vure au mot basilica), les ailes latérales
semblent avoir porté le nom d'«/a' (Vitr.
IV, 7, 2). Par ce motif, le profes-
seur Hecker {Gai lus, p. 107 de la trad.
angl.) s'efforce d'établir que les alœ des
maisons particulières n'étaient pas les
apjiartemcnis décrits ci-dessus, mais seu-
lement deux ailes latérales , séparées par
des colonnades du centre de Vatiium.
Mais, pour soutenir cette hypothèse, il
lui faut inventer un atrium imaginiiire
ALABASTEU.
19
qui ne ressemble en rien à ceux qu'on a
découverts jusqu'ici à Pompéi ou ailleurs :
il lui faut séparer le cavxdhan de Ya-
trium, et composer sur un plan entière-
ment conjectural une maison romaine qu'il
distribue eu trois parties distinctes , r«-
triitni d'abord , le ca rœdium ensuite , et
eulin le péristyle. Tout cela est assez
plausilile en théorie , mais n'est pas con-
firmé par les découvertes faites dans les
fouilles. Aussi , en l'absence d'une auto-
rité positive, l'explication domiée sous
le n" 2 nous semble-t-elle mériter plus
de confiance.
4. Aile d'une armée : ce qui, dans les
écrivains latins, revient à dire la partie
ou le contingent fourni par les alliés. En
effet , ils étaient toujours placés sur les
flancs pour couvrir les légions composées
de citoyens romains qui occupaient le
centre de l'ordre de bataille ( Yeget.
Mil. 2, 14).
5. Par une raison analogue, on appela
aussi ala une Ijrigade de ca^alerie de
300 hommes et au-dessus , fournis par les
alliés [?] , cju'on plaçait de la même ma-
nièresur les flancs (Gincius an. Gell. xvi ,
4, 4).
ALABASTERou ALABASTRUM (à).dt-
êaTTpo; et àXocêaffxpov). Petit vase pour
renfermer des parfums de
prix ( Cic. Fragm. ap. Non.
s. v.; Petr. Sat. CO) : le plus
souvent il était d'onyx (Plin.
H. N. XXXVI, 12 )"et quel-
quefois d'or (Tlieocr. Iclrll.
XV, 114) : il avait quelquefois
une forme particulière , celle
d'une poire ou d'un pendant
de perle, ou d'un bouton de rose, tous
objets auxquels on le compare (Plin. H.
A. IX, 5G; XXI, 10). La figure repré-
sente un original que possédait primiti-
vement l'antiquaire romain Pietro Ciac-
coni (Fortunatus Schackius, Mi/w/Z/fc.
I, 47).
ALARII. Troupes placées sur les ailes
d'une armée romaine, comprenant l'in-
fanterie et la cavalerie : elles se compo-
saient toujours des contingents fournis
par les alliés ; leurs armes et leurs vête-
ments variaient suivant les coutumes des
nations différentes qui les envoyaient
(Cic. Fam. il, 17; Ca-s, Bell. Gall.i,
51 ). On voit de pareils corps de troupes
dans plusieurs batailles figiuées sur la
colonne Trajane : ce sont des auxiliaires
Germains, lies cavaliers Sarmates, etc.;
tous portent le costume de leur pays.
ALBARIL'M ou OPUS ALBARIUM(xo-
v(a[j.a). Stuc ou enduit dont on couvrait
les murs en briques : il se composait de
grés, de brique et de marbre, réduits en
poudre et broyés ensemble pour les revê-
tements de l'extérieur, ou de gypse et de
plâtre, pour les ornements plus recher-
chés employés dans l'intérieur des édifices
(Vitruv. VII, 2; Plin. H. N. xxxvi,
55 et 59).
ALBARIUS (xoviax^;). Plâtrier dont
le métier était de couvrir les murs d'un
enduit blanc et de faire en stuc des' cor-
niches, des frises et des reliefs d'orne-
ment (Inscript, ap. Gruter. G42, 11;
cf. Plin. H. N. xxxvi, 59).
ALBATL'S. Vêtu de jjlanc. Ainsi , dans
les jeux du cirque, aiiriga albatiis (Plin.
H. N. viii, G5), cocher qui portait la
couleur blanche ou appartenait au parti
des blancs (facfio al hâta).
ALBO-GALERUS. Le bonnet de four-
rure porté par le flamen Dialis : il était
fait de la peau d'une
victime hlancite sa-
crifiée à Jupiter et
portait à son som-
met une pointe sail-
lante de bois d'oli-
vier, précisément
comme on le voit
dans la gravure prise d'une médaille fra|i-
pée eu l'honneur deMarc-Aurèle (F"estus,
s. î'.; Varro, ap. Gell. X, 15, 4).
ALBUM (>,£'Jx()j[j.a). Espace ou place
couverte de plâtre blanc sur les murs
d'un édifice : on y écrivait des annonces
ou des avis au public. De là on a éten-
^--■'L^iiicm^Esr j -
du ce nom à toute espèce de tablette
blanche portant nue inscription, comme
20
ALEXAXDRINUM OPUS.
ALIPTES.
la liste des sénateurs, les édits du pré-
teur ou autres choses de même nature
(Paul. Sentent. 1. I, t. H; Senec. Ep.
48; Cic. Orat. ii, 12). La figure ci-
jointe est un fac-similé réduit d'un al-
bum trouvé sur une des maisons de Pom-
péi , et qui semble avoir été l'équivalent
de ces annonces modernes : Sous le pa-
tronage de la famille royale ou Four-
nisseur breveté. Voici les mots : Marcim
Cerrimvm. Vatiam. .îdilem. orat.
l'T . FAVEAT . SCRIBA . IsSUS . DIGMS.
EST ; c'est-à-dire : «. Le scril)e Issus sol-
licite le patronage de M. Cerrinius Vatia,
édile ; il est capable. »
ALEXANDRIMM OPUS. Espèce par-
ticulière de mosaique dont on se servait
principalement pour orner les cham-
bres , et ([ui aj)parteiiait au genre de pa-
vés appelés sectilia. Le caractère distinc-
tif de ces mosaïques , c'est que les lignes
ou figures qui en formaient les dessins
étaient composées dans un système de
deux couleurs seulement, le rouge et le
noir, par exemple, sur un fond blanc,
comme dans le modèle, qui représente
une partie du pavé d'une maison à Pom-
péi. Un passage de Lampride {Jlex. Sev.
î2kf) Q^ ! M"-^
I ^^ i ""-^ I
25 ) semljle indiquer que cette sorte de
mosaïque fut introduite pour la première
fois par Sévère; mais une telle asser-
tion est peu vraisemblalde, puisque l'on a
trouvé de noml)reux échantillons de ces
mosaïques dans les maisons de Pompéi.
Lampride veut dire proijablement que
Sévère introduisit seulement l'usage de
composer ces mosaïques de deux espèces
de marbres qui différaient par la qua-
lité et la couleur de celles qu'on avait
employées auparavant pour cet objet,
c'est-à-dire le porphyre et le marbre de
Lacédémoue.
ALICULA. Manteau court, ressem-
blant pour la forme à une chlamyde,
mais de dimensions plus petites, attaché
sur le devant par une agrafe et porté par
des gens de condition inférieure ( Mart.
Ep. XII , 82 ) , par les pécheurs ( Petr.
Sat. 40) et les jeunes gens (Ulp. Dig. 34,
2, 24). On le voit souvent dans les pro-
ductions de l'art antique, comme dans la
figure ci-jointe , prise d'une peinture de
Pompéi. Dans toutes les représentations
qu'elle offre , le terme d'alicula est clai-
rement expliqué par la ressemblance de
ce manteau avec deux petites ailes, lors-
que le vent ou les mouvements de celui
qui le porte le soulèvent et le font flotter
sur les épaules.
ALIPES {n-tp6Tio\j;). Qui a des ailes
aux pieds , épithète donnée spécialement
au dieu Mercure; voyez la figure, prise
d'une lampe en terre cuite (Ôvid. Fast.
V, U)();.Vet. IV, 75.3).
ALIPILUS (TïapaTD.Tpio:). Esclave at-
taché aux bains ou employé par des par-
ticuliers pour épiler les poils sur certai-
nes parties du corps et sous les aisselles.
Ou employait à cet usage des hommes et
des femmes ( Senec. Ep. 5G ; cf. Juven.
Sat. XI, 157; Gratin. 'Qp. 2.
ALIPTES ou ALIPTA (àXeiTiTY);). Mot
ALLIGATI.
21
grec , mais employé par les Romains dans
le même sens que par les Grecs, pour dé-
signer une personne qui réunissait en elle
le double emploi et l'autorité d'un maître
de gymnastique et d'un uiic/or. L'aliples
devait oindre et frotter le corps des athlè-
tes d'huile et de saide fin mêlés, avant et
après une lutte dans la palœstre, ou ce-
lui des jeunes gens dans les écoles de
gymnastique; il devait aussi diriger et
surveiller leur éducation et leurs exerci-
ces (Aristot. Et/i. A~ic. il, 5; Pindar.
Olymp. VIII, 54-71); il leur donnait
enfin des avis sur leur régime et leur fa-
çon de vivre. Il devait , pour remplir
ces fonctions, connaître leur organisa-
tion musculaire et l'état général de leur
santé ( Cic. /'«m. I, 9; Ceisus, i, 1).
2. Esclave attaché aux bains : le vrai
terme latin, pour le désigner, était iinc-
tor. Il séchait le corps du baigneur en
le frottant, en enlevait la sueur avec la
strigile et l'oignait de parfums (Seneca ,
Ep. 56; Juv. Sat. vi, 422). La figure
est tirée d'une fresque qui représente
inie salle de bains peinte sur les parois
d'une chambre sépulcrale : cette cham-
bre est sur la voie Appieune , et fut dé-
couverte au siècle dernier ( Ficoroni, La
liolla d'Olo, p. 45). La fresque était co-
piée probaljlement de quelque original cé-
lèbre , et Juvénal en avait sans doute une
semblable présente à l'esprit quand il écri-
vait le passage auquel nous avons renvoyé.
ALLIGATI. Captif ou prisonnier de
guerre avec le soldat auquel il était con-
fié ; on appelait les deux ensemble alli-
gati , parce que c'était la coutume des
Romains d'enchaîner le captif à celui
qui l'avait pris. Les menottes étaient atta-
chées au poignet droit du prisonnier et au
poignet gauche du soldat qui en avait la
garde. De là ce trait de Sénèqne , all'i-
gati siint qui alUgnvi'runt , « ceux qui
ont enchaîné sont
enchaînés eux-mê-
mes )) {De. Traiiq.
au. 10; cf. Slat.
Theh. XII, 4G0). La
figure , tirée de l'arc
de triomphe dédié
par les orfèvres de
Rome à Septime Sé-
vère , représente un
soldat romain avec
son prisonnier : ce
dernier a les mains
enchaînées derrière le dos, et le soldat se
dispose à attacher la chaîne à son propre
bras : on voit l'anneau qui forme la me-
notte au bout de la chaîne.
ALLOCLTIO. Allocution ou harangue:
particulièrement celles que les généraux
romains étaient dans l'habitude d'adres-
ser à leurs soldats. Ces scènes sont sou-
vent représentées sur des médailles , des
arcs de triomphe et des colonnes : le
général y paraît sur une plate-forme éle-
vée (sitggcstum), assisté de ses princi-
paux officiers , avec les étendards et les
troupes disposées en face, comme on
le voit ici d'après une médaille de Marc-
Aurèle qui porte aussi l'inscription Ai>-
LOCUTIO AUGCST. S. C.
ALTARE. Suivant les grammairiens,
autel élevé (quasi al ta ara), dédié seu-
lement aux dieux supérieurs ( Serv. ad
Virg. Ed. V, CG; Festus, s. t.) ; tan-
dis que Vara était plus basse, et qu'on
s'en servait pour sacrifier aux dieux in-
férieurs aussi bien qu'aux dieux supé-
rieurs. Peut-être une telle interpréta-
22
AI.TARIUM.
tion scrait-ello coiifirnu'e jinr la iiiene
gravée ({tie nous reproduisons ici (Agos-
tini, Gewiiie, 1 'f2) ; on y voit Jeux autels :
sur tous deux on brûle de l'encens , mais
l'un est plus élevé que l'autre. Un modèle
analogue se voit dans les miniatures du
Virgile du Vatican , où sont représentés
quatre autels carrés , deux élevés et deux
plus bas : ils semblent expliquer des pas-
sages comme celui-ci : Iriter aras et alta-
ria (Plin. Paneg. I ; cf. Plin. //. N.
XV, 40), et d'autres endroits encore où
l'on fait une distinction entre les deux
mots. L'explication qui traduit «//«/•<' par
« ce qui est placé sur l'autel [ara) » est
loin d'être aussi satisfaisante; car, dans
le passage de Quinlilicn {Declam. xil,
2G), avis altaria wijwiiere , la leçon est
douteuse, et celui de Justin ( xxiv, 2),
siimptis in iikuuis altaribus , prête à une
explication toute différente.
ALTARIUM, la même chose qu'AL-
TARE (Sulp. Sev., I, 19).
ALTICINCTL'S (vi^/iîIwvoO- Qui a
monté sa luni([ue plus haut que les ge-
noux, en la tirant par-dessus saceimure,
pour donner aux membres toute leur
liberté : c'était l'habitude des paysans, des
lajjoureurs, des personnes enfin occupées
à de rudes travaux on à tle violents
exercices ( Ph.-edr. il, 5, 11 ). La figure
ci-jointe est tirée du Virgile du Vatican.
ALUTA. Cuir préparé avec de l'a-
lun ( alumen ) pour le rendre doux et
souple : de là l'emploi que les poètes
font de ce mot pour désigner un brode-
cjnin,ini soidier, une bourse, etc., faits
de ce cuir ( Mart. Xil , 26 ; Juv. Sat.
XIV, 282).
2. Mouche pour la figure ( Ovid.
Art. Jm. III, 202 ).
ALVEARE {a\j.r\'iOç, niiiêikoc.). Ruche
dans lacpielle les abeilles font leurs rayons
et déposent leur miel (Columell. xi, 11,
1). Chez les anciens, on faisait quel([ue-
fois les ruches de métal : nous en avons
donné un modèle (vov. FoRi) d'après un
original trouvé à Pompéi ; on en faisait
aussi de poterie, mais elles étaient peu
estimées, comme trop exposées aux varia-
tions du chaud et du froid. Les meil-
leures étaient faites de petites bandes de
liège on de fenouil ( fe-
riila) cousues ensemble;
celles de seconde qualité,
de vannerie (Columell. xi,
0, 1; Virg. Georg. iv,
3-3), comme on le voit
dans la figure ci-jointe,
tirée d'un bas-relief romain, où la ruche
entre comme emblème et accompagne la
figure de l'Espérance (Montfauc, .rliitiq.
e.vpl., 1,204).
ALVEARIUM (ijixyivwv ). Rangée dé
ruches ou place où l'on a posé les ruches
(Varro,/?. R. m, 10, 12).
ALVEOLUS. Diminutif d'r//)'Pf«, si-
gnifie proprement une navette de tisse-
rand, dont on se servait pour faire passer
les fils de la trame (.sv/A/cwe//) à travers
la chaîne {staïuen) Hier. {Ep. 130 ad
Demetr. n. 15, ad torquenda snhte-
mina in alveolis fusa volvantar). De ce
passage et du nom de cet instrument,
nous pouvons sûrement induire que c'é-
tait un morceau de bois plat, arrondi ou
aminci en pointe à chaque extrémité et
. ALVECS.
t.Tillé en forme (lel)atean, avec une ca-
vité au cfulre où l'on introduisait la tige
de la i)obine. Nous donnons ici une figure
qui a tous ces caractères, et qui repré-
sente une espèce de navette fort com-
mune , dont on se sert dans plusieurs
pays. Elle répond si exactemeiU aux ex-
pressions citées ci-dessus qu'on peut la
regarder comme un ancien modèle au-
quel le temps n'a rien changé. Il y a sur
«m des côtés un petit trou par lequel sort
que
le fil, et, quand on lance la navette, la
bobine et sa tige roulent [fusa Tolvun-
tur) et fournissent le fil.
ALVEUS. W al vus, ventre; ce mot
s'applique à des objets divers qui ont
pour la forme luie ressemblance réelle
ou supposée avec cette partie du corps
humain.
1 . Long vaisseau de bois peu profond ,
que nous traduirions par les mots à\iuge
ou A'aiiget, et qui servait à contenir des
liquides on d'autres objets. Celui
nous figurons ici est
tiré d'inie peinture
de Pompéi, et ser- ^
vait à un charpentier pour y déposer ses
outils et ses objets de première nécessité
(Plin. H. N. XVI, 22; Liv. i, 4).
2. Petit bateau ou canot, employé
sur les rivières et d'une construction tout
à fait primitive : il était creusé dans un
seul tronc d'arbre ( Vell. il, 107). La
figure donnée ici représente un bateau
de loch, découvert dans le marais qui
forme le bord de l'ancienne rivière à la
jonction de la N'en, à Horsey, près de
Peterborough ( Artis. Durolniv. pi. 57 ) ;
si ce bateau n'est pas d'origiue romaine,
il est certainemetit d'une très-haute an-
tiquité, et comme il ressemble en tout
point aux bateaux représentés sur les mé-
dailles qui rappelleut la fondation de
Rome, on peut l'admettre comme mo-
dèle de Val i eus.
ALVEUS.
2.3
3. Coque d'un vaisseau, et, par cxl.en-
sion dans les poètes , le vaisseau lui-
même ( Sali. Juo. 21 ; Prop. m, 7, 10).
4. Espèce particulière de plat ou de
plateau sur lequel on faisait circuler à
table certains fruits, comme les olives
( Petr. Sat. G6 ).
5. Table employée par les Romains
pour un de leurs jeux d'adresse. Comme
les dés et les jetons sont mentionnés en
parlant du jeu qu'on jouait sur Val veas
(Plin. XXXVII, G; Yal. ALlx. viii, 8, 2), il
en faut conclure cpie cejeu était le Inclus
duodecim scriptorum , dans lequel, com-
me dans notre trictrac, le coup était dé-
terminé par un jet de dés. Cet alveus
ressemblait sans doute à notre table de
trictrac, et il était divisé de la même
manière que Vabacus [yoy. Abaccs,
n. 2 ) ; ou , s'il y avait une différence
réelle dans le sens de ces deux mots,
peut-être le dernier terme était-il surtout
employé quand la table se composait
d'une plaque de marbre, et le premier
quand elle avait la forme d'un auget de
bois aux bords élevés , ainsi que l'indicpie
la signification primitive de ces deux
mots.
(j. Rain d'eau chaude , construit dans le
plancher d'une chambre de bain, à l'ex-
trémilé opposée de celle qui contenait le
lalirum ( Silruv. V, 10, 4; Marquez,
Case degli Aiitichi Romani, § .317 ) ; au
fond se trouvait un degré qui servait de
siège pour le baigneur quand il était en-
tré dans l'eau (Auctor. ad Hereiin. iv,
10). La figure ici représentée est une sec-
tion de y alveus dans les bains publies de
Ponqiéi. La partie ombrée est le par-
quel de la chambre , fait de briques , où
l'on voit les tuyaux par lesquels l'air
chaud circulait, l'un sous le bain lui-
même et quatre autres sous le parquet.
A est V alveus; R le siège sur lequel s'as-
seyait le liaigneur { gradus, Yitruv. /. c);
24
-UIENTIM.
C un parapet lias formant la partie supé-
rieure du bain {pluteus, Vitr. /. c), d'où
deux degrés, à l'extérieur, conduisent au
parquet de la chambre. On comprendra
le plan général de l'appartement où Yal-
a^eiis est placé, et sa situation par ra])port
aux autres parties du même appartement,
si l'on se réfère à la première gravure au
mot Baline.e, lettres D, /(, /.
7. Par extension de ce sens on appe-
lait quelquefois alveiis toute espèce de
vaisseau pour se baigner (Ovid. Met. vill,
652).
8. Ruche ( Plin. H. N. 13 ). Voy. Al-
YEARE.
ALVrS, comme ALVEARE (Varr. Co-
lumell.Plin. ).
AMANUENSIS (uTtoypaçeûi;)- Esclave
ou affranchi em})loyé comme secrétaire
pour écrire les lettres que lui dictait son
patron ( Suet. TU. 3).
AMAZON ( 'Afxai^wv ). Amazone, guer-
rière Scythe , dont l'armure se composait
d'un casque, d'un bouclier d'une forme
particulière , appelé pelta, d'un arc et
des flèches , d'une épée et d'une hache à
deux tranchants {hipennis) ; on voit tous
ces accessoires dans la gravure prise d'un
sarcophage du musée du Capitole à Rome.
On fait venir ordinairement ce nom de
(jLa^oç, parce que les Amazones se brû-
laient, dit-on, la mamelle droite afin
qu'elle ne les gènàt point dans l'emploi de
leurs armes; mais c'est là une pure fic-
tion des grammairiens, car elles sont
toujours représentées dans les œuvres de
l'art antique aussi parfaites que les au-
tres femmes (Voir la gravure suivante'.
Souvent aussi on représente les Ama-
zones à cheval : dans ce cas elles sont
armées d'une lance, comme la cavalerie
ordinaire des autres nations (Voy. la gra-
vure, tirée d'un vase d'argile ).
AMBIVIUM ( ûcaçoôo;). Route ou rue
qui tourne autour d'une place ( Varro
ap. Non. V. Equhones; Aristoph. Fraf^m.
304). ^ ^
AMBRICES. Lattes transversales ( re-
gulse) introduites entre les chevrons et
les tuiles d'une toiture (Festus, s. t.).
AMBUB.y.iE. Musiciennes et chanteu-
ses d'origine syrienne qui fréquentaient
le cirque et les places où s'assemblait
le peuple , et qui vivaient de leur mu-
sique et de la prostitution (Suet. A\'ro,
27 ; Hor. Sat. i, 2 , 1 ; cf. Juv. m, G5 ).
AMENTO. Jeter une lance ou une ja-
veline à l'aide d'xnie courroie iamentum)
qui y est attachée. D'après les passages
cités ci-dessous , il semble qu'on mettait
les doigts entre les extrémités de la cour-
roie et qu'on faisait ainsi tourner le trait
par un mouvement rapide avant de le
lancer. Mais il n'y a pas d'œuvre connue
de l'antiquité où soit représentée cette
action (Lucan. VI, 221; cf. Ovid. Met.
XII, 321; Cic. de Orat. 1,57 ).
AMENTUM ( 10 «[Afia twv àxovxtwv ,
Beier. ad Cic. Amie. 27 ). Courroie
attachée au bois d'une lance ou d'une
javeline , vers le centre de gravité, pour
lui donner une plus grande force quand
on la jette ( Liv. xxxvii, 41; Ovid.
Met. XII, 221; Sil. Ital. iv, 14). La
figure est prise d'un des vases d'argile
de sir W. Hamilton. Dans la célèbre mo-
saïque de Pompéi qui représente, à ce
qu'on croit, la bataille d'Issus, on voit à
terre une lance brisée avec un accessoire
analogue.
AMICTUS.
25
2. Courroie ou lanière, par laquelle les
solex, crepidx et chaussures analogues
étaient attachées au pied (Festus , s. v. ),
comme dans le modèle, pris d'une statue
de marbre à Rome, où Vameiitiim est
marqué par la large courroie qui passe
au-dessus du cou-de-pied , et par les bri-
des (a usa?) fixées aux côtés de la semelle.
Pline mentionne une statue assise de Cor-
nélie, la mère des Gracques , qui était re-
marquable parce qu'elle n'avait sous le
pied qu'une semelle sans courroie pour
l'attacher (soleis sine ameiito i/isig/iis,
II. N. XXXIV, 14 ). On remarque souvent
dans les peintures de Pompéi l'absence
de courroies ; il ne faut l'attrilnier qu'au
caprice ou à l'inadvertance des artistes.
AMICTUS. Terme général pour tous
les vêtements de dessus dans lesquels la
personne s'enveloppait réellement (d'n-
micire), par opposition aux vêlements de
dessous que l'on mettait ( iiniiiere) ; il com-
prenait par conséquent Toga, Pallium,
Sagiim, Abolla, Paludamentum , etc.
(Virg. jEn. V, 421 ; Quint, xi, 3, 137.
Voy. Indctus). Les deux figures ici re-
présentées, d'après des ouvrages étrus-
ques, expliqueront distinctement le sens
de ce terme. Celle qui est debout com-
mence justement à se couvrir de son
amiclus, pièce ample d'étoffe; un côté
est déjà passé par derrière sur le bras et
l'épaule gauche du personnage , pendant
qu'il glisse son coude droit sous l'autre
côté pour le ramener à son cou; les
deux extrémités pendront alors sur le
devant, comme on le voit par la figure à
main gauche, au motANABOLlUM.il pren-
dra ensuite le côté droit, le tirera sur sa
poitrine, et en portera l'extrémité sur
son épaule gauche, de manière à enve-
lopper complètement la partie supérieure
du corps; on le voit dans la figure du
personnage assis , qui est amictits jniUio
(Cic. de Orat. m, 32).
AMICULUM. Diminutif d'AMiCTUS ,
comprenant tous les vêtements de des-
sus, plus petits et plus fins, employés par
les hommes et les femmes ; on les dispo-
sait de la façon que nous avons expliquée
au mot précédent; c'étaient, par exem-
ple, Chlamys, Sagiilum , et aussi le
Flammeuin des fiancées (Festus, s. v.
Corolla ).
k}i\YÏY& . C oupl e de brancards : ce mot
s'appliquait particulièrement aux deux
longues perches, comme celles d'une
chaise à porteurs, qui s'avançaient en
saillie par devant et par derrière une
hasterna, et formaient deux couples de
])rancards pour les bêtes qui portaient la
chaise (Pallad. vil, 2, 3). La figure re-
présente une voiture commune dans
plusieurs parties de l'Europe pendant le
moyen âge ; elle n'est prise d'aucun mo-
dèle grec ou romain connu, mais nous
l'avons donnée parce qu'elle offre à l'œil
une invention tout à fait semblable à
celle que mentionne Palladius ( Voy. Bas-
teriva).
2. Fortes perches de bois, placées ho-
rizontalement entre deux poteaux verti-
caux : on en faisait une sorte de barrière
pour retenir le bétail dans ses enceintes
(Columell. IX, 1, 3).
3. Deux tringles parallèles sur les-
quelles est étendu chaque côté d'un filet
à glace quand on le déploie sur le sol, et
qui le lèvent et le ferment sur l'oiseau,
26
AMITKS.
AMPUITIIK.VTRVM.
lorscpi'il (lescend en Ire elles. De là ce
mot peut aussi s'appliquer au filet lui-
même (Pallad. vni, 12; Horat. Epod.
1, 33).
11 est hors de doute que les anciens con-
naissaieut les lilets à glace; on en voit
représentés sur les tombes égv|)tiennes et
construils précisément sur le même
plan que ceux dont se servent mainte-
nant les oiseleurs ( Wilkinsou's Ancient
Egrptlans, vol. III, p. 37). Il y est fait
distinctement allusion dans Plaute {As. l,
3, Gl-72), et dans Maniliiis (Astr. v,
37 1-373), où il décrit les différentes ma-
nières de prendre les oiseaux : Aiit uiclo
captare sua, ramove sedeiUejn , Pasceri-
temre super surgentin ducere Hua (le
saisir ou dans son nid ou perché sur une
hranche; ou hien encore, pendant qu'il
hecquète les graines, tirer sur lui les filets
qui se lèvent). Dans ce passage, les der-
niers mots désignent de la façon la plus
expressive le fdet qui se lève sur l'oi-
seau becquetant les graines que le chas-
seur a jetées sur le sol [aren) entre les
tringles, ainsi que le décrit Plaute. Enfin
Palladius (/. c.) dit qu'on se servait, en
même temps que Aei amites , d'un hibou
pour appeau; les Italiens modernes l'em-
ploient encore à cet usage. Toutes ces
circonstances semblent suffisantes pour
autoriser l'explication que nous avons
donnée. Il ne faut pas dissimuler cepen-
dant (pie Festus (.v. )'.) et le scholiaste
d'Horace (/. c.) font de ce mot un sv-
nonyme A'aueoin's ou de varie, et l'expli-
quent par la glose furcuLr aucupatorUc ;
en cela ils sont suivis par Doering, Orelli
et la plupart des commentateurs. Mais il
est jien probable que les Romains eussent
inventé trois mots différents pour expri-
mer une seule et même chose ; il n'est
pas lion plus facile de concevoir comment
des oiseaux auraient été pris dans des
filets élevés au haut de perches sur les-
([uels ils pouvaient si facilement passer
dans leur vol. Il ne faut pas cufm négli-
ger pour ce mot l'analogie qui ressort de
la comparaison de ses autres sens : ceux-
ci, en effet, s'appliquent à des perches pla-
cées dans une position liorizonla/e ^\. pa-
rallèle, par opposition à celles ([ui sont
verticales ou plantées dans le sol.
AMPHIMALLUM (à(ji3Î|j.aA).ov). Ktoffe
de laine épaisse et grossière, ayant un
long poil des deux côtés du tissu; c'est
de là que lui venait son nom. On s'en
servait pour tapis,
pour vêtements de
dessus dans les temps
très-froids; ellesem-
ble avoir été, primi-
tivement du moins,
de fabrique étran-
gère, car elle ne fut
pas connue à Rome
jusqu'au temps de
Pline l'Ancien (Plin.
H. N. VIII, 73), et
y fut introduite pro-
bablement de la
Germanie. Elle est représentée dans un des
trophées élevés par les soldats de Marc-Au-
rèle, après une défaite des Germains, sur
la colonne de cet empereur; c'est de là
qu'est prise la gravure. On remarquera,
là où les bords sont retournés, que le
long poil est le même en dedans qu'en
dehors.
AMPHIPROSTYLOS(à!JL3(7ro6aTu>.oç)-
Ce mot s'applique aux temples ou à tous
les autres édifices qui ont un porti([ue
ouvert, avançant en
saillie au delà de la
cella ou corps prin-
cipal du bâtiment,
aux deux extrémi-
tés, sur la façade et aux derrières ainsi
qu'on le voit dans le plan ci-joint (Vitr.
III, 2, 4).
AMPHITAPUS (àfisiTaTtoç). Ce mot
désigne une espèce particulière d'étoffe
qui, comme Yamph'tmallum, avait un poil
des deux cotés, mais qui était d'un tissu
plus fin (Athen. v, 2G).. et probablement
de fabrique orientale. H y avait certaine-
ment entre ces deux étoffes une distinc-
tion ; car les amph'nnalla furent incon-
nus à Rome jusqu'au temps de Pline,
tandis que les ainpliitapa sont mentionnés
par Lucilius et par Varron ap. iSoii. s. r.
AMPHITHEATRIM (àij.cpi6£aTpov).
Amphithéâtre, primitivement construit
pour le spectacle îles combats de gladia-
teurs, mais employé par occasion pour
les autres espèces de spectacles.
AMPUITIIEATRCM.
AMPHlTHKATiUM.
27
L'extérieur était toujours formé par
une imiraille ovale, partagée en un nu
|llusieur^ l'i.iuo d'anades, suivant la
grandeur de l'édifice , et décorée de co-
lonnes, de pilastres, etc., suivant le goût
de l'architecte. Ou le voit par la gra-
vure (pii représente le mur extérieur
d'un amphitliéàtre encore parfaitement
conservé <à Pola , en Islrie.
L'intérieur formait comme une cavité
ellipti((ue (cavea), entourée pour les
spectateurs de sièges qui s'élevaient en
gradins l'un au-dessus de l'autre; il était
divisé en ses parties principales ainsi
qu'il suit : Yareiia, au fond, espace plat
et ovale au centre de l'édifice, où lut-
taient les cond)attants ; le podium , ga-
lerie élevée qui enveloppait immédiate-
ment l'arena, réservée j)our les sénateurs
et les personnages de marque; gracias,
les cercles de sièges occupés par le pu-
blic , qui , lorsque l'édifice était gran-
diose, étaient partagés en deux ou plu-
sieurs étages, appelés mwriiana, par de
vastes paliers {pi-wcinctioiies ) et des murs
élevés verticalement (l>altci); ils étaient
divisés en compartiments semblables à
im triangle renversé ou à un coin ( cunei
par des escaliers (scala.') qui communi-
quaient avec les avenues d'entrée et de
sortie (voniitoria) dans la carcasse de
l'édifice. Au-dessus était une galerie cou-
verte pour les femmes. Ou peut apercevoir
28
AMPHITHEATRCM.
tous ces points dans la deuxième gravure,
qui représente l'intérieur de ramphilhéâ-
tre de Pompéi tel qu'il existe maintenant ;
mais, comme notre dessin est nécessaire-
ment fait sur une échelle très-réduite et
que les parties qui ont été dévastées s'y
distinguent mal , on le comprendra mieux
en recourant à la planche suivante, qui
donne une coupe et une élévation restau-
rées d'une partie de l'amphithéâtre de
Pola par le chanoine Pietro Stancovich
(Jiifiteatro diPola, tav. 4) : tout y est dé-
taillé avec plus de perfection. Les spec-
tateurs pénétraient dans le théâtre par
les arcades du rez-de-chaussée à main
gauche de la gravure. A est le podium,
qu'on ahorde par un petit escalier qui
déhouche du troisième corridor ou cor-
ridor intérieur, au centre de la gravure;
ce podium est élevé au-dessus de l'a-
rène par un mur nu , surmonté d'une
balustrade sous laquelle on voit une
des portes par lesquelles les bêtes sau-
vages ou les combattants entraient dans
l'arène. L'escalier qui commence immé-
diatement à Feutrée de plain-pied con-
duit directement au premier mx/iia-
Tium (1), où le spectateur arrivait parles
ouvertures ()'ow;Vor/«) B : il descendait
alors les degrés qui pai'tagent les rangées
de sièges qu'ils enferment en comparti-
ments à forme de coin (cu/teus), jusqu'à
ce qu'il fût venu à la rangée particulière
où son siège était réservé. Le haut mur
nu, dans lequel s'ouvre l'entrée (B), est
le halteus : il devait séparer les (hffé-
rents mseniana, et empêcher les classes
qui n'avaient droit de s'asseoir que sur
les sièges supérieurs de descendre à ceux
d'en bas. Un escalier d'embranchement,
détournant à gauche, conduit au corri-
dor formé par les arcades du mur ex-
térieur; de là il tourne à droite et mène
au second mœnianum (2), qui avait même
entrée, même distril)ution que le mœ-
nianum inférieur, et était séparé du su-
périeur par un autre halteus (C). D'au-
tres escaliers, mais qu'où ne peut indi-
quer dans une seule coupe, conduisent
de la même manière au troisième mœ-
nianum (3), et à la galerie couverte'pour
les femmes qui le domine (D). Les Jtrois
arches solides, au centre de la gravure,
construites dans le Jiriquetage principal
du bâtiment, forment une succession de
<;orridors enfermant tout l'édifice, d'où
les différents escaliers déljouchent; en
même temps ils supportent les sièges de
la caiea et les escaliers par lesquels les
spectateurs pénétraient dans l'amphithéâ-
tre ou le quittaient.
AMPHORA (^(Açopc'j;). Large vais-
seau de poterie, avec une anse des deux
côtés du cou, et terminé en pointe : il
pouvait se tenir droit si on l'enfonçait
dans le sol ou rester immobile si on l'ap-
puyait simplement à une muraille. Il
servait surtout à tenir du vin en réserve ;
et la petitesse de son diamètre, compa-
rée avec sa hauteur, montre qu'il fut
inventé pour contenir une grande quan-
tité de liquide et n'occuper que peu de
place. La gravure représente deux am-
phores de la forme la plus commune,
l'une enfoncée dans le sol , l'autre ap-
puyée à une muraille , telles qu'on en
trouva à Pompéi ; elle montre aussi la
manière dont on les transportait de place
en place. Elle est prise d'un bas-relief en
terre cuite qui formait l'enseigne d'un
marchand de vin à Pompéi.
AMPULLA. Bouteille. Terme général
qui désignait un vaisseau de toute forme
ou de toute matière, mais plus exacte-
ment un vaisseau de verre , au col étroit
et au corps enQé comme une vessie. De
AMPULLAMUS.
ANABOLIUM.
29
là ce mot a été pris ûguréinent pour
désigner un langage boursouflé ( Hor.
A. P. 97). La gravure donne un spéci-
men de différents modèles trouvés dans
des fouilles à Rome.
2. Amyulla olearia. Fiole d'huile
dans laquelle on portait aux hains l'huile
((u'ou versait sur la strigile pour en
adoucir les effets, et cpi'on employait
encore à d'autres usages. Cette fiole est
décrite par Apulée {Flor. Il, 9, 2)
exactement comme elle
est représentée dans la
gravure, d'après un ori-
ginal qui appartint d'a-
bord à Lorenzo Pignori
(DeServ. p. 84), avec sa forme de len-
tille, sou col étroit et ses côtés un peu
plats; lenticidari forma, tereti ambitu,
presstila rotunditate.
3. A m pull a rubida. Flacon couvert
de cuir, comme nos flacons de chasse;
il était employé par des voyageurs pour
conserver du vin, du vinaigre, de l'huile
(Plant. Stick, il, 1, 77; Festus, s. v.
Rubida ) .
AMPULLARIUS. Artisan dont le mé-
tier était de couvrir de cuir des bou-
teilles de verre (Plaut. Rud. m, 4, 51).
AMUSSIS. Instrument employé parles
maçons et les constructeurs pour s'as-
surer de l'égalité, de l'exactitude et de
la régularité de leur ouvrage, comme la
règle, l'équerre et le plomb par les char-
pentiers. Le sens exact de ce mot est as-
sez douteux , car il résulte des différents
passages où il se rencontre qu'on l'ap-
pliquait également à un niveau pour
s'assurer de l'égalité parfaite d'une mu-
raille ou d'une assise de maçonnerie (Fes-
tus, s. ■?'. Amussim et Edaniussiiii ; Varro
ap. Non. s. v. Examussim); à l'équerre
pour vérifier un angle droit (Auson.
Idyll. XVI , 10) ; au cordeau et au plomb
pour garder une perpendiculaire exacte
(Sisenna ap. Charis. Il, p. 178); mais,
dans tous ces cas, c'est toujours le même
sens général et la même idée ; de quelque
façon qu'on emploie ce mot, il désigne
toujours un instrument qjiii servait à cons-
tater que l'ouvrage était fait avec exac-
titude et régularité. De là l'expression
adainussim ou examussim signifie exacte-
ment, mot à mot, d'après le cordeau et la
règle (MacroJ). Sat. i, 4; Aul. Gell. i,
4, 1).
AMUSSITATUS. Fait avec exactitude
et précision, comme si l'on disait véri-
fié à Vamussis. De là, au figuré, dans
Plante {Mil. m, I, 37), exact, précis.
AMUSSIUM. Tablette de marbre dont
la surface était exactement nivelée et
vérifiée à Vamussis, et sur laquelle était
marquée la direction des vents. Elle était
alors fixée au mur extérieur de la mai-
son, comme un cadran, pour montrer
de quel côté le vent soufflait (Vitruv.
I, 6, G; Marini, adl.).
ANABATHRUM (àvaSaÔpov). Géné-
ralement , toute rangée de sièges qui s'é-
lèvent l'un au-dessus de l'autre comme
dans un escalier : c'était une disposition
habituelle dans tous les édifices construits
pour placer une nombreuse compagnie ,
tels que les théâtres, le Cirque, etc.
(Voy. les gravures au mot Amphithea-
trum). Mais le sens exact et rigoureux
du mot implique quelque chose de plus
déterminé, c'est-à-dire une rangée de
sièges de bois placés sur le même plan ,
et loués pour une occasion spéciale,
comme un concert, une lecture, etc.;
ils étaient rangés autour de la chambre
pour une nombreuse assistance. On en
use encore ainsi de nos jours pour des
réunions de cette nature (Juv. Sat. vil,
46).
ANABOLIUM (àvaSôXaiov). Expres-
sion grecque qui s'applique aux habitu-
des de ce peuple; mais elle est devenue
un terme général, employé également
par les Romains pour désigner un usage
semblable à celui des Grecs (Inscript.
ap. Don. cl. 1, n. 91). Ce mot vient du
grec àvaêàXXo) , rejeter; ou l'employait
pour désigner une manière particulière
de porter le pallium ou tout vêtement
de dessus, qu'il appartînt aux hommes
ou aux femmes. Elle consistait à en re-
lever Texlrémité de manière à couvrir
l'épaule (Isidor. Orig. XIX, 25, 7),
comme on peut le voir par la figure de
femme de la gravure ci-jointe, prise de la
villa Pamfili, à Rome. La figure d'homme,
d'après un vase d'argile, montre la dis-
position la plus simple, et nous ne l'a-
2.
30
A>ACLI>T1RUM.
A>ALEMMA.
rons dounce que pour expliquer plus clai-
verneut comiiieut ou s'y preuait pour re-
jeter le manteau. On relevait le pan de
re vêlement qui tonil)ait derrière le bras
droit , ou le passait sur la poitrine et ou
le jetait au haut de l'épaule ganrlie; l'ex-
trémité pendait alors par derrière, au lieu
de tomber par devant ; les deux bras
étaient couverts; et tonte la personne
était plus complètement protégée contre
la température. Dans ce but , on décrochait
d'abord l'agrafe près de la gorge, pour
adapter plus étroitement la draperie et ou
tirait toute la couverture beancouj) j)Ius
sur le côté droit qu'on ne le voit dans
notre figure; on avait ainsi un plus am-
])le vêlement à jeter par-dessus lépaule.
Ou peut remarquer que les habitants de
1 Italie ajustent aujourd'hui leurs man-
teaux de ces deux façons , suivant que la
température est plus ou moins rigoureuse.
ANACLINTERIUM ( àva/.XwTrip'.ov ).
Dossier d'un sofa ou d'uu lit de repos
pour appuyer la tète (Spart. .¥J. Ver.
h). La gravure est prise d'un bas-relief
de Rome qui représente la mort de Mé-
léagre.
AN.U)EMA (àvâ5ri(Aa). Bandeau pour
la tèle, mais plus particulièrement bandeau
sur lequel portaient le coussinet l'oreiller
de pur ornement , tel qu'en portaient les
femmes et les jeunes gens chez les
Grecs, par opposition à diadema , vitla,
ou autres bandeaux de tète qui étaient
le signe de distinctions royales, religieuses
ou honorifiques (Eur. Hippol. 83; Lu-
cret. IV, 1126; Paul. Dig. 3 4, 2, 27).
La gra\ure est prise d'une peinture de
Pompéi.
A> AGLYPTA ou ANAGLYPHA (àvi-
y/u-Ta, àvâv/.vcpa). Objetsen bas-relief :
bas-relief de marine, de métal, d'ivoire
(Mart. IV, 39; Plin. H. 3". xxxill, 49).
ANAGNOSTES (àvayvûcTr,:). Esclave
dont la fonction était de faire la lecture
à sou maître dans sou cabinet ou aux
hôtes à table (Cic. ad Jlt. I, 12;
Corn. Nep. Jtt., 14; Aul. GeU. iii,
19). C'était aussi une personne qui réci-
tait au thécàtre ou dans les places publi-
ques des passages de poètes favoris (Aul.
Gell. XVI1I,5, 1 ), comme les r('f//nfoW ou
spieifatori de >'aples moderne.
ANALEMMA (àvâXr,iJL[J.=c). Mot grec
employé pour désigner tout ce qui sert de
soutieu, et particulièrement le mur, la
pile ou le contre-fort qui consolide un
édifice (Dion. Hal. III, G9). Le terme
latin correspondant est sub-
stnictio. Les Romains adop-
tèrent le mot grec pour
désigner le piédestal sur le-
quel on élevait un cadran
solaire. On le voit souvent
dans les peintures et les bas-
reliefs, et il a la forme d'uu
pilier carré ou d'une co-
lonne basse (Winckelm.; Mon. aiit. ined.,
AJVANClîrM.
A>'CLABRIS.
31
11° 157, 185). Vitruve ,qui se sertde ce
mot, l'applique incorrecteuient au cadran
lui-même (Vitiuv. ix, 1,1; Schneider
ad /.). Dans la gravure, prise d'une coupe
d'argent trouvée à Porto d'Auzio , on n'a
dessiné «[u'iuie partie de Vaiialeniiiia ,
mais elle suffit pour montrer ce que
c'était. Le tout se compose d'un pilastre
carré haut d'environ 1 m. 62 c. avec une
base à l'extrémité inférieure qui corres-
pond à la corniche du sommet.
ANANC.EUM. Vaisseau pour contenir
des liquides (Varro ap. Non. s. v. Cre-
tcrra) ; mais quelle en était la forme
précise, on l'ignore. On prend ordinai-
rement ce vase pour une coupe d'une
assez grande capacité dont on se servait
dans les festins , et qu'il fallait vider d'un
trait : cette explication est fondée sur
l'autorité de Plante {Rud. ii, 3, 33); mais
la leçon est douteuse. Weise donne àva-
ANATHEMA (àvâerijJLa). Mot grec qui
comprentl tout ce ([u'on expose comme
offrande ^otive dans un temple, un tré-
pied, une statue, etc. : il est employé par
Prudence aveé une forme latine {Psy-
c/io/ii. 540 ).
ANCILE (àyxijXtov). Bouclier sacré
trouvé, suivant la tradition, dans le pa-
lais de IVuma , et que l'on croyait tombé
du ciel. Suivant les grammairiens, il
était fait de bronze : il avait une forme
oblongue et ovale , mais avec
une échaucrure demi-circulaire
de chaque coté, semblable à
celle du haut de la pelta (Varro,
L. L. AU, 43; Festus, s. v.
Mamiir.). On le voit dans la
gravure, prise d'une médaille
d'Auguste , qui porte aussi à
côté une représentation de l'apex sa-
lien. Le nom (ïa/icile est évidemment
formé du grec àyxvX-if) , le pli du bras ;
ce que les grammairiens cités ci-dessus
rapportent à l'échancrure des deux côtés
du bouclier : mais il est clair que le mot
a plutôt trait à Vanse demi-circulaire
(voy. A>'SA et Ansatus) attachée au
. haut pour suspendre les lioucliers à la
baguette sur laquelle les Saliens les por-
taient dans la ville. On le voit dans le des-
sin ci-joint d'après une piei re gravée, où
la courbure des deux côtés est beaucoup
moins prononcée et où la forme générale
s'accorde plus avec le langage d'Ovide
(Fast. m, 377) : Idque aitcile vocat,
quod ah omni parte recisum est; Qiia-
(]ue notes oculis, angulus oni/iis ahest
(il l'appelle ancile parce qu'il est taillé
de tous côtés : les yeux n'y sauraient dé-
couvrir aucun angle). Il est difficile en
effet de voir là une description de la
figure que porte la médaille d'Auguste ,
figure qui fut probablement inventée par
le tiessiuateur de la médaille, d'après
l'étymologie admise par les antiquaires
romains. Peut-être aussi l'effet du temps
a-t-il modifié la forme et fait apparaître
les échancrures plus distinctes et plus pro-
noncées qu'elles ne l'étaient dans leur
état primitif.
AISCLABRIS. Petite talile dont on se
servait dans le sacrifice comme d'un autel.
Ou y plaçait les instruments du sacrifice
aussi bien que les entrailles de la victime
pour l'inspection des devins (Festus, s.
V.; id. ■V. Escariœ). La gravure repré-
sente une petite table trouvée à Pompéi,
que l'on regarde, en raison de ses propor-
tions et de la cavité qu'elle forme au som-
met, comme ayant été employée aux usa-
ges ci-dessus indiqués. Elle a un peu plus
de m. 20 c. de haut; elle est un peu
moins longue et a environ m. 17 c. de
large. Dans une des peintures de Pompéi ,
32
AJÎCON.
un prêtre est représenté portant une de
ces tables au sacnUce (Pitltire di Erco-
lano, IV, tav. i).
ANCON (àyxwv). Littéralement
coude; c'est-à-dire le pli ou l'angle
formé par les deux os du bras cpiand ils
se plient vers l'articulation du coude.
Par extension, on s'est servi de ce mot
pour désigner plusieurs autres choses qui
ont la même forme ou qui s'en rappro-
chent ; et, comme cette forme implique
deux parties ou côtés séparés , ce mot
s'emploie généralement au pluriel.
1. Branches de Téquerre (norma),
dont se servent les tailleurs et les char-
pentiers pour mesurer les angles droits;
elle était formée de deux rè- ^
gles plates réunies comme l'ar-
ticulation du coude (Yitruv.
III, 6, 14). Notre dessin re-
présente une équerre ainsi
formée : elle est sculptée sur un marbre
sépulcral parmi plusieurs autres outils du
métier de chaipentier (Fabretti, Aaused.
7-3).
2. (TrapwTtç — ouï tw ÛTrepôûpw. Ins-
cript, dans la collection Elgin du Musée
Britannique) .Consoles qui soutiennent au-
dessus d'une porte une corniche d'orne-
ment {hyperthyritm) ; on leur donne
ordinairement la forme de la lettre S et
ou les attache sous chaque extrémité de
la corniche , à angle droit avec elle
(Vitr. IV, 6, 4). La petite figure à main
gauche offre une vue de côté d'une de
ces consoles, prise du temple du Dio
Redicolo, comme on l'appelle mainte-
nant, près de Rome; l'autre représente
la corniche qui surmonte la porte du
temple d'Hercule , à Cora , et donne une
vue de face des ancones pendant de cha-
que côté de la corniche.
3. Crampons de bronze ou de fer dont
on se servait dans les constructions,
pour relier ensemble de gros blocs ou
des assises de maçonnerie ( Yitruv. x ,
13, 21). On les employait au lieu de
mortier dans les bâtiments considérables,
et ils expliquent la quantité de trous
qu'on remarque dans la maçonnerie des
anciens édifices, d'où l'on a retiré les
cramjions au moyen âge pour s'emparer
du métal.
La figure supérieure dans la gravure
montre la forme d'un aucun de bronze
du Colisée, et l'inférieure la manière dont
on l'appliquait pour rattacher deux blocs
de pierre dans le même édifice.
4. Bras d'une chaise à bras attachés
aux montants qui for-
maient le dos et com-
posant avec eux un an-
gle droit comme l'é-
querre d'un charpen-
tier (Cœl. Aur. Tard.
III, 1 ). La gravure est
prise d'une chaise de
marbre dans un bas-re-
lief qui était primitive-
ment au palais du cardinal Mazzarini , à
Rome.
5. Griffes ou fourches à l'extrémité
des étais {^varœ) dont les anciens chas-
seurs se servciient pour suspendre
leurs filets (Grat. Cyneg. 87). On
les enfonçait par leurs extrémités
pointues dans le sol , à peu de dis-
tance l'une de l'autre, autour du lieu
qu'on désirait enfermer, puis on
suspendait les filets sur la fourche.
Voy . le mot Yara, où l'on montre la
manière de placer le filet.
6. Espèce particulière de bouteille ou
de vaisseau pour contenir du vin , dont
on se servait dans les tavernes romaines
(Paul. Dig. 33, 7, 13),elàqui, d'après
leur nom , on peut supposer sans invrai-
semblance un col recourbé, à peu près
comme une curnue. Il ne manque qu'un
modèle pour confirmer cette conjecture.
\J
33
ANGORA (ày^tupa). Jiicre. Les ancres
des anciens n*a\aieiit quelquefois qu'une
patte; mais les plus parfaites en avaient
deux, faites en fer, et ressemblaient
exactement à celles dont on se sert en-
core aujourd'hui. On les portait d'habi-
tude sur l'avant du vaisseau (Virg. jEn.
III, 277), comme dans la gravure~prlse
de la colonne Trajane; mais les gros
vaisseaux en avaient deux et quelquefois
plus, suivant leur grandeur (Athen.
V, 43).
ANCORALE. Cci/>le d'une ancre {U\.
XXII , 19 ; XXVII ,30). Voy. la figure pré-
cédente.
2. Orin ou corde de la bouée (Plin.
H. N. XVI, IG). La bouée elle-même
(orîfjieTov àyxOpaç, Paus. VIII, 12, 1)
était faite de liège et attachée par Yanco-
rale à un anneau qu'on voit au bout de
la verge de l'ancre dans la précédente
gravure. Pendant que la bouée indiquait
le lieu où était l'ancre, la corde qui la
tenait servait aussi à dégager du sol les
pattes de l'ancre, lorsqu'il fallait la
lever.
ANDABATiE. Classe de gladiateurs qui
combattaient les yeux bandés ou avec un
casque fermé sans ouverture dans la vi-
sière (Hieron. adv. Jov. i, 3G ; Cic.
Fam. VII, 10; mais là la leçon est dou-
teuse). Suivant Turnèbe {Adrers. il,
10), ils paraissaient au Cirque après les
courses dans une sorte de lutte comique :
deux d'entre eux s'attaquaient quelque-
fois dans un char, la nuit déjà tombée;
l'un en était le conducteur, l'autre y
montait et engageait une lutte soutenue
au hasard. On l'appelait andahata, du
grec àvaêdiTYi; avec l'insertion d'un d.
■ ANDRON (àv5pcùv). Terme grec qui,
dans sa signification stricte, se rapporte
aux habitudes de cette nation. Il désigne
la première des deux divisions principa-
les (lu plan d'une maison grecque , celle
dont l'usage exclusif était réservé aux
hommes (Yitrnv. vi , 7 , 4 ; Festus, s. v.).
Elle consistait en une cour découverte
(ayXr,), entourée de colonnades (marquée
c sur le plan), autour de laquelle étaient
disposés les divers appartements exigés
pour le service du maître et de ceux qui
étaient à lui (n. 1 à 9). Elle était sépa-
rée de l'autre division , qui contenait les
appartements des femmes, par un passage
et une porte (marquée d).
2. Les écrivains latins employèrent ce
mot dans un sens tout différent, pour
désigner un simple passage qui sépare
une maison, ou une partie de la même
maison, d'une autre; par exemple, le
passage entre le mur extérieur d'une
maison et le jardin qui en est proche
(Plin. Ep. H, 17, 22); et les architec-
tes romains se servirent du même terme
d'une façon très-impropre pour désigner,
dans une maison grecque, le corridor
3i
AMJltOMTlS.
A>MXATLS.
(|ui sépaïah 1rs nus des autres les ap-
liaiiemeiits des hommes et reiix des
i'emmes (mai((ué d dans le plan précé-
dent) : le nom exact était MesauLr.
A>DH()MT1S (àvôp wvÏTt:). Synonyme
d'A>r>RO>-, u" I.
A>Gll'ORTUSouANGIP()UTlM(crTE-
vioTiô,). Rue étroite ou semhlahle à une
cour fermée (Terent. ^dclph. IV, 2, 40),
et qui alors s'appelait j)ro])rement fiat-
diila; ou seulement rue détournée qui
conduisait de l'une des rues princijiales
aux parties les moins iVéqueutées «le la
ville (Hoî-at. Carm. i, '2b, 10; Plaut.
Pseiid. IV, 2, 0). Ces rues détournées à
Ponipéi sont si étroites qu'une personne
peut traverser d'une seule enjambée d'un
trottoir à l'autre.
ANGUILLA. Fouet fait de peau d'an-
guille dont les maîtres d'école de Rome
se servaient pour piuiir leurs écoliers
(Plin. H. N. IX, 39; Isidor. Orio'in.
V, 27, 15). La gravure est prise d'une
peinture d'Hcrculauum qui représente
l'intérieur d'une salle d'école.
ANGUIS. 1. Serpent, employé chez
les Romains comme représentation sym-
bolique du i(ciiius lof'i ou génie qui
veillait sur tel ou tel enqilacemeiit (Serv.
«rrf Yirg. yEw. V, 85). Eu conséquence on
peignait sur un mur des figures de ser-
pents, de la même façon qu'on peint
une croix dans l'Italie moderne , pour
prévenir le public de ne pas souiller
l'endroit. Cela répondait à l'inscription
qui se voit sur nos murs : Défense de
déposer aucune ordure, etc. (Persii Sa-
lirœ, I, 113).
On trouve souvent ces figures dans les
maisons de Pompéi , dans les cui-
sines, dans les fournils, dans les lieux
enfin où la propreté est particulièrement
désirable; en gé-
:>lk
sont
néral
séparées par un
autel , comme on
le \ oit dans la figu-
re ci-jointe, prise
par l'auteur dans
un des corridors
qui conduisent
aux Thermes de
Trajan à Rome.
Elle est ]>einte à
fresque avec l'inscription sui\ante au-
dessous :
JOVEM ET Jr>"0>EM ET DIODECIM
DEOS IRATOS UABEAT QriSQlIS HIC
.MI>XER1T AIT CACARIT.
2. Drapeau militaire qui imitait la
figure du serpent et ^
(pii fut adopté dans les
armées romaines com-
me enseigne de la co-
horte (Claud. in Ru fin.
II, 5, 17 7;Sidon. A-
poU. 5, 40). On l'ap-
pelait plus commune- I
meut Draco : on en a //
décrit à ce mot la ma-
tière, le caractère et renq)loi avec plus
de détails. La gravure est prise de la co-
lonne Trajane.
ANGUSTICLAVIUS. Celui qui avait
le droit de jiorter sur sa tunique l'orne-
ment ajipelé clavus angustus, marque
distinctive de l'ordre équestre (Suet.
Otho, 10). Vov. Clavvs.
ANMLARltS et ANULARIUS. Ou-
vrier dont le métier était de faire des
anneaux (Cic. .^ead. il, 46). Ces arti-
sans formaient à Rome un collegium ou
corporation (Inscript, ap. Murât. 2015,
5).
ANMLATUS et AMLATUS. En gé-
néral, qui a ou qui porte des anneaux.
De là :
1. Annulati pedes, gens qui ont des
chaînes aux pieds, comme les esclaves
employés à la culture chez les Romains,
qui travaillaient enchaînés (Apul. Metam.
.35
IX, p. 1S4), connue on le voit ici, d'a-
près une lierre gravée.
■iiiniilat.v aiirt's. Oreilles qui por-
tent lies anneaux (Plaut. Pan. v, 2, 20).
comme dans la gravure, d'après une pein-
ture de Ponipéi.
ANNULUS ou ANULUS {oay.x<)ho:,
ffcppayî:). Anneau pour le
doigt : fait de fer dans l'o-
rigine et servant de ca- (f l/r''jr^
chet pour sceller. Dans la vll|\| '^
suite, ou adopta des an
neaux d'or au lieu d'an
neaux de fer; mais l'usage de ce métal à
Rome fut restreiutaux sénateurs, aux pre-
miers magistrats et aux chevaliers (Plin.
H. JV. XXXIII, 4). La gravure représente
un original pris dans la Dactyliothèque
de Goriœus. L'anneau
à cachet était porté
au quatrième doigt
de la main gauche, A
par les Grecs comme l/\l
par les Romains (Aul.
Gell. X, 10); voyez la figure à main
droite qui représente la main de Jupi-
ter d'après une peinture de Pompéi; et
de là l'expression sedere ad auiiidos
fl//c«/ (Eimien. Pan. ad Constantin. \ïi)
signifie être assis à la gauche de ((uel-
qn'un. Mais, sous l'empire, la mode de
mettre des anneaux de divers genres
et de valeurs diverses, comme purs or-
nements , s'établit dans toutes les classes ;
on en ])orla aux différents doigts des
deux mains et même plusienis à la fois
(Mart. Ep. v, fil ; xi, 59) ; voy. la figure
à main gauche, d'après une peinture de
Pompéi , qui montre une main de femme
avec trois anneaux, deux sur le quatrième
et un sur le petit doigt.
2. yinnulus blgewwis. Anneau dans le-
quel étaient enchâssées deux pierres pré-
cieuses (Valerian. in Epis t.
ap. Trehell. Claiid. li). La
gravure représente un origi-
nal pris dans la Dactyliothè-
que de Gorla>us ( part i , n"
(j8); deux piei;res précieuses
y sont enchâssées : l'une, qui
est un large cachet , porte la
figure de Mars; l'antre est un cachet plus
petit et porte une colombe avec une
branche de myrte.
3. Annidus velaris. Anneau de rideau,
fait comme les nôtres pour courir sur
une baguette et tirer on retirer le ri-
deau. Chez les Romains, ces anneaux
étaient faits habituellement de bois dur
(Plin. H. N. Xiii, 18). Dans une maison
tiouvée aux fouilles d'Herculanum, en
1 828, et dont on a don-
né relevât ion au mot
DoMUS, les baguettes
de fer sin* lesquelles
couraient les anneaux
entre les colonnes de
Vatrium furent trou-
vées entières et placées
comme dans la gravure
ci-jointe. Elle est prise
d'une miuialure du Vir-
gile du Vatican, et ex-
plique le but et l'usage
de ces anneaux, quoique les pi opoi lions
restreintes du dessin ne permettent pas
de les distinguer sur la baguette.
4. Anneaux passés dans un
cerceau d'enfant pour résonner
avec bruit pendant les révolu-
tions du cerceau (JLirt. Epi g.
XIV, Ifit)). Ou en iilaçait plu-
sieurs sur le même cerceau , comme ou
30
A>QUI>-A.
ANSA.
le voit par la figure, tirée du bas-relief
d'une tombe qui subsiste encore près de
Tivoli.
5. Tresses de cheveux, arrangées en
cercles comme des an-
neaux , autour du derrière
de la tèle (Mart. Epit;-
II, 66), comme on le voit
dans le dessin ci-joint qui
représente Plotina, fem-
me de l'empereur Trajan ,
d'après une pierre gra-
vée. Les paysannes , dans
plusieurs parties des États de Rome et
de Naples, arrangent encore leurs che-
veux de la même manière.
6. En architecture, arm(7/w, c'est-à-
dire série d'anneaux ou
de fdets circulaires, au
nombre de trois ou de
quatre dans les modèles
anciens, qui sont pla-
cés immédiatement sous YecUhius d'un
chapiteau dorique et qui décroissent per-
pendiculairement l'un au-dessous de l'au-
tre , comme un étage de degrés renversé
(Vitruv. IV, 3, 4).
ANQUINA (àyxotvr,). Collier par le-
quel la vergue d'un vaisseau est attachée
au màt (Isidor. Orig. XIX, 4,7; Kel-
vins Cinna ap. Isidor. /. c); on l'ap-
pelle la drosse dans la langue technique.
Dans la gravure, prise d'une lampe
d'argile, Vanquliia apparaît comme un
anneau demi-circulaire ou un lien de
bois ou de métal; mais, d'lial)itude, elle
était faite de corde. Celte dénomination
lui vint du sens primitif du mot grec, qui
signihe bras plié. L'à^z-oivr, Sitiayj , dont
on parle chez les Grecs, comme employée
pour les grands vaisseaux , par exemj)le ,
les quadrirèmes, etc., ne signifie pas que
la vergue était maintenue par une double
anquina, mais que Yanquina était faite
d'une doui)le épaisseur de corde pour
résister à l'usure par le frottement , pro-
portionnée à la grandeur de la vergue.
ANSA. Ce par quoi nous saisissons quel-
que chose. Ce mot s'applique, de la même
façon que notre mol poignée , à plusieurs
objets qui diffèrent essentiellement l'un
de l'autre pour la forme et le caractère,
quoique tous aient la même destination
générale, celle d'une poignée par la-
quelle on tient les objets. Les plus im-
portants sont ceux qui suivent :
1. (Aaêr,. Xi wxa. ) Poignée de tout
vaisseau fait pour contenir des liquides ,
comme coupes, pots, amphores, etc. Ces
poignées variaient sans doute dans leur
forme , suivant le goût de l'artiste qui les
dessinait ; et elles étaient placées indiffé-
remment sur le cou, sur un
côté ou sur les deux , ou du
haut au bas du vaisseau, de la
manière enfin qui convenait
le mieux à la beauté de l'en-
semljle; car elles formaient
toujours une partie intégrante
de l'œuvre pour les artistes
anciens , qui ne voulaient pas qu'elles pa-
russent posées après coup comme de
simples accessoires. La figure est tirée
d'un pot de bronze trouvé à Pompéi
avec une seule poignée d'un caractère
fort beau , quoique simple ; mais on trou-
vera dans le cours de cet ouvrage une
grande variété de formes différentes
(Cato, R. Jî. 113; Yirg. Ed. m, 45;
Ov. Ber. XIV, 252; Met. viil, 653).
2. Ansa ostii (è7tiffTîaaTr,p /.opwvYi ,
pÔTTTpov). Poignée d'une porte par la-
quelle on l'ouvrait ou on la fermait , et
qui servait aussi de marteau ( Petr. Sat.
96). On représente souvent ces ])oiguées
comme de simples anneaux attachés à un
crampon; dans d'autres cas, ils étaient
dessinés et ornés avec plus de soin, comme
on le voit par la figure ci-jointe, prise
d'un original en bronze qui appartenait
primitivement à la porte d'une maison
de Pompéi.
3. Ansa crepidx (c<Yy.'j).r,\ Trou ou
ANS A.
ANSATUS.
37
œil dans le quartier du soulier grec ap-
pelé crepida, par
lequel ou pas-
sait la courroie
et le lacet ; on
croisait ensuite
l'une ou l'autre
sur le cou-de-
pied même (Til)ul. I, 8, li).ll y avait
un même nombre de ces trous de chaque
côté du soulier; on peut le conclure de
l'histoire bien connue d'Apelles, qui fut
repris par un savetier pour avoir omis
une des ansx dans un ouvrage qu'il avait
exposé à la vue du peuple (Plin. H.
N. XXXV, 36, 12). On en voit claire-
ment la forme et le caractère dans la
■ gravure , prise du pied d'une statue grec-
que en marbre.
4. Aiisa staterœ. La poignée d'un pe-
sou , par laquelle il était suspendu et qui
formait son centre d'é([uilil)re, étant fixée
à la moitié la plus petite de la tige, près
du bout où l'on attachait la balance ou
l'objet à peser (Vitruv. x, 3, 4). La
gravure est prise d'un peson de bronze
trouvé à Pompéi.
5. ylnsa gubernacidi (oî'a^). La poi-
gnée d'un gouvernail (Vitruv. x, 3, 5);
c'était le bout de la tige du gouvernail
(AA dans la gravure) que le timonier
tenait des deux mains, quand le gouver-
nail se composait d'une simple rame sans
vure à main tlroite. Mais dans les grands
vaisseaux , l'emploi d'une barre devenant
nécessaire, il plaçait une main sin- l'a/z^rt
( A , gravure à main gauche ) , et l'autre
sur le clavtis (B), ce qui lui permettait
de mouvoir le timon avec une bien plus
grande facilité. La figure à main droite
est copiée de la colonne Trajane ; celle à
main gauche d'une peinture de Pom-
péi.
G. Aiisa ferrea. Crampon de fer par
lequel on rattachait les larges blocs de
pierre dans d'anciens édifices , quand ou
ne se servait pas de mortier (Vitruv. il,
8,4); c'est la même chose que XAiicoa
(6) : on trouvera une gravure à ce mot.
ANSATUS. Muni d'une poignée ou
de poignées. Ou trouve les explications
nécessaires au mot précédent.
2. Ansata hasta, Ansatum tel uni
(àyjiuXwTÔc, àyxuÀïix6v, (ji£<7(xy)4u),ov).
Lance ou javeline, munie d'un appui demi-
circulaire pour la main , attaché au bois
comme une poignée. Ces poignées n'é-
taient pas permanentes; les soldats les
mettaient aux armes avant d'aller à la
bataille ou dans toute conjoncture qui le
demandait (Plutarch. Alex, apophtli. 1 3 ;
cf. Xen. A/ui/}. i\, 2, 28). Elles avaient
barre (claviis), ainsi que dans la gra-
un double but : de les aider à lancer ces
armes quand ils s'en servaient comme de
traits , aiisatas mittunt de tiivribus liasta.t
(Enn. ap. Non. j-. v. Aiisatœ) , ou d'ap-
puyer la main et de donner de la force au
coup quand on combattait de près , ansa-
tis concurrunt telis (Ennius, ap. Macroh.
Sap. VI, 1 ). Ces deux usages sont indi-
qués dans la gravure, prise d'une pein-
3
38
ANSULA.
ANTEFIXA.
ture qui décore les murs de la tombe
d'un guerrier à Pœstum ( N'icolai , Anti-
chità di Pesto, VI ), et qui est pré-
cieuse pour déterminer le véritable sens
du mot, seulement soupçonné jusqu'à
présent ou mal compris ; mais elle prouve
une différence caractéristique entre Vansa
etVamentitm d'une javeline : Yamentum,
comme on lésait, n'était qu'une courroie;
et Vansa, comme on le voit ici et comme
le font entendre les autres sens de ce
mot , était une poignée d'une forme angu-
laire ou curviligne attachée à un objet.
ANSULA. Diminutif A'ansa; il s'ap-
plique à tous les sens qu'on a expliqués
à ce mot. Valère Maxime (viii, 12, 3 j,
en rapportant l'histoire d'Apelles et du
savetier, emploie le diminutif a/Mw/<i? an
lieu à'ansx dont se sert Pline ( H. N.
XXXV, 36, 12); et, dans la gravure
A'Ansa (3), on remarquera qu'il y a en
effet des trous plus petits sous les
grands. Cette figure donnera par consé-
quent un échantillon de Yansa et de
Vausula, pris dans leur signification ri-
goureuse.
ANT^E (irapaa-ràScç). Pilastres carrés
(Non., s. V.) dont on se servait pour
terminer les murs latéraux d'un tem-
ple, quand ces murs latéraux s'avan-
çaient au delà de la façade de la cella
ou partie principale du bâtiment (Vi-
truv. IV, 4,1). Comme
il faut de chaque côté un
de ces pilastres pour for-
mer des supports corres-
pondants, on n'emploie
jamais ce mot qu'au plu-
riel; et ainsi un temple
est dit in antis ou èv
TcapaffTiffi (Vitruv. m,
2,2), quand le portique
est formé par la saillie des murs latéraux ,
terminés, comme nous l'avons décrit, par
deux pilasti'es carrés qui ont entre eux
deux colonnes.
AISTARIUS. Funes autarii; cordes
employées pour l'érection d'un màt ,
d'une colonne, ou de tout autre objet
d'un poids et d'une hauteur considéra-
bles (Vitruv. X, 2, 3). Elles étaient
fixées à la tête de la colonne , et de cha-
que côté au sol à des distances convena-
bles , pour la tenir solidement et l'empê-
cher d'incliner de côté et d'autre pen-
dant qu'on rélevait.
AMEAMBULO. Esclave dont la fonc-
tion était de précéder la lectica de son
maître ou de sa maîtresse et de lui frayer
le chemin à travers la foule (Suet.
Vesp. 2.) Ce même nom s'appliquait
aussi à l'affranchi ou au client qui mar-
chait complaisamment devant son patron
quand il sortait (Mart. Ep. Il, 18).
ANTECESSORES. Cavalerie légère
qui formait l'avant-garde d'une armée
en marche; elle frayait le chemin pour
le corps principal et choisissait les places
convenables pour une halte ou un camp
(Hirt. Bell. Afr. 12; Suet. Vit. 17).
ANTECURSORES. Même sens que
Antecessores (Cœs. Bell. civ. \, 16).
A>'TEFIXA. Ornements en terre
cuite , inventés par les architectes étrus-
ques, à qui les Romains les empruntè-
rent; ils étaient employés pour décorer
les diverses parties d'un édifice au dehors
comme au dedans , pour couvrir une sur-
face plate , pour ca( lier les jointures en-
tre deux blocs de maçonnerie, ou pour
déguiser par un ornement des contours
rudes et sans élégance. De là ce nom
s'appliqua spécialement aux objets dis-
tincts qui suivent :
1. Longues tablettes plates en terre
cuite, avec des dessins en relief, qu'on
clouait sur toute la suiface d'une frise
[zophorus) , pour enrichir l'entablement
et lui donner l'air de quelque chose de
fini et d'orné. Les artistes grecs sculp-
taient le marbre lui-même, et tenaient
en suprême mépris un pareil artifice
pour cacher des défauts (Liv. xxxiv, 3).
La gravure représente un antéfixc ori-
ginal trouvé à Rome, et qui avait servi
jadis à l'usage indiqué. On remarque en-
core les trous des clous qui le fixaient.
ANTlîNNA.
A>TEÎ>AGMENTirM.
39
2. Ornements de même matière, fixés
à la corniclie d'un entablement pour
donner passage à la pluie et la verser du
toit dans la rue (Festus, s. v.). Ils ré-
pondent aux gargouilles i\e l'architecture
gothique , mais ils sont d'un dessin beau-
coup plus simple ; le plus souvent ils sont
formés du mascaron d'une
tète de lion , par allusion aux
inondations du Nil, cpii ont 4°^''*
lieu quand le soleil est dans
le signe du Lion. La gravure
est prise d'un original trouvé
à Rome ; elle a un trou circulaire dans la
l)ouche, où était introduit un tube de
plomb comme gouttière pour verser l'eau.
'3. Ornements droits , placés le long du
faite d'un entablement , au-dessus^ du
membre supérieur de la coruiche , pour
cacher l'extrémité des tuiles faîtières (/>«-
hrices) et la jointure des tuiles* plates.
La figure reiaésente une vue de face et
une vue de coté de deux modèles trouvés
à Rome : la figure supérieure, au centre,
représente les extrémités des tuiles telles
qu'elles apparaissent sans l'antéfixe; la
figure inférieure représente les mêmes
extrémités recouvertes par les antéfixes ;
la figure à main droite montre aussi
par derrière la languette qu'on intro-
duisait sous Yimbrex, pour le fixer; et
la figure à main gauche , qui porte une
image de la Victoire, présente ainsi un
commentaire graphique du passage de
Tite-Live ( xxvi , 23 ) où il dit (jue la sta-
tue de la Victoire , placée au sommet du
temple du Capitole , tomba et fut retenue
par les Victoires des antéfixes : Victoria,
quœ in culmine erat , fulmine icta de-
cussaque, ad Victorias qux in antefixis
erant , hœsit , etc.
ANTENNA (âmy.piov). Vergue d'un
vaisseau : elle était faite d'une seule pièce
de sapin, quand le vaisseau était petit,
et de deux , liées ensemble, quand il était
plus grand; aussi ce mot se rencontre-
t-il souvent au pluriel, pendant qu'on
met au singulier la voile qui y est atta-
chée : antennis lotuni subnectitc vélum
(Ovid. Met. xi, 483j. De petites vergues
d'une seule pièce sont représentées dans
j)lusieurs gravures qui expliquent la cons-
truction des vaisseaux anciens dans dif-
férentes parties de cet ouvrage; et la
vergue donnée au mot Anquina montre
distinctement la manière dont les tleux
pièces étaient jointes dans les grands
vaisseaux. La vergue elle-même est prise
d'un bas-relief d'une tombe à Pompéi;
les détails de la voile et le lien qui fixe
la vergue au màt, de deux lampes en
terre cuite de Bartoli.
ANTEPAGMENTUM. Le chambranle
du ohàssis d'une porte, appelé surtout
ainsi quand il avait une moulure d'or-
nement, faisant saillie au-devant du mon-
tant {scapus cardinalis), qui formait le
pivot sur. lequel la porte tournait, et
au dehors', le dérobait tout à fait à la
vueJ(Vitruv. iv, G; Festus, j. c,- Gato,
B. fi. 14, 4).
On comprendra facilement ces détails
40
AîO-EPILANl.
par la g^a^"llre qui représente une éléva-
tion et un plan de l'ancienne porte et de
l'ancien châssis subsistant encore à l'é-
glise de Saint-Théodore de Rome , primi-
tivement le temple de Rémus. Du coté
droit de l'élévation , on a coupé Vaiite-
pagmentutn pour faire voir le montant et
la cavité où il s'eml)OÎte , pendant que le
côté gauche et le plan montrent la ma-
nière dont ces parties étaient cachées
par Vantepagmeiitum, et expliquent la si-
gnification réelle du mot. On observera
aussi qu'une porte ainsi construite ne
pouvait ouvrir qu'en dedans : en effet ,
la partie de la porte à laquelle le pivot
était attaché et la crapaudine dans la-
quelle il tournait étaient placées derrière
la saillie du chambranle qui était creusé
pour les recevoir et formait ainsi une
sorte de cadre qni recouvrait au dehors
les bords de la porte et protégeait le de-
dans contre l'air extérieur.
2. Antepagmentiim superiiis (Vitruv.
IV, 6, 1). Linteau du châssis d'une porte,
surtout quand la porte ouvrait en de-
dans, et que la moulure du linteau en
recouvrait le bord supérieur, de la même
façon que nous venons de le décrire pour
les chambranles latéraux. Celte dispo-
tion est communément adoptée dans les
maisons de Pompéi , où les portes habi-
tuellement sont placées tout à fait der-
rière le châssis.
ANTEPILAM. Soldats qui, dans la lé-
gion romaine rangée en bataille , étaient
placés devant \es pi/ani ou triarii, qu'on
postait au troisième rang. Ainsi , c'est un
terme général pour désigner les soldats
des deux premiers rangs, les hastati et
les principes, comme on les appelait
paiticulièrement (Liv. yiii, 8).
AMERIDES (èpsîff^AotTa). Contre-
forts placés contre l'extérieur d'une mu-
raille pour la soutenir si elle est failjle
{ Vitruv. VI , 8 , 6 ) ; ils étaient rarement
employés par les architectes grecs ou ro-
mains, excepté pour consolider une fon-
dation. La figure représente la cloaca
Maxiwa à Rome, avec des contre-forts
extérieurs de chaque côté de la maçon-
nerie , comme on le vit dans une fouille
dirigée par Piranesi. Ces contre-forts ce-
pendant sont d'une pierre différente de
celle du reste de l'ouvrage , et ils n'en-
traient pas dans la construction origi-
nale; mais on peut les regarder comme
des vestiges des réparations faites aux
égouts à l'occasion que mentionne Denys
d'Halicarnasse (m, 67), quand on dé-
pensa pour ce monument près de cinq
millions de notre monnaie.
ANTESIGNANI. Corps des plus braves
et des meilleurs soldats de la légion ,
qu'on plaçait immédiatement devant les
enseignes , pour les empêcher d'être pri-
ses par l'ennemi (Cœs. B. Cl, b1 ; Liv.
XXII, 5; IX, 39).
ANTESTOR. Sommer une personne
ou lui demander de porter témoignage
cju'un défendeur refuse de paraître de-
vant le tribunal. Dans de telles occa-
sions , le demandeur priait un des assis-
tants de porter témoignage des mépris
du défendeur, par les mots licet antes-
tariP S'il recevait son consentement, il
touchait l'oreille de son témoin, puis se
saisissait de la personne de l'opposant et
le traînait de force au tribunal (Plant.
Pers. IV, 9, 10; Hor. Sat. I, 9, 78;
Plin. H. 2\~. XI, 103).
ANTLE. Rondes de cheveux d'une
femme , quand elles tombent des tempes
APHRACTUS.
41
le long des oreilles (Festiis, s. t.; Isid.
Orig-. XIX , 31 , 8 ) ; et pareillement , mè-
ches de eôlé des hommes, quand elles
sont arrangées avec soin depuis les tem-
pes le long du visage (Apul. Floi-, i, 3,
3)-, comme dans la gravure, prise d'une
petite figure en bronze trouvée à Herru-
lammi. La gravure au mot Anadema
montre ces boucles portées par des fem-
mes, d'après une peinture de Pompéi.
AKTILENA. Poitrail attaché au bât
d'une liète de somme pour empêcher la
selle de glisser en
arrière (Isid. Orig.
XX, 1G).I1 était fixé
au-devant de la selle
des deux côtés et
entourait le poitrail
de l'animal, comme
dans la gravure, _
prise d'une peintu-
re d'Herculanum; c'était l'accessoire né-
cessaire du bât dans toutes les contrées
montagneuses à pentes escarpées.
ANTIQUARIUS. Terme employé sous
remi)ire, avec un sens différent de celui
de librariits, pour désigner une pei'sonne
qui faisait métier de copier de vieux li-
vres (Isid. Orig. VI, 14, 1 ) , et qui écri-
vait dans l'ancien caractère uncial, quand
les lettres courantes étaient devenues
d'un usage général (Becker, Gallits , i,
p. 1G4, de la tvad. aiigl).
ANTLIA (àvxXîa). Pompe ou autre
machine pour élever de l'eau ; ce nom
s'appliquait à toutes les inventions hy-
drauliques des anciens et n'indiquait au-
cune machine particulière. Dans Martial
{Ep. IX, 19, 4) , il est emplové pour dé-
signer la tige et le piston ; dans Suétone
( Tih. 61 ) la roue hydraulique à bras;
et dans Callixène (Athen. v, 43j, la vis
d'Archimède. Les différentes machines
comprises sous le terme général (ïant/ia
sont décrites et expliquées sous leurs
noms spéciaux. Les voici : 1° Rota
AQUARiA ; 2" Tympanum ; 3° Tolleno ;
4° GiRGiLLus ; 5° Ctesibica machina
et SiPHo; 6" Cochlea.
APALARE ou APPLARE. Sorte de
grande cuiller qui servait à faire cuire
ou à faire passer des œufs mollets ou po-
chés {Gloss. Isid.), quoiqu'on l'employât
m
anssi à d'autres usages (Auson. Ep'ist.
21). La gravure est
copiée d'un original .-— —
en bronze , trouvé
dans nne cuisine à
Pompéi, qui, à ce cpi'on croit, offre le
spécimen d'un de ces objets.
APEX. Littéralement , morceau de
bois d'olivier, aiguisé par le bout et fixé
dans une touffe de laine, que portaient
au haut de la tète les Flamuics et les
Sa/icns (Festus , s. v. Albogalerus; Serv.
ad Virg. Mn. X, 270). Vapex était at-
taché de chaque côté par un
bandeau, ou il tenait à une
calotte qui s'adaptait étroite-
ment à la tète , comme dans
la gravure, prise d'un bas-re-
lief romain ; de là le mot a-
pex est employé souvent pour
la calotte elle-même (Fai)ius Pictor ap.
Gell. X, 15, 3; Liv. vi, 41 ).
2. ( xwvoi; ). Cimier du casque auquel
était attachée la crinière en crins de
<lie\al (Isid. Orig. XVIII, 14 , 2 ; Yirg.
Ain., XI!, 492). Vapex lui-même parait
d'une façon très-proéminente dans la gra-
vure ci-jointe, copiée d'un original en
bronze trouvé à Pompéi ; mais nous
donnons à l'article Galea un modèle
auquel la crinière est attachée.
APHRACTUS ou APHRACTUM ( â-
cppy.xTov). Vaisseau sans pont ou ponté
seulement en partie à l'avant et à l'ar-
42
APIARIVM.
rière; comme nous disons, demi-ponté
( Cic. Att. V, 13 ;. La figure est tirée du
Virgile du Vatican et montre par la hau-
teur relative des hommes qu'il n'y a pas
de pont au centre ; en comparant le vais-
seau ponté ( voy. Navis coinstrata), on
verra facilement la différence des deux
bâtiments.
APIARIUM ( flEXlTOrtôv , (X£>t(TffOTpO-
çelov). Riiclier ou place où l'on garde
un certain nombre de ruches (Columell.
IX, 5, 6 ).
APIARIUS f;j.£X(cr(J£Ûç, [J.£).tTao\jpY''J?)-
Celui qui soigne et garde des aijeilles
( Plin. H. N. XXI, 31 ).
APICATUS. Qui porte Vanex ou bon-
net terminé en pointe du flameu dialis
( Ovid. Fast. III, 397). Voir la gravure
du mol Apex et l'article Flamen.
APLUSTRE et APLUSTRUM (âç>,acr-
Tov). Ornement fait de planches de bois,
ressemblant un peu aux
plumes d'une aile d'oi-
seau , qu'on plaçait sur
la poupe d'iui navire.
(Lucan. m, 586 ; Lu-
cret. IV, 439). La figure
représente un apliislre
en détail, d'après un
ancien bas-relief dont
on a une copie au mu-
sée Britannique. On
voit la position qu'il occupait sur le vais-
seau dans la gravure précédente.
APODYTERIUM ( à7to5uTr,piov ).
Chambre ou l'on se déshabille , parti-
culièrement chambre de bains ( Cic.
ad Q. Fr. III, 1,1; Plin. Epist. \, 6,
25 ) , où l'on se déshabillait et où les
vêtements restaient pendant qu'on pre-
nait le bain; car, daus les établissements
publics, toute personne était forcée par
la loi de les retirer avant de passer dans
l'intérieur : cette disposition avait pour
but de prévenir les vols en empêchant
de cacher sur soi les objets dérobés (Cic.
Cœl. 26). La figure représente l'inté-
rieur de Vapod} terium des bains publics
de Pompéi ; on peut voir sa position re-
lativement aux autres pièces sur le plan
au mot Bali>E/E; il y est marqué A. Il
a trois portes : l'une, à main gauche, à
l'extrémité de la gravure , est l'entrée gé-
nérale et commune ; l'autre , à main
droite de celle-là, mène dans le bain
froid, et la plus proche, sur la droite,
dans le bain chaud. Des sièges pour
s'habiller et se déshabiller sont placés le
long des trois côtés de la chambre ; et
dans les trous qu'on voit aux murailles
étaient fixées des chevilles de bois pour
suspendre les vêtements. On mettait une
lampe dans la petite niche sombre sous
la fenêtre.
APOPHORETA ( àTio^ôpriTa). Pré-
sents qu'un hôte donnait à ceux qu'il
avait reçus, au moment de leur départ,
pour qu'ils les emportassent dans leur lo-
gis. Des cadeaux de ce genre étaient plus
particulièrement en usage pendant la fête
des Saturnales ( Suet. Cal. 55; f'^esp.
19).
APOSPHRAGISMA ( à7ro(7Ç)pâY»i!xa).
Dessin ou empreinte d'un anneau à ca-
chet (Plin. Epist. X, 55, 3). Voy. les
gravures au mot A>"MJLCS.
APOTHECA (à7toeYiy.ri ).3Iaoasi,i ou
dépôt pour toute sorte de denrées (Cic.
Vatiu. 5; Phil. Il, 27). Ce mot con-
tient les éléments de l'italien bottega et
du français boutique; mais c'est là une
corrujition du sens primitif, qui s'ap-
pliquait à un magasin où les denrées
étaient gardées non pour la vente, mais
pour l'usage particulier de leur posses-
seur. Comparez Taberna.
2. Chez les Romains ce mot indiquait
un dépôt pour le vin dans la partie supé-
rieure de la maison ( d'où Horace , Od.
m , 21 , 7 , descende testa; cf. Plin. Ep.
II, \1 ,n;V\m.H. N. xiv, U,G-7) :
on l'y gardait pour qu'il pût vieillir dans
les amphorw, et, comme nous dirions,
en bouteille ; au lieu que le vin nouveau.
APOTHEOSIS.
AQUILA.
43
mis dans les dolla et les ciipie, ou , sui-
vant noire expression, en futailles, était
placé en bas dans la cella Tinaria. Voy.
Cella.
APOTHEOSIS (àuo8£W(Ti; ). Mot em-
prunté à la langue grecque, mais em-
ployé seulement à une époque posté-
rieure (TertuU. Jpol. 34) ; le terme latin
est Consecratio. Voyez ce mot.
APPARITORES. Nom collectif donné
aux officiers publics attachés au service
des magistrats romains et comprenant
\ei Âccensi , Lictorcs , Pnecones, Scribx,
Viatores, etc. ( Cic. ad Q. Fr., i, 1,4;
Suet. Tib. 11 ).
2. Dans l'armée, ceux qui servaient
les tribuns militaires (Hirt. B. Jfr. 37 ;
Lamprid. Alex. Sev. 52).
AQU.EDUCTUS (ûSpaywYeîo^O- •^'Z"«-
diic, canal artificiel , souvent de plusieurs
milles de long , servant à porter un cours
d'eau de la source vers un point déter-
miné (Cic. ad AU, XIII, G ; Frontin. de
Aquxdiict. ). La ligure représente une
partie de l'aqueduc construit par l'em-
pereur Claude : il est bâti de travertin
et n'a qu'un rang d'arches; mais cer-
tains aqueducs portaient trois cours
d'eau séparés dans des canaux distincts,
l'un au-dessus de l'autre; et d'autres
avaient deux ou trois rangs d'arches,
suivant la nature du pays qu'ils traver-
saient. On voit le canal (specus) par
lequel l'eau passait : il est découvert au
sommet.
AQUAGIUM. Cours d'eau qui était
une propriété commune et qui ne pou-
vait être détourné qu'en petites par-
tics par les propriétaires dont il traver-
sait les terrains (Pomp. Dii,^. 43, 20, 3 ).
AQUALIS. Tout vase qui contient de
l'eau pour boire , criic/ie ou pot à eau
(Plant. Cure, ii, 3, 33; vV/Y. m, 2,
39.)
2. Même sens que Matida ( Varro , L.
L. \, 119): c'est à cela que fait proba-
blement allusion la plaisanterie contenue
dans le passage de Plaute ( Mil. m, 2,
39.)
AQUARIUS (Oopoçôpoç). Porteur ou
marchand d'eau ( Cic. ad Fam. VIII, 6).
2. Esclave employé aux bains, qui ap-
portait l'eau , la versait sur le baigneur
et remplissait le lahriim; il est occupé
à ce dernier office dans la gravure , prise
d'un vase d'argile. Ces hommes étaient
notés pour leurs habitudes licencieuses.
(Jnven. VI, 332; cf. Festus, s.ik).
3. Officier à Rome, attaché au service
des aqueducs : il devait veiller à ce qu'il
ne fût pas pris une quantité d'eau plus
grande que celle qui était concédée par
la loi à chaque individu ou à chaque
établissement pul)lic (Front. Aquied. ).
AQUILA. Aigle, enseigne principale
de la légion romaine
(Plin. H. N. X, b),
faite d'argent ou de
bronze, avec les ailes
étendues , comme on le
voit dans la gravure ,
prise d'un original pu-
blié par La Chausse
( Recueil d'autiq. ro-
maines, V , 5 ). On voit
aussi la manière dont on la portait, au
mot suivant.
2. ( ai£x6ç, àsTÔç, àÉTfOfjia). En termes
d'architecture, face triangulaire com-
44
AQUILIFER.
prise entre les corniches horizontale et
transversale d'un fronton , et qni servait
de support à ces dernières : siisthieiites
fastigium aqiiilee, dit Tacite {H'ist. m,
71) [si toutefois ces mots ne désignent
pas plutôt les modillons en forme d'aigles
adaptés à l'extrémité extérieui'e des che-
vrons formant les pentes latérales du toit].
Le terme est grec ( Pausan. I, 24, 5 ; v,
10, 20), et correspond au latin Tyiiipa-
mim; si ce n'est que ce dernier mot
était employé lorsqu'il s'agissait d'une
simple face nue et sans sculptures, et le
premier quand la surface était rem-
plie par un bas-relief. En effet , ce mot
venait de l'usage grec fort ancien de
sculpter un aigle sur le fronton d'un
temple, surtout de ceux qui étaient
dédiés à Jupiter : comme dans la gia-
vure, prise d'un Ijas-relief de la Tilla
Mattei à Rome. Dans les édifices étrus-
ques ou autres de construction aréo-
style, Vaquila était en bois, afin de
peser moins sur l'architrave; cette cir-
constance fut cause de l'incendie du
temple de Jupiter Capitolin, quand le
Capitole fut assiégé par Vespasien (Tac.
Hist. l. c).
AQUILIFER. Principal enseigne d'une
légion romaine, qui
portait l'aigle ( Ca's.
/;. G. V, 37 ; Suet.
Jug. 10). Il n'y a-
vait qu'un aquil't-
fer pour cha([iie
légion, quoiqu'il y
eût plusieurs .$/-
gniferi ou porte-
enseignes ( Veget.
Mil. II, 13; cf.
Tac. Ann. i, 39 et
Gl). La figure est
tirée de la colonne
Trajane , sur la-
quelle un enseigne
portant l'aigle est
représenté plu-
sieurs fois , avec la peau d'une bête sau-
vage sur la tête et sur le dos, de la façon
qu'on le voit ici.
AQUIMINARIIM, AQOMINALE ou
AQU^'EMAIN'ALIS. Aiguière avec laquelle
on versait de l'eau sur les mains des
convives avant et après le repas. Un
bassin y était joint, pour recevoir l'eau
qui tombait des mains ; les deux objets
ensemlde répondent assez à notre pot à
eau avec sa cuvette ( Varro, ap. Non. s.
V.; Ulp. Dig. 34, 2, leg. 19, «. 12).
ARA (6'JTripiov, pw|j.6ç).^(/?e/; c'est-
à-dire toute construction élevée au-des-
sus de terre , en gazon , en pierre , en
l>riques, enmarijre sculpté, sur laquelle
ou plaçait ou on brûlait les offrandes
faites aux dieux. Les autels étaient ou cir-
culaires ou carrés , avec luie cavité au
sommet où on allumait le feu, et un
orifice de côté ou au bas, par lequel
s'échappaient les liljations de vin ou le
jus des offrandes consumées. Ou voit au
r»»»i mmi
VI
sonuiiet la cavité pour le feu et au bas
l'orifice pour la décharge des liquides,
dans la figure à main droite, prise d'une
peinture de Pompéi; la figure à main
gauche est copiée d'un vase d'argile et
montre le liquide s'échappant par une
ouverture placée plus haut. Ces parties
sont essentielles à tous les autels sur les-
quels on brûlait des victimes ou ou versait
(les libations; partout où elles manquent,
liieu que le marbre ressemble en géné-
ral à un autel , ce n'est qu'un cippits et
non une ara. Les archéologues oublient
trop souvent cette différence.
2. Des autels étaient élevés aux places
qui suivent. Dans un Iticus ou bois
sacré, devant la statue de la divinité à
laquelle il était dédié (Hom. //. il,
305 ) : ainsi dans la figure , tirée de l'arc
de triomphe de Trajan , où les ar])res
représentent le Jjois sacré qui entoure une
AKA.
Statue rie Diane devant laquelle est placé
l'autel.
ARA. 45
avertir le puLlic it de ne déposer aucune
3
tique
pie
qui r
Sur les degrés au pied du j)or-
d'entrée ou au-devant d'un teni-
comme dans la gravure ci-jointe ,
eprcsente les restes du temple de la
Fortune à Pompéi , où l'on voit l'autel
au bas des degrés qui conduisent à la
porte d'entrée.
4. Dans les rues d'une ville (Plaut.
Jul. IV, 1, 20; Most. V, 1, 45), et
près des murs d'une maison, devant une
peinture ou une image des Lares lùales,
comme dans la vue ci-jointe d'une rue
de Pompéi. Le compartiment supérieur
du bas-relief, au-dessus de l'autel, con-
tient la figure de deux Lares, exacte-
ment semblable à celle que nous avons
donnée à ce mot; et les deux serpents
placés au-dessous étaient un signe pour
ordure , « comme nous l'avons expliqué
au mot Anguis.
5. Enfin, ils étaient placés près de
Vimpluviurre ou sur Vimpluvium même
(les maisons particulières ; c'est sur ces
autels que la famille sacrifiait aux Péna-
les. La figure rei>résenle une restaura-
tion d'une partie de Y atrium, dans la
maison des Dioscures , à Pompéi ; on y
voit Vimpluvium sur le premier plan ,
avec l'autel sur le bord. On en décou-
vrit les traces en faisant des fouilles.
6. ^ra turicrema. Autel sur lequel
ou répandait et on brûlait de l'encens
(Lucret. Il, 353; Virg. ^n. iv, 453).
La gravure , d'après une ancienne pein-
ture découverte au pied du mont Pala-
tin, montre une femme occupée à ré-
pandre de l'encens sur un autel allumé
(pii , à en juger par ses proportions res-
treintes , semble n'avoir été fait que pour
de telles offrandes ; mais les passages de
Lucrèce et de Virgile cités ci-dessus
3.
46
ARACHÎSE.
paraissent indiquer que l'épithète tur't
crema était aussi appliquée en généi'al à
toute sorte d'autel, parce qu'on y brû-
lait toujours de l'encens.
7. Ara sepulcri ou ara funeris. Bû-
cher sur lequel on brûlait les morts
(Virg. .En. vi, 177; Ov. Trist. m, 13,
21), ainsi appelé parce qu'il consistait
en bûches de bois disposées en carré ,
comme un autel. La figure est prise
d'un bas-relief représentant l'histoire de
Y Iliade; on suppose que ce bas-relief
date de l'époque de ÎSéron et représente
le bûcher allumé pour consumer le corps
de Patrocle.
ARACHÎSE. Espèce particulière de ca-
dran solaire; son nom dérive d'une res-
semblance avec la toile de l'araignée,
produite par l'intersection des lignes des
heures et des cercles de l'équateur et
des tropiques qui y sont tracés. On n'en
a pas découvert de spécimen ancien
( Vitruv. IX, 8 ).
AR^OSTYLOS (àpa-.ôffTuXo:). Aréo-
style ; ce mot s'applique à un édifice ou
à une colonnade où les colonnes sont
placées à de grands intervalles et sépa-
rées par 3 fois 1/4 ou 4 fois leurs dia-
mètres; comme dans la dernière ligne
de la figure ci-jointe, qui montre la lar-
geur relative des différentes espèces
d'entre-colonnement adoptées par les an-
ciens. La construction aréostyle était
particulièrement employée
dans l'ordre toscan et pour • *^#
des lieux fréquentés par un • -2- #
grand concours dépeuple : #-2ï #
on ne voulait pas occuper ^ -s -^
trop de place par une mul- ^_.. .> ^
titude de colonnes. Cette
construction exigeait une architrave de
bois : ni la pierre ni le marbre n'eussent
pu soutenir un poids considérable portant
sur des appuis si éloignés. La colonnade
qui entoure le forum de Pompéi est dans
ce genre. En faisant les fouilles on y
trouva des vestiges d'architraves de bois
(Vitruv. III, 2).
ARATOR (àpoTTÎp). Laboureur (Plin.
H. N. XVIII, 49, 2) ; quelquefois Ijœuf de
labour, car le mot s'applique 'également
aux animaux (Ovid. Fast.i, 698). On
voit l'un et l'autre dans la figure , tirée
d'un bas-relief romain.
2. Fermier qui cultivait de vastes
portions du territoire public , en payant
un dixième du revenu ; en général , ces
aratores étaient membres de l'ordre
équestre, et ils sont mentionnés par Ci-
céron comme une classe d'hommes utile
et excellente (Cic. Agr. Ii, 31, 2; Verr.
III, 55).
ARATRL^M (àpoxpov). Charrue. La
charrue représentée d'ordinaire sur les
anciens monuments est d'une grande
simplicité : elle se compose de la bran-
che d'un orme courbée naturellement ou
artificiellement eu un croc [buris) qu'on
aiguisait en pointe , que l'on revêtait de
fer, et qui servait alors de soc {ronier)i
une autre branche, saillant de la branclie>
principale, dans une direction opposée h
celle du soc, servait de manche (stii'a)
pour guieler la machine et enfoncer k;
ARBUSCCL^.
47
soc à une profondeur suffisante dans le
sol. On voit distinctement ces parties
dans l'ensemlîle et dans les détails parla
gravure précédente.
2. La figure suivante représente une
charrue d'une construction perfection-
née, d'après un bas-relief découvert dans
la presqu'île de Magnésie. Elle avait, à
l'exception du contre, toutes les parties
essentielles énumérées par les auteurs
grecs et latins, à savoir A A, biiris
(yijY)?), la tige recourbée en queue dont
l'extrémité formait le timon [temo, Inxo-
êo£ijç);B. dentale (£ÀU[J.a), la pièce de
bois où s'enclavait le soc; C, vomer
(uvvtç), le soc; Détait un lien qui ratta-
chait plus fortement la pièce de bois du
soc au timon , et que quelques archéolo-
gues distinguent par le nom de fulcrum,
mais sans citer leurs autorités ; E E ,
aures (Tirepâ), les oreilles; F, stiva
{lyiTiXri) , le manche par lequel le la-
boureur dirigeait la charrue (Yirg. Georg.
I, 169-175).
3. La gravure suivante représente une
charrue à roues (curriis) d'après Caylus;
outre les parties énumérées ci-dessus, elle
est aussi munie d'un contre (cul ter), pa-
reil à une lame de couteau, attaché au
timon du devant de la charrue.
4. Aratrum aurilum. Charrue à oreil-
les (Pallad. I, 43, 1); voy. la gravure
n° 2, E E.
5. Aratrum simples. Charrue sans
oreilles (Pallad. /. c); voy. la gravure
au mot Arator.
ARBUSCUL/E («ixa^ÔTtoSeç). Forts
colliers de bois, ou anneaux, attachés
sous un chariot (plauslrum) ou sous
une machine de guerre, pour recevoir
l'essieu qui tournait avec ses roues dans
ces colliers, comme on le voit encore
dans un chariot d'enfant ( Vitruv. X, 14,
1; Ginzrot; U'agen uitd Falirwerke, i,
91, 3). Quand les roues tournaient sur
leur essieu, comme c'était l'habitude
pour les chars (currus), naturellement
l'essieu était fixe et les arbusculœ n'é-
taient pas nécessaires.
ARCA (xiêwTÔç). Tout coffre ou cof-
fre-fort où l'on gardait des habits, de l'ar-
gent et toute sorte d'effets (Cat. R. R. 2,
3; Cic. Parad. vi, 1; Juven. XI, 26;
Suet. Cal. 49); malle, caisse, etc. La
figure ci-jointe est un modèle remarqua-
ble de coffre-fort, découvert dans l'a-
trium d'une maison à Pompéi ; on croit ,
avec une grande apparence de raison ,
que c'était une caisse où le questeur gar-
dait l'argent de l'État. Elle repose sur des
piédestaux élevés, revêtus de marbre ; la
caisse est de bois, doublée de bronze au
dedans et plaquée de fer au dehors. Elle
est décrite en détail dans Gell, Pompeia-
na, t. II, p. 30-31.
2. Boîte de bois, commune, où les
restes de ceux qui ne pouvaient fournir
à la dépense d'une bière étaient portés
au lieu de la sépulture (Hor. Sat. i, 8,
9; Lucan. m, 73G; Caii Dig. il, 7, 7).
3. Bière où le cadavre était déposé
entier pour être mis dans la terre ou
dans une tombe, quand il n'était pas
brûlé (Pliu. H. N. XIII, 27 ; Val. Max.
I, 1, 12). La figure ci-jointe représente
48
ARCCBALLISTA.
le plan et la perspective d'une bière en
terre cuite (Uggeri, Capo di Bove ,
]il. 19). La partie ombrée dans le plan
était une sorte de degré pour rerevoir
la tête du mort , et le trou qui y est pra-
tiqué était une cavité pour les parfums
qu'on y versait par un orifice correspon-
dant ; on le voit sur le côté de la l)ière
dans la figure supérieure. Le tout était
fei-mé par un couvercle.
4. Cellule de prison, dans une maison
particulière , où l'on mettait les esclaves
(Cic. Mil. 22).
5. Caisse de bois dont on se servait
([uand on établissait des fondations sous
l'eau. C'était une boite carrée, sans cou-
vercle et sans fond, qu'on enfonçait dans
le sol; on en pompait l'eau de l'inté-
rieur, et le vide était alors renijjji de
j)ierres ou d'autres matériaux qui compo-
saient les fondations (Vitruv. v, 12,3).
ARCARIL Officiers qui tenaient les
comptes du trésor privé de l'empereur
(/isciis), d'oii letn- venait le nom de Cie-
sariani; leurs bureaux étaient situés
dans le forum de Trajan (Lamprid. Alex.
5('('. 43; Fragm. Juris antejustinian. a
Maio éd. p. 38).
2. Dans les familles particulières,
caissiers ou domestiques qui tenaient les
comptes et surveillaient les recettes et
les dél)oursés de leurs maîtres (luscript.
ap. Grut. G41, 7, 8; Sca?v. Dig. 40,
5, 41).
ARCERA. Cliariot couvert et tout re-
vêtu de planches qui lui donnaient la
forme d'un vaste coffre [arca); on s'en
servait à Rome pour trans])orter les in-
valides ou les personnes âgées et infir-
mes, avant l'invention des litières et des
autres moyens de transport plus élégants
(Yarro, L. L. V, 140). Ou s'y étendait
de tout son long : à cet effet , il était
muni en dedans de coussins et d'oreillers.
L'extériem- aussi était ordinairement
couvert de draperies qui le rendaient
plus agréable à l'œil et en cachaient l'ap-
parence grossière. (Gell. XX, 1, 8.)
La gravure est prise d'un marbre funé-
raire conservé au musée de Baden , et
publié par Ginzrot {Jf'agen itnd Falir-
werke, tab. 19, 2) : elle peut être re-
gardée comme le seul modèle connu de
ces voitures primitives, dont la haute an-
tiquité est établie par la mention qu'en
fout les Douze Tables. (Gell. /. c.) Dans
l'original on voit des draperies placées
sur le haut du chariot , pour le couviir
tout entier, comme nous l'avons dit ci-
dessus.
ARCHIMIMUS (àpxiVifiio;)- Chef
d'une compagnie de bouffons qu'on en-
gageait aux funérailles pour danser et
faire des tours de paillasse. Le chef de
ces mimes représentait en charge la per-
sonne et le caractère du défunt (Suet.
^>^/j. 19; voir aussi MiMrs, 2).
ARCUARIUS. Ouvrier qui fait des arcs
et des flèches (Aur. Arcad. in Dig. 60,
G, G; cf. Veget. Mil. il, 11).
ARCUATIO. Construction en arches
propre à supporter tout ouvrage, comme
une route, un pont ou un aqueduc
(Frontin. Aq. 18 et 21). Voy. la gravure
au mot Aqu.edictus.
ARCUATUS. En général tout ce qui
a forme d'arche ou qui est bàli sur des
arches (Plin. Ep. X, 47, 2). Voyez la
gravure d'AQi.EDUCTrs.
2. Arcuatus ciirrus. Char à deux roues
avec une tente demi-circulaire au-des-
sus (Liv. I, 21). La figure est tirée
dune peinture trouvée dans une tombe
étrusque et publiée par Micab (Italia
araiiti il Dominio de Romani).
AKCURALLISTA. Ma.hine poui lau-
ARCUBALLISTARICS.
ARCUS.
49
cer des flèches , réunissant les propriétés
de l'arc et de la ballista. Le nom indi-
que une arme de l'espèce de Yarlmlètc
moderne; mais il est difficile d'eu don-
ner une description précise; on n'est
pas non plus suffisamment renseigné sur
le caractère de la ballista (Veget. Mil.
II, 15).
ARCUBALLISTARIUS. Celui qui em-
ployait Yarcuballista (Veget. Mil. iv,
21)-
ARCULA (xiêwTtov). Diminutif d',://-
ca. Le mot arcitla a aussi les sens parti-
culiers qui suivent :
1. Boîte de couleurs d'un peintre,
partagée en un certain nombre de com-
partiments ; elle était employée parlicu-
lièrement par les
peintres à l'encaus-
tique, qui y gardaient
séparément les diffé-
rentes cires colorées
en usage pour leur art ( Yarro, R. R. ni,
17, 4). La figure est tirée d'un bas-relief
romain qui représente la Peinture enga-
geant M. Varro à illustrer son livre tle
portraits.
2. Petit tombeau ou cercueil en pier-
re , employé par les Romains convertis
au christianisme et déposé dans les cata-
combes quand les corps étaient enseve-
lis sans être brûlés (Inscripl. ap. Grut.
1031, 4). La figure représente un de
ces cercueils trouvés dans les catacom-
bes de Rome ; on n'en a supprimé qu'une
[partie, pour laisser voir le squelette.
ARCULARIUS. Ouvrier qui faisait
des a rciilœ, des cassettes, de petits cof-
fres, des écrins, etc. (Plant. Jiil. m,
5,45).
ARCULUM. Guirlande faite d'une
branche de grenadier courbée en cercle
!et attachée aux extrémités jiar un cor-
Ion de laine blanche; elle était portée
[lar la Flaminica Dialis dans tous les
iacrifices, et aussi, dans certaines occa-
sions , par la femme du Rex sacrificitlus
(Serv. ad Virg. J£//. iv, 137 ).
2. Ou .4rculiis. Coussinet de porteur;
surtout le linge, roulé et plié encercle,
que les jeunes femmes plaçaient sur Iç
haut de leurs tètes, comme on le pra-
tique encore dans la campagne en Italie,
pour soutenir les corbeilles (ca/iistra,
cistie) qu'elles portaient dans les Pana-
thénées et autres fêtes (Festus, s. ■!'.).
Uarculus est fréquemment
représenté dans la sculp-
ture au-dessus des figures
qui portent toute sorte de
fardeaux sur leurs têtes,
comme les Cauephorx , Ca-
ryatides , Telamortes ; la
figure ci-jointe en présente
un modèle d'après les bains
de Pompéi. Uarculus est
souvent confondu avec le
modius , auquel il ressem-
ble en effet, mais qui serait
un ornement bien mal approprié dans
une telle position.
ARCUMA. Petit chariot (plaustrum)
qui ne pouvait porter qu'une seule per-
sonne. (Festus, s. V.) La figure repré-
sentée ici d'après un bas-relief de tom-
beau à Rome, s'accorde si exactement
avec la définition de Festus, qu'il n'y a
point à hésiter sur son nom réel.
ARCUS (piôc, TÔ^ov). Arc pour lancer
des flèches, dont l'usage était générale-
ment restreint aux plaisirs de la chasse et
aux luttes d'adresse, à part quelques ex-
ceptions pendantl'àge homérique (//. Xii,
350), après lequel on ne le trouve plus
mentionné comme arme de guerre. Les
Romains l'employaient de la même ma-
nière pour chasser le gibier et les oi-
seaux; mais il ne fut jamais introduit
dans leurs armées, si ce n'est par des
auxiliaires dont il était l'arme nationale.
Les arcs des Grecs avaient deux for-
50
mes différentes : les uns consistaient en
deux cornes, jointes ensemble par une
pièce droite au milieu de l'arme, comme
la figure supérieure dans la figure ci-
jointe, d'après un vase d'argile; les au-
tres, quand ils étaient détendus, avaient
une forme circulaire , comme une baie
(sinus), ainsi qu'on le voit parla figure
inférieure, tirée aussi d'un vase d'argile.
Quand l'arc était tendu, il se pliait en
arrière dans le sens inverse de sa cour-
be; ce qui devait lui donner une force
terrible : ainsi s'explique le vrai sens de
l'épithète homérique TtaXîvTovov (I/iacL
yiii, 266). Les deux formes sont aussi
distinguées chez les écrivains latins par
les épithètes de pattilus (Ovid. Met.
VIII, 30 ), et de simiosus ou sinuatus (Id.
Met. VIII, 380; Jm. I, 1, 23).
2. L'arc des Romains, comme on le
voit dans leurs peintures, ne différait
pas de l'arc des Grecs.
3. Arcus scyt/iiciu. L'arc des Scythes
mentionné par les auteurs grecs et latins
avait une forme toute différente de l'un
et de l'autre des deux modèles précé-
dents, comme on
s'en convaincra
par la gravure, pri-
se de la base d'un
candélabre de la
villa Alljani , qui
représente Her-
cule emportant le
trépied sacré du
temple d'Apollon
(Voy.Hygin. Fab.
32 1. On voit un
arc de forme sem-
blable entre les
mains d'Hercule, sur une pierre pré-
cieuse dans la galerie de Florence, sur
une autre du calainet Stosch; et sur la
base d'un candélabre à Dresde, repré-
sentant la même querelle entre Hercule
et Apollon.
La figure en demi-lune, dans la pre-
mière gravure , a souvent été citée par
des philologues comme spécimen de
l'arc des Scythes; mais les détails sui-
vants étal)liront d'une façon satisfaisante
qu'une telle supposition est sans valeur :
1" Hercule se servait de deux arcs (He-
rod. IV, 10); l'un, qu'il avait reçu d'A-
pollon (Apollod. II, 4, 11), était né-
cessairement un arc grec; l'autre, qu'il
tenait de Teutarus, berger scythe ( Lyco-
phr. 56; Tzetz. ad Lycophr. 50; cf.
Theocr. Id. xiii, 55), était nécessai-
rement un de ceux dont se servaient les
indigènes; 2° Lycophron (v. 917) assi-
mile l'arc scythe à un serpent ; et Becker,
en décrivant la figure du candélabre de
Dresde (Augusteum , pi. 5), par une er-
reur singulière, prend l'arc pour un ser-
pent, quoique le carquois qui est à côté
témoigne clairement de son caractère
réel; 3° Strabon (il, p. 332 Siebenk. ;
cf. Ammian. XXII, 8, 5) dit que les
contours du Pont-Euxin ressemblent à
ceux d'un arc scythe; un côté, qui est
presque droit, formant la corde; l'autre,
qui , comme il le dit , s'enfonce en deux
baies, l'une plus large et plus circulaire,
l'autre plus petite et à' une courbe
moins prononcée, est l'arc lui-même;
4° Euripide {ap. Athen. X, 80) intro-
duit un paysan qui avait vu le nom de
Thésée, qu'il ne pouvait lire, inscrit
quelque part ; il essaye d'expliquer les
caractères dont ce nom est composé par
des images familières, et il compare la
quatrième lettre , le sigma grec , à une
mèche de cheveux qui forme boucle
comme les vrilles de la vigne, pôffTp'JxoÇ
£D.tY[JiÉvo; ; tandis qu'Agathon {ap. Athen.
ibid.), en rapportant la même histoire,
fait comparer par ce paysan la même
lettre à un arc scythe ; or le caractère le
plus ancien pour représenter le sigma
grec se traçait ainsi , 2 , ou 3 , ou le
voit par les marbres de Sigée, monu-
ment d'une très-haute antiquité (Chi-
shul. Inscr. Sig. p. 4 et 41), et non
ARCUS.
AREA.
51
comme la lettre C , ce qui est une forme
plus moderne; ainsi l'arc porté par le
personnage dans notre dessin corres-
pond exactement avec chacune des ima-
ges auxquelles l'arc scythe est comparé :
un' serpent, le contour du Pont-Euxin,
les vrilles d'une plante parasite et le
sigma grec ; au lieu que la forme demi-
circulaire n'a de rapport avec aucune,
excepté avec la lettre C.
4. jdrclte, arrangement industrieux
par lequel des tuiles, des briques ou des
blocs de pierre sont disposés circulaire-
ment, ce qui permet à ces matériaux
de se soutenir l'un l'autre par leur
pression mutuelle et de supporter une
charge, comme celle d'un pont, d'un
aqueduc, des étages supérieurs d'un édi-
fice , etc. (Ovid. Met. m, 169 ; Juv. Sat.
m, 11).
313
[inî
Quoique le principe sur lequel une ar-
che est construite ne fût pas entière-
ment inconnu des Grecs , cependant l'a-
doption universelle qu'ils firent du style
d'architecture à colonnes, et le manque
général chez eux de routes, d'aqueducs
et de ponts , en rendit l'usage peu néces-
saire; mais les Romains en tirèrent un
immense parti dans tous leurs grands
travaux, comme on le verra par de
nombreux spécimens dans cet ouvrage,
et à une période très-reculée , ainsi que
le prouve la gravure ci-jointe, qui est
une élévation de la muraille appelée pul-
chrum littus sur les bords du Tibre , et
comme le montrent les trois arches con-
centriques qui formaient la t'/o«caMa^/-
ina, dont la construction remonte à
Tarquin le Superbe.
^. --ire de Iriomplic (Suet. Clainl.
1, et avec l'épithète trîiimphalis , Ceno-
taph. Pisan. C. Cxsaris August. F.).
Pendant la période de la république,
c'étaient des constructions provisoires en
bois jetées au travers d'une rue par où
passait le triomphe et retirées après la
pompe ; car les arcs permanents dont on
fait mention sous la république (Liv.
XXXIII, 27 ; xxxvii, 3 ) sont appelés
fornices et n'étaient pas élevés pour per-
pétuer la gloire d'un triomphe (Voyez
FoRNix). Mais, sous l'empire, ils furent
convertis en édifices permanents , bâtis
en marbre et élevés dans différentes par-
ties de la ville, aussi bien à Rome que
dans les provinces; petits d'abord et sans
faste, avec un seul passage, mais dans la
suite pi'enant des proportions plus gran-
des et couverts avec soin de sculptures
et de statues. On le voit dans la ligure
ci-jointe, qui représente l'arc de triom-
phe de Septime Sévère , encore debout
à Rome; on n'y a restauré que les sta-
tues , comme elles existaient dans l'ori-
gine, d'après le dessin d'une médaille de
cet empereur.
AREA. D'après le sens primitif du mot,
place vide où l'on pouvait ])âtir (Varro,
L. L. V, 38; Horat. Epist. i, 10, 13);
par extension, emplacement sur lequel
s'élevait une maison qui avait été jetée
par terre (Liv. iv, 16). On a ensuite
donné à ce mot les sens particuliers qui
suivent.
1. Large espace découvert dans une
ville : ce qu'on appelle en français place,
en italien piazza,_et en anglais parade;
on le laissait libre, on n'y élevait point
d'édifices, pour qu'il pût servir aux exer-
cices et aux divertissements du peuple
(Yitruv. I, 7, 1; Horat. Od., I, 9, 18).
; Ces areœ étaient souvent emljellies par des
52
statues et des œuvres d'art , quelquefois
entourées par des poteaux et des grilles
pour en déterminer l'étendue et empêcher
les particuliers de bâtir sur un terrain
public (Inscript, ap. Bellori, Fragm. Urb.
Boni. p. 70); et déplus, pour empêcher
toutes les tentatives d'empiétement , elles
étaient consacrées à quelque divinité qui
avait un autel élevé au centre. Ou les
distinguait l'une de l'autre par le nom
de la divinité sous la protection de
laquelle elles étaient placées, comme
Yarea de Mercure , Yarea de Pollux ,
Yarea d'Apollon; cette dernière est re-
présentée dans la gravure d'après un
ancien plan de Rome sur marbre , con-
servé maintenant au Capitule, mais qui
dans l'origine formait le pavé du temple
de Homulus et de Rémus. L'autel , au-
quel ou montait de chaque côté par un
étage d'escaliers, se voit au centre; l'es-
pace découvert qui l'entoure est assez
apparent, et on en peut deviner l'étendue
en complétant l'inscription mutilée, qui
était Area Apollinis.
2. L'espace découvert au-devant d'une
maison romaine, d'un temple ou d'un
autre édifice, qui forme l'aire du vesti-
bule (J'estibitlum : Plin. Paneg. 52 ;
luscript. ap. Nardini , Rom. Aid. m,
4), comme dans la figure ci-jointe, tirée
d'une ancienne peinture qui conteuait
quelques-uns des principaux édifices de
Rome ; on y voit Yarea entre les deux
ailes en saillie au-devant de l'édiGce.
3. Espace découvert au-devant d'un
cimetière , autour duquel étaient rangées
les tombes et qui servait A'ustriinim. On
y élevait les bûchers et on y brûlait les
corps (Stat. Theh. vi, 57; Tertull. ad
Scapiil. 3 ; Marini, Iiiscriz. Alb. p. 118).
La figure ci-jointe représeute une area
de ce genre, avec des sépultures élevées
à l'entour ; on la trouva dans les fouilles
de la villa Corsini, à Rome.
4. (àXfori). Aire, ou plus exactement
surface circulaire et plate , en plein air,
pavée de cailloux , puis recouverte d'ar-
gile ou de craie et nivelée au cylindre;
le blé y était détaché des épis par le
bétail qu'on y faisait tourner (Virg. C.
I, 178; Horat. Sat. i, 1, 45; Cato,
Columel. Pallad.) : mode de battre le
blé communément adopté en Egypte,
en Grèce et en Italie , même aujourd'hui.
et clairement expliqué par la gravure ,
prise d'une tombe égyptienne.
5. Espace carré découvert entre les
deux côtés d'un filet à glace quand ils
53
sont étendus sur le sol; c'est là que le
chasseur jetait sa graine pour inviter les
oiseaux à y descendre (Plaut. Asin, l, 3,
64).
6. Planche ou I)ordure dans un par-
terre ou un potager (Columcll. XI, 3,
13;Pallad. i, 34, 7).
7. Dans Martial (x, 24, 9), ce mot
semble désigner les courses du cirque :
area serait alors l'espace autour duquel
couraient les chariots et qu'on appe-
lait plus communément spatium; mais
la leçon est douteuse.
AREiNA. Arène : espace ovale et plat,
dans l'intérieur d'un amphithéâtre, où
combattaient les bêtes féroces et les gla-
diateurs; on l'appelait ainsi parce qu'on
y répandait du sable pour empêcher les
pieds de glisser (Suet. Ner. 53 ; Juv. Sat.
IV, 100); voyez la seconde gravure, au
mot Amphitheatrum , qui représente
l'amphithéâtre de Pompéi dans son état
actuel ; l'arène est l'espace plat au centre
où l'on voit les deux petites figures.
ARENARIA ou ARENAR1UM. Sabliè-
re. (Cic. Yarr. Vitruv.).
ARENARIUS. Terme général qui s'ap-
pliquait à tous ceux qui luttaient dans
Yarena d'un amphithéâtre, soit contre
des hommes, soit contre des bêtes féroces:
il désignait donc le Gladiator et le Bes-
tiarius (PeU-.Sat. 12G).
2. Maître d'arithmétique ou de géo-
métrie, appelé ainsi parce qu'il traçait
ses calculs ou ses ligures sur une table
couverte de sable (Tertull. Pall. 6 ; voy.
Abacds, 1).
AREOLA. Diminutif à'Jrea; petit
carré découvert ou place (Plin. Ep.
V, 6, 20) ; plate-bande de fleurs ou de
légumes, dans un jardin (Columell. xi ,
2, 30).
ARETALOGUS. Personnage introduit
au dîner chez les Romains pour amuser
la compagnie, mais à quel titre ou par
quels moyens , on ne peut le déterminer
clairement; peut-être comme bouffon
(ixw.Sat. XV, 16;Ruperti ad L; Suet.
j4ug. 74; Casaub. ad /.).
ÀRGEI. Certaines places dans Rome,
au nomljre de vingt-sept ; il y avait dans
chacune de petits temples (Yarro, L. L.
V, 45) consacrés par Numa pour l'ac-
com))lissement de certains rites religieux
(Liv. I, 22), et visités, à ce qu'il sem-
ble, l'un après l'autre (Ovid. Fait, m,
791; Aul. Gell. X, 16, 4), dans certai-
nes fêtes , comme les Staziuiii de l'Italie
moderne.
2. Images ou mannequins faits de jonc
des marais , au nombre de trente , qu'on
jetait cha((ue année dans le Tijjre , du
pont Suhlicius , aux Ides de mai : cette
cérémonie était acconqilie par les ponti-
fes et par les vestales. L'origine et le
sens de cette coutume sont restés fort
obscurs (Yarro, L. L. vil, 44; Ovid.
Fast.y, G21 ; Festus, s. v.).
ARGEMTARIA {tabenia). Baraque ou
boutique d'orfèvre, de Ijanquier ou de
changeur, située en général sous la co-
lonnade qui entourait le forum (Plaut.
Epid. II, 2, 17; Liv. xxvi, 27).
ARGENTARIUS.Banquier/w/Y/c»//V/-,
par opposition au banquier /«/A//c (nieii-
sarius); il recevait les tiépàts, accordait
sur ces dépôts un intérêt , faisait office
de changeur pour les étrangers et assis-
tait aux ventes publiques comme cour-
tier ou commissionnaire : il enchéris-
sait pour ceux qui l'en avaient chargé
(Cic. Ciecin. 6; Plaut. Jul. m, 5, 54;
Suet. Nero, 5).
ARIES (xpio:). Bélier; machine com-
posée d'une puissante poutre de bois,
munie à l'extrémité d'une masse de fer,
en forme de tête de bélier, qu'on pous-
sait avec violence contre les murailles
d'une place fortifiée, pour y praticpier
une brèche (Cic. Ofjf. 1,11; Yirg. ^En.
II, 492; XII, 704).
Dans son usage primitif, celte machine
0iêm
était portée sur les bras d'un certain
54
ARMARICM.
nomljre d'hommes et heurtée sans autre
secours que leurs forces réunies contre
les murailles, de la façon qu'on la voit
employée par les Daces sur la colonne
Trajaue.
Le premier perfectionnement de cette
machine consista à suspendre le hélier à
une poutre placée sur des montants : on
le lançait ainsi dans tous les sens, avec
moins de travail manuel , mais avec une
force d'impulsion bien supérieure (Mtruv.
X, 13, 2); enfin on le fixa sur un châs-
sis monté sur des roues et ou le couvrit
de planches pour protéger contre les
traits de l'ennemi les soldats qui le ma-
nœuvraient (Yitr. /. c), comme on le
voit ici d'après l'arc de triomphe de Sep-
time Sévère.
ARMARIUM. Armoire, cahlnet ou buf-
fet , pour serrer les ustensiles du ménage ,
les hahits , l'argent , les ohjets de prix ou
tous les articles d'un usage journalier,
(^'était une pièce considérable du mobi-
lier, fixée d'ordinaire contre les parois
il'une chambre, divisée par des rayons
en compartiments et fermée par des por-
tes (Cic. Cltieiit. 64; Plaut. Capt. \\, 4,
10; Petr. Sat. 29; Plin. H. N. xxix,
32). La figure ci-jointe représente un de
ces buffets exactement semblable à ceux
que nous avons décrits : il fait partie du
mobilier de la chambre d'un cordonnier
dans une peinture dePompéi. Il est rem-
pli de formes et de brodequins.
2. Casier pour les livres dans une
bililiothèque : il était fixe et engagé
quelquefois dans les parois d'une cham-
bre (Pliu. Ep. II, 17, 8). Ces casiers
étaient partagés en un certain nombre
de compartiments séparés par des rayons
et des divisions verticales, et chaque di-
\ision était distinguée par un chiffre : on
avait ainsi la première , la seconde et la
troisième case (Yitruv. vu, Prsef. 7;
Vopisc. Tac. 8).
ARMENTARIUS. Pâtre de toute espèce
à qui on confiait , par exemple , des bœufs
ou des juments poulinières (Apul. 3Iet.
VII, p. 142 ) : c'était par ses soins et sous
sa surveillance que ces animaux passaient
des plaines dans les pâturages des mon-
tagnes, où ils séjournaient durant les mois
chauds de l'été (Lucret. vi, 1250; Varro,
R.R. 5, 18; Virg. G. m, 344).
ARMILLA (t^£).),tov ou <}/£).iGv). Brace-
let pour les hommes, composé de trois ou
quatre tours massifs d'or ou de bronze
qui couvraient une partie considérable
du bras (Festus , s. v.; Isidor. Orig. xix,
31, 16) : il était généralement porté
par les Mèdes , les Perses et aussi par les
Gaulois (Claud. Quadrigar. ap. Gell.
IX, 13, 2). C'était une partie ordinaire
de leur costume et une marque de leur
rang et de leur pouvoir. Le bracelet en-
trait aussi dans le costume national des
anciens Sal)ins (Liv. i, 11); on le don-
nait souvent comme récompense de la va-
leur au soldat romain qui s'était distin-
gué , pour être conservé comme un sou-
venir ou porté comme une décoration
aux occasions solennelles (Liv. x, 44).
La figure ci-jointe représente un bracelet
de bronze trouvé dans une tombe à Jii-
patransona sur le bras d'un squelette.
2. ( 'A[j.9''5£a, yXiSwv, 7i£pr/.âp7itov,
-îp'.cçijp'.ov ). En général, tout cercle
d'or ou tout anneau dont se paraient les
femmes, particulièrement en Grèce ; elles
portaient ces bracelets sur différentes
ARMIIXATUS.
parties de leur corps, autour des poi-
gnets, sur la partie charnue du bras
ou au-dessus de la cheville : toutes ces
manières de se parer de bracelets sont
représentées dans la figure ci-jointe d"A-
riaite, d'après une peinture de Ponipéi.
La langue grecque avait un ternie spécial
pour chacun de ces ornements ; mais le
latin , qui n'est pas aussi riche , les com-
prend tous sous le même nom (Plant.
Men. III, 3, 3; Petr. Sat. G7). Quand
on en attribue l'usage à des hommes,
comme dans Pétrone {Sat. 32) et Martial
{Ep. XI , 21 , 7), c'est pour tourner en ri-
dicule la vanité à\\n parvenu, ou pour
caractériser des manières efféminées.
3. Anneau de fer, fixé autour de la
tête d'une poutre pour l'empêcher d'é-
clater (Vitrnv. x, 2, 11).
ARMILLATUS. Personnage portant un
bracelet (armilla), ornement qui carac-
térise surtout les races asiatiques et quel-
ques autres peuples étrangers. Aussi ce
mot renferme-t-il une idée de reproche,
même quand on l'emploie pour ces na-
tions (Suet. Nero, 30), et de censure sé-
vère quand on l'applique aux Romains :
il indique alors une lâche imitation des
coutumes étrangères (Suet. Cal. 62).
Voy. Armilla.
2. Armillatiis caii'is. Chien avec une
armilla ou un collier autour du cou,
comme dans la figure reproduite d'après
une mosaïque de Pompéi (Propert. IV,
8,24).
ARMILLUM. Vaisseau pour le vin , que
Varron {ap. Non. s. v.) décrit comme
une sorte iïitrceolus, et que Festus [s. v.)
énumère parmi les vases qui servent aux
sacrifices. Il faut cependant qu'il ait été
d'un usage très-répandu, à en juger par
le proverbe anus ad armillum (Lucil.
Sat. p. 60, 10, éd. Gerlach; Apul. ATf?.
IX, p. 197). Ce proverbe s'applique aux
personnes qui reviennent à leurs habitu-
des invétérées, comme « les vieilles fem-
mes à la bouteille ».
ARQUITES. Jrchers; dérivée à'ar-
quus, forme ancienne pour arcus; mais
le mot plus usité est Sagittarii (Festus,
S.V.).
ARTEMON (àpTeVwv, N. T.). Une
des voiles d'un vaisseau; mais laquelle
était-ce, et où était-elle placée.'' on hé-
site sur ce point. Isidore {Orig. xix, 3,
3) prétend qu'on s'en servait plutôt pour
gouverner un vaisseau que pour en accé-
lérer la vitesse {dii-igendx potius navis
causa quam celeritatis), ce qui semjjle-
rait indiquer une voile attachée à un mât
inférieur, s'inclinant obliquement sur
l'arrière, comme celle dont on se sert
fréquemment dans nos bateaux de pê-
cheurs et dans les petites embarcations
de la Méditerranée ; là les matelots l'ap-
pellent trinchetto. C'est probablement
l'interprétation vérital^le , car elle distin-
gue la voile par un usage propre et une
place particulière qui n'ont rien de com-
mun avec les autres voiles , dont on con-
naît suffisamment la position et la na-
ture. Baïf cependant {De renav. p. 121)
y voit la grande -voile que les Italiens
de son temps appelaient artemone; et
Scheffer {Mil. nav. v, 2) un hunier
élevé au-dessus de la grande voile. En
français , on appelle mât et voile <X ar-
timon le mât et la voile qui sont à la
poupe du navire.
2. Poulie principale dans un système
qui en comprend plusieurs autres {poly-
spaston) : elle était attachée aune ma-
chine pour lever de lourds fardeaux
(Vitrnv. x, 2, 9).
56
ARTOLAGANUS.
ARUNDO.
ARTOLAGANUS (àp-roXdYavov), Sorte
de gâteau délicat et savoureux, à la pâte
duquel ou mêlait du vin, du lait, de
l'huile et du poivre (Athen. m, 79; Cic.
ad Fam., IX, 20; Plin. H. N. XVIII,
27).
ARTOPTA (àpTÔiTTT]). Moule où l'on
cuisait de la pâtisserie et du pain (Plant.
JiiL II, 9, 4; cf. Juven. Sat. \, 72,
où la plupart des commentateurs enten-
dent par ce mot celui qui faisait cette
sorte de pain). La figure représente deux
modèles tirés de Pnmpéi et du genre le
plus simple ; mais d'autres , d'un dessin
j)lus orné, ont été trouvés dans la même
ville.
