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Full text of "Dictionnaire des antiquités romaines et grecques : accompagné de 2,000 gravures d'apès l'antique : représentant tous les objets de divers usages d'art et d'industrie des grecs et des romains"

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DICTTONNATRF, 



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AMIOUTËS ItOIIAI^ES 

ET lilIKGUlJKS 

i<:(-()iiiN\i;\K DE 2,01)0 (iiiwiiti'S \r\vus \:\mm 

REPnéaEM'iAM 

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l.lKRMRIl. DE f'IlVtaN DIDOT FRKRES, FUS f.T Or 

Iiiipriiiiriii < lie l'Insliliil , iiie .larob , M; 



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I 












LIBRAIRIE DE FIUMIA 1)11)01 FRÈRES El FILS. 




COLLECTION ELZÉVlKlENNi:, 

I iiI;m w l'i 111 IN- I S . 

AVEC NOTES MAUGINALES. (lliAVUlîES. CARTES. PLANS. VUES, ETC. 




QUINTl 

HOKATII FLACCI 

EPISTOLAHl M 

Lini:ii iMiiMus. 

AD M^CENATEM. Epist. I. 

Se , abjecto rentm Indicvù 



Prima' dicte mihi , summà ■^ dicende Camœnà , 
Spectatum^ satis, el donatum jam rude*, quaeris, 
Maecenas, iterum antiquo me includere ludo'. 
Non eadem^ estaetas, non mens. Veianiiis ', armis 



I O M;ecena5 . 
mihi in priinis, 
quae composui . 
canninibus ce- 
lebrate. — 2 Ce- 
lebrandtf? etiam 
ÏTi ultimîs car- 
minibus. — 3 Satis a populo spectnturn. De se loquilur ut de gladiature , qui s;epe 
in arenam descendent. — 4 Rudis vocatur virga . qua post multa certamina gladia- 
tores, postulante populo, donabanlur in sîgnum exauctorationis , liinc a sacra- 
mento et exercilio gladiatoriae dîmissi. — 5 Ludo gladiatorîo , ubi gladiatores ab 
lanista ad ludos exercebantur. Significat his poeta : M^cenatem ab ipso, quan- 
quam seniore et niliil nisi otium quaerenle, nova carmina lyrica postulare. -- 
6 Non eadem mihi est œtas , atque illo tenipore, quo carmina componebam; ne- 
que idem mentis propositum et studium. — 7 •Veianius, iiobilis gladiator, post 
raultuspalmas, consecratis Herculi Fundano iFundis, oppido Latii , cultor armis. 
tandem in agelîum se contulit. • Schol. 



Au niéiitc littéraire de celte édition, revue ger.s, et chaque livre des poésies esi décoré 



par M. F. Diibner, tjui a apporté aux atinota- 
tions de J. Bond toutes les améliorations dé- 
sirables, on a joint celui d'une exécution qui 
rappelle celle des Elzévirs. 

En tète de chaque édition est placée la no- 
tice sur la vie d'Horace par M. Noël des Vcr- 



d'une viijnette due au talent de M. liarrias. 

Des exemplaires ont en outre les plans de 
la villa d'Horace et des campagnes environ- 
nantes , dressés par M. Uosa , et sont décorés \ 
(les > ues de ces campagnes , dessinées sur les | 
lieux par M. Benouville. 



29T. 



RICH Anthony. Dictionnaire des antiquités 
romaines et grecques. P., Didot, 1861,in-8, 
p.XII-740, con 200Q incis., siegato 



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DICTIONNAIRE 



ANTIQUITES ROMAINE 

ET GRECOUES 



n 



Tjpojraphie de H. Firniin Didot. — Mesnil (Eure). 



DICTIONNAIRE 



DES 



ANTIQUITÉS ROMAINES 

ET GRECQUES 

ACCOMPAGNÉ DE 2,000 GRAVIJRES D'APRES I/ANTIOIE 

REraÉSENTANT 

TOUS LES OBJETS DE DIVERS USAGES D'ART ET D'INDUSTRIE 

DES GRECS ET DES ROMAINS 

PAR ANTHONY RICH 



TRADUIT DE L'Al^GLAIS S l' S LA DIRECTION 

DE M. GHÉRUEL 

INSPECTEUR DE L 'ACADEMIE IMPERIALE DE PARIS 



Segiiius irritant aniiiios deiiiissa perauKÇiii, 
Quaiii qua; siint oculis subjccla fidelibiis. 
(Hoii. ./. I'. 180.) 



PARIS 

LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET C"^ 

IMPRIMEIKS DE l'iNSTITL'T, 50, lU E JACOB 
1861 

Droits rcsurvcs 



PRÉFACE DE L'AUTEUR. 



Une partie considérable des matières que contient ce volume fut réunie 
pour mou instruction et mon amusement personnels , pendant un séjour 
de sept années dans le centre et dans le sud de l'Italie. Pour une per- 
sonne qui arrive en ce pays , au sortir des études ordinaires d'une école 
publique et d'un collège, et qui a en outre l'avantage de s'entendre assez 
au dessin, les collections d'antiques ont naturellement un vif attrait, sans 
compter l'impression qu'elles produisent comme œuvres d'art aecomplies. 
L'homme versé dans la connaissance de l'antiquité y aperçoit mille par- 
ticularités qui échappent à l'observateur ordinaire, qui éclairent bien 
des points de ses études antérieures, et lui expliquent des choses restées 
pour lui jusque-là dans un mystère complet , ou seulement entrevues 
vaguement, à travers le prisme souvent trompeur de l'imagination. Lors- 
qu'il observe , par exemple , les costumes représentés dans la peinture et 
la sculpture, et qu'il en examine de près les détails, il découvre un grand 
nombre de parties diverses, évidemment distinctes pour la forme et 
l'usage , dont quelques-unes s'expliquent facilement d'elles-mêmes , et lui 
remettent aussitôt à l'esprit les noms classiques qu'il ne connaissait que 
par routine. Il s'en présente d'autres dont il lui semble difficile de déter- 
miner le nom et l'emploi spécial. Il ne trouve pas d'abord ou les diffé- 
rences précises qui les séparent d'autres parties du vêtement d'un aspect 
à peu près semblable , ou les termes classiques par lesquels chacun de 
ces vêtements était désigné. Il est évident néanmoins que , du moment 
oîi ces différences existent dans les objets, elles étaient marquées dans la 
langue du peuple qui s'en servait. Si l'on connaît déjà les différents mots, 
on doit s'attendre à trouver des spécimens, pour en établir le sens, dans 
les représentations de l'art. Ces découvertes une fois faites , une lumière 
soudaine remplit l'esprit , dissipe les doutes , produit la conviction, et per- 
met à l'observateur de dire avec une satisfaction intime : Ceci portait tel 
nom, cela était employé de telle manière; je vois maintenant le sens de 
tel passage , de telle allusion ou de telle expression. C'est le retour fré- 



PREFACE DE L ACTECR. 



qucut d'impressions pareilles qui fit naître eu moi I"iclëe de dessiner ou 
de noter chaque chose que j'observais et qui pourrait servir à éclairer la 
langue ou les mœurs de l'antiquité classique. Je lus sur place les auteurs ; 
je consultai les nombreux ouvrages sur les antiquités qui traitent de ces 
matières, et par là mes connaissances devinrent peu à peu plus exactes 
et plus étendues. A la fin , le contenu de mon calepin et celui de mon 
l)ortefeuille avaient à peu près les dimensions du présent volume, et ren- 
l'ermaient à cette époque (car je parle d'un temps bien éloigné) une 
quantité de renseignements qui eussent alors été tout à l'ait nouveaux 
dans la littérature anglaise. Depuis quelques années , il est \Tai , c'a été 
chez nous une disposition générale d'étudier le passé , et d'interroger 
avec curiosité les coutumes des âges écoulés , que cette étude eût pour 
objet notre nation ou les autres contrées ; et plusieurs érudits, anglais et 
allemands, qui ont visité l'Italie ou qui y ont séjourné, se sont occupés 
plus particulièrement dans leurs recherches des antiquités classiques. Mais 
la plus grande partie de leurs ouvrages est consacrée à l'examen des ins- 
titutions politiques de l'antiquité , et ils ont donné peu de place, en com- 
paraison , aux habitudes sociales et à la vie domestique, que mon ouvrage 
a spécialement pour but de décrire et de figurer aux yeux. De plus, on 
n'a pas essayé jusqu'ici d'expliquer systématiquement, et mot par mot, 
la langue de la littérature ancienne par les œuvres de l'art ancien. Ces 
considérations m'ont porté à tenter de réunir mes fragments , espérant 
qu'ils pourraient , d'une façon à la fois agréable et utile , combler les la- 
cunes ou compléter les aperçais trop rapides de traités plus considéra- 
bles et plus savants. 

D'après ce que j'ai dit , il est facile de concevoir la nature de cet ou- 
vrage : en premier lieu , fixer le sens véritable de tous les termes, tedmi- 
quesou autres, désignant un objet particulier, un produit de fart, un 
travail des mains qui peut tomber sous la vue. Secondement, donner une 
idée nette de cet objet, eu offrant une représentation lidèle de la chose 
elle-même , d'après quelque original classique , qui reproduisît les formes 
que les anciens avaient l'habitude de voir, et qui fît naître dans l'esprit 
les idées mêmes qu'ils concevaient. En dernier lieu , enfin, communiquer 
une connaissance générale des habitudes sociales et de la vie privée dos 
Homains et des Grecs, sous la forme d'un vocabulaire, où fussent conte- 
nus tous les termes des artistes anciens qui se rapportent à ces matières ; 
où fut réunie, comme explication, d'après les propres dessins , une série 
de peintures de leurs costumes, de leurs maisons et des ustensiles des di- 
verses professions, afin de nous mettre en relation intime avec les Grecs 
et les Romains , et de nous les montrer, comme dans lui miroir fidèle. 



PRÉFACE DK L'AUTECR. vij 

SOUS leurs traits véritables et leurs aspects lamiliers. A cet effet, nous 
avons ajouté à la fin du volume une Table analytique, formant un ensemble 
systématique, et contenant des listes séparées de tous les mots qui se rap- 
portent à un sujet donné , classés sous des chapitres distincts. De la sorte, 
en renvoyant de l'ordre adopté dans cette table aux explications données 
à chaque terme, tout ce qui a rapport à une question particulière se 
trouve concentré sur un seul point , comme si l'on n'avait affaire qu'à un 
seul article : on embrasse d'un coup d'oeil tout l'ensemble, on s'initie 
en même temps aux diverses dénominations classiques qui s'y rattachent, 
et aux différences ou aux analogies de celles qui ont une certaine parenté 
de sens , sans être synonymes. 

Nous prenons le latin comme base , de préférence au grec , pour des 
raisons faciles à concevoir. Étant plus connu , il donne à l'ouvrage une 
portée et un intérêt plus grands. JMais les synonymes grecs , quand leur 
correspondance est bien établie, sont placés entre parenthèses à côté des 
mots importants, et toute différence essentielle entre les usages des Grecs 
et ceux des Romains est marquée dans le texte; un index des mots grecs 
par ordre alphabétique , avec leurs synonymes latins , y est joint aussi. Il 
montrera juxtaposés les termes qu'emploient dans le même cas les deux 
langues, et peimettra de se reporter aussi facilement aux mots grecs que 
s'ils avaient été introduits par ordre alphabétique dans le corps du volume. 
Psous n'avons pas la prétention et nous n'avons jamais eu le dessein d'of- 
frir une analyse aussi complète de la langue grecque que de la langue 
latine ; les auteurs grecs ne sont cités non plus que dans les cas parti- 
culiers où il était nécessaire d'y recourir ; mais , comme rieu d'essentiel 
n'a été omis , cet omTage suffira pour mettre sur la voie d'études plus 
approfondies. 

Dans le choix des autorités empruntées aux textes , on s'est toujours 
proposé de prendre de préférence, quand la chose était possible, les mêmes 
passages que ceux que les dictionnaires citent d'habitude , et de les placer 
immédiatement après l'assertion qu'ils doivent confirmer, entre parenthèses 
et sans interrompre le texte , de façon que le livre puisse servir à tous 
• ceux qui s'intéressent aux sujets dont il traite, non-seulement par les 
secours qu'il donne pour l'étude des langues , mais par les connaissances 
populaires qu'il communique. Comme règle générale aussi , quand un 
mot se rencontre par occasion dans un auteur appartenant à l'époque flo- 
rissante de la littérature, mais que le cai'actère précis de l'objet qu'il 
ilésigne est établi par des descriptions ou des inductions empruntées à 
des écrits d'une époque très-postérieure, on renvoie aux deux passages : à 
,run, pour constater l'emploi véritable et primitif du terme , à l'autre pour 



VllJ PRÉFACE DE LAtTErR. 

décider Texplicatiou propre qu'il en faut donner. Mais, pour les mots qui 
se rencontrent à chaque instant et dont le sens est assez généralement 
connu et admis pour n'avoir pas besoin de confirmation, on a cru suffi- 
sant de citer seulement les noms de quelques-uns des meilleurs auteurs 
où on les trouve, sans indiquer des passages particuliers. 

Il est souvent impossible de fixer le sens exact de certains termes et le 
caractère précis des objets qu'ils désignent , sans avoir recours aux détails 
et aux témoignages fournis par les auteurs des périodes inférieures de la 
littérature classique. De là vient qu'on s'est appuyé souvent sur les gram- 
mairiens , les scholiastes et les inscriptions; on n'y a cherché ni la bonne 
latinité ni les étymologies exactes ; on ne les a pas pris comme des guides 
infaillibles, mais comme une source utile d'un certain prix , quand leur 
témoignage est confirmé par d'autres autorités, surtout parles repré- 
sentations de l'art ; car, si l'on ne veut admettre comme valables que des 
preuves tirées des auteurs des meilleurs temps de la littérature , on sera 
entraîné souvent par la seule absence de ces autorités à des idées aussi 
fausses sur les coutumes de l'antiquité que si on admettait, par un excès 
opposé, tout ce qui est écrit, sans le discuter avec une critique sévère 
et impartiale. Pour citer un exemple entre beaucoup d'autres, Beckmann, 
auteur d'ailleurs fort estimable , prétend, dans V Histoire des incentions, 
que les presses pour étoffes ne furent découvertes qu'au dixième siècle . 
parce que , comme il le dit , il n'a rencontré aucun passage où l'on fasse 
mention de ces machines. Mais quand l'établissement d'un foulon fut 
trouvé dans les fouilles de Pompéi ( engloutie par l'éruption du Vésuve de 
Tan 79 après J.-C), on découvrit la représentation d'une presse à étoffes, 
construite exactement comme celles dont on se sert aujourd'hui, parmi 
d'autres peintures qui reproduisent différentes opérations du métier sur 
un pilastre de l'édifice , et Ammieu Alarcellin, écrivain fort antérieur îi 
la période fixée par Beckmann, puisqu'il vivait au quatrième siècle, donne 
distinctement le nom de prcssorium à une machine de cette espèce. 
Toutefois il ne faut pas méconnaître qu'on doit apporter une prudente 
réserve et un degré convenable de scepticisme critique , pour ne point se 
laisser entraîner à donner comme certain ce qui n'est que douteux et ii 
avancer de pures hypothèses comme des vérités démontrées. Dans cette 
conviction , je me suis imposé comme une obligation essentielle de mar- 
quer tous les degrés qui m'avaient conduit à mes conclusions, citant im- 
partialement les raisons et les autorités, m'elforçant de ne jamais affirmer, 
à moins que je ne crusse avoir des motifs suffisants pour le faire, notant 
toujours les points sur lesquels il pouvait rester des doutes, et, dans les 
cas où les autorités semblaient se balancer et où les savants n'étaiept pas 



PHEFACK DK L AUTEUR. I.\ 

d'accord, produisant Hdèlenient les arguments de part et d'autre avec 
les témoignages qui les appuient. 

Il n'est guère nécessaire de s'étendre sur l'avantage d'employer la 
représentation des œuvres d'art comme secours pour interpréter les 
textes. Une description , quand elle est assez nette et assez circonstanciée, 
peut donner toute l'instruction désirable ; et pourtant les idées n'en de- 
viendront que plus claires si l'on voit une représentation fidèle de la chose 
elle-même. Ce qui est tracé avec la plume n'est pas plus net et plus vé- 
ridique , n'emporte pas plus la conviction que ce qui est tracé avec le 
pinceau ou le burin. Au contraire , l'avantage est souvent du dernier côté. 
INIais, quand les deux se soutiennent, comme ici , s'éclairent réciproque- 
ment, suppléant à l'insuffisance l'un de l'autre et se confirmant par 
leurs témoignages mutuels, c'est alors que la peinture a tout son prix et 
qu'elle présente le meilleur moyen de donner des idées exactes et d'é- 
daircir des points difficiles d'une façon qui persuade immédiatement. 
Prenez, par exemple, les expressions hasta amentata et hasia an- 
safa, qu'on rencontre pour désigner une espèce particulière de lances : 
toutes deux sont données dans les dictionnaires comme des termes syno- 
nymes , quoique les notions élémentaires renfermées dans ces adjectifs 
soient entièrement distinctes; le substantif awe«/MWi désigne, en effet, 
un objet analogue à une lanière droite, et an.sa, quelque chose de 
courbé en forme de bride ou de poignée. La langue elle-même marque 
donc que les deux objets ne sont pas identiques ; mais on n'avait pu 
établir la distinction d'une façon positive , et probablement on ne l'aurait 
jamais fixée sans la découverte de deux dessins antiques , l'un sur un vase 
grec qui présente une lance avec une courroie droite {amentum), attachée 
au bois , comme le montre la gravure au mot Amentum; l'autre sur les 
parois d'une tombe à Pœstum, qui nous montre une lance avec une 
poignée demi-circulaire ou en forme de bride [ansa), attachée au bois , 
par laquelle on passait la main , comme on le voit dans la gravure au mot 
ANSATUS. Puis , pour les analogies qui existent entre des mots de même 
famille et les objets qu'ils désignent et qui , sans la connaissance des 
formes qu'avaient jadis ces objets, recevraient une interprétation erronée 
ou du moins imparfaite, prenez les mots latins ancon, ansa , ancile , 
anquina ., et les mots grecs 'àyxiiv, àyxûXr), ày/.or^r]. Tous renferment la 
même notion élémentaire, celle d'une courbure ou d'un creux, comme 
celui que produit l'articulation du coude ; et l'on s'apercevra, en se repor- 
tant aux différents objets représentés sous chacun de ces mots, que cette 
propriété particulière constitue dans tous un trait essentiel, quelque dif- 
férents que puissent être à d'autres égards leurs formes et les usages 



X PKEFACK DK L ALIEI II. 

auxquels on les employait. Dans la langue de la poésie surtout , qui tire 
souvent son charme de quelque épithète explicative suggérée par les 
œuvres de l'art , il est évident que la beauté particulière de plusieurs 
expressions sera perdue ou imparfaitement appréciée , si nous n'avons 
pas une connaissance suffisante des formes que le poète avait dans 
l'esprit lorsqu'il écrivait. 

Quant aux gravures , qui forment le ti'ait caractéristique de ce livTe, les 
principales conditions requises sont qu'elles soient tirées d'originaux au- 
thentiques , exécutées avec fidélité , et assez distinctes dans les détails pour 
présenter sans confusion les points particuliers qui doivent venir à l'appui 
du texte. 

Pour ce qui regarde ï authenticité des gravures, je puis déclarer qu'il 
y en a peu dont je n'aie vu par moi-même les originaux. jMais, dans tous 
les cas où un dessin a été fait de seconde main , c'est-à-dire sur un livre 
ancien ou une vieille gravure , ou toutes les fois qu'il a paru possible que 
la copie dont il était pris eût été exécutée inexactement ou corrigée d'une 
façon quelconque; toutes les fois, en un mot, que je n'ai pu, dans les li- 
mites de mes connaissances, me porter garant de la fidélité de la repro- 
duction , j'ai cité l'ouvrage auquel j'empruntais la gravure , de manière h 
donner pour le dessin du moins ime autorité responsable. Dans les autres 
cas, j'ai cru suffisant de mentionner seulement la nature de l'œuvre qui 
servait d'original à chaque gravure , peinture , statue, pierre gravée, etc.; 
car je me suis toujours proposé de maintenir ce volume dans des limites 
aussi restreintes que le permettait une exécution convenable de la tâche 
dont je m'étais chargé. De toutes les gravures, qui représentent près de 
deux mille objets différents, cinquante seulement sont prises d'autres 
originaux que des modèles grecs ou romains. La moitié de ces dernières 
sont dessinées d'après les antiquités de l'Egypte , et sont données sans 
hésitation, parce qu'elles prouvent l'emploi familier de certains objets, 
longtemps avant le commencement de l'histoire authentique en Europe; 
comme nous savons combien les Grecs empruntèrent à l'Egypte , et 
que nous connaissons les relations qui s'établirent entre les Romains 
et ce peuple , ou peut y voir avec confiance des inventions transmises aux 
âges classiques d'une période plus reculée. Douze sont reproduites d'après 
les modèles employés encore aujourd'hui, principalement en Asie, en 
Grèce ou en Italie : car ces pays ont conservé beaucoup de leurs mœurs 
primitives , et ont gardé presque sans altération plusieiu's des usages de 
leurs ancêtres. Trois sont tirées d'originaux chinois ; on les a introduites 
parce qu'elles servent à expliquer certains termes , qui autrement ne sont 
pas faciles à comprendre , et qui ne sont pas exactement entendus. 



pui;fack dk i. autrir. 



On peut remarquer que plusieurs costumes et plusieurs objets, mainte- 
nant particuliers à ce peuple primitif, ont une ressemblance frappante 
avec des ustensiles et des vêtements en usage aux époques classiques de la 
Grèce et de l'Italie; d'ailleurs la découverte de bouteilles de porcelaine, 
portant des letttres chinoises, dans plusieurs des tombes les plus anciennes 
de l'Egypte, témoigne des relations établies primitivement entre ces pays. 
Neuf figures seulement ne sont pas tirées d'originaux existants , mais 
sont composées d'après des textes pour donner une idée claire et déter- 
minée de certaines expressions qu'une figure explique plus facilement 
qu'une description ; pour prévenir tout malentendu , nous avertissons le 
lecteur et nous donnons le nom de l'érudit et de l'éditeur dont elles sont 
l'ouvrage. 

En ce qui concerne la fidélité àe l'exécution , condition essentielle dans 
des travaux de ce genre , nous n'avons pas épargné nos peines pour y ar- 
river. Plusieurs des dessins ont été faits sur bois, d'après des dessins ou des 
esquisses exécutées par moi-même ; tous ont été corrigés sur la planche 
par le dessinateur sous ma direction ou de ma main , quand cela était né- 
cessaire , et par le graveur, après son travail , sur des épreuves retouchées 
par moi-même ou sous mes ordres. 

Quant à la précision et à la clarté des détails, il faut prendre en consi- 
dération les proportions réduites des dessins qui, dans un ouvrage d'uti- 
lité et non de luxe , et oii les figures abondent comme ici , deviennent une 
condition nécessaire. Cependant, toutes réduites qu'elles sont , si le lecteur 
veut seulement prendre la peine d'examiner de près les particularités 
désignées par le texte à son attention, il trouvera que nos gravures man- 
quent rarement d'expliquer ce qu'elles ont à expliquer, sinon au pre- 
mier coup d'oeil , du moins après un peu de pratique et quand l'esprit 
s'est familiarisé avec les points précis et distincts qu'on veut lui faire 
étudier. INIais, toutes les fois qu'il m'a semblé qu'on distinguait mal, soit 
par défaut de précision dans le dessin , soit par la confusion résultant de 
lignes inutiles , j'ai cité quelque autre gravure où une représentation du 
même objet est dcrnée sur une plus grande échelle ou avec plus de per- 
fection , et où ou ic voit plus distinctement. 

En choisissant les gravures, j'ai eu constamment pour but d'introduire 
les moins vulgaires et les moins rebattues, de préférence à celles qu'on peut 
trouver ou auxquelles ou renvoie d'habitude dans d'autres ouvrages qui 
touchent à des sujets analogues : de cette façon , la somme des autorités 
empruntées à la peinture , et formant un fonds commun auquel on peut 
se reporter utilement , est à la fois plus variée et plus considérable. Mais, 
dans les cas où il n'existe qu'un spécimen connu, il n'y a pas d'autre al- 



Xij PKlîFACE DE L AITEIR. 

ternative que de le reproduire; ou bien , lorsque entre plusieurs il en est 
un plus complet et plus déterminé dans les détails , qui fournit une Ogure 
meilleure et plus satisfaisante que tous les autres , comme ce qu'on ap- 
pelle un locus classieux en littérature, j'ai senti qu'il fallait le donner de 
préférence. Chaque dessin , en effet , est ici un commentaire pratique 
du sens des mots , adressé à l'esprit par la vue , et non pas une gravure 
d'agrément, destinée à embellir une page d'impression. 



DICTIONNAIRE 



ANTIQUITES ROMAINES 



ABACULUS (àêaxîffxoi;). Petit carreau 
ou cube de verre , ou d'une composition 
imitant la pierre, peint de différentes cou- 
leurs et employé comme pièce de mar- 
queterie dans les pavés de mosaïque 
(Plin. Hist. Nat. XXVI, 67; Moschus 
ap. 'Alhen. V, 4 1 ). La gravure représente 




une partie de l'ancien pavé de mosaïque 
de l'église de S. Croce in Geriisalemme , 
à Rome. 

ABACUS (xga?). Généralement, table 
rectangulaire de pierre, de marbre, de 
poterie, etc.; on donne aussi ce nom, 
dans un sens plus particulier, à divers 
autres objets qui ont la forme d'une ta- 
blette plane. 

1. Une tablette employée dans des 
opérations d'arithmétique et faite pour 
calculer par dizaines : semblable à celle 




dont se servent encore les Chinois (Davis, 



China, ch. 1 9) , et qu'on appelle commu- 
nément la table de Pythagore. La gravure 
représente un original publié pour la pre- 
mière fois par Velser {Histor. Aiigustan.). 
Il est divisé en compartiments par des 
rainures parallèles qui le traversent : dans 
chacune est introduit un certain nombre 
de chevilles avec un bouton à chaque ex- 
trémité, pour qu'elles puissent se mouvoir 
le long des rainures sans en sortir. Les 
chiffres représentés par les chevilles dans 
chaque rainure sont marqués sur la rai- 
nure même : les plus longues, au bas, 
désignent les unités; les plus courtes, au 
haut, les décimales. 

Une table couverte de sable était em- 
ployée pour le même usage : les lignes 
étaient tracées pareillement sur le sable, 
et , au lieu de chevilles , on se servait de 
cailloux pour faire les calculs (Pers. Sut. 1 , 
131). Cette table était désignée par le 
même nom, aussi bien que la table dont se 
servaient les géomètres pour tracer leurs 
figures (Apul. Apol. p. 429 Varior.). 

2. Une table de jeu , partagée de la 
même façon en com- 
partiments , servait 
pour un des anciens 
jeux de hasard et 
de calcul : probable- 
ment, celui qui se 
rapproche le plus de 
notre trictrac , le In- 
dus duodecini scri- 
ptoriim, ou le jeu des 
douze lignes (Caryst. 
ap. Athen. x, 4G). 

La gravure représente un original en 
marbre, de l'ère chrétienne , trouvé dans 
des fouilles à Rome. On remarquera qu'il 
I 




2 



est (li\ isé, comme nos triclracs, en quatre 
tables séparées par des lignes entrecroi- 
sées de chatpie côté , et que chaque côté 
lui-même est divisé en douze comparti- 
ments, par le même nonihre de lignes, 
d'où vient le nom de duodecim sci-ipla. 
L'inégalité des lignes sur lesqiu'Ues se 
mouvaient les pièces et des intervalles 
qui les séparent , tenait à la nécessité de 
laisser assez de place pour une inscription 
grecque qui, dans l'original, couvre le 
centre, mais qu'on a omise dans la plan- 
che pour plus de commodité. En voici le 
sens, suivant la traduction de Saumaise : 
« A ceux qui jouent ainsi aux dés, Jésus- 
Christ donne cissistance et victoire lors- 
qu'ils écrivent son nom avec les dés. » 

La tahle ici figurée était emplovée dans 
un jeu mêlé de hasard et de calcul , tel 
que notre trictrac : c'est ce que prou- 
vent les lignes tracées sur sa surface, qui 
forment les points sur lesquels les jetons 
se mouvaient ; c'est ce que prouve aussi 
l'inscription qui implique que le tléplace- 
ment des jetons était déterminé d'abord 
par le hasard d'un coup de dé. Le nom 
d'al/aciis était celui qui convenait le 
mieux à la table employée pour un tel 
jeu : cela est visible par la nature de sa 
surface divisée en lignes parallèles et res- 
semblant exactement pour l'aspect à la 
table à compter; cela est encore visible 
par cette circonstance que c'était en réa- 
lité une table sur laquelle on comptait 
des chiffres. En effet, on v additionnait 
les chiffres amenés par le dé pour déter- 
miner le déj)lacement des jetons. Voir 
l'épigramme grecque citée par le docteur 
Hyde, et Christie {^.4ncicnt greek games, 
p. 42), oii un jeu semblable est décrit en 
détail. 

3. On appelle aussi ahacus la table de 
jeu employée dans un autre jeu de calcul 
fort ancien, le Indus lutriinciiloriim ;mA\i 
elle se rapproche plus de nos échiquiers 
et de nos damiers (Macr. Sat. i, 5). 
Quoique de pareils jeux remontent à une 
très-liaute antiquité etcpi'ils soient repré- 
sentés à la fois par les artistes égyptiens 
et par les artistes grecs , cependant on n'a 
pu établir la manière précise dont la sur- 
face de la table était divisée. En effet, 
elle est toujours présentée de profil et 



l'on ne voit que les hommes et non la 
face de la table. Voyez Latki.xcili, Ta- 
bula , LatRUKCI LAHIA. 

4. IS ahacus était encore un buffet 
pour exposer la vaisselle d'argent , les 
vases à boire, et les ustensiles de table 
dans le tridinium ou salle à manger 
(Cic. T'err.w, IG ; Juveu. 111, 204; Plin. 
H. N. xxxvii, G). La figure, copiée d'a- 




près une lampe d'argile, représente un de 
ces buffets avec l'argenterie qui le cou- 
vre. Il se compose de deux tables, l'in- 
férieure supportée par deux i)ieds, et la 
supérieure par un pied en console, qui 
repose sur la table inférieure. Les buffets 
du genre le plus simple étaient de mar- 
bre, et les plus précieux de bronze; la 
surface en était quelquefois percée de 
trous pour recevoir les vases qui se ter- 
minaient en pointe ou par une base 
étroite, et qui, par conséquent, ne pou- 
vaient se tenir debout. C'est là, à ce qu'il 
semble, linlerprétation la plus naturelle 
de multlplices cavernœ dans un passage 
de Sidoine Apollinaire [Carin. xvil, 7,8); 
car le terme dont on se sert pour marquer 
qu'on étale de la vaisselle sur un buffet 
est e.rponere (Petr. Sat. 73) , et il serait 
employé à tort si, d'après le sens reçu, 
ces cavernœ étaient des compartiments, 
comme les cases d'un cabinet où l'argen- 
terie serait plutôt cachée qu'étalée. 

6. Une table de marbre employée pour 
revêtir les parois d'une chambre (Plin. 
H. N. XXXV, 1). Quelquefois toute la 
surface de la paroi était couverte de ces 
tailles, comme on le voit dans un appar- 
tement du palais de Didon , d'après le 
Virgile du Vatican; quelquefois on n'y 
appliquait que des «.-aissons ou des pan- 



ABACCS. 
nCtiiix comme ornement ; et comme l'ex- 




travagance est ordinairement accompa- 
gnée lie manvais goût, de temps en temps 
le marbre lui-même était peint (Plin. 
H. N. XXXIII, 50) ; quelquefois enfin un 
revêtement de stuc ou de ciment blanc et 
dur, f(iii pouvait recevoir un très-grand 
poli, était détacbé par la scie de la paroi 
d'une vieille maison et appliqué comme 
abactis au lieu de marbre. Voyez, dans 
Vitruve, VII, 3, 10, un passage que Bec- 
ker, dans son Gai lus, p. 23, n. 11 de la 
traduction anglaise, applique aux buffets, 
mais évidemment à tort. 

C. Une tablette carrée que les premiers 
constructeurs plaçaient sur la tète de 
leurs colonnes de bois : ils ménageaient 
ainsi une large surface plate pour rece- 
voir la poutre qui supportait le toit, et 
ils préparèrent ainsi la création des cha- 
piteaux (Yitr. IV, 1,11). 

11 est à croire que cette simple tablette 
resta pendant une assez longue période 
l'unique chapiteau ; et dans l'ordre do- 
rique, le plus ancien et le plus simple 
des ordres grecs, elle ne perdit jamais son 
caractère original ; mais elle demeura 
encore, avec l'unique addition d'un autre 
membre plus petit {V échinas) , la partie 
proéminente et la plus imposante du cha- 
piteau. L'invention d'ordres d'architec- 
ture plus riches modifia la grandeur, la 
forme et le caractère de Yalmctts, quoi(pie 
le nom se conservât toujours et s'appli- 
quât au couronnement de tout chapi- 
teau. Ces variétés sont expliquées et 
éclaircies tout au long , au mot Capitu- 
LUSI. 

La figure représente une de ces tom- 
bes sculptées dans le roc à Beni-Hassan , 
que M. Georges Wilkinson fait remonter 



.\BOLLA. 3 

jusqu'à 17 iO avant J.-C. Elle est tout à 




fait curieuse pour les traces primitives 
qu'elle a conservées de ce style de cons- 
truction que le travail , l'art et le rafline- 
ment des Grecs perfectionnèrent peu à 
peu et embellirent juscpi'à ce qu'il arri- 
vât à la plus parfaite de toutes les cons- 
tructions, le temple dorique. Il n'y a là 
ni base ni plinthe; les colonnes sont can- 
nelées ; le chapiteau se compose d'un 
simple abacits; une seule poutre ou ar- 
chitrave forme l'entablement et supporte 
une sorte de corniche sculptée qui pré- 
tend imiter un toit de roseaux : et comme 
il n'y a pas de frise (zophoriis) entre elle 
et l'architrave, nous pouvons la rapporter 
par induction à une période où les bâti- 
ments étaient seulement couverts par un 
toit extérieur l^tectum) , sans soflite ou 
plafond (cu'lum); car les poutres qui 
formaient le j)lafond se montraient exté- 
rieurement par cette partie qu'on appela 
dans la suite une frise. Voy. ZopiiORUS. 
ABOLLA. Manteau fait de toile mise 
en double (Serv. ad Virg. JEn. \, 421), 
et attaché par une bro- 
che sous le cou ou au haut 
de l'épaule. Ce vêtement 
était jjorté dans l'origine 
par les soldats, comme on 
le voit dans la gravure 
prise de la colonne Tra- 
jane. Les habitants des 
villes s'en servirent au 
lien du costume civil (la 
toge), pendant les pério- 
des de troubles on d'in- 
vasion étrangère (Varr. 
ap. Non. s. •)•.). Dans la suite, l'usage en 




ACATICM. 



devint plus commun, et toutes les classes 
s'en servirent comme d'une partie du cos- 
tume ordinaire (Juv. iv, 7G; Suet. Cal. 
35). II ne différait pas matériellement du 
sagitm, mais l'étoffe en était plus fine, et 
il était moins ample. Aussi Martial rc- 
commande-t-il aux voleurs de ne pas por- 
ter une aholla, parce qu'elle n'était pas 
assez large pour cacher sous ses pans les 
objets dérobés (Mart. Ep. yiii, 48). 

2. Aholla major. C'était une large 
couverture dont s'enveloppaient les phi- 
losophes grecs, plus particulièrement les 
Cyniques, qui, comme ils ne portaient pas 
d'autre vêtement de dessous , 
jetaient autour d'eux pour la 
décence une pièce d'éloffe fort 
ample (Mart. Ep. iv, 53). 
De là vient que l'expression 
facinus majoris abotlw (Juv. 
Sat. III, 115) veut dire un 
crime commis par un philoso- 
phe grec. Le vêtement est 
mis pour la personne qui le 
porte ; de même que notre 
phrase « la longue robe » 
s'applique à tous ceux qui sui- 
vent la carrière du droit. La figure repré- 
sente Heraclite d'après une pif rre gravée. 

ABSIS ou APSIS. Enceinte demi-cir- 
culaire qui terminait toute chambre rec- 
tangulaire, et qui formait ce qu'on ap- 
pelle vulgairement alcôve (Plin. Ep. il, 
17, 18). Ou pratiquait ordinairement un 





enfoncement de cette espèce dans les 
cours de justice {l>asiHc:v),\)o\\v avoir une 
place convenable qui reçût les sièges des 
juges; il en était quelquefois de même 
dans les temples : c'était alors comme 
une niche pour la statue de la divinité 
à qui était consacré l'édifice. On le voit 
par la figure qui montre, telle qu'elle sub- 
siste maintenant, Yabsis du temple de 
Rome et de Vénus, bâti par l'empereur 



Hadrien. Comparez aussi la figure au mot 
Adytum, où l'on voit le plan d'une par- 
tie d'édifice toute semblable. 

ACAPNA, se. Ligna (â)caTcva; poét. 
5avà, xâyxava). Expression empruntée 
à la langue grecque et désignant le bois 
à brûler qui a subi une préparation pour 
l'empêcher de fumer quand il est placé 
sur le feu. On préparait ce bois de trois 
façons différentes : 1° en enlevant l'é- 
corce, puis en le plongeant longtemps 
dans l'eau, et en le faisant enfin complè- 
tement sécher avant de s'en servir 
(Theophr. Hist. Plant, xv, 10) : l'effet 
de ce procédé est maintenant bien connu, 
car on a éprouvé que le bois transporté 
par eau sur des trains brûle plus vive- 
ment et répand moins de fumée que ce- 
lui qu'on amène simplement par terre ; 
2" en le plongeant dans l'huile ou dans 
la lie d'huile , ou en versant de l'huile à 
sa surface (Cato, R. R. 130; Plin. Hist. 
Nat. XV, 8); 3" en le faisant sécher et 
durcir au feu jusqu'à ce qu'il eût perdu 
la plus grande partie de son humidité, 
mais sans le réduire entièrement à l'état 
de charbon. Cette dernière espèce de 
bois s'appelait aussi du nom particulier 
de coda ou coctilia (Mart. Ep. XIII , 15). 

2. Acapnou mel. Miel pris de la ruche 
sans enfumer les a])eilles ; on le regardait 
comme la meilleure sorte de miel (Co- 
lum. VI, 33, 2; Plin. H. N. XI, 15). 

ACATIUM (àxâtiov). Petit vaisseau, 
mais bon voilier, appartenant à la classe 
des vaisseaux nommés actuarix , c'est-à- 
dire qu'on manœuvrait aussi bien à la 
rame qu'à la voile. II était plus particu- 
lièrement employé par les pirates grecs 
(Thucyd. iv, G7), muni et armé d'un 
bec (rostriim) : la poupe en était arron- 
die et courbée en dedans (indexa; 
Plin. Hist. Nat. ix, 49), forme très- 
commune dans la marine des anciens , 
comme on le verra par plusieurs gravu- 
res dans le cours de ce livre (Voy. Ac- 
TUARUS, Apiiractus). 11 est donc tout à 
fait probable que les différences caracté- 
ristiques de ces vaisseaux consistaient 
plus tlans la nature de leur gréement que 
dans la forme de la coque (Voy. n° 2). 

2. Le même mot s'employait aussi en 
parlant du gréement d'un vaisseau ; quel- 



quefols il désignait une voile, quelque- 
fois un mât ; mais quelle voile ou quel 
mât , on ne le voit nulle part. Xéno- 
plion (Hi'lleii. VI, 2, 27) parle des acatia 
comme de voiles, mais par opposition aux 
voiles plus larges; Hésychius et Isidore 
(Orig. XIX, 3, 3), au contraire, prétendent 
que Vacatium était la plus large voile 
du vaisseau et s'attachait au grand mât; 
tandis que Julius Pollux (1, 91) et Hé- 
sychius, dans un autre passage , affirment 
que ce n'était point du tout une voile, 
mais un màt , et le plus gros ou le grand 
niât. Parmi toutes ces opinions contrai- 
res, une seule chose est certaine, c'est 
que Vacatium était spécialement inventé 
pour naviguer rapidement avec des vents 
doux. Si l'on peut hasarder une conjec- 
ture, toute la difficulté disparaîtrait en 
admettant que ce mot désignait à la fois 
et le màt et la voile qui lui est propre ; que 
c'était un màt gréé à la façon de ceux des 
pirates, à qui ce nom était spécialement 
attrihué : par exemple, un màt plus haut 
et i)his léger que ceux qu'on employait 
hahituellement , muni aussi de voiles plus 
petites, prohablement d'un hunier au- 
dessus de la grande voile, qui aurait été 
plus commode pour la manœuvre, et 
meilleur pour naviguer par un beau 
temps , que le pesant màt ordinaire avec 
sa vergue gênante. Ainsi Iphicrate , dans 
le passage de Xéuophon auquel nous avons 
déjà renvoyé, arma ses vaisseaux de la 
sorte pour être prêt dans toute conjonc- 
ture. 11 laissa derrière lui les larges voi- 
les ordinaires (xà (AsyâXa la-rta), par 
conséquent les mâts pesants auxquels 
elles étaient suspendues, et munit ses na- 
vires de mâts et de voiles (àxaxîoi;) tels 
([ue ceux dont se servaient les pirates 
pour leurs vaisseaux, parce qu'il obtenait 
ainsi une marche plus rapide et qu'il fal- 
lait moins de in-as pour la manœuvre, en 
; cas qu'il fût forcé d'en venir à un enga- 
gement. 

ACCENSUS. Officier civil attaché au 
service de plusieurs magistrats romains, 
les consuls, les préleurs et les gouver- 
neurs de provinces (Varr. L. L. vu, 
68; Liv. m, 33). Il était généralement 
l'affranchi de la personne qu'il servait 
(Cic. ad Quint. Fr. I, 1 , 4), et son de- 



voir était de convoquer le peuple aux 
assemldées, d'appeler devant le tribunal 
les parties engagées dans un procès, d'y 
maintenir l'ordre (Cic. /. c. 7), et de 
proclamer l'heure au lever du soleil , à 
midi et au coucher du soleil (Plin. H. 
JV. VII, 60). 

2. Les AcCENSi militaires étaient, dans 
l'origine, un corps de soldats surnumé- 
raires destinés à remplir les vides que 
pouvaient causer dans les légions la mort 
ou d'autres accidents (Festus s. ■v. yid- 
censi) ; mais, dans la suite, on en forma 
un corps séparé, appartenant à la levis 
armatiira ou aux troupes armées à la lé- 
gère , et relégué parmi celles qui occu- 
paient le dernier rang. Ils étaient choisis 
dans la cinquième classe du cens de Ser- 
vius (Liv. I, 43), n'avaient ni armure 
ni armes offensives , à proprement par- 
ler, mais combattaient du mieux qu'ils 
pouvaient de leurs poings et avec des 




pierres, WK^«« et lapidihiis depitgnahant 
(A'arr. ap. Non v. Decuriones) , précisé- 
ment comme on le voit dans la figure ci- 
jointe, prise de la colonne Trajane. Sur 
le champ de bataille, ils étaient postés à 
l'arrière-garde de toute l'armée et for- 
maient la dernière ligne derrière les Ro- 
rarii, d'oii l'on pouvait les porter en 
avant pour diriger des attaques selon que 
l'occasion le demandait (Liv. viil, 8 
et 10). 

ACCINCTUS. Dans un sens général, 
ceint, équipé, ou muni de tout. Mais le 
mot s'appli([ue plus spécialement aux sol- 
dats , et alors il implique que le soldat a 
ceint son épée ou, en d'autres termes, 
qu'il est armé comme doit l'être un sol- 



ACCUBITALIA. 



ACCCBO. 



dut de service , ainsi qu'on le voit dans la 
figure prise de la colonne Trajane, et pla- 




cée à droite dans la gravure. De là, mi- 
les non accinctiis signifie un soldat saus 
son épée ou, pour ainsi dire, sans ses ar- 
mes de côté, que, sous un système relâ- 
ché de discipline, on était quand on était 
employé à des travaux de campagne, à 
des fortifications, etc. Les soldats les 
mettaient alors en faisceau sur le sol, 
avec leurs boucliers et leurs casques à 
côté, comme le montre la figure placée 
à gauche de la gravure et prise aussi de 
la colonne Trajane. Sous une discipline 
sévère, uu pareil usage n'était pas toléré; 
on ne mettait de coté que le bouclier et 
le casque, mais le soldat était toujours 
accinctiis ou armé de l'épée ( Tac. 
Ann. XI, 18; Veget. Mil. m, 8). 

ACCUBITALIA. Diverses pièces d'un 
lit ou d'une couche pour les repas, com- 
prenant les coussins ou les oreillers, les 
matelas, le couvre-pied, comme on le 
voit dans les deux figures suivantes (Ya- 
lerian aj). IveheW. Claiicl. 14). 

ACCUBITIO. L'action de se coucher 
près de la table (Cic. Scnect. 13), com- 
me elle est décrite au mot AcciBO. 

ACCUBITUM. Espèce particulière de 
couche employée pour les repas , et qu'on 
substitua sous l'empire au Icctits tricli- 
niaris (Schol. Vet. ad Juv. Sat. v, 17 ; 
Lamprid. Elagah. 19). La forme particu- 
lière de ce meuijle n'est décrite nulle part ; 
mais, comme les mots acciiho, acciimbo, 
accitbitiis, dans leur signification précise, 
ne se rapportent qu'à une seule per- 
sonne , il est assez raisonnable d'en con- 
clure que ïacctiùitiim était un sofa fait 



pour recevoir une personne seule; de 
plus , la gravure ci-jointe , prise d'un an- 
cien marbre romain ( Symeoni , Epitafft 
anficlii, p. 51; Lioue, 1558), prouve 




qu'on se servait de sofas de ce genre dans 
les repas. Il est facile de comprendre la 
raison qui les fit introduire : on voulait 
qu'un nomlire quelconque d'hôtes pût 
participer commodément au festin par 
l'addition de sofas supplémentaires (Lam- 
prid. yilex. Sev. 34); taudis que le lec- 
tiis tridinarius ne pouvait recevoir que 
neuf personnes. 

ACCUBITUS, même sens qu'AccuBl- 
TIO (Stat. .4ch. I, 109). 

ACCUBO (y.aTay.>i'.vo|xat). Être cou- 
ché à table , position adoptée d'ordinaire 
par les anciens à leurs repas. Cette pos- 
ture, comme on le voit clairement dans 
la figure prise du Virgile de Vatican , te- 




nait le milieu entre se coucher tout à fait 
et s'asseoir : les jambes et la partie in- 
férieure du corps étaient étendues de 
toute leur longueur sur un sofa, pendant 
que la partie supérieure du corps était lé- 
gèrement élevée et supportée sur le coude 
gauche , qui reposait sur un oreiller : le 
bras droit et la main droite étaient ainsi 
laissés libres , pour qu'ils pussent s'éten- 
dre et prendre la nourriture. 

Quant à la manière de disposer les 
sofas, les questions de préséance et la po- 
sition des différentes places, voy. le mot 
Lectcs triclixarius. 

Pendant la dernière période de l'his- 
toire romaine , les hommes et les femmes 



ACCUMBO. 



ACKTABLLl'M. 



prenaient ensemble leurs repas, étemlus 
sur des lits; mais les Grecs considé- 
raient une telle posture comme indé- 
cente pour des femmes; aussi leurs fem- 
mes étaient-elles assises à une taille séparée 
ou à l'extrémité de la couche, sur la([uelle 
les honunes seuls s'étendaient, comme 
on peut le voir dans la figure prise d'un 
marbre grec du Musée de Vérone re- 
présentant un repas de funérailles (cœ/ia 




WximeMIÉM 




ferai is). Les mêmes habitudes régnaient 
aussi chez les Romains avant la corrup- 
tion des mœurs, résultat de l'opulence 
et de la conquête. 

ACCUSIBO. Ce mot désigne propre- 
ment l'action de prendre place à une 
couche ipii sert aux repas , par opposi- 
tion à accii/io, qui se dit d'une personne 
déjà étendue. 11 ne s'applique qu'à une 
seule personne, et se distingue de c/is- 
cumbo, qui s'applique à plusieurs per- 
sonnes ou à la compagnie entière. Mais 
ces différences ne sont pas toujours ob- 
servées. 

ACERRA (>'.êavwTpU). Petite boite 
carrée avec un couvercle {arca turalis, 
Serv. ad Virg. ^«. y, 745), qui con- 
tenait l'encens 

dont on se ser- 
vait pour le sa- 
crifice i^Acerra 
tiiris custos , 
Ov. Met. XIII, 
703 ; Hor. Od. 
III, 8, 2). La 
figure est prise 
d'un bas-relief du musée du Capitole à 
Rome , sur lequel sont sculptés plusieurs 





ustensiles em|)loyés j)our les sacrifices. 

L'encens lui-même n'était pas brûlé 
dans Yacerra; mais la boîte était portée 
à l'autel par un assistant 
du prêtre, comme on le 
voit dans la figure ci-join- 
te, prise d'un lias-relief à 
Home. L'assistant porte la 
Itoite dans la main gau- 
che, un vase pour verser 
les libations de vin (capis) 
dans la main droite, et 
la peau d'une victime sur 
le bras gauche. Quand on 
voulait se servir de l'en- 
cens, on le prenait dans 
cette boite et on le répan- 
dait sur l'autel brûlant : d'où l'expression 
liliare accira (Ov. Pont, iv, 8, 39; Pers. 
Sat.n, 6). 

2. Suivant Festiis [s. -v.) on donnait 
aussi le même nom à un petit autel por- 
tatif placé devant les morts et sur lequel 
on brûlait de l'euceus. Voyez la gravure 
au mot AnA ïitricrema, et comparez 
Cic. Le^. II. 24. 

ACERSECOMES(à/4eprfex6|j.riç). Litté- 
ralement, qui porte des cheveux longs 
et flottants, et, par extension, personne 
jeune ou efféminée (Juv. Sat. vili, 128) ; 
car l'habitude de porter 
ses cheveux sans les cou- 
per, était regardée comme 
indigne d'un homme par 
les Romains , et ils ne l'a- 
doptaient que pour les 
jeunes esclaves qui ser- 
vaient à table (on en voit 
un exemple au mot PiN- 
cerna), ou pour les jeu- 
nes garçons (caniilli) qui 
assistaient les prêtres à 
l'autel, comme dans la 
gravure ci-jointe, qui est 
prise du Virgile du Vati- 
can et représente un de ces assistants. 

ACETABILUM (o^Oêacpov). Vinaigrier 
ou plutôt coupe remplie de vinaigre que 
les anciens avaient l'habitude de placer 
sur leurs tables à manger pour'y tremper 
leur pain (Isidor. Oris:^. xx, 4,12; Apic. 
viil, 7; Llp. Dio-, \xi\, 2, 20). Nous 
n'avons pas de preuve directe que ce vase 




8 



ACRATOPHORtJM. 




fiit employé ; nous sommes réduits à l'in- 
duction tirée de son nom grec qui veut 
dire littéralement vase de vinaigre à 
tremper. Le modèle de fine argile rouge , 

représenté ici , est au . . 

musée de TSapIes et est 
indubitablement un mo- 
dèle de ces coupes, car 
au bas on lit inscrit le 
mot ôÇwêaçov (Panoflva, 
Rechercltes sur les véri- 
tables noms des vases grecs). 

2. Gobelet employé par les escamo- 
teurs de la classe appelée maintenant 
joueurs de gobelet , pour exécuter le tour 
de la muscade (Sen. Ep. 45). C'était 
un tour d'escamotage très-usité chez les 
Grecs et chez les Romains, et exécuté 
exactement de la même façon qu'aujour- 
d'hui (Alciphron, Ep. III, 20, où le pro- 
cédé est décrit dans tous ses détails). 
Le joueur de gobelets était appelé ij^riço- 
xXe'TtTr,; ou ij/riÇOTiaîxTri; chez les Grecs 
(Athen. I, 34 ; Suidas). Les Romains n'ont 
pas laissé de nom particulier; on ne 
trouve que le nom commun à tous les 
faiseurs de tours de passe-passe , prœsti- 
giator (Seneca, /. c. ). 

3. Mesure de capacité pour les ma- 
tières sèches, contenant le quart d'une 
hémine (Plin. H. N. XXI. 109). 

ACICL'LA , diminutif de acus : comme 
ce mot s'applique à l'épingle que les fem- 
mes portaient dans leurs cheveux (Acrs, 
2), il faut entendre le diminutif comme 
exprimant plutôt l'infériorité de la ma- 
tière que la petitesse de l'objet : car ces 
sortes d'ornements étaient faits de bois et 
d'os, aussi bien que d'ivoire et de métaux 
précieux (Cod. Theodos. m, 16, 1). 

ACINACES (à/.ivâî'.r'iç). Poignard court 
et droit, propre aux Per- 
ses, aux Mèdes et aux Scy- 
thes (Hor. Od. I, 27, 5; 
Curt. III, 3,18); on le por- 
tait suspendu à lui bau- 
drier qui entourait la cein- 
ture : il venait pendre ainsi 
contre la cuisse droite (Val. 
Flac. VI, 701; Flor. iv, 
11, 3), comme on le voit 
dans la gravure prise d'un bas-relief trouvé 
parmi les ruines de Persépolis. L'aciiiaces 




n'était pas une épe'e, mais un poignard; 
car on le portait en même temps que 
l'épée, mais du côté opposé du corps, 
comme il est facile de le voir sur le Perse 
blessé dans la célèbre mosaïque Pom- 
péienne , représentée au mot Brac^. 
Comme le dessin est une réduction , il 
n'est pas fort en saillie; mais on en voit 
la poignée sur le côté droit, tandis que 
l'épée est suspendue par un baudrier (bal- 
teus) au côté gauche. 

ACISCULUS. Petit /7/c, employé prin- 
cipalement par les maçons et les tailleurs 
de pierre : d'un bout , il a une extrémité 
assezgrosse, comme le marteau, et de l'au- 
tre une pointe recourbée ou 
pic. Il est représenté sur plu- 
sieurs monnaies de la famille 
Yalérienne, avec le nom au bas : 
c'est d'une de ces médailles que 
nous avons pris notre modèle (Quintil. 
VI, 3,53). 

ACLIS ou ACLYS. Arme massive em- 
ployée par les Osques et quelques nations 
étrangères , mais non par les Grecs ou les 
Romains (Virg. Ailn. vi, 730; Sil. Ital. 
III, 3G3). Il semble que c'était une sorte 
de harpon : car l'aclis se composait d'un 
bâton gros et court , armé de pointes et 
attaché à une coriie, de sorte qu'on pou- 
vait le retirer à soi après l'avoir lancé 
(Serv. ad Virg. /. c); mais Servius ne 
connaissait cette arme que par tradition : 
ou en avait abandonné l'usage longtemps 
avant son époque. 

ACRATOPHORIM (àxoaTo?6pov ). 
Terme grec, introduit dans la langue la- 
tine dès le temps de Varron (Varr. R. R. 
1,8,5; Cic. Fin. m, 4), et employé pour 
désigner le vase dans lecpiel on plaçait sur 
la table du vin pur et sans mélange {Pol- 
lu.r, VI, 99). Aussi ce mot était-il quelque- 
fois opposé à crafer, vase plus grand, em- 
ployé pour le même usage , mais conte- 
nant du vin et de l'eau déjà mêlés. La 
figure est prise d'un vase de marbre 
(Buonarotti, T'asi di 
Vetro, p. 31 ) , poi- 
tant une inscription 
qui le dédie à Syl- 
vain, et orné d'une 
guirlande de feuilles de vigne. Ce vase 
correspond exactement pour la forme à 




ACROPODIUM. 



deux autres dessinés par les artistes de 
Pompéi , dont l'un est placé aux pieds 
d'une statue de Bacchus (Mus. Borh. vu, 
66), l'autre dans les mains du dieu Acra- 
tus (Mus. Borb. vu, G2), et qui, rap- 
prochés, suffisent pleinement pour en 
déterminer la forme. 

ACROPODIUM. Mot tiré du grec, quoi- 
que on ne le trouve dans aucun auteur 
grec : la signification exacte n'est pas fa- 
cile à déterminer. 11 est probable qu'il 
désigne la plinthe basse et carrée que l'on 
voit d'ordinaire sous les pieds d'une sta-. 
tue de marbre (Hyg. Fab. 
88) , comme dans la figure 
qui représente la statue de 
Junon placée au-devant 
d'un temple, d'après le Vir- 
gile du Vatican. Cet acro- 
podiiim faisait partie inté- 
gi'ante de la statue elle- 
même; mais il servait aussi 
comme d'une sorte de pié- 
destal ou podium (6!.x.po^ 
TtôSiov) pour supporter la 
statue, quand elle était 
placée dans une position 
élevée , ou sur une base ré- 
gulière construite à cette intention, com- 
me on le voit dans cette figure. 

ACROTERIA (à>ipwxripta). Piédestal 
placé au sommet et aux angles d'un 
fronton pour supporter des statues (Vitr. 

I :im 





m, 5, 12). On le faisait souvent sans base 
ou sans corniche , comme dans la figure. 
ACTUÂRIOLUM, diminutif de actua- 
riiis. Petit bateau ou vaisseau découvert, 
poussé par des rames qui ne dépassaient 




jamais le chiffre de dix-huit ; le bateau 



qui transporta Cicéron (Ep. ad Jtfic. 
XVI , 3) en avait dix : on ajoutait quelque- 
fois une voile quand le vent était favora- 
ble (Scheffer, 3IiL A' av. ii, 2). La figure 
est tirée d'une miniature du Virgile du 
Vatican. 

ACTUARIUS. Naves actuariœ, ou sim- 
plement acttiariœ. Vaisseaux découverts , 
manœuvres à l'aviron et à la voile , par 
opposition aux navires marchands ou 
vaisseaux à voile , onerariœ (Sisenna ap. 
Non s. V.; Cic. ad Att. v, 9). A pro- 




prement parler, ce n'étaient pas des vais- 
seaux de guerre de première classe ou 
vaisseaux de ligne , mais on les employait 
dans tous les cas qui demandaient de la 
promptitude, comme paquejjots, comme 
transports (Liv. XXV, 30), ou pour res- 
ter en observation : c'étaient les vaisseaux 
des pirates (Sallust. Fragm. ap. Non. 
/. c), et ils n'étaient jamais munis de 
moins de dix-huit rames (Scheffer, Mil. 
Nav. II , 2). La gravure est tirée du Vir- 
gile du Vatican. 

2. Jctitarii, sténographes qui recueil- 
laient les discours prononcés dans le sénat 
ou les assemblées publiques (Suet. Jid. 
56). 

3. Sous l'empire, officiers qui tenaient 
les comptes du commissariat des vivres, 
recevaient des fournisseurs les approvi- 
sionnements pour l'usage de l'armée, et 
les distribuaient en rations aux troupes 
(Ammian. XX, 6, 9; xxv, 10, 17 ; Aurel. 
Vict. Cxs. 33). 

ACUS (àxEŒTpa , pcXôvo , f açî;). Le 
mot acus semble avoir désigné à la fois 
une épingle pour attacher et une aiguille 
pour coudre : on le trouve employé dans 
les deux sens (Cic. Milo, 24; Celsus, 
1. 



10 



ADORATIO. 




VU, IG; Ovid. Met. m, 23). La gravure 
repiéseute une boî- 
te d'épingles trou- 
Aee à Pompci et une 
aiguille à coudre 
d'à peu près 3 cen- 
tim. de long, de la 
même ville. 

2. Aciis comatoria ou crinalis. Grosse 
épingle, longue de plusieurs centimètres, 
faite d'or, d'argent, de bronze, d'ivoire 
ou de bois, que les femmes avaient l'ha- 
bitude de passer dans leurs cheveux der- 
rière la tète, quand ils avaient été tressés 
et relevés , pour les maintenir : habitude 
conservée encore dans plusieurs parties 
de l'Italie (Petr. Sat. 21; Mart. Ep. 
II, G6; XIV, 24; Apul. 3/f/. viii, p. 161, 
T'arior.). La gravure est prise du frag- 
ment d'une statue de la 
galerie ducale à Floren- 
ce; elle montre com- 
ment on portait ces é- 
pingles à cheveux. On a 
découvert à Pompéi et 
ailleurs un grand nom- 
bre de modèles de dif- 
férentes matières , et ornés de dessins de 
fantaisie : ils sont gravés dans le Museo 
Borbonico (is, 16) et dans Guasco {Délie 
Oriiatrici , p. 4G). 

3. Ardillon d'une broche ou d'une 
boucle faite précisément de la même fa- 
çon <[ue les nôtres, comme on le voit 





dans les gravures^ copiées toutes 
ciens originaux (Valerian. aj>. Tr 
Claiul. 14). 

4. Aiguille employée pour ar- 
ranger les lampes à huile et sus- 
pendue habituellement par une 
chaîne à la lampe , comme on le 
pratique encore en Italie. La gra- 
vure est copiée d'une lampe de 
bronze trouvée dans des fouilles à 
Pompéi , et l'on voit une partie de 
la chaîne à laquelle l'aiguille est 
suspendue. Cette aiguille servait à 



d'an- 
ebell. 



tirer et à allonger la mèche quand elle se 
consumait dans le bec : Et producit acti 
stupas liiimove carentes (N irg. Moret. II). 

6. Plantoir dont on se servait pour 
les vignes (Pallad. I, 43, 2). 

6. Sonde de chirurgien, selon Furla- 
netto, s. V.; mais il ne cite aucune au- 
torité ancienne , et le terme propre pour 
cet instrument était specUliim. 

ADJIISSARIUS, se. equus (àvaêà- 
TT);). Étalon gardé spécialement pour la 
propagation de l'espèce; comme les an- 
ciens montaient ordinairement ou atta- 
chaient à leurs voitures des chevaux en- 
tiers, on ne permettait de commerce avec 
les juments qu'à ceux qu'on gardait spé- 
cialement dans cette intention (Varro, 
R. R.ii,l,\; Columell. vi,27, 3). 

2. Ce mot s'appliquait aussi à d'au- 
tres animaux , et entre autres aux ânes. 
(Varro, iî./?., ii,8, 3; Pallad., iv, 14,2.) 

ADORATIO (Trpoaxûvr,-!!:, Soph. El. 
137 4), L'acte d'adoration, témoignage de 
vénération rendu par les passants à toute 
personne ou à tout objet auxquels ils 
voulaient montrer un extrême respect. 




L'adoration s'exprimait par l'attitude et 
les mouvements du corps : le corps était 
légèrement incliné en avant et les ge- 
noux courbés à demi, pendant que la 
main droite touchait l'objet révéré , l'au- 
tel, la statue, etc.; la gauche était éle- 
vée vers la bouche (ados, d'où vient le 
terme (ï adoration) , et on la baisait en 
l'agitant vers l'objet qu'on voulait ho- 
norer (Plin. H. N. xxviii, 5; xxix, 
20 ; Apul. Met. iv, p. 83, f'arior.; JpoU 
p. 49g). Les principaux mouvements do 
cette pantomime sont clairement indi-. 
qués dans la gravure, prise d'une pierre 
gravée dans Gorlœus ( Dactyliothec. p. il, 
u. 63). 



ADULATIO. 



11 



ADULATIO (upoaxuvYjai;, Herod. i, 
134,). La manière la plus vile de témoi- 
gner sa vénération, comme on le faisait 
chez les Perses et les autres races orien- 
tales, en prosternant son corps et en cour- 
bant la tète jusqu'à terre (Liv. IX, 18; 
XXX, 16; Suet. Vitell. 2; Curt. viii, 
5). Voyez la représentation ci-jointe d'une 




pierre précieuse (Gorlœus, Dactyliotliec. 
II , 3'JG) , on un adorateur accomplit l'acte 
de Yadulatio devant le dieu Auuhis. Les 
poètes latins le désignaient aussi par des 
expressions comme, pi-ociimhere, se pros- 
terner (Til)ul. I, 2, 85), ou promis ado- 
rare, adorer en se courbant vers la 
terre (Juv. Sat. VI, 48). 

ADYEKSAUIA, se. scripta. Journal 
ou calepin, dans lequel ou consignait 
provisoirement des comptes ou des notes 
])our les transcrire ensuite dans un grand 
livre ou un journal régulier (Cic. pro 
Rose, Coin. 2). 

ADYTLM (âôuTov). Chambre particu- 
lière ou secrète dans un temple, d'où 
tout le monde, excepté les prêtres qui 
officiaient , était sévèrement exclu (Cws. 
B. C. m, 105; Virg. Mn. vi, 98). 
Uadytum était distinct de la cella : on 
le voit par un passage de Lucaiu {Phars. 
V, 141-161, où la prêtresse, craignant 
les crises violentes qu'elle aurait à su- 
bir des stimulants qu'on la forçait de 
prendre dans sa chambre secrète pour 
l'agiter comme dans l'inspiration prophé- 
tique (pavens adyti penetrale rcmoti 
fatidicum, redouiaul la prophétique re- 
traite du sanctuaire secret) , s'arrête 
dans l'enceinle du temple et refuse de 
pénétrer dans Vadjtum ou l'antre {an- 
iriim) , comme Lucain l'appelle . il faut 
l'emploi de la force pour l'y pousser. 
Une chambre de cette sorte est représen- 



tée dans cette portion de la gravure ci- 
jointe (pii est située derrière Vahsis cir- 




culaire (l'absis est "marquée d'une teinte 
plus foncée que le reste) , et qui commu- 
nique avec le corps de l'édifice par deux 
portes, une de chaque côté. Le tout re- 
présente le plan d'un petit temple dori- 
que, existant jadis près du théâtre de 
Marcellus, à Rome, sur l'emplacement 
duquel s'élève maintenant l'église de 
S. Nicola in Carcere. Il est copié de 
l'ouvrage de Labacco, qui le visita au 
seizième siècle (Libro delV Arcliitettura, 
Rome, 1558). 

On construisait ces parties du temple 
pour permettre aux prêtres de tromper 
les hdèles par des réponses prophéti- 
ques, des miracles, et toute espèce d'ef- 
fets surnaturels, et de cacher en même 
temps les agents qui les produisaient. Il 
n'y en avait pas, par conséquent dans 
tous les temples, mais seulement dans 
les temples célèbres par des oracles ou 
par la représentation des mystères. C'est 
ce qui explique pourquoi on rencontre 
si rarement de telles pièces dans le plan 
des anciens temples qui sont restés de- 
bout. Les ruines d'un ancien temple à 
.41 ha Fucentis, dans le pays des Marses 
(aujourd'hui Alba sur le lac de Fucino), 
prouvent amplement que la ligure insé- 
rée ici peut être regardée comme un 
lidèle spécimen de l'ancien adjtiim. 
L'intérieur de cet édifice avait encore sa 
forme primitive et était parfaitement 
coiiser\ é quand il fut visité par l'auteur. 
La manière dont il est construit ne dif- 
fère que légèrement du modèle que nous 
avons donné : la chambre secrète n'est 
pas placée derrière Yabsis, mais cons- 
truite au-dessous. Une partie de cette 
chambre s'enfonce , en quelque sorte , au- 
dessous du pavé du corps principal du 



12 



temple (ce/Za), et l'autre s'élève au-dessus. 
Celle-ci devait apparaître alors aux ado- 
rateurs réunis dans le temple seulement 
comme un soubassement occupant la 
portion inférieure de Vaf>sis et destinée 
à tenir dans une position élevée la sta- 
tue de la divinité dont l'édifice portait 
le nom. Ce sanctuaire , d'ailleurs, n'avait 
ni porte ui communication visihle qui 
ouvrit sur le corps du temple. On n'y 
entrait que par la porte dérobée d'une 
enceinte fermée de murs, s\ir les derriè- 
res de l'édifice : c'était par là que les 
prêtres s'introduisaient avec leurs machi- 
nes, sans être vus ni reconnus. Mais il 
est un fait remarquable, un fait qui 
prouve sans réplique la destination de 
Vadrtiim : c'est qu'on y trouve une quan- 
tité de tubes ou de conduits creusés 
dans les murs qui communiquent de ce 
réduit avec l'intérieur du temple , qui 
aboutissent aux différentes parties des 
parvis de la cella, et qui permettent ainsi 
à une voix de se faire entendre dans 
tout endroit du temple pendant que la 
personne et la place d'où part la voix 
restent cachées. 

jEDES [Domus, Tesiplum]. 

jEDICULA. Sanctuaire , tabernacle ou 
dais , avec un fronton que supportent des 
colonnes, construit dans la cella d'un 
temple et sous lequel la 
statue du dieu était pla- 
cée. — Quadrigx iiiau- 
ratse in Capitolio positx 
in cella Jovis supra fa- 
stigiiim œdiculœ (Liv. 
XXXV, 41). « Quadriges 
dorés , placés au Capitole 
dans la chapelle de Jupiter au-dessus du 
faite du tabernacle. » La gravure repré- 
sente la statue de Jupiter sous un taber- 
nacle dans le Capitole, ainsi que le dé- 
crit Tite-Live dans le passage cité , et elle 
est tirée d'une médaille frappée eu l'hon- 
neur de la vestale jElia Quirina. 

2. Petit cabinet fait de 
bois, sur le modèle d'un tem- 
ple, où les images des ancê- 
tres (imagines majorum), les 
lares et les divinités tutélaires 
étaient conser\és et placés . 
dans de grandes cases autour n™""? 





de l'atrium (Petr. Sat. 29). La figure est 
copiée d'un bas-relief du musée Britan- 
nique et représente une sedicula où est 
placée l'image de Protésilas (Comparez 
Ovid. Her. XIII, 120-158). 

-EDITUUS, .-EDITIMUS, ou /EDITU- 
MUS (vao?û),a?, lepoçûXa?, vetoxôpo;). 
Gardien chargé de la surveillance d'un 
temple (Varro, L. L. viii, 12; Gell. xii, 
10). 11 en avait les clefs, l'ouvrait aux heu- 
res marquées (Liv. xxx, 17), en surveil- 
lait le jjalay.ige et le nettoyage (Eurip./o«. 
80-150), et servait de 
guide aux étrangers, 
leur expliquant les ra- 
retés et les œuvres d'art 
que l'édifice contenait 
(Pliu. XXXVI, 4, 10). 
Cet emploi était hono- 
rable (.Serv. ad Virg. 
^n. IX, 648). C'était 
une place de confiance 
et qui entraînait avec 
elle une grande respon- 
sabilité. L'importance 
de Yeedifuiis paraît - 
par le style et le vêtement de la figure ci- 
jointe, qui donne un rare modèle de 
Ysedituus grec, pris d'un bas-relief à 
Dresde. Son ministère est indiqué par 
le balai de feuilles de laurier dont on se 
servait pour balayer le temple de Delphes 
(Eurip. Ion. L c). 

jEGIS (atyi;). Le premier sens de ce 
mot est peau de chèvre; les habitants 
primitifs de la Grèce se servaient de ces 
peaux , aussi bien que des peaux des au- 





tres animaux , pour se vêtir et protéger 
leur corps. Naturellemeut on devait por- 



^OLIPIL.E. 



13 



ter cette peau sur le dos et l'attacher par 
les pattes de devant sur la poitrine, pour 
couvrir ces deux parties du corps, comme 
on le voit par la statue de Juno Lanuvina, 
au musée du Vatican (Yisconti, Mus. Pio 
Clem. II , tav. 21). Ainsi se forma le type 
original de l'égide comme la portaient Ju- 
piter et Minerve, faite de la peau de la 
chèvre Amalthée, qui avait allaité Jupiter 
dans son enfance (Hygin. Astron. il , 13). 
La gravure représente une figure de 
Minerve prise d'une lampe d'argile (mais 
imitée d'un type fort ancien) : comme 
jious l'avons dit ci-dessus , l'égide qu'elle 
porte lui couvre la poitrine et lui tombe 
derrière le dos jusqu'aux genoux. Les ser- 
pents de la tète de la Gorgone qui y sont 
attachés forment une frange autour des 
bords ; c'est ainsi qu'Homère (//. il , 448) 
décrit les franges de l'égide de Jupiter. 

2. Comme un pareil manteau formait 
un accessoire gênant dans une statue du 
style idéal de la sculpture grecque , il fut 
transformé par les artistes de cette na- 
tion en une cuirasse 
petite et élégante, cou- 
verte d'écaillés pour 
imiter une armure , et 
décorée au centre d'u- 
ne tète de Gorgone, 
comme dans la figure 
de Minerve que nous 
donnons, aussi d'après 
une lampe d'argile. 
Par suite , on employa le mot a'o^w'pour 
désigner la cuirasse d'une divinité, mais 
plus particulièrement celle de Jupiter et 
de Minerve, par opposition à lorica ou la 
cuirasse des mortels (Ovid. Met. VI, 79) ; 
II, 755; Serv. ad Virg. Ain. viii, 435). 

3. A une épo- 
que ultérieure , on 
employa le même 
mot pour désigner 
la cuirasse ordi- 
naire portée par des 
personnes de dis- 
tinction, tels que les 
rois de Macédoine 
et les empereurs 
romains , quand 
elle était décorée 
par devant de l'ima- 





ge d'une tète de Gorgone (Mart. Ep. vil , 
1 ) ; ils adoptèrent cet ornement entre tous 
les autres, en signe du caractère et de 
l'autorité divinequ'ils s'arrogeaient, com- 
me on le voit dans le modèle, pris d'une 
statue romaine. 

4. Traduire œgis par bouclier, c'est 
introduire une idée tout à fait éloignée 
du sens vrai et original du mot; car 
presque toutes les figures qui portent une 
peau de chèvre sur la poitrine , dans les 
œuvres de l'art antique, sont aussi mu- 
nies d'un bouclier bien distinct; et les 
passages où l'on suppose qu'il est fait al- 
hision à une arme défensive de la nature 
du bouclier, ou sont équivoques, ou peu- 
vent s'entendre avec une égale vérité du 
large manteau de peau de chèvre que 
nous avons donné dans notre première 
gravure. Il était facile, en effet, de rame- 
ner ce manteau sur le bras gauche ; il le 
protégeait alors comme un bouclier, de 
la même façon que les Athéniens se ser- 
vaient de leurs chlamydes (Voy. Clvpea- 
TUS, Culamyde), et ainsi qu'on le voit 
dans la figure ci-jointe, qui est prise d'une 




très-ancienne statue de Minerve , au mu- 
sée royal de Naples. 

jflNEATOR. Nom cpii s'appliquait à 
tous les musiciens qui se servaient d'ins- 
truments de cuivre ou qui jouaient d'un 
des instruments à vent employés dans 
l'armée, aux jeux publics, ou dans les 
cérémonies religieuses. Ce nom compre- 
nait les Buccinatores , les Cornicines 
et les Tubicines (Suet. Jul. 32; Amm. 
Marc. XXIV, 4, 22). 

iïOLIPIL.î: ou .EOLIPYL^. Vases 
de métal, à étroit orifice , qu'on remplis- 
sait d'eau et qu'on plaçait sur le feu pour 



u 



.1 QlIPODIUM. 



expliquer l'origine et la nature du vent à 
l'aide de la vapeur qui s'v produisait 
(Vitr. I, fi, 2). 

.«QLIPONDIUM (<7r,zw!xa^. 
Poids qui fait équilibre ou poids 
mobile attaché à une romaine 
(statera) et à une balance (//- 
bra, Vitruv. x, 3, 4). Ou en 
a trouvé un grand nombre à 
Pompéi et ailleurs, faits pour 
la plupart de bronze et avec des 
dessins de fantaisie, tels que le 
modèle que nous donnons ici 
et qui est pris d'un original de 
Pompéi. 

.«RARIOI. Trésor public à Rome, 
distingué du trésor particulier des empe- 
reurs (fiscus) : on y déposait le produit 
des revenus annuels, les comptes publics, 
les décrets du sénat et les étendards des 
légions (Cic. Leg. m , 4 ; Tac. yliin. m, 
51; Liv. III, 69). Sous la république, 
c'était le temple de Saturne qui servait 
de trésor. 

2. JErarhim sarictius, lieu dépendant 
du trésor public , où on gardait l'argent 
et les trésors acquis par la conquête, et 
les sommes payées par le^ esclaves pour 
leur affranchissement (ai/rum vicesima- 
riiim) : on ne l'ouvrait jamais que dans 
les circonstances importantes (Liv. XXYII, 
10. Cf. Quintil. X, 3, 3). 

3. JErarhim militare. La caisse de 
l'armée, trésor distinct, établi par Au- 
guste , pour subvenir aux dépenses de 
l'armée. On le forma en imposant quel- 
ques nouvelles taxes (Suet. Octav. 49). 

jÎIRO. Panier pour le sable, fait d'o- 
sier, de jonc ou de laiche (Plin. H. N. 
XXVI, 21 ; Yitruv. v, 
12, 15). On le repré- 
sente fréquemment 
comme employé par 
les soldats dans les 
tranchées , les fortifi- 
cations et les travaux 
ordinaires d'une cam- 
pagne. La figure ci- 
jointe est tirée de la 
colonne Trajane. Ce mot n'était toutefois 
qu'un terme de conversation employé par 
le commun du peuple ou dans le langage 
familier (Donat. ad Ter. Phorm. l, 2, ' '2). 




iERUCA. Brillante couleur verte, 
composée artificiellement jiour imiter le 
vert de gris naturel (œrugo) qui vient au 
bronze par le temps {Yitruv. vu, 12; 
Plin. H. y. XXXIV, 2G) : ce dernier 
décrit les différents procédés pour com- 
poser cette couleur, mais il l'appelle 
xrugo. 

.-ERUGO (tô; •/aXy.oO). La brillante 
rouille verte qui vient au bronze par le 
temps, distinguée de la rouille brune du 
fer (ferrugo, rubigo, Cic. Tusc. IV, 
14). Plus le bronze vieillit, plus la cou- 
leur devient brillante et belle, et l'on 
estime que la valeur du métal en est 
augmentée. C'est pour cela qu'une statue 
fort ancienne était mise par les anciens 
bien au-dessus d'une statue récemment 
coulée (Winck. Storia délie Arti, vil , 
2, 10). 

^Rl'SCATOR. Charlatan, imposteur 
qui mendie ou qui fait fortune en abusant 
de la crédulité des autres (Aul. Gell. 
XIV, 1, 2; cf. IX, 2, 2). 

iES THERMARUM. Cloche de métal, 
suspendue dans les bains pulilics , par 
laquelle on annonçait au public quand 
l'eau chaude pour les bains était prête 
(Mart. Ep. xiv, 163). 




La gravure reproduit deux de ces ius- 
truments , pris d'une ancienne peinture 
qui représente des bains : ils sont sus- 
pendus aux fenêtres (Bianchini, Instru- 
ment. Mus. T'et., tav. vil, n" 8). 

AGASO l'iTtT^oxôu.o;). Esclave attaché 
aux écuries, (jui harnachait les chevaux, 
les amenait et les tenait jusqu'à ce que 



AGATHOD^MON. 



15 



son maître les moulât : palefrenier ou 
•valet d'écurie (Liv. xun, 5; Pliu. H. 




N. XXXV, 40, ■ 29). La figure ci-jointe 
est tirée du Virt^ile du Vatican. 

2. Ce mot désigne aussi quelquefois 
ceux qui sont chargés du soin d'autres 
animaux, comme les ânes (Apul. Met. 
VI, p. 121, Farior.). On l'appliquait 
même dans un sens plus général à tous 
les esclaves de la classe inférieure (Hor. 
Sat. II, 8, 72). 

AGÂTHOD.ÏMON ( àyaeoSaîpiwv ). 
Mot grec pour désigner un bon esprit ou 
un ange gardien : le terme latin est ge- 
jiius; voir ce mot ("Lamprid. Elagah. 
28; Inscript, ay. Yisconti, Mus. Pio 
Clem. t. I,p. 163). 

AGEA. Passage ou couloir par lequel 
le maître d'équipage (hortator) commu- 
niquait avec les rameurs (Isidor. Orig. 
XIX, 2,4; Ennius, ap. Isidor. /. c). On 
appelait aussi ce passage aditus dans un 
langage moins technique (Ovid. Met. 
III, G23). 

AGGER (x<''!Jia)> En général, toute 
chose qu'on amoncelle {quod adgerititr) 
pour remplir un vide ou pour former un 
tas, ou de terre, ou de bois, ou de décom- 
bres ; on en a dérivé les sens plus particu- 
liers qui suivent : 

1. Retranchement ou rempart artifi- 
ciel dont les Romains entouraient leur 
camp ou les positions qu'ils voulaient oc- 
cuper un certain temps pendant la 
guerre. C'était ordinairement une vasle 
levée de terre , surmontée de palissades 
(î'a//«/w), et protégée extérieurement 
par une tranchée (fossa), qui n'était 
autre chose que toute l'étendue de ter- 
rain creusée pour foimer Vagger. Lors- 
que la nature du sol ne permettait pas 
fie faire une levée de terre , on avait re- 



cours à d'autres matériaux faciles à 
trouver; Vagger était alors construit 
d'une enceinte de troncs d'arbres qu'on 
remplissait de broussailles, etc., comme 
on le voit dans la gravure , prise de la 
colonne Trajane. Le sommet en est cou- 




vert par un vallum ou palissade et une ga- 
lerie de planches qui doit proléger les sol- 
dats. La ligure fera comprendre tout il'a- 
bordje sens des passages où il est dit que 
Vagger fut brûlé (Cres. Bell. Civ. II, 14). 
2. Agger murorum (Virg. JEti. X. 
14). Levée sur laquelle étaient bâtis les 
murs et les tours d'une ville fortifiée : 
elle servait aussi comme d'un rempart 
011 se postait la garnison pour défendre 
la j)lace. Elle était formée de terre entas- 
sée de la façon que nous avons décrite 
tout à l'heure; mais de plus elle était 
revêtue de maçonnerie et l'on y montait 
de l'intérieur par un escalier, comme on 
le voit dans la gravure, qui donne une 




section de l'agger et des murailles sub- 
sistant encore à Pompéi , avec une des 
tours en partie restaurée. 

3. Terrasse de terre, de bois, ou d'au- 
tres matériaux communs partout, élevée 
contre les murailles d'une ville assiégée : 
elle servait à porter les batteries de siège 
(tonne Ht a belHca)&\. à mettre les assaillants 
de niveau avec les remparts. Comme les 
parallèles dans la guerre moderne, on la 
commençait à quelque distance des murs 



16 



AGI>A. 



AGITATOH. 



de la ville, puis on comblait de plus en 
plus l'intervalle jusqu'à ce qu'on les attei- 
gnit ; c'est ce que signifient les expres- 
sions telles que agger promotus ad iir- 
bem (Liv. v, 7). 

, ^- ^o ger vix, projtremeut la c/iattssée, 
c'esf-à-dire le milieu d'une rue ou d'un 
grand chemin, destiné à la circulation des 
voitures et du bétail ; Yiig. ^«. y, 27 3j : 
elle était pavée de pierres assujetties avec 
du ciment, qu'on posait sur plusieurs cou- 
ches de décombres (Vov. Via), et légè- 
rement élevée au centre. Cette partie°de 
la chaussée figurait alors une surface el- 
liptique, comme on le voit dans le plan 
ci-joint , présentant une coupe du pavage 
de la via Sacra qui menait au temple de 
Jupiter Latialis. Le plan sur lequel elle 




était construite explique pourquoi cette 
partie du chemin fut appelée agger (Serv. 
«(Z Virg. /. c; Isidor. Orig. xv, 16, 
î) ; ce mot s'emploie néanmoins quelque- 
fois, dans un sens plus général, comme 
synonyme de via; ainsi on trouve Aure- 
l'tus agger au lieu de T'ia Aurélia (Ru- 
til. Itiner. 39). 

6. Levée artificielle ou digue sur les 
l)ords d'une rivière, pour défendre le 
pays des inondations (Virg. Mu. ii, 




496) ; et aussi rel)ord en maçonnerie qui 
formait le quai d'un port et auquel on 
attachait les vaisseaux (Ovid. Met. xv, 
«90; Trist. m, 9, 13 . La gravure 
représente une digue de pierres brutes 
éle\ée au confluent de deux rivières, d'a- 
près le modèle de la colonne Trajane. 

AGI>'A. Châssis ou œil auquel est at- 
taché le fléau d'une balance et dans] le- 
quel le curseur vertical (examen, lig'ula) 
oscille pour montrer la correspondance 



exacte de l'objet pesé avec le poids que 
le plateau opposé contient (Festus, s. v.; 



Tertull. ad Hermog. 41). On voit Va- 
gina et le curseur fixés perpendiculaire- 
ment au centre du fléau dans la gravure, 
qui est prise d'un original en bronze 
(Caylus, IV, 96, 4). 

AGITATOR. En général celui qui met 
une chose en mouvement ; mais ce mot 
s'applique plus spécialement à ceux qui 
poussent le bétail, et dans les cas parti- 
liers qui suivent : 

1 . Agitator aselli (ôvYi),5CTïi;), un ânier 
(Virg. Georg. i, 273). D'après une 




lampe d'argile que possédait primitive- 
ment Fabretti (Col. Traj. Addend. p. 
ult.). ' 

2. Agitator equoritm (fivt'oyoz), cocher 




AGITATBIX. 



17 



ou conducteur qui menait une autre per- 
sonne dans une voiture , que ce fût ou 
non un char de guerre ( Virg. JEn. il, 
476). La figure est tirée d'une terre cuite 
qui représente Paris enlevant Hélène 
(Winck. Mon. ïned. 117 ). 

3. Quand on emploie le mot ag'itator 
seul , sans autre terme qui en modifie ou 
en détermine le sens , c'est un conducteur 
aux courses de chars du Cirque (Plant. 
Men. I, 2, 50; Suet. Nero, 22). Yoy. 




AuRiGA. La gravure est prise d'une lampe 
en terre cuite que possédait primitive- 
ment Bartoli. 

AGITATRIX. Femme qui met quelque 
chose en mouvement : de là, sylvarum 
agitatrix, chasseresse qui i)at les bois et 
les taillis (Arnob. iv, 22), épithète par- 
ticulière de Diane, déesse de la chasse. 
Elle est ainsi représentée dans la figure 
ci-jointe d'après une lampe en terre cuite 




qui faisait partie primitivement de la 
collection de Bartoli. 

AGMINALIS, se. equus. Cheval de 
somme qui suit une armée pour porter 
les armes, l'équipement, le bagage. La 
figure , tirée de la colonne Trajaue, montre 



un de ces animaux chargés des boucliers 




et des casques des soldats romains (Dig. 
60,4,18,§21;Cod. Theodos. 8, 5,6). 
AGOLUM. Longue baguette terminée 
en pointe , dont se servaient les conduc- 
teurs de bestiaux et les pâtres romains 
pour chasser devant eux le bétail . (Festus, 
s. v.) Les pâtres de la campagne ro- 




maine se servent aujourd'hui d'un ins- 
trument semblable : il est fait d'un reje- 
ton droit du cactier à raquette et rap- 
pelle tout à fait la figure que nous don- 
nons d'après une peinture de Pompéi. 

AGONOTHETA (àyoavoeéirY);)- Prési- 
dent des jeux publics en Grèce : c'était 
toujours un personnage éminent, dont la 
fonction était de terminer les discussions, 
de proclamer les vainqueurs et de décer- 
ner les prix (Spart. Hadr. 13 ). 

AGRIMENSORES. Arpenteurs (Amm. 
Marc. XIX, 11, 8). Corps formé en col- 
lège par les empereurs romains et payé 
par l'État. 

AHENUM. Proprement diaïuVth-e ou 
marmite pour faire chauffer de l'eau , 
qu'on suspendait au-dessus du feu, par 
opposition à la casserole (cacabus) où 
l'on faisait bouillir la viande ou les légu- 



18 




mes et qu'on plaçait sur le feu (Paul. 
Di^r, 33, 7, 18; Serv. 
flf/Virg. ^n. I, 213); ^ 
cependant eclte distinc- 
tion n'est pas toujours 
observée. L'œil au som- 
met de l'anse de la chau- 
dière est destiné à rece- 
voir le crochet auquel 
on la suspendait. 

2. Chaudière qui contenait l'eau pour 
les bains (Vilruv. v, 10, 1 ). Elles étaient 
toujours au nombre de trois, disposées 
dans un ordre ingénieux qui économisait 
le bois. La plus grande, qui contenait 
l'eau chaude {caUlarhim), était placée 
immédiatement au-des- 
sus du fourneau, dont la 
bouche est indiquée par 
l'ouverture carrée qu'on "^ 
voit au bas de la figure ^l 
ci-jointe ; sur cette chau- _ ! 
dière en était placée une 3 
seconde ( tepidarhtm ) , ~^ 
qui , à cause de la dis- " rTnir 




tance plus grande du feu , 
ne recevait qu'une chaleur tempérée et 
qui, par conséquent, contenait une eau 
moins chaude; la dernière de toutes 
{frigidariutii) recevait directement l'eau 
froide de la citerne. Ainsi , quand l'eau 
chaude était tirée de la chaudière infé- 
rieure, l'espace vide était immédiatement 
occui)é par une eau qui avait acquis déjà 
un certain degré de chaleur, et la seconde 
était remplie de nouveau par l'eau froide 
de la chaudière supérieure. Toute cette 
disposition devient très-claire par la fi- 
gine qui montre les trois bouilloires des 
bains île Pompéi , telles que les a res- 
taurées M. W. Gell d'après les empreintes 
que leurs foimes avaient laissées dans le 
mortier de la muraille où elles étaient 
scellées. 

ALA. Aile d'un oiseau, et de là, en 
raison de sa ressemblance , la barbe atta- 



chée au bois d'une flèche pour guider et 
soutenir son vol dans l'air (Virg. JFm. 
IX, 578). La ligure représente une flèche 
grecque trouvée dans l'Attique. 



2. Vaste pièce des maisons romaines 
qui avaient de l'étendue et de la magni- 
ficence. Il y avait généralement deux 
alœ , une de chaque côlé de X atrium , mu- 
nies de sièges et fermées par des ri- 
deaux. Si nous nous en ra|iporloiis aux 




ressemblances avec les maisonsde la Tur- 
quie moderne , qui ont précisément dans 
leurs galeries deux pièces semblables, fer- 
mées de rideaux et pourvues de divans , 
les rt/a? étaient faites pour que le maître 
de la maison put y recevoir les visiteurs 
et jouir de la conversation de ses con- 
naissances. On voit la place des a/a? dans 
le plan de la maison de Pansa (Voy. Do- 
MUS), où elles sont marquées G G. On 
a une perspective de leur intérieur dans 
la ligure ci-dessus , qui est une restaura- 
tion de Vatritan de la maison de Salluste 
à Pompéi ; on entre dans les alac de cette 
maison par deux larges portes situées au 
fond de la chambre, à droite et à gauche, 
et dont les rideaux sont tirés. 

3. Dans de vastes constructions, telles 
qu'une basilique ou un temple étrusque, 
qui étaient partagées par des rangées de 
colonnes en inie nef centrale et deux ai- 
les latérales comme nos églises (le grand 
temple de Prestum donne un spécimen 
de cette distribution; voy. aussi la gra- 
vure au mot basilica), les ailes latérales 
semblent avoir porté le nom d'«/a' (Vitr. 
IV, 7, 2). Par ce motif, le profes- 
seur Hecker {Gai lus, p. 107 de la trad. 
angl.) s'efforce d'établir que les alœ des 
maisons particulières n'étaient pas les 
apjiartemcnis décrits ci-dessus, mais seu- 
lement deux ailes latérales , séparées par 
des colonnades du centre de Vatiium. 
Mais, pour soutenir cette hypothèse, il 
lui faut inventer un atrium imaginiiire 



ALABASTEU. 



19 



qui ne ressemble en rien à ceux qu'on a 
découverts jusqu'ici à Pompéi ou ailleurs : 
il lui faut séparer le cavxdhan de Ya- 
trium, et composer sur un plan entière- 
ment conjectural une maison romaine qu'il 
distribue eu trois parties distinctes , r«- 
triitni d'abord , le ca rœdium ensuite , et 
eulin le péristyle. Tout cela est assez 
plausilile en théorie , mais n'est pas con- 
firmé par les découvertes faites dans les 
fouilles. Aussi , en l'absence d'une auto- 
rité positive, l'explication domiée sous 
le n" 2 nous semble-t-elle mériter plus 
de confiance. 

4. Aile d'une armée : ce qui, dans les 
écrivains latins, revient à dire la partie 
ou le contingent fourni par les alliés. En 
effet , ils étaient toujours placés sur les 
flancs pour couvrir les légions composées 
de citoyens romains qui occupaient le 
centre de l'ordre de bataille ( Yeget. 
Mil. 2, 14). 

5. Par une raison analogue, on appela 
aussi ala une Ijrigade de ca^alerie de 
300 hommes et au-dessus , fournis par les 
alliés [?] , cju'on plaçait de la même ma- 
nièresur les flancs (Gincius an. Gell. xvi , 
4, 4). 

ALABASTERou ALABASTRUM (à).dt- 
êaTTpo; et àXocêaffxpov). Petit vase pour 
renfermer des parfums de 
prix ( Cic. Fragm. ap. Non. 
s. v.; Petr. Sat. CO) : le plus 
souvent il était d'onyx (Plin. 
H. N. XXXVI, 12 )"et quel- 
quefois d'or (Tlieocr. Iclrll. 
XV, 114) : il avait quelquefois 
une forme particulière , celle 
d'une poire ou d'un pendant 
de perle, ou d'un bouton de rose, tous 
objets auxquels on le compare (Plin. H. 
A. IX, 5G; XXI, 10). La figure repré- 
sente un original que possédait primiti- 
vement l'antiquaire romain Pietro Ciac- 
coni (Fortunatus Schackius, Mi/w/Z/fc. 
I, 47). 

ALARII. Troupes placées sur les ailes 
d'une armée romaine, comprenant l'in- 
fanterie et la cavalerie : elles se compo- 
saient toujours des contingents fournis 
par les alliés ; leurs armes et leurs vête- 
ments variaient suivant les coutumes des 
nations différentes qui les envoyaient 




(Cic. Fam. il, 17; Ca-s, Bell. Gall.i, 
51 ). On voit de pareils corps de troupes 
dans plusieurs batailles figiuées sur la 
colonne Trajane : ce sont des auxiliaires 
Germains, lies cavaliers Sarmates, etc.; 
tous portent le costume de leur pays. 

ALBARIL'M ou OPUS ALBARIUM(xo- 
v(a[j.a). Stuc ou enduit dont on couvrait 
les murs en briques : il se composait de 
grés, de brique et de marbre, réduits en 
poudre et broyés ensemble pour les revê- 
tements de l'extérieur, ou de gypse et de 
plâtre, pour les ornements plus recher- 
chés employés dans l'intérieur des édifices 
(Vitruv. VII, 2; Plin. H. N. xxxvi, 
55 et 59). 

ALBARIUS (xoviax^;). Plâtrier dont 
le métier était de couvrir les murs d'un 
enduit blanc et de faire en stuc des' cor- 
niches, des frises et des reliefs d'orne- 
ment (Inscript, ap. Gruter. G42, 11; 
cf. Plin. H. N. xxxvi, 59). 

ALBATL'S. Vêtu de jjlanc. Ainsi , dans 
les jeux du cirque, aiiriga albatiis (Plin. 
H. N. viii, G5), cocher qui portait la 
couleur blanche ou appartenait au parti 
des blancs (facfio al hâta). 

ALBO-GALERUS. Le bonnet de four- 
rure porté par le flamen Dialis : il était 
fait de la peau d'une 
victime hlancite sa- 
crifiée à Jupiter et 
portait à son som- 
met une pointe sail- 
lante de bois d'oli- 
vier, précisément 
comme on le voit 
dans la gravure prise d'une médaille fra|i- 
pée eu l'honneur deMarc-Aurèle (F"estus, 
s. î'.; Varro, ap. Gell. X, 15, 4). 

ALBUM (>,£'Jx()j[j.a). Espace ou place 
couverte de plâtre blanc sur les murs 
d'un édifice : on y écrivait des annonces 
ou des avis au public. De là on a éten- 

^--■'L^iiicm^Esr j - 

du ce nom à toute espèce de tablette 
blanche portant nue inscription, comme 




20 



ALEXAXDRINUM OPUS. 



ALIPTES. 



la liste des sénateurs, les édits du pré- 
teur ou autres choses de même nature 
(Paul. Sentent. 1. I, t. H; Senec. Ep. 
48; Cic. Orat. ii, 12). La figure ci- 
jointe est un fac-similé réduit d'un al- 
bum trouvé sur une des maisons de Pom- 
péi , et qui semble avoir été l'équivalent 
de ces annonces modernes : Sous le pa- 
tronage de la famille royale ou Four- 
nisseur breveté. Voici les mots : Marcim 
Cerrimvm. Vatiam. .îdilem. orat. 

l'T . FAVEAT . SCRIBA . IsSUS . DIGMS. 

EST ; c'est-à-dire : «. Le scril)e Issus sol- 
licite le patronage de M. Cerrinius Vatia, 
édile ; il est capable. » 

ALEXANDRIMM OPUS. Espèce par- 
ticulière de mosaique dont on se servait 
principalement pour orner les cham- 
bres , et ([ui aj)parteiiait au genre de pa- 
vés appelés sectilia. Le caractère distinc- 
tif de ces mosaïques , c'est que les lignes 
ou figures qui en formaient les dessins 
étaient composées dans un système de 
deux couleurs seulement, le rouge et le 
noir, par exemple, sur un fond blanc, 
comme dans le modèle, qui représente 
une partie du pavé d'une maison à Pom- 
péi. Un passage de Lampride {Jlex. Sev. 



î2kf) Q^ ! M"-^ 
I ^^ i ""-^ I 



25 ) semljle indiquer que cette sorte de 
mosaïque fut introduite pour la première 
fois par Sévère; mais une telle asser- 
tion est peu vraisemblalde, puisque l'on a 
trouvé de noml)reux échantillons de ces 
mosaïques dans les maisons de Pompéi. 
Lampride veut dire proijablement que 
Sévère introduisit seulement l'usage de 
composer ces mosaïques de deux espèces 
de marbres qui différaient par la qua- 
lité et la couleur de celles qu'on avait 
employées auparavant pour cet objet, 
c'est-à-dire le porphyre et le marbre de 
Lacédémoue. 

ALICULA. Manteau court, ressem- 
blant pour la forme à une chlamyde, 



mais de dimensions plus petites, attaché 
sur le devant par une agrafe et porté par 
des gens de condition inférieure ( Mart. 
Ep. XII , 82 ) , par les pécheurs ( Petr. 
Sat. 40) et les jeunes gens (Ulp. Dig. 34, 




2, 24). On le voit souvent dans les pro- 
ductions de l'art antique, comme dans la 
figure ci-jointe , prise d'une peinture de 
Pompéi. Dans toutes les représentations 
qu'elle offre , le terme d'alicula est clai- 
rement expliqué par la ressemblance de 
ce manteau avec deux petites ailes, lors- 
que le vent ou les mouvements de celui 
qui le porte le soulèvent et le font flotter 
sur les épaules. 

ALIPES {n-tp6Tio\j;). Qui a des ailes 
aux pieds , épithète donnée spécialement 




au dieu Mercure; voyez la figure, prise 
d'une lampe en terre cuite (Ôvid. Fast. 
V, U)();.Vet. IV, 75.3). 

ALIPILUS (TïapaTD.Tpio:). Esclave at- 
taché aux bains ou employé par des par- 
ticuliers pour épiler les poils sur certai- 
nes parties du corps et sous les aisselles. 
Ou employait à cet usage des hommes et 
des femmes ( Senec. Ep. 5G ; cf. Juven. 
Sat. XI, 157; Gratin. 'Qp. 2. 

ALIPTES ou ALIPTA (àXeiTiTY);). Mot 



ALLIGATI. 



21 



grec , mais employé par les Romains dans 
le même sens que par les Grecs, pour dé- 
signer une personne qui réunissait en elle 
le double emploi et l'autorité d'un maître 
de gymnastique et d'un uiic/or. L'aliples 
devait oindre et frotter le corps des athlè- 
tes d'huile et de saide fin mêlés, avant et 
après une lutte dans la palœstre, ou ce- 
lui des jeunes gens dans les écoles de 
gymnastique; il devait aussi diriger et 
surveiller leur éducation et leurs exerci- 
ces (Aristot. Et/i. A~ic. il, 5; Pindar. 
Olymp. VIII, 54-71); il leur donnait 
enfin des avis sur leur régime et leur fa- 
çon de vivre. Il devait , pour remplir 
ces fonctions, connaître leur organisa- 
tion musculaire et l'état général de leur 
santé ( Cic. /'«m. I, 9; Ceisus, i, 1). 

2. Esclave attaché aux bains : le vrai 
terme latin, pour le désigner, était iinc- 
tor. Il séchait le corps du baigneur en 
le frottant, en enlevait la sueur avec la 
strigile et l'oignait de parfums (Seneca , 
Ep. 56; Juv. Sat. vi, 422). La figure 




est tirée d'une fresque qui représente 
inie salle de bains peinte sur les parois 
d'une chambre sépulcrale : cette cham- 
bre est sur la voie Appieune , et fut dé- 
couverte au siècle dernier ( Ficoroni, La 
liolla d'Olo, p. 45). La fresque était co- 
piée probaljlement de quelque original cé- 
lèbre , et Juvénal en avait sans doute une 
semblable présente à l'esprit quand il écri- 
vait le passage auquel nous avons renvoyé. 
ALLIGATI. Captif ou prisonnier de 
guerre avec le soldat auquel il était con- 
fié ; on appelait les deux ensemble alli- 
gati , parce que c'était la coutume des 
Romains d'enchaîner le captif à celui 



qui l'avait pris. Les menottes étaient atta- 
chées au poignet droit du prisonnier et au 
poignet gauche du soldat qui en avait la 
garde. De là ce trait de Sénèqne , all'i- 
gati siint qui alUgnvi'runt , « ceux qui 
ont enchaîné sont 
enchaînés eux-mê- 
mes )) {De. Traiiq. 
au. 10; cf. Slat. 
Theh. XII, 4G0). La 
figure , tirée de l'arc 
de triomphe dédié 
par les orfèvres de 
Rome à Septime Sé- 
vère , représente un 
soldat romain avec 
son prisonnier : ce 
dernier a les mains 
enchaînées derrière le dos, et le soldat se 
dispose à attacher la chaîne à son propre 
bras : on voit l'anneau qui forme la me- 
notte au bout de la chaîne. 

ALLOCLTIO. Allocution ou harangue: 
particulièrement celles que les généraux 
romains étaient dans l'habitude d'adres- 
ser à leurs soldats. Ces scènes sont sou- 
vent représentées sur des médailles , des 
arcs de triomphe et des colonnes : le 
général y paraît sur une plate-forme éle- 
vée (sitggcstum), assisté de ses princi- 





paux officiers , avec les étendards et les 
troupes disposées en face, comme on 
le voit ici d'après une médaille de Marc- 
Aurèle qui porte aussi l'inscription Ai>- 

LOCUTIO AUGCST. S. C. 

ALTARE. Suivant les grammairiens, 
autel élevé (quasi al ta ara), dédié seu- 
lement aux dieux supérieurs ( Serv. ad 
Virg. Ed. V, CG; Festus, s. t.) ; tan- 
dis que Vara était plus basse, et qu'on 
s'en servait pour sacrifier aux dieux in- 
férieurs aussi bien qu'aux dieux supé- 
rieurs. Peut-être une telle interpréta- 



22 



AI.TARIUM. 



tion scrait-ello coiifirnu'e jinr la iiiene 
gravée ({tie nous reproduisons ici (Agos- 
tini, Gewiiie, 1 'f2) ; on y voit Jeux autels : 
sur tous deux on brûle de l'encens , mais 
l'un est plus élevé que l'autre. Un modèle 




analogue se voit dans les miniatures du 
Virgile du Vatican , où sont représentés 
quatre autels carrés , deux élevés et deux 
plus bas : ils semblent expliquer des pas- 
sages comme celui-ci : Iriter aras et alta- 
ria (Plin. Paneg. I ; cf. Plin. //. N. 
XV, 40), et d'autres endroits encore où 
l'on fait une distinction entre les deux 
mots. L'explication qui traduit «//«/•<' par 
« ce qui est placé sur l'autel [ara) » est 
loin d'être aussi satisfaisante; car, dans 
le passage de Quinlilicn {Declam. xil, 
2G), avis altaria wijwiiere , la leçon est 
douteuse, et celui de Justin ( xxiv, 2), 
siimptis in iikuuis altaribus , prête à une 
explication toute différente. 

ALTARIUM, la même chose qu'AL- 
TARE (Sulp. Sev., I, 19). 

ALTICINCTL'S (vi^/iîIwvoO- Qui a 




monté sa luni([ue plus haut que les ge- 
noux, en la tirant par-dessus saceimure, 
pour donner aux membres toute leur 
liberté : c'était l'habitude des paysans, des 
lajjoureurs, des personnes enfin occupées 
à de rudes travaux on à tle violents 
exercices ( Ph.-edr. il, 5, 11 ). La figure 
ci-jointe est tirée du Virgile du Vatican. 

ALUTA. Cuir préparé avec de l'a- 
lun ( alumen ) pour le rendre doux et 
souple : de là l'emploi que les poètes 
font de ce mot pour désigner un brode- 
cjnin,ini soidier, une bourse, etc., faits 
de ce cuir ( Mart. Xil , 26 ; Juv. Sat. 
XIV, 282). 

2. Mouche pour la figure ( Ovid. 
Art. Jm. III, 202 ). 

ALVEARE {a\j.r\'iOç, niiiêikoc.). Ruche 
dans lacpielle les abeilles font leurs rayons 
et déposent leur miel (Columell. xi, 11, 
1). Chez les anciens, on faisait quel([ue- 
fois les ruches de métal : nous en avons 
donné un modèle (vov. FoRi) d'après un 
original trouvé à Pompéi ; on en faisait 
aussi de poterie, mais elles étaient peu 
estimées, comme trop exposées aux varia- 
tions du chaud et du froid. Les meil- 
leures étaient faites de petites bandes de 
liège on de fenouil ( fe- 
riila) cousues ensemble; 
celles de seconde qualité, 
de vannerie (Columell. xi, 
0, 1; Virg. Georg. iv, 
3-3), comme on le voit 
dans la figure ci-jointe, 
tirée d'un bas-relief romain, où la ruche 
entre comme emblème et accompagne la 
figure de l'Espérance (Montfauc, .rliitiq. 
e.vpl., 1,204). 

ALVEARIUM (ijixyivwv ). Rangée dé 
ruches ou place où l'on a posé les ruches 
(Varro,/?. R. m, 10, 12). 

ALVEOLUS. Diminutif d'r//)'Pf«, si- 
gnifie proprement une navette de tisse- 
rand, dont on se servait pour faire passer 
les fils de la trame (.sv/A/cwe//) à travers 
la chaîne {staïuen) Hier. {Ep. 130 ad 
Demetr. n. 15, ad torquenda snhte- 
mina in alveolis fusa volvantar). De ce 
passage et du nom de cet instrument, 
nous pouvons sûrement induire que c'é- 
tait un morceau de bois plat, arrondi ou 
aminci en pointe à chaque extrémité et 




. ALVECS. 

t.Tillé en forme (lel)atean, avec une ca- 
vité au cfulre où l'on introduisait la tige 
de la i)obine. Nous donnons ici une figure 
qui a tous ces caractères, et qui repré- 
sente une espèce de navette fort com- 
mune , dont on se sert dans plusieurs 
pays. Elle répond si exactemeiU aux ex- 
pressions citées ci-dessus qu'on peut la 
regarder comme un ancien modèle au- 
quel le temps n'a rien changé. Il y a sur 
«m des côtés un petit trou par lequel sort 



que 



le fil, et, quand on lance la navette, la 
bobine et sa tige roulent [fusa Tolvun- 
tur) et fournissent le fil. 

ALVEUS. W al vus, ventre; ce mot 
s'applique à des objets divers qui ont 
pour la forme luie ressemblance réelle 
ou supposée avec cette partie du corps 
humain. 

1 . Long vaisseau de bois peu profond , 
que nous traduirions par les mots à\iuge 
ou A'aiiget, et qui servait à contenir des 
liquides on d'autres objets. Celui 
nous figurons ici est 
tiré d'inie peinture 
de Pompéi, et ser- ^ 
vait à un charpentier pour y déposer ses 
outils et ses objets de première nécessité 
(Plin. H. N. XVI, 22; Liv. i, 4). 

2. Petit bateau ou canot, employé 
sur les rivières et d'une construction tout 
à fait primitive : il était creusé dans un 
seul tronc d'arbre ( Vell. il, 107). La 
figure donnée ici représente un bateau 



de loch, découvert dans le marais qui 
forme le bord de l'ancienne rivière à la 
jonction de la N'en, à Horsey, près de 
Peterborough ( Artis. Durolniv. pi. 57 ) ; 
si ce bateau n'est pas d'origiue romaine, 
il est certainemetit d'une très-haute an- 
tiquité, et comme il ressemble en tout 
point aux bateaux représentés sur les mé- 
dailles qui rappelleut la fondation de 
Rome, on peut l'admettre comme mo- 
dèle de Val i eus. 



ALVEUS. 



2.3 



3. Coque d'un vaisseau, et, par cxl.en- 
sion dans les poètes , le vaisseau lui- 
même ( Sali. Juo. 21 ; Prop. m, 7, 10). 

4. Espèce particulière de plat ou de 
plateau sur lequel on faisait circuler à 
table certains fruits, comme les olives 
( Petr. Sat. G6 ). 

5. Table employée par les Romains 
pour un de leurs jeux d'adresse. Comme 
les dés et les jetons sont mentionnés en 
parlant du jeu qu'on jouait sur Val veas 
(Plin. XXXVII, G; Yal. ALlx. viii, 8, 2), il 
en faut conclure cpie cejeu était le Inclus 
duodecim scriptorum , dans lequel, com- 
me dans notre trictrac, le coup était dé- 
terminé par un jet de dés. Cet alveus 
ressemblait sans doute à notre table de 
trictrac, et il était divisé de la même 
manière que Vabacus [yoy. Abaccs, 
n. 2 ) ; ou , s'il y avait une différence 
réelle dans le sens de ces deux mots, 
peut-être le dernier terme était-il surtout 
employé quand la table se composait 
d'une plaque de marbre, et le premier 
quand elle avait la forme d'un auget de 
bois aux bords élevés , ainsi que l'indicpie 
la signification primitive de ces deux 
mots. 

(j. Rain d'eau chaude , construit dans le 
plancher d'une chambre de bain, à l'ex- 
trémilé opposée de celle qui contenait le 
lalirum ( Silruv. V, 10, 4; Marquez, 
Case degli Aiitichi Romani, § .317 ) ; au 
fond se trouvait un degré qui servait de 
siège pour le baigneur quand il était en- 
tré dans l'eau (Auctor. ad Hereiin. iv, 
10). La figure ici représentée est une sec- 




tion de y alveus dans les bains publies de 
Ponqiéi. La partie ombrée est le par- 
quel de la chambre , fait de briques , où 
l'on voit les tuyaux par lesquels l'air 
chaud circulait, l'un sous le bain lui- 
même et quatre autres sous le parquet. 
A est V alveus; R le siège sur lequel s'as- 
seyait le liaigneur { gradus, Yitruv. /. c); 



24 



-UIENTIM. 



C un parapet lias formant la partie supé- 
rieure du bain {pluteus, Vitr. /. c), d'où 
deux degrés, à l'extérieur, conduisent au 
parquet de la chambre. On comprendra 
le plan général de l'appartement où Yal- 
a^eiis est placé, et sa situation par ra])port 
aux autres parties du même appartement, 
si l'on se réfère à la première gravure au 
mot Baline.e, lettres D, /(, /. 

7. Par extension de ce sens on appe- 
lait quelquefois alveiis toute espèce de 
vaisseau pour se baigner (Ovid. Met. vill, 
652). 

8. Ruche ( Plin. H. N. 13 ). Voy. Al- 

YEARE. 

ALVrS, comme ALVEARE (Varr. Co- 
lumell.Plin. ). 

AMANUENSIS (uTtoypaçeûi;)- Esclave 
ou affranchi em})loyé comme secrétaire 
pour écrire les lettres que lui dictait son 
patron ( Suet. TU. 3). 

AMAZON ( 'Afxai^wv ). Amazone, guer- 
rière Scythe , dont l'armure se composait 
d'un casque, d'un bouclier d'une forme 
particulière , appelé pelta, d'un arc et 
des flèches , d'une épée et d'une hache à 
deux tranchants {hipennis) ; on voit tous 
ces accessoires dans la gravure prise d'un 
sarcophage du musée du Capitole à Rome. 




On fait venir ordinairement ce nom de 
(jLa^oç, parce que les Amazones se brû- 
laient, dit-on, la mamelle droite afin 
qu'elle ne les gènàt point dans l'emploi de 
leurs armes; mais c'est là une pure fic- 
tion des grammairiens, car elles sont 
toujours représentées dans les œuvres de 
l'art antique aussi parfaites que les au- 
tres femmes (Voir la gravure suivante'. 
Souvent aussi on représente les Ama- 
zones à cheval : dans ce cas elles sont 
armées d'une lance, comme la cavalerie 



ordinaire des autres nations (Voy. la gra- 




vure, tirée d'un vase d'argile ). 

AMBIVIUM ( ûcaçoôo;). Route ou rue 
qui tourne autour d'une place ( Varro 
ap. Non. V. Equhones; Aristoph. Fraf^m. 
304). ^ ^ 

AMBRICES. Lattes transversales ( re- 
gulse) introduites entre les chevrons et 
les tuiles d'une toiture (Festus, s. t.). 

AMBUB.y.iE. Musiciennes et chanteu- 
ses d'origine syrienne qui fréquentaient 
le cirque et les places où s'assemblait 
le peuple , et qui vivaient de leur mu- 
sique et de la prostitution (Suet. A\'ro, 
27 ; Hor. Sat. i, 2 , 1 ; cf. Juv. m, G5 ). 

AMENTO. Jeter une lance ou une ja- 
veline à l'aide d'xnie courroie iamentum) 
qui y est attachée. D'après les passages 
cités ci-dessous , il semble qu'on mettait 
les doigts entre les extrémités de la cour- 
roie et qu'on faisait ainsi tourner le trait 
par un mouvement rapide avant de le 
lancer. Mais il n'y a pas d'œuvre connue 
de l'antiquité où soit représentée cette 
action (Lucan. VI, 221; cf. Ovid. Met. 
XII, 321; Cic. de Orat. 1,57 ). 

AMENTUM ( 10 «[Afia twv àxovxtwv , 
Beier. ad Cic. Amie. 27 ). Courroie 
attachée au bois d'une lance ou d'une 
javeline , vers le centre de gravité, pour 



lui donner une plus grande force quand 
on la jette ( Liv. xxxvii, 41; Ovid. 
Met. XII, 221; Sil. Ital. iv, 14). La 
figure est prise d'un des vases d'argile 
de sir W. Hamilton. Dans la célèbre mo- 
saïque de Pompéi qui représente, à ce 
qu'on croit, la bataille d'Issus, on voit à 
terre une lance brisée avec un accessoire 
analogue. 



AMICTUS. 



25 



2. Courroie ou lanière, par laquelle les 
solex, crepidx et chaussures analogues 
étaient attachées au pied (Festus , s. v. ), 
comme dans le modèle, pris d'une statue 
de marbre à Rome, où Vameiitiim est 
marqué par la large courroie qui passe 
au-dessus du cou-de-pied , et par les bri- 
des (a usa?) fixées aux côtés de la semelle. 




Pline mentionne une statue assise de Cor- 
nélie, la mère des Gracques , qui était re- 
marquable parce qu'elle n'avait sous le 
pied qu'une semelle sans courroie pour 
l'attacher (soleis sine ameiito i/isig/iis, 
II. N. XXXIV, 14 ). On remarque souvent 
dans les peintures de Pompéi l'absence 
de courroies ; il ne faut l'attrilnier qu'au 
caprice ou à l'inadvertance des artistes. 
AMICTUS. Terme général pour tous 
les vêtements de dessus dans lesquels la 
personne s'enveloppait réellement (d'n- 
micire), par opposition aux vêlements de 
dessous que l'on mettait ( iiniiiere) ; il com- 
prenait par conséquent Toga, Pallium, 
Sagiim, Abolla, Paludamentum , etc. 
(Virg. jEn. V, 421 ; Quint, xi, 3, 137. 
Voy. Indctus). Les deux figures ici re- 
présentées, d'après des ouvrages étrus- 
ques, expliqueront distinctement le sens 




de ce terme. Celle qui est debout com- 
mence justement à se couvrir de son 
amiclus, pièce ample d'étoffe; un côté 
est déjà passé par derrière sur le bras et 
l'épaule gauche du personnage , pendant 
qu'il glisse son coude droit sous l'autre 



côté pour le ramener à son cou; les 
deux extrémités pendront alors sur le 
devant, comme on le voit par la figure à 
main gauche, au motANABOLlUM.il pren- 
dra ensuite le côté droit, le tirera sur sa 
poitrine, et en portera l'extrémité sur 
son épaule gauche, de manière à enve- 
lopper complètement la partie supérieure 
du corps; on le voit dans la figure du 
personnage assis , qui est amictits jniUio 
(Cic. de Orat. m, 32). 

AMICULUM. Diminutif d'AMiCTUS , 
comprenant tous les vêtements de des- 
sus, plus petits et plus fins, employés par 
les hommes et les femmes ; on les dispo- 
sait de la façon que nous avons expliquée 
au mot précédent; c'étaient, par exem- 
ple, Chlamys, Sagiilum , et aussi le 
Flammeuin des fiancées (Festus, s. v. 
Corolla ). 

k}i\YÏY& . C oupl e de brancards : ce mot 
s'appliquait particulièrement aux deux 
longues perches, comme celles d'une 
chaise à porteurs, qui s'avançaient en 
saillie par devant et par derrière une 
hasterna, et formaient deux couples de 
])rancards pour les bêtes qui portaient la 




chaise (Pallad. vil, 2, 3). La figure re- 
présente une voiture commune dans 
plusieurs parties de l'Europe pendant le 
moyen âge ; elle n'est prise d'aucun mo- 
dèle grec ou romain connu, mais nous 
l'avons donnée parce qu'elle offre à l'œil 
une invention tout à fait semblable à 
celle que mentionne Palladius ( Voy. Bas- 
teriva). 

2. Fortes perches de bois, placées ho- 
rizontalement entre deux poteaux verti- 
caux : on en faisait une sorte de barrière 
pour retenir le bétail dans ses enceintes 
(Columell. IX, 1, 3). 

3. Deux tringles parallèles sur les- 
quelles est étendu chaque côté d'un filet 
à glace quand on le déploie sur le sol, et 
qui le lèvent et le ferment sur l'oiseau, 



26 



AMITKS. 



AMPUITIIK.VTRVM. 



lorscpi'il (lescend en Ire elles. De là ce 
mot peut aussi s'appliquer au filet lui- 
même (Pallad. vni, 12; Horat. Epod. 
1, 33). 

11 est hors de doute que les anciens con- 
naissaieut les lilets à glace; on en voit 
représentés sur les tombes égv|)tiennes et 
construils précisément sur le même 
plan que ceux dont se servent mainte- 
nant les oiseleurs ( Wilkinsou's Ancient 
Egrptlans, vol. III, p. 37). Il y est fait 
distinctement allusion dans Plaute {As. l, 
3, Gl-72), et dans Maniliiis (Astr. v, 
37 1-373), où il décrit les différentes ma- 
nières de prendre les oiseaux : Aiit uiclo 
captare sua, ramove sedeiUejn , Pasceri- 
temre super surgentin ducere Hua (le 
saisir ou dans son nid ou perché sur une 
hranche; ou hien encore, pendant qu'il 
hecquète les graines, tirer sur lui les filets 
qui se lèvent). Dans ce passage, les der- 
niers mots désignent de la façon la plus 
expressive le fdet qui se lève sur l'oi- 
seau becquetant les graines que le chas- 
seur a jetées sur le sol [aren) entre les 
tringles, ainsi que le décrit Plaute. Enfin 
Palladius (/. c.) dit qu'on se servait, en 
même temps que Aei amites , d'un hibou 
pour appeau; les Italiens modernes l'em- 
ploient encore à cet usage. Toutes ces 
circonstances semblent suffisantes pour 
autoriser l'explication que nous avons 
donnée. Il ne faut pas dissimuler cepen- 
dant (pie Festus (.v. )'.) et le scholiaste 
d'Horace (/. c.) font de ce mot un sv- 
nonyme A'aueoin's ou de varie, et l'expli- 
quent par la glose furcuLr aucupatorUc ; 
en cela ils sont suivis par Doering, Orelli 
et la plupart des commentateurs. Mais il 
est jien probable que les Romains eussent 
inventé trois mots différents pour expri- 
mer une seule et même chose ; il n'est 
pas lion plus facile de concevoir comment 
des oiseaux auraient été pris dans des 
filets élevés au haut de perches sur les- 
([uels ils pouvaient si facilement passer 
dans leur vol. Il ne faut pas cufm négli- 
ger pour ce mot l'analogie qui ressort de 
la comparaison de ses autres sens : ceux- 
ci, en effet, s'appliquent à des perches pla- 
cées dans une position liorizonla/e ^\. pa- 
rallèle, par opposition à celles ([ui sont 
verticales ou plantées dans le sol. 




AMPHIMALLUM (à(ji3Î|j.aA).ov). Ktoffe 
de laine épaisse et grossière, ayant un 
long poil des deux côtés du tissu; c'est 
de là que lui venait son nom. On s'en 
servait pour tapis, 
pour vêtements de 
dessus dans les temps 
très-froids; ellesem- 
ble avoir été, primi- 
tivement du moins, 
de fabrique étran- 
gère, car elle ne fut 
pas connue à Rome 
jusqu'au temps de 
Pline l'Ancien (Plin. 
H. N. VIII, 73), et 
y fut introduite pro- 
bablement de la 
Germanie. Elle est représentée dans un des 
trophées élevés par les soldats de Marc-Au- 
rèle, après une défaite des Germains, sur 
la colonne de cet empereur; c'est de là 
qu'est prise la gravure. On remarquera, 
là où les bords sont retournés, que le 
long poil est le même en dedans qu'en 
dehors. 

AMPHIPROSTYLOS(à!JL3(7ro6aTu>.oç)- 
Ce mot s'applique aux temples ou à tous 
les autres édifices qui ont un porti([ue 
ouvert, avançant en 
saillie au delà de la 
cella ou corps prin- 
cipal du bâtiment, 
aux deux extrémi- 
tés, sur la façade et aux derrières ainsi 
qu'on le voit dans le plan ci-joint (Vitr. 
III, 2, 4). 

AMPHITAPUS (àfisiTaTtoç). Ce mot 
désigne une espèce particulière d'étoffe 
qui, comme Yamph'tmallum, avait un poil 
des deux cotés, mais qui était d'un tissu 
plus fin (Athen. v, 2G).. et probablement 
de fabrique orientale. H y avait certaine- 
ment entre ces deux étoffes une distinc- 
tion ; car les amph'nnalla furent incon- 
nus à Rome jusqu'au temps de Pline, 
tandis que les ainpliitapa sont mentionnés 
par Lucilius et par Varron ap. iSoii. s. r. 

AMPHITHEATRIM (àij.cpi6£aTpov). 
Amphithéâtre, primitivement construit 
pour le spectacle îles combats de gladia- 
teurs, mais employé par occasion pour 
les autres espèces de spectacles. 




AMPUITIIEATRCM. 



AMPHlTHKATiUM. 



27 



L'extérieur était toujours formé par 
une imiraille ovale, partagée en un nu 
|llusieur^ l'i.iuo d'anades, suivant la 



grandeur de l'édifice , et décorée de co- 
lonnes, de pilastres, etc., suivant le goût 
de l'architecte. Ou le voit par la gra- 
vure (pii représente le mur extérieur 
d'un amphitliéàtre encore parfaitement 
conservé <à Pola , en Islrie. 

L'intérieur formait comme une cavité 



ellipti((ue (cavea), entourée pour les 
spectateurs de sièges qui s'élevaient en 
gradins l'un au-dessus de l'autre; il était 
divisé en ses parties principales ainsi 
qu'il suit : Yareiia, au fond, espace plat 
et ovale au centre de l'édifice, où lut- 
taient les cond)attants ; le podium , ga- 
lerie élevée qui enveloppait immédiate- 
ment l'arena, réservée j)our les sénateurs 
et les personnages de marque; gracias, 
les cercles de sièges occupés par le pu- 
blic , qui , lorsque l'édifice était gran- 
diose, étaient partagés en deux ou plu- 
sieurs étages, appelés mwriiana, par de 
vastes paliers {pi-wcinctioiies ) et des murs 
élevés verticalement (l>altci); ils étaient 
divisés en compartiments semblables à 




im triangle renversé ou à un coin ( cunei 
par des escaliers (scala.') qui communi- 
quaient avec les avenues d'entrée et de 



sortie (voniitoria) dans la carcasse de 
l'édifice. Au-dessus était une galerie cou- 
verte pour les femmes. Ou peut apercevoir 




28 



AMPHITHEATRCM. 



tous ces points dans la deuxième gravure, 
qui représente l'intérieur de ramphilhéâ- 
tre de Pompéi tel qu'il existe maintenant ; 
mais, comme notre dessin est nécessaire- 
ment fait sur une échelle très-réduite et 
que les parties qui ont été dévastées s'y 
distinguent mal , on le comprendra mieux 
en recourant à la planche suivante, qui 
donne une coupe et une élévation restau- 
rées d'une partie de l'amphithéâtre de 
Pola par le chanoine Pietro Stancovich 
(Jiifiteatro diPola, tav. 4) : tout y est dé- 
taillé avec plus de perfection. Les spec- 
tateurs pénétraient dans le théâtre par 
les arcades du rez-de-chaussée à main 
gauche de la gravure. A est le podium, 
qu'on ahorde par un petit escalier qui 
déhouche du troisième corridor ou cor- 
ridor intérieur, au centre de la gravure; 
ce podium est élevé au-dessus de l'a- 
rène par un mur nu , surmonté d'une 
balustrade sous laquelle on voit une 
des portes par lesquelles les bêtes sau- 
vages ou les combattants entraient dans 
l'arène. L'escalier qui commence immé- 
diatement à Feutrée de plain-pied con- 
duit directement au premier mx/iia- 
Tium (1), où le spectateur arrivait parles 
ouvertures ()'ow;Vor/«) B : il descendait 
alors les degrés qui pai'tagent les rangées 
de sièges qu'ils enferment en comparti- 
ments à forme de coin (cu/teus), jusqu'à 
ce qu'il fût venu à la rangée particulière 
où son siège était réservé. Le haut mur 
nu, dans lequel s'ouvre l'entrée (B), est 
le halteus : il devait séparer les (hffé- 
rents mseniana, et empêcher les classes 
qui n'avaient droit de s'asseoir que sur 
les sièges supérieurs de descendre à ceux 
d'en bas. Un escalier d'embranchement, 
détournant à gauche, conduit au corri- 
dor formé par les arcades du mur ex- 
térieur; de là il tourne à droite et mène 
au second mœnianum (2), qui avait même 
entrée, même distril)ution que le mœ- 
nianum inférieur, et était séparé du su- 
périeur par un autre halteus (C). D'au- 
tres escaliers, mais qu'où ne peut indi- 
quer dans une seule coupe, conduisent 
de la même manière au troisième mœ- 
nianum (3), et à la galerie couverte'pour 
les femmes qui le domine (D). Les Jtrois 
arches solides, au centre de la gravure, 



construites dans le Jiriquetage principal 
du bâtiment, forment une succession de 
<;orridors enfermant tout l'édifice, d'où 
les différents escaliers déljouchent; en 
même temps ils supportent les sièges de 
la caiea et les escaliers par lesquels les 
spectateurs pénétraient dans l'amphithéâ- 
tre ou le quittaient. 

AMPHORA (^(Açopc'j;). Large vais- 
seau de poterie, avec une anse des deux 
côtés du cou, et terminé en pointe : il 
pouvait se tenir droit si on l'enfonçait 
dans le sol ou rester immobile si on l'ap- 
puyait simplement à une muraille. Il 
servait surtout à tenir du vin en réserve ; 
et la petitesse de son diamètre, compa- 
rée avec sa hauteur, montre qu'il fut 
inventé pour contenir une grande quan- 
tité de liquide et n'occuper que peu de 
place. La gravure représente deux am- 




phores de la forme la plus commune, 
l'une enfoncée dans le sol , l'autre ap- 
puyée à une muraille , telles qu'on en 
trouva à Pompéi ; elle montre aussi la 
manière dont on les transportait de place 
en place. Elle est prise d'un bas-relief en 
terre cuite qui formait l'enseigne d'un 
marchand de vin à Pompéi. 

AMPULLA. Bouteille. Terme général 
qui désignait un vaisseau de toute forme 
ou de toute matière, mais plus exacte- 




ment un vaisseau de verre , au col étroit 
et au corps enQé comme une vessie. De 



AMPULLAMUS. 



ANABOLIUM. 



29 




là ce mot a été pris ûguréinent pour 
désigner un langage boursouflé ( Hor. 
A. P. 97). La gravure donne un spéci- 
men de différents modèles trouvés dans 
des fouilles à Rome. 

2. Amyulla olearia. Fiole d'huile 
dans laquelle on portait aux hains l'huile 
((u'ou versait sur la strigile pour en 
adoucir les effets, et cpi'on employait 
encore à d'autres usages. Cette fiole est 
décrite par Apulée {Flor. Il, 9, 2) 
exactement comme elle 
est représentée dans la 
gravure, d'après un ori- 
ginal qui appartint d'a- 
bord à Lorenzo Pignori 
(DeServ. p. 84), avec sa forme de len- 
tille, sou col étroit et ses côtés un peu 
plats; lenticidari forma, tereti ambitu, 
presstila rotunditate. 

3. A m pull a rubida. Flacon couvert 
de cuir, comme nos flacons de chasse; 
il était employé par des voyageurs pour 
conserver du vin, du vinaigre, de l'huile 
(Plant. Stick, il, 1, 77; Festus, s. v. 
Rubida ) . 

AMPULLARIUS. Artisan dont le mé- 
tier était de couvrir de cuir des bou- 
teilles de verre (Plaut. Rud. m, 4, 51). 

AMUSSIS. Instrument employé parles 
maçons et les constructeurs pour s'as- 
surer de l'égalité, de l'exactitude et de 
la régularité de leur ouvrage, comme la 
règle, l'équerre et le plomb par les char- 
pentiers. Le sens exact de ce mot est as- 
sez douteux , car il résulte des différents 
passages où il se rencontre qu'on l'ap- 
pliquait également à un niveau pour 
s'assurer de l'égalité parfaite d'une mu- 
raille ou d'une assise de maçonnerie (Fes- 
tus, s. ■?'. Amussim et Edaniussiiii ; Varro 
ap. Non. s. v. Examussim); à l'équerre 
pour vérifier un angle droit (Auson. 
Idyll. XVI , 10) ; au cordeau et au plomb 
pour garder une perpendiculaire exacte 
(Sisenna ap. Charis. Il, p. 178); mais, 
dans tous ces cas, c'est toujours le même 
sens général et la même idée ; de quelque 
façon qu'on emploie ce mot, il désigne 
toujours un instrument qjiii servait à cons- 
tater que l'ouvrage était fait avec exac- 
titude et régularité. De là l'expression 
adainussim ou examussim signifie exacte- 



ment, mot à mot, d'après le cordeau et la 
règle (MacroJ). Sat. i, 4; Aul. Gell. i, 
4, 1). 

AMUSSITATUS. Fait avec exactitude 
et précision, comme si l'on disait véri- 
fié à Vamussis. De là, au figuré, dans 
Plante {Mil. m, I, 37), exact, précis. 

AMUSSIUM. Tablette de marbre dont 
la surface était exactement nivelée et 
vérifiée à Vamussis, et sur laquelle était 
marquée la direction des vents. Elle était 
alors fixée au mur extérieur de la mai- 
son, comme un cadran, pour montrer 
de quel côté le vent soufflait (Vitruv. 
I, 6, G; Marini, adl.). 

ANABATHRUM (àvaSaÔpov). Géné- 
ralement , toute rangée de sièges qui s'é- 
lèvent l'un au-dessus de l'autre comme 
dans un escalier : c'était une disposition 
habituelle dans tous les édifices construits 
pour placer une nombreuse compagnie , 
tels que les théâtres, le Cirque, etc. 
(Voy. les gravures au mot Amphithea- 
trum). Mais le sens exact et rigoureux 
du mot implique quelque chose de plus 
déterminé, c'est-à-dire une rangée de 
sièges de bois placés sur le même plan , 
et loués pour une occasion spéciale, 
comme un concert, une lecture, etc.; 
ils étaient rangés autour de la chambre 
pour une nombreuse assistance. On en 
use encore ainsi de nos jours pour des 
réunions de cette nature (Juv. Sat. vil, 
46). 

ANABOLIUM (àvaSôXaiov). Expres- 
sion grecque qui s'applique aux habitu- 
des de ce peuple; mais elle est devenue 
un terme général, employé également 
par les Romains pour désigner un usage 
semblable à celui des Grecs (Inscript. 
ap. Don. cl. 1, n. 91). Ce mot vient du 
grec àvaêàXXo) , rejeter; ou l'employait 
pour désigner une manière particulière 
de porter le pallium ou tout vêtement 
de dessus, qu'il appartînt aux hommes 
ou aux femmes. Elle consistait à en re- 
lever Texlrémité de manière à couvrir 
l'épaule (Isidor. Orig. XIX, 25, 7), 
comme on peut le voir par la figure de 
femme de la gravure ci-jointe, prise de la 
villa Pamfili, à Rome. La figure d'homme, 
d'après un vase d'argile, montre la dis- 
position la plus simple, et nous ne l'a- 
2. 



30 



A>ACLI>T1RUM. 



A>ALEMMA. 



rons dounce que pour expliquer plus clai- 
verneut comiiieut ou s'y preuait pour re- 





jeter le manteau. On relevait le pan de 
re vêlement qui tonil)ait derrière le bras 
droit , ou le passait sur la poitrine et ou 
le jetait au haut de l'épaule ganrlie; l'ex- 
trémité pendait alors par derrière, au lieu 
de tomber par devant ; les deux bras 
étaient couverts; et tonte la personne 
était plus complètement protégée contre 
la température. Dans ce but , on décrochait 
d'abord l'agrafe près de la gorge, pour 
adapter plus étroitement la draperie et ou 
tirait toute la couverture beancouj) j)Ius 
sur le côté droit qu'on ne le voit dans 
notre figure; on avait ainsi un plus am- 
])le vêlement à jeter par-dessus lépaule. 
Ou peut remarquer que les habitants de 
1 Italie ajustent aujourd'hui leurs man- 
teaux de ces deux façons , suivant que la 
température est plus ou moins rigoureuse. 
ANACLINTERIUM ( àva/.XwTrip'.ov ). 
Dossier d'un sofa ou d'uu lit de repos 




pour appuyer la tète (Spart. .¥J. Ver. 
h). La gravure est prise d'un bas-relief 
de Rome qui représente la mort de Mé- 
léagre. 

AN.U)EMA (àvâ5ri(Aa). Bandeau pour 
la tèle, mais plus particulièrement bandeau 




sur lequel portaient le coussinet l'oreiller 



de pur ornement , tel qu'en portaient les 
femmes et les jeunes gens chez les 
Grecs, par opposition à diadema , vitla, 
ou autres bandeaux de tète qui étaient 
le signe de distinctions royales, religieuses 
ou honorifiques (Eur. Hippol. 83; Lu- 
cret. IV, 1126; Paul. Dig. 3 4, 2, 27). 
La gra\ure est prise d'une peinture de 
Pompéi. 

A> AGLYPTA ou ANAGLYPHA (àvi- 
y/u-Ta, àvâv/.vcpa). Objetsen bas-relief : 
bas-relief de marine, de métal, d'ivoire 
(Mart. IV, 39; Plin. H. 3". xxxill, 49). 

ANAGNOSTES (àvayvûcTr,:). Esclave 
dont la fonction était de faire la lecture 
à sou maître dans sou cabinet ou aux 
hôtes à table (Cic. ad Jlt. I, 12; 
Corn. Nep. Jtt., 14; Aul. GeU. iii, 
19). C'était aussi une personne qui réci- 
tait au thécàtre ou dans les places publi- 
ques des passages de poètes favoris (Aul. 
Gell. XVI1I,5, 1 ), comme les r('f//nfoW ou 
spieifatori de >'aples moderne. 

ANALEMMA (àvâXr,iJL[J.=c). Mot grec 
employé pour désigner tout ce qui sert de 
soutieu, et particulièrement le mur, la 
pile ou le contre-fort qui consolide un 
édifice (Dion. Hal. III, G9). Le terme 

latin correspondant est sub- 

stnictio. Les Romains adop- 
tèrent le mot grec pour 
désigner le piédestal sur le- 
quel on élevait un cadran 
solaire. On le voit souvent 
dans les peintures et les bas- 
reliefs, et il a la forme d'uu 
pilier carré ou d'une co- 
lonne basse (Winckelm.; Mon. aiit. ined., 




AJVANClîrM. 



A>'CLABRIS. 



31 



11° 157, 185). Vitruve ,qui se sertde ce 
mot, l'applique incorrecteuient au cadran 
lui-même (Vitiuv. ix, 1,1; Schneider 
ad /.). Dans la gravure, prise d'une coupe 
d'argent trouvée à Porto d'Auzio , on n'a 
dessiné «[u'iuie partie de Vaiialeniiiia , 
mais elle suffit pour montrer ce que 
c'était. Le tout se compose d'un pilastre 
carré haut d'environ 1 m. 62 c. avec une 
base à l'extrémité inférieure qui corres- 
pond à la corniche du sommet. 

ANANC.EUM. Vaisseau pour contenir 
des liquides (Varro ap. Non. s. v. Cre- 
tcrra) ; mais quelle en était la forme 
précise, on l'ignore. On prend ordinai- 
rement ce vase pour une coupe d'une 
assez grande capacité dont on se servait 
dans les festins , et qu'il fallait vider d'un 
trait : cette explication est fondée sur 
l'autorité de Plante {Rud. ii, 3, 33); mais 
la leçon est douteuse. Weise donne àva- 

ANATHEMA (àvâerijJLa). Mot grec qui 
comprentl tout ce ([u'on expose comme 
offrande ^otive dans un temple, un tré- 
pied, une statue, etc. : il est employé par 
Prudence aveé une forme latine {Psy- 
c/io/ii. 540 ). 

ANCILE (àyxijXtov). Bouclier sacré 
trouvé, suivant la tradition, dans le pa- 
lais de IVuma , et que l'on croyait tombé 
du ciel. Suivant les grammairiens, il 
était fait de bronze : il avait une forme 
oblongue et ovale , mais avec 
une échaucrure demi-circulaire 
de chaque coté, semblable à 
celle du haut de la pelta (Varro, 
L. L. AU, 43; Festus, s. v. 
Mamiir.). On le voit dans la 
gravure, prise d'une médaille 
d'Auguste , qui porte aussi à 
côté une représentation de l'apex sa- 
lien. Le nom (ïa/icile est évidemment 
formé du grec àyxvX-if) , le pli du bras ; 
ce que les grammairiens cités ci-dessus 
rapportent à l'échancrure des deux côtés 
du bouclier : mais il est clair que le mot 
a plutôt trait à Vanse demi-circulaire 
(voy. A>'SA et Ansatus) attachée au 
. haut pour suspendre les lioucliers à la 
baguette sur laquelle les Saliens les por- 
taient dans la ville. On le voit dans le des- 
sin ci-joint d'après une piei re gravée, où 




la courbure des deux côtés est beaucoup 




moins prononcée et où la forme générale 
s'accorde plus avec le langage d'Ovide 
(Fast. m, 377) : Idque aitcile vocat, 
quod ah omni parte recisum est; Qiia- 
(]ue notes oculis, angulus oni/iis ahest 
(il l'appelle ancile parce qu'il est taillé 
de tous côtés : les yeux n'y sauraient dé- 
couvrir aucun angle). Il est difficile en 
effet de voir là une description de la 
figure que porte la médaille d'Auguste , 
figure qui fut probablement inventée par 
le tiessiuateur de la médaille, d'après 
l'étymologie admise par les antiquaires 
romains. Peut-être aussi l'effet du temps 
a-t-il modifié la forme et fait apparaître 
les échancrures plus distinctes et plus pro- 
noncées qu'elles ne l'étaient dans leur 
état primitif. 

AISCLABRIS. Petite talile dont on se 
servait dans le sacrifice comme d'un autel. 
Ou y plaçait les instruments du sacrifice 
aussi bien que les entrailles de la victime 
pour l'inspection des devins (Festus, s. 
V.; id. ■V. Escariœ). La gravure repré- 




sente une petite table trouvée à Pompéi, 
que l'on regarde, en raison de ses propor- 
tions et de la cavité qu'elle forme au som- 
met, comme ayant été employée aux usa- 
ges ci-dessus indiqués. Elle a un peu plus 
de m. 20 c. de haut; elle est un peu 
moins longue et a environ m. 17 c. de 
large. Dans une des peintures de Pompéi , 



32 



AJÎCON. 



un prêtre est représenté portant une de 
ces tables au sacnUce (Pitltire di Erco- 
lano, IV, tav. i). 

ANCON (àyxwv). Littéralement 
coude; c'est-à-dire le pli ou l'angle 
formé par les deux os du bras cpiand ils 
se plient vers l'articulation du coude. 
Par extension, on s'est servi de ce mot 
pour désigner plusieurs autres choses qui 
ont la même forme ou qui s'en rappro- 
chent ; et, comme cette forme implique 
deux parties ou côtés séparés , ce mot 
s'emploie généralement au pluriel. 

1. Branches de Téquerre (norma), 
dont se servent les tailleurs et les char- 
pentiers pour mesurer les angles droits; 
elle était formée de deux rè- ^ 
gles plates réunies comme l'ar- 
ticulation du coude (Yitruv. 
III, 6, 14). Notre dessin re- 
présente une équerre ainsi 
formée : elle est sculptée sur un marbre 
sépulcral parmi plusieurs autres outils du 
métier de chaipentier (Fabretti, Aaused. 
7-3). 

2. (TrapwTtç — ouï tw ÛTrepôûpw. Ins- 
cript, dans la collection Elgin du Musée 
Britannique) .Consoles qui soutiennent au- 
dessus d'une porte une corniche d'orne- 
ment {hyperthyritm) ; on leur donne 
ordinairement la forme de la lettre S et 




ou les attache sous chaque extrémité de 
la corniche , à angle droit avec elle 
(Vitr. IV, 6, 4). La petite figure à main 
gauche offre une vue de côté d'une de 
ces consoles, prise du temple du Dio 
Redicolo, comme on l'appelle mainte- 
nant, près de Rome; l'autre représente 
la corniche qui surmonte la porte du 
temple d'Hercule , à Cora , et donne une 
vue de face des ancones pendant de cha- 
que côté de la corniche. 

3. Crampons de bronze ou de fer dont 
on se servait dans les constructions, 
pour relier ensemble de gros blocs ou 



des assises de maçonnerie ( Yitruv. x , 
13, 21). On les employait au lieu de 
mortier dans les bâtiments considérables, 
et ils expliquent la quantité de trous 
qu'on remarque dans la maçonnerie des 
anciens édifices, d'où l'on a retiré les 
cramjions au moyen âge pour s'emparer 
du métal. 





La figure supérieure dans la gravure 
montre la forme d'un aucun de bronze 
du Colisée, et l'inférieure la manière dont 
on l'appliquait pour rattacher deux blocs 
de pierre dans le même édifice. 

4. Bras d'une chaise à bras attachés 
aux montants qui for- 
maient le dos et com- 
posant avec eux un an- 
gle droit comme l'é- 
querre d'un charpen- 
tier (Cœl. Aur. Tard. 
III, 1 ). La gravure est 
prise d'une chaise de 
marbre dans un bas-re- 
lief qui était primitive- 
ment au palais du cardinal Mazzarini , à 
Rome. 

5. Griffes ou fourches à l'extrémité 
des étais {^varœ) dont les anciens chas- 
seurs se servciient pour suspendre 
leurs filets (Grat. Cyneg. 87). On 
les enfonçait par leurs extrémités 
pointues dans le sol , à peu de dis- 
tance l'une de l'autre, autour du lieu 
qu'on désirait enfermer, puis on 
suspendait les filets sur la fourche. 
Voy . le mot Yara, où l'on montre la 
manière de placer le filet. 

6. Espèce particulière de bouteille ou 
de vaisseau pour contenir du vin , dont 
on se servait dans les tavernes romaines 
(Paul. Dig. 33, 7, 13),elàqui, d'après 
leur nom , on peut supposer sans invrai- 
semblance un col recourbé, à peu près 
comme une curnue. Il ne manque qu'un 
modèle pour confirmer cette conjecture. 



\J 



33 



ANGORA (ày^tupa). Jiicre. Les ancres 
des anciens n*a\aieiit quelquefois qu'une 
patte; mais les plus parfaites en avaient 
deux, faites en fer, et ressemblaient 
exactement à celles dont on se sert en- 
core aujourd'hui. On les portait d'habi- 
tude sur l'avant du vaisseau (Virg. jEn. 




III, 277), comme dans la gravure~prlse 
de la colonne Trajane; mais les gros 
vaisseaux en avaient deux et quelquefois 
plus, suivant leur grandeur (Athen. 
V, 43). 

ANCORALE. Cci/>le d'une ancre {U\. 
XXII , 19 ; XXVII ,30). Voy. la figure pré- 
cédente. 

2. Orin ou corde de la bouée (Plin. 
H. N. XVI, IG). La bouée elle-même 
(orîfjieTov àyxOpaç, Paus. VIII, 12, 1) 
était faite de liège et attachée par Yanco- 
rale à un anneau qu'on voit au bout de 
la verge de l'ancre dans la précédente 
gravure. Pendant que la bouée indiquait 
le lieu où était l'ancre, la corde qui la 
tenait servait aussi à dégager du sol les 
pattes de l'ancre, lorsqu'il fallait la 
lever. 

ANDABATiE. Classe de gladiateurs qui 
combattaient les yeux bandés ou avec un 
casque fermé sans ouverture dans la vi- 
sière (Hieron. adv. Jov. i, 3G ; Cic. 
Fam. VII, 10; mais là la leçon est dou- 
teuse). Suivant Turnèbe {Adrers. il, 
10), ils paraissaient au Cirque après les 
courses dans une sorte de lutte comique : 
deux d'entre eux s'attaquaient quelque- 
fois dans un char, la nuit déjà tombée; 
l'un en était le conducteur, l'autre y 
montait et engageait une lutte soutenue 
au hasard. On l'appelait andahata, du 
grec àvaêdiTYi; avec l'insertion d'un d. 

■ ANDRON (àv5pcùv). Terme grec qui, 



dans sa signification stricte, se rapporte 
aux habitudes de cette nation. Il désigne 
la première des deux divisions principa- 
les (lu plan d'une maison grecque , celle 
dont l'usage exclusif était réservé aux 
hommes (Yitrnv. vi , 7 , 4 ; Festus, s. v.). 




Elle consistait en une cour découverte 
(ayXr,), entourée de colonnades (marquée 
c sur le plan), autour de laquelle étaient 
disposés les divers appartements exigés 
pour le service du maître et de ceux qui 
étaient à lui (n. 1 à 9). Elle était sépa- 
rée de l'autre division , qui contenait les 
appartements des femmes, par un passage 
et une porte (marquée d). 

2. Les écrivains latins employèrent ce 
mot dans un sens tout différent, pour 
désigner un simple passage qui sépare 
une maison, ou une partie de la même 
maison, d'une autre; par exemple, le 
passage entre le mur extérieur d'une 
maison et le jardin qui en est proche 
(Plin. Ep. H, 17, 22); et les architec- 
tes romains se servirent du même terme 
d'une façon très-impropre pour désigner, 
dans une maison grecque, le corridor 



3i 



AMJltOMTlS. 



A>MXATLS. 



(|ui sépaïah 1rs nus des autres les ap- 
liaiiemeiits des hommes et reiix des 
i'emmes (mai((ué d dans le plan précé- 
dent) : le nom exact était MesauLr. 

A>DH()MT1S (àvôp wvÏTt:). Synonyme 
d'A>r>RO>-, u" I. 

A>Gll'ORTUSouANGIP()UTlM(crTE- 
vioTiô,). Rue étroite ou semhlahle à une 
cour fermée (Terent. ^dclph. IV, 2, 40), 
et qui alors s'appelait j)ro])rement fiat- 
diila; ou seulement rue détournée qui 
conduisait de l'une des rues princijiales 
aux parties les moins iVéqueutées «le la 
ville (Hoî-at. Carm. i, '2b, 10; Plaut. 
Pseiid. IV, 2, 0). Ces rues détournées à 
Ponipéi sont si étroites qu'une personne 
peut traverser d'une seule enjambée d'un 
trottoir à l'autre. 

ANGUILLA. Fouet fait de peau d'an- 
guille dont les maîtres d'école de Rome 




se servaient pour piuiir leurs écoliers 
(Plin. H. N. IX, 39; Isidor. Orio'in. 
V, 27, 15). La gravure est prise d'une 
peinture d'Hcrculauum qui représente 
l'intérieur d'une salle d'école. 

ANGUIS. 1. Serpent, employé chez 
les Romains comme représentation sym- 
bolique du i(ciiius lof'i ou génie qui 
veillait sur tel ou tel enqilacemeiit (Serv. 
«rrf Yirg. yEw. V, 85). Eu conséquence on 
peignait sur un mur des figures de ser- 
pents, de la même façon qu'on peint 
une croix dans l'Italie moderne , pour 
prévenir le public de ne pas souiller 
l'endroit. Cela répondait à l'inscription 
qui se voit sur nos murs : Défense de 
déposer aucune ordure, etc. (Persii Sa- 
lirœ, I, 113). 



On trouve souvent ces figures dans les 
maisons de Pompéi , dans les cui- 
sines, dans les fournils, dans les lieux 
enfin où la propreté est particulièrement 
désirable; en gé- 



:>lk 



sont 




néral 

séparées par un 
autel , comme on 
le \ oit dans la figu- 
re ci-jointe, prise 
par l'auteur dans 
un des corridors 
qui conduisent 
aux Thermes de 
Trajan à Rome. 
Elle est ]>einte à 
fresque avec l'inscription sui\ante au- 
dessous : 

JOVEM ET Jr>"0>EM ET DIODECIM 
DEOS IRATOS UABEAT QriSQlIS HIC 
.MI>XER1T AIT CACARIT. 