ARTOPTICIUS. sous-entendu panis.
Flûte, gâteau ou petite miche, cuite dans
nu moule (Plin. H. N. xviii, 27). La
figure ci-jointe est tirée d'un
modèlequi fut découvert avec
plusieurs autres dans la bou-
tique d'un boulanger à Pompéi ; il est de-
venu plus dur, sans être endommagé par
l'influence du temps.
ARULA. Diminutif de Ara.
ARUNDO. Jonc ou canne; plante gé-
néralement employée par les anciens
pour la fabrication de plusieurs objets
auxquels convenait particulièrement la
forme longue , légère , élastique et effilée
de sa tige ; ce mot est employé à la fois
par les prosateurs et par les poètes
(Plin. B. JV. XVI, 66). Les plus impor-
tants de ces objets sont ceux qui sui-
^ent.
1. Jrc, fait de canne, dont se ser-
vaient particulièrement les Parthes et
les Orientaux (Sil. Ital. x, 12).
2. Flèche, faite de canne, dont se
servaient les Egyptiens et les Orientaux ,
aussi bien que les Grecs (Virg. JEit.
IV, 73; Ovid. Met. i, 471). La figure
ci-jointe représente une flèche égyp-
tienne de cette sorte.
3. Ligne, faite de canne, qu'on voit
dans la gravure ci-jointe, d'ajjrès une
peinture de Pompéi (Plaut. Rtui. \i\ , 1 ,
6; Ovid. Met.TiUi, 923).
4. Baguette de canne, enduite de glu
à l'extrémité , dont se servaient les oise-
leurs anciens pour prendre les oiseaux.
Le modèle ici donné est tiré d'une
lampe en terre cuite, sur laquelle est re-
luésenté un oiseleur, partant pour sa
chasse, avec cette baguette sur l'épaule;
l'appeau est perché à un bout de la ba-
guette , et une cage ou un piège est sus-
pendu à l'autre. On s'en servait de la
manière suivante. Le chasseur suspen-
dait d'abord la cage avec son appeau à
la branche d'un arbre sous lequel ou à
une distance convenal)le duquel il faisait
en sorte de se cacher; et, quand un oi-
seau, attiré par le
chant de son compa-
gnon, se perchait sur
les branches , il pas-
sait doucement sa ba-
guette au travers jus-
qu'à ce qu'il atteignît
sa proie qui se pre-
nait à la glu , et qu'il
amenait ensuite à lui. Quand l'arbre était
ARUNOO.
ARX.
très-éle\é ou que le chasseur était forcé de
prendre sa position à quelque distance,
il se servait il'une haguette composée de
parties séparées, comme nos lignes, de
telle sorte qu'il pouvait l'allonger gra-
duellement jusqu'à ce qu'il atteignit
l'objet de sa poursuite; d'où son nom
à'arundo crescens ou tejrta (Mart. Ep.
IX, 65; XIV, 218; Sil. Ital. vu, «74-
(i77; Petr. Sat. 109; Bion , Id. il, 5).
Le dernier dessin , tiré d'une pierre gra-
vée, montre clairement comment on se
servait de cette haguette.
5. Plume de roseau, pour écrire sur
du papier ou du papyrus; ou en voit
une ici, à coté d'un encrier, d'après une
peinture de Pompéi (Pers. Sat. m,
11 ; Auson. Epist. vu, 50).
6. Flûte de Pan, faite de plusieurs
tiges de roseau ou de canne,
d'inégale longueur et d'inégal
calihre , liées et cimentées en-
semjjle avec de la cire; de là
son nom d'arundo cerata ( Ov.
Met.w, 154; Suet. ////., 32 I.
Le modèle ci-joint est pris
d'un marhre de Pompéi.
7. Roseau employé dans le tissage
pour séparer les lils de la chaîne [sta-
men ) , avant que les lis-
ses (licia) fussent atta-
chées; il était passé de-
vant et derrière chaque
fil , tour à tour, de ma-
nière que le tout fût di
visé en deux parties dis-
tinctes, dont les fds a-
haissésou élevés offraient
un libre passage à la na-
vette. On voit ce roseau
au centre du métier dessiné ici et repro-
duit d'après le Virgile du Vatican (Ovid.
Met. IV, 55. Voy. Tkla, Texo ).
8. Longue canne, ayant au bout une
éponge ou toute autre matière appro-
priée, qui servait ainsi de balai pour
nettoyer le plafond d'une chambre
I Plaut. Stlcli. II, ,3, 23. Cf. Mart. Ep.
XII, 48. Voir un balai de ce genre dans
la figure qui est au mot iÏDiTirs).
9. Baguette de canne pour mesurer
(Prudent. Psycli. 826).
10. Bâton fait de canne (Petr. Sat.
134). C'est probablement le même que
n" 8.
11. Espalier de canne pour dresser
des vignes ( Varro , B. B. ï,8 , 2).
ARX (ày.poTto),'.;). Forteresse ou cita-
delle d'une ville antique. Elles étaient
toujours bâties au sommet d'une colline
de difficile accès ou d'un rocher escarpé;
elles s'élevaient au-dessus du niveau gé-
néral de la plaine dans laquelle était si-
tuée la ville proprement dite. Elles n'a-
vaient par conséquent que fort peu be-
soin d'être fortifiées par l'art, et on n'a-
joutait guère aux difficultés naturelles de
leur position qu'un mur au haut de l'é-
minence, et qu'une porte et une tour
pour commander l'entrée principale. On
peut encore voir des traces de plusieurs
de ces citadelles dans différentes parties
de l'Italie et de la Grèce; toutes sont
construites de la façon que nous venons
de décrire. Elles ne sont fortifiées d'a-
près aucun plan régulier; elles n'ont
aucune forme juécise; elles suivent sim-
plement les contours de l'éminence
qu'elles couronnent. La gravure placée
ici est un dessin de l'Acropole d'Athè-
nes, telle qu'elle subsiste encore mainte-
nant , avec quelques colonnes du temple
de Jupiter Olympien au pied de l'acro-
pole ; elle pourra donner une idée géné-
rale de l'aspect ordinaire de ces forte-
resses. Comme Varr de Rome, l'Acropole
contenait les principaux temples des divi-
nités tutélaires de la ville , qu'on avait
réunis dans son enceinte pour s'assurer
leur protection.
5S
AscrA.
2. Il ne reste pas maintenant de tra-
ces de l'Arx de Rome; la place sur la-
quelle elle s'élevait est entièrement cou-
verte d'édifices modernes. Elle occupait
le plus septentrional et le plus élevé des
deux sommets qui divisent la colline du
Capitole ; elle faisait face à la rue Fla-
minia et au mont Esquilin ; et c'est sur
son area que s'élève maintenant l'église
d'Ara-Celi, corruption supposée à\4rce
(Niebuhr, Hist. rom.,l, p. 502 delà
trad. angl.).
AS (de £i;, prononcé a; par les Ta-
rentins). Pièce de monnaie qui repré-
sentait l'unité de valeur dans les mon-
naies de Rome et de l'antique Italie.
Primitivement Vas était du poid d'une
livre ; de là son nom d'à* libralis ; et il
était composé d'un mélange de cuivre et
d'étaiu [tes), de là aussi son nom à' ses
grave; mais la valeur en fut beaucoup
réduite dans la suite. A l'époque de Ci-
cérou, il valait environ 6 centimes de
notre monnaie. Dans l'origine, il portait
l'empreinte d'un bœuf, d'un bélier, d'un
sanglier ou d'une truie, emblème des
troupeaux (pecus, d'où le mot pecunia)
qui constituent la fortune de tous les
âges primitifs; plus tard, le type le plus
habituel fut , d'un côté , un Janus à dou-
ble tète , et , de l'autre , la proue d'un
vaisseau (Voy. Semissis) ou un Mercure,
le dieu du commerce, comme dans le
modèle donné ci-dessus. C'est la repré-
sentation , réduite de deux tiers , d'un as
(pii pèse dans son état actuel 10 onces
10 grains.
ASCAULES (àffxaû),Y]:). Mot formé
du grec, qui désignait un joueur de
musette (Mart. Ep. x, 3,8). On ne
compte pas ordinairement Yascaules
parmi les musiciens de profession , parce
que l'instrument dont il jouait était par-
ticulier aux paysans et au bas peuple ,
comme on peut clairement l'induire du
passage de Martial (Le) et de la figure
donnée ici ; elle est copiée d'une petite
figure de bronze que possédait primitive-
ment le docteur Middleton et qui repré-
sentait évidemment une personne des
classes inférieures. Les marbres anciens
et les pierres précieuses en fouruissent
d'autres spécimens.
ASCI A. Nom donné à différents ob-
jets, employés dans des métiers et ser-
vant à des usages distincts , qui furent
tous classés sous le même terme, parce
qu'ils avaient des ressemblances généra-
les, soit pour la forme, soit pour la ma-
nière dont on s'en servait. Les voici :
1. ((7X£7iapvov). Instrumept inventé,
dit-on, par Dédale (Plin. H. N. VU,
57 ) , d'un usage vulgaire parmi tous les
ouvriers en bois , tels que les charpen-
tiers , les charrons , les constructeurs de
vaisseaux, etc. (xil Tab. ap. Cic. Leg.
II, 23; Petr. Sat. 74), et correspon-
dant sous quelques rapports à Yhermi-
nette de nos jours , mais avec les diffé-
rences importantes qui suivent : on s'en
servait pour tailler des pièces placées
dans une position verticale au lieu d'une
position horizontale (voir la gravure au
mot Ascio;. Cet instrument avait à l'une
ASlNARirS.
59
de ses extrémités une tète comme un
marteau, et à l'autre, qui formait le
tranchant, il était légèrement creux et
recourjjé pour tailler plus à l'aise dans
une pièce de bois creuse ou pour .creu-
ser des surfaces planes. Tous ces signes
caractéristiques paraissent distinctement
dans le modèle , qui représente deux spé-
cimens, légèrement différents l'un de
l'autre, et copiés tous les deux de mar-
bres funéraires.
2. (tOxoç et TU)(Oç)' Instrument de
forme à peu près semblable , employé par
les maçons et les constructeurs; il y est
fait souvent allusion dans les inscriptions
des tombeaux. Il avait un marteau à une
extrémité et à l'au- ^ _.
tre une lame comme r^^-;;:^!^::— :zi:ze2^'
un bec d'oiseau (A- ''
ristoph. Av. 1138 , Schol. ad l. ) ; on en
voit ci-joint une gravure, copiée d'un ori-
ginal trouvé avec plusieurs autre outils
de construction à Pompéi.
3. Instrument employé par les bri-
queleurs pour couper la chaux et mêler
le mortier (Vitruv. vil, T; Pallad. i,
14), comme dans le modèle pris de la
colonne Trajane , qui représente en par-
tie une personne engagée dans l'occupa-
tion que nous avons décrite.
4. Houe à manche court, employée
par les jardiniers et les laboureurs pour
ouvrir le sol , creu-
ser la terre, etc.
(Pallad. I, 43). La
figure est prise de
la colonne Trajane ,
et rappelle pour l'u-
sage et la forme la zappa ou courte houe
des paysans de l'Italie moderne.
ASCIO (ffX£7capvî!^w). Quand le mot
s'applique aux ouvriers en bois, tailler
ou façonner avec une herminette de
charpentier l^ascia); ce que les anciens
faisaient d'une seule main et sur des sur-
faces placées dans une position verticale,
comme on le voit dans la gravure, qui
représente un des ouvriers de Dédale oc-
cupé de la sorte, d'après un bas-relief
de la villa Alljani.
2. Quand il s'applique aux construc-
teurs , ce mot signifie mêler et remuer le
mortier avec une houe de plâtrier, comme
dans la gravure au mot AsciA, n° 3.
ASCOPEHA (àoxoTiripa). Large valise
ou sac, fait de cuir non préparé, dans
lequel ceux qui voyageaient à pied por-
taient leurs objets les plus nécessaires,
par opposition à hippopera, valise des
voyageurs à cheval (Suet. Nero, 45).
La figure est tirée d'une ancienne fres-
que qui représente un paysage.
ASINARIUS. Valet de ferme qui était
chargé de faire paître, de conduire et de
soigner les ânes appartenant à la ferme
(Varro,/?. ^. i, 18, 1).
60
ASPERGILLUM.
ASSER.
ASPERGILLUM ( Tiepippavrôpiov ).
Voir le mot suivant.
ASPERSIO. Action d'asperger d'eau ,
comme purification , avant de taire le sa-
crifice aux dieux inférieurs (Cic. /.<%'■.
II, 10; cf. Ov. Fast. V, 679; Virg.
Mn. IV, G35); tandis qu'avant d'offrir
un sacrifice aux dieux supérieurs on bai-
gnait tout le corps ou du moins les mains
et la figure ( Broiier. de Adorât, c. 12).
On faisait cette cérémonie avec une bran-
che de laurier, comme dans la gravure
ci-jointe, tirée d'une médaille qui repré-
sente Lucilla, la fille de Marc-Aurèle,
rompant une branche pour asperger de
jeunes enfants, pendant qu'une prêtresse
puise de l'eau de la rivière. On se ser-
vait aussi d'une vergette faite exprès à
cette intention , comme dans la gravure
suivante , prise aussi d'une médaille. Les
Grecs l'appelaieut TtepippavTTip'.ov ou
pâvTicTpov. Le terme latin correspon-
dant est inconnu, car le mot aspergil-
liim employé par les philologues mo-
dernes n'est appuvé d aucune autorité
ancienne.
ASSER. En général, petite pièce de
bois, perche ou poteau, fixée dans ou
ur quelque chose (Liv. Caes. Tac), d'où
se déduisent les sens particuliers qui
suivent.
1 . Perche qui soutenait une litière
(lectica) sur les épaules des porteurs
' Suet. Cal. 58 ; Juv. m , 245 ; VII , 132 ;
Mart. IX, 23, 9). Elle était entière-
ment distincte de la litière même et ne
doit pas être confondue avec les bâtons
( amites) , qui étaient fixés d'une façon
permanente au corps de la voiture, ou
du moins qu'on ne pouvait enlever que
par occasion. \Jasser était passé sous une
courroie ( lorum , stritppiis ) attachée à
ces bâtons comme la courroie, de der-
rière dans un harnais simple ; on le le-
vait alors sur les épaules des porteurs
(lecticarii) , et c'est sur lui que portait
tout le poids de la voiture. La gravure
ci-jointe, qui représente une litière chi-
noise d'après Staunlon, éclaircira parfai-
tement ce sujet , dans l'absence de tout
original ancien connu. Ou conjecture
quelle répond à l'original romain par la
lumière qu'elle jette sur les différents
termes employés en parlant de ces litiè-
res , et par l'explication simple et natu-
relle qu'elle donne sur des points que
n'ont pu éclairer les savants. En outre, un
moment de réflexion convaincra tout le
monde que c'était la disposition la plus
commode pour qu'une litière fût facile-
ment portée par six ou huit hommes,
comme cela arrivait fréquemment i^liesa-
phoros , octaplioros).
2. Poutre à tête de fer, suspendue et
manœuvrée comme im bélier à bord
d'un vaisseau pour entamer le gréement
de lennemi (A'eget. Mil. iv, 44).
3. Asser falcalus. Longue perche
avec une tète de fer, aiguë et recourbée,
dont on se servait dans les sièges pour
abattre la garnison sur les murailles
(Liv. XXXVIII, 5);
ASSERCULCM.
ASTRAGALUS.
fil
4. Jsseres. En architecture, chevrons
d'un toit en charpente sur lesquels sont
placées les tuiles marquées hli clans le
plan que nous donnons au mot Matkria-
TIO. Elles sont représentées à l'extérieur
par les ornements appelés denticules (Den-
TICULDS, 2), dans les ordres ionique et
corinthien (Vitruv. iv, 2, t et 5).
ASSERCULUMet ASSERCLLUS, di-
minutifs de asser. Petite perche ou bâ-
ton dont on se servait pour manche à
balai (Cato, R. R. 152). Voir la gravure
au mot jflDiTurs.
ASSIS (aavii;). Planche plate. (Cœs.
Plin. Columell. Vitruv.)
2. Soupape dans un tuyau ou robinet,
qui, suivant qu'on la tourne, livre pas-
sage au liquiile ou le
retient (Vitruv. v, 7,
1 ). La gravure repré-
sente un rol)inet de
bronze original, dé-
couvert dans l'ile de
Capri : le mécanisme pour tourner la
soupape se voit distinctement au haut.
ASSUS. Littéralement, rôti; de là le
neutre assum , chambre dans un bain ,
échauffée à la vapeur, à l'effet de pro-
duire une transpiration violente (Cic. ac/
Q. Fr. III, 1 , 1). Voy. Sudatio, Slda-
TORIUM.
2. Assa tibia. Solo de flûte sans ac-
compagnement vocal. (Serv. ad Virg.
G. II, 417).
3. Assa nutrix. Nourrice qui élève les
enfants au biberon (Schol. Vet. adhw.
5«/. XIV, 208).
4. Assi lapides. Pierres posées sons
mortier (Serv. ad Vir. G. Il , 417); c'est
de cette façon que furent construits les
plus beaux des édifices grecs et romains.
ASTRAGALIZOiNTES {%Gxç<xya.\[W-
TEç). Nom grec employé pour désigner
les personnes qui jouaient a- _
vec les os des articulations des f'W^*'
animaux (à^Tpàya^oij hitin p^
tait). On en voit ici un spéci-
men tiré d'un original en bronze : c'était
un sujet favori des sculpteurs et des pein-
tres de la Grèce (Plin. H. N. xxxiv,
19, 2; Pausan. x, 30, 1). Les deux
sexes s'amusaient de cette façon et em-
ployaient ces Osselets à différents jeux;
mais le plus simple et le plus usité, qui
parait représenté dans la gravure ci-
joiute, d'après une peinture grecque dé-
couverte à Résina, ressemblait à ce qu'on
appelle proprement jeu des osselets, et
consistait simplement à jeter les os en
l'air et à les rattraper sur le dos de la
main quand ils retombaient. Dans j)lu-
sieurs autres jeux oii l'on jouait de gros-
ses sommes, les os étaient marqués de
chiffres et on les employait en guise de
dés (Jul. Poil. IX, 100-104; Eust. in
Od. I, p. 1397, 34. Voy. Talus).
ASTRAGALUS (à(7Tpâya)>oç). Nom
grec de l'un des os vertébraux , celui du
cou-de-pied et Vos des articulations des
animaux , dont on se servait au lieu de
dés aux jeux de hasard et d'adresse, mais
qui n'est employé dans aucun de ces
sens par les auteurs latins.
2. Chez les architectes romains, as-
tragale; petite moulure demi-circulaire,
appelée ainsi par les anciens de la res-
semblance qu'elle a, par la succession des
formes rondes et angulaires, avec une
rangée d'osselets placés l'un à côté de
l'autre , et nommée chapelet ou baguette
paj- les modernes parce qu'elle a tout à
fait l'air d'un chapelet de grains ou de
baies. Elle est surtout un signe caracté-
wuMUÈjm
ristique de l'ordre ionique, où elle forme
le membre le plus bas du chapiteau , im-
médiatement sous Vechiuus, et partage
les faces d'une architrave. On la trouve
aussi dans la base , où elle est une mou-
4
62
ASTrRCÔ.
AÎRIÔÎ.
lure simple, semblable au torus , mais de
dimensions plus petites (Vitruv. iv, 1 ,
11 ; m, 5, 3). Le premier des deux spé-
cimens ici donnés et pris du chapiteau
d'un temple d'Apollon près de Milet; le
second , du temple de Minerve à Priène.
ASTURCO. Petit cheval de la race es-
pagnole des Asturies , très-estimé par les
Romains pour son allure brillante et son
pas doux (Plin. H. N. Aiii, 67; Mart.
XIV, 199).
ATHLET.E (à6/.r,Ta.!). Nom général
des combattants qui disputaient un
prix (aÔÀov) dans les jeux publics de la
Grèce et de l'Italie : il y en avait cinq
espèces , distinguées chacune par un nom
particulier : Ccrsor, LrcTATOR, Pcgil,
QCINQUERTIO , Pa>"CRATIASTES.
ATLANTES (àtXavTc;). Terme grec,
auquel correspond le latin Telamones :
il désignait des figures humaines qu'on
emplovait comme supports d'architecture
pour un entablement ou une corniche,
au lieu de colonnes. Ce nom était une
allusion à l'histoire d'Atlas qui portait
le ciel sur ses épaules (Vitruv. vi, 7, 6).
Une de ces figures est donnée au mot
Arcclis , d'après un spécimen trouv à
Pompéi.
ATRAMENTARILII {^zlivtooyr). Vase
pour contenir Vaframentum, licpiidenoir
employé à différents usages, comme ver-
nis par les peintres (Plin. H. A. xxxv,
3G, 18); par les cordonniers pour tein-
dre leur cuir (Plin. H. i\'. XXXIV, 32);
et aussi comme encre (Cic. ad Q. Fr.
II. 15). Dans ce cas, Vatramenlarium
répondait à notre encr/er (Gloss. Philox. ;
Vulgat. Ezech. iv, 2) : nous en avons
donné un modèle au mot ArO'DO , n° 5.
ATRIENSIS. Esclave employé à la
maison , ou esclave appartenant à la fa-
milia urbana dans toutes les grandes
maisons romaines; le soin de \ atrium
lui était spécialement confié. Il avait une
fonction à peu près semblable à celle du
maître d'hûtel de nos jours, car il exer-
çait un contrôle sur tous les autres es-
claves de la maison , prenait soin des
bustes, des statues, des objets de prix
exposés dans V atrium , disposait le mobi-
lier, et veillait à ce qu'il fût toujours
propre et en bon état (Plaut. Asin.
passim, et particulièrement a. Il, se. 2
et 4; Cic. Parad. V. 2; Phœdr. Fab.
11,5).
ATRIOLUI, diminutif d'^^nwm, dans
un sens général petit atrium; mais ce
mot avait aussi une signification spéciale
et désignait, dans les grands palais des
Romains, une pièce particulière qui pour-
rait être appelée le second atrium, car
il était entouré de chambres de repos et
d'autres pièces comme celle de Vatrium
principal, dont il différait surtout pour la
grandeur et peut-être pour la magnifi-
cence (Cic. ad Q. Fr. m, 1, l ; ad Att.
I, 10).
ATRIUM. Grande pièce, la première
des deux parties principales d'une maison
romaine. On y arrivait directement du
vestibule ou passage d'entrée (prot/iy-
rum ) , et dans l'origine elle servait à la
famille de lieu de réunion ou de pièce
publique oii les femmes travaillaient à
leurs métiers, où les statues de la fa-
mille et les images des ancêtres étaient
exposées; elle contenait les dieux do-
mestiques et leur autel, aussi bien que
le fover de la cuisine (focus). Sa posi-
tion par rapport au reste de la maison
peut se voir dans les deux premiers plans
qui expliquent le mot DoMCS : elle y est
marquée B.
Quant à sa structure intérieure, c'était
une pièce rectangulaire , recouverte d'un
toit, qui, le plus souvent, avait une ouver-
ture au centre (compluvium) : un bassin
v correspondait dans le plancher (implu-
vium) , et était destiné à recevoir la pluie
qui tombait par l'ouverture (voir la gra-
vure qui suit). Le toit lui-même était
souvent supporté par des colonnes qui
formaient ainsi tout autour une colon-
nade ou une galerie (voir la gi-avure n" 3).
Mais comme le toit prenait différentes
formes qui donnaient à l'intérieur de l'a-
trium un caractère différent, on classa
ces variétés sous les noms qui suivent,
pour distinguer les différents styles de
construction :
1. Atrium tuscanicum. Atrium toscan,
le plus simple et probablement le plus
ancien de tous; les Romains l'emprun-
tèrent aux Étrusques, et on ne pouvait
l'employer que dans un appai'temeut de
G 3
petite dimension. Le caractère de cet
atrium était de n'avoir point de coloinies
pour supporter le toit, qui courait autour
des parois et qui était soutenu sur deux
poutres placées en long d'un mur à l'au-
tre. Deux autres plus petites étaient
mortaisées dans celles-là, à égale dis-
tance des parois, et formaient ainsi au
centre une ouverture carrée (Vitruv. vi,
3) , coinme on le voit dans la gravure
ci-dessus, qui présente une restauration
de l'atrium étrusque de la maison de
Salluste à Pompéi.
2. Atriitm tetrastyliim. L'atrium té-
trastyle, nommé ainsi parce que son toit
était supporté sur quatre colonnes, une
à chaque angle de V impluvium. La figure
donne un specunen de ce st} le d api es
une maison de Pompéi , trouvée dans les
fouilles exécutées par ordre du général
Championnet ; d'après la gravure précé-
dente , il est facile d'imaginer une res-
tauration du toit, qui, lorsqu'il repose sur
les quatre colonnes , doit former une ga-
lerie couverte autour des parois de la
pièce, avec une ouverture entre ces co-
lonnes au centre , semblable à celle que
nous avons indiquée , mais avec une co-
lonne à cluupie angle.
3. Atrium corintliium. L'atrium co-
rinthien , qui était du même genre que
le dernier, mais plus grand et plus ma-
gnifique : en effet, les colonnes qui sup-
portaient le toit y étaient plus nomiireu-
ses et placées à distance de Vimp/uvium.
La partie centrale était aussi découverte ,
comme dans'l.i j;ra\ in\-, pi i>e d'un atrium
corinthien de Pompéi , restauré d'après
une maison qui fut découverte avec son
étage supérieur entier à Herculanum et
dont nous avons donné une perspective à
l'article DoMCS. Dans ce style de cons-
truction , une des extrémités de chaque
poutre qui portait le toit et formait un
})lafond pour la colonnade qui entourait
la pièce, reposait sur la tète de chaque
colonne, et l'autre sur la paroi latérale,
au lieu de lui être parallèle comme dans
l'atrium toscan et le tétrastyle : elles sont
ainsi disposées à angles droits avec les
mui's, ou, en d'autres termes, s'en éloi-
gnent. C'est là le sens de l'expression de
Vitruve : ^ parietilms recédant.
4. Atrium displuviafum. Atrium dont
le toit était en talus, la pente dans une
direction opposée au
compluvium , au lieu
d'incliner vers lui ,
et par conséquent
chassait l'eau dans les
gouttières du dehors
au lieu de la conduire
dans y impluvium ,
comme dans les trois
exemples précédents. On voit clairement
le plan d'une telle construction par la ligu-
re ci-jointe, prise du plan en maibrc de
AUGUSTALES.
Rome, où rouvertuie dans le centre et
Y inclinaison extérieure du toit sont très-
haljilement marquées.
5. Atrium testudinatum. L'atrinm en
dos de tortue ou couvert , qui n'avail pas
de compluvium, la pièce entière étant
tout à fait couverte d'un
toit de l'espèce appelée
testudo (Vitrnv. v, 1) :
il est aussi très-bien re-
présenté par l'artiste qui
exécuta le plan en marl)re
de Rome d'où est prise la
graMire. Il est probable
qu'un atrium de cette
sorte avait deux étages et qu'il recevait
le jour de fenêtres pratiquées dans l'étage
supérieur. Comparez aussi Cav.ïDIIM.
ATTEGIA. Hutte ou cabane mauresque
faite de roseaux et de chaume (Juv. Sat.
XIV, 196).
AUCEPS (îEsyTr,;, ôpviOeuTYi;). Dans
un sens général , chasseur d'oiseaux, ou
toute personne qui s'amuse à arrêter dans
des pièges , à prendre dans des fdets et à
tuer des oiseaux. Ce mot, dans un sens
plus spécial, désignait un esclave apparte-
nant à la familia rustica, quelque chose
comme notre garde-chasse, dont la fonc-
tion était de prendre et de vendre du gi-
bier au bénéfice de son maître. En effet,
les principales sources du revenu de cer-
taines propriétés consistaient dans le
produit des bois et des pêcheries (Ov.
J. Jm. m , GG9 ; Plant. Trin. il , 4,7;
Pignorins de Serv. p. 5G0). La figure,
tirée d'une statuette de
marbre à Naples, repré-
sente un auceps revenant
avec son gibier. Il porte
lui chapeau et des bottes
de chasseur, une tunique
et un manteau de peau a-
vec le poil; il a un cou-
teau de chasse dans la main
droite; deux colombes sont
attachées à sa ceinture,
un lièvre est sur son bras
gauche et on voit entre ses
doigts le bout du nœud coulant où le gi-
■ hier s'est pris. Les anciens chasseurs d'oi-
seaux se servaient dans leur chasse de tré-
buchets et de pièges {laquei, pedicœ) ,
d'un roseau enduit de glu à l'extrémité
(arundo, calamus), de trappes (//-«/mch-
nœ) , de filets à glace (amites) , d'un ap-
peau (avis illex) , et d'une cage pour le
mettre {cavea). A chacun de ces mots on
a expliqué et décrit la manière de se ser-
\\v de ces objets.
AUDITORIUM. Tout endroit où des
orateurs, des poètes et en géuéial des
auteurs assemblaient un auditoire pour
entendre la lecture de leurs œuvres
(Quint. II, 11, 3; X, 1, 36).
2. Salle de cours où les philosophes
et les professeurs faisaient leurs leçons
(Suet. Tib. 11).
3. Cour de justice où s'entendaient
les procès (Paul. Dig. 49, 9, 1; Ulp.
Dig. 4, 4, 18).
4. Auditorium principis. Cour ou
chambre où l'empereur écoulait les cau-
ses et décidait (Paul. Dig. 42 , 1 , 54).
AUGUR (oiwvoTXÔTio;). Augure, prê-
tre romain qui interprétait la volonté des
dieux ou annonçait l'avenir d'après des
observations faites sur le \o\ et le chant
des oiseaux (Liv. i, 3G ; Cic.
Div. I, 17). Ils formaient un
collège ou une corporation , et
ils sont principalement dis-
tingués des autres classes de
prêtres, sur les monnaies et
les médailles, par un bâton
recourbé comme une crosse
(lituuj) qu'ils portaient à la
main droite. Quelquefois, à
coté d'eux ou sur le revers,
est l'oiseau sacré et la cruche
(capis). La figure est tirée d'une médaille
de Marc-Aurèle.
AUGURALE. Place à droite de latente
du général (prœtorium) dans un camp
romain , où l'on prenait les auspices (Tac.
Ann. XV, 30; cf. Quint, vill, 2, 8).
AUGUSTALES. Ordre de prêtres ins-
titués par Auguste et choisis dans la
classe des affranchis. Leur fonction était
de veiller aux cérémonies religieuses
instituées en l'honneur des Lares compi-
tales, divinités des carrefours, auxquelles
on avait coutume d'élever un autel au
lieu où les routes se rencontraient (Petr.
Sat. 30; Orelli , //Mc/-. 3959; Schol. Vet.
«f/Hor. Sat. 11,281).
G5
2. Sodales aiigustales. ou simplement
Jugiiitales. Classe de prêtres établie par
Tilière pour rendre les honneurs divins
à Auguste et à la famille des Jules. Ce
corps était composé de vingt et un mem-
bres choisis dans les principales familles
de Rome (Tac. Aiin. i, 15 et 54; Rei-
nes. Inscr. 1, 12).
AULA (oLÙlri). Mot grec qui dési-
gnait daus l'origine une cour découverte
au-devant d'une maison : autour de cette
cour étaient situées les écuries , les éta-
bles pour le bétail et les dépendances de
la ferme. Les poètes romains adoptèrent
ce mot pour désigner uu chenil (Grat.
Cyneg. 167), une bergerie (Prop. m,
2, 39), ou une tanière pour des bêtes
féroces (Petr. Sat. 119).
2. Après l'époque homérique, Y aida
grecque fut un péristyle découvert dans
l'intérieur d'une maison; il y en avait
deux dans chaque demeure (Yitruv. vi, 7,
5) : l'un autour duquel étaient disposés les
appartements des hommes, et l'autre
pour l'usage exclusif des femmes. Sous
d'autres rapports , ils correspondaient à
l'arrangement et à la distriljution géné-
rale de Vati-ittni et du peristyliiim d'une
maison romaine. Voy. le plan de la mai-
son grecque au mot DoMUS, sur lequel
les deux aidse sont marquées respective-
ment C et E. C'est par allusion à ce sens
du mot que Virgile l'emploie en parlant
de la cellule de la reine des aljeilles (G.
IV, 90).
3. ^ida regia. Partie centrale de la
scène dans les théâtres grecs et romains,
destinée surtout aux représentations
tragiques et offrant aux yeux uu beau
palais près duquel ou dans lequel on pla-
rir':^iF'iT^.'T^pi:£:i42nc-^,ll ■';!!> 'i'' l|Cim'"i|l ^<^
^^^'--^A----\ox/<a'"
çait l'action (N'itruv. v, 6, 8). La figure
ci-jointe représente une vue du grand
théâtre de Pompéi, avec la scène au
fond : elle suffit pour faire concevoir
facilement le caractère général de cette
partie de l'édifice, quoique tout le haut
soit en ruines.
4. Employé dans l'ancienne langue
latine (Cato, /f. R. 85) pour Olla. Voir
ce mot.
AUL.î:A ou AUL.^UM (aùXaia).
Tapisseries dont on se servait pour déco-
rer les murs d'une salle à manger (Hor.
Sat. II, 8, 54), ou qu'on plaçait comme
écran contre les rayons du soleil entre
les piliers d'une colonnade (Prop. Il, 32,
12), ou enfui dont on fermait les galeries
ouvertes autour de Vatrium ou du peri-
stylium des maisons particulières, comme
on le voit dans la figure de la maison
d'Herculanum (au mot DoMCS), où les
baguettes et les anneaux pour les sus-
pendre furent retrouvés à leur place
quand on fit les fouilles. Dans la figure
ci-jointe, tirée d'un bas-relief du Musée
Britannique , Yaulxum forme le fond
d'un triclinium : on en trouve souvent
(le semblaljles tant dans les sculptures
que dans les peintures , oii l'artiste les a
placés comme signes de convention pour
marquer que la scène ne se passe pas en
plein air, mais daus l'intérieur d'une
maison.
2. Large couverture de tapisserie ou
d'étoffe brodée qu'on étendait d'hai)ilude
sur le matelas d'un sofa ou d'un lit de
table (Virg. ALn. i, 697) et qui pendait
autour jusqu'à terre : de là vient qu'on
l'appelait aussi peristroma. On peut la
voir dans la gravure précédente; mais
4.
C6
AULOEDUS.
elle apparaît plus distincte dans la gra-
vure ci-jointe, prise du Virgile du Vati-
can.
3. Pièce de tapisserie ou rideau brodé
(Virg. G. III, 25) et couvert de figures,
qu'on employait , dans les théâtres grecs
et romains, au même effet que notre
toile, pour cacher la scène avant le com-
mencement de la pièce et entre les actes.
Cependait on ne suspendait pas et on ne
baissait pas d'en haut cette toile, comme
la nôtre. On l'enroulait autour d'un cy-
lindre introduit dans le briquetage du
devant de la scène, comme il est facile
de le voir, à main gauche, dans la gra-
vure ci-jointe , qui représente une pers-
pective du petit théâtre de Pompéi avec
l'orchestre à main droite. Quand la
pièce commençait , on baissait le rideau ,
et aussitôt après l'acte on le levait (Ov.
Met. III, 111-114); de là l'expression,
aulxa premuntur (Hor. Epist. II, 1,
189; cf. Apul. 3Iet. x, p. 232) « la
toile est baissée » , signifie que la pièce
va commencer; et aulxa tollu/itur {0\.
Met. l. c.) «. la toile est levée », que
l'acte ou la pièce est finie.
AULOEDUS (aùXtoôéç). Personnage qui
chante avec accompagnement de flûte
(Cic. Mur. 13).
AURES. Oreilles d'une charrue, pla-
cées de chaque côté de la pièce de bois
où s'enclave le soc et tournées en dehors
pour rejeter et entasser de chaque côté
du sillon la terre retournée par le soc
(Virg. G. I, 172). On peut les voir dans
la gravure au mot Aratrum 2 : elles
sont désignées par les lettres E E.
AUREUS. Appelé aussi nummits aureus
ou denarius aureus; denier d'or, étalon
de la monnaie d'or des Romains, qui
valait vingt-cinq denarii, ou 22 fr. 10 c;
mais sa valeur intrinsèque, comparée
avec la monnaie d'or d'aujourd'hui, égale-
rait presque 26 fr. 36 c. (Plin. H. N.
XXXIII, 13; Suet. Cal. 42; Dom. 8;
Hussey, on uéncient JVeigltts and Mo-
ney). La gravure est tirée d'un modèle
dcuis son état actuel.
AURIGA (-/ivtoxo;). Conducteur ou
cocher, comme on le voit par la gravure,
prise d'un bas-relief en terre cuite
(Virg. jEn. XII, 624; Ovid. Met. ii,
327).
2. Spécialement, conducteur de char
qui fdispule le pri.\ de la course dans
les jeux du Cirque (Suet. Cal. 64).
La ligure ci-jointe est tirée d'une std-
AITRIGA.
tue du Vatican, et si on la compare
avec la suivante, elle
donnera une idée par-
faite du costume porté
par ces conducteurs.
La branche de pal-
mier dans la main
droite est l'emblème
delà victoire ; la bour-
se , dans la main gau-
che, contient la som-
me d'argent qui en
était la récompense.
La manière dont les
aurigse conduisaient
les chars différait com-
plètement de l'usage commun qu'on a
vu représenté dans la première gravure.
On s'en convaincra par le spécimen ci-
joint, copié d'un diptyque consulaire.
ACTHEPSA.
C7
i
Comme l'original est d'une période relati-
vement récente et de l'époque où les
arts étaient en décadence, on peut le
regarder comme une représentation plus
fidèle de la vérité, que n'a embellie au-
cun effort pour arriver à un effet d'art
ou à une image idéale. Le conducteur ici
a passé les rênes autour de son dos ou en
est enveloppé; il avait ainsi plus d'em-
pire sur les chevaux en se penchant
en arrière, et eu tirant les rênes de
tout son poids ; il les empêchait aussi de
lui échapper des mains en cas de choc
ou de heurt subit. Mais comme cette ma-
nière de conduire l'exposait au danger
d'être trahré dans les rênes s'il versait ,
il portait un couteau recourbé , attaché
aux courroies qui lui serraient le corps,
comme on a pu le voir dans la précédente
figure, pour les couper au besoin. La
dernière figure représente aussi le cas-
que qu'il avait sur la tète et les cour-
roies qui entouraient ses jambes et le
dos de ses mains; lesjamiies des chevaux
sont aussi enveloppées de bandes semljla-
bles; leurs queues sont relevées, leurs
crinières en brosse , et ils ont un masque
sur le devant delà tête.
3. Les poètes prennent le mot auriga
dans un sens moins spécial et l'appliquent
à la personne qui amenait une voiture
ou un char de guerre, et qui se tenait à la
tète des chevaux jusqu'à ce que le con-
ducteur fût monté (Virg. ^n. XII , 85) ;
au timonier (Ov. Trist. I, 4, 16); et
en général à tout homme à cheval (Auct.
Paneg. ad Pison. 49).
AURIGARIUS. Même sens qa'Jin-iga
(Suet. A'ero, 5).
AURIGATOR. Même sens qnJuriga
(Inscr. an. Grut. 340, 3).
AURIGO et AURIGOR. Conduire un
char aux courses du cirque de la façon
décrite au mot AuBIGA (Suet. Nero,
24; Plin./r.i\^. XXXIII, 27).
AURISCALPIUM ((I)Toy)^ucpiO- Cure-
oreille (Mart. Ep. xiv, 23); et aussi
sonde de chirurgien pour l'oreille (Scri-
bon. Compos. 230). La gravure repré-
sente un original trouvé à Pompéi.
AUSPEX. Celui qui prend les auspi-
ces, ou, en d'autres termes, celui qui ob-
serve comment volent, chantent ou man-
gent les oiseaux , pour découvrir par là
les secrets de l'avenir (Cic. ad Att.u,
7; Hor. Od.ni, 27,8).
AUTHEPSA (aùeé']/riç). Mot formé du
grec, signifiant, dans son sens littéral, qui
fait bouillir de soi-même (Cic. Rose,
^m. 4G; Lamprid. Elag. 19); d'où on
peut raisonnablement inférer que c'é-
tait un appareil qui contenait le feu et
des combustibles pour échauffer de l'eau,
et qu'on pouvait placer pour faire la cui-
sine dans toutes les parties de la maison.
Il était donc ilu même genre que le spé-
cimen que nous donnons, d'après un mo-
68
AUTOPYKOS.
dèle eu l)i'onze trouvé à Pompéi. Les
côte'-s qui étaieut d'une épaisseur consi-
dérable et creux , contenaient de l'eau ;
d'un de ces côtés sort un petit roijinet
(à main gauche de la gravure) pour ver-
ser l'eau; les quatre tours aux angles
sont pourvues de couvercles mobiles. Le
centre recevait le char])on allumé, et, si
on plaçait dessus un trépied ou un autre
vase, on pouvait faire cuire sur un tel
appareil plusieurs espèces de mets, avec
une grande économie de soins et de dé-
pense. Beaucoup d'autres instruments du
même genre ont été découverts à Pompéi ;
ils sont construits d'après le même prin-
cipe, et ne diffèrent que pour le modèle.
AllTOPYROS (aÙTÔTiupoç). Pain bis
fait d'une farine grossière où on a laissé le
sou (Plin. H. N. xxil, 68; VtW. Sat.
66; Celsus, ii, 18).
AVENA. Flûte de Pan , faite de la tige
de la folle avoine, et dont se servaient
les paysans (Virg.; Tibull.; Ov. Met. viii,
192). Voir Arundo, n" 6.
AVERTA. Valise probablement placée
sur la croupe d'un animal , comme on le
pratique encore communément eu Italie
(Acron «^Hor. Sat. I, 6, 106).
AVERTAHIUS. Bête de somme qui
porte Yaverta ou valise sur la croupe
(Inipp. Valent, el Valens, Cod. Theodos.
8, 6, 22).
AVIARIUM. Basse-cour (Varro, R. R.
m, 3,7).
2. Volière où l'on gardait des oiseaux
rares et choisis (Varro, /. c).
3. Vi'vier pour des oiseaux aquati-
ques (Columell. VIII, 1, 4).
AVIARIUS , esclave chargé d'élever, de
nourrir et d'engraisser la volaille (Co-
lumell. YIII, 3, 4, secf.).
AVICULARIUS (Apic. vu, 7). Même
sens que le précédent.
AXICIA. Mot qu'on ne rencontre que
dans un seul passage de Plante (Cure.
IV, 4, 21), et que les dictionnaires et
les commentateurs expliquent par le mot
ciseaux. Mais la leçon ou l'explication
semble très-douteuse; car l'instrument
du même usage chez les anciens que nos
ciseaux était appelé forfex par les Ro-
mains; et dans le passage de Plaute
Yaxicia est cité comme un objet de toi-
lette avec le peigne, les petites pinces,
le miroir , les fers à friser et la serviette.
Des ciseaux , quoique assez utiles sur une
table de toilette moderne , étaient beau-
coup moins appropriés à la toilette des
Romains , d'après la différence des habi-
tudes.
AXIS (â?(ov). L'essieu d'une voiture
auquel le timon est attaché et autour du-
quel tournent les roues (Ovid. Met. Ii,
317), comme on le voit clairement dans
la gravure, prise d'un ancien char de
guerre conservé au Vatican. Dans les voi-
tures de l'espèce a|)pelée p/ausfra, l'es-
sieu n'était pas fixe, mais tournait'avec
les roues dans des crapaudines vissées au
bout du char. Voy. Artemon.
2. yixis l'ersatitis. Cylindre tournant
à volonté, qu'on gouver-
nait avec une manivelle
pour monter des poids
en y enroulant la corde :
par exemple , le cylin-
dre et la manivelle qui
servent à tirer un seau
du puits , comme on le
voit par la gravure ci-
jointe , prise d'un sarco-
phage de marbre du ci-
metière du Vatican (Vitruv. ix, 8, 8).
3. Axe vertical d'une porte, qui se
mouvait dans des crapaudines fixées dans
le linteau inférieur et supérieur, et for-
mait ainsi un pivot sur lequel tournait
la porte , soit pour s'ouvrir, soit pour se
fermer (Stat. Theù. I, 34!)). Voir An-
TEPAGMEKTUM et CARDO.
4. Soupape d'un conduit ou d'un ro-
BABYLOMCCM.
binet. Dans ce sens, la vérilahle leçon
est Assis.
5. Planche. Dans ce sens, le mot s'é-
crit ordinairement Jssis.
B
BABYLOMCUM. Châle de fal)riqne
bahvlonienne, fort prisé chez les Romains
ponr son tissu plein de finesse et ses l)ril-
îantes couleurs (Lucret. IV, 1027; Pub.
Syrus ap. Petr. Sat. 55).
BACCHA ((îâxxvi). Bacchante, femme
qui célèbre les mystères de Bacchns
(Ovid. Her. x, 48). Les bacchantes sont
souvent représentées dans les œuvres
d'art et décrites par les poètes (Ovid.
Met. VI, 591), comme dans notre gra-
vure avec une guirlande de feuilles de
vigne ou de lierre sur la tète, des che-
veux épars et flottants, un manteau fait
de peau de chevreau sur le côté gauche ,
le thrrse dans la main droite, et cou-
rant comme des insensées. La figure
donnée ici , c[ui est prise d'un bas-relief
de la villa Borghèse, au lieu d'avoir sur
elle la peau du chevreau , en porte une
partie dans la main gauche.
BACILLL'M (paxTYipiov). Petit bâton
G9
ou hdton jwiir la marche, recourlié
comme les cannes modernes (Cic. Fin.
II , 1 1 ; Juv. Sat. m ,28). La gravure est
prise d'une peinture de Pompéi, et re-
présente Ulysse.
2. (Varro, R. R. 50, 2). Yoy. Falx
DENTICULATA.
BACULUS et BACULUM (pâ/.xpov).
Long bâton ou gourdin , porté communé-
ment par les voya-
geurs , les paysans , les
pâtres et les chevriers
(d'où son épithète d'«-
greste, Ovid. Met. XV,
et 654 ) , et par les per-
sonnes infirmes ou
âgées des deux sexes
(Ovid. Met. VI, 2").
Le bacitlum était aussi
porté, avec prétention,
par les philosophes
grecs (Mart. Ep. IV, 53). La figure ci-join-
te , tirée d'un manuscrit de Virgile de la
Ijibliothèque du Vatican, représente un
des pâtres des églogues appuyé sur son i)â-
ton, précisément comme le dit Ovide, in-
ciimhens ou iniiitens bacido [Met. XIV,
055; Fast. I, 177) : attitude cpi'on ren-
contre tous les jours chez les paysans
de la campagne romaine.
2 (axr.TtTpov). Long bâton que por-
taient, dans les temps anciens, les rois et
les personnages puissants, à la fois comme
marc[ue de leur rang et comme arme dé-
fensive. Dans les œuvres d'art, le ax-ri-
UTpov est toujours représenté plus long
70
iJAJlLATOimS.
que le liàton vulgaire, comme on peut le
voir par la figure ci-dessus , qui repré-
sente Agamemnon, d'après un vase de
marbre sculpté par un artiste grec; le
cxYiTrTpov était quelquefois orné d'or et
d'argent (Florus, iv, 11 , 3; m, 13, 10),
C'est de ce bâton que vint le sceptre
royal. Il était porté sur la scène tragi-
que par les acteurs qui remplissaient
des rôles de rois (Suet. Nero, 24). Mais
ce mot , quand il est employé dans ce
sens par les écrivains latins, est pris la
plupart du temps pour caractériser et
ridiculiser les mœurs étrangères , et sur-
tout les mœurs des Asiatiques. (Florus.
//. ce.)
BAJULATORIUS. Homme dont le mé-
tier était de porter des fardeaux. On di-
sait aussi sella bajulatoria. Voir SellA.
BAJULUS (vwToçcpo;, cpopTY)YÔ<;).
Porte-faix ou toute personne qui porte
des charges sur le dos , comme on le voit
par la gravure, prise d'une peinture d'une
chambre sépulcrale à Rome (Plant.
Pan. y, 6, 17;Cic.Par. III, 2).
2. Esclave dans la famille romaine,
qui avait la même fonction que le com-
missionnaire dans un établissement de nos
jours, et qui portait les paquets , les let-
tres, etc. (Hieron. Ep. G ad Julian.
II. 1).
BALINEiE ou BALNE.E. Bains pu-
blics, où l'on pouvait prendre les bains
d'eau chaude et d'eau froide aussi bien
que des bains de vapeur, et qui avaient
deux corps de pièces , l'un pour les hom-
mes et l'autre pour les femmes (Varro,
L. L. VIII, 48; IX, G4).
On comprendra parfaitement le sys-
tème d'après lequel les établissements des
Romains étaient disposés , et la méthode
ingénieuse de leur construction, si on
jette les yeux sur le plan ci-joint et sur la
description des deux corps de bains de
Pompéi. Des vues et des perspectives des
différentes pièces en détail sont données
séparément sous chacun de leurs noms
respectifs. Ces bains avaient par la rue
six entrées distinctes ,1,2,3,4,5,6;
les trois premières étaient pour ceux qui
voulaient un bain; 4 et 5, pour les
esclaves et pour différents besoins de l'é-
tablissement ; la dernière donnait accès
dans les bains des femmes, qui n'avaient
aucune communication avec l'autre corps
de ijàtiment, beaucoup plus vaste. Com-
mençons le tour des bains par la pre-
mière porte (1) au bout du plan, à main
gauche.
a. Latrina, lieux d'aisance.
h. Cour découverte , entourée de trois
côtés par une colonnade : elle formait
une sorte d'atrium pour le reste de l'édi-
fice.
c c. Sièges de pierre le long d'un côté
de la cour, pour les esclaves qui atten-
daient que leurs maîtres revinssent du
bain , ou pour la commodité des gens qui
attendaient le retour de leurs amis.
d. Chambre qui servait de salle d'at-
tente pour les baigneurs , ou qui proba-
i)lement était destinée au surveillant des
bains.
e. Antre latrina près de la seconde
entrée principale (2) , d'où un corridor
qui tourne brusquement vers la droite,
conduit dans
A. L'apodj terium, ou chambre où l'on
BALIX'E.E.
BALÎNEUM.
7t
seiléshal)ill;tit, et qui communiquait avec
chacune des entrées principales et avec
chacune des pièces où l'on prenait des
Ijains cliauds ou froids.
/"/• I^iéges en maçonnerie de chaque
côlé de la salle, où les baigneurs pou-
vaient s'asseoir pour s'habiller et se dé-
shaljiller.
B. Le frigidarium ou salle contenant
le bain d'eau froide (haptisterium).
g. Chambre à l'usage du gardien des
Iiabits , qui prenait soin des vêtements et
les gardait à leurs propriétaires pendant
qu'ils prenaient le bain.
C. Le tepidariiim ou chaml)re tiède :
on en maintenait l'atmosphère à une cha-
leur agréable au moyen d'un brasier
qu'on y a retrouvé. Il servait à tempérer
le passage soudain du chaud au froid,
quand le baigneur retournait de la pièce
chaude à l'air libre. C'était aussi dans cet
appartement qu'on se faisait frotter avec
la strigUe et oindre après le bain (voy.
la gravure au mot Aliptes) ; à cet
effet, il était garni de deux sièges de
bronze qu'on y a trouvés , et dans les murs
étaient pratiqués tout autour de petits
réduits , qui formaient autant d'armoires
ou de placards, pour contenir les strigiles,
les huiles, les parfums et les autres objets
nécessaires aux personnes qui ne les ap-
portaient pas avec elles. De là une porte
conduisait le baigneur dans
D. Le caldarhtm ou étuve, qui con-
tenait à une extrémité (/() un bain d'eau
chaude (al t'eus) , et à l'autre le Lacoiii-
ciini avec son bassin ou labriim (/). Le
parquet de la chambre était creux en
dessous, et soutenu par de bas piliers
(le briques; les murs étaient garnis de
tuyaux , de telle sorte que toute la pièce
était entourée d'air chaud, fourni par un
fourneau voisin. (Voy. la gravure aux
mots SuspENSURA et Hypocaustdm.)
/. Le fourneau, qui, outre l'usage men-
tionné ci-dessus, échauffait aussi les
chaudières contenant l'eau pour les bains,
à savoir :
m. Le caldarium ou chaudière pour
l'eau chaude ; et
n. Le tepidarium ou chaudière pour
l'eau tiède.
o. La citerne d'eau froide.
p. Chambre pour les esclaves qui
avaient soin du fourneau et de ses dépen-
dances : elle avait une entrée séparée sur
la rue (4), et deux escaliers : par l'un on
montait au toit , par l'autre on descendait
au fourneau.
q. Petit passage rattachant la pièce
nommée en dernier lieu avec
r. La cour où étaient gardés tous les
matériaux nécessaires pour cette partie
de l'établissement , tels que le bois , le
charbon, etc. Elle avait aussi son entrée
séparée sur la rue (5). Les restes de
deux piliers qui supportaient dans l'ori-
gine un toit ou un appentis sont encore
visibles.
La partie du plan qui subsiste est oc-
cupée par un autre corps de bain , des-
tiné aux femmes. Il tient moins de place ,
mais il est disposé d'après le même prin-
cipe. Il n'a qu'une entrée (6), qui donne
accès dans une petite salle d'attente (5) ,
avec des sièges pour le même usage que
ceux qui sont marqués c c dans le plus
grand corps de bâtiment.
E. h'apodyterium avec des sièges de
deux côtés (t t),et qui, comme le premier
que nous avons décrit, communique avec
le frigidarium ou bain d'eau froide (F) et
avec le tepidarium ou chambre tiède (G) ,
par laquelle le baigneur, comme nous l'a-
vons déjà dit , se rendait à l'étuve (H) ,
pourvue également à une de ses extrémi-
tés du Laconicum et du lahrum («), et de
Valveits ou bain d'eau chaude (iv), du
côté qui touchait au fourneau et aux
chaudières. Celles-ci étaient placées
d'une façon si convenable qu'elles four-
nissaient les deux corps du bain d'air
chaud et d'eau chaude avec un seul ap-
pareil. Dans ces bains pour les femmes,
le tepidarium avait un parquet soutenu
sur des piliers et des murs pourvus de
tuyaux , ce qui n'existait pas dans la pièce
correspondante du plus grand corps de
bâtiment.
2. Vitruve (vi, 5 , 1 ) se sert du même
terme pour désigner un bain^ni'e dans
une maison particulière ; mais , suivant
Varron (/. c.) , ce n'est pas là la signifi-
cation véritable du mot. (Voy. le mot
suivant. )
BALINEUM ou BALNEUM. Bain/;«r-
12
fiALIXECM»
fiALLISÎA .
ticii/ler, ou suite de pièces de bains ap-
paiteuant à la maison d'un particulier
( Varro, L. L. IX, G8 ; Cic. ad Fam. xiv,
20), par opposition au pluriel halinex ,
appliqué aux établissemeuts publics, qui
comprenaient communément deux corps
de bains, distincts et séparés, pour les
deux sexes , et par conséquent des dépen-
dances plus étendues et plus nombreuses.
Sous les autres rapports, la distribution
et la disposition des appartements étaient
les mêmes dans les deux cas, comme on le
verra en comparant les pièces de la gra-
vure ci-jointe, qui présente le plan des
bains appartenant wxsuburhanum d'Arrius
Diomède à Pompéi , avec celles des jiains
publics que nous avons décrites et expli-
quées dans l'article précédent. Les bains
X=
et leurs dépendances occupaient un angle
à une des extrémités de l'édifice , et on y
entrait de Valriiim par une porte a.
Immédiatement sur la droite de l'entrée
est une petite chambre (l/), servant peut-
être de salle d'attente, ou destinée aux
esclaves attach s à cette partie de la mai-
son. Derrière eslVapodyterium ou cham-
bre où l'on se déshajjille (A) , située entre
les bains froids et les bains chauds, et ayant
sur chacun d'eux une entrée distincte.
B est une petite cour triangulaire,
couverte en partie de deux côtés par une
colonnade; au centre, et en plein air,
était le bain d'eau froide (c) , pisciria iii
area (Plin. Ep. V, C, 26).
C est la chambre tiède {tepidarium) ,
avec un siège dans un coin sur lequel le
baigneur s'assevait pour être frotté de la
strigile et être oint après le bain.
D. Caldarltim ou étuve, disposé exac-
tement comme dans les bains publics,
avec le Laconicum à l'extrémité circu-
laire, et un alveiis, ou bain d'eau chaude,
à l'extrémité opposée.
d est le réservoir qui contenait une
provision d'eau tirée de l'aqueduc; e,
chambre à l'usage des esclaves attachés
aux fourneaux, avec une table de pierre
(e) , et un escalier conduisant à un étage
supérieur ou au toit; f, la citerne pour
l'eau froide; g, la chaudière pour l'eau
tiède; h, la chaudière pour l'eau chaiule;
/, la fournaise : toutes choses disposées
de la même manière que dans les éta-
blissements publics, avec la même pré-
voyance pour ménager le bois et l'eau.
Yoy. Caldaricm, Tepidarium, Frigi-
DARICM.
2. Quelquefois on se sert du même
mot dans un sens plus restreint pour dé-
signer le bain d'eau chaude {alveus); on
le voit à l'extrémité carrée de la cham-
bre D dans la dernière gravure et à la
lettre h dans celle qui précède (Cic. ad
Att. Il, 3; Petr. ^«/. 72 ; Celsus, m, 24).
BALLISTA ou BALISTA (Xieoê6Xo;
ou),t6o66Xov). Machine dont on se servait
dans les sièges pour lancer des pierres
très-pesantes (Lucil. Sat. XXXVIII, p. Cl,
23 Gerlach; Cic. Tusc. Il, 24; Tac.
Hist. IV, 23). Ni les descriptions des au-
teurs latins ni les monuments de l'art ne
nous mettent en état de nous former lu'.e
idée bien nette de la manière dont ces
machines étaient construites : et les dif-
férentes tentatives qu'ont faites les anti-"
quaires modernes pour en restaurer un
modèle d'après les termes de Vitruve
(X, 11) et d'Ammien Marcellin (xxill,
4, 1-3) sont trop incertaines et trop con-
jecturales pour avoir la moindre auto-
rité. Ces machines cependant étaient de
dimensions différentes et appelées majo-
res et minores (Liv. xxvi, 47). Quel-
ques-unes servaient comme machines de
campagne : elles étaient placées sur des
voitures et tirées par des chevaux ou des
mulets, de telle sorte qu'on les pouvait
facilement transporter sur tous les points
du champ de bataille; de là leur nom de
Carroballistx : on en voit une représen-
tée sur la colonne de Marc-Aurèle. Nous
BALLISTARIUM.
l'avons donnée à ce mot : elle pourra
montrer à peu près à quoi ressemblaient
ces machines; mais les détails en sont
trop imparfaits et trop défectueux pour
faire parfaitement comprendre le prin-
cipe même d'après lequel elles étaient
construites.
BALLISTARIUM ou BALISTARIUM.
Arsenal ou magasin dans lequel on
gardait les ballistœ (Plaut. Pœn. l, 1,
74).
BALLISTARIUS ou BALISTARIUS.
Soldat qui servait et manœuvrait la bal-
liste; il était rangé parmi les troupes
armées à la légère (Ammian. xvi, 2, 5;
Veget. Mil. u, 2).
BALNEiE. Voy. Baline^e.
BALNEARIA. Ce mot servait pour ex-
primer collectivement tous les ustensiles ,
les vases et les objets nécessaires qu'on em-
ployait dans un jjain, tels que les stri-
giles, l'huile, les parfums, les serviet-
tes, etc. (Apul. Met. m, p. 51; cf.
Lamprid. Jlex. Sev. 42; Paul. Dig. 34,
2, 33).
2. Corps de bains ou pièces où l'on
prend un bain (Cic. ad Q. Fr. m, 1, 1).
Voy. Baunk.ï; et Balineum.
BALNEARIUS (sous-entendu /"«r. Ca-
tull. XXXIII, 1 ). Individu qui faisait mé-
tier d'aller voler, dans les bains publics ,
• les vêtements des pauvres gens qui n'a-
vaient pas d'esclaves à eux pour les gar-
der pendant qu'ils prenaient le bain. A
Rome, en effet , tout le monde était oliligé
par la loi de dépouiller ses vêtements dans
Vapodyterium avant de pouvoir entrer
dans les pièces des bains (Cic. Cœl. 2G) :
c'était pour empêcher qu'où ne put dé-
rober les ustensiles de l'établissement et
les cacher sous ses vêtements.
BALNEATOR. Celui qui était chargé
de la garde des bains (Cic. Cœl. 26).
BALNEATRIX. Femme propriétaire de
bains ou chargée dans un bain de la sur-
veillance du côté des femmes (Petr. ap.
Serv. ^«.xii, 159).
BALNEUM. Voy. Balineum.
BALTEARIUS. Maître ou garde des
baudriers (Imltei) , officier de la maison
impériale , dont la fonction était de soi-
gner et de conserver dans la garde-robe
ces objets d'utilité et de parure (Inscript.
73
ap. Reines, cl. 8, n. G9; Spon. Miscell.
Erud. Ant. p. 253).
BALTEOLUS, diminutif de Balteus.
BALTEUS ou BALTEUM (TeXajxwv).
Baudrier passé sur une épaule et sous
l'autre pour sus-
pendre l'cpée, de
la même façon que
nos soldats por-
tent les armes
qu'ils ont au côté
(Quint. XI, 3,
140). Il était at-
taché sur le de-
vant par une bou-
cle (Virg. Mil. y,
314), et souvent
enrichi de clous d'or {hullx) onde pier-
res précieuses (Virg. /. c). On peut voir
distinctement ces détails dans la gravure ,
prise d'un trophée de Rome , qu'on ap-
pelle communément trophée de Marins,
mais qui appartient, en réalité, à l'époque
de Trajan.
2. Les soldats grecs de l'âge homéri-
que se servaient d'un baudrier sembla-
ble pour porter leurs boucliers; ils en
portaient deux en même temps (Hom.
//. XIV, 404).
3. On se servait encore d'un baudrier
seni!)lable, qu'on désignait aussi par le
même nom , pour suspendre un carquois
sur les épaules (Virg. Mn. v, 313; Ne-
mes. Cyneg. 91), ou un instiument de
musique, comme une lyre ou une guitare,
au cou (Apul. Flor. Il, 15, 2). Voy. les
gravures , aux mots Pharetratus , 3 ,
et Lyristria, qui présentent des bau-
driers employés de ces deux façons.
4. Baudrier ou bandeau de parure,
décoré parfois de clous d'or et d'argent
ou de broderies, qu'on
plaçait autour du cou
et du poitrail d'un
cheval, au-dessous du
moiiile ou sous-gorge,
et auquel on attachait
souvent des grelots.
(Apul. 3lef. X, p.
224). La figure ci-
jointe est prise d'un
vase d'argile; comparez celle du mot
Tintinnabulatus, qui est plus simple et
74
balteus*
BAPTISÎERltfM.
qui représente un grelot suspendu au bau-
drier.
5. Ce mot désigne moins exactement,
surtout chez les poëtes, un ceinturon (Lu-
can. II, 361 ; Sil. Ital. x, 181. Cf. Cm-
GULUM), ou encore une sangle passée au-
tour du corps d'un cheval (Claud. Ep. xxi
et XX. Voy. Cingula).
6. Large bande plate dans la sphère,
qui contient les douze signes du zodia-
que et représente la course du soleil qui
les traverse (Manilius, III, 334) , comme
on le voit par la gravure, qui est copiée
d'une peinture de Pompéi.
7 . Bande qui entoure le coussin sur le
côté d'un chapiteau ionique; en langage
technique , bande ou ceinture des cous-
sins (Vitruv. XI, 6, 7). Elle est souvent
couverte de sculptures, comme on le
voit dans la figure, qui représente un cha-
piteau appartenant au temple de Minerve
Polias, et vu latéralement.
8. Mur ou parapet, qui, dans un théâ-
tre ou amphithéâtre, formait une ligne
de démarcation entre une rangée de siè-
ges (mœnianum) et une autre (Calpurn.
Ed. VI, 47). Il servait à empêcher les
différentes classes de spectateurs de pas-
ser des places assignées à leurs ordres
respectifs dans d'autres parties de l'édi-
fice où elles n'avaient pas droit de s'as-
seoir : par exemple, d'une rangée supé-
rieure dans une inférieure. La figure pré-
sente une vue du plus grand théâtre de
Pompéi, et montre une partie de deux
mœntana ou rangées de sièges avec le bal-
teus qui les sépare. On comprendra que ce
parapet, qui n'est ici qu'un débris, courait
sans interruption autour de toute la ran-
gée de sièges. Les spectateurs, en entrant
au théâtre, suivaient la galeiie couverte,
qui est l'arcade vaste et obscure , figurée
à main droite , jusqu'à ce qu'ils arrivas-
sent à une des petites portes {yornitoria)
par lesquelles ils pénétraient dans l'inté-
rieur; ils descendaient ensuite les esca-
liers de devant jusqu'à ce qu'ils fussent
parvenus à la rangée ou au gradin {gra-
dus) oii se trouvaient les places qui leur
étaient assignées. On voit au-dessus un
autre halteus, avec deux de ses portes,
qui séparait le second mœnianum des
sièges supérieurs. On remarquera aussi
que le passage couvert qui entoure le
premier msenianum ne communiquait
pas avec le mœnianum supérieur; on y
arrivait par un corridor distinct, qui avait
un escalier séparé dans la partie exté-
rieure de l'édifice.
BAPHIUM (PaçeTov). Établissement
de teinturier (Inscript, ap. Carli , An-
tich. Ital. tom. III, p. 14 : Procuratori
Bapliii Cissx Histrise. Cf. Lamprid. Alex.
Sev.W; Strab. XYI,2,§ 23).
BAPTISTERIUM (PaùtiaT^piov). Mot
de forme grecque (Sidon. Ep. il, 2), quoi-
qu'on ne le trouve dans aucun auteur
grec. Bain froid oii l'on se plongeait; il
était construit dans la cella frigidaria
(Plin. Ep. II, 17, 11; v, G , 25). La
gravure représente un bain froid et la
pièce qui le contient, telle qu'elle sub-
siste encore à Pompéi. Le bain lui-même
(baptisterium) est un bassin de marbre
circulaire, de 3'"- 88''* de diamètre; deux
gradins y sont pratiqués, et il y a au fond
BARBATULUS.
lin sic^o lia-i (a main çaiiclio dans la gi.i-
vure), sur le([iiel le baigneur pouvait
s'asseoir et se laver.
2. Ce mot désigne, dans les auteurs
. ecclésiastiques ou après rétablissement du
christianisme , un édifice distinct de l'é-
glise, dans lequel étaient placés les fonts
baptismaux (Sidon. Ep. iv, 15). Le
])aptistère bâti par Constantin près de
l'église de San Giovanni Laterano, à Ro-
me, est un modèle de ce genre d'édifice.
On trouve une vue de l'intérieur de ce
monument dans Gally Knight (Ecclesias-
tical arcltili'cfure of Italy).
BARBATL'LUS. Celui dont une jeune
barbe commence à entourer le menton ,
sans être raccourcie ou arrangée par le
barbier (ÇÀQ.ad Att. \, 14). Ainsi la por-
taient les jeunes gens de Rome avant que
l'habitude de se raser eût été adoptée;
dans la suite , ils portèrent toute leur
barbe jusqu'à l'âge viril, où, devenue
plus longue, elle demandait à être ar-
rangée avec art. La figure est prise d'une
statue de Drusus, fils de Tibère, trouvée
à Pompéi.
BARBATUS (uwywvîa;). Homme qui
porte toute sa barbe , comme le faisaient
ordinairement les Grecs, jusqu'à l'époque
d'Alexandre, et les Romains, jusqu'à
l'an 300 avant J.-C. (Plin. H. N. vu,
59; Cf. Liv. v, 41, et Cic. Cal. 14);
de là vient que les au-
teurs latins emploient
souvent ce mot pour
caractériser les maniè-
res rudes et incultes
des premiers âges (Cic.
Mur. 12; Sext. 8).
La figure ci-jointe est
tirée d'une pierre gra-
vée qui représente, à
ce qu'on suppose , Nu-
ma Pompilius. On s'au-
torise, pour cette conjecture, de sa res-
seml)lance avec le profil qu'on voit sur
certaines monnaies où est inscrit le nom
de Numa.
2. Barbatus hene. Personnage dont la
barbe est coupée et arrangée avec un art
qui lui donne une sorte
de beauté; cette mode
s'introduisit parmi les
jeunes élégants vers les
derniers temps de la ré-
publique (Cic. Catil.
II, 10), et fut adoptée
par les empereurs de-
puis le temps d'Adrien ,
comme on le voit par le
buste ci-joint d'Anto-
nin le Pieux , d'après une pierre gravée.
BARBITOS et BARBITON (pâpêiiro;,
pâpê'.Tov, et j5apij[ji,i.xov , Jul. Poil, iv,
59). Instrument à cordes du genre des
lyres; il était plus grand que la lyre pro-
prement dite, et avait des cordes plus
fortes (Pollux, /. c); par conséquent il
donnait des notes plus hautes et plus
pleines que les lyres ordinaires. On se
servait pour jouer du barbiton des doigts
et du plectritm (Claud. Proœm. ad Epith.
in Niipt. Hon. et Mar. 9; Ausou.
15
BARCA.
BAStLtCA.
Epigr. 44). Ainsi cet inslrunient était
à la lyre ce qu'est le vio-
loncelle au violon. Il est
très-probable, d'après tous
ces détails, que la figure
donnée ici est un spéci-
men authentique de l'an-
cien liarl'itos. Elle est pri-
se d'une peinture de Poni-
péi, où elle est placée à
coté d'Apollon, et porte
à terre sur un bouton
proéminent , comme nor
Ire basse de viole; elle
atteint en hauteur à la
moitié de la figure pein-
te.
BARCA. Bateau employé pour trans-
porter au rivage la cargaison d'un vais-
seau. Quand le vaisseau partait , on met-
tait ce bateau à bord et on ne le descen-
dait que lorsqu'on en avait besoin
(Isidor. Orig. XIX, 1, 19; Not. Tir.
p. 77).
BARDOCUCULLUS. Vêtement avec ca-
puchon (cucullus) qui, si nous en jugeons
par le nom, était particulier aux Bardéens,
peuple de l'Illyrie (Cf. Capitol. Pcrtiii. 8) :
Martial {Ep. I, 54 ; cf. Juv. Sat. viii, 145)
l'attribue aux Gaulois, et dans un autre
passage (£/;. xiv, 128) il indique claire-
ment que c'était un vêtement de dessus
porté par le bas peuple de ce pays, et
ayant une sorte de ressemblance avec la
pœnitla romaine. Ainsi c'était probable-
ment un manteau d'étoffe gi'ossière, avec
\m capuchon, qui couvrait tout le corps,
pareil à celui que porte le charretier
dans la gravure ci-joiute, prise d'un bas-
relief de tombeau trouvé à Langres. Ce
«C^'
vêtement a des manches que n'avait pas
la pieintla. Il y a de côté, près du pied
droit, une fente, la même que dans la px-
iiiiia, mais moins longue. Ce sont précisé-
ment ces ressemblances et ces différences
qui expliquent pourc[uoi Martial a rap-
proché les deux mots. [La coule des moi-
nes, avec le capuchon pour rabattre sur
la tête , est une imitation de ce vêtement
primitif des paysans].
BARIS (pàpt;). Bateau à fond plat
dont on se servait sur le Nil pour le
transport des marchandises, et plus parti-
culièremeut pour faire passer la rivière
à un mort et le mener au lieu de sa sé-
pulture avec un cortège funèbre (Herod.
II, 9C; Diodor. i, 9G). La figure ci-
jointe représente, d'après nue peinture
égyptienne, un de ces bateaux tpii porte
une momie. Quand Properce (m, 1 1, 44)
applique ce nom aux vaisseaux île guei're
d'Antoine et de Cléopàtre , on doit l'en-
tendre dans un sens d'ironie et d'extrême
mépris.
BASCAUDA. Même sens que le gallois
hasgawd et l'anglais Imslu't (panier,
corbeille). Ces objets de l'ancienne in-
dustrie des Bretons furent importés avec
leur nom à Rome (Mart. Ep. xiv, 99),
où ils étaient employés parmi les ustensiles
de table et très-recherchés (Juv. Sat. xil,
4G; Schol. Vet. «^ /.).
BASILICA. Vaste édifice public, élevé
dans le forum ou place du marché, ou près
de cette place : il servait de lieu de
réunion pour les marchands et ceux qui
faisaient des affaires, aussi bien que de
cour de justice; il répondait ainsi sous
beaucoup de rapports à la fois à un hôtel
de ville et à une bourse modernes (Cic.
T'en-. II, 5, 58; ad An. u, 14).
L'intérieur d'une basilique avait une
grande ressemblance avec la plupart de
nos vieilles églises. Il se composait d'une
nef centrale et de deux ailes latérales
c[ui en étaient séparées par une ran-
gée de colonnes , comme on le voit dans
BASILICCS.
BASTERNA.
77
le plan ci-joint de la basilique de Pom-
— "Il
péi. C'est dans cette partie de l'édifice
que ceux qu'appelaient leurs affaires et
les marchands se réunissaient et trafi-
quaient. A l'autre extrémité de la grande
nef, une partie de l'édifice était séparée
par une grille (voy. la partie à main
droite dans la première gravure ) ,
comme le sanctuaire d'une église; quel-
quefois il y avait une triiiune élevée hors
du corps principal (voy. la gravure ci-des-
sous) : on avait ainsi dans la même cons-
truction un lieu l'etiréet éloigné du bruit
et du tumulte des trafiquants. C'était là
que siégeaient les juges et que l'on plai-
dait. L'intérieur de l'édifice était de plus
entouré d'une galerie supérieure, élevée
sur les colonnes qui partageaient les ailes
inférieures, comme on le voit dans la
HnlnlnlrlrlrlrlcJplnMiilrlrlnlrînlnikiMnlDli
gravure ci-jointe, qui montre une section
et une élévation en longueur de l'an-
cienne basilique de Vérone, telle qu'elle
a été restaurée d'après ses ruines par le
comte Arnaldi. Ces galeries supérieures
étaient construites principalement pour
la commodité des spectateurs et des
oisifs, qui pouvaient ainsi assister au
mouvement des affaires sans y apporter
aucune confusion ni aucun trouble (Yi-
truv. V, 1).
2. Après l'introduction et rétal)lisse-
ment du christianisme par Constantin, ce
prince convertit plusieurs des anciennes
ùasiiicx en édifices destinés au culte ;
leur plan était parfaitement adapté à ce
but. De là vient que, dans les auteurs
ecclésiastiques de cette période, le mot
basilica est employé communément pour
désigner une église (Sulp. Sev. Hist.
sacr. II, 33 et 38). Cinq de ces édifices
à Rome gardent encore leur ancien nom
de basilujiit's; de plus, ils conservent des
marques de leur destination primitive :
on les tient ouverts tout le jour, comme
une cour de justice, au lieu de les fermer
à certaines heures, ainsi que toutes les
autres églises.
BASILICLS (Jactus). Nom donné à
un coup de dés. Quelle combinaison de
chiffres fallait-il pour amener ce coup,
on l'ignore : mais on peut juger, d'après
son nom, qu'il était excellent, quoique au-
dessous de celui de Vénus , qui était le
meilleur de tons (Plaut. Cure, il, 3,
80; Becker, Gallus, p. 393 de la trad.
aiigl.).
BASTERNA. Sorte de palanquin,
destiné particulièrement aux femmes
(Poet. Incert. in Anthol. Lat. Ep. m ,
183). C'était une voiture fermée (Ammiau.
XIV, G , 10) , traînée par deux mulets , un
devant et l'autre derrière , attachés cha-
cun à des brancards séparés ( Pallad.
VII, 2, 3). Cette description répond si
exactement à la figure ci-jointe, copiée
d'une ancienne gravure du quinzième siè-
cle, et à des voitures semblables dont on
se sert encore dans différents pays, qu'il
n'y a pas de doute que l'ancienne bas-
78
BASTERNARIUS.
BESTIABIUS.
terna ft'it faite sur un modèle analogue.
BASTERNARIUS. Esclave conduisant
les mulets qui portaient un palanquin ou
basterna (Svmm. Ep. VI, 15).
BATILLUM ou BATILLUS. Petite
pelle ou brasier, servant de réchaud , sur
lequel on portait du charbon allumé pour
brûler des herbes odoriférantes et de
l'encens (Hor. Sat. i, 6, 36). La gra-
vure ci-jointe est tirée d'un original en
bronze trou\é à Ponipéi.
2. Pelle commune pour enlever les
ordures, etc.; elle était tantôt en bois
( Varro , R. R. i , 60, 2 ) et tantôt en fer
(Varro, R. R. m, 6, 5).
3. Petit plat, muni d'un manche et
servant de creuset pour essayer l'argent
(Plin. H. .V. XXXIII, 44). La figure est
])rise d'un bas-relief trouvé sur la voie
Appienne. On reconnaît clairement l'u-
sage de cet ojjjet , dans le modèle origi-
nal, au sac de monnaie qui est figuré
tout à côté.
BATIOLA. Sorte de vase à boire de
grande capacité et de matière précieuse ;
mais on ignore quelles en étaient la
forme et la contenance précise (Plaut.
Stich.y, 4, 12).
BAXA et BAXEA. Sorte de chaussure
légère, patin, sandale ou soulier, faite
chez les Romains de fibres, de feuilles
ou de petites bandes de saule tressées
(Isid. Orig. XIX, 34, 6 et 13), et, chez
les Egyptiens , de la feuille du palmier ou
du papyrus (Apul. Met. il, 39). Elle
était portée et sur la scène comique
(Plaut. Men. II, 3, 40) , et par les phi-
losophes qui affectaient une grande sim-
plicité de costume (Apul. 3Ie(. xi, p.
244). La gravure ci-jointe représente
un modèle en papyrus de la col-
lection de Berlin. Ces chaussures sont
quelquefois indiquées aux pieds des
statues égyptiennes, et on en a décou-
vert plus d'un original dans les tombeaux
d'Egypte ; quelques-unes sont faites avec
des quartiers fermés et une empeigne ,
comme un soulier; d'autres avec une
feuille qui forme un simple lien placé sur le
cou-de-pied, comme un socque ; d'autres,
enfin , comme le spécimen donné ici ,
avec un lien placé sur le cou-de-pied , et
une autre feuille plus petite, dans la
partie antérieure de la semelle, destinée
à passer entre le grand orteil et le doigt
voisin.
BENNA. Mot gaulois employé pour
désigner un chariot à quatre roues ou
une voiture faite d'osier et pouvant con-
tenir plusieurs personnes , comme on le
voit dans la gravure ci-jointe, prise de la
colonne de Marc-Aurèle (Festus, s. v. ;
Scheffer, de Re a-ehic. II, 21; cf.
Cato, R. R. 23, 2, où cependant Schnei-
der lit Mœna).
BES. Les huit douzièmes ou les deux
tiers d'un objet, par exemple, une des
fractions de YAs. C'était une monnaie
de compte et non une pièce de monnaie
avant cours (Varro, L. L. v, 172).
■ BESTIARIUS (er,p'.o!J.âxr,ç). Homme
c[u'on louait pour comi)attre les bêtes
féroces aux jeux du cirque, dans l'amphi-
théâtre de Rome, ou dans les autres
spectacles qui étaient donnés au peuple
(Cic. Se.Tt. 04; ad. Q. Fr. Il, 6). Les
hestiarii étaient distincts des gladiateurs
et regardés comme une classe inférieure
parmi les combattants (Petr. Sat. 45,
11). Dans l'origine , ils étaient complète-
ment couverts comme eux d'une armure
défensive et offensive, et portaient un
BIBUOPOLA.
79
casque , un bouclier, un couteau ou une
épée et avaient les jambes protégées.
On voit la plupart de ces détails dans
la gravure ci-jointe , tirée d'un bas-relief
engagé dans la muraille du palais Savelli,
maintenant Orsini, à Rome. Ce palais
est bâti sur les ruines du tbéàtre de
Marcellus, à la dédicace duquel furent
tuées six cents bêtes féroces, carnage rap-
pelé sans doute par le bas-relief dont
nous partons. Dans la suite, \es hestiarii
devinrent plus distincts des gladiateurs
par leur costume et leur manière de com-
battre : ils n'eurent plus d'armes défen-
sives que des bandages sur les jaml)es et
sur les bras ; et , pour armes offensives ,
ils ne portèrent plus qu'une lance ou une
épée d'une main , et de l'autre une pièce
d'étoffe peinte , comme le matador espa-
gnol : on le voit par la figure donnée ici
et empruntée à une tombe de Pompéi.
Cette coutume s'introduisit d'aijord sous
le règne de Claude (IMin. H. N. Viii, 21).
BlBLIOPOLA(Pip),tOTi(;)),Yi:).Z//;/-a/re.
Son métier consistait à rassembler des
manuscrits (Mart. £p., iv, 72); à en
donner avis par des catalogues affichés
à l'extérieur de sa boutique (Mart. £p.
I, 118, 11; Hor. Sat. i, 4, 71; ^.
P. 373); à en multiplier les copies en
employant plusieurs mains à les trans-
crire (Mart. £p. Il, 8; cf. £p. vil,
11), et à les mettre en vente (Plin.
£p. IX, 11).
BIBLIOTHECA (piêXtoe^xY)). Biblio-
tbèque, c'est-à-dire appartement ou édi-
fice dans lequel on conserve une collec-
tion de livres (Cic. ad £am. vil, 28). On
a découvert une chambre disposée com-
me une bibliothèque , dans une des mai-
sons d'Herculanum, en 1753: elle con-
tenait 1,756 manuscrits, sans compter
plusieurs livres qui furent détruits par
les ouvriers avant qu'on en connût le
prix. Ils étaient arrangés sur des rayons
autour de la chambre à une hauteur de
près de six pieds; et, au centre, il y
avait une case isolée, formée par une
colonne rectangulaire, qui faisait face
de chaque côté, et qui était remplie de
la même manière que les autres rayons
(lorio, Officina de Papirï).
2. Bibliothèque, c'est-à-dire collection
des livres contenus dans une bil)liothè-
que (Cic. ad £am. XIII, 77 ; Festus, s.
3. Casier pour livres ou suite de ta-
blettes à livres (Paul. Dig;. 30, 1, 41;
Ulp. Z)/>. 32, 3, 52, § 8).
BIBLIOTHECULA. Petite bibliothè-
que (Svnim. £p. ix, 18).
BICLINIUM. Sofa ou couche sur la-
quelle pouvaient se placer deux person-
nes pour prendre leurs repas, etc. (Plant.
/Jacch. IV, 3, 84 et 117). C'est un mot
hybride, moitié latin, moitié grec (Quint.
I, 5 , G8). La gravure est tirée d'un bas-
relief romain.
BIDENS (ôîx£/,Xa, (y[JiivÛYi). Houe forte
80
BIDEMAL.
et pesante, armée de deux fourchons (Ov.
^..Aj».^\-......»-,..^......-^.,.^,>Mtmi^,[»^».»-...^.
Fast. IV, 927 ) , qui servait dans la cul-
ture des champs à différents usages : par
exemple, à trouer le sol au lieu de le
labourer; à briser les mottes de terre
retournées par la charrue; à remuer la
charrue et à la nettoyer autour des ra-
cines de la vigne, etc. (Virg. G. Il, 355,
400;Tibull.ii, 3, 6 ; Columell. iv, 17,
8). Le modèle ici donné est pris d'une
pierre gravée qui représente Saturne
sous les dehors d'un esclave des champs,
par allusion aux Saturnales.
2. Ce mot employé adjectivement s'ap-
plique aux objets qui ont deux four-
chons, deux lames ou deux dents, comme
for f ex m\ ferrum biclens (Wr^. Cat. 8;
Cir. 213) , paire de ciseaux (voy. la gra-
vure au mot FoRFEx); hidens ancora
(Plin. YII, 57), ancre à deux pattes;
dans les premiers temps l'ancre n'en
avait qu'une. Voy. A>"CORA.
BIDENTAL. Petit temple ou chapelle
consacrée par les augures, et contenant
un autel élevé sur tout lieu qui avait été
frappé de la foudre (puteal ) ; il était ap-
pelé ainsi parce qu'il était d'usage d'y
sacrifier une brebis de deux années {hi-
dens) Festus, s. v.; Hor. J. P. 471;
Apul. de Deo Socr. p. 67 7). La gravure
présente"un spécimen des restes d'un hi-
dental SiVomyiéi. Ou voit l'autel au cen-
tre; les colonnes mutilées qui l'entou-
raient sont encore dejjout à leurs places ;
on peut aisément se figurer le toit et le
restfe de l'édifice.
BIFORIS et BIFORUS (St'ôupo;). Ces
mots s'appliquent aux fenêtres et aux
portes, pour indiquer celles qui s'ouvrent
à deux battants, au lieu de s'ou\Tir tout
d'une pièce, et qui ressemblent par con-
séquent à ce que nous appelons fenêtres
françaises et portes à battants (Ovid.
Pont. III, 3 5; Vitruv. iv, 6, 6). Voy.
la gravure au mot Axtepagmemim.
BIFRONS (oi(x£Tco7:o?). Tète qui a
deux fronts ou deux figures, par devant
et par derrière; type at-
tribué à Janus, comme
marque de sa grande sa-
gacité et comme emblè-
me de sa connaissance du
passé et de l'avenir, du
connu, qui, à ce qu'il
semble, est devant, et de
l'inconnu, qui est derrière
fN'irg.^Vi.vii, 180). Des bustes de cette es-
pèce, représentant les images de différen-
tes personnes tournées dos à dos , étaient
fort employés par les anciens pour orner
leurs bibUothèques et leurs galeries de
peintures ; on les plaçait souvent au haut
d'un pilier carré, au milieu des carre-
fours ; généralement ils couronnaient le
poteau qui formait le montant d'une grille
de jardin ou d'une autre enceinte d'or-
nement ; à cette intention , en effet , ou
choisit un objet qui peut être vu de face
ou de tous les côtés. La gravure ci-jointe
est prise du Capitole de Rome; elle pré-
sente deux bustes de femme d'une grande
ressemblance, coïncidence très-rare; car
des bustes de cette espèce représentent
la plupart du temps des têtes d'hommes
empruntées à des personnes différentes.
Ce sont généralement des philosophes,
ou le Bacchus indien uni à quelque per-
sonnage mythologique ou autre.
BIGA (<7v)vwpî;). Deux chevaux attelés
ensemble par une barre transversale
portant sur leur garrot, comme on le
voit clairement dans la gravure, prise
!l
d'une peinture de Pompéi. C'est dans ce
sens que le pluriel bigx est employé le
plus souvent et avec le plus de propriélé
(Plin. H. N. VII, 57; Virg. /En. u ,
rri; Catull. LV, 26).
2. Au singulier, ce mot désignait un
char traîné par deux chevaux , quoique
dans ce cas on se servît aussi du pluriel.
On appelait aussi hlga une voiture à deux
chevaux (Suet. Tih. 26; Tac. Hht. i,
86), soit char de guerre, soit char de
course. C'est un de ces derniers qui est
représenté ici d'après une lampe d'ar-
gile.
BIGATUS (nitmmiis on argenttirn higa-
tum, Liv. XXXIII, 23). Denier d'argent;
une des monnaies les plus anciennes des
Romains (Liv. xxili, 15; Tac. Gcrm.
5 ) , qui avait pour type
une big a ou un char à
deux chevaux sur le
revers (Plin, H. N.
XXXIII, 13) : et c'est
de là que lui vint son
nom. Le spécimen que
nous donnons est tiré
d'un modèle du Musée Britannique : on
lui a conservé sa dimension actuelle.
BIJUGUS et BIJUGIS. Même sens que
BiGA.
BILANX. Balance à deux bassins
(Mart. Capell. ii, 180, p. 42). Voyez
LiBRA.
BILIX (2î[xiToç). Objet fait de deux
fds ou à doubles lisses (licla). Ce mot
s'appli([ue à luie étoffe tissue comme
notre basin (Virg. jEn. xii, 375). Ce
qu'elle a de particulier tient à la manière
dont sont entrelacés les fils de la chaîne
et ceux de la trame. Dans une pièce de
calicot commun, les iils se croisent à
angles droits, chaque fil de la trame
{.■iuhtcmen) passant alternativement sur
et sous un des fils de la chaîne (stamen) ;
il en résulte des lisses simples. Mais, dans
les tissus croisés, un fil de la trame est
passé xur un , puis sous deux ou plu-
sieurs iils de la chaîne, ce qui semi)le
former comme des côtes sur l'étoffe.
Quand le tissu croisé est formé en passant
sur un fil et sous deux , il faut des lisses
doubles et on lui donne l'épithète de
h'dix; quand il passe sur un et sous trois ,
celle de trilix , et ainsi de suite.
BILYCHNIS (sous-entendu luccrnn).
Lampe munie de deux becs et de deux
mèches , et donnant deux flammes sépa-
rées (Petr. Sat. 30), comme dans le
spécimen, tiré d'un modèle en bronze.
BIPALIUM. Espèce particulière de
Ijèche, munie d'un barre transversale
à une certaine hauteur au-dessus du fer,
sur laquelle le laboureur pesait du pied
en creusant la terre. Il enfonçait ainsi le
fer deux fois aussi avant qu'avec la bêche
ordinaire (pala). Le bipalium entrait
habituellement de deux pieds en terre,
mais on pouvait accroître ou diminuei'
cette profondeur en plaçant plus loin ou
|)lus près du fer la jjarre transversale
(Cato,A. R. 45. 2; Varro, R. R.i, 37,
5; Columell. xi, 3,11). Le spécimen est
pris d'un bas-relief de tombeau.
82
BIPEDA. Grand carreau, long de deux
pieds , dont on se servait pour faire des
pavés en plein air (Pallad. i, 40, 2, et
19, 1).
BIPENNIFER. Qui porte la hache a
deux tranchants ( bi-
pennis) , arme qui ca-
ractérisait particulière-
ment les Amazones ,
comme on le voit dans
la gravure, prise d'iui
has-relief grec. Ou don-
nait aussi cette arme à
d'autres personnages ,
comme au roi de Thra-
ce Lycurgue (Ov. Met.
IV, 22), et à Arcas, fds
de Jupiter et de Callisto
(Ovid. Metamorph. VIII, 391 ).
BIPEÎNNIS (of(TTO[j.oî Tté^exu;, à^îvr,).
Hache à douljle lame ou tranchant
(Isidor. Orig. xix , 19 , 11), dont on se
servait comme de doloire (Hor. Od. iv,
4, 57), mais qu'on employait plus com-
munément comme arme de guerre
(Yirg. JEn. v, 307; Plin. H. N. viii,
8). Voyez la gravure et le mot précé-
dents.
BIPRORUS (SÎTipwpoç). Qui a une dou-
ble proue (Hygin. Fah. 168, 277); ce
qui signifie probablement un vaisseau
construit avec un avant et un arrière
tranchants et effilés , comme les rapides
proas des mers de l'Inde , de façon à
pouvoir voguer des deux côtés sans virer
vent devant ou virer de bord. (Cf. Tac.
.-/««. II, 6).
BIREMIS (ûi'y-wTio;). Littéralement,
muni à'uiie paire de rames ou d'avirons;
de là l'emploi de ce mot , soit adjective-
ment ayec scap/ia , soit substantivement,
pour désigner un petit bateau gouverné
par un seul homme qui manie une paire
d'avirons, comme dans la figure ci-jointe,
lirée d'une ancienne fresque (Hor. OcL
III, 29, 62; Lucan. viii, 562; cf. 565 et
611, où la^ même eml^arcation est dési-
gnée par les mots par va ratls et alniis).
2. (Sîy.poTo;). Navire muni de deux
rangs de rames (ordiiies) : c'est là l'ap-
plication la plus commune de ce mot ; il
désigne une birème ou vaisseau de guerre
qui a deux rangs de rames de chaque co-
té , placés en diagonale l'un au-dessus de
l'autre, comme dans la gravure, prise
d'un bas-relief en marbre de la villa Al-
bani ; chaque rame était manœuvrée par
un seul rameur (Plin. H. JV. Ail, 57;
Cœs. B. C. III, 40; Tac. Hisf. v, 23).
11 est évident que telle était la disposition
adoptée dans la construction d'une birè-
me, d'après le spécimen que nous don-
nons. On le voit aussi par les sculptures
de la colonne Trajane (23, 24, 59, 61,
éd. Bartoli) , où une disposition sembla-
ble est indiquée ; enfin par le passage de
T.icite (/. c.),qui distingue un vaisseau
qui avait ses rames placées sur un seul
rang (moneris) de la birème, où elles
étaient par conséquent disposées sur
deux (complet ijitod biremium, quœquc
simplici ordine agebantui),
BIROTUS et BIROTA. Ce mot pris
substantivement désigne un objet qui a
deux roues, et s'applique à toute espèce
de voiture. Elles sont toutes éuumérées
dans la table analytique (Non. Marc. s. ii.
Cisium, p. 86; Cod. Theodos. 8, 5,8).
BIRRl'S. Capote avec capuchon
BISACCICIU.
BBABECTA.
83
(Schol. Vet. «^ Juv. Sat. viii, 145),
fort en usage dans toutes les classes
sous les derniers empereurs : on la por-
tait pour se couvrir la tête et les épau-
les. Elle était à poil long (Ciaud. Epigr.
42), et, à cause de l'épaisseur de sou
tissu, on lui donnait l'épithète de roide,
rigens (Sulp. Sev. Dial. 14); il est fa-
cile de reconnaître ces deux caractères
dans la gravure, tirée d'une statue trou-
vée à Pompéi, et qui représente un jeune
pêcheur endormi dans sa capote.
BISACCIUM. Double valise faite de
toile grossière ; c'est l'origine de l'italien
Usaccia, du Smâxiov des Grecs modernes,
et du français besace et bissac (Petr. Sat.
31, 9; Anton, ad L).
BISELLARIUS. Personne qui avait le
privilège de se servir du biseUhim (Inscr.
rt/7. Grut. 1099,2).
BISELLIUM. Fauteuil d'apparat et de
grande dimension où pouvaient se placer
deux personnes (Varro, L. L. v, 128),
quoiqu'il y ait lieu de croire qu'il ne
servait qu'à une seule. En effet, les diffé-
rents spécimens trouvés ou représentés à
Pompéi sont habituellement accompa-
gnés d'un seul tabouret {suppedaneum)
placé au milieu, comme dans le spéci-
men ici donné, qui est pris d'un bas-relief
de Pompéi, et qui porte inscrit au-dessus
son nom de ^mc//(«w. Ces fauteuils étaient
employés par les personnes de marque,
particulièrement les augustales, dans les
provinces, au théâtre et dans les autres
lieux publics, de la même façon que la
sella curulis à Rome (Inscript, ap.
Mazois, Ruines de Pompéi, vol. i, p. 24 ;
ap. Fabretti, c. 3, n. 324; ap. Grut.
475,3).
BIVIUM. Route ou rue qui se parta-
geait en deux Jjranclies (Plin. H. N. vi,
32) ; de là, in bivio (Virg. ^En. iv, 238) ,
au point de partage de deux routes ou
de deux rues. A cet endroit, il y a tou-
jours une fontaine dans la ville de Pom-
péi , comme on le voit dans notre spéci-
men , qui présente une vue d'une des rues
de cette ville.
BOLE. Mot prol)al)lement identique
avec le grec xXoiôç, c'est-à-dire large col-
lier de bois qu'on mettait autour du cou
des chiens dangereux (Xen. Hell. Il, 4,
41). Les Romains appliquèrent ce mot,
avec un sens analogue, à un collier de
Ijois ou de fer mis autour du cou des es-
claves et des criminels (Plaut. Asin. m ,
2, 5; Capt. iv, 2, 109; Prudent. Prwf.
Psych. 34; Hieron. 5 in Hierem. 27 ).
BOLET AR. Plat pour servir des cham-
pignons, boleti (Alart. Ep. XIV, 101). Ce
mot a ensuite été appliqué à toute espèce
de plat (Apic. II, 1 ; v, 2; vill, 7).
BOTELLUS. Diminutif de botulus
(Mart. V, 78).
BOTULARIUS. Celui qui faisait et
vendait des botuli, boudins noirs ou sau-
cissons (Sen. Ep. 56).
BOTULUS (çijaxY)). Sorte de saucis-
son ou de boudin noir : on le préparait
avec le sang de l'animal (Tertuîl. Jpol.
9) : il semble avoir été estimé surtout
par le bas peuple ou par des personnages
tels que le Trimalchio de Pétrone (Mart.
XIV, 72; Gell. xvi, 7, 3; Petr. Sat.
49).
BOVILE (Veget. iv, 1, 3). Même
sens que BuBiLE , qui est la forme plus
usitée.
BRABEUM, BRABIUM ou BRAYIUM
(Ppaêelov). Prix donné au vainqueur
dans les jeux publics (Prudent. Péri
Steph. V, 538). L'exclamation bravo!
comme signe d'approbation , vient de ce
mot.
BRABEUTA (Pp*6£uttîç)- J"ge q"'
proclamait les vainqueurs et décernait
84
BRAC^.
BRACATl«.
les prix aux jeux publics de la Grèce
(Suet. Kero, 53 ).
BRAC^ ou BRACCiE (àva?upt5£c).
Vêtement qui couvrait entièrement la
partie inférieure du corps ( voy. la grav.
n" 2) depuis la ceinture jusqu'aux clie-
villes; il dessinait quelquefois les formes
comme nos pantalons collants, et quel-
quefois il avait de l'ampleur comme nos
pantalons ordinaires. Ce mot contient
les éléments de l'écossais breeks, de
l'anglais breeclies , et du français braies.
Les Romains comprenaient deux genres
différents sous le terme général de hracse ;
mais les Grecs distinguaient chaque forme
particulière par les noms caractéristi-
ques qui suivent :
1. àva^upi5c;. Pantalons collants
plus particulièrement propres aux nations
orientales et, parmi elles, aux Amazones
et aux Perses (Ovid. Trist. v, 10, 34;
Herod. i, 71), comme on le voit par la
gravure ci-jointe, qui représente un prin-
ce perse à la bataille d'Issus, d'après la
grande mosaïque de Pompéi.
2. Bracœ ladœ (ôûXa/.oi). Larges pan-
talons portés de la même manière que les
précédents; ils étaient particuliers aux
nations du Nord (Ovid. Trist. v, 7, 49;
Lucan. i, 430), comme on le voit par la
figure ci-jointe , qui représente un des
auxiliaires germains de l'armée de Tra-
jan. Ces pantalons étaient aussi particu-
liers aux Phrygiens, parmi les Asiatiques
(Eurip. Cycl. 182) : c'est le costume ha-
Ijituel de Paris.
3. Bracx virgatœ (Propert. IV, 10,
43), ou pictœ (Val. Flacc. vi, 227).
Pantalons rayés, bigarrés et brodés, por-
tés surtout par les habitants de l'Asie.
Voyez la gravure suivante.
BRACARIUS. Littéralement, un cu-
lottier (Lamprid. Alex. Sev. 24), mais
dans l'édit de Dioclétien (p. 20) , tailleur
en général, pour toute espèce de vê-
tement.
BRACATUS ou BRACCATUS. Per-
sonne qui porte des culottes ou des pan-
talons; épithète qui caractérise surtout
les peuples de l'Asie ou du Nord (Cic. ad
Fam. IX, 15; Pers. Sat. m, 53), par op-
position aux Grecs qui n'en portèrent
jamais, et aux Romains chez qui ils ne
furent adoptés qu'assez tard sous l'em-
pire. Si cette mode fut adoptée à une
époque antérieure , ce fut seulement par
des personnes qui affectaient des mœurs
étrangères (Tac. Hist. il, 20).
2. Bracatus totum corpus, culotté de
la te te aux pieds. Expression qui dési-
gnait une espèce particulière de costume,
portée communément par les peuples qui
habitaient les rivages du Palus-Méotide
(Mêla, II, 1 ). Ce costume est souvent at-
I ribué aux Amazones sur les vases d'ar-
gile des Grecs. C'est d'un de ces vases
BRACUIALE.
85
qu'est prise la gravure que nous dounons.
C'était un vêtement dont le bas formait
un pantalon et le haut une sorte de gilet
ou de jaquette, mais qui était fait tout
d'une pièce, comme la phrase l'indique
et comme le montre clairement une
figure dans Winckelmann {Mon. Ined.
n° 149) , et qui laisse découverte la par-
tie que cache ici une sorte de jupon.
3. Bracatus miles. Soldat portant des
braies; ce qui veut dire, si la phrase se
rapporte à l'époque de la république ou
aux premiers temps de l'empire, soldat
étranger ou auxiliaire (Propert. III, 4,
17), par allusion à ces peuples qui por-
taient de longues culottes comme costu-
me national (Voy. la gravure de Brac.ï:,
n" 2 , et plusieurs autres spécimens de la
colonne Trajane) ; mais à partir du règne
d'Alexandre Sévère et sous les règnes sui-
vants , ce vêtement fut aussi adopté par
les soldats romains (Lamprid. Alex. Sev.
40). On peut le voir sur les figures de
l'arc de Constantin , qui furent exécutées
à l'époque où l'arc fut bâti et non pas
empruntées aux œuvres d'art de l'époque
de Trajan. Nous avons donné un spéci-
men de ces dernières au mot Brac^,
n" 2. Ainsi, dans la période de l'empire
qui commence au règne d'Alexandre
Sévère, l'expression bracatus miles cayac-
térise les Romains eux-mêmes aussi bien
que les troupes auxiliaires.
4. Bracata Gallia. Province de Gaule,
. appelée ainsi des longues braies ou culot-
tes que portaient ses haljitants. Dans la
suite ou la nomma Gallia Narhonensis
(Mêla, II, 59; Plin. H. N. m, 5).
BRACHIALE (iteptSpayiôvtov). Pièce
des armes défensives qui couvrait le hra-
cliiiim ou la partie du bras entre le poi-
gnet et le coude. Elle est distinctement
mentionnée par Xénophon
{Cyrop. VI, 4, 2), comme
partie du costume que por-
taient les Perses; ou la voit
quelquefois sur des figu-
res de gladiateurs romains,
quoique le mot latin ne se
rencontre pas dans ce sens,
excepté peut-être dans Tre-
belliusPollion(<7/rt«rt'. 14),
où il peut encore signifier un bracelet. Le
spécimen donné ici est pris d'un origiiud
de bronze qu'on trouva, avec d'autres
pièces d'armure , à Pompéi , et qui appar-
tenait projjablement à un gladiateur. On
voit au côté les anneaux par lesquels ce
brachiale était attaché sur le devant du
bras.
BREPHOTROPHEUM et BREPHO-
TROPHIUM (ppecpoTpoçeTov). Hôpital
d'enfants trouvés. Les deux mots latin
et grec sont d'une date récente et ne se
rencontrent pas avant l'époque des em-
pereurs chrétiens , où les enfants trouvés
furent déclarés libres et où la loi défen-
dit à ceux qui les recevaient ou les éle-
vaient de les retenir ou de les vendre
comme esclaves (Imp. Justin. Cad. i, 2 ,
19). En effet , quand exposer, vendre ou
donner en gage des enfants était chose
communément permise et pratiquée , il
est peu probai)le qu'un établissement de
ce genre eût été entretenu aux frais de
l'État.
BUBILE (p6au>,o; ou pâauXov). T'ache-
rie ou étable pour les bœufs (Pha?dr. II,
8; Cato, /f. /f. 4 ; Columell. i, G, 4).
La gravure , qui pourrait presque passer
pour le dessin d'une ferme moderne , est
copiée d'une miniature du Virgile du
Vatican.
86
BDBSEQCA.
BUBSEQUA. Jeune vacher qui mène
le bétail clans les pâturages et qui l'en
ramène, etc. (Apul. Met. viii, p. 152;
Sidon. Ep. I, 6). La gravure est prise du
Virgile du Vatican.
BUBULCUS (pouxéXoO- En général,
■vacher, bouvier ou pâtre (Virg. Ec/. x,
9)Vfl"> soigne, dirige et gouverne le bétail
d'une ferme ; dans ce sens le mot pastor
est plus usité. La gravure est prise d'une
pierre gra^ée.
2. Dans un sens particulier et plus
commun , ce mot désigne un paysan qui
conduit un attelage de bœufs, attachés
à la charrue (Columell. ii, 5, 2; 13,
1; 2, 25), comme ou le voit dans la
gravure au mot Arator, ou à un char
de quelque espèce que ce soit ( Ovid.
Trist. III, 12, 30).
BUCCELLATUM. Dur biscuit de sol-
dat dont on distrijjuait des rations dans
une marche (Spart. Pescenn. Nig. 10;
Ammian. xvii, 8, 2 ).
BUCCULA {Tt'X.çixy\aM(;) . Mentornilùre
du casque ; il y en avait une de chaque
côté, attachée par des charnières et qu'on
pouvait ainsi lever et baisser à volonté.
Dans les moments d'action, les hacculx
étaient attachées sous le menton; pen-
dant le repos, elles étaient souvent atta-
chées au-dessus du
casque. Voy. les gra-
vures au mot Galea
(Liv. XLIV, 34; Juv.
X, 134). La figure ci-
jointe donne une vue
de côté d'un casque
en bronze trouvé dans
une tombe àPfestum,
avec la mentonnière pendante.
BUCCULARIUS. Ouvrier qui faisait
ou attachait les mentonnières ( bucculœ)
aux casques (Aurel. Arc. Dig. 50, 6, 6).
BUCINA et BUCCIN A (puxâvn). Es-
pèce particulière de corne, tordue en
spirale (Ovid. Met. I, 336), comme la
coquille du poisson dont elle fut faite
dans l'origine , ainsi qu'on le voit par la
gravure ci-jointe, d'après une petite
ligure de bronze qui appartint jadis à
Blanchini. Sous cette forme, la plus an-
cienne qu'elle ait eue, la buciiia était
communément employée par les por-
chers et les bouviers pour rappeler leurs
troupeaux des bois et les réunir (Varro,
R. R. II, 4, 20; lii, 13, 1; Prop. iv,
10, 29); par la garde de nuit et les
.■iccensi pour annoncer les heures pen-
dant la nuit et le jour (Prop. iv, 4, 6;
Seneca, Thjest. 798); et dans les pre-
miers temps , pour appeler les Quirites à
l'assemblée ou les réunir dans une con-
joncture pressante (Prop. iv, 1, 13).
2. La biiciiia fut aussi employée com-
me un des trois instruments à vent qui
servaient à faire des signaux ou à com-
mander aux soldats (Polyb. xv, 12, 2;
Virg. ^n. XI, 475; Veget. 3IiL m, 5) ;
mais l'instrument militaire était alors
BUCINATOR.
87
d'une forme différente : il avait une
eml)ouchure plus large , faite de métal et
recourbée sur elle-même {qitie in semet-
ivsam œreo circiilo flectitur, Veget.
/. c.) : nous eu donnons ici une sorte de
spécimen , d'après un bas-relief de mar-
bre publié par Burney , Bist. de la Mm.
vol. I, pi. 6.
BUCINATOR ouBUCCINATOR (pyxx-
vv;tti; ou py^aviffTri;). Qui sonne de la
corne appelée ^f/c/wa (Polyb. II, 29, G;
XXX, 13, 11; Cœs. n. C. ii, 35). Il
faut ajouter aux usages mentiomiés dans
le précédent article, qu'on se servait
aussi de cette trompe pour faire des si-
gnaux à bord d'un vaisseau, comme on
le voit dans la gravure tirée d'une lampe
en terre cuite qui représente un vaisseau
entrant au port; les matelots plient les
voiles , pendant que le maître signale son
arrivée en sonnant de la hitclna.
BULGA. Petit sac de cuir que l'on
portait au bras (Non. s. v.) , de la même
façon que le réticule moderne. Les voya-
geurs s'en servaient
comme de bourse (Lu-
cil. Sat. vi, p. 20, 1,
éd. Gerlach ; Varro ap.
Non. /. c.) ; les la-
boureurs l'employaient
comme poche pour con-
tenir la semence au
temps des semailles (la
Tiïipa (77t£p[j.o96po; de l'Anthologie grec-
que ) , C'est à cet usage que servait le spé-
cimen que nous donnons ; ce sac est porté
par une figure pourvue de divers instru-
ments de labourage, sur une belle tazza
d'argent du musée de Naples {3Iiis. Borh.
xii, 47).
BULLA. Littéralement bitlle d'eau;
ce mot s'appliquait à divers ornements
de forme ■ globuleuse ou ayant quelque
analogie avec une bulle , tels que :
1. Une tète de clou, faite sur des
dessins riches, exécutés en Ijronze ou
quelquefois en or (Cic. T'err. v, 57), et
employée pour orner les
panneaux extérieurs d'u-
ne porte. Le spécimen
ci-joint est pris d'un ori-
ginal en bronze et repré-
sente une tête de clou
qui décore les anciennes portes de bronze
du Panthéon à Rome.
2. Un clou de métal ou d'autre ma-
tière de prix , attaché comme ornement
à d'autres oljjets; par
exemple, à un ceintu-
ron , à un baudrier, à
une gaine, etc. (Virg.
jEu. IX, 359). Le spé-
cimen ci-joint est pris
d'un original en ivoire trouvé dans les ca-
tacombes à Rome.
3. Bulla aurea. Ornement d'or porté
par les enfants des nojjles familles de
Rome (Plin. H. X. xxxiii, 4). Il se
composait de deux plaques d'or concaves,
attachées eusemJile par un lien élastique
de la même matière et formant ainsi un
globe complet qui renfermait une amu-
lette ( Macrob. Sat. l , 6). La gravure re-
présente un original qui fut trouvé à
Roma-Vecchia ( Ficoroni , Bolla d'Oro,
p. 8 ). II est ici réduit au tiers de sa gran-
deur actuelle.
4. Bitlla scortea. Ornement du même
genre , fait seulement de cuir au lieu d'or,
que portaient attaché à une courroie de
la même matière (loritni, Juv. v, 165)
les enfants des affranchis et ceux des clas-
ses inférieures (Ascon. in Cic. T'err.y,
58). Le spécimen ci-joint est pris d'une
statuette de lironze trouvée à Pérouse ;
les détails du cordon par lequel cette huile
était attachée autour du cou indiquent
clairement que ce n'étaient que des la-
nières de cuir tressées.
BULLATUS. Enfant qui porte la bulla ;
elle était suspendue par un cordon autour
du cou , de manière à pendre sur le de-
vant de la poitrine. Elle
était portée par les en-
fants romains, jusqu'à ce
qu'ils eussent atteint l'â-
ge de puherté; ils la
mettaient alors de côté
avec la prsetexta et la
consacraient aux divini-
tés tutélaires de leur
maison (Scipio Afr. ap.
Macrob. Sat. Il, 10;
Pers. Sat. y, 31 ). La
giavure est prise d'un
bas-relief en terre cuite et représente un
jeune garçon avec sa tablette à l'école.
BULLIÎLA. Diminutif de Bulla. Or-
nement porté par les femmes autour du
cou ; il était du même genre que le der-
nier, mais de dimensions plus petites et
fait d'or, d'argent, de bronze ou de pierres
précieuses (Inscript, ap. Ficoroni, Bolla
d'Oro, p. 26; Hierou. in Isai. ii, 3, 18).
BURA ou BURIS (yûriO- Partie de
derrière d'une charrue ancienne (Varro,
H. R. I, 19, 2), formée de la branche d'un
arbre , ou d'une simple pièce de bois , re-
courbée à une de ses extrémités (Virg.
Georg. I, 169), commeunequcue de bœuf
(Poô; o'jpdt); c'est de cette ressemblance
que vint le nom latin (Serv. «^ Virg. /. f.;
Isidor. Orig. xx, 14, 2 ). La gravure re-
présente une ancienne charrue d'après une
pierre gravée; la partie recourbée à main
gauche est la hura; le croc placé au-des-
sous et garni de fer faisait l'office de soc
(voiner); la pièce verticale , formée par
une branche naturelle , montant dans une
direction opposée, était le manche (stiva)
par lequel le laboureur conduisait la char-
rue ; l'extrémité droite , partant horizon-
talement de la courbure, formait le timon
(temo) auquel les bœufs étaient attachés.
Comparez Aratrum , 2 , où l'on voit la
même partie dans une charrue greccfue
jierfectionnée , aux lettres AA.
BUSTUARIUS. Gladiateur qui enga-
geait un combat mortel autour du bi'icher,
quand on bridait le corps ; usage qui avait
son principe dans l'idée qu'on apaisait les
mânes avec du sang , et dans la couttune
qui en résulta de tuer des prisonniers de
guerre sur les tombeaux de ceux qui
avaient péri dans la bataille ( Serv. ad
Virg. JLn. il, 519; Cic. Pis. 9; cf.
Hom. //. XXI, 26; Florus, m, 20, 9).
Le spécimen ci-joint est tiré d'une pierre
gravée : le caractère de la figure est in-
diqué par la pyramide sépulcrale placée
dans l'arrière-plan.
BUSTUM ( TÛixêoç). Place vide sur la-
quelle on élevait un bûcher et on brûlait
le corps ; elle était appelée ainsi spéciale-
ment quand Yarea se trouvait dans l'en^
89
ceinte sépulcrale et près de la tombe où
les cendres étaient ensuite déposées. Il
faut par conséquent la considérer comme
une place particulière pour brider les
morts de la famille, par opposition à 1*6^^-
trinum ou terrain public (Festus, s. v.;
Lucret. m, 319; Cic. Leg. ii, 26; Suet.
Nero, 38).
BUTYRUM (i^ovTVOo^). Beurre. Ce pro-
duit ne paraît pas avoir été inventé par
les Grecs ou les Romains; il vint proba-
blement aux Grecs des Scythes, des Tlira-
ces et des Phrygiens , et aux Romains des
nations de la Germanie. Après que les
Grecs et les Romains eurent appris la ma-
nière de faire le beurre , ils l'employèrent
seulement comme remède ou comme ou-
guent dans les bains , mais ils ne le mirent
pas au nombre de leurs mets et ils ne s'en
servirent pas dans la cuisine. Us ne sa-
vaient pas , comme nous , le rendre con-
sistant ; ils le laissaient à un état huileux
ou presque liquide ; dans tous les passages
où ce mot se reni-ontre, on parle du beurre
comme de quekpie chose de liquide et qu'on
peut verser ( Columell. vi, 12 , 5; Plin.
H. A\ XI, 96; xxviii, 35; Beckman,
Hist. of In vent. vol. I, p. 504-7 , Lon-
dres, 1846).
BUXUM (iiû^oç). Buis. Les anciens se
servaient beaucoup de ce bois, ainsi que
nous , parce qu'il est ferme et se prête à
la main-d'œuvre. Ce mot est communé-
ment employé pour désigner tous les ob-
jets différents cpi'on faisait avec le buis ;
par exemple :
1. Sabotà^enÎMii (Virg. Mn. vil, 382;
Pers. Sat. ni, 51).
2. Flûte en buis (Ovid. Met. XIV, 537 ;
Prop. IV, 8, 42). Deux flûtes grecques
en buis sont conservées dans le Musée
britannique. Yoy. Tibia.
3. Peigne en buis ( Ov. Fast. VI, 229 ;
Juv. XIV, 194). Voy. Pectex.
4. Tablette en buis , couverte de cire,
pour écrire (Prop.iu, 23, 8). Voy. Cera,
Tabella.
CACABULUS ou CAC.YBULLTtf (xax-
xàêtov). Diminutif de Cacabls ( Apic.
IV, 1).
CACABUS ou CACCABUS (xax^àSr),
x,a;4xaê(;,icâxxa6o:).Po^pour faire bouil-
lir de la viande, des légumes, etc. (Varro,
L.L. V, 127). Il était pla-
cé immédiatement sur le
feu ou sur un trépied (tri-
pus) ([ui y touchait seul.
Voy. AuENUM. Les pots
communs étaient faits en
poterie; quand on parle
d'autres espèces de pote-
rie , la matière est toujours indi([uée
par une épithète caractéristique, conmie
pot d'étain (stanneus, Columell. XII,
42, 1); pot de bronze (a'neus, id., XII,
48, 1); pot d'argent (argenteus, Ulp.
Dig. 34, 2, 20). La figure ci-jointe repré-
sente un modèle en bronze de Pompéi;
un spécimen fort eu usage et placé sur un
trépied est donné au mot Tripus, 1 .
CADUCEATOR. Eu général toute per-
sonne qui était envoyée par une des par-
ties belligérantes à l'autre, et qui portait la
baguette de paix (caduceus). Les personnes
employées à de telles missions furent te-
nues de tout temps comme sacrées et in-
violai)les (Liv. XXXII, 32, Cato apud
Fest. sub verb. Voy. aussi Ceryx et Fe-
TIALIS).
CADUCEUS ou CADUCEUM (xyipû-
xetov, xripûxtov). Engénéral, baguette de
héraut (Cic. de Or. I, 46), consistant en
un simple bâton d'olivier, orné de guir-
landes ['^luWer, Archéologie de l'art,
p. 504, et gravure au mot Ceryx , 2). Le
mot caduceus est spécialement appliqué à
la baguette attribuée par les anciens poètes
et artistes à Mercure {caduceus Mercuria-
lis, Apul. 3Iet. XI, p. 245), comme hé-
raut ou messager des Dieux. Alors la place
des guirlandes est occupée par des ser-
pents : c'est une allusion à la fa-
ble qui rapporte que Mercure,
voyant deux serpents se battre,
les sépara avec son bâton ; de là
vint qu'une baguette ainsi ornée
fut adoptée comme emblème de
la paix ( Hygin. Astron. II, 7 ;
Macrob.5rt/. i, 19). Ces deux traits
caractéristiques, le bâton d'olivier
et les serpents pour guirlande , sont clai-
rement représentés dans la gravure ci-
jointe , prise d'une urne funéraire : ([uel-
90
CADUCIFER.
C^MENTUM.
quefois deux ailes sont ajoutées au som-
met, comme dans la gravure suivante.
CADUCIFER. Qui porte le caducée;
épithcte caractéristique de Mercure, con-
sidéré comme messager des Dieux (Ov,
Met. VIII, 627 ; Fast. v, 449). La gra-
vure est prise d'un marbre de Rome.
CADUS (xdoo?). Grande jarre de pote-
rie dont ou se servait surtout pour gar-
der du vin (Mart. IV, 66, 8; Virg. ^n.
I, 135; Cop. II). Elle était
employée aussi à d'autres usa-
ges , pour contenir de l'huile, du
miel, des fruits secs, du poisson
salé, des viandes, etc. (Mart.
I, 44, 9; I, 56, 10; Plin. H.
N. XV, 21; XVIII, 73). Elle a-
vait un goulot un peu étroit et un
trou qui pouvait être fermé par
un bouchon de liège ou autre
( Plin. H. N. XVI , 13) ; le corps de cette
jarre était effilé par le bout et avait, dans
l'ensemble , la forme d'un sabot d'enfant
(turbines cadoriim, Plin. H. N. XXVII, 5).
On peut distinguer tous ces traits carac-
téristiques dans la figure ci-jointe tirée
d'un original découvert parmi plusieurs
autres sortes de vases dans une cave à vin
ancienne dont nous donnons le plan et la
perspective au mot Cella, 2.
Ci'ELUM ( YAÛ^pavov ). Ciseau ou Intriii
employé par ceux qui exerçaient l'art
de la ciselure ( cielatura ) des métaux.
(Isidor. Oiig. XX, 4, 7; Quint, il, 21,
24).
2. Voy. CoELUM.
C.EMENTARIUS. Ouvrier qui cons-
truit des murailles grossières avec des
pierres non taillées ( cœmenta ) ( Hieron.
Ep. 53,6).
C^MENTICIUS. Construit avec des
pierres non taillées. Les anciens avaient
deux manières de bâtir avec les pierres
brutes : la première, où des masses
irrégulières étaient entassées sans mor-
tier, mais avaient leurs interstices rem-
plis d'éclats plus petits, comme on le
voit par la première gravure qui repré-
sente une portion des murs fort anciens
de Tirynthe. On appelait ce genre de
construction ceementicia structura anti~
qua (Vitruv. Il , 8 ; Liv. xxi ,11). L'au-
tre , généralement en usage chez les Ro-
mains , consistait à sceller dans le mortier
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de petites pièces irrégulières, de manière
à leur donner toutes les formes d'architec-
ture, comme on le voit par la gravure ci-
jointe, qui représente une partie de la villa
de Mécène à Tivoli, l'ancienne Tibur. Ce
genre de construction était appelé ceemen-
ticia structura incerta (Vitruv. Il, 8), et
était destiné en général à être couvert par
un revêtement de ciment.
C.EMENTUM. Pierres brutes dont on
se servait pour bâtir des murailles de la
façon que nous avons expliquée par des
gravures au mot précédent ; on y com-
prend des masses irrégulières qu'on em-
ployait pour les murailles d'une citadelle
ou d'une ville fortifiée ( Liv. xxi ,11;
Vitruv. i, 5, 8 : voy. l'avant-dernière gra-
vure ) , aussi bien que les fragments ou
éclats plus petits (XaTÛTtri, CTxûpo;) avec
CALANTICA.
91
lesquels on construisait plus généralement
les maisons (Cic. Mil. 27 ; Vitruv. ii, 7, 1 ;
VI, 6, 1. Voy. la précédente gravure).
C1CNA. Voy. COENA.
C.-ESARIES. Mot à peu près synonyme
de Coma ; mais il s'y joint aussi une idée
de beauté , comme nous dirions de I)eaux
cheveux ; riches et abondants , quand il
s'agit des femmes (Ovid. Am. m, 1,32);
épais, longs et flottants, quand il s'agit
des hommes, comme dans les bustes grecs
de Jupiter, de Bacchus et d'Apollon (PÏaut .
Mil. I,,l, 64; Liv. xxviii, 36; Virg.
yE«. I, 590) ; de là vient qu'on se sert
aussi de ce mot pour désigner une barbe
longue et majestueuse (Ov. Met. xv,
656).
C.ï:STRUM. Yoy. CESTRUM.
C^ESTUS (IjxâvTEç, (iûp|j.YiÇ). Gantelets
pour le pugilat , portés dans les luttes des
anciens (Cic. Tw^c. Il, 17 ; ^n. v, 379);
ils consistaient eu courroies de cuir atta-
chées autour des mains et des poignets
(Prop. III, 14, 9), et montant quelquefois
jusqu'au coude (Voy. la gravure an mot
Pcgil) ; ils étaient aussi armés de plomb
ou de clous de métal, comme dans le
spécimen ci-joint, pris d'une statue an-
cienne.
CETRA. Voy. Cetra.
CALAMARIUS. Theca calamaria (xa-
XapLÎ:). Porte-plume ou étui pour mettre
des roseaux à écrire (Suet. Claud. 35;
Mart. Ep. Xiv, 19, in tit.). 11 est probable
que ces étuis contenaient aussi unencrier,
comme ceux dont nos écoliers se servent
encore maintenant; de là vient le mot
calamajo, qui , dans le langage vulgaire
de l'Italie, signifie im encrier.
CALAMISTER, CALAMISTRUS, CA-
LAMISTRUM ( <'.aXa[jitO- Fers à friser,
appelés ainsi parce que l'intérieur en était
creux comme un roseau , quoique , ainsi
que les nôtres, on les fit en fer et on les
chauffât au feu pour friser les cheveux
en boucles artificielles (Varro, L. L. y,
129; Cic. Post Red. I, 7; Petr. Sat
102). Le spécimçn ci-joint est
tiré d'un bas-relief de tombeau
dans la galerie Florentine; il y
figure entre plusieurs autres ob-
jets de toilette. La partie qui ser-
vait à friser est seule figurée sur
le marl)re, comme on le voit ici;
mais elle suffit pour indiquer que
cet objet était semjjlable à ceux
que nous employons encore main-
tenant pour le même usage.
CALAMISTRATUS. Personne dont les
cheveux étaient artificiellement frisés au
fer (calamister). Cette mode régnait à
Rome, à la fois parmi les hommes et parmi
les femmes, du temps de Plante, de Varrnn
et de Cicéron ( Plant. .4s. m, 3, 37 . Cic.
Post Red. i, G).
CALA5IUS ( xâX%[j.oi;). Littéralement
chaume on tige de toute plante élevée,
mais spécialement du roseau ou de la
canne; on employait ce mofde la même
manière que le mot ariindo et pour dési-
gner une même classe d'objets, tels que :
1. Flèche (Hor. Od. i, 15, 17 ). Voy.
Akundo, 2.
2. Chalumeau de Pan (Virg. Ed. Il,
33). Voy. Aru>do, C.
3. Ligne (Mart. suivant Riddle, s. 'v.).
Voy. Arundo, 3.
4. Baguette d'oiseleur, enduite de glu
à l'extrémité (Mart. Ep. XIV, 218). Voy.
Arci>do, 4.
5. Roseau à écrire (Cic. ad j4tt. vi ,
8; Hor. J. P. 447). Voy. Arundo, 5.
6. Roseau ou canne élevée, cju'on pla-
çait comme poteau indicateur dans les
déserts sablonneux de l'Egypte (Pliu. H.
N. VI, 33).
CALANTICA , CALAUTICA ou CAL-
VATICA (xpriÔ£[x.vov ). Espèce de coiffe
attachée par un
lien autour de la
tète, avec des plis
ou des pans tom-
bant des deux cô-
tés sur les épaules
(Eustath. ad II.
XIV, 184), de telle
sorte qu'on pouvait
lestireràvolontéet
s'en voilertoule la figure (Hom.Of/. i,334;
92
CALAISTICA.
//. XIV, 184). Cette coiffure était com-
munément portée par les Égyptiens des
deux sexes (Riddle,^. v.). On la trouve
souvent dans les peintures et les sculptu-
res qui appartiennent à cette nation :
elle y est exactement semblaljle au spé-
cimen que nous donnons ici , d'après une
statue d'Isis, conservée au Capitole de
Rome. Quand cette coiffure fut adoptée
par les Grecs et les Romains , l'usage en
fut restreint aux femmes ( Non. Marc. s.
V. p. 637), ou à ceux qui affectaient un
costume étranger et efféminé ( Cic.
Fragm. Or. in Clod. p. 115, éd. Amed.
Peyron. Lips. 1824).
L'analogie du mot grec et du mot latin,
ainsi que leur application à la figure que
nous donnons ici, peuvent être établies
de la manière suivante : Le terme grec,
dérivé de xpâ; et ôéw ou Ssfxa, signi-
fie littéralement ce qui est attaclié par
un lien à la tête ;^oi\\\\& (/. c.) explique
de la même manière le mot latin — qiiod
capiti innectitiir, pendant qu'Ausone
(Perioch. Od. v) traduit le xpyiSefj.vov
d'Homère par le latin calantica ou col-
■vatica. La figure ci-jointe et l'étymologie
du mot grec expliquent aussi un autre
sens dans lequel il est employé ( Hom.
Od. m, 392 ) ; il désigne dans ce passage
le chapeau de cuir attache sur l'orifice
et le Ijouchon d'un vaisseau qui contient
du vin ou d'autres liquides : ce que les
lexicographes traduisent à tort « le coi/-
vercle d'un vase ». La gravure expliquera
encore pourquoi Cicéron (l. c.) et Ser-
vius (rt^Virg. jEn. ix, 616) se servent
des mots calantica et mitra comme de
termes à peu près synonymes (Voy. les
gravures données à chacun de ces mots) ;
en même temps, elle rendra raison d'un
des mots latins , calvatica, qui est proba-
Ijlement la véritable et la seule expres-
sion , parce qu'en Egypte cette coiffure
servait réellement à couvrir les têtes
chauves des prêtres d'Isis {grege calvo,
Juv. Sat. Yi, 533), et qu'à Rome elle
était portée par les vieilles femmes qui
avaient perdu leurs cheveux , comme on
le voit sur la médaille d'Aurélia, la mère
de Jules César (Guasco, Ornât rici, p. 91) :
là elle est attachée par un lien autour
de la tête précisément comme dans le I
spécimen que nous avons donné ci-dessus.
CALATHISCUS (;4a),a9î(jxo(;). Diminu-
tif de Calathcs (Catull. lxiv, 320).
CALATHUS (xdcXaOo;). Corbeille à ou-
vrage de femme (Virg. ^«. vu, 805),
faite d'osier et s'évasant graduellement
jusqu'au haut (Plin. H. N.
XXI ,11), employée sur-
tout à contenir la laine
et les matières pour filer
(Juv. Sat. II, 54), comme
dans notre spécimen , qui
représente la corbeille à
ouvrage de Léda , d'après une peinture
de Pompéi, avec les pelotes de laine et les
bobines.
2. Panier à peu près de la même for-
me et de la même matière, dont on se
servait au dehors pour contenir des fruits,
des fleurs, du fromage, etc. : on le ren-
contre souvent dans les œuvres de l'art
antique (Virg. Ed. Il, 46; Georg. m,
400; Ov. A. Jm. ii, 264).
3. Coupe à boire : nous pouvons in-
duire naturellement que son nom venait
de sa ressemblance avec une corbeille à
ouvrage de femme. Le spécimen ci-joint
est entre les mains d'un échauson
dans une des miniatures du Virgile
du Vatican (Virg. Ed. v, 71;
Mart. Ep. ix, 60, 15; xiv, 107).
4. Modiiis ou boisseau qu'on
comme ornement au
haut de la tète de.
Jupiter Sérapis (Ma-
crob. Sat. i, 20). On
voit par la figure ci-
jointe, prise d'une
pierre gravée , et re-
présentant la tête de
Sérapis , qu'il avait la
même forme qu'une
corbeille à ouvrage
de femme.
CALATOR. Crieur public ; particuliè-
rement celui qui était attaché au service
des prêtres (Suet. Gramm. 12), et dont la
fonction était de précéder le grand prê-
tre quand il allait sacrifier, et d'arrêter
toute espèce de travail qui , à ce qu'on
croyait, aurait souillé les cérémonies d'un
jour de fête consacré aux Dieux (Serv.
/Virg. Georg. \, 208).
plaçait
£v^\.
CALAtJTICA.
CALCËOLARIUS.
93
2. Domestique ou messager particulier
(Plaut. Merc. V, 2, 11 ; Riid. Il, 3, 5).
CALAUTICA. Voy. Calvatica.
CALCAR. Éperon de eavalier (Plaut.
As. m , 3, 1 1 8 ; Virg. /En. yi , 882), aiusi
appelé parce qu'il était attaché au talon
(calx). (Isid. O/vV. XX, 16, G; cf.
Virg. jEn. xi, 714). La manière de s'en
servir est clairement expliquée par l'ex-
pression sithdcre equo ca/caria (Curt.
VII , 4 ; cf. IV , 1 G) . La figure à
main droite , dans la gravure ci-jointe ,
représente ini modèle donné par Caylus
{Recueil d'Jnti<i. vol. m, pi. 59, n" 6),
et ressemble parfaitement à im autre
éperon trouvé à Herculanum ; seulement
ce dernier a la pointe faite comme une
tête de lance ou en forme de losange.
Tous les anciens éperons sont semblables
et armés d'un simple aiguillon , calcis
aculeus (Columell. VIII, 2, 8, où ce mot
est appli(pié à la volaille) ; il n'y avait
point d'éperons à molettes. Les figures
à main gauche offrent une vue de côté
et une vue de derrière du pied gauche
d'une statue du Vatican , représentant
une Amazone, et montrent les courroies
et les liens par lesquels l'éperon était fixé
au pied; l'aiguillon lui-même a disparu,
mais on voit clairement la place d'où il
s'avançait en saillie. Le pied droit de la
statue n'est pasarmé de la même manière,
et quelques antiquaires, se fondant sur
cette circonstance, inclinent à croire que
les anciens n'allaient à cheval qu'a\ec
un éperon et que cet épi-ron était atta-
ché à la jambe gauche.