2. Drapeau militaire qui imitait la 
figure du serpent et ^ 

(pii fut adopté dans les 
armées romaines com- 
me enseigne de la co- 
horte (Claud. in Ru fin. 
II, 5, 17 7;Sidon. A- 
poU. 5, 40). On l'ap- 
pelait plus commune- I 
meut Draco : on en a // 
décrit à ce mot la ma- 
tière, le caractère et renq)loi avec plus 
de détails. La gravure est prise de la co- 
lonne Trajane. 

ANGUSTICLAVIUS. Celui qui avait 
le droit de jiorter sur sa tunique l'orne- 
ment ajipelé clavus angustus, marque 
distinctive de l'ordre équestre (Suet. 
Otho, 10). Vov. Clavvs. 

ANMLARltS et ANULARIUS. Ou- 
vrier dont le métier était de faire des 
anneaux (Cic. .^ead. il, 46). Ces arti- 
sans formaient à Rome un collegium ou 
corporation (Inscript, ap. Murât. 2015, 
5). 

ANMLATUS et AMLATUS. En gé- 
néral, qui a ou qui porte des anneaux. 
De là : 

1. Annulati pedes, gens qui ont des 
chaînes aux pieds, comme les esclaves 
employés à la culture chez les Romains, 
qui travaillaient enchaînés (Apul. Metam. 




.35 



IX, p. 1S4), connue on le voit ici, d'a- 
près une lierre gravée. 




■iiiniilat.v aiirt's. Oreilles qui por- 
tent lies anneaux (Plaut. Pan. v, 2, 20). 





comme dans la gravure, d'après une pein- 
ture de Ponipéi. 

ANNULUS ou ANULUS {oay.x<)ho:, 
ffcppayî:). Anneau pour le 
doigt : fait de fer dans l'o- 
rigine et servant de ca- (f l/r''jr^ 
chet pour sceller. Dans la vll|\| '^ 
suite, ou adopta des an 
neaux d'or au lieu d'an 
neaux de fer; mais l'usage de ce métal à 
Rome fut restreiutaux sénateurs, aux pre- 
miers magistrats et aux chevaliers (Plin. 
H. JV. XXXIII, 4). La gravure représente 
un original pris dans la Dactyliothèque 
de Goriœus. L'anneau 
à cachet était porté 
au quatrième doigt 
de la main gauche, A 
par les Grecs comme l/\l 
par les Romains (Aul. 
Gell. X, 10); voyez la figure à main 
droite qui représente la main de Jupi- 
ter d'après une peinture de Pompéi; et 
de là l'expression sedere ad auiiidos 
fl//c«/ (Eimien. Pan. ad Constantin. \ïi) 
signifie être assis à la gauche de ((uel- 





qn'un. Mais, sous l'empire, la mode de 
mettre des anneaux de divers genres 
et de valeurs diverses, comme purs or- 
nements , s'établit dans toutes les classes ; 
on en ])orla aux différents doigts des 
deux mains et même plusienis à la fois 
(Mart. Ep. v, fil ; xi, 59) ; voy. la figure 
à main gauche, d'après une peinture de 
Pompéi , qui montre une main de femme 
avec trois anneaux, deux sur le quatrième 
et un sur le petit doigt. 

2. yinnulus blgewwis. Anneau dans le- 
quel étaient enchâssées deux pierres pré- 
cieuses (Valerian. in Epis t. 
ap. Trehell. Claiid. li). La 
gravure représente un origi- 
nal pris dans la Dactyliothè- 
que de Gorla>us ( part i , n" 
(j8); deux piei;res précieuses 
y sont enchâssées : l'une, qui 
est un large cachet , porte la 
figure de Mars; l'antre est un cachet plus 
petit et porte une colombe avec une 
branche de myrte. 

3. Annidus velaris. Anneau de rideau, 
fait comme les nôtres pour courir sur 
une baguette et tirer on retirer le ri- 
deau. Chez les Romains, ces anneaux 
étaient faits habituellement de bois dur 
(Plin. H. N. Xiii, 18). Dans une maison 
tiouvée aux fouilles d'Herculanum, en 
1 828, et dont on a don- 
né relevât ion au mot 
DoMUS, les baguettes 
de fer sin* lesquelles 
couraient les anneaux 
entre les colonnes de 
Vatrium furent trou- 
vées entières et placées 
comme dans la gravure 
ci-jointe. Elle est prise 
d'une miuialure du Vir- 
gile du Vatican, et ex- 
plique le but et l'usage 
de ces anneaux, quoique les pi opoi lions 
restreintes du dessin ne permettent pas 
de les distinguer sur la baguette. 

4. Anneaux passés dans un 
cerceau d'enfant pour résonner 
avec bruit pendant les révolu- 
tions du cerceau (JLirt. Epi g. 
XIV, Ifit)). Ou en iilaçait plu- 
sieurs sur le même cerceau , comme ou 




30 



A>QUI>-A. 



ANSA. 




le voit par la figure, tirée du bas-relief 
d'une tombe qui subsiste encore près de 
Tivoli. 

5. Tresses de cheveux, arrangées en 
cercles comme des an- 
neaux , autour du derrière 
de la tèle (Mart. Epit;- 
II, 66), comme on le voit 
dans le dessin ci-joint qui 
représente Plotina, fem- 
me de l'empereur Trajan , 
d'après une pierre gra- 
vée. Les paysannes , dans 
plusieurs parties des États de Rome et 
de Naples, arrangent encore leurs che- 
veux de la même manière. 

6. En architecture, arm(7/w, c'est-à- 
dire série d'anneaux ou 

de fdets circulaires, au 
nombre de trois ou de 
quatre dans les modèles 
anciens, qui sont pla- 
cés immédiatement sous YecUhius d'un 
chapiteau dorique et qui décroissent per- 
pendiculairement l'un au-dessous de l'au- 
tre , comme un étage de degrés renversé 
(Vitruv. IV, 3, 4). 

ANQUINA (àyxotvr,). Collier par le- 
quel la vergue d'un vaisseau est attachée 
au màt (Isidor. Orig. XIX, 4,7; Kel- 
vins Cinna ap. Isidor. /. c); on l'ap- 
pelle la drosse dans la langue technique. 





Dans la gravure, prise d'une lampe 
d'argile, Vanquliia apparaît comme un 
anneau demi-circulaire ou un lien de 
bois ou de métal; mais, d'lial)itude, elle 
était faite de corde. Celte dénomination 
lui vint du sens primitif du mot grec, qui 
signihe bras plié. L'à^z-oivr, Sitiayj , dont 
on parle chez les Grecs, comme employée 
pour les grands vaisseaux , par exemj)le , 
les quadrirèmes, etc., ne signifie pas que 
la vergue était maintenue par une double 
anquina, mais que Yanquina était faite 
d'une doui)le épaisseur de corde pour 
résister à l'usure par le frottement , pro- 
portionnée à la grandeur de la vergue. 



ANSA. Ce par quoi nous saisissons quel- 
que chose. Ce mot s'applique, de la même 
façon que notre mol poignée , à plusieurs 
objets qui diffèrent essentiellement l'un 
de l'autre pour la forme et le caractère, 
quoique tous aient la même destination 
générale, celle d'une poignée par la- 
quelle on tient les objets. Les plus im- 
portants sont ceux qui suivent : 

1. (Aaêr,. Xi wxa. ) Poignée de tout 
vaisseau fait pour contenir des liquides , 
comme coupes, pots, amphores, etc. Ces 
poignées variaient sans doute dans leur 
forme , suivant le goût de l'artiste qui les 
dessinait ; et elles étaient placées indiffé- 
remment sur le cou, sur un 
côté ou sur les deux , ou du 
haut au bas du vaisseau, de la 
manière enfin qui convenait 
le mieux à la beauté de l'en- 
semljle; car elles formaient 
toujours une partie intégrante 
de l'œuvre pour les artistes 
anciens , qui ne voulaient pas qu'elles pa- 
russent posées après coup comme de 
simples accessoires. La figure est tirée 
d'un pot de bronze trouvé à Pompéi 
avec une seule poignée d'un caractère 
fort beau , quoique simple ; mais on trou- 
vera dans le cours de cet ouvrage une 
grande variété de formes différentes 
(Cato, R. Jî. 113; Yirg. Ed. m, 45; 
Ov. Ber. XIV, 252; Met. viil, 653). 

2. Ansa ostii (è7tiffTîaaTr,p /.opwvYi , 
pÔTTTpov). Poignée d'une porte par la- 
quelle on l'ouvrait ou on la fermait , et 
qui servait aussi de marteau ( Petr. Sat. 
96). On représente souvent ces ])oiguées 
comme de simples anneaux attachés à un 
crampon; dans d'autres cas, ils étaient 
dessinés et ornés avec plus de soin, comme 





on le voit par la figure ci-jointe, prise 
d'un original en bronze qui appartenait 
primitivement à la porte d'une maison 
de Pompéi. 

3. Ansa crepidx (c<Yy.'j).r,\ Trou ou 



ANS A. 



ANSATUS. 



37 




œil dans le quartier du soulier grec ap- 
pelé crepida, par 
lequel ou pas- 
sait la courroie 
et le lacet ; on 
croisait ensuite 
l'une ou l'autre 
sur le cou-de- 
pied même (Til)ul. I, 8, li).ll y avait 
un même nombre de ces trous de chaque 
côté du soulier; on peut le conclure de 
l'histoire bien connue d'Apelles, qui fut 
repris par un savetier pour avoir omis 
une des ansx dans un ouvrage qu'il avait 
exposé à la vue du peuple (Plin. H. 
N. XXXV, 36, 12). On en voit claire- 
ment la forme et le caractère dans la 
■ gravure , prise du pied d'une statue grec- 
que en marbre. 

4. Aiisa staterœ. La poignée d'un pe- 
sou , par laquelle il était suspendu et qui 
formait son centre d'é([uilil)re, étant fixée 




à la moitié la plus petite de la tige, près 
du bout où l'on attachait la balance ou 
l'objet à peser (Vitruv. x, 3, 4). La 
gravure est prise d'un peson de bronze 
trouvé à Pompéi. 

5. ylnsa gubernacidi (oî'a^). La poi- 
gnée d'un gouvernail (Vitruv. x, 3, 5); 
c'était le bout de la tige du gouvernail 
(AA dans la gravure) que le timonier 
tenait des deux mains, quand le gouver- 
nail se composait d'une simple rame sans 




vure à main tlroite. Mais dans les grands 
vaisseaux , l'emploi d'une barre devenant 
nécessaire, il plaçait une main sin- l'a/z^rt 
( A , gravure à main gauche ) , et l'autre 
sur le clavtis (B), ce qui lui permettait 
de mouvoir le timon avec une bien plus 
grande facilité. La figure à main droite 
est copiée de la colonne Trajane ; celle à 
main gauche d'une peinture de Pom- 
péi. 

G. Aiisa ferrea. Crampon de fer par 
lequel on rattachait les larges blocs de 
pierre dans d'anciens édifices , quand ou 
ne se servait pas de mortier (Vitruv. il, 
8,4); c'est la même chose que XAiicoa 
(6) : on trouvera une gravure à ce mot. 

ANSATUS. Muni d'une poignée ou 
de poignées. Ou trouve les explications 
nécessaires au mot précédent. 

2. Ansata hasta, Ansatum tel uni 
(àyjiuXwTÔc, àyxuÀïix6v, (ji£<7(xy)4u),ov). 
Lance ou javeline, munie d'un appui demi- 
circulaire pour la main , attaché au bois 
comme une poignée. Ces poignées n'é- 
taient pas permanentes; les soldats les 
mettaient aux armes avant d'aller à la 
bataille ou dans toute conjoncture qui le 
demandait (Plutarch. Alex, apophtli. 1 3 ; 
cf. Xen. A/ui/}. i\, 2, 28). Elles avaient 




barre (claviis), ainsi que dans la gra- 



un double but : de les aider à lancer ces 
armes quand ils s'en servaient comme de 
traits , aiisatas mittunt de tiivribus liasta.t 
(Enn. ap. Non. j-. v. Aiisatœ) , ou d'ap- 
puyer la main et de donner de la force au 
coup quand on combattait de près , ansa- 
tis concurrunt telis (Ennius, ap. Macroh. 
Sap. VI, 1 ). Ces deux usages sont indi- 
qués dans la gravure, prise d'une pein- 
3 



38 



ANSULA. 



ANTEFIXA. 



ture qui décore les murs de la tombe 
d'un guerrier à Pœstum ( N'icolai , Anti- 
chità di Pesto, VI ), et qui est pré- 
cieuse pour déterminer le véritable sens 
du mot, seulement soupçonné jusqu'à 
présent ou mal compris ; mais elle prouve 
une différence caractéristique entre Vansa 
etVamentitm d'une javeline : Yamentum, 
comme on lésait, n'était qu'une courroie; 
et Vansa, comme on le voit ici et comme 
le font entendre les autres sens de ce 
mot , était une poignée d'une forme angu- 
laire ou curviligne attachée à un objet. 

ANSULA. Diminutif A'ansa; il s'ap- 
plique à tous les sens qu'on a expliqués 
à ce mot. Valère Maxime (viii, 12, 3 j, 
en rapportant l'histoire d'Apelles et du 
savetier, emploie le diminutif a/Mw/<i? an 
lieu à'ansx dont se sert Pline ( H. N. 
XXXV, 36, 12); et, dans la gravure 
A'Ansa (3), on remarquera qu'il y a en 
effet des trous plus petits sous les 
grands. Cette figure donnera par consé- 
quent un échantillon de Yansa et de 
Vausula, pris dans leur signification ri- 
goureuse. 

ANT^E (irapaa-ràScç). Pilastres carrés 
(Non., s. V.) dont on se servait pour 
terminer les murs latéraux d'un tem- 
ple, quand ces murs latéraux s'avan- 
çaient au delà de la façade de la cella 
ou partie principale du bâtiment (Vi- 
truv. IV, 4,1). Comme 
il faut de chaque côté un 
de ces pilastres pour for- 
mer des supports corres- 
pondants, on n'emploie 
jamais ce mot qu'au plu- 
riel; et ainsi un temple 
est dit in antis ou èv 
TcapaffTiffi (Vitruv. m, 
2,2), quand le portique 
est formé par la saillie des murs latéraux , 
terminés, comme nous l'avons décrit, par 
deux pilasti'es carrés qui ont entre eux 
deux colonnes. 

AISTARIUS. Funes autarii; cordes 
employées pour l'érection d'un màt , 
d'une colonne, ou de tout autre objet 
d'un poids et d'une hauteur considéra- 
bles (Vitruv. X, 2, 3). Elles étaient 
fixées à la tête de la colonne , et de cha- 
que côté au sol à des distances convena- 



bles , pour la tenir solidement et l'empê- 
cher d'incliner de côté et d'autre pen- 
dant qu'on rélevait. 

AMEAMBULO. Esclave dont la fonc- 
tion était de précéder la lectica de son 
maître ou de sa maîtresse et de lui frayer 
le chemin à travers la foule (Suet. 
Vesp. 2.) Ce même nom s'appliquait 
aussi à l'affranchi ou au client qui mar- 
chait complaisamment devant son patron 
quand il sortait (Mart. Ep. Il, 18). 

ANTECESSORES. Cavalerie légère 
qui formait l'avant-garde d'une armée 
en marche; elle frayait le chemin pour 
le corps principal et choisissait les places 
convenables pour une halte ou un camp 
(Hirt. Bell. Afr. 12; Suet. Vit. 17). 

ANTECURSORES. Même sens que 
Antecessores (Cœs. Bell. civ. \, 16). 

A>'TEFIXA. Ornements en terre 
cuite , inventés par les architectes étrus- 
ques, à qui les Romains les empruntè- 
rent; ils étaient employés pour décorer 
les diverses parties d'un édifice au dehors 
comme au dedans , pour couvrir une sur- 
face plate , pour ca( lier les jointures en- 
tre deux blocs de maçonnerie, ou pour 
déguiser par un ornement des contours 
rudes et sans élégance. De là ce nom 
s'appliqua spécialement aux objets dis- 
tincts qui suivent : 

1. Longues tablettes plates en terre 
cuite, avec des dessins en relief, qu'on 




clouait sur toute la suiface d'une frise 
[zophorus) , pour enrichir l'entablement 
et lui donner l'air de quelque chose de 
fini et d'orné. Les artistes grecs sculp- 
taient le marbre lui-même, et tenaient 
en suprême mépris un pareil artifice 
pour cacher des défauts (Liv. xxxiv, 3). 
La gravure représente un antéfixc ori- 
ginal trouvé à Rome, et qui avait servi 
jadis à l'usage indiqué. On remarque en- 
core les trous des clous qui le fixaient. 



ANTlîNNA. 



A>TEÎ>AGMENTirM. 



39 



2. Ornements de même matière, fixés 
à la corniclie d'un entablement pour 
donner passage à la pluie et la verser du 
toit dans la rue (Festus, s. v.). Ils ré- 
pondent aux gargouilles i\e l'architecture 
gothique , mais ils sont d'un dessin beau- 
coup plus simple ; le plus souvent ils sont 
formés du mascaron d'une 
tète de lion , par allusion aux 
inondations du Nil, cpii ont 4°^''* 
lieu quand le soleil est dans 
le signe du Lion. La gravure 
est prise d'un original trouvé 
à Rome ; elle a un trou circulaire dans la 
l)ouche, où était introduit un tube de 
plomb comme gouttière pour verser l'eau. 
'3. Ornements droits , placés le long du 
faite d'un entablement , au-dessus^ du 
membre supérieur de la coruiche , pour 
cacher l'extrémité des tuiles faîtières (/>«- 
hrices) et la jointure des tuiles* plates. 





La figure reiaésente une vue de face et 
une vue de coté de deux modèles trouvés 
à Rome : la figure supérieure, au centre, 
représente les extrémités des tuiles telles 
qu'elles apparaissent sans l'antéfixe; la 
figure inférieure représente les mêmes 
extrémités recouvertes par les antéfixes ; 
la figure à main droite montre aussi 
par derrière la languette qu'on intro- 
duisait sous Yimbrex, pour le fixer; et 
la figure à main gauche , qui porte une 
image de la Victoire, présente ainsi un 
commentaire graphique du passage de 
Tite-Live ( xxvi , 23 ) où il dit (jue la sta- 
tue de la Victoire , placée au sommet du 
temple du Capitole , tomba et fut retenue 
par les Victoires des antéfixes : Victoria, 
quœ in culmine erat , fulmine icta de- 
cussaque, ad Victorias qux in antefixis 
erant , hœsit , etc. 

ANTENNA (âmy.piov). Vergue d'un 
vaisseau : elle était faite d'une seule pièce 
de sapin, quand le vaisseau était petit, 
et de deux , liées ensemble, quand il était 
plus grand; aussi ce mot se rencontre- 



t-il souvent au pluriel, pendant qu'on 
met au singulier la voile qui y est atta- 
chée : antennis lotuni subnectitc vélum 
(Ovid. Met. xi, 483j. De petites vergues 
d'une seule pièce sont représentées dans 
j)lusieurs gravures qui expliquent la cons- 
truction des vaisseaux anciens dans dif- 
férentes parties de cet ouvrage; et la 
vergue donnée au mot Anquina montre 
distinctement la manière dont les tleux 
pièces étaient jointes dans les grands 
vaisseaux. La vergue elle-même est prise 
d'un bas-relief d'une tombe à Pompéi; 
les détails de la voile et le lien qui fixe 
la vergue au màt, de deux lampes en 
terre cuite de Bartoli. 

ANTEPAGMENTUM. Le chambranle 
du ohàssis d'une porte, appelé surtout 
ainsi quand il avait une moulure d'or- 
nement, faisant saillie au-devant du mon- 
tant {scapus cardinalis), qui formait le 
pivot sur. lequel la porte tournait, et 
au dehors', le dérobait tout à fait à la 
vueJ(Vitruv. iv, G; Festus, j. c,- Gato, 
B. fi. 14, 4). 




On comprendra facilement ces détails 



40 



AîO-EPILANl. 



par la g^a^"llre qui représente une éléva- 
tion et un plan de l'ancienne porte et de 
l'ancien châssis subsistant encore à l'é- 
glise de Saint-Théodore de Rome , primi- 
tivement le temple de Rémus. Du coté 
droit de l'élévation , on a coupé Vaiite- 
pagmentutn pour faire voir le montant et 
la cavité où il s'eml)OÎte , pendant que le 
côté gauche et le plan montrent la ma- 
nière dont ces parties étaient cachées 
par Vantepagmeiitum, et expliquent la si- 
gnification réelle du mot. On observera 
aussi qu'une porte ainsi construite ne 
pouvait ouvrir qu'en dedans : en effet , 
la partie de la porte à laquelle le pivot 
était attaché et la crapaudine dans la- 
quelle il tournait étaient placées derrière 
la saillie du chambranle qui était creusé 
pour les recevoir et formait ainsi une 
sorte de cadre qni recouvrait au dehors 
les bords de la porte et protégeait le de- 
dans contre l'air extérieur. 

2. Antepagmentiim superiiis (Vitruv. 
IV, 6, 1). Linteau du châssis d'une porte, 
surtout quand la porte ouvrait en de- 
dans, et que la moulure du linteau en 
recouvrait le bord supérieur, de la même 
façon que nous venons de le décrire pour 
les chambranles latéraux. Celte dispo- 
tion est communément adoptée dans les 
maisons de Pompéi , où les portes habi- 
tuellement sont placées tout à fait der- 
rière le châssis. 

ANTEPILAM. Soldats qui, dans la lé- 
gion romaine rangée en bataille , étaient 
placés devant \es pi/ani ou triarii, qu'on 
postait au troisième rang. Ainsi , c'est un 
terme général pour désigner les soldats 
des deux premiers rangs, les hastati et 
les principes, comme on les appelait 
paiticulièrement (Liv. yiii, 8). 

AMERIDES (èpsîff^AotTa). Contre- 
forts placés contre l'extérieur d'une mu- 
raille pour la soutenir si elle est failjle 
{ Vitruv. VI , 8 , 6 ) ; ils étaient rarement 
employés par les architectes grecs ou ro- 
mains, excepté pour consolider une fon- 
dation. La figure représente la cloaca 
Maxiwa à Rome, avec des contre-forts 
extérieurs de chaque côté de la maçon- 
nerie , comme on le vit dans une fouille 
dirigée par Piranesi. Ces contre-forts ce- 
pendant sont d'une pierre différente de 



celle du reste de l'ouvrage , et ils n'en- 
traient pas dans la construction origi- 




nale; mais on peut les regarder comme 
des vestiges des réparations faites aux 
égouts à l'occasion que mentionne Denys 
d'Halicarnasse (m, 67), quand on dé- 
pensa pour ce monument près de cinq 
millions de notre monnaie. 

ANTESIGNANI. Corps des plus braves 
et des meilleurs soldats de la légion , 
qu'on plaçait immédiatement devant les 
enseignes , pour les empêcher d'être pri- 
ses par l'ennemi (Cœs. B. Cl, b1 ; Liv. 
XXII, 5; IX, 39). 

ANTESTOR. Sommer une personne 
ou lui demander de porter témoignage 
cju'un défendeur refuse de paraître de- 
vant le tribunal. Dans de telles occa- 
sions , le demandeur priait un des assis- 
tants de porter témoignage des mépris 
du défendeur, par les mots licet antes- 
tariP S'il recevait son consentement, il 
touchait l'oreille de son témoin, puis se 
saisissait de la personne de l'opposant et 
le traînait de force au tribunal (Plant. 
Pers. IV, 9, 10; Hor. Sat. I, 9, 78; 
Plin. H. 2\~. XI, 103). 

ANTLE. Rondes de cheveux d'une 




femme , quand elles tombent des tempes 



APHRACTUS. 



41 




le long des oreilles (Festiis, s. t.; Isid. 
Orig-. XIX , 31 , 8 ) ; et pareillement , mè- 
ches de eôlé des hommes, quand elles 
sont arrangées avec soin depuis les tem- 
pes le long du visage (Apul. Floi-, i, 3, 
3)-, comme dans la gravure, prise d'une 
petite figure en bronze trouvée à Herru- 
lammi. La gravure au mot Anadema 
montre ces boucles portées par des fem- 
mes, d'après une peinture de Pompéi. 

AKTILENA. Poitrail attaché au bât 
d'une liète de somme pour empêcher la 
selle de glisser en 
arrière (Isid. Orig. 
XX, 1G).I1 était fixé 
au-devant de la selle 
des deux côtés et 
entourait le poitrail 
de l'animal, comme 

dans la gravure, _ 

prise d'une peintu- 

re d'Herculanum; c'était l'accessoire né- 
cessaire du bât dans toutes les contrées 
montagneuses à pentes escarpées. 

ANTIQUARIUS. Terme employé sous 
remi)ire, avec un sens différent de celui 
de librariits, pour désigner une pei'sonne 
qui faisait métier de copier de vieux li- 
vres (Isid. Orig. VI, 14, 1 ) , et qui écri- 
vait dans l'ancien caractère uncial, quand 
les lettres courantes étaient devenues 
d'un usage général (Becker, Gallits , i, 
p. 1G4, de la tvad. aiigl). 

ANTLIA (àvxXîa). Pompe ou autre 
machine pour élever de l'eau ; ce nom 
s'appliquait à toutes les inventions hy- 
drauliques des anciens et n'indiquait au- 
cune machine particulière. Dans Martial 
{Ep. IX, 19, 4) , il est emplové pour dé- 
signer la tige et le piston ; dans Suétone 
( Tih. 61 ) la roue hydraulique à bras; 
et dans Callixène (Athen. v, 43j, la vis 
d'Archimède. Les différentes machines 
comprises sous le terme général (ïant/ia 
sont décrites et expliquées sous leurs 
noms spéciaux. Les voici : 1° Rota 
AQUARiA ; 2" Tympanum ; 3° Tolleno ; 
4° GiRGiLLus ; 5° Ctesibica machina 
et SiPHo; 6" Cochlea. 

APALARE ou APPLARE. Sorte de 
grande cuiller qui servait à faire cuire 
ou à faire passer des œufs mollets ou po- 
chés {Gloss. Isid.), quoiqu'on l'employât 



m 



anssi à d'autres usages (Auson. Ep'ist. 

21). La gravure est 

copiée d'un original .-— — 

en bronze , trouvé 

dans nne cuisine à 

Pompéi, qui, à ce cpi'on croit, offre le 

spécimen d'un de ces objets. 

APEX. Littéralement , morceau de 
bois d'olivier, aiguisé par le bout et fixé 
dans une touffe de laine, que portaient 
au haut de la tète les Flamuics et les 
Sa/icns (Festus , s. v. Albogalerus; Serv. 
ad Virg. Mn. X, 270). Vapex était at- 
taché de chaque côté par un 
bandeau, ou il tenait à une 
calotte qui s'adaptait étroite- 
ment à la tète , comme dans 
la gravure, prise d'un bas-re- 
lief romain ; de là le mot a- 
pex est employé souvent pour 
la calotte elle-même (Fai)ius Pictor ap. 
Gell. X, 15, 3; Liv. vi, 41 ). 

2. ( xwvoi; ). Cimier du casque auquel 
était attachée la crinière en crins de 
<lie\al (Isid. Orig. XVIII, 14 , 2 ; Yirg. 





Ain., XI!, 492). Vapex lui-même parait 
d'une façon très-proéminente dans la gra- 
vure ci-jointe, copiée d'un original en 
bronze trouvé à Pompéi ; mais nous 
donnons à l'article Galea un modèle 
auquel la crinière est attachée. 

APHRACTUS ou APHRACTUM ( â- 
cppy.xTov). Vaisseau sans pont ou ponté 




seulement en partie à l'avant et à l'ar- 



42 



APIARIVM. 



rière; comme nous disons, demi-ponté 
( Cic. Att. V, 13 ;. La figure est tirée du 
Virgile du Vatican et montre par la hau- 
teur relative des hommes qu'il n'y a pas 
de pont au centre ; en comparant le vais- 
seau ponté ( voy. Navis coinstrata), on 
verra facilement la différence des deux 
bâtiments. 

APIARIUM ( flEXlTOrtôv , (X£>t(TffOTpO- 

çelov). Riiclier ou place où l'on garde 
un certain nombre de ruches (Columell. 
IX, 5, 6 ). 

APIARIUS f;j.£X(cr(J£Ûç, [J.£).tTao\jpY''J?)- 
Celui qui soigne et garde des aijeilles 
( Plin. H. N. XXI, 31 ). 

APICATUS. Qui porte Vanex ou bon- 
net terminé en pointe du flameu dialis 
( Ovid. Fast. III, 397). Voir la gravure 
du mol Apex et l'article Flamen. 

APLUSTRE et APLUSTRUM (âç>,acr- 
Tov). Ornement fait de planches de bois, 
ressemblant un peu aux 
plumes d'une aile d'oi- 
seau , qu'on plaçait sur 
la poupe d'iui navire. 
(Lucan. m, 586 ; Lu- 
cret. IV, 439). La figure 
représente un apliislre 
en détail, d'après un 
ancien bas-relief dont 
on a une copie au mu- 
sée Britannique. On 
voit la position qu'il occupait sur le vais- 
seau dans la gravure précédente. 

APODYTERIUM ( à7to5uTr,piov ). 
Chambre ou l'on se déshabille , parti- 
culièrement chambre de bains ( Cic. 
ad Q. Fr. III, 1,1; Plin. Epist. \, 6, 
25 ) , où l'on se déshabillait et où les 
vêtements restaient pendant qu'on pre- 





nait le bain; car, daus les établissements 



publics, toute personne était forcée par 
la loi de les retirer avant de passer dans 
l'intérieur : cette disposition avait pour 
but de prévenir les vols en empêchant 
de cacher sur soi les objets dérobés (Cic. 
Cœl. 26). La figure représente l'inté- 
rieur de Vapod} terium des bains publics 
de Pompéi ; on peut voir sa position re- 
lativement aux autres pièces sur le plan 
au mot Bali>E/E; il y est marqué A. Il 
a trois portes : l'une, à main gauche, à 
l'extrémité de la gravure , est l'entrée gé- 
nérale et commune ; l'autre , à main 
droite de celle-là, mène dans le bain 
froid, et la plus proche, sur la droite, 
dans le bain chaud. Des sièges pour 
s'habiller et se déshabiller sont placés le 
long des trois côtés de la chambre ; et 
dans les trous qu'on voit aux murailles 
étaient fixées des chevilles de bois pour 
suspendre les vêtements. On mettait une 
lampe dans la petite niche sombre sous 
la fenêtre. 

APOPHORETA ( àTio^ôpriTa). Pré- 
sents qu'un hôte donnait à ceux qu'il 
avait reçus, au moment de leur départ, 
pour qu'ils les emportassent dans leur lo- 
gis. Des cadeaux de ce genre étaient plus 
particulièrement en usage pendant la fête 
des Saturnales ( Suet. Cal. 55; f'^esp. 
19). 

APOSPHRAGISMA ( à7ro(7Ç)pâY»i!xa). 
Dessin ou empreinte d'un anneau à ca- 
chet (Plin. Epist. X, 55, 3). Voy. les 
gravures au mot A>"MJLCS. 

APOTHECA (à7toeYiy.ri ).3Iaoasi,i ou 
dépôt pour toute sorte de denrées (Cic. 
Vatiu. 5; Phil. Il, 27). Ce mot con- 
tient les éléments de l'italien bottega et 
du français boutique; mais c'est là une 
corrujition du sens primitif, qui s'ap- 
pliquait à un magasin où les denrées 
étaient gardées non pour la vente, mais 
pour l'usage particulier de leur posses- 
seur. Comparez Taberna. 

2. Chez les Romains ce mot indiquait 
un dépôt pour le vin dans la partie supé- 
rieure de la maison ( d'où Horace , Od. 
m , 21 , 7 , descende testa; cf. Plin. Ep. 
II, \1 ,n;V\m.H. N. xiv, U,G-7) : 
on l'y gardait pour qu'il pût vieillir dans 
les amphorw, et, comme nous dirions, 
en bouteille ; au lieu que le vin nouveau. 



APOTHEOSIS. 



AQUILA. 



43 



mis dans les dolla et les ciipie, ou , sui- 
vant noire expression, en futailles, était 
placé en bas dans la cella Tinaria. Voy. 
Cella. 

APOTHEOSIS (àuo8£W(Ti; ). Mot em- 
prunté à la langue grecque, mais em- 
ployé seulement à une époque posté- 
rieure (TertuU. Jpol. 34) ; le terme latin 
est Consecratio. Voyez ce mot. 

APPARITORES. Nom collectif donné 
aux officiers publics attachés au service 
des magistrats romains et comprenant 
\ei Âccensi , Lictorcs , Pnecones, Scribx, 
Viatores, etc. ( Cic. ad Q. Fr., i, 1,4; 
Suet. Tib. 11 ). 

2. Dans l'armée, ceux qui servaient 
les tribuns militaires (Hirt. B. Jfr. 37 ; 
Lamprid. Alex. Sev. 52). 

AQU.EDUCTUS (ûSpaywYeîo^O- •^'Z"«- 
diic, canal artificiel , souvent de plusieurs 
milles de long , servant à porter un cours 
d'eau de la source vers un point déter- 
miné (Cic. ad AU, XIII, G ; Frontin. de 




Aquxdiict. ). La ligure représente une 
partie de l'aqueduc construit par l'em- 
pereur Claude : il est bâti de travertin 
et n'a qu'un rang d'arches; mais cer- 
tains aqueducs portaient trois cours 
d'eau séparés dans des canaux distincts, 
l'un au-dessus de l'autre; et d'autres 
avaient deux ou trois rangs d'arches, 
suivant la nature du pays qu'ils traver- 
saient. On voit le canal (specus) par 
lequel l'eau passait : il est découvert au 
sommet. 

AQUAGIUM. Cours d'eau qui était 
une propriété commune et qui ne pou- 
vait être détourné qu'en petites par- 



tics par les propriétaires dont il traver- 
sait les terrains (Pomp. Dii,^. 43, 20, 3 ). 

AQUALIS. Tout vase qui contient de 
l'eau pour boire , criic/ie ou pot à eau 
(Plant. Cure, ii, 3, 33; vV/Y. m, 2, 
39.) 

2. Même sens que Matida ( Varro , L. 
L. \, 119): c'est à cela que fait proba- 
blement allusion la plaisanterie contenue 
dans le passage de Plaute ( Mil. m, 2, 
39.) 

AQUARIUS (Oopoçôpoç). Porteur ou 
marchand d'eau ( Cic. ad Fam. VIII, 6). 

2. Esclave employé aux bains, qui ap- 
portait l'eau , la versait sur le baigneur 




et remplissait le lahriim; il est occupé 
à ce dernier office dans la gravure , prise 
d'un vase d'argile. Ces hommes étaient 
notés pour leurs habitudes licencieuses. 
(Jnven. VI, 332; cf. Festus, s.ik). 

3. Officier à Rome, attaché au service 
des aqueducs : il devait veiller à ce qu'il 
ne fût pas pris une quantité d'eau plus 
grande que celle qui était concédée par 
la loi à chaque individu ou à chaque 
établissement pul)lic (Front. Aquied. ). 

AQUILA. Aigle, enseigne principale 
de la légion romaine 
(Plin. H. N. X, b), 
faite d'argent ou de 
bronze, avec les ailes 
étendues , comme on le 
voit dans la gravure , 
prise d'un original pu- 
blié par La Chausse 
( Recueil d'autiq. ro- 
maines, V , 5 ). On voit 
aussi la manière dont on la portait, au 
mot suivant. 

2. ( ai£x6ç, àsTÔç, àÉTfOfjia). En termes 
d'architecture, face triangulaire com- 




44 



AQUILIFER. 



prise entre les corniches horizontale et 
transversale d'un fronton , et qni servait 
de support à ces dernières : siisthieiites 
fastigium aqiiilee, dit Tacite {H'ist. m, 
71) [si toutefois ces mots ne désignent 
pas plutôt les modillons en forme d'aigles 
adaptés à l'extrémité extérieui'e des che- 
vrons formant les pentes latérales du toit]. 
Le terme est grec ( Pausan. I, 24, 5 ; v, 
10, 20), et correspond au latin Tyiiipa- 
mim; si ce n'est que ce dernier mot 
était employé lorsqu'il s'agissait d'une 
simple face nue et sans sculptures, et le 
premier quand la surface était rem- 
plie par un bas-relief. En effet , ce mot 
venait de l'usage grec fort ancien de 
sculpter un aigle sur le fronton d'un 
temple, surtout de ceux qui étaient 
dédiés à Jupiter : comme dans la gia- 




vure, prise d'un Ijas-relief de la Tilla 
Mattei à Rome. Dans les édifices étrus- 
ques ou autres de construction aréo- 
style, Vaquila était en bois, afin de 
peser moins sur l'architrave; cette cir- 
constance fut cause de l'incendie du 
temple de Jupiter Capitolin, quand le 
Capitole fut assiégé par Vespasien (Tac. 
Hist. l. c). 

AQUILIFER. Principal enseigne d'une 
légion romaine, qui 
portait l'aigle ( Ca's. 
/;. G. V, 37 ; Suet. 
Jug. 10). Il n'y a- 
vait qu'un aquil't- 
fer pour cha([iie 
légion, quoiqu'il y 
eût plusieurs .$/- 
gniferi ou porte- 
enseignes ( Veget. 
Mil. II, 13; cf. 
Tac. Ann. i, 39 et 
Gl). La figure est 
tirée de la colonne 
Trajane , sur la- 
quelle un enseigne 
portant l'aigle est 
représenté plu- 




sieurs fois , avec la peau d'une bête sau- 
vage sur la tête et sur le dos, de la façon 
qu'on le voit ici. 

AQUIMINARIIM, AQOMINALE ou 
AQU^'EMAIN'ALIS. Aiguière avec laquelle 
on versait de l'eau sur les mains des 
convives avant et après le repas. Un 
bassin y était joint, pour recevoir l'eau 
qui tombait des mains ; les deux objets 
ensemlde répondent assez à notre pot à 
eau avec sa cuvette ( Varro, ap. Non. s. 
V.; Ulp. Dig. 34, 2, leg. 19, «. 12). 

ARA (6'JTripiov, pw|j.6ç).^(/?e/; c'est- 
à-dire toute construction élevée au-des- 
sus de terre , en gazon , en pierre , en 
l>riques, enmarijre sculpté, sur laquelle 
ou plaçait ou on brûlait les offrandes 
faites aux dieux. Les autels étaient ou cir- 
culaires ou carrés , avec luie cavité au 
sommet où on allumait le feu, et un 
orifice de côté ou au bas, par lequel 
s'échappaient les liljations de vin ou le 
jus des offrandes consumées. Ou voit au 



r»»»i mmi 



VI 







sonuiiet la cavité pour le feu et au bas 
l'orifice pour la décharge des liquides, 
dans la figure à main droite, prise d'une 
peinture de Pompéi; la figure à main 
gauche est copiée d'un vase d'argile et 
montre le liquide s'échappant par une 
ouverture placée plus haut. Ces parties 
sont essentielles à tous les autels sur les- 
quels on brûlait des victimes ou ou versait 
(les libations; partout où elles manquent, 
liieu que le marbre ressemble en géné- 
ral à un autel , ce n'est qu'un cippits et 
non une ara. Les archéologues oublient 
trop souvent cette différence. 

2. Des autels étaient élevés aux places 
qui suivent. Dans un Iticus ou bois 
sacré, devant la statue de la divinité à 
laquelle il était dédié (Hom. //. il, 
305 ) : ainsi dans la figure , tirée de l'arc 
de triomphe de Trajan , où les ar])res 
représentent le Jjois sacré qui entoure une 



AKA. 

Statue rie Diane devant laquelle est placé 
l'autel. 




ARA. 45 

avertir le puLlic it de ne déposer aucune 



3 
tique 
pie 
qui r 



Sur les degrés au pied du j)or- 

d'entrée ou au-devant d'un teni- 

comme dans la gravure ci-jointe , 

eprcsente les restes du temple de la 




Fortune à Pompéi , où l'on voit l'autel 
au bas des degrés qui conduisent à la 
porte d'entrée. 

4. Dans les rues d'une ville (Plaut. 
Jul. IV, 1, 20; Most. V, 1, 45), et 
près des murs d'une maison, devant une 
peinture ou une image des Lares lùales, 
comme dans la vue ci-jointe d'une rue 
de Pompéi. Le compartiment supérieur 
du bas-relief, au-dessus de l'autel, con- 
tient la figure de deux Lares, exacte- 
ment semblable à celle que nous avons 
donnée à ce mot; et les deux serpents 
placés au-dessous étaient un signe pour 




ordure , « comme nous l'avons expliqué 
au mot Anguis. 

5. Enfin, ils étaient placés près de 
Vimpluviurre ou sur Vimpluvium même 
(les maisons particulières ; c'est sur ces 
autels que la famille sacrifiait aux Péna- 
les. La figure rei>résenle une restaura- 




tion d'une partie de Y atrium, dans la 
maison des Dioscures , à Pompéi ; on y 
voit Vimpluvium sur le premier plan , 
avec l'autel sur le bord. On en décou- 
vrit les traces en faisant des fouilles. 

6. ^ra turicrema. Autel sur lequel 
ou répandait et on brûlait de l'encens 
(Lucret. Il, 353; Virg. ^n. iv, 453). 
La gravure , d'après une ancienne pein- 
ture découverte au pied du mont Pala- 
tin, montre une femme occupée à ré- 
pandre de l'encens sur un autel allumé 
(pii , à en juger par ses proportions res- 
treintes , semble n'avoir été fait que pour 
de telles offrandes ; mais les passages de 
Lucrèce et de Virgile cités ci-dessus 
3. 



46 



ARACHÎSE. 



paraissent indiquer que l'épithète tur't 




crema était aussi appliquée en généi'al à 
toute sorte d'autel, parce qu'on y brû- 
lait toujours de l'encens. 

7. Ara sepulcri ou ara funeris. Bû- 
cher sur lequel on brûlait les morts 
(Virg. .En. vi, 177; Ov. Trist. m, 13, 
21), ainsi appelé parce qu'il consistait 
en bûches de bois disposées en carré , 
comme un autel. La figure est prise 




d'un bas-relief représentant l'histoire de 
Y Iliade; on suppose que ce bas-relief 
date de l'époque de ÎSéron et représente 
le bûcher allumé pour consumer le corps 
de Patrocle. 

ARACHÎSE. Espèce particulière de ca- 
dran solaire; son nom dérive d'une res- 
semblance avec la toile de l'araignée, 
produite par l'intersection des lignes des 
heures et des cercles de l'équateur et 
des tropiques qui y sont tracés. On n'en 
a pas découvert de spécimen ancien 
( Vitruv. IX, 8 ). 

AR^OSTYLOS (àpa-.ôffTuXo:). Aréo- 
style ; ce mot s'applique à un édifice ou 
à une colonnade où les colonnes sont 
placées à de grands intervalles et sépa- 
rées par 3 fois 1/4 ou 4 fois leurs dia- 
mètres; comme dans la dernière ligne 
de la figure ci-jointe, qui montre la lar- 
geur relative des différentes espèces 



d'entre-colonnement adoptées par les an- 
ciens. La construction aréostyle était 
particulièrement employée 
dans l'ordre toscan et pour • *^# 
des lieux fréquentés par un • -2- # 
grand concours dépeuple : #-2ï # 
on ne voulait pas occuper ^ -s -^ 

trop de place par une mul- ^_.. .> ^ 

titude de colonnes. Cette 
construction exigeait une architrave de 
bois : ni la pierre ni le marbre n'eussent 
pu soutenir un poids considérable portant 
sur des appuis si éloignés. La colonnade 
qui entoure le forum de Pompéi est dans 
ce genre. En faisant les fouilles on y 
trouva des vestiges d'architraves de bois 
(Vitruv. III, 2). 

ARATOR (àpoTTÎp). Laboureur (Plin. 
H. N. XVIII, 49, 2) ; quelquefois Ijœuf de 




labour, car le mot s'applique 'également 
aux animaux (Ovid. Fast.i, 698). On 
voit l'un et l'autre dans la figure , tirée 
d'un bas-relief romain. 

2. Fermier qui cultivait de vastes 
portions du territoire public , en payant 
un dixième du revenu ; en général , ces 
aratores étaient membres de l'ordre 
équestre, et ils sont mentionnés par Ci- 
céron comme une classe d'hommes utile 
et excellente (Cic. Agr. Ii, 31, 2; Verr. 
III, 55). 

ARATRL^M (àpoxpov). Charrue. La 
charrue représentée d'ordinaire sur les 
anciens monuments est d'une grande 
simplicité : elle se compose de la bran- 
che d'un orme courbée naturellement ou 
artificiellement eu un croc [buris) qu'on 
aiguisait en pointe , que l'on revêtait de 
fer, et qui servait alors de soc {ronier)i 
une autre branche, saillant de la branclie> 
principale, dans une direction opposée h 
celle du soc, servait de manche (stii'a) 
pour guieler la machine et enfoncer k; 



ARBUSCCL^. 



47 



soc à une profondeur suffisante dans le 
sol. On voit distinctement ces parties 
dans l'ensemlîle et dans les détails parla 
gravure précédente. 

2. La figure suivante représente une 
charrue d'une construction perfection- 
née, d'après un bas-relief découvert dans 
la presqu'île de Magnésie. Elle avait, à 
l'exception du contre, toutes les parties 
essentielles énumérées par les auteurs 
grecs et latins, à savoir A A, biiris 
(yijY)?), la tige recourbée en queue dont 
l'extrémité formait le timon [temo, Inxo- 
êo£ijç);B. dentale (£ÀU[J.a), la pièce de 
bois où s'enclavait le soc; C, vomer 




(uvvtç), le soc; Détait un lien qui ratta- 
chait plus fortement la pièce de bois du 
soc au timon , et que quelques archéolo- 
gues distinguent par le nom de fulcrum, 
mais sans citer leurs autorités ; E E , 
aures (Tirepâ), les oreilles; F, stiva 
{lyiTiXri) , le manche par lequel le la- 
boureur dirigeait la charrue (Yirg. Georg. 
I, 169-175). 

3. La gravure suivante représente une 
charrue à roues (curriis) d'après Caylus; 




outre les parties énumérées ci-dessus, elle 
est aussi munie d'un contre (cul ter), pa- 
reil à une lame de couteau, attaché au 
timon du devant de la charrue. 

4. Aratrum aurilum. Charrue à oreil- 
les (Pallad. I, 43, 1); voy. la gravure 
n° 2, E E. 

5. Aratrum simples. Charrue sans 
oreilles (Pallad. /. c); voy. la gravure 
au mot Arator. 

ARBUSCUL/E («ixa^ÔTtoSeç). Forts 
colliers de bois, ou anneaux, attachés 
sous un chariot (plauslrum) ou sous 



une machine de guerre, pour recevoir 
l'essieu qui tournait avec ses roues dans 
ces colliers, comme on le voit encore 
dans un chariot d'enfant ( Vitruv. X, 14, 
1; Ginzrot; U'agen uitd Falirwerke, i, 
91, 3). Quand les roues tournaient sur 
leur essieu, comme c'était l'habitude 
pour les chars (currus), naturellement 
l'essieu était fixe et les arbusculœ n'é- 
taient pas nécessaires. 

ARCA (xiêwTÔç). Tout coffre ou cof- 
fre-fort où l'on gardait des habits, de l'ar- 
gent et toute sorte d'effets (Cat. R. R. 2, 
3; Cic. Parad. vi, 1; Juven. XI, 26; 
Suet. Cal. 49); malle, caisse, etc. La 




figure ci-jointe est un modèle remarqua- 
ble de coffre-fort, découvert dans l'a- 
trium d'une maison à Pompéi ; on croit , 
avec une grande apparence de raison , 
que c'était une caisse où le questeur gar- 
dait l'argent de l'État. Elle repose sur des 
piédestaux élevés, revêtus de marbre ; la 
caisse est de bois, doublée de bronze au 
dedans et plaquée de fer au dehors. Elle 
est décrite en détail dans Gell, Pompeia- 
na, t. II, p. 30-31. 

2. Boîte de bois, commune, où les 
restes de ceux qui ne pouvaient fournir 
à la dépense d'une bière étaient portés 
au lieu de la sépulture (Hor. Sat. i, 8, 
9; Lucan. m, 73G; Caii Dig. il, 7, 7). 

3. Bière où le cadavre était déposé 
entier pour être mis dans la terre ou 
dans une tombe, quand il n'était pas 
brûlé (Pliu. H. N. XIII, 27 ; Val. Max. 



I, 1, 12). La figure ci-jointe représente 



48 



ARCCBALLISTA. 



le plan et la perspective d'une bière en 
terre cuite (Uggeri, Capo di Bove , 
]il. 19). La partie ombrée dans le plan 
était une sorte de degré pour rerevoir 
la tête du mort , et le trou qui y est pra- 
tiqué était une cavité pour les parfums 
qu'on y versait par un orifice correspon- 
dant ; on le voit sur le côté de la l)ière 
dans la figure supérieure. Le tout était 
fei-mé par un couvercle. 

4. Cellule de prison, dans une maison 
particulière , où l'on mettait les esclaves 
(Cic. Mil. 22). 

5. Caisse de bois dont on se servait 
([uand on établissait des fondations sous 
l'eau. C'était une boite carrée, sans cou- 
vercle et sans fond, qu'on enfonçait dans 
le sol; on en pompait l'eau de l'inté- 
rieur, et le vide était alors renijjji de 
j)ierres ou d'autres matériaux qui compo- 
saient les fondations (Vitruv. v, 12,3). 

ARCARIL Officiers qui tenaient les 
comptes du trésor privé de l'empereur 
(/isciis), d'oii letn- venait le nom de Cie- 
sariani; leurs bureaux étaient situés 
dans le forum de Trajan (Lamprid. Alex. 
5('('. 43; Fragm. Juris antejustinian. a 
Maio éd. p. 38). 

2. Dans les familles particulières, 
caissiers ou domestiques qui tenaient les 
comptes et surveillaient les recettes et 
les dél)oursés de leurs maîtres (luscript. 
ap. Grut. G41, 7, 8; Sca?v. Dig. 40, 
5, 41). 

ARCERA. Cliariot couvert et tout re- 
vêtu de planches qui lui donnaient la 
forme d'un vaste coffre [arca); on s'en 
servait à Rome pour trans])orter les in- 
valides ou les personnes âgées et infir- 
mes, avant l'invention des litières et des 
autres moyens de transport plus élégants 
(Yarro, L. L. V, 140). Ou s'y étendait 




de tout son long : à cet effet , il était 



muni en dedans de coussins et d'oreillers. 
L'extériem- aussi était ordinairement 
couvert de draperies qui le rendaient 
plus agréable à l'œil et en cachaient l'ap- 
parence grossière. (Gell. XX, 1, 8.) 
La gravure est prise d'un marbre funé- 
raire conservé au musée de Baden , et 
publié par Ginzrot {Jf'agen itnd Falir- 
werke, tab. 19, 2) : elle peut être re- 
gardée comme le seul modèle connu de 
ces voitures primitives, dont la haute an- 
tiquité est établie par la mention qu'en 
fout les Douze Tables. (Gell. /. c.) Dans 
l'original on voit des draperies placées 
sur le haut du chariot , pour le couviir 
tout entier, comme nous l'avons dit ci- 
dessus. 

ARCHIMIMUS (àpxiVifiio;)- Chef 
d'une compagnie de bouffons qu'on en- 
gageait aux funérailles pour danser et 
faire des tours de paillasse. Le chef de 
ces mimes représentait en charge la per- 
sonne et le caractère du défunt (Suet. 
^>^/j. 19; voir aussi MiMrs, 2). 

ARCUARIUS. Ouvrier qui fait des arcs 
et des flèches (Aur. Arcad. in Dig. 60, 
G, G; cf. Veget. Mil. il, 11). 

ARCUATIO. Construction en arches 
propre à supporter tout ouvrage, comme 
une route, un pont ou un aqueduc 
(Frontin. Aq. 18 et 21). Voy. la gravure 
au mot Aqu.edictus. 

ARCUATUS. En général tout ce qui 
a forme d'arche ou qui est bàli sur des 
arches (Plin. Ep. X, 47, 2). Voyez la 
gravure d'AQi.EDUCTrs. 

2. Arcuatus ciirrus. Char à deux roues 
avec une tente demi-circulaire au-des- 




sus (Liv. I, 21). La figure est tirée 
dune peinture trouvée dans une tombe 
étrusque et publiée par Micab (Italia 
araiiti il Dominio de Romani). 

AKCURALLISTA. Ma.hine poui lau- 



ARCUBALLISTARICS. 



ARCUS. 



49 



cer des flèches , réunissant les propriétés 
de l'arc et de la ballista. Le nom indi- 
que une arme de l'espèce de Yarlmlètc 
moderne; mais il est difficile d'eu don- 
ner une description précise; on n'est 
pas non plus suffisamment renseigné sur 
le caractère de la ballista (Veget. Mil. 
II, 15). 

ARCUBALLISTARIUS. Celui qui em- 
ployait Yarcuballista (Veget. Mil. iv, 

21)- 

ARCULA (xiêwTtov). Diminutif d',://- 

ca. Le mot arcitla a aussi les sens parti- 
culiers qui suivent : 

1. Boîte de couleurs d'un peintre, 
partagée en un certain nombre de com- 
partiments ; elle était employée parlicu- 
lièrement par les 
peintres à l'encaus- 
tique, qui y gardaient 
séparément les diffé- 
rentes cires colorées 
en usage pour leur art ( Yarro, R. R. ni, 
17, 4). La figure est tirée d'un bas-relief 
romain qui représente la Peinture enga- 
geant M. Varro à illustrer son livre tle 
portraits. 

2. Petit tombeau ou cercueil en pier- 
re , employé par les Romains convertis 
au christianisme et déposé dans les cata- 
combes quand les corps étaient enseve- 
lis sans être brûlés (Inscripl. ap. Grut. 





1031, 4). La figure représente un de 
ces cercueils trouvés dans les catacom- 
bes de Rome ; on n'en a supprimé qu'une 
[partie, pour laisser voir le squelette. 

ARCULARIUS. Ouvrier qui faisait 
des a rciilœ, des cassettes, de petits cof- 
fres, des écrins, etc. (Plant. Jiil. m, 
5,45). 

ARCULUM. Guirlande faite d'une 
branche de grenadier courbée en cercle 
!et attachée aux extrémités jiar un cor- 
Ion de laine blanche; elle était portée 
[lar la Flaminica Dialis dans tous les 
iacrifices, et aussi, dans certaines occa- 



sions , par la femme du Rex sacrificitlus 
(Serv. ad Virg. J£//. iv, 137 ). 

2. Ou .4rculiis. Coussinet de porteur; 
surtout le linge, roulé et plié encercle, 
que les jeunes femmes plaçaient sur Iç 
haut de leurs tètes, comme on le pra- 
tique encore dans la campagne en Italie, 
pour soutenir les corbeilles (ca/iistra, 
cistie) qu'elles portaient dans les Pana- 
thénées et autres fêtes (Festus, s. ■!'.). 
Uarculus est fréquemment 
représenté dans la sculp- 
ture au-dessus des figures 
qui portent toute sorte de 
fardeaux sur leurs têtes, 
comme les Cauephorx , Ca- 
ryatides , Telamortes ; la 
figure ci-jointe en présente 
un modèle d'après les bains 
de Pompéi. Uarculus est 
souvent confondu avec le 
modius , auquel il ressem- 
ble en effet, mais qui serait 
un ornement bien mal approprié dans 
une telle position. 

ARCUMA. Petit chariot (plaustrum) 
qui ne pouvait porter qu'une seule per- 
sonne. (Festus, s. V.) La figure repré- 





sentée ici d'après un bas-relief de tom- 
beau à Rome, s'accorde si exactement 
avec la définition de Festus, qu'il n'y a 
point à hésiter sur son nom réel. 

ARCUS (piôc, TÔ^ov). Arc pour lancer 
des flèches, dont l'usage était générale- 
ment restreint aux plaisirs de la chasse et 
aux luttes d'adresse, à part quelques ex- 
ceptions pendantl'àge homérique (//. Xii, 
350), après lequel on ne le trouve plus 
mentionné comme arme de guerre. Les 
Romains l'employaient de la même ma- 
nière pour chasser le gibier et les oi- 
seaux; mais il ne fut jamais introduit 
dans leurs armées, si ce n'est par des 
auxiliaires dont il était l'arme nationale. 

Les arcs des Grecs avaient deux for- 



50 



mes différentes : les uns consistaient en 
deux cornes, jointes ensemble par une 
pièce droite au milieu de l'arme, comme 
la figure supérieure dans la figure ci- 




jointe, d'après un vase d'argile; les au- 
tres, quand ils étaient détendus, avaient 
une forme circulaire , comme une baie 
(sinus), ainsi qu'on le voit parla figure 
inférieure, tirée aussi d'un vase d'argile. 
Quand l'arc était tendu, il se pliait en 
arrière dans le sens inverse de sa cour- 
be; ce qui devait lui donner une force 
terrible : ainsi s'explique le vrai sens de 
l'épithète homérique TtaXîvTovov (I/iacL 
yiii, 266). Les deux formes sont aussi 
distinguées chez les écrivains latins par 
les épithètes de pattilus (Ovid. Met. 
VIII, 30 ), et de simiosus ou sinuatus (Id. 
Met. VIII, 380; Jm. I, 1, 23). 

2. L'arc des Romains, comme on le 
voit dans leurs peintures, ne différait 
pas de l'arc des Grecs. 

3. Arcus scyt/iiciu. L'arc des Scythes 
mentionné par les auteurs grecs et latins 
avait une forme toute différente de l'un 
et de l'autre des deux modèles précé- 
dents, comme on 
s'en convaincra 
par la gravure, pri- 
se de la base d'un 
candélabre de la 
villa Alljani , qui 
représente Her- 
cule emportant le 
trépied sacré du 
temple d'Apollon 
(Voy.Hygin. Fab. 
32 1. On voit un 
arc de forme sem- 
blable entre les 
mains d'Hercule, sur une pierre pré- 




cieuse dans la galerie de Florence, sur 
une autre du calainet Stosch; et sur la 
base d'un candélabre à Dresde, repré- 
sentant la même querelle entre Hercule 
et Apollon. 

La figure en demi-lune, dans la pre- 
mière gravure , a souvent été citée par 
des philologues comme spécimen de 
l'arc des Scythes; mais les détails sui- 
vants étal)liront d'une façon satisfaisante 
qu'une telle supposition est sans valeur : 
1" Hercule se servait de deux arcs (He- 
rod. IV, 10); l'un, qu'il avait reçu d'A- 
pollon (Apollod. II, 4, 11), était né- 
cessairement un arc grec; l'autre, qu'il 
tenait de Teutarus, berger scythe ( Lyco- 
phr. 56; Tzetz. ad Lycophr. 50; cf. 
Theocr. Id. xiii, 55), était nécessai- 
rement un de ceux dont se servaient les 
indigènes; 2° Lycophron (v. 917) assi- 
mile l'arc scythe à un serpent ; et Becker, 
en décrivant la figure du candélabre de 
Dresde (Augusteum , pi. 5), par une er- 
reur singulière, prend l'arc pour un ser- 
pent, quoique le carquois qui est à côté 
témoigne clairement de son caractère 
réel; 3° Strabon (il, p. 332 Siebenk. ; 
cf. Ammian. XXII, 8, 5) dit que les 
contours du Pont-Euxin ressemblent à 
ceux d'un arc scythe; un côté, qui est 
presque droit, formant la corde; l'autre, 
qui , comme il le dit , s'enfonce en deux 
baies, l'une plus large et plus circulaire, 
l'autre plus petite et à' une courbe 
moins prononcée, est l'arc lui-même; 
4° Euripide {ap. Athen. X, 80) intro- 
duit un paysan qui avait vu le nom de 
Thésée, qu'il ne pouvait lire, inscrit 
quelque part ; il essaye d'expliquer les 
caractères dont ce nom est composé par 
des images familières, et il compare la 
quatrième lettre , le sigma grec , à une 
mèche de cheveux qui forme boucle 
comme les vrilles de la vigne, pôffTp'JxoÇ 
£D.tY[JiÉvo; ; tandis qu'Agathon {ap. Athen. 
ibid.), en rapportant la même histoire, 
fait comparer par ce paysan la même 
lettre à un arc scythe ; or le caractère le 
plus ancien pour représenter le sigma 
grec se traçait ainsi , 2 , ou 3 , ou le 
voit par les marbres de Sigée, monu- 
ment d'une très-haute antiquité (Chi- 
shul. Inscr. Sig. p. 4 et 41), et non 



ARCUS. 



AREA. 



51 



comme la lettre C , ce qui est une forme 
plus moderne; ainsi l'arc porté par le 
personnage dans notre dessin corres- 
pond exactement avec chacune des ima- 
ges auxquelles l'arc scythe est comparé : 
un' serpent, le contour du Pont-Euxin, 
les vrilles d'une plante parasite et le 
sigma grec ; au lieu que la forme demi- 
circulaire n'a de rapport avec aucune, 
excepté avec la lettre C. 

4. jdrclte, arrangement industrieux 
par lequel des tuiles, des briques ou des 
blocs de pierre sont disposés circulaire- 
ment, ce qui permet à ces matériaux 
de se soutenir l'un l'autre par leur 
pression mutuelle et de supporter une 
charge, comme celle d'un pont, d'un 
aqueduc, des étages supérieurs d'un édi- 
fice , etc. (Ovid. Met. m, 169 ; Juv. Sat. 
m, 11). 



313 






[inî 




Quoique le principe sur lequel une ar- 
che est construite ne fût pas entière- 
ment inconnu des Grecs , cependant l'a- 
doption universelle qu'ils firent du style 
d'architecture à colonnes, et le manque 
général chez eux de routes, d'aqueducs 
et de ponts , en rendit l'usage peu néces- 
saire; mais les Romains en tirèrent un 
immense parti dans tous leurs grands 
travaux, comme on le verra par de 
nombreux spécimens dans cet ouvrage, 
et à une période très-reculée , ainsi que 
le prouve la gravure ci-jointe, qui est 
une élévation de la muraille appelée pul- 
chrum littus sur les bords du Tibre , et 
comme le montrent les trois arches con- 
centriques qui formaient la t'/o«caMa^/- 
ina, dont la construction remonte à 
Tarquin le Superbe. 

^. --ire de Iriomplic (Suet. Clainl. 



1, et avec l'épithète trîiimphalis , Ceno- 
taph. Pisan. C. Cxsaris August. F.). 
Pendant la période de la république, 
c'étaient des constructions provisoires en 
bois jetées au travers d'une rue par où 
passait le triomphe et retirées après la 
pompe ; car les arcs permanents dont on 
fait mention sous la république (Liv. 
XXXIII, 27 ; xxxvii, 3 ) sont appelés 
fornices et n'étaient pas élevés pour per- 
pétuer la gloire d'un triomphe (Voyez 
FoRNix). Mais, sous l'empire, ils furent 
convertis en édifices permanents , bâtis 
en marbre et élevés dans différentes par- 
ties de la ville, aussi bien à Rome que 
dans les provinces; petits d'abord et sans 
faste, avec un seul passage, mais dans la 
suite pi'enant des proportions plus gran- 
des et couverts avec soin de sculptures 
et de statues. On le voit dans la ligure 




ci-jointe, qui représente l'arc de triom- 
phe de Septime Sévère , encore debout 
à Rome; on n'y a restauré que les sta- 
tues , comme elles existaient dans l'ori- 
gine, d'après le dessin d'une médaille de 
cet empereur. 

AREA. D'après le sens primitif du mot, 
place vide où l'on pouvait ])âtir (Varro, 
L. L. V, 38; Horat. Epist. i, 10, 13); 
par extension, emplacement sur lequel 
s'élevait une maison qui avait été jetée 
par terre (Liv. iv, 16). On a ensuite 
donné à ce mot les sens particuliers qui 
suivent. 

1. Large espace découvert dans une 
ville : ce qu'on appelle en français place, 
en italien piazza,_et en anglais parade; 
on le laissait libre, on n'y élevait point 
d'édifices, pour qu'il pût servir aux exer- 
cices et aux divertissements du peuple 
(Yitruv. I, 7, 1; Horat. Od., I, 9, 18). 
; Ces areœ étaient souvent emljellies par des 



52 



statues et des œuvres d'art , quelquefois 
entourées par des poteaux et des grilles 
pour en déterminer l'étendue et empêcher 
les particuliers de bâtir sur un terrain 
public (Inscript, ap. Bellori, Fragm. Urb. 
Boni. p. 70); et déplus, pour empêcher 
toutes les tentatives d'empiétement , elles 
étaient consacrées à quelque divinité qui 
avait un autel élevé au centre. Ou les 
distinguait l'une de l'autre par le nom 
de la divinité sous la protection de 
laquelle elles étaient placées, comme 
Yarea de Mercure , Yarea de Pollux , 
Yarea d'Apollon; cette dernière est re- 
présentée dans la gravure d'après un 
ancien plan de Rome sur marbre , con- 
servé maintenant au Capitule, mais qui 
dans l'origine formait le pavé du temple 




de Homulus et de Rémus. L'autel , au- 
quel ou montait de chaque côté par un 
étage d'escaliers, se voit au centre; l'es- 
pace découvert qui l'entoure est assez 
apparent, et on en peut deviner l'étendue 
en complétant l'inscription mutilée, qui 
était Area Apollinis. 

2. L'espace découvert au-devant d'une 
maison romaine, d'un temple ou d'un 
autre édifice, qui forme l'aire du vesti- 




bule (J'estibitlum : Plin. Paneg. 52 ; 
luscript. ap. Nardini , Rom. Aid. m, 
4), comme dans la figure ci-jointe, tirée 
d'une ancienne peinture qui conteuait 



quelques-uns des principaux édifices de 
Rome ; on y voit Yarea entre les deux 
ailes en saillie au-devant de l'édiGce. 

3. Espace découvert au-devant d'un 
cimetière , autour duquel étaient rangées 
les tombes et qui servait A'ustriinim. On 




y élevait les bûchers et on y brûlait les 
corps (Stat. Theh. vi, 57; Tertull. ad 
Scapiil. 3 ; Marini, Iiiscriz. Alb. p. 118). 
La figure ci-jointe représeute une area 
de ce genre, avec des sépultures élevées 
à l'entour ; on la trouva dans les fouilles 
de la villa Corsini, à Rome. 

4. (àXfori). Aire, ou plus exactement 
surface circulaire et plate , en plein air, 
pavée de cailloux , puis recouverte d'ar- 
gile ou de craie et nivelée au cylindre; 
le blé y était détaché des épis par le 
bétail qu'on y faisait tourner (Virg. C. 
I, 178; Horat. Sat. i, 1, 45; Cato, 
Columel. Pallad.) : mode de battre le 
blé communément adopté en Egypte, 
en Grèce et en Italie , même aujourd'hui. 




et clairement expliqué par la gravure , 
prise d'une tombe égyptienne. 

5. Espace carré découvert entre les 
deux côtés d'un filet à glace quand ils 



53 



sont étendus sur le sol; c'est là que le 
chasseur jetait sa graine pour inviter les 
oiseaux à y descendre (Plaut. Asin, l, 3, 
64). 

6. Planche ou I)ordure dans un par- 
terre ou un potager (Columcll. XI, 3, 
13;Pallad. i, 34, 7). 

7. Dans Martial (x, 24, 9), ce mot 
semble désigner les courses du cirque : 
area serait alors l'espace autour duquel 
couraient les chariots et qu'on appe- 
lait plus communément spatium; mais 
la leçon est douteuse. 

AREiNA. Arène : espace ovale et plat, 
dans l'intérieur d'un amphithéâtre, où 
combattaient les bêtes féroces et les gla- 
diateurs; on l'appelait ainsi parce qu'on 
y répandait du sable pour empêcher les 
pieds de glisser (Suet. Ner. 53 ; Juv. Sat. 

IV, 100); voyez la seconde gravure, au 
mot Amphitheatrum , qui représente 
l'amphithéâtre de Pompéi dans son état 
actuel ; l'arène est l'espace plat au centre 
où l'on voit les deux petites figures. 

ARENARIA ou ARENAR1UM. Sabliè- 
re. (Cic. Yarr. Vitruv.). 

ARENARIUS. Terme général qui s'ap- 
pliquait à tous ceux qui luttaient dans 
Yarena d'un amphithéâtre, soit contre 
des hommes, soit contre des bêtes féroces: 
il désignait donc le Gladiator et le Bes- 
tiarius (PeU-.Sat. 12G). 

2. Maître d'arithmétique ou de géo- 
métrie, appelé ainsi parce qu'il traçait 
ses calculs ou ses ligures sur une table 
couverte de sable (Tertull. Pall. 6 ; voy. 
Abacds, 1). 

AREOLA. Diminutif à'Jrea; petit 
carré découvert ou place (Plin. Ep. 

V, 6, 20) ; plate-bande de fleurs ou de 
légumes, dans un jardin (Columell. xi , 
2, 30). 

ARETALOGUS. Personnage introduit 
au dîner chez les Romains pour amuser 
la compagnie, mais à quel titre ou par 
quels moyens , on ne peut le déterminer 
clairement; peut-être comme bouffon 
(ixw.Sat. XV, 16;Ruperti ad L; Suet. 
j4ug. 74; Casaub. ad /.). 

ÀRGEI. Certaines places dans Rome, 
au nomljre de vingt-sept ; il y avait dans 
chacune de petits temples (Yarro, L. L. 
V, 45) consacrés par Numa pour l'ac- 



com))lissement de certains rites religieux 
(Liv. I, 22), et visités, à ce qu'il sem- 
ble, l'un après l'autre (Ovid. Fait, m, 
791; Aul. Gell. X, 16, 4), dans certai- 
nes fêtes , comme les Staziuiii de l'Italie 
moderne. 

2. Images ou mannequins faits de jonc 
des marais , au nombre de trente , qu'on 
jetait cha((ue année dans le Tijjre , du 
pont Suhlicius , aux Ides de mai : cette 
cérémonie était acconqilie par les ponti- 
fes et par les vestales. L'origine et le 
sens de cette coutume sont restés fort 
obscurs (Yarro, L. L. vil, 44; Ovid. 
Fast.y, G21 ; Festus, s. v.). 

ARGEMTARIA {tabenia). Baraque ou 
boutique d'orfèvre, de Ijanquier ou de 
changeur, située en général sous la co- 
lonnade qui entourait le forum (Plaut. 
Epid. II, 2, 17; Liv. xxvi, 27). 

ARGENTARIUS.Banquier/w/Y/c»//V/-, 
par opposition au banquier /«/A//c (nieii- 
sarius); il recevait les tiépàts, accordait 
sur ces dépôts un intérêt , faisait office 
de changeur pour les étrangers et assis- 
tait aux ventes publiques comme cour- 
tier ou commissionnaire : il enchéris- 
sait pour ceux qui l'en avaient chargé 
(Cic. Ciecin. 6; Plaut. Jul. m, 5, 54; 
Suet. Nero, 5). 

ARIES (xpio:). Bélier; machine com- 
posée d'une puissante poutre de bois, 
munie à l'extrémité d'une masse de fer, 
en forme de tête de bélier, qu'on pous- 
sait avec violence contre les murailles 
d'une place fortifiée, pour y praticpier 
une brèche (Cic. Ofjf. 1,11; Yirg. ^En. 
II, 492; XII, 704). 

Dans son usage primitif, celte machine 



0iêm 




était portée sur les bras d'un certain 



54 



ARMARICM. 



nomljre d'hommes et heurtée sans autre 
secours que leurs forces réunies contre 
les murailles, de la façon qu'on la voit 
employée par les Daces sur la colonne 
Trajaue. 

Le premier perfectionnement de cette 
machine consista à suspendre le hélier à 
une poutre placée sur des montants : on 
le lançait ainsi dans tous les sens, avec 
moins de travail manuel , mais avec une 
force d'impulsion bien supérieure (Mtruv. 
X, 13, 2); enfin on le fixa sur un châs- 
sis monté sur des roues et ou le couvrit 
de planches pour protéger contre les 
traits de l'ennemi les soldats qui le ma- 




nœuvraient (Yitr. /. c), comme on le 
voit ici d'après l'arc de triomphe de Sep- 
time Sévère. 

ARMARIUM. Armoire, cahlnet ou buf- 
fet , pour serrer les ustensiles du ménage , 
les hahits , l'argent , les ohjets de prix ou 
tous les articles d'un usage journalier, 
(^'était une pièce considérable du mobi- 
lier, fixée d'ordinaire contre les parois 
il'une chambre, divisée par des rayons 
en compartiments et fermée par des por- 
tes (Cic. Cltieiit. 64; Plaut. Capt. \\, 4, 
10; Petr. Sat. 29; Plin. H. N. xxix, 
32). La figure ci-jointe représente un de 




ces buffets exactement semblable à ceux 
que nous avons décrits : il fait partie du 
mobilier de la chambre d'un cordonnier 
dans une peinture dePompéi. Il est rem- 
pli de formes et de brodequins. 

2. Casier pour les livres dans une 



bililiothèque : il était fixe et engagé 
quelquefois dans les parois d'une cham- 
bre (Pliu. Ep. II, 17, 8). Ces casiers 
étaient partagés en un certain nombre 
de compartiments séparés par des rayons 
et des divisions verticales, et chaque di- 
\ision était distinguée par un chiffre : on 
avait ainsi la première , la seconde et la 
troisième case (Yitruv. vu, Prsef. 7; 
Vopisc. Tac. 8). 

ARMENTARIUS. Pâtre de toute espèce 
à qui on confiait , par exemple , des bœufs 
ou des juments poulinières (Apul. 3Iet. 
VII, p. 142 ) : c'était par ses soins et sous 
sa surveillance que ces animaux passaient 
des plaines dans les pâturages des mon- 
tagnes, où ils séjournaient durant les mois 
chauds de l'été (Lucret. vi, 1250; Varro, 
R.R. 5, 18; Virg. G. m, 344). 

ARMILLA (t^£).),tov ou <}/£).iGv). Brace- 
let pour les hommes, composé de trois ou 
quatre tours massifs d'or ou de bronze 
qui couvraient une partie considérable 
du bras (Festus , s. v.; Isidor. Orig. xix, 
31, 16) : il était généralement porté 
par les Mèdes , les Perses et aussi par les 
Gaulois (Claud. Quadrigar. ap. Gell. 
IX, 13, 2). C'était une partie ordinaire 
de leur costume et une marque de leur 
rang et de leur pouvoir. Le bracelet en- 




trait aussi dans le costume national des 
anciens Sal)ins (Liv. i, 11); on le don- 
nait souvent comme récompense de la va- 
leur au soldat romain qui s'était distin- 
gué , pour être conservé comme un sou- 
venir ou porté comme une décoration 
aux occasions solennelles (Liv. x, 44). 
La figure ci-jointe représente un bracelet 
de bronze trouvé dans une tombe à Jii- 
patransona sur le bras d'un squelette. 

2. ( 'A[j.9''5£a, yXiSwv, 7i£pr/.âp7itov, 
-îp'.cçijp'.ov ). En général, tout cercle 
d'or ou tout anneau dont se paraient les 
femmes, particulièrement en Grèce ; elles 
portaient ces bracelets sur différentes 



ARMIIXATUS. 



parties de leur corps, autour des poi- 
gnets, sur la partie charnue du bras 
ou au-dessus de la cheville : toutes ces 
manières de se parer de bracelets sont 
représentées dans la figure ci-jointe d"A- 
riaite, d'après une peinture de Ponipéi. 




La langue grecque avait un ternie spécial 
pour chacun de ces ornements ; mais le 
latin , qui n'est pas aussi riche , les com- 
prend tous sous le même nom (Plant. 
Men. III, 3, 3; Petr. Sat. G7). Quand 
on en attribue l'usage à des hommes, 
comme dans Pétrone {Sat. 32) et Martial 
{Ep. XI , 21 , 7), c'est pour tourner en ri- 
dicule la vanité à\\n parvenu, ou pour 
caractériser des manières efféminées. 

3. Anneau de fer, fixé autour de la 
tête d'une poutre pour l'empêcher d'é- 
clater (Vitrnv. x, 2, 11). 

ARMILLATUS. Personnage portant un 
bracelet (armilla), ornement qui carac- 
térise surtout les races asiatiques et quel- 
ques autres peuples étrangers. Aussi ce 
mot renferme-t-il une idée de reproche, 
même quand on l'emploie pour ces na- 
tions (Suet. Nero, 30), et de censure sé- 
vère quand on l'applique aux Romains : 
il indique alors une lâche imitation des 
coutumes étrangères (Suet. Cal. 62). 
Voy. Armilla. 

2. Armillatiis caii'is. Chien avec une 




armilla ou un collier autour du cou, 
comme dans la figure reproduite d'après 
une mosaïque de Pompéi (Propert. IV, 
8,24). 

ARMILLUM. Vaisseau pour le vin , que 
Varron {ap. Non. s. v.) décrit comme 
une sorte iïitrceolus, et que Festus [s. v.) 
énumère parmi les vases qui servent aux 
sacrifices. Il faut cependant qu'il ait été 
d'un usage très-répandu, à en juger par 
le proverbe anus ad armillum (Lucil. 
Sat. p. 60, 10, éd. Gerlach; Apul. ATf?. 
IX, p. 197). Ce proverbe s'applique aux 
personnes qui reviennent à leurs habitu- 
des invétérées, comme « les vieilles fem- 
mes à la bouteille ». 

ARQUITES. Jrchers; dérivée à'ar- 
quus, forme ancienne pour arcus; mais 
le mot plus usité est Sagittarii (Festus, 

S.V.). 

ARTEMON (àpTeVwv, N. T.). Une 
des voiles d'un vaisseau; mais laquelle 
était-ce, et où était-elle placée.'' on hé- 
site sur ce point. Isidore {Orig. xix, 3, 
3) prétend qu'on s'en servait plutôt pour 
gouverner un vaisseau que pour en accé- 
lérer la vitesse {dii-igendx potius navis 
causa quam celeritatis), ce qui semjjle- 
rait indiquer une voile attachée à un mât 
inférieur, s'inclinant obliquement sur 
l'arrière, comme celle dont on se sert 
fréquemment dans nos bateaux de pê- 
cheurs et dans les petites embarcations 
de la Méditerranée ; là les matelots l'ap- 
pellent trinchetto. C'est probablement 
l'interprétation vérital^le , car elle distin- 
gue la voile par un usage propre et une 
place particulière qui n'ont rien de com- 
mun avec les autres voiles , dont on con- 
naît suffisamment la position et la na- 
ture. Baïf cependant {De renav. p. 121) 
y voit la grande -voile que les Italiens 
de son temps appelaient artemone; et 
Scheffer {Mil. nav. v, 2) un hunier 
élevé au-dessus de la grande voile. En 
français , on appelle mât et voile <X ar- 
timon le mât et la voile qui sont à la 
poupe du navire. 

2. Poulie principale dans un système 
qui en comprend plusieurs autres {poly- 
spaston) : elle était attachée aune ma- 
chine pour lever de lourds fardeaux 
(Vitrnv. x, 2, 9). 



56 



ARTOLAGANUS. 



ARUNDO. 



ARTOLAGANUS (àp-roXdYavov), Sorte 
de gâteau délicat et savoureux, à la pâte 
duquel ou mêlait du vin, du lait, de 
l'huile et du poivre (Athen. m, 79; Cic. 
ad Fam., IX, 20; Plin. H. N. XVIII, 
27). 

ARTOPTA (àpTÔiTTT]). Moule où l'on 
cuisait de la pâtisserie et du pain (Plant. 
JiiL II, 9, 4; cf. Juven. Sat. \, 72, 
où la plupart des commentateurs enten- 
dent par ce mot celui qui faisait cette 
sorte de pain). La figure représente deux 





modèles tirés de Pnmpéi et du genre le 
plus simple ; mais d'autres , d'un dessin 
j)lus orné, ont été trouvés dans la même 
ville. 

ARTOPTICIUS. sous-entendu panis. 
Flûte, gâteau ou petite miche, cuite dans 
nu moule (Plin. H. N. xviii, 27). La 
figure ci-jointe est tirée d'un 
modèlequi fut découvert avec 
plusieurs autres dans la bou- 
tique d'un boulanger à Pompéi ; il est de- 
venu plus dur, sans être endommagé par 
l'influence du temps. 

ARULA. Diminutif de Ara. 

ARUNDO. Jonc ou canne; plante gé- 
néralement employée par les anciens 
pour la fabrication de plusieurs objets 
auxquels convenait particulièrement la 
forme longue , légère , élastique et effilée 
de sa tige ; ce mot est employé à la fois 
par les prosateurs et par les poètes 
(Plin. B. JV. XVI, 66). Les plus impor- 
tants de ces objets sont ceux qui sui- 
^ent. 

1. Jrc, fait de canne, dont se ser- 
vaient particulièrement les Parthes et 
les Orientaux (Sil. Ital. x, 12). 

2. Flèche, faite de canne, dont se 
servaient les Egyptiens et les Orientaux , 



aussi bien que les Grecs (Virg. JEit. 
IV, 73; Ovid. Met. i, 471). La figure 
ci-jointe représente une flèche égyp- 
tienne de cette sorte. 



3. Ligne, faite de canne, qu'on voit 




dans la gravure ci-jointe, d'ajjrès une 
peinture de Pompéi (Plaut. Rtui. \i\ , 1 , 
6; Ovid. Met.TiUi, 923). 

4. Baguette de canne, enduite de glu 
à l'extrémité , dont se servaient les oise- 
leurs anciens pour prendre les oiseaux. 
Le modèle ici donné est tiré d'une 
lampe en terre cuite, sur laquelle est re- 
luésenté un oiseleur, partant pour sa 
chasse, avec cette baguette sur l'épaule; 
l'appeau est perché à un bout de la ba- 
guette , et une cage ou un piège est sus- 
pendu à l'autre. On s'en servait de la 




manière suivante. Le chasseur suspen- 
dait d'abord la cage avec son appeau à 
la branche d'un arbre sous lequel ou à 
une distance convenal)le duquel il faisait 
en sorte de se cacher; et, quand un oi- 
seau, attiré par le 
chant de son compa- 
gnon, se perchait sur 
les branches , il pas- 
sait doucement sa ba- 
guette au travers jus- 
qu'à ce qu'il atteignît 
sa proie qui se pre- 
nait à la glu , et qu'il 
amenait ensuite à lui. Quand l'arbre était 




ARUNOO. 



ARX. 



très-éle\é ou que le chasseur était forcé de 
prendre sa position à quelque distance, 
il se servait il'une haguette composée de 
parties séparées, comme nos lignes, de 
telle sorte qu'il pouvait l'allonger gra- 
duellement jusqu'à ce qu'il atteignit 
l'objet de sa poursuite; d'où son nom 
à'arundo crescens ou tejrta (Mart. Ep. 
IX, 65; XIV, 218; Sil. Ital. vu, «74- 
(i77; Petr. Sat. 109; Bion , Id. il, 5). 
Le dernier dessin , tiré d'une pierre gra- 
vée, montre clairement comment on se 
servait de cette haguette. 

5. Plume de roseau, pour écrire sur 
du papier ou du papyrus; ou en voit 





une ici, à coté d'un encrier, d'après une 
peinture de Pompéi (Pers. Sat. m, 
11 ; Auson. Epist. vu, 50). 

6. Flûte de Pan, faite de plusieurs 
tiges de roseau ou de canne, 
d'inégale longueur et d'inégal 
calihre , liées et cimentées en- 
semjjle avec de la cire; de là 
son nom d'arundo cerata ( Ov. 
Met.w, 154; Suet. ////., 32 I. 
Le modèle ci-joint est pris 
d'un marhre de Pompéi. 

7. Roseau employé dans le tissage 
pour séparer les lils de la chaîne [sta- 
men ) , avant que les lis- 
ses (licia) fussent atta- 
chées; il était passé de- 
vant et derrière chaque 
fil , tour à tour, de ma- 
nière que le tout fût di 
visé en deux parties dis- 
tinctes, dont les fds a- 
haissésou élevés offraient 
un libre passage à la na- 
vette. On voit ce roseau 
au centre du métier dessiné ici et repro- 
duit d'après le Virgile du Vatican (Ovid. 
Met. IV, 55. Voy. Tkla, Texo ). 

8. Longue canne, ayant au bout une 
éponge ou toute autre matière appro- 
priée, qui servait ainsi de balai pour 




nettoyer le plafond d'une chambre 
I Plaut. Stlcli. II, ,3, 23. Cf. Mart. Ep. 
XII, 48. Voir un balai de ce genre dans 
la figure qui est au mot iÏDiTirs). 

9. Baguette de canne pour mesurer 
(Prudent. Psycli. 826). 

10. Bâton fait de canne (Petr. Sat. 
134). C'est probablement le même que 
n" 8. 

11. Espalier de canne pour dresser 
des vignes ( Varro , B. B. ï,8 , 2). 

ARX (ày.poTto),'.;). Forteresse ou cita- 
delle d'une ville antique. Elles étaient 
toujours bâties au sommet d'une colline 
de difficile accès ou d'un rocher escarpé; 
elles s'élevaient au-dessus du niveau gé- 
néral de la plaine dans laquelle était si- 
tuée la ville proprement dite. Elles n'a- 
vaient par conséquent que fort peu be- 
soin d'être fortifiées par l'art, et on n'a- 
joutait guère aux difficultés naturelles de 
leur position qu'un mur au haut de l'é- 
minence, et qu'une porte et une tour 
pour commander l'entrée principale. On 
peut encore voir des traces de plusieurs 
de ces citadelles dans différentes parties 
de l'Italie et de la Grèce; toutes sont 
construites de la façon que nous venons 
de décrire. Elles ne sont fortifiées d'a- 
près aucun plan régulier; elles n'ont 
aucune forme juécise; elles suivent sim- 
plement les contours de l'éminence 
qu'elles couronnent. La gravure placée 




ici est un dessin de l'Acropole d'Athè- 
nes, telle qu'elle subsiste encore mainte- 
nant , avec quelques colonnes du temple 
de Jupiter Olympien au pied de l'acro- 
pole ; elle pourra donner une idée géné- 
rale de l'aspect ordinaire de ces forte- 
resses. Comme Varr de Rome, l'Acropole 
contenait les principaux temples des divi- 
nités tutélaires de la ville , qu'on avait 
réunis dans son enceinte pour s'assurer 
leur protection. 



5S 



AscrA. 



2. Il ne reste pas maintenant de tra- 
ces de l'Arx de Rome; la place sur la- 
quelle elle s'élevait est entièrement cou- 
verte d'édifices modernes. Elle occupait 
le plus septentrional et le plus élevé des 
deux sommets qui divisent la colline du 
Capitole ; elle faisait face à la rue Fla- 
minia et au mont Esquilin ; et c'est sur 
son area que s'élève maintenant l'église 
d'Ara-Celi, corruption supposée à\4rce 
(Niebuhr, Hist. rom.,l, p. 502 delà 
trad. angl.). 

AS (de £i;, prononcé a; par les Ta- 
rentins). Pièce de monnaie qui repré- 
sentait l'unité de valeur dans les mon- 
naies de Rome et de l'antique Italie. 
Primitivement Vas était du poid d'une 
livre ; de là son nom d'à* libralis ; et il 




était composé d'un mélange de cuivre et 
d'étaiu [tes), de là aussi son nom à' ses 
grave; mais la valeur en fut beaucoup 
réduite dans la suite. A l'époque de Ci- 
cérou, il valait environ 6 centimes de 
notre monnaie. Dans l'origine, il portait 
l'empreinte d'un bœuf, d'un bélier, d'un 
sanglier ou d'une truie, emblème des 
troupeaux (pecus, d'où le mot pecunia) 
qui constituent la fortune de tous les 
âges primitifs; plus tard, le type le plus 
habituel fut , d'un côté , un Janus à dou- 
ble tète , et , de l'autre , la proue d'un 
vaisseau (Voy. Semissis) ou un Mercure, 
le dieu du commerce, comme dans le 
modèle donné ci-dessus. C'est la repré- 
sentation , réduite de deux tiers , d'un as 
(pii pèse dans son état actuel 10 onces 
10 grains. 

ASCAULES (àffxaû),Y]:). Mot formé 
du grec, qui désignait un joueur de 
musette (Mart. Ep. x, 3,8). On ne 
compte pas ordinairement Yascaules 
parmi les musiciens de profession , parce 
que l'instrument dont il jouait était par- 
ticulier aux paysans et au bas peuple , 
comme on peut clairement l'induire du 



passage de Martial (Le) et de la figure 
donnée ici ; elle est copiée d'une petite 




figure de bronze que possédait primitive- 
ment le docteur Middleton et qui repré- 
sentait évidemment une personne des 
classes inférieures. Les marbres anciens 
et les pierres précieuses en fouruissent 
d'autres spécimens. 

ASCI A. Nom donné à différents ob- 
jets, employés dans des métiers et ser- 
vant à des usages distincts , qui furent 
tous classés sous le même terme, parce 
qu'ils avaient des ressemblances généra- 
les, soit pour la forme, soit pour la ma- 
nière dont on s'en servait. Les voici : 

1. ((7X£7iapvov). Instrumept inventé, 
dit-on, par Dédale (Plin. H. N. VU, 
57 ) , d'un usage vulgaire parmi tous les 
ouvriers en bois , tels que les charpen- 
tiers , les charrons , les constructeurs de 
vaisseaux, etc. (xil Tab. ap. Cic. Leg. 
II, 23; Petr. Sat. 74), et correspon- 
dant sous quelques rapports à Yhermi- 




nette de nos jours , mais avec les diffé- 
rences importantes qui suivent : on s'en 
servait pour tailler des pièces placées 
dans une position verticale au lieu d'une 
position horizontale (voir la gravure au 
mot Ascio;. Cet instrument avait à l'une 



ASlNARirS. 



59 



de ses extrémités une tète comme un 
marteau, et à l'autre, qui formait le 
tranchant, il était légèrement creux et 
recourjjé pour tailler plus à l'aise dans 
une pièce de bois creuse ou pour .creu- 
ser des surfaces planes. Tous ces signes 
caractéristiques paraissent distinctement 
dans le modèle , qui représente deux spé- 
cimens, légèrement différents l'un de 
l'autre, et copiés tous les deux de mar- 
bres funéraires. 

2. (tOxoç et TU)(Oç)' Instrument de 
forme à peu près semblable , employé par 
les maçons et les constructeurs; il y est 
fait souvent allusion dans les inscriptions 
des tombeaux. Il avait un marteau à une 

extrémité et à l'au- ^ _. 

tre une lame comme r^^-;;:^!^::— :zi:ze2^' 
un bec d'oiseau (A- '' 

ristoph. Av. 1138 , Schol. ad l. ) ; on en 
voit ci-joint une gravure, copiée d'un ori- 
ginal trouvé avec plusieurs autre outils 
de construction à Pompéi. 

3. Instrument employé par les bri- 
queleurs pour couper la chaux et mêler 
le mortier (Vitruv. vil, T; Pallad. i, 
14), comme dans le modèle pris de la 
colonne Trajane , qui représente en par- 




tie une personne engagée dans l'occupa- 
tion que nous avons décrite. 

4. Houe à manche court, employée 
par les jardiniers et les laboureurs pour 
ouvrir le sol , creu- 
ser la terre, etc. 
(Pallad. I, 43). La 
figure est prise de 
la colonne Trajane , 
et rappelle pour l'u- 
sage et la forme la zappa ou courte houe 
des paysans de l'Italie moderne. 

ASCIO (ffX£7capvî!^w). Quand le mot 
s'applique aux ouvriers en bois, tailler 
ou façonner avec une herminette de 




charpentier l^ascia); ce que les anciens 




faisaient d'une seule main et sur des sur- 
faces placées dans une position verticale, 
comme on le voit dans la gravure, qui 
représente un des ouvriers de Dédale oc- 
cupé de la sorte, d'après un bas-relief 
de la villa Alljani. 

2. Quand il s'applique aux construc- 
teurs , ce mot signifie mêler et remuer le 
mortier avec une houe de plâtrier, comme 
dans la gravure au mot AsciA, n° 3. 

ASCOPEHA (àoxoTiripa). Large valise 
ou sac, fait de cuir non préparé, dans 




lequel ceux qui voyageaient à pied por- 
taient leurs objets les plus nécessaires, 
par opposition à hippopera, valise des 
voyageurs à cheval (Suet. Nero, 45). 
La figure est tirée d'une ancienne fres- 
que qui représente un paysage. 

ASINARIUS. Valet de ferme qui était 
chargé de faire paître, de conduire et de 
soigner les ânes appartenant à la ferme 
(Varro,/?. ^. i, 18, 1). 



60 



ASPERGILLUM. 



ASSER. 



ASPERGILLUM ( Tiepippavrôpiov ). 
Voir le mot suivant. 

ASPERSIO. Action d'asperger d'eau , 
comme purification , avant de taire le sa- 
crifice aux dieux inférieurs (Cic. /.<%'■. 
II, 10; cf. Ov. Fast. V, 679; Virg. 
Mn. IV, G35); tandis qu'avant d'offrir 
un sacrifice aux dieux supérieurs on bai- 
gnait tout le corps ou du moins les mains 
et la figure ( Broiier. de Adorât, c. 12). 
On faisait cette cérémonie avec une bran- 
che de laurier, comme dans la gravure 
ci-jointe, tirée d'une médaille qui repré- 
sente Lucilla, la fille de Marc-Aurèle, 
rompant une branche pour asperger de 
jeunes enfants, pendant qu'une prêtresse 
puise de l'eau de la rivière. On se ser- 
vait aussi d'une vergette faite exprès à 
cette intention , comme dans la gravure 




suivante , prise aussi d'une médaille. Les 
Grecs l'appelaieut TtepippavTTip'.ov ou 




pâvTicTpov. Le terme latin correspon- 
dant est inconnu, car le mot aspergil- 
liim employé par les philologues mo- 
dernes n'est appuvé d aucune autorité 
ancienne. 

ASSER. En général, petite pièce de 
bois, perche ou poteau, fixée dans ou 
ur quelque chose (Liv. Caes. Tac), d'où 



se déduisent les sens particuliers qui 
suivent. 

1 . Perche qui soutenait une litière 
(lectica) sur les épaules des porteurs 
' Suet. Cal. 58 ; Juv. m , 245 ; VII , 132 ; 
Mart. IX, 23, 9). Elle était entière- 
ment distincte de la litière même et ne 
doit pas être confondue avec les bâtons 
( amites) , qui étaient fixés d'une façon 
permanente au corps de la voiture, ou 
du moins qu'on ne pouvait enlever que 
par occasion. \Jasser était passé sous une 
courroie ( lorum , stritppiis ) attachée à 
ces bâtons comme la courroie, de der- 
rière dans un harnais simple ; on le le- 
vait alors sur les épaules des porteurs 
(lecticarii) , et c'est sur lui que portait 
tout le poids de la voiture. La gravure 




ci-jointe, qui représente une litière chi- 
noise d'après Staunlon, éclaircira parfai- 
tement ce sujet , dans l'absence de tout 
original ancien connu. Ou conjecture 
quelle répond à l'original romain par la 
lumière qu'elle jette sur les différents 
termes employés en parlant de ces litiè- 
res , et par l'explication simple et natu- 
relle qu'elle donne sur des points que 
n'ont pu éclairer les savants. En outre, un 
moment de réflexion convaincra tout le 
monde que c'était la disposition la plus 
commode pour qu'une litière fût facile- 
ment portée par six ou huit hommes, 
comme cela arrivait fréquemment i^liesa- 
phoros , octaplioros). 

2. Poutre à tête de fer, suspendue et 
manœuvrée comme im bélier à bord 
d'un vaisseau pour entamer le gréement 
de lennemi (A'eget. Mil. iv, 44). 

3. Asser falcalus. Longue perche 
avec une tète de fer, aiguë et recourbée, 
dont on se servait dans les sièges pour 
abattre la garnison sur les murailles 
(Liv. XXXVIII, 5); 



ASSERCULCM. 



ASTRAGALUS. 



fil 




4. Jsseres. En architecture, chevrons 
d'un toit en charpente sur lesquels sont 
placées les tuiles marquées hli clans le 
plan que nous donnons au mot Matkria- 
TIO. Elles sont représentées à l'extérieur 
par les ornements appelés denticules (Den- 
TICULDS, 2), dans les ordres ionique et 
corinthien (Vitruv. iv, 2, t et 5). 

ASSERCULUMet ASSERCLLUS, di- 
minutifs de asser. Petite perche ou bâ- 
ton dont on se servait pour manche à 
balai (Cato, R. R. 152). Voir la gravure 
au mot jflDiTurs. 

ASSIS (aavii;). Planche plate. (Cœs. 
Plin. Columell. Vitruv.) 

2. Soupape dans un tuyau ou robinet, 
qui, suivant qu'on la tourne, livre pas- 
sage au liquiile ou le 
retient (Vitruv. v, 7, 
1 ). La gravure repré- 
sente un rol)inet de 
bronze original, dé- 
couvert dans l'ile de 
Capri : le mécanisme pour tourner la 
soupape se voit distinctement au haut. 

ASSUS. Littéralement, rôti; de là le 
neutre assum , chambre dans un bain , 
échauffée à la vapeur, à l'effet de pro- 
duire une transpiration violente (Cic. ac/ 
Q. Fr. III, 1 , 1). Voy. Sudatio, Slda- 

TORIUM. 

2. Assa tibia. Solo de flûte sans ac- 
compagnement vocal. (Serv. ad Virg. 
G. II, 417). 

3. Assa nutrix. Nourrice qui élève les 
enfants au biberon (Schol. Vet. adhw. 
5«/. XIV, 208). 

4. Assi lapides. Pierres posées sons 
mortier (Serv. ad Vir. G. Il , 417); c'est 
de cette façon que furent construits les 
plus beaux des édifices grecs et romains. 

ASTRAGALIZOiNTES {%Gxç<xya.\[W- 
TEç). Nom grec employé pour désigner 
les personnes qui jouaient a- _ 

vec les os des articulations des f'W^*' 
animaux (à^Tpàya^oij hitin p^ 
tait). On en voit ici un spéci- 
men tiré d'un original en bronze : c'était 
un sujet favori des sculpteurs et des pein- 
tres de la Grèce (Plin. H. N. xxxiv, 
19, 2; Pausan. x, 30, 1). Les deux 
sexes s'amusaient de cette façon et em- 
ployaient ces Osselets à différents jeux; 



mais le plus simple et le plus usité, qui 
parait représenté dans la gravure ci- 
joiute, d'après une peinture grecque dé- 




couverte à Résina, ressemblait à ce qu'on 
appelle proprement jeu des osselets, et 
consistait simplement à jeter les os en 
l'air et à les rattraper sur le dos de la 
main quand ils retombaient. Dans j)lu- 
sieurs autres jeux oii l'on jouait de gros- 
ses sommes, les os étaient marqués de 
chiffres et on les employait en guise de 
dés (Jul. Poil. IX, 100-104; Eust. in 
Od. I, p. 1397, 34. Voy. Talus). 

ASTRAGALUS (à(7Tpâya)>oç). Nom 
grec de l'un des os vertébraux , celui du 
cou-de-pied et Vos des articulations des 
animaux , dont on se servait au lieu de 
dés aux jeux de hasard et d'adresse, mais 
qui n'est employé dans aucun de ces 
sens par les auteurs latins. 

2. Chez les architectes romains, as- 
tragale; petite moulure demi-circulaire, 
appelée ainsi par les anciens de la res- 
semblance qu'elle a, par la succession des 
formes rondes et angulaires, avec une 
rangée d'osselets placés l'un à côté de 
l'autre , et nommée chapelet ou baguette 
paj- les modernes parce qu'elle a tout à 
fait l'air d'un chapelet de grains ou de 
baies. Elle est surtout un signe caracté- 



wuMUÈjm 



ristique de l'ordre ionique, où elle forme 
le membre le plus bas du chapiteau , im- 
médiatement sous Vechiuus, et partage 
les faces d'une architrave. On la trouve 
aussi dans la base , où elle est une mou- 
4 



62 



ASTrRCÔ. 



AÎRIÔÎ. 



lure simple, semblable au torus , mais de 
dimensions plus petites (Vitruv. iv, 1 , 
11 ; m, 5, 3). Le premier des deux spé- 
cimens ici donnés et pris du chapiteau 
d'un temple d'Apollon près de Milet; le 
second , du temple de Minerve à Priène. 

ASTURCO. Petit cheval de la race es- 
pagnole des Asturies , très-estimé par les 
Romains pour son allure brillante et son 
pas doux (Plin. H. N. Aiii, 67; Mart. 
XIV, 199). 

ATHLET.E (à6/.r,Ta.!). Nom général 
des combattants qui disputaient un 
prix (aÔÀov) dans les jeux publics de la 
Grèce et de l'Italie : il y en avait cinq 
espèces , distinguées chacune par un nom 
particulier : Ccrsor, LrcTATOR, Pcgil, 

QCINQUERTIO , Pa>"CRATIASTES. 

ATLANTES (àtXavTc;). Terme grec, 
auquel correspond le latin Telamones : 
il désignait des figures humaines qu'on 
emplovait comme supports d'architecture 
pour un entablement ou une corniche, 
au lieu de colonnes. Ce nom était une 
allusion à l'histoire d'Atlas qui portait 
le ciel sur ses épaules (Vitruv. vi, 7, 6). 
Une de ces figures est donnée au mot 
Arcclis , d'après un spécimen trouv à 
Pompéi. 

ATRAMENTARILII {^zlivtooyr). Vase 
pour contenir Vaframentum, licpiidenoir 
employé à différents usages, comme ver- 
nis par les peintres (Plin. H. A. xxxv, 
3G, 18); par les cordonniers pour tein- 
dre leur cuir (Plin. H. i\'. XXXIV, 32); 
et aussi comme encre (Cic. ad Q. Fr. 
II. 15). Dans ce cas, Vatramenlarium 
répondait à notre encr/er (Gloss. Philox. ; 
Vulgat. Ezech. iv, 2) : nous en avons 
donné un modèle au mot ArO'DO , n° 5. 

ATRIENSIS. Esclave employé à la 
maison , ou esclave appartenant à la fa- 
milia urbana dans toutes les grandes 
maisons romaines; le soin de \ atrium 
lui était spécialement confié. Il avait une 
fonction à peu près semblable à celle du 
maître d'hûtel de nos jours, car il exer- 
çait un contrôle sur tous les autres es- 
claves de la maison , prenait soin des 
bustes, des statues, des objets de prix 
exposés dans V atrium , disposait le mobi- 
lier, et veillait à ce qu'il fût toujours 
propre et en bon état (Plaut. Asin. 



passim, et particulièrement a. Il, se. 2 
et 4; Cic. Parad. V. 2; Phœdr. Fab. 
11,5). 

ATRIOLUI, diminutif d'^^nwm, dans 
un sens général petit atrium; mais ce 
mot avait aussi une signification spéciale 
et désignait, dans les grands palais des 
Romains, une pièce particulière qui pour- 
rait être appelée le second atrium, car 
il était entouré de chambres de repos et 
d'autres pièces comme celle de Vatrium 
principal, dont il différait surtout pour la 
grandeur et peut-être pour la magnifi- 
cence (Cic. ad Q. Fr. m, 1, l ; ad Att. 
I, 10). 

ATRIUM. Grande pièce, la première 
des deux parties principales d'une maison 
romaine. On y arrivait directement du 
vestibule ou passage d'entrée (prot/iy- 
rum ) , et dans l'origine elle servait à la 
famille de lieu de réunion ou de pièce 
publique oii les femmes travaillaient à 
leurs métiers, où les statues de la fa- 
mille et les images des ancêtres étaient 
exposées; elle contenait les dieux do- 
mestiques et leur autel, aussi bien que 
le fover de la cuisine (focus). Sa posi- 
tion par rapport au reste de la maison 
peut se voir dans les deux premiers plans 
qui expliquent le mot DoMCS : elle y est 
marquée B. 

Quant à sa structure intérieure, c'était 
une pièce rectangulaire , recouverte d'un 
toit, qui, le plus souvent, avait une ouver- 
ture au centre (compluvium) : un bassin 
v correspondait dans le plancher (implu- 
vium) , et était destiné à recevoir la pluie 
qui tombait par l'ouverture (voir la gra- 
vure qui suit). Le toit lui-même était 
souvent supporté par des colonnes qui 
formaient ainsi tout autour une colon- 
nade ou une galerie (voir la gi-avure n" 3). 
Mais comme le toit prenait différentes 
formes qui donnaient à l'intérieur de l'a- 
trium un caractère différent, on classa 
ces variétés sous les noms qui suivent, 
pour distinguer les différents styles de 
construction : 

1. Atrium tuscanicum. Atrium toscan, 
le plus simple et probablement le plus 
ancien de tous; les Romains l'emprun- 
tèrent aux Étrusques, et on ne pouvait 
l'employer que dans un appai'temeut de 



G 3 



petite dimension. Le caractère de cet 
atrium était de n'avoir point de coloinies 
pour supporter le toit, qui courait autour 
des parois et qui était soutenu sur deux 
poutres placées en long d'un mur à l'au- 




tre. Deux autres plus petites étaient 
mortaisées dans celles-là, à égale dis- 
tance des parois, et formaient ainsi au 
centre une ouverture carrée (Vitruv. vi, 
3) , coinme on le voit dans la gravure 
ci-dessus, qui présente une restauration 
de l'atrium étrusque de la maison de 
Salluste à Pompéi. 

2. Atriitm tetrastyliim. L'atrium té- 
trastyle, nommé ainsi parce que son toit 
était supporté sur quatre colonnes, une 
à chaque angle de V impluvium. La figure 




donne un specunen de ce st} le d api es 
une maison de Pompéi , trouvée dans les 
fouilles exécutées par ordre du général 
Championnet ; d'après la gravure précé- 
dente , il est facile d'imaginer une res- 
tauration du toit, qui, lorsqu'il repose sur 
les quatre colonnes , doit former une ga- 
lerie couverte autour des parois de la 
pièce, avec une ouverture entre ces co- 
lonnes au centre , semblable à celle que 
nous avons indiquée , mais avec une co- 
lonne à cluupie angle. 



3. Atrium corintliium. L'atrium co- 
rinthien , qui était du même genre que 
le dernier, mais plus grand et plus ma- 
gnifique : en effet, les colonnes qui sup- 
portaient le toit y étaient plus nomiireu- 
ses et placées à distance de Vimp/uvium. 
La partie centrale était aussi découverte , 




comme dans'l.i j;ra\ in\-, pi i>e d'un atrium 
corinthien de Pompéi , restauré d'après 
une maison qui fut découverte avec son 
étage supérieur entier à Herculanum et 
dont nous avons donné une perspective à 
l'article DoMCS. Dans ce style de cons- 
truction , une des extrémités de chaque 
poutre qui portait le toit et formait un 
})lafond pour la colonnade qui entourait 
la pièce, reposait sur la tète de chaque 
colonne, et l'autre sur la paroi latérale, 
au lieu de lui être parallèle comme dans 
l'atrium toscan et le tétrastyle : elles sont 
ainsi disposées à angles droits avec les 
mui's, ou, en d'autres termes, s'en éloi- 
gnent. C'est là le sens de l'expression de 
Vitruve : ^ parietilms recédant. 

4. Atrium displuviafum. Atrium dont 
le toit était en talus, la pente dans une 
direction opposée au 
compluvium , au lieu 
d'incliner vers lui , 
et par conséquent 
chassait l'eau dans les 
gouttières du dehors 
au lieu de la conduire 
dans y impluvium , 
comme dans les trois 
exemples précédents. On voit clairement 
le plan d'une telle construction par la ligu- 
re ci-jointe, prise du plan en maibrc de 




AUGUSTALES. 




Rome, où rouvertuie dans le centre et 
Y inclinaison extérieure du toit sont très- 
haljilement marquées. 

5. Atrium testudinatum. L'atrinm en 
dos de tortue ou couvert , qui n'avail pas 
de compluvium, la pièce entière étant 
tout à fait couverte d'un 
toit de l'espèce appelée 
testudo (Vitrnv. v, 1) : 
il est aussi très-bien re- 
présenté par l'artiste qui 
exécuta le plan en marl)re 
de Rome d'où est prise la 
graMire. Il est probable 
qu'un atrium de cette 
sorte avait deux étages et qu'il recevait 
le jour de fenêtres pratiquées dans l'étage 
supérieur. Comparez aussi Cav.ïDIIM. 

ATTEGIA. Hutte ou cabane mauresque 
faite de roseaux et de chaume (Juv. Sat. 
XIV, 196). 

AUCEPS (îEsyTr,;, ôpviOeuTYi;). Dans 
un sens général , chasseur d'oiseaux, ou 
toute personne qui s'amuse à arrêter dans 
des pièges , à prendre dans des fdets et à 
tuer des oiseaux. Ce mot, dans un sens 
plus spécial, désignait un esclave apparte- 
nant à la familia rustica, quelque chose 
comme notre garde-chasse, dont la fonc- 
tion était de prendre et de vendre du gi- 
bier au bénéfice de son maître. En effet, 
les principales sources du revenu de cer- 
taines propriétés consistaient dans le 
produit des bois et des pêcheries (Ov. 
J. Jm. m , GG9 ; Plant. Trin. il , 4,7; 
Pignorins de Serv. p. 5G0). La figure, 
tirée d'une statuette de 
marbre à Naples, repré- 
sente un auceps revenant 
avec son gibier. Il porte 
lui chapeau et des bottes 
de chasseur, une tunique 
et un manteau de peau a- 
vec le poil; il a un cou- 
teau de chasse dans la main 
droite; deux colombes sont 
attachées à sa ceinture, 
un lièvre est sur son bras 
gauche et on voit entre ses 
doigts le bout du nœud coulant où le gi- 
■ hier s'est pris. Les anciens chasseurs d'oi- 
seaux se servaient dans leur chasse de tré- 
buchets et de pièges {laquei, pedicœ) , 




d'un roseau enduit de glu à l'extrémité 
(arundo, calamus), de trappes (//-«/mch- 
nœ) , de filets à glace (amites) , d'un ap- 
peau (avis illex) , et d'une cage pour le 
mettre {cavea). A chacun de ces mots on 
a expliqué et décrit la manière de se ser- 
\\v de ces objets. 

AUDITORIUM. Tout endroit où des 
orateurs, des poètes et en géuéial des 
auteurs assemblaient un auditoire pour 
entendre la lecture de leurs œuvres 
(Quint. II, 11, 3; X, 1, 36). 

2. Salle de cours où les philosophes 
et les professeurs faisaient leurs leçons 
(Suet. Tib. 11). 

3. Cour de justice où s'entendaient 
les procès (Paul. Dig. 49, 9, 1; Ulp. 
Dig. 4, 4, 18). 

4. Auditorium principis. Cour ou 
chambre où l'empereur écoulait les cau- 
ses et décidait (Paul. Dig. 42 , 1 , 54). 

AUGUR (oiwvoTXÔTio;). Augure, prê- 
tre romain qui interprétait la volonté des 
dieux ou annonçait l'avenir d'après des 
observations faites sur le \o\ et le chant 
des oiseaux (Liv. i, 3G ; Cic. 
Div. I, 17). Ils formaient un 
collège ou une corporation , et 
ils sont principalement dis- 
tingués des autres classes de 
prêtres, sur les monnaies et 
les médailles, par un bâton 
recourbé comme une crosse 
(lituuj) qu'ils portaient à la 
main droite. Quelquefois, à 
coté d'eux ou sur le revers, 
est l'oiseau sacré et la cruche 
(capis). La figure est tirée d'une médaille 
de Marc-Aurèle. 

AUGURALE. Place à droite de latente 
du général (prœtorium) dans un camp 
romain , où l'on prenait les auspices (Tac. 
Ann. XV, 30; cf. Quint, vill, 2, 8). 

AUGUSTALES. Ordre de prêtres ins- 
titués par Auguste et choisis dans la 
classe des affranchis. Leur fonction était 
de veiller aux cérémonies religieuses 
instituées en l'honneur des Lares compi- 
tales, divinités des carrefours, auxquelles 
on avait coutume d'élever un autel au 
lieu où les routes se rencontraient (Petr. 
Sat. 30; Orelli , //Mc/-. 3959; Schol. Vet. 
«f/Hor. Sat. 11,281). 




G5 



2. Sodales aiigustales. ou simplement 
Jugiiitales. Classe de prêtres établie par 
Tilière pour rendre les honneurs divins 
à Auguste et à la famille des Jules. Ce 
corps était composé de vingt et un mem- 
bres choisis dans les principales familles 
de Rome (Tac. Aiin. i, 15 et 54; Rei- 
nes. Inscr. 1, 12). 

AULA (oLÙlri). Mot grec qui dési- 
gnait daus l'origine une cour découverte 
au-devant d'une maison : autour de cette 
cour étaient situées les écuries , les éta- 
bles pour le bétail et les dépendances de 
la ferme. Les poètes romains adoptèrent 
ce mot pour désigner uu chenil (Grat. 
Cyneg. 167), une bergerie (Prop. m, 
2, 39), ou une tanière pour des bêtes 
féroces (Petr. Sat. 119). 

2. Après l'époque homérique, Y aida 
grecque fut un péristyle découvert dans 
l'intérieur d'une maison; il y en avait 
deux dans chaque demeure (Yitruv. vi, 7, 
5) : l'un autour duquel étaient disposés les 
appartements des hommes, et l'autre 
pour l'usage exclusif des femmes. Sous 
d'autres rapports , ils correspondaient à 
l'arrangement et à la distriljution géné- 
rale de Vati-ittni et du peristyliiim d'une 
maison romaine. Voy. le plan de la mai- 
son grecque au mot DoMUS, sur lequel 
les deux aidse sont marquées respective- 
ment C et E. C'est par allusion à ce sens 
du mot que Virgile l'emploie en parlant 
de la cellule de la reine des aljeilles (G. 
IV, 90). 

3. ^ida regia. Partie centrale de la 
scène dans les théâtres grecs et romains, 
destinée surtout aux représentations 
tragiques et offrant aux yeux uu beau 
palais près duquel ou dans lequel on pla- 



rir':^iF'iT^.'T^pi:£:i42nc-^,ll ■';!!> 'i'' l|Cim'"i|l ^<^ 



^^^'--^A----\ox/<a'" 



çait l'action (N'itruv. v, 6, 8). La figure 



ci-jointe représente une vue du grand 
théâtre de Pompéi, avec la scène au 
fond : elle suffit pour faire concevoir 
facilement le caractère général de cette 
partie de l'édifice, quoique tout le haut 
soit en ruines. 

4. Employé dans l'ancienne langue 
latine (Cato, /f. R. 85) pour Olla. Voir 
ce mot. 

AUL.î:A ou AUL.^UM (aùXaia). 
Tapisseries dont on se servait pour déco- 
rer les murs d'une salle à manger (Hor. 
Sat. II, 8, 54), ou qu'on plaçait comme 
écran contre les rayons du soleil entre 
les piliers d'une colonnade (Prop. Il, 32, 
12), ou enfui dont on fermait les galeries 
ouvertes autour de Vatrium ou du peri- 
stylium des maisons particulières, comme 
on le voit dans la figure de la maison 
d'Herculanum (au mot DoMCS), où les 
baguettes et les anneaux pour les sus- 
pendre furent retrouvés à leur place 
quand on fit les fouilles. Dans la figure 




ci-jointe, tirée d'un bas-relief du Musée 
Britannique , Yaulxum forme le fond 
d'un triclinium : on en trouve souvent 
(le semblaljles tant dans les sculptures 
que dans les peintures , oii l'artiste les a 
placés comme signes de convention pour 
marquer que la scène ne se passe pas en 
plein air, mais daus l'intérieur d'une 
maison. 

2. Large couverture de tapisserie ou 
d'étoffe brodée qu'on étendait d'hai)ilude 
sur le matelas d'un sofa ou d'un lit de 
table (Virg. ALn. i, 697) et qui pendait 
autour jusqu'à terre : de là vient qu'on 
l'appelait aussi peristroma. On peut la 
voir dans la gravure précédente; mais 
4. 



C6 



AULOEDUS. 



elle apparaît plus distincte dans la gra- 




vure ci-jointe, prise du Virgile du Vati- 
can. 

3. Pièce de tapisserie ou rideau brodé 
(Virg. G. III, 25) et couvert de figures, 
qu'on employait , dans les théâtres grecs 
et romains, au même effet que notre 
toile, pour cacher la scène avant le com- 
mencement de la pièce et entre les actes. 
Cependait on ne suspendait pas et on ne 
baissait pas d'en haut cette toile, comme 
la nôtre. On l'enroulait autour d'un cy- 
lindre introduit dans le briquetage du 
devant de la scène, comme il est facile 
de le voir, à main gauche, dans la gra- 
vure ci-jointe , qui représente une pers- 
pective du petit théâtre de Pompéi avec 
l'orchestre à main droite. Quand la 




pièce commençait , on baissait le rideau , 
et aussitôt après l'acte on le levait (Ov. 
Met. III, 111-114); de là l'expression, 
aulxa premuntur (Hor. Epist. II, 1, 
189; cf. Apul. 3Iet. x, p. 232) « la 
toile est baissée » , signifie que la pièce 
va commencer; et aulxa tollu/itur {0\. 
Met. l. c.) «. la toile est levée », que 
l'acte ou la pièce est finie. 

AULOEDUS (aùXtoôéç). Personnage qui 



chante avec accompagnement de flûte 
(Cic. Mur. 13). 

AURES. Oreilles d'une charrue, pla- 
cées de chaque côté de la pièce de bois 
où s'enclave le soc et tournées en dehors 
pour rejeter et entasser de chaque côté 
du sillon la terre retournée par le soc 
(Virg. G. I, 172). On peut les voir dans 
la gravure au mot Aratrum 2 : elles 
sont désignées par les lettres E E. 

AUREUS. Appelé aussi nummits aureus 
ou denarius aureus; denier d'or, étalon 
de la monnaie d'or des Romains, qui 
valait vingt-cinq denarii, ou 22 fr. 10 c; 
mais sa valeur intrinsèque, comparée 
avec la monnaie d'or d'aujourd'hui, égale- 
rait presque 26 fr. 36 c. (Plin. H. N. 
XXXIII, 13; Suet. Cal. 42; Dom. 8; 
Hussey, on uéncient JVeigltts and Mo- 




ney). La gravure est tirée d'un modèle 
dcuis son état actuel. 

AURIGA (-/ivtoxo;). Conducteur ou 
cocher, comme on le voit par la gravure, 
prise d'un bas-relief en terre cuite 




(Virg. jEn. XII, 624; Ovid. Met. ii, 
327). 

2. Spécialement, conducteur de char 
qui fdispule le pri.\ de la course dans 
les jeux du Cirque (Suet. Cal. 64). 
La ligure ci-jointe est tirée d'une std- 



AITRIGA. 

tue du Vatican, et si on la compare 
avec la suivante, elle 
donnera une idée par- 
faite du costume porté 
par ces conducteurs. 
La branche de pal- 
mier dans la main 
droite est l'emblème 
delà victoire ; la bour- 
se , dans la main gau- 
che, contient la som- 
me d'argent qui en 
était la récompense. 
La manière dont les 
aurigse conduisaient 
les chars différait com- 
plètement de l'usage commun qu'on a 
vu représenté dans la première gravure. 
On s'en convaincra par le spécimen ci- 
joint, copié d'un diptyque consulaire. 



ACTHEPSA. 



C7 




i 




Comme l'original est d'une période relati- 
vement récente et de l'époque où les 
arts étaient en décadence, on peut le 
regarder comme une représentation plus 
fidèle de la vérité, que n'a embellie au- 
cun effort pour arriver à un effet d'art 
ou à une image idéale. Le conducteur ici 
a passé les rênes autour de son dos ou en 
est enveloppé; il avait ainsi plus d'em- 
pire sur les chevaux en se penchant 
en arrière, et eu tirant les rênes de 
tout son poids ; il les empêchait aussi de 
lui échapper des mains en cas de choc 
ou de heurt subit. Mais comme cette ma- 
nière de conduire l'exposait au danger 
d'être trahré dans les rênes s'il versait , 
il portait un couteau recourbé , attaché 
aux courroies qui lui serraient le corps, 
comme on a pu le voir dans la précédente 
figure, pour les couper au besoin. La 
dernière figure représente aussi le cas- 
que qu'il avait sur la tète et les cour- 



roies qui entouraient ses jambes et le 
dos de ses mains; lesjamiies des chevaux 
sont aussi enveloppées de bandes semljla- 
bles; leurs queues sont relevées, leurs 
crinières en brosse , et ils ont un masque 
sur le devant delà tête. 

3. Les poètes prennent le mot auriga 
dans un sens moins spécial et l'appliquent 
à la personne qui amenait une voiture 
ou un char de guerre, et qui se tenait à la 
tète des chevaux jusqu'à ce que le con- 
ducteur fût monté (Virg. ^n. XII , 85) ; 
au timonier (Ov. Trist. I, 4, 16); et 
en général à tout homme à cheval (Auct. 
Paneg. ad Pison. 49). 

AURIGARIUS. Même sens qa'Jin-iga 
(Suet. A'ero, 5). 

AURIGATOR. Même sens qnJuriga 
(Inscr. an. Grut. 340, 3). 

AURIGO et AURIGOR. Conduire un 
char aux courses du cirque de la façon 
décrite au mot AuBIGA (Suet. Nero, 
24; Plin./r.i\^. XXXIII, 27). 

AURISCALPIUM ((I)Toy)^ucpiO- Cure- 
oreille (Mart. Ep. xiv, 23); et aussi 



sonde de chirurgien pour l'oreille (Scri- 
bon. Compos. 230). La gravure repré- 
sente un original trouvé à Pompéi. 

AUSPEX. Celui qui prend les auspi- 
ces, ou, en d'autres termes, celui qui ob- 
serve comment volent, chantent ou man- 
gent les oiseaux , pour découvrir par là 
les secrets de l'avenir (Cic. ad Att.u, 
7; Hor. Od.ni, 27,8). 

AUTHEPSA (aùeé']/riç). Mot formé du 
grec, signifiant, dans son sens littéral, qui 
fait bouillir de soi-même (Cic. Rose, 
^m. 4G; Lamprid. Elag. 19); d'où on 
peut raisonnablement inférer que c'é- 
tait un appareil qui contenait le feu et 
des combustibles pour échauffer de l'eau, 
et qu'on pouvait placer pour faire la cui- 
sine dans toutes les parties de la maison. 
Il était donc ilu même genre que le spé- 




cimen que nous donnons, d'après un mo- 



68 



AUTOPYKOS. 



dèle eu l)i'onze trouvé à Pompéi. Les 
côte'-s qui étaieut d'une épaisseur consi- 
dérable et creux , contenaient de l'eau ; 
d'un de ces côtés sort un petit roijinet 
(à main gauche de la gravure) pour ver- 
ser l'eau; les quatre tours aux angles 
sont pourvues de couvercles mobiles. Le 
centre recevait le char])on allumé, et, si 
on plaçait dessus un trépied ou un autre 
vase, on pouvait faire cuire sur un tel 
appareil plusieurs espèces de mets, avec 
une grande économie de soins et de dé- 
pense. Beaucoup d'autres instruments du 
même genre ont été découverts à Pompéi ; 
ils sont construits d'après le même prin- 
cipe, et ne diffèrent que pour le modèle. 

AllTOPYROS (aÙTÔTiupoç). Pain bis 
fait d'une farine grossière où on a laissé le 
sou (Plin. H. N. xxil, 68; VtW. Sat. 
66; Celsus, ii, 18). 

AVENA. Flûte de Pan , faite de la tige 
de la folle avoine, et dont se servaient 
les paysans (Virg.; Tibull.; Ov. Met. viii, 
192). Voir Arundo, n" 6. 

AVERTA. Valise probablement placée 
sur la croupe d'un animal , comme on le 
pratique encore communément eu Italie 
(Acron «^Hor. Sat. I, 6, 106). 

AVERTAHIUS. Bête de somme qui 
porte Yaverta ou valise sur la croupe 
(Inipp. Valent, el Valens, Cod. Theodos. 
8, 6, 22). 

AVIARIUM. Basse-cour (Varro, R. R. 
m, 3,7). 

2. Volière où l'on gardait des oiseaux 
rares et choisis (Varro, /. c). 

3. Vi'vier pour des oiseaux aquati- 
ques (Columell. VIII, 1, 4). 

AVIARIUS , esclave chargé d'élever, de 
nourrir et d'engraisser la volaille (Co- 
lumell. YIII, 3, 4, secf.). 

AVICULARIUS (Apic. vu, 7). Même 
sens que le précédent. 

AXICIA. Mot qu'on ne rencontre que 
dans un seul passage de Plante (Cure. 
IV, 4, 21), et que les dictionnaires et 
les commentateurs expliquent par le mot 
ciseaux. Mais la leçon ou l'explication 
semble très-douteuse; car l'instrument 
du même usage chez les anciens que nos 
ciseaux était appelé forfex par les Ro- 
mains; et dans le passage de Plaute 
Yaxicia est cité comme un objet de toi- 



lette avec le peigne, les petites pinces, 
le miroir , les fers à friser et la serviette. 
Des ciseaux , quoique assez utiles sur une 
table de toilette moderne , étaient beau- 
coup moins appropriés à la toilette des 
Romains , d'après la différence des habi- 
tudes. 

AXIS (â?(ov). L'essieu d'une voiture 
auquel le timon est attaché et autour du- 
quel tournent les roues (Ovid. Met. Ii, 
317), comme on le voit clairement dans 
la gravure, prise d'un ancien char de 
guerre conservé au Vatican. Dans les voi- 




tures de l'espèce a|)pelée p/ausfra, l'es- 
sieu n'était pas fixe, mais tournait'avec 
les roues dans des crapaudines vissées au 
bout du char. Voy. Artemon. 

2. yixis l'ersatitis. Cylindre tournant 
à volonté, qu'on gouver- 
nait avec une manivelle 
pour monter des poids 
en y enroulant la corde : 
par exemple , le cylin- 
dre et la manivelle qui 
servent à tirer un seau 
du puits , comme on le 
voit par la gravure ci- 
jointe , prise d'un sarco- 
phage de marbre du ci- 
metière du Vatican (Vitruv. ix, 8, 8). 

3. Axe vertical d'une porte, qui se 
mouvait dans des crapaudines fixées dans 
le linteau inférieur et supérieur, et for- 
mait ainsi un pivot sur lequel tournait 
la porte , soit pour s'ouvrir, soit pour se 
fermer (Stat. Theù. I, 34!)). Voir An- 

TEPAGMEKTUM et CARDO. 

4. Soupape d'un conduit ou d'un ro- 




BABYLOMCCM. 

binet. Dans ce sens, la vérilahle leçon 
est Assis. 

5. Planche. Dans ce sens, le mot s'é- 
crit ordinairement Jssis. 

B 

BABYLOMCUM. Châle de fal)riqne 
bahvlonienne, fort prisé chez les Romains 
ponr son tissu plein de finesse et ses l)ril- 
îantes couleurs (Lucret. IV, 1027; Pub. 
Syrus ap. Petr. Sat. 55). 

BACCHA ((îâxxvi). Bacchante, femme 
qui célèbre les mystères de Bacchns 
(Ovid. Her. x, 48). Les bacchantes sont 
souvent représentées dans les œuvres 
d'art et décrites par les poètes (Ovid. 
Met. VI, 591), comme dans notre gra- 




vure avec une guirlande de feuilles de 
vigne ou de lierre sur la tète, des che- 
veux épars et flottants, un manteau fait 
de peau de chevreau sur le côté gauche , 
le thrrse dans la main droite, et cou- 
rant comme des insensées. La figure 
donnée ici , c[ui est prise d'un bas-relief 
de la villa Borghèse, au lieu d'avoir sur 
elle la peau du chevreau , en porte une 
partie dans la main gauche. 

BACILLL'M (paxTYipiov). Petit bâton 




G9 



ou hdton jwiir la marche, recourlié 
comme les cannes modernes (Cic. Fin. 
II , 1 1 ; Juv. Sat. m ,28). La gravure est 
prise d'une peinture de Pompéi, et re- 
présente Ulysse. 

2. (Varro, R. R. 50, 2). Yoy. Falx 

DENTICULATA. 

BACULUS et BACULUM (pâ/.xpov). 
Long bâton ou gourdin , porté communé- 
ment par les voya- 
geurs , les paysans , les 
pâtres et les chevriers 
(d'où son épithète d'«- 
greste, Ovid. Met. XV, 
et 654 ) , et par les per- 
sonnes infirmes ou 
âgées des deux sexes 
(Ovid. Met. VI, 2"). 
Le bacitlum était aussi 
porté, avec prétention, 
par les philosophes 
grecs (Mart. Ep. IV, 53). La figure ci-join- 
te , tirée d'un manuscrit de Virgile de la 
Ijibliothèque du Vatican, représente un 
des pâtres des églogues appuyé sur son i)â- 
ton, précisément comme le dit Ovide, in- 
ciimhens ou iniiitens bacido [Met. XIV, 
055; Fast. I, 177) : attitude cpi'on ren- 
contre tous les jours chez les paysans 
de la campagne romaine. 

2 (axr.TtTpov). Long bâton que por- 
taient, dans les temps anciens, les rois et 





les personnages puissants, à la fois comme 
marc[ue de leur rang et comme arme dé- 
fensive. Dans les œuvres d'art, le ax-ri- 
UTpov est toujours représenté plus long 



70 



iJAJlLATOimS. 



que le liàton vulgaire, comme on peut le 
voir par la figure ci-dessus , qui repré- 
sente Agamemnon, d'après un vase de 
marbre sculpté par un artiste grec; le 
cxYiTrTpov était quelquefois orné d'or et 
d'argent (Florus, iv, 11 , 3; m, 13, 10), 
C'est de ce bâton que vint le sceptre 
royal. Il était porté sur la scène tragi- 
que par les acteurs qui remplissaient 
des rôles de rois (Suet. Nero, 24). Mais 
ce mot , quand il est employé dans ce 
sens par les écrivains latins, est pris la 
plupart du temps pour caractériser et 
ridiculiser les mœurs étrangères , et sur- 
tout les mœurs des Asiatiques. (Florus. 
//. ce.) 

BAJULATORIUS. Homme dont le mé- 
tier était de porter des fardeaux. On di- 
sait aussi sella bajulatoria. Voir SellA. 

BAJULUS (vwToçcpo;, cpopTY)YÔ<;). 
Porte-faix ou toute personne qui porte 




des charges sur le dos , comme on le voit 
par la gravure, prise d'une peinture d'une 
chambre sépulcrale à Rome (Plant. 
Pan. y, 6, 17;Cic.Par. III, 2). 

2. Esclave dans la famille romaine, 
qui avait la même fonction que le com- 
missionnaire dans un établissement de nos 
jours, et qui portait les paquets , les let- 
tres, etc. (Hieron. Ep. G ad Julian. 
II. 1). 

BALINEiE ou BALNE.E. Bains pu- 
blics, où l'on pouvait prendre les bains 
d'eau chaude et d'eau froide aussi bien 
que des bains de vapeur, et qui avaient 
deux corps de pièces , l'un pour les hom- 
mes et l'autre pour les femmes (Varro, 
L. L. VIII, 48; IX, G4). 

On comprendra parfaitement le sys- 
tème d'après lequel les établissements des 
Romains étaient disposés , et la méthode 
ingénieuse de leur construction, si on 



jette les yeux sur le plan ci-joint et sur la 
description des deux corps de bains de 
Pompéi. Des vues et des perspectives des 
différentes pièces en détail sont données 
séparément sous chacun de leurs noms 
respectifs. Ces bains avaient par la rue 




six entrées distinctes ,1,2,3,4,5,6; 
les trois premières étaient pour ceux qui 
voulaient un bain; 4 et 5, pour les 
esclaves et pour différents besoins de l'é- 
tablissement ; la dernière donnait accès 
dans les bains des femmes, qui n'avaient 
aucune communication avec l'autre corps 
de ijàtiment, beaucoup plus vaste. Com- 
mençons le tour des bains par la pre- 
mière porte (1) au bout du plan, à main 
gauche. 

a. Latrina, lieux d'aisance. 

h. Cour découverte , entourée de trois 
côtés par une colonnade : elle formait 
une sorte d'atrium pour le reste de l'édi- 
fice. 

c c. Sièges de pierre le long d'un côté 
de la cour, pour les esclaves qui atten- 
daient que leurs maîtres revinssent du 
bain , ou pour la commodité des gens qui 
attendaient le retour de leurs amis. 

d. Chambre qui servait de salle d'at- 
tente pour les baigneurs , ou qui proba- 
i)lement était destinée au surveillant des 
bains. 

e. Antre latrina près de la seconde 
entrée principale (2) , d'où un corridor 
qui tourne brusquement vers la droite, 
conduit dans 

A. L'apodj terium, ou chambre où l'on 



BALIX'E.E. 



BALÎNEUM. 



7t 



seiléshal)ill;tit, et qui communiquait avec 
chacune des entrées principales et avec 
chacune des pièces où l'on prenait des 
Ijains cliauds ou froids. 

/"/• I^iéges en maçonnerie de chaque 
côlé de la salle, où les baigneurs pou- 
vaient s'asseoir pour s'habiller et se dé- 
shaljiller. 

B. Le frigidarium ou salle contenant 
le bain d'eau froide (haptisterium). 

g. Chambre à l'usage du gardien des 
Iiabits , qui prenait soin des vêtements et 
les gardait à leurs propriétaires pendant 
qu'ils prenaient le bain. 

C. Le tepidariiim ou chaml)re tiède : 
on en maintenait l'atmosphère à une cha- 
leur agréable au moyen d'un brasier 
qu'on y a retrouvé. Il servait à tempérer 
le passage soudain du chaud au froid, 
quand le baigneur retournait de la pièce 
chaude à l'air libre. C'était aussi dans cet 
appartement qu'on se faisait frotter avec 
la strigUe et oindre après le bain (voy. 
la gravure au mot Aliptes) ; à cet 
effet, il était garni de deux sièges de 
bronze qu'on y a trouvés , et dans les murs 
étaient pratiqués tout autour de petits 
réduits , qui formaient autant d'armoires 
ou de placards, pour contenir les strigiles, 
les huiles, les parfums et les autres objets 
nécessaires aux personnes qui ne les ap- 
portaient pas avec elles. De là une porte 
conduisait le baigneur dans 

D. Le caldarhtm ou étuve, qui con- 
tenait à une extrémité (/() un bain d'eau 
chaude (al t'eus) , et à l'autre le Lacoiii- 
ciini avec son bassin ou labriim (/). Le 
parquet de la chambre était creux en 
dessous, et soutenu par de bas piliers 
(le briques; les murs étaient garnis de 
tuyaux , de telle sorte que toute la pièce 
était entourée d'air chaud, fourni par un 
fourneau voisin. (Voy. la gravure aux 
mots SuspENSURA et Hypocaustdm.) 

/. Le fourneau, qui, outre l'usage men- 
tionné ci-dessus, échauffait aussi les 
chaudières contenant l'eau pour les bains, 
à savoir : 

m. Le caldarium ou chaudière pour 
l'eau chaude ; et 

n. Le tepidarium ou chaudière pour 
l'eau tiède. 

o. La citerne d'eau froide. 



p. Chambre pour les esclaves qui 
avaient soin du fourneau et de ses dépen- 
dances : elle avait une entrée séparée sur 
la rue (4), et deux escaliers : par l'un on 
montait au toit , par l'autre on descendait 
au fourneau. 

q. Petit passage rattachant la pièce 
nommée en dernier lieu avec 

r. La cour où étaient gardés tous les 
matériaux nécessaires pour cette partie 
de l'établissement , tels que le bois , le 
charbon, etc. Elle avait aussi son entrée 
séparée sur la rue (5). Les restes de 
deux piliers qui supportaient dans l'ori- 
gine un toit ou un appentis sont encore 
visibles. 

La partie du plan qui subsiste est oc- 
cupée par un autre corps de bain , des- 
tiné aux femmes. Il tient moins de place , 
mais il est disposé d'après le même prin- 
cipe. Il n'a qu'une entrée (6), qui donne 
accès dans une petite salle d'attente (5) , 
avec des sièges pour le même usage que 
ceux qui sont marqués c c dans le plus 
grand corps de bâtiment. 

E. h'apodyterium avec des sièges de 
deux côtés (t t),et qui, comme le premier 
que nous avons décrit, communique avec 
le frigidarium ou bain d'eau froide (F) et 
avec le tepidarium ou chambre tiède (G) , 
par laquelle le baigneur, comme nous l'a- 
vons déjà dit , se rendait à l'étuve (H) , 
pourvue également à une de ses extrémi- 
tés du Laconicum et du lahrum («), et de 
Valveits ou bain d'eau chaude (iv), du 
côté qui touchait au fourneau et aux 
chaudières. Celles-ci étaient placées 
d'une façon si convenable qu'elles four- 
nissaient les deux corps du bain d'air 
chaud et d'eau chaude avec un seul ap- 
pareil. Dans ces bains pour les femmes, 
le tepidarium avait un parquet soutenu 
sur des piliers et des murs pourvus de 
tuyaux , ce qui n'existait pas dans la pièce 
correspondante du plus grand corps de 
bâtiment. 

2. Vitruve (vi, 5 , 1 ) se sert du même 
terme pour désigner un bain^ni'e dans 
une maison particulière ; mais , suivant 
Varron (/. c.) , ce n'est pas là la signifi- 
cation véritable du mot. (Voy. le mot 
suivant. ) 

BALINEUM ou BALNEUM. Bain/;«r- 



12 



fiALIXECM» 



fiALLISÎA . 



ticii/ler, ou suite de pièces de bains ap- 
paiteuant à la maison d'un particulier 
( Varro, L. L. IX, G8 ; Cic. ad Fam. xiv, 
20), par opposition au pluriel halinex , 
appliqué aux établissemeuts publics, qui 
comprenaient communément deux corps 
de bains, distincts et séparés, pour les 
deux sexes , et par conséquent des dépen- 
dances plus étendues et plus nombreuses. 
Sous les autres rapports, la distribution 
et la disposition des appartements étaient 
les mêmes dans les deux cas, comme on le 
verra en comparant les pièces de la gra- 
vure ci-jointe, qui présente le plan des 
bains appartenant wxsuburhanum d'Arrius 
Diomède à Pompéi , avec celles des jiains 
publics que nous avons décrites et expli- 
quées dans l'article précédent. Les bains 




X= 



et leurs dépendances occupaient un angle 
à une des extrémités de l'édifice , et on y 
entrait de Valriiim par une porte a. 
Immédiatement sur la droite de l'entrée 
est une petite chambre (l/), servant peut- 
être de salle d'attente, ou destinée aux 
esclaves attachs à cette partie de la mai- 
son. Derrière eslVapodyterium ou cham- 
bre où l'on se déshajjille (A) , située entre 
les bains froids et les bains chauds, et ayant 
sur chacun d'eux une entrée distincte. 

B est une petite cour triangulaire, 
couverte en partie de deux côtés par une 
colonnade; au centre, et en plein air, 
était le bain d'eau froide (c) , pisciria iii 
area (Plin. Ep. V, C, 26). 

C est la chambre tiède {tepidarium) , 
avec un siège dans un coin sur lequel le 
baigneur s'assevait pour être frotté de la 
strigile et être oint après le bain. 



D. Caldarltim ou étuve, disposé exac- 
tement comme dans les bains publics, 
avec le Laconicum à l'extrémité circu- 
laire, et un alveiis, ou bain d'eau chaude, 
à l'extrémité opposée. 

d est le réservoir qui contenait une 
provision d'eau tirée de l'aqueduc; e, 
chambre à l'usage des esclaves attachés 
aux fourneaux, avec une table de pierre 
(e) , et un escalier conduisant à un étage 
supérieur ou au toit; f, la citerne pour 
l'eau froide; g, la chaudière pour l'eau 
tiède; h, la chaudière pour l'eau chaiule; 
/, la fournaise : toutes choses disposées 
de la même manière que dans les éta- 
blissements publics, avec la même pré- 
voyance pour ménager le bois et l'eau. 
Yoy. Caldaricm, Tepidarium, Frigi- 

DARICM. 

2. Quelquefois on se sert du même 
mot dans un sens plus restreint pour dé- 
signer le bain d'eau chaude {alveus); on 
le voit à l'extrémité carrée de la cham- 
bre D dans la dernière gravure et à la 
lettre h dans celle qui précède (Cic. ad 
Att. Il, 3; Petr. ^«/. 72 ; Celsus, m, 24). 

BALLISTA ou BALISTA (Xieoê6Xo; 
ou),t6o66Xov). Machine dont on se servait 
dans les sièges pour lancer des pierres 
très-pesantes (Lucil. Sat. XXXVIII, p. Cl, 
23 Gerlach; Cic. Tusc. Il, 24; Tac. 
Hist. IV, 23). Ni les descriptions des au- 
teurs latins ni les monuments de l'art ne 
nous mettent en état de nous former lu'.e 
idée bien nette de la manière dont ces 
machines étaient construites : et les dif- 
férentes tentatives qu'ont faites les anti-" 
quaires modernes pour en restaurer un 
modèle d'après les termes de Vitruve 
(X, 11) et d'Ammien Marcellin (xxill, 
4, 1-3) sont trop incertaines et trop con- 
jecturales pour avoir la moindre auto- 
rité. Ces machines cependant étaient de 
dimensions différentes et appelées majo- 
res et minores (Liv. xxvi, 47). Quel- 
ques-unes servaient comme machines de 
campagne : elles étaient placées sur des 
voitures et tirées par des chevaux ou des 
mulets, de telle sorte qu'on les pouvait 
facilement transporter sur tous les points 
du champ de bataille; de là leur nom de 
Carroballistx : on en voit une représen- 
tée sur la colonne de Marc-Aurèle. Nous 



BALLISTARIUM. 

l'avons donnée à ce mot : elle pourra 
montrer à peu près à quoi ressemblaient 
ces machines; mais les détails en sont 
trop imparfaits et trop défectueux pour 
faire parfaitement comprendre le prin- 
cipe même d'après lequel elles étaient 
construites. 

BALLISTARIUM ou BALISTARIUM. 
Arsenal ou magasin dans lequel on 
gardait les ballistœ (Plaut. Pœn. l, 1, 
74). 

BALLISTARIUS ou BALISTARIUS. 
Soldat qui servait et manœuvrait la bal- 
liste; il était rangé parmi les troupes 
armées à la légère (Ammian. xvi, 2, 5; 
Veget. Mil. u, 2). 

BALNEiE. Voy. Baline^e. 
BALNEARIA. Ce mot servait pour ex- 
primer collectivement tous les ustensiles , 
les vases et les objets nécessaires qu'on em- 
ployait dans un jjain, tels que les stri- 
giles, l'huile, les parfums, les serviet- 
tes, etc. (Apul. Met. m, p. 51; cf. 
Lamprid. Jlex. Sev. 42; Paul. Dig. 34, 
2, 33). 

2. Corps de bains ou pièces où l'on 
prend un bain (Cic. ad Q. Fr. m, 1, 1). 
Voy. Baunk.ï; et Balineum. 

BALNEARIUS (sous-entendu /"«r. Ca- 
tull. XXXIII, 1 ). Individu qui faisait mé- 
tier d'aller voler, dans les bains publics , 
• les vêtements des pauvres gens qui n'a- 
vaient pas d'esclaves à eux pour les gar- 
der pendant qu'ils prenaient le bain. A 
Rome, en effet , tout le monde était oliligé 
par la loi de dépouiller ses vêtements dans 
Vapodyterium avant de pouvoir entrer 
dans les pièces des bains (Cic. Cœl. 2G) : 
c'était pour empêcher qu'où ne put dé- 
rober les ustensiles de l'établissement et 
les cacher sous ses vêtements. 

BALNEATOR. Celui qui était chargé 
de la garde des bains (Cic. Cœl. 26). 

BALNEATRIX. Femme propriétaire de 
bains ou chargée dans un bain de la sur- 
veillance du côté des femmes (Petr. ap. 
Serv. ^«.xii, 159). 
BALNEUM. Voy. Balineum. 
BALTEARIUS. Maître ou garde des 
baudriers (Imltei) , officier de la maison 
impériale , dont la fonction était de soi- 
gner et de conserver dans la garde-robe 
ces objets d'utilité et de parure (Inscript. 




73 



ap. Reines, cl. 8, n. G9; Spon. Miscell. 
Erud. Ant. p. 253). 

BALTEOLUS, diminutif de Balteus. 

BALTEUS ou BALTEUM (TeXajxwv). 
Baudrier passé sur une épaule et sous 
l'autre pour sus- 
pendre l'cpée, de 
la même façon que 
nos soldats por- 
tent les armes 
qu'ils ont au côté 
(Quint. XI, 3, 
140). Il était at- 
taché sur le de- 
vant par une bou- 
cle (Virg. Mil. y, 
314), et souvent 
enrichi de clous d'or {hullx) onde pier- 
res précieuses (Virg. /. c). On peut voir 
distinctement ces détails dans la gravure , 
prise d'un trophée de Rome , qu'on ap- 
pelle communément trophée de Marins, 
mais qui appartient, en réalité, à l'époque 
de Trajan. 

2. Les soldats grecs de l'âge homéri- 
que se servaient d'un baudrier sembla- 
ble pour porter leurs boucliers; ils en 
portaient deux en même temps (Hom. 
//. XIV, 404). 

3. On se servait encore d'un baudrier 
seni!)lable, qu'on désignait aussi par le 
même nom , pour suspendre un carquois 
sur les épaules (Virg. Mn. v, 313; Ne- 
mes. Cyneg. 91), ou un instiument de 
musique, comme une lyre ou une guitare, 
au cou (Apul. Flor. Il, 15, 2). Voy. les 
gravures , aux mots Pharetratus , 3 , 
et Lyristria, qui présentent des bau- 
driers employés de ces deux façons. 

4. Baudrier ou bandeau de parure, 
décoré parfois de clous d'or et d'argent 
ou de broderies, qu'on 
plaçait autour du cou 
et du poitrail d'un 
cheval, au-dessous du 
moiiile ou sous-gorge, 
et auquel on attachait 
souvent des grelots. 
(Apul. 3lef. X, p. 
224). La figure ci- 
jointe est prise d'un 
vase d'argile; comparez celle du mot 
Tintinnabulatus, qui est plus simple et 




74 



balteus* 



BAPTISÎERltfM. 



qui représente un grelot suspendu au bau- 
drier. 

5. Ce mot désigne moins exactement, 
surtout chez les poëtes, un ceinturon (Lu- 
can. II, 361 ; Sil. Ital. x, 181. Cf. Cm- 
GULUM), ou encore une sangle passée au- 
tour du corps d'un cheval (Claud. Ep. xxi 
et XX. Voy. Cingula). 

6. Large bande plate dans la sphère, 
qui contient les douze signes du zodia- 




que et représente la course du soleil qui 
les traverse (Manilius, III, 334) , comme 
on le voit par la gravure, qui est copiée 
d'une peinture de Pompéi. 

7 . Bande qui entoure le coussin sur le 




côté d'un chapiteau ionique; en langage 
technique , bande ou ceinture des cous- 
sins (Vitruv. XI, 6, 7). Elle est souvent 
couverte de sculptures, comme on le 
voit dans la figure, qui représente un cha- 
piteau appartenant au temple de Minerve 
Polias, et vu latéralement. 

8. Mur ou parapet, qui, dans un théâ- 




tre ou amphithéâtre, formait une ligne 
de démarcation entre une rangée de siè- 
ges (mœnianum) et une autre (Calpurn. 
Ed. VI, 47). Il servait à empêcher les 
différentes classes de spectateurs de pas- 
ser des places assignées à leurs ordres 
respectifs dans d'autres parties de l'édi- 
fice où elles n'avaient pas droit de s'as- 
seoir : par exemple, d'une rangée supé- 
rieure dans une inférieure. La figure pré- 
sente une vue du plus grand théâtre de 
Pompéi, et montre une partie de deux 
mœntana ou rangées de sièges avec le bal- 
teus qui les sépare. On comprendra que ce 
parapet, qui n'est ici qu'un débris, courait 
sans interruption autour de toute la ran- 
gée de sièges. Les spectateurs, en entrant 
au théâtre, suivaient la galeiie couverte, 
qui est l'arcade vaste et obscure , figurée 
à main droite , jusqu'à ce qu'ils arrivas- 
sent à une des petites portes {yornitoria) 
par lesquelles ils pénétraient dans l'inté- 
rieur; ils descendaient ensuite les esca- 
liers de devant jusqu'à ce qu'ils fussent 
parvenus à la rangée ou au gradin {gra- 
dus) oii se trouvaient les places qui leur 
étaient assignées. On voit au-dessus un 
autre halteus, avec deux de ses portes, 
qui séparait le second mœnianum des 
sièges supérieurs. On remarquera aussi 
que le passage couvert qui entoure le 
premier msenianum ne communiquait 
pas avec le mœnianum supérieur; on y 
arrivait par un corridor distinct, qui avait 
un escalier séparé dans la partie exté- 
rieure de l'édifice. 

BAPHIUM (PaçeTov). Établissement 
de teinturier (Inscript, ap. Carli , An- 
tich. Ital. tom. III, p. 14 : Procuratori 
Bapliii Cissx Histrise. Cf. Lamprid. Alex. 
Sev.W; Strab. XYI,2,§ 23). 

BAPTISTERIUM (PaùtiaT^piov). Mot 
de forme grecque (Sidon. Ep. il, 2), quoi- 
qu'on ne le trouve dans aucun auteur 
grec. Bain froid oii l'on se plongeait; il 
était construit dans la cella frigidaria 
(Plin. Ep. II, 17, 11; v, G , 25). La 
gravure représente un bain froid et la 
pièce qui le contient, telle qu'elle sub- 
siste encore à Pompéi. Le bain lui-même 
(baptisterium) est un bassin de marbre 
circulaire, de 3'"- 88''* de diamètre; deux 
gradins y sont pratiqués, et il y a au fond 



BARBATULUS. 



lin sic^o lia-i (a main çaiiclio dans la gi.i- 




vure), sur le([iiel le baigneur pouvait 
s'asseoir et se laver. 

2. Ce mot désigne, dans les auteurs 
. ecclésiastiques ou après rétablissement du 
christianisme , un édifice distinct de l'é- 
glise, dans lequel étaient placés les fonts 
baptismaux (Sidon. Ep. iv, 15). Le 
])aptistère bâti par Constantin près de 
l'église de San Giovanni Laterano, à Ro- 
me, est un modèle de ce genre d'édifice. 
On trouve une vue de l'intérieur de ce 
monument dans Gally Knight (Ecclesias- 
tical arcltili'cfure of Italy). 