2. Ergot qui s'avance en saillie du
talon d'un coq (Columell. vill, 2, 8).
CALCATOH (),YivoêâT-/i?). Qui écrase
les grappes pour faire du vin, en les fou-
lant de ses pieds nus , comme on le pra-
tique encore en Italie (Caipurn. Ed. iv,
124). Dans la gravure, prise d'un bas-
relief de la bibliothèque de Saint-Marc
à Venise, l'opération n'est faite (pie par
deux personnes , représentées comme des
faunes ; mais , dans les autres oeuvres de
l'art antique , on voit dans la cuve jus-
qu'à sept personnes en même temps, qui
se tiennent quelquefois à des cordes pla-
cées au-dessus de leurs têtes, mais ([ui
plus communément s'appuient sur des
bâtons en forme de béquille, comme
dans la figure ci-joiute.
CALCATORIUM. Plate-forme de ma-
çonnerie, dans la cave aimexée à une
vigne Icclla vinarid) ; on y montait par
lieux ou trois degrés et elle formait un
passage de niveau avec le haut des larges
vaisseaux {dolia, citjjx) , où le vin était
gardé , pour la commodité des personnes
qui en surveillaient la fabrication et la
vente (Pallad. I, 18, 1). On appelait
aussi cette plate-foi'me a calcando ou ab
opère calcato. Les dictionnaires en don-
nent une interprétation inexacte quand
ils la prennent pour une cuve où les
grappes étaient foulées (Voy. la gravure
précédente). Cette cuve était placée dans
le pressoir {torcularium) où on faisait le
vin, et non dans la ca.\e {cella vinaria),
où on mettait le dépôt. Caton désigne la
même plate-forme par le mot siiggeitum
{R. R. 154).
CALCEAMEN, comme Calcecs.
CALCEAMENTLM. Terme général qui
s'applique à toutes les espèces de chaus-
sures ; il comprend les différentes sortes
de brodequins et de souliers éuumérées
dans la table analytique.
CALCËOLARIUS. Cordonnier (Plaut.
94
CALCEOLUS.
CALCECS.
Aul. III, 5, 38). La figure ci-jointe est
tirée d'une peinture trouvée dans des
fouilles à Résina. Elle représente l'inté-
rieur d'une boutique de cordonnier où
les deux génies , figurés ici , sont occupés
à leur métier.
CALCEOLUS (yuoSr,piâTiov). Diminu-
tif de Calceus, petit soulier ou hrode-
Hor. Suet. Plin.) La gravure représente
(juin. Ce mot s'applique spécialement
aux chaussures portées par les femmes
(Cic. N. D. I, 29). La gravure repré-
sente trois spécimens de souliers de fem-
me d'après les peintures de Pompéi ; ce
sont les formes les plus usuelles. On re-
marquera que toutes ces chaussures vont
jusqu'à la cheville, ont des semelles et
des talons bas, avec ou sans cordons;
mais ceux qui en ont sont attachés par
une corde tirée dans l'ourlet qui entoure
le haut du soulier, ou ont simplement
sur le cou-de-pied une fente dans les cô-
tés de laquelle passe le lacet : l'empeigne
n'y est pas divisée en deux pièces , ce qui
était l'usage pour les souliers d'homme
(Voy. la gravure suivante). 11 ne semble
pas qu'il y ait eu une différence essen-
tielle entre les souliers des femmes grec-
ques et ceux des femmes romaines , car
les Romains prirent les modes de la
Grèce , comme les Anglais imitent celles
de la France.
CALCEUS (uTt6SY)[jia xoIXov). Soulier
ou brodefjuin, qui montait à droite et à
gauche (Suet. Aug. 92) , de manière à
couvrir complètement tout le pied, par
opposition aux sandales et pantoufles,
(jui ne le couvraient qu'en partie (Cic.
une bottine d'après im vase de bronze du
Collegio Rumano et deux souliers d'hom-
me ordinaires , d'après des peintures de
Pompéi.
2. Calceus patrichis. Chaussure por-
tée par les sénateurs romains et d'un
caractère différent de celles du reste des
citoyens ; de là l'expression calceos mu-
tare (Cic. Pliil. XIII, 13) pour dire
K devenir sénateur ». Elle était attachée
par des courroies qui se croisaient sur le
cou-de-pied (Isidor. Orig. XIX, 34, 4), et
elle montait ainsi sur la jambe aussi haut
que le bas du mollet, comme on le voit
fréquemment sur des statues drapées
dans la toge , et sur les figures que nous
donnons ici. Celle qui se présente de face
est prise d'une statue de ])ronze et celle
qui se présente de côté , d'une statue de
marbre. Un ornement en demi-lune , ap-
pelé LuNL'LA , était attaché à ces chaus-
sures. Voy. ce mot.
3. Calceus répandus. Soulier avec une
longue extrémité terminée en pointe et
recourbée en dedans ou
en dehors (Cic. Nat.
Deor. I, 29; le diminutif
est emplo) é dans ce pas-
sage parce qu'il s'agit
tl'une femme). Cette forme semble re-
monter à une haute antiquité , car on la
voit fréquemment sur les monuments
des Egyptiens et des Etrusques , et c'est
de ce dernier peuple qu'elle vint aux
Romains, comme plusieurs autres de
leurs modes : elle se conserva dans plu-
sieurs parties de l'Europe jusqu'à une
période avancée du moyeu âge. La figure
CAtCttAÎOfi.
CALDARIUM.
05
ici donnée est étrusque (Gori, Mus.
Etrusc. tab. 3 et 47) ; mais elle ressem-
ble exactement aux souliers que porte
Juno Lanuvina sur un denier romain
(Viscouli, Mus. P. Clem. t. Il,tav. A,
VU, n° 12). Cette figure est drapée de
tout point comme Cicéron la décrit (/.
c.) . Dans un passage de Caton , cité par
Festus {v. Mulleos) , l'épithèle uncina-
tus est, suivant la correction de Scaliger,
appliquée à un soulier de ce genre , et le
terme A' uncipedes aux personnes qui le
portaient, dans TertuUien, de Pall. 5.
CALCULATOR. Calculateur (Mart.
Ep. X, G2), appelé ainsi parce que les
anciens avaient l'habitude de compter
avec de petites pierres
(calculi) sur une tablette
couverte de sable (Isi-
dor. Orio;. X, 43; voy.
Abaccs). Le spécimen
ci-joint est pris d'une
pierre étrusque, et re-
présente un mathéma-
ticien assis à une table sur laquelle on voit
les cailloux qui serviront à ses calculs,
tandis que la tablette à compter, cou-
verte de caractères étrusques qui, à ce
qu'on pense, signifient « un calculateur»,
est dans sa main gauche.
CALCULUS (t{/r|ço;). Littéralement
caillou , ou petite pierre usée et arrondie
par le frottement, que les anciens em-
ployaient à plusieurs usages.
1- Dans les mosaïques (Plin. H. A''.
XXXVI, G").
2. Jeton pour compter (Cic. Amie. IC.
Voy. la gravure précédente et le mot
Abaccs).
3. Caillou dont on se servait pour vo-
ter et qu'on jetait dans l'urne ; il était
blanc pour absoudre, et noir pour con-
damner (Ovid. Met. XV, 41).
4. Jeton employé dans les jeux de ha-
sard ou d'adresse comme chez nous les
pièces d'échecs et les dames : ce terme
s'applique indifféremment aux pièces dont
on se servait dans le ludus duodecim scri-
ptorum ou trictrac , et dans le ludus la-
trunculoi-um ou jeu de dames (Ovid.
Am. n, 207 ; Val. Max. Vlii, 8, 2; Aul.
Gell. XIV, 1,9).
CALDARIUM. Étuve dans un bain (Vi-
truv. V, 10 ; Seneca , Ep. 86 ; Celsus i, 4),
Dans les bains qu'on a découverts, tant
publics que particuliers , cette pièce est
constamment disposée sur un plan uni-
forme et se compose de trois parties prin-
cipales : une alcôve circulaire (laconi-
cuin) à une des extrémités (à main droite
dans la gravure) , avec un labrum sur un
pied élevé au centre ; un espace vide au
milieu de la pièce (sudatio, sudatorium),
et un bain d'eau chaude {alveus) à l'autre
extrémité; toutes ces parties étaient es-
sentielles à l'ancien système des bains.
Dans la partie centrale le baigneur s'ap-
pliquait à lever des poids et à faire des
exercices de gymnastique pour provoquer
la transpiration ; il s'asseyait ensuite dans
le laconicum et éprouvait une transpira-
tion abondante, provoquée d'ailleurs par
les tuyaux qu'on voit sous le plancher de
la chambre; ou bien il entrait dans le
bain d'eau chaude, s'il le préférait. Il
est probable que dans les construc-
tions plus magnifiques et plus considé-
rables, telles que les Thermes de Rome,
il y avait pour chacune de ces choses des
appartements séparés; mais dans les éta-
blissements inférieurs , tels que les bains
de Pompéi , et dans les maisons particu-
lières, l'étuve (du moins toutes celles
qu'on a découvertes jiisqu'ici, et elles sont
nombreuses) est uniformément disposée
de la manière que nous avons dite, et
que fait voir la gravure qui représente la
coupe d'une pièce de bains attachée à une
ancienne villa romaine de Tusculum. La
situation et la disposition de ces cham-
bres, par rapport aux autres parties de
l'établissement et au plan général, se com-
prendront facilement si l'onse reporteaux
96
CALENDARICM.
CALIGARIIS.
gravures du mot Baline.e, lettres D et
H; et du mot BalineL'M , lettre D.
2. La chaudière où l'on mettait l'eau
chaude pour le bain (N'itruv. y, 10),
comme ou la voit dans la section précé-
dente, au-dessus du fourneau (n° 2), mu-
nie d'un tube qui communique avec le
bain. Voy. aussi Ahenum, 2, où l'on ex-
plique le principe sur lequel les anciens
construisaient et disposaient leurs chau-
dières.
CALENDARIUM (-/lixcpo^ôyiov). Jlma-
nach ou calendrier qui, comme le notre,
contenait des indications pour la science
astronomique, l'agriculture et les céré-
monies religieuses de chaque mois de l'an-
née ; le nom du mois, le nombre de jours
qu'il contenait et la durée des jours et
des nuits ; le signe du zodiaque par lequel
passe le soleil ; les différents travaux d'a-
griculture qui devaient être faits dans le
mois; la divinité sous la protection de la-
quelle le mois était placé; les différentes
fêles religieuses qui s'y céléljraieut. La
gravure représente un modèle en marl)re
vfYs. Qrr\T.
DIES. HOR. VIIIIS.
^0X. HOR. Xlllt.
CAPRICORNO.
Jir>OMS
PE>AT!BUS.
^-'^
- ^ .
^
%'
MENSIS
't^n*."
trouvé à Pompéi ; l'inscription pour le
mois de janvier est imprimée à côté dans
toute son étendue et donne un spécimen
des inscriptions de chaque mois.
2. Grand livre dans lequel les banquiers
et les préteurs d'argent tenaient les comp-
tes qu'ils avaient avec leurs clients ; il ti-
rait son nom de ce que l'intérêt était exi-
gible aux calendes ou premier jour du
mois. (Sen. de Benef. VII, 10; Ep. 87).
CALICL'LUS (xuXtxtov). Diminutif de
Calix.
CALIDARIUM Vov. Caldarium.
CALIENDRUM. Sorte de bonnet que
portaient quelquefois les femmes romaines
et dont il est difficile de déterminer exac-
tement la forme (Hor. Sat. I, 8, 48;
Varro, teste Porphyr. Schol. ad Hor.
/. c; Acron, ib.). C'était une espèce de
coiffure , probal)lement
de la nature du bonnet,
comme on le voit par
la figure ci-jointe, prise
d'une pierre gravée qui
représente Faustine la
jeune. Cette coiffure a-
vait différentes formes.
Canidie en portait une
très-haute (Hor. /. c).
Quelques auteurs pensent que le calien-
drum était fait de cheveux , et y voient
une sorte de perruque.
CALIGA. Soulier porté par les soldats
romains , y compris les centurions , mais
non les officiers supérieurs (Cic. ad Att. Il,
3 ; Just. XXXVIII, 10; Juv. Sat. xvi, 24;
Suet. Calig. 52). C'était un (
soulier fermé, qui couvrait
entièrement le pied (Voy. Ca-
LIGARIIS) ; il avait une se-
melle épaisse, garnie de clous
(CLAVCS CALIGARIS) et était
attaché par des courroies qui
couvraient le cou-de-pied et
qui entouraient le bas de la
jambe, comme on le voit par
la gravure ci-jointe, prise de l'arc de
Trajan.
CALIGARIUS. Ouvrier qui avait pour
métier de faire des souliers de soldat ,
caligœ (Lamprid. Alex. Sev. 33 ; In-
script, ap. Grut. 649, 1). Le spécimen ci-
joint est pris d'un mariire de tombeau à
Milan , qui porte pour inscription SrxOR
CALiGARirs , et ne permet pas de doutes
sur le métier. Il est d'une exécution gros-
CALtGATtiâ.
CAtONÉS.
Dî
sière et a souffert du temps; mais c'est
un débris précieux, parce qu'il prouve
(|ue la caliga était un soulier qui chaus-
sait exactement , et qui était fait sur for-
me, et non une sandale qui laissait les
orteils exposés , comme on l'a générale-
ment inféré des dessins d'arcs de triomphe
el de colonnes donnés par Bartoli. L'ou-
vrier semble tenir de la main droite le
manche d'une alêne , et de la main gau-
che une caliga sur la forme , pendant que
l'autre soulier est sur la tajjle devant lui.
CALIGATUS. Portant la ca//o^a ou sou-
lier de soldat (Juv. Sat. m, 322), comme
on le voit dans l'avant-dernière gra-
vure ; par extension simple soldat (Suet.
^iig. 25; P'itell. 7), parce que c'était
surtout aux simples soldats qu'apparte-
nait cette chaussure.
CALlPTRAou CALYPTRA (xaXyTrrpa,
xâ),u|j.[j.a). Voile porté en public par les
jeunes femmes de la Grèce et de l'Italie,
et destiné à dérober leurs traits aux re-
gards des étrangers (Festus, s. v.; Hom.
Od. V, 232; Soph. Ag. 245). Il était
tout à fait semblable à celui dont se ser-
vent les femmes turques. On le plaçait
sur le haut de la tète et
on s'en entourait la fi-
gure de manière à la ca-
cher entièrement , ex-
cepté la partie supé-
rieure du nez et des yeux
(Eurip. Iph. T. 372).
On laissait tomber ce voi-
le sur les épaules et des-
cendre jusqu'au milieu
du corps , précisément
comme on le voit dans la
gravure ci-jointe, prise
d'une petite figure en terre cuite du Col-
legio Romano. Un voile de cette sorte
était aussi porté par les jeunes mariées en
Grèce (.^^^sch. yig. 1149), et c'est avec
ce même costume que paraissent encore
à Rome , à la fête de l'Annonciation , les
jeunes femmes qui reçoivent une dot de
l'État.
CALIX (xû),t?). Gobelet peu profond et
circulaire, de l'invention des Grecs (Ma-
crob. Sat. V, 21); il avait un pied bas et
deux petites anses, comme dans notre spé-
cimen, pris d'un modèle de terre cuite,
fréc[uemment représenté sur leurs vases
d'argile dans les ban-
(juets et les scènes ba-
chiques, et qu'on trou-
ve dans toutes les col-
lections, quelquefois décoré de dessins,
et d'autres fois simplement couvert d'une
couche uniforme de vernis noir et luisant.
2. Sorte de plat à potage ou à Icga-
mes , dans lequel les aliments liquides, et
plus particulièrement deslégumes, étaient
cuits et apportés sur la
table (Yarro, L. L. v,
127; Ovid. Fast. v,
509). La gravure ci-
jointe est tirée d'un mo-
dèle en poterie trouvé dans les catacombes
de Rome. Les bords du plateau sur lequel
il est posé, et qui ne forme avec lui qu'une
seule pièce , ont souffert du temps ; mais
la forme générale du vase semble conve-
nir à la destination que nous avons indi-
quée.
3. Mesureur d'eau, c'est-à-dire tul)e
de cuivre d'une certaine longueur et d'une
certaine capacité, attaché à l'extrémité
d'un tuyau principal, à l'endroit où il en-
trait dans le réservoir d'un aqueduc (cyw-
tellum) ou à l'extrémité d'un tuyau fixé
dans le tuyau principal , pour mesurer la
([uantité d'eau que ce tuyau recevait.
Cdiaque maison particulière et chaque éta-
blissement public de Rome avait droit
légalement à une certaine quantité d'eau,
stuctement déterminée : elle était mesu-
lée par le calix. Comme on en avait fixé
la longueur el le diamètre, le nombre de
pieds cubes d'eau qu'il amenait dans un
temps donné pouvait être calculé avec la
dernière précision (Frontin, ^^ry. 3G).
CALONES. Esclaves appartenant aux
soldats romains (Festus, s. t.), qui sui-
vaient leurs maîtres dans les campagnes,
se tenaient à leurs ordres, les accompa-
gnaient à leurs exercices et remplissaient
tous les devoirs exigés d'un domestique :
ainsi ils portaient le vallum , etc. (Cic.
Nat. Deor. III , 5 ; Serv. ad. Virg. Mit.
VI, 1 ; et Nonius, s. v. p. 62).
2. Domestique de ferme (Hor. Sat. i,
G, 103), porteur d'un palanquin ou d'une
chaise {Seiieca, Ep. 110); par suite, do-
mesti(iue en général.
6
CALPAR.
CAMINtîS.
CALPAR. Ancien mot usité pour Do-
lidm; il était déjà tombé en désuétude
au temps de Vairon, de Vit. Pop. Rom.
ap. Non. s. v. p. 64G.
CALTHULA. Partie du vêtement des
femmes qui semi)le avoir été fort en vo-
gue du temps de Plante {Epid. ii, 2, 49).
On suppose qu'il tirait son nom de cal-
t/ia (Ps'on. Marc. s. i<. p. 548), la ca/e«-
dula officinaUs de Linné, fleur de cou-
leur jaune; mais il est impossible de dé-
terminer la nature exacte d'un vêtement
qui se rattacbe à une mode purement lo-
cale ou accidentelle.
CALVATICA. Voir Calamica.
CALX . Même sens que Linea alba ;
corde blanchie à la craie qui marquait le
commencement et le terme d'un terrain
pour les courses du cirque. Ce mot est
employé la plupart du temps dans un
sens figuré , pour indiquer la fin de quel-
que chose, particulièrement de la vie,
dont le cours et les vicissitudes sont sou-
vent représentés par la course, ses ha-
sards , ses retours de fortune ou ses acci-
dents (Cic. Se/i. 23; id., Tiisc, I, 8).
• CAMARA ou CAMERA (xa[iâpa). Mot
grec, adopté par la langue latine (Cic.
Q. F.in, 1,1; Pallad., I, 13, 1) et em-
ployé par les architectes latins pour dé-
signer le plafond voûté d'une chambre,
quand il était fait de bois et de plâtre
(Vitruv. VII, 3; cf. Propert. m, 2, 10),
au lieu de présenter un arc régulier de
briquetage ou de maçonnerie formé d'in-
trados et de voussoirs réguliers. Voilà ce
qui constitue la distinction réelle entre
les termes camara et fornix; mais le
premier était aussi appliqué dans un sens
plus général à toute espèce d'apparte-
ment ou d'édifice dont le plafond était
voûté. De là est venu notre mot cham-
bre, en passant par l'italien moderne ca-
mara, expression ordinaire pour désigner
une chambre quelconque.
2. Caméra vitrea. Plafond voûté dont
la surface était garnie de plaques de
verre (Plin. //. i\'., xxxvi, 64; compa-
rez Stat. Sjlv. i, 3, 53 et i, 5, 42).
3. Petit vaisseau dont se servaient les
pirates grecs et qui pouvait contenir de
vingt-cinq à trente hommes. Il était
d'une construction toute particulière; il
avait l'avant et l'arrière tranchants et
effilés , mais il était rond, large, plein au
centre, avec des bords qui s'élevaient
hors de l'eau et convergeaient l'un vers
l'autre, de manière à former une sorte
de toit au-dessus du vaisseau : particu-
larité d'où lui vint son nom (Strabo, XI,
2, 12; Tac. Hist. m, 47 ; Aul. Gell. x,
25, 3). Une vieille gravure de F. Huiis,
d'après Breugel l'aîné , et publiée par Jal
{^Archéologie navale, vol. Il, p. 255),
présente l'arrière d'un vaisseau construit
de la façon que nous avons indiquée , et
garde probablement une trace de l'an-
cienne camara.
CAMELLA. Coupe à boire faite de
bois, dont on ignore entièrement la forme
et le caractère particulier (Ov. Fast. iv,
779; Petr.^a^ 135, §3 et 4;id. 64, § 13).
CAMILLUS (xàSouXo; ou yMÔ^Aoç).
Assistant du grand prêtre pendant qu'il
faisait le sacrilice, comme
la Camilla était une
jeune fille qui assistait la
femme du grand prêtre.
On les choisissait parmi
les enfants des familles
nobles ( Macrob. Sut.
III, 8, Festus S. Flami-
ninitis). Ou les représen-
te fréquemment dans les
œuvres de l'art ancien,
debout à côté du prêtre
ou de la prêtresse et por-
tant dans leurs mains les
vases employés aux cérémonies, d'après
le rite consacré. Le spécimen donné ici
est pris du Virgile du Vatican.
CAMINUS {y.â.]j.\vo:,).' Fournaise à
fondre les métaux (Plin. H, N. xxxiil.
CAMINUS.
CAMmcs.
99
21). La figure ci-dessus représente la sec-
tion et le plan d'ini caminits romain dé-
couvert près de Wandsford,dansle Nor-
thamptonshire (Artis, i?«/-o/^r/!'. pi. 25).
A est la chaudière où l'on fondait et au-
dessous de laquelle le feu était allumé
(voy. la gravure au mot Fornacula) ;
B, les scories lorsqu'elles s'échappaient
de la fournaise ; c , le canal qui condui-
sait le métal dans les moules D.
2. Forge de forgeron (Yirg. Mn. vi ,
630; Juv. Sat. xiv, 118). Comme on le
voit par la graMire ci-jointe, prise du
marhre d'une tombe à Rome , elle res-
semblait en tout point à celles d'aujour-
d'hui. La figure du centre tient le fer sur
l'enclume (incus) avec des tenailles (for-
ceps) ; au pied de l'enclume est nn vase
plein d'eau pour y plonger le fer et les
instruments échauffés. On voit le feu sur
l'arrière-plan ; et le soufflet (fol lis), avec
l'homme qui le manœuvre, est derrière
la figure à main gauche.
3. ^tre ou foyer dans les maisons par-
ticulières, pour échauffer un apparte-
ment (Hor. Ep. I, 11, 19; id. 5a^ I, 5,
81; Suet. Vitell. 8), ou pour faire la
cuisine, comme ceux qu'on construisait
primitivement dans V atrium et qui consis-
taient en une simple pierre de cheminée ,
élevée au-dessus du niveau du parquet
et sur laquelle étaient placées les bûches
de bois à brûler, mais sans tuyau pour
recevoir la fumée et la répandre au de-
hors.
4. Il reste encore nn point douteux :
camirius signifie-t-il quelquefois une clte-
nii/u'c, dans le sens que nous attachons à
ce mot , c'est-à-dire un conduit destiné à
emporter la fumée en passant par les dif-
férents étages d'une maison , et à la ré-
pandre au dehors du toit ? Les passages
qu'on pourrait citer pour l'affirmative ne
sont pas du tout concluants, et l'ali-
sence de toute construction qui ressem-
ble à une cheminée au sommet d'un édi-
fice, dans les nombreux points de vue
représentés par les artistes de Pompéj ,
celle de toute trace positive d'une pa-
reille invention dans les bâtiments pu-
blics et particuliers de cette ville, prouve
avec assez d'évidence que , si les anciens
connaissaient les cheminées, ils ne s'en
sont que très-rarement servis. Dans la
plupart des maisons, la fumée s'échappait
probablement par une simple ouverture
dans le toit, p^ les fenêtres ou par les
portes. On a découvert dans plusieurs
parties de l'Italie des fourneaux munis
d'un court tuyau et destinés à faire du
feu au milieu d'une chambre; on en a
trouvé un à Baies, un autre près de Pé-
rouse, et un trd^ème à Civita-Yecchia,
dont nous donnons le plan dans la figure
ci-jointe , d'après un manuscrit de Frait=-
cesco di Giorgio, conservé à la bibliothè-
que publiqije de Sienne. La forme de ce
fourneau est un parallélo-
gramme enfermé entière-
ment sur trois de ses côtés
par un mur de 3"", 05 de
haut, mais ayant dans l'au-
tre une ouverture ou baie
de porte ; à l'intérieur sont placées quatre
colonneSjSurmontées d'une architrave, qui
supportaient une petite coupole pyrami-
dale sous laquelle étaient l'àtre et le bra-
sier; la coupole servait à concentrer la fu-
mée quand elle montait, et lui ouvrait pas-
sage par une ouverture pratiquée au
sommet. Si les édifices dans lesquels ces
poêles étaient construits n'avaient qu'un
étage , on ne se servait peut-être pas de
tuyau ; mais si, comme cela est très-pro-
l)al)le, il y avait des appartements au-
dessus, il semble presque certain qu'un
petit tuyau ou tube avait été placé sur
l'orifice de la coupole , de la même façon
que celui qu'on voit dans le four d'un
boulanger de Pompéi , et qui est repré-
senté dans la gravure ci-jointe; on n'eu
100
CAMPESTRE.
peut déterminer la hauteur primitive,
parce qu'il ne reste qu'une partie du
rez-de-chaussée.
CAMPESTRE. Sorte ùe jupon, attaché
autour des reins et dépendant environ
i«i/
jusqu'aux deux tiers des cuisses ; les gla-
diateurs et les soldats gardaient ce vête-
ment par décence pendant qu'on les exer-
çait, ainsi que les persones qui se livraient
à des exercices violents en puljlic , après
s'être dépouillés de leurs autres vêlements
(Hor. Ep. I, 11, 18; Augustin. Civ.
Dei, XIV, 17). Il tirait son nom de ce
que les exercices avaient lieu d'ordinaire
dans le Champ de Mars. Pendant les jour-
nées chaudes, quelques personnes le por-
taient aussi sous la toge au lieu de tuni-
que (Ascon. in Cic. Orat. pro Scauro).
La figure ci-jointe représente un gladia-
teur avec le campestre d'après une lampe
en terre cuite.
CAMPICURSIO. Sorte de revue ou
exercice fait par les soldats romains dans
le Champ de Mars (Veget. Mil. m, 4).
CAMPIDOCTOR (o7iXo5tûax-r,ç). Ser-
gent instructeur qui apprenait aux recrues
les exercices qu'elles devaient (aire dans
le Champ de Mars (Teget. Mil. ui, 6 et
8; Ammian. xv, 3, 10).
CAN ALICL L A. Diminutif de Canalis.
Petit fossé d'écoulement (Yarro, R. R.
III, 5).
CANALICULUS. Diminutif de Caxa-
Lis. Fossé ou ruisseau pour l'écoulement
des eaiLX (Columell. vill, 15,G; Vitruv. x,
9, -).
2. Cannelure, petit canal ou sillon
creusé sur la face d'un triglyphe (Yi-
truv. IV, 3, 5), marqué par l'omljre dans
notre spécimen , d'après un ancien tem-
ple dorique existant primitivement dans
le Forum de Rome , tel qu'il a été copié
de l'original pai" Labacco.
CA>'AL1S (aw).r,v). Canal découvert et
artificiel, en bois ou en briquetage, pour
fournir de l'eau au bétail dans les prai-
ries et servir d'abreuvoir, comme on le
voit par la gravure prise du Yirgile du
Vatican (Yirg. Georg. m, 330; Varro,
R. R. III, 5, 2; Yitruv. vill, 5, 2 et 6, l),
où il est distingué du TuBUS et FiSTCLA.
2. Canal is in Foro. Probablement le
ruisseau près du centre du Forum romain,
d'où les eaux pluviales étaient immédia-
tement déchargées par une ouverture dans
la Cloaca Ma.iima ou principal égout
CANCELLARIUS.
CA>Di:[>APRl.M.
101
(Plant. Cure. l\ , 1, 15). De là vint le
mot Canalicola, pour désigner les flâ-
neurs et les oisifs , parce qu'ils avaient
l'habitude de perdre leur temps en flâ-
nant près de ce lieu (Festus, j. xk).
3. Allée ou passage étroit dans une
ville (Liv. xxiii, 31 ).
4. Eclisse employée par les chirur-
giens en remettant les os cassés (Cel-
se, VIII, 16).
5. En architecture, filet dans un cha-
piteau ionien : surface unie et plate, en-
tre Vabacus et le cyma-
tium ou Vechinus, et se
terminant à l'œil de la
volute (Vitruv. m, 5, 7).
On voit clairement le Ca-
italis dans la gravure ei-jointe, qui re-
présente un chapiteau du temple de la
Fortune virile à Rome.
CANCELLARIUS. Mot introduit à une
période avancée de l'empire et appliqué
à un officier qui montait la garde devant
la tente de l'empereur ou devant sa cham-
bre à coucher, dont l'accès était défendu
par des grilles {caiiceUi) , comme nous
l'apprenons de Cassiodore {far. Ep. il,
6); de là vint le nom de Caucellariits.
On le donnait aussi au chef des assesseurs
d'un tribunal. Le lieu où ils siégeaient
ainsi que les juges était séparé du reste
de l'édifice par une grille de fer. C'est de
là qu'est venu notre mot Chancelier.
(Vopisc. Carin. IG ; Cassiodore, /. c.)
CANCELLI(xiYx),(;,5pÛ9axToç).G/77/e
de fer ou treillage; liarrière d'ornement
pour enfermer ou protéger quelque chose
(Varro, R. R.i\\,h, 4; Columell. viii,
I , G) ; par exemple, devant la tribune des
juges dans une cour de justice, ou devant
les rostres dans le forum (Cic. Sext. 58).
Quelques auteurs reconnaissent les Caii-
celli dans la figure ci-jointe , tirée de l'arc
de Constantin. Le long du sommet du po-
dium, et de chaque rangée distincte de siè-
ges dans (ui amphithéâtre (Ovid. Am. m ,
2, G4), il y avait des Cancelli, comme
on le voit , dans la section restaurée de
l'amphithéâtre de Pola (Voy. Ampiii-
TiiEATRUM , troisième gravure, A).
CANDELA. Chandelle faite de poix ,
de cire ou de suif, avec la moelle d'un
jonc pour mèche (Plin. H. N. xvi, 70) ;
on se servit primitivement de ces chan-
delles avant l'invention de la lampe à
huile (Mart. £p. xiv, 43).
2. Espèce de torche faite de filtres de
papyrus tortillées ensemble comme une
corde , ou d'une corde même revêtue de
cire (Serv. ad \ir^. jEn. xi, 143; Yarro,
L. L. V, 119), qu'on portait ancienne-
ment dans les cortèges funèl)res, et qui
est représentée dans la gravure d'après le
marbre d'une tombe à Padoue. Cette
tomije contient, d'après la tradition, les
restes de saint Luc.
3. Simple corde qu'on enveloppait de
cire pour l'empêcher de se dégrader
(Liv. XL, 29).
CANDELABRUM. Meuble qui servait
à porter une lumière dans une position
élevée au-dessus du sol, afin d'en répan-
dre les rayons à une distance convenable.
Les anciens en employaient de diverses
espèces.
1. {\\)yyo\)yoç). Chandelier où l'on
pouvait placer des chandelles de cire et
m^
de suif. 11 était fait, ou comme les nôtres,
avec une bobèche et un tuyau pour met-
6.
102
CANDELABRUM.
CA^EPHOBA.
tre le bout de la chandelle (Varro ap.
Macrob. Sat. m , 4 ; Festus , s. v. ) , ou
avec une pointe aiguë à l'extrémité,
comme ceux qu'on voit communément
dans les églises d'Italie : on enfonçait le
bout de la chandelle sur cette pointe
(Serv. ad Virg. yE«. I, 727). Un spéci-
men du premier genre est donné ici, d'a-
près un modèle trouvé à Pompéi; une
pierre gravée du Musée Worsley en donne
un du second genre, où l'on voit la pointe
aiguë s'avancer en saillie au sommet du
chandelier.
2. (Xuj^vûûxoç). Pied de lampe porta-
tif, sur lequel on plaçait une lampe à
huile. Ces pieds étaient quel-
f[uefois faits en bois (Petr.
Sat. 95, 6) , mais la plupart
du temps ils l'étaient en
métal (Cic. P^err. II, 4,
26), et étaient destinés à
être placés sur quelque autre pièce du
mobilier, comme le spécimen ci-joint, qui
représente une lampe de broiue et un
pied trouvés à Pompéi, de l'espèce ap-
pelée hiimile (Quint. Inst. VI, 3, 99).
Ils devaient se mettre sur une table , ou
reposer sur le sol ; dans ce ^
cas ils étaient d'une hauteur
considérable et consistaient
en une tige haute et élan-
cée {scapits), imitant la tige
d'une plante; ou bien en-
core c'était une colonne ef-
filée, surmontée d'un pla-
teau rond et plat (superfi-
cies) sur lequel la lampe
était placée , comme dans la
gravure ci-jointe , d'après
un original de Pompéi. C'est
aux candelabra de ce genre
que Yitruve fait allusion
(vu, 53), quand il blâme
l'habitude, adoptée par les artistes de son
temps et visible à chaque instant dans les
décorations arabesques des maisons de
Pompéi, de les introduire à la place de
colonnes comme supports donnés à des
architraves et à d'autres parties de l'édi-
fice, sans proportion avec ces tiges hautes
et élancées. Comparez Lycu>'CCHUS.
3 . (XafiuTTip) .Pied élevé, avec une cavité
au sommet, au lieu de la plate superficies;
on y allumait delà poix, de la résine ou
d'autres matières imflammables. Ces pieds
n'étaient pas portatifs,
mais fixés d'une manière
permanente. On les faisait
souvent de marbre et on
les assujettissait au sol,
non-seulement dans l'inté-
rieur des temples et d'au-
tres vastes édifices, mais
aussi en plein air (Stat.
Sylv. 1,2, 231), où ils
servaient pour les illumi-
nations dans les fêtes et les
occasions de réjouissance :
précisément comme ceux
dont on se sert encore
maintenant dans le même
but devant les palais des
cardinaux et des ambassa-
deurs à Rome. La gravure
ci-jointe est prise d'un bas-relief de la villa
Borghèse et donne un spécimen de cet
usage. Le pied dont nous parlons est placé
devant une colonnade qu'il illumine , et
sous laquelle danse une troupe de jeunes
filles, à l'occasion des fêtes d'un mariage.
Dans les temps primitifs ou homériques,
le XaixTttyip était une grille élevée sur des
pieds ou sur un support , dans laquelle
on brûlait du bois sec (âxaTvvov) pour
éclairer une chambre , à la place de tor-
ches, de chandelles ou de Icunpes (Hom.
Od. XVIII, 306-310).
CANEPHORA ou CANEPHOROS (y.a-
vYiçôpo!;). Porte-corbeille : jeune fille
Athénienne qui accompa-
gnait la procession aux
fêtes de Cérès, de Bac-
chus et de Minerve , por-
tant sur la tête une cor-
beille plate (ca/ium ou ca-
nistrum, Festus, s. -v.) qui
contenait le gâteau sacré,
la guirlande , l'encens , et
le couteau pour tuer la
victime. De jeunes fem-
mes sont souvent repré-
sentées dans l'attitude de
canéphores par les artistes
anciens, et décrites de même par les au-
teurs classiques , avec les bras levés et une
pose toute semblable à celle de la figure
cAmcutA.
CANTERICS.
103
donnée ici , d'après une statue de Dresde
(Cic. Verr. 4, 3; Plin. H. N. XXXVI,
4, u° 7; comparez Ovid. Met. ii, 711-
713).
CANICULA (Pers. Sut. m, 49). Le
même que Canis 2.
CANIS. Chaîne. Cette chaîne avait-
elle une forme particulière? on l'ignore;
pourtant cela n'est pas probable, car il
se peut que l'expression vienne d'un jeu
de mots sur catella, catellus (Plaut.
Cas. II, 6, 37; Becker, Gallus,^. 232,
trad. angl. ).
2. Le coup le plus mauvais au jeu de
dés, celui où l'on amenait tous les as
(Suet. Jiig. 71).
CANISTELLUM. Diminutif de Canis-
TRCM.
CANISTRUM et CANISTER (xàveov,
xàvY]!;) . Corbeille large, plate, décou-
verte, d'où lui sont venues les épithètes
de patuliim (Ov. Met. Ylll, G7 5) , et de
latiim (Id. Fast. Il, 650) ; elle était faite
d'osier (Pallad. xii, 17 ) et sans anses :
ainsi elle était destinée à être portée sur
la tète, comme on le voit dans la figure
ci-contre. On l'employait particulière-
ment comme corbeille à pain ( Virg. yE«.
VIII, 180). Le spécimen ici donné, d'après
une peinture de Pompéi, représente une
corbeille destinée à cet usage : elle était
portée par Cérès et remplie d'épis.
CANO. En général chanter, mais aussi
sonner ou jouer de tout instrument de
musique (Cic. Div. il, 59) , comme lituo
canere (Cic. Div. s, 17), sonner du
litnus (voy. la gravure du mot LiTiCEis) ;
cornu canere (Varro, L. L. v, 91), don-
ner du cor (voy. Cornicen); tibiis ca-
nere (Quint, s, 10, 14), jouer de la flûte
(voy. Tibicen); cithard canere (Tac.
.4nn. XIV, 14) , jouer de la cithare (voy.
Citharista). ,
2. Intus et foris canere; expression
qui caractérise la manière particulière
de jouer de la lyre représentée dans la
gravure ci-joinle, d'après la fresque Aldo-
brandini au Vatican.
Frapper simplement les
cordes du pleclrum
qu'on tenait dans la
main droite , était foris
canere; promener sim-
plement sur les cordes
les doigts de la main
gauche, était intus ca-
nere; mais quand les
deux étaient réunis ,
quand l'instrument é-
tait frappé des deux cô-
tés à la fois, comme
dans la gravure, le musicien était dit jouer
en dedans et en dehors, intus et foris ca-
nere (Ascon. ad Cic. J^err. Il, 1, 20).
CANTERIOLUS (ôxpîêac). Chevalet
de peintre, représenté
dans la gravure ci-jointe
avec la peinture qu'il por-
te, d'après un bas-relief
romain : il ressemble
exactement à ceux dont
on se sert encore. Le mot
gi'ec qui le désigne est
bien authentique; mais
le terme latin , donné ici
d'après le dictionnaire latin-anglais de
Riddle, manque d'une autorité posi-
tive.
CANTERIUS. Cheval hongre (Varro,
R.R.xv, 7, 15; Festus, *. r.).
2. Étai pour les vignes (Columell. iv,
12, 1).
3. Machine qui servait à suspendre
les chevaux qui s'étaient brisé les jam-
bes, pour éloigner leurs pieds du sol
pendant que l'os se remettait (Veget.
Vet. III, 47,2).
4. En architecture, Canterii (à[X£i'-
êovxe;, «TuatâiaO sonXles arbalétriers ,
dans la charpente d'un toit (voy. Mate-
RIATIO, f. f.); leurs extrémités supé-
rieures se rencontrent et forment l'ai-
guille du fronton, leurs extrémités infé-
rieures reposent sur les entraits (ligna);
et, dans les édifices achevés, ils sont re-
présentés extérieurement par les mutules
(mutuli) , qui sont par conséquent sculp-
tées pour figurer les extrémités saillantes
104
CA>TUARl'S.
CAl'lSTliKIlM.
d'une série de chevrons (Vitjiiv. iv, 2,
1 et 3).
CANTHARUS (xàv8apoç). Gobelet ou
coupe à boire, d'invention grecque. 11
était pourvu d'anses (Virg. Ed. VI, 17),
et c'était la coupe particu-
lièrement consacrée àBac-
chus (Macrob. Sat. v, 21),
comme le scyphus l'était
à Hercule. Dans les œu-
vres d'art , tant de la pein-
ture que delà sculpture, un vase de la
forme dessinée ici , d'après un original
en argile, est constamment représenté
eiitre les mains de cette divinité.
2. Vase dans lequel tombait l'eau
d'une fontaine d'ornement ; il était fait
à l'imitation d'une coupe à boire (Paul,
Dig. 30, 41).
3. Sorte de bateau dont cependant on
ignore la forme particulière (Macrob.
Sat. l. c; Aristoph. Pac. 143).
CANTHERIUS. Voy. Canterius.
CANTHUS (èTTÎortoTpov). La bande
d'une roue; cercle de fer ou de bronze,
fixé sur la jante , pour empêcher que le
bois ne soit usé parle frottement (Quint.
1,5, 8). Le nom grec se trouve dans
Homère (//. V, 725); le terme latin,
quoique employé par Perse (Sat. v, 71),
est noté comme un bar])arisme par
Quintilien (Le), qui le considère com-
me un mot espagnol ou africain.
CANTO. Employé dans les mêmes
sens que Cano.
CANUM (xavoûv). Corbeille grecque,
faite de roseau ou d'osier, plus hajjituel-
lement appelée Canistrum en latin (Fes-
tuss. v. Varro, L. L. v, 120).
CANUSÏNATUS. Personnage qui porte
un vêtement dont le tissu est fait de la
laine de Canusium , maintenant Canota
(Suet. Nero, 30 ; Mart. Ep. IX, 23 , 9).
CAPEDO. Cruche eu poterie , avec une
anse, qui était destinée à recevoir du vin ;
ou s'en servait dans les premiers temps
pour les sacrifices (Cic. Parad. 1,2).
Même sens que Capis.
CAPEDUNCLILA. Diminutif du mot
précédent (Cic. N.D. \ii, 17).
CAPILAMENTllM. Perruque de faux
cheveux, spécialement quand les che-
veux sont longs et abondants comme
ceux des femmes (Suet. Cal. ii; Petr.
Sat. 110,5; Tertull. Cuit. Fa m. 7, et
Galerus, 3).
CAPILLUS. Chevelure en général ,
sans égard à la nature des cheveux; ce
mot s'applique également à toute sorte
de cheveux, longs ou courts, plats ou
bouclés, arranges ou négligés (Cic. Ov.
Hor. Cffs. Nep. etc.).
2. 11 désigne aussi les poils de la barbe
(Cic. Off. II, 7; Suet. Nero, i) et la
fourrure des animaux (Catull. 25, l; Aul.
Gell. XII, 1,4).
CAPIS. Pot à vin (Yarro, ap. Non. s.
Armlllum , p. 547) de forme et d'usage
antiques , en poterie , avec une
seule anse : circonstance dont
les grammairiens romains tirent
son nom (Varro, L. L. V, 121 ;
Feslus, s. v.). Dans les âges
primitifs de l'histoire romaine,
où régnait une grande simplicité, des vases
de poterie de cette sorte étaient communé-
ment employés à des usages religieux et
autres (Liv. x, 7; Petr. Sat. 52, 2);
mais, lorsque le luxe fit des progrès, on
les abandonna pour les formes grecques
plus élégantes, ou on les fit de matières
plus précieuses (Plin. H. N. xxxvii ,
7 ). Cependant ces vases furent toujours
conservés pour les besoins du culte , qui
s'attire encore plus de vénération et de
respect en gardant les formes et les usa-
ges anciens. On les voit souvent représen-
tés sur les monnaies et les médailles
frappées en l'honneur des personnes re-
vêtues de dignités sacerdotales; ils res-
semblent à la figure donnée ici et tirée
d'une médaille eu bronze de l'empereur
Marc-Aurèle, sur laquelle il est repré-
senté en qualité d'augure.
CAPISTERIUM. Vase employé pour
nettoyer les épis après qu'ils avaient été
battus et vannés. 11 semble qu'il se rap-
prochait de Valveus ouauget de bois, dans
lequel on mettait le blé; on l'agitait de
telle sorte que les grains pesants tom-
liaient au fond , tandis que les grains lé-
gers et le mélange de rel)ut qui s'y trou-
vait encore, après qu'on avait vanné,
montaient à la surface et pouvaient être
facilement séparés du reste. Peut-être
l'eau était-elle employée aussi dans cette
CAPISTRl'M.
105
opération (Coliimell. n, 9, 11 ; comparez
Apul. Met. IX, p. 193).
CAPISTRUM ((popêeta). Licou ou
têtière pour les chevaux , les ânes ou les
bœufs (Varro, R. R. ii, 6, 4; Ovitl.
Met. X, 125). Le spécimen ci-joint est
pris de la colonne Trajane.
2. Muselière avec des pointes saillan-
tes, pour empêcher les petits des ani-
maux de teter après avoir été sevrés;
elle ressemble à celles dont on se sert
communément aujourd'hui pour les
veaux (Virg. Georg. m, 399).
3. Lieu on les vignes étaient dressées
et attachées aux montants et aux barres
transversales d'un treillage (Columcll.
V, 20, 3).
4. Corde employée pour suspendre
l'extrémité de la poutre du pressoir
(prelnrn ) dans un pressoir à vin ou à
huile (Cato, R. R. xii),
5. Large bande de cuir ou menton-
nière avec une ouverture pour la bou-
che , portée par les joueurs de flûte ,
comme un licou, autour de la tête
et de la figure, pour presser les lè-
vres et les joues quand ils jouaient de
leurs instruments ; ce qui leur permet-
tait de donner des sons plus pleins , plus
fermes et plus unis. Voy. la gravure ci-
jointe, d'après un bas-relief de Rome. 11
ne semble pas que cette mentonnière ait
été toujours usitée, car les joueurs de flûte
sont souvent représentés dans les œuvres
d'art sans rien qui lui ressemble. Le
terme latin non plus ne se rencontre
dans aucun des auteurs classiques, quoi-
que le mot grec soit liien autorisé (Aris-
toph. r^". 582; Soph. Tr. 753).
CAPITAL. Petit mouchoir d'étoffe de
laine (Yarro, L. L. v, 130) , porté dans
l'origine par les femmes romaines autour
de la tète pour empêcher leurs cheveux
de tomber épars, et conservé dans la
suite comme une particularité de leur
costume par les jeunes femmes attachées
au culte des dieux, telles que la Flami-
nica ou prêtresse qui assistait la femme
du Flamen Dialis (\'arro, /. c; Festus,
s. v.).
CAPITELLUM. Même sens que Capi-
TULUM.
CAPITIUM. Vêtement des femmes,
porté sur la partie supérieure du corps
et couvrant le sein (Varro, L. L. v, 131 ;
id. de Vit. Pop. Roni.ap. Non. p. 542).
11 est difficile de décider s'il ressem!)lait
au spencer ou au corset. Aulu-Gelle note
ce mot comme tombé en désuétude et em-
ployé seulement par les classes inférieu-
res; dans un passage de Labérius qu'il
cite (xvi, T, 3), ce vêtement est décrit
comme étant de couleurs voyantes et
porté sur la tunique. Cette description
s'accorde précisément avec les corsets
actuels des paysannes d'Italie et la ma-
nière dont elles les portent, et avec la
figure donnée ici d'après le marljre d'un
tombeau publié par Gori (Inscript. Jn-
tiq. F/or. p. 344) , et destinée évidem-
ment à représenter une femme de la classe
inférieure : on peut en juger par la pierre
rude qui lui sert de siège pour sa toi-
lette.
106
CAPITOLIUM.
CAPITOLIITM.
CAPITOLIUM. Le Capitale; une des
septs collines de Rome , appelée dans l'o-
rigine Mons Saturnins, nom qui fut
changé dans la suite en celui de Mons
Tarpeius , par allusion à la jeune Tar-
péia, tuée, disait-on , et ensevelie en cet
endroit par les Saluns ; et, enfin pendant
la période légendaire dont on a fait le
règne de Tarquin le Superbe , devemi
Mons Capitolinus ou Capitolium, parce
qu'on croyait qu'une tête humaine {ca-
piit) y avait été trouvée tandis qu'on
creusait les fondations pour le temple de
Jupiter (Varro, L. L. v, 41, 42; Liv. i,
55). La colline était partagée en deux
sommets séparés par un plateau : le
sommet septentrional , le plus haut des
deux, et sur lequel s'élève maintenant l'é-
glise d'Jra Cceli, convertie en forteresse,
fut appelé Jrx ou citadelle; le sommet
méridional et plus bas, maintenant Monte
Caprino, était occupé par le fameux tem-
ple du Capitole ( Niebiihr, Hist. Rom.,
vol. I, p. 502 de la trad. anglaise).
2. Le temple du Capitole; construit
par le dernier Tarquin sur le sommet
méridional du mont Capitolin, en l'hon-
neur des trois divinités principales de
Rome, Jupiter, Junon et Minerve. Il
comprenait trois sanctuaires distincts
(cellae), parallèles l'un à l'autre et se ter-
minant en un seul fronton. Le sanc-
|i8| pliS
• ■ I I • •
tuaire du milieu était consacré à Jupi-
ter; celui qui était à main droite de la
statue, c'est-à-dire à la gauche du spec-
tateur quand il faisait face à l'édifice , à
Minerve, et l'autre à Junon. Le plan
était un parallélogramme, de longueur et
de largeur presque égales. Une triple
rangée de colonnes supportait le fronton ,
et une double rangée formait une colon-
nade sur chacun des côtés. Le derrière
du temple, qui n'était point tourné vers
la ville , n'avait point de colonnade (De-
nis d'Halicarn. iv, 61 ). Le plan ci-
contre est conforme à la description
faite par Denis et destiné à donner
une idée claire de la disposition inté-
rieure de ce remarquable édifice, qui était
construit sur un plan très-différent de
ceux qu'adoptèrent ordinairement pour
leurs édifices religieux les Grecs et les
Romains. Il est vrai que le monument
décrit par Denis était le temple existant
de son temps, qui fut bâti par Sylla et
dédié par Catulus; mais l'histoire nous
apprend que , par un sentiment de véné-
ration religieuse, on respecta toujours
le plan original (Tac. Hist. iv, 53).
Quant à l'aspect extérieur de ce tem-
ple fameux , il ne reste maintenant que
quelques blocs de larges pierres, qui for-
maient la substruction , et qui ne donnent
qu'une idée bien imparfaite de sa splen-
deur premièi'C. Les représentations du
Capitole qu'on trouve sur les monnaies ,
les médailles et les bas-reliefs, sont trop
restreintes et trop imparfaites dans les
détails pour qu'on puisse se faire une
juste idée du caractère et de l'aspect de
ce monument. La première construction
fut certainement de l'ordre étrusque dé-
crit par Yitruve ; car les architectes qui
le bâtirent furent appelés d'Étrurie (Liv.
I, 56). Quand le Capitole fut rebâti la
première fois par Sylla, le seul change-
ment qu'on fit fut de mettre à la place
de l'ordre étrusque l'ordre corinthien,
car les colonnes furent apportées du tem-
ple de Jupiter Olympien à Athènes (Plin.
H. N. XXXVI , 5 ) : elles étaient de l'or-
dre corinthien, Vitruve le dit expressé-
ment (Proœm. yu, 7), et quelques-unes
subsistent encore comme un témoignage
irrécusable. Le même plan et le même
ordre d'achitecture furent encore con-
servés sous Vespasien (Tac. Hist. iv, 53) ;
et aussi dans la quatrième reconstruc-
CAPITOLIDM.
CAPITULUM.
107
tion, due à Doiuitien, tomme ou le voit
par la gravure ci-jointe , prise d'un l)as-
relief appartenant à l'arc de triomphe de
Marc-Aurèle , où cet empereur est repré-
senté faisant un sacrifice devant le tem-
ple du Capitole. Quoique la perspective,
réelle n'y soit pas fidèlement observée,
on remarquera que les principaux traits
caractéristiques sont suffisamment indi-
qués; les colonnes d'ordre corinthien, et
les trois sanctuaires séparés sous un
même fronton, qu'on reconnaît à l'appa-
rition inaccoutumée de trois portes d'en-
trée. Ceux qui vivent avec les œuvres de
l'antiquité savent fort bien que les an-
ciens artistes, tant grecs que romains,
adoptaient , comme une pratique cons-
tante de leur école, une certaine ma-
nière conventionnelle d'indiquer plutôt
que de représenter les accessoires et les
lieux où se passait une action ; ils ne te-
naient pas à l'usage , maintenant en vi-
gueur, de donner un dessin ou un tableau
parfait du lieu et de la scène.
3. Capitolium vêtus. Le vieux Capi-
tole, petit temple sur le mont Quirinal
dédié à Jupiter, à Junon et à Minerve, et
dont on attribuait la construction à
Numa. Le nom de vêtus ne lui fut donné
qu^après l'érection d'un temple beau-
coup plus fameux sur la colline du Capi-
tole. On adopta alors ce nom pour dis-
tinguer les deux édifices. Cette distinc-
tion est nettement marquée dans le vers
suivant de Martial : Inde novum, veterem
prospicis inde Jovem (Mart. Ep. vil, 73 ;
id., V, 22; Yarro, L. L. v, 168; Val.
Max. IV, 4, 11).
CAPITULUM (ÈTTÎxpavov , xtovôxpa-
vov). Chapiteau d'une colonne. Dans
l'enfance de l'art de bâtir, ce n'était
qu'un simple abacus, ou tablette carrée de
bois; il était placé sur un tronc de
bois ou colonne primitive, et formait un
large lit sur lequel reposait l'architrave
(voy. la gravure à l'article ÀBACUS, 6).
Parti de cette grossière origine, le chapi-
teau devint dans la suite l'ornement
principal d'une colonne et un des traits
caractéristiques par lesquels on distin-
guait les différents ordres d'architec-
ture ; il était , comme eux , à proprement
parler, divisé en trois genres , le dorique ,
l'ionique et le corinthien, qui, avec les
modifications introduites par les Ro-
mains, formèrent cinq variétés en usage
dans l'antiquité. Nous ne parlons ni du
toscan ni du composite. En effet, le tos-
can , dont il ne reste aucun spécimen ,
n'est qu'une forme du dorique , et le
composite est un mélange de l'ionique et
du corinthien, puisqu'il a le feuillage du
dernier surmonté des volutes du premier ;
chapiteau bâtard introduit sous l'empire,
quand au génie de l'invention succéda le
goût du nouveau et du brillant, il fut
employé pour la première fois dans les
arcs de triomphe à Rome , et on en voit
encore un spécimen dans l'arc de Titus.
1. Capitulum doricum. Gbec. Le
chapiteau dorique grec , qui est le plus
simple de tous, n'était
divisé qu'en trois parties
principales : au sommet,
le large ahacus carvé, qui
conserva toujours dans cet ordre son ca-
ractère primitif; Vechinus ou quart de
rond , immédiatement au-dessous ; et les
annuli ou annelets , juste au-dessus du
fut. Le spécimen ci-joint représente un
chapiteau dorique du Parthéuon.
2. Romain. Le chapiteau dorique des
Romains est plus compliqué et plus varié
dans ses parties. Au simple abacus ils
substituèrent un cyma- _
tium à moulures et un ^.^_^^
filet; à Vechinus, un ^MQïSïMy
ove, souvent sculpté, v=
comme dans le spécimen '■-
ci-joint ; aux annelets, un astragale {astra-
galus) ou un chapelet et un filet. Le spé-
108
CAPITPLtM.
CAPBARtrS.
rimeu est tiré d'un temple romain près
d'Alhano.
3. Capltuliim ionicum. GreC. Le cha-
piteau ionique grec a deux traits impor-
tants et principaux :
Vahacus, qui est plus
petit et plus bas que
dans l'ordre dorique ,
mais toujours carré dans
sa forme, quoique orné de moulures sur les
faces extérieures; et les volutes {vol ut a)
ou moulures en spirale de chaque coté
sur le devant; elles sont souvent reliées
par un rebord ou pli qui pend entre elles
comme dans notre spécimen , et tombent
beaucoup plus bas que Vecltinus sculpté
qui les sépare. Ce spécimen est pris d'uu
temple grec prés de l'Ilyssus.
4. Romain. Le chapiteau ionique ro-
main ne diffère pas , dans ses parties es-
sentielles , des chapi-
teaux grecs , mais il est
souvent surchargé de
sculptures; les volutes
sont en général plus pe-
tites , et le pli gracieux qui pend entre
elles dans la gravure précédente n'y est
jamais introduit. Toutefois ce pli n'est pas
un trait qui caractérise toujours l'ordre io-
nique grec ; on ne le trouve pas dans le
temple de Dacchus à Téos (voy. ce tem-
ple au mot Dexticulcs) ni dans d'au-
tres édifices encore axistants. Le spéci-
men ci-joint est pris du temple de la
Fortune virile à Rome.
5. Cavltidiim corinthîum. Le chapi-
teau cornithien est le plus riche de tous
les ordres parfaits, et
les spécimens qui eu
restent maintenant en
Grèce et en Italie ne
diffèrent en aucun point
essentiel. Il se compose
d'un abaciis , non pas
carré , comme celui des
chapiteaux dorique et ionique, mais creu-
sé sur les côtés, sans aucun angle , et d'une
rosette (Jlos) ou autre ornement semblable
placé au milieu. Sous l'abacus, sont de pe-
tites volutes {hélices, Yitruv. iv, 1 , 12) ,
s'inclinanten avant comme destiges, dont
deux se rencontrent sous chaque angle de
l'abacus, et deux au centre de chaque
face du chapiteau, où elles se touchent
quelquefois et quelquefois sont entrela-
cées. Le tout est entouré de deux ran-
gées circulaires de feuilles {fol ta) , cha-
que feuille de la rangée supérieure pre-
nant naissance entre et derrière celles de
la rangée inférieure , de telle sorte qu'une
feuille de la rangée supérieure tombe au
centre de chacune des quatre faces du
chapiteau. Dans les meilleurs modèles,
ces feuilles sont sculptées pour imiter
l'acanthe ou l'olivier ; on voit des feuilles
d'olivier dans la gravure ci-jointe , prise
du portique du Panthéon à Rome.
6. Petite tète circulaire, fixée au haut
des tablettes dont se servaient les enfants
romains dans leurs écoles (N'ar-
ro , i?. /?. III , 5 , 1 ) . Elle avait %p
un œil au centre ; on y passait
une courroie et un cordon qui
servait à suspendre la tablette
au bras, quand on la portait
(Hor. Sat. 1,6, 74) , ou à la
pendre à une cheville , quand
on la déposait , comme dans le spécimen
ci-joint pris d'une peinture de Pompéi.
7 . Dans les machines de guerre , telles
(pie la ballista et la catapulta, le capitu-
lum semble avoir été une barre trans-
versale percée de trous par lesquels pas-
saient les cordes qui , bien tendues, lan-
çaient le trait (Vitruv. i, 1, 18; id.,x,
2;id., X, 12,2). Comme on n'a pu s'as-
surer de la disposition de ces machines ,
toute tentative pour déterminer leurs
parties composantes n'aboutirait qu'à des
conjectures qui ne sauraient satisfaire.
CAPRARIUS (aiTtoXo;, aX-^i\dx-i\:.) .
C/ievrier qui menait paitre les chèvres,
CAPREOLtIS.
CAPRON.Ï.
109
(dont les anciens eivaienl de grands trou-
peaux dans leurs fermes (Varro, R. fi. il,
3, 10). Les qualités qu'on exigeait des
chevriers étaient la force, l'activité, la
hardiesse, et un tempérament qui ne
crafgnît aucune fatigue : les chèvres , en
effet, se dispersent toujours pour jjrouter,
et les lieux qui leur donnent la meil-
leure pâture sont les pentes abruptes et
rapides dans les contrées montagneuses ,
où abondent les liroussailles, les herbes
sauvages et les fleurs (Columell. vu, G,
9; Varro, fi. fi. u , 3, 7). La gravure re-
présente un des chevriers des Eglogues de
Virgile d'après un manuscrit du Vatican.
CAPREOLUS. Littéralement chevreuil
ou chamois. Par extension, instrument
employé dans le labourage pour remuer
et briser le sol ; il était formé de
deux fourchons de fer (CokuneH. '^^^
XI, 3, 4G), convergeant l'un vers I
l'autre comme les cornes du cha-
mois, ainsi qu'on le voit par la
figure ci-jointe, tirée d'une an-
cienne sculpture en ivoire de la
galerie Florentine; cet instru-
ment y est placé entre les mains
d'une figure qui est debout, avec une
chèvre à côté d'elle , au milieu d'une vi-
gne. Ainsi se trouvent déterminées et la
nature de l'objet et la propriété du nom.
2. (iruYxÛTtTYiç). Contre-fiche (terme
technique du métier de charpentier),
c'est-à-dire pièce de bois placée en biais
dans une poutre de séparation ou dans la
charpente d'un toit (ee dans la figure ci-
jointe), pour former un triangle qui rend
toute la construction plus forte et plus
solide. Dans ce sens , ce mot est le plus
souvent employé au pluriel, parce que ces
contre-lîches sont en général fixées par
couples , se rencontrant au bas et diver-
geant vers le haut , comme les cornes du
chamois (f:a\s. B.C. ii, 10; Vitruv. iv,
2, 1).
CAPRILE. Étable à chèvres (Columell.
vu, 6, G; Varro, R. R. ii, 3, 8).
CAPRIMULGUS. Pâtre qui trait les
chèvres : les anciens se servaient beau-
-"'-Wuo'/,w*- -ïsv.^i- ■
coup du lait de ces animaux (Catull. XXII,
10). A proprement parier, le caprimulgus
était un esclave appartenant à la familia
rnstica. Dans la gravure ci-jointe, prise
d'une peinture de Pompéi , il est repré-
senté sous la forme d'un génie, suivant
l'usage des anciennes écoles de peinture.
CAPRIPES. Aux pieds de bouc : parti-
cularité attribuée souvent par les poètes
et les peintres à Pan et aux satyres, pour
indiquer leurs inclinations voluptueuses
et dissolues (Lucret. iv, 583; Hor. Od.
II, 19, i). La gravure est tirée d'une
peinture de Pompéi.
CAPRONjE (7:pox6[j.iov). Boucles de
cheveux qui tombent sur le milieu du
front du haut de la tète; elles sont dis-
7
110
CAPSA.
li.nctenient' marquées dans la figure ci-
jdinte , prise d'une statue supposée d'A-
donis , qu'on trouva dans l'amphithéâtre
de Capoue (N'on. Marc. s. v. p. 22 ; Apul.
F/or. I, 3, 3).
2. Toupet d'un cheval, quand il tomhe
sur le front comme dans le spécimen ci-
joint, tiré d'une pierre gravée, au lieu
d'être réuni et attaché en touffe (cirrus),
ce qui avait lieu très-souvent (Festus^. ?'.;
Xen. Equest. \, 6).
CAPSA. Boîte ou cassette en bois, pro-
fonde et de forme circulaire (Plin. H. N.
XVI, 84), où l'on enfermait des ol)jets que
l'on voulait transporter d'un lieu à un au-
tre. La capsa était employée spécialement
pour le transport des livres (Cic. in Cal.
Dir. 16;Hor. 5flM,4, 22; ih. 10, 63).
La gravure représente deux de ces boites,
l'une ouverte avec les rouleaux ou volu-
mes qu'elle contient, d'après une pein-
ture de Pompéi ; l'autre avec le couver-
cle baissé et fermé à clef, d'après un
manuscrit du Virgile du Vatican. Descour-
roies sont attachées à toutes deux , pour
les transporte]- plus commodément.
CAPULATO».
CAPSARIUS. Esclave qui portait à l'é-
cole la capsa de son jeune maître ou sa
boîte à livres, et qui l'en rapportait (Suet.
Nero, 36; Juv. Sat. X, 117).
2. Esclave attaché au service des bains
puljlics, qui devait prendre soin des vête-
ments laissés par les l)aigneurs dans Va-
pochterium , et veiller à ce qu'ils ne fus-
sent pas dérobés ; ce genre de vol était
très-fréquent à Rome (Paul, Dlg. I, 15,
3; comparez Ovid. Art. amat. m, 639;
Plant. Rud. II, 3, 51).
CAPSELLA. Double diminutif de
CAPSA , très-petite boîte pour garder des
fruits séchés (Ulp. Z)/»^. 33, 7, 12), ou
des joyaux de femme. Elle était quelque-
fois suspendue par une chaîne à leur cou
(Petr. ^fl^07,9).
CAPSULA. Diminutif de capsa. Petite
boîte qui contenait des livres ou autres
oljjets (Catull. LXVIII, 36); de là l'ex-
pression homo lotus de capsula (Seneca ,
£p. 115), fat, homme qui a l'air, com-
me nous dirions, de sortir d'une boîte.
CAPSUS. Ce mot indique le corps ou
le dedans d'une Voilure, comme notre
expression Yintérieur d'une diligence
(Vitruv. X, 9, 2). Voy. les gravures au
mot Carpentcm.
2. Cage ou enceinte pour retenir des
animaux (Vell. i, 16).
CAPULA. Diminutif de capis; petite
cruche à vin ou coupe à ijoire, avec
une anse , dont on se servait sur la tal)le
à boire circulaire nom-
mée cilibantum (Varro ,
L. L.\, 121; id. de Vit.
Pop. Boni. ap. Non. s.
Armillum , p. 547). Des
vases de ce genre et de
cette forme sont fréquem-
ment représentés dans les
peintures de Pompéi sur les tables rondes
où l'on boit : c'est d'une de ces peintures
qu'est prise la gravure ci-jointe.
CAPLLARIS. Voy. Capclls, 3.
CAPl'LATOR. Ouvrier employé à la
fabrication de l'huile, dont la besogne
consistait à verser l'huile d'une cuve dans
une autre, ou de la cuve dans des jarres
pour l'épurer : ce qu'il faisait avec une
sorte de cuiller ou de vase à anse, du
genre et de la forme de la capis ou ca-
CAPCLtJS.
CAttACALLA.
111
pilla, d'où vient le nom de captilalor
(Cato, R. R. I.XVI, 1 ; (lolumell. xil, 62,
CAPULUS (xwTrri). Manche ou poignée
de tout instrument qui a un manche droit
comme la faucille (Columell. iv, 25, 1 ,
Voy. Falx); poignée d'un sceptre (Ovid.
Met. VII, 50G ; voy. Sceptrum) , par op-
position à ansa , qui représente une poi-
gnée arrondie ou recourbée. Ce mot dé-
signait spécialeaient la poignée d'une cpêe
qui était faite de bois, d'os, d'ivoire, d'ar-
gent ou d'or, quelquefois incrustée de
pierres précieuses et le plus souvent sans
garde (Virg. Ain. x, 50C ; Tac. Jnn.u,
21; Spart. Hadr. 12; Claud. de Laiid.
Stil. II, 91). La gravure est tirée d'un
original trouvé à Pompéi.
2. Poétique pour stiva; le manche
d'une charrue que le laboureur tenait à
la main pour diriger la charrue (Ov.
Pont. I, 8, 57). Voy. Stiva et la gra-
vure au mot Arator.
3. Bièi-e dans laquelle on emportait un
mort (Festus, s. v.; Serv. ad Virg. Jùi.
m
^^1
VI, 222; Lucilius et Novius, ap. Non.
s. T. p. 4); de là l'épithète de capnlaris
est employée pour désigner un homme
qui touche à la mort ou qui est prêt pour
la bière (Plaut. Mil. iii, 1, 33). La gra-
vure ci-jointe est tirée d'un bas-relief de
sépulcre en marbre, près de Rome.
CARABUS. Petit bateau en osier com-
me le coracle gallois, et couvert de cuir
non tanné (Isidor. Orig-. xix, 1, 20). La
figure ci-jointe est donnée par Sclieffer
{Mil.IVav, p. 810), d'après un ancien
manuscrit de Vitruve. Les lignes qu'on voit
le longdes cotés, elcpiisont plus distinctes
dans l'original, montrent les coutures par
lesquelles les peaux se rejoignent. La forme
de la barre et du gouvernail, aussi Ijien
que leur place à l'arrière du bateau , est
tout à fait insolite; mais elle est marquée
de même sur un marbre de tomljeau dans
Boldetei (CiwiferJ, p. 3GG) et indique une
période reculée.
CARACALLA. Vêtement porté par les
Gaulois et qui occupait dans leur costume
la même place que la ytTcôv chez les
Grecs et la tunica chez les Romains.
Toutefois il en différait pour la forme et
la grandeur; car c'était un vêtement
étroit , avec de longues manches , dont
les pans descendaient à moitié des cuisses
et étaient fendus par devant et par der-
rière jusqu'à l'entre-jambe, comme une
blouse moderne (Strai)O , IV, 4, 3; Edict.
Dioclet. 21; comparez Mart. Ep.i, 93,
8 , où il est appelé pal la Gallica). L'ex-
plication que nous donnons est surtout
fondée sur le passage de Strabon cité ci-
dessus : il dit , en décrivant le costume
des Gaulois, qu'ils laissaient flotter leurs
cheveux dans leur aijondance naturelle
et portaient un sagum et de longues
braies; mais qu'au lieu de tunique, ils
se servaieilt d'un vêtement à longues
manches , fendu par devant et par des-
rière jusqu'à l'entre-jambe (àvTt de yn.i6i-
VWV ff/tCTTOÙ? -/EipiôcOTOÙç Çs'pOUCTl fJ-ÉXP'
aîooîcov y.ac yXouTwv ). Cette description
s'accorde parfaitement avec le costume
des figures ci-joiutes. Elles sont prises de
deux petits bronzes trouvés à Lyon, et
offrent tous les traits caractéristiques
mentionnés ici , aussi l)ien que les autres
112
CARACALLA.
CARBATIN^.
détails de costume particuliers aux an-
ciens habitants de la Gaule ; c'est-à-dire
des cheveux abondants, arrangés à la mo-
de gauloise (voyez la gravure au mot
Cirrus , 1 , où on donne un spécimen
dont les proportions sont plus grandes),
à peu près comme on représente la che-
velure des têtes de Jupiter et d'Esculape ,
circonstance qui a fait prendre à tort au
comte Caylus et à Montfaucon ces figures
pour les divinités que nous venons de
rappeler. On y voit aussi des souliers
d'un genre particulier que portaient les
Gaulois (voy. le mot Gallic/E, où on en
donne un autre spécimen de proportions
plus grandes) ; le sagum sur les épaules
de la figure à main droite; le torquis au
cou de l'autre; et la fente au devant du
vêtement, qui est clairement indiquée
dans les deux. Une caricature de Pompéi
(donnée au mol Pictor) présente une
fente correspondante dans la partie pos-
térieure d'un vêtement semblable. Les
braies manquent seules dans les deux
figures; ce qui peut venir ou des capri-
ces de l'artiste ou des effets du temps
qui ont détruit ou rendu imperceptibles
dans les originaux les marques qui les
indiquaient. Le passage de Strabon a
toujours été interprété comme s'il indi-
quait une yl}1(ii•^ de l'espèce appelée
Q-/}a'zôc. (voy. le mot Tunica), qui des-
cendait seulement jusqu'au bas du ventre
par devant et jusqu'aux hanches par der-
rière. Mais il est clair que le mot a/iff-
TÔç (fendu) est ici complété par les ex-
pressions (léypt alootiov xat y).outwv ;
car si le vêtement eût été si court, il
n'eût pas eu besoin de fentes.
2. Vêtement d'un genre analogue in-
troduit à Rome par l'empereur Aurelius
Antonnius Bassianus, ce qui lui valut le
surnom de Caraccdla (Anton. Caracall.
9; Aurel. Vict. T it. des. 21 ; id. Epil.
21). La seule différence que ce vêtement
présentât avec le modèle gaulois, c'est
qu'il était beaucoup plus long, qu'il des-
cendait jusqu'aux chevilles et qu'il était
quelquefois pourvu d'un capuchon. A
partir de cette époque, il fut générale-
ment porté par le commun peuple ; dans
la suite, il fut adopté par les prêtres
romains, ([ui le conservent encore sous
le nom de sottajia, vêtement qui ressem-
ble précisément à la jaquette gauloise de
la gravure précédente, avec les pans
allongés jusqu'aux pieds.
3. Caracalla major. La longue cara-
calla des Romains , décrite dans l'article
précédent (Edict. Dioclet. 21).
4. Caracalla minor. La courte cara-
calla des Gaulois décrite en premier lieu
(Edict. Dioclet. /. c).
CARBASUS (jcâpTTaffo;). Belle espèce
de lin qui était un des produits de l'Es-
pagne. Par extension on donna le nom
de carhasus à tous les objets qu'on faisait
avec le lin, tels que les vêtements de
toile de lin (Virg. yE//. vill, 34); les
voiles placées sur les théâtres ou amphi-
théâtres , pour les protéger contre le so-
leil et la pluie (Lucret. vi, 109; voyez
Vélum); les voiles d'un vaisseau (Virg.
^ILti. III, 357; voy. Vélum); les livres
siiivllins qui étaient faits de toile de
lin'(Claud. n. Gil. 232, etc.).
CARBATIN^^Î (xapêdcttvat ou xapTïâ-
Tivai). La plus commune de toutes les
espèces de chaussure en usage chez les
anciens; elle était particulière aux pay-
sans des contrées méridionales, aux
Asiatiques, aux Grecs, aux Italiens (Xen.
Anal). IV, 5, 14; Pollux , VII, 22;
Hesyclî. s. -v.). Elle consistait en une
pièce de peau de bœuf crue , placée sous
le pied comme semelle , puis relevée aux
côtés et par dessus les orteils, et attachée
sur le cou-de-pied et autour de la partie
inférieure de la jambe par des courroies
qui passaient par les trous faits dans les
bords de la même façon que pour la
crepida : voilà pourquoi Catulle donne
ce nom aux carhatiiise (98 , 4 ). La seule
pièce de cuir qui constitue réellement
toute la chaussure et sert à la fois de se-
melle et d'empeigne, explique aussi le
sens des épithètes par lesquelles Hesy-
chius la définit : [xovÔTceXftov et [Aovôôep-
(j-ov , c'est-à-dire dont la semelle et l'em-
peigne ne forment qu'un. Des chaussures
113
de cette sorte sont d'un usage général
parmi les paysans italiens d'aujourd'hui ,
comme on le voil dans la gravure qui re-
produit un dessin fait par l'auteur et
qu'on a insérée ici de préférence à un
spétimen ancien, en raison de l'idée nette
et précise qu'elle donne de la matière et
de la forme de ces chaussures; mais les
vases grecs et les peintures de Pompéi
présentent des spécimens analogues (voy.
Tischhein, i, 14; Museo Borbon. xi, 25,
et la figure à main droite au mot Axa-
bolium).
CARCER (îcâpy.apov). Gevle ou pri-
son. Les prisons romaines étaient divi-
sées en trois étages , dont chacun avait
une destination spéciale. Le premier
[carcer inferior, YopyOpa) était un som-
bre cachot souterrain , où l'on ne péué
trait que par une petite ouverture prati-
quée dans le plancher de la cellule su-
périeure et qui ue servait pas comme
lieu de détention, mais d'exécution. Ou
y jetait les condamnés à mort pour y su-
bir leur sentence. L'étage du milieu \car-
cer interior) était bâti immédiatement
au-dessus du cachot des condamnés et de
niveau avec le sol; il n'avait, comme le
précédent, qu'une ouverture dans le pla-
fond et servait de lieu de détention ; on
y enfermait ceux qui étaient condamnés
aux fers (ciistodia arcta) jusc[u'à l'expi-
ration de leur peine, ou jus([u'à ce que la
sentence , si c'était une sentence de
mort, reçut son exécution. L'étage supé-
rieur, le premier au-dessus du sol , ren-
fermait ceux qui s'étaient rendus coupa-
bles de délits moins graves ou qui n'é-
taient condamnés c[u'à un emprisonne-
ment d'une durée ordinaire [custudia
communis). La détention y était beau-
coup moins sévère : les prisonniers pou-
vaient prendre l'air et se livrer à des
exercices. C'est à un emprisonnement de
ce genre qu'Othon condamna Dolabella :
neque arcta custodia neijue obscitra
(Tac. Hist. I, 88), c'est-à-dire qu'il le fit
enfermer dans le cachot de l'étage supé-
rieur ; il ne le soumit pas à la détention
rigoureuse du carcer interior (celui qui
est au-dessus dans la gravure) , et il ne le
jeta pas dans le sombre cachot souter-
rain. Ces trois divisions étaient visiljles
dans la prison d'Herculanum, ([uand on
la retrouva en faisant les fouilles; les
deux divisions inférieures subsistent en-
core entières dans les prisons construites
par Ancus et Servius près du Forum
romain. Nous eu donnons une section
qui montre leurs positions relatives et le
plan de leur construction. La muraille,
avec l'inscription , rappelant le nom du
magistrat sous lequel ou répara le
cachot, faisait face au forum et enfer-
mait l'étage supérieur, qui a complète-
ment disparu.
2. Ecuries dans le cirque , où les chars
stationnaient avant le commencement
d'une course et où ils retournaient quand
elle était terminée (Ovid. Her. XVIII,
IGG; Auct. ad Heren. iv, -3). C'étaient
~^"\V\i^»t^'-.Vf^!^
des voûtes fermées sur le devant par de
larges portes de bois, ordinairement au
nombre de douze (Cassiodor. Far. Ep.
III, 51). De là vient que le mot carcer,
pris dans ce sens, «est employé le plus
souvent an pluriel (Cic. Brut. 47 ; Virg.
G. 1, 512). Il y en avait une pour cha-
que char et elles étaient situées à l'ex-
trémité de la surface plaue ou arène
114
CAKCHESIUM.
SOUS Y oppidum , six de chaque côté de la
porta pompa', par laquelle entrait le
cortège. On voit leur position relative-
ment à l'arène dans le plan du CiRCDS
(s. 1'.) où elles sont marquées AA. Nous
donnons ici une perspective de quatre
carceres, avec leurs portes ouvertes {can-
celli), d'après un bas- relief du Musée bri-
tannique.
CAHCHESIUM (xxpxôaiov). Coupe à
boire d'invention grecque; la figure en
était haute, se rétrécissait légèrement
aux côtés et était ornée d'anses sveltes
qui descendaient du bord jusqu'au bas
(Macrol). Sat. v, 21). On s'en servait
comme découpe pour le vin (Virg. Geor^.
IV, 380) ou le lait (Ovid. 3Iet. vil, 247).
La figure que nous don-
nons est prise d'une pein-
ture de la tombe de Gains
Cestius, un des Epidoues
ou citoyens qui étaient
chargés de préparer un
banquet somptueux en
l'honneur de Jupiter. La
j)lace oîi elle se trouve et sa ressemblance
parfaite avec la description de Macrobe
nous autorisent sulTisaumient à y recon-
naître le carchesiiim.
2. Apjiareil fixé au mât d'un vaisseau
juste au-dessus delà vergue (Lucil. Saf.
III, 14, éd. Gerlach; Lucan. V, 418), et
dans lequel jouait une partie du palan
(Serv. o</ Virg. JE/i. V, 77; Non. s. v.
p. 54G). Les matelots y montaient pour
observer, pour arranger les voiles et lan-
cer des traits , comme ou le voit dans la
gravure prise d'une peinture de tombe
égyptienne. Cet appareil répondait sous
certains rapports à ce que nos matelots
appellent « la hune » ; il tirait son nom
d'une ressemblance réelle ou supposée
avec la coupe à boire figurée dans la
gravure précédente.
3. Carcliesium versatile. Même appa-
reil construit de manière à se mouvoir
autour du mât et à faire l'office de grue
quand on chargeait et déchargeait les
vaisseaux marchands. A cet effet, on y
introduisait horizontalement une barre
transversale (Vitruv. X, 2, 10; Schnei-
der, ad l ), et on s'en servait à peu près
comme nos matelots se servent du ta-
quet.
CARDINALIS. Voyez Scapcs.
CARDINATLS. Voyez Cardo, 4.
CARDO. Pivot et crapaudine , formant
un appareil qui fixait à leurs places les
portes des anciens et les faisait aller et
revenir quand elles s'ouvraient et se fer-
maient. 11 répondait aux charnières dont
nous nous servons plus communément,
quoiqu'il fût de nature très-différente
(voy. GiNGLYMUs). Les Grecs distin-
guaient chacune de ces parties par des
noms distincts : ils appelaient o-xpôcpiyÇ
le pivot et a-zçoffdç, la crapaudine dans
laquelle le pivot jouait. Les auteurs la-
tins comprennent ordinairement tout
l'appareil sous le nom de cardo; ils ap-
pliquent ce terme tantôt à chacune des
parties prise séparément , tantôt au mon-
tant tout entier du battant de la porte
(icapiis cardinalis), qui formait l'axe au-
tour duquel fonctionnait le mécanisme
(Plin. H. N. XVI, 77; //'. 84; id. xxxvi,
24, n" 8; Plaut. Asin. il, 3, 8; Virg.
lEn. II, 480 ; Apul. Met. i, p. 9). Les
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figures de la gravure ci-jointe explique-
ront la nature de ces objets et la manière
dont ou les employait. Les deux figures
CARNIFICmA.
115
d'eu haut à niaiu droite offrent une paire
de plaques d'al)out eu l)ronze, tirées de
modèles égypiieus du Musée liritauui-
que ; elles étaient fixées au haut et au bas
d'un battant de porte pour faire l'offire
de pivots (<7Tp6cpiYY£ç ) ; les axes de hois
étaient revêtus de bronze pour supporter
le frottement ( Virg. Cir. 222, xratits
cardo). Les deux figures du bas, du même
côté , sont deux pièces creusées qu'on in-
troduisait dans le seuil et dans le linteau
de la porte pour faire l'office des crapau-
dines dans lesquelles les pivots tour-
naient. Celle qui est à gauche représente
un modèle égyptien de pierre très-dure,
qui est maintenant au Musée britanni-
que ; on s'en servait en amenant le pivot
immédiatement au-dessus de son orifice ;
celle qui est à droite est de bronze et fut
trouvée dans le seuil d'une porte à Pom-
péi ; les dents ou les cannelures qu'elle a
aux côtés sont destinées à l'assujettir so-
lidement à sa place et à l'empêcher de
tourner avec le jeu de la porte. La figure
à main gauche est une porte égyptienne
d'après Wilkinson, et montre la manière
dont était attaché et jouait l'appareil.
Comparez la gravure du mot Antepag-
MEKXrM.
2. Pivot à chaque extrémité d'un axe
dans une machine ; grâce à ce pivot, l'axe
se mouvait dans les crapaudines ; il en
était ainsi pour une brouette , un cylin-
dre et autres instruments semblables ( Vi-
truv. X, 14, 1 ).
3. Tenon. Terme technique des char-
pentiers ; c'est-à-dire la tète d'une pièce
de bois taillée d'une façon particulière
pour s'ajuster à une mortaise de même
grandeur et de même figure dans une
autre pièce, et former ainsi un joint
(Vitruv. X, 14, 2); de là cardo securi-
ctdatus, tenon en forme de hache, ou,
comme nous disons, en queue d'aroude
(Vitruv. X, 10, 3).
CARENL'M. T'in r/ow^ réduit aux deux
tiers par la cuisson ( Pallad. Oct. 18 ).
CARINÂ (TpÔTtt: ). Quille ou dernière
pièce de bois dans la charpente d'un vais-
seau , qui va de l'avant à l'arrière et sert
de corps j)Our le liàtiment tout entier
( Cic. deOrat. m, 46); elle comprend
aussi la fausse quille ou contre-quille
(Liv. XXII, 20; Ca-s. B. G., m, 13).
CARNARIUM. Sorte de châssis sus-
pendu au plafond et muni de crocs et de
clous pour attacher des provisions salées,
des fruits secs, des herbes, etc. 11 ressem-
l)lait à ceux dont on se sert encore dans
nos cuisines (Plant. Capt. IV, 4,6; Petr.
Sat. 135, 4; id., 136, 1; Plin. H. N.
xviii, 60). La gravure est prise d'une
peinture de Pompéi, où le châssis est
suspendu au plafond d'une taverne, et
montre des saucisses , des légumes et au-
tres choses semblables pendues par des
cordes ou dans des filets.
2. Dans un sens plus général , "-«/-^e-
manger ou office pour conserver les vian-
des fraîches (Plant. Cure. Il, 3, 45; Pliu.
H. N. XIX, 19, n°3).
CARNIFEX.Exécuteurpublic,qui met-
tait les criminels à la torture , leur faisait
subir la peine du fouet , et exécutait les
condamnés en les étranglant avec une
corde (Plaut. Capt. \, 4, 22; Suet.
Nero, 54 ).
CARNIFICINA. Lieu où les criminels
étaient mis à la torture et exécutés
(Liv. II, 23; Suet. Tib. 62); cachot
souterrain au-dessous de tous les autres
cachots de la prison. La gravure repré-
sente l'intérieur de la camifîcina, dans
les pi isons pul)li([ues de Rome, consti iiite
par Servius Tullius, du nom duquel
on l'appela le Tulllanum ; c'est en ce
lieu que les amis et les complices de Ca-
116
CARPEMUM.
CARROBALLISTA.
tilina furent exécutés par ordre de Cicé-
ron. On y descendait le criminel avec
une corde par l'ouverture du plafond , et
on retirait son corps par un croc de fer
(unciis) après l'exécution. La petite porte
à main gauche, quoique ancienne , ne fait
pas partie de la construction primitive;
elle donne accès dans une basse galerie
souterraine , maintenant remplie de dé-
combres, mais qui va dans la direction
du Tibre, et qui était peut-être destinée
à traîner les cadavres à la rivière quand
on ne les tirait pas de la prison pour les
exposer aux gémonies.
CARPENTUM. Voiture à deux roues,
couverte d'une capote , et pourvue de ri-
deaux qui se tiraient (Prop. iv, 8, 23;
Apul. Met. X, p. 224) ; elle pouvait con-
tenir deux ou trois personnes ; elle était
traînée ordinairement par deux mulets
(Lamprid. Heliog. 4), et employée par
les matrones et les dames romaines de
distinction depuis une haute antiquité
(Ovid. Fast.i, 619; Liv. v, 25). La
figure ci-jointe, qui remonte aux temps
les plus reculés, est copiée d'une pein-
ture étrusque (Micali, Italia avanti i Ro-
mani, tav. 27), et représente deux jeunes
mariés, comme Tite-Live dépeint Lucu-
mon et sa femme à leur arrivée à Rome
(sedens carpento ciim uxore, Liv. i, 34).
2. Carpentum funèbre ou pompa ti-
cum. Carpentum, ou voiture d'apparat
qui portait l'urne contenant les cendres
des citoyens de haut rang ou leurs sta-
tues au milieu du cortège funèbre (Suet.
Cal. 15 ; id. Claud. il ; Isidor. Orig. XX,
12, 3). C'étaient également des voitures
couvertes , construites sur le même prin-
cipe que les précédentes, mais plus bril-
lantes et d'un caractère plus imposant ,
comme on peut le voir par le spécimen
ci-joint pris d'une médaille frappée eu
mémoire d'une des impératrices de Rome;
l'usage auquel on employait ce chariot est
facile à reconnaître d'après sa forme qui,
on le remarquera , est celle d'une tombe.
3. Chariot employé pour les travaux
des champs et apparemment d'un usage
fort commun et fort répandu ; car on se
sert fréquemment du même mot dans le
sens d'une charretée de fumier, par
exemple , ou pour indiquer une certaine
quantité que chacun reconnaîtra immé-
diatement,commenous disons une charge
(Pallad. X, 1 ; Veget. 3Iul. Med. IV, 3,
Prsef. ). Ce chariot était probablement
construit comme le premier des deux spé-
cimens , mais d'une façon plus grossière
et sans la tente.
CARPTOR. Celui qui découpe, esclave
qui était chargé de découper les mets aux
grands festins avant qu'ils fussent servis
aux hôtes (Juv. Sat.ix, 110).
CARRAGO. Espèce de fortification
adoptée par plusieurs des nations l^ar-
bares avec lesquelles les Romains entrè-
rent en lutte. Elle consistait à former
avec les voitures et les chars de guerre
une ligne circulaire autour des positions
occupées ( Amni. Marc. XXXI , 7, "7 ; Tre-
bell. Gallien. 13; Veget. il///. III, 10).
CARRORALLISTA. Ballisle montée
sur une voiture et tirée par des chevaux
et des mulets , pour être plus facilement
transportée de place en place ou amenée
aux différents points où s'engageait l'ac-
tion (Veget. Mil. m, 24; u, 25). Lagra-
CARTIBCLCM.
117
vure représente une machine de cette
sorte telle qu'on la voit sur la colonne
de Marc-Aurèle ; mais elle est trop im-
parfaite dans les détails pour donner une
idée exacte du principe d'après lequel
fonctionnaient de pareilles machines.
CARRUCA ou CARRUCHA. Espèce
particulière de voiture introduite à Rome
sous l'empire ( du moins on en trouve la
première mention dans Pline, et plus tard
file reparaît souvent dans Suétone, Mar-
tial et d'autres auteurs de cette époque).
On est réduit à des conjectures sur la
forme et l'usage particulier de ces voi-
tures; mais elles sont nettement distin-
guées du covinus et de Yessediim par
Martial ( Ep. xil, 24) et de la rlteda par
Lampride (.^/fx. Sev., 43). C'était une
Noiture fort ornée et de graud prix; d'a-
bord on la décora de sculptures en bronze
et en ivoire (Vopisc. Aurel. 46), puis de
ciselures en argent et en or (Plin. H. JS.
XIII, 40;Mart. Ep. m, G2).Ens'eu tenant
à ces détails, la description de la carruca
s'accorde avecla figure ci-jointe, qui repré-
sente la voiture du préfet de Rome d'après
la Noùùa Iniperii, et où les ornements de
métal sont très-visibles. On peut la regarder
comme un modèle de ces voitures; mais
les auteurs latins emploient parfois ce
terme dans un sens plus général. Dans
Suet. A^ero, 30, et Martial. Ep. m, 47,
la même voiture est indifféremment ap-
pelée carruca et rheda. Ce mot conserva
dans la suite le sens général de voiture ;
on y trouve les éléments de l'italien car-
rozza, du français carrosse, et de l'an-
glais carriage (voiture), qui sont des ex-
pressions générales.
2. Carruca dormitorîa. Carruca fer-
mée (Scœvol. Dig. 34, 2, 11); la car-
ruca undiquecontecta d'Isidore {Orig.w,
10,3).
CARRUCARIUS. Qui appartient à la
carruca ,• épithète donnée au cocher qui
la conduisait (Capitol. Maxim. Juit. 4),
et aux chevaux et aux mulets qui la traî-
naient (Ulp. Dig. 21, 1, 38). Yoy.lemot
et la gravure précédents.
CARRL'S. Petit chariot à deux roues,
dont les quatre côtés étaient revêtus de
planches , et dont ou se servait principa-
lement dans les armées romaines comme
fourgon pour le transport des vivres et des
Ijagages ; le spécimen ci-joint est pris de
la colonne Trajane, sur laquelle plusieurs
toitures de celte espèce sont représen-
tées. Le nom est d'origine celtique, ainsi
que ce genre de voiture , qui fut fort em-
ployé par les anciens Rretons, Gaulois,
Helvétiens, etc. ( Sisenn. a/>. Non. s. v.
p. 125; Liv. x, 28;Cœs. B. G. 1,3).
CARTIRULUM. Espèce particulière de
table , faite de pierre ou de marbre, con-
sistant en une plaque carrée oblongue ,
supportée par un seul piédestal central
ou à la façon des meubles c{ue nos tapis-
siers appellent consoles. Elle ne servait
pas comme table de salle à manger, mais
comme buffet d'apparat pour porter la
vaisselle d'argent et les vases de la mai-
son ; on la plaçait ainsi couverte sur un
des côtés de \ atrium (Varro, L. L. v,
125). La description de Varrou est par-
faitement éclaircie par la gravure ci-jointe,
qui représente une table de marbre de
118
CARYATIDES.
cette espèce , telle qu'elle fut découverte
sur le bord de Y impluvium dans la mai-
son des ÎNéréides à Pompéi. Derrière est
une fontaine et dessous une sorte d'évier,
divisé en deux compartiments, où l'ou ^i-
dait les vases avant de les mettre sur la
table.
CARYATIDES (xapuâTiSsç). Figures
de femmes employées au lieu de colonnes
par les arcbitectes anciens pour suppor-
ter un eutal)lement , comme on le voit
dans la gravure ci-jointe qui représente le
portique du temple de Paudrosos à Athè-
nes ( Yitruv. I, 1, 5).
CASA. Ce mot avait le sens général de
chaumière , mais il était employé dans
plusieurs acceptions et avec des sens très-
divers :
1 . Chaumière proprement dite(Vitruv.
II, 1, 3 et 5; Petr. Sat. 115, G), premier
essai de construction régulière aux épo-
ques pastorales et dans la suite modèle
constant des habitations de paysans. Telle
était la cabane couverte de chaume de
Romulus sur la colline du Capitole (casa
Romuli , Yitruv. ii, 1 ; Petr. Fragm. 21,
G ) ; telles les cal)anes des aborigènes du
Latium , et la gravure donnée ici peut en
être regardée comme un spécimen au-
thentique et fort curieux. Elle est tirée
d'un vase en poterie conservé maintenant
parmi les antiquités du Musée liritanni-
que. Ce vase avait servi primitivement i
d'urne sépulcrale; il fut découvert en
1817 avec plusieurs autres qui avaient la
forme de temples, de casques, etc., à
Marino , près de l'ancienne Albe-la-Lon-
gue ; il était fixé dans une sorte de terre
blanche sous une couche épaisse de lave
volcanique (en italien peperino), qui sor-
tait du mont Albain à l'époque où ses
éruptions n'étaient pas encore éteintes.
En conséquence , ces vases doivent avoir .
été déposés là antérieurement à cette
date; ce qui est une preuve irrésistil)le
de haute antiquité ( Yisconti , Lettera al
Sign. Giuseppe Carnevali, sopra alciini
vasi sepolcrali rinveriuti uella riciiianza
délia antica Alha Loiiga. Roma, 1817 ).
2. Petite maison de campagne (Mart.
Ep. AI, 43 ) bâtie sur une moins grande
échelle et avec moins de magnificence
que la villa ou résidence de campague
particulière, comme on le voit dans la
gravure ci-jointe, d'après une peinture
de Pompéi, qui donne une idée de la
petite maison de campagne des Romains
avec sa cour, ses bâtiments extérieurs et
son bétail. Quand Martial {Ep. xii, GC)
se sert des mots damas et casa comme de
CASTKLLUM.
119
termes pres([ue synonymes, c'est évidem-
ment pour insinuer que la domus ou mai-
son de ville est pauvre et mal bâtie, et
ne vaut pas mieux qu'une casa ou ca-
bane.
3. Berceau ou tonnelle rustique, faite
d'osier et de branchages , et quelquefois
. -w^/i/ï,,'"
couverte de vignes , comme dans le spéci-
men ci-joinl pris d'une ancienne mosaï-
que de Préneste (Tibull. Il, 1, 24).
4. Sorte de hutte que les soldats éle-
vaient quelquefois de branches d'arbre
au lieu de tente (Veget. Mil.n, 10).
CASEUS (xupôç). Fromage (Varro,
L. L. V, 108) que les anciens faisaient du
lait des vaches, des brebis et des chèvres
(Varro, R.R. II, 11), et qu'ils mangeaient
ou frais , comme du fromage à la crème ,
ou séché et durci (Id. th.). On lui don-
nait des formes élégantes et de fantaisie
au moyen de moules de buis (Columell.
VU, 8, 7). Pline ( H. N. XI, 97) énumère
les différents endroits où l'on faisait les
meilleurs fromages.
CASSIDA. Même sens que Cassis.
CASSIDARIUS. Armurier qui faisait
des casques de métal (Inscript, ap.
Muret. 959, 5).
2. Officier qui était chargé de prendre
soin des casques de métal dans le palais
impérial (luscript. «p. Reines. 8, 70).
CASSIS, -Id'is (y,6pu;). Casque de mé-
tal , par opposition à Galea , casque de
cuir ( Isidor. Orlg. XVIII , 14 ; comparez
Tac. Germ. G). Cette distinction n'est
pas toujours observée ( Ovid. Met. viii,
25, où les deux noms sont donnés aumé-
me casque ) ; et comme le dernier mot est
le plus usité , les différentes espèces et
formes de casques seront décrites et ex-
pliquées par des ligures au mot Galea.
CASSIS, -« (âpxu;). Un des filets em-
ployés par les anciens pour la chasse_des
animaux sauvages , tels que le sanglier et
le cerf ( Isidor. Orig. xix, 5, 4; Ov. J.
Aw. I, 392; Mart. Ep. m, 58). C'était
une sorte de lilet en bourse ou de ton-
nelle qu'on tenait ouverte par des bran-
ches d'arbres : l'animal qu'on poursui-
vait s'y enfonçait et une corde mobile
( epidromiis) le refermait immédiatement
autour de son cou (Yates, Textrin. An-
tiij.p. 422).
CASTELLARIUS. Officier qui était
chargé de veiller au réservoir public
( castellum ) d'un aqueduc ( Frontin, .4q.
117; luscript. ap. Grut. GOl, 7).
CASTELLUM. Diminutif deCASTitUM.
Petite place fortifiée ou forteresse dans
laquelle on plaçait un corps de troupes,
soit en rase campagne pour y protéger la
population agricole contre les excur-
sions de l'ennemi , soit sur les frontières
pour protéger un État, ou dans toute
autre position qui commandait la voie
principale et les lignes de communicatioii
(Siseun. ap. Non. s. Festiiiatim, p. 514;
Cic. Fam. xi, 4 ; id. Pliil. v, 4 ). La gra-
vure représente un de ces postes fortifiés
avec sa garnison, d'après le Virgile du
Vatican.
2. Petite ville fortifiée, appelée ainsi
parce que plusieurs forts , qui dans l'ori-
gine ne devaient être que des postes mi-
litaires, devinrent bientôt des villes et
des villages par l'empressement de la
population voisine à y accourir et à éle-
ver ses cabanes alentour, pour se donner
un appui ; précisément de même que les
châteaux des barons aux époques féoda-
120
CASTELLUM.
les furent le noyau de plusieurs des villes
de l'Europe moderne ( Curt. v, 3).
3. Réservoir d'un aqueduc. On pla-
çait des réservoirs de cette espèce à l'en-
droit où les aqueducs sortaient des villes
ou sur tous les points où une provision
d'eau était nécessaire pour les besoins
de la localité ; des conduits introduits
dans les réservoirs distribuaient l'eau
dans les divers quartiers d'une ville
( Vitruv. VIII, 6, 1 ; Plin. H. N. xxxvi,
24, n» 9; Frontin. A(j. 35). Ordinaire-
ment ces réservoirs étaient de simples
tours en brique ou en terre, contenant
une citerne profonde; mais, à l'endroit
où l'aqueduc touchait aux murs de la
ville , on visait dans le dessin du castel-
Ittni autant au beau qu'à l'utile : on lui
donnait une grande façade architecturale
d'un ou de plusieurs étages , décorée de
colonnes et de statues , et du trop-plein
de l'eau on faisait une Ijelle fontaine qui
se répandait par plusieurs ouvertures
dans un vaste bassin (Yitruv. Le). On
peut eu jugerpar la gravure ci-jointe, qui
est une restauration du castellum appar-
tenant à l'aqueduc de Jules César qui
suljsiste encore à Rome , i)rès de l'église
de San-Eusebio , quoique dans un état
de délabrement; mais les détails ([ue
nous donnons ici sont tirés d'une vieille
gravure du monument , faite au seizième
siècle, à une époque où les principaux
ornements étaient encore à leur place
primitive, et où l'ensemljle était beau-
coup mieux couservé que maintenant.
4. Castellum piivatum. Réservoir
bâti aux frais d'un certain nombre de
particuliers vivant dans le même quar-
tier et ayant obtenu une concession d'eau
du conduit public , qui était réunie en
un même corps et distribuée à chacun
d'eux par des conduits particuliers (Fron-
tin. 106 ; comparez 27 ).
5. Castellum clomesticum. Citerne que
chacun construisait sur sa propriété par-
ticulière pour l'ecevoir l'eau qui lui était
concédée du réservoir public. (Frontin.)
6. Citerne ou réservoir dans lequel
l'eau élevée par une roue hydraulique
était versée des augets et des caisses
{modioli) où elle était réunie (Vitruv. x,
4, 3). Voyez Rota Aquaria.
CASTERIA. Place où les rames, les
gouvernails et les appareils moI)iles d'un
vaisseau étaient déposés quand il n'était
pas en commission ; ou , d'après une au-
tre opinion, compartiment particulier
dans le vaisseau lui-même où les rameurs
se retiraient pour se reposer quand ils
étaient relevés de leur service (Non. s.
V. p. 85; Plant. ^^/«. m, 1, 16;Schef-
fer, Mil. Nav. ii, 5).
CASTRA. Pluriel de Castrum. Cam-
pement ou camp fortifié. La disposition
d'un camp romain attestait un système
et un art remarquables. La forme géné-
rale du camp était carrée , et la position
entière entourée d'un fossé ( fossa ) et
d'un retranchement ( agger ) en dedans
de ce fossé, dont le haut était défendu par
une forte enceinte de palissades (vallum).
Chacun des quatre côtés avait une vaste
porte pour l'entrée et la sortie ; la plus
éloignée de la position de l'ennemi (a)
était appelée porta decumana ; celle qui
faisait immédiatement face à cette posi-
tion (b) porta prœtoria; pour les deux
autres : celle à main droite (c) porta prin-
cipalis dédira; celle à main gauche (d),
porta priiicipalis sinistra. L'intérieur
était divisé en sept rues ou passages dont
le plus large, qui établissait une communi-
cation directe entre les deux portes laté-
rales et passait devant la tente du géné-
ral (prietorium), était large de 30™, 50,
et s'appelait Fia Principalis. En avant
de cette rue, mais dans une direction
parallèle , il y en avait une autre, appelée
F'ia Quitttaiia, large de 15"', 25, qui par-
tageait la partie supérieure du camp en
deux divisions égales ; et celles-ci étaient
de nouveau sui)divisées par cinq autres
rues de même largeur <pii coupaient la
Via Qui/itana à angles droits. Les tentes
CASTRA.
121
et les quartiers des troupes étaient dis-
posés ainsi qu'il suit : 1, le prxtor'ium,
ou tente du général; 2, le quiestorhim ,
espace concédé au questeur pour sa tente
et pour les magasins du commissariat qui
étaient sous ses ordres; 3, le forum,
sorte de place du marché ; i, 4, les tentes
de la cavalerie d'élite et des volontaires;
U'ijiun
11'- l.eijioa
a: ~
vin Qiiint'Dui
_l__J A_l' ^_|l _■!.£ _!_*. ]| l_
Via Pn'ncif idis
DDD
onnoDCcnn
CDDDnannnnnn
5, 5, les tentes de l'infanterie d'élite et
des volontaires ; 6, 6, les Equités extraor-
dinarit ou cavalerie extraordinaire fournie
par les alliés; 7, 7, les Pedites extvaordi-
narii ou infanterie extraordinaire fournie
par les alliés; 8, 8, places réservées pour
les auxiliaires d'occasion; 9, 9, les tentes
des tribuns et des prsefecù sociorum , ou
généraux qui commandaient les alliés.
Telle était la partie supérieure du camp.
Le centre de la partie inférieure était oc-
cupé par les deux légions romaines qui
formaient une armée consulaire, flanquée
de chaque côté par les ailes droite et
gauche, composées des troupes alliées.
On comprentlra du premier coup d'œil la
manière dont ces corps «''aient distri-
bués , par les noms de chacun d'eux qui
sont écrits dans notre plan au-dessus de
leurs positions respectives. Enfin tout
l'intérieur était entouré d'un espace dé-
couvert, large de 60 mètres entre Yagger
et les tentes, pour les mettre à l'abri du
feu et des traits et faciliter à l'intérieur
le mouvement des troupes. Le plan ,
dressé d'après la description de Polybe ,
à l'époque où les armées romaines étaient
divisées par manipules , est donné ici
pour expliquer la méthode générale sui-
vant laquelle était disposé un camp ro-
main, et non comme dessin authentique
d'un monument ancien. Qiiek[ues-uns
des détails de moindre importance furent
nécessairement modifiés, quand la cou-
tume de diviser les légions en cohortes
au lieu de manipules eut prévalu ; mais
le plan général et les traits principaux de
la disposition intérieure restèrent les
mêmes.
2. Castra Prœtoriana. Camp perma-
nent aux portes de Rome, où était éta-
blie la garde prétorienne (Suet. Claud.
122
CATADROMUS.
21 ; Tar. Ânn. iv, 2). Une partie du
haut mur de briques qui l'enfermait avec
une des portes est eurore del)out près
de la Porta pia où il forme une portion
des murs actuels de la ville; il fut com-
jiris dans l'enceinte générale quand elle
fut reculée par Aurélien.
3. Castra tiavalia ou riant ica. Cam-
pement naval , c'est-à-dire ligne de forti-
fication formée autour d'une flotte, pour
la protéger contre l'ennemi , quand les
vaisseaux étaient tirés sur le rivage (Cœs.
B. G. V, 22; ^epos. Jlcify. 8).
CASTRUM. Augmentatif de Casa,
ce mot indiquait dans son sens primitif
une hutte large ou solidement l)àtie et
par suite un fort ou une forteresse; ce-
pendant le diminutif Castf-LLUM fut
toujours d'un usage plus commun (Nepos,
Jlcib. 9; Virg. JEii. \i, 776).
CASTULA. Jupon de femme, porté
sur la peau et attaché au-dessous de la
poitrine qu'il laissait à
découvert (Varro, de
Vit. Pop. Rom. ap.
Non. s. v. Caltula,
p. 584). Dans les pre-
mièresœuvres de l'art,
on le représente sou-
vent comme le seul vê-
tement de dessons pour
l'habillement des fem-
mes, ailisi qu'on le
voit dans la figure
donnée ici et tirée
d'un bas-relief d'une tombe étrusque.
Les femmes romaines portaient le plus
souvent une tunique ou un autre vête-
ment sur la poitrine et sur les épaules,
de telle sorte que les deux vêtements
couvraient le corps tout entier et for-
maient une tunique de dessus et une tu-
nique de dessous. Dans ce cas, la partie
supérieure du jupon aussi bien que le sein
étaient cachés sous les pans par le vête-
ment de dessus. C'est de cette façon que le
jupon est porté par Silvia dans le Virgile
du Vatican (p. 146) et par unefi:;ire de
femme dans les peintures de Pompéi
{Mus. Borh. XIV, 2). Comparez (xil, 57),
une autre figure où la castula est mise
sur une tunique à longues manches, mais
attachée sur les épaules et autour de la
taille de la même façoji que ci-dessus.
CASULA. Diminutif de Casa : toute
petite cabane ou humble demeure en gé-
néral; mais plus particulièrement hutte
ou cabane de forme conique que les
bergers et les che-
vriers élevaient dans
les lieux où pais-
saient leurs trou-
peaux; ainsi que les
paysans qui se li-
vraient à l'agricultu-
re, dans les champs, ^_3[lij
pour s'ajjriter au J-^r^-)vt!^'Ê^%^^
temps de la moisson •^~^■^^■■
(Plin. H. N. XXXV, 37 ; Juv. Sat. XI, 1 53).
Le spécimen ci-joint est pris d'une peinture
représentant une scène rustique. La gra-
vure donnée au mot Caprarius montre
une hutte de chevrierdu même caractère.
2. Manteau ou capote à capuchon,
comme celle que portaient les paysans,
et qui est toujours donnée à Télesphorus ,
l'assistant d'Esculape : il est re-
présenté avec la casula dans le
spécimen ci-joint d'après une
pierre gravée. Quand le capu-
chon est ramené sur la tête
comme ici, le vêtement entier
a vraiment un aspect semblalile
à la cabane que nous avons dé-
crite en dernier lieu. C'est de
cette ressemblance que vient le
terme, qui était proljablement une sorte
de sobriquet ou de mot familier parmi les
classes inférieures (Isidor. Ori". xix, 24,
17).
CATACLISTA , se. l'estls (Apul. Met.
XI, 245; ni la leçon ni la signification de
ce mot ne sont tout à fait certaines). Quel-
ques-uns ont cru qu'il signifiait un vête-
ment qu'on serrait dans la garde-robe et
qu'on n'eu tirait qu'aux grandes occasions
pour être porté comme un habillement
de fête (Salmas. ad Tertull. de Pall. 3);
d'autres, avec plus d'apparence de rai-
son , y ont vu un vêtement sans ouver-
ture , mais fort juste , comme ceux que
portent ordinairement les statues égyp-
tiennes {Mus. Pio. Clem. M, 14).
CATADROMUS. Corde tendue trans-
versalement du sol à quelque point élevé
dans au théâtre , et sur laquelle les dan-
CATAGRAPHA.
CATAPHRACTUS.
123
seurs de corde montaient et descendaient.
Ce tour de force fut exécuté , à ce qu'on
rapporte, quelque étrange que cela puisse
paraître, par un éléphant, avec son cava-
lier sur le dos, dans l'amphithéâtre de
Rome (Suet. Nero ,11; comparez Galh.
G, et Plin. H. N. VIII , 2). La gravure
{■>-' i ; ,.\!l';i'.
est prise d'une médaille de Caracalla : les
cordes transversales et les danseurs qu'el-
les portent sont clairement indiqués ; les
corbeilles et les branches de palmier pla-
cées au sommet représentent les prix des-
tinés à ceux qui réussissaient à les attein-
dre.
CATAGRAPHA (xà xaTiypaça). Pein-
tures où les figures sont dessinées en pers-
pective , ou , comme disent les artistes ,
en raccourci; de cette manière, quoique
toute la figure soit représentée, une por-
tion seulement en est vue par le specta-
teur (Plin. H. N. XXXV, 34). Ce procédé
est considéré maintenant comme preuve
d'une grande habileté de la part de l'ar-
tiste; mais les anciens peintres n'y avaient
recours que rarement. La figure ci-jointe
est légèrement raccourcie dans la partie
supérieure ; le procédé est à peine sensi-
iile, et cependant, de toutes les œuvres
qu'on a découvertes des artistes de Poni-
péi, c'est celle qui se rapproche le plus
d'un raccourci. Le tableau célèbre de la
bataille d'Issus , la composition de pein-
ture la plus considérable et la plus riche
en figures qui soit venue jusqu'à nous,
présente tous les personnages de face ou
de coté et dans des attitudes presque
droites , quoique dans l'action la plus
énergique. A l'exception de quelques bras
et de quelques jambes et d'un cheval qui
tourne le dos au spectateur, il n'y a au-
cune tentative pour /■«ccoiH'c//- la figure,
dans le sens où nous l'entendons mainte-
nant, c'est-à-dire de façon à ce qu'elle
soit entièrement représentée sur la toile
dans un espace qui, sans ce procédé, n'en
pourrait contenir qu'une partie. Même
les trois hommes qui sont blessés et éten-
dus sur le sol sont présentés en profil , le
corps couché de tout son long : les jam-
bes et les bras seuls sont faiblement rac-
courcis. La même observation s'applique
aux dessins des vases d'argile.
CATAPHRACÏA (xairaippcxxTYiç). Ter-
me employé par Végèce pour désigner en
général toute espèce de cuirasse portée
par l'infanlerie romaine depuis les pre-
miers temps jusqu'au règne de l'empereur
Gratien (Veget. Mil. i, 20).
CATAPHRACTARIUS. Même sens que
CATAPHRACTUS (Lamprid. Alex. Sev.
5G ; Ammian. xvi, 2, 5; ib. 10, 8 et 12,
63).
CATAPHRACTUS(>caTâ<ppaxToç). Sol-
dat qui faisait partie de la cavalerie pesam-
ment armée (Sallust. ap. Non. s. v.
est tirée d'une peinture de Pompéi qui
représente Agamemiion conduisant Chry-
séis à bord du vaisseau qui devait la me-
ner à son p(!re. La figure d'Agamemnou
124
CATAPIRATES.
CATARACTA.
p. 556), et dont le cheval, aussi bien que
lui-même, était couvert d'une armure
complète (Serv. or/ Virg. yE«. XI, 770). Il
ressemblait au dos écaillé d'un crocodile
(Ammian. xxii, 15, 16). Cette armure
était particulière à quelques nations étran-
gères , telles que les Parthes (Prop. m ,
12, 12), les Perses (Liv. xxxvii, 40) et
les Sarmates (Tac. Hist. i, 79), comme
on le voit par la gravure qui représente
un cataphractus Sarmate, d'après la co-
lonne Trajane.
2. Sisenna (ap. Non. /. c.) applique le
même terme à un soldat de l'infanterie :
on doit entendre par là que ce soldat est
armé de pied en cap et couvert d'une ar-
mure pesante consistant en un casque,
une cuirasse , des cuissards et des jam-
bières, tel qu'on le voit dans la Ogure
jointe au mot Ocreatus.
CATAPIRATES (poXt'ç). P^omb de
sonde dont les matelots se servent pour
souder. On fixait du suif à l'extrémité, de
la même façon que maintenant, pour s'as-
surer de la nature du sol et voir s'il était
de sable, de roc, de cailloux ou de co-
quilles , et s'il était convenaljle ou non
pour le mouillage (Lucil. Sat. p. 82, II,
éd. Gerlach ; Isidor. Orig. xix, 4, 10).
Dans la gravure, prise d'un bas-relief en
marbre dont on a une copie au Musée
britannique, ce plomb est représenté
comme suspendu à l'avant d'un vaisseau.
CATAPULTA (xaTXTie/.Tr,;). Macliiue
de guerre construite principalement pour
lancer des dards et des traits d'une grande
pesanteur (Paulus ex Fest.i'. Trifax). Ce
mot désigne quelquefois le trait que lan-
çait la machine (Titin. ap. Non. s. v.
p. 552; Plaut. Pers. I, 1, 27). La cata-
pulte est décrite en détail par Vitruve
(x, 15), et elle u'apparait pas moins de
six fois sur la colonne Trajane , d'où est
tirée la figure ci-jointe. Les détails ne
sont nulle part indiqués d'une façon as-
sez exacte pour donner une intelligence
suffisante des mots de Vitruve ou pour
montrer la manière précise dont on faisait
jouer cette machine. Tout ce qu'on voit,
c'est qu'elle lançait le trait par la force
du contre-coup , quand la barre transver-
sale était éloignée d'un des côtés et qu'on
l'y laissait revenir avec un recul. La ca-
tapulte était employée de la même façon
que la hallista pour lancer d'énormes
blocs de pierre (Ca-s. B. C. il, 9). L'arc
du centre était ménagé pour livrer pas-
sage au projectile. On plaçait quelquefois
la catapulte sur une voiture et on la fai-
sait transporter par des chevaux et des
mulets, ainsi que la carroballhta, comme
le prouve la gravure suivante.
CATAPULTARIUS (xaTocTceXTixô;). Ce
mot désignait tout ce qui servait dans une
catapulte ou qui appartenait à cette ma-
chine, de là pilum catapultarium (Plaut.
Cure. III, 5, 11), trait énorme et pesant,
fait pour être lancé par la catapulta
(comparez Polyb. xi, 11 , 3). La gravure
est tirée de la colonne Trajane et donne
aussi quelques renseignements sur la ma-
nière d'employer et de gou\ erner ces ma-
chines.
CATARACTA ou CATARACTES (xa-
Tappxxiri;). Cataracte , ca^cai^e ou chute
CATARACTA.
12Î
d'eau soudaine d'un niveau supérieur à
un niveau inférieur, comme les chutes
de Tivoli ou de Terni (Plin, H. N. y,
10; Vilruv. viii, 2, 6).
.2. Ecluse ou vanne dans une rivière,
destinée soit à modérer la rapidité du
courant (Plin. Ep. X, G9), soit à arrêter
l'eau pour conserver à son cours une pro-
fondeur suffisante (Rutil. I, 481). La
gravure est tirée d'un des bas-reliefs de
l'arc de Septime Sévère. On remanpiera
que l'artiste romain , fidèle à la pratit[ue
de son école, a négligé d'introduire l'écluse
et s'est contenté de sculpter les montants
qui la tenaient à sa place et permettaient
de l'abaisser et de la lever.
3. Herse suspendue au-dessus de l'en-
trée d'une ville ou d'une place fortifiée.
de telle façon qu'on pouvait l'abaisser
et la lever par des anneaux et des chaînes
de fer à volonté (Liv. xxvil , 28 ; Veget.
Mil. IV, 4). Dans une des anciennes por-
tes qui subsistent encore à Rome, dans
une autre à Tivoli et aussi à Ponipéi , on
\oit distinctement les coulisses dans les-
quelles jouait la herse; et le spécimen
donné ici d'après une ancienne fresque,
où elle défend l'entrée d'un pont, montre
les chaînes par lesquelles on la faisait
fontionner, précisément comme le rap-
porte Végèce. La grille qui fermait l'eu-
tiée ne se voit pas dans l'original, ce qui
peut sembler un effet du temps; peut-
être aussi n'était-ce pas une herse régu-
lière, mais seulement une barre mobile
levée et abaissée à certaines heures pour
fermer le passage aux voyageurs ou au
bétail. Dans les deux cas, cette figure suffit
pour faire comprendre le caractère des
herses chez les anciens.
CATASCOPIUM. Diminutif de Catas-
copus; petite guérite où l'on était placé
en observation (Aul. Gell. x, 25).
CATASCOPL'S (xaTâfTxoTto:). Espion
ou éclaireur (Hirt. Bell. Afr. 2G).
2. Navire employé comme vaisseau
d'observation (Ca-s. B. G. IV, 26; Isi-
dor. Or'ig. xix , 1).
CATASTA. Échafaud ou plate-forme
élevée, en bois, sur laquelle on plaçait
les esclaves quand on les exposait en vente
dans les marchés , pour que l'acquéreur
pût les examiner et reconnaître leurs qua-
lités ou leurs défauts (Tibull. Il, 3, 60;
Pers. VI, 77; Suet. Gramm. 13). D'a-
près une expression de Stace {Silv. ii,
1 , 72, turbo catastx) ,W. semblerait que
cette machine tournait à volonté, comme
les supports employés pour les statues ,
afin que l'acquéreur put voir passer de-
vant ses yeux et examiner toutes les faces
de la figure.
2. Catasta arcaua. Appareil de même
genre, sur lequel on montrait les esclaves
les plus précieux et les plus beaux, non
pas dans le marché public , mais en parti-
culier dans les magasins des marchands
(Mart. Ep. ix, 60, 5).
3. Lit ou grille de fer sous laquelle on
allumait du feu , et au-dessus de laquelle
on plaçait quelquefois des criminels pour
les torturer : c'est ainsi que plusieurs des
premiers martyrs furent brûlés vifs (Pru-
dent. TTepl (TTEcp., 1, 56; II, 399).
CATEJA. Trait employé en temps de
guerre par les Germains, les Gaulois, les
Hirpins, etc. C'était une épée d'une lon-
gueur considérable et d'un Ijois mince,
à laquelle était attachée une longue cortie,
comme au harpon. De cette manière, celui
12G
qui l'avait lancée pouvait la ramener à soi
(Virg. ,£«. VII, 742; Serv. adl.; Sil. m,
277 ; Isidor. Orig. xvill, 7, 7).
CATELLA (à).u(Tiotov). Diminutif de
Catexa; mot généralement employé pour
désigner les belles chaînes que les joail-
liers faisaient en or ou eu argent, et qu'on
portait comme bijoux. Elles servaient
à différents usages, comme les mêmes ob-
jets de nos jowrs (Hor. Ep. I, 17, 55;
Liv. XXXIX, 31; Cato, R. R. 135). La
figure ci-jointe , tirée d'un original de
Pompéi , offre une petite chaîne de
bronze d'un modèle qu'on trouve très-
communément; mais les fouilles faites à
différentes époques dans celte ville et
dans d'autres parties de l'Italie, ont pré-
senté une grande variété de chaînes faites
d'après d'autres dessins et des spécimens
de tous les modèles qu'on faliriqiie main-
tenant, aussi bien que de plusieurs autres
que les ouvriers modernes ne peuvent re-
produire.
CATELLUS. Diminutif de Catena;
petite chaîne dont on se servait pour re-
tenir les esclaves : avait-elle un caractère
particulier, c'est ce qu'il est difficile de
déterminer. D'après un passage de Plaute
où se trouve le mot catellits (Ciirc. v, 3,
13), on peut conjecturer que c'était quel-
que chose comme ce que nous appelons
une entrave, qu'on attachait aux jamljes
des animaux pour les empêcher de s'écar-
ter, et qui pouvait être fixée à la jamlie
d'un eschive pour le punir. Le mot avait
tiré son origine d'un calembour fait sur le
mot canis (Becker, Quxst. Plautin. p. 63;
Lips. 1837), parce que l'entrave et la
chaîne ont une sorte d'affinité avec un
chien chargé de chaînes.
CATENA (àXyffi;). C/iOi'we formée par
une série d'anneaux de fer entrelacés (Cic.
Virg. Hor. Ov. etc.). Les chaînes des an-
ciens étaient faites exactement comme les
nôtres , ainsi qu'on le voit par la gravure,
qui représente quelques anneaux d'une
ancienne chaîne , conservée maintenant
comme une sainte relique dans l'église de
Saint-Pierre-ès-Liens (5. Pietro in Vin-
cul is à Rome). C'est de cette chaîne
qu'est venu le nom de l'église, car on dit
que c'est la chaîne même avec laquelle
saint Pierre fut enchaîné dans le TuUia-
nitm ou prison de Servius. Voy. Cancel-
lieri, Carcere Titlliano, où sont rapportés
tout au long tous les témoignages sur les-
quels cette tradition repose.
2. Chaîne d'or ou d'argent, portée par
les femmes comme un ornement autour
du corps ou sur l'épaule et les cotés, ainsi
qu'un balteus /Plin. H. N. XXXIII, 12).
iie^ ornements de ce genre sont fréquem-
ment représentés dans les peintures de
Pompéi d'où est tirée la gravure ci-joiule :
CATENABIUS.
CATUEDRA.
127
la chaîne est toujours placée, comme ici ,
sur le corps nu des déesses, des bacchan-
tes, des danseuses et d'autres personnes
de cette sorte.
CATENARIUS,sc.CAîSis.Chiendecour
ou chien de garde , enchaîné pour défen-
dre la maison contre les étrangers. Les
Romains avaient des chiens enchaînés à
rentrée de leurs maisons, à coté de la
loge du portier, avec cet avis : Cave ca-
NEM « Prenez garde au chien », écrit au-
dessus (Petr. Sat. 19, 1; id. 72, 7; Se-
neca, Ira, 3, 37). La gravure ci-jointe
minés (.luv. Sat. IX, 52). La gravure re-
"■"^s;:^
est prise d'une mosaïque qui forme le
pavé du Prollqrum dans la maison « du
poète tragique » , comme on l'appelle , à
Pompéi.
CATENATUS (àX^ffiâsToç)- Qui a les
entraves, les fers, ou qui est dans les
chaînes, comme un esclave, un criminel
ou un captif (Flor. m , 19, 3; Suet. Ti/>.
64; Hor. Ej>od. vu, 8). Le mot n'im-
plique pas que la personne ainsi détenue
ftit attachée à un autre objet, ce qui était
exprimé par le mot alligatas, mais seu-
lement qu'elle était chargée de chaînes qui
entravaient la liberté de ses mouvements et
l'empêchaient de s'évader. Voy. les gra-
vures aux mots Catulus et Compeditus.
CATERVARII. Gladiateurs qui com-
battaient en compagnies ou en corps , et
non par couples séparés, comme c'était
l'usage (Suet. ^ug- 45 ; comparez Cal. 30,
gregatim dimicantes).
CATHEDRA (xaGiôpa). Chaise à dos,
mais sans bras , comme celles dont se ser-
vaient plus particulièrement les femmes
(Hor. Sat. 1,10,91; Mart. Ep. m , G3).
Quand on emploie ce mot en parlant des
hommes, c'est souvent pour faire entendre
qu'ils étaient oisifs, voluptueux ou effé-
présente la chaise de Léda, d'après une
peinture de Pompéi.
2. Cathedra supina. Chaise avec un
siège long et profond (de là cathedra lon-
ga, Juv. Sat. IX, 52) et un dos incliné,
comme nos bergères. Le spécimen est tiré
d'un vase grec d'argile et représente un
des maîtres qui formaient les jeunes gens
aux exercices du gymnase (Ttatôoipio/j:).
Un marbre du Capitule , à Rome, montre
rinq)ératrice Agrippine assise dans une
chaise du même genre.
3. Cathedra strata. Chaise couverte
d'un coussin, comme dans la pi-emière
gravure (Juv. /. c).
4. Chaise dans laquelle les philosophes,
les maîtres de rhétorique, etc., s'as-
seyaient pour faire leurs leçons : c'était
la chaire du professeur (Juv. Sat. VII,
203 ; Mart. Ep. 1,77). La gravure précé-
dente en offre probablement le type.
5. Chaise à porteur (Juv. Sat. I, G5) ;
pour Sella. Voy. ce mot.
G. A une époque plus récente, chaise
dans laquelle les évèques de la primitive
Église s'appuyaient pendant le service di-
vin (Sillon. /// conc. post Epist. 9, 1. 7 ) ;
de là vient que la principale église d'un
128
CATHETER.
CATINCM.
diocèse est appelée la cathédrale , c'est-
à-dire celle dans laquelle est placée la
chaise de l'évèque.
CATHETER (xa9îTr,p). Mot grec qui
avait pour terme correspondant en latin
fistida xnea (Celsus, VII, 26, 1 ). Le ca-
théter était un instrument de chirurgie
qu'on introduisait dans la vessie pour eu
tirer l'eau dans les rétentions (Cœl. Aurel.
Tard. II, 1, u. 13). Le spécimen ci-joint
est tiré d'un original long de 22 centimè-
tre, découvert à Pompéi.
CATILLUS et CATILLUM. Petit plat
de la même forme et du même genre que
le catinits, mais d'unemoindre contenance
et probablement d'un travail inférieur
(Colnmell. xii, 57, 1; Val. Max. iv,
3, 5).
2. (ôvo?). Meule supérieure ou exté-
rieure dans un moulin à moudre du grain
(Paul. Dig. 33, 7, 18, § 5), qui servait de
trémie ou d'auge dans laquelle on versait
du blé : de là son nom. La figure ci-jointe
représente un moulin romain qui subsiste
encore à Pompéi, avec une section à main
gauche. La partie supérieure, on jjassin,
est le calilltis, dans lequel on mettait le
grain à moudre; des esclaves ou des ani-
maux le tournaient , et , à mesure qu'il
tournait, les épis toml)aient graduellement
par un trou pratiqué au fond sur la meule
inférieure en forme de cône ou cloche
(voy. la section), et, pressés entre elle et
la surface intérieure du chapeau qui la
recouvrait, ils étaient réduits eu farine.
3. Ornement employé pour décorer le
fourreau d'une épée (Plin. H. N. xxxiii,
54) ; on suppose qu'il avait la forme d'une
plaque ronde ou d'un clou d'argent sem-
blable à ceux qu'on a vus sur la gaine de
l'épée figurée au mot Capulus. Mais la
leçon de ce passage est douteuse, et, ne le
fùt-elle pas, le sens resterait encore in-
certain.
CATIMÎM ou CATINUS , sorte de plat
profond sur lequel on servait des légumes,
du poisson et de la _^ ^
volaille (Hor. Sat. ,-''"**^ /^'^^^S
i,C, 113; id.u. r.m^
4, 77; /W. 1,3, 92). ^ ._ _^^iiiïi^
La gravure est prise d'une série d'ancien-
nes fresques découvertes près de l'église de
Saint-Jean de Latran à Rome ( Cassini ,
Pitture antïchi , tav. 4), qui représentent
des esclaves apportant différents plats à
une fête; elle montre le cat'inus avec une
volaille et du poisson, précisément comme
Horace le décrit dans les deux passages
cités.
2. Plat profond en poterie dans lequel
on faisait cuire et on servait sur la talde
différentes espèces de gâteaux et de pâtés
(Varro, R. R. 84).
3. Plat profond fait de poterie, de verre
ou de matières plus précieuses, dans lequel
on portait au sacrifice des pastilles d'en-
cens (Suet. Galh. 18;
Apid. Apol. p. 434),
et d'où on les prenait
pour les jeter sur un
petit réchaud allumé ( voyez la gravure
au mot FocTjs tlricremus). La gravure
ci-jointe représente un plat curieux et
précieux en agate qui fut apporté de Cé-
sarée en Palestine, en l'année 1101, et qui
est maintenant conservé comme une sainte
relique dans la sacristie de la cathédrale
de Gènes , oii on lui donne le nom de Sa-
gro catiiio. On croit dévotement dans
cette ville que c'est de ce même plat que
notre Sauveur prit et mangea l'.Agneau
pascal avec ses disciples; mais l'exiguïté
des proportions du vase et la valeur de
la matière prouvent suffisamment qu'il
ne fut jamais fait pour contenir des ali-
ments. 11 est probable qu'il était employé
à l'usage que nous avons indiqué plus
haut.
CATOMIDIO.
CAPLICCLI.
129
4. Creuset en poterie pour fondre des
métaux (Plin. H. N.nwiw, 21). La gra-
\ ure représente deux spécimens, l'un d'ar-
gile rouge , l'autre d'argile blanche , qui
furent trouvés dans une ancienne poterie
romaine à Castor, dans le Nortliîimpton-
shire (Artis. Ditrobriv. pi. 38).
5. Pièce particulière de la pompe fou-
lante inventée par Ctésibius (Vitruv. x,
12). Yoy. la figure conjecturale à Ctesi-
BICA MACHINA , OÙ le catinum est mar-
qué A.
CATOMIDIO (xaTMfiîÇw). Hisser quel-
qu'un sur les épaules d'un autre pour lui
infliger la peine du fouet , espèce de châ-
timent qui, chez les Romains, était appli-
qué aux hommes aussi bien qu'aux en-
fants (Petr. Sut. 1.32, 2; comparez Apul.
Met. IX, p. 196; Spart. Hactr. 18). La
gravure représente l'exécution comme
ayant lieu dans une école d'Herculanum,
d'après une peinture découverte dans cette
ville.
CATULUS. Chaîne attachée à un col-
lier de fer (collare) autour du cou, comme
une chaîne de chien , par laquelle on ra-
menait à leurs maîtres , quand on les re-
prenait, les esclaves fugitifs (Lucil. Sat.
XXIX, 15 éd. Gerlach : cum manicis, ca-
ttilo, collarique, avec les menottes, la
chaîne et le collier). La gravure, prise
de la colonne de Marc-Aurèle, et repré-
sentant un captif barbare, montre à la
fois le collier et la chaîne qui y est at-
tachée , comme les décrit Lucilius.
CAUDEX. Yoy. Codex, qui est l'or-
thographe la plus usitée.
CAUDIGARIUS ou CODICARIUS. Na-
ves catidicariœ. Larges bateaux dont on
se servait sur le Tihre; ils étaient faits
de planches grossières assemblées sans
art (Varro , de J'it. Pop. Rom. op. Non.
s.v. p. 535; Festus, s. v.). On les cons-
truisait prol)ablement de la sorte pour
remonter plus facilement les rivières
malgré la rapidité du courant, et parce
qu'ils pouvaient être déchirés ou mis en
pièces sans beaucoup de perte , lorsqu'on
atteignait l'embouchure de la rivière ou
le lieu de destination, comme c'était l'u-
sage sur le Rhône avant l'introduction
des bateaux à vapeur.
CAUDICIUS {lemhiis). Vaisseau du
même genre que le précédent, employé
sur la Moselle (Auson. Mosell. 197).
CAULA. Nom général pour toute place
entourée de palissades formant enceinte ,
comme une bergerie, etc. (Festus, j. t.;
Virg. JEn.ix, GI; Servius, ad L).
CAULICULL En architecture, huit
petites feuilles ou tiges d'un chapiteau
corinthien qui sortent des quatre tiges
principales par qui les huit volutes du
chapiteau sont soutenues (Vitruv. iv, 1 ,
12 •,(j\\\\X,Glossary of Architecture, S.T.).
On les distingue facilement entre tous les
chapiteaux corinthiens (voy. Capitulum
6); mais les proportions restreintes du
130
cAtrPo.
CArTËn.
dessin ne permettent guère de les rendre
assez saillantes.
CAUPO. Le maître d'une caupona,
c'est-à-dire : 1 . un hôtelier (^svoSôxoç) qui
recevait des voyageurs dans sa maison , et
leur donnait la nourriture et le logement
(Cic. Div. I, 27); 2. ini caharetier (xdc-
7Tyi>oi;)qui donnait aux étrangers à man-
ger et à l)oire, mais qui ne les logeait
pas (Mart. Ep. 1,21; ib. i, 57). Voyez
le mot suivant.
CAUPONA (?£vo5o)C£tov , iravooxeTov).
Auberge , liôtellerie pour la commodité
des voyageurs , où ils trouvaient pendant
quelques jours la talde et le logement
(Hor. Ep. I, 11, 12; Aid. Gell. vu,
II, 1). La vieille hôtellerie de campa-
gne , sur le bord de la route , est ce qui
chez nous se rapproche le plus de l'an-
cienne caupona, qui ne ressemble en
rien aux établissements plus magnifiques ,
aux hâte/s, où les gens riches de nos
jours s'établissent pour un long espace de
temps. La caupona était ouverte pour la
commodité des classes pauvres , des mar-
chands et de ceux qui voyageaient pour
leurs affaires, non pour leur plaisir. La
plupart des autres personnes avaient des
relations pcarticulières ou étaient munies
de lettres de recommandation cjui leur
assuraient , partout où elles allaient , une
réception hospitalière dans la maison
d'un ami. Telle est encore la coutume
dans l'Italie moderne, où le voyageur
qui s'éloigne du sentier battu est obligé
d'avoir recours à l'hospitalité particu-
lière, à cause de l'état misérable des
lieux qu'on appelle hôtelleries.
2. (xaTiYi).£iov). Dans les grandes vil-
les, la c«(//w«fl était un lieu où du vin et
d'autres boissons , mais plus particulière-
ment du vin, étaient vendus et bus sur
place (Cic. Pis. 22; comparez Mart. £/;.
I, 27; ib. 57). La caupona ressemblait
à nos tavernes et débits de spiritueux
ou de bière, dont le principal objet est
de vendre en détail des li([ueurs, quoique
quelques-uns donnent aussi à manger. La
gravure ci-jointe représente l'intérieur
d'un débit de vin, d'après une peinture
exécutée sur les murs d'un de ces éta-
blissements à Pompéi. Dans l'original,
un châssis pour les provisions séchées et
salées est aussi suspendu au plafond ; on
l'a omis par inadvertance dans la gra-
vure, mais on peut le voir au mot CAR-
NARIUM.
3. {v.a.Tz-i\\[c). Femme qui tenait un des
ces cabarets ( Lucil. Sat. m, 33, éd.
Gerlach; Apul. 3Iet. i, p. G et 15).
CAUPOINIUS {puer). Le garçon dans
une taverne ou un débit de vin (Plant.
Pœn. V, 5, 19). Voyez à main droite dans
la gravure précédente la figure de celui
qui apporte le vin.
CAUPONULA. Diminutif de Caupona.
Débit de vin pauvre et vulgaire (Cic.
Phil. II, 31).
CAUPULUS ou CAUPOLUS. Espèce
particulière de bateau (Aul. Gell. x, 25,
3 ) , dont on ne connaît pas la forme
réelle; il appartenait à la même classe
que le lembus et la cymba (Isidor. Orig.
CAUSIA (xavKjîa). Chapeau de feutre
à haute forme et à larges bords, inventé
par les Macédoniens (Val.
Max. V, 1 , 4); il passa
de ce peuple aux Ro-
mains, et était surtout
porté par les pécheurs et
les matelots ( Plant. Mil.
IV, 4, 42 ; id. Pers. i, 3, 75). Le spéci-
men ci-joint est pris d'un vase d'argile,
mais il ressemble exactement au chapeau
qu'on donne à Alexandre sur une mé-
daille.
CAUTER et CAUTERIUM ()cauTf,p,
xauxT^ptov). Cautère ou fer à marquer,
dont se servaient les chirurgiens, les vété-
rinaires et autres personnes pour mar-
CAV-CDIUM.
CAA'EA.
131
que le bétail, imprimer un stigmate sur
des esclaves, et pour d'autres usages sem-
blables (Pallad. 1,43,3; Veget. T'ct. i, 38).
La gravure représente un modèle long de
10- c. qui a été découvert dans la maison
d'un cbirurgien à Pompéi.
2. Instrument employé pour fixer les
couleurs d'une peinture à l'encaustique.
Comme cet art, tel qu'il était pratiqué
par les anciens , est maintenant perdu ,
il est impossible de déterminer le ca-
ractère exact de l'instrument ou la ma-
nière dont on s'en servait (Mart. Dig.
33, 7, 17 ; TertuU. Jdv. Hermog. i).
CAV.EDIUM on CAVUM .ÎIDIUM. Lit-
téralement, partie creuse d'une maison.
Pour comprendre la signification réelle
de ce mot , il faut remarc[uer que , dans
les premiers temps ou pour les maisons de
j)etite dimension, le genre de construc-
tion adopté par les anciens était très-
simple : il consistait à disposer toutes les
pièces habitables sur les quatre côtés d'un
parallélogramme, qui laissait au centre
un espace on
une cour, sans " ■; r f
toit , entière-
ment découver-
te, comme on le
voit par le spé-
cimen ci-joint,
pris du Virgile
du Vatican. Cet espace creux reçut primi-
tivement le nom de caviim xdium, qui le
définit exactement , et forma avec les ap-
partements qui l'entouraient la maison
entière. Mais, quand les Romains devin-
rent plus opulents et qu'ils commencè-
rent à bâtir avec plus de magnificence,
adoptant le genre et les plans des autres
nations , ils convertirent cette cour dé-
couverte en un appartement approprié
aux besoins de leurs familles ; ils la cou-
vrirent d'un toit supporté par des colon-
nes à la hauteur d'un étage et ne laissè-
rent qu'une ouverture au centre (com-
pluvittw) pour recevoir la lumière et
l'air. Ils empruntèrent aux Étrusques ce
genre de construction {ah Atriatihus Tus-
cis, Varro , L. L. V, 161). Quand le ca-
Tiim xclhim fut ainsi transformé, ils l'ap-
pelèrent atrium du nom du peuple dont
ils eu avaient emprunté le plan. En se
reportant aux plans de l'article DoMi'S,
on verra que Yatriiim n'est en réalité que
la partie creuse de la maison avec une
galerie couverte ou portique sur ses cô-
tés. Les deux mots semblent quelquefois
employés comme synonymes, et dans d'au-
tres circonstances avec un sens si équivo-
que qu'on serait tenté de les i apporter à
deux parties séparées et distinctes de l'é-
difice. En réalité, dans de grandes mai-
sons ou dans des villas de campagne qui
couvraient un vaste espace de terrain et
qui comprenaient plusieurs parties dis-
tinctes, dont chacune avait ses dépendan-
ces, nous trouvons C[ue le plan général
renfermait un cavœdium et un atrium.
Telle était la villa de Pline {Ep. Il, 17);
il faut entendre qu'il y avait là d'al)ord
une cour découverte sans toiture ni gale-
ries sur les côtés (ce qui faisait dire que
cette partie de la maison était éclairée et
riante, hilare); puis un atrium régulier
en partie couvert, suivant la mode étrus-
que ou étrangère. Il est certain que telle
était la différence réelle entre le ca va-dium
et V atrium; mais, quand les deux mots
ne sont pas pris dans un sens qui les dis-
tingue nettement , comme dans le passage
de Pline cité ci-dessus , l'un et l'autre
peuvent être communément employés
pour désigner la même partie d'une mai-
son, sans allusion à une situation par-
ticulière ou à un mode particulier d'ar-
rangement. Ces deux parties, en effet , se
trouvaient réellement dans le creux du
parallélogramme ; aussi , en conséquence ,
Vitruve , en architecte qu'il était , em-
ploie-t-il le terme cavsedium (vi, 5) pour
le genre qui ressemble le plus à celui de
V atrium (voy. ce mot et les gravures
que nous y donnons ; elles montreront les
différentes manières de disposer un cavsr-
dium quand il est pris dans son sens le
plus général).
CAVE.\. Cage ou tanière artificielle
pour les bètes féroces, faite de barres de
bois ou de fer (Hor. v^. P. 473), dans la-
quelle on les transportait de place en
place (Claud. Cous. Stilich. il, 322-5);
on les exposait à la vue du public comme
dans une ménagerie (Plin. H. N. vill,
25), et on les amenait quelquefois dans
l'arène d'un amphithéâtre pour être là-
132
chées sur les victimes condamnées à com-
l)attre avec elles. Leur attaque était alors
plus impétueuse que si on les avait fait
passer d'une tanière souterraine à l'éclat
subit du jour (Vopisr. Proh. 19).
2. Cage d'oiseau faite en osier ou quel-
quefois en fdigraned'or (Petr.^«^. 28,9);
on y logeait et gardait dans les maisons
particulières des oiseaux
chanteurs ou l'appeau {au-
ceps) que l'oiseleur empor-
tait pour la chasse. Le pas-
sage de Pétrone cité ci-des-
sus parle d'une oie suspen-
due dans sa cage au-dessus
d'une porte et qui avait ap-
pris à saluer tous ceux qui
entraient. Le spécimen est^^iris d'un vase
d'argile dans Boldetti , Cimiterj , p. 154.
3. Poulailler, ou cage dans laquelle on
gardait les poulets sacrés pour les porter
à l'endroit où l'on prenait les auspices en
ol)servant la manière dont ils mangeaient
(Cic. N. D. II, 3; id. Div. ii, 33). La
gra^^l^e représente une de ces cages avec
les poulets (fui mangent et la poignée qui
servait à la transporter, d'après un has-
relief romain.
4. Poétiquement, ruche (N'irg. G. iv,
58; voir Alveare).
5. Châssis en forme de cône, fait de
latte ou d'osier, dont se servaient les fou-
lons et les teinturiers pour essuyer, sé-
cher et blanchir l'étoffe (.\pul. Met. ix ,
p. 193). On plaçait ce châssis sur un ré-
chaud ou sur un
pot contenant du
soufre allumé, qui,
comme on le sait,
a la propriété de
blanchir le linge, et
on le couvrait ensuite de l'étoffe : ainsi la
chaleur était concentrée et l'air extérieur
ne pouvait pénétrer dans l'appareil. Le
spécimen ici donné est tiré d'une peinture
trouvée dans l'établissement d'un foulon
(fulloiiica) à Pompéi. Dans l'original, un
homme le porte sur la tète et tient le pot
de soufre à la main ; mais on l'a dessiné
ici posé sur le sol , avec le vase de sou-
fre placé au-dessous, précisément de la
même manière qu'on l'emploie mainte-
nant d'habitude en Italie pour sécher le
linge : on voit ainsi plus clairement com-
ment on s'en servait.
6. Palissade circulaire plantée autour
des tiges des jeunes arbres pour les em-
pêcher d'être endommagées par le bétail
(Columell. V, 6, 21).
7. Partie de l'intérieur d'un théâtre
ou d'un amphithéâtre (Apul. Met. x,
227) qui contenait les sièges sur lesquels
s'asseyaient les spectateurs, et qui était
formée par plusieurs rangées concentri-
CELERES.
CELLA.
\n
ques de gradins, soit taillés dans le roc
sur le penchant d'une colline, soit sup-
portés par des arcades construites dans la
carcasse de l'édifice. Suivant les propor-
tions du monument , ces rangées de sièges
étaient partagées en un , deux ou trois
étages distincts , séparés l'un de l'autre
par un mur ( balteits ) de hauteur suffi-
sante pour empêcher qu'on ne passât de
l'un à l'autre. Les différentes divisions
étaient distinguées par les noms à^ima,
summa, média cavea, c'est-à-dire rangée
inférieure, supérieure ou du centre : celle
qui était au bas était la place d'honneur,
où s'asseyaient les eijuifes (Plaut. Ampli.
Prol. 66; Cic. Am. 7; id. Seiicct. U).
La gravure donne une vue de l'intérieur
ou cavea de l'amphithéâtre de Pompéi
tel qu'il subsiste encore maintenant et en
présente le plan général. Voy. aussi les
articles et les gravures des mots Thea-
TRUM et Amphitheatrum.
CAVERNiE ( y,o'ù:(\ ou xoîXyi vaùç). La
cale d'un vaisseau et les cabines qu'elle
contient (Cic. Orat. m, 4G; Lucan. ix,
110).
CELERES. Nom primitif qui servit à
désigner l'ordre équestre à Rome, lors de
son institution par Romulus. Ce corps
était composé de trois cents hommes ayant
un cheval ; ils étaient choisis parmi les
trois cents familles patriciennes et for-
maient ainsi le noyau de la cavalerie ro-
maine (Liv. I, 15; Plin. H. N. XXXIII ,
9; Festus, ^. -v.; Niebiihr, Hist. Rom. i,
p. 325, trad. augl.). Leur chef s'appelait
tribunus celeritm ( Liv. 1 , 59 ).
CELES (xsXr,?). Cheval de selle, par
opposition au cheval de trait. C'était sur-
tout le cheval de course, monté dans l'hip-
podrome grec ou le cirque romain (Plin.
H. N. XXXIV, 10). On en voit un spéci-
men dans la gravure ci-jointe représen-
tant Cupidon à cheval , d'après une frise
en stuc des bains de Pompéi.
2. Bateau ou navire d'une forme par-
ticulière, dans lequel chaque rameur ma-
niait une seule rame, par opposition à
ceux où chaque homme en maniait deux
et à ceux où plusieurs manœuvraient une
seule rame. Les plus considérables de ces
navires avaient beaucoup de rameurs et
étaient quelquefois pourvus d'un mât et
d'une voile, mais ils n'avaient pas de
pont et étaient souvent employés par les
pirates à cause de leur rapidité (Plin.
H. N. VI , 57 ; Aul. Gell. x, 25 ; Herod.
VII, 94; Thuc. iv, 9; Scheffer, Mil.
Nav. p. 08). La gravure ici donnée est
prise de la colonne Trajane et représente
un vaisseau manœuvré de la façon que
nous avons décrite et appartenant par
conséquent à cette classe.
CELETIZOxNTES ( x£).r,T{î;ovT£ç ).
Cavaliers qui montaient les chevaux de
course dans l'hippodrome grec (Plin. H.
iV'. XXXIV, 19, n" 14). Yoy. l'avant-der-
nière gravure. Ils répondaient à nos joc-
keys.
CELEUSMA {y.i\t\)a\i.a). Chant ou cri
que faisait entendre le chef des rameurs
{hortator, paitsariits , xéXcuaTr,; ) pour
animer les rameurs des vaisseaux grecs et
romains et les aider à frapper les flots en
mesure (Mart. Ep. III, 67 ; Rutil. I, -370).
L'air était quelquefois repris , chanté en
chœur par les rameurs, et quelquefois
joué sur des instruments de musique
( Auson. in Div. Verr. 17).
CELLA. Cave : ce mot, quand on
l'emploie dans un sens général , désigne
un magasin ou un dépôt au rez-de-chaus-
sée dans lequel on gardait des denrées
de toute espèce. Les différentes sortes de
caves sont distinguées par une épithète
qui indique la nature des articles qu'elles
contiennent ; par exemple :
1. Cella vinaria (olveciv). Cave pour
le vin , formant une des principales dé-
8
134
CËLLA.
pendances d'une vigne. C'était un maga-
sin où le produit de la vendange de l'an-
née était déposé dans de larges vaisseaux
de poterie (clolia, séria', etc.), ou dans
des barils de bois [ciipie) , après avoir été
retiré des cuves du \)ves%o\r {torculariuin) ,
où le vin était fabriqué ; il y était gardé
jusqu'à ce qu'il fût vendu ou mis en bou-
teilles , c'est-à-dire enfermé dans les am-
phorx; il était alors transporté dans l'rt-
potlieca , au haut de la maison , où on le
laissait vieillir (Varro , R. R. I, 13, 1;
Colum. XII, 18, 3 et 4; Pallad. i, 18;Cic.
Senect. 16). La gravure, qui est prise d'un
bas-relief découvert à Augsbourg en
IGOl , représente un de ces magasins pour
le vin mis eu futailles, manière habituelle
de le garder dans les climats moins favo-
rables ( Phn. H. N. XIV, 27 ) ; et le spé-
cimen suivaut , quoique ne représentant
pas à proprement parler la cave d'un
propriétaire de vignobles, servira à don-
ner une idée du plan sur lequel étaient
arrangés et disposés ces magasins , quand
le vin était gardé dans des vaisseaux de
poterie , ce qui était la manière la plus
habituelle.
2. Cave d'un marchand de vin ou
d'un caljaretier au rez-de-chaussée, où
l'on gardait aussi le vin en gros. On le
tirait ensuite pour le débit ou on le
vendait en détail aux pratiques plus pau-
vres qui fréquentaient ces maisons. De là
le nom de vin de débit journalier (?/-
niim doliare) ou pris de la futaille [de
CËLLA.
cupa). (Cic. Pis. 27 ). Les graMires re-
présentent une section et un plan d'une
partie d'un de ces dépots de vin qui fut m
découvert en 17 89, sous les murs de
Rome. 11 est divisé en trois comparti-
ments : le premier, auquel on arrivait
par quelques degrés, consiste en une
petite chambre, ornée d'arabesques et
d'un pavé en mosaï([ue; elle ne conte-
nait rien , quand on la découvrit dans les
fouilles ; le second , qui faisait suite au
premier, est de la même grandeur, mais
tout à fait dépourvu d'ornements et sans
pavé. Le plancher est un lit de sable, au
centre duquel on trouva enterrée {de-
fossa), jusqu'aux deux tiers de leur hau-
teur, une rangée de dolia de l'espèce la
plus large. Le dernier est une galerie
étroite, haute de 1",83 et longue de
5"", 49 (on n'en a représenté qu'une par-
tie dans la gravure , mais elle est quatre
fois aussi longue). Ce dernier comparti-
ment est, comme le précédent, recouvert
d'un profond lit de sable où un grand
nombre de vaisseaux de poterie, de for-
mes et de grandeurs différentes, étaient
en partie enterrés comme les précédents,
mais disposés sur une double rangée des
deux côtés le long des murailles, de ma-
nière à laisser au milieu un passage libre,
comme on le voit par la gravure infé-
rieure, qui reproduit le plan delà cave.
3. Cella olearia. Magasin ou cave at-
tachée à une plantation d'oliviers, où
l'huile , quand elle était faite , était dépo-
sée dans de larges vaisseaux de poterie ,
jusqu'à ce qu'on l'eût vendue aux mar-
chands d'huile (Cato, 7?. R. III, 2; Varro,
R. R.l, ll,2;Columell.i, G, 9).
4. Petites chambres groupées ensem-
ble comme celles qu'on bâtissait pour
servir de dortoirs aux esclaves (Cic.
Phil. II , 27 ) ; chambres à coucher
pour les voyageurs dans les hôtelleries et
les maisons publicpies ( Petr. Sat. 9, 3 et
7); enfin les voûtes qu'occupaient les
prostituées (Juv. Sat. \i, 128 ; Petr. Sat.
VIII, 4). La gravure représente une lon-
gue ligne de cellx subsistant encore par-
mi les ruines d'une villa romaine à Mola
di Gaeta ; le devant en était , dans l'ori-
gine , fermé par un briquetage et n'avait
qu'une porte d'entrée au centre pour
CELLARIUS.
CELLULARIUS.
135
donner passage à celui qui occupait la
\
cella; il \\y tutiait de lumieieet d'air
que ce qu'en admettait cette ouverture.
5. Chambres qui , dans les bains, con-
tenaient les commodités nécessaires pour
le bain chaud et froid, et s'appelaient
celliv , parce qu'en fait les bains se com-
posaient d'un certain nombre de pièces,
communiquant l'une avec l'autre, comme
les cellules d'une ruche, ainsi qu'on
peut le voir très-clairement dans la gra-
vure ci-jointe, d'après une fresque qui
décorait un appartement dans les Ther-
mes de Titus. La chambre qui contenait
les bains chauds était la cella caldarla
ou caldarlum ; celle du bain tiède , cella
tepidaria ou tepidariiim ; celle du bain
froid , cella frigidaria ou frigidarium
(Plin. Ep. 5,6, 25 et 2G; Pallad. i,
40).
6. Niches ou cellules d'un pigeonnier
ou d'un poulailler, qui sont groupées
d'une manière analogue (Columell. viii,
8, 3; id. VIII, 14, 9).
7. (oYixôi;). Intéi'ieur d'un temple,
c'est-à-dire partie enfermée entre les
quatre murs latéraux , non compris le
portique et le péristyle ( Cic. Phil. m,
12). La gravure donne un plan du tem-
ple de la. Fortiiiia ^''//vYw, subsistant en-
core à Rome. La paitie comprise dans
les lignes noires est la cella.
CELLARIUS. Esclave appartenant à
la classe des ordinarU , qui avait le gou-
vernement de l'office, du magasin des
provisions , de la cave à vin (cella peiia-
ria et vinaria), et qui était chargé de dis-,
tribuer chaque jour à la maison les ra-
tions de vivres (Plant. Capt. IV , 2, 1 10 ;
Columell. XI, 1, 19).
CELLATIO. Suite de petites chambres
figurées dans la gravure au mot Cella, 4 :
elles pouvaient servir à tous les besoins ordi-
naires delà vie ; on en faisait aussi des ma-
gasins pour les provisions, des chambres à
coucher pour les esclaves et les domesti-
ques inférieurs, etc. (Petr. Sat. 77, 4).
CELLIO. Même sens que Cellarids
(Inscript, ap. Crut. 582, 10).
CELLULA. Diminutif de Cella.
Toute chambre petite ou ordinaire, sem-
blable à celles que nous avons décrites
et représentées au mot Cella, 4 ( Ter.
Eitii. II, 3, 18; Petr. Sat. II, 1 ).
2. Intérieur d'un petit sanctuaire ou
temple , ainsi que nous l'avons décrit au
mot Cella, 7 (Petr. Sat. 136, 9).
CELLULARIUS. Moine, ainsi appelé
des petites cellules des couvents qu'oc-
136
CENTONARII.
cupaient les religieux (Sidon. Ep. ix, 9).
CELOX. Même sens que Celés, 2
(Enuiiis ap. Isidor. Orig. xxx, 1, 22;
Liv. XXXVII, 27 ).
CENOTAPHIUM (xevoTaçiov). Céno-
taphe ou tombe élevée à la mémoire
d'une personne dont on n'avait pu trou-
ver le corps ou dont les cendres avaient
été déposées ailleurs ( Laniprid. Alex.
Sev. 63); de là aussi le nom de tumulus
honorarius (Suet. Claud. 1 ) et à'inanis
(Virg. yE«. m, 303), parce qu'il n'était
élevé que comme hommage au défunt et
ne contenait rien de ses restes.
CENSOR (tifXTQTiiç). Magistrat romain
d'un rang élevé , dont les attril)utions
étaient de taxer la propriété des citoyens
en faisant le census; de surveiller
leur moralité , et de punir ceux dont la
conduite était mauvaise, en les dégra-
dant et en leur ôtant leur rang, leurs
charges ou leur position dans la société.
Ainsi il pouvait priver le sénateur de son
siège à la curie ; le chevalier, du cheval
qui lui était donné aux frais de l'État;
ce qui équivalait à le dégrader ; il pou-
vait encore faire descendre tout citoyen
de sa tribu dans une autre de moindre
importance ou de rang inférieur ( Liv.
XXVII, 11 ; Suet. Aug. 37; Polyb. vi,
A'i, 3 ). Il ne portait pas de marque dis-
tinctive ni de costume particulier, ex-
cepté les insignes ou le costume des per-
sonnages consulaires; aussi, quand un
censeur est représenté sur des monnaies
ou sur des médailles, est-il simplement
drapé dans la toge et assis sur une chaise
curule (voy. la médaille de Claude dans
Spanheim, vol. ii, p. 101).
CENTAURUS (xévTaypoç)- Centaure;
race d'hommes sauvages qui habitaient
entre les montagnes de Pélion et d'Ossa
en Thessalie, et qui furent exterminés
dans une guerre qu'ils soutinrent contre
leurs voisins, les Lapithes. Les poètes et
les artistes en ont fait des monstres fabu-
leux , demi-hommes et demi-chevaux ,
d'où leur est venu le nom de Inmemhres
(Virg. jEn. vill, 293; Ovid. Met. xv,
283). C'est sous cette forme qu'ils sont
représentés combattant les Lapithes, sur
les métopes du Parthénon , dans les tem-
ples de Thésée à Athènes et d'Apollon
Epicurius près de Phigalie en Arcadie.
Dans les oeu\Tes de l'art grec, les cen-
fanres sont des deux sexes et on les re-
présente souvent jouant d'un instrument
de musique. Ces figures sont toujours re-
marquables pour la grâce et l'art consom-
més avec lesquels les artistes de cette na-
tion parvenaient à unir les parties inco-
hérentes de deux formes si dissembla-
J)les. Nous avons choisi , comme moins
commune, la figure d'un centaure fe-
melle : elle est prise d'un très-beau bas-
relief eu bronze fait par un artiste grec
et découvert à Pompéi.
CEISTO ()c£vTpwv ). Couverture ou vê-
tement composé de différents morceaux
d'étoffe cousus ensemjjle , dont les an-
ciens se servaient pour habiller leurs es-
claves (Cato,iî. R. 59; Columell. l, 8,
9), pour faire des courtes-pointes de lit
( Macrol). Sat. 1,6), ou pour d'autres
usages vulgaires. Par extension , ce nom
fut aussi donné à un poème fait de vers ou
de bribes de vers pris dans différents au-
teurs, comme le Cento nuptial is d' Ausone.
2. Espèce d'étoffe commune qu'on
mettait sous la selle
d'une bêle de som-
me pour garantir
son dos et empêcher
qu'il ne fût éeorché,
ainsi qu'on le voit
dans la gravure ci-
jointe, prise d'une -—
peinture d'Hercula-
num ( Veget. f-'et. il, 59 , 2).
CENTONARII. Marchands de vieux,
qui trafiquaient de vêtements de rebut.
C'était à Rome une industrie importante ;
on y employait beaucoup de ces objets
vendus à vil prix, comme couvertures pour
CE>Tl NCULUS.
CEUA.
137
éteindre le feu ( Ulp. Dig. 33, 7, 12),
pour protéger les tentes et les machines
de guerre contre les traits de l'ennemi
( CsBS. B.C. II, 9). Ils servaient encore
aux usages énumérés au mot Ce>"to.
'CENTUNCULUS. Diminutif de Cento;
ce terme avait les divers sens qui sont
mentionnés à ce mot (Apul. Met. i, p. 5 ;
Liv. VII, 4 ; Edict. Dioclet. p. 21 ). De
plus, d'après un passage d'Apidée (JpoL
p. 422, miini centitnculo) , on croit que
ce mot désignait un vêtement bariolé,
comme celui qu'on appelle maintenant
]ial>it d'arlecjiiin et qui est indubitai)le-
ment d'une haute antiquité , car, dans le
Musée de Naples , on conserve un vase
d'argile sur lequel Bacchus est représenté
dans un rôle burlesque et habillé préci-
sément comme notre arlequin moderne.
CENTURIO (éxaTovTâpxYiO- Centu-
rion, officier de l'armée romaine , d'un
rang inférieur à celui du trilnni par qui
il était nommé. Son poste sur le champ
de bataille était immédiatement au-devant
de l'aigle (Veget. Mil. ii, 8) , et la mar-
que dislinctive de son rang était une ba-
guette {yitii) dont il se servait pour cor-
riger les soldats qui lui étaient subor-
donnés, quand ils désobéissaient ou négli-
geaient leur devoir (Plin. H. N. xiv, 3).
La gravure ci-jointe donne les figures de
deux centurions, l'une à main gauche
d'après un bas-relief d'une tombe qui
porte celte inscription : qdintus pu-
BLIUS FESTUS. CEISTUR. LEG. XI; il tient
sa baguette dans la main droite, est dé-
coré des phalerœ et porte des jambières
(ocreee) , comme les soldats romains des
premiers temps. L'autre représente un
centurion de l'époque de Trajan , d'après
un bas-relief appartenant d'abord à l'arc
de trionqihe de cet empereur, mais placé
maintenant dans l'arc de Constantin ; il
porte le casque , et tient sa baguette de
sa main droite. Dans la composition ori-
ginale, le porte-aigle (aquilifer) est à côté
de lui.
CEPOTAPHIUM()4YntoTâçiov). Tombe
située dans un jardin ; ou jardin entouré
d'une sorte de respect religieux à cause
du sépulcre qu'il contenait (Inscript, ap.
Fabretti , p. 80 ,n° 9 ; id. p. 1 15 , n" 293 ;
comparez S. Joan. Evang. xix, 41).
GERA. Cire, et, par extension, objets
faits de cire, comme les images de cire
des ancêtres que les familles
romaines d'un certain rang
conservaient dans des cases
placées autour de l'atrium
(Ovid. Fast. i, 591 ; Juv.
VIII, 19). La gravure, prise .
d'un bas-relief d'une tombe rP»^"™' 1
où l'on voit une femme pleurant la mort
de son mari , présente l'image de ce der-
nier placée dans une petite case fixée à la
muraille de l'appartement où se passe
la scène.
2. Tablettes sur lesquelles on écrivait
avec le stylus; elles se composaient de
planches très-minces revêtues de cire et
ayant un bord élevé pour garantir du
frottement ce qu'elles contenaient. Elles
étaient de différentes grandeurs et le
nomijre de leurs feuillets variait; de là
vient que l'on emploie le mot cera au
pluriel dans le sens de tablettes (Quint.
X, 3, 31 et 32; Juv. I, 63). Les tablettes
elles-mêmes sont distinguées par le nom-
bre de leurs feuillets. Ainsi cerœ duplices,
tablette qui n'a que deux plancnettes ,
comme la figure du bas , à main gauche ;
138
CERIOLARE.
cerx triplices (Mart. Ep. XIV, G), ta-
blette qui contient trois feuilles, une en-
tre les denx du dehors , comme la figure
du haut; cerx quint tiplices (Mart. Ep.
XIV, 4), tablette à cinq feuilles, comme
la figure du bas à main droite : tous ces
spécimens sont pris de peintures de Pom-
péi. Quand on emploie le singulier, pri-
ma , secundo, extrema cera ( Hor. Sat.
11,5, 63; Cic. Verr. il, 1, 36; Suet.
Jiil. 83), c'est pour désigner la première,
la seconde ou la dernière page des ta-
blettes.
CERAULA (x.£pai:),-r,;).Mot grec lati-
nisé et répondant au mot Cor>icen de
la langue latine ( Apul. Met, p. 171 ; ce-
raula doctissimus , qui cornu caneris ad-
ambulabat),
CERBERUS (Kspgspoç). Chien qui
veillait à l'entrée des enfers; monstre
qui , au rapport de la fable , était né de
Typhaon et d'Écbidna , et avait été traîné
sur la terre par Hercule , le dernier et le
plus difficile de ses douze travaux. En
réalité. Cerbère était un chien qui ap-
partenait au roi des Molosses, dont le
pays produisait la plus belle race de
chiens connue de l'antiquité, et qu'on
croit représentée par des statues de mar-
bre conservées maintenant au Vatican;
on y voit deux chiens de haute taille, avec
de longs poils sur le cou et les épaules
comme la crinière d'un lion. Les poètes
firent de ce poil des serpents (Hor. Od.
Il, 85) , et , pour augmenter l'horreur,
quelques-uns donnèrent à l'animal cent
tètes ( Hor. Od. II, 3 i ) , d'autres cin-
quante ( Hesiod. Theogon. 312, quoi-
qu'au vers 771, Cerbère n'en ait plus
qu'une ) ; d'autres limitèrent le nombre
des tètes à trois ( Soph. Tracliin. 1109).
La tête du milieu était d'un lion, et avait
d'un côté celle d'un loup, de l'autre celle
d'un chien ordinaire (Macrob. Sat. i, 20).
Telle est la forme ordinaire sous laquelle
Cerbère est représenté par les peintres
et les sculpteurs de l'antiquité [Mus. Pio-
Clem. tom. H, tav. 1 ; Bartoli, Lucerne ,
part. 2, tav. 7; Cod. Vat. etc.). On
trouve un grand nombre de spécimens où
le caractère fabuleux du monstre est
subordonné à sou caractère réel , par
exemple dans un groupe d'Hercule et de
Cerbère au Vatican {Mus. Pio-Clem. ii,
8), où la tète pareille à celle du lion et
la crinière du chien molosse sont forte-
ment marquées et se distinguent entiè-
rement des deux autres tètes , qui sont
beaucoup plus petites, et plutôt indiquées
([ue développées.
CERCURUS ( xÉpxoypo; ou y-Epy.où-
po:). Vaisseau inventé par les Cypriotes;
il était à rames, rapide dans ses mouve-
ments, et servait également pour le trans-
port des marchandises et pour la guerre
(Liv. XXXIII, 1!); Lucil. Sat, viii, 3,
éd. Gerlach.; Plant. Merc. l, 1 , 86 ; Plin.
H. i\". VII, 57 ; Herod. vu, 97). On ne
trouve nulle part une description exacte
de ce genre de navires. Scheffer {Mil.
IVav. II, 2, p. 75) pense que les rames,
au lieu de courir tout le long du vais-
seau , allaient seulement de la proue au
centre , de telle façon que l'arrière pou-
vait servir à renfermer la cargaison,
comme on le voit parla gravure ci-jointe,
tirée par Panvinus {De Lud. circens. ii,
11) d'une médaille de bronze, qui, si nos
idées sont justes, donnera un spécimen
du vaisseau en question.
CERDO. Ouvrier d'une classe infé-
rieure (Juv. iv, 153; Pers. iv, 51 ). Son
métier est désigné par l'addition d'un au-
tre substantif, comme sutor cerdo (Mart.
Ep. m , 59), savetier; cerdo faber (Ins-
cript, ap. Spon. Miscell. Erudit. Antiq.
p. 221), ouvrier forgeron; et ainsi de
suite pour les autres métiers.
CEREUS. Chandelle de cire, faite de
moelle de jonc revêtue de cire; aussi tor-
che faite des fibres du papyrus tortillées
ensemble et couvertes de cire {Cic. Off.
111,20; Plaut. Cure, i, 1, 9; Val. Max.
III, 6, 4 et Caisdela).
CERIOLARE. Pied pour des chan-
delles de cire et des torches , semblable
139
au spécimen donné au mot Candkla-
BRUM. Les ustensiles de cette sorte pre-
naient une multitude de formes de fan-^
laisie suivant le goût de l'artiste qui en
faisait le dessin. Dans une inscription
{ap. Grut. 17 5, 4) on en mentionne un
qui est de i)ronze et qui représente Cu-
pidon tenant un calathiis (comparez Ins-
cript, ap. Maffei, Mus. T'erori. p. 83).
CERNUUS ( xupicTTYiTrip ). Littérale-
ment , qui a la figure tournée vers le sol ;
de là saltimbanque , qui
amuse le public en fai-
sant des bonds , des sauts
périlleux, des culbutes,
en marchant la tète en
bas, et en se livrant à
d'autres exercices que
nous voyons encore exé-
cutés dans les rues et
dans les foires (Lucil.
Sat, III, 20; Serv. ad
Virg. Mil. X, 894). La
gravure ci-jointe repré-
sente un de ces saltim-
banques pris dans la collection du Colle-
gio Romaiio (Caylus , III , 74).
2. Chez les Grecs, ces tours de force
étaient souvent exécutés par des femmes
qu'on introduisait avec les chanteuses et
les danseuses pour amuser les hôtes pen-
dant un festin. Leur habileté et leur sou-
plesse étaient réellement extraordinaires.
Un de leurs exercices favoris consistait à
faire une culbute en arrière entre des
épées et des couteaux plantés dans le sol,
à de petites distances l'un de l'autre, avec
les pointes en haut, comme ou le voit
dans la gravure ci-jointe, prise d'un vase
d'argile grec. On appelait ce tour elç ?£cpY]
ou d; [xa/aîpaç xuêi(7Tàv. (Plat. Symp.
p. 190 Aj'Xen. Sjmp. u, 11).
CEROMA (xripw(j.a). Onguent fait
d'huile et de cire mêlées ensenii)le , avec
lequel on oignait les corps des lutteurs
avant de les frotter de sable fin (Mart.
Ep. Yii, 32). On enqiloyait aussi ce
terme pour désigner la chambre où avait
lieu celte préparation à la lutle (Pliii.
H. N. XXXV, 2; Senec. /?/■<; i'. /'//. 12).
CERU(>H1 (xepoùyoi). Cordes qui cou-
raient de chaque i)ras de la vergue au
sommet du màt et qui répondaient à ce
qu'on appelle maintenant en termes de
marine les balaticiues (Lucan. vill, 177 ;
id. X, 494). Elles servaient à tenir la ver-
gue dans une position horizontale sur le
mât, position qu'elle ne pouvait garder
sans un support de cette sorte. Les plus
grands vaisseaux, dont la vergue était lon-
gue et pesante, avaient quatre i)alancines
comme dans notre spécimen, pris du Vir-
gile du Vatican, tandis que les vaisseaux
de dimension ordinaire n'en avaient que
deux.
CERVl. En termes de guerre, grosses
branches d'arbres, avec des branches plus
petites et coupées à une certaine distance
du tronc, de manière à ressembler aune
corne de cerf (Varro,Z. L. v, 117). On
les plantait dans le sol pour entraver la
marche d'une colonne ennemie, pour ar-
rêter une charge de cavalerie dans une
plaine qui n'offrait aucun obstacle natu-
rel (Sil. Ital. X, 412, Liv. XLiv, 11) et
pour défendre par une palissade toute
position faible ou importante (Cœs. B. G.
VII, 72).
CERVICAL (upodXEipàXaiov , ÛTrauys-
viov). Coussin ou oreiller pour supporter
le derrière de la tête et le cou sur un lit
140
de repos ou un lit de table (Suet. Nero, 6;
Mart. XIV, 146). La gravure est prise
d'une peinture de Pompéi.
CERVISIA ou CEREVISIA. Boisson
tirée de l'orge, comme la bière ou Vale;
c'était la boisson ordinaire des Gaulois
(Plin. H. N. XXII, 82). Le même nom,
suivant Servius ( ad Virg. Georg. m ,
379), était aussi donné à un breuvage tiré
du fruit du cormier, qui répondrait à no-
tre cidre.
CERYCEUM (xr,pijy.Eiov). Mot grec la-
tinisé; même sens que Caducecs (Mar-
tiau. Capell. 4, p. 95).
CERYX (x^ôp^^)- Mot grec, employé
avec une forme latine par Sénèque (T/rtM-
quill. 3); héraut grec ou prévôt, qui
tenait chez ce peuple le même rang et
qui avait les mêmes attrilnilions que le
fetialis et les legati des Romains. Le signe
de sa dignité était une baguette (y.r,p'jxEiov ,
caduceus ). Sa personne était regardée
comme sacrée et inviolable ; sa mission la
plus honorable consistait à porter, coiiime
nous dirions, des drapeaux blancs entre les
armées en lutte et des messages entre
les nations hostiles. La figure que nous
donnons , d'après un vase d'argile , mon-
tre le ceryx se préparant à remplir les
devoirs de sa charge. Il est armé d'une
épée et d'une lance; il a la baguette de
héraut dans sa main droite; il se tient
devant un autel où brûle le feu sacré , et
sur lequel il vient de faire un sacrifice
avant de partir pour sa mission. L'idée de
départ était indiquée , suivant l'habitude
des artistes grecs , par certains signes de
convention, tels que les brodequins de
voyage , la chlamyde jetée sur le liras et
flottante, et le chapeau suspendu derrière
le dos. Outre cela, le ceryx avait, à titre
de prévôt, le droit d'intervenir et de sé-
parer les combattants , comme on le voit
par la gravure ci-jointe, prise aussi d'un
vase d'argile. Il était chargé de con-
voquer les assemblées du peuple, d'y
maintenir l'ordre et de surveiller les céré-
monies d'un sacrifice comme celles des fê-
tes publiques et privées.
2. Crieiir public, se rapprochant da-
vantage du prxco romain; ses attriiju-
tions consistaient à faire des proclama-
tions dans les assemblées publiques (Aris-
toph. Jch, 42, seq.), et à ordonner le
silence par le son de la trompette dans
CESTICILLUS.
CUALATOmuS.
lU
lesjeiix nationaux pendant qu'on pronon-
çait l'éloge solennel (xôpuyi^a) du vain-
queur (Fabri, Agon. Il , 3 ; Mosebach, de
Prsecon. vct. § 32-34), comme on le voit
par la gravure suivante, tirée d'un marbre
grec du Vatican. Le ceryx est représenté
commençant à sonner la trompette à côté
du vainqueur, qui place sur sa tête la cou-
ronne qu'il vient de recevoir du président
(àycùvoGÉTyi;), tandis que dans l'autre par-
tie de la composition luttent deux pan-
CESTICILLUS. Coussinet de porte-faix
pour porter des fardeaux sur la tête (Fes-
tus, s. V.). Comparez Arculus.
CESTROSPHENDONE (xeaxpoo-çiev-
SôvY) ). Arme de guerre employée d'abord
par les soldats de Persée dans la guerre
de Macédoine : c'était un dard court, dont
la tête était large de deux empans, attaché
à une tige de bois grosse d'un doigt et lon-
gue d'une demi-coudée ; il était muni de
trois petites ailes de bois semijlables aux
plumes d'une flèche. On le lançait avec une
fronde ih\\. xlii, 65; Polyb. xxvii, 9).
CESTRUM (jce'ffTpov). Sorte de burin
ou de pointe à gra^er employée dans la
peinture à l'encaustique sur ivoire. On
suppose que cet instrument était échauffé
au feu, que les traits qu'on voulait dessi-
ner étaient gravés sur la tablette avec la
pointe, et qu'ils étaient ensuite remplis de
cire liquide. Toute la question de la pein-
ture à l'encaustique, ainsi que la manière
dont on l'exécutait, est restée fort obs-
cure. (Plin. H. N. XXXV, 41).
CESTUS (x£aT6ç,sc.'i!J.à;).Dansunsens
général , tout lieu ou toute attache (A^ar-
ro, R. R.i, 8, 6);
mais ce mot est pro-
prement un adjectif
grec qui signifie Z^ro-
rfe; de là vient qu'on
l'emploie plus sou-
vent dans un sens
particulier pour dé-
signer luceinlitre de
Vénus, sur laquelle
était brodé le ta-
bleau des passions,
des désirs, des joies
et des peines de l'a-
mour (Hom. //. XIV, 214 ; Mart. Ep. vi,
13; id. XIV, 20G et 207). La gravure que
nous donnons est prise d'un ])as-relief du •
Miiseo C/iiaramonti, représentant une
Vénus drapée dans le style archaïque, par
conséquent, d'après un modèle très-ancien;
ce qui lui donne de l'autorité. On remar-
que que le ccsliis, sur cette figure, est porté
plus bas que la ceinture de la femme or-
dinaire {ctngulum, I, et plus haut que
celle des jeunes femmes [zona ou cirigu-
luiii , 2). C'est ce qui peut expliquer les
incertitudes des savants sur la place pré-
cise du cestiis et le vague apparent des
passages qui ont conduit quelques-uns à le
placer au-dessus des reins, comme Winc-
kelmann, et d'autres au-dessous du sein
immédiatement, comme Heyne et Vis-
conti, tandis que, dans la gravure, il oc-
cupe réellement une position intermé-
diaire.
2. Gant porté par les athlètes qui com-
battaient au pugilat : dans ce sens on
écrit vulgairement C/ESTUS. Voy. ce mot.
CETARLE ou CETARlA.Eaux basses
ou lieux de pèche sur une côte fréquen-
tés par le gros poisson à certaines époques
del'annéeet où il estpris parles pêcheurs,
tels que les parties de la Méditerranée où
on prend le thon (Hor. Sat. il, 5, 44;
Plin. H. N., IX, 19).
CETARII. Classe de pêcheurs qui pre-
naient le gros j)oisson, comme le f/io/i ,
dans les cetariœ (Varro, ap. Non. s. v. p.
49), le salaient et le vendaient dans des
boutiques (Columell.viil, 17, 12;Terent.
Eim. Il, 2, 2 G).
CETRA. Petit bouclier rond (Varro,
ap. Non. s. v. p. 555 et p. 82), couvert
de peau (Serv. a^ Virg. jEn. vu, 732);
il était employé surtout par les Africains,
les Espagnols et les anciens Bretons (Tac.
Agr. 36). On croit que la forme et le ca-
ractère de ce bouclier sont conservés dans
la taige des Écossais des hautes terres.
CETRATUS. Qui porte la petite targe
ronde appelée cetra; c'était une arme
caractéristique de quelques nations bar-
bares, et non des Romains (Cœs. B. C.
I, ÎO).
CHALATORIlIS.F««M (èutTovo;, sous-
entendu l\i.à.z), corde par laquelle une ver-
gue est élevée et abaissée sur le mât , et
qui répond à ce qu'en termes de marine
142
CHALCIDICUM.
CHALCIDICIM.
on appelle aujourd'hui drisse. Elle était
'fixée au milieu de la vergue et passée par
une poulie attachée au mât : de là son
extrémité descendait sur le pont, où les
matelots s'en servaient à volonté (Yeget.
Mil. IV, 15). Ce mot vient prohahlement
de ynlaM , relâcher, desserrer ou abais-
ser, et il se rapproche du mot yaXivô:,
qui désignait une amarre des matelots
CHALCIDICUM (Xa/.xioi/.ov ). Por-
tique large , bas et profond, couvert d'un
toit qui lui était particulier; supporté par
des pilastres et attaché à l'entrée de face
d'un édifice où il protégeait la porte prin-
cipale et formait pour tout l'édifice une
vaste entrée (Jieccin,de/ Calcidicoe délia
cripta di Eumacltia, § 21-43), ainsi qu'on
le voit parla gravure ci-jointe, qui repré-
sente une construction d'un caractère
semblable, subsistant encore au devaut
de l'ancienne église de S. Giorgio in Vela-
bro , à Rome ; c'était , à ce qu'on croit ,
l'emplacement de la Basilica Semproniana
au Forum Boarium. Ces constructions ti-
rèrent leur nom de la ville de Chalcis
(Festus, s, ?'.), parce qu'elles y furent
employées , on peut le présumer, pour la
première fois , ou qu'elles y étaient plus
usitées qu'ailleurs. On les ajoutait aux
édifices particuliers aussi bien qu'aux bâ-
timents pulilics, non comme un pur or-
nement de la façade, mais comme un abri
poiu' les personnes qui attendaient au de-
hors leur tour d'être admises ou qui y
faisaient leurs affaires; on les ajoutait
aussi aux palais des rois et des grands per-
sonnages (Hygin. Fah. 184; Auson. Pe-
riocft. Odyss. 2Z\Vtoco^. de Mdi fie. Jus-
tin. I, 10); aux l)asiliques,à la fois cours
de justice et bourses pour les marchands,
où elles servaient à abriter les denrées
dont on trafiquait à l'intérieur ; à la curie,
hôtel de ville et palais du sénat (Dion
Cass. LI, 22 ; August, Mon. Aucyran. ap.
Grut. p. 232, 4); il est probable que les
esclaves y attendaient leurs maîtres, et
qu'elles servaient d'asile à la foule qui se
rassemblait naturellement auprès de tels
lieux par curiosité ou pour affaires. Le
caractère extérieur et l'aspect de ces mo-
numents sont suffisamment indiqués par
la gravure précédente; et leur plan gé-
néral, relativement au reste de l'édifice,
par la suivante , qui donne le plan d'un
monument considérable élevé à Pompéi
par la prêtresse Eumachia et consistant
eu une galerie fermée {crypta , A) , une
gderie ou\er[e (porticiis, B),quiy confine
et qui enferme une cour ou area (c) au
CHALCIDICUM
centre ; le tout est couvert d'une vaste
entrée faisant face au forum avec le nom
CHAMCLCnOS.
15.3
de Chalcidicum inscrit sur une table de
marbre fixée à la muraille.
CHAMULCHIIS (xa|i.ouXxi6;). Sorte de
haquet employé pour transporter des ma-
tières pesantes, telles que de grocs blocs de
mad)re, des colonnes, des obélisques, etc. ,
qui sont étendues sur le sol. Ce mot vient
de yo.\Ly.i , à terre, et £>.xa) , tirer. Ces ba-
quets étaient probablement semblables à
ceux dont on se sert encore maintenant
pour le même objet (Ammian. xvil,
4, 14).
CHARACTER (yxça-Kx-fip) . En général
tout signe ou toute marque , gravée ou
empreinte sur toute espèce de matière ,
comme une devise sur des médailles , des
sceaux, etc., et, dans un sens plus par-
ticulier, la marque faite au fer rouge sur
les flancs des bœufs , des moutons ou des
chevaux, pour distinguer les races, cons-
tater la propriété, et pour d'autres des-
seins de même nature. La gravure repré-
sente celte marque sur un cheval de
course d'après un petit bronze antique
(Columell. xi,2, 14).
2. Instrument en fer avec lequel on
faisait de telles marques (Isidor. Orig-,
XX, 7).
CHARISTIA (yjxpîaTtx ou y_a.Çii.Tr,nici^.
Fêtes des charities, banquet de famille au-
quel on n'invitait que des parents ondes
membres de la même famille , et dont le
but était de terminer tous les différends
qui pouvaient s'être élevés entre eux, et
de maintenir toute la famille dans l'ami-
tié et l'union (Val. Max. il, 1,8; Ovid.
F^asf. II, G17). On célébrait cette fête le
19 février (viii Cal. Mart.); ce jour avait
reçu le nom tle « jour des parents » lux
prop'uKjiiorum (Mart. Ep. ix, 56).
CHARISTION (xaptffTÎwv). Tout ins-
trument pour peser; mais quel en était
le véritable caractère , en quoi différait-
il de la balance {libra) et de la romaine
(sfafcra) , on l'ignore (Inscript, ap. Don.
cl. 2, n" G7 ; Not. Tires, p. 1G4).
CHARTA (xâpTYiç). Papier à écrire,
dont Pline énumère huit espèces diffé-
rentes (//■. lY. XII, 23) : \. Aiigustana,
appelé dans la suite Claudiana , papier
de première qualité; 2. Liviana, seconde
qualité; 3. Hieratica , primitivement la
meilleure et la même que la chai-ta re~
gia de Catulle (xix, 16) ; 4, 5, 6. Am-
phitheatrica, Saitica, Leneotica , qualités
inférieures, nommées d'après le lieu de
leur fabrication; 7. Fanniana, papier
fabriqué à Rome , et qui tirait son nom
du fabricant Fannins; 8. Emporetica,
papier grossier dont on ne se servait
pas pour écrire , mais seulement pour
envelopper des marchandises : de là son
nom, tiré d'un mot grec qui signifie
marchandise. Ou peut ajouter à cette
liste : 9. Cliarta dentata, papier dont
ou avait adouci et poli la surface en la
frottant de la dent de quelque animal :
il était brillant et laissait glisser la plume
comme notre papier satiné (Cic. Q. Fr.
II, 15; PHn. H. N. xiii, 25); enfin,
10. Charta bibida, papier transparent
qui buvait et laissait voir les lettres
(Plin. Epist. VIII, 15, 2; comparez
Plin. H. N. XIII , 24).
CHELE (xo^ô)- Mot grec qui signifie
pied fourchu ; pattes crochues et dente-
lées en scie comme celles d'un crabe;
serres d'oiseau , ou pattes de bêtes féro-
ces : de là vient qu'on emploie aussi ce
mot pour désigner plusieurs instruments
tlifférents qui ont dans leur forme ou
dans l'usage qu'on en fait une ressem-
l)lance avec un de ces objets : ainsi une
aiguille à coudre, un brise-lames pour
défendre l'entrée d'un port quand il a la
forme d'une patte ouverte (voyez le plan
du port d'Ostie au mot Portcs, lettre
k) ; des pinces ou des tenailles , dont les
extrémités sont recourbées comme des
pattes, etc. Chez les Romains, pour une
raison analogue , on donne le même nom
à une certaine partie des machines de
guerre , telles que la hallista et le scor-
pio , qui étaient une sorte de patte
faite pour s'ouvrir et saisir la détente
144
CHELOXIIM.
CHIBAUAXICM.
OU la corde de la machine ; elle la tirait
en arrière pour produire le contre-coup
qui lançait le trait (Yitruv. x. II, 7; id.
X, 10, 4).
CHELONIUM (/sXwvtov). Crampon ou
collier fixé aux extrémités des montants
d'une certaine machine qui remuait de
pesants fardeaux {machina tracloria). On
y introduisait le pivot {cardo) d'un es-
sieu qui tournait avec la roue (sucula) ;
il ressemblait au crampon dans lequel se
mouvait l'essieu d'un plaiistrum (Yitruv.
X, 2, 2).
2. Crampon du même genre fixé au
sommet d'un montant dans une autre es-
pèce de machine pour lever des fardeaux
(polyspaston) ; on y attachait les poulies
{troclilese) (Yitruv. "x, 2, 8).
3. Pièce particulière d'une catapulta
appelée aussi pu/viiius (Yitruv. x, 10, 5 i.
CHELYS (/.:).'j;, xsXwvr,). Mot grec
introduit dans la langue latine par les
poètes; mais le vrai mot latin est Tes-
TUDO. Yoy. à ce mot les différents sens
de chelys, et les gravures qui les expli-
quent.
CHEMSCUS ( yY)vi(7xo;). Ornement
qui ressemblait à la tète et au cou d'une
oie (/jiv), et qu'on plaçait quelquefois à
l'arrière des vaisseaiLX f Apul. Met. xi,
p. 2G0), mais qui, plus fréquemment,
dans les monuments anciens , se trouve à
l'avant. La gravure représente trois de ces
ornements : celui du centre, plus détaillé,
est tiré d'un ancien bas-relief dont on a
une copie au Musée britannique ; le se-
cond, à main gauche, sur l'arrière , de la
colonne Trajane ; et le troisième, à main
droite, sur la proue, du Yirgile du Yatican.
CHENOBOSCION (xr,vogoc7X£(ov). En-
ceinte dépendant d'une maison de cam-
pagne ou d'une ferme ; elle servait à
nourrir et à garder des oies, dont on
avait de grandes troupes dans quelques
propriétés (Yarro, R. R. xii, 10, 1).
Cette enceinte consistait en une cour
spacieuse située en dehors de la ferme et
de ses bâtiments (Columell. viil , 1, 4),
entourée d'un mur haut de 2"^, 74, qui
formait les derrières d'une galerie ou co-
lonnade ouverte {porticus) , sous laquelle
étaient placés les poulaillers ( liarx )
pour les oies. Ces poulaillers étaient en
maçonnerie ou en briquetage ; ils avaient
chacun 0'",91 carrés et étaient fermés
sur le devant par une porte. On choisis-
sait, quand on le pouvait, un emplacement
près duquel était un cours d'eau ou une
mare; autrement on creusait un réser-
voir, et , dans le voisinage, ou à côté, on
avait une prairie, ou naturelle ou artifi-
cielle, si le sol le demandait (Columell.
VIII, 14, 1-2).
CHILIARCHUS ou CHILIARCHOS
î^/iX'.âpyr,; ou yO.iapyo;). Commandant
de mille hommes ; mot employé spéciale-
ment par les Grecs pour désigner le visir
persan (Xen. Cyrop. il, 1, 23; Nepos ,
Con. 3), et appliqué par les Romains au
commandant des soldats qui montaient
une flotte (Tac. Ânn. xv, 51).
CHIM.ïRA (yîaa'.pa). Littéralement,
chèvre dont les poètes et les artistes de
la Grèce firent un monstre qui lançait du
feu et qui était un composé de trois ani-
maux différents ; il avait la tête d'un
lion et le corps d'une chèvre sauvage qui
se terminait en une queue de dragon. La
fable racontait qu'il avait été tué par Bel-
lérophon (Hor. Ovid. TibuU. Hom. etc).
CHIRAMAXIUM (y£ipa[xàEiov). Fau-
teuil de malade à roues, que les mains
d'un esclave pou-
vaient pousser en
avant ou retirer
en arrière, de la
même manière
qu'on le pratique
encore mainte-
nant (Petr. Sat.
28, 4). La figure
ci-jointe repré-
sente un fauteuil
de marbre qui est aujourd'hui au Musée
britannique, mais qui, dans l'origine, ap-
partenait aux bains d'Antonin à Rome,
CIURIDOTA.
r.IIlIlONOMlA.
145
où il servait sans cloute comme sella
balnearis ou prrtusa; les deux petites
roues sculptées comme oriiemeuts sur
les côtés et à l'imitation du fauteuil mo-
bile eu bois des malades , dans lequel on
les conduisait aux bains et ou les en ra-
menait , établissent à la fois le sens du
mot et montrent l'accord sur ce point
des habitudes des anciens avec les nôtres.
CHIUIDOTA (y^EiptûwTÔ;, se. yiroJv).
Mot grec et adjectif, employé c[nek(uefois
comme substantif par les Romains (Capi-
tolin. Perlinax, 8). On donnait ce nom à
une tunicpte dont les longues manches
allaient jusqu'à la main (x^'p)» et qui ca-
ractérisait particu-
lièrement les races
asiatiques et celti-
ques. On en voit
un spécimen dans
la figure ci-jointe,
détachée du groupe
de Kiobé, qui re-
présente le gouver-
neur [pœdagogus)
des jeunes enfants :
on choisissait d'or-
dinaire ces gouver-
neurs parmi les ha-
bitants de l'Asie
Mineure. En Grè-
ce , aucun homme , et à Rome, personne
dans les temps anciens, ne portait de tu-
nique à manches , excepté ceux qui affec-
taient des mœurs étrangères ou qui étaient
lâches et efféminés. Aussi, quand on parle
de personnes ainsi vêtues, c'est toujours
avec une idée de blâme (Scipio Afr. ap.
Gell. VII, 12, 2 ; Cic. Cat. Il, 10; Snet.
Cal. 52). Mais en
Grèce et à Rome on
permettait ces tuni-
ques aux femmes ,
comme le prouvent
de nombreux monu-
ments dus aux artis-
tes tant grecs que ro-
mains , et comme ou
le voit dans la gra-
.vure ci-jointe , prise
d'une peinture de
Pompéi ; de là le sar-
casmequ'on lildans Virgile (^'«.IX;616),
où les Troyens sont appelés femmes et
non plus hommes, parce que leurs tuni-
ques avaient de longues manches.
CHIRONOMIA (ys.povoixta). Art de
gesticuler ou de parler avec les mains et
par gestes , avec ou sans le secours de la
voix (Quint. I, 11, 17 ). Cet art remon-
tait à une haute antiquité et était d'un
grand usage chez les Grecs et chez les Ro-
mains, au théâtre et à la tribune : c'était
une nécessité résultant de leur habitude
de s'adresser à de nombreuses assemblées
en plein air, assemblées dont la majorité
n'eût pu comprendre ce qu'on disait sans
le secours de quelques signes de conven-
tion qui permettaient à l'orateur de par-
ler à l'œil aussi bien qu'à l'oreille de son
auditoire. Ces signes consistaient dans
certaines positions des mains et des doigts,
dont le sens était universellement reconnu
et familier à toutes les classes. La prali-
((ue en était réduite en un système régu-
lier, dont on retrouve quelques traces
parmi la populace de Naples ; on y sou-
tient de longues conversations seulement
en gestes et sans qu'un mot soit prononcé.
11 est difficile de traiter une telle ques-
tion avec détails dans un ouvrage comme
le nôtre. Toutefois l'action elle-même
est souvent représentée sur les vases grecs
et sur d'autres monuments de l'art anti-
que par des signes si clairement exprimés
et tellement semblables pour le caractère
à ceux qu'on emploie encore à Naples,
qu'un lazzarone ordinaire, si on lui montre
une de ces compositions , en expliquera
du premier coup le sens, qu'un savant avec
toute son instruction ne pourrait deviner
(lorio, Miniica degli Jiiticlii, p. 3G9).
Dans la gravure ci-jointe , par exemple,
9
14C
CHIBOIVOIUOS.
CHLAMYDATUS.
qui est prise d'un vase d'argile grec, il
est évident que les deux femmes sont en-
gagées dans une querelle ; que la première
à gauche , qui se porte en avant et qui di-
rige vers l'autre son index pour la dési-
gner, la charge d'une accusation que dicte
le dépit ; tandis que le mouvement en ar-
rière de la figure à main droite, le jeu de
son instrument tout à coup interrompu,
ses bras ouverts et levés, offrent une ex-
pression fort naturelle de surprise, soit
réelle, soit feinte. Quant à cela, tout le
monde l'eût deviné. Mais le sujet de la
querelle.'' 11 est indiqué par la position
des mains et des doigts. C'est une que-
relle d'amour qui vient de lajalousie : car
le geste eniplojé par un Napolitain d'au-
jourd'hui pour signifier Va/nour, et qui
consiste à joindre le bout de l'index et
celui du pouce de la main gauche , est un
de ceux que fait la premieie ligure; tan-
dis que l'autre femme n'exprime pas seu-
lement la surprise par sou attitude, mais
encore, en levant sa main droite vers son
épaule , en tenant tous ses doigts ouverts
et droits , elle nie l'accusation et s'en dé-
clare indignée; car tel est le geste em-
ployé par un Napolitain pour signifier une
dénégation , surtout quand l'inculpation
excite son étounement et son déplaisir.
Ainsi ce petit nombre de gestes repré-
sente \ni long dialogue. La cause de la
querelle est sans doute le faune assis,
qui , pendant qu'il affectait de jouer si ré-
solument entre les deux demoiselles irri-
tées , a été découvert faisant des signes
imprudents à la nymphe au tambourin.
Sou ancienne passion, qui est derrière
lui, les a aperçus.
CHIRONOMÔSet CHIRONOMON (ysi-
pov6[xo(;ety_£tpovo}j.(I)v). En général, toute
personne qui se sert de l'art de gesticuler
pour exprimer sa pensée sans le secours du
langage, comme on l'a expliqué dans l'ar-
ticle précédent ; de là, acteur qui exécute
des pantomimes sur un théâtre ( Juv. Sat.
VI, 63j, et quiconque s'acquitte d'un de-
voir à remplir avec des mouvements ré-
guliers, étudiés ou pareils à ceux de la
scène. C'est pour cette raison que le même
terme est appliqué par les satiriques à
l'esclave qui découpait les plats dans de
graads festins en agitant pompeusement
son couteau (Juv. Sat. v, 121 ; cf. Petr.
Sat. 36).
CHIhURGUS (xïipoypyS:). Chirurgien
qui fait deso}iérdlious, distinct du méde-
cin ordinaire. Le médecin romain [nicdi-
cus) des premiers temps exerçait ces deux
fonctions de l'art de guérir ; mais , vers
le temps de Tiljère, la chirurgie com-
mença à devenir une profession distincte
(Cels. Prxf. VII ; Becker, Gallus, p. 224,
trad. angl. ).
CHLAMYDA. Même sens que Chla-
MYS (Apul. Met. XI, p. 25G; Flor. il,
15,2).
CHLAMYDATUS (x).a(j.uowT60. Vêtu
de la clilamys ou manteau grec : ce vêle-
ment prêtait, par sa nature, à ce qu'on
le portât d'un grand nombre de manières
qui avaient toutes des caractères diffé-
rents , mais auxquelles on s'étudiait à
donner une bonne tournure et de la grâce
( Ovid. lUetamurpItus. Il, 7 33). Les plus
simples et les plus usuelles étaient les sui-
vantes :
1. La partie la plus étroite du man-
teau ( vo) . la figure a main droite , an mot
CuLAMYSj était passée par derrière au-
tour du cou , et ou eu rame-
nait les deux coins au-devant
de la goige, où ils étaient
réunis par une boucle , une
agrafe ou une broche, de
telle sorte qu'on en pou-
vait rejeter les pointes der-
rière les épaules ( demissa
ex liumeris , Virg. Ain. IV,
2G3) : le milieu ou la partie
la plus longue pendait alors
par derrieie jusqu'aux ge-
noux, comme on le voit par
la figure ci-jointe, prise de
la frise des Panathénées qui est au Musée
britannique.
2. Ou bien , un pan de la paitie étroite
de la figure à main gauche , au mot Chla-
MVS, était rabattu de manière à former
une ligue plus longue, puis attaché de
côté sur l'épaule droite par une bro-
che, etc. ; de cette sorte, le manteau en-
veloppait complètement le bras gauche et
laissait découverts le bras et tout le côté
droits, pendant que les quatre coins pen-
daient du même côté parallèlement l'un à
CHLAHTS.
Uî
l'autre, deux par devant et deux par der- I p. 233). Il consistait en un carré oblong
(l'étoile auquel on attachait des deux cô-
rière, comme le montre la figure ci-
jointe, prise d'un vase grec.
3. Ou bien encore, on en passait un
côté sur la poitrine et on le jetait sur l'é-
paule gauche ; il enveloppait ainsi com-
plètement la partie supérieure de la per-
sonne juscpi'aux poignets (Apul. Ftor. il,
15, 2). Cette disposition était surtout
adoptée pour aller à cheval , comme le
montre la figure ci-jointe , prise de la
frise des Panathénées qui est au Musée
britannique.
CHLAMYS/^X).a[AÛc). Manteau léger et
court , venu des habitants de la Thessalie
ou de la Macédoine : c'est de là ([u'il fut
importé dans les autres parties de la
Grèce , et qu'il devint le vêtement de che-
val ordinaire des jeunes gens d'Athènes,
depuis le moment où ils étaient ë^-/)-
6ot jusqu'à l'âge de la virilité (Plut. Alex.
26; Pollux, X, 124; Apul. Met. x,
tés une pointe (TtXc'pu^^ quelquefois de la
forme d'un triangle rectangle, et d'autres
fois d'un triangle obtusangle; de telle
sorte que le tout , quand on le déployait ,
faisait un manteau de forme et de dimen-
sion semblai)les aux figures que nous
avons données ci-dessus. Les manières
différentes dont on l'ajustait et dont on
le portait sont décrites et expliquées dans
l'article précédent.
2. A proprement parler, la chlamyde
faisait partie du costume national des
Grecs, mais non de celui des Romains,
i)ien que certains personnages de ce peuple
l'aient adoptée accidentellement, même
à une époque ancienne ; ainsi on cite
L. Scipion et S)lla(Cic. Rab'ir. Pas t. 10;
Val. Max. ni, 2 et 3), mais comme des
exceptions. Dans quelques cas aussi ce
vêtement est prêté aux femmes, à Didon
par Virgile I.È/i. IV, 137j,età Agrippiue
par Tacite ( Ann. XII, 5G).
CHORAGIUM (xopr^yiov). Mobilier,
décors, costumes, etc., appartenant à un
théâtre , qui sont nécessaires pour mettre
une pièce sur la scène ; ce sont , comme
nos acteurs les appellent , les accessoires
(Feslus, s. T. ; Plant. Copt. Prol. 00).
2. Vaste appartement derrière la scène,
où l'on gardait les accessoires, ou peut-être
dans lequel les acteurs, et, pour le théâtre
grec, les chœurs, s'habillaient ou répé-
taient (Vitruv. V, 9, 1 ; Demosth. de fa/sa
Légat. 200). Il formait une des dépen-
dances construites dans les portiques spa-
cieux sur le derrière d'un théâtre (Vitruv.
/. c. ) , comme on peut le voir par le plan
du théâtre de Pompée, donné au mot
Theatrum.
3. Espèce de ressort dans les machines
hydrauliques (Vitruv. X, 8, 1 ).
CHOHAGUS. Celui qui fournissait les
décors, les ornements, les costumes, etc.,
nécessaires pour mettre une pièce eu
148
CnORAULES.
scène à Rome; quelquefois il faisait ces
dépenses à ses frais, mais le plus souvent il
disposait de fonds siu' des contributions
imposées à tous les citoyens et que lui re-
mettaient les édiles (Phin.Pers.l ,3, 7 8;.
2. ( XopTiYOç). Chez les Grecs , le cho-
rége était celui qui faisait les dépenses
pour monter un cliaiir, et celui qui con-
duisait le chaur était quelquefois dési|^né
par le même nom.
CHORAULES et CHORAIJLA (/opau-
Xyi;). Musicien qui accompagnait sur la
double flûte le chœur du théâtre grec, ou,
en général, des chanteurs dans un con-
cert, par opposition à Vaidadus, qui
jouait des solos sans accompagnement vo-
cal (Suet. Galb. 12 ; Plin. H. N. XXXVII,
3;Mart. Ep. ix, 78j. On voit le costume
et l'instrument de ces exécutants dans la
figure ci-jointe , prise d'un dessin de Ful-
vius Ursinus , à la bibliothèque du Vati-
can, fait d'après une statue découverte sur
la voie Appienne et portant inscrit sur sa
base le mot Choraules.
CHOREA (;(op£Îa). Danse en chœur,
c'est-à-dire dans laquelle ceux qui l'exé-
cutent se prennent par la main , forment
un cercle et dansent au son de leurs pro-
pres voix, comme le représente la gravure,
tii ée d'une peinture dans les baius de Ti-
tus , à Rome (Virg. Cul. 19; Ovid. Met.
VIII, 581 ; Claud. B. Gild. 4 48).
CHOHOBATES. Instrument employé
pour prendre le niveau de l'eau et celui
du pays par lequel on doit la conduire
(Vitruv. vin, 5,1).
CHOROCITHARISTA. Musicien qui
accompagne un chœur de chanteurs sur
la c'itliara (Suet. Dom. 4).
CHORS, CORS ou COHORS (xopTo;).
Ferme ou cour de ferme constituant une
des dépendances principales d'une maison
de campagne, oii tout le bétail, porcs, vo-
laille , etc., tait gardé, enfermé, et avait
ses fourrages. C'était une large cour cou-
verte de litière dont on voulait faire du
fumier pour les champs; elle avait un
réservoir où l'on abieuvait le bétail quand
on l'amenait pour la nuit ; elle était close
par de nombreux bâtiments comj)renant
des hangars pour les chars , les charrues
et les instruments de labourage, ainsi que
des écuries, des étables à porcs, des éta-
bles pour le bétail et autres animaux do-
mestiques [turha cortis, Mart. Ep. lll,
58 ) , qui formaient le mobilier vif de la
ferme (Varro, L. L. v, %%; R. R. \,
1 3 , 2 et 3 ; Vitruv. vi , 6 , 1 ). La gravure
ci-jointe , qui représente la cour dans la-
quelle les compagnons d'Ulysse furent
gardés quand ils étaient changés en porcs,
d'après une miniature du Virgile du Va-
tican, servira à donner une idée du plan
et du caractère général d'une ancienne
cour de ferme et de ses dépendances.
2. Bergerie faite de claies et de lilets,
et établie sur les lieux on paissaient les
troupeaux pour les protéger pendant la
nuit (Varro, R. R. il, 2 , [)). C était aussi
une enceinte permanente, entourée de
149
hauts murs de pierres, dans laquelle
on- logeait les moutons (Columell. vu,
3, 8).
CHORUS (yopô;,). Troupe ou compa-
gnie de personnes occupées à danser et à
chanter, surtout quaud leurs chants et
leurs dau'ies étaient exécutées en l'honneur
de quelque divinité ou comme partie du
culte (Cic. P/iil. V, G; Virg. .En., vi,
657; VIII, 718; Suet. Cal. 37; Hor. Od.
I, 1,31).
2. Chœur de chanteurs dans un spec-
tacle dramatique sur le théâtre grec.
Ceux qui en faisaient partie étaient tout
à fait distincts des acteurs, quoiqu'ils
jouassent parfois le rôle d'interlocuteurs.
La poésie dramatique des Romains n'a-
vait pas de chœurs (Hor. ,^. P. 193, 20i,
283; Au!. Gell. xix, 10).
3. Danse en chœur ou en rond (Mart.
Ep.iv, 44; cf. Tibull. ii. S, 88); même
sens que Chorea : voyez la gravure à
ce mot.
CHRYSENDETÂ (ypuaévosta). Nom
donné à une espèce particulière de vais-
selle dont les Romains opulents se ser-
vait pour leurs tables , mais dont on
connaît mal la forme précise; seulement
le nom lui-même et les épithètes qu'on y
joint semblent indi([uer que ces objets
avaient une base d'argent, avec des orne-
ments en or, soit appliqués comme des
pièces de marqueterie , soit ciselés en
relief (Mart. Ep'igr. il, 43; vi, 94;
XI, 29; XIV, 97; cf. Cicer. Verr. iv,
21-23!.
CHYTRA (yÛTpa). Espèce commune
de poterie en usage chez les Grecs et
employée pour faire
bouillir, pour apprêter
un mets et pour d'au-
tres besoins journa-
liers; elle était laissée,
par conséquent , dans
sou état naturel d'argile rouge, sans or-
nement ou peinture i Aristoph. Pac. 923 ;
Athen. ix, 73; Cato, R. R. 157, 11,
où cependant quelques éditeurs lisent
scutra). La gravure ci-jointe représente
la forme de ces pots, suivant Pauofka,
Reclierches sur les véritables noms des
vases grecs, I, 28.
CHYIROPUS (xuTpôuou;). Chjtra
avec pieds , qu'on pouvait par conséquent
mettre sur le feu sans
la placer sur nu trépied,
comme on le voit par la
figure donnée ici , d'a-
près Pauofka ( Hesiod.
Op. 7 4G; Vulg. Le%'it.
XI, 35).
CIBILLA. Leçon de quelques éditions
dans lui passage de Yarron (L. L. 118),
pour CiLLiBA). Yoy. ce mot.
CIBORIUM ( x'.goipiov). Littéralement,
la gousse de la fève égyptienne ( coloca-
sia); puis vase à boire inventé par les
Grecs et appelé ainsi à cause de sa forme
semblable à celle du fruit ( Hor. Od. ii ,
7, 22; Schol. Yet. adh.l.; Athen. xi ,
CICONIA. Littéralement , cigogne; ce
mot s'appliquait aussi à un geste de
pantomime qui exprimait la raillerie ou
le mépris; il consistait à courber l'index
comme nu cou de cigogne , et à le diriger
vers la personne dont on se moquait , en
abaissant et en relevant par un mouve-
ment rapide les deux articulations supé-
rieures (Pers. I, 58; Hieron. Epist. 125,
18).
2. Machine employée parles fermiers
pour vérifier le travail d'un ouvrier dans
la culture à la bêche , et s'assurer si tou-
tes les tranchées avaient une largeur et
une profondeur uniformes et convenables.
Elle consistait en un montant avec nue
barre transversale qui y était fixée à angle
droit, et qui lui donnait la forme d'un T
renversé : la liranche la plus longue me-
surait la profondeur; les deux bras plus
coiu'ls , la largeur de la tranchée ( Colu-
mell. m, 13, 11 ).
3. Ciconia composita. Machine du mê-
me genre que la précédente , mais moins
simple, imaginée par Columelle pour
remédier aux inconvénients qui avaient
lieu dans l'emploi de la ciconia et qui
occasionnaient de fréquentes disputes
entre le fermier et ses gens, sans qu'il
pût être sur de n'être point trompé. En
effet, il fallait un coup d'œil très-juste
pour voir si l'instrument était placé droit
dans le sillon et non point eu biais , ce
qui eût fait paraître la tranchée plus pro-
fonde qu'elle ne l'était réellement. Dans
150
ce but , Columelle ajouta deux barres
transversales à la machine primitive; il
les y cloua dans la for-
me de la lettre X et
suspendit un cordeau
et un plonilj au point
de leur intersection.
Ainsi les extrémités
des barres transversales
et la pièce sur la-
quelle elles portaient,
servaient à constater la
largeur de la tranchée en haut et en bas,
et montraient si les côtés en étaient creu-
sés d'une façon toujours uniforme ; la hau-
teur de l'instrument mesurait la profon-
deur exacte de la tranchée; et le cordeau
prévenait les disputes en indiquant tout
d'abord si on avait placé l'instrument dans
une position horizontale ou non (Colu-
mell. III, 13, 12). La gravure ci-jointe
n'est pas tirée d'un original antique : c'est
un dessin conjectural de Schneider, d'a-
près la description de Columelle. Nous le
reproduisons ici parce qu'il donne une idée
plus exacte de l'objet que les mots seuls
ne le pourraient faire.
4 . iS'om donné par les anciens Espagnols
à une machine pour tirer de l'eau d'un
puits, machine à bascule
que les lîomains appelaient
T0LLK>'0 (Isidor. Orig.
XX, 1.S, 3).
CICUTA. Littéralement
c'igue. Par extension, ce
nom a été apjdiqué à des
objets faits des tiges de
cette plante, surtout aux chalumeaux de
Pan (Virg. Ed. ii, 3G; Lucret. v, 1382).
CICUTICEN. Celui qui joue du chalu-
meau fait de tiges de ciguë Sillon. C^r/H. l,
16). La gravure ci-jointeest liréed'unepe-
tite figureen ivoire du musée de Florence.
CIDARIS (/(-yapi; et xitapt:,). Bonnet
royal porté par les rois
de Peise, d'Arménie et
de Parthie; il avait une
forme hante, roide et
droite, et était eutouié
d'un diadème bleu à
points blancs (Curt. m,
3). Tous ces détails, ex-
cepté la couleur, sont
visibles dans la figure ci-jointe, qui repré-
sente Tigrane , roi d'Arménie , d'après
une médaille syrienne.
2. Bonnet porté par le grand prêtre
des Juifs ( Hieron. Epist. G4 , 2 et 1 3 ).
CILIBANTUM. Table à boire de forme
circulaire, supportée par trois pieds; les
tailles circulaires avec un
seul pied avaient un nom
spécial, monopodia. Des
tables de cette espèce sont
fréquemment représentées
dans les peintures de Pom-
péi ; nous en donnons un '
spécimen dans la gravure ci-jointe : elle
porte les vases à boire {cupides , capulx)
comme le mentionne Yarron ( L. L. v,
121).
CILICIUM (y.O.i'xtov). Espèce d'étoffe
grossière, faite de poil de chèvre, qu'on
employait à plusieurs usages, plus parti-
culièrement sur la flotte et dans l'armée :
elle ressemblait probablement à celle
dont on fait maintenant les sacs à char-
bon et les muselières de cheval (Cic.
T'err. Il, 1 , 38; Liv. xxxvill, 7; Yegct.
Mil. IV, 6; Serv. ad Virg. Georg. m,
313).
CILLIBA (xi).).îgaO. Mot grec, signi-
fiant littéralement le tréteau qui forme
toule espèce de support. Il fut ensuite adop-
té chez les Romains pour désigner une ta-
ble de repas de forme carrée, supportée par
des tréteaux, comme on le voit par la gia-
vure, prise du Virgile du Vatican, qui
représente la table à laquelle mangeaient
les compagnons d'Ulysse, quand ils furent
changés en bètes. Ces tables carrées
étaient employées d'habitude par les pre-
miers Romains; mais elles tombèrent
]ieu à peu en désuétude avant l'époque de
Varron , oii l'on adopta généralement la
forme circulaire. 11 y avait exception
ISl
dîms les camps, pour les repas des sol-
dats , où la forme ancienne fut conservée
comme plus commode (Varro , L. L. v,
118).
CINiEDUS (xîvaiôo:). Maître de
danse, qui apprenait l'art de la danse
dans une école (Scipio Afr. ap. Macroh.
Sat. II, 10; Nonius , s. v.; Plaut. Mil.
m, 73). Dans l'origine, quand cet exer-
cice était restreint aux danses religieuses
et guerrières , on ne le regardait pas
comme malséant ; mais avec la corrup-
tion des mœurs , quand les danses mimi-
ques et lascives furent exécutées sur le
théâtre , le nom de cinsdus fut donné à
ceux qui s'y livraient; ensuite, et dans
uu sens plus indéterminé, il devint un
terme injurieux appliqué à tous les hom-
mes enclins aux déjjauches dont se souil-
laient , au su de tout le monde , les dan-
seurs de théâtre.
CINCINNATUS. Personnage dont les
cheveux étaient frisés en longues boucles
ou tire-bouchons, chicinni (Cic. in Sénat.
5; pro Sext. 11).
CINCINNUS [il^V). Boucle ou long
tire-Ijouchon , pareil au tortillement
d'une frange (Cic. Pis.
11), ou à la vrille d'une
vigne (Varro, R. R. I, 31,
4), comme on le voit dans
la ûgure ci-jointe, tirée de
la colonne Trajane. Quoi-
que les cheveux forment
naturellement des jjoucles
de cette espèce, le mot
cincinnus implique eu général que les
boucles étaient formées artificiellement
par l'acliou des fers à friser.
CINCTICULUS. Diminutif de CiNC-
TCS ; jupon court , porté autour des reins
par les jeunes garçons , comme les hom-
mes portaient le cinctus (Plaut. Bacch.
III, 3, 28).
ClSCTORlUM. Ceinturon porté autour
de la ceinture pour attacher l'épée
( Mêla , II, 1 , ) par opposilion au baudrier
(baltciis) qu'on passait sur l'épaule. Les
consuls, les tribuns et les officiers supé-
rieurs de l'armée romaine , sont toujours
représentés, sur les colonnes et les arcs
de triomphe, avec leurs épées attachées
à uu cinctoriiwi , comme dans la gravure,
prise d'un bas-relief du Capitole à Rome ;
mais les simples soldats portent les leurs
susjiendues à un balte us.
CIN'CTUS, lis {ù<.6X,ui\}M, TtepîÇwjAa).
Sorte de jupon, pareil au hilt écossais.
allant de la ceinture aux genoux ou à peu
près; il était porté, dans l'origine, au
lieu de tunique , par les hommes dont
les occupations étaient rudes ou exi-
geaient une grande activité (Isidor. Orig.
XIX, 33, 1 ; Varro, L. L. v, 114). On le
voit par la gravure ci-jointe, tirée d'une
lampe en terre cuite.
2. Ceinture portée sur la tunique
(Plin. H. N. XXVIII, 9; Suet. Neru, 51);
même sens que ClXGCLA et CiNGULUM, 3.
3. Cinctus Gahiniis. Manière particu-
lière d'ajuster la toge (Liv. v, 40;
VIII, 9 ) ; on en jetait un pan sur la tête
et on passait l'autre par derrière autour
des reins (Serv. of/Viig. y£«. vil, GI2),
de manière à former pour l'œil comme
152 CINCTCS.
une ceinture, ainsi que le montre la
cmGiLLcn».
figure ci-joinle, prise du Virgile du Va-
tican.
CINCTUS , a, uni. En général , qui
porte un baudrier ou une ceinture, quelle
qu'elle soit. Ce mot était employé pour
les deux sexes, pour les femmes qui por-
taient une ceinture, ou sous le sein (Ovid.
Met. VI, 59; voy. Cikgulum, 1 ), ou
autour des reins (Curt. ui, 3; voy. CiN-
GULUM , 2 ) ; et pour les hommes qui por-
taient une ceinture sur leur tunique
(Plant. Cure, il, 1, 5; voy. CmouLUM
3 ) ou leurs épées attachées à un ceintu-
ron {giadio cinctus, Liv. xxxviii, 21 ;
voy. Cinctorium) ; et pour les chas-
seurs qui portaient leurs couteaux dans
ime ceinture [cultro venatorio cinctus,
Suet. ^ug. 35 et 19).
2. Cinctus alte. Voyez Alticinctcs.
CINCTUTUS. Vêtu à la mode des pre-
miers temps, c'est-à-dire ne portant
qu'un court jupon autour des reins (cinc-
tus, Tr£pi(:;o)p.a), comme on l'a vu dans
l'avant-dernière gravure (Hor. J. P. 50;
Ovid. Fast. v, 101; cf. Plut. Âom.
21).
CINERARIUM. Niche dans une tombe,
où l'on pouvait placer une grande urne
cinéraire on un sarcophage , par opposi-
tion au columlmrium q\ii était de dimen-
sions plus petites et fait seulement pour
recevoir deux pots, ollœ (Inscript, ap.
Grut. 850, 10; o/j. Fabrett. 16, 71.
CaLPURNIA EMIT COLUMLAKIA N. IV.
OLLAS N. VIII ET CINERARIUM MEDIA-
NDM). La gravure, qui représente un
côté d'une chamijre sépulcrale, tel qu'on
l'a trouvé dans les fouilles, offre une
disposition semblable à celle dont parle
l'inscription précédente, avec deux co-
lumbaria au bas , au-dessus desquels est
le même nombre de niches pour des ur-
nes cinéraires , et une plus considérable
au centre (cinerarium medianuni) avec
son sarcophage.
CINERARIUS. Esclave qui se tenait
aux ordres de Voriiatrix pendant qu'elle
coiffait sa maîtresse. Sa principale fonc-
tion consistait à faire chaufferies fers à
friser dans les cendres ( cineres ) , d'où
lui venait son nom (Varro, L. L. v, 129).
11 faisait aussi quelquefois l'office de bar-
bier (CatuU. 61, 138; Seneca, Constant.
Sap. 14 ).
CINGILLUM. Diminutif de Cingclum.
Dans un passage de Pétrone [Sut. 07, 4),
le seul où ce mot se trouve, il est claire-
ment employé pour désigner un vêtement
de femme qui se portait sur la partie su-
périeure du corps, et qui, partant des
épaules , descendait un peu plus bas que
la ceinture. Quand Fortuuata paraît au
banquet de Trimalciou, elle porte un
cingillum jaune qui laisse voir une tu-
nique couleur de cerise ; la tunique est
153
assez courte pour qu'on puisse apercevoir
les anneaux ])récieux (pii entourent ses
chevilles et ses souliers grecs : Galblno
siiccincta cingillo , ita ut iiifra ceras'ina
apparerct tun'ica, et perhcelides tortœ
plixcasiw(jue inauratse. Par conséquent ,
le cirii^illiim doit avoir ressemblé à ce que
nous appelons maintenant une jaquette
ou un jpe/iser. On trouve fréquem-
ment des vêtements semblables dans les
peintures de Pompéi , et c'est sur une de
ces peintures que notre gravure est copiée.
Si la tunique était seulement tirée un peu
plus haut par-dessus la ceinture, de ma-
nière à découvrir les pieds et les chevilles,
il y aurait accord complet entre noire fi-
gure et la description.
CINGL'LA. Saiig/e ou surfaix Je san-
gle par lequel était attaché le coussinet
de la selle , comme dans la gravure, tirée
de la colonne de Marc-Aurèle (Ovid. Bem.
Am. 23G; Calpurn. Ecl. vi, 4t).
2. Ceinture qu'un homme porte au-
tour des reins (Ovid. Art. Jm. m, 444) ;
voy. CiNGULCM ,3,4.
CINGULUM (xaivtot). Bandeau ou cein-
ture portée par les
femmes sur leur tu-
nique , immédiate-
ment au-dessous du
sein, pour que le vê-
tement ne fût pas
lâche et eût bonne
tournure , comme on
le voit dans la gravure
ci-jointe d'après une
statue grecque (Isidor.
Orlg. XIX , 33, 1 ;
Yirg. Mit. 1 , 492 ).
2. (ÎIwvYi ). Ceinture portée aussi ])ar
les femmes et surtout par les jeunes fem-
mes qui n'étaient point encore mariées ;
elle était attachée plus bas que celle des
femmes mariées, juste au-dessus des han-
ches , comme on le voit _
par la gravure ci-jointe,
qui représente Electre
d'après un marbre trouvé ^-^vii
à Herculanum, avec la,'/5^\^M
ceinture dessinée à côté, t
d'après un vase grec.
Dans ce sens , on appli- '
que aussi ce terme à la
ceinture de Vénus (Fes-
tus , s. i\; Yalerius
Flaccus , VI, 470). Voy. i^
le mot Cestl's.
3. (î^toaTYip). Ceinture d'homme por-
tée autour des reins et sur la tunique ,
comme on le voit
par la gravure , prise
d'une statue à Na-
ples. On y portait sus-
pendus toute sorte de
petits objets , et elle
servait surtout à rac-
courcir la tunique ,
dans des exercices
qui demandaient de
l'activité. On le fai-
sait en tirant par-des-
sus la partie infé-
rieure à une hauteur suffisante ( Petr.
Sat. 21, 2 ). Voy. Altici^'ctcs.
4. ([XiTpa, Ç(i)(jTrip, î^o'ivr,). Ceinturon
de soldat, fait de métal ou de cuir plaqué
"de métal, que l'on portait autour des reins
pour assurer le bas de la cuirasse (voy. la
gravure au mot Clypeatls , 1 ) et pour
protéger le ventre. Le ceinturon était at-
taché par des crochets, comme on le voit
dans la gravure , prise d'un modèle en
bronze trouvé dans la tombe d'un guer-
rier à Pffistum; par-dessus était aussi
attaché par une courroie le ceinturon
auquel l'épée était suspendue ( cincto-
rium). De là vient que Virgile, en décri-
vant l'armure de Pallas (.£/?. Xll, 942),
comprend ces deux ceinturons sous le
pluriel cingula; le baudrier passant sur
9.
154
cmClTORES.
l'épaule {balteus), qui supportait le bou-
clier, est mentionné à part.
5. ( 6'.dt!^(.)u.a, T:£f-(^o>[ja ). Partie du
Te tentent des femmes, semblable au cinc-
tus des hommes (Var-
ro, L. L. y, 114) :
elle consistait en un
jupon court, descen-
dant de la ceinture
aux genoux . qui était
porté dans les pre-
miers temps au lieu
de tunique, surtout
par les femmes qui
menaient une vie ac-
tive ou laborieuse ;
de là vient qu'on le
donne d'habitude aux Amazones sur les
vases d'argile. C'est d'un de ces vases
qu'est prise notre gravure.
CINIFLO. Esclave attaché aux fem-
mes d'une maison, et dont la fonction
consistait ou à faire chauffer les fers pour
Vornatriv (Schol. Acron. ad Hor. Sat. i ,
2, 98) , quand elle coiffait sa maîtresse ;
ou , suivant Servius ( ad Virg. yEit. xii,
611), à se procurer et à donner la poudre
(ci/lis) pour faire prendre à leurs che-
veux une teinte légère de blond-cendré.
CIPPUS (axrilr,). Poteau ou pilier de
pierre, court et rond, qu'on plaçait pour
marquer les limites entre des terres ou
des nations voisines (Simplic. ap. Goes,
p. 88). La gravure représente une de ces
])ierres , conservée maintenant au musée
de Vérone. L'inscrip-
tion (c'est une des plus
anciennes inscriptions
romaines authentiques
qui existent ) nous ap-
prend qu'elle fut pla-
cée par AliliusSaranus,
qui fut envoyé par le
sénat comme proconsul pour terminer
entre les habitants d'Ateste (Este) et de
Vinceutia ( f'icence) un différend relatif à
leurs limites.
2. Pilier bas, quelquefois rond , mais
plus souvent rectangulaire , élevé comme
pierre tunuilaire sur la place où une per-
sonne était ensevelie, ou employé comme
tombe , pour contenir les centlres après
qu'elles avaient été recueillies du inicher
par les personnes qui ne pouvaient faire
la dépense d'une construction plus impo-
sante (Pers. I, 3T). La gravure représente
une perspective et une coupe d'un cip-
pus qui se trouvait autrefois sur la voie
Appienne ; la section à main gauche mon-
tre le couvercle mobile et la cavité pour
recevoir les cendres.
3. Fort poteau , fait du tronc d'un ar-
bre dont on avait coupé les petites bran-
ches, qu'on avait aiguisé eu pointe et eu-
foncé dans le sol , pour former une pa-
lissade dans des défenses de campagne
(Ca-s. IJ. G. yii, 7 3).
CIRCIINUS (ôiotofifriç ), Compas em-
ployé par les architectes , les maçons et
les sculpteurs, pour tracer des cercles,
mesurer des distances ou prendre l'é-
paisseur des solides (Cœs. B. G. i, 38;
Vitruv. IX, 8, 2 ). La gravure représente
trois sortes de compas, pareils à ceux
dont on se sert encore maintenant , à
droite un compas de proportion, à gau-
che un compas de calibre , et au centre
un petit compas commun : tous sont pris
d'originaux trouvés à Pompéi.
CIHCITORES. Surveillants des aque-.
ducs romains , dont les attributions cou^
sistaient à visiter les différentes lignes
pour voir si quelques parties avaient be«
155
soin de réparafions , si l'on n'avait pas
commis de fraude en introduisant des
tuyaux sans autorisalion , pour distraire
l'eau injustement ou pour en tirer une
quantité plus grande que celle que con-
cédait la loi (Frontin. Aq. 117 ).
2. Dans les armées romaines, déta-
chement choisi pour faire la ronde à cer-
tains intervalles et voir si toutes les gardes
étaient régidièrement montées, et si toutes
les sentinelles étaient à leur poste (Veget.
Mil. m, 8 ; Inscript, ap. Murât. 540, 2 ).
3. Marchands voyageurs, emplojés par
certaines fabriques et maisons de com-
merce pour porter et vendre leurs pro-
duits (Ulp. Dig. 14, 3, 15).
CIRCUITOH. Gardien employé dans
une ferme ou une villa de campagne, pour
faire la ronde et préserver de dégâts les
jardins et les champs (Petr. Pr/<7/?. IG, 1).
CIHGULATOR. Jongleur amlndanl ou
charlatan qui allait de pays en pays pour
gagner de l'argent en faisant des tours
de passe-passe (Celsus, v , 27 , 3 ; Apnl.
Met. 1, p. 3 ); ou bien qui élevait des
animaux ( Paul. Dig. 47 , 11,11), comme
on le voit par la gravure ci-jointe, prise
d'une lampe en terre cuite.
CIRCULUS (xûkXo;). Cercle. Ce mot
s'appliquait par extension à différentes
choses qui ont une forme circulaire; ainsi :
1 . Le cercle d'un baril [cupa) qui re-
voit par le spécimen ci-joint d'un baril
romain, pris de la colonne Trajane (Petr.
Sat. GO, 3; Plin. H. N. XIV, 27 ; XVI,
30).
2. Espèce particulière de gâteau ou de
biscuit auquel on donnait la forme d'un
cercle (Varro, L. L. v, lOG ; Vopisc.
Tac. G).
3. Plat circulaire, dans lequel on ap-
portait les mets qu'on plaçait sur la tai)le
(Mart. Ep. xiv, 138) , comme on le voit
par la figure, prise du Virgile du Vati-
can. Beaucoup de plats étaient seulement
passés à tour de rôle aux convives sans
être posés sur la table.
4. Large i)ande dans la sphère, qui con-
tient les douze signes du zodiaque et re-
présente la marche du soleil à travers ces
signes , comme on le voit par le spécimen
ci-joint, pris d'une peinture de Pompéi
(Aul. Gell. XIII, 9, 3).
5. Cercle imaginé dans le ciel ou tracé
par les astronomes sur le globe céleste.
lie eusemble les douves, comme ou le pour désigner certaines régions du ciel
156
CmCUMCIDANEUS.
et expliquer la marche des planètes ,
comme on le voit par la gravure ci-jointe,
prise d'une statue d'Atlas portant le ciel
sur ses épaules ( Varro, L. L. vi, 8 ; Cic.
Somu. Sc'ip. 3 ; Ovid. Met. il, 61 G).
CIRCUMCIDANEUS. Littéralement,
coupé tout autour; on se servait de ce
mot dans un sens particulier pour dési-
gner une qualité inférieure de vin nou-
veau ou de moût ohteiui par des pres-
sions répétées. Afin d'entendre distincte-
ment le sens du mot et la qualité de l'ob-
jet qu'il désigne, il faut seulement se rap-
peler que, lorsque les grappes intactes
avaient été écrasées dans une cuve sous
les pieds nus, les tiges et les peaux
qui restaient étaient portés en bloc au
pressoir (torcular), et là, soumis à l'ac-
tion d'iuie poutre puissante {prehim )
qu'on vissait sur eux : elle leur faisait
rendre tout le jus qu'ils pouvaient encore
contenir. Dans cette opération, une par-
tie de la masse sortait naturellement et
s'élevait autour du bord des surfaces qui
l'évasaient, sans qu'elle eut été complète-
ment pressée. En conséquence , on la clé-
tacliait tout autour avec un couteau et on
la replaçait sous la poutre : le jus qu'elle
rendait était le circumc'idaneum. Quand
la masse des peaux était enfermée dans
un panier {fîicina) ou entre des lattes de
bois {regulx), afin que rien n'en sortît ,
on ne faisait pas de clrcumcldaneum.
( Cato, R. R. 23, 4 ; Varro, R. R. i, 24 ;
Columell. XII, 3G; Plin. H. N. xiv, 23
et 26).
CIRCUMSITIUM (Varro,7?. R. i,54) ,
même sens que Circumcidaneum.
CIRCUMCISORIUM. Instrument dont
les vétérinaires se servaient pour saigner
le bétail aux pieds (Veget. T"et. i, 2G).
CIRCUS (>ttpxo;, Polyb. xxx, 13, 2).
Cirque romain , qui , dans l'origine, n'é-
tait rien qu'un espace plat et découvert
autour duquel on élevait des échafauds
de bois provisoires pour recevoir les spec-
tateurs. Même avant l'expulsion des rois,
ini édifice permanent fut construit pour
cet usage sur un plan régulier, et toujours
conservé dans la suite, jusqu'à la dissolu-
tion définitive de l'empire. L'édifice en-
tier, avec l'arène et ses dépendances, était
compris sous le nom généial de cirque
(Liv. I, 35; Varro, L. L. v, 135 ; Dionys.
m, G8).
Ou donna au plan une forme oblongue,
finissant à une des extrémités en un demi-
cercle et fermé à l'extrémité opposée par
des bâtiments appelés la ville ( oppidum);
sous lesquels étaient placées les écuries
{carceres) pour les chevaux et les chars,
marquées AA dans la gravure, qui repré-
sente le plan d'un cirque subsistant en-
core et bien conservé sur la voie Appienne,
près de Rome : il est connu vulgairement
sous le nom de Cirque de Caracalla. Un
mur bas et étendu (spina , b sur le plan )
était élevé en long dans l'arène, de ma-
nière à la diviser, comme une barrière ,
en deux portions distinctes ; et à chacune
de ses extrémités était placée une borne
(meta), autour de laquelle tournaient les
chars ; la plus proche des écuries (c) s'ap-
pelait meta prima ; la plus éloignée (d) ,
meta secu/ida. On remarquera que, dans
notre plan, les deux côtés du cirque ne
sont pas tout à fait parallèles , et que la
spina n'en est pas également distante.
Peut-être est-ce une exception qui n'a-
vait lieu que dans les constructions d'une
étendue restreinte comme celle-ci , pour
donner plus de place aux chars au com-
mencement de la course, quand tous par-
taient de front ; mais, quand ils avaient
tourné la borne du bout (d), ils étaient
plutôt en colonne qu'eu ligne, et en con-
séquence il suffisait d'un espace moins
large dans cette partie de la course. C'est
pour une raison analogue que la corne
droite du cirque est plus longue que la
gauche , et que les écuries (aa) sont dis-
posées sur mi segment de cercle dont le
centre tombe exactement au point e, éga-
lement éloigné de la première meta et du
côté de l'édifice où la course commen-
çait. On voulait que tous les chars, au
moment où ils sortaient de leurs écuries,
eussent à franchir la même distance avant
d'atteindre l'endroit d'où l'on partait, si-
tué à l'entrée de l'arène : là une corde
l)lanchie à la craie (all/a linea, e) était
fixée en travers à deux petits piliers de
marbre (hermulee) et détachée d'un côté
aussitôt que tous les chevaux se trou-
vaient de front et qu'on avait donné le
signal du départ. L'édifice construit en
dehors ( au point F ) est la tribune de
l'empereur ( puivinar ) , et celui qu'on
voit du côté opposé (g) est, on le présume,
destiné au magistrat (editor spectaculo-
CIRRUS. 157
ritm) qui faisait les frais des jeux. Au
centre de l'extrémité occupée par les écu-
ries était une belle entrée appelée /^or/n
poinpœ (n), par laquelle passait le corlége
du cirque avant le commencement des
courses ; une autre était élevée à l'extré-
mité circidaire 'i) et appelée porta triitm-
phalis, par laquelle les vainqueurs sor-
taient du cirque comme en triomphe ; une
troisième ouvrait sur le côté droit (k), ap-
pelée porta lihiti/iensis , par laquelle on
emportait les conducteurs tués ou blessés,
et il y en avait deux autres (ll) tout près
des carceres par lesquelles on amenait les
chars.
Quant à ce qui regarde l'intérieur et
l'extérieur de l'édifice , un cirque était
construit sur un plan analogue à celui
qu'on adoptait pour les théâtres et les
amphithéâtres : à l'extérieur, il se com-
posait d'un ou plusieurs étages d'arcades,
suivant l'étendue et la grandeur de l'édi-
fice , par lesquelles les spectateurs arri-
vaient aux escaliers qui conduisaient dans
l'intérieur du bâtiment. L'intérieur était
disposé en gradins partagés en rangées et
séparés par des escaliers et des paliers,
de la manière que nous avons dite au mot
Amphitueatrum ; on peut en prendre
une juste idée par la gravure ci-jointe, qui
représente l'ancien cirque de Gonstanti-
uople, tel qu'on le trouve sur une vieille
carte, faite avant la prise de cette ville
par les Turcs. Quoique ce ne soit qu'une
ruine , on voit distinctement les arcades
et la carcasse extérieure de l'édifice ; quel-
ques débris des gradins destinés aux spec-
tateurs; la spiiia avec ses obélisques et
ses colonnes presque intactes; la meta
prima à main droite; V oppidum et les
carceres disposés sur une ligue courbe
comme dans le premier spécimen ; et une
des portes par lesquelles les chars en-
traient dans le cirque , pareille à celles
marquées LL sur le plan ; de plus , c'est
le seul spécimen connu où nous voyons
les constructions d'un cirque.
CIRRATIIS. Qui porte les cheveux
bouclés. Ce mot s'employait pour les
hommes et les femmes /Mart. ix, 30 ; Am-
mian. xiv. G, 20). Yoy. CiRRUS , 1. On
s'en servait aussi pour les fabriques d'étoffe
(Capitol. Pertinax, 8). Yoy. CiRRCS, 8.
CIRRUS. Proprement mèche de che-
veux bouclés , boucle naturelle , par op-
position à cincinnus, anneau ou jjoucle
faite presque toujours au fer; comme
celles des jeunes gens de la Grèce, avant
qu'ils arrivassent à l'âge de la virilité , où
ils les coupaient et les consacraient à
158
quelque divinité (Varro , ap. Non. s. au),
ou des Germains (Juv. XUI, 1G4) et
des Gaulois , connus chez les anciens
pour l'abondance el la beauté de leurs
cheveux , qui servaient généralement à les
caractériser dans les œuvies d'art (Voy.
la gravure au mot Comatus).
2. Cirrus in vertice ('[i.aXXà; à6XY]T0Ù,
Gloss. vet.). Cheveux réunis sur la tète et
liés en touffe sur l'occiput, comme c'é-
tait l'usage pour les athlètes, les lutteurs,
les boxeurs, etc. On réunissait ainsi les
cheveux pour éviter d'être saisi ])ar la
chevelure dans la chaleur du combat,
comme on le voit
dans la gravure ,
prise d'un bas-relief
du Vatican qui re-
présente deux Pan-
cratiastœ. La gra-
vure explique aussi
un passage de Sué-
tone (A'ero, 45) où
l'on rapporte que, pendant l'insurrection
de Vindex , et alors que la ville de Rome
souffrait extrêmement de la famine, un
vaisseau arriva d'Alexandrie , qui , au lieu
d'être chargé de blé, n'apportait qu'une
cargaison de sable lin, à l'usage des
athlètes entretenus par l'empereur. Le
peuple, furieux, attacha une touffe de
cheveux (cirrus in vertice) au haut de
toutes ses statues , et mit au bas une pas-
quinade en caractères grecs, faisant allu-
sion à la révolte de Vindex et signifiant
que l'empereur, comme un athlète , allait
commencer une lutte où il aurait le des-
sous.
3. Toupet d'un cheval, quand on le lui
attache en touffe au som-
met de la lète, comme
dans la gravure, prise d'une
peinture de Pompéi, au lieu
de le laisser tomlier sur le
devant, auquel cas les crins
s'appelaient capronse (Ve-
get. Vet. IV, 2).
4. Fanon d'un cheval (Vegel. Vet. il,
28; IV, 1).
5. Huppe ou touffe sur la tête de cer-
tains oiseaux (Pliu. //. N. XI, 44).
(i. Touffe de fleurs qui forment des
bouquets (Pliu. H. N. xxvi, 20).
7 . Bras du polype , partagés en anten-
nes nombreuses comme une touffe de
cheveux (Plin. H. A', xxvi, 37).
8. Frange d'une pièce d'étoffe (Phœdr.
II, 5, 13j, qui venait de
ce qu'on laissait sur l'é-
toffe, après l'avoir reti-
rée du métier, les ills de
la chaîne , au lieu de les
couper. Le spécimen ci-
joint est pris d'une pein-
ture de Pompéi; com-
parez l'arlicle et la gravu-
re au mot Tela rkcta.
CISIARIUM. Fabrique où l'on faisait
des rhaises à deux roues , cisia (Inscript.
ap. Fabrett. p. 91, 179).
CISIARIUS. Ouvrier qui fait des chai-
ses à deux roues, cisia (luscript. ap.
Mur. p. 979, 6, el 108, 4).
2. Conducteur d'une chaise de louage
à deux roues (cm/«/«) , comme notre co-
cher de voilure de place (Ulp. Dig. 19,
2, 13). Voyez la figure suivante, et remar-
quez que le conducteur est assis du côté
du monloir, ce qui est encore l'usage en
Italie.
CISIUM. F'oiture légère à deux roues
(Nonius, s, 1'.) qui servait chez les
Romains de voitiu'e publique et particu-
lière, quand il fallait arriver au plus vite
(Cic. Pliil. II, 31 ; Rose. Am.l ; Virg.
Catal. VIII , 3). Elle contenait deux per-
sonnes, en y comprenant le conducteur,
était ouverte par devant et munie de ti-
mons. On y attelait à l'occasion un ou
quelquefois deux chevaux de volée (An-
son. Ep. VIII, G, cisio trijugi), comme on
le pratique encore maintenant pour le
calessin de Naples. On voit la plus grande
partie de ces détails dans la gravure ci-
jointe, prise d'un bas-relief du monu-
ment d'Igel, qui a été inexactement donné
CISTA.
159
dans l'édition anglaise de Trêves, par
Wvlteubach, où l'on a omis le cheval de
volée.
CISORIUM. Instrument aigu et tran-
chant employé par les vétérinaires (Veget.
l'et. II, 22).
CISSYBIUM (x:ff7Ûê'.ov). Vase à boire
des Grecs , avec une anse , fait dans l'ori-
gine de bois de lierre , mais dans la suite
distingué par une guirlande de feuilles
et de iiaies de lierre sculptée à l'entoin-
(Macrob. Sat. Y, 21; Theocr. Id. i, 27).
CISTA (xt'aTrj). Panier profond et cy-
lindrique, avec un couvercle; il était fait
d'osier (Plin. Hist. Nat.
XV, 18, 2; XVI, 77), et
employé à différents usa-
ges, suivant que sa forme
et sa nature le permet-
taient. Le spécimen ici
donné est pris d'un bas-relief romain ;
mais des paniers d'une forme et d'un
caractère analogues sont fréquemment
représentés dans les sculptures et dans
les peintures. Quand on parle de ciitx
Huadratx (Columell. XII, 54, 2), la simple
addition de cette épithéte iudi([ue une
forme inaccoutumée; et le caractère
constant des gravures, représentant toutes
des objets différents qui portaient le nom
commun de cista, suffit pour faire con-
naître la figure qui se présentait à l'esprit
des anciens comme répondant à ce nom.
2. Cassette pour l'argent (Hor. Ep. i,
17, 54;Cic. Ferr. il, 'i, 85j;elle était
certainement de dimen-
sion plus petite que le
coffre-fort dont nous
jivons donné une gra-
vure au mot Arca. Le
spécimen ci-joint est
pris d'ini modèle en
terre cuite qui avait au
haut une fente pour
glisser l'argent , comme ceux dont se ser-
vent maintenant les mendiants autorisés
dans les villes d'Italie.
3. Panier pour les livres (Juv. III,
20G), de même forme et de même nature
que la capsa, mais fait en osier au lieu
d'être en bois, et, comme elle, employé
aussi à d'autres usages, par exemple, pour
garder les vêtements ( Poeta vet. ap.
Quint. A'ili, 3, 19). Voy. les figures au
mol Capsa.
4. Panier employé aux comices et dans
les cours de justice : le^ votants et les
juges y jetaient les tablettes (tabellx)
qui contenaient leurs votes ou leurs sen-
tences (Auctor ad Herenn. l, 12; Plin.
H. N. XXXIII, 2, § 7; Manutius, de
Coniit. Rom. XV, p. 572 ; Wunder, Co-
dex Erfudtens. p. 158 seqq.). La gra-
vure est prise d'une monnaie de la fa-
mille Cassia , et représente un votant
laissant tomber dans la cista la tablette
qui absout (marquée A pour ahsolvo).
5. Corbeille mystique , panier ou ])oite
couverte , dans laquelle les ustensiles sa-
crés et les autres oi>jets appartenant au
culte de Cérès et de Bacchus étaient con-
tenus : on les cachait ainsi aux yeux des
profanes pendant qu'on les portait dans
une procession solennelle aux fêtes de ces
divinités; car toutes les cérémonies par
lesquelles on les honorait étaient enve-
loppées d'un mystère profond (Catull.
64, 260; TibuU. i, 7, 48; cf. Ovid.
Jrt. Jm. II, 609). Il n'y a pas de doute
que la cista employée dans l'origine à
cet effet ne fût une simple corbeille d'o-
sier, pareille à celle que nous avons don-
née au commencement de cet article ; car
elle est ainsi représentée sur des mon-
naies et des bas-reliefs nombreux , où il
est facile de reconnaître l'osier; mais plus
tard on la fit de matières plus précieuses
et avec un travail plus élégant, comme le
prouvent deux modèles en bronze con-
servés maintenant à Rome, l'un qui fut
trouvé près de l'ancienne Labicum, l'au-
160
CISTELLA.
CISTOPHORCS.
tre à Préneste. C'est ce dernier qui est
représenté dans la gravure ci-jointe. Il a
trois pieds ; ou voit ,
aux côtés, les poignées
par lescpielles on le
portait ; le couvercle
est surmonté de deux
figures, une bacchante
et un faune, et le
dehors est recotivert
d'un dessin représen-
tant la réception des
Argonautes à l'arsenal de Cvzique. A
l'intérieur, on trouva les oJjjets sui-
vants : une autre petite boîte , une figure
de chevreau , une de panthère , une pa-
tera , une ligula, \\i\ instrument affdé
et pointu comme le stylus, et un mor-
ceau de métal de foime triangulaire, la
pyramide (nupa^t:), citée par Clément
d'Alexandrie comme un des objets con-
tenus d'habitude dans ces boîtes. L'autre
corbeille, trouvée à Lajjicum, a la même
forme, présente la même matière et le
même travail; seulement elle a trois fi-
gures sur le couvercle; Bacchus au cen-
tre , drapé dans une robe couverte d'é-
toiles pour indiquer qu'il était le Bac-
chus nocturne {Nyatelhis Pater, Ovid. >4.
Am. 1 , 5G7), la nuit étant le moment où
l'on célébrait les orgies (Serv. ad jEii.
IV, 303; cf. Liv. XXXIX, 8 seqq.),
et de chaque côté un faune revêtu
de la nehris. L'intérieur contenait
une paiera, sur laquelle la lutte entre
Polhix et Amycus, roi de Bébrycie, avec
Diane entre eux, était représentée en fi-
gures contournées , dont les noms étaient
inscrits au-dessus dans une forme latine
très-ancienne. Polices, Amcces et
LOSNA, nom antique fowv Diana. Sous
les pieds des figures , sur le couvercle, il y
a une inscription ressemblant, pour l'or-
thographe et la langue, à celle de la co-
lonne de Duilius, et attestant que le vase
fut offert par une femme et fait par un
artiste romain du nom de Nonius Plau-
tius :
DIIVDIA. MACOLMA. PILEA. DEDIT.
NOVIOS. PLAVTIOS. MED. ROMAI FECID.
CISTELLA ( xtaTt; ). Petite Cista.
( Plaul. Cist. IV, 1,3; Ter. Euu. iv, 0,
15).
CISTELLATRIX. Esclave du sexe fé-
minin à qui étaient confiés les vêtements,
joyaux, etc., de sa maîtresse, enfermés
dans une cista (Plant. Triii. Il, 1, 30).
CISTELLULA. Très-petite ciita; di-
minutif de CISTELLA (Plant. Rud. ii, 3,
00).
CISTERNA. Réservoir artificiel creusé
dans le sol et souvent recouvert d'un toit
(Yarro, R. R. I, 11), pour recevoir et
conserver de bonne eau à l'usage de lu
maison (Columell. i, 5; Pallad. i, 17).
11 diffère de nos citernes, qui sont au-
dessus du sol , et d'un puits (pittei/s) , qui
est alimenté par des sources.
2. Cisterna frigidaria. Peut-être une
glacière (Petr. Sat. 73, 2).
CISTIFER. Qui porte une cista, un
coffre ou un fardeau; porte- faix (Mart.
Ep. V, 17).
CISTOPHORUS (x'.axoçôpo:). Celui
qui portait le coffret mystique (CiSTA, h)
à certaines processions religieuses. Dans
les rites du culte de Cérès et de Bacchus,
ou des divinités égyptiennes, Isis et Osi-
ris, cette fonction était
confiée à des femmes,
comme on le voit par la
figure ci-jointe , prise
d'une peinture de Pom-
péi. La guirlande de feuil-
Jes et de baies de lierre
{corymhiis) que la figure
porte sur la tête montre
qu'elle était attachée au
culte de Bacchus , et l'œil
d'oiseau qu'on voit au
haut du vase indique une
prêtresse d'Osiris, dont
le symbole chez les Égyptiens était un œil
(Winckelm. Cah. Stosch. p. 2). Comme
Bacchus et Osiris étaient , sous des noms
différents , la même divinité , il est clair
que nous avons là une cistophora et non
une canephora , comme l'ont nommée à
tort les éditeurs du Museo Borljonico ,
pour n'avoir pas fait attention aux traits
indiqués ci-dessus. Dans les cérémonies du
culte de Bellone, au contraire, la cista
était portée par des hommes , ainsi que le
prouve un marbre ancien découvert sur le
Jlonte Morio , près de Rome , et qui porte
l'inscription suivante : L. L-VRTIO. a>'TIIO.
CITHARISTRIA.
161
CISTOPHORO. JEDIS. BELLON^, etc.,
avec une figure sculptée du cistoplwrus.
Cette figure est drapée d'uue façon qui
ressemble tout à fait à celle de la figure
précédente : sa tuiiicpie, qui va jusqu'aux
pieds, est légèrement relevée et montre
une tiini([iie de dessous; un pallhim est
sur son épaule, une guirlande sur sa tète;
son in f nia pend sur le devant de la poi-
trine; il a dans la main droite un ra-
meau lustral, et dans la gauche deux ha-
ches à deux tranchants [bipennes) , trait
caractéristique des prêtres de Bellone
(Inscript, apiid Donat. G2 et 135; cf.
Demosth. de Corona, 2G0; Giovanni
Lami , Disse rtaz. soprà le ciste mis fi-
che.
2. Monnaie d'argent de la valeur de
quatre drachmes environ, qui avait cours
en Asie ; de là l'expression in cistop/ioro
(Cic. ad Jtt. XI, 1) signifie en monnaie
d'y4sie. Sou nom lui vint de ce qu'elle
portait rempreinte ou de la cisfa consa-
crée, ou, ce qui est plus probable, de l'ar-
brisseau cislUS (xtiJTOc).
CISTULA. Diminutif de Cista (Plaut.
Jmp/i. 1,1, 2G4).
CITHARA (xi6âpa, xtôaptc). Instru-
ment à cordes de haute antiquité, res-
semblant, pour la forme, au cou et à la
poitrine de l^ homme (Isidor. Orig. M, 3,
22) , et répondant ainsi à notre guitare,
mot qui nous est venu par l'intermédiaire
de l'italien cliitarra; le c romain et le ch
italien ont eu effet le même son que le x
grec. La figure ici donnée, d'après un an-
cien bas-relief conservé dans l'hôpital
de Saint-Jean de Latran à Rome, con-
corde si bien avec la description qu'Isi-
dore fait de cet instrument, qu'il est pres-
que indubitable qu'elle offre la forme
réelle de la citliara , dans le sens exact et
primitif du mot ; car il est possible que les
poètes grecs l'aient employé quelquefois
dans un sens moins spécial ou moins dé-
terminé. Voyez aussi les deux mots et les
deu.x gravures qui suivent.
CITHARISTA (xiôapiTi:^;). Qui joue
delà cilkara ou guitare (Cic. Phil. V, 6).
Homère décrit la manière dont l'artiste
tenait cet instrument, en disant qu'il était
placé sur le bras (èttwXô'viov xiôapii^cov,
Hymu. Merc. 433), comme on le voit par
la gravure ci -jointe, représentant un ci-
tharista égyptien d'après les tombes de
Thèbes. Elle offre aussi une preuve de
plus que le caractère attribué à la cithara
dans noire dernier article est le véritable,
et fournit une autorité pour corriger dans
le même hymne la fausse leçon ÛTtwXÉv.o;
(v. 610). On suspendait quelquefois cet
instrument en bandoulière par un balteus
(Apul. Flor. II, 15, 2; voy. la gravure
suivante) , et , comme pour la lyre , on se
servait quelquefois, pour le toucher, du
plectrum au lieu des doigts (Hom. /. c.
53).
CITHARISTRIA (xtOapîaTpta, xtOa-
ptcïTpîc). Femme quijoue de la cithara ou
guitare (Terent. Phorm. 1,2, 32; cf.
Citharista). On
introduisait souvent
ces femmes , avec les
danseuses et les chan-
teuses, pour égayer
les hôtes pendant un
festin ; la figure ci-
jointe , d'après une
tombe de Thèbes en
Egypte, a éxidem-
ment pour but de
représenter une per-
sonne de ce genre :
on le voit au soin avec lequel elle est
parée , à sa chevelure , à ses pendants
d'oreille, à sou collier, à ses bracelets sur
les bras et sur les poignets , à sa chaus-
162
CITHAROEDA.
sure et à la draperie transparente qui
la couvre.
CITHAROEDA. Femme qui joue delà
citliara et s'accompagne en chantant
(Inscript. «/;.Grul. 654,2; fl/7. Mur. 941,
1); cf. CiTHARISTRIA.
CITHAROEDUS (xi9apw5ô:). Homme
qui joue de la cititara et chante en même
temps Quint. 1, 12, 3; iv, 1, 2; Cic.
Mur. 13); cf. Citharista.
CLABULARE ou CLAVULARE , se.
reliiciiliim. Vaste chariot découvert ,
dont les côtés étaient faits de treillages
[clavidce ou clavolsp) , et destiné à
transporter des denrées aussi bien que des
voyageurs. Sous l'empire, on s'en servait
d'ordinaire pour le transport des soldats,
qui prenait de là le nom de cursus clabu-
laris (Impp. Constant, et Julian. Cod.
Tlieodos. 6, 29, 2 ; Ammian. XX, 4, 11).
Le chariot représenté dans la gravure est
tiré d'une peinture de Pompéi, et servait
pour transporter le vin. Le treillage dont
il est fait confirme notre interprétation,
qui , sans cela , potnrait être regardée
plutôt comme conjecturale que comme
positive.
CLASSIARII {imèixos). Soldats exer-
cés pour combattre à jjord (Hirt.ZÎ.-4/ex.
20), et répondant ainsi, sons beaucoup de
rapports , à nos .so/t/aif de niarine. Cette
partie du service militaire était regardée
par les Romains comme moins honorable
que l'autre, car les matelots (nauisp) et
les rameurs [rémiges) sont quelquefois
compris sous le nom général de classiarii
(Hirt. B. Alex. 12; Tac. Ann. xiv, 4).
La gravure est tirée d'un bas-relief an-
tique pul)lié par Scheffer, Mil. nav.
in Addend.
CLASSICI- Citoyens appartenant à la
première des six classes dans lesquelles
Servius Tullius avait distribué la popula-
tion de Rome (Anl. Gell. vu, 13) ; delà
vient que l'expression vc/v/j/OT-e^ classici,
auteurs classiques, signifie les auteurs de
premier ordre fAuU. Gell. xix, 8, 6).
2. Ceux qui sonnaient du cor pour ap-
peler les classes aux comitia au son du
lituus ou du C077»/ (Varro, L. L. v, 91).
Yoy. CORMCEN , LiTICEN.
3. Les mêmes que les Classiarii ,
comprenant ceux qui combattaient, aussi
bien que l'équipage du vaisseau (Curt. iv,
3; Tacit. Hist. i, 31; ii, 17).
4. Classica corona (Yell. II, 81, 3),
Même sens que CoROKA navalis.
CLASSICLM. Littéralement, signal
donné an son de la trompette : de là ce
nom fut transporté à l'instrument avec le-
quel on donnait le signal (Serv. ad Virg.
^n. VII ,637; Virg. Georg. Il , 539).
CLATHRATUS. Fermé ou défendu par
un treillage en barreaux transversaux 'c/a-
thri), comme on l'explique au paragraphe
suivant (Plant. Mil.U, 4, 25).
CLATHRI. Treillis ou grillage de bois
ou de métal employé pour fermer ou dé-
fendre une ouverture, telle qu'une porte
ou une fenêtre, et en général pour établir
une clôture quelconque (Hor. A. P. 473;
Plin. H. N. VIII, 7; Cato, B. B. i;
Columell. VIII, 17, 10 . Notre spécimen
représente le treillis qui fermait les lu-
carnes au-dessus des écuries (carceres)
dans le cirque de Caracalla.
CLAUSTRDM.
163
CLAUSTRUM. Mot employé par les
Romains pour désigner un des moyens de
fermer les portes ; quelquefois on s'en ser-
vait dans un sens général et indéterminé,
comme de notre mot fermeture, qui s'ap-
plique également à une serrure , à un ver-
rou , à une barre, etc., quand il n'y a pas
de termes précis pour indiquer la nature de
la fermeture ([u'on a en vue (Cic. y^gr. i ,
7 ; Claud. in Eiitrop. i, 1 95). Mais plusieurs
autres passages prouvent aussi clairement
que ce mot avait un sens spécial, caraclé-
risant quelque oljjet particulier qui por-
tait ce nom, et^ qui naturellement avait
de l'analogie avec les autres objets dési-
gnés par le même terme. Celui qui répond
le mieux à tous les cas est une gdclie ou
anneau fixé sur le montant d'une porte,
dans lequel le pêne d'une serrure, ([u'il
fût poussé par une clef ou par la main ,
entrait pour fermer la porte , comme on
peut le voir par la porte égyptienne re-
présentée dans la gravure au mot Cardo.
Cette explication s'accorde avec la plupart
des expressions dont on se sert pour ex-
primer une entrée par force : ainsi bri-
ser, faire sauter ou forcer le claustrum;
et, comme les portes antiques avaient
d'ordinaire deux pans ou étaient munies
de fermetures au haut et au bas, on se
sert le plus souvent du pluriel claustra :
ad claustra pessuli recurrunt, pour
fermer (Apul. Metam. i, pag. 10);
claustra perfringere, forcer l'entrée {id.
pag. 8); evellere (pag. 70); revelli
(Liv. V, 21; Cic. Verr. il, 4,2-3);
claustris, quie accuratissime affiva [aé-
rant, violenter evulsis (Apul. Met. III,
p. 4C). Comparez Clausula.
2. Ce mot se prend poétiquement pour
la porte elle-même (Mart. Ep. x , 28) ,
ou les portes d'une ville (Ovid. Met. iv,
86).
3. Cage ou tanière dans laquelle on en-
ferme des bêtes féroces (Hor. Od. m,
11, 4i; Stat.5)7i'. ii,5,4).
4. Ati pluriel, les écuries pour les che-
vaux au cirque (Hor. Epis t. i, 14, 9;
Stat. Tlteb. vi, 399 ). Même sens que
Cakceres.
CLAUSULA. Poignée d'une strigile
(Apul. Flor. Il, 9, 2 ) ou d'un autre ins-
trument , quand elle était faite de telle
%
r^A
sorte qu'on y introduisait la main et
qu'elle formait tout autour un anneau ou
une garde, comme on le voit par
le spécimen ci-joiut , i)ris d'une
strigile en brouze trouvée dans
les bains de Pompéi. La clausula
s'oppose ainsi à capulus , manche
droit, et à ansa, poignée fixée à
un autre objet. Le mot se rap-
proche aussi de claustrum , la
gâche dans laquelle entre ini
pêne. La clausula y ressemblait ^^
beaucoup.
CLAVA (pôuaXov). Dâton fort et gros-
sier, qui allait en grossissant vers l'extré-
mité inférieure et
ressemblait à ce que
nous appelons un
gourdin ; on s'en ser-
vait quelquefois pour
attaquer (Cic. T'err.
II, 4, 43) ; les anciens
philosophes le por-
taient souvent par
affectation au lieu
du bâton ordinaire
(Sidon. Epist. ix, 1 1 ;
IX, 9; Carm. xv,
197), comme on le
voit par la figure
ci -jointe de Démocrite , prise d'une pierre
gravée.
2. Bâton pesant qu'on donnait aux re-
crues au lieu d'épée pour faire leurs exer-
cices et dont elles se servaient contre
le mannequin (palus) , figure de bois
dressée à cet effet (Cic. Senect. 16; Ve-
get. Mil, II, 11 ).
3. (pOTTaXov, Soph. Tr. 512). Massue,
comme celles dont se servaient Hercule et
Thésée (Prop. iv, 9, 39 ;.Suet. Ncro, 53).
Elle est toujours représentée par les an-
ciens peintres et sculpteurs comme une
arme terrible, grosse et pesante par un
bout, et allant en s'amincissant j)eu à
peu vers l'autre extrémité, par laquelle
on la preuait en maiu; souvent on y lais-
sait les nœuds {irrasa, Sil. Ital. Vlll ,
524), comme on le voit par la gravure, qui
représente la massue d'Hercule d'après
164
CLAVARICM.
CLAVIGER.
une peinture de Pompéi. Comparez Cla-
VIGER, 1.
4. (xof;"jvri,pÔ7:a),ov ff'.Syipw TcTu),a)!J.£-
vov). Masse on massue de giieri'e, à tète
de fer, qu'on attachait au manche de hois,
armée de nœuds nombreux ou de pointes
aiguës. C'est la forme que hù donnent Ho-
<iN=^
mère (//. vu, 141) et Hérodote (vu,
63 ), quand il décrit le costume des Assy-
riens qni suivaient l'armée de Xerxès;
c'est aussi sous cette forme qu'elle est re-
présentée dans la gravure, d'après une an-
cienne fresque romaine de la villa Albani,
où elle apparaît comme l'arme de Mars.
Les Romains connaissaient donc celte ar-
me , quoiqu'ils ne semblent pas l'avoir
désignée par un nom caractéristique.
CLAVARIUM. Argent alloué aux sol-
dats romains : ils devaient en acheter
des clous pour leurs chaussures {clavi
caligares, Tac. Bist. iii , 50). Voy. Cla-
vus.
CLAYATOR. Cantinier, ou domestique
qni portait le bagage du soldat (Plant.
Âud. III, 5,25) : dans ce sens, il serait
svnon\mede Calo; ou consent qui fai-
sait ses exercices. avec un gourdin ( Cla-
YA , 2 ), avant de recevoir une épée (Fes-
tus, T. Calones).
CLAVATUS. Rayé d'or, de pourpre
ou d'autres couleurs. C'était l'habitude
des Romains de mêler des raies de ce
genre au tissu de leurs étoffes, de celles
dont on devait faire des vêlements (Vopisc.
Bonos. 15) et de celles cpi'on fa])riquait
pour les besoins du ménage : ainsi les
linges de table , les serviettes, etc. (Lam-
prid Alex. Sev. 37 ). Voy. Clavus, 8, 9.
2 . Garni de clous , pour les brodequins
et les souliers (Festus, s. %'. Clavata). Ce
mot implique que la semelle
est couverte de clous à télé,
comme dans le spécimen , qui
représente la semelle ou le
dessous d'une lampe en terre
cuite faite en forme de sou-
lier; ou qu'elle est armée de
pointes aiguës et saillantes,
comme le ])rodequin du soldat
(caliga) qui est représenté
dans la gravure au mot Cla-
vus, 5.
3. Couvert de pointes, d'aiguillons ou
de saillies, comme nue masse ou une
massue (Plin. H. N. IX, 61 ; voy. Clava,
3 et 4).
CLAMCULA (x).ctSîov). Diminutif de
Clavis.
CLAVIGER (x.op\Jv;iTri;). Armé d'une
massue ou d'une masse. On sait que la
massue est une des armes dont se servait
Hercule : de là vient qu'il est distingué
par l'épithète claviger ( Ovid. Met. xv,
22). Mais, dans l'origine et chez plu-
sieurs des nations de l'antiquité, elle
était employée à la guerre; ainsi , par les
Daces sur la colonne Trajane, et par les
halùtants grossiers du Latium dans leurs
luîtes avec les Troyens. On n'a qu'à voir
les gravures du Virgile du Vatican, dont
nous avons tiré la figiue ri-joinle. Le spé-
cimen donné an mot Clava, 4, montre
la massue dans sa forme perfectionnée de
masse d'armes , et fait entendre le mot
claviger dans le sens de porte-masse.
2. (x/Eiûoû/o;). Qui porte une clef,
épithète donnée par les Romains à Janus,
CL AVIS.
1C5
parce qu'on le supposait le gardien et le
surveillant des portes de tous les hommes
(Ovid. Fast. 1 , 228 ; Macrol). Sat. i , 9) ;
e^ par les Grecs à Cupidon (Wiuk. 3/ori.
ined. 32), pour indiquer qu'il avait le
potivoir d'ouvrir el de fermer les demeu-
res de l'Amour; mais, jdus particulière-
ment, épitliète d'Hécate aux trois figures,
comme déesse qui gardait les clefs des
^,^~s?J'fci^->-
enfers : elle est représentée ainsi dans la
gravure ci-jointe, d'après une statuette de
bronze.
CLAVIS (xXeÎ;). Cleffowv ouvrir une
serrure régulière, à gardes, pour lever
un loquet ou pousser un simple verrou ;
elle comprenait toutes les variétés de
forme, de grandeur ou d'emploi, dont
les gravures suivantes offrent des spéci-
mens.
I. Clef de porte faite avec des gardes
régulières , comme celles dont on se sert
maintenant, ainsi qu'on le voit par le
spécimen ci-joint, d'après un modèle
ti'ouvé à Pompéi. C'étaient les plus
grandes , et on les employait pour fermer
les portes d'une ville, d'une maison ou
d'un autre édifice qui donnaient sur le
dehors, les caves, les magasins, etc. ; elles
étaient portées par les agents ou les es-
claves à qui ce soin était confié; on les
portait suspendues à une ceinture , ce qui
est indiqué par la languette et l'œil du
spécimen précédent.