BARBATL'LUS. Celui dont une jeune 
barbe commence à entourer le menton , 
sans être raccourcie ou arrangée par le 
barbier (ÇÀQ.ad Att. \, 14). Ainsi la por- 




taient les jeunes gens de Rome avant que 
l'habitude de se raser eût été adoptée; 




dans la suite , ils portèrent toute leur 
barbe jusqu'à l'âge viril, où, devenue 
plus longue, elle demandait à être ar- 
rangée avec art. La figure est prise d'une 
statue de Drusus, fils de Tibère, trouvée 
à Pompéi. 

BARBATUS (uwywvîa;). Homme qui 
porte toute sa barbe , comme le faisaient 
ordinairement les Grecs, jusqu'à l'époque 
d'Alexandre, et les Romains, jusqu'à 
l'an 300 avant J.-C. (Plin. H. N. vu, 
59; Cf. Liv. v, 41, et Cic. Cal. 14); 
de là vient que les au- 
teurs latins emploient 
souvent ce mot pour 
caractériser les maniè- 
res rudes et incultes 
des premiers âges (Cic. 
Mur. 12; Sext. 8). 
La figure ci-jointe est 
tirée d'une pierre gra- 
vée qui représente, à 
ce qu'on suppose , Nu- 
ma Pompilius. On s'au- 
torise, pour cette conjecture, de sa res- 
seml)lance avec le profil qu'on voit sur 
certaines monnaies où est inscrit le nom 
de Numa. 

2. Barbatus hene. Personnage dont la 
barbe est coupée et arrangée avec un art 
qui lui donne une sorte 
de beauté; cette mode 
s'introduisit parmi les 
jeunes élégants vers les 
derniers temps de la ré- 
publique (Cic. Catil. 
II, 10), et fut adoptée 
par les empereurs de- 
puis le temps d'Adrien , 
comme on le voit par le 
buste ci-joint d'Anto- 
nin le Pieux , d'après une pierre gravée. 

BARBITOS et BARBITON (pâpêiiro;, 
pâpê'.Tov, et j5apij[ji,i.xov , Jul. Poil, iv, 
59). Instrument à cordes du genre des 
lyres; il était plus grand que la lyre pro- 
prement dite, et avait des cordes plus 
fortes (Pollux, /. c); par conséquent il 
donnait des notes plus hautes et plus 
pleines que les lyres ordinaires. On se 
servait pour jouer du barbiton des doigts 
et du plectritm (Claud. Proœm. ad Epith. 
in Niipt. Hon. et Mar. 9; Ausou. 




15 



BARCA. 



BAStLtCA. 




Epigr. 44). Ainsi cet inslrunient était 
à la lyre ce qu'est le vio- 
loncelle au violon. Il est 
très-probable, d'après tous 
ces détails, que la figure 
donnée ici est un spéci- 
men authentique de l'an- 
cien liarl'itos. Elle est pri- 
se d'une peinture de Poni- 
péi, où elle est placée à 
coté d'Apollon, et porte 
à terre sur un bouton 
proéminent , comme nor 
Ire basse de viole; elle 
atteint en hauteur à la 
moitié de la figure pein- 
te. 

BARCA. Bateau employé pour trans- 
porter au rivage la cargaison d'un vais- 
seau. Quand le vaisseau partait , on met- 
tait ce bateau à bord et on ne le descen- 
dait que lorsqu'on en avait besoin 
(Isidor. Orig. XIX, 1, 19; Not. Tir. 
p. 77). 

BARDOCUCULLUS. Vêtement avec ca- 
puchon (cucullus) qui, si nous en jugeons 
par le nom, était particulier aux Bardéens, 
peuple de l'Illyrie (Cf. Capitol. Pcrtiii. 8) : 
Martial {Ep. I, 54 ; cf. Juv. Sat. viii, 145) 
l'attribue aux Gaulois, et dans un autre 
passage (£/;. xiv, 128) il indique claire- 
ment que c'était un vêtement de dessus 
porté par le bas peuple de ce pays, et 
ayant une sorte de ressemblance avec la 
pœnitla romaine. Ainsi c'était probable- 
ment un manteau d'étoffe gi'ossière, avec 
\m capuchon, qui couvrait tout le corps, 
pareil à celui que porte le charretier 
dans la gravure ci-joiute, prise d'un bas- 
relief de tombeau trouvé à Langres. Ce 



«C^' 




vêtement a des manches que n'avait pas 
la pieintla. Il y a de côté, près du pied 
droit, une fente, la même que dans la px- 
iiiiia, mais moins longue. Ce sont précisé- 



ment ces ressemblances et ces différences 
qui expliquent pourc[uoi Martial a rap- 
proché les deux mots. [La coule des moi- 
nes, avec le capuchon pour rabattre sur 
la tête , est une imitation de ce vêtement 
primitif des paysans]. 

BARIS (pàpt;). Bateau à fond plat 
dont on se servait sur le Nil pour le 
transport des marchandises, et plus parti- 
culièremeut pour faire passer la rivière 
à un mort et le mener au lieu de sa sé- 
pulture avec un cortège funèbre (Herod. 
II, 9C; Diodor. i, 9G). La figure ci- 




jointe représente, d'après nue peinture 
égyptienne, un de ces bateaux tpii porte 
une momie. Quand Properce (m, 1 1, 44) 
applique ce nom aux vaisseaux île guei're 
d'Antoine et de Cléopàtre , on doit l'en- 
tendre dans un sens d'ironie et d'extrême 
mépris. 

BASCAUDA. Même sens que le gallois 
hasgawd et l'anglais Imslu't (panier, 
corbeille). Ces objets de l'ancienne in- 
dustrie des Bretons furent importés avec 
leur nom à Rome (Mart. Ep. xiv, 99), 
où ils étaient employés parmi les ustensiles 
de table et très-recherchés (Juv. Sat. xil, 
4G; Schol. Vet. «^ /.). 

BASILICA. Vaste édifice public, élevé 
dans le forum ou place du marché, ou près 
de cette place : il servait de lieu de 
réunion pour les marchands et ceux qui 
faisaient des affaires, aussi bien que de 
cour de justice; il répondait ainsi sous 
beaucoup de rapports à la fois à un hôtel 
de ville et à une bourse modernes (Cic. 
T'en-. II, 5, 58; ad An. u, 14). 

L'intérieur d'une basilique avait une 
grande ressemblance avec la plupart de 
nos vieilles églises. Il se composait d'une 
nef centrale et de deux ailes latérales 
c[ui en étaient séparées par une ran- 
gée de colonnes , comme on le voit dans 



BASILICCS. 



BASTERNA. 



77 



le plan ci-joint de la basilique de Pom- 



— "Il 



péi. C'est dans cette partie de l'édifice 
que ceux qu'appelaient leurs affaires et 
les marchands se réunissaient et trafi- 
quaient. A l'autre extrémité de la grande 
nef, une partie de l'édifice était séparée 



par une grille (voy. la partie à main 
droite dans la première gravure ) , 
comme le sanctuaire d'une église; quel- 
quefois il y avait une triiiune élevée hors 
du corps principal (voy. la gravure ci-des- 
sous) : on avait ainsi dans la même cons- 
truction un lieu l'etiréet éloigné du bruit 
et du tumulte des trafiquants. C'était là 
que siégeaient les juges et que l'on plai- 
dait. L'intérieur de l'édifice était de plus 
entouré d'une galerie supérieure, élevée 
sur les colonnes qui partageaient les ailes 
inférieures, comme on le voit dans la 



HnlnlnlrlrlrlrlcJplnMiilrlrlnlrînlnikiMnlDli 




gravure ci-jointe, qui montre une section 
et une élévation en longueur de l'an- 
cienne basilique de Vérone, telle qu'elle 
a été restaurée d'après ses ruines par le 
comte Arnaldi. Ces galeries supérieures 
étaient construites principalement pour 
la commodité des spectateurs et des 
oisifs, qui pouvaient ainsi assister au 
mouvement des affaires sans y apporter 
aucune confusion ni aucun trouble (Yi- 
truv. V, 1). 

2. Après l'introduction et rétal)lisse- 
ment du christianisme par Constantin, ce 
prince convertit plusieurs des anciennes 
ùasiiicx en édifices destinés au culte ; 
leur plan était parfaitement adapté à ce 
but. De là vient que, dans les auteurs 
ecclésiastiques de cette période, le mot 
basilica est employé communément pour 
désigner une église (Sulp. Sev. Hist. 
sacr. II, 33 et 38). Cinq de ces édifices 
à Rome gardent encore leur ancien nom 
de basilujiit's; de plus, ils conservent des 
marques de leur destination primitive : 
on les tient ouverts tout le jour, comme 
une cour de justice, au lieu de les fermer 
à certaines heures, ainsi que toutes les 
autres églises. 

BASILICLS (Jactus). Nom donné à 



un coup de dés. Quelle combinaison de 
chiffres fallait-il pour amener ce coup, 
on l'ignore : mais on peut juger, d'après 
son nom, qu'il était excellent, quoique au- 
dessous de celui de Vénus , qui était le 
meilleur de tons (Plaut. Cure, il, 3, 
80; Becker, Gallus, p. 393 de la trad. 
aiigl.). 

BASTERNA. Sorte de palanquin, 
destiné particulièrement aux femmes 
(Poet. Incert. in Anthol. Lat. Ep. m , 
183). C'était une voiture fermée (Ammiau. 
XIV, G , 10) , traînée par deux mulets , un 




devant et l'autre derrière , attachés cha- 
cun à des brancards séparés ( Pallad. 
VII, 2, 3). Cette description répond si 
exactement à la figure ci-jointe, copiée 
d'une ancienne gravure du quinzième siè- 
cle, et à des voitures semblables dont on 
se sert encore dans différents pays, qu'il 
n'y a pas de doute que l'ancienne bas- 



78 



BASTERNARIUS. 



BESTIABIUS. 



terna ft'it faite sur un modèle analogue. 

BASTERNARIUS. Esclave conduisant 
les mulets qui portaient un palanquin ou 
basterna (Svmm. Ep. VI, 15). 

BATILLUM ou BATILLUS. Petite 
pelle ou brasier, servant de réchaud , sur 




lequel on portait du charbon allumé pour 
brûler des herbes odoriférantes et de 
l'encens (Hor. Sat. i, 6, 36). La gra- 
vure ci-jointe est tirée d'un original en 
bronze trou\é à Ponipéi. 

2. Pelle commune pour enlever les 
ordures, etc.; elle était tantôt en bois 
( Varro , R. R. i , 60, 2 ) et tantôt en fer 
(Varro, R. R. m, 6, 5). 

3. Petit plat, muni d'un manche et 
servant de creuset pour essayer l'argent 
(Plin. H. .V. XXXIII, 44). La figure est 




])rise d'un bas-relief trouvé sur la voie 
Appienne. On reconnaît clairement l'u- 
sage de cet ojjjet , dans le modèle origi- 
nal, au sac de monnaie qui est figuré 
tout à côté. 

BATIOLA. Sorte de vase à boire de 
grande capacité et de matière précieuse ; 
mais on ignore quelles en étaient la 
forme et la contenance précise (Plaut. 
Stich.y, 4, 12). 

BAXA et BAXEA. Sorte de chaussure 
légère, patin, sandale ou soulier, faite 
chez les Romains de fibres, de feuilles 
ou de petites bandes de saule tressées 




(Isid. Orig. XIX, 34, 6 et 13), et, chez 
les Egyptiens , de la feuille du palmier ou 
du papyrus (Apul. Met. il, 39). Elle 
était portée et sur la scène comique 
(Plaut. Men. II, 3, 40) , et par les phi- 
losophes qui affectaient une grande sim- 



plicité de costume (Apul. 3Ie(. xi, p. 
244). La gravure ci-jointe représente 
un modèle en papyrus de la col- 
lection de Berlin. Ces chaussures sont 
quelquefois indiquées aux pieds des 
statues égyptiennes, et on en a décou- 
vert plus d'un original dans les tombeaux 
d'Egypte ; quelques-unes sont faites avec 
des quartiers fermés et une empeigne , 
comme un soulier; d'autres avec une 
feuille qui forme un simple lien placé sur le 
cou-de-pied, comme un socque ; d'autres, 
enfin , comme le spécimen donné ici , 
avec un lien placé sur le cou-de-pied , et 
une autre feuille plus petite, dans la 
partie antérieure de la semelle, destinée 
à passer entre le grand orteil et le doigt 
voisin. 

BENNA. Mot gaulois employé pour 
désigner un chariot à quatre roues ou 




une voiture faite d'osier et pouvant con- 
tenir plusieurs personnes , comme on le 
voit dans la gravure ci-jointe, prise de la 
colonne de Marc-Aurèle (Festus, s. v. ; 
Scheffer, de Re a-ehic. II, 21; cf. 
Cato, R. R. 23, 2, où cependant Schnei- 
der lit Mœna). 

BES. Les huit douzièmes ou les deux 
tiers d'un objet, par exemple, une des 
fractions de YAs. C'était une monnaie 
de compte et non une pièce de monnaie 
avant cours (Varro, L. L. v, 172). 
■ BESTIARIUS (er,p'.o!J.âxr,ç). Homme 
c[u'on louait pour comi)attre les bêtes 
féroces aux jeux du cirque, dans l'amphi- 
théâtre de Rome, ou dans les autres 
spectacles qui étaient donnés au peuple 
(Cic. Se.Tt. 04; ad. Q. Fr. Il, 6). Les 
hestiarii étaient distincts des gladiateurs 
et regardés comme une classe inférieure 
parmi les combattants (Petr. Sat. 45, 
11). Dans l'origine , ils étaient complète- 
ment couverts comme eux d'une armure 
défensive et offensive, et portaient un 



BIBUOPOLA. 



79 



casque , un bouclier, un couteau ou une 




épée et avaient les jambes protégées. 
On voit la plupart de ces détails dans 
la gravure ci-jointe , tirée d'un bas-relief 
engagé dans la muraille du palais Savelli, 
maintenant Orsini, à Rome. Ce palais 
est bâti sur les ruines du tbéàtre de 
Marcellus, à la dédicace duquel furent 
tuées six cents bêtes féroces, carnage rap- 
pelé sans doute par le bas-relief dont 
nous partons. Dans la suite, \es hestiarii 
devinrent plus distincts des gladiateurs 
par leur costume et leur manière de com- 
battre : ils n'eurent plus d'armes défen- 




sives que des bandages sur les jaml)es et 
sur les bras ; et , pour armes offensives , 
ils ne portèrent plus qu'une lance ou une 
épée d'une main , et de l'autre une pièce 
d'étoffe peinte , comme le matador espa- 
gnol : on le voit par la figure donnée ici 
et empruntée à une tombe de Pompéi. 
Cette coutume s'introduisit d'aijord sous 
le règne de Claude (IMin. H. N. Viii, 21). 
BlBLIOPOLA(Pip),tOTi(;)),Yi:).Z//;/-a/re. 
Son métier consistait à rassembler des 
manuscrits (Mart. £p., iv, 72); à en 
donner avis par des catalogues affichés 
à l'extérieur de sa boutique (Mart. £p. 



I, 118, 11; Hor. Sat. i, 4, 71; ^. 
P. 373); à en multiplier les copies en 
employant plusieurs mains à les trans- 
crire (Mart. £p. Il, 8; cf. £p. vil, 
11), et à les mettre en vente (Plin. 
£p. IX, 11). 

BIBLIOTHECA (piêXtoe^xY)). Biblio- 
tbèque, c'est-à-dire appartement ou édi- 
fice dans lequel on conserve une collec- 
tion de livres (Cic. ad £am. vil, 28). On 
a découvert une chambre disposée com- 
me une bibliothèque , dans une des mai- 
sons d'Herculanum, en 1753: elle con- 
tenait 1,756 manuscrits, sans compter 
plusieurs livres qui furent détruits par 
les ouvriers avant qu'on en connût le 
prix. Ils étaient arrangés sur des rayons 
autour de la chambre à une hauteur de 
près de six pieds; et, au centre, il y 
avait une case isolée, formée par une 
colonne rectangulaire, qui faisait face 
de chaque côté, et qui était remplie de 
la même manière que les autres rayons 
(lorio, Officina de Papirï). 

2. Bibliothèque, c'est-à-dire collection 
des livres contenus dans une bil)liothè- 
que (Cic. ad £am. XIII, 77 ; Festus, s. 

3. Casier pour livres ou suite de ta- 
blettes à livres (Paul. Dig;. 30, 1, 41; 
Ulp. Z)/>. 32, 3, 52, § 8). 

BIBLIOTHECULA. Petite bibliothè- 
que (Svnim. £p. ix, 18). 

BICLINIUM. Sofa ou couche sur la- 
quelle pouvaient se placer deux person- 




nes pour prendre leurs repas, etc. (Plant. 
/Jacch. IV, 3, 84 et 117). C'est un mot 
hybride, moitié latin, moitié grec (Quint. 
I, 5 , G8). La gravure est tirée d'un bas- 
relief romain. 

BIDENS (ôîx£/,Xa, (y[JiivÛYi). Houe forte 



80 



BIDEMAL. 



et pesante, armée de deux fourchons (Ov. 




^..Aj».^\-......»-,..^......-^.,.^,>Mtmi^,[»^».»-...^. 



Fast. IV, 927 ) , qui servait dans la cul- 
ture des champs à différents usages : par 
exemple, à trouer le sol au lieu de le 
labourer; à briser les mottes de terre 
retournées par la charrue; à remuer la 
charrue et à la nettoyer autour des ra- 
cines de la vigne, etc. (Virg. G. Il, 355, 
400;Tibull.ii, 3, 6 ; Columell. iv, 17, 
8). Le modèle ici donné est pris d'une 
pierre gravée qui représente Saturne 
sous les dehors d'un esclave des champs, 
par allusion aux Saturnales. 

2. Ce mot employé adjectivement s'ap- 
plique aux objets qui ont deux four- 
chons, deux lames ou deux dents, comme 
for f ex m\ ferrum biclens (Wr^. Cat. 8; 
Cir. 213) , paire de ciseaux (voy. la gra- 
vure au mot FoRFEx); hidens ancora 
(Plin. YII, 57), ancre à deux pattes; 
dans les premiers temps l'ancre n'en 
avait qu'une. Voy. A>"CORA. 

BIDENTAL. Petit temple ou chapelle 
consacrée par les augures, et contenant 
un autel élevé sur tout lieu qui avait été 
frappé de la foudre (puteal ) ; il était ap- 
pelé ainsi parce qu'il était d'usage d'y 
sacrifier une brebis de deux années {hi- 
dens) Festus, s. v.; Hor. J. P. 471; 
Apul. de Deo Socr. p. 67 7). La gravure 




présente"un spécimen des restes d'un hi- 
dental SiVomyiéi. Ou voit l'autel au cen- 
tre; les colonnes mutilées qui l'entou- 
raient sont encore dejjout à leurs places ; 
on peut aisément se figurer le toit et le 
restfe de l'édifice. 

BIFORIS et BIFORUS (St'ôupo;). Ces 
mots s'appliquent aux fenêtres et aux 
portes, pour indiquer celles qui s'ouvrent 
à deux battants, au lieu de s'ou\Tir tout 




d'une pièce, et qui ressemblent par con- 
séquent à ce que nous appelons fenêtres 
françaises et portes à battants (Ovid. 
Pont. III, 3 5; Vitruv. iv, 6, 6). Voy. 
la gravure au mot Axtepagmemim. 

BIFRONS (oi(x£Tco7:o?). Tète qui a 
deux fronts ou deux figures, par devant 
et par derrière; type at- 
tribué à Janus, comme 
marque de sa grande sa- 
gacité et comme emblè- 
me de sa connaissance du 
passé et de l'avenir, du 
connu, qui, à ce qu'il 
semble, est devant, et de 
l'inconnu, qui est derrière 
fN'irg.^Vi.vii, 180). Des bustes de cette es- 
pèce, représentant les images de différen- 
tes personnes tournées dos à dos , étaient 
fort employés par les anciens pour orner 
leurs bibUothèques et leurs galeries de 
peintures ; on les plaçait souvent au haut 
d'un pilier carré, au milieu des carre- 
fours ; généralement ils couronnaient le 
poteau qui formait le montant d'une grille 
de jardin ou d'une autre enceinte d'or- 
nement ; à cette intention , en effet , ou 
choisit un objet qui peut être vu de face 
ou de tous les côtés. La gravure ci-jointe 
est prise du Capitole de Rome; elle pré- 
sente deux bustes de femme d'une grande 
ressemblance, coïncidence très-rare; car 
des bustes de cette espèce représentent 
la plupart du temps des têtes d'hommes 
empruntées à des personnes différentes. 
Ce sont généralement des philosophes, 
ou le Bacchus indien uni à quelque per- 
sonnage mythologique ou autre. 

BIGA (<7v)vwpî;). Deux chevaux attelés 
ensemble par une barre transversale 




portant sur leur garrot, comme on le 
voit clairement dans la gravure, prise 



!l 



d'une peinture de Pompéi. C'est dans ce 
sens que le pluriel bigx est employé le 
plus souvent et avec le plus de propriélé 
(Plin. H. N. VII, 57; Virg. /En. u , 
rri; Catull. LV, 26). 

2. Au singulier, ce mot désignait un 
char traîné par deux chevaux , quoique 
dans ce cas on se servît aussi du pluriel. 




On appelait aussi hlga une voiture à deux 
chevaux (Suet. Tih. 26; Tac. Hht. i, 
86), soit char de guerre, soit char de 
course. C'est un de ces derniers qui est 
représenté ici d'après une lampe d'ar- 
gile. 

BIGATUS (nitmmiis on argenttirn higa- 
tum, Liv. XXXIII, 23). Denier d'argent; 
une des monnaies les plus anciennes des 
Romains (Liv. xxili, 15; Tac. Gcrm. 
5 ) , qui avait pour type 
une big a ou un char à 
deux chevaux sur le 
revers (Plin, H. N. 
XXXIII, 13) : et c'est 
de là que lui vint son 
nom. Le spécimen que 
nous donnons est tiré 
d'un modèle du Musée Britannique : on 
lui a conservé sa dimension actuelle. 

BIJUGUS et BIJUGIS. Même sens que 

BiGA. 

BILANX. Balance à deux bassins 
(Mart. Capell. ii, 180, p. 42). Voyez 

LiBRA. 

BILIX (2î[xiToç). Objet fait de deux 
fds ou à doubles lisses (licla). Ce mot 
s'appli([ue à luie étoffe tissue comme 
notre basin (Virg. jEn. xii, 375). Ce 
qu'elle a de particulier tient à la manière 
dont sont entrelacés les fils de la chaîne 
et ceux de la trame. Dans une pièce de 
calicot commun, les iils se croisent à 




angles droits, chaque fil de la trame 
{.■iuhtcmen) passant alternativement sur 
et sous un des fils de la chaîne (stamen) ; 
il en résulte des lisses simples. Mais, dans 
les tissus croisés, un fil de la trame est 
passé xur un , puis sous deux ou plu- 
sieurs iils de la chaîne, ce qui semi)le 
former comme des côtes sur l'étoffe. 
Quand le tissu croisé est formé en passant 
sur un fil et sous deux , il faut des lisses 
doubles et on lui donne l'épithète de 
h'dix; quand il passe sur un et sous trois , 
celle de trilix , et ainsi de suite. 

BILYCHNIS (sous-entendu luccrnn). 
Lampe munie de deux becs et de deux 




mèches , et donnant deux flammes sépa- 
rées (Petr. Sat. 30), comme dans le 
spécimen, tiré d'un modèle en bronze. 

BIPALIUM. Espèce particulière de 
Ijèche, munie d'un barre transversale 




à une certaine hauteur au-dessus du fer, 
sur laquelle le laboureur pesait du pied 
en creusant la terre. Il enfonçait ainsi le 
fer deux fois aussi avant qu'avec la bêche 
ordinaire (pala). Le bipalium entrait 
habituellement de deux pieds en terre, 
mais on pouvait accroître ou diminuei' 
cette profondeur en plaçant plus loin ou 
|)lus près du fer la jjarre transversale 
(Cato,A. R. 45. 2; Varro, R. R.i, 37, 
5; Columell. xi, 3,11). Le spécimen est 
pris d'un bas-relief de tombeau. 



82 




BIPEDA. Grand carreau, long de deux 
pieds , dont on se servait pour faire des 
pavés en plein air (Pallad. i, 40, 2, et 
19, 1). 

BIPENNIFER. Qui porte la hache a 
deux tranchants ( bi- 
pennis) , arme qui ca- 
ractérisait particulière- 
ment les Amazones , 
comme on le voit dans 
la gravure, prise d'iui 
has-relief grec. Ou don- 
nait aussi cette arme à 
d'autres personnages , 
comme au roi de Thra- 
ce Lycurgue (Ov. Met. 
IV, 22), et à Arcas, fds 
de Jupiter et de Callisto 
(Ovid. Metamorph. VIII, 391 ). 

BIPEÎNNIS (of(TTO[j.oî Tté^exu;, à^îvr,). 
Hache à douljle lame ou tranchant 
(Isidor. Orig. xix , 19 , 11), dont on se 
servait comme de doloire (Hor. Od. iv, 
4, 57), mais qu'on employait plus com- 
munément comme arme de guerre 
(Yirg. JEn. v, 307; Plin. H. N. viii, 
8). Voyez la gravure et le mot précé- 
dents. 

BIPRORUS (SÎTipwpoç). Qui a une dou- 
ble proue (Hygin. Fah. 168, 277); ce 
qui signifie probablement un vaisseau 
construit avec un avant et un arrière 
tranchants et effilés , comme les rapides 
proas des mers de l'Inde , de façon à 
pouvoir voguer des deux côtés sans virer 
vent devant ou virer de bord. (Cf. Tac. 
.-/««. II, 6). 

BIREMIS (ûi'y-wTio;). Littéralement, 
muni à'uiie paire de rames ou d'avirons; 




de là l'emploi de ce mot , soit adjective- 
ment ayec scap/ia , soit substantivement, 
pour désigner un petit bateau gouverné 
par un seul homme qui manie une paire 
d'avirons, comme dans la figure ci-jointe, 
lirée d'une ancienne fresque (Hor. OcL 
III, 29, 62; Lucan. viii, 562; cf. 565 et 
611, où la^ même eml^arcation est dési- 



gnée par les mots par va ratls et alniis). 

2. (Sîy.poTo;). Navire muni de deux 

rangs de rames (ordiiies) : c'est là l'ap- 




plication la plus commune de ce mot ; il 
désigne une birème ou vaisseau de guerre 
qui a deux rangs de rames de chaque co- 
té , placés en diagonale l'un au-dessus de 
l'autre, comme dans la gravure, prise 
d'un bas-relief en marbre de la villa Al- 
bani ; chaque rame était manœuvrée par 
un seul rameur (Plin. H. JV. Ail, 57; 
Cœs. B. C. III, 40; Tac. Hisf. v, 23). 
11 est évident que telle était la disposition 
adoptée dans la construction d'une birè- 
me, d'après le spécimen que nous don- 
nons. On le voit aussi par les sculptures 
de la colonne Trajane (23, 24, 59, 61, 
éd. Bartoli) , où une disposition sembla- 
ble est indiquée ; enfin par le passage de 
T.icite (/. c.),qui distingue un vaisseau 
qui avait ses rames placées sur un seul 
rang (moneris) de la birème, où elles 
étaient par conséquent disposées sur 
deux (complet ijitod biremium, quœquc 
simplici ordine agebantui), 

BIROTUS et BIROTA. Ce mot pris 
substantivement désigne un objet qui a 
deux roues, et s'applique à toute espèce 
de voiture. Elles sont toutes éuumérées 
dans la table analytique (Non. Marc. s. ii. 
Cisium, p. 86; Cod. Theodos. 8, 5,8). 

BIRRl'S. Capote avec capuchon 




BISACCICIU. 



BBABECTA. 



83 



(Schol. Vet. «^ Juv. Sat. viii, 145), 
fort en usage dans toutes les classes 
sous les derniers empereurs : on la por- 
tait pour se couvrir la tête et les épau- 
les. Elle était à poil long (Ciaud. Epigr. 
42), et, à cause de l'épaisseur de sou 
tissu, on lui donnait l'épithète de roide, 
rigens (Sulp. Sev. Dial. 14); il est fa- 
cile de reconnaître ces deux caractères 
dans la gravure, tirée d'une statue trou- 
vée à Pompéi, et qui représente un jeune 
pêcheur endormi dans sa capote. 

BISACCIUM. Double valise faite de 
toile grossière ; c'est l'origine de l'italien 
Usaccia, du Smâxiov des Grecs modernes, 
et du français besace et bissac (Petr. Sat. 
31, 9; Anton, ad L). 

BISELLARIUS. Personne qui avait le 
privilège de se servir du biseUhim (Inscr. 
rt/7. Grut. 1099,2). 

BISELLIUM. Fauteuil d'apparat et de 
grande dimension où pouvaient se placer 
deux personnes (Varro, L. L. v, 128), 
quoiqu'il y ait lieu de croire qu'il ne 
servait qu'à une seule. En effet, les diffé- 
rents spécimens trouvés ou représentés à 
Pompéi sont habituellement accompa- 
gnés d'un seul tabouret {suppedaneum) 
placé au milieu, comme dans le spéci- 




men ici donné, qui est pris d'un bas-relief 
de Pompéi, et qui porte inscrit au-dessus 
son nom de ^mc//(«w. Ces fauteuils étaient 
employés par les personnes de marque, 
particulièrement les augustales, dans les 
provinces, au théâtre et dans les autres 
lieux publics, de la même façon que la 
sella curulis à Rome (Inscript, ap. 
Mazois, Ruines de Pompéi, vol. i, p. 24 ; 
ap. Fabretti, c. 3, n. 324; ap. Grut. 
475,3). 

BIVIUM. Route ou rue qui se parta- 
geait en deux Jjranclies (Plin. H. N. vi, 
32) ; de là, in bivio (Virg. ^En. iv, 238) , 
au point de partage de deux routes ou 
de deux rues. A cet endroit, il y a tou- 



jours une fontaine dans la ville de Pom- 




péi , comme on le voit dans notre spéci- 
men , qui présente une vue d'une des rues 
de cette ville. 

BOLE. Mot prol)al)lement identique 
avec le grec xXoiôç, c'est-à-dire large col- 
lier de bois qu'on mettait autour du cou 
des chiens dangereux (Xen. Hell. Il, 4, 
41). Les Romains appliquèrent ce mot, 
avec un sens analogue, à un collier de 
Ijois ou de fer mis autour du cou des es- 
claves et des criminels (Plaut. Asin. m , 
2, 5; Capt. iv, 2, 109; Prudent. Prwf. 
Psych. 34; Hieron. 5 in Hierem. 27 ). 

BOLET AR. Plat pour servir des cham- 
pignons, boleti (Alart. Ep. XIV, 101). Ce 
mot a ensuite été appliqué à toute espèce 
de plat (Apic. II, 1 ; v, 2; vill, 7). 

BOTELLUS. Diminutif de botulus 
(Mart. V, 78). 

BOTULARIUS. Celui qui faisait et 
vendait des botuli, boudins noirs ou sau- 
cissons (Sen. Ep. 56). 

BOTULUS (çijaxY)). Sorte de saucis- 
son ou de boudin noir : on le préparait 
avec le sang de l'animal (Tertuîl. Jpol. 
9) : il semble avoir été estimé surtout 
par le bas peuple ou par des personnages 
tels que le Trimalchio de Pétrone (Mart. 
XIV, 72; Gell. xvi, 7, 3; Petr. Sat. 
49). 

BOVILE (Veget. iv, 1, 3). Même 
sens que BuBiLE , qui est la forme plus 
usitée. 

BRABEUM, BRABIUM ou BRAYIUM 
(Ppaêelov). Prix donné au vainqueur 
dans les jeux publics (Prudent. Péri 
Steph. V, 538). L'exclamation bravo! 
comme signe d'approbation , vient de ce 
mot. 

BRABEUTA (Pp*6£uttîç)- J"ge q"' 
proclamait les vainqueurs et décernait 



84 



BRAC^. 



BRACATl«. 



les prix aux jeux publics de la Grèce 
(Suet. Kero, 53 ). 

BRAC^ ou BRACCiE (àva?upt5£c). 
Vêtement qui couvrait entièrement la 
partie inférieure du corps ( voy. la grav. 
n" 2) depuis la ceinture jusqu'aux clie- 
villes; il dessinait quelquefois les formes 
comme nos pantalons collants, et quel- 
quefois il avait de l'ampleur comme nos 
pantalons ordinaires. Ce mot contient 
les éléments de l'écossais breeks, de 
l'anglais breeclies , et du français braies. 
Les Romains comprenaient deux genres 
différents sous le terme général de hracse ; 
mais les Grecs distinguaient chaque forme 
particulière par les noms caractéristi- 
ques qui suivent : 

1. àva^upi5c;. Pantalons collants 
plus particulièrement propres aux nations 




orientales et, parmi elles, aux Amazones 
et aux Perses (Ovid. Trist. v, 10, 34; 
Herod. i, 71), comme on le voit par la 
gravure ci-jointe, qui représente un prin- 
ce perse à la bataille d'Issus, d'après la 
grande mosaïque de Pompéi. 

2. Bracœ ladœ (ôûXa/.oi). Larges pan- 




talons portés de la même manière que les 



précédents; ils étaient particuliers aux 
nations du Nord (Ovid. Trist. v, 7, 49; 
Lucan. i, 430), comme on le voit par la 
figure ci-jointe , qui représente un des 
auxiliaires germains de l'armée de Tra- 
jan. Ces pantalons étaient aussi particu- 
liers aux Phrygiens, parmi les Asiatiques 
(Eurip. Cycl. 182) : c'est le costume ha- 
Ijituel de Paris. 

3. Bracx virgatœ (Propert. IV, 10, 
43), ou pictœ (Val. Flacc. vi, 227). 
Pantalons rayés, bigarrés et brodés, por- 
tés surtout par les habitants de l'Asie. 
Voyez la gravure suivante. 

BRACARIUS. Littéralement, un cu- 
lottier (Lamprid. Alex. Sev. 24), mais 
dans l'édit de Dioclétien (p. 20) , tailleur 
en général, pour toute espèce de vê- 
tement. 

BRACATUS ou BRACCATUS. Per- 
sonne qui porte des culottes ou des pan- 
talons; épithète qui caractérise surtout 
les peuples de l'Asie ou du Nord (Cic. ad 
Fam. IX, 15; Pers. Sat. m, 53), par op- 
position aux Grecs qui n'en portèrent 
jamais, et aux Romains chez qui ils ne 
furent adoptés qu'assez tard sous l'em- 
pire. Si cette mode fut adoptée à une 
époque antérieure , ce fut seulement par 
des personnes qui affectaient des mœurs 
étrangères (Tac. Hist. il, 20). 

2. Bracatus totum corpus, culotté de 
la te te aux pieds. Expression qui dési- 




gnait une espèce particulière de costume, 
portée communément par les peuples qui 
habitaient les rivages du Palus-Méotide 
(Mêla, II, 1 ). Ce costume est souvent at- 
I ribué aux Amazones sur les vases d'ar- 
gile des Grecs. C'est d'un de ces vases 



BRACUIALE. 



85 



qu'est prise la gravure que nous dounons. 
C'était un vêtement dont le bas formait 
un pantalon et le haut une sorte de gilet 
ou de jaquette, mais qui était fait tout 
d'une pièce, comme la phrase l'indique 
et comme le montre clairement une 
figure dans Winckelmann {Mon. Ined. 
n° 149) , et qui laisse découverte la par- 
tie que cache ici une sorte de jupon. 

3. Bracatus miles. Soldat portant des 
braies; ce qui veut dire, si la phrase se 
rapporte à l'époque de la république ou 
aux premiers temps de l'empire, soldat 
étranger ou auxiliaire (Propert. III, 4, 
17), par allusion à ces peuples qui por- 
taient de longues culottes comme costu- 
me national (Voy. la gravure de Brac.ï:, 
n" 2 , et plusieurs autres spécimens de la 
colonne Trajane) ; mais à partir du règne 
d'Alexandre Sévère et sous les règnes sui- 
vants , ce vêtement fut aussi adopté par 
les soldats romains (Lamprid. Alex. Sev. 
40). On peut le voir sur les figures de 




l'arc de Constantin , qui furent exécutées 
à l'époque où l'arc fut bâti et non pas 
empruntées aux œuvres d'art de l'époque 
de Trajan. Nous avons donné un spéci- 
men de ces dernières au mot Brac^, 
n" 2. Ainsi, dans la période de l'empire 
qui commence au règne d'Alexandre 
Sévère, l'expression bracatus miles cayac- 
térise les Romains eux-mêmes aussi bien 
que les troupes auxiliaires. 

4. Bracata Gallia. Province de Gaule, 
. appelée ainsi des longues braies ou culot- 
tes que portaient ses haljitants. Dans la 
suite ou la nomma Gallia Narhonensis 
(Mêla, II, 59; Plin. H. N. m, 5). 

BRACHIALE (iteptSpayiôvtov). Pièce 




des armes défensives qui couvrait le hra- 
cliiiim ou la partie du bras entre le poi- 
gnet et le coude. Elle est distinctement 
mentionnée par Xénophon 
{Cyrop. VI, 4, 2), comme 
partie du costume que por- 
taient les Perses; ou la voit 
quelquefois sur des figu- 
res de gladiateurs romains, 
quoique le mot latin ne se 
rencontre pas dans ce sens, 
excepté peut-être dans Tre- 
belliusPollion(<7/rt«rt'. 14), 
où il peut encore signifier un bracelet. Le 
spécimen donné ici est pris d'un origiiud 
de bronze qu'on trouva, avec d'autres 
pièces d'armure , à Pompéi , et qui appar- 
tenait projjablement à un gladiateur. On 
voit au côté les anneaux par lesquels ce 
brachiale était attaché sur le devant du 
bras. 

BREPHOTROPHEUM et BREPHO- 
TROPHIUM (ppecpoTpoçeTov). Hôpital 
d'enfants trouvés. Les deux mots latin 
et grec sont d'une date récente et ne se 
rencontrent pas avant l'époque des em- 
pereurs chrétiens , où les enfants trouvés 
furent déclarés libres et où la loi défen- 
dit à ceux qui les recevaient ou les éle- 
vaient de les retenir ou de les vendre 
comme esclaves (Imp. Justin. Cad. i, 2 , 
19). En effet , quand exposer, vendre ou 
donner en gage des enfants était chose 
communément permise et pratiquée , il 
est peu probai)le qu'un établissement de 
ce genre eût été entretenu aux frais de 
l'État. 

BUBILE (p6au>,o; ou pâauXov). T'ache- 
rie ou étable pour les bœufs (Pha?dr. II, 




8; Cato, /f. /f. 4 ; Columell. i, G, 4). 
La gravure , qui pourrait presque passer 
pour le dessin d'une ferme moderne , est 
copiée d'une miniature du Virgile du 
Vatican. 



86 



BDBSEQCA. 



BUBSEQUA. Jeune vacher qui mène 
le bétail clans les pâturages et qui l'en 




ramène, etc. (Apul. Met. viii, p. 152; 
Sidon. Ep. I, 6). La gravure est prise du 
Virgile du Vatican. 

BUBULCUS (pouxéXoO- En général, 
■vacher, bouvier ou pâtre (Virg. Ec/. x, 




9)Vfl"> soigne, dirige et gouverne le bétail 
d'une ferme ; dans ce sens le mot pastor 
est plus usité. La gravure est prise d'une 
pierre gra^ée. 

2. Dans un sens particulier et plus 
commun , ce mot désigne un paysan qui 
conduit un attelage de bœufs, attachés 
à la charrue (Columell. ii, 5, 2; 13, 
1; 2, 25), comme ou le voit dans la 
gravure au mot Arator, ou à un char 
de quelque espèce que ce soit ( Ovid. 
Trist. III, 12, 30). 

BUCCELLATUM. Dur biscuit de sol- 
dat dont on distrijjuait des rations dans 
une marche (Spart. Pescenn. Nig. 10; 
Ammian. xvii, 8, 2 ). 

BUCCULA {Tt'X.çixy\aM(;) . Mentornilùre 
du casque ; il y en avait une de chaque 
côté, attachée par des charnières et qu'on 
pouvait ainsi lever et baisser à volonté. 
Dans les moments d'action, les hacculx 
étaient attachées sous le menton; pen- 




dant le repos, elles étaient souvent atta- 
chées au-dessus du 
casque. Voy. les gra- 
vures au mot Galea 
(Liv. XLIV, 34; Juv. 
X, 134). La figure ci- 
jointe donne une vue 
de côté d'un casque 
en bronze trouvé dans 
une tombe àPfestum, 
avec la mentonnière pendante. 

BUCCULARIUS. Ouvrier qui faisait 
ou attachait les mentonnières ( bucculœ) 
aux casques (Aurel. Arc. Dig. 50, 6, 6). 

BUCINA et BUCCIN A (puxâvn). Es- 
pèce particulière de corne, tordue en 
spirale (Ovid. Met. I, 336), comme la 



coquille du poisson dont elle fut faite 
dans l'origine , ainsi qu'on le voit par la 
gravure ci-jointe, d'après une petite 
ligure de bronze qui appartint jadis à 
Blanchini. Sous cette forme, la plus an- 
cienne qu'elle ait eue, la buciiia était 
communément employée par les por- 
chers et les bouviers pour rappeler leurs 
troupeaux des bois et les réunir (Varro, 
R. R. II, 4, 20; lii, 13, 1; Prop. iv, 
10, 29); par la garde de nuit et les 
.■iccensi pour annoncer les heures pen- 
dant la nuit et le jour (Prop. iv, 4, 6; 
Seneca, Thjest. 798); et dans les pre- 
miers temps , pour appeler les Quirites à 
l'assemblée ou les réunir dans une con- 
joncture pressante (Prop. iv, 1, 13). 

2. La biiciiia fut aussi employée com- 
me un des trois instruments à vent qui 
servaient à faire des signaux ou à com- 
mander aux soldats (Polyb. xv, 12, 2; 
Virg. ^n. XI, 475; Veget. 3IiL m, 5) ; 
mais l'instrument militaire était alors 




BUCINATOR. 



87 



d'une forme différente : il avait une 
eml)ouchure plus large , faite de métal et 
recourbée sur elle-même {qitie in semet- 
ivsam œreo circiilo flectitur, Veget. 
/. c.) : nous eu donnons ici une sorte de 
spécimen , d'après un bas-relief de mar- 
bre publié par Burney , Bist. de la Mm. 
vol. I, pi. 6. 

BUCINATOR ouBUCCINATOR (pyxx- 
vv;tti; ou py^aviffTri;). Qui sonne de la 
corne appelée ^f/c/wa (Polyb. II, 29, G; 
XXX, 13, 11; Cœs. n. C. ii, 35). Il 
faut ajouter aux usages mentiomiés dans 




le précédent article, qu'on se servait 
aussi de cette trompe pour faire des si- 
gnaux à bord d'un vaisseau, comme on 
le voit dans la gravure tirée d'une lampe 
en terre cuite qui représente un vaisseau 
entrant au port; les matelots plient les 
voiles , pendant que le maître signale son 
arrivée en sonnant de la hitclna. 

BULGA. Petit sac de cuir que l'on 
portait au bras (Non. s. v.) , de la même 
façon que le réticule moderne. Les voya- 
geurs s'en servaient 
comme de bourse (Lu- 
cil. Sat. vi, p. 20, 1, 
éd. Gerlach ; Varro ap. 
Non. /. c.) ; les la- 
boureurs l'employaient 
comme poche pour con- 
tenir la semence au 
temps des semailles (la 
Tiïipa (77t£p[j.o96po; de l'Anthologie grec- 
que ) , C'est à cet usage que servait le spé- 
cimen que nous donnons ; ce sac est porté 
par une figure pourvue de divers instru- 
ments de labourage, sur une belle tazza 





d'argent du musée de Naples {3Iiis. Borh. 
xii, 47). 

BULLA. Littéralement bitlle d'eau; 
ce mot s'appliquait à divers ornements 
de forme ■ globuleuse ou ayant quelque 
analogie avec une bulle , tels que : 

1. Une tète de clou, faite sur des 
dessins riches, exécutés en Ijronze ou 
quelquefois en or (Cic. T'err. v, 57), et 
employée pour orner les 
panneaux extérieurs d'u- 
ne porte. Le spécimen 
ci-joint est pris d'un ori- 
ginal en bronze et repré- 
sente une tête de clou 
qui décore les anciennes portes de bronze 
du Panthéon à Rome. 

2. Un clou de métal ou d'autre ma- 
tière de prix , attaché comme ornement 
à d'autres oljjets; par 
exemple, à un ceintu- 
ron , à un baudrier, à 
une gaine, etc. (Virg. 
jEu. IX, 359). Le spé- 
cimen ci-joint est pris 
d'un original en ivoire trouvé dans les ca- 
tacombes à Rome. 

3. Bulla aurea. Ornement d'or porté 
par les enfants des nojjles familles de 





Rome (Plin. H. X. xxxiii, 4). Il se 
composait de deux plaques d'or concaves, 
attachées eusemJile par un lien élastique 
de la même matière et formant ainsi un 
globe complet qui renfermait une amu- 
lette ( Macrob. Sat. l , 6). La gravure re- 
présente un original qui fut trouvé à 
Roma-Vecchia ( Ficoroni , Bolla d'Oro, 
p. 8 ). II est ici réduit au tiers de sa gran- 
deur actuelle. 



4. Bitlla scortea. Ornement du même 
genre , fait seulement de cuir au lieu d'or, 
que portaient attaché à une courroie de 
la même matière (loritni, Juv. v, 165) 
les enfants des affranchis et ceux des clas- 
ses inférieures (Ascon. in Cic. T'err.y, 




58). Le spécimen ci-joint est pris d'une 
statuette de lironze trouvée à Pérouse ; 
les détails du cordon par lequel cette huile 
était attachée autour du cou indiquent 
clairement que ce n'étaient que des la- 
nières de cuir tressées. 

BULLATUS. Enfant qui porte la bulla ; 
elle était suspendue par un cordon autour 
du cou , de manière à pendre sur le de- 
vant de la poitrine. Elle 
était portée par les en- 
fants romains, jusqu'à ce 
qu'ils eussent atteint l'â- 
ge de puherté; ils la 
mettaient alors de côté 
avec la prsetexta et la 
consacraient aux divini- 
tés tutélaires de leur 
maison (Scipio Afr. ap. 
Macrob. Sat. Il, 10; 
Pers. Sat. y, 31 ). La 
giavure est prise d'un 
bas-relief en terre cuite et représente un 
jeune garçon avec sa tablette à l'école. 

BULLIÎLA. Diminutif de Bulla. Or- 
nement porté par les femmes autour du 
cou ; il était du même genre que le der- 
nier, mais de dimensions plus petites et 
fait d'or, d'argent, de bronze ou de pierres 
précieuses (Inscript, ap. Ficoroni, Bolla 
d'Oro, p. 26; Hierou. in Isai. ii, 3, 18). 

BURA ou BURIS (yûriO- Partie de 
derrière d'une charrue ancienne (Varro, 
H. R. I, 19, 2), formée de la branche d'un 
arbre , ou d'une simple pièce de bois , re- 
courbée à une de ses extrémités (Virg. 




Georg. I, 169), commeunequcue de bœuf 
(Poô; o'jpdt); c'est de cette ressemblance 
que vint le nom latin (Serv. «^ Virg. /. f.; 
Isidor. Orig. xx, 14, 2 ). La gravure re- 




présente une ancienne charrue d'après une 
pierre gravée; la partie recourbée à main 
gauche est la hura; le croc placé au-des- 
sous et garni de fer faisait l'office de soc 
(voiner); la pièce verticale , formée par 
une branche naturelle , montant dans une 
direction opposée, était le manche (stiva) 
par lequel le laboureur conduisait la char- 
rue ; l'extrémité droite , partant horizon- 
talement de la courbure, formait le timon 
(temo) auquel les bœufs étaient attachés. 
Comparez Aratrum , 2 , où l'on voit la 
même partie dans une charrue greccfue 
jierfectionnée , aux lettres AA. 

BUSTUARIUS. Gladiateur qui enga- 
geait un combat mortel autour du bi'icher, 




quand on bridait le corps ; usage qui avait 
son principe dans l'idée qu'on apaisait les 
mânes avec du sang , et dans la couttune 
qui en résulta de tuer des prisonniers de 
guerre sur les tombeaux de ceux qui 
avaient péri dans la bataille ( Serv. ad 
Virg. JLn. il, 519; Cic. Pis. 9; cf. 
Hom. //. XXI, 26; Florus, m, 20, 9). 
Le spécimen ci-joint est tiré d'une pierre 
gravée : le caractère de la figure est in- 
diqué par la pyramide sépulcrale placée 
dans l'arrière-plan. 

BUSTUM ( TÛixêoç). Place vide sur la- 
quelle on élevait un bûcher et on brûlait 
le corps ; elle était appelée ainsi spéciale- 
ment quand Yarea se trouvait dans l'en^ 



89 



ceinte sépulcrale et près de la tombe où 
les cendres étaient ensuite déposées. Il 
faut par conséquent la considérer comme 
une place particulière pour brider les 
morts de la famille, par opposition à 1*6^^- 
trinum ou terrain public (Festus, s. v.; 
Lucret. m, 319; Cic. Leg. ii, 26; Suet. 
Nero, 38). 

BUTYRUM (i^ovTVOo^). Beurre. Ce pro- 
duit ne paraît pas avoir été inventé par 
les Grecs ou les Romains; il vint proba- 
blement aux Grecs des Scythes, des Tlira- 
ces et des Phrygiens , et aux Romains des 
nations de la Germanie. Après que les 
Grecs et les Romains eurent appris la ma- 
nière de faire le beurre , ils l'employèrent 
seulement comme remède ou comme ou- 
guent dans les bains , mais ils ne le mirent 
pas au nombre de leurs mets et ils ne s'en 
servirent pas dans la cuisine. Us ne sa- 
vaient pas , comme nous , le rendre con- 
sistant ; ils le laissaient à un état huileux 
ou presque liquide ; dans tous les passages 
où ce mot se reni-ontre, on parle du beurre 
comme de quekpie chose de liquide et qu'on 
peut verser ( Columell. vi, 12 , 5; Plin. 
H. A\ XI, 96; xxviii, 35; Beckman, 
Hist. of In vent. vol. I, p. 504-7 , Lon- 
dres, 1846). 

BUXUM (iiû^oç). Buis. Les anciens se 
servaient beaucoup de ce bois, ainsi que 
nous , parce qu'il est ferme et se prête à 
la main-d'œuvre. Ce mot est communé- 
ment employé pour désigner tous les ob- 
jets différents cpi'on faisait avec le buis ; 
par exemple : 

1. Sabotà^enÎMii (Virg. Mn. vil, 382; 
Pers. Sat. ni, 51). 

2. Flûte en buis (Ovid. Met. XIV, 537 ; 
Prop. IV, 8, 42). Deux flûtes grecques 
en buis sont conservées dans le Musée 
britannique. Yoy. Tibia. 

3. Peigne en buis ( Ov. Fast. VI, 229 ; 
Juv. XIV, 194). Voy. Pectex. 

4. Tablette en buis , couverte de cire, 
pour écrire (Prop.iu, 23, 8). Voy. Cera, 
Tabella. 



CACABULUS ou CAC.YBULLTtf (xax- 
xàêtov). Diminutif de Cacabls ( Apic. 
IV, 1). 




CACABUS ou CACCABUS (xax^àSr), 
x,a;4xaê(;,icâxxa6o:).Po^pour faire bouil- 
lir de la viande, des légumes, etc. (Varro, 
L.L. V, 127). Il était pla- 
cé immédiatement sur le 
feu ou sur un trépied (tri- 
pus) ([ui y touchait seul. 
Voy. AuENUM. Les pots 
communs étaient faits en 
poterie; quand on parle 
d'autres espèces de pote- 
rie , la matière est toujours indi([uée 
par une épithète caractéristique, conmie 
pot d'étain (stanneus, Columell. XII, 
42, 1); pot de bronze (a'neus, id., XII, 
48, 1); pot d'argent (argenteus, Ulp. 
Dig. 34, 2, 20). La figure ci-jointe repré- 
sente un modèle en bronze de Pompéi; 
un spécimen fort eu usage et placé sur un 
trépied est donné au mot Tripus, 1 . 

CADUCEATOR. Eu général toute per- 
sonne qui était envoyée par une des par- 
ties belligérantes à l'autre, et qui portait la 
baguette de paix (caduceus). Les personnes 
employées à de telles missions furent te- 
nues de tout temps comme sacrées et in- 
violai)les (Liv. XXXII, 32, Cato apud 
Fest. sub verb. Voy. aussi Ceryx et Fe- 

TIALIS). 

CADUCEUS ou CADUCEUM (xyipû- 
xetov, xripûxtov). Engénéral, baguette de 
héraut (Cic. de Or. I, 46), consistant en 
un simple bâton d'olivier, orné de guir- 
landes ['^luWer, Archéologie de l'art, 
p. 504, et gravure au mot Ceryx , 2). Le 
mot caduceus est spécialement appliqué à 
la baguette attribuée par les anciens poètes 
et artistes à Mercure {caduceus Mercuria- 
lis, Apul. 3Iet. XI, p. 245), comme hé- 
raut ou messager des Dieux. Alors la place 
des guirlandes est occupée par des ser- 
pents : c'est une allusion à la fa- 
ble qui rapporte que Mercure, 
voyant deux serpents se battre, 
les sépara avec son bâton ; de là 
vint qu'une baguette ainsi ornée 
fut adoptée comme emblème de 
la paix ( Hygin. Astron. II, 7 ; 
Macrob.5rt/. i, 19). Ces deux traits 
caractéristiques, le bâton d'olivier 
et les serpents pour guirlande , sont clai- 
rement représentés dans la gravure ci- 
jointe , prise d'une urne funéraire : ([uel- 



90 



CADUCIFER. 



C^MENTUM. 



quefois deux ailes sont ajoutées au som- 
met, comme dans la gravure suivante. 

CADUCIFER. Qui porte le caducée; 
épithcte caractéristique de Mercure, con- 




sidéré comme messager des Dieux (Ov, 
Met. VIII, 627 ; Fast. v, 449). La gra- 
vure est prise d'un marbre de Rome. 

CADUS (xdoo?). Grande jarre de pote- 
rie dont ou se servait surtout pour gar- 
der du vin (Mart. IV, 66, 8; Virg. ^n. 
I, 135; Cop. II). Elle était 
employée aussi à d'autres usa- 
ges , pour contenir de l'huile, du 
miel, des fruits secs, du poisson 
salé, des viandes, etc. (Mart. 
I, 44, 9; I, 56, 10; Plin. H. 
N. XV, 21; XVIII, 73). Elle a- 
vait un goulot un peu étroit et un 
trou qui pouvait être fermé par 
un bouchon de liège ou autre 
( Plin. H. N. XVI , 13) ; le corps de cette 
jarre était effilé par le bout et avait, dans 
l'ensemble , la forme d'un sabot d'enfant 
(turbines cadoriim, Plin. H. N. XXVII, 5). 
On peut distinguer tous ces traits carac- 
téristiques dans la figure ci-jointe tirée 
d'un original découvert parmi plusieurs 
autres sortes de vases dans une cave à vin 
ancienne dont nous donnons le plan et la 
perspective au mot Cella, 2. 

Ci'ELUM ( YAÛ^pavov ). Ciseau ou Intriii 
employé par ceux qui exerçaient l'art 
de la ciselure ( cielatura ) des métaux. 
(Isidor. Oiig. XX, 4, 7; Quint, il, 21, 
24). 

2. Voy. CoELUM. 

C.EMENTARIUS. Ouvrier qui cons- 
truit des murailles grossières avec des 
pierres non taillées ( cœmenta ) ( Hieron. 
Ep. 53,6). 



C^MENTICIUS. Construit avec des 
pierres non taillées. Les anciens avaient 
deux manières de bâtir avec les pierres 
brutes : la première, où des masses 




irrégulières étaient entassées sans mor- 
tier, mais avaient leurs interstices rem- 
plis d'éclats plus petits, comme on le 
voit par la première gravure qui repré- 
sente une portion des murs fort anciens 
de Tirynthe. On appelait ce genre de 
construction ceementicia structura anti~ 
qua (Vitruv. Il , 8 ; Liv. xxi ,11). L'au- 
tre , généralement en usage chez les Ro- 
mains , consistait à sceller dans le mortier 



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de petites pièces irrégulières, de manière 
à leur donner toutes les formes d'architec- 
ture, comme on le voit par la gravure ci- 
jointe, qui représente une partie de la villa 
de Mécène à Tivoli, l'ancienne Tibur. Ce 
genre de construction était appelé ceemen- 
ticia structura incerta (Vitruv. Il, 8), et 
était destiné en général à être couvert par 
un revêtement de ciment. 

C.EMENTUM. Pierres brutes dont on 
se servait pour bâtir des murailles de la 
façon que nous avons expliquée par des 
gravures au mot précédent ; on y com- 
prend des masses irrégulières qu'on em- 
ployait pour les murailles d'une citadelle 
ou d'une ville fortifiée ( Liv. xxi ,11; 
Vitruv. i, 5, 8 : voy. l'avant-dernière gra- 
vure ) , aussi bien que les fragments ou 
éclats plus petits (XaTÛTtri, CTxûpo;) avec 



CALANTICA. 



91 



lesquels on construisait plus généralement 
les maisons (Cic. Mil. 27 ; Vitruv. ii, 7, 1 ; 
VI, 6, 1. Voy. la précédente gravure). 

C1CNA. Voy. COENA. 

C.-ESARIES. Mot à peu près synonyme 
de Coma ; mais il s'y joint aussi une idée 
de beauté , comme nous dirions de I)eaux 
cheveux ; riches et abondants , quand il 
s'agit des femmes (Ovid. Am. m, 1,32); 
épais, longs et flottants, quand il s'agit 
des hommes, comme dans les bustes grecs 
de Jupiter, de Bacchus et d'Apollon (PÏaut . 
Mil. I,,l, 64; Liv. xxviii, 36; Virg. 
yE«. I, 590) ; de là vient qu'on se sert 
aussi de ce mot pour désigner une barbe 
longue et majestueuse (Ov. Met. xv, 
656). 

C.ï:STRUM. Yoy. CESTRUM. 

C^ESTUS (IjxâvTEç, (iûp|j.YiÇ). Gantelets 
pour le pugilat , portés dans les luttes des 





anciens (Cic. Tw^c. Il, 17 ; ^n. v, 379); 
ils consistaient eu courroies de cuir atta- 
chées autour des mains et des poignets 
(Prop. III, 14, 9), et montant quelquefois 
jusqu'au coude (Voy. la gravure an mot 
Pcgil) ; ils étaient aussi armés de plomb 
ou de clous de métal, comme dans le 
spécimen ci-joint, pris d'une statue an- 
cienne. 

CETRA. Voy. Cetra. 

CALAMARIUS. Theca calamaria (xa- 
XapLÎ:). Porte-plume ou étui pour mettre 
des roseaux à écrire (Suet. Claud. 35; 
Mart. Ep. Xiv, 19, in tit.). 11 est probable 
que ces étuis contenaient aussi unencrier, 
comme ceux dont nos écoliers se servent 
encore maintenant; de là vient le mot 
calamajo, qui , dans le langage vulgaire 
de l'Italie, signifie im encrier. 

CALAMISTER, CALAMISTRUS, CA- 
LAMISTRUM ( <'.aXa[jitO- Fers à friser, 
appelés ainsi parce que l'intérieur en était 
creux comme un roseau , quoique , ainsi 
que les nôtres, on les fit en fer et on les 
chauffât au feu pour friser les cheveux 
en boucles artificielles (Varro, L. L. y, 



129; Cic. Post Red. I, 7; Petr. Sat 
102). Le spécimçn ci-joint est 
tiré d'un bas-relief de tombeau 
dans la galerie Florentine; il y 
figure entre plusieurs autres ob- 
jets de toilette. La partie qui ser- 
vait à friser est seule figurée sur 
le marl)re, comme on le voit ici; 
mais elle suffit pour indiquer que 
cet objet était semjjlable à ceux 
que nous employons encore main- 
tenant pour le même usage. 

CALAMISTRATUS. Personne dont les 
cheveux étaient artificiellement frisés au 
fer (calamister). Cette mode régnait à 
Rome, à la fois parmi les hommes et parmi 
les femmes, du temps de Plante, de Varrnn 
et de Cicéron ( Plant. .4s. m, 3, 37 . Cic. 
Post Red. i, G). 

CALA5IUS ( xâX%[j.oi;). Littéralement 
chaume on tige de toute plante élevée, 
mais spécialement du roseau ou de la 
canne; on employait ce mofde la même 
manière que le mot ariindo et pour dési- 
gner une même classe d'objets, tels que : 

1. Flèche (Hor. Od. i, 15, 17 ). Voy. 
Akundo, 2. 

2. Chalumeau de Pan (Virg. Ed. Il, 
33). Voy. Aru>do, C. 

3. Ligne (Mart. suivant Riddle, s. 'v.). 
Voy. Arundo, 3. 

4. Baguette d'oiseleur, enduite de glu 
à l'extrémité (Mart. Ep. XIV, 218). Voy. 
Arci>do, 4. 

5. Roseau à écrire (Cic. ad j4tt. vi , 
8; Hor. J. P. 447). Voy. Arundo, 5. 

6. Roseau ou canne élevée, cju'on pla- 
çait comme poteau indicateur dans les 
déserts sablonneux de l'Egypte (Pliu. H. 
N. VI, 33). 

CALANTICA , CALAUTICA ou CAL- 
VATICA (xpriÔ£[x.vov ). Espèce de coiffe 
attachée par un 
lien autour de la 
tète, avec des plis 
ou des pans tom- 
bant des deux cô- 
tés sur les épaules 
(Eustath. ad II. 
XIV, 184), de telle 
sorte qu'on pouvait 
lestireràvolontéet 
s'en voilertoule la figure (Hom.Of/. i,334; 




92 



CALAISTICA. 



//. XIV, 184). Cette coiffure était com- 
munément portée par les Égyptiens des 
deux sexes (Riddle,^. v.). On la trouve 
souvent dans les peintures et les sculptu- 
res qui appartiennent à cette nation : 
elle y est exactement semblaljle au spé- 
cimen que nous donnons ici , d'après une 
statue d'Isis, conservée au Capitole de 
Rome. Quand cette coiffure fut adoptée 
par les Grecs et les Romains , l'usage en 
fut restreint aux femmes ( Non. Marc. s. 
V. p. 637), ou à ceux qui affectaient un 
costume étranger et efféminé ( Cic. 
Fragm. Or. in Clod. p. 115, éd. Amed. 
Peyron. Lips. 1824). 

L'analogie du mot grec et du mot latin, 
ainsi que leur application à la figure que 
nous donnons ici, peuvent être établies 
de la manière suivante : Le terme grec, 
dérivé de xpâ; et ôéw ou Ssfxa, signi- 
fie littéralement ce qui est attaclié par 
un lien à la tête ;^oi\\\\& (/. c.) explique 
de la même manière le mot latin — qiiod 
capiti innectitiir, pendant qu'Ausone 
(Perioch. Od. v) traduit le xpyiSefj.vov 
d'Homère par le latin calantica ou col- 
■vatica. La figure ci-jointe et l'étymologie 
du mot grec expliquent aussi un autre 
sens dans lequel il est employé ( Hom. 
Od. m, 392 ) ; il désigne dans ce passage 
le chapeau de cuir attache sur l'orifice 
et le Ijouchon d'un vaisseau qui contient 
du vin ou d'autres liquides : ce que les 
lexicographes traduisent à tort « le coi/- 
vercle d'un vase ». La gravure expliquera 
encore pourquoi Cicéron (l. c.) et Ser- 
vius (rt^Virg. jEn. ix, 616) se servent 
des mots calantica et mitra comme de 
termes à peu près synonymes (Voy. les 
gravures données à chacun de ces mots) ; 
en même temps, elle rendra raison d'un 
des mots latins , calvatica, qui est proba- 
Ijlement la véritable et la seule expres- 
sion , parce qu'en Egypte cette coiffure 
servait réellement à couvrir les têtes 
chauves des prêtres d'Isis {grege calvo, 
Juv. Sat. Yi, 533), et qu'à Rome elle 
était portée par les vieilles femmes qui 
avaient perdu leurs cheveux , comme on 
le voit sur la médaille d'Aurélia, la mère 
de Jules César (Guasco, Ornât rici, p. 91) : 
là elle est attachée par un lien autour 
de la tête précisément comme dans le I 




spécimen que nous avons donné ci-dessus. 

CALATHISCUS (;4a),a9î(jxo(;). Diminu- 
tif de Calathcs (Catull. lxiv, 320). 

CALATHUS (xdcXaOo;). Corbeille à ou- 
vrage de femme (Virg. ^«. vu, 805), 
faite d'osier et s'évasant graduellement 
jusqu'au haut (Plin. H. N. 
XXI ,11), employée sur- 
tout à contenir la laine 
et les matières pour filer 
(Juv. Sat. II, 54), comme 
dans notre spécimen , qui 
représente la corbeille à 
ouvrage de Léda , d'après une peinture 
de Pompéi, avec les pelotes de laine et les 
bobines. 

2. Panier à peu près de la même for- 
me et de la même matière, dont on se 
servait au dehors pour contenir des fruits, 
des fleurs, du fromage, etc. : on le ren- 
contre souvent dans les œuvres de l'art 
antique (Virg. Ed. Il, 46; Georg. m, 
400; Ov. A. Jm. ii, 264). 

3. Coupe à boire : nous pouvons in- 
duire naturellement que son nom venait 
de sa ressemblance avec une corbeille à 
ouvrage de femme. Le spécimen ci-joint 
est entre les mains d'un échauson 
dans une des miniatures du Virgile 
du Vatican (Virg. Ed. v, 71; 
Mart. Ep. ix, 60, 15; xiv, 107). 

4. Modiiis ou boisseau qu'on 
comme ornement au 
haut de la tète de. 
Jupiter Sérapis (Ma- 
crob. Sat. i, 20). On 
voit par la figure ci- 
jointe, prise d'une 
pierre gravée , et re- 
présentant la tête de 
Sérapis , qu'il avait la 
même forme qu'une 
corbeille à ouvrage 
de femme. 

CALATOR. Crieur public ; particuliè- 
rement celui qui était attaché au service 
des prêtres (Suet. Gramm. 12), et dont la 
fonction était de précéder le grand prê- 
tre quand il allait sacrifier, et d'arrêter 
toute espèce de travail qui , à ce qu'on 
croyait, aurait souillé les cérémonies d'un 
jour de fête consacré aux Dieux (Serv. 
/Virg. Georg. \, 208). 



plaçait 




£v^\. 



CALAtJTICA. 



CALCËOLARIUS. 



93 



2. Domestique ou messager particulier 
(Plaut. Merc. V, 2, 11 ; Riid. Il, 3, 5). 

CALAUTICA. Voy. Calvatica. 

CALCAR. Éperon de eavalier (Plaut. 
As. m , 3, 1 1 8 ; Virg. /En. yi , 882), aiusi 
appelé parce qu'il était attaché au talon 




(calx). (Isid. O/vV. XX, 16, G; cf. 
Virg. jEn. xi, 714). La manière de s'en 
servir est clairement expliquée par l'ex- 
pression sithdcre equo ca/caria (Curt. 
VII , 4 ; cf. IV , 1 G) . La figure à 
main droite , dans la gravure ci-jointe , 
représente ini modèle donné par Caylus 
{Recueil d'Jnti<i. vol. m, pi. 59, n" 6), 
et ressemble parfaitement à im autre 
éperon trouvé à Herculanum ; seulement 
ce dernier a la pointe faite comme une 
tête de lance ou en forme de losange. 
Tous les anciens éperons sont semblables 
et armés d'un simple aiguillon , calcis 
aculeus (Columell. VIII, 2, 8, où ce mot 
est appli(pié à la volaille) ; il n'y avait 
point d'éperons à molettes. Les figures 
à main gauche offrent une vue de côté 
et une vue de derrière du pied gauche 
d'une statue du Vatican , représentant 
une Amazone, et montrent les courroies 
et les liens par lesquels l'éperon était fixé 
au pied; l'aiguillon lui-même a disparu, 
mais on voit clairement la place d'où il 
s'avançait en saillie. Le pied droit de la 
statue n'est pasarmé de la même manière, 
et quelques antiquaires, se fondant sur 
cette circonstance, inclinent à croire que 
les anciens n'allaient à cheval qu'a\ec 
un éperon et que cet épi-ron était atta- 
ché à la jambe gauche. 

2. Ergot qui s'avance en saillie du 
talon d'un coq (Columell. vill, 2, 8). 

CALCATOH (),YivoêâT-/i?). Qui écrase 
les grappes pour faire du vin, en les fou- 
lant de ses pieds nus , comme on le pra- 
tique encore en Italie (Caipurn. Ed. iv, 



124). Dans la gravure, prise d'un bas- 
relief de la bibliothèque de Saint-Marc 
à Venise, l'opération n'est faite (pie par 




deux personnes , représentées comme des 
faunes ; mais , dans les autres oeuvres de 
l'art antique , on voit dans la cuve jus- 
qu'à sept personnes en même temps, qui 
se tiennent quelquefois à des cordes pla- 
cées au-dessus de leurs têtes, mais ([ui 
plus communément s'appuient sur des 
bâtons en forme de béquille, comme 
dans la figure ci-joiute. 

CALCATORIUM. Plate-forme de ma- 
çonnerie, dans la cave aimexée à une 
vigne Icclla vinarid) ; on y montait par 
lieux ou trois degrés et elle formait un 
passage de niveau avec le haut des larges 
vaisseaux {dolia, citjjx) , où le vin était 
gardé , pour la commodité des personnes 
qui en surveillaient la fabrication et la 
vente (Pallad. I, 18, 1). On appelait 
aussi cette plate-foi'me a calcando ou ab 
opère calcato. Les dictionnaires en don- 
nent une interprétation inexacte quand 
ils la prennent pour une cuve où les 
grappes étaient foulées (Voy. la gravure 
précédente). Cette cuve était placée dans 
le pressoir {torcularium) où on faisait le 
vin, et non dans la ca.\e {cella vinaria), 
où on mettait le dépôt. Caton désigne la 
même plate-forme par le mot siiggeitum 
{R. R. 154). 

CALCEAMEN, comme Calcecs. 

CALCEAMENTLM. Terme général qui 
s'applique à toutes les espèces de chaus- 
sures ; il comprend les différentes sortes 
de brodequins et de souliers éuumérées 
dans la table analytique. 

CALCËOLARIUS. Cordonnier (Plaut. 



94 



CALCEOLUS. 



CALCECS. 



Aul. III, 5, 38). La figure ci-jointe est 
tirée d'une peinture trouvée dans des 




fouilles à Résina. Elle représente l'inté- 
rieur d'une boutique de cordonnier où 
les deux génies , figurés ici , sont occupés 
à leur métier. 

CALCEOLUS (yuoSr,piâTiov). Diminu- 
tif de Calceus, petit soulier ou hrode- 




Hor. Suet. Plin.) La gravure représente 



(juin. Ce mot s'applique spécialement 
aux chaussures portées par les femmes 
(Cic. N. D. I, 29). La gravure repré- 
sente trois spécimens de souliers de fem- 
me d'après les peintures de Pompéi ; ce 
sont les formes les plus usuelles. On re- 
marquera que toutes ces chaussures vont 
jusqu'à la cheville, ont des semelles et 
des talons bas, avec ou sans cordons; 
mais ceux qui en ont sont attachés par 
une corde tirée dans l'ourlet qui entoure 
le haut du soulier, ou ont simplement 
sur le cou-de-pied une fente dans les cô- 
tés de laquelle passe le lacet : l'empeigne 
n'y est pas divisée en deux pièces , ce qui 
était l'usage pour les souliers d'homme 
(Voy. la gravure suivante). 11 ne semble 
pas qu'il y ait eu une différence essen- 
tielle entre les souliers des femmes grec- 
ques et ceux des femmes romaines , car 
les Romains prirent les modes de la 
Grèce , comme les Anglais imitent celles 
de la France. 

CALCEUS (uTt6SY)[jia xoIXov). Soulier 
ou brodefjuin, qui montait à droite et à 
gauche (Suet. Aug. 92) , de manière à 
couvrir complètement tout le pied, par 
opposition aux sandales et pantoufles, 
(jui ne le couvraient qu'en partie (Cic. 




une bottine d'après im vase de bronze du 
Collegio Rumano et deux souliers d'hom- 
me ordinaires , d'après des peintures de 
Pompéi. 

2. Calceus patrichis. Chaussure por- 
tée par les sénateurs romains et d'un 
caractère différent de celles du reste des 
citoyens ; de là l'expression calceos mu- 
tare (Cic. Pliil. XIII, 13) pour dire 
K devenir sénateur ». Elle était attachée 
par des courroies qui se croisaient sur le 
cou-de-pied (Isidor. Orig. XIX, 34, 4), et 
elle montait ainsi sur la jambe aussi haut 
que le bas du mollet, comme on le voit 
fréquemment sur des statues drapées 
dans la toge , et sur les figures que nous 
donnons ici. Celle qui se présente de face 




est prise d'une statue de ])ronze et celle 
qui se présente de côté , d'une statue de 
marbre. Un ornement en demi-lune , ap- 
pelé LuNL'LA , était attaché à ces chaus- 
sures. Voy. ce mot. 

3. Calceus répandus. Soulier avec une 
longue extrémité terminée en pointe et 
recourbée en dedans ou 
en dehors (Cic. Nat. 
Deor. I, 29; le diminutif 
est emplo) é dans ce pas- 
sage parce qu'il s'agit 
tl'une femme). Cette forme semble re- 
monter à une haute antiquité , car on la 
voit fréquemment sur les monuments 
des Egyptiens et des Etrusques , et c'est 
de ce dernier peuple qu'elle vint aux 
Romains, comme plusieurs autres de 
leurs modes : elle se conserva dans plu- 
sieurs parties de l'Europe jusqu'à une 
période avancée du moyeu âge. La figure 




CAtCttAÎOfi. 



CALDARIUM. 



05 




ici donnée est étrusque (Gori, Mus. 
Etrusc. tab. 3 et 47) ; mais elle ressem- 
ble exactement aux souliers que porte 
Juno Lanuvina sur un denier romain 
(Viscouli, Mus. P. Clem. t. Il,tav. A, 
VU, n° 12). Cette figure est drapée de 
tout point comme Cicéron la décrit (/. 
c.) . Dans un passage de Caton , cité par 
Festus {v. Mulleos) , l'épithèle uncina- 
tus est, suivant la correction de Scaliger, 
appliquée à un soulier de ce genre , et le 
terme A' uncipedes aux personnes qui le 
portaient, dans TertuUien, de Pall. 5. 

CALCULATOR. Calculateur (Mart. 
Ep. X, G2), appelé ainsi parce que les 
anciens avaient l'habitude de compter 
avec de petites pierres 
(calculi) sur une tablette 
couverte de sable (Isi- 
dor. Orio;. X, 43; voy. 
Abaccs). Le spécimen 
ci-joint est pris d'une 
pierre étrusque, et re- 
présente un mathéma- 
ticien assis à une table sur laquelle on voit 
les cailloux qui serviront à ses calculs, 
tandis que la tablette à compter, cou- 
verte de caractères étrusques qui, à ce 
qu'on pense, signifient « un calculateur», 
est dans sa main gauche. 

CALCULUS (t{/r|ço;). Littéralement 
caillou , ou petite pierre usée et arrondie 
par le frottement, que les anciens em- 
ployaient à plusieurs usages. 

1- Dans les mosaïques (Plin. H. A''. 
XXXVI, G"). 

2. Jeton pour compter (Cic. Amie. IC. 
Voy. la gravure précédente et le mot 
Abaccs). 

3. Caillou dont on se servait pour vo- 
ter et qu'on jetait dans l'urne ; il était 
blanc pour absoudre, et noir pour con- 
damner (Ovid. Met. XV, 41). 

4. Jeton employé dans les jeux de ha- 
sard ou d'adresse comme chez nous les 
pièces d'échecs et les dames : ce terme 
s'applique indifféremment aux pièces dont 
on se servait dans le ludus duodecim scri- 
ptorum ou trictrac , et dans le ludus la- 
trunculoi-um ou jeu de dames (Ovid. 
Am. n, 207 ; Val. Max. Vlii, 8, 2; Aul. 
Gell. XIV, 1,9). 

CALDARIUM. Étuve dans un bain (Vi- 



truv. V, 10 ; Seneca , Ep. 86 ; Celsus i, 4), 
Dans les bains qu'on a découverts, tant 
publics que particuliers , cette pièce est 
constamment disposée sur un plan uni- 
forme et se compose de trois parties prin- 
cipales : une alcôve circulaire (laconi- 
cuin) à une des extrémités (à main droite 
dans la gravure) , avec un labrum sur un 
pied élevé au centre ; un espace vide au 
milieu de la pièce (sudatio, sudatorium), 
et un bain d'eau chaude {alveus) à l'autre 
extrémité; toutes ces parties étaient es- 
sentielles à l'ancien système des bains. 
Dans la partie centrale le baigneur s'ap- 




pliquait à lever des poids et à faire des 
exercices de gymnastique pour provoquer 
la transpiration ; il s'asseyait ensuite dans 
le laconicum et éprouvait une transpira- 
tion abondante, provoquée d'ailleurs par 
les tuyaux qu'on voit sous le plancher de 
la chambre; ou bien il entrait dans le 
bain d'eau chaude, s'il le préférait. Il 
est probable que dans les construc- 
tions plus magnifiques et plus considé- 
rables, telles que les Thermes de Rome, 
il y avait pour chacune de ces choses des 
appartements séparés; mais dans les éta- 
blissements inférieurs , tels que les bains 
de Pompéi , et dans les maisons particu- 
lières, l'étuve (du moins toutes celles 
qu'on a découvertes jiisqu'ici, et elles sont 
nombreuses) est uniformément disposée 
de la manière que nous avons dite, et 
que fait voir la gravure qui représente la 
coupe d'une pièce de bains attachée à une 
ancienne villa romaine de Tusculum. La 
situation et la disposition de ces cham- 
bres, par rapport aux autres parties de 
l'établissement et au plan général, se com- 
prendront facilement si l'onse reporteaux 



96 



CALENDARICM. 



CALIGARIIS. 



gravures du mot Baline.e, lettres D et 
H; et du mot BalineL'M , lettre D. 

2. La chaudière où l'on mettait l'eau 
chaude pour le bain (N'itruv. y, 10), 
comme ou la voit dans la section précé- 
dente, au-dessus du fourneau (n° 2), mu- 
nie d'un tube qui communique avec le 
bain. Voy. aussi Ahenum, 2, où l'on ex- 
plique le principe sur lequel les anciens 
construisaient et disposaient leurs chau- 
dières. 

CALENDARIUM (-/lixcpo^ôyiov). Jlma- 
nach ou calendrier qui, comme le notre, 
contenait des indications pour la science 
astronomique, l'agriculture et les céré- 
monies religieuses de chaque mois de l'an- 
née ; le nom du mois, le nombre de jours 
qu'il contenait et la durée des jours et 
des nuits ; le signe du zodiaque par lequel 
passe le soleil ; les différents travaux d'a- 
griculture qui devaient être faits dans le 
mois; la divinité sous la protection de la- 
quelle le mois était placé; les différentes 
fêles religieuses qui s'y céléljraieut. La 
gravure représente un modèle en marl)re 



vfYs. Qrr\T. 

DIES. HOR. VIIIIS. 
^0X. HOR. Xlllt. 

CAPRICORNO. 

Jir>OMS 



PE>AT!BUS. 



^-'^ 


- ^ . 




^ 


%' 


MENSIS 


't^n*." 





trouvé à Pompéi ; l'inscription pour le 
mois de janvier est imprimée à côté dans 
toute son étendue et donne un spécimen 
des inscriptions de chaque mois. 

2. Grand livre dans lequel les banquiers 
et les préteurs d'argent tenaient les comp- 
tes qu'ils avaient avec leurs clients ; il ti- 
rait son nom de ce que l'intérêt était exi- 
gible aux calendes ou premier jour du 
mois. (Sen. de Benef. VII, 10; Ep. 87). 

CALICL'LUS (xuXtxtov). Diminutif de 
Calix. 

CALIDARIUM Vov. Caldarium. 

CALIENDRUM. Sorte de bonnet que 
portaient quelquefois les femmes romaines 




et dont il est difficile de déterminer exac- 
tement la forme (Hor. Sat. I, 8, 48; 
Varro, teste Porphyr. Schol. ad Hor. 
/. c; Acron, ib.). C'était une espèce de 
coiffure , probal)lement 
de la nature du bonnet, 
comme on le voit par 
la figure ci-jointe, prise 
d'une pierre gravée qui 
représente Faustine la 
jeune. Cette coiffure a- 
vait différentes formes. 
Canidie en portait une 
très-haute (Hor. /. c). 
Quelques auteurs pensent que le calien- 
drum était fait de cheveux , et y voient 
une sorte de perruque. 

CALIGA. Soulier porté par les soldats 
romains , y compris les centurions , mais 
non les officiers supérieurs (Cic. ad Att. Il, 
3 ; Just. XXXVIII, 10; Juv. Sat. xvi, 24; 
Suet. Calig. 52). C'était un ( 
soulier fermé, qui couvrait 
entièrement le pied (Voy. Ca- 
LIGARIIS) ; il avait une se- 
melle épaisse, garnie de clous 
(CLAVCS CALIGARIS) et était 
attaché par des courroies qui 
couvraient le cou-de-pied et 
qui entouraient le bas de la 
jambe, comme on le voit par 
la gravure ci-jointe, prise de l'arc de 
Trajan. 

CALIGARIUS. Ouvrier qui avait pour 
métier de faire des souliers de soldat , 
caligœ (Lamprid. Alex. Sev. 33 ; In- 
script, ap. Grut. 649, 1). Le spécimen ci- 
joint est pris d'un mariire de tombeau à 





Milan , qui porte pour inscription SrxOR 
CALiGARirs , et ne permet pas de doutes 
sur le métier. Il est d'une exécution gros- 



CALtGATtiâ. 



CAtONÉS. 



Dî 



sière et a souffert du temps; mais c'est 
un débris précieux, parce qu'il prouve 
(|ue la caliga était un soulier qui chaus- 
sait exactement , et qui était fait sur for- 
me, et non une sandale qui laissait les 
orteils exposés , comme on l'a générale- 
ment inféré des dessins d'arcs de triomphe 
el de colonnes donnés par Bartoli. L'ou- 
vrier semble tenir de la main droite le 
manche d'une alêne , et de la main gau- 
che une caliga sur la forme , pendant que 
l'autre soulier est sur la tajjle devant lui. 

CALIGATUS. Portant la ca//o^a ou sou- 
lier de soldat (Juv. Sat. m, 322), comme 
on le voit dans l'avant-dernière gra- 
vure ; par extension simple soldat (Suet. 
^iig. 25; P'itell. 7), parce que c'était 
surtout aux simples soldats qu'apparte- 
nait cette chaussure. 

CALlPTRAou CALYPTRA (xaXyTrrpa, 
xâ),u|j.[j.a). Voile porté en public par les 
jeunes femmes de la Grèce et de l'Italie, 
et destiné à dérober leurs traits aux re- 
gards des étrangers (Festus, s. v.; Hom. 
Od. V, 232; Soph. Ag. 245). Il était 
tout à fait semblable à celui dont se ser- 
vent les femmes turques. On le plaçait 
sur le haut de la tète et 
on s'en entourait la fi- 
gure de manière à la ca- 
cher entièrement , ex- 
cepté la partie supé- 
rieure du nez et des yeux 
(Eurip. Iph. T. 372). 
On laissait tomber ce voi- 
le sur les épaules et des- 
cendre jusqu'au milieu 
du corps , précisément 
comme on le voit dans la 
gravure ci-jointe, prise 
d'une petite figure en terre cuite du Col- 
legio Romano. Un voile de cette sorte 
était aussi porté par les jeunes mariées en 
Grèce (.^^^sch. yig. 1149), et c'est avec 
ce même costume que paraissent encore 
à Rome , à la fête de l'Annonciation , les 
jeunes femmes qui reçoivent une dot de 
l'État. 

CALIX (xû),t?). Gobelet peu profond et 
circulaire, de l'invention des Grecs (Ma- 
crob. Sat. V, 21); il avait un pied bas et 
deux petites anses, comme dans notre spé- 
cimen, pris d'un modèle de terre cuite, 





fréc[uemment représenté sur leurs vases 
d'argile dans les ban- 
(juets et les scènes ba- 
chiques, et qu'on trou- 
ve dans toutes les col- 
lections, quelquefois décoré de dessins, 
et d'autres fois simplement couvert d'une 
couche uniforme de vernis noir et luisant. 

2. Sorte de plat à potage ou à Icga- 
mes , dans lequel les aliments liquides, et 
plus particulièrement deslégumes, étaient 
cuits et apportés sur la 
table (Yarro, L. L. v, 
127; Ovid. Fast. v, 
509). La gravure ci- 
jointe est tirée d'un mo- 
dèle en poterie trouvé dans les catacombes 
de Rome. Les bords du plateau sur lequel 
il est posé, et qui ne forme avec lui qu'une 
seule pièce , ont souffert du temps ; mais 
la forme générale du vase semble conve- 
nir à la destination que nous avons indi- 
quée. 

3. Mesureur d'eau, c'est-à-dire tul)e 
de cuivre d'une certaine longueur et d'une 
certaine capacité, attaché à l'extrémité 
d'un tuyau principal, à l'endroit où il en- 
trait dans le réservoir d'un aqueduc (cyw- 
tellum) ou à l'extrémité d'un tuyau fixé 
dans le tuyau principal , pour mesurer la 
([uantité d'eau que ce tuyau recevait. 
Cdiaque maison particulière et chaque éta- 
blissement public de Rome avait droit 
légalement à une certaine quantité d'eau, 
stuctement déterminée : elle était mesu- 
lée par le calix. Comme on en avait fixé 
la longueur el le diamètre, le nombre de 
pieds cubes d'eau qu'il amenait dans un 
temps donné pouvait être calculé avec la 
dernière précision (Frontin, ^^ry. 3G). 

CALONES. Esclaves appartenant aux 
soldats romains (Festus, s. t.), qui sui- 
vaient leurs maîtres dans les campagnes, 
se tenaient à leurs ordres, les accompa- 
gnaient à leurs exercices et remplissaient 
tous les devoirs exigés d'un domestique : 
ainsi ils portaient le vallum , etc. (Cic. 
Nat. Deor. III , 5 ; Serv. ad. Virg. Mit. 
VI, 1 ; et Nonius, s. v. p. 62). 

2. Domestique de ferme (Hor. Sat. i, 
G, 103), porteur d'un palanquin ou d'une 
chaise {Seiieca, Ep. 110); par suite, do- 
mesti(iue en général. 

6 



CALPAR. 



CAMINtîS. 



CALPAR. Ancien mot usité pour Do- 
lidm; il était déjà tombé en désuétude 
au temps de Vairon, de Vit. Pop. Rom. 
ap. Non. s. v. p. 64G. 

CALTHULA. Partie du vêtement des 
femmes qui semi)le avoir été fort en vo- 
gue du temps de Plante {Epid. ii, 2, 49). 
On suppose qu'il tirait son nom de cal- 
t/ia (Ps'on. Marc. s. i<. p. 548), la ca/e«- 
dula officinaUs de Linné, fleur de cou- 
leur jaune; mais il est impossible de dé- 
terminer la nature exacte d'un vêtement 
qui se rattacbe à une mode purement lo- 
cale ou accidentelle. 

CALVATICA. Voir Calamica. 

CALX . Même sens que Linea alba ; 
corde blanchie à la craie qui marquait le 
commencement et le terme d'un terrain 
pour les courses du cirque. Ce mot est 
employé la plupart du temps dans un 
sens figuré , pour indiquer la fin de quel- 
que chose, particulièrement de la vie, 
dont le cours et les vicissitudes sont sou- 
vent représentés par la course, ses ha- 
sards , ses retours de fortune ou ses acci- 
dents (Cic. Se/i. 23; id., Tiisc, I, 8). 
• CAMARA ou CAMERA (xa[iâpa). Mot 
grec, adopté par la langue latine (Cic. 
Q. F.in, 1,1; Pallad., I, 13, 1) et em- 
ployé par les architectes latins pour dé- 
signer le plafond voûté d'une chambre, 
quand il était fait de bois et de plâtre 
(Vitruv. VII, 3; cf. Propert. m, 2, 10), 
au lieu de présenter un arc régulier de 
briquetage ou de maçonnerie formé d'in- 
trados et de voussoirs réguliers. Voilà ce 
qui constitue la distinction réelle entre 
les termes camara et fornix; mais le 
premier était aussi appliqué dans un sens 
plus général à toute espèce d'apparte- 
ment ou d'édifice dont le plafond était 
voûté. De là est venu notre mot cham- 
bre, en passant par l'italien moderne ca- 
mara, expression ordinaire pour désigner 
une chambre quelconque. 

2. Caméra vitrea. Plafond voûté dont 
la surface était garnie de plaques de 
verre (Plin. //. i\'., xxxvi, 64; compa- 
rez Stat. Sjlv. i, 3, 53 et i, 5, 42). 

3. Petit vaisseau dont se servaient les 
pirates grecs et qui pouvait contenir de 
vingt-cinq à trente hommes. Il était 
d'une construction toute particulière; il 



avait l'avant et l'arrière tranchants et 
effilés , mais il était rond, large, plein au 
centre, avec des bords qui s'élevaient 
hors de l'eau et convergeaient l'un vers 
l'autre, de manière à former une sorte 
de toit au-dessus du vaisseau : particu- 
larité d'où lui vint son nom (Strabo, XI, 
2, 12; Tac. Hist. m, 47 ; Aul. Gell. x, 
25, 3). Une vieille gravure de F. Huiis, 
d'après Breugel l'aîné , et publiée par Jal 
{^Archéologie navale, vol. Il, p. 255), 
présente l'arrière d'un vaisseau construit 
de la façon que nous avons indiquée , et 
garde probablement une trace de l'an- 
cienne camara. 

CAMELLA. Coupe à boire faite de 
bois, dont on ignore entièrement la forme 
et le caractère particulier (Ov. Fast. iv, 
779; Petr.^a^ 135, §3 et 4;id. 64, § 13). 

CAMILLUS (xàSouXo; ou yMÔ^Aoç). 
Assistant du grand prêtre pendant qu'il 
faisait le sacrilice, comme 
la Camilla était une 
jeune fille qui assistait la 
femme du grand prêtre. 
On les choisissait parmi 
les enfants des familles 
nobles ( Macrob. Sut. 
III, 8, Festus S. Flami- 
ninitis). Ou les représen- 
te fréquemment dans les 
œuvres de l'art ancien, 
debout à côté du prêtre 
ou de la prêtresse et por- 
tant dans leurs mains les 
vases employés aux cérémonies, d'après 
le rite consacré. Le spécimen donné ici 
est pris du Virgile du Vatican. 

CAMINUS {y.â.]j.\vo:,).' Fournaise à 





fondre les métaux (Plin. H, N. xxxiil. 



CAMINUS. 



CAMmcs. 



99 



21). La figure ci-dessus représente la sec- 
tion et le plan d'ini caminits romain dé- 
couvert près de Wandsford,dansle Nor- 
thamptonshire (Artis, i?«/-o/^r/!'. pi. 25). 
A est la chaudière où l'on fondait et au- 
dessous de laquelle le feu était allumé 
(voy. la gravure au mot Fornacula) ; 
B, les scories lorsqu'elles s'échappaient 
de la fournaise ; c , le canal qui condui- 
sait le métal dans les moules D. 

2. Forge de forgeron (Yirg. Mn. vi , 
630; Juv. Sat. xiv, 118). Comme on le 
voit par la graMire ci-jointe, prise du 




marhre d'une tombe à Rome , elle res- 
semblait en tout point à celles d'aujour- 
d'hui. La figure du centre tient le fer sur 
l'enclume (incus) avec des tenailles (for- 
ceps) ; au pied de l'enclume est nn vase 
plein d'eau pour y plonger le fer et les 
instruments échauffés. On voit le feu sur 
l'arrière-plan ; et le soufflet (fol lis), avec 
l'homme qui le manœuvre, est derrière 
la figure à main gauche. 

3. ^tre ou foyer dans les maisons par- 
ticulières, pour échauffer un apparte- 
ment (Hor. Ep. I, 11, 19; id. 5a^ I, 5, 
81; Suet. Vitell. 8), ou pour faire la 
cuisine, comme ceux qu'on construisait 
primitivement dans V atrium et qui consis- 
taient en une simple pierre de cheminée , 
élevée au-dessus du niveau du parquet 
et sur laquelle étaient placées les bûches 
de bois à brûler, mais sans tuyau pour 
recevoir la fumée et la répandre au de- 
hors. 

4. Il reste encore nn point douteux : 
camirius signifie-t-il quelquefois une clte- 
nii/u'c, dans le sens que nous attachons à 



ce mot , c'est-à-dire un conduit destiné à 
emporter la fumée en passant par les dif- 
férents étages d'une maison , et à la ré- 
pandre au dehors du toit ? Les passages 
qu'on pourrait citer pour l'affirmative ne 
sont pas du tout concluants, et l'ali- 
sence de toute construction qui ressem- 
ble à une cheminée au sommet d'un édi- 
fice, dans les nombreux points de vue 
représentés par les artistes de Pompéj , 
celle de toute trace positive d'une pa- 
reille invention dans les bâtiments pu- 
blics et particuliers de cette ville, prouve 
avec assez d'évidence que , si les anciens 
connaissaient les cheminées, ils ne s'en 
sont que très-rarement servis. Dans la 
plupart des maisons, la fumée s'échappait 
probablement par une simple ouverture 
dans le toit, p^ les fenêtres ou par les 
portes. On a découvert dans plusieurs 
parties de l'Italie des fourneaux munis 
d'un court tuyau et destinés à faire du 
feu au milieu d'une chambre; on en a 
trouvé un à Baies, un autre près de Pé- 
rouse, et un trd^ème à Civita-Yecchia, 
dont nous donnons le plan dans la figure 
ci-jointe , d'après un manuscrit de Frait=- 
cesco di Giorgio, conservé à la bibliothè- 
que publiqije de Sienne. La forme de ce 
fourneau est un parallélo- 
gramme enfermé entière- 
ment sur trois de ses côtés 
par un mur de 3"", 05 de 
haut, mais ayant dans l'au- 
tre une ouverture ou baie 
de porte ; à l'intérieur sont placées quatre 
colonneSjSurmontées d'une architrave, qui 
supportaient une petite coupole pyrami- 
dale sous laquelle étaient l'àtre et le bra- 
sier; la coupole servait à concentrer la fu- 
mée quand elle montait, et lui ouvrait pas- 
sage par une ouverture pratiquée au 
sommet. Si les édifices dans lesquels ces 
poêles étaient construits n'avaient qu'un 
étage , on ne se servait peut-être pas de 
tuyau ; mais si, comme cela est très-pro- 
l)al)le, il y avait des appartements au- 
dessus, il semble presque certain qu'un 
petit tuyau ou tube avait été placé sur 
l'orifice de la coupole , de la même façon 
que celui qu'on voit dans le four d'un 
boulanger de Pompéi , et qui est repré- 
senté dans la gravure ci-jointe; on n'eu 



100 



CAMPESTRE. 



peut déterminer la hauteur primitive, 




parce qu'il ne reste qu'une partie du 
rez-de-chaussée. 

CAMPESTRE. Sorte ùe jupon, attaché 
autour des reins et dépendant environ 




i«i/ 



jusqu'aux deux tiers des cuisses ; les gla- 
diateurs et les soldats gardaient ce vête- 
ment par décence pendant qu'on les exer- 
çait, ainsi que les persones qui se livraient 
à des exercices violents en puljlic , après 
s'être dépouillés de leurs autres vêlements 
(Hor. Ep. I, 11, 18; Augustin. Civ. 
Dei, XIV, 17). Il tirait son nom de ce 
que les exercices avaient lieu d'ordinaire 
dans le Champ de Mars. Pendant les jour- 
nées chaudes, quelques personnes le por- 
taient aussi sous la toge au lieu de tuni- 
que (Ascon. in Cic. Orat. pro Scauro). 
La figure ci-jointe représente un gladia- 
teur avec le campestre d'après une lampe 
en terre cuite. 

CAMPICURSIO. Sorte de revue ou 
exercice fait par les soldats romains dans 
le Champ de Mars (Veget. Mil. m, 4). 

CAMPIDOCTOR (o7iXo5tûax-r,ç). Ser- 



gent instructeur qui apprenait aux recrues 
les exercices qu'elles devaient (aire dans 
le Champ de Mars (Teget. Mil. ui, 6 et 
8; Ammian. xv, 3, 10). 

CAN ALICL L A. Diminutif de Canalis. 
Petit fossé d'écoulement (Yarro, R. R. 
III, 5). 

CANALICULUS. Diminutif de Caxa- 
Lis. Fossé ou ruisseau pour l'écoulement 
des eaiLX (Columell. vill, 15,G; Vitruv. x, 
9, -). 

2. Cannelure, petit canal ou sillon 
creusé sur la face d'un triglyphe (Yi- 




truv. IV, 3, 5), marqué par l'omljre dans 
notre spécimen , d'après un ancien tem- 
ple dorique existant primitivement dans 
le Forum de Rome , tel qu'il a été copié 
de l'original pai" Labacco. 

CA>'AL1S (aw).r,v). Canal découvert et 




artificiel, en bois ou en briquetage, pour 
fournir de l'eau au bétail dans les prai- 
ries et servir d'abreuvoir, comme on le 
voit par la gravure prise du Yirgile du 
Vatican (Yirg. Georg. m, 330; Varro, 
R. R. III, 5, 2; Yitruv. vill, 5, 2 et 6, l), 
où il est distingué du TuBUS et FiSTCLA. 
2. Canal is in Foro. Probablement le 
ruisseau près du centre du Forum romain, 
d'où les eaux pluviales étaient immédia- 
tement déchargées par une ouverture dans 
la Cloaca Ma.iima ou principal égout 



CANCELLARIUS. 



CA>Di:[>APRl.M. 



101 




(Plant. Cure. l\ , 1, 15). De là vint le 
mot Canalicola, pour désigner les flâ- 
neurs et les oisifs , parce qu'ils avaient 
l'habitude de perdre leur temps en flâ- 
nant près de ce lieu (Festus, j. xk). 

3. Allée ou passage étroit dans une 
ville (Liv. xxiii, 31 ). 

4. Eclisse employée par les chirur- 
giens en remettant les os cassés (Cel- 
se, VIII, 16). 

5. En architecture, filet dans un cha- 
piteau ionien : surface unie et plate, en- 
tre Vabacus et le cyma- 
tium ou Vechinus, et se 
terminant à l'œil de la 
volute (Vitruv. m, 5, 7). 
On voit clairement le Ca- 

italis dans la gravure ei-jointe, qui re- 
présente un chapiteau du temple de la 
Fortune virile à Rome. 

CANCELLARIUS. Mot introduit à une 
période avancée de l'empire et appliqué 
à un officier qui montait la garde devant 
la tente de l'empereur ou devant sa cham- 
bre à coucher, dont l'accès était défendu 
par des grilles {caiiceUi) , comme nous 
l'apprenons de Cassiodore {far. Ep. il, 
6); de là vint le nom de Caucellariits. 
On le donnait aussi au chef des assesseurs 
d'un tribunal. Le lieu où ils siégeaient 
ainsi que les juges était séparé du reste 
de l'édifice par une grille de fer. C'est de 
là qu'est venu notre mot Chancelier. 
(Vopisc. Carin. IG ; Cassiodore, /. c.) 

CANCELLI(xiYx),(;,5pÛ9axToç).G/77/e 
de fer ou treillage; liarrière d'ornement 
pour enfermer ou protéger quelque chose 
(Varro, R. R.i\\,h, 4; Columell. viii, 
I , G) ; par exemple, devant la tribune des 
juges dans une cour de justice, ou devant 
les rostres dans le forum (Cic. Sext. 58). 




Quelques auteurs reconnaissent les Caii- 
celli dans la figure ci-jointe , tirée de l'arc 
de Constantin. Le long du sommet du po- 
dium, et de chaque rangée distincte de siè- 



ges dans (ui amphithéâtre (Ovid. Am. m , 
2, G4), il y avait des Cancelli, comme 
on le voit , dans la section restaurée de 
l'amphithéâtre de Pola (Voy. Ampiii- 
TiiEATRUM , troisième gravure, A). 

CANDELA. Chandelle faite de poix , 
de cire ou de suif, avec la moelle d'un 
jonc pour mèche (Plin. H. N. xvi, 70) ; 
on se servit primitivement de ces chan- 
delles avant l'invention de la lampe à 
huile (Mart. £p. xiv, 43). 

2. Espèce de torche faite de filtres de 
papyrus tortillées ensemble comme une 
corde , ou d'une corde même revêtue de 
cire (Serv. ad \ir^. jEn. xi, 143; Yarro, 
L. L. V, 119), qu'on portait ancienne- 




ment dans les cortèges funèl)res, et qui 
est représentée dans la gravure d'après le 
marbre d'une tombe à Padoue. Cette 
tomije contient, d'après la tradition, les 
restes de saint Luc. 

3. Simple corde qu'on enveloppait de 
cire pour l'empêcher de se dégrader 
(Liv. XL, 29). 

CANDELABRUM. Meuble qui servait 
à porter une lumière dans une position 
élevée au-dessus du sol, afin d'en répan- 
dre les rayons à une distance convenable. 
Les anciens en employaient de diverses 
espèces. 

1. {\\)yyo\)yoç). Chandelier où l'on 
pouvait placer des chandelles de cire et 




m^ 



de suif. 11 était fait, ou comme les nôtres, 
avec une bobèche et un tuyau pour met- 
6. 



102 



CANDELABRUM. 



CA^EPHOBA. 




tre le bout de la chandelle (Varro ap. 
Macrob. Sat. m , 4 ; Festus , s. v. ) , ou 
avec une pointe aiguë à l'extrémité, 
comme ceux qu'on voit communément 
dans les églises d'Italie : on enfonçait le 
bout de la chandelle sur cette pointe 
(Serv. ad Virg. yE«. I, 727). Un spéci- 
men du premier genre est donné ici, d'a- 
près un modèle trouvé à Pompéi; une 
pierre gravée du Musée Worsley en donne 
un du second genre, où l'on voit la pointe 
aiguë s'avancer en saillie au sommet du 
chandelier. 

2. (Xuj^vûûxoç). Pied de lampe porta- 
tif, sur lequel on plaçait une lampe à 
huile. Ces pieds étaient quel- 
f[uefois faits en bois (Petr. 
Sat. 95, 6) , mais la plupart 
du temps ils l'étaient en 
métal (Cic. P^err. II, 4, 
26), et étaient destinés à 
être placés sur quelque autre pièce du 
mobilier, comme le spécimen ci-joint, qui 
représente une lampe de broiue et un 
pied trouvés à Pompéi, de l'espèce ap- 
pelée hiimile (Quint. Inst. VI, 3, 99). 
Ils devaient se mettre sur une table , ou 

reposer sur le sol ; dans ce ^ 

cas ils étaient d'une hauteur 
considérable et consistaient 
en une tige haute et élan- 
cée {scapits), imitant la tige 
d'une plante; ou bien en- 
core c'était une colonne ef- 
filée, surmontée d'un pla- 
teau rond et plat (superfi- 
cies) sur lequel la lampe 
était placée , comme dans la 
gravure ci-jointe , d'après 
un original de Pompéi. C'est 
aux candelabra de ce genre 
que Yitruve fait allusion 
(vu, 53), quand il blâme 
l'habitude, adoptée par les artistes de son 
temps et visible à chaque instant dans les 
décorations arabesques des maisons de 
Pompéi, de les introduire à la place de 
colonnes comme supports donnés à des 
architraves et à d'autres parties de l'édi- 
fice, sans proportion avec ces tiges hautes 
et élancées. Comparez Lycu>'CCHUS. 

3 . (XafiuTTip) .Pied élevé, avec une cavité 
au sommet, au lieu de la plate superficies; 




on y allumait delà poix, de la résine ou 
d'autres matières imflammables. Ces pieds 
n'étaient pas portatifs, 
mais fixés d'une manière 
permanente. On les faisait 
souvent de marbre et on 
les assujettissait au sol, 
non-seulement dans l'inté- 
rieur des temples et d'au- 
tres vastes édifices, mais 
aussi en plein air (Stat. 
Sylv. 1,2, 231), où ils 
servaient pour les illumi- 
nations dans les fêtes et les 
occasions de réjouissance : 
précisément comme ceux 
dont on se sert encore 
maintenant dans le même 
but devant les palais des 
cardinaux et des ambassa- 
deurs à Rome. La gravure 
ci-jointe est prise d'un bas-relief de la villa 
Borghèse et donne un spécimen de cet 
usage. Le pied dont nous parlons est placé 
devant une colonnade qu'il illumine , et 
sous laquelle danse une troupe de jeunes 
filles, à l'occasion des fêtes d'un mariage. 
Dans les temps primitifs ou homériques, 
le XaixTttyip était une grille élevée sur des 
pieds ou sur un support , dans laquelle 
on brûlait du bois sec (âxaTvvov) pour 
éclairer une chambre , à la place de tor- 
ches, de chandelles ou de Icunpes (Hom. 
Od. XVIII, 306-310). 

CANEPHORA ou CANEPHOROS (y.a- 
vYiçôpo!;). Porte-corbeille : jeune fille 
Athénienne qui accompa- 
gnait la procession aux 
fêtes de Cérès, de Bac- 
chus et de Minerve , por- 
tant sur la tête une cor- 
beille plate (ca/ium ou ca- 
nistrum, Festus, s. -v.) qui 
contenait le gâteau sacré, 
la guirlande , l'encens , et 
le couteau pour tuer la 
victime. De jeunes fem- 
mes sont souvent repré- 
sentées dans l'attitude de 
canéphores par les artistes 
anciens, et décrites de même par les au- 
teurs classiques , avec les bras levés et une 
pose toute semblable à celle de la figure 




cAmcutA. 



CANTERICS. 



103 



donnée ici , d'après une statue de Dresde 
(Cic. Verr. 4, 3; Plin. H. N. XXXVI, 
4, u° 7; comparez Ovid. Met. ii, 711- 
713). 

CANICULA (Pers. Sut. m, 49). Le 
même que Canis 2. 

CANIS. Chaîne. Cette chaîne avait- 
elle une forme particulière? on l'ignore; 
pourtant cela n'est pas probable, car il 
se peut que l'expression vienne d'un jeu 
de mots sur catella, catellus (Plaut. 
Cas. II, 6, 37; Becker, Gallus,^. 232, 
trad. angl. ). 

2. Le coup le plus mauvais au jeu de 
dés, celui où l'on amenait tous les as 
(Suet. Jiig. 71). 

CANISTELLUM. Diminutif de Canis- 

TRCM. 

CANISTRUM et CANISTER (xàveov, 

xàvY]!;) . Corbeille large, plate, décou- 
verte, d'où lui sont venues les épithètes 




de patuliim (Ov. Met. Ylll, G7 5) , et de 
latiim (Id. Fast. Il, 650) ; elle était faite 
d'osier (Pallad. xii, 17 ) et sans anses : 
ainsi elle était destinée à être portée sur 
la tète, comme on le voit dans la figure 
ci-contre. On l'employait particulière- 
ment comme corbeille à pain ( Virg. yE«. 
VIII, 180). Le spécimen ici donné, d'après 
une peinture de Pompéi, représente une 
corbeille destinée à cet usage : elle était 
portée par Cérès et remplie d'épis. 

CANO. En général chanter, mais aussi 
sonner ou jouer de tout instrument de 
musique (Cic. Div. il, 59) , comme lituo 
canere (Cic. Div. s, 17), sonner du 
litnus (voy. la gravure du mot LiTiCEis) ; 
cornu canere (Varro, L. L. v, 91), don- 
ner du cor (voy. Cornicen); tibiis ca- 
nere (Quint, s, 10, 14), jouer de la flûte 
(voy. Tibicen); cithard canere (Tac. 
.4nn. XIV, 14) , jouer de la cithare (voy. 
Citharista). , 

2. Intus et foris canere; expression 
qui caractérise la manière particulière 




de jouer de la lyre représentée dans la 
gravure ci-joinle, d'après la fresque Aldo- 
brandini au Vatican. 
Frapper simplement les 
cordes du pleclrum 
qu'on tenait dans la 
main droite , était foris 
canere; promener sim- 
plement sur les cordes 
les doigts de la main 
gauche, était intus ca- 
nere; mais quand les 
deux étaient réunis , 
quand l'instrument é- 
tait frappé des deux cô- 
tés à la fois, comme 
dans la gravure, le musicien était dit jouer 
en dedans et en dehors, intus et foris ca- 
nere (Ascon. ad Cic. J^err. Il, 1, 20). 

CANTERIOLUS (ôxpîêac). Chevalet 
de peintre, représenté 
dans la gravure ci-jointe 
avec la peinture qu'il por- 
te, d'après un bas-relief 
romain : il ressemble 
exactement à ceux dont 
on se sert encore. Le mot 
gi'ec qui le désigne est 
bien authentique; mais 
le terme latin , donné ici 
d'après le dictionnaire latin-anglais de 
Riddle, manque d'une autorité posi- 
tive. 

CANTERIUS. Cheval hongre (Varro, 
R.R.xv, 7, 15; Festus, *. r.). 

2. Étai pour les vignes (Columell. iv, 
12, 1). 

3. Machine qui servait à suspendre 
les chevaux qui s'étaient brisé les jam- 
bes, pour éloigner leurs pieds du sol 
pendant que l'os se remettait (Veget. 
Vet. III, 47,2). 

4. En architecture, Canterii (à[X£i'- 
êovxe;, «TuatâiaO sonXles arbalétriers , 
dans la charpente d'un toit (voy. Mate- 
RIATIO, f. f.); leurs extrémités supé- 
rieures se rencontrent et forment l'ai- 
guille du fronton, leurs extrémités infé- 
rieures reposent sur les entraits (ligna); 
et, dans les édifices achevés, ils sont re- 
présentés extérieurement par les mutules 
(mutuli) , qui sont par conséquent sculp- 
tées pour figurer les extrémités saillantes 




104 



CA>TUARl'S. 



CAl'lSTliKIlM. 




d'une série de chevrons (Vitjiiv. iv, 2, 
1 et 3). 

CANTHARUS (xàv8apoç). Gobelet ou 
coupe à boire, d'invention grecque. 11 
était pourvu d'anses (Virg. Ed. VI, 17), 
et c'était la coupe particu- 
lièrement consacrée àBac- 
chus (Macrob. Sat. v, 21), 
comme le scyphus l'était 
à Hercule. Dans les œu- 
vres d'art , tant de la pein- 
ture que delà sculpture, un vase de la 
forme dessinée ici , d'après un original 
en argile, est constamment représenté 
eiitre les mains de cette divinité. 

2. Vase dans lequel tombait l'eau 
d'une fontaine d'ornement ; il était fait 
à l'imitation d'une coupe à boire (Paul, 
Dig. 30, 41). 

3. Sorte de bateau dont cependant on 
ignore la forme particulière (Macrob. 
Sat. l. c; Aristoph. Pac. 143). 

CANTHERIUS. Voy. Canterius. 

CANTHUS (èTTÎortoTpov). La bande 
d'une roue; cercle de fer ou de bronze, 
fixé sur la jante , pour empêcher que le 
bois ne soit usé parle frottement (Quint. 
1,5, 8). Le nom grec se trouve dans 
Homère (//. V, 725); le terme latin, 
quoique employé par Perse (Sat. v, 71), 
est noté comme un bar])arisme par 
Quintilien (Le), qui le considère com- 
me un mot espagnol ou africain. 

CANTO. Employé dans les mêmes 
sens que Cano. 

CANUM (xavoûv). Corbeille grecque, 
faite de roseau ou d'osier, plus hajjituel- 
lement appelée Canistrum en latin (Fes- 
tuss. v. Varro, L. L. v, 120). 

CANUSÏNATUS. Personnage qui porte 
un vêtement dont le tissu est fait de la 
laine de Canusium , maintenant Canota 
(Suet. Nero, 30 ; Mart. Ep. IX, 23 , 9). 

CAPEDO. Cruche eu poterie , avec une 
anse, qui était destinée à recevoir du vin ; 
ou s'en servait dans les premiers temps 
pour les sacrifices (Cic. Parad. 1,2). 
Même sens que Capis. 

CAPEDUNCLILA. Diminutif du mot 
précédent (Cic. N.D. \ii, 17). 

CAPILAMENTllM. Perruque de faux 
cheveux, spécialement quand les che- 
veux sont longs et abondants comme 




ceux des femmes (Suet. Cal. ii; Petr. 
Sat. 110,5; Tertull. Cuit. Fa m. 7, et 
Galerus, 3). 

CAPILLUS. Chevelure en général , 
sans égard à la nature des cheveux; ce 
mot s'applique également à toute sorte 
de cheveux, longs ou courts, plats ou 
bouclés, arranges ou négligés (Cic. Ov. 
Hor. Cffs. Nep. etc.). 

2. 11 désigne aussi les poils de la barbe 
(Cic. Off. II, 7; Suet. Nero, i) et la 
fourrure des animaux (Catull. 25, l; Aul. 
Gell. XII, 1,4). 

CAPIS. Pot à vin (Yarro, ap. Non. s. 
Armlllum , p. 547) de forme et d'usage 
antiques , en poterie , avec une 
seule anse : circonstance dont 
les grammairiens romains tirent 
son nom (Varro, L. L. V, 121 ; 
Feslus, s. v.). Dans les âges 
primitifs de l'histoire romaine, 
où régnait une grande simplicité, des vases 
de poterie de cette sorte étaient communé- 
ment employés à des usages religieux et 
autres (Liv. x, 7; Petr. Sat. 52, 2); 
mais, lorsque le luxe fit des progrès, on 
les abandonna pour les formes grecques 
plus élégantes, ou on les fit de matières 
plus précieuses (Plin. H. N. xxxvii , 
7 ). Cependant ces vases furent toujours 
conservés pour les besoins du culte , qui 
s'attire encore plus de vénération et de 
respect en gardant les formes et les usa- 
ges anciens. On les voit souvent représen- 
tés sur les monnaies et les médailles 
frappées en l'honneur des personnes re- 
vêtues de dignités sacerdotales; ils res- 
semblent à la figure donnée ici et tirée 
d'une médaille eu bronze de l'empereur 
Marc-Aurèle, sur laquelle il est repré- 
senté en qualité d'augure. 

CAPISTERIUM. Vase employé pour 
nettoyer les épis après qu'ils avaient été 
battus et vannés. 11 semble qu'il se rap- 
prochait de Valveus ouauget de bois, dans 
lequel on mettait le blé; on l'agitait de 
telle sorte que les grains pesants tom- 
liaient au fond , tandis que les grains lé- 
gers et le mélange de rel)ut qui s'y trou- 
vait encore, après qu'on avait vanné, 
montaient à la surface et pouvaient être 
facilement séparés du reste. Peut-être 
l'eau était-elle employée aussi dans cette 



CAPISTRl'M. 



105 



opération (Coliimell. n, 9, 11 ; comparez 
Apul. Met. IX, p. 193). 

CAPISTRUM ((popêeta). Licou ou 
têtière pour les chevaux , les ânes ou les 




bœufs (Varro, R. R. ii, 6, 4; Ovitl. 
Met. X, 125). Le spécimen ci-joint est 
pris de la colonne Trajane. 

2. Muselière avec des pointes saillan- 
tes, pour empêcher les petits des ani- 
maux de teter après avoir été sevrés; 
elle ressemble à celles dont on se sert 
communément aujourd'hui pour les 
veaux (Virg. Georg. m, 399). 

3. Lieu on les vignes étaient dressées 
et attachées aux montants et aux barres 
transversales d'un treillage (Columcll. 
V, 20, 3). 

4. Corde employée pour suspendre 
l'extrémité de la poutre du pressoir 
(prelnrn ) dans un pressoir à vin ou à 
huile (Cato, R. R. xii), 

5. Large bande de cuir ou menton- 
nière avec une ouverture pour la bou- 
che , portée par les joueurs de flûte , 
comme un licou, autour de la tête 
et de la figure, pour presser les lè- 
vres et les joues quand ils jouaient de 
leurs instruments ; ce qui leur permet- 
tait de donner des sons plus pleins , plus 
fermes et plus unis. Voy. la gravure ci- 




jointe, d'après un bas-relief de Rome. 11 
ne semble pas que cette mentonnière ait 
été toujours usitée, car les joueurs de flûte 
sont souvent représentés dans les œuvres 
d'art sans rien qui lui ressemble. Le 



terme latin non plus ne se rencontre 
dans aucun des auteurs classiques, quoi- 
que le mot grec soit liien autorisé (Aris- 
toph. r^". 582; Soph. Tr. 753). 

CAPITAL. Petit mouchoir d'étoffe de 
laine (Yarro, L. L. v, 130) , porté dans 
l'origine par les femmes romaines autour 
de la tète pour empêcher leurs cheveux 
de tomber épars, et conservé dans la 
suite comme une particularité de leur 
costume par les jeunes femmes attachées 
au culte des dieux, telles que la Flami- 
nica ou prêtresse qui assistait la femme 
du Flamen Dialis (\'arro, /. c; Festus, 
s. v.). 

CAPITELLUM. Même sens que Capi- 

TULUM. 

CAPITIUM. Vêtement des femmes, 
porté sur la partie supérieure du corps 
et couvrant le sein (Varro, L. L. v, 131 ; 
id. de Vit. Pop. Roni.ap. Non. p. 542). 
11 est difficile de décider s'il ressem!)lait 
au spencer ou au corset. Aulu-Gelle note 
ce mot comme tombé en désuétude et em- 
ployé seulement par les classes inférieu- 
res; dans un passage de Labérius qu'il 
cite (xvi, T, 3), ce vêtement est décrit 
comme étant de couleurs voyantes et 




porté sur la tunique. Cette description 
s'accorde précisément avec les corsets 
actuels des paysannes d'Italie et la ma- 
nière dont elles les portent, et avec la 
figure donnée ici d'après le marljre d'un 
tombeau publié par Gori (Inscript. Jn- 
tiq. F/or. p. 344) , et destinée évidem- 
ment à représenter une femme de la classe 
inférieure : on peut en juger par la pierre 
rude qui lui sert de siège pour sa toi- 
lette. 



106 



CAPITOLIUM. 



CAPITOLIITM. 



CAPITOLIUM. Le Capitale; une des 
septs collines de Rome , appelée dans l'o- 
rigine Mons Saturnins, nom qui fut 
changé dans la suite en celui de Mons 
Tarpeius , par allusion à la jeune Tar- 
péia, tuée, disait-on , et ensevelie en cet 
endroit par les Saluns ; et, enfin pendant 
la période légendaire dont on a fait le 
règne de Tarquin le Superbe , devemi 
Mons Capitolinus ou Capitolium, parce 
qu'on croyait qu'une tête humaine {ca- 
piit) y avait été trouvée tandis qu'on 
creusait les fondations pour le temple de 
Jupiter (Varro, L. L. v, 41, 42; Liv. i, 
55). La colline était partagée en deux 
sommets séparés par un plateau : le 
sommet septentrional , le plus haut des 
deux, et sur lequel s'élève maintenant l'é- 
glise d'Jra Cceli, convertie en forteresse, 
fut appelé Jrx ou citadelle; le sommet 
méridional et plus bas, maintenant Monte 
Caprino, était occupé par le fameux tem- 
ple du Capitole ( Niebiihr, Hist. Rom., 
vol. I, p. 502 de la trad. anglaise). 

2. Le temple du Capitole; construit 
par le dernier Tarquin sur le sommet 
méridional du mont Capitolin, en l'hon- 
neur des trois divinités principales de 
Rome, Jupiter, Junon et Minerve. Il 
comprenait trois sanctuaires distincts 
(cellae), parallèles l'un à l'autre et se ter- 
minant en un seul fronton. Le sanc- 



|i8| pliS 
• ■ I I • • 



tuaire du milieu était consacré à Jupi- 
ter; celui qui était à main droite de la 
statue, c'est-à-dire à la gauche du spec- 



tateur quand il faisait face à l'édifice , à 
Minerve, et l'autre à Junon. Le plan 
était un parallélogramme, de longueur et 
de largeur presque égales. Une triple 
rangée de colonnes supportait le fronton , 
et une double rangée formait une colon- 
nade sur chacun des côtés. Le derrière 
du temple, qui n'était point tourné vers 
la ville , n'avait point de colonnade (De- 
nis d'Halicarn. iv, 61 ). Le plan ci- 
contre est conforme à la description 
faite par Denis et destiné à donner 
une idée claire de la disposition inté- 
rieure de ce remarquable édifice, qui était 
construit sur un plan très-différent de 
ceux qu'adoptèrent ordinairement pour 
leurs édifices religieux les Grecs et les 
Romains. Il est vrai que le monument 
décrit par Denis était le temple existant 
de son temps, qui fut bâti par Sylla et 
dédié par Catulus; mais l'histoire nous 
apprend que , par un sentiment de véné- 
ration religieuse, on respecta toujours 
le plan original (Tac. Hist. iv, 53). 

Quant à l'aspect extérieur de ce tem- 
ple fameux , il ne reste maintenant que 
quelques blocs de larges pierres, qui for- 
maient la substruction , et qui ne donnent 
qu'une idée bien imparfaite de sa splen- 
deur premièi'C. Les représentations du 
Capitole qu'on trouve sur les monnaies , 
les médailles et les bas-reliefs, sont trop 
restreintes et trop imparfaites dans les 
détails pour qu'on puisse se faire une 
juste idée du caractère et de l'aspect de 
ce monument. La première construction 
fut certainement de l'ordre étrusque dé- 
crit par Yitruve ; car les architectes qui 
le bâtirent furent appelés d'Étrurie (Liv. 
I, 56). Quand le Capitole fut rebâti la 
première fois par Sylla, le seul change- 
ment qu'on fit fut de mettre à la place 
de l'ordre étrusque l'ordre corinthien, 
car les colonnes furent apportées du tem- 
ple de Jupiter Olympien à Athènes (Plin. 
H. N. XXXVI , 5 ) : elles étaient de l'or- 
dre corinthien, Vitruve le dit expressé- 
ment (Proœm. yu, 7), et quelques-unes 
subsistent encore comme un témoignage 
irrécusable. Le même plan et le même 
ordre d'achitecture furent encore con- 
servés sous Vespasien (Tac. Hist. iv, 53) ; 
et aussi dans la quatrième reconstruc- 



CAPITOLIDM. 



CAPITULUM. 



107 



tion, due à Doiuitien, tomme ou le voit 
par la gravure ci-jointe , prise d'un l)as- 




relief appartenant à l'arc de triomphe de 
Marc-Aurèle , où cet empereur est repré- 
senté faisant un sacrifice devant le tem- 
ple du Capitole. Quoique la perspective, 
réelle n'y soit pas fidèlement observée, 
on remarquera que les principaux traits 
caractéristiques sont suffisamment indi- 
qués; les colonnes d'ordre corinthien, et 
les trois sanctuaires séparés sous un 
même fronton, qu'on reconnaît à l'appa- 
rition inaccoutumée de trois portes d'en- 
trée. Ceux qui vivent avec les œuvres de 
l'antiquité savent fort bien que les an- 
ciens artistes, tant grecs que romains, 
adoptaient , comme une pratique cons- 
tante de leur école, une certaine ma- 
nière conventionnelle d'indiquer plutôt 
que de représenter les accessoires et les 
lieux où se passait une action ; ils ne te- 
naient pas à l'usage , maintenant en vi- 
gueur, de donner un dessin ou un tableau 
parfait du lieu et de la scène. 

3. Capitolium vêtus. Le vieux Capi- 
tole, petit temple sur le mont Quirinal 
dédié à Jupiter, à Junon et à Minerve, et 
dont on attribuait la construction à 
Numa. Le nom de vêtus ne lui fut donné 
qu^après l'érection d'un temple beau- 
coup plus fameux sur la colline du Capi- 
tole. On adopta alors ce nom pour dis- 
tinguer les deux édifices. Cette distinc- 
tion est nettement marquée dans le vers 
suivant de Martial : Inde novum, veterem 
prospicis inde Jovem (Mart. Ep. vil, 73 ; 
id., V, 22; Yarro, L. L. v, 168; Val. 
Max. IV, 4, 11). 



CAPITULUM (ÈTTÎxpavov , xtovôxpa- 
vov). Chapiteau d'une colonne. Dans 
l'enfance de l'art de bâtir, ce n'était 
qu'un simple abacus, ou tablette carrée de 
bois; il était placé sur un tronc de 
bois ou colonne primitive, et formait un 
large lit sur lequel reposait l'architrave 
(voy. la gravure à l'article ÀBACUS, 6). 
Parti de cette grossière origine, le chapi- 
teau devint dans la suite l'ornement 
principal d'une colonne et un des traits 
caractéristiques par lesquels on distin- 
guait les différents ordres d'architec- 
ture ; il était , comme eux , à proprement 
parler, divisé en trois genres , le dorique , 
l'ionique et le corinthien, qui, avec les 
modifications introduites par les Ro- 
mains, formèrent cinq variétés en usage 
dans l'antiquité. Nous ne parlons ni du 
toscan ni du composite. En effet, le tos- 
can , dont il ne reste aucun spécimen , 
n'est qu'une forme du dorique , et le 
composite est un mélange de l'ionique et 
du corinthien, puisqu'il a le feuillage du 
dernier surmonté des volutes du premier ; 
chapiteau bâtard introduit sous l'empire, 
quand au génie de l'invention succéda le 
goût du nouveau et du brillant, il fut 
employé pour la première fois dans les 
arcs de triomphe à Rome , et on en voit 
encore un spécimen dans l'arc de Titus. 

1. Capitulum doricum. Gbec. Le 
chapiteau dorique grec , qui est le plus 
simple de tous, n'était 
divisé qu'en trois parties 
principales : au sommet, 
le large ahacus carvé, qui 
conserva toujours dans cet ordre son ca- 
ractère primitif; Vechinus ou quart de 
rond , immédiatement au-dessous ; et les 
annuli ou annelets , juste au-dessus du 
fut. Le spécimen ci-joint représente un 
chapiteau dorique du Parthéuon. 

2. Romain. Le chapiteau dorique des 
Romains est plus compliqué et plus varié 
dans ses parties. Au simple abacus ils 
substituèrent un cyma- _ 
tium à moulures et un ^.^_^^ 
filet; à Vechinus, un ^MQïSïMy 
ove, souvent sculpté, v= 
comme dans le spécimen '■- 
ci-joint ; aux annelets, un astragale {astra- 
galus) ou un chapelet et un filet. Le spé- 





108 



CAPITPLtM. 



CAPBARtrS. 




rimeu est tiré d'un temple romain près 
d'Alhano. 

3. Capltuliim ionicum. GreC. Le cha- 
piteau ionique grec a deux traits impor- 
tants et principaux : 
Vahacus, qui est plus 
petit et plus bas que 
dans l'ordre dorique , 
mais toujours carré dans 
sa forme, quoique orné de moulures sur les 
faces extérieures; et les volutes {vol ut a) 
ou moulures en spirale de chaque coté 
sur le devant; elles sont souvent reliées 
par un rebord ou pli qui pend entre elles 
comme dans notre spécimen , et tombent 
beaucoup plus bas que Vecltinus sculpté 
qui les sépare. Ce spécimen est pris d'uu 
temple grec prés de l'Ilyssus. 

4. Romain. Le chapiteau ionique ro- 
main ne diffère pas , dans ses parties es- 
sentielles , des chapi- 
teaux grecs , mais il est 
souvent surchargé de 
sculptures; les volutes 
sont en général plus pe- 
tites , et le pli gracieux qui pend entre 
elles dans la gravure précédente n'y est 
jamais introduit. Toutefois ce pli n'est pas 
un trait qui caractérise toujours l'ordre io- 
nique grec ; on ne le trouve pas dans le 
temple de Dacchus à Téos (voy. ce tem- 
ple au mot Dexticulcs) ni dans d'au- 
tres édifices encore axistants. Le spéci- 
men ci-joint est pris du temple de la 
Fortune virile à Rome. 

5. Cavltidiim corinthîum. Le chapi- 
teau cornithien est le plus riche de tous 
les ordres parfaits, et 
les spécimens qui eu 
restent maintenant en 
Grèce et en Italie ne 
diffèrent en aucun point 
essentiel. Il se compose 
d'un abaciis , non pas 
carré , comme celui des 
chapiteaux dorique et ionique, mais creu- 
sé sur les côtés, sans aucun angle , et d'une 
rosette (Jlos) ou autre ornement semblable 
placé au milieu. Sous l'abacus, sont de pe- 
tites volutes {hélices, Yitruv. iv, 1 , 12) , 
s'inclinanten avant comme destiges, dont 
deux se rencontrent sous chaque angle de 
l'abacus, et deux au centre de chaque 




face du chapiteau, où elles se touchent 
quelquefois et quelquefois sont entrela- 
cées. Le tout est entouré de deux ran- 
gées circulaires de feuilles {fol ta) , cha- 
que feuille de la rangée supérieure pre- 
nant naissance entre et derrière celles de 
la rangée inférieure , de telle sorte qu'une 
feuille de la rangée supérieure tombe au 
centre de chacune des quatre faces du 
chapiteau. Dans les meilleurs modèles, 
ces feuilles sont sculptées pour imiter 
l'acanthe ou l'olivier ; on voit des feuilles 
d'olivier dans la gravure ci-jointe , prise 
du portique du Panthéon à Rome. 

6. Petite tète circulaire, fixée au haut 
des tablettes dont se servaient les enfants 
romains dans leurs écoles (N'ar- 

ro , i?. /?. III , 5 , 1 ) . Elle avait %p 

un œil au centre ; on y passait 

une courroie et un cordon qui 

servait à suspendre la tablette 

au bras, quand on la portait 

(Hor. Sat. 1,6, 74) , ou à la 

pendre à une cheville , quand 

on la déposait , comme dans le spécimen 

ci-joint pris d'une peinture de Pompéi. 

7 . Dans les machines de guerre , telles 
(pie la ballista et la catapulta, le capitu- 
lum semble avoir été une barre trans- 
versale percée de trous par lesquels pas- 
saient les cordes qui , bien tendues, lan- 
çaient le trait (Vitruv. i, 1, 18; id.,x, 
2;id., X, 12,2). Comme on n'a pu s'as- 
surer de la disposition de ces machines , 
toute tentative pour déterminer leurs 
parties composantes n'aboutirait qu'à des 
conjectures qui ne sauraient satisfaire. 

CAPRARIUS (aiTtoXo;, aX-^i\dx-i\:.) . 
C/ievrier qui menait paitre les chèvres, 




CAPREOLtIS. 



CAPRON.Ï. 



109 



(dont les anciens eivaienl de grands trou- 
peaux dans leurs fermes (Varro, R. fi. il, 
3, 10). Les qualités qu'on exigeait des 
chevriers étaient la force, l'activité, la 
hardiesse, et un tempérament qui ne 
crafgnît aucune fatigue : les chèvres , en 
effet, se dispersent toujours pour jjrouter, 
et les lieux qui leur donnent la meil- 
leure pâture sont les pentes abruptes et 
rapides dans les contrées montagneuses , 
où abondent les liroussailles, les herbes 
sauvages et les fleurs (Columell. vu, G, 
9; Varro, fi. fi. u , 3, 7). La gravure re- 
présente un des chevriers des Eglogues de 
Virgile d'après un manuscrit du Vatican. 

CAPREOLUS. Littéralement chevreuil 
ou chamois. Par extension, instrument 
employé dans le labourage pour remuer 
et briser le sol ; il était formé de 
deux fourchons de fer (CokuneH. '^^^ 
XI, 3, 4G), convergeant l'un vers I 
l'autre comme les cornes du cha- 
mois, ainsi qu'on le voit par la 
figure ci-jointe, tirée d'une an- 
cienne sculpture en ivoire de la 
galerie Florentine; cet instru- 
ment y est placé entre les mains 
d'une figure qui est debout, avec une 
chèvre à côté d'elle , au milieu d'une vi- 
gne. Ainsi se trouvent déterminées et la 
nature de l'objet et la propriété du nom. 

2. (iruYxÛTtTYiç). Contre-fiche (terme 
technique du métier de charpentier), 
c'est-à-dire pièce de bois placée en biais 
dans une poutre de séparation ou dans la 




charpente d'un toit (ee dans la figure ci- 
jointe), pour former un triangle qui rend 
toute la construction plus forte et plus 
solide. Dans ce sens , ce mot est le plus 
souvent employé au pluriel, parce que ces 
contre-lîches sont en général fixées par 
couples , se rencontrant au bas et diver- 
geant vers le haut , comme les cornes du 



chamois (f:a\s. B.C. ii, 10; Vitruv. iv, 
2, 1). 

CAPRILE. Étable à chèvres (Columell. 
vu, 6, G; Varro, R. R. ii, 3, 8). 

CAPRIMULGUS. Pâtre qui trait les 
chèvres : les anciens se servaient beau- 




-"'-Wuo'/,w*- -ïsv.^i- ■ 



coup du lait de ces animaux (Catull. XXII, 
10). A proprement parier, le caprimulgus 
était un esclave appartenant à la familia 
rnstica. Dans la gravure ci-jointe, prise 
d'une peinture de Pompéi , il est repré- 
senté sous la forme d'un génie, suivant 
l'usage des anciennes écoles de peinture. 
CAPRIPES. Aux pieds de bouc : parti- 
cularité attribuée souvent par les poètes 




et les peintres à Pan et aux satyres, pour 
indiquer leurs inclinations voluptueuses 
et dissolues (Lucret. iv, 583; Hor. Od. 
II, 19, i). La gravure est tirée d'une 
peinture de Pompéi. 

CAPRONjE (7:pox6[j.iov). Boucles de 
cheveux qui tombent sur le milieu du 
front du haut de la tète; elles sont dis- 
7 



110 



CAPSA. 



li.nctenient' marquées dans la figure ci- 
jdinte , prise d'une statue supposée d'A- 




donis , qu'on trouva dans l'amphithéâtre 
de Capoue (N'on. Marc. s. v. p. 22 ; Apul. 
F/or. I, 3, 3). 

2. Toupet d'un cheval, quand il tomhe 
sur le front comme dans le spécimen ci- 




joint, tiré d'une pierre gravée, au lieu 
d'être réuni et attaché en touffe (cirrus), 
ce qui avait lieu très-souvent (Festus^. ?'.; 
Xen. Equest. \, 6). 

CAPSA. Boîte ou cassette en bois, pro- 
fonde et de forme circulaire (Plin. H. N. 
XVI, 84), où l'on enfermait des ol)jets que 




l'on voulait transporter d'un lieu à un au- 
tre. La capsa était employée spécialement 
pour le transport des livres (Cic. in Cal. 
Dir. 16;Hor. 5flM,4, 22; ih. 10, 63). 
La gravure représente deux de ces boites, 
l'une ouverte avec les rouleaux ou volu- 
mes qu'elle contient, d'après une pein- 
ture de Pompéi ; l'autre avec le couver- 
cle baissé et fermé à clef, d'après un 
manuscrit du Virgile du Vatican. Descour- 
roies sont attachées à toutes deux , pour 
les transporte]- plus commodément. 



CAPULATO». 

CAPSARIUS. Esclave qui portait à l'é- 
cole la capsa de son jeune maître ou sa 
boîte à livres, et qui l'en rapportait (Suet. 
Nero, 36; Juv. Sat. X, 117). 

2. Esclave attaché au service des bains 
puljlics, qui devait prendre soin des vête- 
ments laissés par les l)aigneurs dans Va- 
pochterium , et veiller à ce qu'ils ne fus- 
sent pas dérobés ; ce genre de vol était 
très-fréquent à Rome (Paul, Dlg. I, 15, 
3; comparez Ovid. Art. amat. m, 639; 
Plant. Rud. II, 3, 51). 

CAPSELLA. Double diminutif de 
CAPSA , très-petite boîte pour garder des 
fruits séchés (Ulp. Z)/»^. 33, 7, 12), ou 
des joyaux de femme. Elle était quelque- 
fois suspendue par une chaîne à leur cou 
(Petr. ^fl^07,9). 

CAPSULA. Diminutif de capsa. Petite 
boîte qui contenait des livres ou autres 
oljjets (Catull. LXVIII, 36); de là l'ex- 
pression homo lotus de capsula (Seneca , 
£p. 115), fat, homme qui a l'air, com- 
me nous dirions, de sortir d'une boîte. 

CAPSUS. Ce mot indique le corps ou 
le dedans d'une Voilure, comme notre 
expression Yintérieur d'une diligence 
(Vitruv. X, 9, 2). Voy. les gravures au 
mot Carpentcm. 

2. Cage ou enceinte pour retenir des 
animaux (Vell. i, 16). 

CAPULA. Diminutif de capis; petite 
cruche à vin ou coupe à ijoire, avec 
une anse , dont on se servait sur la tal)le 
à boire circulaire nom- 
mée cilibantum (Varro , 
L. L.\, 121; id. de Vit. 
Pop. Boni. ap. Non. s. 
Armillum , p. 547). Des 
vases de ce genre et de 
cette forme sont fréquem- 
ment représentés dans les 
peintures de Pompéi sur les tables rondes 
où l'on boit : c'est d'une de ces peintures 
qu'est prise la gravure ci-jointe. 

CAPLLARIS. Voy. Capclls, 3. 

CAPl'LATOR. Ouvrier employé à la 
fabrication de l'huile, dont la besogne 
consistait à verser l'huile d'une cuve dans 
une autre, ou de la cuve dans des jarres 
pour l'épurer : ce qu'il faisait avec une 
sorte de cuiller ou de vase à anse, du 
genre et de la forme de la capis ou ca- 




CAPCLtJS. 



CAttACALLA. 



111 



pilla, d'où vient le nom de captilalor 
(Cato, R. R. I.XVI, 1 ; (lolumell. xil, 62, 

CAPULUS (xwTrri). Manche ou poignée 
de tout instrument qui a un manche droit 
comme la faucille (Columell. iv, 25, 1 , 
Voy. Falx); poignée d'un sceptre (Ovid. 
Met. VII, 50G ; voy. Sceptrum) , par op- 
position à ansa , qui représente une poi- 
gnée arrondie ou recourbée. Ce mot dé- 
signait spécialeaient la poignée d'une cpêe 



qui était faite de bois, d'os, d'ivoire, d'ar- 
gent ou d'or, quelquefois incrustée de 
pierres précieuses et le plus souvent sans 
garde (Virg. Ain. x, 50C ; Tac. Jnn.u, 
21; Spart. Hadr. 12; Claud. de Laiid. 
Stil. II, 91). La gravure est tirée d'un 
original trouvé à Pompéi. 

2. Poétique pour stiva; le manche 
d'une charrue que le laboureur tenait à 
la main pour diriger la charrue (Ov. 
Pont. I, 8, 57). Voy. Stiva et la gra- 
vure au mot Arator. 

3. Bièi-e dans laquelle on emportait un 
mort (Festus, s. v.; Serv. ad Virg. Jùi. 



m 



^^1 



VI, 222; Lucilius et Novius, ap. Non. 
s. T. p. 4); de là l'épithète de capnlaris 
est employée pour désigner un homme 
qui touche à la mort ou qui est prêt pour 
la bière (Plaut. Mil. iii, 1, 33). La gra- 
vure ci-jointe est tirée d'un bas-relief de 
sépulcre en marbre, près de Rome. 

CARABUS. Petit bateau en osier com- 
me le coracle gallois, et couvert de cuir 




non tanné (Isidor. Orig-. xix, 1, 20). La 
figure ci-jointe est donnée par Sclieffer 
{Mil.IVav, p. 810), d'après un ancien 



manuscrit de Vitruve. Les lignes qu'on voit 
le longdes cotés, elcpiisont plus distinctes 
dans l'original, montrent les coutures par 
lesquelles les peaux se rejoignent. La forme 
de la barre et du gouvernail, aussi Ijien 
que leur place à l'arrière du bateau , est 
tout à fait insolite; mais elle est marquée 
de même sur un marbre de tomljeau dans 
Boldetei (CiwiferJ, p. 3GG) et indique une 
période reculée. 

CARACALLA. Vêtement porté par les 
Gaulois et qui occupait dans leur costume 
la même place que la ytTcôv chez les 
Grecs et la tunica chez les Romains. 
Toutefois il en différait pour la forme et 
la grandeur; car c'était un vêtement 
étroit , avec de longues manches , dont 
les pans descendaient à moitié des cuisses 
et étaient fendus par devant et par der- 
rière jusqu'à l'entre-jambe, comme une 
blouse moderne (Strai)O , IV, 4, 3; Edict. 
Dioclet. 21; comparez Mart. Ep.i, 93, 
8 , où il est appelé pal la Gallica). L'ex- 




plication que nous donnons est surtout 
fondée sur le passage de Strabon cité ci- 
dessus : il dit , en décrivant le costume 
des Gaulois, qu'ils laissaient flotter leurs 
cheveux dans leur aijondance naturelle 
et portaient un sagum et de longues 
braies; mais qu'au lieu de tunique, ils 
se servaieilt d'un vêtement à longues 
manches , fendu par devant et par des- 
rière jusqu'à l'entre-jambe (àvTt de yn.i6i- 

VWV ff/tCTTOÙ? -/EipiôcOTOÙç Çs'pOUCTl fJ-ÉXP' 

aîooîcov y.ac yXouTwv ). Cette description 
s'accorde parfaitement avec le costume 
des figures ci-joiutes. Elles sont prises de 
deux petits bronzes trouvés à Lyon, et 
offrent tous les traits caractéristiques 
mentionnés ici , aussi l)ien que les autres 



112 



CARACALLA. 



CARBATIN^. 



détails de costume particuliers aux an- 
ciens habitants de la Gaule ; c'est-à-dire 
des cheveux abondants, arrangés à la mo- 
de gauloise (voyez la gravure au mot 
Cirrus , 1 , où on donne un spécimen 
dont les proportions sont plus grandes), 
à peu près comme on représente la che- 
velure des têtes de Jupiter et d'Esculape , 
circonstance qui a fait prendre à tort au 
comte Caylus et à Montfaucon ces figures 
pour les divinités que nous venons de 
rappeler. On y voit aussi des souliers 
d'un genre particulier que portaient les 
Gaulois (voy. le mot Gallic/E, où on en 
donne un autre spécimen de proportions 
plus grandes) ; le sagum sur les épaules 
de la figure à main droite; le torquis au 
cou de l'autre; et la fente au devant du 
vêtement, qui est clairement indiquée 
dans les deux. Une caricature de Pompéi 
(donnée au mol Pictor) présente une 
fente correspondante dans la partie pos- 
térieure d'un vêtement semblable. Les 
braies manquent seules dans les deux 
figures; ce qui peut venir ou des capri- 
ces de l'artiste ou des effets du temps 
qui ont détruit ou rendu imperceptibles 
dans les originaux les marques qui les 
indiquaient. Le passage de Strabon a 
toujours été interprété comme s'il indi- 
quait une yl}1(ii•^ de l'espèce appelée 
Q-/}a'zôc. (voy. le mot Tunica), qui des- 
cendait seulement jusqu'au bas du ventre 
par devant et jusqu'aux hanches par der- 
rière. Mais il est clair que le mot a/iff- 
TÔç (fendu) est ici complété par les ex- 
pressions (léypt alootiov xat y).outwv ; 
car si le vêtement eût été si court, il 
n'eût pas eu besoin de fentes. 

2. Vêtement d'un genre analogue in- 
troduit à Rome par l'empereur Aurelius 
Antonnius Bassianus, ce qui lui valut le 
surnom de Caraccdla (Anton. Caracall. 
9; Aurel. Vict. T it. des. 21 ; id. Epil. 
21). La seule différence que ce vêtement 
présentât avec le modèle gaulois, c'est 
qu'il était beaucoup plus long, qu'il des- 
cendait jusqu'aux chevilles et qu'il était 
quelquefois pourvu d'un capuchon. A 
partir de cette époque, il fut générale- 
ment porté par le commun peuple ; dans 
la suite, il fut adopté par les prêtres 
romains, ([ui le conservent encore sous 



le nom de sottajia, vêtement qui ressem- 
ble précisément à la jaquette gauloise de 
la gravure précédente, avec les pans 
allongés jusqu'aux pieds. 

3. Caracalla major. La longue cara- 
calla des Romains , décrite dans l'article 
précédent (Edict. Dioclet. 21). 

4. Caracalla minor. La courte cara- 
calla des Gaulois décrite en premier lieu 
(Edict. Dioclet. /. c). 

CARBASUS (jcâpTTaffo;). Belle espèce 
de lin qui était un des produits de l'Es- 
pagne. Par extension on donna le nom 
de carhasus à tous les objets qu'on faisait 
avec le lin, tels que les vêtements de 
toile de lin (Virg. yE//. vill, 34); les 
voiles placées sur les théâtres ou amphi- 
théâtres , pour les protéger contre le so- 
leil et la pluie (Lucret. vi, 109; voyez 
Vélum); les voiles d'un vaisseau (Virg. 
^ILti. III, 357; voy. Vélum); les livres 
siiivllins qui étaient faits de toile de 
lin'(Claud. n. Gil. 232, etc.). 

CARBATIN^^Î (xapêdcttvat ou xapTïâ- 
Tivai). La plus commune de toutes les 
espèces de chaussure en usage chez les 
anciens; elle était particulière aux pay- 
sans des contrées méridionales, aux 
Asiatiques, aux Grecs, aux Italiens (Xen. 
Anal). IV, 5, 14; Pollux , VII, 22; 
Hesyclî. s. -v.). Elle consistait en une 




pièce de peau de bœuf crue , placée sous 
le pied comme semelle , puis relevée aux 
côtés et par dessus les orteils, et attachée 
sur le cou-de-pied et autour de la partie 
inférieure de la jambe par des courroies 
qui passaient par les trous faits dans les 
bords de la même façon que pour la 
crepida : voilà pourquoi Catulle donne 
ce nom aux carhatiiise (98 , 4 ). La seule 
pièce de cuir qui constitue réellement 
toute la chaussure et sert à la fois de se- 
melle et d'empeigne, explique aussi le 
sens des épithètes par lesquelles Hesy- 
chius la définit : [xovÔTceXftov et [Aovôôep- 
(j-ov , c'est-à-dire dont la semelle et l'em- 
peigne ne forment qu'un. Des chaussures 



113 



de cette sorte sont d'un usage général 
parmi les paysans italiens d'aujourd'hui , 
comme on le voil dans la gravure qui re- 
produit un dessin fait par l'auteur et 
qu'on a insérée ici de préférence à un 
spétimen ancien, en raison de l'idée nette 
et précise qu'elle donne de la matière et 
de la forme de ces chaussures; mais les 
vases grecs et les peintures de Pompéi 
présentent des spécimens analogues (voy. 
Tischhein, i, 14; Museo Borbon. xi, 25, 
et la figure à main droite au mot Axa- 
bolium). 

CARCER (îcâpy.apov). Gevle ou pri- 
son. Les prisons romaines étaient divi- 
sées en trois étages , dont chacun avait 
une destination spéciale. Le premier 
[carcer inferior, YopyOpa) était un som- 




bre cachot souterrain , où l'on ne péué 
trait que par une petite ouverture prati- 
quée dans le plancher de la cellule su- 
périeure et qui ue servait pas comme 
lieu de détention, mais d'exécution. Ou 
y jetait les condamnés à mort pour y su- 
bir leur sentence. L'étage du milieu \car- 
cer interior) était bâti immédiatement 
au-dessus du cachot des condamnés et de 
niveau avec le sol; il n'avait, comme le 
précédent, qu'une ouverture dans le pla- 
fond et servait de lieu de détention ; on 
y enfermait ceux qui étaient condamnés 
aux fers (ciistodia arcta) jusc[u'à l'expi- 
ration de leur peine, ou jus([u'à ce que la 
sentence , si c'était une sentence de 
mort, reçut son exécution. L'étage supé- 
rieur, le premier au-dessus du sol , ren- 



fermait ceux qui s'étaient rendus coupa- 
bles de délits moins graves ou qui n'é- 
taient condamnés c[u'à un emprisonne- 
ment d'une durée ordinaire [custudia 
communis). La détention y était beau- 
coup moins sévère : les prisonniers pou- 
vaient prendre l'air et se livrer à des 
exercices. C'est à un emprisonnement de 
ce genre qu'Othon condamna Dolabella : 
neque arcta custodia neijue obscitra 
(Tac. Hist. I, 88), c'est-à-dire qu'il le fit 
enfermer dans le cachot de l'étage supé- 
rieur ; il ne le soumit pas à la détention 
rigoureuse du carcer interior (celui qui 
est au-dessus dans la gravure) , et il ne le 
jeta pas dans le sombre cachot souter- 
rain. Ces trois divisions étaient visiljles 
dans la prison d'Herculanum, ([uand on 
la retrouva en faisant les fouilles; les 
deux divisions inférieures subsistent en- 
core entières dans les prisons construites 
par Ancus et Servius près du Forum 
romain. Nous eu donnons une section 
qui montre leurs positions relatives et le 
plan de leur construction. La muraille, 
avec l'inscription , rappelant le nom du 
magistrat sous lequel ou répara le 
cachot, faisait face au forum et enfer- 
mait l'étage supérieur, qui a complète- 
ment disparu. 

2. Ecuries dans le cirque , où les chars 
stationnaient avant le commencement 
d'une course et où ils retournaient quand 
elle était terminée (Ovid. Her. XVIII, 
IGG; Auct. ad Heren. iv, -3). C'étaient 




~^"\V\i^»t^'-.Vf^!^ 



des voûtes fermées sur le devant par de 
larges portes de bois, ordinairement au 
nombre de douze (Cassiodor. Far. Ep. 
III, 51). De là vient que le mot carcer, 
pris dans ce sens, «est employé le plus 
souvent an pluriel (Cic. Brut. 47 ; Virg. 
G. 1, 512). Il y en avait une pour cha- 
que char et elles étaient situées à l'ex- 
trémité de la surface plaue ou arène 



114 



CAKCHESIUM. 