2. Petite clef que portait la maîtresse
de la maison [mcderfaïuias) , ou dont
on se servait pour fermer des
cabinets, des armoires, desécrins^
des cassettes pour les lixres ou r^
l'argent ( voy. Capsa), où l'on /^tBi
distingue la serrure et le moraillon , i ))
etc., pareille à notre spécimen, ti-
ré de la Dactyliollicca de Gorlaeus (Hor.
Epist. 1 , 20,' 13 ; Sat. ii , 3, 14C).
3. devis Laconlca. Espèce particulière
de clef probablement inventée en Egypte,
quoique les Grecs en attribuent la dé-
couverte aux habitants de la Laconie; on
suppose qu'elle avait trois dents , comme
notre spécimen, pris d'un original égyp-
tien qu'on conserve au Musée britannique.
Elle était introduite à Vintér'wur de la
porte par une personne placée au de-
hors , qui passait son bras par un trou
fait dans la porte à cet effet {clavi im-
niitle/id.v forameii , Apul. Blet, iv, p.
170), et levait ensuite le loquet au moyen
des dents saillantes. Cette explication
s'appuie principalement sur un passage
de Plante {Most. il, 1, 67). Thranio, qui
est hors de la maison et qui veut faire
croire (pie le local n'est plus habité, fer-
me au dehors la porte avec la clef qu'il
tenait à la main, et ordonne ensuite qu'on
lui remette la clavis Lacoiiica; ainsi per-
sonne ne pouvait entrer ni sortir sans
son consentement. Mais tout ce passage
est encore plein d'obcurités.
4. Claris dansa. Petite clef sans gorge
ou bascule, comme notre spécimen, d'a-
près un original reproduit
dans la DactyHotkeca de
Gorla-us, et qui par consé-
quent ne devait servir que
j)our lever des loquets ou
ouvrir des serrures ])etites
et faciles; déplus, quand
elle était introduite dans
la serrure ou la porte,
être presque cachée (Virg. Moret. 15).
166
CLAVDtUS.
CLAVtlS.
Mais l'explication et la leçon même
de ce passage sont sujettes à con-
testation. Quelques-uns pensent qu'il
n'y a pas de différence entre la clavis
dansa et la Laconica. Aristophane
{Tliesm. 422) applique, en effet, l'épi-
thète y.p'jTTTr, à la clef lacouieune à
trois dents.
5. Clavis adultéra. Fausse c\eï. (Sali.
Jugurtlt. 12; cf. Ovid. Art. Am. m,
643).
5. Clavis trochi (è),ar/,p). Baguette
dont les enfants grecs et romains se ser-
vaient pour pousser leurs cerceaux
(Propert. m, 14, 6); elle était
faite de fer avec nn crochet au bout
ou un nœud rond et une courjjure,
comme le spécimen ci-joint , tiré
d'un l)as-relief de la villa Alhani.
L'é|)ithete adiiitca , par laquelle Properce
désigne cette clef (/. c.) , convient à l'une
et à l'autre forme. On peut voir, par la
gravure du mot Trochcs , la manière de
se servir de la clavis et du crochet.
CLAVLLUS. Diminutif de Clavcs,
proijaljlement aussi clou sans tète (Cato,
B. B. 21); comme clavulus capita-
tus (Varro, R. R. il, 9, 15), cloua petite
tète.
CLAVI.'S (v.o;). Clou pour fixer ou
attacher une chose à une autre. On con-
serve dans les cal)inels d'antiquités plu-
sieurs spécimens de clous anciens , de for-
mes et de grandeurs
différentes , en bronze
aussi bien qu'en fer,
qui ressemiilent en
beaucoup de points à
ceux dont on se sert
maintenant. L'expres-
sion latine, pour en-
foncer un clou, est cla-
vum figere ou pangere
(Liv. vil, 3), et cette
action est figurée par la gravure ci-jointe ,
qui représente un des soldats de Trajanfai-
sant une palissade dont on peut présumer
la force par la grandeur énorme du clou
qu'il emploie.
'2. C la vus tralialis on taliularis. Clou
de la j)lus grosse espèce dont on se ser-
vait dans les constructions pour fixer les
poutres principales, trabes (Oie. Verr.
vi,21;Hor. 00^.1,35, 18;Petr. Sat.'o.
3. Clavus annalis. Clou qu'on enfon-
çait chaque année, aux ides de septem-
bre, dans la paroi latérale du temple de
Jupiter Capitolin ( Liv. vu, 3 , ; coutume
qui remontait à une époque fort ancienne,
et qui fut adoptée, à ce qu'on suppose,
pour compter le temps avant que l'usage
de l'écriture fût généralement connu
(Festus , s. T.). On la
conserva dans la suite
par un respect reli-
gieux pour les an-
ciennes coutumes. Le
fragment ici donné re-
présente les quatre cô-
tés d'une partie d'un
énorme clou de bronze, maintenant entre
les mains de l'historien italien Bianchini
{Storia univers, tom. I, p. lôG, tav. 9, a),
et qu'on croit, d'après les lettres qu'il
porte , avoir été employé pour l'usage in-
diqué ci-dessus.
4. Clavus muscarius. Clou à large tête
en forme de champignon (Vitruv. vil, 3,
11), comme celui qui est représenté au
mot BuLLA , mais plus gros et d'un tra-
vail plus grossier.
5. Clavus caligaris. Clou aigu en
pointe dont les brodequins des soldats
' caligx) étaient munis i Plin. H. ]\'. ix,
33; Juv. m, 247; xvi, 24; Isidor.
Orig. XIX, 34, 13 , les extrémités aiguës
saillant de la semelle,
comme dans les souliers
portés au jeu de la crosse,
pour appu\er davantage
le pied sur le sol (Jo-
seph. Bell. Jud. VI, 1 ,
7). Le spécimen ci-joint est donné par
Ferrarius comme copié de l'arc de Cons-
tantin à Rome. Ce savant affirme que de
son temps les pointes se pouvaient clai-
rement distinguer; mais l'artiste a com-
mis une erreur en laissant les doigts ex-
posés , car la caliga était un brodequin
fermé. Voy. ce mot et Caligarics.
6. Clavus guhernaculi. Timon ou
barre d'un gouvernail ancien; c'était une
barre transversale fustis , Serv. ad Virg.
^¥.n. V, 176; fixée à angles droits au man-
che (aiisaj du gouvernail dans sa partie
supérieure. Cette barre tombait ainsi dans
<
167
le vaisseau et permettait au pilote de
donner au gouveiniail la direction néces-
saire (Isidor. Orig. XIX, 2, 12). Quand
le vaisseau avait un gouvernail de chaque
côté, assez petit pour être nianœuvié par
un seul limonnier, celui-ci tenait un c/a-
l'iis dans cha([iie main; mais, par un
mauvais temps ou dans de giauds vais-
seaux, cluupie gouvernail avait son ti-
mounier. Dans les deux cas, pour gouver-
ner, on levait et ou ajjaissait le clava.s,
et en même temps on le tournait légère-
ment eu dedans ou en ilehors ; la lame du
gouvernail ojiposail ainsi à l'eau plus on
moins de résistance. Cette manœuvre est
bien connue de ceux qui sont habitués à
ramer ou à diriger un navire avec une ra-
me. Nos expressions de marine « la barre
haut » et « la barre bas , » dont on se sert
encore aujourd'hui, bien qu'exprimant
un mouvement très-différent, sont venues,
sans aucun doute, de l'usage des anciens;
car, dans le glossaire latin et anglo-saxou
d'yKlfricus , le clavus est traduit helma,
lielni (^timon). Tous ces détails sont claire-
ment expliqués par la gravure ci-jointe,
qui représente l'arrière d'un vaisseau, d'a-
près un !)as-relief découvert à Ponzzoles.
7. Raie de couleur pourpre, mêlée au
tissu d'une pièce d'étoffe dont on faisait
des vêtements ou le linge employé aux
besoins du ménage , comme serviettes ,
nappes, couvre-pieds pour les lits, etc.
(Mart. Ep. IV, 4G, 17; Petr. 5«^ 32, 2;
Ammian. XVI, 8,8.)
8. Clavus latits. Large raie ou bande
d'ornement de couleur pourpre , courant
le long de la tunique , dans une direction
perpendiculaire , sur le devant de la poi-
trine. Le droit de la porter était un des
privilégesexclusifs des sénateurs romains,
quoique à une époque postérieure ce droit
send)le avoir été accordé quelquefois, par
une faveur spéciale, à des chevaliers (Hor.
Sat. I, G, 28 ; Acro ad Hor. Sat. i , 5, 3(i ;
Quint, viii, 5, 28; Festus, v. Glava-
lus; Ovid. Trist.iY, 10, 2!); Plin. Ep.
Il , 9). Comme le clavus était une simple
nuance de couleur mêlée an tissu, et n'a-
vait pas en conséquence de substance
propre , il n'est indiqué sur aucune des
statues qui représentent des sénateurs;
car le sculpteur ne s'inquiète que des ob-
jets qui ont une substance réelle, et les
peintures romaines qui nous restent sont
pour la plupart des imitations d'œuvres
grecques repiésentant des sujets tirés de
la mythologie et de l'histoire des héros,
ou encore des scènes de la vie journalière.
Par conséquent , nous n'avons auciui spé-
cimen connu du laliclave des sénateurs
sur les monuments ; mais nous pouvons
nous en faire une juste idée par la gra-
vure ci-jointe, qui représente la sarapis
des Perses comme portée par Darius,
dans la mosaïque de la bataille d'Issus
trouvée à Pompéi. Ce vêtement était dé-
coré d'un ornement semjjlable au lati-
clave, si ce n'est que la bande des rois
perses était blanche sur un fond pourju-e,
tandis que celle des sénateurs romains
était pourpre sur un fond blanc.
9. Clavus augusfus. La haiide étroite
o\\ aiigusticlave, marque dislinctive de
l'ordre équestre (Paterc. il, 88,2). Elle
était de couleur pourpre comme la pre-
mière et décorait la tunique, mais elle avait
un caractère différent. Elle se composait
de deux bandes étroites, courant parallè-
lement sur le devant de la tunique , l'une
à droite et l'autre à gauche; delà vient
que , pour les distinguer, on se sert quel-
168
CLEPSYDRA.
CLIXOPCS.
quefois du pluriel purpurx au lieu du
singulier (Quiut. XI, 3, 138). Dans les
peintures d'une époque
postérieure , on rencontre
souvent cet ornement : il
ressemble à celui de la fi-
gure ci-jointe, qui repré-
sente un Camilliis dans le
Virgile du Vatican. Mais,
à répocpie où s'exécutaient
de (elles œuvres, il avait
cessé d'être porté comme
une marque distiuctive du
rang; car on le trouve
plusieurs fois sur des fi-
gures représentant des do-
mestiques , des échansons,
des valets qui servaient à table et qu'on
revêlait d'ordinaire de beaux habits. De
même , chez nous , l'ancien costume
a passé aux laquais, et n'est plus qu'une
livrée.
* CLEPSYDRA (xÀe'Wopa) . Sablier, em-
plo\é dans l'origine par les Grecs, et
adopté dans la suite à Rome pour _
mesurer le temps accordé à cha- |\
que orateur dans une cour de jus- J
tice (Pline, Ep. ll, 11), On don- ^
nait à ces sabliers des dimensions
différentes . suivant la longueur du temps
pendant lequel ou voulait les faire cou-
ler; ils ne différaient pas matériellement
des nôtres, si ce n'est qu'on les rem-
plissait d'eau au lieu de sable, comme on
peut rinférer de la description d'Apulée
[Met. III, p. 44), et mieux encore du spé-
cimen ci-joint, d'après un bas-relief du
palais Mattei à Rome. Celui que décrit
Aristote {Probl. xvi, 8) était fait sur le
même modèle, mais avait au haut une
sorte de bec pour verser l'eau, qui tom-
bait peu à peu au fond par plusieurs petits
trous.
2. Probablement aussi, horloge à eau
de gi-andeur suffisante pour marcher pen-
dant un certain nombre d'heures et ser-
vir au même usage que nos horloges or-
dinaires ; le cours du temps était indiqué
par des ligues ou des espaces {spalia,
Sidou. A[ioll. Ep. II, 9) tracés sur le
globe d'oii s'échappait l'eau ou sur le
réservoir dans lequel elle coulait. Pline
{H, N. VII, 60) donne le nom d'horo-
logiuni aune clepsydre de cette espèce.
CLIBANARII. Mot dont on se servait
pour désigner les soldats de la cavalerie
perse, qui étaient, eux et leurs chevaux,
entièrement couverts d'une armure dé-
fensive ( Ammian. xvi , 10 , 8 ; 12 , 22 ;
Lamprid. Alex. Sev. 56). Comparez
Cataphractcs , 1 et la gravure à ce
mot.
CLIBANICIUS , sous-entendu na/ils
l'/.À'.oavÎTr,;). Pain cuit dans un clibanus
(Isidor. Orig. xx, 2).
CLIBANUS (y.).t6avo; ou y.pt'gavoc).
Vase couvert, plus large au bas qu'au
haut ( Columell. v, 10 , 4 ) , et percé tout
autour de petits trous (Dioscor. Ii, 81 et
96 ) ; il était emplové à des usages divers ,
mais plus particulièrement à cuire du
pain (Plin. H. iV. xix, 3). Pour s'en
servir, ou l'enveloppait de cendres brû-
lantes, dont la chaleur pénétrait à tra-
vers les trous avec une température plus
régulière et plus égale que n'aurait pu
l'être celle du four ordinaire. Ces vases
étaient surtout eu poterie; et, quand Tri-
malcion cuit son pain dans un clibanus
d'argent ( Petr. Sat. 35,6), c'est la mar-
que d'une ostentation ridicule.
CLINICUS (y,)iviy.6; ). Médecin qui
fait des visites et qui prend soin de ses
malades près de leur lit (Mart. Ep. IX,
97).
2. Malade alité (Hieron. Epist. 105,
n°5).
3. Dans le même sens cpie Vespillo,
se dit des gens qui emportaient le mort
dans une bière ou sur un lit ( Mart. Ep.
III, 93 ;i, 31 ).
CLINOPUS (x.Xivôno-j:). Pied d'un
lit ( Lucil. ap. Macrob. Sat. Tl, 4). Les
anciens lits étaient supportés d'ordinaire
par quatre pieds, comme les nôtres.
Voy. la gravure , prise d'une peinture de
Ponipéi.
I
CLIPEATUS.
1G9
CLIPEATUS (àiTitiôocpopcç). Armé ou
muni du l)ouclier grec large et rond {c/i-
peus), comme on le voit par la gravure,
tirée d'uu vase d'argile grec (Virg. JEn.
VU, 703; Ovid. Met. m, 110; Curt.
Vil,9).
2. Clipeafus clilamyde. Soldat dont le
bras gauche est couvert de la cliUwiys au
lieu d'un bouclier (Pacuv. «/j. Non. i>.
Cl^pealus) , comme on le voit par la
figure ci-jointe, prise d'un vase d'argile.
C'est de celle manière qu'Alciijiade, au
rapport de Plularque (y-Z/tv/^. 39), essaya
de se défendre dans le combat où il
perdit la \ie.
3. C/ipeata imago. Portrait gravé ou
peint sur un clipeus ( Cic. ap. Macrob.
Sai. II, 3); voy. Clipeus, 3.
CLIPEOLUM (àaTtiÔtov). Diminutif de
Clipeus (Hygin. Fal>. 139).
CLIPEUS etCLIPEUM (àaTtîç). Large
bouclier rond, plus particulièrement pro-
pre à l'infanterie pesamment armée des
Grecs ( Liv. ix, 19 ). Il était porté aussi
chez les Romains par les soldats tirés de
la jiremière classe , du temps de Servius
(Liv. I, 43; Dion. Hal. iv, l(i, passages
qui prouvent l'identité du clipeus latin
et de rà'7'rtî: grec) , et jusqu'à l'époque
où les citoyens commencèrent à recevoir
une solde pour leur service à l'armée ;
alors le sciitum lui fut substitué (Liv.
VIII, 8 ). Le clipeus était de forme tout à
fait circulaire, mais creux à l'intérieur
(caviis, Varro, L. L. V, 19; cf. Virg.
jEn. III, G37), avec une circonfé-
À
rence assez vaste pour descendre du cou
au mollet (voy. la ligure au mot Clipea-
TUS, 1). Quelquefois il était entière-
ment en bronze ( Liv. XLV, 33 ) ; mais
plus ordinairement il se composait de
peaux de bœuf superposées (Virg. y£'«.
Xll, d2b,septemplicis; Ovid. Met. XII, 97,
décima orbe ) et couvertes de plaques de
métal. Dans quelques cas , c'était sur des
branches d'osier entrelacées (de là clipei
textiim, Virg. jEii. viii, G25, et Ixza. ,
Eurip. Siippl. G97 ) qu'étaient étendus
le cuir cru et le métal. La gravure donne
une vue de face et une vue de coté d'un
clipeus grec , d'après deux vases d'argile.
2. Sub clipeo latere; clipei sub orbe
tegi (Ovid. Met. XIII, 79; Virg. ALn. Il,
227). Position représentée souvent dans
les oeuvres d'art. Le soldat s'agenouille
et place son bouclier droit devant lui;
de cette façon , toute sa personne est cou-
verte et protégée contre les attaques. On
en aura une idée en voyant la gravure au
mot Venabulum.
3. Bouclier ou plaque de métal ou
10
no
CLtPEtJS.
d'autre matière , sur laquelle le buste
d'une diviiiilé ou le portrait de personua-
ges éminents était sculpté eu relief ou
peint en profil , comme marque d'hon-
neur (Suet. Cal. IG; Tac. Jnii.n, 83);
coutume d'une très-haute antiquité, dont
l'origine remonte aux Trovens ( Piiu. H.
A. XXXV, 3; cf. Hor. Od. i, 28, 11).
La gl■a^ure représente un clipeus en
bronze de cette espèce; il porte un buste
de l'empereur Adrien.
4. Bouclier ou plaque de même nature,
en marbre ou en métal, mais orné d'au-
tres dessins aussi bien que de portraits,
dont on se servait comme de décoration
et qu'on suspendait dans les édifices pu-
blics ou les maisons particulières entre
z£££££Xj
les piliers d'une colonnade, de la façon
représentée par la gravure ci-jointe,
d'après un bas-relief eu terre cuite (Liv.
XXXV, 10).
5. Appareil employé pour régler la
température du lacorticiuii ou Ijain de
vapeur ; il consistait en une plaque de
métal crtUîCet circulaire, suspendue par
des chaînes sous nue ouverture pratiquée
dans le dôme du plafond, à l'extrémité
circulaire de la chambre thermale [cal-
dariiim) , et immédiatement au-dessus du
labrum. Suivant ([u'on levait ou qu'on
abaissait cette placpie, la temi)érature de
la chambre était éle\ée ou abaissée; car,
de celte sorte , il pouvait entrer plus ou
moins d'air froid et s'échapper plus ou
moins d'air chaud (Vitruv. v, 10). La
gravure représente une
section du laconicum
de Pompéi , dont nous
avons donné une pers-
pective à ce mot , qui
le montre tel qu'il est
aujourd'hui; les caiTés
au bas laissent voir les i
tuyaux de V/npocau-
stum ; le bassin au cen-
tre , au-dessus du plus
large tuyau , est le la-
brum; et le clipeus, avec la chaîne par
laquelle on l'abaissait ou on le levait , de
manière à fermer l'ouverture du plafond
au-dessous de laquelle il était situé, est
une restauration conjecturale pour expli-
quer comment fonctionnait l'appareil;
les appuis de bronze, pour attacher les
chaînes par lesquelles on gouvernait le
clipeus, furent trouvés fixés aux parois.
On ne peut nier cependant que la nature
précise du clipeus ne soit encore envelop-
pée d'oi)scuri té, et beaucoup d'érudits,s'en
rapportant à une peinture des Thermes
de Titus (représentée
par la gravure ci-
jointe) , soutiennent
que le laconicum
était la petite cou-
pole qu'on voit ici
s'élevant du plancher
de la chamlue, et qui
permettait à un cer-
tain volume de flam-
me et d'air chaud de
s'élever au-dessus du
niveau géuéral de
l'appartement ; ils
ajoutent c[ue le clipeus, qui réglait la
température en admettant ou en ex-
cluant la chaleur, était placé, comme dans
la gravure , sous cette coupole et précisé-
ment au-dessus de l'iupocaustum. Mais il
est difficile de concevoir comment , dans
une telle position,on aurait pu se servir de
l'appareil : en effet, le clipeus et les chaî-
nes q\ii servaient à le lever devaient être
d'une chaleur brûlante à une telle proxi-
mité du feu ; en outre, on n'a rien décou-
vert, dans aucun des bains des anciens,qui
CLOACARtllM.
ni
ressemble, même de loin , à une constnir-
tioa pareille, et Vilruve ( /. c.) décrit
avec une exactitude presque minulieuse
une disposition senihlaljle à celle cpron
observe à l'extrémilé circulaire de la
oliambre thermale dans les bains de
Pompéi. Comme nous avons donné les
deux plans , le lecteur pourra juger par
lui-même. Un grand nombre d'autorités
apjiuienl l'une et l'autre hypothèse.
CLITELL.-E (xaver,),ia). Bat sur lecpiel
étaient portés les paniers; par extension,
f/rii.f paniers : voilà pourcpioi on n'em-
ploie ce mot qu'au pluriel (Hor. Sat. i ,
•5, 47; Pha?dr. i, 16). La gravure est
prise d'un cristal gravé de la galerie de
Florence.
CLITELLARIUS (xav8r,),io; ). Béte de
somme qui porte des paniers, comme on
le voit dans la gravure précédente (Cato ,
fi.E. x,i; Columell. II, 22, 3).
CLOACA (07tGvo(j.oi;). Large canal
souterrain, fait de maçonnerie ou de bri-
quetage , et qui servait à emporter les
eaux pluviales des rues d'une ville et les
ordures des maisons particulières; il les
versait dans quelque rivière voisine et
répondait ainsi à nos conduits et à nos
e'^otits ( Liv. I, 38; Cic. Cn'cin. 13;
Hor. Sat. il, 3, 242; Strabo, v, 8, p.
197, éd. Slebenk.). La gravure repré-
sente une rue de Pompéi , avec les bou-
ches de deux conduits sous le pavé , et
montre comment les eaux pluviales y
entraient.
2. Cloaca maxinta. Egoiit principal
qui recevait le contenu de plusieurs con-
(luils trii)utaires et le portait à la rivière.
Ce nom est surtout donné au grand égout
de Rome, c[ui fut construit par Tarquin
l'Ancien jtour dessécher les eaux sta-
gnantes du Yèlabrum et des basses terres
entre le mont Palatin et la colline du
Capitole , et ménager ainsi une arca pour
un champ de coiu'ses ou circus ma.vimns
et pour le forum. Une partie considéra-
i)le de ce grand ouvrage subsiste encore
après plus de deux mille ans. Il se com-
pose de trois arches concentritpies de
maçonnerie sans ciment, dans le geni'e
appelé étrusque, comme on le voit par
la iigure ci-jointe, représentant la bouche
qui ouvre sur le Tibre , près du pont Su-
blicius, et une partie de la muraille adja-
cente qui formait les fondements du
quai appelé pu/c/iruni littus. L'arche la
plus petite ou la dernière a entre 3'", 9(5
et 4'", 27 de diamètre; chacun des blocs
qui composent l'arche est laige de 1"',76
et haut d'mi peu plus de 0"',97 ; le tout
est de cette pierre noire et volcanique
( tu fa litoide : Brocchi , Suolo di Roma),
qui forme la base de la colline du Capitole,
et qui fut la matière commune pour les
constructions durant la période attri-
buée aux rois de Rome. Une figure qui
montre la construction de la partie sou-
terraine de la cloaca maxima est donnée
au mot Anterides (Plin. H. N. xxxvi,
24, 3; Dionys. m, 67).
CL0ACAR1UM. Impôt des égouts :
taxe le\ée pour les frais de nettoyage et
172
CLOACULA.
COACTIUS.
de réparation deségouts (Ulp. Dig. 7,1,
27; Paul. £)/«■. 30, 39).
CLOACULA. Diminutif de Cloaca;
conduit tributaire communiquant avec
l'cgout principal ( Lamprid. Heliog.
17).
CLOSTELLUM. Diminutif de Clos-
TRUM. Trou de la clef, dans une serrure ;
ou peut-être moraillon dans lerpiel entrait
le pêne d'une serrnie, et cpii devait laisser
un intervalle entre lui et la porte, qui ne
fermait pas parfaitement , de telle sorte
qu'une personne pouvait voir par cette
ouverture, comme l'indique Pétrone,
Sat. 140, 11. Cf. Senec. de Benef. VU,
21.
CLOSTRUM. Pour Claustrum. En
général , tout ce qui fixe et assujettit ,
comme une serrure ( Cato , R. R. 13 et
135) ; mais, dans un sens plus détermi-
né, le moraillon dans lequel entre le pêne
( Senec. de Ben. vu , 21 ).
CLUDEN. Épée dont se servaient les
acteurs sur le théâtre romain, et dont
la lame rentrait dans la poignée dès
qu'elle rencontrait la moindre résis-
tance, et ainsi frappait sans danger (Apul.
Jpol. p. .52G ). Les acteurs modernes
ont recours à un expédient de même
nature ; mais la leçon du passage d'Apulée
n'est pas certaine et. l'explication est
conjecturale.
CLUNACULUM. Petite épée ou
plutôt poignard, appelé ainsi parce qu'il
était porté par derrière ( quia ad du-
nes dependet , Festus , s. v.), comme
on le voit par le spécimen ci-joint,
pris de la colonne Trajane (Aul. Gell. x,
25 ; Isidor. Orig. xviii , G, (J).
2. Le même nom était aussi donné
au couteau du cultrarius, avec lequel il
ouvrait dans un sacri-
fice les entrailles de la
victime (Festus, s. v.),
et qui était suspendu
de la même façon à
une courroie attachée
autour des l'eins, com-
me on le voit par la
figure ci-jointe , qui
représente un de ces
cultrarii , d'après une
peinture de Pompéi.
CLYSTER {%l\)a-zrip). Seringue , par-
ticulièrement celle dont on se servait pour
injecter des fluides dans le corps ( Suet.
Claud. 44 ; Plin. H. N. xxxi, 33).
CLYSTERIUM (xXuarVipiov). Diminu-
tif du précédent ( Scrib. Compos. 118).
CNODAX (xvcôoa^). Pivot fixé aux ex-
trémités d'un axe ou d'un cylindre, et
introduit dans une crapaudine , de ma-
nière à former un support qui permette
à l'axe détourner (Vitruv. x, 2, 12).
COA VESTIS, et COA, orum. Étoffe de
Cos du tissu le plus fin et presque trans-
parente, de telle sorte que les formes des
personnes qui la portaient étaient facile-
ment visijjles à travers ces voiles. Elle
était surtout le vêtement des femmes de
plaisir, comme les chanteuses et les dan-
seuses , dont une est représentée dans
notre gravure d'après une peinture de
Pompéi (Plin. H. N. xi, 2G; Propert.
IV , 5, 55; Ovid. J. Jm. il , 298 ; Hor.
Sat. 1,2, 1 1 ; cf . Pelr. .Sa^ 55 ) .
COACTILIS, se. /a«a (tiiXyitôç outïi-
COAOTORES.
173
luzàc). Feutre, c'est-à-dire laine maniée
et soumise à la pression jusqu'à ce qu'elle
forme un tissu consistant , comme une
pièce déloffe (Plin. H. A\ Via, 73;
Edict. Dioclet. p. 21; U^.Dlg. 34,2,
26).
COACTORES (TtpâxTopsç). Receveurs
ou percepteurs des taxes, des charges, etc.
(Cic. Rrr/}. Post. XI ; Hor. Sat. i , G , 86).
2. Arrière-garde tl'une armée ou trou-
pes qui fermaient la marche (Tac. Hist.
II, 68).
COACTUS. Même sens que Coacti-
Lis (Plin. H. lY. VIII, 73; Cœs. B. C.
m, 44).
COAGULUM (uuTÎa). Présure, c'est-
à-dire toute chose dont on se servait pour
faire cailler le lait; à cet effet, on em-
ployait communément chez les Romains
le lait coagidé trouvé dans les estomacs
des animaux qui tétaient , la li([ueur lai-
teuse contenue dans l'estomac d'un porc
ainsi que l'estomac lui-même, et le vinai-
gre fS'arro , ^. i?. il, 1 1 , 4 ; Plin. H. N.
XXIII, 63). Par extension ce mot signi-
fiait lait caillé (Plin. H. N. XXVIII, 45),
et fromage ( 0\id. Fast. iv, 545).
COASSATIO (oav{o(j)jj.a). Toute chose
faite de planches jointes ensemble, comme
le parquet d'une maison (Vitruv. VI, 6),
le pont d'un vaisseau , etc.
COCHLEA ( Y.oyl('x%). Littéralement,
limaçon à coquille en spirale; par ex-
tension , ce mot a été appliqué à plusieurs
autres ohjets qui avaient la même forme
ou qui s'en rapprochaient.
1 . Vis et écrou , comme puissance mé-
canique employée dans les pressoirs pour
huile , vin et étoffe ,
précisément de la même
manière et sur le même
plan que ceux dont on
se sert maintenant tons
les jours , comme on le
voit dans la gravure ci-
jointe, représentant une
])resse à étoffe, d'après une peinture de
l'établissement d'un foulon {fullonica) à
Pompéi (Vitruv. vi, 9 ; Plin. H. N. xvili,
74; Pallad. iv, 10, 10; xi , 9 , 1).
2. Machine pour élever de l'eau, d'a-
près le principe de la vis inventée par
Archimède, et semblable à celle qu'on
voit encore en. Allemagne et qui porte le
nom (ïescargot d'eau. Elle consistait
en un long cylindre autour duquel un
tuyau creux se repliait, comme le filet
d'une vis; elle était placée dans une di-
rection oblique, l'extrémité inférieure
entrant dans l'eau, puis on la faisait tour-
ner autour de son axe à l'aide d'un che-
val ou d'une roue à bras {tywpanum).
A mesure qu'elle se mouvait, elle élevait
peu à peu l'eau , par les replis du tuyau ,
de la spirale inférieure à la spirale siqié-
rieure, dont l'eau s'échappait lorsqu'elle
n'avait plus rien pour la soutenir (Vitruv.
X, 6). Cette machine est aussi citée par
.Strabon (xiii, 30, p. 561, éd. Siei)enk.),
comme employée en Egypte , où on la
faisait manoeuvrer par des esclaves et où
on l'employait pour l'irrigation ; en effet ,
une pompe de rette sorte ne peut élever
l'eau qu'à une médiocre hauteur.
3. Espèce parlicidière de porte, em-
ployée pour une loge à taureaux , pour
une volière et autres lieux de ce genre
( Varro , R. R.lW , b ,Z) , où il fallait que
tous ceux qui entraient ou sortaient pus-
sent le faire avec promptitude et sûreté.
On voulait empêcher les animaux de s'é-
chapper au moment où s'ouvrait la porte,
pendant que la personne placée au de-
dans pouvait toujours se retirer saine
et sauve dans les moments de danger.
Schneider ( Index Script. R. R. t. Ca-
vea) pense que c'était une porte levée et
abaissée à la façon d'une herse; le mot
pour lui est par conséquent synonyme de
Cataracta : mais ses preuves sont loin
d'être concluantes , et l'anciemie inter-
prétation de Gesner est mieux en rapport
avec les autres sens du mot. Gesner y
voit un appareil comme celui dont on se
sert maintenant d'ordinaire dans les hos-
pices d'enfants trouvés et dans les cou-
vents de religieuses, en Italie, pour intro-
duire toute espèce d'objets à l'intérieur
sans ouvrir une porte, et à qui l'on donne
le nom de roue , ruota , en français tour.
Ces entrées sont construites sur le même
principe qu'une chambre oI)scure et se
composent d'une boite cylindrique, placée
dans l'épaisseur de la paroi principale , et
destinée à tourner autour d'un axe verti-
cal qui la traverse par le centre et qui la
10.
17i
COELCM-
fixe à sa place. Une oiiverhire est laissée
dans une partie de la circonférenre : c'est
par là , quand elle fait face à la rue , que
les ol)jets qu'on veut iulroduire sont pla-
cés dans la boite ; ou la pousse alors ,
elle fait un demi-tour sur son axe et
l'ouverture arrive de l'autre côté de la
muraille. 11 est évident quun tel appareil
•s'adaptait parliculièrenu'ut aux usages in-
diqués ci-dessus pour la cochlea; le nom
peut lui être venu de sa ressemlilance
avec un limaçon dans sa coquille ou de
l'escalier en spirale (coc/i/is) ménagé dans
l'enceinte qui le contient.
COCHLEAR et COCHLEARE (xoyXiâ-
ptov). Cuiller dont on se servait pour
manger des œufs et des coquillages (Mart.
Ep. XIV, 121 ). Elle avait uncuilleron à
une de ses extrémités et se terminait en
pointe à l'autre jjout. Le large bout ser-
vait de coquetier (Peir. Sat. 33, G) , et
avec la pointe on tirait le poisson de sa
coquille ( Plin. H. A. xxviil , 4 ). Le spé-
cimen ci-joiut représente unmodeie trouvé
à Pompéi.
2. Mesure de liquides, répondant à
notre cuillerée (Colum. XII , 21 , 3).
COCHLEARU M. Lieu où l'on nourris-
sait et engraissait des limaçons; les épi-
curiens romains les regardaient comme
un mets des plus délicats, et on les im-
portait lie différentes contrées pour être
élevés et nourris dans des réservoirs
(Varro, R. R. iii, 12, 2; 14, 1 ; Plia.
H. N. i.x , 82 ). Le ridicule Trimalcio se
les fait servir à table sur des grils d'ar-
gent (Petr. Sat. 70, 7).
COCHLIS. Voyez Columxa, 2.
COCTILIS, sous-entendu loter. Bri-
que durcie au feu , par opposition à la
brique séchée au soleil ( Varro , R. R, i,
14; Plin. H. ^. vu, .37).
2. Munis coctilis. Mur bâti de briques
durcies au feu (Ovid. 3Itt. iv,58).
3. Coctilia ou coda ligna (|ij),a xây-
xava). Bois séché ou rôti , coupé en pe-
tits morceaux et durci suffisamment au
feu pour perdre l'humidité qu'il conte-
nait sans être réduit en charbon ( Ulp.
Dig. 32, 55) ; il brûlait ainsi facilement
et ne jetait pas beaucoup de fumée. On le
vendait à la mesure ( Valerian. o/j. Tre-
bell. Claud. 14 ) et non au poids, comme
les autres espèces de bois à brûler, dans
des boutiques particulières de Rome, ap-
pelées taberiiBe coctilici . La préparation,
ainsi que le délnt de ce bois, constituait
un métier particulier, qui était , dit-on ,
celui du père de l'empereur Perlinax
(Jul. Cap. Pertiua.r, 3). Cf. AcAP>A.
COCTUS. Même sens que CoCTlUS.
COCLLUM. iSom donné à toute espèce
de casserole servant à faire bouillir de la
viande ( Festus, s. r.; Isidor. Orig. XX,
8; Cato,^. R. 11 ).
CODEX. Entraves ou pièce pesante de
bois, attachée aux pieds des esclaves : ils
la traînaient avec eux, et elle pouvait leur
servir de siège ( Juv. ii, 57 ; Prop. iv, 7,
44).
2. Livre blanc pour écrire ; il était fait
de feuilles séparées reliées ensemble ,
comme les nôtres. On en
voit un spécimen dans la il-i^''
figure ci-jointe, tirée d'une i'-~Z'/
])einture de Pompéi. Dans iCB?"
l'origine les feuilles étaient
de minces tablettes de bois [codices, sv-
nonyme de caudices), revelues de cire.
Ce nom a toujours été conservé depuis,
quoique la matière primitive ait été rem-
placée par le papier ou le parchemin
(llp. Dig. 32, 50; Cic. Verr. i, 36;
Sull. 16).
3. A une époque postérieure, ce mot
fut employé pour désigner un code ou re-
cueil de lois ; ainsi le codex Justinianeiis ,
Tlieodosianus , etc., qu'on peut supposer
avoir été écrits sur des livres de ce genre.
CODICILLUS. Diminutif de Codex.
Le pluriel Codicilli désignait une col-
lection de petites tal^lettes dont on se
servait pour prendre des notes (Cic. Fam.
IX, 26) qui devaient être recopiées en-
suite avec soin ; pour écrire à des amis
intimes (Cic. Fam. vi, 18 ); pour rédiger
les articles d'un testament ( Plin. Ep. U,
16) , une pétition ou un mémoire ( Tac.
^nn. IV, 39 ). Ons'eu servait encore pour
d'autres usages analogues.
CŒLUM (0Ù&7.VQ;). Soffite ou pla-
fond ( Vitruv. vil , 3 , 3 ; Florus , m , 5 ,
30, et cœlum capitis, la partie inférieure
COEMETRICM.
COENOBITA.
175
du crâne, Plin. H. N. XI, 49). Les pre-
miers édifices n'étaient couverts que d'un
toit extérieur (ti'ctum) dont l'intérieur
servait deplafon{l;mais,coninieon trouva
que ce n'était qu'un ai)ri insufllsilnt
contre les variations du temps, on ajouta
clans la suite à ce toit un toit intérieur
qui constitua le caliiw et donna naissance
à un nienii)re de l'entablement , marqué
. au dehors par le zopliorus on frise.
COEMETERIUM (/oifxr^xr.piov). Mot
grec qui désignait proprement la cham-
bre à coucher (Dosiad. ap. Athen. iv,
22) ; par extension , il fut appliqué au
cimetière par les écrivains latins d'une
période postérieure. (Terttdl. Jnim. 51).
COExMPTlO. Mariage civil, consistant
dans un marché simulé où les fiancés se
vendaient l'un à l'autre; il commença à
s'étal)lir, à ce qu'on suppose , ([uand la
loi permit les mariages entre les patri-
ciens et les plébéiens, l'an de Rome 308
(Cic. Miirc/i. 12; Nonius v. Nuben-
tes).
COENA (SeTuvov). Principal repas des
Romains ; ce mot est , par conséquent ,
mieux traduit par le mot dîner que par
le mot souper qu'on emploie plus commu-
nément. C'était le troisième repas de la
^^ournée , c'est-à-dire après le déjeuner
{jeutaciilitm) et le goûter {prattdiiim ou
mcreiia\') : l'heure la plus oixlinaire })our
la cir/ia eti.it , à compter comme nous ,
trois heures après midi ; quoique des habi-
tudes particulières pussent engager quel-
ques Romains à dîner plus tôt ou plus
tard (Plant. Cic. Petr. Suet. etc.).
2. Prima, altéra, tertia cœna. Le pre-
mier, second ou troisième service dans un
dîner (Mart. Ep. xi , 31).
COENACULUM. Sal/c à manger, si
l'on s'en tient au sens primitif du mot
(Varro, L. L. v, 162); mais, comme l'ap-
partement construit pour servir de salle
à manger était situé d'ordinaire dans la
partie supérieure de la maison, à une cer-
taine époque de l'histoire romaine, ce
mot fut plus communément emplosé dans
le sens de chantbre Je l'étage supérieur
(FestuSjji. T.; Liv. xxxix, 14). Le plu-
riel cœnacula (comme le grec ur.îpwov)
désigna toute la suite des chambres con-
tenues dans un étage supérieur (Cic. y^gr.
II , 35) ; et, comme les étages supérieurs,
à Rome, étaient principalement occupés
par les classes pauvres , ce mot emportait
souvent l'idée de position inférieure; dans
ce cas , nos mots galetas ou mansarde en
seraient la tratluction la plus exacte (Hor.
Ep. I, 1, 91 ; Jnv. X, 17). Le spécimen
ci-joint , d'après une peinture de Ponipéi,
représente l'extérieur des cœnacula; et
les deux dernières gravures de l'article
DoMUS , qui donnent le plan et la pers-
pective d'une maison à deux étages trou-
vée dans les fouilles d'Herculanum, feront
comprendre la manière de bâtir et de
distribuer les appartements d'un étage
supérieur dans des maisons privées , de
dimension ordinaire.
2. Cœnaculum meritoriiim. Logement
loué dans un étage supérieur (Suet.
Vifell. 7).
COENATIO. Ce mot semble, en terme
général, s'a])piiqnerà toute esj)ècede salle
à manger, aussi bien aux magniliques
salles de festins du palais d'or de Néron
(Suet. Nero, 31) qu'à la ^o//^' à manger
ordinaire de la villa de Pline (Plin. Epis t.
jl, 17, 10; V, 6, 21). Comme le cœ-
naculum , cette pièce était située à l'étage
supérieur (Juv. Sat. vu, 183; Mart. Ep.
II , 59) ; et , sous ce rapport , elle différait
du triclinium , (pii , dans les maisons de
Pompéi , est toujours situé au rez-de-
chaussée.
COENATORIA , comme Cœnatoria- ve-
stes. Vêlements portés à table (Petr. Sat.
21, 5; Mart. X, 87; Capitol. Ma.tim.
Jun. 4); on n'a pu en déterminer la na-
ture précise, mais il en était un aiicpiel
on donnait le nom de Syisthesis. Voy.
ce mot.
COENOBITA. Mot de la basse latinité
pour désigner un homme qui vit en com-
munauté {cœnobium) avec d'autres; de
176
COENOBIUM.
là un moine ou un religîewc, (Hieron.
Ep. 22, n. 34 et 35).
COENOBIUM (y.otvôêtov). Monastère
ou couvent de moines ou de religieux,
appelé ainsi parce qu'ils vivent eu com-
mun (Hieron. Ep. 22, n. 3G).
C0H0HS.MêmesensqueCHORs(^'a^^o,
R. /?. III, 3; Ovid. Fast. iv, 704).
2. Cohorte ou corps de fantassins, for-
mant la dixième partie d'uue légion ,
mais dont le chiffre varia à différentes
époques de l'histoire romaine, suivant
qu'on augmenta la force numérique de
la légion elle-même (Varro, L. L. V, 88;
Ciuciiis ap. Gell. XVI, 4, 4; Cfes. B. G.
m, 1).
3. On se sert quelquefois de ce terme
pour distiuguer les troupes alliées et auxi-
liaires des légionnaires; ce qui implique
que, dans l'origine, ces troupes étaient dis-
tribuées en cohortes au lieu de l'être en
manipules (Florus, m, 21 ; Liv. il, 64;
XXIII, 14).
4. Ce mot se prend aussi , dans quel-
ques cas , pour troupe ou escadron de ca-
valerie ; mais on ignore le chiffre précis des
solilats qui formaient ces escadrons
(Plin. Ep. X, tOG ; Virg. ^n. XI , 500).
5. Prxtoria coliors. Corps d'élite ,
choisi parmi les légionnaires , et qui for-
mait comme la garde du corps du con-
sul on du général , sous la république ;
il devint une garde véritable et perma-
nente sous les empereurs romains. Yoy.
PR.ETORIA>"rS.
COHL'M. La corde ou courroie par la-
quelle le joug (jugum) est attaché au ti-
mon (teiiio) d'une charrue (Festus, s. ?•.).
On la voit très-distinctement dans le spé-
cimen ci-joint, pris d'un bas-relief décou-
vert dans la presqu'île de Magnésie.
COLIPHIUM. Sorte de régime auquel
on soumettait les lutteurs et les personnes
qui se destinaient aux exercices des athlè-
tes , pour dévelo])per leurs muscles sans
les chai ger d'une masse de chair; c'est
ainsi que se préparent encore les boxeurs
de profession en Angleterre, etc. Quels
étaient les colip/iia romains ? On ne le
sait pas exactement ; mais on suppose gé-
néralement que c'était une sorte de pain
sans levain, mêlé de fromage nouveau.
(Plant. Pers. I, 3, 12; Juv. Il, 53;
Schol. Yet. ad L; Mart. vu, 67, 12).
COLL.\RE. Collier de fer, mis au cou
des esclaves qui s'étaient enfuis; une
chaîne (catulus) pour les conduire y était
attachée, comme la chaîne et le collier
du chien (Lucil. Sat. xxix , 15, éd. Ger-
lach). On traitait quelquefois de la même
façon des prisonniers de guerre , comme
on peut le voir par la gravure , représen-
tant un prisonnier barbare, d'après la co-
lonne de Marc Anrèle.
2. ColUer de chien (^'arro, R. R. ii',
^=^K^
COLOSSUS.
177
9, 16). Le spécimen est pris d'un pavé
en mosaïque d'une des maisons de Pom-
péi , et représente tni chien de garde avec
son collier el sa chaîne.
COLLICI.î: ou COLLIQUL^. Gout-
tières faites de tuiles concaves, placées
sous les bords du toit d'une maison pour
faciliter l'écoulement des eaux pluviales
et les conduire dans Vinipluvium (Festus,
1'. Inliciuni; Yiiruv. vi , 3).
2. Conduits découverts dans la cam-
pagne pour séparer des terres les eaux
pluviales et les décharger dans les fossés
(Plin. H. N. XVIII, \d, 2; Golumell.
II, 8, 3).
COLLICIARIS. Sous-entendu tegitla.
Tuile ou rigole pour faire des collicix
(Cato, R. R. XIV, 4).
COLLIPHIUM. 'Voy. Colipiiium.
COLLIQUI.*:. Voy. Collici.ï.
COLLliVIARlUM. Sorte de puits ou
d'ouverture pratiquée à certains inter-
valles dans le canal d'un aqueduc, pour
lui donner un lil)re courant d'air et aussi
peut-être pour aider à enlever tous les
dépots d'ordures laissés par les eaux, en
donnant un accès facile dans toutes les
parties du conduit fVitruv. vill, 8, 6).
COLLYBISTES ou COLLYBISTA (xo) -
XuêiutYi;). Mot grec latinisé; usurier
(Hieron. Comment. Math. c. 21).
COLLYBUS ()c6>>Xuêo(;).Mot grec signi-
fiant petite monnaie. Parmi les Grecs et
les Romains il servit à désigner la diffé-
rence du cliange ou agio, ainsi qu'on l'ap-
pelle , exigé par l'usurier pour changer la
monnaie d'un pays en celle d'un autre
(Cic. ^«. XII, 6; Verr. il, 3, 78).
COLLY'RA (-/.oyWpa). Sorte de pain ou
de gâteau, de forme égale, qu'on mangeait
avec du bouillon on de la sauce (Plant.
Pers. I, 2, 12, 15 et 17).
COLLYRIS (xoW.upîç). Même sens que
Ç,Oi.l.\v,\i kw^n&ùn.deGen.ad litt. 8,5j.
2. Coiffure portée par les femmes, et
dont le nom vint, à ce qu'on suppose, de
quelque ressemblance avec le pain ou gâ-
teau qui était désigné par le même terme
(TertuU. Cuit. Feni. 7). Dans une pein-
ture de Pompéi ( Itfus. Rorb. vi , 38), on
voit, représentés sur un plat , du pain ou
des gâteaux jiartagés en morceaux préci-
sément de la même forme que les parties
de la coiffure portée par Fausline sur une
pierre gravée (voy. la gravure an mot
Galiendrum); une telle coïncidence
confirme la conjecture d'après laquelle la
peinture citée ci-dessus offrirait un spéci-
men exact de celte espèce de pain , et la
}iierre gravée de la coiffure particulière
qui portait le même nom.
COLLYRIUM (5CGX>.ûpiov). Substance
médicale faite avec la forme d'une col-
lyra, et composée de différents ingré-
dientssuivant la nature du remède requis:
on s'en servait à l'extérieur pour frotter
les parties malades ou l'introduire dans
une cavité , comme les narines , etc. (Gel-
sus, V, 28; 12;Hor.^rt^ i, 5, 50; Scrib,
Comp. 142; Golumell. VI, 30, 8).
COLOBIl]M(xoX66iov). Tunique à man-
ches courtes (du grec xoXoêôç , écourté ou
raccourci) qui couvraient précisément la
partie supérieure et charnue du bras
(Serv. ad 'Virg. Mn. IX, 616), comme on
le voit par le spécimen ci-joint, pris de la
colonneTrajane. C'é-
tait la forme primi-
tive et habituelle de
la tunique portée par
les Romains, sous
la république, dans
leurs maisons ou
dans des exercices
qui demandaient de
l'activité; elle se
portait en ce cas
comme dans la figure
ci -jointe, sans autre
vêtement ; mais au dehors , ou quand on
était habillé, comme nous dirions, on
jetait la toge par-dessus.
GOLOMCA. Ferme (Auson. Ep. iv, 6).
GOLONUS. Métayer ou fermier; ce
mot désignait un homme qui vivait en
cultivant le sol , comme fermier, ou qui
exploitait ses propres terres (Varro , R. R.
II, Proœm, 5 ; Golumell. I, 7; Scœvola,
Dig. 33, 7, 20).
2. Colon. (Gic. N. D. III, 19; Justin.
XVI, 3).
COLOSSUS (xoXoarrô:). Statue de di-
mensions gigantesques , ou dépassant de
beaucoup les proportions naturelles ;
comme, par exemple, le colosse de Rho-
des , qui avait plus de soixante-dix pieds
r
COLUMBARIUM.
de haut 'Hvgiu. Fah. 233; Festus, s. v.;
Plin. H. N. xxxir, 18).
COLOSTRA (Plin. H. N. xi , 96 ; Mart.
Ep. XIII , 38 ; mémesens que Coagulum.
COLUM 'rfiuAz). Passoire ou couloir
fait de vannerie, de jonc, de sparte ou d'o-
sier l'Cato, R. R. \\; Colu-
meil. XI, 2, 70; XII, 19, 4\
et de la forme d'un cône ren-
versé, par lequel on passait
le vin nouvellement fait et
l'huile fColumell. xil, 38,
7; Scrib. Conip. 156), dès
qu'ils sortaient du pressoir
(Virg. Gf-or^. II, 242). Le spécimen ci-
joint est pris d'un bas-relief romain re-'
présentant plusieurs opérations qui se
rapportent à la vendange.
2. Colitm Tiivarium. Passoire à vin en
métal pour rafraîchir, délayer et mêler le
vin avec de la neige, à table fMait. Ep.
XIV, 103). On s'en servait de la manière
suivante. Après
qu'un morceau
de neige glacée
avait été mis
dans la passoire ,
et que la passoire avait été placée sur la
coupe à boire, on versait le vin sur la
neige avec laquelle il se mêlait et se fil-
trait dans la coupe, à travers les trous de
la passoire, pur de tout dépôt et de toute
saleté. Le spécimen ci-joint repiésente un
modèle en bronze trouvé à Pomi)éi.
3. Panier pour prendre du poisson,
comme les paniers à anguilles ou à cre-
vettes, laissant le poisson au fond, comme
la lie reste dans une passoire (Ausou.
Ep. IV, 67 ; comparez >'assa).
COLUMBAR. Machine à peu près sem-
blable au pilori ; elle servait à emprison-
ner les mains et la tète (Plaut. Riid.
III, 5, 60), et tirait sou
nom de la ressemblance
qu'avaient les ouvertu-
res par lesquelles ces
parties s'avançaient a-
vec les trous pratiqués
pour les nids dans un
colombier ( columba-
rium). Ou s'en servait
pour punir les, esclaves,
et, selon toute probabilité, elle ressemblait
au " collier de bois » des Chinois, qui est
représenté dans la gravure ci-jointe d'a-
près un dessin de Staunton.
COLUMBARIUM (TtîpiTTSOcMv). Co-
lombier ou pigeonnier, qui différait pro-
bablement très-peu des nôtres, si ce n'est
qu'il était construit souvent sur une plus
grande échelle, car on gardait quelque-
fois dans la même maison jusqu'à cinq
mille oiseaux (Varro, R. R. Iii, 7 ; Pal-
lad. I, 24).
2. Columbaria Z'jiluriel); boulins ou
cellules séparées dans le colomjjier pour
chaque paire d'oiseaux (Varro , R. R. m ,
7, 4 et 11; Columell. yill,8,3).
3. Columbaria (pluriel) ; /?/c//eJ d'une
chambre sépulcrale , dans lesquelles les
cendres des morts, contenues dans des ur-
nes (olla>) étaient déposées (Inscript, ap.
Spon, Miscell. Er.Ant. 19, p. 281; ap-
Fabretti, p. 9) . Chacune de ces niches était
faite pour recevoir deux urnes , comme
des pigeons dans leurs nids , ainsi qu'on le
voit par la gravure ci-jointe, prise d'un
caveau sépulcral près de Rome. On voit
au-dessus les couvercles des urnes, et les
noms des personnes dentelles contenaient,
les cendres sont inscrits au-dessous, sur la
muraille, dans laquelle s'enfoncent les ur-
nes elles-mêmes. Les quatre parois du sé-
pulcre étaient couvertes de niches de ce
genre, qui montaient quelquefois à cent
et plus. Voy. Sepulcrum comjiuxe et
la gravure à ce mot.
4. Columbaria, pluriel (Tp"j7rr,u.aTa).
Ouvertures pour les rames , par lesquelles
les rames s'avançaient de l'inlérieur d'un
vaisseau (Isidor. Orig. xix, 2, 3; cf.
Festus , 1'. Navalis Scriba) ; elles étaient
appelées ainsi parce qu'elles ressemblaient
aux niches d'un pigeonnier, comme on le
voit clairement par la gra-
vure , qui représente deux
ouvertures pour les rames /// ///
d'un côté du vaisseau , d'a-
près le Virgile du Vatican. Ainsi s'expli-
que le sens du mot columbarius dans un
COLUMËLLA.
COLUMNA.
119
fragment de Piaule, où il signifie un ra-
meur avec une idée de mépris.
5. Colitmbarla, pluriel (ovrai). Cavités
ou trous dans les murailles d'un édifice
qui forment un lit sur lequel les tètes des
poillres {tigna) reposent (Vitruv. iv, 2,
4). Voy. la gravure du mot Materiatio,
lettres cl , d, cl.
6. Co/HwArt/7rt (pluriel). Ouvertures pra-
tiquées dans l'axe d'une espèce particu-
lière de roue à bras [tympammi) pouréle-
verde l'eau. L'axe en question était un cy-
lindre creux, et l'eau, élevée par les tours
de la roue, entrait dans l'axe par ses ou-
vertures et se déchargeait par l'extrémité
dans l'auge faite pour la recevoir (Vi-
truv. X, 4). Mais on compieu.lra mieux
tout le mécanisme en se reportant à l'ar-
Jicle Tympanlm, 5.
COLUMËLLA (aruXÛ). En général , di-
minutif de COLUMNA.
2. (TTyi>itûiov). Petit c'ippus ou pilier
court élevé sur une tom])e comme pierre
tumulaire (Cic. Leg. il, 26).
3. Colitmella ferrea. Forte barre de
fer, faisant partie du trapctum on ma-
chine à broyer les olives (Cato, R. R.
20 et 21). Voy. Trapetum et la gra-
vure, sur laquelle cette barre est repré-
sentée par la figure 4.
COLUMEN. La plus haute poutre dans
la charpente d'un toit , formant la pièce
qui couronne tout le reste (Vitruv. iv, 2,
l).Voy. Materiatio et la gravure, sur
laquelle elle est marquée b, h.
COLUMNA (xi'wv, (TTùXoç). Colonne
employée dans l'architecture pour suppor-
ter l'entablement et le toit d'un édifice.
Elle se composait de trois parties princi-
pales : le chapiteau (capitulum), le fût
(scapus) et la base (spira). La colonne
était , de plus, élevée dans trois styles ou
ordres principaux qui avaient chacun des : du Parthénon, d'après l'Encyclopédie de
formes caractéristiques et distinclives;les l'Architecture de (îwilt; c'est la plus an-
personnes mêmes qui n'étaient pas du mé- j cienne, la plus massive et la plus lourde de
tier pouvaient facilement les reconnaître toutes : elle n'a pas de base, et le chapi-
par la différence des chapiteaux. l"Z)o/7cfl, ! teau en est fort simple. (Voy. Capitulum,
colonne de l'ordre dorique, représentée 1 et 2). 2" lonica, colonne de l'ordre io-
dans la gravure ci-jointe, qui offre une vue | nique, la seconde pour la légèreté : elle a
180
une base , et son chapiteau est décoré de
volutes (Voy. Capitllcm, Z£{ 4). 3° Co-
rinl/iia, colonne de l'ordre corinthien, la
plus légère de toutes, avecinie haseet une
plinthe , dont le chapiteau , assez considé-
rable, est orné de feuillage. (Voy. Ca-
PITULCM, 5;. On y ajoute quelquefois :
4° Tuicanica, colonne de l'ordre toscan,
connue seulement par Vitruve,et qui res-
semble beaucoup au dorique romaiu ; et
6° Compoiila, colonne de I ordre compo-
site, ordre mêlé et formé par la combi-
naison des volutes de l'ordre ionique avec
le feuillage de l'ordre corinthien.
Ce support , le plus pai fait et le plus
beau de tous ceux de l'architecture, eut,
comme c'est l'ordinaire , les commence-
ments les plus simples. Quelques fortes
perches ou les troncs droits des arbres,
enfoncés dans le sol pour supporter une
pièce de bois tiansversale sur hupielle re-
posait un toit de brauchages ou de padle,
forma le premier fût {.■■copu^} d une co-
lonne. Quand une tuile ou une tablette
de bois fut placée sous l'exliémité nifé-
rieure du tronc pour former comme une
sorte de fondement et empêcher le fut
de s'enfoucer trop avant dans le sol, ou
eut la première idée d'une base (ipira).
et une tuile ou une tablette semblable,
placée au haut du tronc , pour que la pou-
tre transversale ou l'architrave reposât
sur une plus large surface , fut le premier
chapiteau. C'est ainsi que ces éléments si
simples, travaillés par le génie et l'indus-
trie des époques successives, produisirent
les traits nombreux qui distinguent les or-
dres de l'architecture. Expliquer les qua-
lités particulières de chacun de ces ordres
serait un détail mieux placé dans le tra-
vail d'un architecte que dans ce Diction-
naire : il faudrait pour cela des dessins
étendus et des explications minutieuses
qui ne sont point nécessaiies pour un
jeune étudiant ou pour le commun des lec-
teurs. 11 est un point cependant qu'il faut
se rappelersans cesse, c'est que la columna
de 1 ancienne architecture implique ton
jours, non pas un support fictif, mais un
support réel; car ni les Crées ni les Ro-
mains, jusqu'au moment de la décadence
des arts, n'emplojerent jamais les colon-
nes , ainsi que le font les modernes dans
leurs édifices, comme un ornement su-
perflu ou un simple accessoire, mais bien
comme une partie princiiialeetessentielle
de la construction, qui fut tombée immé-
diatement en pièces si l'on avait retiré ce
support. Il faut se souvenir que l'emploi
aijusif de colonnes réunies , ou deux à
deux, ou par groupes, encastrées, scel-
lées, etc., ne pénétra jamais dans l'ar-
chitecture grecque; caria beauté particu-
lière de la colonne consiste dans son iso/e-
7?)c«/, grâce auquel elle présente unevariété
infinie de points de vue et de changements
de scène à chaque mouvement du spec-
tateur, soit qu'il voie les colonnes sur un
raug ou sur une file.
2. Columna cocidis. Colonne au centre
de laquelle est un escalier en spirale ou
eu limaçon pour monter au haut (P.
VictorT de Reg. Urb. Rom. c. 8 et 9).
Elles avaient différentes destinations ,
mais elles servaient surtout comme co-
lonnes honori fil] lies pour porter à leur
sommet la statue dune personne dont
elles devaient rappeler les actions ou la
mémoire. Deux colonnes de ce genre sub-
sistent encore à Rome, l'une élevée en
1 honneur de l'empereur Trajan , qui est
représentée dans notre gravure, et à côté
Je laquelle on voit une coupe montrant à
l'intérieur l'escalier en spirale ; elle avait,
avec la statue de l'empereur, remplacée
maintenant par celle du pape Sixte V,
130 pieds de haut; l'autre, de même
r.OLUMNARIUS.
181
genre , a été élevée en l'honneur de l'em-
pereur Marc-Aurèle Autonin.Toutesdeux
sont couvertes à l'extérieur de has-reliefs
en spirale, dont nous avons tiré plusieurs
figures pour ce Dictionnaire.
.3. Columiia ro.strata. Colonne ornée
d'images le long du fût , cpii représentent
des proues (lus/ra) de vaisseaux (Virg.
Georg. Il, 29; Servins, ad L). On les
élevait pour rappeler la mémoire des per-
sonnes (pii avaient remporté
une grande victoire navale ,
et notre gravure représente
celle cpii fut érigée eu l'hon-
neur de C. Duilius { Plin. H.
N. XXXIV, 1 1), après son
engagement avec la flolto
carthaginoise, 2CI avant J.-
C. On la conserve mainte-
nant au Capilole de Rome,
avec une jiarlie de l'in-
scriplion au-dessous, détail-
lant le nond)re des vaisseaux et la quan-
tité du butin qu'on prit après la bataille.
4. Columiia liellica. Petite colonne
élevée devant le temple de Bellone, qui
était silué piès de la Purla Carmeiitalii
et du Circiis Masinuis, et contre laquelle
les Romains des premiers temps avaient
l'habitude de lancer nii javelot quand ils
allaient déclarer la guerre (Festns,i. v.
Bellona ; Ovid. Fasl.w, 20G).
■5. Columiia Mee/iia. Colonne érigée
dans le forinii de Rome, à la(|uelle les
esclaves, les voleurs et autres coupables
étaient attachés pour être chàliés publi-
quement (Cic. Sejrt. 58 ; Div. Ferr. IG;
. Ascon. i/).).
6. Colamnx Herculls. Colonnes d'Her-
cule. Cette expression désignait, dans
l'origine, deux colonnes en forme de
pyramides que les Phéniciens avaient
l'habitude d'élever dans le couis de
leurs longs voyages, comme des phares
et des boi'ues qui les aidassent à recon-
naître les cotes particulières dans
leurs voyages subséepients; ils les dé-
diaient à Hercule et Aslarlé, leur so-
leil et leur lune. On voit clairement ces
colonnes dans la gravure ci-joinle, piise
d'inie monnaie tyrienne, où les deux
colonnes, avec le phare sur le devant, la
conque au-dessous , dont le maitre du
vaisseau sonnait pour annoncer son arri-
vée dans le port (voir Bucixator), et
l'arbre représentant le pajs, expliquent
assez la nature de l'objet représenté. On
trouve des restes de pareils monuments
ou d'antres qui leur ressemblent dans la
partie occidentale de l'Angleterre, en
Chine, en Afrique. Tacite les mentionne
(Germ. 34) comme existant de son temps
sur la rive orientale du Rhin, dans le
pays des Frisii {Frison.',}. Chez les Grecs
et les Romains, c'étaient les deirx mon-
tagnes pyramidales du détroit de Gibral-
tar, Calpéet Abyla {Gibraltar en Europe
et 6'(-«/« en Afrique), ([ui étaient nommées
les Colonnes d' Hercule, à cause de la res-
semi)lance qu'elles ont de loin avec les
colonnes |)héniciennes décrites ci-dessus.
Ils inventèrent inie fable en l'hoiineurde
leur héros pour rendre compte du nom
(Mêla , 1,5; Plin. H. N . m, Proœm.).
7. Poinçon ou poinçon de comble
dans un toit en charpente, pour supporter
les étais {capreoli) et les chevrons {can-
therii) : marqué D dans la gravure (A'itr.
IV, 2, I).
COLUMNARÎUM. Taxe romaine levée
sur les propriétaires ou les occupants,
pour le nombre des colonnes contenues
dans les maisons ou autres édifices qui
leur appartenaient (Cic. y4tt. xill , (>).
COLUMNAHIUS. Misérable ou peut-
être débiteur insolvable, c'est-à-dire
11
182
comes.
quelqu'un qui avait dû être châtié à la
colonne Mxnia (Cœl. adC\c. Fam. VIII,
9).
COLURIA. Segments circulaires de
pierre placés l'un au-dessus de l'autre
pour former une colonne , quand la co-
lonne est faite de pièces rapportées au
lieu de l'être d'un bloc entier de mar-
bre (Sidon. Ep. Il, 2) ; mais la leçon
n'est pas certaine.
COLLÎS {r{Ka.y.ixT-f\) . Quenouille , faite
ordinairement d'un bâton de canne d'à
peu près 0'",91 de longueur et fendu en
haut de manière à l'ouviir et à former
une sorte de cori^eille pour contenir la
laine ou le lin qu'on voulait filer, com-
me on le voit par la figure à main droite
de la gravure ci-joinle, tirée d'un origi-
nal égyptien du Musée Britannique.
L'anneau qui l'entoure est destiné à être
mis sur la laine, pour lenii' la masse en-
tière réunie. Les paysans d'Italie, de nos
jours, font leurs quenouilles précisément
de la même forme et avec la même ma-
tière. Quand la quenouille était remplie
de laine, on la désignait par des épithè-
tes comme compla ( Plin. H. N. vill ,
74), plena (Tihull. I, 3, 8G), ou lana
amicta (Catull. G4, 312); et la figure à
main gauche la montre dans cet état,
d'après un bas-relief du forum de Nerva
à Rome : elle représente une femme avec
la quenouille dans sa main gauche, le fil
tiré et pendant (stamen), tandis qu'elle
fait tourner le fuseau (fiisus) a\ec les
doigts de sa main droite. Comparez
aussi l'article Neo, où la manière de fi-
ler et de se servir de ces instruments est
décrite avec plus de détails.
COLYMULS (icoAuixéo;)- Dans la glose
d'Isidore, réservoir (lacus) où on lavait
le linge; de là bain pour nager ou se
plonger ( Lamprid. fiel. 23 ; Prudent.
Péri Steph. 12).
COMA {x.ô[xïi). Cheveux; presque sy-
nonyme de cxsaries , mais impliquaut
le plus souvent le sens de longueur et
d'abondance , c'est-à-dire des cheveux
beaux et épais. Nous trouvons ce mot
appliqué aussi à la crinière des animaux-
(Pallad. IV, 13, 2 ; Aul. Gell. v, 14, 2);
la crinière de cheval qui surmontait le
cimier d'un casque (Slat. Theb. Vlll,
389 ; cf. Crista), et souvent accompagné
d'épithètes comme intonsa (Cic. Tusc.
m, 2G), (/emissa (Prop. II, 24, 52), et
autres semblables.
COMATORIL'S. Vpy.Acus, 2.
COMATUS (xo[Ar,Tr,;). Dans un sens
général , qui porte des cheveux longs
et é|)ais avec tout leur développement
naturel (Mart. XII , 70; Suet. 6V//. 35).
Ou se sert particidièremeut de ce mot
pour caractérise)' les Germains ( Tertull.
f'^i'g'. ■^eland. 10) et les habitants de
la Gaule transalpine, comprenant la
Belgique, la Celtique et l'Aquitaine
sous le nom de Gallia comata (Mêla,
III, 2; Plin. H. N. IV, 31 ; Lucan. I,
443), à cause de l'abondance de leurs
cheveux et de la manière dont ils étaient
arrangés. Les artistes romains les repré-
sentaient uniformément comme dans la
gravure ci-jointe, prise d'un sarcophage
découvert à la villa Amendola , près de
Rome, et chargé de bas-reliefs qui don-
nent les détails d'un combat entre les
Romains et les Gaulois.
COMES (à-toÀoufto:). Eu général, com-
pagnon ou associé; mais plus parliculiè-
COMISSATIO.
18S
lement domestique ou gouverneur qui
accompaguait sou élève à l'école et au
sortir de l'école, daus ses promenades
(Suet. .^iiff.m; Tih. 12; Ctaiul. 35).
COMISSATIO (>cà)u.o;, o"\j[xuo'7iov ).
Réjouissances brujantes , ou orgie qui
commençait après la cœna et qui se pro-
longeait souvent jusqu'à une heure avan-
cée de la nuit (Varro, L. L. vil, 8'J;
Liv. XL, 13; Cic. Cœl. 15; Suet. Th.
7). Des scènes grecques de cette nature
sont fréquemment représentées' sur des
vases d'argile (Mus. Borb. v,-51; Mil-
lin, Vas. Ant'iq. 11, 58; Tischbein, il,
55; Winck. Mon. luecl. 200); daus ces
scènes l'heure avancée est indiquée par
les candélabres, la joie par la présence
de Comus et de génies ailés, et la débau-
che par la compagnie mêlée de courti-
sanes , de danseuses , de musiciennes et
de chanteuses.
COMISSATOR ( x.(i3pLa(jTri: , cjjATrô-
TY):). Joyeux compagnon qui se trouve
mêlé à une comissatio ou orgie (Liv.
XL, 9 ; Cic. Cal. 28 ). Le comissator ne
dînait pas toujours (cœnarc) avec son
hôte, mais il était souvent invité à venir
boire avec la compagnie après avoir dîné
ailleurs; comme Habinnas vient de la
cœna de Scissa à la cumissatio de Tri-
malchio , Habinnas coniissator iutravit
(Petr. Sat. G5; cf. Liv. XL, 7 ).
COMITIUM. Place entourée d'une en-
ceinte , attenant au forum romain et voi-
sine de la Caria, où l'on tenait les comi-
ces centuriates et où l'on jugeait les procès
(Varro, L. L. v, 155). Dans l'oiigiue,
elle était découverte et les assemblées
étaient par conséquent souvent obligées
de se dissoudre quand le temps était
mauvais; mais on la recouvrit d'un toit,
pour obvier à cet inconvénient , lors de
la seconde guerre punique (Liv. xxvil,
3G ). Quelques murailles élevées qui sub-
sistent encore an pied du mont Palatin,
sont, à ce qu'où suppose, des restes de
cet édifice.
COMMENTACULUM ou COMMOTA-
CULUM. Baguette que les prêtres romains
portaient dans les processions religieuses
pour s'ouvrir un chemin et empêcher le
peuple de s'avancer trop près d'eux
(Festus, s. V.).
COMPEDITUS. Qui a les fers ou les
entraves aux pieds. Ce mot désigne plus
spécialement un esclave qui était tou-
jours enchaîné, même en travaillant
( Senec. de Trancj. 10 ; Plant. Capt. v,
1 , 23 ; Cato , li. R. 56 ; cf. Ovid.
Pont. 1 , G , 31), comme les galériens de
l'Italie moderne , dont les chaînes sont
faites piécisément de la même manière
que celles que porte la figure ci-joinle,
prise d'une pierre gravée qui représente
Saturne daus les fers. C'est un accessoire
souvent ajouté par les Romains aux sta-
tues de ce dieu, mais qu'on relirait pen-
dant ses fêles , au mois de septembre
( Slat. >Ç) /?•. 1 , , 4 ) , où une liberté mo-
mentanée était aussi accordée aux escla-
ves, par allusion à la condition heureuse
dont on supposait que l'humanité avait
joui sous le règne de Saturne.
COMPES (usor,). Chaîne on entrave
pour les pieds , comme on le voit par la
gravure précédente et celle du mot Ca-
TCLLS.
2. Anneau d'argent ou d'or, porté par
les femmes sur le bas de la jambe, pré-
cisément au-dessus de la cheville , comme
un bracelet autour du poignet (Plin. H.
184
COMPITUM.
JV. xxxni , 54 ; cf. id. xxxiil, 12 ; Petr.
Sal. 0"), ainsi qu'on le voit par la gravure
ci-jointe, prise d'une peinture de Pompéi
qui icprésente Ariane. Les ornements de
cette sorte étaient laissés aux femmes des
classes i léhéiennes de Rome , aux courti-
sanes, aux danseuses et autres personnes
de ce genre, qui sortaient les pieds nus et
montraient leurs jambes en partie, tandis
que les dames et les matrones romaines les
cachaient entièrement sous leurs robes
longues et traînantes. C'est pour cette rai-
son (|u'on ne voit jamais de pareils an-
neaux dans les peint mes de Pompéi sur des
figures qui portent des souliers, mais seu-
lement quand le pied et la cheville sont dé-
couverts. Lorsque Pétrone, dans le passage
cité ci-dessus, les place sur les jambes de
Forlunata au-dessus de ses souliers , c'est
pour ridiculiser 1 étalage vulgaire que la
îemme d'un parvenu fait de sa fortune
en inventant une mode qui n'est sui\ie
que par elle.
COMPITUM. Lieu où se rencontrent
deux ou plusieurs routes ; ce mot s'em-
1-
^'ès
-i.
1 t
1
rée au centre du toit, qui couvrait lesqua-
ploie surtout en parlant de la campagne
( Virg. Geurg. il , 382 ) , par opposition à
trivium qui se dit plutôt des rues d'une
ville ( Cic. Jgr. i, 33). Il était d'usage
d'élever dans ces endroits des autels, des
sanctuaires et de petits temples, où les
habitants de la campagne accomplissaient
des cérémonies religieuses en l'honneur
des lares cowjùtalei , divinités qui piési-
daient aux carrefours (Prop. iv, 3, 54 ) :
de là vient cpi'on se sert queUpiefois du
mot conipitiim pour désigner une chapelle
élevée dans un pareil lieu (Grat. Cj/ieg.
483 ; Pers. IV, 28 . Tous ces détails sont
expliqués par la gravure ci-jointe , prise
d'un j)a>sage trouvé à Pomjjéi.
COMPLUVIUM. Large ouverture car-
tre cotés d'un atrium dans une maison
romaine , et vers laquelle ces cotés con-
veigeaient pour faire descendre la pluie
dans un léservoir {impluvium) , creusé
dans le plancher immédiatement au-des-
sous , comme on le voit clairement par
la gravure, qui repié.-ienle l'intérieur d'un
atrnun de F'ompéi lestauié (Varro, L. L.
V, IGl; Festiis, r. Impluvium; Vitrnv,
VI, 3, G). Dans un passage de Suétone
(yfug. 92), tout l'espace découvert, area,
entouié par la colonnade, est appelé
complurium.
CONCyLDES. Barricade faite d'arbres
abattus et jilacés en travers d'une route
pour ari'èter l'approche ou la poursuite
des ennemis (Tac. yiii/i. 1, 50; Veg.
3Jil. 111, 22 ). Sur les colonnes de Trajan
et deMarc-Aurèle les soldats, tant romains
cpie barjjares , sont frécpiemment repré-
sentés abattant des arbres pour celle des-
tination ou d'autres semblables.
COiSCHA {v.oyyr,). Proprement co-
quillage, tel que la moule, l'huitre per-
liere , etc. Comme différents ustensiles de
ménage étaient faits des coquilles de ces
l)oissons ou à l'imitation de leur forme,
on donne communément le nom de cou-
cha à de tels objets : ainsi , une salière
(Hor. Sat. i, 3, 14); nne coupe à boire
( Juv. VI , 303) ; un vase à pariimis (Hoi'.
O^. II, 7,22; Juv. vi, 419).
2. Coiujue ou coquille de Tritons ; les
poètes et les artistes les représentent
souvent sonnant de la conque au lieu de
tronqiette (Plin. H. ]\. ix, 4 ; Lucan. IX,
394); alors la conque l'essemble plus à la
CONCILIABULUM.
CONDITORICM.
185
hucclna, comme on le voit par la gravure
ci-jointe, prise d'tine lampe en terre cuite.
CONCILIABULUM. Dans un sens gé-
néral, tout lieu de réunion piil)lique,
mais plus particulièrement place oi'i les
habitants (le la campagne avaient l'habi-
tude de se rassembler à des époques fixes
pour conclure des affaires, tenir des
marchés et terminer des différends. Ces
lieux ressemblaient à nos villes de mar-
chés et A^ assises , et aux places où doivent
se tenir les foires ( Festus, .v. r.; Liv. vu,
15; XXXIV, 1, 50; xl, 37).
CONCLAVE. Terme géuéral, appliqué
indifféremment dans une maison à toute
pièce ou à tout appartement qui n'est pas
traversé à chaque in!^tant par tout le
monde, mais qu'on peut fermer à clef,
comme une salle à manger, une chamine
à coucher, etc. (Festus , s. t.; Ter. Eiin.
m, 5, 35; Heaut. v, 1, 29;Cic. Rose.
Am. 23; Or. il , 86 ; Vitruv. vi, 3, 8).
CONCREPO. Voy. Crepitus.
CONCUBINA. Femme qui a contracté
l'union particulière appelée conciiblnatus
(Cic. Or.\, 40; Dig. '2S, 7).
COiNCUBlNATUS. Proprement , union
entre deux personnes de sexes différents,
dans le genre du mariage; les Romains
ne regardaient pas cet le union comme
immorale on dégradante , tant que les
deux parties restaient fitièles l'une à l'au-
tre, quoiqu'elle n'eût aucmie des suites
attachées au mariage légitime. Elle avait
lieu dhabitnde entre (les personnes de
condition inégale, mais qui désiraient
vivre ensemble, comme entre lui sénateur
et une affranchie ; et , en fait, elle ressem-
blait complètement aux mariages dits
morganat'ujun de lèles couionnées nu de
princes avec des personnes d'un rang infé-
rieiu", qui, suivant la lettre dc'- lois de
certains pavs , ne sont pas confoimes à la
politique ou à la légalité, mais qui ne
sont pas immoraux (Becker, Gai/ as ; Ulp.
Dig. '2^, 7 , 1 ; 48, 5, 13).
CONCL'BINUS. Homme qui contracte
avec une femme l'iniion appelée conca-
hinatus (CatnII. Gl , 1 30 ; Quint. 1,2,8).
CONDALIL'M. Anneau porté sur la
première articulation [condjlus, vcovS-j-
Xo:) de Tindex (Festus, v. Condvlus;
Plaut. Trin. iv, 3 ,
7 el 15). Les com
mentateurs et les
lexicographes infè-
rent du passage de
Plante (/.c.) que des
anneaux de ce genre étaient particuliers à
la classe des esclaves: mais il ne semble pas
que le coridaliamqiie Stasimus perd au jeu
fi'it le sien ; c'était sûrement celui de son
maître , et celui que nous donnons dans
notre gravure est sur la main droite d'une
statue de femme en bronze découverte à
Herculanum. 11 y a cependant deux sta-
tuesau Vatican (Visconli, Mus.Pio-Clem.
III, 28 et 29), représentant toutes les
deux des acteurs comiques (dont l'un est
certainement un esclave) qui portent des
anneaux semblal)les sur la même articu-
lation de l'index , mais à la main gauche.
CONDITIVUM (Seueca,£/;. vi).Mème
sens que
COISDITORIUM. Caveau souterrain ou
sépulcre (descendit in conditorium , Petr.
Sat. 111, 7 ) , où un cadavre était déposé
dans une case, sans être réduit en cen-
dres (Plin. H. N. VII, IG), usage qui
prévalut chez les Romains aux deux pé-
riodes extrêmes de leur histoire avant
que la coutume de brûler les corps se fût
établie et après qu'on l'eut abandonnée.
C'est là le sens exact du mot ; ou le trouve
186
CONGIARICM.
aussi employé dans un sens plus général
pour signifier >in monument éle\é au-des-
sus du sol fPlin. Ep. vi, 10, 5), et dans
lequel on plaçait des urnes cinéraires. La
gravure repiésente la section et le plan
d'une cham!)re sépidcrale découverte
dans le roc qui forme la hase du mont
Aventin, à une profondeur de 40 pieds
au-dessous du sol ; le conduit qu'on voit
au centre formait un escalier pour des-
cendre dans le sépulcre, qui est nue
chambre circulaire, entourée extérieure-
ment d'un corridor, ainsi que le montre
le plan en miniature à main gauche, dans
la partie supérieure de la gravure. Il con-
tient aussi des niches pour des urnes ci-
néraires qui peuvent avoir été faites à
une époque ultérieure.
2. (/.àpva:). Coffre ou cercueil dans
lequel on enfermait le cadavre quand ou
le plaçait dans le caveau (Suet. yiug. 18 ;
Plin. H. -V. XXXVII, 7 ). La gravure re-
présente le cercueil deL. Cornélius Scipio
Barhatus , qui fut découvert dans une sé-
pulture souterraine de la gens Coriielia
sur la voie Appienne. Il est en pierre de
formation volcanique, de couleur grise
(peperino) , orné de denlicules, de tri-
glvphes et de rosettes sculptés sur les
métopes; la tahle du haut s'enlève com-
me ini couvercle , et sur le coté est gravée
l'épifaphe suivante, curieuse non-seide-
ment en ce qu'elle nous apprend pour
qui le cercueil fut fait , mais aussi comme
spécimen authentique des commence-
ments de la langue latine :
CORWP-UVS. LVCIVS. SCrPIO . BABBATVS . GNAIVOD .PATRE.
PROCNATVS . FORTIS VIH . SAP'ENSgvE . QV0IV5 . FORMA .
VIRTVTFJ P&R.SVMA.
FVIT . COHSOL CE>SOn . AIDILIS . QVEI . FVIT . APVD . VOS .
TAVRASIA CISA^^A.
SAMMO . CEPrr .SVBIûIT . tlM^E LUVCAVA . OPSIDESQVE .
ABOovcrr.
3. Magasin dans lequel on gardait les
machines de guerre (.\mm. xviii, 9, 8, 1).
CONDUS ou PROMUS CONDUS ( voy.
Promcs).
CONDYLUS. Même sens que Co>'DA-
Lioi (Festus, s. V.).
CONFARKEATIO. Une des trois for-
mes du mariage en usage chez les Ro-
mains; on croit que c'était la plus an-
cienne , comme la plus solennelle ; cai'
elle avait quelque chose d'une cérémo-
nie religieuse, tandis que les deux autres
n'étaient que des contrats civils. Cette
cérémonie avait lieu en présence de di\
témoins, du grand prêtre et du flamen
dialis ; elle était accompagnée de priè-
res et du sacrifice d'une inebis dont on
étendait la peau sur les sièges de la fian-
cée et du fiancé. Le nom de confarrea-
t'io venait d'un usage qui s'y rattachait,
celui de porter un gâteau de farine (far)
devant la fiancée, lorsqu'elle revenait
après avoir été unie (Aruob. iv, 140;
Serv. ad Yiig. Georg. l, 31; Mn. iv,
374; Plin. //^. N. xvill, 3). Un marlire
ancien, représentant les cérémonies de la
confnrreat'io , est donné et décrit par Bar-
toli i^Admirand. pi. 58), et par Lumisden
{Aritiquities of Rome, appendi.v m); mais
les figures en sont trop nombreuses et
les détails trop minutieux pour se prêter à
une rédaction adaptée à ce Dictionnaire.
CONF.ARREATUS. Romain marié par
la cérémonie de la confarreatio (Tac.
Ami. IV, IG).
CONGIARIUM. Largesse ou donation
consistant en un certain nombre de co«-
gii remplis de vin , d'huile , de sel , etc.
(Liv. XXV, 2; Plin. H. N. XIV, 17;
XXXI, 41), que les rois, les consuls et
les empereurs de Rome avaient coutume
de distrii)uer au peuple à leurs frais
(Suet. JS'ero, 7 ; Plin. Paneg. 25). C'est
là le sens exact et primitif du mot ; mais ,
avec le temps, des largesses d'un autre
genre, même d'argent ( Suet. Aiig. 41 ),
furent désignées par le même nom,
qu'elles fussent faites au peuple ou an.v
soldats (Cic. Att. xvi, 8 ), quoique pour
ces dernières le véritalile nom fut dona-
tiviim. On distribuait le congiarium de
la manière suivante : celui qui le don-
nait était assis sur un trilinnal élevé
(suggestum) ; ceux qui devaient le rece-
voir s'en approchcdent un à un , et il
CONSECRATIO.
187
leur était remis une carte (fessera) sur
laquelle était érrit le montant du don à
rerevoir, et qui était payai le sur i)ré-
sentatiou dans les l)ureaux du donateur.
On voit tous ces détails dans la gravure
ci-jointe, prise d'un l)as-relief de l'arc de
Constantin à Rome. Dans quelques cas,
cependant , ces cartes étaient jetées au
hasard parmi la foule, ([ui devait se les
disputer : on les appelait alors expressé-
ment m s si lia.
C0^G1US. Mesure romaine pour les
liquides , contenant six se.rtarii ou douze
lieminœ (Rhemn. Fann. de Pond, et
Mens. 70; Cato, R. R. 57). On en voit
la forme et la nature dans la gravure ci-
jointe, tirée d'ini modèle de l'époque de
Vespasien, connu maintenant sous le
nom de congius de Farnèse. Les grandes
lettres P. X. sont pour pondo decem.
COMSTERIUM (xovwTpa). Apparte-
ment dans lu pa/œsfra ou le gymiiasium ,
dont le plancher était couvert de salde
fin (y.ovtç) , ou dans lecpiel on frottait de
sable le corps des lutteurs après les avoir
oints (Vilruv. v. 11).
C0N0PEUMouC0N0PIUM(xf.,vw7r£(.)v
ou xtovwTtsïov). Moustitjuaire suspendu
sur un lit de repos on sur des persoinies
reposant an dehors , pour en éloigner
les cousins ou autres insectes importuns.
Cet usage venait d'Ëgvple (Hor. Epod. ix,
Ki; 1*1 op. III, 11, 45; Varro R. R. il,
10, 8; .liiv. VI, 80). Dans la première
forme du mol la péuidtième est longue.
COiNQUISlTOUES. Espèce d'ofliciers
recruteurs dont la fonction était d'aller
chercher certains citoyens choi-is par le
consul comme conscrits , et de les forcer
en son nom de prononcer le serment
militaire et de prendre du service; tan-
dis que , dans les cas ordinaires , les ci-
toyens se présentaient d'eux-mêmes pour
être enrôlés (Cic. Mil. 25; Liv. xxi, 1 1 ;
Hirt. /?. ^lex. 2. Cf. Cic. Prov. Cons. 2;
Liv, XXIII , 32; xxv, G).
CONSECRATIO (àroOétoTti; , àsiépw-
(ji:). Déification ou apothéose, cérémo-
nie par laquelle un mortel était mis au
nombre des dieux et appelé à participer
aux honneurs divins. L'apoihéose était
décernée d'ordinaire aux empereurs ro-
mains, mais elle était inconnue sous la
républi([ne. La principale partie de cette
cérémonie avait lieu dans le Champ de
Mars , où on élevait un bûcher de fagots
et de bois ordinaire, mais habilement
disposé à l'extérieur, et ressemblant à un
autel de trois ou quatre étages qui dimi-
nuaient successivement et qui étaient
décorés de statues , de draperies et d'au-
tres ornements. Sur le second étage une
couche splendide , portant l'image en cire
du défunt , était placée et entourée de
toutes sortes d'her!)es aromatiques. On
mettait le feu au bûcher et un aigle s'en-
volait de la partie supérieure pour aller,
à ce qu'on croyait, porter l'âme au ciel,
comme on le voit par la gravure ci-jointe,
188
CONSTRATUM .
CONTOMONOBOLON.
prise d'un bas-relief de l'arc de Titus et
représentant l'apothéose de cet empereur.
La première gravtn-e représente un autel,
d'après une médaille de Caracalla , qui
porte pour légende Coxsecratio (Tac.
Jnn. XIII, 2; Suet. Dom. 2: Herodian.
IV, 2).
CONSTRATUM. En général tout plan-
cher fait de planches, comme : 1° con-
stratum nnvis (Petr. Sat. 100), le pont
d'un vaisseau, qui est clairement repré-
senté dans la gravure ci-jointe, d'après
im bas-relief du tombeau de Munatius
Plancus à Pompéi , 2' constratum pu/i/is
(Liv. XXX, 10) , plancher sur tni pont de
bateaux, comme dans la gravure ci-jointe.
prise de la colonne de Marc Aurèle , ou
sur nu poni <le bois, comme dans la gra- i
vure an mot Po>s Sublicils.
CONSUL (uTraTrj;). Consul, un des
deux magistrats principaux élus chaque
année par le peu|)le romain sous la ré-
publique, et conservés nominalement
sous l'empire, quoique avec un pouvoir
fort difféient et fort limité. Les symboles
extéiieurs de leur autorité étaient les
faisceaux {fasces) portés devant eux par
douze licteurs; un sceptre d'ivoire {sce-
ptrum eburneum ou scipio ebiirneus) avec
l'image d'un aigle au sommet , et la toge
brodée {logapkta) , qui cependant n'était
portée que dans certaines occasions. Leur
costume civil ordinaire était , en effet , la
toga et la tun'ica avec le laticlave {latus
clavux) ; leur vêlement de guerre , le joa-
ludamentum, la loiica et le parazonium.
En conséquence , dans les œuvres d'art,
ils sont représentés sans insignes qui les
distinguent réellement ; ils sont ou sim-
plement drapés dans la toge ou vêtus du
même costume de guerre que les autres
officiers supérieurs (voy. les médailles
consulaires de Cn. Pison et de Cinna dans
Spauheim, vol. ii , p. 88, 91).
CONTABULATIO. Longs plis paral-
lèles dans un vête-
ment ample , comme
la toga , la palla , le
pallUim , etc. , qui
pendent des épaules
et semblent se recou-
vrir l'un l'autre com-
me les planches dans
un bàliment construit
en bois. On le voit
clairement par les li-
gnes du dos de la fi-
gure ci -jointe, prise
d'un vase d'argile ( A-
pul. Met. XI, p. 240;
cf. Tertull. de Poil.
5, et voy. Corrugis).
CONTARIl et CONTATI (xovxôçopoi).
Soldats armés de la longue pi(|ue appelée
contus (Tnscript. ap. Grut. 40, 2 et -3 ;
Veget. Mil. III, fi; Ariian. Tact.^. 15.
Voy. CoiN'TUS, 3).
CONTlGiNATlO. Ensemble des pou-
tres et des solives qui supportent le
plancher dans un bâtiment de plusieurs
étages (Vilruv. VI , 5 ; Pallad. I, 9) ; de là
vient c[ue ce mol est aussi eniplo>épour
désigner le plau( hei ou l'étage lui-même
(Ca_'s. n. C. II , 9; Liv. xxi , G2).
CONTOMOiNOBOLOiN. Jeu dans le-
quel ou sautait avec une perche {confus)
CONTUBERNALES.
18!)
pour se donner un point d'appui (Inip.
Justin. Co(l. 3, 43, 3. Vov. Monobolo).
CONTUBERNALES (tOtxyivoc). Ca-
marades ou compagnons de tente , c'est-à-
dire soldats qui avaient les mêmes quar-
tiers et qui vivaient ensemble sous la
même tente , chaque tente étant occupée
par dix hommes sous les ordres d'un of-
ficier suhalterne [decarnn) qui ressem-
blait à notre sergent ou à notre caporal
(Fesius5. V.; Veg. Mil. Il, 8 et 13; Cic.
Ligar. 7; Hirt. Dell. Jle.r. 16).
2. Jeunes gens de familles distinguées
qui accompagnaient un général dans ses
campagnes pour apprendre sous lui l'art
de la guerre : ils étaient aussi appelés ses
co/ituiernales , ou, comme nous dirions,
son état-major (Cic. Cal. 30 ; Suet. Jitl.
42 ; cf. Tac. ^gr. 5).
3. De là, dans un sens plus général,
amis intimes, ou liaisons étroites (Plin.
£p.\\, 27, 5).
4. Personnes vivant ensemble comme
mari et femme sans être légalement ma-
riées , comme des esclaves ou un affran-
chi et une esclave (Petr. Sat. 9G, 7 ; 57,
6; Columell. i, 8, 5; xii, 3, 7).
CONTUBERMUM (crunxvivîa). Tente
militaire où dix soldats et leur chef (c/e-
canus ou caput contubernii) étaient logés
ensemble (Cœs. B. G. m, 7G; Tac. Hht.
1 , 43) ; de là , dans un sens plus général ,
toute demeure dans laquelle plusieurs
personnes vivent enseml)le (Suet. Cal.
10; Tac. Hist.in, 74), et particulière-
ment deux esclaves, homme et femme
(Columell. XII, 1, 2).
CONTUS (xovTÔ;). Perche longue et
forte, chaussée de fer, dont on se servait
pour |iousser un bateau contre le courant,
au lieu de rames; elle re.^S'mblail à notre
croc, ainsi qu'on le voit par la gravure
ci-jointe, prise du très-ancien pavé de
mosaïque du temple de Préueste, main-
tenant Palestrine (Virg. jEn. VI, 302;
Eurip. Jlcest. 2G2).
2. Perche de même nature , employée
à bord d'un vaisseau (\'irg. Ain. v, 208)
pour différents usages, pour tenir le vais-
seau éloigné des rochers ou du rivage
(Hom. Oc/. IX, 487), pour sonder (Fes-
tus,j-. V. Percunctatio; Douât. «r/Terent.
Hec. 1,2, 2) et poin- autres usages ana-
logues. Chaque trirème était munie de
trois perches pareilles, de différentes
grandeurs (Boeckh , Urk. p. 125). Dans
la gravure , au mot Buci>'ATOR , on voit
m\ des matelots , à l'avant du navire qui
va entrer au port, tenant un contits entre
les mains.
3. Picpie de cavalerie fort longue et
fort pesante (Nonius, s.i>.; Arrian. Tact.
p. 15, où elle est distinguée par un
rapprochement de la lance, Aoyx,'»! , l<^'^-
cea) ; elle ressemblait à la sarissa macé-
donienne, excepté qu'elle n'était pas tout 1 418 ; Sil. Ital. XV, 684). Cependant
à fait aussi longue (Veg. Nil. m, 24). celte lance fut , à l'occasion, adoptée par
Elle était l'aime nationale des Saimates I les Giecs et par une partie de la cavalerie
(Tac. ^^««. VI, 35; Stat. ,^c/(///. II , j romaine (Arrian. p. 16); et elle était
11.
190
pareillemeut employée par les chasseurs
pour combattre les liètes féroces (Grat.
Crneg. 117). La grandeur et la force de
l'arme donuée daus notre gravure , qui
représente Alexandre à la bataille d'is-
sus, d'après la grande niosak[uede Pom-
péi , nous font croire que nous avons là
un vrai spécimen du contas. On peut re-
marquer qu'une partie seulement de la
lance entière est visible; car la partie ca-
chée par la main, et placée au centre de
gravité, a péri par la mutilation du mo-
dèle. On cite à tort cette arme comme
un spécimen de la sarissa , qui apparte-
nait à Viiifantcrie et qui était encore plus
pesante.
CON'US (/.wvo:). Généralement, tout
ce c[ui a une figure conique, et de là,
dans un sens plus parlicidier :
1. Le cimier en métal , au haut d'un
casque, auquel était attachée l'aigrette
(Plin. H. N. X, 1; Yirg. Jtln. m , 4G8) ;
le véritable terme est Apex. Voyez ce
mot.
2. Espèce particulière de cadran so-
laire, décrit, à ce que son nom fait sup-
poser, sur une figure de forme conique
(\'itruv. IX, 8, 1).
CONMVILM (ijûvôetirvov, é<JTÎ!XTiç).
Fête ou banquet qui avait lieu à des heu-
res régtilières et convenables et sans qu'il
s'y joignit luie idée de débauche ou d'ex-
cès; il différait de la coniisiatlo, qui était
une orgie prolongée après le conv'niiim
(Cic. Sen. 13; Ferr. il, 4, 27; Offic.
III, 14).
COOPERCULLTiL Même sens que
Operculum.
COOPERTORIUM. Pièce d'étoffe am-
ple pour couvrir des animaux , des objets
ou des personnes (A'eg. f'et. m, 77;
Scwy.Dig. 34, 2, 39).
COPA. Fille qui fréquente les tavernes
où elle gagne sa vie à danser, à chanter
et à jouer pour l'amusement de la com-
pagnie (Suet. yero, 27 ; Virg. Copa, I).
COPADIA. Mets délicats ])our la table
ou friandises pour les gourmands (Apic.
VI , 1 ; VII , G) .
COPHINUS (y-ôsivo:). Grand panier,
ou manne, généralement employé dans
le jardinage, la cuhure (Columeli. xi, 3,
51), et j)our d'autres usages (Juv. Sat.
m, 14; VI, 542). La gravure ci-jointe.
d'après une pierre gravée, représente
probablement une corbeille de ce genre;
les fleurs qu'elle contient indiquent
son usage, et sa grandeur est assez visible,
puisqu'il faut deux personnes pour la
soutenir.
COPIS (y.ÔTtiç). Cimeterre, épée à
lame convexe (leniter curvatits, Curt.
VIII , 1 4) et par conséquent faite plutôt
pour trancher que pour percer. Elle était
particulière aux nations de l'Orient (Xen.
Crr. II, 1, 9; VI, 2, 10); c'est pour
cela que le spécimen donné ici se trouve
sur le sol à coté d'un Phrvgien blessé,
dans une statue découverte aux fouilles
de Pompéi.
2. Le couteau de chasse (ciiltervena-
tarins), parce qu'il avait une lame con-
vexe (voir la gravure au mot CcLTER, 3),
est appelé du même nom dans Apulée
{Met. XI, p. 243).
COPO. Vov. Caupo.
COPO>A."Voy. Caupo-a.
COPREA (y.oTTpîac). Fou oi\ bouffon;
mot qui parait seulement à l'époque de
l'empire romain (Suet. Tib. Cl; Claud.
8; Dio C ss. xv, 28). Ces bouffons
étaient gardés dans le palais impérial ,
comme les fous des rois au moyeu âge.
COPTA (/.OTtTr;). Sorte de gâteau ou
de biscuit dur qui pouvait se conserver
longtemps et se transporter à de grandes
distances. L'ile de Rhodes était renom-
mée pour la fabrication de ces hiscuits
(Mart. XIV, G8^.
COPTOPLACENTA (/.o7:to:i:)xxo-jç).
Même sens que le mot précédent (Pelr.
Sat. 40; Poet. Lat. Min. ap. Wernsdorf,
tom. II, p. 234).
COPULA. Laisse pour accoupler des,
COQUES.
COABIS.
191
chiens de chasse , comme on le voit dans
la gravure, prise d'un l)as-relief quireprc-
senle les funérailles de Méléagre (Ovid.
Trist. V, 9, 28).
2. Poitrail atlaché aux harnais, par
lequel les chevaux de trait ou les mules
tiraient leurs charges, comme dans la
figure ci-jointe, tirée d'une i)eiuture
d'Herculanum, d'après Giuzrot (Apul.
Mf/. IX, p. 185).
COQUUS ((j.àyeipo:). Cuisinier (iMart.
XIV, 220; Liv. xxxix. G); et, dans les
premiers temps , (juelqiiun qui faisait du
pain (Festns, s. r.; Plin. H. N. XVIII ,
28). Ce fut seulement à partir de l'année
de Rome 5G8 , que le métier de boulan-
ger devint une profession distincte à
Rome. Avant celte époque, chaque fa-
mille moulait sa farine el le cuisinier fai-
sait et cuisait le pain (Plin. /. c). Le
jA'ïYeipoç grec était aussi employé dans
l'origine à faire du pain jiour la famille.
CORAX (xooaH). Mot grec qui se ren-
contre avec une forme latine dans Vilru-
ve (x , 13,8) , mais seulement comme tra-
duit de Diades : celui-ci le donne comme
étant le nom d'une des machines de
guerre employées à l'attaque des places
fortifiées, et il remar({ue eu même temps
qu'elle était sans effet , et qu'elle ue valait
pas la peine d'être décrite. Polybe (i, 22)
donne aussi le même nom à une ma-
chine employée par les Romains sur leurs
vaisseaux, et décrit tout au long la ma-
nière dont elle était construite et dont
on s'en servait.
GOHBlCULA(Pallad. II, 10,0). Dimi-
nutif de
COR BIS. Panier en osier, en forme de
pyramide ou de cône (Varro, L. L. v,
139; R. Rust. i, 22, 1;
Isidor. Origin. XX, 9; cf.
Arrian. Anahas. V, 7, 8,
TiXÉYHa if. ),Oyou 7i'jpa(j.o£i-
ôÉ:), qui servait à plusieurs
fins dans l'agriculture. Ses
différents usages sont en gé-
néral distingués par une épithète carac-
téristique, ainsi :
1. Corhis mcssoria; panier dont on
se servait pour mesurer le hié en épis,
par opposition au modius dans lequel on
le mesurait a|U'ès qu'il avait élé battu
(Cic. Sext. 38; Cato, R. R. 13(i); ou
dans lequel les é| is (spiae) étaient ra-
massés par le moissonneur, quand chaque
é|»i était séparé de la tige avec un ins-
trument dentelé comme la scie (voy. la
graviu'e et la description au mot Falx
denticulata), au lieu d'être coupé avec
la paille (Varro, R. R. \, bO, \; Pro-
pert. IV, 11, 28; Ov. Met. xiv, C43).
2. Corhis pabulatoria. Panier du mê-
me genre, qui contenait une certaine me-
sure de vert pour le bétail (Golumell.
VI, 3, 5; XI, 2, 99).
3. Corhis fci«i7/7c/rt. Panier du même
genre, employé comme muselière pour
les chevaux (Veget. Nulom. ni, 23, 2);
mais ici la leçon est douteuse : Schneider
donne curcuma.
Le spécimen donné ci-dessus est pris
d'une fresque du sépulcre de la famille
des Nasons sur la voie Flaminienne près
de Rome, où il apparaît plusieurs fois
entre les mains de personnes occupées à
des travaux rustiques; on peut le regar-
der comme un vrai spécimen de la cor-
his ou corhula romaine, en raison des
usages auxquels il est emjiloyé, de l'ana-
logie de sa forme avec les descriptions
citées en tète de cet article , et parce
qu'un panier de la même forme et de la
même nature est employé maintenant par
192
CORISICULUM.
les paysans de Naples pour des usages
seml)lal)les et appelé, d'un diminutif du
même nom , la corhtlla.
CORBITA (•jt>,oïov (ïixaytoyov ou (titt,-
yôv). Vaisseau marchand ; plus exacte-
ment vaisseau employé seulement au
transport des grains et appelé ainsi parce
qu'il portait au haut du màt une corh'is
(Festus,*. T.). C'étaient des navires lar-
ges et pesants (Plant. Pœn. m, 1,4;
Lucil. ap. Non. s. 'v.; cf. Cic. ad Att.
XVI, C), à deux mâts, comme le prouve
le spécimen ci-joint, d'après une mé-
daille de Commode, frappée pour rap-
peler qu'il avait affrété un certain nom-
bre de vaisseaux qui devaient amener à
Rome des l)lés d'Afrique et d'Egypte ,
ainsi que Lampride le raconte dans la
vie de cet empereur. On voit la corbis
au haut du grand màt , et on peut re-
marquer que c'est de ce mot que vient
le nom moderne de corvette.
CORBULA. Diminutif de Corbis :
jietit panier employé pour ramasser des
fruits (Varro, R. R. I, 15); comme panier
à pain (Cœcil. ap. Non. s. v. p. 197);
et pour porter les plats de la cuisine à
la salle à manger (Plaut. Aulidar. Il,
7, 4).
CORDAX (xôfSa?.) Danse de l'an-
cienne comédie grecque, tout à fait ridi-
cule et en même temps si indécente qu'on
regardait comme une marcpie d'ivresse ou
un manque de respect poin- soi-même de
la danser hors du théâtre (Peir. .ïo/. 52,
!};Hesyrh. s. v.; Aristoph. i\'«i6. 540).
Une danse de ce genre est représentée
sur une tasse de marbre du Vatican (Vis-
conli. Mus. P'w-Clem. iv, 29), où elle
est exécutée par dix figin-es, cinq faunes
et cinq bacchantes; mais leurs mouve-
ments, quoique extrêmement animés et
énergiques, sont exempts d'obscénité. H
y en a plus dans la tarantella de Naples,
qui , à ce qu'on pense , conserve la Ira-
dition de la co/Y/rt.r grecque.
CORIARIUS. Qui prépare des peaux
et des cuirs : tanimir ou corroyeur
(Plin. H. N. XVII, G; Inscript, ap. Grut.
048, 8, et 283, 1).
CORNICEN ( v.epaTiavlr\z ou xepaû-
Xrjç). Trompette : c'est-à-dire qui sonne
du grand cor circulaire, appelé cornu,
comme on le voit par la figure ci-jointe ,
prise de l'arc de Constantin à Rome
(Liv. II, G4; Juv. x, 214).
CORNICULARIUS. Dans le sens strict
du mot, soldat à qui son général avait
donné le cornicu/um. Par extension, ce
nom fut donné à un officier en second ou
adjudant qui remplaçait le consul ou le
tribun, probablement parce que la per-
sonne promue à ce grade était toujours
choisie parmi ceux qui avaient reçu
la récompense ci-dessus désignée ( Suet.
Dcm. 17; Val. Max. vi, 1, 11).
2. Ce nom fut aussi donné en matière
civile à un clerc ou secrétaire c[ui assis-
lait un magistrat (Codex Theodos. 7, 4,
32).
CORNICULUM. Diminutif de CoRNU,
toute petite corne; mais, dans un sens
plus particulier, ornement confciéparle
chef aux soldats qui le méritaient, comme
marque de distinction (Liv. x, 44). Il
avait , à ce qu'on suppose , la forme d'une
corne, et il était porté sur le casque pour
supporter l'aigrette, comme la figure à
main gauche de la giavure ci-jointe, d'a-
près un bas-relief; ou bien il était atta-
ché aux côtés, comme dans la figure à
CORNU,
193
main droite , prise d'une peinture de
Pompéi.
CORNU, CORMSou CORNITM (xs-
pa:). Dans le principe, corne d'un animal;
puis nom donné spécialement à divers au-
tres ohjets , ou faits de corne , ou ressem-
blant à une corne ; par exemple :
1. Lanterne de corne (Plaut. ÂmpIi. i,
1, 188; voy. Laterna).
2. Huilier, fait de corne ou d'une
corne (Hor. Sat. ii, 2, Gl ).
3. Entonnoir fait d'une corne (Virg.
Georg. m, 509). Yov. I>fi>dibclum.
4. Corne à boire (Calpurn. Ecl. x, 48 ;
Plin. H. N. XI, 45) ; dans l'origine, faite
d'une simple corne,
mais, par la suite,
de différents mé-
taux auxquels on
donnait cette for-
me. Quand on bu-
vait, on tenait la
corne au-dessus de
la tète, puis on lais-
sait la liqueur couler dans la bouche par
un petit orifice pratiqué à l'extrémité
pointue, comme on le voit par la gravure
ci-jointe, prise d'une peinture de Pompéi.
5. Partie du casque, qui n'était qu'un
ornement ( Liv. xxvii, 33 ; Virg. Mn.
xn, 89). Voy. Cormcclum.
6. (iràXiiiY^ ffTpoyYv/Ti). Grande trom-
pette, faite dans l'origine de corue,
mais plus tard de bronze (Varro, L. !.. v.
transversale (pii servait à deux fins, pour
lui conserver sa forme et pour aider le
trompette à la tenir solidement quand il
s'en servait, comme on le voit par la gra-
vure au mot CORMCEN. Le spécimen ci-
joint est pris de la colonne Trajane.
7 . Corne d'une lyre {testitc/o),e\, comme
il y en avait deux, une
de chaque coté de l'ins-
trument , on se sert du
pluriel avec plus de pro-
priété (Cic.iV. Z).ii, 59).
Elles étaient quelquefois
réellement faites des cor-
nes de ceitains animaux,
notamment de celles de
l'antilope sauvage (Herod.
IV, 192) , qtii semblent
être représentées dans la gravure ci-
jointe, tirée d'une peinture de Pompéi.
8. Jrc, fait également de cornes d'a-
nimaux réunies par tme pièce centrale,
comme on le voit par le spécimen ci-joint.
pris d'un vase d'argile. Dans ce sens, on
se sert à la fois du singulier et du pluriel
(Ovid. iMet. V, 333; Virg. Ecl. X, 59;
Suet. Nero, 39).
9. Extrémités d'une vergue à laquelle
on attache une voile carrée : on se sert
117 ; Ovid. .Met. i, 98), avec une barre
du pluriel, parce qu'il v en avait deux
(Virg. ^«. III, 549; V,' 832).
10. Ce mot était aussi employé au plu-
riel pour désigner les ornements attachés
à chaque extrémité du liàlon sur lequel
on enroidait un ancien livre ou volume,
de la même façon qu'on le pratique en-
core pour les cartes, le voimne s'avau-
çant de chaque c'ôlé au delà du bord du
rouleau. On ignore le caractère piécis de
ces cornes, et en quoi elles différaient des
umbilici ; on n'a rencontré aucun ob-
jet qui corresponde à ce nom dans les
nombreux manuscrits découverts à Her-
194
CORPÎC COPI^.
culanum. Il est clair cependant (Ovid.
Trist.i, 1,8,etTiljiill.Iii,3, 13) que tous
les livres n'eu étaient pas ornés, mais
seulement ceux qui étaient arrangés avec
un goût et une élégance plus qu'ordinai-
res. Comme le cylindre auquel les cornes
étaient fixées était attaché au bout du
rouleau , l'expression ad corniin est em-
ployée pour signifier la fin (Mart. XI ,
107 ). Comparez Umbilicus.
CORNU COPL'E (xe'pofç 'AixaXÔeîa:).
Corne d' abondance , symhole composé de
la corne à l'oire primitive (CORAU, 4),
remplie de grains et de fruits, pour indi-
quer les deux espèces d'a-
liments essentiels à l'huma-
nité; de là vient que les
poètes en font souvent le
symhole du bonheur, de la
couforde et de la foitune
(Plant. Pseiid. II, 3, 5;
cf. Hor. Epist. I, 12, 29;
Od. 1, 17, 15). Le spéci-
men ci-joint est pris d'une
lampe en terre cuite, où il
accompagne nue image de la Fortune.
C0h0LLA('7T£:paviay.oç). Dimiuulifde
CoROKA, qui, dans un sens généial ,
signifie toute sorte de petites couronnes
ou guirlandes ( Prop. Il, 34, 69; Calull.
63, CC), mais ([ui, dans un sens plus par-
ticulier, désigne une guirlande de fleurs
artlfic'icllts , faite de laclnres minces de
corne et peinte de différentes couleurs
pour imiler les teintes qu'on préférait :
ou la poitait pendant l'hiver (Plin. H.N.
XXI, 3).
COROLLARIUM. Ce mot était aussi un
diminutif de CoRO'A ; mais il désignait
plus spécialement une légère guirlande
faite de feuilles minces en métal , cou-
vertes de feuilles d'argent ou d'or, que
les Romains avaient l'habitude de donner
en présent à leurs acteurs favoris (Plin.
H. N. XXI, 3; Yarro, L. L. v, 17 8).
CORONA (iTéçavo;, xopwvîi;). Cou-
ronne ou guirlande faite de fleurs, de
feuilles , etc., réelles ou artificielles, por-
tée comme ornement sur la tèle , mais
non pas comme une couronne, dans le
sens que nous attachons à ce mot, c'est-à-
dire comme emijlème delà royauté; car,
chez les anciens , un diadème {diadema)
tenait la place de la couronne moderne.
11 y avait une grande variété de ces cou-
ronnes : on les distinguait par la différence
de la matière ou par le dessin sur lequel
elles étaient faites, et on les employait
principalement comme récompense de la
vertu publique ou comme ornement dans
les fêles. C'est sous ces deux divisions que
les principales coronœ sont énumérées
dans les paragrajihes qui suivent.
1 . Corona triumpltalis. Couronne
triompliale ; il y en avait trois espèces
différentes : (1) Guirlande de feuilles de
laurier sans les baies (Aul. Gell. V, 6, 1 ;
Plin. H. N. XV, 39 ) , portée par le géné-
ral pendant sou triom-
phe, ainsi qu'on le voit
dans le buste ci-joint
d'Antonin, d'après une
pierre gra\ée. Comme
on estimait que c'était
la plus honorable des
trois, on l'appelait ex-
pressément laurea insi-
gnis ( Liv. VII, 13).
(2) Couronne d'or, imi-
tant les feuilles du laurier, et tenue
au-dessus de la tète du général pendant
le triomphe par un officier public ( ser-
vus publicus , Juv. X, 41), nommé à
cet effet , et de la manière qu'on voit dans
la gravure ci-joiule , prise d'un bas-relief
de l'arc de Titus , qui représente cet em-
pereur sur son char de triomphe , dans le
triomphe que lui mérita la conquête de
Jérusalem, et une figure ailée de la Vic-
toire , faisant poétiquement l'office de l'a-
gent public. (-3) Couronne d'or, de valeur
considérable, mais simplement envoyée
au général auquel avait été décerné un
triomphe (Plut. Paul. ^niil. 34), par les
différentes provinces; aussi est-elle ex-
COBONA.
195
pressément nommée /'/•o?'/«c/'a^/i(TeituIl.
Coron. Mil. 13).
2. Corona ovalis. Guirlande de myrte
portée par un général qui avait obtenu
l'honneur d'une ovation (Aul. Gell. V,
6; Festns, s. r.).
^. Corona oleag-ina. Couronne de feuil-
les d'olivier, donnée aux soldats aussi
bien qu'à leurs chefs, et récompense
de ceux dont le concours ou les conseils
avaient fait olitenir un triomphe, quoi-
qu'ils ne fussent pas eux-mêmes présents à
l'action (Aul. Gell. v. G).
4. Corona ohsidioiialis. Couronne de
gazon et de fleurs sauvages, d'où son
autre nom de graminea (Liv. viii , 37 ).
Elle était faite sur le lieu où une armée
romaine avait été assiégée, et offerte par
cette armée au chef qui était venu à sou
secours et l'avait délivrée. Quoique aucune
n'eût moins de prix par elle-même , elle
était regardée comme la plus honorable
de toutes les récompenses militaires et la
pins difficile à obtenir (Aul. Gell. V, G;
Festus , s. V.; Plin. xxii, 4 ).
5. Corona civica. Couronne civique ,
guirlande de feuilles de chêne avec les
glands, offerte an soldat romain qui,
dans une bataille,
avait sauvé la vie
d'un camarade et
tué son adversaire.
Dans l'origine , elle
était offerte par le
camarade délivré;
plus tard , elle le
fut par l'empereur
(Plin. H. N. XVI,
3; Aul. Gell. v, 6; Tac. Ann. XV, 12).
La gravure ci-jointe est prise d'une pein-
ture de Pompéi , et représente mi jeune
guerrier orné de la couronne civique.
6. Corona muralis. La
couronne murale, déco-
rée des tours et des tou-
relles d'un rempart, et
donnée comme prix de
la valeur au soldat qui
escaladait le pjemier les
murs
(Liv
Gell. V, G). On connaît
le caractère de cette couronne par les re-
uiaii le pj-emier les w^ i
d'une ville assiégée \ V
XXVI, 48; Anl. '^.V^:^
présentations de la déesse Cjbèle, à qui
elle est attribuée par les poètes et les ar-
tistes comme symbole de sa suprématie
sur les cités de la terre ( Lucret. Il , G07-
GIO; Ov. Fast. iv, 219). Le spécimen
e^t pris d'un bas-relief trouvé dans un
sépulcre près de Rome.
7. Corona.castrensis on vallaris. Cou-
roinie d'or, ornée de palissades (rallum)
et donnée au soldat qui les avait escala-
dées le premier et qui avait frayé un che-
min pour j)éuélrer dans le cami) de l'en-
nemi (Aul. Gell. V, 6; Val. Max. I, 8, G).
11 n'en existe pas de spécimen authen-
tique.
8. Corona classica, naval is on ?-os-
trata. Couronne d'or faite pour imiter
les éperons des vaisseaux [rosira) et of-
ferte à l'amiral qui
avait détruit une flot-
te einiemie, et peut-
être aussi au matelot
(pii avait clé le pre-
mier à l'aJjordage
tl'un vaisseau enne-
mi (Paterc. Il, 81 ;
Virg. A^rt. Vin, 684;
Plin. H. N. XVI, 3
et 4; Aul. Gell. V, G).
Elle est représentée dans la gravure ci-
jointe, sur la tête d'Agrippa, d'après une
médaille de bronze.
9. Corona radiata. Couronne décorée
fout autour de rayons en saillie , et attri-
buée proprement aux
dieux on aux héros déi-
fiés; de là vint c|u'elle
fut généralement prise
par les em])ereurs ro-
mains ou par quelques
autres personnes qui se
paraient des attributs de
la divinité ( Stat. Tlieb.
1 , 28). On en voit le ca-
ractère dans la gravure ci-jointe, où elle
est portée par Auguste, d'après une des
pierres précieuses de Marlborough.
10. Corona pactilis, plectilis ou plexi-
lis. Guirlande de fête , portée simplement
comme ornement sur la tête et composée
de fleurs naturelles avec les feuilles atta-
chées atix tiges par lesquelles on les en-
trelaçait , comme ou le voit dans la gra-
196
CORONAMDS.
Mire ci-joiute, qui représente la persou'
niiication du Prin-
temps d'après un
bas-relief en mar-
bre ( Plin. Hiator.
Natur. XXI , 8 ;
Aul. Gell. XVIII,
2; Plaut. Baccli.
1, 1, 37 ).
1 1 . Corona suùl'is. Guirlande d'orne-
ment pour la tète , faite de fleurs déta-
chées de leur tige et cousues ensemble.
C'était celle que por-
taient les Sal'ù dans
leurs fêtes , et d'abord
elle était composée de
fleurs de tout genre;
mais plus tard elle le
fut seulement de ro-
ses : on eu choisissait
les plus belles feuilles
et on les cousait en-
semble ( Plin. H. JS. _
XXI, 8). Elle est représentée dans la fi-
gure ci-jointe sur la tète d'une impéra-
trice romaine, d'après une pierre gravée.
12. Corona natilltia. Guirlande de
laurier, de lierre ou de persil, que les Ro-
mains avaient l'habitude de suspendre à
la porte d'une maison où un enfant venait
de naître , de la même façon que les Hol-
landais V mettent une rosette de ruban
en pareille occasion (Bartholiu dePuerp.
p. 127; cf. Juv. Sat. IX, 85).
13. Corona longa ( "jt:o6'j;aiç, OttoÔu-
ixiaç). Longue guirlande ou feston de
fleurs pendant sur
le cou et sur la poi-
trine , de la même
façon que le rosaire,
qui en tire probable-
ment son origine ,
puisque le rosaire
est encore appelé la
corona par les Ita-
liens modernes ;
mais chez les Grecs
et les Romains il
semble avoir été plus particulièrement tm-
ployé comme ornement de fête pour déco-
rer les maisons ainsi que les personnes(Ov.
Fast. IV, 738; Cic. Leg. n, 24). La gra-
vure ci-jointe est prise d'une^sculpture en
ivoire de la galerie de Florence; on sup-
pose qu'elle représente M. Antoine dans
le costume d'un compagnon de Bacchus :
c'est tiait pour trait la description que
Cicéron fait de Verres avec une couronne
sur la tète et une guirlande an cou : Ipse
autem coronam hahehat unam in capite,
altérant in collo (Verr. Il, 5, 11).
14. Corniche, ou membre saillant dont
on se servait pour décorer les murs, soit
pour en couronner le haut , soit pour
faire des divisions d'ornement sur la sur-
face (Vitruv. V, 2; vu, 3, 4; Plin. H.
N. XXXVI, 59).
15. Membre particulier de la corni-
cfie qm couronne un entablement au-des-
sons du toit ; il est encore appelé par les
architectes la couronne. C'est ce membre
particulier qui a une face large et plate;
il est placé entre la sima recta au-dessus
et le crmatium ou filet au-dessous, du mi-
lieu duquel il s'avance avec hardiesse
(Vitruv. IV, 3, G). Les architectes romains,
différents en cela des nôtres, semblent
n'avoir pas eu de mots pour exprimer
collectivement tous les membres dont une
corniche est composée; par conséquent
ils ne regardaient pas la corniche comme
une partie de l'entaJjlement qui foimàt
un tout , mais comme plusieurs membres
distincts, qui sont toujours énumérés sépa-
rément, tels que sima, crmatium in sum-
mo , corona , cymatium in imo : toutefois
Hésvchius se sert du grec xopwvt: dans un
sens collectif, équivalent à notre mot
corniche.
CORONARIA. Femme qui fait des
couronnes et des guirlandes (Plin. H. N.
XXI, 3). Voy. la gravure suivante.
CORONÂRIUS. Qui fait et vend des
guirlandes, des festons ou des couronnes,
eu fleurs réelles ouartificielles (Front, ad
CORONATUS.
197
M. Cies. Ep. I, 6 ; Pliu. H. N. XXIV, 2G).
La gravure est prise d'une peinture de
Pompéi, et représente des génies mâ-
les et femelles occupés à ce travail.
2. Aurum coronar'ium. Somme d'or
envoyée par les provinces à un chef pour
faire la cfluronue d'or du triomphe (Cic.
Pis. 3Î). Voy. CoRONA, 1 (3).
3. Optis coro/iarliim. Ouvrante en
stt/c employé pour décorer les corniches
(Vilruv. vii, G. Voy. CoRONA, 14 et 15).
CORONATUS (<TT£9avn?6poc). Qui
porte une guirlande ou nue couronne.
Voy. les figures au mot CoRONA.
2. Décoré de guirlandes ou de festons;
dans ce sens le mot coronatus s'applique
aux choses, comme aux vaisseaux ( Ôv.
Fast.w, 135); aux autels (Prop. Iii, 10,
19) ; au hétail (Prop. m, 1, 10 ; iv, l ,
21).
CORRIGIA (Ijjià:, (TcpaipwTYip ). Cor-
don de soulier el lacet de brodequin (Cic.
Div. II, 40) ; on les faisait c[ueIcjuefois de
peau de chien (Pliu. H. N. XXX, 12).
Nos siiécimens sout pris de peintures de
Pompéi.
CORRUGIS. Lilléralement ride; on
applique aussi ce mot aux plis d'un vê-
tement ample {sinus corrugis , Nemes.
Crneg. 93), qui apparaissent quand on le
serre avec une ceinture (voy. les figures
du mot CoRONARiL'S), ou aux plis irré-
gidiers et transversaux qui se forment
quand on jette une portion du vêlement
sur l'épaule au lien de la laisser pendre,
comme on le voit dans la figure du mot
CoiVTABULATIO.
CORS.tl. Filets ou moulures dont on
se servait pour décorer la face intérieure
d'un pied-droit de porte en marl)re (Vi-
truv. IV, (i). Voy. la gravure du mot
Antepagmentum.
CORTINA. Vase profond et circulaire,
ou chaudron , dont on se servait pour
faire houillir de la
viande , fondre de
la poix (Plin. H.
N. XVI, 22 ) , faire
de la couleur (id.
XXXV , 42) , sans
compter plusieurs
autres usages aux-
quels sa forme et son caractère le ren-
daient propre : quand on le plaçait sur le
feu il était élevé sur un tré|)ied ou sup-
porté par de grosses pierres qu'on met-
tait dessous (Plin. H. N. XVXVI, G5). No-
tre spécimen est pris d'un original trouvé
à Pompéi.
2. (oXfxo?, xO/c^o:, ÈTtîÔrijxa toÛ xpî-
Txocio:). Couvercle placé sur le chaudron
ou la partie creuse
du trépied de Del-
phes (Virg. ^n. VI,
347; Prudent. A-
potli. 50G , tripodas
cortina tegit; Jul.
PoWux , X , 81 ), sur
lequel la prêtresse
s'asseyait pour rece-
voir l'inspiration di-
vine et prononcer
ses réponses. Il avait la foi me d'im ilemi-
glohe, et il est fiéquemmenl représenté
de cette façon par les sculpteuis, seul
sur le sol aux pieds d'Apollon; mais,
quand il est placé sur ce chaudron , les
(leux ensemJjie forment un glolje com-
plet, comme on le voit par la gravure,
prise d'tui has-relief d'ini autel de la
Villa Borghèse. Dans l'original, le cor-
beau consacré à Apollon est perché au
sommet; dans un des vases d'Hamil-
ton , on voit Apollon lui-même assis sur
le chaudron sans couvercle, et, dans un
autre, sur un couvercle comme celui que
nous donnons.
t98
CORTINALE.
CORTTUS.
3. Autel en forme de trépied, fait de
marbre , de bronze ou de mé-
taux prérieux , destiné sou-
vent à èUe j)résenlé romme
offrande dans les lemples des
dieux , et conservé aussi com-
me meul)le d'ornement daus
les m lisons des grands et des
riches (Piin. H. N. xxxiv,
8; Suet. Jug. 52; cf. Mart.
XII, Gfi). La gravure est
prise d'un original en marbre du Vati-
can.
4. Voûte ou plafond de la scène dans
un théâtre, ainsi nommé à cause de sa
ressemblance avec le couvercle d'un tré-
pied, n" 2 (Sever. .£^?. 294).
CORTINALE. Cave où le vin nouvelle-
ment fait était réduit par la ciiissan dans
des chaudières , ct»/'//«a° (Columell. I, G,
19).
COlîTINULA. Diminutif de Cortina
( Ammian. xxix, 1 ).
CORVL'S (vtopa?). Nom donné à plu-
sieurs machines emplo}ées sur les vais-
seaux et dans la guerre, et dans l'attaque
ou la défeuse des places fortifiées; elles
étaient ainsi appelées, soit à cause de la
ressemblance de leur forme avec le bec
d'un corbeau , soit à cause de la manière
dont on s'en servait , et qui rappelait le
corbeau fondant d'en haut et emportant
sa proie : par conséquent, on peut tra-
duire ce mot par ceux de grue, grappin,
pince, suivant les passages oii il se ren-
contre (Quint. Curt. IV, 2; IV, 4; Vi-
truv. X, 19).
2. Instrument Iranchantdont on se ser-
vait daus les opérations de chirurgie, et
dont la lame avait la forme d'un bec de
corbeau (Celsus,vil, 19).
COHYC.-EL'M. Pièce daus le gymnase
ou les bains considéraliles comme les
Thermes de Rome; elle était faite pour
qu'on y jouât à une espèce particulière de
jeu qui consistait à pousser et à repous-
ser à coups de poing un large sac (xfôpv-
xoc) suspendu au plafond, et rempli de
graines, de gousses d'olives, de sou ou de
sable (Anilnll. ap. Oribas. Coll. Med.
G; Vitruv. v, 11 ).
COUVMRIUM. Perru(pie arrangée
comme le corymlms (Petr. Sut. 110, 1 et
5); mode expliquée dans l'article suivant,
n" 2.
CORYMBUS (y.ôpua6oç). Bouquet Je
haies de lierre ou de loiUe autre esjièce de
fruits qui poussent égidemenl en grappes
de forme conique ; j)uis guirlande faite
avec les feuilles et les grappes du lierre,
dont les anciens se
servaient comme d'iui
ornement de fêle en
plusieurs occasions,
mais qui était surtout
approprié à Bacchus
et à ses compagnons,
comme dans la gra-
vure ci-jointe; elle
est tirée d'un huste
de marbre qui , à ce qu'on suppose, re-
présente Ariane (Tibidl. l, 7, ^5; Prop.
n, 30, 39; Juv. vi, 52).
2. Manière particulière d'arranger les
cheveux, propre surtout à l'ancienne po-
pulation d'Athènes (Heradid. ap. Alheu.
xn, 5; cf. Croby-
LUS ) , et , dans cette
population , aux fem-
mes (Schol. ad Thu-
cyd. l. G). Elle con-
sistait à relever les che-
veux tout autour de la
tète et à les réunir en
pointeau sommet; on
les atlachail alors avec
un bandeau , et ils res-
semblaient pour l'aspect général à une
grappe de baies de lierre , comme on le
voit par la gravure, prise d'un bas-relief
grec en marbre. Quand la chevelure était
trop longue et trop abondante pour être
attachée d'une façon aussi simple , on la
fixait en un arc double sur le haut de la
tète, comme dans la statue bien connue
de l'Apollon du Belvedèi e , et dans un
buste de Diane du musée Britannique.
Dans Cicéron {adJtt. xiv, 3), le mot
Corrmhus est un nom propre tiré de
l'habitude d'arranger ses cheveux de la
manière que nous avons décrite (Ernesti,
Clav. Cic. s. 1'.).
3. Ornement élevé à l'arrière d'un vais-
seau (Valer. Place, i, 27 2) ; le terme pro-
pre est Aplustre. Voy. ce mot.
CORYTUS (ywpuTo;). Proprement et
COTHCRNUS.
19t)
exaclement , étui d'arc (Serv. ad Virg.
.■En. X, Ififi), par opposition au can[iiois
pour les Hé' lies [pltare-
Ira); quoique le même
cini fut (pieUpiefois em-
plQ\é |)()ur porter l'arc
et les lli'(lies, qiianl il
est (lisliiigiié |iar une éjii-
tliète caractéristique {sa-
g ttiferi coin ti, SU. Ital.
XV, 7 73). Nous donnons
un spécimen des deux es-
jièces de con tus dans la
gravure ci-joiute, qui représente le simple
étui d'arc d'après un vase d'argile, et ce-
lui (|ui contient l'arc et les flèches d'après
une pierre gravée.
COS (àxovri). Pierre à rasoir, pierre à
aiguiser ou pierre à rémouleur, que l'on
luimectail d'eau et d'huile (Plin. H. N .
XXXVI, 47) et qu'on faisait marcher par
le mécanisme dont on se sert encore main-
tenant. La figure ci-jointe, prise d'une
pierre gravée, représente Cui>idon aigui-
sant ses flèches sur une pierre de rémou-
leur, exactement comme Horace le dé-
crit {Od. II, 8, 15 : ardentes acuens sa-
gittas Cote cruentà).
COSMETiï. Femmes de cliamhre, es-
claves qui devaient assister à la toilette
des dames romaines et aider à habiller
et à parer leurs maître«ses fjuv. Sat. vi,
499; Heindorf. ^^Z Hor. Sat.i, 2, 98).
COTHUHNATLS. Qui porte le co-
thurne, comme on l'explique et le montre
au mot suivant.
COTHURM'S (x^eopvoc). Haut brode-
quin, grec d'origine, porté d'hahitudepar
les chasseurs. C'était un brodequin de
cuir, enveloppant tout le pied (de là
cot/turno calceatus, Plin. H. N. vil, 19)
et la jambe jusqu'au mollet (Serv. ad
Virg. Mn.i, 337; Herod. vi , 125);
il était lacé par devant , avait des revers
au haut et était remarquable en ce que,
contrairement à l'habitude des anciens
pour leurs chaussures , il n'avait pas de
pied droit et de pied gauche , mais était
fait avec une sandale droite {solo perpe-
tuo, Sidon. Apol. Carm. il, 400) : de
cette façon, chaque brodequin allait in-
différemment à l'un et à l'autre pied {utri-
ijue apluspedi, Serv. r/c^ Virg. fSucol. VII,
32). De là vient qu'on se sert fréquem-
ment de ce mot au singulier, tandis que
les calcei et les autres chaussures formant
la |)aire se rencontreiil le plus souvent au
pluriel. Toutes ces particularités sont très-
visibles dans la gravure, qui représei.te
sur une plus grande échelle les brode-
quins portés par un chasseur d'oiseaux
dans la gravure du mot Auceps.
2. Brodequin de même genre, mais orné
avec plus de soin , qui est attribué par les
artistes grecs à quelques-unes de leurs di-
vinités , particulièrement à
Diane, à Bacchus et à Mer-
cure, et par les artistes ro-
mains à la déesse Roma et
aux empereurs, comme signe
de divinité. 11 était porté par
Marc-Auloine , quand il se
parait du cothurne et des
attriiiuts de Bacchus (Vell.
Paterculus , H , 82) ; mais les Romains ne
le portaient pas comme une partie or-
dinaire de leur costume, car Cicéron
(Pliil. III, G) s'élève contre rinsolenced'un
Tuditauus qui paraissait en pulilic cum
palla et cotliurnis. La gravure offre un
spécimen d'un cothurnas de cette nature,
pris d'une figure de marbre de la déesse
Roma.
3. Les poêles romains se servent aussi
200
du mot cothurnus pour traduire le grec
èvôpo|xî; (Voy. Endromis , 3). C'est de
cette manière qu'il est emplojé par Vir-
gile {ALn. I, 34 1), iNémésieu [Cyiii'g. 90),
et Sidoine Apollinaire {Carm.M, 400), qui
décrit minutieusement rèvopofjiîi;, mais
non le colluirnus,
4. Brodequin porté par les acteurs tra-
giques sur la scène (Virg. Ed. viii, 10;
Servius, ad /.) : il avait une semelle de
liège épaisse de plusieurs pouces pour ac-
croître leur taille (Juv. Sat. vi , G33) et
leur donner im air
plus imposant; par
extension , ce mot
signifie un style su-
blime et relevé.