SOUS Y oppidum , six de chaque côté de la 
porta pompa', par laquelle entrait le 
cortège. On voit leur position relative- 
ment à l'arène dans le plan du CiRCDS 
(s. 1'.) où elles sont marquées AA. Nous 
donnons ici une perspective de quatre 
carceres, avec leurs portes ouvertes {can- 
celli), d'après un bas- relief du Musée bri- 
tannique. 

CAHCHESIUM (xxpxôaiov). Coupe à 
boire d'invention grecque; la figure en 
était haute, se rétrécissait légèrement 
aux côtés et était ornée d'anses sveltes 
qui descendaient du bord jusqu'au bas 
(Macrol). Sat. v, 21). On s'en servait 
comme découpe pour le vin (Virg. Geor^. 
IV, 380) ou le lait (Ovid. 3Iet. vil, 247). 
La figure que nous don- 
nons est prise d'une pein- 
ture de la tombe de Gains 
Cestius, un des Epidoues 
ou citoyens qui étaient 
chargés de préparer un 
banquet somptueux en 
l'honneur de Jupiter. La 
j)lace oîi elle se trouve et sa ressemblance 
parfaite avec la description de Macrobe 
nous autorisent sulTisaumient à y recon- 
naître le carchesiiim. 

2. Apjiareil fixé au mât d'un vaisseau 
juste au-dessus delà vergue (Lucil. Saf. 
III, 14, éd. Gerlach; Lucan. V, 418), et 
dans lequel jouait une partie du palan 
(Serv. o</ Virg. JE/i. V, 77; Non. s. v. 
p. 54G). Les matelots y montaient pour 
observer, pour arranger les voiles et lan- 
cer des traits , comme ou le voit dans la 
gravure prise d'une peinture de tombe 
égyptienne. Cet appareil répondait sous 





certains rapports à ce que nos matelots 
appellent « la hune » ; il tirait son nom 
d'une ressemblance réelle ou supposée 



avec la coupe à boire figurée dans la 
gravure précédente. 

3. Carcliesium versatile. Même appa- 
reil construit de manière à se mouvoir 
autour du mât et à faire l'office de grue 
quand on chargeait et déchargeait les 
vaisseaux marchands. A cet effet, on y 
introduisait horizontalement une barre 
transversale (Vitruv. X, 2, 10; Schnei- 
der, ad l ), et on s'en servait à peu près 
comme nos matelots se servent du ta- 
quet. 

CARDINALIS. Voyez Scapcs. 

CARDINATLS. Voyez Cardo, 4. 

CARDO. Pivot et crapaudine , formant 
un appareil qui fixait à leurs places les 
portes des anciens et les faisait aller et 
revenir quand elles s'ouvraient et se fer- 
maient. 11 répondait aux charnières dont 
nous nous servons plus communément, 
quoiqu'il fût de nature très-différente 
(voy. GiNGLYMUs). Les Grecs distin- 
guaient chacune de ces parties par des 
noms distincts : ils appelaient o-xpôcpiyÇ 
le pivot et a-zçoffdç, la crapaudine dans 
laquelle le pivot jouait. Les auteurs la- 
tins comprennent ordinairement tout 
l'appareil sous le nom de cardo; ils ap- 
pliquent ce terme tantôt à chacune des 
parties prise séparément , tantôt au mon- 
tant tout entier du battant de la porte 
(icapiis cardinalis), qui formait l'axe au- 
tour duquel fonctionnait le mécanisme 
(Plin. H. N. XVI, 77; //'. 84; id. xxxvi, 
24, n" 8; Plaut. Asin. il, 3, 8; Virg. 
lEn. II, 480 ; Apul. Met. i, p. 9). Les 




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figures de la gravure ci-jointe explique- 
ront la nature de ces objets et la manière 
dont ou les employait. Les deux figures 



CARNIFICmA. 



115 



d'eu haut à niaiu droite offrent une paire 
de plaques d'al)out eu l)ronze, tirées de 
modèles égypiieus du Musée liritauui- 
que ; elles étaient fixées au haut et au bas 
d'un battant de porte pour faire l'offire 
de pivots (<7Tp6cpiYY£ç ) ; les axes de hois 
étaient revêtus de bronze pour supporter 
le frottement ( Virg. Cir. 222, xratits 
cardo). Les deux figures du bas, du même 
côté , sont deux pièces creusées qu'on in- 
troduisait dans le seuil et dans le linteau 
de la porte pour faire l'office des crapau- 
dines dans lesquelles les pivots tour- 
naient. Celle qui est à gauche représente 
un modèle égyptien de pierre très-dure, 
qui est maintenant au Musée britanni- 
que ; on s'en servait en amenant le pivot 
immédiatement au-dessus de son orifice ; 
celle qui est à droite est de bronze et fut 
trouvée dans le seuil d'une porte à Pom- 
péi ; les dents ou les cannelures qu'elle a 
aux côtés sont destinées à l'assujettir so- 
lidement à sa place et à l'empêcher de 
tourner avec le jeu de la porte. La figure 
à main gauche est une porte égyptienne 
d'après Wilkinson, et montre la manière 
dont était attaché et jouait l'appareil. 
Comparez la gravure du mot Antepag- 
MEKXrM. 

2. Pivot à chaque extrémité d'un axe 
dans une machine ; grâce à ce pivot, l'axe 
se mouvait dans les crapaudines ; il en 
était ainsi pour une brouette , un cylin- 
dre et autres instruments semblables ( Vi- 
truv. X, 14, 1 ). 

3. Tenon. Terme technique des char- 
pentiers ; c'est-à-dire la tète d'une pièce 
de bois taillée d'une façon particulière 
pour s'ajuster à une mortaise de même 
grandeur et de même figure dans une 
autre pièce, et former ainsi un joint 
(Vitruv. X, 14, 2); de là cardo securi- 
ctdatus, tenon en forme de hache, ou, 
comme nous disons, en queue d'aroude 
(Vitruv. X, 10, 3). 

CARENL'M. T'in r/ow^ réduit aux deux 
tiers par la cuisson ( Pallad. Oct. 18 ). 

CARINÂ (TpÔTtt: ). Quille ou dernière 
pièce de bois dans la charpente d'un vais- 
seau , qui va de l'avant à l'arrière et sert 
de corps j)Our le liàtiment tout entier 
( Cic. deOrat. m, 46); elle comprend 
aussi la fausse quille ou contre-quille 



(Liv. XXII, 20; Ca-s. B. G., m, 13). 
CARNARIUM. Sorte de châssis sus- 
pendu au plafond et muni de crocs et de 
clous pour attacher des provisions salées, 
des fruits secs, des herbes, etc. 11 ressem- 
l)lait à ceux dont on se sert encore dans 
nos cuisines (Plant. Capt. IV, 4,6; Petr. 
Sat. 135, 4; id., 136, 1; Plin. H. N. 




xviii, 60). La gravure est prise d'une 
peinture de Pompéi, où le châssis est 
suspendu au plafond d'une taverne, et 
montre des saucisses , des légumes et au- 
tres choses semblables pendues par des 
cordes ou dans des filets. 

2. Dans un sens plus général , "-«/-^e- 
manger ou office pour conserver les vian- 
des fraîches (Plant. Cure. Il, 3, 45; Pliu. 
H. N. XIX, 19, n°3). 

CARNIFEX.Exécuteurpublic,qui met- 
tait les criminels à la torture , leur faisait 
subir la peine du fouet , et exécutait les 
condamnés en les étranglant avec une 
corde (Plaut. Capt. \, 4, 22; Suet. 
Nero, 54 ). 

CARNIFICINA. Lieu où les criminels 
étaient mis à la torture et exécutés 
(Liv. II, 23; Suet. Tib. 62); cachot 
souterrain au-dessous de tous les autres 
cachots de la prison. La gravure repré- 




sente l'intérieur de la camifîcina, dans 
les pi isons pul)li([ues de Rome, consti iiite 
par Servius Tullius, du nom duquel 
on l'appela le Tulllanum ; c'est en ce 
lieu que les amis et les complices de Ca- 



116 



CARPEMUM. 



CARROBALLISTA. 



tilina furent exécutés par ordre de Cicé- 
ron. On y descendait le criminel avec 
une corde par l'ouverture du plafond , et 
on retirait son corps par un croc de fer 
(unciis) après l'exécution. La petite porte 
à main gauche, quoique ancienne , ne fait 
pas partie de la construction primitive; 
elle donne accès dans une basse galerie 
souterraine , maintenant remplie de dé- 
combres, mais qui va dans la direction 
du Tibre, et qui était peut-être destinée 
à traîner les cadavres à la rivière quand 
on ne les tirait pas de la prison pour les 
exposer aux gémonies. 

CARPENTUM. Voiture à deux roues, 
couverte d'une capote , et pourvue de ri- 




deaux qui se tiraient (Prop. iv, 8, 23; 
Apul. Met. X, p. 224) ; elle pouvait con- 
tenir deux ou trois personnes ; elle était 
traînée ordinairement par deux mulets 
(Lamprid. Heliog. 4), et employée par 
les matrones et les dames romaines de 
distinction depuis une haute antiquité 
(Ovid. Fast.i, 619; Liv. v, 25). La 
figure ci-jointe, qui remonte aux temps 
les plus reculés, est copiée d'une pein- 
ture étrusque (Micali, Italia avanti i Ro- 
mani, tav. 27), et représente deux jeunes 
mariés, comme Tite-Live dépeint Lucu- 
mon et sa femme à leur arrivée à Rome 
(sedens carpento ciim uxore, Liv. i, 34). 
2. Carpentum funèbre ou pompa ti- 
cum. Carpentum, ou voiture d'apparat 
qui portait l'urne contenant les cendres 
des citoyens de haut rang ou leurs sta- 
tues au milieu du cortège funèbre (Suet. 
Cal. 15 ; id. Claud. il ; Isidor. Orig. XX, 
12, 3). C'étaient également des voitures 
couvertes , construites sur le même prin- 
cipe que les précédentes, mais plus bril- 
lantes et d'un caractère plus imposant , 
comme on peut le voir par le spécimen 
ci-joint pris d'une médaille frappée eu 



mémoire d'une des impératrices de Rome; 
l'usage auquel on employait ce chariot est 




facile à reconnaître d'après sa forme qui, 
on le remarquera , est celle d'une tombe. 

3. Chariot employé pour les travaux 
des champs et apparemment d'un usage 
fort commun et fort répandu ; car on se 
sert fréquemment du même mot dans le 
sens d'une charretée de fumier, par 
exemple , ou pour indiquer une certaine 
quantité que chacun reconnaîtra immé- 
diatement,commenous disons une charge 
(Pallad. X, 1 ; Veget. 3Iul. Med. IV, 3, 
Prsef. ). Ce chariot était probablement 
construit comme le premier des deux spé- 
cimens , mais d'une façon plus grossière 
et sans la tente. 

CARPTOR. Celui qui découpe, esclave 
qui était chargé de découper les mets aux 
grands festins avant qu'ils fussent servis 
aux hôtes (Juv. Sat.ix, 110). 

CARRAGO. Espèce de fortification 
adoptée par plusieurs des nations l^ar- 
bares avec lesquelles les Romains entrè- 
rent en lutte. Elle consistait à former 
avec les voitures et les chars de guerre 
une ligne circulaire autour des positions 
occupées ( Amni. Marc. XXXI , 7, "7 ; Tre- 
bell. Gallien. 13; Veget. il///. III, 10). 

CARRORALLISTA. Ballisle montée 
sur une voiture et tirée par des chevaux 




et des mulets , pour être plus facilement 
transportée de place en place ou amenée 
aux différents points où s'engageait l'ac- 
tion (Veget. Mil. m, 24; u, 25). Lagra- 



CARTIBCLCM. 



117 



vure représente une machine de cette 
sorte telle qu'on la voit sur la colonne 
de Marc-Aurèle ; mais elle est trop im- 
parfaite dans les détails pour donner une 
idée exacte du principe d'après lequel 
fonctionnaient de pareilles machines. 

CARRUCA ou CARRUCHA. Espèce 
particulière de voiture introduite à Rome 
sous l'empire ( du moins on en trouve la 
première mention dans Pline, et plus tard 
file reparaît souvent dans Suétone, Mar- 
tial et d'autres auteurs de cette époque). 
On est réduit à des conjectures sur la 
forme et l'usage particulier de ces voi- 
tures; mais elles sont nettement distin- 
guées du covinus et de Yessediim par 
Martial ( Ep. xil, 24) et de la rlteda par 
Lampride (.^/fx. Sev., 43). C'était une 
Noiture fort ornée et de graud prix; d'a- 




bord on la décora de sculptures en bronze 
et en ivoire (Vopisc. Aurel. 46), puis de 
ciselures en argent et en or (Plin. H. JS. 
XIII, 40;Mart. Ep. m, G2).Ens'eu tenant 
à ces détails, la description de la carruca 
s'accorde avecla figure ci-jointe, qui repré- 
sente la voiture du préfet de Rome d'après 
la Noùùa Iniperii, et où les ornements de 
métal sont très-visibles. On peut la regarder 
comme un modèle de ces voitures; mais 
les auteurs latins emploient parfois ce 
terme dans un sens plus général. Dans 
Suet. A^ero, 30, et Martial. Ep. m, 47, 
la même voiture est indifféremment ap- 
pelée carruca et rheda. Ce mot conserva 
dans la suite le sens général de voiture ; 
on y trouve les éléments de l'italien car- 
rozza, du français carrosse, et de l'an- 
glais carriage (voiture), qui sont des ex- 
pressions générales. 

2. Carruca dormitorîa. Carruca fer- 
mée (Scœvol. Dig. 34, 2, 11); la car- 
ruca undiquecontecta d'Isidore {Orig.w, 
10,3). 



CARRUCARIUS. Qui appartient à la 
carruca ,• épithète donnée au cocher qui 
la conduisait (Capitol. Maxim. Juit. 4), 
et aux chevaux et aux mulets qui la traî- 
naient (Ulp. Dig. 21, 1, 38). Yoy.lemot 
et la gravure précédents. 

CARRL'S. Petit chariot à deux roues, 
dont les quatre côtés étaient revêtus de 
planches , et dont ou se servait principa- 
lement dans les armées romaines comme 
fourgon pour le transport des vivres et des 
Ijagages ; le spécimen ci-joint est pris de 




la colonne Trajane, sur laquelle plusieurs 
toitures de celte espèce sont représen- 
tées. Le nom est d'origine celtique, ainsi 
que ce genre de voiture , qui fut fort em- 
ployé par les anciens Rretons, Gaulois, 
Helvétiens, etc. ( Sisenn. a/>. Non. s. v. 
p. 125; Liv. x, 28;Cœs. B. G. 1,3). 

CARTIRULUM. Espèce particulière de 
table , faite de pierre ou de marbre, con- 
sistant en une plaque carrée oblongue , 




supportée par un seul piédestal central 
ou à la façon des meubles c{ue nos tapis- 
siers appellent consoles. Elle ne servait 
pas comme table de salle à manger, mais 
comme buffet d'apparat pour porter la 
vaisselle d'argent et les vases de la mai- 
son ; on la plaçait ainsi couverte sur un 
des côtés de \ atrium (Varro, L. L. v, 
125). La description de Varrou est par- 
faitement éclaircie par la gravure ci-jointe, 
qui représente une table de marbre de 



118 



CARYATIDES. 



cette espèce , telle qu'elle fut découverte 
sur le bord de Y impluvium dans la mai- 
son des ÎNéréides à Pompéi. Derrière est 
une fontaine et dessous une sorte d'évier, 
divisé en deux compartiments, où l'ou ^i- 
dait les vases avant de les mettre sur la 
table. 

CARYATIDES (xapuâTiSsç). Figures 
de femmes employées au lieu de colonnes 
par les arcbitectes anciens pour suppor- 
ter un eutal)lement , comme on le voit 




dans la gravure ci-jointe qui représente le 
portique du temple de Paudrosos à Athè- 
nes ( Yitruv. I, 1, 5). 

CASA. Ce mot avait le sens général de 
chaumière , mais il était employé dans 
plusieurs acceptions et avec des sens très- 
divers : 

1 . Chaumière proprement dite(Vitruv. 
II, 1, 3 et 5; Petr. Sat. 115, G), premier 
essai de construction régulière aux épo- 




ques pastorales et dans la suite modèle 



constant des habitations de paysans. Telle 
était la cabane couverte de chaume de 
Romulus sur la colline du Capitole (casa 
Romuli , Yitruv. ii, 1 ; Petr. Fragm. 21, 
G ) ; telles les cal)anes des aborigènes du 
Latium , et la gravure donnée ici peut en 
être regardée comme un spécimen au- 
thentique et fort curieux. Elle est tirée 
d'un vase en poterie conservé maintenant 
parmi les antiquités du Musée liritanni- 
que. Ce vase avait servi primitivement i 
d'urne sépulcrale; il fut découvert en 
1817 avec plusieurs autres qui avaient la 
forme de temples, de casques, etc., à 
Marino , près de l'ancienne Albe-la-Lon- 
gue ; il était fixé dans une sorte de terre 
blanche sous une couche épaisse de lave 
volcanique (en italien peperino), qui sor- 
tait du mont Albain à l'époque où ses 
éruptions n'étaient pas encore éteintes. 
En conséquence , ces vases doivent avoir . 
été déposés là antérieurement à cette 
date; ce qui est une preuve irrésistil)le 
de haute antiquité ( Yisconti , Lettera al 
Sign. Giuseppe Carnevali, sopra alciini 
vasi sepolcrali rinveriuti uella riciiianza 
délia antica Alha Loiiga. Roma, 1817 ). 
2. Petite maison de campagne (Mart. 
Ep. AI, 43 ) bâtie sur une moins grande 
échelle et avec moins de magnificence 
que la villa ou résidence de campague 
particulière, comme on le voit dans la 
gravure ci-jointe, d'après une peinture 
de Pompéi, qui donne une idée de la 




petite maison de campagne des Romains 
avec sa cour, ses bâtiments extérieurs et 
son bétail. Quand Martial {Ep. xii, GC) 
se sert des mots damas et casa comme de 



CASTKLLUM. 



119 



termes pres([ue synonymes, c'est évidem- 
ment pour insinuer que la domus ou mai- 
son de ville est pauvre et mal bâtie, et 
ne vaut pas mieux qu'une casa ou ca- 
bane. 

3. Berceau ou tonnelle rustique, faite 
d'osier et de branchages , et quelquefois 




. -w^/i/ï,,'" 



couverte de vignes , comme dans le spéci- 
men ci-joinl pris d'une ancienne mosaï- 
que de Préneste (Tibull. Il, 1, 24). 

4. Sorte de hutte que les soldats éle- 
vaient quelquefois de branches d'arbre 
au lieu de tente (Veget. Mil.n, 10). 

CASEUS (xupôç). Fromage (Varro, 
L. L. V, 108) que les anciens faisaient du 
lait des vaches, des brebis et des chèvres 
(Varro, R.R. II, 11), et qu'ils mangeaient 
ou frais , comme du fromage à la crème , 
ou séché et durci (Id. th.). On lui don- 
nait des formes élégantes et de fantaisie 
au moyen de moules de buis (Columell. 
VU, 8, 7). Pline ( H. N. XI, 97) énumère 
les différents endroits où l'on faisait les 
meilleurs fromages. 

CASSIDA. Même sens que Cassis. 

CASSIDARIUS. Armurier qui faisait 
des casques de métal (Inscript, ap. 
Muret. 959, 5). 

2. Officier qui était chargé de prendre 
soin des casques de métal dans le palais 
impérial (luscript. «p. Reines. 8, 70). 

CASSIS, -Id'is (y,6pu;). Casque de mé- 
tal , par opposition à Galea , casque de 
cuir ( Isidor. Orlg. XVIII , 14 ; comparez 
Tac. Germ. G). Cette distinction n'est 
pas toujours observée ( Ovid. Met. viii, 
25, où les deux noms sont donnés aumé- 
me casque ) ; et comme le dernier mot est 
le plus usité , les différentes espèces et 
formes de casques seront décrites et ex- 
pliquées par des ligures au mot Galea. 

CASSIS, -« (âpxu;). Un des filets em- 



ployés par les anciens pour la chasse_des 
animaux sauvages , tels que le sanglier et 
le cerf ( Isidor. Orig. xix, 5, 4; Ov. J. 
Aw. I, 392; Mart. Ep. m, 58). C'était 
une sorte de lilet en bourse ou de ton- 
nelle qu'on tenait ouverte par des bran- 
ches d'arbres : l'animal qu'on poursui- 
vait s'y enfonçait et une corde mobile 
( epidromiis) le refermait immédiatement 
autour de son cou (Yates, Textrin. An- 
tiij.p. 422). 

CASTELLARIUS. Officier qui était 
chargé de veiller au réservoir public 
( castellum ) d'un aqueduc ( Frontin, .4q. 
117; luscript. ap. Grut. GOl, 7). 

CASTELLUM. Diminutif deCASTitUM. 
Petite place fortifiée ou forteresse dans 
laquelle on plaçait un corps de troupes, 
soit en rase campagne pour y protéger la 
population agricole contre les excur- 
sions de l'ennemi , soit sur les frontières 
pour protéger un État, ou dans toute 
autre position qui commandait la voie 
principale et les lignes de communicatioii 
(Siseun. ap. Non. s. Festiiiatim, p. 514; 
Cic. Fam. xi, 4 ; id. Pliil. v, 4 ). La gra- 




vure représente un de ces postes fortifiés 
avec sa garnison, d'après le Virgile du 
Vatican. 

2. Petite ville fortifiée, appelée ainsi 
parce que plusieurs forts , qui dans l'ori- 
gine ne devaient être que des postes mi- 
litaires, devinrent bientôt des villes et 
des villages par l'empressement de la 
population voisine à y accourir et à éle- 
ver ses cabanes alentour, pour se donner 
un appui ; précisément de même que les 
châteaux des barons aux époques féoda- 



120 



CASTELLUM. 



les furent le noyau de plusieurs des villes 
de l'Europe moderne ( Curt. v, 3). 

3. Réservoir d'un aqueduc. On pla- 
çait des réservoirs de cette espèce à l'en- 
droit où les aqueducs sortaient des villes 
ou sur tous les points où une provision 
d'eau était nécessaire pour les besoins 
de la localité ; des conduits introduits 
dans les réservoirs distribuaient l'eau 
dans les divers quartiers d'une ville 
( Vitruv. VIII, 6, 1 ; Plin. H. N. xxxvi, 
24, n» 9; Frontin. A(j. 35). Ordinaire- 
ment ces réservoirs étaient de simples 
tours en brique ou en terre, contenant 
une citerne profonde; mais, à l'endroit 
où l'aqueduc touchait aux murs de la 
ville , on visait dans le dessin du castel- 
Ittni autant au beau qu'à l'utile : on lui 
donnait une grande façade architecturale 
d'un ou de plusieurs étages , décorée de 
colonnes et de statues , et du trop-plein 
de l'eau on faisait une Ijelle fontaine qui 
se répandait par plusieurs ouvertures 
dans un vaste bassin (Yitruv. Le). On 
peut eu jugerpar la gravure ci-jointe, qui 




est une restauration du castellum appar- 
tenant à l'aqueduc de Jules César qui 
suljsiste encore à Rome , i)rès de l'église 
de San-Eusebio , quoique dans un état 
de délabrement; mais les détails ([ue 
nous donnons ici sont tirés d'une vieille 
gravure du monument , faite au seizième 
siècle, à une époque où les principaux 
ornements étaient encore à leur place 
primitive, et où l'ensemljle était beau- 
coup mieux couservé que maintenant. 

4. Castellum piivatum. Réservoir 
bâti aux frais d'un certain nombre de 
particuliers vivant dans le même quar- 
tier et ayant obtenu une concession d'eau 
du conduit public , qui était réunie en 
un même corps et distribuée à chacun 



d'eux par des conduits particuliers (Fron- 
tin. 106 ; comparez 27 ). 

5. Castellum clomesticum. Citerne que 
chacun construisait sur sa propriété par- 
ticulière pour l'ecevoir l'eau qui lui était 
concédée du réservoir public. (Frontin.) 

6. Citerne ou réservoir dans lequel 
l'eau élevée par une roue hydraulique 
était versée des augets et des caisses 
{modioli) où elle était réunie (Vitruv. x, 
4, 3). Voyez Rota Aquaria. 

CASTERIA. Place où les rames, les 
gouvernails et les appareils moI)iles d'un 
vaisseau étaient déposés quand il n'était 
pas en commission ; ou , d'après une au- 
tre opinion, compartiment particulier 
dans le vaisseau lui-même où les rameurs 
se retiraient pour se reposer quand ils 
étaient relevés de leur service (Non. s. 
V. p. 85; Plant. ^^/«. m, 1, 16;Schef- 
fer, Mil. Nav. ii, 5). 

CASTRA. Pluriel de Castrum. Cam- 
pement ou camp fortifié. La disposition 
d'un camp romain attestait un système 
et un art remarquables. La forme géné- 
rale du camp était carrée , et la position 
entière entourée d'un fossé ( fossa ) et 
d'un retranchement ( agger ) en dedans 
de ce fossé, dont le haut était défendu par 
une forte enceinte de palissades (vallum). 
Chacun des quatre côtés avait une vaste 
porte pour l'entrée et la sortie ; la plus 
éloignée de la position de l'ennemi (a) 
était appelée porta decumana ; celle qui 
faisait immédiatement face à cette posi- 
tion (b) porta prœtoria; pour les deux 
autres : celle à main droite (c) porta prin- 
cipalis dédira; celle à main gauche (d), 
porta priiicipalis sinistra. L'intérieur 
était divisé en sept rues ou passages dont 
le plus large, qui établissait une communi- 
cation directe entre les deux portes laté- 
rales et passait devant la tente du géné- 
ral (prietorium), était large de 30™, 50, 
et s'appelait Fia Principalis. En avant 
de cette rue, mais dans une direction 
parallèle , il y en avait une autre, appelée 
F'ia Quitttaiia, large de 15"', 25, qui par- 
tageait la partie supérieure du camp en 
deux divisions égales ; et celles-ci étaient 
de nouveau sui)divisées par cinq autres 
rues de même largeur <pii coupaient la 
Via Qui/itana à angles droits. Les tentes 



CASTRA. 



121 



et les quartiers des troupes étaient dis- 
posés ainsi qu'il suit : 1, le prxtor'ium, 
ou tente du général; 2, le quiestorhim , 
espace concédé au questeur pour sa tente 



et pour les magasins du commissariat qui 
étaient sous ses ordres; 3, le forum, 
sorte de place du marché ; i, 4, les tentes 
de la cavalerie d'élite et des volontaires; 



U'ijiun 



11'- l.eijioa 



a: ~ 



vin Qiiint'Dui 



_l__J A_l' ^_|l _■!.£ _!_*. ]| l_ 



Via Pn'ncif idis 



DDD 



onnoDCcnn 



CDDDnannnnnn 



5, 5, les tentes de l'infanterie d'élite et 
des volontaires ; 6, 6, les Equités extraor- 
dinarit ou cavalerie extraordinaire fournie 
par les alliés; 7, 7, les Pedites extvaordi- 
narii ou infanterie extraordinaire fournie 
par les alliés; 8, 8, places réservées pour 
les auxiliaires d'occasion; 9, 9, les tentes 
des tribuns et des prsefecù sociorum , ou 
généraux qui commandaient les alliés. 
Telle était la partie supérieure du camp. 
Le centre de la partie inférieure était oc- 
cupé par les deux légions romaines qui 
formaient une armée consulaire, flanquée 
de chaque côté par les ailes droite et 
gauche, composées des troupes alliées. 
On comprentlra du premier coup d'œil la 
manière dont ces corps «''aient distri- 
bués , par les noms de chacun d'eux qui 
sont écrits dans notre plan au-dessus de 
leurs positions respectives. Enfin tout 
l'intérieur était entouré d'un espace dé- 



couvert, large de 60 mètres entre Yagger 
et les tentes, pour les mettre à l'abri du 
feu et des traits et faciliter à l'intérieur 
le mouvement des troupes. Le plan , 
dressé d'après la description de Polybe , 
à l'époque où les armées romaines étaient 
divisées par manipules , est donné ici 
pour expliquer la méthode générale sui- 
vant laquelle était disposé un camp ro- 
main, et non comme dessin authentique 
d'un monument ancien. Qiiek[ues-uns 
des détails de moindre importance furent 
nécessairement modifiés, quand la cou- 
tume de diviser les légions en cohortes 
au lieu de manipules eut prévalu ; mais 
le plan général et les traits principaux de 
la disposition intérieure restèrent les 
mêmes. 

2. Castra Prœtoriana. Camp perma- 
nent aux portes de Rome, où était éta- 
blie la garde prétorienne (Suet. Claud. 



122 



CATADROMUS. 



21 ; Tar. Ânn. iv, 2). Une partie du 
haut mur de briques qui l'enfermait avec 
une des portes est eurore del)out près 
de la Porta pia où il forme une portion 
des murs actuels de la ville; il fut com- 
jiris dans l'enceinte générale quand elle 
fut reculée par Aurélien. 

3. Castra tiavalia ou riant ica. Cam- 
pement naval , c'est-à-dire ligne de forti- 
fication formée autour d'une flotte, pour 
la protéger contre l'ennemi , quand les 
vaisseaux étaient tirés sur le rivage (Cœs. 
B. G. V, 22; ^epos. Jlcify. 8). 

CASTRUM. Augmentatif de Casa, 
ce mot indiquait dans son sens primitif 
une hutte large ou solidement l)àtie et 
par suite un fort ou une forteresse; ce- 
pendant le diminutif Castf-LLUM fut 
toujours d'un usage plus commun (Nepos, 
Jlcib. 9; Virg. JEii. \i, 776). 

CASTULA. Jupon de femme, porté 
sur la peau et attaché au-dessous de la 
poitrine qu'il laissait à 
découvert (Varro, de 
Vit. Pop. Rom. ap. 
Non. s. v. Caltula, 
p. 584). Dans les pre- 
mièresœuvres de l'art, 
on le représente sou- 
vent comme le seul vê- 
tement de dessons pour 
l'habillement des fem- 
mes, ailisi qu'on le 
voit dans la figure 
donnée ici et tirée 
d'un bas-relief d'une tombe étrusque. 
Les femmes romaines portaient le plus 
souvent une tunique ou un autre vête- 
ment sur la poitrine et sur les épaules, 
de telle sorte que les deux vêtements 
couvraient le corps tout entier et for- 
maient une tunique de dessus et une tu- 
nique de dessous. Dans ce cas, la partie 
supérieure du jupon aussi bien que le sein 
étaient cachés sous les pans par le vête- 
ment de dessus. C'est de cette façon que le 
jupon est porté par Silvia dans le Virgile 
du Vatican (p. 146) et par unefi:;ire de 
femme dans les peintures de Pompéi 
{Mus. Borh. XIV, 2). Comparez (xil, 57), 
une autre figure où la castula est mise 
sur une tunique à longues manches, mais 
attachée sur les épaules et autour de la 





taille de la même façoji que ci-dessus. 

CASULA. Diminutif de Casa : toute 
petite cabane ou humble demeure en gé- 
néral; mais plus particulièrement hutte 
ou cabane de forme conique que les 
bergers et les che- 
vriers élevaient dans 
les lieux où pais- 
saient leurs trou- 
peaux; ainsi que les 
paysans qui se li- 
vraient à l'agricultu- 
re, dans les champs, ^_3[lij 
pour s'ajjriter au J-^r^-)vt!^'Ê^%^^ 
temps de la moisson •^~^■^^■■ 

(Plin. H. N. XXXV, 37 ; Juv. Sat. XI, 1 53). 
Le spécimen ci-joint est pris d'une peinture 
représentant une scène rustique. La gra- 
vure donnée au mot Caprarius montre 
une hutte de chevrierdu même caractère. 

2. Manteau ou capote à capuchon, 
comme celle que portaient les paysans, 
et qui est toujours donnée à Télesphorus , 
l'assistant d'Esculape : il est re- 
présenté avec la casula dans le 
spécimen ci-joint d'après une 
pierre gravée. Quand le capu- 
chon est ramené sur la tête 
comme ici, le vêtement entier 
a vraiment un aspect semblalile 
à la cabane que nous avons dé- 
crite en dernier lieu. C'est de 
cette ressemblance que vient le 
terme, qui était proljablement une sorte 
de sobriquet ou de mot familier parmi les 
classes inférieures (Isidor. Ori". xix, 24, 
17). 

CATACLISTA , se. l'estls (Apul. Met. 
XI, 245; ni la leçon ni la signification de 
ce mot ne sont tout à fait certaines). Quel- 
ques-uns ont cru qu'il signifiait un vête- 
ment qu'on serrait dans la garde-robe et 
qu'on n'eu tirait qu'aux grandes occasions 
pour être porté comme un habillement 
de fête (Salmas. ad Tertull. de Pall. 3); 
d'autres, avec plus d'apparence de rai- 
son , y ont vu un vêtement sans ouver- 
ture , mais fort juste , comme ceux que 
portent ordinairement les statues égyp- 
tiennes {Mus. Pio. Clem. M, 14). 

CATADROMUS. Corde tendue trans- 
versalement du sol à quelque point élevé 
dans au théâtre , et sur laquelle les dan- 




CATAGRAPHA. 



CATAPHRACTUS. 



123 



seurs de corde montaient et descendaient. 
Ce tour de force fut exécuté , à ce qu'on 
rapporte, quelque étrange que cela puisse 
paraître, par un éléphant, avec son cava- 
lier sur le dos, dans l'amphithéâtre de 
Rome (Suet. Nero ,11; comparez Galh. 
G, et Plin. H. N. VIII , 2). La gravure 



{■>-' i ; ,.\!l';i'. 




est prise d'une médaille de Caracalla : les 
cordes transversales et les danseurs qu'el- 
les portent sont clairement indiqués ; les 
corbeilles et les branches de palmier pla- 
cées au sommet représentent les prix des- 
tinés à ceux qui réussissaient à les attein- 
dre. 

CATAGRAPHA (xà xaTiypaça). Pein- 
tures où les figures sont dessinées en pers- 
pective , ou , comme disent les artistes , 
en raccourci; de cette manière, quoique 
toute la figure soit représentée, une por- 
tion seulement en est vue par le specta- 
teur (Plin. H. N. XXXV, 34). Ce procédé 
est considéré maintenant comme preuve 
d'une grande habileté de la part de l'ar- 
tiste; mais les anciens peintres n'y avaient 
recours que rarement. La figure ci-jointe 




est légèrement raccourcie dans la partie 
supérieure ; le procédé est à peine sensi- 
iile, et cependant, de toutes les œuvres 
qu'on a découvertes des artistes de Poni- 
péi, c'est celle qui se rapproche le plus 
d'un raccourci. Le tableau célèbre de la 
bataille d'Issus , la composition de pein- 
ture la plus considérable et la plus riche 
en figures qui soit venue jusqu'à nous, 
présente tous les personnages de face ou 
de coté et dans des attitudes presque 
droites , quoique dans l'action la plus 
énergique. A l'exception de quelques bras 
et de quelques jambes et d'un cheval qui 
tourne le dos au spectateur, il n'y a au- 
cune tentative pour /■«ccoiH'c//- la figure, 
dans le sens où nous l'entendons mainte- 
nant, c'est-à-dire de façon à ce qu'elle 
soit entièrement représentée sur la toile 
dans un espace qui, sans ce procédé, n'en 
pourrait contenir qu'une partie. Même 
les trois hommes qui sont blessés et éten- 
dus sur le sol sont présentés en profil , le 
corps couché de tout son long : les jam- 
bes et les bras seuls sont faiblement rac- 
courcis. La même observation s'applique 
aux dessins des vases d'argile. 

CATAPHRACÏA (xairaippcxxTYiç). Ter- 
me employé par Végèce pour désigner en 
général toute espèce de cuirasse portée 
par l'infanlerie romaine depuis les pre- 
miers temps jusqu'au règne de l'empereur 
Gratien (Veget. Mil. i, 20). 

CATAPHRACTARIUS. Même sens que 
CATAPHRACTUS (Lamprid. Alex. Sev. 
5G ; Ammian. xvi, 2, 5; ib. 10, 8 et 12, 
63). 

CATAPHRACTUS(>caTâ<ppaxToç). Sol- 
dat qui faisait partie de la cavalerie pesam- 
ment armée (Sallust. ap. Non. s. v. 



est tirée d'une peinture de Pompéi qui 
représente Agamemiion conduisant Chry- 
séis à bord du vaisseau qui devait la me- 
ner à son p(!re. La figure d'Agamemnou 




124 



CATAPIRATES. 



CATARACTA. 



p. 556), et dont le cheval, aussi bien que 
lui-même, était couvert d'une armure 
complète (Serv. or/ Virg. yE«. XI, 770). Il 
ressemblait au dos écaillé d'un crocodile 
(Ammian. xxii, 15, 16). Cette armure 
était particulière à quelques nations étran- 
gères , telles que les Parthes (Prop. m , 
12, 12), les Perses (Liv. xxxvii, 40) et 
les Sarmates (Tac. Hist. i, 79), comme 
on le voit par la gravure qui représente 
un cataphractus Sarmate, d'après la co- 
lonne Trajane. 

2. Sisenna (ap. Non. /. c.) applique le 
même terme à un soldat de l'infanterie : 
on doit entendre par là que ce soldat est 
armé de pied en cap et couvert d'une ar- 
mure pesante consistant en un casque, 
une cuirasse , des cuissards et des jam- 
bières, tel qu'on le voit dans la Ogure 
jointe au mot Ocreatus. 

CATAPIRATES (poXt'ç). P^omb de 
sonde dont les matelots se servent pour 




souder. On fixait du suif à l'extrémité, de 
la même façon que maintenant, pour s'as- 
surer de la nature du sol et voir s'il était 
de sable, de roc, de cailloux ou de co- 
quilles , et s'il était convenaljle ou non 
pour le mouillage (Lucil. Sat. p. 82, II, 
éd. Gerlach ; Isidor. Orig. xix, 4, 10). 
Dans la gravure, prise d'un bas-relief en 
marbre dont on a une copie au Musée 
britannique, ce plomb est représenté 
comme suspendu à l'avant d'un vaisseau. 
CATAPULTA (xaTXTie/.Tr,;). Macliiue 
de guerre construite principalement pour 
lancer des dards et des traits d'une grande 
pesanteur (Paulus ex Fest.i'. Trifax). Ce 
mot désigne quelquefois le trait que lan- 
çait la machine (Titin. ap. Non. s. v. 
p. 552; Plaut. Pers. I, 1, 27). La cata- 
pulte est décrite en détail par Vitruve 
(x, 15), et elle u'apparait pas moins de 



six fois sur la colonne Trajane , d'où est 
tirée la figure ci-jointe. Les détails ne 




sont nulle part indiqués d'une façon as- 
sez exacte pour donner une intelligence 
suffisante des mots de Vitruve ou pour 
montrer la manière précise dont on faisait 
jouer cette machine. Tout ce qu'on voit, 
c'est qu'elle lançait le trait par la force 
du contre-coup , quand la barre transver- 
sale était éloignée d'un des côtés et qu'on 
l'y laissait revenir avec un recul. La ca- 
tapulte était employée de la même façon 
que la hallista pour lancer d'énormes 
blocs de pierre (Ca-s. B. C. il, 9). L'arc 
du centre était ménagé pour livrer pas- 
sage au projectile. On plaçait quelquefois 
la catapulte sur une voiture et on la fai- 
sait transporter par des chevaux et des 
mulets, ainsi que la carroballhta, comme 
le prouve la gravure suivante. 

CATAPULTARIUS (xaTocTceXTixô;). Ce 
mot désignait tout ce qui servait dans une 
catapulte ou qui appartenait à cette ma- 
chine, de là pilum catapultarium (Plaut. 




Cure. III, 5, 11), trait énorme et pesant, 
fait pour être lancé par la catapulta 
(comparez Polyb. xi, 11 , 3). La gravure 
est tirée de la colonne Trajane et donne 
aussi quelques renseignements sur la ma- 
nière d'employer et de gou\ erner ces ma- 
chines. 

CATARACTA ou CATARACTES (xa- 
Tappxxiri;). Cataracte , ca^cai^e ou chute 



CATARACTA. 



12Î 



d'eau soudaine d'un niveau supérieur à 
un niveau inférieur, comme les chutes 
de Tivoli ou de Terni (Plin, H. N. y, 
10; Vilruv. viii, 2, 6). 

.2. Ecluse ou vanne dans une rivière, 
destinée soit à modérer la rapidité du 
courant (Plin. Ep. X, G9), soit à arrêter 
l'eau pour conserver à son cours une pro- 
fondeur suffisante (Rutil. I, 481). La 
gravure est tirée d'un des bas-reliefs de 




l'arc de Septime Sévère. On remanpiera 
que l'artiste romain , fidèle à la pratit[ue 
de son école, a négligé d'introduire l'écluse 
et s'est contenté de sculpter les montants 
qui la tenaient à sa place et permettaient 
de l'abaisser et de la lever. 

3. Herse suspendue au-dessus de l'en- 
trée d'une ville ou d'une place fortifiée. 




de telle façon qu'on pouvait l'abaisser 
et la lever par des anneaux et des chaînes 
de fer à volonté (Liv. xxvil , 28 ; Veget. 
Mil. IV, 4). Dans une des anciennes por- 
tes qui subsistent encore à Rome, dans 
une autre à Tivoli et aussi à Ponipéi , on 
\oit distinctement les coulisses dans les- 
quelles jouait la herse; et le spécimen 
donné ici d'après une ancienne fresque, 



où elle défend l'entrée d'un pont, montre 
les chaînes par lesquelles on la faisait 
fontionner, précisément comme le rap- 
porte Végèce. La grille qui fermait l'eu- 
tiée ne se voit pas dans l'original, ce qui 
peut sembler un effet du temps; peut- 
être aussi n'était-ce pas une herse régu- 
lière, mais seulement une barre mobile 
levée et abaissée à certaines heures pour 
fermer le passage aux voyageurs ou au 
bétail. Dans les deux cas, cette figure suffit 
pour faire comprendre le caractère des 
herses chez les anciens. 

CATASCOPIUM. Diminutif de Catas- 
copus; petite guérite où l'on était placé 
en observation (Aul. Gell. x, 25). 

CATASCOPL'S (xaTâfTxoTto:). Espion 
ou éclaireur (Hirt. Bell. Afr. 2G). 

2. Navire employé comme vaisseau 
d'observation (Ca-s. B. G. IV, 26; Isi- 
dor. Or'ig. xix , 1). 

CATASTA. Échafaud ou plate-forme 
élevée, en bois, sur laquelle on plaçait 
les esclaves quand on les exposait en vente 
dans les marchés , pour que l'acquéreur 
pût les examiner et reconnaître leurs qua- 
lités ou leurs défauts (Tibull. Il, 3, 60; 
Pers. VI, 77; Suet. Gramm. 13). D'a- 
près une expression de Stace {Silv. ii, 
1 , 72, turbo catastx) ,W. semblerait que 
cette machine tournait à volonté, comme 
les supports employés pour les statues , 
afin que l'acquéreur put voir passer de- 
vant ses yeux et examiner toutes les faces 
de la figure. 

2. Catasta arcaua. Appareil de même 
genre, sur lequel on montrait les esclaves 
les plus précieux et les plus beaux, non 
pas dans le marché public , mais en parti- 
culier dans les magasins des marchands 
(Mart. Ep. ix, 60, 5). 

3. Lit ou grille de fer sous laquelle on 
allumait du feu , et au-dessus de laquelle 
on plaçait quelquefois des criminels pour 
les torturer : c'est ainsi que plusieurs des 
premiers martyrs furent brûlés vifs (Pru- 
dent. TTepl (TTEcp., 1, 56; II, 399). 

CATEJA. Trait employé en temps de 
guerre par les Germains, les Gaulois, les 
Hirpins, etc. C'était une épée d'une lon- 
gueur considérable et d'un Ijois mince, 
à laquelle était attachée une longue cortie, 
comme au harpon. De cette manière, celui 



12G 



qui l'avait lancée pouvait la ramener à soi 
(Virg. ,£«. VII, 742; Serv. adl.; Sil. m, 
277 ; Isidor. Orig. xvill, 7, 7). 

CATELLA (à).u(Tiotov). Diminutif de 
Catexa; mot généralement employé pour 
désigner les belles chaînes que les joail- 
liers faisaient en or ou eu argent, et qu'on 
portait comme bijoux. Elles servaient 
à différents usages, comme les mêmes ob- 
jets de nos jowrs (Hor. Ep. I, 17, 55; 
Liv. XXXIX, 31; Cato, R. R. 135). La 
figure ci-jointe , tirée d'un original de 




Pompéi , offre une petite chaîne de 
bronze d'un modèle qu'on trouve très- 
communément; mais les fouilles faites à 
différentes époques dans celte ville et 
dans d'autres parties de l'Italie, ont pré- 
senté une grande variété de chaînes faites 
d'après d'autres dessins et des spécimens 
de tous les modèles qu'on faliriqiie main- 
tenant, aussi bien que de plusieurs autres 
que les ouvriers modernes ne peuvent re- 
produire. 

CATELLUS. Diminutif de Catena; 
petite chaîne dont on se servait pour re- 
tenir les esclaves : avait-elle un caractère 
particulier, c'est ce qu'il est difficile de 
déterminer. D'après un passage de Plaute 
où se trouve le mot catellits (Ciirc. v, 3, 
13), on peut conjecturer que c'était quel- 
que chose comme ce que nous appelons 
une entrave, qu'on attachait aux jamljes 
des animaux pour les empêcher de s'écar- 
ter, et qui pouvait être fixée à la jamlie 
d'un eschive pour le punir. Le mot avait 
tiré son origine d'un calembour fait sur le 
mot canis (Becker, Quxst. Plautin. p. 63; 
Lips. 1837), parce que l'entrave et la 



chaîne ont une sorte d'affinité avec un 
chien chargé de chaînes. 

CATENA (àXyffi;). C/iOi'we formée par 
une série d'anneaux de fer entrelacés (Cic. 
Virg. Hor. Ov. etc.). Les chaînes des an- 
ciens étaient faites exactement comme les 
nôtres , ainsi qu'on le voit par la gravure, 
qui représente quelques anneaux d'une 




ancienne chaîne , conservée maintenant 
comme une sainte relique dans l'église de 
Saint-Pierre-ès-Liens (5. Pietro in Vin- 
cul is à Rome). C'est de cette chaîne 
qu'est venu le nom de l'église, car on dit 
que c'est la chaîne même avec laquelle 
saint Pierre fut enchaîné dans le TuUia- 
nitm ou prison de Servius. Voy. Cancel- 
lieri, Carcere Titlliano, où sont rapportés 
tout au long tous les témoignages sur les- 
quels cette tradition repose. 

2. Chaîne d'or ou d'argent, portée par 
les femmes comme un ornement autour 
du corps ou sur l'épaule et les cotés, ainsi 




qu'un balteus /Plin. H. N. XXXIII, 12). 
iie^ ornements de ce genre sont fréquem- 
ment représentés dans les peintures de 
Pompéi d'où est tirée la gravure ci-joiule : 



CATENABIUS. 



CATUEDRA. 



127 



la chaîne est toujours placée, comme ici , 
sur le corps nu des déesses, des bacchan- 
tes, des danseuses et d'autres personnes 
de cette sorte. 

CATENARIUS,sc.CAîSis.Chiendecour 
ou chien de garde , enchaîné pour défen- 
dre la maison contre les étrangers. Les 
Romains avaient des chiens enchaînés à 
rentrée de leurs maisons, à coté de la 
loge du portier, avec cet avis : Cave ca- 
NEM « Prenez garde au chien », écrit au- 
dessus (Petr. Sat. 19, 1; id. 72, 7; Se- 
neca, Ira, 3, 37). La gravure ci-jointe 



minés (.luv. Sat. IX, 52). La gravure re- 




"■"^s;:^ 



est prise d'une mosaïque qui forme le 
pavé du Prollqrum dans la maison « du 
poète tragique » , comme on l'appelle , à 
Pompéi. 

CATENATUS (àX^ffiâsToç)- Qui a les 
entraves, les fers, ou qui est dans les 
chaînes, comme un esclave, un criminel 
ou un captif (Flor. m , 19, 3; Suet. Ti/>. 
64; Hor. Ej>od. vu, 8). Le mot n'im- 
plique pas que la personne ainsi détenue 
ftit attachée à un autre objet, ce qui était 
exprimé par le mot alligatas, mais seu- 
lement qu'elle était chargée de chaînes qui 
entravaient la liberté de ses mouvements et 
l'empêchaient de s'évader. Voy. les gra- 
vures aux mots Catulus et Compeditus. 

CATERVARII. Gladiateurs qui com- 
battaient en compagnies ou en corps , et 
non par couples séparés, comme c'était 
l'usage (Suet. ^ug- 45 ; comparez Cal. 30, 
gregatim dimicantes). 

CATHEDRA (xaGiôpa). Chaise à dos, 
mais sans bras , comme celles dont se ser- 
vaient plus particulièrement les femmes 
(Hor. Sat. 1,10,91; Mart. Ep. m , G3). 
Quand on emploie ce mot en parlant des 
hommes, c'est souvent pour faire entendre 
qu'ils étaient oisifs, voluptueux ou effé- 




présente la chaise de Léda, d'après une 
peinture de Pompéi. 

2. Cathedra supina. Chaise avec un 
siège long et profond (de là cathedra lon- 
ga, Juv. Sat. IX, 52) et un dos incliné, 
comme nos bergères. Le spécimen est tiré 




d'un vase grec d'argile et représente un 
des maîtres qui formaient les jeunes gens 
aux exercices du gymnase (Ttatôoipio/j:). 
Un marbre du Capitule , à Rome, montre 
rinq)ératrice Agrippine assise dans une 
chaise du même genre. 

3. Cathedra strata. Chaise couverte 
d'un coussin, comme dans la pi-emière 
gravure (Juv. /. c). 

4. Chaise dans laquelle les philosophes, 
les maîtres de rhétorique, etc., s'as- 
seyaient pour faire leurs leçons : c'était 
la chaire du professeur (Juv. Sat. VII, 
203 ; Mart. Ep. 1,77). La gravure précé- 
dente en offre probablement le type. 

5. Chaise à porteur (Juv. Sat. I, G5) ; 
pour Sella. Voy. ce mot. 

G. A une époque plus récente, chaise 
dans laquelle les évèques de la primitive 
Église s'appuyaient pendant le service di- 
vin (Sillon. /// conc. post Epist. 9, 1. 7 ) ; 
de là vient que la principale église d'un 



128 



CATHETER. 



CATINCM. 



diocèse est appelée la cathédrale , c'est- 
à-dire celle dans laquelle est placée la 
chaise de l'évèque. 

CATHETER (xa9îTr,p). Mot grec qui 
avait pour terme correspondant en latin 
fistida xnea (Celsus, VII, 26, 1 ). Le ca- 
théter était un instrument de chirurgie 




qu'on introduisait dans la vessie pour eu 
tirer l'eau dans les rétentions (Cœl. Aurel. 
Tard. II, 1, u. 13). Le spécimen ci-joint 
est tiré d'un original long de 22 centimè- 
tre, découvert à Pompéi. 

CATILLUS et CATILLUM. Petit plat 
de la même forme et du même genre que 
le catinits, mais d'unemoindre contenance 
et probablement d'un travail inférieur 
(Colnmell. xii, 57, 1; Val. Max. iv, 
3, 5). 

2. (ôvo?). Meule supérieure ou exté- 
rieure dans un moulin à moudre du grain 
(Paul. Dig. 33, 7, 18, § 5), qui servait de 
trémie ou d'auge dans laquelle on versait 
du blé : de là son nom. La figure ci-jointe 
représente un moulin romain qui subsiste 
encore à Pompéi, avec une section à main 
gauche. La partie supérieure, on jjassin, 
est le calilltis, dans lequel on mettait le 
grain à moudre; des esclaves ou des ani- 




maux le tournaient , et , à mesure qu'il 
tournait, les épis toml)aient graduellement 
par un trou pratiqué au fond sur la meule 
inférieure en forme de cône ou cloche 
(voy. la section), et, pressés entre elle et 
la surface intérieure du chapeau qui la 
recouvrait, ils étaient réduits eu farine. 



3. Ornement employé pour décorer le 
fourreau d'une épée (Plin. H. N. xxxiii, 
54) ; on suppose qu'il avait la forme d'une 
plaque ronde ou d'un clou d'argent sem- 
blable à ceux qu'on a vus sur la gaine de 
l'épée figurée au mot Capulus. Mais la 
leçon de ce passage est douteuse, et, ne le 
fùt-elle pas, le sens resterait encore in- 
certain. 

CATIMÎM ou CATINUS , sorte de plat 
profond sur lequel on servait des légumes, 

du poisson et de la _^ ^ 

volaille (Hor. Sat. ,-''"**^ /^'^^^S 
i,C, 113; id.u. r.m^ 

4, 77; /W. 1,3, 92). ^ ._ _^^iiiïi^ 
La gravure est prise d'une série d'ancien- 
nes fresques découvertes près de l'église de 
Saint-Jean de Latran à Rome ( Cassini , 
Pitture antïchi , tav. 4), qui représentent 
des esclaves apportant différents plats à 
une fête; elle montre le cat'inus avec une 
volaille et du poisson, précisément comme 
Horace le décrit dans les deux passages 
cités. 

2. Plat profond en poterie dans lequel 
on faisait cuire et on servait sur la talde 
différentes espèces de gâteaux et de pâtés 
(Varro, R. R. 84). 

3. Plat profond fait de poterie, de verre 
ou de matières plus précieuses, dans lequel 
on portait au sacrifice des pastilles d'en- 
cens (Suet. Galh. 18; 
Apid. Apol. p. 434), 
et d'où on les prenait 
pour les jeter sur un 
petit réchaud allumé ( voyez la gravure 
au mot FocTjs tlricremus). La gravure 
ci-jointe représente un plat curieux et 
précieux en agate qui fut apporté de Cé- 
sarée en Palestine, en l'année 1101, et qui 
est maintenant conservé comme une sainte 
relique dans la sacristie de la cathédrale 
de Gènes , oii on lui donne le nom de Sa- 
gro catiiio. On croit dévotement dans 
cette ville que c'est de ce même plat que 
notre Sauveur prit et mangea l'.Agneau 
pascal avec ses disciples; mais l'exiguïté 
des proportions du vase et la valeur de 
la matière prouvent suffisamment qu'il 
ne fut jamais fait pour contenir des ali- 
ments. 11 est probable qu'il était employé 
à l'usage que nous avons indiqué plus 
haut. 



CATOMIDIO. 



CAPLICCLI. 



129 



4. Creuset en poterie pour fondre des 
métaux (Plin. H. N.nwiw, 21). La gra- 
\ ure représente deux spécimens, l'un d'ar- 




gile rouge , l'autre d'argile blanche , qui 
furent trouvés dans une ancienne poterie 
romaine à Castor, dans le Nortliîimpton- 
shire (Artis. Ditrobriv. pi. 38). 

5. Pièce particulière de la pompe fou- 
lante inventée par Ctésibius (Vitruv. x, 
12). Yoy. la figure conjecturale à Ctesi- 
BICA MACHINA , OÙ le catinum est mar- 
qué A. 

CATOMIDIO (xaTMfiîÇw). Hisser quel- 
qu'un sur les épaules d'un autre pour lui 
infliger la peine du fouet , espèce de châ- 
timent qui, chez les Romains, était appli- 
qué aux hommes aussi bien qu'aux en- 
fants (Petr. Sut. 1.32, 2; comparez Apul. 
Met. IX, p. 196; Spart. Hactr. 18). La 
gravure représente l'exécution comme 




ayant lieu dans une école d'Herculanum, 
d'après une peinture découverte dans cette 
ville. 

CATULUS. Chaîne attachée à un col- 
lier de fer (collare) autour du cou, comme 
une chaîne de chien , par laquelle on ra- 
menait à leurs maîtres , quand on les re- 
prenait, les esclaves fugitifs (Lucil. Sat. 
XXIX, 15 éd. Gerlach : cum manicis, ca- 
ttilo, collarique, avec les menottes, la 
chaîne et le collier). La gravure, prise 
de la colonne de Marc-Aurèle, et repré- 



sentant un captif barbare, montre à la 




fois le collier et la chaîne qui y est at- 
tachée , comme les décrit Lucilius. 

CAUDEX. Yoy. Codex, qui est l'or- 
thographe la plus usitée. 

CAUDIGARIUS ou CODICARIUS. Na- 
ves catidicariœ. Larges bateaux dont on 
se servait sur le Tihre; ils étaient faits 
de planches grossières assemblées sans 
art (Varro , de J'it. Pop. Rom. op. Non. 
s.v. p. 535; Festus, s. v.). On les cons- 
truisait prol)ablement de la sorte pour 
remonter plus facilement les rivières 
malgré la rapidité du courant, et parce 
qu'ils pouvaient être déchirés ou mis en 
pièces sans beaucoup de perte , lorsqu'on 
atteignait l'embouchure de la rivière ou 
le lieu de destination, comme c'était l'u- 
sage sur le Rhône avant l'introduction 
des bateaux à vapeur. 

CAUDICIUS {lemhiis). Vaisseau du 
même genre que le précédent, employé 
sur la Moselle (Auson. Mosell. 197). 

CAULA. Nom général pour toute place 
entourée de palissades formant enceinte , 
comme une bergerie, etc. (Festus, j. t.; 
Virg. JEn.ix, GI; Servius, ad L). 

CAULICULL En architecture, huit 
petites feuilles ou tiges d'un chapiteau 
corinthien qui sortent des quatre tiges 
principales par qui les huit volutes du 
chapiteau sont soutenues (Vitruv. iv, 1 , 
12 •,(j\\\\X,Glossary of Architecture, S.T.). 
On les distingue facilement entre tous les 
chapiteaux corinthiens (voy. Capitulum 
6); mais les proportions restreintes du 



130 



cAtrPo. 



CArTËn. 



dessin ne permettent guère de les rendre 
assez saillantes. 

CAUPO. Le maître d'une caupona, 
c'est-à-dire : 1 . un hôtelier (^svoSôxoç) qui 
recevait des voyageurs dans sa maison , et 
leur donnait la nourriture et le logement 
(Cic. Div. I, 27); 2. ini caharetier (xdc- 
7Tyi>oi;)qui donnait aux étrangers à man- 
ger et à l)oire, mais qui ne les logeait 
pas (Mart. Ep. 1,21; ib. i, 57). Voyez 
le mot suivant. 

CAUPONA (?£vo5o)C£tov , iravooxeTov). 
Auberge , liôtellerie pour la commodité 
des voyageurs , où ils trouvaient pendant 
quelques jours la talde et le logement 
(Hor. Ep. I, 11, 12; Aid. Gell. vu, 
II, 1). La vieille hôtellerie de campa- 
gne , sur le bord de la route , est ce qui 
chez nous se rapproche le plus de l'an- 
cienne caupona, qui ne ressemble en 
rien aux établissements plus magnifiques , 
aux hâte/s, où les gens riches de nos 
jours s'établissent pour un long espace de 
temps. La caupona était ouverte pour la 
commodité des classes pauvres , des mar- 
chands et de ceux qui voyageaient pour 
leurs affaires, non pour leur plaisir. La 
plupart des autres personnes avaient des 
relations pcarticulières ou étaient munies 
de lettres de recommandation cjui leur 
assuraient , partout où elles allaient , une 
réception hospitalière dans la maison 
d'un ami. Telle est encore la coutume 
dans l'Italie moderne, où le voyageur 
qui s'éloigne du sentier battu est obligé 
d'avoir recours à l'hospitalité particu- 
lière, à cause de l'état misérable des 
lieux qu'on appelle hôtelleries. 

2. (xaTiYi).£iov). Dans les grandes vil- 
les, la c«(//w«fl était un lieu où du vin et 
d'autres boissons , mais plus particulière- 
ment du vin, étaient vendus et bus sur 
place (Cic. Pis. 22; comparez Mart. £/;. 
I, 27; ib. 57). La caupona ressemblait 
à nos tavernes et débits de spiritueux 
ou de bière, dont le principal objet est 
de vendre en détail des li([ueurs, quoique 
quelques-uns donnent aussi à manger. La 
gravure ci-jointe représente l'intérieur 
d'un débit de vin, d'après une peinture 
exécutée sur les murs d'un de ces éta- 
blissements à Pompéi. Dans l'original, 
un châssis pour les provisions séchées et 



salées est aussi suspendu au plafond ; on 




l'a omis par inadvertance dans la gra- 
vure, mais on peut le voir au mot CAR- 
NARIUM. 

3. {v.a.Tz-i\\[c). Femme qui tenait un des 
ces cabarets ( Lucil. Sat. m, 33, éd. 
Gerlach; Apul. 3Iet. i, p. G et 15). 

CAUPOINIUS {puer). Le garçon dans 
une taverne ou un débit de vin (Plant. 
Pœn. V, 5, 19). Voyez à main droite dans 
la gravure précédente la figure de celui 
qui apporte le vin. 

CAUPONULA. Diminutif de Caupona. 
Débit de vin pauvre et vulgaire (Cic. 
Phil. II, 31). 

CAUPULUS ou CAUPOLUS. Espèce 
particulière de bateau (Aul. Gell. x, 25, 
3 ) , dont on ne connaît pas la forme 
réelle; il appartenait à la même classe 
que le lembus et la cymba (Isidor. Orig. 

CAUSIA (xavKjîa). Chapeau de feutre 
à haute forme et à larges bords, inventé 
par les Macédoniens (Val. 
Max. V, 1 , 4); il passa 
de ce peuple aux Ro- 
mains, et était surtout 
porté par les pécheurs et 
les matelots ( Plant. Mil. 
IV, 4, 42 ; id. Pers. i, 3, 75). Le spéci- 
men ci-joint est pris d'un vase d'argile, 
mais il ressemble exactement au chapeau 
qu'on donne à Alexandre sur une mé- 
daille. 

CAUTER et CAUTERIUM ()cauTf,p, 
xauxT^ptov). Cautère ou fer à marquer, 




dont se servaient les chirurgiens, les vété- 
rinaires et autres personnes pour mar- 



CAV-CDIUM. 



CAA'EA. 



131 



que le bétail, imprimer un stigmate sur 
des esclaves, et pour d'autres usages sem- 
blables (Pallad. 1,43,3; Veget. T'ct. i, 38). 
La gravure représente un modèle long de 
10- c. qui a été découvert dans la maison 
d'un cbirurgien à Pompéi. 

2. Instrument employé pour fixer les 
couleurs d'une peinture à l'encaustique. 
Comme cet art, tel qu'il était pratiqué 
par les anciens , est maintenant perdu , 
il est impossible de déterminer le ca- 
ractère exact de l'instrument ou la ma- 
nière dont on s'en servait (Mart. Dig. 
33, 7, 17 ; TertuU. Jdv. Hermog. i). 

CAV.EDIUM on CAVUM .ÎIDIUM. Lit- 
téralement, partie creuse d'une maison. 
Pour comprendre la signification réelle 
de ce mot , il faut remarc[uer que , dans 
les premiers temps ou pour les maisons de 
j)etite dimension, le genre de construc- 
tion adopté par les anciens était très- 
simple : il consistait à disposer toutes les 
pièces habitables sur les quatre côtés d'un 
parallélogramme, qui laissait au centre 
un espace on 
une cour, sans " ■; r f 

toit , entière- 
ment découver- 
te, comme on le 
voit par le spé- 
cimen ci-joint, 
pris du Virgile 
du Vatican. Cet espace creux reçut primi- 
tivement le nom de caviim xdium, qui le 
définit exactement , et forma avec les ap- 
partements qui l'entouraient la maison 
entière. Mais, quand les Romains devin- 
rent plus opulents et qu'ils commencè- 
rent à bâtir avec plus de magnificence, 
adoptant le genre et les plans des autres 
nations , ils convertirent cette cour dé- 
couverte en un appartement approprié 
aux besoins de leurs familles ; ils la cou- 
vrirent d'un toit supporté par des colon- 
nes à la hauteur d'un étage et ne laissè- 
rent qu'une ouverture au centre (com- 
pluvittw) pour recevoir la lumière et 
l'air. Ils empruntèrent aux Étrusques ce 
genre de construction {ah Atriatihus Tus- 
cis, Varro , L. L. V, 161). Quand le ca- 
Tiim xclhim fut ainsi transformé, ils l'ap- 
pelèrent atrium du nom du peuple dont 
ils eu avaient emprunté le plan. En se 




reportant aux plans de l'article DoMi'S, 
on verra que Yatriiim n'est en réalité que 
la partie creuse de la maison avec une 
galerie couverte ou portique sur ses cô- 
tés. Les deux mots semblent quelquefois 
employés comme synonymes, et dans d'au- 
tres circonstances avec un sens si équivo- 
que qu'on serait tenté de les i apporter à 
deux parties séparées et distinctes de l'é- 
difice. En réalité, dans de grandes mai- 
sons ou dans des villas de campagne qui 
couvraient un vaste espace de terrain et 
qui comprenaient plusieurs parties dis- 
tinctes, dont chacune avait ses dépendan- 
ces, nous trouvons C[ue le plan général 
renfermait un cavœdium et un atrium. 
Telle était la villa de Pline {Ep. Il, 17); 
il faut entendre qu'il y avait là d'al)ord 
une cour découverte sans toiture ni gale- 
ries sur les côtés (ce qui faisait dire que 
cette partie de la maison était éclairée et 
riante, hilare); puis un atrium régulier 
en partie couvert, suivant la mode étrus- 
que ou étrangère. Il est certain que telle 
était la différence réelle entre le ca va-dium 
et V atrium; mais, quand les deux mots 
ne sont pas pris dans un sens qui les dis- 
tingue nettement , comme dans le passage 
de Pline cité ci-dessus , l'un et l'autre 
peuvent être communément employés 
pour désigner la même partie d'une mai- 
son, sans allusion à une situation par- 
ticulière ou à un mode particulier d'ar- 
rangement. Ces deux parties, en effet , se 
trouvaient réellement dans le creux du 
parallélogramme ; aussi , en conséquence , 
Vitruve , en architecte qu'il était , em- 
ploie-t-il le terme cavsedium (vi, 5) pour 
le genre qui ressemble le plus à celui de 
V atrium (voy. ce mot et les gravures 
que nous y donnons ; elles montreront les 
différentes manières de disposer un cavsr- 
dium quand il est pris dans son sens le 
plus général). 

CAVE.\. Cage ou tanière artificielle 
pour les bètes féroces, faite de barres de 
bois ou de fer (Hor. v^. P. 473), dans la- 
quelle on les transportait de place en 
place (Claud. Cous. Stilich. il, 322-5); 
on les exposait à la vue du public comme 
dans une ménagerie (Plin. H. N. vill, 
25), et on les amenait quelquefois dans 
l'arène d'un amphithéâtre pour être là- 



132 



chées sur les victimes condamnées à com- 
l)attre avec elles. Leur attaque était alors 
plus impétueuse que si on les avait fait 
passer d'une tanière souterraine à l'éclat 
subit du jour (Vopisr. Proh. 19). 

2. Cage d'oiseau faite en osier ou quel- 
quefois en fdigraned'or (Petr.^«^. 28,9); 
on y logeait et gardait dans les maisons 
particulières des oiseaux 
chanteurs ou l'appeau {au- 
ceps) que l'oiseleur empor- 
tait pour la chasse. Le pas- 
sage de Pétrone cité ci-des- 
sus parle d'une oie suspen- 
due dans sa cage au-dessus 
d'une porte et qui avait ap- 
pris à saluer tous ceux qui 
entraient. Le spécimen est^^iris d'un vase 
d'argile dans Boldetti , Cimiterj , p. 154. 

3. Poulailler, ou cage dans laquelle on 
gardait les poulets sacrés pour les porter 
à l'endroit où l'on prenait les auspices en 
ol)servant la manière dont ils mangeaient 
(Cic. N. D. II, 3; id. Div. ii, 33). La 
gra^^l^e représente une de ces cages avec 





les poulets (fui mangent et la poignée qui 




servait à la transporter, d'après un has- 
relief romain. 

4. Poétiquement, ruche (N'irg. G. iv, 
58; voir Alveare). 

5. Châssis en forme de cône, fait de 
latte ou d'osier, dont se servaient les fou- 
lons et les teinturiers pour essuyer, sé- 
cher et blanchir l'étoffe (.\pul. Met. ix , 
p. 193). On plaçait ce châssis sur un ré- 
chaud ou sur un 
pot contenant du 
soufre allumé, qui, 
comme on le sait, 
a la propriété de 
blanchir le linge, et 
on le couvrait ensuite de l'étoffe : ainsi la 
chaleur était concentrée et l'air extérieur 
ne pouvait pénétrer dans l'appareil. Le 
spécimen ici donné est tiré d'une peinture 
trouvée dans l'établissement d'un foulon 
(fulloiiica) à Pompéi. Dans l'original, un 
homme le porte sur la tète et tient le pot 
de soufre à la main ; mais on l'a dessiné 
ici posé sur le sol , avec le vase de sou- 
fre placé au-dessous, précisément de la 
même manière qu'on l'emploie mainte- 
nant d'habitude en Italie pour sécher le 
linge : on voit ainsi plus clairement com- 
ment on s'en servait. 

6. Palissade circulaire plantée autour 
des tiges des jeunes arbres pour les em- 
pêcher d'être endommagées par le bétail 
(Columell. V, 6, 21). 

7. Partie de l'intérieur d'un théâtre 
ou d'un amphithéâtre (Apul. Met. x, 
227) qui contenait les sièges sur lesquels 
s'asseyaient les spectateurs, et qui était 
formée par plusieurs rangées concentri- 




CELERES. 



CELLA. 



\n 



ques de gradins, soit taillés dans le roc 
sur le penchant d'une colline, soit sup- 
portés par des arcades construites dans la 
carcasse de l'édifice. Suivant les propor- 
tions du monument , ces rangées de sièges 
étaient partagées en un , deux ou trois 
étages distincts , séparés l'un de l'autre 
par un mur ( balteits ) de hauteur suffi- 
sante pour empêcher qu'on ne passât de 
l'un à l'autre. Les différentes divisions 
étaient distinguées par les noms à^ima, 
summa, média cavea, c'est-à-dire rangée 
inférieure, supérieure ou du centre : celle 
qui était au bas était la place d'honneur, 
où s'asseyaient les eijuifes (Plaut. Ampli. 
Prol. 66; Cic. Am. 7; id. Seiicct. U). 
La gravure donne une vue de l'intérieur 
ou cavea de l'amphithéâtre de Pompéi 
tel qu'il subsiste encore maintenant et en 
présente le plan général. Voy. aussi les 
articles et les gravures des mots Thea- 
TRUM et Amphitheatrum. 

CAVERNiE ( y,o'ù:(\ ou xoîXyi vaùç). La 
cale d'un vaisseau et les cabines qu'elle 
contient (Cic. Orat. m, 4G; Lucan. ix, 
110). 

CELERES. Nom primitif qui servit à 
désigner l'ordre équestre à Rome, lors de 
son institution par Romulus. Ce corps 
était composé de trois cents hommes ayant 
un cheval ; ils étaient choisis parmi les 
trois cents familles patriciennes et for- 
maient ainsi le noyau de la cavalerie ro- 
maine (Liv. I, 15; Plin. H. N. XXXIII , 
9; Festus, ^. -v.; Niebiihr, Hist. Rom. i, 
p. 325, trad. augl.). Leur chef s'appelait 
tribunus celeritm ( Liv. 1 , 59 ). 

CELES (xsXr,?). Cheval de selle, par 
opposition au cheval de trait. C'était sur- 




tout le cheval de course, monté dans l'hip- 
podrome grec ou le cirque romain (Plin. 
H. N. XXXIV, 10). On en voit un spéci- 
men dans la gravure ci-jointe représen- 



tant Cupidon à cheval , d'après une frise 
en stuc des bains de Pompéi. 

2. Bateau ou navire d'une forme par- 
ticulière, dans lequel chaque rameur ma- 
niait une seule rame, par opposition à 
ceux où chaque homme en maniait deux 




et à ceux où plusieurs manœuvraient une 
seule rame. Les plus considérables de ces 
navires avaient beaucoup de rameurs et 
étaient quelquefois pourvus d'un mât et 
d'une voile, mais ils n'avaient pas de 
pont et étaient souvent employés par les 
pirates à cause de leur rapidité (Plin. 
H. N. VI , 57 ; Aul. Gell. x, 25 ; Herod. 
VII, 94; Thuc. iv, 9; Scheffer, Mil. 
Nav. p. 08). La gravure ici donnée est 
prise de la colonne Trajane et représente 
un vaisseau manœuvré de la façon que 
nous avons décrite et appartenant par 
conséquent à cette classe. 

CELETIZOxNTES ( x£).r,T{î;ovT£ç ). 
Cavaliers qui montaient les chevaux de 
course dans l'hippodrome grec (Plin. H. 
iV'. XXXIV, 19, n" 14). Yoy. l'avant-der- 
nière gravure. Ils répondaient à nos joc- 
keys. 

CELEUSMA {y.i\t\)a\i.a). Chant ou cri 
que faisait entendre le chef des rameurs 
{hortator, paitsariits , xéXcuaTr,; ) pour 
animer les rameurs des vaisseaux grecs et 
romains et les aider à frapper les flots en 
mesure (Mart. Ep. III, 67 ; Rutil. I, -370). 
L'air était quelquefois repris , chanté en 
chœur par les rameurs, et quelquefois 
joué sur des instruments de musique 
( Auson. in Div. Verr. 17). 

CELLA. Cave : ce mot, quand on 
l'emploie dans un sens général , désigne 
un magasin ou un dépôt au rez-de-chaus- 
sée dans lequel on gardait des denrées 
de toute espèce. Les différentes sortes de 
caves sont distinguées par une épithète 
qui indique la nature des articles qu'elles 
contiennent ; par exemple : 

1. Cella vinaria (olveciv). Cave pour 
le vin , formant une des principales dé- 
8 



134 



CËLLA. 



pendances d'une vigne. C'était un maga- 
sin où le produit de la vendange de l'an- 
née était déposé dans de larges vaisseaux 
de poterie (clolia, séria', etc.), ou dans 
des barils de bois [ciipie) , après avoir été 
retiré des cuves du \)ves%o\r {torculariuin) , 
où le vin était fabriqué ; il y était gardé 
jusqu'à ce qu'il fût vendu ou mis en bou- 
teilles , c'est-à-dire enfermé dans les am- 
phorx; il était alors transporté dans l'rt- 
potlieca , au haut de la maison , où on le 
laissait vieillir (Varro , R. R. I, 13, 1; 
Colum. XII, 18, 3 et 4; Pallad. i, 18;Cic. 
Senect. 16). La gravure, qui est prise d'un 




bas-relief découvert à Augsbourg en 
IGOl , représente un de ces magasins pour 
le vin mis eu futailles, manière habituelle 
de le garder dans les climats moins favo- 
rables ( Phn. H. N. XIV, 27 ) ; et le spé- 
cimen suivaut , quoique ne représentant 
pas à proprement parler la cave d'un 
propriétaire de vignobles, servira à don- 
ner une idée du plan sur lequel étaient 
arrangés et disposés ces magasins , quand 
le vin était gardé dans des vaisseaux de 
poterie , ce qui était la manière la plus 
habituelle. 

2. Cave d'un marchand de vin ou 
d'un caljaretier au rez-de-chaussée, où 




l'on gardait aussi le vin en gros. On le 
tirait ensuite pour le débit ou on le 
vendait en détail aux pratiques plus pau- 
vres qui fréquentaient ces maisons. De là 
le nom de vin de débit journalier (?/- 
niim doliare) ou pris de la futaille [de 



CËLLA. 

cupa). (Cic. Pis. 27 ). Les graMires re- 
présentent une section et un plan d'une 
partie d'un de ces dépots de vin qui fut m 
découvert en 17 89, sous les murs de 
Rome. 11 est divisé en trois comparti- 
ments : le premier, auquel on arrivait 
par quelques degrés, consiste en une 
petite chambre, ornée d'arabesques et 
d'un pavé en mosaï([ue; elle ne conte- 
nait rien , quand on la découvrit dans les 
fouilles ; le second , qui faisait suite au 
premier, est de la même grandeur, mais 
tout à fait dépourvu d'ornements et sans 
pavé. Le plancher est un lit de sable, au 
centre duquel on trouva enterrée {de- 
fossa), jusqu'aux deux tiers de leur hau- 
teur, une rangée de dolia de l'espèce la 
plus large. Le dernier est une galerie 
étroite, haute de 1",83 et longue de 
5"", 49 (on n'en a représenté qu'une par- 
tie dans la gravure , mais elle est quatre 
fois aussi longue). Ce dernier comparti- 
ment est, comme le précédent, recouvert 
d'un profond lit de sable où un grand 
nombre de vaisseaux de poterie, de for- 
mes et de grandeurs différentes, étaient 
en partie enterrés comme les précédents, 
mais disposés sur une double rangée des 
deux côtés le long des murailles, de ma- 
nière à laisser au milieu un passage libre, 
comme on le voit par la gravure infé- 
rieure, qui reproduit le plan delà cave. 

3. Cella olearia. Magasin ou cave at- 
tachée à une plantation d'oliviers, où 
l'huile , quand elle était faite , était dépo- 
sée dans de larges vaisseaux de poterie , 
jusqu'à ce qu'on l'eût vendue aux mar- 
chands d'huile (Cato, 7?. R. III, 2; Varro, 
R. R.l, ll,2;Columell.i, G, 9). 

4. Petites chambres groupées ensem- 
ble comme celles qu'on bâtissait pour 
servir de dortoirs aux esclaves (Cic. 
Phil. II , 27 ) ; chambres à coucher 
pour les voyageurs dans les hôtelleries et 
les maisons publicpies ( Petr. Sat. 9, 3 et 
7); enfin les voûtes qu'occupaient les 
prostituées (Juv. Sat. \i, 128 ; Petr. Sat. 
VIII, 4). La gravure représente une lon- 
gue ligne de cellx subsistant encore par- 
mi les ruines d'une villa romaine à Mola 
di Gaeta ; le devant en était , dans l'ori- 
gine , fermé par un briquetage et n'avait 
qu'une porte d'entrée au centre pour 



CELLARIUS. 



CELLULARIUS. 



135 



donner passage à celui qui occupait la 




\ 



cella; il \\y tutiait de lumieieet d'air 
que ce qu'en admettait cette ouverture. 



5. Chambres qui , dans les bains, con- 
tenaient les commodités nécessaires pour 
le bain chaud et froid, et s'appelaient 
celliv , parce qu'en fait les bains se com- 
posaient d'un certain nombre de pièces, 
communiquant l'une avec l'autre, comme 
les cellules d'une ruche, ainsi qu'on 
peut le voir très-clairement dans la gra- 
vure ci-jointe, d'après une fresque qui 
décorait un appartement dans les Ther- 
mes de Titus. La chambre qui contenait 




les bains chauds était la cella caldarla 
ou caldarlum ; celle du bain tiède , cella 
tepidaria ou tepidariiim ; celle du bain 
froid , cella frigidaria ou frigidarium 
(Plin. Ep. 5,6, 25 et 2G; Pallad. i, 
40). 

6. Niches ou cellules d'un pigeonnier 
ou d'un poulailler, qui sont groupées 
d'une manière analogue (Columell. viii, 
8, 3; id. VIII, 14, 9). 

7. (oYixôi;). Intéi'ieur d'un temple, 
c'est-à-dire partie enfermée entre les 




quatre murs latéraux , non compris le 
portique et le péristyle ( Cic. Phil. m, 
12). La gravure donne un plan du tem- 
ple de la. Fortiiiia ^''//vYw, subsistant en- 
core à Rome. La paitie comprise dans 
les lignes noires est la cella. 

CELLARIUS. Esclave appartenant à 



la classe des ordinarU , qui avait le gou- 
vernement de l'office, du magasin des 
provisions , de la cave à vin (cella peiia- 
ria et vinaria), et qui était chargé de dis-, 
tribuer chaque jour à la maison les ra- 
tions de vivres (Plant. Capt. IV , 2, 1 10 ; 
Columell. XI, 1, 19). 

CELLATIO. Suite de petites chambres 
figurées dans la gravure au mot Cella, 4 : 
elles pouvaient servir à tous les besoins ordi- 
naires delà vie ; on en faisait aussi des ma- 
gasins pour les provisions, des chambres à 
coucher pour les esclaves et les domesti- 
ques inférieurs, etc. (Petr. Sat. 77, 4). 

CELLIO. Même sens que Cellarids 
(Inscript, ap. Crut. 582, 10). 

CELLULA. Diminutif de Cella. 
Toute chambre petite ou ordinaire, sem- 
blable à celles que nous avons décrites 
et représentées au mot Cella, 4 ( Ter. 
Eitii. II, 3, 18; Petr. Sat. II, 1 ). 

2. Intérieur d'un petit sanctuaire ou 
temple , ainsi que nous l'avons décrit au 
mot Cella, 7 (Petr. Sat. 136, 9). 

CELLULARIUS. Moine, ainsi appelé 
des petites cellules des couvents qu'oc- 



136 



CENTONARII. 



cupaient les religieux (Sidon. Ep. ix, 9). 

CELOX. Même sens que Celés, 2 
(Enuiiis ap. Isidor. Orig. xxx, 1, 22; 
Liv. XXXVII, 27 ). 

CENOTAPHIUM (xevoTaçiov). Céno- 
taphe ou tombe élevée à la mémoire 
d'une personne dont on n'avait pu trou- 
ver le corps ou dont les cendres avaient 
été déposées ailleurs ( Laniprid. Alex. 
Sev. 63); de là aussi le nom de tumulus 
honorarius (Suet. Claud. 1 ) et à'inanis 
(Virg. yE«. m, 303), parce qu'il n'était 
élevé que comme hommage au défunt et 
ne contenait rien de ses restes. 

CENSOR (tifXTQTiiç). Magistrat romain 
d'un rang élevé , dont les attril)utions 
étaient de taxer la propriété des citoyens 
en faisant le census; de surveiller 
leur moralité , et de punir ceux dont la 
conduite était mauvaise, en les dégra- 
dant et en leur ôtant leur rang, leurs 
charges ou leur position dans la société. 
Ainsi il pouvait priver le sénateur de son 
siège à la curie ; le chevalier, du cheval 
qui lui était donné aux frais de l'État; 
ce qui équivalait à le dégrader ; il pou- 
vait encore faire descendre tout citoyen 
de sa tribu dans une autre de moindre 
importance ou de rang inférieur ( Liv. 
XXVII, 11 ; Suet. Aug. 37; Polyb. vi, 
A'i, 3 ). Il ne portait pas de marque dis- 
tinctive ni de costume particulier, ex- 
cepté les insignes ou le costume des per- 
sonnages consulaires; aussi, quand un 
censeur est représenté sur des monnaies 
ou sur des médailles, est-il simplement 
drapé dans la toge et assis sur une chaise 
curule (voy. la médaille de Claude dans 
Spanheim, vol. ii, p. 101). 

CENTAURUS (xévTaypoç)- Centaure; 
race d'hommes sauvages qui habitaient 
entre les montagnes de Pélion et d'Ossa 
en Thessalie, et qui furent exterminés 
dans une guerre qu'ils soutinrent contre 
leurs voisins, les Lapithes. Les poètes et 
les artistes en ont fait des monstres fabu- 
leux , demi-hommes et demi-chevaux , 
d'où leur est venu le nom de Inmemhres 
(Virg. jEn. vill, 293; Ovid. Met. xv, 
283). C'est sous cette forme qu'ils sont 
représentés combattant les Lapithes, sur 
les métopes du Parthénon , dans les tem- 
ples de Thésée à Athènes et d'Apollon 



Epicurius près de Phigalie en Arcadie. 
Dans les oeu\Tes de l'art grec, les cen- 
fanres sont des deux sexes et on les re- 
présente souvent jouant d'un instrument 
de musique. Ces figures sont toujours re- 




marquables pour la grâce et l'art consom- 
més avec lesquels les artistes de cette na- 
tion parvenaient à unir les parties inco- 
hérentes de deux formes si dissembla- 
J)les. Nous avons choisi , comme moins 
commune, la figure d'un centaure fe- 
melle : elle est prise d'un très-beau bas- 
relief eu bronze fait par un artiste grec 
et découvert à Pompéi. 

CEISTO ()c£vTpwv ). Couverture ou vê- 
tement composé de différents morceaux 
d'étoffe cousus ensemjjle , dont les an- 
ciens se servaient pour habiller leurs es- 
claves (Cato,iî. R. 59; Columell. l, 8, 
9), pour faire des courtes-pointes de lit 
( Macrol). Sat. 1,6), ou pour d'autres 
usages vulgaires. Par extension , ce nom 
fut aussi donné à un poème fait de vers ou 
de bribes de vers pris dans différents au- 
teurs, comme le Cento nuptial is d' Ausone. 

2. Espèce d'étoffe commune qu'on 
mettait sous la selle 
d'une bêle de som- 
me pour garantir 
son dos et empêcher 
qu'il ne fût éeorché, 
ainsi qu'on le voit 
dans la gravure ci- 
jointe, prise d'une -— 
peinture d'Hercula- 
num ( Veget. f-'et. il, 59 , 2). 

CENTONARII. Marchands de vieux, 
qui trafiquaient de vêtements de rebut. 
C'était à Rome une industrie importante ; 
on y employait beaucoup de ces objets 
vendus à vil prix, comme couvertures pour 




CE>Tl NCULUS. 



CEUA. 



137 



éteindre le feu ( Ulp. Dig. 33, 7, 12), 
pour protéger les tentes et les machines 
de guerre contre les traits de l'ennemi 
( CsBS. B.C. II, 9). Ils servaient encore 
aux usages énumérés au mot Ce>"to. 
'CENTUNCULUS. Diminutif de Cento; 
ce terme avait les divers sens qui sont 
mentionnés à ce mot (Apul. Met. i, p. 5 ; 
Liv. VII, 4 ; Edict. Dioclet. p. 21 ). De 
plus, d'après un passage d'Apidée (JpoL 
p. 422, miini centitnculo) , on croit que 
ce mot désignait un vêtement bariolé, 
comme celui qu'on appelle maintenant 
]ial>it d'arlecjiiin et qui est indubitai)le- 
ment d'une haute antiquité , car, dans le 
Musée de Naples , on conserve un vase 
d'argile sur lequel Bacchus est représenté 
dans un rôle burlesque et habillé préci- 
sément comme notre arlequin moderne. 
CENTURIO (éxaTovTâpxYiO- Centu- 
rion, officier de l'armée romaine , d'un 
rang inférieur à celui du trilnni par qui 
il était nommé. Son poste sur le champ 
de bataille était immédiatement au-devant 
de l'aigle (Veget. Mil. ii, 8) , et la mar- 
que dislinctive de son rang était une ba- 
guette {yitii) dont il se servait pour cor- 
riger les soldats qui lui étaient subor- 
donnés, quand ils désobéissaient ou négli- 
geaient leur devoir (Plin. H. N. xiv, 3). 
La gravure ci-jointe donne les figures de 
deux centurions, l'une à main gauche 
d'après un bas-relief d'une tombe qui 
porte celte inscription : qdintus pu- 
BLIUS FESTUS. CEISTUR. LEG. XI; il tient 




sa baguette dans la main droite, est dé- 
coré des phalerœ et porte des jambières 
(ocreee) , comme les soldats romains des 
premiers temps. L'autre représente un 
centurion de l'époque de Trajan , d'après 



un bas-relief appartenant d'abord à l'arc 
de trionqihe de cet empereur, mais placé 
maintenant dans l'arc de Constantin ; il 
porte le casque , et tient sa baguette de 
sa main droite. Dans la composition ori- 
ginale, le porte-aigle (aquilifer) est à côté 
de lui. 

CEPOTAPHIUM()4YntoTâçiov). Tombe 
située dans un jardin ; ou jardin entouré 
d'une sorte de respect religieux à cause 
du sépulcre qu'il contenait (Inscript, ap. 
Fabretti , p. 80 ,n° 9 ; id. p. 1 15 , n" 293 ; 
comparez S. Joan. Evang. xix, 41). 

GERA. Cire, et, par extension, objets 
faits de cire, comme les images de cire 
des ancêtres que les familles 
romaines d'un certain rang 
conservaient dans des cases 
placées autour de l'atrium 
(Ovid. Fast. i, 591 ; Juv. 
VIII, 19). La gravure, prise . 
d'un bas-relief d'une tombe rP»^"™' 1 
où l'on voit une femme pleurant la mort 
de son mari , présente l'image de ce der- 
nier placée dans une petite case fixée à la 
muraille de l'appartement où se passe 
la scène. 

2. Tablettes sur lesquelles on écrivait 
avec le stylus; elles se composaient de 
planches très-minces revêtues de cire et 
ayant un bord élevé pour garantir du 
frottement ce qu'elles contenaient. Elles 
étaient de différentes grandeurs et le 
nomijre de leurs feuillets variait; de là 
vient que l'on emploie le mot cera au 
pluriel dans le sens de tablettes (Quint. 
X, 3, 31 et 32; Juv. I, 63). Les tablettes 
elles-mêmes sont distinguées par le nom- 
bre de leurs feuillets. Ainsi cerœ duplices, 
tablette qui n'a que deux plancnettes , 





comme la figure du bas , à main gauche ; 



138 



CERIOLARE. 



cerx triplices (Mart. Ep. XIV, G), ta- 
blette qui contient trois feuilles, une en- 
tre les denx du dehors , comme la figure 
du haut; cerx quint tiplices (Mart. Ep. 
XIV, 4), tablette à cinq feuilles, comme 
la figure du bas à main droite : tous ces 
spécimens sont pris de peintures de Pom- 
péi. Quand on emploie le singulier, pri- 
ma , secundo, extrema cera ( Hor. Sat. 
11,5, 63; Cic. Verr. il, 1, 36; Suet. 
Jiil. 83), c'est pour désigner la première, 
la seconde ou la dernière page des ta- 
blettes. 

CERAULA (x.£pai:),-r,;).Mot grec lati- 
nisé et répondant au mot Cor>icen de 
la langue latine ( Apul. Met, p. 171 ; ce- 
raula doctissimus , qui cornu caneris ad- 
ambulabat), 

CERBERUS (Kspgspoç). Chien qui 
veillait à l'entrée des enfers; monstre 
qui , au rapport de la fable , était né de 
Typhaon et d'Écbidna , et avait été traîné 
sur la terre par Hercule , le dernier et le 
plus difficile de ses douze travaux. En 
réalité. Cerbère était un chien qui ap- 
partenait au roi des Molosses, dont le 
pays produisait la plus belle race de 
chiens connue de l'antiquité, et qu'on 
croit représentée par des statues de mar- 
bre conservées maintenant au Vatican; 
on y voit deux chiens de haute taille, avec 
de longs poils sur le cou et les épaules 
comme la crinière d'un lion. Les poètes 
firent de ce poil des serpents (Hor. Od. 
Il, 85) , et , pour augmenter l'horreur, 
quelques-uns donnèrent à l'animal cent 
tètes ( Hor. Od. II, 3 i ) , d'autres cin- 
quante ( Hesiod. Theogon. 312, quoi- 
qu'au vers 771, Cerbère n'en ait plus 
qu'une ) ; d'autres limitèrent le nombre 
des tètes à trois ( Soph. Tracliin. 1109). 
La tête du milieu était d'un lion, et avait 
d'un côté celle d'un loup, de l'autre celle 
d'un chien ordinaire (Macrob. Sat. i, 20). 
Telle est la forme ordinaire sous laquelle 
Cerbère est représenté par les peintres 
et les sculpteurs de l'antiquité [Mus. Pio- 
Clem. tom. H, tav. 1 ; Bartoli, Lucerne , 
part. 2, tav. 7; Cod. Vat. etc.). On 
trouve un grand nombre de spécimens où 
le caractère fabuleux du monstre est 
subordonné à sou caractère réel , par 
exemple dans un groupe d'Hercule et de 



Cerbère au Vatican {Mus. Pio-Clem. ii, 
8), où la tète pareille à celle du lion et 
la crinière du chien molosse sont forte- 
ment marquées et se distinguent entiè- 
rement des deux autres tètes , qui sont 
beaucoup plus petites, et plutôt indiquées 
([ue développées. 

CERCURUS ( xÉpxoypo; ou y-Epy.où- 
po:). Vaisseau inventé par les Cypriotes; 
il était à rames, rapide dans ses mouve- 
ments, et servait également pour le trans- 
port des marchandises et pour la guerre 
(Liv. XXXIII, 1!); Lucil. Sat, viii, 3, 
éd. Gerlach.; Plant. Merc. l, 1 , 86 ; Plin. 
H. i\". VII, 57 ; Herod. vu, 97). On ne 
trouve nulle part une description exacte 
de ce genre de navires. Scheffer {Mil. 
IVav. II, 2, p. 75) pense que les rames, 
au lieu de courir tout le long du vais- 
seau , allaient seulement de la proue au 




centre , de telle façon que l'arrière pou- 
vait servir à renfermer la cargaison, 
comme on le voit parla gravure ci-jointe, 
tirée par Panvinus {De Lud. circens. ii, 
11) d'une médaille de bronze, qui, si nos 
idées sont justes, donnera un spécimen 
du vaisseau en question. 

CERDO. Ouvrier d'une classe infé- 
rieure (Juv. iv, 153; Pers. iv, 51 ). Son 
métier est désigné par l'addition d'un au- 
tre substantif, comme sutor cerdo (Mart. 
Ep. m , 59), savetier; cerdo faber (Ins- 
cript, ap. Spon. Miscell. Erudit. Antiq. 
p. 221), ouvrier forgeron; et ainsi de 
suite pour les autres métiers. 

CEREUS. Chandelle de cire, faite de 
moelle de jonc revêtue de cire; aussi tor- 
che faite des fibres du papyrus tortillées 
ensemble et couvertes de cire {Cic. Off. 
111,20; Plaut. Cure, i, 1, 9; Val. Max. 
III, 6, 4 et Caisdela). 

CERIOLARE. Pied pour des chan- 
delles de cire et des torches , semblable 



139 



au spécimen donné au mot Candkla- 
BRUM. Les ustensiles de cette sorte pre- 
naient une multitude de formes de fan-^ 
laisie suivant le goût de l'artiste qui en 
faisait le dessin. Dans une inscription 
{ap. Grut. 17 5, 4) on en mentionne un 
qui est de i)ronze et qui représente Cu- 
pidon tenant un calathiis (comparez Ins- 
cript, ap. Maffei, Mus. T'erori. p. 83). 

CERNUUS ( xupicTTYiTrip ). Littérale- 
ment , qui a la figure tournée vers le sol ; 
de là saltimbanque , qui 
amuse le public en fai- 
sant des bonds , des sauts 
périlleux, des culbutes, 
en marchant la tète en 
bas, et en se livrant à 
d'autres exercices que 
nous voyons encore exé- 
cutés dans les rues et 
dans les foires (Lucil. 
Sat, III, 20; Serv. ad 
Virg. Mil. X, 894). La 
gravure ci-jointe repré- 
sente un de ces saltim- 
banques pris dans la collection du Colle- 
gio Romaiio (Caylus , III , 74). 

2. Chez les Grecs, ces tours de force 
étaient souvent exécutés par des femmes 
qu'on introduisait avec les chanteuses et 
les danseuses pour amuser les hôtes pen- 
dant un festin. Leur habileté et leur sou- 
plesse étaient réellement extraordinaires. 
Un de leurs exercices favoris consistait à 
faire une culbute en arrière entre des 
épées et des couteaux plantés dans le sol, 
à de petites distances l'un de l'autre, avec 
les pointes en haut, comme ou le voit 





dans la gravure ci-jointe, prise d'un vase 

d'argile grec. On appelait ce tour elç ?£cpY] 
ou d; [xa/aîpaç xuêi(7Tàv. (Plat. Symp. 
p. 190 Aj'Xen. Sjmp. u, 11). 



CEROMA (xripw(j.a). Onguent fait 
d'huile et de cire mêlées ensenii)le , avec 
lequel on oignait les corps des lutteurs 
avant de les frotter de sable fin (Mart. 
Ep. Yii, 32). On enqiloyait aussi ce 
terme pour désigner la chambre où avait 
lieu celte préparation à la lutle (Pliii. 
H. N. XXXV, 2; Senec. /?/■<; i'. /'//. 12). 

CERU(>H1 (xepoùyoi). Cordes qui cou- 
raient de chaque i)ras de la vergue au 
sommet du màt et qui répondaient à ce 
qu'on appelle maintenant en termes de 
marine les balaticiues (Lucan. vill, 177 ; 




id. X, 494). Elles servaient à tenir la ver- 
gue dans une position horizontale sur le 
mât, position qu'elle ne pouvait garder 
sans un support de cette sorte. Les plus 
grands vaisseaux, dont la vergue était lon- 
gue et pesante, avaient quatre i)alancines 
comme dans notre spécimen, pris du Vir- 
gile du Vatican, tandis que les vaisseaux 
de dimension ordinaire n'en avaient que 
deux. 

CERVl. En termes de guerre, grosses 
branches d'arbres, avec des branches plus 
petites et coupées à une certaine distance 
du tronc, de manière à ressembler aune 
corne de cerf (Varro,Z. L. v, 117). On 
les plantait dans le sol pour entraver la 
marche d'une colonne ennemie, pour ar- 
rêter une charge de cavalerie dans une 
plaine qui n'offrait aucun obstacle natu- 
rel (Sil. Ital. X, 412, Liv. XLiv, 11) et 
pour défendre par une palissade toute 
position faible ou importante (Cœs. B. G. 
VII, 72). 

CERVICAL (upodXEipàXaiov , ÛTrauys- 
viov). Coussin ou oreiller pour supporter 
le derrière de la tête et le cou sur un lit 



140 



de repos ou un lit de table (Suet. Nero, 6; 




Mart. XIV, 146). La gravure est prise 
d'une peinture de Pompéi. 

CERVISIA ou CEREVISIA. Boisson 
tirée de l'orge, comme la bière ou Vale; 
c'était la boisson ordinaire des Gaulois 
(Plin. H. N. XXII, 82). Le même nom, 
suivant Servius ( ad Virg. Georg. m , 
379), était aussi donné à un breuvage tiré 
du fruit du cormier, qui répondrait à no- 
tre cidre. 

CERYCEUM (xr,pijy.Eiov). Mot grec la- 
tinisé; même sens que Caducecs (Mar- 
tiau. Capell. 4, p. 95). 

CERYX (x^ôp^^)- Mot grec, employé 
avec une forme latine par Sénèque (T/rtM- 
quill. 3); héraut grec ou prévôt, qui 
tenait chez ce peuple le même rang et 
qui avait les mêmes attrilnilions que le 
fetialis et les legati des Romains. Le signe 
de sa dignité était une baguette (y.r,p'jxEiov , 




caduceus ). Sa personne était regardée 
comme sacrée et inviolable ; sa mission la 
plus honorable consistait à porter, coiiime 
nous dirions, des drapeaux blancs entre les 
armées en lutte et des messages entre 
les nations hostiles. La figure que nous 
donnons , d'après un vase d'argile , mon- 



tre le ceryx se préparant à remplir les 
devoirs de sa charge. Il est armé d'une 
épée et d'une lance; il a la baguette de 
héraut dans sa main droite; il se tient 
devant un autel où brûle le feu sacré , et 
sur lequel il vient de faire un sacrifice 
avant de partir pour sa mission. L'idée de 
départ était indiquée , suivant l'habitude 
des artistes grecs , par certains signes de 
convention, tels que les brodequins de 
voyage , la chlamyde jetée sur le liras et 
flottante, et le chapeau suspendu derrière 
le dos. Outre cela, le ceryx avait, à titre 
de prévôt, le droit d'intervenir et de sé- 
parer les combattants , comme on le voit 
par la gravure ci-jointe, prise aussi d'un 




vase d'argile. Il était chargé de con- 
voquer les assemblées du peuple, d'y 
maintenir l'ordre et de surveiller les céré- 
monies d'un sacrifice comme celles des fê- 
tes publiques et privées. 

2. Crieiir public, se rapprochant da- 
vantage du prxco romain; ses attriiju- 
tions consistaient à faire des proclama- 
tions dans les assemblées publiques (Aris- 
toph. Jch, 42, seq.), et à ordonner le 




silence par le son de la trompette dans 



CESTICILLUS. 



CUALATOmuS. 



lU 



lesjeiix nationaux pendant qu'on pronon- 
çait l'éloge solennel (xôpuyi^a) du vain- 
queur (Fabri, Agon. Il , 3 ; Mosebach, de 
Prsecon. vct. § 32-34), comme on le voit 
par la gravure suivante, tirée d'un marbre 
grec du Vatican. Le ceryx est représenté 
commençant à sonner la trompette à côté 
du vainqueur, qui place sur sa tête la cou- 
ronne qu'il vient de recevoir du président 
(àycùvoGÉTyi;), tandis que dans l'autre par- 
tie de la composition luttent deux pan- 

CESTICILLUS. Coussinet de porte-faix 
pour porter des fardeaux sur la tête (Fes- 
tus, s. V.). Comparez Arculus. 

CESTROSPHENDONE (xeaxpoo-çiev- 
SôvY) ). Arme de guerre employée d'abord 
par les soldats de Persée dans la guerre 
de Macédoine : c'était un dard court, dont 
la tête était large de deux empans, attaché 
à une tige de bois grosse d'un doigt et lon- 
gue d'une demi-coudée ; il était muni de 
trois petites ailes de bois semijlables aux 
plumes d'une flèche. On le lançait avec une 
fronde ih\\. xlii, 65; Polyb. xxvii, 9). 

CESTRUM (jce'ffTpov). Sorte de burin 
ou de pointe à gra^er employée dans la 
peinture à l'encaustique sur ivoire. On 
suppose que cet instrument était échauffé 
au feu, que les traits qu'on voulait dessi- 
ner étaient gravés sur la tablette avec la 
pointe, et qu'ils étaient ensuite remplis de 
cire liquide. Toute la question de la pein- 
ture à l'encaustique, ainsi que la manière 
dont on l'exécutait, est restée fort obs- 
cure. (Plin. H. N. XXXV, 41). 

CESTUS (x£aT6ç,sc.'i!J.à;).Dansunsens 
général , tout lieu ou toute attache (A^ar- 
ro, R. R.i, 8, 6); 
mais ce mot est pro- 
prement un adjectif 
grec qui signifie Z^ro- 
rfe; de là vient qu'on 
l'emploie plus sou- 
vent dans un sens 
particulier pour dé- 
signer luceinlitre de 
Vénus, sur laquelle 
était brodé le ta- 
bleau des passions, 
des désirs, des joies 
et des peines de l'a- 
mour (Hom. //. XIV, 214 ; Mart. Ep. vi, 




13; id. XIV, 20G et 207). La gravure que 
nous donnons est prise d'un ])as-relief du • 
Miiseo C/iiaramonti, représentant une 
Vénus drapée dans le style archaïque, par 
conséquent, d'après un modèle très-ancien; 
ce qui lui donne de l'autorité. On remar- 
que que le ccsliis, sur cette figure, est porté 
plus bas que la ceinture de la femme or- 
dinaire {ctngulum, I, et plus haut que 
celle des jeunes femmes [zona ou cirigu- 
luiii , 2). C'est ce qui peut expliquer les 
incertitudes des savants sur la place pré- 
cise du cestiis et le vague apparent des 
passages qui ont conduit quelques-uns à le 
placer au-dessus des reins, comme Winc- 
kelmann, et d'autres au-dessous du sein 
immédiatement, comme Heyne et Vis- 
conti, tandis que, dans la gravure, il oc- 
cupe réellement une position intermé- 
diaire. 

2. Gant porté par les athlètes qui com- 
battaient au pugilat : dans ce sens on 
écrit vulgairement C/ESTUS. Voy. ce mot. 

CETARLE ou CETARlA.Eaux basses 
ou lieux de pèche sur une côte fréquen- 
tés par le gros poisson à certaines époques 
del'annéeet où il estpris parles pêcheurs, 
tels que les parties de la Méditerranée où 
on prend le thon (Hor. Sat. il, 5, 44; 
Plin. H. N., IX, 19). 

CETARII. Classe de pêcheurs qui pre- 
naient le gros j)oisson, comme le f/io/i , 
dans les cetariœ (Varro, ap. Non. s. v. p. 
49), le salaient et le vendaient dans des 
boutiques (Columell.viil, 17, 12;Terent. 
Eim. Il, 2, 2 G). 

CETRA. Petit bouclier rond (Varro, 
ap. Non. s. v. p. 555 et p. 82), couvert 
de peau (Serv. a^ Virg. jEn. vu, 732); 
il était employé surtout par les Africains, 
les Espagnols et les anciens Bretons (Tac. 
Agr. 36). On croit que la forme et le ca- 
ractère de ce bouclier sont conservés dans 
la taige des Écossais des hautes terres. 

CETRATUS. Qui porte la petite targe 
ronde appelée cetra; c'était une arme 
caractéristique de quelques nations bar- 
bares, et non des Romains (Cœs. B. C. 
I, ÎO). 

CHALATORIlIS.F««M (èutTovo;, sous- 
entendu l\i.à.z), corde par laquelle une ver- 
gue est élevée et abaissée sur le mât , et 
qui répond à ce qu'en termes de marine 



142 



CHALCIDICUM. 



CHALCIDICIM. 



on appelle aujourd'hui drisse. Elle était 
'fixée au milieu de la vergue et passée par 
une poulie attachée au mât : de là son 
extrémité descendait sur le pont, où les 
matelots s'en servaient à volonté (Yeget. 
Mil. IV, 15). Ce mot vient prohahlement 
de ynlaM , relâcher, desserrer ou abais- 
ser, et il se rapproche du mot yaXivô:, 
qui désignait une amarre des matelots 

CHALCIDICUM (Xa/.xioi/.ov ). Por- 
tique large , bas et profond, couvert d'un 
toit qui lui était particulier; supporté par 
des pilastres et attaché à l'entrée de face 
d'un édifice où il protégeait la porte prin- 
cipale et formait pour tout l'édifice une 
vaste entrée (Jieccin,de/ Calcidicoe délia 
cripta di Eumacltia, § 21-43), ainsi qu'on 
le voit parla gravure ci-jointe, qui repré- 
sente une construction d'un caractère 
semblable, subsistant encore au devaut 
de l'ancienne église de S. Giorgio in Vela- 
bro , à Rome ; c'était , à ce qu'on croit , 
l'emplacement de la Basilica Semproniana 
au Forum Boarium. Ces constructions ti- 
rèrent leur nom de la ville de Chalcis 
(Festus, s, ?'.), parce qu'elles y furent 
employées , on peut le présumer, pour la 
première fois , ou qu'elles y étaient plus 
usitées qu'ailleurs. On les ajoutait aux 
édifices particuliers aussi bien qu'aux bâ- 




timents pulilics, non comme un pur or- 
nement de la façade, mais comme un abri 
poiu' les personnes qui attendaient au de- 
hors leur tour d'être admises ou qui y 



faisaient leurs affaires; on les ajoutait 
aussi aux palais des rois et des grands per- 
sonnages (Hygin. Fah. 184; Auson. Pe- 
riocft. Odyss. 2Z\Vtoco^. de Mdi fie. Jus- 
tin. I, 10); aux l)asiliques,à la fois cours 
de justice et bourses pour les marchands, 
où elles servaient à abriter les denrées 
dont on trafiquait à l'intérieur ; à la curie, 
hôtel de ville et palais du sénat (Dion 
Cass. LI, 22 ; August, Mon. Aucyran. ap. 
Grut. p. 232, 4); il est probable que les 
esclaves y attendaient leurs maîtres, et 
qu'elles servaient d'asile à la foule qui se 
rassemblait naturellement auprès de tels 
lieux par curiosité ou pour affaires. Le 
caractère extérieur et l'aspect de ces mo- 
numents sont suffisamment indiqués par 
la gravure précédente; et leur plan gé- 
néral, relativement au reste de l'édifice, 
par la suivante , qui donne le plan d'un 
monument considérable élevé à Pompéi 
par la prêtresse Eumachia et consistant 
eu une galerie fermée {crypta , A) , une 
gderie ou\er[e (porticiis, B),quiy confine 
et qui enferme une cour ou area (c) au 




CHALCIDICUM 

centre ; le tout est couvert d'une vaste 
entrée faisant face au forum avec le nom 



CHAMCLCnOS. 



15.3 



de Chalcidicum inscrit sur une table de 
marbre fixée à la muraille. 

CHAMULCHIIS (xa|i.ouXxi6;). Sorte de 
haquet employé pour transporter des ma- 
tières pesantes, telles que de grocs blocs de 
mad)re, des colonnes, des obélisques, etc. , 
qui sont étendues sur le sol. Ce mot vient 
de yo.\Ly.i , à terre, et £>.xa) , tirer. Ces ba- 
quets étaient probablement semblables à 
ceux dont on se sert encore maintenant 
pour le même objet (Ammian. xvil, 
4, 14). 

CHARACTER (yxça-Kx-fip) . En général 
tout signe ou toute marque , gravée ou 
empreinte sur toute espèce de matière , 
comme une devise sur des médailles , des 
sceaux, etc., et, dans un sens plus par- 
ticulier, la marque faite au fer rouge sur 
les flancs des bœufs , des moutons ou des 
chevaux, pour distinguer les races, cons- 
tater la propriété, et pour d'autres des- 
seins de même nature. La gravure repré- 




sente celte marque sur un cheval de 
course d'après un petit bronze antique 
(Columell. xi,2, 14). 

2. Instrument en fer avec lequel on 
faisait de telles marques (Isidor. Orig-, 
XX, 7). 

CHARISTIA (yjxpîaTtx ou y_a.Çii.Tr,nici^. 
Fêtes des charities, banquet de famille au- 
quel on n'invitait que des parents ondes 
membres de la même famille , et dont le 
but était de terminer tous les différends 
qui pouvaient s'être élevés entre eux, et 
de maintenir toute la famille dans l'ami- 
tié et l'union (Val. Max. il, 1,8; Ovid. 
F^asf. II, G17). On célébrait cette fête le 
19 février (viii Cal. Mart.); ce jour avait 
reçu le nom tle « jour des parents » lux 
prop'uKjiiorum (Mart. Ep. ix, 56). 

CHARISTION (xaptffTÎwv). Tout ins- 
trument pour peser; mais quel en était 



le véritable caractère , en quoi différait- 
il de la balance {libra) et de la romaine 
(sfafcra) , on l'ignore (Inscript, ap. Don. 
cl. 2, n" G7 ; Not. Tires, p. 1G4). 

CHARTA (xâpTYiç). Papier à écrire, 
dont Pline énumère huit espèces diffé- 
rentes (//■. lY. XII, 23) : \. Aiigustana, 
appelé dans la suite Claudiana , papier 
de première qualité; 2. Liviana, seconde 
qualité; 3. Hieratica , primitivement la 
meilleure et la même que la chai-ta re~ 
gia de Catulle (xix, 16) ; 4, 5, 6. Am- 
phitheatrica, Saitica, Leneotica , qualités 
inférieures, nommées d'après le lieu de 
leur fabrication; 7. Fanniana, papier 
fabriqué à Rome , et qui tirait son nom 
du fabricant Fannins; 8. Emporetica, 
papier grossier dont on ne se servait 
pas pour écrire , mais seulement pour 
envelopper des marchandises : de là son 
nom, tiré d'un mot grec qui signifie 
marchandise. Ou peut ajouter à cette 
liste : 9. Cliarta dentata, papier dont 
ou avait adouci et poli la surface en la 
frottant de la dent de quelque animal : 
il était brillant et laissait glisser la plume 
comme notre papier satiné (Cic. Q. Fr. 
II, 15; PHn. H. N. xiii, 25); enfin, 
10. Charta bibida, papier transparent 
qui buvait et laissait voir les lettres 
(Plin. Epist. VIII, 15, 2; comparez 
Plin. H. N. XIII , 24). 

CHELE (xo^ô)- Mot grec qui signifie 
pied fourchu ; pattes crochues et dente- 
lées en scie comme celles d'un crabe; 
serres d'oiseau , ou pattes de bêtes féro- 
ces : de là vient qu'on emploie aussi ce 
mot pour désigner plusieurs instruments 
tlifférents qui ont dans leur forme ou 
dans l'usage qu'on en fait une ressem- 
l)lance avec un de ces objets : ainsi une 
aiguille à coudre, un brise-lames pour 
défendre l'entrée d'un port quand il a la 
forme d'une patte ouverte (voyez le plan 
du port d'Ostie au mot Portcs, lettre 
k) ; des pinces ou des tenailles , dont les 
extrémités sont recourbées comme des 
pattes, etc. Chez les Romains, pour une 
raison analogue , on donne le même nom 
à une certaine partie des machines de 
guerre , telles que la hallista et le scor- 
pio , qui étaient une sorte de patte 
faite pour s'ouvrir et saisir la détente 



144 



CHELOXIIM. 



CHIBAUAXICM. 



OU la corde de la machine ; elle la tirait 
en arrière pour produire le contre-coup 
qui lançait le trait (Yitruv. x. II, 7; id. 
X, 10, 4). 

CHELONIUM (/sXwvtov). Crampon ou 
collier fixé aux extrémités des montants 
d'une certaine machine qui remuait de 
pesants fardeaux {machina tracloria). On 
y introduisait le pivot {cardo) d'un es- 
sieu qui tournait avec la roue (sucula) ; 
il ressemblait au crampon dans lequel se 
mouvait l'essieu d'un plaiistrum (Yitruv. 
X, 2, 2). 

2. Crampon du même genre fixé au 
sommet d'un montant dans une autre es- 
pèce de machine pour lever des fardeaux 
(polyspaston) ; on y attachait les poulies 
{troclilese) (Yitruv. "x, 2, 8). 

3. Pièce particulière d'une catapulta 
appelée aussi pu/viiius (Yitruv. x, 10, 5 i. 

CHELYS (/.:).'j;, xsXwvr,). Mot grec 
introduit dans la langue latine par les 
poètes; mais le vrai mot latin est Tes- 
TUDO. Yoy. à ce mot les différents sens 
de chelys, et les gravures qui les expli- 
quent. 

CHEMSCUS ( yY)vi(7xo;). Ornement 
qui ressemblait à la tète et au cou d'une 
oie (/jiv), et qu'on plaçait quelquefois à 
l'arrière des vaisseaiLX f Apul. Met. xi, 
p. 2G0), mais qui, plus fréquemment, 
dans les monuments anciens , se trouve à 
l'avant. La gravure représente trois de ces 




ornements : celui du centre, plus détaillé, 
est tiré d'un ancien bas-relief dont on a 
une copie au Musée britannique ; le se- 
cond, à main gauche, sur l'arrière , de la 
colonne Trajane ; et le troisième, à main 
droite, sur la proue, du Yirgile du Yatican. 
CHENOBOSCION (xr,vogoc7X£(ov). En- 
ceinte dépendant d'une maison de cam- 
pagne ou d'une ferme ; elle servait à 
nourrir et à garder des oies, dont on 



avait de grandes troupes dans quelques 
propriétés (Yarro, R. R. xii, 10, 1). 
Cette enceinte consistait en une cour 
spacieuse située en dehors de la ferme et 
de ses bâtiments (Columell. viil , 1, 4), 
entourée d'un mur haut de 2"^, 74, qui 
formait les derrières d'une galerie ou co- 
lonnade ouverte {porticus) , sous laquelle 
étaient placés les poulaillers ( liarx ) 
pour les oies. Ces poulaillers étaient en 
maçonnerie ou en briquetage ; ils avaient 
chacun 0'",91 carrés et étaient fermés 
sur le devant par une porte. On choisis- 
sait, quand on le pouvait, un emplacement 
près duquel était un cours d'eau ou une 
mare; autrement on creusait un réser- 
voir, et , dans le voisinage, ou à côté, on 
avait une prairie, ou naturelle ou artifi- 
cielle, si le sol le demandait (Columell. 
VIII, 14, 1-2). 

CHILIARCHUS ou CHILIARCHOS 
î^/iX'.âpyr,; ou yO.iapyo;). Commandant 
de mille hommes ; mot employé spéciale- 
ment par les Grecs pour désigner le visir 
persan (Xen. Cyrop. il, 1, 23; Nepos , 
Con. 3), et appliqué par les Romains au 
commandant des soldats qui montaient 
une flotte (Tac. Ânn. xv, 51). 

CHIM.ïRA (yîaa'.pa). Littéralement, 
chèvre dont les poètes et les artistes de 
la Grèce firent un monstre qui lançait du 
feu et qui était un composé de trois ani- 
maux différents ; il avait la tête d'un 
lion et le corps d'une chèvre sauvage qui 
se terminait en une queue de dragon. La 
fable racontait qu'il avait été tué par Bel- 
lérophon (Hor. Ovid. TibuU. Hom. etc). 

CHIRAMAXIUM (y£ipa[xàEiov). Fau- 
teuil de malade à roues, que les mains 
d'un esclave pou- 
vaient pousser en 
avant ou retirer 
en arrière, de la 
même manière 
qu'on le pratique 
encore mainte- 
nant (Petr. Sat. 
28, 4). La figure 
ci-jointe repré- 
sente un fauteuil 
de marbre qui est aujourd'hui au Musée 
britannique, mais qui, dans l'origine, ap- 
partenait aux bains d'Antonin à Rome, 




CIURIDOTA. 



r.IIlIlONOMlA. 



145 



où il servait sans cloute comme sella 
balnearis ou prrtusa; les deux petites 
roues sculptées comme oriiemeuts sur 
les côtés et à l'imitation du fauteuil mo- 
bile eu bois des malades , dans lequel on 
les conduisait aux bains et ou les en ra- 
menait , établissent à la fois le sens du 
mot et montrent l'accord sur ce point 
des habitudes des anciens avec les nôtres. 
CHIUIDOTA (y^EiptûwTÔ;, se. yiroJv). 
Mot grec et adjectif, employé c[nek(uefois 
comme substantif par les Romains (Capi- 
tolin. Perlinax, 8). On donnait ce nom à 
une tunicpte dont les longues manches 
allaient jusqu'à la main (x^'p)» et qui ca- 
ractérisait particu- 
lièrement les races 
asiatiques et celti- 
ques. On en voit 
un spécimen dans 
la figure ci-jointe, 
détachée du groupe 
de Kiobé, qui re- 
présente le gouver- 
neur [pœdagogus) 
des jeunes enfants : 
on choisissait d'or- 
dinaire ces gouver- 
neurs parmi les ha- 
bitants de l'Asie 
Mineure. En Grè- 
ce , aucun homme , et à Rome, personne 
dans les temps anciens, ne portait de tu- 
nique à manches , excepté ceux qui affec- 
taient des mœurs étrangères ou qui étaient 
lâches et efféminés. Aussi, quand on parle 
de personnes ainsi vêtues, c'est toujours 
avec une idée de blâme (Scipio Afr. ap. 
Gell. VII, 12, 2 ; Cic. Cat. Il, 10; Snet. 
Cal. 52). Mais en 
Grèce et à Rome on 
permettait ces tuni- 
ques aux femmes , 
comme le prouvent 
de nombreux monu- 
ments dus aux artis- 
tes tant grecs que ro- 
mains , et comme ou 
le voit dans la gra- 
.vure ci-jointe , prise 
d'une peinture de 
Pompéi ; de là le sar- 
casmequ'on lildans Virgile (^'«.IX;616), 





où les Troyens sont appelés femmes et 
non plus hommes, parce que leurs tuni- 
ques avaient de longues manches. 

CHIRONOMIA (ys.povoixta). Art de 
gesticuler ou de parler avec les mains et 
par gestes , avec ou sans le secours de la 
voix (Quint. I, 11, 17 ). Cet art remon- 
tait à une haute antiquité et était d'un 
grand usage chez les Grecs et chez les Ro- 
mains, au théâtre et à la tribune : c'était 
une nécessité résultant de leur habitude 
de s'adresser à de nombreuses assemblées 
en plein air, assemblées dont la majorité 
n'eût pu comprendre ce qu'on disait sans 
le secours de quelques signes de conven- 
tion qui permettaient à l'orateur de par- 
ler à l'œil aussi bien qu'à l'oreille de son 
auditoire. Ces signes consistaient dans 
certaines positions des mains et des doigts, 
dont le sens était universellement reconnu 
et familier à toutes les classes. La prali- 
((ue en était réduite en un système régu- 
lier, dont on retrouve quelques traces 
parmi la populace de Naples ; on y sou- 
tient de longues conversations seulement 
en gestes et sans qu'un mot soit prononcé. 
11 est difficile de traiter une telle ques- 
tion avec détails dans un ouvrage comme 
le nôtre. Toutefois l'action elle-même 
est souvent représentée sur les vases grecs 
et sur d'autres monuments de l'art anti- 
que par des signes si clairement exprimés 
et tellement semblables pour le caractère 
à ceux qu'on emploie encore à Naples, 
qu'un lazzarone ordinaire, si on lui montre 
une de ces compositions , en expliquera 




du premier coup le sens, qu'un savant avec 
toute son instruction ne pourrait deviner 
(lorio, Miniica degli Jiiticlii, p. 3G9). 
Dans la gravure ci-jointe , par exemple, 
9 



14C 



CHIBOIVOIUOS. 



CHLAMYDATUS. 



qui est prise d'un vase d'argile grec, il 
est évident que les deux femmes sont en- 
gagées dans une querelle ; que la première 
à gauche , qui se porte en avant et qui di- 
rige vers l'autre son index pour la dési- 
gner, la charge d'une accusation que dicte 
le dépit ; tandis que le mouvement en ar- 
rière de la figure à main droite, le jeu de 
son instrument tout à coup interrompu, 
ses bras ouverts et levés, offrent une ex- 
pression fort naturelle de surprise, soit 
réelle, soit feinte. Quant à cela, tout le 
monde l'eût deviné. Mais le sujet de la 
querelle.'' 11 est indiqué par la position 
des mains et des doigts. C'est une que- 
relle d'amour qui vient de lajalousie : car 
le geste eniplojé par un Napolitain d'au- 
jourd'hui pour signifier Va/nour, et qui 
consiste à joindre le bout de l'index et 
celui du pouce de la main gauche , est un 
de ceux que fait la premieie ligure; tan- 
dis que l'autre femme n'exprime pas seu- 
lement la surprise par sou attitude, mais 
encore, en levant sa main droite vers son 
épaule , en tenant tous ses doigts ouverts 
et droits , elle nie l'accusation et s'en dé- 
clare indignée; car tel est le geste em- 
ployé par un Napolitain pour signifier une 
dénégation , surtout quand l'inculpation 
excite son étounement et son déplaisir. 
Ainsi ce petit nombre de gestes repré- 
sente \ni long dialogue. La cause de la 
querelle est sans doute le faune assis, 
qui , pendant qu'il affectait de jouer si ré- 
solument entre les deux demoiselles irri- 
tées , a été découvert faisant des signes 
imprudents à la nymphe au tambourin. 
Sou ancienne passion, qui est derrière 
lui, les a aperçus. 

CHIRONOMÔSet CHIRONOMON (ysi- 
pov6[xo(;ety_£tpovo}j.(I)v). En général, toute 
personne qui se sert de l'art de gesticuler 
pour exprimer sa pensée sans le secours du 
langage, comme on l'a expliqué dans l'ar- 
ticle précédent ; de là, acteur qui exécute 
des pantomimes sur un théâtre ( Juv. Sat. 
VI, 63j, et quiconque s'acquitte d'un de- 
voir à remplir avec des mouvements ré- 
guliers, étudiés ou pareils à ceux de la 
scène. C'est pour cette raison que le même 
terme est appliqué par les satiriques à 
l'esclave qui découpait les plats dans de 
graads festins en agitant pompeusement 



son couteau (Juv. Sat. v, 121 ; cf. Petr. 
Sat. 36). 

CHIhURGUS (xïipoypyS:). Chirurgien 
qui fait deso}iérdlious, distinct du méde- 
cin ordinaire. Le médecin romain [nicdi- 
cus) des premiers temps exerçait ces deux 
fonctions de l'art de guérir ; mais , vers 
le temps de Tiljère, la chirurgie com- 
mença à devenir une profession distincte 
(Cels. Prxf. VII ; Becker, Gallus, p. 224, 
trad. angl. ). 

CHLAMYDA. Même sens que Chla- 
MYS (Apul. Met. XI, p. 25G; Flor. il, 
15,2). 

CHLAMYDATUS (x).a(j.uowT60. Vêtu 
de la clilamys ou manteau grec : ce vêle- 
ment prêtait, par sa nature, à ce qu'on 
le portât d'un grand nombre de manières 
qui avaient toutes des caractères diffé- 
rents , mais auxquelles on s'étudiait à 
donner une bonne tournure et de la grâce 
( Ovid. lUetamurpItus. Il, 7 33). Les plus 
simples et les plus usuelles étaient les sui- 
vantes : 

1. La partie la plus étroite du man- 
teau ( vo) . la figure a main droite , an mot 
CuLAMYSj était passée par derrière au- 
tour du cou , et ou eu rame- 
nait les deux coins au-devant 
de la goige, où ils étaient 
réunis par une boucle , une 
agrafe ou une broche, de 
telle sorte qu'on en pou- 
vait rejeter les pointes der- 
rière les épaules ( demissa 
ex liumeris , Virg. Ain. IV, 
2G3) : le milieu ou la partie 
la plus longue pendait alors 
par derrieie jusqu'aux ge- 
noux, comme on le voit par 
la figure ci-jointe, prise de 
la frise des Panathénées qui est au Musée 
britannique. 

2. Ou bien , un pan de la paitie étroite 
de la figure à main gauche , au mot Chla- 
MVS, était rabattu de manière à former 
une ligue plus longue, puis attaché de 
côté sur l'épaule droite par une bro- 
che, etc. ; de cette sorte, le manteau en- 
veloppait complètement le bras gauche et 
laissait découverts le bras et tout le côté 
droits, pendant que les quatre coins pen- 
daient du même côté parallèlement l'un à 




CHLAHTS. 



Uî 



l'autre, deux par devant et deux par der- I p. 233). Il consistait en un carré oblong 

(l'étoile auquel on attachait des deux cô- 




rière, comme le montre la figure ci- 
jointe, prise d'un vase grec. 

3. Ou bien encore, on en passait un 
côté sur la poitrine et on le jetait sur l'é- 




paule gauche ; il enveloppait ainsi com- 
plètement la partie supérieure de la per- 
sonne juscpi'aux poignets (Apul. Ftor. il, 
15, 2). Cette disposition était surtout 
adoptée pour aller à cheval , comme le 
montre la figure ci-jointe , prise de la 
frise des Panathénées qui est au Musée 
britannique. 

CHLAMYS/^X).a[AÛc). Manteau léger et 
court , venu des habitants de la Thessalie 
ou de la Macédoine : c'est de là ([u'il fut 
importé dans les autres parties de la 
Grèce , et qu'il devint le vêtement de che- 
val ordinaire des jeunes gens d'Athènes, 
depuis le moment où ils étaient ë^-/)- 
6ot jusqu'à l'âge de la virilité (Plut. Alex. 
26; Pollux, X, 124; Apul. Met. x, 




tés une pointe (TtXc'pu^^ quelquefois de la 
forme d'un triangle rectangle, et d'autres 
fois d'un triangle obtusangle; de telle 
sorte que le tout , quand on le déployait , 
faisait un manteau de forme et de dimen- 
sion semblai)les aux figures que nous 
avons données ci-dessus. Les manières 
différentes dont on l'ajustait et dont on 
le portait sont décrites et expliquées dans 
l'article précédent. 

2. A proprement parler, la chlamyde 
faisait partie du costume national des 
Grecs, mais non de celui des Romains, 
i)ien que certains personnages de ce peuple 
l'aient adoptée accidentellement, même 
à une époque ancienne ; ainsi on cite 
L. Scipion et S)lla(Cic. Rab'ir. Pas t. 10; 
Val. Max. ni, 2 et 3), mais comme des 
exceptions. Dans quelques cas aussi ce 
vêtement est prêté aux femmes, à Didon 
par Virgile I.È/i. IV, 137j,età Agrippiue 
par Tacite ( Ann. XII, 5G). 

CHORAGIUM (xopr^yiov). Mobilier, 
décors, costumes, etc., appartenant à un 
théâtre , qui sont nécessaires pour mettre 
une pièce sur la scène ; ce sont , comme 
nos acteurs les appellent , les accessoires 
(Feslus, s. T. ; Plant. Copt. Prol. 00). 

2. Vaste appartement derrière la scène, 
où l'on gardait les accessoires, ou peut-être 
dans lequel les acteurs, et, pour le théâtre 
grec, les chœurs, s'habillaient ou répé- 
taient (Vitruv. V, 9, 1 ; Demosth. de fa/sa 
Légat. 200). Il formait une des dépen- 
dances construites dans les portiques spa- 
cieux sur le derrière d'un théâtre (Vitruv. 
/. c. ) , comme on peut le voir par le plan 
du théâtre de Pompée, donné au mot 
Theatrum. 

3. Espèce de ressort dans les machines 
hydrauliques (Vitruv. X, 8, 1 ). 

CHOHAGUS. Celui qui fournissait les 
décors, les ornements, les costumes, etc., 
nécessaires pour mettre une pièce eu 



148 



CnORAULES. 



scène à Rome; quelquefois il faisait ces 
dépenses à ses frais, mais le plus souvent il 
disposait de fonds siu' des contributions 
imposées à tous les citoyens et que lui re- 
mettaient les édiles (Phin.Pers.l ,3, 7 8;. 

2. ( XopTiYOç). Chez les Grecs , le cho- 
rége était celui qui faisait les dépenses 
pour monter un cliaiir, et celui qui con- 
duisait le chaur était quelquefois dési|^né 
par le même nom. 

CHORAULES et CHORAIJLA (/opau- 
Xyi;). Musicien qui accompagnait sur la 
double flûte le chœur du théâtre grec, ou, 
en général, des chanteurs dans un con- 
cert, par opposition à Vaidadus, qui 




jouait des solos sans accompagnement vo- 
cal (Suet. Galb. 12 ; Plin. H. N. XXXVII, 
3;Mart. Ep. ix, 78j. On voit le costume 
et l'instrument de ces exécutants dans la 
figure ci-jointe , prise d'un dessin de Ful- 
vius Ursinus , à la bibliothèque du Vati- 
can, fait d'après une statue découverte sur 
la voie Appienne et portant inscrit sur sa 
base le mot Choraules. 

CHOREA (;(op£Îa). Danse en chœur, 




c'est-à-dire dans laquelle ceux qui l'exé- 
cutent se prennent par la main , forment 
un cercle et dansent au son de leurs pro- 
pres voix, comme le représente la gravure, 
tii ée d'une peinture dans les baius de Ti- 
tus , à Rome (Virg. Cul. 19; Ovid. Met. 
VIII, 581 ; Claud. B. Gild. 4 48). 

CHOHOBATES. Instrument employé 
pour prendre le niveau de l'eau et celui 
du pays par lequel on doit la conduire 
(Vitruv. vin, 5,1). 

CHOROCITHARISTA. Musicien qui 
accompagne un chœur de chanteurs sur 
la c'itliara (Suet. Dom. 4). 

CHORS, CORS ou COHORS (xopTo;). 
Ferme ou cour de ferme constituant une 
des dépendances principales d'une maison 
de campagne, oii tout le bétail, porcs, vo- 
laille , etc., tait gardé, enfermé, et avait 
ses fourrages. C'était une large cour cou- 
verte de litière dont on voulait faire du 
fumier pour les champs; elle avait un 
réservoir où l'on abieuvait le bétail quand 
on l'amenait pour la nuit ; elle était close 
par de nombreux bâtiments comj)renant 
des hangars pour les chars , les charrues 
et les instruments de labourage, ainsi que 




des écuries, des étables à porcs, des éta- 
bles pour le bétail et autres animaux do- 
mestiques [turha cortis, Mart. Ep. lll, 
58 ) , qui formaient le mobilier vif de la 
ferme (Varro, L. L. v, %%; R. R. \, 
1 3 , 2 et 3 ; Vitruv. vi , 6 , 1 ). La gravure 
ci-jointe , qui représente la cour dans la- 
quelle les compagnons d'Ulysse furent 
gardés quand ils étaient changés en porcs, 
d'après une miniature du Virgile du Va- 
tican, servira à donner une idée du plan 
et du caractère général d'une ancienne 
cour de ferme et de ses dépendances. 

2. Bergerie faite de claies et de lilets, 
et établie sur les lieux on paissaient les 
troupeaux pour les protéger pendant la 
nuit (Varro, R. R. il, 2 , [)). C était aussi 
une enceinte permanente, entourée de 



149 



hauts murs de pierres, dans laquelle 
on- logeait les moutons (Columell. vu, 
3, 8). 

CHORUS (yopô;,). Troupe ou compa- 
gnie de personnes occupées à danser et à 
chanter, surtout quaud leurs chants et 
leurs dau'ies étaient exécutées en l'honneur 
de quelque divinité ou comme partie du 
culte (Cic. P/iil. V, G; Virg. .En., vi, 
657; VIII, 718; Suet. Cal. 37; Hor. Od. 
I, 1,31). 

2. Chœur de chanteurs dans un spec- 
tacle dramatique sur le théâtre grec. 
Ceux qui en faisaient partie étaient tout 
à fait distincts des acteurs, quoiqu'ils 
jouassent parfois le rôle d'interlocuteurs. 
La poésie dramatique des Romains n'a- 
vait pas de chœurs (Hor. ,^. P. 193, 20i, 
283; Au!. Gell. xix, 10). 

3. Danse en chœur ou en rond (Mart. 
Ep.iv, 44; cf. Tibull. ii. S, 88); même 
sens que Chorea : voyez la gravure à 
ce mot. 

CHRYSENDETÂ (ypuaévosta). Nom 
donné à une espèce particulière de vais- 
selle dont les Romains opulents se ser- 
vait pour leurs tables , mais dont on 
connaît mal la forme précise; seulement 
le nom lui-même et les épithètes qu'on y 
joint semblent indi([uer que ces objets 
avaient une base d'argent, avec des orne- 
ments en or, soit appliqués comme des 
pièces de marqueterie , soit ciselés en 
relief (Mart. Ep'igr. il, 43; vi, 94; 
XI, 29; XIV, 97; cf. Cicer. Verr. iv, 
21-23!. 

CHYTRA (yÛTpa). Espèce commune 
de poterie en usage chez les Grecs et 
employée pour faire 
bouillir, pour apprêter 
un mets et pour d'au- 
tres besoins journa- 
liers; elle était laissée, 
par conséquent , dans 
sou état naturel d'argile rouge, sans or- 
nement ou peinture i Aristoph. Pac. 923 ; 
Athen. ix, 73; Cato, R. R. 157, 11, 
où cependant quelques éditeurs lisent 
scutra). La gravure ci-jointe représente 
la forme de ces pots, suivant Pauofka, 
Reclierches sur les véritables noms des 
vases grecs, I, 28. 

CHYIROPUS (xuTpôuou;). Chjtra 





avec pieds , qu'on pouvait par conséquent 
mettre sur le feu sans 
la placer sur nu trépied, 
comme on le voit par la 
figure donnée ici , d'a- 
près Pauofka ( Hesiod. 
Op. 7 4G; Vulg. Le%'it. 
XI, 35). 

CIBILLA. Leçon de quelques éditions 
dans lui passage de Yarron (L. L. 118), 
pour CiLLiBA). Yoy. ce mot. 

CIBORIUM ( x'.goipiov). Littéralement, 
la gousse de la fève égyptienne ( coloca- 
sia); puis vase à boire inventé par les 
Grecs et appelé ainsi à cause de sa forme 
semblable à celle du fruit ( Hor. Od. ii , 
7, 22; Schol. Yet. adh.l.; Athen. xi , 

CICONIA. Littéralement , cigogne; ce 
mot s'appliquait aussi à un geste de 
pantomime qui exprimait la raillerie ou 
le mépris; il consistait à courber l'index 
comme nu cou de cigogne , et à le diriger 
vers la personne dont on se moquait , en 
abaissant et en relevant par un mouve- 
ment rapide les deux articulations supé- 
rieures (Pers. I, 58; Hieron. Epist. 125, 
18). 

2. Machine employée parles fermiers 
pour vérifier le travail d'un ouvrier dans 
la culture à la bêche , et s'assurer si tou- 
tes les tranchées avaient une largeur et 
une profondeur uniformes et convenables. 
Elle consistait en un montant avec nue 
barre transversale qui y était fixée à angle 
droit, et qui lui donnait la forme d'un T 
renversé : la liranche la plus longue me- 
surait la profondeur; les deux bras plus 
coiu'ls , la largeur de la tranchée ( Colu- 
mell. m, 13, 11 ). 

3. Ciconia composita. Machine du mê- 
me genre que la précédente , mais moins 
simple, imaginée par Columelle pour 
remédier aux inconvénients qui avaient 
lieu dans l'emploi de la ciconia et qui 
occasionnaient de fréquentes disputes 
entre le fermier et ses gens, sans qu'il 
pût être sur de n'être point trompé. En 
effet, il fallait un coup d'œil très-juste 
pour voir si l'instrument était placé droit 
dans le sillon et non point eu biais , ce 
qui eût fait paraître la tranchée plus pro- 
fonde qu'elle ne l'était réellement. Dans 



150 




ce but , Columelle ajouta deux barres 
transversales à la machine primitive; il 
les y cloua dans la for- 
me de la lettre X et 
suspendit un cordeau 
et un plonilj au point 
de leur intersection. 
Ainsi les extrémités 
des barres transversales 
et la pièce sur la- 
quelle elles portaient, 
servaient à constater la 
largeur de la tranchée en haut et en bas, 
et montraient si les côtés en étaient creu- 
sés d'une façon toujours uniforme ; la hau- 
teur de l'instrument mesurait la profon- 
deur exacte de la tranchée; et le cordeau 
prévenait les disputes en indiquant tout 
d'abord si on avait placé l'instrument dans 
une position horizontale ou non (Colu- 
mell. III, 13, 12). La gravure ci-jointe 
n'est pas tirée d'un original antique : c'est 
un dessin conjectural de Schneider, d'a- 
près la description de Columelle. Nous le 
reproduisons ici parce qu'il donne une idée 
plus exacte de l'objet que les mots seuls 
ne le pourraient faire. 

4 . iS'om donné par les anciens Espagnols 
à une machine pour tirer de l'eau d'un 
puits, machine à bascule 
que les lîomains appelaient 
T0LLK>'0 (Isidor. Orig. 
XX, 1.S, 3). 

CICUTA. Littéralement 
c'igue. Par extension, ce 
nom a été apjdiqué à des 
objets faits des tiges de 
cette plante, surtout aux chalumeaux de 
Pan (Virg. Ed. ii, 3G; Lucret. v, 1382). 

CICUTICEN. Celui qui joue du chalu- 
meau fait de tiges de ciguë Sillon. C^r/H. l, 
16). La gravure ci-jointeest liréed'unepe- 
tite figureen ivoire du musée de Florence. 

CIDARIS (/(-yapi; et xitapt:,). Bonnet 
royal porté par les rois 
de Peise, d'Arménie et 
de Parthie; il avait une 
forme hante, roide et 
droite, et était eutouié 
d'un diadème bleu à 
points blancs (Curt. m, 
3). Tous ces détails, ex- 
cepté la couleur, sont 






visibles dans la figure ci-jointe, qui repré- 
sente Tigrane , roi d'Arménie , d'après 
une médaille syrienne. 

2. Bonnet porté par le grand prêtre 
des Juifs ( Hieron. Epist. G4 , 2 et 1 3 ). 

CILIBANTUM. Table à boire de forme 
circulaire, supportée par trois pieds; les 
tailles circulaires avec un 
seul pied avaient un nom 
spécial, monopodia. Des 
tables de cette espèce sont 
fréquemment représentées 
dans les peintures de Pom- 
péi ; nous en donnons un ' 
spécimen dans la gravure ci-jointe : elle 
porte les vases à boire {cupides , capulx) 
comme le mentionne Yarron ( L. L. v, 
121). 

CILICIUM (y.O.i'xtov). Espèce d'étoffe 
grossière, faite de poil de chèvre, qu'on 
employait à plusieurs usages, plus parti- 
culièrement sur la flotte et dans l'armée : 
elle ressemblait probablement à celle 
dont on fait maintenant les sacs à char- 
bon et les muselières de cheval (Cic. 
T'err. Il, 1 , 38; Liv. xxxvill, 7; Yegct. 
Mil. IV, 6; Serv. ad Virg. Georg. m, 
313). 

CILLIBA (xi).).îgaO. Mot grec, signi- 
fiant littéralement le tréteau qui forme 
toule espèce de support. Il fut ensuite adop- 
té chez les Romains pour désigner une ta- 
ble de repas de forme carrée, supportée par 
des tréteaux, comme on le voit par la gia- 
vure, prise du Virgile du Vatican, qui 




représente la table à laquelle mangeaient 
les compagnons d'Ulysse, quand ils furent 
changés en bètes. Ces tables carrées 
étaient employées d'habitude par les pre- 
miers Romains; mais elles tombèrent 
]ieu à peu en désuétude avant l'époque de 
Varron , oii l'on adopta généralement la 
forme circulaire. 11 y avait exception 



ISl 



dîms les camps, pour les repas des sol- 
dats , où la forme ancienne fut conservée 
comme plus commode (Varro , L. L. v, 
118). 

CINiEDUS (xîvaiôo:). Maître de 
danse, qui apprenait l'art de la danse 
dans une école (Scipio Afr. ap. Macroh. 
Sat. II, 10; Nonius , s. v.; Plaut. Mil. 
m, 73). Dans l'origine, quand cet exer- 
cice était restreint aux danses religieuses 
et guerrières , on ne le regardait pas 
comme malséant ; mais avec la corrup- 
tion des mœurs , quand les danses mimi- 
ques et lascives furent exécutées sur le 
théâtre , le nom de cinsdus fut donné à 
ceux qui s'y livraient; ensuite, et dans 
uu sens plus indéterminé, il devint un 
terme injurieux appliqué à tous les hom- 
mes enclins aux déjjauches dont se souil- 
laient , au su de tout le monde , les dan- 
seurs de théâtre. 

CINCINNATUS. Personnage dont les 
cheveux étaient frisés en longues boucles 
ou tire-bouchons, chicinni (Cic. in Sénat. 
5; pro Sext. 11). 

CINCINNUS [il^V). Boucle ou long 
tire-Ijouchon , pareil au tortillement 
d'une frange (Cic. Pis. 
11), ou à la vrille d'une 
vigne (Varro, R. R. I, 31, 
4), comme on le voit dans 
la ûgure ci-jointe, tirée de 
la colonne Trajane. Quoi- 
que les cheveux forment 
naturellement des jjoucles 
de cette espèce, le mot 
cincinnus implique eu général que les 
boucles étaient formées artificiellement 
par l'acliou des fers à friser. 

CINCTICULUS. Diminutif de CiNC- 
TCS ; jupon court , porté autour des reins 
par les jeunes garçons , comme les hom- 
mes portaient le cinctus (Plaut. Bacch. 
III, 3, 28). 

ClSCTORlUM. Ceinturon porté autour 
de la ceinture pour attacher l'épée 
( Mêla , II, 1 , ) par opposilion au baudrier 
(baltciis) qu'on passait sur l'épaule. Les 
consuls, les tribuns et les officiers supé- 
rieurs de l'armée romaine , sont toujours 
représentés, sur les colonnes et les arcs 
de triomphe, avec leurs épées attachées 
à uu cinctoriiwi , comme dans la gravure, 




prise d'un bas-relief du Capitole à Rome ; 




mais les simples soldats portent les leurs 
susjiendues à un balte us. 

CIN'CTUS, lis {ù<.6X,ui\}M, TtepîÇwjAa). 
Sorte de jupon, pareil au hilt écossais. 




allant de la ceinture aux genoux ou à peu 
près; il était porté, dans l'origine, au 
lieu de tunique , par les hommes dont 
les occupations étaient rudes ou exi- 
geaient une grande activité (Isidor. Orig. 
XIX, 33, 1 ; Varro, L. L. v, 114). On le 
voit par la gravure ci-jointe, tirée d'une 
lampe en terre cuite. 

2. Ceinture portée sur la tunique 
(Plin. H. N. XXVIII, 9; Suet. Neru, 51); 
même sens que ClXGCLA et CiNGULUM, 3. 

3. Cinctus Gahiniis. Manière particu- 
lière d'ajuster la toge (Liv. v, 40; 
VIII, 9 ) ; on en jetait un pan sur la tête 
et on passait l'autre par derrière autour 
des reins (Serv. of/Viig. y£«. vil, GI2), 
de manière à former pour l'œil comme 



152 CINCTCS. 

une ceinture, ainsi que le montre la 



cmGiLLcn». 




figure ci-joinle, prise du Virgile du Va- 
tican. 

CINCTUS , a, uni. En général , qui 
porte un baudrier ou une ceinture, quelle 
qu'elle soit. Ce mot était employé pour 
les deux sexes, pour les femmes qui por- 
taient une ceinture, ou sous le sein (Ovid. 
Met. VI, 59; voy. Cikgulum, 1 ), ou 
autour des reins (Curt. ui, 3; voy. CiN- 
GULUM , 2 ) ; et pour les hommes qui por- 
taient une ceinture sur leur tunique 
(Plant. Cure, il, 1, 5; voy. CmouLUM 
3 ) ou leurs épées attachées à un ceintu- 
ron {giadio cinctus, Liv. xxxviii, 21 ; 
voy. Cinctorium) ; et pour les chas- 
seurs qui portaient leurs couteaux dans 
ime ceinture [cultro venatorio cinctus, 
Suet. ^ug. 35 et 19). 

2. Cinctus alte. Voyez Alticinctcs. 

CINCTUTUS. Vêtu à la mode des pre- 
miers temps, c'est-à-dire ne portant 
qu'un court jupon autour des reins (cinc- 
tus, Tr£pi(:;o)p.a), comme on l'a vu dans 
l'avant-dernière gravure (Hor. J. P. 50; 
Ovid. Fast. v, 101; cf. Plut. Âom. 
21). 

CINERARIUM. Niche dans une tombe, 
où l'on pouvait placer une grande urne 
cinéraire on un sarcophage , par opposi- 
tion au columlmrium q\ii était de dimen- 
sions plus petites et fait seulement pour 
recevoir deux pots, ollœ (Inscript, ap. 
Grut. 850, 10; o/j. Fabrett. 16, 71. 

CaLPURNIA EMIT COLUMLAKIA N. IV. 
OLLAS N. VIII ET CINERARIUM MEDIA- 

NDM). La gravure, qui représente un 
côté d'une chamijre sépulcrale, tel qu'on 
l'a trouvé dans les fouilles, offre une 



disposition semblable à celle dont parle 
l'inscription précédente, avec deux co- 




lumbaria au bas , au-dessus desquels est 
le même nombre de niches pour des ur- 
nes cinéraires , et une plus considérable 
au centre (cinerarium medianuni) avec 
son sarcophage. 

CINERARIUS. Esclave qui se tenait 
aux ordres de Voriiatrix pendant qu'elle 
coiffait sa maîtresse. Sa principale fonc- 
tion consistait à faire chaufferies fers à 
friser dans les cendres ( cineres ) , d'où 
lui venait son nom (Varro, L. L. v, 129). 
11 faisait aussi quelquefois l'office de bar- 
bier (CatuU. 61, 138; Seneca, Constant. 
Sap. 14 ). 

CINGILLUM. Diminutif de Cingclum. 
Dans un passage de Pétrone [Sut. 07, 4), 
le seul où ce mot se trouve, il est claire- 
ment employé pour désigner un vêtement 
de femme qui se portait sur la partie su- 
périeure du corps, et qui, partant des 
épaules , descendait un peu plus bas que 
la ceinture. Quand Fortuuata paraît au 
banquet de Trimalciou, elle porte un 




cingillum jaune qui laisse voir une tu- 
nique couleur de cerise ; la tunique est 



153 



assez courte pour qu'on puisse apercevoir 
les anneaux ])récieux (pii entourent ses 
chevilles et ses souliers grecs : Galblno 
siiccincta cingillo , ita ut iiifra ceras'ina 
apparerct tun'ica, et perhcelides tortœ 
plixcasiw(jue inauratse. Par conséquent , 
le cirii^illiim doit avoir ressemblé à ce que 
nous appelons maintenant une jaquette 
ou un jpe/iser. On trouve fréquem- 
ment des vêtements semblables dans les 
peintures de Pompéi , et c'est sur une de 
ces peintures que notre gravure est copiée. 
Si la tunique était seulement tirée un peu 
plus haut par-dessus la ceinture, de ma- 
nière à découvrir les pieds et les chevilles, 
il y aurait accord complet entre noire fi- 
gure et la description. 

CINGL'LA. Saiig/e ou surfaix Je san- 
gle par lequel était attaché le coussinet 




de la selle , comme dans la gravure, tirée 
de la colonne de Marc-Aurèle (Ovid. Bem. 
Am. 23G; Calpurn. Ecl. vi, 4t). 

2. Ceinture qu'un homme porte au- 
tour des reins (Ovid. Art. Jm. m, 444) ; 
voy. CiNGULCM ,3,4. 

CINGULUM (xaivtot). Bandeau ou cein- 
ture portée par les 
femmes sur leur tu- 
nique , immédiate- 
ment au-dessous du 
sein, pour que le vê- 
tement ne fût pas 
lâche et eût bonne 
tournure , comme on 
le voit dans la gravure 
ci-jointe d'après une 
statue grecque (Isidor. 
Orlg. XIX , 33, 1 ; 
Yirg. Mit. 1 , 492 ). 

2. (ÎIwvYi ). Ceinture portée aussi ])ar 
les femmes et surtout par les jeunes fem- 
mes qui n'étaient point encore mariées ; 
elle était attachée plus bas que celle des 





femmes mariées, juste au-dessus des han- 
ches , comme on le voit _ 
par la gravure ci-jointe, 
qui représente Electre 
d'après un marbre trouvé ^-^vii 
à Herculanum, avec la,'/5^\^M 
ceinture dessinée à côté, t 
d'après un vase grec. 
Dans ce sens , on appli- ' 
que aussi ce terme à la 
ceinture de Vénus (Fes- 
tus , s. i\; Yalerius 
Flaccus , VI, 470). Voy. i^ 
le mot Cestl's. 

3. (î^toaTYip). Ceinture d'homme por- 
tée autour des reins et sur la tunique , 
comme on le voit 
par la gravure , prise 
d'une statue à Na- 
ples. On y portait sus- 
pendus toute sorte de 
petits objets , et elle 
servait surtout à rac- 
courcir la tunique , 
dans des exercices 
qui demandaient de 
l'activité. On le fai- 
sait en tirant par-des- 
sus la partie infé- 
rieure à une hauteur suffisante ( Petr. 
Sat. 21, 2 ). Voy. Altici^'ctcs. 