Pour cacher la vue
désagréal)le d'une
telle chaussure, les
acteurs trag q les
portaient toujours
de longues robes
qui touchaient à
terre, comme on le
voit par la gravure
ci-jointe, prise d'un
bas-relief en marl)re de la villa Albaui cpii
représente une compagnie d'acteurs ; l'ar-
tiste y a laissé les cothurni découverts
pour qu'on ne se trompât point sur le
caractère de l'aclein-.
COTICULA. Diminutif de Cos : pierre
de touche, pour éprouver l'or et l'argent
(Plin. H. N. XXXIII, 43).
2. Petit mortier fait de la même es-
pèce de pierre dure que celle dont on se
servait pour les pierres à rasoir et les
])ierres de rémouleur (Plin. H. N. XXXI,
45; XXXVII, 54; Isidor. Orig. iv, II).
COTTABUS (/.oTTaêo:). Jeu, sicilien
d'origine, et amusement favori des jeunes
gens d'Athènes après le dîner. On le jouait
de différentes façons plus ou moins com-
pliquées ; mais la manière sini|)le et ordi-
naire consistait à jeter le dernier coup
d'une coupe de vin dans un large vais-
seau de métal ou sur le plancher ; le
joueiu" prétendait reconnaître la sincérité
lié l'affection de sa maîliesse au bruit par-
ticulier que faisait le vin en tombant; de
là ce mot est aj)pli(pié à des sons de même
espèce , mais produits avec d'autres ins-
truments, par exemple, par un fouet
(Plaut. Trin. IV, 3, 4).
COTULA ou COTYLÂ (xorar,). Pe-
tite mesure de capacité, contenant un
demi iextnrius (Mart. Ep. VIII ,71). Elle
était surtout employée par les médecins,
et avait une échelle graduée tracée sur
les cotés, comme celles dont se servent
les ))harmaciens en Angleterre; on la di-
visait eu douze parties égales, dont cha-
cune était appelée itncia, 1 once.
COVINARIUS. Qui combat du haut
d'un char de guerre de l'espèce appelée
coviniis (Tac. ylgr. 35 et 36).
COVINUS. Char de guerre employé
par les Belges et les anciens Bretons , et
dont on ignore la forme précise; tout ce
qu'on sait , c'est qu'il était armé de faux
et probablement recouvert (Mêla m, G;
Lucan, 1,420; SU. Ital. xvii, 417).
2. Voiture de voyage, adoptée assez
tard par les Bomaius, d'après le modèle
du char des Belges, et que menait, comme
on peut l'induire d'un passage de Martial
{Ep. XII, 24), non pas m\ corher, mais
le maître du char, assis à l'intéiieur. Dans
le même passage, le coviuus est aussi dis-
tingué de la corriica et de Vessedum ,
mais sans détails.
CRATER (xpxTr,p). Vaisseau d'une
grande capacité, contenant du vin et de
l'eau mêlés, dont on remplissait les verres
à boire qu'on passait ensuite à chaque
con\ive; car les anciens buvaient rare-
ment leur vin pur (Nonius, s. v.; Ovid.
Fa.'.t. V. 522; Viig. ALue'id. i, 728).
On le faisait dedixerses matières, depuis
la poterie juscpi'aux métaux juécieux, et
(le différentes formes, suivant le goût tie
l'aili-te, mais toujours avec nue laige
ouverture, comme dans le spécimen ci-
joint, d'après un original eu bronze dé-
201
couvert à Pompéi. Au moment du repas,
011 l'apportait dans la salle à manger et
ou le plaçait par terre ou sur un pied :
alors l'échaiison {pincerna, podUator)
eu prenait la liqueur mêlée avec une
cuiller {cyatlius), il remplissait les coupes
(pociila, calices, etc.) et les passait aux
convives. Dans les repiésentatioiis de Ijau-
((iiets grecs (voy. les spécimens an mol
(loMlSSATlo) , le crater est placé sur le
sol an devant des tables. Une sculpture
en ivoire d'une scène de bacchanales
(Biionarotli, Med. p. 451) le représente
également à terre , taudis qu'un génie ailé
\ verse du vin d'une ampliora. Dans nu
bas-relief en marbre, représentant un sujet
seml)lal)le (Bartoli, ,^(/w. p. 45), un Faune
remplit le cratère de la même façon en y
' versant le vin d'une outre (uler).
i 2. Cratère d'un volcan (Pliu. H. A\
III, 14; Lucret. vi , 702), produit par
les cendres et autres matières vomies en
l'air de l'ouverture du volcan et relom-
bant tout autour; elles foiment ainsi na-
turellement un i)as.sin |)i'ofoud et circu-
laire par letpiel oui lieu les éruptions.
CRATES (tapToc). Caisse a c/ai re-
voie : support, châssis ou panier, fait de
claies on pareil à une claie, et par ex-
tension claie, objets employés par les an-
ciens de différentes façons , comme ils le
sont encore chez nous (Varro, Calo, Co-
lumell. Virg. Hor. Ca;s. etc.)
2. Même sens que Carnaricm (Ju-
ven. XI, 82).
3. Su/> crate necari. Etre exécuté
sons la claie , supplice extraordinaire au-
. quel les Romains eurent quelquefois
recours (Liv. i, 51; iv, 50). Le con-
damné était placé sous une claie et
écrasé sous le poids des pierres dont on
la chargeait (Plant. Pœn. v, 2, G5).
CRATICIUS. Fait de claies ou à la
façon d'une claie. Voy. Paries, 1.
CRATICULA (tappiov). Diminutif de
Crates : dans un sens plus spécial, gril
(Cato, R. R. 13, 2; Mart. Ep. xiv, 221).
Le spécimen ci-joiut est pris d'un mo-
dèle en bronze trouvé dans une tombe
de Pœstnm , mais sans la poignée , qui est
restaurée dans la gravure d'après un
spécimen semblable, peint sur un sépul-
cre de l'ère chrétienne placé le long de
la ) 7(7 tihiirtiiia (voie de Tibiir ou Tivoli).
CREAGRA (/.pEàypx). Mot grec lati-
nisé (Marc. Cap.). Le terme latin est
Harpago. Voy. ce mot.
CREMIUM (^pûyavov). Petit bois ou
fngot à brûler, employé spécialement
dans les fours de boulangers (Columeli.
XII, lU, 3; LIp. Dig. 32, 35).
CREPICULUM , CREPIDULUM ou
CREPITULUM. Ornement pour la tète,
porté parles femmes. Ce nom venait, à
ce que l'on suppose, du bruit qu'il faisait
à cha([ne mouvement de la personne qui
le portait ; mais on ne sait à cet égard
rien de précis, et les leçons sont douteu-
ses (Festus, s. 1'.; Terlûll. de Pall. 4).
ChEPlDA (/.ç-ritti:). Ce mot est tra-
duit d'habitude ^d,\' pantoufle , ce (\\\\e\\
donne une idée
très - imparfaite
et fort inexacte.
La crepida con-
sistait en une se-
melle é|)aisse aux
bords de laquelle
était fixée une pièce de cuir étroite, qui
ne couvrait que le coté du pied, mais qui
avait en haut nu certain uoml)re d'œil-
lels {aiiiw). On y passait une courroie
plate (amentunï) qui l'attachait aux pieds
comme dans la gravure ci-jointe, tirée
d'un marbre grec. Quelquefois encore
des brides [ansœ) seulement étaient fixées
aux bords de la semelle , comme dans le
spécimen ci-joint, pris aussi d'une sta-
tue grecque; on
passait par ces
brides Vomeii-
tiim et on l'en-
trelaçait sur le
cou-de-pied jus-
qu'à la cheville
en formant dif-
férents dessins de fantaisie. La crepida ap-
partenait projiremenl au costume national
des Grecs; elle était adoptée par les deux
sexes et considérée comme la chaussure
qu'on devait porter avec le pallium et la
202
CBEPIDARIUS.
CREPITES.
chlamys : en conséquence , sur les vases
grecs tt autres œuvres d'art , quand les
ligures sont vêtues des halîits ci-dessus
nommés, et ne sont pas pieds-nus comme
dans le st \ le héroïque , leurs pieds sont
communément couverts de chaussures du
même genre que celles dont nous avons
donné un spécimen iHor. Sat. i, 3, 127 ;
Pers. I, 127; Liv. xxix, 19; Suet. Tih.
13; Aul. Gell. xiii, 21, 3).
2. Crepida carbaii la. V. Carbati>'A.
CREPIDARIUS. Ouvrier dont le mé-
tier était de faire des crep'ulse (Aul. Gell.
XUI, 21).
CREPIDATUS. Portant des chaussures
du genre de celles qu'on appelle cre-
pidsp.; elles appartenaient proprement
aux Grecs , et ils les mettaient avec la
cluamrs ou le paltium (Cic. Pis. 38 ;
Suet. Dom. 4; \ov. Crepida .La statue
bien connue de l'Apollon duBehédère,
qui a la chlamys sur sou bras gauche, en
fournira un sjrécimen.
CHEPIDULA. Diminutif de Crepida.
Mot spécialement emplo\é pour les chaus-
sures que portaient les femmes (Plaut.
Pers. IV, 2, 3).
CREPIDO y.pr.it!:). Toute base élevée
siir laquelle d'autres choses sont édifiées
ou reposent; telles sont les hases d'un
temple , d'un autel , d'un obéli.>que , etc.
(Pliu. H. N. XXXTI, 14; cf. Cic. Urat.
67).
2. Mur bâti comme rejjord ou jeté le
long d'une rivière, d'un port ou d'un
bassin, pour former un quai, auquel on
amarrait les vaisseaux et sur lequel on
embarquait ou on déi)arquait les passa-
gers ou les marchandises (Cic. Ferr. il,
5, 7; Quint. Curt. IV, 6; V, 1).
3. Trottoir ou chaussée élevée pour
les piétons, des deux côtés d'une route
ou d'une rue romaine (Juv. v, 8; Petr.
Sat. 9, 2). La gravure représente une
rue de la ville de Pompéi , avec sa chaus-
sée et son trottoir.
4. En architecture, membres saillants
d'une corniche ou d'autres ornements
dans un édifice.
CREPITACULUM. Petit hochet avec
des sonnettes, pour produire
un bruit vif à chaque mouve-
ment ; en particulier, hochet
d'enfant (Quint. IX, 4, GG ;
Capell. I, 4; cf. Lucret. v,
230 , qui se sert du diminu-
tif crepitacilliim). Le spécimen
ci-joint représente un original
trouvé à Pompéi.
2. Martial [Ep. xiv, 54) et Apulée
(Met. XI, p. 240) donnent le même nom
au sistrum égvptieu , qui n'était qu'un
autre genre de hochet on de crécelle.
Voy. le mot Sistrum et la gravure.
CREPITUS digitoriim ou concrepare
digitis). Claquement des doigts en près-
i;
saut fortement le bout du ponce (de là
pollex argutus, Mart. vi, 89) contre le
doigt du milieu; geste emj)lo\é par les
anciens pour donner un signal qui attirât
l'attention (Cic. Agr. Il , 30), parlicnbè-
rement pour appeler leurs esclaves (Petr.
Sat. 27, 5; Mart. Ep. xiv, 19; m,
CBEPtJNDtA.
CRIMS.
203
82) ; et , en général , comme marque d'in-
ditïérence méprisante. Cette dernière ex-
pression est celle de la figure que nous
donnons , et qui représente un Faune
ivre, d'après une statue trouvée à Her-
culanum. Il semble qu'il s'écrie : « Man-
ger, boire, prendre du bon temps, tout
le reste ne vaut pas ce claquement de
doigts ! »
CHEPUNDIA {anipyoLva). Jouets cl' en-
fants, consistant en plusieurs objets de
petite dimension, comme des hocliets,
des poiq)ées,de petites épées,de petites
haches , etc. , et autres jouets semblables à
ceux qu'on donne aux enfants d'aujour-
d'hui. Les Grecs et les Romains compre-
naient encore sous ce nom de petits objets
du même genre, qu'ils étaient dans l'usage
d'attacher au cou de leurs enfants
(Plant. 3IiL V, G) comme oinenients ou
amulettes, et aussi pour servir à recon-
naître ceux qui étaient exposés ou mis en
nourrice (Plant. Vist. i\, 1, 13; Cic.
Brut. 91; Soph. 0£d. T. 1035). Plante
en éniniière plusieurs (Rucl. iv, 4, 111-
Xld; Epid.y , 1, 34), et on en voit aussi
un certain nombre au cou d'une statue
d'enfant du musée Pio-Clémentin, repro-
duite dans la gravure ci-jointe ; ils sont
du même genre que ceux que cile Plante,
à savoir : une demi-lune [litnula) an
haut de l'épaide droite; puis luie hache
à deux tranchants [securicula aiicipes) ;
puis lui seau {situla argenteola) ; une
sorte de Heur qu'il ne meuiionne point ;
une petite épée (e/isiciilus aureulus);
une petite main [manicalo); puis une
autre demi-liuie; nu daiqihiu, au lieu de
la petite truie {suciila) , que donne
Plante. Les mêmes objets reviennent en-
suite.
CRETA. Même sens que Cai.x et
LiNEA ALBA (Pliu. H. N. vni,G5).
CRIBELLUM (xoexxîviov). Diminutif
de
CRIBRUM (xôaxivov). Crible o\\ tamis
fait de parchemin percé de trous ou de
crins de cheval , de fil , de papyrus ou de
joncs entrelacés , de manière à laisser des
interstices entre chaque repli. Les Romains
j>assaienl leur farine
dans deux espèces de
tamis, appelés res-
j)ecti\ement excusso-
ria et pulliuaria ,
dont le dernier don-
nait la fleur de fari-
na, nommée pollen.
Les tamis de crins de cheval turent faits
la première fois par les Gaulois , ceux de
toile par les Espagnols; ceux de pap\rus
et de jonc par les ÉgjiXiens (Pliu. H.
vV. xviii, 28;Cato, R. R. 76,3; Pers.
Sat. 3, 112). Notre spécimen est pris
d'un bas-relief de la coloiuie Trajane-
CRINALE. Large peigne de forme
convexe {cumini , Ovid. Met. y, 52),
fait pour s'adapter au der-
rière de la tète , où on le
plaçait pour tenir les che-
veux tombants, comme
on le voit par la graviu'e
ci-jointe, prise d'une pe-
tite figure de bronze qui
représente nue des Sabi-
iies dans les bras d'un sol-
dat romain ( Guasco ,
Délie Ornatrici , p. 69). On comprendra
que les longues mèches de cheveuv ont
(piitlé leur place à cause de la violence
de la lutte dans laquelle les personnages
ont été engagés. Ou peut remarquer que
les femmes de Rome et du voisinage por-
tent encore un peigne du même genre,
qu'elles a|)pellent spicciatojo.
CRIMS (fjpî$'. Toute sorte de poil;
parliculiereuient chevelure, surtout che-
\eliue dans sa grandeur et sou état natu-
rels, c'est-à-dire ni coupée ni arrangée
avec art. De là crinis pansus , cheveux
épars, qu'on laisse [)eirlre dans toute
leur longueur, comme c'était l'habitude
204
lies femmes de l'antiquité, quand elles
étaient frappées d'au grand malheur
(Liv. I, 13, et voir la gravure du mot
Pb.CFIC.î) ; cri/lis spanus, cheveux qui
s'échappent de la tète d'une façon dé-
sordonnée , comme chez les personnes
engagées dans un exercice violent ou
poussées par une passion furieuse (Ovi I.
Met. I, 542 et la gravure au mot Bac-
cha).
CRINITUS. Qui a des cheveux longs
et flottants qu'il laisse pendre dans leur
longueur naturelle, comme les figures
données aux mots ACERSECOMES et Ca-
MILLUS (Ennius, ap. Cic. Acad. Il, 28 ;
Mari. En. xil , 49).
CRISTA (/.6ç!o:). Aigrette d'un cas-
Îfue attachée à un cimier élevé {npes) au
laul du casque (Virg. JEn. xil, 8'J; Liv.
X, 39; Pliu. H. A. vu, 57). Voper et
la crisia sont quelquefois com|-.ris tous
deux sous ce dernier terme ; mais la dif-
férence réelle des deux mots est celle
que nous avons indiquée. La gravure ci-
jointe présente les spécimens de trois
casques romains , avec leurs aigrettes en
plumes, d'après un groupe apj)artenaut
dans l'origine à l'arc de Trajau , et placé
maintenant dans l'arc de Constantin près
du Colisée. Les aigrettes grecques étaient
plus ordiuairement eu crins de cheval ,
toule la queue tomhant par derrière
comme un ahri pour la nuque et le dos,
ainsi qu'on le voit par la figure à main
gauche, d'après un vase d'argile : il y
avait quelquefois trois aigrettes pour un
seul casque, comme dans la figure à
main droite, prise d'une statue de Mi-
nerve.
CRISTATUS. Ce mot, appliqué aux
casques, distingue ceux qui étaient mu-
nis d'une aigrette {crista) du casq\ie sim-
ple (cudo) , qui n'avait ni cimier ni aigrette
(Liv. IX, 40; Ov. Met. viii,25). Com-
parez les gravures précédentes avec celle
du mot CcDO.
CRODYLUS (xiwg-:).o: et xpJ.g-jÀo:).
Ce mol iudif[ue une manière particulière
d'arranger les cheveux , qui appartenait
aux anciens hahitauts d'.\thenes (Thucvd.
I, fi) et à quelques nations harhares
[crohrlos barbarorum , TertuU.^ ^""S-
veland. 10). Elle consistait à relever
les cheveux tout autour de la tête depuis
les racines et à
les attacher en
nœud ou avec un
bandeau au som-
met. La même
mode était com-
mune aux deux
sexes chez les
Grecs; mais le
mot croby/tij s'ap-
pliquait spécialement aux hommes, et
corimbus aux femmes (Schol. ad Thu-
cyd. loc. cit.). Cependant Thucydide et
Héraclide de Pont {ap. Athen. xil, 5)
emploient les deux mots y.po'>ouÀo; et
x6ou|J.êo; comme des termes sjnonvmes
et désignant tous les deux la coiffure des
hommes. C'est une assertion sans fonde-
ment que d'avancer, comme l'ont fait
quel([ues interiirèles, que cette mode
était particuiieie aux personnes âgées.
Thucydide, ncoiitant les progrès du
goût chez les Grecs en ce qui concernait
les vêtements et les mœurs, remarque
que certaines hahitudes anciennes, et en-
tie autres celle du crubrlus, n'avaient été
aijandonnées que depuis peu de temps
par les vieillards. Comme la vieillesse est
205
toujoiirsTennemie du changement, elle est
la dernière à adopter de nouvelles mo-
des. Pliisieni's se rappelleront dans noire
Eui'ope motlerne nu t'ait senil)lal)le à celui
que cite Thtic}(lide: queUpies vieillards
coutinnèrent à porter des queues, long-
temps après que les autres hommes y
avaient renoncé. Les artistes grecs don-
nent souvent une coiffure de ce genre à
Apollon, à Bacchus et aux jeunes gens;
elle ressemble à celle de notre spécimen,
pris d'une figure d'enfant en bronze
trouvée à Herculanum. La disposition
des cheveux ne se montre pas ici d'une
manière assez distincte; mais dans le mo-
dèle on recomiail clairement (pi ils sont
relevés et attachés de la même façcu
qu'on le voit, avec pins de nellelé, dans
la ligure de femme au mol Cokvmbus.
CiiOCOTA ( xpoxajTov ). Robe riche
couleur de safran , ou vêlement de gala
poilé i)ar les femmes grec((ues aux Ôio-
u^ysiaques, et emprunté à la Giece par
les dames de Home (Nonius, s. o.,-
Plant. Fragni. op. Non. v. Slrophiuni),
par les prêtres de C} Ijcle (Apul. Met.
Vill, p. 172), et aussi par qneUpies fats
qui dans leurs vêtements affectaient de
se rappiocher du costume des femmes
(Cic. Harusj). Restons. 21).
CROCOTULA (xpoxr„Tiov). Diminutif
du mot précédent (Plaut. Epid. 11,2, 4'J;
Virg. Calalecl. V, 21 ).
CROTALILxM (xpoxdXtov). Littérale-
ment, pelile crécelle; nom de fantaisie
par lequel les dames romaines désignaient
un pendant de boucles d'oieilles quand il
était fait de deux perles ou plus, eu for-
me de poires [elenclii], assez grosses pour
produire un bruit et un craque-
ment aigus ( comme celui du cro-
talum ) fpiaud elles étaient heur-
tées l'une contre l'autre par les
mouvements de celle cpii les por-
tait (Petr. Sat. G7, 'J; PHn. H.
N. IX , 50). Le spécimen ci-joint
représente un modèle de boucles d'oreilles
trouvé à Pcmpéi.
CROTALISTHIA. Femme qui joue des
crotala (Prop. IV, 8, 39). Voy. la gra-
vure suivante.
CROTALUM (■/.p6Ta),ov). Sorte d'ins-
trument de musique employé spéciale-
ment dans le culte deCyhèle (Apul. Met.
VIII, p. 170) , et dont on se servait fré-
quemment aussi potir accomjiagner la
danse (P. Scipio ap. Macrob. Sat. il, 10;
Virg. Copa , 2). Il consistait en deux
cannes fendues, ou deux pièces creuses
de bois ou de métal , réunies ensemble
par vme poigLiée droite , comme on le
voit par la ligure à main droite de la gra-
vure ci-jointe, prise du pavé en mosaiVpie
d'une tombe trouvée dans les fouilles de
la villa Coisini. Quand on en jouait, ou
tenait un de ces crula/es dans chaque
main, et on les faisait claquer avec les
doigts, de manière à produire nu bruit vif
et rapide comme celui des castagnettes,
ainsi qu'on le voit par la ligiue île femme
de la gravuie, tirée d'un bas-relief de la
villa Borghèse.
CHL'CIARIUS. Criminel exécuté sur
une croix {rrii.t), où on l'a pendu (Petr.
Sat. I 12, 5 : ciuciani parentes delrajcc-
runt peitdeiitem) ; par extension, coquin,
comme nous disons gibier de potence
(Apul. Met.\, p. 215).
CRIICIFIXUS. Ou, écrit en deux mots,
cruci firus , cloué à la croix, de la façon
que nous entendons par le mot crucifié
(Quint. VII, 1,3; PUn. H. N. viii, 18).
CRUMENA ((BaXavTiov). Poche de cuir
pour porter de l'argent ; on la suspendait
au cou par une courroie (Plaut. Âsin. m,
3, 07; Trucul. III, I, 7); elle tombait
ainsi sur le devant de la personne ou
derrière elle; de là vient que Ballio, dans
Piaule {P^eud. I, 2, 38), dit à 1 esclave
de marcher devant pour ipi il puisse avoir
l'œil sur la crumcua qui pendait derrière
12
206
CRCPPELLARIUS.
lui. C'est de l'usage de porter ainsi son
argent que vient Texpression grecque [Sa-
).avTioT6(/.oc, équivalente à notre locution
coupeur de bourse. La gravure ci-jointe
est copiée sur une figure d'une lampe en
bronze.
CHLPPELLARIUS. Mot celtique em-
ployé par les Gaulois ))our désigner une
classe particulici'e d'hommes qui com-
battaient comme gladiateurs, revêtus des
pieds à 1^ tète d'une armure complète
(Tac. Aiin. I, 43; Lampri 1. ^lex. Sev.
5G). Les hommes ainsi armés étaient ap-
pelés catap/iracti ou dibauarii par les
Perses , et cruppellarli par les Gaulois.
Vo}. la graviire du mot Cataphracti.
CRUSMATA ou CRUMATA (y.poO|j.ata
ou xp&ùijixaTa), castagnettes ; dans l'an-
tiquité comme aujourd'hui , elles étaient
attril)uées spécialement à la nation espa-
gnole (Mart. Ep. vi, 71); cependant les
femmes de Grèce et d'Italie jouaient aussi
des castagnettes, comme le prouve la gra-
vure ci-joinle, prise d'un vase d'argile,
ainsi qu'un has-relief du musée du Capi-
tole (m, 3G), on une femme est repié-
seutée avec le même instrument dans la
main droite et le scabillum sous son
pied gauche.
CRUST.^. Figures ou images en bas-
relief appliquées sur la vaisselle , par
opjiosilion aux emblemata, qui étaient
en haut-relief (Cic. Ferr. u, 4, 23; Paul.
Dig. 34, 2, 33).
CRUSTARIUS. Artiste qui dessinait et
modelait des crusfx pour la vaisselle
d'or et d'argent (Plin. //. A\ xxxili, 65).
On les vendait à Rome dans des bouti-
ques appropriées à cette branche de com-
merce et appelées crusfariae tabernx
( Festus, s. i>. ).
CRUSTULARIUS. Qui fait et vend des
cru.'tula (Sen. Ep. 56).
CRUSTULUM. Diminutif de Crustum.
Petite pièce de pâtisseiie, comme une
tarte de pâtissier; on donnait surtout ces
friandises aux enfants (Hor. Sat. 1,1,
25; Juv. Sat. ix, 5, et Schol. Vet.
ad l.).
CRUSTUM. Fragment ou morceau
rompu de pain , de gâteau ou de pâtisse-
rie. De là le mot français croûte ( Hor.
Ep. I, 1, 78; Virg. ^'n. vil, 114).
CRUX. Une des machines dont se ser-
vaient les anciens pour punir de la peine
capitale les criminels el les esclaves. On
la faisait et ou s'en servait de deux maniè-
res différentes. Dans l'origine, c'était une
perche droite, se terminant eu une pointe
aiguë ( en grec (jiaypo;, oy.rA'i^), sur la-
quelle la victime était empalée, comme
ou le pratiq\ie encore dans l'Orient, châ-
timent indicpié [)ar l'expression in crucem
suffigere (Justin, xviii, 7 ; Hirt. B.Afr.
66), ou in crucem sedere (Mœcen. ap.
Senec. Ep. 101 ) ; mais, dans la suite, on
y ajouta luie pièce transversale de bois ,
comme dans notre croix, sur laquelle le
condamne était fixé avec des clous ou
attaché a\ec des cordes , puis abandonné
jusqu'à ce qu'il mourût : supplice ex-
primé par des expressions comme cruci
figere ou affige/e et autres semblables
( Tac. yinn. xv, 44 ; Petr. Sat. 111,5).
11 paraîtrait aussi, d'apiès d'autres jias-
sages (Plin. //. A''. X1V,3; pendere in
cruce , Petr. Sat. 112, 5), que les crimi-
nels y étaient cpielquefois pendus comme
à un gibet on à une potence.
CRYPTA (•/.pÛTttr, ou xpuTTxr, ). De là
vient notre mot en y/e , qui cependant ne
donne qu'une idée fort inexacte de l'ob-
jet que le même terme iiiéseutait à l'es-
207
prit des Grecs et des Romains. L'an-
cienne cnpia se rapproche surtout de
notre cloître, avec lequel elle avait la
plus grande ressemblance; c'était, en
effet, uue galerie longue et étroite, de
niveau avec le sol ( et non souterraine
comme on le suppose communément ) ,
fermée des deux cotés par des murs et
recevant le jour d'une série de fenêtres
praticp.iées dans un des miu's laléi'aux cpii
l'entouraient on dans tous les deux. Des
constructions de cette espèce étaient
souvent élevées comme édifices publics
pour la commodité de la population;
dans les campagnes des personnes ri-
ches (Senec. de Ira, m, 18); comme
dépendances de grandes maisons, ou
promenades réunies à un théâtre (Suet.
Cal. 58); très-communément encore,
comme nous l'apprenons par des ins-
criptions nombreuses (Muratori,//Mc/vy»/.
p. 481, 4; Reines. Syntagm. Inscript.
Il, 28), elles étaient réunies à un porti<iiif
ou colonnade ouverte. Elles procui-aieut
un asile agréable quand la chaleur ou le
mauvais temps renilaieut un abi'i souhai-
table pour une population oisive et amol-
CHALCI DIC U M
m Q Ea E3 g c3 !
B S) s El ^ □
lie par le luxe. Les prétoriens mêmes
avaient une cny>/<7 adjacente à leur camp
permanent de Home. Elle fut démolie
par les ortlres d'Adrien , quand il essaya
de réformer la discipline de ce corps
(Spart. Hddr. 10 ). La gravure ci-joinle,
avec celle qui suit, donneia une idée
exacte de la nature de l'ancienne crypte.
Elle représente le plan d'un éiiifice pu-
blic construit par la prêtresse Emachia
à Pompéi et consistant en une crypta,
un porliciis et un chalcid'tciim. Ces di-
verses parties de l'édifice sont énumérées
dans une inscription fixée sur la mu-
raille extérieure au-dessus de l'entrée
principale. Les trois corridors, ou cloîtres
marqués AAA, constituent la crypta. Ils
sont entourés de trois cotés par un mur
décoré de fresques; àrintérieur, on voit
les fenêtres qui ouvraient sur luie co-
lonnade voisine ( porticus ) , mar([uée
BBBB, qui, à son tour, enferme une large
area centrale C. Des restes considérai)les
d'une construction semblable se voient
encore sur l'emplacement de l'ancienne
Capoue, près de l'amphithéâtre; et on
trouvera un spécimen de ces cloîtres, an-
nexés à un théâtre, dans le fragment qui
contient le plan du théâtre de Pompéi,
au mot Theatrum.
2. Des cloîtres fermés, semblables pour
le dessin et l'emplacement à celui que
nous venons de décrire , entouraient or-
dinairement , au lieu de colonnades ou-
vertes, les cours intérieures des villas et
des fermes romaines, et servaient à con-
server le grain, les fruits, les produits
enfin qui demandaient à être préservés
de l'humidité sans être entièrement pri-
vés d'air. Aussi Vilruve . en tloiinant le
plan d'une villa modèle, recommande
fort sagement de construire des galeries
couvertes (crypise) dans l'intérieur des
fermes pour de tels produits , et de pla-
cer lesétables ainsi que les magasins pour
les denrées moins faciles à détériorer
dans la cour découverte du vestil)ule, l'es-
tilndum ( Vilruv. vi , 5,2; comparez
Varro, R R. I, 57). La figure ci-jointe
donne une vue des débris de la villa de
L. An ins Diomedes dans le faubourg de
Pompéi, et montre très-clairement le ca-
ractère et la nature des bâtiments qui en
208
CRYPTOPORTICUS.
CTESIBICA MACHINA.
dépendaient. A main gauche, il ne reste ! portion du premier étage de la villa. De
qu'une partie des fondations; mais l'aile là part un escalier, encore complet , qui
droite et le centre suhsislent presque en conduit dans la cnpta. Inquelle, comme
entier, et de plus on voit, derrière, une on ne manquera pas de le remarquer.
^jf piffln ntl f'^v^'i^^f-^y
n'est pas une' cave souterraine , mais un j
i)àtiment au niveau du sol , avec des fe-
nêtres ouvrant sur une cour carrée, en- j
lourée dans l'origine par les autres étages ;
bâtis au-dessus des cloîtres.
.3. Quand les fenêtres étaient fermées
avec leurs volets de l)ois, tout le corridor
ilevait former une voûte longue, étroile
et sombre ; de là vient que le mot crypta ,
dans un langage poétique et métapho-
rique , fut ti'ansporté, par une acception
dérh'ée, à des passages souterrains de
différentes sortes : ainsi le grand ê^oiit
qui traversait le quartier de Snburra et
continuait la Cloaca max'ima de Rome,
est appelé Cnpta Stihurrx (Juv. v,
tOG); le tunnel q>ii passe sons les ro-
chers entre Naples et Pausilippe, main-
tenant la grotte de Pausilippe, est appe-
lé Cnpta Neapolitana (Petr. Fragm.
î 3 ; Seneca , Ep. 67 ) ; et la cnpta de-
vant laquelle Quart illa offre son sacrifice
(Petr. Sat. Ifi, 3) peut se rapporter à
cette grotte ou à un cloître coutigu à sa i
maison et à ses jardins, comme ceux que I
nous avons décrits. |
4. Écurie pour les chevaux et les chars !
dans un cirque (Sidoii. Carm. xxill, ■
310). Voy. la gravure et l'article au mot
CAurK", 2. '
CPYPTOPOrîTlCrS. Terme toujours
emplosé par Pline le Jeune quand i! parle
d'une construction sembla! le à celle que
nous avons décrite au dernier mot. Il j
semble que c'était sevdement un synony-
me de cnpta, mais d'un sens plus éten-
du; on , s'il y avait nue différence réelle
entre les deux mots, c'est peut-être que,
lorsque la galerie avait des fenêtres des
deux côtés , comme c'était le cas dans
celles des villas de Pline , elle ressemblait
beaucoup à la colonnade { porticiis ) et
était en conséquence distinguée par le
nom de en pfoporticus; quand, au con-
traire , les fenêtres n'étaient que d'un
côté et qu'un mur nu s'élevait de l'autre,
comme dans les galeries que représentent
les deux gravures précédentes , il était
plus exact de la désigner simplement par
le nom de cnpta (Plin. Ep. il, 17, 16,
seqq.; v, G,"^ 27-28; Vil, 21, 2; IX,
3G, 3).
CTESIBICA MACHINA. Pompe fou-
lante à double action , inventée par Cté-
sibius d'Alexandrie , qui vivait du temps
de Ptolémée Évergèle ( Viiruv. ix, 8, 2;
Plin. ///v/. Nat. vil, 38), et construite
sur le même princijie que les pompes
à incendie de nos jours. La machine est
décrite au long par Viiruve (X, 7) d'après
les écrits de son inventeur, qui sont per-
dus maintenant; une ))ompe du même
genre, mais perfectionnée, probablement
d'après un modèle de Héi'on , élève de
Clésibius, fut découverte près de Civita-
Vecrhia au dernier siècle; mais, comme
elle ne contient pas toutes les parties ci-
tées par Yilruve , nous en avons donné
CTKSIBICA MAi:lll>A.
CIBITAI.
209
une représentation sous son nom grec
SiPïiO, où les parties qui la composent
sont explicpiées d'après la description de
Héron (voy. SiPHO). Ici nous ne donnons
qu'une figure conjecturale de la machina
Ctesibica, tracée par Perrault , d'après la
description de Vitruve; mais le lecteur
en comparant l'une et l'autre de ces ma-
chines se formera une idée exacte de leur
nature et des différences qui les sépa-
rent. Les parties citées par Vitruve sont :
catiiius,\e bassin A, dont Héron ne se ser-
vait pas : il employait à la place un tnl)e
dioit ( irtoXriv ôp6to:); modioli gemclli ,
B B , les deux barillets dans lesquels
jouent les pistons {regulse) correspondant
avec les ôûo tiuSIôs; de Héron ; embol'i
mascidi, deux pistons ( C C ) , les mêmes
que les È[a6o) e^: de Héron ; fistidx in fur-
cHlx figura, deux tuyaux qui se joignent
en forme de fourche, et qui, dans la
pompe de Héron , sont remplacés par un
simple tuhe horizontal (atDXviv) ; et px-
nula, la chappe (d) placée au-dessus du
bassin pour presser l'eau au pied du tuyau
élastique : Héron ne s'en est pas servi.
On comprendra facilement comment
fonctionnait cetlemachine. Elle était pla-
cée sur le réservoir, et on faisait jouer les
deux pistons ensemi)le , l'un descendant
pendant quel'autre montait :en s'élevanl,
le piston (c) tire une certaine quaniilé
d'eau par l'ouverture du i)as du cylindre
(b), qui est munie d'un couvercle mobile
(marqué par des ligues pointées dans la
gravure ) , lequel s'ouvre dès que l'eau
arrive , mais se ferme de lui-même dès
que le piston s'a!)aisse de nouveau ; et
cette pression chasse l'eau par le tuyau
en forme de fourche dans le catiniis (a)
dont le fond est muni , de la même ma-
nière, de couvercles mobiles au-dessus de
chaque tuvau, qui s'ouvrent et se ferment
lour à tour à chaque coup des pistons.
Ceux-ci, en se mouvant alternativement
en haut et en l)as , chassent l'eau avec un
courant continu par la. pxnul a (d), dans
nn conduit ou tuyau élastique qui est
(i\é en haut et d'une longueur détermi-
née.
CUBICULARIUS. Esclave dont le ser-
\ice était restreint aux différentes pièces
d'une maison romaine ( ciibicula) ; il se
tenait dans l'antichambre et annonçait
les personnes qui venaient visiter son
maître, etc. (Cic. Verr. Il, 3, i; ad
Att. VI, 2 ).
CUBICULUJI. Littéralement, chambre
munie d'un sofa ou d'tni lit; par exten-
sion, terme général qui désignait toutes
les ohandires ainsi meublées dans ime
maison particulière, qu'on s'en servît
comme cham!)res de repos ou comme
cham!)res à coucher (Pliu. Ep. I, 3, 1,
cuhicida nocturna et diiirna. Id. II, 17,
21 ; Plant. 3/ost. m, 2,7). Les Romains
avaient en effet l'habitude de s'étendre
sur des sophas pendant le jour, pour étu-
dier, prendre leurs repas, faire la sieste
et recevoir leurs amis.
2. Loge de l'empereur au cirque ou à
l'amphithéâtre; il s'y installait avec pom-
|ie pour voir les jeux (Suet. Nero, 12;
Plin. Paneg. 51 ) , au lieu de s'asseoir sur
le podium découvert ; ce qui était l'usage
dans des temps ou les mœurs étaient
plus simples.
CLIBILE (xotrr,). Toute place où l'on
se couche, lit on chambre où est le lit;
de là, dans nn sens plus particulier, lit
de mariage (Virg. jEn. VU!, 412; Eur.
Med. 151 ); chaml)re à coucher (Cic.
Cat. IV, 8 ; Suet. Nero, 25 ) ; et, comme
cuhitoriitm , l'une ou l'autre des petites
pièces dans uxie maison particulière, oc-
cupées d'habitude par le maître ou par
la famille (Plin. H. N. XV, 10, saluta-
toritim ; Pliu. Paneg. G3 , 3).
CUBITAL (uTraYy.(;)vtov). Oreiller ou
coussin sur lequel le coude repose quand
la figure est inclinée sur nn lit, comme
ceux dont se servaient les malades (Hor.
Sat. II, 3, 255 ) , ou les personnes qui
prenaient leurrepas sur une couche (voy.
12.
210
CIBITOUIA.
AcciBO). La giaMire représente une fi-
gure placée au haut d'un tombeau étrus-
que.
CUBITORIA. Sous-entendu restinienta
(Petr. Sat. 30, 11). Même seus que CoE-
NATORI.t restes.
CUCLLLIO. Diminutif de Cuccllcs
(voy. ce mot), exprimant une qualilé in-
férieure |)lutot que des dimensions moin-
dres ( Lampi id. Elag. 32 , cucullione
midiunico ; Capitol. Fer. 4, nmlgaritia-
torio; rf. Caio, R. R. 2).
CUCLLLUS. Feuille de papier roulée
en forme d'entonnoir dont se servaient les
apothicaireset autres marchands de Rome
pour envelopper les poudres et les dro-
gues achetées par leurs pratiques Mart.
Ep. m, 2), précisément comme font les
épiciers de nos jours.
2. A cause de l'analogie de sa forme,
capuchon attaché à quelques vêtements,
tels que la lacerna , le sngiim, la psenu-
la, etc.; on pouvait le tirer sur la tête,
qu'il couvrait alors comme un chapeau.
11 était porté communément par les es-
claves, les paysans, les pécheurs et le^
personnes que leurs occupations expo-
saient à l'intempérie des saisons; il res-
semlilait au capuchon des capucins et à
celui des pêcheurs de tapies moderne
(Cohmiell. xi, 1, 21 ; Mart. Ep. \i, 98
10; J.iv. VI, 118; Pallad. 1,43,4). La
première gravure est tiiée d'une peinture
de Pompéi repié.seutant un groupe
d'hommes du peu|)leqni hoivent dans une
taverne {caupona). Quand on voulait
découvrir la tète, on repoussait le capu-
chon en arrière; il retombait alors sur
la partie supérieure du dos, comme ou
le voit dans la seconde gravure , repré-
sentant iu)e autre des figiu-es du même
groupe. La première de nos gravures ex-
plique ce que Cicéron dit de M. Autoine
(Pliil. II, Z\), domum Tenit capite invo-
lulo, et la dernière , le caput apertiit du
même passage.
3. CiicuUus Bardaicus (Jul. Cap. Per-
tlnax, 8); même sens que Bardocccul-
LDS.
4. Cucullus Lihiiriiicus (Mart. in Lem-
male, XIA", 139); même sens que Bakdo-
CCCULLLS.
5. Cuctdlus Santanicus (Juv. vill, 1 45);
même sens que Bardoccccllcs. Le c«-
cu/iuj Saiitonicns tirait sou nom de la
ville de Saintes, oii s'introduisit l'art de
fabriquer ces objets, empruntés à l'Il-
l}rie.
CL'CUMA. Vaisseau dont on se servait
pour faire chauffer de l'eau et faire des
décoctions; il servait encore à d'autres
usages analogues : ou n'en peut détermi-
ner d'une manière précise ni la forme ni
la nature (Petr. Sat. 133, 5; 136, 2). Ce
mot cependant s'est conservé dans le lan-
gage usuel des Romains modernes, où la
CDCURBITA .
211
ciicuma signifie un vaisseau pour taire
chauffer de l'eau.
CUCURBiTA ou CUCURBITULA (xo-
XojcûvfJiQ, (Tt^cùa). Potiron oa gourde; de
là, ventouse, que les
anciens faisaient avec
ces fruits (Juv. Sat.
XIV, 58 ) aussi bien
qu'avec la corne ou
le bronze (Celsus, ii,
11). Notre spécimen
représente un mo-
dèle ancien de ventouse conservé main-
tenant à la bil)liotbcque du Vatican, et
pul)lié par Rbodius.
CUDO ou CUDON (xa-rauu?, ).itô;,
it£pixïcpà).orio:). La forme la plus simple
du castpie, consistant pu-
rement en une coiffe sans
cimier { apex ) ou aigrette
(ciista) : de là, âçaXoç te
xai âào-^oc, (Hom. //. x,
268) ; il était fait de cuir,
ou de jieau de bêles fé-
roces (Siiius Italiens, vili ,
493), et attaché sous le menton avec une
courroie (oxeOç). Ce genre de casque élait
porté par un certain nombre de soldats
romains armés à la légère (Polyb. VI, 22) ;
il est attribué à Diomède par Homère, et
on le voit fréquemment dans des repré-
sentations grecques de ce héros ; c'est
d'une de ces figures en bronze que nous
avons pris le spécimen.
CULCITA ( TÙ).Yi , (7Tp(j)|j,vYi). Matelas
pour lui sopha , une couche ou un lit ,
rempli de bourre, de laine ou déplume
(N'arro, L. L. V, 167; Petr. Sat. 38;
Cic. Tuic. m, 19; Seneca, £/). 87); il
était, par conséquent , quelquefois fort
doux , comme nos lits de plume , et d'au-
tres fois, comme nos matelas de laine et de
crin , assez dur pour ne pas prendre l'em-
preinte du corps qu'il portait (Seneca,
Ep. 108). La gravure ci-jointe est tirée
d'une peinture de Pompéi.
CULEUS on CILLEUS. Sac fort large,
fait d'une peau de porc ou de cuir, et em-
j)l()>é par les Romains pour le transport
du vin ou de Tluiile (Nepos, Eiim. 8;
Pliu. H. N. VII, 19;Cato, R. R. xi, 1),
comme on le voit dans la gravure ci-
jointe, prise d'une peinture de Pompéi ,
([ni montre la manière de transporter le
culeuf sur un chariot , de vider sou con-
tenu dans des vaisseaux plus petits (am-
p/iorx) , et qui indique pareillement com-
ment il était rempli ; c'est-à-dire par la
partie supérieure du col , qu'on liait en-
suite avec nue corde. Un sac du même
genre est encore employé en Italie pour
le transport et la vente de l'huile. La
grandeur de ce sac expliquei'a aussi un
antre usage auquel il servait chez les an-
ciens Romains : on y cousait les parricides
(C'ic.ad Q.Fr. 1,2,2).
2. Mesure de li([uides; la plus vaste
dont se servaient les Romains. Elle con-
tenait vingt rtw/;/(o/w, ou 536'-, 127 10, et
était particulièrement employée pour es-
timer le produit d'une vigne ou d'un plan
d'oliviers (Rhemu. Faun. de Pond, et
Mens. 8G; Varro , R.R.\,2,1).
CULIGNA (v.vliyyr,) . Vaisseau pour h'
vin dont on n'a pu déterminer la nature
(Calo, R. R. 134).
CULIXA. Cuisine (Cic. Fam.xx, 18;
Petr. Sut. 2,1; Seneca, Ep. 14). La gra-
vure représente un fourneau de cuisine
de la maison de Pansa à Pompéi , avec
quelques ustensiles de cuisine qu'on y dé-
couvrit quand on le trouva dans les fouil-
les, c'est-à-dire un couloir (colum), un
couteau de cuisine (cii/tcr coquinaris) el
212
CLLTELLIS.
lin ustensile pour préparer les oeufs (un
apalare, à ce qu'on suppose). Au-des-
sous est le plan d'une cuisine de la même
ville, dans la maison du questeur, qui se
compose des parties suivantes : immédia-
tement à main gauche de l'entrée il y a
un évier demi-circulaire (1), et à droite
un escalier (2) qui menait proijablement
aux magasins des provisions : en face de
l'entrée sont les restes du briquetage qui
formait le fourneau (3), construit de la
même manière que celui que nous avons
donné ci-dessus; attenant à cette pièce
est une autre petite chambre (4) qu'on
pourrait appeler arrière-cuisine, avec des
lieux d'aisance (5) tout à fait à l'extré-
mité; chose assez singulière, les commo-
dités se trouvent eu général à côté des
cuisines «les maisons de Pompéi.
CULTELLUS (iiayaipi;, payaîptov).
Diminutif de Ci'LTEr , employé presc[ue
dans les mêmes sens. Ce mot désigne seu-
lement des dimensions moindres dans
chacune des espèces de couteau ; mais le
cultellus n'est jamais si petit que noire
couteau de poche et notre canif (^cfl/o/v/w).
Juvénal désigne même par le nom de
cultellus un cuitteau à découper (Sat. v,
122; Ulpien,/)/^. 9, 2, 11), un rasoir
de barbier; et le cultellus d'Horace (Ep.
I, 5, 51) dont ou se servait pour tenir
les ongles en bon élat était le même que
l'instrument du barbier qui servait à cet
effet, comme le dit expressément Yalère
Maxime (m, 2, 15) : Ciilteluim tonsoriiim
quasi unguiuni resecaudorum cau.sa po-
poscit.
2. Cultellus ligneus. Coin de bois dont
le tranchant est plus affilé que le dos,
comme la lame d'un culter (Vitruv. vu,
3,2).
CULTER (liâ-yaipa). Nom donné par
les anciens à différents instruments em-
|iIo}és pour couper, qui étaient faits d'un
>eul tranchant, le dos un peu large, et
la pointe aiguë; tous servaient pour les
i;esoins du ménage et de l'agriculture,
mais non de la guerre, excepté quand on
parle des temps barbares et d'un assassin
plutôt que d'un soldat. Notre mot couteau
est peut-être la traduction la plus exacte,
mais le culter ancien ne désigne en gé-
néral dans les instruments que nous ap-
pelons couteaux queceux de la plusgrande
espèce. Nous énumérons ci-dessous les
principaux , avec les épithètes qui les
distinguent.
1 . Culter coquinaris . Couteau de cui-
sinier ou couteau de cuisine (Varro , ap.
Non. s. 1'.), servant à couper la viande.
La gravure est prise d'un modèle décou-
\ert dans une cuisine de Pompéi. Les
bouchers se servaient aussi d'un instru-
ment semblable pour le même usage
(Liv. III, .i8;Herod. ii , Gl).
2. Couteau employé par le cultrarius
dans un sacrifice pour couper la gorge de
la victime (Plant. Rud. I, 2, 45),
et par les bouchers à l'abattoir /
(Varro, R. B. il, 5, 11); il était
fiéquemment représenté sur les
bas-reliefs des sépulcres. C'est
d'un de ces bas-reliefs que nous
avons pris le spécimen ci-joint où
l'inscription Ccltrarii OsSAuous '^
garantit que nous avons le véritable in-
strument. Comparez la gravure du mot
CcLTRARius, oii l'on voit le couteau em-
ployé.
3. Culter venatorius. Couteau de chas-
seur, qu'il portait à une ceinture et avec
lequel il dépéchait sa proie quand il était
213
face à faceavecelle (PeU\ Sat. 40, 5; Suet.
^u". 10). 11 élait pareil à celui dont se
sei-vaieiit ceux qui comijaltaieut avec les
bêtes féroces île ranipliilhéàlre. Voy. la
première figure au mot Bkstiarius. Le
spécimeu ci-joiut est pris d'uue pierre
gravée.
4. Tranchant affilé ou partie plate de
la lame dans une serpette de vigneron
(faix vinitoria) qui, dans la gravure ci-
jointe, tirée d'un vieux manuscrit de Co-
lumelle, est placée entre le manche et le
croc du bout (Columell. iv, 35, 3), et
dont on se servait particulièrement pour
émonder et retrancher.
5. Cii/ter torisorius. Sorte de couteau
ou de rasoir dont les barbiers se servaient
pour raser (Cic. de Off. il , 7 ; Peir. Sat.
108, 1 1 ; Plin. H. N. Vil , 59). 11 est aussi
désigné par le diminutif cidtellus, et il
avait probablement une lame avec une
pointe faite comme celle du couteau de
chasse (n° 3) ; car on s'en servait pour
tenir les ongles en bon état (Hor. Ep. 1,
7, 51; cf. Val. Max. m, 2, 15).
6. Couteau fait d'os on d'ivoire pour
manger du fruit (Columell. XII , 45, 4) ;
il est appelé aussi cul tell us (Pliu. H. N.
XII, 54).
7. Contre à' wnt charme; fait comme
la lame d'un large couteau et placé verti-
calement au devant du soc {vomei , Plin.
H. i\'. XVIII , 48), comme le montre clai-
rement la figiu'e ci-jointe , prise d'une
pierre gravée.
8. /// culirum collocatus. Expression
technique dont sesei'vaienl les architectes
et les mécaniciens romains , quand ils
parlaient d'objets placés sur leurs colés
les plus petits ou sur leurs bords les |)lus
étroits. Ce mot s'applique à des briques
ou à des pierres placées de côté dans un
édifice , au lieu d'être placées de la fa^on
habituelle et de montrer leurs surfaces
les plus larges (Vitruv. x, 5). Lesllaliens
d'aujourd'hui emploient une métaphore
semblable, ^('/■co//<7/o, quand ils veulent
exprimer la même disposition.
CULTRARIUS. Assistant d'un prêtre
([ui officie : il immolait la victime dans
un sacrifice, en lui coupant la gorge avec
un couteau, culter, par opposition au
popa (\m l'abattait d'un coup de hache,
securis, ou de marteau , malleus (Suet.
Cal. 32; Inscript, ap. Grut. C40, 11).
La gravure ci-jointe, prise d'un très-beau
l)as-relief en marbre découvert à Pompéi,
représente une vieille femme et un faune
occupés à offrir un porc en sacrifice : la
première fait l'office de prêtre , et le se-
cond du cultrarius, qui coupe la gorge de
la victime.
CULULLUS.Suivantlesscoliastesd'Ho-
race, vase en poterie dont se servaient
les pontifes et les vestales dans les rites
de leurs sacrifices; ce mot s'employait
tians un sens général pour toute sorte de
vase à boire (Acron et Porphjr. ad. Hor.
Oc/. I, 31, 11; Hor. A. P. 434).
CUMEHA. Sorte de envier, de terrine
on de panier avec un couvercle convexe
dont se servaient les gens de la campagne
pour y conserver leur grain (Feslus, v.
Cumerum ; Hor. Sal. i, 1 , 53 ; Epist.
I, 7, 30, Acron. ad IL).
CL'MEUUM. Vase couvert ou peut-être
corbeille portée par le camillui , dans un
cortège de mariage (Varro L. L. VII, 34),
214
CUNABDLA.
et contenant les objets nécessaires (iiten-
sitin) à la fiancée (Fesliis, .v. t.).
CUNABULA. /iercenu d'enfant (Cic.
Div. 1 , 3(i ; Plant, ytmph.y, 1 , 56 ; Serv.
ad Viig. Ed. iv, 23; Arnold, adv. Cent.
iv). Noire spécimen est pris d'nn manns-
crit fort ancien de la Genèse, publié par
Lamhecins {Comment. Bibl. Cxs. lli,
29). On donnait
communément aux
berceaux anciens la
forme d'un auge ou
d'un bateau, comme
dans la gravure suivante; de là vient
qu'en grec ou emploie le mot r7xâ5r,
pour désigner le même objet ( Atheu.
XIII, 85).
2. Par extension, place dans laquelle
une chose vivante est née ; ville natale
(Prop. III, 1, 27); nid d'oiseau (Plin.
H. N. X, 51) ; ruche (\^irg. Georg.
IV, 06).
CUN^t. Même sens que CuxABULA.
(Cic. Div. I, 3G).
CUIS ARIA. Nourrice, qui berçait un
enfaut dans son berceau, le lavait à sa
naissance, l'enveloppait dans des lan-
ges, etc. (liiscript. ap. Grut. 311, 7;
comparez Mart. Ep. xi , 39). La gravure
est prise d'un bas-relief romain eu mar-
bre.
CUNEUS (T^rjv). Coin ; corps en bois,
en fer ou eu une antre substance, avec
un tranchant mince qui va toujours en
grossissant , dont on se servait pour
fendre (Virg. Gco/d'. i , 144), resserrer et
affermir (Cic. Tiusc.W, 10).
2. Quand on applique ce mot aux vais-
seaux (Ovid. Met. XI, 514), sa siguitica-
tion précise est douteuse. Quelques-uns
supposent qu'il désigne des pièces saillan-
tes de bois fixées aux côtés et au fond
d'un vaisseau pour le défendre contre les
rochers; d'autres, les bois de charpente
asseml)lés en forme de coin, comme ce
que nous appelons ferme diagonale , ou
de minces coins de bois introduits avec
de 1 éloupe dont on se servait pour cal-
fater les jointures (Scheffer, iMii. A'av.
1, G).
3. (xîpy.!:). Division de sièges (gradiu,
.•■edilia, suhsellia), dans un théâtre ou
un amphithéâtre (Vitruv. v, (5, 20 ; Suet.
-^ng. 44), comprenant les différentes ran-
gées de sièges contenus dans chaq\ie sé-
rie de gradins (nltenianum) entre deux
escaliers (scalie). La gravure ci-jointe, qui
représente inie partie de l'intérieur du plus
vaste théâtre de Pompéi , montre six de
ces ciinei ou divisions de sièges, tiois dans
la série de gradins iuférieure et trois dans
celle qui est au-dessus, avec deux étages
d'escaliers dans chacune, que descendait
le spectateur, quand il entrait par une
des portes [romitoria) du haut, jusqu'à
ce qu'il arrivât à la rangée particulière
du cuneus où se trouvait son siège. Ces
divisions de sièges étaient appelées coins à
cause de leur aspect cunéiforme ; car elles
étaient très-étroites au bas et allaient en
«'élargissant graduellement à mesure que
s'étendait le théâtre ; voy . les parties mar-
quées B sur le plan général au mot
Theatrum , 1 , où l'on en voit plus dis-
tinctement la forme.
4. Casier pour le vin on série de bancs
ou de tablettes s'élevaut l'une an-dessus
de l'autre comme les sièges d'un théâtre,
et sur lesquelles le vin était déposé pour
vieillir, après qu'où l'avait mis dans les
ampliorse, ou , comme nous dirious, eu
CCMCCLARII.
CURIA.
215
bouteilles (Catn, if. /f. 113; Ponledera,
Ciirse p'jst. ad t.).
5. Corps de soldats disposé en forme
de coin (Liv. xxii,47; Veg. Mil. ii\, 19).
CUMCULAHll. Sapeurs et mineurs;
on soldats qui s'introduisaient dans nne
ville par une mine, cuuicu/us (Veg. 31il.
II, 11 ; Ammian. xxiv, 4, 22).
CUiMCULATORES. Même sens que le
mot précédent (Luctat. in Stal. Thel>. ii,
418).
CUNICULUS (ÛTvôvoiio!;)- Tont passage
souterrain, mais plus particulièrement
mine, dans les travaux d'une campagne
(Veg. 1 , G; Liv. v, 21 ; Ammiau. xxiv,
4,21).
CUiNUL.Ï. Diminutif de Cun.e : es-
pèce de l)erceaii, petite ou commune (Pru-
dent. Cathem. VII, 1(J4; XI, 98).
CUPA (ya.'j'f.oô. Barrique on pipe, fai-
te de douves de bois (tabulx, Pallad. I,
38, 1) et serrée avec des cercles de fer
{circuit, Petr. Sat. GO, 3; Plin. H. N.
XIV, 27) , dans laquelle du vin , du vinai-
gre et autres liquides étaient gardés et
transportés de pface en place ; de là , iv-
num de cupa (Cic. Pis. 27) équivaut à
notre e\\neAi\oii,surtant du ton/ieau. La
figure ci-jûinle est tirée de la colonne Tra-
jaue.
2. (y.ti'jTir,) . Bloc deboisoblong, formant
une des parties composantes d'un trape-
tum ou machine à écraser des olives. Il
était fait d'orme ou de hêtre et percé an
centre pour glisser sur un large pivot de
fer (columella ferrea) , qui faisait saillie
au haut du cvlindre de pierre (miliarium)
de cette machine. Il servait à un double
usage : il formait ini billot pour recevoir
les extrémités des essieux , qui y sont in-
troduites dans la gravure, et sur lesquelles
les roues {orhes) étaient sus|)en(lues : en
même temps il leur |)ermettait de se mou-
voir circulairement autour de la cuve à
écraser (mortarium), en tournant autour
du pivot qui passait par son centre du
haut du c)lindre droit en pierre sur le-
t[uel il était placé. En coiisétpience, il
était revêtu de plaques de métal qui le
défendaient contre le frottement (Cato,
R. R. 21). Le spécimen ci-joint est res-
tauré d'après les débris d'un trapetum
découvert à l'ancienne Stabia; le l)ois en
a péri, mais les pla<(ues de fer étaient en-
core entières, ainsi que les portions des
deux essieux qui y étaient introduites.
La figure toutefois explique suflisamment
le sens du uom et pourquoi on l'appelait
ainsi; car le mot, dans son sens littéral,
signifie la poignée d' une rame (Diodor.
Sic. III, 3, et Agatli. cité par Wesseling
ad l.), à laquelle la cupa d'un trapetum,
comme on le voit par la gravure, ré-
pond assez bien. La |)lace qu'elle occu-
pait dans la machine et la manière dont
elle fonctionnait se comprendront mieux
si on se reporte à la gravure du mot
Trapetum, où elle est marquée 5.
CUPEDIA on CUPEDL^i. Friandises
pour la table (Festus s. v.; Plaut. Stich.
V, 4, 32.)
CUPEDINARIUS et CUPEDIARTUS.
Terme général comprenant tous les mar-
chands de comestibles choisis, comme la
volaille, le gibier, le poisson, etc. (Ta-
rent. Eun. II, 2, 25; Lamprid. Elag.
30). Le marché où ils avaient leurs bou-
ti([ues s'appelait Forum cupedinis (Varro,
L.L. V, 14G).
CUPELLA. Diminutif de CCPA, 1 (Pal-
lad. III, 25, 12; Apic. i, 2).
CUPLLA. Diminutif de Cupa, 1 (Ulp.
Dig. 33, G, 3) ; de CuPA, 2 (Cato, R. R.
21).
CURCUMA. Sorte de licou (\Vg. m,
33, 1; voy. Ducang. Gloss. grasc. et lat.
S.V.).
CURIA. Salle commune ou place dans
laquelle les corps, par exemple les curiie
des citoyens romains, se réunissaient pour
terminer leurs affaires ou acconqilir des
devoirs religieux; dans la suite, ce mot
s'appli([ua plus particulièrement à l'édi-
tice dans lequel le sénat romain se réu-
nissait pour délibérer. Il y en avait plu-
sieurs de la sorte dans la ville, distingués
par les noms de ceux qui les avaient dé-
216
diés, ainsi la curia Host'ilia, Julia, Pom-
peia ; mais le sénat se rassemblait surtout
dans la curia HostHia (Vari'O , L. L. y,
155; VI, 4G; Benecke ad Cic. Cat. iv,
1,2).
CURIO. Prêtre d'un corps (curia) ,
nommé pour accomplir les cérémonies
religieuses de sa corporation (Varro, L. L.
V, 83). Chacune des trente curix romai-
nes avait un curio qui agissait comme
chef de sa corporalion ; mais, de ces cu-
rions, un élait nommé entre tous, qui
avait la direction su|.rcme avec le titre
de Curio maximum (Paulus ap. Fest. i'.
Maximus; Liv. xxvii , 8).
2. Critur public (Mart. Epist. Preef.
Il; Trchell, Gallien. 2).
CUlilS. Mot sahin pour désigner une
lance (0\id. F(7.v^ il , 4 m). Yo). Hasta.
CUHHICL'LUM. Diminuiil de CuRRUS
(Cic. Hur. Re.sp. 10; Suet. Cal. l'J;
Ovid. Trist. IV, 8,30).
2. Course, ou espace parcouru par
chacjue char dans une couise à l'hippo-
drome des Grecsou au circpie des Romains
(Hor. 0</. I, 1, 3; Plaut. Trin. IV, 4,
CURRUS. Char romain ou voiture à
deux roues oii l'on entrait par derrière,
mais qui était feimée sui' le de\ant et
découverte. Elle était faite pour contenir
deux personnes, le conducteur et une
anti-e, toutes deux dehout, et elle était
tirée par deux, trois ou quatre chevaux,
et à l'ocrasion même par un plus grand
nomhre (Cic. Ovid. Virg. , etc.). Notre
spécimen est pris d'uu modèle, conservé
maintenant au Vatican; il est en bois,
mais couvert de plaques de bronze : quand
on le trouva, il était brisé en plusieurs
pièces qu'on a depuis rapportées et réu-
nies. INous en avons donné une vue de
face au mot Axis.
2. (ïpixa). Char de guerre dont se ser-
vaient les Grecs de l'époque héroïque : il
était construit comme le dernier, mais
plus léger; les côtés en étaient en treil-
lage an lieu d'être des panneaux, comme
le montrent de nombreux spécimens qu'on
trouve sur des vases d'argile. C'est d'uu
de ces vases, tiou\é à Sainte-Agathe, au-
trefois Saticula, que nous avons pris la
gravure ci-jointe.
3. Ciirrus Tolucris (irTiQvàv SpfJia).
Char avec des ailes attachées aux deux
bouts de l'essieu, que l'imagination des
poètes et des artistes ajoute aux chars
de Jupiter et d'Apollon (Hor. Od. I, 34,
8 ; V\ix\.o,Pheedr. p. 24G, E) : il est fré-
quemment représenté sur des vases d'ar-
gile, et nous avons tiré d'uu de ces vases
la ligure ci-jointe.
4. Currus Iriurnphalis. Char triom-
phal qui portait le général romain dans
sou triomphe. Il n'était pas ouvert par
dejrière comme le currus ordinaire ;
CUB80B.
CtSPIS.
217
mais il était complètement cirmlaire et
fermé tout autour Zonar. vi, 21), com-
me le montre la gravure ci-jointe, prise
d'une médaille de Vespasieu , et celle du
mot CoRONA , 1 , où l'on voit les person-
nes qu'il contenait. Ses panneaux étaient
aussi décorés de sculplurcs en ivoire
qui sont visibles dans notre spécimen :
de là vient qu'il est appelé le char d'ivoi-
re, currus eburneus (Pedo Albin. El. I,
333).
6. Charrue à roues , ou ce qui forme
proprement la voiture dans une pareille
charrue (Virg. Georg.i, 17 4). Vo)'. la
gravure du mot Cultiîr, 7.
6. Currus falcatus. Char de guerre
muni de lames de fer tranchantes on de
faux attachées à l'extrémité du timon et
de l'essieu, dont se servaient surtout les
nations étrangères. Plusieurs descriptions
de ces voituies sont venues juscpi'à nous,
mais ou ne les trouve repré,-.eiilées sur
aucune œuvre d'art ; par consécpieut la
manière précise dont l'arme offensive était
attachée nous est inconnue (Liv. xxxvil,
41; Cuit. IV, 9; Hirt. B. Alex. 75; Val.
Flacc. VI, 105).
CL'RSUR (ffxaôtE'j:, aTaôioSp&fjLo;).
Coureur qui fournit une course dans le
stade { Cic. r«.)c. ii, 23; Nepos , Mtlt.
4). On croit que la figure de femme don-
née au mot Stropiiilm, 1 , représente
une jeune Spartiate piépaiée pour la
course à pieil.
2. Jockev de course ( Ovid. Pont, m,
9, 2(j). Voy. Celés.
3. Piéton ou messager particulier qui
porte les lettres à pied ou à cheval
(Mari, m, 100; Suel. Ncru, 49). Ou
l'appelait plutôt Tabellarius. Voy. ce
mot.
4. Esclave employé par les hauts per-
sonnages pour précéder à pied leurs voi-
tures ; il ressemblait aux coureurs de
l'Europe moderne ( Senec. Ep'ut. 12G;
Mart. Ep. ni, 47, 14).
CUHIILIS. Epithele appliquée en gé-
néral à toute chose cpii se ra|)porle à un
char [currus) ; ainsi equus curulis , che-
val de trait (Festus, s. t.) ; trhtwphus
curulis, triomphe régulier, par op|)osi-
liou à l'ovation, parce que, dans le triom-
phe , le généi'al entrait dans la ville sur
un char; dans l'ovation , à pied ou à che-
val (Suet. Âug. 22; Til>. 9); ludi cu-
rules, les jeux du clique, où avaient lieu
les courses de char (Minucius Félix, 37) ;
sella curulis, chaise portative , que les
magistrats de Rome faisaient transporter
à leur suite; elle est décrite et figurée
au mot Sella.
CLSPIS (ilyar,). Pointe: mot employé
en général pour toute chose qui se ter-
mine en pointe, mais plus particulière-
ment pour désigner la tête pointue d'une
lance, d'un javelot ou d'uue javeline,
quand elle était sans dents, par opposi-
tion à spiculum, qui exprime une pointe
barbelée (Virg. Aln.xw, 5lO;Sil. Ital.
XIII, 1G7). La gravure ci-jointe représente
deux tètes de javelots romains de la
forme la plus usuelle , d'après des origi-
naux.
2. Pointe aiguë ou tète de lance , fixée
au haut des enseignes romaines
(Suet. Jul. G2 ) , que les poite-
drapeau convertissaient eu arme
offensive quand ils étaient sér-
iés de près dans la mêlée. Ou la
voit clairement dans la gi-avure
ci-jointe, prise de la colonne
Tiajane , où elle figure au-dessus
de l'aigle.
3. Pointe aiguë ou tète de lance fai-
sant saillie en luiut du thyrsus
^Catnll. G4, 257); ou la voit
di.iliuctement dans la gravure,
tirée d'une peinture de Pom-
péi , où elle est repiésenlée
au-dessus des feuilles (pii ter-
minent ordinairement le bois :
on comprend dès lors que la
peiutuie devait rappeler la fa-
13
218
CUSTODES.
CTUNDRtJS.
ble d'après laquelle Bacchus et ses com-
pagnons , dans certaines circonstances ,
convertissaient leurs thyrses eu armes of-
fensives en cachant une tête de lance dans
les feuilles (Macrob. Sat.i, 19).
4. Pointe d'une broche pour rôtir de
la viande ; par extension , la broche elle-
même, veru (Mart. Ep. Xiv, 221).
5. E\trémité pointue du trident de
Neptune, et , par extension, l'arme elle-
même, fascina, tridens (Ovid. Met. XII,
680).
G. Tube eu poterie employé dans la
culture des vignes, et appelé ainsi parce
qu'il était tranchant et pointu à une de
ses extrémités, pour pouvoir être en-
foncé dans le sol (Varro, R. R. I, 8, 4).
CUSTODES. Nom général donné à
ceux auxquels était confié le soin ou la
garde de certaines personnes ou de cer-
taines choses. Il était employé dans uu
sens plus spécial pour désigner les agents
qui faisaient l'office de scrutateurs dans
les comices. Leurs attributions consis-
taient à recevoir les votes [tabellie) quand
ils étaient tirés de l'urne du scrutin (cista)
par les diriùi fores, et à pointer le résul-
tat sur une tablette ; de là l'expression
d'Horace, omi/e tulit puncturn, etc. (Gic.
in Sénat. 7 ; Jgr. Il, 9 ; Varro, R. R.
III, 5, 18).
CYATHUS (xOaÔo;). Coupe munie
d'une anse, qui servait aux Grecs de
grande cuiller pour puiser dans
un cratère (crater) et remplir
les verres ( pocula, calices ) de
chaque convive; adoptée dans
la suite par les Romains égale-
ment à cet effet. Dans l'ori-
gine , le siwpulum était le seul vase
dont on se servît pour cet usage, tant à
table que dans un sacrifice ; mais, quand
le luxe et la recherche se développèrent,
ce dernier vase fut spécialement destiné
à faire des libations aux dieux, et le cya-
tlius ne ))arut plus que dans les banquets
(Varro, L. L. v, 124). Notre spécimen
est pris d'un original en poterie.
2. Petite mesure pour les licpiides et
les matières sèches , contenant le douziè-
me d'un sexlarius ( Rhemn. Fann. de
Pond, et Mens. 80; cf. Phu. XXI,
34).
CYB.-EA. Sorte de vaisseau pour les
transports, ou navire marchand de gran-
deur considérable (Gic. Verr.W, 4, 8;
II, 5, n) ; on eu ignore le caractère dis-
tinctif.
GYBIARIUS. Marchand de poisson sa-
lé (Arnob. Il, 70).
GYBIOSAGTES (xu6io<râxTriç). Mar-
chand de poisson salé; sobriquet donné
à l'empereur Vespasieu (Suet. Fesp. 19)
et à Ptolémée XIll (Strabon. xvii, 1,
11).
GYGLADATUS. Portant la cyclas,
partie du vêtement des femmes. C'était
une marque de mœurs fort efféminées
quand elle était adoptée par des hom-
mes , comme ce fut le cas quelquefois
pour l'empereur Caligula ( Suet. Cal.
52).
CY'CLAS (xuxXâç). Partie du vêtement
des femmes , consistant en une draperie
longue et ample, d'un
tissu tiès-fin, qu'on je-
tait autour du corps
comme le paUiuui , et
qui était assez large pour
envelopper, s'il le fal-
lait, la figure entière.
11 y avait tout autour
des bords de ce vête-
ment une bande de cou-
leur pourpre ou une
broderie d'or. C'est de
ce trait particulier que
vient , à ce que l'on
croit, le nom de cyclas (Serv. ad Virg.
JEneid. i, 182; Juv. vi, 259; Prop.
IV, 7, 40; Lamprid. Jlex. Sev. 41).
Tous ces détails sont parfaitement visi-
bles dans la gravure ci-jointe, qui repré-
sente Léda dans sa cjclas , d'après une
peinture de Pompéi.
CYLINDRUS ( y.ûXivSpoç). Rouleau
pour égaliser et condenser le sol dans les
travaux de l'agriculture et autres (Virg.
Georg. I, 178; Vitruv-. x. G). La gra-
vure donnée ici, d'après Fellow [P'oyage
de l'Asie Mineure, p. 70), représente
un rouleau fait du tronc d'un arbre et
destiné à être tiré par un animal. Quand
on l'emploie, il ne tourue pas sur lui-
même ; il est siuqilemeut traîné sur
le soi et pressé quelquefois par le poids
CVMBmitf.
219
du coiuliicteur qui s'y tient lieljout.
Comme la plupart des instrumeuts d'a-
griculture L'uiployés aujourd'hui dans
l'Orient conservent exactement le carac-
tère de leiu's modèles anciens, il est pro-
Ijable que des rouleaux de ce genre
étaient quelquefois employés par les
Grecs et les Romains : cependant les
cylindres tournant sur eux-mêmes com-
me les nôtres ne leur étaient certainement
pas inconnus (Columell. XI, 3, 34).
CYMATIUM (xufjâtiov). Moulure d'ar-
chitecture employée dans les corniches,
les frises et les architraves (Vitruv. m, 5,
10-12); le contour en est plein et (—
s'enfle au haut, puis s'affaisse au- '
dessous en un creux , sans faire d'angle,
comme l'ondulation d'une vague (xùaa.,
cjma ) : c'est de cette ressemblance que
lui vient son nom. On l'appelle en général
cymaise, mais les architectes la nomment
sima reversa pour la distinguer de la si'
ma recta dont le contour est en creux au-
dessus et plein au-dessous. Voy. SiMA.
CYMBA (xOiior,). Petit bateau employé
sur les rivières et par les pêcheurs ; il
s'élevait aux deux extrémités de manière
à former un creux au centre : de là vient
qu'il est distingué par l'épithète adunca
(Ovid. Met. I, 293) ou concava (Ovid.
jim. III, G, 4). 11 était ordinairement di-
rigé par uu seul rameur, comme dans no-
tre spécimen , tiré d'une ancienne pein-
ture romaine , ou par deux au plus : c'est
le uom qui est donné paiticulièrement à
la barque de Caron (Hor. Od. Il, 3, 28 ;
Virg. ALn. vi, 303).
CYMBALISTA (y.u[jLgaXi(j-criç). Homme
qui joue des cymbales {cymbala) de la
manière qui est représentée dans la gra-
vure suivante (Apul. de Deo Socrat. p.
685).
CYMBALTSTRIA ( v.xi^èol[axçii. ).
Femme qui joue des cymbales, comme on
le voit par la gravure, prise d'une pein-
ture de Pompéi(Petr. Sat. 22 ; Inscript.
ap. Grut. 318, 12).
CYMBALUM (y.O(j.ga)>ov). Cymbale :
instrument de musique , composé- de
deux demi-globes creux (Serv. ad Virg.
Georg. IV, G4; Lucret. Il, 619), en mé-
tal de cloche , avec un
anneau au sommet qui
permettait de les tenir
entre les doigts et de les
frapper l'un contre l'au-
tre avec les deux mains,
ainsi que le montre la
figure ci-jointe. Les cymbales servaient
particulièrement aux adorateurs de Cy-
hèle (Virg. /. c. ) et à ceux de Bacchus
(Liv. XXXIX, 8 et 10) ; et, comme on ne
les emploie que par paire , ainsi qu'on le
voit dans notre spécimen, pris d'une
peinture de Pompéi , le mot se met en
général au pluriel.
CY.MBIUM (x.jjAoîov). Vase à boire mu-
ni de deux anses (Apul. Met. xi, p. 239) J
il était appelé ainsi d'une certaine res-
semblance qu'avaient ses contours avec
la barque nommée cymba (Festus, s. -v.;
Macrob. Satunt. v, 21), comme le mon-
tre le spécimen ci-joint, tiré d'un original
220
CY>OCEPHALCS.
DABDANABIUS.
en bronze trouvé à Pompéi. On s'en ser-
vait qiielqiiefois pour mettiedu lait (Virg.
JEn. III, GC), et ou le faisait de métaux
précieux (Virg. JEn. v, 26") aussi bien
que de poterie f.Mart. Ep. viii, 6).
CY>OCEPHALUS ( xuvoxsça),o; ).
Espèce de singe dont la tète ressemblait à
celle d'un cbieu [Simia luuus, L. ). Il
était gardé comme animal consacré dans
les temj)lesd'lsis, et on le trouve fréquem-
ment représenté sur les sculj)tures et les
peintures égyptiennes (Cic.ac/^^/. VI, 1;
Plin. //. iV.viu, 80).
2. ^ télé de chien ; épithèle donnée au
dieu égyptien Auubis, qui est représenté
avec nue tète de chien (TerluU. Apol. G ;
Miuucius Félix, Octav. 22).
D
DACTYLIOTHECA(3axTyX'.o6r,xr,).En
géuéial, colleclion de pierres précieuses,
que les anciens, comme nous, avaient 1 ha-
bitude de recueillir et de garder dans des
armoires, à cause de leur pri\ et de leur
beauté ^Pliu. h. A. xxxvii, 5).
2. Ecriu pour des bagues; on les v
déposait quand on ne s'en servait pas ou
quand ou les otait de ses doigts pour la
nuit ( Mart. Ep. XI, 59 ; xiv, 123). La
gravnre représente une
boite en iyoire de cette
espèce, d'après un modèle
trouvé à Pompéi, ayec un
petit bâton droit au haut
du couveicle pour y ei:fi-
1er les jjagues , de la même façon qu'on
le voit faire aujonrd hui sur la table de
toilelle d'uue dame.
DADLCHL'S (ôaôoOyo:). Proprement,
terme grec qui siguilie un purtc-flani-
beau ; on s'eu sert spécialement pour dé-
signer celui qui, au ciutjuieme jour de-.
mNsleies d'Eleusis, conduisait les initiés,
avec nue torche à la main , au temple de
Cérès à Eleusis, eu mémoire des jours
où elle erra avec uue torche allumée pour
chercher sa fille Proserpine ( Front, ad
Verum Imp. ep. 1 ; luscript. ap. Fa-
bretli, j). 076, n'' 29).
D^EMON (ôa![j.uv . Mot grec, signi-
fiant un bon génie , qui, à ce qu'on sup-
posait , veillait sur chaque individu pen-
dant sa vie; il était traduit par les mots
latins Lar et Gemus; voy. ces mots
(Aj)ul. de Deo Sacral, p. 67 4 ; Cic. Uni-
vers. 11).
2. Chez les écrivains ecclésiastiques de
l'ère chrétienne ce mot désigne toujours
un malin esprit ou diable ( Lactaut. II,
14; Tertull. Jpo/.2'2).
D.EMOMUM (ôaïud'tov). Diminutif de
D.tMO>'; comme ce mot, il est employé
par les écrivains païens pour signifier un
bon génie , et par les écrivains chrétiens
pour désigner un malin esprit (Cic. Div.
i, 24; Tertull. ^pol. 21).
DALMATICATL'S. Portantlarobe^a/-
mate, qui était une longue l)louse faite de
la laiue ijlanche de Dalmatie. Elle allait
jusqu'aux pieJs, était
décorée de baudes
de pourpre qui des-
ceudaieul sur le de-
vant , et avait deux
manches fort lon-
gues et fort amples
qui couvraient tout
le bras jusqu'aux
poignets. Elle n'était
pas portée par les
Homains des pre-
miers temps, et ja-
mais l'usage n'en fut
géuéral ; elle fut
toujours regardée comme la marque de
mœuis singulières ou efféminées, même
assez tard sous l'empire, ju.-qu'au mo-
ment oii elle hit adoptée par le clergé
caiholique romain sous les premiers |)a-
pes (Isidor. Orig. xix, 22, 9 ; Laïuprid.
Comniud. 8; Ueliog. 20; et Alcuiu, de
Diiinis officiis). La gravnre, (pii corres-
j oiid exactement à la description ci-des-
sus , donnée d'ajtres Origeue , est prise
d'une des miniatures du Vii gile du Vati-
can , qui furent exécutées, à ce qu'on
suppose , sous Seplime Sévère.
DAliDA>AKlLS. Revendeur ou acca-
pareur qui achète et amasse toute espèce
DëCEMREMIS.
221
de denrées brutes et travaillées, à l'effet
d'élever le prix sur le marché en reiulaul
ces produits rares ( Ulp. Dig. 47, 11,
6; Paul. Dig. 48, 10, 37).
DAlilUS on DARICUS (ôao£ix6:).
Monnaie d'or de Perse (Ansou. Ep'ist. v,
23 ) qui portait l'image
d'un homme à genoux ,
avec un arc et des flèches.
Ellecontenait 123,7grains
d'or pur, et par con-
séf[uent écpiivalail à 27 fr.
25 c. de noire monnaie
(Hussey, Jncient If'eights , etc., VII, 3).
Notre spécimen est tiré d'un original du
Musée Britannique, de cette grandeur;
mais le revers est tout à fait inintelli-
gible. Les monnaies d'argent , qui por-
tent la même figure d'un archer age-
nouillé, et auxquelles les numismates mo-
dernes donnent le même nom , n'étaient
pas cependant appelées doriques dans
l'antiquité.
DATATIM LUDERE. Phrase qui ex-
prime le jeu de halle de l'espèce la plus
sim[)le : les joueurs se tenaient respecti-
vement à certaine distance, et se ren-
voyaient la balle ( Plant. Cuve, il, 3 ,
15).
DATOR. Au jeu de balle, la personne
ou l'esclave qui fournissait les balles, ra
massait celles qui tombaient par terre et
les rapportait aux joueurs 'Plant. Cure.
II, 3, 18; cf. Petr. Sat. 27).
DEALBATUS (xoviaxo). Couvert d'un
revêtement de ciment blanc ou de stuc
{opus albariurn), dont les anciens se ser-
vaient beaucoup, tant à l'intérieur qu'à
l'extérieur de leurs édifices, comme d'un
ornement utile qui cachait la pierre Innite
ou le briquetage ( Cic. Ferr. il, 1, 55;
ad Fam. vil, 29). La gravure représente
une partie d'une des |)ortes de la ville à
Pompéi , couverte de ciment par places
et montrant le l)ri(pu'tage là où le rexète-
meul est tomlié. Toute la ville était en-
duite de cette manière d'un ciment gros-
sier, peint souvent de couleurs brillantes,
comme le rouge, le bleu et le jaune.
DEASCIAÏÛS. Coupé ou taillé avec
une herminelte , ascia (Prudent. Péri
Stcp/i. 10,381; Inscript, w/^. Murât.
1203. !)). Voy.AsciA, Ascio.
DECANUS. Officier subalterne dans
l'armée romaine, qui commandait à dix
soldats logés avec lui dans la même tente
(eontu/ier/iium); (\e là vient qu'il est ap-
pelé caput eontubernii, (Veg. Mil. il, 8
et 13).
DECASTYLOS rSeyàatu^oc). Monu-
ment qui a un portique siqiporté par luic
rangée de dix colonnes (Vitruv. m, 1).
DECEMJUGIS, sous-entendu currus.
Char tiré par dix chevaux, attelés tous
de front et non pas attachés , ainsi que
nous le pratiquons,
comme chevaux de
volée et chevaux de
brancard. On dit
que Néron conduisit
un char à dix che- ,
vaux aux jeux Ohm-
piques (Suet. Nero,^
24). Trajan avait le même nombre de
chevaux attachés à son char de triom-
phe, comme on le voit dans la gravure ,
prise d'une médaille de cet empereur.
• DECEMPEDA. Baguette de dix pieds
emplo}ée par les architectes elles ai'pen-
teurs pour prendre leurs mesures ( Cic.
Md. 27; Hor. Od. il, 15, 14).
DECEMPEDATOR. Jrpeuteur qui
prend ses mesures avec la decempeda
(Cic. Phil. XIII, 18).
DECEMREMIS (ôey.ripYic) Vaisseau qui
a dix rangs de rames (ordiues) d'un coté
(Plin. H. N. VII. 57). La manière de dis-
poser les rames ou de compter les rangs
dans des vaisseaux si considérables est
encore enveloppée de beaucoup d'obscu-
rité. Voy. l'article Hexirkmis : nous y ex-
posons une méthode possible; si on Tad-
met , il suffira d'ajouter quatre ouvertu-
res à rames à chaque rangée entre l'a-
222
DECEHVIRI.
vnnt et l'arrière pour avoir une decem-
remis.
DECEMVIRI. Membres d'une commis-
sion composée de dix personnes et nom-
mée pour un ol)jet particulier, comme
ceux qui suivent :
1. Legibus scribendls. Dix commis-
saires nommés, peu après l'expulsion des
rois, à la place des consuls, à l'effet de
préparer pour la répulilique un code de
lois (Liv. III, 32 sqq.).
2. Sacroriim ou sacris faciitridis. Corps
de commissaires, dans l'origine au nom-
bre de dix, porté danshisuiteà quinze par
Sylla ; ils étaient nommés à vie pour pren-
dre soin des livres siljyllins et les exami-
ner quand il était nécessaire (Liv. x, S ;
XXV, 12).
3. Lilibiis judicandis. Dix commissai-
res, dont cinq étaient sénateurs et cinq
chevaliers, qui faisaient l'office de juges
dans les différends entre particuliers, à
la place du prsetor urbanus , quand sts
attributions militaires le forçaient à quit-
ter la ville (Cic. Or. 4G ; Suet. Aug. 30).
^. jégris dividendis. Dix commissaires
nommés pour diriger le partage des terres
et leur distribution au peuple (Cic.
Agrar. 2 passim ; Liv. xxxi, 4).
DECEKIS (ÔEXTif/i;). Même sens que
Decemremis (Suet. Cal. 37); mais la
leçon n'est pas certaine.
DECIMAMS ou DECUMANUS. En-
trepreneur qui achetait du gouvernement
la ferme et la perception des dîmes pu-
bliques, sorte de taxe territoriale, con-
sistant dans la dixième partie du produit;
qu'on levait sur les sujets de tous les
pays qui étaient devenus propriété de
l'État, soit par soumission volontaire,
soit par conquête ( Ascon. in Verr. 1,2,
6; Cic. /^. 11, 3, 8 et 33).
2. Ager decumanus. Terre soumise à
l'impôt de la dime, comme nous venons
de l'expliquer (Cic. J'en. Il, 3, 6).
3. Frumentum dccumanum. Dime du
blé ; c'est-à-dire dixième du produit
donné comme la taxe ci-dessus (Cic.
Verr. il, 3, 5 et 81 ).
4. Miles decumanus. Soldat de la
dixième légion (Hirt. B. Afr. 16; Tac.
Hist. V, 20).
5. Porta decuniana. Principale porte
d'entrée d'un camp romain et la plus
éloignée du front de l'armée ennemie;
elle est marcpiée A sur le plan au mot
Castra (Veg. Mil. i, 23).
DECURIO. Chef de dix hommes dans
un corps de cavalerie ; il y en avait trois
pour chaque turnia ou troupe de trente
hommes. Celui qui était nommé le pre-
mier avait le rang d'ancienneté et le
commandement de toute la troupe (Fes-
tus, s. -v.; Varro, L. L. v, 91 ; Yeget.
Mil. Il, 14).
2. Sénateur dans une des villes mu-
nicipales ou des colonies , qui , par le
rang qu'il tenait et les fonctions qu'il
remplissait dans la ville, répondait aux
sénateurs de Rome (Cic. Sejct. 4; Ma-
uut. ad Cic. Fam. vi, 18).
3. Sous l'empire, officier attaché au
palais impérial , et qui ressemblait assez
à un grand chambellan ; il était nommé
decurio cubiculariorum (Suet. Dom. 17).
DECURSIO et DECURSUS. Revue mi-
litaire, dans laquelle les soldats exécu-
taient toutes les manœuvres d'un combat
simulé, pour s'exercer et se former à la
discipline (Suet. Nero , 7; Liv. xxill,
35; XXVI, 31; XL, G; Tac. Ann. ii ,
55). On doiuiait encore ce nom à un
spectacle étalé aux funérailles d'un gé-
néral , quand un corps de troupes faisait
des .évolutions autour du bûcher (Virg.
Mn. XI, 188; Tac. Aitn. ii, 55). La
granu'e est prise du revers d'une mé-
daille de Néron, qui porte au-dessous
Decursio. Sans doute il ne faut pas la
prendre comme une image parfaite de
ces scènes , mais seulement comme une
manière convenue de représenter ce su-
jet dans un petit cadre. Une des tables
qui couvraient primitivement la base
de la colonne de Marc-.\urèle donne de
PECCSSIS.
223
ce spectacle une repiésenlation plus
complète; mais les corps nombreux d'in-
fanterie et de cavalerie qu'on y a intro-
duits ne pourraient être resserrés dans les
limites d'un dessin qui convînt à notre
ouvraf^e.
DECUSSIS. Pièce de monnaie de la
valeur de dix as, qui était marquée de la
lettre X (Varro, £. L. y, 170; Stat.
Sy/v. IV, 9, 9).
^ DEDOLATUS. Voy. Dolatds.
DEFRUTUM (é^n\>.(x, fftpaiov). Vin
nouveau réduit par la cuisson à la moitié
de sa quantité première (Plin. N. A^.
XIV, 11), pour accroître sa force; il était
employé par les anciens vignerons pour
donner du corps au vin faible. (Columell.
XII, 37.)
DELATOR ((lYivuxriç). Espion ou dé-
lateur public, qui vivait de dénonciations
et d'accusations intentées à ses conci-
toyens (Tac. Ann.w, 30; Suet. Nero,
10).
DELPHI CA, sous-entendu wpw.ç^. Table
de marbre ou de bronze
faite à l'imitation d'un
trépied , dont on se ser-
vait comme de table à
boire et qui était une
pièce considérable du
mobilier de luxe dans
la maison des citoyens
opulents ( Cic. Verr.
II, 4, 59; Mart. Ep.
XII, C6). Le spécimen ci-joint est pris
d'un modèle en marl)re blanc.
DELPHIN et DELPHINUS. Dauphin.
Delphinoriim columnx (Juv. VI, 589), les
colonnes des dau-
phins. C'étaient des
colonnes élevées dans
le Cirque sur la spina
(y. CiRCUS) ; elles sup-
portaient un certain
nombre de dauphins
de marbre dans une
position assez élevée
pour être vus faci-
lement par le con-
cours des spectateurs. ~
Ils servaient à faire connaître le nomI)re
de tours qui avaient été faits autour des
bornes dans chaque course. Sept tours
autour de la spina constituaient une
course ; en conséquence , un de ces dau-
phins était placé à une des extrémités
du champ de course après chaque tour,
et un œuf {pva curriculorum) à l'autre
extrémité, pour qu'il ne put y avoir ni
méprise ni dispute. Le dauphin était
choisi en l'honneur de Neptune, l'œuf
en riionneur de Castor et de PoUux. La
gravure est prise d'un bas-relief de tom-
beau qui représente un champ de course.
DELUBRUM. Partie d'un temple {fem~
pliim), dans laquelle était élevé l'autel on
la statue d'une divinité, et par extension
tout temple qui contient l'autel ou l'i-
mage d'un dieu (Cic. N. D. III, 48;
Jrch. Il; Virg. JEn. IV, 56).
DEMARCHUS (ori|j.ap)co;). Fonction-
naire grec (Plant. Cure, il, 3, 7), qui
avait beaucoup d'analogie avec les tril)uns
du peuple chez les Romains, ])articuliè-
rcment par le pouvoir dont il était investi
de convoquer les assemblées du peuple
(ôriiJ.o;) et de recueillir les votes sur tou-
tes les questions soumises à rasseml)lée;
de là vient que ce mot est employé par
les Grecs pour traduire le trihunus plebis
des Latins (Plut. Cor. 7).
DENARIUS. Principale monnaie d'ar-
gent des Romains , qui dans l'origine
équivalait à dix as, portés ensuite à seize.
quand le poids de l'as fut réduit ; il va-
lait à peu près 85 centimes de notre mon-
naie. Le denier portait différentes effi-
gies : la tète de Jupiter, celle des frères
jumeaux Castor et Pollux , celle de la
déesse Roma , avec un casque , et , sur le
revers, un char à deux ou quatre che-
vaux, comme dans le spécimen ci-joint,
pris d'un original de cette grandeur.
2. Denarius aureus. Monnaie d'or du
même nom, valant vingl-cinq denarii
d'argent (Plin. H. N. XXXIII, 13). On
224
DEI«S.
ne se servait pas beaucoup de cette pièce ;
m
nous en avons donné nneici, dans son état
actuel; elle a élé frappée sous Auguste.
DEISS (ôôo'J;). Dent ; par extension ce
mot est appliqué à divers autres objets
qui ressenildent aux dénis, soit pour la
forme, soit pour la manière dont on les
emploie; à savoir :
1. Patte d'une ancre (Virg. ^n. VI,
3), généralement représentée dans les
œuvres de l'art antit(ue com-
me un crochet simple sans
dents (voy. la gravure du
mot Ancora). Des pattes à
dents, comme celles dont on
se sert ortlinairement aujour-
d'hui, furent aussi adoptées \k^)\..<^
par les anciens , ainsi cpie —
le prouve le spécimen ci-joint, pris du
type d'une monnaie im| ériale romaine.
2. Dent d'une lance de chasse (Grat.
Cyneg. 108), ainsi cpi'on le voit dans la
tête de lance reproduite par la
gravure ci-jointe, d'après un des
bas-reliefs qui représentent les
chasses de Trajan et cpii sont main-
tenant pla< es ilans l'arc de Cons-
tantin. Les lances de guerre, tant
des Grecs «pie des homains, a-
vaient d'haliitnde une tète en losange ou
en forme de feuille sans dents (voy. Cu-
SPIS).
3. Dent ou fourche d'un instrument
d'agricidtnre appelé l'igo; c'était une
sorte de lioue avec une lame recourbée
'— ^-■■finnrTT Il |.,-.p....— .-J^in
et entaillée au rentre, de manière à pré-
senter deux fourchons ; de là fracti dvite
ligonis (Columell. X, 88). Notre spéci-
men est pris d'une pierre gravée.
4. Soc d' une charrue , quand il était
formé, selon la manière la plus simple ou
primitive, d'une bi'anche d'arbre cour-
Ijée naturellement ou par art en forme
de croc, comme dans le spécimeu ci-joint,
pris d'un bronze étrusque découvert à
Arezzo. Un soc de ce genre devait dé-
chirer on mordre le sol , comme le dit
Varron (i. L. v, 135, dens , quod eo
mordetur terra), plutôt que le fendre
comme le soc régidier (vomrr), dont il
est encore distingué par l'épilhèle de
uncus (Virg. Georg. ii , 40G) ; la gravure
ci-jointe eu explique bien la force et le
sens.
6. Dent d'un râteau, d'ime herse, ou
d'autres instruments d'agriculture, tels
que Vhirpex, Yocca, le rastrum, etc.;
comme le montre notre spécimen , trouvé
dans les catacombes de Home (Lucan.
vu, 859; Varro,Z,. L. v, 13G; Festus,
V. Irpices).
6. Dent d'une scie (Plin. H. N. XVI,
83; Ovid. Met. viii, 246, perpetuos
dentés). La gravure représente une pe-
tite scie à main dont se sert Dédale dans
un bas-relief de marbre.
7. Dent d'un peigne (Tibull. 1,9, C8;
Gland. Nupt. Honor. et Mar. 102). Un
peigne à petites dents, comme celui que
nous donnons, d'après un original en
DENTALE.
DEMICCLDS.
225
buis trouvé dans une tombe romaine.
était apjiclé iLiis densus (Tihiill. /. c).
8. Dent de la clef à trois fourchons
qu'on suppose être la clavis Laconica
(Tibull. I, 2; 18). Nous en donnons un
spécimen d'après un modèle égyptien.
9. Crochet d'iuie agrafe (Sidou. Carm.
II, 397); voj. FiBULA, 2.
10. Dents d'une roue dans une ma-
chine appelée tjmpanum deutatum (Vi-
truv. X, 6).
11. Dens curviis Saturni. Expression
poétique désignant une serpette (Yirg.
Georg. II, 40(5). Voy. Falx.
DEiNTALE {Hmilx). Pièce de bots du
soc, dans une charrue, à laquelle le soc
(vomer) était fixé (Columell. Il, 2, 24).
Dans la figure ci-jointe, d'après une
pierre gravée, le dentale est chaussé
d'une tête de fer qu'on voit ombrée. Com-
parez Aratrum, 2, qui montre tme
charrue d'une construction plus parfaite
dans laquelle le dentale est marqué par
la lettre b.
2. Dentale duplici dorso (\'irg. Georg.
1, 172). Pièce de bois du soc à dos double,
c'est-à-dire qui s'ouvre par derrière et
se sépare en deux parties, mais par-devant
se réunit en une pointe à laquelle est fixé
le soc. On voit ces détails dans la gravure
ci-jointe, qui représente une charrue
encore employée généralement parla po-
pulation agricole du golfe de Tarente.
DENTAHPAGA (ôôovxày^a). Davier,
instrument de dentiste pour arracher les
(lents. Celait une espèce de forceps que
Varron désigne par l'épithete hipensilis;
mais on ne connaît pas la forme précise
de cet instrument (Varro.o/?. Non. s. v.).
DENTATUS. Yoy. Tvmpanum , Pedi-
CA , Charta.
DENTICULATUS, Muni de petites
dents on de petits fourchons ; adjectif
s'appliquant à des objets produits par
l'art et la nature, de différentes façons,
((ue nous avons expliquées et montrées à
l'article Dens.
2. Faix denticulata (Columell. II, 21,
3). Yoy. Falx, 3.
DENTICULUS. Denticule en architec-
ture (Vitruv. IV, 2, 5; m, 5, 11). Les
(lenticules sont tui certain nombre de pe-
tits blocs carrés, séparés par des interval-
les , qu'on emploie dans l'entahlenient de
l'architecture à colonnes. Ils appartien-
nent proprement aux ordres ionique et
corinthien; et leur place véritable est
sous le filet de la corniche, comme dans
la gravure ci-joiute , prise du temple de
Bacchus , à Téos ; car ils sont destinés à
lepréseuter extérieurement les tètes des
chevrons (asseres) dans la charpente
d'un toit. Dans quelques édifices des Ro-
mains et dans plusieurs des modernes ,
ils sont |)lacés sous les modillons (mutuli) ;
mais cela était contraire à l'habitude des
Grecs : car leur sens et leur destination
13.
DE>TIDrCrM.
sont par là délniits ; pour la même raison,
les architectes grecs ne les plaçaient ja-
mais sur les côtés en biais d'un fronton ,
comme le firent les Romains , parce que
les extrémités des chevrons ne font pas
saillie au-devant d'un édifice, mais seule-
ment de côté. De plus, les Romains les
introduisirent dans leur ordre dorique
(Vitruv. 1 , 2 , 6) ; on peut voir de quelle
manière, dans la gravure du mot Triglt-
PHUS, qui représente un entablement
appartenant au théâtre de Marcellus , à
Rome.
DENTlDUCUil. Instrument de den-
tiste pour extraire les dents (Cael. Aur.
Tard. II, 4).
DENTIFRICIUM(èSovT6(T[i,riY(Aa,oôov-
T6Tpi[j.!J.a). Poudre à dents, pour net-
toyer et blanchir les dents (Plin. H. i\'.
XXIX, 2; XXXII, 21 ; xxviii, 49).
DENTISCALPIOI ( ôoovxôy).^?'.; ).
Cure-dent. Les cure-dents de première
qualité étaient faits de5 tiges des feuilles
du lentisque (lentiscus) ; ceux de qualité
inférieure, déplumes (Mart. xiv, 22;
m, 82 ; VI, 74 ; vu, 63).
DEPONTAM. Citoyens romains qui
avaient passé l'âge de soixante ans, et qui
dès lors n'avaieut plus le droit de voter
aux élections et dans les assemblées pu-
bliques ; ils étaient ainsi appelés parce
qu'en réalité ils étaieut exclus du pont
(pons suffragiorum ) que le votant tra-
versait en entrant dans l'enceinte (se-
ptum) pour jeter son vote dans l'urne
/Festus s ^' ") .
DERÛNCINATUS. Poli avec la runci-
na , c'est-à-dire aplani.
DESCORINATLS. Râpé avec la ico-
hina.
DESIGN ATOR. Personne employée
au théâtre à peu près au même titre que
nos ouvreuses pour montrer aux specta-
teurs leurs places et les y conduire
(Plaut. Pœn. Prol. 19). Chaque siège
était numéroté; l'espace assigné à cha-
cun était marqué par une ligne {linea) ti-
rée de chaque côté , et le billet d'entrée
(testera tlieatra/is) spécifiait le numéro
du siège que le porteur devait occuper.
Ce siège lui était montré par le designa-
tur, au moment où il entrait dans le
théâtre. 1
2. Entrepreneur, qui faisait toutes
les dispositions pour des funérailles et
qui dirigeait le cortège, accompagné de
licteurs vêtus en noir (H or. Ep. I, 7,6;
Donat. rtf/Ter. Adelph. I, 2, 7; Senec.
de Benef. VI, 38).
3. Sorte de président aux jeux du
cirque, qui faisait les dispositions pour
chaque course et distribuait les prix (Ulp.
Dig. 3, 2, 4). Le designator Décimus,
dont parle Cicéron (ad Jtt. iv, 3, 2)
comme d'un acolyte de Clodius, était
peut-être un homme de cette classe.
DESULTOR (usTaêâTr,:, âixsiuKo:).
Qui faisait des tours d'équitatiou dans le
cirque sur des chevaux dressés à cet
effet, comme on en voit dans nos hip-
podromes et comme l'indique la figure
ci-jointe, prise d'un bas-relief du musée
de \érone. Il dirigeait quelquefois qua-
tre chevaux (Agostini, Gemme, 193);
mais le chiffre le plus ordinaire était de
deux (Liv. XXIII, 29), qu'il montait sans
freins ni selle , comme on le voit dans la
gra\ ure ci-jointe , prise d'une lampe eu
terre cuite. 11 tirait le nom de desultor
de l'habitude qu'il avait de sauter d'un
DKStJLTORIUS.
237
cheval à l'autre, au nionient où ils
étaient lancés à toute vitesse (Isiclor.
O/7V. xviii, 39; cf. Prop. iv, 2, 36).
Il portail sur la tète le ijonnet ai)i)elé
pi/eus (Hygin. Fab. 81), cpie l'on voit
dans les deux gravures, et il courait fré-
quemment dans le cirque à coté des chars
(voy. la gravure au mot Spina). Quel([ue-
fois les desullorcs seuls donnaient une
représentation (Liv. xliv, 9).
DESULTORIUS. Sous-entendu equiis.
Cheval dressé pour les tours du desiiltor
(Suet. CcTS. 39), comme le montrent les
deux gravures précédentes.
2. Même sens que Desultob (Cic.
Mur. 21).
DEUNX. Onze itncix, ou onze douziè-
mes de quoi que soit : comme la on-
zième partie d'un as, somme purement
nominale ou monnaie de com})te , qui
n'était pas représentée par une pièce de
monnaie (\^irro, L. L. V, 172; Rhemn.
Fann. de Poitd. 45).
DEVERSORIUM. Nom général pour
tout endroit où nu voyageur d'e.vcpwt/n//,
et recevait pour un temps la tahle et le
logement , que ce fût une auberge publi-
que {tahenia nieritoria) ou une maison
particulière (Cic. Phil. Il, 41 ; Y'etr. Sat.
15; Cic. ad Fam.Ml, 23).
DEXTAAS. Dix iincix, ou dix douziè-
mes de quoi que ce soit, comme la dixiè-
me partie d'un as; ce n'était qu'une
somme nominale qui n'était pas repré-
sentée par une pièce de monnaie (Yarro,
Z. X. V, 172; Suet. Nero, 32).
DEXTRALE. Bracelet porté sur la
partie charnue du bras droit , comme
peinture de Ponipéi (Cyprian. de IJah'iln
Virg'in.).
DEXTROCHERlllM. Bracelet porté au
poignet du bras droit, comme dans la
dans la gravure ci-jointe, prise d'une
figure ci-jointe, qui représente, à ce qu'on
suppose , une dame de Pompéi , d'après
une peinture de cette ville (Capitolin.
Maxim. G; Maxim. Jun. 1).
DIABATIIRARIllS. Qui fait des chaus-
sures appelées diahatlna (Plant. Aid . lll,
5, 39).
DIÂBATHRUM (SiaêàOpov). Espèce
particulière de pantoufle ou de sandale
[solea] d'origine grecque (Festus s. v.);
tout ce qu'on en sait, c'est que c'était
surtout une chaussure de femme (Eus-
tath. ad Hom Od. v, 9). Quand elle est
attribuée à des hommes , comme le fait
Nœvius {ap. Varr. L. L. vil , 53) , c'est
seulement par moquerie et pour désigner
une mise efféminée. On peut induire de
là que Pollux se méprend quand il eu
fait une chaussure commune aux deux
sexes {Onomast, vil, 90).
DIACHYTON. Espèce particulière de
vin, produite en faisant sécher les grappes
au soleil plusieurs jours avant de les
presser (Plin. H. N.\l\, 11).
DIADEMA (ôt(x5ri[J.a). Diadème; dans
son sens primitif,
ce mot signifie le
bandeau blanc et
bleu porté par les
monarques d'Asie
autour de la tiare
(Xen. Cyr. viii, 3,
13), comme on le
voit dans la figure
au mot CiDARis;
mais, dans la suite,
le diadème fut un large bandeau blanc
(Yal. Max. vi, 2, 7), attaché autour
-€
228
DIADCMATUS.
de la tête et noué par denière ; il avait
été adopté par plusieurs nations comme
emlilème de la souveraineté (Jiiv. xill,
105), ainsi qne le montre la fignre
ci-jointe, qni représente, d'après luie
pierre gravée, Plolémée, frère de Cléo-
pàlre. Ainsi, dans les œnvres d'art, le
diadème indiqnait la royauté, comme la
couronne de nos jours.
DIADEMATUS. Personnage portant le
diadème, comme on le voit dans la gra-
vnre précédente (Plin. H. N. xxxiv, 19,
§ H).
DL-ETA (Çîa'.xa). Nom donné à une
division particulière des maisons ancien-
nes , dont on ne connaît pas exactement
la nature. Ce que l'on sait toutefois , c'est
qne celle partie de la maison se composait
de plusieurs chambres attenant l'une à
l'autre, et qu'elle contenait la suite des
salles à manger et des chambres à coucher
(Plin. Epist. II, 17, 12 et 20; VI, 21;
VII, 5, 1).
2. (T/.T)vr,). Cabine ou tente, élevée
sur le pont à l'arrière d'un vaisseau,
comme dans la gravure ci-jointe , prise
du Virgile du Vatican. Elle était desti-
née à celui qui commandait en chef, ou
au maître du navire dans un bâtiment
marchand (Petr. Sat. 115).
DIAMICTON (oià ii.ty.Twv). Terme em-
ployé par les constructeurs romains pour
désigner une manière particulière d'élever
des murailles; elle ressenil)lail sous beau-
coup de rapports à X'emplecton , mais elle
était d'un genre inférieur. En effet, quoi-
que les surfaces extérieures fussent for-
mées de maçonnerie régulière ou de Ini-
quetage , et le centre rempli de moellons ,
elles n'avaient pas de parpaings {(iiatoni)
pour consolider la masse et eu lier les
parties (Plin. H. N. xxxvi, 51). La
gravure ci-jointe représente une muraille
construite en diamlcton, d'après une
ruine romaine.
DIAPASMA (^ivTraTjjLa). Poudre fme ,
faite de fleurs séchées, d'herbes odorifé-
rantes ou de baies; on en frottait le corps
comme d'un parfum (Plin. H. N. XIII,
2; XXI, 19;Mart. Ep. i, 88).
DIARIUM. Provisions pour >m jour
qui étaient pesées aux esclaves (Hor. Ep.
I, 16, 40; Petr. Sat. 75). Par exten-
sion, ce mot désignait ce qu'on donnait
tous les jours au soldat ou sa paie (Cic.
ad Att. VIII, 14).
DIASTYLOS (Siâ(TTu),o;). Espace de
trois diamètres entre colonne et colonne,
c'est-à-dire l'entie-colonnement le plus
vaste qui fût en même temps capable de
poiter une architrave de pierre ou de
marbre ; car l'ordre tos-
can, qui admettait quatre
diamètres , voulait une ar-
chitrave de bois (Vitriiv.
III, 2). La figure ci-jointe
montre la largeur relative
des cinq espèces d'entre-
rolonnements; le diastyle est l'avant-der-
nier.
DIATOIST (StaTovot). Parpaings , em-
ployés dans la construction des murs du
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genre appelé emplecton. C'étaient d'é-
DIATRETA.
diogmit.ï;.
229
normes pierres qui avaient la même lar-
geur que la muraille; elles ressemblaient
à celles qu'on voit marquées F dans la
gravure ci-jointe , et jiar conséquent s'é-
tendaient d'une des faces à l'autre, étant
placées en assises à intervalles réguliers,
pour consolider la construction et eu lier
les parties.
DIATRETA ( ôtâxpr.Ta). Vases ou
coupes à boire de cristal taillé on de pier-
res précieuses , travaillées au tour de telle
sorte que les des-
sins qu'elles por-
taient non-seule-
ment étaient en re-
lief, mais complè-
tement détachés du
corps, et formaient
une broderie à jour,
comme un réseau
(Mart. Epigram. Xll, 70; Ulp. Dig.
9, 2, 27). Ces détails sont très-visibles
dans la figure ci-jointe, tirée d'une coupe
à boire en cristal trouvée à Novare, en
1726. Les lettres du haut qui forment
rinscrii)lion Bibe.vivas MULTOS aivnos,
et la broderie enlière qui est an-dessous,
sont taillées dans le cristal et font partie
de la même substance que la coupe,
quoique tout à fait à y'owr,- ou a laissé en
effet, aux intervalles convenables, de pe-
tites chevilles qui unissent les lettres et
la broderie au corps de la coupe.
DIATHIBA (ôtaTpiêYi ). Endroit où ont
lieu les discussions savantes, comme une
école ou tnie salle de cours (Aul. Gell.
XVII, 20,21; xvill, 13,2).
DIAZOMA (oià!;a)(Aa). Mot grec latinisé
(Vitruv. V, 6, 7) : le vrai terme latin est
Pr.ecinctio ; voy. ce mot.
DICHALCON (oix-x^J^ov). Petite mon-
naie de cuivre de la Grèce, qui valait le
quart ou le cinquième d'une obole (Vi-
truv. III, 1; Plin. H. N. xxi, 109).
DICHOTUS (Sixpoxo: ). Mot grec dési-
gnant un navire qui a deux rangs de ra-
mes d'un côté , les Romains se servaient
de BiRBMis : voy. ce mot.
DIDHACHMA et DIDRACHMUM (Sî-
^py.yjj.0-^). Double drachme, monnaie
d'argent des Grecs (Tertull. Pra'scr. 1 1).
Comme la drackma, il y en avait deux :
l'altique , dont les spécimens sont fort ra-
res , valant à peu près 2 francs de notre
monnaie; et l'éginète, la pièce la plus
large des deux, et assez commune, qui va-
lait environ 2 fr. 00 c. Nous en repré-
sentons une dans sa grandeur actuelle ,
d'après ini modèle du Musée Britannique.
DIGITALE (ôa)4TuXrif)pa). Partie du
vêlement qui couvrait la main et les
doigts, comme notre ^'<7/// (\arro, R. R.
I, 55, 1 ; Xen. Cyr. vill, 8, 17). Le spé-
cimen ci-joint est tiré de la co-
lonne Trajane, où il est porté
par un Sarmate. Toutefois la
leçon du passage de Varron
est regardée comme peu sûre,
et quelques éditions donnent
(Hgitahtiliim, dont on fait un instrument
à fotirchons comme la main humaine,
fixé à un long manche et employé pour
ramasser le fruit.
DILORIS. Mot hybride, signifiant litté-
ralement nutii'i de deux courroies, mais
par lequel on désigne les deux bandes de
pourpre ou de pourpre et d'or, appelées
parngaudœ, dont on se servait à une
époque postérieure pour parer un vête-
ment , comme du clarus, ainsi qu'on
l'explique et qu'on le fait voir au mot
ParAGAUDA (Vopisc. Aurel. 40).
DIMACHyE (6i|j.àyai). Espèce de trou-
pes chez les Macédoniens , qui faisaient
l'office de cavaliers et de fantassins, comme
nos dragons : on les exerçait en effet à
descendie de cheval et à combalti-e avec
l'infanterie, quand l'occasion l'exigeait
(Curt.V, 13).
D1MACH.4ÎRI (Siixayaipot). Classe de
gladiateurs qui , à ce qu'on suppose ,
combattaient chacun avec deux épées ;
mais ce n'est là qu'une induction tirée de
leur nom (Inscript, ap. Murât. 613, 3;
Orelli, Inscr. Lut. 2584).
DIOGMIT.E. Corps de troupes armées
à la légère , employé sous l'empire et
230
placé sur les fiontières, pour empêcher
les incursions, poursuivre les voleurs, etc.
(Ammian. xxvii, 9,6; Capitol. ^w/o«.
21).
DIOPTRA (SiÔTiTpa). Instrument de
géométrie employé pour mesurer la hau-
teur d'objets éloignés , pour prendre les
niveaux d'une source d'eau qu'on voulait
amener à une certaine distance par le
moyen d'un acpieduc, et pour autres ob-
jets semblables (Vitruv. viii, 5, 1).
DIOTA (ôiwTY)). Mot grec, signifiant
littéralement à deux oreilles; par ex-
tension , ce mot est employé en grec et en
latin comme terme général pour tout vase
qui avait deux anses, comme
Yamphora, la lagena, etc.;
surtout pour ceux qui é-
taieut destinés à garder le
vin mis en réserve (Hor.
Od. I, 9, 8). C'est à cet
usage que servait le modèle
figuré ici ; car il est porté
par un faune qui se tient aux ordres de
Bacclius, sur un vase d'argile du musée
de Naples. '
DIPLINTHIUS. De l'épaisseur de
deux liriques (^'itruv. II, 8).
DIPLOIS (SmXok ôînXaH). Manteau
mis en deux , c'est-à-dire pallium ou au-
tre vêtement de des-
sus (am ictus), qu'on
mettait en deux quand
on voulait s'en ser-
vir, comme font les
femmes de leurs châ-
les; car il était trop
large pour qu'on pût
bien le porter simple.
Il faisait partie du cos-
tume des Grecs (Isi-
dor. Or/o. xix, 24,
11). Les philosophes
cyniques affectaient
de s'en revêtir ( Hor.
Ep.l, 17, 25; Acron. ad /.), et il est
très-clairement représenté dans la figure
ci-jointe de Junon , d'après un vase d'ar-
gile , ainsi que dans la statue de Minerve
au Vatican ( 3Ius. Pio-Clein. m, 37).
DIPLOMA ( ôti:),M[jia). Sorte de passe-
port, composé de deux feuilles (de là vint
son nom) qu'on remettait à un messager
ou à une autre personne vovageant pour
des affaires de l'État, afin qu'elle pût ob-
tenir facilement sur son chemin tout ce
qui lui était nécessaire, sans retard et
sans obstacle (Cic. odFam. vi, 12 ; Plin.
Ep. X, 31 ; Capitolin. Pertin. 1 ).
2. Diplôme ou pièce rédigée par un
des premiers magistrats , qui conférait
quelque privilège particulier à la person-
ne qui la recevait (Suet. Nero, 12).
DIPLOMARIUS. Courrier public ou
messager d' Etat ; c'est-à-dire, qui est mu-
ni d'un passe-port public , diploma (In-
script. «/7. Orelli, 2917).
DIPTEROS (Siuxapo;). Littéralement,
qui a deux ailes. Par extension , ce mol
était employé par les architectes pour
désigner un temple ou un autre édifice
entouré d'un double rang de colonnes
(Vitruv. m, 2).
DIPTYCHA (SÎTtxuxa). Tablettes qui
se ferment , consistant en deux feuilles
réunies par un cordon ou par des char-
nières se fermant comme les couvertures
d'un livre ou comme un trictrac moderne
(Schol. Vet. ad Juv. ix,
36). L'extérieur présentait
une surface unie en bois;
l'intérieur avait tout autour
des bords élevés entre les-
quels une couche de cire
était étendue. On s'en ser-
^ait pour écrire avec une
pointe d'acier (sfylus), tan-
dis que les bords empêchaient la cire et
les lettres de se détériorer par le contact.
2. DiptYchaconsularia, prsetoria, œdi-
litia. Tablettes de forme semblable,
mais contenant les noms et les portraits
de consuls , de préteurs, d'édiles et d'au-
tres magistrats , qu'ils offraient à leurs
amis et qu'ils distribuaient parmi le peu-
ple , le jour où ils prenaient possession
de leurs charges respectives (Symmach.
{Ep. II, 80; V, 54; Cod. Theodos. 15,
9, 1). Plusieurs diptyques de ce genre, en
DIRIBITORES.
PISCOBOLUS.
231
bois et en ivoire sont conservés dans les
cabinets d'antiquités; ils ont été gravés
par Maffei , Mus. Verojiens,, et par Do-
nati , Ditticiaitticlii ; mais les détails en
sont trop compliqués et trop délicats
pour trouver place ici.
DIRIBITORES. Agentsauxquels étaient
confiées les urnes du scrutin dans les co-
mices de Rome. Leur fonction consistait
à séparer les votes des différentes tribus
à la clôture du scrutin et à les passer alors
aux scrutateurs {custodes; voy. ce mot),
qui marquaient les différents nombres et
proclamaient le résultat (Cic. in Sénat.
11; Pis. 15).
DIRIBITORIOI. Pièce ou édifice cons-
truit dans l'origine, à ce qu'on suppose,
pour que les diribitores y fissent le dé-
part des votes aux comices ; mais dans la
suite la même place ou une place sem-
blable fut assignée pour l'usage des agents
qui devaient examiner l'état des troupes,
distribuer la solde et assigner aux con-
scrits leurs corps respectifs (Suet. Claud.
18; Plin. H. i\^ xvi, 7(i, 2).
DISCERMCULLM. Épingle employée
par les femmes pour séparer également
leur chevelure sur le devant de la tète
(Lucil. ffy». Non. s. a'.;Varro, L. L. V,
129).
DISCINCTUS (â!;a)aTo:). Qui n'est pas
ceint; c'est-à-dire, qui porte sa tunique
sans ceintnre autour des reins, comme le
montre la figure ci-jointe,
prise d'une peinture de
Pompéi. Comme ce n'é-
tait pas l'usage chez les
anciens , excepté quand
on voulait se mettre à
l'aise dans sa maison
(Hor. Sat. n, 1, 73),
le mot implique une hâ-
te, un déshabillé forcé
(Id. Sat. I, 2, 132), ou
une négligence naturelle,
que Ion considérait comme une mar-
que de mœurs relâchées (Pedo Albin. Ed.
Il, 21, 26, où il est question de Mécène,
qui avait cette habitude de porter ainsi
une tunique sans ceinture).
2. Pour les femmes.le sens est le même;
lafigure'ci-jointe, tirée d'une pierre gra-
vée, représente une femme sans ceinture
(recincta, so/uta).Ce mot emportait en-
core plus l'idée d'inconvenance lorsqu'il
s'appliquait à un sexe chez lequel , en
Grèce et en Italie , une telle liberté de
costume intliquait des mœurs relâchées ;
les danseuses et les chanteuses sont en
général ainsi représentées dans les pein-
tures de Pompéi.
3. Discinctus miles. Pour les soldats,
ce mot signifie qui n'a pas le ceinturon
(Italteus, cinctorium ) : les généraux ro-
mains l'ôtaient quelquefois aux soldats
qui s'étaient mal conduits, comme on re-
tire aujourd'hui son drapeau à un régi-
ment pour la même cause. Ce n'était pas
seulement une marque d'infamie, maisune
peine réelle pour le soldat, qui était ainsi
forcé de porter son épée nue , étant privé
du ceinturon et du fourreau qui y était
attaché (Liv. xxvii, 13).
DISCOBOLUS (o'.(7x6goXr);). Qui jette
le discus; la manière dont on le lançait
se voit dans la gravure ci-jointe, prise de
la célèbre statue deMvron (Quint. Il, 13,
10; Plin. H. N. xxxiv, 19, § 3), dont
232
DISCCBIXUS.
on possède une copie au Musée Britan-
nique. L'attitude tout à fait remarquable
de cette figure est caractérisée par Qiiin-
tilieu comme « pénible et contournée ",
distortum et elahoratitm : mais il faut
entendre ces mots par rapport à la
pratique ordinaire des artistes grecs,
qui ne représentaient guère leurs figures
faisant une action violente, comme cela
arrive à chaque instant dans la réalité;
Quintilien n'a pas voulu dire que la figure
eu question ne représente pas la posture
réelle prise par chaque discchole au mo-
ment de lancer son disque. Un passage
de Stace {Titeb. VI, G4G-721), où est dé-
crite une lutte entre deux discoboles, énu-
mère un à un tous les mouvements et
tontes les poses particulières qu'on re-
marque dans cette statue. Le discobole
examine d'abord son discus pour recon-
naître quel coté offrira à ses doigis la
prise la plus sûre, quel autre posera le
mieux sur son bras : Qiiod lotus in di-
gilos , médise quod certiiis ulrne CoriTe-
niat; puis il lève le bras droit chargé du
disque : Erigit assuetum destrse gesta-
men et alte Sustentât ; il abaisse et plie
ses deux genoux , et brandit le disque au-
dessus du niveau général de son corps :
Humiaue Pressas ut roque genu, col-
lecta sanguine discum Ipse super sese
rotat ; il lance la masse en brandissant
son bras qu'il abaisse, et lui donne une
douille force par la résistance en sens
contraire qui vient de ce que le corps
courbé se relève au moment où le bras
descend : Altenx lubrica massse Pon-
déra vix, toto curratus corpore , juxta
Dejicit. Ce passage, en mettant eu lu-
mière le sens et l'intention des différen-
tes attitudes de la figure ci-dessus, expli-
que aussi clairement la manière dont ou
lançait le discus.
ï DISCUBITUS, DISCLIIBO. Ces mots
indiquent l'action de prendre place et de
s'incliner sur un lit à un repas, comme
elle est décrite au mot AccuBO; mais,
quand on emploie ce mot dans son sens
exact, on fait allusion à la compagnie
entière, c'esl-à-dire à un certain nombre
de personnes inclinées ensemble sur des
lits différents (Val. Max. Il, 1 , 9; Cic. ad
Att. V, 1 ; cf. Virg. JEn. I, 708), ainsi que
le montre la gravure au mot Tricli-
MUM, 1.
DISCUS (oîffxo:). Plaque circulaire de
pierre ou de métal , d'environ un pied de
diamètre, qu'on lançait à une certaine
distance , comme notre palet , pour exer-
cer la force et l'adresse ( Hor. Od. \, 8,
11; Prop. III, 14, 10). Le disque lui-
même et la manière de le lancer sont
montrés et c.xplic[ués par la gravure pré-
cédente et parle texte qui l'accompagne.
2. Tout vase circulaire et peu profond
pour contenir des mets ; c'est de là que
vient le mot anglais disk, plat (Apul.
Met. II, p. 30).
3. Cadran solaire, plat et circulaire,
jilacé horizontalement sur son support
(Vitruv. IX, S). La gravure est tirée d'un
modèle publié par Martini, ^on den Son-
nenukren der Alten (des Cadrans solai-
res des anciens).
DISPENSATOR. Un des esclaves d'une
maison romaine, à la ville et à la cam-
pagne : il avait dans la première de ces
résidences les fonctions de secrétaire et
de comptable; dans la dernière, celles
d'intendant (Cic. a^^/^ XI,l;Suet. Galb.
12;Macroi). Sat. il, 4; Pompon. Dig.
50, IG, IGO).
DISPLUVIATUS. Voy. Atrium, 4.
DIVERSORIUM. Voy'. Deversoricm.
DIVIDICULUM. Tour dans un aque-
duc, contenant un large réservoir, d'où
l'eau était distribuée par des conduits
différents à travers la ville. C'était une
ancienne expression , qui fut abandonnée
dans la suite pour le nom plus imposant
de cnstellum (Festus, j. v. Voy. Castel-
LUM, 3, où nous donnons une gravure).
DODRA. Potage ou boisson composée
\
233
de neuf ingrédients différents : eau, vin,
bouillon, huile, sel, pain, lierl)es, miel et
poivre (Anson. Eyi^r. 8(i et 87).
DODHANS. Les neuf douzièmes de
qnoi que ce soit; puis, monnaie de ciii-
>Te, contenant neuf u/icisc ou les trois
quarts d'un as (N'arro, L. L. \, 172).
Celle monnaie est excessivement rare,
quoiqu'il en existe , dit-on , un spécimen
dans une monnaie de la famille Cassia
qui porte la lettre S et trois balles, pour
représenter sa valeur.
DOLABELLA. Velhe dolahra ou ins-
trument fait sur le même modèle, dont
on se servait pour la culture, surtout pour
débarrasser la vigne du bois mort et dé-
gager la terre autour des racines ( Colu-
mell. IV, 24, 4 et 5). La gravure est prise
d'iMi marhre de tombeau (Mazzocchi , dt^
yéscia, p. 179). La forme de l'instrument
montre clairement que cet outil apparte-
nait à la classe des dolahr^, comme on
le verra en la comparant avec les gravu-
res suivantes; tandis que la lame droite
et tranchante au-dessus, pareille à celle
d'une hache ou d'un ciseau , et la lame
courbe au-dessous, pareille à celle d'une
serpette, la rendaient propre aux em-
plois différents que lui attribue Columelle
dans les passages cités ci-dessus.
DOLABRA (àHvr, ). Instrument em-
ployé pour couper, tailler, casser et creu-
ser. Les bûcherons (Quint. Curt. viii, 4),
les cultivateurs (Columell. yirb. 10, 2;
Pallad. 111,21, 2), s'en servaient, et on
l'employait fort souvent à l'armée pour
faire des palissades (Juv. vili, 248), ou
forcer les min-s d'une fortification (Liv.
XXI, 11); les soldats de la colonne Tra-
jaue et de celle de Marc-Aurèle s'en sei-
vent pour ces deux usages. 11 apparte-
nait à la classe des instruments auxquels
nousdonnonsle nomde hache (seciiris), et
il est souvent confondu par les écrivains
d'une époque postérieure avec l'hermi-
nette (nscin) ; il a par rapport à ces deux
outils des ressemblances et desdifféiences.
En effet , il avait un long manche et une
double tèle dont un coté était muni d'une
lame effilée avec le tranchant parallèle,
au lien d'être oblique, à la poignée,
comme l'herminette, et l'autre armé d'un
pic recouriié, à peu près comme une fau-
cille; de là le nom de fa/.r i\ue lui doiuie
Properce (iv, 2, 59). Notre spécimen est
pris d'un tombeau trou\é à Atpiilée, et
il est porté sur les épaules d'une figure
au-dessous de laquelle est rinscri|)tion :
DOLABRARIUS COLLEGII FaBUIM, quï nC
permet de douter ni du nom ni de la na-
ture de l'instrument. Comparez aussi la
gravure au mot DoLATUS, où on le voit
aux mains d'un honune qui l'emploie.
2. Dolabra fossoria. Instrument em-
ployé par les terrassiers et les mineurs;
il avait un long manche comme le précé-
dent et une tète du même genre, munie
d'un côté d'une lame tranchante, paral-
lèle à la poignée , et de l'autre , d'un pie
régidier, comme le montre le spécimen
ci-joint, pris d'une peinture des cala-
combes de Rome, où il est entre les mains
d'un terrassier (lsidor.0/7^'-. xviii,9, 1 1);
comparez la gravure du mot FOSSOR, 1,
où on le voit employé.
3. Dolabra pontifîcalis. Hache em-
ployée pour immoler le bétail dans un sa-
crifice (Festus, T. Scena) et aussi par les
bouchers (Paul. Dig. 33, 7, 18); elle était
munie de deux lames, l'une large comme
celle d'une hache, l'autre de dimensions
plus petites et ressemblant au tranchant
d'une dolabra ordinaire, comme le mon-
tre le spécimen ci-joint, pris d'un bas-re-
234
DOLABRATUS.
lief de la villa Borghèse, qui représente
un sarrifice.
DOLABRATUS. Taillé, fendu, façonné
avec une dolahra (Caes. B. G. yil, 73};
voy. la gravure du mot DoLATUS.
2. Fait comme une dolahra, ou muni
de cet inslrument ; ainsi seciiris dolahrata
(Pallad. I, 43), hache avec une dolahra
au dos de la lame, comme on en voit une
dans la gravure précédente.
DOLATUS. Fendu , coupé , taillé et fa-
çonné avec la dolahra; ce mot s'emploie
en parlant d'olijets en hois (Cic. Acad.
II, 31; Plin. H. N. XVI, 18). Le travail
fait avec la dolahra est représenté dans
la gravure ci-jointe, d'après la colonne Tra-
iane; et, comme la manière de se servir
de cet instrument consistait à donner des
coups répétés, on emploie aussi le même
mot dans le sens de battre vigoureuse-
ment (Hor. 5flM, 5, 22).
DOLIOLUM. Diminutif deD0LiCM(Liv.
V, 40; Veg. Vet. vi, 13,3).
DOLIUM. Vaisseau en poterie Ae large
ouverture, rond, à ^entre plein (Varro,
R. fi. III, 15, 2; Columell. xii, 6, 1;
4, 5), d'une grande capacité, employé
pour contenir en masse
le vin nouveau, jusqu'à
ce qu'il fût mis dans les
amphone, ou, comme
nous dirions, en bou-
teilles (Seneca, Ep.
36;Procul. Z)/^'^. 33,C,
15). On y renfermait
aussi des denrées d'une autre nature ,
à la fois sèches et liquides, comme
huile, vinaigre, etc. (^'arro, fi. B. I,
22, 4; Cato, fi. fi. 10, 4 et 11, 1 ).
Les proportions du dolhim étaient assez
considérables, comme le prouve ce fait
que Diogène vivait dans un doliitm (Juv.
Sat. XIV, 308). On le voit aussi par quel-
ques modèles trouvés dans les fouilles
d'Antium, qui ont 7 centimètres d'épais-
seur, et portent une inscription fixant leur
capacité à dix-huit amphores, qui équiva-
lent à vingt et un et demi des barils ro-
mains d'aujourd'hui. La gravure est prise
d un bas-relief représentant le dolium de
Diogène. Les mots haril et tonneau , par
lesquels on traduit ordinairement (/o//«w?,
donnent une idée inexacte de cet objet,
qui était de terre cuite, mais pourtant
d'une grandeur suffisante pour contenir un
homme, comme les jarres à huile dont on
se sert maintenant en Italie , et celles de
l'histoire bien connue des Quarante Vo-
leurs dans les Mille et une Nuits.
2. Dolium demersum, deprcssum, de-
fossuni. Dolium enfoncé en partie dans le
saljle qui formait le plancher d'une cave
(voy. la gravure au mot Cella,2). Cette
méthode était considérée comme la meil-
leure pour conserver le vin qui n'avait pas
beaucoup de corps; mais, si le vin était de
bonne qualité, les dolia qui le contenaient
étaient seulement dressés sur le sol (Plin.
H. N. XIV, 27; Columell. xii, 18, 5).
DOLON ou DOLO (oôAwv ). Bâton long
et fort, avec une petite pointe de fer ai-
guë à l'extrémité (Virg. jEn. Vil, 664;
Varro ap. Serv. ad /.).
2. Canne dans laquelle un poignard
est caché (Serv. ad Virg. JEneid. vil,
664; Isidor. Orig. xvili, 9, 4; Suet.
Claud. 15; Plut. T. Gracch. 10). Par
extension, ce mot est appliqué à l'aiguil-
lon d'une mouche (Phœdr.lll, 6, 3).
3. Petite voile de misaine sur un vais-
seau qui avait plus d'un mât ; elle était pla-
cée à l'avant et attachée au mât de misaine
(Isidor. Orig. XIX, 3, 3 ; Liv. xxxvi,
44 ; Polyb. xvi, 1 5, 2), comme le montre
clairement la gravure ci-jointe, prise d'un
DOMUS.
DOMUS.
235
l)as-iTlief Je la villa Borghèse. Si le vais-
seau avait trois mâts, et par conséquent
trois voiles , le dolon était la plus petite
des trois (Pollux , I, 91).
DOMUS. Maison particulière, occupée
par un seid propriétaire et sa famille ,
par opposition à Yinsula, qui était eou-
struite pour recevoir un certain nomlue
de familles différentes auxquelles on la
louait eu chambres, en étages ou en ap-
partements.
Les maisons romaines étaient bâties
d'ordinaire sur un plan invariable : les
différences ne consistaient que dans la
grandeur, le nombre et la distribution
des appartements, en proportion de la
fortune du possesseur, ou en raison de la
nature particulière de l'emplacement.
Ces maisons étaient divisées en deux par-
ties principales : V atrium ou cavœdium ,
entouré de ses dépendances ; et le peri-
stvHum, au delà duquel étaient ses dépen-
dances qui étaient rattachées au reste par
une pièce intermédiaire , le tahlinum , et
aussi par un ou deux corridors , fauces,
ou quelquefois par l'tui et l'autre. Ces dif-
férents appartements constituaient dans le
plan le noyau de l'édifice, et on les trouve
constamment dans toute maison romaine
de quelque importance ; leur situation
respective était toujours la même, et ils
étaient construits suivant un modèle reçu
dont on ne déviait jamais sur aucun point
important , comme le prouve la gravure
JLJ
PU
T
', c
[TlfT
U.L
: c :
toim'iT]
ci-jointe, qui représente le plan de trois
petites maisons situées à côté l'une de
l'autre dans une des rues de Rome, d'a-
près la carte en marbre de cette ville, con-
servée maintenant au Capitole , mais exé-
cutée sous Septime Sévère. A A A est le
prot/iyrum , ou entrée qui ouvre sur la
rue ; b b B,Vatrium ou cavxdium ; C C C, le
peristylium; D D D, le tahlinum ou pièce
de passage qui réunit les deux divisions
principales de l'édifice. Quant aux auties
pièces, qui ne sont pas marquées par des
lettres de renvoi, celles à côté des portes
qui font face à la rue étaient des bouti-
(pies ; celles de l'intérieur étaient des
salles à manger, des pièces pour passer la
journée, des chambres à coucher à l'usage
de la famille.
La gravure suivante représente le plan
d'une maison de Pompéi, qui était aussi
à beaucoup d'égards une insula , car elle
était entourée de tous côtés par des rues
et par quelques dépendances extérieures ,
avec des étages supérieurs qui n'avaient
pas de communication avecla partie prin-
cipale de l'édifice. Nous la plaçons ici
pour donner une idée du plan général
des maisons de la classe supérieure occu-
pées par des particuliers qui se trouvaient
dans l'aisance , et de la disposition et du
nom!)re de leurs parties ; car les palais de
la haute noblesse , de l'aristocratie de ri-
chesse ou de naissance , étaient beaucoup
plus considérables, et se composaient d'une
plus grande variété de pièces, suivant la
fortune et le goût de leurs possesseurs. On
en trouvera, sous chacun des noms qui les
distinguent , une description séparée ; on
trouvera pareillement le détail des parties
ici mentionnées, et les uns et les autres
sont énumérés dans l'index par ordre de
matières. La maison dont nous donnons
le plan est connue sous le nom de maison
de Pansa, et on suppose qu'elle fut occupée
par un édile de Pompéi, parce que les mots
Painsam .ED. sont peints en lettres rouges
près de l'entrée principale. A. Ostium et
prothyrum , le vestibule entre la porte de
la rue et Y atrium, avec un pavé en mo-
saïque , sur lequel on voit le mot haijituel
de ceux qui saluent, salve, formé par
une mar([ueterie de pierres de couleur.
B. U atrium , du genre appelé toscan,
au centre duquel est Vimpluvium (a)
pour recevoir l'eau qui est amenée des
toits, avec un piédestal ou autel (A) des
dieux domestiques, dont la place habi-
tuelle était près de Vimpluvium. L'atrium
est une fois et demie aussi long qu'il est
230
large, et c'est ce cpie veut Vitruve.
c c. Les alm ou ailes de l'atrium, qui sont
exactement les deux septièmes de la lon-
gueur de l'atrium, ainsi que Vitruve l'exige.
ccc ce. Cinq petits cnh'icula ou chambi es
pour la réception des hôtes ou pour l'u-
sage de la famille. D. Le tahlinum, pavé
en mosaïque, ouvrant sur le péristyle, de
telle sorte qu'une persoinie qui entrait
dans la maison par la porte piincipale A
avait vue sur l'étendue entière de 1 édi-
fice, l'atrium et le péristjlium, et dé-
couvrait au delà Vœcus et le jardin ; ce
devait être une perspective fort belle et
fort imposante. On pouvait cependant ,
quand on en avait besoin, feimer le tahli-
num avec des rideaux ou des paravents pro-
visoires. E. Corridor de communication
entre l'atrium et le péristylium , h. l'usage
des domestiques, pour ol)vier à l'incon-
v nient de faire du tablinum une cham-
bre de passage. Dans beaucoup de cas il
y avait deux corridors de ce genre, un
de chaque côté du tabliinmi : de là vient
qu'ils sont désignés par le pluriel fonces,
d. Chambre dont on ignore l'usage, mais
([ni peut avoir servi on de salle à manger
(tricliniiim) , ou de galerie de peinture
{puir.cotlieca),o\\ de chambre de réception
])our les vi>ileurs. Elle termine la pre-
mière partie de la maison, qui comprend
l'atrium et ses dépendances. F F. Le pe-
ristyliiim, qui forme la partie principale
de la seconde division ou division inté-
rieure de la maison. Il a ini toit supporté
par des coloinies qui forment quatre cor-
ridors , avec un espace ou\ert au centre ,
contenant un bassin d'eau (pi^cina) sem-
lilable à Vimplin'ium de l'alrium, mais
de dimensions plus grandes. G G. yllse du
péristyle, e e e e. Quatre cithiciila; on se
servait des trois qui sont sur la gauche du
périsij le comme de chambres de résidence;
l'autre, à côté du passage E , semble avoir
été ilestinée au portier de la maison (o.«-
tiar'iui) ou à l'esclave à (pii était remis le
soin de l'atrium (atricrisi.s) : en effet , elle
communiquait directement et immédiate-
ment avec les deux divisions de la mai-
son, et de là on pouvait avoir l'œil sur
l'entrée de la rue latérale m. H. Le //•/-
cUnium ou salle à manger : la chambre
(pii y touche [f) et qui communique avec
elle et avec le péristyle, était probable-
ment pour les esclaves et les domestiques
qui servaient à table, i. OEciis, qui est
élevé par deux degrés au-dessus du péri-
st\le, et qui a une large fenêtre ouvrant
sur le jardin situé derrière , aussi bien
qu'un passage {g) de côté , comme la faux
de l'atrium, pour donner accès dans le
jardin sans traverser la grande chambre.
K. CuVuia, la cuisine, qui ouvre d'un
côté sur une autre chambre ou arriére-
cuisine {II), munie de murs bas sur les-
DOHCS.
237
qiiels on déposait les jarres à huile , les
ustensiles de cuisine, elc., et de l'aulre
sur une cour (/) touchant a une des rues
latérales qui courenl le long de l'édifice
et sur laquelle elle a une porte de der-
rière (f). L L. Galerie couverte {porticiis
ou cr-)pta), élevée le long d'un des côtés
du jardin (ji), dans un coin duquel est une
citerne (/) touiiiie par un réservoir situé
à côté (/). Cela complète la doimts ou
maison particulière occupée par Pansa.
Elle avait quatre entrées distinctes : la
principale sur le devant (a) , et tiois sur
les cotés , dont deux pour la famille et les
visiteurs (jn et //), et une porte de der-
rière [postica) pour les domestiques el les
marchands (o).
Mais Vinsida entière contenait en ou-
tre plusieurs appartements ou maisons
plus petites, quelques-unes avec un étage
au-dessus, cpii étaient louées à différents
boutic[uiers.l 1 l.Troisbouticpies qui font
face à la rue principale. 2. Boutique dans
la même rue, qui communique aussi avec
la donius, et qu'on siq)pose en consé-
quence avoir été occupée par Pansa lui-
même; c'est là que son intendant [d'u-
pensalur) aurait vendu le produit de ses
fermes , comme le vin , l'huile , etc., aux
habitants de Pompéi , de la même façon
que les nol)les de Florence détaillent au-
jourd'hui le produit de leurs vignes dans
une petite chambre au rez-de-chaussée de
leur palais. 3 3. Deux établissements de
boulangers , avec leurs fours (/)/') , des
puits (ly) , un pétrin (') , et autres dépen-
dances. 4 4. Encore deux bouticpies louées
pour différents commerces. 5, (J, 7. Trois
petites boutiques et maisons occupées par
différents locataires.
Le rez-de-chaussée ainsi décrit com-
posait la partie principale d'une domus ro-
maine ordiuaire ou maison particulière,
et contenait les appartements occupés
par le propriétaire et sa famille. Eu ef-
'fet, l'étage du dessus était distribué en
petites chambres {amnciila) cpii servaient
de chambres à coucher, el qui étaient as-
signées principalement aux domcsl iques de
la maison. On ne peut admettre, en ef-
fet, que les petites chambres du rez-de-
chaussée qui ouvraient sur les portiques
de l'atrium et du péri.st, le, les princi-
paux appaitements du maître et de la
maîtresse, aient jamais été donnés aux es-
claves pour y passer la nuit; et l'étage
siq/érieur était fré([uemment desservi par
deux escaliers, l'un partant de l'intérieur
de la maison et l'autre du dehors de la
rue (Liv. xxxix, 1 4). Il j a de beaux éta-
ges supérieurs dans plusieurs maisons de
Pompéi et dans d'antres édifices anciens;
mais on n'en a jamais découvert qu'un
spécimen , qui n'existe plus : c'était dans
une maison d'Herciilanum , qui avait été
entièrement couverte d'un lit de lave
par suite de l'éruption qui détruisit cette
ville. Quand on fit les fouilles, on trouva
la charpente, les poutres et les architra-
ves prestpie réduites en charbon par l'ac-
tion de la chaleur; les murs avaient été
tellement endommagés par le tremi)le-
ment de terre qui accompagna l'éruption
de 79, qu'on fut obligé de jeter à bas tout
l'étage supérieur; mais la perspective et
le plan des chambres, donnés dans les
deux gravures suivanles, furent pris avant
la démolition, et par conséquent pré-
sentent le seul spécimen authentique
qu'on puisse actuellement trouver de cette
partie d'une maison romaine. 11 n'y a
rien de conjectural ni de restauré, ex-
cepté les tuiles du toit et les rideaux en-
tre les colonnes. A. Coupe de l'atrium.
Les quatre colonnes qu'on voit sur le de-
vant supportaient le toit B (marqué aussi
sur le plan ci-dessous) , qui couvrait un
des quatre corridors tloul la partie cen-
trale et découverte de l'atrium était en-
tourée. Les baguettes de fer et les an-
238
neaux pour suspendre les rideaux entre
les colonnes, comme la gravure les mon-
tre, furent trouvés dans la place qu'ils
occupaient primitivement quand la fouille
fut faite. Ces rideaux étaient destinés à
protéger contre les rayons du soleil les
corridors latéraux du compluvium ou es-
pace découvert au centre, c C. Deux des
corridors latéraux dont nous parlons, qui
ont des portes à leurs extrémités les plus
éloignées, ouvrant sur des appartements
séparés , et qui sont fermés au-dessus paj-
le plancher de l'étage supérieur. D. Cou-
pe du péristyle. Les huit colonnes qu'on
voit en avant enferment un des côtés
d'une area découverte qui était disposée
comme un jardin. EE.Deux des corridors
latéraux qui eutourent trois côtés du pé-
ristyle , ouvrant sur le jardin du côté qui
en est le plus proche par leurs entre-co-
lonnements, et fermés par derrière par le
mur mitoyen situé entre eux et par les
appartements adjacents. F F. Coupe de
l'étage supérieur : le plan et la disposi-
tion de ces appartements sont donnés dans
la gravure ci-jointe, cotés depuis a
jusqu'à m. Douze petites chambres {ca-
nacula) construites sur les corridors de la
cour qui est au-dessous , et recevant leur
jour de fenêtres qui ont vue sur l'intérieur,
ainsi que le montre notre perspective des
six premières, ouvrent sur une terrasse
(solarium) , G au-dessus du jardin; et en
conséquence on peut conjecturer qu'elles
servaient au propriétaire , à sa famille et
à ses hôtes, n k r. Autre suite de petites
chambres qui ont des fenêtres sur la rue, et
qui servaient probajjlemeut de chambres à
coucher pour les esclaves, skv. Chambres
projjablement destinées aux femmes de
î'étajjlissement , parce qu'elles forment
une suite complète , communiquant entre
elles, et sont séparées du reste. Les plan-
chers de ces ch.'aul)res supérieures , ainsi
que ceux des charubres du dessous, sont
en mosaïque. L'étage du dessus ne s'é-
tend que sur deux côtés du péristyle,
comme le montre notre perspective; les
deux autres n'ont aucune construction
élevée au-dessus du toit qui couvrait le
corridor du jardin.
2. (olx.o;) Maison grecque. Les fouilles
ne nous ont pas encore fait connaître le
plan d'une maison grecque; par consé-
quent toute tentative pour en détermi-
ner et distribuer les parties ne peut se
fonder que sur des passages épars dans di-
vers auteurs , et doit être regardée comme
conjecturale. 11 y avait cependant, sans
aucun doute , des différences essentielles
entre les demeures des Grecs et des Ro-
mains, et, pour ce motif, nous allons
donner un plan hypothétique sur l'auto-
rité de Becker ; il servira du moins à ex-
pliquer les termes que les Grecs em-
ployaient pour désigner les différentes
parties de leurs maisons , et à faire en-
tendre en général d'après quel plan elles
étaient habituellement construites, a. aû-
/,cto; 6vpa. La porte de la maison ou en-
trée principale sur la rue. />. ôup ojpîïov,
6'jpà)v, ôiaôupa. Le vestibule ou passage
d'entrée ; les pièces à droite et à gauche
servaient en partie d'écuries et conte-
naient une loge pour le portier et des
chambres pour les esclaves, c. aO)f,. La
cour et le péristjle, formant la première
division de la maison, qui était destinée
aux hommes, et qui, avec les différentes
chambres distribuées à l'entour (num.
1-9), constituait l'àvôpwvÏTt;. tf. (xït-
a.'j>.o; ou (j.É<ja'j).o; ÔOpa. La porte du
passage qui sépare les deux principales
divisions de la maison : quand elle est
fermée , il n'y a plus de communication
entre elles, e. La cour et le péristyle,
tormant la seconde pai'Ue ou partie inté-
DOXARIUM-
DOBMÎTORIUM.
239
rieure de la maison, qui était destinée
aux femmes, et qui, avecles différentes
dépendanfes ( num. 11-18) situées à
l'entour, forme le YuvaixwvÏTiç. f. upo-
(7T(x; ou 7iapa<Txâ;. Chambre au bout
du péristyle, dont la maîtresse de la mai-
son se servait probajjlement comme de
chambre de réception ou pour se re-
tirer, gg. 6âXa[j.oç et à{j.stÔâ)ia[j.o?. Les
principales chambres à coucher, h h II.
IffTwvE?. Pièces où les femmes travail-
lent au métier. /. y.Yi7iaîa ôûpa. Porte du
jardin ou porte de derrière.
DOISAKIUM. Trésor d'un temple, c'est-
à-dire, chambre dans laquelle étaientcon-
servées les offrandes faites aux dieux
(Serv. a^/ Virg. jEii. XII, 179; Lucau.
IX, 516; Apul. Met.y>. 183).
2. Offrande votive, ou présent fail
aux dieux comme témoignage de grati-
tude pour quelque faveur reçue, telle
qu'une guérison ou la délivrance dans une
calamité imminente (Aul. Gell. Il, 10;
Aurel. Vict. Cœs. 36). Ces offrandes dif-
féraient nalurellemeut pour la valeur et le
caractère, suivant la fortune et le goût
de celui qui les présentait : elles consis-
taient eu armes prises à la guerre, en tré-
pieds , en autels , en objets précieux de
toute espèce donnés par des personnes
riches ; mais les classes pauvres faisaient
des offrandes plus humbles : c'étaient des
tablettes qui portaient des inscriptions
ou des représentations peintes de la divi-
nité venue miraculeusement à leur aide ,
et qui ressemblaient à celles qu'on voit
si fréquemment suspendues dans les églises
catholiques ; ou encore des objets en terre
cuite qu'on trouvait en vente à la bouti-
que du modeleur, et qui représentaient
seulement quelques parties du corps,
comme un bras , une main , un œil ,
un pied, une jambe, etc., de sorte que
chaque personne pouvait se borner à
acheter la partie qu'elle croyait avoir
été guérie par l'assistance divine. La gra-
vure représente trois donaria de cette es-
pèce d'après des modèles en terre cuite :
un pied , deux yeux , et une main avec
une balafre au milieu , représentant la
blessure pour en rappeler la guérison.
DOiNATIVUM. Largesse faite par l'em-
jiereur à l'armée, par opposition au con-
giarhtiH donné généralement au peuple.
(Suet. Nero, 7 ; Lamprid. Aies. Sev.
2C).
pORMITATOR (r)[j.cp6--con:oç). Voleur
qui fait ses coups de main pendant la
nuit (Plaut. Trin. IV, 2, 20; Hesiod.
Op. G03).
DOUMITORIUM. Dortoir ou chambre
240
DOBSCALIA.
à roiirher (Plin. H. N. xxx, 17). Cette
pièce semlile avoir été eu général pe-
tite et médiocrement meul)lée , comme
le montie la gravure, qui représeute l'iu-
térieur de la chambre à coucher de Di-
don , d'après le Virgile du Vaticau.
DORSUALIA. Large bande faite d'é-
toffe richement teinte ou de soie brodée,
qu'on mettait en travers sur le dos des
chevaux dans les grandes occasions, com-
me ou le voit dans la figure ci-jointe ,
prise du cortège triomphal de Constan-
tin , ou sur les victimes conduites au sa-
crifice : l'arc de Titus à Rome en pré-
sente plusieurs spécimens (TertuU. Gai-
lien. 8).
DOhSUARIUS ou DOSSL'ARIUS.Bète
de somme , cheval de hàt (Vairo , R. R.
II , 10) ou âne {ib. il, 6), comme on le voit
dans la gravure ci-jointe, prise de l'arc de
lriomi)he de Coustaulin.
DOHYPHOiiUS (oopuçôpo:). Halle
hardier, nom douué aux soldats qui for-
maient la gaide du corps des rois per-
ses, à cau.se de l'arme (|u'ils portaient.
Ce mol ne se trouve eu laliu que comme
le nom d'une célebie statue de PoKclele
{ Cic. Brut. 80 , Pliu. H. N. xxxiv,
la, 2) , représentant un de ces gardes ou
un soldat armé comme eux. Ou le ren-
contre aussi comme nom propre (Inscript.
ap. Murât. 4'î" , 5).
DRACHMA(5pax!xr,).Z)/-flc/m)f, -la prin-
cipale monnaie d'aigeut des Grecs, com-
me le denarhis chez les Romains. 11 y avait
deux sortes de drachmes, différentes pour
le poids et la valeur : l'attique et l'ègi-
nète.
La drachme attique , représentée par le
spécimen ci-joint, d'après un modèle de
pareille grandeur du Musée Britannique,
avait ]uincipalemeut cours dans le nord
de la Grèce, dans les Etats maritimes et
en Sicile. Elle contenait six oboles et
valait à peu près 97 centimes et demi de
notre monnaie. Quand Pline {H. N. XXI,
lO'J) parle de la draciime attique et du
denier romain comme étant du même
poids , ce dernier n'avait plus ses propor-
tions primitives (Hus.se) , Ancient ivei^hts
and moner, p. 47-48).
La drachme égiuète, représentée par
la gravure sui\ aille, aussi d'après un
modèle de même grandeur du Mu.^ée Bri-
tannique, avait cours en Béotie, dans
queUpies parties du nord de la Grèce et
dans tous les Etals du Péloponnèse, à
l'exceptiou de Corinihe. L'étalon en était
plus grand que celui de la drachme^ at-
tique; il contenait en^^ron 93 grains
d'aigeut pur el valait à peu piès 1 franc
42 centimes et demi de notre monnaie
(Hussey, iùid.,p. &y-GO).
DRACO. Dragon : enseigne d'une co-
horte, empruntée aux Parthes et iutro-
DRACONARIUS.
ECHINDS.
241
duite dans rarmce romaine vers le temps
deTrajan. C'était l'image d'un grand dra-
gon fixé sur une lance, ^
avec une gueule d'ar- ~ '"
geut eutr'ouserte, tan-
dis que le reste du
corps était formé d'é-
toiles peintes ou de
peaux <jui , étant vides
et flexibles , s'agitaient
avec des mouvements
pareils à ceux de ce
reptile, lorsque le vent entrait dans la
giieide ou\erie (Veget. ;)///. Il, 13; Am-
mian. Marcell. X\l, 10, 7 et 12, 39;
Claudian. /// Consulat. Hoiior. 138;
Kemesian. 85).
2. Appareil pour faire chauffer de
l'eau a^ec économie de temps et de bois;
il consistait en une chaudière, munie
tout autour d'un certain nombre de
tu)'aux, pareils aux replis d'un serpent,
de telle sorte^que la quantité entière du
liquide était ex|)0sée en même temps
et par petites quantités à l'action du feu
(Senec. QuKst. A'al. m, 24).
DiiACUiNAHlUS. L'enseigne ou porte-
drapeau d'une cohorte; il portait le
diaco ou dragon représenté dans la gra-
vure précédente ( Ammian. XX, 4, 18;
Veg. Mil. II, 7 el 13). Des enseignes de
cette espèce figurent fréquemment sur
les colonnes de Trajan et de Marc-Aurele
au milieu des troupes barbares, mais
non dans les armées romaines , quoi-
qu'elles y aient élé introduites au temps
de Trajan. C'est de ce mot que vint le
nom moderne de dragon, signitiant dans
sou sens primitif soldat de ca\alerie qui
suivait l'enseigne du dragon. [D'a|)rès une
autre o[)iniou , les dragons modernes ont
tiré leur nom de ce qu'ils combattent à
pied et à cheval , et sont eu (piekpie sorte
amphibies comme les animaux, fantasti-
ques appelés dragons. ]
DRACOiNTAKlUM. Bandeau pour la
tète (Tertull. Cor. Mil. 15), tortillé de
manière à imiter les replis du serpent;
ou peut-être fait en forme de deux ser-
pents réunis, comme le torquis (^oy. la
gravure du mot Torquatus : cf. luscript.
ap. Don. cl. 1, n. 91, torqutm aureum
ex dracontariis duoàu-s); mais le draco/i-
fariiim était porté sur la tête an lieu de
l'être au cou.
DHOMO on DROMON. Espèce parti-
culière de vaisseau, reraartpiable pour sa
rapidité : on n'en sait rien de plus (Isi-
dor. Orig. XIX, 1,14; Cassiodor. Far.
Ep. V, 17).
DHOMONARIUS. Rameur dans un
vaisseau appelé dromo (Cassiodor. P'ar.
Ep. IV, 15).
DULCIA. Mot employé dans un sens
général pour toute e>[)ece de friandises
faites avec du miel, par opposition k pâ-
tisserie on gâteaux faits de farine , de
fruits, de lait, etc. (Lainprid. £/a^. 27
et 32).
DULCIARIUS. Qui fait des dulcîa ;
c'est-à-dire confiseur, par opposition à
pâtissier (Lamprid. Elag. 27; Trebell.
Claud. 14; Veg. Mil. I, 7.)
DUUMVIRI. Deux fonctionnaires nom-
més pour agir ensemble en différentes
circonstances, par exemple :
1 . Duuni viri jure dcundo ; deux ma-
gistrats principaux qui rendaient lajusiice
dans les villes de province ( Cic. y4gr.
II, 34).
2. Duumviri perduellionis ; deux juges
nommés pour faire le procès aux per-
sonnes accusées du meurtre d'un citoyen
romain (Liv, i, 20; Cic. Rabir. perd. 4).
3. Duumviri navales. Deux commis-
saires nommés pour surveiller l'équipe-
ment ou le radoubement d'une flotte
(Liv. IX, 30).
4. Duumviri sacrorum. Deux prêtres
nommés pour prendre soin des livres
sii))llins, fonction confiée dans la suite
aux décemvirs (Liv. m, 10).
E
EBORARIUS. Qui sculpte et qui tra-
vaille l'ivoire (Imp. Const. Cad. 10 ,
(J4, 1).
ECHINUS. Hérisson ; et, dans un autre
sens, oursin, crustacé épineux, dont
les anciens employaient la coquille pour
y mettre des remèdes ou d'auties objets.
Par extension, Horace {Sat. i. G, 117)
a donné ce nom à un ustensile de table
fait de la même matière ou l'imitant;
mais on ne voit pas clairement quel usage
14
242
ELi-YcnmtîM.
particulier le poëte lui assigne. Heiudorf
\ad. /.) entend par eclùnus un vase où
on lavait les verres.
2. En architecture, large membre
elliptico-circulaire d'un chapiteau dori-
que , placé immédiatement sous Yahacus
(Vitruv. IV, 3, 4). Dans
les plus beaux spécimens
de cet ordre , tout con-
tour est elliptique ou hy-
perbolique, mais jamais
circulaire ; avec les annelets qui sont pla-
cés au-dessous , il est de la même hau-
teur que l'aljacus (Elmes, Leçons d'Ar-
chitecture [enaugl.J,p. 205). La gravure
représente un chapiteau du Parthéuon.
l ECTYPUS (è'xTUTio;). Fait dans un
moule (tÛTto;, forma), au dedans duquel
est creusé le dessin qu'on veut exposeï'
aux yeux : de cette façon la figure qui
en sort (ectypiim) présente" les objets en
relief, comme un ouvrage moulé eu terre
cuite (Pbn. //. N. xxxv, 43), ainsi que
le feront facilement comprendre les gra-
vures ci -jointes. Celle qui est à main
droite représente un moule ancien , d'a-
près un modèle trouvé à Ardée, et l'autre,
à main gauche, montre l'objet moulé en
teri-e cuite avec ses figures en relief.
2. Ectypa gemma ou scalpliira. Pierre
gravée sur lacpielle les images sont sculp-
tées en relief, comme un camée , au lieu
d'y être gravées en creux , comme dans
uu sceau ou un intagHo (Senec. de Ben.
in, 2G; Plin. H. N. xxxvil, (J3).
EDOLATUS. Façonné et tiré d'une
matière brute avec la dolahra (Columell.
Vin, 11,4; voy.DoLATUs); par extension,
et dans un sens figuré, tout ce qui est
fini avec soin. (Cic. ad Jtt. xill, 47;
cf. \arro, ap. Non. p. 448.)
EFFIGIES. En général, image ou ef-
figie. Mais ce mot a un sens particulier
dans les fiinera gentilitia des Romains
(Tac. Ann. iv, 9; et m, 5); pour l'en-
tendre, voy. Imagines, 2.
EL.î:OTHESIUxM (èXaioeéatov). Cham-
lu'e dans les bains, où étaient gardés les
huiles et les parfums , et où le baigneur
se retirait pour se faire oindre et frotter.
Dans de grands établissements , il y avait
à cet effet une chambre particulière , qui
touchait au frigidarium ou pièce froide
(Vitruv. "V, 11, 2), comme on le voit
dans la gravure au mot Cella , n° 6 ,
prise d'une peinture représentant les
pièces d'un bain dans les Thermes de
Titus à Rome. Là on la voit avec le nom
écrit au-dessus : elle est remplie d'urnes
à parfums rangées sur des rayons, et c'est
la dernière chambre à main gauche ,
immédiatement à coté du frigidarium ,
comme le veut Vitruve. Mais, dans des
Ijains particuliers ou dans des bains pu-
iilics d'une étendue moins considérable,
comme les bains de Pompéi, la chambre
d'eau tiède semble en avoir tenu lieu.
Voy. l'article Tepidarium.
ELEIN'CHUS. Grosse perle en forme de
poire fort estimée par les dames opu-
lentes de Rome , qui aimaient à en
porter deux ou trois ensemjjle com-
me pendants d'oreille ou à en atta-
cher à leurs bagues (Plin. H. N. ix,
5G ; Juv. Sat. VI, 459). Notre gra-
vure est prise d'un modèle de bou-
cles d'oreilles où un gros elenclms
forme le pendant.
ELIX. Mot ancien, signifiant un sillon
large et profond , tracé entre les glèbes
dans les champs de blé pour préserver
de l'humidité les racines de la plante
(Serv. ad Virg. Georg. i, 109; Columell.
Il, 8, 3).
ELLYCHNIUM ( iWdyyiov, ôpua^Xtc).
Mèclie d'une chandelle ou d'une lampe
à huile, faite ha-
bituellement de
la moelle d'un ro-
seau ou des Obres
grossières du lin
ou du papyrus
(Vitruv. VIII, 1, 5; Plin. H, N. xxiii,
4, 41; xxviii, 11, 47). La gravure re-
présente une petite lampe romaine dont
la mèche brûle.
EMPLECTON.
243
EMBLEMA ( l[xéXr)|Jia). 3Iarqueterie ;
ce mot s'applique surtout aux mosaïques
(Varro, R. R. III, 2, 4 ; Lucil. «/>. Cic.
Brut. 79), qui sont composées de petites
pièces de pierres de couleur, de verre ou
d'émail placées dans un lit de ciment.
Comme cet art était pratiqué de façons
différentes , nous rencontrons, pour le
caractériser, plusieurs mots dont chacun
indique une méthode particulière, tels
que tessellatuin , sectile, vermicitlatum
et autres, énumérés dans la Table ana-
lytique. Si le terme dont nous nous
occupons , emblema , e.st spécificpie et
non générique, il peut avoir été em-
ployé pour désigner une sorte de mo-
saïque peu connue, mais qu'on rencon-
tre dans la villa d'Adrien, près de Tivoli.
Caylus (Recueil, \i, 86) en a publié
quelques fragments , et elle consiste en
lias-reliefs de stuc fort dur dans lesquels
sont placés en marqueterie de petites
pièces de différentes pierres de couleur
et d'émaux, de telle sorte qu'on les dirait
peints. Le second sens du mot ejuhlemn
prête à une telle conjecture.
2. Ornement ou figure en saillie qui
n'est ni fondue avec le solide ni taillée
de ce solide même , mais attachée à quel-
que autre substance comme un relief qui
la décore ; par exemple, une figure en or
fixée sur un vase d'argent ou une figure
d'argent sur un vase de bronze (Cic.
Verr. il, 4, 17, 23, 24). Cet art était
fort pratiqué et fort estimé chez les an-
ciens; on en a découvert plusieurs spé-
cimens à Pompéi.
EMDOLIARIA. Actrice qui venait sur
le théâtre entre les actes d'une pièce
pour amuser l'auditoire en récitant quel-
que intermède , enibolium , èjxGoXiov
(Plin. H. N, VII, 48; Inscript, ap. Murât.
6G0, 4).
EMBOLmi (è'fjLgoXov). Mot grec lati-
nisé ( Petr. Sat. 30) , signifiant l'éperon
d'un vaisseau de guerre, qu'on appelait
en latin RosTRLM. On en trouvera la
'description et la figure à ce mot.
EMBOLUS (£(j.go),o;). Piston d'une
pom])e, d'une seringue ou d'une autre
machine pour tirer de l'eau et la dé-
charger (Vitruv. X, 7). Voy. Ctesibica
Machina et Sipho.
EMERITI. Soldats romains délivrés
du service militaire (Val. Max. VI, 1,10,
Ov. Trisf.iy, 8,21) parce qu'ils avaient
servi tout le temps imposé par la loi,
c'est-à-dire vingt ans pour les légionnai-
res et seize pour les prétoriens (Tac.
.4/iri. 1,78; Dion Cass. LV, 23).
EMISSARIUM. Coinluit excréteur :
canal artificiel fait pour l'écoulement des
eaux stagnantes (Cic. aclFani. XVI, 18;
Plin. //.i\'. XXXIII, 4, 21). On voit encore
en Italie des débris de travaux étonnants
de cette nature, élevés comme conduits
excréteurs pour les lacs Albain et Fucin
( Suet. Claud. 20 ; Plin. H. iV. xxxvi,
24, 11) : le premier, parce qu'on eut
peur que les eaux ne vinssent à liéborder
et à inoniler le pays ; le second, pour
rendre à la cuUnre les terres que les
eaux couvraient. Ce dernier, qui subsiste
presque entier et qui a été déljlayé et
rendu praticable par le roi de iS'aples,
consiste en un souterrain de plus de trois
milles de long, dont une grande partie
fut creusée avec le marteau et le ciseau
dans la roche qui forme la base de la
montagne qu'il traverse à une profondeur
de trois cents mètres au-dessous du som-
met le plus élevé. Le reste, qui n'est qu'à
quelques pieds au-dessous de la surface
du sol , est entièrement voûté en bri-
que. C'est de cette matière qu'est faite
l'arche qui déchargeait l'eau dans le
Liris; mais la bouche qui fait face au
lac présente une belle construction en
maçonnerie.
EMPLECTON' (à>7:>£XT0v). Manière
de construire des murs introduite par les
Grecs et adoptée par les architectes ro-
mains. Les surfaces extérieures des deux
244
ENCAUSTICA.
côtés y étaient formées de blocs placés
en assises régulières, comme le montre la
partie supérieure de la gravure ci-joinie
(e), et res|)ace qui les sépare était rem-
pli de moellons (g). Des pierres trans-
versales {c/ialoiii, F ) étaient, à certains
intervalles , placées au-dessus en assises
régulières et avec des dimensions suf-
fisantes pour s'étendre sur l'épaisseur
entière du mur d'un côté à l'antre, faire
l'office de parjiaings et relier ainsi toute
la masse (Vitiuv. il, 8, 7 ; Plin. H. A\
XXXVI, 22, 51). Vov. DiAMICTON.
EMPOIUOI (EfxVopiov). 3J arche ou
entrepôt, c'est-à-dire, édifice considéra-
ble conleiiant une suite de magasins,
où étaient déposées les marcliandises
de l'étranger amenées par mer, jus-
qu'à ce qu'elles fussent débitées aux
marchands en détail (Vitruv. v, 12, 1).
La place était toujours enfermée de hau-
tes murailles et souvent solidement for-
tifiée (Liv. XXI, 57), si la ville qui con-
tenait Vcmporitim était située dans une
partie du pays exposée à des attaques.
La gravure ci-jointe offre le plan de
quelques ruines fort étendues sur les rives
du Tibre, aux pieds de l'Aventin, qu'on
croit être les restes de Vemporiitm de
Rome (Liv. XXXA', 10). La ligne qu'on
voit au dehors montre le circuit du mur
extérieur qui enfermait le marché ; c,
un escalier descendant à la rivière,
comme le dit Tite-Live ; a b et c d, des
parties de la muraille contenant les ga-
leries qui allaient à la rivière , ainsi
que l'indique Vitruve; de m à «, restes
des murailles qui enfermaient la suite des
magasins d'entrepôt. Les parties qui suh-
sistaient encore, quand ou étudia ces rui-
nes, sont signalées par une teinte foncée ;
mais on doit remarquer que ces restes
sont assez étendus pour autoriser à com-
pléter le circuit , que nous donnons avec
une teinte plus légère.
EMPOROS ( £(i7topo:).Mot grec, et in-
diquant par conséquent des coutumes grec-
ques; il est cependant employé avec une
forme latine par Plante ( Merc. Prol. 9)
et par Ansone (Epist. xxii, 28). Il dé-
signe un homme ((ni était à la fois mar-
chand et marin : il lecevait d'un arma-
teur ou d'un capitaliste nu navire qu'il
dirigeait dans un vojage de commerce,
dont les bénéfices a])])arleiiaient à celui
(pli l'employait. De là vient que dans
Plante (/. c.) il est appelé cmporos P/ii-
Icmoii'is, c'est-à-dire qui fait le com-
merce pour son. maître Philémon.
ENCARPA (lyxapTTa). Festons de fruits
et de fleurs employés comme décoration
dans la sculpture et la peinture (Vitruv.
IV, 117). On peut s'en faire une idée par
le spécimen ci-joint, pris d'une tombe ro-
maine.
ENCAUSTICA {i^y.<i.'>at\-A.r). Art de la
peinture à l'encaustique, c'est-à-dire avec
des couleurs mêlées de cire et durcies en-
s.iite par l'action du feu. Cet art, tel que
le pratiquaient les anciens, est mainte-
nant perdu, et l'on n'a jamais pu détermi-
ner parfaitement le procédé dont ils se
servaient , l)ien que le comte de Caylus
se soit imaginé qu'il en avait trouvé le
secret , et qu'il ait écrit un traité spécial
sur cette matière. Les anciens semblent
avoir eu plusieurs méthodes d'encaustique
et s'y être pris de façons fort diflereules :
tantôt ils se servaient de couleurs mêlées
de cire, appliquées avec une brosse sèche,
puis lixées par le feu avec l'instrument
appelé cauterium; tantôt on traçait le
dessin sur l'ivoire avec une pointe à gra-
ver brûlante (cestriini), mais alors il ne
semble pas qu'on fît usage de la cire;
tantôt enfin on liquéfiait la cire avec la-
quelle les couleurs étaient mêlées , puis
on trempait la brosse dans celte mixture
ErVCOMBOMA.
ENDROMIS.
245
liquirle , et on appliquait la couleur à l'é-
tat fluide , comme ou le fait pour les cou-
leurs à l'eau; claus la suite l'acliou delà
chaleur l'égalisa il et lafoudait (Pliu.//.i\\
XXXV, II, 39 et 41 ; Vitruv. vu, 9; Ov.
Fast. Ml, 831).
ENC0MB0MA(£Yx6ixgf..[jLa).Partiedu
vêtement des Grecs, sorte de tahiier atta-
ché avec un nœud autour du corps (d'oîi
vint le nom); il était porté par les es-
claves pour que leur tu-
nique restât propre (Lon-
gus, 11, 33) , et par les
jeunes filles (Varro , ap.
Non. s. l'.'i; on s'en
servait aussi sur la scène
comique (Jul. Pollnx,
IV, 18). Ces deux der-
niers usages sont figurés
pav la gravure ci-jointe,
où l'on voit une jeune
femme jouant sur les
douilles flûtes, d'après
un has-relief de marhre
qu re,irésenie une scène
de quelque ))ièce.
ENDROMIS. Large couverture d'étoffe
de laine grossière, dans laquelle on avait
l'haliitude de s'envelopper le corps pour
ne pas s'exposer au froid
après les mouvements
violents des exercices
gymnastiques (Jnv. m,
103; Mart. iv, 19; xiv,
126). Elle est fréquem-
ment représentée dans
des scènes de la vie du
gymnase sur des figures
au repos , semi)lal)les à
celle de la gravui'e ci-
jointe , prise d'un vase
d'argile et représentant
un jeune homme qui
vient de finir ses exer-
cices , et qui est debout
devant son maître; mais, quoique le
mot lui-même soit grec et se rapporte
spécialement aux habitudes de ce peuple,
c'est seulement chez les auteurs latins
qu'il se rencontre dans le sens que nous
avons expliqué. Comparez n" 3.
2. Enciromis Trria. Couverture qui
avait la même forme et servait au même
usage ;mais elle était de tissu plus fin, et
avait été adoptée par les dames romaines
qui prenaient les habitudes viriles et s'a-
donnaient aux mêmes exercices que les
hommes (Jnv. vi, 240).
3. (èvôpojj.î:). En grec, ce mot a une
signification fort différenle : il est em-
ployé pour désigner les brodequins inven-
tés et portés dans l'origine par les chas-
.^enrsde Crète (Nonn. D'ionys. v, p. 154),
puis adoptés par les artistes grecs comme
chaussure caractéristique de Diane chas-
seresse ( Callim. Hymn. in Dian. 16;
Jul. PoUux, YI, 93j. Ou les voit sur un
grand nomlire de statues de cette déesse,
et ils ressemblent au spécimen de la gra-
vure ci-jointe, prise d'un bronze d'Her-
culanum, avec les orteils découverts et une
large bande qui couvre le dessus du pied
{fascia primos Sistitur ad digitos, Sidon.
ApoU. Carm. il, 400), et à laquelle les
quartiers sont attachés. Ces brodequins
s'ouvrent sur le devant , mais sont percés
de trous près des bords pour passer la
courroie qui les serre sur les jambes ,
commenos brodec[uinslacés Galen. Com-
mei(t. in Hippocr. de y4rticuL et Span-
heim o^ Callim./. c). Les lacets, qui sont
omis dans le bronze d'où est tirée la gra-
vure, peuvent se voir sur d'antres statues
{Mus. Cliiaramont. Xay. 17; Mus. Pio-
Clem. II, 15; 111, 38). Les poètes latins
donnent toujours à Diane des cotiturni,
brodequins fermés qui enveloppaient tout
le pied ( voy. le mot Cothurîi'ds et les
gravures qui y sont jointes ). Le nom
d'Èvopojiî: fut donné à ces brodequins
parce qu'ils étaient faits pour des per-
sonnes qui avaient besoin de déployer
jjeaucoup de vigueur et d'agilité à la
course (Galen. /. c); ce qui était plus
14.
246
facile, comme on le voit tout d'abord,
parce que les extrémités du pied, étant
découvertes au lieu d'être contraintes par
une empeigne, laissaient aux doigts un jeu
plus libre ; c'est ainsi que cette chaussure
est portée par un faune et un berger du
musée de Naples {Miis. Borb. Vlil, 23,
25). Ces considérations, et les preuves que
fournissent toutes les statues anciennes,
semblent confirmer la distinction faite ci-
dessus , quoiqu'on ne puisse invoquer à
son appui l'autorité d'aucun écrivain ; en
même temps elles servent à expliquer la
différence réelle qu'il y a entre les noms
des trois espèces de brodequins de chasse
admis d'ordinaire comme termes syno-
nymes : le y,66opvoc, qui montait jusqu'au
mollet et était lacé sur le devant , mais
couvrait tout le pied; r£vopo|j.£;, allant
aussi jusqu'au mollet et lacé sur le devant,
mais laissant les orteils découverts ; et
l'àpêOXy), demi-brodequin lacé sur le de-
vant, mais n'allant qu'à la cheville.
EASICULUS (çtqjîotov). Diminutif d'Ex-
SIS; petite épée qui servait de jouet d'en-
fant (Plant. Rud. iv, 4, 112. Voy. Cke-
pundia).
ENSIS (^130:). Épée. Mot employé gé-
néralement par les poêles; il est synonyme
de Gladius (Quint, x, 1, 11. Yoy. aussi
Falx, G).
EPHEBEUM(èxr,gcTov).Pièce spacieuse
dans le gymnase grec, où les jeunes gens
faisaient leurs exercices en présence de
leurs maîtres (Yitruv. v, 11 ; Strabo, v,
4, 7). Voy. la gravure au mot Gymna-
SIUM (lettre c) : elle donnera une idée de
la position ordinaire de Tephebeum et de
sa grandeur, par comparaison avec les au-
tres pièces de l'établissement.
EPHEMERIS (IçoiJLspîç). Journal tenu
par une personne , et dans lequel elle no-
tait les événements, les actions ou les dé-
penses de chaque jour (Cic. Quint. 18;
C. Nepos, Attic. 13).
EPHIPPIARIIIS. Sellier qui fait des
eph'ippia (Inscript, ap. Fabrett. p. 712,
n° 339),
■EPHIPPIATUS. Qui va à cheval sur
une selle (ephippiuin) au lieu de monter à
cru. Yov. les gravures du mot Eques
(Cœs. b'. c. IV, 2).
EPHIPPIUM (£?t7i7tiov). Selle pour les
chevaux (Varro, ^. if, ii, 7, 15; Caes.
B. G, IV, 2), employée par les Grecs et
les Romains. Elle est fort communément
représentée dans les œuvres d'art comme
une pièce d'étoffe mise plusieurs fois en
double et formant un coussinet carré as-
sez épais (voy. la seconde gravure au mot
Eqdes); mais, dansplusieurs cas aussi, on
la rencontre sous la forme d'un coussinet
régulièrement bourré, comme lespécimen
ci-joint, pris de la colonne de Marc-Aurèle,
On en voit de semblables dans les peintures
d'Herculanum et de Pompéi, et sur l'arc
de Septime Sévère; mais le plus souvent
le coussinet de la selle est caché par la
housse {stragula ) qui couvrait les deux
cotés de l'animal,
EPHORI (Icpopoi), Littéralement ins~
pccteurs ; mais ce mot était particulière-
ment le nom de cinq magistrats élus cha-
que année par le peuple de Sparte et
auxquels étaient confiés de grands pou-
voirs politiques qui leur permettaient
d'exercer un contrôle sur les rois et sur
tous les autres magistrats; la position des
éphores , dans les constitutions dorien ■
nés , avait quelque chose d'analogue à
celle des tribuns de Rome (Aristot, Polit.
II, 10; Cic. Zfo. 111,7).
EPIBAT/E (èTz<.o(i.-zo.i). Soldats de ma'
riue chez les Grecs ; corps de troupes qui
servait exclusivement à bord d'un vais-
seau, et était entièrement distinct des for-
ces de terre, des matelots et des rameurs
(Herod. vi, 12; Hirt. B. Alex. 11 ; Yi-
truv. II, 8, 14). Les Romains désignaient
leurs soldats de marine par le terme de
Classiarii.
EPICHYSIS (iniyyai:). Pot grec, avec
un bec petit et étroit, d'où l'on versait
le vin à un banquet dans la coupe où on
le buvait; les Romains l'adoptèrent quand
ils avancèrent dans la civilisation, au lieu
du guttus, moins élégant, dont ils se ser-
KPISTOMIUM.
247
vaient auparavant pour le même usage
(Pluut. /^"</. v,2, 32; Varro, Z. L. iv,
26). La gravure représente une rpic/iy.u.s
avec la coupe de verre qui en recevait le
coulenu, d'après une peinture de Pom-
péi, et une Néréide versant du vin d'un
de ces vases dans une pafera, d'après une
peinture de Stahia. Dans toutes les nom-
breuses peintures de Ponipéi , et autres ,
qui représentent l'action déverser du vin
d'un pof, ce pot a toujours un col étroit
et un petit bec, comme ceux que nous
donnons ci -dessus; ce qui sert à recon-
naître r epichysis et montre en quoi elle
diffère de Y aiguière ou pot à eau {gut-
tiirniiim, 7rp6-/oo:), qui avait un cou plus
gros et un bec plus large.
EPIC0PU8 (âmxwTro;). Motgrec.dont
on se servait pour ilésigner un bateau à
rames et le distinguer d'un navire à voi-
les (Cic. ad Jtt. XIV, IG).
EPICHOCUM (£7tiV,poxov).Mot grec,
employé pour désigner un vêlement de
femme; indiq\iait-il que le vêlement était
d'un tissu fin ou couleur de safran ? On ne
saurait le décider. En effet, ce mol peut
être tiré de xpôvtY] ( subtemen) ou de /Cpo-
xoç, crocus ( Naivius ap. Yarr. L. L. vu
5; Varro, ap. Non. r. Hal)itare; Festus,
s. V.).
EPIDIPNIS(è7T;{3£iuvi;). Mot grec qui
désignele dernierserviced'undiner (Petr.
Sut. G9;Mart. Ep. XI, 31).
EPIDROML'S (£7ri'5po[Ao; )• T.orde cou-
lante attachée au collet d'une tonnelle (cas-
sis) et passant par des anneaux fixés autour
de l'ouverture : en la tirant , le chasseur
qui était à l'affût fermait le filet connne
une jjourse, quand le gibier poursuivi y
était entré (Plin. // IV. xix , 2, 2; Jul.
Poil. V, 29; Xen. Crneg. vi, 9).
2. Voile du mât le plus proche de l'ar-
rière dans les vaisseaux qui avaient plus
d'un mal (JuU. Poil. I, 91 ; Isidor. Orig.
XXIX, 3, 3). Polhix et Isidore diffèrent à
un certain point l'un de l'auti'e : car l'un
donne ce nom à la voile, et l'autre au màt ;
mais probablement il signifiait à la fois
et le mât et la voile qui y était atlacliée.
La gravure est prise d'im bas-relief de la
villa Borghèse.
3. Uepidroinus est cité par Varron
(R. R. XII! , 1) comme une des pièces né-
cessaires du moliilierd'un pressoir à huile
(lorcularium) mais sans aucun détail qui
montre ce que l'auteur entend par ce
mot.
EPIGRUS. Voy. Epiurus.
EPILIMMA. Sorte d'onguent d'entre
les plus communs et à plus bas prix (F'es-
tus , s. v.).
EPIRHEDIUM. Mot hybride , composé
de la préposition grecque im et du mot
gaulois rlieda; on n'en a pu déterminer
la véritable signification. Scheffer et Ginz-
rot croient que c'était un chariot carré
ou oblong, fermé des quatre côtés, de la
même manière que
la rheda , et , par
conséquent , qu'il
est représenté par
la figure ci-jointe,
prise d'un bas-relief du musée de Vé-
rone. D'autres pensent que le mot se
rapporte seulement aux décorations d'une
rheda, ou qu'il désigne le harnais des
chevaux qui la traînaient (Juv. Sat.
VIII, G6; Schol. Vet. ad L; Scheffer,
R. /'.Il, 23;Ginzrot, JFagen undFahr-
werke, XVlIl).
EPISTOMIUM (£7ri(7T6[j.iov). Robinet
d'un conduit d'eau ou de tout vaisseau
contenant des liquides qu'on a besoin de
tirer en petites quantités (Vitruv. ix, 8,
11). La gravure représente un robinet
d'eau, dont le modèle en bronze a été
248
EPISTYLIUM.
EPl'LOKES.
trouvé à Pompéi , et fait d'après le même
principe que ceux dont on se sert main-
tenant, mais dessiné avec plus de goût.
Sénèqne dit {Ep. 8G) que de sou temps
les bains de Rome , même pour les classes
inférieures, étaient munis de robinets
d'argent.
EPISTYLIUM (ÈTTtçxatov). Mot grec,
adopté par les architectes romains poiu-
désigner l'architrave ou poutre principale
placée horizontalement sur les chapie.inx
d'une colonne et s'éteudant de l'un à
l'antre, de manière à former un lit con-
tinu sur lequel reposait la construction
qui couronnait l'èdiGce. Quand l'archi-
trave était tle bois, on l'appelait jiropie-
ment trahs; quand elle était de pierre
ou de marbre, epistrlium , quoique ce
mot , comme terme gériéral , puisse s'ap-
pliquer avec une égale exactitude aux
deux espèces d'architrave (Vitruv. m, 5,
8 ; Varro, R. R.n\,h, 1 1 ; Festus , s. ■?•.).
La gravure, prise d'iuie tombé sculptée
dans le roc à Beni-Hassan , expli([ue l'u-
sage original et l'application ancienne de
Vepistylium dans l'architecture à colon-
nes. Le spécimen que nous donnons ne
montre l'architrave surmontée d'aucun au-
tre membre ; elle ne forme qu'une surface
intermédiaire pour porterie toit {tectiim) :
mais, dans la gravure suivante, on la voit,
perfectionnée par l'art , devenir un des
membres principaux de l'entablement.
2. Epistylia ; les c'/j/^O'/ej' comprennent
la construction qui surmonte Vabacus
d'une colonne et forme ce que nos archi-
tectes appellent d'un terme collectif l'ew-
/rtri6/(v??c«/, divisé d'ailleurs par eux eu trois
meml)res distincts :
l'architrave ( trahs
ou epistrlium), au
bas; la frise zo-
pliorus), immédia-
tement an-dessus, et
la corniche, au-des-
sus de tout , pour ^
laquelle les Ro- I
mains n'avaient pas î
de nom collectif, —
mais qu'ils définis-
saient toujours en
énuméraiit les mem-
bres distincts qu'elle contenait. Voy. Co-
RO>A, 16.
EPITHALAMIUM (iiii6a).âtJ-iov). Chant
nnpiial, chanté en chœur par une troupe
(le jpinies filles en dehors de la porte de
la chambre nuptiale (Quint. IX, 3, 16;
Theocr. Ici. xvill).
EPITOXIS (Viirnv. x, 10, 4). Partie
distincte de la catapulta, dans laquelle, à
ce qu'on suppose, était placé le trait.
EPITYRUM (ÈTiitvjpov). Plat composé
de la chair de l'olive assaisonnée d'huile ,
de vinaigre, de rue, de menthe, etc.
(Cato,/î. R. 119). Il était d'un usage plus
commun en Grèce et en Sicile qu'en Ita-
lie (Van-o, L. L. vu, 86; Columell. xii,
49, 9).
EPIURUS (ÈTiîoypoç). Cheville de bois,
dont on se servait comme d'un clou (Isidor.
Orig. XIX, 19, 7; Pallad. xii, 7, 15).
Les leçons différent, et quelques-unes
portent epigrus et £rt!)toupo;.
EPULOS'ES. Membres d'ime des qua-
tre grandes corporations religieuses de
Rome , composée dans l'origine de trois
]iersonnes (triumriri cpuloncs, Liv. XXXI,
4), mais dans la suite portée à sept [sep-
limviri epulones , Lucan. I, 597); leur
principale fonction consistait à préparer
un banquet somptueux, appeléLECTlSTER-
EQDARIUS.
EQUES.
249
NIUM, pour Jupiter et les douze dieux , à
l'occasion d'iiiie réjouissance o» d'une ca-
lamité pnl)li((Me (Fesins s. -?•.). On plaçait
alors les statues des divinitéssur des cou-
ches devant des tables (Vat. Max. Il , 1 ,
2) couvertes de friandises que mangeaient
eusiiile les cputones.
EQUARIUS, sous-entendu med'icits
(lnTÛatpo;). Félérinaire (Val. Max. ix,
15, 2). La gravure représente un eqiiarius
et montre comment les anciens saignaient
les chevaux, d'après un bas-relief romain
découvert dans les provinces méridionales
de la France.
2. Garçon d'écurie ou palefrenier (So-
lin. 48). Même sens que Eouiso.
EQUES (tuuïûr). En général quicon-
que est à cheval, cavalier (Mart. Ep.
xn, 14). Les Grecs et les Romains mon-
taient sans étriers et à poil (Varro, ap.
Non. p. 108), comme on le voit dans
la gravure ci-jointe, repiésentant un
jeune Athénien , d'après la frise des Pa-
nathénées (comparez les gravures des mots
Celés et Decursio , ([ni sont romaines) ;
ou avec un coussinet {ephippium), qui est
en général couvert et caché par une pièce
d'étoffe de couleur jetée par-dessus (voy.
les gravures suivantes), mais jamais avec
une selle l'égnlicre faite de !)ois comme
les nôtres. Cetleinvention est postérieure,
et contem|)oraine de la décadence de l'em-
pire. Les femmes montaient de côté, com-
me les nôtres, sur un
coussinet ou epli'tp-
piiim , ainsi que le
proiiveut les expres-
sions muliebilter e-
(ju'itare ou eqiio in-
sidere ( Ammian.
XXXI, 2, G; cf. h(
Achill. Tat. Àmor.
Clitoph. et Leiicip.
1,1; Agathias , m). Quelquefois les hom-
mes eux-mêmes suivaient cette mode ,
ainsi que le montre la gravure ci-jointe,
représentant un citoyen aisé de Pompéi
qui fait à cheval un tour de campagne,
d'après un paysage trouvé dans cette ville.
2. Chevalier, membre d'un corps éta-
bli dans l'origine, à ce qu'on suppose,
par Romulus et composé de trois cents
hommes, choisis parmi les familles jia-
triciennes, qui servaient à cheval et étaient
montés aux dépens de l'Etat pour for-
mer la garde du corps du roi. Leur nom-
bre fut considérablement augmenté à dif-
férentes époques, et plus tard la propriété,
au lieu de la noblesse, devint la condi-
tion essentielle pour être admis dans ce
corps, qui constitua ainsi la cavalerie des
anciennes aimées romaines et forma un
ordre séparé dans l'État, distingué des
sénateurs par l'insigne de Yangusticlave
(CLAVos ANGUSTUS), et du peuple par
l'anneau d'or que les chevaliers portaient
au doigt. Comme cette classe avait cessé
de faire un service militaire distinct avant
la fin de la république, et que les monu-
ments subsistant encore qui offrent des
scènes de guerre sont tous postérieurs à
cette période, nous n'avons pas tine re-
présentation authentique d'un chevalier
romain de cette classe, si ce n'est dans
([uelques figures sur les monnaies de cen-
seurs, qui sont trop petites et trop im-
parfaites pour donner des détails minu-
tieux ou caractéristiques. Toutefois les
chevaliers, sur ces médailles, apparaissent
250
EQCES.
EQUES.
drapés simplement dans la tunique {tu-
nica) et tenant un cheval par la liride
devant le censeur, qui siège sur sa chaise
curule; ce qui s'accorde avec le témoi-
gnage (le Polybe (vi, 25), qui dit que l'an-
cienne cavalerie romaine n'avait pas d'ar-
mure défensive avant que leurs relations
avec les Grecs leur eussent appris à adop-
ter le même costume que les cavaliers de
ce pays.
3. Soldat à citerai, qui ne recevait pas
son cheval de l'État, mais qui pouvait
s'équiper lui-même et éviter ainsi la fati-
gue plus grande de servir à pied (Liv. v,
7; xxxiil, 2G; Ca?s. passim , etc.). Ces
troupes rece^aient une solde de l'Etat, et
elles formèrent la cavalerie romaine, après
que les chevaliers réguliers eurent cessé
de faire le service militaire. Des soldats
de cette classe sont fréquemment repré-
sentés sur les colonnes et les arcs de triom-
phe de l'époque impériale, semblables à
la figure ci-joiute , prise de la colonne de
Marc - Anrèle : elle a un casque , une
cuirasse à écailles, une lance, un petit bou-
clier rond , pas d'étriers et un coussinet
couvert d'une housse.
4. Eqiies Icgionarius. Cavalier légion-
naire, évidemment, comme l'épi thète
l'indique, distinct des chevaliers et de la
cavalerie ordinaire, qui était placée d'ha-
bitude sur les ailes , et fournie très-sou-
vent par les alliés. Le nom porte natu-
rellement à conclure que c'était un corps
de cavalerie pesamment armée, comme
l'infanterie de la légion. La figure ci-
jointe , prise de la colonne de Marc-Au-
rèle , confirme notre conjecture en mon-
trant qu'à cette époque du moins il y
avait une classe de troupes romaines à
cheval qui portaient une cuirasse exacte-
ment du même genre que les légionnaires
de la même période, comme on le verra
en comparant les gravures des mots Le-
GiONARius et Lorica squamata avec la
figure ci-jointe , dont la partie inférieure
est cachée dans l'original par les groupes
qui la masquent (Liv. XXXV, 5. Veg.
Mil. II, 1).
5. Eijiies prœlorianus. Voy. Pr^TO-
RIANI.
G. Eqites sagittarius. Archer à che-
val. Corps de troupes composé générale-
ment d'auxiliaires étrangers ; mais les Ma-
cédoniens avaient aussi des sagittarii
(Quint. Curt. v, 4). Il y avait quelque-
fois des corps de Romains (Tac. Jim. Il,
10) ainsi armés, au moins sous l'empire ,
comme le montre la gravure ci-jointe,
qui représente un soldat romain sur la
colonne de Marc-Aurèle.
7. Eques cataphractus. Voy. Cata-
PHRACTUS..
EOtTILE.
EOPtTLEUS.
251
8. Eqties alarius. Cavalerie des al-
liés , qiii accompagnait les légions romai-
nes; elle était appelée ainsi parce qu'elle
était toujours placée sur les ailes (Liv.
XL, 40; C;es. li.G. i, 61).
'9. Eques extraordinarius. Soldats
choisis dans la cavalerie des alliés ; et
dont on formait un corps d'élite au ser-
vice des consuls (Liv. XL, 31, etxxxiv,
10. Gladiateur qui coml^attait comme
un soldat à cheval (Inscript, ap. Orelli ,
2569, 2577) : on en voit deux dans la
gravure ci-jointe , d'après un lias-relief de
la tombe de Nœvoleia Tyche, à Pompéi.
On remarquera qu'ils ressemblent assez,
par l'armure, au cavalier légionnaire,
n° 4.
EQUILE (iTtuÔTTarri:). Ecurie (N'^arro ,
R.R. n, 7, 15;Suet. <7fl/. 55). La gra-
vure repiésente une écurie ancienne dans
la baie de Centorbi en Sicile ; c'est pro-
bablement le seul spécimen authentique
qui reste de ces sortes de bâtiments. Elle
est construite en maçonnerie et voûtée;
elle n'est pas divisée en stalles, et cha-
que animal est séparé de son voisin , si
cela est nécessaire , par une forte jjar-
re. La crèche, qui s'enfonce graduelle-
ment à l'intérieur, est aussi en maçon-
nerie, et divisée en mangeoires distinctes
(cpaTvwixata), une pour cha({ue cheval, au
lieu d'une mangeoire unique sur une lon-
gue ligne commune à tous. La longe du che-
val passait par une petite ouverture prati-
quée au-devant de chaque mangeoire , et
était fixée à un billot de bois sur la partie
opposée de la muraille. La gravure et le
cheval que nous y avons placé à dessein
feront facilement comprendre tous ces
détails.
EQLISO. Homme qui mène les che-
vaux pour les dresser (Varro , ap. Non.
s. 7'. /Val. Max. vu, 3, 1 et 2).
2. Eqiiiso nauticus. Homme qui fait
remonter le courant à un bateau avec
une corde (Varro ap. Non. /. c).
EQUULELS. Littéralement, jeune che-
val ou poulain; de là ce mot est trans-
porté dans un sens particulier à une ma-
chine de bois sur laquelle on plaçait les
esclaves pour leur ar-
racher des aveux par
la torture (Cic. 3Iil.
21; Quint. Curt.Vl,
10). Les auteurs an-
ciens n'ont pas laissé
de descriptions qui
puissent nous faire
connaître la nature
exacte de cette ma-
chine, et leurs artis-
tes ne peignaient ja-
mais de scènes faites
pour éveiller de pé-
nil)les émotions. Mais
les expressions dont
on se sert pour ca-
ractériser le supplice
du patient , equtileo
ou in eqmdcitm iinpositus, mènent à con-
jecturer que c'était quelque chose dans le
genre de la croix, et que le châtiment
était une sorte d'empalement; dans cet-
te hypothèse , on faisait asseoir le cri-
minel nu sur une pointe aiguë, avec des
poids assez lourds attachés à ses bras et à
ses jambes pour augmenter la pression
naturelle du corps , ainsi que le montre la
gravure ci-jointe, qui représente un ins-
trument de supplice dont on se servait
I autrefois à la Mirandole, dans le nord de
252
EQUUS.
ERGASTULABI0S.
l'Italie , et qui , poiir confirmer notre sup-
position, s'appelait du même nom {le
poulain , il cataletto).
EQLUS. Dans le sens propre, étalon,
distinct à'equa, une jument, et de ca/ite-
riiis, un cheval hongre.
2. Ecjiius publicus. Cheval accordé par
l'État à chacun des anciens chevaliers ro-
mains {eijuites) , pour faire leur service
dans la cavalerie ; ou l'achetait et on
l'entretenait aux frais de la république
(Liv. X, 7; Cic. Pldl. vi, 5; Plin. H.
N. xxxiii, 9,.
3. Eqitus ciirtiis. Cheval qui a la queue
écourtée (Prop. iv, 1 , 20 ; ce qui n'é-
tait pas commun chez les anciens. Horace
applique la même épithete à un mulet
{Sat. I, G, 104), évidemment avec une
idée de mépris. Un cheval à queue écour-
tée était tous les ans offert en sacrifice
à Mars (Festus, v. October equus). 11 est
possible que le ])etit bronze dont est co-
piée la figure ci-jointe fût destiné à rap-
peler cette coutume.
4. Equus Trojanus. Cheval de Troie,
au moyen duquel les soldats enfermés
dans ses flancs purent, suivant la Fai)le,
ouvrir les poites de Troie à leurs ca-
marades et s'enqiaier aizisi de la ville
(Cic. l\Jureii. 37; n)^m. Fah. 108). Plu-
sieurs représentations anciennes de ce
stratagème ont été conservées par la pein-
ture, la sculpture et les pierres gravées.
Elles répondent généralement à la figure
ci-jointe, tirée du Virgile du Vatican : on
y voit la plate-forme et les roues sur les-
quelles se mouvait l'animal, et la porte
qu'ouvre Sinon pour faire sortir les sol-
dats, qui descendent à terre en glissant le
long d'une corde; enfin, tous les minu-
tieux détails cjue donne Virgile [jEn. Il ,
257-264).
5. Eijuus bipes : cheval marin. Mons-
tre qui avait le poitraii et les deux jam-
bes de devant d'un cheval, et dont le
corps se terminait en queue de poisson ;
il était attaché par la Fable et la poésie
au char marin de Neptune et de Protée
(Virg. Geurg. iv, 388; Pervigil. l'en.
10). Notre gravure est prise d'une pein-
ture de Pompéi.
G. Equus fluviatilis. Cheval de fleuve
ou hippopotame (Plin. H. N. vill, 21,30).
7. Equus ligneus. Expression poéti-
(pie pour désigner un vaisseau (Plaut.
Rud. 1,5, 10).
8. Machine de guerre pour battre et
renverser les murailles (Prop. m , 1 , 25);
on la désigna dans la suite sous le nom
de bélier (Plin. H. N. VU, 5G). Vojez
Aries.
ERGASTULARIUS. Celui qui était
chargé de surveiller un ergastuluni et
les esclaves qui y étaient eufeimés. Il
était à la fois geôlier et distributeur du
travail; il avait à veiller à ce que l'ou-
vrage fût exécuté, et était lui-même un
esclave, quoique placé à un poste de con-
fiance (Columell. I, 8, 17).
ERGASTULUM.
KVERRIClILlIiM.
253
ERGASTULUM. Sorte de prison et de
maison de correction atlacliée aux fer-
mes et aux villas des Romains , oîi cenx
des esclaves qn'on tenait aux fers {com-
pediii, iiex't, vi/icti ) étaient logés et for-
cés de travailler avec leurs chaînes; tan-
dis que les autres , qui n'étaient pas en-
chaînés, avaient des pièces distinctes
(cellx, contiibern'ia) dans d'autres par-
ties de l'établissement ( Columell. i ,
6, 3; cf. 8, IG; Apul. Jpcl. p. 482;
Brut. adCic. Fam.xi, 13). Comme Co-
lumelle recommande que ces prisons
soient construites sous terre, nous en
pouvons conclure que ce n'était pas là
une habitude générale.
ERGASTULUS. Esclave condamné à
Vergaslulum (Lucil. Sat, XV, 8, éd.
Gerlach ).
ERGATA (ÈpyaTYiç). Cabestan ou vin-
das pour amener les vaisseaux près du
rivage et en général pour mouvoir des
fardeaux pesants (Vitruv. x, 4).
ERICIUS. Littéralement, hérisson :
nom donné aussi à une machine qui ser-
vait à défendre les portes d'un camp ou
d'une place fortifiée et qui consistait en
une longue poutre, hérissée de pointes de
fer et placée en travers de l'ouverture
qu'on avait besoin de protéger (Cfes. B.
C. III, G7 ; Sallust. Hist. Fragm. m,
28). La poutre mise en travers de la
porte dans la gravure du mot Catara-
CTA, 3, si elle était munie de pointes,
donnerait un spécimen de Vericiiis.
ESSEDA ou ESSEDUM. Char ou cha-
riot découvert, placé sur deux roues,
ouvert par devant , mais fermé par der-
rière et tiré par deux chevaux, dont se
servaient habituellement à la guerre les
anciens Bretons , Gaulois et Belges (Caes.
B. G. IV, 33; V, 16; Virg. Georg.
III, 204 ; Servius ad /.). Les Romains
firent aussi des voitures sur le même
modèle, qu'ils employèrent pour des usa-
ges ordinaires et désignèrent par le mê-
me nom (Cic. adjtt. vi, 1; OwPoiit. il,
10, 34; Suet. Cal. 51); il n'existe pas,
que l'on sache , sur aucun monument
authentique, de représentation du char
original des Bretons ou de celui des Ro-
mains construit sur le même modèle.
ESSEDARIUS. Guerrier breton, gau-
lois ou belge, monté svu' un char de guerre
(esseditm), d'où il combattait de la ma-
nière décrite par César {B. G. IV, 33;
Cic. ad Fam. vii. G).
2. Captif d'une des nations nommées
ci-dessus , que l'on forçait de combattre
à la manière de son pays du haut d'un
essedum, comme gladiateur, dans l'am-
phithéâtre romain(Suet. Cal. 35; Claiid.
21).
EURIPUS (eypiTTOç)- Tout canal ou
cours d'eau artificiel de plus ou moins d'é-
tendue, comme ceux qu'on pratiquait, soit
pour décorer une villa (Cic. Leg. Ii, 1 ;
Senec. Ep. 83), soit pour former un réser-
voir où l'on pût offrir en spectacle des ani-
maux amphibies ou aquatiques amenés
de l'étranger (Plin. viii, 2G, 40); dans un
sens spécial, fossé rempli d'eau que fit
faire Jules César autour de l'intérieur du
Circus Maximus (Suet. Ca?j'. 39; Plin.
H. N. VIII, 7), pour protéger les spec-
tateurs contre les animaux , quand on y
donnait des chasses ou des spectacles de
bêtes féroces. Il fut dans la suite comblé
par Néron (Plin. /. c); et le nom d'eu-
ripiu fut transporté clans la suite à la
barrière (spina) qui s'étendait au centre
de l'arène (Tertull. adv. Hermog. 31;
Sidon. Carm. XXIII, 35G).
EUSTYLOS ( eÛTTuXoç). Colonnade
dans laquelle les entre-colonnements
sont de deux diamètres et quart ; c'est le
style qu'on considérait comme le plus
#— 4---#
parfait pour la solidité de la construc-
tion , la beauté de l'aspect et l'harmonie
générale du monument (Vitruv. m, 2,
1 ). La figure ci-jointe montre les cinq
espèces différentes d'entre-colounements
dont se servaient les anciens, avec leurs
intervalles relatifs : ïeustjle occupe la
troisième ligne.
EVERRICL'LUM. Filet à pêcher ordi-
naire (Varro, B. B. III, 17, 7; Apul.
Jpol. p. 457; Nonius, s. %\) : à en
juger par la figure ci-jointe, tirée d'une
13
254
EXCALCEATUS.
fresque du palais de Titus, à Rome, IV-
verriculnm paraît avoir été foi-t sembla-
ble aux filets des pécheurs d'aujourd'hui.
EVOCATI. Vélérans cpii, après avoir
fait leur temps, s'étaient enrôlés de nou-
veau comme volontaires. Ils n'étaient pas
soumis aux obligations militaires ordi-
naires du légionnaire ou du sim])le sol-
dat, mais ils semblent avoir tenu un rang
supérieur et fait l'office de centurions,
comme ils en avaient le costume et les
marques distiuctives; ils sont représentés
sur les monuments funéraires avec un
cep de vigne {ritis) dans une main, une
épée au coté gauche ( parazoïiium ) , et
dans l'autre main un rouleau de papier
qui indique peut-être qu'ils étaient li-
bérés. Tels paraissent les centurions dans
la figure ci-jointe, tiiée d'un marbre sé-
pulcral qui porte l'inscription AlR. Ju-
LIANLSEVOK. (Cic. aclFam. III, G; Cœs.
B. G. vu, 65; B.C.i, 17).
2. Le même titre fut donné dans la
suite à une troupe déjeunes gens choisis
parmi les familles équestres, et dont l'em-
pereur Galba forma un corps qui devait
mouter la garde aux portes de la cham-
bre à coucher de l'empereur (Suet. Galb.
10).
EXAaSCULATUS. Ravagé, détruit
ou forcé avec un pic ( acisculus ) ; ma-
nière ordinaire d'entrer par violence
dans les tombes pour en dérober les ob-
jets piécieux qui y étaient déposés. De
là vient qu'on rencontre souvent ce mot
dans les inscriptions sépulcrales, comme
un avis donné à tous de ne pas commet-
Ire un tel crime (Inscript, ap. Mur. 1028,
2;^;;. Don. cl. 12, n" 27).
EXAMEN. Languette sur le fléau d'une
balance, s'élevant perpendiculairement
(lu fléau et se mouvant dans un œil qui y
est fixé : elle sert à marquer l'égaliléou
l'inégalité de poids des objets mis dans la
balance (Virg. v£«. xil, 725; Pers. 5(2f.
I, 6). La gravure représente un fléau de
balance, muni ainsi d'une languette et
d'un œil, d'après un original en bronze,
conservé parmi le» antiquités romaines
du Musée Britannique.
EXASCIATUS. Taillé d'une matière
brute et façonné avec l'herminette du
charpentier (oscia). Comme c'était la
première opération avant de finir et de
polir avec d'autres outils plus délicats,
l'expression opus exasciatum implique
un ouvrage déjà avancé, c'esl-à-diie dont
on a heureusement surmonté toutes les
difficultés préliminaires (Plaut. As. II, 2,
93).
EXCALCEATUS. Littéralement, sans
souliers (calcei, Suet. Vesp. 8); de là,
EXCUBITORES.
FXOMIS.
255
dans un sens spécial , acteur comtcjiie
(Senec. Ep. 8), par opposition à l'acteur
tragique [colliiirnatns) , (pii portait sur
la scène un l>roile{|uin fermé envelop-
pant tout le pieil , tandis que la chaussure
du comédien n'était pas un soulier iernié
ou un calceus régulier, mais une simple
semelle attachée avec des courroies de
cuir qui laissaient exposés les orteils et
une grande partie du pied , comme le
montre la figure ci-jointe, d'après un
])as-relief qui i-eprésenle une scèue comi-
que.
EXCUBITORES. Sentinelles dont le
service était militaire ou civil ( Cœs. B.
G. VII, 69; Columell. vu, 12) et qui
montaient la garde le jour ou la nuit
[excubix). Les excubitores étaient dis-
tincts des vigiles, nomdonué seulement
aux gardiens de nuit.
2. Sous l'empire, le même nom fut
spécialement attriiiné à un corps de sol-
dats de la cohorte impériale qui avait la
garde du palais de l'empereur (Suet. TW-
ro,8; cf. Oltw, G).
EXCUBITOHIUM. Poste où est sta-
tionné le corps qui est de garde : il y eu
avait quatorze à Kome , répondant aux
quatorze quartiers de la ville (P. Victor.
He Reg. Urb. Rom. ).
EXCUSOR (-/aÀ;4îû:). Chaudronnier
(Quint. II, 21, 10); mais la leçon n'est
pas certaine.
EXEDllA (É^Eopa). Chambre d'assem-
blée ou salle de conversation; large et
bel appartement , quelquefois couvert
(Vitruv. VI, 3, 8), ([uek[uefois exposé à
l'air et au soleil (Vitruv. vil, 0, 2), for-
mant une des dépendances d'un gymnase
ou d'une maison particulière de la pre-
mière classe. C'était en réalité une place
faite pour recevoir unesociété àesavants
qui venaient s'y réunir et converser
(Vilrnv. V, 9, 2 ; Cic. N. D. I, G), comme
les philosophes avaient accoutumé de le
faire dans les gymnases grecs et dans les
Thennes de Home. Pour cet effet, Ve.ie-
dra était souvent construite avec une
abside circulaiie (Plut, yllcib. 17), dans
laquelle des rangées de sièges étaient dis-
posées pour la compagnie ; et en fait elle
est ainsi dessinée dans un bas-relief de la
villa Albani ( Wiuck. Mon. ined. 185;,
qui représente une discussion scientifique
entre plusieurs i)hiiosophes. Aussi, dans le
plan où nous avons représenté les ruines
du GvMNASiUM d'Éphèse ( voy. ce mot),
le nom tïexedra est-il donné à chacnne
des divisions qu'on voit au bout des corri-
dors latéraux qui se terminent en une
abside semblable.
EXEDRIUM (impiov). Diminutif
d'ExEDRA ( Cic. ad Fam. vil, 23).
EXEQUL^. Voy. Exseqci.e.
EXOMIS (è?tD[j.(:). Espèce particulière
de tunique grecque, adoptée ensuite par
les Romains, sans manches, fort courte
(sabs/ricta) et enlierement ouverte du
côté droit , de telle sorte que, quand on
la mettait, l'épaule droite (wfj.oç) ainsi
que le bras et la poitrine étaient laissés
à découvert (Aul. Gell. vu, 12, 1). C'é-
tait le vêtement habituel des personnes
dont les occupations demandaient de
l'activité et un travail continu, comme
les esclaves, les paysans, les artisans et
les chasseurs; de là vient que dans les
œuvres d'art ce vêtement est fréquem-
ment porté par Vulcain, Charoii, Dédale
et les Amazones, dont la vie était remplie
l)ar les travaux de la guerre ou de l'in-
dustrie, et avec une forme semblable à
celui de la figure ci-jointe, rejnésentant
un esclave qui accompagne une partie de
chasse, d'après un bas-ielief romain.
2. Le même terme s'ajipliquait aussi
an pallii/m ( 7iep(6)T|[j.a , Jul. Poil. VII,
48), ([iiand il était arrangé sur la per-
sonne de manière à présenter un aspect
semblaijle à celui de la tunique décrite
25G
exseqult:.
ci-dessus, couvrant seulement l'épaule
gauche, mais laissant l'épaule droite à
découvert avec le bras et la poitrine ,
ainsi que le montre la figure ci-jointe,
prise du Virgile du Vatican.
EXOSTRA (è^^fftpa). Pont ou plate-
forme de bois jetée d'une tour mobile sur
les murailles d'une ville assiégée et par
laquelle le» assaillants couraient aux
remparts (Veg. Mil.Vf, 21 et 17).
2. Machine employée sur la scène des
théâtres anciens pour révéler aux spec-
tateurs les suites de certaines actions qui
ne pouvaient s'accomplir devant leurs
yeux, par exemple, un assassinat ou toute
autre atrocité qui pouvait blesser leurs
sentiments moraux ou religieux. On ne
connaît pas parfaitement la forme exacte
de cette machine et la manière dont elle
jouait; tout ce qu'on sait, c'est qu'elle
était poussée en avant de derrière la
scène et tournait avec des ressorts et des
roues de façon à montrer aux yeux l'ob-
jet qu'on voulait exposer, un cadavre
par exemple , indiquant un assassinat ou
un suicide ( Cic. Prov. Cons. 6; Jul.
Polhix,lV, 128, 129).
EXPAPILLATUS. Littéralement, dont
une mamelle est découverte; expression
peignant l'aspect d'une personne qui
porte sa tiuiica ou son palliuni de la fa-
çon que nous avons expliquée et figurée
à l'article ExoMis ( Plaut. Mil. iv, 4,
44; Nonius, s. ii.).
EXPEDITUS. Littéralement, libre et
sans rien qui gêne : delà, au pluriel, dans
le langage militaire, désignation générale
des troupes légèrement armées {'velites ,
Festus , V. Advelitatio), ou des légionnai-
res pesamment armés ( Sisenn. ap. Non.
s. V.; Cic. ad Att. \III, 9), quand ils
étaient équipés pour une marche rapide,
c'est-à-dire, quand les parties les plus
enii)arrassantes de leur costume et de
leur Ijagage {impedimenta) étaient trans-
portées dans des chars , et que leurs ar-
mes offensives et défensives étaient dis-
posées sur eux de la manière la plus
commode pour marcher avec célérité.
La figure ci-jointe, représentant un des
légionnaires de l'armée de Trajan dans
une marche accélérée , comparée avec
la gravure du mot Impeditus, donnera
une idée précise du sens de ce terme.
EXSEQUIjE. Funérailles ou pompe
funèbre (Tac. Hist, iv, 62; Cic. Mil.
13; Quint. 16; Suet. Tib. 32). Les
Romains des classes pauvres étaient en-
terrés pendant la nuit et sans aucun ap-
pareil ; mais les personnes opvdentes
étaient portées à leur dernière demeure
avec beaucoup de solennité, accompa-
gnées d'un long cortège de parents, d'a-
mis et de clients, qu'un entrepreneur
( designator ) rangeait dans l'ordre sui-
vant : D'abord venait une bande de mu-
siciens jouant de la longue flûte des fu-
nérailles {tibia longa), et immédiatement
derrière eux des femmes payées pour
faire l'office de pleureuses {prœfi.ta'), qui
entonnaient des complaintes funèbres,
arrachaient leurs cheveux et chantaient
les louanges du défunt ; ensuite maichait
le victimaire {^victimarim), qui devait tuer
autour du bûcher les animaux favoris du
défunt , chevaux , chiens , etc. Venait en-
suite le cadavre sur uue riche bière {ca-
puliim, feretrum, lectica funebris ) im-
EXTISPEX.
médiafement précédée par des personnes
qui portaient des bustes ou images (Ima-
gines) des ancêtres du mort et les récom-
pensespuhliquesqu'ilavait reçues, comme
les corortx , phalerae , torques, et aussi
par un l)ouffon [archimimus] chargé de
représenter sa personne et d'imiter ses al-
lures. Après la bière s'avançait une lon-
gue file d'esclaves et de serviteurs con-
duisant les animaux qu'on devait sacrifier
pendant qu'on brûlerait le corps , et enfin
la voiture vide du défunt fermait la mar-
che, comme c'est encore l'usage chez
nous. Tous ou presque tous ces détails
sont présentés dans l'ordre ci-dessus sur
un bas-relief d'un sarcophage romain on
l'on voit les funérailles de Méléagre; su-
jet parfaitement approprié à une per-
sonne qui , pendant sa vie , avait été fort
adonnée à la chasse. Il a été gravé par Ber-
toli (Admirand. Rom. planches 70 et 7 1),
et nous en avons tiré plusieurs figures
pour expliquer les différents mots cités
dans cet article : mais l'ensemble con-
tient trop de personnages pour pouvoir
être reproduit dans ce dictionnaire.
EXTISPEX (Yi7iaToax,67ro;, ffix).ay-
3(voa>co7io;). Devin qui prétendait con-
naître la volonté des dieux et découvrir
l'avenir par l'inspection des entrailles
des victimes immolées à l'autel (Cic. Div.
II, 18), comme le montre la figure ci-
jointe, prise d'un bas-relief de la villa
Borghèse , la seule représentation an-
cienne de cette pratique qu'on ait dé-
couverte jusqu'ici.
EXTISPICIUM (f,:TaTO(75coma). Ins-
3.'i7
en tirer la prédiction de l'avenir, comme
le représente la gravure précédente f Ac-
cius, ap. ISon. p. 16; Suet. Ner. 66).
FABATARIUM. Large vase ou plat
dans lequel on servait, après en avoir
fait une sorte de bouillie {puis fahacia ,
Macrob. Sat. i, 12), des fèves ou de la
farine de fèves (Lamprid. Heliog. 20).
FABER ( TÉxTwv ). Nom donné sans
distinction à tout artisan qui travaille
des matières dures , comme le bois , la
pierre, les métaux, etc. , par opposition
à celui qui moule ou modèle des subs-
tances malléables , comme la cire ou l'ar-
gile, et qui recevait le nom de plastes.
Ce mot est accompagné le plus souvent
d'une épithète caractéristique qui dé-
termine à quel métier particulier il est
fait allusion : ainsi faher tiguarius, char-
pentier (voy- la gravure suivante); fader
feirarius, forgeron (voy. la gravure au
mot Ferrarius); faherxris , marmoris ,
chor'is , ouvrier qui travaille le bronze,
le marbre et l'ivoire; et ainsi de suite.
Le terme grec n'a pas nne signification
tout à fait aussi étendue que le terme
latin : il s'applique rarement à un ou-
vrier travaillant les métaux, lequel s'appe-
lait expressément ycù.Y.Z'dc, ou (Ti5ripeOç.
Cependant il se rencontre quelques pas-
sages où on l'emploie dans ce sens.
FABRICA. En général , atelier de tout
artisan qui travaille des matières dures,
mais particulièrement le bois ; ainsi ate-
lier d'un charpentier ou d'un ébéniste
(Terent. Ad. IV, 2, 45; Lucret. iv,
515). La gravure représente une bou-
tique de charpentier d'après une peinture
pectiou des entrailles des animaux pour
trouvée à Herculanum , où les ouvriers
FALCIFER.
sont représentés sous la forme de génies,
suivant rhal)itude des écoles anciennes
dans des sujets de cette nature où sont
peintes des scènes de la vie journalière.
FABRILIA. Outils d'artisan, terme
général sous lequel sont comprises toutes
les différentes espèces d'outils et d'ins-
truments employés par les charpentiers,
les foigerons et autres artisans ([ui tra-
vaillent le marljre, la pierre, l'ivoire, et
en général les matières dures (Hor. Ep.
II, 1, 116).
FACTOR. Terme employé au jeu de
halle qu'on désignait par datât im ludere ,
ou la halle au vol; il s'appliquait au
joueur qui jetait la halle en la recevant
du dafur (Plaut. Cure. II, 3, 18).
FACTORIUM, sous-entendu vas. Vais-
seau qui tenait la quantité exacte qu'il
fallait mettre sous le pressoir pour une
façon, factum ( Pallad. XI, 10, 1 ; cf.
Cato , R. R. G7 , et Varro , R. R. I, 24, 3).
FACULA. Diminutif de Fax. Espèce
de torche petite ou commune; quelque-
fois éclat ou latte de hois résineux dont
on faisait des torches en les liant en pa-
quets (Cato , R. R. 37).
FALA. Tour de hois, haute de plu-
sieurs étages , employée dans les sièges ,
mais dont on ne connaît pas les détails
caract ristiques (Festus, i'. v.; Ennius,
ap. Non. s. v.).
2. Tour de hois de même nature,
qu'on élevait dans le cirque , sur la par-
tie vide de l'arène , entre la harrière
(spina) et la circonférence (euripus) ,
quand les soldats devaient donner le
spectacle d'un comhat simulé (decursio)
fJuv. VI, 589; Non. /. c; Serv. ad
Virg. jEu. IX, 705).
FALARICA. Espèce particulière de
lance destinée à être lancée avec la main
comme un trait et emiiloyée à la guerre
ainsi qu'à la chasse (Virg. .En. ix, 705;
Liv. XXXIV, 14;Grat. Cyneg. 342). On
la décrit comme un javelot qui avait
les dimensions les plus grandes (Non.
s. T.), une immense tète de fer, et un
hois fort, chargé vers le haut d'une
masse de plomb circulaire (Isidor. Orig.
XVIII, 7,8), exactement ainsi que le re-
présente la figure ci-jointe, prise d'un
ancien monument puhlié par Alstorp (de
Hastis veterum, p. 178). On trouve un
autre spécimen d'un caractère fort sem-
hlaljle sur un marhre sépulcral décou-
vert à Aquilée et puhlié par Bertoli
[Anticliità di Aquileja, p. 153).
2. Javelot inventé par le peuple de
Sagonte et semhlahle en beaucoup de
])oints au précédent , mais plus formida-
ble encore. Il était surtout employé dans
les sièges et lancé avec une violence pro-
digieuse , à l'aide d'une machine (Lucan.
VI, 198), des hautes tours de hois appe-
lées faix, qui lui firent donner son nom
(Festus, s. T.). Il est décrit par Tite-Live
(XXI , 8) et Végèce (3///. iv, 18 , qui lui
attribuent un caractère fort semblable
au spécimen précédent, excepté que le
fer, placé immédiatement au-dessous de
la tête, était enveloppé d'étoupe garnie
de poix ou d'autres matières inflamma-
bles, auxquelles on mettait le feu avant
de lancer le javelot.
FALCARIÙS. Taillandier, qui fait des
faux et des faucilles, /«/ccji (Cic. Catil.
I, 4 ; Sidl. 18).
FALCASTRUM. Instrument employé
dans la culture pour faire disparaître la
végétation excessive des herj)es et des
broussailles; il était composé de la lame
d'une faucille ( faix ) lixée à un long
manche droit (Isidor. Orig. XX, 14, 5),
semblable à celui dont on se sert encore
chez nous pour le même usage. Ce n'é-
tait probablement qu'une expression
provinciale en usage parmi la population
ouvrière; caries gens ])ien élevés et les
auteurs qui traitent de l'agriculture se
servaient du mot Rinsco.
FALCATUS (5p£7ravY)çôpo:). Muni de
faux ; ainsi currus falcatus (voy. CuRRUS,
5) : ou encore en forme de faux ou
de faucille; ainsi ensis falcatus (vov.
Falx, 0).
FALCICULA. Diminutif de Falx (Pal-
lad. I, 43, 3).
FALCIFER. Qui porte une faux ou
une faucille, instruments attribués tous
les deux d'une façon emblématique par
les architectes et les poètes au vieux Sa-
FALCIGEH.
259
turne : c'était une allusion à l'agricul-
ture, qu'il avait le premier introduite eu
Italie, ou à son
caractère my -
thique , comme
personnification
du Temps, Kp6-
vo;, le destruc-
teur de toutes
choses (Macrob.
Sat. I, 7 et 8).
Ce dernier sens est celui de la figure ,
donnée ici comme assez rare , d'après une
médaille frappée en l'honneur d'Hélioga-
hale.
FALCIGER. Même sens que Falci-
FER (Auson. Ed. de Fer. Rom. 36).
FALCULA (opêTtâviov). Diminutif de
Falx (Cato, R. R. 11; Columell. xii,
18, 2).
FALERE. Terme d'architecture em-
ployé par Varron (/?. R. m, 5, 14 et 1 G),
d'une signification douteuse, mais dési-
gnant , à ce qu'on suppose , un mur bas
en maçonnerie, élevé comme une digue
autour du bord d'une flaque d'eau.
FALX (ùçziz6.v(\ , opÉTtavov, apTir)). En
général, tout instrument pour couper, qui
a une lame recourl)ée et un seul tran-
chant; il avait des formes différentes,
suivant les usages auxquels il servait;
chacune de ces formes est marquée par
une épithèle caractéristique. Ainsi :
1. Fœnaria et ver iicidata. Faux pour
couper l'herbe (Cato , 7?. R. IO;Pallad.
1 , 43, 1 ; Columell. ii, 21 , 3) ; elle est
toujours représentée dans les œuvres de
l'art antique avec un manche long et
droit, comme dans le spécimen ci-joint,
qui est égyptien : mais le spécimen de
la gravure précédente et d'autres que
portent les pierres gravées et les mon-
naies présentent tous une figure sembla-
ble.
2. Stiamentar'ia et messoria. Faucille
pour moissonner le
blé (Cato, 7f. /?. 10;
Pallad. I, 43, 1).
La gravure repré-
sente un modèle dé-
couvert, parmi plu-
sieurs autres instru-
ments d'agricul-
ture, dans la ville de Pompéi.
3. Denticulata (apTtYi xap^apôocuç).
Faucille à dents, employée , au lieu de la
faucille ordinaire, pourmois-
sonner, dans plusieurs pai-
ties de l'Italie ancienne, de
la Grèce et de l'Egypte (Co-
lumell. II, 21, 3). La lame,
dont le tranchant était en-
taillé comme une scie, était
fixée à l'extrémité d'un bâ-
ton court , légèrement courbé en ar-
rière (Cato, R. R. 50). Quand on s'en
servait, on tenait la pointe eu haut,
dans la position que montre notre figure
d'après une peinture égyptienne, de sorte
que le moissonneur la portait toujours en
haut , coupant la tige un peu au-dessous
de l'épi (Job, xxiv, 24, sicut summitafes
spicarum contereritur). On peut voiries
manières différentes dont étaient maniées
la faucille à dents et la faucille ordinaire,
dans deux peintures des tombes de Thè-
bes , reproduites par Wilkinson (Manners
and Customs of the Egyptians , vol. IV,
p. 89, 98).
4. Arboravia et sylvatica. Serpe com-
mune (Cato, R. R. 10 et 11), emplovée
par les bûcherons , les faiseurs de /\^
haies et autres ouvriers du même
genre ; elle était semblalile en tout
point à l'instrument dont ils se
servent encore aujourd'hui, com-
me le montre notre figure, prise
d'un modèle trouvé à Pompéi.
5. Vinitoria, l'ineatica et putatoria.
Serpette de a<is;neron (Cato,/f. ^.11;
Pallad. I, 43,^1; Columell. iv, 25, 1),
sorte d'instrument compliqué et muni de
360
différents tranchants pour les nombreu-
ses et délicates opérations de la taille de la
vigne. Chacune de ses parties portail un
nom approprié que l'on comprendra fa-
cilement en se reportant à la gravure ci-
jointe, qui représente un de ces instru-
ments d'après le manuscrit de Columelle.
Le tranchant , droit immédiatement au-
dessus du manche , s'appelait ciilter, le
coutre; celui qui se recourbe au delà, si-
nus, le pli ou le creux ; le tranchant, entre
le creux et la pointe, scalprum, le cou-
teau ; le croc lui-même , rostrum , le bec ;
au delà la pointe saillante, mucro, la
pointe ; et, contre le dos , le tranchant
en demi-lune, securis, la hache.
6. Glaive (Cic. Mil. 33; Stat. Jc/i.
II, 419), fort courbé à l'extrémité supé-
rieure de la lame; ce qui lui
donnait beaucoup de ressemblance
avec une faucille; de là aussi le
nom spécial d'ensis falcatus (Ovid.
Met. I, 718; iv, 726) ou hama-
tus (Id. Met. y, 80). Une arme de
cette forme est fréquemment at-
tribuée par les poêles et les artis-
tes à Mercure et à Persée. Elle
est représentée, dans la gravure ci-
jointe, d'après une lampe en terre cuite
(Bartoli, Lucerne, III, 13, cf. Winck.
3Ion. ant. ined. 84), oii elle apparaît en-
tre les mains d'un jeune guerrier dessiné
dans le genre héroïque, avec un bouclier,
un casque et un manteau de peau.
7. Siipina. Couteau à trauchaut re-
r
courbé et à lame pointue employé par
les gladiateurs appelés Thraces ( ThraceSj ;
il tirait ce nom de la manière dont on
s'en servait; on le tenait un peu renversé
et pour ainsi diresursondosisupina, Juv.
Sat. m , 201), en présentant le tranchant
de manière à porter le coup au bas du ven-
tre et à étendre en long la blessure en re-
montant, précisément comme les Italiens
modernes se servent de leurs couteaux, et
comme l'indique la gravure ci-jointe, re-
présentant un des gladiateurs nommés ci-
dessus, d'après une lampe en terre cuite.
8. Muralis (Sopyopéravov ). Instru-
ment employé dans la guerre de terre et
de mer à la fois pour couper les mâts et
le gréement d'un vaisseau ennemi , dé-
barrasser les remparts de leurs défenseurs
ou abattre les pierres et les palissades
qui formaient un retranchement ( Cœs.
B. G. III, 14; \li, 86; Strabo , iv, 4,
1 ; Liv. XXXVIII , 5). On peut facilement
se le représenter avec une tête de fer mas-
sive en forme de faucille fixée à l'extrémité
d'une forte perche ou poutre qui pouvait
être manœuvrée à la main ou par une ma-
chine, de manière à couper, tailler ou
renverser, ainsi que nous l'avons décrit.
9. Employé poétiquement pour DoLA-
BR A (Prop. I V, 2 , 59) , instrument dont une
des extrémités avait une forme recourbée,
se rapprochant de celle d'une faucille.
FANUM. Lieu qui avait été consacré,
par la formule solennelle des augures [ef-
fatiini), à quelque divinité (\'arro , L. L.
VI, 54; Liv. x, 37; Cic. Div. i, 41).
Comme un édifice sacré était générale-
ment élevé sur ces lieux, le même terme
détenait aussi l'édifice ou temple avec le
temtoire consacré qui l'entourait.
FARCIMEN. Farce, faite d'iugrédients
hachés menu que l'on plaçait dans un
mets (N^arro , L. L.\, 1 11 ; Isidor. Orig.
XX, 2, 28).
FARRAGO. Espèce particulière de ré-
colte verte, consistant en graine, orge,
ivraie et plantes légumineuses, semées en-
semble à la volée et coupées en verdure,
comme fourrage pour le bétail , pendant
la fin de l'hiver et le commencement du
printemps; de là vient que ce terme fut
employé par métaphore pour signifier un
mélange confus de choses (A'arro , B. R.
I, 31 ,5; Columell. Il, 11, 8 ; Plin. xviii,
16, 41 ; Juv. I, 86; Nemes. Cjne^. 283).
FARRAnU'M.
TAPCIA.
26 1
FARRARIUM. Grange ponr serrer le
gi'aiiiappelé/V7ronépeaiitre(Vilr.vi,9,5).
FARHELIM. Gâteau fait à^far ou d'é-
peaiilre ^Plin. H. N. xvin, 3).
FARTOR (TixeÛTYii;). Esclave dont la
fonction spéciale était d'engraisser de la
volaille pour la table, ou marchand qui
vendait de la volaille grasse (Columell.
VIII, 7, l;Inscript. ap. Grnt. 580, 15).
Dans les passages suivants (Plant. Truc.
I , 2 , 1 1 ; Ter. Eiin. Il , 2 , 20 ; Hor. Sat.
II, 3, 229), on suppose d'ordinaire que
ce mot signifie un fabricant de saucisses
ou de pâtisserie l'emplie de friandises à
l'intérieur; mais il n'y a pas de raison
ponr faire de distinction , et dans tous un
marchand de volaille irait aussi bien avec
le reste de la phrase (Becker, Gallits,
p. 138, trad. angl. ).
FARTURA. Action d'engraisser des
volailles (Columell. vill, 7,4); par ex-
tension ce mot fut adopté par des cons-
tructeurs pour désigner les moellons avec
lesquels on remplissait l'intérieur d'une
muraille entre les surfaces extérieures,
quand le mur n'était pas entièrement cons-
tiuit en maçonnerie ou en briquetage
(Vitruv. II, 8, 7), comme le montre le
spécimen ci-joint, pris d'une construc-
tion romaine.
FASCIA. Dans un sens général , toute
bande d'étoffe longue et étroite employée
comme bandage : par exemple
les langes ((jTràpyava) dans les-
quelles les anciens avaient cou-
tume d'envelopper les corps des
enfants nouveau-nés ( Plant.
Truc. V, 13; cf. Jmplùtr. v,
1, 52). Elles consistaient en
une longue et étroite bande
d'étoffe, repliée, comme dans
une momie, autour du corps de la tète aux
pieds, de manière à ne laisser de découvert
que la ligure, comme le montre clairement
lagravure ci-jointe, représentant un enfant
que tient entre les bras ime actrice de
tragédie , dans une peinture de Pompéi ,
et qui rappelle sous tous les rapports la
manière dont les paysannes d'Italie em-
maillottent aujourd'hui leurs enfants.
2. Bandeau porté sur la tète comme
em!)lème de la royauté (Senec. Ep. 80);
on l'appelait spécialement Diadfma.
3. (àTtoûSTfxoç). Bandage attaché au-
tour de la poitrine des jeunes filles pour
arrêter par sa pression le développement
duseiu(Mart.jE/>.Xiv, 134; ds'iA.A. Jm.
III , 247 ; Prop. iv, 9 , 49) ; on regardait
comme essentiel à la beauté et à la grâce
d'une jeune femme de comprimer ainsi
la gorge. On portait ce bandage sur la
peau, comme le montrent les deux figures
ci-jointes. Celui qu'on voit de face est
pris d'une statuette de bronze (Caylus, vi,
71), et celui qu'on voit par derrière, d'une
peinture de Pompéi où il est colorié en
rouge. Mais il ne faut pas croire qu'il fût
une partie du vêtement ordinaire ni que
l'usage en fût général, en Grèce ou eu
Italie; il n'était employé que par des per-
sonnes exposées à un développement ex-
cessif ou donné par des mèies à leurs
filles quand elles étaient trop préoccupées
de leur beauté (Ter. Eun. ii, 3, 21).
4. Bandage attaché autour de la jambe
depuis le genou jusqu'à la cheville (crwi.
Quint. XI, 3, 144; Val. Max. vi,2,7;
de là son nom de cruralis, Ulp. Dig. 34,
2 , 25) , comme on le voit dans le spéci-
men ci-joint , pris d'un diptyque consu-
laire. Il n'était pas porté comme une par-
15.
262
tie ordinaire du costume national, mais
seulement dans de certaines occasions ou
par certains individus; c'était une sorte
de jambière pour les personnes d'une
sanlé délicate (Quint. /. c), ou dont les
occupations exigeaient que la peau et la
jambe fussent bien ]>rotcgées par quelque
vêtement qui n'empèchàt pas l'agilité
des mouvements , comme pour les cochers
du cirque; ou encore pour celles qui al-
laient à des chasses périlleuses (Grat.
Cyneg. 338; Petr. Sat. 40) : on en voit
un exemple dans le Vii-gile du Vatican ,
quand Enée , préparé pour une partie de
chasse avec la reine de Carthage , a les
jambes couvertes de bandages exactement
semblables à ceux du conducteur ici re-
présenté.
5. (uooeTov ou TTÔôetov). Chaussette ou
hns (Cic. Fragm. ap. Non. v. Calantica;
Lamprid. Alex. Sev. 40) qui enveloppait
entièrement le pied et était porté avec
des souliers (Cic. ad Att.w, 3 ; Varro
ap. Non. )'. Ephippium) , plus parti-
culièrement par les femmes (Cic. Fragm.
l. c). On le voit sur les jambes de plu-
sieurs figures de femmes , dans les pein-
tures de Pompéi, dont une est représentée
dans la gravure ci-jointe ; la matière,
comme on ue manquera pas de l'obser-
ver, est évidemment élastique, puisqu'elle
serre si bien la jambe et ne se lace pas par
devant ; elle n'a pas de semelle et elle est
attachée au haut par une sorte de ban-
deau ou de jarretière. Cette chaussure
ressemble aussi parfaitement au haut-de-
chaussesd'un montagnard écossais, dont
le coslume, surplus d un point, attesteune
fort ancienne origine. Si la ohaussette des
anciens , comme cela n'est pas improba-
ble , était ornée d'un dessin bigarré, ainsi
que celle des Écossais, qui imite un.ban-
dage entrelacé, on comprendrait pourquoi
elle était appelée fascia pedulh (Ulp. Dig.
34 , 2, 25) , ce qui assurément signifie
"■ une chaussette » , car le même terme ,
pediile , est conservé dans l'italien mo-
derne pour désigner le pied d'un bas.
G. Bande d'étoffe grossière et forte,
formant ce qu'on appelle maintenant la
sangle qui supporte le matelas d'une
couche ou d'un lit (Cic. Div. il, 65).
Plusieurs de ces bandes étaient attachées
en travers du bois de lit et entrelacées
de cordes (restes) qui les tendaient, de la
même façon qu'on le pratique encore
maintenant. Cela ressort clairement d'un
passage de Martial {Ep. v, G2).
7. Cercle imaginaire dans le ciel, ap-
pelé aussi CiRCULUS et Zona : voy. ces
mots (Mart. Capell. vi, 196).
8. Dans Juvénal {Sat. XIV, 294), cein-
ture de nuages qui s'amassent autour de
l'horizon et qui anuoncent un mauvais
temps.
9. En architecture, face, membre pro-
duit par la division d'une surface unie en
parties distinctes, qui ressemblent ainsi à
de longues bandes plates étendues parai -
lèlement l'une à l'autre. On s'en sert fré-
quemment dans les architraves, plus par-
ticulièrement dans celles des ordres ioni-
que, corinthien et composite, qui sont
partagées en deux ou trois de ces bandes,
comme le montre la gravure ci-jointe,
prise du temple de Bacchus à Téos : de
la leur nom de première, seconde et troi-.
FASCICULIS.
263
sième face, en commençant i)ar la face
inférieure (Vitruv. m, 5, 10).
FASCICULUS. Diminutif de Fascis.
Petite quantité de choses liées en fais-
ceau , comme un bouquet
(Cic. Tiisc. III, 18); un
paquet de lin (Plin. H.
N. XIX, 3) ou de livres
{^OY.Ep. I, 13, 13); on
voit de ces derniers dans
la gravure ci-jointe , tels
qu'ils furent trouvés dans
une l)i])liothèque à Herculanum.
FASCINA. Même sens que Fascis, i
(Cato, R.R. 37).
FASCIOLA. Diminutif de Fascia. Pe-
tit bandage ou bandage fait de matières
plus fines, pour les enfants (Vopisc. v^wre/.
4); pour la tête (Yarro, L. L. v, 130) ;
pour les pieds et les jambes (Cic. Har.
Resp. 21; Hor. Sat. ii, 3, 255). Yoy.
l'article Fascia.
FASCIS (çâxeXoc et cpâxeW.oç). Exac-
tement, paquet de choses, mais plus par-
ticulièrement de bois (Hirt. D. G. vill ,
15; Tac. Ann. xili, 35), assemblées et
liées en forme de fagot ou de fascine,
j)our être plus faciles à porter, comme
dans la gravure ci-jointe, d'après une pein-
ture sépulcrale de l'ère chrétienne. Ce
mot est opposé à Sarcina, qui s'applique
à des choses qu'on arrange en tas et qu'on
enveloppe.
2. Au pluriel, fasces (al piêSoi). Fais-
ceaux portés par les licteurs devant cer-
tains magistrats romains : on s'en servait
pour battre les malfaiteurs avant l'exécu-
tion. Ils se composaient de baguettes de
bouleau (Plin. H. IS . xvi, 30) ou d'orme
(Plaut. y/j/rt. m, 2, 2 9), assemblées et liées
tout autour avec des courroies en forme
de fascine. Sous les rois et dans les pre-
mières années de la repu- pua
blique, on plaçait aussi au
milieu des baguettes une ha-
che (secitris); mais, après
le consulat de Publicola, au-
cun magistrat, excepté le
dictateur (Liv. il, 18), n'eut
le droit d'avoir les faisceaux
avec hache dans la ville de
Home (Cic. de Rep. il, 31;
Val. Max. iv, 1,1): en
effet, ils ne furent plus don-
nés qu'aux consuls à la tète
de leurs armées (Liv. xxiv,
9 ) , et aux questeurs dans
leurs provinces (Cic. Plane, il ). La
gravure donne un spécimen des fasces
avec la hache , d'après un bas-relief du
palais Mattei à Rome.
3. Fasces prxferre et submittere. Le
licteur marchait devant le magistrat au
service duquel il était attaché, avec une
baguette {virga) dans sa main droite, et
les fasces sur l'épaule gauche, comme le
montre la figure ci-jointe, prise d'un bas-
relief du musée de Vérone. C'est ce qu'on
exprime par la phrase fasces jnse ferre;
mais, si un magistrat d'un rang inférieur
en rencontrait un d'un rang supérieur,
le licteur était les faisceaux de dessus
son épaule et les abaissait , comme mar-
que de res|)ect, jusqu'à ce que le magis-
trat eût passé , de même qu'en Angleterre
les soldats reposent leurs armes devant
26i
FASELITS.
les grands personnages. C'est ce qui est
exprimé par la fhra.se fasces suhmittere.
4. Fasces lauréat! . Quand un général
avait remporté une victoire , on ornait de
feuilles de laïu-iers les faisceaux qui
étaient portés devant lui, laureati (C\c.
Div. I, 28; ad Âtt. viii, 3); les empe-
reurs ajoutaient aussi un ornement pareil
à leurs propres faisceaux en l'honneur de
ceux de leurs ofliciers qui avaient obtenu
un brillant succès (Tac. Anii. xill, 3).
Dans ces occasions, on pla- r ^,
çait une branche de lau- ^w^
rier en haut des baguettes,
comme le montre la figure
à main gauche de la gravu-
re ci-jointe, qui représente
les faisceaux portés par un
licteur devant l'empereur
Vespasien, d'après un bas-
relief; ou l'on fixait sur ces
mêmes baguettes une couronne de lau-
rier, comme dans la figure à main droite,
prise d'une monnaie consulaire.
5. Fasces versi. Dans un deuil ou aux
funérailles des chefs, les faisceaux étaient
renversés, cerj/ (Tac. Ann. m, 2), c'est-
à-dire portés avec la hache en bas, com-
me nos soldats portent leurs fusils en pa-
reille occasion; et quelquefois, comme
aux funérailles de Drusus, les l)aguettes
étaient brisées, fracti fasces (Pedo Albin.
El.l, 177).
FASELUS. Voy. Phaselus.
FASTI. Almanachs gi-avés sur la pierre
ou le marbre et exposés dans quelques
endroits publics de la ville pour être vus
et consultés de tout le monde. Ils étaient
de deux sortes :
1 . F asti sacri ou kalendares ; ils étaient
fort semblables à nos almanachs, conte-
nant une liste des jours et des mois de
l'année; le lever et le coucher des étoiles
fixes ; les jours de marché ; les fêtes ; les
jours où siégeaient les tribunaux; ceux
qui étaient regardés comme de mauvais
augure et malheureux. On y ajoutait une
table chronologique , énumérant les évé-
nements importants de l'histoire de la
nation, comme l'anniversaire d'une grande
bataille, la dédicace d'un temple, etc.,
ainsi qu'on peut le conclure des différents
fiagments originaux qu'on a conservés.
2. Fasti annales ou historici. Regis-
tres contenant les noms des consuls et
autres magistrats, avec la date de leur
entrée en charge et celle de leur retraite
inscrite sur des tables de marbre ou de
bronze, et conservés dans les archives de
l'État. Une longue liste des fasti con-
sulares qui fut , à ce qu'on suppose , gra-
vée sous Tibère, se voit encore au Gapi-
tole de Rome.
FASTIGIUM. Littéralement, le haut
d'un fronton ou la partie qui le couron-
ne , formée par les deux côtés conver-
gents du toit. Par extension , on employa
ce mot , dans un sens plus général , pour
le fronton entier d'un édifice religieux.
On entend par fastigium toute la figure
triangulaire , composée de la corniche de
l'entablement qui forme sa base, des
deux corniches convergentes aux côtés
et du tympaniim ou surface plate A,
qu'elles enferment (Vitruv. III, 5, 12 et
13 ; Cic. de Orat. m, 4G; Liv. XL, 2).
2. Quand ce mot s'applique aux mai-
sons particulières , il désigne un toit s'é-
levant en iiointe au sommet, par opposi-
tion aux toits plats (Cic. ad Q. Fr. m , 1 ,
14); ou il implique que le devant de la
maison était couvert par un portique et
un fronton comme \e pronaos d'un tem-
ple ; honneur qui n'était pas accordé aux
particuliers, mais qui était décerné par
les Romains à leurs empereurs, comme
marque de leur divinité (Cic. Phil. ii ,
43; Florus,iv, 2).
FATUI et FATU^. Idiots des deux
sexes qu'op achetait comme esclaves et
qu'on gardait dans les grandes familles
romaines pour amuser par leur stupidité
(Senec. Ep. 50).
FAUX. Dans son sens primitif, ce
mot signifie l'œsophage ou entrée de l'es-
tomac. Par extension, il sert à désigner
tout passage étroit ou entrée resserrée
dans les œuvres de la nature ou dans cel-
les de l'art; mais il s'applique spéciale-
ment au passage étroit qui établissait
FEM1>ALIA.
2G;
une communication entre les deux divi-
sions principales d'une maison romaine.
V atrium et le peristylium. Il était situé
à côté du tablinum; et, comme il y en
avait souvent deux, un de chaque côté
de cette pièce , on se sert habituellement
du pluriel faiices (V'itruv. vi, 3, 6). Il
obviait à l'inconvénient de faire du tabli-
num une chambre de passage , et servait
à établir une communication facile entre
les diverses parties d'une maison, quand
le tablinum était fermé avec des para-
vents. Sa position relativement aux au-
tres pièces de la maison se comprendra,
gi l'on se reporte au plan du mot DoMcs
où il est marqué e , et l'on pourra ju-
ger de l'aspect général par la gravure ci-
jointe , qui représente une vue de la mai-
son des Dioscures , à Pompéi ; le plafond
seul est restauré. Le premier plan mon-
tre l'intérieur de l'atrium avec son im-
pluvium dans le plancher : le large et
profond enfoncement qui est derrière sur
la gauche est un tablinum ouvert par le-
quel on voit le ])éristyle; et la porte
sombre et basse à côté est la faux, qui
ouvre à l'extrémité sur le péristyle de la
même façon qu'elle ouvre sur l'atrium
par le côté qu'on voit ici,
2. Ce mot, au pluriel, désignait des
stalles ou écuries pour les chevaux et les
chars du cirque (Ennius, ap. Cic. Div.
I, 48; Cassiodor. Var. Ep. m, 51).
Voy. Carcer, 2, où l'objet est décrit et
figuré.
FAVISS.E. Caveaux construits sous
un temple, dans lesquels les instruments
sacrés, les ornements, le mobilier et en
général tout ce qui appartenait à l'édi-
fice , étaient serrés quand ils n'étaient
plus propres au service /Varro , ap. Gell.
II, 10; Brocchi, Suolodi Roma, p. 162).
Trois caveaux de cette nature ont été
découverts sous les ruines d'un temple
ancien à Fiésoles, remplis d'instruments
de musique brisés , de divers objets et
ustensiles en ivoire et en bronze , ainsi
que d'idoles, de lampes et de vases d'ar-
gile , tous endommagés et mutilés (Gior-
nal. Arcad. tom. m, p. 119).
FAVUS. Dalle ou table de marbre,
taillée en hexagone, comme les cellules
d'une ruche (favi), dont on se servait
pour faire les pavés de l'espèce appelée
sectilia (Vitruv. vu, I, 4). La gravure
ci-jointe représente une partie du pavé
des Thermes de Titus , à Rome ; ce sont
des dalles de marbre fin de l'espèce nom-
mée pavonazzetto.
FAX (çavôç). Torche faite d'un mor-
ceau de bois résineux, taillé en pointe et
trempé dans l'huile ou la poix; x
ou d'étoupes imprégnées de cire, \^(4^^
de suif, de poix, de résine et
d'autres matières inflammables,
enfermées dans un tube de mé-
tal ou dans un paquet de lattes
liées ensemble (faculx), comme
on le voit dans la gravure ci-
jointe, tirée de la colonne de
Marc-Aurèle (^'^irg. Georg. i,
291; Liv. xxii, 16; Plin. H. N. xix,
7).
FECIALIS. Yoy. Fetiales.
FEMINALIA ouFEMORALL\.Culottes
courtes ou caleçons qui couvraient les
cuisses (femora), attachés autour de la
ceinture, et se terminaient un peu au-
dessous du genou ( Suet. Aug-. 82 ; Isi-
dor. Orig. xix, 22,29), comme dans la
figure ci-jointe, prise de la colonne Tra-
jane. Ce vêtement n'était pas habituelle-
ment porté par les Romains des premiers
266
FE>ESTRA.
temps , excepté peut-être par quelques
personnes dune constitu-
tion délicate , comme Au-
guste : dans les cas ordinai-
res, la longue et ample
toge le rendait inutile. Mais,
quand la toge ne fut plus
de mode, il semble que les
femoralla furent générale-
ment adoptés , particuliè-
rement par les troupes ([ui
servaient pour des campa-
gnes lointaines dans les cli-
mats froids du iSord. On les — ^'
voit invariablement sur toutes les figures
des arcs de triomphe et des colonnes ,
portés tant par les soldats que par les of-
ficiers.
FEMUR ([j.rip6;). En architecture,
face longue et plate qui s'avance en sail-
lie eutre chaque cannelure icanalicidus)
ni
buiiiALLi
LilLiCiLL
d'un triglyphe (VitruT. IV, 3, 5) : on
eu voit trois sur chaque triglyphe, dans
la gravure ci-joinle, prise delà frise d'un
temple dorique qui existait autrefois à
Rome.
FENESTELLA ou FENESTRELLA.
Diminutif de Fenestra. Petite fenêtre,
dinaires ( Columell. viii, 3, 3; Pallad.
I, 24). La gravure ci-jointe représente
deux des fenêtres de la maison du poète
tragique à Pompéi, donnant sur la rue.
Elles sont situées au premier, \'^,^h
au-dessus du pavé, et n'ont pas tout à
fait 0"',91 sur 0"',C0. A côté de chacune
est un cadre de bois dans lequel on fai-
sait glisser le volet quand on ouvrait la
fenêtre.
FENESTRA (6upt;). Fenêtre : com-
prenant l'ouverture pratiquée dans la
muraille (lumen), par laquelle entrait la
lumière, et la croisée ou les volets qui la
fermaient, qu'il y eût ou non des vitres.
La gravure représente trois fenêtres anti-
ques de dessins différents : l'une, à main
ll.<uA.ÙjlI>ui>akMl
an'
ïïWvWWnimi
gauche, d'après un bas-relief grec du
5lusée Britannique; l'autre, à main droite,
prise du A'irgile du Vatican ; l'autre en-
iin, au centre, tirée d'un sarcophage de
marbre , d'une époque postérieure, trou-
vé dans le cimetière du Vatican.
2. Fenestra biforis (6ypi; SixXîç).
Fenêtre s'ouvrant du haut en bas eu
deux battants (Ovid. Pont. III, 3, 5).
3. Meurtrière pratiquée dans les murs
d'une forteresse et par laquelle ou lan-
ou fenêtre qui n'a pas les dimensions or-
çait des traits ( Ca?s. B. C. il, 9).'Lagra-
\ure, qui représente une vue de la Porta
Aiuiaria à Rome , construite par Hono-
rius, montre plusieurs de ces ouvertures.
L'édifice à toit bas placé sur le devant
est une construction moderne.
4 . Trou percé dans le lobe de l'oreille
FENESTRULA.
FERETRUM.
267
pour recevoir l'anneaii d'un pendant ou
d'une boucle d'oreille
(Juv. I, 104). On a
trouvé plusieurs statues
avec des trous pratiqués
dans le marbre par les-
q'uels on introduisait de
véritables boucles d'o-
reilles. La figure ci-
jointe, prise d'un buste
trouvé à Herculanum,
en offre un spécimen.
Les trous des oreilles subsistent encore
et la pupille de l'œil est aussi creusée
pour y recevoir une pupille artificielle.
FENESTRULA. Même sens que Fe-
NESTELLA (Apul. Met. IX, p. 208).
FERCULUM. Dans un sens général ,
ce sur quoi une chose est portée ; forme
contractée pour Fericulum. Ce mot dé-
signe spécialement un plateau sur lequel
plusieurs plats étaient apportés à la fois
de la cuisine dans la salle à manger (Petr.
Sat. 36 et 39; Suet. Aitg, 74); et par
extension les plats établis sur ce plateau
et qui constituaient ce que nous appelons
un service ou une entrée (Hor. Sat. il ,
6, 104; Pliu. H. N. xxxiii, 47; Juv.
I, 94).
2. Sorte de table à brancards, qu'un
certain nombre d'hommes portaient sur
leurs épaules dans les pompes solennel-
les , et sur laquelle était placé tout objet
digne d'attention pour être exposé, dans
une situation élevée, à la vue de tous;
par exemple , les images des dieux , dans
le cortège du cirque (Suet. Jiil. 7G; cf.
Cic. Off. i , 36) , les dépouilles des na-
tions conquises dans un triomphe (Suet.
étaient de quelque importance, étaient
soumis à cette exposition cruelle (Senec.
Herc. OEt. 110). La gravure, prise d'un
bas-relief de l'arc de Titus, représente
huit soldats romains dans le triomphe
(le cet empereur, après la conquête de
Jérusalem , j)ortant les dépouilles du
temple, la tabie d'or (I Reg vil, 48) et
les trompettes, placées sur un fcrcu-
liim. Un autre bas-relief du même arc
représente un groupe transiiortant de la
même manière le chandelier d'or. Une
frise montre une statue du Jourdain per-
sonnifié transportée de même. On voit
sur uu sarcophage du musée Pio-Clémen-
tin trois captifs, deux hommes et une
femme, portés par six soldats sur un fer-
culum de la même espèce.
FERENTARII. Corps de soldats des ar-
mées romaines classés parmi la levis arma-
ttira ou troupes armées à la légère (Veg.
Mil. I, 20; Nonius, i. T.). Ils n'étaient
pas destinés à coml)attre de près , n'ayant
pas d'armes défensives, et, en fait d'armes
offensives, celles seulement qu'on devait
lancer de loin ((ywa; ferreiitur, non quœ
tenerentur ; Non. s. v. Decuriones; cf.
Festus , s, V.) ; de là vient qu'ilssout quel-
quefois rangés parmi les Accensi. Ils
étaient postés sur les ailes dans l'ordre de
bataille, et ils étaient principalement em-
ployés à commencer l'attaque par une dé-
charge de traits (Sali. Cat. 60; Veg. /. c);
ou quelquefois, comme les Rorarii , pla-
cés au milieu des rangs des troupes pe-
samment armées pour inquiéter l'ennemi
(Tac. Ânn. xil , 35).
2.Equitesferentarii.Ç.ay3\\evs,à\i\nème
genre, munis de javelines qu'ils lançaient
de loin , au lieu de se servir de la lance
de cavalerie que l'on tenait en arrêt :
Qui ea modo liabehant arma quie ferren-
tur, ut jaculum (Varro , L. L. VII, 67).
FERETRUM (<psp£Tpov). Mot grec dont
les Romains exprimaient le sens par ca-
Jul. 37); les captifs même, quand ils puhwi (Serv. ad Virg. ^n. vi, 222). Il
2GS
FERRARIA.
FIBULA.
désignait une bière dans laquelle un mort
était porté au toml)eau ou au bûcher
(Virg. ^n. VI, 222; Ov. Met. m, 508).
On voit dans la gravure ci-jointe un fc-
retritm d'après une tomije de marbre à
Rome. [Le mot fierté, dérivé de fere-
truni , s'emploie quelcpiefois pour dési-
gner une châsse où l'on place les reli-
ques des saints.]
2. Même sens que Ferculum, 2
(Sil, Ital. X, 566; XVII, 630).
FERRARIA,sous-entendu/oÉ//«aeto/'-
ficina. Mine de fer, fonderie de fer, et
atelier de forgeron (Cœs. B. G. vu, 22 ;
Liv. XXXIV, 21).
FERRARIUS,sous-entendu/'fl/^<'r.for-
geron , armurier, qui travaille le fer à
l'exclusion des autres métaux (Plaut.
Ritd. II, 6, 47 ; Inscript, ap. Spon. Mis-
cell. anthj. p. 66). La gravure repré-
sente Yulcain et ses compagnons à leur
forge, d'après un bas-relief romain.
FERRITERIUM. Prison où les escla-
ves étaient tenus aux fers (Plaut. Most.
m, 2, 55), comme Ergastclcm.
FERRITERIUS. Esclave tenu aux fers
(Plaut. Trin. Vf, 3, 14j. Yoy. Compe-
UITCS.
FERRITRIRAX (Plaut. Most. ii, 1,9).
Même sens que le mot précédent.
FERULA (vâp9r||). Fenouil, plante
dont les anciens se servaient souvent pour
infliger de légers châtiments ; de là , férule
d'un maître d'école pour frapper les en-
fants sur la main (Juv. Sat. i , 1 5) , ou sur le
dos (Apul. 31et. IX, p. 196); ou cravache
(Ov. A. Am. I, 546), et canne pour pu-
nir les esclaves coupables de fautes peu
graves (Hor. Sat.i,^, 119; Juv. 7, 470).
Comme instrument de punition, la /e-
r;</rt était le moins cruel de ceux qu'em-
ployaient les anciens.
FESTRA. Ancienne manière d'écrire
Fe>"ESTRA (Festus, s. v.; Petr. Fragm.
XXI, 6).
FESTUCA. Baguette légère avec la-
quelle le licteur d'un préteur touchait la
tête d'un esclave auquel son maître avait
rendu la liberté (Plaut. Mil. IV, i, 14;
Pers. V, 174). On l'appelait aussi Vi>'-
DICTA.
FETIALES (3£Tiâ),£iq et <pr|Tt«),£t;).
Membres d'un collège de hérauts à Rome ;
leur fonction consistait à demander aux
nations ennemies le redressement des
griefs, à porter les déclarations de guerre
et à prendre part à la conclusion des
traités de paix. Ils portaient une baguette
(caduceus ) comme emblème de la paix,
et un javelot comme symbole de la
guerre ; ils le lançaient sur la frontière
des ennemis quand les hostilités étaient
décidées (Gell. x,27). La figure ci-jointe,
d'après une pierre gravée , représente , à
ce qu'on suppose, un fetialis près de par-
tir, pour une mission de guerre, de la co-
lumna bellica , sur laquelle on voit la
figure de Slinerve lançant un javelot ,
comme nous l'avons décrit ci-dessus.
FIBULA (•rtspôvy], TiôpTrY), èvetrj).
Agrafe ou broche employée pour attacher
différents vêtements des hommes et des
femmes (Liv. xxvil, 1 9 ; Ov. Met. 2,412;
VIII, 318), tels que la chlamys, \a.palla,
le pal Hum, \esagum, ]e paludame/itum,
mais non la toge, qui enveloppait le corps
de ses larges replis et n'avait besoin de
rien pour la fixer. On faisait des agrafes de
différentes manières et de différents des-
sins, en os, en ivoire, eu bronze, en mé-
taux précieux et en
pierres de prix en-
châssées dans l'or. Ces
agrafes ressemblaient à
celles qu'on emploie
encore, et étaient mu-
nies d'une épingle
(acus, TcepôvY]), qui en-
trait dans un crochet
d'arrêt placé sur le
bord du vêtement. On
s'en servait d'habitude
pour attacher des dra-
peries amples sous la
gorge ou sur le haut
de l'épaule, comme
dans le spécimen ci-joint, pris d'un vase
d'argile.
2. Fermoir, dont on se servait plus
particulièrement pour attacher des ceintu-
res et autres objets du même genre ( Virg.
Ain. IV, 139) : il avait une agrafe, au lieu
d'une épingle, qui se fixait dans une
porte à l'extrémité de la boucle opposée à
celle où est placée la fihitla, comme on
le voit dans le spécimen ci-joint, repré-
sentant un ceinturon militaire antique,
découvert à Pa?6tum. Il explique les ex-
pressions fihula aditnco morsa (Calpuru.
Ed. VII, 81), fibula mordaci dente (Si-
don. Carm. Il, 397).
3 . Boucle, employée pour attacher des
ceintures, des ceinturons , des courroies,
des harnais et autres choses de ce genre
(^'irg. Mn. v, 313; xii, 27 4) : elle
avait habituellement la même forme que
les nôtres, comme le montrent les figures
ci-jointes prises toutes de modèles an-
ciens. Mais on faisait souvent des bou-
cles de matière plus précieuse et d'un
FIIÎll.A. 200
travail plus achevé; elles étaient desti-
nées à être données comme récompenses
aux soldats (Liv. xxxix, 31), ou à être
portées par des personnes de haut rang
ou de grande fortune ('Plin. H. i\'. XXXIII,
12). La gravure ci-jointe en fournit un
spécimen , pris d'un modèle en argent
trouvé à Herculanum. La partie carrée
était attachée au ceinturon avec des clous
qui passaient par les quatre trous qu'on
voit dans la gravure; l'autre partie, qui
est légèrement mutilée à l'extrémité ,
formait la boucle , avec un ardillon jouant
sur une brochette qui traversait le cen-
tre de l'ornement.
4. Boucle employée aussi pour atta-
cher le bandeau ( teenia, vitta ) que les
jeunes femmes por-
taient sur la tête pour
tenir leur chevelure
en ordre. Virgile dé-
crit Camille avec les
cheveux retenus de
cette manière {JEn.
VII, 815) , et le buste
ci-joint, pris d'une sta-
tue de bronze trouvée
à Herculanum montre
le bout du bandeau passé sous une garde
au delà de la boucle, comme on le fait
encore aujourd'hui.
5. Dans un sens plus général, on em-
ploie aussi ce mot pour désigner plu-
sieurs choses qui lient ensemble différents
objets, comme une cheville dans les char-
pentes (Cœs. B. G. IV, 17); un instru-
ment employé dans le pressoir à olives
( Cato, R. R. 3) ; un lien qui retient les
osiers dans une corbeille (Cato, ^.^.31),
et un appareil dont se servaient les chirur-
giens grecs pour fermer les blessures (en
270
grec, àyxTvip), qui rapprochait les bords
de la plaie et les tenait réunis, quand la
suture (sutura) était inutile ou impossible
(Celsus, V, 2G,23, et 7, 4).
FICTILE (x£pa|ji.ov). Nom générique
donné à toute chose faite de poterie, com-
prenant vaisseaux, moules, objets moulés
en terre cuite, briques, tuiles, etc.
FICTOR {■aUaTr.ç). Terme général
pour désigner un artiste qui façonne l'ar-
gile, la cire ou toute matière molle, par
opposition à celui qui travaille le bronze,
le marbre, le bois, l'ivoire ou autres
substances dures (Cic. Fragm. ap. Lac-
tant. ii; 8; Plin. Ep. i, 40). La figure
ci-jointe, prise de la villa Albani , repré-
sente un artiste de ce genre, comme on le
voit par le petit bâton de bois qu'il tieni
de la main gauche, et dont les artistes se
servent encore généralement pour façon-
ner leurs modèles en argile; les contours
sont finis avec les doigts et les ongles, ce
qui a donné naissance à l'expression ad
unguem factus homo (Hor. Sut. i, 6, 32),
pour désigner un personnage accompli.
2. Ouvrier ou arlisle qui exécutait en
pâtisserie ou en cire des représentations
de différents animaux exigés pour le sa-
crifice dans certains rites religieux, mais
qu'on ne pouvait se procurer (Ennins,
ap. Yarr. L. L. vil, 44; Serv. ad Virg.
^«.11, 116).
FIDELI A. Sorte de vaisseau , de jarre
ou de pot, en terre ou en verre (Co-
lumell. XII, 38, 1), dont on ne connaît
pas la forme caractéristique; tout ce que
qu'on sait , c'est qu'il était employé pour
contenir du ciment (Cic. ad Fam. vu,
29), ainsi que différents autres objets
(Plant. Aul. IV, 2, 15; Fers. Sat. \,
183; Columell. xii, 10, 4).
FIDES ou FIDIS. Mot venant évi-
demment du grec 0!p(5o , corde à boyau ;
il était employé comme terme général
pour désigner un instrument à cordes ,
comme la lyra, la chelys, la cithara
(Varro, R. R. il, 5, 12"; Ov. Fast. v,
104).
FIDICEN. Terme général pour dési-
gner tout homme qui joue d'un instru-
ment à cordes (Cic. ad Fam. ix, 22).
FIDICINA. Terme général pour dési-
gner toute femme qui joue d'un instru-
ment à cordes (Ter. Pitorm. I, 2, 59).
FIDICULA. Diminutif de Fidis. Corde
d'instrument mince ou petite (Cic. N. D.
II, 8).
2. Au pluriel, Fidicul^e, machine
pour mettre les esclaves à la torture,
consistant en cordes minces. On ne con-
naît pas avec certitude la forme exacte
de cet appareil, ni la manière dont on
s'en servait (Suet. Cal. 33 ; Senec. de
Ira, m, 9 et 19).
FIGULUS (x£pa(x£uO' Tout artiste ou
artisan qui emploie l'argile, par exemple,
pour faire des figures et des ornements en
terre glaise (Plin. H. N. xxxv, 12, 43),
comme on le voit dans la gravure précé-
dente; hriqueticr (Juv. X, 17 1 ), repré-
senté par la gravure du mot Laterakia ;
potier (^'arro, R. R. III , 15, 2j, dont le
métier est figuré par la gravure ci-jointe ,
))rise d'une pein-
ture égyptienne.
Le potier est assis
par terre devant
sa roue (rota), au
haut de laquelle
est placée la mas-
se d'argile qu'il
façonne avec ses
pouces et ses doigts , exactement comme
on le pratique maintenant. Une pierre
g.iavée (Caylus, Recueil, etc., iv, G2) re-
présente un artisan du même genre, un
bâton à modeler à la main , assis devant
un vase d'argile qui est placé au haut
d'un four en miniatiu'e, pour indiquer
qu'il lui donne la dernière main avant de
l'envoyer au four.