4. ([XiTpa, Ç(i)(jTrip, î^o'ivr,). Ceinturon 
de soldat, fait de métal ou de cuir plaqué 
"de métal, que l'on portait autour des reins 
pour assurer le bas de la cuirasse (voy. la 
gravure au mot Clypeatls , 1 ) et pour 





protéger le ventre. Le ceinturon était at- 
taché par des crochets, comme on le voit 
dans la gravure , prise d'un modèle en 
bronze trouvé dans la tombe d'un guer- 
rier à Pffistum; par-dessus était aussi 
attaché par une courroie le ceinturon 
auquel l'épée était suspendue ( cincto- 
rium). De là vient que Virgile, en décri- 
vant l'armure de Pallas (.£/?. Xll, 942), 
comprend ces deux ceinturons sous le 
pluriel cingula; le baudrier passant sur 

9. 



154 



cmClTORES. 




l'épaule {balteus), qui supportait le bou- 
clier, est mentionné à part. 

5. ( 6'.dt!^(.)u.a, T:£f-(^o>[ja ). Partie du 
Te tentent des femmes, semblable au cinc- 
tus des hommes (Var- 
ro, L. L. y, 114) : 
elle consistait en un 
jupon court, descen- 
dant de la ceinture 
aux genoux . qui était 
porté dans les pre- 
miers temps au lieu 
de tunique, surtout 
par les femmes qui 
menaient une vie ac- 
tive ou laborieuse ; 
de là vient qu'on le 
donne d'habitude aux Amazones sur les 
vases d'argile. C'est d'un de ces vases 
qu'est prise notre gravure. 

CINIFLO. Esclave attaché aux fem- 
mes d'une maison, et dont la fonction 
consistait ou à faire chauffer les fers pour 
Vornatriv (Schol. Acron. ad Hor. Sat. i , 
2, 98) , quand elle coiffait sa maîtresse ; 
ou , suivant Servius ( ad Virg. yEit. xii, 
611), à se procurer et à donner la poudre 
(ci/lis) pour faire prendre à leurs che- 
veux une teinte légère de blond-cendré. 

CIPPUS (axrilr,). Poteau ou pilier de 
pierre, court et rond, qu'on plaçait pour 
marquer les limites entre des terres ou 
des nations voisines (Simplic. ap. Goes, 
p. 88). La gravure représente une de ces 
])ierres , conservée maintenant au musée 
de Vérone. L'inscrip- 
tion (c'est une des plus 
anciennes inscriptions 
romaines authentiques 
qui existent ) nous ap- 
prend qu'elle fut pla- 
cée par AliliusSaranus, 
qui fut envoyé par le 
sénat comme proconsul pour terminer 
entre les habitants d'Ateste (Este) et de 
Vinceutia ( f'icence) un différend relatif à 
leurs limites. 

2. Pilier bas, quelquefois rond , mais 
plus souvent rectangulaire , élevé comme 
pierre tunuilaire sur la place où une per- 
sonne était ensevelie, ou employé comme 
tombe , pour contenir les centlres après 
qu'elles avaient été recueillies du inicher 



par les personnes qui ne pouvaient faire 
la dépense d'une construction plus impo- 




sante (Pers. I, 3T). La gravure représente 
une perspective et une coupe d'un cip- 
pus qui se trouvait autrefois sur la voie 
Appienne ; la section à main gauche mon- 
tre le couvercle mobile et la cavité pour 
recevoir les cendres. 

3. Fort poteau , fait du tronc d'un ar- 
bre dont on avait coupé les petites bran- 
ches, qu'on avait aiguisé eu pointe et eu- 
foncé dans le sol , pour former une pa- 
lissade dans des défenses de campagne 
(Ca-s. IJ. G. yii, 7 3). 

CIRCIINUS (ôiotofifriç ), Compas em- 
ployé par les architectes , les maçons et 
les sculpteurs, pour tracer des cercles, 
mesurer des distances ou prendre l'é- 
paisseur des solides (Cœs. B. G. i, 38; 




Vitruv. IX, 8, 2 ). La gravure représente 
trois sortes de compas, pareils à ceux 
dont on se sert encore maintenant , à 
droite un compas de proportion, à gau- 
che un compas de calibre , et au centre 
un petit compas commun : tous sont pris 
d'originaux trouvés à Pompéi. 

CIHCITORES. Surveillants des aque-. 
ducs romains , dont les attributions cou^ 
sistaient à visiter les différentes lignes 
pour voir si quelques parties avaient be« 



155 



soin de réparafions , si l'on n'avait pas 
commis de fraude en introduisant des 
tuyaux sans autorisalion , pour distraire 
l'eau injustement ou pour en tirer une 
quantité plus grande que celle que con- 
cédait la loi (Frontin. Aq. 117 ). 

2. Dans les armées romaines, déta- 
chement choisi pour faire la ronde à cer- 
tains intervalles et voir si toutes les gardes 
étaient régidièrement montées, et si toutes 
les sentinelles étaient à leur poste (Veget. 
Mil. m, 8 ; Inscript, ap. Murât. 540, 2 ). 

3. Marchands voyageurs, emplojés par 
certaines fabriques et maisons de com- 
merce pour porter et vendre leurs pro- 
duits (Ulp. Dig. 14, 3, 15). 

CIRCUITOH. Gardien employé dans 
une ferme ou une villa de campagne, pour 
faire la ronde et préserver de dégâts les 
jardins et les champs (Petr. Pr/<7/?. IG, 1). 

CIHGULATOR. Jongleur amlndanl ou 
charlatan qui allait de pays en pays pour 
gagner de l'argent en faisant des tours 
de passe-passe (Celsus, v , 27 , 3 ; Apnl. 
Met. 1, p. 3 ); ou bien qui élevait des 




animaux ( Paul. Dig. 47 , 11,11), comme 
on le voit par la gravure ci-jointe, prise 
d'une lampe en terre cuite. 

CIRCULUS (xûkXo;). Cercle. Ce mot 
s'appliquait par extension à différentes 
choses qui ont une forme circulaire; ainsi : 

1 . Le cercle d'un baril [cupa) qui re- 




voit par le spécimen ci-joint d'un baril 
romain, pris de la colonne Trajane (Petr. 
Sat. GO, 3; Plin. H. N. XIV, 27 ; XVI, 
30). 

2. Espèce particulière de gâteau ou de 
biscuit auquel on donnait la forme d'un 
cercle (Varro, L. L. v, lOG ; Vopisc. 
Tac. G). 

3. Plat circulaire, dans lequel on ap- 
portait les mets qu'on plaçait sur la tai)le 
(Mart. Ep. xiv, 138) , comme on le voit 




par la figure, prise du Virgile du Vati- 
can. Beaucoup de plats étaient seulement 
passés à tour de rôle aux convives sans 
être posés sur la table. 

4. Large i)ande dans la sphère, qui con- 
tient les douze signes du zodiaque et re- 
présente la marche du soleil à travers ces 
signes , comme on le voit par le spécimen 
ci-joint, pris d'une peinture de Pompéi 
(Aul. Gell. XIII, 9, 3). 




5. Cercle imaginé dans le ciel ou tracé 
par les astronomes sur le globe céleste. 




lie eusemble les douves, comme ou le pour désigner certaines régions du ciel 



156 



CmCUMCIDANEUS. 



et expliquer la marche des planètes , 
comme on le voit par la gravure ci-jointe, 
prise d'une statue d'Atlas portant le ciel 
sur ses épaules ( Varro, L. L. vi, 8 ; Cic. 
Somu. Sc'ip. 3 ; Ovid. Met. il, 61 G). 

CIRCUMCIDANEUS. Littéralement, 
coupé tout autour; on se servait de ce 
mot dans un sens particulier pour dési- 
gner une qualité inférieure de vin nou- 
veau ou de moût ohteiui par des pres- 
sions répétées. Afin d'entendre distincte- 
ment le sens du mot et la qualité de l'ob- 
jet qu'il désigne, il faut seulement se rap- 
peler que, lorsque les grappes intactes 
avaient été écrasées dans une cuve sous 
les pieds nus, les tiges et les peaux 
qui restaient étaient portés en bloc au 
pressoir (torcular), et là, soumis à l'ac- 
tion d'iuie poutre puissante {prehim ) 
qu'on vissait sur eux : elle leur faisait 
rendre tout le jus qu'ils pouvaient encore 
contenir. Dans cette opération, une par- 
tie de la masse sortait naturellement et 
s'élevait autour du bord des surfaces qui 
l'évasaient, sans qu'elle eut été complète- 
ment pressée. En conséquence , on la clé- 
tacliait tout autour avec un couteau et on 
la replaçait sous la poutre : le jus qu'elle 
rendait était le circumc'idaneum. Quand 
la masse des peaux était enfermée dans 
un panier {fîicina) ou entre des lattes de 
bois {regulx), afin que rien n'en sortît , 
on ne faisait pas de clrcumcldaneum. 
( Cato, R. R. 23, 4 ; Varro, R. R. i, 24 ; 
Columell. XII, 3G; Plin. H. N. xiv, 23 
et 26). 

CIRCUMSITIUM (Varro,7?. R. i,54) , 
même sens que Circumcidaneum. 

CIRCUMCISORIUM. Instrument dont 
les vétérinaires se servaient pour saigner 
le bétail aux pieds (Veget. T"et. i, 2G). 

CIRCUS (>ttpxo;, Polyb. xxx, 13, 2). 
Cirque romain , qui , dans l'origine, n'é- 
tait rien qu'un espace plat et découvert 
autour duquel on élevait des échafauds 
de bois provisoires pour recevoir les spec- 
tateurs. Même avant l'expulsion des rois, 
ini édifice permanent fut construit pour 
cet usage sur un plan régulier, et toujours 
conservé dans la suite, jusqu'à la dissolu- 
tion définitive de l'empire. L'édifice en- 
tier, avec l'arène et ses dépendances, était 
compris sous le nom généial de cirque 



(Liv. I, 35; Varro, L. L. v, 135 ; Dionys. 
m, G8). 

Ou donna au plan une forme oblongue, 
finissant à une des extrémités en un demi- 
cercle et fermé à l'extrémité opposée par 
des bâtiments appelés la ville ( oppidum); 
sous lesquels étaient placées les écuries 
{carceres) pour les chevaux et les chars, 
marquées AA dans la gravure, qui repré- 
sente le plan d'un cirque subsistant en- 
core et bien conservé sur la voie Appienne, 
près de Rome : il est connu vulgairement 
sous le nom de Cirque de Caracalla. Un 
mur bas et étendu (spina , b sur le plan ) 
était élevé en long dans l'arène, de ma- 
nière à la diviser, comme une barrière , 
en deux portions distinctes ; et à chacune 
de ses extrémités était placée une borne 
(meta), autour de laquelle tournaient les 
chars ; la plus proche des écuries (c) s'ap- 
pelait meta prima ; la plus éloignée (d) , 
meta secu/ida. On remarquera que, dans 
notre plan, les deux côtés du cirque ne 
sont pas tout à fait parallèles , et que la 
spina n'en est pas également distante. 
Peut-être est-ce une exception qui n'a- 
vait lieu que dans les constructions d'une 
étendue restreinte comme celle-ci , pour 
donner plus de place aux chars au com- 
mencement de la course, quand tous par- 
taient de front ; mais, quand ils avaient 
tourné la borne du bout (d), ils étaient 
plutôt en colonne qu'eu ligne, et en con- 
séquence il suffisait d'un espace moins 
large dans cette partie de la course. C'est 
pour une raison analogue que la corne 
droite du cirque est plus longue que la 
gauche , et que les écuries (aa) sont dis- 
posées sur mi segment de cercle dont le 
centre tombe exactement au point e, éga- 
lement éloigné de la première meta et du 
côté de l'édifice où la course commen- 
çait. On voulait que tous les chars, au 
moment où ils sortaient de leurs écuries, 
eussent à franchir la même distance avant 
d'atteindre l'endroit d'où l'on partait, si- 
tué à l'entrée de l'arène : là une corde 
l)lanchie à la craie (all/a linea, e) était 
fixée en travers à deux petits piliers de 
marbre (hermulee) et détachée d'un côté 
aussitôt que tous les chevaux se trou- 
vaient de front et qu'on avait donné le 
signal du départ. L'édifice construit en 



dehors ( au point F ) est la tribune de 
l'empereur ( puivinar ) , et celui qu'on 
voit du côté opposé (g) est, on le présume, 
destiné au magistrat (editor spectaculo- 



CIRRUS. 157 

ritm) qui faisait les frais des jeux. Au 
centre de l'extrémité occupée par les écu- 
ries était une belle entrée appelée /^or/n 
poinpœ (n), par laquelle passait le corlége 




du cirque avant le commencement des 
courses ; une autre était élevée à l'extré- 
mité circidaire 'i) et appelée porta triitm- 
phalis, par laquelle les vainqueurs sor- 
taient du cirque comme en triomphe ; une 
troisième ouvrait sur le côté droit (k), ap- 
pelée porta lihiti/iensis , par laquelle on 
emportait les conducteurs tués ou blessés, 
et il y en avait deux autres (ll) tout près 
des carceres par lesquelles on amenait les 
chars. 

Quant à ce qui regarde l'intérieur et 



l'extérieur de l'édifice , un cirque était 
construit sur un plan analogue à celui 
qu'on adoptait pour les théâtres et les 
amphithéâtres : à l'extérieur, il se com- 
posait d'un ou plusieurs étages d'arcades, 
suivant l'étendue et la grandeur de l'édi- 
fice , par lesquelles les spectateurs arri- 
vaient aux escaliers qui conduisaient dans 
l'intérieur du bâtiment. L'intérieur était 
disposé en gradins partagés en rangées et 
séparés par des escaliers et des paliers, 
de la manière que nous avons dite au mot 




Amphitueatrum ; on peut en prendre 
une juste idée par la gravure ci-jointe, qui 
représente l'ancien cirque de Gonstanti- 
uople, tel qu'on le trouve sur une vieille 
carte, faite avant la prise de cette ville 
par les Turcs. Quoique ce ne soit qu'une 
ruine , on voit distinctement les arcades 
et la carcasse extérieure de l'édifice ; quel- 
ques débris des gradins destinés aux spec- 
tateurs; la spiiia avec ses obélisques et 
ses colonnes presque intactes; la meta 
prima à main droite; V oppidum et les 
carceres disposés sur une ligue courbe 
comme dans le premier spécimen ; et une 
des portes par lesquelles les chars en- 
traient dans le cirque , pareille à celles 



marquées LL sur le plan ; de plus , c'est 
le seul spécimen connu où nous voyons 
les constructions d'un cirque. 

CIRRATIIS. Qui porte les cheveux 
bouclés. Ce mot s'employait pour les 
hommes et les femmes /Mart. ix, 30 ; Am- 
mian. xiv. G, 20). Yoy. CiRRUS , 1. On 
s'en servait aussi pour les fabriques d'étoffe 
(Capitol. Pertinax, 8). Yoy. CiRRCS, 8. 

CIRRUS. Proprement mèche de che- 
veux bouclés , boucle naturelle , par op- 
position à cincinnus, anneau ou jjoucle 
faite presque toujours au fer; comme 
celles des jeunes gens de la Grèce, avant 
qu'ils arrivassent à l'âge de la virilité , où 
ils les coupaient et les consacraient à 



158 




quelque divinité (Varro , ap. Non. s. au), 
ou des Germains (Juv. XUI, 1G4) et 
des Gaulois , connus chez les anciens 
pour l'abondance el la beauté de leurs 
cheveux , qui servaient généralement à les 
caractériser dans les œuvies d'art (Voy. 
la gravure au mot Comatus). 

2. Cirrus in vertice ('[i.aXXà; à6XY]T0Ù, 
Gloss. vet.). Cheveux réunis sur la tète et 
liés en touffe sur l'occiput, comme c'é- 
tait l'usage pour les athlètes, les lutteurs, 
les boxeurs, etc. On réunissait ainsi les 
cheveux pour éviter d'être saisi ])ar la 
chevelure dans la chaleur du combat, 
comme on le voit 

dans la gravure , 
prise d'un bas-relief 
du Vatican qui re- 
présente deux Pan- 
cratiastœ. La gra- 
vure explique aussi 
un passage de Sué- 
tone (A'ero, 45) où 
l'on rapporte que, pendant l'insurrection 
de Vindex , et alors que la ville de Rome 
souffrait extrêmement de la famine, un 
vaisseau arriva d'Alexandrie , qui , au lieu 
d'être chargé de blé, n'apportait qu'une 
cargaison de sable lin, à l'usage des 
athlètes entretenus par l'empereur. Le 
peuple, furieux, attacha une touffe de 
cheveux (cirrus in vertice) au haut de 
toutes ses statues , et mit au bas une pas- 
quinade en caractères grecs, faisant allu- 
sion à la révolte de Vindex et signifiant 
que l'empereur, comme un athlète , allait 
commencer une lutte où il aurait le des- 
sous. 

3. Toupet d'un cheval, quand on le lui 
attache en touffe au som- 
met de la lète, comme 
dans la gravure, prise d'une 
peinture de Pompéi, au lieu 
de le laisser tomlier sur le 
devant, auquel cas les crins 
s'appelaient capronse (Ve- 
get. Vet. IV, 2). 

4. Fanon d'un cheval (Vegel. Vet. il, 
28; IV, 1). 

5. Huppe ou touffe sur la tête de cer- 
tains oiseaux (Pliu. //. N. XI, 44). 

(i. Touffe de fleurs qui forment des 
bouquets (Pliu. H. N. xxvi, 20). 





7 . Bras du polype , partagés en anten- 
nes nombreuses comme une touffe de 
cheveux (Plin. H. A', xxvi, 37). 

8. Frange d'une pièce d'étoffe (Phœdr. 
II, 5, 13j, qui venait de 
ce qu'on laissait sur l'é- 
toffe, après l'avoir reti- 
rée du métier, les ills de 
la chaîne , au lieu de les 
couper. Le spécimen ci- 
joint est pris d'une pein- 
ture de Pompéi; com- 
parez l'arlicle et la gravu- 
re au mot Tela rkcta. 

CISIARIUM. Fabrique où l'on faisait 
des rhaises à deux roues , cisia (Inscript. 
ap. Fabrett. p. 91, 179). 

CISIARIUS. Ouvrier qui fait des chai- 
ses à deux roues, cisia (luscript. ap. 
Mur. p. 979, 6, el 108, 4). 

2. Conducteur d'une chaise de louage 
à deux roues (cm/«/«) , comme notre co- 
cher de voilure de place (Ulp. Dig. 19, 
2, 13). Voyez la figure suivante, et remar- 
quez que le conducteur est assis du côté 
du monloir, ce qui est encore l'usage en 
Italie. 

CISIUM. F'oiture légère à deux roues 
(Nonius, s, 1'.) qui servait chez les 
Romains de voitiu'e publique et particu- 
lière, quand il fallait arriver au plus vite 
(Cic. Pliil. II, 31 ; Rose. Am.l ; Virg. 
Catal. VIII , 3). Elle contenait deux per- 
sonnes, en y comprenant le conducteur, 
était ouverte par devant et munie de ti- 
mons. On y attelait à l'occasion un ou 
quelquefois deux chevaux de volée (An- 
son. Ep. VIII, G, cisio trijugi), comme on 
le pratique encore maintenant pour le 
calessin de Naples. On voit la plus grande 




partie de ces détails dans la gravure ci- 
jointe, prise d'un bas-relief du monu- 
ment d'Igel, qui a été inexactement donné 



CISTA. 



159 




dans l'édition anglaise de Trêves, par 
Wvlteubach, où l'on a omis le cheval de 
volée. 

CISORIUM. Instrument aigu et tran- 
chant employé par les vétérinaires (Veget. 
l'et. II, 22). 

CISSYBIUM (x:ff7Ûê'.ov). Vase à boire 
des Grecs , avec une anse , fait dans l'ori- 
gine de bois de lierre , mais dans la suite 
distingué par une guirlande de feuilles 
et de iiaies de lierre sculptée à l'entoin- 
(Macrob. Sat. Y, 21; Theocr. Id. i, 27). 

CISTA (xt'aTrj). Panier profond et cy- 
lindrique, avec un couvercle; il était fait 
d'osier (Plin. Hist. Nat. 
XV, 18, 2; XVI, 77), et 
employé à différents usa- 
ges, suivant que sa forme 
et sa nature le permet- 
taient. Le spécimen ici 
donné est pris d'un bas-relief romain ; 
mais des paniers d'une forme et d'un 
caractère analogues sont fréquemment 
représentés dans les sculptures et dans 
les peintures. Quand on parle de ciitx 
Huadratx (Columell. XII, 54, 2), la simple 
addition de cette épithéte iudi([ue une 
forme inaccoutumée; et le caractère 
constant des gravures, représentant toutes 
des objets différents qui portaient le nom 
commun de cista, suffit pour faire con- 
naître la figure qui se présentait à l'esprit 
des anciens comme répondant à ce nom. 

2. Cassette pour l'argent (Hor. Ep. i, 
17, 54;Cic. Ferr. il, 'i, 85j;elle était 
certainement de dimen- 
sion plus petite que le 
coffre-fort dont nous 
jivons donné une gra- 
vure au mot Arca. Le 
spécimen ci-joint est 
pris d'ini modèle en 
terre cuite qui avait au 
haut une fente pour 
glisser l'argent , comme ceux dont se ser- 
vent maintenant les mendiants autorisés 
dans les villes d'Italie. 

3. Panier pour les livres (Juv. III, 
20G), de même forme et de même nature 
que la capsa, mais fait en osier au lieu 
d'être en bois, et, comme elle, employé 
aussi à d'autres usages, par exemple, pour 
garder les vêtements ( Poeta vet. ap. 




Quint. A'ili, 3, 19). Voy. les figures au 
mol Capsa. 

4. Panier employé aux comices et dans 
les cours de justice : le^ votants et les 
juges y jetaient les tablettes (tabellx) 
qui contenaient leurs votes ou leurs sen- 
tences (Auctor ad Herenn. l, 12; Plin. 




H. N. XXXIII, 2, § 7; Manutius, de 
Coniit. Rom. XV, p. 572 ; Wunder, Co- 
dex Erfudtens. p. 158 seqq.). La gra- 
vure est prise d'une monnaie de la fa- 
mille Cassia , et représente un votant 
laissant tomber dans la cista la tablette 
qui absout (marquée A pour ahsolvo). 

5. Corbeille mystique , panier ou ])oite 
couverte , dans laquelle les ustensiles sa- 
crés et les autres oi>jets appartenant au 
culte de Cérès et de Bacchus étaient con- 
tenus : on les cachait ainsi aux yeux des 
profanes pendant qu'on les portait dans 
une procession solennelle aux fêtes de ces 
divinités; car toutes les cérémonies par 
lesquelles on les honorait étaient enve- 
loppées d'un mystère profond (Catull. 
64, 260; TibuU. i, 7, 48; cf. Ovid. 
Jrt. Jm. II, 609). Il n'y a pas de doute 
que la cista employée dans l'origine à 
cet effet ne fût une simple corbeille d'o- 
sier, pareille à celle que nous avons don- 
née au commencement de cet article ; car 
elle est ainsi représentée sur des mon- 
naies et des bas-reliefs nombreux , où il 
est facile de reconnaître l'osier; mais plus 
tard on la fit de matières plus précieuses 
et avec un travail plus élégant, comme le 
prouvent deux modèles en bronze con- 
servés maintenant à Rome, l'un qui fut 
trouvé près de l'ancienne Labicum, l'au- 



160 



CISTELLA. 



CISTOPHORCS. 




tre à Préneste. C'est ce dernier qui est 
représenté dans la gravure ci-jointe. Il a 
trois pieds ; ou voit , 
aux côtés, les poignées 
par lescpielles on le 
portait ; le couvercle 
est surmonté de deux 
figures, une bacchante 
et un faune, et le 
dehors est recotivert 
d'un dessin représen- 
tant la réception des 
Argonautes à l'arsenal de Cvzique. A 
l'intérieur, on trouva les oJjjets sui- 
vants : une autre petite boîte , une figure 
de chevreau , une de panthère , une pa- 
tera , une ligula, \\i\ instrument affdé 
et pointu comme le stylus, et un mor- 
ceau de métal de foime triangulaire, la 
pyramide (nupa^t:), citée par Clément 
d'Alexandrie comme un des objets con- 
tenus d'habitude dans ces boîtes. L'autre 
corbeille, trouvée à Lajjicum, a la même 
forme, présente la même matière et le 
même travail; seulement elle a trois fi- 
gures sur le couvercle; Bacchus au cen- 
tre , drapé dans une robe couverte d'é- 
toiles pour indiquer qu'il était le Bac- 
chus nocturne {Nyatelhis Pater, Ovid. >4. 
Am. 1 , 5G7), la nuit étant le moment où 
l'on célébrait les orgies (Serv. ad jEii. 
IV, 303; cf. Liv. XXXIX, 8 seqq.), 
et de chaque côté un faune revêtu 
de la nehris. L'intérieur contenait 
une paiera, sur laquelle la lutte entre 
Polhix et Amycus, roi de Bébrycie, avec 
Diane entre eux, était représentée en fi- 
gures contournées , dont les noms étaient 
inscrits au-dessus dans une forme latine 
très-ancienne. Polices, Amcces et 
LOSNA, nom antique fowv Diana. Sous 
les pieds des figures , sur le couvercle, il y 
a une inscription ressemblant, pour l'or- 
thographe et la langue, à celle de la co- 
lonne de Duilius, et attestant que le vase 
fut offert par une femme et fait par un 
artiste romain du nom de Nonius Plau- 
tius : 

DIIVDIA. MACOLMA. PILEA. DEDIT. 
NOVIOS. PLAVTIOS. MED. ROMAI FECID. 

CISTELLA ( xtaTt; ). Petite Cista. 
( Plaul. Cist. IV, 1,3; Ter. Euu. iv, 0, 
15). 



CISTELLATRIX. Esclave du sexe fé- 
minin à qui étaient confiés les vêtements, 
joyaux, etc., de sa maîtresse, enfermés 
dans une cista (Plant. Triii. Il, 1, 30). 

CISTELLULA. Très-petite ciita; di- 
minutif de CISTELLA (Plant. Rud. ii, 3, 
00). 

CISTERNA. Réservoir artificiel creusé 
dans le sol et souvent recouvert d'un toit 
(Yarro, R. R. I, 11), pour recevoir et 
conserver de bonne eau à l'usage de lu 
maison (Columell. i, 5; Pallad. i, 17). 
11 diffère de nos citernes, qui sont au- 
dessus du sol , et d'un puits (pittei/s) , qui 
est alimenté par des sources. 

2. Cisterna frigidaria. Peut-être une 
glacière (Petr. Sat. 73, 2). 

CISTIFER. Qui porte une cista, un 
coffre ou un fardeau; porte- faix (Mart. 
Ep. V, 17). 

CISTOPHORUS (x'.axoçôpo:). Celui 
qui portait le coffret mystique (CiSTA, h) 
à certaines processions religieuses. Dans 
les rites du culte de Cérès et de Bacchus, 
ou des divinités égyptiennes, Isis et Osi- 
ris, cette fonction était 
confiée à des femmes, 
comme on le voit par la 
figure ci-jointe , prise 
d'une peinture de Pom- 
péi. La guirlande de feuil- 
Jes et de baies de lierre 
{corymhiis) que la figure 
porte sur la tête montre 
qu'elle était attachée au 
culte de Bacchus , et l'œil 
d'oiseau qu'on voit au 
haut du vase indique une 
prêtresse d'Osiris, dont 
le symbole chez les Égyptiens était un œil 
(Winckelm. Cah. Stosch. p. 2). Comme 
Bacchus et Osiris étaient , sous des noms 
différents , la même divinité , il est clair 
que nous avons là une cistophora et non 
une canephora , comme l'ont nommée à 
tort les éditeurs du Museo Borljonico , 
pour n'avoir pas fait attention aux traits 
indiqués ci-dessus. Dans les cérémonies du 
culte de Bellone, au contraire, la cista 
était portée par des hommes , ainsi que le 
prouve un marbre ancien découvert sur le 
Jlonte Morio , près de Rome , et qui porte 
l'inscription suivante : L. L-VRTIO. a>'TIIO. 




CITHARISTRIA. 



161 



CISTOPHORO. JEDIS. BELLON^, etc., 
avec une figure sculptée du cistoplwrus. 
Cette figure est drapée d'uue façon qui 
ressemble tout à fait à celle de la figure 
précédente : sa tuiiicpie, qui va jusqu'aux 
pieds, est légèrement relevée et montre 
une tiini([iie de dessous; un pallhim est 
sur son épaule, une guirlande sur sa tète; 
son in f nia pend sur le devant de la poi- 
trine; il a dans la main droite un ra- 
meau lustral, et dans la gauche deux ha- 
ches à deux tranchants [bipennes) , trait 
caractéristique des prêtres de Bellone 
(Inscript, apiid Donat. G2 et 135; cf. 
Demosth. de Corona, 2G0; Giovanni 
Lami , Disse rtaz. soprà le ciste mis fi- 
che. 

2. Monnaie d'argent de la valeur de 
quatre drachmes environ, qui avait cours 
en Asie ; de là l'expression in cistop/ioro 
(Cic. ad Jtt. XI, 1) signifie en monnaie 
d'y4sie. Sou nom lui vint de ce qu'elle 
portait rempreinte ou de la cisfa consa- 
crée, ou, ce qui est plus probable, de l'ar- 
brisseau cislUS (xtiJTOc). 

CISTULA. Diminutif de Cista (Plaut. 
Jmp/i. 1,1, 2G4). 

CITHARA (xi6âpa, xtôaptc). Instru- 
ment à cordes de haute antiquité, res- 




semblant, pour la forme, au cou et à la 
poitrine de l^ homme (Isidor. Orig. M, 3, 
22) , et répondant ainsi à notre guitare, 
mot qui nous est venu par l'intermédiaire 
de l'italien cliitarra; le c romain et le ch 
italien ont eu effet le même son que le x 
grec. La figure ici donnée, d'après un an- 
cien bas-relief conservé dans l'hôpital 
de Saint-Jean de Latran à Rome, con- 
corde si bien avec la description qu'Isi- 
dore fait de cet instrument, qu'il est pres- 
que indubitable qu'elle offre la forme 
réelle de la citliara , dans le sens exact et 
primitif du mot ; car il est possible que les 
poètes grecs l'aient employé quelquefois 
dans un sens moins spécial ou moins dé- 
terminé. Voyez aussi les deux mots et les 
deu.x gravures qui suivent. 



CITHARISTA (xiôapiTi:^;). Qui joue 
delà cilkara ou guitare (Cic. Phil. V, 6). 
Homère décrit la manière dont l'artiste 




tenait cet instrument, en disant qu'il était 
placé sur le bras (èttwXô'viov xiôapii^cov, 
Hymu. Merc. 433), comme on le voit par 
la gravure ci -jointe, représentant un ci- 
tharista égyptien d'après les tombes de 
Thèbes. Elle offre aussi une preuve de 
plus que le caractère attribué à la cithara 
dans noire dernier article est le véritable, 
et fournit une autorité pour corriger dans 
le même hymne la fausse leçon ÛTtwXÉv.o; 
(v. 610). On suspendait quelquefois cet 
instrument en bandoulière par un balteus 
(Apul. Flor. II, 15, 2; voy. la gravure 
suivante) , et , comme pour la lyre , on se 
servait quelquefois, pour le toucher, du 
plectrum au lieu des doigts (Hom. /. c. 
53). 

CITHARISTRIA (xtOapîaTpta, xtOa- 
ptcïTpîc). Femme quijoue de la cithara ou 
guitare (Terent. Phorm. 1,2, 32; cf. 
Citharista). On 
introduisait souvent 
ces femmes , avec les 
danseuses et les chan- 
teuses, pour égayer 
les hôtes pendant un 
festin ; la figure ci- 
jointe , d'après une 
tombe de Thèbes en 
Egypte, a éxidem- 
ment pour but de 
représenter une per- 
sonne de ce genre : 
on le voit au soin avec lequel elle est 
parée , à sa chevelure , à ses pendants 
d'oreille, à sou collier, à ses bracelets sur 
les bras et sur les poignets , à sa chaus- 




162 



CITHAROEDA. 



sure et à la draperie transparente qui 
la couvre. 

CITHAROEDA. Femme qui joue delà 
citliara et s'accompagne en chantant 
(Inscript. «/;.Grul. 654,2; fl/7. Mur. 941, 

1); cf. CiTHARISTRIA. 

CITHAROEDUS (xi9apw5ô:). Homme 
qui joue de la cititara et chante en même 
temps Quint. 1, 12, 3; iv, 1, 2; Cic. 
Mur. 13); cf. Citharista. 

CLABULARE ou CLAVULARE , se. 
reliiciiliim. Vaste chariot découvert , 
dont les côtés étaient faits de treillages 




[clavidce ou clavolsp) , et destiné à 
transporter des denrées aussi bien que des 
voyageurs. Sous l'empire, on s'en servait 
d'ordinaire pour le transport des soldats, 
qui prenait de là le nom de cursus clabu- 
laris (Impp. Constant, et Julian. Cod. 
Tlieodos. 6, 29, 2 ; Ammian. XX, 4, 11). 
Le chariot représenté dans la gravure est 
tiré d'une peinture de Pompéi, et servait 
pour transporter le vin. Le treillage dont 
il est fait confirme notre interprétation, 
qui , sans cela , potnrait être regardée 
plutôt comme conjecturale que comme 
positive. 

CLASSIARII {imèixos). Soldats exer- 
cés pour combattre à jjord (Hirt.ZÎ.-4/ex. 




20), et répondant ainsi, sons beaucoup de 
rapports , à nos .so/t/aif de niarine. Cette 



partie du service militaire était regardée 
par les Romains comme moins honorable 
que l'autre, car les matelots (nauisp) et 
les rameurs [rémiges) sont quelquefois 
compris sous le nom général de classiarii 
(Hirt. B. Alex. 12; Tac. Ann. xiv, 4). 
La gravure est tirée d'un bas-relief an- 
tique pul)lié par Scheffer, Mil. nav. 
in Addend. 

CLASSICI- Citoyens appartenant à la 
première des six classes dans lesquelles 
Servius Tullius avait distribué la popula- 
tion de Rome (Anl. Gell. vu, 13) ; delà 
vient que l'expression vc/v/j/OT-e^ classici, 
auteurs classiques, signifie les auteurs de 
premier ordre fAuU. Gell. xix, 8, 6). 

2. Ceux qui sonnaient du cor pour ap- 
peler les classes aux comitia au son du 
lituus ou du C077»/ (Varro, L. L. v, 91). 

Yoy. CORMCEN , LiTICEN. 

3. Les mêmes que les Classiarii , 
comprenant ceux qui combattaient, aussi 
bien que l'équipage du vaisseau (Curt. iv, 
3; Tacit. Hist. i, 31; ii, 17). 

4. Classica corona (Yell. II, 81, 3), 
Même sens que CoROKA navalis. 

CLASSICLM. Littéralement, signal 
donné an son de la trompette : de là ce 
nom fut transporté à l'instrument avec le- 
quel on donnait le signal (Serv. ad Virg. 
^n. VII ,637; Virg. Georg. Il , 539). 

CLATHRATUS. Fermé ou défendu par 
un treillage en barreaux transversaux 'c/a- 
thri), comme on l'explique au paragraphe 
suivant (Plant. Mil.U, 4, 25). 

CLATHRI. Treillis ou grillage de bois 
ou de métal employé pour fermer ou dé- 
fendre une ouverture, telle qu'une porte 




ou une fenêtre, et en général pour établir 
une clôture quelconque (Hor. A. P. 473; 
Plin. H. N. VIII, 7; Cato, B. B. i; 
Columell. VIII, 17, 10 . Notre spécimen 
représente le treillis qui fermait les lu- 
carnes au-dessus des écuries (carceres) 
dans le cirque de Caracalla. 



CLAUSTRDM. 



163 



CLAUSTRUM. Mot employé par les 
Romains pour désigner un des moyens de 
fermer les portes ; quelquefois on s'en ser- 
vait dans un sens général et indéterminé, 
comme de notre mot fermeture, qui s'ap- 
plique également à une serrure , à un ver- 
rou , à une barre, etc., quand il n'y a pas 
de termes précis pour indiquer la nature de 
la fermeture ([u'on a en vue (Cic. y^gr. i , 
7 ; Claud. in Eiitrop. i, 1 95). Mais plusieurs 
autres passages prouvent aussi clairement 
que ce mot avait un sens spécial, caraclé- 
risant quelque oljjet particulier qui por- 
tait ce nom, et^ qui naturellement avait 
de l'analogie avec les autres objets dési- 
gnés par le même terme. Celui qui répond 
le mieux à tous les cas est une gdclie ou 
anneau fixé sur le montant d'une porte, 
dans lequel le pêne d'une serrure, ([u'il 
fût poussé par une clef ou par la main , 
entrait pour fermer la porte , comme on 
peut le voir par la porte égyptienne re- 
présentée dans la gravure au mot Cardo. 
Cette explication s'accorde avec la plupart 
des expressions dont on se sert pour ex- 
primer une entrée par force : ainsi bri- 
ser, faire sauter ou forcer le claustrum; 
et, comme les portes antiques avaient 
d'ordinaire deux pans ou étaient munies 
de fermetures au haut et au bas, on se 
sert le plus souvent du pluriel claustra : 
ad claustra pessuli recurrunt, pour 
fermer (Apul. Metam. i, pag. 10); 
claustra perfringere, forcer l'entrée {id. 
pag. 8); evellere (pag. 70); revelli 
(Liv. V, 21; Cic. Verr. il, 4,2-3); 
claustris, quie accuratissime affiva [aé- 
rant, violenter evulsis (Apul. Met. III, 
p. 4C). Comparez Clausula. 

2. Ce mot se prend poétiquement pour 
la porte elle-même (Mart. Ep. x , 28) , 
ou les portes d'une ville (Ovid. Met. iv, 
86). 

3. Cage ou tanière dans laquelle on en- 
ferme des bêtes féroces (Hor. Od. m, 
11, 4i; Stat.5)7i'. ii,5,4). 

4. Ati pluriel, les écuries pour les che- 
vaux au cirque (Hor. Epis t. i, 14, 9; 
Stat. Tlteb. vi, 399 ). Même sens que 
Cakceres. 

CLAUSULA. Poignée d'une strigile 
(Apul. Flor. Il, 9, 2 ) ou d'un autre ins- 
trument , quand elle était faite de telle 



% 



r^A 



sorte qu'on y introduisait la main et 
qu'elle formait tout autour un anneau ou 
une garde, comme on le voit par 
le spécimen ci-joiut , i)ris d'une 
strigile en brouze trouvée dans 
les bains de Pompéi. La clausula 
s'oppose ainsi à capulus , manche 
droit, et à ansa, poignée fixée à 
un autre objet. Le mot se rap- 
proche aussi de claustrum , la 
gâche dans laquelle entre ini 
pêne. La clausula y ressemblait ^^ 
beaucoup. 

CLAVA (pôuaXov). Dâton fort et gros- 
sier, qui allait en grossissant vers l'extré- 
mité inférieure et 
ressemblait à ce que 
nous appelons un 
gourdin ; on s'en ser- 
vait quelquefois pour 
attaquer (Cic. T'err. 
II, 4, 43) ; les anciens 
philosophes le por- 
taient souvent par 
affectation au lieu 
du bâton ordinaire 
(Sidon. Epist. ix, 1 1 ; 
IX, 9; Carm. xv, 
197), comme on le 
voit par la figure 
ci -jointe de Démocrite , prise d'une pierre 
gravée. 

2. Bâton pesant qu'on donnait aux re- 
crues au lieu d'épée pour faire leurs exer- 
cices et dont elles se servaient contre 
le mannequin (palus) , figure de bois 
dressée à cet effet (Cic. Senect. 16; Ve- 
get. Mil, II, 11 ). 

3. (pOTTaXov, Soph. Tr. 512). Massue, 
comme celles dont se servaient Hercule et 
Thésée (Prop. iv, 9, 39 ;.Suet. Ncro, 53). 



Elle est toujours représentée par les an- 
ciens peintres et sculpteurs comme une 
arme terrible, grosse et pesante par un 
bout, et allant en s'amincissant j)eu à 
peu vers l'autre extrémité, par laquelle 
on la preuait en maiu; souvent on y lais- 
sait les nœuds {irrasa, Sil. Ital. Vlll , 
524), comme on le voit par la gravure, qui 
représente la massue d'Hercule d'après 




164 



CLAVARICM. 



CLAVIGER. 



une peinture de Pompéi. Comparez Cla- 

VIGER, 1. 

4. (xof;"jvri,pÔ7:a),ov ff'.Syipw TcTu),a)!J.£- 
vov). Masse on massue de giieri'e, à tète 
de fer, qu'on attachait au manche de hois, 
armée de nœuds nombreux ou de pointes 
aiguës. C'est la forme que hù donnent Ho- 



<iN=^ 




mère (//. vu, 141) et Hérodote (vu, 
63 ), quand il décrit le costume des Assy- 
riens qni suivaient l'armée de Xerxès; 
c'est aussi sous cette forme qu'elle est re- 
présentée dans la gravure, d'après une an- 
cienne fresque romaine de la villa Albani, 
où elle apparaît comme l'arme de Mars. 
Les Romains connaissaient donc celte ar- 
me , quoiqu'ils ne semblent pas l'avoir 
désignée par un nom caractéristique. 

CLAVARIUM. Argent alloué aux sol- 
dats romains : ils devaient en acheter 
des clous pour leurs chaussures {clavi 
caligares, Tac. Bist. iii , 50). Voy. Cla- 
vus. 

CLAYATOR. Cantinier, ou domestique 
qni portait le bagage du soldat (Plant. 
Âud. III, 5,25) : dans ce sens, il serait 
svnon\mede Calo; ou consent qui fai- 
sait ses exercices. avec un gourdin ( Cla- 
YA , 2 ), avant de recevoir une épée (Fes- 
tus, T. Calones). 

CLAVATUS. Rayé d'or, de pourpre 
ou d'autres couleurs. C'était l'habitude 
des Romains de mêler des raies de ce 
genre au tissu de leurs étoffes, de celles 
dont on devait faire des vêlements (Vopisc. 
Bonos. 15) et de celles cpi'on fa])riquait 
pour les besoins du ménage : ainsi les 
linges de table , les serviettes, etc. (Lam- 
prid Alex. Sev. 37 ). Voy. Clavus, 8, 9. 

2 . Garni de clous , pour les brodequins 



et les souliers (Festus, s. %'. Clavata). Ce 
mot implique que la semelle 
est couverte de clous à télé, 
comme dans le spécimen , qui 
représente la semelle ou le 
dessous d'une lampe en terre 
cuite faite en forme de sou- 
lier; ou qu'elle est armée de 
pointes aiguës et saillantes, 
comme le ])rodequin du soldat 
(caliga) qui est représenté 
dans la gravure au mot Cla- 
vus, 5. 

3. Couvert de pointes, d'aiguillons ou 
de saillies, comme nue masse ou une 
massue (Plin. H. N. IX, 61 ; voy. Clava, 
3 et 4). 

CLAMCULA (x).ctSîov). Diminutif de 
Clavis. 

CLAVIGER (x.op\Jv;iTri;). Armé d'une 
massue ou d'une masse. On sait que la 





massue est une des armes dont se servait 
Hercule : de là vient qu'il est distingué 
par l'épithète claviger ( Ovid. Met. xv, 
22). Mais, dans l'origine et chez plu- 
sieurs des nations de l'antiquité, elle 
était employée à la guerre; ainsi , par les 
Daces sur la colonne Trajane, et par les 
halùtants grossiers du Latium dans leurs 
luîtes avec les Troyens. On n'a qu'à voir 
les gravures du Virgile du Vatican, dont 
nous avons tiré la figiue ri-joinle. Le spé- 
cimen donné an mot Clava, 4, montre 
la massue dans sa forme perfectionnée de 
masse d'armes , et fait entendre le mot 
claviger dans le sens de porte-masse. 

2. (x/Eiûoû/o;). Qui porte une clef, 
épithète donnée par les Romains à Janus, 



CL AVIS. 



1C5 



parce qu'on le supposait le gardien et le 
surveillant des portes de tous les hommes 
(Ovid. Fast. 1 , 228 ; Macrol). Sat. i , 9) ; 
e^ par les Grecs à Cupidon (Wiuk. 3/ori. 
ined. 32), pour indiquer qu'il avait le 
potivoir d'ouvrir el de fermer les demeu- 
res de l'Amour; mais, jdus particulière- 
ment, épitliète d'Hécate aux trois figures, 
comme déesse qui gardait les clefs des 




^,^~s?J'fci^->- 



enfers : elle est représentée ainsi dans la 
gravure ci-jointe, d'après une statuette de 
bronze. 

CLAVIS (xXeÎ;). Cleffowv ouvrir une 
serrure régulière, à gardes, pour lever 
un loquet ou pousser un simple verrou ; 
elle comprenait toutes les variétés de 
forme, de grandeur ou d'emploi, dont 
les gravures suivantes offrent des spéci- 
mens. 

I. Clef de porte faite avec des gardes 
régulières , comme celles dont on se sert 
maintenant, ainsi qu'on le voit par le 



spécimen ci-joint, d'après un modèle 
ti'ouvé à Pompéi. C'étaient les plus 
grandes , et on les employait pour fermer 
les portes d'une ville, d'une maison ou 
d'un autre édifice qui donnaient sur le 
dehors, les caves, les magasins, etc. ; elles 
étaient portées par les agents ou les es- 
claves à qui ce soin était confié; on les 
portait suspendues à une ceinture , ce qui 



est indiqué par la languette et l'œil du 
spécimen précédent. 

2. Petite clef que portait la maîtresse 
de la maison [mcderfaïuias) , ou dont 
on se servait pour fermer des 
cabinets, des armoires, desécrins^ 
des cassettes pour les lixres ou r^ 
l'argent ( voy. Capsa), où l'on /^tBi 
distingue la serrure et le moraillon , i )) 
etc., pareille à notre spécimen, ti- 
ré de la Dactyliollicca de Gorlaeus (Hor. 
Epist. 1 , 20,' 13 ; Sat. ii , 3, 14C). 

3. devis Laconlca. Espèce particulière 
de clef probablement inventée en Egypte, 
quoique les Grecs en attribuent la dé- 
couverte aux habitants de la Laconie; on 
suppose qu'elle avait trois dents , comme 
notre spécimen, pris d'un original égyp- 
tien qu'on conserve au Musée britannique. 
Elle était introduite à Vintér'wur de la 
porte par une personne placée au de- 




hors , qui passait son bras par un trou 
fait dans la porte à cet effet {clavi im- 
niitle/id.v forameii , Apul. Blet, iv, p. 
170), et levait ensuite le loquet au moyen 
des dents saillantes. Cette explication 
s'appuie principalement sur un passage 
de Plante {Most. il, 1, 67). Thranio, qui 
est hors de la maison et qui veut faire 
croire (pie le local n'est plus habité, fer- 
me au dehors la porte avec la clef qu'il 
tenait à la main, et ordonne ensuite qu'on 
lui remette la clavis Lacoiiica; ainsi per- 
sonne ne pouvait entrer ni sortir sans 
son consentement. Mais tout ce passage 
est encore plein d'obcurités. 

4. Claris dansa. Petite clef sans gorge 
ou bascule, comme notre spécimen, d'a- 
près un original reproduit 
dans la DactyHotkeca de 
Gorla-us, et qui par consé- 
quent ne devait servir que 
j)our lever des loquets ou 
ouvrir des serrures ])etites 
et faciles; déplus, quand 
elle était introduite dans 
la serrure ou la porte, 
être presque cachée (Virg. Moret. 15). 




166 



CLAVDtUS. 



CLAVtlS. 



Mais l'explication et la leçon même 
de ce passage sont sujettes à con- 
testation. Quelques-uns pensent qu'il 
n'y a pas de différence entre la clavis 
dansa et la Laconica. Aristophane 
{Tliesm. 422) applique, en effet, l'épi- 
thète y.p'jTTTr, à la clef lacouieune à 
trois dents. 

5. Clavis adultéra. Fausse c\eï. (Sali. 
Jugurtlt. 12; cf. Ovid. Art. Am. m, 
643). 

5. Clavis trochi (è),ar/,p). Baguette 
dont les enfants grecs et romains se ser- 
vaient pour pousser leurs cerceaux 
(Propert. m, 14, 6); elle était 
faite de fer avec nn crochet au bout 
ou un nœud rond et une courjjure, 
comme le spécimen ci-joint , tiré 
d'un l)as-relief de la villa Alhani. 
L'é|)ithete adiiitca , par laquelle Properce 
désigne cette clef (/. c.) , convient à l'une 
et à l'autre forme. On peut voir, par la 
gravure du mot Trochcs , la manière de 
se servir de la clavis et du crochet. 

CLAVLLUS. Diminutif de Clavcs, 
proijaljlement aussi clou sans tète (Cato, 
B. B. 21); comme clavulus capita- 
tus (Varro, R. R. il, 9, 15), cloua petite 
tète. 

CLAVI.'S (v.o;). Clou pour fixer ou 
attacher une chose à une autre. On con- 
serve dans les cal)inels d'antiquités plu- 
sieurs spécimens de clous anciens , de for- 
mes et de grandeurs 
différentes , en bronze 
aussi bien qu'en fer, 
qui ressemiilent en 
beaucoup de points à 
ceux dont on se sert 
maintenant. L'expres- 
sion latine, pour en- 
foncer un clou, est cla- 
vum figere ou pangere 
(Liv. vil, 3), et cette 
action est figurée par la gravure ci-jointe , 
qui représente un des soldats de Trajanfai- 
sant une palissade dont on peut présumer 
la force par la grandeur énorme du clou 
qu'il emploie. 

'2. C la vus tralialis on taliularis. Clou 
de la j)lus grosse espèce dont on se ser- 
vait dans les constructions pour fixer les 
poutres principales, trabes (Oie. Verr. 





vi,21;Hor. 00^.1,35, 18;Petr. Sat.'o. 

3. Clavus annalis. Clou qu'on enfon- 
çait chaque année, aux ides de septem- 
bre, dans la paroi latérale du temple de 
Jupiter Capitolin ( Liv. vu, 3 , ; coutume 
qui remontait à une époque fort ancienne, 
et qui fut adoptée, à ce qu'on suppose, 
pour compter le temps avant que l'usage 
de l'écriture fût généralement connu 
(Festus , s. T.). On la 
conserva dans la suite 
par un respect reli- 
gieux pour les an- 
ciennes coutumes. Le 
fragment ici donné re- 
présente les quatre cô- 
tés d'une partie d'un 
énorme clou de bronze, maintenant entre 
les mains de l'historien italien Bianchini 
{Storia univers, tom. I, p. lôG, tav. 9, a), 
et qu'on croit, d'après les lettres qu'il 
porte , avoir été employé pour l'usage in- 
diqué ci-dessus. 

4. Clavus muscarius. Clou à large tête 
en forme de champignon (Vitruv. vil, 3, 
11), comme celui qui est représenté au 
mot BuLLA , mais plus gros et d'un tra- 
vail plus grossier. 

5. Clavus caligaris. Clou aigu en 
pointe dont les brodequins des soldats 
' caligx) étaient munis i Plin. H. ]\'. ix, 
33; Juv. m, 247; xvi, 24; Isidor. 
Orig. XIX, 34, 13 , les extrémités aiguës 
saillant de la semelle, 
comme dans les souliers 
portés au jeu de la crosse, 
pour appu\er davantage 
le pied sur le sol (Jo- 
seph. Bell. Jud. VI, 1 , 
7). Le spécimen ci-joint est donné par 
Ferrarius comme copié de l'arc de Cons- 
tantin à Rome. Ce savant affirme que de 
son temps les pointes se pouvaient clai- 
rement distinguer; mais l'artiste a com- 
mis une erreur en laissant les doigts ex- 
posés , car la caliga était un brodequin 
fermé. Voy. ce mot et Caligarics. 

6. Clavus guhernaculi. Timon ou 
barre d'un gouvernail ancien; c'était une 
barre transversale fustis , Serv. ad Virg. 
^¥.n. V, 176; fixée à angles droits au man- 
che (aiisaj du gouvernail dans sa partie 
supérieure. Cette barre tombait ainsi dans 




< 



167 



le vaisseau et permettait au pilote de 
donner au gouveiniail la direction néces- 
saire (Isidor. Orig. XIX, 2, 12). Quand 




le vaisseau avait un gouvernail de chaque 
côté, assez petit pour être nianœuvié par 
un seul limonnier, celui-ci tenait un c/a- 
l'iis dans cha([iie main; mais, par un 
mauvais temps ou dans de giauds vais- 
seaux, cluupie gouvernail avait son ti- 
mounier. Dans les deux cas, pour gouver- 
ner, on levait et ou ajjaissait le clava.s, 
et en même temps on le tournait légère- 
ment eu dedans ou en ilehors ; la lame du 
gouvernail ojiposail ainsi à l'eau plus on 
moins de résistance. Cette manœuvre est 
bien connue de ceux qui sont habitués à 
ramer ou à diriger un navire avec une ra- 
me. Nos expressions de marine « la barre 
haut » et « la barre bas , » dont on se sert 
encore aujourd'hui, bien qu'exprimant 
un mouvement très-différent, sont venues, 
sans aucun doute, de l'usage des anciens; 
car, dans le glossaire latin et anglo-saxou 
d'yKlfricus , le clavus est traduit helma, 
lielni (^timon). Tous ces détails sont claire- 
ment expliqués par la gravure ci-jointe, 
qui représente l'arrière d'un vaisseau, d'a- 
près un !)as-relief découvert à Ponzzoles. 

7. Raie de couleur pourpre, mêlée au 
tissu d'une pièce d'étoffe dont on faisait 
des vêtements ou le linge employé aux 
besoins du ménage , comme serviettes , 
nappes, couvre-pieds pour les lits, etc. 
(Mart. Ep. IV, 4G, 17; Petr. 5«^ 32, 2; 
Ammian. XVI, 8,8.) 

8. Clavus latits. Large raie ou bande 
d'ornement de couleur pourpre , courant 
le long de la tunique , dans une direction 



perpendiculaire , sur le devant de la poi- 
trine. Le droit de la porter était un des 
privilégesexclusifs des sénateurs romains, 
quoique à une époque postérieure ce droit 
send)le avoir été accordé quelquefois, par 
une faveur spéciale, à des chevaliers (Hor. 
Sat. I, G, 28 ; Acro ad Hor. Sat. i , 5, 3(i ; 
Quint, viii, 5, 28; Festus, v. Glava- 
lus; Ovid. Trist.iY, 10, 2!); Plin. Ep. 
Il , 9). Comme le clavus était une simple 
nuance de couleur mêlée an tissu, et n'a- 
vait pas en conséquence de substance 
propre , il n'est indiqué sur aucune des 
statues qui représentent des sénateurs; 
car le sculpteur ne s'inquiète que des ob- 
jets qui ont une substance réelle, et les 
peintures romaines qui nous restent sont 
pour la plupart des imitations d'œuvres 
grecques repiésentant des sujets tirés de 
la mythologie et de l'histoire des héros, 
ou encore des scènes de la vie journalière. 
Par conséquent , nous n'avons auciui spé- 
cimen connu du laliclave des sénateurs 
sur les monuments ; mais nous pouvons 
nous en faire une juste idée par la gra- 




vure ci-jointe, qui représente la sarapis 
des Perses comme portée par Darius, 
dans la mosaïque de la bataille d'Issus 
trouvée à Pompéi. Ce vêtement était dé- 
coré d'un ornement semjjlable au lati- 
clave, si ce n'est que la bande des rois 
perses était blanche sur un fond pourju-e, 
tandis que celle des sénateurs romains 
était pourpre sur un fond blanc. 

9. Clavus augusfus. La haiide étroite 
o\\ aiigusticlave, marque dislinctive de 
l'ordre équestre (Paterc. il, 88,2). Elle 
était de couleur pourpre comme la pre- 
mière et décorait la tunique, mais elle avait 
un caractère différent. Elle se composait 
de deux bandes étroites, courant parallè- 
lement sur le devant de la tunique , l'une 
à droite et l'autre à gauche; delà vient 
que , pour les distinguer, on se sert quel- 



168 



CLEPSYDRA. 



CLIXOPCS. 




quefois du pluriel purpurx au lieu du 
singulier (Quiut. XI, 3, 138). Dans les 
peintures d'une époque 
postérieure , on rencontre 
souvent cet ornement : il 
ressemble à celui de la fi- 
gure ci-jointe, qui repré- 
sente un Camilliis dans le 
Virgile du Vatican. Mais, 
à répocpie où s'exécutaient 
de (elles œuvres, il avait 
cessé d'être porté comme 
une marque distiuctive du 
rang; car on le trouve 
plusieurs fois sur des fi- 
gures représentant des do- 
mestiques , des échansons, 
des valets qui servaient à table et qu'on 
revêlait d'ordinaire de beaux habits. De 
même , chez nous , l'ancien costume 
a passé aux laquais, et n'est plus qu'une 
livrée. 

* CLEPSYDRA (xÀe'Wopa) . Sablier, em- 
plo\é dans l'origine par les Grecs, et 
adopté dans la suite à Rome pour _ 
mesurer le temps accordé à cha- |\ 
que orateur dans une cour de jus- J 
tice (Pline, Ep. ll, 11), On don- ^ 
nait à ces sabliers des dimensions 
différentes . suivant la longueur du temps 
pendant lequel ou voulait les faire cou- 
ler; ils ne différaient pas matériellement 
des nôtres, si ce n'est qu'on les rem- 
plissait d'eau au lieu de sable, comme on 
peut rinférer de la description d'Apulée 
[Met. III, p. 44), et mieux encore du spé- 
cimen ci-joint, d'après un bas-relief du 
palais Mattei à Rome. Celui que décrit 
Aristote {Probl. xvi, 8) était fait sur le 
même modèle, mais avait au haut une 
sorte de bec pour verser l'eau, qui tom- 
bait peu à peu au fond par plusieurs petits 
trous. 

2. Probablement aussi, horloge à eau 
de gi-andeur suffisante pour marcher pen- 
dant un certain nombre d'heures et ser- 
vir au même usage que nos horloges or- 
dinaires ; le cours du temps était indiqué 
par des ligues ou des espaces {spalia, 
Sidou. A[ioll. Ep. II, 9) tracés sur le 
globe d'oii s'échappait l'eau ou sur le 
réservoir dans lequel elle coulait. Pline 
{H, N. VII, 60) donne le nom d'horo- 



logiuni aune clepsydre de cette espèce. 

CLIBANARII. Mot dont on se servait 
pour désigner les soldats de la cavalerie 
perse, qui étaient, eux et leurs chevaux, 
entièrement couverts d'une armure dé- 
fensive ( Ammian. xvi , 10 , 8 ; 12 , 22 ; 
Lamprid. Alex. Sev. 56). Comparez 
Cataphractcs , 1 et la gravure à ce 
mot. 

CLIBANICIUS , sous-entendu na/ils 
l'/.À'.oavÎTr,;). Pain cuit dans un clibanus 
(Isidor. Orig. xx, 2). 

CLIBANUS (y.).t6avo; ou y.pt'gavoc). 
Vase couvert, plus large au bas qu'au 
haut ( Columell. v, 10 , 4 ) , et percé tout 
autour de petits trous (Dioscor. Ii, 81 et 
96 ) ; il était emplové à des usages divers , 
mais plus particulièrement à cuire du 
pain (Plin. H. iV. xix, 3). Pour s'en 
servir, ou l'enveloppait de cendres brû- 
lantes, dont la chaleur pénétrait à tra- 
vers les trous avec une température plus 
régulière et plus égale que n'aurait pu 
l'être celle du four ordinaire. Ces vases 
étaient surtout eu poterie; et, quand Tri- 
malcion cuit son pain dans un clibanus 
d'argent ( Petr. Sat. 35,6), c'est la mar- 
que d'une ostentation ridicule. 

CLINICUS (y,)iviy.6; ). Médecin qui 
fait des visites et qui prend soin de ses 
malades près de leur lit (Mart. Ep. IX, 
97). 

2. Malade alité (Hieron. Epist. 105, 
n°5). 

3. Dans le même sens cpie Vespillo, 
se dit des gens qui emportaient le mort 
dans une bière ou sur un lit ( Mart. Ep. 
III, 93 ;i, 31 ). 

CLINOPUS (x.Xivôno-j:). Pied d'un 
lit ( Lucil. ap. Macrob. Sat. Tl, 4). Les 
anciens lits étaient supportés d'ordinaire 




par quatre pieds, comme les nôtres. 
Voy. la gravure , prise d'une peinture de 
Ponipéi. 



I 



CLIPEATUS. 



1G9 



CLIPEATUS (àiTitiôocpopcç). Armé ou 
muni du l)ouclier grec large et rond {c/i- 




peus), comme on le voit par la gravure, 
tirée d'uu vase d'argile grec (Virg. JEn. 
VU, 703; Ovid. Met. m, 110; Curt. 
Vil,9). 

2. Clipeafus clilamyde. Soldat dont le 
bras gauche est couvert de la cliUwiys au 




lieu d'un bouclier (Pacuv. «/j. Non. i>. 
Cl^pealus) , comme on le voit par la 
figure ci-jointe, prise d'un vase d'argile. 
C'est de celle manière qu'Alciijiade, au 
rapport de Plularque (y-Z/tv/^. 39), essaya 
de se défendre dans le combat où il 
perdit la \ie. 

3. C/ipeata imago. Portrait gravé ou 
peint sur un clipeus ( Cic. ap. Macrob. 
Sai. II, 3); voy. Clipeus, 3. 

CLIPEOLUM (àaTtiÔtov). Diminutif de 
Clipeus (Hygin. Fal>. 139). 

CLIPEUS etCLIPEUM (àaTtîç). Large 



bouclier rond, plus particulièrement pro- 
pre à l'infanterie pesamment armée des 
Grecs ( Liv. ix, 19 ). Il était porté aussi 
chez les Romains par les soldats tirés de 
la jiremière classe , du temps de Servius 
(Liv. I, 43; Dion. Hal. iv, l(i, passages 
qui prouvent l'identité du clipeus latin 
et de rà'7'rtî: grec) , et jusqu'à l'époque 
où les citoyens commencèrent à recevoir 
une solde pour leur service à l'armée ; 
alors le sciitum lui fut substitué (Liv. 
VIII, 8 ). Le clipeus était de forme tout à 
fait circulaire, mais creux à l'intérieur 
(caviis, Varro, L. L. V, 19; cf. Virg. 
jEn. III, G37), avec une circonfé- 

À 




rence assez vaste pour descendre du cou 
au mollet (voy. la ligure au mot Clipea- 
TUS, 1). Quelquefois il était entière- 
ment en bronze ( Liv. XLV, 33 ) ; mais 
plus ordinairement il se composait de 
peaux de bœuf superposées (Virg. y£'«. 
Xll, d2b,septemplicis; Ovid. Met. XII, 97, 
décima orbe ) et couvertes de plaques de 
métal. Dans quelques cas , c'était sur des 
branches d'osier entrelacées (de là clipei 
textiim, Virg. jEii. viii, G25, et Ixza. , 
Eurip. Siippl. G97 ) qu'étaient étendus 
le cuir cru et le métal. La gravure donne 
une vue de face et une vue de coté d'un 
clipeus grec , d'après deux vases d'argile. 

2. Sub clipeo latere; clipei sub orbe 
tegi (Ovid. Met. XIII, 79; Virg. ALn. Il, 
227). Position représentée souvent dans 
les oeuvres d'art. Le soldat s'agenouille 
et place son bouclier droit devant lui; 
de cette façon , toute sa personne est cou- 
verte et protégée contre les attaques. On 
en aura une idée en voyant la gravure au 
mot Venabulum. 

3. Bouclier ou plaque de métal ou 

10 



no 



CLtPEtJS. 



d'autre matière , sur laquelle le buste 
d'une diviiiilé ou le portrait de personua- 
ges éminents était sculpté eu relief ou 
peint en profil , comme marque d'hon- 




neur (Suet. Cal. IG; Tac. Jnii.n, 83); 
coutume d'une très-haute antiquité, dont 
l'origine remonte aux Trovens ( Piiu. H. 
A. XXXV, 3; cf. Hor. Od. i, 28, 11). 
La gl■a^ure représente un clipeus en 
bronze de cette espèce; il porte un buste 
de l'empereur Adrien. 

4. Bouclier ou plaque de même nature, 
en marbre ou en métal, mais orné d'au- 
tres dessins aussi bien que de portraits, 
dont on se servait comme de décoration 
et qu'on suspendait dans les édifices pu- 
blics ou les maisons particulières entre 



z£££££Xj 



les piliers d'une colonnade, de la façon 
représentée par la gravure ci-jointe, 
d'après un bas-relief eu terre cuite (Liv. 

XXXV, 10). 

5. Appareil employé pour régler la 
température du lacorticiuii ou Ijain de 
vapeur ; il consistait en une plaque de 
métal crtUîCet circulaire, suspendue par 
des chaînes sous nue ouverture pratiquée 
dans le dôme du plafond, à l'extrémité 
circulaire de la chambre thermale [cal- 
dariiim) , et immédiatement au-dessus du 
labrum. Suivant ([u'on levait ou qu'on 
abaissait cette placpie, la temi)érature de 
la chambre était éle\ée ou abaissée; car, 
de celte sorte , il pouvait entrer plus ou 





moins d'air froid et s'échapper plus ou 
moins d'air chaud (Vitruv. v, 10). La 
gravure représente une 
section du laconicum 
de Pompéi , dont nous 
avons donné une pers- 
pective à ce mot , qui 
le montre tel qu'il est 
aujourd'hui; les caiTés 
au bas laissent voir les i 
tuyaux de V/npocau- 
stum ; le bassin au cen- 
tre , au-dessus du plus 
large tuyau , est le la- 
brum; et le clipeus, avec la chaîne par 
laquelle on l'abaissait ou on le levait , de 
manière à fermer l'ouverture du plafond 
au-dessous de laquelle il était situé, est 
une restauration conjecturale pour expli- 
quer comment fonctionnait l'appareil; 
les appuis de bronze, pour attacher les 
chaînes par lesquelles on gouvernait le 
clipeus, furent trouvés fixés aux parois. 
On ne peut nier cependant que la nature 
précise du clipeus ne soit encore envelop- 
pée d'oi)scuri té, et beaucoup d'érudits,s'en 
rapportant à une peinture des Thermes 
de Titus (représentée 
par la gravure ci- 
jointe) , soutiennent 
que le laconicum 
était la petite cou- 
pole qu'on voit ici 
s'élevant du plancher 
de la chamlue, et qui 
permettait à un cer- 
tain volume de flam- 
me et d'air chaud de 
s'élever au-dessus du 
niveau géuéral de 
l'appartement ; ils 
ajoutent c[ue le clipeus, qui réglait la 
température en admettant ou en ex- 
cluant la chaleur, était placé, comme dans 
la gravure , sous cette coupole et précisé- 
ment au-dessus de l'iupocaustum. Mais il 
est difficile de concevoir comment , dans 
une telle position,on aurait pu se servir de 
l'appareil : en effet, le clipeus et les chaî- 
nes q\ii servaient à le lever devaient être 
d'une chaleur brûlante à une telle proxi- 
mité du feu ; en outre, on n'a rien décou- 
vert, dans aucun des bains des anciens,qui 




CLOACARtllM. 



ni 



ressemble, même de loin , à une constnir- 
tioa pareille, et Vilruve ( /. c.) décrit 
avec une exactitude presque minulieuse 
une disposition senihlaljle à celle cpron 
observe à l'extrémilé circulaire de la 
oliambre thermale dans les bains de 
Pompéi. Comme nous avons donné les 
deux plans , le lecteur pourra juger par 
lui-même. Un grand nombre d'autorités 
apjiuienl l'une et l'autre hypothèse. 

CLITELL.-E (xaver,),ia). Bat sur lecpiel 
étaient portés les paniers; par extension, 




f/rii.f paniers : voilà pourcpioi on n'em- 
ploie ce mot qu'au pluriel (Hor. Sat. i , 
•5, 47; Pha?dr. i, 16). La gravure est 
prise d'un cristal gravé de la galerie de 
Florence. 

CLITELLARIUS (xav8r,),io; ). Béte de 
somme qui porte des paniers, comme on 
le voit dans la gravure précédente (Cato , 
fi.E. x,i; Columell. II, 22, 3). 

CLOACA (07tGvo(j.oi;). Large canal 
souterrain, fait de maçonnerie ou de bri- 
quetage , et qui servait à emporter les 
eaux pluviales des rues d'une ville et les 
ordures des maisons particulières; il les 
versait dans quelque rivière voisine et 
répondait ainsi à nos conduits et à nos 
e'^otits ( Liv. I, 38; Cic. Cn'cin. 13; 
Hor. Sat. il, 3, 242; Strabo, v, 8, p. 




197, éd. Slebenk.). La gravure repré- 
sente une rue de Pompéi , avec les bou- 



ches de deux conduits sous le pavé , et 
montre comment les eaux pluviales y 
entraient. 

2. Cloaca maxinta. Egoiit principal 
qui recevait le contenu de plusieurs con- 
(luils trii)utaires et le portait à la rivière. 
Ce nom est surtout donné au grand égout 
de Rome, c[ui fut construit par Tarquin 
l'Ancien jtour dessécher les eaux sta- 
gnantes du Yèlabrum et des basses terres 
entre le mont Palatin et la colline du 
Capitole , et ménager ainsi une arca pour 
un champ de coiu'ses ou circus ma.vimns 
et pour le forum. Une partie considéra- 
i)le de ce grand ouvrage subsiste encore 
après plus de deux mille ans. Il se com- 
pose de trois arches concentritpies de 
maçonnerie sans ciment, dans le geni'e 
appelé étrusque, comme on le voit par 
la iigure ci-jointe, représentant la bouche 




qui ouvre sur le Tibre , près du pont Su- 
blicius, et une partie de la muraille adja- 
cente qui formait les fondements du 
quai appelé pu/c/iruni littus. L'arche la 
plus petite ou la dernière a entre 3'", 9(5 
et 4'", 27 de diamètre; chacun des blocs 
qui composent l'arche est laige de 1"',76 
et haut d'mi peu plus de 0"',97 ; le tout 
est de cette pierre noire et volcanique 
( tu fa litoide : Brocchi , Suolo di Roma), 
qui forme la base de la colline du Capitole, 
et qui fut la matière commune pour les 
constructions durant la période attri- 
buée aux rois de Rome. Une figure qui 
montre la construction de la partie sou- 
terraine de la cloaca maxima est donnée 
au mot Anterides (Plin. H. N. xxxvi, 
24, 3; Dionys. m, 67). 

CL0ACAR1UM. Impôt des égouts : 
taxe le\ée pour les frais de nettoyage et 



172 



CLOACULA. 



COACTIUS. 



de réparation deségouts (Ulp. Dig. 7,1, 
27; Paul. £)/«■. 30, 39). 

CLOACULA. Diminutif de Cloaca; 
conduit tributaire communiquant avec 
l'cgout principal ( Lamprid. Heliog. 
17). 

CLOSTELLUM. Diminutif de Clos- 
TRUM. Trou de la clef, dans une serrure ; 
ou peut-être moraillon dans lerpiel entrait 
le pêne d'une serrnie, et cpii devait laisser 
un intervalle entre lui et la porte, qui ne 
fermait pas parfaitement , de telle sorte 
qu'une personne pouvait voir par cette 
ouverture, comme l'indique Pétrone, 
Sat. 140, 11. Cf. Senec. de Benef. VU, 
21. 

CLOSTRUM. Pour Claustrum. En 
général , tout ce qui fixe et assujettit , 
comme une serrure ( Cato , R. R. 13 et 
135) ; mais, dans un sens plus détermi- 
né, le moraillon dans lequel entre le pêne 
( Senec. de Ben. vu , 21 ). 

CLUDEN. Épée dont se servaient les 
acteurs sur le théâtre romain, et dont 
la lame rentrait dans la poignée dès 
qu'elle rencontrait la moindre résis- 
tance, et ainsi frappait sans danger (Apul. 
Jpol. p. .52G ). Les acteurs modernes 
ont recours à un expédient de même 
nature ; mais la leçon du passage d'Apulée 
n'est pas certaine et. l'explication est 
conjecturale. 

CLUNACULUM. Petite épée ou 
plutôt poignard, appelé ainsi parce qu'il 




était porté par derrière ( quia ad du- 
nes dependet , Festus , s. v.), comme 
on le voit par le spécimen ci-joint, 
pris de la colonne Trajane (Aul. Gell. x, 
25 ; Isidor. Orig. xviii , G, (J). 

2. Le même nom était aussi donné 




au couteau du cultrarius, avec lequel il 
ouvrait dans un sacri- 
fice les entrailles de la 
victime (Festus, s. v.), 
et qui était suspendu 
de la même façon à 
une courroie attachée 
autour des l'eins, com- 
me on le voit par la 
figure ci-jointe , qui 
représente un de ces 
cultrarii , d'après une 
peinture de Pompéi. 

CLYSTER {%l\)a-zrip). Seringue , par- 
ticulièrement celle dont on se servait pour 
injecter des fluides dans le corps ( Suet. 
Claud. 44 ; Plin. H. N. xxxi, 33). 

CLYSTERIUM (xXuarVipiov). Diminu- 
tif du précédent ( Scrib. Compos. 118). 

CNODAX (xvcôoa^). Pivot fixé aux ex- 
trémités d'un axe ou d'un cylindre, et 
introduit dans une crapaudine , de ma- 
nière à former un support qui permette 
à l'axe détourner (Vitruv. x, 2, 12). 

COA VESTIS, et COA, orum. Étoffe de 
Cos du tissu le plus fin et presque trans- 




parente, de telle sorte que les formes des 
personnes qui la portaient étaient facile- 
ment visijjles à travers ces voiles. Elle 
était surtout le vêtement des femmes de 
plaisir, comme les chanteuses et les dan- 
seuses , dont une est représentée dans 
notre gravure d'après une peinture de 
Pompéi (Plin. H. N. xi, 2G; Propert. 
IV , 5, 55; Ovid. J. Jm. il , 298 ; Hor. 
Sat. 1,2, 1 1 ; cf . Pelr. .Sa^ 55 ) . 
COACTILIS, se. /a«a (tiiXyitôç outïi- 



COAOTORES. 



173 



luzàc). Feutre, c'est-à-dire laine maniée 
et soumise à la pression jusqu'à ce qu'elle 
forme un tissu consistant , comme une 
pièce déloffe (Plin. H. A\ Via, 73; 
Edict. Dioclet. p. 21; U^.Dlg. 34,2, 
26). 

COACTORES (TtpâxTopsç). Receveurs 
ou percepteurs des taxes, des charges, etc. 
(Cic. Rrr/}. Post. XI ; Hor. Sat. i , G , 86). 

2. Arrière-garde tl'une armée ou trou- 
pes qui fermaient la marche (Tac. Hist. 
II, 68). 

COACTUS. Même sens que Coacti- 
Lis (Plin. H. lY. VIII, 73; Cœs. B. C. 
m, 44). 

COAGULUM (uuTÎa). Présure, c'est- 
à-dire toute chose dont on se servait pour 
faire cailler le lait; à cet effet, on em- 
ployait communément chez les Romains 
le lait coagidé trouvé dans les estomacs 
des animaux qui tétaient , la li([ueur lai- 
teuse contenue dans l'estomac d'un porc 
ainsi que l'estomac lui-même, et le vinai- 
gre fS'arro , ^. i?. il, 1 1 , 4 ; Plin. H. N. 
XXIII, 63). Par extension ce mot signi- 
fiait lait caillé (Plin. H. N. XXVIII, 45), 
et fromage ( 0\id. Fast. iv, 545). 

COASSATIO (oav{o(j)jj.a). Toute chose 
faite de planches jointes ensemble, comme 
le parquet d'une maison (Vitruv. VI, 6), 
le pont d'un vaisseau , etc. 

COCHLEA ( Y.oyl('x%). Littéralement, 
limaçon à coquille en spirale; par ex- 
tension , ce mot a été appliqué à plusieurs 
autres ohjets qui avaient la même forme 
ou qui s'en rapprochaient. 

1 . Vis et écrou , comme puissance mé- 
canique employée dans les pressoirs pour 
huile , vin et étoffe , 
précisément de la même 
manière et sur le même 
plan que ceux dont on 
se sert maintenant tons 
les jours , comme on le 
voit dans la gravure ci- 
jointe, représentant une 
])resse à étoffe, d'après une peinture de 
l'établissement d'un foulon {fullonica) à 
Pompéi (Vitruv. vi, 9 ; Plin. H. N. xvili, 
74; Pallad. iv, 10, 10; xi , 9 , 1). 

2. Machine pour élever de l'eau, d'a- 
près le principe de la vis inventée par 
Archimède, et semblable à celle qu'on 




voit encore en. Allemagne et qui porte le 
nom (ïescargot d'eau. Elle consistait 
en un long cylindre autour duquel un 
tuyau creux se repliait, comme le filet 
d'une vis; elle était placée dans une di- 
rection oblique, l'extrémité inférieure 
entrant dans l'eau, puis on la faisait tour- 
ner autour de son axe à l'aide d'un che- 
val ou d'une roue à bras {tywpanum). 
A mesure qu'elle se mouvait, elle élevait 
peu à peu l'eau , par les replis du tuyau , 
de la spirale inférieure à la spirale siqié- 
rieure, dont l'eau s'échappait lorsqu'elle 
n'avait plus rien pour la soutenir (Vitruv. 
X, 6). Cette machine est aussi citée par 
.Strabon (xiii, 30, p. 561, éd. Siei)enk.), 
comme employée en Egypte , où on la 
faisait manoeuvrer par des esclaves et où 
on l'employait pour l'irrigation ; en effet , 
une pompe de rette sorte ne peut élever 
l'eau qu'à une médiocre hauteur. 

3. Espèce parlicidière de porte, em- 
ployée pour une loge à taureaux , pour 
une volière et autres lieux de ce genre 
( Varro , R. R.lW , b ,Z) , où il fallait que 
tous ceux qui entraient ou sortaient pus- 
sent le faire avec promptitude et sûreté. 
On voulait empêcher les animaux de s'é- 
chapper au moment où s'ouvrait la porte, 
pendant que la personne placée au de- 
dans pouvait toujours se retirer saine 
et sauve dans les moments de danger. 
Schneider ( Index Script. R. R. t. Ca- 
vea) pense que c'était une porte levée et 
abaissée à la façon d'une herse; le mot 
pour lui est par conséquent synonyme de 
Cataracta : mais ses preuves sont loin 
d'être concluantes , et l'anciemie inter- 
prétation de Gesner est mieux en rapport 
avec les autres sens du mot. Gesner y 
voit un appareil comme celui dont on se 
sert maintenant d'ordinaire dans les hos- 
pices d'enfants trouvés et dans les cou- 
vents de religieuses, en Italie, pour intro- 
duire toute espèce d'objets à l'intérieur 
sans ouvrir une porte, et à qui l'on donne 
le nom de roue , ruota , en français tour. 
Ces entrées sont construites sur le même 
principe qu'une chambre oI)scure et se 
composent d'une boite cylindrique, placée 
dans l'épaisseur de la paroi principale , et 
destinée à tourner autour d'un axe verti- 
cal qui la traverse par le centre et qui la 
10. 



17i 



COELCM- 



fixe à sa place. Une oiiverhire est laissée 
dans une partie de la circonférenre : c'est 
par là , quand elle fait face à la rue , que 
les ol)jets qu'on veut iulroduire sont pla- 
cés dans la boite ; ou la pousse alors , 
elle fait un demi-tour sur son axe et 
l'ouverture arrive de l'autre côté de la 
muraille. 11 est évident quun tel appareil 
•s'adaptait parliculièrenu'ut aux usages in- 
diqués ci-dessus pour la cochlea; le nom 
peut lui être venu de sa ressemlilance 
avec un limaçon dans sa coquille ou de 
l'escalier en spirale (coc/i/is) ménagé dans 
l'enceinte qui le contient. 

COCHLEAR et COCHLEARE (xoyXiâ- 
ptov). Cuiller dont on se servait pour 
manger des œufs et des coquillages (Mart. 



Ep. XIV, 121 ). Elle avait uncuilleron à 
une de ses extrémités et se terminait en 
pointe à l'autre jjout. Le large bout ser- 
vait de coquetier (Peir. Sat. 33, G) , et 
avec la pointe on tirait le poisson de sa 
coquille ( Plin. H. A. xxviil , 4 ). Le spé- 
cimen ci-joiut représente unmodeie trouvé 
à Pompéi. 

2. Mesure de liquides, répondant à 
notre cuillerée (Colum. XII , 21 , 3). 

COCHLEARU M. Lieu où l'on nourris- 
sait et engraissait des limaçons; les épi- 
curiens romains les regardaient comme 
un mets des plus délicats, et on les im- 
portait lie différentes contrées pour être 
élevés et nourris dans des réservoirs 
(Varro, R. R. iii, 12, 2; 14, 1 ; Plia. 
H. N. i.x , 82 ). Le ridicule Trimalcio se 
les fait servir à table sur des grils d'ar- 
gent (Petr. Sat. 70, 7). 

COCHLIS. Voyez Columxa, 2. 

COCTILIS, sous-entendu loter. Bri- 
que durcie au feu , par opposition à la 
brique séchée au soleil ( Varro , R. R, i, 
14; Plin. H. ^. vu, .37). 

2. Munis coctilis. Mur bâti de briques 
durcies au feu (Ovid. 3Itt. iv,58). 

3. Coctilia ou coda ligna (|ij),a xây- 
xava). Bois séché ou rôti , coupé en pe- 
tits morceaux et durci suffisamment au 
feu pour perdre l'humidité qu'il conte- 
nait sans être réduit en charbon ( Ulp. 
Dig. 32, 55) ; il brûlait ainsi facilement 



et ne jetait pas beaucoup de fumée. On le 
vendait à la mesure ( Valerian. o/j. Tre- 
bell. Claud. 14 ) et non au poids, comme 
les autres espèces de bois à brûler, dans 
des boutiques particulières de Rome, ap- 
pelées taberiiBe coctilici . La préparation, 
ainsi que le délnt de ce bois, constituait 
un métier particulier, qui était , dit-on , 
celui du père de l'empereur Perlinax 
(Jul. Cap. Pertiua.r, 3). Cf. AcAP>A. 

COCTUS. Même sens que CoCTlUS. 

COCLLUM. iSom donné à toute espèce 
de casserole servant à faire bouillir de la 
viande ( Festus, s. r.; Isidor. Orig. XX, 
8; Cato,^. R. 11 ). 

CODEX. Entraves ou pièce pesante de 
bois, attachée aux pieds des esclaves : ils 
la traînaient avec eux, et elle pouvait leur 
servir de siège ( Juv. ii, 57 ; Prop. iv, 7, 
44). 

2. Livre blanc pour écrire ; il était fait 
de feuilles séparées reliées ensemble , 
comme les nôtres. On en 
voit un spécimen dans la il-i^'' 
figure ci-jointe, tirée d'une i'-~Z'/ 
])einture de Pompéi. Dans iCB?" 
l'origine les feuilles étaient 
de minces tablettes de bois [codices, sv- 
nonyme de caudices), revelues de cire. 
Ce nom a toujours été conservé depuis, 
quoique la matière primitive ait été rem- 
placée par le papier ou le parchemin 
(llp. Dig. 32, 50; Cic. Verr. i, 36; 
Sull. 16). 

3. A une époque postérieure, ce mot 
fut employé pour désigner un code ou re- 
cueil de lois ; ainsi le codex Justinianeiis , 
Tlieodosianus , etc., qu'on peut supposer 
avoir été écrits sur des livres de ce genre. 

CODICILLUS. Diminutif de Codex. 
Le pluriel Codicilli désignait une col- 
lection de petites tal^lettes dont on se 
servait pour prendre des notes (Cic. Fam. 
IX, 26) qui devaient être recopiées en- 
suite avec soin ; pour écrire à des amis 
intimes (Cic. Fam. vi, 18 ); pour rédiger 
les articles d'un testament ( Plin. Ep. U, 
16) , une pétition ou un mémoire ( Tac. 
^nn. IV, 39 ). Ons'eu servait encore pour 
d'autres usages analogues. 

CŒLUM (0Ù&7.VQ;). Soffite ou pla- 
fond ( Vitruv. vil , 3 , 3 ; Florus , m , 5 , 
30, et cœlum capitis, la partie inférieure 



COEMETRICM. 



COENOBITA. 



175 



du crâne, Plin. H. N. XI, 49). Les pre- 
miers édifices n'étaient couverts que d'un 
toit extérieur (ti'ctum) dont l'intérieur 
servait deplafon{l;mais,coninieon trouva 
que ce n'était qu'un ai)ri insufllsilnt 
contre les variations du temps, on ajouta 
clans la suite à ce toit un toit intérieur 
qui constitua le caliiw et donna naissance 
à un nienii)re de l'entablement , marqué 
. au dehors par le zopliorus on frise. 

COEMETERIUM (/oifxr^xr.piov). Mot 
grec qui désignait proprement la cham- 
bre à coucher (Dosiad. ap. Athen. iv, 
22) ; par extension , il fut appliqué au 
cimetière par les écrivains latins d'une 
période postérieure. (Terttdl. Jnim. 51). 

COExMPTlO. Mariage civil, consistant 
dans un marché simulé où les fiancés se 
vendaient l'un à l'autre; il commença à 
s'étal)lir, à ce qu'on suppose , ([uand la 
loi permit les mariages entre les patri- 
ciens et les plébéiens, l'an de Rome 308 
(Cic. Miirc/i. 12; Nonius v. Nuben- 
tes). 

COENA (SeTuvov). Principal repas des 
Romains ; ce mot est , par conséquent , 
mieux traduit par le mot dîner que par 
le mot souper qu'on emploie plus commu- 
nément. C'était le troisième repas de la 
^^ournée , c'est-à-dire après le déjeuner 
{jeutaciilitm) et le goûter {prattdiiim ou 
mcreiia\') : l'heure la plus oixlinaire })our 
la cir/ia eti.it , à compter comme nous , 
trois heures après midi ; quoique des habi- 
tudes particulières pussent engager quel- 
ques Romains à dîner plus tôt ou plus 
tard (Plant. Cic. Petr. Suet. etc.). 

2. Prima, altéra, tertia cœna. Le pre- 
mier, second ou troisième service dans un 
dîner (Mart. Ep. xi , 31). 

COENACULUM. Sal/c à manger, si 
l'on s'en tient au sens primitif du mot 
(Varro, L. L. v, 162); mais, comme l'ap- 
partement construit pour servir de salle 
à manger était situé d'ordinaire dans la 
partie supérieure de la maison, à une cer- 
taine époque de l'histoire romaine, ce 
mot fut plus communément emplosé dans 
le sens de chantbre Je l'étage supérieur 
(FestuSjji. T.; Liv. xxxix, 14). Le plu- 
riel cœnacula (comme le grec ur.îpwov) 
désigna toute la suite des chambres con- 
tenues dans un étage supérieur (Cic. y^gr. 



II , 35) ; et, comme les étages supérieurs, 
à Rome, étaient principalement occupés 
par les classes pauvres , ce mot emportait 
souvent l'idée de position inférieure; dans 
ce cas , nos mots galetas ou mansarde en 
seraient la tratluction la plus exacte (Hor. 
Ep. I, 1, 91 ; Jnv. X, 17). Le spécimen 




ci-joint , d'après une peinture de Ponipéi, 
représente l'extérieur des cœnacula; et 
les deux dernières gravures de l'article 
DoMUS , qui donnent le plan et la pers- 
pective d'une maison à deux étages trou- 
vée dans les fouilles d'Herculanum, feront 
comprendre la manière de bâtir et de 
distribuer les appartements d'un étage 
supérieur dans des maisons privées , de 
dimension ordinaire. 

2. Cœnaculum meritoriiim. Logement 
loué dans un étage supérieur (Suet. 
Vifell. 7). 

COENATIO. Ce mot semble, en terme 
général, s'a])piiqnerà toute esj)ècede salle 
à manger, aussi bien aux magniliques 
salles de festins du palais d'or de Néron 
(Suet. Nero, 31) qu'à la ^o//^' à manger 
ordinaire de la villa de Pline (Plin. Epis t. 
jl, 17, 10; V, 6, 21). Comme le cœ- 
naculum , cette pièce était située à l'étage 
supérieur (Juv. Sat. vu, 183; Mart. Ep. 
II , 59) ; et , sous ce rapport , elle différait 
du triclinium , (pii , dans les maisons de 
Pompéi , est toujours situé au rez-de- 
chaussée. 

COENATORIA , comme Cœnatoria- ve- 
stes. Vêlements portés à table (Petr. Sat. 
21, 5; Mart. X, 87; Capitol. Ma.tim. 
Jun. 4); on n'a pu en déterminer la na- 
ture précise, mais il en était un aiicpiel 
on donnait le nom de Syisthesis. Voy. 
ce mot. 

COENOBITA. Mot de la basse latinité 
pour désigner un homme qui vit en com- 
munauté {cœnobium) avec d'autres; de 



176 



COENOBIUM. 



là un moine ou un religîewc, (Hieron. 
Ep. 22, n. 34 et 35). 

COENOBIUM (y.otvôêtov). Monastère 
ou couvent de moines ou de religieux, 
appelé ainsi parce qu'ils vivent eu com- 
mun (Hieron. Ep. 22, n. 3G). 

C0H0HS.MêmesensqueCHORs(^'a^^o, 
R. /?. III, 3; Ovid. Fast. iv, 704). 

2. Cohorte ou corps de fantassins, for- 
mant la dixième partie d'uue légion , 
mais dont le chiffre varia à différentes 
époques de l'histoire romaine, suivant 
qu'on augmenta la force numérique de 
la légion elle-même (Varro, L. L. V, 88; 
Ciuciiis ap. Gell. XVI, 4, 4; Cfes. B. G. 
m, 1). 

3. On se sert quelquefois de ce terme 
pour distiuguer les troupes alliées et auxi- 
liaires des légionnaires; ce qui implique 
que, dans l'origine, ces troupes étaient dis- 
tribuées en cohortes au lieu de l'être en 
manipules (Florus, m, 21 ; Liv. il, 64; 
XXIII, 14). 

4. Ce mot se prend aussi , dans quel- 
ques cas , pour troupe ou escadron de ca- 
valerie ; mais on ignore le chiffre précis des 
solilats qui formaient ces escadrons 
(Plin. Ep. X, tOG ; Virg. ^n. XI , 500). 

5. Prxtoria coliors. Corps d'élite , 
choisi parmi les légionnaires , et qui for- 
mait comme la garde du corps du con- 
sul on du général , sous la république ; 
il devint une garde véritable et perma- 
nente sous les empereurs romains. Yoy. 

PR.ETORIA>"rS. 

COHL'M. La corde ou courroie par la- 
quelle le joug (jugum) est attaché au ti- 
mon (teiiio) d'une charrue (Festus, s. ?•.). 




On la voit très-distinctement dans le spé- 
cimen ci-joint, pris d'un bas-relief décou- 
vert dans la presqu'île de Magnésie. 



COLIPHIUM. Sorte de régime auquel 
on soumettait les lutteurs et les personnes 
qui se destinaient aux exercices des athlè- 
tes , pour dévelo])per leurs muscles sans 
les chai ger d'une masse de chair; c'est 
ainsi que se préparent encore les boxeurs 
de profession en Angleterre, etc. Quels 
étaient les colip/iia romains ? On ne le 
sait pas exactement ; mais on suppose gé- 
néralement que c'était une sorte de pain 
sans levain, mêlé de fromage nouveau. 
(Plant. Pers. I, 3, 12; Juv. Il, 53; 
Schol. Yet. ad L; Mart. vu, 67, 12). 

COLL.\RE. Collier de fer, mis au cou 
des esclaves qui s'étaient enfuis; une 
chaîne (catulus) pour les conduire y était 




attachée, comme la chaîne et le collier 
du chien (Lucil. Sat. xxix , 15, éd. Ger- 
lach). On traitait quelquefois de la même 
façon des prisonniers de guerre , comme 
on peut le voir par la gravure , représen- 
tant un prisonnier barbare, d'après la co- 
lonne de Marc Anrèle. 

2. ColUer de chien (^'arro, R. R. ii', 




^=^K^ 



COLOSSUS. 



177 



9, 16). Le spécimen est pris d'un pavé 
en mosaïque d'une des maisons de Pom- 
péi , et représente tni chien de garde avec 
son collier el sa chaîne. 

COLLICI.î: ou COLLIQUL^. Gout- 
tières faites de tuiles concaves, placées 
sous les bords du toit d'une maison pour 
faciliter l'écoulement des eaux pluviales 
et les conduire dans Vinipluvium (Festus, 
1'. Inliciuni; Yiiruv. vi , 3). 

2. Conduits découverts dans la cam- 
pagne pour séparer des terres les eaux 
pluviales et les décharger dans les fossés 
(Plin. H. N. XVIII, \d, 2; Golumell. 
II, 8, 3). 

COLLICIARIS. Sous-entendu tegitla. 
Tuile ou rigole pour faire des collicix 
(Cato, R. R. XIV, 4). 

COLLIPHIUM. 'Voy. Colipiiium. 

COLLIQUI.*:. Voy. Collici.ï. 

COLLliVIARlUM. Sorte de puits ou 
d'ouverture pratiquée à certains inter- 
valles dans le canal d'un aqueduc, pour 
lui donner un lil)re courant d'air et aussi 
peut-être pour aider à enlever tous les 
dépots d'ordures laissés par les eaux, en 
donnant un accès facile dans toutes les 
parties du conduit fVitruv. vill, 8, 6). 

COLLYBISTES ou COLLYBISTA (xo) - 
XuêiutYi;). Mot grec latinisé; usurier 
(Hieron. Comment. Math. c. 21). 

COLLYBUS ()c6>>Xuêo(;).Mot grec signi- 
fiant petite monnaie. Parmi les Grecs et 
les Romains il servit à désigner la diffé- 
rence du cliange ou agio, ainsi qu'on l'ap- 
pelle , exigé par l'usurier pour changer la 
monnaie d'un pays en celle d'un autre 
(Cic. ^«. XII, 6; Verr. il, 3, 78). 

COLLY'RA (-/.oyWpa). Sorte de pain ou 
de gâteau, de forme égale, qu'on mangeait 
avec du bouillon on de la sauce (Plant. 
Pers. I, 2, 12, 15 et 17). 

COLLYRIS (xoW.upîç). Même sens que 
Ç,Oi.l.\v,\i kw^n&ùn.deGen.ad litt. 8,5j. 

2. Coiffure portée par les femmes, et 
dont le nom vint, à ce qu'on suppose, de 
quelque ressemblance avec le pain ou gâ- 
teau qui était désigné par le même terme 
(TertuU. Cuit. Feni. 7). Dans une pein- 
ture de Pompéi ( Itfus. Rorb. vi , 38), on 
voit, représentés sur un plat , du pain ou 
des gâteaux jiartagés en morceaux préci- 
sément de la même forme que les parties 



de la coiffure portée par Fausline sur une 
pierre gravée (voy. la gravure an mot 
Galiendrum); une telle coïncidence 
confirme la conjecture d'après laquelle la 
peinture citée ci-dessus offrirait un spéci- 
men exact de celte espèce de pain , et la 
}iierre gravée de la coiffure particulière 
qui portait le même nom. 

COLLYRIUM (5CGX>.ûpiov). Substance 
médicale faite avec la forme d'une col- 
lyra, et composée de différents ingré- 
dientssuivant la nature du remède requis: 
on s'en servait à l'extérieur pour frotter 
les parties malades ou l'introduire dans 
une cavité , comme les narines , etc. (Gel- 
sus, V, 28; 12;Hor.^rt^ i, 5, 50; Scrib, 
Comp. 142; Golumell. VI, 30, 8). 

COLOBIl]M(xoX66iov). Tunique à man- 
ches courtes (du grec xoXoêôç , écourté ou 
raccourci) qui couvraient précisément la 
partie supérieure et charnue du bras 
(Serv. ad 'Virg. Mn. IX, 616), comme on 
le voit par le spécimen ci-joint, pris de la 
colonneTrajane. C'é- 
tait la forme primi- 
tive et habituelle de 
la tunique portée par 
les Romains, sous 
la république, dans 
leurs maisons ou 
dans des exercices 
qui demandaient de 
l'activité; elle se 
portait en ce cas 
comme dans la figure 
ci -jointe, sans autre 
vêtement ; mais au dehors , ou quand on 
était habillé, comme nous dirions, on 
jetait la toge par-dessus. 

GOLOMCA. Ferme (Auson. Ep. iv, 6). 

GOLONUS. Métayer ou fermier; ce 
mot désignait un homme qui vivait en 
cultivant le sol , comme fermier, ou qui 
exploitait ses propres terres (Varro , R. R. 
II, Proœm, 5 ; Golumell. I, 7; Scœvola, 
Dig. 33, 7, 20). 

2. Colon. (Gic. N. D. III, 19; Justin. 
XVI, 3). 

COLOSSUS (xoXoarrô:). Statue de di- 
mensions gigantesques , ou dépassant de 
beaucoup les proportions naturelles ; 
comme, par exemple, le colosse de Rho- 
des , qui avait plus de soixante-dix pieds 




r 



COLUMBARIUM. 





de haut 'Hvgiu. Fah. 233; Festus, s. v.; 
Plin. H. N. xxxir, 18). 

COLOSTRA (Plin. H. N. xi , 96 ; Mart. 
Ep. XIII , 38 ; mémesens que Coagulum. 

COLUM 'rfiuAz). Passoire ou couloir 
fait de vannerie, de jonc, de sparte ou d'o- 
sier l'Cato, R. R. \\; Colu- 
meil. XI, 2, 70; XII, 19, 4\ 
et de la forme d'un cône ren- 
versé, par lequel on passait 
le vin nouvellement fait et 
l'huile fColumell. xil, 38, 
7; Scrib. Conip. 156), dès 
qu'ils sortaient du pressoir 
(Virg. Gf-or^. II, 242). Le spécimen ci- 
joint est pris d'un bas-relief romain re-' 
présentant plusieurs opérations qui se 
rapportent à la vendange. 

2. Colitm Tiivarium. Passoire à vin en 
métal pour rafraîchir, délayer et mêler le 
vin avec de la neige, à table fMait. Ep. 
XIV, 103). On s'en servait de la manière 
suivante. Après 
qu'un morceau 
de neige glacée 
avait été mis 
dans la passoire , 
et que la passoire avait été placée sur la 
coupe à boire, on versait le vin sur la 
neige avec laquelle il se mêlait et se fil- 
trait dans la coupe, à travers les trous de 
la passoire, pur de tout dépôt et de toute 
saleté. Le spécimen ci-joint repiésente un 
modèle en bronze trouvé à Pomi)éi. 

3. Panier pour prendre du poisson, 
comme les paniers à anguilles ou à cre- 
vettes, laissant le poisson au fond, comme 
la lie reste dans une passoire (Ausou. 
Ep. IV, 67 ; comparez >'assa). 

COLUMBAR. Machine à peu près sem- 
blable au pilori ; elle servait à emprison- 
ner les mains et la tète (Plaut. Riid. 
III, 5, 60), et tirait sou 
nom de la ressemblance 
qu'avaient les ouvertu- 
res par lesquelles ces 
parties s'avançaient a- 
vec les trous pratiqués 
pour les nids dans un 
colombier ( columba- 
rium). Ou s'en servait 
pour punir les, esclaves, 
et, selon toute probabilité, elle ressemblait 




au " collier de bois » des Chinois, qui est 
représenté dans la gravure ci-jointe d'a- 
près un dessin de Staunton. 

COLUMBARIUM (TtîpiTTSOcMv). Co- 
lombier ou pigeonnier, qui différait pro- 
bablement très-peu des nôtres, si ce n'est 
qu'il était construit souvent sur une plus 
grande échelle, car on gardait quelque- 
fois dans la même maison jusqu'à cinq 
mille oiseaux (Varro, R. R. Iii, 7 ; Pal- 
lad. I, 24). 

2. Columbaria Z'jiluriel); boulins ou 
cellules séparées dans le colomjjier pour 
chaque paire d'oiseaux (Varro , R. R. m , 
7, 4 et 11; Columell. yill,8,3). 

3. Columbaria (pluriel) ; /?/c//eJ d'une 
chambre sépulcrale , dans lesquelles les 
cendres des morts, contenues dans des ur- 
nes (olla>) étaient déposées (Inscript, ap. 
Spon, Miscell. Er.Ant. 19, p. 281; ap- 
Fabretti, p. 9) . Chacune de ces niches était 
faite pour recevoir deux urnes , comme 
des pigeons dans leurs nids , ainsi qu'on le 
voit par la gravure ci-jointe, prise d'un 
caveau sépulcral près de Rome. On voit 
au-dessus les couvercles des urnes, et les 




noms des personnes dentelles contenaient, 
les cendres sont inscrits au-dessous, sur la 
muraille, dans laquelle s'enfoncent les ur- 
nes elles-mêmes. Les quatre parois du sé- 
pulcre étaient couvertes de niches de ce 
genre, qui montaient quelquefois à cent 
et plus. Voy. Sepulcrum comjiuxe et 
la gravure à ce mot. 

4. Columbaria, pluriel (Tp"j7rr,u.aTa). 
Ouvertures pour les rames , par lesquelles 
les rames s'avançaient de l'inlérieur d'un 
vaisseau (Isidor. Orig. xix, 2, 3; cf. 
Festus , 1'. Navalis Scriba) ; elles étaient 
appelées ainsi parce qu'elles ressemblaient 
aux niches d'un pigeonnier, comme on le 
voit clairement par la gra- 
vure , qui représente deux 
ouvertures pour les rames /// /// 
d'un côté du vaisseau , d'a- 
près le Virgile du Vatican. Ainsi s'expli- 
que le sens du mot columbarius dans un 



COLUMËLLA. 



COLUMNA. 



119 



fragment de Piaule, où il signifie un ra- 
meur avec une idée de mépris. 

5. Colitmbarla, pluriel (ovrai). Cavités 
ou trous dans les murailles d'un édifice 
qui forment un lit sur lequel les tètes des 
poillres {tigna) reposent (Vitruv. iv, 2, 
4). Voy. la gravure du mot Materiatio, 
lettres cl , d, cl. 

6. Co/HwArt/7rt (pluriel). Ouvertures pra- 
tiquées dans l'axe d'une espèce particu- 
lière de roue à bras [tympammi) pouréle- 
verde l'eau. L'axe en question était un cy- 
lindre creux, et l'eau, élevée par les tours 
de la roue, entrait dans l'axe par ses ou- 
vertures et se déchargeait par l'extrémité 
dans l'auge faite pour la recevoir (Vi- 
truv. X, 4). Mais on compieu.lra mieux 
tout le mécanisme en se reportant à l'ar- 
Jicle Tympanlm, 5. 

COLUMËLLA (aruXÛ). En général , di- 
minutif de COLUMNA. 



2. (TTyi>itûiov). Petit c'ippus ou pilier 
court élevé sur une tom])e comme pierre 
tumulaire (Cic. Leg. il, 26). 

3. Colitmella ferrea. Forte barre de 
fer, faisant partie du trapctum on ma- 
chine à broyer les olives (Cato, R. R. 
20 et 21). Voy. Trapetum et la gra- 
vure, sur laquelle cette barre est repré- 
sentée par la figure 4. 

COLUMEN. La plus haute poutre dans 
la charpente d'un toit , formant la pièce 
qui couronne tout le reste (Vitruv. iv, 2, 
l).Voy. Materiatio et la gravure, sur 
laquelle elle est marquée b, h. 

COLUMNA (xi'wv, (TTùXoç). Colonne 
employée dans l'architecture pour suppor- 
ter l'entablement et le toit d'un édifice. 
Elle se composait de trois parties princi- 
pales : le chapiteau (capitulum), le fût 
(scapus) et la base (spira). La colonne 
était , de plus, élevée dans trois styles ou 




ordres principaux qui avaient chacun des : du Parthénon, d'après l'Encyclopédie de 
formes caractéristiques et distinclives;les l'Architecture de (îwilt; c'est la plus an- 
personnes mêmes qui n'étaient pas du mé- j cienne, la plus massive et la plus lourde de 
tier pouvaient facilement les reconnaître toutes : elle n'a pas de base, et le chapi- 
par la différence des chapiteaux. l"Z)o/7cfl, ! teau en est fort simple. (Voy. Capitulum, 
colonne de l'ordre dorique, représentée 1 et 2). 2" lonica, colonne de l'ordre io- 
dans la gravure ci-jointe, qui offre une vue | nique, la seconde pour la légèreté : elle a 



180 



une base , et son chapiteau est décoré de 
volutes (Voy. Capitllcm, Z£{ 4). 3° Co- 
rinl/iia, colonne de l'ordre corinthien, la 
plus légère de toutes, avecinie haseet une 
plinthe , dont le chapiteau , assez considé- 
rable, est orné de feuillage. (Voy. Ca- 
PITULCM, 5;. On y ajoute quelquefois : 
4° Tuicanica, colonne de l'ordre toscan, 
connue seulement par Vitruve,et qui res- 
semble beaucoup au dorique romaiu ; et 
6° Compoiila, colonne de I ordre compo- 
site, ordre mêlé et formé par la combi- 
naison des volutes de l'ordre ionique avec 
le feuillage de l'ordre corinthien. 

Ce support , le plus pai fait et le plus 
beau de tous ceux de l'architecture, eut, 
comme c'est l'ordinaire , les commence- 
ments les plus simples. Quelques fortes 
perches ou les troncs droits des arbres, 
enfoncés dans le sol pour supporter une 
pièce de bois tiansversale sur hupielle re- 
posait un toit de brauchages ou de padle, 
forma le premier fût {.■■copu^} d une co- 
lonne. Quand une tuile ou une tablette 
de bois fut placée sous l'exliémité nifé- 
rieure du tronc pour former comme une 
sorte de fondement et empêcher le fut 
de s'enfoucer trop avant dans le sol, ou 
eut la première idée d'une base (ipira). 
et une tuile ou une tablette semblable, 
placée au haut du tronc , pour que la pou- 
tre transversale ou l'architrave reposât 
sur une plus large surface , fut le premier 
chapiteau. C'est ainsi que ces éléments si 
simples, travaillés par le génie et l'indus- 
trie des époques successives, produisirent 
les traits nombreux qui distinguent les or- 
dres de l'architecture. Expliquer les qua- 
lités particulières de chacun de ces ordres 
serait un détail mieux placé dans le tra- 
vail d'un architecte que dans ce Diction- 
naire : il faudrait pour cela des dessins 
étendus et des explications minutieuses 
qui ne sont point nécessaiies pour un 
jeune étudiant ou pour le commun des lec- 
teurs. 11 est un point cependant qu'il faut 
se rappelersans cesse, c'est que la columna 
de 1 ancienne architecture implique ton 
jours, non pas un support fictif, mais un 
support réel; car ni les Crées ni les Ro- 
mains, jusqu'au moment de la décadence 
des arts, n'emplojerent jamais les colon- 
nes , ainsi que le font les modernes dans 



leurs édifices, comme un ornement su- 
perflu ou un simple accessoire, mais bien 
comme une partie princiiialeetessentielle 
de la construction, qui fut tombée immé- 
diatement en pièces si l'on avait retiré ce 
support. Il faut se souvenir que l'emploi 
aijusif de colonnes réunies , ou deux à 
deux, ou par groupes, encastrées, scel- 
lées, etc., ne pénétra jamais dans l'ar- 
chitecture grecque; caria beauté particu- 
lière de la colonne consiste dans son iso/e- 
7?)c«/, grâce auquel elle présente unevariété 
infinie de points de vue et de changements 
de scène à chaque mouvement du spec- 
tateur, soit qu'il voie les colonnes sur un 
raug ou sur une file. 

2. Columna cocidis. Colonne au centre 
de laquelle est un escalier en spirale ou 
eu limaçon pour monter au haut (P. 




VictorT de Reg. Urb. Rom. c. 8 et 9). 
Elles avaient différentes destinations , 
mais elles servaient surtout comme co- 
lonnes honori fil] lies pour porter à leur 
sommet la statue dune personne dont 
elles devaient rappeler les actions ou la 
mémoire. Deux colonnes de ce genre sub- 
sistent encore à Rome, l'une élevée en 
1 honneur de l'empereur Trajan , qui est 
représentée dans notre gravure, et à côté 
Je laquelle on voit une coupe montrant à 
l'intérieur l'escalier en spirale ; elle avait, 
avec la statue de l'empereur, remplacée 
maintenant par celle du pape Sixte V, 
130 pieds de haut; l'autre, de même 



r.OLUMNARIUS. 



181 




genre , a été élevée en l'honneur de l'em- 
pereur Marc-Aurèle Autonin.Toutesdeux 
sont couvertes à l'extérieur de has-reliefs 
en spirale, dont nous avons tiré plusieurs 
figures pour ce Dictionnaire. 

.3. Columiia ro.strata. Colonne ornée 
d'images le long du fût , cpii représentent 
des proues (lus/ra) de vaisseaux (Virg. 
Georg. Il, 29; Servins, ad L). On les 
élevait pour rappeler la mémoire des per- 
sonnes (pii avaient remporté 
une grande victoire navale , 
et notre gravure représente 
celle cpii fut érigée eu l'hon- 
neur de C. Duilius { Plin. H. 
N. XXXIV, 1 1), après son 
engagement avec la flolto 
carthaginoise, 2CI avant J.- 
C. On la conserve mainte- 
nant au Capilole de Rome, 
avec une jiarlie de l'in- 
scriplion au-dessous, détail- 
lant le nond)re des vaisseaux et la quan- 
tité du butin qu'on prit après la bataille. 
4. Columiia liellica. Petite colonne 
élevée devant le temple de Bellone, qui 
était silué piès de la Purla Carmeiitalii 
et du Circiis Masinuis, et contre laquelle 
les Romains des premiers temps avaient 
l'habitude de lancer nii javelot quand ils 
allaient déclarer la guerre (Festns,i. v. 
Bellona ; Ovid. Fasl.w, 20G). 

■5. Columiia Mee/iia. Colonne érigée 
dans le forinii de Rome, à la(|uelle les 
esclaves, les voleurs et autres coupables 
étaient attachés pour être chàliés publi- 
quement (Cic. Sejrt. 58 ; Div. Ferr. IG; 
. Ascon. i/).). 

6. Colamnx Herculls. Colonnes d'Her- 
cule. Cette expression désignait, dans 
l'origine, deux colonnes en forme de 
pyramides que les Phéniciens avaient 
l'habitude d'élever dans le couis de 
leurs longs voyages, comme des phares 
et des boi'ues qui les aidassent à recon- 
naître les cotes particulières dans 
leurs voyages subséepients; ils les dé- 
diaient à Hercule et Aslarlé, leur so- 
leil et leur lune. On voit clairement ces 
colonnes dans la gravure ci-joinle, piise 
d'inie monnaie tyrienne, où les deux 
colonnes, avec le phare sur le devant, la 
conque au-dessous , dont le maitre du 



vaisseau sonnait pour annoncer son arri- 
vée dans le port (voir Bucixator), et 
l'arbre représentant le pajs, expliquent 
assez la nature de l'objet représenté. On 
trouve des restes de pareils monuments 
ou d'antres qui leur ressemblent dans la 
partie occidentale de l'Angleterre, en 
Chine, en Afrique. Tacite les mentionne 




(Germ. 34) comme existant de son temps 
sur la rive orientale du Rhin, dans le 
pays des Frisii {Frison.',}. Chez les Grecs 
et les Romains, c'étaient les deirx mon- 
tagnes pyramidales du détroit de Gibral- 
tar, Calpéet Abyla {Gibraltar en Europe 
et 6'(-«/« en Afrique), ([ui étaient nommées 
les Colonnes d' Hercule, à cause de la res- 
semi)lance qu'elles ont de loin avec les 
colonnes |)héniciennes décrites ci-dessus. 
Ils inventèrent inie fable en l'hoiineurde 
leur héros pour rendre compte du nom 
(Mêla , 1,5; Plin. H. N . m, Proœm.). 
7. Poinçon ou poinçon de comble 
dans un toit en charpente, pour supporter 
les étais {capreoli) et les chevrons {can- 




therii) : marqué D dans la gravure (A'itr. 
IV, 2, I). 

COLUMNARÎUM. Taxe romaine levée 
sur les propriétaires ou les occupants, 
pour le nombre des colonnes contenues 
dans les maisons ou autres édifices qui 
leur appartenaient (Cic. y4tt. xill , (>). 

COLUMNAHIUS. Misérable ou peut- 
être débiteur insolvable, c'est-à-dire 
11 



182 



comes. 



quelqu'un qui avait dû être châtié à la 
colonne Mxnia (Cœl. adC\c. Fam. VIII, 
9). 

COLURIA. Segments circulaires de 
pierre placés l'un au-dessus de l'autre 
pour former une colonne , quand la co- 
lonne est faite de pièces rapportées au 
lieu de l'être d'un bloc entier de mar- 
bre (Sidon. Ep. Il, 2) ; mais la leçon 
n'est pas certaine. 

COLLÎS {r{Ka.y.ixT-f\) . Quenouille , faite 
ordinairement d'un bâton de canne d'à 




peu près 0'",91 de longueur et fendu en 
haut de manière à l'ouviir et à former 
une sorte de cori^eille pour contenir la 
laine ou le lin qu'on voulait filer, com- 
me on le voit par la figure à main droite 
de la gravure ci-joinle, tirée d'un origi- 
nal égyptien du Musée Britannique. 
L'anneau qui l'entoure est destiné à être 
mis sur la laine, pour lenii' la masse en- 
tière réunie. Les paysans d'Italie, de nos 
jours, font leurs quenouilles précisément 
de la même forme et avec la même ma- 
tière. Quand la quenouille était remplie 
de laine, on la désignait par des épithè- 
tes comme compla ( Plin. H. N. vill , 
74), plena (Tihull. I, 3, 8G), ou lana 
amicta (Catull. G4, 312); et la figure à 
main gauche la montre dans cet état, 
d'après un bas-relief du forum de Nerva 
à Rome : elle représente une femme avec 
la quenouille dans sa main gauche, le fil 
tiré et pendant (stamen), tandis qu'elle 
fait tourner le fuseau (fiisus) a\ec les 
doigts de sa main droite. Comparez 
aussi l'article Neo, où la manière de fi- 
ler et de se servir de ces instruments est 
décrite avec plus de détails. 

COLYMULS (icoAuixéo;)- Dans la glose 



d'Isidore, réservoir (lacus) où on lavait 
le linge; de là bain pour nager ou se 
plonger ( Lamprid. fiel. 23 ; Prudent. 
Péri Steph. 12). 

COMA {x.ô[xïi). Cheveux; presque sy- 
nonyme de cxsaries , mais impliquaut 
le plus souvent le sens de longueur et 
d'abondance , c'est-à-dire des cheveux 
beaux et épais. Nous trouvons ce mot 
appliqué aussi à la crinière des animaux- 
(Pallad. IV, 13, 2 ; Aul. Gell. v, 14, 2); 
 la crinière de cheval qui surmontait le 
cimier d'un casque (Slat. Theb. Vlll, 
389 ; cf. Crista), et souvent accompagné 
d'épithètes comme intonsa (Cic. Tusc. 
m, 2G), (/emissa (Prop. II, 24, 52), et 
autres semblables. 

COMATORIL'S. Vpy.Acus, 2. 

COMATUS (xo[Ar,Tr,;). Dans un sens 
général , qui porte des cheveux longs 
et é|)ais avec tout leur développement 
naturel (Mart. XII , 70; Suet. 6V//. 35). 
Ou se sert particidièremeut de ce mot 
pour caractérise)' les Germains ( Tertull. 
f'^i'g'. ■^eland. 10) et les habitants de 
la Gaule transalpine, comprenant la 
Belgique, la Celtique et l'Aquitaine 
sous le nom de Gallia comata (Mêla, 
III, 2; Plin. H. N. IV, 31 ; Lucan. I, 
443), à cause de l'abondance de leurs 
cheveux et de la manière dont ils étaient 
arrangés. Les artistes romains les repré- 
sentaient uniformément comme dans la 
gravure ci-jointe, prise d'un sarcophage 




découvert à la villa Amendola , près de 
Rome, et chargé de bas-reliefs qui don- 
nent les détails d'un combat entre les 
Romains et les Gaulois. 

COMES (à-toÀoufto:). Eu général, com- 
pagnon ou associé; mais plus parliculiè- 



COMISSATIO. 



18S 



lement domestique ou gouverneur qui 
accompaguait sou élève à l'école et au 
sortir de l'école, daus ses promenades 
(Suet. .^iiff.m; Tih. 12; Ctaiul. 35). 

COMISSATIO (>cà)u.o;, o"\j[xuo'7iov ). 
Réjouissances brujantes , ou orgie qui 
commençait après la cœna et qui se pro- 
longeait souvent jusqu'à une heure avan- 
cée de la nuit (Varro, L. L. vil, 8'J; 
Liv. XL, 13; Cic. Cœl. 15; Suet. Th. 
7). Des scènes grecques de cette nature 
sont fréquemment représentées' sur des 
vases d'argile (Mus. Borb. v,-51; Mil- 
lin, Vas. Ant'iq. 11, 58; Tischbein, il, 
55; Winck. Mon. luecl. 200); daus ces 
scènes l'heure avancée est indiquée par 
les candélabres, la joie par la présence 
de Comus et de génies ailés, et la débau- 
che par la compagnie mêlée de courti- 
sanes , de danseuses , de musiciennes et 
de chanteuses. 

COMISSATOR ( x.(i3pLa(jTri: , cjjATrô- 
TY):). Joyeux compagnon qui se trouve 
mêlé à une comissatio ou orgie (Liv. 
XL, 9 ; Cic. Cal. 28 ). Le comissator ne 
dînait pas toujours (cœnarc) avec son 
hôte, mais il était souvent invité à venir 
boire avec la compagnie après avoir dîné 
ailleurs; comme Habinnas vient de la 
cœna de Scissa à la cumissatio de Tri- 
malchio , Habinnas coniissator iutravit 
(Petr. Sat. G5; cf. Liv. XL, 7 ). 

COMITIUM. Place entourée d'une en- 
ceinte , attenant au forum romain et voi- 
sine de la Caria, où l'on tenait les comi- 
ces centuriates et où l'on jugeait les procès 
(Varro, L. L. v, 155). Dans l'oiigiue, 
elle était découverte et les assemblées 
étaient par conséquent souvent obligées 
de se dissoudre quand le temps était 
mauvais; mais on la recouvrit d'un toit, 
pour obvier à cet inconvénient , lors de 
la seconde guerre punique (Liv. xxvil, 
3G ). Quelques murailles élevées qui sub- 
sistent encore an pied du mont Palatin, 
sont, à ce qu'où suppose, des restes de 
cet édifice. 

COMMENTACULUM ou COMMOTA- 
CULUM. Baguette que les prêtres romains 
portaient dans les processions religieuses 
pour s'ouvrir un chemin et empêcher le 
peuple de s'avancer trop près d'eux 
(Festus, s. V.). 



COMPEDITUS. Qui a les fers ou les 
entraves aux pieds. Ce mot désigne plus 
spécialement un esclave qui était tou- 




jours enchaîné, même en travaillant 
( Senec. de Trancj. 10 ; Plant. Capt. v, 
1 , 23 ; Cato , li. R. 56 ; cf. Ovid. 
Pont. 1 , G , 31), comme les galériens de 
l'Italie moderne , dont les chaînes sont 
faites piécisément de la même manière 
que celles que porte la figure ci-joinle, 
prise d'une pierre gravée qui représente 
Saturne daus les fers. C'est un accessoire 
souvent ajouté par les Romains aux sta- 
tues de ce dieu, mais qu'on relirait pen- 
dant ses fêles , au mois de septembre 
( Slat. >Ç) /?•. 1 , , 4 ) , où une liberté mo- 
mentanée était aussi accordée aux escla- 
ves, par allusion à la condition heureuse 
dont on supposait que l'humanité avait 
joui sous le règne de Saturne. 

COMPES (usor,). Chaîne on entrave 
pour les pieds , comme on le voit par la 
gravure précédente et celle du mot Ca- 

TCLLS. 

2. Anneau d'argent ou d'or, porté par 
les femmes sur le bas de la jambe, pré- 




cisément au-dessus de la cheville , comme 
un bracelet autour du poignet (Plin. H. 



184 



COMPITUM. 



JV. xxxni , 54 ; cf. id. xxxiil, 12 ; Petr. 
Sal. 0"), ainsi qu'on le voit par la gravure 
ci-jointe, prise d'une peinture de Pompéi 
qui icprésente Ariane. Les ornements de 
cette sorte étaient laissés aux femmes des 
classes i léhéiennes de Rome , aux courti- 
sanes, aux danseuses et autres personnes 
de ce genre, qui sortaient les pieds nus et 
montraient leurs jambes en partie, tandis 
que les dames et les matrones romaines les 
cachaient entièrement sous leurs robes 
longues et traînantes. C'est pour cette rai- 
son (|u'on ne voit jamais de pareils an- 
neaux dans les peint mes de Pompéi sur des 
figures qui portent des souliers, mais seu- 
lement quand le pied et la cheville sont dé- 
couverts. Lorsque Pétrone, dans le passage 
cité ci-dessus, les place sur les jambes de 
Forlunata au-dessus de ses souliers , c'est 
pour ridiculiser 1 étalage vulgaire que la 
îemme d'un parvenu fait de sa fortune 
en inventant une mode qui n'est sui\ie 
que par elle. 

COMPITUM. Lieu où se rencontrent 
deux ou plusieurs routes ; ce mot s'em- 





1- 


^'ès 




-i. 




1 t 
1 



rée au centre du toit, qui couvrait lesqua- 



ploie surtout en parlant de la campagne 
( Virg. Geurg. il , 382 ) , par opposition à 
trivium qui se dit plutôt des rues d'une 
ville ( Cic. Jgr. i, 33). Il était d'usage 
d'élever dans ces endroits des autels, des 
sanctuaires et de petits temples, où les 
habitants de la campagne accomplissaient 
des cérémonies religieuses en l'honneur 
des lares cowjùtalei , divinités qui piési- 
daient aux carrefours (Prop. iv, 3, 54 ) : 
de là vient cpi'on se sert queUpiefois du 
mot conipitiim pour désigner une chapelle 
élevée dans un pareil lieu (Grat. Cj/ieg. 
483 ; Pers. IV, 28 . Tous ces détails sont 
expliqués par la gravure ci-jointe , prise 
d'un j)a>sage trouvé à Pomjjéi. 

COMPLUVIUM. Large ouverture car- 




tre cotés d'un atrium dans une maison 
romaine , et vers laquelle ces cotés con- 
veigeaient pour faire descendre la pluie 
dans un léservoir {impluvium) , creusé 
dans le plancher immédiatement au-des- 
sous , comme on le voit clairement par 
la gravure, qui repié.-ienle l'intérieur d'un 
atrnun de F'ompéi lestauié (Varro, L. L. 

V, IGl; Festiis, r. Impluvium; Vitrnv, 

VI, 3, G). Dans un passage de Suétone 
(yfug. 92), tout l'espace découvert, area, 
entouié par la colonnade, est appelé 
complurium. 

CONCyLDES. Barricade faite d'arbres 
abattus et jilacés en travers d'une route 
pour ari'èter l'approche ou la poursuite 
des ennemis (Tac. yiii/i. 1, 50; Veg. 
3Jil. 111, 22 ). Sur les colonnes de Trajan 
et deMarc-Aurèle les soldats, tant romains 
cpie barjjares , sont frécpiemment repré- 
sentés abattant des arbres pour celle des- 
tination ou d'autres semblables. 

COiSCHA {v.oyyr,). Proprement co- 
quillage, tel que la moule, l'huitre per- 
liere , etc. Comme différents ustensiles de 
ménage étaient faits des coquilles de ces 
l)oissons ou à l'imitation de leur forme, 
on donne communément le nom de cou- 
cha à de tels objets : ainsi , une salière 
(Hor. Sat. i, 3, 14); nne coupe à boire 
( Juv. VI , 303) ; un vase à pariimis (Hoi'. 
O^. II, 7,22; Juv. vi, 419). 

2. Coiujue ou coquille de Tritons ; les 
poètes et les artistes les représentent 
souvent sonnant de la conque au lieu de 
tronqiette (Plin. H. ]\. ix, 4 ; Lucan. IX, 
394); alors la conque l'essemble plus à la 



CONCILIABULUM. 



CONDITORICM. 



185 



hucclna, comme on le voit par la gravure 




ci-jointe, prise d'tine lampe en terre cuite. 

CONCILIABULUM. Dans un sens gé- 
néral, tout lieu de réunion piil)lique, 
mais plus particulièrement place oi'i les 
habitants (le la campagne avaient l'habi- 
tude de se rassembler à des époques fixes 
pour conclure des affaires, tenir des 
marchés et terminer des différends. Ces 
lieux ressemblaient à nos villes de mar- 
chés et A^ assises , et aux places où doivent 
se tenir les foires ( Festus, .v. r.; Liv. vu, 
15; XXXIV, 1, 50; xl, 37). 

CONCLAVE. Terme géuéral, appliqué 
indifféremment dans une maison à toute 
pièce ou à tout appartement qui n'est pas 
traversé à chaque in!^tant par tout le 
monde, mais qu'on peut fermer à clef, 
comme une salle à manger, une chamine 
à coucher, etc. (Festus , s. t.; Ter. Eiin. 
m, 5, 35; Heaut. v, 1, 29;Cic. Rose. 
Am. 23; Or. il , 86 ; Vitruv. vi, 3, 8). 

CONCREPO. Voy. Crepitus. 

CONCUBINA. Femme qui a contracté 
l'union particulière appelée conciiblnatus 
(Cic. Or.\, 40; Dig. '2S, 7). 

COiNCUBlNATUS. Proprement , union 
entre deux personnes de sexes différents, 
dans le genre du mariage; les Romains 
ne regardaient pas cet le union comme 
immorale on dégradante , tant que les 
deux parties restaient fitièles l'une à l'au- 
tre, quoiqu'elle n'eût aucmie des suites 
attachées au mariage légitime. Elle avait 
lieu dhabitnde entre (les personnes de 
condition inégale, mais qui désiraient 
vivre ensemble, comme entre lui sénateur 
et une affranchie ; et , en fait, elle ressem- 
blait complètement aux mariages dits 
morganat'ujun de lèles couionnées nu de 
princes avec des personnes d'un rang infé- 
rieiu", qui, suivant la lettre dc'- lois de 
certains pavs , ne sont pas confoimes à la 
politique ou à la légalité, mais qui ne 




sont pas immoraux (Becker, Gai/ as ; Ulp. 
Dig. '2^, 7 , 1 ; 48, 5, 13). 

CONCL'BINUS. Homme qui contracte 
avec une femme l'iniion appelée conca- 
hinatus (CatnII. Gl , 1 30 ; Quint. 1,2,8). 

CONDALIL'M. Anneau porté sur la 
première articulation [condjlus, vcovS-j- 
Xo:) de Tindex (Festus, v. Condvlus; 
Plaut. Trin. iv, 3 , 
7 el 15). Les com 
mentateurs et les 
lexicographes infè- 
rent du passage de 
Plante (/.c.) que des 
anneaux de ce genre étaient particuliers à 
la classe des esclaves: mais il ne semble pas 
que le coridaliamqiie Stasimus perd au jeu 
fi'it le sien ; c'était sûrement celui de son 
maître , et celui que nous donnons dans 
notre gravure est sur la main droite d'une 
statue de femme en bronze découverte à 
Herculanum. 11 y a cependant deux sta- 
tuesau Vatican (Visconli, Mus.Pio-Clem. 
III, 28 et 29), représentant toutes les 
deux des acteurs comiques (dont l'un est 
certainement un esclave) qui portent des 
anneaux semblal)les sur la même articu- 
lation de l'index , mais à la main gauche. 

CONDITIVUM (Seueca,£/;. vi).Mème 
sens que 

COISDITORIUM. Caveau souterrain ou 
sépulcre (descendit in conditorium , Petr. 
Sat. 111, 7 ) , où un cadavre était déposé 
dans une case, sans être réduit en cen- 
dres (Plin. H. N. VII, IG), usage qui 
prévalut chez les Romains aux deux pé- 
riodes extrêmes de leur histoire avant 
que la coutume de brûler les corps se fût 
établie et après qu'on l'eut abandonnée. 




C'est là le sens exact du mot ; ou le trouve 



186 



CONGIARICM. 



aussi employé dans un sens plus général 
pour signifier >in monument éle\é au-des- 
sus du sol fPlin. Ep. vi, 10, 5), et dans 
lequel on plaçait des urnes cinéraires. La 
gravure repiésente la section et le plan 
d'une cham!)re sépidcrale découverte 
dans le roc qui forme la hase du mont 
Aventin, à une profondeur de 40 pieds 
au-dessous du sol ; le conduit qu'on voit 
au centre formait un escalier pour des- 
cendre dans le sépulcre, qui est nue 
chambre circulaire, entourée extérieure- 
ment d'un corridor, ainsi que le montre 
le plan en miniature à main gauche, dans 
la partie supérieure de la gravure. Il con- 
tient aussi des niches pour des urnes ci- 
néraires qui peuvent avoir été faites à 
une époque ultérieure. 

2. (/.àpva:). Coffre ou cercueil dans 
lequel on enfermait le cadavre quand ou 
le plaçait dans le caveau (Suet. yiug. 18 ; 




Plin. H. -V. XXXVII, 7 ). La gravure re- 
présente le cercueil deL. Cornélius Scipio 
Barhatus , qui fut découvert dans une sé- 
pulture souterraine de la gens Coriielia 
sur la voie Appienne. Il est en pierre de 
formation volcanique, de couleur grise 
(peperino) , orné de denlicules, de tri- 
glvphes et de rosettes sculptés sur les 
métopes; la tahle du haut s'enlève com- 
me ini couvercle , et sur le coté est gravée 
l'épifaphe suivante, curieuse non-seide- 
ment en ce qu'elle nous apprend pour 
qui le cercueil fut fait , mais aussi comme 
spécimen authentique des commence- 
ments de la langue latine : 

CORWP-UVS. LVCIVS. SCrPIO . BABBATVS . GNAIVOD .PATRE. 
PROCNATVS . FORTIS VIH . SAP'ENSgvE . QV0IV5 . FORMA . 

VIRTVTFJ P&R.SVMA. 

FVIT . COHSOL CE>SOn . AIDILIS . QVEI . FVIT . APVD . VOS . 

TAVRASIA CISA^^A. 

SAMMO . CEPrr .SVBIûIT . tlM^E LUVCAVA . OPSIDESQVE . 

ABOovcrr. 

3. Magasin dans lequel on gardait les 
machines de guerre (.\mm. xviii, 9, 8, 1). 



CONDUS ou PROMUS CONDUS ( voy. 
Promcs). 

CONDYLUS. Même sens que Co>'DA- 
Lioi (Festus, s. V.). 

CONFARKEATIO. Une des trois for- 
mes du mariage en usage chez les Ro- 
mains; on croit que c'était la plus an- 
cienne , comme la plus solennelle ; cai' 
elle avait quelque chose d'une cérémo- 
nie religieuse, tandis que les deux autres 
n'étaient que des contrats civils. Cette 
cérémonie avait lieu en présence de di\ 
témoins, du grand prêtre et du flamen 
dialis ; elle était accompagnée de priè- 
res et du sacrifice d'une inebis dont on 
étendait la peau sur les sièges de la fian- 
cée et du fiancé. Le nom de confarrea- 
t'io venait d'un usage qui s'y rattachait, 
celui de porter un gâteau de farine (far) 
devant la fiancée, lorsqu'elle revenait 
après avoir été unie (Aruob. iv, 140; 
Serv. ad Yiig. Georg. l, 31; Mn. iv, 
374; Plin. //^. N. xvill, 3). Un marlire 
ancien, représentant les cérémonies de la 
confnrreat'io , est donné et décrit par Bar- 
toli i^Admirand. pi. 58), et par Lumisden 
{Aritiquities of Rome, appendi.v m); mais 
les figures en sont trop nombreuses et 
les détails trop minutieux pour se prêter à 
une rédaction adaptée à ce Dictionnaire. 

CONF.ARREATUS. Romain marié par 
la cérémonie de la confarreatio (Tac. 
Ami. IV, IG). 

CONGIARIUM. Largesse ou donation 
consistant en un certain nombre de co«- 
gii remplis de vin , d'huile , de sel , etc. 
(Liv. XXV, 2; Plin. H. N. XIV, 17; 
XXXI, 41), que les rois, les consuls et 
les empereurs de Rome avaient coutume 
de distrii)uer au peuple à leurs frais 
(Suet. JS'ero, 7 ; Plin. Paneg. 25). C'est 
là le sens exact et primitif du mot ; mais , 
avec le temps, des largesses d'un autre 
genre, même d'argent ( Suet. Aiig. 41 ), 
furent désignées par le même nom, 
qu'elles fussent faites au peuple ou an.v 
soldats (Cic. Att. xvi, 8 ), quoique pour 
ces dernières le véritalile nom fut dona- 
tiviim. On distribuait le congiarium de 
la manière suivante : celui qui le don- 
nait était assis sur un trilinnal élevé 
(suggestum) ; ceux qui devaient le rece- 
voir s'en approchcdent un à un , et il 



CONSECRATIO. 



187 



leur était remis une carte (fessera) sur 
laquelle était érrit le montant du don à 
rerevoir, et qui était payai le sur i)ré- 
sentatiou dans les l)ureaux du donateur. 




On voit tous ces détails dans la gravure 
ci-jointe, prise d'un l)as-relief de l'arc de 
Constantin à Rome. Dans quelques cas, 
cependant , ces cartes étaient jetées au 
hasard parmi la foule, ([ui devait se les 
disputer : on les appelait alors expressé- 
ment m s si lia. 

C0^G1US. Mesure romaine pour les 
liquides , contenant six se.rtarii ou douze 
lieminœ (Rhemn. Fann. de Pond, et 
Mens. 70; Cato, R. R. 57). On en voit 
la forme et la nature dans la gravure ci- 
jointe, tirée d'ini modèle de l'époque de 




Vespasien, connu maintenant sous le 
nom de congius de Farnèse. Les grandes 
lettres P. X. sont pour pondo decem. 

COMSTERIUM (xovwTpa). Apparte- 
ment dans lu pa/œsfra ou le gymiiasium , 
dont le plancher était couvert de salde 
fin (y.ovtç) , ou dans lecpiel on frottait de 
sable le corps des lutteurs après les avoir 
oints (Vilruv. v. 11). 

C0N0PEUMouC0N0PIUM(xf.,vw7r£(.)v 
ou xtovwTtsïov). Moustitjuaire suspendu 



sur un lit de repos on sur des persoinies 
reposant an dehors , pour en éloigner 
les cousins ou autres insectes importuns. 
Cet usage venait d'Ëgvple (Hor. Epod. ix, 
Ki; 1*1 op. III, 11, 45; Varro R. R. il, 
10, 8; .liiv. VI, 80). Dans la première 
forme du mol la péuidtième est longue. 

COiNQUISlTOUES. Espèce d'ofliciers 
recruteurs dont la fonction était d'aller 
chercher certains citoyens choi-is par le 
consul comme conscrits , et de les forcer 
en son nom de prononcer le serment 
militaire et de prendre du service; tan- 
dis que , dans les cas ordinaires , les ci- 
toyens se présentaient d'eux-mêmes pour 
être enrôlés (Cic. Mil. 25; Liv. xxi, 1 1 ; 
Hirt. /?. ^lex. 2. Cf. Cic. Prov. Cons. 2; 
Liv, XXIII , 32; xxv, G). 

CONSECRATIO (àroOétoTti; , àsiépw- 
(ji:). Déification ou apothéose, cérémo- 
nie par laquelle un mortel était mis au 
nombre des dieux et appelé à participer 
aux honneurs divins. L'apoihéose était 
décernée d'ordinaire aux empereurs ro- 
mains, mais elle était inconnue sous la 
républi([ne. La principale partie de cette 
cérémonie avait lieu dans le Champ de 
Mars , où on élevait un bûcher de fagots 
et de bois ordinaire, mais habilement 
disposé à l'extérieur, et ressemblant à un 
autel de trois ou quatre étages qui dimi- 
nuaient successivement et qui étaient 
décorés de statues , de draperies et d'au- 
tres ornements. Sur le second étage une 




couche splendide , portant l'image en cire 
du défunt , était placée et entourée de 
toutes sortes d'her!)es aromatiques. On 
mettait le feu au bûcher et un aigle s'en- 
volait de la partie supérieure pour aller, 
à ce qu'on croyait, porter l'âme au ciel, 
comme on le voit par la gravure ci-jointe, 



188 



CONSTRATUM . 



CONTOMONOBOLON. 



prise d'un bas-relief de l'arc de Titus et 
représentant l'apothéose de cet empereur. 




La première gravtn-e représente un autel, 
d'après une médaille de Caracalla , qui 
porte pour légende Coxsecratio (Tac. 
Jnn. XIII, 2; Suet. Dom. 2: Herodian. 
IV, 2). 

CONSTRATUM. En général tout plan- 
cher fait de planches, comme : 1° con- 
stratum nnvis (Petr. Sat. 100), le pont 
d'un vaisseau, qui est clairement repré- 
senté dans la gravure ci-jointe, d'après 




im bas-relief du tombeau de Munatius 
Plancus à Pompéi , 2' constratum pu/i/is 
(Liv. XXX, 10) , plancher sur tni pont de 
bateaux, comme dans la gravure ci-jointe. 




prise de la colonne de Marc Aurèle , ou 
sur nu poni <le bois, comme dans la gra- i 
vure an mot Po>s Sublicils. 

CONSUL (uTraTrj;). Consul, un des 
deux magistrats principaux élus chaque 
année par le peu|)le romain sous la ré- 
publique, et conservés nominalement 



sous l'empire, quoique avec un pouvoir 
fort difféient et fort limité. Les symboles 
extéiieurs de leur autorité étaient les 
faisceaux {fasces) portés devant eux par 
douze licteurs; un sceptre d'ivoire {sce- 
ptrum eburneum ou scipio ebiirneus) avec 
l'image d'un aigle au sommet , et la toge 
brodée {logapkta) , qui cependant n'était 
portée que dans certaines occasions. Leur 
costume civil ordinaire était , en effet , la 
toga et la tun'ica avec le laticlave {latus 
clavux) ; leur vêlement de guerre , le joa- 
ludamentum, la loiica et le parazonium. 
En conséquence , dans les œuvres d'art, 
ils sont représentés sans insignes qui les 
distinguent réellement ; ils sont ou sim- 
plement drapés dans la toge ou vêtus du 
même costume de guerre que les autres 
officiers supérieurs (voy. les médailles 
consulaires de Cn. Pison et de Cinna dans 
Spauheim, vol. ii , p. 88, 91). 

CONTABULATIO. Longs plis paral- 
lèles dans un vête- 
ment ample , comme 
la toga , la palla , le 
pallUim , etc. , qui 
pendent des épaules 
et semblent se recou- 
vrir l'un l'autre com- 
me les planches dans 
un bàliment construit 
en bois. On le voit 
clairement par les li- 
gnes du dos de la fi- 
gure ci -jointe, prise 
d'un vase d'argile ( A- 
pul. Met. XI, p. 240; 
cf. Tertull. de Poil. 
5, et voy. Corrugis). 

CONTARIl et CONTATI (xovxôçopoi). 
Soldats armés de la longue pi(|ue appelée 
contus (Tnscript. ap. Grut. 40, 2 et -3 ; 
Veget. Mil. III, fi; Ariian. Tact.^. 15. 
Voy. CoiN'TUS, 3). 

CONTlGiNATlO. Ensemble des pou- 
tres et des solives qui supportent le 
plancher dans un bâtiment de plusieurs 
étages (Vilruv. VI , 5 ; Pallad. I, 9) ; de là 
vient c[ue ce mol est aussi eniplo>épour 
désigner le plau( hei ou l'étage lui-même 
(Ca_'s. n. C. II , 9; Liv. xxi , G2). 

CONTOMOiNOBOLOiN. Jeu dans le- 
quel ou sautait avec une perche {confus) 




CONTUBERNALES. 



18!) 



pour se donner un point d'appui (Inip. 
Justin. Co(l. 3, 43, 3. Vov. Monobolo). 
CONTUBERNALES (tOtxyivoc). Ca- 
marades ou compagnons de tente , c'est-à- 
dire soldats qui avaient les mêmes quar- 
tiers et qui vivaient ensemble sous la 
même tente , chaque tente étant occupée 
par dix hommes sous les ordres d'un of- 
ficier suhalterne [decarnn) qui ressem- 
blait à notre sergent ou à notre caporal 
(Fesius5. V.; Veg. Mil. Il, 8 et 13; Cic. 
Ligar. 7; Hirt. Dell. Jle.r. 16). 

2. Jeunes gens de familles distinguées 
qui accompagnaient un général dans ses 
campagnes pour apprendre sous lui l'art 
de la guerre : ils étaient aussi appelés ses 
co/ituiernales , ou, comme nous dirions, 
son état-major (Cic. Cal. 30 ; Suet. Jitl. 
42 ; cf. Tac. ^gr. 5). 

3. De là, dans un sens plus général, 
amis intimes, ou liaisons étroites (Plin. 
£p.\\, 27, 5). 

4. Personnes vivant ensemble comme 
mari et femme sans être légalement ma- 
riées , comme des esclaves ou un affran- 
chi et une esclave (Petr. Sat. 9G, 7 ; 57, 
6; Columell. i, 8, 5; xii, 3, 7). 

CONTUBERMUM (crunxvivîa). Tente 
militaire où dix soldats et leur chef (c/e- 
canus ou caput contubernii) étaient logés 
ensemble (Cœs. B. G. m, 7G; Tac. Hht. 
1 , 43) ; de là , dans un sens plus général , 
toute demeure dans laquelle plusieurs 
personnes vivent enseml)le (Suet. Cal. 
10; Tac. Hist.in, 74), et particulière- 
ment deux esclaves, homme et femme 
(Columell. XII, 1, 2). 



CONTUS (xovTÔ;). Perche longue et 
forte, chaussée de fer, dont on se servait 
pour |iousser un bateau contre le courant, 
au lieu de rames; elle re.^S'mblail à notre 
croc, ainsi qu'on le voit par la gravure 




ci-jointe, prise du très-ancien pavé de 
mosaïque du temple de Préueste, main- 
tenant Palestrine (Virg. jEn. VI, 302; 
Eurip. Jlcest. 2G2). 

2. Perche de même nature , employée 
à bord d'un vaisseau (\'irg. Ain. v, 208) 
pour différents usages, pour tenir le vais- 
seau éloigné des rochers ou du rivage 
(Hom. Oc/. IX, 487), pour sonder (Fes- 
tus,j-. V. Percunctatio; Douât. «r/Terent. 
Hec. 1,2, 2) et poin- autres usages ana- 
logues. Chaque trirème était munie de 
trois perches pareilles, de différentes 
grandeurs (Boeckh , Urk. p. 125). Dans 
la gravure , au mot Buci>'ATOR , on voit 
m\ des matelots , à l'avant du navire qui 
va entrer au port, tenant un contits entre 
les mains. 

3. Picpie de cavalerie fort longue et 
fort pesante (Nonius, s.i>.; Arrian. Tact. 
p. 15, où elle est distinguée par un 
rapprochement de la lance, Aoyx,'»! , l<^'^- 
cea) ; elle ressemblait à la sarissa macé- 




donienne, excepté qu'elle n'était pas tout 1 418 ; Sil. Ital. XV, 684). Cependant 
à fait aussi longue (Veg. Nil. m, 24). celte lance fut , à l'occasion, adoptée par 
Elle était l'aime nationale des Saimates I les Giecs et par une partie de la cavalerie 
(Tac. ^^««. VI, 35; Stat. ,^c/(///. II , j romaine (Arrian. p. 16); et elle était 

11. 



190 



pareillemeut employée par les chasseurs 
pour combattre les liètes féroces (Grat. 
Crneg. 117). La grandeur et la force de 
l'arme donuée daus notre gravure , qui 
représente Alexandre à la bataille d'is- 
sus, d'après la grande niosak[uede Pom- 
péi , nous font croire que nous avons là 
un vrai spécimen du contas. On peut re- 
marquer qu'une partie seulement de la 
lance entière est visible; car la partie ca- 
chée par la main, et placée au centre de 
gravité, a péri par la mutilation du mo- 
dèle. On cite à tort cette arme comme 
un spécimen de la sarissa , qui apparte- 
nait à Viiifantcrie et qui était encore plus 
pesante. 

CON'US (/.wvo:). Généralement, tout 
ce c[ui a une figure conique, et de là, 
dans un sens plus parlicidier : 

1. Le cimier en métal , au haut d'un 
casque, auquel était attachée l'aigrette 
(Plin. H. N. X, 1; Yirg. Jtln. m , 4G8) ; 
le véritable terme est Apex. Voyez ce 
mot. 

2. Espèce particulière de cadran so- 
laire, décrit, à ce que son nom fait sup- 
poser, sur une figure de forme conique 
(\'itruv. IX, 8, 1). 

CONMVILM (ijûvôetirvov, é<JTÎ!XTiç). 
Fête ou banquet qui avait lieu à des heu- 
res régtilières et convenables et sans qu'il 
s'y joignit luie idée de débauche ou d'ex- 
cès; il différait de la coniisiatlo, qui était 
une orgie prolongée après le conv'niiim 
(Cic. Sen. 13; Ferr. il, 4, 27; Offic. 
III, 14). 

COOPERCULLTiL Même sens que 
Operculum. 

COOPERTORIUM. Pièce d'étoffe am- 
ple pour couvrir des animaux , des objets 
ou des personnes (A'eg. f'et. m, 77; 
Scwy.Dig. 34, 2, 39). 

COPA. Fille qui fréquente les tavernes 
où elle gagne sa vie à danser, à chanter 
et à jouer pour l'amusement de la com- 
pagnie (Suet. yero, 27 ; Virg. Copa, I). 

COPADIA. Mets délicats ])our la table 
ou friandises pour les gourmands (Apic. 
VI , 1 ; VII , G) . 

COPHINUS (y-ôsivo:). Grand panier, 
ou manne, généralement employé dans 
le jardinage, la cuhure (Columeli. xi, 3, 
51), et j)our d'autres usages (Juv. Sat. 



m, 14; VI, 542). La gravure ci-jointe. 



d'après une pierre gravée, représente 
probablement une corbeille de ce genre; 
les fleurs qu'elle contient indiquent 
son usage, et sa grandeur est assez visible, 
puisqu'il faut deux personnes pour la 
soutenir. 

COPIS (y.ÔTtiç). Cimeterre, épée à 
lame convexe (leniter curvatits, Curt. 
VIII , 1 4) et par conséquent faite plutôt 



pour trancher que pour percer. Elle était 
particulière aux nations de l'Orient (Xen. 
Crr. II, 1, 9; VI, 2, 10); c'est pour 
cela que le spécimen donné ici se trouve 
sur le sol à coté d'un Phrvgien blessé, 
dans une statue découverte aux fouilles 
de Pompéi. 

2. Le couteau de chasse (ciiltervena- 
tarins), parce qu'il avait une lame con- 
vexe (voir la gravure au mot CcLTER, 3), 
est appelé du même nom dans Apulée 
{Met. XI, p. 243). 

COPO. Vov. Caupo. 

COPO>A."Voy. Caupo-a. 

COPREA (y.oTTpîac). Fou oi\ bouffon; 
mot qui parait seulement à l'époque de 
l'empire romain (Suet. Tib. Cl; Claud. 
8; Dio C ss. xv, 28). Ces bouffons 
étaient gardés dans le palais impérial , 
comme les fous des rois au moyeu âge. 

COPTA (/.OTtTr;). Sorte de gâteau ou 
de biscuit dur qui pouvait se conserver 
longtemps et se transporter à de grandes 
distances. L'ile de Rhodes était renom- 
mée pour la fabrication de ces hiscuits 
(Mart. XIV, G8^. 

COPTOPLACENTA (/.o7:to:i:)xxo-jç). 
Même sens que le mot précédent (Pelr. 
Sat. 40; Poet. Lat. Min. ap. Wernsdorf, 
tom. II, p. 234). 

COPULA. Laisse pour accoupler des, 



COQUES. 



COABIS. 



191 



chiens de chasse , comme on le voit dans 




la gravure, prise d'un l)as-relief quireprc- 
senle les funérailles de Méléagre (Ovid. 
Trist. V, 9, 28). 

2. Poitrail atlaché aux harnais, par 
lequel les chevaux de trait ou les mules 




tiraient leurs charges, comme dans la 
figure ci-jointe, tirée d'une i)eiuture 
d'Herculanum, d'après Giuzrot (Apul. 
Mf/. IX, p. 185). 

COQUUS ((j.àyeipo:). Cuisinier (iMart. 
XIV, 220; Liv. xxxix. G); et, dans les 
premiers temps , (juelqiiun qui faisait du 
pain (Festns, s. r.; Plin. H. N. XVIII , 
28). Ce fut seulement à partir de l'année 
de Rome 5G8 , que le métier de boulan- 
ger devint une profession distincte à 
Rome. Avant celte époque, chaque fa- 
mille moulait sa farine el le cuisinier fai- 
sait et cuisait le pain (Plin. /. c). Le 
jA'ïYeipoç grec était aussi employé dans 
l'origine à faire du pain jiour la famille. 

CORAX (xooaH). Mot grec qui se ren- 
contre avec une forme latine dans Vilru- 
ve (x , 13,8) , mais seulement comme tra- 
duit de Diades : celui-ci le donne comme 
étant le nom d'une des machines de 
guerre employées à l'attaque des places 
fortifiées, et il remar({ue eu même temps 
qu'elle était sans effet , et qu'elle ue valait 
pas la peine d'être décrite. Polybe (i, 22) 




donne aussi le même nom à une ma- 
chine employée par les Romains sur leurs 
vaisseaux, et décrit tout au long la ma- 
nière dont elle était construite et dont 
on s'en servait. 

GOHBlCULA(Pallad. II, 10,0). Dimi- 
nutif de 

COR BIS. Panier en osier, en forme de 
pyramide ou de cône (Varro, L. L. v, 
139; R. Rust. i, 22, 1; 
Isidor. Origin. XX, 9; cf. 
Arrian. Anahas. V, 7, 8, 
TiXÉYHa if. ),Oyou 7i'jpa(j.o£i- 
ôÉ:), qui servait à plusieurs 
fins dans l'agriculture. Ses 
différents usages sont en gé- 
néral distingués par une épithète carac- 
téristique, ainsi : 

1. Corhis mcssoria; panier dont on 
se servait pour mesurer le hié en épis, 
par opposition au modius dans lequel on 
le mesurait a|U'ès qu'il avait élé battu 
(Cic. Sext. 38; Cato, R. R. 13(i); ou 
dans lequel les é| is (spiae) étaient ra- 
massés par le moissonneur, quand chaque 
é|»i était séparé de la tige avec un ins- 
trument dentelé comme la scie (voy. la 
graviu'e et la description au mot Falx 
denticulata), au lieu d'être coupé avec 
la paille (Varro, R. R. \, bO, \; Pro- 
pert. IV, 11, 28; Ov. Met. xiv, C43). 

2. Corhis pabulatoria. Panier du mê- 
me genre, qui contenait une certaine me- 
sure de vert pour le bétail (Golumell. 
VI, 3, 5; XI, 2, 99). 

3. Corhis fci«i7/7c/rt. Panier du même 
genre, employé comme muselière pour 
les chevaux (Veget. Nulom. ni, 23, 2); 
mais ici la leçon est douteuse : Schneider 
donne curcuma. 

Le spécimen donné ci-dessus est pris 
d'une fresque du sépulcre de la famille 
des Nasons sur la voie Flaminienne près 
de Rome, où il apparaît plusieurs fois 
entre les mains de personnes occupées à 
des travaux rustiques; on peut le regar- 
der comme un vrai spécimen de la cor- 
his ou corhula romaine, en raison des 
usages auxquels il est emjiloyé, de l'ana- 
logie de sa forme avec les descriptions 
citées en tète de cet article , et parce 
qu'un panier de la même forme et de la 
même nature est employé maintenant par 



192 



CORISICULUM. 



les paysans de Naples pour des usages 
seml)lal)les et appelé, d'un diminutif du 
même nom , la corhtlla. 

CORBITA (•jt>,oïov (ïixaytoyov ou (titt,- 
yôv). Vaisseau marchand ; plus exacte- 
ment vaisseau employé seulement au 
transport des grains et appelé ainsi parce 
qu'il portait au haut du màt une corh'is 
(Festus,*. T.). C'étaient des navires lar- 
ges et pesants (Plant. Pœn. m, 1,4; 
Lucil. ap. Non. s. 'v.; cf. Cic. ad Att. 
XVI, C), à deux mâts, comme le prouve 
le spécimen ci-joint, d'après une mé- 
daille de Commode, frappée pour rap- 




peler qu'il avait affrété un certain nom- 
bre de vaisseaux qui devaient amener à 
Rome des l)lés d'Afrique et d'Egypte , 
ainsi que Lampride le raconte dans la 
vie de cet empereur. On voit la corbis 
au haut du grand màt , et on peut re- 
marquer que c'est de ce mot que vient 
le nom moderne de corvette. 

CORBULA. Diminutif de Corbis : 
jietit panier employé pour ramasser des 
fruits (Varro, R. R. I, 15); comme panier 
à pain (Cœcil. ap. Non. s. v. p. 197); 
et pour porter les plats de la cuisine à 
la salle à manger (Plaut. Aulidar. Il, 
7, 4). 

CORDAX (xôfSa?.) Danse de l'an- 
cienne comédie grecque, tout à fait ridi- 
cule et en même temps si indécente qu'on 
regardait comme une marcpie d'ivresse ou 
un manque de respect poin- soi-même de 
la danser hors du théâtre (Peir. .ïo/. 52, 
!};Hesyrh. s. v.; Aristoph. i\'«i6. 540). 
Une danse de ce genre est représentée 
sur une tasse de marbre du Vatican (Vis- 
conli. Mus. P'w-Clem. iv, 29), où elle 
est exécutée par dix figin-es, cinq faunes 
et cinq bacchantes; mais leurs mouve- 
ments, quoique extrêmement animés et 
énergiques, sont exempts d'obscénité. H 



y en a plus dans la tarantella de Naples, 
qui , à ce qu'on pense , conserve la Ira- 
dition de la co/Y/rt.r grecque. 

CORIARIUS. Qui prépare des peaux 
et des cuirs : tanimir ou corroyeur 
(Plin. H. N. XVII, G; Inscript, ap. Grut. 
048, 8, et 283, 1). 

CORNICEN ( v.epaTiavlr\z ou xepaû- 
Xrjç). Trompette : c'est-à-dire qui sonne 




du grand cor circulaire, appelé cornu, 
comme on le voit par la figure ci-jointe , 
prise de l'arc de Constantin à Rome 
(Liv. II, G4; Juv. x, 214). 

CORNICULARIUS. Dans le sens strict 
du mot, soldat à qui son général avait 
donné le cornicu/um. Par extension, ce 
nom fut donné à un officier en second ou 
adjudant qui remplaçait le consul ou le 
tribun, probablement parce que la per- 
sonne promue à ce grade était toujours 
choisie parmi ceux qui avaient reçu 
la récompense ci-dessus désignée ( Suet. 
Dcm. 17; Val. Max. vi, 1, 11). 

2. Ce nom fut aussi donné en matière 
civile à un clerc ou secrétaire c[ui assis- 
lait un magistrat (Codex Theodos. 7, 4, 
32). 

CORNICULUM. Diminutif de CoRNU, 
toute petite corne; mais, dans un sens 
plus particulier, ornement confciéparle 
chef aux soldats qui le méritaient, comme 
marque de distinction (Liv. x, 44). Il 
avait , à ce qu'on suppose , la forme d'une 
corne, et il était porté sur le casque pour 
supporter l'aigrette, comme la figure à 
main gauche de la giavure ci-jointe, d'a- 
près un bas-relief; ou bien il était atta- 
ché aux côtés, comme dans la figure à 



CORNU, 



193 



main droite , prise d'une peinture de 




Pompéi. 

CORNU, CORMSou CORNITM (xs- 
pa:). Dans le principe, corne d'un animal; 
puis nom donné spécialement à divers au- 
tres ohjets , ou faits de corne , ou ressem- 
blant à une corne ; par exemple : 

1. Lanterne de corne (Plaut. ÂmpIi. i, 
1, 188; voy. Laterna). 

2. Huilier, fait de corne ou d'une 
corne (Hor. Sat. ii, 2, Gl ). 

3. Entonnoir fait d'une corne (Virg. 
Georg. m, 509). Yov. I>fi>dibclum. 

4. Corne à boire (Calpurn. Ecl. x, 48 ; 
Plin. H. N. XI, 45) ; dans l'origine, faite 
d'une simple corne, 
mais, par la suite, 
de différents mé- 
taux auxquels on 
donnait cette for- 
me. Quand on bu- 
vait, on tenait la 
corne au-dessus de 
la tète, puis on lais- 
sait la liqueur couler dans la bouche par 
un petit orifice pratiqué à l'extrémité 
pointue, comme on le voit par la gravure 
ci-jointe, prise d'une peinture de Pompéi. 

5. Partie du casque, qui n'était qu'un 
ornement ( Liv. xxvii, 33 ; Virg. Mn. 
xn, 89). Voy. Cormcclum. 

6. (iràXiiiY^ ffTpoyYv/Ti). Grande trom- 
pette, faite dans l'origine de corue, 
mais plus tard de bronze (Varro, L. !.. v. 





transversale (pii servait à deux fins, pour 
lui conserver sa forme et pour aider le 
trompette à la tenir solidement quand il 
s'en servait, comme on le voit par la gra- 
vure au mot CORMCEN. Le spécimen ci- 
joint est pris de la colonne Trajane. 

7 . Corne d'une lyre {testitc/o),e\, comme 
il y en avait deux, une 
de chaque coté de l'ins- 
trument , on se sert du 
pluriel avec plus de pro- 
priété (Cic.iV. Z).ii, 59). 
Elles étaient quelquefois 
réellement faites des cor- 
nes de ceitains animaux, 
notamment de celles de 
l'antilope sauvage (Herod. 
IV, 192) , qtii semblent 
être représentées dans la gravure ci- 
jointe, tirée d'une peinture de Pompéi. 

8. Jrc, fait également de cornes d'a- 
nimaux réunies par tme pièce centrale, 
comme on le voit par le spécimen ci-joint. 



pris d'un vase d'argile. Dans ce sens, on 
se sert à la fois du singulier et du pluriel 
(Ovid. iMet. V, 333; Virg. Ecl. X, 59; 
Suet. Nero, 39). 

9. Extrémités d'une vergue à laquelle 
on attache une voile carrée : on se sert 





117 ; Ovid. .Met. i, 98), avec une barre 



du pluriel, parce qu'il v en avait deux 
(Virg. ^«. III, 549; V,' 832). 

10. Ce mot était aussi employé au plu- 
riel pour désigner les ornements attachés 
à chaque extrémité du liàlon sur lequel 
on enroidait un ancien livre ou volume, 
de la même façon qu'on le pratique en- 
core pour les cartes, le voimne s'avau- 
çant de chaque c'ôlé au delà du bord du 
rouleau. On ignore le caractère piécis de 
ces cornes, et en quoi elles différaient des 
umbilici ; on n'a rencontré aucun ob- 
jet qui corresponde à ce nom dans les 
nombreux manuscrits découverts à Her- 



194 



CORPÎC COPI^. 




culanum. Il est clair cependant (Ovid. 
Trist.i, 1,8,etTiljiill.Iii,3, 13) que tous 
les livres n'eu étaient pas ornés, mais 
seulement ceux qui étaient arrangés avec 
un goût et une élégance plus qu'ordinai- 
res. Comme le cylindre auquel les cornes 
étaient fixées était attaché au bout du 
rouleau , l'expression ad corniin est em- 
ployée pour signifier la fin (Mart. XI , 
107 ). Comparez Umbilicus. 

CORNU COPL'E (xe'pofç 'AixaXÔeîa:). 
Corne d' abondance , symhole composé de 
la corne à l'oire primitive (CORAU, 4), 
remplie de grains et de fruits, pour indi- 
quer les deux espèces d'a- 
liments essentiels à l'huma- 
nité; de là vient que les 
poètes en font souvent le 
symhole du bonheur, de la 
couforde et de la foitune 
(Plant. Pseiid. II, 3, 5; 
cf. Hor. Epist. I, 12, 29; 
Od. 1, 17, 15). Le spéci- 
men ci-joint est pris d'une 
lampe en terre cuite, où il 
accompagne nue image de la Fortune. 

C0h0LLA('7T£:paviay.oç). Dimiuulifde 
CoROKA, qui, dans un sens généial , 
signifie toute sorte de petites couronnes 
ou guirlandes ( Prop. Il, 34, 69; Calull. 
63, CC), mais ([ui, dans un sens plus par- 
ticulier, désigne une guirlande de fleurs 
artlfic'icllts , faite de laclnres minces de 
corne et peinte de différentes couleurs 
pour imiler les teintes qu'on préférait : 
ou la poitait pendant l'hiver (Plin. H.N. 
XXI, 3). 

COROLLARIUM. Ce mot était aussi un 
diminutif de CoRO'A ; mais il désignait 
plus spécialement une légère guirlande 
faite de feuilles minces en métal , cou- 
vertes de feuilles d'argent ou d'or, que 
les Romains avaient l'habitude de donner 
en présent à leurs acteurs favoris (Plin. 
H. N. XXI, 3; Yarro, L. L. v, 17 8). 

CORONA (iTéçavo;, xopwvîi;). Cou- 
ronne ou guirlande faite de fleurs, de 
feuilles , etc., réelles ou artificielles, por- 
tée comme ornement sur la tèle , mais 
non pas comme une couronne, dans le 
sens que nous attachons à ce mot, c'est-à- 
dire comme emijlème delà royauté; car, 
chez les anciens , un diadème {diadema) 



tenait la place de la couronne moderne. 
11 y avait une grande variété de ces cou- 
ronnes : on les distinguait par la différence 
de la matière ou par le dessin sur lequel 
elles étaient faites, et on les employait 
principalement comme récompense de la 
vertu publique ou comme ornement dans 
les fêles. C'est sous ces deux divisions que 
les principales coronœ sont énumérées 
dans les paragrajihes qui suivent. 

1 . Corona triumpltalis. Couronne 
triompliale ; il y en avait trois espèces 
différentes : (1) Guirlande de feuilles de 
laurier sans les baies (Aul. Gell. V, 6, 1 ; 
Plin. H. N. XV, 39 ) , portée par le géné- 
ral pendant sou triom- 
phe, ainsi qu'on le voit 
dans le buste ci-joint 
d'Antonin, d'après une 
pierre gra\ée. Comme 
on estimait que c'était 
la plus honorable des 
trois, on l'appelait ex- 
pressément laurea insi- 
gnis ( Liv. VII, 13). 
(2) Couronne d'or, imi- 
tant les feuilles du laurier, et tenue 
au-dessus de la tète du général pendant 
le triomphe par un officier public ( ser- 
vus publicus , Juv. X, 41), nommé à 
cet effet , et de la manière qu'on voit dans 
la gravure ci-joiule , prise d'un bas-relief 





de l'arc de Titus , qui représente cet em- 
pereur sur son char de triomphe , dans le 
triomphe que lui mérita la conquête de 
Jérusalem, et une figure ailée de la Vic- 
toire , faisant poétiquement l'office de l'a- 
gent public. (-3) Couronne d'or, de valeur 
considérable, mais simplement envoyée 
au général auquel avait été décerné un 
triomphe (Plut. Paul. ^niil. 34), par les 
différentes provinces; aussi est-elle ex- 



COBONA. 



195 



pressément nommée /'/•o?'/«c/'a^/i(TeituIl. 
Coron. Mil. 13). 

2. Corona ovalis. Guirlande de myrte 
portée par un général qui avait obtenu 
l'honneur d'une ovation (Aul. Gell. V, 
6; Festns, s. r.). 

^. Corona oleag-ina. Couronne de feuil- 
les d'olivier, donnée aux soldats aussi 
bien qu'à leurs chefs, et récompense 
de ceux dont le concours ou les conseils 
avaient fait olitenir un triomphe, quoi- 
qu'ils ne fussent pas eux-mêmes présents à 
l'action (Aul. Gell. v. G). 

4. Corona ohsidioiialis. Couronne de 
gazon et de fleurs sauvages, d'où son 
autre nom de graminea (Liv. viii , 37 ). 
Elle était faite sur le lieu où une armée 
romaine avait été assiégée, et offerte par 
cette armée au chef qui était venu à sou 
secours et l'avait délivrée. Quoique aucune 
n'eût moins de prix par elle-même , elle 
était regardée comme la plus honorable 
de toutes les récompenses militaires et la 
pins difficile à obtenir (Aul. Gell. V, G; 
Festus , s. V.; Plin. xxii, 4 ). 

5. Corona civica. Couronne civique , 
guirlande de feuilles de chêne avec les 
glands, offerte an soldat romain qui, 
dans une bataille, 
avait sauvé la vie 
d'un camarade et 
tué son adversaire. 
Dans l'origine , elle 
était offerte par le 
camarade délivré; 
plus tard , elle le 
fut par l'empereur 
(Plin. H. N. XVI, 
3; Aul. Gell. v, 6; Tac. Ann. XV, 12). 
La gravure ci-jointe est prise d'une pein- 
ture de Pompéi , et représente mi jeune 
guerrier orné de la couronne civique. 

6. Corona muralis. La 
couronne murale, déco- 
rée des tours et des tou- 
relles d'un rempart, et 
donnée comme prix de 
la valeur au soldat qui 
escaladait le pjemier les 
murs 
(Liv 

Gell. V, G). On connaît 
le caractère de cette couronne par les re- 





uiaii le pj-emier les w^ i 
d'une ville assiégée \ V 
XXVI, 48; Anl. '^.V^:^ 



présentations de la déesse Cjbèle, à qui 
elle est attribuée par les poètes et les ar- 
tistes comme symbole de sa suprématie 
sur les cités de la terre ( Lucret. Il , G07- 
GIO; Ov. Fast. iv, 219). Le spécimen 
e^t pris d'un bas-relief trouvé dans un 
sépulcre près de Rome. 

7. Corona.castrensis on vallaris. Cou- 
roinie d'or, ornée de palissades (rallum) 
et donnée au soldat qui les avait escala- 
dées le premier et qui avait frayé un che- 
min pour j)éuélrer dans le cami) de l'en- 
nemi (Aul. Gell. V, 6; Val. Max. I, 8, G). 
11 n'en existe pas de spécimen authen- 
tique. 

8. Corona classica, naval is on ?-os- 
trata. Couronne d'or faite pour imiter 
les éperons des vaisseaux [rosira) et of- 
ferte à l'amiral qui 
avait détruit une flot- 
te einiemie, et peut- 
être aussi au matelot 
(pii avait clé le pre- 
mier à l'aJjordage 
tl'un vaisseau enne- 
mi (Paterc. Il, 81 ; 
Virg. A^rt. Vin, 684; 
Plin. H. N. XVI, 3 
et 4; Aul. Gell. V, G). 
Elle est représentée dans la gravure ci- 
jointe, sur la tête d'Agrippa, d'après une 
médaille de bronze. 

9. Corona radiata. Couronne décorée 
fout autour de rayons en saillie , et attri- 
buée proprement aux 
dieux on aux héros déi- 
fiés; de là vint c|u'elle 
fut généralement prise 
par les em])ereurs ro- 
mains ou par quelques 
autres personnes qui se 
paraient des attributs de 
la divinité ( Stat. Tlieb. 
1 , 28). On en voit le ca- 
ractère dans la gravure ci-jointe, où elle 
est portée par Auguste, d'après une des 
pierres précieuses de Marlborough. 

10. Corona pactilis, plectilis ou plexi- 
lis. Guirlande de fête , portée simplement 
comme ornement sur la tête et composée 
de fleurs naturelles avec les feuilles atta- 
chées atix tiges par lesquelles on les en- 
trelaçait , comme ou le voit dans la gra- 





196 



CORONAMDS. 





Mire ci-joiute, qui représente la persou' 
niiication du Prin- 
temps d'après un 
bas-relief en mar- 
bre ( Plin. Hiator. 
Natur. XXI , 8 ; 
Aul. Gell. XVIII, 
2; Plaut. Baccli. 
1, 1, 37 ). 

1 1 . Corona suùl'is. Guirlande d'orne- 
ment pour la tète , faite de fleurs déta- 
chées de leur tige et cousues ensemble. 
C'était celle que por- 
taient les Sal'ù dans 
leurs fêtes , et d'abord 
elle était composée de 
fleurs de tout genre; 
mais plus tard elle le 
fut seulement de ro- 
ses : on eu choisissait 
les plus belles feuilles 
et on les cousait en- 
semble ( Plin. H. JS. _ 
XXI, 8). Elle est représentée dans la fi- 
gure ci-jointe sur la tète d'une impéra- 
trice romaine, d'après une pierre gravée. 

12. Corona natilltia. Guirlande de 
laurier, de lierre ou de persil, que les Ro- 
mains avaient l'habitude de suspendre à 
la porte d'une maison où un enfant venait 
de naître , de la même façon que les Hol- 
landais V mettent une rosette de ruban 
en pareille occasion (Bartholiu dePuerp. 
p. 127; cf. Juv. Sat. IX, 85). 

13. Corona longa ( "jt:o6'j;aiç, OttoÔu- 
ixiaç). Longue guirlande ou feston de 
fleurs pendant sur 
le cou et sur la poi- 
trine , de la même 
façon que le rosaire, 
qui en tire probable- 
ment son origine , 
puisque le rosaire 
est encore appelé la 
corona par les Ita- 
liens modernes ; 
mais chez les Grecs 
et les Romains il 
semble avoir été plus particulièrement tm- 
ployé comme ornement de fête pour déco- 
rer les maisons ainsi que les personnes(Ov. 
Fast. IV, 738; Cic. Leg. n, 24). La gra- 
vure ci-jointe est prise d'une^sculpture en 




ivoire de la galerie de Florence; on sup- 
pose qu'elle représente M. Antoine dans 
le costume d'un compagnon de Bacchus : 
c'est tiait pour trait la description que 
Cicéron fait de Verres avec une couronne 
sur la tète et une guirlande an cou : Ipse 
autem coronam hahehat unam in capite, 
altérant in collo (Verr. Il, 5, 11). 

14. Corniche, ou membre saillant dont 
on se servait pour décorer les murs, soit 
pour en couronner le haut , soit pour 
faire des divisions d'ornement sur la sur- 
face (Vitruv. V, 2; vu, 3, 4; Plin. H. 
N. XXXVI, 59). 

15. Membre particulier de la corni- 
cfie qm couronne un entablement au-des- 
sons du toit ; il est encore appelé par les 
architectes la couronne. C'est ce membre 




particulier qui a une face large et plate; 
il est placé entre la sima recta au-dessus 
et le crmatium ou filet au-dessous, du mi- 
lieu duquel il s'avance avec hardiesse 
(Vitruv. IV, 3, G). Les architectes romains, 
différents en cela des nôtres, semblent 
n'avoir pas eu de mots pour exprimer 
collectivement tous les membres dont une 
corniche est composée; par conséquent 
ils ne regardaient pas la corniche comme 
une partie de l'entaJjlement qui foimàt 
un tout , mais comme plusieurs membres 
distincts, qui sont toujours énumérés sépa- 
rément, tels que sima, crmatium in sum- 
mo , corona , cymatium in imo : toutefois 
Hésvchius se sert du grec xopwvt: dans un 
sens collectif, équivalent à notre mot 
corniche. 

CORONARIA. Femme qui fait des 
couronnes et des guirlandes (Plin. H. N. 
XXI, 3). Voy. la gravure suivante. 

CORONÂRIUS. Qui fait et vend des 
guirlandes, des festons ou des couronnes, 
eu fleurs réelles ouartificielles (Front, ad 



CORONATUS. 



197 



M. Cies. Ep. I, 6 ; Pliu. H. N. XXIV, 2G). 




La gravure est prise d'une peinture de 
Pompéi, et représente des génies mâ- 
les et femelles occupés à ce travail. 

2. Aurum coronar'ium. Somme d'or 
envoyée par les provinces à un chef pour 
faire la cfluronue d'or du triomphe (Cic. 
Pis. 3Î). Voy. CoRONA, 1 (3). 

3. Optis coro/iarliim. Ouvrante en 
stt/c employé pour décorer les corniches 
(Vilruv. vii, G. Voy. CoRONA, 14 et 15). 

CORONATUS (<TT£9avn?6poc). Qui 
porte une guirlande ou nue couronne. 
Voy. les figures au mot CoRONA. 

2. Décoré de guirlandes ou de festons; 
dans ce sens le mot coronatus s'applique 
aux choses, comme aux vaisseaux ( Ôv. 
Fast.w, 135); aux autels (Prop. Iii, 10, 
19) ; au hétail (Prop. m, 1, 10 ; iv, l , 
21). 

CORRIGIA (Ijjià:, (TcpaipwTYip ). Cor- 
don de soulier el lacet de brodequin (Cic. 




Div. II, 40) ; on les faisait c[ueIcjuefois de 
peau de chien (Pliu. H. N. XXX, 12). 
Nos siiécimens sout pris de peintures de 
Pompéi. 

CORRUGIS. Lilléralement ride; on 
applique aussi ce mot aux plis d'un vê- 
tement ample {sinus corrugis , Nemes. 
Crneg. 93), qui apparaissent quand on le 
serre avec une ceinture (voy. les figures 
du mot CoRONARiL'S), ou aux plis irré- 
gidiers et transversaux qui se forment 
quand on jette une portion du vêlement 




sur l'épaule au lien de la laisser pendre, 
comme on le voit dans la figure du mot 

CoiVTABULATIO. 

CORS.tl. Filets ou moulures dont on 
se servait pour décorer la face intérieure 
d'un pied-droit de porte en marl)re (Vi- 
truv. IV, (i). Voy. la gravure du mot 
Antepagmentum. 

CORTINA. Vase profond et circulaire, 
ou chaudron , dont on se servait pour 
faire houillir de la 
viande , fondre de 
la poix (Plin. H. 
N. XVI, 22 ) , faire 
de la couleur (id. 
XXXV , 42) , sans 
compter plusieurs 
autres usages aux- 
quels sa forme et son caractère le ren- 
daient propre : quand on le plaçait sur le 
feu il était élevé sur un tré|)ied ou sup- 
porté par de grosses pierres qu'on met- 
tait dessous (Plin. H. N. XVXVI, G5). No- 
tre spécimen est pris d'un original trouvé 
à Pompéi. 

2. (oXfxo?, xO/c^o:, ÈTtîÔrijxa toÛ xpî- 
Txocio:). Couvercle placé sur le chaudron 
ou la partie creuse 
du trépied de Del- 
phes (Virg. ^n. VI, 
347; Prudent. A- 
potli. 50G , tripodas 
cortina tegit; Jul. 
PoWux , X , 81 ), sur 
lequel la prêtresse 
s'asseyait pour rece- 
voir l'inspiration di- 
vine et prononcer 
ses réponses. Il avait la foi me d'im ilemi- 
glohe, et il est fiéquemmenl représenté 
de cette façon par les sculpteuis, seul 
sur le sol aux pieds d'Apollon; mais, 
quand il est placé sur ce chaudron , les 
(leux ensemJjie forment un glolje com- 
plet, comme on le voit par la gravure, 
prise d'tui has-relief d'ini autel de la 
Villa Borghèse. Dans l'original, le cor- 
beau consacré à Apollon est perché au 
sommet; dans un des vases d'Hamil- 
ton , on voit Apollon lui-même assis sur 
le chaudron sans couvercle, et, dans un 
autre, sur un couvercle comme celui que 
nous donnons. 




t98 



CORTINALE. 



CORTTUS. 




3. Autel en forme de trépied, fait de 
marbre , de bronze ou de mé- 
taux prérieux , destiné sou- 
vent à èUe j)résenlé romme 
offrande dans les lemples des 
dieux , et conservé aussi com- 
me meul)le d'ornement daus 
les m lisons des grands et des 
riches (Piin. H. N. xxxiv, 
8; Suet. Jug. 52; cf. Mart. 
XII, Gfi). La gravure est 
prise d'un original en marbre du Vati- 
can. 

4. Voûte ou plafond de la scène dans 
un théâtre, ainsi nommé à cause de sa 
ressemblance avec le couvercle d'un tré- 
pied, n" 2 (Sever. .£^?. 294). 

CORTINALE. Cave où le vin nouvelle- 
ment fait était réduit par la ciiissan dans 
des chaudières , ct»/'//«a° (Columell. I, G, 
19). 

COlîTINULA. Diminutif de Cortina 
( Ammian. xxix, 1 ). 

CORVL'S (vtopa?). Nom donné à plu- 
sieurs machines emplo}ées sur les vais- 
seaux et dans la guerre, et dans l'attaque 
ou la défeuse des places fortifiées; elles 
étaient ainsi appelées, soit à cause de la 
ressemblance de leur forme avec le bec 
d'un corbeau , soit à cause de la manière 
dont on s'en servait , et qui rappelait le 
corbeau fondant d'en haut et emportant 
sa proie : par conséquent, on peut tra- 
duire ce mot par ceux de grue, grappin, 
pince, suivant les passages oii il se ren- 
contre (Quint. Curt. IV, 2; IV, 4; Vi- 
truv. X, 19). 

2. Instrument Iranchantdont on se ser- 
vait daus les opérations de chirurgie, et 
dont la lame avait la forme d'un bec de 
corbeau (Celsus,vil, 19). 

COHYC.-EL'M. Pièce daus le gymnase 
ou les bains considéraliles comme les 
Thermes de Rome; elle était faite pour 
qu'on y jouât à une espèce particulière de 
jeu qui consistait à pousser et à repous- 
ser à coups de poing un large sac (xfôpv- 
xoc) suspendu au plafond, et rempli de 
graines, de gousses d'olives, de sou ou de 
sable (Anilnll. ap. Oribas. Coll. Med. 
G; Vitruv. v, 11 ). 

COUVMRIUM. Perru(pie arrangée 
comme le corymlms (Petr. Sut. 110, 1 et 




5); mode expliquée dans l'article suivant, 
n" 2. 

CORYMBUS (y.ôpua6oç). Bouquet Je 
haies de lierre ou de loiUe autre esjièce de 
fruits qui poussent égidemenl en grappes 
de forme conique ; j)uis guirlande faite 
avec les feuilles et les grappes du lierre, 
dont les anciens se 
servaient comme d'iui 
ornement de fêle en 
plusieurs occasions, 
mais qui était surtout 
approprié à Bacchus 
et à ses compagnons, 
comme dans la gra- 
vure ci-jointe; elle 
est tirée d'un huste 
de marbre qui , à ce qu'on suppose, re- 
présente Ariane (Tibidl. l, 7, ^5; Prop. 
n, 30, 39; Juv. vi, 52). 

2. Manière particulière d'arranger les 
cheveux, propre surtout à l'ancienne po- 
pulation d'Athènes (Heradid. ap. Alheu. 
xn, 5; cf. Croby- 
LUS ) , et , dans cette 
population , aux fem- 
mes (Schol. ad Thu- 
cyd. l. G). Elle con- 
sistait à relever les che- 
veux tout autour de la 
tète et à les réunir en 
pointeau sommet; on 
les atlachail alors avec 
un bandeau , et ils res- 
semblaient pour l'aspect général à une 
grappe de baies de lierre , comme on le 
voit par la gravure, prise d'un bas-relief 
grec en marbre. Quand la chevelure était 
trop longue et trop abondante pour être 
attachée d'une façon aussi simple , on la 
fixait en un arc double sur le haut de la 
tète, comme dans la statue bien connue 
de l'Apollon du Belvedèi e , et dans un 
buste de Diane du musée Britannique. 
Dans Cicéron {adJtt. xiv, 3), le mot 
Corrmhus est un nom propre tiré de 
l'habitude d'arranger ses cheveux de la 
manière que nous avons décrite (Ernesti, 
Clav. Cic. s. 1'.). 

3. Ornement élevé à l'arrière d'un vais- 
seau (Valer. Place, i, 27 2) ; le terme pro- 
pre est Aplustre. Voy. ce mot. 

CORYTUS (ywpuTo;). Proprement et 




COTHCRNUS. 



19t) 



exaclement , étui d'arc (Serv. ad Virg. 
.■En. X, Ififi), par opposition au can[iiois 
pour les Hé' lies [pltare- 
Ira); quoique le même 
cini fut (pieUpiefois em- 
plQ\é |)()ur porter l'arc 
et les lli'(lies, qiianl il 
est (lisliiigiié |iar une éjii- 
tliète caractéristique {sa- 
g ttiferi coin ti, SU. Ital. 
XV, 7 73). Nous donnons 
un spécimen des deux es- 
jièces de con tus dans la 
gravure ci-joiute, qui représente le simple 
étui d'arc d'après un vase d'argile, et ce- 
lui (|ui contient l'arc et les flèches d'après 
une pierre gravée. 

COS (àxovri). Pierre à rasoir, pierre à 
aiguiser ou pierre à rémouleur, que l'on 
luimectail d'eau et d'huile (Plin. H. N . 





XXXVI, 47) et qu'on faisait marcher par 
le mécanisme dont on se sert encore main- 
tenant. La figure ci-jointe, prise d'une 
pierre gravée, représente Cui>idon aigui- 
sant ses flèches sur une pierre de rémou- 
leur, exactement comme Horace le dé- 
crit {Od. II, 8, 15 : ardentes acuens sa- 
gittas Cote cruentà). 

COSMETiï. Femmes de cliamhre, es- 
claves qui devaient assister à la toilette 
des dames romaines et aider à habiller 
et à parer leurs maître«ses fjuv. Sat. vi, 
499; Heindorf. ^^Z Hor. Sat.i, 2, 98). 

COTHUHNATLS. Qui porte le co- 
thurne, comme on l'explique et le montre 
au mot suivant. 

COTHURM'S (x^eopvoc). Haut brode- 
quin, grec d'origine, porté d'hahitudepar 
les chasseurs. C'était un brodequin de 
cuir, enveloppant tout le pied (de là 
cot/turno calceatus, Plin. H. N. vil, 19) 
et la jambe jusqu'au mollet (Serv. ad 



Virg. Mn.i, 337; Herod. vi , 125); 
il était lacé par devant , avait des revers 




au haut et était remarquable en ce que, 
contrairement à l'habitude des anciens 
pour leurs chaussures , il n'avait pas de 
pied droit et de pied gauche , mais était 
fait avec une sandale droite {solo perpe- 
tuo, Sidon. Apol. Carm. il, 400) : de 
cette façon, chaque brodequin allait in- 
différemment à l'un et à l'autre pied {utri- 
ijue apluspedi, Serv. r/c^ Virg. fSucol. VII, 
32). De là vient qu'on se sert fréquem- 
ment de ce mot au singulier, tandis que 
les calcei et les autres chaussures formant 
la |)aire se rencontreiil le plus souvent au 
pluriel. Toutes ces particularités sont très- 
visibles dans la gravure, qui représei.te 
sur une plus grande échelle les brode- 
quins portés par un chasseur d'oiseaux 
dans la gravure du mot Auceps. 

2. Brodequin de même genre, mais orné 
avec plus de soin , qui est attribué par les 
artistes grecs à quelques-unes de leurs di- 
vinités , particulièrement à 
Diane, à Bacchus et à Mer- 
cure, et par les artistes ro- 
mains à la déesse Roma et 
aux empereurs, comme signe 
de divinité. 11 était porté par 
Marc-Auloine , quand il se 
parait du cothurne et des 
attriiiuts de Bacchus (Vell. 
Paterculus , H , 82) ; mais les Romains ne 
le portaient pas comme une partie or- 
dinaire de leur costume, car Cicéron 
(Pliil. III, G) s'élève contre rinsolenced'un 
Tuditauus qui paraissait en pulilic cum 
palla et cotliurnis. La gravure offre un 
spécimen d'un cothurnas de cette nature, 
pris d'une figure de marbre de la déesse 
Roma. 

3. Les poêles romains se servent aussi 




200 




du mot cothurnus pour traduire le grec 
èvôpo|xî; (Voy. Endromis , 3). C'est de 
cette manière qu'il est emplojé par Vir- 
gile {ALn. I, 34 1), iNémésieu [Cyiii'g. 90), 
et Sidoine Apollinaire {Carm.M, 400), qui 
décrit minutieusement rèvopofjiîi;, mais 
non le colluirnus, 

4. Brodequin porté par les acteurs tra- 
giques sur la scène (Virg. Ed. viii, 10; 
Servius, ad /.) : il avait une semelle de 
liège épaisse de plusieurs pouces pour ac- 
croître leur taille (Juv. Sat. vi , G33) et 
leur donner im air 
plus imposant; par 
extension , ce mot 
signifie un style su- 
blime et relevé. 
Pour cacher la vue 
désagréal)le d'une 
telle chaussure, les 
acteurs trag q les 
portaient toujours 
de longues robes 
qui touchaient à 
terre, comme on le 
voit par la gravure 
ci-jointe, prise d'un 
bas-relief en marl)re de la villa Albaui cpii 
représente une compagnie d'acteurs ; l'ar- 
tiste y a laissé les cothurni découverts 
pour qu'on ne se trompât point sur le 
caractère de l'aclein-. 

COTICULA. Diminutif de Cos : pierre 
de touche, pour éprouver l'or et l'argent 
(Plin. H. N. XXXIII, 43). 

2. Petit mortier fait de la même es- 
pèce de pierre dure que celle dont on se 
servait pour les pierres à rasoir et les 
])ierres de rémouleur (Plin. H. N. XXXI, 
45; XXXVII, 54; Isidor. Orig. iv, II). 

COTTABUS (/.oTTaêo:). Jeu, sicilien 
d'origine, et amusement favori des jeunes 
gens d'Athènes après le dîner. On le jouait 
de différentes façons plus ou moins com- 
pliquées ; mais la manière sini|)le et ordi- 
naire consistait à jeter le dernier coup 
d'une coupe de vin dans un large vais- 
seau de métal ou sur le plancher ; le 
joueiu" prétendait reconnaître la sincérité 
lié l'affection de sa maîliesse au bruit par- 
ticulier que faisait le vin en tombant; de 
là ce mot est aj)pli(pié à des sons de même 
espèce , mais produits avec d'autres ins- 



truments, par exemple, par un fouet 
(Plaut. Trin. IV, 3, 4). 

COTULA ou COTYLÂ (xorar,). Pe- 
tite mesure de capacité, contenant un 
demi iextnrius (Mart. Ep. VIII ,71). Elle 
était surtout employée par les médecins, 
et avait une échelle graduée tracée sur 
les cotés, comme celles dont se servent 
les ))harmaciens en Angleterre; on la di- 
visait eu douze parties égales, dont cha- 
cune était appelée itncia, 1 once. 

COVINARIUS. Qui combat du haut 
d'un char de guerre de l'espèce appelée 
coviniis (Tac. ylgr. 35 et 36). 

COVINUS. Char de guerre employé 
par les Belges et les anciens Bretons , et 
dont on ignore la forme précise; tout ce 
qu'on sait , c'est qu'il était armé de faux 
et probablement recouvert (Mêla m, G; 
Lucan, 1,420; SU. Ital. xvii, 417). 

2. Voiture de voyage, adoptée assez 
tard par les Bomaius, d'après le modèle 
du char des Belges, et que menait, comme 
on peut l'induire d'un passage de Martial 
{Ep. XII, 24), non pas m\ corher, mais 
le maître du char, assis à l'intéiieur. Dans 
le même passage, le coviuus est aussi dis- 
tingué de la corriica et de Vessedum , 
mais sans détails. 

CRATER (xpxTr,p). Vaisseau d'une 
grande capacité, contenant du vin et de 
l'eau mêlés, dont on remplissait les verres 
à boire qu'on passait ensuite à chaque 




con\ive; car les anciens buvaient rare- 
ment leur vin pur (Nonius, s. v.; Ovid. 
Fa.'.t. V. 522; Viig. ALue'id. i, 728). 
On le faisait dedixerses matières, depuis 
la poterie juscpi'aux métaux juécieux, et 
(le différentes formes, suivant le goût tie 
l'aili-te, mais toujours avec nue laige 
ouverture, comme dans le spécimen ci- 
joint, d'après un original eu bronze dé- 



201 



couvert à Pompéi. Au moment du repas, 
011 l'apportait dans la salle à manger et 
ou le plaçait par terre ou sur un pied : 
alors l'échaiison {pincerna, podUator) 
eu prenait la liqueur mêlée avec une 
cuiller {cyatlius), il remplissait les coupes 
(pociila, calices, etc.) et les passait aux 
convives. Dans les repiésentatioiis de Ijau- 
((iiets grecs (voy. les spécimens an mol 
(loMlSSATlo) , le crater est placé sur le 
sol an devant des tables. Une sculpture 
en ivoire d'une scène de bacchanales 
(Biionarotli, Med. p. 451) le représente 
également à terre , taudis qu'un génie ailé 
\ verse du vin d'une ampliora. Dans nu 
bas-relief en marbre, représentant un sujet 
seml)lal)le (Bartoli, ,^(/w. p. 45), un Faune 
remplit le cratère de la même façon en y 

' versant le vin d'une outre (uler). 

i 2. Cratère d'un volcan (Pliu. H. A\ 
III, 14; Lucret. vi , 702), produit par 
les cendres et autres matières vomies en 
l'air de l'ouverture du volcan et relom- 
bant tout autour; elles foiment ainsi na- 
turellement un i)as.sin |)i'ofoud et circu- 
laire par letpiel oui lieu les éruptions. 

CRATES (tapToc). Caisse a c/ai re- 
voie : support, châssis ou panier, fait de 
claies on pareil à une claie, et par ex- 
tension claie, objets employés par les an- 
ciens de différentes façons , comme ils le 
sont encore chez nous (Varro, Calo, Co- 
lumell. Virg. Hor. Ca;s. etc.) 

2. Même sens que Carnaricm (Ju- 
ven. XI, 82). 

3. Su/> crate necari. Etre exécuté 
sons la claie , supplice extraordinaire au- 

. quel les Romains eurent quelquefois 
recours (Liv. i, 51; iv, 50). Le con- 
damné était placé sous une claie et 
écrasé sous le poids des pierres dont on 
la chargeait (Plant. Pœn. v, 2, G5). 

CRATICIUS. Fait de claies ou à la 
façon d'une claie. Voy. Paries, 1. 

CRATICULA (tappiov). Diminutif de 




Crates : dans un sens plus spécial, gril 
(Cato, R. R. 13, 2; Mart. Ep. xiv, 221). 
Le spécimen ci-joiut est pris d'un mo- 



dèle en bronze trouvé dans une tombe 
de Pœstnm , mais sans la poignée , qui est 
restaurée dans la gravure d'après un 
spécimen semblable, peint sur un sépul- 
cre de l'ère chrétienne placé le long de 
la ) 7(7 tihiirtiiia (voie de Tibiir ou Tivoli). 

CREAGRA (/.pEàypx). Mot grec lati- 
nisé (Marc. Cap.). Le terme latin est 
Harpago. Voy. ce mot. 

CREMIUM (^pûyavov). Petit bois ou 
fngot à brûler, employé spécialement 
dans les fours de boulangers (Columeli. 
XII, lU, 3; LIp. Dig. 32, 35). 

CREPICULUM , CREPIDULUM ou 
CREPITULUM. Ornement pour la tète, 
porté parles femmes. Ce nom venait, à 
ce que l'on suppose, du bruit qu'il faisait 
à cha([ne mouvement de la personne qui 
le portait ; mais on ne sait à cet égard 
rien de précis, et les leçons sont douteu- 
ses (Festus, s. 1'.; Terlûll. de Pall. 4). 

ChEPlDA (/.ç-ritti:). Ce mot est tra- 
duit d'habitude ^d,\' pantoufle , ce (\\\\e\\ 
donne une idée 
très - imparfaite 
et fort inexacte. 
La crepida con- 
sistait en une se- 
melle é|)aisse aux 
bords de laquelle 
était fixée une pièce de cuir étroite, qui 
ne couvrait que le coté du pied, mais qui 
avait en haut nu certain uoml)re d'œil- 
lels {aiiiw). On y passait une courroie 
plate (amentunï) qui l'attachait aux pieds 
comme dans la gravure ci-jointe, tirée 
d'un marbre grec. Quelquefois encore 
des brides [ansœ) seulement étaient fixées 
aux bords de la semelle , comme dans le 
spécimen ci-joint, pris aussi d'une sta- 
tue grecque; on 
passait par ces 
brides Vomeii- 
tiim et on l'en- 
trelaçait sur le 
cou-de-pied jus- 
qu'à la cheville 
en formant dif- 
férents dessins de fantaisie. La crepida ap- 
partenait projiremenl au costume national 
des Grecs; elle était adoptée par les deux 
sexes et considérée comme la chaussure 
qu'on devait porter avec le pallium et la 





202 



CBEPIDARIUS. 



CREPITES. 



chlamys : en conséquence , sur les vases 
grecs tt autres œuvres d'art , quand les 
ligures sont vêtues des halîits ci-dessus 
nommés, et ne sont pas pieds-nus comme 
dans le st \ le héroïque , leurs pieds sont 
communément couverts de chaussures du 
même genre que celles dont nous avons 
donné un spécimen iHor. Sat. i, 3, 127 ; 
Pers. I, 127; Liv. xxix, 19; Suet. Tih. 
13; Aul. Gell. xiii, 21, 3). 

2. Crepida carbaii la. V. Carbati>'A. 

CREPIDARIUS. Ouvrier dont le mé- 
tier était de faire des crep'ulse (Aul. Gell. 
XUI, 21). 

CREPIDATUS. Portant des chaussures 
du genre de celles qu'on appelle cre- 
pidsp.; elles appartenaient proprement 
aux Grecs , et ils les mettaient avec la 
cluamrs ou le paltium (Cic. Pis. 38 ; 
Suet. Dom. 4; \ov. Crepida .La statue 
bien connue de l'Apollon duBehédère, 
qui a la chlamys sur sou bras gauche, en 
fournira un sjrécimen. 

CHEPIDULA. Diminutif de Crepida. 
Mot spécialement emplo\é pour les chaus- 
sures que portaient les femmes (Plaut. 
Pers. IV, 2, 3). 

CREPIDO y.pr.it!:). Toute base élevée 
siir laquelle d'autres choses sont édifiées 
ou reposent; telles sont les hases d'un 
temple , d'un autel , d'un obéli.>que , etc. 
(Pliu. H. N. XXXTI, 14; cf. Cic. Urat. 
67). 

2. Mur bâti comme rejjord ou jeté le 
long d'une rivière, d'un port ou d'un 
bassin, pour former un quai, auquel on 
amarrait les vaisseaux et sur lequel on 
embarquait ou on déi)arquait les passa- 
gers ou les marchandises (Cic. Ferr. il, 
5, 7; Quint. Curt. IV, 6; V, 1). 

3. Trottoir ou chaussée élevée pour 




les piétons, des deux côtés d'une route 
ou d'une rue romaine (Juv. v, 8; Petr. 
Sat. 9, 2). La gravure représente une 
rue de la ville de Pompéi , avec sa chaus- 
sée et son trottoir. 

4. En architecture, membres saillants 
d'une corniche ou d'autres ornements 
dans un édifice. 

CREPITACULUM. Petit hochet avec 
des sonnettes, pour produire 
un bruit vif à chaque mouve- 
ment ; en particulier, hochet 
d'enfant (Quint. IX, 4, GG ; 
Capell. I, 4; cf. Lucret. v, 
230 , qui se sert du diminu- 
tif crepitacilliim). Le spécimen 
ci-joint représente un original 
trouvé à Pompéi. 

2. Martial [Ep. xiv, 54) et Apulée 
(Met. XI, p. 240) donnent le même nom 
au sistrum égvptieu , qui n'était qu'un 
autre genre de hochet on de crécelle. 
Voy. le mot Sistrum et la gravure. 

CREPITUS digitoriim ou concrepare 
digitis). Claquement des doigts en près- 



i; 




saut fortement le bout du ponce (de là 
pollex argutus, Mart. vi, 89) contre le 
doigt du milieu; geste emj)lo\é par les 
anciens pour donner un signal qui attirât 
l'attention (Cic. Agr. Il , 30), parlicnbè- 
rement pour appeler leurs esclaves (Petr. 
Sat. 27, 5; Mart. Ep. xiv, 19; m, 



CBEPtJNDtA. 



CRIMS. 



203 



82) ; et , en général , comme marque d'in- 
ditïérence méprisante. Cette dernière ex- 
pression est celle de la figure que nous 
donnons , et qui représente un Faune 
ivre, d'après une statue trouvée à Her- 
culanum. Il semble qu'il s'écrie : « Man- 
ger, boire, prendre du bon temps, tout 
le reste ne vaut pas ce claquement de 
doigts ! » 

CHEPUNDIA {anipyoLva). Jouets cl' en- 
fants, consistant en plusieurs objets de 
petite dimension, comme des hocliets, 
des poiq)ées,de petites épées,de petites 
haches , etc. , et autres jouets semblables à 
ceux qu'on donne aux enfants d'aujour- 
d'hui. Les Grecs et les Romains compre- 
naient encore sous ce nom de petits objets 
du même genre, qu'ils étaient dans l'usage 
d'attacher au cou de leurs enfants 
(Plant. 3IiL V, G) comme oinenients ou 
amulettes, et aussi pour servir à recon- 
naître ceux qui étaient exposés ou mis en 
nourrice (Plant. Vist. i\, 1, 13; Cic. 
Brut. 91; Soph. 0£d. T. 1035). Plante 




en éniniière plusieurs (Rucl. iv, 4, 111- 
Xld; Epid.y , 1, 34), et on en voit aussi 
un certain nombre au cou d'une statue 
d'enfant du musée Pio-Clémentin, repro- 
duite dans la gravure ci-jointe ; ils sont 
du même genre que ceux que cile Plante, 
à savoir : une demi-lune [litnula) an 
haut de l'épaide droite; puis luie hache 
à deux tranchants [securicula aiicipes) ; 
puis lui seau {situla argenteola) ; une 
sorte de Heur qu'il ne meuiionne point ; 
une petite épée (e/isiciilus aureulus); 
une petite main [manicalo); puis une 
autre demi-liuie; nu daiqihiu, au lieu de 
la petite truie {suciila) , que donne 




Plante. Les mêmes objets reviennent en- 
suite. 

CRETA. Même sens que Cai.x et 
LiNEA ALBA (Pliu. H. N. vni,G5). 

CRIBELLUM (xoexxîviov). Diminutif 
de 

CRIBRUM (xôaxivov). Crible o\\ tamis 
fait de parchemin percé de trous ou de 
crins de cheval , de fil , de papyrus ou de 
joncs entrelacés , de manière à laisser des 
interstices entre chaque repli. Les Romains 
j>assaienl leur farine 
dans deux espèces de 
tamis, appelés res- 
j)ecti\ement excusso- 
ria et pulliuaria , 
dont le dernier don- 
nait la fleur de fari- 
na, nommée pollen. 
Les tamis de crins de cheval turent faits 
la première fois par les Gaulois , ceux de 
toile par les Espagnols; ceux de pap\rus 
et de jonc par les ÉgjiXiens (Pliu. H. 
vV. xviii, 28;Cato, R. R. 76,3; Pers. 
Sat. 3, 112). Notre spécimen est pris 
d'un bas-relief de la coloiuie Trajane- 

CRINALE. Large peigne de forme 
convexe {cumini , Ovid. Met. y, 52), 
fait pour s'adapter au der- 
rière de la tète , où on le 
plaçait pour tenir les che- 
veux tombants, comme 
on le voit par la graviu'e 
ci-jointe, prise d'une pe- 
tite figure de bronze qui 
représente nue des Sabi- 
iies dans les bras d'un sol- 
dat romain ( Guasco , 
Délie Ornatrici , p. 69). On comprendra 
que les longues mèches de cheveuv ont 
(piitlé leur place à cause de la violence 
de la lutte dans laquelle les personnages 
ont été engagés. Ou peut remarquer que 
les femmes de Rome et du voisinage por- 
tent encore un peigne du même genre, 
qu'elles a|)pellent spicciatojo. 

CRIMS (fjpî$'. Toute sorte de poil; 
parliculiereuient chevelure, surtout che- 
\eliue dans sa grandeur et sou état natu- 
rels, c'est-à-dire ni coupée ni arrangée 
avec art. De là crinis pansus , cheveux 
épars, qu'on laisse [)eirlre dans toute 
leur longueur, comme c'était l'habitude 




204 



lies femmes de l'antiquité, quand elles 
étaient frappées d'au grand malheur 
(Liv. I, 13, et voir la gravure du mot 
Pb.CFIC.î) ; cri/lis spanus, cheveux qui 
s'échappent de la tète d'une façon dé- 
sordonnée , comme chez les personnes 
engagées dans un exercice violent ou 
poussées par une passion furieuse (Ovi I. 
Met. I, 542 et la gravure au mot Bac- 
cha). 

CRINITUS. Qui a des cheveux longs 
et flottants qu'il laisse pendre dans leur 
longueur naturelle, comme les figures 
données aux mots ACERSECOMES et Ca- 
MILLUS (Ennius, ap. Cic. Acad. Il, 28 ; 
Mari. En. xil , 49). 

CRISTA (/.6ç!o:). Aigrette d'un cas- 

Îfue attachée à un cimier élevé {npes) au 
laul du casque (Virg. JEn. xil, 8'J; Liv. 
X, 39; Pliu. H. A. vu, 57). Voper et 
la crisia sont quelquefois com|-.ris tous 
deux sous ce dernier terme ; mais la dif- 
férence réelle des deux mots est celle 
que nous avons indiquée. La gravure ci- 




jointe présente les spécimens de trois 
casques romains , avec leurs aigrettes en 
plumes, d'après un groupe apj)artenaut 
dans l'origine à l'arc de Trajau , et placé 




maintenant dans l'arc de Constantin près 



du Colisée. Les aigrettes grecques étaient 
plus ordiuairement eu crins de cheval , 
toule la queue tomhant par derrière 
comme un ahri pour la nuque et le dos, 
ainsi qu'on le voit par la figure à main 
gauche, d'après un vase d'argile : il y 
avait quelquefois trois aigrettes pour un 
seul casque, comme dans la figure à 
main droite, prise d'une statue de Mi- 
nerve. 

CRISTATUS. Ce mot, appliqué aux 
casques, distingue ceux qui étaient mu- 
nis d'une aigrette {crista) du casq\ie sim- 
ple (cudo) , qui n'avait ni cimier ni aigrette 
(Liv. IX, 40; Ov. Met. viii,25). Com- 
parez les gravures précédentes avec celle 
du mot CcDO. 

CRODYLUS (xiwg-:).o: et xpJ.g-jÀo:). 
Ce mol iudif[ue une manière particulière 
d'arranger les cheveux , qui appartenait 
aux anciens hahitauts d'.\thenes (Thucvd. 
I, fi) et à quelques nations harhares 
[crohrlos barbarorum , TertuU.^ ^""S- 
veland. 10). Elle consistait à relever 
les cheveux tout autour de la tête depuis 
les racines et à 
les attacher en 
nœud ou avec un 
bandeau au som- 
met. La même 
mode était com- 
mune aux deux 
sexes chez les 
Grecs; mais le 
mot croby/tij s'ap- 
pliquait spécialement aux hommes, et 
corimbus aux femmes (Schol. ad Thu- 
cyd. loc. cit.). Cependant Thucydide et 
Héraclide de Pont {ap. Athen. xil, 5) 
emploient les deux mots y.po'>ouÀo; et 
x6ou|J.êo; comme des termes sjnonvmes 
et désignant tous les deux la coiffure des 
hommes. C'est une assertion sans fonde- 
ment que d'avancer, comme l'ont fait 
quel([ues interiirèles, que cette mode 
était particuiieie aux personnes âgées. 
Thucydide, ncoiitant les progrès du 
goût chez les Grecs en ce qui concernait 
les vêtements et les mœurs, remarque 
que certaines hahitudes anciennes, et en- 
tie autres celle du crubrlus, n'avaient été 
aijandonnées que depuis peu de temps 
par les vieillards. Comme la vieillesse est 




205 



toujoiirsTennemie du changement, elle est 
la dernière à adopter de nouvelles mo- 
des. Pliisieni's se rappelleront dans noire 
Eui'ope motlerne nu t'ait senil)lal)le à celui 
que cite Thtic}(lide: queUpies vieillards 
coutinnèrent à porter des queues, long- 
temps après que les autres hommes y 
avaient renoncé. Les artistes grecs don- 
nent souvent une coiffure de ce genre à 
Apollon, à Bacchus et aux jeunes gens; 
elle ressemble à celle de notre spécimen, 
pris d'une figure d'enfant en bronze 
trouvée à Herculanum. La disposition 
des cheveux ne se montre pas ici d'une 
manière assez distincte; mais dans le mo- 
dèle on recomiail clairement (pi ils sont 
relevés et attachés de la même façcu 
qu'on le voit, avec pins de nellelé, dans 
la ligure de femme au mol Cokvmbus. 

CiiOCOTA ( xpoxajTov ). Robe riche 
couleur de safran , ou vêlement de gala 
poilé i)ar les femmes grec((ues aux Ôio- 
u^ysiaques, et emprunté à la Giece par 
les dames de Home (Nonius, s. o.,- 
Plant. Fragni. op. Non. v. Slrophiuni), 
par les prêtres de C} Ijcle (Apul. Met. 
Vill, p. 172), et aussi par qneUpies fats 
qui dans leurs vêtements affectaient de 
se rappiocher du costume des femmes 
(Cic. Harusj). Restons. 21). 

CROCOTULA (xpoxr„Tiov). Diminutif 
du mot précédent (Plaut. Epid. 11,2, 4'J; 
Virg. Calalecl. V, 21 ). 

CROTALILxM (xpoxdXtov). Littérale- 
ment, pelile crécelle; nom de fantaisie 
par lequel les dames romaines désignaient 
un pendant de boucles d'oieilles quand il 
était fait de deux perles ou plus, eu for- 
me de poires [elenclii], assez grosses pour 
produire un bruit et un craque- 
ment aigus ( comme celui du cro- 
talum ) fpiaud elles étaient heur- 
tées l'une contre l'autre par les 
mouvements de celle cpii les por- 
tait (Petr. Sat. G7, 'J; PHn. H. 
N. IX , 50). Le spécimen ci-joint 
représente un modèle de boucles d'oreilles 
trouvé à Pcmpéi. 

CROTALISTHIA. Femme qui joue des 
crotala (Prop. IV, 8, 39). Voy. la gra- 
vure suivante. 

CROTALUM (■/.p6Ta),ov). Sorte d'ins- 
trument de musique employé spéciale- 



ment dans le culte deCyhèle (Apul. Met. 
VIII, p. 170) , et dont on se servait fré- 
quemment aussi potir accomjiagner la 
danse (P. Scipio ap. Macrob. Sat. il, 10; 
Virg. Copa , 2). Il consistait en deux 
cannes fendues, ou deux pièces creuses 
de bois ou de métal , réunies ensemble 
par vme poigLiée droite , comme on le 
voit par la ligure à main droite de la gra- 
vure ci-jointe, prise du pavé en mosaiVpie 




d'une tombe trouvée dans les fouilles de 
la villa Coisini. Quand on en jouait, ou 
tenait un de ces crula/es dans chaque 
main, et on les faisait claquer avec les 
doigts, de manière à produire nu bruit vif 
et rapide comme celui des castagnettes, 
ainsi qu'on le voit par la ligiue île femme 
de la gravuie, tirée d'un bas-relief de la 
villa Borghèse. 

CHL'CIARIUS. Criminel exécuté sur 
une croix {rrii.t), où on l'a pendu (Petr. 
Sat. I 12, 5 : ciuciani parentes delrajcc- 
runt peitdeiitem) ; par extension, coquin, 
comme nous disons gibier de potence 
(Apul. Met.\, p. 215). 

CRIICIFIXUS. Ou, écrit en deux mots, 
cruci firus , cloué à la croix, de la façon 
que nous entendons par le mot crucifié 
(Quint. VII, 1,3; PUn. H. N. viii, 18). 

CRUMENA ((BaXavTiov). Poche de cuir 
pour porter de l'argent ; on la suspendait 
au cou par une courroie (Plaut. Âsin. m, 
3, 07; Trucul. III, I, 7); elle tombait 
ainsi sur le devant de la personne ou 
derrière elle; de là vient que Ballio, dans 
Piaule {P^eud. I, 2, 38), dit à 1 esclave 
de marcher devant pour ipi il puisse avoir 
l'œil sur la crumcua qui pendait derrière 
12 



206 



CRCPPELLARIUS. 



lui. C'est de l'usage de porter ainsi son 
argent que vient Texpression grecque [Sa- 




).avTioT6(/.oc, équivalente à notre locution 
coupeur de bourse. La gravure ci-jointe 
est copiée sur une figure d'une lampe en 
bronze. 

CHLPPELLARIUS. Mot celtique em- 
ployé par les Gaulois ))our désigner une 
classe particulici'e d'hommes qui com- 
battaient comme gladiateurs, revêtus des 
pieds à 1^ tète d'une armure complète 
(Tac. Aiin. I, 43; Lampri 1. ^lex. Sev. 
5G). Les hommes ainsi armés étaient ap- 
pelés catap/iracti ou dibauarii par les 
Perses , et cruppellarli par les Gaulois. 
Vo}. la graviire du mot Cataphracti. 

CRUSMATA ou CRUMATA (y.poO|j.ata 
ou xp&ùijixaTa), castagnettes ; dans l'an- 
tiquité comme aujourd'hui , elles étaient 
attril)uées spécialement à la nation espa- 
gnole (Mart. Ep. vi, 71); cependant les 
femmes de Grèce et d'Italie jouaient aussi 
des castagnettes, comme le prouve la gra- 
vure ci-joinle, prise d'un vase d'argile, 




ainsi qu'un has-relief du musée du Capi- 
tole (m, 3G), on une femme est repié- 
seutée avec le même instrument dans la 
main droite et le scabillum sous son 
pied gauche. 

CRUST.^. Figures ou images en bas- 



relief appliquées sur la vaisselle , par 
opjiosilion aux emblemata, qui étaient 
en haut-relief (Cic. Ferr. u, 4, 23; Paul. 
Dig. 34, 2, 33). 

CRUSTARIUS. Artiste qui dessinait et 
modelait des crusfx pour la vaisselle 
d'or et d'argent (Plin. //. A\ xxxili, 65). 
On les vendait à Rome dans des bouti- 
ques appropriées à cette branche de com- 
merce et appelées crusfariae tabernx 
( Festus, s. i>. ). 

CRUSTULARIUS. Qui fait et vend des 
cru.'tula (Sen. Ep. 56). 

CRUSTULUM. Diminutif de Crustum. 
Petite pièce de pâtisseiie, comme une 
tarte de pâtissier; on donnait surtout ces 
friandises aux enfants (Hor. Sat. 1,1, 
25; Juv. Sat. ix, 5, et Schol. Vet. 
ad l.). 

CRUSTUM. Fragment ou morceau 
rompu de pain , de gâteau ou de pâtisse- 
rie. De là le mot français croûte ( Hor. 
Ep. I, 1, 78; Virg. ^'n. vil, 114). 

CRUX. Une des machines dont se ser- 
vaient les anciens pour punir de la peine 
capitale les criminels el les esclaves. On 
la faisait et ou s'en servait de deux maniè- 
res différentes. Dans l'origine, c'était une 
perche droite, se terminant eu une pointe 
aiguë ( en grec (jiaypo;, oy.rA'i^), sur la- 
quelle la victime était empalée, comme 
ou le pratiq\ie encore dans l'Orient, châ- 
timent indicpié [)ar l'expression in crucem 
suffigere (Justin, xviii, 7 ; Hirt. B.Afr. 
66), ou in crucem sedere (Mœcen. ap. 
Senec. Ep. 101 ) ; mais, dans la suite, on 
y ajouta luie pièce transversale de bois , 
comme dans notre croix, sur laquelle le 
condamne était fixé avec des clous ou 
attaché a\ec des cordes , puis abandonné 
jusqu'à ce qu'il mourût : supplice ex- 
primé par des expressions comme cruci 
figere ou affige/e et autres semblables 
( Tac. yinn. xv, 44 ; Petr. Sat. 111,5). 
11 paraîtrait aussi, d'apiès d'autres jias- 
sages (Plin. //. A''. X1V,3; pendere in 
cruce , Petr. Sat. 112, 5), que les crimi- 
nels y étaient cpielquefois pendus comme 
à un gibet on à une potence. 

CRYPTA (•/.pÛTttr, ou xpuTTxr, ). De là 
vient notre mot en y/e , qui cependant ne 
donne qu'une idée fort inexacte de l'ob- 
jet que le même terme iiiéseutait à l'es- 



207 



prit des Grecs et des Romains. L'an- 
cienne cnpia se rapproche surtout de 
notre cloître, avec lequel elle avait la 
plus grande ressemblance; c'était, en 
effet, uue galerie longue et étroite, de 
niveau avec le sol ( et non souterraine 
comme on le suppose communément ) , 
fermée des deux cotés par des murs et 
recevant le jour d'une série de fenêtres 
praticp.iées dans un des miu's laléi'aux cpii 
l'entouraient on dans tous les deux. Des 
constructions de cette espèce étaient 
souvent élevées comme édifices publics 
pour la commodité de la population; 
dans les campagnes des personnes ri- 
ches (Senec. de Ira, m, 18); comme 
dépendances de grandes maisons, ou 
promenades réunies à un théâtre (Suet. 
Cal. 58); très-communément encore, 
comme nous l'apprenons par des ins- 
criptions nombreuses (Muratori,//Mc/vy»/. 
p. 481, 4; Reines. Syntagm. Inscript. 
Il, 28), elles étaient réunies à un porti<iiif 
ou colonnade ouverte. Elles procui-aieut 
un asile agréable quand la chaleur ou le 
mauvais temps renilaieut un abi'i souhai- 
table pour une population oisive et amol- 




CHALCI DIC U M 

m Q Ea E3 g c3 ! 



B S) s El ^ □ 



lie par le luxe. Les prétoriens mêmes 
avaient une cny>/<7 adjacente à leur camp 
permanent de Home. Elle fut démolie 
par les ortlres d'Adrien , quand il essaya 
de réformer la discipline de ce corps 
(Spart. Hddr. 10 ). La gravure ci-joinle, 
avec celle qui suit, donneia une idée 
exacte de la nature de l'ancienne crypte. 
Elle représente le plan d'un éiiifice pu- 
blic construit par la prêtresse Emachia 
à Pompéi et consistant en une crypta, 
un porliciis et un chalcid'tciim. Ces di- 
verses parties de l'édifice sont énumérées 
dans une inscription fixée sur la mu- 
raille extérieure au-dessus de l'entrée 
principale. Les trois corridors, ou cloîtres 
marqués AAA, constituent la crypta. Ils 
sont entourés de trois cotés par un mur 
décoré de fresques; àrintérieur, on voit 
les fenêtres qui ouvraient sur luie co- 
lonnade voisine ( porticus ) , mar([uée 
BBBB, qui, à son tour, enferme une large 
area centrale C. Des restes considérai)les 
d'une construction semblable se voient 
encore sur l'emplacement de l'ancienne 
Capoue, près de l'amphithéâtre; et on 
trouvera un spécimen de ces cloîtres, an- 
nexés à un théâtre, dans le fragment qui 
contient le plan du théâtre de Pompéi, 
au mot Theatrum. 

2. Des cloîtres fermés, semblables pour 
le dessin et l'emplacement à celui que 
nous venons de décrire , entouraient or- 
dinairement , au lieu de colonnades ou- 
vertes, les cours intérieures des villas et 
des fermes romaines, et servaient à con- 
server le grain, les fruits, les produits 
enfin qui demandaient à être préservés 
de l'humidité sans être entièrement pri- 
vés d'air. Aussi Vilruve . en tloiinant le 
plan d'une villa modèle, recommande 
fort sagement de construire des galeries 
couvertes (crypise) dans l'intérieur des 
fermes pour de tels produits , et de pla- 
cer lesétables ainsi que les magasins pour 
les denrées moins faciles à détériorer 
dans la cour découverte du vestil)ule, l'es- 
tilndum ( Vilruv. vi , 5,2; comparez 
Varro, R R. I, 57). La figure ci-jointe 
donne une vue des débris de la villa de 
L. An ins Diomedes dans le faubourg de 
Pompéi, et montre très-clairement le ca- 
ractère et la nature des bâtiments qui en 



208 



CRYPTOPORTICUS. 



CTESIBICA MACHINA. 



dépendaient. A main gauche, il ne reste ! portion du premier étage de la villa. De 
qu'une partie des fondations; mais l'aile là part un escalier, encore complet , qui 
droite et le centre suhsislent presque en conduit dans la cnpta. Inquelle, comme 
entier, et de plus on voit, derrière, une on ne manquera pas de le remarquer. 



^jf piffln ntl f'^v^'i^^f-^y 




n'est pas une' cave souterraine , mais un j 
i)àtiment au niveau du sol , avec des fe- 
nêtres ouvrant sur une cour carrée, en- j 
lourée dans l'origine par les autres étages ; 
bâtis au-dessus des cloîtres. 

.3. Quand les fenêtres étaient fermées 
avec leurs volets de l)ois, tout le corridor 
ilevait former une voûte longue, étroile 
et sombre ; de là vient que le mot crypta , 
dans un langage poétique et métapho- 
rique , fut ti'ansporté, par une acception 
dérh'ée, à des passages souterrains de 
différentes sortes : ainsi le grand ê^oiit 
qui traversait le quartier de Snburra et 
continuait la Cloaca max'ima de Rome, 
est appelé Cnpta Stihurrx (Juv. v, 
tOG); le tunnel q>ii passe sons les ro- 
chers entre Naples et Pausilippe, main- 
tenant la grotte de Pausilippe, est appe- 
lé Cnpta Neapolitana (Petr. Fragm. 
î 3 ; Seneca , Ep. 67 ) ; et la cnpta de- 
vant laquelle Quart illa offre son sacrifice 
(Petr. Sat. Ifi, 3) peut se rapporter à 
cette grotte ou à un cloître coutigu à sa i 
maison et à ses jardins, comme ceux que I 
nous avons décrits. | 

4. Écurie pour les chevaux et les chars ! 
dans un cirque (Sidoii. Carm. xxill, ■ 
310). Voy. la gravure et l'article au mot 
CAurK", 2. ' 

CPYPTOPOrîTlCrS. Terme toujours 
emplosé par Pline le Jeune quand i! parle 
d'une construction sembla! le à celle que 
nous avons décrite au dernier mot. Il j 



semble que c'était sevdement un synony- 
me de cnpta, mais d'un sens plus éten- 
du; on , s'il y avait nue différence réelle 
entre les deux mots, c'est peut-être que, 
lorsque la galerie avait des fenêtres des 
deux côtés , comme c'était le cas dans 
celles des villas de Pline , elle ressemblait 
beaucoup à la colonnade { porticiis ) et 
était en conséquence distinguée par le 
nom de en pfoporticus; quand, au con- 
traire , les fenêtres n'étaient que d'un 
côté et qu'un mur nu s'élevait de l'autre, 
comme dans les galeries que représentent 
les deux gravures précédentes , il était 
plus exact de la désigner simplement par 
le nom de cnpta (Plin. Ep. il, 17, 16, 
seqq.; v, G,"^ 27-28; Vil, 21, 2; IX, 
3G, 3). 

CTESIBICA MACHINA. Pompe fou- 
lante à double action , inventée par Cté- 
sibius d'Alexandrie , qui vivait du temps 
de Ptolémée Évergèle ( Viiruv. ix, 8, 2; 
Plin. ///v/. Nat. vil, 38), et construite 
sur le même princijie que les pompes 
à incendie de nos jours. La machine est 
décrite au long par Viiruve (X, 7) d'après 
les écrits de son inventeur, qui sont per- 
dus maintenant; une ))ompe du même 
genre, mais perfectionnée, probablement 
d'après un modèle de Héi'on , élève de 
Clésibius, fut découverte près de Civita- 
Vecrhia au dernier siècle; mais, comme 
elle ne contient pas toutes les parties ci- 
tées par Yilruve , nous en avons donné 



CTKSIBICA MAi:lll>A. 



CIBITAI. 



209 



une représentation sous son nom grec 
SiPïiO, où les parties qui la composent 
sont explicpiées d'après la description de 
Héron (voy. SiPHO). Ici nous ne donnons 
qu'une figure conjecturale de la machina 
Ctesibica, tracée par Perrault , d'après la 




description de Vitruve; mais le lecteur 
en comparant l'une et l'autre de ces ma- 
chines se formera une idée exacte de leur 
nature et des différences qui les sépa- 
rent. Les parties citées par Vitruve sont : 
catiiius,\e bassin A, dont Héron ne se ser- 
vait pas : il employait à la place un tnl)e 
dioit ( irtoXriv ôp6to:); modioli gemclli , 
B B , les deux barillets dans lesquels 
jouent les pistons {regulse) correspondant 
avec les ôûo tiuSIôs; de Héron ; embol'i 
mascidi, deux pistons ( C C ) , les mêmes 
que les È[a6o) e^: de Héron ; fistidx in fur- 
cHlx figura, deux tuyaux qui se joignent 
en forme de fourche, et qui, dans la 
pompe de Héron , sont remplacés par un 
simple tuhe horizontal (atDXviv) ; et px- 
nula, la chappe (d) placée au-dessus du 
bassin pour presser l'eau au pied du tuyau 
élastique : Héron ne s'en est pas servi. 
On comprendra facilement comment 
fonctionnait cetlemachine. Elle était pla- 
cée sur le réservoir, et on faisait jouer les 
deux pistons ensemi)le , l'un descendant 
pendant quel'autre montait :en s'élevanl, 
le piston (c) tire une certaine quaniilé 
d'eau par l'ouverture du i)as du cylindre 
(b), qui est munie d'un couvercle mobile 
(marqué par des ligues pointées dans la 
gravure ) , lequel s'ouvre dès que l'eau 
arrive , mais se ferme de lui-même dès 
que le piston s'a!)aisse de nouveau ; et 
cette pression chasse l'eau par le tuyau 
en forme de fourche dans le catiniis (a) 
dont le fond est muni , de la même ma- 



nière, de couvercles mobiles au-dessus de 
chaque tuvau, qui s'ouvrent et se ferment 
lour à tour à chaque coup des pistons. 
Ceux-ci, en se mouvant alternativement 
en haut et en l)as , chassent l'eau avec un 
courant continu par la. pxnul a (d), dans 
nn conduit ou tuyau élastique qui est 
(i\é en haut et d'une longueur détermi- 
née. 

CUBICULARIUS. Esclave dont le ser- 
\ice était restreint aux différentes pièces 
d'une maison romaine ( ciibicula) ; il se 
tenait dans l'antichambre et annonçait 
les personnes qui venaient visiter son 
maître, etc. (Cic. Verr. Il, 3, i; ad 
Att. VI, 2 ). 

CUBICULUJI. Littéralement, chambre 
munie d'un sofa ou d'tni lit; par exten- 
sion, terme général qui désignait toutes 
les ohandires ainsi meublées dans ime 
maison particulière, qu'on s'en servît 
comme cham!)res de repos ou comme 
cham!)res à coucher (Pliu. Ep. I, 3, 1, 
cuhicida nocturna et diiirna. Id. II, 17, 
21 ; Plant. 3/ost. m, 2,7). Les Romains 
avaient en effet l'habitude de s'étendre 
sur des sophas pendant le jour, pour étu- 
dier, prendre leurs repas, faire la sieste 
et recevoir leurs amis. 

2. Loge de l'empereur au cirque ou à 
l'amphithéâtre; il s'y installait avec pom- 
|ie pour voir les jeux (Suet. Nero, 12; 
Plin. Paneg. 51 ) , au lieu de s'asseoir sur 
le podium découvert ; ce qui était l'usage 
dans des temps ou les mœurs étaient 
plus simples. 

CLIBILE (xotrr,). Toute place où l'on 
se couche, lit on chambre où est le lit; 
de là, dans nn sens plus particulier, lit 
de mariage (Virg. jEn. VU!, 412; Eur. 
Med. 151 ); chaml)re à coucher (Cic. 
Cat. IV, 8 ; Suet. Nero, 25 ) ; et, comme 
cuhitoriitm , l'une ou l'autre des petites 
pièces dans uxie maison particulière, oc- 
cupées d'habitude par le maître ou par 
la famille (Plin. H. N. XV, 10, saluta- 
toritim ; Pliu. Paneg. G3 , 3). 

CUBITAL (uTraYy.(;)vtov). Oreiller ou 
coussin sur lequel le coude repose quand 
la figure est inclinée sur nn lit, comme 
ceux dont se servaient les malades (Hor. 
Sat. II, 3, 255 ) , ou les personnes qui 
prenaient leurrepas sur une couche (voy. 
12. 



210 



CIBITOUIA. 



AcciBO). La giaMire représente une fi- 




gure placée au haut d'un tombeau étrus- 
que. 

CUBITORIA. Sous-entendu restinienta 
(Petr. Sat. 30, 11). Même seus que CoE- 
NATORI.t restes. 

CUCLLLIO. Diminutif de Cuccllcs 
(voy. ce mot), exprimant une qualilé in- 
férieure |)lutot que des dimensions moin- 
dres ( Lampi id. Elag. 32 , cucullione 
midiunico ; Capitol. Fer. 4, nmlgaritia- 
torio; rf. Caio, R. R. 2). 

CUCLLLUS. Feuille de papier roulée 
en forme d'entonnoir dont se servaient les 
apothicaireset autres marchands de Rome 
pour envelopper les poudres et les dro- 
gues achetées par leurs pratiques Mart. 
Ep. m, 2), précisément comme font les 
épiciers de nos jours. 

2. A cause de l'analogie de sa forme, 
capuchon attaché à quelques vêtements, 
tels que la lacerna , le sngiim, la psenu- 
la, etc.; on pouvait le tirer sur la tête, 
qu'il couvrait alors comme un chapeau. 
11 était porté communément par les es- 




claves, les paysans, les pécheurs et le^ 
personnes que leurs occupations expo- 



saient à l'intempérie des saisons; il res- 
semlilait au capuchon des capucins et à 
celui des pêcheurs de tapies moderne 
(Cohmiell. xi, 1, 21 ; Mart. Ep. \i, 98 
10; J.iv. VI, 118; Pallad. 1,43,4). La 
première gravure est tiiée d'une peinture 
de Pompéi repié.seutant un groupe 
d'hommes du peu|)leqni hoivent dans une 
taverne {caupona). Quand on voulait 




découvrir la tète, on repoussait le capu- 
chon en arrière; il retombait alors sur 
la partie supérieure du dos, comme ou 
le voit dans la seconde gravure , repré- 
sentant iu)e autre des figiu-es du même 
groupe. La première de nos gravures ex- 
plique ce que Cicéron dit de M. Autoine 
(Pliil. II, Z\), domum Tenit capite invo- 
lulo, et la dernière , le caput apertiit du 
même passage. 

3. CiicuUus Bardaicus (Jul. Cap. Per- 
tlnax, 8); même sens que Bardocccul- 

LDS. 

4. Cucullus Lihiiriiicus (Mart. in Lem- 
male, XIA", 139); même sens que Bakdo- 

CCCULLLS. 

5. Cuctdlus Santanicus (Juv. vill, 1 45); 
même sens que Bardoccccllcs. Le c«- 
cu/iuj Saiitonicns tirait sou nom de la 
ville de Saintes, oii s'introduisit l'art de 
fabriquer ces objets, empruntés à l'Il- 
l}rie. 

CL'CUMA. Vaisseau dont on se servait 
pour faire chauffer de l'eau et faire des 
décoctions; il servait encore à d'autres 
usages analogues : ou n'en peut détermi- 
ner d'une manière précise ni la forme ni 
la nature (Petr. Sat. 133, 5; 136, 2). Ce 
mot cependant s'est conservé dans le lan- 
gage usuel des Romains modernes, où la 



CDCURBITA . 



211 




ciicuma signifie un vaisseau pour taire 
chauffer de l'eau. 

CUCURBiTA ou CUCURBITULA (xo- 
XojcûvfJiQ, (Tt^cùa). Potiron oa gourde; de 
là, ventouse, que les 
anciens faisaient avec 
ces fruits (Juv. Sat. 
XIV, 58 ) aussi bien 
qu'avec la corne ou 
le bronze (Celsus, ii, 
11). Notre spécimen 
représente un mo- 
dèle ancien de ventouse conservé main- 
tenant à la bil)liotbcque du Vatican, et 
pul)lié par Rbodius. 

CUDO ou CUDON (xa-rauu?, ).itô;, 
it£pixïcpà).orio:). La forme la plus simple 
du castpie, consistant pu- 
rement en une coiffe sans 
cimier { apex ) ou aigrette 
(ciista) : de là, âçaXoç te 
xai âào-^oc, (Hom. //. x, 
268) ; il était fait de cuir, 
ou de jieau de bêles fé- 
roces (Siiius Italiens, vili , 
493), et attaché sous le menton avec une 
courroie (oxeOç). Ce genre de casque élait 
porté par un certain nombre de soldats 
romains armés à la légère (Polyb. VI, 22) ; 
il est attribué à Diomède par Homère, et 
on le voit fréquemment dans des repré- 
sentations grecques de ce héros ; c'est 
d'une de ces figures en bronze que nous 
avons pris le spécimen. 

CULCITA ( TÙ).Yi , (7Tp(j)|j,vYi). Matelas 
pour lui sopha , une couche ou un lit , 





rempli de bourre, de laine ou déplume 
(N'arro, L. L. V, 167; Petr. Sat. 38; 
Cic. Tuic. m, 19; Seneca, £/). 87); il 
était, par conséquent , quelquefois fort 
doux , comme nos lits de plume , et d'au- 
tres fois, comme nos matelas de laine et de 
crin , assez dur pour ne pas prendre l'em- 
preinte du corps qu'il portait (Seneca, 



Ep. 108). La gravure ci-jointe est tirée 
d'une peinture de Pompéi. 

CULEUS on CILLEUS. Sac fort large, 
fait d'une peau de porc ou de cuir, et em- 
j)l()>é par les Romains pour le transport 
du vin ou de Tluiile (Nepos, Eiim. 8; 
Pliu. H. N. VII, 19;Cato, R. R. xi, 1), 
comme on le voit dans la gravure ci- 




jointe, prise d'une peinture de Pompéi , 
([ni montre la manière de transporter le 
culeuf sur un chariot , de vider sou con- 
tenu dans des vaisseaux plus petits (am- 
p/iorx) , et qui indique pareillement com- 
ment il était rempli ; c'est-à-dire par la 
partie supérieure du col , qu'on liait en- 
suite avec nue corde. Un sac du même 
genre est encore employé en Italie pour 
le transport et la vente de l'huile. La 
grandeur de ce sac expliquei'a aussi un 
antre usage auquel il servait chez les an- 
ciens Romains : on y cousait les parricides 
(C'ic.ad Q.Fr. 1,2,2). 

2. Mesure de li([uides; la plus vaste 
dont se servaient les Romains. Elle con- 
tenait vingt rtw/;/(o/w, ou 536'-, 127 10, et 
était particulièrement employée pour es- 
timer le produit d'une vigne ou d'un plan 
d'oliviers (Rhemu. Faun. de Pond, et 
Mens. 8G; Varro , R.R.\,2,1). 

CULIGNA (v.vliyyr,) . Vaisseau pour h' 
vin dont on n'a pu déterminer la nature 
(Calo, R. R. 134). 

CULIXA. Cuisine (Cic. Fam.xx, 18; 
Petr. Sut. 2,1; Seneca, Ep. 14). La gra- 
vure représente un fourneau de cuisine 
de la maison de Pansa à Pompéi , avec 
quelques ustensiles de cuisine qu'on y dé- 
couvrit quand on le trouva dans les fouil- 
les, c'est-à-dire un couloir (colum), un 
couteau de cuisine (cii/tcr coquinaris) el 



212 



CLLTELLIS. 



lin ustensile pour préparer les oeufs (un 
apalare, à ce qu'on suppose). Au-des- 




sous est le plan d'une cuisine de la même 
ville, dans la maison du questeur, qui se 
compose des parties suivantes : immédia- 
tement à main gauche de l'entrée il y a 
un évier demi-circulaire (1), et à droite 
un escalier (2) qui menait proijablement 
aux magasins des provisions : en face de 
l'entrée sont les restes du briquetage qui 
formait le fourneau (3), construit de la 
même manière que celui que nous avons 
donné ci-dessus; attenant à cette pièce 
est une autre petite chambre (4) qu'on 
pourrait appeler arrière-cuisine, avec des 
lieux d'aisance (5) tout à fait à l'extré- 
mité; chose assez singulière, les commo- 
dités se trouvent eu général à côté des 
cuisines «les maisons de Pompéi. 

CULTELLUS (iiayaipi;, payaîptov). 
Diminutif de Ci'LTEr , employé presc[ue 
dans les mêmes sens. Ce mot désigne seu- 
lement des dimensions moindres dans 
chacune des espèces de couteau ; mais le 
cultellus n'est jamais si petit que noire 
couteau de poche et notre canif (^cfl/o/v/w). 
Juvénal désigne même par le nom de 
cultellus un cuitteau à découper (Sat. v, 
122; Ulpien,/)/^. 9, 2, 11), un rasoir 
de barbier; et le cultellus d'Horace (Ep. 
I, 5, 51) dont ou se servait pour tenir 
les ongles en bon élat était le même que 
l'instrument du barbier qui servait à cet 
effet, comme le dit expressément Yalère 
Maxime (m, 2, 15) : Ciilteluim tonsoriiim 
quasi unguiuni resecaudorum cau.sa po- 
poscit. 



2. Cultellus ligneus. Coin de bois dont 
le tranchant est plus affilé que le dos, 
comme la lame d'un culter (Vitruv. vu, 
3,2). 

CULTER (liâ-yaipa). Nom donné par 
les anciens à différents instruments em- 
|iIo}és pour couper, qui étaient faits d'un 
>eul tranchant, le dos un peu large, et 
la pointe aiguë; tous servaient pour les 
i;esoins du ménage et de l'agriculture, 
mais non de la guerre, excepté quand on 
parle des temps barbares et d'un assassin 
plutôt que d'un soldat. Notre mot couteau 
est peut-être la traduction la plus exacte, 
mais le culter ancien ne désigne en gé- 
néral dans les instruments que nous ap- 
pelons couteaux queceux de la plusgrande 
espèce. Nous énumérons ci-dessous les 
principaux , avec les épithètes qui les 
distinguent. 

1 . Culter coquinaris . Couteau de cui- 
sinier ou couteau de cuisine (Varro , ap. 
Non. s. 1'.), servant à couper la viande. 
La gravure est prise d'un modèle décou- 



\ert dans une cuisine de Pompéi. Les 
bouchers se servaient aussi d'un instru- 
ment semblable pour le même usage 
(Liv. III, .i8;Herod. ii , Gl). 

2. Couteau employé par le cultrarius 
dans un sacrifice pour couper la gorge de 
la victime (Plant. Rud. I, 2, 45), 

et par les bouchers à l'abattoir / 
(Varro, R. B. il, 5, 11); il était 
fiéquemment représenté sur les 
bas-reliefs des sépulcres. C'est 
d'un de ces bas-reliefs que nous 
avons pris le spécimen ci-joint où 
l'inscription Ccltrarii OsSAuous '^ 
garantit que nous avons le véritable in- 
strument. Comparez la gravure du mot 
CcLTRARius, oii l'on voit le couteau em- 
ployé. 

3. Culter venatorius. Couteau de chas- 
seur, qu'il portait à une ceinture et avec 



lequel il dépéchait sa proie quand il était 



213 



face à faceavecelle (PeU\ Sat. 40, 5; Suet. 
^u". 10). 11 élait pareil à celui dont se 
sei-vaieiit ceux qui comijaltaieut avec les 
bêtes féroces île ranipliilhéàlre. Voy. la 
première figure au mot Bkstiarius. Le 
spécimeu ci-joiut est pris d'uue pierre 
gravée. 

4. Tranchant affilé ou partie plate de 
la lame dans une serpette de vigneron 




(faix vinitoria) qui, dans la gravure ci- 
jointe, tirée d'un vieux manuscrit de Co- 
lumelle, est placée entre le manche et le 
croc du bout (Columell. iv, 35, 3), et 
dont on se servait particulièrement pour 
émonder et retrancher. 

5. Cii/ter torisorius. Sorte de couteau 
ou de rasoir dont les barbiers se servaient 
pour raser (Cic. de Off. il , 7 ; Peir. Sat. 
108, 1 1 ; Plin. H. N. Vil , 59). 11 est aussi 
désigné par le diminutif cidtellus, et il 
avait probablement une lame avec une 
pointe faite comme celle du couteau de 
chasse (n° 3) ; car on s'en servait pour 
tenir les ongles en bon état (Hor. Ep. 1, 
7, 51; cf. Val. Max. m, 2, 15). 

6. Couteau fait d'os on d'ivoire pour 
manger du fruit (Columell. XII , 45, 4) ; 
il est appelé aussi cul tell us (Pliu. H. N. 
XII, 54). 

7. Contre à' wnt charme; fait comme 
la lame d'un large couteau et placé verti- 
calement au devant du soc {vomei , Plin. 
H. i\'. XVIII , 48), comme le montre clai- 




rement la figiu'e ci-jointe , prise d'une 
pierre gravée. 

8. /// culirum collocatus. Expression 
technique dont sesei'vaienl les architectes 
et les mécaniciens romains , quand ils 
parlaient d'objets placés sur leurs colés 
les plus petits ou sur leurs bords les |)lus 
étroits. Ce mot s'applique à des briques 



ou à des pierres placées de côté dans un 
édifice , au lieu d'être placées de la fa^on 
habituelle et de montrer leurs surfaces 
les plus larges (Vitruv. x, 5). Lesllaliens 
d'aujourd'hui emploient une métaphore 
semblable, ^('/■co//<7/o, quand ils veulent 
exprimer la même disposition. 

CULTRARIUS. Assistant d'un prêtre 
([ui officie : il immolait la victime dans 
un sacrifice, en lui coupant la gorge avec 
un couteau, culter, par opposition au 
popa (\m l'abattait d'un coup de hache, 
securis, ou de marteau , malleus (Suet. 
Cal. 32; Inscript, ap. Grut. C40, 11). 
La gravure ci-jointe, prise d'un très-beau 
l)as-relief en marbre découvert à Pompéi, 
représente une vieille femme et un faune 




occupés à offrir un porc en sacrifice : la 
première fait l'office de prêtre , et le se- 
cond du cultrarius, qui coupe la gorge de 
la victime. 

CULULLUS.Suivantlesscoliastesd'Ho- 
race, vase en poterie dont se servaient 
les pontifes et les vestales dans les rites 
de leurs sacrifices; ce mot s'employait 
tians un sens général pour toute sorte de 
vase à boire (Acron et Porphjr. ad. Hor. 
Oc/. I, 31, 11; Hor. A. P. 434). 

CUMEHA. Sorte de envier, de terrine 
on de panier avec un couvercle convexe 
dont se servaient les gens de la campagne 
pour y conserver leur grain (Feslus, v. 
Cumerum ; Hor. Sal. i, 1 , 53 ; Epist. 
I, 7, 30, Acron. ad IL). 

CL'MEUUM. Vase couvert ou peut-être 
corbeille portée par le camillui , dans un 
cortège de mariage (Varro L. L. VII, 34), 



214 



CUNABDLA. 




et contenant les objets nécessaires (iiten- 
sitin) à la fiancée (Fesliis, .v. t.). 

CUNABULA. /iercenu d'enfant (Cic. 
Div. 1 , 3(i ; Plant, ytmph.y, 1 , 56 ; Serv. 
ad Viig. Ed. iv, 23; Arnold, adv. Cent. 
iv). Noire spécimen est pris d'nn manns- 
crit fort ancien de la Genèse, publié par 
Lamhecins {Comment. Bibl. Cxs. lli, 
29). On donnait 
communément aux 
berceaux anciens la 
forme d'un auge ou 
d'un bateau, comme 
dans la gravure suivante; de là vient 
qu'en grec ou emploie le mot r7xâ5r, 
pour désigner le même objet ( Atheu. 
XIII, 85). 

2. Par extension, place dans laquelle 
une chose vivante est née ; ville natale 
(Prop. III, 1, 27); nid d'oiseau (Plin. 
H. N. X, 51) ; ruche (\^irg. Georg. 
IV, 06). 

CUN^t. Même sens que CuxABULA. 
(Cic. Div. I, 3G). 

CUIS ARIA. Nourrice, qui berçait un 
enfaut dans son berceau, le lavait à sa 




naissance, l'enveloppait dans des lan- 
ges, etc. (liiscript. ap. Grut. 311, 7; 
comparez Mart. Ep. xi , 39). La gravure 
est prise d'un bas-relief romain eu mar- 
bre. 

CUNEUS (T^rjv). Coin ; corps en bois, 
en fer ou eu une antre substance, avec 
un tranchant mince qui va toujours en 
grossissant , dont on se servait pour 
fendre (Virg. Gco/d'. i , 144), resserrer et 
affermir (Cic. Tiusc.W, 10). 

2. Quand on applique ce mot aux vais- 
seaux (Ovid. Met. XI, 514), sa siguitica- 
tion précise est douteuse. Quelques-uns 
supposent qu'il désigne des pièces saillan- 
tes de bois fixées aux côtés et au fond 



d'un vaisseau pour le défendre contre les 
rochers; d'autres, les bois de charpente 
asseml)lés en forme de coin, comme ce 
que nous appelons ferme diagonale , ou 
de minces coins de bois introduits avec 
de 1 éloupe dont on se servait pour cal- 
fater les jointures (Scheffer, iMii. A'av. 
1, G). 

3. (xîpy.!:). Division de sièges (gradiu, 
.•■edilia, suhsellia), dans un théâtre ou 
un amphithéâtre (Vitruv. v, (5, 20 ; Suet. 
-^ng. 44), comprenant les différentes ran- 
gées de sièges contenus dans chaq\ie sé- 
rie de gradins (nltenianum) entre deux 
escaliers (scalie). La gravure ci-jointe, qui 
représente inie partie de l'intérieur du plus 
vaste théâtre de Pompéi , montre six de 
ces ciinei ou divisions de sièges, tiois dans 
la série de gradins iuférieure et trois dans 
celle qui est au-dessus, avec deux étages 
d'escaliers dans chacune, que descendait 
le spectateur, quand il entrait par une 
des portes [romitoria) du haut, jusqu'à 
ce qu'il arrivât à la rangée particulière 
du cuneus où se trouvait son siège. Ces 
divisions de sièges étaient appelées coins à 




cause de leur aspect cunéiforme ; car elles 
étaient très-étroites au bas et allaient en 
«'élargissant graduellement à mesure que 
s'étendait le théâtre ; voy . les parties mar- 
quées B sur le plan général au mot 
Theatrum , 1 , où l'on en voit plus dis- 
tinctement la forme. 

4. Casier pour le vin on série de bancs 
ou de tablettes s'élevaut l'une an-dessus 
de l'autre comme les sièges d'un théâtre, 
et sur lesquelles le vin était déposé pour 
vieillir, après qu'où l'avait mis dans les 
ampliorse, ou , comme nous dirious, eu 



CCMCCLARII. 



CURIA. 



215 



bouteilles (Catn, if. /f. 113; Ponledera, 
Ciirse p'jst. ad t.). 

5. Corps de soldats disposé en forme 
de coin (Liv. xxii,47; Veg. Mil. ii\, 19). 

CUMCULAHll. Sapeurs et mineurs; 
on soldats qui s'introduisaient dans nne 
ville par une mine, cuuicu/us (Veg. 31il. 
II, 11 ; Ammian. xxiv, 4, 22). 

CUiMCULATORES. Même sens que le 
mot précédent (Luctat. in Stal. Thel>. ii, 
418). 

CUNICULUS (ÛTvôvoiio!;)- Tont passage 
souterrain, mais plus particulièrement 
mine, dans les travaux d'une campagne 
(Veg. 1 , G; Liv. v, 21 ; Ammiau. xxiv, 
4,21). 

CUiNUL.Ï. Diminutif de Cun.e : es- 
pèce de l)erceaii, petite ou commune (Pru- 
dent. Cathem. VII, 1(J4; XI, 98). 

CUPA (ya.'j'f.oô. Barrique on pipe, fai- 
te de douves de bois (tabulx, Pallad. I, 
38, 1) et serrée avec des cercles de fer 
{circuit, Petr. Sat. GO, 3; Plin. H. N. 




XIV, 27) , dans laquelle du vin , du vinai- 
gre et autres liquides étaient gardés et 
transportés de pface en place ; de là , iv- 
num de cupa (Cic. Pis. 27) équivaut à 
notre e\\neAi\oii,surtant du ton/ieau. La 
figure ci-jûinle est tirée de la colonne Tra- 
jaue. 

2. (y.ti'jTir,) . Bloc deboisoblong, formant 
une des parties composantes d'un trape- 
tum ou machine à écraser des olives. Il 
était fait d'orme ou de hêtre et percé an 
centre pour glisser sur un large pivot de 



fer (columella ferrea) , qui faisait saillie 
au haut du cvlindre de pierre (miliarium) 
de cette machine. Il servait à un double 
usage : il formait ini billot pour recevoir 
les extrémités des essieux , qui y sont in- 
troduites dans la gravure, et sur lesquelles 
les roues {orhes) étaient sus|)en(lues : en 
même temps il leur |)ermettait de se mou- 
voir circulairement autour de la cuve à 



écraser (mortarium), en tournant autour 
du pivot qui passait par son centre du 
haut du c)lindre droit en pierre sur le- 
t[uel il était placé. En coiisétpience, il 
était revêtu de plaques de métal qui le 
défendaient contre le frottement (Cato, 
R. R. 21). Le spécimen ci-joint est res- 
tauré d'après les débris d'un trapetum 
découvert à l'ancienne Stabia; le l)ois en 
a péri, mais les pla<(ues de fer étaient en- 
core entières, ainsi que les portions des 
deux essieux qui y étaient introduites. 
La figure toutefois explique suflisamment 
le sens du uom et pourquoi on l'appelait 
ainsi; car le mot, dans son sens littéral, 
signifie la poignée d' une rame (Diodor. 
Sic. III, 3, et Agatli. cité par Wesseling 
ad l.), à laquelle la cupa d'un trapetum, 
comme on le voit par la gravure, ré- 
pond assez bien. La |)lace qu'elle occu- 
pait dans la machine et la manière dont 
elle fonctionnait se comprendront mieux 
si on se reporte à la gravure du mot 
Trapetum, où elle est marquée 5. 

CUPEDIA on CUPEDL^i. Friandises 
pour la table (Festus s. v.; Plaut. Stich. 
V, 4, 32.) 

CUPEDINARIUS et CUPEDIARTUS. 
Terme général comprenant tous les mar- 
chands de comestibles choisis, comme la 
volaille, le gibier, le poisson, etc. (Ta- 
rent. Eun. II, 2, 25; Lamprid. Elag. 
30). Le marché où ils avaient leurs bou- 
ti([ues s'appelait Forum cupedinis (Varro, 
L.L. V, 14G). 

CUPELLA. Diminutif de CCPA, 1 (Pal- 
lad. III, 25, 12; Apic. i, 2). 

CUPLLA. Diminutif de Cupa, 1 (Ulp. 
Dig. 33, G, 3) ; de CuPA, 2 (Cato, R. R. 
21). 

CURCUMA. Sorte de licou (\Vg. m, 
33, 1; voy. Ducang. Gloss. grasc. et lat. 

S.V.). 

CURIA. Salle commune ou place dans 
laquelle les corps, par exemple les curiie 
des citoyens romains, se réunissaient pour 
terminer leurs affaires ou acconqilir des 
devoirs religieux; dans la suite, ce mot 
s'appli([ua plus particulièrement à l'édi- 
tice dans lequel le sénat romain se réu- 
nissait pour délibérer. Il y en avait plu- 
sieurs de la sorte dans la ville, distingués 
par les noms de ceux qui les avaient dé- 



216 



diés, ainsi la curia Host'ilia, Julia, Pom- 
peia ; mais le sénat se rassemblait surtout 
dans la curia HostHia (Vari'O , L. L. y, 
155; VI, 4G; Benecke ad Cic. Cat. iv, 
1,2). 

CURIO. Prêtre d'un corps (curia) , 
nommé pour accomplir les cérémonies 
religieuses de sa corporation (Varro, L. L. 
V, 83). Chacune des trente curix romai- 
nes avait un curio qui agissait comme 
chef de sa corporalion ; mais, de ces cu- 
rions, un élait nommé entre tous, qui 
avait la direction su|.rcme avec le titre 
de Curio maximum (Paulus ap. Fest. i'. 
Maximus; Liv. xxvii , 8). 

2. Critur public (Mart. Epist. Preef. 
Il; Trchell, Gallien. 2). 

CUlilS. Mot sahin pour désigner une 
lance (0\id. F(7.v^ il , 4 m). Yo). Hasta. 

CUHHICL'LUM. Diminuiil de CuRRUS 
(Cic. Hur. Re.sp. 10; Suet. Cal. l'J; 
Ovid. Trist. IV, 8,30). 

2. Course, ou espace parcouru par 
chacjue char dans une couise à l'hippo- 
drome des Grecsou au circpie des Romains 
(Hor. 0</. I, 1, 3; Plaut. Trin. IV, 4, 

CURRUS. Char romain ou voiture à 
deux roues oii l'on entrait par derrière, 
mais qui était feimée sui' le de\ant et 
découverte. Elle était faite pour contenir 




deux personnes, le conducteur et une 
anti-e, toutes deux dehout, et elle était 
tirée par deux, trois ou quatre chevaux, 
et à l'ocrasion même par un plus grand 
nomhre (Cic. Ovid. Virg. , etc.). Notre 
spécimen est pris d'uu modèle, conservé 



maintenant au Vatican; il est en bois, 
mais couvert de plaques de bronze : quand 
on le trouva, il était brisé en plusieurs 
pièces qu'on a depuis rapportées et réu- 
nies. INous en avons donné une vue de 
face au mot Axis. 

2. (ïpixa). Char de guerre dont se ser- 
vaient les Grecs de l'époque héroïque : il 
était construit comme le dernier, mais 
plus léger; les côtés en étaient en treil- 




lage an lieu d'être des panneaux, comme 
le montrent de nombreux spécimens qu'on 
trouve sur des vases d'argile. C'est d'uu 
de ces vases, tiou\é à Sainte-Agathe, au- 
trefois Saticula, que nous avons pris la 
gravure ci-jointe. 

3. Ciirrus Tolucris (irTiQvàv SpfJia). 
Char avec des ailes attachées aux deux 
bouts de l'essieu, que l'imagination des 




poètes et des artistes ajoute aux chars 
de Jupiter et d'Apollon (Hor. Od. I, 34, 
8 ; V\ix\.o,Pheedr. p. 24G, E) : il est fré- 
quemment représenté sur des vases d'ar- 
gile, et nous avons tiré d'uu de ces vases 
la ligure ci-jointe. 

4. Currus Iriurnphalis. Char triom- 
phal qui portait le général romain dans 
sou triomphe. Il n'était pas ouvert par 
dejrière comme le currus ordinaire ; 



CUB80B. 



CtSPIS. 



217 



mais il était complètement cirmlaire et 
fermé tout autour Zonar. vi, 21), com- 
me le montre la gravure ci-jointe, prise 




d'une médaille de Vespasieu , et celle du 
mot CoRONA , 1 , où l'on voit les person- 
nes qu'il contenait. Ses panneaux étaient 
aussi décorés de sculplurcs en ivoire 
qui sont visibles dans notre spécimen : 
de là vient qu'il est appelé le char d'ivoi- 
re, currus eburneus (Pedo Albin. El. I, 
333). 

6. Charrue à roues , ou ce qui forme 
proprement la voiture dans une pareille 
charrue (Virg. Georg.i, 17 4). Vo)'. la 
gravure du mot Cultiîr, 7. 

6. Currus falcatus. Char de guerre 
muni de lames de fer tranchantes on de 
faux attachées à l'extrémité du timon et 
de l'essieu, dont se servaient surtout les 
nations étrangères. Plusieurs descriptions 
de ces voituies sont venues juscpi'à nous, 
mais ou ne les trouve repré,-.eiilées sur 
aucune œuvre d'art ; par consécpieut la 
manière précise dont l'arme offensive était 
attachée nous est inconnue (Liv. xxxvil, 
41; Cuit. IV, 9; Hirt. B. Alex. 75; Val. 
Flacc. VI, 105). 

CL'RSUR (ffxaôtE'j:, aTaôioSp&fjLo;). 
Coureur qui fournit une course dans le 
stade { Cic. r«.)c. ii, 23; Nepos , Mtlt. 
4). On croit que la figure de femme don- 
née au mot Stropiiilm, 1 , représente 
une jeune Spartiate piépaiée pour la 
course à pieil. 

2. Jockev de course ( Ovid. Pont, m, 
9, 2(j). Voy. Celés. 

3. Piéton ou messager particulier qui 
porte les lettres à pied ou à cheval 
(Mari, m, 100; Suel. Ncru, 49). Ou 
l'appelait plutôt Tabellarius. Voy. ce 
mot. 

4. Esclave employé par les hauts per- 
sonnages pour précéder à pied leurs voi- 



tures ; il ressemblait aux coureurs de 
l'Europe moderne ( Senec. Ep'ut. 12G; 
Mart. Ep. ni, 47, 14). 

CUHIILIS. Epithele appliquée en gé- 
néral à toute chose cpii se ra|)porle à un 
char [currus) ; ainsi equus curulis , che- 
val de trait (Festus, s. t.) ; trhtwphus 
curulis, triomphe régulier, par op|)osi- 
liou à l'ovation, parce que, dans le triom- 
phe , le généi'al entrait dans la ville sur 
un char; dans l'ovation , à pied ou à che- 
val (Suet. Âug. 22; Til>. 9); ludi cu- 
rules, les jeux du clique, où avaient lieu 
les courses de char (Minucius Félix, 37) ; 
sella curulis, chaise portative , que les 
magistrats de Rome faisaient transporter 
à leur suite; elle est décrite et figurée 
au mot Sella. 

CLSPIS (ilyar,). Pointe: mot employé 
en général pour toute chose qui se ter- 
mine en pointe, mais plus particulière- 
ment pour désigner la tête pointue d'une 
lance, d'un javelot ou d'uue javeline, 



quand elle était sans dents, par opposi- 
tion à spiculum, qui exprime une pointe 
barbelée (Virg. Aln.xw, 5lO;Sil. Ital. 
XIII, 1G7). La gravure ci-jointe représente 
deux tètes de javelots romains de la 
forme la plus usuelle , d'après des origi- 
naux. 

2. Pointe aiguë ou tète de lance , fixée 
au haut des enseignes romaines 
(Suet. Jul. G2 ) , que les poite- 
drapeau convertissaient eu arme 
offensive quand ils étaient sér- 
iés de près dans la mêlée. Ou la 
voit clairement dans la gi-avure 
ci-jointe, prise de la colonne 
Tiajane , où elle figure au-dessus 
de l'aigle. 

3. Pointe aiguë ou tète de lance fai- 
sant saillie en luiut du thyrsus 
^Catnll. G4, 257); ou la voit 
di.iliuctement dans la gravure, 
tirée d'une peinture de Pom- 
péi , où elle est repiésenlée 
au-dessus des feuilles (pii ter- 
minent ordinairement le bois : 
on comprend dès lors que la 
peiutuie devait rappeler la fa- 

13 




218 



CUSTODES. 



CTUNDRtJS. 



ble d'après laquelle Bacchus et ses com- 
pagnons , dans certaines circonstances , 
convertissaient leurs thyrses eu armes of- 
fensives en cachant une tête de lance dans 
les feuilles (Macrob. Sat.i, 19). 

4. Pointe d'une broche pour rôtir de 
la viande ; par extension , la broche elle- 
même, veru (Mart. Ep. Xiv, 221). 

5. E\trémité pointue du trident de 
Neptune, et , par extension, l'arme elle- 
même, fascina, tridens (Ovid. Met. XII, 
680). 

G. Tube eu poterie employé dans la 
culture des vignes, et appelé ainsi parce 
qu'il était tranchant et pointu à une de 
ses extrémités, pour pouvoir être en- 
foncé dans le sol (Varro, R. R. I, 8, 4). 

CUSTODES. Nom général donné à 
ceux auxquels était confié le soin ou la 
garde de certaines personnes ou de cer- 
taines choses. Il était employé dans uu 
sens plus spécial pour désigner les agents 
qui faisaient l'office de scrutateurs dans 
les comices. Leurs attributions consis- 
taient à recevoir les votes [tabellie) quand 
ils étaient tirés de l'urne du scrutin (cista) 
par les diriùi fores, et à pointer le résul- 
tat sur une tablette ; de là l'expression 
d'Horace, omi/e tulit puncturn, etc. (Gic. 
in Sénat. 7 ; Jgr. Il, 9 ; Varro, R. R. 
III, 5, 18). 

CYATHUS (xOaÔo;). Coupe munie 
d'une anse, qui servait aux Grecs de 
grande cuiller pour puiser dans 
un cratère (crater) et remplir 
les verres ( pocula, calices ) de 
chaque convive; adoptée dans 
la suite par les Romains égale- 
ment à cet effet. Dans l'ori- 
gine , le siwpulum était le seul vase 
dont on se servît pour cet usage, tant à 
table que dans un sacrifice ; mais, quand 
le luxe et la recherche se développèrent, 
ce dernier vase fut spécialement destiné 
à faire des libations aux dieux, et le cya- 
tlius ne ))arut plus que dans les banquets 
(Varro, L. L. v, 124). Notre spécimen 
est pris d'un original en poterie. 

2. Petite mesure pour les licpiides et 
les matières sèches , contenant le douziè- 
me d'un sexlarius ( Rhemn. Fann. de 
Pond, et Mens. 80; cf. Phu. XXI, 
34). 




CYB.-EA. Sorte de vaisseau pour les 
transports, ou navire marchand de gran- 
deur considérable (Gic. Verr.W, 4, 8; 
II, 5, n) ; on eu ignore le caractère dis- 
tinctif. 

GYBIARIUS. Marchand de poisson sa- 
lé (Arnob. Il, 70). 

GYBIOSAGTES (xu6io<râxTriç). Mar- 
chand de poisson salé; sobriquet donné 
à l'empereur Vespasieu (Suet. Fesp. 19) 
et à Ptolémée XIll (Strabon. xvii, 1, 
11). 

GYGLADATUS. Portant la cyclas, 
partie du vêtement des femmes. C'était 
une marque de mœurs fort efféminées 
quand elle était adoptée par des hom- 
mes , comme ce fut le cas quelquefois 
pour l'empereur Caligula ( Suet. Cal. 
52). 

CY'CLAS (xuxXâç). Partie du vêtement 
des femmes , consistant en une draperie 
longue et ample, d'un 
tissu tiès-fin, qu'on je- 
tait autour du corps 
comme le paUiuui , et 
qui était assez large pour 
envelopper, s'il le fal- 
lait, la figure entière. 
11 y avait tout autour 
des bords de ce vête- 
ment une bande de cou- 
leur pourpre ou une 
broderie d'or. C'est de 
ce trait particulier que 
vient , à ce que l'on 
croit, le nom de cyclas (Serv. ad Virg. 
JEneid. i, 182; Juv. vi, 259; Prop. 
IV, 7, 40; Lamprid. Jlex. Sev. 41). 
Tous ces détails sont parfaitement visi- 
bles dans la gravure ci-jointe, qui repré- 
sente Léda dans sa cjclas , d'après une 
peinture de Pompéi. 

CYLINDRUS ( y.ûXivSpoç). Rouleau 
pour égaliser et condenser le sol dans les 
travaux de l'agriculture et autres (Virg. 
Georg. I, 178; Vitruv-. x. G). La gra- 
vure donnée ici, d'après Fellow [P'oyage 
de l'Asie Mineure, p. 70), représente 
un rouleau fait du tronc d'un arbre et 
destiné à être tiré par un animal. Quand 
on l'emploie, il ne tourue pas sur lui- 
même ; il est siuqilemeut traîné sur 
le soi et pressé quelquefois par le poids 




CVMBmitf. 



219 



du coiuliicteur qui s'y tient lieljout. 
Comme la plupart des instrumeuts d'a- 
griculture L'uiployés aujourd'hui dans 
l'Orient conservent exactement le carac- 
tère de leiu's modèles anciens, il est pro- 




Ijable que des rouleaux de ce genre 
étaient quelquefois employés par les 
Grecs et les Romains : cependant les 
cylindres tournant sur eux-mêmes com- 
me les nôtres ne leur étaient certainement 
pas inconnus (Columell. XI, 3, 34). 

CYMATIUM (xufjâtiov). Moulure d'ar- 
chitecture employée dans les corniches, 
les frises et les architraves (Vitruv. m, 5, 

10-12); le contour en est plein et (— 

s'enfle au haut, puis s'affaisse au- ' 

dessous en un creux , sans faire d'angle, 
comme l'ondulation d'une vague (xùaa., 
cjma ) : c'est de cette ressemblance que 
lui vient son nom. On l'appelle en général 
cymaise, mais les architectes la nomment 
sima reversa pour la distinguer de la si' 
ma recta dont le contour est en creux au- 
dessus et plein au-dessous. Voy. SiMA. 

CYMBA (xOiior,). Petit bateau employé 
sur les rivières et par les pêcheurs ; il 
s'élevait aux deux extrémités de manière 
à former un creux au centre : de là vient 
qu'il est distingué par l'épithète adunca 




(Ovid. Met. I, 293) ou concava (Ovid. 
jim. III, G, 4). 11 était ordinairement di- 
rigé par uu seul rameur, comme dans no- 
tre spécimen , tiré d'une ancienne pein- 
ture romaine , ou par deux au plus : c'est 
le uom qui est donné paiticulièrement à 



la barque de Caron (Hor. Od. Il, 3, 28 ; 
Virg. ALn. vi, 303). 

CYMBALISTA (y.u[jLgaXi(j-criç). Homme 
qui joue des cymbales {cymbala) de la 
manière qui est représentée dans la gra- 
vure suivante (Apul. de Deo Socrat. p. 
685). 

CYMBALTSTRIA ( v.xi^èol[axçii. ). 
Femme qui joue des cymbales, comme on 





le voit par la gravure, prise d'une pein- 
ture de Pompéi(Petr. Sat. 22 ; Inscript. 
ap. Grut. 318, 12). 

CYMBALUM (y.O(j.ga)>ov). Cymbale : 
instrument de musique , composé- de 
deux demi-globes creux (Serv. ad Virg. 
Georg. IV, G4; Lucret. Il, 619), en mé- 
tal de cloche , avec un 
anneau au sommet qui 
permettait de les tenir 
entre les doigts et de les 
frapper l'un contre l'au- 
tre avec les deux mains, 
ainsi que le montre la 
figure ci-jointe. Les cymbales servaient 
particulièrement aux adorateurs de Cy- 
hèle (Virg. /. c. ) et à ceux de Bacchus 
(Liv. XXXIX, 8 et 10) ; et, comme on ne 
les emploie que par paire , ainsi qu'on le 
voit dans notre spécimen, pris d'une 
peinture de Pompéi , le mot se met en 
général au pluriel. 

CY.MBIUM (x.jjAoîov). Vase à boire mu- 
ni de deux anses (Apul. Met. xi, p. 239) J 
il était appelé ainsi d'une certaine res- 
semblance qu'avaient ses contours avec 
la barque nommée cymba (Festus, s. -v.; 
Macrob. Satunt. v, 21), comme le mon- 
tre le spécimen ci-joint, tiré d'un original 



220 



CY>OCEPHALCS. 



DABDANABIUS. 



en bronze trouvé à Pompéi. On s'en ser- 




vait qiielqiiefois pour mettiedu lait (Virg. 
JEn. III, GC), et ou le faisait de métaux 
précieux (Virg. JEn. v, 26") aussi bien 
que de poterie f.Mart. Ep. viii, 6). 

CY>OCEPHALUS ( xuvoxsça),o; ). 
Espèce de singe dont la tète ressemblait à 
celle d'un cbieu [Simia luuus, L. ). Il 
était gardé comme animal consacré dans 
les temj)lesd'lsis, et on le trouve fréquem- 
ment représenté sur les sculj)tures et les 
peintures égyptiennes (Cic.ac/^^/. VI, 1; 
Plin. //. iV.viu, 80). 

2. ^ télé de chien ; épithèle donnée au 
dieu égyptien Auubis, qui est représenté 
avec nue tète de chien (TerluU. Apol. G ; 
Miuucius Félix, Octav. 22). 



D 



DACTYLIOTHECA(3axTyX'.o6r,xr,).En 
géuéial, colleclion de pierres précieuses, 
que les anciens, comme nous, avaient 1 ha- 
bitude de recueillir et de garder dans des 
armoires, à cause de leur pri\ et de leur 
beauté ^Pliu. h. A. xxxvii, 5). 

2. Ecriu pour des bagues; on les v 
déposait quand on ne s'en servait pas ou 
quand ou les otait de ses doigts pour la 
nuit ( Mart. Ep. XI, 59 ; xiv, 123). La 
gravnre représente une 
boite en iyoire de cette 
espèce, d'après un modèle 
trouvé à Pompéi, ayec un 
petit bâton droit au haut 
du couveicle pour y ei:fi- 
1er les jjagues , de la même façon qu'on 
le voit faire aujonrd hui sur la table de 
toilelle d'uue dame. 

DADLCHL'S (ôaôoOyo:). Proprement, 
terme grec qui siguilie un purtc-flani- 
beau ; on s'eu sert spécialement pour dé- 
signer celui qui, au ciutjuieme jour de-. 
mNsleies d'Eleusis, conduisait les initiés, 
avec nue torche à la main , au temple de 
Cérès à Eleusis, eu mémoire des jours 
où elle erra avec uue torche allumée pour 




chercher sa fille Proserpine ( Front, ad 
Verum Imp. ep. 1 ; luscript. ap. Fa- 
bretli, j). 076, n'' 29). 

D^EMON (ôa![j.uv . Mot grec, signi- 
fiant un bon génie , qui, à ce qu'on sup- 
posait , veillait sur chaque individu pen- 
dant sa vie; il était traduit par les mots 
latins Lar et Gemus; voy. ces mots 
(Aj)ul. de Deo Sacral, p. 67 4 ; Cic. Uni- 
vers. 11). 

2. Chez les écrivains ecclésiastiques de 
l'ère chrétienne ce mot désigne toujours 
un malin esprit ou diable ( Lactaut. II, 
14; Tertull. Jpo/.2'2). 

D.EMOMUM (ôaïud'tov). Diminutif de 
D.tMO>'; comme ce mot, il est employé 
par les écrivains païens pour signifier un 
bon génie , et par les écrivains chrétiens 
pour désigner un malin esprit (Cic. Div. 
i, 24; Tertull. ^pol. 21). 

DALMATICATL'S. Portantlarobe^a/- 
mate, qui était une longue l)louse faite de 
la laiue ijlanche de Dalmatie. Elle allait 
jusqu'aux pieJs, était 
décorée de baudes 
de pourpre qui des- 
ceudaieul sur le de- 
vant , et avait deux 
manches fort lon- 
gues et fort amples 
qui couvraient tout 
le bras jusqu'aux 
poignets. Elle n'était 
pas portée par les 
Homains des pre- 
miers temps, et ja- 
mais l'usage n'en fut 
géuéral ; elle fut 
toujours regardée comme la marque de 
mœuis singulières ou efféminées, même 
assez tard sous l'empire, ju.-qu'au mo- 
ment oii elle hit adoptée par le clergé 
caiholique romain sous les premiers |)a- 
pes (Isidor. Orig. xix, 22, 9 ; Laïuprid. 
Comniud. 8; Ueliog. 20; et Alcuiu, de 
Diiinis officiis). La gravnre, (pii corres- 
j oiid exactement à la description ci-des- 
sus , donnée d'ajtres Origeue , est prise 
d'une des miniatures du Vii gile du Vati- 
can , qui furent exécutées, à ce qu'on 
suppose , sous Seplime Sévère. 

DAliDA>AKlLS. Revendeur ou acca- 
pareur qui achète et amasse toute espèce 




DëCEMREMIS. 



221 




de denrées brutes et travaillées, à l'effet 
d'élever le prix sur le marché en reiulaul 
ces produits rares ( Ulp. Dig. 47, 11, 
6; Paul. Dig. 48, 10, 37). 

DAlilUS on DARICUS (ôao£ix6:). 
Monnaie d'or de Perse (Ansou. Ep'ist. v, 
23 ) qui portait l'image 
d'un homme à genoux , 
avec un arc et des flèches. 
Ellecontenait 123,7grains 
d'or pur, et par con- 
séf[uent écpiivalail à 27 fr. 
25 c. de noire monnaie 
(Hussey, Jncient If'eights , etc., VII, 3). 
Notre spécimen est tiré d'un original du 
Musée Britannique, de cette grandeur; 
mais le revers est tout à fait inintelli- 
gible. Les monnaies d'argent , qui por- 
tent la même figure d'un archer age- 
nouillé, et auxquelles les numismates mo- 
dernes donnent le même nom , n'étaient 
pas cependant appelées doriques dans 
l'antiquité. 

DATATIM LUDERE. Phrase qui ex- 
prime le jeu de halle de l'espèce la plus 
sim[)le : les joueurs se tenaient respecti- 
vement à certaine distance, et se ren- 
voyaient la balle ( Plant. Cuve, il, 3 , 
15). 

DATOR. Au jeu de balle, la personne 
ou l'esclave qui fournissait les balles, ra 
massait celles qui tombaient par terre et 
les rapportait aux joueurs 'Plant. Cure. 
II, 3, 18; cf. Petr. Sat. 27). 

DEALBATUS (xoviaxo). Couvert d'un 
revêtement de ciment blanc ou de stuc 
{opus albariurn), dont les anciens se ser- 
vaient beaucoup, tant à l'intérieur qu'à 
l'extérieur de leurs édifices, comme d'un 
ornement utile qui cachait la pierre Innite 




ou le briquetage ( Cic. Ferr. il, 1, 55; 



ad Fam. vil, 29). La gravure représente 
une partie d'une des |)ortes de la ville à 
Pompéi , couverte de ciment par places 
et montrant le l)ri(pu'tage là où le rexète- 
meul est tomlié. Toute la ville était en- 
duite de cette manière d'un ciment gros- 
sier, peint souvent de couleurs brillantes, 
comme le rouge, le bleu et le jaune. 

DEASCIAÏÛS. Coupé ou taillé avec 
une herminelte , ascia (Prudent. Péri 
Stcp/i. 10,381; Inscript, w/^. Murât. 
1203. !)). Voy.AsciA, Ascio. 

DECANUS. Officier subalterne dans 
l'armée romaine, qui commandait à dix 
soldats logés avec lui dans la même tente 
(eontu/ier/iium); (\e là vient qu'il est ap- 
pelé caput eontubernii, (Veg. Mil. il, 8 
et 13). 

DECASTYLOS rSeyàatu^oc). Monu- 
ment qui a un portique siqiporté par luic 
rangée de dix colonnes (Vitruv. m, 1). 

DECEMJUGIS, sous-entendu currus. 
Char tiré par dix chevaux, attelés tous 
de front et non pas attachés , ainsi que 
nous le pratiquons, 
comme chevaux de 
volée et chevaux de 
brancard. On dit 
que Néron conduisit 
un char à dix che- , 
vaux aux jeux Ohm- 
piques (Suet. Nero,^ 
24). Trajan avait le même nombre de 
chevaux attachés à son char de triom- 
phe, comme on le voit dans la gravure , 
prise d'une médaille de cet empereur. 
• DECEMPEDA. Baguette de dix pieds 
emplo}ée par les architectes elles ai'pen- 
teurs pour prendre leurs mesures ( Cic. 
Md. 27; Hor. Od. il, 15, 14). 

DECEMPEDATOR. Jrpeuteur qui 
prend ses mesures avec la decempeda 
(Cic. Phil. XIII, 18). 

DECEMREMIS (ôey.ripYic) Vaisseau qui 
a dix rangs de rames (ordiues) d'un coté 
(Plin. H. N. VII. 57). La manière de dis- 
poser les rames ou de compter les rangs 
dans des vaisseaux si considérables est 
encore enveloppée de beaucoup d'obscu- 
rité. Voy. l'article Hexirkmis : nous y ex- 
posons une méthode possible; si on Tad- 
met , il suffira d'ajouter quatre ouvertu- 
res à rames à chaque rangée entre l'a- 




222 



DECEHVIRI. 



vnnt et l'arrière pour avoir une decem- 
remis. 

DECEMVIRI. Membres d'une commis- 
sion composée de dix personnes et nom- 
mée pour un ol)jet particulier, comme 
ceux qui suivent : 

1. Legibus scribendls. Dix commis- 
saires nommés, peu après l'expulsion des 
rois, à la place des consuls, à l'effet de 
préparer pour la répulilique un code de 
lois (Liv. III, 32 sqq.). 

2. Sacroriim ou sacris faciitridis. Corps 
de commissaires, dans l'origine au nom- 
bre de dix, porté danshisuiteà quinze par 
Sylla ; ils étaient nommés à vie pour pren- 
dre soin des livres siljyllins et les exami- 
ner quand il était nécessaire (Liv. x, S ; 
XXV, 12). 

3. Lilibiis judicandis. Dix commissai- 
res, dont cinq étaient sénateurs et cinq 
chevaliers, qui faisaient l'office de juges 
dans les différends entre particuliers, à 
la place du prsetor urbanus , quand sts 
attributions militaires le forçaient à quit- 
ter la ville (Cic. Or. 4G ; Suet. Aug. 30). 

^. jégris dividendis. Dix commissaires 
nommés pour diriger le partage des terres 
et leur distribution au peuple (Cic. 
Agrar. 2 passim ; Liv. xxxi, 4). 

DECEKIS (ÔEXTif/i;). Même sens que 
Decemremis (Suet. Cal. 37); mais la 
leçon n'est pas certaine. 

DECIMAMS ou DECUMANUS. En- 
trepreneur qui achetait du gouvernement 
la ferme et la perception des dîmes pu- 
bliques, sorte de taxe territoriale, con- 
sistant dans la dixième partie du produit; 
qu'on levait sur les sujets de tous les 
pays qui étaient devenus propriété de 
l'État, soit par soumission volontaire, 
soit par conquête ( Ascon. in Verr. 1,2, 
6; Cic. /^. 11, 3, 8 et 33). 

2. Ager decumanus. Terre soumise à 
l'impôt de la dime, comme nous venons 
de l'expliquer (Cic. J'en. Il, 3, 6). 

3. Frumentum dccumanum. Dime du 
blé ; c'est-à-dire dixième du produit 
donné comme la taxe ci-dessus (Cic. 
Verr. il, 3, 5 et 81 ). 

4. Miles decumanus. Soldat de la 
dixième légion (Hirt. B. Afr. 16; Tac. 
Hist. V, 20). 

5. Porta decuniana. Principale porte 



d'entrée d'un camp romain et la plus 
éloignée du front de l'armée ennemie; 
elle est marcpiée A sur le plan au mot 
Castra (Veg. Mil. i, 23). 

DECURIO. Chef de dix hommes dans 
un corps de cavalerie ; il y en avait trois 
pour chaque turnia ou troupe de trente 
hommes. Celui qui était nommé le pre- 
mier avait le rang d'ancienneté et le 
commandement de toute la troupe (Fes- 
tus, s. -v.; Varro, L. L. v, 91 ; Yeget. 
Mil. Il, 14). 

2. Sénateur dans une des villes mu- 
nicipales ou des colonies , qui , par le 
rang qu'il tenait et les fonctions qu'il 
remplissait dans la ville, répondait aux 
sénateurs de Rome (Cic. Sejct. 4; Ma- 
uut. ad Cic. Fam. vi, 18). 

3. Sous l'empire, officier attaché au 
palais impérial , et qui ressemblait assez 
à un grand chambellan ; il était nommé 
decurio cubiculariorum (Suet. Dom. 17). 

DECURSIO et DECURSUS. Revue mi- 
litaire, dans laquelle les soldats exécu- 
taient toutes les manœuvres d'un combat 
simulé, pour s'exercer et se former à la 
discipline (Suet. Nero , 7; Liv. xxill, 
35; XXVI, 31; XL, G; Tac. Ann. ii , 
55). On doiuiait encore ce nom à un 
spectacle étalé aux funérailles d'un gé- 
néral , quand un corps de troupes faisait 
des .évolutions autour du bûcher (Virg. 
Mn. XI, 188; Tac. Aitn. ii, 55). La 
granu'e est prise du revers d'une mé- 




daille de Néron, qui porte au-dessous 
Decursio. Sans doute il ne faut pas la 
prendre comme une image parfaite de 
ces scènes , mais seulement comme une 
manière convenue de représenter ce su- 
jet dans un petit cadre. Une des tables 
qui couvraient primitivement la base 
de la colonne de Marc-.\urèle donne de 



PECCSSIS. 



223 



ce spectacle une repiésenlation plus 
complète; mais les corps nombreux d'in- 
fanterie et de cavalerie qu'on y a intro- 
duits ne pourraient être resserrés dans les 
limites d'un dessin qui convînt à notre 
ouvraf^e. 

DECUSSIS. Pièce de monnaie de la 
valeur de dix as, qui était marquée de la 
lettre X (Varro, £. L. y, 170; Stat. 
Sy/v. IV, 9, 9). 
^ DEDOLATUS. Voy. Dolatds. 

DEFRUTUM (é^n\>.(x, fftpaiov). Vin 
nouveau réduit par la cuisson à la moitié 
de sa quantité première (Plin. N. A^. 
XIV, 11), pour accroître sa force; il était 
employé par les anciens vignerons pour 
donner du corps au vin faible. (Columell. 
XII, 37.) 

DELATOR ((lYivuxriç). Espion ou dé- 
lateur public, qui vivait de dénonciations 
et d'accusations intentées à ses conci- 
toyens (Tac. Ann.w, 30; Suet. Nero, 
10). 

DELPHI CA, sous-entendu wpw.ç^. Table 
de marbre ou de bronze 
faite à l'imitation d'un 
trépied , dont on se ser- 
vait comme de table à 
boire et qui était une 
pièce considérable du 
mobilier de luxe dans 
la maison des citoyens 
opulents ( Cic. Verr. 
II, 4, 59; Mart. Ep. 
XII, C6). Le spécimen ci-joint est pris 
d'un modèle en marl)re blanc. 

DELPHIN et DELPHINUS. Dauphin. 
Delphinoriim columnx (Juv. VI, 589), les 
colonnes des dau- 
phins. C'étaient des 
colonnes élevées dans 
le Cirque sur la spina 
(y. CiRCUS) ; elles sup- 
portaient un certain 
nombre de dauphins 
de marbre dans une 
position assez élevée 
pour être vus faci- 
lement par le con- 
cours des spectateurs. ~ 
Ils servaient à faire connaître le nomI)re 
de tours qui avaient été faits autour des 
bornes dans chaque course. Sept tours 





autour de la spina constituaient une 
course ; en conséquence , un de ces dau- 
phins était placé à une des extrémités 
du champ de course après chaque tour, 
et un œuf {pva curriculorum) à l'autre 
extrémité, pour qu'il ne put y avoir ni 
méprise ni dispute. Le dauphin était 
choisi en l'honneur de Neptune, l'œuf 
en riionneur de Castor et de PoUux. La 
gravure est prise d'un bas-relief de tom- 
beau qui représente un champ de course. 

DELUBRUM. Partie d'un temple {fem~ 
pliim), dans laquelle était élevé l'autel on 
la statue d'une divinité, et par extension 
tout temple qui contient l'autel ou l'i- 
mage d'un dieu (Cic. N. D. III, 48; 
Jrch. Il; Virg. JEn. IV, 56). 

DEMARCHUS (ori|j.ap)co;). Fonction- 
naire grec (Plant. Cure, il, 3, 7), qui 
avait beaucoup d'analogie avec les tril)uns 
du peuple chez les Romains, ])articuliè- 
rcment par le pouvoir dont il était investi 
de convoquer les assemblées du peuple 
(ôriiJ.o;) et de recueillir les votes sur tou- 
tes les questions soumises à rasseml)lée; 
de là vient que ce mot est employé par 
les Grecs pour traduire le trihunus plebis 
des Latins (Plut. Cor. 7). 

DENARIUS. Principale monnaie d'ar- 
gent des Romains , qui dans l'origine 
équivalait à dix as, portés ensuite à seize. 




quand le poids de l'as fut réduit ; il va- 
lait à peu près 85 centimes de notre mon- 
naie. Le denier portait différentes effi- 
gies : la tète de Jupiter, celle des frères 
jumeaux Castor et Pollux , celle de la 
déesse Roma , avec un casque , et , sur le 
revers, un char à deux ou quatre che- 
vaux, comme dans le spécimen ci-joint, 
pris d'un original de cette grandeur. 

2. Denarius aureus. Monnaie d'or du 
même nom, valant vingl-cinq denarii 
d'argent (Plin. H. N. XXXIII, 13). On 



224 



DEI«S. 



ne se servait pas beaucoup de cette pièce ; 




m 



nous en avons donné nneici, dans son état 
actuel; elle a élé frappée sous Auguste. 
DEISS (ôôo'J;). Dent ; par extension ce 
mot est appliqué à divers autres objets 
qui ressenildent aux dénis, soit pour la 
forme, soit pour la manière dont on les 
emploie; à savoir : 

1. Patte d'une ancre (Virg. ^n. VI, 
3), généralement représentée dans les 
œuvres de l'art antit(ue com- 
me un crochet simple sans 
dents (voy. la gravure du 
mot Ancora). Des pattes à 
dents, comme celles dont on 
se sert ortlinairement aujour- 
d'hui, furent aussi adoptées \k^)\..<^ 
par les anciens , ainsi cpie — 
le prouve le spécimen ci-joint, pris du 
type d'une monnaie im| ériale romaine. 

2. Dent d'une lance de chasse (Grat. 
Cyneg. 108), ainsi cpi'on le voit dans la 
tête de lance reproduite par la 
gravure ci-jointe, d'après un des 
bas-reliefs qui représentent les 
chasses de Trajan et cpii sont main- 
tenant pla< es ilans l'arc de Cons- 
tantin. Les lances de guerre, tant 
des Grecs «pie des homains, a- 
vaient d'haliitnde une tète en losange ou 
en forme de feuille sans dents (voy. Cu- 
SPIS). 

3. Dent ou fourche d'un instrument 
d'agricidtnre appelé l'igo; c'était une 
sorte de lioue avec une lame recourbée 

'— ^-■■finnrTT Il |.,-.p....— .-J^in 




et entaillée au rentre, de manière à pré- 
senter deux fourchons ; de là fracti dvite 
ligonis (Columell. X, 88). Notre spéci- 
men est pris d'une pierre gravée. 



4. Soc d' une charrue , quand il était 
formé, selon la manière la plus simple ou 
primitive, d'une bi'anche d'arbre cour- 
Ijée naturellement ou par art en forme 
de croc, comme dans le spécimeu ci-joint, 




pris d'un bronze étrusque découvert à 
Arezzo. Un soc de ce genre devait dé- 
chirer on mordre le sol , comme le dit 
Varron (i. L. v, 135, dens , quod eo 
mordetur terra), plutôt que le fendre 
comme le soc régidier (vomrr), dont il 
est encore distingué par l'épilhèle de 
uncus (Virg. Georg. ii , 40G) ; la gravure 
ci-jointe eu explique bien la force et le 
sens. 

6. Dent d'un râteau, d'ime herse, ou 
d'autres instruments d'agriculture, tels 




que Vhirpex, Yocca, le rastrum, etc.; 
comme le montre notre spécimen , trouvé 
dans les catacombes de Home (Lucan. 
vu, 859; Varro,Z,. L. v, 13G; Festus, 
V. Irpices). 

6. Dent d'une scie (Plin. H. N. XVI, 
83; Ovid. Met. viii, 246, perpetuos 



dentés). La gravure représente une pe- 
tite scie à main dont se sert Dédale dans 
un bas-relief de marbre. 

7. Dent d'un peigne (Tibull. 1,9, C8; 
Gland. Nupt. Honor. et Mar. 102). Un 
peigne à petites dents, comme celui que 
nous donnons, d'après un original en 



DENTALE. 



DEMICCLDS. 



225 



buis trouvé dans une tombe romaine. 




était apjiclé iLiis densus (Tihiill. /. c). 

8. Dent de la clef à trois fourchons 

qu'on suppose être la clavis Laconica 



(Tibull. I, 2; 18). Nous en donnons un 
spécimen d'après un modèle égyptien. 

9. Crochet d'iuie agrafe (Sidou. Carm. 
II, 397); voj. FiBULA, 2. 

10. Dents d'une roue dans une ma- 
chine appelée tjmpanum deutatum (Vi- 
truv. X, 6). 

11. Dens curviis Saturni. Expression 
poétique désignant une serpette (Yirg. 
Georg. II, 40(5). Voy. Falx. 

DEiNTALE {Hmilx). Pièce de bots du 
soc, dans une charrue, à laquelle le soc 
(vomer) était fixé (Columell. Il, 2, 24). 
Dans la figure ci-jointe, d'après une 




pierre gravée, le dentale est chaussé 
d'une tête de fer qu'on voit ombrée. Com- 
parez Aratrum, 2, qui montre tme 
charrue d'une construction plus parfaite 
dans laquelle le dentale est marqué par 
la lettre b. 

2. Dentale duplici dorso (\'irg. Georg. 
1, 172). Pièce de bois du soc à dos double, 




c'est-à-dire qui s'ouvre par derrière et 
se sépare en deux parties, mais par-devant 



se réunit en une pointe à laquelle est fixé 
le soc. On voit ces détails dans la gravure 
ci-jointe, qui représente une charrue 
encore employée généralement parla po- 
pulation agricole du golfe de Tarente. 

DENTAHPAGA (ôôovxày^a). Davier, 
instrument de dentiste pour arracher les 
(lents. Celait une espèce de forceps que 
Varron désigne par l'épithete hipensilis; 
mais on ne connaît pas la forme précise 
de cet instrument (Varro.o/?. Non. s. v.). 

DENTATUS. Yoy. Tvmpanum , Pedi- 
CA , Charta. 

DENTICULATUS, Muni de petites 
dents on de petits fourchons ; adjectif 
s'appliquant à des objets produits par 
l'art et la nature, de différentes façons, 
((ue nous avons expliquées et montrées à 
l'article Dens. 

2. Faix denticulata (Columell. II, 21, 
3). Yoy. Falx, 3. 

DENTICULUS. Denticule en architec- 
ture (Vitruv. IV, 2, 5; m, 5, 11). Les 
(lenticules sont tui certain nombre de pe- 
tits blocs carrés, séparés par des interval- 
les , qu'on emploie dans l'entahlenient de 
l'architecture à colonnes. Ils appartien- 
nent proprement aux ordres ionique et 
corinthien; et leur place véritable est 
sous le filet de la corniche, comme dans 
la gravure ci-joiute , prise du temple de 




Bacchus , à Téos ; car ils sont destinés à 
lepréseuter extérieurement les tètes des 
chevrons (asseres) dans la charpente 
d'un toit. Dans quelques édifices des Ro- 
mains et dans plusieurs des modernes , 
ils sont |)lacés sous les modillons (mutuli) ; 
mais cela était contraire à l'habitude des 
Grecs : car leur sens et leur destination 
13. 



DE>TIDrCrM. 



sont par là délniits ; pour la même raison, 
les architectes grecs ne les plaçaient ja- 
mais sur les côtés en biais d'un fronton , 
comme le firent les Romains , parce que 
les extrémités des chevrons ne font pas 
saillie au-devant d'un édifice, mais seule- 
ment de côté. De plus, les Romains les 
introduisirent dans leur ordre dorique 
(Vitruv. 1 , 2 , 6) ; on peut voir de quelle 
manière, dans la gravure du mot Triglt- 
PHUS, qui représente un entablement 
appartenant au théâtre de Marcellus , à 
Rome. 

DENTlDUCUil. Instrument de den- 
tiste pour extraire les dents (Cael. Aur. 
Tard. II, 4). 

DENTIFRICIUM(èSovT6(T[i,riY(Aa,oôov- 
T6Tpi[j.!J.a). Poudre à dents, pour net- 
toyer et blanchir les dents (Plin. H. i\'. 
XXIX, 2; XXXII, 21 ; xxviii, 49). 

DENTISCALPIOI ( ôoovxôy).^?'.; ). 
Cure-dent. Les cure-dents de première 
qualité étaient faits de5 tiges des feuilles 
du lentisque (lentiscus) ; ceux de qualité 
inférieure, déplumes (Mart. xiv, 22; 
m, 82 ; VI, 74 ; vu, 63). 

DEPONTAM. Citoyens romains qui 
avaient passé l'âge de soixante ans, et qui 
dès lors n'avaieut plus le droit de voter 
aux élections et dans les assemblées pu- 
bliques ; ils étaient ainsi appelés parce 
qu'en réalité ils étaieut exclus du pont 
(pons suffragiorum ) que le votant tra- 
versait en entrant dans l'enceinte (se- 
ptum) pour jeter son vote dans l'urne 
/Festus s ^' ") . 

DERÛNCINATUS. Poli avec la runci- 
na , c'est-à-dire aplani. 

DESCORINATLS. Râpé avec la ico- 
hina. 

DESIGN ATOR. Personne employée 
au théâtre à peu près au même titre que 
nos ouvreuses pour montrer aux specta- 
teurs leurs places et les y conduire 
(Plaut. Pœn. Prol. 19). Chaque siège 
était numéroté; l'espace assigné à cha- 
cun était marqué par une ligne {linea) ti- 
rée de chaque côté , et le billet d'entrée 
(testera tlieatra/is) spécifiait le numéro 
du siège que le porteur devait occuper. 
Ce siège lui était montré par le designa- 
tur, au moment où il entrait dans le 
théâtre. 1 



2. Entrepreneur, qui faisait toutes 
les dispositions pour des funérailles et 
qui dirigeait le cortège, accompagné de 
licteurs vêtus en noir (H or. Ep. I, 7,6; 
Donat. rtf/Ter. Adelph. I, 2, 7; Senec. 
de Benef. VI, 38). 

3. Sorte de président aux jeux du 
cirque, qui faisait les dispositions pour 
chaque course et distribuait les prix (Ulp. 
Dig. 3, 2, 4). Le designator Décimus, 
dont parle Cicéron (ad Jtt. iv, 3, 2) 
comme d'un acolyte de Clodius, était 
peut-être un homme de cette classe. 

DESULTOR (usTaêâTr,:, âixsiuKo:). 
Qui faisait des tours d'équitatiou dans le 




cirque sur des chevaux dressés à cet 
effet, comme on en voit dans nos hip- 
podromes et comme l'indique la figure 
ci-jointe, prise d'un bas-relief du musée 
de \érone. Il dirigeait quelquefois qua- 
tre chevaux (Agostini, Gemme, 193); 




mais le chiffre le plus ordinaire était de 
deux (Liv. XXIII, 29), qu'il montait sans 
freins ni selle , comme on le voit dans la 
gra\ ure ci-jointe , prise d'une lampe eu 
terre cuite. 11 tirait le nom de desultor 
de l'habitude qu'il avait de sauter d'un 



DKStJLTORIUS. 



237 



cheval à l'autre, au nionient où ils 
étaient lancés à toute vitesse (Isiclor. 
O/7V. xviii, 39; cf. Prop. iv, 2, 36). 
Il portail sur la tète le ijonnet ai)i)elé 
pi/eus (Hygin. Fab. 81), cpie l'on voit 
dans les deux gravures, et il courait fré- 
quemment dans le cirque à coté des chars 
(voy. la gravure au mot Spina). Quel([ue- 
fois les desullorcs seuls donnaient une 
représentation (Liv. xliv, 9). 

DESULTORIUS. Sous-entendu equiis. 
Cheval dressé pour les tours du desiiltor 
(Suet. CcTS. 39), comme le montrent les 
deux gravures précédentes. 

2. Même sens que Desultob (Cic. 
Mur. 21). 

DEUNX. Onze itncix, ou onze douziè- 
mes de quoi que soit : comme la on- 
zième partie d'un as, somme purement 
nominale ou monnaie de com})te , qui 
n'était pas représentée par une pièce de 
monnaie (\^irro, L. L. V, 172; Rhemn. 
Fann. de Poitd. 45). 

DEVERSORIUM. Nom général pour 
tout endroit où nu voyageur d'e.vcpwt/n//, 
et recevait pour un temps la tahle et le 
logement , que ce fût une auberge publi- 
que {tahenia nieritoria) ou une maison 
particulière (Cic. Phil. Il, 41 ; Y'etr. Sat. 
15; Cic. ad Fam.Ml, 23). 

DEXTAAS. Dix iincix, ou dix douziè- 
mes de quoi que ce soit, comme la dixiè- 
me partie d'un as; ce n'était qu'une 
somme nominale qui n'était pas repré- 
sentée par une pièce de monnaie (Yarro, 
Z. X. V, 172; Suet. Nero, 32). 

DEXTRALE. Bracelet porté sur la 
partie charnue du bras droit , comme 




peinture de Ponipéi (Cyprian. de IJah'iln 
Virg'in.). 

DEXTROCHERlllM. Bracelet porté au 
poignet du bras droit, comme dans la 




dans la gravure ci-jointe, prise d'une 



figure ci-jointe, qui représente, à ce qu'on 
suppose , une dame de Pompéi , d'après 
une peinture de cette ville (Capitolin. 
Maxim. G; Maxim. Jun. 1). 

DIABATIIRARIllS. Qui fait des chaus- 
sures appelées diahatlna (Plant. Aid . lll, 
5, 39). 

DIÂBATHRUM (SiaêàOpov). Espèce 
particulière de pantoufle ou de sandale 
[solea] d'origine grecque (Festus s. v.); 
tout ce qu'on en sait, c'est que c'était 
surtout une chaussure de femme (Eus- 
tath. ad Hom Od. v, 9). Quand elle est 
attribuée à des hommes , comme le fait 
Nœvius {ap. Varr. L. L. vil , 53) , c'est 
seulement par moquerie et pour désigner 
une mise efféminée. On peut induire de 
là que Pollux se méprend quand il eu 
fait une chaussure commune aux deux 
sexes {Onomast, vil, 90). 

DIACHYTON. Espèce particulière de 
vin, produite en faisant sécher les grappes 
au soleil plusieurs jours avant de les 
presser (Plin. H. N.\l\, 11). 

DIADEMA (ôt(x5ri[J.a). Diadème; dans 
son sens primitif, 
ce mot signifie le 
bandeau blanc et 
bleu porté par les 
monarques d'Asie 
autour de la tiare 
(Xen. Cyr. viii, 3, 
13), comme on le 
voit dans la figure 
au mot CiDARis; 
mais, dans la suite, 
le diadème fut un large bandeau blanc 
(Yal. Max. vi, 2, 7), attaché autour 




-€ 



228 



DIADCMATUS. 



de la tête et noué par denière ; il avait 
été adopté par plusieurs nations comme 
emlilème de la souveraineté (Jiiv. xill, 
105), ainsi qne le montre la fignre 
ci-jointe, qni représente, d'après luie 
pierre gravée, Plolémée, frère de Cléo- 
pàlre. Ainsi, dans les œnvres d'art, le 
diadème indiqnait la royauté, comme la 
couronne de nos jours. 

DIADEMATUS. Personnage portant le 
diadème, comme on le voit dans la gra- 
vnre précédente (Plin. H. N. xxxiv, 19, 
§ H). 

DL-ETA (Çîa'.xa). Nom donné à une 
division particulière des maisons ancien- 
nes , dont on ne connaît pas exactement 
la nature. Ce que l'on sait toutefois , c'est 
qne celle partie de la maison se composait 
de plusieurs chambres attenant l'une à 
l'autre, et qu'elle contenait la suite des 
salles à manger et des chambres à coucher 
(Plin. Epist. II, 17, 12 et 20; VI, 21; 
VII, 5, 1). 

2. (T/.T)vr,). Cabine ou tente, élevée 
sur le pont à l'arrière d'un vaisseau, 
comme dans la gravure ci-jointe , prise 




du Virgile du Vatican. Elle était desti- 
née à celui qui commandait en chef, ou 
au maître du navire dans un bâtiment 
marchand (Petr. Sat. 115). 

DIAMICTON (oià ii.ty.Twv). Terme em- 
ployé par les constructeurs romains pour 
désigner une manière particulière d'élever 
des murailles; elle ressenil)lail sous beau- 
coup de rapports à X'emplecton , mais elle 
était d'un genre inférieur. En effet, quoi- 
que les surfaces extérieures fussent for- 
mées de maçonnerie régulière ou de Ini- 
quetage , et le centre rempli de moellons , 



elles n'avaient pas de parpaings {(iiatoni) 
pour consolider la masse et eu lier les 
parties (Plin. H. N. xxxvi, 51). La 




gravure ci-jointe représente une muraille 
construite en diamlcton, d'après une 
ruine romaine. 

DIAPASMA (^ivTraTjjLa). Poudre fme , 
faite de fleurs séchées, d'herbes odorifé- 
rantes ou de baies; on en frottait le corps 
comme d'un parfum (Plin. H. N. XIII, 
2; XXI, 19;Mart. Ep. i, 88). 

DIARIUM. Provisions pour >m jour 
qui étaient pesées aux esclaves (Hor. Ep. 
I, 16, 40; Petr. Sat. 75). Par exten- 
sion, ce mot désignait ce qu'on donnait 
tous les jours au soldat ou sa paie (Cic. 
ad Att. VIII, 14). 

DIASTYLOS (Siâ(TTu),o;). Espace de 
trois diamètres entre colonne et colonne, 
c'est-à-dire l'entie-colonnement le plus 
vaste qui fût en même temps capable de 
poiter une architrave de pierre ou de 
marbre ; car l'ordre tos- 
can, qui admettait quatre 
diamètres , voulait une ar- 
chitrave de bois (Vitriiv. 
III, 2). La figure ci-jointe 
montre la largeur relative 
des cinq espèces d'entre- 
rolonnements; le diastyle est l'avant-der- 
nier. 

DIATOIST (StaTovot). Parpaings , em- 
ployés dans la construction des murs du 



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genre appelé emplecton. C'étaient d'é- 



DIATRETA. 



diogmit.ï;. 



229 




normes pierres qui avaient la même lar- 
geur que la muraille; elles ressemblaient 
à celles qu'on voit marquées F dans la 
gravure ci-jointe , et jiar conséquent s'é- 
tendaient d'une des faces à l'autre, étant 
placées en assises à intervalles réguliers, 
pour consolider la construction et eu lier 
les parties. 

DIATRETA ( ôtâxpr.Ta). Vases ou 
coupes à boire de cristal taillé on de pier- 
res précieuses , travaillées au tour de telle 
sorte que les des- 
sins qu'elles por- 
taient non-seule- 
ment étaient en re- 
lief, mais complè- 
tement détachés du 
corps, et formaient 
une broderie à jour, 
comme un réseau 
(Mart. Epigram. Xll, 70; Ulp. Dig. 
9, 2, 27). Ces détails sont très-visibles 
dans la figure ci-jointe, tirée d'une coupe 
à boire en cristal trouvée à Novare, en 
1726. Les lettres du haut qui forment 
rinscrii)lion Bibe.vivas MULTOS aivnos, 
et la broderie enlière qui est an-dessous, 
sont taillées dans le cristal et font partie 
de la même substance que la coupe, 
quoique tout à fait à y'owr,- ou a laissé en 
effet, aux intervalles convenables, de pe- 
tites chevilles qui unissent les lettres et 
la broderie au corps de la coupe. 

DIATHIBA (ôtaTpiêYi ). Endroit où ont 
lieu les discussions savantes, comme une 
école ou tnie salle de cours (Aul. Gell. 
XVII, 20,21; xvill, 13,2). 

DIAZOMA (oià!;a)(Aa). Mot grec latinisé 
(Vitruv. V, 6, 7) : le vrai terme latin est 
Pr.ecinctio ; voy. ce mot. 

DICHALCON (oix-x^J^ov). Petite mon- 
naie de cuivre de la Grèce, qui valait le 
quart ou le cinquième d'une obole (Vi- 
truv. III, 1; Plin. H. N. xxi, 109). 

DICHOTUS (Sixpoxo: ). Mot grec dési- 
gnant un navire qui a deux rangs de ra- 
mes d'un côté , les Romains se servaient 
de BiRBMis : voy. ce mot. 