•271
FIMBRIA (OOiravot , xpoccrot). Frange
ou l)ordiire d'ornement d'une pièce d'é-
toffe (Celsus, II , C ; Varro , L. L. v, 7 9) ;
on la formait en laissant les extrémités
des fds de la chaîne sur
l'éloffe après l'avoir re-
tirée du métier (vovez
Tf.la recta) ; mais on
faisait quelquefois sé-
parément de riches fran-
ges qu'on cousait à vo-
lonté au tissu. Jules Cé-
sar en portait autour
des poignets d'une tuni-
que à longues manches (Suet. Cxs. 45).
La gravure est prise d'une peinture de
Pompéi.
FIMBRIATUS (OycravwTo;). Muni de
franges. La gravure précédente montre
une serviette de table ornée de cette fa-
çon ; mais des franges sur des vêtements
dans les œuvres d'art seivent surtout à
caractériser les personnages royaux des
nations étrangères et Ijarbares , comme
lesprinces captifs sur l'arc de Constantin,
ou les prêtres d'E-
gypte, surtout Isis el
ses ministres , dont un
est représenté par la
gravure ci-jointe, d'a-
près une peinture de
Pompéi , précisément
avec le costume qu'Hé-
rodote attribuait à cette
classe (II, 811. C'était
une singularité dans
Jules César qu'il portât
une frange sur la man-
che de sa tunique
(Suet. Cses. 45); car chez les Grecs et
chez les Romains un tel accessoire était
regardé comme réservé exclusivement aux
femmes.
2. Ce mot s'applique encore au fouet ;
voy. Flagrum, 3.
FISCELLA. Diminutif de FisciNA. Pe-
tit panier fait d'osier ou de
jonc, d'un usage habituel
dans le jardinage , pour la
culture , et pour les soins de
la laiterie; il servait parti-
culièrement à contenir une
sorte de fromage fait de cième caillée
(Tibull. H, 3, 15), appelé ricotta par les
Italiens modernes. On en représente un
dans la gravure avec le fromage qu'il
contient , d'après un modèle trouvé à
Pompéi.
2. (çtixô;). Petit panier mis sur le nez
des bœufs , comme une muselière , pour
les empêcher de couper les jeunes pousses
des vignes quand on laliourait (Cato , R.
R. 54; Plin. H. N. xviii, 49, 2).
Il servait aussi à museler d'autres ani-
maux vicieux , pour les empêcher de
mordre, comme le montre la gravure ci-
jointe , prise de la colonne de Théodose
(Ginzrot, 85, 3).
FISCELLUS. Diminutif de Fiscrs.
Même sens que FisciNA (Columell. xii ,
38, G).
FISCINA. Large panier, fait d'osier,
de genêt d'Espagne ou de jonc, employé
pour toute sorte de travaux, dans les
jardins, les vergers , les vignes et l'agri-
culture, de la même façon que la fiscella;
comme corbeille à fruits (Cic. Place. 17);
panier à fromage (Mart. 1,44); muselière
pour les chevaux (Plin. xxxiv, 19, 7);
et dans les pressoirs de vin et d'huile,
pour contenir les grappes et les olives
pendant qu'on les pressait (Columell. Xll,
39, 3). On en explique et on en figure
l'emiiloi au mot ToRCULAR, 1.
FISCUS. Large panier du même genre
et servant aux mêmes usages que ceux
qui sont décrits aux deux mots précé-
dents; il était employé surtout quand
on pressait les grappes et les olives (Co-
lumell. XII, 52, 2 et 47, 3).
2. Il semble que les Romains firent
usage d'un panier de ce genre pour gar-
der la monnaie (Cic. Verr. i, 8; Phaidr.
II, 7); de là le mot fisciis s'appliqua
sous l'empire à cette partie du revenu
de l'État destinée à l'entretien du souve-
rain, comme notre liste civile, par
272
FLABELLIFEB.
opposition au domaine personnel et par-
ticulier du prince {res privata principis ,
ratio Cœsaris) et au trésor de l'État
(serarium), où l'on puisait pour les dé-
penses publiques. Cette distinction n'est
pas toujours strictement observée.
FISSIPES. Pied fourchu : par exten-
sion, ce mot fut employé pour désigner
une plume de roseau .\uson. Episi.wi,
50), fendue comme les nôtres au bec
(voy. la gravure du mot Abuxdo, 5).
FISTUCA. Demouelle , avec laquelle
on nivelait et on consolidait les murs en
maçonnerie, les planchers et les pavés
(Plin. H. N. XXXVI, 61; Cato, R. R.
28), comme on le voit dans la gravure
ci-jointe, prise de la colonne
Trajane. On employait aussi
cet instrument pourenfoncer
des pilotis sous l'eau (Caes.
B. G. IV, 17). Mais cette
fîstuca doit , d'après l'usage
auquel elle servait , avoir été
un instrument plus considé-
rable et plus puissant , qui
probal)lement fonctionnait à l'aide d'un
mécanisme.
FISTUCATUS. Tassé, consolidé ou
enfoncé avec une demoiselle (fîstitca')
(Vitruv. VII , 4, 5; Plin. H. JV. xxxvi ,
25, 6).
FISTULA ( CTwXinv ). Conduit d'eau
(Cic. Rabir. perd. 11; Frontin. ^.7. 25).
On les faisait généralement en plomb ,
mais, dans la villa d'Antoniuus Pius à
Lanuvium, on a découvert une portion
d'un de ces conduits, en argent pur, pe-
sant entre trente et quarante livres ; ainsi
la description de Stace {Syiv. i, 5, 48),
qui mentionne une pareille extravagance,
n'est pas une fiction poétique. La gra-
vure ci-jointe représente une partie d'un
modèle découvert dans des fouilles à
Rome, où l'on a trouvé plusieurs spé-
cimens semblables, qui ont tous dans la
forme la même particularité qu'on re-
marque ici , c'est-à-dire qu'ils s'amincis-
sent au haut, mais q\i'ils sont circulaires
dans la partie inférieure.
2. (çûpiyt. Flùte de Pan, faite de
tiges de roseau , de canne ou de ciguë
(Virg. Ed. II, 3G; Tibull. ii, 5, 31).
Voy. Abundo, 6.
3. Plume à écrire, faite de roseau ou
de canne (Pers. m, 14j. Voy.ABUXDO.
4. ()C7.6cTr,p). Cathéter en métal, dis-
tingué par les anciens chirurgiens aussi
bien que les nôtres en deux espèces ,
l'une pour les hommes et l'autre pour les
femmes (Celsus, VII, 26, 1). Voy. Ca-
THETF.B.
5. Instrument employé par les cor-
donniers, peut-être emporte-pièce (Plin,
H. i\\xvil, 23).
6. Rouleau pour faire de la pâtisserie
Apic. 42).
7. Fistula farraria, ferraria ou ser-
rata. C'était, à ce qu'on suppose, une
machine pour moudre le grain ; mais les
leçons ne sont pas sûres (Plin. H. N.
XVIII, 10, 23; Cato, ^. R. 10. De vieilles
éditions de Caton portent fiscella fari-
na ria.
FISTULATOR. Qui joue de la flûte de
Pan, fistula Cic. de Or. m, 61). Dans
ce passage, le mot est mis spécialement
pour désigner un joueur de flûte em-
ployé par les orateurs romains pour les
aider à maintenir leur voix au ton con-
venable ; un d'eux , d'après Cicéron ,
accompagnait toujours Gracchus quaml
il parlait en public
FISTULATUS. Objet creux , percé ou
muni de tubes (vSuet. Nero , 31).
FLABELLIFER. Dans un sens général,
personne qui porte un éventail [flabel-
luni). Ce nom est
particulièrement
donné aux jeunes
esclaves, mâles ou
femelles ( Plant.
Trin. II, 1, 29),
dont l'emploi était
de porter l'éven-
tail de leurs maî-
tresses et de les
éventer quand il
le fallait. La gra-
vure représente
Cupidon comme
FLABELLUM.
fLAGRTJM.
L':3
porte-éventail d'Ariane , qui déplore son
abandon , dans une peinture de Pom-
péi; d'autres peintures de cette ville et
des dessins tracés sur des vases d'argile
représentent des femmes employées au
même service.
FLABELLUM (pim;). Éventail (Te-
rent. Euii. m, 5, 50). Les éventails des
dames greccpies et romaines étaient faits
de feuilles de lotus , de plumes de paon
( Prop. Il, 24, 11) ou d'autre matière
de ce genre, peinte de brillantes couleurs
(Mart. lii, 82); ils ne pouvaient pas s'ou-
vrir et se fermer comme les nôtres, mais
ils étaient roides et avaient un long man-
che, la forme la plus convenable pour la
manière dont ils étaient employés , c'est-
à-dire pour qu'une personne en éventât
une autre, puisqu'on
se servait toujours
d'un esclave à cet
effet (Voy. Flabel-
LiFER ) . La figure à
main gauche dans la
gravure représente
un éventail de feuil-
les de lotus , d'après
une peinture de Pompéi; celle à main
droite , un éventail en plumes de paon,
d'après une peinture découverte à Stabia.
FLAGELLUM ((xàcrTi?). Fouet, fait
avec un grand nombre de cordes tortil-
lées et nouées comme les nombreuses an-
tennes du polype, qui sont désignées par
le même nom. (Ov. Met. iv, 367) ; il ser-
vait principalement pour châtier les es-
claves (Juv. VI, 478 ; Hor. Sat. i , 2, 41 ;
3, 119;Marcell. Z)/V. 48, 19, 10). Quoi-
que le mot soit un diminutif de Flagrum,
ce fouet était en réalité beaucoup plus
dur ; le diminutif en effet ne s'applique
qu'à la finesse des fibres qui le compo-
saient, mais cette finesse même augmen-
tait la douleur des coups. Aussi est-il
caractérisé par l'épithète horrihile. Dans
certains cas, il donnait la mort (Hor. II.
ce. ). Les blessures qu'il faisait sont tou-
jours exprimées par des mots qui indi-
quent l'action de couper, ainsi exdere,
secare, scindere (Hor. Juv. //. ce. ; Ov.
Ilt'is, 183), par opposition à ceux qui ac-
compagnent flogrum et qui expriment
l'action de frapper lourdement ou avec
force , comme pinscre ou rumpere. Le
fouet tenu par le personnagequ'on voit de-
bout dans la gravure, et copié d'après l'anse
d'un pot de bronze trouvé à Pompéi, re-
présente sans doute un de ces instruments;
mais on concevra facilement que la figure
est trop petite pour donner une idée réelle
de l'objet.
2. Fouet pour conduire (Virg. Mn. V,
579; Sil. iv, 440) : ce mot désigne un
fouet plus fort que ceux dont on se ser-
vait communément ; il avait deux ou trois
lanières par exemple, au lieu d'une seule
comme \&scutica. Le spécimen donué ici
est entre les mains d'un Triton dans une
peinture de Pompéi.
3. Courroie attachée au harpon (aclis)
pour le ramener à soi après l'avoir lancé
(Virg. jJin. VI, 730; Serv. adl. ).
FLAGRUM. Instrument dont on se ser-
vait principalement pour punir les escla-
ves ( Plant. Ampli, iv, 2, 10; Mart. XIV,
79); il était composé
de plusieurs chaînes
avec des boutons de
métal aux extrémi-
tés (de là l'épithète
duruni, Juv. v, 172),
et attaché à un manche court, de la même
façon qu'un fouet; il donnait des coups
pesants plutôt qu'il ne cinglait. Aussi ses
effets sont-ils exprimés par des mots qui
signifient frapper lourdement, battre avec
274
FLAMEN.
rtAMMULA.
force, briser (pinserc, Plant. Mevc. Il,
3, ^Q;riimpere,\]\f. Dig. 47, 10, 9), et
non couj)er ou cingler, trait caractéris-
tique du flageUiim. Un trouve ce])endant
dansTilt-Live(xxvill, ] 1 ) c sa flagro.
La gravuie est copiée d'un modèle décou-
vert à Heiculanum ; on a trouvé aussi
d'autres spécimens dans les maisons de
celte ville , avec deux et cinq cordes ,
mais du reste semblables à celui que nous
donnons.
2. FLagrum talis tessellatum (u-àffTtE
ào-Tpaya/coTyi ). Fouet composé de plu-
sieurs lanières {pro-
lixe fimbriatum) aux-
quelles on attachai t des
osselets de mouton
(tali) ; il était fixé à
un manche court ; les
prêtres de C^bèle af-
fectaient de s'en frap-
per pour exciter la
compassion de la mul-
titude ignorante ( A-
pul. Met. VIII, p.
173). La figure ci-
jointe , correspondant
eu tout point à notre
description, est copiée
d'un bas-relief de
marbre représentant
Cybèle entourée des divers objets em-
ployés dans son culte , au nombre des-
quels est ce fouet.
3. Flagritin fimbriatum {K^\m\. Le).
Fouet muni de plusieurs lanières qui pen-
dent ensemble comme une frange ( fîm-
hria) : de là vient le nom.
FLAMEN. Flamine : titre donné à tout
prêtre romain attaché au service d'une
divinité {CÀc.Leg. il, 8). Chacun de ces
prêtres était distiugué par le nom du dieu
dont il était le ministre (Varro, L. L. v,
84 ) ; ainsi Dialis, flamine de Ju})iter ;
Martialis, de Mars ; Quirinalis, de Ro-
mulus. Le vêtement pontifical du flamine
était la Iseiia, attachée par une broche
près de la gorge , un bâton d'olivier et le
bonnet appelé o/je.c, surmonté d'une touffe
de laine au-dessus (Serv. adWv^. ALit.
IV, 2G2).
FLAMINICA. Femme du flamine de
Jupiter (Festus, v. Flamen ).
FLAMMEARIUS. Qui fait ou vend des
flammca (Plant, ^ul. III, 5, 35; voy.
Flammeum).
FLAMMEOLUM, Diminutif de Flam-
meum ; ce mot n'indiquait pas cependant
de petites dimensicnis, mais un tissu d'une
grande finesse et d'une grande beauté ,
par conséquent d'un plus grand prix (Juv.
X, 334).
FLAMMEUM. Voile nuptial, porté par
une fiancée romaine le jour de son mariage.
Il était d'un jaune foncé et brillant (Plin.
H. IV. XXI, 22j comme une flamme, par-
ticularité d'où lui vint son nom, et de
dimensions considérables, suffisantes pour
couvrir toute la personne de la tète aux
pieds. Pendant la cérémonie, il était porté
sur la tèle pour cacher les regards baissés
de la modestie virginale (Lucan. il, 361),
comme le montre la figure ci-joinle, d'a-
pi'ès un marbre romain représentant une
fiancée {iiupta) au moment
du mariage; elle le gardait
ainsi jusqu'à ce qu'elle ar-
rivât à sa nouvelle maison ,
où il lui était retiré par son
époux , comme le fait en-
tendre la figure ci-jointe ,
qui est tirée aussi d'un mar-
Ine romain. Elle représente
nne jeune fiancée assise sur
nue couche, avec le flam-
meum sur les épaules. L'ar-
tiste lui a prêté un geste fort
naturel pour exprimer la modestie fémi-
nine on le regret de la perte de ses an-
ciennes amies et compagnes.
FLAMMULA. Bannière dont se ser-
vaient, à une époque postérieure, quel-
ques troupes de cavalerie des armées
FOCALE.
POCtS.
275
romaines (Veget. Mil. il, 1; m, 5) : son
nom lui vint peut-être de
ce qu'elle était jaune com-
me le voile des fiancées
(flammeum ) , ou de ce
qu'elle était découpée au
bout en langues pointues,
comme une Damme ( flam-
ma ) : nous en donnons un
spécimen dans la gravure
ci-jointe, d'après l'arc de
Se|ilime Sévère.
FOCALE iTtpoffyvaâîS'.ov). Pièce d'é-
toffe qui enveloppait le cou et le bas de
la figure ( fai/ces, quasi faucale ), comme
noire cravate. Elle était
portée dans l'origine
seulement par les per-
sonnes délicates et in-
firmes ( Hor. Sat. n , /
3, 255; Quint, xi , /l
3, 14 4), et non com- ^^^
me une partie ordi- ^"
naire du costume, ainsi que chez nous;
mais, quand l'empire en s'étendant força
le soldat romain d'endurer les rigueurs
des climats du iNord, il semble qu'elle fut
adoptée généralement dans l'armée; car
elle est portée sans exception par les trou-
pes des armées de Trajan, de Marc-Auiele
et de Septime Sévère , de la façon que
montre le spécimen ci-joiut, les bouts
pendant sur la poitrine, exactemeutcomme
le décrit le Sclioliaste d'Horace (/. c.) : a
col ils depeiulciitia, ad fovendum collum
et fauces contra frigus muiiiendas.
FOCARIL'S. Esclave domestique de la
classe la plus basse ; il était attaché à la
cuisine, où il avait à veiller au feu et pro-
bablement à faire tous les ouvrages fati-
gants (Ulp. Dig. 4, 9, 1 ).
2. Focaria. Esclave du sexe féminin ,
employ e aux travaux nommés ci-dessus ;
fille de cuisine (Ulp. Dig. 37, 7, 12;
Pomp. i6. 15).
FUCULUS. Diminutif de Focrs : tout
foyer petit ou portatif. Ce mot était pris
particulièrement dans les sens suivants :
1. Cavité au haut d'un autel pour les
offrandes à consumer, dans laquelle on
allumait le feu (Liv. ii, 12); par ex-
tension, l'autel lui-même (Cic. Dom.
74). La gravure représente un petit au-
tel de marbre où l'on voit au liant le
foculus, d'après un modèle trouvé à
Antium.
2. ( £(7-/àpiov). Brasier ou réchaud,
dans lequel on brûlait du charbon ou des
cendres végétales de bois pour échauffer
les appartements. On en a découvert plu-
sieurs dans les maisons d' Herculanum et de
Pompéi ; ils étaient ronds ou carrés, mais
semblables pour le caractère général au
spécimen ci-joint, tiré d'un modèle en
bronze.
3. Petit fourneau portatif, employé
pour la cuisine et d'autres usages (Plant.
Capt. IV, 2,67 ; Juv. Sat. m, 2G2). Le
spécimen ci-joiut, d'après une peinture
trou\ée à Herculanum, mon-
tre le fourneau élevé sur un
support à trois pieds , afin
qu il y ait place pour la ven-
tilation dessous; il y a une
porte en avant, par laquelle
on devait mettre le charbon,
et un vase au haut, conte-
nant des ingrédients que la
figure remue pendant qu'ils
bouillent.
FOCUS ( iaxia, iayjipa). Jtre, foyer
de la maison (Cic. Sen. 16; Hor. Od. I ,
9,5; Tibull. 1 , 1 , G ). Chez les Romains,
le foyer était consacré aux /.«7-0 et regardé
comme un lieu sacré dans la maison; en
conséquence, il était situé dans la salle
publique on atrium , où était aussi l'autel
des dieux domesli([ues (voy. Ara, 5);
de là la juxtaposition fréquente des mots
pro aris et focis dans les circonstances so-
lennelles. Le /ocw5 consistait en une plate-
forme carrée de pierre ou de briques ,
focdS.
élevée de quelques centimètres seulement
au- dessus du sol, comme le montrent clai-
rement de nomlireux spécimens qu'on voit
encore à Pompéi; c'est là que le feu était
allumé avec des bûches de bois reposant
sur des chenets {varse), mais le plus sou-
vent sans tuyau et sans cheminée pour li-
vrer passage à la fumée.
2. Même sens que FocuLCS, 1. Partie
creuse au haut d'un autel pour les offran-
des à consumer, dans laquelle était allumé
le feu : par extension , l'autel lui-même
(Ov. J. Jm. I, 637 ; Tibulle, I, 8, 70).
3. Focus turicremis. Brasier fait de
métal et muni de poignées pour qu'on put
le transporter de
place en place; il
était placé , dans
les occasions solen-
nelles , devant l'au-
tel ou la statue d'u-
ne divinité : il ser-
vait d'encensoir
pour brûler des
pastilles d'encens
(Ov. Her. II, 18;
Marini , Fr. Arv.
p. 311 ). La gra-
vure, prise d'une ancienne fresque ro-
maine, montre une femme avec un plat
de pastilles dans sa main gauche et le
focus turicremis brûlant à terre à côté
d'elle , et dans lequel elle jette les pas-
tilles une à une.
4. Sorte de réchaud inventé par les
Romains adonnés au luxe, pour avoir leurs
potages et leurs ragoûts tout à fait chauds
quand on les apportait sur la table. Il
était fait de métal et contenait un feu de
charbon allumé , ainsi que le plat et le
vase avec les viandes préparées. On ap-
portait le tout ensemble de la cuisine à la
salle à manger, ce que Sénèque exprime
en disant que la cuisine accompagne le
repas : Culina cœnam prosequitur (Senec.
Ep. 78). La gravure représente un usten-
sile de ce genre , d'après un modèle en
bronze trouvé à Pompéi, avec un plan en
coupe de l'intérieur et un dessin de la
casserole qui contenait les viandes, placé
entre les deux. Le charbon était introduit
par la porte du bas; la fumée s'échappait
par deux ouvertures latérales ornées cha-
cune d'une tête de lion ; l'anse, placée au
sommet, servait pour porter le focus, el la
casserole était posée sur la partie supé-
rieure , où elle était supportée par le re-
bord qui entourait sa surface.
FODINA([X£TaX>,ov). Mine dont on tire
des métaux, etc.; chaque mine parti-
culière était caractérisée par un nom spé-
cial : ainsi auri fodina, mine d'or ; ar'
genti fodina, mine d'argent. Ces expres-
sions ne forment même souvent qu'un seul
mot (Ulp. Dig. 27, 9, 3; Yitruv. Plin.
passim) .
FOEMSECA, FŒMSECTOR, FOE-
NISEX. Faucheur d'herbe avec une faux,
par opposition du moissonneur de blé avec
une faucille (Columell. Il, 18, 5; XI, 1 ,
12; Varro,/?. 7f. I, 49, 2).
FOLLICULARE ( â(jxwjj.a).Bois d'une
rame , au point où il avance hors de l'ou-
verture; il était entouré d'un chapeau de
cuir (/b///cw/f/j), pour diminuer le frotte-
ment et la détérioration de la rame et em-
pêcher l'eau dans les mers agitées de pé-
nétrer dans le vaisseau par l'ouverture.
La forme et la place de ce chapeau sont
clairement indiquées par la gravure, qui
représente plusieurs rames recouvertes
ainsi que nous l'avons dit, et ainsi qu'on les
voitsur le côté d'un vaisseau, dans unbas-
relief de la villa Albani.
FOLLICULUS. Diminutif de Follis.
FOLLIS. Ballon gonflé ^'a/r; il était
de grande dimension , et fort léger, ser-
K0LLI5.
vant également à ramusement des jeunes
gens et des vieillards, comme un jeu qui
donnait de l'exercice sans mouvements
violents (Mart. XIV, 47 j. La gravure ci-
joinle est prise d'une monnaie de Gor-
dien III, publiée par Mercuriali {Gjmii.
p. 126). Ce ballon se rapproche, pour les
dimensions , de la vessie enflée , et rap-
pelle , pour la manière dont on le lance,
Un jeu encore commun en Italie, et connu
sous le nom de jeu de ballon {jl giuocodel
pallone) , dans lequel les joueurs ont les
bras droits, depuis le coude jusqu'au poi-
gnet, couverts d'une sorte de gantelet
semblable à celui que représente la gra-
vure. C'est avec ce gantelet qu'ils frap-
pent le ballon qu'une autre personne leur
donne , comme celui qui sert la balle au
jeu de la crosse.
2. Coussin ou matelas gonflé d'air, au
lieud'être rembourré de plumes. Les plu-
mes marquaient plus de luxe (Lamprid.
Elag. 25).
3. Large bourse de cuir pour tenir
l'argent (Juv. xiv, 281); elle était em-
ployée surtout à l'armée comme caisse
militaire pour garder la paie des soldats
(Veg. Mil. II, 20).
4. (qjùffa). Soufflet, composé de deux
planches , avec une soupape à air (par-
ma), unies par une peau de bœuf ou de
vache, de manière à former une machine
semblable à celle dont nous nous servons
maintenant; on en voit un spécimen
dans la figure ci-jointe, prise d'une lam-
pe en terre cuite , de la collection de Li-
cetus (Lucern. VI, 24, 2 ; cf. Cic. TV. D. l,
20; Pers. v, 1 1). Des soufflets, faits aussi
de peau de bouc {folles liircini), sont
mentionnés par Horace {Sat. i, 4, 19);
d'autres, en peau de taureau (folles tau-
riiti ), par Virgile ( Georg. IV, 171); mais
celte dernière expression est poétique et
marque l'ignorance d'un fait bien connu,
savoir, que la peau de taureau ne vaut
rien pour faire des soufflets (Beckman,
Hist. of Inventions, vol. I, p. 64; Lon-
dres, 1846).
,5. Fol lis fabrilis. Soufflet de forge-
ron (Liv. XXXVIII, 7) de dimensions con-
sidérables, comme ceux qu'on emploie
dans nos forges ; la gravure au mot Fer-
RARIITS en donne un spécimen.
FORCEPS (ujpâypa;. Tenailles, dont
les forgerons se servaient pour retirer le
métal échauffé au feu et le tenir sur l'en-
clume pendant qu'ils le travaillaient
(Isidor. Orig. XIX, 7, 3; Ov. Met.xn,
277; Virg. Mn. viii, 463). La gravure
représente des tenailles de Yulcain d'a-
près un bas-relief de marbre. Comparez
la gravure des mots Marccs et Marcu-
LUS.
2. ( pi^àypoc ). Espèce particulière
d'instrument de dentiste , en forme de
pinces, employé pour extraire les racines
des dents gâtées ( Ceisus, vil, 12, 1 );
usage que des médecins ont attribué à
l'instrument ici figuré , d'après un modèle
découvert parmi d'autres instruments de
chirurgie, dans une maison de Pompéi,
et auquel il semble en effet destiné.
3. (oôovTaypx). Pinces pour arracher
les dents (Ceisus, VII, 12, 1); elles
étaient armées de griffes recourbées, un-
cis (Lucil. Sat. xix, 11, éd. Gerlacli.).
IG
278
4. ( àp5'.ô6Yi(-a, Serv. ad Virg. .£//.
XII, 404). Pinces faites spécialement
pour extraire d'une blessure des têtes de
lances ou de flèches (^i^g. et Serv. /. c).
5. Mot de la langue militaire; même
sens que FoRFEX, 3 (Cato, ap. Fest. v.
Serra).
FORFEX ( 4'a^'Çj [xà^aipa ôinÀvi, Pol-
lux, II, 32). Ciseaux rogneitrs on ifranc/s
ciseaux, employés ^.^---^ -r--^ _ ^
pour couper (Colu- --=is^^^^'—
mell. XII, 44, 4), rogner les cheveux ou la
barbe (Mart. vil, 95j, tondre les bètes à
laine (Calpurn. Ed. v, 74) et autres
usages semblables. Le spécimen repré-
sente des ciseaux pour tondre les bètes à
laine, tels qu'on les voit au-dessus de la
figure d'un bélier dans une pierre gravée.
La gravure au mot Coronarius montre
un instrument exactement de la même
forme, qui servait de ciseaux ordinaires
aux faiseurs de couronnes. De plus , la
forme de l'instrument, arrondie à l'ex-
trémité, comme Galien le dit de l'instru-
ment grec appelé <|'2tXU , non-seulement
établit l'identité de ce mot avec le latin
forfex, mais explique aussi ses significa-
tions secondaires, telles que voûte, abside,
aqueduc cintré.
2. Louves pour lever des poids (Vitruv.
X, 2, 2).
3. Dans le langage militaire, tenaille
ou corps de troupes disposé en forme de
\, pour recevoir l'attaque d'un autre
corps qui avance en forme de coin ( cu-
neus) : il laissait l'ennemi pénétrer dans
ses rangs, puis se repliait sur ses côtés et
l'enveloppait ( Veg. Mil. III, 18; Gell.
X, 9).
FORFlCULÂ(«|/a).tStov). Diminutif de
Forfex (Plin. H. N. xxv, 5, 23).
FORI. Pluriel de Forcs. Planchers
d' un vaisseau ( Glossaire latin et anglo-
saxon du dixième siècle). Ce mot s'api)li-
que au tablier du pont (Gell. xvi, 19,
3 ) ; aux passages par lesquels les mate-
lots circulaient dans le vaisseau ( Cic.
Sen. G; Lucan. m, 030); à ceux qui
étaient ménagés entre les bancs des ra-
meurs (Virg. v£/?. VI, 412) , et peut-être
aux bancs eux-mêmes (Isidor. Orig. xix,
2).
2. Places sur une plate-forme provi-
soire élevée pour la commodité des per-
sonnes qui assistaient à un spectacle pu-
blic (Liv. I, 35; Festus, v. Forum ).
3. Planchers superposés par lesquels
les cultivateurs romains divisaient quel-
quefois leurs ruches ( Virg. G. iv, 250)
en un certain nombre d'étages distincts,
comme le montre le spécimen ci-joint.
d'après un modèle en bronze découvert à
Pompéi. La figure à main gauche repré-
sente l'extérieur; celle à main droite,
une coupe de l'intérieur divisé en éta-
ges ; enfin celle du haut, le couvercle
mobile avec sa poignée.
4. Sillons étroits dans un champ ou
dans un jardin, tracés en lignes parallèles
avec la houe ( Columell. x, 92, 1).
FORIC.F]. Commodités publiques,
comme les cabinets d'aisance de Paris ,
construites en divers endroits de Rome.
La faible rétribution ([ue l'on payait, et
les profits résultant de la vente du con-
tenu, engageaient quelques individus à
prendre de tels lieux à bail , comme
moyen de gagner leur vie ijuv. m, 38;
Ruperti ad. l.; cf. Furlanetto ad Lex.
Forcellin. s. v.).
FORICARIUS. Qui tenait à bail des
foricie (Paul. Dig. 22, 1, 17, § 5).
FORICULA. Diminutif de Foris : vo-
let (VaiTo, R. R. I, 59, 1). Yoy. la gra-
vure au mot Fenestella ; on y voit
un petit enfoncement à l'extérieur de la
muraille pour recevoir un volet de bois ,
quand on le repoussait de devant la fenê-
tre.
FORIS (<7avî:, -/.Xididi:, ôûps-cpov). La
porte elle-même , distincte du châssis de
la porte (Liv. vi, 34; Cic. l'err. Ii, 1,
2G ; Plaut. Cure, i, 3, 1), particulière-
ment celle qui s'ouvrait au dehors (Serv.
ad jEn. I, 449). Les portes des anciens
étaient généralement doubles comme nos
portes à battants (voy. la gravure au mot
279
Jam'.v) ; en conséquence le mot forh est
le plus souvent employé au pluriel ; mais,
quand on le rencontre au singulier, il
faut entendre qu'il n'est question que
d'un seul des battants (Ov. Her. xii ,
150), ou cjue la porte n'en avait c[u'un.
Les anciens se servaient c[uel([uefois de
portes pareilles à l'intérieur de leurs mai-
sons, comme le montre la gravure, prise
du Virgile du Vatican.
2. Fores carceris. Les j)ortes c{ni fer-
maient au cirque le devant d'une stalle
dans lac[uelle les chevaux et les chars
stationnaient avant de partir pour la
V^!^i^\^^'i^^s;^lA»t^^^t^tst^\^S\\\N^\\V^'\V^^^^^
course, comme le montre la gravure ci-
jointe , d'après nn has-relief du Musée
Britannique (Ov. Trist. v, 9, 29).
FORMA (tÛuo:). Modèle, moule ou
tout ce qui sert à faire prendre une forme
aux objets d'une nature plastique, fusible
ou ductile.
1. Moule pour mouler des ouvTages
en terre cuite. On les faisait en pierre et
on y gravait le dessin en creux : puis
on y pressait l'argile humide et on la
mettait au four pour être cuite dans son
moule. La gravure montre à main droite
un moule original trouvé à Ardée, et à
gauche l'objet qui en est sorti (ectypiis).
2. (xôavoç). Moule pour les métaux
fusibles, objets d'art en bronze (Plin. H.
A^. XXXVI, 49), monnaies (Lamprid.
Jlex. Sev. 39) et autres choses de mê-
me nature; on les faisait aussi en pierre,
suffisamment dure pour résister à la cha-
leur de la fonte, ou en terre cuite; c'est
en cette matière qu'est le spécimen ci-
joint, représentant un moule original
|)onr monnaies , avec un spécimen cie la
pièce, à côté, sur une échelle un peu plus
grande. Plusieurs modèles, avec le des-
sin gravé à l'envers des deux cotés, sont
disposés dans la case à une dislance l'un
de I autre qui correspond exactement à
l'épaisseur qu'on veut donner à la mon-
naie; on versait le métal liquide dans la
cavité latérale d'où il coulait par les trous
t[u'on voit ici , et pioduisait une monnaie
parfaite entre chaque lit de types.
3. Moule pour faire des briques (Pal-
lad. VI, 12).
4. Moule en buis dans lequel on fai-
sait les fromages à la crème (Columell.
VII, 8, 7) ; il était désigné aussi par le
diminutif formula (Pallad. vi, 9, 2 ).
6. (xaXàTTOu;). Forme de cordonnier,
semblable aux nôtres, et munie d'un
manche ainsi qu'on le voit
dans le spécimen ci-joint ,
d'après une peinture d'Her-
culaiHuu , qui représente
deux génies faisant les cor-
donniers (Hor. Sat. ii, 3,
Dig. 9, 2, 5, § 3).
G. Voie d'eau ou canal d'un aqueduc,
ou cette partie de l'aqueduc que l'on con-
duit sous terre au lieu de l'élever sur des
280
FORMACEUS.
arches (Frontin. Aq. 75, 126), et qui
par conséquent est scellée dans le sol
comme un ol)jet moulé dans son moule.
FORMACEUS. Voy. Paries.
FORMELLA. Diminutif de Forma.
Petit moule pour donner une forme ar-
liQcielle et de fantai-
sie au poisson , quand
on le préparait pour
le dîner; ou proba-
blement un plat en
forme de poisson, comme le spécimen
ci- joint, qui représente un modèle trouvé
à Pompéi ('Apic. IX, 13).
FORMIDO. Sorte d'épouvantail em-
ployé par les chasseurs pour pousser leur
proie dans une certaine direction, et vers
le lieu où les fdets étaient tendus. Il con-
sistait en une longue corde étendue en
travers d'un certain lieu, et à laquelle
étaient attachées des plumes de différen-
tes couleurs ; elles effrayaient les animaux
en s'agitant au vent et les détournaient
de se retirer vers l'endroit où s'étalait
l'épouvantail (Grat. 85, 88 ; Nemes. 304 ;
Virg. A"«. XII, 7 50; Senec. de Ira, II,
12). Horace fait allusion à cet épouvan-
tail {Sat. I, 8, 3 ^ quand il appelle Priape
la terreur des voleurs, fiirum formldo.
FORMULA. Diminutif de Forma.
FOR> ACARIUS , FORNACATOR ,
FURNACATOR. Esclave qui devait veil-
ler sur un four ou sur un fourneau dans
des bains (Ulp. Dig. 9, 2, 27 ; Paul. Dig.
33, 7, 14; Inscript, des bains de Pom-
péi).
FORNACULA. Diminutif de FoRXAX.
Petite fournaise pour fondre des m taux
(Juv. X, 82), ou pour échauffer, faire
FORNAX.
romaine , découverte dans une fouille
faite près de Wansford dans le Nor-
thamptonshire : on y faisait le vernis em-
ployé dans une poterie voi-
sine pour couvrir l'exté-
rieur des vases de terre
qu'on y fabriquait. La pe-
tite gravure qui suit pré-
sente une coupe transver-
sale de la chaudière et de la fournaise, et
montre comment elles étaient disposées.
2. Fornacula halnearum. Fourneau
et tuyaux employés pour échauffer la
chami)re thermale dans desbain^ (Front.
bouillir ou fondre un objet de nature li-
quide ou fusible. La gravure représente
la perspective d'une ancienne fornacula
ad M. des. I, ep. 2) ; on les voit claire-
ment dans la gravure ci-jointe, représen-
tant le plan en coupe d'une pièce de
bains trouvée dans des fouilles à Tuscu-
lum : le fourneau est à gauche avec les
chaudières au-dessus, et vers la droite
sont les tuyaux qui s'étendent sous tout
le plancher de la chambre.
FORNAX (xâ|j.tvoO- Four pour cuire
de la poterie (Cic. N. D. i, 37). La gra-
vure représente les restes d'un four àpo-
terie romain , découvert près de Castor
KOItlVICATIje.
281
,/■
dans le Northamptonshire. La porte basse
sur le devant est l'entrée du fourneau
{prpefurniam) ; la construction circulaire
par derrière est le four dans lequel les va-
ses étaient cuits sur un plancher suspendu
au-dessus du fourneau. Le plancher suIj-
"siste dans son entier comme le représente
la gravure; mais la manière dont il était
supporté par un pilier central, l'empla-
cement du fourneau, la position des vases
et la voûte qui cou\rait le four, se com-
prendront mieux .„.
par la coupe ci-
jointe de la cons-
ti'uction , dans la-
quelle on voit tous y^
ces détails. Rien
n'est ajouté , si ce
n'est quelques va-
ses et une ligne
pointée pour indiquer la forme complète
et primitive du four.
2. Fornax xrar'ia. Four pour la foute
des métaux, haut-fourneau (Plin. H. N.
XI, 42; Virg. v£«. vu, G3G). Nous en
avons donné un spécimen au mot Ca-
MINUS.
3. Fornax calcaria. Four à chaux
(Cato, R. R. 38, 4); il était construit
de la manière suivante : on creusait la
terre à une certaine profondeur de manière
à former une voùtespacieuse U'ornix) pour
le fourneau , avec une entrée (prœfur-
nium) sur le devant et par derrière: la
première pour mettre le bois , la seconde
pour retirer les cendres. Les puits {fau-
ces), où s'ouvraient les bouches du four-
neau, s'enfonçaient dans une direction
perpendiculaire pour protéger contre les
courants du vent le fourneau et ses ou-
vertures. La partie du four qui était au-
dessus du sol (sunwia fornax) était alors
élevée en briques ou pierres brutes (cœ-
menta), revêtue d'argile pour concentrer
la chaleur, et de forme conique, large de
six pieds au fond et se rétrécissant jus-
qu'à trois vers le haut, où elle se termi-
nait par une ouverture ou cheminée cir-
culaire (orhis summus).
4. Fornax balinei (Labeo, D'ig. 19, 2,
58). Fourneau de bain. "Voy. FoRNA-
CULA, 2.
FORNICATUS. Voy. Paries.
FORNIX. Arche, construction figurant
un segment de cercle et formée par des
intrados et des voussoirs que tient réunis
leur gravitation réciproque (Cic. Top. 4;
Seuec. Ep. 90). Même sens que Arcus,
4 : voy. ce mot.
2. Ârc, élevé par un individu pour raj)-
peler sa mémoire et pour orner une ville
( Cic. Verr. i, 7 ; II, 63 ; Liv. xxxili, 27 ;
id., XXXVII, 3); ce n'était pas un arc de
triomphe (arcus triu/nphalis), comme le
prouvent les passages de Tite-Live, qui
s'appliquent à des arcs élevés, l'un par
Scipion l'Africain avant le commence-
ment d'une campagne, et l'autre par L.
Stertinius à l'expiration de son comman-
dement, qui se termina sans qu'il obtint
les honneurs du triomphe. L'arc formant
une des entrées du forum à Pompéi s'ap-
pelait proprement fornix; celui de Titus,
de Septime Sévère ou de Constantin à
Rome, arcus, quoique l'aspect extérieur,
pour l'ornementation et le dessin, fût le
même dans les deux cas. Voy. Arcus, 5,
et la gravure à ce mot.
3. Voûte o\\ chambre ■voM^ee; particu-
lièrement celles qui étaient étroites et
communes, comme celles qu'habitaient
les esclaves et le pauvre peuple ; de là ,
le réduit d'une prostituée vulgaire (Hor.
Sut. I, 2, 30; Juv. xi, 171); ces femmes
à Rome se livraient à leur métier sous
des voûtes de ce genre, et c'est de là
qu'est venu le terme moderne de forni-
cation. La gravure représente une suite
"^^^^mmmÊ^^^^
de petites chambres construites de cette
façon, trouvées au milieu des ruines d'une
villa romaine sur le golfe de Gaëte. Les
portes et le mur qui les fermaient par de-
vant ont été détruits ; mais les débris sont
suffisants pour donner une idée claire de
la construction appelée fornix.
4. Porte de sortie aoùtce , pratiquée
dans les tours et les murailles des places
16.
282
fortifiées et par laquelle les assiégés pou-
vaient faire une irruption soudaine sur
les assaillante (Liv. xxxvi, 23). La gra-
vure représente une des tours qui faisaient
partie des murailles de Pompéi, dans son
état actuel, avec la porte de sortie sur la
gauche, au bas ; les deux arches obscures
qu'on voit au-dessus contiennent les esca-
liers, et étaient cachées par le mur exté-
rieur quand la tour était dans son état
primitif.
FOHMJS. Même sens que FuRNt'S
(Varro, ap. Non.i. )'.).
FORPEX (Cato, R. R. 10; Suet. Aiig.
75). Même sens que Forfex, tenailles.
FORTAX (Cato, R. R. 38). Nom
donné aux masses de craie disposées en
forme d'arche {fornix) au-dessus du
feu dans un four à chaux, de manière à
se soutenir elles-mêmes par leur poids ré-
ciproque et à soutenir aussi toute la masse
placée au-dessus d'elles dans le four, pen-
dant qu'on chauffe au-dessous pour faire
la chaux.
FORULUS. Petit corps de bibltothcque
ou placard pour livres (Juv. m, 219),
qui n"est pas fixé d'une fa-
çon permanente à la mu-
raille , ainsi que Vanna-
rit/m, mais qui forme un
petit dépôt mobile (Suet.
Aug. 31) pour qnelques
auteurs favoris, comme on
le voit dans le spécimen ci-
joint, pris d'un bas-relief
d'un sarcophage , servant
maintenant de bassin à une fontaine dans
une des rues de Rome.
FORUM. Dans son sens primitif, ce
mot signifiait un espace de terre décou-
vert qu'on laissait devant une tombe et
sur lequel on avait le même droit de pro-
priété que sur le sépulcre même (Festus,
s.v .,- Cic. (/cZpo-. II, 24).
2. (àyopi). Place de marché, consis-
tant en une large area découverte au cen-
tre, où les gens de campagne étalaient
leurs produits pour la vente; elle était
entourée de bâtiments et de colonnades,
sous lesquelles les différents métiers éle-
vaient des boutiques et étalaient leurs
denrées ou leurs marchandises. Dans les
petites villes, un seul forum suffisait pour
différents marchés; mais dans les grandes
villes comme Rome, presque chaque classe
de marchands pour l'approvisionnement
avait un marché à elle, distingué par le
nom de ce qu'on y vendait; ainsi forum
boarhim , marché aux bestiaux ; olito-
rium, marché aux légumes. Tous deux
sont représentés dans la gravure ci-jointe,
d'après une ancienne peinture contenant
des vues de plusieurs emplacements de la
ville de Rome , avec leurs noms inscrits
au-dessus de chacun. Cette gravure mon-
tre distinctement la manière dont une
place de marché chez les anciens était
disposée et enfermée (Varr. L. L. v, 146).
3. Forum, c'est-à-dire vaste place dé-
couverte d'un genre à peu près semblable
à celle que nous venons de décrire, mais
tracée sur une échelle beaucoup plus
grande, et destinée aux assemblées pu-
bliques qui se tenaient en jilein air et au
règlement des affaires judiciaires et com-
merciales, plutôt qu'à servir de simple
marché aux provisions (Varro, R. R. v,
145). Elle était entourée par les princi-
paux édifices pullirs, cours de justice,
basiliques , temples, et par de spacieuses
colonnades d'un ou de plusieurs étages
283
dans lesquelles les marchands , les ban-
quiers, les usuriers, avaient leurs comp-
toirs et faisaient leur trafic (Vitruv. v, 1,
2). U ne reste rien' maintenant du fameux
forum romain, que les débris de quelques-
uns des édifices qu'il contenait ou qui
l'entouraienf ; ils s'élèvent avec une ma-
jesté solitaire, ou sont disséminés parmi
les édifices modernes qui encombrent l'em-
placement du forum. Son ancien niveau
est enseveli sous trois ou quatre pieds de
terre et de décombres, de telle sorte que
la place même qu'il occupait, avec ses
dimensions, est un des points les plus
contestés de la topographie romaine. Mais
les fouilles de Pompéi ont mis à décou-
vert le forum de celte ville, dont les res-
tes sont assez considérables pour nous per-
mettre de tracer le plan des différents
édifices qui l'entourent et d'indi((uer l'u-
sage probable de chacun d'eux : on aura
ainsi une idée générale de l'aspect ordi-
naire de ces places et de la manière dont
elles étaient disposées. Varea centrale est
pavée de larges dalles carrées, sur lesquel-
les on voit encore des bases pour plu-
sieurs statues ; elle est entourée d'une co-
lonnade dorique à deux étages, le long de
laquelle règne une suite d'édifices élevés
et spacieux. L'entrée principale est un
arc ifornix). A, sur le coin à main gauche
du plan, et à coté d'un temple d'ordre
corinthien, b, qu'on suppose avoir été
consacré à Jupiter. De l'autre côté du
temple , à main droite , est une seconde
entrée du forum, et à côté la prison pu-
blique (carcer), c, dans laquelle on a
trouvé les ossements de deux hommes
284
avec les fers aux pieds. Adjacent à cette
entrée , est un long et peu ])rofond édi-
fice , D, qui a plusieurs entrées sur la co-
lonnade , et qui aurait été , selon la con-
jecture des antiquaires napolitains, un
grenier public i Iwrreiim). L'édifice qui
suit est un autre temple d'ordre co-
rinthien, E, consacré à Vénus, comme
semble le prouver une inscription trou-
vée en ce lieu. 11 est sur une area enfer-
mée par im mur nu et un péristyle, dont
la jniucipale entrée ouvre sur une rue la-
térale qui aboutit au forum et court le
long de la basilique, F, au delà de la-
quelle sont trois maisons particulières hors
des limites du forum. Le coté le plus
éloigné ou le côté sud du carré est occupé
par trois édifices .publics, G, H, I, qui se
resseml)lentpourle plan et les dimensions.
Ils ont tous été décorés de colonnes et de
statues dont il reste encore des débris sur
le plancher, mais qui ne suffisent pas pour
décidera quel usage ces édifices servaient.
On conjecture simplement que le premier
était une maison de consul (curiaj ; le se-
cond, le trésor {sera ri um); et le dernier
une seconde curie. Au delà est une autre
rue, ouvrant sur le forum; en tournant
l'angle , on trouve les débris d'un édifice
carré , K , auquel on ne peut assigner
d'usage satisfaisant. L'espace qui est der-
rière est occupé par l'emplacement de
trois maisons privées. Vient ensuite une
large pièce de terrain , L , entourée par
une colonnade (portictis) et un cloître
(crypta), et décorée sur le devant, là où
elle fait face au forum, d'un portique
d'entrée ou vestibule fort spacieux (chal-
cidiciim ) , toutes constructions faites aux
frais d'une femme nonunée Eumachia.
Au delà est un petit temple , M, sur une
base élevée , et consacré , selon quelques
auteurs, à Mercure, et selon d'autres, à
Quirinus. Tout près était un édifice , N ,
avec une large tribune demi-circulaire ou
abside à l'extrémité, qu'on suppose avoir
été une salle de réunion pour les Augus-
tales, ou une maison commune (^cHrtcw-
liim) pour le sénat de Pompéi. Le der-
rière de ces deux bâtiments est couvert
par le local appartenant à un établisse-
ment de foulon {fullonica). La dernière
construction, o, est un édifice magnifique
avec diverses dépendances, appelé com-
munément le Panthéon, à cause de douze
piédestaux placés en cercle autour d'un
autel qui est au centre et qui supportait
jadis, à ce qu'on suppose, les statues des
DU Magni ou des douze divinités princi-
pales; mais le genre des décorations, et
les sujets des peintures nombreuses qui
ornaient les murailles, donnent beau-
coup de vraisemblance à une conjecture
ingénieuse qui fait de cet édifice une
salle de ijanquet appartenant aux Augus-
tales.
4. (Peut-être ûrcoXôvtov). Partie spé-
ciale du pressoir où l'on faisait du vin ou
de l'huile (^'arro, i, 54, 2 ; Columell. XI,
2, 71; XII, 18, 3,1. Dans tous ces pas-
sages, elle est énumérée avec les presses ,
les instruments et les vases qu'on em-
ployait à cet effet. Le nom s'adapterait
bien aux parties marquées H H sur le plan
du pressoir trouvé dans les fouilles de
Stabia, qui est donné au mot ToacuLA-
RIUM.
FORUS. Même sens que Forum (Lu-
cil. Sat. III, 23, Gerlach. ; Pompon, ap.
Non. I, p. 206).
2. Forus aleatorius . Table à dés (Sue-
ton. Jugiist. 71; Senec. Coiisol. ad
Polrh. 36).
FOSSOR (ôpûy-Tvic). Terrassier (Ins-
cript, ap. Murât. 1970, 3), ou mineur
(Stat. Tlteb. Il, 418), c'est-à-dire qui
^^-4*
/bw///^- profondément le sol, ou qui e.rtrait
en creusant avec un instrument à pointe
aiguë , comme la pioche (dolabra fossa-
ria ) ; c'est ce que montre la gravure ci-
FRACES.
FRIGIDARIUM.
285
jointe, représentant un terrassier à l'œu-
vre clans les cata('oml)es de Rome, d'après
une peinture sépulcrale de l'ère chré-
tienne. La lampe placée à côté de lui
indique qu'il travaille sous terre.
2. Comme le terrassier faisait usage
de la hèche (pala) pour enlever la terre
qu'il avait remuée avec la pioche {dola-
bra), le mot est aussi employé pour dési-
gner celui qui dans les champs retourne
ou creuse le sol avec une bêche (Virg.
Geo;o. II, 2G4; Pallad. i, 6, 11), com-
me on le voit dans le spécimen ci-joint,
d'après une peinture du même genre que
la dernière.
FRACES (<TT£[X(pu).a). Cosses de l'oli-
ve , après que le jus a été extrait du fruit
hroyé et pressé (Cato, R. R. 56 et 64).
FRAMÉA. Lance dont se servaient les
Germains; elle avait une tête de fer
courte , mais fort aiguë, et était employée
têtière et les rênes (Cic. Hor. Virg.). Le
comme pique dans la mêlée et comme
trait pour lancer (Tac. Germ. 6) : c'est
de cette façon que s'en sert la figure ci-
jointe , représentant un guerrier germain
sur la colonne de Mar-Aurèle.
FRENUM et FRJENUM (/aXwé;).
Bride de cheval , comprenant le mors , la
spécimen est copié de l'arc de Seplime
Sévère.
FRIGIDARIUM. Place fraîche ou
garde-manger pour conserver la viande
(Lucil. 5rt^ VIII , 7, éd. Gerlach.).
2. Une des chambres mentionnées par
Vitruve , comme appartenant aux bains
d'un gymnase (Vilruv. v, 1 1, 2) ; mais il
n'en indique pas l'usage et la nature pré-
cise , et il est difficile de les déterminer.
Toutefois elle était certainement dis-
tincte du bain d'eau froide {fr'igida la-
ratio) avec lequel elle est énuniérée : et
sa place était à un angle opposé de l'é-
difice et près de la chambre aux huiles
(elxotliesium) , précisément comme le
représente une peinture des Thermes de
Titus, donnée au mot Cella, 5. En rai-
sonnant par analogie et d'après le sens
dans lequel Lucilius emploie ce mot (voy.
n° 1), nous pourrions conclure que c'é-
tait une chambre qui ne contenait pas
de bain, mais qui était simplement tenue
à une basse température pour donner
du ton au corps après l'épuisement du
laconicum ou bain de vapeur, par un
procédé moins violent qu'un bain immé-
diat d'eau froide ; c'était une pratique
fort commune chez les anciens. La diffi-
culté qu'ils éprouvaient à établir une
distinction entre les deux expressions
frigidarium et frigida lavât io, dans le
passage de Vitruve précité, a conduit
Marini et le professeur Becker avec lui à
changer la première leçon en tepida-
riitm ; mais la peinture à laquelle nous
renvoyons , tirée des Thermes de Titus ,
où l'on voit un frigidarium attenant à
un elxotliesium , comme l'enseigne Vi-
truve, suffit pour établir l'authenticité
de la leçon originale.
3. Atheiium ou i<as. Cuve ou citerne
286
contenant de l'eau froide dans des l)ains
(Vitniv. V, 10). La manière ingénieuse
dont les anciens disposaient les différen-
tes chaudières et cuves nécessaires poin-
alimenter leurs bains de manière à dé-
penser le moins d'eau et de bois possi-
ble , est indicpiée par la gravure ci-
jointe , prise d'une pein-
ture des Thermes de Ti-
tus , à Rome La chau-
dière pour l'eau chaude
[caldariimi) était placée
immédiatement sur le
fourneau ; au-dessus , ou à
une grande distance du
feu , était une autre chau-
dière ( tepidariiim ) qui
remplaçait immédiate-
ment le vide laissé dans
la chaudière quand l'eau
chaude en était tirée, par
une égale quantité de li-
quide élevé déjà à une
température modérée , et était elle-mê-
me pareillement remplie par l'eau du
réservoir d'eau froide {frigidarium), qui,
comme le montre la ligure, était com-
plètement éloigné de la chaleur du feu.
FRITILLUS (9i[x6;). Cornet à dés,
fait comme ceux dont on se sert encore,
avec des intervalles gradués à l'intérieur
pour donner au.v dés pendant qu'ils des-
cendent un mouvement de rotation , ainsi
que le montre le spécimen , d'après un
original trouvé dans une fouille à Rome.
FBONS. Ce mol s'applique aux livres;
au pluriel , f routes
gem'inx ( Ov. Tr'ist.
I, 1, 11; Tibull.
III, 1, 13), les deux
surfaces extérieures
ou bases d'un rou-
leau de papyrus ,
etc., quand il était
roulé de manière à former un volume
{volumen) : elles étaient unies et polies
avec la pierre ponce, et teintes en noir
quand le rouleau était achevé. On voit
dans la gravure une boîte de livres , d'a-
près une peinture de Pompéi , dans la-
quelle il y a huit rouleaux, présentant
chacun un de leurs frontes.
FRONTALE {i\JM^%). Bandeau placé
en travers du front des chevaux (Plin. H.
N. XXXVII, 174), com-
me le montre la figure
ci-jointe, d'après un
vase d'argile. Elle con-
sistait quelquefois en
une plaque d'or (Hom.
//. V, 358) , et , chez
les personnes de con-
dition royale, elle était
souvent enrichie de pierres précieuses
(Plin. /. c).
2. Les auteurs grecs font aussi usage
du même mot pour dé~ __„^
signer le bandeau placé ^^^^^
d'une manière sembla- ^^^^^^\
ble sur le front des fem- ^^^^^ J
mes, plus particulière- ^^'^W \j^
ment des divinités (Hom. ^ '^
II. XXII, 469; Hes. / ^
Tlieog. 916), comme
le montre la figure ci-jointe, d'après un
vase d'argile.
3. (TtpojAETWTtîôioVjGloss. Vct.). Plaque
de métal placée comme défense sur le front
et l'os frontal des chevaux appaitenant à
la cavalerie pesamment armée des Grecs
et des Romains (Arrian. Tact. p. 15;
Xen. Crr. iv, 1; Anah. I, 1). Cet
usage fut introduit par les Mèdes ou les
Perses; les éléphants , quand ils étaient
caparaçonnés pour l'action , étaient mu-
nis d'une défense de même nature (Liv.
xxxvn , 40).
FUCATUS. Fardé ou peint, comme on
rex]iliqne dans le paragraphe suivant.
FUCrS (cpOxo:). Bouge, espèce de
fard fréquemment employé par les fem-
mes grecques et romaines, comme il l'est
par celles de l'Europe moderne, pour
donner un air de brillant et de jeunesse à
m\ teint déjà fané ou natui-ellement blême
(Plant. Blost. I, 3, 118; Prop. ii, 18,
31). On le faisait d'une certaine espèce
de mousse [Lichen roccella L.), et on
FULCRUM.
FULLOMf.A.
Tniililiquait avec une ])i'Osse , comme ou
le voit dans le spécimen ci-joint , pris
d'un vase d'argile, ou avec le doigt,
comme le montrent d'autres dessins du
même genre.
FULCRL'M. Étai ou support sur lequel
une chose repose : comme un hàlon
(Ovid. Pont. III, 3, 14; voy. Baculcs); le
pied d'un sofa, d'une couche ou d'un lit
(Suet. Claud. 32 ; Prop. IV, 8 , 08; voy.
Clinopus) ; de là , quchpiefois, le lit lui-
même (Prop. IV, 7, 3) ; el , à une époque
postérieure, le pommeau élevé au-devant
d'une selle de bois (Si !on. Apoll. Ep. m,
90; voy. Sella eqcestris).
FULLO xva:p£-j;j. Foulon, nettoyeur
et dégraissenr d'étoffes (Mart.XlV, 51).
Les foulons, qui foimaient une corpora-
tion très-importante,
étaient fort emplojés,
comme nos blanchis-
seuses, pour nettojer et
blanchir les vêtements
après qu'ils avaient été
portés; ce qui se faisait
en foulant les étoffes
, dans de larges cuves
d'eau mêlée d'urine
(Plin. H. N. xxviii ,
18 ) prise dans les vases exposés au
coin des rues à cet effet (Mart. vi ,
93). On séchait et on blanchissait alors
l'étoffe en la posant sur un châssis demi-
circulaire {cavea viminea) au-dessousdu-
quel était un pot de soufre; après quoi
on la suspendait et ou en déprenait et
ariangeait le poil avec une brosse ou
avec un chardon à carder ; en dernier lieu,
on la portait à la presse {pre.isorinm),
où elle était définitivement unie et con-
densée par l'action d'une vis. La gravure
représente un foulon à l'œuvre dans sa
cuve, d'après une peinture de la fullonica
de Pompéi.
FULLONICA et FULLOMUM ( xva-
seTov). Buanderie et étaldissement d'un
foulon (L'ip. D'ig. 39, 3, 3 ; Ammian.
XIV, 11, 31). Un étaljlissement consi-
dérable de ce genre a été trouvé dans
les fouilles de Pompéi , et nous en insé-
rons ici le plan, qui donnera une idée fort
exacte des nom])reux agents employés
dans ce métier, et de la façon dont on
s'en servait. A. Principale entrée sur la
grande rue. B. Loge du portier. C. Im-
pluvium, pareil à celui des maisons or-
dinaires , entouré d'une colonnade de
douze piliers carrés, sur un desquels sont
peintes les figures de foulons à l'œuvre,
que l'on voit dans la dernière gravure et
dans la suivante. D. Fontaine avec un
jet d'eau qu'on trouvera représentée au
mot SiPBO*. E. Appartement spacieux ,
ouvrant sur le péristyle ou cour du local,
et emplojé peut-être pour sécher les
étoffes, r. Tablinum , avec une chami)re
lie chaque coté, oii l'on recevait proba-
blement les jjratiques, quand elles ve-
naieut pour affaires. G. Cabinet ou garde-
robe, dans laquelle les étoffes étaient
déposées après le dégraissage et gardées
jusqu'à ce qu'on les demandât; on voit
encore sur les murailles les marques des
rayons. H. Chambre adjacente : la pre-
mière à main droite qui soit dans cette
partie du local où avaient lieu les opé-
FLLLOMCA.
FlIMARIlM.
rations eictives du métier. I. Vaste l)uan-
deiie avec un réservoir où les étoffes
étaient nettoyées simplement par le la-
vage et le rinçage. K. Place où l'on enle-
vait la jjoue et la graisse en frottant les
étoffes et en les foulant aux pieds.
L L L L L L. Six niches construites sur les
côtés de la chambre et séparées par des
murs bas , environ à la hauteur des ais-
selles d'un homme; dans chacune de ces
niches était placée une cuve où se tenait
l'ouviier et où il enlevait les saletés de
l'étofffe en la foulant avec les pieds nus,
se soulevant pour cela avec ses mains,
sur un mur à hauteur d'appui de la
façon que montre la gravure ci-jointe ,
prise d'une des peintures mentionnées
ci-dessus. M M M. Trois réservoirs plus
petits pour laver, ou, plus probablement,
pour laisser tremper les étoffes avant
de les laver. N. Fontaine ou puits à
l'usage des ouvriers, o. Porte de der-
rière ouvrant sur une petite rue, tou-
chant à cette portion du local dans la-
quelle avaient lieu les principales opé-
rations du foulage, pp. Chambres aux-
quelles on ne peut assigner aucun usage
particulier relatif à ce métier, g. Four-
neau de l'établissement. R. Appartement
attenant au fourneau, s. Escaliers me-
nant à un étage supérieur, t tt. Appar-
tements ouvrant sur le péristyle; ils
étaient peints à fresque et probablement
appropriés à l'usage du maître et de la
maîtresse de l'établissement. Les cham-
bres au bout du plan, sans lettres de
renvoi, sont des boutiques qui font face
à la rue et qui appartiennent à d'autres
métiers, car elles ne se rattachent pas
à la fiiUoii'ica, et elles n'ont pas de com-
munication avec elle.
FLLLOMUS ou FULLONICUS. Mot
qui s'applique à tous les instruments ou
objets employés per les foulons; ainsi
pila ou creta fullonica (Cato, R. R. 10;
Plin. H. N. XAII, 4), terre à foulon;
sait us fitlloiiiits (Seueca, Ep. 15), sauts
que faisaient les foulons pour dégraisser
les étoffes en les frappant de leurs pieds,
comme la dernière gravure le représente
et comme l'explique le texte qui l'ac-
compagne.
FULMENTA (xào-ff\j(ia). Abréviation
de fulcimenta : on se servait de ce nom
pour désigner vuie semelle épaisse et pro-
bablement extraordinaire fixée à un sou-
lier ou un brodequin (Lucil. Sat. XXYIII,
40, Gerlach.; Plant. Triu. m, 2, 94).
Dans notre spécimen , pris d'une statue
grecque de Minerve , on voit trois se-
melles l'une au-dessus de l'autre , cpii ,
ainsi jointes, s'appellent fulmentx par
opposition à la semelle ordinaire d'une
seule pièce (solea); car, dans les passages
où ce mot se rencontre , il est constam-
ment employé au pluriel. Elles étaient
en liège , et les dames grecques et romai-
nes s'en servaient pour se défendre de
l'humidité en hiver, autant que par vanité,
pour se donner une taille plus haute eu
apparence qu'elle ne l'était en réalité"
(Plin. H. A'. x\i, 13).
FUMARIOLL'M. Diminutif de Fuma-
RIUM. Issue ou ouverture dans une mon-
tagne volcanique, par laquelle s'échap-
paient la fumée et la vapeur (Tertull.
Pxn. 12).
FUMARIUM. Pièce à fumée; chambre
dans la partie supérieure d'une maison ,
où on laissait la fumée des feux de cui-
sine ou des fourneaux des bains se réunir
avant de s'échapper et se dissiper dans
l'air; elle servait aussi comme magasin
389
pour faire vieillir le vin (Mart. x, 3G ;
cf. Hnr. Oil. m, 8, 1 1 ) , et pour sécher
rhiiii)i:lilé du bois et eu faire uu ijou
coml)iistilile (Cohimell. I, G, 10).
FL'NALE. Torche, flamheau fait de
papyrus ou des fihres d'autres plantes
tortillées ensemlile comme une corde
(fti/iis) , et enduit de cire ou de poix,
comme le montre la gravure oi-jointe,
prise d'un marbre sépulcral conservé dans
l'église de Sainte -Justine à Padoue (Isidor.
Orig. XX, 10, 15;Cic. Sen. 13; Virg.
M't. I, 731).
2. Objet servant à tenir des torches de
ce genre, sur lecpiel on en allumait et
brûlait plusieurs en même temps; il res-
semblait à nos chandeliers (Isidor. Orig.
XX, 10, 5; Ov. n/tl. \U,247).
FUNALIS, sous-entendu «/««j(uapr|0-
po; , Tsicdooso:). C'Iie^al de l' oie e dans
une voilure tirée par plus de deux che-
vaux (Slat. Tiieh. G, 4G2). Les trails
étaient faits de corde, comme on le pra-
tique encore en Italie , et de là est venue
1 expression. Quand la voilure élait atte-
lée (le (piuiie chevaux , il y avait deux
chevaux de Mail , ini de chacpie colé des
timoniers (itignlcs) ; et alors le «heval
de droile ou sous la main était ap|)elé
dealer jugaUs (Oiîiont'.^o); celui tle
gauche, n/iiiter on lieius fiaiolis (Siiel.
Ti/). G; Anson. Epitapli. xxv, 9). La
figiue est tirée d'une peinture d'Hercu-
luaum.
FUNAMDULUS (TyoïvogâxYi:). Dan-
seur de corde (Tereut. Heor. Prol. I,
4 ; cf. Hor. £/\ ii, 1,210). La gravure
représente une des neuf ligures cpi'on voit
dansant sur la corde tendue dans une
j)eintuie d'Hercnlanum, et cpii ont toutes
des attiuules différeules et funi un lonr
de force caraclérisliqiie ; elle indique le
degré de peifeclion aucpiel les auciens
avaient porté let art, pu^scpie la figure
joue de la double flûte et danse sur la
corde au son de sa propre musicpie.
FUNAHIIJS, comme Funalis (Isid.
Orig. XVIII, 35).
FL'NDA ( fîçîvôovr,). Fronde, pour
lancer des [lierres on des balles de plomb
(glandes) : arme employée communé-
ment à la guerre f^çi^
par les Espagnol-;,
les Perses, les É-
gypliens et autres
nations élrangcres ;
et aussi (pielquefois
par les Romains ,
comme le montre
la ligure ci-joiule,
repjé>eiilaul un sol-
dai romain de l'ar-
mée de Trajaii , sur
la colonne érigée en l'ho iiifiirdf cet em-
l-eieur (Plin. H. A. vil, 37; Virg.
l'îeurg. I, 30y, ///)/ Seiv. ; jEn. IX, 58G).
Vo». FUNDITOKKS.
2. (duç-.ê/.r.Txpov). Filet employé
comme noire eperrier pour prendre du
poisson dans le» livièies ' Viig. Ceorg. I ,
141; Servius, ad /./Isidor. Orig. xix,
17
290
FUNDIBALIS.
FUNDCLl'S.
5, 2); il devait être jeté de derrière et
par-dessus l'épaule droite (au lieu d'èlre
lancé de l'épaule gau-
che et pai-.levaut la
personne cpii le jette,
comme on le fait
maintenant), si tou-
tefois on regarde
comme fidèle la re-
présentation que don-
ne de cette action la
figure ci-jointe, tirée
d'une mosaïque des
Thermes de Titus.
L'expression de Virgile, ver! erat amnem,
décrit exactement la manière dont le
filet à jeter tomjje sur l'eau.
3. Bourse ou valise, jelée sur les épau-
les, dont elle pendait, pour porter de l'ai -
gent ou autres petits olijets (Marrob.
Sat. II, 4); elle était probaldemeut ap-
pelée ainsi parce que , avec les courroies
qui l'attachaient, elle ressemblait aune
fronde, comme le montre la ligure ci-
jointe, prise du dessin d'une lampe de
bronze.
4. (cfcvSôvY), uus).!:). Cliaton d'un
anneau, c'est-à-dire rebord dans lequel
est enchâssé le bijou et qui le tient,
comme la fioude tient sa
pierre. Ce mot s'appliquait
spéciidemeut aux bagues,
quand leucbà.--sement était
Irauspaient ou à jour
(Plin. H. A\ XXX VII, 8,
31 et 9, 42). La figure est prise d'un mo-
dèle original.
FL'NUIBALUS et FU>DIB.\LUM. Ma-
chine de guerre pour lancer des pierres ,
appartenant à la classe des halistx. On
en ignore le caractère distinclif ; on sait
seulement, comme le nom l'implique,
que son action était la même que celle
d'une fioniie.
FUNDITUHES (crq;av5ovr,TaO- Fron-
deurs; ils appartenaient, eu général, à
des nations élrangeies Mais, chez les
Romains, les frondeui's étaient des hom-
mes tirés de la cinquième classe du cens
de Servius; on en formait un coij)s et
on les attachait à la le vis armât ura ou
partie des troupes armée à la légère. On
ne les considérait pas comme des troupes
régulières, car on les ])0stait au dernier
rang parmi les surnuméiaires , les trom-
pettes et la musique (Liv. I, 43); ils ne
portaient pas d'arme défensive ni offen-
sive , excepté leur fronde (voy. la figure
du mot FuXDA , 1 ) , avec laquelle ils de-
vaient inquiéter l'ennemi , en quelque
endroit du champ de bataille qu ils fus-
sent placés (Sall.y./o. 99; Val. Max. ii,
7, § 9 et là). La diiférence entre les ac-
ce/isi, les fuiiditures et ies fi reiilarii, que
distingue Végece ( .Vil. I, 20), consistait,
à ce qu'il semjjle, en ce que les piemiers
ne se servaient que des mains pour jeter
leurs ])ierres, tandis que les seconds em-
ployaient une fronde à cet effet; et que
les derniers , qui étaient d'un rang supé-
rieur aux deux autres, avaient proba-
blement d'autres armes que la fronde.
FUNDL'LA. Rue qui ne communique
pas avec deux autres, cul-de-sic ou im-
l)asse (Varro, L. L. v, 145) : on en voit
un spécimen dans la gravure ci-jointe.
qui représente une impasse de la \ille de
Pompéi. La rue se terminait par une
maison dont la ligure jnésente (juelques
restes : au-dessous sont indiqués deux
égouts.
FUNDULUS. Piston d'une machine
niNîREPrs.
501
hydraulique, qui monte et descend (de
là sou nom d'anihitlatilis), comme le pis-
ton d'une pompe, embulas (Mliiiv. x,
8, 1).
HJiMREPUS (Apid. Flor. i, 5; iv,
■18, § 1). Même sens (|ue PuAAMitiiLts.
FUINL'S. Funcrahlis, appelées ainsi
parce ([ue primilixemeul les Romains
étaient toujours enleiiés à la lumière des
torches, les personnes qui sui\aient le
deuil portant à cet elïet des corde» tor-
tillées ( /'(/««//o) enduites de |)oi.\ (Isidor.
0/v^. XI, 2, 34 ; Douât, ad Terent. yliulr.
I, 1, 81). Dans lasiute, l'usage des en-
terrements nocturnes tut reslieint aux
classes pauvres, cpii ue pouvaient l'aire les
frais d'un pompeux ap|)aieil de funé-
railles.
2. Fiinus publicum on indicthnim. Fu-
nérailles publiques et solennelles , célé-
brées pendant le jour et auxquelles le
public était invité par proclamation pour
assister aux combats de gladiateurs et
aux spectacles mililaiies qu'on donnait
souvent dans de telles circonstances (Tac.
Aiin. VI, 11; Cic. Leg. 11, 24;Festus,
3. Funus geiit'ditium. Funérailles
auxquelles les bustes et les images des |.er-
sonuages célèbres apiiartenant à la même
gens ([lie le défunt étaient portés dans le
cortège (Plin. H. N. xxxv, 2). Telles
étaient les funérailles habituelles des per-
sonnes d'un rang élevé ou d'une anti(|iie
noblesse : on troinera une description
des coutumes et cérémonies des funérail-
les au mot ExsKQi.ii/E.
4. Funus lacitum ou Iranslathiiim. Fu-
nérailles ordinaires ou communes, sans
pompe ni spectacle, comme celles des
indixidus de la classe mojenne et de la
classe pauvre (Suet. JSero, 33 ; Ovid.
Trist. I, 3, 22).
5. Bûcher funéraire (Suet. Dom. 15).
Voj. PviiA, Uor.t's.
(J. Mort ou cadavre (Prnp. 1,17,8);
par extension, f.uitome ou ombre d'un
défunt f Prop. iv, 11, 3), que les artistes
anciens représentaient ordinairement avec
une forme corporelle, en\elop|iée dans
de» haliillements de mort , mais douce de
mouvement, comn>e le montre la ligure
ci-jointe , d'après un bas-relief, représen-
tant une femme que Mercure, dans l'ori-
ginal, conduit vers les ombres des en-
fers.
FURCA (6'')cpavov). Fourche à deux
fourchons, comme nue fourche d'élable,
nue fourche à foin , une fourche à jeter
(Sui.Georg. i, 2G4; Hor. Ep. 1, 10,
24). La gravure ci-joinle représente la
tète de fer d'une fourche à foin supposée
romaine, mais certainement fort ancien-
ne, qu'on trouva en fouillant un marais
qui forme le bord de la vieille rivière au
( oiilliient de la IS'en, à Horsey, près de Pé-
lerboroiigh.
2. Fourche avec un long manche, em-
ployée dans les tavernes, les cuisines et les
offices pour descendre des provisions du
car/iarium [Pe\r. Sal. 95, 8), ([iii était fixé
au plafond. On s'en servait en enfonçant
nue des branches dans l'objet ou en la
niellant sous la bride par la((uelle il était
pendu à son crochet (voj. la gravure du
mot Carnarium). Elle ressemblait sans
doute à rinsiriimeni dont se servent nos
bouchers pour dépendre une pièce de
viande, et {[n'emploient aussi d'antres
commerçants dont les denrées sont siis-
|)endues hors de la [loilée de la main.
D'afirès re.\[)ression de Pétrone, fitrca de
carnario rapta, il semblerail que l'ins-
IriimeiH de ce genre était habituellement
suspendu au carnaiiuin , tout prêt pour
le besoin.
3. Toute chose faite en forme de four-
292
che, qui servait d'appui ou d'étai, comme
un éclialas pour la \igiie (Virg. Georg. \\,
25!)), un étai pour des fdels depèclieui'
(Plin. H. N. IX, 9y, ou destinée à suppor-
ter et appujer des planches (Liv. i, 35;.
4. (TTr.pil, oTTifiy;;.»). Timon d'un
char on d'une voiture, ou phitot partie
du timon fixée dans l'essieu , cpiand elle
est à deux l)ranches, comme une foni'-
che, ainsi que le montre la figure ci-
jointe, d'après une peinture de Pompéi
(Plutarch. Cor loi. 24; L)sias, aj). Poil,
X, 157 ;. 11 ressort aussi de ces passages
qu'où donnait le même nom au tréleaii
sur lecpiel le timon d'une voiture à deux
roues était quelquefois supporté quand
on otait les chevaux , comme ceux sur
lesquels on fait reposer, chez nous , les
timons d'un cal)iiolel bourgeois.
5. instrument avec deux manches de
bois ou fourchons, comme une fourche,
dont ou se servait pour porter des far-
deaux sur le cou , ainsi qu'où le voit dans
la gravure ci-jointe, piise
de la colonne Trajane
(Plaut. Cas. II, G, 37 ).
On l'employait aussi fré-
quemment comme ins-
trument de punition pour
les affranchis et les escla-
ves : les bras du coupable
étaient alors attachés le
long des barresde la fourchependant qu'il
était fouetté par les rues (Plaut. Pi-rs.
V, 2, 73; Liv. i, 2(J; Suet. J\ero , 4'J).
G. Giliet ou potence. Instrument pour
infliger la peine capitale; les escla\es et
les voleurs \ étaient pendus (Callist. D/g.
48, 19, 28;"Paul.£»/-. 33;Ulp.//>. 13, G).
FUHCIFEIJ. Lillérulement , qui porte
des fardeaux sur une furca , aiusi que le
montre la gravure pié(édente, ou qui
porte la /"(//ta comme châtiment. Comme
cette peine était en général infligée à la
classe des esclaves, ce mot est presque
toujours emplo) é comme un terme de mé-
pris, équivalant aux mots rauiien, pen-
dard, gibier de potence (Plaut. Ampli.
l, I, 132; Ter. Eun. v, 2, 22; Cic. Va-
tin. G).
FUHCILLA. Diminutif de FcRCA. Pe-
tite fourche ; cependant la furciUa était
encore d'une dimension assez considéra-
i)le; fourche à foin (Varro, R. H. 1 , 49 ,
1 ; Cic. ad Âtt. xvi, 2) ; échalas de vigne
de deux pieds de haut (Varro, ib.\, 8,
6).
FURCULA. Diminutif de FuRCA; ce
mot s'appliquait à des objets de grande
dimension, par exemple à des étais de
bois dont on se servait pour supporter les
murailles d'une \ille, quand ou les minait
(Liv. xxxviii, 7).
FURFURACULUM. Vrille ( Arnob.
VI, 200) appelée ainsi parce qu'elle fait
une poussière paieille à du son [fur fur) ;
mai> le terme le plus usité est Terebra :
vo\ez ce mot.
FURNACEUS. Sous-entendu pan/s.
Pain cuit dans un four I fur/ius ; par op-
position à focaciiis , pain cuit dans l'àtre,
et à ciihauiciiis , pain cuit dans un cliba-
nus (Pliu. H. i\'. XVIII, 11, 27).
FURNARIUS. Boulanger (Ulp. Dig.
39, 2, 24). Comparez CoQi'L'S.
FLT^NUS (Itivo:). Fciwr pour cuire du
pain /Plaut. Cas. ii, 5, 1 ; Ov. Fast. vi,
313) , ou toute autre chose (Plin. H. N.
XX, 39; XXVIII, 29). Les fouilles de
Pompéi ont fait connaître deux bouti-
ques de boulanger avec leurs fours, cons-
truits tous deux sur lui plan semblable et
assez bien conservés. Nous en représen-
tons un dans la gravure ci-joiute , tel
I rSCI>'CLA.
203
qu'il paraît maintenant, avec ((uelques-
iiues lies meules pour moudre le grain,
dans la l)ouli([ne qu'on voit sur le ile-
vant. La petite arehe au Itas conteniiit
le hois; celle qui est au-dessus est le
four lui-même , sur lequel on voit un
tuyau pour laisser écliap] er la fumée.
2. liouthjUi' de bouldiiger ( Hor. Saf.
1,4, 37). La gravure précédente repié-
senle une boutique de honlauger avec
quelques meules pour moudre le grain , à
main gauche, et le four an fond.
3. Bain d'air chaud ou de vapeur, par
opposition à haliieum, hain d'eau chaude
(Hor. £/7. 1, 11, 13). Voy. Caluarium,
SUDATIO.
FUSCINA (Tpîa-.va). Large fourche
avec trois branches ou plus, emplo\ée
par les pèchein\s pour harponner le pois-
son , comme on le voit dans la gravure
ci-jointe, d'après une peinture en mo-<aï-
qne d'un ancien temple de Dacchus ,
près de Home. Elle était également attii-
buée par les artistes et les jioëtes à Nep-
tune au lieu de sceptre, comme le sym-
bole le plus convenalile pour le dieu de
l'Océan (Cic. N. D. i, 3G ; voy. la gravure
au mot Tridens).
2. Arme de même forme et de même
caractère, employée par la classe des gla-
diateurs appelés Rettarïi ; ils s'en ser-
vaient |)Our altac[uer leurs adversaires,
après les avoir embarias.sés en leur jetant
un lilet sur la lèle, comme le représente
la gravure ci-jointe, prise d'une ancienne
mosaï([ue (Suet. Cal. 30;Jnv. il, 143,
et VIII , 203 sqq.).
FUSCINULA. Diminulif de FuscmA.
Fouvchelte à découper et futircliette à
manger (Vidg. Erod. xxvii , 3). L'ab-
sence de tout nom spécial pour des objets
de ce genre dans les anciens auteurs
grecs et latins qui nous sont parvenus, a
fait croire généralement ([ue les anciens
ne connaissaient pas cet ustensile de table
si commode. Cependant il est bien cer-
tain que la plupart des contrées de l'Eu-
rope en ont enqirnnié l'usage à l'Italie,
oii il était partout répandu longtemps
avant que les autres naiions eussent ap-
pris à s'en servir (Coryate, C nidifies,
p. GO, Londres, mo). D'ailleurs les
lieux spécimens ici donnés suflisent pour
prouver que les fourchettes étaient em-
l)lo)ées par les anciens aux mêmes usages
qu'aujourd'hui, du moins dans certaines
contrées, bien qu'on n'ait pas découvert
positivement sous quel nom on les dési-
gnait. Le premier repiésente une four-
chette d'argent à deux branches, trouvée
dans une ruine sur la voie Appienne
(Ca)lus, Recueil, m, 84); l'autre, une
fourchette à cinq branches, dont une
est Itrisée, et (pii ressemble à nos four-
chettes d'argent ; elle a été trouvée dans
une tombe à Pœstum , et est conservée
maintenant au musée de Naples. L'au-
thenticité de la première a été mise en
doute par ceux qui ne sont pas disjiosés
à admettre que les anciens connussent
de tels ustensiles (Beckman, Hist. of
Inventions, II, p. 407-413, Londres,
184G). 11 est possible que le comte de
Caylus ait élé trompé par la jiersonne
dont il l'acheta, quoique l'élégance de
cet objet témoigne de son authenticité,
et rajipelle le style ordinaire des fabri-
ques anciennes , dans lesquelles les arts
294
FCSOBIL'M.
du de.'sin étaieut universellement em-
ployés pour oiiier même les tisleusiles
le.-, plus rommiins ([ui .^ei'vaiciit aux be-
soins (le la \ie jouiiinlieie. Quant à la
fouirlietle de la tomie de l'a;^tum, il
ne peut s'éle\er aucun doute. La même
toml)e aJjondait en objets intéressants
pour les anlicpiaires, el a fourni pour re
dirliouuaire plus de sept gravures, dont
] 1 isitu s sont uni(pies dans leur genre :
la lance avec une a ma, an mot A>SATi;s;
le gril, au mot Craticula; les rlienèts ,
au mot \ar.e; le hàton de commande-
ment, au mot Phalange; le castpie,
les jaml)ières, le ceinturon et la mirasse,
aux mots Dcccll.ï:, Ocrea, Cingulum ,
4, LORICA, 1. Les Romains se servaient-
ils réellement du mot que no: s donnons
ponr désigner une fourchette à manger?
C est \\\\ point coniioversahle. Certaine-
ment le mot n'est ap|)u\é par ancnne au-
toiilé classicfue. Le grec xse-zypa coriTS-
pond iudnl)ital)l.meut an latin liarpauQ,
croc à pendre la viande ; les mots jfurca,
fuiciiia, fitrcida , el furcilla sont ton-
jours ap|!li(fués dans 1 s passages où on
les rencontre à des inslrimients de di-
mensions plus considérables que les four-
chettes à manger; mais la signification
précise des diminntifs en latin est fort
diverse et fort aibitraire. Certainement
furcilla ou furcilla aurait pu être em-
ployé avec propriété pour une fourchette
à deux branches , comme la figure de
dessus , et fuscuiula ponr une fourchette
avec nu plus grand nombre débranches,
comme celle de dessous.
FUSOHIUM. Égonttoir on puisard
d'un évier de cuisine, etc. (Pallad. I, 37,
4, et 17, I).
FUSTERNA. Partie supéiieure d'une
perche de sapin qui est garnie de bran-
ches, par opposition à la partie infé-
rieure {sa pi nus) qui n'a pas de nœuds
(Plin. H.N.wi, .39, 7(i).
FLSTIBALUS. Instrument ponr lan-
cer des pierres , consistant en une per-
che de r",20 à peu prés, avec une fron-
de attachée au centre; elle était mise en
mouvement par les deux mains ])0ur la
faire tourner, et lançait les pieires avec
une grande violence (Veg. Mil. m, 1 i).
FUSTUARIUM (^jXoxonîa). Châti-
ment infligé aux soldats pour désertion
ou pour autres fautes graves : le coupable
était battu jll^(|u'à la mort avecde lourds
bâtons (ftilft.) dont ses camarades le
frappaient (Liv. v,G; C\v. Pltil.wi, G;
Serv. adS'w^. £//. VI, 82.S).
FUSLS (àTp-xxToi). Fuseau, fait ha-
bituellement d'un l.'àlon long environ de
0"',3() et em|)lo}é avec la /
quenouille (colus) pour filer
la laine ou le lin (Plin. ff.
N. XI, 27; Ov. H/e/. vi, 22;
Tii)ull. II, I,(i4). Cette opé-
ration a été décrite tout an
long an mot iS'eo. La petite
figure dans la gravure
représente un fuseau
dont se sert Léda ,
dans une peinture de
Pompéi ; les deux au-
tres sont tirés d'un
modèle égyptien : celui qui est à main
droite montre l'inslriiment avant qu'on
l'emploie, l'autre, tel qu'il doit paraître
quand le fil est formé et le garnit tout à
l'eulour.
FUTILE. Vase à large bouche et à
fond terminé eu pointe aiguë, comme le
spécimen ci-joint, d'après un modèle
trouvé à Rome. Ces vases servaient pri-
mitivement au cidte de
^'esla, et on leur donna
cette forme pour que les
ministres de la déesse ne
pussent pas les déposer
cjuand ils étaient ])leius
d'eau. En effet, il était
défendu j)ar les rites reli-
gieux de déjioser à terre
les vases qui contenaient
l'eau emplo>ée dans les
cérémonies du culte (Serv. adW
XI, 339; Donat. ad Terent. Andr. m,
5,3).,
M».
GABALUS. Ce mot vient, à ce c[u'on
dit, de l'hébreu , et équivaut au latin
Crix, croix ou pieu sur lequel les crimi-
nels étaient empalés (Varr. ap. Non. s. v.).
Par extension , ce mot est employé pour
désigner un vaurien ou quelqu'un qui
205
méritait l'empalemeiit (Macriii. Imp. ap.
Capitolin. 1 1 ).
GABATA. Espèce parliciilière de plat,
pour le servire de la tahle, à la mode
chez les Romains du temps de Martial.
Ou lie sait pas ([uelle en était la farme
(Marf. VII, 4S; XI, 3! ).
G.-ESl'M (Yaï'JO'). .I.iveline très-forte
et très-|iesanle, (pii pai-ail avoir é'é f lile,
tète et niaii(lie, de iVr massif (Pollux ,
VII, 16G,, et avoir élé emplojée comme
trait plutôt que comme lance (Cœs. H.
G. m, 4 . Clia(|ue guerrier, en effet, en
portait deux pour sa part ( Varro , ap.
Non. s. V.). Cette arme était d'origine
gauloise (Virg. A-'.n. viil, (iC2 ) , cpioi-
qu'elle fût quelquefois emplosée par les
Romains (Liv. viii, 8), par les Ibé-
riens (Athen. vi, 100-, par les Carthagi-
nois (Liv. XXVI, C; Sil. liai, ii, 444),
et par les Grecs (Stal. Tlieh. iv, G4).
GALBANATUS. Portant des vêlements
de couleur ]a.mie , galùaiia (Mart. 111,
82).
GALBANUM. Vêtement de couleur
jaune; il in(li((uait la fatuité ou des
miiurs efféminées , c[uand il était porté
par des hommes (Juv. Il, 95; cf. Mart.
I, 97).
GALEA ( y.çàvo; , xopu: , Trepixeçâ-
Xaiov). Dans son sens l'igoureux, ce mot
était emplové primitivement pour dési-
gner un casque de peau ou de cuir, par
opposition a cassis, qui signifiait un cas-
que de rnélal; mais, comme cette der-
nière matière fut généralement substi-
tuée au cuir chez les Romains dès le
temps de Camille, ou perdit bientôt de
vue la distinction primitive, et le mot o-a-
lea fut emplo\é par tout le monde pour
indiquer toute espèce de casque ilsidor.
Orig. xviii, 14; Ov. Met. vill, 25;
présente une vue de face et une vue de
côlé d'un casque romain en bronze
trouvé à Pompéi , où l'on en a découvert
plusieuis autres de forme et de caractère
semblables. Il contient toutes les parties
du cas([ue romain ordinaire : le cimiei' au
haut du caxpie, au([uel élait attachée
une aigrette de plumes ou une crinière
de cheval ; une saillie en avant et par
denicie pour proléger le front et la nu-
([ue ; les mentonnières par lesipielles le
casque était attaché sous le menton; et
une visièi'e percée de trous qui couvrait
toLile la figure comme un masque. Le
petit ornement , placé à coté de la partie
liombée du casque et qui ressemble à
une coquille, élait destiné à tenir une
plume, comme on le voit dans la figure
au mot SiCARiL's.
2. Les casques ordinaires portés par
les soldats romains sur les arcs de triom-
phe et les colonnes sont d'un caractère
plus simple; ils sont plus petits, sans vi-
sière, mais avec des mentonnières, et,
au lieu d'aigrette , ils ont un nœud ou un
anneau au sommet, comme on le voit
dans les spécimens ci-joints, pris de la
colonne Trajane.
3. Les casques des centurions ressem-
blaient à ceux que nous avons donnés
dans la dernièie gravure ; mais ils étaient
munis d'un cimier, comme on le voit
dans la première gravure ; quelquefois ce
cimier était plaqué d'argent et orné de plu-
Virg. jEn. v, 490). La gravure ci-jointe mes sombres,qui s'élevaient à une hauteur
296
considérable ( Polyh. vi, '23) et étaient
placées eu travers snr le cimier I Veg.
3Iil. II, Hi ) de manière à s'inrliuer en
avant el à se rahaltre tout autour, ainsi
que le repré.-ente la gravure ci-dessus,
prise d'une i\ei plaquas de l'arc de Cons-
tantin, qui appartenait primitivement à
l'aiT de Trajaii.
4. Les cas(pies des généraux et des
offiriers sup.éiieurs étaient ornés avec
plus de travail et ressemblaient aux cas-
ques grecs du deruier style. Ils sont ra-
rement représentés par la sculpture ou
la peintuie ; car les grands personnages
ont presque toujours la tète nue.
5. Gai t'a pellihus tccta. Les porte-
drapeau, sur les arcs et les colonnes, sont
universellement repié.-entés comme Vé-
gèce les décrit ( Mil. il, IG), avec un cas-
que étroit, sur lequel sont tirées la tèle
et la peau de quelque bêle féroce, de
telle façon (pie la figure apparaît à tra-
vers la mâchoire enlr'ouverte , et qu'on
ne voit rien du casque, excepté les men-
tonnières des deux colés de la (igiire,
comme le lepiésente la figuie ci-jointe,
prise de la colonne TraJHue.
G. Gnlca viiialuna. Casque de cuir
ou de fourrure jiorté par les chasseurs
(Nepos, Dot. 3 ); voy. les spécimens aux
mots CuDO et Gai-eris, I.
7. (a-J>Mr.i ). L'aucieu casque grec des
âges héroïtpies était d'un caractère tout
différent de ceux que nous avons décrits
jusqu'ici : il avait un masque immobile
lement deux trous pour les yeux, de telle
sorte que, quand on le tirait , il couvrait
et cachait eutièiemeut le \isage; delà
l'expression gnle'n ahscondunt ura (Sil.
liai. XIV, G:iG; cf. Stal. Tlieh. xi, 373).
La gravure repré>eule deux casc[ues de ce
genre, tous deux d'après des \ases d'ar-
gile : le premier, à gauche, tiré sur la fi-
gure; le second, tel c|u'ou le portait, quand
ou le remontait avant ou après le com-
bat.
8. La forme que nous venons de décrire
tomba bientôt en désuétude, et alors les
casques grecs i éguliers fuient faits sur un
modèle ressemblant eu général aux spé-
cimens ci-joints, tirés de vases d'argile ; ils
se composèreut des parties distinctes qui
suivent , y.wvo; {opcj), le cimier au haut
du casque, auquel l'aigrette était fi\ée;
'loirjz {cr'ista), l'aigielle , consistaiil en
une crinière de cheval : il y en avait cpiel -
quefois deux ou trois , comme dans la fi-
qui s'adaptait à la figure, el laissait seu-
giire à main droite; yst-rov, saillie snr le
devant de la figure comme uu appentis,
quelquefois mol)ile, mais plus hal)itiielle-
ment (iNée ; Ttxtiavva'nSî^ (/'«ccm/«'), men-
tonnières, attachées île chaque côié du
cascpiepardes charnièies, et fixées sous le
menton par nu boulon ou un fermoir;
ça/.o:, ornement i)rdlant, foi raé généra-
lement par quelque (ignreen relief qu'on
plaçait sur diverses |)aiiies du casque.
Dans la ligure à main droite, le sot/o: se
compose de deux griffons, l'un de chaque
coié du cimier : un tel casque était ap-
pelé en conséquence àij.5{;:>>.o:. Daus d'au-
tres spécimens, l'aigrelle elle-même est
supportée iiarnne liguie semblable, ainsi
que le décrit Homère (//. X1II,C14), juste
297
au-dessous du panarhe. Quelquefois on
les voit s'avauçaut en ini relief très-har-
di sur le (levant et sur les rotés du cas-
que, comme dans la statue colossale de
Minerve, quand le casque était apjielé àa-
çtcpaXo; ; s'ils étaient assez consi(lérai)les,
les cpâ).oi, dans ce cas, se touchaient,
ainsi que le dit Homère (//. xili, 132;
XVI, 21G).
GALEOLA. Large vase employé comme
un acratophorum ( voy. ce mot), qui ser-
vait à tenir le vin avant qu'il fût mêlé
pour être l)u à table (Varro , de Vit. Pop.
Rom., ap. Non. p. 547 ; Interp. Vet. ad
Virg. Ed. vu, 33 ) ; il tirait évidemment
son nom de ce qu'il avait une forme pro-
fonde et circulaire comme un casque.
GALEHICULUM , diminutif de GALE-
RUM. Bonnet de fourrure (Front in. Stra-
teg. IV, 7, 29); perruque (Suet. Otlio ,
13).
GALERITUS. Qui porte nn bonnet de
fourrure (Galeucs) comme les premiers
habitants du Latium; et de là, par ex-
tension , vêtu grossièrement ou eu paysan
(Prop. IV, 1 , 29).
GALERUS et GALERUM ^x-jvÉvi). Bon-
net fait de la peau des animaux , et sur
lequel on laissait la fourrure. 11 était porté
par les |)aysans (Virg. 3Io-
ret. 131); parles cliasseui-,
(Grat. Crneg. 339);etpai
les anciens habitants du
Latium , au lieu de casque /
(Virg. jiM. VI, 688). La fi- ^~
gure ci-jointe est donnée pii Du Choul
(Caslramtf. p. 100), d'ai^ics un muuu-
ment romain.
2. Bonuet <le fourrure d'un caractère
semlilable, mais fait de la peau d'une vic-
time immolée à l'autel, et surmonté d'une
poiute de bois d'o-
livier qu'entourait
une touffe de laine
(Serv. «//Virg. Mn.
II, G83). Il était por- Ê^>^?X
lé par les pontifes
(Apul. Jpol. p.
441) , et par les Sa- ^^
liens ( Juv. vni,
208) ; la gravure ci-joiufe en donne tni
spécimen d'après une médaille d'Antoine.
3. Perruque de faux cheveux (Juv. vi,
1 20 ; Avian. Fafi. x), cousue à un cuir de
manière à s'adapter à la tête , comme
on le fait encore maintenant (Tertull.
de Cuit. Fem.; Suet. Ot/io, 12; cf.
Ovid. ^. Jiii. Ht, 105). Plusieurs des
bustes de femmes, et même des statues
représentant des personnages historiques,
conservées au Vatican et au Capitole,
sont munies d'une sorte de perruque mo-
bile faite quelquefois d'un marbre de cou-
leur diffé>'ente de celui du reste de la sta-
tue, et qu'on pouvait enlever et changer
à volonté. Le buste ci-joint , d'après une
statue de Julia Semiamira , mère de l'em-
pereur Héliogabale,én offre un spécimen.
Toute la partie qui représente les che-
veux est mobile, à l'exception des deux
tresses sur les épaules, qui sont sculptées
dans le bloc. Quelques antiquaires pen-
sent que ces j^^/f/v étaient destinés à re-
présenter des perruques, et en concluent
que c'était la mode à Rome, à l'époque
où ces bustes furent exécutés , pour les
femmes de tout âge , de raser leurs che-
ve!ix et de porter nue perrncpie artifi-
cielle ; mais il est bien plus raisonnable de
reconnaître dans cette singularilé la fri-
volité des modes qui changent tous les
jours, et d'y voir un expédient auquel re-
couraient les sculpteurs pour satisfaire la
vanité de leurs patrons, qui, ne voulant
pas voir leurs portraits avec une coiffure
qui n'était |dus en vogue , pouvaient la
changer, suivant la vicissitude des modes,
sans défigurer ou mutiler la statue.
GALLlC.E. Sotdier gaulois, d'où vient
le français galoches. C'étaient des sou-
liers bas, n'allant pas tout à fait aussi
haut que la cheville, avec une ou plu-
sieurs semelles épaisses ( Edict. Dioclet.
p. 24), et une petite empeigne qui était
entièrement découverte sur le devant du
17.
298
GAUSAPA.
coii-de-pied, comme la galoche moderne.
On en voit nn spécimen dans la figure
à main droite de la gravure. Elle était
quelquefois lacée par devant et attachée
au haut par nn lien , comme le spécimen
à main gauche : voilà i)ourquoi les écri-
vains latins classent ces chaussures parmi
les so/eœ, pour les distinguer des calcci
réguliers, qui étaient dessoidiers àrecou-
vi'ement, fort justes, e! envelnp|)ant tout à
fait le pied et la cheville. Ils furent adop-
tés en parlie à Rome avant l'époque de
Cicéron, et on les portail avec la Inccrna ;
mais un tel costume élait regardé comme
inconvenant et antinational ( Cic. P/ii/.
II, 3n;Aul. Gell. xiii, 21). Sous l'em-
pire les gnU'iae se lépandirent davan-
tage : ou en fit pour tontes les classes et
de qualités différentes (Edicl. Dioclet.
/. c). Les deux spécimens de la gravure
sont pris d'un sarcophage couvert , qui
fut trouvédans la villa Amendola à Home,
en 1830, et qui leprésenle une halaille
entre les Homaii:s et les Gaulois; le spé-
cimen de gauche est poi'lé par un prince
gaulois, et celui de droite par un captif
de la même nation.
GANEAouGANEUM. Auberge de l'es-
pèce la plus hasse et la plus immorale, où
l'on trouvait des facililés pour toutes sor-
tes d'excès , aussi hien ((u'à manger et à
hoire ' Suet. Cal. 11 ; Ter. Âcletph. m,
3, 5; Liv. xxvi, 2). Ou a découvert une
maison de ce genre dans la rue princi-
])ale de Pompéi , près de l'entrée de la
ville; la pièce publique est disposée com-
me un débit de vin, et donne accès dans
nn arrière petit salon, dont les murs sont
couverts de peintures à fres([ue représen-
tant des sujets indécents qui indiquent
assez sa destination.
GANEO. Littéralement, qui fréquente
\meganea; de là, glouton (Juv. xi, 58) ;
et, par extension, personne dissolue pour
qui étaient établis de pareils lieux (Cic.
Cal. II, 4 ; Tac. Jnn. xvi, 18 .
GARUM (Ycipov). Sauce faite du sang
et des entrailles d"nn poisson de mer salé,
comme le caviar d'aujourd'hui. On s'en
servait de bien des façons dans la cuisine
et à table. Il y en avait de qualités diffé-
rentes , bonne , mauvaise et ordinaire, ce
qui explique les jugements contradictoi-
res qu'en portent les éciivains; ils en par-
lent tautol comme d'une friandise recher-
chée, tantôt comme d'un mets peu déli-
cat (Plin. H. N. XXXI, 43; Hor. Sat. u,
8, 4(!; Mart. \ii, 27; vi, 9-3).
GASTHUM. Vase en jioterie avec im
corps plein et arrondi ou ventre; de là
sou nom (Petr. Sat. 70 et 79 ).
GAL'LUS (yaj).'*:). Large vaisseau rond
à corps pleiu qui pouvait servir à diffé-
rents usages, comme verre à boire (Plant.
Riici. V, 2, 32 ; seau à lait (Hom. Od.
IX, 223);seauà eau (Herod. vi, 1 19), etc.
2. (yaû)o;). Esjièce particulière de
vaisseau de foime ronde, avec un large
bau et une vasiecale (Feslus, i. i'.,-AuI.
Gell. X, 25, 3). 11 était employé par les
maichands phéniciens et ])ar les pirates,
parce qu'il élait propre à contenir une
certaine quantité de butin.
GAUSAPA, GAUSAPE, et GAUSA-
PUM {ya.-)'si'Kr,-^. Etoffe de laine d'un
tissu particulier, iutroiluite à Rome vers
le temps d'Auguste; elle avait de longs
poils il'un côté et élait plus unie de l'au-
tre. Elle élait employée par les deux
sexes pour faire des vêlements, ainsi que
pour na|ipes, servielles, coiiverlures de
lit et autres objets de ménage (Plin. H.
N. VIII, 7 3 ;Lucil,5n/.xxi,9, Gerlach.;
Ov. .^. Am. II, 300 ; Hor. Sat. ii, 8,11;
Mart. XIV, 152).
2. Perruque faite de cheveux blonds
et légers particuliers aux races germani-
ques, dont la couleur était fort prisée par
les dames de Rome. On donnait ^..j^-s^
aussi lies perruques de ce genre S^'<i£êl.
aux hommes loués pour repré- ^^^^&/
senter des captifs germains ^®^*w^
dans quelques-uns des triomphes dérisoi-
res des empereurs romains (Pers. Sat. vi,
40), quand ils se décernaient cet honneur
sans avoir soumis le pays. La figure que
nous donnons se trouve sur un trophée de
la colonne de Marc-Aurèle, élevée pour
pcrpétuer les victoires de cet empereur
sur les Germains, symbole peu uoble .,
GALSAPATIS.
209
mais bien approprié pour exprimer leur
délaite.
GAUSAPATUSet GAUSAPINUS. Mot
appliqué à toute cliose faite de l'étoffe ap-
pelée gausape ( Seuec. Ep. 63 ; Mart.
XIV, 145).
. GEMELLAR. Espère particulière de
boîte pour rontenir de l'buile (Columell.
XII, 50, 10). Sou caractère disl mot con-
sistait , à ce qu'on suppose, à présenter
deux récipients à coté l'un de l'autre, au
lien d'une seide cavité.
GEMUS (âyo'.8oSa(a(ov),Bon génie on
anpe gardien du sexe masculin , qui, à ce
qu'on croyait, naissait avec cliaque mor-
tel et mourait avec Ijii , après l'avoir ac-
compagné, avoirdirigé ses actions et veillé
à son bien-être pendant toute la vie (Hor.
Ep. Il, 2, 187 ; i ibull. IV, 5). Le genitis
était représenté comme un beau garçon
Titus , avec un autel entre eux , pour dé-
saus autre vêlement que la chlamys des
jeunes gens sur sou épaule, et avec deux
ailes d'oiseau , comme ou le voit dans la
figure ci-joiule, d'après une peinture de
Pompéi. Comparez Jl'NONES.
2. Genius luci. Esprit gardien d'un lieu;
car, chez les anciens, chncpie endroit, cha-
que lieu à la ville ou à la campagne, édi-
fice, moutag\ie , rivière , i)ois , etc., avait,
à ce qu'on croyait, son génie particulier,
qui était représenté sons la forme d'un
serpent (Serv. ad Yirg. /£«. v, 85 ; In-
script. np.Gnit. VIII, 4; Prudent. Contra
Symniacli. Il, 441). En conséquence, on
voit souvent des images de ces reptiles
mangeant sur un autel, ou, comme dans la
ligure ci-jointe , prise des Thermes de
tourner les passants de déposer aucune
ordure, etc., par respect pour le génie
qui préside à ce lien.
3. (xaxooa![j.(ov). Chez les écrivains sa-
crés du christianisme, \egenius eM repré-
senté comme un mauvaisesprit condamné
à un supplice éternel en punition de son
orgueil et de sa rébellion (Terlull. Jpol.
32 ; Jn.m. 39; Lact. ii, 15).
GERR/E (ysppov). Tout objet en osier;
par extension niaiseries, sottises, pures
bagatelles (Plant. Pœn. I, 1 , 9 ; Epid. II,
2, 45).
GERULUS. Portefaix (Hor. Ep. ii, 2,
72; Suet. Cal. 40). Même sens que Ba-
JCLUS.
GESTATIO. Partie d'un jardin de pure
décoration ou d'un parc d'agrément, divi-
sée en promenades ombragées et en ave-
nues d'une étendue sutfisanle pour que le
propriétaire et ses hôtes pussent y être
portés en litière, lectica (Plin. Ep. V,6,
17; II, 17, 13).
GESTICULARIA. Actrice de panto-
mime qui figure le rôle qu'elle a à jouer
par des danses et des mouvements mimi-
ques de mains et de pieds, sans le secours
du langage (Aul. Gell. I, 5, 2 ).
GESTICULATOR. Acteur de panto-
mime qui figurait son rôle par des gestes
et des mouvements mimiques du corps,
sans parler (Columell. I, Prsef. 3).
GILLO (pa-jxàÀiov, pau)cx/{;). Vase
pour faire rafraîchir du vin et de l'eau
( Poef. Vet. in Ànthol. Lat. t. II, p. 3G9,
éd. Burm.); il était en poterie (Cassian.
Institut. IV, 10), et avait un col étroit
dans lequel le liquide se pressait avec
bruit quand onle versait (Poet. Vet. ibid,
p. 406).
300
GI>GLYMrS.
GINGLYMl'S (r['YY).v|j.o:). Littérale-
ment, aitiriilalioii qui s'emlioite, comme
le coude ; de là chantiire ( Xeu. Eq. xn,
6), dont Tactiou ressemble à celle d'une
articulation dans la structure du corps
humain. Les cabinets des antiquaires
contiennent des spécimens nombieux de
ces charnières de toutes les grandeurs,
et dans les différents modèles dont on se
sert encore aujourd'hui. Des deux ici re-
présentées , celle du haut a été trou\ée à
Pompéi, l'autre est conservée au Musée
Britannique. Le nom latin ne se renconti-e
dans aucun auteur classique, et il faudrait
quelque autorité pour le jirstifier; mais le
mot grec est d'une authenticité incontes-
table. Les Romains doivent avoir eu, j>our
indiquer une chainière, un mot S|)écial,
distinct de cardo qui désigne un objet tout
difféient.
G^GRINUS. Voy. Tib!A.
GIHGILLLS. CUindre tourné par une
manivelle pour tirer de
1 eau d un puits avec une f
corde et un seau ; ma-
chine tout à fait sem-
hlable à celle dont on se
sert dans la pliqiart des
campagnes aujourd'hui ,
comme le fait voir la fi-
gure ci-jointe, tirée d'un
sarcophage de marbre
du cimetière du Vatican ( Isidor. Ong.
XX, 15).
GLADIATORES {\).ovn[uiyoC].Glndia-
tettrs. Nom donné en généi'al à des hom-
mes qui étaient exercés à combattre avec
des armes meurtrières pour l'amusement
des Romains, dans les funéi-ailles publi-
ques, au cirque, et plus particulièrement
dans les amphithéâtres. Ils étaient choisis
pour la plupart parmi les prisonniers de
guerre ; c'étaient quelquefois des esclaves
et plus rarement des hommes libies qui
s'offraient d'eux-mêmes |)our combattre.
Ils étaient aussi partagés en classes diffé-
rentes avec des noms caractéristi([ues, in-
diquant les armes et les costumes dont ils
se servaient ou leur manière paiticulière
de combattre; tous sont éuumérés dans
la Table analytique et détaillés aux dif-
férents articles qui les concernent. La fi-
gure ci-joinle , représentant le portrait
d'un fameux gladiateur du règne de Ca-
racalla, d'après lui monument sépulcral,
donnera une idée de l'aspect habituel, des
armes et du costume du gladiateur qui
n'était enrôlé dans aucune baudespéciale.
GLADI.ATORILM. PaNe ou gages don-
nés à un homme libre qui formait des gla-
diateurs et qui combattait quelquefois
movennant salaire comme gladiateur (Liv.
XLlV, 31).
GLADI ATURA. Art du gladiateur (Tac.
Jnn. III, 43).
GLADIOLUS (h?iô'.ov). Diminutif de
Gladics. Même sens que Li>gula (Aul.
Gell. X, 25).
GLADIl'S a'.^oC). Epée. Ce terme gé-
néral, qui désignait toute une classe d'ar-
mes, admettait des variétés accidentelles
dans leurs dimensions et dans leur foime.
11 désignait spécialement un glaive à deux
tranchants, droit, jiour couper et percer,
dont se servaient lis soldats grecs et ro-
mains, par opposition aux épées recour-
bées et à pointe fiagile qu'employaient
.30!
les nations étrangères ou quelques classes
particulières chez les Grecs el les Ro-
mains, (^es ai'nies portaient des noms ca-
ractéi'isliqiies, énnmérés flans la Tahle
analyti(|ue et exj liqués à leur place. Le
^£90: grec avait une lame eu forme île
fefiille, pas (legarde, mais unecourle barre
transversale à la poignée, comme dans le
spécimen ci-joint et dans les gravures aux
mots Cer>uls, 2, et Ceryx, 1, pris tous
de vases d'argile. Il n'avait pas plus de
0"',50 de long, et était suspendu par un
baudrier [hnlteus) au coté gauche, comme
le montre la ligure d'Agamemnon au mot
Baculus , 2. Les Romains se sersirent
d'une é|iée semblahleàcelledesGrecsjus-
qu'au temps d'Annihal , où ils adoptèient
la lame espagnole ou cellil:érienne^Po!}l).
VI , 23) qui avait un tranchant droit et
qui était plus longue et plus pesante que
celle des Grecs (Florus, 11, 7, 9), comme
le fera facilement comprendre le spéci-
men ci-joint, représentant un gladius ro-
main dans son fourreau, d'après ini modèle
trouvé à Pom|)éi. Sur les arcs de triom-
phe et les colonnes , les soldats ordinaires
portent leurs éjiées de la manière qu'in-
dique Poljhe (l. c), suspendues par un
baudrier a\i colé droit, comme on le voit
dans les gravures des mots Accinctds ,
Alligati et Catulis; les officiers ont
leurs épées suspendues au côté gauche, et
attachées à un ceinturon (voy. ClJîCTO-
RICM et la gravure de ce mol). Les épées
de la cavalerie étaient plus longues que
celles de l'infanterie.
GLANS ((j.o),uéSt:). Gros lingot de
plomi), fondu dans un moule et employé
au lieu de pierre pour être lancé avec
une fronde (Sali. Jug.QX ; Liv, xxxviii,
20, 2 1 , 29; cf. Virg. yEii. ix, 587 ^ La gra-
vure représente un modèle trouvé à l'an-
cienne Labicum; les lettres FIR sont pour
firmiter, a lance avec force » , ou Feri ,
Borna (Inscript. ap. Orelli, 49.32) « frappe,
Rome ». D'autresonI été trouvés en Grèce
portant la figure d'un foudre ou le mot
AEZ \ [ , « reçois cela ».
GLOMUS (To/ÛTTri). Peloton de laine
(Hor. Ep.l, 13, U; Lucret. i, 3G0) ou
de lin (Plin. H. N. xxxvi, 19, 4; reti-
ré du fuseau Ifusus) après avoir été filé
en laine ou en fil et
dévidé en forme de
balle pour être prêt
à servir sur le mé-
tier. La figin-e ci-
jointe est tirée d'une
irise du Forum de
Nerva , sur laquelle
sont représentées di-
verses Ojiéralions de
filage et de tissage ;
on y voit une jeune
femme portant , com-
me nous dirions , un plein tablier de pe-
lotons , de la pièce où l'on file à celle où
l'on lisse.
GLUTINATOR. Littéralement, qui as-
semble des choses avec de la colle {glu-
ten ou glutinum); ce mot est spéciale-
ment employé pourdé^ignerune personne
qui exerçait l'art d'orner les livres et de
préparer les feuilles sur lesquelles écri-
vaient les copistes en collant ensemble
des bandes de ])apyrus poni- faire une page
et aussi les différentes pages pour faire
un rouleau ou volume {QÀv.ad Ait. vi,
4; Lucil. Sat. XXVI , 42, Gerlach).
GNOMON (yvw(jlwv). Index ou style
302
GOMPÎirS.
sur un cadran solaire qui marque l'heure
par roml)re qu'il projette
(Plin. H.N. Il, 74;Vitruv.
I, G, G); comme le montre
la gravure ci-jointe d'a-
près une coupe d'argent de
main-d'œuvre grecque, dé-
couverte à Porto d'Aiizio,
l'antique Antium.
GOMPHUS^(yo(j.so?). Mot grec qui dé-
signe une large cheville eu foime de coin
(Schol. in Aristoph. Eq. 4G.3;Tertull.
Jpol. 12 enfoncée entre deux objets pour
consolider et serrer davantage des pièces
qui se touchent. Par ex tension, ce terme fut
employé par les lîomaius pour désigner
les larges pierres à tète ronde et eu forme
de coin ([u'ils plaçaient à intervalles dé-
terminés entre les pierres ordinaires qui
bordaient les trottoirs de leurs routes el
de leurs rues /Stat. Sylv. Vf, 3, 48),
comme on le voit dans la gravure ci-joiufe,
représentant tnie partie de la route et du
pavé à l'entrée de Pompéi. Ces pierres ne
sont pas seulement taillées en forme de
coin pour produire une pression latérale,
mais elles sont plus longues que les autres
et ont des tètes saillantes, de telle façon
qu'elles empêchent aussi le reste de s'éle-
ver hors du niveau.
GP.ABATULUS. Diminutif de GnABA-
Tus (Apul. J/fM, pp. 8, 9 et 12^
GRABATUS(/.pà6aTo:ouxf/à6eaToO.
Couche ou lit petit et bas du genre le
plus commun (Cic. Div. il, G3; Virg.
Moret. b), semi)lable à ceux dont se ser-
vait le pauvre j)euple , n'ayant qu'un ré-
seau de cordes étendu sur un châssis
(Lucil. Saf. VI, 13, Gerlach; Petr. Sat.
07) pour supporter le matelas , ainsi que
le repiésente la figiu'e ci-jointe, d'après
une lampe en ferre cuite.
GHADILIS. Voy. Patsis, 2.
GRADUS. Escntier {le lit à phisieurs
degrés (Varro, L. L. v, lfi8 , qui était
nécessaire quand le bois de lit était assez
élevé au-dessus du sol pour qu'on ne pût
l'atteindie avec un simple scnmniim. La
gravure repré.^enle le lit nnjitidl de Bi-
don , avec lU) escalier pareil, au ))ied,
comme ou le voit dans le Virgile du Va-
tican.
2. Étage d'escaliers conduisant au
portique {/^ronaoi) d'un temple (Cic. ad
.4tt. IV, 1; Virg. A£n. I, 448). Dans les
temples grecs, cet escalier n'avait ordi-
nairement que trois degrés; mais les ar-
chitectes romains en ajoutèreut une dou-
zaine ou plus , et partagèrent quelquefois
l'escalier eu deux étages, comme ou le
voit dans la gravure ci-jointe, prise des
ruines d'un petit temjile du Forum de
Pompéi. Toujours cependant les degrés
étaient en nombre impair, pour que
la personne qui montait et qui natu-
rellement commençait par le pied droit
put |)lacer le même pieel sur le dernier
degré par lequel elle entrait sous le por-
tique (Vitrnv. III, 4, 4); la superstition
du |)euple lui faisait croire qu'entrer
autrement eût été d'un mauvais augure.
GRA>ARIIM.
303
3. Sièges sur lesquels les spectateurs
s'asseyaient dans un théâtre, un aniplii-
théàlre on un cir(|ue (luscript. ap. Ma-
riui. Frat. Jrr. p. 130, n. 23; cf.
Tessfka theatralis). C'étaient des
degrés profonds s'élevant l'un au-dessus
de l'autre en rangées distinctes, comme
le montre la vue ci-joiute du grand théâ-
tre de Pompéi , où les sièges (gradua)
sont les degiés les plus élevés; les plus
petits, cpii partent diieclement des portes
d'entrée, sont seulemeul des escaliers
(sca/.r) par lesquels le spectateur des-
cendait jusqu'à ce qu'il arrivât -àngiadus
particulier où était sa place.
4. Arèles parallèles, semhlables à des
degrés , à l'intérieur d'un cornet à dés
(fritillus), pour mêler les dès quand on
les secouait et leur imprimer eu les se-
couaut un mouvement de rotation (Auson.
Profeis. 1, '28), comme ou le voit dans
la partie eu coupe de la gravure ci-jointe,
d'après un modèle découvert à Rome.
5. Ligues ou rides du palais dans la
bouche d'un cheval, semhlables à celles
d'un cornet à dés (Veg. Fet. i, 22, 11;
ib. 2, 4).
6. Coiffure élégante des femmes, quand
leurs cheveux étaient artificiellement
disposés eu ondulations parallèles, s'é-
levaiit l'une au-dessus de l'autre comme
par degrés (Quint, xii, 10, 47), ainsi que
<lans nos frisures. Néron , à ce qu'on
lit , était toujours coiffé de cette manière
(Siiet. Nero, 51). Une statue représen-
tant cet empereur en Apollo Citharœdus
[Mus. Pio-Clem. III, 4) aies cheveux
séparés au milieu de la tète et régulière-
ment frisés des deux cotés, comme ceux
d'une fdie.
GH.-ECOSTADIUM (Capitol. Antonin.
8). Même sens que
GR.'ECOSTASIS. Édifice dans le Fo-
rum romain, près des Comices, où les
ambassadeurs des nations étiangères
étaient logés aux frais de l'État pendant
la durée de leur mission (Varro, L. L.
V, 155; Cic. ad Q. Fr. Il, 1). Trois co-
lonnes corinthiennes magnifiques, avec
une pnr'ion de leur entablement , encore
debout à l'angle nord-est du mont Pala-
tin, sont, à ce que supposent quelques
antiquaires, les débris de cet édilice;
mais le sl\le de l'aichilecturcqui est un
des modèles les plus parfaits c[u'on voie
maintenant à Rome, est certainement
antérieur au règne d'Anlonin : c'est
pourtant à cette période que les ruines
de la Grœcostasis , si elles subsistent au-
jourd'hui, devraient appartenir, car elle
fut rebâtie par cet empereur, après avoir
été totalement détruite par nu incendie
(Capitol. Antonin. 8).
GRALLiE. Eclinsses, faites comme
les nôtres, avec une fourche pour emboî-
ter le pied. Elles avaient été primitive-
ment inventées pour les acteurs qui
jouaient le rôle de Pan ou des Satyres,
a(in qu'ils pussent apparaître avec les
jambes minces et effilées qu'on attribuait
à ces divinités aux pieds de bouc (Festus,
V. Grallalores; Varro, ap. Non. p. 115;
voy. Capripes\
GRALLATOR (y.a)oêâu.'i)v, x7.).o6â-
Ty|:). Qui marche sur des échasses (Plant.
Pœn.\\\, 1, 27; Varro, oys. Non. p. 115;
voy. Grall iî).
GRANARIUM. Mot souvent employé
dans un sens général comme svnonyme
de liorreum, grenier ou magasin pour
serrer le grain (Varro , R. R.\ , 5^ ; Hor.
Snt.i, I, 53). Il servait spécialement,
d'après Palladius (i , 19, 2), à désigner
une case dans le dépôt général , qui eu
304
GRAPIIIVRICM.
contenait un grand nombre, destinées
chacune à recevoir une espèce différente
de grain.
GRAPHIARIUM ou graphiaria theca.
Gaine ou éini pour tenir le burina poiute
aiguë {grnpltlum) employé pour écrire
sur des tablettes enduites de cire (Mart.
XIV, 21; Suet. Claiid. 35).
GRAPHIUM (ypa^îov). Instrument à
pointe aiguë ou sorte de Imrin , en fer
ou en bronze, dont on se servait pour
écrire sur des tablettes de bois enduites
de cire (Isidor. Orig. vi , 9; Ov. Am. i,
11,23). La gravure représente un mo-
dèle long de 20 à 22 centimètres , trouvé
dans des fouilles à Rome. Il pouvait s'ou-
vrir et se fermer (figure du baut). Ce
spécimen confirme la vérité des anec-
dotes qui parlent de personnes blessées ,
même mortellement, avec cet instrument
(Suet. Cœs. 82; Cat. 28; Seuec. CVew.
I, 14).
GREGARILS. Sous-entendu miles.
Simple soldat d'infaulerie (Cic. Plane.
30; Tac. Hist, v, 1). Le costume de ces
soldats vaiiait naturellement suivant le
corjis auquel ils appartenaient et selon
qu'ils étaient Romains, alliés ou auxi-
liaires.
2. Gregnrius eqiies. Simple soldat ser-
vant dans la cavalerie (Tac. Hist. m, 51).
GREMIUM. Giru/i. C'est à proprement
parler le siège ou le creux qui est formé
entre l'estomac et les jambes d'une per-
sonne assi>e , et sur lequel les nourrices
et les mères placent leurs enfants (Cic.
Div. II , 4 1 ; Virg. ^/?. i , G89 ; Pedo Al-
bin. I, IIG). Puis ce mot désigne plus
spécialement le pan ou le creux que l'on
fait en relevant la partie inférieure
d'iuie tunique ou d'un manteau , comme
lorsque les femmes relèvent leurs tabliers
pour recevoir les objets qu'elles veulent
porter (Petr. Sat. fiO). Ainsi, rigou-
reusement , ce mot diffère de sinus, qui
indique un pli formé sur la poitrine;
tandis que legremiiim tombait plus bas et
s'étendait sur le ventre, comme on le
voit dans la figure ci-jointe, tirée d'une
lampe en terre cuite; mais. cette diffé-
rence entre la signification des deux mots
n'est pas toujours observée.
GRIPHUS (ypÏ3o: et yp-îto:). Mot grec
qui désignait une des diverses espèces de
filets dont on se servait en Grèce pour la
pèche (Opinan. Hal. m , 8 1) ; mais on ne
peut déterminer avec précision-la nature
de ce filet. Les Romains employaient le
même terme pour désigner une machine
de guerre (Not. Tiron. p. 12Gi, dont le
véritable caractère est également incon-
nu. Par analogie , le même mol, griplius,
était em|)loyé dans uu sens métaphorique
pour désigner quelque chose de captieux
ou d'obscur, comme une énigme (Aris-
toph. T'esp. 20; Aul. Geli. I, 2, 2).
GROMA etGRUMA (7v,.>u.wv . Quart
de cercle, instrument employé par les
arpenteurs, les ingénieurs et autres per-
sonnes du même état, pour tirer des li-
gnes ou tracer des routes parfaitement
droites vers un point donné (Non. s. v.;
Hyg. de Limit. p. 1G4, Goes). De là vien-
nent degrumari , aligner (Lncil. Sat.
III, 15, Gerlach , et grtimx, les points
où quatre chemins se rencontrent à angle
droit.
GRYPS et GRYPHUS (ypû-j/). Griffon,
animal fabuleux i Pline, H. N. x, G9),
qui est ordinairement représenté avec le
corps et les pattes d'un lion, surmontés
de la tète et des ailes d'un aigle, réimis-
sant ainsi la force et l'agilité. Cet animal
GIJBERNACDLCM.
.■50;,
était un einl)lème de vigilance, et il est
souvent représenté
sur les tombeaux
et les in-ne.s sépul-
crales comme veil-
laivt sur les resles
qui y étaient dépo-
sés. Lespérimeu ci-
joiut, ti4é d'une
lamjie en terre cui-
te, piésente tous les traits caractéris-
tiques qu'on vient de décrire.
GUBEHNACDLUM (nr/Alio^). Gou-
vernail ; ce n'était primitivement qu'un
fort aviron à large j)elle, comme on le voit
dans la ligure de droite, tirée de la co-
lonne Trajane : il était attaché |)ar un
nœud de cordes, fanes (Yeg. HJll. iv, 4 G;
ÇsÙYXai, Eur. Bel. 153()), estérieure-
ment . à l'arrière du navii-e, ou passait
par une ouverture dans les hordages. Dans
cette dernière forme, qui est un perfec-
tionnement de lapiemiere, il y a nue pièce
de l)ois transversale servant de hai le de
gouvernail, comme ou le voit dans la fi-
gure de gauche, qui est tirée d'une pein-
ture de Pompéi. Les différentes parties de
ce gouvernail étaient distinguées par les
noms suivants : ausa, la poignée , A ; cla-
i>us, la haire du gouvernail, b; /»/////«, le
plat de l'aviron, c. Le mol ^iil>eriiacii/ uni
est souvent em|)lo\é au pluriel, parce que
les navires des aucieus étaient ordinaiie-
ment munis d'un doulile gouvernail; il y
en avait un sur chaque coté du navire,
et chaque gouvernail avait son limonier
dans les grands vaisseaux Schelfer, Mil.
Nai\ p. 301); mais il n'y avait qu'un
timonier pour les deu.x dans les petits
navires , comme ou le voit par le spéci-
men suivant.
GUBEIÎNATOR (xu^epv^rr,:). Timo-
nier ou pilote assis à la poiqie |)our gou-
verner le vaisseau (Cic. Sen. fl), donner
des ordres aux rameurs et diricer le ma-
niement des voiles (A'irg. jEn. x, 218;
Lucan. vill, 1!)8). Il venait , dans la hié-
raichie, immédiatement après lema^is/er
et au-dessus du prureta (Scheffer, Mil.
Nav. p. 3(»2). La gravure ci-jointe est
tirée d'un has-relief lionxéà Pouzzoles.
GURGUSTIOLUM (Apul. Met. i, p.
17; IV, p. 70). Diminutif de
GUHGUSTIUM. Petite, sombre et mi-
sérai)le cabane ou retraite (Cic. Pin. ;
Suet. Grninm. 1 1).
GUSTATIO. Espèce de mets délicat
que l'on prenait comme friandise on com-
me stimulant avant un repas (Petr. Sat.
21 et 31).
GUSTATORIUM. Plateau sur lequel
on servait une gitstntio; il était souvent
de matière précieuse et orné d'incrus-
tations en écaille /Petr. Sat. 34 ; Plin.
Ep. V, fi, 37; cf. Martial. Xiv, 881.
GUSTUM et GUSTLS (Apic. iv, 5;
Mart. xi,31 et 52). Même sens que G u-
STATIO.
GUTT.ï. Gouttes, ornements d'ar-
chitectuie dont on se servait principale-
ment sous les triglyphes^ d'ordre dorique,
dans l'architrave , ou sous le Isenia 'Vi-
truv. IV, 3, 4), comme dans le spécimen
ci-joint. Quelcpiefois on appliquait ce
genre d'ornement sous les motlillous de
l'ordre dori(pie (Vitruv. iv, 3, G), comme
306
GUTTUSMUM.
GYM.NASIUM.
dans la gravure an mot EPISTVLIUM, 2,
p. 2 'i S . Ces giittre forment romme de* fras;-
™
II
tL
lùùLiLiLLi
menisde cône, et représenleiit lesgDiitles
d'eau qui tombeut d'eu haut et restent
suspendues.
GUTTURNIUM (upôxoo:). Cruche <i
eau ou fl/^«/t'/-e ; on s'en servait princi-
palement pour verser de l'eau sur les
mains avant ou après le repas (Feslus,
s. v.). Ou a découvert plusieurs de ces
vases à Pomjiéi ; ils ont uue lèvre eu
avant, uue anse droite par
derrière, un col rond et lui
large ventre comme uos cru-
ches; mais les contours en
sont plus élégants et le tra-
vail de l'artiste plus délicat.
Le mol gutturn'ium est for-
mé de guttus. La terminai-
sou iiniium est un augmentatif qui indi-
que que cette cruche a une large bouche ,
comme ou le voit dans la gravure ci-
jointe , qui est tirée d'un modèle trouvé à
Pomj'éi.
GUTTUS. Cruche à col très-étroit et à
petite bouche; le liquide ne pouvait en
couler qu'en petite cpiantité ou goutte à
goutte (Varro, L. L. V, 124),
comme le nom même l'impli- c^'J
que. On se servait de vases de J\.
cette espèce pour verser le vin
dans la patera, avec laquelle
on faisait des libations { Plin.
Hist. Nat. XVI, 38, 73). Dans
les temps primitifs, ils étaient placés sur
les tables comme vases à vin , chez les
gens de moyenne condition, avant qu'on
y eût substitué le vase grec appelé epi-
chysis (Hor. Sat. i , G, 11 8 ; Varro, /. c;
voy. ce mot). Dans les bains, ils servaient
à distiller l'huile sur la strigiie avec la-
quelle on frottait le baigneur, pour eu
rendre la surface glissante et l'empêcher
de blesser la peau (Juv. Sat. m , 2G3) ; et
•-^a^ë.-
anssi en général, comme huilier (Aul.
Gell. XVII, 8). Le spécimen ci-joint re-
piésente lui gutius en usage dans les sa-
crifices : il est liié d'iuie peinture de
Pomiiéi.
GVMNASIAllCHUS (Yuijvaai'aoyo:).
Magistral gi-ec qui avait la surveillance
d'un g>mnase public, et juridiction sur
tous ceux qui le fi étpienlaieul. Il avait une
i-obe de pourpre et des souliers blancs
(Plut. Anton. 33), et portait un l.-àlon
dont il se servait jiour corriger les jeunes
gens qui s'étaient rendus conpaides de
quelque inconvenance ou de quelque iu-
(lérence eu exécutant leurs exeicices
(Cic. Vcrr. Il, 4, 42; Val. Max. ix,
12, 7, etr. Sidon. Eplst. ii, 2).
GYMNASIUM (^vxvâaiov). Édilîce pu-
blic, dans lequel la jeunesse grecque était
formée à uue des principales branches de
son éducation , celle qui avait pour but
le développement des forces physiques
par la pratique des exercices gymuasti-
cpies. Presque toutes les villes de la Grèce
avaient un établissement de ce genre;
Athènes en possédait trois, ceux du Ly-
cée, de Cynosarges et de l'Académie. Ces
édifices étaient construits avec beaucoiqi
de magnificence, et on y trouvait tout
ce qui pouvait être utile ou commode :
appartements couverts et exposés à l'air,
colonnades, promenades ombragées, bains
et autres dispositions avantageuses pour
la santé ou la commodité de ceux qui
venaient en grand nombre dans ces édi-
fices pour s'exercer aux jeux ou pour en
être spectateurs; on y avait aussi les
agréments d'une conversation littéraire
ou scientifique. Vilruve a consacré un
chapitre entier de son ouvrage (v, 1 1) à
décrire la disposition des gymnases. On a
trouvé des restes de gymnase à Ephèse, à
Hiérapolis et à Alexandrie en Troade; mais
ils ont trop souffert des ravages tlu îeni|)s
pour présenter un modèle incontestable,
dont tous les détails correspondent exac-
tement à la description de Vitruve, ou
que l'on ))uisse citer comme une au-
torité suffisante poin- éclaircir les nom-
lirenses obscurités de cette question. Ce-
pendant il eu reste assez pour montrer
(pie ces trois édifices ont été construits
d'après un principe général , et qu'ils
CVinASUM.
r.VMNASIlM.
;io';
ne diffèrent que par les détails on par [
cpielqiies disjjosilioiis locales qui le-
Daieiit soit à la nature des lieux , soit
au goût de rarcliiierle. Le jirincipe gé-
néral est tout à fait différent de relui
qu'ojit adopté les conimenlnleurs de Vi-
trnve dans le plan roujectural (pi'ils ont
inventé pour expliquer le texte de cet
auteur. Ils ont tous commis l'insigne er-
reur de placer les iliftirents appartements
snr les cotés et aux e.xtiémilés de l'édi-
fice avec des corridors entre eux , entou- '
rant une vaste aren ouverte qui formait
la plus grande partie d'un terrain qui f
restait ainsi inoccupé. Au contraire, ,
dans les trois spécimens que nous avo