DIDHACHMA et DIDRACHMUM (Sî- 
^py.yjj.0-^). Double drachme, monnaie 
d'argent des Grecs (Tertull. Pra'scr. 1 1). 
Comme la drackma, il y en avait deux : 
l'altique , dont les spécimens sont fort ra- 



res , valant à peu près 2 francs de notre 
monnaie; et l'éginète, la pièce la plus 
large des deux, et assez commune, qui va- 
lait environ 2 fr. 00 c. Nous en repré- 
sentons une dans sa grandeur actuelle , 





d'après ini modèle du Musée Britannique. 

DIGITALE (ôa)4TuXrif)pa). Partie du 
vêlement qui couvrait la main et les 
doigts, comme notre ^'<7/// (\arro, R. R. 
I, 55, 1 ; Xen. Cyr. vill, 8, 17). Le spé- 
cimen ci-joint est tiré de la co- 
lonne Trajane, où il est porté 
par un Sarmate. Toutefois la 
leçon du passage de Varron 
est regardée comme peu sûre, 
et quelques éditions donnent 
(Hgitahtiliim, dont on fait un instrument 
à fotirchons comme la main humaine, 
fixé à un long manche et employé pour 
ramasser le fruit. 

DILORIS. Mot hybride, signifiant litté- 
ralement nutii'i de deux courroies, mais 
par lequel on désigne les deux bandes de 
pourpre ou de pourpre et d'or, appelées 
parngaudœ, dont on se servait à une 
époque postérieure pour parer un vête- 
ment , comme du clarus, ainsi qu'on 
l'explique et qu'on le fait voir au mot 
ParAGAUDA (Vopisc. Aurel. 40). 

DIMACHyE (6i|j.àyai). Espèce de trou- 
pes chez les Macédoniens , qui faisaient 
l'office de cavaliers et de fantassins, comme 
nos dragons : on les exerçait en effet à 
descendie de cheval et à combalti-e avec 
l'infanterie, quand l'occasion l'exigeait 
(Curt.V, 13). 

D1MACH.4ÎRI (Siixayaipot). Classe de 
gladiateurs qui , à ce qu'on suppose , 
combattaient chacun avec deux épées ; 
mais ce n'est là qu'une induction tirée de 
leur nom (Inscript, ap. Murât. 613, 3; 
Orelli, Inscr. Lut. 2584). 

DIOGMIT.E. Corps de troupes armées 
à la légère , employé sous l'empire et 



230 




placé sur les fiontières, pour empêcher 
les incursions, poursuivre les voleurs, etc. 
(Ammian. xxvii, 9,6; Capitol. ^w/o«. 
21). 

DIOPTRA (SiÔTiTpa). Instrument de 
géométrie employé pour mesurer la hau- 
teur d'objets éloignés , pour prendre les 
niveaux d'une source d'eau qu'on voulait 
amener à une certaine distance par le 
moyen d'un acpieduc, et pour autres ob- 
jets semblables (Vitruv. viii, 5, 1). 

DIOTA (ôiwTY)). Mot grec, signifiant 
littéralement à deux oreilles; par ex- 
tension , ce mot est employé en grec et en 
latin comme terme général pour tout vase 
qui avait deux anses, comme 
Yamphora, la lagena, etc.; 
surtout pour ceux qui é- 
taieut destinés à garder le 
vin mis en réserve (Hor. 
Od. I, 9, 8). C'est à cet 
usage que servait le modèle 
figuré ici ; car il est porté 
par un faune qui se tient aux ordres de 
Bacclius, sur un vase d'argile du musée 
de Naples. ' 

DIPLINTHIUS. De l'épaisseur de 
deux liriques (^'itruv. II, 8). 

DIPLOIS (SmXok ôînXaH). Manteau 
mis en deux , c'est-à-dire pallium ou au- 
tre vêtement de des- 
sus (am ictus), qu'on 
mettait en deux quand 
on voulait s'en ser- 
vir, comme font les 
femmes de leurs châ- 
les; car il était trop 
large pour qu'on pût 
bien le porter simple. 
Il faisait partie du cos- 
tume des Grecs (Isi- 
dor. Or/o. xix, 24, 
11). Les philosophes 
cyniques affectaient 
de s'en revêtir ( Hor. 
Ep.l, 17, 25; Acron. ad /.), et il est 
très-clairement représenté dans la figure 
ci-jointe de Junon , d'après un vase d'ar- 
gile , ainsi que dans la statue de Minerve 
au Vatican ( 3Ius. Pio-Clein. m, 37). 

DIPLOMA ( ôti:),M[jia). Sorte de passe- 
port, composé de deux feuilles (de là vint 
son nom) qu'on remettait à un messager 




ou à une autre personne vovageant pour 
des affaires de l'État, afin qu'elle pût ob- 
tenir facilement sur son chemin tout ce 
qui lui était nécessaire, sans retard et 
sans obstacle (Cic. odFam. vi, 12 ; Plin. 
Ep. X, 31 ; Capitolin. Pertin. 1 ). 

2. Diplôme ou pièce rédigée par un 
des premiers magistrats , qui conférait 
quelque privilège particulier à la person- 
ne qui la recevait (Suet. Nero, 12). 

DIPLOMARIUS. Courrier public ou 
messager d' Etat ; c'est-à-dire, qui est mu- 
ni d'un passe-port public , diploma (In- 
script. «/7. Orelli, 2917). 

DIPTEROS (Siuxapo;). Littéralement, 
qui a deux ailes. Par extension , ce mol 



était employé par les architectes pour 
désigner un temple ou un autre édifice 
entouré d'un double rang de colonnes 
(Vitruv. m, 2). 

DIPTYCHA (SÎTtxuxa). Tablettes qui 
se ferment , consistant en deux feuilles 
réunies par un cordon ou par des char- 
nières se fermant comme les couvertures 
d'un livre ou comme un trictrac moderne 
(Schol. Vet. ad Juv. ix, 
36). L'extérieur présentait 
une surface unie en bois; 
l'intérieur avait tout autour 
des bords élevés entre les- 
quels une couche de cire 
était étendue. On s'en ser- 
^ait pour écrire avec une 
pointe d'acier (sfylus), tan- 
dis que les bords empêchaient la cire et 
les lettres de se détériorer par le contact. 

2. DiptYchaconsularia, prsetoria, œdi- 
litia. Tablettes de forme semblable, 
mais contenant les noms et les portraits 
de consuls , de préteurs, d'édiles et d'au- 
tres magistrats , qu'ils offraient à leurs 
amis et qu'ils distribuaient parmi le peu- 
ple , le jour où ils prenaient possession 
de leurs charges respectives (Symmach. 
{Ep. II, 80; V, 54; Cod. Theodos. 15, 
9, 1). Plusieurs diptyques de ce genre, en 




DIRIBITORES. 



PISCOBOLUS. 



231 



bois et en ivoire sont conservés dans les 
cabinets d'antiquités; ils ont été gravés 
par Maffei , Mus. Verojiens,, et par Do- 
nati , Ditticiaitticlii ; mais les détails en 
sont trop compliqués et trop délicats 
pour trouver place ici. 

DIRIBITORES. Agentsauxquels étaient 
confiées les urnes du scrutin dans les co- 
mices de Rome. Leur fonction consistait 
à séparer les votes des différentes tribus 
à la clôture du scrutin et à les passer alors 
aux scrutateurs {custodes; voy. ce mot), 
qui marquaient les différents nombres et 
proclamaient le résultat (Cic. in Sénat. 
11; Pis. 15). 

DIRIBITORIOI. Pièce ou édifice cons- 
truit dans l'origine, à ce qu'on suppose, 
pour que les diribitores y fissent le dé- 
part des votes aux comices ; mais dans la 
suite la même place ou une place sem- 
blable fut assignée pour l'usage des agents 
qui devaient examiner l'état des troupes, 
distribuer la solde et assigner aux con- 
scrits leurs corps respectifs (Suet. Claud. 
18; Plin. H. i\^ xvi, 7(i, 2). 

DISCERMCULLM. Épingle employée 
par les femmes pour séparer également 
leur chevelure sur le devant de la tète 
(Lucil. ffy». Non. s. a'.;Varro, L. L. V, 
129). 

DISCINCTUS (â!;a)aTo:). Qui n'est pas 
ceint; c'est-à-dire, qui porte sa tunique 
sans ceintnre autour des reins, comme le 
montre la figure ci-jointe, 
prise d'une peinture de 
Pompéi. Comme ce n'é- 
tait pas l'usage chez les 
anciens , excepté quand 
on voulait se mettre à 
l'aise dans sa maison 
(Hor. Sat. n, 1, 73), 
le mot implique une hâ- 
te, un déshabillé forcé 
(Id. Sat. I, 2, 132), ou 
une négligence naturelle, 
que Ion considérait comme une mar- 
que de mœurs relâchées (Pedo Albin. Ed. 
Il, 21, 26, où il est question de Mécène, 
qui avait cette habitude de porter ainsi 
une tunique sans ceinture). 

2. Pour les femmes.le sens est le même; 
lafigure'ci-jointe, tirée d'une pierre gra- 
vée, représente une femme sans ceinture 



(recincta, so/uta).Ce mot emportait en- 





core plus l'idée d'inconvenance lorsqu'il 
s'appliquait à un sexe chez lequel , en 
Grèce et en Italie , une telle liberté de 
costume intliquait des mœurs relâchées ; 
les danseuses et les chanteuses sont en 
général ainsi représentées dans les pein- 
tures de Pompéi. 

3. Discinctus miles. Pour les soldats, 
ce mot signifie qui n'a pas le ceinturon 
(Italteus, cinctorium ) : les généraux ro- 
mains l'ôtaient quelquefois aux soldats 
qui s'étaient mal conduits, comme on re- 
tire aujourd'hui son drapeau à un régi- 
ment pour la même cause. Ce n'était pas 
seulement une marque d'infamie, maisune 
peine réelle pour le soldat, qui était ainsi 
forcé de porter son épée nue , étant privé 
du ceinturon et du fourreau qui y était 
attaché (Liv. xxvii, 13). 

DISCOBOLUS (o'.(7x6goXr);). Qui jette 
le discus; la manière dont on le lançait 
se voit dans la gravure ci-jointe, prise de 




la célèbre statue deMvron (Quint. Il, 13, 
10; Plin. H. N. xxxiv, 19, § 3), dont 



232 



DISCCBIXUS. 



on possède une copie au Musée Britan- 
nique. L'attitude tout à fait remarquable 
de cette figure est caractérisée par Qiiin- 
tilieu comme « pénible et contournée ", 
distortum et elahoratitm : mais il faut 
entendre ces mots par rapport à la 
pratique ordinaire des artistes grecs, 
qui ne représentaient guère leurs figures 
faisant une action violente, comme cela 
arrive à chaque instant dans la réalité; 
Quintilien n'a pas voulu dire que la figure 
eu question ne représente pas la posture 
réelle prise par chaque discchole au mo- 
ment de lancer son disque. Un passage 
de Stace {Titeb. VI, G4G-721), où est dé- 
crite une lutte entre deux discoboles, énu- 
mère un à un tous les mouvements et 
tontes les poses particulières qu'on re- 
marque dans cette statue. Le discobole 
examine d'abord son discus pour recon- 
naître quel coté offrira à ses doigis la 
prise la plus sûre, quel autre posera le 
mieux sur son bras : Qiiod lotus in di- 
gilos , médise quod certiiis ulrne CoriTe- 
niat; puis il lève le bras droit chargé du 
disque : Erigit assuetum destrse gesta- 
men et alte Sustentât ; il abaisse et plie 
ses deux genoux , et brandit le disque au- 
dessus du niveau général de son corps : 
Humiaue Pressas ut roque genu, col- 
lecta sanguine discum Ipse super sese 
rotat ; il lance la masse en brandissant 
son bras qu'il abaisse, et lui donne une 
douille force par la résistance en sens 
contraire qui vient de ce que le corps 
courbé se relève au moment où le bras 
descend : Altenx lubrica massse Pon- 
déra vix, toto curratus corpore , juxta 
Dejicit. Ce passage, en mettant eu lu- 
mière le sens et l'intention des différen- 
tes attitudes de la figure ci-dessus, expli- 
que aussi clairement la manière dont ou 
lançait le discus. 

ï DISCUBITUS, DISCLIIBO. Ces mots 
indiquent l'action de prendre place et de 
s'incliner sur un lit à un repas, comme 
elle est décrite au mot AccuBO; mais, 
quand on emploie ce mot dans son sens 
exact, on fait allusion à la compagnie 
entière, c'esl-à-dire à un certain nombre 
de personnes inclinées ensemble sur des 
lits différents (Val. Max. Il, 1 , 9; Cic. ad 
Att. V, 1 ; cf. Virg. JEn. I, 708), ainsi que 



le montre la gravure au mot Tricli- 

MUM, 1. 

DISCUS (oîffxo:). Plaque circulaire de 
pierre ou de métal , d'environ un pied de 
diamètre, qu'on lançait à une certaine 
distance , comme notre palet , pour exer- 
cer la force et l'adresse ( Hor. Od. \, 8, 
11; Prop. III, 14, 10). Le disque lui- 
même et la manière de le lancer sont 
montrés et c.xplic[ués par la gravure pré- 
cédente et parle texte qui l'accompagne. 

2. Tout vase circulaire et peu profond 
pour contenir des mets ; c'est de là que 
vient le mot anglais disk, plat (Apul. 
Met. II, p. 30). 

3. Cadran solaire, plat et circulaire, 
jilacé horizontalement sur son support 




(Vitruv. IX, S). La gravure est tirée d'un 
modèle publié par Martini, ^on den Son- 
nenukren der Alten (des Cadrans solai- 
res des anciens). 

DISPENSATOR. Un des esclaves d'une 
maison romaine, à la ville et à la cam- 
pagne : il avait dans la première de ces 
résidences les fonctions de secrétaire et 
de comptable; dans la dernière, celles 
d'intendant (Cic. a^^/^ XI,l;Suet. Galb. 
12;Macroi). Sat. il, 4; Pompon. Dig. 
50, IG, IGO). 

DISPLUVIATUS. Voy. Atrium, 4. 

DIVERSORIUM. Voy'. Deversoricm. 

DIVIDICULUM. Tour dans un aque- 
duc, contenant un large réservoir, d'où 
l'eau était distribuée par des conduits 
différents à travers la ville. C'était une 
ancienne expression , qui fut abandonnée 
dans la suite pour le nom plus imposant 
de cnstellum (Festus, j. v. Voy. Castel- 
LUM, 3, où nous donnons une gravure). 

DODRA. Potage ou boisson composée 



\ 



233 



de neuf ingrédients différents : eau, vin, 
bouillon, huile, sel, pain, lierl)es, miel et 
poivre (Anson. Eyi^r. 8(i et 87). 

DODHANS. Les neuf douzièmes de 
qnoi que ce soit; puis, monnaie de ciii- 
>Te, contenant neuf u/icisc ou les trois 
quarts d'un as (N'arro, L. L. \, 172). 
Celle monnaie est excessivement rare, 
quoiqu'il en existe , dit-on , un spécimen 
dans une monnaie de la famille Cassia 
qui porte la lettre S et trois balles, pour 
représenter sa valeur. 

DOLABELLA. Velhe dolahra ou ins- 
trument fait sur le même modèle, dont 




on se servait pour la culture, surtout pour 
débarrasser la vigne du bois mort et dé- 
gager la terre autour des racines ( Colu- 
mell. IV, 24, 4 et 5). La gravure est prise 
d'iMi marhre de tombeau (Mazzocchi , dt^ 
yéscia, p. 179). La forme de l'instrument 
montre clairement que cet outil apparte- 
nait à la classe des dolahr^, comme on 
le verra en la comparant avec les gravu- 
res suivantes; tandis que la lame droite 
et tranchante au-dessus, pareille à celle 
d'une hache ou d'un ciseau , et la lame 
courbe au-dessous, pareille à celle d'une 
serpette, la rendaient propre aux em- 
plois différents que lui attribue Columelle 
dans les passages cités ci-dessus. 

DOLABRA (àHvr, ). Instrument em- 
ployé pour couper, tailler, casser et creu- 




ser. Les bûcherons (Quint. Curt. viii, 4), 
les cultivateurs (Columell. yirb. 10, 2; 
Pallad. 111,21, 2), s'en servaient, et on 
l'employait fort souvent à l'armée pour 
faire des palissades (Juv. vili, 248), ou 
forcer les min-s d'une fortification (Liv. 
XXI, 11); les soldats de la colonne Tra- 
jaue et de celle de Marc-Aurèle s'en sei- 
vent pour ces deux usages. 11 apparte- 
nait à la classe des instruments auxquels 



nousdonnonsle nomde hache (seciiris), et 
il est souvent confondu par les écrivains 
d'une époque postérieure avec l'hermi- 
nette (nscin) ; il a par rapport à ces deux 
outils des ressemblances et desdifféiences. 
En effet , il avait un long manche et une 
double tèle dont un coté était muni d'une 
lame effilée avec le tranchant parallèle, 
au lien d'être oblique, à la poignée, 
comme l'herminette, et l'autre armé d'un 
pic recouriié, à peu près comme une fau- 
cille; de là le nom de fa/.r i\ue lui doiuie 
Properce (iv, 2, 59). Notre spécimen est 
pris d'un tombeau trou\é à Atpiilée, et 
il est porté sur les épaules d'une figure 
au-dessous de laquelle est rinscri|)tion : 

DOLABRARIUS COLLEGII FaBUIM, quï nC 

permet de douter ni du nom ni de la na- 
ture de l'instrument. Comparez aussi la 
gravure au mot DoLATUS, où on le voit 
aux mains d'un honune qui l'emploie. 
2. Dolabra fossoria. Instrument em- 
ployé par les terrassiers et les mineurs; 
il avait un long manche comme le précé- 
dent et une tète du même genre, munie 



d'un côté d'une lame tranchante, paral- 
lèle à la poignée , et de l'autre , d'un pie 
régidier, comme le montre le spécimen 
ci-joint, pris d'une peinture des cala- 
combes de Rome, où il est entre les mains 
d'un terrassier (lsidor.0/7^'-. xviii,9, 1 1); 
comparez la gravure du mot FOSSOR, 1, 
où on le voit employé. 

3. Dolabra pontifîcalis. Hache em- 
ployée pour immoler le bétail dans un sa- 
crifice (Festus, T. Scena) et aussi par les 
bouchers (Paul. Dig. 33, 7, 18); elle était 
munie de deux lames, l'une large comme 




celle d'une hache, l'autre de dimensions 
plus petites et ressemblant au tranchant 
d'une dolabra ordinaire, comme le mon- 
tre le spécimen ci-joint, pris d'un bas-re- 



234 



DOLABRATUS. 



lief de la villa Borghèse, qui représente 
un sarrifice. 

DOLABRATUS. Taillé, fendu, façonné 
avec une dolahra (Caes. B. G. yil, 73}; 
voy. la gravure du mot DoLATUS. 

2. Fait comme une dolahra, ou muni 
de cet inslrument ; ainsi seciiris dolahrata 
(Pallad. I, 43), hache avec une dolahra 
au dos de la lame, comme on en voit une 
dans la gravure précédente. 

DOLATUS. Fendu , coupé , taillé et fa- 
çonné avec la dolahra; ce mot s'emploie 
en parlant d'olijets en hois (Cic. Acad. 
II, 31; Plin. H. N. XVI, 18). Le travail 
fait avec la dolahra est représenté dans 




la gravure ci-jointe, d'après la colonne Tra- 
iane; et, comme la manière de se servir 
de cet instrument consistait à donner des 
coups répétés, on emploie aussi le même 
mot dans le sens de battre vigoureuse- 
ment (Hor. 5flM, 5, 22). 

DOLIOLUM. Diminutif deD0LiCM(Liv. 
V, 40; Veg. Vet. vi, 13,3). 

DOLIUM. Vaisseau en poterie Ae large 
ouverture, rond, à ^entre plein (Varro, 
R. fi. III, 15, 2; Columell. xii, 6, 1; 
4, 5), d'une grande capacité, employé 
pour contenir en masse 
le vin nouveau, jusqu'à 
ce qu'il fût mis dans les 
amphone, ou, comme 
nous dirions, en bou- 
teilles (Seneca, Ep. 
36;Procul. Z)/^'^. 33,C, 
15). On y renfermait 
aussi des denrées d'une autre nature , 
à la fois sèches et liquides, comme 
huile, vinaigre, etc. (^'arro, fi. B. I, 
22, 4; Cato, fi. fi. 10, 4 et 11, 1 ). 
Les proportions du dolhim étaient assez 
considérables, comme le prouve ce fait 
que Diogène vivait dans un doliitm (Juv. 




Sat. XIV, 308). On le voit aussi par quel- 
ques modèles trouvés dans les fouilles 
d'Antium, qui ont 7 centimètres d'épais- 
seur, et portent une inscription fixant leur 
capacité à dix-huit amphores, qui équiva- 
lent à vingt et un et demi des barils ro- 
mains d'aujourd'hui. La gravure est prise 
d un bas-relief représentant le dolium de 
Diogène. Les mots haril et tonneau , par 
lesquels on traduit ordinairement (/o//«w?, 
donnent une idée inexacte de cet objet, 
qui était de terre cuite, mais pourtant 
d'une grandeur suffisante pour contenir un 
homme, comme les jarres à huile dont on 
se sert maintenant en Italie , et celles de 
l'histoire bien connue des Quarante Vo- 
leurs dans les Mille et une Nuits. 

2. Dolium demersum, deprcssum, de- 
fossuni. Dolium enfoncé en partie dans le 
saljle qui formait le plancher d'une cave 
(voy. la gravure au mot Cella,2). Cette 
méthode était considérée comme la meil- 
leure pour conserver le vin qui n'avait pas 
beaucoup de corps; mais, si le vin était de 
bonne qualité, les dolia qui le contenaient 
étaient seulement dressés sur le sol (Plin. 
H. N. XIV, 27; Columell. xii, 18, 5). 

DOLON ou DOLO (oôAwv ). Bâton long 
et fort, avec une petite pointe de fer ai- 
guë à l'extrémité (Virg. jEn. Vil, 664; 
Varro ap. Serv. ad /.). 

2. Canne dans laquelle un poignard 
est caché (Serv. ad Virg. JEneid. vil, 
664; Isidor. Orig. xvili, 9, 4; Suet. 
Claud. 15; Plut. T. Gracch. 10). Par 
extension, ce mot est appliqué à l'aiguil- 
lon d'une mouche (Phœdr.lll, 6, 3). 

3. Petite voile de misaine sur un vais- 
seau qui avait plus d'un mât ; elle était pla- 
cée à l'avant et attachée au mât de misaine 
(Isidor. Orig. XIX, 3, 3 ; Liv. xxxvi, 
44 ; Polyb. xvi, 1 5, 2), comme le montre 




clairement la gravure ci-jointe, prise d'un 



DOMUS. 



DOMUS. 



235 



l)as-iTlief Je la villa Borghèse. Si le vais- 
seau avait trois mâts, et par conséquent 
trois voiles , le dolon était la plus petite 
des trois (Pollux , I, 91). 

DOMUS. Maison particulière, occupée 
par un seid propriétaire et sa famille , 
par opposition à Yinsula, qui était eou- 
struite pour recevoir un certain nomlue 
de familles différentes auxquelles on la 
louait eu chambres, en étages ou en ap- 
partements. 

Les maisons romaines étaient bâties 
d'ordinaire sur un plan invariable : les 
différences ne consistaient que dans la 
grandeur, le nombre et la distribution 
des appartements, en proportion de la 
fortune du possesseur, ou en raison de la 
nature particulière de l'emplacement. 
Ces maisons étaient divisées en deux par- 
ties principales : V atrium ou cavœdium , 
entouré de ses dépendances ; et le peri- 
stvHum, au delà duquel étaient ses dépen- 
dances qui étaient rattachées au reste par 
une pièce intermédiaire , le tahlinum , et 
aussi par un ou deux corridors , fauces, 
ou quelquefois par l'tui et l'autre. Ces dif- 
férents appartements constituaient dans le 
plan le noyau de l'édifice, et on les trouve 
constamment dans toute maison romaine 
de quelque importance ; leur situation 
respective était toujours la même, et ils 
étaient construits suivant un modèle reçu 
dont on ne déviait jamais sur aucun point 
important , comme le prouve la gravure 



JLJ 



PU 
T 



', c 



[TlfT 



U.L 

: c : 



toim'iT] 



ci-jointe, qui représente le plan de trois 
petites maisons situées à côté l'une de 
l'autre dans une des rues de Rome, d'a- 
près la carte en marbre de cette ville, con- 
servée maintenant au Capitole , mais exé- 
cutée sous Septime Sévère. A A A est le 



prot/iyrum , ou entrée qui ouvre sur la 
rue ; b b B,Vatrium ou cavxdium ; C C C, le 
peristylium; D D D, le tahlinum ou pièce 
de passage qui réunit les deux divisions 
principales de l'édifice. Quant aux auties 
pièces, qui ne sont pas marquées par des 
lettres de renvoi, celles à côté des portes 
qui font face à la rue étaient des bouti- 
(pies ; celles de l'intérieur étaient des 
salles à manger, des pièces pour passer la 
journée, des chambres à coucher à l'usage 
de la famille. 

La gravure suivante représente le plan 
d'une maison de Pompéi, qui était aussi 
à beaucoup d'égards une insula , car elle 
était entourée de tous côtés par des rues 
et par quelques dépendances extérieures , 
avec des étages supérieurs qui n'avaient 
pas de communication avecla partie prin- 
cipale de l'édifice. Nous la plaçons ici 
pour donner une idée du plan général 
des maisons de la classe supérieure occu- 
pées par des particuliers qui se trouvaient 
dans l'aisance , et de la disposition et du 
nom!)re de leurs parties ; car les palais de 
la haute noblesse , de l'aristocratie de ri- 
chesse ou de naissance , étaient beaucoup 
plus considérables, et se composaient d'une 
plus grande variété de pièces, suivant la 
fortune et le goût de leurs possesseurs. On 
en trouvera, sous chacun des noms qui les 
distinguent , une description séparée ; on 
trouvera pareillement le détail des parties 
ici mentionnées, et les uns et les autres 
sont énumérés dans l'index par ordre de 
matières. La maison dont nous donnons 
le plan est connue sous le nom de maison 
de Pansa, et on suppose qu'elle fut occupée 
par un édile de Pompéi, parce que les mots 
Painsam .ED. sont peints en lettres rouges 
près de l'entrée principale. A. Ostium et 
prothyrum , le vestibule entre la porte de 
la rue et Y atrium, avec un pavé en mo- 
saïque , sur lequel on voit le mot haijituel 
de ceux qui saluent, salve, formé par 
une mar([ueterie de pierres de couleur. 
B. U atrium , du genre appelé toscan, 
au centre duquel est Vimpluvium (a) 
pour recevoir l'eau qui est amenée des 
toits, avec un piédestal ou autel (A) des 
dieux domestiques, dont la place habi- 
tuelle était près de Vimpluvium. L'atrium 
est une fois et demie aussi long qu'il est 



230 



large, et c'est ce cpie veut Vitruve. 
c c. Les alm ou ailes de l'atrium, qui sont 




exactement les deux septièmes de la lon- 
gueur de l'atrium, ainsi que Vitruve l'exige. 
ccc ce. Cinq petits cnh'icula ou chambi es 
pour la réception des hôtes ou pour l'u- 
sage de la famille. D. Le tahlinum, pavé 
en mosaïque, ouvrant sur le péristyle, de 
telle sorte qu'une persoinie qui entrait 
dans la maison par la porte piincipale A 
avait vue sur l'étendue entière de 1 édi- 
fice, l'atrium et le péristjlium, et dé- 



couvrait au delà Vœcus et le jardin ; ce 
devait être une perspective fort belle et 
fort imposante. On pouvait cependant , 
quand on en avait besoin, feimer le tahli- 
num avec des rideaux ou des paravents pro- 
visoires. E. Corridor de communication 
entre l'atrium et le péristylium , h. l'usage 
des domestiques, pour ol)vier à l'incon- 
vnient de faire du tablinum une cham- 
bre de passage. Dans beaucoup de cas il 
y avait deux corridors de ce genre, un 
de chaque côté du tabliinmi : de là vient 
qu'ils sont désignés par le pluriel fonces, 
d. Chambre dont on ignore l'usage, mais 
([ni peut avoir servi on de salle à manger 
(tricliniiim) , ou de galerie de peinture 
{puir.cotlieca),o\\ de chambre de réception 
])our les vi>ileurs. Elle termine la pre- 
mière partie de la maison, qui comprend 
l'atrium et ses dépendances. F F. Le pe- 
ristyliiim, qui forme la partie principale 
de la seconde division ou division inté- 
rieure de la maison. Il a ini toit supporté 
par des coloinies qui forment quatre cor- 
ridors , avec un espace ou\ert au centre , 
contenant un bassin d'eau (pi^cina) sem- 
lilable à Vimplin'ium de l'alrium, mais 
de dimensions plus grandes. G G. yllse du 
péristyle, e e e e. Quatre cithiciila; on se 
servait des trois qui sont sur la gauche du 
périsij le comme de chambres de résidence; 
l'autre, à côté du passage E , semble avoir 
été ilestinée au portier de la maison (o.«- 
tiar'iui) ou à l'esclave à (pii était remis le 
soin de l'atrium (atricrisi.s) : en effet , elle 
communiquait directement et immédiate- 
ment avec les deux divisions de la mai- 
son, et de là on pouvait avoir l'œil sur 
l'entrée de la rue latérale m. H. Le //•/- 
cUnium ou salle à manger : la chambre 
(pii y touche [f) et qui communique avec 
elle et avec le péristyle, était probable- 
ment pour les esclaves et les domestiques 
qui servaient à table, i. OEciis, qui est 
élevé par deux degrés au-dessus du péri- 
st\le, et qui a une large fenêtre ouvrant 
sur le jardin situé derrière , aussi bien 
qu'un passage {g) de côté , comme la faux 
de l'atrium, pour donner accès dans le 
jardin sans traverser la grande chambre. 
K. CuVuia, la cuisine, qui ouvre d'un 
côté sur une autre chambre ou arriére- 
cuisine {II), munie de murs bas sur les- 



DOHCS. 



237 



qiiels on déposait les jarres à huile , les 
ustensiles de cuisine, elc., et de l'aulre 
sur une cour (/) touchant a une des rues 
latérales qui courenl le long de l'édifice 
et sur laquelle elle a une porte de der- 
rière (f). L L. Galerie couverte {porticiis 
ou cr-)pta), élevée le long d'un des côtés 
du jardin (ji), dans un coin duquel est une 
citerne (/) touiiiie par un réservoir situé 
à côté (/). Cela complète la doimts ou 
maison particulière occupée par Pansa. 
Elle avait quatre entrées distinctes : la 
principale sur le devant (a) , et tiois sur 
les cotés , dont deux pour la famille et les 
visiteurs (jn et //), et une porte de der- 
rière [postica) pour les domestiques el les 
marchands (o). 

Mais Vinsida entière contenait en ou- 
tre plusieurs appartements ou maisons 
plus petites, quelques-unes avec un étage 
au-dessus, cpii étaient louées à différents 
boutic[uiers.l 1 l.Troisbouticpies qui font 
face à la rue principale. 2. Boutique dans 
la même rue, qui communique aussi avec 
la donius, et qu'on siq)pose en consé- 
quence avoir été occupée par Pansa lui- 
même; c'est là que son intendant [d'u- 
pensalur) aurait vendu le produit de ses 
fermes , comme le vin , l'huile , etc., aux 
habitants de Pompéi , de la même façon 
que les nol)les de Florence détaillent au- 
jourd'hui le produit de leurs vignes dans 
une petite chambre au rez-de-chaussée de 
leur palais. 3 3. Deux établissements de 
boulangers , avec leurs fours (/)/') , des 
puits (ly) , un pétrin (') , et autres dépen- 
dances. 4 4. Encore deux bouticpies louées 
pour différents commerces. 5, (J, 7. Trois 
petites boutiques et maisons occupées par 
différents locataires. 

Le rez-de-chaussée ainsi décrit com- 
posait la partie principale d'une domus ro- 
maine ordiuaire ou maison particulière, 
et contenait les appartements occupés 
par le propriétaire et sa famille. Eu ef- 



'fet, l'étage du dessus était distribué en 
petites chambres {amnciila) cpii servaient 
de chambres à coucher, el qui étaient as- 
signées principalement aux domcsl iques de 
la maison. On ne peut admettre, en ef- 
fet, que les petites chambres du rez-de- 
chaussée qui ouvraient sur les portiques 
de l'atrium et du péri.st, le, les princi- 
paux appaitements du maître et de la 
maîtresse, aient jamais été donnés aux es- 
claves pour y passer la nuit; et l'étage 
siq/érieur était fré([uemment desservi par 
deux escaliers, l'un partant de l'intérieur 
de la maison et l'autre du dehors de la 
rue (Liv. xxxix, 1 4). Il j a de beaux éta- 
ges supérieurs dans plusieurs maisons de 
Pompéi et dans d'antres édifices anciens; 
mais on n'en a jamais découvert qu'un 
spécimen , qui n'existe plus : c'était dans 
une maison d'Herciilanum , qui avait été 
entièrement couverte d'un lit de lave 
par suite de l'éruption qui détruisit cette 
ville. Quand on fit les fouilles, on trouva 
la charpente, les poutres et les architra- 
ves prestpie réduites en charbon par l'ac- 
tion de la chaleur; les murs avaient été 
tellement endommagés par le tremi)le- 
ment de terre qui accompagna l'éruption 
de 79, qu'on fut obligé de jeter à bas tout 
l'étage supérieur; mais la perspective et 
le plan des chambres, donnés dans les 
deux gravures suivanles, furent pris avant 
la démolition, et par conséquent pré- 
sentent le seul spécimen authentique 
qu'on puisse actuellement trouver de cette 
partie d'une maison romaine. 11 n'y a 
rien de conjectural ni de restauré, ex- 
cepté les tuiles du toit et les rideaux en- 
tre les colonnes. A. Coupe de l'atrium. 
Les quatre colonnes qu'on voit sur le de- 
vant supportaient le toit B (marqué aussi 
sur le plan ci-dessous) , qui couvrait un 
des quatre corridors tloul la partie cen- 
trale et découverte de l'atrium était en- 
tourée. Les baguettes de fer et les an- 




238 



neaux pour suspendre les rideaux entre 
les colonnes, comme la gravure les mon- 
tre, furent trouvés dans la place qu'ils 
occupaient primitivement quand la fouille 
fut faite. Ces rideaux étaient destinés à 
protéger contre les rayons du soleil les 
corridors latéraux du compluvium ou es- 
pace découvert au centre, c C. Deux des 
corridors latéraux dont nous parlons, qui 
ont des portes à leurs extrémités les plus 
éloignées, ouvrant sur des appartements 
séparés , et qui sont fermés au-dessus paj- 
le plancher de l'étage supérieur. D. Cou- 
pe du péristyle. Les huit colonnes qu'on 
voit en avant enferment un des côtés 
d'une area découverte qui était disposée 
comme un jardin. EE.Deux des corridors 
latéraux qui eutourent trois côtés du pé- 
ristyle , ouvrant sur le jardin du côté qui 
en est le plus proche par leurs entre-co- 
lonnements, et fermés par derrière par le 
mur mitoyen situé entre eux et par les 
appartements adjacents. F F. Coupe de 
l'étage supérieur : le plan et la disposi- 




tion de ces appartements sont donnés dans 
la gravure ci-jointe, cotés depuis a 
jusqu'à m. Douze petites chambres {ca- 
nacula) construites sur les corridors de la 
cour qui est au-dessous , et recevant leur 
jour de fenêtres qui ont vue sur l'intérieur, 
ainsi que le montre notre perspective des 
six premières, ouvrent sur une terrasse 
(solarium) , G au-dessus du jardin; et en 
conséquence on peut conjecturer qu'elles 



servaient au propriétaire , à sa famille et 
à ses hôtes, n k r. Autre suite de petites 
chambres qui ont des fenêtres sur la rue, et 
qui servaient probajjlemeut de chambres à 
coucher pour les esclaves, skv. Chambres 
projjablement destinées aux femmes de 
î'étajjlissement , parce qu'elles forment 
une suite complète , communiquant entre 
elles, et sont séparées du reste. Les plan- 
chers de ces ch.'aul)res supérieures , ainsi 
que ceux des charubres du dessous, sont 
en mosaïque. L'étage du dessus ne s'é- 
tend que sur deux côtés du péristyle, 
comme le montre notre perspective; les 
deux autres n'ont aucune construction 
élevée au-dessus du toit qui couvrait le 
corridor du jardin. 

2. (olx.o;) Maison grecque. Les fouilles 
ne nous ont pas encore fait connaître le 
plan d'une maison grecque; par consé- 
quent toute tentative pour en détermi- 
ner et distribuer les parties ne peut se 
fonder que sur des passages épars dans di- 
vers auteurs , et doit être regardée comme 
conjecturale. 11 y avait cependant, sans 
aucun doute , des différences essentielles 
entre les demeures des Grecs et des Ro- 
mains, et, pour ce motif, nous allons 
donner un plan hypothétique sur l'auto- 
rité de Becker ; il servira du moins à ex- 
pliquer les termes que les Grecs em- 
ployaient pour désigner les différentes 
parties de leurs maisons , et à faire en- 
tendre en général d'après quel plan elles 
étaient habituellement construites, a. aû- 
/,cto; 6vpa. La porte de la maison ou en- 
trée principale sur la rue. />. ôup ojpîïov, 
6'jpà)v, ôiaôupa. Le vestibule ou passage 
d'entrée ; les pièces à droite et à gauche 
servaient en partie d'écuries et conte- 
naient une loge pour le portier et des 
chambres pour les esclaves, c. aO)f,. La 
cour et le péristjle, formant la première 
division de la maison, qui était destinée 
aux hommes, et qui, avec les différentes 
chambres distribuées à l'entour (num. 
1-9), constituait l'àvôpwvÏTt;. tf. (xït- 
a.'j>.o; ou (j.É<ja'j).o; ÔOpa. La porte du 
passage qui sépare les deux principales 
divisions de la maison : quand elle est 
fermée , il n'y a plus de communication 
entre elles, e. La cour et le péristyle, 
tormant la seconde pai'Ue ou partie inté- 



DOXARIUM- 



DOBMÎTORIUM. 



239 



rieure de la maison, qui était destinée 
aux femmes, et qui, avecles différentes 




dépendanfes ( num. 11-18) situées à 
l'entour, forme le YuvaixwvÏTiç. f. upo- 
(7T(x; ou 7iapa<Txâ;. Chambre au bout 
du péristyle, dont la maîtresse de la mai- 
son se servait probajjlement comme de 
chambre de réception ou pour se re- 
tirer, gg. 6âXa[j.oç et à{j.stÔâ)ia[j.o?. Les 
principales chambres à coucher, h h II. 
IffTwvE?. Pièces où les femmes travail- 
lent au métier. /. y.Yi7iaîa ôûpa. Porte du 
jardin ou porte de derrière. 

DOISAKIUM. Trésor d'un temple, c'est- 
à-dire, chambre dans laquelle étaientcon- 
servées les offrandes faites aux dieux 
(Serv. a^/ Virg. jEii. XII, 179; Lucau. 
IX, 516; Apul. Met.y>. 183). 

2. Offrande votive, ou présent fail 
aux dieux comme témoignage de grati- 
tude pour quelque faveur reçue, telle 
qu'une guérison ou la délivrance dans une 
calamité imminente (Aul. Gell. Il, 10; 
Aurel. Vict. Cœs. 36). Ces offrandes dif- 
féraient nalurellemeut pour la valeur et le 



caractère, suivant la fortune et le goût 
de celui qui les présentait : elles consis- 
taient eu armes prises à la guerre, en tré- 
pieds , en autels , en objets précieux de 
toute espèce donnés par des personnes 
riches ; mais les classes pauvres faisaient 
des offrandes plus humbles : c'étaient des 
tablettes qui portaient des inscriptions 
ou des représentations peintes de la divi- 
nité venue miraculeusement à leur aide , 
et qui ressemblaient à celles qu'on voit 
si fréquemment suspendues dans les églises 
catholiques ; ou encore des objets en terre 
cuite qu'on trouvait en vente à la bouti- 
que du modeleur, et qui représentaient 
seulement quelques parties du corps, 
comme un bras , une main , un œil , 
un pied, une jambe, etc., de sorte que 
chaque personne pouvait se borner à 
acheter la partie qu'elle croyait avoir 
été guérie par l'assistance divine. La gra- 



vure représente trois donaria de cette es- 
pèce d'après des modèles en terre cuite : 
un pied , deux yeux , et une main avec 
une balafre au milieu , représentant la 
blessure pour en rappeler la guérison. 

DOiNATIVUM. Largesse faite par l'em- 
jiereur à l'armée, par opposition au con- 
giarhtiH donné généralement au peuple. 
(Suet. Nero, 7 ; Lamprid. Aies. Sev. 
2C). 

pORMITATOR (r)[j.cp6--con:oç). Voleur 
qui fait ses coups de main pendant la 
nuit (Plaut. Trin. IV, 2, 20; Hesiod. 
Op. G03). 

DOUMITORIUM. Dortoir ou chambre 




240 



DOBSCALIA. 



à roiirher (Plin. H. N. xxx, 17). Cette 
pièce semlile avoir été eu général pe- 
tite et médiocrement meul)lée , comme 
le montie la gravure, qui représeute l'iu- 
térieur de la chambre à coucher de Di- 
don , d'après le Virgile du Vaticau. 

DORSUALIA. Large bande faite d'é- 
toffe richement teinte ou de soie brodée, 
qu'on mettait en travers sur le dos des 
chevaux dans les grandes occasions, com- 
me ou le voit dans la figure ci-jointe , 




prise du cortège triomphal de Constan- 
tin , ou sur les victimes conduites au sa- 
crifice : l'arc de Titus à Rome en pré- 
sente plusieurs spécimens (TertuU. Gai- 
lien. 8). 

DOhSUARIUS ou DOSSL'ARIUS.Bète 
de somme , cheval de hàt (Vairo , R. R. 




II , 10) ou âne {ib. il, 6), comme on le voit 
dans la gravure ci-jointe, prise de l'arc de 
lriomi)he de Coustaulin. 

DOHYPHOiiUS (oopuçôpo:). Halle 
hardier, nom douué aux soldats qui for- 
maient la gaide du corps des rois per- 
ses, à cau.se de l'arme (|u'ils portaient. 
Ce mol ne se trouve eu laliu que comme 
le nom d'une célebie statue de PoKclele 
{ Cic. Brut. 80 , Pliu. H. N. xxxiv, 
la, 2) , représentant un de ces gardes ou 
un soldat armé comme eux. Ou le ren- 



contre aussi comme nom propre (Inscript. 
ap. Murât. 4'î" , 5). 

DRACHMA(5pax!xr,).Z)/-flc/m)f, -la prin- 
cipale monnaie d'aigeut des Grecs, com- 
me le denarhis chez les Romains. 11 y avait 
deux sortes de drachmes, différentes pour 
le poids et la valeur : l'attique et l'ègi- 
nète. 

La drachme attique , représentée par le 
spécimen ci-joint, d'après un modèle de 
pareille grandeur du Musée Britannique, 
avait ]uincipalemeut cours dans le nord 
de la Grèce, dans les Etats maritimes et 




en Sicile. Elle contenait six oboles et 
valait à peu près 97 centimes et demi de 
notre monnaie. Quand Pline {H. N. XXI, 
lO'J) parle de la draciime attique et du 
denier romain comme étant du même 
poids , ce dernier n'avait plus ses propor- 
tions primitives (Hus.se) , Ancient ivei^hts 
and moner, p. 47-48). 

La drachme égiuète, représentée par 
la gravure sui\ aille, aussi d'après un 
modèle de même grandeur du Mu.^ée Bri- 
tannique, avait cours en Béotie, dans 
queUpies parties du nord de la Grèce et 
dans tous les Etals du Péloponnèse, à 
l'exceptiou de Corinihe. L'étalon en était 
plus grand que celui de la drachme^ at- 




tique; il contenait en^^ron 93 grains 
d'aigeut pur el valait à peu piès 1 franc 
42 centimes et demi de notre monnaie 
(Hussey, iùid.,p. &y-GO). 

DRACO. Dragon : enseigne d'une co- 
horte, empruntée aux Parthes et iutro- 



DRACONARIUS. 



ECHINDS. 



241 




duite dans rarmce romaine vers le temps 
deTrajan. C'était l'image d'un grand dra- 
gon fixé sur une lance, ^ 
avec une gueule d'ar- ~ '" 
geut eutr'ouserte, tan- 
dis que le reste du 
corps était formé d'é- 
toiles peintes ou de 
peaux <jui , étant vides 
et flexibles , s'agitaient 
avec des mouvements 
pareils à ceux de ce 
reptile, lorsque le vent entrait dans la 
giieide ou\erie (Veget. ;)///. Il, 13; Am- 
mian. Marcell. X\l, 10, 7 et 12, 39; 
Claudian. /// Consulat. Hoiior. 138; 
Kemesian. 85). 

2. Appareil pour faire chauffer de 
l'eau a^ec économie de temps et de bois; 
il consistait en une chaudière, munie 
tout autour d'un certain nombre de 
tu)'aux, pareils aux replis d'un serpent, 
de telle sorte^que la quantité entière du 
liquide était ex|)0sée en même temps 
et par petites quantités à l'action du feu 
(Senec. QuKst. A'al. m, 24). 

DiiACUiNAHlUS. L'enseigne ou porte- 
drapeau d'une cohorte; il portait le 
diaco ou dragon représenté dans la gra- 
vure précédente ( Ammian. XX, 4, 18; 
Veg. Mil. II, 7 el 13). Des enseignes de 
cette espèce figurent fréquemment sur 
les colonnes de Trajan et de Marc-Aurele 
au milieu des troupes barbares, mais 
non dans les armées romaines , quoi- 
qu'elles y aient élé introduites au temps 
de Trajan. C'est de ce mot que vint le 
nom moderne de dragon, signitiant dans 
sou sens primitif soldat de ca\alerie qui 
suivait l'enseigne du dragon. [D'a|)rès une 
autre o[)iniou , les dragons modernes ont 
tiré leur nom de ce qu'ils combattent à 
pied et à cheval , et sont eu (piekpie sorte 
amphibies comme les animaux, fantasti- 
ques appelés dragons. ] 

DRACOiNTAKlUM. Bandeau pour la 
tète (Tertull. Cor. Mil. 15), tortillé de 
manière à imiter les replis du serpent; 
ou peut-être fait en forme de deux ser- 
pents réunis, comme le torquis (^oy. la 
gravure du mot Torquatus : cf. luscript. 
ap. Don. cl. 1, n. 91, torqutm aureum 
ex dracontariis duoàu-s); mais le draco/i- 



fariiim était porté sur la tête an lieu de 
l'être au cou. 

DHOMO on DROMON. Espèce parti- 
culière de vaisseau, reraartpiable pour sa 
rapidité : on n'en sait rien de plus (Isi- 
dor. Orig. XIX, 1,14; Cassiodor. Far. 
Ep. V, 17). 

DHOMONARIUS. Rameur dans un 
vaisseau appelé dromo (Cassiodor. P'ar. 
Ep. IV, 15). 

DULCIA. Mot employé dans un sens 
général pour toute e>[)ece de friandises 
faites avec du miel, par opposition k pâ- 
tisserie on gâteaux faits de farine , de 
fruits, de lait, etc. (Lainprid. £/a^. 27 
et 32). 

DULCIARIUS. Qui fait des dulcîa ; 
c'est-à-dire confiseur, par opposition à 
pâtissier (Lamprid. Elag. 27; Trebell. 
Claud. 14; Veg. Mil. I, 7.) 

DUUMVIRI. Deux fonctionnaires nom- 
més pour agir ensemble en différentes 
circonstances, par exemple : 

1 . Duuni viri jure dcundo ; deux ma- 
gistrats principaux qui rendaient lajusiice 
dans les villes de province ( Cic. y4gr. 
II, 34). 

2. Duumviri perduellionis ; deux juges 
nommés pour faire le procès aux per- 
sonnes accusées du meurtre d'un citoyen 
romain (Liv, i, 20; Cic. Rabir. perd. 4). 

3. Duumviri navales. Deux commis- 
saires nommés pour surveiller l'équipe- 
ment ou le radoubement d'une flotte 
(Liv. IX, 30). 

4. Duumviri sacrorum. Deux prêtres 
nommés pour prendre soin des livres 
sii))llins, fonction confiée dans la suite 
aux décemvirs (Liv. m, 10). 



E 



EBORARIUS. Qui sculpte et qui tra- 
vaille l'ivoire (Imp. Const. Cad. 10 , 
(J4, 1). 

ECHINUS. Hérisson ; et, dans un autre 
sens, oursin, crustacé épineux, dont 
les anciens employaient la coquille pour 
y mettre des remèdes ou d'auties objets. 
Par extension, Horace {Sat. i. G, 117) 
a donné ce nom à un ustensile de table 
fait de la même matière ou l'imitant; 
mais on ne voit pas clairement quel usage 
14 



242 



ELi-YcnmtîM. 



particulier le poëte lui assigne. Heiudorf 
\ad. /.) entend par eclùnus un vase où 
on lavait les verres. 

2. En architecture, large membre 
elliptico-circulaire d'un chapiteau dori- 
que , placé immédiatement sous Yahacus 
(Vitruv. IV, 3, 4). Dans 
les plus beaux spécimens 
de cet ordre , tout con- 
tour est elliptique ou hy- 
perbolique, mais jamais 
circulaire ; avec les annelets qui sont pla- 
cés au-dessous , il est de la même hau- 
teur que l'aljacus (Elmes, Leçons d'Ar- 
chitecture [enaugl.J,p. 205). La gravure 
représente un chapiteau du Parthéuon. 
l ECTYPUS (è'xTUTio;). Fait dans un 
moule (tÛTto;, forma), au dedans duquel 






est creusé le dessin qu'on veut exposeï' 
aux yeux : de cette façon la figure qui 
en sort (ectypiim) présente" les objets en 
relief, comme un ouvrage moulé eu terre 
cuite (Pbn. //. N. xxxv, 43), ainsi que 
le feront facilement comprendre les gra- 
vures ci -jointes. Celle qui est à main 
droite représente un moule ancien , d'a- 
près un modèle trouvé à Ardée, et l'autre, 
à main gauche, montre l'objet moulé en 
teri-e cuite avec ses figures en relief. 

2. Ectypa gemma ou scalpliira. Pierre 
gravée sur lacpielle les images sont sculp- 
tées en relief, comme un camée , au lieu 
d'y être gravées en creux , comme dans 
uu sceau ou un intagHo (Senec. de Ben. 
in, 2G; Plin. H. N. xxxvil, (J3). 

EDOLATUS. Façonné et tiré d'une 
matière brute avec la dolahra (Columell. 
Vin, 11,4; voy.DoLATUs); par extension, 
et dans un sens figuré, tout ce qui est 
fini avec soin. (Cic. ad Jtt. xill, 47; 
cf. \arro, ap. Non. p. 448.) 

EFFIGIES. En général, image ou ef- 
figie. Mais ce mot a un sens particulier 



dans les fiinera gentilitia des Romains 
(Tac. Ann. iv, 9; et m, 5); pour l'en- 
tendre, voy. Imagines, 2. 

EL.î:OTHESIUxM (èXaioeéatov). Cham- 
lu'e dans les bains, où étaient gardés les 
huiles et les parfums , et où le baigneur 
se retirait pour se faire oindre et frotter. 
Dans de grands établissements , il y avait 
à cet effet une chambre particulière , qui 
touchait au frigidarium ou pièce froide 
(Vitruv. "V, 11, 2), comme on le voit 
dans la gravure au mot Cella , n° 6 , 
prise d'une peinture représentant les 
pièces d'un bain dans les Thermes de 
Titus à Rome. Là on la voit avec le nom 
écrit au-dessus : elle est remplie d'urnes 
à parfums rangées sur des rayons, et c'est 
la dernière chambre à main gauche , 
immédiatement à coté du frigidarium , 
comme le veut Vitruve. Mais, dans des 
Ijains particuliers ou dans des bains pu- 
iilics d'une étendue moins considérable, 
comme les bains de Pompéi, la chambre 
d'eau tiède semble en avoir tenu lieu. 
Voy. l'article Tepidarium. 

ELEIN'CHUS. Grosse perle en forme de 
poire fort estimée par les dames opu- 
lentes de Rome , qui aimaient à en 
porter deux ou trois ensemjjle com- 
me pendants d'oreille ou à en atta- 
cher à leurs bagues (Plin. H. N. ix, 
5G ; Juv. Sat. VI, 459). Notre gra- 
vure est prise d'un modèle de bou- 
cles d'oreilles où un gros elenclms 
forme le pendant. 

ELIX. Mot ancien, signifiant un sillon 
large et profond , tracé entre les glèbes 
dans les champs de blé pour préserver 
de l'humidité les racines de la plante 
(Serv. ad Virg. Georg. i, 109; Columell. 
Il, 8, 3). 

ELLYCHNIUM ( iWdyyiov, ôpua^Xtc). 
Mèclie d'une chandelle ou d'une lampe 
à huile, faite ha- 
bituellement de 
la moelle d'un ro- 
seau ou des Obres 
grossières du lin 
ou du papyrus 
(Vitruv. VIII, 1, 5; Plin. H, N. xxiii, 
4, 41; xxviii, 11, 47). La gravure re- 
présente une petite lampe romaine dont 
la mèche brûle. 




EMPLECTON. 



243 



EMBLEMA ( l[xéXr)|Jia). 3Iarqueterie ; 
ce mot s'applique surtout aux mosaïques 
(Varro, R. R. III, 2, 4 ; Lucil. «/>. Cic. 
Brut. 79), qui sont composées de petites 
pièces de pierres de couleur, de verre ou 
d'émail placées dans un lit de ciment. 
Comme cet art était pratiqué de façons 
différentes , nous rencontrons, pour le 
caractériser, plusieurs mots dont chacun 
indique une méthode particulière, tels 
que tessellatuin , sectile, vermicitlatum 
et autres, énumérés dans la Table ana- 
lytique. Si le terme dont nous nous 
occupons , emblema , e.st spécificpie et 
non générique, il peut avoir été em- 
ployé pour désigner une sorte de mo- 
saïque peu connue, mais qu'on rencon- 
tre dans la villa d'Adrien, près de Tivoli. 
Caylus (Recueil, \i, 86) en a publié 
quelques fragments , et elle consiste en 
lias-reliefs de stuc fort dur dans lesquels 
sont placés en marqueterie de petites 
pièces de différentes pierres de couleur 
et d'émaux, de telle sorte qu'on les dirait 
peints. Le second sens du mot ejuhlemn 
prête à une telle conjecture. 

2. Ornement ou figure en saillie qui 
n'est ni fondue avec le solide ni taillée 
de ce solide même , mais attachée à quel- 
que autre substance comme un relief qui 
la décore ; par exemple, une figure en or 
fixée sur un vase d'argent ou une figure 
d'argent sur un vase de bronze (Cic. 
Verr. il, 4, 17, 23, 24). Cet art était 
fort pratiqué et fort estimé chez les an- 
ciens; on en a découvert plusieurs spé- 
cimens à Pompéi. 

EMDOLIARIA. Actrice qui venait sur 
le théâtre entre les actes d'une pièce 
pour amuser l'auditoire en récitant quel- 
que intermède , enibolium , èjxGoXiov 
(Plin. H. N, VII, 48; Inscript, ap. Murât. 
6G0, 4). 

EMBOLmi (è'fjLgoXov). Mot grec lati- 
nisé ( Petr. Sat. 30) , signifiant l'éperon 
d'un vaisseau de guerre, qu'on appelait 
en latin RosTRLM. On en trouvera la 
'description et la figure à ce mot. 

EMBOLUS (£(j.go),o;). Piston d'une 
pom])e, d'une seringue ou d'une autre 
machine pour tirer de l'eau et la dé- 
charger (Vitruv. X, 7). Voy. Ctesibica 
Machina et Sipho. 



EMERITI. Soldats romains délivrés 
du service militaire (Val. Max. VI, 1,10, 
Ov. Trisf.iy, 8,21) parce qu'ils avaient 
servi tout le temps imposé par la loi, 
c'est-à-dire vingt ans pour les légionnai- 
res et seize pour les prétoriens (Tac. 
.4/iri. 1,78; Dion Cass. LV, 23). 

EMISSARIUM. Coinluit excréteur : 
canal artificiel fait pour l'écoulement des 
eaux stagnantes (Cic. aclFani. XVI, 18; 
Plin. //.i\'. XXXIII, 4, 21). On voit encore 
en Italie des débris de travaux étonnants 
de cette nature, élevés comme conduits 
excréteurs pour les lacs Albain et Fucin 
( Suet. Claud. 20 ; Plin. H. iV. xxxvi, 
24, 11) : le premier, parce qu'on eut 
peur que les eaux ne vinssent à liéborder 
et à inoniler le pays ; le second, pour 
rendre à la cuUnre les terres que les 
eaux couvraient. Ce dernier, qui subsiste 
presque entier et qui a été déljlayé et 
rendu praticable par le roi de iS'aples, 
consiste en un souterrain de plus de trois 
milles de long, dont une grande partie 
fut creusée avec le marteau et le ciseau 
dans la roche qui forme la base de la 
montagne qu'il traverse à une profondeur 
de trois cents mètres au-dessous du som- 
met le plus élevé. Le reste, qui n'est qu'à 
quelques pieds au-dessous de la surface 
du sol , est entièrement voûté en bri- 
que. C'est de cette matière qu'est faite 
l'arche qui déchargeait l'eau dans le 
Liris; mais la bouche qui fait face au 
lac présente une belle construction en 
maçonnerie. 

EMPLECTON' (à>7:>£XT0v). Manière 
de construire des murs introduite par les 
Grecs et adoptée par les architectes ro- 




mains. Les surfaces extérieures des deux 



244 



ENCAUSTICA. 



côtés y étaient formées de blocs placés 
en assises régulières, comme le montre la 
partie supérieure de la gravure ci-joinie 
(e), et res|)ace qui les sépare était rem- 
pli de moellons (g). Des pierres trans- 
versales {c/ialoiii, F ) étaient, à certains 
intervalles , placées au-dessus en assises 
régulières et avec des dimensions suf- 
fisantes pour s'étendre sur l'épaisseur 
entière du mur d'un côté à l'antre, faire 
l'office de parjiaings et relier ainsi toute 
la masse (Vitiuv. il, 8, 7 ; Plin. H. A\ 

XXXVI, 22, 51). Vov. DiAMICTON. 

EMPOIUOI (EfxVopiov). 3J arche ou 
entrepôt, c'est-à-dire, édifice considéra- 
ble conleiiant une suite de magasins, 
où étaient déposées les marcliandises 
de l'étranger amenées par mer, jus- 
qu'à ce qu'elles fussent débitées aux 
marchands en détail (Vitruv. v, 12, 1). 
La place était toujours enfermée de hau- 
tes murailles et souvent solidement for- 
tifiée (Liv. XXI, 57), si la ville qui con- 
tenait Vcmporitim était située dans une 
partie du pays exposée à des attaques. 
La gravure ci-jointe offre le plan de 
quelques ruines fort étendues sur les rives 
du Tibre, aux pieds de l'Aventin, qu'on 






croit être les restes de Vemporiitm de 
Rome (Liv. XXXA', 10). La ligne qu'on 
voit au dehors montre le circuit du mur 
extérieur qui enfermait le marché ; c, 
un escalier descendant à la rivière, 
comme le dit Tite-Live ; a b et c d, des 
parties de la muraille contenant les ga- 
leries qui allaient à la rivière , ainsi 
que l'indique Vitruve; de m à «, restes 
des murailles qui enfermaient la suite des 
magasins d'entrepôt. Les parties qui suh- 
sistaient encore, quand ou étudia ces rui- 
nes, sont signalées par une teinte foncée ; 
mais on doit remarquer que ces restes 
sont assez étendus pour autoriser à com- 
pléter le circuit , que nous donnons avec 
une teinte plus légère. 



EMPOROS ( £(i7topo:).Mot grec, et in- 
diquant par conséquent des coutumes grec- 
ques; il est cependant employé avec une 
forme latine par Plante ( Merc. Prol. 9) 
et par Ansone (Epist. xxii, 28). Il dé- 
signe un homme ((ni était à la fois mar- 
chand et marin : il lecevait d'un arma- 
teur ou d'un capitaliste nu navire qu'il 
dirigeait dans un vojage de commerce, 
dont les bénéfices a])])arleiiaient à celui 
(pli l'employait. De là vient que dans 
Plante (/. c.) il est appelé cmporos P/ii- 
Icmoii'is, c'est-à-dire qui fait le com- 
merce pour son. maître Philémon. 

ENCARPA (lyxapTTa). Festons de fruits 
et de fleurs employés comme décoration 




dans la sculpture et la peinture (Vitruv. 
IV, 117). On peut s'en faire une idée par 
le spécimen ci-joint, pris d'une tombe ro- 
maine. 

ENCAUSTICA {i^y.<i.'>at\-A.r). Art de la 
peinture à l'encaustique, c'est-à-dire avec 
des couleurs mêlées de cire et durcies en- 
s.iite par l'action du feu. Cet art, tel que 
le pratiquaient les anciens, est mainte- 
nant perdu, et l'on n'a jamais pu détermi- 
ner parfaitement le procédé dont ils se 
servaient , l)ien que le comte de Caylus 
se soit imaginé qu'il en avait trouvé le 
secret , et qu'il ait écrit un traité spécial 
sur cette matière. Les anciens semblent 
avoir eu plusieurs méthodes d'encaustique 
et s'y être pris de façons fort diflereules : 
tantôt ils se servaient de couleurs mêlées 
de cire, appliquées avec une brosse sèche, 
puis lixées par le feu avec l'instrument 
appelé cauterium; tantôt on traçait le 
dessin sur l'ivoire avec une pointe à gra- 
ver brûlante (cestriini), mais alors il ne 
semble pas qu'on fît usage de la cire; 
tantôt enfin on liquéfiait la cire avec la- 
quelle les couleurs étaient mêlées , puis 
on trempait la brosse dans celte mixture 



ErVCOMBOMA. 



ENDROMIS. 



245 




liquirle , et on appliquait la couleur à l'é- 
tat fluide , comme ou le fait pour les cou- 
leurs à l'eau; claus la suite l'acliou delà 
chaleur l'égalisa il et lafoudait (Pliu.//.i\\ 
XXXV, II, 39 et 41 ; Vitruv. vu, 9; Ov. 
Fast. Ml, 831). 

ENC0MB0MA(£Yx6ixgf..[jLa).Partiedu 
vêtement des Grecs, sorte de tahiier atta- 
ché avec un nœud autour du corps (d'oîi 
vint le nom); il était porté par les es- 
claves pour que leur tu- 
nique restât propre (Lon- 
gus, 11, 33) , et par les 
jeunes filles (Varro , ap. 
Non. s. l'.'i; on s'en 
servait aussi sur la scène 
comique (Jul. Pollnx, 
IV, 18). Ces deux der- 
niers usages sont figurés 
pav la gravure ci-jointe, 
où l'on voit une jeune 
femme jouant sur les 
douilles flûtes, d'après 
un has-relief de marhre 
qu re,irésenie une scène 
de quelque ))ièce. 

ENDROMIS. Large couverture d'étoffe 
de laine grossière, dans laquelle on avait 
l'haliitude de s'envelopper le corps pour 
ne pas s'exposer au froid 
après les mouvements 
violents des exercices 
gymnastiques (Jnv. m, 
103; Mart. iv, 19; xiv, 
126). Elle est fréquem- 
ment représentée dans 
des scènes de la vie du 
gymnase sur des figures 
au repos , semi)lal)les à 
celle de la gravui'e ci- 
jointe , prise d'un vase 
d'argile et représentant 
un jeune homme qui 
vient de finir ses exer- 
cices , et qui est debout 
devant son maître; mais, quoique le 
mot lui-même soit grec et se rapporte 
spécialement aux habitudes de ce peuple, 
c'est seulement chez les auteurs latins 
qu'il se rencontre dans le sens que nous 
avons expliqué. Comparez n" 3. 

2. Enciromis Trria. Couverture qui 
avait la même forme et servait au même 




usage ;mais elle était de tissu plus fin, et 
avait été adoptée par les dames romaines 
qui prenaient les habitudes viriles et s'a- 
donnaient aux mêmes exercices que les 
hommes (Jnv. vi, 240). 

3. (èvôpojj.î:). En grec, ce mot a une 
signification fort différenle : il est em- 
ployé pour désigner les brodequins inven- 
tés et portés dans l'origine par les chas- 




.^enrsde Crète (Nonn. D'ionys. v, p. 154), 
puis adoptés par les artistes grecs comme 
chaussure caractéristique de Diane chas- 
seresse ( Callim. Hymn. in Dian. 16; 
Jul. PoUux, YI, 93j. Ou les voit sur un 
grand nomlire de statues de cette déesse, 
et ils ressemblent au spécimen de la gra- 
vure ci-jointe, prise d'un bronze d'Her- 
culanum, avec les orteils découverts et une 
large bande qui couvre le dessus du pied 
{fascia primos Sistitur ad digitos, Sidon. 
ApoU. Carm. il, 400), et à laquelle les 
quartiers sont attachés. Ces brodequins 
s'ouvrent sur le devant , mais sont percés 
de trous près des bords pour passer la 
courroie qui les serre sur les jambes , 
commenos brodec[uinslacés Galen. Com- 
mei(t. in Hippocr. de y4rticuL et Span- 
heim o^ Callim./. c). Les lacets, qui sont 
omis dans le bronze d'où est tirée la gra- 
vure, peuvent se voir sur d'antres statues 
{Mus. Cliiaramont. Xay. 17; Mus. Pio- 
Clem. II, 15; 111, 38). Les poètes latins 
donnent toujours à Diane des cotiturni, 
brodequins fermés qui enveloppaient tout 
le pied ( voy. le mot Cothurîi'ds et les 
gravures qui y sont jointes ). Le nom 
d'Èvopojiî: fut donné à ces brodequins 
parce qu'ils étaient faits pour des per- 
sonnes qui avaient besoin de déployer 
jjeaucoup de vigueur et d'agilité à la 
course (Galen. /. c); ce qui était plus 
14. 



246 



facile, comme on le voit tout d'abord, 
parce que les extrémités du pied, étant 
découvertes au lieu d'être contraintes par 
une empeigne, laissaient aux doigts un jeu 
plus libre ; c'est ainsi que cette chaussure 
est portée par un faune et un berger du 
musée de Naples {Miis. Borb. Vlil, 23, 
25). Ces considérations, et les preuves que 
fournissent toutes les statues anciennes, 
semblent confirmer la distinction faite ci- 
dessus , quoiqu'on ne puisse invoquer à 
son appui l'autorité d'aucun écrivain ; en 
même temps elles servent à expliquer la 
différence réelle qu'il y a entre les noms 
des trois espèces de brodequins de chasse 
admis d'ordinaire comme termes syno- 
nymes : le y,66opvoc, qui montait jusqu'au 
mollet et était lacé sur le devant , mais 
couvrait tout le pied; r£vopo|j.£;, allant 
aussi jusqu'au mollet et lacé sur le devant, 
mais laissant les orteils découverts ; et 
l'àpêOXy), demi-brodequin lacé sur le de- 
vant, mais n'allant qu'à la cheville. 

EASICULUS (çtqjîotov). Diminutif d'Ex- 
SIS; petite épée qui servait de jouet d'en- 
fant (Plant. Rud. iv, 4, 112. Voy. Cke- 
pundia). 

ENSIS (^130:). Épée. Mot employé gé- 
néralement par les poêles; il est synonyme 
de Gladius (Quint, x, 1, 11. Yoy. aussi 
Falx, G). 

EPHEBEUM(èxr,gcTov).Pièce spacieuse 
dans le gymnase grec, où les jeunes gens 
faisaient leurs exercices en présence de 
leurs maîtres (Yitruv. v, 11 ; Strabo, v, 
4, 7). Voy. la gravure au mot Gymna- 
SIUM (lettre c) : elle donnera une idée de 
la position ordinaire de Tephebeum et de 
sa grandeur, par comparaison avec les au- 
tres pièces de l'établissement. 

EPHEMERIS (IçoiJLspîç). Journal tenu 
par une personne , et dans lequel elle no- 
tait les événements, les actions ou les dé- 
penses de chaque jour (Cic. Quint. 18; 
C. Nepos, Attic. 13). 

EPHIPPIARIIIS. Sellier qui fait des 
eph'ippia (Inscript, ap. Fabrett. p. 712, 
n° 339), 

■EPHIPPIATUS. Qui va à cheval sur 
une selle (ephippiuin) au lieu de monter à 
cru. Yov. les gravures du mot Eques 
(Cœs. b'. c. IV, 2). 

EPHIPPIUM (£?t7i7tiov). Selle pour les 



chevaux (Varro, ^. if, ii, 7, 15; Caes. 
B. G, IV, 2), employée par les Grecs et 
les Romains. Elle est fort communément 




représentée dans les œuvres d'art comme 
une pièce d'étoffe mise plusieurs fois en 
double et formant un coussinet carré as- 
sez épais (voy. la seconde gravure au mot 
Eqdes); mais, dansplusieurs cas aussi, on 
la rencontre sous la forme d'un coussinet 
régulièrement bourré, comme lespécimen 
ci-joint, pris de la colonne de Marc-Aurèle, 
On en voit de semblables dans les peintures 
d'Herculanum et de Pompéi, et sur l'arc 
de Septime Sévère; mais le plus souvent 
le coussinet de la selle est caché par la 
housse {stragula ) qui couvrait les deux 
cotés de l'animal, 

EPHORI (Icpopoi), Littéralement ins~ 
pccteurs ; mais ce mot était particulière- 
ment le nom de cinq magistrats élus cha- 
que année par le peuple de Sparte et 
auxquels étaient confiés de grands pou- 
voirs politiques qui leur permettaient 
d'exercer un contrôle sur les rois et sur 
tous les autres magistrats; la position des 
éphores , dans les constitutions dorien ■ 
nés , avait quelque chose d'analogue à 
celle des tribuns de Rome (Aristot, Polit. 
II, 10; Cic. Zfo. 111,7). 

EPIBAT/E (èTz<.o(i.-zo.i). Soldats de ma' 
riue chez les Grecs ; corps de troupes qui 
servait exclusivement à bord d'un vais- 
seau, et était entièrement distinct des for- 
ces de terre, des matelots et des rameurs 
(Herod. vi, 12; Hirt. B. Alex. 11 ; Yi- 
truv. II, 8, 14). Les Romains désignaient 
leurs soldats de marine par le terme de 
Classiarii. 

EPICHYSIS (iniyyai:). Pot grec, avec 
un bec petit et étroit, d'où l'on versait 
le vin à un banquet dans la coupe où on 
le buvait; les Romains l'adoptèrent quand 
ils avancèrent dans la civilisation, au lieu 
du guttus, moins élégant, dont ils se ser- 



KPISTOMIUM. 



247 



vaient auparavant pour le même usage 
(Pluut. /^"</. v,2, 32; Varro, Z. L. iv, 
26). La gravure représente une rpic/iy.u.s 




avec la coupe de verre qui en recevait le 
coulenu, d'après une peinture de Pom- 
péi, et une Néréide versant du vin d'un 
de ces vases dans une pafera, d'après une 
peinture de Stahia. Dans toutes les nom- 
breuses peintures de Ponipéi , et autres , 
qui représentent l'action déverser du vin 
d'un pof, ce pot a toujours un col étroit 
et un petit bec, comme ceux que nous 
donnons ci -dessus; ce qui sert à recon- 
naître r epichysis et montre en quoi elle 
diffère de Y aiguière ou pot à eau {gut- 
tiirniiim, 7rp6-/oo:), qui avait un cou plus 
gros et un bec plus large. 

EPIC0PU8 (âmxwTro;). Motgrec.dont 
on se servait pour ilésigner un bateau à 
rames et le distinguer d'un navire à voi- 
les (Cic. ad Jtt. XIV, IG). 

EPICHOCUM (£7tiV,poxov).Mot grec, 
employé pour désigner un vêlement de 
femme; indiq\iait-il que le vêlement était 
d'un tissu fin ou couleur de safran ? On ne 
saurait le décider. En effet, ce mol peut 
être tiré de xpôvtY] ( subtemen) ou de /Cpo- 
xoç, crocus ( Naivius ap. Yarr. L. L. vu 
5; Varro, ap. Non. r. Hal)itare; Festus, 

s. V.). 

EPIDIPNIS(è7T;{3£iuvi;). Mot grec qui 
désignele dernierserviced'undiner (Petr. 
Sut. G9;Mart. Ep. XI, 31). 

EPIDROML'S (£7ri'5po[Ao; )• T.orde cou- 
lante attachée au collet d'une tonnelle (cas- 
sis) et passant par des anneaux fixés autour 
de l'ouverture : en la tirant , le chasseur 
qui était à l'affût fermait le filet connne 
une jjourse, quand le gibier poursuivi y 
était entré (Plin. // IV. xix , 2, 2; Jul. 
Poil. V, 29; Xen. Crneg. vi, 9). 

2. Voile du mât le plus proche de l'ar- 
rière dans les vaisseaux qui avaient plus 



d'un mal (JuU. Poil. I, 91 ; Isidor. Orig. 
XXIX, 3, 3). Polhix et Isidore diffèrent à 




un certain point l'un de l'auti'e : car l'un 
donne ce nom à la voile, et l'autre au màt ; 
mais probablement il signifiait à la fois 
et le mât et la voile qui y était atlacliée. 
La gravure est prise d'im bas-relief de la 
villa Borghèse. 

3. Uepidroinus est cité par Varron 
(R. R. XII! , 1) comme une des pièces né- 
cessaires du moliilierd'un pressoir à huile 
(lorcularium) mais sans aucun détail qui 
montre ce que l'auteur entend par ce 
mot. 

EPIGRUS. Voy. Epiurus. 

EPILIMMA. Sorte d'onguent d'entre 
les plus communs et à plus bas prix (F'es- 
tus , s. v.). 

EPIRHEDIUM. Mot hybride , composé 
de la préposition grecque im et du mot 
gaulois rlieda; on n'en a pu déterminer 
la véritable signification. Scheffer et Ginz- 
rot croient que c'était un chariot carré 
ou oblong, fermé des quatre côtés, de la 
même manière que 
la rheda , et , par 
conséquent , qu'il 
est représenté par 
la figure ci-jointe, 
prise d'un bas-relief du musée de Vé- 
rone. D'autres pensent que le mot se 
rapporte seulement aux décorations d'une 
rheda, ou qu'il désigne le harnais des 
chevaux qui la traînaient (Juv. Sat. 
VIII, G6; Schol. Vet. ad L; Scheffer, 
R. /'.Il, 23;Ginzrot, JFagen undFahr- 
werke, XVlIl). 

EPISTOMIUM (£7ri(7T6[j.iov). Robinet 
d'un conduit d'eau ou de tout vaisseau 
contenant des liquides qu'on a besoin de 
tirer en petites quantités (Vitruv. ix, 8, 
11). La gravure représente un robinet 
d'eau, dont le modèle en bronze a été 




248 



EPISTYLIUM. 



EPl'LOKES. 



trouvé à Pompéi , et fait d'après le même 
principe que ceux dont on se sert main- 




tenant, mais dessiné avec plus de goût. 
Sénèqne dit {Ep. 8G) que de sou temps 
les bains de Rome , même pour les classes 
inférieures, étaient munis de robinets 
d'argent. 

EPISTYLIUM (ÈTTtçxatov). Mot grec, 
adopté par les architectes romains poiu- 
désigner l'architrave ou poutre principale 
placée horizontalement sur les chapie.inx 
d'une colonne et s'éteudant de l'un à 
l'antre, de manière à former un lit con- 
tinu sur lequel reposait la construction 
qui couronnait l'èdiGce. Quand l'archi- 




trave était tle bois, on l'appelait jiropie- 
ment trahs; quand elle était de pierre 
ou de marbre, epistrlium , quoique ce 
mot , comme terme gériéral , puisse s'ap- 
pliquer avec une égale exactitude aux 
deux espèces d'architrave (Vitruv. m, 5, 
8 ; Varro, R. R.n\,h, 1 1 ; Festus , s. ■?•.). 
La gravure, prise d'iuie tombé sculptée 
dans le roc à Beni-Hassan , expli([ue l'u- 
sage original et l'application ancienne de 
Vepistylium dans l'architecture à colon- 
nes. Le spécimen que nous donnons ne 
montre l'architrave surmontée d'aucun au- 
tre membre ; elle ne forme qu'une surface 




intermédiaire pour porterie toit {tectiim) : 
mais, dans la gravure suivante, on la voit, 
perfectionnée par l'art , devenir un des 
membres principaux de l'entablement. 

2. Epistylia ; les c'/j/^O'/ej' comprennent 
la construction qui surmonte Vabacus 
d'une colonne et forme ce que nos archi- 
tectes appellent d'un terme collectif l'ew- 
/rtri6/(v??c«/, divisé d'ailleurs par eux eu trois 
meml)res distincts : 
l'architrave ( trahs 
ou epistrlium), au 
bas; la frise zo- 
pliorus), immédia- 
tement an-dessus, et 
la corniche, au-des- 
sus de tout , pour ^ 
laquelle les Ro- I 
mains n'avaient pas î 
de nom collectif, — 
mais qu'ils définis- 
saient toujours en 
énuméraiit les mem- 
bres distincts qu'elle contenait. Voy. Co- 
RO>A, 16. 

EPITHALAMIUM (iiii6a).âtJ-iov). Chant 
nnpiial, chanté en chœur par une troupe 
(le jpinies filles en dehors de la porte de 
la chambre nuptiale (Quint. IX, 3, 16; 
Theocr. Ici. xvill). 

EPITOXIS (Viirnv. x, 10, 4). Partie 
distincte de la catapulta, dans laquelle, à 
ce qu'on suppose, était placé le trait. 

EPITYRUM (ÈTiitvjpov). Plat composé 
de la chair de l'olive assaisonnée d'huile , 
de vinaigre, de rue, de menthe, etc. 
(Cato,/î. R. 119). Il était d'un usage plus 
commun en Grèce et en Sicile qu'en Ita- 
lie (Van-o, L. L. vu, 86; Columell. xii, 
49, 9). 

EPIURUS (ÈTiîoypoç). Cheville de bois, 
dont on se servait comme d'un clou (Isidor. 
Orig. XIX, 19, 7; Pallad. xii, 7, 15). 
Les leçons différent, et quelques-unes 
portent epigrus et £rt!)toupo;. 

EPULOS'ES. Membres d'ime des qua- 
tre grandes corporations religieuses de 
Rome , composée dans l'origine de trois 
]iersonnes (triumriri cpuloncs, Liv. XXXI, 
4), mais dans la suite portée à sept [sep- 
limviri epulones , Lucan. I, 597); leur 
principale fonction consistait à préparer 
un banquet somptueux, appeléLECTlSTER- 



EQDARIUS. 



EQUES. 



249 



NIUM, pour Jupiter et les douze dieux , à 
l'occasion d'iiiie réjouissance o» d'une ca- 
lamité pnl)li((Me (Fesins s. -?•.). On plaçait 
alors les statues des divinitéssur des cou- 
ches devant des tables (Vat. Max. Il , 1 , 
2) couvertes de friandises que mangeaient 
eusiiile les cputones. 

EQUARIUS, sous-entendu med'icits 
(lnTÛatpo;). Félérinaire (Val. Max. ix, 




15, 2). La gravure représente un eqiiarius 
et montre comment les anciens saignaient 
les chevaux, d'après un bas-relief romain 
découvert dans les provinces méridionales 
de la France. 

2. Garçon d'écurie ou palefrenier (So- 
lin. 48). Même sens que Eouiso. 

EQUES (tuuïûr). En général quicon- 
que est à cheval, cavalier (Mart. Ep. 
xn, 14). Les Grecs et les Romains mon- 
taient sans étriers et à poil (Varro, ap. 
Non. p. 108), comme on le voit dans 
la gravure ci-jointe, repiésentant un 
jeune Athénien , d'après la frise des Pa- 




nathénées (comparez les gravures des mots 
Celés et Decursio , ([ni sont romaines) ; 
ou avec un coussinet {ephippium), qui est 




en général couvert et caché par une pièce 
d'étoffe de couleur jetée par-dessus (voy. 
les gravures suivantes), mais jamais avec 
une selle l'égnlicre faite de !)ois comme 
les nôtres. Cetleinvention est postérieure, 
et contem|)oraine de la décadence de l'em- 
pire. Les femmes montaient de côté, com- 
me les nôtres, sur un 
coussinet ou epli'tp- 
piiim , ainsi que le 
proiiveut les expres- 
sions muliebilter e- 
(ju'itare ou eqiio in- 
sidere ( Ammian. 
XXXI, 2, G; cf. h( 
Achill. Tat. Àmor. 
Clitoph. et Leiicip. 
1,1; Agathias , m). Quelquefois les hom- 
mes eux-mêmes suivaient cette mode , 
ainsi que le montre la gravure ci-jointe, 
représentant un citoyen aisé de Pompéi 
qui fait à cheval un tour de campagne, 
d'après un paysage trouvé dans cette ville. 
2. Chevalier, membre d'un corps éta- 
bli dans l'origine, à ce qu'on suppose, 
par Romulus et composé de trois cents 
hommes, choisis parmi les familles jia- 
triciennes, qui servaient à cheval et étaient 
montés aux dépens de l'Etat pour for- 
mer la garde du corps du roi. Leur nom- 
bre fut considérablement augmenté à dif- 
férentes époques, et plus tard la propriété, 
au lieu de la noblesse, devint la condi- 
tion essentielle pour être admis dans ce 
corps, qui constitua ainsi la cavalerie des 
anciennes aimées romaines et forma un 
ordre séparé dans l'État, distingué des 
sénateurs par l'insigne de Yangusticlave 
(CLAVos ANGUSTUS), et du peuple par 
l'anneau d'or que les chevaliers portaient 
au doigt. Comme cette classe avait cessé 
de faire un service militaire distinct avant 
la fin de la république, et que les monu- 
ments subsistant encore qui offrent des 
scènes de guerre sont tous postérieurs à 
cette période, nous n'avons pas tine re- 
présentation authentique d'un chevalier 
romain de cette classe, si ce n'est dans 
([uelques figures sur les monnaies de cen- 
seurs, qui sont trop petites et trop im- 
parfaites pour donner des détails minu- 
tieux ou caractéristiques. Toutefois les 
chevaliers, sur ces médailles, apparaissent 



250 



EQCES. 



EQUES. 



drapés simplement dans la tunique {tu- 
nica) et tenant un cheval par la liride 
devant le censeur, qui siège sur sa chaise 
curule; ce qui s'accorde avec le témoi- 
gnage (le Polybe (vi, 25), qui dit que l'an- 
cienne cavalerie romaine n'avait pas d'ar- 
mure défensive avant que leurs relations 
avec les Grecs leur eussent appris à adop- 
ter le même costume que les cavaliers de 
ce pays. 

3. Soldat à citerai, qui ne recevait pas 
son cheval de l'État, mais qui pouvait 
s'équiper lui-même et éviter ainsi la fati- 
gue plus grande de servir à pied (Liv. v, 
7; xxxiil, 2G; Ca?s. passim , etc.). Ces 
troupes rece^aient une solde de l'Etat, et 
elles formèrent la cavalerie romaine, après 
que les chevaliers réguliers eurent cessé 
de faire le service militaire. Des soldats 




de cette classe sont fréquemment repré- 
sentés sur les colonnes et les arcs de triom- 
phe de l'époque impériale, semblables à 
la figure ci-joiute , prise de la colonne de 
Marc - Anrèle : elle a un casque , une 
cuirasse à écailles, une lance, un petit bou- 
clier rond , pas d'étriers et un coussinet 
couvert d'une housse. 

4. Eqiies Icgionarius. Cavalier légion- 
naire, évidemment, comme l'épi thète 
l'indique, distinct des chevaliers et de la 
cavalerie ordinaire, qui était placée d'ha- 
bitude sur les ailes , et fournie très-sou- 
vent par les alliés. Le nom porte natu- 
rellement à conclure que c'était un corps 
de cavalerie pesamment armée, comme 
l'infanterie de la légion. La figure ci- 



jointe , prise de la colonne de Marc-Au- 
rèle , confirme notre conjecture en mon- 
trant qu'à cette époque du moins il y 
avait une classe de troupes romaines à 
cheval qui portaient une cuirasse exacte- 




ment du même genre que les légionnaires 
de la même période, comme on le verra 
en comparant les gravures des mots Le- 
GiONARius et Lorica squamata avec la 
figure ci-jointe , dont la partie inférieure 
est cachée dans l'original par les groupes 
qui la masquent (Liv. XXXV, 5. Veg. 
Mil. II, 1). 

5. Eijiies prœlorianus. Voy. Pr^TO- 

RIANI. 

G. Eqites sagittarius. Archer à che- 
val. Corps de troupes composé générale- 
ment d'auxiliaires étrangers ; mais les Ma- 
cédoniens avaient aussi des sagittarii 
(Quint. Curt. v, 4). Il y avait quelque- 
fois des corps de Romains (Tac. Jim. Il, 
10) ainsi armés, au moins sous l'empire , 
comme le montre la gravure ci-jointe, 




qui représente un soldat romain sur la 
colonne de Marc-Aurèle. 

7. Eques cataphractus. Voy. Cata- 

PHRACTUS.. 



EOtTILE. 



EOPtTLEUS. 



251 



8. Eqties alarius. Cavalerie des al- 
liés , qiii accompagnait les légions romai- 
nes; elle était appelée ainsi parce qu'elle 
était toujours placée sur les ailes (Liv. 
XL, 40; C;es. li.G. i, 61). 

'9. Eques extraordinarius. Soldats 
choisis dans la cavalerie des alliés ; et 
dont on formait un corps d'élite au ser- 
vice des consuls (Liv. XL, 31, etxxxiv, 

10. Gladiateur qui coml^attait comme 
un soldat à cheval (Inscript, ap. Orelli , 
2569, 2577) : on en voit deux dans la 
gravure ci-jointe , d'après un lias-relief de 




la tombe de Nœvoleia Tyche, à Pompéi. 
On remarquera qu'ils ressemblent assez, 
par l'armure, au cavalier légionnaire, 
n° 4. 

EQUILE (iTtuÔTTarri:). Ecurie (N'^arro , 
R.R. n, 7, 15;Suet. <7fl/. 55). La gra- 
vure repiésente une écurie ancienne dans 




la baie de Centorbi en Sicile ; c'est pro- 
bablement le seul spécimen authentique 
qui reste de ces sortes de bâtiments. Elle 
est construite en maçonnerie et voûtée; 
elle n'est pas divisée en stalles, et cha- 
que animal est séparé de son voisin , si 
cela est nécessaire , par une forte jjar- 
re. La crèche, qui s'enfonce graduelle- 



ment à l'intérieur, est aussi en maçon- 
nerie, et divisée en mangeoires distinctes 
(cpaTvwixata), une pour cha({ue cheval, au 
lieu d'une mangeoire unique sur une lon- 
gue ligne commune à tous. La longe du che- 
val passait par une petite ouverture prati- 
quée au-devant de chaque mangeoire , et 
était fixée à un billot de bois sur la partie 
opposée de la muraille. La gravure et le 
cheval que nous y avons placé à dessein 
feront facilement comprendre tous ces 
détails. 

EQLISO. Homme qui mène les che- 
vaux pour les dresser (Varro , ap. Non. 
s. 7'. /Val. Max. vu, 3, 1 et 2). 

2. Eqiiiso nauticus. Homme qui fait 
remonter le courant à un bateau avec 
une corde (Varro ap. Non. /. c). 

EQUULELS. Littéralement, jeune che- 
val ou poulain; de là ce mot est trans- 
porté dans un sens particulier à une ma- 
chine de bois sur laquelle on plaçait les 
esclaves pour leur ar- 
racher des aveux par 
la torture (Cic. 3Iil. 
21; Quint. Curt.Vl, 
10). Les auteurs an- 
ciens n'ont pas laissé 
de descriptions qui 
puissent nous faire 
connaître la nature 
exacte de cette ma- 
chine, et leurs artis- 
tes ne peignaient ja- 
mais de scènes faites 
pour éveiller de pé- 
nil)les émotions. Mais 
les expressions dont 
on se sert pour ca- 
ractériser le supplice 
du patient , equtileo 

ou in eqmdcitm iinpositus, mènent à con- 
jecturer que c'était quelque chose dans le 
genre de la croix, et que le châtiment 
était une sorte d'empalement; dans cet- 
te hypothèse , on faisait asseoir le cri- 
minel nu sur une pointe aiguë, avec des 
poids assez lourds attachés à ses bras et à 
ses jambes pour augmenter la pression 
naturelle du corps , ainsi que le montre la 
gravure ci-jointe, qui représente un ins- 
trument de supplice dont on se servait 
I autrefois à la Mirandole, dans le nord de 




252 



EQUUS. 



ERGASTULABI0S. 



l'Italie , et qui , poiir confirmer notre sup- 
position, s'appelait du même nom {le 
poulain , il cataletto). 

EQLUS. Dans le sens propre, étalon, 
distinct à'equa, une jument, et de ca/ite- 
riiis, un cheval hongre. 

2. Ecjiius publicus. Cheval accordé par 
l'État à chacun des anciens chevaliers ro- 
mains {eijuites) , pour faire leur service 
dans la cavalerie ; ou l'achetait et on 
l'entretenait aux frais de la république 
(Liv. X, 7; Cic. Pldl. vi, 5; Plin. H. 
N. xxxiii, 9,. 

3. Eqitus ciirtiis. Cheval qui a la queue 
écourtée (Prop. iv, 1 , 20 ; ce qui n'é- 
tait pas commun chez les anciens. Horace 
applique la même épithete à un mulet 
{Sat. I, G, 104), évidemment avec une 
idée de mépris. Un cheval à queue écour- 




tée était tous les ans offert en sacrifice 
à Mars (Festus, v. October equus). 11 est 
possible que le ])etit bronze dont est co- 
piée la figure ci-jointe fût destiné à rap- 
peler cette coutume. 

4. Equus Trojanus. Cheval de Troie, 




au moyen duquel les soldats enfermés 
dans ses flancs purent, suivant la Fai)le, 
ouvrir les poites de Troie à leurs ca- 
marades et s'enqiaier aizisi de la ville 
(Cic. l\Jureii. 37; n)^m. Fah. 108). Plu- 
sieurs représentations anciennes de ce 
stratagème ont été conservées par la pein- 
ture, la sculpture et les pierres gravées. 
Elles répondent généralement à la figure 
ci-jointe, tirée du Virgile du Vatican : on 
y voit la plate-forme et les roues sur les- 
quelles se mouvait l'animal, et la porte 
qu'ouvre Sinon pour faire sortir les sol- 
dats, qui descendent à terre en glissant le 
long d'une corde; enfin, tous les minu- 
tieux détails cjue donne Virgile [jEn. Il , 
257-264). 

5. Eijuus bipes : cheval marin. Mons- 
tre qui avait le poitraii et les deux jam- 




bes de devant d'un cheval, et dont le 
corps se terminait en queue de poisson ; 
il était attaché par la Fable et la poésie 
au char marin de Neptune et de Protée 
(Virg. Geurg. iv, 388; Pervigil. l'en. 
10). Notre gravure est prise d'une pein- 
ture de Pompéi. 

G. Equus fluviatilis. Cheval de fleuve 
ou hippopotame (Plin. H. N. vill, 21,30). 

7. Equus ligneus. Expression poéti- 
(pie pour désigner un vaisseau (Plaut. 
Rud. 1,5, 10). 

8. Machine de guerre pour battre et 
renverser les murailles (Prop. m , 1 , 25); 
on la désigna dans la suite sous le nom 
de bélier (Plin. H. N. VU, 5G). Vojez 
Aries. 

ERGASTULARIUS. Celui qui était 
chargé de surveiller un ergastuluni et 
les esclaves qui y étaient eufeimés. Il 
était à la fois geôlier et distributeur du 
travail; il avait à veiller à ce que l'ou- 
vrage fût exécuté, et était lui-même un 
esclave, quoique placé à un poste de con- 
fiance (Columell. I, 8, 17). 



ERGASTULUM. 



KVERRIClILlIiM. 



253 



ERGASTULUM. Sorte de prison et de 
maison de correction atlacliée aux fer- 
mes et aux villas des Romains , oîi cenx 
des esclaves qn'on tenait aux fers {com- 
pediii, iiex't, vi/icti ) étaient logés et for- 
cés de travailler avec leurs chaînes; tan- 
dis que les autres , qui n'étaient pas en- 
chaînés, avaient des pièces distinctes 
(cellx, contiibern'ia) dans d'autres par- 
ties de l'établissement ( Columell. i , 
6, 3; cf. 8, IG; Apul. Jpcl. p. 482; 
Brut. adCic. Fam.xi, 13). Comme Co- 
lumelle recommande que ces prisons 
soient construites sous terre, nous en 
pouvons conclure que ce n'était pas là 
une habitude générale. 

ERGASTULUS. Esclave condamné à 
Vergaslulum (Lucil. Sat, XV, 8, éd. 
Gerlach ). 

ERGATA (ÈpyaTYiç). Cabestan ou vin- 
das pour amener les vaisseaux près du 
rivage et en général pour mouvoir des 
fardeaux pesants (Vitruv. x, 4). 

ERICIUS. Littéralement, hérisson : 
nom donné aussi à une machine qui ser- 
vait à défendre les portes d'un camp ou 
d'une place fortifiée et qui consistait en 
une longue poutre, hérissée de pointes de 
fer et placée en travers de l'ouverture 
qu'on avait besoin de protéger (Cfes. B. 
C. III, G7 ; Sallust. Hist. Fragm. m, 
28). La poutre mise en travers de la 
porte dans la gravure du mot Catara- 
CTA, 3, si elle était munie de pointes, 
donnerait un spécimen de Vericiiis. 

ESSEDA ou ESSEDUM. Char ou cha- 
riot découvert, placé sur deux roues, 
ouvert par devant , mais fermé par der- 
rière et tiré par deux chevaux, dont se 
servaient habituellement à la guerre les 
anciens Bretons , Gaulois et Belges (Caes. 
B. G. IV, 33; V, 16; Virg. Georg. 
III, 204 ; Servius ad /.). Les Romains 
firent aussi des voitures sur le même 
modèle, qu'ils employèrent pour des usa- 
ges ordinaires et désignèrent par le mê- 
me nom (Cic. adjtt. vi, 1; OwPoiit. il, 
10, 34; Suet. Cal. 51); il n'existe pas, 
que l'on sache , sur aucun monument 
authentique, de représentation du char 
original des Bretons ou de celui des Ro- 
mains construit sur le même modèle. 
ESSEDARIUS. Guerrier breton, gau- 



lois ou belge, monté svu' un char de guerre 
(esseditm), d'où il combattait de la ma- 
nière décrite par César {B. G. IV, 33; 
Cic. ad Fam. vii. G). 

2. Captif d'une des nations nommées 
ci-dessus , que l'on forçait de combattre 
à la manière de son pays du haut d'un 
essedum, comme gladiateur, dans l'am- 
phithéâtre romain(Suet. Cal. 35; Claiid. 
21). 

EURIPUS (eypiTTOç)- Tout canal ou 
cours d'eau artificiel de plus ou moins d'é- 
tendue, comme ceux qu'on pratiquait, soit 
pour décorer une villa (Cic. Leg. Ii, 1 ; 
Senec. Ep. 83), soit pour former un réser- 
voir où l'on pût offrir en spectacle des ani- 
maux amphibies ou aquatiques amenés 
de l'étranger (Plin. viii, 2G, 40); dans un 
sens spécial, fossé rempli d'eau que fit 
faire Jules César autour de l'intérieur du 
Circus Maximus (Suet. Ca?j'. 39; Plin. 
H. N. VIII, 7), pour protéger les spec- 
tateurs contre les animaux , quand on y 
donnait des chasses ou des spectacles de 
bêtes féroces. Il fut dans la suite comblé 
par Néron (Plin. /. c); et le nom d'eu- 
ripiu fut transporté clans la suite à la 
barrière (spina) qui s'étendait au centre 
de l'arène (Tertull. adv. Hermog. 31; 
Sidon. Carm. XXIII, 35G). 

EUSTYLOS ( eÛTTuXoç). Colonnade 
dans laquelle les entre-colonnements 
sont de deux diamètres et quart ; c'est le 
style qu'on considérait comme le plus 



#— 4---# 

parfait pour la solidité de la construc- 
tion , la beauté de l'aspect et l'harmonie 
générale du monument (Vitruv. m, 2, 
1 ). La figure ci-jointe montre les cinq 
espèces différentes d'entre-colounements 
dont se servaient les anciens, avec leurs 
intervalles relatifs : ïeustjle occupe la 
troisième ligne. 

EVERRICL'LUM. Filet à pêcher ordi- 
naire (Varro, B. B. III, 17, 7; Apul. 
Jpol. p. 457; Nonius, s. %\) : à en 
juger par la figure ci-jointe, tirée d'une 
13 



254 



EXCALCEATUS. 



fresque du palais de Titus, à Rome, IV- 




verriculnm paraît avoir été foi-t sembla- 
ble aux filets des pécheurs d'aujourd'hui. 
EVOCATI. Vélérans cpii, après avoir 
fait leur temps, s'étaient enrôlés de nou- 
veau comme volontaires. Ils n'étaient pas 
soumis aux obligations militaires ordi- 
naires du légionnaire ou du sim])le sol- 
dat, mais ils semblent avoir tenu un rang 
supérieur et fait l'office de centurions, 
comme ils en avaient le costume et les 
marques distiuctives; ils sont représentés 




sur les monuments funéraires avec un 
cep de vigne {ritis) dans une main, une 
épée au coté gauche ( parazoïiium ) , et 
dans l'autre main un rouleau de papier 
qui indique peut-être qu'ils étaient li- 
bérés. Tels paraissent les centurions dans 
la figure ci-jointe, tiiée d'un marbre sé- 
pulcral qui porte l'inscription AlR. Ju- 
LIANLSEVOK. (Cic. aclFam. III, G; Cœs. 
B. G. vu, 65; B.C.i, 17). 

2. Le même titre fut donné dans la 
suite à une troupe déjeunes gens choisis 
parmi les familles équestres, et dont l'em- 
pereur Galba forma un corps qui devait 
mouter la garde aux portes de la cham- 
bre à coucher de l'empereur (Suet. Galb. 
10). 

EXAaSCULATUS. Ravagé, détruit 



ou forcé avec un pic ( acisculus ) ; ma- 
nière ordinaire d'entrer par violence 
dans les tombes pour en dérober les ob- 
jets piécieux qui y étaient déposés. De 
là vient qu'on rencontre souvent ce mot 
dans les inscriptions sépulcrales, comme 
un avis donné à tous de ne pas commet- 
Ire un tel crime (Inscript, ap. Mur. 1028, 
2;^;;. Don. cl. 12, n" 27). 

EXAMEN. Languette sur le fléau d'une 
balance, s'élevant perpendiculairement 
(lu fléau et se mouvant dans un œil qui y 
est fixé : elle sert à marquer l'égaliléou 
l'inégalité de poids des objets mis dans la 
balance (Virg. v£«. xil, 725; Pers. 5(2f. 
I, 6). La gravure représente un fléau de 




balance, muni ainsi d'une languette et 
d'un œil, d'après un original en bronze, 
conservé parmi le» antiquités romaines 
du Musée Britannique. 

EXASCIATUS. Taillé d'une matière 
brute et façonné avec l'herminette du 
charpentier (oscia). Comme c'était la 
première opération avant de finir et de 
polir avec d'autres outils plus délicats, 
l'expression opus exasciatum implique 
un ouvrage déjà avancé, c'esl-à-diie dont 
on a heureusement surmonté toutes les 
difficultés préliminaires (Plaut. As. II, 2, 
93). 

EXCALCEATUS. Littéralement, sans 
souliers (calcei, Suet. Vesp. 8); de là, 




EXCUBITORES. 



FXOMIS. 



255 



dans un sens spécial , acteur comtcjiie 
(Senec. Ep. 8), par opposition à l'acteur 
tragique [colliiirnatns) , (pii portait sur 
la scène un l>roile{|uin fermé envelop- 
pant tout le pieil , tandis que la chaussure 
du comédien n'était pas un soulier iernié 
ou un calceus régulier, mais une simple 
semelle attachée avec des courroies de 
cuir qui laissaient exposés les orteils et 
une grande partie du pied , comme le 
montre la figure ci-jointe, d'après un 
])as-relief qui i-eprésenle une scèue comi- 
que. 

EXCUBITORES. Sentinelles dont le 
service était militaire ou civil ( Cœs. B. 
G. VII, 69; Columell. vu, 12) et qui 
montaient la garde le jour ou la nuit 
[excubix). Les excubitores étaient dis- 
tincts des vigiles, nomdonué seulement 
aux gardiens de nuit. 

2. Sous l'empire, le même nom fut 
spécialement attriiiné à un corps de sol- 
dats de la cohorte impériale qui avait la 
garde du palais de l'empereur (Suet. TW- 
ro,8; cf. Oltw, G). 

EXCUBITOHIUM. Poste où est sta- 
tionné le corps qui est de garde : il y eu 
avait quatorze à Kome , répondant aux 
quatorze quartiers de la ville (P. Victor. 
He Reg. Urb. Rom. ). 

EXCUSOR (-/aÀ;4îû:). Chaudronnier 
(Quint. II, 21, 10); mais la leçon n'est 
pas certaine. 

EXEDllA (É^Eopa). Chambre d'assem- 
blée ou salle de conversation; large et 
bel appartement , quelquefois couvert 
(Vitruv. VI, 3, 8), ([uek[uefois exposé à 
l'air et au soleil (Vitruv. vil, 0, 2), for- 
mant une des dépendances d'un gymnase 
ou d'une maison particulière de la pre- 
mière classe. C'était en réalité une place 
faite pour recevoir unesociété àesavants 
qui venaient s'y réunir et converser 
(Vilrnv. V, 9, 2 ; Cic. N. D. I, G), comme 
les philosophes avaient accoutumé de le 
faire dans les gymnases grecs et dans les 
Thennes de Home. Pour cet effet, Ve.ie- 
dra était souvent construite avec une 
abside circulaiie (Plut, yllcib. 17), dans 
laquelle des rangées de sièges étaient dis- 
posées pour la compagnie ; et en fait elle 
est ainsi dessinée dans un bas-relief de la 
villa Albani ( Wiuck. Mon. ined. 185;, 



qui représente une discussion scientifique 
entre plusieurs i)hiiosophes. Aussi, dans le 
plan où nous avons représenté les ruines 
du GvMNASiUM d'Éphèse ( voy. ce mot), 
le nom tïexedra est-il donné à chacnne 
des divisions qu'on voit au bout des corri- 
dors latéraux qui se terminent en une 
abside semblable. 

EXEDRIUM (impiov). Diminutif 
d'ExEDRA ( Cic. ad Fam. vil, 23). 

EXEQUL^. Voy. Exseqci.e. 

EXOMIS (è?tD[j.(:). Espèce particulière 
de tunique grecque, adoptée ensuite par 




les Romains, sans manches, fort courte 
(sabs/ricta) et enlierement ouverte du 
côté droit , de telle sorte que, quand on 
la mettait, l'épaule droite (wfj.oç) ainsi 
que le bras et la poitrine étaient laissés 
à découvert (Aul. Gell. vu, 12, 1). C'é- 
tait le vêtement habituel des personnes 
dont les occupations demandaient de 
l'activité et un travail continu, comme 
les esclaves, les paysans, les artisans et 
les chasseurs; de là vient que dans les 
œuvres d'art ce vêtement est fréquem- 
ment porté par Vulcain, Charoii, Dédale 
et les Amazones, dont la vie était remplie 
l)ar les travaux de la guerre ou de l'in- 
dustrie, et avec une forme semblable à 
celui de la figure ci-jointe, rejnésentant 
un esclave qui accompagne une partie de 
chasse, d'après un bas-ielief romain. 

2. Le même terme s'ajipliquait aussi 
an pallii/m ( 7iep(6)T|[j.a , Jul. Poil. VII, 
48), ([iiand il était arrangé sur la per- 
sonne de manière à présenter un aspect 
semblaijle à celui de la tunique décrite 



25G 



exseqult:. 



ci-dessus, couvrant seulement l'épaule 
gauche, mais laissant l'épaule droite à 




découvert avec le bras et la poitrine , 
ainsi que le montre la figure ci-jointe, 
prise du Virgile du Vatican. 

EXOSTRA (è^^fftpa). Pont ou plate- 
forme de bois jetée d'une tour mobile sur 
les murailles d'une ville assiégée et par 
laquelle le» assaillants couraient aux 
remparts (Veg. Mil.Vf, 21 et 17). 

2. Machine employée sur la scène des 
théâtres anciens pour révéler aux spec- 
tateurs les suites de certaines actions qui 
ne pouvaient s'accomplir devant leurs 
yeux, par exemple, un assassinat ou toute 
autre atrocité qui pouvait blesser leurs 
sentiments moraux ou religieux. On ne 
connaît pas parfaitement la forme exacte 
de cette machine et la manière dont elle 
jouait; tout ce qu'on sait, c'est qu'elle 
était poussée en avant de derrière la 
scène et tournait avec des ressorts et des 
roues de façon à montrer aux yeux l'ob- 
jet qu'on voulait exposer, un cadavre 
par exemple , indiquant un assassinat ou 
un suicide ( Cic. Prov. Cons. 6; Jul. 
Polhix,lV, 128, 129). 

EXPAPILLATUS. Littéralement, dont 
une mamelle est découverte; expression 
peignant l'aspect d'une personne qui 
porte sa tiuiica ou son palliuni de la fa- 
çon que nous avons expliquée et figurée 
à l'article ExoMis ( Plaut. Mil. iv, 4, 
44; Nonius, s. ii.). 

EXPEDITUS. Littéralement, libre et 
sans rien qui gêne : delà, au pluriel, dans 
le langage militaire, désignation générale 
des troupes légèrement armées {'velites , 



Festus , V. Advelitatio), ou des légionnai- 
res pesamment armés ( Sisenn. ap. Non. 
s. V.; Cic. ad Att. \III, 9), quand ils 
étaient équipés pour une marche rapide, 
c'est-à-dire, quand les parties les plus 
enii)arrassantes de leur costume et de 
leur Ijagage {impedimenta) étaient trans- 
portées dans des chars , et que leurs ar- 
mes offensives et défensives étaient dis- 
posées sur eux de la manière la plus 
commode pour marcher avec célérité. 
La figure ci-jointe, représentant un des 




légionnaires de l'armée de Trajan dans 
une marche accélérée , comparée avec 
la gravure du mot Impeditus, donnera 
une idée précise du sens de ce terme. 

EXSEQUIjE. Funérailles ou pompe 
funèbre (Tac. Hist, iv, 62; Cic. Mil. 
13; Quint. 16; Suet. Tib. 32). Les 
Romains des classes pauvres étaient en- 
terrés pendant la nuit et sans aucun ap- 
pareil ; mais les personnes opvdentes 
étaient portées à leur dernière demeure 
avec beaucoup de solennité, accompa- 
gnées d'un long cortège de parents, d'a- 
mis et de clients, qu'un entrepreneur 
( designator ) rangeait dans l'ordre sui- 
vant : D'abord venait une bande de mu- 
siciens jouant de la longue flûte des fu- 
nérailles {tibia longa), et immédiatement 
derrière eux des femmes payées pour 
faire l'office de pleureuses {prœfi.ta'), qui 
entonnaient des complaintes funèbres, 
arrachaient leurs cheveux et chantaient 
les louanges du défunt ; ensuite maichait 
le victimaire {^victimarim), qui devait tuer 
autour du bûcher les animaux favoris du 
défunt , chevaux , chiens , etc. Venait en- 
suite le cadavre sur uue riche bière {ca- 
puliim, feretrum, lectica funebris ) im- 



EXTISPEX. 

médiafement précédée par des personnes 
qui portaient des bustes ou images (Ima- 
gines) des ancêtres du mort et les récom- 
pensespuhliquesqu'ilavait reçues, comme 
les corortx , phalerae , torques, et aussi 
par un l)ouffon [archimimus] chargé de 
représenter sa personne et d'imiter ses al- 
lures. Après la bière s'avançait une lon- 
gue file d'esclaves et de serviteurs con- 
duisant les animaux qu'on devait sacrifier 
pendant qu'on brûlerait le corps , et enfin 
la voiture vide du défunt fermait la mar- 
che, comme c'est encore l'usage chez 
nous. Tous ou presque tous ces détails 
sont présentés dans l'ordre ci-dessus sur 
un bas-relief d'un sarcophage romain on 
l'on voit les funérailles de Méléagre; su- 
jet parfaitement approprié à une per- 
sonne qui , pendant sa vie , avait été fort 
adonnée à la chasse. Il a été gravé par Ber- 
toli (Admirand. Rom. planches 70 et 7 1), 
et nous en avons tiré plusieurs figures 
pour expliquer les différents mots cités 
dans cet article : mais l'ensemble con- 
tient trop de personnages pour pouvoir 
être reproduit dans ce dictionnaire. 

EXTISPEX (Yi7iaToax,67ro;, ffix).ay- 
3(voa>co7io;). Devin qui prétendait con- 
naître la volonté des dieux et découvrir 
l'avenir par l'inspection des entrailles 
des victimes immolées à l'autel (Cic. Div. 
II, 18), comme le montre la figure ci- 
jointe, prise d'un bas-relief de la villa 
Borghèse , la seule représentation an- 
cienne de cette pratique qu'on ait dé- 
couverte jusqu'ici. 

EXTISPICIUM (f,:TaTO(75coma). Ins- 



3.'i7 




en tirer la prédiction de l'avenir, comme 
le représente la gravure précédente f Ac- 
cius, ap. ISon. p. 16; Suet. Ner. 66). 



FABATARIUM. Large vase ou plat 
dans lequel on servait, après en avoir 
fait une sorte de bouillie {puis fahacia , 
Macrob. Sat. i, 12), des fèves ou de la 
farine de fèves (Lamprid. Heliog. 20). 

FABER ( TÉxTwv ). Nom donné sans 
distinction à tout artisan qui travaille 
des matières dures , comme le bois , la 
pierre, les métaux, etc. , par opposition 
à celui qui moule ou modèle des subs- 
tances malléables , comme la cire ou l'ar- 
gile, et qui recevait le nom de plastes. 
Ce mot est accompagné le plus souvent 
d'une épithète caractéristique qui dé- 
termine à quel métier particulier il est 
fait allusion : ainsi faher tiguarius, char- 
pentier (voy- la gravure suivante); fader 
feirarius, forgeron (voy. la gravure au 
mot Ferrarius); faherxris , marmoris , 
chor'is , ouvrier qui travaille le bronze, 
le marbre et l'ivoire; et ainsi de suite. 
Le terme grec n'a pas nne signification 
tout à fait aussi étendue que le terme 
latin : il s'applique rarement à un ou- 
vrier travaillant les métaux, lequel s'appe- 
lait expressément ycù.Y.Z'dc, ou (Ti5ripeOç. 
Cependant il se rencontre quelques pas- 
sages où on l'emploie dans ce sens. 

FABRICA. En général , atelier de tout 
artisan qui travaille des matières dures, 
mais particulièrement le bois ; ainsi ate- 
lier d'un charpentier ou d'un ébéniste 
(Terent. Ad. IV, 2, 45; Lucret. iv, 
515). La gravure représente une bou- 
tique de charpentier d'après une peinture 



pectiou des entrailles des animaux pour 




trouvée à Herculanum , où les ouvriers 



FALCIFER. 



sont représentés sous la forme de génies, 
suivant rhal)itude des écoles anciennes 
dans des sujets de cette nature où sont 
peintes des scènes de la vie journalière. 

FABRILIA. Outils d'artisan, terme 
général sous lequel sont comprises toutes 
les différentes espèces d'outils et d'ins- 
truments employés par les charpentiers, 
les foigerons et autres artisans ([ui tra- 
vaillent le marljre, la pierre, l'ivoire, et 
en général les matières dures (Hor. Ep. 
II, 1, 116). 

FACTOR. Terme employé au jeu de 
halle qu'on désignait par datât im ludere , 
ou la halle au vol; il s'appliquait au 
joueur qui jetait la halle en la recevant 
du dafur (Plaut. Cure. II, 3, 18). 

FACTORIUM, sous-entendu vas. Vais- 
seau qui tenait la quantité exacte qu'il 
fallait mettre sous le pressoir pour une 
façon, factum ( Pallad. XI, 10, 1 ; cf. 
Cato , R. R. G7 , et Varro , R. R. I, 24, 3). 

FACULA. Diminutif de Fax. Espèce 
de torche petite ou commune; quelque- 
fois éclat ou latte de hois résineux dont 
on faisait des torches en les liant en pa- 
quets (Cato , R. R. 37). 

FALA. Tour de hois, haute de plu- 
sieurs étages , employée dans les sièges , 
mais dont on ne connaît pas les détails 
caractristiques (Festus, i'. v.; Ennius, 
ap. Non. s. v.). 

2. Tour de hois de même nature, 
qu'on élevait dans le cirque , sur la par- 
tie vide de l'arène , entre la harrière 
(spina) et la circonférence (euripus) , 
quand les soldats devaient donner le 
spectacle d'un comhat simulé (decursio) 
fJuv. VI, 589; Non. /. c; Serv. ad 
Virg. jEu. IX, 705). 

FALARICA. Espèce particulière de 
lance destinée à être lancée avec la main 
comme un trait et emiiloyée à la guerre 
ainsi qu'à la chasse (Virg. .En. ix, 705; 
Liv. XXXIV, 14;Grat. Cyneg. 342). On 
la décrit comme un javelot qui avait 
les dimensions les plus grandes (Non. 
s. T.), une immense tète de fer, et un 
hois fort, chargé vers le haut d'une 
masse de plomb circulaire (Isidor. Orig. 
XVIII, 7,8), exactement ainsi que le re- 
présente la figure ci-jointe, prise d'un 
ancien monument puhlié par Alstorp (de 



Hastis veterum, p. 178). On trouve un 
autre spécimen d'un caractère fort sem- 



hlaljle sur un marhre sépulcral décou- 
vert à Aquilée et puhlié par Bertoli 
[Anticliità di Aquileja, p. 153). 

2. Javelot inventé par le peuple de 
Sagonte et semhlahle en beaucoup de 
])oints au précédent , mais plus formida- 
ble encore. Il était surtout employé dans 
les sièges et lancé avec une violence pro- 
digieuse , à l'aide d'une machine (Lucan. 
VI, 198), des hautes tours de hois appe- 
lées faix, qui lui firent donner son nom 
(Festus, s. T.). Il est décrit par Tite-Live 
(XXI , 8) et Végèce (3///. iv, 18 , qui lui 
attribuent un caractère fort semblable 
au spécimen précédent, excepté que le 
fer, placé immédiatement au-dessous de 
la tête, était enveloppé d'étoupe garnie 
de poix ou d'autres matières inflamma- 
bles, auxquelles on mettait le feu avant 
de lancer le javelot. 

FALCARIÙS. Taillandier, qui fait des 
faux et des faucilles, /«/ccji (Cic. Catil. 
I, 4 ; Sidl. 18). 

FALCASTRUM. Instrument employé 
dans la culture pour faire disparaître la 
végétation excessive des herj)es et des 
broussailles; il était composé de la lame 
d'une faucille ( faix ) lixée à un long 
manche droit (Isidor. Orig. XX, 14, 5), 
semblable à celui dont on se sert encore 
chez nous pour le même usage. Ce n'é- 
tait probablement qu'une expression 
provinciale en usage parmi la population 
ouvrière; caries gens ])ien élevés et les 
auteurs qui traitent de l'agriculture se 
servaient du mot Rinsco. 

FALCATUS (5p£7ravY)çôpo:). Muni de 
faux ; ainsi currus falcatus (voy. CuRRUS, 
5) : ou encore en forme de faux ou 
de faucille; ainsi ensis falcatus (vov. 
Falx, 0). 

FALCICULA. Diminutif de Falx (Pal- 
lad. I, 43, 3). 

FALCIFER. Qui porte une faux ou 
une faucille, instruments attribués tous 
les deux d'une façon emblématique par 
les architectes et les poètes au vieux Sa- 



FALCIGEH. 



259 




turne : c'était une allusion à l'agricul- 
ture, qu'il avait le premier introduite eu 
Italie, ou à son 
caractère my - 
thique , comme 
personnification 
du Temps, Kp6- 
vo;, le destruc- 
teur de toutes 
choses (Macrob. 
Sat. I, 7 et 8). 
Ce dernier sens est celui de la figure , 
donnée ici comme assez rare , d'après une 
médaille frappée en l'honneur d'Hélioga- 
hale. 

FALCIGER. Même sens que Falci- 
FER (Auson. Ed. de Fer. Rom. 36). 

FALCULA (opêTtâviov). Diminutif de 
Falx (Cato, R. R. 11; Columell. xii, 
18, 2). 

FALERE. Terme d'architecture em- 
ployé par Varron (/?. R. m, 5, 14 et 1 G), 
d'une signification douteuse, mais dési- 
gnant , à ce qu'on suppose , un mur bas 
en maçonnerie, élevé comme une digue 
autour du bord d'une flaque d'eau. 

FALX (ùçziz6.v(\ , opÉTtavov, apTir)). En 
général, tout instrument pour couper, qui 
a une lame recourl)ée et un seul tran- 
chant; il avait des formes différentes, 
suivant les usages auxquels il servait; 
chacune de ces formes est marquée par 
une épithèle caractéristique. Ainsi : 

1. Fœnaria et ver iicidata. Faux pour 
couper l'herbe (Cato , 7?. R. IO;Pallad. 
1 , 43, 1 ; Columell. ii, 21 , 3) ; elle est 
toujours représentée dans les œuvres de 



l'art antique avec un manche long et 
droit, comme dans le spécimen ci-joint, 
qui est égyptien : mais le spécimen de 
la gravure précédente et d'autres que 
portent les pierres gravées et les mon- 
naies présentent tous une figure sembla- 
ble. 





2. Stiamentar'ia et messoria. Faucille 
pour moissonner le 
blé (Cato, 7f. /?. 10; 
Pallad. I, 43, 1). 
La gravure repré- 
sente un modèle dé- 
couvert, parmi plu- 
sieurs autres instru- 
ments d'agricul- 
ture, dans la ville de Pompéi. 

3. Denticulata (apTtYi xap^apôocuç). 
Faucille à dents, employée , au lieu de la 
faucille ordinaire, pourmois- 
sonner, dans plusieurs pai- 
ties de l'Italie ancienne, de 
la Grèce et de l'Egypte (Co- 
lumell. II, 21, 3). La lame, 
dont le tranchant était en- 
taillé comme une scie, était 
fixée à l'extrémité d'un bâ- 
ton court , légèrement courbé en ar- 
rière (Cato, R. R. 50). Quand on s'en 
servait, on tenait la pointe eu haut, 
dans la position que montre notre figure 
d'après une peinture égyptienne, de sorte 
que le moissonneur la portait toujours en 
haut , coupant la tige un peu au-dessous 
de l'épi (Job, xxiv, 24, sicut summitafes 
spicarum contereritur). On peut voiries 
manières différentes dont étaient maniées 
la faucille à dents et la faucille ordinaire, 
dans deux peintures des tombes de Thè- 
bes , reproduites par Wilkinson (Manners 
and Customs of the Egyptians , vol. IV, 
p. 89, 98). 

4. Arboravia et sylvatica. Serpe com- 
mune (Cato, R. R. 10 et 11), emplovée 
par les bûcherons , les faiseurs de /\^ 
haies et autres ouvriers du même 
genre ; elle était semblalile en tout 
point à l'instrument dont ils se 
servent encore aujourd'hui, com- 
me le montre notre figure, prise 
d'un modèle trouvé à Pompéi. 

5. Vinitoria, l'ineatica et putatoria. 
Serpette de a<is;neron (Cato,/f. ^.11; 
Pallad. I, 43,^1; Columell. iv, 25, 1), 




sorte d'instrument compliqué et muni de 



360 



différents tranchants pour les nombreu- 
ses et délicates opérations de la taille de la 
vigne. Chacune de ses parties portail un 
nom approprié que l'on comprendra fa- 
cilement en se reportant à la gravure ci- 
jointe, qui représente un de ces instru- 
ments d'après le manuscrit de Columelle. 
Le tranchant , droit immédiatement au- 
dessus du manche , s'appelait ciilter, le 
coutre; celui qui se recourbe au delà, si- 
nus, le pli ou le creux ; le tranchant, entre 
le creux et la pointe, scalprum, le cou- 
teau ; le croc lui-même , rostrum , le bec ; 
au delà la pointe saillante, mucro, la 
pointe ; et, contre le dos , le tranchant 
en demi-lune, securis, la hache. 

6. Glaive (Cic. Mil. 33; Stat. Jc/i. 
II, 419), fort courbé à l'extrémité supé- 
rieure de la lame; ce qui lui 
donnait beaucoup de ressemblance 
avec une faucille; de là aussi le 
nom spécial d'ensis falcatus (Ovid. 
Met. I, 718; iv, 726) ou hama- 
tus (Id. Met. y, 80). Une arme de 
cette forme est fréquemment at- 
tribuée par les poêles et les artis- 
tes à Mercure et à Persée. Elle 
est représentée, dans la gravure ci- 
jointe, d'après une lampe en terre cuite 
(Bartoli, Lucerne, III, 13, cf. Winck. 
3Ion. ant. ined. 84), oii elle apparaît en- 
tre les mains d'un jeune guerrier dessiné 
dans le genre héroïque, avec un bouclier, 
un casque et un manteau de peau. 

7. Siipina. Couteau à trauchaut re- 



r 




courbé et à lame pointue employé par 
les gladiateurs appelés Thraces ( ThraceSj ; 



il tirait ce nom de la manière dont on 
s'en servait; on le tenait un peu renversé 
et pour ainsi diresursondosisupina, Juv. 
Sat. m , 201), en présentant le tranchant 
de manière à porter le coup au bas du ven- 
tre et à étendre en long la blessure en re- 
montant, précisément comme les Italiens 
modernes se servent de leurs couteaux, et 
comme l'indique la gravure ci-jointe, re- 
présentant un des gladiateurs nommés ci- 
dessus, d'après une lampe en terre cuite. 

8. Muralis (Sopyopéravov ). Instru- 
ment employé dans la guerre de terre et 
de mer à la fois pour couper les mâts et 
le gréement d'un vaisseau ennemi , dé- 
barrasser les remparts de leurs défenseurs 
ou abattre les pierres et les palissades 
qui formaient un retranchement ( Cœs. 
B. G. III, 14; \li, 86; Strabo , iv, 4, 
1 ; Liv. XXXVIII , 5). On peut facilement 
se le représenter avec une tête de fer mas- 
sive en forme de faucille fixée à l'extrémité 
d'une forte perche ou poutre qui pouvait 
être manœuvrée à la main ou par une ma- 
chine, de manière à couper, tailler ou 
renverser, ainsi que nous l'avons décrit. 

9. Employé poétiquement pour DoLA- 
BR A (Prop. I V, 2 , 59) , instrument dont une 
des extrémités avait une forme recourbée, 
se rapprochant de celle d'une faucille. 

FANUM. Lieu qui avait été consacré, 
par la formule solennelle des augures [ef- 
fatiini), à quelque divinité (\'arro , L. L. 
VI, 54; Liv. x, 37; Cic. Div. i, 41). 
Comme un édifice sacré était générale- 
ment élevé sur ces lieux, le même terme 
détenait aussi l'édifice ou temple avec le 
temtoire consacré qui l'entourait. 

FARCIMEN. Farce, faite d'iugrédients 
hachés menu que l'on plaçait dans un 
mets (N^arro , L. L.\, 1 11 ; Isidor. Orig. 
XX, 2, 28). 

FARRAGO. Espèce particulière de ré- 
colte verte, consistant en graine, orge, 
ivraie et plantes légumineuses, semées en- 
semble à la volée et coupées en verdure, 
comme fourrage pour le bétail , pendant 
la fin de l'hiver et le commencement du 
printemps; de là vient que ce terme fut 
employé par métaphore pour signifier un 
mélange confus de choses (A'arro , B. R. 
I, 31 ,5; Columell. Il, 11, 8 ; Plin. xviii, 
16, 41 ; Juv. I, 86; Nemes. Cjne^. 283). 



FARRAnU'M. 



TAPCIA. 



26 1 



FARRARIUM. Grange ponr serrer le 
gi'aiiiappelé/V7ronépeaiitre(Vilr.vi,9,5). 

FARHELIM. Gâteau fait à^far ou d'é- 
peaiilre ^Plin. H. N. xvin, 3). 

FARTOR (TixeÛTYii;). Esclave dont la 
fonction spéciale était d'engraisser de la 
volaille pour la table, ou marchand qui 
vendait de la volaille grasse (Columell. 
VIII, 7, l;Inscript. ap. Grnt. 580, 15). 
Dans les passages suivants (Plant. Truc. 

I , 2 , 1 1 ; Ter. Eiin. Il , 2 , 20 ; Hor. Sat. 

II, 3, 229), on suppose d'ordinaire que 
ce mot signifie un fabricant de saucisses 
ou de pâtisserie l'emplie de friandises à 
l'intérieur; mais il n'y a pas de raison 
ponr faire de distinction , et dans tous un 
marchand de volaille irait aussi bien avec 
le reste de la phrase (Becker, Gallits, 
p. 138, trad. angl. ). 

FARTURA. Action d'engraisser des 
volailles (Columell. vill, 7,4); par ex- 
tension ce mot fut adopté par des cons- 
tructeurs pour désigner les moellons avec 




lesquels on remplissait l'intérieur d'une 
muraille entre les surfaces extérieures, 
quand le mur n'était pas entièrement cons- 
tiuit en maçonnerie ou en briquetage 
(Vitruv. II, 8, 7), comme le montre le 
spécimen ci-joint, pris d'une construc- 
tion romaine. 

FASCIA. Dans un sens général , toute 
bande d'étoffe longue et étroite employée 
comme bandage : par exemple 
les langes ((jTràpyava) dans les- 
quelles les anciens avaient cou- 
tume d'envelopper les corps des 
enfants nouveau-nés ( Plant. 
Truc. V, 13; cf. Jmplùtr. v, 
1, 52). Elles consistaient en 
une longue et étroite bande 
d'étoffe, repliée, comme dans 
une momie, autour du corps de la tète aux 
pieds, de manière à ne laisser de découvert 
que la ligure, comme le montre clairement 
lagravure ci-jointe, représentant un enfant 
que tient entre les bras ime actrice de 
tragédie , dans une peinture de Pompéi , 




et qui rappelle sous tous les rapports la 
manière dont les paysannes d'Italie em- 
maillottent aujourd'hui leurs enfants. 

2. Bandeau porté sur la tète comme 
em!)lème de la royauté (Senec. Ep. 80); 
on l'appelait spécialement Diadfma. 

3. (àTtoûSTfxoç). Bandage attaché au- 
tour de la poitrine des jeunes filles pour 
arrêter par sa pression le développement 
duseiu(Mart.jE/>.Xiv, 134; ds'iA.A. Jm. 
III , 247 ; Prop. iv, 9 , 49) ; on regardait 
comme essentiel à la beauté et à la grâce 




d'une jeune femme de comprimer ainsi 
la gorge. On portait ce bandage sur la 
peau, comme le montrent les deux figures 
ci-jointes. Celui qu'on voit de face est 
pris d'une statuette de bronze (Caylus, vi, 
71), et celui qu'on voit par derrière, d'une 
peinture de Pompéi où il est colorié en 
rouge. Mais il ne faut pas croire qu'il fût 
une partie du vêtement ordinaire ni que 
l'usage en fût général, en Grèce ou eu 
Italie; il n'était employé que par des per- 
sonnes exposées à un développement ex- 
cessif ou donné par des mèies à leurs 
filles quand elles étaient trop préoccupées 
de leur beauté (Ter. Eun. ii, 3, 21). 

4. Bandage attaché autour de la jambe 
depuis le genou jusqu'à la cheville (crwi. 
Quint. XI, 3, 144; Val. Max. vi,2,7; 
de là son nom de cruralis, Ulp. Dig. 34, 
2 , 25) , comme on le voit dans le spéci- 




men ci-joint , pris d'un diptyque consu- 
laire. Il n'était pas porté comme une par- 
15. 



262 



tie ordinaire du costume national, mais 
seulement dans de certaines occasions ou 
par certains individus; c'était une sorte 
de jambière pour les personnes d'une 
sanlé délicate (Quint. /. c), ou dont les 
occupations exigeaient que la peau et la 
jambe fussent bien ]>rotcgées par quelque 
vêtement qui n'empèchàt pas l'agilité 
des mouvements , comme pour les cochers 
du cirque; ou encore pour celles qui al- 
laient à des chasses périlleuses (Grat. 
Cyneg. 338; Petr. Sat. 40) : on en voit 
un exemple dans le Vii-gile du Vatican , 
quand Enée , préparé pour une partie de 
chasse avec la reine de Carthage , a les 
jambes couvertes de bandages exactement 
semblables à ceux du conducteur ici re- 
présenté. 

5. (uooeTov ou TTÔôetov). Chaussette ou 
hns (Cic. Fragm. ap. Non. v. Calantica; 
Lamprid. Alex. Sev. 40) qui enveloppait 
entièrement le pied et était porté avec 
des souliers (Cic. ad Att.w, 3 ; Varro 
ap. Non. )'. Ephippium) , plus parti- 
culièrement par les femmes (Cic. Fragm. 
l. c). On le voit sur les jambes de plu- 
sieurs figures de femmes , dans les pein- 
tures de Pompéi, dont une est représentée 
dans la gravure ci-jointe ; la matière, 




comme on ue manquera pas de l'obser- 
ver, est évidemment élastique, puisqu'elle 
serre si bien la jambe et ne se lace pas par 
devant ; elle n'a pas de semelle et elle est 
attachée au haut par une sorte de ban- 
deau ou de jarretière. Cette chaussure 
ressemble aussi parfaitement au haut-de- 
chaussesd'un montagnard écossais, dont 
le coslume, surplus d un point, attesteune 



fort ancienne origine. Si la ohaussette des 
anciens , comme cela n'est pas improba- 
ble , était ornée d'un dessin bigarré, ainsi 
que celle des Écossais, qui imite un.ban- 
dage entrelacé, on comprendrait pourquoi 
elle était appelée fascia pedulh (Ulp. Dig. 
34 , 2, 25) , ce qui assurément signifie 
"■ une chaussette » , car le même terme , 
pediile , est conservé dans l'italien mo- 
derne pour désigner le pied d'un bas. 

G. Bande d'étoffe grossière et forte, 
formant ce qu'on appelle maintenant la 
sangle qui supporte le matelas d'une 
couche ou d'un lit (Cic. Div. il, 65). 
Plusieurs de ces bandes étaient attachées 
en travers du bois de lit et entrelacées 
de cordes (restes) qui les tendaient, de la 
même façon qu'on le pratique encore 
maintenant. Cela ressort clairement d'un 
passage de Martial {Ep. v, G2). 

7. Cercle imaginaire dans le ciel, ap- 
pelé aussi CiRCULUS et Zona : voy. ces 
mots (Mart. Capell. vi, 196). 

8. Dans Juvénal {Sat. XIV, 294), cein- 
ture de nuages qui s'amassent autour de 
l'horizon et qui anuoncent un mauvais 
temps. 

9. En architecture, face, membre pro- 
duit par la division d'une surface unie en 
parties distinctes, qui ressemblent ainsi à 
de longues bandes plates étendues parai - 




lèlement l'une à l'autre. On s'en sert fré- 
quemment dans les architraves, plus par- 
ticulièrement dans celles des ordres ioni- 
que, corinthien et composite, qui sont 
partagées en deux ou trois de ces bandes, 
comme le montre la gravure ci-jointe, 
prise du temple de Bacchus à Téos : de 
la leur nom de première, seconde et troi-. 



FASCICULIS. 



263 




sième face, en commençant i)ar la face 
inférieure (Vitruv. m, 5, 10). 

FASCICULUS. Diminutif de Fascis. 
Petite quantité de choses liées en fais- 
ceau , comme un bouquet 
(Cic. Tiisc. III, 18); un 
paquet de lin (Plin. H. 
N. XIX, 3) ou de livres 
{^OY.Ep. I, 13, 13); on 
voit de ces derniers dans 
la gravure ci-jointe , tels 
qu'ils furent trouvés dans 
une l)i])liothèque à Herculanum. 

FASCINA. Même sens que Fascis, i 
(Cato, R.R. 37). 

FASCIOLA. Diminutif de Fascia. Pe- 
tit bandage ou bandage fait de matières 
plus fines, pour les enfants (Vopisc. v^wre/. 
4); pour la tête (Yarro, L. L. v, 130) ; 
pour les pieds et les jambes (Cic. Har. 
Resp. 21; Hor. Sat. ii, 3, 255). Yoy. 
l'article Fascia. 

FASCIS (çâxeXoc et cpâxeW.oç). Exac- 
tement, paquet de choses, mais plus par- 
ticulièrement de bois (Hirt. D. G. vill , 
15; Tac. Ann. xili, 35), assemblées et 
liées en forme de fagot ou de fascine, 
j)our être plus faciles à porter, comme 
dans la gravure ci-jointe, d'après une pein- 




ture sépulcrale de l'ère chrétienne. Ce 
mot est opposé à Sarcina, qui s'applique 
à des choses qu'on arrange en tas et qu'on 
enveloppe. 

2. Au pluriel, fasces (al piêSoi). Fais- 
ceaux portés par les licteurs devant cer- 
tains magistrats romains : on s'en servait 
pour battre les malfaiteurs avant l'exécu- 
tion. Ils se composaient de baguettes de 
bouleau (Plin. H. IS . xvi, 30) ou d'orme 
(Plaut. y/j/rt. m, 2, 2 9), assemblées et liées 
tout autour avec des courroies en forme 



de fascine. Sous les rois et dans les pre- 
mières années de la repu- pua 
blique, on plaçait aussi au 
milieu des baguettes une ha- 
che (secitris); mais, après 
le consulat de Publicola, au- 
cun magistrat, excepté le 
dictateur (Liv. il, 18), n'eut 
le droit d'avoir les faisceaux 
avec hache dans la ville de 
Home (Cic. de Rep. il, 31; 
Val. Max. iv, 1,1): en 
effet, ils ne furent plus don- 
nés qu'aux consuls à la tète 
de leurs armées (Liv. xxiv, 
9 ) , et aux questeurs dans 
leurs provinces (Cic. Plane, il ). La 
gravure donne un spécimen des fasces 
avec la hache , d'après un bas-relief du 
palais Mattei à Rome. 

3. Fasces prxferre et submittere. Le 
licteur marchait devant le magistrat au 
service duquel il était attaché, avec une 
baguette {virga) dans sa main droite, et 
les fasces sur l'épaule gauche, comme le 
montre la figure ci-jointe, prise d'un bas- 





relief du musée de Vérone. C'est ce qu'on 
exprime par la phrase fasces jnse ferre; 
mais, si un magistrat d'un rang inférieur 
en rencontrait un d'un rang supérieur, 
le licteur était les faisceaux de dessus 
son épaule et les abaissait , comme mar- 
que de res|)ect, jusqu'à ce que le magis- 
trat eût passé , de même qu'en Angleterre 
les soldats reposent leurs armes devant 



26i 



FASELITS. 



les grands personnages. C'est ce qui est 
exprimé par la fhra.se fasces suhmittere. 

4. Fasces lauréat! . Quand un général 
avait remporté une victoire , on ornait de 
feuilles de laïu-iers les faisceaux qui 
étaient portés devant lui, laureati (C\c. 
Div. I, 28; ad Âtt. viii, 3); les empe- 
reurs ajoutaient aussi un ornement pareil 
à leurs propres faisceaux en l'honneur de 
ceux de leurs ofliciers qui avaient obtenu 
un brillant succès (Tac. Anii. xill, 3). 
Dans ces occasions, on pla- r ^, 
çait une branche de lau- ^w^ 
rier en haut des baguettes, 
comme le montre la figure 
à main gauche de la gravu- 
re ci-jointe, qui représente 
les faisceaux portés par un 
licteur devant l'empereur 
Vespasien, d'après un bas- 
relief; ou l'on fixait sur ces 
mêmes baguettes une couronne de lau- 
rier, comme dans la figure à main droite, 
prise d'une monnaie consulaire. 

5. Fasces versi. Dans un deuil ou aux 
funérailles des chefs, les faisceaux étaient 
renversés, cerj/ (Tac. Ann. m, 2), c'est- 
à-dire portés avec la hache en bas, com- 
me nos soldats portent leurs fusils en pa- 
reille occasion; et quelquefois, comme 
aux funérailles de Drusus, les l)aguettes 
étaient brisées, fracti fasces (Pedo Albin. 
El.l, 177). 

FASELUS. Voy. Phaselus. 

FASTI. Almanachs gi-avés sur la pierre 
ou le marbre et exposés dans quelques 
endroits publics de la ville pour être vus 
et consultés de tout le monde. Ils étaient 
de deux sortes : 

1 . F asti sacri ou kalendares ; ils étaient 
fort semblables à nos almanachs, conte- 
nant une liste des jours et des mois de 
l'année; le lever et le coucher des étoiles 
fixes ; les jours de marché ; les fêtes ; les 
jours où siégeaient les tribunaux; ceux 
qui étaient regardés comme de mauvais 
augure et malheureux. On y ajoutait une 
table chronologique , énumérant les évé- 
nements importants de l'histoire de la 
nation, comme l'anniversaire d'une grande 
bataille, la dédicace d'un temple, etc., 
ainsi qu'on peut le conclure des différents 
fiagments originaux qu'on a conservés. 



2. Fasti annales ou historici. Regis- 
tres contenant les noms des consuls et 
autres magistrats, avec la date de leur 
entrée en charge et celle de leur retraite 
inscrite sur des tables de marbre ou de 
bronze, et conservés dans les archives de 
l'État. Une longue liste des fasti con- 
sulares qui fut , à ce qu'on suppose , gra- 
vée sous Tibère, se voit encore au Gapi- 
tole de Rome. 

FASTIGIUM. Littéralement, le haut 
d'un fronton ou la partie qui le couron- 
ne , formée par les deux côtés conver- 
gents du toit. Par extension , on employa 
ce mot , dans un sens plus général , pour 
le fronton entier d'un édifice religieux. 
On entend par fastigium toute la figure 
triangulaire , composée de la corniche de 




l'entablement qui forme sa base, des 
deux corniches convergentes aux côtés 
et du tympaniim ou surface plate A, 
qu'elles enferment (Vitruv. III, 5, 12 et 
13 ; Cic. de Orat. m, 4G; Liv. XL, 2). 

2. Quand ce mot s'applique aux mai- 
sons particulières , il désigne un toit s'é- 
levant en iiointe au sommet, par opposi- 
tion aux toits plats (Cic. ad Q. Fr. m , 1 , 
14); ou il implique que le devant de la 
maison était couvert par un portique et 
un fronton comme \e pronaos d'un tem- 
ple ; honneur qui n'était pas accordé aux 
particuliers, mais qui était décerné par 
les Romains à leurs empereurs, comme 
marque de leur divinité (Cic. Phil. ii , 
43; Florus,iv, 2). 

FATUI et FATU^. Idiots des deux 
sexes qu'op achetait comme esclaves et 
qu'on gardait dans les grandes familles 
romaines pour amuser par leur stupidité 
(Senec. Ep. 50). 

FAUX. Dans son sens primitif, ce 
mot signifie l'œsophage ou entrée de l'es- 
tomac. Par extension, il sert à désigner 
tout passage étroit ou entrée resserrée 
dans les œuvres de la nature ou dans cel- 
les de l'art; mais il s'applique spéciale- 
ment au passage étroit qui établissait 



FEM1>ALIA. 



2G; 



une communication entre les deux divi- 
sions principales d'une maison romaine. 




V atrium et le peristylium. Il était situé 
à côté du tablinum; et, comme il y en 
avait souvent deux, un de chaque côté 
de cette pièce , on se sert habituellement 
du pluriel faiices (V'itruv. vi, 3, 6). Il 
obviait à l'inconvénient de faire du tabli- 
num une chambre de passage , et servait 
à établir une communication facile entre 
les diverses parties d'une maison, quand 
le tablinum était fermé avec des para- 
vents. Sa position relativement aux au- 
tres pièces de la maison se comprendra, 
gi l'on se reporte au plan du mot DoMcs 
où il est marqué e , et l'on pourra ju- 
ger de l'aspect général par la gravure ci- 
jointe , qui représente une vue de la mai- 
son des Dioscures , à Pompéi ; le plafond 
seul est restauré. Le premier plan mon- 
tre l'intérieur de l'atrium avec son im- 
pluvium dans le plancher : le large et 
profond enfoncement qui est derrière sur 
la gauche est un tablinum ouvert par le- 
quel on voit le ])éristyle; et la porte 
sombre et basse à côté est la faux, qui 
ouvre à l'extrémité sur le péristyle de la 
même façon qu'elle ouvre sur l'atrium 
par le côté qu'on voit ici, 

2. Ce mot, au pluriel, désignait des 
stalles ou écuries pour les chevaux et les 
chars du cirque (Ennius, ap. Cic. Div. 
I, 48; Cassiodor. Var. Ep. m, 51). 
Voy. Carcer, 2, où l'objet est décrit et 
figuré. 

FAVISS.E. Caveaux construits sous 
un temple, dans lesquels les instruments 
sacrés, les ornements, le mobilier et en 



général tout ce qui appartenait à l'édi- 
fice , étaient serrés quand ils n'étaient 
plus propres au service /Varro , ap. Gell. 
II, 10; Brocchi, Suolodi Roma, p. 162). 
Trois caveaux de cette nature ont été 
découverts sous les ruines d'un temple 
ancien à Fiésoles, remplis d'instruments 
de musique brisés , de divers objets et 
ustensiles en ivoire et en bronze , ainsi 
que d'idoles, de lampes et de vases d'ar- 
gile , tous endommagés et mutilés (Gior- 
nal. Arcad. tom. m, p. 119). 

FAVUS. Dalle ou table de marbre, 
taillée en hexagone, comme les cellules 
d'une ruche (favi), dont on se servait 




pour faire les pavés de l'espèce appelée 
sectilia (Vitruv. vu, I, 4). La gravure 
ci-jointe représente une partie du pavé 
des Thermes de Titus , à Rome ; ce sont 
des dalles de marbre fin de l'espèce nom- 
mée pavonazzetto. 

FAX (çavôç). Torche faite d'un mor- 
ceau de bois résineux, taillé en pointe et 
trempé dans l'huile ou la poix; x 
ou d'étoupes imprégnées de cire, \^(4^^ 
de suif, de poix, de résine et 
d'autres matières inflammables, 
enfermées dans un tube de mé- 
tal ou dans un paquet de lattes 
liées ensemble (faculx), comme 
on le voit dans la gravure ci- 
jointe, tirée de la colonne de 
Marc-Aurèle (^'^irg. Georg. i, 
291; Liv. xxii, 16; Plin. H. N. xix, 

7). 

FECIALIS. Yoy. Fetiales. 

FEMINALIA ouFEMORALL\.Culottes 
courtes ou caleçons qui couvraient les 
cuisses (femora), attachés autour de la 
ceinture, et se terminaient un peu au- 
dessous du genou ( Suet. Aug-. 82 ; Isi- 
dor. Orig. xix, 22,29), comme dans la 
figure ci-jointe, prise de la colonne Tra- 
jane. Ce vêtement n'était pas habituelle- 
ment porté par les Romains des premiers 



266 



FE>ESTRA. 



temps , excepté peut-être par quelques 
personnes dune constitu- 
tion délicate , comme Au- 
guste : dans les cas ordinai- 
res, la longue et ample 
toge le rendait inutile. Mais, 
quand la toge ne fut plus 
de mode, il semble que les 
femoralla furent générale- 
ment adoptés , particuliè- 
rement par les troupes ([ui 
servaient pour des campa- 
gnes lointaines dans les cli- 
mats froids du iSord. On les — ^' 
voit invariablement sur toutes les figures 
des arcs de triomphe et des colonnes , 
portés tant par les soldats que par les of- 
ficiers. 

FEMUR ([j.rip6;). En architecture, 
face longue et plate qui s'avance en sail- 
lie eutre chaque cannelure icanalicidus) 





ni 



buiiiALLi 



LilLiCiLL 



d'un triglyphe (VitruT. IV, 3, 5) : on 
eu voit trois sur chaque triglyphe, dans 
la gravure ci-joinle, prise delà frise d'un 
temple dorique qui existait autrefois à 
Rome. 

FENESTELLA ou FENESTRELLA. 
Diminutif de Fenestra. Petite fenêtre, 




dinaires ( Columell. viii, 3, 3; Pallad. 
I, 24). La gravure ci-jointe représente 
deux des fenêtres de la maison du poète 
tragique à Pompéi, donnant sur la rue. 
Elles sont situées au premier, \'^,^h 
au-dessus du pavé, et n'ont pas tout à 
fait 0"',91 sur 0"',C0. A côté de chacune 
est un cadre de bois dans lequel on fai- 
sait glisser le volet quand on ouvrait la 
fenêtre. 

FENESTRA (6upt;). Fenêtre : com- 
prenant l'ouverture pratiquée dans la 
muraille (lumen), par laquelle entrait la 
lumière, et la croisée ou les volets qui la 
fermaient, qu'il y eût ou non des vitres. 
La gravure représente trois fenêtres anti- 
ques de dessins différents : l'une, à main 




ll.<uA.ÙjlI>ui>akMl 



an' 



ïïWvWWnimi 



gauche, d'après un bas-relief grec du 
5lusée Britannique; l'autre, à main droite, 
prise du A'irgile du Vatican ; l'autre en- 
iin, au centre, tirée d'un sarcophage de 
marbre , d'une époque postérieure, trou- 
vé dans le cimetière du Vatican. 

2. Fenestra biforis (6ypi; SixXîç). 
Fenêtre s'ouvrant du haut en bas eu 
deux battants (Ovid. Pont. III, 3, 5). 

3. Meurtrière pratiquée dans les murs 
d'une forteresse et par laquelle ou lan- 



ou fenêtre qui n'a pas les dimensions or- 




çait des traits ( Ca?s. B. C. il, 9).'Lagra- 
\ure, qui représente une vue de la Porta 
Aiuiaria à Rome , construite par Hono- 
rius, montre plusieurs de ces ouvertures. 
L'édifice à toit bas placé sur le devant 
est une construction moderne. 

4 . Trou percé dans le lobe de l'oreille 



FENESTRULA. 



FERETRUM. 



267 




pour recevoir l'anneaii d'un pendant ou 
d'une boucle d'oreille 
(Juv. I, 104). On a 
trouvé plusieurs statues 
avec des trous pratiqués 
dans le marbre par les- 
q'uels on introduisait de 
véritables boucles d'o- 
reilles. La figure ci- 
jointe, prise d'un buste 
trouvé à Herculanum, 
en offre un spécimen. 
Les trous des oreilles subsistent encore 
et la pupille de l'œil est aussi creusée 
pour y recevoir une pupille artificielle. 

FENESTRULA. Même sens que Fe- 
NESTELLA (Apul. Met. IX, p. 208). 

FERCULUM. Dans un sens général , 
ce sur quoi une chose est portée ; forme 
contractée pour Fericulum. Ce mot dé- 
signe spécialement un plateau sur lequel 
plusieurs plats étaient apportés à la fois 
de la cuisine dans la salle à manger (Petr. 
Sat. 36 et 39; Suet. Aitg, 74); et par 
extension les plats établis sur ce plateau 
et qui constituaient ce que nous appelons 
un service ou une entrée (Hor. Sat. il , 
6, 104; Pliu. H. N. xxxiii, 47; Juv. 
I, 94). 

2. Sorte de table à brancards, qu'un 
certain nombre d'hommes portaient sur 
leurs épaules dans les pompes solennel- 
les , et sur laquelle était placé tout objet 
digne d'attention pour être exposé, dans 
une situation élevée, à la vue de tous; 
par exemple , les images des dieux , dans 
le cortège du cirque (Suet. Jiil. 7G; cf. 
Cic. Off. i , 36) , les dépouilles des na- 
tions conquises dans un triomphe (Suet. 




étaient de quelque importance, étaient 
soumis à cette exposition cruelle (Senec. 
Herc. OEt. 110). La gravure, prise d'un 
bas-relief de l'arc de Titus, représente 
huit soldats romains dans le triomphe 
(le cet empereur, après la conquête de 
Jérusalem , j)ortant les dépouilles du 
temple, la tabie d'or (I Reg vil, 48) et 
les trompettes, placées sur un fcrcu- 
liim. Un autre bas-relief du même arc 
représente un groupe transiiortant de la 
même manière le chandelier d'or. Une 
frise montre une statue du Jourdain per- 
sonnifié transportée de même. On voit 
sur uu sarcophage du musée Pio-Clémen- 
tin trois captifs, deux hommes et une 
femme, portés par six soldats sur un fer- 
culum de la même espèce. 

FERENTARII. Corps de soldats des ar- 
mées romaines classés parmi la levis arma- 
ttira ou troupes armées à la légère (Veg. 
Mil. I, 20; Nonius, i. T.). Ils n'étaient 
pas destinés à coml)attre de près , n'ayant 
pas d'armes défensives, et, en fait d'armes 
offensives, celles seulement qu'on devait 
lancer de loin ((ywa; ferreiitur, non quœ 
tenerentur ; Non. s. v. Decuriones; cf. 
Festus , s, V.) ; de là vient qu'ilssout quel- 
quefois rangés parmi les Accensi. Ils 
étaient postés sur les ailes dans l'ordre de 
bataille, et ils étaient principalement em- 
ployés à commencer l'attaque par une dé- 
charge de traits (Sali. Cat. 60; Veg. /. c); 
ou quelquefois, comme les Rorarii , pla- 
cés au milieu des rangs des troupes pe- 
samment armées pour inquiéter l'ennemi 
(Tac. Ânn. xil , 35). 

2.Equitesferentarii.Ç.ay3\\evs,à\i\nème 
genre, munis de javelines qu'ils lançaient 
de loin , au lieu de se servir de la lance 
de cavalerie que l'on tenait en arrêt : 
Qui ea modo liabehant arma quie ferren- 
tur, ut jaculum (Varro , L. L. VII, 67). 

FERETRUM (<psp£Tpov). Mot grec dont 




les Romains exprimaient le sens par ca- 
Jul. 37); les captifs même, quand ils puhwi (Serv. ad Virg. ^n. vi, 222). Il 



2GS 



FERRARIA. 



FIBULA. 



désignait une bière dans laquelle un mort 
était porté au toml)eau ou au bûcher 
(Virg. ^n. VI, 222; Ov. Met. m, 508). 
On voit dans la gravure ci-jointe un fc- 
retritm d'après une tomije de marbre à 
Rome. [Le mot fierté, dérivé de fere- 
truni , s'emploie quelcpiefois pour dési- 
gner une châsse où l'on place les reli- 
ques des saints.] 

2. Même sens que Ferculum, 2 
(Sil, Ital. X, 566; XVII, 630). 

FERRARIA,sous-entendu/oÉ//«aeto/'- 
ficina. Mine de fer, fonderie de fer, et 
atelier de forgeron (Cœs. B. G. vu, 22 ; 
Liv. XXXIV, 21). 

FERRARIUS,sous-entendu/'fl/^<'r.for- 
geron , armurier, qui travaille le fer à 
l'exclusion des autres métaux (Plaut. 




Ritd. II, 6, 47 ; Inscript, ap. Spon. Mis- 
cell. anthj. p. 66). La gravure repré- 
sente Yulcain et ses compagnons à leur 
forge, d'après un bas-relief romain. 

FERRITERIUM. Prison où les escla- 
ves étaient tenus aux fers (Plaut. Most. 
m, 2, 55), comme Ergastclcm. 

FERRITERIUS. Esclave tenu aux fers 
(Plaut. Trin. Vf, 3, 14j. Yoy. Compe- 

UITCS. 

FERRITRIRAX (Plaut. Most. ii, 1,9). 
Même sens que le mot précédent. 

FERULA (vâp9r||). Fenouil, plante 
dont les anciens se servaient souvent pour 
infliger de légers châtiments ; de là , férule 
d'un maître d'école pour frapper les en- 
fants sur la main (Juv. Sat. i , 1 5) , ou sur le 
dos (Apul. 31et. IX, p. 196); ou cravache 
(Ov. A. Am. I, 546), et canne pour pu- 
nir les esclaves coupables de fautes peu 
graves (Hor. Sat.i,^, 119; Juv. 7, 470). 
Comme instrument de punition, la /e- 



r;</rt était le moins cruel de ceux qu'em- 
ployaient les anciens. 

FESTRA. Ancienne manière d'écrire 
Fe>"ESTRA (Festus, s. v.; Petr. Fragm. 
XXI, 6). 

FESTUCA. Baguette légère avec la- 
quelle le licteur d'un préteur touchait la 
tête d'un esclave auquel son maître avait 
rendu la liberté (Plaut. Mil. IV, i, 14; 
Pers. V, 174). On l'appelait aussi Vi>'- 

DICTA. 

FETIALES (3£Tiâ),£iq et <pr|Tt«),£t;). 
Membres d'un collège de hérauts à Rome ; 
leur fonction consistait à demander aux 
nations ennemies le redressement des 
griefs, à porter les déclarations de guerre 
et à prendre part à la conclusion des 
traités de paix. Ils portaient une baguette 
(caduceus ) comme emblème de la paix, 
et un javelot comme symbole de la 
guerre ; ils le lançaient sur la frontière 
des ennemis quand les hostilités étaient 
décidées (Gell. x,27). La figure ci-jointe, 
d'après une pierre gravée , représente , à 




ce qu'on suppose, un fetialis près de par- 
tir, pour une mission de guerre, de la co- 
lumna bellica , sur laquelle on voit la 
figure de Slinerve lançant un javelot , 
comme nous l'avons décrit ci-dessus. 

FIBULA (•rtspôvy], TiôpTrY), èvetrj). 
Agrafe ou broche employée pour attacher 
différents vêtements des hommes et des 
femmes (Liv. xxvil, 1 9 ; Ov. Met. 2,412; 
VIII, 318), tels que la chlamys, \a.palla, 
le pal Hum, \esagum, ]e paludame/itum, 
mais non la toge, qui enveloppait le corps 
de ses larges replis et n'avait besoin de 
rien pour la fixer. On faisait des agrafes de 
différentes manières et de différents des- 



sins, en os, en ivoire, eu bronze, en mé- 
taux précieux et en 
pierres de prix en- 
châssées dans l'or. Ces 
agrafes ressemblaient à 
celles qu'on emploie 
encore, et étaient mu- 
nies d'une épingle 
(acus, TcepôvY]), qui en- 
trait dans un crochet 
d'arrêt placé sur le 
bord du vêtement. On 
s'en servait d'habitude 
pour attacher des dra- 
peries amples sous la 
gorge ou sur le haut 
de l'épaule, comme 
dans le spécimen ci-joint, pris d'un vase 
d'argile. 

2. Fermoir, dont on se servait plus 
particulièrement pour attacher des ceintu- 
res et autres objets du même genre ( Virg. 
Ain. IV, 139) : il avait une agrafe, au lieu 
d'une épingle, qui se fixait dans une 
porte à l'extrémité de la boucle opposée à 
celle où est placée la fihitla, comme on 
le voit dans le spécimen ci-joint, repré- 





sentant un ceinturon militaire antique, 
découvert à Pa?6tum. Il explique les ex- 
pressions fihula aditnco morsa (Calpuru. 
Ed. VII, 81), fibula mordaci dente (Si- 
don. Carm. Il, 397). 

3 . Boucle, employée pour attacher des 
ceintures, des ceinturons , des courroies, 




des harnais et autres choses de ce genre 
(^'irg. Mn. v, 313; xii, 27 4) : elle 
avait habituellement la même forme que 
les nôtres, comme le montrent les figures 
ci-jointes prises toutes de modèles an- 
ciens. Mais on faisait souvent des bou- 
cles de matière plus précieuse et d'un 



FIIÎll.A. 200 

travail plus achevé; elles étaient desti- 




nées à être données comme récompenses 
aux soldats (Liv. xxxix, 31), ou à être 
portées par des personnes de haut rang 
ou de grande fortune ('Plin. H. i\'. XXXIII, 
12). La gravure ci-jointe en fournit un 
spécimen , pris d'un modèle en argent 
trouvé à Herculanum. La partie carrée 
était attachée au ceinturon avec des clous 
qui passaient par les quatre trous qu'on 
voit dans la gravure; l'autre partie, qui 
est légèrement mutilée à l'extrémité , 
formait la boucle , avec un ardillon jouant 
sur une brochette qui traversait le cen- 
tre de l'ornement. 

4. Boucle employée aussi pour atta- 
cher le bandeau ( teenia, vitta ) que les 
jeunes femmes por- 
taient sur la tête pour 
tenir leur chevelure 
en ordre. Virgile dé- 
crit Camille avec les 
cheveux retenus de 
cette manière {JEn. 
VII, 815) , et le buste 
ci-joint, pris d'une sta- 
tue de bronze trouvée 
à Herculanum montre 
le bout du bandeau passé sous une garde 
au delà de la boucle, comme on le fait 
encore aujourd'hui. 

5. Dans un sens plus général, on em- 
ploie aussi ce mot pour désigner plu- 
sieurs choses qui lient ensemble différents 
objets, comme une cheville dans les char- 
pentes (Cœs. B. G. IV, 17); un instru- 
ment employé dans le pressoir à olives 
( Cato, R. R. 3) ; un lien qui retient les 
osiers dans une corbeille (Cato, ^.^.31), 
et un appareil dont se servaient les chirur- 
giens grecs pour fermer les blessures (en 




270 



grec, àyxTvip), qui rapprochait les bords 
de la plaie et les tenait réunis, quand la 
suture (sutura) était inutile ou impossible 
(Celsus, V, 2G,23, et 7, 4). 

FICTILE (x£pa|ji.ov). Nom générique 
donné à toute chose faite de poterie, com- 
prenant vaisseaux, moules, objets moulés 
en terre cuite, briques, tuiles, etc. 

FICTOR {■aUaTr.ç). Terme général 
pour désigner un artiste qui façonne l'ar- 
gile, la cire ou toute matière molle, par 
opposition à celui qui travaille le bronze, 
le marbre, le bois, l'ivoire ou autres 
substances dures (Cic. Fragm. ap. Lac- 
tant. ii; 8; Plin. Ep. i, 40). La figure 




ci-jointe, prise de la villa Albani , repré- 
sente un artiste de ce genre, comme on le 
voit par le petit bâton de bois qu'il tieni 
de la main gauche, et dont les artistes se 
servent encore généralement pour façon- 
ner leurs modèles en argile; les contours 
sont finis avec les doigts et les ongles, ce 
qui a donné naissance à l'expression ad 
unguem factus homo (Hor. Sut. i, 6, 32), 
pour désigner un personnage accompli. 

2. Ouvrier ou arlisle qui exécutait en 
pâtisserie ou en cire des représentations 
de différents animaux exigés pour le sa- 
crifice dans certains rites religieux, mais 
qu'on ne pouvait se procurer (Ennins, 
ap. Yarr. L. L. vil, 44; Serv. ad Virg. 
^«.11, 116). 

FIDELI A. Sorte de vaisseau , de jarre 
ou de pot, en terre ou en verre (Co- 
lumell. XII, 38, 1), dont on ne connaît 
pas la forme caractéristique; tout ce que 
qu'on sait , c'est qu'il était employé pour 
contenir du ciment (Cic. ad Fam. vu, 



29), ainsi que différents autres objets 
(Plant. Aul. IV, 2, 15; Fers. Sat. \, 
183; Columell. xii, 10, 4). 

FIDES ou FIDIS. Mot venant évi- 
demment du grec 0!p(5o , corde à boyau ; 
il était employé comme terme général 
pour désigner un instrument à cordes , 
comme la lyra, la chelys, la cithara 
(Varro, R. R. il, 5, 12"; Ov. Fast. v, 
104). 

FIDICEN. Terme général pour dési- 
gner tout homme qui joue d'un instru- 
ment à cordes (Cic. ad Fam. ix, 22). 

FIDICINA. Terme général pour dési- 
gner toute femme qui joue d'un instru- 
ment à cordes (Ter. Pitorm. I, 2, 59). 

FIDICULA. Diminutif de Fidis. Corde 
d'instrument mince ou petite (Cic. N. D. 
II, 8). 

2. Au pluriel, Fidicul^e, machine 
pour mettre les esclaves à la torture, 
consistant en cordes minces. On ne con- 
naît pas avec certitude la forme exacte 
de cet appareil, ni la manière dont on 
s'en servait (Suet. Cal. 33 ; Senec. de 
Ira, m, 9 et 19). 

FIGULUS (x£pa(x£uO' Tout artiste ou 
artisan qui emploie l'argile, par exemple, 
pour faire des figures et des ornements en 
terre glaise (Plin. H. N. xxxv, 12, 43), 
comme on le voit dans la gravure précé- 
dente; hriqueticr (Juv. X, 17 1 ), repré- 
senté par la gravure du mot Laterakia ; 
potier (^'arro, R. R. III , 15, 2j, dont le 
métier est figuré par la gravure ci-jointe , 
))rise d'une pein- 
ture égyptienne. 
Le potier est assis 
par terre devant 
sa roue (rota), au 
haut de laquelle 
est placée la mas- 
se d'argile qu'il 
façonne avec ses 
pouces et ses doigts , exactement comme 
on le pratique maintenant. Une pierre 
g.iavée (Caylus, Recueil, etc., iv, G2) re- 
présente un artisan du même genre, un 
bâton à modeler à la main , assis devant 
un vase d'argile qui est placé au haut 
d'un four en miniatiu'e, pour indiquer 
qu'il lui donne la dernière main avant de 
l'envoyer au four. 




•271 




FIMBRIA (OOiravot , xpoccrot). Frange 
ou l)ordiire d'ornement d'une pièce d'é- 
toffe (Celsus, II , C ; Varro , L. L. v, 7 9) ; 
on la formait en laissant les extrémités 
des fds de la chaîne sur 
l'éloffe après l'avoir re- 
tirée du métier (vovez 
Tf.la recta) ; mais on 
faisait quelquefois sé- 
parément de riches fran- 
ges qu'on cousait à vo- 
lonté au tissu. Jules Cé- 
sar en portait autour 
des poignets d'une tuni- 
que à longues manches (Suet. Cxs. 45). 
La gravure est prise d'une peinture de 
Pompéi. 

FIMBRIATUS (OycravwTo;). Muni de 
franges. La gravure précédente montre 
une serviette de table ornée de cette fa- 
çon ; mais des franges sur des vêtements 
dans les œuvres d'art seivent surtout à 
caractériser les personnages royaux des 
nations étrangères et Ijarbares , comme 
lesprinces captifs sur l'arc de Constantin, 
ou les prêtres d'E- 
gypte, surtout Isis el 
ses ministres , dont un 
est représenté par la 
gravure ci-jointe, d'a- 
près une peinture de 
Pompéi , précisément 
avec le costume qu'Hé- 
rodote attribuait à cette 
classe (II, 811. C'était 
une singularité dans 
Jules César qu'il portât 
une frange sur la man- 
che de sa tunique 
(Suet. Cses. 45); car chez les Grecs et 
chez les Romains un tel accessoire était 
regardé comme réservé exclusivement aux 
femmes. 

2. Ce mot s'applique encore au fouet ; 
voy. Flagrum, 3. 

FISCELLA. Diminutif de FisciNA. Pe- 
tit panier fait d'osier ou de 
jonc, d'un usage habituel 
dans le jardinage , pour la 
culture , et pour les soins de 
la laiterie; il servait parti- 
culièrement à contenir une 
sorte de fromage fait de cième caillée 





(Tibull. H, 3, 15), appelé ricotta par les 
Italiens modernes. On en représente un 
dans la gravure avec le fromage qu'il 
contient , d'après un modèle trouvé à 
Pompéi. 

2. (çtixô;). Petit panier mis sur le nez 
des bœufs , comme une muselière , pour 
les empêcher de couper les jeunes pousses 




des vignes quand on laliourait (Cato , R. 
R. 54; Plin. H. N. xviii, 49, 2). 
Il servait aussi à museler d'autres ani- 
maux vicieux , pour les empêcher de 
mordre, comme le montre la gravure ci- 
jointe , prise de la colonne de Théodose 
(Ginzrot, 85, 3). 

FISCELLUS. Diminutif de Fiscrs. 
Même sens que FisciNA (Columell. xii , 

38, G). 

FISCINA. Large panier, fait d'osier, 
de genêt d'Espagne ou de jonc, employé 
pour toute sorte de travaux, dans les 
jardins, les vergers , les vignes et l'agri- 
culture, de la même façon que la fiscella; 
comme corbeille à fruits (Cic. Place. 17); 
panier à fromage (Mart. 1,44); muselière 
pour les chevaux (Plin. xxxiv, 19, 7); 
et dans les pressoirs de vin et d'huile, 
pour contenir les grappes et les olives 
pendant qu'on les pressait (Columell. Xll, 

39, 3). On en explique et on en figure 
l'emiiloi au mot ToRCULAR, 1. 

FISCUS. Large panier du même genre 
et servant aux mêmes usages que ceux 
qui sont décrits aux deux mots précé- 
dents; il était employé surtout quand 
on pressait les grappes et les olives (Co- 
lumell. XII, 52, 2 et 47, 3). 

2. Il semble que les Romains firent 
usage d'un panier de ce genre pour gar- 
der la monnaie (Cic. Verr. i, 8; Phaidr. 
II, 7); de là le mot fisciis s'appliqua 
sous l'empire à cette partie du revenu 
de l'État destinée à l'entretien du souve- 
rain, comme notre liste civile, par 



272 



FLABELLIFEB. 



opposition au domaine personnel et par- 
ticulier du prince {res privata principis , 
ratio Cœsaris) et au trésor de l'État 
(serarium), où l'on puisait pour les dé- 
penses publiques. Cette distinction n'est 
pas toujours strictement observée. 

FISSIPES. Pied fourchu : par exten- 
sion, ce mot fut employé pour désigner 
une plume de roseau .\uson. Episi.wi, 
50), fendue comme les nôtres au bec 
(voy. la gravure du mot Abuxdo, 5). 

FISTUCA. Demouelle , avec laquelle 
on nivelait et on consolidait les murs en 
maçonnerie, les planchers et les pavés 
(Plin. H. N. XXXVI, 61; Cato, R. R. 
28), comme on le voit dans la gravure 
ci-jointe, prise de la colonne 
Trajane. On employait aussi 
cet instrument pourenfoncer 
des pilotis sous l'eau (Caes. 
B. G. IV, 17). Mais cette 
fîstuca doit , d'après l'usage 
auquel elle servait , avoir été 
un instrument plus considé- 
rable et plus puissant , qui 
probal)lement fonctionnait à l'aide d'un 
mécanisme. 

FISTUCATUS. Tassé, consolidé ou 
enfoncé avec une demoiselle (fîstitca') 
(Vitruv. VII , 4, 5; Plin. H. JV. xxxvi , 
25, 6). 

FISTULA ( CTwXinv ). Conduit d'eau 
(Cic. Rabir. perd. 11; Frontin. ^.7. 25). 
On les faisait généralement en plomb , 
mais, dans la villa d'Antoniuus Pius à 
Lanuvium, on a découvert une portion 
d'un de ces conduits, en argent pur, pe- 
sant entre trente et quarante livres ; ainsi 
la description de Stace {Syiv. i, 5, 48), 
qui mentionne une pareille extravagance, 
n'est pas une fiction poétique. La gra- 





vure ci-jointe représente une partie d'un 
modèle découvert dans des fouilles à 
Rome, où l'on a trouvé plusieurs spé- 
cimens semblables, qui ont tous dans la 
forme la même particularité qu'on re- 
marque ici , c'est-à-dire qu'ils s'amincis- 



sent au haut, mais q\i'ils sont circulaires 
dans la partie inférieure. 

2. (çûpiyt. Flùte de Pan, faite de 
tiges de roseau , de canne ou de ciguë 
(Virg. Ed. II, 3G; Tibull. ii, 5, 31). 
Voy. Abundo, 6. 

3. Plume à écrire, faite de roseau ou 
de canne (Pers. m, 14j. Voy.ABUXDO. 

4. ()C7.6cTr,p). Cathéter en métal, dis- 
tingué par les anciens chirurgiens aussi 
bien que les nôtres en deux espèces , 
l'une pour les hommes et l'autre pour les 
femmes (Celsus, VII, 26, 1). Voy. Ca- 

THETF.B. 

5. Instrument employé par les cor- 
donniers, peut-être emporte-pièce (Plin, 
H. i\\xvil, 23). 

6. Rouleau pour faire de la pâtisserie 
Apic. 42). 

7. Fistula farraria, ferraria ou ser- 
rata. C'était, à ce qu'on suppose, une 
machine pour moudre le grain ; mais les 
leçons ne sont pas sûres (Plin. H. N. 
XVIII, 10, 23; Cato, ^. R. 10. De vieilles 
éditions de Caton portent fiscella fari- 
na ria. 

FISTULATOR. Qui joue de la flûte de 
Pan, fistula Cic. de Or. m, 61). Dans 
ce passage, le mot est mis spécialement 
pour désigner un joueur de flûte em- 
ployé par les orateurs romains pour les 
aider à maintenir leur voix au ton con- 
venable ; un d'eux , d'après Cicéron , 
accompagnait toujours Gracchus quaml 
il parlait en public 

FISTULATUS. Objet creux , percé ou 
muni de tubes (vSuet. Nero , 31). 

FLABELLIFER. Dans un sens général, 
personne qui porte un éventail [flabel- 
luni). Ce nom est 
particulièrement 
donné aux jeunes 
esclaves, mâles ou 
femelles ( Plant. 
Trin. II, 1, 29), 
dont l'emploi était 
de porter l'éven- 
tail de leurs maî- 
tresses et de les 
éventer quand il 
le fallait. La gra- 
vure représente 
Cupidon comme 




FLABELLUM. 



fLAGRTJM. 



L':3 



porte-éventail d'Ariane , qui déplore son 
abandon , dans une peinture de Pom- 
péi; d'autres peintures de cette ville et 
des dessins tracés sur des vases d'argile 
représentent des femmes employées au 
même service. 

FLABELLUM (pim;). Éventail (Te- 
rent. Euii. m, 5, 50). Les éventails des 
dames greccpies et romaines étaient faits 
de feuilles de lotus , de plumes de paon 
( Prop. Il, 24, 11) ou d'autre matière 
de ce genre, peinte de brillantes couleurs 
(Mart. lii, 82); ils ne pouvaient pas s'ou- 
vrir et se fermer comme les nôtres, mais 
ils étaient roides et avaient un long man- 
che, la forme la plus convenable pour la 
manière dont ils étaient employés , c'est- 
à-dire pour qu'une personne en éventât 
une autre, puisqu'on 
se servait toujours 
d'un esclave à cet 
effet (Voy. Flabel- 
LiFER ) . La figure à 
main gauche dans la 
gravure représente 
un éventail de feuil- 
les de lotus , d'après 
une peinture de Pompéi; celle à main 
droite , un éventail en plumes de paon, 
d'après une peinture découverte à Stabia. 

FLAGELLUM ((xàcrTi?). Fouet, fait 
avec un grand nombre de cordes tortil- 
lées et nouées comme les nombreuses an- 
tennes du polype, qui sont désignées par 
le même nom. (Ov. Met. iv, 367) ; il ser- 
vait principalement pour châtier les es- 
claves (Juv. VI, 478 ; Hor. Sat. i , 2, 41 ; 
3, 119;Marcell. Z)/V. 48, 19, 10). Quoi- 





que le mot soit un diminutif de Flagrum, 



ce fouet était en réalité beaucoup plus 
dur ; le diminutif en effet ne s'applique 
qu'à la finesse des fibres qui le compo- 
saient, mais cette finesse même augmen- 
tait la douleur des coups. Aussi est-il 
caractérisé par l'épithète horrihile. Dans 
certains cas, il donnait la mort (Hor. II. 
ce. ). Les blessures qu'il faisait sont tou- 
jours exprimées par des mots qui indi- 
quent l'action de couper, ainsi exdere, 
secare, scindere (Hor. Juv. //. ce. ; Ov. 
Ilt'is, 183), par opposition à ceux qui ac- 
compagnent flogrum et qui expriment 
l'action de frapper lourdement ou avec 
force , comme pinscre ou rumpere. Le 
fouet tenu par le personnagequ'on voit de- 
bout dans la gravure, et copié d'après l'anse 
d'un pot de bronze trouvé à Pompéi, re- 
présente sans doute un de ces instruments; 
mais on concevra facilement que la figure 
est trop petite pour donner une idée réelle 
de l'objet. 

2. Fouet pour conduire (Virg. Mn. V, 
579; Sil. iv, 440) : ce mot désigne un 
fouet plus fort que ceux dont on se ser- 
vait communément ; il avait deux ou trois 




lanières par exemple, au lieu d'une seule 
comme \&scutica. Le spécimen donué ici 
est entre les mains d'un Triton dans une 
peinture de Pompéi. 

3. Courroie attachée au harpon (aclis) 
pour le ramener à soi après l'avoir lancé 
(Virg. jJin. VI, 730; Serv. adl. ). 

FLAGRUM. Instrument dont on se ser- 
vait principalement pour punir les escla- 
ves ( Plant. Ampli, iv, 2, 10; Mart. XIV, 
79); il était composé 
de plusieurs chaînes 
avec des boutons de 
métal aux extrémi- 
tés (de là l'épithète 
duruni, Juv. v, 172), 
et attaché à un manche court, de la même 
façon qu'un fouet; il donnait des coups 
pesants plutôt qu'il ne cinglait. Aussi ses 
effets sont-ils exprimés par des mots qui 
signifient frapper lourdement, battre avec 




274 



FLAMEN. 



rtAMMULA. 



force, briser (pinserc, Plant. Mevc. Il, 
3, ^Q;riimpere,\]\f. Dig. 47, 10, 9), et 
non couj)er ou cingler, trait caractéris- 
tique du flageUiim. Un trouve ce])endant 
dansTilt-Live(xxvill, ] 1 ) c sa flagro. 
La gravuie est copiée d'un modèle décou- 
vert à Heiculanum ; on a trouvé aussi 
d'autres spécimens dans les maisons de 
celte ville , avec deux et cinq cordes , 
mais du reste semblables à celui que nous 
donnons. 

2. FLagrum talis tessellatum (u-àffTtE 
ào-Tpaya/coTyi ). Fouet composé de plu- 
sieurs lanières {pro- 
lixe fimbriatum) aux- 
quelles on attachai t des 
osselets de mouton 
(tali) ; il était fixé à 
un manche court ; les 
prêtres de C^bèle af- 
fectaient de s'en frap- 
per pour exciter la 
compassion de la mul- 
titude ignorante ( A- 
pul. Met. VIII, p. 
173). La figure ci- 
jointe , correspondant 
eu tout point à notre 
description, est copiée 
d'un bas-relief de 
marbre représentant 
Cybèle entourée des divers objets em- 
ployés dans son culte , au nombre des- 
quels est ce fouet. 

3. Flagritin fimbriatum {K^\m\. Le). 
Fouet muni de plusieurs lanières qui pen- 
dent ensemble comme une frange ( fîm- 
hria) : de là vient le nom. 

FLAMEN. Flamine : titre donné à tout 
prêtre romain attaché au service d'une 
divinité {CÀc.Leg. il, 8). Chacun de ces 
prêtres était distiugué par le nom du dieu 
dont il était le ministre (Varro, L. L. v, 
84 ) ; ainsi Dialis, flamine de Ju})iter ; 
Martialis, de Mars ; Quirinalis, de Ro- 
mulus. Le vêtement pontifical du flamine 
était la Iseiia, attachée par une broche 
près de la gorge , un bâton d'olivier et le 
bonnet appelé o/je.c, surmonté d'une touffe 
de laine au-dessus (Serv. adWv^. ALit. 
IV, 2G2). 

FLAMINICA. Femme du flamine de 
Jupiter (Festus, v. Flamen ). 




FLAMMEARIUS. Qui fait ou vend des 
flammca (Plant, ^ul. III, 5, 35; voy. 
Flammeum). 

FLAMMEOLUM, Diminutif de Flam- 
meum ; ce mot n'indiquait pas cependant 
de petites dimensicnis, mais un tissu d'une 
grande finesse et d'une grande beauté , 
par conséquent d'un plus grand prix (Juv. 
X, 334). 

FLAMMEUM. Voile nuptial, porté par 
une fiancée romaine le jour de son mariage. 
Il était d'un jaune foncé et brillant (Plin. 
H. IV. XXI, 22j comme une flamme, par- 
ticularité d'où lui vint son nom, et de 
dimensions considérables, suffisantes pour 
couvrir toute la personne de la tète aux 
pieds. Pendant la cérémonie, il était porté 
sur la tèle pour cacher les regards baissés 
de la modestie virginale (Lucan. il, 361), 
comme le montre la figure ci-joinle, d'a- 
pi'ès un marbre romain représentant une 
fiancée {iiupta) au moment 
du mariage; elle le gardait 
ainsi jusqu'à ce qu'elle ar- 
rivât à sa nouvelle maison , 
où il lui était retiré par son 
époux , comme le fait en- 
tendre la figure ci-jointe , 
qui est tirée aussi d'un mar- 
Ine romain. Elle représente 
nne jeune fiancée assise sur 
nue couche, avec le flam- 
meum sur les épaules. L'ar- 
tiste lui a prêté un geste fort 
naturel pour exprimer la modestie fémi- 





nine on le regret de la perte de ses an- 
ciennes amies et compagnes. 

FLAMMULA. Bannière dont se ser- 
vaient, à une époque postérieure, quel- 
ques troupes de cavalerie des armées 



FOCALE. 



POCtS. 



275 





romaines (Veget. Mil. il, 1; m, 5) : son 
nom lui vint peut-être de 
ce qu'elle était jaune com- 
me le voile des fiancées 
(flammeum ) , ou de ce 
qu'elle était découpée au 
bout en langues pointues, 
comme une Damme ( flam- 
ma ) : nous en donnons un 
spécimen dans la gravure 
ci-jointe, d'après l'arc de 
Se|ilime Sévère. 

FOCALE iTtpoffyvaâîS'.ov). Pièce d'é- 
toffe qui enveloppait le cou et le bas de 
la figure ( fai/ces, quasi faucale ), comme 
noire cravate. Elle était 
portée dans l'origine 
seulement par les per- 
sonnes délicates et in- 
firmes ( Hor. Sat. n , / 
3, 255; Quint, xi , /l 
3, 14 4), et non com- ^^^ 
me une partie ordi- ^" 

naire du costume, ainsi que chez nous; 
mais, quand l'empire en s'étendant força 
le soldat romain d'endurer les rigueurs 
des climats du iNord, il semble qu'elle fut 
adoptée généralement dans l'armée; car 
elle est portée sans exception par les trou- 
pes des armées de Trajan, de Marc-Auiele 
et de Septime Sévère , de la façon que 
montre le spécimen ci-joiut, les bouts 
pendant sur la poitrine, exactemeutcomme 
le décrit le Sclioliaste d'Horace (/. c.) : a 
col ils depeiulciitia, ad fovendum collum 
et fauces contra frigus muiiiendas. 

FOCARIL'S. Esclave domestique de la 
classe la plus basse ; il était attaché à la 
cuisine, où il avait à veiller au feu et pro- 
bablement à faire tous les ouvrages fati- 
gants (Ulp. Dig. 4, 9, 1 ). 

2. Focaria. Esclave du sexe féminin , 
employe aux travaux nommés ci-dessus ; 
fille de cuisine (Ulp. Dig. 37, 7, 12; 
Pomp. i6. 15). 

FUCULUS. Diminutif de Focrs : tout 
foyer petit ou portatif. Ce mot était pris 
particulièrement dans les sens suivants : 

1. Cavité au haut d'un autel pour les 
offrandes à consumer, dans laquelle on 
allumait le feu (Liv. ii, 12); par ex- 
tension, l'autel lui-même (Cic. Dom. 
74). La gravure représente un petit au- 



tel de marbre où l'on voit au liant le 




foculus, d'après un modèle trouvé à 
Antium. 

2. ( £(7-/àpiov). Brasier ou réchaud, 
dans lequel on brûlait du charbon ou des 
cendres végétales de bois pour échauffer 
les appartements. On en a découvert plu- 




sieurs dans les maisons d' Herculanum et de 
Pompéi ; ils étaient ronds ou carrés, mais 
semblables pour le caractère général au 
spécimen ci-joint, tiré d'un modèle en 
bronze. 

3. Petit fourneau portatif, employé 
pour la cuisine et d'autres usages (Plant. 
Capt. IV, 2,67 ; Juv. Sat. m, 2G2). Le 
spécimen ci-joiut, d'après une peinture 
trou\ée à Herculanum, mon- 
tre le fourneau élevé sur un 
support à trois pieds , afin 
qu il y ait place pour la ven- 
tilation dessous; il y a une 
porte en avant, par laquelle 
on devait mettre le charbon, 
et un vase au haut, conte- 
nant des ingrédients que la 
figure remue pendant qu'ils 
bouillent. 

FOCUS ( iaxia, iayjipa). Jtre, foyer 
de la maison (Cic. Sen. 16; Hor. Od. I , 
9,5; Tibull. 1 , 1 , G ). Chez les Romains, 
le foyer était consacré aux /.«7-0 et regardé 
comme un lieu sacré dans la maison; en 
conséquence, il était situé dans la salle 
publique on atrium , où était aussi l'autel 
des dieux domesli([ues (voy. Ara, 5); 
de là la juxtaposition fréquente des mots 
pro aris et focis dans les circonstances so- 
lennelles. Le /ocw5 consistait en une plate- 
forme carrée de pierre ou de briques , 




focdS. 



élevée de quelques centimètres seulement 
au- dessus du sol, comme le montrent clai- 
rement de nomlireux spécimens qu'on voit 
encore à Pompéi; c'est là que le feu était 
allumé avec des bûches de bois reposant 
sur des chenets {varse), mais le plus sou- 
vent sans tuyau et sans cheminée pour li- 
vrer passage à la fumée. 

2. Même sens que FocuLCS, 1. Partie 
creuse au haut d'un autel pour les offran- 
des à consumer, dans laquelle était allumé 
le feu : par extension , l'autel lui-même 
(Ov. J. Jm. I, 637 ; Tibulle, I, 8, 70). 

3. Focus turicremis. Brasier fait de 
métal et muni de poignées pour qu'on put 
le transporter de 
place en place; il 
était placé , dans 
les occasions solen- 
nelles , devant l'au- 
tel ou la statue d'u- 
ne divinité : il ser- 
vait d'encensoir 
pour brûler des 
pastilles d'encens 
(Ov. Her. II, 18; 
Marini , Fr. Arv. 
p. 311 ). La gra- 
vure, prise d'une ancienne fresque ro- 
maine, montre une femme avec un plat 
de pastilles dans sa main gauche et le 
focus turicremis brûlant à terre à côté 
d'elle , et dans lequel elle jette les pas- 
tilles une à une. 

4. Sorte de réchaud inventé par les 
Romains adonnés au luxe, pour avoir leurs 
potages et leurs ragoûts tout à fait chauds 
quand on les apportait sur la table. Il 
était fait de métal et contenait un feu de 





charbon allumé , ainsi que le plat et le 
vase avec les viandes préparées. On ap- 
portait le tout ensemble de la cuisine à la 



salle à manger, ce que Sénèque exprime 
en disant que la cuisine accompagne le 
repas : Culina cœnam prosequitur (Senec. 
Ep. 78). La gravure représente un usten- 
sile de ce genre , d'après un modèle en 
bronze trouvé à Pompéi, avec un plan en 
coupe de l'intérieur et un dessin de la 
casserole qui contenait les viandes, placé 
entre les deux. Le charbon était introduit 
par la porte du bas; la fumée s'échappait 
par deux ouvertures latérales ornées cha- 
cune d'une tête de lion ; l'anse, placée au 
sommet, servait pour porter le focus, el la 
casserole était posée sur la partie supé- 
rieure , où elle était supportée par le re- 
bord qui entourait sa surface. 

FODINA([X£TaX>,ov). Mine dont on tire 
des métaux, etc.; chaque mine parti- 
culière était caractérisée par un nom spé- 
cial : ainsi auri fodina, mine d'or ; ar' 
genti fodina, mine d'argent. Ces expres- 
sions ne forment même souvent qu'un seul 
mot (Ulp. Dig. 27, 9, 3; Yitruv. Plin. 
passim) . 

FOEMSECA, FŒMSECTOR, FOE- 
NISEX. Faucheur d'herbe avec une faux, 
par opposition du moissonneur de blé avec 
une faucille (Columell. Il, 18, 5; XI, 1 , 
12; Varro,/?. 7f. I, 49, 2). 

FOLLICULARE ( â(jxwjj.a).Bois d'une 
rame , au point où il avance hors de l'ou- 
verture; il était entouré d'un chapeau de 
cuir (/b///cw/f/j), pour diminuer le frotte- 




ment et la détérioration de la rame et em- 
pêcher l'eau dans les mers agitées de pé- 
nétrer dans le vaisseau par l'ouverture. 
La forme et la place de ce chapeau sont 
clairement indiquées par la gravure, qui 
représente plusieurs rames recouvertes 
ainsi que nous l'avons dit, et ainsi qu'on les 
voitsur le côté d'un vaisseau, dans unbas- 
relief de la villa Albani. 

FOLLICULUS. Diminutif de Follis. 

FOLLIS. Ballon gonflé ^'a/r; il était 
de grande dimension , et fort léger, ser- 



K0LLI5. 



vant également à ramusement des jeunes 
gens et des vieillards, comme un jeu qui 
donnait de l'exercice sans mouvements 
violents (Mart. XIV, 47 j. La gravure ci- 
joinle est prise d'une monnaie de Gor- 




dien III, publiée par Mercuriali {Gjmii. 
p. 126). Ce ballon se rapproche, pour les 
dimensions , de la vessie enflée , et rap- 
pelle , pour la manière dont on le lance, 
Un jeu encore commun en Italie, et connu 
sous le nom de jeu de ballon {jl giuocodel 
pallone) , dans lequel les joueurs ont les 
bras droits, depuis le coude jusqu'au poi- 
gnet, couverts d'une sorte de gantelet 
semblable à celui que représente la gra- 
vure. C'est avec ce gantelet qu'ils frap- 
pent le ballon qu'une autre personne leur 
donne , comme celui qui sert la balle au 
jeu de la crosse. 

2. Coussin ou matelas gonflé d'air, au 
lieud'être rembourré de plumes. Les plu- 
mes marquaient plus de luxe (Lamprid. 
Elag. 25). 

3. Large bourse de cuir pour tenir 
l'argent (Juv. xiv, 281); elle était em- 
ployée surtout à l'armée comme caisse 
militaire pour garder la paie des soldats 
(Veg. Mil. II, 20). 

4. (qjùffa). Soufflet, composé de deux 
planches , avec une soupape à air (par- 
ma), unies par une peau de bœuf ou de 




vache, de manière à former une machine 
semblable à celle dont nous nous servons 



maintenant; on en voit un spécimen 
dans la figure ci-jointe, prise d'une lam- 
pe en terre cuite , de la collection de Li- 
cetus (Lucern. VI, 24, 2 ; cf. Cic. TV. D. l, 
20; Pers. v, 1 1). Des soufflets, faits aussi 
de peau de bouc {folles liircini), sont 
mentionnés par Horace {Sat. i, 4, 19); 
d'autres, en peau de taureau (folles tau- 
riiti ), par Virgile ( Georg. IV, 171); mais 
celte dernière expression est poétique et 
marque l'ignorance d'un fait bien connu, 
savoir, que la peau de taureau ne vaut 
rien pour faire des soufflets (Beckman, 
Hist. of Inventions, vol. I, p. 64; Lon- 
dres, 1846). 

,5. Fol lis fabrilis. Soufflet de forge- 
ron (Liv. XXXVIII, 7) de dimensions con- 
sidérables, comme ceux qu'on emploie 
dans nos forges ; la gravure au mot Fer- 
RARIITS en donne un spécimen. 

FORCEPS (ujpâypa;. Tenailles, dont 
les forgerons se servaient pour retirer le 
métal échauffé au feu et le tenir sur l'en- 



clume pendant qu'ils le travaillaient 
(Isidor. Orig. XIX, 7, 3; Ov. Met.xn, 
277; Virg. Mn. viii, 463). La gravure 
représente des tenailles de Yulcain d'a- 
près un bas-relief de marbre. Comparez 
la gravure des mots Marccs et Marcu- 
LUS. 

2. ( pi^àypoc ). Espèce particulière 
d'instrument de dentiste , en forme de 
pinces, employé pour extraire les racines 




des dents gâtées ( Ceisus, vil, 12, 1 ); 
usage que des médecins ont attribué à 
l'instrument ici figuré , d'après un modèle 
découvert parmi d'autres instruments de 
chirurgie, dans une maison de Pompéi, 
et auquel il semble en effet destiné. 

3. (oôovTaypx). Pinces pour arracher 

les dents (Ceisus, VII, 12, 1); elles 

étaient armées de griffes recourbées, un- 

cis (Lucil. Sat. xix, 11, éd. Gerlacli.). 

IG 



278 



4. ( àp5'.ô6Yi(-a, Serv. ad Virg. .£//. 
XII, 404). Pinces faites spécialement 
pour extraire d'une blessure des têtes de 
lances ou de flèches (^i^g. et Serv. /. c). 

5. Mot de la langue militaire; même 
sens que FoRFEX, 3 (Cato, ap. Fest. v. 
Serra). 

FORFEX ( 4'a^'Çj [xà^aipa ôinÀvi, Pol- 
lux, II, 32). Ciseaux rogneitrs on ifranc/s 
ciseaux, employés ^.^---^ -r--^ _ ^ 
pour couper (Colu- --=is^^^^'— 

mell. XII, 44, 4), rogner les cheveux ou la 
barbe (Mart. vil, 95j, tondre les bètes à 
laine (Calpurn. Ed. v, 74) et autres 
usages semblables. Le spécimen repré- 
sente des ciseaux pour tondre les bètes à 
laine, tels qu'on les voit au-dessus de la 
figure d'un bélier dans une pierre gravée. 
La gravure au mot Coronarius montre 
un instrument exactement de la même 
forme, qui servait de ciseaux ordinaires 
aux faiseurs de couronnes. De plus , la 
forme de l'instrument, arrondie à l'ex- 
trémité, comme Galien le dit de l'instru- 
ment grec appelé <|'2tXU , non-seulement 
établit l'identité de ce mot avec le latin 
forfex, mais explique aussi ses significa- 
tions secondaires, telles que voûte, abside, 
aqueduc cintré. 

2. Louves pour lever des poids (Vitruv. 
X, 2, 2). 

3. Dans le langage militaire, tenaille 
ou corps de troupes disposé en forme de 
\, pour recevoir l'attaque d'un autre 
corps qui avance en forme de coin ( cu- 
neus) : il laissait l'ennemi pénétrer dans 
ses rangs, puis se repliait sur ses côtés et 
l'enveloppait ( Veg. Mil. III, 18; Gell. 
X, 9). 

FORFlCULÂ(«|/a).tStov). Diminutif de 
Forfex (Plin. H. N. xxv, 5, 23). 

FORI. Pluriel de Forcs. Planchers 
d' un vaisseau ( Glossaire latin et anglo- 
saxon du dixième siècle). Ce mot s'api)li- 
que au tablier du pont (Gell. xvi, 19, 
3 ) ; aux passages par lesquels les mate- 
lots circulaient dans le vaisseau ( Cic. 
Sen. G; Lucan. m, 030); à ceux qui 
étaient ménagés entre les bancs des ra- 
meurs (Virg. v£/?. VI, 412) , et peut-être 
aux bancs eux-mêmes (Isidor. Orig. xix, 
2). 

2. Places sur une plate-forme provi- 



soire élevée pour la commodité des per- 
sonnes qui assistaient à un spectacle pu- 
blic (Liv. I, 35; Festus, v. Forum ). 

3. Planchers superposés par lesquels 
les cultivateurs romains divisaient quel- 
quefois leurs ruches ( Virg. G. iv, 250) 
en un certain nombre d'étages distincts, 
comme le montre le spécimen ci-joint. 




d'après un modèle en bronze découvert à 
Pompéi. La figure à main gauche repré- 
sente l'extérieur; celle à main droite, 
une coupe de l'intérieur divisé en éta- 
ges ; enfin celle du haut, le couvercle 
mobile avec sa poignée. 

4. Sillons étroits dans un champ ou 
dans un jardin, tracés en lignes parallèles 
avec la houe ( Columell. x, 92, 1). 

FORIC.F]. Commodités publiques, 
comme les cabinets d'aisance de Paris , 
construites en divers endroits de Rome. 
La faible rétribution ([ue l'on payait, et 
les profits résultant de la vente du con- 
tenu, engageaient quelques individus à 
prendre de tels lieux à bail , comme 
moyen de gagner leur vie ijuv. m, 38; 
Ruperti ad. l.; cf. Furlanetto ad Lex. 
Forcellin. s. v.). 

FORICARIUS. Qui tenait à bail des 
foricie (Paul. Dig. 22, 1, 17, § 5). 

FORICULA. Diminutif de Foris : vo- 
let (VaiTo, R. R. I, 59, 1). Yoy. la gra- 
vure au mot Fenestella ; on y voit 
un petit enfoncement à l'extérieur de la 
muraille pour recevoir un volet de bois , 
quand on le repoussait de devant la fenê- 
tre. 

FORIS (<7avî:, -/.Xididi:, ôûps-cpov). La 
porte elle-même , distincte du châssis de 
la porte (Liv. vi, 34; Cic. l'err. Ii, 1, 
2G ; Plaut. Cure, i, 3, 1), particulière- 
ment celle qui s'ouvrait au dehors (Serv. 
ad jEn. I, 449). Les portes des anciens 
étaient généralement doubles comme nos 
portes à battants (voy. la gravure au mot 



279 



Jam'.v) ; en conséquence le mot forh est 
le plus souvent employé au pluriel ; mais, 
quand on le rencontre au singulier, il 




faut entendre qu'il n'est question que 
d'un seul des battants (Ov. Her. xii , 
150), ou cjue la porte n'en avait c[u'un. 
Les anciens se servaient c[uel([uefois de 
portes pareilles à l'intérieur de leurs mai- 
sons, comme le montre la gravure, prise 
du Virgile du Vatican. 

2. Fores carceris. Les j)ortes c{ni fer- 
maient au cirque le devant d'une stalle 
dans lac[uelle les chevaux et les chars 
stationnaient avant de partir pour la 




V^!^i^\^^'i^^s;^lA»t^^^t^tst^\^S\\\N^\\V^'\V^^^^^ 



course, comme le montre la gravure ci- 
jointe , d'après nn has-relief du Musée 
Britannique (Ov. Trist. v, 9, 29). 

FORMA (tÛuo:). Modèle, moule ou 
tout ce qui sert à faire prendre une forme 
aux objets d'une nature plastique, fusible 
ou ductile. 

1. Moule pour mouler des ouvTages 





en terre cuite. On les faisait en pierre et 
on y gravait le dessin en creux : puis 
on y pressait l'argile humide et on la 
mettait au four pour être cuite dans son 
moule. La gravure montre à main droite 
un moule original trouvé à Ardée, et à 
gauche l'objet qui en est sorti (ectypiis). 
2. (xôavoç). Moule pour les métaux 
fusibles, objets d'art en bronze (Plin. H. 
A^. XXXVI, 49), monnaies (Lamprid. 
Jlex. Sev. 39) et autres choses de mê- 
me nature; on les faisait aussi en pierre, 
suffisamment dure pour résister à la cha- 
leur de la fonte, ou en terre cuite; c'est 
en cette matière qu'est le spécimen ci- 




joint, représentant un moule original 
|)onr monnaies , avec un spécimen cie la 
pièce, à côté, sur une échelle un peu plus 
grande. Plusieurs modèles, avec le des- 
sin gravé à l'envers des deux cotés, sont 
disposés dans la case à une dislance l'un 
de I autre qui correspond exactement à 
l'épaisseur qu'on veut donner à la mon- 
naie; on versait le métal liquide dans la 
cavité latérale d'où il coulait par les trous 
t[u'on voit ici , et pioduisait une monnaie 
parfaite entre chaque lit de types. 

3. Moule pour faire des briques (Pal- 
lad. VI, 12). 

4. Moule en buis dans lequel on fai- 
sait les fromages à la crème (Columell. 
VII, 8, 7) ; il était désigné aussi par le 
diminutif formula (Pallad. vi, 9, 2 ). 

6. (xaXàTTOu;). Forme de cordonnier, 
semblable aux nôtres, et munie d'un 
manche ainsi qu'on le voit 
dans le spécimen ci-joint , 
d'après une peinture d'Her- 
culaiHuu , qui représente 
deux génies faisant les cor- 
donniers (Hor. Sat. ii, 3, 
Dig. 9, 2, 5, § 3). 

G. Voie d'eau ou canal d'un aqueduc, 
ou cette partie de l'aqueduc que l'on con- 
duit sous terre au lieu de l'élever sur des 




280 



FORMACEUS. 




arches (Frontin. Aq. 75, 126), et qui 
par conséquent est scellée dans le sol 
comme un ol)jet moulé dans son moule. 
FORMACEUS. Voy. Paries. 
FORMELLA. Diminutif de Forma. 
Petit moule pour donner une forme ar- 
liQcielle et de fantai- 
sie au poisson , quand 
on le préparait pour 
le dîner; ou proba- 
blement un plat en 
forme de poisson, comme le spécimen 
ci- joint, qui représente un modèle trouvé 
à Pompéi ('Apic. IX, 13). 

FORMIDO. Sorte d'épouvantail em- 
ployé par les chasseurs pour pousser leur 
proie dans une certaine direction, et vers 
le lieu où les fdets étaient tendus. Il con- 
sistait en une longue corde étendue en 
travers d'un certain lieu, et à laquelle 
étaient attachées des plumes de différen- 
tes couleurs ; elles effrayaient les animaux 
en s'agitant au vent et les détournaient 
de se retirer vers l'endroit où s'étalait 
l'épouvantail (Grat. 85, 88 ; Nemes. 304 ; 
Virg. A"«. XII, 7 50; Senec. de Ira, II, 
12). Horace fait allusion à cet épouvan- 
tail {Sat. I, 8, 3 ^ quand il appelle Priape 
la terreur des voleurs, fiirum formldo. 
FORMULA. Diminutif de Forma. 
FOR> ACARIUS , FORNACATOR , 
FURNACATOR. Esclave qui devait veil- 
ler sur un four ou sur un fourneau dans 
des bains (Ulp. Dig. 9, 2, 27 ; Paul. Dig. 
33, 7, 14; Inscript, des bains de Pom- 
péi). 

FORNACULA. Diminutif de FoRXAX. 
Petite fournaise pour fondre des mtaux 
(Juv. X, 82), ou pour échauffer, faire 




FORNAX. 

romaine , découverte dans une fouille 
faite près de Wansford dans le Nor- 
thamptonshire : on y faisait le vernis em- 
ployé dans une poterie voi- 
sine pour couvrir l'exté- 
rieur des vases de terre 
qu'on y fabriquait. La pe- 
tite gravure qui suit pré- 
sente une coupe transver- 
sale de la chaudière et de la fournaise, et 
montre comment elles étaient disposées. 
2. Fornacula halnearum. Fourneau 
et tuyaux employés pour échauffer la 
chami)re thermale dans desbain^ (Front. 




bouillir ou fondre un objet de nature li- 
quide ou fusible. La gravure représente 
la perspective d'une ancienne fornacula 




ad M. des. I, ep. 2) ; on les voit claire- 
ment dans la gravure ci-jointe, représen- 
tant le plan en coupe d'une pièce de 
bains trouvée dans des fouilles à Tuscu- 
lum : le fourneau est à gauche avec les 
chaudières au-dessus, et vers la droite 
sont les tuyaux qui s'étendent sous tout 
le plancher de la chambre. 

FORNAX (xâ|j.tvoO- Four pour cuire 
de la poterie (Cic. N. D. i, 37). La gra- 
vure représente les restes d'un four àpo- 




terie romain , découvert près de Castor 



KOItlVICATIje. 



281 



,/■ 




dans le Northamptonshire. La porte basse 
sur le devant est l'entrée du fourneau 
{prpefurniam) ; la construction circulaire 
par derrière est le four dans lequel les va- 
ses étaient cuits sur un plancher suspendu 
au-dessus du fourneau. Le plancher suIj- 
"siste dans son entier comme le représente 
la gravure; mais la manière dont il était 
supporté par un pilier central, l'empla- 
cement du fourneau, la position des vases 
et la voûte qui cou\rait le four, se com- 
prendront mieux .„. 
par la coupe ci- 
jointe de la cons- 
ti'uction , dans la- 
quelle on voit tous y^ 
ces détails. Rien 
n'est ajouté , si ce 
n'est quelques va- 
ses et une ligne 
pointée pour indiquer la forme complète 
et primitive du four. 

2. Fornax xrar'ia. Four pour la foute 
des métaux, haut-fourneau (Plin. H. N. 
XI, 42; Virg. v£«. vu, G3G). Nous en 
avons donné un spécimen au mot Ca- 
MINUS. 

3. Fornax calcaria. Four à chaux 
(Cato, R. R. 38, 4); il était construit 
de la manière suivante : on creusait la 
terre à une certaine profondeur de manière 
à former une voùtespacieuse U'ornix) pour 
le fourneau , avec une entrée (prœfur- 
nium) sur le devant et par derrière: la 
première pour mettre le bois , la seconde 
pour retirer les cendres. Les puits {fau- 
ces), où s'ouvraient les bouches du four- 
neau, s'enfonçaient dans une direction 
perpendiculaire pour protéger contre les 
courants du vent le fourneau et ses ou- 
vertures. La partie du four qui était au- 
dessus du sol (sunwia fornax) était alors 
élevée en briques ou pierres brutes (cœ- 
menta), revêtue d'argile pour concentrer 
la chaleur, et de forme conique, large de 
six pieds au fond et se rétrécissant jus- 
qu'à trois vers le haut, où elle se termi- 
nait par une ouverture ou cheminée cir- 
culaire (orhis summus). 

4. Fornax balinei (Labeo, D'ig. 19, 2, 
58). Fourneau de bain. "Voy. FoRNA- 
CULA, 2. 

FORNICATUS. Voy. Paries. 



FORNIX. Arche, construction figurant 
un segment de cercle et formée par des 
intrados et des voussoirs que tient réunis 
leur gravitation réciproque (Cic. Top. 4; 
Seuec. Ep. 90). Même sens que Arcus, 
4 : voy. ce mot. 

2. Ârc, élevé par un individu pour raj)- 
peler sa mémoire et pour orner une ville 
( Cic. Verr. i, 7 ; II, 63 ; Liv. xxxili, 27 ; 
id., XXXVII, 3); ce n'était pas un arc de 
triomphe (arcus triu/nphalis), comme le 
prouvent les passages de Tite-Live, qui 
s'appliquent à des arcs élevés, l'un par 
Scipion l'Africain avant le commence- 
ment d'une campagne, et l'autre par L. 
Stertinius à l'expiration de son comman- 
dement, qui se termina sans qu'il obtint 
les honneurs du triomphe. L'arc formant 
une des entrées du forum à Pompéi s'ap- 
pelait proprement fornix; celui de Titus, 
de Septime Sévère ou de Constantin à 
Rome, arcus, quoique l'aspect extérieur, 
pour l'ornementation et le dessin, fût le 
même dans les deux cas. Voy. Arcus, 5, 
et la gravure à ce mot. 

3. Voûte o\\ chambre ■voM^ee; particu- 
lièrement celles qui étaient étroites et 
communes, comme celles qu'habitaient 
les esclaves et le pauvre peuple ; de là , 
le réduit d'une prostituée vulgaire (Hor. 
Sut. I, 2, 30; Juv. xi, 171); ces femmes 
à Rome se livraient à leur métier sous 
des voûtes de ce genre, et c'est de là 
qu'est venu le terme moderne de forni- 
cation. La gravure représente une suite 




"^^^^mmmÊ^^^^ 



de petites chambres construites de cette 
façon, trouvées au milieu des ruines d'une 
villa romaine sur le golfe de Gaëte. Les 
portes et le mur qui les fermaient par de- 
vant ont été détruits ; mais les débris sont 
suffisants pour donner une idée claire de 
la construction appelée fornix. 

4. Porte de sortie aoùtce , pratiquée 
dans les tours et les murailles des places 
16. 



282 



fortifiées et par laquelle les assiégés pou- 
vaient faire une irruption soudaine sur 
les assaillante (Liv. xxxvi, 23). La gra- 




vure représente une des tours qui faisaient 
partie des murailles de Pompéi, dans son 
état actuel, avec la porte de sortie sur la 
gauche, au bas ; les deux arches obscures 
qu'on voit au-dessus contiennent les esca- 
liers, et étaient cachées par le mur exté- 
rieur quand la tour était dans son état 
primitif. 

FOHMJS. Même sens que FuRNt'S 
(Varro, ap. Non.i. )'.). 

FORPEX (Cato, R. R. 10; Suet. Aiig. 
75). Même sens que Forfex, tenailles. 

FORTAX (Cato, R. R. 38). Nom 
donné aux masses de craie disposées en 
forme d'arche {fornix) au-dessus du 
feu dans un four à chaux, de manière à 
se soutenir elles-mêmes par leur poids ré- 
ciproque et à soutenir aussi toute la masse 
placée au-dessus d'elles dans le four, pen- 
dant qu'on chauffe au-dessous pour faire 
la chaux. 

FORULUS. Petit corps de bibltothcque 
ou placard pour livres (Juv. m, 219), 
qui n"est pas fixé d'une fa- 
çon permanente à la mu- 
raille , ainsi que Vanna- 
rit/m, mais qui forme un 
petit dépôt mobile (Suet. 
Aug. 31) pour qnelques 
auteurs favoris, comme on 
le voit dans le spécimen ci- 
joint, pris d'un bas-relief 
d'un sarcophage , servant 
maintenant de bassin à une fontaine dans 
une des rues de Rome. 

FORUM. Dans son sens primitif, ce 
mot signifiait un espace de terre décou- 




vert qu'on laissait devant une tombe et 
sur lequel on avait le même droit de pro- 
priété que sur le sépulcre même (Festus, 
s.v .,- Cic. (/cZpo-. II, 24). 

2. (àyopi). Place de marché, consis- 
tant en une large area découverte au cen- 
tre, où les gens de campagne étalaient 
leurs produits pour la vente; elle était 
entourée de bâtiments et de colonnades, 
sous lesquelles les différents métiers éle- 
vaient des boutiques et étalaient leurs 
denrées ou leurs marchandises. Dans les 
petites villes, un seul forum suffisait pour 
différents marchés; mais dans les grandes 
villes comme Rome, presque chaque classe 
de marchands pour l'approvisionnement 
avait un marché à elle, distingué par le 
nom de ce qu'on y vendait; ainsi forum 
boarhim , marché aux bestiaux ; olito- 
rium, marché aux légumes. Tous deux 




sont représentés dans la gravure ci-jointe, 
d'après une ancienne peinture contenant 
des vues de plusieurs emplacements de la 
ville de Rome , avec leurs noms inscrits 
au-dessus de chacun. Cette gravure mon- 
tre distinctement la manière dont une 
place de marché chez les anciens était 
disposée et enfermée (Varr. L. L. v, 146). 
3. Forum, c'est-à-dire vaste place dé- 
couverte d'un genre à peu près semblable 
à celle que nous venons de décrire, mais 
tracée sur une échelle beaucoup plus 
grande, et destinée aux assemblées pu- 
bliques qui se tenaient en jilein air et au 
règlement des affaires judiciaires et com- 
merciales, plutôt qu'à servir de simple 
marché aux provisions (Varro, R. R. v, 
145). Elle était entourée par les princi- 
paux édifices pullirs, cours de justice, 
basiliques , temples, et par de spacieuses 
colonnades d'un ou de plusieurs étages 



283 



dans lesquelles les marchands , les ban- 
quiers, les usuriers, avaient leurs comp- 
toirs et faisaient leur trafic (Vitruv. v, 1, 
2). U ne reste rien' maintenant du fameux 
forum romain, que les débris de quelques- 
uns des édifices qu'il contenait ou qui 
l'entouraienf ; ils s'élèvent avec une ma- 
jesté solitaire, ou sont disséminés parmi 
les édifices modernes qui encombrent l'em- 
placement du forum. Son ancien niveau 
est enseveli sous trois ou quatre pieds de 
terre et de décombres, de telle sorte que 
la place même qu'il occupait, avec ses 
dimensions, est un des points les plus 
contestés de la topographie romaine. Mais 



les fouilles de Pompéi ont mis à décou- 
vert le forum de celte ville, dont les res- 
tes sont assez considérables pour nous per- 
mettre de tracer le plan des différents 
édifices qui l'entourent et d'indi((uer l'u- 
sage probable de chacun d'eux : on aura 
ainsi une idée générale de l'aspect ordi- 
naire de ces places et de la manière dont 
elles étaient disposées. Varea centrale est 
pavée de larges dalles carrées, sur lesquel- 
les on voit encore des bases pour plu- 
sieurs statues ; elle est entourée d'une co- 
lonnade dorique à deux étages, le long de 
laquelle règne une suite d'édifices élevés 
et spacieux. L'entrée principale est un 







arc ifornix). A, sur le coin à main gauche 
du plan, et à coté d'un temple d'ordre 
corinthien, b, qu'on suppose avoir été 
consacré à Jupiter. De l'autre côté du 



temple , à main droite , est une seconde 
entrée du forum, et à côté la prison pu- 
blique (carcer), c, dans laquelle on a 
trouvé les ossements de deux hommes 



284 



avec les fers aux pieds. Adjacent à cette 
entrée , est un long et peu ])rofond édi- 
fice , D, qui a plusieurs entrées sur la co- 
lonnade , et qui aurait été , selon la con- 
jecture des antiquaires napolitains, un 
grenier public i Iwrreiim). L'édifice qui 
suit est un autre temple d'ordre co- 
rinthien, E, consacré à Vénus, comme 
semble le prouver une inscription trou- 
vée en ce lieu. 11 est sur une area enfer- 
mée par im mur nu et un péristyle, dont 
la jniucipale entrée ouvre sur une rue la- 
térale qui aboutit au forum et court le 
long de la basilique, F, au delà de la- 
quelle sont trois maisons particulières hors 
des limites du forum. Le coté le plus 
éloigné ou le côté sud du carré est occupé 
par trois édifices .publics, G, H, I, qui se 
resseml)lentpourle plan et les dimensions. 
Ils ont tous été décorés de colonnes et de 
statues dont il reste encore des débris sur 
le plancher, mais qui ne suffisent pas pour 
décidera quel usage ces édifices servaient. 
On conjecture simplement que le premier 
était une maison de consul (curiaj ; le se- 
cond, le trésor {sera ri um); et le dernier 
une seconde curie. Au delà est une autre 
rue, ouvrant sur le forum; en tournant 
l'angle , on trouve les débris d'un édifice 
carré , K , auquel on ne peut assigner 
d'usage satisfaisant. L'espace qui est der- 
rière est occupé par l'emplacement de 
trois maisons privées. Vient ensuite une 
large pièce de terrain , L , entourée par 
une colonnade (portictis) et un cloître 
(crypta), et décorée sur le devant, là où 
elle fait face au forum, d'un portique 
d'entrée ou vestibule fort spacieux (chal- 
cidiciim ) , toutes constructions faites aux 
frais d'une femme nonunée Eumachia. 
Au delà est un petit temple , M, sur une 
base élevée , et consacré , selon quelques 
auteurs, à Mercure, et selon d'autres, à 
Quirinus. Tout près était un édifice , N , 
avec une large tribune demi-circulaire ou 
abside à l'extrémité, qu'on suppose avoir 
été une salle de réunion pour les Augus- 
tales, ou une maison commune (^cHrtcw- 
liim) pour le sénat de Pompéi. Le der- 
rière de ces deux bâtiments est couvert 
par le local appartenant à un établisse- 
ment de foulon {fullonica). La dernière 
construction, o, est un édifice magnifique 



avec diverses dépendances, appelé com- 
munément le Panthéon, à cause de douze 
piédestaux placés en cercle autour d'un 
autel qui est au centre et qui supportait 
jadis, à ce qu'on suppose, les statues des 
DU Magni ou des douze divinités princi- 
pales; mais le genre des décorations, et 
les sujets des peintures nombreuses qui 
ornaient les murailles, donnent beau- 
coup de vraisemblance à une conjecture 
ingénieuse qui fait de cet édifice une 
salle de ijanquet appartenant aux Augus- 
tales. 

4. (Peut-être ûrcoXôvtov). Partie spé- 
ciale du pressoir où l'on faisait du vin ou 
de l'huile (^'arro, i, 54, 2 ; Columell. XI, 
2, 71; XII, 18, 3,1. Dans tous ces pas- 
sages, elle est énumérée avec les presses , 
les instruments et les vases qu'on em- 
ployait à cet effet. Le nom s'adapterait 
bien aux parties marquées H H sur le plan 
du pressoir trouvé dans les fouilles de 
Stabia, qui est donné au mot ToacuLA- 
RIUM. 

FORUS. Même sens que Forum (Lu- 
cil. Sat. III, 23, Gerlach. ; Pompon, ap. 
Non. I, p. 206). 

2. Forus aleatorius . Table à dés (Sue- 
ton. Jugiist. 71; Senec. Coiisol. ad 
Polrh. 36). 

FOSSOR (ôpûy-Tvic). Terrassier (Ins- 
cript, ap. Murât. 1970, 3), ou mineur 
(Stat. Tlteb. Il, 418), c'est-à-dire qui 




^^-4* 



/bw///^- profondément le sol, ou qui e.rtrait 
en creusant avec un instrument à pointe 
aiguë , comme la pioche (dolabra fossa- 
ria ) ; c'est ce que montre la gravure ci- 



FRACES. 



FRIGIDARIUM. 



285 



jointe, représentant un terrassier à l'œu- 
vre clans les cata('oml)es de Rome, d'après 
une peinture sépulcrale de l'ère chré- 
tienne. La lampe placée à côté de lui 
indique qu'il travaille sous terre. 

2. Comme le terrassier faisait usage 
de la hèche (pala) pour enlever la terre 
qu'il avait remuée avec la pioche {dola- 
bra), le mot est aussi employé pour dési- 
gner celui qui dans les champs retourne 




ou creuse le sol avec une bêche (Virg. 
Geo;o. II, 2G4; Pallad. i, 6, 11), com- 
me on le voit dans le spécimen ci-joint, 
d'après une peinture du même genre que 
la dernière. 

FRACES (<TT£[X(pu).a). Cosses de l'oli- 
ve , après que le jus a été extrait du fruit 
hroyé et pressé (Cato, R. R. 56 et 64). 

FRAMÉA. Lance dont se servaient les 
Germains; elle avait une tête de fer 
courte , mais fort aiguë, et était employée 




têtière et les rênes (Cic. Hor. Virg.). Le 



comme pique dans la mêlée et comme 
trait pour lancer (Tac. Germ. 6) : c'est 
de cette façon que s'en sert la figure ci- 
jointe , représentant un guerrier germain 
sur la colonne de Mar-Aurèle. 

FRENUM et FRJENUM (/aXwé;). 
Bride de cheval , comprenant le mors , la 




spécimen est copié de l'arc de Seplime 
Sévère. 

FRIGIDARIUM. Place fraîche ou 
garde-manger pour conserver la viande 
(Lucil. 5rt^ VIII , 7, éd. Gerlach.). 

2. Une des chambres mentionnées par 
Vitruve , comme appartenant aux bains 
d'un gymnase (Vilruv. v, 1 1, 2) ; mais il 
n'en indique pas l'usage et la nature pré- 
cise , et il est difficile de les déterminer. 
Toutefois elle était certainement dis- 
tincte du bain d'eau froide {fr'igida la- 
ratio) avec lequel elle est énuniérée : et 
sa place était à un angle opposé de l'é- 
difice et près de la chambre aux huiles 
(elxotliesium) , précisément comme le 
représente une peinture des Thermes de 
Titus, donnée au mot Cella, 5. En rai- 
sonnant par analogie et d'après le sens 
dans lequel Lucilius emploie ce mot (voy. 
n° 1), nous pourrions conclure que c'é- 
tait une chambre qui ne contenait pas 
de bain, mais qui était simplement tenue 
à une basse température pour donner 
du ton au corps après l'épuisement du 
laconicum ou bain de vapeur, par un 
procédé moins violent qu'un bain immé- 
diat d'eau froide ; c'était une pratique 
fort commune chez les anciens. La diffi- 
culté qu'ils éprouvaient à établir une 
distinction entre les deux expressions 
frigidarium et frigida lavât io, dans le 
passage de Vitruve précité, a conduit 
Marini et le professeur Becker avec lui à 
changer la première leçon en tepida- 
riitm ; mais la peinture à laquelle nous 
renvoyons , tirée des Thermes de Titus , 
où l'on voit un frigidarium attenant à 
un elxotliesium , comme l'enseigne Vi- 
truve, suffit pour établir l'authenticité 
de la leçon originale. 

3. Atheiium ou i<as. Cuve ou citerne 



286 



contenant de l'eau froide dans des l)ains 
(Vitniv. V, 10). La manière ingénieuse 
dont les anciens disposaient les différen- 
tes chaudières et cuves nécessaires poin- 
alimenter leurs bains de manière à dé- 
penser le moins d'eau et de bois possi- 
ble , est indicpiée par la gravure ci- 
jointe , prise d'une pein- 
ture des Thermes de Ti- 
tus , à Rome La chau- 
dière pour l'eau chaude 
[caldariimi) était placée 
immédiatement sur le 
fourneau ; au-dessus , ou à 
une grande distance du 
feu , était une autre chau- 
dière ( tepidariiim ) qui 
remplaçait immédiate- 
ment le vide laissé dans 
la chaudière quand l'eau 
chaude en était tirée, par 
une égale quantité de li- 
quide élevé déjà à une 
température modérée , et était elle-mê- 
me pareillement remplie par l'eau du 
réservoir d'eau froide {frigidarium), qui, 
comme le montre la ligure, était com- 
plètement éloigné de la chaleur du feu. 
FRITILLUS (9i[x6;). Cornet à dés, 
fait comme ceux dont on se sert encore, 





avec des intervalles gradués à l'intérieur 
pour donner au.v dés pendant qu'ils des- 
cendent un mouvement de rotation , ainsi 
que le montre le spécimen , d'après un 
original trouvé dans une fouille à Rome. 
FBONS. Ce mol s'applique aux livres; 
au pluriel , f routes 
gem'inx ( Ov. Tr'ist. 
I, 1, 11; Tibull. 
III, 1, 13), les deux 
surfaces extérieures 
ou bases d'un rou- 
leau de papyrus , 
etc., quand il était 
roulé de manière à former un volume 





{volumen) : elles étaient unies et polies 
avec la pierre ponce, et teintes en noir 
quand le rouleau était achevé. On voit 
dans la gravure une boîte de livres , d'a- 
près une peinture de Pompéi , dans la- 
quelle il y a huit rouleaux, présentant 
chacun un de leurs frontes. 

FRONTALE {i\JM^%). Bandeau placé 
en travers du front des chevaux (Plin. H. 
N. XXXVII, 174), com- 
me le montre la figure 
ci-jointe, d'après un 
vase d'argile. Elle con- 
sistait quelquefois en 
une plaque d'or (Hom. 
//. V, 358) , et , chez 
les personnes de con- 
dition royale, elle était 
souvent enrichie de pierres précieuses 
(Plin. /. c). 

2. Les auteurs grecs font aussi usage 
du même mot pour dé~ __„^ 
signer le bandeau placé ^^^^^ 
d'une manière sembla- ^^^^^^\ 
ble sur le front des fem- ^^^^^ J 
mes, plus particulière- ^^'^W \j^ 
ment des divinités (Hom. ^ '^ 
II. XXII, 469; Hes. / ^ 
Tlieog. 916), comme 

le montre la figure ci-jointe, d'après un 
vase d'argile. 

3. (TtpojAETWTtîôioVjGloss. Vct.). Plaque 
de métal placée comme défense sur le front 
et l'os frontal des chevaux appaitenant à 
la cavalerie pesamment armée des Grecs 
et des Romains (Arrian. Tact. p. 15; 
Xen. Crr. iv, 1; Anah. I, 1). Cet 
usage fut introduit par les Mèdes ou les 
Perses; les éléphants , quand ils étaient 
caparaçonnés pour l'action , étaient mu- 
nis d'une défense de même nature (Liv. 
xxxvn , 40). 

FUCATUS. Fardé ou peint, comme on 
rex]iliqne dans le paragraphe suivant. 

FUCrS (cpOxo:). Bouge, espèce de 
fard fréquemment employé par les fem- 
mes grecques et romaines, comme il l'est 
par celles de l'Europe moderne, pour 
donner un air de brillant et de jeunesse à 
m\ teint déjà fané ou natui-ellement blême 
(Plant. Blost. I, 3, 118; Prop. ii, 18, 
31). On le faisait d'une certaine espèce 
de mousse [Lichen roccella L.), et on 



FULCRUM. 



FULLOMf.A. 



Tniililiquait avec une ])i'Osse , comme ou 




le voit dans le spécimen ci-joint , pris 
d'un vase d'argile, ou avec le doigt, 
comme le montrent d'autres dessins du 
même genre. 

FULCRL'M. Étai ou support sur lequel 
une chose repose : comme un hàlon 
(Ovid. Pont. III, 3, 14; voy. Baculcs); le 
pied d'un sofa, d'une couche ou d'un lit 
(Suet. Claud. 32 ; Prop. IV, 8 , 08; voy. 
Clinopus) ; de là , quchpiefois, le lit lui- 
même (Prop. IV, 7, 3) ; el , à une époque 
postérieure, le pommeau élevé au-devant 
d'une selle de bois (Si !on. Apoll. Ep. m, 
90; voy. Sella eqcestris). 

FULLO xva:p£-j;j. Foulon, nettoyeur 
et dégraissenr d'étoffes (Mart.XlV, 51). 
Les foulons, qui foimaient une corpora- 
tion très-importante, 
étaient fort emplojés, 
comme nos blanchis- 
seuses, pour nettojer et 
blanchir les vêtements 
après qu'ils avaient été 
portés; ce qui se faisait 
en foulant les étoffes 
, dans de larges cuves 
d'eau mêlée d'urine 
(Plin. H. N. xxviii , 
18 ) prise dans les vases exposés au 
coin des rues à cet effet (Mart. vi , 
93). On séchait et on blanchissait alors 
l'étoffe en la posant sur un châssis demi- 
circulaire {cavea viminea) au-dessousdu- 
quel était un pot de soufre; après quoi 
on la suspendait et ou en déprenait et 
ariangeait le poil avec une brosse ou 
avec un chardon à carder ; en dernier lieu, 
on la portait à la presse {pre.isorinm), 




où elle était définitivement unie et con- 
densée par l'action d'une vis. La gravure 
représente un foulon à l'œuvre dans sa 
cuve, d'après une peinture de la fullonica 
de Pompéi. 

FULLONICA et FULLOMUM ( xva- 
seTov). Buanderie et étaldissement d'un 
foulon (L'ip. D'ig. 39, 3, 3 ; Ammian. 
XIV, 11, 31). Un étaljlissement consi- 
dérable de ce genre a été trouvé dans 
les fouilles de Pompéi , et nous en insé- 
rons ici le plan, qui donnera une idée fort 




exacte des nom])reux agents employés 
dans ce métier, et de la façon dont on 
s'en servait. A. Principale entrée sur la 
grande rue. B. Loge du portier. C. Im- 
pluvium, pareil à celui des maisons or- 
dinaires , entouré d'une colonnade de 
douze piliers carrés, sur un desquels sont 
peintes les figures de foulons à l'œuvre, 
que l'on voit dans la dernière gravure et 
dans la suivante. D. Fontaine avec un 
jet d'eau qu'on trouvera représentée au 
mot SiPBO*. E. Appartement spacieux , 
ouvrant sur le péristyle ou cour du local, 
et emplojé peut-être pour sécher les 
étoffes, r. Tablinum , avec une chami)re 
lie chaque coté, oii l'on recevait proba- 
blement les jjratiques, quand elles ve- 
naieut pour affaires. G. Cabinet ou garde- 
robe, dans laquelle les étoffes étaient 
déposées après le dégraissage et gardées 
jusqu'à ce qu'on les demandât; on voit 
encore sur les murailles les marques des 
rayons. H. Chambre adjacente : la pre- 
mière à main droite qui soit dans cette 
partie du local où avaient lieu les opé- 



FLLLOMCA. 



FlIMARIlM. 



rations eictives du métier. I. Vaste l)uan- 
deiie avec un réservoir où les étoffes 
étaient nettoyées simplement par le la- 
vage et le rinçage. K. Place où l'on enle- 
vait la jjoue et la graisse en frottant les 
étoffes et en les foulant aux pieds. 
L L L L L L. Six niches construites sur les 
côtés de la chambre et séparées par des 
murs bas , environ à la hauteur des ais- 
selles d'un homme; dans chacune de ces 
niches était placée une cuve où se tenait 
l'ouviier et où il enlevait les saletés de 
l'étofffe en la foulant avec les pieds nus, 
se soulevant pour cela avec ses mains, 
sur un mur à hauteur d'appui de la 
façon que montre la gravure ci-jointe , 
prise d'une des peintures mentionnées 




ci-dessus. M M M. Trois réservoirs plus 
petits pour laver, ou, plus probablement, 
pour laisser tremper les étoffes avant 
de les laver. N. Fontaine ou puits à 
l'usage des ouvriers, o. Porte de der- 
rière ouvrant sur une petite rue, tou- 
chant à cette portion du local dans la- 
quelle avaient lieu les principales opé- 
rations du foulage, pp. Chambres aux- 
quelles on ne peut assigner aucun usage 
particulier relatif à ce métier, g. Four- 
neau de l'établissement. R. Appartement 
attenant au fourneau, s. Escaliers me- 
nant à un étage supérieur, t tt. Appar- 
tements ouvrant sur le péristyle; ils 
étaient peints à fresque et probablement 
appropriés à l'usage du maître et de la 
maîtresse de l'établissement. Les cham- 
bres au bout du plan, sans lettres de 
renvoi, sont des boutiques qui font face 
à la rue et qui appartiennent à d'autres 



métiers, car elles ne se rattachent pas 
à la fiiUoii'ica, et elles n'ont pas de com- 
munication avec elle. 

FLLLOMUS ou FULLONICUS. Mot 
qui s'applique à tous les instruments ou 
objets employés per les foulons; ainsi 
pila ou creta fullonica (Cato, R. R. 10; 
Plin. H. N. XAII, 4), terre à foulon; 
sait us fitlloiiiits (Seueca, Ep. 15), sauts 
que faisaient les foulons pour dégraisser 
les étoffes en les frappant de leurs pieds, 
comme la dernière gravure le représente 
et comme l'explique le texte qui l'ac- 
compagne. 

FULMENTA (xào-ff\j(ia). Abréviation 
de fulcimenta : on se servait de ce nom 
pour désigner vuie semelle épaisse et pro- 




bablement extraordinaire fixée à un sou- 
lier ou un brodequin (Lucil. Sat. XXYIII, 
40, Gerlach.; Plant. Triu. m, 2, 94). 
Dans notre spécimen , pris d'une statue 
grecque de Minerve , on voit trois se- 
melles l'une au-dessus de l'autre , cpii , 
ainsi jointes, s'appellent fulmentx par 
opposition à la semelle ordinaire d'une 
seule pièce (solea); car, dans les passages 
où ce mot se rencontre , il est constam- 
ment employé au pluriel. Elles étaient 
en liège , et les dames grecques et romai- 
nes s'en servaient pour se défendre de 
l'humidité en hiver, autant que par vanité, 
pour se donner une taille plus haute eu 
apparence qu'elle ne l'était en réalité" 
(Plin. H. A'. x\i, 13). 

FUMARIOLL'M. Diminutif de Fuma- 
RIUM. Issue ou ouverture dans une mon- 
tagne volcanique, par laquelle s'échap- 
paient la fumée et la vapeur (Tertull. 
Pxn. 12). 

FUMARIUM. Pièce à fumée; chambre 
dans la partie supérieure d'une maison , 
où on laissait la fumée des feux de cui- 
sine ou des fourneaux des bains se réunir 
avant de s'échapper et se dissiper dans 
l'air; elle servait aussi comme magasin 



389 



pour faire vieillir le vin (Mart. x, 3G ; 
cf. Hnr. Oil. m, 8, 1 1 ) , et pour sécher 
rhiiii)i:lilé du bois et eu faire uu ijou 
coml)iistilile (Cohimell. I, G, 10). 

FL'NALE. Torche, flamheau fait de 
papyrus ou des fihres d'autres plantes 




tortillées ensemlile comme une corde 
(fti/iis) , et enduit de cire ou de poix, 
comme le montre la gravure oi-jointe, 
prise d'un marbre sépulcral conservé dans 
l'église de Sainte -Justine à Padoue (Isidor. 
Orig. XX, 10, 15;Cic. Sen. 13; Virg. 
M't. I, 731). 

2. Objet servant à tenir des torches de 
ce genre, sur lecpiel on en allumait et 
brûlait plusieurs en même temps; il res- 
semblait à nos chandeliers (Isidor. Orig. 
XX, 10, 5; Ov. n/tl. \U,247). 

FUNALIS, sous-entendu «/««j(uapr|0- 
po; , Tsicdooso:). C'Iie^al de l' oie e dans 
une voilure tirée par plus de deux che- 
vaux (Slat. Tiieh. G, 4G2). Les trails 
étaient faits de corde, comme on le pra- 




tique encore en Italie , et de là est venue 
1 expression. Quand la voilure élait atte- 
lée (le (piuiie chevaux , il y avait deux 
chevaux de Mail , ini de chacpie colé des 
timoniers (itignlcs) ; et alors le «heval 
de droile ou sous la main était ap|)elé 
dealer jugaUs (Oiîiont'.^o); celui tle 
gauche, n/iiiter on lieius fiaiolis (Siiel. 
Ti/). G; Anson. Epitapli. xxv, 9). La 
figiue est tirée d'une peinture d'Hercu- 
luaum. 



FUNAMDULUS (TyoïvogâxYi:). Dan- 
seur de corde (Tereut. Heor. Prol. I, 
4 ; cf. Hor. £/\ ii, 1,210). La gravure 
représente une des neuf ligures cpi'on voit 




dansant sur la corde tendue dans une 
j)eintuie d'Hercnlanum, et cpii ont toutes 
des attiuules différeules et funi un lonr 
de force caraclérisliqiie ; elle indique le 
degré de peifeclion aucpiel les auciens 
avaient porté let art, pu^scpie la figure 
joue de la double flûte et danse sur la 
corde au son de sa propre musicpie. 

FUNAHIIJS, comme Funalis (Isid. 
Orig. XVIII, 35). 

FL'NDA ( fîçîvôovr,). Fronde, pour 
lancer des [lierres on des balles de plomb 
(glandes) : arme employée communé- 
ment à la guerre f^çi^ 
par les Espagnol-;, 
les Perses, les É- 
gypliens et autres 
nations élrangcres ; 
et aussi (pielquefois 
par les Romains , 
comme le montre 
la ligure ci-joiule, 
repjé>eiilaul un sol- 
dai romain de l'ar- 
mée de Trajaii , sur 
la colonne érigée en l'ho iiifiirdf cet em- 
l-eieur (Plin. H. A. vil, 37; Virg. 
l'îeurg. I, 30y, ///)/ Seiv. ; jEn. IX, 58G). 

Vo». FUNDITOKKS. 

2. (duç-.ê/.r.Txpov). Filet employé 

comme noire eperrier pour prendre du 

poisson dans le» livièies ' Viig. Ceorg. I , 

141; Servius, ad /./Isidor. Orig. xix, 

17 




290 



FUNDIBALIS. 



FUNDCLl'S. 



5, 2); il devait être jeté de derrière et 
par-dessus l'épaule droite (au lieu d'èlre 
lancé de l'épaule gau- 
che et pai-.levaut la 
personne cpii le jette, 
comme on le fait 
maintenant), si tou- 
tefois on regarde 
comme fidèle la re- 
présentation que don- 
ne de cette action la 
figure ci-jointe, tirée 
d'une mosaïque des 
Thermes de Titus. 
L'expression de Virgile, ver! erat amnem, 
décrit exactement la manière dont le 
filet à jeter tomjje sur l'eau. 

3. Bourse ou valise, jelée sur les épau- 
les, dont elle pendait, pour porter de l'ai - 
gent ou autres petits olijets (Marrob. 





Sat. II, 4); elle était probaldemeut ap- 
pelée ainsi parce que , avec les courroies 
qui l'attachaient, elle ressemblait aune 
fronde, comme le montre la ligure ci- 
jointe, prise du dessin d'une lampe de 
bronze. 

4. (cfcvSôvY), uus).!:). Cliaton d'un 
anneau, c'est-à-dire rebord dans lequel 
est enchâssé le bijou et qui le tient, 
comme la fioude tient sa 
pierre. Ce mot s'appliquait 
spéciidemeut aux bagues, 
quand leucbà.--sement était 
Irauspaient ou à jour 
(Plin. H. A\ XXX VII, 8, 
31 et 9, 42). La figure est prise d'un mo- 
dèle original. 

FL'NUIBALUS et FU>DIB.\LUM. Ma- 
chine de guerre pour lancer des pierres , 
appartenant à la classe des halistx. On 




en ignore le caractère distinclif ; on sait 
seulement, comme le nom l'implique, 
que son action était la même que celle 
d'une fioniie. 

FUNDITUHES (crq;av5ovr,TaO- Fron- 
deurs; ils appartenaient, eu général, à 
des nations élrangeies Mais, chez les 
Romains, les frondeui's étaient des hom- 
mes tirés de la cinquième classe du cens 
de Servius; on en formait un coij)s et 
on les attachait à la le vis armât ura ou 
partie des troupes armée à la légère. On 
ne les considérait pas comme des troupes 
régulières, car on les ])0stait au dernier 
rang parmi les surnuméiaires , les trom- 
pettes et la musique (Liv. I, 43); ils ne 
portaient pas d'arme défensive ni offen- 
sive , excepté leur fronde (voy. la figure 
du mot FuXDA , 1 ) , avec laquelle ils de- 
vaient inquiéter l'ennemi , en quelque 
endroit du champ de bataille qu ils fus- 
sent placés (Sall.y./o. 99; Val. Max. ii, 
7, § 9 et là). La diiférence entre les ac- 
ce/isi, les fuiiditures et ies fi reiilarii, que 
distingue Végece ( .Vil. I, 20), consistait, 
à ce qu'il semjjle, en ce que les piemiers 
ne se servaient que des mains pour jeter 
leurs ])ierres, tandis que les seconds em- 
ployaient une fronde à cet effet; et que 
les derniers , qui étaient d'un rang supé- 
rieur aux deux autres, avaient proba- 
blement d'autres armes que la fronde. 

FUNDL'LA. Rue qui ne communique 
pas avec deux autres, cul-de-sic ou im- 
l)asse (Varro, L. L. v, 145) : on en voit 
un spécimen dans la gravure ci-jointe. 




qui représente une impasse de la \ille de 
Pompéi. La rue se terminait par une 
maison dont la ligure jnésente (juelques 
restes : au-dessous sont indiqués deux 
égouts. 

FUNDULUS. Piston d'une machine 



niNîREPrs. 



501 



hydraulique, qui monte et descend (de 
là sou nom d'anihitlatilis), comme le pis- 
ton d'une pompe, embulas (Mliiiv. x, 
8, 1). 

HJiMREPUS (Apid. Flor. i, 5; iv, 
■18, § 1). Même sens (|ue PuAAMitiiLts. 

FUINL'S. Funcrahlis, appelées ainsi 
parce ([ue primilixemeul les Romains 
étaient toujours enleiiés à la lumière des 
torches, les personnes qui sui\aient le 
deuil portant à cet elïet des corde» tor- 
tillées ( /'(/««//o) enduites de |)oi.\ (Isidor. 
0/v^. XI, 2, 34 ; Douât, ad Terent. yliulr. 
I, 1, 81). Dans lasiute, l'usage des en- 
terrements nocturnes tut reslieint aux 
classes pauvres, cpii ue pouvaient l'aire les 
frais d'un pompeux ap|)aieil de funé- 
railles. 

2. Fiinus publicum on indicthnim. Fu- 
nérailles publiques et solennelles , célé- 
brées pendant le jour et auxquelles le 
public était invité par proclamation pour 
assister aux combats de gladiateurs et 
aux spectacles mililaiies qu'on donnait 
souvent dans de telles circonstances (Tac. 
Aiin. VI, 11; Cic. Leg. 11, 24;Festus, 

3. Funus geiit'ditium. Funérailles 
auxquelles les bustes et les images des |.er- 
sonuages célèbres apiiartenant à la même 
gens ([lie le défunt étaient portés dans le 
cortège (Plin. H. N. xxxv, 2). Telles 
étaient les funérailles habituelles des per- 
sonnes d'un rang élevé ou d'une anti(|iie 
noblesse : on troinera une description 
des coutumes et cérémonies des funérail- 
les au mot ExsKQi.ii/E. 

4. Funus lacitum ou Iranslathiiim. Fu- 
nérailles ordinaires ou communes, sans 
pompe ni spectacle, comme celles des 
indixidus de la classe mojenne et de la 
classe pauvre (Suet. JSero, 33 ; Ovid. 
Trist. I, 3, 22). 

5. Bûcher funéraire (Suet. Dom. 15). 
Voj. PviiA, Uor.t's. 

(J. Mort ou cadavre (Prnp. 1,17,8); 
par extension, f.uitome ou ombre d'un 
défunt f Prop. iv, 11, 3), que les artistes 
anciens représentaient ordinairement avec 
une forme corporelle, en\elop|iée dans 
de» haliillements de mort , mais douce de 
mouvement, comn>e le montre la ligure 
ci-jointe , d'après un bas-relief, représen- 



tant une femme que Mercure, dans l'ori- 




ginal, conduit vers les ombres des en- 
fers. 

FURCA (6'')cpavov). Fourche à deux 
fourchons, comme nue fourche d'élable, 
nue fourche à foin , une fourche à jeter 
(Sui.Georg. i, 2G4; Hor. Ep. 1, 10, 
24). La gravure ci-joinle représente la 
tète de fer d'une fourche à foin supposée 



romaine, mais certainement fort ancien- 
ne, qu'on trouva en fouillant un marais 
qui forme le bord de la vieille rivière au 
( oiilliient de la IS'en, à Horsey, près de Pé- 
lerboroiigh. 

2. Fourche avec un long manche, em- 
ployée dans les tavernes, les cuisines et les 
offices pour descendre des provisions du 
car/iarium [Pe\r. Sal. 95, 8), ([iii était fixé 
au plafond. On s'en servait en enfonçant 
nue des branches dans l'objet ou en la 
niellant sous la bride par la((uelle il était 
pendu à son crochet (voj. la gravure du 
mot Carnarium). Elle ressemblait sans 
doute à rinsiriimeni dont se servent nos 
bouchers pour dépendre une pièce de 
viande, et {[n'emploient aussi d'antres 
commerçants dont les denrées sont siis- 
|)endues hors de la [loilée de la main. 
D'afirès re.\[)ression de Pétrone, fitrca de 
carnario rapta, il semblerail que l'ins- 
IriimeiH de ce genre était habituellement 
suspendu au carnaiiuin , tout prêt pour 
le besoin. 

3. Toute chose faite en forme de four- 



292 



che, qui servait d'appui ou d'étai, comme 
un éclialas pour la \igiie (Virg. Georg. \\, 
25!)), un étai pour des fdels depèclieui' 
(Plin. H. N. IX, 9y, ou destinée à suppor- 
ter et appujer des planches (Liv. i, 35;. 
4. (TTr.pil, oTTifiy;;.»). Timon d'un 
char on d'une voiture, ou phitot partie 
du timon fixée dans l'essieu , cpiand elle 
est à deux l)ranches, comme une foni'- 
che, ainsi que le montre la figure ci- 





jointe, d'après une peinture de Pompéi 
(Plutarch. Cor loi. 24; L)sias, aj). Poil, 
X, 157 ;. 11 ressort aussi de ces passages 
qu'où donnait le même nom au tréleaii 
sur lecpiel le timon d'une voiture à deux 
roues était quelquefois supporté quand 
on otait les chevaux , comme ceux sur 
lesquels on fait reposer, chez nous , les 
timons d'un cal)iiolel bourgeois. 

5. instrument avec deux manches de 
bois ou fourchons, comme une fourche, 
dont ou se servait pour porter des far- 
deaux sur le cou , ainsi qu'où le voit dans 
la gravure ci-jointe, piise 
de la colonne Trajane 
(Plaut. Cas. II, G, 37 ). 
On l'employait aussi fré- 
quemment comme ins- 
trument de punition pour 
les affranchis et les escla- 
ves : les bras du coupable 
étaient alors attachés le 
long des barresde la fourchependant qu'il 
était fouetté par les rues (Plaut. Pi-rs. 
V, 2, 73; Liv. i, 2(J; Suet. J\ero , 4'J). 

G. Giliet ou potence. Instrument pour 
infliger la peine capitale; les escla\es et 
les voleurs \ étaient pendus (Callist. D/g. 
48, 19, 28;"Paul.£»/-. 33;Ulp.//>. 13, G). 

FUHCIFEIJ. Lillérulement , qui porte 
des fardeaux sur une furca , aiusi que le 
montre la gravure pié(édente, ou qui 
porte la /"(//ta comme châtiment. Comme 
cette peine était en général infligée à la 



classe des esclaves, ce mot est presque 
toujours emplo) é comme un terme de mé- 
pris, équivalant aux mots rauiien, pen- 
dard, gibier de potence (Plaut. Ampli. 
l, I, 132; Ter. Eun. v, 2, 22; Cic. Va- 
tin. G). 

FUHCILLA. Diminutif de FcRCA. Pe- 
tite fourche ; cependant la furciUa était 
encore d'une dimension assez considéra- 
i)le; fourche à foin (Varro, R. H. 1 , 49 , 
1 ; Cic. ad Âtt. xvi, 2) ; échalas de vigne 
de deux pieds de haut (Varro, ib.\, 8, 
6). 

FURCULA. Diminutif de FuRCA; ce 
mot s'appliquait à des objets de grande 
dimension, par exemple à des étais de 
bois dont on se servait pour supporter les 
murailles d'une \ille, quand ou les minait 
(Liv. xxxviii, 7). 

FURFURACULUM. Vrille ( Arnob. 
VI, 200) appelée ainsi parce qu'elle fait 
une poussière paieille à du son [fur fur) ; 
mai> le terme le plus usité est Terebra : 
vo\ez ce mot. 

FURNACEUS. Sous-entendu pan/s. 
Pain cuit dans un four I fur/ius ; par op- 
position à focaciiis , pain cuit dans l'àtre, 
et à ciihauiciiis , pain cuit dans un cliba- 
nus (Pliu. H. i\'. XVIII, 11, 27). 

FURNARIUS. Boulanger (Ulp. Dig. 
39, 2, 24). Comparez CoQi'L'S. 

FLT^NUS (Itivo:). Fciwr pour cuire du 
pain /Plaut. Cas. ii, 5, 1 ; Ov. Fast. vi, 
313) , ou toute autre chose (Plin. H. N. 
XX, 39; XXVIII, 29). Les fouilles de 
Pompéi ont fait connaître deux bouti- 
ques de boulanger avec leurs fours, cons- 
truits tous deux sur lui plan semblable et 
assez bien conservés. Nous en représen- 
tons un dans la gravure ci-joiute , tel 




I rSCI>'CLA. 



203 



qu'il paraît maintenant, avec ((uelques- 
iiues lies meules pour moudre le grain, 
dans la l)ouli([ne qu'on voit sur le ile- 
vant. La petite arehe au Itas conteniiit 
le hois; celle qui est au-dessus est le 
four lui-même , sur lequel on voit un 
tuyau pour laisser écliap] er la fumée. 

2. liouthjUi' de bouldiiger ( Hor. Saf. 
1,4, 37). La gravure précédente repié- 
senle une boutique de honlauger avec 
quelques meules pour moudre le grain , à 
main gauche, et le four an fond. 

3. Bain d'air chaud ou de vapeur, par 
opposition à haliieum, hain d'eau chaude 
(Hor. £/7. 1, 11, 13). Voy. Caluarium, 

SUDATIO. 

FUSCINA (Tpîa-.va). Large fourche 
avec trois branches ou plus, emplo\ée 
par les pèchein\s pour harponner le pois- 
son , comme on le voit dans la gravure 




ci-jointe, d'après une peinture en mo-<aï- 
qne d'un ancien temple de Dacchus , 
près de Home. Elle était également attii- 
buée par les artistes et les jioëtes à Nep- 
tune au lieu de sceptre, comme le sym- 
bole le plus convenalile pour le dieu de 
l'Océan (Cic. N. D. i, 3G ; voy. la gravure 
au mot Tridens). 

2. Arme de même forme et de même 




caractère, employée par la classe des gla- 



diateurs appelés Rettarïi ; ils s'en ser- 
vaient |)Our altac[uer leurs adversaires, 
après les avoir embarias.sés en leur jetant 
un lilet sur la lèle, comme le représente 
la gravure ci-jointe, prise d'une ancienne 
mosaï([ue (Suet. Cal. 30;Jnv. il, 143, 
et VIII , 203 sqq.). 

FUSCINULA. Diminulif de FuscmA. 
Fouvchelte à découper et futircliette à 
manger (Vidg. Erod. xxvii , 3). L'ab- 
sence de tout nom spécial pour des objets 



de ce genre dans les anciens auteurs 
grecs et latins qui nous sont parvenus, a 
fait croire généralement ([ue les anciens 
ne connaissaient pas cet ustensile de table 
si commode. Cependant il est bien cer- 
tain que la plupart des contrées de l'Eu- 
rope en ont enqirnnié l'usage à l'Italie, 
oii il était partout répandu longtemps 
avant que les autres naiions eussent ap- 
pris à s'en servir (Coryate, C nidifies, 
p. GO, Londres, mo). D'ailleurs les 
lieux spécimens ici donnés suflisent pour 
prouver que les fourchettes étaient em- 
l)lo)ées par les anciens aux mêmes usages 
qu'aujourd'hui, du moins dans certaines 
contrées, bien qu'on n'ait pas découvert 
positivement sous quel nom on les dési- 
gnait. Le premier repiésente une four- 
chette d'argent à deux branches, trouvée 
dans une ruine sur la voie Appienne 
(Ca)lus, Recueil, m, 84); l'autre, une 
fourchette à cinq branches, dont une 
est Itrisée, et (pii ressemble à nos four- 
chettes d'argent ; elle a été trouvée dans 
une tombe à Pœstum , et est conservée 
maintenant au musée de Naples. L'au- 
thenticité de la première a été mise en 
doute par ceux qui ne sont pas disjiosés 
à admettre que les anciens connussent 
de tels ustensiles (Beckman, Hist. of 
Inventions, II, p. 407-413, Londres, 
184G). 11 est possible que le comte de 
Caylus ait élé trompé par la jiersonne 
dont il l'acheta, quoique l'élégance de 
cet objet témoigne de son authenticité, 
et rajipelle le style ordinaire des fabri- 
ques anciennes , dans lesquelles les arts 



294 



FCSOBIL'M. 



du de.'sin étaieut universellement em- 
ployés pour oiiier même les tisleusiles 
le.-, plus rommiins ([ui .^ei'vaiciit aux be- 
soins (le la \ie jouiiinlieie. Quant à la 
fouirlietle de la tomie de l'a;^tum, il 
ne peut s'éle\er aucun doute. La même 
toml)e aJjondait en objets intéressants 
pour les anlicpiaires, el a fourni pour re 
dirliouuaire plus de sept gravures, dont 
] 1 isitu s sont uni(pies dans leur genre : 
la lance avec une a ma, an mot A>SATi;s; 
le gril, au mot Craticula; les rlienèts , 
au mot \ar.e; le hàton de commande- 
ment, au mot Phalange; le castpie, 
les jaml)ières, le ceinturon et la mirasse, 
aux mots Dcccll.ï:, Ocrea, Cingulum , 
4, LORICA, 1. Les Romains se servaient- 
ils réellement du mot que no: s donnons 
ponr désigner une fourchette à manger? 
C est \\\\ point coniioversahle. Certaine- 
ment le mot n'est ap|)u\é par ancnne au- 
toiilé classicfue. Le grec xse-zypa coriTS- 
pond iudnl)ital)l.meut an latin liarpauQ, 
croc à pendre la viande ; les mots jfurca, 
fuiciiia, fitrcida , el furcilla sont ton- 
jours ap|!li(fués dans 1 s passages où on 
les rencontre à des inslrimients de di- 
mensions plus considérables que les four- 
chettes à manger; mais la signification 
précise des diminntifs en latin est fort 
diverse et fort aibitraire. Certainement 
furcilla ou furcilla aurait pu être em- 
ployé avec propriété pour une fourchette 
à deux branches , comme la figure de 
dessus , et fuscuiula ponr une fourchette 
avec nu plus grand nombre débranches, 
comme celle de dessous. 

FUSOHIUM. Égonttoir on puisard 
d'un évier de cuisine, etc. (Pallad. I, 37, 
4, et 17, I). 

FUSTERNA. Partie supéiieure d'une 
perche de sapin qui est garnie de bran- 
ches, par opposition à la partie infé- 
rieure {sa pi nus) qui n'a pas de nœuds 
(Plin. H.N.wi, .39, 7(i). 

FLSTIBALUS. Instrument ponr lan- 
cer des pierres , consistant en une per- 
che de r",20 à peu prés, avec une fron- 
de attachée au centre; elle était mise en 
mouvement par les deux mains ])0ur la 
faire tourner, et lançait les pieires avec 
une grande violence (Veg. Mil. m, 1 i). 

FUSTUARIUM (^jXoxonîa). Châti- 



ment infligé aux soldats pour désertion 
ou pour autres fautes graves : le coupable 
était battu jll^(|u'à la mort avecde lourds 
bâtons (ftilft.) dont ses camarades le 
frappaient (Liv. v,G; C\v. Pltil.wi, G; 
Serv. adS'w^. £//. VI, 82.S). 

FUSLS (àTp-xxToi). Fuseau, fait ha- 
bituellement d'un l.'àlon long environ de 
0"',3() et em|)lo}é avec la / 
quenouille (colus) pour filer 
la laine ou le lin (Plin. ff. 
N. XI, 27; Ov. H/e/. vi, 22; 
Tii)ull. II, I,(i4). Cette opé- 
ration a été décrite tout an 
long an mot iS'eo. La petite 
figure dans la gravure 
représente un fuseau 
dont se sert Léda , 
dans une peinture de 
Pompéi ; les deux au- 
tres sont tirés d'un 
modèle égyptien : celui qui est à main 
droite montre l'inslriiment avant qu'on 
l'emploie, l'autre, tel qu'il doit paraître 
quand le fil est formé et le garnit tout à 
l'eulour. 

FUTILE. Vase à large bouche et à 
fond terminé eu pointe aiguë, comme le 
spécimen ci-joint, d'après un modèle 
trouvé à Rome. Ces vases servaient pri- 
mitivement au cidte de 
^'esla, et on leur donna 
cette forme pour que les 
ministres de la déesse ne 
pussent pas les déposer 
cjuand ils étaient ])leius 
d'eau. En effet, il était 
défendu j)ar les rites reli- 
gieux de déjioser à terre 
les vases qui contenaient 
l'eau emplo>ée dans les 
cérémonies du culte (Serv. adW 
XI, 339; Donat. ad Terent. Andr. m, 
5,3)., 




M». 



GABALUS. Ce mot vient, à ce c[u'on 
dit, de l'hébreu , et équivaut au latin 
Crix, croix ou pieu sur lequel les crimi- 
nels étaient empalés (Varr. ap. Non. s. v.). 
Par extension , ce mot est employé pour 
désigner un vaurien ou quelqu'un qui 



205 



méritait l'empalemeiit (Macriii. Imp. ap. 
Capitolin. 1 1 ). 

GABATA. Espèce parliciilière de plat, 
pour le servire de la tahle, à la mode 
chez les Romains du temps de Martial. 
Ou lie sait pas ([uelle en était la farme 
(Marf. VII, 4S; XI, 3! ). 

G.-ESl'M (Yaï'JO'). .I.iveline très-forte 
et très-|iesanle, (pii pai-ail avoir é'é f lile, 
tète et niaii(lie, de iVr massif (Pollux , 
VII, 16G,, et avoir élé emplojée comme 
trait plutôt que comme lance (Cœs. H. 
G. m, 4 . Clia(|ue guerrier, en effet, en 
portait deux pour sa part ( Varro , ap. 
Non. s. V.). Cette arme était d'origine 
gauloise (Virg. A-'.n. viil, (iC2 ) , cpioi- 
qu'elle fût quelquefois emplosée par les 
Romains (Liv. viii, 8), par les Ibé- 
riens (Athen. vi, 100-, par les Carthagi- 
nois (Liv. XXVI, C; Sil. liai, ii, 444), 
et par les Grecs (Stal. Tlieh. iv, G4). 

GALBANATUS. Portant des vêlements 
de couleur ]a.mie , galùaiia (Mart. 111, 
82). 

GALBANUM. Vêtement de couleur 
jaune; il in(li((uait la fatuité ou des 
miiurs efféminées , c[uand il était porté 
par des hommes (Juv. Il, 95; cf. Mart. 
I, 97). 

GALEA ( y.çàvo; , xopu: , Trepixeçâ- 
Xaiov). Dans son sens l'igoureux, ce mot 
était emplové primitivement pour dési- 
gner un casque de peau ou de cuir, par 
opposition a cassis, qui signifiait un cas- 
que de rnélal; mais, comme cette der- 
nière matière fut généralement substi- 
tuée au cuir chez les Romains dès le 
temps de Camille, ou perdit bientôt de 
vue la distinction primitive, et le mot o-a- 
lea fut emplo\é par tout le monde pour 
indiquer toute espèce de casque ilsidor. 
Orig. xviii, 14; Ov. Met. vill, 25; 




présente une vue de face et une vue de 
côlé d'un casque romain en bronze 
trouvé à Pompéi , où l'on en a découvert 
plusieuis autres de forme et de caractère 
semblables. Il contient toutes les parties 
du cas([ue romain ordinaire : le cimiei' au 
haut du caxpie, au([uel élait attachée 
une aigrette de plumes ou une crinière 
de cheval ; une saillie en avant et par 
denicie pour proléger le front et la nu- 
([ue ; les mentonnières par lesipielles le 
casque était attaché sous le menton; et 
une visièi'e percée de trous qui couvrait 
toLile la figure comme un masque. Le 
petit ornement , placé à coté de la partie 
liombée du casque et qui ressemble à 
une coquille, élait destiné à tenir une 
plume, comme on le voit dans la figure 
au mot SiCARiL's. 

2. Les casques ordinaires portés par 
les soldats romains sur les arcs de triom- 
phe et les colonnes sont d'un caractère 
plus simple; ils sont plus petits, sans vi- 
sière, mais avec des mentonnières, et, 
au lieu d'aigrette , ils ont un nœud ou un 
anneau au sommet, comme on le voit 




dans les spécimens ci-joints, pris de la 
colonne Trajane. 

3. Les casques des centurions ressem- 
blaient à ceux que nous avons donnés 
dans la dernièie gravure ; mais ils étaient 
munis d'un cimier, comme on le voit 
dans la première gravure ; quelquefois ce 
cimier était plaqué d'argent et orné de plu- 




Virg. jEn. v, 490). La gravure ci-jointe mes sombres,qui s'élevaient à une hauteur 



296 



considérable ( Polyh. vi, '23) et étaient 
placées eu travers snr le cimier I Veg. 
3Iil. II, Hi ) de manière à s'inrliuer en 
avant el à se rahaltre tout autour, ainsi 
que le repré.-ente la gravure ci-dessus, 
prise d'une i\ei plaquas de l'arc de Cons- 
tantin, qui appartenait primitivement à 
l'aiT de Trajaii. 

4. Les cas(pies des généraux et des 
offiriers sup.éiieurs étaient ornés avec 
plus de travail et ressemblaient aux cas- 
ques grecs du deruier style. Ils sont ra- 
rement représentés par la sculpture ou 
la peintuie ; car les grands personnages 
ont presque toujours la tète nue. 

5. Gai t'a pellihus tccta. Les porte- 
drapeau, sur les arcs et les colonnes, sont 
universellement repié.-entés comme Vé- 
gèce les décrit ( Mil. il, IG), avec un cas- 
que étroit, sur lequel sont tirées la tèle 
et la peau de quelque bêle féroce, de 




telle façon (pie la figure apparaît à tra- 
vers la mâchoire enlr'ouverte , et qu'on 
ne voit rien du casque, excepté les men- 
tonnières des deux colés de la (igiire, 
comme le lepiésente la figuie ci-jointe, 
prise de la colonne TraJHue. 

G. Gnlca viiialuna. Casque de cuir 
ou de fourrure jiorté par les chasseurs 
(Nepos, Dot. 3 ); voy. les spécimens aux 
mots CuDO et Gai-eris, I. 

7. (a-J>Mr.i ). L'aucieu casque grec des 
âges héroïtpies était d'un caractère tout 
différent de ceux que nous avons décrits 
jusqu'ici : il avait un masque immobile 




lement deux trous pour les yeux, de telle 
sorte que, quand on le tirait , il couvrait 
et cachait eutièiemeut le \isage; delà 
l'expression gnle'n ahscondunt ura (Sil. 
liai. XIV, G:iG; cf. Stal. Tlieh. xi, 373). 
La gravure repré>eule deux casc[ues de ce 
genre, tous deux d'après des \ases d'ar- 
gile : le premier, à gauche, tiré sur la fi- 
gure; le second, tel c|u'ou le portait, quand 
ou le remontait avant ou après le com- 
bat. 

8. La forme que nous venons de décrire 
tomba bientôt en désuétude, et alors les 
casques grecs i éguliers fuient faits sur un 
modèle ressemblant eu général aux spé- 
cimens ci-joints, tirés de vases d'argile ; ils 
se composèreut des parties distinctes qui 
suivent , y.wvo; {opcj), le cimier au haut 
du casque, auquel l'aigrette était fi\ée; 
'loirjz {cr'ista), l'aigielle , consistaiil en 
une crinière de cheval : il y en avait cpiel - 
quefois deux ou trois , comme dans la fi- 




qui s'adaptait à la figure, el laissait seu- 



giire à main droite; yst-rov, saillie snr le 
devant de la figure comme uu appentis, 
quelquefois mol)ile, mais plus hal)itiielle- 
ment (iNée ; Ttxtiavva'nSî^ (/'«ccm/«'), men- 
tonnières, attachées île chaque côié du 
cascpiepardes charnièies, et fixées sous le 
menton par nu boulon ou un fermoir; 
ça/.o:, ornement i)rdlant, foi raé généra- 
lement par quelque (ignreen relief qu'on 
plaçait sur diverses |)aiiies du casque. 
Dans la ligure à main droite, le sot/o: se 
compose de deux griffons, l'un de chaque 
coié du cimier : un tel casque était ap- 
pelé en conséquence àij.5{;:>>.o:. Daus d'au- 
tres spécimens, l'aigrelle elle-même est 
supportée iiarnne liguie semblable, ainsi 
que le décrit Homère (//. X1II,C14), juste 



297 



au-dessous du panarhe. Quelquefois on 
les voit s'avauçaut en ini relief très-har- 
di sur le (levant et sur les rotés du cas- 
que, comme dans la statue colossale de 
Minerve, quand le casque était apjielé àa- 
çtcpaXo; ; s'ils étaient assez consi(lérai)les, 
les cpâ).oi, dans ce cas, se touchaient, 
ainsi que le dit Homère (//. xili, 132; 
XVI, 21G). 

GALEOLA. Large vase employé comme 
un acratophorum ( voy. ce mot), qui ser- 
vait à tenir le vin avant qu'il fût mêlé 
pour être l)u à table (Varro , de Vit. Pop. 
Rom., ap. Non. p. 547 ; Interp. Vet. ad 
Virg. Ed. vu, 33 ) ; il tirait évidemment 
son nom de ce qu'il avait une forme pro- 
fonde et circulaire comme un casque. 

GALEHICULUM , diminutif de GALE- 
RUM. Bonnet de fourrure (Front in. Stra- 
teg. IV, 7, 29); perruque (Suet. Otlio , 
13). 

GALERITUS. Qui porte nn bonnet de 
fourrure (Galeucs) comme les premiers 
habitants du Latium; et de là, par ex- 
tension , vêtu grossièrement ou eu paysan 
(Prop. IV, 1 , 29). 

GALERUS et GALERUM ^x-jvÉvi). Bon- 
net fait de la peau des animaux , et sur 
lequel on laissait la fourrure. 11 était porté 
par les |)aysans (Virg. 3Io- 
ret. 131); parles cliasseui-, 
(Grat. Crneg. 339);etpai 
les anciens habitants du 
Latium , au lieu de casque / 
(Virg. jiM. VI, 688). La fi- ^~ 
gure ci-jointe est donnée pii Du Choul 
(Caslramtf. p. 100), d'ai^ics un muuu- 
ment romain. 

2. Bonuet <le fourrure d'un caractère 
semlilable, mais fait de la peau d'une vic- 
time immolée à l'autel, et surmonté d'une 
poiute de bois d'o- 
livier qu'entourait 
une touffe de laine 
(Serv. «//Virg. Mn. 
II, G83). Il était por- Ê^>^?X 
lé par les pontifes 
(Apul. Jpol. p. 
441) , et par les Sa- ^^ 
liens ( Juv. vni, 
208) ; la gravure ci-joiufe en donne tni 
spécimen d'après une médaille d'Antoine. 

3. Perruque de faux cheveux (Juv. vi, 





1 20 ; Avian. Fafi. x), cousue à un cuir de 
manière à s'adapter à la tête , comme 
on le fait encore maintenant (Tertull. 
de Cuit. Fem.; Suet. Ot/io, 12; cf. 
Ovid. ^. Jiii. Ht, 105). Plusieurs des 
bustes de femmes, et même des statues 
représentant des personnages historiques, 
conservées au Vatican et au Capitole, 
sont munies d'une sorte de perruque mo- 
bile faite quelquefois d'un marbre de cou- 
leur diffé>'ente de celui du reste de la sta- 
tue, et qu'on pouvait enlever et changer 
à volonté. Le buste ci-joint , d'après une 
statue de Julia Semiamira , mère de l'em- 




pereur Héliogabale,én offre un spécimen. 
Toute la partie qui représente les che- 
veux est mobile, à l'exception des deux 
tresses sur les épaules, qui sont sculptées 
dans le bloc. Quelques antiquaires pen- 
sent que ces j^^/f/v étaient destinés à re- 
présenter des perruques, et en concluent 
que c'était la mode à Rome, à l'époque 
où ces bustes furent exécutés , pour les 
femmes de tout âge , de raser leurs che- 
ve!ix et de porter nue perrncpie artifi- 
cielle ; mais il est bien plus raisonnable de 
reconnaître dans cette singularilé la fri- 
volité des modes qui changent tous les 
jours, et d'y voir un expédient auquel re- 
couraient les sculpteurs pour satisfaire la 
vanité de leurs patrons, qui, ne voulant 
pas voir leurs portraits avec une coiffure 
qui n'était |dus en vogue , pouvaient la 
changer, suivant la vicissitude des modes, 
sans défigurer ou mutiler la statue. 

GALLlC.E. Sotdier gaulois, d'où vient 
le français galoches. C'étaient des sou- 
liers bas, n'allant pas tout à fait aussi 
haut que la cheville, avec une ou plu- 
sieurs semelles épaisses ( Edict. Dioclet. 
p. 24), et une petite empeigne qui était 
entièrement découverte sur le devant du 
17. 



298 



GAUSAPA. 



coii-de-pied, comme la galoche moderne. 
On en voit nn spécimen dans la figure 
à main droite de la gravure. Elle était 




quelquefois lacée par devant et attachée 
au haut par nn lien , comme le spécimen 
à main gauche : voilà i)ourquoi les écri- 
vains latins classent ces chaussures parmi 
les so/eœ, pour les distinguer des calcci 
réguliers, qui étaient dessoidiers àrecou- 
vi'ement, fort justes, e! envelnp|)ant tout à 
fait le pied et la cheville. Ils furent adop- 
tés en parlie à Rome avant l'époque de 
Cicéron, et on les portail avec la Inccrna ; 
mais un tel costume élait regardé comme 
inconvenant et antinational ( Cic. P/ii/. 
II, 3n;Aul. Gell. xiii, 21). Sous l'em- 
pire les gnU'iae se lépandirent davan- 
tage : ou en fit pour tontes les classes et 
de qualités différentes (Edicl. Dioclet. 
/. c). Les deux spécimens de la gravure 
sont pris d'un sarcophage couvert , qui 
fut trouvédans la villa Amendola à Home, 
en 1830, et qui leprésenle une halaille 
entre les Homaii:s et les Gaulois; le spé- 
cimen de gauche est poi'lé par un prince 
gaulois, et celui de droite par un captif 
de la même nation. 

GANEAouGANEUM. Auberge de l'es- 
pèce la plus hasse et la plus immorale, où 
l'on trouvait des facililés pour toutes sor- 
tes d'excès , aussi hien ((u'à manger et à 
hoire ' Suet. Cal. 11 ; Ter. Âcletph. m, 
3, 5; Liv. xxvi, 2). Ou a découvert une 
maison de ce genre dans la rue princi- 
])ale de Pompéi , près de l'entrée de la 
ville; la pièce publique est disposée com- 
me un débit de vin, et donne accès dans 
nn arrière petit salon, dont les murs sont 
couverts de peintures à fres([ue représen- 
tant des sujets indécents qui indiquent 
assez sa destination. 

GANEO. Littéralement, qui fréquente 
\meganea; de là, glouton (Juv. xi, 58) ; 
et, par extension, personne dissolue pour 
qui étaient établis de pareils lieux (Cic. 
Cal. II, 4 ; Tac. Jnn. xvi, 18 . 

GARUM (Ycipov). Sauce faite du sang 



et des entrailles d"nn poisson de mer salé, 
comme le caviar d'aujourd'hui. On s'en 
servait de bien des façons dans la cuisine 
et à table. Il y en avait de qualités diffé- 
rentes , bonne , mauvaise et ordinaire, ce 
qui explique les jugements contradictoi- 
res qu'en portent les éciivains; ils en par- 
lent tautol comme d'une friandise recher- 
chée, tantôt comme d'un mets peu déli- 
cat (Plin. H. N. XXXI, 43; Hor. Sat. u, 
8, 4(!; Mart. \ii, 27; vi, 9-3). 

GASTHUM. Vase en jioterie avec im 
corps plein et arrondi ou ventre; de là 
sou nom (Petr. Sat. 70 et 79 ). 

GAL'LUS (yaj).'*:). Large vaisseau rond 
à corps pleiu qui pouvait servir à diffé- 
rents usages, comme verre à boire (Plant. 
Riici. V, 2, 32 ; seau à lait (Hom. Od. 
IX, 223);seauà eau (Herod. vi, 1 19), etc. 

2. (yaû)o;). Esjièce particulière de 
vaisseau de foime ronde, avec un large 
bau et une vasiecale (Feslus, i. i'.,-AuI. 
Gell. X, 25, 3). 11 était employé par les 
maichands phéniciens et ])ar les pirates, 
parce qu'il élait propre à contenir une 
certaine quantité de butin. 

GAUSAPA, GAUSAPE, et GAUSA- 
PUM {ya.-)'si'Kr,-^. Etoffe de laine d'un 
tissu particulier, iutroiluite à Rome vers 
le temps d'Auguste; elle avait de longs 
poils il'un côté et élait plus unie de l'au- 
tre. Elle élait employée par les deux 
sexes pour faire des vêlements, ainsi que 
pour na|ipes, servielles, coiiverlures de 
lit et autres objets de ménage (Plin. H. 
N. VIII, 7 3 ;Lucil,5n/.xxi,9, Gerlach.; 
Ov. .^. Am. II, 300 ; Hor. Sat. ii, 8,11; 
Mart. XIV, 152). 

2. Perruque faite de cheveux blonds 
et légers particuliers aux races germani- 
ques, dont la couleur était fort prisée par 
les dames de Rome. On donnait ^..j^-s^ 
aussi lies perruques de ce genre S^'<i£êl. 
aux hommes loués pour repré- ^^^^&/ 
senter des captifs germains ^®^*w^ 
dans quelques-uns des triomphes dérisoi- 
res des empereurs romains (Pers. Sat. vi, 
40), quand ils se décernaient cet honneur 
sans avoir soumis le pays. La figure que 
nous donnons se trouve sur un trophée de 
la colonne de Marc-Aurèle, élevée pour 
pcrpétuer les victoires de cet empereur 
sur les Germains, symbole peu uoble ., 



GALSAPATIS. 



209 



mais bien approprié pour exprimer leur 
délaite. 

GAUSAPATUSet GAUSAPINUS. Mot 

appliqué à toute cliose faite de l'étoffe ap- 
pelée gausape ( Seuec. Ep. 63 ; Mart. 
XIV, 145). 

. GEMELLAR. Espère particulière de 
boîte pour rontenir de l'buile (Columell. 
XII, 50, 10). Sou caractère disl mot con- 
sistait , à ce qu'on suppose, à présenter 
deux récipients à coté l'un de l'autre, au 
lien d'une seide cavité. 

GEMUS (âyo'.8oSa(a(ov),Bon génie on 
anpe gardien du sexe masculin , qui, à ce 
qu'on croyait, naissait avec cliaque mor- 
tel et mourait avec Ijii , après l'avoir ac- 
compagné, avoirdirigé ses actions et veillé 
à son bien-être pendant toute la vie (Hor. 
Ep. Il, 2, 187 ; i ibull. IV, 5). Le genitis 
était représenté comme un beau garçon 



Titus , avec un autel entre eux , pour dé- 




saus autre vêlement que la chlamys des 
jeunes gens sur sou épaule, et avec deux 
ailes d'oiseau , comme ou le voit dans la 
figure ci-joiule, d'après une peinture de 
Pompéi. Comparez Jl'NONES. 

2. Genius luci. Esprit gardien d'un lieu; 
car, chez les anciens, chncpie endroit, cha- 
que lieu à la ville ou à la campagne, édi- 
fice, moutag\ie , rivière , i)ois , etc., avait, 
à ce qu'on croyait, son génie particulier, 
qui était représenté sons la forme d'un 
serpent (Serv. ad Yirg. /£«. v, 85 ; In- 
script. np.Gnit. VIII, 4; Prudent. Contra 
Symniacli. Il, 441). En conséquence, on 
voit souvent des images de ces reptiles 
mangeant sur un autel, ou, comme dans la 
ligure ci-jointe , prise des Thermes de 




tourner les passants de déposer aucune 
ordure, etc., par respect pour le génie 
qui préside à ce lien. 

3. (xaxooa![j.(ov). Chez les écrivains sa- 
crés du christianisme, \egenius eM repré- 
senté comme un mauvaisesprit condamné 
à un supplice éternel en punition de son 
orgueil et de sa rébellion (Terlull. Jpol. 
32 ; Jn.m. 39; Lact. ii, 15). 

GERR/E (ysppov). Tout objet en osier; 
par extension niaiseries, sottises, pures 
bagatelles (Plant. Pœn. I, 1 , 9 ; Epid. II, 
2, 45). 

GERULUS. Portefaix (Hor. Ep. ii, 2, 
72; Suet. Cal. 40). Même sens que Ba- 

JCLUS. 

GESTATIO. Partie d'un jardin de pure 
décoration ou d'un parc d'agrément, divi- 
sée en promenades ombragées et en ave- 
nues d'une étendue sutfisanle pour que le 
propriétaire et ses hôtes pussent y être 
portés en litière, lectica (Plin. Ep. V,6, 
17; II, 17, 13). 

GESTICULARIA. Actrice de panto- 
mime qui figure le rôle qu'elle a à jouer 
par des danses et des mouvements mimi- 
ques de mains et de pieds, sans le secours 
du langage (Aul. Gell. I, 5, 2 ). 

GESTICULATOR. Acteur de panto- 
mime qui figurait son rôle par des gestes 
et des mouvements mimiques du corps, 
sans parler (Columell. I, Prsef. 3). 

GILLO (pa-jxàÀiov, pau)cx/{;). Vase 
pour faire rafraîchir du vin et de l'eau 
( Poef. Vet. in Ànthol. Lat. t. II, p. 3G9, 
éd. Burm.); il était en poterie (Cassian. 
Institut. IV, 10), et avait un col étroit 
dans lequel le liquide se pressait avec 
bruit quand onle versait (Poet. Vet. ibid, 
p. 406). 



300 



GI>GLYMrS. 



GINGLYMl'S (r['YY).v|j.o:). Littérale- 
ment, aitiriilalioii qui s'emlioite, comme 
le coude ; de là chantiire ( Xeu. Eq. xn, 
6), dont Tactiou ressemble à celle d'une 
articulation dans la structure du corps 
humain. Les cabinets des antiquaires 
contiennent des spécimens nombieux de 
ces charnières de toutes les grandeurs, 
et dans les différents modèles dont on se 
sert encore aujourd'hui. Des deux ici re- 
présentées , celle du haut a été trou\ée à 




Pompéi, l'autre est conservée au Musée 
Britannique. Le nom latin ne se renconti-e 
dans aucun auteur classique, et il faudrait 
quelque autorité pour le jirstifier; mais le 
mot grec est d'une authenticité incontes- 
table. Les Romains doivent avoir eu, j>our 
indiquer une chainière, un mot S|)écial, 
distinct de cardo qui désigne un objet tout 
difféient. 

G^GRINUS. Voy. Tib!A. 

GIHGILLLS. CUindre tourné par une 
manivelle pour tirer de 
1 eau d un puits avec une f 
corde et un seau ; ma- 
chine tout à fait sem- 
hlable à celle dont on se 
sert dans la pliqiart des 
campagnes aujourd'hui , 
comme le fait voir la fi- 
gure ci-jointe, tirée d'un 
sarcophage de marbre 
du cimetière du Vatican ( Isidor. Ong. 
XX, 15). 

GLADIATORES {\).ovn[uiyoC].Glndia- 
tettrs. Nom donné en généi'al à des hom- 
mes qui étaient exercés à combattre avec 
des armes meurtrières pour l'amusement 
des Romains, dans les funéi-ailles publi- 
ques, au cirque, et plus particulièrement 
dans les amphithéâtres. Ils étaient choisis 
pour la plupart parmi les prisonniers de 




guerre ; c'étaient quelquefois des esclaves 
et plus rarement des hommes libies qui 
s'offraient d'eux-mêmes |)our combattre. 
Ils étaient aussi partagés en classes diffé- 
rentes avec des noms caractéristi([ues, in- 
diquant les armes et les costumes dont ils 
se servaient ou leur manière paiticulière 
de combattre; tous sont éuumérés dans 
la Table analytique et détaillés aux dif- 
férents articles qui les concernent. La fi- 
gure ci-joinle , représentant le portrait 
d'un fameux gladiateur du règne de Ca- 




racalla, d'après lui monument sépulcral, 
donnera une idée de l'aspect habituel, des 
armes et du costume du gladiateur qui 
n'était enrôlé dans aucune baudespéciale. 

GLADI.ATORILM. PaNe ou gages don- 
nés à un homme libre qui formait des gla- 
diateurs et qui combattait quelquefois 
movennant salaire comme gladiateur (Liv. 
XLlV, 31). 

GLADI ATURA. Art du gladiateur (Tac. 
Jnn. III, 43). 

GLADIOLUS (h?iô'.ov). Diminutif de 
Gladics. Même sens que Li>gula (Aul. 
Gell. X, 25). 

GLADIl'S a'.^oC). Epée. Ce terme gé- 
néral, qui désignait toute une classe d'ar- 
mes, admettait des variétés accidentelles 
dans leurs dimensions et dans leur foime. 
11 désignait spécialement un glaive à deux 
tranchants, droit, jiour couper et percer, 
dont se servaient lis soldats grecs et ro- 
mains, par opposition aux épées recour- 
bées et à pointe fiagile qu'employaient 



.30! 



les nations étrangères ou quelques classes 
particulières chez les Grecs el les Ro- 
mains, (^es ai'nies portaient des noms ca- 
ractéi'isliqiies, énnmérés flans la Tahle 
analyti(|ue et exj liqués à leur place. Le 
^£90: grec avait une lame eu forme île 
fefiille, pas (legarde, mais unecourle barre 
transversale à la poignée, comme dans le 
spécimen ci-joint et dans les gravures aux 




mots Cer>uls, 2, et Ceryx, 1, pris tous 
de vases d'argile. Il n'avait pas plus de 
0"',50 de long, et était suspendu par un 
baudrier [hnlteus) au coté gauche, comme 
le montre la ligure d'Agamemnon au mot 
Baculus , 2. Les Romains se sersirent 
d'une é|iée semblahleàcelledesGrecsjus- 
qu'au temps d'Annihal , où ils adoptèient 
la lame espagnole ou cellil:érienne^Po!}l). 
VI , 23) qui avait un tranchant droit et 
qui était plus longue et plus pesante que 



celle des Grecs (Florus, 11, 7, 9), comme 
le fera facilement comprendre le spéci- 
men ci-joint, représentant un gladius ro- 
main dans son fourreau, d'après ini modèle 
trouvé à Pom|)éi. Sur les arcs de triom- 
phe et les colonnes , les soldats ordinaires 
portent leurs éjiées de la manière qu'in- 
dique Poljhe (l. c), suspendues par un 
baudrier a\i colé droit, comme on le voit 
dans les gravures des mots Accinctds , 
Alligati et Catulis; les officiers ont 
leurs épées suspendues au côté gauche, et 



attachées à un ceinturon (voy. ClJîCTO- 
RICM et la gravure de ce mol). Les épées 
de la cavalerie étaient plus longues que 
celles de l'infanterie. 

GLANS ((j.o),uéSt:). Gros lingot de 
plomi), fondu dans un moule et employé 
au lieu de pierre pour être lancé avec 




une fronde (Sali. Jug.QX ; Liv, xxxviii, 
20, 2 1 , 29; cf. Virg. yEii. ix, 587 ^ La gra- 
vure représente un modèle trouvé à l'an- 
cienne Labicum; les lettres FIR sont pour 
firmiter, a lance avec force » , ou Feri , 
Borna (Inscript. ap. Orelli, 49.32) « frappe, 
Rome ». D'autresonI été trouvés en Grèce 
portant la figure d'un foudre ou le mot 
AEZ \ [ , « reçois cela ». 

GLOMUS (To/ÛTTri). Peloton de laine 
(Hor. Ep.l, 13, U; Lucret. i, 3G0) ou 
de lin (Plin. H. N. xxxvi, 19, 4; reti- 
ré du fuseau Ifusus) après avoir été filé 
en laine ou en fil et 
dévidé en forme de 
balle pour être prêt 
à servir sur le mé- 
tier. La figin-e ci- 
jointe est tirée d'une 
irise du Forum de 
Nerva , sur laquelle 
sont représentées di- 
verses Ojiéralions de 
filage et de tissage ; 
on y voit une jeune 
femme portant , com- 
me nous dirions , un plein tablier de pe- 
lotons , de la pièce où l'on file à celle où 
l'on lisse. 

GLUTINATOR. Littéralement, qui as- 
semble des choses avec de la colle {glu- 
ten ou glutinum); ce mot est spéciale- 
ment employé pourdé^ignerune personne 
qui exerçait l'art d'orner les livres et de 
préparer les feuilles sur lesquelles écri- 
vaient les copistes en collant ensemble 
des bandes de ])apyrus poni- faire une page 
et aussi les différentes pages pour faire 
un rouleau ou volume {QÀv.ad Ait. vi, 
4; Lucil. Sat. XXVI , 42, Gerlach). 

GNOMON (yvw(jlwv). Index ou style 




302 



GOMPÎirS. 




sur un cadran solaire qui marque l'heure 
par roml)re qu'il projette 
(Plin. H.N. Il, 74;Vitruv. 
I, G, G); comme le montre 
la gravure ci-jointe d'a- 
près une coupe d'argent de 
main-d'œuvre grecque, dé- 
couverte à Porto d'Aiizio, 
l'antique Antium. 

GOMPHUS^(yo(j.so?). Mot grec qui dé- 
signe une large cheville eu foime de coin 
(Schol. in Aristoph. Eq. 4G.3;Tertull. 
Jpol. 12 enfoncée entre deux objets pour 
consolider et serrer davantage des pièces 
qui se touchent. Par ex tension, ce terme fut 
employé par les lîomaius pour désigner 
les larges pierres à tète ronde et eu forme 
de coin ([u'ils plaçaient à intervalles dé- 
terminés entre les pierres ordinaires qui 
bordaient les trottoirs de leurs routes el 




de leurs rues /Stat. Sylv. Vf, 3, 48), 
comme on le voit dans la gravure ci-joiufe, 
représentant tnie partie de la route et du 
pavé à l'entrée de Pompéi. Ces pierres ne 
sont pas seulement taillées en forme de 
coin pour produire une pression latérale, 
mais elles sont plus longues que les autres 
et ont des tètes saillantes, de telle façon 
qu'elles empêchent aussi le reste de s'éle- 
ver hors du niveau. 

GP.ABATULUS. Diminutif de GnABA- 
Tus (Apul. J/fM, pp. 8, 9 et 12^ 

GRABATUS(/.pà6aTo:ouxf/à6eaToO. 
Couche ou lit petit et bas du genre le 




plus commun (Cic. Div. il, G3; Virg. 
Moret. b), semi)lable à ceux dont se ser- 
vait le pauvre j)euple , n'ayant qu'un ré- 
seau de cordes étendu sur un châssis 



(Lucil. Saf. VI, 13, Gerlach; Petr. Sat. 
07) pour supporter le matelas , ainsi que 
le repiésente la figiu'e ci-jointe, d'après 
une lampe en ferre cuite. 

GHADILIS. Voy. Patsis, 2. 

GRADUS. Escntier {le lit à phisieurs 
degrés (Varro, L. L. v, lfi8 , qui était 
nécessaire quand le bois de lit était assez 




élevé au-dessus du sol pour qu'on ne pût 
l'atteindie avec un simple scnmniim. La 
gravure repré.^enle le lit nnjitidl de Bi- 
don , avec lU) escalier pareil, au ))ied, 
comme ou le voit dans le Virgile du Va- 
tican. 

2. Étage d'escaliers conduisant au 
portique {/^ronaoi) d'un temple (Cic. ad 
.4tt. IV, 1; Virg. A£n. I, 448). Dans les 
temples grecs, cet escalier n'avait ordi- 
nairement que trois degrés; mais les ar- 
chitectes romains en ajoutèreut une dou- 




zaine ou plus , et partagèrent quelquefois 
l'escalier eu deux étages, comme ou le 
voit dans la gravure ci-jointe, prise des 
ruines d'un petit temjile du Forum de 
Pompéi. Toujours cependant les degrés 
étaient en nombre impair, pour que 
la personne qui montait et qui natu- 
rellement commençait par le pied droit 
put |)lacer le même pieel sur le dernier 
degré par lequel elle entrait sous le por- 
tique (Vitrnv. III, 4, 4); la superstition 
du |)euple lui faisait croire qu'entrer 
autrement eût été d'un mauvais augure. 



GRA>ARIIM. 



303 



3. Sièges sur lesquels les spectateurs 
s'asseyaient dans un théâtre, un aniplii- 
théàlre on un cir(|ue (luscript. ap. Ma- 
riui. Frat. Jrr. p. 130, n. 23; cf. 
Tessfka theatralis). C'étaient des 
degrés profonds s'élevant l'un au-dessus 
de l'autre en rangées distinctes, comme 
le montre la vue ci-joiute du grand théâ- 
tre de Pompéi , où les sièges (gradua) 




sont les degiés les plus élevés; les plus 
petits, cpii partent diieclement des portes 
d'entrée, sont seulemeul des escaliers 
(sca/.r) par lesquels le spectateur des- 
cendait jusqu'à ce qu'il arrivât -àngiadus 
particulier où était sa place. 

4. Arèles parallèles, semhlables à des 
degrés , à l'intérieur d'un cornet à dés 
(fritillus), pour mêler les dès quand on 




les secouait et leur imprimer eu les se- 
couaut un mouvement de rotation (Auson. 
Profeis. 1, '28), comme ou le voit dans 
la partie eu coupe de la gravure ci-jointe, 
d'après un modèle découvert à Rome. 

5. Ligues ou rides du palais dans la 
bouche d'un cheval, semhlables à celles 
d'un cornet à dés (Veg. Fet. i, 22, 11; 
ib. 2, 4). 

6. Coiffure élégante des femmes, quand 
leurs cheveux étaient artificiellement 
disposés eu ondulations parallèles, s'é- 
levaiit l'une au-dessus de l'autre comme 



par degrés (Quint, xii, 10, 47), ainsi que 
<lans nos frisures. Néron , à ce qu'on 
lit , était toujours coiffé de cette manière 
(Siiet. Nero, 51). Une statue représen- 
tant cet empereur en Apollo Citharœdus 
[Mus. Pio-Clem. III, 4) aies cheveux 
séparés au milieu de la tète et régulière- 
ment frisés des deux cotés, comme ceux 
d'une fdie. 

GH.-ECOSTADIUM (Capitol. Antonin. 
8). Même sens que 

GR.'ECOSTASIS. Édifice dans le Fo- 
rum romain, près des Comices, où les 
ambassadeurs des nations étiangères 
étaient logés aux frais de l'État pendant 
la durée de leur mission (Varro, L. L. 
V, 155; Cic. ad Q. Fr. Il, 1). Trois co- 
lonnes corinthiennes magnifiques, avec 
une pnr'ion de leur entablement , encore 
debout à l'angle nord-est du mont Pala- 
tin, sont, à ce que supposent quelques 
antiquaires, les débris de cet édilice; 
mais le sl\le de l'aichilecturcqui est un 
des modèles les plus parfaits c[u'on voie 
maintenant à Rome, est certainement 
antérieur au règne d'Anlonin : c'est 
pourtant à cette période que les ruines 
de la Grœcostasis , si elles subsistent au- 
jourd'hui, devraient appartenir, car elle 
fut rebâtie par cet empereur, après avoir 
été totalement détruite par nu incendie 
(Capitol. Antonin. 8). 

GRALLiE. Eclinsses, faites comme 
les nôtres, avec une fourche pour emboî- 
ter le pied. Elles avaient été primitive- 
ment inventées pour les acteurs qui 
jouaient le rôle de Pan ou des Satyres, 
a(in qu'ils pussent apparaître avec les 
jambes minces et effilées qu'on attribuait 
à ces divinités aux pieds de bouc (Festus, 
V. Grallalores; Varro, ap. Non. p. 115; 
voy. Capripes\ 

GRALLATOR (y.a)oêâu.'i)v, x7.).o6â- 
Ty|:). Qui marche sur des échasses (Plant. 
Pœn.\\\, 1, 27; Varro, oys. Non. p. 115; 
voy. Grall iî). 

GRANARIUM. Mot souvent employé 
dans un sens général comme svnonyme 
de liorreum, grenier ou magasin pour 
serrer le grain (Varro , R. R.\ , 5^ ; Hor. 
Snt.i, I, 53). Il servait spécialement, 
d'après Palladius (i , 19, 2), à désigner 
une case dans le dépôt général , qui eu 



304 



GRAPIIIVRICM. 



contenait un grand nombre, destinées 
chacune à recevoir une espèce différente 
de grain. 

GRAPHIARIUM ou graphiaria theca. 
Gaine ou éini pour tenir le burina poiute 
aiguë {grnpltlum) employé pour écrire 
sur des tablettes enduites de cire (Mart. 
XIV, 21; Suet. Claiid. 35). 

GRAPHIUM (ypa^îov). Instrument à 
pointe aiguë ou sorte de Imrin , en fer 
ou en bronze, dont on se servait pour 
écrire sur des tablettes de bois enduites 
de cire (Isidor. Orig. vi , 9; Ov. Am. i, 
11,23). La gravure représente un mo- 
dèle long de 20 à 22 centimètres , trouvé 




dans des fouilles à Rome. Il pouvait s'ou- 
vrir et se fermer (figure du baut). Ce 
spécimen confirme la vérité des anec- 
dotes qui parlent de personnes blessées , 
même mortellement, avec cet instrument 
(Suet. Cœs. 82; Cat. 28; Seuec. CVew. 
I, 14). 

GREGARILS. Sous-entendu miles. 
Simple soldat d'infaulerie (Cic. Plane. 
30; Tac. Hist, v, 1). Le costume de ces 
soldats vaiiait naturellement suivant le 
corjis auquel ils appartenaient et selon 
qu'ils étaient Romains, alliés ou auxi- 
liaires. 

2. Gregnrius eqiies. Simple soldat ser- 
vant dans la cavalerie (Tac. Hist. m, 51). 

GREMIUM. Giru/i. C'est à proprement 
parler le siège ou le creux qui est formé 
entre l'estomac et les jambes d'une per- 
sonne assi>e , et sur lequel les nourrices 
et les mères placent leurs enfants (Cic. 
Div. II , 4 1 ; Virg. ^/?. i , G89 ; Pedo Al- 
bin. I, IIG). Puis ce mot désigne plus 
spécialement le pan ou le creux que l'on 
fait en relevant la partie inférieure 
d'iuie tunique ou d'un manteau , comme 
lorsque les femmes relèvent leurs tabliers 
pour recevoir les objets qu'elles veulent 
porter (Petr. Sat. fiO). Ainsi, rigou- 
reusement , ce mot diffère de sinus, qui 



indique un pli formé sur la poitrine; 
tandis que legremiiim tombait plus bas et 
s'étendait sur le ventre, comme on le 
voit dans la figure ci-jointe, tirée d'une 




lampe en terre cuite; mais. cette diffé- 
rence entre la signification des deux mots 
n'est pas toujours observée. 

GRIPHUS (ypÏ3o: et yp-îto:). Mot grec 
qui désignait une des diverses espèces de 
filets dont on se servait en Grèce pour la 
pèche (Opinan. Hal. m , 8 1) ; mais on ne 
peut déterminer avec précision-la nature 
de ce filet. Les Romains employaient le 
même terme pour désigner une machine 
de guerre (Not. Tiron. p. 12Gi, dont le 
véritable caractère est également incon- 
nu. Par analogie , le même mol, griplius, 
était em|)loyé dans uu sens métaphorique 
pour désigner quelque chose de captieux 
ou d'obscur, comme une énigme (Aris- 
toph. T'esp. 20; Aul. Geli. I, 2, 2). 

GROMA etGRUMA (7v,.>u.wv . Quart 
de cercle, instrument employé par les 
arpenteurs, les ingénieurs et autres per- 
sonnes du même état, pour tirer des li- 
gnes ou tracer des routes parfaitement 
droites vers un point donné (Non. s. v.; 
Hyg. de Limit. p. 1G4, Goes). De là vien- 
nent degrumari , aligner (Lncil. Sat. 
III, 15, Gerlach , et grtimx, les points 
où quatre chemins se rencontrent à angle 
droit. 

GRYPS et GRYPHUS (ypû-j/). Griffon, 
animal fabuleux i Pline, H. N. x, G9), 
qui est ordinairement représenté avec le 
corps et les pattes d'un lion, surmontés 
de la tète et des ailes d'un aigle, réimis- 
sant ainsi la force et l'agilité. Cet animal 



GIJBERNACDLCM. 



.■50;, 




était un einl)lème de vigilance, et il est 
souvent représenté 
sur les tombeaux 
et les in-ne.s sépul- 
crales comme veil- 
laivt sur les resles 
qui y étaient dépo- 
sés. Lespérimeu ci- 
joiut, ti4é d'une 
lamjie en terre cui- 
te, piésente tous les traits caractéris- 
tiques qu'on vient de décrire. 

GUBEHNACDLUM (nr/Alio^). Gou- 
vernail ; ce n'était primitivement qu'un 
fort aviron à large j)elle, comme on le voit 
dans la ligure de droite, tirée de la co- 
lonne Trajane : il était attaché |)ar un 
nœud de cordes, fanes (Yeg. HJll. iv, 4 G; 
ÇsÙYXai, Eur. Bel. 153()), estérieure- 
ment . à l'arrière du navii-e, ou passait 
par une ouverture dans les hordages. Dans 
cette dernière forme, qui est un perfec- 
tionnement de lapiemiere, il y a nue pièce 
de l)ois transversale servant de hai le de 
gouvernail, comme ou le voit dans la fi- 
gure de gauche, qui est tirée d'une pein- 




ture de Pompéi. Les différentes parties de 
ce gouvernail étaient distinguées par les 
noms suivants : ausa, la poignée , A ; cla- 
i>us, la haire du gouvernail, b; /»/////«, le 
plat de l'aviron, c. Le mol ^iil>eriiacii/ uni 
est souvent em|)lo\é au pluriel, parce que 
les navires des aucieus étaient ordinaiie- 
ment munis d'un doulile gouvernail; il y 
en avait un sur chaque coté du navire, 
et chaque gouvernail avait son limonier 
dans les grands vaisseaux Schelfer, Mil. 
Nai\ p. 301); mais il n'y avait qu'un 
timonier pour les deu.x dans les petits 



navires , comme ou le voit par le spéci- 
men suivant. 

GUBEIÎNATOR (xu^epv^rr,:). Timo- 
nier ou pilote assis à la poiqie |)our gou- 
verner le vaisseau (Cic. Sen. fl), donner 
des ordres aux rameurs et diricer le ma- 




niement des voiles (A'irg. jEn. x, 218; 
Lucan. vill, 1!)8). Il venait , dans la hié- 
raichie, immédiatement après lema^is/er 
et au-dessus du prureta (Scheffer, Mil. 
Nav. p. 3(»2). La gravure ci-jointe est 
tirée d'un has-relief lionxéà Pouzzoles. 

GURGUSTIOLUM (Apul. Met. i, p. 
17; IV, p. 70). Diminutif de 

GUHGUSTIUM. Petite, sombre et mi- 
sérai)le cabane ou retraite (Cic. Pin. ; 
Suet. Grninm. 1 1). 

GUSTATIO. Espèce de mets délicat 
que l'on prenait comme friandise on com- 
me stimulant avant un repas (Petr. Sat. 
21 et 31). 

GUSTATORIUM. Plateau sur lequel 
on servait une gitstntio; il était souvent 
de matière précieuse et orné d'incrus- 
tations en écaille /Petr. Sat. 34 ; Plin. 
Ep. V, fi, 37; cf. Martial. Xiv, 881. 

GUSTUM et GUSTLS (Apic. iv, 5; 
Mart. xi,31 et 52). Même sens que G u- 

STATIO. 

GUTT.ï. Gouttes, ornements d'ar- 
chitectuie dont on se servait principale- 
ment sous les triglyphes^ d'ordre dorique, 
dans l'architrave , ou sous le Isenia 'Vi- 
truv. IV, 3, 4), comme dans le spécimen 
ci-joint. Quelcpiefois on appliquait ce 
genre d'ornement sous les motlillous de 
l'ordre dori(pie (Vitruv. iv, 3, G), comme 



306 



GUTTUSMUM. 



GYM.NASIUM. 



dans la gravure an mot EPISTVLIUM, 2, 

p. 2 'i S . Ces giittre forment romme de* fras;- 



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lùùLiLiLLi 




menisde cône, et représenleiit lesgDiitles 
d'eau qui tombeut d'eu haut et restent 
suspendues. 

GUTTURNIUM (upôxoo:). Cruche <i 
eau ou fl/^«/t'/-e ; on s'en servait princi- 
palement pour verser de l'eau sur les 
mains avant ou après le repas (Feslus, 
s. v.). Ou a découvert plusieurs de ces 
vases à Pomjiéi ; ils ont uue lèvre eu 
avant, uue anse droite par 
derrière, un col rond et lui 
large ventre comme uos cru- 
ches; mais les contours en 
sont plus élégants et le tra- 
vail de l'artiste plus délicat. 
Le mol gutturn'ium est for- 
mé de guttus. La terminai- 
sou iiniium est un augmentatif qui indi- 
que que cette cruche a une large bouche , 
comme ou le voit dans la gravure ci- 
jointe , qui est tirée d'un modèle trouvé à 
Pomj'éi. 

GUTTUS. Cruche à col très-étroit et à 
petite bouche; le liquide ne pouvait en 
couler qu'en petite cpiantité ou goutte à 
goutte (Varro, L. L. V, 124), 
comme le nom même l'impli- c^'J 
que. On se servait de vases de J\. 
cette espèce pour verser le vin 
dans la patera, avec laquelle 
on faisait des libations { Plin. 
Hist. Nat. XVI, 38, 73). Dans 
les temps primitifs, ils étaient placés sur 
les tables comme vases à vin , chez les 
gens de moyenne condition, avant qu'on 
y eût substitué le vase grec appelé epi- 
chysis (Hor. Sat. i , G, 11 8 ; Varro, /. c; 
voy. ce mot). Dans les bains, ils servaient 
à distiller l'huile sur la strigiie avec la- 
quelle on frottait le baigneur, pour eu 
rendre la surface glissante et l'empêcher 
de blesser la peau (Juv. Sat. m , 2G3) ; et 



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anssi en général, comme huilier (Aul. 
Gell. XVII, 8). Le spécimen ci-joint re- 
piésente lui gutius en usage dans les sa- 
crifices : il est liié d'iuie peinture de 
Pomiiéi. 

GVMNASIAllCHUS (Yuijvaai'aoyo:). 
Magistral gi-ec qui avait la surveillance 
d'un g>mnase public, et juridiction sur 
tous ceux qui le fi étpienlaieul. Il avait une 
i-obe de pourpre et des souliers blancs 
(Plut. Anton. 33), et portait un l.-àlon 
dont il se servait jiour corriger les jeunes 
gens qui s'étaient rendus conpaides de 
quelque inconvenance ou de quelque iu- 
(lérence eu exécutant leurs exeicices 
(Cic. Vcrr. Il, 4, 42; Val. Max. ix, 
12, 7, etr. Sidon. Eplst. ii, 2). 

GYMNASIUM (^vxvâaiov). Édilîce pu- 
blic, dans lequel la jeunesse grecque était 
formée à uue des principales branches de 
son éducation , celle qui avait pour but 
le développement des forces physiques 
par la pratique des exercices gymuasti- 
cpies. Presque toutes les villes de la Grèce 
avaient un établissement de ce genre; 
Athènes en possédait trois, ceux du Ly- 
cée, de Cynosarges et de l'Académie. Ces 
édifices étaient construits avec beaucoiqi 
de magnificence, et on y trouvait tout 
ce qui pouvait être utile ou commode : 
appartements couverts et exposés à l'air, 
colonnades, promenades ombragées, bains 
et autres dispositions avantageuses pour 
la santé ou la commodité de ceux qui 
venaient en grand nombre dans ces édi- 
fices pour s'exercer aux jeux ou pour en 
être spectateurs; on y avait aussi les 
agréments d'une conversation littéraire 
ou scientifique. Vilruve a consacré un 
chapitre entier de son ouvrage (v, 1 1) à 
décrire la disposition des gymnases. On a 
trouvé des restes de gymnase à Ephèse, à 
Hiérapolis et à Alexandrie en Troade; mais 
ils ont trop souffert des ravages tlu îeni|)s 
pour présenter un modèle incontestable, 
dont tous les détails correspondent exac- 
tement à la description de Vitruve, ou 
que l'on ))uisse citer comme une au- 
torité suffisante poin- éclaircir les nom- 
lirenses obscurités de cette question. Ce- 
pendant il eu reste assez pour montrer 
(pie ces trois édifices ont été construits 
d'après un principe général , et qu'ils 



CVinASUM. 



r.VMNASIlM. 



;io'; 



ne diffèrent que par les détails on par [ 
cpielqiies disjjosilioiis locales qui le- 
Daieiit soit à la nature des lieux , soit 
au goût de rarcliiierle. Le jirincipe gé- 
néral est tout à fait différent de relui 
qu'ojit adopté les conimenlnleurs de Vi- 
trnve dans le plan roujectural (pi'ils ont 
inventé pour expliquer le texte de cet 
auteur. Ils ont tous commis l'insigne er- 
reur de placer les iliftirents appartements 
snr les cotés et aux e.xtiémilés de l'édi- 
fice avec des corridors entre eux , entou- ' 
rant une vaste aren ouverte qui formait 
la plus grande partie d'un terrain qui f 
restait ainsi inoccupé. Au contraire, , 
dans les trois spécimens que nous avo